(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Dictionnaire des jardiniers, contenant les méthodes les plus sûres et les plus modernes pour cultiver et améliorer les jardins potagers, à fruits, à fleurs et les pépinieres ... et dans lequel on donne des préceptes pour multiplier et faire prospérer tous les objets soumis à l'agriculture, et la maniere d'employer toutes sortes de bois de charpente. Ouvrage traduit de l'anglois, sur la huitieme edition de Philippe Miller. Par une société de gens de lettres .."

/ — \ 




DICTIONNAIRE 

DES 

JARDINIERS. 



Digitized by the Internet Archive 

in 2010 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/dictionnairedesj03mill 



DICTIONNAIRE 

DES 

JAP*.DINIERS, 

Contenait Us Méthodes les plus sûres et les plus modzrnes pour cultiver 
et améliorer les Jardins Potagers j à fruits ^ à fleurs et les Pépinières 3 ainsi 
que pour reformer les anciennes pratiques d'Agriculture ; avec des moyens 
nouveaux de faire et de conserver le Vin y suivant les procédés actuellement 
en usage parmi les Vignerons les plus Instruits de plusieurs Pays de l'Europe ; 
et dans lequel on donne des Préceptes pour multiplier et faire prospérer tous les 
Objets soumis à l'Agriculture j et la manière d'employer toutes sortes de 
Bols de Charpente, 

Ouvrage traduit de l'Anglois , sur la huitième Édition 

DE Philippe MILLER. 

PAR UNE SOCIETE DE GENS DE LETTRES. 

DÉDIÉ A MONSIEUR. 



T O M 



1 I !. 



^V.\, ,■■1, ('.■/.■■.///.■■,;/ 







A P A R I S, 

Chez GUILLOT, Libraire de MONSIEUR, rne S. Jacques, 
vis-à-vis celle des Mathurins. 



17^;. 



DICTIONNAIRE 



DES 



JARDINIERS. 



D A L D A L 

ALECHAMPIA. Lm. Gen. les; elles n'ont point de corolle. 

Plant. loii. Plum. Nov. Gen. 17. mais un germe rond, plus coure 

Tab. 38. que le calice, à trois sillons, ec 

Cette plante a été ainsi nommée terminé par un style, long, mince, 
par le Père Plumier , en l'honneur incliné vers les fleurs mâles, et cou- 
de Jacques Dalechamp , Botaniste. ronné par des stigmats à tcte : ce 

Czracfe/vi-. Les plantes de ce genre germe se change par la suite en une 

ont des fleurs mâles et des fleurs fe- capsule ronde , à trois cellules , dont 

melles sur le même pied; les mâles , chacune rentcrme une semence 

qui sont placées entre deux brac- ronde. 

tces, ont une enveloppe commune, Ce genre de plantes est rangé dans 
découpée en quatre segmens érigés ; la neuvième section de la vingt- 
leur calice est composé de six feuil- unième clafle de Linnée, intitulée: 
les ovales , obtuses et réfléchies Monœcie Monadelphie , qui com- 
à leurs pointes : elles n'ont point prend celles dont les fleurs mâles, 
de corolle , mais seulement un gros et les femelles , sont sur le même 
nectaire qui forme plusieurs plis unis pied , et dont les étamines des fleurs 
les uns sur les autres, et plusieurs mâles sont jointes au style en un 
étamines jointes en une longue co- seul corps. 

lonne , sillonnées par quatre rai- Nous n'avons en Angleterre 

nures, et terminées par des som- qu'une espèce de ce genre , qui est : 

mets ronds. Les fleurs femelles sont Dalcchampia fcandens , folùs ai-' 

aussi disposées comme les mâles; lobis glabris j flonbus axïllaribus cfiule 

elles ont une enveloppe persistante volubili. 

à trois feuilles , et chacune un ca- Dalechamp à feuilles unies & à 

lice persistant , formé par deux feuil- trais lobes , avec des fleurs sur les 

Tome III. A 



2 DAL 

côtés des branches & une tige tortil- 
lante. 

Dalechampia fcandens j Lupull fo- 
lïis j fructu tricocco glabra j calyce 
hifpido. Eomt. M. 5 5. 

Dalechampia foliis trifidis Linn. 
Mant. 496. Hort. Cliff. 485. Jacq. 
Amer. 151. T. 1 60. 

Lupttlus j folio trifido j fruclu tri- 
cocco hifpido. Plum. Amer. 89. T. 
lOI. 

Convûlvulo - Tithymalus. Boerh. 
Lugd.-B. 1. P. 168 

Cette plante croît naturellement 
à la Jamaïque, d'où le D. Hoiis- 
loiin m'en a envoyé les semences 
qui ont réussi dans le jardin de 
Chelsea , et ont produit des plantes 
qui ont fleuri et perfectionné leurs 
graines : cette espèce est sans doute 
différente de celle que Plumier a 
trouvée à la Martinique , ou il a 
pris l'enveloppe pour la capsule , 
suivant le titre qu'il lui donne, 
fruclu tricocco hispido , puisque celle- 
ci a un fruit uni et un calice velu. 
Cette plante a une racine com- 
posée de plusieurs fibres qui s'éten- 
dent à une grande distance, et de 
laquelle sortent quelques tiges foi- 
bles et tortillantes qui s'attachent 
aux plantes voisines et s'élèvent, par 
leur moyen, à une hauteur considé- 
rables ces tiges sont garnies à cha- 
que nœud d'une feuille unie et di- 
visée en trois lobes , dont les deux 
latéraux sont obliques sur la côte 
du milieu , et celui du centre est 



D A L 

droit : les fleurs, dont quelques-unes 
sont mâles et les autres femelles , 
naissent au nombre de trois ou 
quatre sur chaque pédoncule ■■, elles 
sont d'une couleur herbacée , peti- 
tes et sans aucune apparence , et 
elles ont chacune une double en- 
veloppe, composée de deux rangs 
de feuilles étroites , et armées de 
petits poils hérissés, qui piquent les 
mains de ceux qui y touchent par 
hasard ; ces fleurs produisent des 
capsules rondes à trois lobes avan- 
cés et unis , qui renferment chacun 
une simple semence. 

On multiplie cette espèce par ses 
graines , qu'il faut répandre au com- 
mencement du printems , sur une 
couche chaude : lorsque ces plantes 
ont atteint la hauteur de trois pou- 
ces, on les transplante soigneuse- 
ment , chacune séparément , dans 
de petits pots remplis de terre riche 
et légère; on les plonge dans une 
couche chaude de tan , et on les 
tient à l'abri du soleil , jusqu'à ce 
qu'elles aient formé de nouvelles ra- 
cines ; après quoi , l'on soulevé cha- 
que jour les vitrages de la couche , 
à proportion de la chaleur exté- 
rieure, pour leur donner de l'air, 
et on les arrofe fouvent , parce 
qu'elles croissent naturellement dans 
les lieux humides : quand elles sont 
devenues assez grosses pour rem- 
plir les pots de leurs racines , on 
leur en donne de plus grands, et 
on les plonge dans la couche de 



DAM 

tan de k serre chaude , où elles doi- 
vent être soutenues par des bâtons 
ou des treillages, autour desquels 
elles s'entortilleront , et s'élèveront 
à la hauteur de huit ou dix pieds. 
Comme cette plante est trop dé- 
licate pour supporter le plein air 
dans notre climat , même pendant 
les chaleurs de l'été , il faut la tenir 
constamment dans la serre chaude, 
et la placer avec des Convolvulus, 
et les autres plantes tortillantes dans 
le fond de la serre , et la palisser 
contre un treillage où elle profitera, 
produira des fleurs , et quelquefois 
perfectionnera ses semences : mais , 
pour y réussir, il faudroit lui don- 
ner beaucoup d'air dans les tems 
chauds , en abbaissant les vitrages 
du haut de la serre ; mais en hyver , 
la serre doit être tenue à un degré 
de chaleur tempérée, et même au- 
dessus. En été , elle exige beau- 
coup d'arrosement ; mais en hyver , 
on l'arrose peu et souvent. ConinTC 
cette plante ne subsiste gueres que 
deux années , il faut la multiplier 
tous les ans de semences, pour en 
conserver l'espèce. 

DAMASONIUM. Plantain aqua- 
tique j à tête étoilée. 

Caractères. Dans ce genre , la 
corolle est composée de trois péta- 
les placés orbiculairement , et éten- 
dus en forme de rose : hors du go- 
det de la fleur , s'élève le pointai , 
tjiii devient ensuite un fruit , en 



DAM 3 

forme d'étoile , et a plusieurs cel- 
lules remplies de semences oblou- 
gues. 

Les espèces sont : 

1 ". Damdfonium Alisma stella- 
tum. Dakch. hist. 1058. Plantain, 
aquatique , à tête étoilée. 

Alisma fûUis cordato-ohlongis j flo- 
ribus hcxagynis j capsuiis sabulatis. 
Lin. Sp. Plant. 486. Sp. 3. 

Alisma fructu fexcorni. Hort. Cliff. 
141. Roy. Lugd.-B. 46. Sauv, Monsp. 
14. 

Plantago aquatica stellata. Bauh. 
Pin. 190. 

Plantago aquatica minor altera. 
Lob. le. 301. 

2°. Damasonium flavum Ameri- 
canum maximum 3 Plantaginis folio y 
fiore fiavescente j fructu globoso. Plum. 
Spec. -J. le. 115. 

Le plus gros Plantain aquatique 
d'Amérique 3 avec une feuille de Plan- 
tain j une fleur jaune & un fruit 
globulaire. 

Alisma flava y folïis ovatis acu- 
tis j pedunculis umbellatis , fructibus 
globofls. Lin.Sp. Plant. 486^. Sp. 2. 
Edit. 3. 

Alisma. La premiere de ces plantes 
se trouve en Angleterre , presque 
toujours dans des eaux dormantes et 
peu profondes : comme on s'en sert 
quelquefois en médecine , et qu'on 
ne la cultive jamais dans les jar- 
dins , il faut la recueillir pour l'usage 
dans les endroits où elle naît spon- 
tanémçnt. 



4 DAP 

/'/(jv^/77. La seconde espèce est ori- 
ginaire de la Jamaïque , de la Bar- 
bade et de plusieurs autres parties 
chaudes de l'Amcrique , où on la 
trouve généralement dans les eaux 
stagnantes et dans les marais ; de 
sorte qu'il scroit difficile de la con- 
server en Angleterre , parce qu'elle 
n'y vivroit point en plein air , et 
qu'il lui faudroit cependant une fon- 
drière ou un marais, pour la faire 
profiter ; mais , comme elle a peu 
de beauté , et qu elle est de peu d'u- 
sage, elle ne mérite pas qu'on se 
donne la peine de la cultiver ici, 

DAPHNE, Lin. Gen. Plant. 436. 
Thymelœa. Tourn. Inst. R. H. 594* 
Tab. ^66. Laurier d'Epurge. Au- 
réole. Garou. Bois Gentil. 

Caractères. La ficur n'a point de 
calice ; la corolle est monopétale , et 
pourvue d'un tube cylindrique et 
divisé au îommct en quatre parties 
étendues et ouvertes. La fleur a huit 
courtes étamines insérées dans le 
tube, alternativement plus courtes 
que lui, et terminées par des som- 
mets érigés , et à deux têtes : son 
germe , qui est ovale , placé au fond 
du tube et couronné par un stigmat 
applati et comprimé, se change dans 
la suite en une baie ronde, et à une 
cellule qui renferme une semence 
ronde et charnue. 

Les espèces sont : 

1 °. Daphne laureola j racemis 
axUlaribus quinque-floris j folds lan- 



D A P 

ceoîatïs , glahrlsj Lin. Sp. Plant. 357. 
Mat. med. 104. Jacq. Austr, 1183. 
Regn. Bot.; Daphne avec des grap- 
pes de cinq fleurs , sortant des cô- 
tés des branches , et des feuilles 
unies , et en forme de lance. 

Daphne racemis latcralibus j fo- 
ids lanceolatis integris. Hort. Cliff. 
147. 

Laureola semper vïrens j flore vi- 
ridi J quibusdam Laureola mas. _ j 
Bauh. Pin. 66z. 

Laureola. Dod. Pempt. 365. 
Thymelœa Laureola. Scop. Carn, 
z. N. 1015. 

•2*'. Daphne Lauri 3 folio semper 
vircns j seu Laureola mas. Tourn. Inst. 
595, ordinairement appelée Lau- 
rier d'Epurge , Laureole mâle. j 
3". Daphne Mesereon , floribus 
sessilibus ternis caulinis j folds lau" 
reolatis J, deciduis. Lin. Sp. Plant, 
357. Mat. med. P. 103 ; Daphne 
ayant trois fleurs ensemble , et ses- 
siles à la tige , et des icuilles en for- 
me de lance , qui tombent en au- 
tomne. 

Laureola _, folio deciduo ^ flore pur-' 
pureo J ofjîcinis Laureola fanùna. 
Bauh. Pin. 462. 

Daphnoïdcs. Cam. Epit. 937. 
Chamelœa Germanica. Dod. Purg, 

130- Tir/! .-. 

Thymelœa Lauri) folio deciduo y 
five Laureola femina, Tourn. Inst. 
5 9 5 J, connue sous le nom à' Au- 
reole femelle j Méséréon j ou Bois 
Gentil. 



DAP 

Daphne thymelœa jfioribus sessi- 
libus axillaribuSj, folds lanceolatis ^ 
caulïbus simplicissimis. Lin. Sp. 
Plane. 3 5 6 ; Daphne avec des fleurs 
sessiles , disposées sur les parties 
latérales des branches , des feuilles 
en forme de lance , et des tiges 
simples. 

Thymelœa foliis PolygaU glabris. 
G. B. P. ^6}. Thymelce.yà«û munda 
glabra. Bauh. Hist. l.p. 592. 

4**. Daphne Tanon-raira j fiori- 
bus sessilibus aggregatis axillaribusj, fo- 
lds oralis, utn'nque pubescentibus , ner- 
yosis. Lin. Sp. Plant. 3 5 6 ; Daphne 
avec des fleurs sessiles et réunies 
en grappes sur les côtés des tiges , 
et des feuilles ovales , nerveuses et 
velues sur les deux surfaces. 

Thymelœa foliis candicantibus & se- 
rici instar moUibus. G. B. P. 463. 

Tarton - raira Gallo - Provincia 
MonspeUensium. Lob. le. 371 , com- 
munément appelé Tarton-raire. 

5 " . Daphne Alpina j floribus 
sessilibus aggregatis lateralibus j fo- 
liis lanceolatis , obtusiuscuUs , subtùs 
tomentosis. Lin. Sp. Plant. 356. 
Gouan. Illustr. ij ; Daphne à fleurs 
en grappes sur les côtés des bran- 
ches et sessiles , et à feuilles émous- 
sées , en forme de lance et coton- 
neuses en-dessus. 

Daphnoidcs foliis supinis hirsutis. 
Gesn. Fasc. 6. T. ^. F. j. 

Chamelœa Alpina j folio infernè 
incano. G. B. P. 1461. 

Thymelaa floribus inter folia j fo- 



D A P J 

Uo utrinque hirsute. Hall. Helv. 187. 
Sau\. Monsp. 57. 

6°. Daphne Cneorum j floribus 
congestis terminalihus sessilibus _, fo- 
lds lanceolatis midis. Lin. Sp. Plant. 
357. Pollich. Pal. N. 380. T. I. 
F. 4. Gouan. Illustr. -L-j ^ Daphne 
avec des grappes de fleurs sessiles aux 
sommets des branches, et des feuil- 
les nues et en forme de lance. 

Thymelœa minor, sivè Daphnoïdes 
Alpinum. Gesn. Fasc. ^. T. ^. F. 6. 

Cneorum. Math. Hist- 46. Pctio 
Thymelée des- Alpes. 

Thymelœa. affinis j facie externa. 
Bauh. Pin. 463. 

7°' Daphne Gnidium j paniculâ 
terminait j foliis lincari-lanceolatis j 
acuminatis. Lin. Sp. Plant. 357; 
Daphne ayant des fleurs en Pa- 
nicules qui terminent les branches , 
et des feuilles étroites , pointues et 
en forme de lance. 

Thymelœa foliis Lini. G. B. P. 
463. Saint Bois ou Garou. 

Thymelœa. dus. Hist. l.p. S 5. 
Cam. Epit. ^j^. -;i 

8°. Daphne squarrosa J, floribus 
terminalibus pedunculatis , folds' f par- 
fis , linearibus , patentibus ^ mucronatis. 
Lin. Sp. Plant. 3 58 ; Daphne dont 
les fleurs naissent sur des Pédoncu- 
les , aux extrémités des branches, et 
dont les feuilles sont étroites , éten ■ 
dues , écartées les unes des autres 
sur les branches , & échancrées. 

Thymelœa capitata lanuginosa _,' 
foliis creberrimis minimis açukatis. 



6 DAP DAP 

Burnt. Afr. 1 3 4. Tab. 59. Fol. I. que, qui brûle et enflamme la bou- 

9". Daphne Americana, foliis U- chc ct la gorge. Les feuilles con- 

nearibus acutis ^ fioribus racemosis servent leur verdure pendant toute 

axillaribus ; Daphne à feuilles fort l'année, et sont très-agrcablcs pen- 

étroites et aiguës, et à fleurs rcu- dantl'hyvcr. Comme elle profite sous 

nies en paquets fur les parties latc- les grands arbres , on peut s'en ser- 

ralcs des branches. vir pour remplir les vuides dans les 

Thymelœa frutescens Rorismarlni plantations. 
folio j flore albo. Plum. Cat. Mesereon. La seconde espèce croît 
Laureola. La premiere espèce est naturellement en Allemagne, ainsi 
très-abondante dans les bois de plu- que dans quelques bois près d'An- 
sieurs parties de l'Angleterre , où douaire dans Hampshire, d'où on 
on lui donne communément le nom en a enlevé un grand nombre de 
de Laurier d'Epurgc. Il y a quelques plantes , il y a quelques années ; on 
années que de pauvres gens cueil- la cultive depuis long-tems dans les 
loicnt le jeunes plantes de cette es- pépinières, comme un arbrisseau pro- 
pcce dans les bois , pour les vendre pre à orner les jardins , parce qu'il 
à la Ville , en hyver çt au prin- fleurit au printems , avant la plupart 
tems : cet arbrisseau , peu élevé et des autres plantes : cette espèce a 
toujours vert, pousse de sa racine deux variétés distinctes, l'une à fleurs 
plusieurs tiges de deux ou trois blanches suivies de baies jaunes , 
pieds de hauteur, qui se divisent et l'autre à fleurs d'un rouge clair, 
vers le sommet en quelques bran- avec un truit rouge. Quelques per- 
ches garnies de feuilles épaisses , sonnes les regardent comme des va- 
unies , d'un vert luisant , en forme riétés produites accidentellement par 
de lance , ct placées irrégulièrement les mêmes semences; mais j'ai plu- 
sur chaque côté, assez près des bran- sieurs fois élevé de graines, l'une 
chcs ; du milieu de ces feuilles , ct l'autre de ces plantes , et j'ai 
vers les parties hautes des tiges, sor- constamment remarqué qu'elles 
cent des fleurs d'un vert jaunâtre , étoient toujours semblables à celles 
et en petites grappes ; elles paroissent sur lesquelles ces graines avoient 
peu de jours après Noiil , si la saison été recueillies ; ce qui m'a confirmé 
n'est pas trop dure, et laissent après dans l'opinion qu'elles sont des es- 
elles des baies ovales qui restent peccs distinctes. Il y a une variété 
vertes jusqu'au mois de Juin , qui du Laureole en rouge clair , avec 
deviennent noires en mûrissant , des fleurs beaucoup plus foncées 
et tombent bientôt après. Cette que celles de l'espèce commune i 
riante a un goût chaud et çausti- mais je l'ai toujours vu varier dan^ 



DAP 

sa couleur , quand cette plante étoit 
élevée de semences. 

Cet arbrisseau s'élève à la hau- 
teur de cinq ou six pieds , avec 
une tige forte et ligneuse , de la- 
quelle sortent plusieurs branches 
qui forment une espèce de tcte ré- 
gulière. Ses fleurs, qui paroissent 
de fort bonne heure au printenîs , 
avant que ses feuilles commencent 
à pousser , crîossent en grappes tout 
autour des remettons de l'année 
précédente , et sont ordinairement 
disposées trois à chaque nœud , sur 
un pédoncule court : elles ont des 
tubes courts , gonflés et divisés en 
quatre parties étendues et ouver- 
tes : ces fleurs répandent une odeur 
très-agréable ; de sorte que plusieurs 
de ces arbrisseaux, dans un jardin , 
parfument l'air à une distance con- 
lîdérable : quand les fleurs sont pas- 
sées, les feuilles commencent à pa- 
roître ; elles sont unies , en forme 
de lance, placées sans ordre, et lon- 
gues d'environ deux pouces; mais 
leur largeur, qui est de neuf li- 
gnes dans le milieu , diminue par 
degré vers les deux extrémités : ses 
fleurs sont suivies par des baies ova- 
les qui mûrissent en Juin ; celles 
de l'espèce à fleurs rouges sont rou- 
ges aussi, et celles à fleurs blan- 
ches donnent des baies jaunes : ces 
fleurs paroissent ordinairement en 
Février et en Mars , et dans les 
hyvers doux , elles sortent quelque 
fois en Janvier. Cette plante étoit 



DAP 7 

autrefois d'usage en médecine; mais , 
comme toutes ses parties sont ex- 
trêmement chaudes et caustiques , 
on s'en sert rarement à présent. 

Pour multiplier cette espèce , on 
seme ses baies aussi -tot qu'elles 
sont mûres, sur une plate -bande 
exposée au couchant : si on ne les 
mvet en terre qu'au printems sui- 
vant , souvent elles manquent ou 
restent toujours une année dans la 
terre , avant que les plantes parois- 
sent ; au lieu que celles qui sont 
semées en Août, croissent dés le 
printems suivant , et ne manquent 
jamais. Quand les plantes poussent , 
on les tient nettes de mauvaises her- 
bes , et , si elles ne sont pas trop 
serrées, on les laisse ainsi passer deux 
étés, sur- tout si elles ont fait peu 
de progrès dans la premiere année : 
à la Saint - Michel , lorsque leurs 
feuilles tombent , on les enlevé, sans 
rompre ni déchirer leurs racines , et 
on les plante dans une pépinière , 
à huit ou neuf pouces de distance 
entr'elles , et à seize pouces entre 
chaque rang : ces plantes pourront 
rester deux années dans cette pépi- 
nière ; mais , après ce tems , on les 
transplantera dans les places qui leur 
seront destinées : on fait cette opé- 
ration en automne; car, comme 
elles commencent à végéter de très- 
bonne heure au printems , il ne 
faut pas les déranger dans cette 
saison : cet arbrisseau réussit mieux 
dans une terre légère , sablonneuse 



t 



8 DAP 

et sèche, que dans un tci'rein froid 
et humide ; dans cette dernière es- 
pèce de sol , il se remplit de mous- 
se , fait peu de progrès , ne par- 
vient jamais à une grande hauteur, 
et donne peu de fleurs. 

Quoique les baies de cet arbris- 
seau soient assez acres pour brûler 
la bouche et la gorge de ceux qui 
les goûtent sans précaution, cepen- 
dant les oiseaux les mangent avec 
avidité, aussi-tot qu'elles commen- 
cent à mûrir; de sorte qu'à moins 
qu'on ne les mette à l'abri de leur 
voracité , en étendant des filets par- 
dessus, elles seront toutes détrui- 
tes , avajit qu'elles soient bonnes à 
être recueillies. Cette espèce , ainsi 
que la précédente, fournit une va- 
riété à feuilles panachées ; mais l'es- 
pèce à feuilles unies est bien plus 
belle. (I). 



(s) L'usage intérieur de cette plante 
eft proscrit en médecine, à cause de sa 
violente causticité ; mais on se sert fré- 
quemment de sa racine , comme d'un 
vesicatoire ou cautère puissant , propre 
à attirer nu-dehors les humeurs morbi- 
fiques , et à purifier la masse des li- 
queurs ; cette racine a par - dessus le 
cautère aftuel , la propriété d'attirer 
fortement les humeurs vers le point de 
son action , par l'irritation constante 
qu'elle opère; mais son usage , trop long- 
rems continué , peut devenir nuisible , en 
portant à la longue de l'acrimonie dans 
les liqueurs , et par l'agacement qu'elle 
jKcit? dans le système nerveux. 



D A p 

Thymdcta, La troifième croît na- • 
turellement en Espagne , en Italie et 
dans la France méridionale , où elle 
s'élève à la hauteur de trois ou 
quatre pieds, avec une tige fimple 
et couverte d'une écorce claire : ses 
fleurs sortent en grappes , dès le com- 
mencement duprintems,sur les par- 
ties latérales des tiges ; elles sont de 
couleur herbacée , ont peu d'appa- 
rence et sont remplies par de pe- 
tites baies qui deviennent jaunâ- 
tres en mûrissant. 

Tarton-raïra. La quatrième , dont 
les semences m'ont été envoyées de 
la France méridionale , est un ar- 
brisseau bas , qui pousse de sa ra- 
cine plusieurs tiges foibles , d'un pied 
environ de longueur, et étendues 
irrégulièrement en-dehors ; ces nges 
deviennent rarement ligneuses en 
Angleterre ; mais elles sont coriaces , 
cordées , et couvertes d'une écorce 
claire : les feuilles de cette espèce 
sont petites , blanches , fort molles , 
ovales, luisantes comme du satin ce 
sessiles; du milieu de ces feuilles, 
sortent des fleurs blanches , dispo- 
sées en grappes claires sur les côtés 
des tiges , auxquelles succèdent des 
baies rondes , dont chacune ren- 
ferme une semence dure. Cette plante 
fleurit ici, dans le mois de Juin ; mais 
ses graines ne mûrissent point eq 
Angleterre. 

Alpina, La cinquième croît fur 
les montagnes des environs de Ge- 
nève , et dans quelques parties dç 

l'Italie j 



DAP DAP 9 

l'Italie , où elle s'élève à la hauteur gées et terminées en pointes aiguës : 

d'environ trois pieds: ses fleurs sor- ses fleurs sont produites en panicu- 

tent en grappes , des le commence- les clairs aux extrémités des bran- 

ment du printems , sur les parties chcsi elles sont beaucoup plus pe- 

latérales des branches : ses teuilles tites que celles du Lauréole , et leurs 

sont en forme de lance, terminées tubes sont gonflés et resserrés à 

en pointes émoussées et velues en- l'ouverture ; elles paroissent en Juin; 

dessus : ses fleurs sont remplacées mais elles ne produisent point de 

par des baies petites et rondes , semences ici. 

qui deviennent rouges à leur ex- Squarrosa. La huitième est ori- 

trcmité. ginaire du Cap-de-bonne- Espérance ; 

G2fora/n. La sixième se trouve sur cet arbrisseau s'élève à la hauteur 

les Alpes, ainsi que sur les montagnes de cinq ou six pieds, et se divise 

des environs de Vérone , d'où elle vers son sommet en plusieurs bran- 

m'a été envoyée : cet arbrisseau s'é- ehcs érigées , couvertes d'une ecorce 

levé larement au-dessus d'un pied de blanche , et très- garnies de petites 

hauteur, avec des tiges ligneuses, feuilles étroites , placées sans ordre, 

qui poussent plusieurs branches laté- et entièrement ouvertes : les som- 

rales, garnies de feuilles étroites , en mets de ces arbres sont terminés 

forme de lance, et placées sans or- par des têtes laineuses, desquelles 

dre autour des dges : ses branches sortent des fleurs blanches , réunies 

sont terminées par de petites grappes en petites grappes , dont les tubes 

de fleurs pourpre , érigées et sans sont oblongs et divisés à leur ou- 

pédoncule , dont les tubes , plus verture en quatre segmens obtus et 

longs et plus étroits que ceux du étendus : cette espèce ne produit 

Lauréole , ont leur ouverture dé- point de semences en Europe, 

coupée en quatre parties aiguës et Americana. La neuvième , qui 

érigées : ces fleurs répandent une naît spontanément dans plusieurs 

odeur agréable ; elles paroissent de des Mes de l'Amérique , m'a été 

bonne heure au printems, mais elles envoyée à'Amigoa. Cet arbrisseau 

ne produisent point de semences ici. s'élève à la hauteur de quatre ou 

Cnïdium. La septième , qui croît cinq pieds , avec une tige ligneuse, 
naturellement aux environs de couverte d'une écorce rude et cen- 
Montpellier, s'élève en tige d'arbris- drée : la partie haute de ses bran- 
seau , à la hauteur d'environ deux ches est garnie de feuilles à-peu-prcs 
pieds, et se divise en plusieurs pe- aussi larges et de la même forme que 
tites branches , très-garnies de feuil- celles du Lauréole : ses fleurs sont 
les étroites , en forme de lance , éri- blanches et sortent du milieu des 
Tome m. B 



lo DAP 

feuilles en petits paquets , sur des 
pédoncules longs d'un pouce; elles 
ont des tubes courts et découpes 
aux bords en quatre parties , et 
sont suivies par des baies petites 
et rondes, qui deviennent brunes 
en mûrissant. * 

Les troisième, quatrième et sep- 
tième espèces , sont des plantes du- 
res ; mais elles ne rcsisccnt cepen- 
dant pas en plein air aux froids de 
nos hivers , à moins qu'elles ne 
soient dans un sol sec, et à une ex- 
position chaude : les cinquième et 
sixième sont aussi dures que le Laii- 
réole commun ; ainsi elles ne sont 
pas en danger d'être endommagées 
par les gelées en Angleterre : malgré 
cela, elles sont toutes très-difficiles 
à conserver dans les jardins , parce 
qu'aucune ne souffre la transplanta- 
tion : j'ai eu plusieurs fois des plan- 
tes de semence , qui ont bien réussi 
dans les endroits où elles avoient 
été semées ; mais toutes celles qu'on 
a voulu changer de place , ont péri , 
quoiqu'on ait essayé de le faire en 
différentes saisons , et avec le plus 
srrand soin. La même chose est ar- 
rivée à tous ceux qui ont élevé de 
ces plantes ; et mes Correspondans 
m'ont assuré que souvent ils ont 
voulu enlever de ces plantes dans 
les bois . pour les placer dans les 
jardins ,' en choisissant des pieds de 
différentes grosseurs , depuis les plus 
jeunes jusqu'aux plus vieux, et que 
jamais aucune n'a réussi, quoiqu'ils 



DAP 

aient employé toutes les précautions 
possibles , et qu'ils s'y soient pris 
dans différentes saisons. Ainsi, quand 
on veut avoir de ces plantes dans 
un jardin , on doit s'e.i procurer 
les semences des pays où .elles crois- 
sent naturellement , et des qu'elles 
arrivent , il faut tout de suite les 
semer dans le lieu où elles doivent 
rc' ter : celles des troisième , qua- 
trième et septième espèces veulent 
ctre semées sur une plate-bande très- 
chaude et sèche , où ces plantes prc- 
fîreront encore mieux , et subsiste- 
ront plus long-tems, si l'on a placé, 
dans le fond , une couche de dé- 
combres ou de craie. On tient ces 
plantes constamment nettes, et on 
ne remue que le moins possible la 
terre t]ui avoisine les racines. Comme 
elles naissent spontanément dans de 
mauvais terreins et dans les crevas- 
ses des rochers , plus le sol qu'on leur 
fournit approche de cette qualité, 
mieux elles réussissent. 

Les cinquième et sixième espè- 
ces peuvent avoir une situation plus 
fraîche ; en les semant dans un lieu 
où elles puissent jouir seulement du 
soleil du matin , elles profiteront 
mieux que dans une situation plus 
chaude; mais on doit toujours s'abs- 
tenir de remver la terre près des 
racines, et de ne pas les placer prés 
des autres plantes qui exigent d'être 
transplantées ou labourées : comme 
les semences des espèces étrangères 
arri\ent rarement assez à tems pour 



D A P DAT II 

être semées en automne, on ne pent très-difiîciîe à conserver ou a nmL 
les mettre en terre qu'au printeins; tiplier dans les jardins. 
et alors les plantes ne paroissc-nt La neuvième ne profite en An- 
qi'.'un an après , et quelquctois gleterre qu'autant qu'on la tient 
UK-me qu'au second printems. Mais constamment dans la couche de tan 
comme plusieurs personnes pour- de la serre chaude. Llle ne souffre 
roienc trouver qu'il est trop long de pas plus que les autres d'être trans- 
laisser une terre pendant deux ans , plantée ; car j'en ai clevé plusieurs 
sans la remuer , il sera mieux de cjui ont profité tant qu'elles ont 
mettre ces graines dans de petits resté dans les pots où elles avoient 
pots qu'on enterre dans le premier été semées ; mais qui ont péri quand 
été , et qu'on retire en automne , on a voulu les transplanter. 
pour les semer ensuite où elles doi • 

vent rester; par cette méthode les DATISCA. Lin. Gen. Plant. 

plantes pousseront au printems sui- loo^. Cannahïna. Tourn. Cor. 51. 

vaut. Chanvre bâtard. 

La cinquième espèce est un ar- Caraclères. Dans ce genre les 
brisseau fort agréable , qui mérite fleurs mâles & les femelles sont 
d'occuper une place dans les jar- placées sur différentes plantes ; les 
dins , autant que tous ceux qu'on fleurs mâles ont un calice à cinq 
y cultive pour ornement. Les pre- feuilles étroites et aiguës ; elles 
miere et seconde sont quelquefois n'ont point de corolles , mais seu- 
d'usagc en médecine, comme on l'a lement des étamines à peine visi- 
dé)à die ci-dessus ; mais on s'en sert blcs, et dix anthères beaucoup plus 
très-rarement, parce qu'elles sont longues que le calice : les fleurs 
d'une nature fort caustique ; cepen- lemellcs n'ont point de corolles , 
dant en faisant quelques expérien- et leurs calices sont semblables à 
ces avec précaution , il n'est pas dou- celles des fleurs mâles ; elles ont 
teux qu'elles ne puissent être utiles un germe oblong , qui soutient trois 
dans des accidens graves ; car plu- styles couronnes par des stigmats 
sieurs Charlatans fort ignorans ont fimples : leurs calices se changent 
tait de grandes cures avec ces plan- dans la suite , en autant de cap- 
tes : la septième espèce produit le suies ovales , triangulaires , et à une 
Grana ^niricfa des boutiques. cellule qui s'ouvre en trois valves, 

La huitième, étant originaire du et qui contient un grand nombre 

Cap-de-bonne-Espérance , ne peut de petites semences adhérentes aux 

vivre en Angleterre que dans une trois côtés de la capsule, 

bonne orangerie : cette plante est Ce genre de plantes est rangé 

Bij 



^ 



12 DAT DAT 

dans la dixième section de la vingt- des feuilles , vers les sommets des 

deuxième classe de LinnÉe , inti- tiges ; mais , comme elles n'ont pas 

tuléc : Diœcie dodecandrie , qui de corolles , elles n'ont poim d'ap- 

comprcnd celles dont les fleurs parence : les sommets des fleurs 

mâles et les femelles croissent sur mâles qui sont longs et d'un jaune 

différents pieds , et dont les fleurs brillant , sont les seules parties de 

femelles ont dix étamines. ces fleurs qui soient visibles , et 

Les espèces sont : qui puissent être distinguées de 

I ". Datisca cannabina , caule quelque distance. 

hvi. Lin. Sp. Plant. 1037. Kniph. Les fleurs femelles produisent des 

Cent. II. N. 38. Fem ; Datisca capsules oblongues, et remplies de 

à Tige unie ou Chanvre bâtard. petites semences attachées à trois 

Cannabis lutea Cretica. Alp. Exot. valvules : ses plantes fleurissent en 

29e. r. 195. Juin , leurs semences mûrissent 

LuteoLi hcrha stcrilis. Baiih. Pin. en Septembre , leurs tiges pcussent 

lOo. en automne, et les nouvelles re- 

Cannahina Cretica fiorifera _, et poussent au printems. 
fructifera. Tourn. Cor: 5 i j Chan- On peut multiplier cette espèce 
vre de Crète. en divisant ses racines en automne, 
2°. Datisca hirta ^ caule hirsuto. quand ses tiges sont flétries ; mais 
Lin. Sp. Plant. 1037. Chanvre bâ- on ne doit pas les séparer en trop 
tard avec une tige rude. petites parties : on peut les planter 
Cannabina. La premiere espèce dans quelqu'endroit que ce soit, 
croit naturellement dans l'islc de pourvu qu'on ne les mette pas sous 
Candie , et dans quelques autres l'cgout des arbres ; elles n'exigent 
contrées du Levant : sa racine est aucune autre culture que d'etre 
vivace , et produit plusieurs tiges tenues nettes de mauvaises herbes, 
herbacées , qui s'élèvent à la hau- On la multiplie aussi par ses 
teur d'environ quatre pieds , et graines , mais il faut avoir attention 
sont garnies de feuilles ailées , d'un de ne les recueillir que sur les plan- 
vert clair, alternes, et composées tes qui croissent dans le voisinage 
chacune de trois paires de lobes , des mâles , parce qu'elles sont les 
terminés par un lobe impair ; ces seules qui soient fécondes ■■, et de les 
lobes ont environ deux pouces de semer en automne , sans quoi elles 
longueur ; ib sont terminés en réussissent difficilement dans la vire- 
pointe aiguë , et sont profondément miere année : quand les plantes de 
sciés sur leurs bords : ses fleurs sor- semence paroissent , on les tient 
teat en épis longs et clairs , des ailes -^cttes de mauvaises herbes , et en 



m 



DAT 
automne on les transplante où elles 
doivent rester. 

Hirta. La seconde , qui est ori- 
ginaire du Canada et de quelques 
autres contrées de l'Amérique- Sep- 
tentrionale, diffère delà précédente, 
en ce qu'elle a des tiges velues et 
plus hautes , et des feuilles plus lar- 
ges et moins rapprochées sur les 
tiges : elle est également dure , et 
peut être multipliée de la mcme 
manière que la premiere ; mais il 
faut lui donner une situation plus 
ombrée , et un sol plus humide. 

DATTE des Indes. Foysi Dios- 
PYROS. L. 

DATTIER. Fûyei Palm A 
Dactylifera. 

DATURA. Lin. Gen. Plant. 2 1 8. 
Stramonium. Tourn. Inst. R. H. i I 8; 
Pomme épineuse ou l'Endormie. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
ont une corolle monopétale et en 
forme d'entonnoir ; un tube long 
et cylindrique, qui s'ouvre au som- 
met, et qui , dans quelques espèces, 
a cinq angles pointus ; un calice 
persistant , gonfle au milieu , à cinq 
angles et tubulé ; cinq étamines aussi 
longues que le calice et terminées 
par des sommets oblongs et com- 
primés, et un germe ovale, qui sou- 
tient un style droit et couronné 
par un siigmat épais et qui se change 
dans la suite en une capsule ovale 



DAT ,3 

et divisée par une cloison intermé- 
diaire et croisée en quatre cel- 
lules remplies de semences en i^orme 
de rein , et adhérentes à la cloison. 

Les planres de ce genre , ainsi 
que celles qui ont cinq étamines 
et un style , sont comprises dans la 
premiere section de la cinquième 
classe de Lin NÉE , qui a pour titre : 
Pemandrie monogynie. 

Les espèces sont : > 

1 °. Datura stramonium, per/car- 
pus spinosis 3 erectis j ovatis ; foliis 
ovat'u, glahris. Hort. Ciiff. 5 5. Hort. 
Ups. 43 . /^/. Suec. 185. 198. Gron. 
Virg. 2 3; Roy. Lugd.-B. 422. Dalib. 
Pans. -;.0. Cmel. It. I. p. 43. 
Kniph. Cent. lo. N. ^7.; Pom.me 
épineuse ayant un péricarpe ovale , 
érigé et épineux, et des feuilles ova- 
les et unies. 

Nuci MctelU convener planta. 
Camer.Epit. 'x-jd. Solanum, fœtidum^ 
porno spinosoj cblongo j flore albo. 
Bauh. Pin. 168: 

Stramonium fructu spinoso, rotunda , 
flore albo, simplici. Tourn. Inst. R. 
H. 1 18 ; Pomme épineuse avec un 
fruit rond et épineux, et une simple 
fleur blanche. L'Endormie. 

Tatula. Cam. Epit. I -j6. 

Z°. Datura Tatula^pericarpiis spi- 
nosis, erectis, ovatis ; foliis cordatis, 
glabris j. dentatis. Linn. Sp. 2 ^ ^ j 
Pomme épineuse ayant un fruit, 
ovale, érigé, avec une couverture ou 
un péricarpe épineux, et des feuilles 
unaes, dentelées et en forme de cœur. 



i!4- DAT 

'Stramonlumfructu spinosOj oblongo^ 

flore vlolaceo. Tourn. Inst. R. H. 

1 1 9 ; Pomme épineuse dont le fruit 

est oblong et épineux , et la fleur de 

couleur violette. 

Solarium saùvum j porno spinoso 
oblongo j flore albo, Bauh. Pin. 

5 °. Datura Metel^ pcrkarpiis spi- 
nosiSj, nutantïbus 3 alohosïs; follis cor- 
datisj suh'mtegris :, pubescent ibus. Hort. 
Ciif. 5 5 . Hort. Ups. ^^. FI. Zeyl. 
86. Mat. Med. 64. Roy. LugJ.-B. 
412. Kniph. Cent. I. T. 24 j 
pomme épineuse avec un huit in- 
cliné et globulaire ; un péricarpe 
épineux , et des feuilles en forme 
de cœur et entières. 

Solanurn porno spinoso _, rotundo j 
longo flore. Bauh. Pin. 168. 

Hummacu. B.keed. Mal. 2. p. 47. 

T. z8. ':-^- 

Datura alba. Rumph. ' Amb. 5. 
p. ^41. T. 87. 

4°. Datura ferox, pericarpiis spi- 
nosisj ercctisj ovatisj spinis supremis 
ma.vimis, convergcntibus. Amœn. Acad. 
3. P. 403 ; Pomme épineuse avec 
un fruit ovale et érigé , dont les épi- 
nes du haut sont les plus grandes 
et entremêlées les unes dans les au- 
tres , et une enveloppe ou un pé- 
ricarpe épineux. 

Stramonium ferox. Bocc. 50 ; 
Pomme épineuse rude. 

Datura Cochinensisj spinosissima, 
^anon. Hist. I. p. 7^6. 
5 °. Datura Moxiuj pericarpiis spino- 



n A T 

ji5j innoxiisj ovatis ^ properidemibus ; 
folds cordât is i pubcfcentibusj Pomme 
épineuse à fruit ovale et pendant , 
dont !c péricarpe est garni de poin- 
tes qui ne piquent point, avec des 
feuilles velues et en forme de cœur. 

Stramonium folio hyoscyami ^ flort 
toto candido, fructu pivpendente^ ro- 
tundo j, spinis innoxiis ornato j Boerh. 
Ind. Alt. I. 

6'^ . Datura fastuosa, pericarpiis 
tuberculatis j nutantibus j globosis ; 
foins lavibus. Lin. Sp. 2 5 6; Stramo- 
nium à feuilles douces et à fruit glo- 
bulaire et penché, dont le péricarpe 
est garni de tubercules. 

Stramonium ^gyptiacum j flore 
pleno J, intùs albo j foiis violaceo. 
Tourn. Ins t. I 1 9 ; Pomme épineuse 
d'Egypte , avec une fleur double , 
blanche en- dedans et violette en- 
dehors. 

Datura rubra. Rumph. Amb. J. 
p. 243. 

Solanum fœtidum j fructu spinoso j 
rotundo , semine pallido. Bauh. Pin. 
168. 

Nux Metclla. Cam. Epit. 175. 

7°. Datura arborea pericarpiis 
inermibus , nutantibus j caule arboreo. 
Lin. Sp. Plant. 179 ; Datura avec 
une tige d'arbre et un fruit pen- 
ché , dont le péricarpe est uni. 

Stramonoïdes arboreumi oblongo et 
iritegro folio, fructu Uvi, vulgb flore- 
pondio. Fcwil. Tab. 46. 

Stramonium. La premiere espèce 
est plus commune en Europe , que 



D A T 
toutes les autres : elle a été proba- 
blemenc d'abord apportée de lltalic 
et de lEipagne , où elle croit na- 
turellement ; mais elle est à pré- 
sent si muhiplice aux environs de 
Londres et des autres grandes Villes 
de l'Ani^leterre , qu'elle paroit ctrc 
originaire de ce pays ; car il y a 
peu de jardins et de tas de Rimier 
oil on ne la voie croître. 

En été , dans les endroits cepen- 
dant où elle a d'abord été cultivée , 
et par-tout où on laisse écarter ses 
semences , on en voit parcître une 
grande quantité d'autres plusieurs 
années après i parce que beaucoup 
de leurs nombreuses sentences s'en- 
foncent dans la terre, et qu'elles y 
restent sans pousser jusqu'à ce qu'en 
labourant , on les ramené à la sur- 
face. 

Cette espèce s'élève rarement au- 
dessus de deux pieds de hautci;r, et 
se divise en plusieurs branches for- 
tes , creuses , ir régulières et garnies 
de feuilles larges et unies , divisées 
en angles irréguiicrs et qui répandent 
une odeur fétide. 

Les fleurs qui sortent d'abord des 
divisions des branches et ensuite des 
extrémités , ont des tubes longs et 
gonfiés qui sou Vi eut au sommet, 
en bords krges et découpés en 
cinq angles , dont chacun est ter- 
miné par une longue queue ou 
pointe i leurs calices sont longs , 
verts et à cinq angles , et elles sont 
remplacées par de grosses capsules 



DAT I ^- 

rondcs , couvertes d'épines fortes , 
et divisées par quatre sillons , aux- 
quels adhérent les cloiîons qui les 
séparent intérieurement en quatre 
cellules remplies de semences noires 
et en forme de rein. Cette p^ntc 
fleurit en Juillet, en Août et en 
Septembre , et les semences mûris- 
jent en automne ; si on leur pern";Ct 
de s'écarter , la terre se trouvera 
couverte de plantes l'année sui- 
vante. 

Autrefois on ccmpcscit un cn- 
guent rafraîchiliant avec les feuilles 
de cette espèce et de la graisse de 
porc , dont on faiioit beaucoup de 
cas pour les brûlures et les ampoules 
qu'elles cccasicnnenr. 

Cn trouve dans TAmxrique-Scp- 
tentricnale ure variété de cette 
espèce qui s'élève deux fois plus 
haut que la précédente ; ses feuilles 
sont plus unies et d'un vert pli's 
luisant ; mais ses fleurs et ses fruits 
ont la mtme forme que l'autre; on 
peut la regarder cependant comme 
une espèce distincte ; par la rai- 
son que ces differences persistent 
dans les plantes qu'on a élevées ca 
Angleterre (i). 



(i) Cette plante tft un poison aussi 
violent que U Jusquiame & la Bella dond : 
on ne l'emploie jamais intérieurement ; 
mais on s'en sert comme de la Jusquiame, 
en mêlant le suc île ses feuilles avec du 
sain-doux, dont on prépare une espèce 
d'onguent qu'on applique sur les he'mot- 



i6 DAT 

La seconde croît naturellement 
dans presque toute l'Amérique; car 
ses semences m'ont souvent été 
envoyées des Isles , ainsi que de 
toutes les parties du Nord de cet 
hémisphère : elle s'élève avec une 
tige forte à la hauteur de quatre ou 
cinq pieds , et se divise en plusieurs 
fortes branches , garnies de feuilles 
semblables à celles de l'espèce pré- 
cédente , mais plus larges , et di- 
visées sur leurs bords en un plus 
grand nombre de segments : ses 
fleurs ont des tubes plus longs , plus 
étroits et teints de couleur pourpre: 
son fruit est aufli plus long : ces 
différences sont persistantes. 

Cette espèce est aussi dure que 
la première ; si on lui laisse écarter 
ses semences , les plantes se multi- 
tiplieront beaucoup , et deviendront 
fort embarrassantes. 

Metel. La troisième a une tige 
forte , qui s'élève à -la hauteur 



lou-ies, les érésypeles, les brûlures, les 
ulcères carcinomateux j &c. elle est ano- 
dine, résolutive e: adoucissante. 

Cette espèce , ainsi que toutes les au- 
tres plantes de cette nature , pourroient 
devenir utiles dans les grandes douleuis 
que rien ne peut calmer, ainsi que dans 
plusieurs autres maladies désespérées , 
tels que les cancers , les grandes tumeurs 
formées par la lymphe , Sec. : mais pour 
l'employer avec sûreté, il faudroit avoir 
sur ses effets une longue fuite d'observa- 
tions j faites par des hommes instruits et 
désintéressés. 



DAT 

de trois pieds , et se divise en plu- 
sieurs branches laineuses ; ses feuilles 
sont presque entières et n'ont que 
deux ou trois découpures sur leurs 
bords : ses Beurs ont de longs tubes 
qui s'étendent au-delà du calice , 
se divisent en deux parties, et s'élar- 
fissent ensuite considérablement en- 
dehors ; leurs bords sont partagés 
en dix angles obtus ; ces fleurs sont 
d'un blanc pur en- dessus ; mais 
leurs tubes sont verts en-dedansi 
elles produisent un fruit rond, 
couvert d'épines et divisé en quatre 
cellules , comme ceux de Ja précé- 
dente i mais qui deviennent d'un 
brun clair à leur maturité. 

Cette espèce n'étant pas aussi 
dure que les autres , il faut semer 
ses graines au printems sur une cou- 
che de chaleur modérée , et traiter 
ensuite les plantes qui en provien- 
nent , de la même manière que la 
Merveille du Pérou et les autres 
espèces de pla ntes du res et annuelles j 
on les transplante à la fin de Mai 
en pleine terre , où elles fleuriront 
en Juillet , et donneront des semen- 
ces mûres en Août. 

Cette plante donne une variété 
à fleurs doubles qui doit être placée 
dans une caisse de vitrage, si on 
veut lui faire produire des semences 
dans ce pays. 

Ferox. La quatrième s'élevc ra- 
rement au-dessus d'un pied et demi 
de hauteur , et s'étend en dehors 
en plusieurs branches garnies de 

feuilles 



DAT 

feuilles à-peu- près semblables à 
celles de k premiere espèce ; mais 
plus petites, et supportées par de 
plus courts pétioles : les fleurs res- 
semblent aullî beaucoup à celles de 
la premiere ; mais elles sont égale- 
ment plus petites : son fruit est rond 
et armé d'épiiies trcs-fortcs et ai- 
guës ; celles du haut sont longues 
et entrelacées les unes avec les au- 
tres ; ses semences deviennent noi- 
res en mûrissant. 

Cette espèce étant trop tendre 
pour être semée en pleine terre , en 
Angleterre on doit l'élever sur une 
couche chaude, et la transplanter 
ensuite dans des plates - bandes , 
comme la précédente. 

Innoxia. La cinquième est ori- 
ginaire de la Vera - Cruz , d'où 
j'ai reçu ses semences : elle s'élevc 
avec une tige tirant sur le pourpre 
à la hauteur de trois ou quatre pieds, 
et se divise en plusieurs branches 
fortes et garnies de feuilles oblon- 
gues et en forme de cœur : ses ti- 
ges , ses branches et ses feuilles 
sont couvertes d'un poil doux : 
ses fleurs sont érigées et sortent 
des divisions des tiges et des bran- 
ches ; elles sont larges et blanches , 
et produisent des fruits ovales , 
couverts d'épines longues et molles , 
qui s'ouvrent en quatre cellules 
j-emplies de semences brunes. 

Cette plante est annuelle et doit 
Être d'abord élevée sur une couche 
tiv chaleur modérée ; on la trans- 
Tome III. 



DAT 



17 



plante ensuite dans des plates-ban- 
des ouvertes , où elle fleurira et 
perfectionnera ses graines en au- 
tomne. En lui laissant écarter ses 
semences , les plantes lèveront au 
printems suivant ; et , si l'été esc 
chaud , cll?s fleuriront et donne- 
ront souvent des graines mures. 

Fastuosa. La Sixième , qui naît 
spontanément en Egypte et dans 
les Indes, s'élevc avec une belle 
tige unie et de couleur de pourpre, 
à la hauteur de quatre pieds , ec 
se divise en plusieurs branches gar-< 
nies de feuilles larges , unies , den- 
telées, et supportées par de longs 
pédoncules ; ses fleurs, qui sortent' 
aux divisions des branches, ont des 
tubes gros et , gonflés , qui s'éten- 
dent fort larges au sommet ; leurs 
bords sont divisés en dix angles , 
dont chacun est terminé par une 
longue queue ou pointe mince ; les- 
fleurs sont d'une belle couleur pour- 
pre cn-dchors, et d'un blanc satiné 
en-dedans ; quelques-unes sont sim- 
ples, d'autres naissent au nombre 
de deux ou de trois , placées les 
unes au-dessus des autres: plusieurs 
d'entr'elles sont doubles , et ont 
quatre ou cinq pétales d'égale lon- 
gueur ; de sorte qu'elles paroissent 
des fleurs pleines aux bords : ces 
fleurs répandent une odeur qui est 
d'abord fort agréable , mais qui 
devient , lorsqu'on la respire trop 
long-temps', déplaisante et narco- 
tique. En accélérant les progrès de 

G 



lîî DAT DAT 

ces plantes au printems sur une considérablement dans la longueur 

couche chaude, et en les tranbplan- de six pouces ; il s'ouvre ensuite à 

tant , dans le mois de Juin , sur son extrémité , ovi il est divisé en 

une plate-bande de terre riche et cinq angles terminés par des pointes 

bien exposée, elles fleuriront très- fort longues : ces fleurs sont blanches 

bien en Juillet ou en Août ; mais et marquées en-dehors et dans leur 

leurs semences mûriroilt difficile- longueur par quelques raies de cou- 

ment , à moins qu'elles ne soient leur jaune pale ; et des capsules ron- 

couvertes de vitrages. Le fruit de des , unies et remplies de semences 

cette espèce est rond et incUné vers en forme de reins , leur succèdent, 

le bas ; ses capsules et péricarpes Cet arbre est un des plus grands 

sont épais et charnus , ainsi que les ornemens des jardins du Chili , oui 

cloisons intermédiaires qui séparent les Habitans le multiplient avec 

les cellules : l'extérieur du fruit est grand soin. Quand ses fleurs sont 

couvert de protubérances émoussées, tout-à-fait épanouies, elles produi- 

ct ses semences deviennent brunes sent le plus bel eflFct , et un seul 

en mûrissant. arbre parfume l'air d'un grand 

Arborea. La septième a été dé- jardin, 
couverte , à la Vera-Cruz , par le Cette plante est tendre , et ne 
Dr. Houstoun , qui m'en a envoyé peut être conservée en Angleterre 
les semences : elle s'élève avec une qu'en la tenant dans une serre 
tige ligneuse, à la hauteur de douze chaude ; on se procure ses semences 
ou quatorze pieds , et se divise en des contrées où elle croît naturelle- 
plusieurs branches, garnies de feuil- ment : mais ces graines doivent être 
les de six pouces de longueur, sur parfaitement mûres et conservées 
deux et demi de largeur au milieu , avec soin , afin que la vermine ne 
étroites à chaque extrémité , moins puisse en approcher \ car la plupart 
larges d'un côté que de l'autre , de celles qui avoient été envoyées 
velues et supportées par de longs par le Docteur Houstoun, ont été 
pétioles , sur lesquels elles sont pîa- mangées par les insectes dans le 
cées obliquement : ses fleurs , qui passage ; celles qui sont arrivées 
sortent aux divisions des branches, saines, n'ont produit que peu de 
ont un calice tubulé d'un pouce à- plantes : on en avoit élevé deux ou 
peu-près de longueur , qui s'ouvre trois dans les jardins du Mylord 
au sommet d'un côté, comme un Peter , et deux dans celui de 
spathe au - dedans ; ce tube est Chelsea , dont une a fleuri ; mais 
d'abord étroit ; mais , immédiate- elles ont toutes péri sans produire 
ment au-dessus , il s'enfle et grossit de sçmcnccs : de manière qwe je 



D A U D A U i^ 

crois qu'il n'en existe plus luic seule Pentandrk digynie^ qui comprend 

cii Angleterre. les plantes dont les fleurs ont cinq 

étamines et deux styles. 

DAUCUS, Lin. Gen, Plant. 1^6. Les espèces sont : 

Tourn. Insc. R. H. 3 07. Tab. 16 1. 1°. Daucus sylvestris scminihus 

^«Jkoî ; quelques-uns font déri- hispldis ^ radice tenuiore ^ fervido ; 

ver ce nom de Aaiu, gr. brûler, Carotte à semence rudes, avec une 

à cause de la qualité chaude de racine mince et chaude, 

cette plante. Carotte. Caucalis Daucus^ officinalis. Crant^. 

Caractères. La fleur est à om- ^ust. P. 217. 

belle; rombelle principale est com- Daucus vulgaris. Clus.Hist. x.P. 

posée d'un grand nombre d'autres 19 8 ; Carotte sauvage ordinaire, 

petites, qu'on appelle ri3)0;7jj et qui Pastinaca tenui- folia sylvestris j 

sont courtes et en grappes : l'enve- Dioscoridis , Bauh. Pin. 151. 

loppe de l'ombelle principale est com- 1°. Daucus carota, scminihus his^ 

posée de plusieurs teuilles étroites et pidisj radice carnoso j esculento ; Ca- 

tcrminées en pointes ailées , qui sont rotte à semence velue , dont la ra- 

rarement aussi longues que l'om- cine est charnue et bonne à manger, 

belle. Celles des rayons sont plus Daucus sativus 3 radice aurantii 

courtes et simples : les corolles ont coloris. Tourn. Inst. R. H. 3 07 ; la 

cinq pétales tournés en-dedans : Carotte des boutiques, 

celles qui composent les rayons sont Daucus sativus , radice atro ru- 

de longueur inégale ; mais celles bente. Tourn. Inst. R. H. }OJ. 

du disque sont à-pcu-près sembla- 3*^. Daucus Gingidium radiis in- 

blés ; elles ont chacune cinq éta- volucri planis j laciniis recurvis. Prod. 

mines velues et terminées par des Leyd. 97; Carotte avec des raies 

sommets ronds : le germe, qui est unies aux enveloppes et des dents 

placé sous la fleur , soutient deux recourbées. 

styles minces et couronnés par des Daucus montanusj lucidus. Tourn. 

stigmats obtus ; il se change, quand Inst. 307 ; Carotte de montagne, 

la fleur est passée , en un petit fruit luisante. Herbe aux gencives, 

rond , cannelé et divisé en deux Gingidium. Matth. Comm. 372. 

parties , dont chacune forme une T. 373. 

semence convexe et sillonnée d'un 4°. Daucus hi^pidus j coule kis- 

CÔté et unie de l'autre. pido j segmcntis foliorum latioribus ; 

Ce genre de plantes est rangé Carotte avec une tige velue et des 

dans la seconde section de la cin- feuilles divisées en plus larges scg- 

fluieme classç de Li^NiE , intitulée : mens. 

Cij 



»o D A U 

Pastinaca (Enanthes folio. Bocc. 
Rav. 74 ; Panais à feuilles d'CEnan- 
thès. 

j ''. Daucus Creticus radiis invo- 
lucri pinruti-fidis J umhdlis duplb 
lonoiorihus , folds acutis ; Carotte 
avec des rayons aux enveloppes à 
aîles pointus , deux fois plus longs 
que rombellc , et des feuilles ai- 



guës. 



Daucus tenui-folius Creîlcus _, ra- 
dùs umbellâ longioribus. Tourn. Inst. 
R. H. 308; Carotte de Crète, à 
feuilles étroites , ayant des rayons 
plus longs que l'ombelle. 

6 . Daucus Mauritanicus 3 semini- 
bus hispidis j fiosculo centralï Jler'dï , 
carnoso recepcaculo communi hemi- 
sphœrico. Lin. Sp. 34S; Carotte à 
semences velues , dont le centre de 
la fleur est stérile , et le réceptacle 
commun charnu et hémisphérique. 

Daucus HispanicuSj umbcUâ ma- 
gna. Tourn. Inst. 30 S. 

Pascinaca tenui-folia sylvestris j 
umbellâ majore. Bauh. Pin. 151. 

"1°. Daucus J'^isnagaj seminihus nu- 
dis. Hort. Cliff. 8 9. Roy. Lugd.-B. 97. 
Sauv. Mons. p. 157. Liron. Orient. 
83. Kniph. Cent. 6. N. 34; Carotte 
à semences unies. 

Ginoidium , umbellâ oblongâ. G. 
J?. p. 1 5 1 ,• Gingidium à ombelle 
oblongue. Herbe aux cure -dents. 
Fenouil annuel. Herbe aux ç-encives. 

f>°. Daucus muricatus , scminibus 
aculeacis. Lin. Sp. 349; Carotte avec 
des semences épineuses. , . 



D A U 

Artedia muricata, seminilus aculea- 
tis. Hort. Ciiff. 89. Sp. PI. I. p, 
241. 

Caucalis major Daucdides Tingî— 
tana. Mor. Hist. }. p. 308. 

Echinophora Tingitana. Riv. Pent. 
l~j. Lappula canaria 3 sivè Caucalis 
maritima. Bauh. Hist. 3. 

Sylvestris. La premiere espèce est 
la Carotte sauvage commune , qui 
croît à côté des champs et dans les 
terres de pâturage de plusieurs par- 
ties de l'Angleterre : comme cette 
plante ne diffère pas beaucoup , en 
apparence , de la Carotte de jardin , 
quelques personnes ont pensé qu'el- 
les ne formoient l'une et l'autre 
qu'une seiJc et même espèce \ mais 
ceux qui ont entrepris de cultiver 
l'espèce sauvage , sont entièrement 
convaincus qu'elles sont distinctes 
l'une de l'autre : j'ai soigné la sau- 
vage pendant plusieurs années; mais 
je n'ai jamais pu obtenir des semen- 
ces de celles qui avoient été semées 
au printcms , et celles de l'automne 
réussissoient en partie fort bien : j'ai 
cultivé ces plantes de la mên^ ma- 
nière que la Carotte de jardin , sans 
avoir jamais pu améliorer leurs raci- 
nes qui ont toujours continué à 
être petites , gluantes , et d'un goÛ£ 
chaud et piquant. Comme tous ceux 
qui ont tait cet essai n'ont pas ob- 
tenu de plus grands succès, on ne 
peut douter que ces. deux plantes ne 
soient absolument différentes l'une 
de l'autre. On emploie en méde- 



D A U 

cine , les semences de cette espèce , 
comme un excellent diurétique dans 
Ugravclle ; mais au lieu de ces grai- 
nes, les Droguistes vendent ordi- 
nairement de vieilles graines de Ca- 
rottes de jardin , qu'ils achètent chez 
les Mardiands de semences ; et 
toute graine qui est trop vieille pour 
végéter , doit conserver bien peu de 
jes propriétés médicinales (i). 



(i) Les semences de la Carotte sau- 
Vage , ou du Daucus de Crète , ne different 
les unes des autres, quant à leurs proprié- 
tés médicinales , qu'en ce que les dernières 
sont un peu plus actives; leurs vertus ré- 
sident piincipalement dans l'huile essen- 
tielle qu'elles contiennent très-abondam- 
inent et très -peu dans le principe gom- 
meux; c'est pourquoi on peut substituer 
dans tous les cas cette huile éthérée à tou- 
tes les autres préparations, ou faire tou- 
jours infuser ces graines dans le vin , parce 
que l'eau ne peut enlever qu'une très-pe- 
tite quantité de la partie huileuse ou ré- 
sineuse, au moyen du mucilage qui lui sert 
de dissolvant. 

Ces graines, qui sont mises au nombre 
des quatre semences chaudes mineures , 
sont discussives , diurétiques , carminati- 
ves, anti-hystériques, aperitives, &c. On 
les emploie avec succès dans les coliques 
venteuses , l'asthme humide , les affec- 
tions glaireuses des reins et de la vessie , 
les obstructions des viscères, les gonfle- 
mens des maramelles, occasionnés par la ré- 
tention du lait , l'hydropisie , la cachexie , 
les affections hystériques , &c. 

On donne ces semences en poudre, de- 
puis un scrupule jusqu'à un gros. 

En infusion vineuse , depuis un gros 



D A U 2R 

Carota. La Carotte de jardin four- 
nit plusieurs variétés qui ne diflfèient 
que par la couleur de leurs racines •■, 
on peut conserver ces variétés, si l'on 
a soin de ne pas les mcler avec les 
autres dans le même jardin. La Ca- 
rotte-orange est généralement esti- 
mée à Londres, et l'on y cultive peu 
la jaune et la blanche. 

Je regarde la Cc^rctte d'un rouge 
foncé ou pourpre , comme une espèce 
distincte de toutes les autres; mais 
comme elle est beaucoup plus ten- 
dre , je n'ai pu encore la voir en 
fleur , parce que ses racines ont été 
détruites par les premieres gelées de 
l'automne : cette espèce , dont les 
semences m'ont été envoyées d'Alep, 
ont très-bien réussi ici ; ses racines 
n'étoient pas aussi grosses que celles 
des autres : elles étoient teintes d'une 
couleur pourpre, presque semblable 
à celle des raves foncées ; et elles 
étoient fort tendres et douces : les 
feuilles de cette plante étoient moins 
velues et plus finement découpées 
que celles des Carottes ordinaires. 

On cultive ordinairement la se- 



jnsqu'à une demi - once , et leur huile es- 
sentielle, à la dose de quelques gouttes, 
dans un véhicule convenable. 

Elles entrent d.ins VAurea Alexandrîna, 
dans le sirop de Calamintha de Mésue , dans 
la çonàx&Draprassii , dans la Diacucurmn 
magna de Mésue , dans le Philonium ma- 
gnum, dans \z thériaquc , le Miaidate y\a 
pilulUs de îs kolas a' Alexandrie _, 6'c. 



i'ï D A U D A U 
condc espèce dans les jardins pes- de mettre du fumier, il faut choisir 
tagers ; ses différentes variétés sont le plus consommé , et le répandre 
estimées dans plusieurs pays ; mais uniformément par-tout , afin qu'en 
à Londres on préfère la Cartote- labourant il ne se trouve pas ras- 
orange à tontes les autres. semblé en monceaux ; ce qui cm- 

On les seme en deux ou trois dif- pccheroit les racines de pousser droi- 

férentes saisons , et quelquefois plus tes , et les rendroit courtes et four- 

souvcnt, quand les jeunes Carottes chues : quand la terre est sujette à 

sont recherchées. se lier et se durcir , on ne peut 

Le premier semis se fait aussi- pas prendre trop de soin pour en 

tôt après Nocl.sile temsest favo- casser et diviser les parties ; c'est 

rablc, dans une plate-bande chaude, pourquoi il faut la labourer avec 

contre une muraille , une palissade des bêches fort étroites , et casser 

ou une haie : on seme d'abord , tout exactement toutes les mottes de 

près de la muraille , de la laitue , terre ; ce qui est rarement bien fait , 

ou quelqu'autre salade , donc on si le Maître n'y porte pas son at- 

forme une bordure d'un pied de tention , parce que les ouvriers s'y 

largeur; parce que si les Carottes prennent mal, et ne cherchent qu'à 

croient trop rapprochées de cette faire l'ouvrage à la hâte , quand ils 

muraille, elles fileroicnt et ne pro- ne sont point observés, 
duiroicnt point de bonnes racines. Quand la terre est labourée, on 

Elles se plaisent à l'ombre dans la met de niveau ; sans quoi les se- 

un sol chaud, léger et labouié assez menées se trouvent trop enterrées 

profondément, afin que leurs raci- et trop épaisses dans certains en- 

nes puissent mieux pousser vers le droits , quand on y passe le râteau , 

bas; car si elles rencontroient quel- après les avoir semées ; ce qui est caii- 

ques obstacles , elles se fourchcroient se que dans des places les plantes sont 

et pousseroient des racines latérales ; trop serrées, tandis que d'autres 

ce qui arrive sur-tout lorsqu'on a places sont tout-à-fait dégai-nies. 
mis trop de flimier dans la terre la Comme ces semences sont ar- 

mcme année qu'elles sont semées : mées sur leurs bords d'une grande 

comme cette cause suffit aussi pour quantité de petits poils fourchus qui 

les rendre sujettes à la vermoulure, les unissent fortement ensemble, et 

on fera bien de fiimer et de labou- qu'il est difficile de les semer sans 

rer la terre destinée aux Carottes , qu'elles se ramassent en paquets , il 

une année avant qu'on les seme : faut commencer par les bien frot^ 

mais si on n'a pas pu prendre cette ter entre les deux mains , afin de 

précaution, et qu'il soit nécessaire les séparer , et choisir un jour calrac 



D A U D A U 23 

pour les répandre ; car si l'air est parvenir à toute leur grosseur , ou 
agité , il est impossible de les semer leur donnera huit ou dix pouces d!in- 
co-alement, parce que lèvent les ras- tervalle en tous sens. 
semblera toutes en paquets : quand Le second semis de Carottes fe 
elles sont semées, on les foule ré- fait en Février, sur des plares-ban- 
gulicrement avec les pieds , pour les des chaudes , contre une muraille , 
enterrer , et on nivelle ensuite la une palissade , ou une haie ; mais 
terre avec un râteau. si on veut les mettre sur un terreiu 
Lorsque les plantes ont poussé découvert , elles ne doivent pas être 
quatre feuilles , on remue la terre semées avant le commencement de 
avec une petite houe de trois pou- Mars : il ne faut jamais les mettre 
ces de largeur , pour couper tou- en terre à la fin de Mars , en Avril 
tes les mauvaises herbes, et donner ou en Mai ; car ces dernières mon- 
aux plantes quatre pouces de dis- teroienr en graines avant que leurs 
tance en tous sens, afin qu'elles racines fussent parvenues à une gros- 
puissent prendre force : un mois ou seur médiocre , sur-tout si le tems 
cinq semaines après , on houera la est chaud et sec. 
terre pour la seconde fois ; on aura On peut cependant en semer en- 
soin de ne pas laisser deux Carottes core une fois dans le mois de Juillet , 
ensemble, et on fera en sorte qu'el- pour une récolte d'automne; et à 
les soient encore plus éloignées les la fin d'Août , pour Thiver : au 
unes des autres : toutes les mauvai- moyen de cet arrangement , on aura 
ses herbes étant détruites par cette des Carottes printanieres en Mars ; 
opération, et la surface de la terre mais celles-ci sont très- souvent co- 
étantbien ameublie, ces jeunes plan- riaces et gluantes : cependant , com- 
tes pousseront avec plus de facilité, me on désire généralement de jeu- 
Un mois ou cinq semaines après , nés Carottes dans le commencement 
commence le troisième houage , du printems , l.i plupart des Jardi- 
pour débarrasser la terre des mau- niers en semen c dans cette sai:>on ; 
vaises herbes , et donner aux Ca- mais on doit a'ors les placer sur 
rottes la distance qu'elles doivent des plates-bandt. chaudes , et dans 
avoir ; distance qu'on proportionne des terres sèches , sans quoi elles se- 
à la grosseur jusqu'à laquelle on ront rarement bonnes. Si f hiver est 
veut les laisser croître : si on veut très- dur , on fera bien de couvi-ir 
en ôter quelques-unes pour les man- ces jeunes plantes avec du chaume 
ger jeunes, il suffira de laisser en- de pois, ou quclqu'autre litière lé- 
tr elles cinq pouces de distance ; gère , pour empêcher la gelée de 
mais si on a le projet de les faire pénétrer dans la terre, et de dé- 



24 b A U D A U 

truire leurs racines : si celles qui ont d'ailleurs , si on met des févcs , oit 
été semées en automne viennent à quelqu'autre grand légume parmi 
à être détruites parle froid, on fera les Carottes , on court risque de les 
une couche chaude au commence- faire pousser plutôt par le haut que 
ment du printems , sur laquelle on par la racine , et elles n'acquièrent 
en sèmera de nouvelles , qui seront jamais ainsi la moitié de la grosseur 
bonnes avant toutes les autres; on qu'elles doivent avoir, 
met sur ces couches quatorze ou L'avarice de quelques Jardiniers 
seize pouces d'épaisseur de terre , ne leur permettant pas de donner 
afin que les racines puissent avoir à leurs Carottes la distance qu'elles 
une profondeur suffisante pour s'en- doivent avoir, elles filent et s'af- 
fonccr; on couvre ces jeunes plantes foibhssent considérablement par 
de fumier chaud , quand la chaleur cette disposition : lorsqu'elles ont 
de la couche commence à dimi- une fois filé étant jeunes , elles ne 
nuer, pour hâter leur accroisse- recouvrent jamais leur force entiè- 
mcnt , et on a grand soin de ne rement , et ne peuvent parvenir à 
pas les laisser filer ; on peut les lais- la grosseur de celles qui ont été 
ser plus serrées que celles de pleine bien espacées au premier houage : 
terre , parce qu'on les arrache fort ainsi, quand on veut avoir de gros- 
jeunes pour l'usage. Quelques per- ses Carottes, on ne doit pas les lais- 
son nés mêlent plusieurs autres es- ser les unes trop près des autres , 
peces de semences parmi les Carot- ni les mêler avec aucune autre es- 
tes , comme des porreaux , des oi- pcce de légume, 
gnons , des panais , des raves , des Cette racine est depuis long-tems 
fèves, &:c.; mais, suivant moi, au- cultivée dans les jardins, pour la 
cun de ces mélanges n'est bon , parce table : mais ce n'est que depuis quel- 
que, si une de ces espèces réussit plei- ques années qu'on la seme dans les 
ncmcnt, elle détruit toutes les au- campagnes, pour en nourrir les bes- 
trcs, et que ce que l'on gagne sur tiaux; encore cette pratique n'a-t- 
l'une est perdu sur l'autre : en outre elle lieu que dans quelques endroits 
chaque espèce devient plus belle et particuliers de l'Angleterre , où le 
meilleure , quand elle est semée se- sol est favorable à cette plante ; il 
parement , et quand la récolte est n'y a cependant aucune espèce de 
finie , le terrein se trouve libre pour légume qui soit plus propre à cet 
y mettre autre chose; au-iieu qu'en usage, et qui fournisse un aliment 
mêlant trois ovi quatre espèces en- aussi solide et aussi substantiel pour 
semble , la terre '2st rarement dé- les animaux. Un acre de terre , 
jsiirrassée avant le printems suivant : planté en Carottes , engraissera un 

grand 



J 



D A U D A U ij 

grand nombre de moutons on de vroient touiours avoir une provi- 
bœufs , mieux que trois acres do sion de ces racines , s'ils possèdent 
navets, et la chair de ces ani- des terreins propres à cette culture , 
maux sera plus ferme et d'un meil- et dont le sol soit lé^^cr et profond. 
^ur goût : les chevaux aiment aussi La terre qu'on destine à ces raci- 
beaucoup ces racines , et il n'y a nés, doit être labourée dans le com- 
point de meilIeure_^nourriture pour mencement de l'automne ; on lui 
les porcs. On a aussi cultivé ces ra- donne encore une seconde culture 
cines dans les parcs, pour nourrir en travers , avant l'hiver, et on la 
les bètes fauves ; ce qui étoit très- dispose en sillons élevés, afin que la 
utile dans les hivers rudes , où le gelée l'adoucisse. Si la terre est de 
gibier trouvant peu d'alimens, pé- mauvaise qualité, on y met en hi- 
rissoit souvent de faim, ou mai- ver, au commencement de Février, 
grissoit tellement , qu'il ne pouvoir du fumier bien consommé , et en 
recouvrer son embonpoint dans l'été Mars on laboure pour la troisième 
suivant ; au-lieu qu'en les nourris- fois , afin de la rendre propre à re- 
sant de Carottes pendant tout l'hi- ccvoir les semences. Quelques Fer- 
ver , on les entretient jusqu'à la miers donnent cette dernière culture 
pousse de l'herbe, qui , dans ces avec deux charrues qui se suivent 
sortes de heux , croit très-lentement, dans le même sillon ; au moyen de 
La culture de cette racine est quoi la terre se trouve creusée à 
aussi plus avantageuse que celle du la profondeur d'un pied et demi : 
navet , parce qu'elle est moins su- d'autres placent des hommes avec 
jette à manquer , et qu'en semant des bêches, qui suivent les charrues, 
ses graines au printems , les plantes et enlèvent du fond de chaque sil- 
poussent toujours bien, à moins que Ion une certaine quantité de terre, 
les mois de Juin et de Juillet ne qu'ils mettent sur les sommets , et 
soient fort mauvais : au-lieu que dont ils ont soin de briser les mot- 
les navets sont souvent détruits par tes. Cette seconde méthode est plus 
les moucherons et les pucerons à coûteuse que la premiere , mais elle 
leur premiere poussée ; et dans les est bien préférable ; car , de cette 
automnes sèches , ils sont attaqués manière les mottes sont bien mieux 
par les chenilles , qui , dans peu de brisées , et la surface de la terre se 
tems , en dévorent des champs en- trouve plus unie. 
tiers ; mais ces insectes ne touchent Si le terrein a été cultivé aupa- 
point aux Carottes : pour toutes ces ravant, il n'exigera que trois labours; 
raisons , les Fermiers qui ont beau- le premier avant l'hiver , pour met- 
coup de bestiaux et de brebis , de- tre la terre en sillons élevés , par 
Tome m. - D 



i6 D A U , D A U 
la raison que nous avons déjà don- mences ; on les plantera au milieu 
née; le second , en travers, d.ms de Février, dans un sol léger, à 
le mois de Février, après lequel on un pied environ de distance les unes 
fera bien de passer la herse , pour des autres ; on tiendra la terre nette 
rendre la terre plus meuble , et le de mauvaises herbes; et vers le mi. 
dernier en Mars , qui doit être exé- lieu du mois d'Août , lorfque les sc- 
ruté comme nous l'avons dit plus mences seront mûres , on les cou- 
haut. Apres ce troisième labour, pera, et on les tiendra dans un lieu 
s'il reste encore de grosses mottes sec , où elles puissent être exposées 
de terre qui ne soient pas cassées , pendant plusieurs jours au soleil 
il sera prudent de la bien herser età l'air , pour les faire sécher ; après 
avant de répandre les semences. Une quoi on les battra, on mettra les 
livre et demie de graines suffira graines dans des sacs , et on les con- 
pour un acre de terre ; mais comme scrveradans un endroit sec jusqu'au 
elles sont sujettes à s'accrocher en- tems où l'on doit en faire usage: 
semble , ainsi que nous l'avons déjà ces semences ne conservent la pro- 
cb^-ervc , il est difficile de les semer pritté de végéter, qu'une ou deux 
uniformément : pour rendre la chose années tout au plus; mais les plus 
plus facile , on mêle quelquefois nouvelles sont toujours préférables, 
avec ces semences une certaine qiian- Gingidium. La troisième espèce 
tiré de sable , et on les frotte bien , qu'on rencontre dans les environs 
pour les séparer les unes des autres, de Montpellier, a des tiges plus unies 
Lorsqu'elles sont semées , on herse que la Carotte ordinaire ; ses fcuil- 
légèrement pour les enterrer, et les sont d'un vert luisant, et leurs 
quand les plantes poussent , on les segmens sont plus larges : les om- 
houe comme il a été dit ci-dessus. belles de ses fleurs sont aussi plus 
Si on veut conserver des Carottes larges et moins régulières. Cette 
pendant tout l'hiver et le printems , plante est annuelle, et réussit mieux 
il faut, vers le commencement de lorsqu'on seme ses graines en au- 
Novembre , les tirer hors de terre , tomne. 

quand leurs feuilles commencent à Hispidus. La quatrième est d'un 
se flétrir , et les mettre dans du crû plus bas qu'aucune des précé- 
sabîe, dans un lieu sec , et à l'abri dentés ; ses tiges sont fort couvertes 
de la gelée , où on les prendra à de poils courts ; les segmens de ses 
mesure qu'on en aura besoin : mais feuilles sont larges et obtus ; ses om- 
en en conservera quelques-unes des belles sont petites , et les feuilles qui 
plus longues et des plus droites, les enveloppent sont divisées en trois 
pour leur faire produire des se- parties. 



D A U 

Crericus. Lacinquiemes cleve avec 
une tige mince, rude et velue, au- 
dessus de deux pieds de hauteur : 
ses feuilles sont courtes et découpées 
en segmens aigus ; parmi elles on 
en voit quelques-unes plus petites: 
ses ombelles sont moins larges que 
celles de l'espèce commune , et leurs 
enveloppes sont deux fois plus lon- 
gues : les feuilles qui les composent 
sont divisées en cinq ou six parties , 
et terminées en pointe aiguë : ses 
fleurs sont jaunes. 

Mauritankus. La 'îç-'ieme a une 
tige cannelée, haute de tr )is pieds , 
et terminée par de grosses ombelles 
de fleurs , dont les enveloppes ont 
des pointes ailées : les segmens des 
feuilles du bas sont découpés en 
parties plus obtuses , et sont d'un 
vert foncé. 

Visnaga. La septième , qui croît 
naturellement en Espagne et en Ita- 
lie , est une plante annuelle , qui 
s'élève à la hauteur de trois pieds , 
avec une tige droite , unie , cou- 
chée, et garnie de feuilles unies, et 
divisées en plusieurs beaux segmens 
écroits , comme celles du Fenouil : 
ses tiges s'étendent au-dehors , et 
chaque branche est terminée par 
une grande ombelle, composée d'un 
grand nombre d'autres plus petites ; 
l'enveloppe est plus courte que l'om- 
belle , et chaque feuille qui la com- 
pose , est divisée en trois parties ; 
les pédoncules qui soutiennent les 
rayons ^ sont longs et fermes ; les 



D A U 17 

Espagnols s'en servent en guise de 
cure-dents : d'où vient le nom de 
Vïsnaga ou de Cure-dents , qu'on 
a donné à cette plante. Si on veut 
multiplier cette espèce , il faut né- 
cessairement semer ses grames en 
automne , car elles manqueroient 
souvent , ou au moins elles ne pous- 
seroient que dans l'année suivante, 
si elles n'étoient mises en terre 
qu'au printems. Ces plantes n'exi- * 
gent aucune autre culture , que d'ê- 
tre tenues nettes et éclaircies. 

Muricatus. La huitième se trouve 
dans les environs de Tanger; sa 
tige est droite , haute de plus de 
deux pieds , garnie de feuilles à 
doubles aîles et velues , et divisée 
vers son sommet en plusieurs bran- 
ches , dont chacune est terminée 
par une ombelle de fleurs blanches, 
qui sont remplacées par des semen- 
ces velues. 

Si les graines de cette espèce ne 
sont pas semées en automne , les 
plantes qui en proviennent donnent 
rarement des semences mûres , 
parce qu'elles sont surprises par les 
premieres gelées , avant d'avoir ac- 
quis le degré de perfection qui leur 
est nécessaire. 

Ces espèces sont quelquefois cul- 
tivées dans les collections de botani- 
que , pour la variété ; mais comme 
elles ne sont d'aucun usage , on ne 
les cultive pas dans d'autres jardins. 



Daucus creticus, ou Daucus 
D ij 



V 



28 DAY 

de Candk. Foyei AtHAMANTA 
ANNUA. V. Supplément et 
Athamanta Cretica. 

DAYENIA. Monicr. 

On a donne ce nom à ce genre, 
en l'honneur du Duc d'Ayen , qui 
est un grand amateur et protec- 
teur de la Botanique : ce Seigneur 
a donné à M. Monier, membre de 
r Académie Royale des Sciences, la 
place de Surintendant de ses magni- 
fiques jardins de Saint-Germain , où 
il. s'est pli'i à rasseniblcr une grande 
quantité de plantes rares de toutes 
les parties du monde. 

Nota. LinnÉe a donne cette 
espèce sous le titre d'Ayenia Pu- 
silLi. Voye^ SUPPLEMENT au mot 

Ayenia. 

Cacacteres. Le calice de la fleur 
a cinq petites feuilles ovales qui se 
dessèchent ; la corolle est composée 
de cinq pétales , dont les pointes 
sont jointes à un nectaire uni et 
étoile ; ce nectaire est placé sur une 
colonne cylindrique , érigée , aussi 
longue que le calice, en forme de 
cloche , et pourvue de cinq lobes 
enfoncés à la marge : cette fleur a 
cinq étamines courtes, insérées dans 
la bordure du nectaire, et terminées 
par des sommets ronds et joints à 
la bordure des pétales ; son germe, 
qui est rond et placé au fond du 
nectaire , souiicnt un style cylin- 
drique , couronné par un stigmat 
obtus et à cinq angles, et se change 



DAY 

dans la suite en une capsule à cinq 
cellules , qui renferment cinq se- 
mences oblongues et attachées à la 
capsule. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la quatrième section de la 
vingtième classe de LinnÉE , inti- 
tulée : Gynandrie pentandrie , avec 
celles dont les fleurs ont cinq eta- 
mines fixées avec le style au nec- 
taire. 

Nous n'avons jusqu'à présent 
qu'une espèce de ce genre, qui est la 

Dayenia pusilla , folds corda- 
tis glabris ; Dayénia à feuilles unies 
et en forme de cœur. 

Ayenia pusilla , folds cordatis 
glabris. Lin. Sp. 1354. Edic. 3. i. 
Jet. Stockh. \'J')6. 

Ayenia folds ovacis, acutis, serratis, 
germine pedicellato , nectario plana 
stellato. Lcefi.- It. lOO. 

Urtic£ folio anomala j flore pen- 
taphyllo purpurea j fructti pentacocco 
muricato. Floan. Jam. 91. Hist. 1, 
p. Z09. t. 132. F. 2. 

Les semences de cette espèce ont 
été envoyées par le jeune de Jussieu, 
du Pérou à Paris , où elles ont 
réussi , et ont été depuis multipliées 
dans plusieurs autres jardins de l'Eu- 
rope ; celles qui m'ont été données 
par M. le Monier , Intendant des 
jardins du Duc d'Ayen , à Saint- 
Germain , ont produit , dans le jar- 
din de Chelsea , des plantes qui ont 
fleuri et donné annuellement des 
graines. 



DAY 
Cette plante a une tige mince ec 
ligneuse, qui se divise en plusieurs 
branches minces et clcvces à la 
hauteur de neuf pouces ou d'un 
pied , et garnies de feuilles unies 
en forme de cœur , légèrement 
dentelées sur leurs bords, supportées 
par de longs pétioles, d'un vert 
luissant , terminées en pointe ai- 
guë, et placées alternativement sur 
les branches : de la base de chaque 
pétiole sortent , sur les côtés des 
branches, deux, trois ou quatre fleurs 
du même bouton, dont chacune est 
placée sur un pédoncule séparé et 
mince : ces fleurs ont cinq étamincs 
minces et recueillies en une cipece 
de colonne , comme dans les fleurs 
malvacées; au fond de chacune est 
placé un germe à cinq angles, qui 
se change ensuite en une capsule 
ronde , et à cinq cellules , dont cha- 
cune renferme une semence en 
forme de rein : ses fleurs sont tubu- 
lées , ouvertes et divisées sur leurs 
bords en cinq segmens aigus , dont 
chacun est terminé par une queue 
mince ; elles sont pourpre, et se 
succèdent sur les méfnes plantes, 
depuis le mois de Juillet jusqu'à 
l'hiver. 

Cette plante se multiplie par ses 
graines , qui doivent être semées 
sur une couche de chaleur- modérée, 
dès le commencement du printems: 
quand les plantes ont poussé quatre 
feuilles, on en transporte une partie 
sur une nouvelle couche chaude, 



DEL z9 

pour les faire avancer , et on met 
les autres dans des pots , q-i'oa 
plonge dans une couche de tp.n : 
on les tient à l'omUre jusqu'à ce 
qu'elles aient lornié de nouvelles 
racines ; après quoi on leur donne 
de l'air chaqvie jour -à proportion 
de la chaleur de la saison , et on 
les arrose souvent et légèrem.ent 
dans les tems chauds. Ces plantes 
doivent rester dans la couche chaude 
pendant tout l'été , cù on leur donne 
beaucoup d'air ; car celles t]ui sont 
exposées en plein air, même dans 
cette sai.on , ne profitent pas , et x 
celles qui ont été afibiblies par un 
traitement trop délicat , ne fleuris- 
sent pas bien : elles se conservent 
pendant tout l'hiver dans une serre 
de chaleur modérée ; mais quand 
elles ont bien perfectionné leurs 
semences dans la premiere année, 
elles ne valent plus la peine d'être 
conservées. On trouve un dessin de 
cette plante dans la 1 18^ Planche 
de mes Figures. 

DELPHlNiUxM. Lin. Gen. Plant. 
6qi. Touni. Ins t. R. IL 416. Tafj. 
141. <5'£;.<pi» . gr. ; un Daupti'm. 
Cette pLiiit^c ^^^ ainsi nommée , 
parce que sa fleur, avant de s'ou- 
vrir , ressemble à un Dauphin ; on 
lui donne aussi le nom de Consolida 
Resalis . à cause des vertus vulnc- 
raires qu'on lui attribue. Gaspard 
BauHIN l'appelle Plante Royale^ 
parce que son calice est tourné en 



30 DEL 

arrière en forme de f^eiir-de-lys. 
C(S:s ALPIN us, Pline et les autres 
Poiftes , disent que cette plante est 
tuie véritable Hyachnhî , parce qu'on 
voit marquée sur sa fleur la syllabe 
ai i qui est une particule lamentable. 
Pied d'Alouette. Herbe aux Poux ou 
le Stapkisaigre. 

Caractères. Dans ce genre la fleur 
n'a point de calice \ la corolle est 
composée de cinq pétales inégaux et 
placés circulaircment .Le pétale su- 
périeur s'étend en une queue obtuse 
et tubulée ; les deux latéraux sont 
à-peu-prés de la même grosseur que 
!e supérieur ; mais les deux du bas 
sont plus petits et ouverts. Elle a 
un nectaire divisé en deux parties , 
placé dans le centre des pétales, et 
enveloppé dans le tube par la partie 
de derrière : cette fleur a plusieurs 
petites étamines inclinées sur les pé- 
tales, et terminées par des sommets 
érigés, et trois germes ovales qui 
soutiennent trois ityles aussi longs 
que les étamines , et couronnés par 
des stigmats réfléchis : ces germes 
deviennent ensuite autant de cap- 
sules jointes ensemble, qui s'ouvrent 
en travers, et ont chacune une cel- 
lule remplie de semences angulaires. 
Ce genre de plante est rangé 
dans la troisième section de la 
treizième classe de LinnÉe, inti- 
tulée : Po/yandri trigynie : les fleurs 
qui composent cette plante ont plu- 
sieurs étamines et trois styks. 
' Les espèces sont : 



DEL. 

l '^ . Delphinium consolida j necta- 
rils mouophyllis j caule subdlviso. 
Hort. Cli^. 1 1 y. Flor. Suec. 440 j 
476. Mat. Med. I 3 8. Roy. Lugd.-B. 
481. Dalib. Pans. 158; Pied 
d'Alouette, ayant un nectaire mo- 
nophylle , et une tige sousdiviséc. 

Dclvhinlum fcgetum. Tourn. Inst. 
416 ; Pied d'Alouette des bleds, et 
le Consolida regalis arvensis. C. B. 
p. 141. Consoude Royale des 
champs. 

Z°. Delph.ïnlum Ajacis , nectariis 
monophyllls j caule simplici. Hort. 
Cliff. 113. Hort. Ups. 150. B.oy. 
Lugd.-B. 48 1 j Pied d' Aloiiette dont 
le nectaire est monophylle et la tige 
simple. 

Delphinium hortense, flore majore 
et simplici acruUo. Tourn. Inst. R. 
i/. 416 j Pied d'Alouette de jardin, 
avec une fleur plus large , simple et 
de couleur bleue. L'Ajax. 

Consolida regalis j flore majore et 
multipllci. Bauh. Pin. 141. 

Flos regius. Dod. Pempt. 252. 

Delphinium fatlvum. Rlv. t. 123. 

3 °, Delphinium amhiguum ^ nectariis 
monophyllis j * caule ramoso ; Pied 
d'Alouette avec un nectaire mono- 
phylle , et une tige branchue. 

Delphinium elatlus, purpureo-vio~ 
laceiim. Souvert. Flor. ; Pied d'A- 
louette branchu, avec .une fleur d'un 
violet pourpre. 

Consolida regalis j flore minore. 
Bauh. Pin. 142. 

4°. Delphinium peregrlnumj necta- 



DEL 
riis diphyUis j corollïs ennea petalis , 
capsuUs teretibusj folds muki-panicis 
obtusis. Hon. Cliff. 1 1 3 ; Pied d'A- 
louette avec un nectaire à deux 
feuilles , une corolle composée de 
neuf pétales , des capsules cylindri- 
ques , et des feuilles divisées en 
plusieurs segmens obtus. 

Delphinium latifolium^ parvo flore. 
Tourn. Inst. R. H. ^i6 ; Pied d'A- 
louette à feuilles larges et à pe Jte 
fleur. 

Consolida regalis latifolia, parvo 
flore. Bauh. Pin. 141, 

. J °. Delphinium datum j nectariis 
diphyUis j labellis bifidis j apice bar- 
batis j foliis incisis j caule recto. Hort. 
Upsal. 151. Kniph. Cent. 6. N. 35,- 
Pied d'Alouette avec un nectaire à 
deux feuilles , une le\ rc divisée en 
deux parties , et garnie de barbe au 
sommet , des feuilles découpées et 
une tige droite. 

Delphinium perenne montanum vil- 
lûsum j Aconiti folio. Tourn. Inst. 
416 j Pied d'Alouette de montagne, 
velu et vivace, à feuilles d'Aconite, 
ordinairement appelé Pied de Mou- 
che Abeille. 

Aconitum cdruleum hirsutum , flore 
Consolidd. regalis. Bauh. Pin. I 8 i . 

Aconitum lycoctonum j flore Del- 
phinii Silesiaci. Clus. Hist. 1. P. 94. 
6^. Delphinium grandiflorumj nec- 
tariis diphyllis j labellis integris j 
floribus subsolitariis j foliis compositis 
lincari- multi-partitis. Hort. Upsal, 
1 jo ; Pied d'Alouette avec un nec- 



D E L 31 

taire à deux feuilles , une lèvre en- 
tière , des fleurs simples et des feuil- 
les composées et divisées en plusieurs 



segmens étroits. 



Delphinium humilius, angusti-foliiim 
perenne y flore a-^ureo. Amman ; Pied 
d'Alouette nain et vivace , à feuilles 
étroites et à fleur de couleur d'azur. 

7°. Delphinium Americaiium y nec- 
tariis diphyllis 3 labellis integris , flo- 
ribus spicatis j foliis palmatis j mul- 
tifidis glabris. pi. I 1 9 ; Pied d'A- 
louette avec un nectaire à deux 
feuilles, une ievre entière, des fleurs 
en épis , et des feuilles unies , c» 
forme de main , et divisées en plu- 
sieurs parties , ordinairement appelé 
Pied d'Alouette d'Amérique. 

8^. Delphinium staphisagria y nec- 
tariis diphyllis y foliis palmatis 3 lo- 
his integris. Hort. Cliff. 213. Hort. 
Ups. 150. Roy. Lugdi-B. 48 i. Sauv. 
Monsp. 214; Pied d'Alouette avec 
un nectaire à deux feuilles, des feuil- 
les en forme de main , et des lobes 
entiers. Staphisagria. Bauh. Pin, 
324. Dod. Pempt. ^66. 

Delphinium Platani foliOj Stcphi- 
sagria dictum. Tourn. Inst. R. H. 
428 ; Pied d'Alouette à feuilles de 
Platane. Staphisaisre ou Herbe aux 
Poux. 

Je ne parlerai point ici des différen- 
tes variétés de Pied d'Alouette qu'on 
rencontre dans les jardins, parce que 
cela donneroit trop d'extension a 
cet Ouvrage ; je me contenterai de 
faire mention des espèces vraiaicr.ï 



3 7, DEL DEL 

distinctes ; et comme les Jardiniers sont placées à une plus grande dis- 

nc connoisscnt de dift'érence dans tance les unes des autres sur les tiges: 

les Pied'> d'Alouette de jardin , que ses fleurs sont plus petites et disposées 

par leurs tiges droites ou branchues, en épis plus longs : ses tiges ne sont 

et que ces différences sont persis- pas aussi couvertes de branches que 

tantes et ne varient jamais , je me celle qu'on appelle branchue , et 

servirai de cette méthode , et je ne elles ne sont pas non pk'is simples et 

m'arrêterai point à d'autres diflé- érigées comme celles de l'cpeces 

renées accidentelles, que des per- qu'on nomme Droite; d'après cela je 

sonnes peu instruites ont voulu in- crois être fondé à la regarder 

troduire comme caractéristiques. comme une espèce différente ( i ). 

Je commencerai par le Pied d'A- Ajacia. La seconde a des tiges 

iouette branchu, qui donne les va- droites qui poussent peu de bran- 

riétés suivantes. ches : ses fleurs sont placées très- 

Le bleu , le pourpre , le blanc , près les unes des autres sur des épis 

celui de couleur de chair, le cendré , érigés , de manière qu'elles ont une 

celui de couleur de rose, et ceux très-belle apparence : ces plantes 

qui sont panachés en deux ou trois fleurissent en Juillet et en Août, et 

de ces difFérentcs couleurs. ornent beaucoup les plates-bandes 

Le pied d'Alouette à tige droite des jardins à fleurs, 
est sans branche , produit une plus Amhïguum. Le pied d'Alouette 

o-rande variété de couleurs que le branchu, qui est la troisième espèce, 

branchu : ses fleurs sont aussi plus fleurit plus tard que le pied d'A- 

laro-es et plus pleines ; mais les cou- Iouette droit : elle s'élève avec une 

leurs principales sont à-peu-prcs les tige fort divisée au dessus de trois 

mêmes que celles des autres , et pieds de hauteur ; ses branches sor- 

quelques-unes d'entr 'elles sont très- tent horisontalement sur les parties 

foncées. latérales des tiges ; mais ensuite leurs 

Consolida. La premiere croît na- extrémités , qui produisent des épis 
turellement sur les terres labourées, 

en France , en Espagne et en Italie : ' 

on croit qu'elle est la même que [i] Quelques Auteurs prétendent que 

le pied d'Alouette de jardin ; mais ""e pl^n^e est vulnéraire et aperitive , 

A„ „„.-«,,.- . ^^,- ;,= l'ii et que sa conserve est propre à calmer 
c est une grande erreur : car )e 1 ai ^ , / , ^ ^ ^ . 

, . , , , ■ ' les tranchées des enfans : mais on s en 

cultivée nendant plusieurs années, et . i- i . 

LiuLivi-v- ^«.iJu.iiiL p o , sert tres-rarement; on applique seulement 

je ne l'ai jamais vu changer ; ses ^^^ ^^^^j j^,^ jg^ yg^^ ^ p^y^ £„ appaiser 

feuilles sont plus larges et moins l'inflammation, après les avoir fait macé- 

^ivisces que celles de jardin, et elles rer dans l'eau - rose. 

de 



DEL 

de fleurs , se tournent vers le haut 
et forment uniinglc : ses feuilles sont 
lon<^ues et agréablement divisées : 
ses fleurs , qui sont plus éloignées sur 
les épis que celles de l'espèce droite, 
sont larges , et quelques-unes d'en- 
tf 'elles sont fort doubles , et teintes 
de diverses couleurs. 

Ces plantes sont annuelles ; on 
les multiplie par leurs graines, qu'on 
seme dans les places où elles doivent 
rester, parce qu'elles ne veulent pas 
être transplantées , sur-tout si on ne 
les enlevé pas tandis qu'elles sont 
Jeunes : si on les scme en automne , 
elles pro,duisent des plantes plus 
fortes , qui donnent beaucoup de 
fleurs doubles , et qui perfectionnent 
mieux leurs semences que celles qui 
ne sont semées qu'au printems , 
parce que leurs fleurs paroissent plu- 
tôt ; mais si on veut en avoir pen- 
dant long- temps , il faut aussi en 
semer au printems : quand elles sont 
destinées à orner les jardins à fleurs , 
on en seme beaucoup ensemble dans 
un espace d'un pied quarré , au mi- 
lieu des plates-bandes de distance 
en distance 5 on met dans chaque 
quarré dix ou douze semences , on 
les couvre de terre jusqu'à l'épaisseur 
d'environ trois pouces , et on éclair- 
cit les plantes au printems , en n'en 
laissant que cinq on six de l'espèce 
droite dans chaque quarré , et de 
J'especc branchue , tout au plus trois 
pu quatre , parce qu'elles exigent 
plus de place : ces plantes ne de- 
Jçm lUt 



DEL 



3 3 



manderont plus ensuite aucun soin , 
si ce n'est qu'on arrachera constam- 
ment les mauvaises herbes qui naî- 
tront parmi elles , et qu'on les sou- 
tiendra avec des baguettes pour les 
soutenir contre l'effort des vents , 
qui pourroient les rompre quand 
elles commencent à fleurir. Si les 
semences ont été bien choisies , on 
ne trouvera parmi elles que trcs- 
peu de mauvaises fleurs : si chaque 
quarré contient des fleurs différentes 
pour les couleurs , elles produiront 
encore un meilleur effet. On ne doit 
jamais mêler l'espèce branchue avec 
l'espèce droite , parce qu'elles ne 
fleurissent pas dans le même temps. 
Si on veut conserver les deux belles 
espèces sans qu'elles dégénèrent en 
fleurs simples ou de mauvaise cou- 
leur , il fiut semer en automne une 
plate-bande de chaque espèce dans 
quelqu'endroit écarté du jardin ; on 
éclaircit bien ces plantes, et on les 
débarrasse des mauvaises herbes 
jusqu'à ce qu'elles commencent à 
montrer leurs fleurs ■■, alors on les 
examine chaques deux jours pour 
retrancher celles dont les fleurs 
ne sont pas fort doubles ni de belle 
couleur ; car si on en laissoit quel- 
ques-unes de celles-ci parmi les au- 
tres , leur poussière fécondante les 
feroit certainement dégénérer. Les 
Amateurs qui se contentent de mar- 
quer seulement leurs bonnes fleurs 
pour semences , et qui laissent les 
autres avec elles, se trouveront tou' 



î4 DEL 

jtnirs trompes sur leur beauté dans 
la saison suivante : ainsi , quand on 
veut les avoir dans leur perlection, 
on ne doit jamais recueillir les se- 
mences qui croissent dans les plates- 
bandes du jardin à fleurs, parce qu'il 
est presque impossible qu'elles s'y 
conservent aussi bonnes que si elles 
étoient placées à une bonne distance 
de toutes les autres espèces. Quand 
les capsules deviennent brunes , on 
ks examine avec soin , afin de les 
recueillir avant qu'elles s'ouvrent 
pour répandre leur semencessi com- 
me celles du bas de la tige s'ouvrent 
long-temps avant que celles du haut 
soient mûres , il faut les détacher 
à mesure, et ne point attendre pour 
ks recueillir , comme on le fait 
souvent , jusqu'au moment où l'on 
arrache ks tiges. Ces premieres cap- 
sules sont bien préférables à celles 
du sommet ; aussi les personnes qui 
apportent beaucoup de soin dans 
k choix de leurs graines , ne man- 
quent-elles jamais de retrancher le 
haut 'des épis de fleurs. 

Toutes ces plantes sont fort dures 
et exigent peu de soin ; elles méri- 
tent d'occuper une place dans les 
plus beaux jardins i car lorsqu'elles 
sont en fleurs , il y en a peu d'autres 
qui produisent un meilleur effet , et 
il n'y en a point qui soient aussi 
propres à être mises en pots pour 
orner les appartemens. Comme elles 
sont très-droites et qu'elles produi- 
sent de longs épis , elles s'élèvent à 



DEL 

une belle hauteur au-dessus des 
pots; et quand les ciiffeicntes cou- 
leurs sont entremêlées avec art , 
elles font un magnifique coup-d'œil 
et conservent long - temps leur 
beauté. 

Peregrinum. La quatrième espèce, 
dont les semences m'ont été envoyées 
de Gibraltar , se trouve en Sicile et 
en Espagne : elle a une tige fore 
branchue , qui s'élève à la hauteur 
d'environ deux pieds : les feuilles 
qui occupent la base de la plante , 
sont divisées en plusieurs scginens 
longs et obtus ;. mais celles des tiges 
sont généralaiient simples : ses 
fleurs, qui sont petites et d'un bleu 
foncé , naissent éloignées les unes 
des autres sur la partie haute des 
tiges , et sont remplacées par de 
très - petites capsules , quelquefois 
simples , d'autres fois doubles , mais 
rarement réunies au nombre de trois, 
comme dans ks espèces communes. 
Cette plante est annuelle ; on 
seme ses graines en automne , et 
on la traite de la même manière que 
l'espèce commune ; mais , comme 
elle a peu de beauté , on ne la cul- 
tive , dans quelques jardins , que 
pour la variété. 

E latum. La cinquième a une ra- 
cine vivace, de laquelle sortent , au 
printems, plusieurs tiges droites, 
qui s'élèvent à la hauteur de quatre 
pieds , et sont garnies de feuilles ve- 
lues, supportées par de longs pétioles, 
divisées en pluseurs larges segraens 



'. '^v 



DEL 
et en forme d'une maia ouverte ; 
ces segmens sont découpés, ;i leur 
extrémité, en deux ou trois pointes 
algues : ses fleurs , qui naissent sur 
de longs épis, sont d'un bleu clair, 
et couvertes en-dehors d'un duvet 
farineux. Cette plante fleurit en 
Juillet et en Août, et ses tiges pé- 
rissent en automne jusqu'à la racine. 
Grani'tflorum. La sixième, qui a 
été envoyée de la Sibérie dans le 
Jardin Impérial de Pétesbourg, a 
très- bien réussi, et ses çrraincs m'ont 
été données par le Docteur Amman , 
Professeur de Botanique dans cette 
Université : elle a une racine vivace 
qui pousse au printems deux ou trois 
tiges branchues, hautes d'environ 
un pied et demi , et garnies à chaque 
nœud de feuilles d'un vert clair,, et 
composées de quelques segmens 
étroits qui se terminent en plusieurs 
pointes aiguës : ses fleurs sortent sim- 
ples vers la partie haute des tiges, 
chacune sur un pédoncule long et 
nud ; elles sont larges et d'une belle 
couleur d'azur ; elles paroissent à la 
fin de Juillet, et produisent des se- 
mences qui mûrissent en automne. 
Amerïcanum. La septième, qu'on a 
apportée de l'Amérique , est une 
plante vivace qui s'élève à la hauteur 
de six à sept pieds , avec des tiges 
fortes , branchues , et garnies de 
feuilles en forme de main , unies , 
portées sur de longs pétioles, et di- 
visées en quatre ou cinq lobes ter- 
vm.k.% en pointç ai»uç ; ses fleurs , 



DEL 35 

qui sortent des extrémités des tiges, 
sont d'une belle couleur bltue , et 
croissent en longs épis ; elles ont un 
nectaire barbu , à deux lèvres et de 
couleur foncée , qui , de quelque 
distance, ressemble au corps d'une 
abeille. 

Culture. Tous les pieds d^Alouette 
vivaces se multiplient par semences, 
qui réussissent plus sûrement quand 
elles sont mises en terre en automne, 
que quand on les garde jusqu'au 
printems : lorsque les plantes pous- 
sent , on les tient nettes , et on les 
éclaircit , et dés l'automne suivante 
on les place à demeure : ces plantes 
fleuriront dans la seconde année ; 
leurs racines continueront à grossir 
annuellement , et produiront tou- 
jours un plus grand nombre de tiges 
de fleurs. 

Staphisagria. La huitième est une 
plante annuelle qui croît naturelle- 
ment dans le Levant et dans la Ca- 
labre.j elle s'élève à la hai:teur d'en- 
viron deux pieds , et produit une 
tige forte , velue et garnie de feuillet 
velues en forme de main , et compo- 
sées de cinq ou sept lobes oblongs, 
qui ont souvent une ou deux den- 
telures sur leurs bords : ses fleurj 
sortent en épis clairs de la partie 
haute de la tige , chacune sur un 
long pédoncule : elles sont d'un bleu 
pâle ou pourpre, et ont un nectaire 
formé par deux feuilles. Cette espèce 
se multiplie par ses graines , qu'il 
faut mettrç en tçrre en automne i 



^G DEN 

car si on les conserve jusqu'au prin- 
tems , dies ne croissent jamais dans 
la même année. On les seme où les 
plantes doivent rester , et elles n'exi- 
gent pas un traitement plus com- 
pliqué que le pied d'Alouette com- 
mun. Le même Peuple se sert de la 
poudre de cette plante pour détruu-c 
les Poux , d'où elle a reçu le nom 
<K Herbe aux Poux ( l ). 

DENT DE CHIEN. Foyei Ery- 
THRONIUM, 

DENT DE LION ou le Pissen- 
lit. Foyci Leontodon. 

DENTAIRE. Foyei Dentaria 
Pentaphyllos. 

DENTARIA. Lin. Gen. Plant. 
7i6. Tourn. Inst. R. H. 225. Tab. 
iio. Dentaire. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
ont un calice composé de quatre 
feuilles oblongues , ovales et qui 
tombent ; une corolle à quatre pé- 
tales obtus , et placés en forme de 
croix ; six étamines , dont quatre 
sont aussi longues que le calice , et 
les deux autres plus courtes, et qui 



[1] Les graines de cette espèce sont 
employées en machicatoire , comme celle 
de la Moutarde : on les réduit aussi en 
poudre , qu'on répand dans les cheveux , 
pour en détiuiie la vermiue. 



D E N 
sont toutes terminées par des som- 
mets oblongs en torme de cœur, et 
érigés. Dans leur centre est plaré un 
germe oblong , qui soutient un style 
court , épais et couronné par un 
stigmat obtus ; ce germe se change 
par la suite en un légume long , 
cylindrique, à deux cellules, divisé 
par une cloison intermédiaire , et 
qui , s'ouvrant en deux valves , 
montre plusieurs semences dont iî 
est rempli. 

Ce genre de plante est rangé dans 
la seconde section de la quinzième 
classe de LinnÉE, intitulée : Tetra- 
dynamïe sïliqueuse y qui comprend 
celles dont les fleurs ont quatre éta- 
mines longues et deux courtes , et 
dont les semences sont renfermées 

dans de longs légumes. 
Les espèces sont : 
I °. Dentaria pentaphyllos j foliis 

summis digitatis. Lin. Sp. 912. 

Crant^. Austr. p. 16. Gouan. Hort. 

Z13. Illustr. 41 ; la Dentaire à 

cinq feuilles, dont celles du haut 

sont en forme de main. 

Dentaria pentaphyllos ^ foliis mol- 

liorihus. C. B. P. 322 ; Dentaire à 

cinq feuilles molles. 

Saxi-fraga montana^ radiée squa~ 

mis denticulatis, Gesn. Fasc. l.F. I. 

F. i. 

2 ". Dentaria hulbifera , foliis 

inferiorihus pinnatis ^ summis shnpli- 

cihus. Hort. Cliff. 3 3 5. F/. Suec. 565, 

584. Roy. Lugd.-B. 340. Hall.Helv. 

N. 470. Cranf{. Austr. p. zô.Scop. 



DEN 

Carn. Ed. i. N. 815 ; Dentaire dont 
les feuilles basses sont ailées, et celles 
du haut simples. 

Dentarïa heptaphyllos Baccifera. 
C. B. P. yii ; Dentaire à sept feuil- 
les, qui produit des bulbes. 

Barharca. S cop. Carn. i. P. 522. 

3^. Dentarïa cnneaphyllos , folds 
ternis ternatis. Lin. Sp. Plant. 653. 
Jacq. Find. II 9. Austr. t. 31(3. 
Crant-^. Austr. p. 2 G. Scop. earn. Ed. 
2. n. 812; Dentaire à feuilles à 
trois lobes. 

Turritisj folds v^rticillatis , ternis. 
Seop. Carn. \. p. 517. N. 3. 

Dentaria triphyllos. C.B. P. 312 ; 
Dentaire à trois feuilles, 

Coralloïdes triphyllos. Gesn. Fasc. 
4. r. 2. F. 4. Ceratia Plinii. Col. 
Ecphr. l. p. 308. t. 307. 

Pentaphyllos. La premiere s'élève 
à la hauteur d'un pied et demi , avec 
une tige forte et garnie à chaque 
nœud d'une feuille composée de cinq 
lobes longs de quatre pouces , sur 
deux pouces de largeur, terminés en 
pointe aiguc , et profondément serrés 
sur leurs bords i ses feuilles sont imies 
et portées sur de longs pétioles ; ses 
fleurs, petites et rouges, naissent en 
épis clairs aux extrémités des tiges, 
et sont remplacées par des légumes 
cylindriques et remplis de petites se- 
mences rondes. Cette plante croît à 
l'ombre dans les bois de la France 
méridionale et de l'Italie. 

Bulbifera. La seconde espèce a 
des tiges minces qui s'élèvent à la 



D E N 3-7 

hauteur d'environ un pied : ses feuil- 
les basses ont sept lobes , celles du 
milieu , cinq ou trois , et celles du 
haut de la tige sont simples : ses 
fleurs croi'Sen: en grappes au som- 
met de la tige ; elles ont quatre 
pétales obtus ce de couleur pourpre, 
et des légumes cylindriques, remplis 
de semences rondes , leur succèdent. 

Ènneaphyllos La troisième espèce, 
qui s'élève avec une tige droite jus- 
qu'à la hauteur d'un pied, a des 
feuilles composées de neuf lobes, 
dont trois croissent * ensemble , de 
sorte qu'elle paroît être une feuille 
à trois lobes triplés : ses fleurs sont 
produites en petits paquets au som- 
met de la tige , et sont suivies par 
de petits légumes cylindriques et 
remplis de semences rondes. 

Ces plantes croissent sur les mon- 
tagnes de l'Italie et dans les forêts de 
l'Autriche ; on trouve la seconde 
espèce dans quelques parties de 
l'Angleterre , et particulièrement 
près de Harefield , dans des bois hu- 
mides et à l'ombre ; mais on la con- 
serve rarement dans les jardins ; elle 
produit , sur le côté des tiges où les 
feuilles sont placées,, des bulbes, 
qui, étant mises en terre, donnent 
de nouvelles plantes. On multiplie 
ces espèces par semences ou en di- 
visant leurs racines 5 on seme leurs 
graines en automne , aussitôt qu'elles 
sont mûres , dans un sol léger et 
sablonneux ; au printems on éclaircic 
les plantes qui en proviennent , et 



3« D I A 

on les transporte dans un sol de 
même nature et également expose : 
quand elles y ont pris racines, elles 
n'exigent plus aucune culture ; mais 
on les tient toujours nettes : elles 
fieurissenc dans la seconde année, 
et perfectionnent quelquefois leurs 
semences. 

.- DENTELAIRE. Herbe au Cancer. 
Malherbe. Foyei PLUMBAGO EU- 
ROPv£A. 

^ DIANTHERA. Lin. Gen. Plant. 
37. Flot: Firg. 6 ; la Dianthere. 

Caracccres. Le calicc de la fleur est 
persistant, et formé par une fcuil'e 
tubuléc et divisée à son extrémité en 
cinq parties égales ; la corolle est 
labieé, monopétale et pourvue d'un 
cube court ; sa levrc supérieure esc 
réfléchie ec divisée en deux parties, 
et l'inférieure en trois , dont celle 
du centre est plus large que les deux 
latérales : la fleur a deux étamincs 
courtes et minces qui adhèrent au 
dos du pétale \ l'une de ces étamines 
a un sommet double , et l'autre est 
un peu plus élevée : le germe , qui 
est oblong, soutient un style mince, 
aussi long que les étamincs , et cou- 
ronné par un stigmat obtus. Quand 
1a fleur est passée , le calicc se change 
en une capsule à deux cellules, qui 
s'ouvrent en deux valves alternative- 
ment gontîées au sommet et au bas ; 
çjles sont élastiques, ec jettent une 



D r A 

simple semence plate hors de chaque 
cellule. 

Ce genre de plante est de la pre- 
miere section de la seconde classe de 
LiNNÉE, qui a pour titre : Diandric 
inonogynie j et qui comprend celles 
dont les fleurs ont deux étamines et 
un style. 

LinnÉe a placé ce genre dans sa 
seconde classe , parce que ses fleurs 
ont deux étamines ; mais , par tous 
ses autres caractères, il devroit être 
réuni à sa quatorzième classe. 

Nous ne connoissons encore 
qu'une espèce de ce genre , qui 
est la 

Dijinthcra Americana j spicis soli~ 
tariis al ternis. Lin, S p. 14. Gron. 
Firg. 6 ; Dianthere avec des épis 
séparés et alternes. 

GratioU ajffinis Floridana , foliis y 
fioribas et capsuUs in spicâ brevi , 
pediculis è foliorum alis innexis. Pluk. 
Amahh. I 1 4. t. 413. F. 5. 

Cette plante croît naturellement 
en Virginie et dans d'autres parties 
de l'Amérique Septentrionale , d'ov\ 
ses semences ont été envoyées en 
Ançrlcterre : elle est basse et hcrba- 
cée; sa racine est vivace, et pousse 
plusieurs tiges foibles, longues d'en- 
viron quatre pouces , et garnies de 
feuilles rondes , d'une odçur aro- 
matique, sessiles , velues et d'nn vert 
foncé : ces fleurs , qui sont produites 
en petits épis sur les côtés des bran-» 
chcs, et placées alternativement, res» 
semblent beaucoup, par leur forme eç 



D I A 
lair couleur, à celles du Clinopodiiim ; 
mais elles n'-ent que deux ctamines. 
Cette pbnte fleurit à la fin de Juillet 
et piodiiit rfiicment des icmeaces 
cil Angleterre. 

Cette espèce est fort rare aujour- 
d'hui en Angleterre , parce qu'on 
ne la conserve que difficilement ; 
car , quoiqu'elle soit assez: dure 
pour vivre en plein air dans notre 
climat , elle est néanmoins fort 
sujette à pourrir en hiver ; et si on 
la met sous un abri , elle file , s'alfoi- 
blit et périt bientôt. 

DIANTHUS. Lin. Gœ. Plant. 
500. Caryophyilus. Tourn. Inst. R. 
H. 329; CEilkt. 

Caractères. Dans ce genre le ca- 
lice de la fleur est long , cylindrique 
et persistant : la corolle est compo- 
sée de cinq pétales , dont les onglets 
sont aussi longs que le calice ; mais 
leurs lames sont larges , unies et 
dentelées sur leurs bords ; ils sont 
insérés dans Je fond du tube, et 
s'étendent, en s'ouvrant, en-dessous : 
la fleur a dix étamines aussi longues 
que le calice , et terminées par des 
sommets obliques et comprimés ; 
dans son centre est placé un germe 
ovale , surmonté de deux styles plus 
longs que les étamines , et couron- 
nés par des stigmats recourbés : ce 
germe se change , quand la fleur est 
passée, en une capsule cylindrique 
qui, s'ouvrant en une cellule à son 
extrémité, montre un grand nom- 



39 



D I A 

bre de semences angulaires et com- 
primées , dent elle est remplie. 

Ce genre de plante c<;t rangé dans 
la seconde section de la dixième 
cLisse de LiNNLE, intitulée": Z>e^ 
candrie digynie , avec celles dont 
les fleurs ont dix étamines et deux 
styles. 

Les espèces sont : 

l". Dianthus deltoïdes , fioribus 
soiuarlis j squamis calycinis lancc- 
lat'is birds j coroUis crcnatis. Hort. 
cuff. 164. FI. Suec. 341 j 382. 
Sauv. Monsp. 145 ; (Eillctà simples 
fleurs 5 dont le calice est composé 
de deux écailles en forme de lance , 
avec une corolle dentelée. 

Betonlca coronaria^ s. Cariophyllus 
minor 3 folio viridi-nigricante j repens. 
Bauh. Hist. 3. p. 319. 

Caryophyilus sylvestris vulgaris j 
latifolius. C. B. P. 209 ; (Eillet 
Vierge ou Œillet des champs ou 
sauvage. 

2°. Dianthus virgineuSj caule sub- 
unifloro j corollis crenatis ; squamis 
calycinis brcvissimis j foliis subulatis. 
Lin. Sp. Plant. 412; Œillet avec 
une fleur sur chaque tige, des pétales 
dentelés , les écailles du calice fort 
courtes , et des feuilles en forme 
d'alêne. 

Caryophyilus minor repens, nostras. 
Rail. Syn. 3 3 5 ; petits Œillets An- 
glois rempans , ordinairement ap- 
pelés par les marchands de semences, 
Œillets nattes. 

Tunica rupestriSjfolip casio molli j 



40 D I A 

flare carneo. Dill. Elth. 40 i . T. 298. 

>-385- 

^ ". Dianthus glaucus ,fioribus sub- 
solitariis y squamis calyc'inls lanceo- 
Icitis quaternis hrevibus j coroUis cre- 
natis. Hon. Cliff. I (^4. Hon. Ups. 
104; CEillet ayant une fleur sur 
chaque tige , un calice à quatre 
écailles courtes et en forme de lance, 
et des pétales dentelés. 

Tunica ramosior j fiore candido j 
cum corolla purpurea. Hon. Elth. 
400 ; CEillet branchu avec une fleur 
blanche, marquée d'un cercle pour- 
pre , connu vulgairement sous le 
nom 1^ (Edict de montagne. 

4*^. Dianthus plumarius j floribus 
soiitariis ; squamis calycinis subova- 
tis breviffimis j coroUis multijldis , 
fauce pubcscentibus. Lin. Sp. Plant. 
411. Gmel. Sib. ^. p. 135. Scop. 
Cam. Ed. X. n. 5 O 5 . Sub Tunica ; 
(Eillet avec une fleur simple, un 
calice couvert d'écaillcs courtes et 
ovales , dçs pétales découpés en 
plusieurs pointes et un fond velu. 

Çaryophyllus simplex flore minarcy 
pallidoy rubente. C. B.P. zo8 ; (Eillet 
sauvage, simple, avec une petite 
fleur pâle et rouge. CEillet de Plume. 

Turcica J follis glauçis, patentibus , 
floribus fcrratis , faucihus lanuginosis. 
Hall. Hclv. n. 897. 

Dianthus Çaryophyllus, flofihus soi 
lïtarii?; squamis calycinis subovatis 
brevissimis J corollis crenatis. Hort. 
Cliff. 164. Hon. Ups, 104. Mat, 
Mèd, ny- Koy, Lugd.-B.^^ySduy, 



D I A 

Monsp. 143 ,• CEillet à fleurs sim- 
ples, dont les calices ont des écail- 
les courtes et ovales , et dont les 
pétales sont dentelés. 

Caiyophyllus hortcnsis simplex j 
flore majore. C. B. P. 20 8 ; Œillet 
de jardin , simple , à grosses fleurs. 

6^. Dianthus A rmeria, floribus ag- 
gregatis j fasciculatis ; squamis ca- 
lycinis lanceolatis j villosis tubum 
£quantibus. Hort. Clff. 16^. FI. Suec. 
34J J 381. Roy. Lugd.-B. 443, 
Sauv. Monsp. 144 ; CEillet à plu- 
sieurs fleurs recueillies en paquet , 
avec un calice couvert d'écaillés ve- 
lues , en forme de lance , et aussi 
longues que le tube. 

Caryophillus barbatus sylvcstris. C. 
B.P. 208 ; CEillet sauvage , barbu , 
nommé (Eillet de Deptford , et vul- 
gairement, (Eillet de Poète. 

^rmeria sylvestris altera. Lob. le. 
44S. 

Tunica, floribus umhellatis , squamis 
calycinis 3 hirsutis mucronatis j tubum 
equantibus. Hall. Helv. n. 900. 

Dianthus barbatus j floribus ag" 
gregatis y fasciculatis ; squamis calyci~ 
nis Uncarïbus y foUis lanceolatis ; CEil- 
let ayant plusieurs fleurs recueillies 
en paquet, un calice avec des écail^ 
les fort étroites , et des feuilles ea 
forme de lance. 

Tunica barbata. Scop. Cam. Edit, 
N. 502. 

Çaryophyllus barbatus , hortcnsis ^ 
latifolius. C. B. P. -y CEillet barbu , 
ou CEillçt dç Poète, de jardin , à 



D I A 

krges feuilles. Thyrsis Rental. Spec. 

47- 

Armerius flos alter. Dod. Pempt. 

1-J6. 

8". Diaruhus prolifer , floribus ag- 
gregans capitatis j fquamis ealycinis 
ovatis J obtusis j muticis , tubum su- 
perantibiis. Lin. Sp. Plant. 58-7. Œil- 
let ayant des fleurs recueillies en 
têtes , et un calice couvert d'écaillés 
obtuses , ovales , remplies de paille, 
et plus longues que le tube. 

Tunica proliféra. Scop. Carn, Ed. 
2. N. 503. 

Çaryophyllus sylvestris prolifer. C. 
B. P. 109 ; Œillet prolifère, 

Dianthus fioribus aggregatis ca~ 
pitatis , squamis calycinis lanceolatis ., 
aristacisj corollis crenatis ; Œillet avec 
des fleurs recueillies en tètes , des 
écailles au calice , en forme de lance 
çt barbues , et des pétales dentelés. 

Çaryophyllus montanus umbellatusj 
floribus variisj luteis, ferrugineisj Ita- 
licus. Barrel. Obs. 648 ; Œillet de 
montagne , à ombelle d'Italie , avec 
des fleurs qui passent du jaune au 
couleur de fer. 

Dianthus Chinensis , floribus soU- 
rariisj squamis calycinis suhulatis pa- 
(ulis j tubum aquantibus j corollis cre- 
natis. Hort. Cliff. 1 64. Hort. Ups. 
104. Roy. Lugd.-B. 443; Œillet 
ayant une simple fleur sur chaque 
tige , un calice à écailles étendues , 
en forme d'alcnc , et égales au 
tube , et des pétales dentelés. 

Çaryophyllus Sinensis supinus^ Lçu- 
, Tome III. 



D î A 41 

coii folio , flore unico, Tourn. Acî. 
Pav. 1 70 5 ; Œillet de la Chine. 

I I °. Dianthus arenarius j cauli- 
bus umfloris j squamis calycinis ova- 
tis j obtusis j corollis multifidis j fo- 
lds linearibus. Flor. Suec. 348 j 3 84; 
Œillet dont la fleur est simple sur 
chaque tige , les écailles du calice 
ovales et obtuses , les pétales di- 
visés en plusieurs pointes, et les 
feuilles étroites. 

Çaryophyllus sylvestris humilis , 
flore unico. C. B. P. 109; Œillet, 
nain , sauvage, avec une seule fleur. 
Œillet de sable. 

Cariophyllus sylv'estris I. Clus» 
Hist. I. p. z8z. Dill. Elth. 40 2. ^ 

Dianthus caule simplici unifloro, 
Monnier. Obs. 151. 

Dianthus folds brevibus , squamis 
muticis ^ caule unifloro. Sauv. Meth. 

143- 

Armerius flos tertius. Dod. Pempt. 

Tunica arenaria. Scop. Cam. Ed. 
i. N. 508. 

12°. Dianthus AlpinuSj caule uni- 

flora 3 corollis crenatis ; squamis caly- 

(inis exterioribus tubum aquantibus ^ 

folds linearibus , obtusis. Lin. Spl 

Plant. 41 1. Jacq. Austr. r. 5 i. Paît. 

It.- i. p. 34; Œillet à une seule 

fleur , ayant des pétales dentelés , 

les écailles du calice égales au tube , 

et des feuilles étroites et obuiscs. ■ 

Çaryophyllus pumilus 3 latifolius. 

C. B. P. Z09; Œillet nain à larges 

feuilles, 



41 D I A 

Caryophyllus sylvestris i. Clus. 
Hist. 1/7. 183./ I . 

13'', Dianthus superhiis _, fioribus 
paniculatis ; squamis calycinis bre- 
vibus _, acumïnatïs j coroUis multifido- 
capillanbus j caule crccto. Amœn. 
Acad. ^. p. i~Ji. Fl.Suec. 1. p. 383. 
Jacq. Obs. I. p. 40. r. 25. Kniph. 
Cent. II. n. 3 9 ; (Eillcc avec des 
fleurs en paniculc, des calices cou- 
verts d'ccailles garnies de courtes 
pointes ; des pétales divisés en plu- 
sieurs parties , et une tige droite. 

Caryophyllus sylvestris VI. Clus. 
Hist. i. p. 2 84. 

14'. Dianthus diminutus 3 fioribus 
solitariis • squamis calycinis octoniSj 
florem superantibus. Lin. Sp. 5 8 7 j 
(Eillet ayant une simple fleur sur 
chaque tige, et huit écailles qui 
s'elevent au-dessus des pétales de la 
fleur. 

Caryophyllus sylvestris _, minimus. 
TabS-n. Hist. 2 90. 

Caryophyllû prolifero affinis j, unico 
ex quolibet capitula flore. Bauh. Pin. 
Zic,. 

Deltoïdes. La premiere espèce a 
Aqs tiges rempantes , d'où sortent 
plusieurs têtes ujufflies , fortement 
garnies de feuilles étroites , dont les 
bases sont placées les unes au-dessus 
des autres , et embrassent les tiges ; 
du centre de ces feuilles sortent des 
tiges qui s'élèvent jusqu'à la hauteur 
de six pouces , sont garnies à cha- 
que nœud de deux feuilles étroites , 
lu rbacccs ei opposées , et sont tcr- 



t> ï A 

minées chacune par une simple fleur. 
Cette plante fleurit en Juin et en 
Juillet , et ses semences mûrissent 
en automne. Cette espèce est rare- 
ment admise dans les jardins ; car 
sa fleur n'a point de beauté. 

Virgineus. La seconde est une 
plante basse et traînante , dont les 
tiges, qui sont couchées sur la terre, 
fort près les unes des autres, sont 
garnies de feuilles courtes, étroites, 
herbacées et d'un vert foncé , et sont 
terminées par de petites fleurs rou- 
ges , placées chacune sur un pédon- 
cule séparé. Cette plante fleurit dans 
le mois de Juillet , et ses semences 
mûrissent en Septembre ; elle croît 
naturellement dans plusieurs parties 
de l'Angleterre ; mais on ne la cul- 
tive pas souvent dans les jardins : on 
en formoit cependant autrefois des 
bordures dans les jardins à fleurs, 
où elle étoit connue sous le nom 
à' (Eillet natté y qui lui a été donné 
dans les boutiques. 

Glaucus. La troisième croît natii- 
tellement parmi les rochers , dans 
la province de Sommcrsct , et dans 
quelques autres parties de rAi>gle- 
tcrre ; on la culnvoit autrefois dans 
les jardins , sous le nom à'Œillet de 
montagne ; elle ressemble à la se- 
conde espèce ; mais ses feuilles sont 
plus courtes et d'une couleur gri- 
sâtre -, ses tiges sont aussi plus 
élevées et produisent plus de bran- 
ches : ses fleurs sont plus grosses, 
blanches , et ont dans leur fond un 



D I A D I A 4j 

cercle de couleur pourpre, sem- que dans la largeur et forme de 

blable à celui de TCEillet appelé leurs feuilles ; celles qui ont des 

ŒU de Faisan : comme ces fleurs feuilles étroites , étoient autrefois 

n'ont point d'odeur , on ne les con- connues , parmi les jardiniers , fous 

serve gueres dans les jardins. le nom de Doux- Jean j et celles à 

Plumarius. La quatrième est un larges feuilles, sous celui de Doux- 
petit (EiUet simple et de couleur Guillaume .• ces deux espèces four- 
rouge pile, qu'on cultive dans les nissent quelquefois des fleurs dou- 
jardins , mais qu'on rencontre sou- blés , qui font un très-bel efiet dans 
vent en Angleterre sur les anciens les jardins, 
bâtimens et les vieilles murailles. ProUfer. I.a huitième croît sans 

Coryophyllus. La cinquième est culture dans la France méridionale. 

aussi un petit Œillet simple , qui En Espagne et en Angleterre, elle est 

est depuis long-tems rejette des jar- annuelle, et s'élève a la hauteur d'en- 

dins -, mais on croit que plusieurs viron un pied, avec une tige droite, 

belles fleurs de ce genre, qu'on cul- garnie de feuilles étroites et herba- 

tive à présent, ont été obtenues par cées, et terminées par de petites 

la culture d'une de ces espèces. tçtes ou grappes de fleurs d'un rouge 

Armaria. La sixième se trouve pâle > qui sont renfermées dans un 

dans plusieurs parties de l'Angle- calice commun et écailleux : comme 

terre, et sur-tout dans une prairie ces fleurs ont peu de beauté, ou 

aux environs de Deptfort en Kent ; admet rarement cette espèce dans 

ce qui lui a fait donner le nom les jardins. 

à'(Eillec de Deptfort. C'est l'espèce Ferrugineus. La neuvième est bis- 

appelée (Eillet de Poète du Pays : annuelle ; sa tige droite et haute 

?es fleurs, qui croissent en grappes d'un pied et demi, produit à chacun 

aux extrémités des branches, sont de ses nœuds deux feuilles longues, 

rouges , et ont des calices à longues étroites , opposées, d'im vert foncé, 

barbes : je l'ai cultivée pendant plus fermes et terminées en pointe ai - 

de quarante ans , et ne l'ai jamais guc , elles enveloppent la tige de 

vu varier. leurs bases : ses fleurs , qui naissent 

Barbatus. La septième est l'CEillet en paquets serrés aux extrémités des 

Je Poète ou (Eillet barbu , Sweet tiges, sont jaunes et de couleur de 

W^iUiams j qui est depuis long-tems feu ; elles ont des calices roides et 

cultivée dans les jardins comme fleur barbus : ces fleurs paroi-sent en 

d'ornement, et dont il y a plusieurs Juillet, et leurs semences mûrissent 

variétés qui diffèrent dans la forme en automne. 
ft ia couleur de leurs fleurs , ainsi Chinensïs. La dixième, à laquelle 
Tonie III, T z . 



44 E) I A t) I A 

on donne le nom âî Œillet de la Superbus. La treizième , qu'on 
Chine, parce quelle a été apportée rencontre en Allemagne et dans le 
de cette contrée , n'a point d'odeur, Danemarck, a des feuilles sembla- 
mais ses fleurs sont extrêmement bles à celles de l'Œillet de Poète du 
variées , et la culture les a singulic- Pays, à feuilles étroites ; sa tige , 
rement perfectionnées ■■, quelques- dont la hauteur est d'environ un 
unes d'entr'elles , qui sont devenues pied , est terminée par une simple 
trcs-doubles , ont un si grand nom- fleur à cinq larges pétales d'un rouge 
brc de pétales, et offrent des couleurs pâle , et découpés en plusieurs seg- 
si vives, qu'on ne peut pas voir une mens longs. Les racines de cette 
fleur plus riche : ces plantes ont rare- espèce subsistent trois ou quatre ans , 
ment plus de huit ou neuf pouces de et comme dans la seconde année 
hauteur ; elles poussent de tous côtés elle est dans sa plus grande beauté, 
des branches érigées qui sont toutes il faut la multiplier annuellement 
terminées par une seule fleur ; elles par ses graines, qui mûrissent trés- 
fleurisscnt en Juillet , et leurs fleurs bien en Angleterre, 
se succèdent jusqu'à ce que la gelée Diminutus. La quatorzième est 
les arrête ; leurs racines subsistent une plante fort petite , qui a des 
deux ans dans une terre sèche. feuilles courtes , étroites et disposées 

Arenarius. La onzième, qu'on en tètes serrées : sa tige, qui s'élcve 

trouve en Angleterre sur les vieilles tout - au - plus à la hauteur de six 

murailles et \qs anciens bâtimens, pouces, est terminée par une sim- 

est un petit Œillet simple , d'une pie fleur d'un rouge pâle ; comme 

odeur douce, mais d'une couleur pâle elle n'a rien de remarquable , on ne 

et de fort peu d'apparence , qu'on la conserve que dans les jardins de 

a entièrement négligé depuis que Botanique , pour la variété, 

d'autres espèces plus belles ont été Culture. Les espèces dont il vient 

encore améliorées par la culture. d'être question, sont regardées par 

Alpinus. La douzième est origi- les Botanistes , comme les seules qui 
ginaire des Alpes ; ses feuilles sont soient distindies ; et toutes les belles 
rondes , courtes et émoussées ; ses fleurs de ce genre que l'on conserve 
tiges s'élèvent au plus à quatre pou- dans les jardins , ne sont que des 
ces de hauteur, et sont terminées variétés accidentelles de celles-ci, 
chacune par une fleur simple, d'un et obtenues par la culture : le nom- 
rouge pâle ; on la conserve quelque- bre de ces variétés est si considéra- 
fois dans les jardins de Botanique bîe , et il s'augmente tellement 
pour la variété i mais on la cultive d'année en année, qu'on a rejette 
rarement ailleurs. absolument toutes les vieilles fleurs 



D I A 

qui nc peuvent leur être comparées 
pour la beauté. 

Les plantes de ce genre peuvent 
être naturellement divisées en trois 
classes ; la premiere renfermera tou- 
tes les variétés d'Œillcts ; la seconde, 
tous les Œillets de couleur de chair; 
et la troisième, les Œillets de Pocte; 
car, quoiqu'ils s'accordent tous dans 
leurs caractères principaux, et qu'ils 
soient tous compris dans le même 
genre par les Botanistes , cependant 
ils ne varient jamais l'un dans l'au- 
tre, quoique la couleur de leurs 
fleurs soit sujette à beaucoup d'alté- 
ration. 

Je vais décrire ces plantes, et don- 
ner la méthode de les cultiver, 
d'après cette division , en commen- 
çant par l'Œillet, dont on conserve 
un si grand nombre de variétés dans 
les jardins. 

Les principaux sont l'Œillet de 
Damas, le blanc, l'Œil de Faisan 
en fleurs doubles et simples , qui 
varient considérablement en gros- 
seur et en couleur , l'Œillet rouge 
commun, l'Œillet de Cub, l'Œillet 
de d'Obson , l'Œillet blanc de Cub 
et l'Œillet de Bat. L'Œillet de Vieil- 
lard et l'Œillet de la Dame Fardée , 
appartiennent plutôt à l'Œillet de 
couleur de chair, qu'on appelle en 
Anglois Carnation. 

L'Œillet de Damas , qui est la 
premiere des espèces doubles , n'a 
qu'une tige fort, courte; il est moins 
large et moins double que plusieurs 



D I A 4y 

autres. Sa couleur est d'un pourpre 
pâle , tirant vers le rouge ; mais son 
odeur est trcs-aeréable. 

Celui qui fleurit ensuite est l'Œillet 
Shock ou blanc , qu'on a ainsi 
nommé à cause de la blancheur de 
ses fleurs : le bord de ses pétales est 
fort dentelé et frangé , et son odeur 
est aussi fort agréable. 

Après ces deux premieres vien- 
nent les diverses espèces d'œil de 
Faisan , qui produisent souvent de 
nouvelles variétés , auxquelles les 
personnes qui les élèvent donnent 
diflïrens noms, et quelquefois celui 
de l'endroit où ils sont nés : quel- 
ques-uns ont de fort grosses fleurs 
doubles ; mais ceux dont le cahcc 
et le légume crèvent , ne sont pas 
aussi généralement estimé que les 
autres. 

L'Œallet de Cub fleurit après ces 
derniers : ses tiges sont beaucoup 
plus hautes que celles des précédcns ; 
ses fleurs, très-doubles et d'un rouce 
brillant , répandent une odeur plus 
agréable que routes les autres espè- 
ces , ainsi elles méritent une place 
de préférence dans les beaux jardins. 
Ces fleurs paroissent depuis la fin de 
Ivlai jusqu'aumilieu de Juillet, et l'œil 
de Faisan , appelé (EilUt de Bat , 
donne encore de nouvelles fleurs en 
automne. 

L Œillet à tctc de 'Vieillard et la 
Dame Fardée , nc fleurissent pas 
avant le mois de Juillet, et viennent 
en même-tems que la Carnation ou 



4<? D I A D I A 

IGEillet de couleur de chair, auquel ordinairement de la même manière ; 
ils ressemblent beaucoup. La couleur mais la plupart des autres ne peuvent 
naturelle du premier, est le pourpre l'être que par boutures, 
rayé et tacheté de blanc ; mais il On plante les boutures vers la fin 
paroît souvent d'un pourpre uni : du mois de Juillet; et, si le temsest 
cette espèce continue à fleurir jus- à la pluie , elles réussiront plus sûre- 
qu'aux premieres gelées de l'au- ment; si la saison est sèche, il faudra 
tomne ; elle est recherchée à cause les arroser chaqucs deux jours, jus- 
dc l'odeur agréable de ses fleurs, qu'à ce qu'elles aient pris racine : 
La Dame fardée n'a pas une odeur on les plante dans une plate-bande à 
aussi douce, et ne fleurit pas aussi l'ombre, dont on a rendu la terre 
long - tcms ; mais la vivacité de ses bien meuble, dans laquelle on a mis 
couleurs la rend précieuse. beaucoup de Rimier , et qu'on aura 
On multiplie les Œillets communs , arrosée quelques heures avant , s'il 
ou par semences , qui est le moyen ne tombe point de pluie. On déta- 
d'obtcnir de nouvelles variétés , ou che les boutures des plantes qu'on 
par marcottes, comme on le fait veut multiplier, on ôte toutes les 
pour les Œillets de couleur de chair ; feuilles qui garnissent leurs bases , 
ou enfin par boutures, qui prennent et on les met en terre aussi- tôt ; car 
très-bien racine quand on les traite si on les conscrvoit long-tems avant 
convenablement. de les planter , elles se faneroient et 
■ Pour les multiplier par semences, ne pousseroient plus : on laisse entre 
on doit apporter le plus grand soin elle un espace de trois pouces en 
dans le choix qu'on en fait, et pren- quarré , on comprime bien la terre 
dre celles des meilleures espèces ; on tout au tour , et on les arrose co- 
les seme au printems , et on traite pieusement ; on répète ces arrose- 
les plantes qui en proviennent, sui- mens aussi souvent qu'elles en ont 
vant la méthode qui sera prescrite besoin , jusqu'à ce qu'elles aient 
pour les Œillets de couleur de chair, formé des racines ; après quoi elles 
en observant seulement que les Œil- n'exigeront plus aucun soin que 
lets Pi«/(-:f ou de Poète, étant moins d'être tenues nettes de mauvaises 
délicats , peuvent être traités plus herbes ; en automne on les trans- 
durement : ceux de boutures exigent plantera à demeure dans les platesr 
aussi le même traitement que ceux de bandes des jardins à fleurs, QueU 
Carnation , sur lesquels on trouvera ques personnes pLintentplus tard les 
ci-après d'amples instructions. boutures d'Œillet Pinks , ou de 
Les Œillets à tête de Vieillard et Poctc; mais elles ne deviennent ja- 
^ç 1* D^me Fardée , se multiplient mais aussi fortes , et ne fleurissenî 



D I A 

pas aussi bien que celles qui sont 
mises en terre de bonne-heure. 

Je vais passer à présent à la cul- 
ture des CEillcts de Carnation ou de 
couleur de chair , que les Fleuristes 
divisent en quatre classes. 

La premiere est appelée FLikcs 
ou flambée : elle n'a que deux cou- 
leurs , et ses raies sont larges et 
pénètrent tout- à-fait à travers les 
feuilles. . 

La seconde , qui est nommée 
Bi\ars j comprend les fleurs pana- 
chées en trois ou quatre différentes 
couleurs , et dont les raies ou taches 
sont irrégulieres. 

La troisième est connue sous le 
nom de Piqueté ; ses fleurs ont 
toujours un fond blanc et sont ta- 
chetées ou piquetées d'écarlate , de 
rouge pourpre ou d'autres couleurs. 
La quatrième enfin , qu'on appelle 
Dame Fardée 3 a des pétales rouges 
ou pourprés en-dessus et blancs en- 
dessous. 

Toutes CCS classes fournissent un 
grand nombre de variétés, et sur- 
tout des piquetés , que les Fleuristes 
estiment le plus depuis quelques an- 
nées ; mais depuis peu les flambés 
sont plus recherchés qu'aucune des 
autres espèces. 11 seroit inutile de 
décrire toutes les variétés principales 
de chacune de ces classes ; car cha- 
que contrée en donne de nouvelles 
presque tous les ans; de sorte que 
ces mêmes fleurs , qui , dans leur 
origine étoient fort estimées , de- 



D 1 A 



47 



viennent si communes après deux 0.11 
trois années , qu'elles sont de peu 
de valeur , sur-tout si elles ont le 
moindre défaut dans quelques-unes 
de leurs parties : le cas qu'on fait 
de CCS fleurs n'ayant donc rien de 
stable, puisqu'il dépend du caprice, 
ou parce qu'on en obtient frémicm- 
ment de nouvelles , qui , paroissant 
plus parfaites , font rejctter les an^ 
ciennes par les connoisseurs dans ce 
genre , il seroit inutile de les indi- 
quer par leurs noms , qui , pour la 
plupart , sont empruntés des noms 
et des titres de quelques personnes 
de qualité , de ceux des lieux qui 
les ont vu naître , ou des amateurs 
qui les ont obtenues. 

On multiplie ces fleurs par se- 
mences, qui est le seul moyen de se 
procurer des variétés nouvelles , ou 
par marcottes , pour conserver celles 
qui méritent d'être multipliées. Je 
vais commencer par la méthode de 
les semer. 

Quand on a de bonnes semences 
qu'on a recueillies soi-même, ou qui 
viennent d'une personne à laquelle 
on peut se fier , on préparc , vers le 
milieu d'Avril , un nombre de pots 
ou de caisses proportionnés à la 
quantité de graines qu'on veut em- 
ployer ; on les remplit de terre fraî- 
che et légère , bien mêlée avec du 
fumier de vache , on répand les 
graines par-dessus , aussi également 
qu'il est possible , et on les couvre 
ensuite avec la même terre, jusqu'à 



43 D I A D I A 

l'épaisseur d'environ trois lignes. On aisément. Si dans le temps que nous 
place CCS pots de manière qu'ils puis- avons indiqué pour transplanter ces 
sent jouir de l'aspect du soleil, depuis jeunes Œillets , il faisoit fort sec, il 
son lever jusqu'à onze heures , et on faudroit différer cette opération jus- 
les arrose aussi souvent qu'ils en qu'à ce qu'il tombe de la pluie , et 
auront besoin. Un mois après les même, si cela est nécessaire, jusques 
plantes paroîtront i alors on les tien- au milieu ou à la fin du moij de 
dra constamment nettes , et on les Septembre ; car il suffit que ces p!an- 
arrosera convenablement : lorsque tes aient le temps de pousser de 
elles seront en état d'être transplan- bonnes racines avant les premieres 
técs, c'cst-à dire, vers la fin de Juillet, gelées. Si l'hiver est rude, on dispo- 
on préparera quelques planches dans sera des cercles au-dessus des plan- 
une situation ouverte et airée^ avec chcs , afin de pouvoir les couvrir 
de la même terre que celle qui a été avec des nattes ; sans ce secours ou 
employée pour les pots, on les y perdroit plusieurs plantes; car les 
plantera à trois pouces de distance bonnes fleurs ne sont pas aussi dures 
entr'ellcs , on les arrosera , on les que les communes de ce genre i 
tiendra à l'ombre jusqu'à ce qu'elles après cela elles n'ont plus besoin 
aient formé de nouvelles racines, et d'autres soins que d'être nettoyées 
on arrachera avec soin toutes les exactement. Quand les tiges de fleurs 
mauvaises herbes qui naîtront parmi commencent à monter , on les sup- 
clles : ces plantes pourront rester porte avec des baguettes pour em- 
ainsi jusqu'à la fin du mois d'Août ; pêcher que le poids des fleurs ne les 
comme alors elles auront fait assez rompe; et lorsqu'elles sont ouvertes; 
de progrès pour s'entre- mêler et se on rcconnoît celles qui promettent 
nuire réciproquement, il faudra pré- d'être belles, et on les marcotte 
parer d'autres planches avec la même aussitôt. On conserve, i °. celles 
terre dont il a été question , et les qui sont bien marquées et qui s'ou- 
y planter à six pouces de distance , vrcnt entièrement sans crever leur 
en observant de n'en mettre que calice et leurs légumes , pour les 
quatre rangs dans chacune, afin mettre dans des plates-bandes et en 
qu'on puisse marcotter facilement recueillir les semences : 2°. celles 
celles qui mériteront d'être multi- qui crèvent leurs légumes , mais qui 
pliées ; car on doit les laisser dans paroissent d'ailleurs avoir de bonnes 
cette place pour fl,curii'. qualités; on plante ces dernières 
Les sentiers qu'on laisse entre les dans des pots, pour voir comment 
planches, doivent avoir deux pieds de seront leurs fleurs quand elles seront 
Jargcur j afin qu'en puisse y passer bien tfaitçes j car on ne peut con- 

poîçrQ 



D I A r> I A 49 

naître la valeur d'lme fleur avant II n'y a pas long -temps qu'on 

la seconde année : voici quelles sont préférok les ficurs qui s'cpanomssent» 

les qualités que les Fleuristes exigent entières , aux plus grosses qui crc- 

dans ces fleurs. vent leurs légumes ; on laisok sur- 

I. La tige de la fleur doit être tout beaucoup de cas des fleurs roa" 

forte , et en état de supporter le poids des dont " les pétales étoicnt tr'a- 

dc la fleur sans se courber. versés par de larges raies de belles' 

z. Les pétales de la fleur doivent couleurs , et arrondis comme ceux 

être longs , larges, termes et faciles de la rose ; mais , comme la plupart 

à développer ; ou , comme s'expri- de ces variétés , qui nous ont été 

ment les Fleuristes, les fleurs doivent apportées de France il y a quelques 

être des fleurs libres. années , sont extrêmement sujette? 

3. La capsule du milieu ne doit pas à dégénérer en couleurs unies, et, 

avancer trop au-dessus des pétales, qu'elles sont beaucoup plus tendresf 

.^. Les couleurs doivent être bril- que celles qu'on élevé en Angleterre, 

lantes et marquées également sur on ne les estime pas autant aujour- 

toute la fleur. d hui. A présent les (Sillets flambés , 

5. La fleur doit avoir assez de qui s'épanouissent entiers , ainsi que 

pétales pour être épaisse , élevée plusieurs des anciennes variétés qui 

dans son centre , et pour qu'elle soit avoientété rejcttécs autrefois par les 

parfaitement ronde. Fleurill;es , pour Elire place à de 

Quand on a fait choix des fleurs grosses -fleurs , sont nouvellement 
qui, par leur grosseur, sont propres devenus à la mode ; et en dernier 
à être mises séparément dans des lieu on a payé trcs-chcr telle fieur, 
pots , et de celles qui sont rondes qui , auparavant , ne coûtoit qu'un 
et pleines , pour les plates-bandes, scheling la douzaine, et miême beau- 
en arrache toutes celles qui sont coup moins ; ce qui prouve bien 
simples ou de mauvaises couleurs, l'inconstance et les fantaisies des 
afin que les bonnes puissent avoir Fleuristes. 

plus d'air et de placepour se fortifier; Je vais donner quelques instruc- 
lorsque les marcottes qu'on aura tions sur la manière de multiplier 
faites sur ces plantes, seront bien ces fleurs par marcottes, et indiquer 
enracinées, ce qui aura lieu dans les soins qu'elles exigent pour dévo- 
ie mois d'Août,, on les enlèvera avec nir belles et grosses, 
précaution , et on les placera , les On marcotte ces plantes dans le 
unes dans des pots, et les autres dans mois de Juin , aussi-tot que leurs re- 
des plates-bandes , comme il a déjà jettons sont assez forts ; ce qui se 
cxé dit. fait de la manière suivante : après 
Torrie III, G 



50 D I A D I A 

avoir retranché toutes les feuilles qu'on lui a donnée. Cette opcra- 
de la partie basse du rcjetton des- tien étant terminée , on couvre légé- 
tiné à être marcotté, on choisit, rement la courbure qu'on a fait 
vers s^n milieu , un nœud tort, qui décrire à la branche avec la même 
ne soit pas trop près de son extré- terre ; on l'arrose légèrement pour 
mité ni de sa base , non plus que de la bien établir , et on répète cet ar- 
ia partie ligneuse de la vieille plante; rosement aussi souvent qu'il est né- 
on fait, avec un canif, une fente dans cessaire, afin d'aider les marcottes 
le milieu de ce rejetton, qu'on pro- à produire des racines : cinq ou six 
longe vers le haut jusqu'au milieu de semaines après , lorsque ces marcot- 
l'cspace qui se trouve entre ce nœud tes seront bien enracinées , on se 
et le suivant , après quoi on coupe , pourvoira d'une suffisante quantité 
avec le même canif, le sommet des de terre , qu'on préparera de la 
feuilles , ainsi que les parties gonflées manière suivante : creusez, à la 
du nœud ovi la fente est faite ; de surface d'un pâturage dont le sol esc 
sorte que la partie fendue ait la de marne légère et sablonneuse , ec 
forme d'une langue, et qu'il ne reste tirez toute cette terre jusqu'à la 
point en-dehors de peaux qui puis- profondeur de six pouces , avec la 
sent empêcher les racines de pousser, tourbe qui s'y trouve; mettez le 
On ameublit ensuite la terre autour tout en tas , que vous laisserez ainsi 
de la plante, et s'il est nécessaire pendant une année , pour lui donner 
on élevé le sol avec de la nouvelle le tems de pourrir et de s'ameublir, 
terre, afin qu'elle puisse erre à portée et que vous retournerez une fois par 
du rejetton destiné à être marcotté, mois pour bien l'adoucir; mélez-y 
de peur qu'étant trop basse on ne ensuite un tiers de fumier de va- 
le casse où il est fendu en le forçant che bien consommé, ou, si cela est 
pour le coucher : on creuse après possible , la même quantité de fu- 
avec le doigt une place dans la terre, mier d'une ancienne couche de con- 
précisément à l'endroit où le rejetton combrcs ou de melons ; mêlez bien 
peut poser , et avec le pouce on le ces différentes matières ensemble ^ 
plie doucement dans la terre , en et , si vous avez le tems , laissez 
observant de tenir son extrémité encore te mélange en tas pendant 
aussi droite qu'il est possible , afin six ou huit mois avant de vous en 
que la fente puisse rester ouverte ; servir , et remuez-le souvent pen- 
on fixe cette branche avec un mor- danr cet intervalle, 
ccau de bois fourchu , assez long Quoique j'aie donne cette com- 
pour que la marcotte soit parfai- position de terre comme celle qui 
•tement assujettie dans la position convient le mieux à ces fleurs , ce- 



D I A 

pendant il ne faut pas s'attendre 
qu'elles fleuriront également bien 
tous les ans dans un pareil sol ; car 
il est indispensable , pour les faire 
bien réussir, de varier annuellement 
cette composition , en y mêlant dans 
la premiere année , comme je l'ai 
déjà die, du fumier de vache, c]ui 
est d'une nature froide; et dans la 
seconde , du fumier de cheval bien 
pourri, qui esc d'une qualité plus 
chaude , et en y ajoutant même du 
sable de mer , pour rendre la terre 
plus légère. 

Quant à moi , je conseillerois 
plutôt de planter deux ou trois mar- 
cottes de chacune des meilleures 
espèces, dans une plate-bande de 
terre fraîche qui ne soit pas trop 
fumée, pqur voir seulement leurs 
fleurs, et s'assurer qu'elles sont de 
bonne espèce et de belle couleur, 
et si on en est content , de couper 
leurs tiges de fleurs pour ne pas 
laisser épuiser les racines et fortifier 
par- là les marcottes : c'est de ces 
plates-bandes que je choisirois les 
meilleures plantes pour l'année sui- 
vante , en observant d'en avoir tou- 
jours une succession non interrom- 
pue qui fourniroit de belles fleurs 
chaque année, pourvu que la saison 
soit favorable -, car il a'est pas rai- 
sonnable de croire que des marcottes 
prises sur des racines qui ont été 
épuisées par la production de grosses 
fleurs, et qui ont été poussées par 
artifice au-del^ de leur force natu-r 



D I A 51 

relie, puissent- être en état d'en pro- 
duire d'aussi grosses que celles de 
leurs racines-mcres 'de l'année pré- 
cédente ; au lieu qr.c de nouvelles 
marcottes sortant d'un sol médiocre, 
feront dfcs merveilles dans une meil- 
leure terre. Mais continuons la plan- 
tation de nos marcottes , qui , comme 
je l'ai dit auparavant , doit être faite 
en Août ou au commencement de 
Septembre. 

La méthode que la plupart do« 
Fleuristes suivent ordinairement, 
consiste à planter leurs marcottes 
dans cette saison , deux ensemble, 
dans des pots de neuf pouces de 
largeur par le haut , où elles doivent 
rester pour fleurir ; au printems ils 
enlèvent , sur la surface de ces 
pots, autant de terre qu'il est possi- 
ble sans déranger leurs racines , et 
ils en mettent en place de la noit- 
velle , mais semblable à celle qui a 
été ôtée i cependant , comme il est 
difficile de mettre à couvert une 
grande quantité de ces fleurs en . 
hiver, quand elles se. trouvent dans 
de si grands pots, je prckre de plan- 
ter mes marcottes en automne , 
chacune séparément, dans un petit 
pot de la valeur d'un sou, de les placer, 
vers le milieu ou à la fin d'Octobre, 
dans une vieille couche de tan qui a 
perdu sa chaleur, et de les couvrir 
avec un châssis commun, semblable à 
ceux qu'on emploie pour les melons 
et les concombres : deux de ces 
chassis, qui contiennent six vitrages, 
G z 



5-z D I A 

peuvent couvrir cen: -cinquante ie 
ces pots : lorsqu'ils sont ainsi disposes, 
on leur donne 'autant d'air qu'on le 
juge à propos, en ôtant les vitrages 
chaque jour dans les tcnis doux , et 
ne les remettant que pendant les 
grands froids et les fortes pluies : 
dans les hivers rudes on couvrira les 
vitrages avec des nattes, de la paille 
ou du chaume de pois, pour empê- 
cher la gelée d'y pénétrer ; ce qui 
sufhra pour conserver ces plantes 
cians leur plus grande vigueur. 

Au milieu ou à la fin de Février , 
si la saison est favorable , on trans- 
plantera ces marcottes pour fleurir, 
dans des pots de huit pouces envi- 
ron de largeur, dans le fond des- 
quels on aura eu soin de mettre des 
débris de pots cassés ou des coquil- 
les d'huitres , pour empêcher que 
la terre ne remplisse les trous qui y 
sont pratiqués , ce qui reticndroit 
l'eau dans les pots , et causcroit un 
grand préjudice aux fleurs : lorsque 
ces pots sont remplis de cette terre 
composée que nous avons indiquée 
plus haut, on enlevé les plantes avec 
toute la motte de terre à leurs ra- 
cines, on en ute un peu tout-au- 
tour, et on retranche toutes les 
fibres qui débordent ; on met ensuite 
ces plantes exactement dans le mi- 
lieu de chaque pot et à une hauteur 
convenable , de manière que les 
Icuillcs ne soient point ensevelies 
dans la terre , et que la jambe ou 
fente ne soit pas au-dçssus, après 



D I A 
quoi on remplit le pot avec la terri 
composée , on la presse légèrcmenc 
avec la main contre la plante , et 
on l'arrose un peu , si le tems c^ 
sec, pour la bien établir. Cette opé- 
ration étant terminée, on place les 
pots dans une situation où ils puis- 
sent être à l'abri des vents du i:ord , 
et on les arrose toutes les lois qu'ils 
en ont besoin. 

Ces pots pourront rester ainsi 
jusqu'au milieu ou à !a fin d'Avtilj 
alors on préparera un gradin avec 
des planches, et on les y placera: 
mais on doit avoir soin de disposer 
sous chaque poteau qui soutiennent 
ce gradin , des vases remplis d'eau 
pour empêcher les insectes destruc- 
teurs d'en approcher. L'insecte le plus 
dangereux est le Perce-oreille , qui 
ronge ordinairement toute la partie 
basse et les onglets des pétales , dont 
le goût est très-doux, et détruit ainsi 
toute la fleur. Ces gradins sont un 
peu coûteux et difficiles à concevoir 
pour ceux qui n'en ont jamais vu ; 
mais je vais en décrire un fort sim- 
ple , dont je fais usage depuis plu- 
sieurs années, qui rendra le même 
service et sera tout aussi bon que 
le meilleur et le plus cher qu'on 
puisse faire. 

On commence par se pourvoir 
de cjuclques terrines communes et 
plates , de quatorze ou seize pouces 
de largeur, sur trois pouces de pro- 
fondeur ; on les place deux- à-deux, 
à deux pieds cnviiçn.dc distance cq 



ÏD I A 

îargenr, et de huit pieds dans la 
longneiT. On mec dans ces terrines 
des pots à fleurs renversés, dont le 
fond offre une surface de six pouces 
de diamètre , et sur ce pot un mor- 
ceau de bois plat et de deux pieds 
et demi de longueur, sur trois pou- 
ces d'épaisseur : on dispose ensuite 
des traverses , dont les deux extré- 
mités sont appuyées sur deux pots 
opposés , et sur ces traverses on ar- 
range des planches dans toute la 
longueur ; de manière que deux de 
ces planches formeront la largeur du 
gradin , et qu'elles offriront assez de 
surface pour y placer deux rangs de 
pots dans lesquels sont plantés les 
Œillets de carnation. 

Ce gradin étant ainsi disposé, on 
remplit d'eau les terrines sur les- 
quelles il est appuyé , et on la re- 
nouvelle à mesure qu'elle s'évapore , 
pour rendre le gradin inaccessible 
aux insectes , et garantir les fleurs 
de leurs attaques. 

Ce gradin doit être placé dans 
une situation ouverte à l'exposition 
du sud-ouest , mais à l'abri des vents 
du couchant , qui pourroient ren- 
verser les pots , et causer par-là un 
dommage irréparable aux fleurs 
dans le moment où elles s'épanouïs- 
sent ; il seroit même avantageux 
qu'il fut garanti des efforts des vents 
par de grands arbres, qui ne doivent 
cependant pas en être trop près ; 
car leur voisinage , ainsi que celui 
^es grands bâtimens, fait filer les 



D I Â 



55 



fleurs et les affbiblic. Vers le milieu 
du mois d'Avril , on se pourvoit de 
baguettes quarrées de sapin, de qua- 
tre pieds et demi environ de lon- 
gueur, plus épaisses vers !e bas et en 
forme de cierge à l'extrémité; on 
les enfonce avec soin dans les pots 
aussi près de la plante qu'il est pos- 
sible sans l'endommager , et on y 
fixe les tiges à mesure qu'elles crois- 
sent en hauteur ; on a soin aussi de 
retrancher toutes les tiges ou dards 
de côté aussi-tôt qu'elles paroissenr, 
et de n'en laisser jamais que deux 
sur chaque racine, et même une 
seule si l'on veut avoir de grosses 
fleurs, \^ers le commencement de 
Juin , les fleurs seront parvenues à 
leur plus grande hauteur , et leurs 
calices commenceront à se gonfler: 
si quelques-unes d'entr'elles s'ouvrent 
d'un seul côté , on pratiquera aussi- 
tôt à l'opposé deux fentes pareilles ; 
mais il ne faut point différer cette 
opération ; car aussi- tôt que la fleur 
s'est jettée de côté, il n'y a plus de 
remède , et elle reste difforme. 

Quand les fleurs commencent à 
s'ouvrir , on les couvre avec un 
verre fait exprès pour cela ; sur la 
base de ce verre, est un collet mince 
ou bobèche d'environ neuf pouces 
quarrés, dans lequel on fait passer 
le bâton de la fleur. 

A cette bobèche sont soudés, à 
une distance égale les uns des au- 
tres , huit m.orceaux de plomb de 
six pouces et demi de longueur, qui 



f4 D I A D I A 

s'ccendcnt par Ic bas à environ qua- rayons du soleil et l'eau des pluies 
trc pouces de distance : dans ces puissent passer par-dessous et frapper 
plombs sont assujettis des morceaux les fleurs , et qu'elles ne soient pas 
de glace ou de verre, coupes justes non plus assez bassespour concentrer 
pour remplir les intervalles qui se- la chaleur et brûler les Œillets. Dans 
parent les plombs, et qu'on borde le même tems, ou quelques jours 
avec un autre morceau de plomb après , on coupe du papier ferme, 
circulaire, qui entoure toutes les ou carton en forme de bobèche, 
glaces ; tous ces verres réunis for- d'environ quatre pouces de largeur, 
ment une surface à huit angles , d'en- et exactement ronde , au centre de 
viron onze pouces de diamètre , dont laquelle on pratique un trou de neuf 
le centre est occupé par la bobèche, lignes de diamètre , à travers lequel 
Quand les fleurs sont aflez épa- on fait passer la partie basse de la 
nouïes pour être couvertes avec ces fleur, et on fixe ce carton en-dedans 
glaces , on tait un trou à travers le du calice , pour soutenir les pétales j 
bâton de la fleur, exactement à la hau- on observe ensuite tous les jours 
teur de la partie basse du calice, et les progrès de la fleur , et si un côté 
on y passe un morceau de fil-dc-fer sort plus que l'autre , on tourne le 
mince , de six pouces à-peu-près de légume , et on expose le côté foible 
longueur , à une extrémité duquel on au soleil ; si le tems est fort chaud , 
forme un anneau pour contenir le ci- on tient les glaces à l'ombre pendant 
lice et fixer la tige de fleur; on ôte la chaleur du jour, avec des feuilles 
ensuite tous les liens qui attachent de choux, etc., pour empêcher les 
cettetigCjOnl'éloignc delà baguette, fleurs d'être brûlées et de s'épanouir 
de manière que la fleur ait assez de force : quand le légume du mi- 
d'espace pour sétendre sans être lieu commence à monter, on enlevé 
gênée, et on la fixe dans cette posi- son calice avec une pincette faite- 
tion , en contournant l'autre extré- exprès pour cela : mais cette opéra- 
mite du fil-de-fer, à une certaine tion ne doit pas être faite trop tôt, 
ciistancc ; au-dessus de la fleur on de peur que les pétales du centre 
pratique, dans la même baguette, n'avancent beaucoup plus que ceux 
un second trou , à travers lequel on des bords , et ne diminuent par-là 
passe un second morceau de fil- de- la beauté de la fleur ; si l'on s'apper- 
fcr, d'un pouce et demi de longueur, çoit que ces pétales soient trop nom- 
qui puisse supporter les glaces et les breux pour pouvoir être arrangés 
empêcher de glisser sur les fleurs ; proprement , on en arrache quel- 
pn a soin aussi c]ue ces glaces ne qucs-uns des plus bas , et on étqnd, 
jpieiit pas assez élevées pour que Içs Içs autres en même tems. 



D I A D I A .^5 

Quand les fleurs sont tout-à-fait Carnation , qui exigent la plus 
épanouies , et qu'on les coupe , il faut grande habileté de la part des Ileu- 
y mettre 4p nouveaux collets de nstes pour les obtenir dans la pcr- 
papicr ferme , et aussi larges que la fecrion dont ils sont susceptibles, 
fleur, afin qu'ils puissent la supporter Mais comme depuis quelques an- 
cntierement, et n'être vus dans au- nées ces espèces de fleurs sont bcai;- 
cune partie i ces collets étant ainsi coup moins estimées , et tju'on leur 
disposés, on tire en-dehors les plus prétère les (Eiilets qui ne crèvent 
larges feuilles pour former le con- point, on plante généralement ccux- 
tour de la fleur ; quoique plusieurs ci dans des pots et on les traite de 
de ces pétales soient pris du centre , la même manière que les grosses 
cela ne fait aucun mauvais cflbt, fleurs; mais ils n'exigent pas autant 
parce qu'on les remplace par d'au- de peine ; on se contente de fixer 
très ; les plus longs de ceux qui res- leurs tiges aux baguettes pour prê- 
tent se placent sur ceux-ci , et ainsi venir leur chute, et de retrancher 
de suite, de manière que la fleur les boutons de côté pour fortifier la 
entière puisse paroître également fleur du milieu , si on veut l'avoir 
ronde et globulaire sans aucun grosse et belle : quand les fleurs com- 
vuide ni creux. Il y a des Fleuristes mencent à s'épanouïr , on les met à 
qui font cette opération si adroite- l'abri du soleil et de l'humidité , 
ment, qu'ils font un très-bel (Sillet afin de prolonger leur durée, 
d'une fleur très-médiocre. Quoique les plus belles de ces 

Tant que ces plantes sont en fleur, fleurs soient ordinairement mises 
il faut avoir grand soin de ne les dans des pots et soigneusement trai- 
laisser jamais manquer d'eau; mais tées, on pourroit cependant en plun- 
)c n'approuve point les eaux compo- ter quelques-unes dans les plates- 
sées dans lesquelles on détrempe bandes des jardins à fleurs, où elles 
plusieurs espèces de fumiers : l'eau produiroient un efîét très- agréable, 
la meilleure qu'on puisse employer, depuis le commencement de Juillet 
est celle de riviere ; après celle-là , jusqu'au milieu d'Août , sur-tout si 
viennent celles d'étang ou de mar- les différentes couleurs étoient cu- 
res , et enfin celles de fontaines , tremélécs avec goût ; si on prend ce 
qu'on doit exposer à l'air et au soleil parti , on doit réunir les flambés et 
pendant deux jours avant de s'en les bizards avec les piquetés, et ne 
servir; sans cjuoi elles donneroient lespoint placer séparément, à moins 
le clfancre aux fleurs et les gâteroient. qu'on ne veuille en recueillir Icsgrai- 

Ces instructions sont principale- nés : dans ce cas on choisit les plus 

ment relatives aux gros Œillets de beaux de chaque espèce , et on les 



5^ D I A 

place dans des platcs-bandcs , à une 
certaine distance les uns des autres, 
sur-tout lorsqu'on veut les avoir 
parfaitement purs ; car le voisinage 
■ des autres espèces ne manque guères 
de les altérer , au point que leurs 
semences produisent ' des espèces 
nouvelles ; mais je n'ai jamais vu 
de graines d'Œillcts flambés don- 
ner des fleurs piquetées, ni celles 
qui avoient été recueillies sur ces 
dernières , produire des Œillets pi- 
quetés. 

Les plantes de pleine terre four- 
nissent généralement de meilleures 
graines que celles des pots ; mais 
quand on se propose d'élever des 
(Sillets de semence, il faut toujours 
conserver pour cela les meilleures 
des fleurs séminales , parce qu'il est 
certain que celles qui ont été mul- 
tipliées pendant quelques années par 
marcottes , deviennent stériles et ne 
produisent plus de graines ; ce qui 
s'observe aussi sur la plupart des 
autres plantes , tandis que les jeunes 
(Sillets nouvellement obtenus de 
graine , sont toujours les plus fé- 
conds , et donnent annuellement des 
variétés nouvelles, qu'on peut mul- 
tiplier amant qu'on le veut en les 
inarcottant. 

"-'• Je vais passer à présent à lapil- 
ture de l'espèce à laquelle on donne 
le nom d'ŒlI/et de Poète j dont on 
connoît un grand nombre de va- 
riétés à fleurs simples , teintes de 
tiiJ.Féren'ccs couleurs , et trois ou 



D I A 
quatre à fleurs doubles. Quelqucs- 
imes , qui ont des feuilles étroites , 
étoient nommées aut-rcfois Doux 
Jean ; mais à présent on ne les dis- 
tingue plus des autres, parce qu'on 
a remarqué que cette variété n'est 
point constante , et qu'elle n'est 
qu'un produit accidentel de se- 
mence. 

Quelques - unes è.'^s variétés à 
fleurs simples , offrent des couleurs 
fort riches , qui sont très-susceptibles 
d'altération lorsqu'on les multiplie 
de semence , et qui se nuancent sou- 
vent de manière à produire des 
fleurs panachées. 

Les autres, dont le centre e^t 
d'un rouge léger bordé de blanc , sont 
nommées Dames Fardées. Quand ou 
désire conserver , sans altération , 
quelques-unes de ces variétés , on 
marque les meilleures fleurs de cha- 
cune, et on arrache toutes les autres, 
de peur que leur poussière fécon- 
dante ne les imprègne , et ne les 
fasse varier. 

• La Dame Fardée est une très- 
belle variété : ses tiijes ne s'élèvent 
pas aussi haut que celles de la plu- 
part des autres; ses bouquets de 
fleurs sont plus gros et plus en om- 
belle ; SCS fleurs sont d'une hauteur 
égales, et ont une plus belle appa- 
rence : il y en a d'autres dont les 
tiges s'élèvent à trois pieds de hau- 
teur , et dont les fleurs sont d'un 
rouirc foncé ou de couleur écarlate. 
Toutes ces flçurs paroissent en 

mêmç 



D I A 

tcms que les (Eillcrs de Carnation ; 
mais, comme elles n'ont point d'o- 
deur, on en fait moins de cas. 

On multiplie gcncralcmcnt les 
espèces simples par leurs graines , 
qu'on seme à la fin de Mars ou au 
commencement d'Avril, dans une 
plate - bande de terre légère : au 
mois de Juin on prépare quelques 
plates-bandes et on les y transplante 
à six pouces de distance entr'clles : 
ces plantes peuvent rester ainsi jus- 
qu'à la Saint Michel ; alors on les 
place à demeure dans des plates- 
bandes de parterre , ou dans quel- 
que lieu à l'écart, où elles fleuriront 
dans le mois de Juin de l'année sui- 
vante, et perfectionneront leurs se- 
mences en Août ; on remarquera 
alors les meilleures fleurs pour en 
conserver les graines. 

On les multiplie aussi en divisant 
leurs racines à la Saint-Michel ; mais 
cette méthode est peu en usage, 
parce que celles qui viennent de 
semence fleurissent toujours mieux, 
et qu'on obtient aussi par ce moyen 
des variétés nouvelles. 

Les quatre espèces à fleurs dou- 
bles sont : I °. celle à larges feuilles , 
qui a des fleurs fort doubles et d'un 
pourpre foncé tirant sur le bleu ; 
mais comme cette espèce crève son 
calice , elle n'est pas autant recher- 
chée que les autres , et les curieux 
lont même bannie de leurs jardins. 
z". La double Rose ou Œillet de 
Poëte , dont les fleurs sont d'une 
Tom€ III. 



D î A 57 

belle couleur de rose foncée, et d'une 
odeur agréable. Celle - ci est fort 
etiniée pour la beauté et l'odeur de 
ses fleurs ; son calice ne crève ja- 
mais, et ses pétales, entièrement ou- 
verts , ne pendent point vers le bas 
comme cevx de la précédente. 

3". Le AIu/cj ou.- Fair-child:, qui 
veut dire bel enfant 3 a des feuilles 
plus étroites qu'aucun des précédons , 
et est une des variétés appellees 
Doux Jean: on prétendoit qu'elle 
âvoit été produite par les semences 
d'un Œillet de Carnation , iir.pregné 
par la poussière fécondante d'un 
(Sillet de PoL'ce : ses fleurs sont d'un 
rouge plus brillant que celles de ^ 
la seconde; mais les bouquets qu'el- 
les rorment sont un peu moins lar- 
ges ; leur odeur est d'ailleurs fort m 
agréable. La quatrième espèce a 
de belles fleurs panachées. 

Les espèces doubles se multiplient 
par marcottes comme les (Eiilets 
de Carnation ; elles aiment un sol 
médiocre et pas trop léger ; s'il est 
trop ferme ou trop fumé, elles sont 
suicttes à pourrir : les fleurs sont très- 
belles et durent fort long-tems. La 
troisième est préférable à toutes les 
autres ; elle fleurit deux fois , la pre- 
miere en Juin , et la seconde en 
Juillet; mais elle est fort sujette au 
chancre et à la pourriture, sur- tout 
quand elle est plantée dans un sol 
trop humide ou trop sec , ou qu'on 
l'arrose avec de l'eau de source. 
Ces fleurs sont fort propres à 
H 



58 D î A D I A 

orner des cours , lorsqu'elles sont banJe ùe terre riche , à trois pouces 

mises en pots et qu'elles sont bien d'intervalic entr'elles : on les tient à 

fleuries. l'abri du soleil jusqu'à ce qu'elles 

Quoiqu'on regarde généralement aient formé de nouvelles racines, et 

rCSillet de la Chine comme une on les arrose trois ou quatre fois 

plante annuelle , parce que celles par semaine dans les tems secs : on 

qui ont été élevées de sem.ence , les tient ensuite constamment nettes, 

fleurissent et produisent des graines et à la fin du m.ois de Mai on les 

mûres dans la même saison ; cepen- transplante où elles doivent fleurir \ 

dant quand elles se trouvent plantées si on les enlevé avec une grosse 

dans un sol sec, elles durent deux motte de terre à leurs racines, elles 

années, et produisent même dans la ne se ressentiront point du tout de 

seconde un plus grand nombre de ce dérangement, sur-tout s'il tombe 

fleurs que dans la premiere : ces de la pluie. 

flears , qui sont toutes teintes de Comme ces plantes ont peu de 

couleurs fort riches , varient annuel- volume, elles font peu d'effet quand 

lement quand elles sont élevées de elles sont placées seules dans les 

semence. Les doubles fleurs de cette plates-bandes du parterre ; mais si 

csv^ece sont les plus estimées, quoi- on les laisse croître naturellement, 

, que les couleurs des simples soient ou qu'on place cinq ou six de ces 

plus belles et plus distinctes , parce racines ensemble , elles sont alors 

oue la grande c]uantité de pétales très-agréable, sur-tout si plusieurs 

des doubles , cachent les ombres ou variétés se trouvent réunies. 

raies profondes cjui sont trcs-mar- Les curieux Amateurs de cette es- 

quées vers la bise des simples. On pece de fleur, apportent un très-grand 

multiplie ces plantes en semant leurs soin dans le choix des semences ; ils. 

graines vers le commencement d'A- ne laissent jamais de fleurs simples 

vril , sur une couche de chaleur parmi les doubles , et ils les arra- 

tempérée, pour avancer leur végé- client aussi-tôt qu'elles se montrent v 

ration ; quand elles commencent à ils otent aussi celles qui ne sont pas 

pousser, on leur donne beaucoup d'une couleur agréable et vive : si 

d'air pour les empêcher de filer , on observe avec soin ces précau- 

et aussi-tôt que le tems le permet tions, on conservera ces fleurs dans 

on les expose au plein air ; trois leur plus grande perfection ; on fera. 

semaines ou un mois après, elles cependant encore mieux de changer 

seront en état d'être déplacées ; alors de semence une fois chaques deux 

on les enlevé avec de bonnes raci- ans ; mais il faut pour cela avoir 

nés , et on les plante dans une plate- la connoissancc d'une personne sur 



D I C 
laquelle on puisse compter , qui ail- 
le même goût et qui demeure a une 
certaine distance (i). 

DIAPENSIA. rovqFANICULA. 

DICTAAiE fliux. Voye-^ Mar- 
RUBIUM PSEUrO-DICTAMNVS. 

DICTAME DE CRÈTE. Voyei 
Origanum Dictamnus. 

DICTAME BLANC. Voyei Dic- 
tamnus AlBUS. Fraxindla. 

DICTAMNUS. Lin. Gen. Plant. 
46 S. Fraxinella. Tourn. Inst. R. H. 



(1) Les Œillets ne sont pas seulement 
un objet de ciiriosiré , on en prépare en- 
core des remèdes salutaires ; les plus sim- 
ples et les plus odorans sont préférés à 
tons les autres pour les usages de la Mé- 
decine 5 leurs propriétés résident presque 
uniquement dans leur principe odorant, 
qui , quoique très-subtil , se conserve 
encore en partie dans les fleurs deffcchées : 
les Œillets sont cchauffans , sudorifiques 
et alexitères ; ils fortifient l'estomach, 
calment les symptômes hystériques, exci- 
tent dans les humeurs un mouvement qui 
les dispose à être évacuées par les pores 
de la peau, raniment les forces languis- 
santes, et hâtent la fortie des différentes 
éruptions cutanées : on emploie ces fleurs 
sous la forme d'infusion , de conserve et 
de syrop, dans les fièvres putrides , ma- 
lignes et exanthématiques , dans les pal- 
pitations, les indigestions, etc. 



D I C 



59 



430. TJ: 145; Fraxinelle, ou 
Dictame blanc. 

On donr.e à cette plante le nom 
de Fraxindla i de Fraxinus^ qu.i veut 
dire Frêne, parce que ses feuilles 
ont quelque ressemblance par leur 
forme avec celles de cet arbre ; on 
l'appelle aussi Petit Frêne ; mais 
comme elle est depuis long-tcms 
connue sous le nom de Dictamnus 
albus , ©ictamc blanc , dîms la Phar- 
macopée, le Dccteur LinnÉe s'est 
servi de ce titre. 

Caractères. Dans ce genre le ca- 
lice de la fleur est composé de cinq 
petites feuilles oblongues , et termi- 
nées en pointe ; la corolle a cinq 
pétales oblongs et inégaux , dont 
deux sont tournes vers !e haut, deux 
obliquement sur les côtés, et un 
autre vers le bas : la fleur a dix 
éramines érigées , aussi longues qre 
la corolle, et placées entre les dci x 
pétales de côté ; elles sont de diflc- 
rentcs longueurs , et terminées pat 
des sommets quarrés et érigés. Dans 
le centre est situé un gern-;e à cinq 
angles, qui soutient un style court, 
courbé et couronné par un stigmat 
aigu : ce germe se change dans la 
suite en iM:e capsule à cinq cellules , 
dont chacune a un -bord comprimé 
qui fait saillie à l'extérieur : mais 
elles sont jointes intérieurement; 
elles s'ouvrent en deux valvules , 
et renferment plusieurs semences 
rondes , dures et luisantes. 

Ce genre de plante est rangé dans 
H î 



(?o DIG 

la premiere section de la dixième 
classe de LinnÎe , intitulée : De- 
candrie monogyme , dans laquelle sont 
comprises les plantes dont les fleurs 
ont dix étamines et un style. 
•- Nous n'avons qu'une espèce dis- 
tincte de ce genre , qui est le 

Diclamnus aWus. lion. Clff. \6\. 
Eon. Ups. 101. Mat. MfJ. 113. 
FraxincUa. C.B. P. 2 1 z ; Dictame 
blanc , nommé vulgairement Fraxi- 
nelle. 

Fraxinella. llcneal. Spec, lii.r. 
III. Hall. Hdv. n. IC19. 

Il y a trois variétés de cette 
plante ; une à fleurs d'un rouge pale 
rayé de pourpre ; une seconde à 
fleurs blanches , et la troisième avec 
des fleurs en épis courts ; mais, 
comme j'ai observé qu'elles varient 
quand elles sont multipliées par se- 
mence , je ne les regarde que 
comme des produits accidentels. 

Comme cette plante orne beau- 
coup les jardins , et qu'elle exige 
très-peu de culture , elle mérite une 
place dans les plus distingués ; sa 
racine est vivace et pénètre pro- 
fondément dans la terre ; sa tctc , 
qui augmente annuellement en gros- 
seur , pnussc plusieurs tiges de deux 
ou trois pieds de hauteur , et garnies 
de feuilles ailées , alternes , et com- 
posées de trois ou quatre paires de 
lubcs oblongs , et terminés par un 
lobe impa-r ; ces feuilles sont unies, 
fermes et sessiles à la côte du milieu, 
qui est sillonnée en - dessous par 



D I C 

une rairiiire longitudinale : ces lobes 
sont pLvcés obliquement à chaque 
côté de la côte du milieu ; mais 
ceux qui terminent la feuille ont 
leurs côtés égaux : ses fleurs naissent 
en épis ou thyrses , au sommée de 
la tiL,e , t]ui a neuf à dix pouces de 
longueur. Toutes les parties de cette 
plante répandent une odeur sembla- 
ble à celle de l'écorce du Limon , 
quand on les touche ; mais si on 
les froisse cette odeur devient balsa- 
mique : elle fleurit à la fin de Mai 
et en Juin, et ses semences mûris- 
sent en Septembre. 

On multiplie ces plantes par se- 
mences , qui pousseront au mois 
d'Avril suivant , si elles sont mises 
en terre en automne aussi - tôt 
qu'elles sont mûres ; mais quand on 
les garde jusqu'au printems , il est 
rare qu'elles réussissent , ou si elles 
croissent , ce n'est qu'une année 
après. Lorsque ces plantes poussent, 
il faut toujours les tenir nettes de 
mauvaises herbes ; et en automne, 
quand leurs feuilles périssent , o\\ 
enlevé leurs racines avec précau- 
tion , et on les plante dans des plan- 
ches à six pouces de distance entre- 
elles : on donne à ces planches qua- 
tre pieds de diamètre , en laissant 
deux pieds de largeur aux sentiers 
qui les séparent ; ces plantes peu- 
vent rester ainsi pendant deux ans; 
et si elles ont bien réussi , au bout 
de ce tems elles seront assez fortes 
pour fleurir ; ainsi , dans l'automne 



D I C 

de la seconde année, on les enlèvera 
avec précaution , ^c on les placera 
au milieu des plates-bandes du par- 
terre , où elles subsisteront trente 
ou quarante années , et produircnt 
d'autant plus de tiges de fleurs , 
qu'elles auront plus de grosseur. 

Toute la culture qu'elles exigent 
est d'être tenues nettes de mauvaises 
herbes , et labourées chaque année. 

Les racines de cette plante, dont 
on fait usage en n'iédccine , sont 
cordiales, céphaliqucs, antiputrides 
et alexipharmaques ; on les emploie 
dans les maladies malignes et pesti- 
lentielles, ainsi que dans l'épilep- 
sie (i). 

DICTAMNUS CRETICUS. 
Voye\ Origanum. 



(i) La racine de Fraxinel'e n'a aucune 
odeur , mais elle esc fort amère ; cette 
amertume , qui réside principalement dans 
son principe résineux , est la base de ses 
propriétés. 

On emploie cette racine avec succès 
contre les vers intestinaux , les affections 
hystériques, les vices de digestion, les 
fièvres intermittentes opiniâtres , la ca- 
chexie, les diarrhées rebelles, les fleurs 
blanches invétérées , le scorbut , l'épi- 
lepsie, les fièvres catharrales, les affec- 
tions venteuses , les maladies putrides , la 
néphrétique , sablonneuse et pituiteufe, 
etc. On la donne en poudre ou en infu- 
sion , et on la fait entrer dans différentes 
compositions pharmaceutiques , telles 
que la thériaque, l'orviétan, l'opiat Salo- 
mon , &c. 



DIE 6i 

DIER\'ILLA_. Tourn. Au. R. Par. 

1706. Lomcera. Lin. Ccn. Plan:. 

110 ; espèce de Chèvre - feuille. 
Dierville. 

Cette plante a été ainsi appelée 
par le Docteur Tournefort , du nom 
de M. Dierville, Chirurgien , qui 
l'a apportée d'Acadie. 

Caractères. Le calice de la fleur 
est découpé, presque jusqu'au fond, 
en cinq parties : la corolle n'a qu'un 
pétale et un tube dans son lond j 
mais elle est divisée en cinq scg~ 
mens , et elle a l'apparence d'une 
fleur en gueule : on y remarque cinq 
étamines aussi longues que la co- 
rolle, et terminées par des sommets 
oblongs : dans son fond est placé 
un germe ovale fixé au calice , et 
surmonté par un style mince , de 
la longueur des étamines , et cou- 
ronné par un stigmat obtus ; ce 
germe devient par la suite une baie \ 
pyramidale , et divisée en quatre 
cellules, dans lesquelles sont renfer- 
mées des semences petites et rondes. 
Nous neconnoissons encore qu'une 
espèce de ce genre , qui est la 

Diervilla Lonicera ^ Acadiensis ^ 

fruticosa j flore luteo. Act. R. par. 

1706. Duham. Arh. j. p. 209. r. 

87; Dierville d'Acadie en arbnfleau 

avec une fleur jaune. 

C'est le Lonicera racemis termina- 
libus 3 folds serratis. Lin. Sp. Plant, 
275; Chevre-feuille avec des pa- 
quets de fleurs qui terminent les 
branches, et des feuilles sciées» • 



Cl DIG 

Cette plante , qu'on rencontre 
dans ics parties septentrionales de 
rAmcriqi'.e , d'où elle a été apportée 
en Europe , est aujourd'hui muki- 
pliée par les Jardiniers de pépinières, 
qui en font commerce : elle a une 
racine ligneuse qui s'étend fort loin 
dans la terre , et qui pousse , à une 
distance considérable , un grand 
nombre de rejetions, au moyen des- 
quels elle se propage beaucoup : ses 
tiges l'gneuses s'élèvent rarement 
au-dessus d'un pied et demi de hau- 
teur ; elles sont garnies de feuilles 
obîongues, en forme de cœur, ter- 
minées en pointe , fort légèrement 
sciées sur leurs bords , opposées et 
sessiles ; les sommets de ses tiges sont 
garnis de fleurs, qui sortent ordinai- 
rement de côté, dans le lieu de l'in- 
sertion des feuilles , ainsi que de 
l'extrémité de la tige ; chaque pé- 
doncule soutient deux ou trois ficurs 
d'un jaune pâle , petites et peu re- 
marquables ; elles paroissent en Mai , 
et dans les années froides et humi- 
des cette plante fleurit souvent une 
seconde fois en Août. On la mul- 
tiplie aisément au moyen de ses 
nombreux rejettons : elle aime un sol 
humide , et une situation à l'ombre , 
où le froid ne l'endommage jamais. 

DIERVILLE. Foy. Diervilla. 

DIGITALE. Foy. Digitalis. 

DIGITALIS. Un, Gm. Plant, 



D I G 

6- G. Tourn. Lis:. R. H. 1^4. Tcih. 
73. Raii. Midi. Plant. 89. Digitale. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
ont un calice persistant ec découpé 
en cinq parties ; elles sont en forme 
de cloche et monopétalcs ; leur co- 
rolle a un gros tube ouvert, donc 
la ^bâse est cylindrique et rétrécie , 
mais dont le bord est légèrement 
divisé en quatre portions ; la lèvre 
supérieure est étendue et dentelée à 
son extrémité , et l'inlérieure est 
plus large : ces fleurs ont quatre 
étamines insérées dans la base de 
la corolle , dont deux sont plus 
longues que les autres, et elles sont 
toutes terminées par des sommets 
divisés en deux parties : quand la 
fleur est passée, le germe se gonfle 
et devient une capsule ovale, placée 
sur le calice , et a deux cellules rem- 
plies de plusieurs semences angu- 
laires. 

Ce genre de plante est rangé dans 
la seconde section de la quatorzième 
classe de LinnÉE, intitulée : Didy- 
namïe angiospermie , qui comprend 
les fleurs pourvues de deux étamines 
longues et de àaw plus courtes , et 
dont les semences sont renfermées 
dans une capsule. 

Les espèces sont : 

1 °. Digitalis purpurea j calycinis 
foliolis ovatis j acutis ; coroUis oh- 
tusis ; lahio superiori intégra. Hort. 
Up s al. 178. Pollick. Pal. n. 598. 
Kniph. Cent. 3. n. 37 ; Digitale 
dont les petites feuilles du calice sont 



D I G 

ovale' et temiinées en pointe ai- 
guis, la cofolle obtuse, et la lèvre 
supciicure entière. 

Digicalis purpurea y folio aspcro. 
C. B. P. 2.43 ; Digitale à fleur pour- 
pre, ayant une Ircuillc rude ; ou 
Digitale commune. 

2°. Digitalis Thapsiy foliis dccur- 
rencibus. Lin. Sp. 8 67 ; Digitale à 
feuilles coulantes. 

DigicaLs Hispanica j purpurea ^ 
minor. Tourn. Ins t. 165; la plus 
petite Digitale d Espagne à fleur 
pourpre. 

3^. Digitalis lutea , calycinis fo- 
liolis lanceolatis ; corollis acutis ; 
labïo fuperiori hifiio. Hort Vpsal. 
lyS. Gmel. Sïh. 3./'. 193. Crant\. 
Austr. p. 354. S cop. Carn. Ed. z. 
n. 779- Jacq. Hort. t. 105 ; Digitale 
dont les folioles du calice sont en 
forme de lance , la corolle à pointe 
aiguc, et la levrc supérieure divisée 
en deux parties. 

Digitalis lutea j minore flore. 
Moris. Hist. 1. p. 479- sivè 5. t. 8. 

Digitalis foins calycinis subula- 
tis j florihus imhricatis. Hon. Cliff". 
318. Roy. Lugd.-B. 293. Dalib. 
Paris. 192. 

Digicalis major lutea j parvo flore. 
C. B. P. 224 j Digitale à fleurs 
jaunes plus petites. 

4^. Digitalis magna flore j foUolis 
calycinis linearibus j corollis acutis j 
labio superiori integroj foliis lanceola- 
tis j Digitale dont les petites feuilles 



DIG ^3 

du calice sont longues et étroites 
les corolles à pointe aiguc , la lèvre 
supérieure entière, et les feuilles eu 
forme de lance. 

Digitalis lutea j magno flore. C. 
B. P. 144; Digitale à grandes fleurs ' 
jaunes. 

Digitalis ambigua. Lin. Sp. Plant, , 
Nouv. Edit. t. ■^. p. 1^3. Sp. 5. 

5°. Digitalis ferruginea j calycinis 
foliolis j ovatis obtusis j corolLt labio 
infcriori longitudine floris. Lin. Gen. 
Plant. 6 2 2 ; Digitale dont les folioles 
du calice sont ovales et émoussées , 
ejc dont la Icvre inférieure de la 
corolle est aussi longue que la fleur. * 

Digitalis angusti-folia j flore fer- 
rugïneo. C. B. P. 244 ; Digitale à 
feuilles étroites, et à fleurs de couleur ' 
de fer. ^ 

Digitalis latlfolia^ flore ferrugineo. 
Morls. Hist. 2. p. 478. sivè 5. t. 8. 

6'^ . Digitalis Canaricnsts j calyci- 
nis foliolis lanceolatis , corollis bl~ 
labiatis acutis j caule fruticoso. Lin, 
Sp. Plant. 611; Digitale dont les 
folioles du calice sont en forme de 
lance, la corolle à pointe aiguc et 
à deux lèvres, avec une tige d'ar- 
brisseau. 

Digitalis Acanthoïdes Canariensis 
frutcsccnsj flore aureo. Hort. Amst. 2, 
p. 105. t. 53 ; Digitale des Cana- 
ries en arbrisseau , semblable à la. 
Branche - Ursine ^ avec une fleur 
dorée. 
Cesncria foliis lanceolatis j ferratisy 



^4 D i G 

pedunculo termïnali laxè spicato. Hon. 

ai^3i8. 

7°, Dis'ualis OrientaliSj calycinis 
follolis acut'is :, joins ovato-lanceolu- 
ds:, nervosis- Digitale dont les folio- 
les du calice sont à pointe aiguc, 
et les feuilles , ovales , en forme de 
lance ec nerveuses. 

Dlaïtalïs litea non ramosa ^ scor- 
•[oner£ folio. Buxh. Cent, z 5 ; D'gi- 
git.ilc jaune sans branches , à feuil- 
les de scorsonaire. 

Purpurea. La premiere espèce, 
qui croît naturellement sur les bords 
des haies , et à l'ombre des bois , 
dans plusieurs parties de r Angleterre, 
est très-rarement cultivée dans les 
jardins : cette plante est bis- annuelle, 
et produit, des la premiere année, 
une grosse touffe de feuilles longues, 
rudes et velues; et dans la seconde, 
une tige forte et herbacée, haute 
d'environ trois ou quatre pieds , et 
garnie de feuilles semblables à celles 
du bas, mais qui diminuent par dé- 
grés à mesure qu elles approchent du 
sommet , et sont entremêlées avec 
les fleurs : les fleurs, qui sont grosses, 
tubulées , en forme de dé , de cou- 
leur pourpre , et marquées de plu- 
sieurs taches blanches sur leurs lèvres 
inférieures , naissent dans un thyrse 
lon^'- et clair, sur un seul côté de la 
tige , et sont remplacées par des 
càosules ovales et à deux cellules 
rcniplics de semence d'un brun 
foncé. Cette espèce fleurit en Juin , 
çt ses sçmences mûrissent en au- 



D I G 

tomnc : si on leur donne I3 tems de 
se répandre d'elles-mêmes, les plantes 
pousseront au printcms , et devien- 
dront des herbes embarrassantes ; 
mais C|uand on a envie de multiplier 
cette espèce, il faut mettre ses graines 
en terre dans l'automne , parce que 
celles que l'on conserve jusqu'au prin- 
tcms , ne germent pas avant l'année 
suivante. 

Cette espèce est mise, dans les 
pharmacopées, au nombre des plan- 
tes médicinales ; on préparc avec ses 
fleurs et du beurre de Mai, un on- 
guent qui est fort estimé. Cette 
plante donne une variété à fleurs 
blanches , qu'on rencontre dans 
quelques parties de l'Angleterre , et 
qui ne diffère de celle-ci que par la 
couleur de sa fleur et par la forme 
de ses feuilles : mais ces différences 
sont persistantes ; car je l'ai cultivée 
dans un jardm pendant plus de trente 
ans , sans qu'elle ait éprouvé la moin- 
dre altération (i). 

Thaspi. La seconde espèce , dont 



(i) Cette plante est un purgatif vio- 
lent dont on se fert peu en France , mais 
qu'on emploie assez fréquemment en An- 
gleterre , pour gucrir l'cpilepsie : on la 
fait infuser, à h dose de dtux poignées, 
d.ins une suffisante quantité de bierre , 
pour une prise. On en prépare aussi un 
onguent qu'on applique sur les tumeurs 
scrophuleuses. 

Les Italiens regardent cette plante 
comme vulnéraire , et l'emploient dans le 
traitement des plaies. 

les 



DIG DIG ^5 

semences m'ont été envoyées de deux pieds et demi , et garnie de 

l'Espagne , s'élcve rarement au-dessus feuilles de cinq pouces de longueur, 

de la hauteur d'un pied et demi ; sur un et demi de largeur, te: minces 

ses feuilles intérieures ont dix pou- en pointe aigué , divisées longi- 

ces de longueur , sur trois de kr- tudinalement par plusieurs ncrvu- 

gcur au milieu ; elles sont tendres, rcs , et légèrement sciées sur leurs 

laineuses , et fortement veinées en- bords : la partie haute de la tige est 

dessous; ses tiges sont garnies de g-irnie de Heurs jaunes , presque aussi 

feuilles de la même forme que celles grosses que celles de l'espèce com- 

du bas , mais plus petites : le som- mune , dont les bords sont terminés 

met de la tige est terminé par un en pointe aiguc, et la lèvre supé- 

thyrse court de fleurs pourpre. Heure est entière. Cette plante fleurit 

comme celles de l'espèce commune , et perfectionne ses semences ea 

mais plus petites , et dont les seg- même-tems que la précédente, 

mens de la corolle sont aigus. Cette Ferruginea. La cinquième a des 

plante conserve ses différences, feuilles étroites, unies et entières; 

quand on la cultive dans un jardin, sa tige s'élève à la hauteur d'environ 

Lutea. La troisième a ses feuilles six pieds , et pousse quelques bran- 
radicales longues et obtuses; sa tige, ches minces vers le bas; la partie 
qui est mince et élevée à la hauteur inférieure de ses tiges est garnie de 
de deux ou trois pieds, a ses parties petites feuilles fort étroites, de trois 
basses assez bien garnies de feuilles poucesdelongueur,sur quatre lignes 
unies, d'environ trois pouces de Ion- de largeur, et elles sont terminées 
gueur , sur un de largeur , et ter- par des fleurs fort petites , dont le 
minées en pointe aiguë; le som- calice est divisé en quatre parties ob- 
met de cette tige est orné, dans tuses; et la lèvre inférieure est beau- 
la longueur de dix pouces, de petites coup plus étendue que la supé- 
fleurs jaunes , placées fort prés les rieure : ces fleurs , qui sont de cou- 
unes des autres , sur un côté, et de leur de fer , s'ouvrent d.ins le mois 
feuilles très-petites et fort aiguës , de Juin ; elles sont disposées sur un 
fixées sur le côté opposé. La lèvre épi fort long, et n'ont parmi elles" 
supérieure de la corolle de ces fleurs, que très-peu de feuilies. 
est entière et obtuse : cette plante Canariensis. La sixième est ori- 
fieurit en Juin , et ses semences mû- ginaire des Isle Canaries , d'où ses 
rissent en automne. semences , qui ont d'abord été por- 

Magno flore. La quatrième a des tées en Angleterre , ont produit , 

feuilles longues , unies et veinées en- dans le jardin de l'Evcque de Lon- 

dessous; sa tige est forte, haute de dres, à Fulham, plusieurs plantes. 

Tome m. I , 



G6 DIG 

dont une partie a été envoyée dans 
les jardins du Roi, à Hamptoncourt, 
ce qnclques-vmcs en Hollande ; celles 
de Hamptoncourt ont été détruites 
au bout de quelques annnées, ainsi 
que plusieurs autres espèces curieu- 
ses, par l'ignorance des Jardiniers 
auxqiicls elles étoient confiées. 

Cette espèce s'élève, avec une tige 
d'arbrisseau , à la hauteur de cinq 
QU six pieds, et se divise en plusieurs 
branches garnies de feuilles rudes , 
en forme de lance , longues d'envi- 
ron cinq pouces, sur deux de lar- 
geur au milieu , mais plus étroites 
vers leurs deux extrémités, légère- 
ment dentelées sur leurs bords , et 
placées alternativement : chaque 
branche est terminée par un épi 
de quatre pouces de longueur, 
sur lequel les fleurs sont légère- 
ment éparses : leur calice est dé- 
coupé presque jusqu'au lond , en 
cinq segmens aigus : la lèvre supé- 
rieure de la corolle est longue, en- 
tière , et forme une espèce de voûte, 
au-dessous de laquelle sont placés 
les étamines et le style ; la lèvre in- 
férieure est obtuse et dentelée à son 
extrémité : sur les côtés de cette 
fleur sont deux segmens aigus , qui 
forment son ouverture : deux de ses 
étamines sont plus longues que les 
autres, et elles sont toutes terminées 
par des sommets ronds : dans son 
fond est placé un germe qui soutient 
un style mince et couronné par un 
stigmat ovale i ce germe se change , 



D I G 

quand la fleur est passée , en une 
capsule ovale, et remplie de semen- 
ces oblongues et petites. 

Les premieres fleurs de cette es- 
pèce commencent à paroître dans 
le mois de Mai , et les autres leur 
succèdent jusqu'à ce que l'hiver les 
arrête , ce qui donne à cette plante 
un nouveau mérite ; on la multiplie 
par ses graines , qui doivent ctre 
semées dans des pots remplis de terre 
légère, en automne , aussitôt qu'elles 
sont mûres , et on plonge ces pots 
dans une vieille couche de tan , qui 
a perdu sa chaleur ; dans les tems 
doux on ôte les vitrages pour intro- 
duire un air nouveau dans la couche, 
et on les remet lorsqu'il gèle fort, 
pour préserver les semences , qui , 
sans cela, courroient risque d'être 
détruites. Lorsqu'au pruitcms on 
verra paroître les plantes, on leur 
procurera beaucoup d'air libre dans 
les beaux jours ; mais on les garan- 
tira avec soin du froid : quand elles 
seront assez fortes pour être enlevées, 
on les plantera chacune séparément 
dans de petits pots remplis de terre 
légère , on les placerajtsous un chassis, 
où on les tiendra jusqu'à ce qu'elles 
aient formé de nouvelles racines, et 
on les accoutumera ensuite par dé- 
gré au plein air , auquel on les ex- 
posera tout- à- fait pendant l'été, 
dans une situation abritée : en hiver 
on les enfermera dans une orangerie; 
car elles ne vivent point en pîein'air 
dans notre cUmat 5 on uc les tiendra 



D I G 

cependant pas trop chaudement , ni 
trop scrrces lians l'orangerie ; et , 
Comme elles n'ont besoin que d'être 
mises à l'abri dci gelées , on leur 
procurera de l'air dans les tems 
doux , et on les arrosera souvent , 
niais légèrement. 

Orientalis. La septième croît natu- 
rellement en Tartaric ; ses semences 
ont été d'abord portées dans le jardin 
Impérial de Pétcrsbourg , d'où l'on 
m'en a envoyé quelques - unes. 
Cette plante pousse de sa racine 
plusieurs feuilles unies et en forme 
de lance , du centre desquelles sort 
une tige qui s'élève à la hauteur 
d'environ un pied ; la partie infé- 
rieure de cette tige est garnie de 
feuilles unies , en forme de lance , 
longues de quatre ou cinq pouces, 
sur un pouce et demi de largeur , 
mais plus étroites vers leurs deux 
extrémités 5 elles sont scssiles , et 
leurs bises embrassent la tige , dont 
la partie supérieure porte un épi 
court et clair de fleurs jaunes, qui 
sont presque aussi grosses que celles 
de la grosse espèce jaune dont on 
vient de parler , mais plus courtes. 
Cette plante fleurit dans le mois de 
Mai , et ses semences mûrissent en 
automne. 

Les graines de toutes ces espèces 
doivent être mises en terre en au- 
tomne ; car, si on les conserve jus- 
qu'au printcms , elles manquent pres- 
que toujours , ou au moins elles ne 
poussent pas avant l'amiéc suivante. 



D I O (î7 

Cc% plantes sont bisannuelle?, ex- 
cepté la septicnie , et elles pcriisent 
généralement ausii-tôt que leurs se- 
mences sont mûres. 

DIOSCOREÂ. PLm. Nov. Gcn. 
9. Tab. 26. Lin. Ccn. Plant. 995. 

Caraclercs. Les plantes de ce genre 
ont des fleurs m.iles et des fleurs fe- 
melles sur différens pieds ; les fleurs 
mâles ont un calice formé par une 
feuille découpée en six parties ; mais 
elles n'ont point de corolle , à moins 
qu'on ne regarde le calice comme 
une espèce de corolle; elles ont six 
étamines courtes , velues et terminées 
par des sommets simples : les fleurs 
femelles ont un calice semblable à 
celui des fleurs mâles, mais sans co- 
rolle , et un petit germe à trois 
angles, qui soutient trois styles sim^ 
pies et couronnés par de simples 
stigmats : le calice se change , quand 
la fleur est passée , en une capsule 
triangulaire à trois cellules, qui s'ou- 
vre en trois valves, et qui renlcrme, 
dans chaque cellule , deux semences 
comprimées et bordées d'une large' 
membrane. 

Ce genre est compris dans li 
sixième section de la vingt-deuxième 
classe de LinnÉe , intitulée: Diœcic 
hcxandrle j qui renferme les plantes 
qui ont des fleurs males et des 
fleurs femelles sur différens pieds, 
et dont les fleurs mâles ont six 
étamines. 

Les espèces sont ; 

I z 



6S 



D I 



l". Dioscorea sativa 3 foU'is eor~ 
datis _, altcrnls j caule Uv'i j tcrctl. 
Eon. Cliff. A,^ cj.t.i^.Fl. Zeyl.l 58. 
Roy, Lugd.-B. ^ij. Brown. Jam. 
3 60. Rumph. Amh. 5. r. I 80 ; Dios- 
corée à feuilles en torme de cœur 
et alternes , et à tige unie et cylin- 
drique. 

Dioscorea scandensj foliis Tamnï, 
fructu racemoso. Plum. Nov. Gen. 9 ; 
Dioscorce grimpante à feuilles de 
Tamnus ou sceau de Notre-Dame, 
produisant un fruit en longues 
grappes. 

Volubilis j nigra j folio cordato , 
nsrvoso. Sloan. Jam. ^6. Hist. p. 440. 
Mu Kelengu. Rheed. Mal. S. p. <■)-]. 
r. 51. 

z°. Dioscorea hascara ^ foliis has- 
tato - cordatis , cault Uvi j racemis 
lonsissimis ; Dioscorée à feuilles en 
pointe de lance et en forme de cœur, 
ayant une tige unie et de fort lon- 
gues grappes de fleurs. 

Dioscorea scandens, folio hastato _, 
fructu racemoso. Houst. Mss, ; Dios- 
corée grimpante , avec des feuilles 
en forme de lance , et des fruits en 
grappe. 

y°. Dioscorea villosCj foliis cor- 
datis j altérais oppositisque j caule 
l£vi. Lin. Sp. 146^. Rumph. Amb. J. 
/. I6i; Dioscorée dont les feuilles 
sont en forme de cœur , alternes et 
opposées , et la tige unie, 

Discorea scandens j folio subro- 
tundo J acuminata j fructu racemoso. 

House. Mss.j Dioscorée grimpante 



D I O 

à feuilles rondes et pointues , et h 
fruits disposés en longue grappe. 

Polygonum fcanden^ altissimum ^ 
foliis Tamni. Plum. Spec. I . le. I 1 7. 

Bryonia similis j, Floridana, musco~ 
sis floribus quernis j foliis subths la- 
nugine villosis : medio nen'o in spinu- 
L:m abcunte. Pluk. Aim. 46. r. 375. 

/ 5- 

4°. Dioscorea bulbifera j foliis 
cordatis j caule Uvi j bulbifero. Flor. 
Zeyl. 3 Go ; Dicscorce à feuilles en 
forme de cœur, avec uoe tige unie 
et chargée de bulbes. 

Volubilis nigra J radice albâ aut 
purpurea , maxima j tuberosâ j escu- 
tentâ J caule membranuRs extantibus 
alazo J folio cordato j nervoso. Cat. 
Jam. 46 ; le Yam , Yammcs , ou 
Liseron noir à racines blanches ou 
pourpres, très-grosses, tubéreuses et 
bonnes à manger , avec une tige 
garnie de membranes ailées , et de 
feuilles en forme de cœur et ner- 
veuses. 

Rhi-[ophora Zeylanica^ Scammonil 
folio singulari j radice rotunda. Herm. 
pag. zi-].t. 217. 

Rki^ophora Indicaj Bryoniit nigrx 
similis J ad foliorum ortum verrucosa. 
Pluk. Aim. 3 2 I . r. 110. f 6. 

Katu-Kats'ûl. Rééd. Mal. 7. p. 6p. 

Dioscorea oppositi- folia j foliis 
oppositis _, ovatis j acuminatis. Lin, 
Sp. 1483 ; Dioscorée à feuilles 
ovales, poilues et opposées. 



D I O 

Inhnmi Maderasp. foli'is hln'is pu!- 

chrè venosis.Pet. Ga^. 50. r. 3 i./ 6. 

6"^. Dioscoreci digkata _, foliis 

digitatis. Hon. Cliff. ^'^^ j Dioscorcc 

à feuilles en forme de main. 

Dioscorea Pentaphylla , foliis di- 
gitatis. Hort. Ciff. 459. Flor. Zeyl, 
3^3. 

Rieophora pentaphyllos j caulc spi- 
T20S0 J fructu oblongo j trique tro , 
MaLibiir£a. Piuh. Aim. 311. 

Nureni-KeUngu, Rhced. Mai, y. p. 
57.^.35. 

Sativa. La premiere espèce croît 
naturellement dans la plupart des 
Isles de l'Amérique : ses semences 
m'ont été envoyées de la Jamaïque, 
où le Docteur Houstoun l'a trouvée 
en abondance i ses tiges, minces et 
grimpantes , s'attachent à tout ce qui 
se trouve dans leur voisinage , et 
s'élèvent ainsi à la hauteur de dix- 
huit à vingt pieds; elles sont garnies 
de feuilles en forme de cœur , ter- 
minées en pointe aiguë , et mar- 
quées dans leur longueur par cinq 
veines longitudinales qui partent des 
pétioles, se divergent des deux côtés, 
et se réunissent vers leur pointe : 
ces feuilles sont soutenues par de 
longs pétioles, des ailes desquels 
sortent des épis branchus, chargés 
de petites fleurs qui n'ont rien de 
remarquable : les fleurs femelles sont 
remplacées par des capsules oblon- 
gues. à trois angles et à trois cel- 
lules , qui renferment chacune deux 
semences comprimées. 



D I O <ît> 

Udstat'a. La seconde diffère de la 
premiere dans la ferme de ses 
f-euillcs , qui ont deux oreilles à leur 
base, et dont le milieu s'étend en 
une pointe aiguë, comme celle d'une 
hallebarde : ses grappes de fleurs 
sont plus longues et plus éloignées 
que celles de l'espèce précédente. 

Villosa. La troisième a des feuilles 
larges, rondes, en forme de cœur, 
terminées en pointe aiguë, et sillon- 
nées longicudinalcment par plusieurs 
nervures qui partent du pétiole , se 
divergent sur les côtés, et se joignent 
à la pointe : les fleurs naissent. sépa- 
rément les unes des autres , sur de 
longs chatons, et sont soutenues par 
de longs pédoncules", les fleurs fe- 
melles produisent des capsules oblon- 
gues à trois angles et à trois cellules, 
qui renferment des semences com- 
primées et bordées. 

Bidhïfera. La quatrième a des 
tiges ailées et triangulaires qui rcm- 
pent sur la terre, s'étendent à une 
grande distance, et poussent sou- 
vent, de chacun de leurs nœuds, 
des racines au moyen desquelles 
elle se multiplie. On mange ces ra- 
cines dans plusieurs parties des deux 
Indes, où l'on cultive cette plante 
avec soin. 

Oppositi- folia. La cinquième , 
qu'on rencontre dans la Virginie et 
dans d'autres parties de l'Amérique- 
Septentrionale, a une tige unie qui 
grimpe sur les plantes voisines , et 
s'élève à la hauteur de cinq ou six 



7© D I O C) I O 

pieds; cette tige est garnie de feuilles avant le printcms suivant : dans ce 

en forme de cœur , opposées , cou- cas , on tient les pots à l'abri de k 

vertes d'un poil court , et veinées gelée en hiver , et au printems sui- 

lon^itudinalement : ses fleurs sortent vant on les plonge dans une nou- 

sur le côté de la tige comme celles velle couche chaude, qui fera bien- 

dcs autres espèces , mais elles n'ont tôt paroîtreles plantes, si leurs grai- 

point de beauté. nés sont bonnes. 

On cultive ces plantes dans quel- Les Habitans des Islcs de l'Amé- 

ques collections de Botanique ; mais rique cultivent beaucoup la seconde 

comme elles n'ont point d'apparence, espèce , dont ils font un grand usage 

il y a peu de personnes qui veulent pour nourrir leurs Nègres, et dont 

lesadmettredansleurs jardins, parce ils emploient les racines moulues , 

qu'elles ne peuvent d'ailleurs être pour faire des espèces de pouddings. 

conservées en Angleterre , qu'au On pense , avec raison , que cette 

moyen d'une bonne serre chaude, plante a été apportée des Indes en 

En les multipliant par marcottes, Amérique, parce qu'elle n'a été 
elles pousseront des racines en trois trouvée dans aucune partie de ce 
mois , et pourront alors être séparées Continent , et qu'on en rencontre 
des vieilles plantes et mises dans des un grand nombre d'espèces dans les 
pots, qu'on plongera dans la cou- forets de l'Islc de Ceilan et de la 
che de tan de la serre. On les arrose côte de Malabar, 
peu en hivers mais en été, quand Cette espèce , qu'on cultive prin- 
clles croissent vigoureusement, il cipalement en Amérique, a une râ- 
leur faut de l'eau trois ou quatre cine aussi grosse que la jambe, d'une 
fois par semaine , et dans les tems forme irrégulicre , d'un brun sale 
chauds on ôte les vitrages pour leur en-dehors , mais blanche et fari- 
procurer beaucoup d'air. Ces plantes neuse en-dedans ; ses tiges sont ir- 
flcurissent rarement en Angleterre; régulières et veinées; ses feuilles 
mais quand on reçoit leurs semen- sont en forme de cœur et ont deux 
ces de l'Amérique , il faut tout de oreilles , à-peii-près semblables à 
suite les mettre dans des pots, et les celles de l'Arum. Les tiges de cette 
plonger dans une couche chaude , plante s'élèvent à la hauteur de dix 
où les plantes pousseront dans la à douze pieds, quand elles trouvent 
même année , si elles sont semées . à leur portée des arbres auxquels 
dans le commencement du printcms: elle s'attachent ; mais sans cela elles 
mais quand on ne peut les mettre en traînent et rempent sur la terre, 
terre que lorsque la saison est déjà On multiplie cette plante en cou- 
avancée , elles ne poussent gucrcs pant sa racine en morceaux, à cha- 



D I O 

cun desquels on conserve un bour^ 
geon , comme on le pratique pour 
les Patates ou Pommes-de-Terre : 
chacun de ces morceaux produira 
trois ou quatre grosses racines , que 
les Américains laissent ordinaire- 
ment six ou huit mois dans la terre 
avant d'en faire usage. On les mange 
rôties ou bouillies , et quelquefois on 
en fait du pain. 

On conserve cette espèce dans 
quelques jardins pour la variété; 
mais elle est si tendre , qu'elle ne 
peut subsister en Angleterre, à moins 
qu'elle ne soit placée dans une serre 
chaude. Comnie on apporte souvent 
ces racines de l'Amérique, si on veut 
multiplier cette plante , on peut en 
couper une , comme on vient de le 
dire , et planter chaque morceau 
dans un pot rempli de terre fraîche : 
on plonge ces pots dans une couche 
chaude de tan , et on les arrose peu 
jusqu'à ce qu'elles poussent , de peur 
que l'humidité ne les fasse pourrir: 
par ce moyen j'ai obtenu des bour- 
geons de dix pieds de hauteur ; mais 
leurs racines ne sont pas parvenues à 
une grosseur considérable. Comme 
cette plante ne profite pas en plein 
air, même pendant nos étés les plus 
chauds, il faut la tenir constamment 
dans la couche de tan de la serre 
chaude. 

DIOSMA. Lin. Gen. Plant. 24 T. 
Spiraa. Com. liar. Plane. 2. appelée 
vulgairement Jipiriea ou Millc-Pertuis 
d'Afrique. 



D I O -yt 

Caractères. Dans ce genre le ca- 
lice de la fleur est persistant , et di- 
visé en cinq parties aiguës et unies 
à leur base ; la corolle est composée 
de cinq pétales obtus, qui s'ouvrent 
et sont aussi longs que le calice ; la 
fleur a cinq étamines terminées par 
des sommets ovales et érigés, et un 
nectaire creux à cinq pointes , et 
placé sur le germe ; de ce nectaire 
sort un style simple et couronne 
par un stigmat affaissé , et le germe 
devient un fruit composé de cinq 
capsules comprimées, qui s'ouvrent 
en longueur , et renferment chacune 
une semence unie et oblonguc. 

Ce genre de plante est rangé dans 
la premiere section de la cbquicme 
classe de LinnÉe , ou dans sa Pen- 
tandrie Mono gy nie 3 qui comprend 
les plantes dont les fleurs ont cinq 
étamines et un style. 

Les espèces sont : 

1°. Diosma oppositi-folia j folds 
subulatis j acutis j oppositis. Hort. 
Cnff. -jx. Roy. Lugd.-B. 434; 
Diosma à feuilles aiguës en fcrn-,e 
d'alêne et opposées. 

Spir&a Africana , folds cruciatlm 
positis. Corn. Rar. 1. Tah. i.; Spira:a 
d'Afrique à feuilles placées en forme 
de croix. 

Hypericum AfricanurUj vulgare. Seb. 
Thés. i.p. 4I. r. 40./ 5. 

1°. Diosma kirsuta j folds linea- 
ribus J hirsutls. Hort. Cliff. 7 1 . P<.oy. 
Lugd.-B. 454; Diosma à faillies 
étroites et velues. 



o 



71- D I O 

. ; Sp'irda Afrlcana j odorata j foins 
pilosis. Com. Rar. Plant. 3 . Tab. 3 . ; 
Mille - pertuis d'Afrique à odeur 
douce , dont les feuilles sont velues. 

3 °. Diosma rubra j fouis linearibus^ 
acutisj glahrisj carinaùsj sulcus hifa- 
riàm punctatis. Lin. Sp. Plant. I 9 8 ; 
Diosma à feuilles unies, étroites, 
terminées en pointe aiguë , et ta- 
chetées en-dessous. 

Spima Africana , odorata j florihus 
suavi-rubcntibus. Com. Rar. Plant. 1. 
Mille - pertuis d'Afrique à odeur 
agréable , dont les fleurs sont d'un 
rouge clair. 

Ecica ^tkiopica j Rosmarini syl- 
vestris folio déganter punctato j flore 
tetrapetalo j purpurea, Pluk. Mant. 
6^. t. 347./ 4- Bruyère d'Ethiopie. 

A.°. JDiosma Ericoides j foliis li- 
neari'lançeolatis 3 subtàs convexis^ bi- 
fariàm imbricatis. Lin. Sp. Plant. 
198.; Diosma à feuilles étroites, 
en forme de lance , convexes en- 
dessous , et imbriquées sur les deux 
côtés, 

Spirda Africana y Erics, baccifera 
foliis. Raii. Hist. 91.; Mille-pertuis 
d'Afrique à feuilles semblables à 
celles dç la Bruyère , portant des 
baies. 

EricA-formis, Caridis folioj, ^thio- 
picaj paribus pentapetalisj inapicibus. 
Pluk. Amahh. 236. 

5°. Diosma lanceolata^ foliis lan^ 
ceolatis , glabris. Lin. Sp. 287 j 
Diosma à fçuilles unies et en forme 
4e lancç, 



D I 

Sp'irâa Africana j SatureU foliis 
brevioribus. Rai. Dendr. 9 I . 

Hartogia Lanceolata. Sept. Not. 
p.6i^. 

Opositi-foUa. La premiere espèce 
s'élève à la hauteur de trois pieds ; 
ses branches sont fort longues , min- 
ces et placées irrégulièrement sur la 
tige : ses feuilles , qui sont situées en 
travers et pointues, se rephent tous 
les soirs vers les branches ; ses fleurs 
naissent dans la longueur des bran- 
ches entre les feuilles ; et le soir , 
quand elles sont épanouies , et que 
les feuilles sont collées étroitement 
contre les branches, la plante entière 
paroît comme si elle étoit toute cou- 
verte d'épis de fleurs blanches : 
comme ces plantes restent long-tcms 
en fleurs , elles font un bel effet 
quand elles sont entremêlées en plein 
air avçc d'autres plantes exotiques. 

Hirsuta. La seconde, qui est con- 
nue depuis long-tems sous le nom 
de Spirsa Africana , odorata j foliis 
pilosis J Spirxa d'Ahique à odeur 
douce et à feuilles velues, est un très- 
bel arbrisseau, dont la hauteur est 
de cinq ou six pieds ; ses tiges sont 
ligneuses, et pous<'ent plusieurs bran- 
ches minces; ses feuilles , qui sortent 
alternativement sur chaque côté , 
sont velues et terminées en pointe 
aiguc : SCS fleurs, blanches, naissent 
en petites grappes , aux extrémités 
des branches, et produisent des cap- 
sules étoilées et à cinq angles , comme 
celles de l'Anis étoile ; chacun de ces 

angles 



D I O D Î O 75 

angles forme une cellule qui rcn- pîcin air jusqu'au coinmcnccmcit 

ferme une semence unie, oblongue, d'Octobre, ce même pli!\ card, si Li 

luisante et noire. Ces capHiks con- saison continue d être favorable : 

tiennent une résine abondante , qui comme elles n'exigent que d'être 

répand une odeur agréable , ainsi mises à couvert des gelées , elles 

que toute la plante. pourront être placées en hiver dans 

iîa^ra. La troiiieme , dont la hau- une orangerie sèche et airée , ci en 

tcur est moindre que celle des pré- été , en plein air , avec les autres 

cédentes , puisqu'elle s élevé rare- plantes de l'orangerie, 

ment au-dessus de crois pieds, s'étend Ces plantes ont été envoyées du 

en plusieurs branches; ses feuilles Cap de Bonne- Espérance en Europe, 

sont unies, et semblables à celles de où l'on conserve depuis long-tems 

h. Bruyère , ce qui lui a fait donner quelques-unes des espèces dans les 

le nom d'Erica ^thiopica 3 etc. j jardins des curieux : on en coiinois- 

parleDocceur Plukenet j ses fleurs soit même autrefois en Anglet'êrrc 

sortent en grappes aux extrémités plusieurs espèces diiFérentes de celles 

des branches , -comme celles de la dont il vient d'être question ; mais 

seconde espèce ; mais elles sonc plus on ne les retrouve plus aujourd'hui. 

petites j et les grappes sont moins La seconde perfectionne souvent 

fortes. ses graines en Angleterre ; mais si 

Toutes ces plantes se multiplient elles ne sont pas semées aussi-tôt 

par boutures, qu'on plante pendant qu'elles sont mûres, elles réussissent 

tous les mois de l'été , dans des pots rarement , ou au moins elles restent 

remplis d'une terre fraîche et légère, une année en terre avant de pousser, 
et qu'on plonge dans une couche 

de chaleur très -tempérée; on les DIOSPYROS. Lin. Gen. Plant. 

tient à l'abri du soleil pendant le 1017. Guaiacana. Tourn. Inst. R. 

)our , et on les arrose souvent. En- U. Tab. 371 ; Datte des Indes, 

viron deux mois après , lorsque les Plaqueminicr ou Gayac du Japon , 

boutures auront pris racine, on Pishamin , ouPersimon, ouPruncdc 

les transplantera chacune séparé- Pitchumon. 

ment dans de petits pots , et on les Caractères. Les plantes de ce genre 

placera à l'ombre, où on les tiendra ont des fleurs hermaphrodites et 

ji.isqu'à ce qu'elles aient formé de femelles sur le même pied, et des 

nouvelles racines ; après quoi on les fleurs mâles sur des pieds séparés ; 

disposera parmi les autres plantes les fleurs hermaphrodites ont un 

exotiques, dans une situation abri- calice large, obtus, persiscanc , et 

»tée : elles peuvent rester ainsi en formé par une tcuillc divisée ca 

Tome III. K 



74 D I O 

quatre parties ; la coroi!e est mono- 
pctalc , en torme do cri:che , et de- 
coupée sur ses bords en cinq seg- 
mens ouverts ; la ficur a huit éta- 
mines courtes, hérissées, fortement 
unies au calice, et terminées par des 
sommets oblongs qui n'ont point de 
poussière fécondante; dans le centre 
est placé un germe rond qui sourient 
un simple style divisé en quatre par- 
ties , et couronné pat un stigmat- 
obtus et partaeé en deux. Ce ffermc 
se change, quand la ficur est passée , 
en une baie globulaire, et a plusieurs 
eellulcs qui rcnfcrnicnt chacune une 
semence obbngue , coniprimée et 
dure. Les fieurs mâles ont un calice 
formé par une feuille découpée en 
cinq scgmens aigus , une corolle 
épaisse , t]uarrée , et découpée en 
cjuatrc segmens obtus et inclinés en 
arrière , et quatre étamines courtes 
et terminées par des sommets longs , 
aigus et jumaux ; mais elle n'a point 
de çrerme. 

Les plantes de ce genre , ainsi 
que toutes celles qui ont des fleurs 
hermaphrodites et femelles sur le 
mcn-.e pied , et des fieurs mâles sur 
un pied séparé, ont été rangées par 
LiNNÉE , dans la secondcsection de 
sa vingt-troisième classe, qui a pour 
titre ; Polygamie diacic. 

Les espèce sont : 
. 1 " . Z; iospyros Lotus ^ foliorum pa- 
glnis discohrihus. Lin. Sp. Plûnt. 
I 5 I o ; Plaqueminrer avec des feuil- 
ks teintes de cicux couleurs.. 



D I O 

Guaiacana. J. B. ij 138 ; DattC 
des Indes. Le Platpeminier ou Gayac 
du Japon. 

Lotus Africana latifoUa. Bauh, 
Pim 447.- 

Pfeudolotus. Cam. Epit. i 5 6. 
2°. Diospyros Virginiana ^ folio- 
rum paginis conccloribus. Lin. Sp,. 
Plant. 1510; Plaqueminicr avec 
des feuilles d'une seule couleur- 

Guaiacana- Kirginiana j Pishamin- 
dicta. Boërh. Lnd.Alt. i- Le Pishamiii'. 
ou Persimon , et par quelques-uns ,- 
Prune de Pitchemcn. 

Guaiacana Loto arbori affinis^ Vir-- 
giniana^ Pishamia dicta. Pluk. Aim.. 
1 80. t. 244. /. 5. Baj. Hist. I <; 18.. 
Le Pishamin.. 

Guaiacana. Catesb. Car. t. p. j6.: 
t. -6. 

Loti Africanx. similis j Lndica.. 
Bauh. Pin. 449. 

Lotus. On croit que la preinierc 
espèce est originaire de l'Afrique, 
d'où on présume qu'elle a été portée 
en Italie et dans la France méridio- 
nale ; quelques personnes pensent 
que le fruit de cet arbre , est l'espèce 
de lentilles qu'Ulysse et ses compa- 
gnons ont trouvée excellente. Cet 
arbre s cieve dans l'Europe méridio- 
nale , à la hauteur de trente pieds.. 
On connoîr un individu de cette 
espèce très-ancien dans le jardin de 
Botanique de Padone, dont la des-' 
cription a été donnée par plusieurs 
anciens Botanistes , sous le titre de 
Cua.iacum. Patavinum^ 



D I O 

TÎ produit chaque année da fruit 
en abondance , dont les semences 
ont servi à le multiplier beaucoup. 
Il n'y a en Angleterre aucun arbre 
de cette espèce , si Ton excepte ceux 
qui ont été élevés depuis peu dans 
le jardin de Chelsea ; les semences 
qui m'ont servi à la propager , m'ont 
■été envoyées, ainsi que plusieurs au- 
tres plantes rares des différentes par- 
ties du monde , par nwn ami le 
Chevalier Ratheb , Ministre de Sa 
Maiestc Impériale à Venise , qiri a 
entretenu une correspondance fort 
«tendue pour se procurer les produc- 
tions des divers climats : la généro- 
sité qu'il a exercée envers moi, exige 
.<]ue je lui rende ce tribut de recon- 
«oissance. 

Virgïnïana. Les semences de la 
-seconde espèce , qui est aujourd'hui 
très-commune dans les pépinières 
-<les environs de Londres , ont été 
fréquemment apportées de la Vir- 
ginie et de la Caroline , où cet arbre 
•€St extrêmement répandu. Il s'élève 
h. la hauteur de douze ou quatorze 
-pieds , et se divise ordinairement 
prés de la terre , en plusieurs tiges 
irréguliercs , de manière qu'il est 
Tare de voir un bel arbre de cette 
espèce; H produit en Angleterre une 
.quantité de fruits qui ne mûrissent 
jamais ; les habitans de l'Amérique 
conservent ces fruits jusqu'à ce qu'ils 
soient devenus mous comme les 
Neffles, et ils les trouvent alors trcs- 
agréablcs. 



DIP 75 

Ces deux espèces se- nuiltiplienc 
par leurs graines, qui- germent assez 
iiisément en pleine terre ; mais si ou 
l'es répand sur une couche de cha- 
leur modérée, les plantes paroîtront 
beaucoup plus tôt et feront de grands 
progrès ; pour cela il faut les semer 
dans des pots , et les plonger dans 
la couche , parce que ces plantes ne 
"veulent pas ctie transplantées avant 
l'automne et lorsque leurs feuilles 
sont tombées. 

Quand les plantes sont assez for- 
tes , on les habitue par dégrés au 
plein air , et on les y expose lout- 
à-lait depuis le mois de Juin jusqu'en 
Novembre ; alors on les place sous 
des vitrages de couches , pour les 
préserver des fortes gelées , qui pour- 
roient détruire leurs sommets lors- 
qu'elles sont encore jeunes , et on 
leur donne autant d'air qu'il est pos- 
sible dans les tcms doux. 

Auprintcms suivant, on les trans- 
plante en pépinière dans une situa- 
tion chaude , où elles peuvent rester 
pendant deux ans; après quoi on les 
place dans un lieu où elles doivent 
tester à' demeure. Ces deux Cipecc» 
supportent assez bien les plus grands 
froids de nos hivers quand elles ont 
acquis de la force. 

DIPSACUS. Un. Sp. Plant. loyi 
Tourn. Inst. R. H. ^66. Tah. i6'^, 
S'f^iùi. gr. c'est-à-dire , sitioj j'ai 
soif. On prétend que ce nom lui 
a été donné parce que l'eau àcs 
K 2 



-rC 



DIP 



pluies on des rosées qui s'iiidnue dans 
les sinus de ses feuilles , appaisc la 
soif. Elle est aussi appelée Labrum 
Veneris., à cause de la position de 
ses feuilles, qui forment une espèce 
de bassin , dans lequel est renfermée 
une liqueur qui a la propriété d'em- 
bellir le teint. Chardon à foulon , 
ou Chardon à bonnetier. 

Caractères. Cette plante a plu- 
sieurs fleurettes recueillies dans un 
calice coinmua et persistant ; ces 
fleurettes n'ont qu'un pétale tabulé, 
et découpé au somnict en quatre 
parties érigées ; elles ont quatre éta- 
mines velues , aussi longues que la 
corolle , et terminées par des som- 
mets penchés; le germe^ qui est situé 
50US la fleur, soutient un style mince 
et couronné par un simple stigmat; 
il se change dans la suite en wnc se- 
mence en forme de colonne , ren- 
fermée dans le calice commun , qui 
est de figure conique, et divisé par 
de longues partitions piquantes. 

Ce genre de plante est rangé dans 
la premiere section de la quatrième 
elasse de LinnÉE , intitulée : Te- 
trandrie monogynie^ avec celles dont 
les fleurs ont quatre étamines et un 
style. 

Les espèces sont; 

1°. Dipsacus sylvestrlsjfoliis sessi- 
lif>usj serratis j aristis fructihus erec- 
tïs ; Chardon à foulon sauvage avec 
des feuilles sciées et sessiles , et des 
barbes érigées sur les fruits. 
; Di^sacuc syhestris. Dod. Pcmp^ 



D I P 

75 5 ; Chardon à foulon sauvage, 
Verge de Pasteur. 

Labium Veneris altcrum, Camer. 
Epit. 43 z. 

2°. Dipsacus fuUonum, foliis con- 
natis j aristis fructihus recurvis ■ 
Chardon à foulon avec des feuilles 
jointes à leur base , et des fruits 
armés de barbes recourbées. 

Dipsacus sativus. Dod. Pemp. 
73 5; Chardon à foulon cultivé. 

3 ". Dipsacus laciniatus j foliis 
connatis j sinuatis. Lin. Sp. Plant. 
97; Chardon à foulon avec des 
feuilles sinuées et jointes à leur 
base, 

Dipsacus folio laciniato. C. B. P. 
384; Chardon à foulon avec des 
feuilles découpées en plusieurs seg- 
mens. 

4°. Dipsacus pilosus j foliis pe- 
tioiatis- J. appendiculatis, Hort Upsal. 
25. Roy. Lugd.-B. 18' 8. Dalib. 
Paris. 44; Chardon à foulon, dont 
les feuilles ont des pétioles avec des 
appendices. 

Vwga Pas taris. Camer. Epit.^ï 3. 

Dipsacus sylvestris , capitula mi- 
nori _, seu virgj Pastoris minor. C. 
B. P. 38 5 ; Chardon à foulon sau" 
vage avec une plus petite tête, ou 
la plus petite verge à Pasteur. 

Dipsacus tertius. Dod. Pempu 

73 5- 

Sylvestris. La premiere de ces 
plantes, qui est fort commune sur 
les terreins ou bancs secs de la plus 
grande partie d'Angleterre, est rarer 



D I P 
ment cultivce dans les Jardins, à 
moms que ce ne soit pour la vanctc. 

Pilosus. La quatrième espèce croît 
aussi naturellement dans plusieurs er^ 
droits des environs de Londres , et 
on ne l'admet gueres dans les jardins 
de Botanique. 

Lac'miatus. La trorsiane , qui est 
originaire de l'Alsace , est conservée 
dans les jardins de Botanique pour 
la variété ; celle-ci diffère du Char- 
don à foulon sauvage , en ce que 
ses feuilles sont profondément dé- 
coupées et dentelées. 

Fullonum.. On ne cultive pour 
l'usage que la seconde espèce , sous 
le nom de Carduus- fulLomm ow fullo- 
num : tour le monde connoîc l'em- 
ploie qu'on en fait dans les ma- 
nufactures , pour soulever le poil 
des draps de laine : on multiplie cette 
espèce par ses graines , qu'on répand 
dans le mois de \Lirs , sur un sol 
bien labouré , dans la proportion 
d'un peck ou picotin par acre de 
terre : il faut laisser entre ces plantes 
un intervalle assez considérable , 
afin qu'elles puissent s'étendre à 
l'aise ; car sans cela leurs têtes ne 
seroient ni anssi grosses , ni aussi 
nombreuses : lorsqu'elles ont poussé, 
on les houe comme les navets , afin 
de détruire toutes les mauvaises 
herbes , et de leur donner six ou 
huit pouces de distance entr'elles : à 
mesure qu'elles avancent, et lorsque 
les mauvaises herbes repoussent, 
en les houe une seconde fois , et on 



D I ? 



77 



laisse entr'elles un inrervalfc encore 
plus considérable ; car elles doivent 
être par la suite éloignées d'un pied 
les unes des autres : on les débarntssc 
constamment, durant le prcmie? 
été , de toutes les herbes iiuuilcs 
qui croissent parmi elles ; mais lors- 
que ces plantes ont fait assez de 
progrés pour couvrir le terrein, les 
herbes ne croissent pas aussi vite au- 
dessous. Ces plantes pousseront dans 
la seconde année , des tiges garnies 
de têtes , qui seront bonnes à ctrs 
coupées vers le commencement 
d'AcHjc ; alors on les recueillera , et 
on en formera des paquets, qu'on 
mettra au soleil si le tems est beau , 
ou qu'on rerircra dans des chambres 
sèches s'il tombe de la pluie. Le pro- 
duit d'un acre de terre planté eu 
Chardons, est ordinairement de cent 
soixante paquets , qu'on vend sur le 
pied d'un schelmg , ou de z z sob 
6 den. de France le paquet. Quel- 
ques personnes sèment du Carvi ou 
quelques autres semences parmi les 
Chardons ; mais cette méthode est 
vicieuse , parce que ces différentes 
plantes se nuisent réciproquement:, 
et qu'il est bien moins facile de les 
tenir nettes que quand elles sont 
seules. Le Docteur LinnÉe regarde 
cette plante comme une variété du 
Chardon sauvage commun. Mais je 
ne puis adopter cette opinion , parce 
que j'ai cultivé ces deux plantes pen- 
dant plus de quarante années, et qu'el- 
les n'ont éprouvé aucune alcçratioxi. 



^3 D I R 

;. DIRCA. Le Bois de Plomb. 

Caractères. La fleur n'a point de 
calice; sa corolle est monopcralc, en 
forme de massue , et pourvue d'un 
tube court dont le bord est inégal ; 
elle a huit ciamines minces , placées 
dans le centre du tube, et terminées 
par des fommets ronds & érigés , et 
un germe oval , qui foutient un style 
mince plus long que les étamines, 
et couronné par un srigmat simple : 
ce germe le change dans la fuite en 
une baie à une cellule, qui renferme 
une semence. 

Ce genre de plante est rangé 
jdans la premiere section de la hui- 
tième classe de LinnÉE, intitulée: 
Octandrlc wonogynie, qui comprend 
ies plantes dont les fleurs ont huit 
étamincs et un style. 

Nous ne connoissons qu'une es- 
pèce de ce genre , qui est la 

Dirca Palustris ; Arnœn. Acad. 
3 . ;\ I z ; nommé le Bois de Vloinh 
par les Canadiens. Duham. Arh. t. 

2. I 1. 

ThymcUa. , florihus alius , primo 
vere erumpentihus , foliis cblongis ^ 
acuminatis 3 vimïnihus ec cortice valdè 
tcnacïbus. Flor. Fir g. I 5 5. 

Cet arbrisseau croît naturellement 
dans les terres marécageuses de la 
Virginie , du Canada et d'autres 
parties septentrionales de l'Amérique, 
où il s'clevc au-dessus de six ou sept 
pieds de hauteur ; il pousse prés de 
sa racine plusieurs branches articu- 
lées, et garnies de feuilles ovales. 



D O D 

tinics , et d'un jaune pâle : ses fleurs, 
d'un blanc verdâtre, sortent des côtés 
des branches , au nombre de deux 
ou trois sur chaque pédoncule ; elles 
paroissent dans le commencement du 
printems , précisément quand les 
feuilles commencent à pousser : mais 
elles produisent rarement des se- 
mences en Angleterre. 

Parce que cet arbrisseau ne produit 
point de graines en Europe , on ne 
peut le multipher ici que par mar- 
cottes ou par boutures , qui sont 
•toujours deux ans dans la terre avant 
de pousser des racines. 

Comme ces arbrissaux croissent na- 
turellement dans des endroits fort 
liumides , on les conserve difficile- 
ment dans les jardins , à moins qu'ils 
•ne soient plantés dans un sol pareil ; 
ils ne sont pas souvent endommagés 
par le froid. 

DODAR. Foyei DODARTIA 

Orientalis. L. 

DODARTIA. Lin. Gen. Plant. 
6c)%. To:trn. Cor. 47. Tab. 478. 

Cette plante a été ainsi nommée 
par Tournefort , en l'honneur de 
M. Dodart, Membre de l'Académie 
des Sciences de Paris. Nous n'avons 
point de nom anglois pour cette 
plante. La Dodart. 

Caractères. Dans ce genre le ca- 
lice de la fleur est persistant , formé 
]iar une feuille tubulée et découpée 
en cinq parties sur ses bords 5 la 



V 



D O D 
corolle est monopécale , et en 
gueule ; elle a un tube cylindrique, 
beaucoup plus long que le calice ; 
sa lèvre supérieure est trigéc et den- 
telée , et l'inférieure est couverte 
et divisée en trois parties , dont 
celle du milieu est étroite : la fleur 
1 quatre étamines inclii.ées vers la, 
îevre supérieure , dont deux sont plus 
courtes que les autres , et elles sont 
Eoutes terminées par de petits scm- 
Biet ronds; dans son centre est placé 
un germe rond , qui soutient un 
style en forme d'alêne , et couronné 
par un stigmat obtus, et divisé en 
deux parties; il se change dans la 
suite en une capsule globulaire , et 
a deux cellules remplies de petites 
semences. 

Ce genre de plante est de fa 
seconde section de la quatorzième 
classe de L i N N É E , qui a pour 
titre : Didynamie angiospcrmie, et qui 
comprend les plantes dont les fleurs 
ont deux étamines longues et deux 
courtes , et dont les semences sont 
renfermées dans une capsule. 

Les espèces^ sont : 
'1°. Dodartia OrientaUs j foiiis 
ûneariiusj integerrimisj glahris. Lin, 
Sp. Plant. 633. Gmel. Sib. 3. p. 
ioo. n. 9 ; la Dodart à fcuiilcs fort 
étroites , unies et entières, 

JDcdiTrùa OrientaUs j J^ore purpu- 
r ascent e. Toum. Cor. 47 ; la Dodart 
du levant à fleur pourpre. La Dodart. 

l''. Dodartia linaria j foiiis radi- 
eaâbus j oèlongo-ovatis j scrratis ^ 



I9 



D O D 

cauiinis , linearibus j buegerrimis ; flo 
ribiis spicatis j terminalibus. La Do- 
dart dont les feuilles radicales sont 
oblongues, ovales et sciées, et celles 
des tiges étroites et entières, avec 
d:^s fleurs en épis aux extrémités des 



tiges. 



Linaria j BelUdis folio. C. B. P. 
111. Toad flax ou lin de crapaud 
à feuilles de Marguerite. 

Antirrhinum bellidi- folium. Lin. Sp^ 
Plant. 8 60. Edit. 3 . . 

OrientaUs. La premiere espèce a" 
été découverte par le Docteur! 
Tournofort , près du Mont-Ararat , 
d'où il a envoyé ses semences au 
jardin Royal à Paris ; et c'est de-là 
que cette plante a été tirée , pour 
la plupart des Jardins de l'Europe. 
Tourncfort en a fait un nouveair 
genre, auquel il a donné le nom de 
M. Dodart , Membre de l'Académie 
Royale des Sciences de Paris , et 
Médecin de son Altesse Royale la 
Princesse de Ccnti. 

Cette Plante a une racine vivace' 
qui rempe et s'étend fort loin sous la 
surface de la terre , et de laquelle' 
sortent de nouvelles tiges à une grande- 
distance du pied ; ces tiges sont fer- 
mes, un peu. comprimées, et longues 
d'environ un pied et demi ; elles 
poussent latéralement plusieurs bran- 
ches garnies de feuilles longues ''^ 
étroites, charnues, opposées et d'un 
vcrd fonce , celles du bas de la 
tige sont plus courtes et plus larges 
qiie celles du haut , qiii sont entières; 



S3 



BOD 

ties nœuds qui se u-ouvcnt sur cha- 
que côte de la tige , sortent des 
flciu's simples , sessiles , dont le 
fond est tubulc , et le bord divisé 
en deux lèvres ; la lèvre supérieure 
est creusée en forme de cuillierj 
sa partie convexe est tournée vers le 
haut , e-t elle est encore djvisée en 
deux parties ; la levte inférieure est 
découpée en trois segmens, dont 
celui du milieu est le plus étroit : 
CCS Beurs sont d'un pourpre foncé ; 
elles paroissent en Juillet; mais elles 
produisent parement des semences 
en Angleterre. Cette plante se multi- 
plie si fort par ses racines rompantes, 
que , quand elle est une fois établie 
dans un -jardin, elle y occupe un 
très-grand espace ; elle aime un sol 
léger et sec , et peut être transplantée 
en automne lorsque ses tiges sont 
fiétries , ou au printems avant que 
les nouvelles commencent à pousser. 
Linarïa. La seconde espèce est 
bisannuelle ou au plus trisannuelle ; 
inais elle périt souvent aussitôt que 
ses semences sont mûres : elle pousse 
de sa racine plusieurs feuilles oblon- 
gues , longues d'environ quatre 
pouces, étroites à leur base , mais 
plus larges vers leur extrémité, où 
elles ont environ un pouce de 
diamètre ; elles sont arrondies au 
sommet , et profondément sciées sur 
leurs bords : du centre de ces feuilles, 
sortent des tiges qui s'élèvent à la 
hauteur d'un pied, et dont la base 
est garnie de feuilles semblables, 



D O D 
pour la foi-me , à celles qui sortent 
de la racine , mais plus petites ; 
celles du haut sont fort étroites et 
entières : ses fleurs , qui naissent en 
épis aux extrémités des tiges , sont 
fort petites et blanches , mais de la 
mcme forme que celles de l'espèce 
précédente. Cette plante se multiplie 
par ses graines , qu'il faut semer 
en automne , aussitôt qu'elles sont 
mûres, sur une plate- bande de 
terre légère, où elles doivent rester; 
quand les plantes paroissent au prin- 
tems suivant , on les éclaircit , et on 
les tient nettes de mauvaises herbes , 
et c'est là toute la culture qu'elles 
exigent ; ces plantes fleurissent dans 
la seconde année , et donnent des 
semences ; mais elles périssent ordi- 
nairement aussi-tôt après : quand 
on les seme au printems, elles ne 
poussent jamais dans la même année. 

DODECATHEON , ou OREILLE 
D'OURS DE VIRGINIE. Foyei 
Meadia. 

DOLICHOS , espèce de Haricot. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
ont un calice formé par une feuille 
courte et divisée en quatre segmens 
égaux : une corolle papilionacée ; 
un étendard large , rond et réfléchi , 
des ailes ovales , obtuses , et aussi 
longues que la carène; une carèneeii 
forme de croissant , comprimée et 
pourvue d'un sommet montant ; dix 
étamines , dont neuf sont jointes à 

sa 



D O L 

sa base , et l'autre est séparée , et 
qui sont toutes terminées par des 
sommets simple»; et enfin un germe 
linéaire etcomprimé,qui soutient un 
style montant et couronné par un 
srigmat barbu : ce germe devient , 
quand la fleur est passée , un légu- 
me oblong et à deux valves , qui 
contient des semences comprimées 
et elliptiques. 

Ce genre est distingué du Phaseo- 
lus par la carène de la fleur , qui n'est 
pas en spirale. 

Il est rangé dans la troisième sec- 
tion de la dix-septieme classe de 
LinnÉe , intitulée : Diadelphie di- 
candrie 3 qui comprend les fleurs à 
dix ctamines séparées en deux corps. 

Les espèces sont : 

1°. Doiichôs Lablab volubilis , le- 
guminibus ovato - acinaci -formibus j 
feminibus j ovatis j kilo areuato versus 
alceram extremitatem. Prod. Leyd, 
368. Hort. Ups. 214. Hasselquic. 
485. Kniph. Cent. 6. n. 57 ; Do- 
lichos avec une tige tortillante , 
des légumes ovales , et en forme 
de sabre , qui renferment des se- 
mences ovales. 

Phaseolus ^gyptiacus 3 nigra se- 
mine. C. B. p. 341. 

Phaseolus niger Lahlad. Alp. 

^ëyp'- 74; ^- 75- 

2°. Dolichos uncinatus volubilis 3 
pedunculis muldfloris 3 Icguminibus 
cylindricis hirsuùSj apice unguiculo su- 
bulaco hamato 3 caule hino. Lin. Sp. 
} 1 9 ; Dolichos avec une tige tor- 
Tome III. 



D O L 81 

tillante , plusieurs fleurs sur chaque 
pédoncule , et des légumes cylindri- 
ques et velus , dont les pointes sont 
courbées et en forme d'alêne. 

Phaseolus hirsucus 3 siliquis erecns 
et aduncis. Plum. Spec. 8. ic. zx\. 
3 '^.Dolichos pruricns volubilis 3 legu- 
mïnibus racemosis 3 valvulis fubcari- 
natis 3 hinis 3 pedunculis ternis. Jacq. 
Amer. loi. r. lu; Dolichos avec 
une tige tortillante , des légumes 
velus et disposés en paquets, des 
vulves prcst]u'en forme de caréné , 
et trois légumes sur cliaque pé- 
doncule. Pois pouilleux ou Pois à 
gratter. 
. Phaseolus fcalptor. Jacq. 

Cacara pruritus. Rumph. amb. 6. 
/?. 293. t. 142. Nai*corana. Rheed. 
mal. 8. p. 61. flor. Zeyl. 539. 

Dolichos urens 3 volubilis _, leo'u- 
minibus racemosis hirtis3 transverslm 
lamellatis 3 seminibus hilo cbictis. 
Jacq. Amer. 202. t. 181. / 84 ; 
Dohchos avec une tige tortillan- 
te , des légumes velus et en paquets, 
dont les poils sont placés transver- 
salement sur les lames , ordinaire- 
ment appelé CoW'itch. (EU de Bour- 
rique 3 ou Dolichos brûlant. 

Phaseolus Americanus frutescens _, 
foliis glabris 3 Lobis pluribus villosis 
pungentibus 3 fructu orbiculari piano 
hilo nigro ambiente. Pluk. Phyt. 213, 

Phaseolus Brasilianus frustescens, 
Lobis villosis pungentibus maximis, 
Sloan. Jam. 68. hist. l. p. I 18, 



2i D O L 

Phaseolus hirsutus j sillquis arti- 
cu-latis. Plum. spec. 8. ic. til. 

Zoophcalmum sUiquis majoribus hir- 
tis transverse sulcatis j pednncuUs com- 
munibus longissimis fiexilibus. Brown. 
Jam. 295. Mucuna. Marcgr. bras \ 9. 

Kaku valli. Rheed. mal. \0. p. 63. 

II y a plusieurs antres espèces 
de ce genre , ainfi que des Phaseo- 
lus ; mais comme on cultive peu ces 
dernières dans les jardins Angiois , 
cet Ouvrage deviendroittrop consi- 
dérable , si l'on y inséroit toutes cel- 
les que Ton connoît ; car j'en ai cul- 
tivé plus de soixante espèces sans y 
comprendre plusieurs variétés. 

Lablah. Uncinatus. Les deux pre- 
mieres dont il vient d'etre question , 
sont cultivées»dans les pays chauds 
pour les usages de la table ; mais 
en Angleterre , leurs semences par- 
viennent rarement en maturité ; et 
quand elles y mûriroient , on en 
feroit peu de cas 3 parce que nous 
avons dans nos jardins une grande 
quantité d'espèces qui sont bien pré- 
férables à ctllcs-ci : de tous ces lé- 
gumes , celui à fleurs écarlates est le 
meilleur; ainsi il doit être cultivé de 
préférence. 

Pruriens. Urens. Les troisième et 
quatrième espèces sont quelque- 
fois conservées dans les jardins de 
botanique , mais surtout la quatriè- 
me , dont les légumes sont très-cou- 
verts de poils piquans, et qu'on con- 
noît ordinairement sous le nom de 
Cov-itch ; mais comme elles sont 



DOR 

trop tendres pour profiter en plein 
air dans notre climat , si on veut les 
avoir , il ftut semer leurs graines en 
Mars sur une couche chaude ; et 
quand elles ont poussé , on les met 
chacune séparément dans des pots 
que l'on plonge dans une nouvelle 
couche, et qu'on tient à l'abri jus- 
qu'à ce qu'elles aient produit d'au- 
tres fibres ; après quoi on leur don- 
ne de l'air frais chaque jour , à pro- 
portion de lâchaient delà saison ; et 
quand elles sont devenues tropgran- 
des pour pouvoir être contenues 
dans la couche , on les transporte 
dans la serre chaude , où elles fleu- 
riront et perfectionneront leurs se- 
mences , si on leur donne assez de 
place pour s'étendre. 

DOMPTE-VENIN , voyei ^S- 
CLETIAS. 

DORADÎLLE CETER ACH, voye^ 
ASPLENIUM CiTEKACH. 

DORONIC, Toye^ DoRONICUM 
Pardalianchis. Arnica. 

DORONICUM. Un. Gen. Plane. 
?,Gi. Tourn. Inst. iî. H. 487. Tab. 
477. Leopard's bane- Pet de Léopard. 
Doronic. 

Caractères. Dans ce genre , la 
fleur est composée de plusieurs fleu- 
rettes hermaphrodites placées dans 
le centre, et qui forment le disque , 
et de fleurettes femelles qui for- 



O R 

ment ks rayons ; dies sont reiifct- 
mées dans un calice commun, d'lin 
double tissu de feuilles aussi longues 
que les rayons : les fleurettes her- 
maphrodites sont en forme d'enton- 
noir , et ont cinq étamines courtes 
velues , et terminées par des som- 
mets cylindriques; dans Je iond de 
chacune est placé un germe qui sou- 
tient un style mince et couronne par 
un stigmat dentelé j ce germe de- 
vient ensuite une semence simple , 
ovale , comprimée et couronnée 
d'un duvet velu. Les fleurettes fe- 
melles sont en forme de langue, éten- 
dues et découpées ; elles forment le 
bord de la fleur , et elles ont un 
germe qui soutient un style terminé 
par deux stigmats réfléchis : ce ger- 
me se change dans la suite , en une 
semence sillonnée et couverte d'un 
duvet velu. 

Ce genre est rangé dans la se- 
conde section de la dix-neuvieme 
classe de LinnÉE , intitulée Synge- 
nesie : Polygamie superflue. Les plan- 
tes de cette section ont des fleurs 
femelles et des fleurs hermaphrodi- 
tes fructueuses. 

Les espèce sont : 

I "^ . Doronicum Pardalianches j 
foUïs cordatis j obstusis^ dentkulatis : 
radicalibus petiolatis ; caulinisj ample- 
xicaulibus. Lin. Math. Med. 187. 
Gouan. Monsp. 44<j. Jacq. Austr. t. 
350. Cnïph. Cent. %; n. zi ; Do- 
ronic à feuilles obtuses , en for- 
me de cœur et dentelées , dont cel^ 



3 



DOR 

les du haut embr.issenE les tiges , et 
les radicales ont des pétioles. 

Doronicum maximum folds caulem 
ample xantibus. C. B. p. 1 S 5 . Cam. 
Epit. 8 z 3 i Le plus grand Doronic , 
dont les feuilles embrassent les tiges. 

Doronicum Fil j Austriacum 3. 
Chs. hist. z. p. 19. 

Aconitum j Pardalianches. Dcd. 
pur g. 305. 

x'^- Doronicum PlantagineumifolUs 
ovatisj acutisj fuhdentatis; ramis alter- 
nis. Hort. Cliff. 41 i. Roy Lugd.-B. 
1 60. Dalib. Paris. 256. Gouan. 
Monsp. \A^G. Gmel.tub.z '^c)\Y^oxomz 
à feuilles ovales , pointues et dente- 
lées inférieuremcnt , et dont les 
branches sont alternes. 

Doronicum Plantaginis folio. C. 

B. P. 

Doronic à feuilles de Plantin. 

3°. Doronicum Heheticum , foliis 
lanceolatis J denticulatis 3 fuhtùs to- 
mentosis j caule unifloro. Prod. Leyd. 
1 60 ; Doronic avec des feuilles den- 
telées , en forme de lance , et coton- 
neuses en-dessous, et une fleur sur 
la tige. 

Doronicum Helveticum incanum. 

C. B. p. I S 5 ; Doronic de Suisse 
velu. 

4°. Doronicum Bellidiastrum^ cau- 
le nudo simplicissimo j unifloro. Hort. 
Cliff. ^00 j Doronic à tiges simples et 
nues qui sontiennent une seule fleur. 

Bellidiastrum Alpinum j foliis tre- 
vioribus hirsutis j caule palmari , flore 
albo. Mich, Gen. 33 ^ 29. 
L i) 



84 DOR 

Bellis sylvescris media j caule ca- 
rens. C. B. p. 16 1 ; Marguerite 
sauvage moyenne à tiges hautes. 

ArnïCii caule nudo j umfloro j fo- 
l'iis ovato-lanceolatis J s errât is. Hall. 
Jiclv. «.92. 

. Pardalianchés. ta premiere espèce , 
qu'on trouve en Hongrie et sur les 
montagnes de la Suisse, est souvent 
cultivée dans les jardins Anglois ; 
elle a des racines épaisses , divisées 
par plusieurs nœuds , et garnies de 
fibres fortes et charnues qui pénè- 
trent profondément dans la terre ; 
de ces racines s'élève au printems 
wnc grappe de feuilles en forme de 
cœur , velues , et supportées par 
des pétioles , du centre desquels 
s'élèvent des tiges de fleurs cannelées, 
velues, et de trois picdsdc hauteur, 
qui produisent encGf e chacune une 
ou deux tiges plus petites , érigées 
et garnies d'une ou de deux feuilles 
en forme de cœur qui les embras- 
sent étroitement de leur base : cha- 
que tige est terminée par une grosse 
fleur jaune , composée d'environ 
vingt-quatre rayons ou petites fleu- 
rettes d'un pouce à-pcu-prés de lon- 
gueur , unies et découpées au som- 
met en trois parties: dans le centre, 
sont placées un grand nombre de 
fleurettes hermaphrodites qui com- 
posent le disque ; elles sonttubulées 
ce légèrement divisées en cinq par- 
tics : ces fleurs paroissent dans le 
mois de Mai, et so:it remplacées 
par des semences, couronnées de du- 



D O R 

vet, qui mûrissent en Juillet, et que 
leur légèreté rend propres à être 
emportées par le vent à une gran- 
de diitance. 

Cette espèce se multiplie confi- 
dérablemcnt par ses racines traînan- 
tes , et par ses semences , qui pro- 
dui:.enr de tous côtés un grand nom- 
bre de plantes, si on leur donne le 
tems de se répandre: elle se plait à 
l'ombre , et dans un sol humide. 

Plantagineum. La seconde espèce 
a des feuilles ovales , terminées en 
pointe aiguë, dentelées vers leur 
base , mais entières à leurs extré- 
mités : ses tiges , dont la hauteur, 
est d'environ deux pieds , ont deux 
ou trois feuilles alternes , sessiles , 
et moins velues que celles de la 
premiere , et sont terminées par 
une grosse fleur jaune , et sembla- 
ble à celle de l'espèce précédente i 
ces fleurs paroissent aussi dans le 
même tems, et produisent des se- 
mences qui mûrissent en Angleterre. 

Cette plante se trouve en Portu- 
gal , en Espagne et en Italie ; elleesc 
aussi dure que la premiere ; sa raci- 
ne est vivace, et se multiplie en aussi 
grande abondance. 

Helveticum. La troisième a des 
feuilles plus longues qu'aucune des 
précédentes , dentelées sur leurs 
bords , et couvertes d'un duvet doux 
en-dessous : ses tiges simples, qnis'é- 
Icvent ordinairement à la hauteur 
d'un pied et demi , ne portent qu'u- 
ne seule feuille , et sont terminées 



DOR 

par une simple fleur , comme dans 
l'espèce précéJente ; celle-ci croit 
natiirellemeiic sur les Pyrénées ce 
dans les monugnes de la Suisse ; elle 
se plait dans un sol humide et à 
l'ombre : on la multiplie abondam- 
ment , ou par semences , ou en divi- 
sant les racines; elle Rcurit et per- 
fectionne ses semences à-peu-près 
dans le m.ême tcms que la précédente. 
Bellidiascrum. La quatrième, qu'on 
rencontre sur les Alpes et sur les 
Pyrénées , a une racine vivace , et 
des feuilles semblables a celles des 
plus petites Marguerites , mais plus 
longues et'moins larges : la fleur est 
produite sur un pédoncule nud , 
d'environ un pied de longueur ; ses 
racines poussent rarement plus d'une 
tige : les rayons de sa fleur sont 
blancs , et fort semblables à ceux de 
la Marguerite commune , et son 
disque est jaune , et composé de 
fleurettes hermaphrodites. 

On conserve cette plante dans les 
jardins de botanique pour la variété : 
ses fleurs ont un peu plus d'appa- 
rence que celles de la Marguerite 
commune des champs ; mais leurs 
pédoncules sont moins élevés : elle 
ne réussit dans notre climat , qu'au- 
tant qu'elle se trouve placée dans un 
sol humide et à l'ombre : on la mul- 
tiplie en divisant ses racines , parce 
que ses semences ne mûrissent pas 
bien en Angleterre. Cette plante m'a 
été envoyée de Vérone , où elle 
croit sans culture. 



DOR 85 

Les racines de la premiere , dont 
on s'est quelquefois servi en méde- 
cine , sont recommandées comme 
un antidote contre la piquûre du 
scorpion ; mais d'autres Auteurs les 
regardent comme un poison , et 
assurent qu'elle est mortelle , pirti- 
cuheremcnt pour les loups et les 
chiens. 

Ces autres espèces, qui étoicnt au- 
trefois classées avec celles-ci , en 
sont à présent séparées : on les trou- 
vera sous le titre d'Arnica. 

DORSIFERUS , de DORSUM, 
DOS ,etde FERO , porter : on 
se sert de cette expression pour dé- 
signer les plantes du genre des Ca- 
pillaires , qui n'ont point de tiges , 
et qui produisent leurs semences sur 
le dos de leurs feuilles. 

DORSTENIA. Plum. nov. Gen. 
29. tab. 8. Lin. Gen. Plant. 14-T, 
Cette Plante a été ainsi nommée par 
le Père Plumier , en l'honneur du 
Docteur Dorsten , Médecin Alle- 
mand , qui a publié une Histoire de 
Plantes , in-folio. Comrayerva. 

Caractères. La fleur a une enve- 
loppe commune , unie , et située ver- 
ticalement , dans laquelle sont pla- 
cées plusieurs petites fleurettes j 
comme dans un disque: elles n'ont 
point de pétales , mais seulement 
quatre étamincs courtes , minces , 
et terminées par des sommets ronds ; 
dans ion centre , se trouve un gc- 



16 DOR 

me rond qui soutient un simple sty- 
le , couronné par un stigmat obtus ; 
ce germe devient ensuite une se- 
mence simple , renfermée dans un 
réceptacle commun et charnu. 

Ce genre de Plante est rangé 
dans la premiere Section de la qua- 
trième classe de LinnÉE , intitulée: 
Tetrandrie monogynie j avec celles 
dont les fleurs ont quatre étamincs 
et un style. 

Les espèces sont : 

1 °. Dorstenia Contrayervaj Acau- 
lisj foUls pinnati-fidû-palmatis , fcrra- 
tis , jloribus quadraiigulis. Lui. Sp. 
1-76; Dorstenia nain et sans tige, 
ayant des feuilles découpées en plu- 
ficurs pointes sciées et en forme de 
main ,et des fleurs placées sur un ré- 
ceptacle quadrangulaire. 

Dorstenia Sphondyiû folio j Den- 
taridi radice. Plum. nov. Gen. 29. ic. 
1 19 ; Dorstenia avec une feuille de 
Panacée et une racine de Dentaire. 

Drahena radix. Clus. Exot. 8 3 . 

Cypertts longus odoratus Pcruanus. 
Bauh. Pin. 1 4. 

Tuipatlii. Hem. Mex. 147, 

2°. Dorstenia Houstoni _, acaulis j 
foliis cordatis acuminatis j fiorihus 
quadrangulis. Lin. Sp. \'/6 ; Dors- 
tenia nain , avec des feuilles angu- 
laires , en forme de cœur et poin- 
tues , et des réceptacles quadrangu- 
laires aux fleurs. 

Dorstenia DcntariA radiée^ folio 
jriliiiLi ladniato j placent^ quiidran- 



DOR 

gulari et undulatâ. Houst. MSS. Act. 
Angl. ^11- f 2. Contrayerva, avec 
une racine de Dentaire , une feuille 
moins découpée , et un placenta 
quadrangulaire et onde. 

1°, Dorstenia drahena j, acau-^ 
lis J foliis-pinnati Jldo-palmatis inte- 
gcrrimis j floribus-ovalibus. Lin. Sp. 
176; Dorstenia nain , ayant des 
feuilles ailées à plusieurs pointes , en 
forme de main et entières , et des 
fleurs dans un réceptacle ovale. 

Contrayerva. La premiere de 
CCS Plantes a été découverte par le 
Docteur Houstoun , près de l'an- 
cienne VéraCruz , dans la nouvelle 
Espagne ; la seconde a été trouvée 
par le même aux environs de Cam- 
pcche , sur une terre couverte de 
rochers ; et la troisième , en grande 
abondance dans l'isle de Tabago, 
par Robert Millard , Chirurgien. Les 
racines de toutes ces especes,qui sont 
apportées pcle mêle en Angleterre , 
sont employées pour les usages delà 
Médecine et de la teinture. ■ 

Les racines de la premiere pous- 
sent plusieurs feuilles longues, d'en- 
viron quatre pouces, sur une lar- 
geur égale , unies d'un vert foncé , 
profondément découpées en cinq 
ou sept scgmcns obtus , et suppor- 
tées par des pédoles de près de qua- 
tre pouces de longueur : sa tige, qui 
soutient le placenta , sort de la ra- 
cine , et s'élève à la hauteur d'envi- 
ron quatre pouces ; le placenta est 
charnu, et placé verticalemçnt; sa, 



DOR DOR 87 

fornie est ovale , sa longueur d'envi- largeur au milieu i elles sont d'un 

ron un pouce, et sa largeur de trois vert foncé, et supportées par de 

quarts de pouce : ses fleurs sont pla- longs pétioles ; le placenta est fort 

cées fort serrement sur la surface épais , charnu , long d'un porce et 

supérieure du placenta , dont la par- demi, large de neuf lignes, et a 

tie charnue leur sert d'enveloppe ; quatre angles aigus ; il a un grand 

elles sont petites, à peine visibles à nombre de petites fleurs placées sur 

une certaine distance , et d'une cou- sa surface supérieure , comme dar.s 

leur herbacée. les autres espèces. 

Housconi. La seconde pousse de Culture. Ces Plantes sont à pré- 

sa racine plusieurs feuilles angulai - sent fort rares en Europe , et on ne 

res en forme de cœur, et suppor- les connoît que depuis peu, quoi- 

tées par des pétioles fort minces de qu'on nous apporte depuis Icng-tenis 

huit ou dix pouces de longueur : %zs. leurs racines pour les usages de la 

feuilles ont environ trois pouces et Médecine: c'est au Docteur Hous- 

demi de longueur , sur quatre à- toun à qui nous devons cette con- 

peuprés de largeur à leur base ; elles noissance ; car, quoique le Père 

sont unies , et d'un vert luisant; Plumier en ait découvert une espèce, 

leurs deux oreilles ont deux ou trois et qu'il lui ait donné le nom de 

angles aigus , et leur centre est ter- Dorstenia, cependant il paroît avoir 

miné en une pointe aigijë comme ignoré que le Contrayerva fût sa 

celle d'une hallebarde ; le pétiole racine. 

qui soutient le placenta, a neuf pou- Il sera difficilede se procurer ces 
ces de longueur sur six lignes quar- Plantes , parce que leurs semences 
' rées dans ses autres dimensions ; et ne sont plus susceptibles de végéta- 
sa surface supérieure est fort garnie tion lorsqu'on les a tenues long-tems 
de petites fleurs , comme celles de hors de terre; on ne peut donc par- 
le premiere espèce. venir à les avoir , qu'en enlevant 

Z)/-a/tt'/2a. La troisième , pousse des leurs racines, lorsque leurs feuilles 

feuilles de différentes formes ; auel- commencent à se flétrir , et en les 

qucs-unes du bas sont en forme de plantant fort près les unes des au- 

cœur,légerementdcnteléces sur leurs très , dans des caisses remplies de 

bords , et terminées en pointe aiguë ; terre , qu'on garantit avec soin de 

mais les plus grandes sont profon- l'eau salée dans le passage , et qu'on 

dément découpées, comme les doigts arrose peu. 

d'une main , en six ou septsegmens Quand on reçoit ces Plantes , on 

aigus; les autres feuilles ont cinq ou les met chacune séparément dans 

six pouces de longueur , sur six de de petits pots remplis de terre fraî- 



SS DOR 

che , et on les plonge dans une cou- 
che de tan de chaleur modérée : 
pendant l'Été , on les arrose sou- 
vent ; mais en Hy ver , quand les 
feuilles sont détruites , on leur don- 
ne moins d'eau : par ce traitement , 
non-seulement on peut conserver 
ces Plantes , mais on les multiplie 
aussi en divisant leurs racines au 
• Pi interns , avant qu'elles poussent 
de nouvelles feuilles. ( i) 



(i) Si on compare les effets que pro- 
fltiit cette' racine d.vis les diftérentes ma- 
ladies pour lesquelles elle est recommari- 
tiée, avec les pompeux éloges qui lui ont 
été donnes par certains Auteurs , on ne 
pourra qu'être surpris de la trouver aussi 
intérieure à sa réputation: en effet, si on 
en croit Hernande, cette racine préserve 
non-seulement de la peste, mais elle pré- 
vient encore les suites funestes de la mor- 
sure des animaux venimeux ; elle guérit 
Jes maux de tète et d'estomach , et les 
douleurs de sciatique; elle préserve de 
toute espèce de contagion ; dissipe les 
affections hypochondriaques, aide les di- 
gestions et fortifie l'estomac ; enfin elle 
possède elle seule toutes les propriétés 
l^rillances qui sont attribuées à la Thé- 
riaque et à toutes les autres fastueuses 
compositions qui lui ressemblent. 

Mais si l'on consulte la vérité, on trou- 
vera que cette racine a une odeur foible 
aromatique, et une saveur un peu acre ; 
qu'elle agit doucement, provoque légc- 
lement les sueurs , et qu'elle peut par 
<;'onséquent être de quelque utilité dans 
la petite vérole, la rougeole, les fièvres 
malignes exanthématiques , les fluxions 
j^tharrales j etc. ; mais qu'on possède 



D R A 
DORYCNIUM. royei Lotus 

DORYCNIUM. L. 

DOUBLE FEUILLE. Foyei 
Ophrys. 

DOUCETTE, MACHE,BLAN- 
CHETTE , POULE GRASSE; o/. SA- 
LADE DE CHANOINE. Fojq Va- 
leriana, Locusta-Olitoria. 

- DRABA. Dh'kn. Gen. Lin. Gen. 
Plant. 7 1 4. Alysson. Tourn. Inst. 
R.H. 116. Tah.Vrivc. 

Caracceres. Le Calice de la fleur a 
quatre feuilles qui tombent ; la co- 
rolle est composée de quatre pétales 
placées en forme de croix ; la fleur 
a six étamines , dont quatre sont 
aussi longues que le calice , et les 
deux autres beaucoup plus courtes 
et courbées ; elles sont toutes ter- 
minées par des sommets ronds : 
dans leur centre est placé un germe 
divisé en deux parties , qui soutient * 
un style persistant, et couronné par 



une infinité d'autres remèdes qui lui sont 
préférables à tous égards , et qu'il est 
par conséquent inutile d'aller chercher 
dans un autre hémisphère , un remède 
inférieur en vertus à ceux que produit 
norte climat. 

On donne cette racine en poudre , 
depuis un gros jusqu'à deux , et en in- 
fusion vineuse, depuis trois gros jusqu'à 
fix ; elle entre dans la poudre de la 
Comtesse de Kent , et dans quelques au- 
tics compositions cordiales. 

un 



D R A 

xm stigmat oblong :cc germe se chan- 
ge dans la suite en une courte cap- 
iiilc à deux cellules séparées par un 
style gonflé , oblique , et phis long 
que la capsule ; les valvules sont pa- 
rallèles au milieu , et divisent la 
partie basse de la cellule de la par- 
tie haute , qui est ronde , concave 
et ouverte obliquement : chaque 
cellule renferme une seule semence. 

Ce genre de Plantes est rangé 
dans la premiere section de la quin- 
zième classe de LinnÉe , intitulée : 
Tetradynamie s'diqueuse , avec celles 
dont les fleurs ont quatre étamines 
longues et deux courtes , et dont les 
semences sont renlermées dans une 
capsule courte. 

Les espèces sont: 

1°. Draba Alpina , scapo nudo 
s'implïci, folds lane eo lads , integerrimls. 
FI. Lapp. 255. 570. Gouan. Illustr. 
39. Not. FI. Suec. J24. Hon. Cliff. ^ 
5 3 3 ; Drave avec une tige simple 
et nue , et des feuilles fort entières 
et en forme de lance. 

Alysson Alpïnum^ hïrsutum, luteum. 
Tourn. Inst. 2 1 7; Madvort ou Alis- 
son des Alpes jaune et velu. 

2^. Draba verna , scapis nudis ^ 
foliis lanceolans,fubincisis. Hon. Cliffl 
333 .Fl.Suec.^ 23,5 6-J.Roy.Lugd.-B. 
333. Gron f^irg. j6. Crant^. Austr. 
p. W.Kniph. Cent. i.n. 16; Drave 
avec des tiges nues et des feuilles 
découpées , et en forme de lance. 

Bursa Postons minora loculo oblori' 
gO.Bauh.Pin. 108. 
Tome IlL 



D R A 89 

Alysson \ulgarc , Polygoni folio , 
cauknudo. Touni.Inst. zij i Alysson 
commun avec une feuille de Poly- 
gonum. Petite bourse à Pasteur. 

Pdosella minor. Thai. Hare. 84. 
r.j.fE. " 

Alsine minima. Tahern. 708. 

3°. Draba Pyrenaiea ,feaponudOy 
folds eunei , formibus - trilobis. Litfl. 
Lin. Sp. Plant. 642 ; Drave avec 
une tige nue et des feuilles en forme 
de coin , et à trois lobes. 

C'est \ Alysson Pyrenaieum per en- 
ne minimum , foliis trifidis. Tourn. 
List. 217; le plus petit Alysson vi- 
vace des Pyrénées , avec une feuille 
divisée en trois parties. 

4°' Draba niuralis j caule ramo- 
so 3 foliis cordatis dentatis, amplexicau' 
libus. Prod. Lcyd. 3 ^ ; Drave avec 
une tige branchue , et des feuilles 
dentelées en forme de cœur , et am- 
plexicaules. 

My agroides subrotundis ferrât is qui 
foliis. j flore albo. Barrel. le. 816. 

Alysson f^eroniea folio J Tourn. Inst. 
2 1 7; Alysson à feuilles de-Véronique. 

Bursa Pastoris major ^ loculo oblon' 
go'. Bauh. Pin. i O 8 . 

Draba nemorosa. Sp. Plant, i . p. 
643. 

Draba minima muralis discoides. 
Col. Ecphr. l.p. 274./; 272. 

5°. Draba Polygoni folio j, caule 
ramosoj foliis ovatis^ sessilibuSj dcn- 
tatis. Lin. Sp. Plant. (543 ■ Drave 
avec une tii^e branchue et des feuil- 
les ovales , dentelées et sessiles. 

M 



5'o 



D R.A • 

. Draha hirta, Lin. Sp. Fiant. Sc)-7. 
Edit. 3. 

Aly'son Alp'mum , Polygoni folio 
mcano. Tour. Inst. 11. H. z\~J '■, Alys- 
son des Alpcs, avec une fc^i il !e velue 
de Polygonum. 

Bursa Pastoris Alpina hirsuta. 
Bank. Pin. loS. Prodr. 51.^. 51. 

6°. Draha incana j folds caulinis 
numerosis incanls , siliculis ohLongis. 
Flor. Suec. 516; Dravc avec plu- 
sieurs feuilles velues sur les tiges , et 
des légumes oblongs. 

Lunaria siliquâ ohlongâ intortâ. 
Tourn. Inst. 119. Lunaire avec un 
légume oblong et tordu. 

Leucoïum sivè Lunaria vasculo 
oblongo intorto. Pluk. Aim, zij. 

r.4i./i. 

La premiere espèce croît natu- 
rellement sur les Alpes, et dans quel- 
ques autres contrées montagneuses 
de TEurope : cette Plante est fort 
basse , et se divise en petites tctcs , 
comme quelques espèces de Joubar- 
be ; d'où lui vient le nom de Scdum 
Alpinum , ou Joubarbe des Alpes ; 
ses feuilles sont courtes , étroites et 
fort velues ; de chacune de ces têtes 
sort une tige de fleurs nue , d'un 
pouce et demi de hauteur , et ter- 
minée par des épis clairs de fleurs 
jaunes , dont chaame a quatre pé- 
talesobtus, placés en forme de croix; 
quand elles sont fanées , on voit 
paioîtrc des légumes triangulaires ou 
en lormc de -cœur , et comprimés , 
qui renferment trois ou quatre sc- 



D R A 

menées rondes. Cette plante fieurit 
en Mars, et ses semences mûrissent 
au commencement de Juin. 

On la multiplie aisément en di- 
visant ses têtes ; le meilleur tems 
pour cette opération est l'automne, 
p:.rce qu'elle monte en fleur dès le 
commencement du prinrems ; elle 
exige un sol hunude et une situa- 
tion ombragée , où elle profitera et 
fleurira annuellement ; elle n'exige 
d'autre culture que *d être tenue- 
nette de mauvaises herbes. 

Verna. La seconde est une plante; 
annuelle qui croît naturellement en, 
Angleterre, sur de vieilles murailles, 
et dans quelques autres endroits secs; 
aussi ne la cultive- t-on çuercs dans 
\<:s jardins; elle fleurit en Avril, et 
ses semences mûrissent dans le mois 
de Mai. 

Pyrcnaica. La troisième , qu'on 
rencontre sur les Alpes et d.;ns quel- 
ques autres cantons montagneux de 
l'Europe , est une plante basse et 
vivace, qui s'élève rai "ment au- 
dessus de la hauteur àz deux pouces; 
elle a une tige d'arbrisseau qui se 
diviic en plusieurs petites têtes, 
coiiime la premiere espèce ; ses 
feuilles sont petites ; quelques-unes 
d'cntr'elles sont aîlées et formées par 
cinq lobes courts , étroits et placés 
sur une cote mitiiycnne ; et d'autres 
n'en ont que trois ; ses fleurs sor- 
tent en grappes , et sont sessilcs aux 
feuilles ; elles sont d'un pourpre 
brillant, et paroissent dans le com- 



D R A 

.nx;nccmenc du printers. Comme 
tettc plante est vivace , on pent la 
inukiplicr en divisant les tctcs com- 
me celles de la premiere espèce, et 
elle cxigo le même traitement, 

Muralis. La quatrième naît spon- 
tanément à l'ombre des bois dans 
pl'.isieurs parties de l'Europe ; mais 
on l'admet rarement dans les jar- 
dins , à moins que ce ne soit pour 
la variété : cette plante est annuelle, 
et s'élève à la hauteur d'environ dix 
pouces, avec une tige droite , bran- 
cliue , et garnie de feuilles en forme 
de cœur , dentelées et amplexicaules : 
ces tiges sont terminées par des épis 
clairs de fleurs blanches, qui parois- 
sent au commencement du mois de 
Mai ; ses semences mûrissent en Juin, 
et les plantes périssent bientôt après : 
si on lui laisse écarter ses graines , 
les plantes pousseront sans peine, 
et réussiront fort bien , pourvu 
qu'elles se trouvent à l'ombre et 
dans un sol humide, 

Polygoni-folia. La cinquième est 
ime plante annuelle qui croît dans 
les forets des parties Septentrionales 
.<lc l'Europe ; elle ressemble à l'espèce 
précédente ; mais ses feuilles sont 
velues, plus larges , plus rondes, et 
n'embrassent pas les tiges ; et ses 
fleurs sont jaunes : si on lui donne 
le tems de répandre ses graines , elle 
se multipliera d'elle - même , et 
prospérera , si elle est placée à 
l'ombre. 

Incana. La sixième a une tige 



D R A 91 

droite, dont la hauteur est d'environ 
\\\\ pied ; ses parties basses sont for- 
tement garnies de feuilles oblongues, 
velues et dentelées sur leurs bords ; 
et son sommet , qui est presque sans 
feuilles, pousse deux ou trois bran- 
ches également nues: ses fleurs, qui 
sont formées par quatre perics péta- 
talcs blancs , et placés en forme de 
croix, sortent éloignées les unes des 
autres à l'extrémité de la tige , et 
sont remplacées par des légumes 
oblongs et tordus , qui reni:erment 
trois ou quatre semences rondes et 
comprimées. Cette plante fleurit en 
Juin , et ses semences mûrissent en 
Juillet : elle croit sans culture au 
nord de l'Angleterre et dans le pays 
de Galles. 

Elle subsiste rarement plus de 
deux ans; mais si on sème ses grai- 
nes en automne dans une plate- 
bande à l'ombre, les plantes pous- 
seront au printems suivant, et se 
succéderont annuellement sans au- 
cun soin ni culture. 

• .h 
DRACO ARBOR, /^'by. Palm A 

Draco. 

DRACO HERBA; herbe de 
Dragon. Tarragon vulgb. Voyez 
Artemisia Dracucunlus. 

DRACOCEPHALUM. Lin. Gau 
Plant, 64S ; Dracocephalon. Tourn. 
Inst.R.H. 181. Tab. 83. de <^«**« 
un Dragon , et de «i<f«A«i . une tête ; 
c'est-à-dire. r^re de Dragon. La Mul- 
M z 



5>a D R A 

davique, ou Mélisse des Moldaves, 

ou Elusse Digitcile. 

Caractères. Le calice de la fleur 
est court, persistant, et lormc par 
une feuille tubulcc. La corolle est 
en gueule; elle a un tube aussi long 
que le calice , et ses lèvres sont 
oblongues et gonflées ; la lèvre supé- 
rieure est obtuse et voûtée ; l'infé- 
rieure est divisée en trois parties , 
dont les deux segmens latéraux sont 
érigés , et celui du milieu est penché 
vers le bas et. dentelé : la fleur a 
quatre étamines placées près de la 
lèvre supérieure , dont deux sont 
plus courtes que les autres , et elles 
sont toutes terminées par des som- 
mets en forme de cœur : son germe 
a quatre parties , et soutient un 
style mince , situé avec les éta- 
mines , et couronné par un stygmat 
réfléchi, 6c divisé en deux portions : 
ce germe se change , quand la fleur 
est passée, en quatre semences ren- 
fermées dans !e calice. 

Ce genre de plantes est rangé 
dans* la premiere section de la 
quatorzième classe de LinnÉe , in- 
titi;lce : Dïdynamïe gymnospcrmie ^ 
dans laquelle se trouvent comprises 
les plantes dont les fleurs ont deux 
étamines longues et deux courtes , et 
dont les semences sont nues. 

Les espèces sont : 

I °. Dracocephalum Virginianum _, 
florïbus spicacis , fo/iis lanceolatis, 
serrans. Lin. Sp. Sz^î; Dracocephalc 



D R A 

à feuilles sciées et en forme delanee, 
avec des fleurs en épi. 

Dracocephalus angusti-foUuS ; folio 
glabra scrrato. Moris. Hist. ^. p. 407. 
sivè 1 I . f. 4, y] I . 

DracocepTialon Americanum. Breyn. 
Prodr. 1 . 34; Dracocephalon d'A- 
mérique. 

P s eudo- Digitalis PirsicA foliis.. 
Bocc. Sic i 1. t. 6. f. y 

Digitalis Americana purpurea 3. 
folds serrât is. Dodart. Mem, x'jit. 

Lysimackia galcriculata , spicata-^ 
purpurea^ Canadensis. Barr. Ic. 1 I ^ i . 

2 °. Dracocephalum Canariens t ,fio- 
rihus spicatis j foliis compositis. Lin. 
Bon. Cliff. 308 ; Dracocephale à 
fleurs en épi , avec des feuilles 
composées. 

Moldavica Americana , trifolia j 
odore gravi. Tourni int. 184; Mol- 
davique ou baume d'Amérique à 
trois feuilles , et à odeur forte , 
ordinairement appelé baume de 
Cilcad. 

Dracocephalo affinis Americana j 
trifcliata j térébenthine odore. Volk. 
Norib. 14^. t. 145. 

Camphorosma j Moris. Hist. 3 . p. 
7,66. sivè II. t. \l. f ult. 

Melissa forte Canariana triphyllos y 
odorem camphor & spirans penctrantissi. 
mum.Pluk. Aim. 40 I. t. J^i^.f. c. 

Cedronella Canariensis viscosa y 
folds plerùmque ex eodem pedicello 
ternis. Comm. Hon. r.p. 81. r. 41. 

3°. Dracocephalum Moldavica ^ 
floribus verticillatis j bra etc is lancco- 



D R A 

latiSi serraturis capillaceis. Lin. Horf^ 
Cliff'. 308 ; La Moldavique , ou 
•Mélisse des Moldaves à fleurs ver- 
ticillces , ayant des bractées en 
forme de lance , et sciées- 

Moldavica Betohicdi folio y flore c&ru- 
Ido. Tourn. Ins t. R. H. 184; Mol- 
davique, ou Mélisse des Moldaves 
à feuilles de Bétoine, avec une 
fleur bleue. 

Melissa peregnna , folio oklonga. 
Bauh. Pin. zzc). 

Melissa Moldavica. Cam. Ep'u. 

4''. Dracocephalum, Ocyml-folictj 
floribus venicillatis , foliis floralibus 
orblculatis. Lin. Hon. Cliff. 30 8 ; 
Dracocephalum à fleurs verti- 
cillées , ec à feuilles florales orbi- 
culaires. 

Moldavica Oriemalis minima j 
Ocymi folio 3 flore purpurascente. 
Tourn. Cor. \\. La plus petite 
Mélisse des Moldaves , à feuilles 
de Basilic , avec une fleur tirant 
vers le pourpre, 

5 ° . Dracocephalum canescens , 
floribus venicillatis j bracceis oblon- 
gis , serraturis spinosis , foliis tomen- 
tosis. Hort. Upsal. 66. Kniph. Cent. 
«). «. 31 ; Dracocephaîe à fleurs 
verticillées , ayant des bractées 
oblongucs , sciées , épineuses et co- 
tonneuses. 

Moldavica Orientalis j Betomcx 

■ folio y flore magno violacée Tourn. 

Cor. II. Comm. Rar. 28. t. z8 ; 

Moldavique du Levant , à fciiilies 



D R A 95 

de Bétoine , et à grosse fleur bleue. 

Sideritis annua j flore luteo , ucri- 
culis J et foliis Jongioribus. Moris. 
Hist. y. p. 389. sivè I I. t. S.f. 18. 

6°. Dracocephalum nutans j flo~ 
ribus venicillatis , bracteis oblonais 
ovatis integerrimis j corollis maju^ciù- 
lis nutantihus. Hort. Upsal. \6~l y 
Moldavique à fleurs verticillées , 
dont les bractées sont oblongues , 
ovales et entières , et les corolles 
beaucoup plus grandes que les 
calices. » 

Moldavica Betonica folio j floribus 
minoribus caruleis penduUs. Amcen. 
Rhut. 44 ; Moldavique à feuilles 
de Bétoine , avec de plus petites 
fleurs suspendues. 

7°. Dracocephalum Thymiflorum-^. 
floribus venicillatis j bracteis oblon- 
gis integerrimis :, corollis vix calyce: 
majoribus. Hort. Ups^. 1 6-J. Kniph^ 
Cent. Cf. n. 34 ; Moldavique à 
fleurs verticillées, dont les bractées 
sont oblongues et entières , et les 
corolles à peine plus grandes qu£- 
les calices. 

Moldavica BetonicA folio :> floribus- 
minimis pallide c&ruleis. /Imman. 
Rhut. 4(j ; Moldavique à feuilles 
de Bétoine, et à- très-petites fleurs 
d'un bleu pâle. 

Cedronella Tanarica perennis j 
Urticx foliis J, flosculis minoribus j ex 
e&rulio rubentibus. Roy. Lwd.-B. 

537- 

8°. Dracocephalum peltatum ^ 
floribus venicillatis j bracceis *orbi- 



94 D R Â 

culatïs szrrato-cUïatis. Hon. Upsal. 
1 66. Kniph. Cent. 8. //. 58; Mo!- 
davique .d'Orient, à fleurs verti- 
dllces, dont les br.;ctces sont ovales 
et sciées. 

Moldavka OrUntaHs _, Salicis fo- 
lio. j {lore parvo c&ridco. Tourn. Cor, 
I I ; Moldaviqiie d'Orient à feuilles 
de Saule et à petites fleurs bleues. 
« 9°. Dracûcephalum grandi- fiorum ^ 

florihus vcrticilUtis 3 foliis ovatis 
ir.ciso-crenatis j hracteis lanceoUnis 
integerrimis. Lin, Sp. Plant. 59 5 j 
Aloldavique à fleurs verticillces , 
er à feuilles ovales , découpées et 
crénelées , dont les bractées sont 
en forme de lance et entières. 

Viroinianum. La premiere espèce 
est originaire de l'Amérique Sep- 
tentrionale , où elle croît sponta- 
nément dans les bois, et sur les 
bords des rivieres ; elle s'élcvc à 
la hauteur de trois pieds , avec une 
t!'::;c droite et garnie de feuilles en 
forme de lance , de trois pouces 
environ de longueur, sur \\\\ demi- 
pouce de largeur , sessiles , sciées 
sur leursbords, et opposées à chaque 
nœud , sur chacun desquels on voit 
quelquefois trois feuilles rondes : 
ses fleurs sont de couleur pourpre , 
et disposées en épis aux extrémités 
des tiges -, elles font une belle 
variété parmi les autres plantes 
dires , sur-tout quand les pieds 
sont très-vigoureux. Cette espèce 
est vivace, et résiste en plein air; 
mais elle exige un sol humide , ou 



D R A 

(^'étre bien arrosée dans les tcms 
secs , car sans cela ses feuilles se 
rétrécissent , et ses fleurs ont peu 
d'apparence ; elle méiite d'etre 
placée à l'ombre dans les plates- 
bandes d'un jardin , parce qu elle 
ne rcmpe pas , et qu'elle ne tient 
pas beaucoup de place ; elle fleurit 
en Juillet , et continue à donner 
des fleurs jusqu'au milieu d'Août , 
et même jusqu'à la fin de ce mois ; 
on peut la multiplier en divisant 
ses racines en automne. 

Canarïensc. La seconde, qui nous 
a été apportée , il y a long-tems , 
des Isles Canaries , est connue par 
les Jardiniers sous le nom de 
Baumier de Giléad : ses feuilles , 
quand elles sont troissées , répandent 
une odeur fort résineuse ; cette 
plante est vivace , et s'élève à la 
hauteur de plus cie trois pieds , 
avec plusieurs tiges quarrées qui 
deviennent ligneuses par le bas , 
et sont garnies à chaque nœud de 
feuilles opposées , et composées de 
trois ou de cinq lobes oblongs , 
pointus et sciés sur leurs bords : 
ses fleurs , qui sont d'un bleu pâle , 
naissent en épis courts et épais 
aux extrémités des tiges , et sont 
remplacées par des semences qui 
mûrissent très-bien en Angleterre, 
Cette plante continue à produire 
des fleurs durant la plus grande 
partie de l'été : on la tient ordi- 
nairement dans une orangerie ; 
mais dans les hivers doux elle 



D R A 

rciiste en plein air , qiund e!Ie est 
placée dans uiTC platc-bande chaude: 
les plantes qu'on a mises en pots 
profitent beaucoup mieux sous un 
châssis que dans une orangerie , 
où elles sont sujettes à filer , car 
elles ont besoin de beaucoup d'air 
dans les tems doux , et elles 
n'exigent que d'être mises à l'abri 
des fortes gelées. On peut multi- 
plier cette espèce par ses graines , 
qui réussissent plus certainement 
quand elles sont mises en terre en 
automne, que si on les conservoit 
jusqu'au printems : si on les seme 
dans des pots , il faut les abriter sous 
un châssis en hiver , et si les plantes 
ne paroisscnt pas daiis la mcme sai- 
son , elles lèveront au printems sui- 
vant ; quand on les met en pleine 
terre j il faut que ce soit sur une 
plate-bande chaude , et on doit les 
garantir des fortes'«gclées ; car sans 
cela les jeunes plantes pcriroient. On 
peut aussi propager cette espèce par 
boutures, qui prennent bientôt ra- 
cine , quand elles sont plantées en 
été , et dans un lieu on"ibragé, 

Mûldavka. La troisième , que les 
curieux cidtivcnt depuis long- tems 
dans leurs jardins, est originaire de 
la Moldavie : cette plante est an- 
nuelle, et s'élève à la hauteur d'un 
pied et demi , avec des tiges bran- 
chues et garnies de feuilles oblon- 
gues , opposées , et profondément 
sciées sur leurs bords 

Les fleurs , qiii sont bleues et re- 



D R A 



95 



cueillies en têtes rendes à chaque 
nœud des tiges , paroissent en Juil- 
let , et continuent à se montrer jus- 
qu'an milieu du mois d'Août ; leurs 
semences mûrissent en Septembre : 
ces plantes répandent une odeur 
balsamique, qui paroît très-agréable 
à plusieurs personnes : en sème les^ 
graines de cette espèce au printems , 
dans des compartim.ens en plate- 
bande, où elles doivent rester ; lors- 
que les plantes poussent , on les 
éclaircit , et on les tient nettes de 
mauvaises herbes ; c'est en cela que 
consiste toute la culture qu'elles 
exigent. Il v a une variété de cette 
espèce, à fieurs blanches, qui est 
assez commune dans les jardins , 
mais qui ne difFcre de l'autre que 
par sa couleur ■■> cependant les plan- 
tes de semences retiennent constani- 
ment cette différence. 

Ocymi-fûlia. La quatrième a été 
découverte dans l'Archipel , par le 
Docteur Tournefort, qui a envoyé 
ses semences au Jardin Royal à 
Paris , d'où la plupart des curieux- 
de l'Eurcpe les ont tirées : elle s'é- 
lève à la hauteur d'environ un pied ; 
ses tiges sont droites , rarement di- 
visées en branches , et garnies de 
feuilles longues, étroites , entières et 
opposées à chaque nœud : de ces 
mêmes nœuds , dans presque toute 
la longueur des tiges , sortent des 
fieurs disposées en têtes, et d'un 
bleu pâle; elles paroissent dans le 
même temps que celles de la précé- 



^6 D R A D R A 

dcnte; mais comme elles sont fort sent plusieurs tiges foibles, qxiarrécs, 

petites et peu remarquables , on ne de neuf pouces de longueur , et gar- 

cultive gueres cette plante que dans nies par le bas de feuilles ovales , 

les jardins de Botanique. ca forme de lance , longues de deux 

Cancscens. La cinquième , que pouces sur un pouce trois lignes de 

Tournefort a également trouvée largeur, opposées, supportées par 

dans le levant, a une tige blanche de longs pétioles, et entaillées sur 

et quarréc qui s'élève à la hauteur leurs bords : la partie supérieure des 

d'un pied et demi, et produit deux tiges est garnie de feuilles plus petites 

ou trois branches latérales , garnies et sessiles aux nœuds ; des mêmes 

de feuilles blanches de deux pouces nœuds sortent des fleurs en têtes 

environ de longueur sur six lignes rondes , d'un bleu foncé et pendan- 

de largeur , un peu dentelées sur tes ; elles paroissent dans le même 

îeurs bords, opposées sur les nœuds, tems que celles de l'espèce précé-, 

et placées au-dessous des têtes de dente, et leurs semences mûrissent en 

fleurs, qui sont sessilles à la tige; automne. 

CCS fleurs , qui sont plus grosses que Thymi-fiorum, J'ai reçu , avec la 
celles des autres espèces, sont d'un précédente, les semences de la sep- 
beau bleu , et font un efiet très- ticme , qui est aussi originaire de 
f-p^réable parmi les feuilles blanches la Sibérie ; ses tiges sont quarrées ec 
de la plante : les fleurs de celle-ci se s'élèvent à la hauteur d'un pied et 
montrent , et ses semences mûrissent demi ; ses feuilles inférieures ressem- 
dans le même tems que celles des blent à celles de la Bétoine , et sont 
précédentes : on traite généralement po rtées sur de fort longs pétioles; 
ces différentes espèces comme des celles qui couvrent les extrémités 
plantes annuelles ; cependant leurs des tiges sont petites et sessiles; ses 
racines subsistent deux ans quand fleurs , qui sortent en têtes rondes à 
elles se trouvent placées dans un sol chaque nœud , sont fort petites et 
sec ; il v a dans celle-ci une variété d'un pourpre pâle ou bleu ; mais 
à fleurs blanches qui se perpétue par comme elles font peu d'effet , on ne 
semences. . conserve cette plante, dans quelques 

Nutans. La sixième , dont le Doc- jardins, que pour la variété, 
teur Amman , Professeur de Botani- PcUatum. Le Docteur Tournefort 

que à Pétcrsbourg , m'a envoyé les a encore envoyé la huitième du 

semences , a été originairement ap- levant dails le Jardin Royal de Paris : 

portée de la Sibérie dans le jardin cette plante est annuelle , et s'élevc 

Impérial de cette Ville. Cette plante avec une tige quarrée , à la hauteur 

est annuelle, et ses racines produi- d'environ un pied, et produit deux 

petites 



D R A 

petites branches latérales prés de sa 
base ; ses feuilles sont en forme de 
cœur , entaillées sur leurs bords , 
opposées, et supportées par des pé- 
tioles : ses fleurs sont petites, de 
couleur pourpre, et sortent des tiges, 
en tètes rondes ; immédiatement 
au-dessous d'elles , sont placées deux 
bractées rondes , petites, et décou- 
pées sur leurs bords en dentelures, 
.dont chacune est terminée par un 
poil long : cette plante fleurit et pro- 
d;iit ses semences dans le mcme 
tems que la précédente. 

Toutes ces espèces se multiplient 
par leurs graines , qui peuvent être 
semées , ou au printems, ou en au- 
tomne , dans les places où les plantes 
doivent rester : elles n'exigent pas 
un traitement différent de celui de 
la troisième espèce, 

DRACOCEPHALUM. roye^ 

RUYSCHIANA. 

DRACONTIUM, Lin. Gen, 
Plane. ^\6. Dracunculus. Tourn. 
Inst. R. H. 1 60 ; la Serpentaire , 
Dragon. 

Caractères. Le spadix est simple 
et cylindrique ; les parties de la fruc- 
tification sont disposées sur le haut 
d'une manière singulière. Les fleurs 
n'ont point de calice, mais seule- 
ment cinq pétales ovales, concaves 
et égaux, avec sept étamines étroites 
et enfoncées de la longueur des péta- 
les, et terminées par des sommets 
Tome III. 



D R A 9j 

oblongs, Jurnaux, quarrés et érigés, 
et un germe ovale , qui soutient un 
style cylindrique et couronné par 
un stigmat à trois angles : ce germe 
devient ensuite une baie ronde, 
dans laquelle sont renfermées plu- 
sieurs semences en une spathe qui 
s'ouvre en unc'valve. 

Les plantes de ce genre , ayant 
des fleurs m.àles et des fleurs femelles 
réunies dans le même épi, et les 
femelles ayant plusieurs étamines , 
sont comprises dans la septième 
section de la vingtième classe de 
LinnÉE, qui a pour titre : Gynan- 
dric polyandrie. 
Les espèces sont : 
I ". Dracontium pertusum j folds 
percusis , caule fcandente. Lin. Sp. 
Plant. 968; Serpentaire à feuilles 
percées et à tige grimpante. 

Arum hederaceum j amplis foliis 
perforatis. Plum. Amer. 40. Tab. 56; 
Arum grimpant à larges Veuilles 
perforées. 

2 °. Dracontium polyphyllum j fcapo 
hrevissimo j petiolo radicato lacera j 
foliolis tripartitis ; laciniis pinnati- 
fidis. Hort. Clif.4.],^. Roy. Lugd.-B. 
6 ; Serpentaire avec une tige fort 
courte , des pétioles découpés , et 
des folioles divisées en trois parties, 
terminées en plusieurs pointes. 

Arum polyphyllum Surinamense j 
caule atroruhente glabra , et elcganeer 
variegato. Pluh. Aim. 51. t, I49, 

f.l. 

Arum polyphyllum i caule scabro 
N 



jS D R A 

punicante. Par. Bat. 93. /. 9 V' Arnm 
à plusieurs feuilles avec une lige 
rude et de couleur pourpre. 

3°. Diracontium spinosiim j foliis 
fagittaàs , pedunculis petiolisque acu- 
leatis. Flor. Zeyl. 318; Serpentaire 
à feuilles en forme de ficchc, dont 
ks pétioles et les pédoncules sont 
épineux. 

Arum Zeylamcum spinosum , sa- 
ghtd foliis. Par. Bat. 75 ; Arum 
épineux de Céylan, à feuilles en 
forme de flèche. 

Arum minus Zc-danïcum^ sagntarïs, 
folïïs. Rail Suppl. 575- 

4°. Dracontlum Camtschaccense ^ 
folds lanceolatis. Amœn. j-Jcad. 2. 
p. 360 j Serpentaire à feuilles en 
forme de lance. 

Penusum. La premiere espèce , 
qui croît naturellement dans la plu- 
part des Isles de l'Amérique , a des 
tiges minces et noueuses qui pous- 
sent, à chacun de leurs nœuds, des 
racines , au moyen desquelles elles 
s'attachent aux troncs des arbres , 
aux murailles , et à tous les corps 
voisins, et qui lui servent à s'élever 
à la hauteur de vingt-cinq ou trente 
pieds: ses feuilles, alternes et sup- 
portées par de longs pétioles , ont 
quatre ou cinq pouces de longueur 
sur deux et demi de largeur : toutes 
ces feuilles sont percées de plusieurs 
trous oblongs , qui , au premier 
aspect , paroissent être l'ouvrage 
des insectes , mais qui sont cepcn- 



D R A 

dant naturels à cette espèce de 
plante : ses fleurs naissent au som- 
met de la tige qui est très -gonfiée 
dans cet endroit ; elles sont cou- 
vertes d'une spathe oblongue d'un 
vert blanch.ître , qui s'ouvre longt- 
tudinalement sur un côté, et laisse 
voir un spadix tout couvert de fieurs 
trcs-rapprochées, et d'un jaune pâle 
tirant sur le blanc. Quand cette 
plante a une fois montré ses fleurs > 
elle ne croit plus ordinairement ; 
mais'ses feuilles sont bien plus larges 
que celles des plantes qui rempent 
beaucoup plus loin. 

Cette espèce se multiplie aisé- 
ment par boutures , qui poussent 
bientôt des racines , si elles n'en 
avoient pas auparavant , en les plan- 
tant dans des pots remplis d'une 
terre sablonneuse et de mauvaise 
qualité , qu'on plonge dans une 
couche chaude ; m.ais elle a peu de 
nœuds qui soient dépourvus de ra- 
cines. Comme ces plantes sont ten- 
dres et ne subsistent point en plein 
air dans notre climat , il faut placer 
'les pots qui les contienent près des 
murailles de la serre chaude , contre 
lesquelles elles grimperont. On leur 
donne très- peu d'eau en hiver 5 mais 
dans les tems chauds , on les arrose 
trois ou quatre fois par semaine, 
et en été on leur donne beaucoup 
d'air. Elles n'ont point de saison fixe 
pour fleurir; car elles procuisent 
quelquefois leurs fleurs en automne 
et souvent au printems ; mais leurs 



D R A D R A 5)5, 

semences ne niùrissciK point en donne de l'eau plus souvent, et 

Angicteire. toujours peu à la fois : par ce trai- 

Polyphyllum. La seconde , dont tcment elles fieurironc ; mais leurs 
les semences m'ont été envoyées de racines ne se multiplient pas ici. 
la Barbade , se trouve aussi dans Spinosum. La troisième est origi- 
plusicurs autres Isles de l'Amérique : naire de l'isle de Céylan et de plu- 
sa racine , qui est couverte d'une sieurs autres parties des Indes ; elle 
écoice brune et rude, est très-irré- a une racine oblonguc, épaisse et 
gulicre et remplie de gros nœuds : remplie de nœuds, de laquelle nais- 
sa tige s'élève à la hauteur d'environ sent plusieurs feuilles semblables à 
un pied ; elle est nue au sommet, celles de l'Arum commun, et dont 
où elle porte seulement une touffe les pétioles sont couverts de protU' 
de feuilles divisées en plusieurs par- bérances rudes. La tige qui soutient 
ties : sa tige est unie , de couleur la fleur , est courte et garnie de 
pourpre , mais remplie de prorubé- pareilles protubérances ; elle se ter- 
rences aigucs , de différentes cou- mine par une spathe de quatre pou- 
leurs, qui jettent un éclat pareil à ces de longueur, et aussi épaisses que 
celui du corps d'un- serpent ; sa tige le doigt , qui s'ouvre longitudmale- 
de fleurs sort immédiatement de la ment, et laisse voir le spadix garni 
racine , et s'élève tout au plus à la de fleurs. Cette plante est tendre , 
hauteur de trois pouces ; son som- et exige le même traitement que la 
met est terminé par un chaperon précédente. 

oblong et gonflé , qui s'ouvre en Camtschatcense. La quatrième a 

longueur, et laisse voir en-dedans un des racines semblables à celles de 

spadix court, épais et pointu, sur l'Arum commun, desquelles sortent 

lequel les fleurs sont serrement ran- plusieurs feuilles en forme de lance, 

gées. dont chacune est supportée par un 

Cette espèce est tendre , et ne pétiole séparé qui s'élève immédiate- 

peut être conservée en Angleterre ment de la racine, comme ceux de 

qu'au moyen d'une serre chaude; l'Arum commun. Cette espèce n'a 

on plante ses racines dans des pots pas encore fleuri en Angleterre , 

remiplis de terre légère prise dans un cinsi je ne puis en donner une plus 

jardin potager , qu'on plonge dans ample descriprion : elle croît na- 

la couche de tan de la serre chaude, turellement en Sibérie; elle veut 

où on les tient constamment : en être placée à l'ombre, et elle sup- 

hiver on les arrose fort légèrement ; porte les plus grands froids de notre 

mais dans les tems chauds, et lorsque climat. 

les plantes sont en vigueur , on leur Les curieux de l'Angleterre et de 

N z 



loo D R A 

la Hollande , conservent ces plantes 
dans leurs jardins , plutôt pour la 
variété que pour la beauté ; car , 
excepté la premiere, il n'y en a au- 
cune qui ait quelque apparence : la 
premiere peut être placée contre la 
muraille de la serre chaude, à la- 
quelle elle s'attachera et qu'elle cou- 
vrira entièrement ; ses tcuilles se 
conservent pendant toute l'année, 
et sont si extraordinairement per- 
cées, qu'elles font un effet singulier. 
Toutes les autres espèces de Ser- 
pentaires sont des plantes tendres, 
qu'on ne peut conserver dans notre 
climat sans le secours des serres les 
plus chaudes : celles qui viennent 
de l'Amérique , naissent spontané- 
ment dans les bois cie la Jamaïque 
et des autres parties chaudes de cet 
hémisphère : les espèces grimpantes 
se roulent autour des troncs d'arbres 
dans lesquels leurs racines pénè- 
trent , et elles s'élèvent ainsi -x la 
hauteur de trente ou quarante 
pieds. 

Ces plantes grimpantes se multi- 
plient aisément par boutures; comme 
elles sont fort succulentes , on peut 
les porter en Angleterre dans une 
bocte remplie de foin sec , en les 
emballant séparément , de manière 
qu'elles ne puissent s'endommager 
l'une l'autre par l'humidité qui dé- 
coule ordinairement des parties 
coupées , et dont la fermentation 
les feroit pourrir. lorsqu'on les re- 
çoit, on les plante dans de petits 



D R A 

pots remplis de terre fraîche et lé- 
gère , et on les plonge dans une cou- 
che de tan ; mais on ne doit leur 
donner que très-peu d'eau jusqu'à 
ce qu'elles aient pris racine , de 
peur qu'elles ne pourrissent : quand 
elles sont bien enracinées, on les 
arrose souvent , et lorsqu'elles ont 
acc]uis un certain volunie , on les 
place dans la couche de tan de la 
serre chaude , de manière qu'elles 
se trouvent voisines de quelques 
plantes fortes auxquelles elles puis- 
sent s'attacher , sans quoi elles ne 
profiteroient pas ; car , quoiqu'elles 
poussent de chacun de leurs nœuds 
des racines qui pénètrent dans le 
mortier de la muraille de la serre > 
cependant elles ne font pas autant 
de progrès dans cette situation , 
que lorsc]u'elles sont appuyées con- 
tre une plante forte qui leur fournit 
de la nourriture. 

On multiplie les autres espèces par 
les rcjcttons que leuis racines pro- 
duisent ; mais il faut les tirer de leur 
pays natal, et les planter dans des 
caisses remplies de terre un mois 
avant de les porter à bord du vais- 
seau : on les tient à l'ombre jusqu'à 
ce qu'elles aient pris racine, et dans 
la traversée il faut avoir grand soin 
de les parer de l'eau salée , et de ne 
pas trop les arroser; car il suffit de 
leur donner un peu d'eau, tout au 
plus une ou deux fois par semaine, 
tant qu'elles sont dans un climat 
chaud i quand elles sont arrivées 



D R A 

dans nn plus froid, on ne les arrose 
plus qu'une fois dans quinze jours, 
encore cet arroscmcnc doit-il être 
très-léger ; car malgré que le sommet 
des plantes soit détruit dans le pas- 
sage faute d'eau, et parce que les 
racines n'ont pas repris , cependant 
elles se rétabliront taciicment dans 
la suite en les traitant d'une manière 
convenable. 

Aussitôt qu'on les reçoit , on les 
transplante dans des pots remplis de 
terre fraîche et légère , on les plonge 
dans une couche chaude de tan , et 
on les arrose légèrement jusqu'à ce 
qu'elles aient formé de bonnes raci- 
nes ; dans la suite on leur donnera un 
peu plus d'eau : mais comme leurs 
tiges sont fort succulentes , cet arro- 
sement doit être toujours fait avec 
beaucoup de prudence. 

Ces plantes veulent être tenues 
constamment dans la serre chaude ; 
elles ont besoin de beaucoup d'air 
en été, et d'une grande chaleur en 
hiver , sans quoi on ne peut pas 
les conserver dans ce pays- 

Elles s'élèvent à la hauteur de 
trois , quatre on cinq pieds , et font 
une variété fort agréable dans la 
serre chaude , parmi les autres plan- 
tes exotiques. 

DRACUNCULUS. Tqyq 
Arum. 

DRACUNCULUS PRATENSIS. 
Foyei Achillea Ptarmica. L. 



DUR ,oi 

DRAGON. Toy. Dracon'tium 
ET Arum Dracunculus. L. 

DRAVE. Foyei DrabA. . , 

DROSERA, Rosa soils; Rose'c 
du soleil, ou Rossolhs. , 

Nous avons deux ou trois espèces 
de ce genre qui croissent naturelle- 
ment dans des endroits marécageux 
de plusieurs parties de l'Angleterre ; 
on en trouve aussi trois ou quatre 
autres dans les pays char.ds. Mais 
comme on ne peut les cultiver dans 
les jardins , à moins que ce ne soit 
dans des lieux humides et pleins 
d'eau , il esc inutile d'en donner la 
description. 

L'espèce commune à feuilles ron- 
des est d'usage en médecine ; les 
marchands de légumes la recueillent: 
pour en fournir les marchés. 

DRYAS. Quinte feuille. Le Drnas, 
On rencontre dans les parties- 
montagneuses et humides de l'E- 
cosse et de 1 Irlande deux espèces de 
ce genre , dont l'une a cinq pétales 
et des feuilles allées ; mais comme 
aucune de ces plantes n'a beaucoup 
d'apparence , on ne les conserve 
gucres que dans quelques jardins de 
botanique. 

DULCAMARA. Foye- So- 

LANUM. 

t 

DURANTA. Un. Cm. Plan:. 



iOî D U R- 

704. Castorea. P/«w. /zov. Gcn.io. 

tab. 17. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
ont wn calice persistant , et formé 
par une feuille érigée , placée sur le 
germe , et découpée sur ses bords 
en cinq sagmens aigus ; une corolle 
iTîonopétale et labiée -, un long tube 
qui s'ouvre en deux lèvres , dont la 
supérieure est ovale , érigée et con- 
cave, et l'inférieure , divisée en qua- 
tre scgmens égaux et ronds; quatre 
ctamincs courtes , situées dans le 
fond du tube , dont les deux du cen- 
tre sont un peu plus courtes que les 
autres , et qui sont toutes terminées 
par des sommets courbés: le germe , 
qui est placé sous la t^cur , soutient 
un style long, mince et couronnépar 
im stigmat à tète; il se changc,quand 
\x fleur est passée, en une baie glo- 
bulaire , terminée par trois pointes 
aigucs, et a une cellule dans laquelle 
sont renfermées quatre semences 
angulaires. 

Les Plantes de ce genre, ayant 
deux écamines longues et deux cour- 
tes, et des semences renfermées dans 
une Capsule , sont rangées dans la 
seconde section de la quatorzième 
classe de LinnÉe , qui a pour titre : 
Dï lynamïe angyospcrmie. 

Ce genre avoir d'abord été nom- 
mé Castorca par le Père Plumier , 
en l'honneur de Castor Durant , Mé- 
decin de Rome , qui a fait impri- 
mcrdans cette Ville ,en 1585; une 
Histoire des Plantes ; mais Linnéca 



DUR 

change ce nom en celui de Durarta, 
qui est le surnom du même Méde- 
cin. 

Les espèces .sont : 

1 °. DURANTA Plumieri spinosa. 
Lin. Sp. Plant. 637. Jacq. Amer. 16 ; 
La Durante épineuse. 

Castorea repens spinosa. Plum. Nov. 
Gen. Plant. 30. le. 79; Castorea, 
grimpante et épineuse. 

2. ° . Durant a racemosa inermis. Lin. 
Sp. Plant. 637; La Durante sans 
épines. 

Castorea racemosa _, flore CAruleo , 
fructu croceo. Plum. Nov. Gen. 30; 
Castorea branchue , avec une fleur 
bleue , et un fruit couleur de sa- 
fran. 

3*^. Durant a erect a j caule erccto 
spinoso i folds ovatis integerrimïs , flo~ 
ribus racemosis ; La Durante à tige 
droite et épineuse , avec des feuilles 
ovales et entières , et des fleurs en 
paquets longs. 

Duranta ellisia j calyùbus frutes- 
centihus erect is. Jacq. Amer. 1 6. Lin. 
Sp. Plant. 888. Richard W^eston. p. 
9 !.v. l.Jacq. Hort. 3. r. 99. 

Ellisia acuta. Aman. Acad. J. p. 
400. Lœfl. It. 194. 

Ellisia frutescens quandoque spino- 
sa j folds ovatis utrinque acutis ad 
apicemferratisj spicis alaribus. Brown. 
Jam. i6i. t. 29. f. I. 

Jasminum folio integro j oituso , 
flore caruleo racemoso j fructu flavo. 
S'ioan. Cat. Jam. I (j 9 ; Jasmin à teuil- 
Ics entières et obtuses , avec des fleurs 



DUR DUR loj 
bleues disposées en paqviets , et un les ovales et fermes , d'un pouce de 
fruit jaune. longueur sur neuf lignes de largeur % 
Plumuri. La premiere espèce a les fleurs, qui sont de couleur bleue, 
plusieurs branches traînantes , ar- naissent en grappes longues aux ex- 
mées à chaque nœud d épines cro- trcniités des branche^ , et sont rem- 
chues et garnies de feuilles oblon- placées par de petites baies rondes- 
gués , placées sans ordre et légère- et jaunes qui rcijfcrment quatre sè- 
ment sciées surleurs bords; ses fleurs, menées angulaires. Cette espèce m'a 
de couleur bleue pâle , naissent en été envoyée de la Jamaïque par le 
paquets longs sur les côtés des tiges , Docteur Houstoun. 
comme celles du groscllier ordi- Culture. Toutes ces plantes étant 
naire , et sont remplacées par des originaires des climats méridionaux, 
baies brunes semblables aux fruits ne peuvent se conserver en Angle- 
de l'épine blanche , et à une unecel- terresans le secours d'une serre chau- 
Iule qui renferme quatre semences de ; on les multiplie par leurs grai- 
angulaires. nés, qu'on- seme dans de petits pots , 
Racemosj. La seconde espèce a et qu'on plonge dans une couche 
une tigcbranchuc ce ligneuse qui s'é- chaude de tan : lorsque les plantes 
lève à la hauteur de sept ou huit sont en état d'etre enlevées, on les 
piedsi ses branches sont garnies de met chacune séparément dans de 
feuilles ovales , en forme de lance, petits pots remphs de terre légère ; 
de trois pouces de longueur sur un on les replonge dans la couche , et 
pouce et demi de largeur au milieu, on les tient à l'ombre , jusqu'à ce' 
sciées sur leurs bords , d'un vert lui- qu'elles ayent formé de nouvelles 
sant et opposées : ses fleurs sortent racines , après quoi on les traite 
en grappes longues aux extrémités comme les autres plantes qui vien- 
des branches ; elles sont bleues , et nent des mêmes contrées, 
sont suivies par de grosses baies La seconde espèce peut être mul- 
rondes et jaunes , qui renferment tipliée par boutures pendant tous les 
quatre semences angulaires. niois de l'Eté i^^nais il faut lesplon- 
Nota. LiNNÉE fait de celle-ci ger dans une couche de chaleur ten> 
nne variété de la premiere. pérée , les tenir à l'ombre jusqu'à ce 
Erecta. La troisien'ie espèce s'éiè- qu'elles aient pris racine , et les 
ve à la hauteur de dix ou douze pieds, traiter ensuite de la même manière 
avec une tige forte , ligneuse , cou- que les plantes de semence : cette 
verte d'une écorce blanche , et di- espèce n'étant pas aussi tendre que 
visée en plusieurs branches armées les deux autres , on peut la placer 
d'épines aiguës , et garnies de feuil- en plein air pendant l'Été ; et, si elle 



104 DUR 

est tenue à une température douce 
en hiver , elle profitera mieux qu'à 
une plus grande chaleur. J'ai con- 
servé quelques plantes de cette es 



DUR 

caisse de vitrage sèche et chaude sans 
feu , où elles ont très-bien réussi ; 
l'hiver de 1761 étant trop rude , 
fit tomber leurs Veuilles ; mais de- 



pecrpcirdatt .trois hivers dam une puis elles ont fort bien repoussé. 




EAU 



E A tf EAU 

A2*AV. L'eiu est sans coittrcdit vine frottement , cii glissant l'une sur 

des choses les plus nécessaires dans l'autre , est le moindre possible. 
un jardin ; car on ne peut prévenir Leur dureté donne la raison de 

les mauvais effets des grandes se- l'incompressibilité de ' l'eau , lors- 

cheresses que parles arrosemens, qui qu'elle n'est pas mêlée avec l'air. Si 

empêchent les plantes d'être brûlées, porosité est si grande, qu'il y a au 

et les préservent des nuladies con- moins quarante fois autant d'espace 

tagieuscs , auxquelles les grandes entre ses parties , qu'elle contient de 

chaleurs les exposent: d'ailleurs, rien matière ; car l'eau est dix-ncut tois 

ne contribue davantage à l'agrément spécifiquement plus légère que l'ori 

des jardins , que des eaux bien dis- et l'or , par la pression , laisse passer 

tribuées , soit en jets d'eau , soit en l'eau à travers ses pores. On peut 

cascades , etc. Je vais d'abord rap- donc supposer avec raison qu'elle 

porter les opinions des meilleurs a beaucoup plus de porcs que de 

Phyficiens sur la nature et les parties solides, 
propriétés de l'eau , avant de par- M. Lcclcrc dit qu'on peut obser- 

1er de la manière d'en tirer par- ver dans l'eau ce qui suit : les Natu- 

ti , pour orner les maisons de cam- ralistcs cherchent à l'expliquer , et i 

pagne. en découvrir les causes. 

Nevton définit l'eau pure , une i °, Elle est transparente , parce 
matière trcs-fluide , volatile et dé- que , suivant l'opinion de quclques- 
pourvuede toute saveur et d'odeur, uns , elle est composée de particules 
qui semble être composée de petites flexibles , comme des cordes qui ne 
particules dures , poreuses , sphért- sont pas assez serrées pour n'avoir 
ques , égales en diamètre et en gra- point de pores , ni assez entrelacées 
vite spécifique , et séparées par des ix)ur qu'il ne reste pas cntr'elles 
intervallessi larges, et tellement dis- des intervalles en ligne droite , pro- 
posées , qu'elles pçuvçnt être pénc- près à fournir passage à la lumière ; 
trees de toute part. comme ces particules ne sont pas 

L'égalité de leur surface sert à ex- jointes étroitement ensemble , ec 
pUquer pourquoi elles glissent si ai- qu'elles ne sont pas dans un mouve- 
iément les unes sur les autres ; leur ment continuel , les rayons de la lu- 
figure sphérique les empêche de se mierc traversent aisément ces cspa- 
toucher mutuellement en plus d'un ces directs , à moins que l'eau ne 
paint , et par ces deux raisons , leur soit très-profonde , ou mise en mou- 
Torr.c III. : ' 



io6 EAU 

vement par quelque cause extéricu- 
je ; car alors sa transparence seroit 
foit diminuée , et elle prendroic une 
couleur obscure , comme on peut 
l'observer dans une mer agitée , dont 
le mouvement rapide dérange et 
change continuellcmenc la direction 
de ses parties. 

2°. L'eau est liquide, mais capa- 
ble d'être fixée ; l'eau semble être li- 
quide par la même raison que les 
autres corps qui le sont : ses parti- 
ticules étant flexibles comme des 
cordes , et laissant entr'clles des 
pores qui sont remplis par une ma- 
tière plus déliée , lorsque cette ma- 
tière est -mise dans un mouvement 
viulcnt , CCS particules sontiiisément 
écartées de côré et d'autre : ccpen- 
tiant, lorsque le mouvement de cette 
matière Cit empêché , comme il arri- 
ve par un grand frcid, l'eau devient 
glace , soit que cet effet ne pro- 
vienne que du frcid , soit qu'il y ait 
outre cela des particules nicreuscs 
ipii tombent de l'air par un tems de 
gelée, et qui,par leur rigidité, fixent 
les parties de l'eau. 

^ °. L'eau peut être ou chaude ou 
froide ; ses particules étant fixées , 
comme nous venons de le dire ,sont 
bientôt désunies par le mouvement 
de la matière du feu, qui , pénétrant 
dans ses pores , l'agite fortement jus- 
ques dans ses derniers clémens , et 
lui rend sa premiere fluidité. 

Mais si on expose de noiiveau cette 
eau à l'air froidjle feu dont elle est pé- 



E A U 
nétréc se dissipera, et elle redeviendra 
bientôt aussi froide qu'auparavant. 

4'\ L'eau s'évapore aisément par 
la chaleur du feu ou de l'air; cet effet 
est ciû à la séparation subite de ses 
parties, cajsée parla dilatation de 
l'air, qui entraîne avec lui les parti- 
cules d'eau. 

5". L'eau est fort pesante en com- 
paraiion de l'air , et de beaucoup 
d'autres , corps.On a démontré , par 
plusieurs expériences , c]uc la gra- 
vité de l'air que nous respirons , est 
à celle de l'eau comme un à huit 
cent ou un peu plus j ainsi, l'eau esc 
huit cent fois plus pesante que l'air: 
c'est pour cette raison qu'une ves- 
sie , ou quelqu'autre chose sembla- 
ble , remplie d'air , ne peut être en- 
ioncée dans l'eau , qu'au moyen. 
àun poids qui excède la pesanteur de 
1 eau, avnant er un peu plus que celle 
de l'eau excède celle de l'air. 

De-1.\ vient que l'eau supporte 
aisément du bois , et des vaisseaux 
énormes chargés de grosses car- 
gaisons , qui ne peuvent Jamais 
être submerges , à moins que leur 
poids n'excède celui d'un pareil 
volume d'eau ; et comme î'cau 
salée est bien plus lourde que 
l'eau de rivière , elle supporte un 
plus grand poids. 

Les corps plus lourds , comme 
les pierres , l?s métaux , etc. se pré- 
cipitent sur le champ au fond de 
l'eau , avec une vitesse proportionnée 
à leur pesanteur , tandis que d'autres 



EAU EAU r'if7 
matières , dont le poiJs est cjal \ nus ; mais il Faut se fâppclcr ici 
celui de l'eau, ne frottent point sur que c'est de la matière terrestre et 
la surface , et ne descendent pas vct étale dont nous parlons ; car 
au fond; ils restent suspendus à une l'eau pure ne peut pas se putréfier , 
certaine hauteur, comme on peut ce qui est prouvé: i". par l'eau 
l'observer sur les cadavres des distillée, qu'on peut conserver très- 
animaux submergés. long-tcms sans putré fiction. 

6^. L'eau est insipide et sans z'^. Par l'eau de pluie que l'on 
odeur , parce que ses parties flexibles recueille dans des vXscs qu'on ferme 
glissent légèrement sur la langue , hermétiquement sur le champ , et 
et ne sont pas assez dures pour qu'on enterre ensuite ; cette eau 
affecter les nerfs et produire la se conserve plusieurs années dans 
sensation du goût : mais ceci ne les contrées dépourvues de fontaines, 
peut s'entendre que de l'eau'pure , d'où il résulte que la cause de la 
dépourvue de toute espèce de ma- putréfaction n'est pas dans l'eau 
tièrc étrangère , telle que l'eau mcmc, mais dans une autre matière 
distillée , Se celle de pîuie ; car l'eau qui y est mclée. L'eau pure, telle 
la.plus saine des fontaines , contracte que l'eau distillée ou l'eau de pluie, 
ordinairement une salure que la se conserve douce pendant très- 
terre lui fournit : je ne parle pas long-tems , porrvu que les vàîcs 
ici des sources minérales , dont le qui la contiennent soient assez bien 
.goût est plus piquant , mais des fermés pour qu'aucun insecte ne 
eaux qui font la boisson ordinaire, puisse s'y introduire, et qu'ils soient 

Elle est également sans odeur , faits avec une matière incorruptible, 

par la même raison qu'elle n'a point telle que le verre , ou la terre 

de saveur ; sa flexibilité et l'égalité argillcuse. 

de ses parties constituantes sont Pmir ce qui est de l'eau stag- 

tellcs qu'elle ne peut pas agir sur nante des étangs et des marais, elle 

les nerfs olficteurs; car s'il en ctoit se corrompt de deux manières : i'-\ 

autrement , elle tiendroit nécessai- par la nature du sol , dans lequel se 

rement en dissolution quelque subs- trouve souvent une grande quantité 

tance étrangère. de soufre nuisible , qui imprègne 

7". L'eau est sujette à se cor- l'eau et la rend puante dans les tcn-.s 

rompre suivant le heu où elle se chauds , ainsi qu'on l'observe dans 

trouve renfermée : l'eau devient la ville d'Amsterdam , non-scule- 

cpaisse et puante par la stagnation , ment dans les canaux existants , 

comme nous le voyons dans les mais par-tout où l'on creuse pour 

çrangs , les marais et les vases fer- les fondations des maisons ■■, cette 

O 2 



' iô8 EAU 

putréfaction vient du terroir et non 
pas de l'eau. 

3°. Par les corps susceptibles de 
putréfaction , qui y sont répandus , 
tels que les cadavres des insectes , 
leurs œufs qui engendrent des vers , 
etc. L'eau se corrompt aussi dans 
les vases de bois , comme on l'ob- 
jervc sur mer , par les parties sul- 
phureuses que le bois fournit , et 
par les choses mal-propres , comme 
les mouches , et leurs œufs qui y 
tombent. 

L'eau pénètre les corps dont 
les pores sont assez larges pour lui 
donner passage ; c'est ainsi qu'elle 
s'insinue entre les particules du 
lucre et du sel , de manière qu'elle 
les sépare et les dissout entièrement : 
mais elle ne peut entrer que très- 
peu darts le tissu des pierres , dont 
elle ne fait qu'humecter la surface 
sans les détremper ; elle s'y attache , 
parce que cette surface est rude , 
et que les pores qu'elle présente soiK 
un peu ouverts : mais de pareils corps 
humectés se dessèchent bientôt par 
l'agitation de l'air voisin, dont les 
particules sèches se chargent aisé- 
ment de toute l'humidité qu'elles 
rencontrent. ( i ) 



(i) Il ne faut point regarder la dis- 
solution des sels comme une simple sé- 
paration de leurs parties, mais plutôt 
comme un composé nouveau formé par 
l'union intime des particules de l'eau et du 
sel qui y a été mêlé i ce qui est aisé à 



EAU 

Les corps frottés d'huile on de 
graisse , contractent fort peu d'hu^ 
miditc,parceque la rudesse et l'incga- 
litc de leur surface , contre laquelle 
l'eau s'attachoit , est nivelée par la 
graisse , et que ses pores sont fer- 
més de manière qu'il ne reste aucun 
passage pour les particules d'eau qui 
n'y font que glisser. 

La plupart des liqueurs sont for- 
mées par l'assemblage de plusieurs 
particules diiférentes en grandeur , 
gravité , ou propriété attractive , 
suspcriduesdans l'eau pure, qui sem- 
ble être un véhicule général ; et si 



prouver par la transparence que Peau con- 
serve étant sanirée pat une substance sa- 
line et par la crystallisation de ce sel, 
qui , en se rassemblant , rétrécit une très 
grande quantité d'eau sous forme solide. 
L'eaa peut également dissoudre les 
pierres les plus dures , telles que les jaspes , 
les agathet, les marbres, etc. , qui se crys- 
tallisent à fa manière des sels, et qui retier> 
neF>t aussi beauconp d'eao solidifiée; on 
reconnoît encore cet effet dans les stalac- 
tites, qui n'ont pu être formées que par 
une dissolution complette des particules 
pierreuses, et encore mieux dans certaines 
fontaines dont les eaiiT , quoique fort 
diaphanes, déposent cependant sur tous 
les corps qu'on leur présente, une grande 
quantité de matière pierreuse qui les 
incruste ; mais cette dissolution est-elle 
opérée par l'eau seule, ou ne doit-elle 
cette propriété dissolvante qu'à l'acide 
méphitique qui s'y trouve mêlé ? C'est ce 
qu'on n'est poipt encore parvenu à dé- 
couvrir. 



/ 'EAU ^ EAU 109 

Ton connoît un si grand nombre de mcmc degré de dilatation; mais que, 

liqireurs difFérentcs, elles ne doivent si la chaleur diminue ou qu'elle se 

•leurs propriétés qu'à la nature di- trouve dans un air plus froia , elle 

verse des matières salines et rniné- sera forcée de s'arrêter ou même de 

raies qu'elles contiennent. descendre. Ainsi , si l'on supposoit 

Le vin n'est autre chose que l'eau que toute la terre fut couverte d'eau 

imprégnée de la substance des rai- et que le soleil décrivit tous les jours 

sins ; et la bière , que l'eau chargée un cercle autour d'elle , comme il 

des principes de l'orge : tous les le Exit maintenant , ce Docteur croit 

esprits semblent être de l'eau satu- que l'air seroit imprégné d'une cer- 

rée de particules salines et sulphu- taine quantité de vapeurs aqueuses 

reuses. ■ qucl'air retiendroitavec h:i, comme 

Tomes les liqueurs sont plus ou le sel reste dissout dans l'eau , et que, 
moins fluides, suivant que les ma- le soleil échauffant l'arr pendant le 
tieres hétérogènes que l'eau tient en, jour , cette partie de l'atmosphère 
dissolution , ont plus ou moins de supportcroit une plus grande pro- 
cohésion cntr'elles ; il n'y a aucun portion de vapeurs , comme l'eau 
fluide dont les parties n'aient quel- chaude contient plus de sel dissout 
qu'adhérence les unes avec les air- que l'eau froide , qui toutes retcm- 
très , comme on le voit par les bulles bcroient en rosée pendant la nuit, 
qui paroissent , et se tiennent quel- Dans cette supposition , l'air ne 
quefois ^ la surface de l'eau la plus seroit charge que de parties aqueu- 
pure , aussi-bien que sur celle des ses, les changemens de l'atmosphère 
esprits et des autres liqueurs. seroient alors périodiques et régu- 

L'eau contribue beaucoup à l'ac- lieres ; il ne contiendroit plus ces 

croissemcnt des corps , en ce qu'elle différentes parties terrestres, salines, 

rend fluides et tient réparés leurs et enfin toutes ces vapeurs hctcro- 

principcs actifs; de sorte qu'ils peu- genes, dont les différens mélanges 

vent être conduits par la circulation portés par les vents causent la variété 

dans leurs vaisseaux. de temperature et de saisons dans nos 

Le savant Docteur Halley a dé- climats, 

montré que , si un atome d'eau s'é- Mais, au-Iieu de supposer une terre 

tend en une bulle dont le diamètre entièrement couverte d'eau , consi- 

soit dix fois plus grand qu'il n'ctoir, derons la mer dispersée autour des 

cet atome sera par sa superficie plus grandes et vastes étendues de terre , 

léger que l'air , et s'élèvera aussi et divisée par de hautes et longues 

îong-tems que le fluide expansible chaînes de montagnes , comme les 

qu'elle renferme , conservera le Alpes , les Apennins et les Pyrénée& 



ïio EAU 

en Europe , le Mon: Canc?.sc & le 
Taurus en Asie , le mont Atlas et 
les Montagnes de la Lune en Afri- 
que , les Andes et les Monts Apala- 
chcs en Amérique ; dont chacune 
excède la hauteur ordinaire à laquelle 
les vapeurs aqueuses s'élèvent , et sur 
le sommet desquelles l'air est si froid 
et si raréfié , qu'il ne retient qu'une 
petite quantité de ces vapeurs que 
les vents élèvent jusques-Ià. 

Les vapeurs donc élevées de la 
mer , et apportées par les vents sur 
jes plaines jusqu'à ces grandes chaî- 
nes de montagnes, y sont entassées 
.par leurs cfForts , et forcées à mon- 
ter jusqu'cl leur sommet , d'où l'eau 
se précipite d'abord , suinte à traver? 
les crevasses des rochers , et entre 
dans les cavernes formées dans leur 
«cin ; les vastes bassins étant rcm^ 
plis , Icau qu'ils coutiennent, chef^ 
chc à s'ouvrir un passage , parvient 
enfin à se frayer une issue vers leurs 
parties basses , et s'échappent par le 
côté de la montagne sous la forme 
de petites sources qui coulent dans 
les vallons étroits, et qui, venant à 
s'unir , forment des ruisseaux et des 
fivicres. 

L'eau cstrcUe originairement flui- 
de ? C est une grande question par- 
mi les Philosophes qui n'ont pas en- 
core décidé , si la fluidité est son 
état naturel , ou plutôt un état 
forcé. 

Nous la trouvons quelquefois flui- 
éÇ ? 9^ qi-iclquçfois solide ; et comme 



EAU 
le premier état est le plus ordinaire 
dans notre chmat, nous sommes por- 
tés à penser que cet état lui est na- 
turel, et nous croyons que l'autre 
vient de l'action extérieure du frcud. 
Mais le savant Boérhaavc est d'une 
opinion contraire ; il prétend que 
l'eau est un crystal , parce que par- 
tout où il n'y pas assez de chaleur 
pour l'entretenir dans sa fluidité , 
elle devient un corps solide que nous 
appelons glace, 

M. Boylc pense à-peu-près do 
même. Il observe que la glace esc 
rctîardéc communément comme de 
l'eau mise en un état contre nature 
par le froid ; mais qu'en considé- 
rant les choses sous leur vrai point 
de vue , et en mettant à part toutes 
les idées reçues , on pourroit dire 
avec autant de justesse que l'eau et 
la glace fondue par la chaleur , sent 
dans un état violent et accidentel ; 
si on veut avancer que la glace laissée 
à elle-même retourne à l'état d'eau , 
aussitôt que la cause qui l'a rendu 
solide n'existe plus , en peut rcpon-r 
dre que , sans faire mention de la 
neige et de la glace qui reste tout 
l'Eté sur les Alpes et sur d'autres 
montagnes élevées, même dans la 
Zone Torridc, nous sommes assuré^ 
qu'en certains endroits de la Sibérie, 
la surface de la terre est gelée dur; 
rant plus de mois de l'année parla 
température nuarurclic du climat , 
qu'elle n'est fondue par la chaleur du 
soleil , et que le dégel n'a même lieu 



EAU EAU itî 

qu'à la surface, puisqu'cn creusant en poussant lopcr^nc:! encore plus 

pendant l'Été dans des campagnes loin ,pourroitctrc convertie en tcnc. 
Ciilcivccs et couvertes de moissons , Mais il faut considérer que, ccm- 

on trouve la glace à trois ou quatre me on ne peut pas remuer ce verser 

pieds de prolondcur. de l'eau dans un vaisseau sans y niclci* 

Le Docteur Botrhaave pense que, en même tems de la poussière, et 

ù l'on pouvoir se procurer de l'eau qu'il est également iaipossible de la, 

parfaitement pure et dépouillée de distiller sans qu'elle dissolve une 

toute substance étrangère , elle au- partie de la composition qui sert à 

roic to'utes les propriétés d'un élé- luterle vaisseau, le Docteur l:ouh::a- 

ment , ctseroit aussi simple que le ve a raison de penser que l'eau ainsi 

feu ; mais que jusqu'ici on n'aencore souvent distillée , pouiroit acquérir 

trouvé aucun cxjTcdicnt pour la rcn- plutôt de la nouvelle terre , au movea 

dre telle. delà poussière qui flotte en l'air , et 

L'eau de pluie, qui semble ctre la de celle qui couvre les instruments 

plus pure de toutes celles que nous employés dans l'opération, 
connoissons , est remplie d'v.nc infi- Le ir.éme Auteur nous assure 

iiitc d'exhalaisons de toutes espèces qu'après avoir distillé de l'eau sim- 

quc l'air lui fournit; de sorte que, pie par un feu lent pendant quatre 

quoiqu'elle soit filtrés et distillée au- mois , elle a. paru être parfaitement 

tant de fois qu'on voudra, elle con- pure; mais qu'après l'avoir laissée 

tiendra toujours des parties d'une dansun vase hcrméiiquement fermé, 

nature différente. elle engendra une espèce de matière 

La plus pure de toutes les eaux , herbacée semblable aux étanunes des 

est celle qu'on obtient par la distil- plantes , ou à de petits pelotons de 

lation dt la neige ramassée pendant mucilage; cependant on rapporte que 

uns nuit claire , sereine et froide , 5cor(?j a vu de l'eau dans le musxum 

sur quelque lieu bien élcvé,ct prise à de Kirscher , qui avoir été conservée 

la surface; lorsque cette neige a été dans un vase hermétiquement fermé 

distillée plusieurs fois , elle donncde pendant plus de cinquante ans, que 

l'eau aussi pure qu'il soit possible de cette eau étcit toujours restée claire 

l'obtenir. et pure , et qu'elle se tenoit à la 

M. Boyle rapporte qu'un de ses même hauteur dans le vase sans le 
amis , après avoir distillé cent fois moindre sédiment sensible, 
une certaine quantité d'eau , trouva Le Docteur Eocrhaave ajoute , 
qu'elle avoit déposé de la terre dans qu'il est trèi-ccftain qu'aucline per- 
la proportion de six dixienies de son sonne n'a jamais vu une goutte d'eau 
poids; d'où il'conclut que toute eau, pure , et que ta plus grande pureti 



1,11 EAU EAU 

connue , n'est que le dégagement dant quarante ans,aussi dure et aussi 

d'une certaine espèce de matière ; sèche qu'aucun métal , de manière 

quejamais elle ne peut être entière- qu'étant frappée avec un briquet , 

ment dépouillée de ses sels , puisque elle donnoic des étincelles , après 

l'airquiraccompagnetoujoursenrcn- avoirété mise dans im vàsede verre, 

ferme beaucoup. L'eau semble être et distillée , fournit un huitième de 

répandue par-tout , et présente dans son volume d'eau. Le même Auteur 

tous les lieux où il y a de la matière, ajoute que des os de morts desséches 

puisqu'il n'y a aucun corps dans la pendant vingt-cinq ans , et devc- 

naturequi ne puisse en fournir , sans nus presqu'aussi durs que le fer , ont 

en excepter même le feu , qui , à ce rendu par la distillatiqn îa moitié de 

qu'on prétend , en contient aussi. Un leur poids d'eau ; et que les pierres 

simple grain du sel le plus actif , qui les plus dures réduites en poudre, 

dans un moment pénètre à travers la en ont fourni une certaine quantité, 

main d'un homme , se charge aussi, M. Boy le a trouvé que les anguil-j 

dans un tems très-court, delà moitié l.cs dpnnoient par la distillation de 

de son poids d'eau , et se fond même l'huile , des esprits volatils , outre le 

dans l'air le plus sec ; ainsi le sel de C.:puc mortuum , et que cependant 

tartre placé très-près d'un grand feu , toijtes ces différentes matières étoient 

attire l'eau et s'en imbibe , et par-là fi bien distribuées dans l'eau, qu'elles 

augmente en peu de tems considé- ne scmbloient être autre chose que 

rablement sa pesanteur ; de même, si de l'eau coagulée, 

pendant le jour le plus sec de l'Eté , Le même Auteur ajoute, que dq 

on tire d'un souterrain bien frais un sang humain, qu'on regarde comme 

vase rempli de glace , et qu'on le une liqueur très-spiritueuse et très- 

portedansune chambre bien échauf- élaborée , a rendu par la distillation 

fée , il sera couvert aussitôt de pe- à-peu-près six onces de phlegme,dc 

tites gouttes d'eau fournie par l'air sept onces et demie de sang qui 

et condensée parle froid de la glace, avoient été soumises à l'opération , 

Les corps secs fournissent aussi avant qu'aucun des autres principes 

une quantité d'eau considérable. Le commençât à monter. 

Docteur Bocrhaave dit que l'huile Les vipères , quoique regardées 

de vitriol étant exposée long-tcms comme trcs-chaudcs , puisqu'elles 

à un feu violent pour en séparer au- vivent encore quelques jours après 

tant d'eau qu'il est possible , en atti- avoir perdu la tête et le cœur , four- . 

rcra , après quelques minutes , au- nissent une grande quantité d'eau 

tant qu'elle en contenoit avant. par la distillation. 

De la corne de cerf conservée peiv Plusieurs personnes ont cru que 

l'çaii 



EAU EAU IÎ3 

Tca'.i ctoit la maricrc commune do dinicrs se s'crvcnt, et l'a placée d^ 

tous les corps j et Thaïes , avec manicrc , que l'eau de pluie seule 

quelques Philosophes , ont soutenu pût s'y introduire ; après quoi il y a 

que tout étoit fait d'eau. Cette opi- planté un saule qui est parvenu à 

nion a tiré probablement son origi- une grande hauteur ; ce qui lui a fait 

ne des livres de Moyse , où il parle conclure que l'eau est la seule nour- 

■de l'esprit de Dieu qui se mouvoit riture des végétaux , comme les vé- 

sur la surface des eaux. gécaux sont la seule nourriture des 

Mais M. Boyle ne convient pas animaux, 

que l'eau dont Moyse parle ici com- M.Boylc, d'après une semblable ex- 

me .la matière universelle , soit no- périencCjSoutient la même chosd ; ce 

tre eau élémentaire ; car, quoique qui a été aussi confirmé par Newton, 

nous la regardions comme un assem- qui observe que l'eau exposée du- 

blage formé par un nombre infini de rant peu de jours enplein air, prend 

particules séminales , et d'autres cor- une couleur semblable à celle de la 

pusculcs de diverse nature, elle pour- drcche ; qu'en y restant plus long- 

roit 'avoir été cependant un corps tems , elle donne un sédiment et un 

fluide comme l'eau , si les principes esprit qui, avant sa putréfaction, est 

dont elle étoit composée eussent été propre à nourrir les animaux &: les 

faits par le Créateur assez petits et végétaux. 

mis dans un tel mouvement , qu'ils Mais le Docteur Woodxcard ta- 

eussent pu changer de place , et che de montrer qu'ils sont tous deux 

glisser les uns sur les autres. dans l'erreur , en leur proirvantque 

Cependant Rases , Valentin , Pa- l'eau contient différens corpuscules 

racelse , Vanhelmon , Bcntivoglio , étrangers , et que quelques-uns de 

&:c. ont soutenu que l'eau est Luna- ces corpuscules sont la matière pro- 

tiere élémentaire de toutes choses , pre de la nutrition ; en effet , on 

et q&'ellc suffit à leur production ; trouve que l'eau est d'autant moins 

système que Vanhelmon a cherché nourrissante , qu'elle est plus pure ; 

à prouver par l'expérience suivante, car la Menthe placée dans l'eau dis- 

II a brûlé une quantité de terre tillée , pousse moins fortement que 

dans un vase de potier , jusqu'à dans celle qui n'a pas été soumise à 

ce que 1 huile qui y étoit renfer- cette opération,et si on la distille deux 

niée fût absolument consumée ; ou trois fois , la plante ne fera pres- 

en la lessivant après avec de l'eau, que point de progrès , et ne recevra 

il en a tiré tous les sels; il a mis en- que peu de nourriture. -" - 

suite cette terre ainsi préparée dans Ainsi l'eau seule , et dégagée de 

un pot semblable à ceux don ties Jar- tous corps étrangers , n'est pas U 

Tome IlL ^ P 



114 EAU 

nourriture des vcgcraux , mais seu- 
lement son véhicule ; elle renferme 
les parties nutritives, et les distribue 
dans toutes les parties de la plante ; 
de sorte qu'une plante de cresson 
mise dans un vase de verre rempli 
d'eau , contiendra moins de sel et 
d'huile que celles qui croissent dans 
les fontaines , parce que l'eau nour- 
rit moins à mesure qu'elle est plus 
dépouillée de sespartiessavonneusesj 
et que , si elle suffit pour étendre , 
gonfler et développer le tissu des 
plantes , elle ne peut cependant leur 
fournir aucune nouvelle matière vé- 



gétale. 



La fluidité de l'eau. 



L'eau , dit le Docteur Boërhaave, 
est fluide , mais sa fluidité n'est qu'ac- 
cidentelle , car elle est naturellement 
du genre des cryftaux ; ainsi toutes 
les fois qu'elle ne sera pas échauffée 
au dégix; où clic doit l'être pour en- 
tretenir sa fluidité , elle se transfor- 
mera en une masse soHde: que cette 
glace soit l'effet propre du défaut de 
chaleur , et non d'aucunes poin- 
tes introduites dans l'eau , comme 
Mariette et d'autres le pensent , cela 
est assez évident, puisque dans cette 
suppostion ses parties ne pourroient 
pas pénétrer les corps les plus durs 
tels c]ue les métaux. 

Cette eau , dans son état de flui- 
dité , ne demcui-e jamais tranquille; 
ses parties éprouvent une agitation 
' continuelle, que les Fançois ontd'a- 



E A U 

bord découverte par le moyen des 
microscopes , et qui est encore mieux 
confirmée par l'expérience suivante. 
En effet, si l'on suspend un peu de 
safran au milieu d'un vase reinpli 
d'eau , le safran formera en ti ès-peu 
de tems autour de lui une espèce 
d'atmosphère coloré , qui se répan- 
dra à la fin dans toute l'eau; or, cela 
ne pourroit point arriver , si les par- 
ticules d'eau n'étoient continuelle- 
mes mues les unes sur les autres : 
ajoutez à cela que si vous jetez , 
pendant l'hiver le plus froid , une 
quantité de sel bien sec dans wn vase 
rempli d'eau , il sera bientôt fondu ; 
ce qui'prouve d'une manière éviden- 
te l'état de vibration où sont cons- 
tamment les derniers atomes de cet 
élément. 

Le même Auteurdit encore , qu'il 
a rempli d'eau un large vase , et 
qu'ayant observé plusieurs fois sa 
surface avec un microscope t il a 
toujours remarqué une espèce de 
mouvement ondulatoire. 

L'eau ne garde pas non plus deux 
minutes de suite le même poids ; sa 
gravité varie continuellement , à 
cause de l'air et du feu qui sont in- 
terposés entre ses parties. Placez im 
morceau de glace limpide et pure 
dans une balance cxacte.vous verrez 
qu'elle ne conservera pas son équili- 
bre; l'expansion de leau bouillante 
fait voir quel effet les diffcrens dé- 
grés de chaleur produisent surlape- 
santcxu' de l'eau. 



EAU EAU iiy 

Cette propriété rend trcs-difîîciic veux; cependant cette eau, toute 

à déterminer la gravité spécifique pure qu'elle est , laissera encore d(t 

de l'e.ui pour pouvoir fixcr%)n dé- sédiment après avoir été filtrée et 

gré de pureté ; mais nous pouvons distillée un grand nombre de fois, 

dire en généralque l'eau la plus pure L'eau la plus pure est donc celle 

gu'il soit possible de se procurer , qu'on recueille en hiver dans une 

est celle qui pesé huit cent quatre- grande plaine , lorsque la terre est 

vingt fois plus que l'air. couverte de neige , et que tous ses 

Cependant , nous n'avons aucun pores sont fermés par la gelée ; 

point fi.xc duquel on puisse tirer par- après Celle-ci vient l'eau de fontaine, 

ti pour mesurer la gravité de l'air ; qui , suivant le Docteur Haies , est 

car ce fluide ne devant la plusgran- le produit de l'air saturé d'eau , qui 

de partie de son poids qu'à l'eau qui étant condensée par le froid du soir, 

y est mêlée , sa pesanteur doit va- et chassée contre les sommets froids 

rier en proportion de la quantité des montagnes , se rassemble en 

d'eau qu'il contient. gouttes , et se distille dans la terre. 

De toutes les eaux , la plus pure comme dans un alambic. 
est celle de la pluie qui tombe dans L'eau de fontaine devient meil- 
unc saison froide et pendant un jour leure à njpsure qu'elle s'éloigne de 
tranquille; il est certain que la pluie sa source , parce qu'elle dépose dans 
qui tombe en Été , lorsque l'atmos- son cours les parties hétérogènes 
plière est fort agité, doit contenir qu'elle renferme. Une riviere qui 
nn nombre infini de différentes espc- coule avec rapidité , fait tomber 
ces de matières hétérogènes ; ainsi , au fond de son lit , ou rejette 
si vous ramassez l'eau qui est tombée sur ses bords toutes les matières vé- 
aprcs un coup de tonnerre durant un gétales et animales que ses eaux en- 
jour chaud de l'Été , et que vous traînent,ainsi que tous les sels Qu'dies 
la laissiez en repos , elle déposera reçoivcntde l'atmosphcrCjOuqu'elles 
du vrai sel ; mais en hiver , sur- dissolvent dans les différentes espèces" 
tout quand il gèle , et que la terre de terres à travers lesquelles elles 
produit peu d'exhalaisons , la pluie passent. 

qui tombe alors , contient beau- Mais l'eau qui se précipite du 

eoup moins de principes étran- sommet des montagnes , est ordi- 

gers : de-lJi vient que l'eau qu'on inai rement dépouillée de toutes ces 

ramasse le matin , a la propriété matières étrangères, 
d'enlever les taches du visage , et Du pouvoir dissolvant de teau. 

que celle qu'on retire de la neige , L'eau considérée comme mens- 

pcut guérir les inflammations des truc , dissout ; 

P X 



ii6 EAU 

. I °. Tous les sels , comme !e su- 
cre , le borax , &cc. que l'air ne peut 
dissoudre qu'au moyen de l'eau qu'il 
contient , que le feu rend liquide, et 
que la terre laisse dans le même état: 
ainsi l'eau seule est le dissolvant na- 
turel de toutes les espèces de sels. 
Les particules de sel , comme iious 
l'avons déjà observé , s'insinuent dans 
les interstices des parties de 4'eau ; 
mais lorsque cette eau en est entiè- 
rement saturée , elle pourra dissou- 
dre encore une autre espèce de sel , 
parce que les élcmcns de ce dernier 
étant d'une forme ciiiïé rente , peu- 
vent occuper les vuides dans lesquels' 
les premiers n'ont pu se loger ; cette 
eau attaquera ainsi successivement 
trois ou quatre espèces dégels : par 
exemple, l'eau saturée de sel com- 
mun, dissoudra encore du nitre et du 
set ammoniac. 

2°. L'eau dissout non-seulement 
les sels dont la propriété essentielle 
est d'être soluble dans ce meiistrue , 
mais encore les corps les plus lourds 
ôj les plus compacts , tels que les mé- 
taux, lorsque, par certains procédés, 
ils sont réduits à 1 état salin , ctalors 
ils peuvent êtrc^i intimement dissouts 
par l'eau , qu'ils y restent suspendus. 
3°. Elle dissout également tous 
les corps savonneux formés par la 
combinaison des sels alkalins et des 
corps gras ; ces composés sont bien 
des substances salines , mais non de 
vrais sels. L'huile par elle-même n'est 
pas dissolvable dans l'eau , mais elle 



EAU 
le devient par l'intermède du sel qui 
lui est intimement uni. 

Touaes les humeurs des corps ani- 
més ont également des propriétés sa- 
lines 3 quoiqu'aucune ne soit un vé- 
ritable sel ; on peut en dire autant des 
sucs des végétaux , excepté des hui- 
les, qui tous se dissolvent dans l'eau, 

4°. L'eau attaque le verre même, 
car s'il est fondu avec le sel de tartre , 
il peut être dissout dans l'eau. 

Les sels sont les instrumens actifs 
de la nature; mais ils n'agissent qu'au- 
tant que leurs parties sont complct- 
temcntdivisées par l'eauou pjr le feu. 

5 ". L'eau dissout tous les corps 
gommeux , qui different essenticlic- 
mcnt des résines par cette propriété; 
non-seulement l'eau n'attaque point 
les corps gras et huileux , mais elle 
semble encore les rejeter & les re- 
pousser avec violence ; si on jette 
cent gouttes d'huile dans l'eau , tou- 
tes ces gouttes , qui d'abord étoient 
entièrement séparées les unes des 
autres , se réunissent bientôt , et se 
dégagent entièrement de l'eau ; de 
n-saniere qu'il semble qu'il y ait quel- 
que répulsion entre l'eau et l'huile , 
et quciqu'attraction entre les parti- 
cules d'eau, aussi- bien qu'entre celles 
de l'huile. 

Ajoutez que l'eau semble rcjetcc 
tous les corps oléagineux , gras , et 
dans lesquels l'huile domine, et que 
c'est pour cela aussi que les parties 
grasses des corps des animaux ne sont - 
pas dissoutes, et qu'elles se rassem- 



EAU 

blcntdansIetissiicelUilaircdcIapcad. 

L'eau ne dissout pas non plus le 
soufre , qui n'éprouve aucune altera- 
tion en le faisant bouillir long-tcms 
dans l'eau. 

Elle n'a cî^alcment aucune action 
sur les corps terreux , comme nous le 
voyons dans les tuiles. 

Cependant l'eau mêlée avec ties 
sels alkalins dissout l'huile ; ainsi , 
quoique l'eau pure versée sur de la 
laine grasse la repousse , et ne con- 
tribue pas du tout à la nctoyer , ce- 
pendant faites-y dissoudre un sel lixi- 
viel un peu actif , elle se chargera 
facilement de toutes les parties gras- 
ses qu'elle rencontrera ; c'est par ce 
moyen qu'on lave les draps de laine, 
car l'eau seul ne produiroit aucun 
etFct. L'eau de mer , avec tous ses 
sels , n'effacera jamais une tache 
d'huile ou de graisse ; mais comme 
l'urine putréfiée contient une grande 
quantité de sels alkalins , on s'en 
sert avec succès pour laver et fouler 
les draps. Enfin, l'eau ne'dissout pas 
la résine , parce que les résines ne 
sont autre chose qu'une huile con- 
centrée et épaissie. 

Après avoir traité ainsi phyfique- 
nient des propriétés de l'eau , je vais 
la considérer sous un autre point de 
vue, c'est-à-dire , relativement à l'a- 
griculture et à l'agrément qu'elle 
peut procurer dans les jardins , lors- 
qu'elle s'y trouve abondamment , et 
qu'elle est distribuée avec goût. 

L'eau est absolurnent nécessaire 



E v\ U ;i i< 

dans les Jardins potagers , car sans 
elle il n'y a aucune prcduttion à espé- 
rer; c'est pourquoi , dans les lieux où 
l'on ne peut pas avoir assez d'eau 
pour y former des bassins ou des ré- 
servoirs , il fiut y creuser des puits ; 
et lorsque l'eau se trouve à une pro- 
fondeur trop considérable pour 
qu'on puisse la faire monter avccdcs- 
pompes , on invente quelqu'autre 
machine , ou on la tire à bras ; mais 
dans des endroits si mal situés , et 
qui exigent trop d'art pour se pro- 
curer de l'eau, il n'est gucres possi- 
ble d'y établir des jardins potagers ; 
caralorsla nécessité d'y avoir sans- 
cesse de l'eau , exigeroit une grande 
dépense , et le produit seroit peu de' 
chose, sur-tout si le terrcin est scc,et 
par conséquent de mauvaise ouaHié.- 
Quand les jardins potagers n'ont 
point d'autre eau que l'eau de puits ,, 
il faut y pratiquer de grandes citer-- 
nés , dans lesquelles on jettera cette 
eau pour l'exposer au soleil et à l'air 
avant de s'en servir ;car sa crudité,, 
lorsqu'elle vient d'être tirée, est très- 
nuisible aux végétaux.- S'il y a dans' 
le voisinage des jardins , quelqu'é-- 
tang d'où l'on puisse tirer l'eau , elle 
sera de beaucoup préféiablc à toute' 
autre ; après celle-ci vient l'eau de 
riviere , sur-tout de celles qui cou- 
lent près ou à travers de quelques 
grandes villes , qui sera engraissée 
par les immondices qu'on y jette : 
mais l'eau de quelques rivieres clai- 
res et limpides est j aussi dure eue 



ii3 



EAU 

celle des grandes sources qnipasscnt 
sur le gravier et le sable ; les sources 
qui sortent de la craie sont généra- 
lement plus douces. 

Si on peut avoir de la bonne eau 
en quantité dans le voisinage , on 
creusera plusieurs bassins dans les 
différentes pardes du jardin, pour que 
leau y soit par-tout à portée , car 
lorsqu'on est obligé de la transpor- 
ter à une grande distance , cette 
opération devient très-pénible , et 
les plantes en soulfrcnt ordinaire- 
ment , à moins qu'on ne veille de 
près les ouvriers,qui sont habitués à 
faire leur ouvrage avec négligence , 
lorsqu'il leur donne un peu de peine. 
La largeur des bassins doit être pro- 
portionnée à la quantité d'eau qu'on 
peut se procurer , ou dont on a be- 
soin rmais il ne Faut pas qu'ils aient 
plus de quatre pieds de profondeur; 
car, s'ils sont plus profonds, il y a à 
craindre que quelques personnes ne 
s'y noyent ; d'ailleurs, la trop grande 
profondeur de l'eau l'empêche d'être 
aussi aisément échauffée par le soleil. 

La manière de construire ces bas- 
sins diffère suivant la nature du 
sol: dans un terrein léger et sabion- 
neux , on doit les revêtir de terre 
•»irgi]leuse,dc manière qu'ils puissent 
contenir l'eau ; mais si le sol est 
d'une nature forte , ces bassins sont 
très-faciles à fiiie , et ils n'exigent 
qu'un pareaicnt de terre glaise très- 
mince -, dans les terres légères on 
fj.onne à ce revêtement au moins 



EAU 
deux pieds d'épaisseur au fond , et 
un pied et demi sur les côtés; la terre 
qu'on emploie pour, cela doit être 
bien travaillée auparavant , et exac- 
tement paitrie. Cette terre n'est bon- 
ne qu'autant qu'elle est bien serrée , 
sans aucun melanc^e de sable, tenace 
et grasse ; quant à sa couleur , il est 
indifferent qu'elle soit verte , bleue 
ou rouge: mais avant de la préparer, 
il hint que le bassin soit creusé , et 
qu'on lui ait donné sa forme ; car si 
elle reste trop long-tcms exposée au 
îoleil ou à l'air , elle ne vaudra plus 
rien, sur- tout si elle n'a pas été mise 
en un seul monceau. 

La meilleure saison de l'année 
pour faire ces bassins, est l'automne, 
lorsque le soleil commence à baisser 
et que la chaleur est tempérée ; au 
printems les vents d'est et de nord- 
est soufflent généralement, et sont 
trop dcsséchans; en sorte que, si on 
n'a pas soin de couvrir les murailles à 
mesure qu'on avance, il se forme des 
crevasses qui s'élargissent peu-à-peu, 
etdonnenr passage à l'e.iu: le même 
inconvénient a lieu pendant les cha- 
leur de l'été ; car lorsque la terre 
forte se dessèche trop vite , il est 
difficile et même impossible de 
prévenir ces gerçures : si cette mu- 
raille de terre est mal faite des le 
commencement, on ne peut la répa- 
rer dans la suite, parce qu'il est très- 
difficile de trouver l'endroit défec- 
tueux , à moins d'examiner avec atten- 
tion toutes les parties du revêtement^ 



EAU 

Quand on a creusé le bassin , 
qu'on a nivelé le fond , et qu'on l'a 
nctoyé de manière qu'il n'y reste 
ni boue ni petites pierres , on y jette 
la terre fortCjOn l'arrange avec beau- 
coup de soin, et on l'arrose à mesure 
qu on la presse avec les pieds nuds ; 
on la serre ensuite fortement avec 
une dame , et aussi également qu'il 
est possible ; car s'il resioit quelqu' en- 
droit foible , il seroit à craindre que 
l'eau ne se forçât un passage à tra- 
vers. Quand le fond est ainsi cou- 
vert , on y place un lit de gros 
gravier de quatre ou cinq pouces 
d'épaisseur , pour conserver l'eau 
claire ; mais quand les bassins sont 
grands , et qu'il faut beaucoup de 
tems pour élever les murailles, on 
les couvre à mesure avec de la litière 
humide, pour les empêcher- de se 
dessécher; on ôte cette litière quand 
tout est fini, on y répand le gravier, 
•t on y fait entrer l'eau aussi- tôt , 
pour empêcher la terre de se gercer: 
les murs de côté doivent être cons- 
truits' avec le même soin que le 
fond , et en employant les mêmes 
précautions. 

On couvre ensuite de gazon le 
sommet des murs de côté , pour 
les empêcher de se détériorer , et 
les garantir des rayons penetrans du 
soleil ; mais avant le gazon on met 
dessus quatre à cinq pouces de sable , 
et sur ce sable un peu de bonne 
terre, afin que l'herbe puisse pousser 
plus facilement des racines : cette 



EAU 



119 



couche de sable empêche l'herbe de 
pénétrer jusqu'à la terre forte , et la 
met aussi à l'abri de la gelée : sans 
cette précaution , elle est sujette à se 
fendre en plusieurs endroits. Le ga- 
zon doit se trouver à fleur d'eau , 
afin qu'aucune partie de la glaise ne 
soir exposée aux injures du tems. 

Il ne faut point planter d'arbres 
dans le voisinage de ces bassins , car 
leurs racines pénétreroient à travers 
la terre forte, et y formeroient des 
ouvertures à travers lesquelles l'eau 
s'echapperoit; d'ailleurs les secousses 
que les vents leur donnent , déran- 
gent ordinairement la terre et y 
produisent des fentes. 

Dans les pays ovi la terre glaise 
est rare , on construit ces murailles 
de revêtement , avec de la craie 
pulvérisée , dont on fait une espèce 
de mortier , qu'on travaille jusqu'à 
ce qu'il soir dur et très-ferme. Ces 
bassins contiennent fort bien l'eau , 
quand on peut avoir une quantité 
suffisante de craie pour les cons- 
truire assez promptcment pour 
qu'ils ne soient pas trop long-tems 
exposés au soleil et au vent ; car les 
fentes qui s'y forment, pénètrent or- 
dinairement toute l'épaisseur de la 
muraille. 

D'autres bâtissent leurs murs en 
briques posées en forme de terrasse ; 
cette méthode est très-bonne pour 
les endroits où la terre est légère et 
sablonneuse, parce que les murailles, 
une fois élevées, retiennent la terre 



no EAU EAU 

et l'empêchent de tomber. Lorsqu'on tout quand les bassins sont grands, 

bâtit ces terrasses, i! ne i^aut pas les qne le vent agite la surface de l'eau 

laisser exposées long-tcms à l'air, ce la chasse en vagues contre Jes 

car la chaleur les foi: crever. bords ; on prévient aussi cet acci- 

On fait encore un ciment avec dent, en donnant une pente douce 
deux tiers de tuile pulvérisée , et aux murailles de revêtement, 
un tiers de chaux ; mais il faut avoir Ces instructions n'ont rapport 
attention de ne pas y mettre trop qu'aux bassins destinés à contenir 
d'eau , et de le bien battre : on lormc l'eau nécessaire pour les arrosemens; 
avec ce ciment un enduit de deux nia's elles ne peuvent convenir aux 
pouces d'épaisseur sur la muraille , grandes pieces d'eau creusées pour 
on l'unit bien , et on fait en sorte l'ornement des jardins , si la terre 
qu'il ne contienne ni paille , ni est Légère et sablonneuse , parce que 
pierres , ni fragmens de bois ; on la dépense que cette construction 
fait cette opération dans un tems occasionneroit , seroit très-considé- 
sec ; et lorsqu'elle est achevée , on rable ; on ne peut gueres pratiquer 
frotte cet endroit avec de l'huile ou de ces sortes de bassins , que dans 
du sang de jeune bœuf, et on y fait des lieux où la terre est assez forte 
entrer l'eau , qui a la propriété de pour contenir l'eau sans aucun re- 
le durcir, au point qu'il devient vêtement , et où l'eau est très-abon- 
aussi solide que la pierre, et qu'il dante. Comme ces bassins sont très- 
dure aussi long- tems. agréables, et qu'ils forment un des 

Quels que soient les matériaux plus grands ornemcns des habita- 

qu'on emploie dans la construe- tions de la campagne , je vais doii^ 

tion de ces bassins, il faut leur ner quelques préceptes sur la manière 

donner assez de force pour soutenir de les construire, 

le poids de l'eau; ainsi, quand la Dans les endroits où l'on a des 

terre dans laquelle ces bassins sont eaux courantes en abondance , les 

creusés n'a pas beaucoup de solidité, amas qu'on en forme sont toujours 

les murailles doivent être plus épais- plus agréables , parce qu'elles sont 

ses et soutenues par des arcboutants plus claires et plus limpides que les 

construits avec les mêmes matériaux eaux stagnantes ; d'ailleurs si elles 

et placés de distance en distance ; coulent avec quelques dégrés de 

ou si ces murs sont bâtis en terre vitesse , on peut ménager deux ou 

forte , on se sert de fortes planches trois chûtes ou cascades qui aug- 

qu'on soutient par des piquets pour menteront l'agrément : en condui- 

appuyer la terre , sans quoi il seroit sant cette eau , il faut prendre exac- 

à craindre qu'elle ne s'éboulât, sur- temcnt le niveau du tcrreni; car le 

grand 



EAU ^ ^ EAU m 

gand arc esc de s cpargncr la dé- imaginer facHcmcnc que ce qui ne 

pense de creuser : quand le tcrroin paroît point s'crcnd à une grande 

est naturellement bas , il faut y con- distance : c'eft ainsi que des pieces 

duire l'eau , et jamais n'entrcpren- d'eau assez petites, mais ménagées 

dre d'en élever les bords , parce avec art , peuvent paroitre trcs- 

qu'alors on ne pourroit plus voir considérables. 
l'eau d'une certaine distance , à On formoit autrefois des bassins 

moins que le bassin ne soit très- réguliers pour répondre à des al- 

large : il faut donc donner à ces lécs droites ou à des arbres plantés 

bords une pente aussi douce qu il symmétriquemcnt ; mais cette mc- 

est possible , et éviter avec soin de thode est aujourd'hui abandonnée , 

les tailler à angles réguliers, comme et on cherche dans la disposition 

on le pratique ordinairement; car d'un jardin à se rapprocher, au- 

ccs pentes régulières sont beaucoup tant qu'il est possible , de la na- 

nioins agréables que celles qui sont turc; en suivant cette marche dans 

à peine sensibles , et sur lesquelles la distribution des eaux , on forme 

l'œil glisse jusqu'à l'eau , sans rcn- de grands bassins irréguliers dans 

contrer aucun obstacle qui arrête les lieux les plus bas , et on les y 

la vue ; de manière que dans un conduit par des pentes naturelles ; 

petit éloigncment, ces pentes dou- non-seulement on évite par-là des 

ces ne paroisscnt point. Comme dépenses considérables, mais on ga- 

l'habileté de l'Artiste consiste à faire gne beaucoup du côté de l'agrc- 

paroître la masse d'eau plus éten- ment : on peut laisser à ces eaux 

due qu'elle n'est réellement , en la liberté de s'étendre encore plus 

ménageant ses contours avec intcl- loin dans des lieux étroits &: pro- 

ligence ; on doit éviter de donner fonds , plutôt que de les contenir 

à ces bassins une forme régulière , par des digues dispendieuses à éle- 

comme ceux qu'on voit dans quel- ver : on pev.t remarquer que, lors- 

ques anciens jardins , qui sont en qu'on fiit de grandes dépenses pour 

quarrés longs , ronds , ou de figure construire de grands talus , l'effet 

polygone, parce qu'on en voit tous que tout cela produit est infiniment 

les bords d'un seul coup d'œil , et moins agréable que lorsqu'on s'est 

qu'ils sont bien moins agréables , attaché à copier la nature : il n'y 

quelque grands qu'ils soient , que a rien d'ailleurs de si ridicule que 

ceux qui sont conduits de façon qu'ils ces bords qui s'élèvent quelquefois 

ne peuvent pas être apperçus en en- à la hauteur de six ou huit pieds , 

tier sous un seul point de vue , mais et qui ôtent la vue de l'eau à ceux 

dont les contours aisés et doux , font qui se trouvent de ce côté-là. Cc« 
Tme III. Q 



I - 1 EAU 

■ digues sont encore pins absurdes 
lorsqu'elles font face à la maison 
ou à quelqu'enùroit principal du 
jardin, comme ou le voit quelque- 
fois. 

Depuis que le gout a changé 
dans rarrangcmeiir des jardins , et 
qu'on a adopté une méthode plus 
naturelle , on a fait de grands pro- 
grès dans la distribution des eaux 
destinées à orner les maisons de 
campagne ■■, mais bien des person- 
nes, voulant imiter ces ouvrages, 
se sont souvent trompées autant en 
faisant faire des tours et des dé- 
tours forcés à leurs eaux, qu'autre- 
fois en les conduisant par des lignes 
droites et régulières ; c'est ce qu'on 
voit souvent dans les jardins où l'on 
a voulu imiter une riviere : on ap- 
pcrçoit avec surprise i\n petit cou- 
rant d'eau décrire une multitude 
de détours et de cercles d'un air si 
gcné et si étudié, que l'efiét en est 
désagréable à toute personne de 
bon goiit, et il en est de même 
de toutes les autres figures tracées 
et étudiées : d'ailleurs , toutes- ces 
pieces d'eau régulières pèchent en 
ce qu'elles ont par- tout la même 
largeur , tandis que le principal 
agrément de ces sortes de bassins , 
consiste à voir l'eau s'étendre en 
quelques endroits, et à se resserrer 
dans d'autres : en général , on exé- 
cute ces pieces avec bien moins de 
dépense que les aivtres , quand on 
s'est bien mis au fait de la position 



EAU 

naturelle du terrcin ; ce qu'il faut 
faire avec le plus grand soin avant 
d'entreprendre aucun ouvrage de 
cette espèce , faute de quoi on es,t 
dans le cas de se repentir d'avoir 
fait beaucoup de dépense. 

Il y a encore une chose essen- 
tielle à remarquer en creusant ces 
pieces d'eau, c'est de ne pas les faire 
trop voisines des habitations , parce 
qu'elles pourroient les rendre mal 
saines, et causer beaucoup de domn 
mage aux meubles, par l'humidité 
que les vapeurs qui s'en élèvent 
pourroient occasionner, sur - tout 
lorsque les vents les chassent-direc- 
tcmcnt contre la maison .-il vaut 
donc mieux aller chercher l'eau un 
peu plus loin , que de s'exposer à cet 
inconvénient. Il faut aussi avoir soia 
que l'eau ne soit pas de niveau avec 
la maison , parce qu'elle filtre tou- 
jours assez à travers les couches de 
terre , pour occasionner une. moi- 
teur pernicieuse dans le bas de l'ha- 
bitation , et même dans les étages 
supérieurs. 

Quand le jardin n'est pas assez 
heureusement situé pour qu'on y 
ait toujours des eaux vives et cou- 
rantes, et qu'on ne peut s'en procu- 
rer qu'en les tirant d'un étang ou 
de quelque réservoir voisia , il Qst 
encore possible d'avoir de belles 
eaiTX, soit pour l'usage , soit pour 
l'ornement , sur - tout quand elles 
sont abondantes; mais si elles sort 
rares , il vaut mieux diminuer le 



EAU E B E 115 

plan des jardins , que de creuser de diiiscnt à travers ces arbres par des 

iarges bassins qui restent vuides pen- décoLirs aisés , et qu'elle paroisse 

■dant les sécheresses, qui est le tcms s'étendre encore plus loin, et aller 

où l'eau est le plus nécessaire pour se jeter à quelque distance dans 

i 'usage et pour l'agrément. up. plus gros volume d'e.iu. Le grand 

Quand on a peu d'eau , il faut art consiste donc à rendre ces pie- 
prariquer de grands réservoirs, dans ces aussi naturelles qu'il est possi- 
lesquels l'eau des collines et des éîé- blc; mais plus l'art sera caché, plus 
varions puisse se rassembler et ser- elles seront agréables et estimées 
vir de supplément dans les tems par les personnes de bon goût. 
-de sécheresse. Lorsque ces réser- 
voirs sont considérables , ils con- ÉBCNIER. royei Eb^nus. 
tiennent assez d'eau pour l'usage 

de la maison et du jardin , mais ils ÉBÉNÎER DE MONTAGNE, 

en fournissent trop peu pour l'orne f^oye^ BauhiniA- 
ment; ainsi il ne faut pas essayer 

de faire des pieces d'eau dans de EBENIER faux , eu CYTISE, 

pareilles situations. ^oj^î Cytisus laburnum. 

Comme l'eau ne paroît jamais 

avec plus d'avantage que dans le EBENUS. Lin. Gen. Nov. Barba 

voisinage des bois , en dessinant Jovis. Tourn. Inst. R, H. t. 4 19; 

une piece d'eau , il faut la conduire Ebénier. 

auprès des plantations , afin que le Caractères. Le calice de la fleur 
contraste des arbres et de l'eau pa- est formé par une feuille divisée sur 
roisse aussi partaitciriait qu'il est ses bords en cinq segmens aigus : 
possible , et qu'on puisse appercevoir la fleur est papilionnacée ; l'étendard 
i'eau à travers la verdure. Si on est obtus et réfléchi; les aîlcs sont 
veut terminer ces bassins, et em- égaies , aussi longues que l'étcn- 
pccher que l'eau ne se répande plus dard , larges et rondes ; la carène 
loin , il faut , autant qu'on le peut, est plus courte et se tourne vers 
masquer ses digues par des planta- le haut : cette fleur a dix étami- 
tions serré-cs d'arbres toujours verds: nés , dont neui sont jointes et l'au- 
on peut garnir le devant de ces tre séparée, et qui sont toutes ter- 
plantations avec des saules de Ba- minées par des sommets simples, 
bylone, ou des aulnes placés très- Dans son fond est situé un germe 
près les uns des autres sur les bords oblong, qui soutient un style érigé 
de la piece, de manière que leurs et surmonté par un stigmat simple; 
branches pendent sur l'eau , la con- il se change ensuite -en un légume 

Q ^ 



Iî4 E B E 

oblong et gonflé , qui s'ouvre en deux 
valves , et renferme trois ou quatre 
semences en forme de rein. 

Cette espèce diffère des Trlfo- 
Hum par les brachtces qui sont pla- 
cées entre les fleurs et l'épi. 

Ce genre de pl.mte est rangé 
dans la troisième section de la dix- 
scptiemc classe de LinnÉE , inti- 
tulée .• Dïaddphïe décandrïe , qui 
comprend celles dont les fleurs 
ont dix étamincs séparées en deux 
corps. 

Nous n'avons qu'une espèce de 
ce genre , qui est : 

L'Ehenus Cretica. Lin. Sp. Plant. 
1076. Ed. 3; Ébéni<;r. 

Barba Jovis Lagopoides j, Cretica, 
frutescens j incana jfiore spicato pur- 
purea amplo. Brcyn. Prod, 1 ; Barbe 
de Jupiter , Pied de lièvre de Crète , 
en arbrisseau, à feuilles velues et 
à grosses fleurs pourpre disposées 
en épis. 

Trifoiium spicis ovatis villosis j 
caule fruticoso. Roy. Lugd.-B. ^8o. 

Anthillis fruticosa j foliolis ternatis 
ce quinatis ■) lanceolatis 3 tomentosis. 
Sauv. Met h. 237. 

Cytisus incanus Creticus. Bauh. 
Pin. 390. 

Barba Jovis Cytisi folio , flore 
Tubello. Barr. rar. 1389. t. 377. 
et 913. 

Loto affinis alata , folio et facie 
pentaphylioidis jruticosi j florihus in 
spicam longiorem posais, Pluk. Aim. 
117. t. 67. / 5. 



E B E 

Cette plante croît naturellement 
en Candie et dans quelques Ifles 
de l'Archipel ; elle s'élève à la hau- 
teur de trois ou quatre pieds , avec 
une tige d'arbrisseau qui pousse à 
chaque nœud plusieurs branches 
garnies de feuilles blanches , com- 
posées de cinq lobes étroits , en 
forme de lance , joints par leur 
base au pétiole , et étendus en de- 
hors comme les doigts d'une main: 
ces branches sont terminées par 
des épis de grosses fleurs pourpres 
papilionnacées, et semblables à celles 
des Pois; ces épis, dont la longueur 
est de deux ou trois pouces , ont 
une très-belle apparence, sur-tout 
quand les plantes sont fortes , et 
qu'il s'en trouve plusieurs sur la 
même : cette espèce fleurit en Juin 
et en Juillet , et dans les années 
très- chaudes elle perfectionne ses 
semences en Ançrlcterre, 

On multiplie cette plante par 
ses graines , qu'on seme dans des 
pots en automne , parce qu'elles 
manquent souvent quand elles ne 
sont mises en terre qu'au printems ; 
on place ces pots en hiver, sous un 
châssis où elles puissent être à l'abri 
de la gelée : au printems , les plan- 
tes pousseront; alors on les tiendra 
nettes , et on les arrosera de tems 
en tems : quand elles auront acquis 
assez de force pour être enlevées , 
on les plantera séparément dans de 
petits pots remplis de terre légère, 
on les plongera dam une couche 



E C H 
de chaleur modérée, pour leur faire 
pousser de nouvelles racirics , et on 
les accoutumera ensuite par dé^rcs 
à supporter le plein air , auquel on 
doit les exposer tout-à-iait à Li fia 
du mois de Mai , en les plaçant 
dans un lieu abrité, où on les lais- 
sera jusqu'en automne , pour les 
remettre alors à couvert , parce 
qu'elles ne supportent pas le plein 
air pendant l'hiver; mais il ne laut 
cependant pas les traiter trop dé- 
licatement, de peur qu'elles ne filent 
et ne s'affoiblissent : l'expérience 
m'a prouvé qu'elles réussissent mieux 
en hiver , dans une caisse de vi- 
trages , airée et sans teu , que dans 
l'ora'.igerie ; parce que dans cette 
situation elles jouissent davantage 
du soleil et de 1 air ; on les arrose 
légèrement durant cette saison , 
mais souvent en été : quant aux 
autres soins que cette plante exige , 
ils sont les mêmes que ceux qu'on 
donne aux autres espèces exotiques 
dures , parmi lesquelles celle-ci fera 
une belle variété. 

EBULUS. Voyei SambucUS 
Ebulus. 

ÉCHALOTTE. Foyq CiPA As- 

CALONICA. 

ÉCHELLE DE JACOB , ou VA- 
LERIANE GRECQUE. Foyei Po- 
LEMONIUM. L. 



E C H li^ 

ECHINOMELOCACTUS. Foyci 
Cactus 2\ïilocacti.-s. L. 

ECHINOi'E , ou la BOULETTE. 
J^oyc^ E C H 1 N O P S S 1' II <3.K O C L- 
1 H A L U S. L. 

ECHINOPHORA. Lin. Gen. 
Plant. %^%. Tourn.Inst. R. H. 6c 6. 
r. 423 ; (de '^x^'s , hérisson, et <pifai, 
gr. porter ). Panais épineux. 

Caractères. La plante a des fleurs 
en ombelle ; l'ombelle générale est 
composée de plusieurs petites , dont 
l'interniédiaire est la plus courte; 
l'enveloppe de l'ombelle générale 
est terminée par des épines aigucs ; 
celles des rayons sont turbinées , et 
formées par une feuille découpée en 
six parties égales , avec des pointes 
aiguës ; le périanthe est divisé en 
cinq parties, et posté sur le germe; 
l'ombelle générale est uniforme : les 
fleurs ont cinq pétales inégaux et 
entièrement ouverts, et cinq éta- 
mines terminées par des sommets 
ronds : sous le périanthe est placé , 
en - dedans du calice, un germe 
oblong et surfuonté par un stigmat 
simple ; ce germe se change dans la 
suite en deux semences renfermées 
dans le calice. 

Les plantes de ce genre sont ran- 
gées dans la seconde section de 
la cinquième classe de LinnÉe, 
qui a pour titre : Pentandrie digy- 
nïe j avec celles dont les fleurs ont 
cinq étamines et deux styles. 



izû E C H 

Les espèces sont : 

î °. Echinophora spincsa j foUoIis 
subulato - spinosisj integerrlmis. Lin. 
Sp. Plant. 344; Panais à tête pi- 
-quaote et à feuilles épineuses, en- 
tières et en terme d'^ilène. 

Caucalis caidc llgnoso j folioUs 
suhu/iiio-spinosis j incdgerrimis. Roy. 
Lugd.-B. c)6. Sdu-v. Monsp. 258. 

Echinophora maritima svuiosa. 
Tourn. Inst. 6')6 ; Panais maritime 
«pineux, ou Porte-hérisson. 

Crithmum spinosum. Dod. Panpi. 

1°. Echinophora tenui-folia j fo- 

liolis incisLS inermibus. Lin. Sp. Plant. 

344; Panais à t:cte épineuse, donc 

les petites feuilles sont découpées et 

;sans épines- 

Caucalis caule lignoso j foliis in- 
CLsis. Roy. Lugd.-B. c)6. 

2°. Echinophora Pastinacit folio. 
Tourn. Inst. (35 6 ; Panais à tête épi- 
neuse et à feuilles de Carotte. 

Pasiinaca. Echinophora Apula. 
Colomu. Ecphr. \. p. 98.?. I O l . 

Spinosa. Ces plantes croissent na- 
turellement sur les côtes de la Mé- 
diterranée ; on les conserve dans les 
.jardins de Botanique pour la variété ; 
jcUes ofit toutes deux des racines vi- 
vaces et rempantes : la premiere a 
-des tiges bxanchucs, longues de cinq 
^u six pouces , et garnies xle feuilles 
courtes , épaisses , terminées en deux 
ou trois épines aiguës , et placées par 
paires opposées : ses fleurs croissent 
placées en ombelle, soutenues sur des 



E C H 

pédoncules nuds qui s'élèvent sur le 
côté de la tige : elles sont blanches , 
et sous rombelle se trouve une 
enveloppe composée de plusieurs 
feuilles terminées par des épines 
aiguës. Cette plante fleurit en Juini 
mais ses semences mûrissent rare- 
ment dans ce pays. 

Tenui-fclia. La seconde espèce s'é- 
leve à la haiu:eur d'un pied et Jemiî 
de chaque nœud cie sa tige princi- 
pale, sortait deux branches latérales 
opposées; sa partie basse est garnie 
de feuilles joliment divisées comme 
celles des Carottes -, les fleurs qui 
croissent en petites ombelles aux ex- 
trémités des branches , ont une en- 
veloppe courte et épineuse : elles 
paroisscnt en Juillet ; mais leurs se- 
mences ne mûrissent point en An- 
gleterre. 

On multiplie ces plantes au 
riaoyen de leurs racines rempantes, 
parce qu'elles ne produisent point 
de graines dans notre climat ; on les 
transplante vers le commencement 
de Mars , un peu avant qu'elles ne 
poussent, dans un sol graveleux ou 
sablonneux , et à une exposition 
chaude , sans quoi il seroit néces^ 
saire de les couvrir en hiver pour 
empêcher la gelée de les détruire. 

ECHINOPS. Lin. Gen. Plant. 
819 j Echinopus. Tourn. Inst. R. H. 
i. 4<j3 ; Cliardon globulaire, la 
Boulette, ou l'Echinope. 

Caractères. Les pkntes de ce genre 



E C H 

ont un périanche p(irsiscant, oblong, 
angulaire et imbriqué ; un pctalc 
en forme d'entonnoir, divisé sur ses 
bords en cinq parties entièrement 
ouvertes et rétiéchiesi. cinq étaniincs 
courtes, velues , et terminées paj: des 
sommets cylindriques ,. et dans le 
fond du tube, un germe oblong qui 
soutient un style mince aussi long 
que le tube , et couronne par deux 
stigmats oblongs , enfoncés , et tour- 
nés en arrière : ce çerme se chan?js 
ensuite ea une semence oblongue et 
ovale, rétrécie à la base, mais obtuse 
et velue au sommet. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la premiere section de la dix- 
septieme classe de LinnÉE , inti- 
tulée : Syngéncsie y Polygamie égale. 
Cette section renferme les plantes 
qui ont seulement des fleurettes ha- 
maphrodites fructueuses. 

Les espèces sont r 

1°, Ech'uiops sphitrocephaîus j ca- 
pitulis globosis j foliis pubescentibus. 
Lin. S p. Plant. I3. 14;. Scop. Cam. 
Ed. 2 . n. 935 ; Echinope à tête 
globulaire et à feuilles velues. 

Echinopus major. J. B. 3 . p. 6<} j 
l'Echinope ou la Boulette. 

Carduus sph^rocephalus ^ lati-foUus 
vulgaris. Bauh. Pin. 3 8 I . 

Chalcepos. Dalech. hist. I480. 

2°. Echinops RitrOj capitula glo- 
hoso 3 foliis suprà glabris. Lin. Sp. 
Plant. 13 14. Scop. Cam. 2, «; 994; 
Echinope à tête globulaire, et dont 
les feuilles sont unies en-dessus. 



E C H x^.'7 

Carduus sphdrocephalus j e£ruleus- 
minor. Bauh. Pin. 381.- 

Ritro fioribus c&ruleis. Lob. le. i„ 

p. 8. 

Crocodylium Monspeliensium. Da^ 
kch. Hist. 14.-/ 6. 

EcJiinopus minor. J. B. J,. p. 7 2'. 

3°. Echinops strigosus j capitulis= 
fasciculatisj calycibus lateralihus ste- 
rilibus _, foliis supra strigosis. Lin. Sp^ 
Plant. 1315. Lœfl. Hisp. 1 5 9 ; 
Echinope avec des tctes gkibulaires- 
en paquets, des calices stcnlcs, et dos 
feuilles ailées et pointues. 

Echinopus minor annuus j magno' 
capite. Toum. Ins t. 463. 

Carduus tomentosus _, capitula ma-- 
jori. Bauh. Pin. 382. 
~ Scabiosa CarduifoUa annua. Herrft.- 
Par. 224. r. 2 24. 

Spina alba. Lob. le. i. p- 9. 

4°. Echinops Gr£cus ^ caule uni-'- 
capitato ^ foliis spinosis ^ omnibus- 
pinnati-fidis villosisj radice repta- 
trice j Echinope ayant une tête sur- 
chaque tige, des feuilles piquantes,, 
dont les aîles sont pointues et velues,, 
et une racine rempante. 

Echinopus- Crocus j tenuissimè di-- 
visus et lanuginosus j capite minori 
c&lureo. Tour. Cor. 34; Chardon 
globulaire de Grèce, dont les feuilles- 
sont divisées en segmens étroits et' 
laineux, avec une petite tête bleue. 
Sphtrocephalus. La premiere espèce 
zit l'Echinope commune, qui a été 
long-temps cultivée dan.< quelques 
jardins pour la variété j elle croît 



iti Ë c lï 

naturellement en Italie et en Espa- 
gne i de sa racine vivacc sortent 
plusieurs tiges qui s'élevcnt à la 
liautcur de quatre ou ciix] pieds , et 
sont garnies de feuille"; longues, den- 
telées et diviîccs en plusietirs scg- 
mens , p'csque jusqu'à la côte du 
milieu ; ces feuilles sont d'un vert 
foncé en-dessus , laineuses en- des- 
sous, et chacune de leurs dentelures 
est terminée par une épine : ses 
fleurs sont rassemblées en tctcs glo- 
bulaires, dont plusieurs sortent sur 
chaque tige ; l'espèce commune a 
des fleurs bleues ; mais on en con- 
noît aussi une variété à fleurs blan- 
ches : elle fleurit en Juillet , et ses 
semences mûrissent en Août. 

On multiplie facilement cette es- 
pèce par SCS graines , qui produiront 
un grand nombre de plantes , si on 
leur permet de s'écarter; on peut en 
placer quelques-unes dans le lieu 
où elles doivent fleurir , et elles 
n'exigeront aucune autre culture 
que d'être tenues constamment 
nettes ; elles fleuriront dans la se- 
conde année , et produiront des 
semences ; leurs racines peuvent 
subsister encore deux ou trois ans 
après : si l'on donne à leurs graines 
le tems de se répandre, ces plantes 
se multiplieront beaucoup, et de- 
viendront fort embarrassantes; mais 
on pourra aisément prévenir cet 
inconvénient , en coupant leurs tètes 
gussi-tôt que leurs sçmenccs sont 



E C H 

Ruro. La seconde , cjui se trouve 
dans la France méridionale et en 
Italie , a une racine vivace et rem- 
pante, de laquelle sortent plusieurs 
tiges fortes, hautes de deux pieds, et 
garnies de feuilles découpées, jusqu'à 
la côte du milieu, en plusieurs beaux 
scgmens armes de piquants , et blancs 
en-dessous : ces tiges poussent vers 
leur sommet quelques branches : 
dont chacune est terminée par une 
tête globulaire de fleurs plus petites 
que celles de la premiere , et d'un 
bleu plus foncé; cette espèce offre 
aussi une variété à fleurs blanches; 
elle fleurit vers le même tems que la 
premiere, et on la mukiplie de la 
même manière. Ces deux espèces 
croissent dans tous les sols et à toutes 
les expositions. 

Strigosus, La troisième est ori- 
ginaire de TEspagne et du Portugal : 
cette plante est annuelle et s'élève 
à la hauteur de deux pieds avec une 
tige roide , blanche , et garnie de 
feuilles divisées et terminées en plu- 
sieurs peintes armées d'épines; la 
surface supérieure de ces feuilles est 
verte et couverte de poils bruns , et 
leur dessous est blanc et laineux ; la 
tige est terminée par une grosse tête 
de fleurs d'un bleu pâle, qui parois- 
sent dans le mois de Juillet , et qui 
donnent des semences mûres en au- 
tomne dans les années chaudes; mais 
quand elles sont froides et humides, 
elles parviennent rarement en ma- 
çurité, 

Oa 



E C H E C H ii9 

On seme cette espèce au prin- Tourn. Inst. R. H. 135. Tab. 54. 

tcms sur une plate b.inde chaude de de "zx't, gr. Vipère , parce que li 

terre légère , où les plantes doivent semence mûre de cette plante res- 

rcster ; elles n'auront besoin que semble à la tcte d'un Vipère : ou 

d'être cclaircies lorsqu'elles seront la nomme aussi herba FipcrarU j 

trop serrées. parce que les Anciens croyoient que 

GrAcus. La quatrième, dont le cette pknce tuoit les Vipères. La 
Docteur Tournefort a envoyé les Vipérine, herbe aux Vipères, 
semences de la Grèce au Jardin Caractères. Dans ce genre la fleur 
Royal de Paris , a une racine vivace a un calice persistant et divisé en 
et rempantc, par laquelle elle se cinq segmens, un pétale avec un 
multiplie assez fort; ses tiges s'éle- tube court, dont une extrémité est 
vent à la hauteur d'environ un pied, érigée , large , obtuse , et découpée 
et sont fortement garnies de feuilles en cinq parties , desquelles les deux 
plus courtes et plus joliment divi- supérieures sont plus longues que 
sees qu'aucune des espèces précé- celles du bas , qui sont aiguës et 
dentés-, elles sont blanches, et ar- réfléchies; cinq étamines en forme 
mées à chaque côté d'épines aiguifs: d'alêne , et terminées par des som- 
ces tiges sont terminées par une tête mets oblongs et penchés : dans son 
globulaire d'une grosseur médiocre , fond sont placés quatre germes avec 
et formée par des fleurs bleues un style mince , couronné par un 
dans quelques plantes , et blanches stigmat obtus et divisé en deux par- 
dans d'autres ; elles paroissent à la ties ; les germes se changent ensuite 
fin de Juin , et dans les années en une grande quantité de semences 
chaudes, leurs semences mûrissent renfermées dans un calice rude, 
bien en Angleterre. On multiplie Les plantes de ce genre ayant cinq 
aisément cette espèce par ses racines étamines et un style , sont rangées 
rempan tes ou par ses semences ; il lui dans la premiere section de la cin- 
fiut un sol sec, et une situation quieme classe de LinnÉe, qui a 
chaude. pour titre : Pencandrie monogynie. 

Les espèces sont : 

ECHINUS. On nomme ainsi une i °. Echium Anglicum j caule slm- 

tcte épineuse , une enveloppe de plici j erecto j foUis larKeolatis , flo- 

semences , ou le sommet de quelque rïhus spicatïs lateralibus , stamïnibus 

plante qui a quelque ressemblance corolla Aquantibus ; Vipérine avec 

avec un hérisson. une tige simple et érigée , des feuilles 

rudes en forme de lance, des fleurs 

ECHIUM., Lin. Cen. Plant, i^-j. en épii sortant de côté, et des 

Tome m. R 



150 E C H 

étamines de même longueur que 

k pétale. 

Echïum vulgare. C. B. p. 254; 
Vipérine ordinaire. 

x'^. Echïum 'Vulgate j caule sim- 
vlici j crecto 3 folùs caul'mls j lanceo- 
latis j hispldis ; floribus spicatis j, la- 
teralihus ; staminibus corolla long'io- 
rihus ; Vipérine avec une tige sim- 
ple et érigée ,, des feuilles rudes , 
étroites et en forme de lance , des 
fleurs croissant en épis courts sur 
les côtés , et des étamines plus lon- 
gues que les pétales.. 

Lycopsis Anglïca. Lob. Vipérine 
ou herbe aux Vipères. 

3 °. Echïum Icdlïcum j coroUis vix 
calycem excedentïbus^ margïnc vïllosïs. 
Hon. Upsal. 35. Vipérine dont les 
pétales excèdent à peine le calice, 
et dont les bords sont velus. 

Echïum majus et asperius j flore 
albo. C.B. p. 254; grande Vipérine 
rude à fleurs blanches. 

Echïum flore albo. Cam. Epït. "73 8. 

Lycopsis. Bauh. Pin. 2^5. 1 

/^'•''..Echïum Lusitanicum 3 coroUis 
staminé longioribus. Lin. Sp. lOO ; 
Vipérine avec des corolles plus lon- 
gues que les étamines../'. ; r 

Echïum J amplissimo folio j Lus'i- 
îanicum. Tourn. Inst. 1^5; Vipérine 
de Portugal à larges feuilles. 
..i'j". Echium Cretïcutti 3 calycihui 
fruct<scentïbus i dïstantibusj caule pro- 
uimbente. Lin. Hon. Upsal. 3 y K nip h. 
Cent. 10. 72. ■59; Vipérine dont les 
calices sont fructueux;., et placés à 



E C li 

une certaine distance les uns des 
autres , et dont les tiges sont incli- 
nées vers la terre. 

Echium Creticumj lati-foiiunij ru- 
hrum. C. B. p. 154 j Vipérine de 
Candie à larges feuilles et à fleurs 
rouges. 

Echium Creticum. Ij 2j Clus.Hïst,. 
i.p. l6y 

6°. Echïum angusti-folium 3 caule 
ramoso asp^rojfoliis calloso-verrucosïsj 
staminibus corolla longioribus ; Vipé- 
rine avec une tige rude et branchue,, 
des feuilles brodées , et des étamines 
plus longues que les pétales. 

Echïum caule simpUci 3 foins cau- 
iïnïs Imearïbus 3 floribus spicatis ex 
alis. Hon. Cliff. 4 ^ . 

Echium Creticum 3 angusti- folium 3 
rubrum. C. B. p. 154; Vipérine de 
Candie à feuilles étroites et à fleurs 



rouges. 



■7 ° . Echïum fruticosum 3 caule 
frutïcoso. Hort. Clff. 43. Roy, 
Lugd.-B. 407; Vipérine a-vec une 
tige d'arbrisseau. 

Echïum Africanum 3 fruticans',3 
foUis pilosis. Hort. Amst. 1. p. 10 y. 
t. 54; Vipérine d'i^frique en arbris- 
seau et à feuilles velues. 

Buglossum Africanum 3 Echiï folio j 
flore purpurea. Pluk. Mant. 3 3. r. 341.- 

/•7- 

Anglicum. La premiere espèce 

croît naturellement en Allemagne ce 

en Autriche , d'où ses semences 

m'ont été envoyées : celle-ci et la 

Vipérine commune , qui est la. se- 



E C H 

ÉGndc, ont etc confondues pat la 
plupart des Botanistes , qui les ont 
ret^ardées comme ne formant qu'une 
seule espèce , tandis qu'elles sont fort 
diflv-rcntes l'une de l'autre; car les 
feuilles de la première sont courtes 
et beaucoup plus larges gue celles de 
la seconde; ses épis de fleurs sont 
aussi beaucoup plus longs, et ses 
ctamines de la même longueur que 
les pétales ; au-lieu que celles de la 
seconde s'étendent au-delà; ce qui 
fait une différence essentielle (i^^. 

Vulgare. La seconde , qu'on ren- 
contre en Angleteire, dans les terres 
de craie, est celle que Lobel a{> 
pelle Lycopsis jinglica j qui a été 
généralement prise pour TEcliium 
commun. 

Itallciim. La troisième se trouve 
dans la France méridionale , et dans 
rislc de Gersey ; sa tige est droite 
et velue , ses fleurs sont produites 
en petits épis sur les parties latérales 
des branches ; elles sont petites , et 
paroissent à peine au-dessus des 
talices : quelques plantes ont des 



(i) Les anciens Médecins regardoient 
cette pbnte comme un puissant remède 
pour guérir la morsure de la Vipère : ils 
en écrasoient les racines et les feuilles; 
et les faisoient infuser dans du vin blanc, 
qu'ils donnoient aux malades ; mais cette 
propriété esc au moins fort douteuse , et 
•on ne doit point perdre son tems à cssaj'er 
de pareils remèdes dans une maladie grave 
qui exige de prompts secours. 



E C H 131 

fle'.TTS blanches , et d'autre- potirnre; 
et leurs calices sont fort vdu^, et 
découpés en segmens aigus. 

Lusitanicum. La quatricme naît 
spontanément en Portugal et er\ 
Espagne ; ses feuilles basses ont plus 
d'un pied de longueur sur deux pou- 
ces de largeur au milieu, mais étroi- 
tes vers les deux extrémités , et 
couvertes d'un poil doux : ses tiges 
5'élevent à la hauteur de deux pieds; 
ies fleurs naissent en petits épis sur 
le> côtés des tiges , et leurs pétales 
sont plus longs que les étamines. 

Crcncum, La cinquième., qui est 
originaire de l'Isle de Crète, a des 
tig#l traînantes , velues , et longues 
d'environ deux pieds , desquelles 
sortent plusieurs branches latérales , 
garnies de feuilles velues en forme 
de lance, d'environ trois -poixes de 
longueur sur neuf lignes de largeur, 
et scssilles aux tiges ; ses fleurs larges 
et d'un pourpre rougeâtre, qui se 
change en bleu lorsqu'elles sont 
sèches , sortent en épis minces sur 
de courts pédoncules aux aîic^ des 
feuilles , et sont placées à une cer- 
taine distance les unes des autres sur 
les épis. Cette plante est annuelle ; 
elle fleurit dans le mois de Juin , et 
périt en automne. 

Ancusti-folïum. La sixième a des 
tiges branchues qui croissent à la 
longueur d'un pied et demi ; elles 
sont inclinées vers la terre , et cou- 
vertes de poils lirisans; ses feuilles, 
larges d'un demi pouce et longues 



ï3i E C H 

de quatre, sont fort brodées et 
velues ; ses fleurs croissent en épis 
clairs sur les côtés des tiges et aux 
extrémités des branches ■■, elles sont 
jd'une couleur de pourpre rougc.itre , 
et moins larges que celles de l'espèce 
précédente; leurs étamines sont plus 
longues que le pétale. Cette plante 
est annuelle comme la cinquième, et 
se trouve aussi dans l'Isle de Candie. 

La plupart de ces plantes sont bis- 
annuelles, à l^exceptiofi de la cin- 
quième et de la sixième , qui sont 
annuelles et les plus belles de toutes : 
les graines dé cette dernière doivent 
être semées annuellement , dans le 
lieu même où les plantes doi'^nt 
rester ; elles ne demandent aucuns 
soins , si ce n'est qu'on doit les tenir 
constamment nettes , et les éclaircir 
lorsqu'elles sont trop serrées : elles 
fleurissent en Juillet, et leurs se- 
mences mûrissent cinq ou six se- 
maines après. 

Les semences des autres espèces 
étant mises en terre au printems, 
produiront des fleurs et des graines 
dans le jecond été , après quoi elles 
périssent ordinairement : elles se 
plaisent toutes dans un sol graveleux 
et rempli de décombres , et elles 
croissent volontiers sur les vieilles 
murailles et les anciens bâtimens, 
où, lorsqu'elles sont une foisét.'.blies, 
elles répandent leurs semences , et 
se per'pément par -là sans aucuns 
soins -, elles ont une très- belle ap- 
parence dans ces sortes de lieux. 



E C H 

Frutuosum. La septième a été 
apportée du Cap de Bonne -Espé- 
rance en Hollande , où on la con- 
serve aujourd'hui dans quelques jar- 
dins curieux : elle s'élève avec une 
tige d'arbrisseau à la hauteur' de 
deux ou trois pieds , et se divise 
vers son sommet en plusieurs bran- 
ches garnies de feuilles ovales , ve- 
lues , dun vert clair , alternes , et 
dont les bases sont sessilcs aux tiges : 
ses fleurs , de couleur pourpre , et 
fort semblables à celles de la cin- 
quième espèce, naissent simples du 
milieu des feuilles qui garnissent les 
extrémités des branches : elles pa- 
raissent en Mai et en Juin ; mais 
leurs semences ne mûrissent point 
en Angleterre. 

On multiplie cette plante par ses 
graines , quand on peut s'en procu- 
rer ; on les seme dans des pots rem- 
plis de terre légère et scblonneuse 
aussi-tot qu'on les reçoit , et on les 
laisse en plein air jusqu'au commen- 
cement d'Octobre : alors on place 
les pots sous un châssis pour les 
mettre à couvert de la çclèe, et 
dans les tems doux on ôte les vitra- 
ges pour leur donner de l'air et- 
empêcher les saliences de pousser 
avant la fin de l'hiver; car si les 
plantes paroissoiont dans cette saison, 
leurs tiges seroicnr fnbles, remplies 
de sé"e, et disposées à être attaquées 
de pourriture ; il ftut donc les em- 
pêcher de pousser avant le mois de 
Mars, qui est le teais ordinaire où 



E G L 

elles germent lorsqu'elles ne sont 
pas forcées par la chaleur ; quand 
les plance^font assez fortes pour erre 
enlevées, on les met chacune sépa- 
rément dans de petits pots remplis 
de terre légère , et on les place sous 
un châssis, pour leur taire pousser 
de nouvelles racines , après quoi on 
les accoutume par degrés à l'air ou- 
vert , auquel on les expose tout-à- 
fait à la fin de Mai , dans une situa- 
tion abritée , où elles peuvent rester 
jusqu'au commencement d'Octobre ; 
alors on les transporte dans une 
caisse de vitrage airée , où elles 
puissent jouir du soleil et avoir de 
l'air dans les tems doux. Pendant 
l'hiver on .doit les arroser légère- 
ment; car leurs tiges étant fort suc- 
culentes, l'humiJicé les feroic ai- 
sément pourrir : en été on les expose 
en plein air dans une situation abri- 
tée, et on les traire comme les au- 
tres plantes qui viennent des mêmes 
contrées. 

ECLAIRE oz. CHiiLIDOINE. 

Foyei Chelidonium. 

ECU ELLE D'EAU. Foyei 
Hydrocotyle. 

EDERA QUINQUE-FOLIA. 

Voyei HeDERA QUINQUE-FOLIA. 

EFFLORESCENCE j l'épa- 
nouïssement d'une fleur. 

EGLANTIER. Foyei RosA. 



E H R f33 

EGUILLE ou PEIGNE DE 

VÉNUS. Foyei SCANDIX. 

EHRETIA. Tre^^;. Tah. 15. 

Caractères. Le caractère des fleurs 
de ce genre , est d'avoir un calice 
gonflé , persistant , formé par une 
feuille et divisé en cinq pointes j 
une corolle monopécale , dont le 
tube est plus long que le calice , et 
partagé en cinq segmens; cinq éta- 
mincs en forme d'alcnc , étendues 
aussi longues que la corolle , et ter- 
minées par des sommets ronds et in- 
clinés; et un germe rond qui sou- 
tient un style mince de la longueur 
des étamines , et surmonté par un 
stigmat obtus et dentelé ; ce germe 
se change ensuite en une baie ronde 
et a une cellule qui renferme qua- 
tre semences angulaires. 

Ce genre de plante est rangé dans 
le premier ordre de la cinquième 
classe de LinnÉE, intitulée: Pen- 
tandrïe monogynie j avec celles dont 
les fleurs ont cinq étamines et un 
style. 

Les espèces sont : 

1 °. Ehretia Tïnï - folio, j foliis 
oblongo-ovatis , imegerrimis 3 glabris ; 
floribus paniculatis. Amœn. Acad. ^. 
p. 3 9 5 ; Ehrétia à feuilles oblon- 
gues , ovales , entières et unies , et 
à fleurs en panicules. n 

Ehretia Tini-folia inermis, Jacq. 
Amer. 45. R. 

1°. Ehretia Bourreria^ foliis ova- 
tis integerrimis j Uvibus j fioribus sub- 



134 E H R 

■corymbosïs j calycibus glahns. Lin. 
Sf. 2.75; Ehrétia avec des feuilles 
ovales et entières, des fleurs dispo- 
sées en espèce de corymbes , et des 
calices uui^. 

Bourreria fructibus succulentis. Jacq. 
'Amer. 14. Obs. i. p. x. t. 16. 

Cordia Bourreria. Amœn. Acad. 5. 

F- 395- 

Bourreria arborea , foins ovatis 

alternis j racemis rarioribus termïna- 
lïbiis. Brown. Jam. 1^8. t. l y f. 2 . 

AlespitUs Americana j Lauri-jolia , 
glabra • fructu rubro mucaginoso. 
Corn. Hon. \. p. I 5 3 . 

Jasminum Pereclimini folio j flore 
albû j fructu flavo rotunda tetrapy- 
rcno. Sloan. Jctm, 1 69. Hist. 1. p. ^6. 
t. 104./. i. Rail JDendr. (jj. 

Tini- folia. Les semences de la 
premiere espèce , qui m'ont été 
envoyées de la Jamaïque en 1734s 
ont réussi dans les jardins de Chelsea , 
où les plantes se sont élevées à la 
hauteur de huit ou neuf pieds , avec 
des tiges fortes et ligneuses , et ont 
plusieurs fois produit leurs fleurs, 
mais qui n'ont point été encore sui- 
vies de semences en Angleterre. 
Celle-ci est regardée par LinnÉE 
comme la même dont fait mentioii 
Hans Sloan, sous le titre de Ceraso 
qffînis arbor baccifcra racemosa j flore 
albo pentapetalo^ fructu flavo monopy- 
renoj eduli, dulci. Hist. Jam. %. p. 94. 
Mais je suis d'une opinion contraire \ 
car les fouilles de notre plante sont 
plus unies, plus longues et plus poin- 



E H R 

tues , et le corymbe des fleurs est 
beaucoup plus long cjtie celui de 
celle du sieur Sloan. « 

Celle-ci a une tige rude et li- 
gneuse qui se divise en plusieurs 
branches irrégulicres , garnies de 
feuilles oblongues, ovales et unies, 
dQ neuf pouces de longueur suc 
trois de larçeur au milieu, et ter- 
minées en pointes aiguës ; ses fleurs 
sont blanches, et produites en un 
corymbe oblong vers les extrémités 
des branches i elles ont chacune un 
pétale découpé au sommet en cinq 
segmens réfléchis. Elles paroissent 
vers la fin de Juillet ; mais elles tom- 
bent sans être suivies de semences. 

Bourreria. La seconde , dont les 
graines m'ont été envoyées de Suri- 
nam , a réussi dans les jardins de 
Chelsea ; elle a une tige droite , 
ligneuse , et couverte d'une écorce 
brune , de laquelle sortent des bran- 
ches placées régulièrement vers son 
sommet, et garnies de feuilles unies, 
ovales , alternes , soutenues par de 
courts pétioles, longues d'environ six 
pouces sur plus de deux de largeur, 
et terminées en pointe ovale et 
émoussée. Comme cette espèce n'a 
point produit de fleurs ici, je n'en 
puis donner une plus ample descrip- 
tion. LiNNÉE regarde cette espèce 
comme étant la même que celle dont 
Catesbi a donné la figure sous le 
titre de Pittonia similis LaureoU fo- 
liis. , floribus alius j haccis rubrïs. 

Mais en cela il s'est au*si trompé , 



E L M 
car on voit, dans le jardin de Chel- 
sea , des plantes qui ont été élevées 
avec des semences envoyées des Isles 
de Bahama, et qui sont fort diffé- 
rentes des précédentes. 

Comme ces plantes sont trop 
tendres pour profiter en plein air en 
Angleterre, on les tient en hiver 
dans une serre chaude tempérée; 
mais lorsqu'elles ont acquis de la 
force , on peut les placer au-dchors 
pendant les chaleurs de l'été, dans 
une situation abritée ; et lorsqu'en 
automne les soirées commencent à 
devenir froides , on les met à l'abri. 

On les multiplie toutes deux par 
leurs graines , quand on peut s'en 
procurer ; on les seme dans de pe- 
tits pots qu'on plonge dans une cou- 
che chaude; elles se multiplient aussi 
par marcottes ; mais elles sont long- 
tems en terre avant de pousser des 
racines^ 

ELyEAGNUS. Lin. Gen. PUm. 
148. Tourn. Cor. 53. Ta^. 4S9. (de 
à'vj^-M», une Olive , et" d'Ay»Wj f'^'uex , 
parce que cette plante a des feuilles- 
semblables à celles du V'uex Jgnus 
cascusj et que son truit ressemble 
à une Olive. Olivier sauvage ou Oii- 
vier de Bohème. 

Caractères. Dans ce genre la fleur 
a un calice en cloche , et formé par 
une feuille divisée en quatre parties , 
rude au-deliors et colorée en-de- 
dans ; elle n'a point de pétale, mais 
seulement quatre étamines courtes , 
insérées dans les divisions du calice. 



E L & 



135 



et terminées par des sommets oblcno^s 
et courbés ; dans son fond est situe 
un germe rond qui soutient un style 
simple , et surmonté d'un stigmat 
simple ; ce germe se change ensuite ' 
en un fruit obtus, ovale, ef ponctué ■ 
au sommet , qui renferme un noyau 
obtus. 

Ce genre de plante est rangé dans- 
la premiere section de la quatrième 
classe- de LinnÉe , intitulée : Tecran-^ 
drie monogynie j parce que ses fleurs 
ont quatre étamines" et un style. 

Les espèces sont : 

I °. EUagnus spinosa , aculeata ^ 
foUis lanceolatis ; Olivier sauvage 
épineux , avec des feuilles en [orme 
de lance.- 

EUagnus Orientalis y lati-folius > 
fructu maxima. Tour. Cor. App. 51; 
Olivier sauvage du Levant à larges 
fcuiilgs et à gros fruit. 

EUagnus Matthioli incolis Seisefum'^ 
Rauw. It. 1 1 ij" 276^. 

EUagnus foins ellipticis. Amœn^- 
Jcad. ^ p. 305". Med. in Ois. Soc,. 
(Econ. Lutr. P. A. 1774. p. l<)6. 

EUagnus spinosa. Medic, in Obs^, 

Soc. (Ec. Lutr. Ad ann. \~]~j~j.p. 30^ 

EUagnus Orientalis. System. Plant j. 

J. Reichard. t. ï.Sp. 2. />.. 343.;;!- 1 

2°. EUagnus inermis j foliis H~- 
neari - lanceolatis ; Olivier sauvage' 
sans épines , ayanr des feuilles étroi- 
tes et en forme de lance. 

Elœagnus j angusti -folia j foliis 
lanceolatis. Lin. Sp. Plant, irjô. , 
Edit. 3, 






ï3(î E L ^ E L ^ 

EUagnus Orientalïs j angusti -fo- forrc quand il est entièrement oU- 

/ius j fructu parvo , oliva-fortni^ sub- vert. 

dulci. Tourn. Cor. -Âpp. 51 ; Olivier Nota. Miller a compris dans cette 

sauvage Oriental, ayant d^s feuilles espèce, une aytre que l'on a dis- 

ctroitcs et un petit fruit doux et en tinguée depuis, à cause que son fruit 

forme d'olive. est plus gros et les feuilles plus 

Oka sylvcstrisj folio molli j incano. larges. 

Bauk. Pin. ^11. . 2°. Inermis. La seconde n'a point 

3°. EUagnus lati - folia ^ foins d'épiaes sur ses branches; ses feuilles 

cvatis. Prod. Leyd. 250. FI. Zcyl. ont plus de quatre pouces de lon- 

58; Olivier sauvage à feuilles gueur et moins d'un demi-pouce de 

ovales. largeur; elles sont molles, et pa- 

EUagnus foliis rotundis , macu- roissent luisantes comme du satin : 

lads. Burm.Pl.Zeyl. 91. t. 3 9-/ 2. ses fleurs, qui sortent des pétioles des 

Olivier sauvage avec des feuilles feuilles , sont quelquefois simples, 

rondes et tachetées. quelquefois doubles, et souvent au 

Spinosus. La premiere et seconde nombre de trois ensemble ; l'exté- 

espece ont été trouvées dans le Le- rieur du calice est argenté, et garni 

vaut par Tourncfort : la premiere de boutons ou de protubérances ; 

espèce me paroit être celle qui est son intérieur est d'un jaune pâle , 

originaire de Bohême, et dont on et répand une très -forte odeur, 

voit quelques arbres dans le jardin Cette espèce fleurit en Juillet , et 

curieux du Docteur Boerhaave, produit quelquefois des fruits; elle 

prés de Leyde en Hollande : les est très -commune dans les jardins 

feuilles de celle-ci , dont la longueur Anglois. 

est d'environ deux pouces , et la On peut multiplier ces plantes en 

largeur, de neuf lignes au milieu, marcottant leurs jeunes branches, 

sont blanches et couvertes en-dessus qui prendront facilement racine, 

d'un duvet cotonneux et doux ; du si elles sont mises en terre en au- 

pétiole de chaque feuille sort une tomne ; au bout d'un an on les sépare 

épine longue et aiguë ; ses feuilles de l'arbre , on les met en pépinière 

sont alternes, et les épines qui sor- pour deux années, ou on les place 

tent aussi de chaque côté des bran- tout de suite à demeure. On trans- 

ches , précisément au-dessous des plante ces arbres à la. fin de Février 

pétioles, sont alternativement plus ou au commencement de Mars; mais 

longues et plus courtes; ses fleurs on peut aussi faire cette opération 

sont p»- tires, et l'intérieur de leur à la Saint- Michel , pourvu qu'on 

calice est jaune ^ et répand une odeur couvre leurs racines avec du terreau, 

* pour 



E L /F 

pour les garantir de l'impression dc% 
gelées. Comme ils sont fort sujets à 
être rompus par les vents , il est 
bon de les placer dans des endroits 
où ils soient à l'abri de leurs efi-'orts. 
Ces deux espèces s'élèvent ordi- 
nairement à la hauteur de douze ou 
quatorze pieds, et quand elles sont 
mêlées avec d'autres du même crû, 
elles font une belle variété; car leurs 
feuilles argentées se font remarquer 
aisément d'une certaine distance. 

Latifoliu. La troisième , qui naît 
sans culture dans l'Islc de Ceylan , 
et dans quelques parties des Indes, 
et fort rare à présent dans les jardins 
An^lois ; mais depuis quelques an- 
nées on voit plusieurs belles et gros- 
ses plantes de cette espèce dans les 
jardins de Hamptoncoiu't ; elle s'c- 
Icve avec une tige ligneuse à la hau- 
teur de huit à neuf pieds , et se di- 
vise en plusieurs branches garnies de 
feuilles ovales , argentées , et dont 
Ja surfice est marquée par plusieurs 
taches irrégulieres de couleur très- 
foncée ; elles sont alternes et subsis- 
tent toute l'année. Je n'ai jamais 
vu ses fleurs , quoique plusieurs des 
plantes qui sont à Hamptoncourt 
en aient déjà donné. 

Celle-ci ne peut être conservée 
en Angleterre , qu'au nioyen d'une 
serre chaude ; elle peut cependant 
être exposée en plein air pendant les 
grandes chaleurs de l'été. 

Les deux premieres sont exréme- 
ment dures , et ne soat jamais en- 
Tome III. 



E L A 



137 



dommagées par les gelées; mais 
comme ces arbres n'ont qu'une trcs- 
courte durée , il faut en élever de 
jeunes, chaques trois ou quatre aris, 
pour en conserver l'espèce. 

ELAGUAGE. 

On observe que la plupart des 
vieux arbres sont creux, ce qv.i ne 
leur arrive pas natuieliemcnt , mais 
par la fuite de ceux qui en ont sein, 
qui laissent trop élargir leur cîmc 
avant de les élaguer; ils se persua- 
dent que les arbres en s'étendant 
donneront pljs de bois ; mais ih ne 
pensent pas qu'en en coupant alors 
l'extrémité ou les branches , ils les 
exposent à périr, ou du moins ils 
les blessent de façon qu'ils per- 
dciît davantage par leur dépérisse- 
ment, qu'ils ne peuvent gagner par 
le bois qu'ils se procurent. Le Frêne, 
le Charm.e et l'Orme sont dans ce 
cas; ces deux derniers portent quel- 
quefois de grandes têtes , tandis 
que le corps de l'arbre n'est plus 
qu'une écorce ; mais si le Frêne re- 
toit de l'humidité , il poussera ra- 
rement des branches après le dépé- 
rissement de son tronc: qirand une 
fois ces arbres commencent à se 
gâter dans le centre , ils ne sont 
plus bons qu'à brûler ; ainsi dès 
qu'un arbre de charpente dépérit, 
il faut le couper à tems , pour n'eu 
pas perdre le bois. 

En élaguant les jeunes arbres à 
dix ou douze ans , on les conserveri 



i^S 



E L A 



plus long - terns , ct on leur fea 
pousser dans un an plus de bois 
que les autres n'en donneroient 
dans deux ou trois ; mais si on les 
coupe mal, on en gâte beaucoup i 
c'est pourquoi , à moins qu'il n'y 
ait une nécessité absolue, il faut 
lès épargner autant qu'il est possible; 
les branches qu'on retranche ne doi 
vent point être coupées transversa- 
lement , mais tout prés du tronc et 
d'une manière uniforme ; on couvre 
ensuite les blessures avec de la terre 
glaise , à laquelle on a niclé du 
crotin de cheval , pour empêcher 
l'humidité de pénétrer dans le corps 
de l'arbre. 

Quand les arbres sont parvenus 
à leur entier accroissement, on dé- 
couvre plusieurs signes jje leur dé- 
périssement , comme l'état de lan- 
gueur ou la pcite absolue de plusieurs 
de leurs branches; on voit l'humidité 
pénétrer dans quelques-uns de leurs 
nœuds , ils deviennent creux et dé- 
figurés , ils ne poussent plus que de 
foibles rciettons, et les pics-vers y 
font des trous. 

Ceci ne doit s'entendre que des 
arbres dont on a coupé la cîme ou 
les branches ; car cette opération 
leur cause un dommage infini , com- 
me il est facile à chacun d'en faire 
l'épreuve. Qu'on choisisse deux arbres 
voisins l'un de l'autre , de grandeur 
et de force égales, qu'on coupe les 
branches de l'un , et qu'on laisse 
l'autre entier , on verra qu'en peu 



E L E 
d'années le dernier surpassera l'autre 
de toute manière, et qu'il subsistera 
bien plus long-tems. Toutes les es- 
pèces d'arbres résineux, et ceux qui 
sont remplis de sévc laiteuse, doi- 
vent être taillés très-rarement ; car 
ils sont très-sujets à dépérir lors- 
qu'on y met souvent la serpe ; la 
meilleure saison pour en retrancher 
quelquefois des branches , est tour 
de. suite après la Saint-Barrliciemi ,. 
tems auquel ces plantes suintent 
très-peu ; les blessures qu'on leur hiit 
alors peuvent être cicatrisées avant 
les gelées.. 

ELATERIIIM. r.nq Moinor- 

DICA ELATERIUM. 

ELATINE. 7-^oyei Linaria 

ELATINA. 

ELEPHANTOPUS. Un. Gen. 
Plant. 817. Vaïll. aa. par 1719. 
Dïll. Hon. Elth. 104 ; (de \>!i<pa! 
un Eléphant , ct -ait un pied ) Pied 
d'Eléphant , ainsi appelé par M. 
Vaillant , parce qu'il prétend que 
les feuilles basses de la premiere es- 
cspece ont quelque ressemblance 
avec un pied d'Eléphant. 

Caractcres. Ce genre produit plu- 
sieurs fieurs réunies dans une en- 
veloppe commune et persistante , 
et chaque calice renferme quatre 
ou cinq {^curettes; les fleurettes sont 
îubulées et hermaphrodites ; elles 
ont un pétale en forme de langue , 



E L E 

dont le bord e^t étroit et diviié en 
cinq parties égales , et cinq étamines 
fort courtes, velues, et cciiiiinécs par 
des sommets cylindriques : dans le 
fond est situé un germe ova'.c , qui 
soutient un ityle mince et surmonté 
de dcnx stignurs minces; ce germe 
se change quand la Heur csl passée 
en une semence simple, com.piimée, 
et couronnée par une aigrette héris- 
"sée , placée sur un placenta , et ren- 
fermée dans le caliq|. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la premiere Section de la dix- 
septieme classe de Linnée , qui 
renterme les plantes à fleurs floscu- 
leuses, dont les fleurettes sont toutes 
hermaphrodites et fructueuses. 

Les espèces sont : 

I^. Elephantopiis scater j foliis 

oblongis j scakris. Horc. Ciiff. 390. 

.Hon. Ups. 147. Gron. Vïrg. 176. 

Roy. L:igd.-B. i ^ i ; pied d'Eléphant 

à feuilles oblongues et rudes. 

Elephantopus Cony^d folio. Vaill. 
Mcm. Acai. Scien. 1 7 I 9. Dï'd. Elth. 
116. t. 106. f. ii6; pied d'Elé- 
phant avec une feuille d herbe aux 
puces. 

Elephantopus cTCCtus^ foliis ohlongo- 
ovatis j rugosis j serrât is ; fioralibus 
cordiformibus ternatis^ capituUs remet is 
terminalibus. Brown. Jam. 311. 

Bidens frutesceru 3 foliis oblongis j 
utrinque acuminatis^ venosis et lanugi- 
nosis. Breyn. le. 32. t. 34. 

Eckiriopkont Indict affinis , semine 
et floribus in capitulis Uvibus j in 



E L E 139 

caulium cymis. Pluk. Aim. 131. t. 
388./ <S. 

Anaschovadi.Rheed.Mdl. lo.p. i j. 
t. 7. Burm. Ind. 18 5. 

i ''. Elephantopus tomentosusj foliis 
cvatis 3 tommrosis. Gron. T'^'ug. I l 5 i 
pied d'E'éphant à feuilles ovales et 
cotonneuses- 

Elephantopus j Helena folio j ptir- 
purascente fiore. Houst. .Mss. ; Pied 
d'Eicphant à feuilles d'EIccampane, 
à fleurs pourpres. 

Scaber. La prem.ierc espèce, qui 
m'a été envoyée diC plusieurs parties 
de l'Amérique, croît naturellement 
dans les deux Indes -, elle pousse plu- 
sieurs feuilles rudes et oblongues 
qui s'étendent sur la terre, et du 
centre desquelles s'éle\e , au Prin- 
tems , une tige branchue , et d'envi- 
ron un pied de hauteur, dont les 
branches latérales sont courtes et 
généralement terminées par deux 
tètes de fleurs , placées chacune sur 
un court pédoncule : ces têtes renfer- 
ment un grand nombre de fleurons 
hermaphrodites, contenus dans une 
enveloppe commune, et composés 
de quatre feuilles ovales , et termi- 
nés en pointe aiguc ; ces fleurs sont 
d'une couleur pourpre pâle; elles 
paroissent en Juillet , mais elles pro- 
duisent rarement des semences en 
Angleterre. 

Tomentosus. La seconde naît sans 

culture dans les parties méridionales 

de la Caroline ; elle s'est beaucoup 

multipliée ici au moyen des semences 

S z 



ï^o E L E 

qui se sont tionvces dans \x terre 
envoyée de l'Amérique avec d'autres 
plantes ; sa racine produit plusieurs 
•feuilles ovales , cotonneuses , de 
quatre pouces de longueur sur trois 
de largeur, et traversées par des ner- 
vures qui s'étendent depuis la côte 
du milieu jusqu'à leurs bords : ces 
feiiilics s "étendent à plat sur la terre, 
et de leur centre s'élèvent des tiges 
droites, d\ui pied environ de hau- 
teur , qui se divisent en plusieurs 
branches , terminées chacune par 
deux fleurs composées de plusieurs 
fleurons renfermés dans une enve- 
loppe de quatre feuilles , dont deux 
sont alternes et plus larges que les 
autres; l'enveloppe étant plus longue 
que les fleurettes, elles paroisscnt 
seulement au milieu de deux larges 
feuilles : ces fleurs n'ont aucune 
apparence ; elles se montrent en 
Juillet , et ne donnent jamais de 
semences mures dans notre climat. 

La premiere a une racine vivace , 
et sa tige est annuelle ; si on la plante 
dans des pots , et qu'on la mette à 
labri des gelées pendant l'hiver, 
on la conservera plusieurs années , 
et elle fleurira annuellement. 

La seconde espèce dure rarement 
plus de deux ans. 

On les multiplie toutes deux par 
kurs graines , qu'il faut répandre 
au printcms sur une couche chaude : 
lorsque les plantes paroissent, on 
les transplante dans des pots remplis 
de terre fraîche et légère, et on les 



E L E 

plonge dans des couches chaudes de 
tan , on les arrose et on les tient 
à l'abri jusqu'à ce qu'elles aient for- 
mé de nouvelles racines ; il faut leur 
donner beaucoup d'air, et les arroser 
tréquemmcnr pendant les chaleurs 
de l'été.. 

Nota. La premiere se multiplie 
aussi en divisant les racines. 

ELFPHAS. ilToy. Rhikantkus 
Orient alis-Eleph AS. 

ELICHRYSUxM. Fojei Gna- 

PHALIUM. 

ELLEBORE èlùnc. Foye^ Ve- 
ratrum. 

ELLEBORE noir. Voye^ Hel- 
lEBORUS.. 

ELLEEORINE. Foyei Helle- 
EoRiNE ou Hellebore bâtard ^ 

SerapIAS L. et LlMODORUM. 

ELLESIA. 

Caractères. La fleur a un -calice 
persistant et lormé par cinq petites 
fcLiilies érigées et étendues; elle est 
monopétale, en forme d'entonnoir, 
aussi longue que le calice, et dc^ 
coupée au sommet en cinq segmens 
obtus ; elle a cinq étamiiies de la 
longueur du tube , et terminées par 
des somniets ronds , et un germe 
rond qui soutient un style caurf, 



ELL ^ ELL 141 

mince, et couronne par im stigmat lorsqu'elles sont exposées en plein 

oblong et divisé en deux parties; ce air pendant l'été; mais quand on les 

germe se change dans la suite en remet dans la serre chaude , elles 

une baie ronde , charnue , et a reprennent leur verdure: ces feuilles, 

deux cellules qui rcnlcrment deux dont la longueur est d'un pouce et 

semences rondes. demi, sont en forme de lance, den- 

Ce genre de plante est rangé dans telées fur leurs bords, et opposées 

la premiere section de la cinquième sur les branches : elles ont ordinal- 

classe de LinnÉE , intitulée : Pm- rement deux ou trois petites feuilles 

tandrie mono gy rue ^ dans laquelle se sessiles aux branches; des pétiole» 

trouvent comprises les fleurs qui ont des plus larges feuilles , sortcnr des 

cinq étamines et un style. épines longues , noires , et toujours 

Nous n'avons qu'une espcce de placée^ vers la partie basse des bran- 
ce genre , qui est ches ; celles qui se trouvent plus 

Ellïsïa Nyccelea. Lin. Sp. i66z; hautes, sont alrcrnes r mais les extré- 

EUisia à feuilles de Thé. mités des branches en sont dépour- 

Pokmonium Nycccka j foliis pinna- vues. Comme cette plante n'a point 

tifidisj, acutisj dentatis j caule diffusa, encore produit de fleurs en An"^!e- 

Nov. Act. Upsal. \.p. c)-j. t. 5./ j, terre, je ne puis en donner une 

Planta lithospermo affinis. Act. plus ample description. 

A. N. C. 17(5!./. 330. r. 7. / 1. On peut la multiplier par boutiireSj> 

Scorpiurus humïlis Virginianus j qui pousseront des racines en deux 

folds Rutaceb. Moris. Hist. }. p., ^.^ i mois , si elles sont plantées dans de 

sivè I I. t. 18./ 3. petits pots remplis de terre légère. 

Celte plante croît natnrellement mises dans une couche de chaleur 

à la Jamaïque , où elle forme un modérée , et couvertes de cloches 

buisson en arbrisseau de six ou sept pendant le mois de Juillet ; mais^ 

pied de hauteur : j'ai élevé de se- après ce rems elles seront en état 

menées plusieurs de ces plantes, d'etre séparées et transplantées dans 

dont quelques-unes ont à présent de petits pots qu'on replonge dans 

quatre à cinq pieds de hauteur; une couche chaude, pour leur fair» 

mais elles n'ont point encore produit pousser de nouvelles racines , après 

de fleurs : sa tige pousse plusieurs quoi on les accoutumera par dég. es 

braiKhes qui forment un buisson au plein air, et au commencement 

épais : ces branches sont générale- tf Octobre on les renfermera dans 

nent couvertes d'une écorce teinte la serre chaude, 011 on ne leur don- 

en pourpre foncé; ses feuilles ac- nera que très-peu de chaleur en 

quièreiu aussi une couleur semblable hiver. 



141 E M E 

Qnand on peut se procurer les 
semences de son pays originaire , on 
les répand sur la couche chaude , et 
lorsqu;: !cs plantes paroissent , on les 
traiie comme celles t-pi ont été 
^'levées de boutures. 

EMERUS. Tour;:. List. R. II. 6<;o. 
CoronilLi. Lin. G en. Flanc. 7 S 9. 
Scorpionides. Ce nom lui a été donné 
par Théophraste , et conservé par 
C.Esalpin. Scné de Scorpion. Bague- 
naudicr des Jardinicis. 
; Caractères. Les fleurs de ce genre 
sont papilionnacées; elles ont un ca- 
lice fort court , persistant , et formé 
par une feuille divisée en cinq par- 
ties ; les onglets du pétale sont beau- 
coup plus longs que le calice ; l'éten- 
dard est étroit et plus court que les 
ailes sur lesquelles il est arqué i les 
aîlcs sont larges et concaves , et la 
carène en forme de cœur et réflé- 
chie : ces fleurs ont dix étamincs 
placées dans l'étendard, di.nt l'une 
est séparée et les neuf autres sont 
jointes : dans le calice se trouve un 
germe oblong et mince qui soutient 
un style mince et couronné par 
lin stigmat cylindrique ; ce germe 
devient ensuite un légume cylindri- 
que, et gonflé dans les parties où les 
semences sont renfermées ; ces grai- 
nes sont aussi cylindriques. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la troisième section de la vingt- 
deuxième classe de TouRNEFORT, 
qui renferme les arbres et \çs ar- 



E M E 
briiseaux à fleurs papilionnacées, dont 
les feuilles sont placées par paires 
dans la longueur de la côte du mi- 
lieu. Lin NÉE a joint ce genre, ainsi 
que le Securidaca de TOUIVNEFCRT, 
au Coronilla , ce qui augmente le 
nombre des espèces ; mais je pense 
qu'il est beaucoup mieux de les' te- 
nir séparés, parce qu'il y a plus 
de différences essentielles entr'eiles 
qu'entre quelques autres de cetîc 
cla'-se , dont il a f:dt des genres par? 
ticulicrs. 

Les espèces sont : 

I *. Emcrus major j caule fruti- 
coso , pedunculis longiorlhus j ca.-di 
angulato ; Séné de scorpion , à tige 
d'arbrisseau , ayant de plus longs 
pédoncules aux fleurs , et des tiges 
angulaires. 

Co/utca Scorpioïdcs. Cam. Epic. 
541. 

Colutca situ]uosa. S. Scorpioïdcs 
major. B au h. Pin. 3 9 "7. 

Emcrus. Ctsalp ; Le Sécuridaca 
des Jardiniers. 

Coronilla Emerus. Lin. Sp. Plant. 
1046. Sp. I. Edit. 3. 

Z°. Emerus minor , joliolis ohcor- 
datis J pedunculis hrevioribus j caule 
fruticoso ; Séné de scorpion , avec 
des feuilles longues et en forme de 
cœur, de plus courts pédoncules aux 
fleurs, et une tige d'arbrisseau. 

Emerus minor. Tourn. Inst. R. II. 
650. 

Colutca siliquosa minor. Bauh, 
Pin. 397, 



E M E E M E 145 

3°. Emerus kcrbacea, cade erecto , comme la premiere , avec plusici.rs 

herbaceo 3 folloUs muUi-jugatisj fio- tiges d'arbrisseaux ; mais elle n'at- 

ribus singuUribus alaribus , siiiquis teint que la moitié de sa hauteur ; 

lonoissimis erdccis; Séné de scorpion, ses feuilles sont plus larges, en forme 

avec une tige érigée et herbacée , de cœur et oblongues ; ses fleurs sont 

les feuilles composées de plusieurs plus grosses , et portées sur de plus 

paires de lobes , des fleurs simples courts pédoncules : comme ces dif- 

scrtant sur les côtés des tiges , et lércnces se perpétuent dans les plan- 

des siliques fort longues et érigées, tes élevées de semences, je crois 

Emerus sUiquis longissimis et an- qu'elles peuvent être regardées 

g-ustissimis. Plum. Cat. 1 9. comme des espèces distinctes , quoi- 

Major. La premiere de ces espe- qu'il y ait entr'cUcs une grande res- 
ecs est fore commune dans toutes semblance à la premiere vue. 
les pépinières des environs de Lon- Lorsqu'on fait fennenter les feuil- 
dres; elle s'élève à la hauteur de les de ces arbrisseaux comme celles 
huit ou dix pieds , sous la forme de l'Indigo , oii obtient une matière 
d'un arbrisseau, avec des tiges min- colorante , à-peu -près semblable ; 
ces , qui se divi'.ent en plusieurs mais on n'est pas encore assuré 
branches minces et garnies de teuil- qu'elle puisse être employée aux mê- 
les ailées , composées de trois paires m.es usages ; si cela étoit , ces plan- 
de lobes , et terminées par un lobe tes vaudroient la peine d'etre culti- 
impair ; des côtés de ces branches , vécs : il y a cependant une si grande 
sortent de longs pédoncules réunis affinité entr'clles , que Tourncfort 
au nombre de deux ou trois sur et plusieurs autres Eotaniftes les ont 
chaque point , et qui soutiennent rangées sous le même genre. Ces ar- 
chacun deux, trois ou quatre fleurs brisseaux se multiplient aisémenr par 
jaunes et papilionnacées ; elles pa- leurs graines , qui produiront un 
roissent en Mai , et sont souvent grand nombre de plantes si elles sont 
suivies de longues siUqiies cylindri- semées en Mars , sur une planche de 
ques , gonflées dans les parties où terre légère et sablonneuse ; on tient 
les semences sont renfermées et pen- la terre nette de mauvaises herbes , 
chées vers le bas. Ces arbrisseaux sont et dans un tems fort sec , on les ar- 
très-agréables , parce qu'ils restent rose souvent, mais avec précaution, 
long-tems en fleurs , sur-tout dans pour ne pas les déterrer : qirand les 
les années fraîches , et qu'ils fieu- plantes ont poussé , on les traite de 
rissent souvent une seconde fois en même , pour avancer leur accrois- 
automme. sèment. A la St. Michel on enlevé 

Minor. La seconde espèce s'élève les plus forces ^ pour les transplanter 



î44 E M E E M E 
dans une pcpinicrc , à trois pieds réussi dans !c jardin de Chelsea, où 
.de distance de rang en rang , et à les plantes ont fleuri ; mais elles n'y 
lia pied dans chaque rang ; ce qui ont pas perfectionné leurs graines ; 
donnera de refpacc à celles qu'on et comme ces plantes sont annuel- 
a laissées dans la planche, de ma- les , l'espèce a été perdue en Europe: 
nicre qu'elles pourront y rester jus- elles s'élève avec une tige ronde ec 
qu'à ce qu'elles soient en état d'etre herbacée à la hauteur de trois pieds, 
rransphntées : au bout de deux ans et elle est garnie à chaque nœud 
de séjour dans cette pépinière, elles d'une feuille longue, ailée et com- 
scront en état d'être placées à de- posée d'environ vingt paires de 
iiieure dans les endroits qui leur sont lobçs , terminées par un impair ; 
destinés; mais en les enlevant, il ils sont obtus et pointus, et d'un 
faut avoir soin de ne pas blesser ni vert foncé : ses fleurs sortent sim- 
casscr leurs racines : on ne doit pas pies sur les parties latérales de li 
les tenir plus long-tcms cians cette tige , immédiatement au-dessus des 
pépinière , parce que leurs racines pétioles des feuilles , sur des pédon- 
s'enfonçant à une grande profon- cules minces et de deux pouces de 
deur dans la terre , on ne pourroit longueur; elles sont plus grosses que 
plus les enlever sans les couper, ce celles de toutes les espèces précé- 
qui cntraîneroit la perte de l'arbre: dentés, et d'une couleur jaune pâle, 
on les traite d'ailleurs comme les au- et sont remplacées par des légumes 
très arbrisseaux à fleurs, avec les- minces, comprimés, longs de plus 
quels on les vend ordinairement dans de six pouces , garnis de chaque coté 
les pépinières. On les multiplie aussi d'imc bordure , et renflés vis-à-vis 
par marcottes , qui prennent racine chaque semence, 
dans uneannéc , et qu'on transplante Cette espèce est annuelle, et veut: 
ensuite dans une pépinière , où on être semée au printems , sur une 
les traite de la même manière que couche chaude ; quand les plantes 
les plantes de semences. sont en état d'être enlevées , on les 
Herbacea. La troisième espèce est met , chacune séparément , dans 
originaire des Ifles de l'Amérique , de petits pots remplis d'une bonne 
où le Père Plumier l'a découverte terre légère , prise dans lin jardin 
d'abord dans les possessions fran- potager ; on les plonge dans une 
coises ; mais depuis elle a été trou- couche de tan de chaleur modérée; 
véc en abondance à la Vera-Cruz , on les tient à l'abri du soleil, jus- 
dans la nouvelle Espagne , par le qu'à ce qu'elles aient poussé des ra- 
Docteur Honstoun , qui m'en a en- cines nouvelles , et on les traite en- 
yové les semences : ces graines ont suite de la n.icmc manière que les 

gutfçs 



E M P 

autres plantes exotiques qui vien- 
nent des mêmes contrées. Si ces plan- 
tes sont avancées au printcms , et 
si on les tient sous un châssis pro- 
fond d'une couche de tan , ou qu'on 
les plonge dans la couche de tan de 
la serre chaude , quand elles sont 
trop élevées pour pouvoir être con- 
tenues sous des châssis de couches 
ordinaires, leurs semences mûriront 
en Angleterre ; car celles que j'ai 
reçues ne sont arrivées qu'au mois 
de Mai , et cependant leurs plan- 
tes ont bien fleuri en Août : mais 
Tautomne qui est survenu bientôt 
après , a empêché leurs graines de 
se perfectionner ^ et celles que j'a- 
vois conservées pour l'année sui- 
vante , n'ont point germé. 

EMPETRUM. Lin. Gen. Plant. 
977. Tourn. Inst. R. H. 579. Ta/y. 

411 {'Eftirtlfc' , de £» , en , ÔC-srîrfx, 

gr. ; un rocher, une pierre, à cause 

que cet arbre croit dans des endroits 

pierreux); Bruyère à baies noires. 

Camarione. 
o 

Caractères. Ce genre a des fleurs 
mâles et femelles sur de différentes 
plantes ; les mâles ont un calice per- 
sistant et à trois pointes, trois péta- 
les oblongs et étroits à leur base, 
et trois étamines longues, penchées, 
velues et terminées par des sommets 
courts et érigés. Les fleurs femelles 
ont des calices semblables à ceux des 
mâles , mais e'ies n'ont point d'éta- 
niines : dans leur centre , est placg 
Tome III, 



E M P I4J 

un germe applari, qui soutient neuf 
stigmats réfléchis et étendus : ce 
germe devient ensuite une baie 
ronde, applatie , et a une cellule 
qui contient neuf semences placées 
circulaircmcnt. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la troisième section de la vingt- 
deuxième classe de LinnÉe , qui 
renferme celles dont les fleurs mâ- 
les et les femelles croissent sur des 
pieds séparés , et dont les mâles ont 
trois étamines. 

Nous n'avons qu'une espèce de 
ce genre en Angleterre , qui est 

{' Empetrum nigrum procumhcns. 
Hart. Cliff. 470. F lor. Suec. 832. 
904. Roy. Lugd.-B. 206. Hall. Hdv. 
\Gl. Jacq. Vind. 298'. G nul. hh. 
l- p. 16 \ Bruyère rempantc , pro- 
duisant des baies. 

Empetrum montanum , fructu nigra, 
Tourn. Inst. 579; Bruyère à baies 
noires. 

Erica baccifera. Clus. Pan. 29. 

Erica baccifera procumbens nigra. 
Bauh. Pin. 4.} 6. 

Ce petit arbrisseau croît sauvage 
sur les montagnes des Comtés de 
Stafford, de Derby et d'Yorck; on 
le multiplie rarement dans les jar- 
dins , si ce n'est pour la variété; on 
peut le cultiver à l'ombre et dans 
une terre ferme, où il profitera fort 
bien. 

Il faut se procurer ces plantes en 
les enlevant dans les lieux où elles 
naissent , parce que leurs semences 



14^ E N G 

restent une année dans la terre avant 
de pousser, et que les plantes sont 
ensuite trcs-Ientes à croître : en les 
plantant en automne , dans un sol 
humide et marécageux , elles pous- 
seront des racines en hiver , et n'exi- 
geront aucun autre soin, que d'être 
débarrassées des mauvaises herbes , 
pourvu que le terrcin soit humide; 
sans quoi il faudra les arroser sou- 
vent , parce que ces arbrisseaux 
croissent ordinairement sur le som- 
met des montagnes , dont le sol est 
marécageux. Les coqs de Bruyère 
aimçnt beaucoup les baies de cette 
plante ; de manière que par-tout où 
elle croît en abondance , on peut 
être assuré d'y rencontrer un grand 
nombre de ces oiseaux. 

ENDIVE commune. Foyei 
CicHOPviUM Endivia. 

ENDIVE frisée. roye^ 
Cichorium-Cristum. 

ENDORMIE, ou la Pomme 

ÉPINEUSE. /^'byq DaTURA 
STRAMONIUM. L. 

ENGRAIS. 

On fait usage de plusieurs espè- 
ces d'Engrais en Angleterre , pour 
aniéliorcr les d.fférens sols ; mais 
comme nous avons déjà fait men- 
tion de quelques - uns à l'article 
•Fumier , je ne répéterai point ici 



E N G 

ce que j'ai dé)à dit ailleurs ; je me 
contenterai de parler de quelques 
matières qu'on néglige , quoiqu'el- 
les puissent être employées dans dif- 
férens sols avec un succès éçal , et 
peut-être plus grand qu'en se servant 
des engrais ordinaires. 

L'écorce de chêne , que les Tan- 
neurs rejettent après l'avoir em- 
ployée à la préparation des cuirs , 
lorsqu'elle a été mise en monceaux , 
et qu'elle est bien pourrie, forme 
un excellent engrais pour les ter- 
reins rudes , durs et froids; une seule 
voiture de cette matière forme un 
meilleur engrais , et dure plus long- 
tems que deux voitures de fumier; 
cependant il est ordinaire de voir 
de gros tas de tan rester inutiles pen- 
dant plusieurs années dans quelques 
endroits d'Angleterre, où d'autres 
espèces d'engrais sont fort rares , et 
qu'on est obligé de transporter d'une 
grande distance : depuis quelque 
tems on se sert de ce tan pour faire 
des couches chaudes, et on le trouve 
bien préférable au meilleur crottin 
de cheval , parce que sa fermenta- 
tion est plus tempérée , et beaucoup 
plus durable ; que ces couches con- 
servent une chaleur tempérée pen- 
dant trois ou quatre mois , et qu'on 
peut la renouveler lorsqu'elle di- 
minue , et la faire durer encore quel- 
ques mois en remuant le tan avec 
une fourche , et en y en ajoutant 
un peu de nouveau : ces couches 
sont par conséquent bien préférables 



E N G ^ ^ E N G 147 
aux autres pour les plantes exoti- tinées à produire du grain , on le 
ques, et toutes celles qu'on y plonge répand avant de donner la dernière 
croissent plus dans un mois qu'elles culture, afin qu'il soir bien enterré, 
ne leroient dans quatre , lorsque et que les fibres des plantes qu'on y 
leurs racines pénètrent par les trous seme puissent l'atteindre au prin- 
des pots , et s'enfoncent dans la cou- tems ; car si le tan se trouve ircp 
che. J'ai observe souvent plusieurs près de la surface, il fera pousser 
jeunes plantes de différentes espèces le grain en hiver, et comme il sera 
qui avoient poussé , dans l'espace de consommé au priniems , il ne pourra 
trois mois , par les trous des pots, plus lui fournir aucune nourriture. 
des racines qui s'étendoient à douze II ne faut cependant pas que cet 
pieds de distance , et les plantes el- engrais soit trop voisin des racines 
Ics-mèmes avoient fait des progrès des plantes ; car j'ai remarqué que 
proportionnés ; ce qui prouve que de cette manière il leur est fort nui» 
-le tan pourri leur a fourni une nour- sible. Les plantes qui ont des raci- 
riture abondante. Après m'étre servi nés bulbeuses et tubéreuses, peuvent 
de tan pour une couche, je l'ai em- être placées plus près du tan que 
ployé comme engrais , en le répan- les autres; car , quoiqu'elles soient 
dant sur la terre , et j'ai observé sujettes à être attaquées de pourri- 
que cette terre avoir acquis un dé- ture , cependant , lorsque le tan se 
gré considérable d'amélioration ; trouve à une profondeur raisonna- 
mais le tan est plus propre aux terres ble , et de manière que leurs raci- 
froides et fortes , qu'à celles qui nés puissent l'atteindre au printcms , 
sont légères et chaudes , parce qu'il elles donnent des fleurs beaucoup 
est naturellement chaud , et qu'il plus belles : on a observé dans qucl- 
divise et sépare la terre , de ma- ques endroits, où l'on s'est servi de 
niere qu'après l'avoir employé trois cet engrais pour les jardins , que les 
ou quatre fois dans une terre forte plantes potagères qu'on y a semées 
et difficile à labourer , le sol se y ont acquis un degré de perfec- 
trouve changé et devient très-lcger. tion très-marqué ; de manière qu'il 
On répand ce tan sur la terre un est étonnant qu'on n'emploie pas à 
peu après la St. Michel , afin que cet usage le tjn qu'on rejette des 
les pluies de l'hiver puissent le faire tanneries, par-tout où l'on peut s'en 
pénétrer également par-tout; mais procurer. 

si on l'emploie au printems , il Les herbes pourries , telles que 

brûle l'herbe , et devient très-nui- celles qu'on rejette des jardins , cel- 

sible. Lorsqu'on se sert de cette es- les qui croissent dans les étangs , les 

pece d'engrais pour les terres des- lacs ou les fossés , peuvent aussi four- 

T 1 



/ 



148 E N G E N G 
nir un très-bon engrais : il faut cou- nisscnt de ces herbes , et qui sont 
per ou arracher ces herbes aussi- trop éloignés de la mer , d'où l'or» 
tôt qu'elles commencent à fleurir , pourroit tirer plusieurs espèces de 
parce que c'est dans ce moment plantes, on peut semer différentes 
qu'elles contiennent le plus de sève et graines ; et, lorsque les plantes 
desels, et que, si l'on attcndoit plus qu'elles ont produites seront dans 
tard, leurs graines produiroient dans leur plus haut degré d'accroissement 
les terres où cet çngrais seroit em- et de vigueur , on les enterrera pour 
ployé, une grande cjuantité de mau- fertiliser le sol. 
vaises herbes , qu'il seroit trcs-dif- On emploie communément pour 
ficilc de détruire par la suite. Il y cela le sarrasin , les lentilles , les 
a même quelques plantes auxquel- vesces, l'Arénaria ou Alsme; etdans 
les il ne faut pas donner le tems de certains pays étrangers , on seme 
de former leurs semences , parce des Lupins dans les terres que l'on 
qu'elles les perfectionneroient en- veut améliorer : quand ces plantes 
core après avoir été coupées : on sont parvenues à toute leur gran- 
met toutes ces herbes en tas , pour deur , on les fauche , et on les en- 
les faire pourrir avant de les em- enterre avec la charrue, comme un 
ployer ; mais il est prudent d'y me- excellent engrais ; on suit cette mê- 
ler de la terre , de la bouc , ou thode , principalement dans les pays 
quclqu'autrc matière semblable , méridionaux de la France et en Ita- 
parce que la fermentation qu'elles lie, ou croissent naturellement quel- 
doivent subir est souvent assez forte qucs espèces de Lupins ; mais ils ne 
pour qu'elles iînissent par s'cnflam- sont pas propres à notre chmat, 
mer. Quand on les met en tas sans parce que si la saison se trouve froide 
y mêler de la terre, il faut les cou- &: humide après qu'ils sont semés, 
vrir avec de la boue ou du fumier, ils pourrissent dans la terre; on 
pour arrêter l'évaporation des sels doit donc préférer en Angleterre 
et des autres particules volatiles , quelques autres plantes moins déli- 
que la fermentation dégage : lors- catcs , qui , dans notre climat , de- 
que ces plantes sont entièrement con- viennent beaucoup plus fortes que 
sommées , elles torment une masse les Lupins. 

solide et grasse , qu'on coupe en J'ai vu semer des févottes dans 

morceaux , et qu'on emploie avec quelques espèces de terreins ; on 

le plus grand succès pour fertiliser les fiuchoit lorsqu'elles étoient en 

les terres. fleurs , et on les entcrroit avec la 

Dans les endroits où l'on n'a ni charrue ; on y scmoit ensuite du 

étangs, ni lacs, ni fossés qui four- froment, dont la récoke dédom- 



E N G E N G 149 
mageoic amplement le propriétaire fermenter, et on s'en sert cnsiute 
de ses premiers frais. Presque tous pour des couches : ce moyen, que 
les légumes qui acquièrent un peu M. Samuel Bro^rcr , Gentilhomme , 
de hauteur, sont propres à être trcs-curicux du jardin;igc, m'a fait 
semés pour cet usage. La moutarde, connolrre le premier, peut être très- 
la navette , et d'autres grosses plan- utile; le même Gentilhomme m'a 
tes, forment aussi d'exccllens en- assuré que les couches faites de cette 
grais qui enrichissent beaucoup la manière, conservent leur chaleur 
terre, si on les coupe avant qu'elles pendant quelques mois; et il pré- 
aient perfectionné" leurs graines. fere la fougère au fumier , lorsqu'on 
Le rebut des jardins potagers , a besoin d'une chaleur tempérée et 
lorsqu'il a été mis en tas pour pour- durable. 

rir , donne aussi une bonne espèce 11 y aen Angleterre plusieurs autres 
d'engrais pour le grain ; mais quoi- herbes qui infectent les campagnes , 
que cette ressource soit peu abon- et dont on pourroit tirer le mcme 
dantc , on ne la néglige cependant parti pour fertiliser les terres; par 
pas , à moins que ce ne soit dans ce moyen, on parviendroit, avec le 
le voisinage des grandes villes, où tems , à détruire ces plantes, et 
le fumier est fort commun. J'ai été on se procureroit un engrais qui 
instruit depuis peu d'un autre moyen rapporteroit au - delà des dépenses 
de fertihser les terres , qui peut être qu'il occasionncroit. Mais peu de 
très-utile dans plusieurs parties de ceux qui. s'appliquent à la culture 
l'Angleterre ; il consiste à faucher veulent abandonner leur routine 
la fougère, quand elle est verte et pour éprouver des moyens nou- 
tendre , et à la faire pourrir en tas, veaux , quand même il y auroit peu 
comme les autres herbes : comme de dépenses à faire , et de hasards 
cette plante est extrêmement com- à courir. 11 y a cependant beaucoup 
mune et fort embarrassante dans à gagner , en faisant ces sortes d'ex- 
plusieurs cantons , en la fiuchant périenccs, sur-tout dans les contrées 
souvent , on peut parvenir à la dé- où le fumier et les autres entrais 
truire; quand elle est entièrement sont très-rares , et les particuliers ne 
pourrie , elle donne une assez grande tarderoient point à reconnoitre les 
quantité de fumier, pour dédom- grands avantages qu'ils pourroicnt 
mager le propriétaire de ses frais, retirer de tous les végétaux inutiles 
Dans quelques endroits où l'on ne qui croissent dans leur voisinage, 
peut se procurer ni tan , ni crottin Les cendres de toutes les espèces 
de cheval, on hache la fougère, déplantes sont aussi très- bonnes pour 
et on la met en tas pour la faire améliorer la terre ; ainsi par-tout où 



150 E N" G - E N G 

il y a des buissons , des ronces , et micre et h seconde année , parce 
d'autres plantes semblables deve- qu'il faut qu'ils aient le tems de se 
nues ligneuses , il faut les arracher pulvériser , avant que leurs sels puis- 
pendant l'été , les étendre sur la sent se mêler avec la terre ; aussi 
terre pour les dessécher , les brûler les fermiers ou tenanciers ne se ser- 
lentement , et en répandre ensuite vent- ils que très-rarement de cette 
les cendres sur le terrein , ce qui espèce d'engrais , parce qu'ils ne 
lui lournira un bon engrais. cherchent qu'à recueillir le fruit de 
J'ai déjà donné à l'article , Ter- leur travail le plus tôt qu'il est pos- 
res ou Champs j la manière de bru- siblc. Ces engrais sont bien meilleurs 
1er ces buissons. Le bois pourri et la pour les terres froides et fortes , 
sciûie de bois bici? consommée, sont que pour les terrcins légers et sa- 
aussi de très-bons engrais pour les blonneux. Dans quelques pays on a 
terres fortes, parce qu'ils en divisent découvert , à une grande distance 
les parties , et les rendent plus lé- de la mer , une quantité considé- 
gercs. rable de coquilles fossiles , que l'on 
Les os, les cornes, les ongles, a tirées de la terre , et qu'on a ém- 
et les autres parties des animaux , ployées comme engrais dans les ter- 
ainsi que les poissons , enrichissent res fortes ; mais comme elles ne 
beaucoup la terre. contiennent que peu de sels , en les 
Le sable de mer et les coquil- comparant à celles de la mer , on 
les, sont employés avec succès dans doit préférer ces dernières, lorsqu'on 
plusieurs cantons de l'Angleterre, peut s'en procurer, 
sur-tout en Devonshire, où l'on fait Quand on se trouve dans le voi- 
la dépense d'aller chercher ce sable sinagc de la mer , et qu'on peut 
et ces coquilles , à dos de cheval , à avoir aisément et à peu de frais du 
douze ou quatorze milles ; la terre sable, des coquilles ,des coraux, du 
sur laquelle on répand ces matières limon , de mauvaises herbes , &:c. 
est grasse et forte comme l'argile ; on peut employer ces substances , 
elles en divisent les parties, et les sels qui enrichiront la terre pour plu- 
qu'elles contiennent , les rendent sieurs années ; parce que leurs sels 
très-propres à la végétation. Les co- ne se communiquent que par dé- 
raux et les autres espèces de plantes grés , et à mesure que le chaud et 
pierreuses qui croissent dans les to- le froid pulvérisent les corps qui 
chers, sont remplis de sels utiles à la les contiennent. Le sable et les her- 
lerre : mais comme ces corps sont bes delà mer, répandus comme en- 
fort durs, le bien qu'ils produisent grais en quantité convenable, ferr- 
î>.'est pas fort sensible dans la pre- tilisent le sol pour six ou sept ans j 



E N G 
niais les coquilles, les coraux j et 
les autres corps durs, se conser- 
vent bien plus long-tems. J'ai sou- 
vent remarqué en Angleterre, mais 
sur - tout à Cambridge , une hirt 
mauvaise pratique., qu'il scroit à dé- 
sirer qu'on rectifiât : on transporte 
le fumier dans les campagnes , vers 
la St. Jean , et on le répand sur la 
terre un mois ou six semaines avant 
de l'enterrer ; pendant cet espace de 
tems , la chaleur dissipe toutes les 
parties volatiles du fumier , de ma- 
nière que ce qui reste , n'a , pour 
ainsi dire , aucune vertu : on ne 
devroit voiturer le fumier et les au- 
tres engrais qu'un peu avant le der- 
nier labour , et l'enterrer ensuite , 
sans perdre de tems , pour prévenir 
révaporation de leurs sels ; il est 
vrai qu'en employant pour engrais 
des coquilles , des coraux , et d'au- 
tres substances dures , si on les dé- 
pose dans le champ plusieurs mois 
avant de labourer, l'action de l'air 
et du soleil les réduira plutôt en 
poussière , que si elles avoient été 
enterrées dans le moment du trans- 
port : on fait aussi communément 
la même faute , en répandant du 
fumier dans les prairies avant la St. 
Michel ; de manière qu'elles n'en re- 
tirent qu'un très-toible avantage , 
parce que l'activité du soleil dissipe 
les sels de cet engrais, et ne leur 
laisse pas le tems de pénétrer la terre. 

ENULA CA-MPANA, ou 



E P H 151 

AU NEE. Voyei Helenium. L. 
Inula helenium. L. 

EPATIQUE. Foy. HÉPATIQUE. 

EPHEDRA. Lin. Sp. Plant, i^jt. 
Edic. 3. Tourn, Inst. 6(j 3. Tab. 477. 
Queue de cheval en arbrisseau. 
Raisin de mer. 

Caractères. Les plantes de ce genre 
ont des fleurs mâles et femsUcs sur 
différents pieds ; les mâles sont re- 
cueillies dans des chatons écailleux ; 
sous chaque écaille est une ficur 
simple sans pétale, mais pourvue de 
sept écamines jointes en forme de 
colonne , et terminées par des som- 
m'cts ronds : les fleurs femelles ont 
un périanthe ovale , composé de 
cinq rangées de feuilles, qui sont 
alternes sur les divisions de la ran- 
gée inférieure ; elles sont également 
privées de pétales : mais elles ont 
deux germes ovales placés sur le 
périanthe, qui soutiennent des styles 
courts et couronnés par des stigmats 
simples : ces germes se changent , 
quand la fleur est passée , en autant 
de baies ovales , qui renferment 
chacune deux semences. 

Ce genre de pLuite est rangé dans 
la douzième section de la vingt-deu- 
xième classe de LinnÉE, intitulée: 
Diœcie monaidphie. Les plantes de 
cette classe et de cette section , ont 
des fleurs mâles et femelles sur diffé- 
rens pieds , et leurs étamines sont 
jointes en forme de colonne. 



i6i E P H 

Nous n'avons encore en Angle- 
terre qu'une espèce de ce genre , 
qui est 

VEphedra discachia j peduncuhs 
opposins ; amends geminis. Hon. 
Cliff'. 465. Gouan. Monsp. 510; 
Raisins cie Mer avec des pédoncules 
opposés et des chatons jumeaux. 

Ephedra Marïtima minor. Tour. 
Raisin de Mer. 

Polygonum baccifcrum Maritimum 
minus. Bauh. Pin. 1 5. * 

Tragum. Cam. Hon. 17^* '• 4*^- 

Ce petit arbrisseau croît naturel- 
lement sur les rochers qui bordent 
la mer dans la France méridionale, 
en Espagne et en Italie ; on le con- 
serve aussi dans plusieurs jardins 
pour la variété ; mais il a peu de 
beauté : sa tige pousse quelques 
branches, de deux pieds de lon- 
«^ueur, qui ont plusieurs nœuds gon- 
flés , d'où sortent des feuilles étroi- 
tes et semblables à celles du jonc ou 
à celles de la plante appelée Queue 
de Cheval j et qui se conservent 
vertes toute Tannée. 

On multiplie cette plante au prin- 
tems par les rejettons que ses racines 
rempantes produisent en abondance ; 
elle se plaît dans un sol humide et 
fore , et résiste fort bien en plein 
air aux froids de nos hivers ordinai- 
res. On mettoit autrefois ces plantes 
dans des pots , qu'on tenoit à l'abri 
en hiver ; mais on a remarqué de- 
puis qu'elles profitent beaucoup 
jrnieux çn pleijie terre. 



E P I 
EPHEMERE ou EPHEMERUM. 

Foyei TrADESCOMTIA. 

EPICE, les quatre Epices. Voyez 
Basteria. 

EPICIA, PESSE, PECE, PICEA 
ou FAUX SAPIN. Foyei Abies 

PlCEA. 

EPIDENDRUM. F.Vanilla. L. 

EPIDENDRUM. Lin. Gen. \o\6. 
Vanilla; Vanillier. 

Il y a prés de trente espèces de 
ce genre qui naissent spontanément 
sur les arbres en Afrique et dans 
les deux Indes ; mais comme ces 
plantes ne peuvent être conservées 
dans la terre par quelque moyen 
que ce soit , il seroit inutile d'en 
faire mention ici. Si on pouvoit les 
faire profiter par culture , plusieurs 
produiroient de très-belles fleurs de 
forme peu commune : on m'a en- 
voyé de l'Amérique trois de ces es- 
pcces cjui ont été prises sur des 
arbres , je les ai plantées avec soin 
dans des pots , qui ont été placés 
dans une serre chaude; elles ont 
réussi assez pour montrer leurs fleurs, 
mais elles ont péri bientôt après. 
Ycyei l'article VaNILLA. 

EPI FLEURI. Foyei SXACHYS. 

EPIG.-EA. Lin. Gen. Plant. 48 <^, 
Memecyllum. Mitch. I 3 ; Arbousier 
rçiiipant. . 

Çaracterei^ 



EPI t' P I 1^5 

■ Ciractercs. La fleur a un calice pemapetaloîde fistuloso. Pluh. Aim. 
double et persistant ; l'extérieur est 3C9. t. f. \. Raj. Suppl. ^^6. 
compoic de trois feuilles, et Tinté- Cette plante croît naturellement 
rieur, d'une seule divisée en cinq dans rAmériqi?e septentrionale, 
parties: cette feuille est en forme d'où clic a été envoyée dans les 
de sous-coupe, mcnopétale, et pour- jardins Anglois ; sa tige d'arbrisseau , 
vue d'un tube cvlindrique plus long basse et traînante , pousse de cha- 
que le calice, velu en-dedans, et dont cun de ses nœuds des racines, au 
les bords sont divisés en cinq par- moven desquelles elle se multiplie 
tics entièrement ouvertes : elle a considérablement quand elle se 
dix étamines aussi longues que le trouve dans un sol ce à une er^posi- 
tube , fixées -à la bise du pétale, et tien qui lui soient prcpies : ses tiges 
terminées par des sommets oblongs : sont garnies de feuilles ovales , ru-* 
dans son centre est placé un germe des , et ondées sur leurs bords : se? 
globulaire, velu, et couronné par fleurs, blanches et divisées en cinq 
un stigmat obrtis et découpé en cinq segmens aigus entièrement ouverts 
parties : ce germe se change dans la en forme d'étoile, naissent en pa- 
suite en un fruit applati , à moitié quets clairs aux extrémités des bran- 
rond, à cinq angles, et à cinq cellu- ches dans le mois de Juillet; mais 
les qui s'ouvrent en cinq valves , et elles ne produisent point de huits 
qui renferment plusieurs semences, en Angleterre. 

Ce genre de plante est rangé dans On multiplie facilement cette 

la premiere section de la dixième plante au moyen des racines que 

classe de LinnÉE, intitulée: De^ ses tiges traînantes produisent à 

candrie monogynie j qui comprend les chacun de leurs nœuds ; on les sé- 

plantes dont les fleurs ont dix cta- parc de la vieille plante, et on les 

mines et un style. place à l'ombre dans un sol humide: 

Nous ne connoissons qu'une es- cette opération doit être faire en 

pece de ce genre , qui est automne , afin que les plantes puis- 

L'Epigaa. Lin. G en. Plant. ^6^. sent être bien enracinées avant le 

£dit. 3. Arbousier rempant. Amœn. printems. Si l'hiver est rude, on les 

^cad.p. ij, couvre avec des feuilles sèches ou 

Alemecyltum. Mkh. Gen. 13. quelqu'autre couverture légère, pour 

Arbutus foliif ovacis integris j pe- empêcher la gelée de les endomma- 

ciolis Iaxis long'uudine foliorum. Gron. ger : lorsqu'elles sont bien reprises, 

yirg. 49. elles ne demandent plus aucun autre 

PyroUaffinisrepensfruticosa; foins soin que d'être tenues nettes de 

rigidis scabritie exasperatis j fiore mauvaises herbcs. 

Tome III, V 



154 EPI 

tl'ÎLOBRIM. Lm. Gen. Plant. 
/\.i6. Chamœnerion. Tour. R. H. 302. 
Tab. 1 3 7 ; Lierre herbacé ou Lierre 
Francois, l'Epilobe 011 herbe de Sainf- 
Ancuine. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
ont un calice composé de quatre 
kuiUes obiongues , pointues et co- 
lorées; quatre pétales bordés, entiè- 
rement, ouverts , et huit étamines 
alternativement plus longues et 
plus courtes , et terminées par des 
sommets ovales et comprimés : au- 
dessous de la fleur est placé un 
germe long et cylindrique qui sou- 
tient un style mince , couronné par 
un stigmat obtus , et divisé en quatre 
parties ; ce germe devient dans la 
suite une capsule longue, cylindri- 
que, sillonnée, et à cinq cellules 
remplies de semences obiongues et. 
couronnées de duvet. -(O 

Ce genre de plante est rangé dans 
la premiere section de la huitjcme 
classe de Lin NÉE , intitulée : Octan- 
drie mono^ynie j dans laqu.clle sont 
comprises les fleurs qui ont huit éta- 
mines et un style. 

Les espèces sont : , 
,: 1°. Epilolnum angusti -folium ^ 
folïïs sparsls j lineari - lanceolatis _, 
fiorihus inLtquallhus. Lin. Sp. 493. 
(Ed. Dan 189. Gmel. Sihr 3./». i 64. 
PoUich. Pal n. 369. Kniph. Cerftt 
I I. «. 41 ; Epilube à feu jlles linéai- 
res, en forme de lance, et placées 
clairement avec des tieitrs inégales. 
Epilobium Jloribus difformibuSj pis- 

y 



E P I 

tillo decllnato. FI. Suec. 3 04. 317. 

Epilobiurn foliis lanceolatis^ inte- 
gerrimis. FI. Lapp. 146. Hort. Cliff. 
I 54. Roy. Lugd.'B. 250. 

Lysimachia 3 Chams.nerion dicta^ 
angusti-jolia. Bauh. Pin. 245. 

Lysimachia , Chamœnerion dicta j 
lati-folia. Bauh. Pin. 245. 

Lysimachia j Chamœnerion dicta^ 
Alpina. Bauh. Pin. 245. Deux va- 
riétés. 

Chamœnerion lati-foliimi , vulgare. 
Toimi. Ins t. R. H. jOz i Lierre com- 
mun à larges feuilles ; Herbe de 
Saint- Antoine, ou le petit Laurier- 
Ilose, ou Laurier de Saint-Antoine. 

2°. Epilobiurn hirsutum j foliis 
oppositis j lanceolatis j serratis de- 
currcnti- amplexicauUbus. Lin, Hon. 
Cliff. 145. FI, Suec. 305. 328. 
Gron. Virg. I 5 4. Roy. Lugd.-B. 2 5 I . 
(Ed. Ban. 326. Pollich, Pal. n. 3yo. 
Kniph. Cent, ^. n. 28 ; Epilube à' 
feuilles opposées, en forme de lance, 
et sciées sur leurs bords. 

Chamœnerion villosum , magno fLord 
purpureo. Tourn. Hist. R H. 3 03; 
Lierre velu à grosses fleurs, ordi- 
nairement appelé Codlins and Cream. 
Lysimachia siliquosa hirsuta, parvo 
flore. Bauh. Pin. 245 ; TEpilobe 
\e!M. 

11 y a plusieurs autres espèces de 
ce genre, dont quelques-unes crpis- 
sent naturellement dans Acs bois 
couverts et dans les lieux h;;nvdes 
de plusieurs parties de 1 Anglcrcrre; 
mais comme elles deviennent fort 



E P I 

embarrassantes , et que pour cerrc 
raison on les admet rarement dans 
les jardins , je n'en ferai aucune 
mention. 

Jns^sti-folium. On cultivoit au- 
trefois la premiere espèce dans les 
jardins à cause de la beauté de ses 
fleurs ; mais comme ses racines rcm- 
panccs s'étendent ordinairement 
tort loin , et qu'elles gcnent les 
aunes plantes , on la presque gé- 
néralement rejetcée; cependant lors- 
qu'elle est en fleurs, et qu'elle se 
trouve placée dans un lieu bas , hu- 
mide et à l'ombre , elle a une trcs- 
belle apparence ; ses fleurs sont 
d'ailleurs très- propres à orner les 
apparcemens en été : elle s'élève à 
la hauteur d'environ quatre pieds 
avec des branches minces , rudes , 
et garnies de feuilles semblables à 
celles du Lierre , d'où lui vient le 
nom à' Herbe de Lierre ou Lierre Fran- 
çois ; ses fleurs , de couleur de pê- 
che , naissent en longs épis ou 
thyrses , et si la saison n'est pas trop 
chaude, elles conservent leur beauté 
pendant prés d'un mois : on ren- 
contre ces eipéces dans plusieurs par- 
ties de l'Angleterre; mais quelques 
Botanistes ont prétendu que celle- 
ci n'y croît pas naturellement, et que 
\cs plantes qu'on y trouve ont été 
rejettées des jardins; cependant je 
pense qu'on doit la regarder comme 
originaire de notre Isle, parce qu'on 
la trouve en grande quantité dans 
les bois fort écartés des habitations , 



EPI 155 

sr.r-totTt dans la foret de Charleton, 
et dans plusieurs autres en Sussex : 
cette plante rempe fort par sa racine 
et se multiplie aisément. , 

Il y a dans cette espèce une va- 
riété à fleurs blanches , qui d'ailleurs 
ne diffère en rien de la preniiere ; 
j'en tais ici mention , parce que 
beaucoup de personnes se plaisent 
à multiplier ces variétés. 
•- Hirsucum. La seconde, qu'on ren- 
contre en Angleterre sur les bords 
des fossés et des rivieres, s'élève à 
la hauteur d'environ trois pieds , et 
produit aux extrémités de ses tiges , 
des fleurs beaucoup moins belles que 
celles de la premiere espèce ; comme 
SCS racines rempenr et s'étenJent 
beaiîcoup, on l'admet rarem.ent dans 
les jardins; ses feuilles répandent une 
odeur de pommes cuites quand elles 
sont froissées ,• d'où quelques-uns lui 
ont donne le nom de Codlins and 
Cream , c'est-à-dire , Pomme de 
Codlins cuite dans de la ci cme. 

EPIMEOrUM. Lin. Sp. Plant. 
138. Tour. Insc. R. H. 232. Tab. 
117. Rail Meth. Plant. I 19 ; le 
Chapeau d'Evéque. 

Caractères. Dans ce genre la fleur 
a un calice à trois feuilles qui tombe; 
une corolle composée de quatre 
pétales obtus , ovoles , concaves , 
et entièrement ouverts ; quatre nec- 
taires en forme de coupes , obtus 
au fond , et aussi larges que les 
pétales ; quatre étamines terminées 
V 1 



15^ EPI EPI 

par des sommets oblongs, érigés et place sur le germe, qui se change 

bilocuîaires , et; un germe oblong ensuite en un légume mince et 

et placé dans le Fond qui soutient rempli de semences oblongues : 

un style court et couronné par un cette espèce fleurit dans le mois de 

sti>Jmat simple : ce germe devient Mai , et ses feuilles périssent en 

ensuite une silique oblongue , poin- automne : si ses racines sont plantées 

tue, et à une cellule qui s'ouvre en dans une plate-bande à l'ombre, on 

deux valves , et renferme plusieurs est forcé de les retrancher tous les 

scnicnccs oblonf^ues. ans pour les empêcher de s'étendre 

Ce ^'cnre de plante est rangé trop , et de se mêler avec celles des 

dans la premiere section de la qua- plantes voisines : elle croît naturel- 

trieme classe de LinnÉe , avec Icmcnt sur les Alpes-, mais j'en ai 

celles dont les fleurs ont quatre éca- reçu quelques-unes qui ont été trou- 



niines et un style. 

Nous ne connoissons qu'une es- 
pèce de ce genre , qui est 

Epimedium Alphium. Hon. Cliff. 

37. Hort. Ups. 19. Roy. Lugd.-B. 

4OZ. Chapeau d'Evcque des Alpes. 
Cette plante a une racine rem- 

pentc de laquelle sortent plusieurs 

tiges de neuf pouces environ de 

longueur , et divisées au sommet en 

trois parties qui se sous-divisent en- 
core en trois autres plus petites , sur 

chacune desquelles est une feuille 

ferme, en forme de cœlir, terminée 

en pointe , d'un vert pâle en-dessus 

et grise en-dessous : ses pédoncules 

sortent au-dessus de la premiere di- 
vision de la tige-, ils ont près de 
six pouces de longueur , et se par- 
tagent en plusieurs autres plus petits, 
dont chacun supporte trois fleurs ; ces de Virginie. l'oy. Cr ATvEGUS CRUS 
fleurs ont quatre pétales de couleur galli. 
rougeâcre , rayés de jaune sur leurs 

bords , et placés en forme de croix ; EPINE de Pinchaw. Voye^ Cra- 
du centre de chacune s'élève un style T/Egus tomentosa. 



vées dans une forêt de l'Angleterre 
Septentrionale. 

EPINARD. Foyei Spinacia. 

EPINARD-FRAISE. Foye^^ 
Blitum Capitatum. 

EPINE. Foyei Crat^gus. 

'E^IE'E blanche. Fby. MeSPILUS, 

Crataegus , Oxyacantha. 

EPINE de Chèvre ou ADRAGANT. 
Foyei Tragacantha. 

EPINE yWwc. /■'qye:^ SeOLIMUS. 
EPINE de Lys. Voy. CatesB^A. 
EPINE luisante , ou AZEROLIER 



E Q U 

EPINE toujours vcrce, ou BUISSON 
ARDENT. Foyei Mespilus Pyra- 

CANTHA. 

EPINE de Christ , ou PALIURE. 
Foye:^ PALIURUS. 

EPINE VINETTE. Foye^ 
Berberis. 

EPINETTE , ou SAPINETTE du 
Canada. /^o_). AbieS CANADENSIS. 

EPURGE. Foy. Tithymalus. 

EQUINOXIAL, de aquus , égal 
et nox , nuit : on nomme ainsi un 
gtand ceicledc la sphère sous lequel 
l'cquateur se meut dans son mouve- 
ment journaliet. 

On confond ordinairement la 
ligne équinoxiale avec l'cquateur; 
mais ces deux cercles sont cependant 
difFcrens, l'cquateur étant movible 
et l'cquinoxialc fixe; Téquatcur est 
tracé autour de la surface convexe 
de la-sphère , mais l'équinoxiale Test 
sur la surtace concave du magnus or- 
bis. On conçoit la ligne équinoxiale en 
supposant un demi-diamètre de la 
sphère , pris du point de l'cquateur , 
et de-là , décrivant un cercle sur la 
surface immobile du /ri/nj/zw mobile, 
par la rotation de la sphère vers son 
axe. 

Quand le Soleil parvient à ce 
cercle , dans son avancement à 
travers l'ecliptique, il rend égaux 



EQU 157 

les jours et les nuits dan<; toute la 
circonférence du globe , parce q"C 
alors il se levé au vrai pc^nc de 
l'Orient et se couche à celui de 
l'Occident i ce qui n'arrive dans 
aucun autre tcms de l'année. 

les Peuples qui habitent sous ce 
cercle, ont constamment les nuits et 
jours égaux , et le Soleil est dans 
leur zenith à midi, et ne fait point 
d'ombre. 

EQUINOXES (les) sont les deux 
tems de l'année où le Soleil entre 
dans les points équinoxiaux, qui 
sont ceux où l'équateur et l'eclipti- 
que se coupent : le premier , on 
l'équinoxe du printems , se trouve 
dans le signe du Bélier, et l'autre, 
qui est l'équinoxe d'automne , esc 
placé dans le signe de la Balance. 
Ainsi les equinoxes arrivent quand 
le Soleil est dans le cercle équi- 
noxial , alors les jours sont égaux 
aux nuits dans rout le monde ; ce 
qui arrive deux fois l'année , vers le 
premier de Mais , et le vingt-deux 
de Septembre. 

EQUISETUM, de Equus, Cheval, 
et Seta , Poil , parce que plusieurs 
feuilles et quelques branches de 
cette plante ont quelque ressem- 
blance avec la queue d'un Cheval. 
Les Grecs l'appeloit 'i^ttsjus, de'i^rsror, 
un Cheval, et «ùfi, une queue, et 
Hipposeta , de 'i^m? et seta ; queue 
de Cheval , Prêle. 

On trouve en Angleterre plusieurs 



15S E R I 

espèces de cette plante sur les bords 
des fos:>cs et dans les bois couverts ; 
mais comme elles ne sont jamais 
admises dans les jardins , je n'en 
parlerai point ici. 

, É RACLE. Voyci AcER. 

ERICA. Lïn. Gcn. Plant. 435. 
Tourn. Ins:. B. H. 601. Tah. ^73. 
( 'Ef ti'xij , de £f ti'x» , ou ff l'x» , orec , bri- 
ser ( ou casser ) , parce qu'on dit 
que cette plante a la vertu de rom- 
pre la pierre dans la vessie ). Bruycre. 

Car aci ires. Les fleurs de ce genre 
ont un calice persistant et Formé 
par c]uatre feuilles ovales , érigées 
et colorées ; une corolle composée 
d'un pétale gontvé , érigé et divisé 
en quatre parties , et huit étami- 
ncs velues, fixées au réceptacle, et 
terminées par des sommets divi- 
sés en deux parties : dans leur Fond, 
est placé un germe rond, qui sou- 
tient un style incliné, plus long que 
les étamines , et couronné par un 
stiî^mat à qu:itre angles ; ce germe 
se change, quand la fieur est passée , 
en une capsule ronde et à quatre 
cellules remplies de petites semences. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la premiere section de la hui- 
ticm.c classe de Lin NÉE , intitulée : 
Cctanirïc monogynie , dans laquelle 
se trouvent comprises les fleurs qui 
ont huit étamines et un style. 

Les espaces sont : 

l ". Eriçu vulgaris j antherls hï- 



E R I 

cornibus inclus is ; coroUis in£qualibus j 
campamdads j mediocribus ; foliis op- 
posicis j sagittatis. Lin. Sp. PL ^"^i ; 
Bruyère à deux cornes , renfermant 
des anthères ; à pétales inégaux et 
en ferme de cloche , et à petites 
feuilles en forme de flèche et op- 
posées. 

Erica ^ foliis quadrifariàm imbri- 
caàs J triquecrisj glabrisj créais ; co- 
rollis in£qualihus j calyce brevioribus. 
Horc. Cliff. I 4(j. FI. Suce. 3 09. 336. 
Roy. Lugd.-B. 442.. 

Erica vulgaris , glabra. Bauh. Pin. 
485. F I. Lapp. 141 ; Bruyère com- 
mune. 

Erica Myrica j folio hirsute. Bauh. 
Pin. 48 5 ; Variété. 

Erica vulgaris , hirsuta. Raj. Angl. 
l- p. 47 1 ; Bruyère commune , 
hérissée. 

z'^. Erica hcrbacea , antheris bi- 
cornibus inclusis j campanulatis j me- 
diocribus , sccundis ; joliis ternis j tri- 
quctns patulis. Lin. Sp. fl. 500 ; 
Bruyère avec des anthères à cornes , 
un pétale campanule, et cinq feuil- 
les étroites et étendues. 

Erica joliis Coridis , multï-flora. 
J. B. Fol. 1 . /'. 3 5 (3 ; Bruyère avec 
plusieurs fleurs à feuilles de pin. 

Erica procumbens j herbacea, Bauh; 
Pin. 48^. 

Erica Coris folio 8. Clus. Hist, 
up. 44. 

5 '^. Erica cincrea , antheris bicor- 
nibus inclusis j corollis ovatisj racemo- 
sis ■ foliis ternis glabris lïnearibust 



E R I E R I ^ 1^9 

Lin. Sp. Plan'.. 351; Bruycreavcc croissent sauvages sur des tcrrcins 

des antherci renrcrmccs dans deux stériles et incultes , dar.s diffûciites 

cornes, àa pécdcs ova!c5 et bran- parties de l'Aiiglctcric ; inais Cji;c,i- 

chus , et trois teuillcs longues , ctroi- qu'elles soient ccn.rr^uniis , ccpcn^ 

tes et unies. dant elles mérircnt d are placées 

Erica Coris folio 6. Clus. Hist, avec les bas arbrisseaux à iieurs 

1. p. 47. Ocd. Dan. c. 38. dans les bosquets, où elles feront 

Erica humilis j corcice cinereo , une variété agréable , par la beauté 

Arbuti flore. C iî. P. 486; Bruyère de leurs fleurs, qui se succèdent 

basse ,à écorce cendrée et à fleur continuellcmer.t , et par b diver- 

d'arbousicr. La petite Bruyère. site de leurs k-uiliages. 

/Ç. Erica ciHaris.,antheris simpiici- Elles se nuiltiplicnt rarement et 

b::s inilusis ; coroUis ovaàs j irrcgula- difficilement dans les jardins , parce 

ribus ; floribus terno-racemosis ; fo- qu'on ne les élevé point en pépi- 

Itis ternis ciliatis. Lafl. Epist. 1. p. niere ; mais on peut les enlever en 

5). Lin. Sp. Plant. 354; Bruyère mottes, pendant l'automne, dans 

avec des anthères simples , des pé- les lieux où elles croissent nauircl' 

talcs ovales et inégulicrs , des tri- lement , pour les transplanter dans 

pies fleurs branchues , et dcsfeuil- les jardins. 

les velues , placées par trois. Il ne faut pas les placer dans 

Erica XII. Clus. Hist. I. p. ^6. des terreins gras et remplis de fu- 

Erica hirsuta, Anglica. Bauh. Pin. mier : on évite d'arracher les mau- 

601. vaiscs herbes qui les entourent ; car 

5°. Erica arborea , anthcris bicor- moins la terre est remuée, et plus 
nibus inclusis , coroUis campanulatis ces plantes profitent j parce que 
longioribus, folds quaternis patentis- leurs racines sont ordinairement fort 
simis j caule subarboreo , tomentoso. près de la surface , et qu'elles peu- 
Lin. Sp. Plant. 50 2; Bruyère en vent être endommagées et nicme 
arbre , avec des anthères renfcr- détruites par les labours et les houa- 
mées dans deux cornes , une plus gcs : on peut aussi les multiplier [ ar 
longue fleur en forme de cloche, semences; mais comme cette me- 
et quatre feuilles étendues à cha- thode est trop lente, il vaut mieux 
que nœud. suivre la premiere ( i ). ; 

Erica Coris folio i. Clus. Hist. __» 

I./7. 4. 

r^ . „ r, , -n. ( On attribue quelcues propiit'tt's 

Lrica maxima alba. Bauh. Pin, 'j- • i - i t, 

tiiedicinales a la Bruycre con, mime; mais 

■T""5' on s'en sert très-rarement ; son eau c'is- 

Les quatre premieres espèces dUée passe pour être propre à dissiper 



\6o ' E R I 

Afrlcana. La cinquième espèce 
croît sans culture au Cap-de Bonne- 
Espérance, et dans le Portug;-!l où 
elle s'clcve avec une tige forte et 
ligneuse, à la hauteur de huit ou 
dix pieds , et pousse , dans toute sa 
longueur , plusieurs branches gar- 
nies de feuilles étroites , qui sortent 
quatre ensemble du même point. 
Ses fleurs blanches et teintes d'un 
rouge pâle extérieurement , naissent 
entre les feuilles , aux extrémités des 
branches ; elles paroisscnt dans le 
mois de Mai. Elles ne sont pas sui- 
vies de semences en Angleterre. 

Cette plante subsiste en plein air 
dans notre climat , pourvu qu'elle 
soit placée dans un sol sec , et à 
une exposition chaude ; mais on la 
tient ordinairement dans des pots , 
et on la met à l'abri de l'hiver i 
cependant celles qui sont ainsi trai- 
tées , ne profitent et ne fleurissent 
p.is aussi bien que celles de pleine 
terre. C'est pourquoi il vaut bcau- 
COUJ3 mieux les y placer, et se don- 
ner la peine de les abriter en hiver , 
que de les conserver dans des pots. 
- On la multiplie dans ce pays avec 
difficulté, en marcottant ses jeunes 



rinflammation c".es yeux et à calmer les 
douleurs -ie colique; i'iuiile de ses fleurs 
a, liir.on, h verrti d'enlever les taches 
de Li peau, de guérir les darcies , et de 
soulager les personnes artaquces de la 
goutte : mais on doit peut compter sur ce 
yciiiede. 



E R r 

rejettons , qui sont souvent deux 
ans avant de prendre racine ; d'au- 
tres détachent de tendres boutures, 
qu'ils mettent dans des pots remplis 
de terre légère , qu'ils couvrent exac- 
tement avec des cloches , et qu'ils 
tiennent à l'abri du soleil : quand 
cette opération est faite avec Intel • 
ligence , les boutures prennent fa- 
cilement racine , et deviennent de 
meilleures plantes que les marcottes. 

ERICA BACCIFERA. Voyci 
Empetrum. 

ERIGE RON. Un. Gm. Plant. 
855. Senecionis sp. Dill, Conyi^ella, 
Dili. Elth. 2 5 7 ; Espèce de Séne- 
çon, Herbe aux puces. 

Caractères. La fleur est composée 
et radiée ; plusieurs fleurettes her- 
maphrodites torment son disque; et 
les demi - fleurettes femelles , les 
rayons ; celles-ci sont renfermées 
dans un calice oblong et écailleux : 
les fleurettes hermaphrodites sont en 
forme d'entonnoir , et découpées 
au sommet en cinq parties; elles 
ont chacune cinq étamines courtes, 
velues, et terminées par des som- 
mets cylindriques ; elle renferme un 
petit germe couronne de duvet , 
et plus long que le pétale : sur ce 
germe est placé un style mince , 
aussi long que le duvet, et surmonté 
de deux stigmats oblongs ; le germe 
se change dans la suite en une pe-- 
titc semence oblongue , et ornée 

4'«« 



E R I 

d un lonîT duvet. Les dcmi-flenrettcs 
feiv.cîlci, qui composent les rayons , 
o:u un côcé de leur pétale étendu 
en-dehors, en forme de langue; elles 
n'ont point d'étamincs ; mais elles 
sont pourvues d'un petit germe velu , 
qui soutient un style mince , velu , 
et terminé par deux stigmats min- 
ces. Ce germe forme, quand la Heur 
est passée, une semence semblable 
à celles des fleurettes hermaphro- 
dites. 

Ce genre de plantes est rangé 
dans la seconde section de la dix- 
neuvicmc classe de LinnÉe , qui 
renferme les plantes dont les fleurs 
sont composées de fleurettes herma- 
phrodites et femelles, toutes deux 
fructueuses. LinnÉe a ajouté à ce 
genre plusieurs espèces de Cony^cs 
et d'esters des anciens Botanistes, 

Les espèces sont : 

I '■' . Er'igcron viscosum , peduncu- 
lis uni-ficris laceralïbus ; foliis lanceo- 
latis, denticulacis , basi nflexisj caly- 
cibus squarrosis ; coroUis radiatis. 
Hon. Ups. 2 5 8 ; Erigéron avec une 
fleur supportée par un pédoncule 
placé sur le côté , des feuilles en 
■forme de lance, un calice rude et 
des corolles à rayons. 

Ascer foliis serratis j pedunculis 
simplicibus lateralibus uni-floris , longi- 
tudinefoid ,foliosis. Horc. Cliff'. 409. 

Virga aurea major, foins glutino- 
sis 3 graveolentibus. Tourn. Inst. 5 80. 
Faill. Act. 579. 

Cony-^ç^a mas Theophrasd j major 
Tome III. 



E R I i6v 

Dioscoridis. C. B. p. 16 K; Conyze 
m.îlc de Théophraste , et la plus 
grande Con^-zc de Dioscoride. 

Cony:^a major. Dod. Pempc. 5 i . 

2°. Erigéron acre j pedunculis al- 
cernisj uni-Jîoris. Hort. Cliff". 407. /'/. 
Suec. 6ç)i J, 7^1. P>.oy. Lugd. - B. 
16'^. Pûllich. Pal. n. 79OJ Erigéron 
avec des pédoncules alternes , qui 
soutiennent chacun une seule fleur. 

Erigéron vulgare. FI. Lapp. 308. 

Cony^a cœrulea acris. C. B. p. 
x6y, Herbe aux puces acre. 

Cony^oïdes. Dill. Giss. p. I 54. 

Amelias montanus dquicolorum. 
Col. Ecphr. 1. p. 2 ^. 

3 °. Eriferon Bonariense j foliis 
basi revoluds. Lin. Sp. Plant. 863. 
Murray. Prodr. 179 ; Erigéron dont 
les feuilles sont roulées à leur base. 

Senecio Bonariensis purpurascens , 
foliis imis Coronopi. Hort. EU h. 344. 
T. 157. F. 3 34; Erigéron pourpre 
de Buenos- Ay res , ayant ses feuilles 
basses comme celles de la corne de 
cerf. Plantain. 

4°. Erigéron Canadense , caule fla- 
ribusque paniculatis. Hort. Cliffl 407,^, 
Hort. Ups. 258. Gron. Firg. \iz ; 
Erigéron avec une tige et des fleurs 
disposées en panicules. 

Virga aurea Virginiana annua. 
Zan. Hist. 205; Verge d'or an- 
nuelle de Virgir.ic. 

Cony-^ella. Dili. Cat. App. 142. 

Cony^a annua, acris, alba, elatiory 
Lin ari& foliis. Moris. Hist. 3./?. I I 5. 
sivè 7. T. 10. F. 1^. 

X 



2<Ji E R I 

5". Erigeron Alp'inum, caule sub' 
In-floro J calyce sub hirsuto. Lin. Sp. 
Plant. 864; Érigéron avec deux 
jflcLirs sur une tige , et cks calices 
velus, 

Cony\a cAndca Alpina , major et 
vnnor. C.B. p. 265 ; Herbe aux 
puces bleue des Alpes. 

Asterï montano purpurea similis j 
sivè Globularix. Bauh. Hist. z. p. 
107. 

6°. Erigeron gravcolens ^ ramis la- 
Teralibus multï-Jloris ; folds lanceolatisj 
integerrimis ; calycibus squarrosis. 
Amœtu Acad. 4. p. 2,90. Gouan. 
Monsp. 437; Erigéron avec plu- 
sieurs fleurs sur les côtés des tiges , 
des feuilles entières et en forme 
de lance, et des calices rudes. 

Virga aurea minor j foliis glutino- 
sis et graveokntibus. Tourn. I/ist. 

484. . •• _: ■ 

Conyi^a fœmina Theophrasti; minor 
Vioscoridis. Bauh. Pin. 261. 

Cony\a minor vera. Lob. Le. 3 46. 

7°. Erigeron fœtidum , foliis lan- 
eeolato-linearibus 3 retiisis; floribus co- 
rvmbosis. Lin. Sp. Plant. I 2 I 3 ; Éri- 
i^cron avec des feuilles linéaires et 
en forme de lance, et des fleurs cri 
corimbes. 

Senecio Africanus , folio retuso. 
lier m. 66 l. 

Cony^a Africanûj Senecionis flore ^ 
refiusis foliis. Hcrm. Lugd.-B. 66 1. 
T. 66i. 

. Pseudo-Henchn'sum frutescens Afri- 
(anum j retusis folds virLdd^us j flore 



E R 1 

luteOj nudo. Moris. Hist. 3. p. 90. 

72. I. 

Viscosiim. La premiere espèce 
croît naturellement dans la France 
Méridionale et en Italie ; elle a une 
racine vivace , de laquelle sortent 
plusieurs tiges droites de trois pieds 
de hauteur , et «amies de feuilles 
oblongues , ovales , velues , sessiles 
à la tige, alternes, et longues de 
quatre pouces sur deux de largeur 
au milieu : cette plante est couverte,, 
dans les tems chauds , d'une sève 
gluante ; ses fleurs naissent simples- 
sur de longs pédoncules , desquelles- 
quelques-unes sortent des parties la 
térales de la tige , Cl les autres , de 
son extrémité ; elles sont jaunes et 
d'une odeur agréable ; elles parois- 
scnt en Juillet , et leurs semences 
mûrissent en automne.. 

On multiplie Cette espèce par ses 
graines , qui réussissent plus certai- 
nement lorsqu'elles sont mises eît 
terre en automne , que quand on 
attend jusqu'au printems pour les 
semer : on éclaircit les plantes qui 
en proviennent , on les tient nettes 
de mauvaises herbes , et en automne, 
on les transplante à demeure. Elles, 
se plaisent dans un sol sec et eîsposé 
au soleil ; elles fleuriront et donne- 
ront des semences mûres dans la: 
seconde année; leurs racines durent 
plusieurs années , et continuent à 
produire des fleurs et des graines.. 
Acre. Bonariense. Canadense. Al- 
pbium. Les quatre espèces suivantes. 



E R I 

sont conservées dans les jardins de 
Botanique , pour la varictc ■■, mais 
on les admet rarement dans ceux 
d'agrément. La cinquième est une 
plante vivace , qui croit naturel- 
lement sur les Alpes ; on la multi- 
plie par semences , comme la pre- 
miere Cipece , mais elle exige un 
so! humide et une situation ombragée. 

Les autres sont annuelles , et se 
multiplient an point de devenir fort 
•embarrassantes, lorsqu'elles sont une 
fois établies dans les jardins , et 
qu'on leur permet d'écarter leurs 
graines. 

Graveolens. La sixième s'élève à 
la hauteur de trois pieds , avec des 
tii^es fermes et irarnies de feuilles 
étroites et en forme de lance; les 
fleurs sont jaunes et sortent en pa- 
quets serrés sur les parties latérales 
de 'l'extrémité de la tige ; elles pa- 
roissent en Juillet , et dans les an- 
nées chaudes , elles sont remplacées 
par des semences en Angleterre. 

On peut multiplier cette espèce , 
en coupant la tige en morceaux , 
dont on forme des boutures qui 
pousseront des racines , si elles sont 
plantées dans une plate - bande à 
l'ombre , et arrosées à propos : dès 
l'automne suivant , on peut les en- 
lever et les planter dans les plates- 
bandes du jardin à fleurs. 

Fœtidum. La septième , qui est 
originaire d'Afrique , produit cinq 
ou six tiges droites , hautes d'en- 
viron quatre pieds , et fortement 



E R I T(?3 

garnies de feuilles linéaires , eu 
forme de lance , et velues ; ses tiges 
sont terminées par de gros paquets 
de fleurs jaunes et en forme de 
corymbe , qui paroissent en Odto- 
bre , et se succèdent souvent pen- 
dant plus de deux mois ; ce qui donne 
un nouveau mérite à cette plante. 
Comme cette espèce est trop ten- 
dre pour profiter en plein air dans 
notre climat , on doit tenir les plan- 
tes dans des pots ; et si pendant 
l'hiver elles sont placéc?sous un châs- 
sis ordinaire , où elles puissent avoir 
beaucoup d'air dans les tcms doux, 
et être abritées des fortes ■gelées , 
elles réussiront mieux qu'en les trai- 
tant plus délicatement. On la mul- 
tiplie aisément par boutures , qui 
prendront promptem.ent racine, si 
elles sont plantées dans le mois de 
Mai; ces jeunes plantes fleuriront 
dès l'automne suivante. 

ERINUS. Lin. Gen. P'ian^. 'è^. 
Agiratum. Tourn. Ins t. R. H. 6^i. 
Tab. 411; Eupatoirc. 

Caractères. La fleur a un calice 
persistant , et composé de cinq feuil- 
les égales; un pétale tubulé , de l'es- 
pèce des labiées , et découpé en cinq 
segmens égaux , et entièrement ou- 
verts , dont trois sont placés sur le 
haut de la lèvre supérieure , et les 
deux autres tournés en arrière , et 
quatre, étamines situées au-dedans 
du tube , dont deux sont un peu 
plus longues que les autres , et qui 
X z 



1^4 ' E R I 

sont tontes terminées par de petits 
sommets ; dans le fond du tube , 
est place un germe ovale, qui sou- 
tient un style court et surmonté par 
un sciemat en forme de tête : ce 
germe se change, quand la fleur est 
passée,, en une capsule ovale, .cou- 
verte par le calice, et à dcax cellules 
remplies de petites semences. ;. 

Ce genre de plante e>t rangé 
dans la seconde section de la qua- 
torzica^ne classe de Lin NÉE , qui 
renferme lel plantes dont les fleurs 
ont deux étamines longues et àcux 
courtes , et dont les semences sont 
renfeffîiécs dans une capsule. TouR- 
NEFORT l'a placée dans son Appen- 
dix, mais elle dcvroit se trouver dans 
sa troisième classe , qui contient les 
plantes avec une fleur anomale, tu- 
btilée , et ornée par une tcuiUe. 

Les espèces sont: 

1 ". Liinus Alpïnus , florlhus race- 
mos'is. Lin. Sp. Plan:. 630 ; Érinus 
a fleuri branchues , des Alpes. 

Erinus j Sauv. Monsp. 1 I 6. 

j4geratum strratum , Alpinim j 
glahr.iir. , flore pwpurascente. Tourn. 
R. H. 651 ; Agcratum ou Eupa- 
toire des Alpes , unie et sciée , avec 
une fleur pourpre. 

Agcratum minus , saxatile , flore 
alh. Ban: Rar. 13. r. l\c)i ; Va- 
riété. 

2". Erinus tomcntosus 3 caulihus 
procumbcntihus , florihus scssilihus , 
axïUaribus ; Erinus cotoneux , dont 



E R I 

les ti:,cs sont trr'-nantes , et les fleurs 
scssiles à leurs côtés. 

Agcratum Americanum , procum- 
l-ens , Gnaphalii facie j florihus ai 
fùliorum nodos. Houst. Mss.--, Eupa- 
toire d'Amérique , traînante , qui a 
l'apparence du Gnaphalium mariti- 
inum , avec des fleurs croissantes sur 
les nœuds. 

3 ^' . Erinus Americanus j caule 
erecto j foliis lanceolatis j oppositis , 
florihus laxè spicatis j termincdihus ; 
Éiinus à tige érit;ée , à feuilles en 
Riime de lance et opposées, et à 
fleurs disposées en épis clairs , sur 
les extrémités des tiges. 

Aseratum Americanum _, erectum j 
spicatum ^flore purpurea. Houst. Mss.; 
Eupatoire d'Amérique érigée , avec 
un épi de fleurs pourpres. 

4°. Erinus j rut esc ens j caule erecto j 
fruticoso J foins ovato-lanceolatis ^scr- 
ratis J alterr.is 3 florihus axillaribus j 
Eupatoire avec une tige d'arbrisseau , 
érigée, des feuilles ovales en lorme 
de lance et alternes , produisant des 
fleurs sur les ccjtés de la tige. 

Ageratum frutescens j foliis denta- 
tisj latiorihus j, rillosum. Houst. Aj'ss. ; 
Eupatoire en arbrisseau et velue 
d'Amérique, avec des icuilles larges 
et dentelées. 

5 °. Erinus verticillatus j caule ra- 
moso procumhente ; foliis ovatisj serra- 
tisj glahris, oppositis j fiorihus verticil- 
latis; Erinus avec une tige bran- 
chue et traînante, des feuilles ova- 
les, unies, sciées et opposées , et des 



E R I E R I 1^5 

flenrsverticillt'cs, placées autour des On mukip'uc cette plante en cit- 

tiges. visant ses racines en auconme . cUe 

Ageratum Amerïcanum frocum- se plait à l'ombre ùans un sol i.iar- 

bens 3 foins subrotundis :, serrans , gla- ncux et sr,ns iumierj parce qu'elle 

bris. House. Mss. ; Eupatcire d'Ame- pourrit aisément dans les terres trop 

riqic traînante , à feuilles rondes , grasses, 

unies et sciées. To.-nanosus. La seconde espèce , 

6'. Erinus procumbeiis , caulibus que le Docteur Koiistoun m'a en- 

procumbentibas jfoliis ovaciSjo/abris j voyce de la Vera - Cruz , pousse 

floribus singulis alarihus , pedunculis plusieurs tiges traînantes de six nou- 

longioribus-f Erinus à tiges trainantcs, ces de longueur , et fortement gar- 

à feuilles ovales et lisses, et à lieiirs nies à chaque côté de pcdtcs tcuil- 

solitaires sur les côtés des liges , les ovales, fort blanches et coto- 

et soutenues par de longs pédon- neuses ; ses fleurs sortent aux nauds, 

cules. . précisément au-dessus des feuilles ■■> 

Ageratum Americanum glabrum j elles sont sessilcs aux tiges , et hlan- 

floribus luteis , bngis pediculis inci- ches ; des capsules rondes , à deux 

dencibus. Hisc. Mss. ; Eupatoire d'A- cellules , et remplies de petites se- 

niwrique unie et trainanre , avec menées , les remplacent : cette , 

,des rieurs jaunes sur de longs pé- plante , vue d'une certaine distance, 

doncules. ressemble fort au Gnaphalium mari- '• \ 

Alpinus. La premiere espèce , qui timum. ^ ■ 

croît naturellement sur les Alpes Americamis. La troisième a été 

et sur les montagnes de la Suisse , aussi découverte par le Docteur 

est une plante fort basse , dont les Houstoun , dans le même pays que 

feuilles, couchées tout prés de la la précédente; elle a une tige droite, 

terre, et disposées en paquets, ont haute de deux pieds, et garnie de 

environ un demi-pouce de longueur feuilles en rorme de lance, et op- 

sur une ligne et demie de largeur; posées; vers le sommet de cette 

elles sont dun vert foncé, sciées tige, naissent deux petites branches 

iur leurs bords : du milieu de ces oppO:>ées , érigées ^ et terminées , 

feuilles , sort une tige qui atteint à ainsi que la tige , par des épis clairs 

peine à la hauteur de deux pouces , de fleurs pourpre, qui produiient 

et qui soutient un paquet clair de des capsules ovales , remplies de pe- 

fieurs pourpre et érigées ; elles pa- tites semences. * 

roissent dans le mois de Alai , et Frucescens. La quatrième s'éle\e 

sont quelquefois suivies de semences en tige d'arbrisseau , à la hauteur 

mûres en Juillet. d'environ quatre pieds, et se divise 



\ 



i6C, E R I 

en plusieurs petites branches vcliics 
et garnies de feuilles ovales , en 
forme de lance, profondément sciées 
sur leurs bords , alternes et suppor- 
tées par de longs pétioles : ses fleurs 
sortent sur les côtés des tiges , quel- 
quefois simples, et souvent au nom- 
bre de deux ou de trois sur chaque 
nœud ; elles sont blanches et sessi- 
îes aux tiges , et sont remplacées 
par des capsules rondes et remplies 
fie petites semences. 
" J^erticillatus. La cinquième pro- 
duit plusieurs tiges unies et traînan- 
tes , qui poussent sur les côtés une 
grande quantité de branches ; elles 
ont environ sept ou huit pouces de 
Jongueur , et sont garnies de pe- 
tites feuilles ovales et opposées : ses 
fleurs verticillées , sessiles aux 'ti- 
ges , blanches et peu apparentes , 
sont suivies par des capsules rondes , 
et remplies de petites semences. 

Procumbcns. La sixième pousse 
plusieurs tiges traînantes , de six pou- 
ces environ de longueur , divisées 
en plusieurs petites branches , et 
garnies de petites feuilles ovales et 
opposées : ses fleurs , qui sortent 
simples sur les côtés de la tige , sont 
d'un jaune brillant , supportées par 
des pédoncules longs et minces , 
et produisent des capsules ovales, 
remplies de petites semences. 

La quatrième est une espèce d'ar- 
brisseau vivace, qui peut durer plu- 
sieurs années , en le tenant dans 
une serre chaude ; mais les seconde, 



E R î 
troisième , cinquième et sixième , 
sont annuelles , et périssent bien- 
tôt après la maturité de leurs se- 
mences. 

On les multiplie toutes par leurs 
graines , qu'il faut semer dans Acs 
pc^ts remplis de terre légère , et les 
plonger dans une couche de cha- 
leur modérée , où les plantes pa- 
roitront quelquefois en cinq ou six 
semaines , et quelquefois au prin- 
tcms suivant , sur-tout si ces graines 
ont ctéTonservces long-tems : quand 
les plantes sont en état d'être enlc^ 
véos, on les met chacune séparément 
d.ins de petits pots remplis de terre 
légère et peu chargée de fumier, et 
on les plongedans une couche chaude 
de tan : lorsqu'elles sont enracinées, 
on les traite de la même manière 
que les autres plantes des mêmes 
pays , en leur donnant de l'air dans 
les tems chauds et en les arrosant 
souvent : de cette manière les espè- 
ces annueries fleuriront en Juillet et 
en Août, et leurs semences mûriront 
souvent en automne si les plantes 
sont un peu poussées dans le prin- 
tems, sans quoi l'hiver les surprendra 
avant leur maturité. 

L'espèce en arbrisseau doit être 
placée aans la serre chaude en au- 
tomne , et arrosée souvent ; mais 
légèrement en hiver , sur-tout dans 
les tems froids, parce que l'humidité 
la détruiroit : elle fleurit et pertec- 
donne ses graines dans la seconde 
année. 



E R I 

ERIOCEPHALUS. Dill. Hart. 
Eltk. no. Lin, Sp. Plant. 890 ; 
Estragon du cap ; Erioccphale. 

Caractères. Cette plante a tine 
fleur radiée et composée de demi- 
fleurettes femelles , qui forment les 
layoïis, et de heuretres hermaphro- 
dites , qui composent le disque ; 
celles-ci sont renfermées dans un 
calice commun et écailleux. Les 
fleurettes hermaphrodites sont en 
forme d'entonnoir , et découpées 
sur leurs bords en cinq parties en- 
tièrement ouvertes ; elles ont cinq 
ctamines courtes, velues , et termi- 
nées par des sommets cylindriques, 
et un petit germ.e nud qui soutient 
un style simple , couronné par un 
stigmat pointu; ces dernières sont 
stériles : les fleurettes femelles ont 
im côté de leur pétale étendu en- 
dehon , en forme de langue , et 
divisé en trois lobes à son extrémité : 
elles n'çnt point d'étamines , m:ais 
seulement un çerme ovale et nud 
avec un simple style couronné d'un 
stiinnat réfléchi , et une semence 
nue placée sur un réceptacle nud 
€t uni. 

Ce genre de plante est rangé dans 
la quatrième section de la dix-neu- 
vieme classe de LinnÉe, qui ren- 
femic les plantes à fleurs composées, 
doat les fleurettes hermaphrodites 
sont stériles , et les demi - fleurettes 
femelles, fnictueusss. 

Mous ne connoissons qu'une es- 
pèce de ce genre , qui est t 



E R I iC-j 

Erlocephalus Africanus. Lin. Sp, 
Plant. 9 1 6 ; Estragon du Cap. 

Erlocephalus _, folïïs imegris divi ■ 
sisqucjifioribus cory miosis. Hort. Cliffl 
414. Roy. Lugd.-B. I 78 I . 

Erlocephalus semper vlrens^ folïis 

fasciculatis et digitatis. Hort. Elth^ 

1 3 z. t. lïo. f. I 34 ; Eriocéphale- 

toujours vert, à feuilles dieitécs et 

réunies en paquet. 

Abrotanum Ajrlcanum^ folio teretl^ 
tridentato. Walth. Hon. \. t. I. 

Cette plante a une tige d'Arbris- 
seau qui s'élève à quatre ou six pieds 
de hauteur , et produit , dans toute 
sa longueur , plusieurs branches la- 
térales , foit garnies de feuilles lai- 
neuses qui sortent en grappes : quel- 
ques-unes de ces feuilles sont entières 
et cylindriques, et d'autres sont di- 
visées eu trois ou cinq parties om 
s'ouvrent en ferme de main ; elles 
répandent , quand on les froisse , 
une odeur pénétrante , semblable à 
celle de Lavende, mais un peu moins 
forte : ses fleurs, qui naissent en- 
petites grappes aux extrémités des 
branches , sont érigées et tubulécs: 
les petites fleurettes qui composent 
les rayons, forment un creux, dans 
le centre duquel sortent les fleurettes 
hermaphrodites qui composent le 
disque ; la bordure est blanche, un 
peu rougeatre en-dedans, et le dis- 
que est pourpre : ces fleurs parois- 
scnt en automne , mais elles ne pro- 
duisent point de semences dam notre 
climac, • - 



léf? . E R I 

On multiplie cette pl.mtc par 
boutures , qu'on peut mettre en 
terre en tout tcms depuis le mois 
de Mcii jusqu'au milieu d'Août ; mais 
si on les plante plus tard, elles n'au- 
ront pas le tcms d'acquérir de bonnes 
racines avant l'hiver ; on les met 
dans de petits pots remplis de terre 
légère , on les plonge dans une cou- 
che de chaleur fort modérée , on 
les tient à l'ùbri du soleil jusqu'à ce 
qu'elles aient produit des racines , 
et on les arrose légèrement deux ou 
trois lois par semaine, parce que 
trop d'humidité leur scroit très-con- 
traire. Quand ces boutures ont pris 
racine , on les accoutume par degré 
au plein air pour les empêcher de 
filer , et on les y expose ensuite 
tout- à-fait, en les tenant dans une 
situadon abritée; au m.ois d'Octobre 
on les place sous un châssis aire , 
afin qu'elles puissent jouir du soleil 
autant qu'il est possible , et de l'air 
dans les tcms doux ; mais il faut les 
mettre à couvert des gelées et de 
l'humidité, qui les détruiroient bien- 
tôt : on les arrose peu en hiver ; mais 
en éié , lorsque les plantes sont en 
plein air, on leur donne de l'eau très- 
jouvcnr. 

Comme ces plantes conservent 
leurs feuilles toute l'année, elles font 
une variété agréable en hiver parmi 
les autres espèces exotiques. 



t. 



ERS. Foyei ErvVUM , Ervilia. 



E R U 

ERUCA. Toum. In.u. B. H. xi6. 
Tab. III. Biussica. Lin. Gen. 7 3 4 ; 
la Roquette. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
ont un calice composé de quatre 
feuinc; oblongues et érigées , c]ui 
forment un tube ; quatre pétales 
oblongs, placés en form.e de croix, 
ronds , et larges à leur extrémité , 
étroits à leur base, et beaucoup plus 
longs t]ue le calice ; six étamines, 
dont quatre sont un peu plus longues 
que le calice , et les deux autres plus 
courtes , et qui sont toutes terminées 
par des sommets aigus, et un germe 
oblong et cylindrique (\u\ soutient 
un style court et couronné par un 
stigmat obtus et divisé en deux par- 
ties : ce germe se change ensuite 
en un légume quarré , cylindrique , 
et à deux cellules remplies de se- 
mences rondes. 

Ce genre cie plante est rangé dans 
la seconde section de la quinzième 
classe de LiNNÉE, qui comprend 
les plantes dont les fleurs ont quatre 
étamines longues et deux courtes , 
et dont les semences sont renfermées 
dans de lon« légumes. 

Le Docteur LinnÉe a joint la 
Roquette commune au genre de 
Brassicdj et il a distribué c]uelques- 
unes des autres espèces dans ^es 
autres genres. Mais comme la Ro- 
quette commune a été long-tems 
une ptlante des boutiques, je lui 
conserverai son ancienne déno- 
mination. .. j ■ 

Les 



t R U 
Les espèces sont : 

1 °. Eruca. sjitivaj folds p'mn^'.o- 
tûclniacis 3 laciniis exterioribus m.i- 
jorihus ; Roquette à feuilles dentelées 
et ailées, dont les segmens extérieurs 
«ont les plus larges. 

Sisymbrium 3 folds pinnato-dentatis. 
Hon. Clif 337. Roy. Lugd.-B. 341. 
Dalib. Paris. iOJ. sub Sisymbrio. 

Erica sauva major annua j flo''e 
albo striata. J. B. z. 859; la plus 
grande Roquette de jardin annuelle, 
à fleurs blanches et rayées. 

Brassica Erucastrum. Lin. Sp. Plant, 
5)3 2. Edit. 3. 

2 °. Eruca Bellidis-folia , • folds 
lanceolatis _, pinnato-dentatis , caule 
nudo simplici ; Roquette à feuilles 
dentelées et en forme de lance, 
avec une tige simple et nue. 

Eruca BcUidis folio. Mort. Hist. z. 
2 3 I ; Roquette à feuilles de Mar- 
guerite. 

Arabis Canadensis. Lin. Sp. Plant. 
529. Edit. 3. 

> 3 *'. Eruca perennisj folds pinnatis 
gljbris j caule ramoso j fioribus termi- 
nahbus ; Roquette à feuilles ailées 
et unies , et à tige branchue , ter- 
minée par des fleurs. 

Eruca tenni-foUa psrenms j flore 
luteo, J. B. 1. 8^1. Fadl. Paris. 
50 i Roquette vivace à feuilles étroi- 
tes, et à fleur jaune. 

Sisymbrium tenui -folium j folds 
întegerrimis • infimis tripinnatifJis j 
supremis integerrim'is. Guett. Stamp. 
Tome IIL. 



E R U i<9 

150. Dalib. Paris. 2 04. Lin. S p. 
Plant. 917. Edit. 3 . 

Sinapi EruCâ, folio. Bauh.Pin. 99. 

Sinapi sylvestre. Dodon. 707. 

4°. Eruca aspera j folds dcntato- 
pinnatifidis hirsutis j caule hispido , 
siliquis lavibus ; Roquette à feuilles 
dentelées , ayant des aîles pointues 
et velues , une nge rude , et r.ne 
silique unie. 

Eruca. sylvestris major , lutea^ 
caule aspcro. C. B. p. 9 8 ; la plus 
grande Roquette sauvage , couleur 
de safran , avec une tige rude. 

J ^. Eruca Tanaceti-foUa , folds 
pinnatis ;, foliolis lanceolatis j pinnati- 
fidis. Prod. Leyd. 342 ; Roquette à 
feuilles ailées , dont les lobes sont 
en forme de lance et à puintes 
ailées. 

Eruca Tanaceti-folia. H. R. Par. 
Roquette à feuilles de Tanésie. 

Sisymbrium Tanaceti-foUum. Lit. 
Sp. Plant. ^16. Edit. 3 . 

6°. Eruca vimineaj fouis sinuato- 
pinnatis j sessilibus , caule ramoso ; 
Roquette à feuilles sinuées , en 
forme d'ailes et sessiles aux tiges , et 
à tiges branchues. 

Eruca Sicula^ Burs£ p^fstoris folio. 
C. B. p. 98 ; Roquette de Sicile, à 
feuilles de Bourse à Pasteur. 

Sativa. La premiere espèce est 
une plante annuelle qui a été autre- 
fois fort cultivée comme luie herbe 
de salade ; cependant on la connoît 
peu aujourd'hui , pafce qu'on l'a 
rcjettée des jardins, à cause de son 

Y 



Ï70 



• 



E RU 

odeur forte et désagréable : elle est 
aussi au nombre des plantes médi- 
cinales ; mais on en fait peu usage 
à présent , quoiqu'on la regarde 
comme diurétique et aphrodisiaque, 
(guand on la multiplie pour la table, 
on la scme en rigole comme les au- 
tres petites salades ; mais il faut la 
manger jeune, parce qu'elle prend 
un goûc fort en vieillissant. On en 
fait usage en hiver et au printems ; 
car celle qr,i est plantée en été 
monte bien:ôt en semence et ne peut 
plus servir dans la cuisine. Lorsqu'on 
la cultive pour ses graines , cp'on 
emploie quelquefois en médecine , 
on la seme en Mars sur une piece 
de terre ouverte , et quand les plan- 
tes ont poussé quatre feuilles, on 
les houe pour détruire les mauvaises 
herbes , et les éclaircir de manière 
qu'il reste entr'elles trois ou quatre 
pouces de distance : environ cinq 
ou six semaines après , on nettoie la 
terre pour la seconde fois, afin c]ue 
les plantes puissent bien fleurir. 
Lorsque les semences sont parfaite- 
ment mvires , on les arrache , on 
les expose au soleil pendant trois 
ou quatre jours, on les bat ensuite, 
et on en tire les graines, que l'on 
conserve pour l'usage (i). 



(i) La. Roquette , tant celle qu'on 
inultiplie dans les jardins, que celle qui 
croît sans culture dans les campagnes , 
est un excellent antiscorbutique, qu'on 
peut substituer sans inconvénient au co- 



E R U 

Beliidls folia. La seconde espèce 
croît naturellement dans la France 
méridionale et en Italie , où on la 
mange aussi quelquefois en salade j 
plusieurs feuilles en forme de lance, 
de quatre à cinq pouces de longueur 
sur un de largeur au miheu , et ré- 
gulièrement dentelées sur leurs 
bords , sortent de sa racine et s'éten- 
dent sur la terre : ses riges simples 
s'élèvent à la hauteur d'environ 
deux pieds : elles sont nues , et ont 
rarement plus d'une fcu.llc à leur 
biîse : ses fleurs croissent en paquets 
clairs aux extrémités des tiges , et 
sont remplacées par des légumes de 
deux pouces de longueur, et à deux 
cellules remplies de petites semences 
rcmdes : cette ulante est annuelle , et 
doit être multipliée par ses graines 
comme la précédente. 

Perennis. La troisième se trouve 
aux environs de Piiris et dans plu- 
sieurs aunes endroits de l'Europe; 
SCS feuilles sont étroites et réçulière- 
ment découpées comme des feuilles 



chicaria et au cresson; elle est diurétique^ 
cmménagot:ue et apéiitive, et peut être 
employee avec succès dans l'h)'diopisie, 
Tobstiuction des viscères , les affections 
glaireuses des reins et de la vessie , etc. 
Les graines de cette plante sont b-aucoup 
plus acres que ses feuilles et ses racines, 
et doivent être employées de préférence 
dans les maladies scorbutiques > elles en- 
trent dans la composition de i'électuaire 
de saiyrio ^ çt dans celui de magnanimité. 



E R U 

aîlées; ses tiges se divisent en-dehors 
vers le haut, et sont terminées par 
des épis clairs de fleurs jaunes. Elle 
a une racine vivace et une tige 
annuelle. 

Aspcra. On rencontre la quatrième 
en Angleterre, sur les vieilles mu- 
railles et les anciens bàiimcns , où 
elle fleurit pendant tout l'été ; mais 
on l'admet rarement dans les jar- 
dins : j'en ai fait mention ici parce 
qu'on s'en sert quelquefois en mé- 
decine. 

Tanacetï-foVia. La cinquième, qui 
croît spontanément dans les envi- 
rons de Turin , d'où ses semences 
m'ont été envoyées , a de belles 
feuilles divisées, et à-peu-prc$ sem- 
blables à celle de la Tanésie , mais 
d'un vert blanchâtre ; ses tiges s'élè- 
vent à la hauteur d'un pied et demi, et 
sont entièrement garnies de feuilles 
de la même forme , mais qui devien- 
nent plus étroites par dégrés à mesure 
qu'elles sont plus voisines du som- 
met : ses fleurs, petites çt d'un jaune 
pâle, naissent en paquet aux extrén\i- 
tés des tiges , et sont remplacées par 
des légumes minces et cylindriques, 
de deux pouces de longueur , qui 
renferment deux rangs de petites 
semences rondes. 

Vïmïnea. La sixième est originaire 
de l'Italie et de l'Espagne i elle est 
annuelle ; ses feuilles sont oblon- 
gues , unies , régulièrement sinuées 
à leurs bords , semblables à des 
feuilles aîlées, longues de cinq ou 



E R U lyr 

six pouces sur un pouce et demi de 
largeur , d'un vert clair , et d'un 
goût chaud et piquant ; ses tiges , 
fortes et divisées en plusieurs bran- 
ches , s'élèvent à la hauteur d'en- 
viron un pied, et sont garnies à 
chaque noeud d'une feuille simple 
et de la même forme que celles du 
bas , mais plus petites ; ses fleurs , 
qui sortent en paquet clair aux ex- 
trémités des branches, sont blanches, 
presque aussi grosses que celles de 
la Roquette de jardin , et produisent 
des légumes cylindriques de trois 
pouces de longueur, qui renferment 
deux rangs de semences rondes. 

J'ai fait mention de ces plantes , 
parce qu'on les conserve dans quel- 
ques jardins pour la variété ; on 
peut les multiplier en semant leurs 
graines sur une piece.de terre légère, 
dans une situation ouve'te ; quand 
les plantes poussent , on les éclaircit 
et on les tient nettes : elles fleuris- 
sent dans les mois de Juin et de 
Juillet, et leurs semences mûrissent 
en Août. 

ERUCAGO. Voyei BUNIAS 

Erucago. 

ERVUM. Un. Gen. Plant. 1039. 
Edit. 1,. Tourn. Ins t. 11. H. ^98. 
Tab. 2 z 1 . Ers. Vesce amère. 
Lentille. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
sont papilionnacées ; elles ont un 
calice divisé en cinq parties égales, 
Y 2 



lyi E R V 

ec terminées en pointe aigiic; nn 
étendard large , rond et uni ; deux ^ 
aîles de moitié moins longues que 
l'étendard ; une carène courte et 
pointue ; dix étamincs , dont neuf 
sont jointes et l'autre séparée, et qui 
sont toutes terminées par des som- 
mets simples, et un gcrnie oblong q'.'i 
soutient un style élevé, et surmonté 
d'un stisimat obtus : ce çcrme de- 
vient ensuite un légume oblong , 
cylindrique et noueux à chaque se- 
mence. 

Ce genre de plante est rangé dans 
la troisième section delà dix-septieme 
classe de LinnÉe, qui renferme 
les plantes à fleurs papilionnacées 
et pourvues de dix étamines séparées 
en deux corps. LinnÉe a joint à ce 
genre le Lens de Tourneiort , et 
quelques espèces de Vicia. La difté- 
rence qu'il met entre les Ficia et 
YErvum , consiste seulement dans 
leurs stigmats ; celui du T^icia est 
obtus et barbu en-dessous , et celui 
de ÏErvum est uni. 

Les espèces sont : 

I °. Ervuni Ervilia j germinihus 
iindato-plicatis jfollis impan-pinnatis. 
Bon. Upsal. 214. Mat. Med. 173. 
Sauv. Monsp. 2^7; Ers dont les 
germes sont ondes et plissés , et les 
feuilles inégales et aîiées. 

Orobiis sïlïqûis artïciilatïs j flore 
major. Bauh. Pin- 346. 

Erviim verum. Camer. Horr. la 
véritable Vesce amère; l'Ers ou 
rOrobe des boutiques. 



E R V 

Lens minor. Camer, Epit. p. III. 

2 °. Ervum lens., pedunculis sub-bi- 
f.orisj, scminlhus compressis 3 convexis. 
Lin. Sp. Plane. IO39. Edit. 3. Mat. 
Med. 171. S cop. Cam. Ed. 2. n. c>00. 
Kniph. Cent. 9. n. 3 5 ; Ers avec des 
pédoncules terminés par des fleurs , 
et des semences comprimées et 
convexes. 

Lens. Dod. Pempt. 526. Hatl. 
Hcir. n. 41 r. 

Lens vulgaris. C. B. p. 34(j ; la 
Lentille. 

Cicer pedunculis hi-floris^, seminibus 
compressis. Hort. Clijf. 3 70. Dalib, 
Paris. 34(). 

3°. Ervum monanthos j, peduncuRs 
uni-floris. Lin. Sp. Plant. 738; Ers 
ayant une fleur sur chaque pé- 
doncule. 

Lens monanthos. H. L. 360; Len- 
tille à fleurs. 

Vicia pedunculis uni-fioris, folioUs 
integerrimis , stipulis akeniis dentatis. 
Hort. Ups. 219. 

4^. Ervum tetraspermum j pedun- 
culis sub-biflorisj seminibus globosis 
quaternis. Flor. Suec. 6o6j 65 J. 
Dalib. Paris. 127. Scop. Carn. 1.. 
'n. 901. Pcllich. Pal. n. 685-; Ers 
ayant deux fleurs sur chaque pédon- 
crde, et quatre semences globulaires 
dans chaque légume. 

Cracca minor cum silïquis gemellis. 
Riv. Tetr. i6j. 

Vicia segetum j singularisas silï- 
quis J glabris. C. B. p. 345; Ers des 
bleds à siliques simples et unies. 



E R V 

yic'ia minor scgetiim, cum sUiquis 
paucis glabris. Moris. Hist. i. p. 6jj. 
sivè 1. 1. 4./ 16. 

ç°. Ervum hirsutum ^ pedunculis 
multi-floris , scmlmhus globosis h'lnis. 
Lin. S p. Plant. I O 3 9. Edit. 3 . Crant^. 
Austr. p. 403. Pollich. Pal. n. 690. 
Scop. Cam. Ed. 1. n. 901. Fl. Dan. 
t. 639 ; Ers avec plusieurs fleurs sur 
un pédoncule , ec deux semences 
globulaires dans chaque légume. 

f^icia segetum, cum sdiquis, plu- 
rlm'is hirsutls. C. B. p. 345 ; Vescc 
des bleds à plusieurs siliques velues. 

Cicer pedunculis multi-floris j se- 
minibus globosis. Hort. Cliff. 3 70. 

Cracca minor. Tabern. le. 50 y. 

Ervilia. La premiere espèce , qui 
croit naturellement en Italie et en 
Espagne, est annuelle et s'élève à 
un pied et demi de hauteur avec 
des tiges loibles , angulaires , et 
garnies à chaque nœud d'une feuille 
aîléc et composée de quatorze ou 
quinze paires de lobes fort sembla- 
bles à ceux de la Vesce, mais plus 
étroits : ses fleurs , de couleur pâle , 
sortent des parties latérales des tiges 
deux à deux sur des pédoncules d'un 
pouce de longueur, et produisent 
des légumes courts et un peu c( m- 
primés , dont chacun contient trois 
ou quatre semences rondes : comme 
ces légumes sont gonfles vis-à-vis 
chaq':e semence , on leur donne le 
nom de légumes noueux : on fait 
quelquctois moucfre ces semences 
pour les usages de la médecine, et 



E R V 173 

l'herbe sert de nourriture aux bes- 
tiaux dans quelques pays ; mais elle 
ne vaut pas la peine d'être cultivée 
pour cet usage en Angleterre (i). 
Lens. La seconde est la Lentille 
commune , qu'on cultive dans plu- 
sieurs parties de l'Angleterre pour 
la nourriture de Ihomme et des 
bestiaux ; elle est aussi annuelle , ce 
s'élève à la hauteur d'un pied ec 
demi avec des tiges foibles et garnies 
à chaque nœud de feuilles allées et 
composées de plusieurs paires de 
lobes étroits , et terminés par une 
vrille qui s'attache à toutes les plan- 
tes voisines : ses fleurs sortent sur 
de courts pédoncules aux côtés des 
branches ; elles sont petites et de 
couleur pourpre pâlei chaque pé- 
doncule en soutient trois ou quatre, 
et elles sont remplacées par des 
légumes courts et plats , qui renfer- 
ment deux ou trois semences plates , 
rondes , et un peu convexes au mi- 
hcu : ces fleurs paroissent dans le 
mois de Mai , et leurs graines mû- 
rissent en Juillet. On seme ordinai- 
rement les Lentilles dans le mois 
de Mars ; mais si la terre est humide 
il faut ùilTércr cette opération jus- 
qu'au mois d'Avril. 



(1) On peut substituer la farine qu'on 
prépare avec les graines de Vesce , à celie 
tie l'Orobe ; on les emploie aussi quel- 
qnefois en décoction da;is les cours de 
ventre, parce qu'elles sont incrassantcs 
et astrinsentes. 



174 E R V 

On emploie ordinairement de- 
puis lin boisseau et demi jusqu'à 
deux de Lentilles pour un acre de 
terre ; si elles sont mises en rigole 
comme les pois , elles réussiront 
mieux que si elles ctoient semées 
ce éparses à pleine main : il faut 
laisser un pied et demi d'intervalle 
entre ces rigoles , afin qu'on puisse 
passer facilement pour nettoyer la 
terre ; car si on laisse pousser les 
mauvaises herbes , elles surmonte- 
ront les lentilles et les priveront de 
leur nourriture. Les graines mûri- 
ront en Juillet; on coupe alors les 
plantes, on les tait sécher, et on 
les bat ensuite pour en tirer les se- 
mences , que l'on conserve pour 
l'usage. 

Les Lentilles formc?nt la base de 
la nourriture des gens du Peuple 
dans quelques Isles de l'Archipel et 
autres pays chauds , quand ils ne 
peuvent se procurer rien de mieux, 
d'où vient le proverbe. Dives factus 
jam des'u gaudere Lente j, qu'on appli- 
que à ceux qui méprisent les choux 
quand ils parviennent à un état 
d'aisance. 

Il y a une autre espèce de Lentille 
qu'on cultive depuis peu en Angle- 
terre sous le nom de Lentille de 
France • c'est le Lens major de 
Caspar Bauhin , qui est certaine- 
ment une espèce différente de la 
commune , parce que ses plantes et 
SCS graines sont deux fois plus fortes , 
çt cju'cUçs conservent cç caracterç 



E R V 

sans altération , quoique du reste 
elles ne different pas beaucoup l'une 
de l'ancre. Celle - ci mérite d'être 
cultivée de préférence à la précé- 
dente. On donne souvent à ce lé- 
gume le nom de Tills j dans plu- 
sieurs parties de l'Angleterre. 

Monanthos. La troisième ne diffère 
de la Lentille ordinaire , qu'en ce 
qu'elle n'a qu'une fleur sur chaque 
pédoncule, au lieu que la commiine 
en a trois ou quatre; mais ses autres 
caractères sont les mêmes , et elle 
n'exige pas une culture différente. 

Tetraspermum. Hirsutum. Les qua- 
trième et cinquième sont de petites 
Vcsces annuelles qui croissent na- 
turellement en Angleterre dans les 
campagnes semées en froment et en 
seigle ; mais on ne les admet pas 
dans les jardins : j'en fais seulement 
mention ici comme des herbes 
sauvages , qu'on peut aisément dé- 
truire dans les champs en les arra- 
chant en fleurs , pour ne pas laisser 
mûrir leurs semences ; car leurs ra- 
cines étant annuelles , on s'en dé- 
barrasse bientôt en ne leur laissant 
pas le tenis de répandre leurs graines. 

ERVUM ORIENTALE. Foyei 

SOPHORA ALOPECUROIDES. L. 

ERYNGIUM. Lin. G en. Plant. 
287. Tour. Irtst.R. H. li-J-t. 173; 
Houx maritime , Panicaud marin , 
Chardon Roland. 

Caractères. Les plantes de ce genre 



E R Y 

ont plusieurs pentes fleurs placées 
sur un réceptacle commun et coni- 
que , dont l'enveloppe est compo- 
sée de plusieurs feuilles unies ; elles 
ont un calice à cinq feuilles érigées , 
colorées en-dessus , et portées sur 
le germe , et elles forment une om- 
belle générale , ronde et unitorme : 
ces fleurs ont cinqpéiales oblongs, 
tournés en-dedans à leur extrémité 
et à leur base ; cinq étamines éri- 
gées , velues au-dessus des fleurs, 
et terminées par des sommets 
oblongs : sous le calice est situé un 
germe piquant , qui soutient deux 
styles minces, et surmontés par des 
stigmats simples : ce germe devient 
ensuite un fruit ovale et divisé en 
deux p;rties, qui renferment cha- 
cune une semence oblongue et cy- 
lindrique. 

Ce genre de plantes est rangé dans 
la seconde section de la cinquième 
classé de LinnÉe , qui comprend 
les plantes dont les fleurs ont cinq 
étamines et deux styles. 

Les espèces sont: 

I °. Eryngium marhimum j foliis 
radicalibus subrotundis , plicatis ^ spino- 
sis j capkulis pedunculacis. Hon. Cliff". 
87. FI. Suec.% 10. 2x3. Roy Lugd.- 
B. 93 S cop. Carn. Ed. 2. n. 302. 
Kniph. Cent.c), «.156; Houx mariti- 
me , dont les feuilles basses sont plis- 
sées , rondes et piquantes , avec des 
têtes de fleurs sur des pédoncules. 

Eryngium maritimum^ C, B. p. 

3865 Panicaud de mer. 



E R Y 175 

Eryngium marinum. Clus. Hist. 2. 
p. 169. Cam. Epit. 448. 

2°. Eryngium campestre 3 foliis 
radicalibus amplcxi-caulibus ■, pinnato- 
lanceolads.Hort. Cliff. 87. A/ûr. Med. 
76. Roy. Lugd.-B. 93. Pollich. Pal. 
n. 16 1. 3 acq. A user. t. I 5 5. Crant^. 
A user. p. iiç). Flor. Dan. c. 554; 
Houx maritime, dont les feuilles 
embrassent les tiges, et sont décou- 
pées comme des feuilles ailées. 

Eryngium campcscre vulgare. Clus. 
His:, z. p. 157. 

Eryngium vulgare. C. B. p. 3 S (î ; 
Chardon Roland, oi^ Chardon à cent 
têtes. Panicaud. 

3 ° . Eryngium planum , foliis ra- 
dicalibus ovalibus _, planis crenatis , 
capitidis pedunculatis . Hort. Cliff. 87. 
Hon. Ups. ^J. Roy. Lagd.-B. 92. 
Dal'w. Paris. 8 3 . Gmcl. Sib. I . p. 
I 8 ^.Crant^. Austr. Part. i. p. 219. 
Jacq. Austr. t. 391. Kniph. Cent. K. 
n. 29; Houx maritime, dont les 
feuilles du bas sont unies , ovales et 
crénelées , avec des tètes de fleurs 
sur des pédoncules. 

Eryngium îaci jolium planum. C.B. 
p. 87. 

Eryngium pannonicum lati-folium. 
Clus. Hist. I. p. 158. 

4°. Eryngium amethystinum j fo- 
liis trifidis J basi subpinnatis. Lin. Sp. 
Plant. 337^ Houx maritime , Char- 
don Roland , avec des feuilles divi- 
sées en trois parties , et des feuilles 
basses , aîiées. 

Eryngium montanum amethystinum. 



ij6 E R Y . E R Y 

C. B.p. 386; Eryngo de montagne, Ho j spbib ad oras molliusculis. Ptuk. 

de couleur pourpre, tirant sur le Aim. 13. t. ijy f- 4. iîiy. ô^fp/. 

violet, ■ 11^. Aloris. Hist. }. p- l6~. slvè j. 

Erynglum minus trifiium HispoMi- t. 37. /. 21. 
çum. Ban. le. 3 6. Bocc. Mus. t. Jl i Scorpii spina. Hern. Mex. m. 
Variété, Eryngium folds gladiolacis ^ utrinqiih 
Eiynoiumflori pallescente, folds ra- serratis j dcmiculis subulatis. Linn. 
dicaiihus rotundato-multifidis jCapitulis . Hort. Cliff. 8 8. Roy. Lugd.-B. 529," 
peduncuhuis ; Éryngium dont les Hmix maritime d'Amérique , avec 
feuilles du bas sont rondes et de- des feuilles d'Alocs légèrement lis- 
coupées en plusieurs parties , ayant séeSj ordinairement appelé en Amé- 
des têtes de fleurs sur des pédoncules, riquc , Herbe de scrpenc à sonnettes. 
Eryngium Alpinum amethystinum^ 8°. Eryngium pusillum , folds ra- 
capitulomajori pallescente. Tourn.Inst. dicalibus oblongis incisis j caule dicho~ 
3 18 ; Éryngo des Alpes , avec une tcmoj, capitulis scssilibus. Hort. Cliff, 
grosse tctc de Heurs de couleur p.îlc. 87. Roy, Lugd.-B. 93 ; Chardon 

6". Eryngium orientale :, folds ra- Roland, avec des feuilles radicales^ 

dicalibus pinnatis j serrato-spinosis _, oblongues et découpées, une tige 

foliolis trifidis ; Chardon Roland, divisée par paires, et des têtes de 

dont les feuilles radicales sont aï- fleurs sessiles. 

lées , épineuses et dentelées , et Eryngium planum minus. C. B.p. 

les plus petites , divisées en trois 386. 

p-li-(;ics. Eryngium pusillum planum Mou- 

Eryngium orientale 3 folds tr-ifidis. toni. Clus. Hist. 1. p. 158. ' 

T. Cor. x-\ ; Chardon Roland orien- ^" . Eryngium Alpinum:, folds ra- 

tal , à feuilles divisées en trois par- dicalibus cordatis oblongis _, caulinis 

fi(;s. pinnati-jîdis j capitulo subcylindrico. 

-7'^. Eryngium aquaticum, folds gla- Lin. Sp. Plant. ^jfJ.Edit. 3 ; Char- 

diatisj serrato-spinosis j floralibus in- don Roland , avec des feuilles ra- 

divisis J caule simplici. Lin. Sp. Plant, dicales oblongues et en forme de 

3 36 ; Chardon Roland , avec des cœur , et celles des tiges, en pointes 

feuilles en forme d'épée , épineuses ailées , produisant des têtes cylin- 

et dentelées , dont celles du haut driques. 

sont entières. Spina alba. Dalèch. Hist. 14^1. 

Eryngium folds gladiatis j utrm- Eryngium Alpinum d&ruleum, capi~ 

que la.vè serra tisj summis tantîim dcn- tulis Dipsaci. C.B. p. 3 86; Chardon 

tatis 3 subulatis. Cron. Virg. \A,G. Roland bleu des Alpes, avec ^c% 

Eryngium Americanumj Yucca fo- têtes de Chardon, 

Eryngium 



E R Y 

"Eryngium cxruUum Cenevense. Lob. 
Ic, i. p. 13. 

1 0°. Eryngium fxcidum 3 foliis ra- 
dicalibus sub-ensi-formibus serrâtes 3 
floralibus mulclfiiis, caule dkhotomo. 
Lin. Sp. PLint. 3 3<j j Chardon Ro- 
land , dont les feuilles radicales sont 
en forme d'épce , avec des cchan- 
crurcs épineuses, et dont les feuil- 
les du haut se terminent en plusieurs 
pointes, 

Eryngium foliis angustis serrans 
fœcidum. Sloan. Cat. Jam. 1 17 ; 
Chardon puant , à feuilles étroites 
et sciées , connu sous le nom de 
Fevre-Weed. Herbe à la fièvre. 

Eryngium Americanum fœtidum. 
Herm. Lugd.-B. 136. t. 237. 

Maritimum. La premiere de ces 
espèces croît en grande abondance 
iur les rivages graveleux et sablon- 
neux de plusieurs parties de l'Angle- 
terre ; ses racines luisantes , sont ap- 
portées à Londres pour l'usage delà 
médecine , comme le véritable 
Eryngo ; CCS racines rempent et pé- 
nètrent profondément dans la terre; 
ses feuilles sont rondes , fermes et 
de couleur grise, garnies d'épines et 
aiguës sur leurs bords ; ses tiges s'élè- 
vent à la hauteur d'un pied , et se 
divisent vers leur extrémité, en deux 
ou trois petites branches unies , et 
garnies à chaque nœud de feuilles 
de la même forme que celles du bas, 
mais plus petites, et qui embrassent 
les tiges de leur base : des extrémi- 
tés de leurs branches , sortent des 
Tome ///, 



E R Y T77 

fleurs à tête ronde et épincuiC , 
sous chacune desquelles e^t placé un 
rang de feuilles étroites, fermes, épi- 
neuses , et disposées en rayons diver- 
gents : ses fleurs sont de couleur 
bleue blanchâtre ; elles paroisscnt 
dans le mois de Juillet , et les tiges 
de la plante périssent en automne. 
Cette espèce prospérera dans les 
jardins , si ses racines sont plantées 
dans un sol graveleux , et elle pro- 
duira des fleurs annuellement ; mais 
ses racines ne deviendront pas aussi 
grosses ni aussi charnues que celles 
qui naissent sur les bords de la mer, 
où elles sont souvent inondées d'eau 
salée : on les transplante en au- 
tomne , lorsque leurs incurs sont flé- 
tries ; on préfère pour cela les jeu- 
nes racines aux vieilles, parce qu'el- 
les sont remplies de fibres qui re- 
prennent aisément : quand elles sont 
fixées dans la terre , ii ne faut plus 
les remuer, et elles n'exigent que d'ê- 
tre tenues constamment nettes (i). 



(1) On f.iit entrer fréquemment les 
racines de Chardon Roland dans les 
ptisannes aperitives 5 elles conviennent 
dans les obstructions des viscères, et 
sur -tout dans les rétentions d'urine; 
on rend plus actives les boissons qu'on 
en prépare , en y mêlant une certaine 
quantité de limaille de ferAon fait aussi 
confire ces racines , et on les administre 
sous cette forme dans la plupart des 
maladies chroniques. On prépare avec 
les graines de Chardon Roland , une 
emulsion qui es: rrès propte à purifier 



178 E R Y 

Campcstrc. La seconde , qu'on 
rencontre dans plusieurs parties de 
l'Angleterre , est une herbe fort em- 
barrassante , parce que ses racines 
coulent si profondément dans la ter- 
re, qu'on ne peut les détruire que dif- 
ficilement avec la charrue 5 elles s'é- 
tendent et se multiplient considé- 
rablement , au préjudice de tout ce 
qui est semé et planté sur la terre ; 
aussi n'admet-on jamais cette plante 
dans les jardins. 

Planum. La troisième a une très- 
belle apparence quand elle est en 
fleur , sur-tout celle à tiges et à 
fleurs bleues; car on en connoît une 
variété dont les tisses et les fleurs 
sont blanches : comme cette plante 
n'étend point trop ses racines , et 
qu'elle se tient plus rapprochée , 
on peut la placer dans les parterres. 
On la multiplie par ses graines , qui 
réussissent mieux lorsqu'elles sont 
semées en automne, que quand on 
attend jusqu'au printcms pour les 
mettre en terre , par la raison 
qu'elles ne poussent ordinairement 
qu'une année après ; si on les seme 
dans le lieu même où elles doivent 
rester , e!lcs fleuriront beaucoup 
mieux qu'en les transplantant, parce 
qu'on ne peut gucres faire cette opé- 
ration sans rompre leurs longues ra- 



ie s.ing. Les racines lie cette pl.inte en- 
trent dans la composition du syrop hy- 
dragogne et du syrop antiscoibutique de 
Charas. 



E R Y 

cincs, t]ui s'enfoncent profondément 
dans la terre ; ce qui affoiblit con- 
sidérablement les plantes. La seule 
culture qu'elles exigent , est de les 
éclaircir où elles sont trop serrées, 
de les tenir nettes de mauvaises her- 
bes , et de labourer la terre autour , 
au printems , avant qu'elles com- 
mencent à pousser. 

Les tiges de cette espèce s'élèvent 
à deux ou trois pieds de hauteur j 
ses feuilles radicales sont ovales et 
imics, mais celles à tiges blanches 
sont d'un vert plus clair que celles 
à tiges bleues : la partie haute des 
tiges de la blanche, est de même 
couleur ; celles de la bleue sont d'une 
couleur d'améthyste : ces tiges se 
divisent vers le haut , où elles sont 
garnies de feuilles divisées en plu- 
sieurs pointes terminées par des épi- 
nes : SCS fleurs sortent en têtes ova- 
les de l'extrémité de la tige , sur des 
pédoncules séparés; el'es paroissent 
en Juillet , et leurs semences mû- 
rissent en Septembre. 

Amethystïniim. La quatrième naît 
spontanément sur les montagnes de 
la Syrie , et sur l'Apennin ; ses feuil- 
les radicales sont divisées en forme 
de main, en cinq ou six segmens for- 
tement découpés à leurs extrémités 
en plusieurs parties , garnies de pe- 
tites épines: sa tige , dont la hau- 
teur est d'environ deux pieds , est 
garnie de feui'lcs plus petites et plus 
divisées; son extrémité , ainsi que 
SCS fleurs , sont d'une belle couleur 



# 



E R Y E R Y x-jtf 

d'améthyste , ec prodinsenc le plus la multiplier par ses giaines, comme 

bel effet. Cette espèce fleurit dans la précédente. 

le mois de Juillet ; ec quand l'au- Orientale. La sixième , que le 
' tomne est sec , ses seniencd% mûris- Docteur Tournefort a découverte 
sent en Septembre; mais si cette dans le Levant^ et dont il a envoyé 
saison est humide, elles ne se per- les semences au jnrdin royal de Pa- 
fectionnent point en Angleterre. On ris, a une racine vivace et des feuil- 
multiplie cette plante par ^ti grai- les radicales , régulièrement divi- 
nes, comme l'espèce précédente. secs jusqu'à la côte du milieu , en 
PaUescens. Quoique la cinquie- sept ou neuf parties , comme les au- 
me ait été regardée par plusieurs Eo- très feuilles ailées ", les scgmens sont 
tanistes comme une variété de la sciés sur leurs bords , et terminés 
quatrième , cependant je ne puis par des épines aiguës : ses tiges s'élè- 
douter qu'elle n'en soit parfaitement vent à la hauteur de deux pieds , 
distincte , parce que je l'ai multi- et poussent plusieurs branches laté- 
pliée par semences pendant plus de raies, garnies de feuilles fermes, 
trente ans, sans qu'elle ait éprouvé divisées en segmens plus étroits que 
la moindre altération. Les feuilles celles du bas , et terminées par trois 
radicales de cette espèce sont for- pointes : ses fleurs naissent aux ex- 
tement divisées , et l'extrémité de rrémités des tiges , entremêlées avec 
chacun de leurs scgmens forme un beaucoup de feuilles , ce qui lui 
ovale ; ces extrémités sont encore donne une très - belle apparence : 
découpées en plusieurs parties ter- elle fleurit en Juillet , mais ses se- 
minces par des épines ; elles sont mcnces mûrissent rarement en An- 
d'un gris blanchâtre au milieu et gleterre : on la multiplie comme les 
vertes sur leurs bords : ses tiges, dont trois espèces précédentes, et elle 
la hauteur est d'environ deux pieds, exige le même traitement, 
sont garnies à chaque nœud de feuil- Aquatïcum. La septième, qu'on 
les plus petites et agréablement di- rencontre dans la Virginie et la Ca- 
visées , et sont terminées par des roline , où elle est connue sous le 
fleurs d'un bleu clair , et réunies en nom êi! Herbe de serpent à sonnette , 
têtes beaucoup plus grosses que cel- à cause de ses propriétés pour guérir 
les d'aucune des espèces précéden- les morsures de ce reptile venimeux, 
tes : celle-ci fleurit en Juin et en a une racine vivace , de laquelle 
Juillet, et ses semences mûrissent en sortent plusieurs feuilles longues , 
automne. Elle est vivace, et croit sciées à leurs bords, terminées par 
naturellement sur les Alpes : on peut des épines disposées autour de la 

Z z 



i^o E R Y E R Y 

racine , comme celles de V/Jloës ou on donne aux autres de plus gros 

Yucctj , de couleur grise , d'un pied pots , que l'on place en automne 

de longueur sur un pouce et demi sous un chassis ordinaire, où elles 

de largeur , fermes et terminées par puissent -être exposées à l'air dans*» 

des épines; sa tige ^t forte , haute les tens doux, et abritées des 

d'un pied , et divisée vers son ex- fortes gelées : au printems suivant , 

trémité en plusieurs pédoncules, dont on les tire des pots pour les planter 

chacun supporte une tête de fleurs à une exposition chaude , où elles 

ovale , de la même forme que cel- supporteront assez bien le froid de 

les des espèces piécédcntcs , et d'un nos hivers ordinaires; mais il faut 

blanc tirant un peu sur le bleu pâle, avoir la précaution de les couvrir 

Cette espèce fleurit en Juillet, et ses avec de la paille ou du chaume de 

semences ne mûrissent en Angleterre pois, lorsque les gelées deviennent 

que dans des années trcs-chaudcs. plus fortes, pour empêcher qu'elles 

On multiplie cette plante par ses n'en soient endommagées, 
graines , qui pousseront beaucoup Pusillum. La huitième , qui est 

paistôt et feront beaucoup plus de originaire de l'Esp.igne et de l'Ita- 

progrès avant l'hiver, si elles sont lie, pousse de sa racine des feuil- 

mises dans des pots , et plongées dans les oblongues , unies et découpées sur 

une couche de chaleur modérée, leurs bords ; ses tiges s'élèvent à la 

que si elles étoient semées en pleine hauteur d'environ un pied , et s'é-» 

terre : lorsqu'elles seront assez fortes tendent en- dehors en plusieurs di- 

pour pouvoir être enlevées , on les visions fourchues et régulières, sur 

plante chacune séparément dans de chacune desquelles est placée une 

petits pots remphs de terre légère, petite tête de fleurs très ► serrées 

qu'on plongedans une nouvelle cou- entre les branches , mais peu appa- 

che médiocrement chaude, pour rentes; aussi ne culrive-t-on gueres 

les avancer et leur iaiie pousser des cette espèce dans les jardins , à moins 

racines; on les accoutume ensuite que ce ne soit -pour la variété, 
par dégrés à supporter le plein air Alpinum. La neuvième croît na- 

auquel on les expose à la fin du mois turellement sur les montagnes de 1^ 

de Mai , en les plaçant avec .\zs Suisse et de l'Italie ; sa racine est 

autres plantes dures et exotiques, vivacc ; ses feuilles radicales sont 

Lors ;ue leurs racines ont rempli les oblongues, en forme de cœur , et 

pots qui les contiennent, on en met unies; ics tiges s'élèvent à la hau- 

quelques - unes en pleine terre, tcur de deux ou trois pieds, et pous- 

dini une plate bande chaude , et stnc vers leurs sommets plusieurs 



E R Y E R Y i8i 
branches garnies dc feuilles fermf s , ginaire des climats méridionaux, 
profondément divisées , et terminées on ne peut la conserver en Anglc- 
par plusieurs poiutes armées d épi- terre qu'au moyen d'une serre 
ncs aigucs ; ses fleurs naissent aux chaude : on la multiplie par ses grai- 
extrémités des tiges , réunies en ic- ncs , qu'on répand sur une couche 
tes coniques; elles sont d'une cou- chaude; quand les plantes sont as- 
leur bleue légère, ainsi que les par- sez fortes, on les met séparément 
ties hautes des tiges : cette plante dans de petits pots qu'on plonge 
fleurit dans le mois de Juillet , et dans une couclie de tan, et on les 
ses semences mûrissent en Scptem- traite ensuite comme les autres ten- 
bre : on la multiplie de la même dres plantes du même pays- ; elles 
manière que les autres espèces. fleurissent et produisent des scmen- 
Fatïium. La dixième se trouve ces dans la seconde année, et pé- 
dans les Ifles de l'Amérique , où on rissent bientôt après, 
l'emploie fréquemment comme fébri- 
fuge ; ce qui lui a fait donner , par ÉRYNGO de montagne _, pourpre, 
les habitans de ces contrées , le nom V. Eryngium AMETHYSTINUM,. 
àî Herbe aux fièvres : ses racines sont L. 
composées de plusieurs petites fibres 

qui s'étendent près de la surface ; ERYSIMUM. Lin. Gen. Plant,- 
ses feuilles radicales, dont la Ion- 719. Tourn. Inst. R. H. ri^.tab, 
gueur est d'environ six ou sept pou- i i r ; 'Efio-if^c , de Icûa , gr. tirer dé- 
cès, sont étroites à leur base , plus hors, parce que cette plante, par' 
larges vers le haut, à un pouce du sa qualité chaude, a la propriété 
sommet , arrondies sur un côté en de tirer du corps tout ce qui y esc- 
forme de cimeterre , joliment dé- renfçrmé. JVloutarde de haie. Vélar.- 
coupées sur leurs bords , et d'un vert Tortelîe. Herbe au Chantre, 
léger ; sa tige s'élève à-peu-prcs à Caractères. Le calice de la Peur 
la hauteur d'un pied , et produit plu- est composé de quatre feuilles obJon- 
sieurs branches garnies de petites gués, ovales et colorées; la fleur 
feuilles terminées en plusieurs poin- a quatre pétales placés en forme de 
tes ; les fleurs sortent en petites tctes croix , oblongs , unis et obtus, deux 
très- serrées de chaque division et des nectaires glanduleux placés entre les 
extrémités des branches ; elles sont étamines, etsix étamines , dont qua- 
d'un blanc sale et peu apparentes : tre ont la même longueur que le 
elles paroissent en Juin et en Juillet, calice, et les deux autres sont un 
et leurs semences mûrissent en au- peu plus courtes ; elles sont toutes 
tamne. Coinnic cette plante est ori- terminées par des sommets simples : 



iSz E R Y 

son germe linéaire et à quatre an- 
gles , est aussi long que les éta- 
mines , ec porte un style surmonté 
d'un petit stigmat persistant; il se 
change dans la suite en une silique 
longue , étroite , à quatre angles , 
et à deux cellules remplies de se- 
mences rondes et petites. 

Ce ^enre de plante est rangé 
dans la seconde section de la quin- 
zième classe de LinnÉE, qui ren- 
ferme les plantes dont les fleurs ont 
quatre étamincs longues et deux 
courtes , et dont les semences sont 
renfermées dans de longues si- 
liques. 

Les espèces sont : 

1°. Erysimum officinale j sUiquis 
Spicci adpressis y et foliis ruiicinatis. 
Hort. Cliff. 337. FI. Suec. 554, 
598. Mat. Mcd. Ed. 1. n. 814. Pol- 
lich. Pal. n. 63 I. Flor. Dan. t. 560; 
Vélar dont les siliques sont serrées 
tout près des épis. 

Sy simbri'um j officinarum Erysimum ■> 
siliquis conicis _, multangulis j spies 
adpressis. Cranf:(^. Âustr. p. 54. n. 
10. 

Erysimum vulgare. C, B. p. i oo j 
Vélar ou Tortelle. 

Verbena mas. Fuschs, Hist 591. 

1^. Erysimum :, Barbaraa j foliis 
lyratis, extimo sub-rotondo. Flor. Suec. 
5^ y. Crant\. Austr. p. 54. «• II. 
sub Sysimbrio ; Vélar à feuilles en 
forme de lyre , et dont le segment 
çxtérieur est un peu arrondi, 

prysimum foliis basi pinnato-den~ 



E R Y 

tatis J apice sub-rotundis. FI. Lapp. 
264. Hort. cuff. 338. Roy. Lugd.- 
B. 342. Dalib. Paris. lOl. 

Barbar^a famina. Tabernam. 45 !• 
R. 

Eruca lutea, latifolia sive Barba- 
rxa. Bauh. Pin. 98. 

Sysimbrium Eruc£ folio j glabra 
flore. Tourn. Inst. xz6 ; Cresson 
d'hiver à feuilles de roquette et à 
fleurs jaunes. Herbe de Sainte Barbe. 

3 °. Erysimum vernum j foliis ra~ 
dicaiibus lyratis • et caulinis , pinnaco- 
sinuatis ^ fionbus laxè spicatis ; Vélar 
dont- les feuilles radicales sont en 
forme de lyre , et celles des tiges , 
sinuées et ailées ; produisant des 
fleurs en épis clairs. 

Sysimbrium ErucA folio glabra , 
minus et procerius. Tourn. Inst. X2.6; 
Le plus petit Cresson d'hiver prin- 
tanier , à feuilles de roquette unies. 
4°. Erysimum Orientale , foliis ra- 
dicalibus ovatis j integerrimis j pe- 
tiolis decurrentibus ; caulinis , oblon- 
gis , dentatis J, sessilibus ; Vélar dont 
les feuilles radicales sont ovales et 
entières , la tige ailée , et les feuil- 
les des tiges oblongues , dentelées 
et sessiks. 

Sysimbrium Orientale j Barbar^a 
facie J Plantaginis folio. Tourn. Cor. 
I 6; Cresson Oriental , ayant l'ap- 
parence de Cresson d'eau , et une 
feuille de plantin. 

î°. Erysimum minus j foliis in^ 
ferioribus pinnato-sinuatis ; superio~ 
ribus oblongis j dentatis j fioribus sop 



E R Y 

/itariis alarlhus ; Velar dont les feuil- 
les b-asses sont ailées et siuuces , cel- 
les du haut , oblongues et dentelées; 
produisant de simples fleurs sur les 
côtes des tiges. 

Sysimbrïum minus ^ Erucx folio , 
glabre 3 nigra j crassoj lucido. Boerh. 
Ind. AU. 1 j i6 ; Le plus petit 
Cresson d'hiver, à feuilles de ro- 
quette , unies , foncées , luisantes et 
épaisses. 

6°. Erysimum Alliaria^ foliis cor- 
dads. Hon. Cliff. 338. FI. Suec 
558 j 600. Mat. Med. 162. Roy. 
Lugd.-B. 341. Dahb. Paris. 10 1. 
Cranr^. A user. p. 17. Hall. Hdv. n. 
480 ; Vélar à feuilles en forme de 
cœur. 

Aliiaria. Bauh. Pin. I lo. Fuchs. 
Hist. 104. Cam. Epit. 589. 

Hesperis allium redolms.. Mor. 
Hist, z , 2 5 2 ; Violette des Da- 
mes , à odeur d'ail , communément 
appelée AlUaire. 

"7 *' . Erysimum Cheiranthoïdes -, fo- 
liis lanceolatis integerrimis. Flor. 
Lapp. 163. Hort. Ciff. 337. Jacq. 
Austr. t. 13. Flor. Dan. 73 I. FI. 
Suce. 5 55 j 601. Roy. Lugd.-B. 
341. Dalib. Paris, ioi. S cop. Cam. 
2. n. 831. Hall. Hdv. n. ^'J'J ; 
Vélar à feuilles entières , en forme 
de lance. 

Lencoium Hesperidis folio. Tourn. 
Inst. 2 2 I ; Girofflier à feuilles de 
Violette des Dames. 

Turritis foliis integris lanceolatis. 
Cuett. Stamp. 2. p. 16 y 



E R Y 183 

Myagrum siliquâ longâ. Bauh. Pin. 
109. 

Myagro similis planta j siliquis 
longis. Bauh. Hist. 1. p. 894. R. 

Erysimum 3 . Tahernum.p. 449. R. 
Camdina _, m\û^rum alttrum 
thlaspi effigie. Lob. le. 215. 

Offieinale. La premiere espèce , 
qui est d'usage en médecine , croît 
naturellement à côté des sentiers et 
sur de vieilles murailles de plusieurs 
endroits de l'Angleterre ; mais on 
la cultive rarement dans les jardins , 
où elledcviendroit bientôt une herbe 
embarrassante si on l'y admettoit(i). 

Barbaraa. Vernum. Les seconde 
et troisième naissent aussi spontané- 
ment en Angleterre, sur les bords 
des chemins et dans d'autres en- 
droits ; on les mangcoit autrefois en 
salade d'hiver , avant que les jardins 
Angiois fussent fournis de meilleures 
plantes ; mais depuis on les a reje- 
tées , à cause de leur odeur forte et 
désagréable. 

Orientale. Minus. Les quatrième 
et cinquième sont également origi- 
naires de l'Angleterre ; on les a 



(i) Cette plante est un excellent re- 
mède pectoral, qu'on emploie avec succès 
dans les toux opiniâtres, dans les ulcères 
du poumon, et dans les embarras de ce 
viscère occasionnés par des matières 
glaireuses. 

La Tortelle entre dans le fameux syrop 
du Chantre, si estimé pour rétablir la 
voix et guérir l'enroueraenc. 



I §4 E R Y E R Y 

introduites depuis quelque tems dans comprimés et inclines vers le bas : 

les jardins , ou elles se sont telle- cette plante fleurit en Mai , et ses 

ment multipliées par leurs semen- semences mûrissent en Juillet et 

ces , qu'elles sont devenues des hcr- Août; ses racines durent plusieurs 

bes embarrassantes ; elles rcsscm- années , lorsqu'elles sont dans un 

blent assez au Cresson d'hiver com- sol sec et maigre, ou sur de vieilles 

mun ; mais les feuilles basses de la murailles; mais quand elles se trou- 

quatricme espèce sont entières et de vent dans une terre riche, elles pé- 

forme oblougue , celles du haut sont rissent bientôt, 

oblongucs et dentelées ; c'est en cela On conserve quelquefois les au- 

qu'elle dilTerc des autres. très espèces dans les lardins de bo- 

La cinquième a des feuilles plus tanique , pour la variété ; elles sont 

Épaisses d'un vert foncé et lui- bis- annuelles, et périssent après avoir - 

sont,, et ses fleurs sortent simples produit des semences, 

des aisselles de la tige dans toute On les multiplie en semant leurs 

sa longueur ; ces différences sont graines en automne dans les places 

«tables et ne s'altèrent jamais. où elles doivent rester; elles n'exi- 

AUiarïa. La sixième , qu'on ren- gent aucune autre culture que d'être 

contre encore en Angleterre, sur cclaircies et tenues nettes de mau- 

îes bords des chemins , n'est pas ad- vaises herbes, 
mise dans les jardins : les gens du 

peuple la mangeoient autrefois en ERYTHRINA. Lin. Gen. Plant. 

salade, et ils lui donnoient le nom 762. Corallodendron. Tourn. Imt. 

de Sauce seules elle a une odeur i?. H. 66 1. r. 446 ; Arbre de corail, 

forte et un goût d'ail , chaud et Caractères. La fleur , qui est pa- 

piquant : on s'en sert souvent en pilionnacée , et composée de cinq 

médecine. pétales , a un calice tubuléet formé 

Cheiranthoides. La septième se par une feuille entière et découpée 

trouve quelquefois en Angleterre, sur ses bords ; un étendard , en 

sur les anciens bâtimens , et princi- forme de lance , et penché sur un 

paiement à Cambrige et à Ely; sa style fort long et élevé; deux ailes 

racine produit une feuille longue, à peine plus longues que le calice, 

velue et molle; ses tiges, dont la et ovales; une carène composée de 

hauteur est d'environ un pied , ont deux pétales qui ne sont pas plus 

leurs sommets garnis de fleurs blan- longs que les ailes , et dentelés à 

ches , pentes , verdâtrcs , et dispo- leurs extrémités ; et dix ctamines , 

sees en petits épis clairs ; elles sont dont neuf sont jointes vers le bas , 

remplacées par des légumes longs , un peu courbées dans la moitié de 

l'étendard , 



E R Y 

l'étendard , d'inégale longueur , et 
terminées par des sommets en for- 
me de flèche: son germe est en for- 
me d'alcne , et son style est aussi 
long que les étamines , et terminé 
par un stigmat simple ; le germe se 
change dans la suite en un légume 
long , gonflé , terminé en pointe ai- 
guë , et a une cellule remplie ds 
iemcnces en forme de rein. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la troisième section de la dix- 
septicme classe de LinnÉe , qui 
renferme les plantes à fleurs papi- 
lionnacccs , et pourvues de dix éta- 
mines jointes en deux corps. 

Les espèces sont : 

1°. ErythrïncL herhacea , folïïs 
ternatis y caule sïmplicïssimo inermi. 
Hon. Cliff'. 1, 54. Roy. Lugd. - B. 
373. Trew. Ehret. t. 58. sub Coral- 
lodcndrum ; Erythrina à feuilles à 
trois lobes , avec une tige simple 
et unie, 

Corallodendron humile ., spied ^0- 
rum lonsissimâ , radiée erassissimâ. 
Catesb. Car. 49. t. 49 ; Arbre de 
Corail bas , avec un fort long épi 
de fleurs , et une racine épaisse , 
ordinairement di^^alé Arbre de Corail 
de la Caroline. 

Coral Caroliniensis j hastato fo~ 
lio. Dill. Elth. 107. t. 90./- 106. 

2 °. Erythrina Corallodendrum iner- 
mis j folds ternatis j caule arboreo ; 
Arbre de Corail uni , avec des 
feuilles à trois lobes et une tige en 
arbre. 

Tome III, 



E R Y 185 

Coral arbor Americana. Hort.Amst. 
I. /7. 2 ! I. f. 108 ; Arbre de Corail 
uni d'Amérique, ou Bois immortel. 

3 °. Erythrina spinosa j foliis ter- 
natis j caule arboreo aculeate. Hort. 
Cliff. 3 54." Hon. Ups. 107. Flor. 
Zeyl. 275. Roy. Lugd. - B. 373. 
Fabric. Hemlst. 423 ; Erythrina avec 
des feuilles à trois lobes, et une 
tige en arbre et épineuse. 

Ceratia sivè siliqua Sylvestris, spi- 
nosa arbor Indica. Bauh. Pin. 402. 

Corallodendron tryphillum Ameri- 
canum j spinosum j fiore rubetrïmo. 
Tourn. Inst. R. H. 661 ; Arbre de 
Corail d'Amérique , à trois feuilles, 
piquantes , avec une fleur trcs-rougc. 

Alouricou. Rhced. Mal. 6. p. i^. 
t.. 7. Gelala litorea, Rumph. Amb. 2. \ 

p. 1^0. t. -jG. 

4°. Erythrina picta J foliis ternatis 
aculeati's j caule arboreo aculeato. Lin. 
Sp. 9 9 3 ; Erythrina avec des feuil- 
les à "trois lobes et piquantes, et 
une tige épineuse et en arbre. 

Corallodendron triphyllutn Ameri- 
canum minus^ spinis et seminibus ni- 
gricantibus. Tourn. Inst. R. H, 661 / 
Le plus petit arbre de Corail d'Amé- 
rique , à trois feuilles , et armé d'épi- 
nes, avec de» semences plus noires. 

Gelala alba. Rumph. Amb. z, p. 
234.^.77. 

C °. Erythrina Americana j foliis • 
ternatis acutis _, caule arboreo acu- 
leato J Jîoribus spicatis longissimis ; 
Erythrina à feuilles à trois lobes , 
armées de pointes aiguës , ayant une 

Aa 



i8^ E R Y 

tige en arbre ce épineuse , et de 
fort longs épis de fleurs. 

Coralloicndron triphyllum Ameri- 
canum j folds mucronatis j seminihus 
coccineis. Housr. Mss. ; Arbre de Co- 
rail d'Amérique , à trois feuilles à 
pointes aiguës , et à semences écar- 
late. 

6°. Erythrina inermis j foUls ter- 
natis aciitis j caule fruticoso inermi j 
corolUs longioribus clausïs ; Arbre de 
Corail avec des feuilles aigucs , 
à trois lobes, une tige d'arbrisseau 
sans épines , et de plus longues 
fleurs qui ne s'ouvrent point. 

Coral arbor , non spinosa , flore 
lono'iore et magis clauso. Sloan. Cat. 
Jam. 142 i Arbre de Corail , sans 
épines , ayant une fleur plus longue 
et plus femiée. 

Herbacea. La premiere espèce croît 
naturellement dans la Caroline mé- 
ridionale , d'où M. Catesby a en- 
voyé en 1724 ses semences, qui 
ont réussi dans plusieurs jardins cu- 
rieux ; elle a une racine forte et 
ligneuse , qui s'étend rarement à 
plus d'un pied et demi, et de la- 
quelle sortent au printems plusieurs 
nouveaux rejetons qui s'élèvent à 
la hauteur d'environ deux pieds : la 
partie basse des tiges est couverte 
de feuilles à trcis lobes et d'un vert 
foncé , qui ont la forme de pointes 
de tlcche ; leurs extrémités sont ter- 
minées par de longs épis de fleurs 
ccarlate , composées de cinq pé- 
tales , dont le supérieur est plus long 



E R Y 

que les autres , de sorte qu'elles pa- 
roissent à une certaine distance n'a- 
voir qu'un pétale : lorsque la fleur 
est passée, on voit croître un 'lé- 
gume cylindrique de cinq à six pou- 
ces de longueur , gonflé aux en- 
droits où sont placées les semences , 
et qui s'ouvre en une cellule qui 
contient cinq ou six graines de cou- 
leur écarlate , et en forme de 
rein. Cette espèce fleurit en Angle- 
terre ; mais elle n'y donne jamais de 
graines. 

Corallodendron. La seconde a une 
tige ligneuse , qui , dans notre cli- 
mat , n'a guercs que dix à douze 
pieds d'élévation , mais qui , dans 
son pays originaire, parvient à une 
hauteur double ; elle pousse des 
branches fortes, irrégulieres , cou- 
vertes d'une écorce brune , et gar- 
nies de feuilles en forme de cœur , 
unies , d'un vert foncé , à trois lo-^ 
bes , dont celui du centre est le plus 
long, et supportées par de longs 
pétioles : ses fleurs , qui sont teintes 
d'une couleur écarlate foncée , et 
qui ont une très-belle apparence , 
sortent en épis courts , épais et ser- 
rés des extrémités des branches ; 
elles sont ordinairement dans toute 
leur beauté dans les mois de Mai 
et de Juini mais elles ne donnent 
point de graines dans notre climat: 
en Amérique, où cet arbre croît na- 
turellement, ses fleurs sont rempla- 
cées par des légumes épais , gon- 
flés et courbés, qui renferment de 



E R Y E R Y T87 
grosses semences en forme dc rein, poufsoutenir les -plantes de poivre 
ec de couleur de pourpre rougeâtre ; qui se tortillent autour de sa tige 
les feuilles de cette espèce se flétris- et de ses branches, 
sent et tombent au printems, de Americana. Les semences de la 
sorte qu'en été elle paroît morte ; cinquième m'ont été d'abord en- 
mais en automne elle en pousse de voyées de la Véra-Cruz , où cette 
nouvelles , qui se conservent vertes plante croit naturellement : mais de- 
pendant tout l'hiver : ses fleurs pa- puis j'en ai reçues du Cap-dc-Bonne- 
roissent rarement avant que les feuil- Espérance ■■> de sorte qu'il est certain 
les tombent , et les branches sont que cette espèce se trouve égale- 
encore nues et dépouillées quand ment en Afrique et en Amérique : 
les fleurs sont épanouies. ces graines sont de moitié moins 

Spinosa. La troisième diffère de grosses que celles de la seconde et 
la seconde en ce que sa tige , ses de la troisième , et d'une belle cou- 
branches et xs pétioles sont. armés leur écarkte ; ses feuilles sont aussi 
d'épines courtes et courbées; mais beaucoup plus petites et ont des poin- 
ses feuilles et ses fleurs ressemblent tes longues et aiguës ; ses branches 
beaucoup à celles de la précédente, sont fortement armées d'épines ver- 

Picta. La quatrième a des tiges dâtres et courbées * ainsi que les 

d'arbrisseau qui se divisent en plu- côtes du milieu et les pétioles Aqs 

sieurs branches , et s'élèvent rare- feuilles : ses fleurs croissent en épis 

ment au-dessus de la hauteur de huit très-lcngs et serrés , et sont d'une 

ou neuf pieds ; elles sont armées de belle couleur écarkte. 

tous côtés d'épines fortes , noires et J'ai aussi élevé une variété dc 

courbées ; ses feuilles sont plus pe- celle-ci, à fleurs et semences plus 

cites que celles des deux espèces pré- pâles , et dont les plantes étoient 

cedentes , et ont quelque ressem- moins armées d'épines ; mais comme 

blance avec celles de la premiere ; j'ignore si elle est vraiment distincte 

sc% pétioles sont également armées de la précédente , je me contente 

d'épines, ainsi que les côtes des feuil- d'en faire une simple mention. 

les ; mais ces dernières sont plus pe- Jnermis. La sixième est originaire 

cites et moins noires : ses fleurs sont de la Jamaïque et de quelques autres 

de couleur écarlate pâle , et crois- Ifles de l'Amérique , d'où ses semen- 

sent en épis clairs ; ses semences sont ces m'ont été envoyées; ses légumes 

aussi grosses que celles de la seconde sont plus longs et de moitié moins 

espèce, mais d'une couleur pourpre épais que ceux de la seconde; ses 

plus foncée : on plante généralement semences sont d'une couleur vive 

cet arbre dans les Indes Orientales, écarlate , plus longues et plus min- 

A a 2 



'88 E R Y 

^cs que celles des autres espèces ; ses 
feuilles sont petites et en pointes ai- 
gucs ; ses tiges minces, unies et sans 
tpines , se divisent , à peu de dis- 
tance de la terre , en branches qui 
s'élèvent droites , en formant un 
arbrisseau touffu: ses fleurs, qui sor- 
tent en épis courts aux extrémités 
des branches, sont plus serrées que 
celles des autres; elles ont un éten- 
dart fort long , dont les parties la- 
térales sont inclinées sur les ailes , 
qui sont plus longues que celles des 
autres espèces. 

J'ai aussi reçu de la Barbade des 
échantillons d'une variété de la 
troisième espèce , qui a des fleurs 
et des légumes très-courts; elle m'a 
été envoyée sous le titre de Fèves 
en arbre j qui est le terme vulgaire 
dont oh se sert pour désigner ces 
arbres en Amérique ; mais comme 
dans ces échantillons les fleurs étoient 
séparées des tiges, je ne puis dire 
comment elles croissent, et si cest 
en épis longs ou courts; les étami- 
nes de celle-ci sont plus longues que 
les pétales , et en cela elle diffère 
réelicment de toutes les autres ; ses 
légumes sont fort courts , courbés 
et plus épais que ceux de la troi 
sieme espèce ; ses feuilles ont la 
même apparence et sont armées d'é- 
pines , ainsi que les tiges et les bran- 
ches : mais cette plante n'a pas en- 
core produit de fleurs ici. 

J'ai reçu , il y a quelques années , 
de trcs-pecites semences d'un arbre 



E R Y 

de Corail du Cap de Bonne-Espé- 
rance , elles étoient d'une couleur 
écarlate brillante; les plantes qu'elles 
ont produites n'ont point d'épines ; 
leurs feuilles sont beaucoup plus lar- 
ges que celles des autres espèces , 
et leurs tiges sont fortes, et parois- 
sent être susceptibles de devenir 
aussi grosses que celles des plus gros 
arbres : mais comme ces plantes sont 
encore jeunes , on ne peut détermi- 
ner en quoi elles different des au- 
tres espèces. 

Hans Sloan fait mention de deux 
autres espèces d'arbres de Corail , 
dans son Histoire de la Jamaïque y 
dont l'un a les caractères des So- 
phora^ avec lesquelles nous le pla- 
cerons , et l'autre sera décrit dans 
l'article Rohinia j parce qu'il appar- 
tient naturellement à ce genre. 

Lorsque ces plantes sont en fleurs ^ 
plusieurs d'entr'eiles font un superbe 
effet dans les serres chaudes, à cause 
de leurs gros épis de fleurs , qui 
sont ceintes d'une belle couleur écar- 
late ; mais elles fleurissent rarement 
ici, ainsi que dans plusieurs autres 
parties septentrionales de l'Europe; 
cependant elles se couyrent de fleurs 
annuellement dans leur pays natal, 
où l'on voir fréquemment ces arbres 
chargés d'épis, quoiqu'ils soient en- 
tièrement dépouillées de leurs feuilles. 

La premiere , qui croît dans la 
Caroline , y produit aussi beaucoup 
de fleurs , quoiqu'elle n'en donne 
ici qu'une fois dans deux ou trois 



E R Y E R Y 189 

'ans , et les autres espèces encore qu'on apporte ici annuellement , 

plus rarement. J'ai essayé plusieurs parce qu'elles n'en produisent point 

méthodes pour les faire fleurir j j'en en Europe ; on les répand dans de 

ai traité quelques-unes durement , petits pots , et en les plonge dans 

en les exposant en plein air pen- une couche niédiocrcnicnt chaude ; 

dant l'été, et en ne les tenant en si ces graines sont bonnes, les plantes 

hiver qu'à un degré de chaleur fort paroîtront au bout d'un mois ou 

modéré; d'autres ont été plongées de cinq semaines: lorsqu'elles auront 

pendant toute l'année dans la cou- atteint la hauteur de douze pouces , 

che de tan de la serre, et quelques- on les enlèvera avec précaution , et 

unes sont restées dans une serre on les plantera chacune séparément 

sèche , où on leur a procuré beau- dans de petits pots remplis de terre 

coup d'air dans les tems doux , et légère , qu'on plongera dans une 

un degré de chaleur tempéré en couche de tan de chaleur modérée , 

hiver : ces dernières ont mieux réussi et qu'on tiendra à l'abri du soleil 

que toutes les autres , et cependant jusqu'à ce qu'elles aient produit de 

elles ont Heuri très-rarement : aucun nouvelles racines , après quoi on 

des amateurs qui cultivent ces plan- leur donnera beaucoup d'air dans 

tes, tauten Angleterre qu'en France les tems chauds pour les empêcher 

.et en Hollande, n'a été plus heureux, de filer, et on leur en procurera 

La premiere espèce peut ctre con- encore davantage à mesure qu'elles 

servée pendant l'hiver dans une acquerront de la fqrce ; on les ra- 

orangerie chaude; mais elle fleurit fraîchira souvent , mais légèrement; 

rarement lorsqu'elle est ainsi traitée: car une humidité trop abondante ,. 

les daux que j'ai reçues du Cap de fcroit f-acilement pourrir les fibres 

Bonne-Espérance , ont subsisté pen- de leurs racines. Comme ces plantes 

dant l'hiver dans une caisse chaude ont besoin d'un certain degré de 

de vitrages sans feu; mais elles n'ont chaleur dans leur jeunesse, on les 

pas fait autant de pjrogrès que celles enferme en automne dans la serre 

qui ont été tenues à une chaleur chaude , dans les deux premieres 

tempérée : de sorte que la meilleure années , pour les y laisser passer 

méthode de traiter ces plantes dans l'hyver : quand leurs feuilles sont en 

notre climat, est de les conserver pleine vigueur, on les arrose deux 

dans une serre de chaleur modérée, ou trois lois par semaine; mais 

qui leur est d'autant plus nécessaire, lorsqu'elles sont dépouillées , les ar- 

qu'ellcs sont plus jeunes. _ rosemens doivent être plus modérés : 

On multiplie facilement ces plan- on les traite plus durement à mesure 

tes au moyen de leurs semences, qu'elles deviennent plus fortes, et 



Ipô E R Y 

et on parvient ainsi à les faire 
fleurir. 

On cultive fréquemment la troi- 
sième espèce dans les jardins de 
Lisbonne , où elle fleurit et donne 
tous les ans des semences mûres : 
plusieurs personnes qui avoientcllcs- 
nicmes recueilli ces légumes sur les 
arbres , m'en ont apporte quelques- 
uns. Ces plantes peuvent aussi être 
multipliées par boutures, qui pren- 
nent aisément racine si on les 
plante dans des pots , et qu'on les 
plonge dans une couche chaude ; 
mais celles qui proviennent de se- 
mences sont toujours meilleures. 

ERYTHRONIUM. Lin. Gen. 
'Plant. 375- Dens Canis. Tourn. 
Insc.R.H. 378. Tab. 101 ; Dent de 
Chien , ou Violette en dent de 
Chien. 

Caractères. Les fleurs de ce genre 
• n'ont point de calice ; elles sont en 
cloche , ont six pétales oblongs et 
entièrement ouverts , et six étami- 
nes jointes au style, et terminées 
par des sommets oblongs , érigés et 
quadrangulaircs. Dans leur centre 
est placé un germe oblong , obtus et 
triangulaire, qui soutient un style 
simple , plus large que les étamines, 
et terminé par un stigmar triple , 
obtus et étendu : ce germe devient, 
quand la fleur est fiétiie, une cap- 
sule oblongue , obtuse , et à trois 
cellules remplies de semences plates. 

1.1NNÉE a placé ce genre dans 



E R Y 

la premiere section de sa sixième 
classe , avec les plantes dont les 
fleurs ont six étamines et un style. 
Les espèces sont : 

1 °. Erythronium j Dens Canis , 
folds ovatis; Dent de Chien à feuilles 
ovales. 

Erythronium. Hort. Cliff. \\^- 

Hall. Helv. n. 1134- Gmel. S'ib. I . 

p. 39. t. 7. Roy. Lugd.-B. 30. Scop. 

Carn. Ed. 1. n. 406. Couan. Illustr. 

25. Kniph. Cent. 6. n. 39. 

Dens Canis y ladori rotundiorique 
folio , flore ex purpura rubente. C. B. 
p. 8-7; Dent de Chien avec des 
Veuilles plus larges et plus rondes, 
et des fleurs d'un rouge pourpre. 
Dens Caninus. Dod. Pemp. 203. 

2 °. Erythronium longi - folium , 
foliis lanceolatis ■ Dent de Chien à • 
feuilles en forme de lance. 

Dens Canis anmstiori , lonsiori- 
que folio j flore ex albo purpurascente. 
C. B. p. 8 7 i Dent de Chien à 
feuilles plus longues et plus étfoites , 
et à fleurs d'un blanc tirant sur le 
pourpre. 

Erythronium foliis ovato-oblongisj 
glabris j nigro maculatis. G ran. Virg. 
I 5 I ; Erythronium à fleurs jaunes. 
Variété. 

Ces deux espèces sont les seules 
distinctes que je connoisse ; mais les 
curieux en conservent quelques va- 
riétés dans leurs jardins ; la premiere 
donne une variété à fleurs blanches 
qui est assez commune i une seconde 
à fleurs de couleur pourpre pâle i çî 



E R Y 

one troisième à fleurs jaunes , qui est 
rare en Angleterre : la seconde 
espèce fournit une variété à fleurs 
blanches , et une antre à fleurs d'un 
rouge léger ; mais elles sont au- 
jourd'hui Fort rares l'une et l'autre 
dans nos jardins. 

Dens Canis. La premiere espèce 
produit deux feuilles ovales jointes 
à leur base, longues de trois pou- 
ces sur un pouce et demi de largeur 
au milieu , mais graduellement plus 
étroites vers leur extrémité : ces 
leuilles sont d'abord roulées les 
unes sur les autres, et elles renfer- 
ment la fleur dans leur centre ; mais 
elles s'étendent ensuite et se cou- 
chent sur la terre : toute leur sur- 
face est marquée de taches blan- 
ches et pourpres : du centre de ces 
feuilles sort une tige simple , nue , 
unie et de couleur pourpre , qui 
s'eleve à la hauteur de quatre pou- 
ces , et soutient une fleur compo- 
sée de six pétales en forme de lance , 
qui , dans cette espèce , est pour- 
pre , et blanche dans quelques au- 
tres : cette fleur pend vers le bas, 
et ses pétales sont réfléchis et entiè- 
rement ouverts \ dans son centre est 
placé un germe oblong et à trois 
angles, qui soutient un style simple 
plus long que les étamines , et sur- 
monté par un triple stigmat ; ses 
étamines sont de couleur pourpre, 
et trcs-serrées au tour du sryle , et 
son stigmat s'étend plus en dehors. 
Cette plante fleurit dans le com- 



E R Y 19, 

mcncement du mois d'Avril , mais 
elle produit rarement des semences 
en Angleterre ; sa racine est blan- 
che , oblongue , charnue , et eu 
forme de dent , d'où lui vient son 
nom de Dent de Chîen. 

Longi-foimm. La seconde diffère 
de la premiere par la forme de ses 
feuilles , qui sont plus longues et 
plus étroites; ses fleurs sont aussi un 
peu plus larges , mais pas aussi bien 
colorées. Cette plante x;roît natu- 
rellement en Hongrie et dans quel- 
ques parties de l'Italie ; on la mul- 
tiplie par ses rejettons ; mais comme 
elle en donne peu , cette espèce 
n'est pas aussi commune dans les 
jardins que beaucoup d'autres fleurs 
de la même saison : elle se plaît à 
l'ombre et dans un sol léger et mar- 
neux ; mais il ne Riut pas le remuer 
trop souvent. On peut la transplan- 
ter lorsque ses feuilles sont tout-à- 
fait flétries , depuis le commence- 
ment du mois de Juin , jusqu'au 
milieu de Septembre : mais ses ra- 
cines ne doivent pas être tenues 
fort long-tems hors de la terre; 
car lorsqu'elles sont une fois rétré- 
cics , elles sont fort sujettes à être 
attaquées de pourriture : on plante 
ces racines en paquets dans les plates- 
bandes du jardin , où leurs fleurs 
produiront un très-bel effet. 

ESCAROLE , SCARIOLE , ou 
EN.DIVE, Foyei CiCHORIUM 
ENDIVIA. L. 






191 ESP ESP 

ESCHYNOMENE. Foye:( sont aussi utiles qu'agréables i car 

itsCHINOMENE. ils mettent non-seulement les legu- 
mes à l'abri des vents et du froid , 

ESCHYNOMENUS, plantes , de mais ils produisent encore un très- 
Aiirxii'fiwi , de ali-xiy'fi"! , ST. Qtvc hon- bon effet lorsqu'ils bordent des 
teux. On donne ce nom aux allces régulièrement tracées, et ren- 
pLuites sensitives qui , lorsqu'on les dent un jardin potager aussi agréa- 
touche , se rétrécissent ou laissent blc qu'un parterre, 
tomber leurs feuilles. Les principaux arbres qu'on em- 

ESCOURGEON , Orge quarré ploie pour Espaliers , sont les Porn- 
os d'automne, f'^oye^ HoRDÉUM miers , les Poiriers, et quelques 
HEXASTICHON. espèces de pruniers; mais les deux 

premiers sont plus en usage : quel- 

ESCULENTES, plantes, de qnes personnes disposent en Espa- 

Escidentus j, bon ■àm:\.ngcr : CCS sortes Iiers , des Pommiers greffés sur des 

déplantes sont celles dont on mange tiges de Paradis; mais ils ne sont 

les racines, comme les Panais, les propres qu'aux petits jardins, parce 

Carottes, les Poreaux, les Oignons, qu'ils sont d'un crû trop bas efde 

les Poinmes-dc-Terrc , les Raves , peu de durée : je conseille donc de 

les Raiforts, les Scorsonnaires, etc. se servir d'arbres greffés sur Sauva- 
geons , pour les grands jardins , et 

ESPALIERS (les) sont des de ceux qui sont entés sur ce que 

rangs d'arbres plantés contre les les jardiniers appellent tiges Hollan- 

murailles des jardins ou en haies, doiscs j pour les petits; ces derniers 

de manière qu'ils servent de clô- conserveront leur vigueur pendant 

ture, et qu'on taille en haies plusieurs années; ils donneront du 

serrées pour défendre les légumes fruit plus tôt que les autres, et pous- 

contre la violence des vents. seront moins de bois. 

Les Espaliers les plus communs, Dans le choix qu'on fait des arbres 
sont des arbres Iruiticrs, dont les destinés à être mis en Espaliers, il 
branches sont régulièrement éten- faut, autant qu'il est possible, ren- 
dues sur des treillages de bois de nir les espèces du même crû, pour 
Frêne , de Sapin , etc. ; et c'est de les planter sur une même ligne , 
cette espèce d'Esp.iliers dont je vais afin que chaque rang soit d'une 
parler ici. hauteur égale , ce qui ajoure beau- 

Les espaliers d'arbres frutiers sont coup à leur beauté ; car si on plante 

Qrdinairenient plantés tout autour ensenible des arbres qui poussent 

^es carreaux d'un j;irdin, où ih inégalement, il ne sera jamais 

possible 



ESP ESP 15^3 
possible dc rendre l'Espâlier rcgu- Les espèces de Pommiers propr.'« 
lier : la distance qu'on laisse entre à former des Espaliers , sont le Pc- 
chaquc arbr.c doit être proportion- pin d'or , la Non-parcil'e , la Rai- 
née à l'activité de leur végétation ; nette grise , le Pépin aromatique , 
ceux qui poussent le plus vigoureu- le Pépin de France , la Roussette de 
sèment, doivent être éloignés de Wheeler, la Roussette de Pile , etc. 
trente pieds les uns des autres , et Les instructions nécessaires sur le 
ceux qui sont d'un crû médiocre, choix de la saison pour planter, et 
n'ont besoin que d'un intervalle de sur la manière de tailler et de 
viiigt-cinq pieds. palisser ces arbres , se trouveront 
La largeur des allées et des plates- dans les Articles Pommier et 
bandes qui régnent entre ces Espa- Taille. 

liers dans les grands jardins, doit Les espèces de Poiriers qu'on peut 
Être de quatorze ou seize pieds au mettre en espaliers, sont principa- 
nioins ; et si les arbres doivent s'éle- lement les fruits d été et d'automne, ■ 
ver fort haut , il est nécessaire que car ceux d'hiver y réussisent rarc- 
la distance soit encore plus grande , ment. Si le sol est fort et humide , 
afin que chaque coté puisse jouir ces arbres doivent être greffés sur 
également de l'air et du soleil, dont des tiges de Cognassier; mais pour 
l'influence est absolument néces- un sel sec il faut les enter sur des 
saire pour procurer aux fruits le Sauvageons. La distance qu'on leur 
degré de perfection dont ils sont donne doit aussi être réglée sur le 
susceptibles. Lorsqu'on n'cst pas cru des arbres , qui est plus inégal 
contrarié par la disposition du lieu, dans les Poiriers que. dans les Pom- 
et qu'on peut placer les arbres com- miers. Quant aux Poiriers greffes 
me on le juge à propos , je conseil- sur Sauvageons , ils doivent être 
lerai de diriger les ahgnemens au éloignés au moins de trente pieds 
levant , en les inclinant un peu les uns des autres, s'ils ne croissent 
au midi, et à l'ouest, en les tournant que médiocrement ; mais il faut au 
un peu au nord , afin que les rayons moins quarante pieds aux plus vi- 
da soleil puissent pénétrer entre les goureux ; si le iol est en même 
rangs dans la matinée , et le soir tems fort et fécond , la distance 
en se couchant , et que dans le mi- doit être encore plus grande. 
lieu du jour il chauffe le sommet des Les espèces de Poiriers les plus 
arbres et la terre qui couvre leurs propres à être mis en Espaliers, sont 
racines ; ce qui est d'une très-grande les Jargonelles , la Blanquette , la ^ 
utilité , quoique bien des gens l'i- Poire sans peau , le Bon Chrétien 
gnorent. d'été , h Bcrgamotte de Hamden , 
Tome III. B b 



194 



ESP 



la Bergamctte d'automne , I'Am- 
brettc, Ic Gros Rouflèkt, la Chnii- 
monrelle , le Beunc-Royal , le Mar- 
cjiiis , la Crassane , et quelques au- 
"tres de moindre qualité : on doit 
toujours se ressouvenir que les Poi- 
res fondantes réussissent mieux en 
Ejpaliers que les Poires cassantes , 
qui mûrissent rarement bien en 
haie, et que plusieurs espèces exi- 
geront une exposition et un terrein 
chauds, si on ne peut pas les placer 
contre une murailic. On doit aussi 
examiner sur quelles tiges ces fruits 
sont greffes ; car si les Poires cas- 
santes sont entées sur Cognassiers, 
elles deviendront pierreuses ; tandis 
que les Poires fondantes se perfec- 
tionneront. Quant à la manière de 
les planter, voyei l'Article Pyrus, 
et pour la taille et le traitement , 
voyci Taille des Arbres. 

Je vais à présent donner quelques 
instructions sur la manière de cons-* 
truire les treillages contre lesquels 
ces arbres doivent être palissés; ce 
qui ne doit être fait que trois ans 
après qu'ils sont plantés ; car si on 
les disposoit plutôt, ils seroient en 
partie pourns avant que les arbres 
aient fait assez de progrès pour les 
couvrir : pendant ces trois premie- 
res années , il suffit d^assujettir leurs 
branches contre des échalas fichés 
en terre à une distance plus ou moins 
grande les uns des autres , suivant 
la longueur de ces branches , qui 
doivent être dirigées le plus hori- 



E S P 

sontalement qu'il est possible , afin 
que lEspalier prenne de bonne- 
heure la forme qu'il doit avoir par 
la suite. 

On peut construire ces treillages 
à peu de trais, en employant des 
lattes de trcne de deux espèces , 
les unes très-grosses , à treize dans 
un paquet, les autres à cinquante 
dans chacun. On coupe les premieres 
à sept pieds de longueur, et on 
appointe celles qui sont destinées 
à servir de piquets par le plus gros 
bout , afin de pouvoir les enfoncer 
dans la terre avec plus de facilité ; 
et pour les Riire durer plus long- 
tems , il sera bon de les enduire 
avec la composition prescrite dans 
l'Article Couverture. On place 
ces piquets sur une ligne droite à 
un pied de distance les uns des au- 
tres , et à la hauteur d'environ six 
pieds ; on les fixe dans cette situa- 
tion au moyen d'une latte de tra- 
verse , qu'on cloue à leurs extré- 
mités , et on continue à placer de 
pareilles traverses jusqu'au bas , en 
les fixant avec du fil de fer. Si ces 
lattes sont en bois de Sapin, l'enduic 
dont on les couvre durera plus long- 
tems ; on les applatit par leur plus 
gros bout, afin de pouvoir les clouer 
contre les poteaux qui terminent le 
treillage , et lui donner ainsi plus 
de solidité et le rendre propre à 
résister aux efforts des vents. 

Quand ce treillage esc fini et 
bien conditionné , on y attache les 



ESP 
branches des arbres avec des osiers 
ou d'autres liens , en observant de 
les placer bien horisontalement et à 
des distances égales , mais de ma- 
nière qu'elles ne se croisent point, 
et qu'elles ne soient pas trop serrées i 
la distance qu'on laisse entr'cUcs 
doit être proportionnée à la gros- 
seur de leurs truits ; les Bon - Chré- 
tien d'été , Messire-Jean, Beurré- 
Royal , les Rainettes grises , les Pe- 
pms de Hollande, les Pépins de 
France, et autres grosses Pommes 
exigent au moins six ou huit pou- 
ces entre chacune de leurs bran- 
ches ; mais les fruits plus petits n'ont 
besoin que de quatre ou cinq pou- 
ces. Pour ce qui concerne les autres 
instructions relatives à leur traite- 
ment , je renvoie le Lecteur aux 
Articles de chacun de ces fruits, ainsi 
qu'à celui de la Taille, où il trouvera 
tout ce qui concerne leur culture. 

On construit aussi d'autres treil- 
lages de diverses façons , plus ou 
moins chers ; mais comme la beauté 
d'un Espalier consiste à être bien 
couvert par les arbres qui le com- 
posent , les dépenses extraordinaires 
qu'on pourroit faire pour le rendre 
plus beau , deviendroient inutiles. 

Les arbres ainsi plantés et bien 
conduits, sont préférables à ceux 
qui sont dressés en d'autres formes , 
par plusieurs raisons ; i"". parce 
qu'ils tiennent peu de place dans les 
Jardins , et ne causent aucun pré- 
judice aux légumes des carreaux. 



ESP 195 

t^. Parce que les fruits qu'ilt 
donnent , sont préférables à ceux 
des arbres nains ; comme ils sont 
entièrement exposés au soleil , et que 
l'air qui circule librement autour , 
dissipe promptement toute l'hu- 
midité qui s'élève de la terre , ils 
acquièrent un nouveau degré de 
perfection , ainsi que nous l'avons 
déjà observé : d'ailleurs ces arbres 
étant peu élevés, leurs fruits souf- 
frent beaucoup moins de l'action 
des vents : ainsi pour toutes ces 
raisons les Espaliers doivent être 
préférés à tous les autres arbres. 

ESQUINE, SQUINE, ou RACINE 
CHINOISE, roy. Smilax China. 

ESTRAGON, Foy. Artemisia 

DRACUNCULUS. 

ESTRAGON DU CAP. Foyei 
Eriocephalus. 

ESULE. Foyei TiTHYMALUS, 

Euphorbia. 

ETAMINES. Foy. Stamina, 

ÉTOILE DE BETHLÉEM , ou 
HYACINTHE DU PEROU. Foy. 
Ornithogalum, 

ÉTOILE DE BETHLÉEM 

bâtarde, ou FLEUR ÉTOILÉE. Foy. 
AOUCA. 

B b i ' ' V 



i<^ E U G 

-■■EUPHRAiSE. roy. EUPHRASIA. 

' E'U (3 E N r A. ^ Mchel. i o 8 > le 
Jambolier. ' 

Caractères. La Peur a nn calice 
persistant ct formé par line feuille 
divisée en quatre segmens ; quatre 
pétales oblongs , obtus , et deux fois 
plus grands que le calice ; plusieurs 
étamiries insérées dans le calice, 
et terminées par de perts sommets; 
et un petit germe turbiné et placé 
sous la fleur , qui soutient v.r\ style 
simple ansii ;bng qtie les étamines, 
CL surmonté par un stigmat simple : 
ce eerme se chanire dans la suite en 
i\n fruit à quatre angles en forme 
de prune, couronné et à une cellule, 
dans laquelle est rentermée une 
noix ronde est unie. 

Ce ge.-.re de plante est rangé 
dans la premiere section de la dou- 
zième c\.vsc de Lin NÉE , qui com- 
prend celles dont les fieurs ont plu- 
sieurs étamines insérées dans le 
calice , ct un style. 

Les espèces sont : 

1°. Eugenia Malaccensis j foUis 
integerrimis j pedunculis racemosis 
lateralïbus. F/or. Zeyl. 1S7 ; le 
Jambonicr à feuilles entières et à 
pédoncules branchvies. 

Versic'i ossiculo fructtts Malaccensls 
rubens. Bauh. Pin. 44 T. 

Jambosj. domestica. Rumph. Anib. 
I.p. Iil.r. 37. 38. 

Nati-schambu. Rheed. Mal. \ . p, 
i^.t. iS. Rail Hisc. 174?^ 



E U G 

2°. Eugenia J amhos j fcilis inte^ 
gcrrimis j pedunculis ramosis termina- 
libus. Flor. Zeyl. 1 88 ; le Jambonie^ 
à feuilles entières, avec des pédon- 
cules de fleurs branchus qui tjermi- 
nent les branches. 

Persici ossiculo fnictus Malaccensls 
ex candido rubescens. Bauh. Pin. 44 1. 

Jamt'osa sylvestris alba. Rumph. 
Amh. \. p. Il-], t. 3 <;. 

Malacca Sckambu. Rheed. Mat. 
l.f. z'j.t. \-j. Rail Hist. 147S. 

II y a quelques autres espèces de 
ce genre qvii croissent narureîlemenc 
dans les Indes ; mais celles-ci sont 
les seules que j'aie vues dans les jar- 
dins Anglois. Le-Oocteur Hebeerden 
m'a donné quelques plantes de la 
premiere espèce, qui lui avoient été 
envoyées par son frère , du Brésil , 
ovi on la cultive pour la table, de 
sorte que cette espèce est très-com- 
mune dans la plus grande partie de 
l'Amérique. 

Elle s'élève, dans son pays ori- 
ginaire , à la hauteur de vingt à 
trente pieds , avec une tige d'arbre 
couverte d'une ccorce brune , de 
laquelle sortent plusieurs branches 
garnies de feuilles entières , cblon- 
gues, opposées, terminées en pointe 
aiguë, et teintes dans leur jeunesse 
d'un pourpre brillant, qui se change 
en vert clair à mesure qu'elles vieil- 
lissent ; ses fleurs naissent sur les 
cotés des branches , quelquefois 
simples , et quelquefois au nombre 
de trois , ou de quatre sur chaque 



E U G 

pédoncule , et sont remplacées par 
un fruit succulent et de forme irré- 
guLere qui renferme une noix. 

Jambos. La seconde espèce s'éîeve 
à la même hauteur que la premiere, 
et lui ressemble beaucoup , mais 
tes feuilles sont plus longues et plus 
étroites ; la plus grande partie de 
SCS ficurs termine les branches , et 
les autres sortent latéralement : son 
fruit est plus petit et plus rond , 
mais moins estimé que celui de la 
premiere. 

On conserve ces plantes dans les 
jardins des curieux pour la variété, 
quoiqu'on ait peu d'espoir de leur 
vcir produire du fruit en Angle- 
terre. On les multiphe par leurs 
noyaux , quand on peut en obtenir 
de frais de leur pays natal; on les 
plante dans de petits pots remplis 
de terre légère , qu'on plonge dans 
une couche chaude , en observant 
de tenir la terre humide sans être 
mouillée : quand les plantes ont at- 
teint la hauteur de quatre pouces , 
on les sépare avec précaution , et 
on les met chacune dans un petit 
pot , qu'on replonge dans la couche 
chaude , où elles doivent être te- 
nues à l'ombre jusqu'à ce qu'elles 
aient formé de nouvelles racines ; 
après quoi on les traite comme les 
autres plantes délicates qui vien- 
nent des mêmes contrées , en les te- 
nant constamment dans la couche 
de tan de la serre chaude , et en 
les arrosant fortlégéremcnt en hivcr> 



E V O 197 

EVONYMUS. Lin. Cen. Pleut. 
240. Tourn. Iris:, R. H. 6\-. t. 
388; (EWivjKOf, de i'k, bon, et 
■«KKa, un nom ; ainsi appelée par an- 
tiphrase, à cause qu'elle est nui- 
sible aux animaux. Fusain. Bonnes 
de Prêtre. Bois de Chien. 

Caractères. La fleur a un calice 
court, formé par une feuille, et di- 
visée en quatre ou cinq scgmens ; 
quatre ou cinq pétales entièrement , 
ouverts , et cinq étamines courtes, 
jointes au germe par leur base , et 
terminées par des sommets jumeaux: 
dans son centre est placé un gros 
germe ovale, qui soutient un style 
court, et surmonté par un stigmat 
obtus : ce germe devient ensuite 
une capsule succulente, colorée, à 
quatre angles et à quatre cellules, 
dont chacune renferme une semence 
ovale. 

Ce genre de plantes est rangé 
dans la premiere section de la cin- 
quième classe de LinnÉe , qui ren- 
ferme les plantes dont la fleur a 
cinq étamines et un style. 

Les espèces sont : 

I ° . Evonymus vulgaris ,foUis lan- 
ceolatis j floribus tetrandriis j fructu 
tetragono j Fusain à feuilles en forme 
de lance, avec des fleurs à quatre 
étamines, et un fruit quadrangii- 
laire. 

Carpinus Theophrasti. Trag, 983, 
R. 

Evonymus vulgaris j grants rubea^ 



198 E V O 

libus. C. B. p. 418; Fusain ordi- 
naire. Bonnet de Prêtre. 

Evonymus fioribus plerisque qua- 
drlfidis Europctus. Lin. Sp. Plant. 286. 
-Edit. 3 . 

; z°. Evonymus lati-foiius j foliis 
evato-lanceolatis J fioribus pentandrils i 
fructu pentagono j peduncuUs longis- 
simis ; Fusain à feuilles ovales et 
en forme de lance, produisant des 
fleurs à cinq étamines et un fruit 
à cinq angles , sur de trés-Iongs pé- 
doncules. 

Evonymus lad - folius. C. B. p. 
42 S. J^cq, Austr. t. 289. Medic. 
obs. Soc. (Econ. Lutr.p. a. \~I~]-J.p. 
38 ; Fusain à larges feuilles. 

3°. Evonymus A mcricanus j fioribus 
omnibus quinquîfidis. Lin. Sp, Plant. 
\()~l ; Fusain dont les fleurs sont 
foutes divisées en cinq pointes. 

Evonymus Virginianus 3 Pyracan- 
f ha foliis j semper virçns j capsula ver- 
rucarum instar asperatâ rubente. Pluck. 
Phyt, 115./ 5 j Fusain de Virgi- 
nie, toujours vert et en arbre, avec 
des capsules rudes, rouges et cou- 
vertes de verrues. 

Evonymus joliis lato-lanceolatis ^ 
serratis. Lin. Hon. Ups. 30. 
. i Evonymus foliis lanceolatis. Gron. 

Firg. 17. 

Celas trus foliis oppositis , ovatis j 
(ntegcrrimis ; fioribus sub-solitariis. 
: Lin. Hort. Cliff. 3 2. 

Rhus Firginlanum j folio Myrti. 
Comm. Hort. l. p. I 5 7. ^. 8 I . Raii. 
Pendr, 57. 



E V O 

4". Evonymus pinnatus , foliis pin- 
natis j fructu racemoso trigono ; Fu- 
sain à feuilles ailées , dont les fruits 
sont à trois angles et croissent en 
paquets, 

Evonymus caudice non ramoso , 
folio alato j fructu rotundo tripyreno. 
Sloan. Cat. Jam. 171; Fusain à tiges 
sans branches , avec une feuille ai- 
lée et un fruit rond, renfermant 
trois semences. 

Vulgaris. La premiere espèce est 
très-commune en Angleterre , dans 
les haies et dans les bois ; les plan- 
tes qui croissent dans les haies sont 
rarement d'une grosseur considé- 
rable , et ne ressemblent guercs qu'à 
un arbrisseau ; mais si on les plante 
seules , pt qu'on les dresse en ar- 
bres , elles acquièrent une tige forte 
et ligneuse, qui s'élève à plus de 
vingt pieds de haut , et se divise 
en plusieurs branches garnies de 
feuilles en forme de lance , de trois 
pouces de longueur sur quinze li- 
gnes de largeur au milieu , mais 
qui deviennent plus étroites par dé- 
grés vers les deux extrémités ; elles 
sont entières , d'un vert foncé , et 
opposées; ses fleurs , qui sortent en 
petits paquets des parties latérales 
des tiges , sur des pédoncules min- 
ces , sont composées de quatre pé~ 
taies blancs , qui s'ouvrent en forme 
de croix, d'un calice divisé en quatre 
parties , et de quatre étamines : les 
fruits qui leur succèdent ont quatre 
angles , et s'ouvrent en quatre çd- 



E V O E V O 199 

lilies. Cet arbre fleurit à la fin de sent un fruit à cinq angles , beau- 
Mai et au commencement de Juin, coup plus gros que celui de l'cspcce 
et jon fruit miirit en Octobre ; ses commune , et toujours incliné vers 
capsules s'ouvrent alors , et laissent le bas, parce que son pcdcncule 
voir les semences, qui, étant d'une est foible. 

belle couleur rouge , font un très- Linn le a regarde ces deux plan- 
bel effet dans cette saison, quand tes comme ne tormanr qu'une seule 
les arbres en sont bien chargés, et et même espèce, à laquelle il a 
qu'ils sont entremêlés avec d'autres donné le caractère de la seconde , 
espèces. Le bois de cet arbre est dont les fleurs ont cinq étamincs et 
employé par les Luticrs; ses bran- cinq pétales, et le fruit , cinq an- 
che» servent à faire des cure dents, gles ; mais toutes celles de l'espèce 
des visses et des fuseaux, ce qui commune que j'ai examinées, n'en 
lui a fait donner le nom de Fusain ; ont que quatre , et ces différences 
mais dans quelque pays on l'appelle se sont conservées sans altération 
Bois de Chien. dans les plantes que f ai élevées plu- 

Laci-fùlius. La seconde, qui croît sieurs fois de semences, 

naturellement en Autriche et en Americanus. La troisième , qui 

Hongrie , n'est connue que depuis croit naturellement en Virginie , 

peu de tcms en Angleterre , où elle dans la Caroline et dans d'autres 

est cependant déjà très - commune parties del'Amérique septentrionale, 

dans les pépinières des environs de s'élève en tige d'arbrisseau à la hau- 

Londres ; je l'ai tirée de la France , teur de huit ou dix pieds , et se 

oil on la multiplie par semences. divise en plusieurs branches oppo- 

Cette espèce a une tige plus forte sees et garnies de feuilles en forme 
que celle de la premiere , et s'élève de lance , de deux pouces de lon- 
à une plus grande hauteur ; ses gueur sur neuf lignes de largeur 
feuilles sont ovales, en forme de au milieu, terminées en pointes ai- 
lance , longues d'environ quatie gucs , opposées et toujours vertes ï 
pouces sur deux de largeur au mi- ses fleurs naissent en petits paquets 
lieu , d'un vert clair et entières ; aux extrémités et sur les côtés des 
elles sont opposées sur les branches, branches, et sont remplacées par 
et supportées par de courts pétio- des capsules rondes et fortement cou- 
les : ses fleurs ont cinq pétales, d'à- vertes de protubérances rudes; elles 
bord blancs, mais qui prennent en- paroissent en Juillet ; mais leurs 
suite une couleur pourpre ; leur ca- fruits mûrissent rarement en An- 
lice est divisé en cinq parties ; elles gleterre. 
ont cinq ctamines , et elles prodiii- Comme eet arbrisseau est îou- 



ïca Ê V O E V O 
jours vert, il iririce d'être admis auront poussé, on les tiendra nettes 
dans les jardins des curieux, et sur- jusqu'en automne, et aussi-tôt que 
tout dans les plantations d'arbres et leurs feuilles seront flétries , on les 
' d'arbrisseaux toujours verts ; on con- transplantera dans une pépinière, 
serve aussi dans les pépinières une en laissant entr'cllcs un pied d'in- 
variété de cette espèce, à feuilles tervalie, et d'eux pieds entre chaque 
panachées. rang; on les laissera ainsi pendant 
Pinnatus. La quatrième, qu'on deux années , et au bout de ce tcms 
trouve à la Jamaïque et dans quel- on les placerai demeure. Lorsqu'on 
ques autres Isles des Indes occidcnta- veut les multiplier par marcottes , 
les, s'élcve avec une tige droite et li- on couche en terre leurs jeunes re- 
gncusc à la hauteur de dix à douze jetons en automne , et ils pousse- 
pieds, et se divise vers son extrémité ront beaucoup plutôt si on lend 
en deux ou trois bi-anches courtes et le nœud qui se trouve dans la cour- 
garnies de feuilles ailées, et compo- bure, comme on le pratique pour 
stes de six ou sept paires de lobes de les œillets. Apres iine année , ces 
deux pouces environ de longueur sur mcrcottes auront poussé d'assez for- 
un de largeur ; ses feuilles sortent sans tes racines pour pouvoir être trans- 
ordre sur de longs pétioles: ses fleurs plantées: alors on les séparera des 
naissent latéralement sur les parties vieilles plantes , et en les traitera 
hautes des branches , et sont rem- comme celles qu'on obtient de se- 
placées par des capsules rondes , rc- mences. Si l'on plante les boutures 
couvertes d'une enveloppe épaisse de ces espèces dans une plate-bande 
et brune , et qui s'ouvrent en trois à l'ombre , elles prendront bientôt 
cellules, dans chacune desquelles est racine, sur- tout si on les met en 
renfermée une simple semence dure, tefre en automne , aussi - tôt que 
• Les deux premieres espèces peu- leurs feuilles commencent à tomber, 
vent être multipliées par semences et si l'on conserve à ces rejetons de 
ou par marcottes ; on scme ces grai- la même année , un nœud de Tan- 
nes en automne , aussi- tôt qu'elles née précédente, 
sont mûres , et les plantes poussent La troisième , qui croît sans cul- 
au printems suivant ; mais si on ne turc dans l'Amérique septentrionale, 
les met en terre qu'au printems, est si dure qu'elle est rarement en- 
elles ne pousseront qu'au bout d'une dommagéc par le froid en Angle- 
année : on les répand sur des plates- terre , pourvu qu'elle ne soit pas 
bandes à l'ombre , où elles réussi- plantée dans des endroits trop ex- 
ront mieux que si elles étoient plus posés; on peut la multiplier en mar- 
^xposées au soleil : quand les plantes co-ttant ses jeunes branches en au^ 

' ' tpmne > 



E U P 
tomnc , en observant dc les fendre 
comme celles des œillets : ces mar- 
cottes pousseront de bonnes racines 
dans une année ; après ce tems on 
les séparera de la vieille plante , et 
on les plantera en pépinière , où 
on les laissera deux années , afin 
de leur donner le tems d'acquérir 
de la force, après quoi on ks pla- 
cera à demeure. 

La quatrième étant originaire 
des pays chauds , on ne peut la 
conserver en Angleterre qu'en la 
tenant en hiver dans une serre 
chaude ; on la multiplie toujours par 
ses graines, qu'on met dans des pots, 
et qu'on plonge dans une couche 
chaude; lorsque les plantes sont as- 
sez fortes , on les met chacune 
séparément dans de petits pots , et 
on ley replonge dans la couche 
chaude, avec l'attention de les te- 
nir à lombre jusqu'à ce qu'elles 
aient produit de nouvelles fibres , 
après quoi on les traite comme les 
autres plantes délicates qui viennent 
des mêmes contrées. Cette espèce 
peut être aussi multipliée par bou- 
tures dans tous les mois de l'été. 

EUPATOIRE. Foyei[ EUPATO- 
RiuM, ott Achillea ageratum. 
L. Erious. 

EUPATOIRE DE MESNE. Foyei 
Achillea Ptarmica. 

EUPATORIUM. Lin. Cm. Plant. 
Tome 111. 



E U P zol 

S41. Tourn. Inst. R. H. ^^ <.t. i<o; 
'E-j-Taréfiti ^ gr. àu Roi Eupator , qui , 
le premier, a mis cette plante en 
usage. Eupatoire. Chanvre d'Ai- 
gremoine. 

Caractères. Les fleurs de ce ?enrc 
sont composées de plusieurs fleu- 
rettes hermaphrodites , en forme 
d'entonnoir , et découpées sur leurs 
bords en cinq parties tout-à-fait 
ouvertes ; ces fleurettes sont ren- 
fermées dans un calice commun , 
et couvert d'écailles étroites , éri- 
gées et inégales; elles ont chacune 
cinq étamines courtes , velues et 
terminées par des sommets cylindri- 
ques ; dans leur fond est placé un 
petit germe qui soutient un style 
long , mince, divisé en deux par- 
ties , et terminé par un stigmat 
étroit : ce germe devient dans Ix 
suite une semence oblongue, cou- 
ronnée de duvet , et placée dans 
le calice. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la premiere section de la dix- 
neuvieme classe de Linnée , qui 
renferme celles à fleurs , compo- 
sées seulement de fleurettes herma- 
phrodites et fructueuses. 

Les espèces sont : 

1°. Eupatorium Cannabinum j fo- 
liis digitatis. Hon. Cliff. }<)6. FI. 
Suec. 66') j 718. Mat. Med. iSl. 
Roy. Lugd.-B. 155. Scop. Cam. 2. 
n. 1054. PolUch. Pal. n. -j-j-j.Flor. 
Dan. t. 745.; Eupatoire à feuilles 
digitées. 

Ce 



zoi E U P 

Eupatorium Cannabinum. C. B.p. 
3 lO ; Chanvre d'Aigrcnioinc. 

Eupatorium adultcrinum. Fuchs. 
Hist. 265. 

2°. Eupiitonum maculatum , fo- 
liis lanceolato-ovatis J serratis j pe- 
tiolacis J cauk erecto. Hon. Clijf. 
}Ç)6. Roy. Lugd.-B. I 5 5 j Eupa- 
toire à feuilles ovales , en forme 
de lance , sciées et supportées par 
des pétioles , avec une tige érigée. 
Eupatorïum Novx-Aiigliiz j Unica 
folds ^fiorïbuspurpurascennbus 3 caule 
maculate. Herm. Par. 158. t. I 5 8 . 
Moris. Hist y p. CjJ.s.j. t. \S.f. }. 
Raj. Suppl. 187; Chanvre d' Aigre- 
moine de la Nouvelle-Angleterre, 
avec des feuilles d'orties, des fleurs 
pourpre , et des tiges tachetées. 

Eupatorium foliis quinis , sub-to- 
mentosisj lanceolatis^ dqualiter serra' 
ris j venosis j pctiolatis. Aman. Acad. 
4. /\ 2SS. 

3°. Eupatorium purpureum , fo- 
liis sub-verticiilatis , lanceolatis j, ser- 
ratis 3 petiolatis j rugosis ; Lin. Sp, 
Plant, ii-j-^. éd. 3-, Eupatoire a 
feuilles verticillécs , en forme de 
lance , sciées , pétiolées et rudes. 

Eupatorium EnuU folio, Corn.Canad. 
72. t. 72. 

Eupatorium , folio oblongo j ru- 
goso J caule purpurascente. Tourn. 
Inst. ^^G ; Chanvre d'Aigreraoine 
du Canada, avec des feuille? lon- 
gues et rudes , et une tige pourpre. 
4°. Eupatorium scandens , caule 
vclubili J foliis cordatis j dentatis j 



E U P 

acutis. Hort. Cliff. 396. Hort. Ups, 
253. Roy. Lugd.-B. 1 56. Cron. 
rirg. I 20. Cold. Noveb. 182; Eu- 
patoire à tige tortillante et à feuilles 
en torme de cœur, découpées en 
dents et aiguës. 

Conyj{a scandens _, Solani folio an' 
guloso. Plum. le, c,c). 

Clematitis novum genus ^ Cucumerls 
folio , Virginianum. Pluk. Aim. 109. 
t. 163./ 3. 

Eupatorium Americanum scandens , 
hastato magis acuminata folio. Vaill. 
Mem. 1719; Aigrcmoine grimpante 
d'Amérique , avec une feuille à 
pointe aiguë , en forme de lance. 

J°. Eupatorium rotundi-folium ^ fo- 
liis sessilibus distinct is , sub-rotundo' 
cordatis. Lin. Sp. Plant, l IJ}. edit. 
3 j Eupatoire à feuilles rondes , en 
forme de cœur , scssiles aux d^res et 
distinctes. 

Eupatorium Americanum j foliis ro- 
tundioribus absque pediculis. Kaill. 
Mem. 1719; Aigrcmoine d'Améri- 
que , à feuilles rondes , sans pé- 
tioles. 

Eupatoria î''alcrianoïdes firginien- 
sis , Trissaginis folio absque pediculis. 
Pluk. Aim. 141. /. 88. / 4. Raj. 
Suppl. 189. 

Cacalia foliis rotundioribus ad cau- 
lem sessilibus. Moris. Hist. 3.^. 94. 

6'. Eupatorium fruticosum j foliis 
oblongo-cordatis j floribus paniculatis , 
caule fruticoso scandente ; Eupatoire 
à feuilles ebiongues , en forme de 



E U P 

cœvir, à fleurs en panicules et à tige 
d'arbriiseau grimpante. 

Etipatonum scandens , folds suh- 
rùtundis lucidis , florïbus spicatis alhïs. 
Houst. Mss.; A igremcine grimpante, 
à feuilles rondes et luisantes , dont 
les fleurs sont blanches et en épis. 

7°. Eupatorium odoratum j foliis 
ovatis i obtusi-serratis j pedolatis j 
trinerviis , calycibus simplkibus. Lin, 
Sp. Plane. 839 ; Eupatoire à feuilles 
ovales, obtuses, sciées , et à trois 
veines , avec des pétioles et de sim- 
ples calices aux fleurs. 

Eupatorium Americanum j Teucrii 
folio j flore niveo. Vaill. Mem. Acad. 
Scien ; Aigrcmoine d'Amérique, à 
feuilles de Germandrée et à fleurs 
blanches. 

Eupacoria Valeriano'ides , flore ni- 
veo 3 Teucrii foliis cum pediculis j f^irgi- 
niana. Pluk. Aim. 1 4 i . r. 88./ 3 . 
Moris Hist. }.p. 98. 

Eupatorium aromaticum. Lin. Sp. 
Plant. I 175. 

S°. Eupatoriumperfoliatum 3 foliis 
connatis tomentosis. Mort. Cliff. }^6. 
Hort. Ups. i<^}. Boy.Lugd.-B. 156, 
Gron. Firg. 119. Cold. Noveh. I 8 i ; 
Eupatoire à feuilles cotonneuses join- 
tes à leur base. 

Eupatorium Virginianum, Salvia fo- 
liis longissimis acuminatis j perfolia- 
■ turn. Pluck. Aim. 140. t. 87./ 6. 
Bon. Raj. Suppl. 189 j Aigrcmoine 
perfeuillce de Virginie , avec de 
longues feuilles de Sauge qui envi- 
ronnent de très-près la tige. 



E U P 203 

9". Eupatorium Bctonici-folium j, 
foliis ohlongis , ohtusis , crenatisj gla- 
tris J calycibus simplicibus ; Eupatoire 
à feuilles oblongues , obtuses , unies 
et cannelées , avec de simples cali- 
ces aux fleurs. 

Eupatorium Betonics, folio glabra 
et ramoso y flore caruleo. Houst. Mss. 
Aigremoine à feuilles de Eétoine , 
charnues et unies , et à fleurs 
bleues. 

10°. Eupatorium Mori-folium , fo- 
liis cordatis serratis j caule erecto ar- 
boreo; Eupatoire à feuilles en forme 
de cœur , et sciées , avec une tige 
d'arbre érigée. 

Eupatorium Americanum arbores- 
cens j Mori folio J floribus albicantibus. 
Houst. Mss. ; Aigremoine d'Améri- 
que, en arbre , à feuilles de mûrier 
et à fleurs blanches. 

Eupatorium punctatum j foliis ova- 
tis J petiolatis J integris _, caule fruti- 
coso ramoso , calycibus simplicibus ; 
Eupatoire à feuilles ovales et entiè- 
res, placées sur des pétioles, avec 
une tige d'arbrisseau branchue , et 
de simples caHces aux fleurs. 

Eupatorium Americanum frutescens , 
Balsamine luthea foliis ^ nigris macults 
punctatis. Houst. Mss. ; Aigrcmoine 
d'Amérique, en arbrisseau, à feuilles 
de balsamine jaune, et tachetées de 
noir. 

Eupatorium Hyssopi-folium j foliis 
lanceolato-linearibus trinerviis sub-in- 
tegerrimis. Lin. S. Plant. 8 3 6^ ; Eu- 
patoire avec des feuilles étroites, en 
C c z 



2 04 E U P 

Forme de lance, entières et à trois 

nerfs. 

Eupacorium l'"irginianum , folio an- 
gusto ^flonbus alhïs. Hon. Elth. 141. 
tab. iiyf. 140; Aigremoine de 
Virginie , à feuilles étroites et à fleurs 
blanches. 

Eupatoria hirsuta j Hyssopi folio- 
rum jtmuLi , Virglrùana. Pluk. Aim, 
141. r. 88./ z.Raj.Suppl. 189. 

I 3 **. Eupatorïum ramosum j foliis 
lanceolato-linearthus acutis , supernè 
serratis j caule ramoso ; Chanvre 
d'Aigremoinc, à feuilles étroites, 
en forme de lance , poinnies et 
sciées à leurs parties supérieures , 
avec une tige branchues. 

14^^. Eupatorium Cony^oïdes , fo- 
ins cordatis acutis , dentatis , triner- 
viis j caule fruticoso ramoso ■ Eupa- 
toirc à feuilles pointues, en forme 
de cœur, sciées, avec trois veines et 
une tiçe d'arbrisseau branchue. 

Cony:(a fruticosa , folio hastato j 
flore pallidè purpurea. Sloan. Cat. Jam. 
1 24 ; Herbe aux Puces en arbris- 
seau , avec des feuilles en forme de 
lance, et une fleur de couleur pour- 
pre pale, 

I J ". Eupatorium paniculatum j fo- 
liis cordatis j rugosis j crenatis j caule 
paniculato ; Eupatoire à feuilles ru- 
des , en forme de cœur et crénelées, 
et à tige en panicule. 

Cony\a Salvia foliis conjugatis j 
florihus spicatis rubcntibus. Jîoust. 

Mss.; Herbe aux Puces, avec des 



E U P 
feuilles de Sauge opposées , et des 
fleurs rouges disposées en épis. 

16°. Eupatorium HoustoniSj foliis 
cordatis acuminatis , caule volubili j 
florihus spicatis , racemosis ; Eupa- 
toire à feuilles en forme de cœur , 
et pointues , avec une fige tortil- 
lante et des fleurs branchues en 
épis. 

Eupatorium j4merïcanumjScandens, 
folio hastato glabra , florihus spicatis. 
Houst. Mss. \ Aigremoine d'Améri- 
que , grimpante , à feuilles unies es 
en forme de lance, avec des fleurs 
en épis. 

Cony^a Americana j scandcns j fo- 
liis sub-rotundis mucronatis _, florihus 
Spicatis J singulis quatuor flosculis cons- 
tancibus. Amm. Herb. 4^1. 

ly*'. Eupatorium trifoliatum ^ fo- 
liis ternis. Flor. Virg. 119. Lin. Sp. 
Plant. I 173. edit. 3 ; Aigremoine à 
feuilles à trois lobes, 

Eupatorium Cannabinum ^ foliis in 
caule adgenicula ternis, Marilandicum, 
Raj. Suppl. 189. 

18°. Eupatorium altissimum ^fo- 
liis lanceolatis nervosis ^ inferiorihus 
e.xtimh suh-setratis _, caule fruticoso. 
Hort. Ups. 2^3. Gron. Plrg. 118. 
Jacq. Hort. t. I (j 4. Kniph. Cent. 2 . n. 
1 3 ; Eupatoire à feuilles étroites et 
en forme de lance, dont celles du 
bas sont sciées sur leurs bords, et 
vcrticillées autour des tiges. 

Eupatorium folio oblongo j rugosOj 
ampUori j caule virescente. Tourn. Ins t. 
R. H. 4)6 J Aigremoine à feuilles 



E U P 
larges, oblongucs et rudes, et à tige 
verte. 

l^'^. Eupatorium cœlestinum j fo- 
liis cordato-ovatis 3 obtuse serrarisj pe- 
tiolatis , cdhclkus multi-fioris. Gron. 
Virg. 1 1 9 ; Eiipatoirc à Feuilles ova- 
les, en forme de lance , dont les den- 
telures sont obtuses , avec des pétio- 
les et plusieurs fleurs dans le calice. 

Eupatorium folds cordatis j serra- 
tis , petiolatis. Gron. F"irg. i. p. 94. 

Eupatorium Marianumj scrophula- 
rii. folds , capituUs glohosis , colore 
cœlestino. Pluk. Mant. -J\. t. 394./. 

4- 

Eupatorium Scorodoniit folio j flore 

Cttruleo. Hort. Elth. 1 40. tab. I 1 4. / 
139; Aigremoine à feuilles de Sauge 
sauvage et à fleurs bleues. 

Cœlestinum. Cette dernière croît 
naturellement dans la Caroline , 
d'où le feu Docteur Dale m'a en- 
voyé ses semences; les plantes qu'el- 
les ont produites ont très-bien fleuri 
dans l'année suivante ; mais elles 
n'ont plus donné de fleurs depuis , 
parce que leurs racines rempent for- 
tement dans la terre , et ne poussent 
jamais de tiges- 

Caimabinum. La premiere, qui est 
la seule espèce de ce genre qui soit 
naturelle \ l'Europe , se trouve en 
Angleterre , sur les bords des riviè- 
res et des fossés ; elle est regardée 
comme un bon vulnéraire, et elle 
est mise au nombre des plantes mé- 
dicinales. -on la cultive rarement dans 
les jardins , parce qu elle se répand 



E U P 205 

à une grande distance , lorsqu'on lui 
permet d'écarter ses semences ( i ). 

Maculatum, La seconde , qu'on 
rencontre dans plusieurs parties de 
l'Amérique septentrionale, d'où elle 
aéré envoyée dans les jardins de lEu- 
rope, a une racine vivace et une tige 
annuelle, de couleur pourpre, ta- 
chetée de noir , qui s'élève à la hau- 
teur d'environ un pied et demi : ses 
feuilles sont rudes, ovales, en l'orme 
de lance , pctiolées , placées par trois 
autour de la partie basse de la tige, 
et par paires opposées à chaque nœud 
vers le haut; ces tiges sont terminées 
par des paquets de fleurs pourpre , 
disposées en espèce de corymbes ; el- 
les paroissent en Juillet et en Août, 
et dans les années chaudes , leurs se- 
mences mûrissent en automne. 

Purpureum. La troisième est aussi 



(i) Cette plante, qu'on regarde 
comme l'Eupatoire d'Avicène , doit être 
mise au nombre des meilleures espèces 
aperitives, hépatiques, bcchiques et vul- 
nétaiies ; on l'emploie avec succès con- 
tre la toux opiniâtre, les retentions 
d'urine, les obstructions des viscères 
l'hydropisie , la cachexie, les maladies 
de la peau, &:c. , en la faisant infuser 
dans du vin bLuic ou du petit lait : on 
l'applique aussi en forme de cataplasme 
sur les tumeurs, et particulièrement sur 
celles des bourses, dont elle a quel- 
quefois opéré la résolution. 

Gesnçr assure que les fibres de sa 
racine , infusées dans du vin blanc, 
purgent plus sûiêmcnt que l'Elleboie. 



loG E U P E U P 

oriï;inaire de l'Amcriquc septentrio- voyée de Campêche ; mais comme 

nale; elle s'élcvc à la hauteur d'envi- ses tiges et ses feuilles ont beaucoup 

rou quatre pieds , avec une tige de ressemblance avec celles de cette 

droite et garnie à chaque nœud de espèce, je doute si on doit l'en dis- 

fcuilbs longues, étroites, en for- tingucr. 

me de lance, d'un vert toncc, pro- B^otundï-forium. La cinquième , 

fondement sciées sur leurs bords, dont les semences m'o.it été envoyées 

traversées dans leur milieu par une de la Nouvelle-Angleterre et de la 

cote oblique au pétiole , verticillées , Virginie , a une racine vivace et une 

et disposées par quatre autour des tige annuelle; ces tiges, dont la hau- 

tiges : ses tiges sont terminées par tcurcst d'environ un pied, sont droi- 

des paquets de fleurs pourpres com- tes et chargées de nœuds très-voi- 

me celles de la précédente , et qui sins les uns des autres', et garnis de 

paroissent en méme-tems : elle a une feuilles rondes , en forme de cœur , 

racine vivace et une tige annuelle. scssilcs aux tiges , sciées sur leurs 

Scanims. La quatrième , qui naît bords , et teintes d'un vert clair; ses 

spontanément d.ins la Virginie et feuilles naissent en petites paniculcs 

dans la Caroline , a une racine vi- claires aux extrémités des tiges; elles 

vace , qui produit au printems plu- sont blanches, et ont au-dessous d'el- 

sicurs tiges tortillaijtcs , qui se rou- les deux petites feuilles vertes ; elles 

lent autour des plantes et des arbres paroissent à la fin de Juin; mais leurs 

voisins , et s'élève ainsi à la hauteur semences mûrissent rarement en An- 

de cinq ou six pieds ; ces tiges pous- gleterre. 

sent à chaque nœud deux feuilles en Fruticosum. La sixième croît na- 

forme de cœur, dentelées sur leurs turellcment à la Vera- Cruz, dans 

bords , et terminées par des pointes l'Amérique , d'où le Docteur Hous^ 

aiguës,ct deux petites branches termi- toun m'a envoyé ses graines ; elle 3, 

nées par des paquets de fleurs blan- une tige grimpante , d'arbrisseau , 

ches , de sorte que les tiges en pa- qui s'élève à la hauteur de dix ou 

roisscnt couvertes dans presque toute douze pieds, et s'attache à tout ce 

leur longueur; mais comme CCS fleurs qui l'environne; elle est garnie de 

se montrent fort tard en Angleterre, feuilles en forme de lance, oppo- 

clles n'ontpas le temsdesebien épa- secs, de trois pouces de longueur 

nou'ir , à moins que la saison ne soit sur un pouce et demi de largeur , 

chaude. et d'un vert luisant : ses fleurs , blan- 

II y aune autre de ces plantes à ches, sortent en longues panicules 
fleurs pourpre, portées sur de plus branchues sur les cotés et aux ex- 
longs pédoncules, qui m'a été en- trémicés des tiges: cette espèce çit 



E U P E U P i07 

tendre, et ne pcuc subsister dans no- tient une grappe serrée de fleurs 

trc climat sans chaleur artificielle. blanches , qui paroissent en Juillet , 

Odoratum. La septième a des ti- et qui , dans les années chaudes , 
ses droites , hautes de trois pieds , donnent quelquefois de bonnes se- 
ct o-arnics à chaque nœud de fou il- mences en Angleterre. 
les ovales, opposées, placées sur de Beconici-folium. La neuvième m'a 
fort courts pétioles , et sciées sur été envoyée de la Véra-Ci ui par le 
leurs bords : de chacun des nœuds Docteur Houstoun : elle s'élève à la 
qui se trouvent sur les parties la- hauteur de deux pieds , avec une 
térales delà tige, sortent deux bran- tige droite, dont les parties basses 
ches minces , érigées, et terminées , sont garnies de feuilles oblongues , 
ainsi-que la tige principale , par des obtuses , épaisses et dentelées sur 
grappes de fieurs blanches, qui pa- leurs bords : l'extrémité de cette tige 
roissent en Août et en Septembre-, est nue , et son sommet est ter- 
ces tiges périssent en hiver s mais sa miné par des fleurs bleues avec <\cs 
racine est vivace : cette espèce croit calices simples , et disposées en pa- 
naturellemcnt en Pensylvanie et niculc cp^iisse : cette espèce fleurit 
dans quelques autres parties de sur la fin de l'automne , et ses se- 
lAmérique. menées ne mûrissent jamais ici : ses 

Perfolïaîum. La huitième, qui racines sont bis-annuelles, et péris- 
est aussi originaire de la Pensylva- sent aussi-tôt que la fleur est lanée. 
nie et de la Virginie , a. une racine Mori folium. La dixième , que le 
vivace et une tige annuelle ; ses ti- Docteur Houstoun a également dé- 
ges s'élèvent à deux ou trois pieds couverte à la Véra-Cruz , et dont il 
de hauteur ; elles sont velues, et gar- m'a envoyé les graines , a une tige 
nies à chaque nœud de feuilles ru- épaisse et ligneuse , qui s'élève à la 
des de tfois ou quatre pouces de hauteur de douze ou quatorze pieds, 
longueur, et d'environ un pouce de et pousse plusieurs branches canne- 
largeur à leur base , mais plus étroi- lées , couvertes d'une écorce brune , 
tes par dégrés vers leurs extrémités , et garnie de feuilles régulières, en 
et terminées en pointe fort aiguë : forme de cœur , aussi larges que cel- 
les deux feuilles opposées sont join- les du Mûrier, teintes d'un vert clair, 
tes par leurs bases, de manière que sciées sur leurs bords, opposées et 
les tiges paroissent passer à travers ; placées sur des pétioles de deux pou- 
elles sont d'un vert foncé , et cou- ces de longueur; l'extrémité de cha- 
vertes de poils courts : l'extrémité que branché est occupée par quatre 
de la tige se divise en plusieurs pc- ou cinq paires de pédoncules , qui 
doncules minces , dont chacun sou- sortent en opposition sur les nœuds, 



,,'.,], 



io8 E U P 

ct qui sont terminés par un pédon- 
cule impair ; ils soutiennent des pa- 
niculcs branchucs de fleurs blan- 
ches, qui, toutes ensemble, ont la 
forme d'un long thyrse pyramidal , 
ct ont une très - belle apparence , 
car il n'y a point de feuilles entre- 
mêlées avec les fleurs , et les tiges 
sont nues entre les épis : cette es- 
pèce a fleuri dans les janlins de Chel- 
sea, mais elle n'y a point produit de 
semences, 

Punctatum. La onzième m'a en- 
core été envoyée de la Véra-Cruz , 
par le Docteur Houstoun ; elle s'élève, 
avec plusieurs tiges d'arbrisseau , à 
la hauteur d'environ cinq pieds , 
ce se divise en plusieurs branches 
minces, dont les nœuds sont à trois 
ou quatre pouces de distance les 
uns des autres, et portent chacun 
deux feuilles ovales , longues d'en- 
viron neuf lignes sur six de lar- 
geur , placées sur des petioles longs 
e: minces, et marquées de plusiçurs 
taches noires : ses branches sortent 
horisontalcment , et sont terminées 
par de petits paquets de fleurs blan- 
ches , dont les calices sont simples 
et composés de sept teuillcs étroites 
en formg de la^ce , ct divisées au 
bas. 

Hyssopi-fdium. La douzième a une 
tige droite et ronde , qui s'élève à 
Ja hauteur de trois pieds, et pousse 
plusieurs branches disposées régu- 
Jiércment par paires vers son som- 
pict ; SCS feuilles , t]ui sont d'un vc; t 



E U P 
clair et entières , ont environ deux 
pouces et demi de longueur sur 
quatre lignes de largeur, et sont tra- 
versées par trois veines longitudi- 
nales : ses fleurs naissent sur de longs 
pédoncules , aux extrémités des bran- 
ches ; quelques pédoncules ne por- 
tent qu'une fleur , quelques - uns 
en Ont deux, ct d'autres trois ou 
quatre ", elles sont blanches , et pa- 
roisjentsur la fin de l'automne. Cette 
espèce croit naturellement dans la 
Caroline. 

Ramosum. La treizième , qui est 
originaire du Maryland , a une ra- 
cine vivace et une tige annuelle , 
qui s'élève à trois pieds de hauteur, 
et se divise vers son sommet en 
plusieurs branches fortement gar- 
nies de feuilles étroites en forme 
de lance , de deux ou trois pouces 
de longueur sur trois lignes de lar- 
geur, d'un vert foncé, sessilcs aux 
branches, sillonnées par trois veines 
longitudinales , fort sciées vers leurs 
extrémités, et terminées en pointes 
aiguës. Les sommets de ses branches 
sont occupés par des paquets ronds 
de fleurs blanches , qui paroissent 
en Août , ct continuent à se mon- 
trer jusc]u'cn Octobre , et t]ui , dans 
les années chaudes , produisent des 
semences mûres en Angleterre. 

Coîiyi^oïdes. La quatorzième croît 
naturellement dans la Jamaïque et 
dans la plupart des autres Isles de 
l'Amérique : sa tige d'arbrisseau s'é- 
lève à la hauteur da six à sept pieds, 

et 



E U P 

et se divise en plusieurs branches 
garnies de feuilles en forme dccœur, 
tcnninécs en pointes aiguës , dente- 
lées sur leurs bords, et marquées 
de trois veines longitudinales ; les 
extrémités de ses branches, sont ter- 
minées par des pédoncules minces , 
dont chacun soutient un petit pa- 
quet de fleurs blanches , renfermées 
dans des calices oblongs , écailleux 
et argentés. 

Paniculatum. La quinzième , que 
le Docteur Houstoun m'a envoyée 
de la Véra-Cruz , s'élève , avec une 
tige droite et branchue , à la hau- 
teur de trois pieds , et pousse à cha- 
que nœud , dans presque toute sa 
longueur , deux branches latérales , 
terminées , ainsi que la tige prin- 
cipale , par des épis clairs de fleurs 
rouges : ses feuilles sont en forme 
de cœur , rudes , crénelées sur leurs 
bords j sessiles aux branches , et 
teintes d'un vert clair et un peu 
blanchâtre. 

Housconis. La seizième m'a encore 
été envoyée de la Jamaïque, par 
le Docteur Houstoun ; sa tige , mince 
et tortillante , s'anache à tout ce 
qui l'avoisine , et s'élève ainsi à huit 
ou dix pieds de hauteur; elle pousse 
de petites branches opposées sur la 
plupart des nœuds de sa partie haute : 
les feuilles qui occupent le bas de la 
plante sont en forme de cœur , et 
terminées en pointes aiguës ; ses feuil- 
les supérieures sont presque triangu- 
laires, unies, et d'un vert luisant; 
Tome III. 



E U P 209 

les e:;rrémités de ces tiges sont char- 
gées dcpis longs et branchus de fleurs 
blanches, petites, et placées trcs-prés 
les unes des autres sur les pédoncules. 

Trifoliacum. La dix - septième , 
qui naît sans culture dans la Pen- 
sylvanic , a une racine vivace, de 
laquelle sortent plusieurs tiges droi- 
tes , qui s'élèvent à la hauteur de 
sept ou huit pieds , dans un sol hu- 
mide ou dans tout autre terrein , 
lorsqu'on se donne la peine de les 
arroser souvent ; ces tiges sont gar- 
nies de Veuilles ovales , rudes , en 
forme de cœur , un peu sciées sur 
leurs bords , longues d'environ trois 
pouces sur deux de largeur , verti- 
cillées autour des tiges , et placées 
au nombre de quatre , cinq ou sept 
sur chaque nœud ; ses tiges sont ter- 
minées par uncorymbe clair de fleurs 
pourpre , qui paroissent depuis le 
commencement du mois d'Août , 
jusqu'en Octobre , mais qui ne pro- 
duisent point de semences en An- 
gleterre. 

Altissimum. La dix-huitieme a 
une tige simple , droite , verte , 
haute d'environ quatre pieds , et 
garnie à chaque nœud de quatre 
feuilles en forme de cœur, verti- 
cillées autour des tiges, de six pou- 
ces de longueur sur deux de lar- 
geur au milieu , plus étroites vers 
les deux extrémités , terminées en 
pointes aiguës , rudes , sciées sur 
leurs bords , et supportées par de 
courts pétioles ; sa tige est termi- 
Dd 



2IO E U P 

ncc par un corymbe serre de fleurs 
pourpre, qui paroissent en Juillet, 
ec conrinuent à se montrer jusqu'au 
mois de Septembre ; sa racine est 
vivace, mais ses t'gcs périssent cha- 
que hiver i clic croît iiaturellemcnt 
dans l'Amérique septentrionale. 

Cœkscinum. La dix - neuvième , 
qui est originaire de la Caroline , 
a une racine rempante, qui s'étend 
et se multiplie fortement; ses tiges 
s'élèvent à la hauteur d'environ deux 
pieds , et sont garnies de Feuilles 
oblongucs , placées sur des pétioles, 
et sciées sur leurs bords : ses fleurs ^ 
qui sont teintes d'une belle couleur 
bleue , naissent dans des espèces de 
corymbes , aux extrémités des tiges ; 
mais ses racines s'étendent si fort , 
qu'elles rendent ces fleurs stérite 
après la premiere année. 

Culture. On multiplie toutes ces 
espèces par leurs graines , dont quel- 
ques-unes se perfectionnent en An- 
gleterre : en les semant en automne 
aussitôt qu'elles sont mûres, leurs 
plantes paroîtront au printems; mais 
si on ne les met en terre qu'au prin- 
tems , elles ne pousseront pas avant 
l'année suivante : les graines qu'on 
reçoit de l'Amérique , doivent être 
semées aussi- tôt qu'elles arrivent , 
quoiqu'on soit presque assuré qu'el- 
les ne croîtront point dans la pre- 
miere année ; mais de cette manière 
> elles réussiront plus sûrement que 
si elles ttoient gardées plus long- 
tems hors de terre.. 



E U P 

Les seconde , troisième , cinquiè- 
me, septième, huitième, douzième,, 
treizième , dix-septieme , dix-hui- 
tieme et dix - neuvième espèces , 
étant fort dures , on peut semer 
leurs graines en pleine terre , en sé- 
parant les espèces ; mais comme ces- 
graines sont ornées de duvet , et 
qu'elles sont aisément déplacées par 
le moindre vent, il vaut mieux les 
semer dans dés rigolles peu profon- 
des , et ne pas trop les enterrer ^ 
parce qu'elles ne germeroient pas ?. 
la planche sur laquelle on les met 
ne doit pas être trop au soleil , maist 
plutôt à l'exposition du levant, où; 
elles puissent seulement jouir du so- 
leil du matin; si cette planche est 
plus exposée , il faut la mettre à 
l'abri durant la chaleur du jour , 
mais tenir toujours la terre humide». 
Comme ces plantes croissent dans, 
leur pays natal dans des situations: 
humides et à l'ombre , elles réussi- 
ront mieux en les plaçant dans des; 
sols et à des expositions à-peu-près- 
semblables ; et, quoique notre climat 
soit bien moins favorable que leur 
pays natal , elles n'en réussiront pas 
moins bien en les exposant au so- 
leil , pourvu qu'elles soient dans un: 
sol humide , ou arrosées dans les 
tems secs. 

Quand les jeunes plantes com- 
mencent à pousser, on doit les te- 
nir nettes de mauvaises herbes , ce 
en retrancher quelques-unes où elles- 
soat trop serrées ; on transporte.- 



— ^ 



E U P E U P III 
ceHes-ci , si l'on en a besoin , dans tes, ce qui affoibliroit leurs fieurs 
une autre couche, où elles reprcn- pour I'anncc suivante: on enlevé 
dront bientôt racine , en les tenant ces plantes en automne , aussi-tôt 
à l'ombre et en les arrosant; après que leur sévc est arrêtée, afin qu'elles 
quoi elles n'exigeront plus aucun aient le tems de former de nouvel- 
soin , que d'être tenues constamment les racines avant les gelées; mais s'il 
nettes jusqu'à l'automne, qui est le survient des tems durs après qu'elles 
tems de les transplanter dans les viennent d'etre transplantées , il faut 
places qui leur sont desnnécs. Com- couvrir la terre avec du tan ou des 
me les racines de ces plantes s'étcn- feuilles sèches ,pour les préserver de 
dent à une distance considérable , l'impression des gelées : on emploie- 
il est nécessaire de laisser entr'elles ra aussi la même précaution pour les 
au moins trois pieds de distance , vieilles plantes dans les hivers durs, 
et même quatre pieds entre celles si on veut les conserver long-tems» 
qui croissent plus vigoureusement : cependant la dix-neuvicme espèce 
si le sol où elles sont plantées est est la seule que j'aie vu être dé- 
une marne douce et molle, elles truite par les hivers rigou reux ; né- 
profiteront beaucoup mieux, et leurs anmoins il est toujours prudent 
fleurs seront plus fortes que dans d'user de ce moyen pour les jeunes 
«ne terre légère et sèche , où leurs plantes de semences qui n'ont point 
feuilles se récréciroicnt , et dans la- encore de bonnes racines, et pour 
quelle leurs tiges ne parviendroient celles qui ne sont pas encore bien 
pas à la moitié de leur hauteur or- établies : après quoi il suffira de la- 
dinaire, à moins qu'on ne les ar- bourer la terre chaque printems, 
rose beaucoup dans les étés stcs. autour des plantes, et de les tenir 

Toutes ces espèces ont une ra- nettes de mauvaises herbes, 
cine vivace , qu'on peut diviser ; et Comme la quatrième espèce 
comme plusieurs d'cntr'elles ne per- pousse plusieurs tiges foibles et tor- 
fcctionnent pas leurs semences en An- tillantcs , qui exigent un soutien , 
gleterre , on peut les multiplier par il faut enfoncer contre leurs racines 
ce moyen : quelques-unes ont des une perche , lorsqu'elles commen- 
racines rempantes, qui poussent des cent à pousser au printems , et y 
rejetons en grande abondance , et fixer les jeunes tiges , qui se rou- 
qui, par-là, se multiplient aisément: leront ensuite d'elles-mêmes autour 
on divise les autres chaqucs deux de ces perches , s'élèveront ainsi à 
années; mais cette opération doit la hauteur de quatre ou cinq pieds, 
être faite avec précaution , afin de si elles sont bien arrosées , et pro- 
ne pas endommager les vieilles plan- duiront une grande quantité de 

Dd 1 



:: t i E U P 

rtcm's blanches en Août, si l'année 

est chaude. 

Cette espèce est quelquefois dé- 
truite dans les hivers fort rudes ; 
mais on prévient cet accident en 
couvrant la terre oii elles sont pla- 
cées avec du vieux tan en au- 
tomne : elle se multiplie fortement 
par ses racines rempanres , qui peu- 
vent être séparées chaques deux ans. 
Les sixième et seizième ont des 
tiges minces et tortillantes , qui ont 
besoin d'etre soutenues comme la 
précédente; mais comme elles sont 
originaires des pays méridionaux , 
on ne peut les conserver en Angle- 
terre que par le moyen d'une serre 
chaude ; il faut donc les planter dans 
des pots, et les plonger dans la 
couche de tan de la serre chaude, 
où elles profiteront et produiront 
des fleurs, si elles sont arrosées dans 
les tems chauds, 

La sixième a des tiges d'arbris- 
seau , et ne se multiplie pas par ses 
racines ; mais on peut marcotter ses 
jeunes branches , qui pousseront 
toujours des racines si on les arrose 
à propos : la seizième peut être 
multipliée en divisant les racines de 
la même manière cjue la quatrième 
espèce. 

Les neuvième et quinzième ont 
des racines vivaces, et leurs tiges 
périssent chaque hiver ; ces plantes 
sont tendres , et doivent être mises 
dans des pots , et tenues constam- 
ment dans la couche de tan de la 



E U P 

serre chaude, où elles profiteront 
et fleuriront bien ; on peut les mul- 
tiplier par boutures , en coupant 
leurs jeunes branches vers le milieu 
du mois de Juin , et en les plan- 
tant dans des pots remplis de terre 
légère, qu'on plonge dans une cou- 
che de chaleur modérée, où elles 
prendront racine en six semaines , 
si elles sont tenues à l'ombre et lé- 
gèrement arrosées toutes les fois 
qu'elles en ont besoin , après quoi 
on les transplante chacune dans un 
petit pot , et on les traite comme 
les vieilles plantes. 

Les dixième , onzième et quator- 
zième espèces ont des tiges vivaces 
d'arbrisseau : comme elles sont ori- 
ginaires des pays chauds, elles ont 
besoin d'être tenues constamment 
dans la serre chaude : on les plante 
dans des pots , on les plonge dans 
la couche de tan de la serre , et on les 
traite comme les espèces précéden- 
tes : on peut les multiplier par bou- 
tures; mais comme il est assez dif- 
ficile de leur faire pousser des ra- 
cines , il vaut mieux se servir de 
leurs semences toutes les fois qu'on 
peut s'en procurer. 

Quand on peut aveir des semen- 
ces de ces espèces délicates de leur 
pays natal , les plantes qui en pro- 
viennent sont bien préférables à 
celles qu'on obtient par toute autre 
méthode , et donnent beaucoup plus 
de fleurs ; mais comme elles ger- 
ment rarement dans la premiere an- 



E U P E U P 113 

ncc , pen de personnes ont assez de neuse , bnllrinte. Euphorbe, ou Ti- 
paticnce pour attendre que les plan- thymalc. Epurgc. Esiilc. 
tes paroissent. On les seme dans Cette plante a été nommée Eu- 
des pots aussi-tôt qu'on les reçoit , phorbia par le Roi Juba , perc de ' 
afin qu'on puisse les transporter en Ptolemée , qui gouvernoit les deux 
tout tems ; on les plonge dans une Mauritanies , et dont le Médecin se 
couche de chaleur modérée, on en nommoit Euphorbus ; on prétend 
tient la terre humide, et on les que son frcrc, Antoine Musa, avoit 
couvre de vitrages, qu'on met à guéri Auguste avec cette plante, 
l'abri du soleil pendant la chaleur Caractères. Dans ce genre la fleur 
du jour , pour empêcher la terre de a un calice persistant, et formé par 
se dessécher : les pots peuvent rcs- une feuille gonflée, rude et divisée 
ter dans cette couche jusqu'en au- en cinq parties sur ses bords; qua- 
tomnc : si alors elles n'ont point en- tre ou cinq pétales épais et déchi- 
core poussé , on les plonge dans la quetés ; et douze étamines insérées 
couche de tan de la serre chaude , dans le réceptacle , plus longues que 
entre les autres plantes ; et au prin- les pétales , et terminées par des som- 
tems suivant on les remet sur une mets globulaires : dans le centre est 
couche de chaleur légère, qui les placé un germe à trois angles, qui 
fera pousser bientôt après rlorsquel- soutient trois styles divisés en deux 
les seront assez fortes pour être en- parties, et couronnés par des stigmats 
levées , on les transplantera chacune obtus : ce germe devient ensuite une 
séparément dans de petits pots qu'on capsule ronde, à trois cellules, qui ren- 
replongera dans la couche chaude ; ferment chacune une semence ronde, 
on les tiendra à l'ombre jusqu'à ce Ce genre de plante est rano-é 
qu'elles aient formé de nouvelles ra- dans la troisième section de la on- 
cines ; après quoi on leur donnera zicme classe de LiNNÉE,qui ren- 
beaucoup d'air dans les temps chauds, ferme celles dont les fleurs ont douze 
et on les arrosera souvent en hiver: étamines et trois styles : cet Alt- 
on leur donnera beaucoup moins teur a ajouté à ce genre le Tithy- 
d'eau; sur tout à celles dont les tiges malus , le Tithyinaloïdes de Tour- 
périssent: au moven de ce traitement, nefort , et quelques autres : comme 
elles profiteront bien , et produiront les différences qui distinguent ^El^ 
une grande quantité de fleurs. phorbe et le Tithymale consistent 
EUPHORBIA. Lin. Gen. Plant, plus dans leur forme extérieure que 
536. Euphorhium. Boërh. Ind. Alt. dans les caractères de la fleur ou du 
I. 258. Tit hy malus. Tourn. Inst. fruit , elles peuvent être réunies dans 
R. H. 85. Tab. 18 j Plante épi- le même genre. Cependant, comme 



514 E U P 

U fleur du Tithymaloïdes est fort 
différente par sa forme , et qu'elle 
^emblc en devoir être séparée; je la 
placerai sous le titre de Tichymalus ; 
et comme le nombre des Tithymalus 
est fort considérable , et que plu- 
sieurs de ces plantes sont des herbes 
communes , je choisirai les plus ra- 
res et celles qui sont le plus en usage, 
pour en faire mention ici. 

Les espèces sont ; 

1 ° . Euphorbia antiquorum , acu- 
leata j triangularis j suhnuda j articu- 
lataj ramispatentibus. Lin. Hort. Cliff. 
lC)6.Hort. Ups. 138./"/. Zeyl. [ 99- 
Mat. Med. 1 54. Roy. Lugd.-B. ï 94, 
Amxn. Acad. 3. p. 106 j Euphorbe 
à tiges triangulaires , noueuses , 
nues , épineuses et à branches éten- 
dues, 

Euphorhium verum antiquorum. 
fiort. Amst. ï. p. 13 ; Euphorbe 
piquant , en pointes triangulaires , 
avec des branches étendues , ordi- 
nairement appelé le véritable Eu- 
phorbe des anciens, 

Schadidacaliu Rheed, Mal. 1 . p. 

8 1. t. 41, 

1°, Euphorbia Canariens is 3 acu- 
leataj nuda^ sub-quadrangularis ^ acu- 
leis geminatis. Lin. Hort. Cliff. 196, 
Hort. Ups. 138. Roy. Lugd.-B. I 94. 
Aman. Acad. 3 . p. 107; Euphorbe 
avec des tiges nues et à quatre an- 
gles , et de doubles épines, 

Euphorbium tetragonum et penta- 
ponu.rii spinosumj Canarinum. Boerh. 

frtd, Alt. i. 2581 Euphort)e des 



E U P 
Canaries , avec quatre ou cinq an. 
gles armés d'épines. 

Tithymaluf Ai'^oïdes lacti-fluus, s. 
Euphorbia Canariensis j quadrilatera 
(t quinqucr-latera j Cerei effigie. Pluk. 
Aim. 370. t. 380, / X. 

3 °. Euphorbia trigona 3 aculeata j 
nuda J articulata j ramis erectis ; 
Euphorbe triangulaire , ayant des 
nœuds armés d'épines , et des 
branches droites et nues. 

Luphorbium trigonum et tetrago-' 
num spinosum j ramis compressis, 
Isnard. Act. Par. 1720,' Euphorbe 
épineux , à trois et quatre angles , 
avec des branches comprimées. 

Tithymalus Ai\o'ides ^ triangularis 
et quadrangularis j articulosus et 
spinosus J ramis compressis. Comm, 
Trd. 55. ^. 5. 

4°. Euphorbia offcinarum , acur. 
leata ^ nuda , multangularis _, aculeis 
geminatis. lin. Hort. Cliff. 1^6. Hort. 
Ups. 138. Roy. Lugd.-B. 195. Aman. 
Acad. 3. p. 107; Euphorbe épi-r 
neux, à plusieurs angles, et armé 
d'épines disposées par paires. 

Euphorbium Cerei effigie ^ caulibus 
crassioribus j spinis validioribus arma- 
tum. Comm, Hort. Amst, 1. p, 2I. 
t. Il j Euphorbe en Cierge , à tiges 
épaisses et armées de fortes épines. 
Euphorbe des boutiques. 

Euphorbium polygonum spinosum ^ 
Cerei effigie. Isnard. Act. 172O. p. 
500. t. 10. 

Euphorbium. B.iuh. Pin. 387. 

5 °. Euphorbia Ncri-folia. aculeata^ 



E U P 

seminuda j angulis oblique tuberculatis. 
Lin. Hon. Cliff. 196. Hon. Ups. 
139. Fl. Zeyl. too. Roy. Lugd.-B. 
194. Atncen. Acad, y p. I O 9 ; Eii- 
pliorbe épineux , à moicic nud , 
avec des angles obliques , couverts 
de tubercules , et connu ordinaire- 
ment sous le nomd' Euphorbe à feuil- 
les de Laurier-Rose. 

Euphorbium anaulosum j folds Ne- 
rii latiorihus. Boërh. Ind.. Ah. I . p. 
258 -, Euphorbe angulaire, ayant 
une large fcuillc de Laurier Rose. 

Euphorbium Afrum spinosum,foliis 
laiioribus non spinosis. Seb. Thés, i . 
/. 18. t. 9. /. I. 

Titkymalus Ai\6ides arhorescens 
spinosus, caudice angularij Nerii folio. 
Comm. Prxl. ii. ^6, t. 6. Bradl. 
Suec. l- p. 10. f. 2S. 

Titkymalus Indicus spinosus j Nerii 
folio. Comm. Hon. \. p. 1 5 . t. \\. 

Ligularia. Rump h. Amb, 4^. p. 88. 
t. 40. 

Ela Caïa. Rkeed. Mal. t. p. 8^. 
f.43. 

6°, Euphorbia heptagona j acu- 
leata j nuda j spirûs soUtariis j subu- 
latis , fioriferis. Lin. Hon, Clff. 
\<)G. Roy. Lugd.-B. 194. Amczn. 
Acad. 3. pag. 109 ; Euphorbe 
nud , sepcanguiaire , épineux , armé 
d'épines simples en forme d'alêne , 
et produisant des fleurs aux extré- 
mités de ses tiges, 

Euphorbium heptagonum _, spinïs 
longissimis 3 in apice fructiferis. Boërh.. 
lad, AU. I. 258 j Euphorbe à sept 



E U P 11^ 

angles , armé de fort longues épi- 
nes , et produisant des fruits caix 
extrémités de ses tiges. 

Euphorbium Capense j spinis lon~ 
gis simplicibus. Bradl. Suec. 2. p. 
4. c. 13. 

7 ^. Euphorbia Caput Medusi j 
inermis j tubercuiis imbricatiSi foliolo 
lineari instructis. Lin. Hon. Clff. 
19-7. Hon. Ups. 139. Roy. Lugd.- 
B. 195. Aman. Acad. 3 . />. I I o 7 
Euphorbe sans épines , couvert de 
tubercules imbriquées , avec des 
feuilles petites et étroites, auquel 
on donne le nom de Tête de Mé' 
duse. 

Planta lactaria Africana. Comm, 
Hort, 1. p. 33. t. 17, 

Euphorbium Afrum j caule crasso ^ 
squamosa J ramis in capitis Medusa 
speciem cincto. Boërh. Ind. Alt. 2 < 8 ^ 
Euphorbe d'Afrique , avec une tige 
épaisse et écailleuse , et dçi bran- 
ches disposées en forme de tête de 
Médiîse. Euphorbe à tête de Mé- 
duse. 

Titkymalus Ai\oïdes Africanus ^ 
simplici squamato caule, Chamcsnerii 
folio. Comm. Pral. j8. 

8?. Euphorbia mamillaris j acu- 
leata j nuda , angulis tuberosis j spinis^ 
interstinctis. Lin. Sp. Plant. 647, 
Edit. 3. Amœn. Acad. }. p. 10 8 ; Eu- 
phorbe nud et épineux , avec des 
angles tubéreux , entre lesquelis $&■ 
trouvent des épines. 

Euphorbium polygonum , aculëis 
longioribus ex tuberculorum incerno'^ 



1x6 E U P 

(liis prodeuncibus. Isnard. Act. Par. 
ijio.p. 38<î; Euphorbe à plusieurs 
angles armés de longues épines pla- 
cées entre les nœuds. 

Tithymalus Ai-{oïdes Africanus j 
validissimis spinis ex tuberculorum 
internodiis provenientibus. Comm. 
Pral. 59. 

9*^. Euphorbia Cerei-formïs , acu- 
leata^ nuda , multangularls , spinis so- 
Utariis subulatis. Prod. Leyd. 195. 
Amœn. Ai ad. 1. p. 108. Knïph. 
Cent. 10. «. 41 ; Euphorbe nud et 
épineux , à plusieurs angles armés 
d'épines solitaires et en forme d'a- 
lêne, 

Euphorbium aphyllum angulosum ^ 
fiorum coma densifsima. Burm. Afr. 
19. f. 9./ 3. 

Tithymalus Africanus spinosus ; 
Ccrei effigie. Moris, Hist. }. p. 24 5 • 
Pluk. Aim. 370. t. 2,31./ I. 

Euphorbium Cerei effigie j caulibus 
gracilioribus. Bo'érh. Ind. Alt. 1 . 158; 
Euphorbe en cierge , avec des tiges 
minces. 

10°. Euphorbia fructus Pini , iner- 
tnis j imbricatçi tuberculis , foliolo li- 
ncarii instructis. Hort. Cliff. 197 ; 
Euphorbe imbriqué , sans épines , 
couvert de tubercules , et garni de 
très-petites feuilles. 

Euphorbium Afrum , facie fructûs 
Pini. Boërh. Ind. Ah. 1 . 2 5 8 ; Eu- 
phorbe d'Afrique, dont les fruits 
ressemblent à ceux du pin , et au- 
quel on donne le nom de petite 
Tête de Méduse. 



E U P 

11°. Euphorbia patula , inermis j 
ramis patulis j simplicibus j teretibus y 
foliolis linearibus instructis \ Euphorbe 
épineux , avec des branches simples, 
étendues , en forme de cierge , et 
terminées par des feuilles fort étroites. 

I 2°. Euphorbia procumbens j iner- 
mis ^ ramis teretibusj procumbentibusj 
tuberculis quadragonis ; Euphorbe sans 
épines, avec des branches traînan- 
tes , couvertes de tubercules , et qua- 
drangulaires. 

13°. Euphorbia inermis j ramis 
plurimis procumbentibus j squamo- 
sis J foliolis deciduis ; Euphorbe 
épineux , ayant plusieurs branches 
traînantes et écailleuses , avec des 
feuilles qui tombent. 

l/^'^. Euphorbia Tiracullij inermis ^ 
fruticosa^ subnuda , fdi-formis y erecta y 
ramis patulis determinate confertis. 
Lin. Hort. Cliff. 197. Hort. Ups. 
139. Flor. Zeyl. 197. Roy. Lugd.- 
B. 195. Amœn. Acad. 3- /'• 1 1 I ; 
Euphorbe en arbrisseau érigé et sans 
épines , avec des branches minces , 
étendues , et terminées en paquets , 
ordinairement appelé Epurge en ar- 
bre des Indes. 

Tithymalus Indicus j frutescens. 
Hort. Amst. \.p. 27. t. 14; Epurge 
en arbrisseau des Indes. 

Ossifraga lactea. Rumph, Amb. 
7. p. 61. t. 29. 

Tiru Calli. Rheed. Mal. 8. p... 
t. ^4. 

I J°. Euphorbia viminalis j iner- 
mis _, fructicosa , nuda j filiformis j 

volubilis J 



E U P 

volubilis J cicatricibus opposicis.Hon. 
Cliff. 1 97i Euphorbe en arbrisseau , 
nud et sans épines , avec des bran- 
ches minces et tortillantes, ordi- 
nairement appelée Epurge grimpante 
des Indes. 

Tithymalus IndicuSj, vimineus, pc- 
nitàs aphyllos ; Epiirge des Indes 
avec des brandies minces et dénuées 
de feuilles. 

Felfd Tavil. Alp. j¥.gypt. 190. 
Dill. Elth. 368. 

16^. Euphorbia Mauritanicaj iner- 
mis 3 fruticosa j semi-nuda j fili-formis 
fiaccida j foliis ahernis. Lin. Hon. 
Cliffi i^'J. Hon. Ups. 140. Roy. 
Lugd.- B, 195. Amœn. Acad. 3. p. 
III. Gron. Orient. 1 60 ; Euphorbe 
en arbrisseau nud et sans épines, 
avec des branches molles , en torme 
de cierge , et des feuilles alternes. 

Tithymalus aphyllus Mauritanie. 
Hort. Elth. 384. t. 289, / 373; 
Epurge de Mauritanie sans feuilles. 

17*^. Euphorbia Cotini-foUa^ foliis 
oppositis J sub-cordatis j petiolatis j 
emarginatis j integerrimis j caule fru- 
ticosa. Lin. Sp. PI. 650. Edit. 3. 
Amœn. Acad. 3 . /?. 1 1 1. Kniph. Cent. 
1. n. 24; Euphorbe à feuilles en 
forme de cœur , opposées , pétiolées , 
découpées au sommet et entières, 
avec une tige d'arbrisseau. 

Tithymalus arboreus^ Americanusj 
Cotini folio. Hort. Amst. \. p. 29. t. 
I 5 ; Epurge en arbre d'Amérique , 
à feuilles de Sumach de Venise, 

18^. Euphorbia Lathyrisj umbellâ 
Tome m. 



E U P 217 

quadrifidâ j dichotoma^ foliis opposi- 
tis integerrimis. Lin. Amœn. Acad. 3. 
p. I 20. Mat. Med. 121. Gmel. Sib. 
i.p. 230; Euphorbe produisant une 
ombelle divisée en quatre parties, 
une tige fourchue , et des feuilles 
entières et opposées. 

Tithymalus lati-folius j Cataputia 
dictas. H .L. Epurge à larges feuilles, 
appelée Cataputia. Epurge à feuilles 
en ombelle. 

Lathyris major. Eauh. Pin. 293. 

19°. Euphorbia Myrsinitcs j um- 
bellâ sub-octi-fidâ ; bifida j involucellis 
sub-ovatis j foliis spathulatis j paten- 
tibus J carnosis j mucr'onatis , niargine 
scahris. Lin. Sp. Plant. 66 t. Edit. 3 . 
Amœn. Acad. 3 . /'. I 1 8 ; Euphorbe 
avec une ombelle divisée en huit 
pointes , dont les petites enveloppes 
sont ovales , et les feuilles bran- 
chues, à pointes charnues, en torme 
de spatule , et avec des bords rudes. 

Tithymalus Myrsinites j lati~fo- 
lius. C. B. p. 290; Epurge à larges 
feuilles de Myrte. 

20°. Euphorbia Dendroïdes ^ um~ 
bellâ multi-fidâ; dichotoma j involu- 
cellis sub-cordatis ; primariis triphyl- 
lis J cau.le arborco. Lin. Sp. Plant. 
661. Edit. 3. Amœn. Acad. ^. p. 
128; Euphorbe avec des ombelles 
fourchues et divisées en plusieurs 
segmens , et de petites enveloppes 
en forme de cœur , la premiere 
avec trois feuilles et une tige en 
arbre. 

Ec 



iiS E U P 

Titkymalus Myrti-folius j arbo- 
reus. C. B.p. iciOi Epurge en arbre 
à feuilles de myrrhe. 

T ithy malus Dendroides. Cam. Fpit. 

965. 

2 1°. Euphorbia Amygdaloïdcs , 
umhellà mult'ifidà ; dïchotoma j invo- 
lucdlïs perfoUatis j emarginatis _, or- 
bïculatis 3 folds ohtusïs. Lin. Sp. 
Plant. 66t. Amœn. Acad. 3./'. xz6\ 
Euphorbe avec une ombelle divisée 
en plusieurs parties , et par paires , 
des enveloppes orbiculaires et per- 
fcuillccs, et des feuilles obtuses. 

Tithy malus Characïas 3 Amygda- 
loïdes. C. B.p. 190 j Epurge sauvage. 

12°. Euphorbia palustns j um- 
bellâ muki-fidâ , sub-trifidâ j bifida j 
involucellis ovatis j foins lanceolatis , 
ramis sterilibus. Lin. Sp. Plant. 661. 
Amœn. Acad. ^. p. I16. Mat. Mcd. 
121. Pali. It. I . /'. 3 5. Polluh. Pal. 
n. 462. Euphorbe avec une ombelic 
divisée en plusieurs parties, subdi- 
visces en deux et en trois , ayant 
de petites enveloppes ovales , des 
feuilles en forme de lance , et des 
branches stériles. 

Tithymalus palustris fruticosus. 
C.B. p. 29 2 ; Epurge de marais en 
arbrisseau. 

Esula major. Dalech. Hist. I 6 5 3 * 

Esula palustris. Riv. Tetr 2 30. 

23". Euphorbia Oricn talis j um- 
hellà quinquefidâ j quadrïfidâ ; di- 
chotoma , involucellis suh-rotundis j 
acutis J foliis lanceolatis. Lin. Sp. 
Plant. 660. Edit. 3. Amœn. Acad. 3. 



E U P 

p. 123; Euphorbe dont l'ombelle 
esc divisée en quatre et cinq par- 
ties , et fourchue , avec une enve- 
loppe ronde et poiutuc , et des 
feuilles en forme de lance. 

Tithymalus Orientalis j Salicis 

folio J caule purpurea ^ flore magna. 

Tour. Cor. 2 ; Epurge du Levant à 

feuilles de Saule , ayant une tige 

pourpre et une grosse fleur. 

24*^. Euphorbia Characias j um- 
bcllâ quinque -fidâ j trifidâ ■ dicho- 
toma J involucellis ovatis j foliis lan- 
ceolatis J capsulis lanatis. Lin. Sp. 
Plant. 6 Cil. Edit. 3. Amœn. Acad. 
}). p. ii6 ; Euphorbe avec une om- 
belle divisée en trois et cinq parties, 
et par paires, ayant une enveloppe 
ovale , des feuilles en forme de 
lance et des capsules laineuses. 

Tithymalus arboreus , caule coral~ 
lino J folio Hyperici j pericarpio bar- 
bato. Boerh. In'd. Alt. 1. p. 256; 
Epurge en arbre avec une tige 
rouge, une feuille de Mille -Pertuis, 
et un péricarpe barbu. 

Tithymalus Characias j rubens 3 
peregrinus. Bauh Pm. 2 90. 

Tithymalus Characias. I . Clus. Hist. 
i.p. 188. 

25°. Euphorbia Hiberna j um- 
hellà scxti-fidâ ; dichotoma j involu- 
cellis ovalibus j foliis integtrrimis j 
ramis nullis j capsulis verrucosis. Lin. 
Sp. Plant. 661. Edit. ^. Amœn. Acad. 
T,. p. 128. Huds. ^ngl. 185. Kniph. 
Cent. 9. n. 37; Euphorbe avec une 
ombelle à six pointes et fourchue , 



E U P 

des enveloppes ovales , des feuilles 
entières, sans branches, et des 
capsules couvertes de verrues. 

Tickymalus Hibernicus Alachingboy 
dictas. Mer. Pin ; Epurge Irlandois , 
appelle Machinghoy. 

Tithy malus lati-foUus y Hispanicus. 
Bauh. Pin. 291. Tabem. Hisr.^Sj. 

16'^. Euphorbia Apios ^ umbcllâ 
t^uinque-fidà j bifida j involucellis ob- 
cordatis. Lin. Sp. Plant. 6 '^6. Edit. 
3 . Amxn. Acad. ^.p.iiO; Euphorbe 
avec une ombelle divisée en deux 
et cinq parties , et des enveloppes 
en forme de coeur. 

Titkymalus tuberosa , pyriformi 
radiée. C. B. p. 191; Epurge avec 
une racine tubéreuse en forme de 
poire. 

Titkymalus tuberosa radiée. Clus. 
Hist. 1. p. 190. 

1J°. Euphorbia Aleppica^ um- 
bcllâ quinque-fidâ ; dichotoma 3 invo- 
lucellis ovato-lanceolatis j mucronatisj 
foliis inferioribus setaceis. Lin. Sp. 
Plant. 6^j. Edit. 3 . Amœn. Acad. 3 . 
p. 1 1 2 ; Euphorbe dont l'ombelle 
est divisée en cinq parties , et four- 
chue, avec des enveloppes ovales, 
en forme de lance et pointues , et 
des feuilles basses garnies de poils 
hérissés. 

Tithy malus Cyparïssius. Alp. Exot. 
6 y t. 64; Epurge de Chypre. 

Titkymalus j foliis inferioribus ca- 
pillaceis ; superioribus Myrto similibus 
Moris. Hist. ■>,. p. 538. 

28". Euphorbia Cretica j umbellâ 



E U l> i,9 

multi-fidl J bifida j involucellis orbi~ 
culatis J foliis lineari - lanceolatis , 
villosis ; Euphorbe avec une om- 
belle divisée en plusieurs parties et 
en deux, ayant des enveloppes or- 
biculaircs , des feuilles étroites , 
velues , et en forme de lance. 

Titkymalus Creticus, Characias _, 
angusti-folius j villosus et incanus. 
Tourn, Cor. i. Epurge sauvage de 
Crète à feuilles étroites , blanches 
et velues. 

29°. Euphorbia Sylva tica, umbellâ. 
multi-fidâ ■ dichotoma j involucellis 
perfoliatis j sub-cordatis j foliis lan- 
ceolatis J integerrimis. Lin. Sp. Plane. 
66 y Edit. 3, Jacq. Austr. t. 375. 
PolUch. Pal. n. 4(^3. Scap. Carn. 
Ed. X, n. 572. sub Tithymalo ; Eu- 
phorbe avec une ombelle divisée en 
plusieurs parties et fourchue, des 
enveloppes en forme de cœur et 
perfeuillécs , et des feuilles entières 
en forme de lance. 

Titkymalus sylvaticus j lunata 
flore. C. B. p. 290. Moris. Hist. 3. 
p. 335. sivè 10. t. I. /". 3 ; Epurge 
sauvage avec une fleur en forme de 
lune. La Grande Esulc. 

Titkymalus lunato flore. Col. 
Ecpkr. 1. p. 56. t. 57. 

Esula caule crasse. Riv. Tetr. 
227. 

30°. Eupkorbia Heterophylla ^ 
inermis j foliis serratis j petiolatis j 
diflormibusj ovatis j lanceolatis j pan- 
duri-formibus. Lin. Sp. Plant. 649- 
Edit. 3. Amœn. Acad. 3./'. Ill- 
Ec z 



ïiô E U P 

Euphorbe sans épines à feuilles 
sciées, petiolécs, difformes, ovales, 
en forme de lance et de violon. 

Tithymalus Curassavicus , Saiicis 
et Atrïplicis folïis varïis , calycibus 
viridantihus. Pluck. Aim. ^6c). t. i z. 
/. 6; Epnrge de Curacao avec des 
feuilles différentes de Saule et d'A- 
triplcx , ou Arrochc , et des calices 
vercs. 

31''. Euphorbia Hypcrici -foli-a j 
dichotomiijfolils serra tis j ovati-oblon- 
g'ts , ^'abrisj corymhïs terminalibus _, 
rainis divaricatis. Lin. Sp. Plant. 
650. Edit. 3. Amœn. Acad. l- p. 
1 1 3 ; Euphorbe fourchu avec des 
feuilles oblongues , ovales , unies , et 
sciées , et des branches écartées et 
terminées en corymbes. 

Tithymalus erectus acrisj Parieta- 
ri£ foliis gl.ibrls j floribus ad caulium 
nodos conglomeratis. Sloan. Cat. 
Jam. 8t. Hist. I. p. 197. t. Ii6, 
Epurge droite et acre avec des 
feuilles de Pariétaire unies , et des 
fleurs disposées en paL]acts sur les 
nœuds de la tige. 

Tithymalus Americanus _, fiosculis 
albis. Co.nm. Pral. 60. t. 60. 

31°. Euphorbia Ocymoidca j incr- 
misj hcrhaceaj, ramosa^ folds sub-cor- 
datis J integerrimis j petiolatis j flo- 
ribus solitariis. Lin. Sp. Plant. 6^0. 
'Edit. 3. Amcrn. Acad. }■ p- \ il. 
■ Euphorbe bianchu , herbacé et sans 
'épiaes, à feuilles entières, en forme 

• de cœur et pétiolées , et à fleurs 

* simples. 



E U P 

Tithymalus Amsricanus j erect us ^ 
annuus j ramosissimus Ocymi caryo- 
phyllati foliis. Houst. A'Iss. Epurge 
droite annuelle et branchue d'Amé- 
rique , avec des feuilles de petit 
Basilic. 

Antiquorum. La premiere espèce 
a toujours été regardée comme le 
véritable Euphorbe des Anciens, et 
employée comme tel à l'usage de 
la médecine 5 mais c'est de la se- 
conde dont on se sert aujourd'hui 
en Angleterre : cependant le Doc- 
teur Lin NÉE pense que la qua- 
trième devroit seule être mise en 
usage : au reste, comme elles ont 
routes à-peu-prcs les mêmes pro- 
priétés , il paroît indifférent d'em- 
ployer l'une plutôt que l'autre (i). 



(i) L'Euphorbe des boutiques est 
une gomme résine extrêmement acre et 
mordicante, donc les propiictés résident 
principalement dans sa partie résineuse ; 
cette substance , qui purge avec une vio- 
lence extrême, et qui est capable de 
produire même à petite dose des inflam- 
mations et des érosions funestes dans 
les premieres voies, ne peut jamais être 
donnée avec sûieté intérieurement j si ce 
n'est dans quelques cas désespérés; mais 
on peur l'employer dans la médecine vé- 
téiinaire, pour guérir les maladies de 
peau auxquelles tes chevaux sont sujets : 
on la fait d'ailleurs entrer avec suceès 
dans les poudres ste.nutatoires qu'ori 
soufPe dans 1. s narines pour réveiller les 
malade^; attaqués de léthargie ; dans les 
cas d'obstruction invétérées des glandes 
du nez, pour diviser les roucûsités trop 



E U P 

La premiere a une tige triangu- 
laire , comprimée , noueuse et suc- 
culente , qui s'élève à la hauteur 
de huit ou dix pieJs, et pouise plu- 
sieurs branches irrégiilicrcs , tor- 
dues, la plupart triangulaires, quel- 
quefois à deux , souvent à c]uatre 
angles , comprimées et disposées sur 
chaque côté de la tige ; l'extrémité 
de ces branches est garnie de quel- 
ques Icuilles courtes et rondes qui 
tombent bientôt , et entre lesquelles 
sortent de tems en tems quelques 
fleurs formées par cinq pétales épais 
et blanchâtres , dont le centre est 
occupé par un gros germe triangu- 
laire qui se détache peu de tems 
après sans produire de semences : 
cette espèce a été apportée des 
Indes en Hollande, d'où elle s'est 
répandue dans la plupart des jar- 
dins des Curieux de lEuropc. 

Canariensis. La seconde , qui croît 
naturellement dans les Isles Canaries, 



visqueuses, et clans les affections pitiii- 
teuses , chroniques et opiniâtres de la 
tête. On s'en sert aussi extérieurement 
dans les emplâtres vésic^toires qu'on 
applique quelquefois sur les membres 
paralytiques, et dans les poudres qu'on 
répand sur les os caiiés , et sur les 
tumeurs schirrheuscs ulcérées j mais sans 
vice carcinomateux. 

L'Euphorbe entre dans la composition 
des pillules d'F.uphorbe, de Quercetan , 
dans les trochisques Aïkandal , dans les 
pillules de nitre de Trallian, dans le 
Philonium Romain , &c. 



L UP iii 

est celle dont le suc forme l'Eu- 
phorbe qu'on apporte aitjourd'hui 
en Angleterre ; elle s'élève dans son 
pays natal au-dessus de la hauteur 
de vingt pieds ; mais en Angleterre 
elle croît rarement au - dessus de 
celle de six ou sept pieds, et il ne 
seroit pas avantageux d'en avoir 
ici d'une si grande hauteur , parce 
qu'elle pousse plusieurs grosses bran- 
ches succulentes qui la rcndroienr 
trop lourde pour pouvoir la trans- 
porcer d'un endroit à un autre : sa 
tige est fort épaisse , verte et succu- 
lente , et a quatre ou cinq gros 
angles , fortement armés d'épines 
noires et chrochues qui sortent par 
paires à chaque dentchire ; elle 
pousse à chaque côté de grosses 
branches succulentes de la même 
forme, qui s'étendent à la distance 
de deux ou trois pieds en-dehors , 
et tourne ensuite leur extrémité 
vers le haut , de sorte que ces plan- 
tes ont quelque ressemblance avec 
un chandelier branchu quand elles 
ont bien poi:ssc ; ces branches n'ont 
point de feuilles ; mais elles sont 
fortement armées d'épines noires 
comme les tiges ; et leurs fleurs , 
qui sortent de leurs extrémités, sont 
de la mième forme que celles de la 
premiere espèce. 

Tiigùnum. La troisième a une 
tige nue, triangulaire et compacte, 
qui produit un grand nombre de 
branches érigées, noueuses, armées 
d'épines courtes et courbées , ce 



211 

I I 



E U P 

gcnéralemcnt triangulaires , mais 
parmi lesquelles on en voit quelques- 
unes à quatre angles; elles n'ont point 
de feuilles , et elles ne produisent 
point de fleurs en Angleterre : cette 
espèce est originaire des Indes. 

Officinarum. La quatrième pousse 
plusieurs tiges épaisses, succulentes, 
à huit ou dix angles lorsquelles sont 
jeunes , mais qui deviennent rondes 
à mesure qu'elles vieillissent : ces 
branches sont d'abord dirigées ho- 
risontalement dans une partie de 
leur longueur ; mais elles prennent 
ensuite une direction perpendicu- 
laire ; elles sont armées de petites 
épines courbées sur leurs angles; et 
ses fleurs , qui sont petites , d'un 
blanc verdatrc , et semblables à 
celles de la seconde espèce , sortent 
vers leurs extrémités : cette plante 
croît naturellement dans l'Inde. 

Nerii -folia. La cinquième, qui 
est aussi originaire des grandes In- 
des , s'élève encore à la hauteur de 
cinq ou six pieds, avec une tige 
forte , droite , à angles irréguliers , 
et chargée de protubérances obli- 
ques aux angles ; la partie basse de 
la tige est nue , et sa partie haute 
est branchue ; ses branches sont 
jirmécs d'épines courbées à chaque 
protubérance , et leurs extrémités 
sont garnies de feuilles oblongues , 
d'un vert luisant, fort unies , en- 
tières et arrondies à leur pointe : 
tes feuilles se détachent bientôt , et 
les plantes restent nues pendant 



E U P 
plusieurs mois ; ses fleurs sortent 
ensuite : elles sont sessilcs aux bran- 
ches , et d'un blanc verdàtre : sqs 
feuilles poussent en automne et 
tombent au printems. 

Heptagona. La sixième s'élève, 
avec une tige ronde , droite et 
succulente , à la hauteur d'environ 
trois pieds , et pousse plusieurs 
branches latérales de la même forme 
et a sept angles ou sillons armés 
d'épines simples, longues et noires; 
les extrémités de ces branches pro- 
duisent de petites fleurs de la même 
forme que celles des autres espèces , 
qui sont quelquefois reniplacées par 
de petits fruits. 

Caput Medus£. La septième a des 
tiges épaisses , roadcs , succulentes 
et écailleuses, qui poussent plusieurs 
branches latérales de la même forme, 
qui se tortillent et coulent les unes 
sur les autres , de manière qu'elles 
paroisscnt comme une foule de ser- 
pents qui sortent des tiges, d'où elle 
a pris le Bom de Tête de Méduse. 
Les extrémités de ces branches sont 
garnies de teuilles étroites , épaisses 
et succulentes qui tombent ; ses 
fleurs sortent autour de la partie 
haute des branches, elles sont blan- 
ches et de la même forme que celles 
des autres espèces, mais plus grosses, 
et elles produisent souvent des cap- 
sules rondes, unies, et à trois cel- 
lules , dont chacune renferme une 
simple semence ronde. 

Mamillaris. La huitième a des 



E U P E U P 2i3 
tigcs rondes de deux pieds de hau- Pacula. La onzième s'cleve à la 
teur, gonflées en forme de ventre, hauteur de six à sept pouces, avec 
et à angles noueux ; les intervalles une tige en forme de cierge , dont 
qui séparent ces nœuds sont armés le sommet produit quelques bran- 
d'épines longues et droites ; ces tiges ches semblables , qui s'étendent en- 
poussent quelques branches lacé- dehors de chaque côté, mais qui 
raies de la même forme , dont les ne sont pas écailleiues comme celles 
extrémités produisent des fleurs de la dernière ; les extrémités de ces 
sessiles, petites, d'un vert jaunâtre, branches sont garnies de feuilles 
et de la même forme que celles étroites qui tombent : cette espèce 
des autres espèces. n'a pas encore fleuri en Angleterre, 
Cereï-formis. La neuvième a des parce qu'elle n'y a été apportée 
tiges et des branches fort sembla- que depuis peu de tems. 
blés à celles de la quatrième, mais Procumbens. La douzième a une 
beaucoup plus minces ; ses épines tige courte et cpaiisc qui ne s'élève 
sont simples , et celles des autres jamais au dessus de trois pouces de 
doubles i les extrémités de ses bran- hauteur; de sorte que ses branches, 
ches sont fort garnies de fleurs à dont la longueur est au plus de six 
chaque angle ; en quoi elle diffère pouces , sont couchées sur la sur- 
de la quatrième espèce. face de la terre ; leurs écailles se 
Fructus Fini. La dixième a une gonflent et deviennent des protu- 
tige épaisse et courte qui s'élève ra- bérances quarrécs ; elles n'ont point 
rement au-dessus de huit à dix de feuilles, et ne donnent que trcs- 
pouces , et de laquelle sortent un rarement des fleurs en Angleterre , 
grand nombre de branches minces , quoique cette plante soit depuis 
traînantes, et d'un pied de longueur, long-tems dans nos jardins, 
qui sont entre-mélées les unes avec Inermis. La treizième ressemble 
les autres, comme celles de la sep- beaucoup à la septième; mais ses 
tieme espèce , mais beaucoup plus tiges ne s'élèvent jamais au-dessus 
petites et moins longues , quoique d'un pied ou de quinze pouces ; 
avec la même apparence , ce qui en sotte que ses branches s'étendent 
lui a fait donner le nom de Petite au-dehors prés de la terre; celles- 
Tête de Méduse. Les extrémités de ci sont aussi plus courtes que celles 
ses branches sont garnies de feuilles de la septième ; mais elles ont ce- 
étroites , du milieu desquelles sor- pendant la même apparence , et 
tent des fleurs blanches, et de la leurs extrémités sont garnies de 
même forme que celles des autres feuilles étroites qui tombent à me- 
especes. sure que les branches s'étendent en 



» 



214 E U P 

longueur , ainsi que de fleurs blan- 
ches et petites , qui ont la même 
l'orme que celles des autres espèces, 
et qui produisent souvent des cap- 
sules rondes, unies et à trois cellules , 
dans lesquelles sont renfermées une 
ou deux semences rondes qui mû- 
rissent ici. 

Ces espèces ont été rangées par 
la plupart des Botanistes modernes , 
sous le titre d'Eupkorbïmn , et dis- 
• tinguées des Tithymalcs , plus à cause 
de leur forme extérieure , que par 
quelques différences réc'lcs dans 
leurs caractères , amsi qu'on l'a 
déjà observé; mais comme le nom- 
bre des espèces d'Epurge étoit plus 
grand, plusieurs Ecrivains ont jugé 
à propos d'en séparer l'Euphorbe 
pour en diminuer le nombre. 

On conserve ces plantes dans 
plusieurs jardins , plutôt à cause de 
leur singularité , que pour leur 
beauté; car elles sont toutes loit 
différentes des autres plantes de 
l'Europe. 

Toutes ces espèces contiennent 
une sève acre et laiteuse qui dé- 
coule de leurs parties blessées: 
comme ce jus est assez caustique 
pour produire des ampoules sur la 
peau lorsqu'il y séjourne quelque 
tcms . et pour brûler le linge à- 
peu-prcs comme l'eau-forte, il faut 
manier ces plantes avec beaucoup 
de précaution , et ne pas froisser 
ni endommager leurs branches ; ce 
oui d'ailleurs les fait quelquefois 



E U P 

pourrir jusqu'au premier nœud , et 
souvent périr tout à fait, si les bran- 
ches endommagées ne sont pas cou- 
pées à tems : ainsi toutes les fois 
qu'une branche paroît maltraitée , 
il faut la retrancher sur le champ , 
pour prévenir tout accident ; par la 
même raison on doit éviter de les 
couper entre les nœuds. 

La plus grande partie de ces 
espèces a été primitivement appor- 
tée par les HoUandois , qui ont 
toujours été fort empressés à intro- 
duire en Europe un grand nombre 
de végétaux des Indes et du Cap 
de Bonne Espérance, d'où l'on a en 
depuis peu une très-grande variété 
de plantes curieuses, qui produisent 
des fleurs fort élégantes , et font 
le plus grand ornement des serres 
en hiver et au printems. Celles-ci 
ont été élevées de semences dans 
nos jardins ; mais la plupart des 
espèces d'Euphorbe sont venues eu 
plantes ou en boutures , parce 
qu'elles peuvent aisément être trans- 
portées , si elles sont mises dans des 
caisses , avec quelque emballage sec 
et mou , pour empêcher qu'elles ne se 
froissent ou ne se blessent avec leurs 
épines , et qu'elles ne soient endom- 
magées par Ihnmidité et par le 
froid : on peut les tciiir six mois 
hors de la terre avec cette atten- 
tion ; et si après ce tems elles sont 
plantées avec soin , elles prendront 
racine et profiteront aussi bien que 
SI elles étoient nouvellement prises 



E U P E U P 1,5 
siir les vieilles plantes : cette me- avec de la terre ou du sable , qui 
thode est beaucoup plus prompte l'arrcrc bientôt en se durcissant : 
que de les élever de semences. on en tait autant aux boutures, et 
■ Comme la plupart de ces plantes on les place dans un endroit sec de 
succulentes croissent naturellement la serre chaude , où on les. laisse 
dans des lieux stériles et remplis de pendant douze ou quinze jours 
rochers, et dans des terrcins secs avant de les planter, et même trois 
et sablonneux, où peu d'autres pour- semaines, si elles sont fort grosses, 
roient profiter, on ne doit jamais afin que leurs parties blessées aient 
les planter ici dans ime terre riche Je tems de se cicatriser , sans quoi 
et marneuse, ni les exposer à beau- elles seroient facilement attaquées 
coup d'humidité : le sol qui leur de pourriture ; en les place ensuite 
convient le mieux, est un mélange séparément dans des pots de la va- 
formé par un quart de décombres leur d'un sou, dont on garnit le fond 
criblées, un quart de sable de mer, avec des pierres et des décombres , 
et une moitié de terre légère et fraî- et qu'on remplit avec le mélange 
che prise dans un pâturage ; on dont on vient de parler ; on plonge 
mêle exactement toutes ces matières ensuite ces pots dans une couche 
ensemble , et on les retourne sou- de chaleur modérée ; on les tient 
vent avant de les mettre en œuvre, à l'ombre au milieu du jour si le 
afin que leurs parties puissent s'in- tems est très-chaud, et on les arrose 
corporer , et s'adoucir à l'air. Ce légèrement une ou deux fois par 
mélange sera encore meilleur si on semaine , en proportionnant rou- 
le laisse exposé pendant une année jours l'humidité qu'on leur donne 
à l'action de la gelée et de la cha- à la sécheresse de la terre : six sc- 
ieur , en observant de le tenir en maines ou deux mois après , elles 
petits monceaux , et le retourner auront poussé des racines : on pourra 
souvent , afin que l'air y puisse mieux les laisser dans cette couche , si elle 
pénétrer. n'est pas trop chaude, en leur don- 
Ces espèces se multiplient aisé- nant de l'air tous les jours; mais il 
ment par boutures , qu'on détache vaut encore mieux les placer tout 
des vieilles plantes dans le mois de de suite dans la serre chaude , où 
Juin, en les coupant à un nœud , elles pourront s'endurcir avant l'hi- 
sans quoi elles se pourriroient ; ver : car si elles viennent à filer 
quand ces boutures sont séparées, pendant l'été, elles périssent prest- • 
la scve laiteuse des vieilles plantes que toiijours dans la mauvaise sai- 
s'écoule en abondance par les parties son , à uioins qu'elles ne soient 
blessées, qu'il faut couvrir aussi-tôt traitées avec le plus grand soin : ii 
Tome III, F f 



21^ E U P E U P 

faut les arroser en été deux ou trois en hiver dans une caisse de vitrage 

fois par semaine , mais en hiver on sans teu, pourvu qu'on les préserve 

ne leur donne de l'eau qu'une seule entièrement de la gelée ; en été', on 

fois pendant le même espace de peut les exposer en plein air dans 

tems, et toujours fort légèrement, une situation chaude. Comme ces 

sur-tout si la serre n'est pas fort plantes sont fort succulentes , et 

chaude : la premiere espèce exige qu'elles craignent par conséquent 

plus de chaleur en hiver qu'aucune beaucoup l'humidité , il faut les 

des autres , et moins d'arrosement tenir sous des abris où elles puissent 

dans cette saison : si elle est bien jouir de l'air et être à couvert de 

traitée elle s'élèvera à la hauteur de la pluie , sans quoi elles seroient 

sept à huit pieds ; mais il £uit la exposées à être attaquées de pour- 

tenir constamment dans la serre, lui riture pendant l'hiver suivant, 

donner beaucoup d'air en été, et La septième, ayant des branches 

une chaleur tempérée en hiver. fort lourdes, a besoin d'un soutien 

La sixième est à présent la plus pour l'empêcher de tomber sur les 

rare en Angleterre ; ses plantes , pots ; elle s'élèvera ainsi à la hau- 

t]ui avoient été tirées des jardins teur de quatre ou cinq pieds, et 

HoUandois, ont presque toutes péri, produira un grand nombre de bran- 

parcc qu'on les avoir placées dans ches latérales, qui, étant elles-mêmes 

la serre chaude , où la chaleur les a fort lourdes et succulentes , entraî- 

noircies dans un jour, et fait pourrir neroicnt la plante si elle n'étoit pas 

immédiatement après : cette espèce soutenue. 

profitera bien en hiver si elle est Les espèces suivantes ont été 

tenue sous un vitrage aire et sec, classées par tous les Botanistes avec 

avec les Ficoïdes et d'autres plantes les Tithymales ; mais les quator- 

succulentes , où elle puisse avoir de ziemc et quinzième devroient être 

l'air dans les tems doux , et abritée mises dans le genre des Euphorbes , 

des gelées •■, en été elle peut être parce qu'elles sont aussi destituées 

exposée en plein air dans une situa- de feuilles que la plupart de celles 

tion chaude, pourvu qu'on la ga- qu'ils y ont placées, 

rantisse de trop d'humidité : elle TiracuUi. La quatorzième s'élève, 

réussira beaucoup mieux par cette avec une tige en cierge et succu- 

méthode qu'en la traitant plus dé- lente , à la hauteur de dix-huit ou 

licatemcnt. vingt pieds , et produit plusieurs 

Les septième, huideme, dixième, branches de la même forme qui se 

onzième , douze et treizième espèces sous-di visent en d'autres plus petites, 

sont aussi assci dures pour, subsister séparées par des nœuds placés à 



E U P 
one grande distance les uns des 
autres, unies, d'un vert foncé, et 
ornées à leur extrémité de quelques 
petites feuilles qui tombent en peu 
de tems : à mesure que les plantes 
vieillissent , leurs tiges deviennent 
plus fortes et moins succulentes , 
sur-tout vers le bas , où elles sont 
un peu ligneuses, et prennent une 
couleur brune ; ses branches sont 
touffues , et entremêlées les unes 
avec les autres , de sorte qu'elles 
forment une espèce de buisson vers 
leur sommet. Cette espèce ne pro- 
duit point de fleurs en Angleterre. 

Vim'malïs. La quinzième pousse 
un grand nombre de tiges minces, 
cvlindriques , d'un vert foncé , et 
unies , qui se roulent les unes sur 
les autres , ou autour de quelque 
support voisin , au moyen duquel 
elles s'élèvent à la hauteur de dix 
à douze pieds ; elles produisent 
vers le haut des branches plus peti- 
tes , qui se tortillent de même et 
s'entremêlent avec les autres tiges ; 
elles sont nues et sans feuilles : cette 
espèce , qui croît naturellement dans 
les Indes , ne fleurit point dans notre 
chmat. 

Mauritanica. La seizième pousse 
de sa racine plusieurs tiges cylin- 
driques , succulentes , hautes d'en- 
viron quatre pieds , minces , et 
trop foibles pour se soutenir sans 
appui ; elles sont couvertes d'une 
çcorce teinte d'un vert léger ; leurs 



E U P 



2i7 



parties basses sent nues , et leurs 
sommets sont garnis de feuilles 
oblongr.es , unies , entières et ai- 
ternes sur chaque côté des tiges ; 
leurs fleurs , d'un vert jaunâtre,, 
naissent en petits paquets aux ex- 
trémités des branches , et sont 
quelquefois suivies par un- fruit uni 
et rond ; mais leurs semences mû- 
rissent rarement en Angleterre. 
Cette espèce est originaire des côtes 
d'Aifrique qui bordent la Médi- 
terranée. 

Coànï-folïa. La dix-septieme se 
trouve dans quelques Isles des Indes 
occidentales , ainsi que dans le con- 
tinent de l'Amérique ; j'en ai reçu des 
échantillons de l'IslcdeTabagoetde 
Carthagene , où elle fst très-com- 
mune : les plantes de cette espèce 
qu'on voit dans les jardins de la Hol- 
lande, ont été envoyées de Cura- 
çao ; elle s'élève à la hauteur de 
six ou huit pieds , avec une tige 
droite et couverte d'une écorce d'un 
brun clair , qui se divise vers son 
sommet en plusieurs branches gar- 
nies de feuilles rondes , dentelées 
à leur extrémité , pétiolées , unies 
et d'un beau vert ,. mais qui tom- 
bent en hiver, de sorte qu'au prin- 
tems ces plantes sont presque nues ; 
leurs fleurs sortent des extrémités 
des branches; elles sont jaunes et 
petites , et tombent bientôt sans 
produire de fruits dans notre climat. 
Ces espèces se multiplient par 
. Ff z 



228 E U P 

boutures , de !a même manière que 
les Euphorbes , et on les traite com- 
me il a été dit ci-dessus. 

Les quatorziem.c , quinzième et 
"dix-septicmc étant fort tendres , exi- 
gent la serre chaude, et doivent 
crrè traitées comme les espèces les 
plus délicates de ce genre; mais 
ià seizième subsiste en hiver dans 
•une orangerie ordinaire, et peut 
être exposée en plein air pendant 
etc. 

Lathyris. La dix - huiiicme est 
comprise dans le nombre des plan- 
tes médicinales , mais on s'en sert 
peu aujourd'hui en Angleterre : elle 
est bis-annuelle , et périt après 
avoir perfectionné ses graines. Elle 
s'élève à la hauteur de trois ou 
quatre pieds , avec une tige droite , 
succulente , et garnie de feuilles 
oblongues , unies , opposées et ses- 
siles5 l'extrémité de sa tige se par- 
tage en petites branches fourchues, 
disposées par paires, et dont les di- 
visions donnent naissance à des om- 
belles de fleurs, qui sortent simples 
de chaque fourche ; celles qui sont 
situées dans la premiere division 
sont les plus grosses , et celles du 
haut sont plus petites : ses fleurs , 
teintes d'un jaune verdâtre , parois- 
scnt en Juin et en Juillet , et pro- 
duisent un fruit divisé en trois lo- 
bes, dont chacun forme une cel- 
lule qui renferme une semence ron- 
de , et qui , lorsqu'elle est mûre , 
est lancée à une certaine distance 



E U P 

par l'élasticité des légumes : cette 
espèce se multiplie assez fort quand 
elle est une fois introduite dans 
les jardins , et n'exige d'autre soin 
t]ue "d'être tenue nette de mauvai- 
ses herbes (l). 

Myrslnites. La dix - neuvième , 
qui croît naturellement dans la 
France méridionale, en Espagne et 
en Italie, pousse de sa racine plu- 
sieurs branches longues d'environ 
un pied, couchées sur la terre, et 
très-garnies de feuilles épaisses ,. 
succulentes, plates, courtes, poin- 
tues, entièrement ouvertes, placées 
alternativement sur chaque côté des 
branches , et scssiles aux tiges : les 
fleurs naissent aux extiémités des 
branches, enlarges ombelles, dont 
l'enveloppe principale est composée 



(i) Toutes les parties de cette plante 
sont très-purgatives, et produisent des 
effets semblables à ceux de la Scammonée. 
On l'administre avec succès dans Thydro- 
pisie, la jaunisse, les obstructions des 
viscères, etc. On la prépare en faisant 
macérer ses racines, et surtout leur 
écorce, dans du vinaigre pendant vingt- 
quatre heures, et on la fait prendre en- 
suite en substance depuis un scrupule jus- 
qu'à un gros, ou en infusion depuis un 
gros jusqu'à deux. On en prépare aussi 
un extraie avec le vin blanc et le vi- 
naigre, dont l'effet est le même, mais dont 
la dose doit être plus foible. 

Cette espèce entre dans la composition 
des pillules d'Esula de Fernel , dans celle 
de la Bénédicte Laxative, dans l'extrait 
Catholique, etc. 



E U P 

de plusieurs feuilles ovales et poin- 
tues , mais dont les petites n'ont 
que deux feuilles en forme de cœur, 
concaves , et rudes sur leurs bords : 
ces fleurs sont jaunes , et produi- 
sent trois semences rentcrmécs dans 
une capsule ronde et à trois cel- 
lules : cette plante dure deux ou 
trois ans dans un terrein sec et 
chaud , et perfectionne ses semen- 
ces annuellement ; si l'on donne à 
ces graines le tcms de se répandre , 
elles produiront des plantes qui n'exi • 
geront aucun autre soin que d'être 
tenues nettes de mauvaises herbes. 

Dendroïdes. La vingtième est ori- 
ginaire de risle de Candie et de 
plusieurs Lies de l'Archipel ; elle 
s'élève, avec une tige droite et bran- 
chue , à la hauteur de quatre pieds ; 
ses leuiiles sont oblongues , poin- 
tues et alternes ; ses fleurs , petites 
et jaunes , sortent en ombelles de 
chaque bifurcation des branches ; 
mais ne donnent que très-rarement 
des graines en Angleterre : on mul- 
tiplie facilement cette espèce par 
boutures dans tous les mois de l'été ; 
mais elle a besoin d'être mise à 
l'abri des gelées de l'hiver. 

Amygdaloides. La vingt-unieme, 
qu'on rencontre dans les forêts de 
l'Angleterre, s'élève en tige d'ar- 
brisseau à la hauteur de trois pieds : 
ses fleurs naissent en ombelles , fes- 
siles aux branches, et forment un 
long épi ; elles ont des calices teints 
d'un jaune verdâtre et des pétales 



E U P 



219 



noirs , ce qui leur donne une appa- 
rence singulière : en répandant ses 
graines sous des arbres , en automne, 
elles produisent au printems sui- 
vant , des p'antcs qui n'auront be- 
soin d'aucune culture. 

Falusais. La vingt-deuxième est 
comprise dans la liste des plantes 
médicinales , sous le titre à'Esula 
major; mais on s'en sert peu aujour- 
d'hui : elle croît naturellement en 
France et en Allemagne , dans des 
endroits marécageux, où elle s'élcve 
à la hauteur de trois ou quatre pieds; 
elle a une racine vivace , au moyen 
de laquelle on la multiplie plus ai- 
sément que par ses semences, qui 
poussent rarement , à moins qu'on 
ne les seme aussi-tôt qu'on vient 
de les recueillir. 

Oncncdlis. La vingt-troisième , 
que le Docteur Tourncfort a en- 
voyée du Levant au Jardin royal 
de Paris, a une racine vivace, de 
laquelle sortent plusieurs tiges suc- 
culentes , hautes de trois pieds , cou- 
vertes d'une écorce de couleur pour- 
pre , et garnies de feuilles oblon- 
gues, unies , de la même forme que 
celles de Saule, et d'un vert foncé. 
Les extrémités de ses tiges se divi- 
sent, et dans chaque bifurcation 
est placée une ombelle de fleurs 
d'un jaune verdâtre , qui sont rem- 
placées par des capsules rondes et 
à trois cellules , dont chacune ren- 
ferme une simple semence : cette 
espèce fleurit en Juin , et ses graines 



lyo E U P 

mûrissent en Aov'it ; on peut l.i mul- 
tiplier en divisant ses racines, ou 
en semant ses graines en automne : 
cette plante est dure , et résiste au 
plus grand froid de nos hivers , 
quand elle est placée dans un sol 
sec. 

Characias. La vingt-quatricme se 
trouve en Sicile et sur les rivages 
de la méditerrance ; elle s'élève à 
la hauteur de cinq ou six pieds , 
avec plusieurs tiges d'arbrisseau , 
couvertes d'une écorce rouge , et 
garnies de feuilles oblongucs, unies, 
émoussées et alternes ; ses fleurs 
naissent en petites ombelles , entre 
les divisions des branches ; elles sont 
jaunes, et produisent des capsules 
rondes , rudes et à trois cellules , 
comme celles de la précédente : on 
la multiplie facilement par boutures 
pendant tous les mois de l'été ; mais 
elle a besoin d'être mise à l'abri 
des gelées. 

Hiberna. La vingt- cinquième , 
qui naît spontanément en Irlande, 
d'où ses racines ont été portées en 
Angleterre , a des racines épaisses et 
fibreuses, qui poussent plusieurs ti- 
ges simples et sans branches , d'un 
pied environ de hauteur, et gar- 
nies de feuilles oblongues et alter- 
nes sur chaque côté : ses fleurs sor- 
tent en petites ombelles aux extré- 
mités des tiges , elles sont jaunes , et 
produisent des capsules rudes , bro- 
dcc's et à trois cellules : cette plante 
Pçtjrit çn Juin, et ses semences mù- 



E U P 

rissent en Août; on la multiplie par 
ses racines , qui doivent être plan- 
tées à l'ombre dans un sol humide. 

Celle ci a été autrefois presque 
la seule dont les Irlandois faisoient 
usage en médecine ■■, mais depuis 
qu'ils ont appris à se servir du mer- 
cure , ils l'ont absolument aban- 
donnée. 

Jp'os. La vingt-sixième naît spon- 
tanément dans le Levant ; elle a 
une racine noueuse et en forme 
de poire , de laquelle sortent deux 
ou trois tiges qui s'élèvent à la hau' 
teur d'environ un pied et demi , et 
sont garnies de feuilles oblongues, 
velues et alternes ; ses fleurs parois- 
sent en petites ombelles dans les di- 
visions des tiges ; elles sont petites 
et d'un jaune verdatre ; mais elles 
donnent rarement des semences en 
Angleterre : on peut multiplier cette 
espèce par les rejettons que sa ra- 
cine principale produit , en les en- 
levant en automne, pour les planter 
à l'ombre , où ils profiteront mieux 
qu'en plein soleil. 

AUppka. La vingt-septième se 
trouve dans les environs d'Alep , 
et dans d'autres parties du Levant ; 
elle a une racine vivace et rcmpante , 
par laquelle elle se multipHe forte- 
ment dans les lieux où elle est une 
fois établie ; ses tiges s'élèvent à la 
hauteur d'un pied et demi ; ses feuil- 
les basses sont étroites , fermes et 
garnies de poils hérissés ; mais bel- 
les qui couvrent la partie haute de 



E U P 
la tige, sont de la même forme que 
celles du Myrrhe à feuilles étroites : 
ses fleurs , qui sont de couleur jaune, 
sortent en larges ombelles aux di- 
visions de la tige ; elles paroisscnt 
dans le mois de Juin ; mais elles 
donnent rarement des semences 
dans notrexiimat : il hiut resserrer 
ses racines en la plantant dans des 
pots, parce qu'elles s'étendent trop 
loin quand elles sont en pleine terre. 
Crec'ua. La vingc-huitiemc espèce 
croît naturellement dans plusieurs 
parties du Levant , ainsi qu'en Es- 
pagne et en Portugal ; ses semences 
m'ont été apportées d'Alexandrette 
par le feu Docteur Mallar , qui l'a 
trouvée en très-grande abondance 
dans les environs de cet endroit : 
ce Voyageur m'a assuré avoir vu 
les habitans de ce pays rompre ces 
plantes pour en recueillir le suc lai- 
teux qu'ils mcloient avec la scam- 
monéc qu'ils préparent : les semen- 
ces de cette espèce ont été depuis 
envoyées du Portugal par Robert 
More , Efuyer; mais on la cultivoit 
déjà depuis plusieurs années dans 
les jardins Anglois : elle s'élève à la 
hauteur d'environ trois pieds , avec 
une tige d'arbrisseau , teinte de cou- 
leur pourpre , et garnie de feuilles 
étroites , en forme de lance , ve- 
lues , sessiles et alternes ; le sommet 
de cette tige est terminé par des 
ombelles de fleurs, qui forment une 
espèce d'épi ; les grandes ombelles 
sont divisées en plusieurs parties , 



E U P 131 

et les petites n'ont que deux feuilles. 
Les enveloppes des fleurs sont jau- 
nes et les pétales blancs ; elles pa- 
roissent dans le mois de Mai, et 
produisent des semences qui mûris- 
sent en Juillet : les jeunes plantes de 
cette espèce , qui ont été depuis peu 
élevées de semences, sont généra- 
lement très - fructueuses ; mais les 
vieilles, et celles qui proviennent 
de boutures, sont stériles: on peut 
la multiplier par semences ou par 
boutures , et elle réussit en plein air , 
si elle est plantée dans un sol rem- 
pli de décombres secs et à une 
exposition chaude , sans quoi elle 
est souvent détruite par les fortes 
gelées. 

Sylvatïca. La vingt - neuvième , 
qu'on rencontre dans la France mé- 
ridionale , en Espagne et en Italie , 
est une plante bis - annuelle , 
dont la racine produit deux ou trois 
tiges , hautes de deux ou trois pieds, 
et garnies de feuilles en forme de 
lance , et entières ; ses ombelles de 
fleurs sortent des divisions des bran- 
ches ; leurs enveloppes sont en 
forme de cœur, et environnent les 
pédicules de leurs bases ; ses fleurs 
sont jaunes et paroissent en Juin. 
Leurs semences mûrissent en Août; 
et si on leur permet de se répandre 
d'elles-mêmes j elles produiront des 
plantes qui n'exigeront aucun autre 
soin que d'être tenues nettes de mau- 
vaises herbes et mises à l'abri du 
soleil. 



231 E U P E U P 

Heterophylla. La trentième , dont bre de branches fort étendues , et 
' le Docteur Housvoun m'a envoyé garnies de feuilles rondes , en forme 
les semences de la Véra-Cruz , est de cœur, entières, et placées sur de 
une plante annuelle, qui seleve à longs pétioks; ses fleurs, qui sont 
la hauteur de deux ou trois pieds ; petites et de couleur herbacée , sont 
ses feuilles sont quelquefois étroites remplacées par des capsules rondes 
et entières, et d'autres fois ovales et petites, qui renferment trois se- 
ct divisées au milieu presque jusqu'à menées. 

la c<5te, en forme de violon; elles Les trois dernières espèces sont 
varient aussi dans leur couleur; les annuelles; on les seme au prin- 
iincs tirent sur le pourpre , et d'au- tems , sur une couche chaude , ce 
trci sont d'un vert clair, elles sont quand les plantes sont bonnes à 
sciées sur leurs bords , et portées sur être enlevées, on les met chacune 
de courts pétioles : ses fleurs sortent séparément dans de petits pots rem- 
cn petites ombelles aux extrémités plis de terre légère , qu'on replonge 
des branches ; elles sont d'un blanc dans la couche chaude; on les traite 
verdâtre , et produisent de petites ensuite comme les autres plantes dé- 
capsules rondes et à trois cellules. licates qui viennent des mêmes 

Ilyperici-folia. La trente-unième contrées. 
se trouve dans la plupart des Isles 

de l'Amérique , et s'éleye à la hau- euPHORBE , ou TITHYMALE. 
tcur d'environ deux pieds , avec une 

, , • 4 c 11 J^oyer Euphorbia. 

tige branchuc et garnie de réunies ■' ^ 

oblongues, ovales , unies et sciées 

sur leurs bords : ses fleurs croissent EUPHRASIA. Eufraise. 
en petites ombelles aux pétioles des 

feuilles, et recueillies en paquets C'est une plante médicinale qu' 

serrés ; elles sont blanches , et sont croit naturellement dans les campa- 

rcmplacées par de petites capsules gnes et dans les pâturages de la 

rondes , qui renferment trois se- plus grande partie de l'Angleterre , 

mences. et toujours parmi les herbes , les 

Ocymoïdes. La trente-deuxième , bruyères , les genêts épineux , &c. 

dont les graines m'ont encore été en- Comme elle ne réussiroit pas si elle 

voyées de la Véra-Cruz , par le Doc- étoit cultivée à découvert, et que 

teur Houstoun , est une plante an- ses semences ne germeroient pas 

miellé, qui s'élcve, avec une tige dans un jardin , il seroic inutile d'en 

droite, à la hauteur d'environ un donner une plus ample description; 

pied , et se divise en un grand nom- j'observerai seulement qu'on la vend 



E U P ^ E U P 135 

nir les marchés , poiir les usages de lecorce extérieure des arbres , ou 

la médecine ( i )• l'i premiere peau des racines. 

EXCORTICATION , d' Excoria- EXOTIQUES , d'f.vwic//^. Le» 

cio, opération par laquelle on enlevé P''^"'" cxot iques sont ccUes qui sont 



originaires des pays étrangers. 



(i) Quelques Auteurs recommandent 

cette pUiue comme un remède tics-éfficace la donner en poudre, depuis un qroî 

pour rétablir h vue; mais ces effets ne jusqu'à trois dans un verre d'eau de fe- 

fépondcnt point à sa réputation : si on nouil ; nuis on doit en continuer l'usage 

juije à propos de l'employer , on peut peiidant quelques mois. 




Tonte m. 



G S 



234 



FAB 

'ABA. Tourn. Inst. 7Î. F. 39I; 
féves de jardins ec Fèves de marais, 
ou Févcroilcs. 

ficia Fciha j cauh erscto j pc- 
tlolis absque cirrhis. Lin, Hor:. Cliff. 
3 65». Hon. Ups. 218. Mat. Mcd. 
353. Koy. Lugd.-R. ^66. Dalib. 
Paris. 220. 

Faba. Bank. Pin. 338. Blackw. 
t. 19. 

Bona sivè Phascolus. Dod. Pemp-, 

Bona Fava minor sivc equina. Bauh. 
Pin. 3385 Fcverolles, ou Fèves de 
cheval. 

Caractères. La fleur a un calice 
tubulc et fermé par une feuille dé- 
coupée sur les bords en cinq seg- 
mens , dont les trois inférieurs sont 
longs , et les deux supérieurs fort 
courts ; clic est papilionnacée ; son 
étendard est large , ovale et den- 
telé au bord , et les deux côtés se 
tournent en arrière après quelque 
tcms i les deux aîlcs, oblongues et 
érigées , enveloppent la carène, qui 
est beaucoup plus longue et gon- 
flée, et sous laquelle se trouvent 
les parties de la génération , réu- 
nies en une colonne presque jus- 
qu'au somniet , où elles sont divi- 
sées ; neuf de ses étamines sont join- 
tes en trois parties, et la dixième 
est séparée ; elles sont toutes termi- 
nées par des sommets ronds et in- 



F A B 

clinès : dans le fond de cette fleur 
est placé un germe cblong et com- 
primé , qui soutient un style court 
et terminé par un stiginat obtus : 
ce germe se change dans la suite 
en un légume long , applati , flexi- 
ble comme du cuir , et a une cel- 
lule remplie de semences compri- 
mées et en forme de rein. 

Tournefort a rangé ce genre dans 
la seconde section de sa dixième 
classe, qui renferme les plantes à 
fleurs papilionnacées, dont le pointai 
se change en un légume long , et 
à une cellule; et LinnÉe l'a placé 
dans la troisième section de la dix- 
septieme classe ,- dans laquelle se 
trouvent comprises celles dont les 
fleurs ont dix étamines jointes en 
deux corps ; il l'a réuni en même 
tems au Vicia , en n'admettant en^ 
tre ces deux genres qu'une seule 
différence spécifique : cependant 
comme la Fève a un légume com- 
primé et flexible comme des cuirs, 
et des semences , en forme de rein , 
et que les Vesces ont des légumes 
gonflés avec des semences rondes , 
ces deux plantes doivent être sépa- 
rées. La Fève de jardin oiFre plu- 
sieurs vaiiétés qui sont connues et 
distinguées par les Jardiniers, quoi- 
qu'elles ne diiferent pas essentielle- 
ment les unes des autres : je ne les 
décrirai point comme des espèces 



FAB FAB 135 

distinctes , et ne les joindrai point Je commencciTd par la levé de 
aux Févcs de marais , comme l'ont jardin , appelée par les Botaïustes, 
fait quelques Botanistes, qui ont F aba major , pour la distinguci de 
pensé qu'elles ne faisoient qu'une celle de cheval , qu'ils ont nom- 
seule et même espèce ; parce qu'a- mée , Faba minor , scu equina , et 
près les avoir cultivées pendant près je ne leur donnerai que les noms 
de quarante ans , je n'ai jamais re- sous lesquels elles sont connues des 
marqué que les Fèves de jardin Jardiniers, en les plaçant suivant 
aient dégénéré en Fèves de marais , l'ordre du tems où elles mûrissent. 
et que celles de marais aient paru La lève il/izçu-^izwd est la premiere 
*e rapprocher de celles de jardin, et la meilleure de toutes les espèces 
ce qui m'autorise à les regarder de Fèves printanieres que nous con- 
commc des espèces parfaitement noissons ; on l'apporte des Etablis- 
distinctes. semens Portugais , sur la côte d'Afri- 
On cultive en Angleterre un que, près du détroit de Gibralrar; 
grand nombre de variétés de Fèves ses semences sont plus petites que 
de jardin , qui different entr'c'les celles des Fèves de chevaux; mais 
par leur grosseur et leur forme ; conime les Jardiniers Portugais ne 
quelques-unes produisent leurs lé- sont pas fort soigneux , il s'en trouve 
giunes beaucoup plustôt que les ordinairement un grand nombre de 
autres , ce qui les fait préférer par mauvaises dans la quantité qu'ils cn- 
'Ics Jardiniers, parce qu'en général voient : lorsqu'on scme cette espèce 
les récoltes printanieres leur don- en Octobre , dans des endroits abri- 
ncnt un bénéfice plus considérable ; tés par des haies , des palissades ou 
c'est aussi ce qui les engage à appor- des murailles , et qu'on a soin de 
ter tout le soin possible pour amélio- donner de la terre aux plantes les 
rer celles qui sont d'un meilleur plus avancées , elles sont bonnes à 
débit sur les marchés. Comme plu- être mangées vers le milieu du mois 
sieurs espèces de semences sont su- de Mai : comme les tiges de cette 
jettes à dégénérer quand elles ont espèce sont fort minces , il est né- 
ctélonç-tems cultivées dans la même cessaire de les soutenir avec des 
terre , on doit s'en procurer tous ficelles fixées contre la haie ou la 
les ans de nouvelles, soit des pavs palissade , ce qui les garantira en- 
étrangers , soit de quclqu 'endroit core des gelées du matin , qui sont 
un peu éloigné , dont le sol soit quelquefois assez fortes au prin- 
d'une nature différente; c'est le seul tems, et qui retardent leur accrois- 
moyen de conserver plusieurs va- sèment. Ces Fèves se multiplient 
riètés dans leur perfection. prodigieusement ; mais comme elles 

G g i 



î.,^ FAB 

mûrissent toi^tes ensemble de très- 
bonne hcin-c , on ne peut januis 
faire plus d'une recoke sur les mê- 
mes plantes : en conservant les se- 
mences de cette espèce deux an- 
nées en Angleterre , les Févcs de- 
viennent beaucoup plus grosses , et 
ne mûrissent pas aussi-tôt ; c'est ce 
qu'on nomme abâtardissement (i). 

La suivante est la Fève printa- 
nicre de Portugal , qui paroît être 
Fespcce Maïa^ane conservée en Por- 
tugal , car clic ressemble Fort à 
celle qu on garde un an en Angle- 
terre ■■, c'est celle dont les Jardiniers 
font le plus d'usage pour leur pre- 
mière recoke , mais elle n'a pas un 
goût aussi agréable que la Maza- 
ganc ; ainsi cette dernière doit tou- 
jours être préférée quand on peut 
s'en procurer. 

Celles qui viennent après sont 
les petites Fèves d'Espagne , qui 
sont meilleures que les précédentes, 
et qui doivent par conséquent être 
préférées. 

La large Fève d'Espagne est un 
peu plus tardive , mais elle précède 
cependant les espèces communes i 



\ I ) On fait entrer la farine de Fè\es de 
Marais dans lés cataplasmes, qu'on ,-ppli- 
quc stiv les tumeurs , pour les faire ré- 
sotuire ou suppurer. 

On s'en est quelquefois servi encore 
en forme de bouillie , pour arrêter ks 
«ours de ventre» 



F A B 

comme elle prcdirit beaucoup, ont 
la multiplie abondamment. 

La Févc de Sandwich vicHt bien- 
tôt après celle d'Espagne ; elle est 
presque aussi large que la Fève de 
Windsor ; comme elle e>t plus dure, 
on la seme ordinairement un mois 
plutôt; el'e produit en abondance,, 
mais elle n'est pas aussi délicate; 

la Fève de Toker mûrit à-peu- 
près dan-s le même tem.s que celle 
de Sandwich; elle produit beaucoup , 
ce on la plante en grande quantité , 
quoiqu'elle soit une grosse Fève. 

Celles à fleurs blanches et noires, 
sont fort estimées ;^les Fèves de la 
précédente espèce sont presqu'aussi 
vertes que les pois , quand elles sont 
bouillies , et sont assez douces ; ce 
qui les rend plus recommandables. 
Ces espèces sont fort sujettes à dé; 
générer , si leurs semences ne sont 
pas conservées avec grand soin, 

La Fève de Windsor est regardée, 
comme la meilleure de toutes pour 
la table: quand elle est plantée dans 
nn bon sol , et qu'elle a assez de 
place , elle produit beaucoup et de- 
vient très-grosse ; si on la mange 
jeune , elle est plus douce et de 
meilleur goût que les autres espè- 
ces : mais il faut la conserver avec 
soin ., en arrachant les plantes quÊ 
ne sont pas p.irfaircs , et choisir en- 
suite les plus belles pour semences. 

On ne plante giieres cette espèce 
avant Noël , parce qu'elle ne résiste, 
pai à la gelée aussi bien que plu.- 



FAB 

«curs autres -, mais la grande ré- 
colte s'en fait en Juin et en Juillet. 
On cultive géncialcmcnt les Fèves 
printanicres sur des plates-bandes 
chaudes , contre des murailles, des 
palissades ou des haies, et Ton ob- 
serve que celtes qui sont les plus 
voisines de cet abri mûrissent les 
premieres. Je ne puis m'empéchcr 
de bklmcr ici une très-mauvaise mé- 
thode qu'on pratique géncralemenc 
dans les potagers des GciiiiLhon-i- 
mes ; elle consiste à planter des Fè- 
ves contre les murailles les mieux 
exposées, au-de\'ant des arbres frui- 
tiers , auxqi'.els elles nuisent plus 
qu'elles ne peuvent rapporter : on 
feroir beaucoup mieux d'élever quel- 
ques hai&s basses de roseaux au mi- 
lieu des carreaux du jardin pota- 
ger , pour servir d'abri aux Fèves 
et aux Pois printaniers ; on pourra 
alors les couvrir plus aisément pen- 
dant les fortes gelées , et fixer leurs 
branches à mesure qu'elles croissent, 
que si elles étoient placées con; te 
une muraille , où elles endomma- 
geroknt considérablement les ar- 
bres , en les on>brageanî et en les 
privant de leur nourriture. 

LesFéves quiontétèplantéesdans 
le commencement du mois d'Oc- 
tobre , pousseront dans les premiers 
jours de Novembre; quand elles au- 
ront atteint la hauteur d'un pouce , 
on amoncellera la terre autour de 
leurs racines avec une houe, et 
ca réitérera cette opération deux on 



F A B 137 

trois fois , à mesure qu'elles feront 
des progrès, pour fortifier leurs ti- 
ges et les garantir de la gelée ; si 
l'hiver est fort rigoureux, il sera pru- 
dent de les couvrir avec une litière 
légère qu'on ôtera toujours dans les 
tems doux , pour qu'elics ne fient 
point; on peirt aussi préserver îeun 
racines de la gelée , en couvrant 
la terre des plates bandes avec dci 
vieux taiT. 

Au printenis , lorsque les Fèves 
ont acquis un pied de hauteur, on 
les att.Tche aussi près de la haie qu'il 
est possible , pour empêcher que 
les gelées qui se iorit sentir encore 
assez fortement dans les mois de 
Alan et d'Avril ne les fassent périr, 
ou ne les couchent sur la terre. Les 
rejettons qui poussent des racines en 
cette saison , doivent être bien con- 
servés , parce que ces gelées retar- 
dent l'accroissement des plantes, €t 
les empêchent de produire de bonne 
heure. Lorsque les fleurs commen- 
cent à s'ouvrir vers le bas des ti- 
ges , on en retranche les sorAiners 
en les pinçant , pour faire avancer 
les premiers légumes ; en observant 
ces règles , et en tenant la fcne 
nette de mauvaises herbes , on sera. 
, presque toujours assurédc la réussite^ 
Mais dans la crainte que cetre 
pren.ière récoke ne soit détruitre 
par la gelée , il est absolument né- 
cessaire de planter de nouvelles Fè- 
ves environ trois scmaHies après les 
premieres, et de répéter ccucope- 



z3!? FAB FAB 
ration chaqucs trois semaines ou coup plus de Fcvcs -que si cllcj 
chaque mois , juiqn en Février : on étoicnt rapprochées au double. Le 
pci;t en placer quelques-unes vers soin principal qu'exigent ces légu- 
le mois de Novembre ou au com- mes , est de les débarrasser cons- 
menccment de Décembre , sur des tammcnt de toutes les herbes inu- 
clévations ou pentes, aune petite tilcsqui les privercientde leur nour- 
distance des haies ; celles-ci ne pa- riturc , de continuer toujours à tirer 
roîtront point avant Noël, et ne la terre autour des tiges, et de 
seront pas aussi exposées que celles pincer leurs somn:cts lorsqu'elles 
de la premiere et de la seconde sont en ficurs ; parce qu'ils attire : 
plantation , qui auront alors une roicnt toute la sève , et qu'ils em- 
.hauteur assez considérable, sur-tout pccheroient les légimes de se fur- 
si l'on a soin de couvrir les deinicrcs mer au bas de la plante. Il faut aussi 
avec du tan, pour empêcher la ge- avoir attention de choisir pour les 
lée d'y pénétrer : ce qu.i a été dit dernières récoltes une terre humide 
en premier lieu suSra pour le trai- et forte , car elles seroient médio- 
tcment de celles-ci, en observant cres dans uiic terre sèche et légère, 
seulement que les plus grosses Fèves Ces dernières plantations doivent 
doivent être séparées par de plus être faites à quinze jours d'inter- 
grands interval'cs que les pet tes , valle , depuis le milieu de Février 
et que les premieres plantées ont be- jusqu'au milieu du mois de Mai; 
soin d'être placées plus près les unes mais après ce tems il n'en faut plus 
des autres, en cas que quelques- planter, à moins que la terre ne 
unes viennent à manquer : ainsi soit très-rorte et humide, car dans 
dans un rang siiuple , on les plante un sol sec et léger, les Fèves des 
à deux pouces de distance , et celles dernières récoltes sont ordinaire- 
des troisième et quatrietr.c planta- ment attaquées par des insectes noirs 
tions , à trois pouces : celles qu'on qui couvrent toutes les parties hau- 
a placées sur des élévations, doivent tes des tiges, et les font bientôt 
être éloignées d'un pied et demi , périr. 

cr celles de Windsor , d'un pied Les Fèves destinées à [servir de 

entre les rangs , et de cinq ou six semences , doivent être plantées à 

pouces entr'ellcs. On trouvera peut- part , en rang , et en quantité pro- 

être que ces distances sont trop con- portionnée au besoin qu'on en a : 

siuèrabies ; mais plusieurs années elles exigent le même traitement que 

d'expérience m'ont prouvé que la les autres; mais il faut avoir attention 

même piece de terre , plantée sui- de conserver toujours pour semen- 

vant ces ilimensions , produirai beau.- ces les premieres qui mûrissent , 



FAB 
car les dernières ne sont jamais ni 
aussi grosses ni aussi belles; de sorte 
que si on destinoit la dernière ré- 
colte à être vendue , elle ne rap- 
porteroit pas autant que les pre- 
mieres , et ce qu'on gagneroit sur les 
autres seroit perdu sur celle de se- 
mences. Ceux qui désirent conser- 
ver les différentes variétés dans 
toute leur perfection , ne doivent 
jamais laisser croître trop près les 
unes des autres deux espèces des- 
tinées à fournir des graines , afin 
que leurs poussières séminales ne se 
mêlent point; mais comme elles 
sont sujettes à varier, pour con- 
server les espèces printanieres dans 
leur perfection , on doit garder pour 
semences celles qui mûrissent de 
bonne heure ; ce qui n'est pas or- 
dinairement pratiqué , parce qu'a- 
lors elles sont plus chères. 

Quand les semences sont mûres, 
il faut arracher les tiges, et les dres- 
ser contre une haie, pour les faire 
sécher , en observant de les retour- 
ner tous les trois jours ; après quoi 
on peut les battre et les nettoyer , 
en ôtant toutes celles qui ne sont 
pas belles. 

La méthode de changer de tems 
en tems les semences de toutes les 
espèces de Fèves, et de ne pas les 
semer trop long-tcms dans la même 
terre, est très-bonne ; car sans cela 
elles ne réussissent pas aussi bien : 
ainsi quand la- terre où elles doi- 
vent être plantées est forte , il sera 



F A B 



239 



bon de se procurer des semences 
d'un sol plus léger ; par ce moyen 
les récoltes seront plus abondantes 
et les Févcs plus belles , et moins 
sujettes à dégénérer. 

Après avoir dit ce qui convient 
pour la culture des Fèves de jar- 
dins , je vais donner des instruc- 
tions pour les Févcs de chevaux , 
qu'on cultive dans les champs. 
Fa es de chevaux j ou la Fcverol/e. 
On en connoît deux ou trois 
variétés, qui different dans leur gros- 
seur et leur couleur : celles qui sontf 
les plus estimées , et qu'on nomme 
Fèves de Tic, Tuk Beans, ne crois- 
sent pas aussi hautes que les autres, 
mais elles produisent plus abondam- 
ment , et réussissent mieux sur une 
terre légère que les Fèves de che- 
vaux communes ; ce qui les fait 
préférer. 

Les Fèves de chevaux se plaisent " 
dans une terre forte et humide , 
et à une exposition ouverte, car 
elles ne profitent jamais bien dans 
une terre sèche et chaude , ni d^ns 
de petits enclos , où elles sont sou- 
vent attaquées de la nielle , et par 
les insectes noirs , que les Fermiers 
appellent Dauphins noirs , qui , pres- 
que toujours , sont en si grande 
quantité , qu'ils couvrent la totalité 
des tiges , et sur - tout les parties . 
hautes. Toutes les fois que cet ac- 
cident arrive, les Fèves sont rare- 
ment bonnes ; au lieu que dans les 
champs ouverts , et où le sol est 



140 FAB , FAB 

fort , elles sont à l'abri de ce fléau, ne doivent avoir que cinq ou six 

On seme ordinairement ces Fèves pouces de profondeur ; pour cet cfFet 

sur une terre nouvellement labou- on laboure la terre en automne , 

rce, parce qu'elles ont la propriété et on la laisse en rigoles jusqu'a- 

'dc l'ameublir et de détruire les mau- près Noël ; alors on lui donne un 

vaises herbes; en sorte qu'après une second labour en petits sillons, et 

récolte de Fèves , le sol est beau- on la herse pour la mettre de ni- 

coup plus propre à recevoir du fro- veau ; la terre étant ameublie par 

ment, sur-tout si ces légumes ont ces deux premieres cultures, on la 

été semés et traites suivant la nou- laboure pour la troisième fois en 

velle méthode du labourage, avec rigoles peu profondes , dans Ics- 

une charrue à rigoles, et une houe quelles on seme les Fèves. 

à cheval , pour nettoyer la terre en- On seme ordinairement ces légu- 

tre les rangs , empêcher l'accrois- mes trop drû , car les uns les ré- 

seme.it des mauvaises herbes , et pandcnt sur les rigoles, et d'autres 

ameublir la terre; parce moyen avant le dernier labour, pour les en- 

on se procure une récolte de Fèves terrer avec la charrue ; les semences 

beaucoup plus abondante , et la se trouvent par ces deux méthodes 

terre se trouve mieux préparée pour trop serrées, de sorte que si elles 

y semer quelques graines que ce sont dans une terre riche et forte, 

soient. les plantes filent presque toujours à 

La saison la plus propre pour se- une très-grande hauteur , et ne pro- 
mcr ces Fèves , est depuis le mi- duisent pas autant de légumes que 
lieu de Février jusqu'à la fin de si elles avoient plus de place et 
Mars, suivant la nature du sol; ètoicnt d'un crû plus bas; c'est pour- 
le plus fort et le plus humide doit quoi je suis convaincu, par plusieurs 
toujours être ensemencé le dernier : essais, que la meilleure méthode est 
la quantité ordinaire de Fèves pour de les mettre en sillons éloignés de 
un acre de terre , est d'environ plus de deux pieds et demi , ce qui 
trois boisseaux; mais on n'en em- les fait brancher et les oblige à 
ploie que la moitié par la nouvelle pousser plusieurs tiges, qui produi- 
mèthodc : je commencerai d'abord sent une plus grande quantité de 
par l'ancienne , et je donnerai en- Fèves que si elles ètoicnt plus ser- 
suite des instructions nécessaires pour rèes : on épargne ainsi la moitié de 
mettre en pratique ce qui est près- la semence , et les Fèves mûrissent 
crit par la nouvelle. L'usage ordi- beaucoup plutôt et plus également, 
naire est de semer après la char- puxe que l'air et la chaleur du so- 
me, dans le fond des sillons , qui leil circulent plus librement entre 

les 



FAB F A B 241 

les rangs que dans la méthode cr- les ont été quelques jours sur la 

dinaire. terre, et retournées plmicurs fois. 

Ce qu'on vient de dire ne con- jusqu'à ce qu'elles soient sèches , on 

cerne que l'ancienne pratique ; mais en forme des paquets, que l'on dresse 

quand on veut semer les Fèves sui- pour en dissiper toute l'humidité, 

vant la nouvelle méthode , il est et qu'on met ensuite à couvert. 

nécessaire de donner quatre labours Le produit ordinaire d'un acre de 

avant de planter, afin que les mottes terre planté en Fèves, est de vingt, 

soient mieux brisées , et que la terre vingt-cinq , et quelquefois trente 

soit plus meuble; après quoi avec une boisseaux. 

charrue à rigoles, à laquelle on fixe II faut mettre les bottes de Fèves 
une sautille , on creuse des sillons « en monceaux , pour les faire suer 
à trois pieds de distance, et on avant de les battre ; car leurchau- 
attache le ressort de la sautille de me étant fort gros et succulent, il 
manière que les Fèves se trouvent est sujet à devenir humide ; mais 
plantées à trois pouces de distance cette humidité ne peut jamais en- 
dans les rigoles ; par ce moyen un dommagcr les Fèves quand elles 
boisseau de graines sera plus que ont été d'abord bien sechécs avant 
suffisant pour planter un acre en- d'être mises à couvert, parce qu'a- 
tier : quand les Fèves ont pousse, lors les cosses les préservent de tout 
on laboure la terre entre les rangs, accident : elles seront plus aisées à 
avec une houe à cheval , pour dé- battre lorsqu'elles auront sué en 
truire les mauvaises herbes 5 et lors- monceaux ; cette humidité étant nue 
que les plantes ont trois ou quatre fois desséchée , elles demeureront 
pouces de hauteur , on nettoie en- toujours sèches par la suite, 
core une fois la terre entre les rangs, Par la nouvelle méthode , le pro- 
et on en garnit les tiges ; cinq ou duit a surpassé celui de l'ancienne 
six semaines après on recommence de plus de dix boisseaux par acre : 
cette opération pour la troisième si l'on examinoit les plantes culti- 
foisi alors la terre sera nette , et les vèes suivant l'ancien usage , on trou- 
plantes jetteront une grande quan- veroit plus de la moitié de leurs 
titè de branches, qui donneront une tiges sans légumes , parce qu'ayant 
récolte plus abondante que par la été semées trop serrées , elles ont 
méthode ordinaire. filé, et se sont afFoiblies de façon 

Quand les Fèves sont mures , que les sommets seuls ont produit 

on les arrache avec un crochet , quelques graines , pendant que le 

comme on le pratique ordinaire- bas des tiges est resté nud ; par la 

ment pour les Pois ; et après qu'el- nouvelle méthode , au contraire , les 

Tome IIL H h 



^1- FAB 

plantes produisent des Fcves dans 
presque toute leur luiigucur j et 
comme leurs nœuds sont plus rap- 
prochés , les .'tgumes croissent aussi 
plus prcs les uns des autres. 

En 1745 j'ai f<iit l'expérience 
suivant-,-, en plantant une piece de 
tene de onze acres en Fèves , dans 
le Comté de Ecrk, 

L'Homme d'affaires d'un Gentil- 
homme , cntcté de ses anciens usa- 
ges, avoir persuadé à son maître, < 
q'i'il servoic depuis long-tcms, de 
n'en point changer; cependant j'ob- 
tins que la moitié d'une piece de 
terre, q"i lui apparcenoit , seroit 
pLmtée suivant l'ancien usage, en 
lui laissant le choix de sa moitié , 
et que l'autre me scro;t abandonnée 
pour y mettre en pratique les nou- 
velles méthodes du labourage ; l'été 
ayant été humide , les pla.ues de 
sa partie devinrent hautes et tortcs, 
mais ne protUiisirent des légumes 
qu'aux extrémités de leurs tiges ; 
et t]uand elles furent battues , on 
n'en recueillit que vingt- deux bois- 
seaux par ucre , au lieu que l'autre 
moitié lut du rapport de quarante 
boisseaux , sur une même étendue 
de tcrtc. 

FABA yïGIPTiACA. ARUM 
^GYPTIACUM, ou ARUM CO- 
LOCASIA. 

FABA CRASSA. SEDUM ANA- 
CAAiPbLRUS. . c. : .... .. 



F A G 
FABAGO. r. Zygophyllum 
Fabago. L. 

FAGARA. Brown. Hist. Jam. t. 
y f. I ; Lois de fer. 

Caractdrss. Les plantes de ce 
genre ont des fieurs maies et her- 
maphroditcs sur différents pieds > 
les mâles, qui sont stériles , ont de 
petits calices légèrement découpés 
en quatre segmens; elles n'ont point 
de pétales , mais seulement six éta- 
mines terminées par des sommets 
ronds : les fleurs femelles ont des 
calices persistans , plus gros , et 
formés par une feuille concave , 
t]Katre pétales entièrement ouverts , 
quatre étamines couronnées de som- 
mets ovales et \m germe oval , qui 
soutient un style mince et surmonté 
par un stigmat obtus ; ce germe 
devient ensuite une capsule globu- 
laire à deux lobes , qui renferment 
deux semences. 

Ce genre de plantes est rangé 
dans la premiere section de la qua- 
trième classe de Linnle , qui a 
pour titre , Tétandrie mono°yme ; 
mais elles devroient être placées 
dans la sixicm.e section de sa vingt- 
trois'eme classe , parce que leurs 
fleurs mâles et hermaphrodites sont 
portées par des pieds différents, et 
qu'elles ont six étamines ; il a été 
cntrua.é dans cette erreur par Jac- 
qnin, qui n'a vu et décrit que les 
fleurs hermaphrodites. 



FAG 

Les espèces sont : 
I °. Fagara ptcrota j folïolis einar- 
gïnatis. Amœn. Acad. 5. p. 393. 
Mat. Med. p. ^ i ; Fagara dont les 
lobes sont échancrés au sommer. 

Lauro qffinis , Jasmini alato folios 
costâ mediâ membranulïs utrinque ex- 
lantihus alatu j lïgno dur'uïe ferro 
vix cedens. Sloan. Hist. Jam. I 3 7. 
Hist. z. p. 15. t. 161. f. I; Bois 
de fer. 

Schinus fûiiis pinnatis j foliolis 
ohlongis , petiolo marginato j articu- 
lato 3 inermi. Lin. Mat. Med. 533. 
Sp. PL I. p. 389. Edit. 3. 

Pterota sub-spinosa 3 foliis mino- 
ribus per pinnas marginato - alatas 
disposais , spicis geminatis alaribus. 
Brow. Jam. 14(3. t. y f. i. 

1**. Fagara Tragodes , articulis 
pinnarum subtus acuUatis. J acq. Amer. 
11. t. 14; Fagara dont les feuilles 
et les nœuds sont armés d'épines. 

Squinus tragodes. Lin. Sp. Plant. 
I. p. 16^. Edit. 3. 

Squinoïdes petiolis subtùs acuUa- 
tis. Hort. Cnff. 489. 

Rhus obsoniorum similis j lepto- 
phyllos Tragodes, Americana jspinosa, 
rachi medio appendiculis aucto Pluk. 
Aim. 3 19. t. 107./ 4. 

Pterota. La premiere espèce 
croît naturellement dans les parties 
les plus chaudes de l'Amérique; le 
Docteur Houstoun l'a trouvée à 
Campcche , d'où il m'en a envoyé 
quelques échantillons en fleurs , 
mais desséchés J qui m'ont convaincu 



F A G 



145 



qu'il y a dans cette espèce des ar- 
bres à rîcurs mâles stériles : elle 
s'élève , avec une tige ligneuse , à 
la hauteur de vingt pieds, et p.oussc, 
dans la plus grande partie de sa 
longueur , des branches garnies de 
petites feuilles ailées , qui ont cha- 
cune quatre ou cinq lobes ; ses Heurs 
sortent des côtés des branches qua- 
tre ou cinq ensemble, sur de courts 
pétioles. 

Tragodes. J'ai placé ici la seconde 
espèce, d'après LinnÉe , quoique 
je ne sois pas assuré qu'elle doive 
y être unie, parce que ses plantes, 
qu'on voit dans les jardins de 
Chelsea, quoiqu'assez fortes, n'ont 
point encore fleuri ; elle paroit ce- 
pendant s'accorder avec la premiere 
par son apparence extérieure. 

Ces deux espèces sont tendres, 
et doivent être tenues constamment 
dans la couche de tan de la serre 
chaude ; on les multiplie par se- 
mences et par boutures. 

FAGONIA. Tourn. List. B. H. 
26 J. r. 141. Lin. Gen. Plant. 475. 

Cette plante a été ainsi nommée 
par le Docteur Tournefort, en l'hon- 
neur du Docteur Fagon , Sur-In- 
tendant du Jardin Royal à Paris. 
La Fagon. 

Caractères. La fleur a un calice 
étendu et composé de cinq petites 
feuilles , une corolle à cinq péta- 
les en forme de cœur , entièrement 
ouverts , et étroits à leur base 
où ils sont insérés dans le calice, 
Hh z 



244 FAG 

et dix" éramines érigées et termi- 
nées par des sommets ronds, dont 
le centre est occupé par un germe 
à cinq angles , qui soutient un style 
en lorme d'alêne , surmonté d'un 
stigmat simple ; ce germe se change 
Jans la suite en une capsule ronde , 
à cinq lobes , terminée en une 
pointe , et à cinq cellules , dont 
chacune contient une semence ronde. 

LinnÉe ran"e ce Ërcnre dans la 
premiere section de sa dixième classe, 
qui comprend les plantes dont les 
fleurs ont dix étamines et un style. 

Les espèces sont : 

I °. Fagonia Cretka spinosa j fo- 
IloUs lanceolatïs , planls 3 lAVÏbus.- Hon. 
Upsal. lOV K/iiph. Cent. 8. /z. 41 ; 
La Fagon épineuse , dont les feuilles 
sont unies , en forme de lance , 
et planes. 

Fagonia Crccka spinosa. Tourn. ; 
Treffic épineux de Candie. 

Trifolium spinosum Crcticum. Bauh. 
Pin. ',30. Prodr. 141. Clus. Hist. 
2. /'. 24. 2. 

2"^. Fdgofiia Hispanica , inermis. 
Lin. Sp. Plant. 553. Edit. 3 _; La 
Fagon sans épines. 

Fooonia Hispanica j non spinosa. 
Tourn. Inst. 265; Fagon d'Espagne 
sans épines. 

3 ° . Fagonia Arabica j spinosa j 
folioUs linearibus conve.vis. Lin. Sp. 
Plant. 553. Fdit. 3 ; Fagon épi- 
neuse , à feuilles étroites et con- 
vexes. 
■ Fagonia Arabica j longissimis acu- 



F A G 

lâs annata. Sh.aw. PL Afr. 2 2 9 ; 
Fagon d'Ar^ibic , rirmé de très- 
longues épines. 

Crctica. La premiere espèce , qui 
se trouve dans l'Islc de Candie , a 
été décrite par quek]ues Botanistes 
sous le titre de Trifolium spir.csum 
Crctici.m , ce qui m'a engagé à lui 
donner le nom de Trcffîe cpineux 
de Crète , quoique ces plantes n'aient 
d'autres rapports que d'avoir trois 
leuilies ou lobes sur le même pé- 
tiole. 

Cette plante est basse , et étend 
SCS branches tout près de la terre; 
elles sont longues d'environ un 
pied , et garnies de petites feuilles 
à trois lobes , ovales et opposées ; 
de chacun de leurs nœuds , immé- 
diatement au-dessous des feuilles , 
sortent deux paires d'épines , pla- 
cées sur chaque côté de la tige : 
aux mêmes endroits naît une fleur 
simple et bleue , portée par un 
court pédoncule , et composée de 
cinq pétales en forme de lance , 
étroits à leur base et insérés dans 
le calice : lorsque ces pétales sont 
tombés , le germe se change en 
une capsule ronde , à cinq lobes , 
terminés en pointes aiguës , et à 
cinq cellules , dont chacune ren- 
ferme une semence ronde ; cette 
plante fleurit en Juillet et en Aoûtj 
mais ses semences ne mûrissent en 
Angleterre que dans les années fort 
chaudes. 

Hispanica. La seconde est ori- 



FAG FAG 24J 

ginairc d'Espagne ; elle diffère de semer dans des pots, les placer sous 

h premiere en ce qu'elle est unie , un châssis en hiver , les enlever 

et que ses branches n'ont point d'é- hors des pots au printems siii- 

pines; elle subsiste d'ailleurs pen- vant , et les planter dans une 

dant deux ans , au heu que la pré- plate-bande chaude , où elles fleu- 

ccdente est annuelle. riront de bonne heure , et pourront 

Arabica. La troisième , qui a été produire des semences mûres : oa 

découverte en Arabie , par le feu peut traiter de même les deux au- 

Docteur Shav, est une p;àn:e basse, très espèces; comme elles ne flcu- 

à tige d'arbrisseau , de laquelle sor- rissent que dans la seconde année , 

tent plusieurs branches foibles et ar- il faut les tenir dans des pots qu'on 

mées de longues épines ; ses teuil- couvre d'un châssis en hiver : on 

les sont épaisses , étroites et con- les placera dans un lieu chaud , où 

vexes en-dessous , et ses fleurs nais- elles puissent cn-c mises à couvert 

sent de la même manière que celles avec des nattes , pour les préscr- 

de la premiere. ver de la gelée : la seconde espèce 

Ces plantes se multiplient par fleurira dans le second été , et pro- 

leurs graines , qu'il faut semer sur duira des semences mures ; mais la 

une plate-bande de terre fraiche et troisième n'a point encore perfec- 

légere , où elles doivent rester , tionné ses graines en Angleterre, 
parce qu'elles ne souffrent pas vo- 
lontiers la transplantation ; quand FAGUS. Toum. Inst. R. H. 584. 

elles poussent , on les éclaircit à r.^^. 351. Lin. Ccn. Plant, u 16. 

la distance de dix pouces ou d'un Edic. 3 , ("ainsi ajipelée de çâya 

pied , et on les tient nettes de mau- gr. parce que cet arbre est sup- 

vaises herbes. C'est toute la culture posé avoir été la nourriture de la 

qu'elles exigent. premiere race du genre humain }. 

La premiere espèce est annuelle , Hêtre. Fau , ou Fayard. 
et perfectionne rarement ses se- Le même arbre porte des fleurs 

menées en Angleterre , à moins maies et des . fleurs femelles ; les 

, que la saison ne soit très- favorable ; mâles sont recueillies en têtes glo- 

c'est pourquoi la meilleure méthode bulaires ; elles n'ont point de pé- 

est de répandre ses graines sur une talcs , mais seulement plusieurs éta- ' 

plate-bande chaude , en automne, mines renfermées dans un- calice 

et de les tenir à l'abri des gelées formié par une feuille , et terminées 

avec des nattes , ou quelqu'autre par des sommets obloncs ; les fleurs 

couverture ; on peut également les femelles , qui sont également sans 



Z4(^ FAG 

pccalcs , ont un calice divisé en 
*]iiatrç partie? ; leur gcmic est fixé 
au Ctilice et soutcac tiois styles 
couronnés par des stigmats rcHé- 
chis ; ce gernic devient, quand la 
Heur est passée , une capsule ronde, 
famée d'épines mâles , qui s'ouvre 
en trois cellules , dont chacune 
renferme une noix triançulairc. 

Ce genre de plantes est rangé 
d.uis la huitième section de la vingc- 
unieme classe de LinnÉe, qui com- 
prend cel'es qui ont des fleurs mâ- 
les et Femelles sur le même pied , 
et dont les fleurs mâles ont plu- 
sieurs ctamines ; le même Auteur a 
joint à ce genre celui du Châtai- 
gnier ; mais comme les Heurs mâles 
de ce dernier sont recueillies dans 
de longs chatons , et que celles du 
Hêtre sont globulaires et produisent 
un fruit triangulaire , Us doivent 
être séparés. 

Nous n'avons qu'une espèce de 
ce genre , qui est le 

Fagiis sylvatica , foins ovatis ob- 
solete scrratis. Hort. Cliff'. 447. FI. 
Suec. 7S5. 871. Roy. Lugd.-B. "]<). 
Mat. Med. 418. Dallh. Paris. 294. 
Ncck. Gallob. p. 39.1. 

■' Fagus. Dod, Pempt. 'ài,i. Bauh. 
Pin. 41.9. Cam. Epit. iz ; Hêtre à 
feuilles ovales et sciées à dents usées. 

Fagus foliis ovato - lanceola:is , 
ovis undulacis. Hall. Helv. n. \6ii. 

Castiin€a Fagus, Scop. Carn. Ed. 
>!• H 8 S, 



F A G 

Q.îclqucs jLU-diniers sont dans 
l'opinion qu'il y a deux espèces de 
Hêtre , l'une qu'ils appellent Hêtre 
de montagne , qu'ils disent être 
d'un bois plus blanc que l'autre * 
et qu'ils distinguent sous le titre de 
Hêtre sauvage ; mais il est certain 
que cette différence d.uij la couleur 
du bois , n'est occasionnée que par 
la diversité des sols ou ils croissent, 
et que du reste ils s'accordent par- 
faitement par leurs caractères spé- 
cifiques. On nous a apporté de 
FAmérique septentrionale des grai- 
nes de Hêtre , sous le nom de 
Hêtre à larges feuilles -, mais les 
plantes qu'elles ont f roduites se sont 
trouvées exactement les mêmes que 
celles de Fespcce commune : cet ar- 
b.e ne produit aucune autre variété 
que celles à teuiiles panachées, qui 
n'est cju'accideritelle , puisqu'elles 
reprennent leur teinte unie lors- 
que les plantes sont en pleine vi- 



gueur. 



On multiplie facilement cet ar- 
bre en semant ses fruits depuis le 
mois d'Octobre jusqu'en Février ; 
mais la meilleure méthode est de 
les mettre en terre aussi- tôt qu'ils sont 
mûrs, en les abritant, autant qu'il est 
possible , des insectes destructeurs. 
Une petite piece de terre suffira pour 
élever un grand nombre d'arbres 
par semences ; mais il faut avoir 
grande attention de les tenir net- 
tes de mauvaises herbes •, et si les 



FAG 

plantes poussent h. rt serrées, on ne 
doit pas manquer d'arracher les plus 
forts dès l'automne suivant , afin de 
donner aux f.utres assez de place 
poi:r se dcvcloppcr : si l'on cultive 
avec soin lij.e ccudîc de semences , 
elle produira au bout de trois an- 
nées de tics -beaux sujets, qu'on 
pourra fiiettre alors en pépinière , 
en laiisant entr'eux dix huit pouces 
de distance , s'ils sont destines à 
donner du bois de charpente , et 
trois pieds entre ch.ique rang. 

Si l'on destine ces arbres à être 
mis en haies, pour lesquelles ils sont 
très-propres , il suffira de leur don- 
ner un pied d'intervalle entr'cux , 
et deux pieds entre chaque rar.g ; 
on les laissera deux ou trois ans 
dans cette pépinière, on les tiendra 
conscamn-.eiJt nets , et on labourera 
la terre entre les rangs au moins 
une fois chaque année , afin que 
leurs tendres fibres puisent mieux 
s'étendre à chaque côté ; mais en 
faisant cette opération , on doit évi- 
ter de froisser ou de couper leurs 
racines, parce que la moindre bles- 
sure qu'elles reçoivent leur est très- 
nuisible : on ne doit point non plus 
labourer la terre en été ; car on 
s'exposeroit à tout perdre en don- 
nant passage aux rayons du soleil , 
qui dessécheroient bientôt les raci- 
nes déhcates de ces jeunes plantes. 

Cet arbre s'élève à une hauteur 
considérable , même dans des sols 
pierreux et stériles , ainsi que sur 



F A" G 



247 



les pentes des collines et sur les 
montagnes de craie , oii il résiste 
au vent mieux que la plupart des 
autres arbres. Mais lorsqu'on se 
propose de le planter duns de pareils 
terreins, il faut établir des pépiniè- 
res iur un sol semblable ; car ji ces 
arbres sont élevés dans une bonn^ 
terre et à une expos, tion chaude j 
et transplantés ensHire dans un lieu 
froid et stérile , ils auront beaucouo 
de peine à profiter; ce qui arrive 
aussi à toutes les autres plantes : 
c'est pourquoi je conseille de for- 
mer des pépinières si'r les mêmes 
sols où la plantation doit être faite; 
mais je traiterai cette matière en 
détail dans l'article Pépinière. 

Cet arbre est propre à former . 
des haies pour entourer des plan- 
tations ou de grands endroits dé- 
serts; on peut lui donner une forme 
réguhere en le taillant deux fois 
l'année, sur -tout si ses branches 
sont fortes ; mais s'il est nédigé 
seulement pendant une saison ou 
deux , il sera difficile de le rap- 
procher et lui rendre sa forme. 
L'cm.bre de cet arbre est fort nui- 
sible à la plupart des plantes ; mais 
elle est géiiéralemen: regardée com- 
me très-sahitaire aux hommes. 

Le bois du Hitre sert à taire àcs 
assietres, des plats, des baquets, etc. 
les Menuisiers l'emploient aussi dans 
la constrriction des chaises , des 
lits et des cerrurils. Ses fruits , 
qu'on nomme faînes ovt fouesnes, 



14? F A. R 

sont très-propres à nourrir les porcs 

et les bêtes fauves ; on en cire une 

huile douce et saine , et les pauvres 

en Font du pain dans les années de 

disette. 

Le Hêtre se plaît dans un sol de 
pierres et de craie , où il fait en 
peu de tems de très-grands pro- 
grès; dans ces sortes de tcrrcins son 
ccorce est unie et luisante; et quoi- 
que son bois ne soit pas aussi es- 
timé que celui de plusieurs autres 
espèces d'arbres , cependant comme 
il profite dans des tcrrcins où peu 
d'autres réussiroicnt , on ne peut 
trop encourager cette plantation ; 
il donne d'ailleurs un ombrage 
agréable, et son beau feuillage se 
conserve aussi longtems que celui 
d'aucune autre espèce d'arbre dont 
les feuilles tombent : aussi mérite- 
t-il d'être cultivé parmi ceux de la 
premiere classe dans les parcs et 
autres plantations d'agrément , 
sur-tout si le sol lui est favorable. 

Les deux variétés à feuilles pa- 
nachées peuvent être multipliées en 
les greifant sur des Hêtres communs; 
mais il fiut avoir l'attention de ne 
pas les planter dans une bonne terre, 
parce qu'elles pousseroient alors 
trop vigoureusement, et que leurs 
feuilles deviendroient bientôt unies; 
ce qui arrive aussi à la plupart des 
.lurres plante; panachées, 



F A U 
que les sommets des étamines de 
fleurs répandent sur le vasculum 
séminale des Plantes , pour y fécon- 
der dans l'ovaire les rudimcns des 
semences , qui , sans cela , pén- 
roicnt. /"'o)e^ l'Article de la Géné- 
ration des Plantes. 

FAINE ou FOUESNE ; fruit du 
Hêtre. Foyei Fagus. 

FASEOLE. Voyei FaseOLUS. 

FAUSSE BRANC-URSINE , ou 
la BERCE. Foyei HeRACLEUM 
SPHONDYLIUM. 

FAUSSE RHUBARBE , ou RUE 
des Prés. Foye^ ThALICTRUM 
FLAVUM. 

FAUX ACACIA. Foy. Robinia 

PSEUDO-ACACIA. 

FAUX ACORUS , ou IRIS jaune. 
Foyei Iris pseudo-acorus. 

FAUX BAUME 1)11 PÉROU, 
ou LOTIER ODORANT. Foye^ 
Trifolium Meulotus ca~ 
rulea. 

FAUX CAPRIER. Foye^ Zygo. 

PHYLLUM FABAGO. 



FARINA FŒCUNDANS. On FAUX DICTAME. Foy. Mar- 
nomme ^in^î la famine ou poussière rubium pseudo-diçtamnus. 

FAUX 



FEN 
FAUX IPECACUANA. 
Triosteum. 



Fo 



'J^x 



FAUX PISTACHIER, ou NEZ 
COUPÉ. Foyei Staphillla 

PINNATA. 

FAUX SCORDIUM, ou SAUGE 

SAUVAGE. Voyci T E U C R I U M 
SCORODONIA. 

FAUX SÉNÉ, 0.V BAGNAUDIER. 

Foyei COLUTEA. 

FAUX T U R B I TH. Foyei 
Thapsia villosa. 

FAUSSE GUIMAUVE, ou 
MAUVE DES INDES. Foyei 
Sida. 

FÉLOUGNE, GRANDE CHÉ- 
LIDOINE, ou ÉCLAIRE. Foyei 
Chelidonium. 

FENOUIL. Fbyq Fœniculum. 

FENOUIL MARIN, PERCE- 
PIERRE, CRISTE-MARINE , BA- 
CILLE, ou HERBE DE SAINT- 
PIERRE. Foye^ CrITHMUM. 

FENOUIL SAUVAGE. Foye-^ 
Seseli. 

FENOUIL (Fleur de). Foye^ 

NiGELLA, 

Tome III, 



FER 249 

FENOUIL BRULANT, ou 
THAPSIE. Foyei Thapsia. 

FExNUGREC. /^.Trigonella, 

FCENUM GR^CUM. 

FER A CHEVAL. Foyei 

HiPPOCREPIS. 

FERRARIA. Burman. Lin. Gcn. 
Plant. Ed. Nov. n. 1 104. Jacq. Hon. 
t. 6} ; Plante bulbeuse et Liliacée. 
Caractères. Ce genre a une fleur 
à deux gaines en forme de carène , 
qui sont placées altcrnativemenr 
et renterment chacune une fleur à 
six pétales oblongs , pointus , frises 
sur leurs bords, roulés , et alterna- 
tivement plus larges ; elle renferme 
trois ctamines placées sur le style , 
et terminées par des sommets ju- 
maux et ronds; son germe est rond, 
à trois angles , et posté sous la fleur; 
il sourient un style simple , érigé , 
et couronné par trois stigmats di- 
visés en deux parties , couverts d'un 
chaperon et frisés ; ce germe prend 
dans la suite la forme d'une capsule 
oblongue , à trois angles , et trois 
cellules remplies de semences rondes. 
Ce genre de plante est rangé dans 
la seconde section de la vingtième 
classe de LinnÉe , qui comprend 
les fleurs pourvues de crois étamine? 
placées sur le style. 
Les espèces sont: 
ï°. Ferrana undulata j fonis Ut» 

U 



i^o FER 

ccolatis. Burm, Icon. Ferraria à 

feuilles en forme de lance. 

Fararia. Jacq. Hon. r. 63. 

Irïs stclLita y Cyclaminis radice j 
pullo flore. Barrel. Icon, i 2 i 6 ; Iris 
ctoilce à racine de Pain de Pour- 
ceaux , et à lieur de couleur rannée. 

Narcissus Indiens j flore saturate 
purpurea. Rud. Elys. 2. p. 49./^ 9. 

Flos Indiens è violaceo juscus j 
radice tuberosâ. F err. Cult. 168. t. 
171. - , ^ 

2°. Ferraria ensi-formis 3 foliis 
nervosis j ensi-formibus j yaginantl- 
bus ■ petalis flmhriatis. Burm. in. 
Nov. Acl. A.N.C.II.i']6\.p. loc). 
t. 3. / I. Ferraria à feuilles en 
forme d'épée. 

Undulata. Ces plantes croissent 
naturellement au Cap de Bonnc- 
Espâ'ance : les racines de la pre- 
miere espèce m'ont été envoyées 
par le Docteur Job Baster , de 
Zirkzée , qui les avoit reçues du 
Cap i elles re.Temblcnt à celles du 
Cyclamen , et sont couvertes d'une 
peau brune et luisante ; leur partie 
haute Cit creusée en forme de nom- 
bril , et donne naissance à la tige 
de fleurs , qui est de la grosseur du 
doigt, élevée d'un pied et demi, et 
garnie, dans toute sa longueur, de 
feuilles, dont les bases l'embrassent 
ctroitement. 

Le sommet de cette tige se di- 
vise en deux ou trois branches , 
garnies de feuilles de la même forme 
que les premieres, mais plus petites i 



FER 

et chaque branche est terminée par 
une grosse gaine de la même cou- 
leur que les feuilles , qui se fane 
bientôt , et tombe ensuite ; elles 
sont doubles, et se fendent à leur 
cxtrémicé pour laisser passer une 
fleur à fix pétales , dont trois sont 
plus larges que les autres, qui sont 
tous singulièrement frangés sur leurs 
bords , d'un blanc verdatre en- 
dehors, et d'un pourpre basannc en- 
dedans : ces fleurs , dont la durée est 
courte, ont, dans leur centre, un 
style , sur les côtés duquel sont 
fixées trois étamines terminées par 
des stigmats jumaux; le germe qui 
est placé sur la fleur, se change dans 
la suite en une capsule oblongue , 
unie , et à trois cellules remplies 
de semences rondes. 

Ensi-formis. La seconde espèce, 
qui est très -rare en Angleterre, 
diftcrc de la précédente , en ce que 
ses racines sont plus petites , ses 
feuilles plus longues, et en forme 
d'épée, et ses veines plus profondes; 
sa tige ne se divise pas autant , ses 
fleurs sont aussi plus petites, et leurs 
bords moins frangés. 

On les multiplie l'une et l'autre 
au moyen des rejettons que leurs 
racines produisent , comme celles 
de \Ixia, et on les traite comme 
le Gladiole d'Afrique ; car elles sont 
trop tendres pour profiter en plein 
air dans notre climat , ainsi que 
dans une orangerie : la meilleure 
méthode pour les faire prospérer. 



FER FER 151 
est de les planter dans une p!.\tc- des somniets simples : sous la Heur 
bande de quatre pieds de largeur, est situe un germe turbiné qui sou- 
au-dcvant d'une orangerie ou d'inie tient deux styles refléchis , et cou- 
serre chaude , et de les couvrir d'un ronnés de stygmats obtus : ce germe 
châssis, afin qu'elles puissent jouir devient ensuite un fruit elliptique , 
de l'air dans les tems doux , et être comprimé , uni, et divisé en deux 
à l'abri des gelées. La plupart des parties, dont chacune forme une 
plantes à racines bulbeuses et tube- grosse semence également elliptique, 
reuses d'Afrique , peuvent être por- unie , et sillonnée par trois lignes à 
tées à une grande perfection sous chaque côté, 
de pareils vitrages. . LinnÉe a rangé ce genre de 

Il y a une singularité dans la ra- plante dans la seconde section de sa 

cine de la premiere espèce , c'est cinquième classe , intitulée : Pen- 

qu'elle ne pousse que tous les deux tandrïe dlgynïe j qui reni-crme celles 

ans , et qu'elle se repose dans les dont les fleurs ont cinq étamines et 

années intermédiaires. deux styles- 

Les espèces sont: 

FERULA. Lin. Cm. Plant. 355, 1°. Ferula communis , folloHs 11- 

Tourn. Insc. R. H. 3 il. Tab. ijo. nearlbus ^ longlsslmls , slmpllclbus. 

Elle prend son nom de Fere/2(/o. Z^r. Hon, Cliff. 95. Uorc. Ups. 61. 

parce qu'on fiit usage de ses tiges Roy. Lugd.-B. ^^.Sauv.Monsp. i<j. 

pour soutenir les branches des ar- Férule dont les folioles sont fort 

bres -, ou de Ferlendo , parce qu'an- étroites , longues et simples, 
ciennement on en faisoit des ferules. Ferula major , slvè fœmina Pllnil. 

avec lesquelles les maîtres avoient M. Umb. Grand Fenouil femelle de 

coutume de corriger leur» écoUers. Pline. 

Ferula. Dod. Pempt. 3 1 1 . 

FERULE, Grand Fenouil. z°. Ferula Galbanlfera j follolis 

Caractères. Dans ce genre la fleur multl -partais j laclnils Unearlbus j 
est à ombelles -, la principale est glo- planls. Hort. Cllffl 9 5 ; Férule dont 
bulaire et composée de plusieurs pe- les petites feuilles sont divisées en 
tites dont la forme est semblable ; plusieurs parties étroites et unies, 
l'enveloppe a plusieurs feuilles qui Ferula Galbanlfera. Lob. Obs, 
tombent , et l'ombelle principale est Grand Fenouil produisant le Galba- 
uniforme : La corolle est composée num. 

de cinq pétales oblongs , érigés et 3 ^. Ferula Tmohana y follolis 

égaux ; elle renferme cinq étamines laclnlatls ; laclnulù trldentatls Ins.- 

d'égalc longueur, et terminées par quallbus j nitidis. Hort. Cllf. 9J. 

li i ■ 



251 FER 

Hon. Ups. 61. Roy. Lugd.-B. 99. 
Ferule dont les plus petites feuilles 
sont découpées eu segmens terminés 
en trois parties inégales et lui- 
santes. 

Ferula Tinghana j folio latissimo 
lucide. Hcrm. Per. 165. r. 165. 

4*^. Ferula Fcrulago -, foliis pin- 
natï-fidïs ; pinnis linearibus 3 planis , 
trlfidis. Hon. Cliff". 95. Roy. Lugd.- 
B. 99. Fabric. Helmst. 68; Férule \ 
feuilles ailées , et à lobes étroits , 
planes , et divises en trois parties. 

Ferula latiori folio. Moris. Hist. 
3. />. 309 sivè 9. r. 15./ I ; Grand 
. Fenouil à plus larges feuilles. 

Ferulago latiori folio, Bauh. |Pin. 

14!^'. 

5°. Ferula O rient alis , foliorum 
pinnis hasi nudis j foliolis setaceis. 
Hon. Cliff. 95. Roy. Lugd.-B. 1 00. 
Férule ayant les feuilles de la base 
nues , et les folioles couvertes de 
poils. 

Ftrula Orientalis j folio et facie 
Cachryos. Tourn. Cor. 11. Itin. 3. 
p. 239. t. 239. Grand Fenouil du 
Levant , avec des feuilles et l'appa- 
rence de Cachrys ou Armarinthe. 

6". Ferula Meoïdesj foliorum pin- 
nis utriiique appendiculatis j foliolis 
setaceis. Hort. Cliff. 95. Roy. Lugd.- 
B. 100. Férule dont les aîlcs des 
feuilles sont pointues à leur base sur 
chaque côté , et les lobes couverts 
de poils. ; o : ' . 

Laserpitium Orientale j Mei folio, 
flore lutcQ. Tourn. Cor. z 3 . Laser du 



FER 

Levant à feuilles de Méum , et à 

fleurs jaunes. 

"7°. Ferula nodi -flora 3 foliolis 

appendiculatis , umhellis suk-sessili- 

hus. Lin. Sp. Plant. 356. F dit. 3. 

Jacq. Aust. Append, t. 5. Férule 

ayant des appendices ou oreilles aux 

plus petites feuilles , et des ombelles 

sessiles aux tiges. 

Libanotis j Ferula, folio et semine. 

C. B. p. 158. Férule qui fleurit aux 

nœuds. 

Panax Asclepeium j Feruli, facie. 

Lob.Ic.-]%^. 

8°. Ferula glauca , foins suprà- 
compositis ; foliolis lanceolato-line- 
ribus planis. Hort. Cliff, 9^. Roy. 
Lugd.-B ; 59. Grand Fenouil à 
feuilles sur- composées , dont les 
lobes sont en forme de lance , li- 
néaires , et planes. 

Ferula folio glauco, semine latOj 
oblongo. J. B. 3 . jP. 45. 

Communis. La premiere de ces 
plantes , qui est assez commune 
dans les jardins Anglois , s'élève à 
une grande hauteur, et se divise en 
plusieurs branches, quand elle esc 
plantée dans un bon sol ; ses feuilles 
basses s'étendent à plus de deux 
pieds de chaque côté, et se parta- 
gent en plusieurs parties , qui ic 
sous-diviscnt en d'autres plus petites, 
garnies de folioles fort longues, 
étroites et simples; elles sont d'un 
vert luissant , et s'étendent près de 
la terre : sa tige de fleurs ,. qui sort? 
du centre de la plante, est presque 



FER 

aussi grosse qu'un manche à ballet 
ordinaire , quand elle est en pleine 
vigueur, séparée par plusieurs nœuds, 
et s'élève à la hauteur de dix ou 
douze pieds. Si l'on coupe ses tiges, 
il en sort i.ne liqueur fétide et jau- 
nâtre , qui se durcit sur la blessure : 
CCS tiges sont terminées par de Lir- 
gcs ombelles de fleurs jaunes , qui 
paroissent à la fia de Juin ou au 
commencement de juillet, et sont 
remplacées par des semences ovales, 
comprimées et sillonnées par trois 
lignes longitudinales à chaque côté; 
elles mûrissent en Septembre, et les 
tiges périssent bientôt après. Quand 
elles sont desséchées , elles sont rem- 
plies d'une moelle légère qui s'en- 
flamme aisément. 

M. Roy dit que les Siciliens font 
usage de cette moelle , au lieu 
d'amadou , pour allumer leurs feux ; 
et si les Anciens ont eu connois- 
sance de cette propriété , nous pour- 
rons aisément comprendre pourquoi 
les Poètes ont dit que Promethée , 
ayant volé le feu du ciel, l'avoit 
caché sur la terre dans l'intérieur 
d'une branche de Férule. 

Les feuilles de cette plante péris- 
sent aussitôt après que ses semences 
sont formées , de sorte qu'avant leur 
maturité , elle est ordinairement dé- 
pouillée -, ses tiges se dessèchent , et 
deviennent alors fort rudes : ce qui 
les a fait prendre pour servir de 
férules aux Maîtres d'Ecole ; d'autant 
mieux qu'étant légères, elles ne 



FER 153 

peuvent faire aucun mal : les racines 
de cette espèce subsistent plusieurs 
années , sur-tout dans un tcrrein 
sec , et produisent annuellement des 
fleurs et des graines. 

Galkanifera. La seconde n'est pas 
tout-à-fait auiii foi te que la pre- 
miere ; mais ses tiges s'élcvcnt à" 
la hauteur ce sept à huit pieds ; ses 
feuilles basses sont larges , fort di- 
visées en lobes plats , moins longs 
que ceux de la premiere , et d'un 
vert luisant; ses ombelles de fîeurs 
et ses semences sent plus petites: 
elle fîeuric et perfectionne ses grai- 
nes à-peu-près dans le même tems 
que l'espèce précédente. 

•j Tfnguana. La troisième a des 
feuilles radicales , larges, étendues, 
divisées et sous-divisées en plusieurs 
p.irties ; ses plus petites feuilles sont 
beaucoup plus larges qu'aucunes de 
celles des autres espèces ; elles sont 
divisées à leur extrémité en trois 
segmens inégaux , et sont toutes 
d'un vert fort luisant : ses tiges sont 
fortes, élevées à la hauteur de huit 
à dix pieds , et terminées par de 
larges ombelles de fleurs jaunes, 
qui produisent des semences larges, 
ovales et plates , comme celles de 
la premiere espèce : elle fleurit et 
perfectionne ses graines en même 
tems que la précédente : elle croît 
naturellement en Espagne et dans 
la Barbarie. 

Feru/dgo. La quatrième s'élève à 
la même hauteur que la seconde) 



154 FER 

ses feuilles sont divisées , et s'éten- 
dent assez loin en-dehors; leurs lo- 
bes sont pins larges que ceux des 
autres espèces , en exceptant cepen- 
dant ceux de la troisième ; mais ils 
sont plus longs que ces derniers , 
d'un vert plus toncc , et terminés en 
trois pointes : ses fleurs , jaunes , 
forment de larges onibcllcs , et ^ont 
remplacées par des semences ovales 
et applaties comme celles des autres 
espèces : cette plante croit naturel- 
lement en Sicile. 

OrïentalLs. La cinquième est plus 
basse qu'aucune des précédentes; 
SCS tiges ne s'élèvent guères qu'à 
trois pieds de hauteur , et ses feuilles 
basses se branchent en plusieurs di- 
visions très-garnies de fort belles 
feuilles velues : l'ombelle de ses 
fleurs est petite , en la comparant 
aux autres, et ses graines sont aussi 
beaucoup moins fortes : cette espèce 
est originaire du Levant. 

Meoïdes. La sixième a des feuilles 
fort branchues , dont les pétioles 
sont angulaires et cannelés •■, elle 
pousse à chaque nœud, deux bran- 
ches latérales et opposées , dont les 
plus inférieures ont neuf ou dix 
pouces de longueur , et les autres 
deviennent plus courtes à mesure 
qu'elles approchent du sommet : 
ces branches latérales en poussent 
de plus petites à chaque nœud , qui 
nont garnies de très - belles feuilles 
semblables à celles du Mcum , et 
vcnicillécs autour àç^ branches ; 



FER 

les tiges de fleurs , dont la hauteur 
est d'environ trois pieds , sont ter- 
minées par de larges ombelles de 
fleurs jaunes , qui produisent des 
semences ovales et plates , qui mû- 
rissent en automne : cette plante se 
trouve aussi dans le Levant. 

Nod'i-fiora. La septième s'élève à 
la hauteur d'environ trois pieds ; 
ses j-cuillcs sont fort divisées, et les 
folioles de ses divisions sont fort 
étroites et entières: ses ombelles sont 
petites , et sessiles aux tiges , entre 
les Icuillcs des nœuds ; elles ressem- 
blent à celles des autres espèces: 
cette plante croît sans culture en 
Istrie et dans la Carniole. 

Glauca. La huitième, qu'on ren- 
contre en Italie et dans la Sicile , a 
des feuilles composées de plusieurs 
segmcns étroits , applatis , de cou- 
leur grise, et divisés en plusieurs 
parties: sa tige, dont la hauteur est 
de trois ou quatre pieds, est termi- 
née par une ombelle de fleurs jau- 
nes qui paroissent en Juillet , et sont 
suivies par des semences ovales et 
plates , qui mûrissent en automne. 

Toutes ces espèces ont des racines 
vivaces qui subsistent plusieurs an- 
nées j elles ont des fibres épaisses et 
fortes , qui s'enfoncent profonde- 
ment dans la terre, et se divisent 
en plusieurs plus petites, qui s'éten-» 
dent à une distance considérable : 
leurs tiges annuelles périssent aussi- 
tôt après qu'elles ont perfectionné 
leurs semences. Comme ces pl;?,ntçs 



FER 

s'étendent fort loin , il leur faut au 
moins à chacune quatre ou cinq 
pieds de terrein ; et l'on doit prendre 
garde de ne pas les placer trop près 
des autres plantes , par^c qu'elles 
les priveroient de leur nourriture. 

On les multiplie toutes par leurs 
graines , qu'on met en terre en 
automne , parce qu'elles manquent 
souvent si on les conserve jusqu'au 
printems ; et celles qui réussissent, 
restent toujours une année dans la 
terre avant de pousser : on les scmc 
dans des rigoles, afin de pouvoir 
mieux les nettoyer , en laissant un 
pied d'mtervalle entre chaque ri- 
gole , et deux ou trois pouces entre 
elles dans les rangs ; lorsqu'elles ont 
poussé , on arrache avec soin toutes 
les mauvaises herbes oui croissent 
parmi elles , et si elles sont trop 
serrées , on les éckircit ; car elles 
ne peuvent être transplantées qu'au 
bout de dgux ans : on fait cette 
opération en automne, aussitôt que 
leurs feuilles sont fanées , en les en- 
levant avec beaucoup de précaution 
pour ne pas blesser leurs racines , et 
on les plante dans les places qui 
leur sont destinées , parce qu'il ne 
faut plus les remuer après : elles se 
plaisent dans un sol mou , léger , 
marneux , et pas trop humide , où 
elles sont rarement endommagées 
par les gelées les plus fortes. 

FÉRULE, ou GRAND FENOUIL. 
Foyei F£RULA. 



FEU 255 

FERULE qui produk le Galhanum. 

Foye^ RUBON GaLBANUM, 

Ferula Galbanifera. 

FEU. Quoi.juc cet article puis'-C 
paraître étranger à cet Ouvrage , 
il est cependant certain que la con- 
noissance de la Nature et des effets 
du Feu, peut contribuer beaucoup 
à l'avancement et à l'amélioration 
de l'Agriculture. La théorie du Feu 
est entièrement philosophique ; mais 
la considération de ses efl-"ets et de 
son action sur les végétaux est très- 
utile dans la culture des plantes. 
Comme la chaleur est, de toutes les 
propriétés du Feu , celle qui se distin- 
gue le mieux de toute autre ma- 
tière , on peut le définir comme 
ayant la propriété d'échauffer les 
corps. 

C'est la dilation de l'air ou de 
la liqueur contenue dans le Ther- 
momètre, qui nous fait apperccvoir 
la xhaleur : donc le Feu est un 
corps , et un corps en mouvement-, 
la dilatation de l'air prouve son 
mouvement , l'expérience prouve 
qu'il est un corps ( i ). 

(i) Il est nécessaire de faire ici une 
distinction entre le Feu libre et en acti- 
vité , et le phlogistique ou Feu élémen- 
taire : le dernier , que le célèbre Scakl 
nous a fait connoîtrc , entre , comme 
principe constituant, dans la composi- 
tion des corps, auxquels il donne la pro- 
priété d'être combustibles ; lorsqu'il en 
est dégagé par un mouvement rapide. 



25^ FEU . 

Renfermez du Mercure purifie 
,dans une fiole ;i long cou, tenez-le 
dans une chaleur douce pendant 
une année ; il se réduira en une 
masse solide, et son poids sera con- 
sidérablement augmente ; ce qui 
ne peut provenir que des particules 
de Feu qui se sont combinées avec 
lui(i). 

ou par quelqu'aiitre cause ; il se montre 
alors par des effets nouveaux, et devient 
sensible à nos organes- Le Feu en activité 
n'est-il qu une moditication du phlogist;- 
que ? ou bien est-il un mixte dans lequel 
le phlogistique entre ne'cessairemenc 
comme principe ? Ces deux opinions ont 
kius partisans, et toutes deux sont ap- 
puyées sur le raisonnement et l'expérience ; 
mais cette matière est extrêmement 
obscure, et il n'y a qu'une connoissance 
plus parfaite de la nature du phlogistique, 
qui puisse nous donner quelques lumières. 
(i) Ce n'est point le Feu qui se com- 
bine avec les chaux métalliques pendant 
leur calcination. Lorsqu'on réduit sans 
addition la chaux de Mercure, connue sous 
le nom de Précipité fcr se , il s'en dé- 
gage un véritable air, beaucoup plus par- 
fait que l'air atmosphérique, plus favo- 
rable aux animaux qi;i le respirent , qui 
entretient cinq ou six fois plus long- 
tems la combustion des corps inflam- 
mables , et les fait briller avec une ac- 
tivité singulière. D'autres chaux métalli- 
ques, en se régénérant, ne donnent 
qil'un gaz méphitique, dont les propriétés 
sont tout-à-faii contraires; on découviira 
facilement la raison de cette dilférence , 
si, avec M. Sage et ses. Sectateurs , on. 
Ifgarde le Feu comme un véritable phos- 
R.hpr.ê 4opt l'scidç se combine avec les 



feu: 

La nature du Feu est si obscure 
et si étonnante , qu'il a été regardé 
par les Anciens, comme une Divi^ 
nité ; plusieurs Auteurs célèbres, 
après avoir pris bien de la peine 
pour parvenir à la connoître , 
n'ont pas même pu expliquer plu- 
sieurs de ses principaux effets. Le 
Docteur FIcrman Boeri-haavc a fait 
un grand nombre d'expériences 
très-ingénieuses , d'après lesquelles 
il a donné un nouveau système sur 
cet élément, dans un cours public, 
dont je vais extrau'c les Articles les 
plus utiles. 

Le Feu, dit -il, paroît être le 
principe général de tout mouvement 
cians l'univers. La suite constante 
d'un grand nombre d'expériences, 
ne nous donne point lieu d'en dou- 
ter , et nous prouve au contraire 
que, si le Feu étoit anéanti , dans 
l'instant tous les corps seroient fixes 
et immobiles; on en voit un foible 
échantillon pendant l'hiver, dont 
le froid rend solides les particules 
d'eau, en leur enlevant la chaleur 
qui les tenoit désunies , et la con- 
vertit en glace. 

Elle reste dans cet état jusqu'à ce 
que la chaleur ou le Feu lui rende 



chaux métalliques durant leur calcina- 
tion, et peut semontrer, en se dégageant, 
sous la forme d'air respirable ou de gaz 
méphitique, puisque l'un ne diffère de 
l'aiuri ( d'après leur théorie ) que par 
la difféf'^nte proportion de leurs principes,. 



FEU 

sa premiere BuiJirc : .linsi , un 
homme ddnuc de toute chaleur, 
seroit sur le champ gelé, et devien- 
droit roide; l'air, lui-même, s'il en 
ètoit privé, perdroit la faculté de 
s'étendre et de se condenser, et for- 
meroit une masse solide et com- 
pacte : il en seroic de même de tous 
les animaux , des végétaux , des 
huiles , des sels , etc. 

Qiioique cette doctrine de 
Boerrhaave paroisse nouvelle et 
extraordinaire, au moins à ceux qui 
sont accoutumés à considérer le 
Feu comme il a été représenté par 
le Lord Bacon , M. Boyle et le P. 
Isaac Newton; cependant, malgré 
tout le respect que nous devons 
avoir pour ces illustres Auteurs , 
nous serions inexcusables de croire 
aveuglément tout ce qu'ils ont dit, 
et de nous refuser à l'évidence des 
observations faites depuis eux , par 
des hommes également célèbres. 

On peur raisonnablement penser 
que le Docteur Boerrhaave a pu aller 
plus loin qu'eux ; car , outre les 
observations et les expériences sur 
lesquelles ils se fondoient, ce Savant 
avoir sur eux l'avantaçre d'une mul- 
titude d'expériences qui leur étoient 
inconnues. 

Quant à la nature du Feu , il se 
présente une question essentielle , 
qui est de savoir si cet élément a 
été créé tel qu'il existe , ou s'il se 
produit méchaniquement sous nos 
yeux par les autres corps donc les 
Tome III. 



FEU i57 

parties sont mises dans un mouve- 
ment rapide ? Les Ecrivains moder- 
nes,, tels que Homberg, Boerrhaave, 
le jeune Lémeri, et le Docteur 
Gravesande , sont pour le premier 
sentiment, et les Auteurs Anglois , 
pour le second. 

M. Homberg soutient que le prin- 
cipe chymique ou élément , le 
soufre , qui est regardé comme le 
premier et simple ingrédient pré- 
existant de tous les corps naturels , 
est le Feu réel, et que par conséquent 
le Feu est aussi ancien que tous les 
corps. Essai sur le Soufre principe. 
Mémoires de l'Acad. Année 1 70 5 ( I ). 

Le Docteur Gravesande part des 
mêmes principes : suivant lui , le 
Feu entre dans la composition de 
tous les ^rps 5 il est renfermé dans 



(i) Il rcgne, dans les Ouvrages des 
anciens Chymistes et Phyficiens, une sin- 
gulière obscurité à l'égard de ce mot 
Soufre ; ils admettoient une infinité de 
soiifrcrs particuliers , dans les différens 
corps , dont ils le regardoien: comirn; 
un principe constituant ; c'est ainsi qu'ils 
parlent des soufres des métaux , des 
animaux , des végétaux, des huiles , des 
résines , des esprits ardens , etc. Mais 
cette manière de s'exprimer n'est plus 
reçue , depuis que l'illurtre Stahl a dé- 
montré, par des expériences décisives, 
que le principe inflammable ou phlopisti- 
quc que contiennent les corps combusti- 
bles , est parfaitement identique, ec 
qu'en le combinant avec l'acide vitrioli- 
que , on obtient un seul et même soufre, 
de quelque matière qu'il ait été tiré. 



z^iî FEU 

tous , et peut en être séparé par le 
frottement, qui le dégage; et il 
ajoute , qu'il ne peut , en aucune 
manière , être créé par ce mouve- 
ment. Elém. Pkys. Tcm. i , Chap. I . 

Le jeune Lémeri soutient que 
le Feu ne peut se former méchàni- 
quement ; qu'il n'entre point seu- 
lement dans la composition des 
corps comme substance élémentaire, 
mais qu'il est encore également ré- 
panJlu d;ns tous les espaces et pré- 
sent par- tout , dans le vuide, entre 
les corps , aussi bien que dans tous 
les interstices insensibles de leurs 
parties. Mémoires de l'Académie. 
Année 1 7 I 3 ( I ). 

Ce dernier sentiment se rapporte 
à celui de Btcrrhaavc. ^ 



(1) Il est difficile de concevoir com- 
ment le Feu , ou plutôt le phlog'istiqiie , 
peut entrer comme principe dans la com- 
position des corps; comment cet être si 
volatil, si mobile, dont les parties sont 
dans un mouvement continuel, et n'ont 
aucune liaison les unes avec les autres, 
peut cependant se combiner, se fixer, et 
contracter une union assez forte axec 
d'autres corps d'une n.iture différente ; 
cependant les phénomènes de la combus- 
tion , et un grand nombre d'expéiiences 
thvmi'.|i!cs, ne nous laissent aucun doute 
sur cette propriété singulière : nous ne 
pouvons à 1.1 vérité rien obtenir du pliloçis- 
tique libre et déia^é de toute combi- 
naison ; mais nous pouvons décomro<er 
les mixtes qui le contiL-nnent , et le fix;r 
«le nouveau , en lui présentant une 
substance avec laquelle il ait de l'affinité. 



FEU 

Le Lord Bacon établit l'opinion 
contraire dans son traité de forma 
calidi. 11 conclut, d'après un grand 
nombre d'expériences , que, la cha- 
leur dans les corps n'est autre chose 
que le mouvement modifié d'une 
certaine manière ; de sorte que, pour 
produire de la chaleur dans un corps, 
il ne faut qu'exciter tel ou tel mou- 
vement dans ses parties. 

Cette- opinion est appuyée par 
M. Boyle , dans son traité de l'ori- 
gine méchanique de la chaleur et 
du troid , où il soutient cette doc- 
trine par de nouvelles expériences i 
je vais en rapporter deux. 

" Dans la production de la cha- 
'» leur, dit-il, on ne vcit que du 
» mouvement , soit de la part de 
» Xaocnt , soit de la part du pa- 
» tient : qu'un Maréchal frappe avec 
» vigueur un petit miOrccau defer, 
» le niét.il s'échauffera R'rtem.ent , 
" et pour lui donner ce cîégré de 
» chaleur , il n'y a ici que le mon 
>' vcment du rnarteau qui imprime 
» une açritaticn violente et diver- 
>' sèment déterminée sur les petites 
» parties du fer; ce métal étoitau- 
» paf avant un corps froid , mais 
» par le mouvement qui a été com- 
» muniqué à ses parties, il devient 
» chaud, cette chaleur ne se fait 
» cependant sentir que par com- 
» paraison avec 1 état précédent du 
" corj-s frappé , et n'est apperçue 
» que parce que l'agitation excitée 
" dans ses parties , surpasse celle diî 



FEU 

»> doigt qiù le touche. Dw.s l'cxem- 
» pie cité , le marteau et l'cnchime 
» restent souvent froids après l'opé- 
» ration, ce qui démontre que la 
>j chaleur acquise p.ir le fer , ne 
»> lui a pas été communiquée par 
» aucun de ces insrrumens comme 
i> chaleur , mais quelle a été pro- 
1» duite par un mouvement assez 
» grand pour agiter fortement les 
» parties d'une petite quantité de 
>' métal, mais incapable de produire 
»' le même efiFet sur des masses au',si 
»» considérables que le marteau et 
» l'enclume , quoique si les pcrcus- 
» siens étoient souvent et brusque- 
» ment renouvelées, et q:;e le mar- 
» te.ui (ùt petit , il pourroit être 
>' aussi échauffé : de-là il fliut con- 
» dure qu'il n'est pas nécessaire 
» qu'un corps doive être chaud pour 
»> donner de la chaleur. 

» Si l'on enfonce un gros clou 
» dans une planche avec un mar- 
» teau , ce clou recevra plusieurs 
»> coups avant de s'échauffer ; mais 
» quand il est une fois chassé jus- 
» qu'à la tête , peu de coups suf- 
» fisent pour lui donner une cha- 
» leur considérable : la raison est 
» que, tant que le clou pénètre 
» dans le bois , tout le mouvement 
» qu'il éprouve est employé à le 
» faire avancer plus loin •■, mais que, 
» quand le mouvement progressif 
»» cesse, les nouveaux coups qu'il 
» reçoit communiquent à ses parties 



FEU 



^-r-) 



» une vibration plus considéiable, 
»» qui produit la clialeur ( i ) >5. 



(i) Il semble en effet qu'on dcvroit 
distinguer la ch.'leur, du Feu, et ne la 
regarder que comme une modifîcatioa 
dont les corps sont susceptibles , et que 
le Feu, ainsi que toutes les causes ca- 
pables d'ébrinler fortement leurs parties , 
peuvent également produire. Le Feu a 
certainement une substance matérielle ; il 
est soumis à des loix générales qui lui 
sont communes avec d'autres corps, t,.n- 
dis que la chaleur n'en suit aucune : la 
lumière elle même , qu'on peut regarder 
comme le plus subtil de tous les êtres , 
est cependant arrêtée par les corps opa- 
ques ; elle se courbe en traversant certains 
milieux, et se réfléchit sur les surfaces 
qu'elle frappe obliquement ; au-lieu que 
la chaleur les pénétre tous également, et 
ne se réfléchit sur aucun : le phlogistique 
ne peut être apperçu par nos sens ; on 
ne le connoît que par ses effets ; il ne 
peut donc être identique avec la chaleur 
qui excite en nous une vive sensation ; 
cependant le Feu produit la chaleur , et 
cette propriété lui est tellement essen- 
tielle , que par-tout où il y a du Feu 
en activité , la chaleur existe aussi : mais , 
comme on peut en dire autan: du mou- 
vement excité par une cause quelconque , 
on est porté à conclure que le Beu ne de- 
vient le principe de la chaleur, que parce 
que le mouvement est essentiel à sa 
nature, et qu'il est le plus actif de tous 
les êtres. La chaleur ne seroit donc que 
le mouvement lui même, qu'une vibration 
rapide, excitée dans les parties les plus 
intimes des corps ; mais comment ce 
mouvement, poussé jusqu'à un certain 
point, peut-il produire du Feu visible, 
Kk 2 



i6o FEU 

Que le Feu soie la cause réelle 
de tous les changcmens qui arri- 
vent dans la namre, cela paroîtra 
évident par les considérations sui- 
vantes. Tous les corps sont ou so- 
lides ou Huides ; on suppose ordi- 
nairement que les solides sont dans 
l'inaction ou sans mouvement , et 
que les fluides seuls jouissent d'un 
mouvement qu'ils peuvent commu- 
niquer. 

Tous les solides sont d'autant 
plus fermes et plus compactes qu'ils 



qui détruira le corps où il est produit, 
si ce corps est de nature combustible ? 
Ce phénomène ne peut s'expliquer qu'en 
supposant que le mouvement dégage le 
phlo;^istique qui entre dans la composi- 
tion de tous les mixtes , et le modiiie de 
manière qu'il se montre sous la forme du 
Feu actif; mais en quoi consiste cette 
modification ? Nous savons que le phlo- 
gistique ne brûle point par lui-même, 
mais qu'il acquiert cette propriété lors- 
qu'il se combine avec un acide particu- 
lier; or, cet acide se trouve abondim- 
ment dans tous les corps inflammables , 
et l'air lui-même en est rempli : on peut 
donc penser que le mouvement dégage le 
phlogisrLque , qui s'unit alors à l'acide 
qu'il rencontre , et forme un véritable 
phosphore ; ce qui revient à l'opinion 
de M. Sr.ge , qui penfe que le Feu actif 
n'est auf.e chose qu'un phosphore, qui se 
décompose en brillant, et dont l'acide, 
le plus fixe de tous , se combine avec la 
terre qui entre dans la composition des 
corps combustibles , et avec celle des 
substances métalliques, et augmente ainsi 
; eur pesanteur. 



FEU 
contiennent moins de Feu : le fer 
en offre un exemple , car ; lorsqu'il 
est échai.tVé , il occupe un plus grand 
espace que lorsqu'il est froid -, en 
sorte que tout corps solide et dur, 
s'il étoit privé du Feu qu'il con- 
tient, se réduiroit en une masse 
plus petite , et ses parties se r.;p- 
prccheroient plus près et avec une 
plus grande force qu'auparavant ' i ). 
Quant aux fluîdes , l'absence du 
Feu les durcit d'une manière sensi- 
ble; l'eau, par le froid de l'hiver, de- 
vie;it une masse solide, quoiqu'elle 
contienne encore beaucoup de ma- 
tière ignée , comme on peut le voir 
en y appliquant un thermomètre, 
dont la liqueur peut descendre à 
vingt degrés plus bas avant d'arri- 
ver au point du plus grand froid; 
delà vient que l'esprit-de-vin ne 
gèle pas dans le thermomètre, 
parce qu il contient une plus grande 
quantité de Feu que beaucoup d'au- 
très corps fluides (z). 



(i^ Cet effet n'est du qu'à la chaleur, 
qui dilate tous les corps; car le fer qu'on 
vient de citer pour exemple , contient 
une très-grande quantité de phlogistique 
combiné , ainsi qu'on peut s'en convaincre 
en dégageant fon principe inflammable , 
au moyen de l'acide vitriolique. 

(2) L'efprit-de- vin fe gèle comme 
l'eau; il ne faut pour cela qu'un froid 
plus vif, tel que celui qu'on éprouve 
aiu environs des Pôles, ou qu'on produit 
artificiellement , en répandant un acide 
concentré fur de la glace pilée 



FEU 

L'air nicme se dikrc lorsqu'il 
est plus échaiifFc, et se condense 
en se refroidissant ; mais il contient 
toujours une grande quantité de 
Feu , lors même qu'il est condensé 
autant qu'il peut l'être (i). 

Si l'air ponvoit être dépouillé 
tout-à-fait du Feu qu'il contient, il 
deviendrait également solide et in- 
capable d'éprouver aucun mouve- 
ment. 

« Le Feu , dit le Docteur Gra- 
» vesande , s'unit naturellement avec 
» les corps ; de- là vient qu'un corps 
» placé près du feu devient chaud , 
» et augmente en volume : on ob- 
» serve cette expansion , non-seu- 
» lement dans les corps fort solides , 
»> mais encore dans ceux dont les 
»» parties ne sont point si cohéren- 
» tes i ces derniers acquièrent alors 
» un grand degré d'élasticité , com- 
» me on l'observe dans l'air et dans 
» les vapeurs (i) ». 

Quoique le Feu soit regardé com- 
me le principe de tout mouvement, 
il reste cependant en repos lors- 



(i) J'ai dit déjà ailleurs que l'air ne 
se réduiroit point en une masse solide, 
par l'abfcnce de la matière ignée , mais 
qu'il fe détruiroit entièrement , parce 
que cette matière est essentielle à fa 
■composition. Voye^ les Notes de l'article 
Air. 

(i) C'est encore là un effet de la 
chaleur , et non du Feu , qui ne pénètre 
point les corps qji'on en approche. 



F E U ^ ^^l 

qu'il n'est point excité ; le mouve- 
ment lui est sans doute plus nature! 
qu'à aucun autre corps ; et de-là 
vient que quelques-uns ont hasardé 
d'attribuer un mouvemctit essentiel 
au Feu ; mais comme ceci ne peut 
s'accorder avec les propriétés con- 
nues de la matière , dont la nature 
est d'etre inerte et passive , et qu'on 
peut prouver que le Feu est ma- 
tériel , nous devons plutôt convenir 
que le mouvement du Feu même 
vient de quelque cause plus éloi- 
gnée et métaphysique ; quoiqu'on 
puisse penser que le Feu, outre les 
propriétés qu'on lui connoît , jouit 
encore de la faculté d'etre conti- 
nuellement en action , cependant 
cette faculté n'a aucune relation na- 
turelle et nécessaire avec les autres, 
et ne peut exister que par l'action 
d'une cause supérieure , qui nous 
est inconnue. 

Il est néanmoins évident que 
c'est par le mouvement que le Feu 
produit SCS effets , mais qu'il ne 
■peut causer aucune altération dans 
la substance élémentaire des corps; 
car il est nécessaire que ce qui as;it 
sur un objet, soit sans cet objet, 
c'est-à-dire , que le Feu ne doit pas 
pénétrer les parties élémentaires, 
mais seulement entrer dans les pores 
et dans les intervalles qu'elles lais- 
sent entr'elles ; de sorte qu'il ne pa- 
roît pas capable d'opérer ces trans- 
mutations que le P, Isaac New- 
ton lui attribue. 



i5i FEU 

D'après ce que nous venons c^e 
dire , on peut avancer que le Feu 
est toujours en mouvement : on 
peut s'en convaincre en prenant six 
thcrmoUiCtres difiéiens , qu'on 
plonge dans deux vases qui con- 
tiennent une dissolution de sel am- 
moniac; l'air, condensé par le Froid 
que le sel produit , fera descendre 
l'esprit-de-vin contenu dans tous 
ces thermomètres; ôtcz ensuite ces 
thermomètres , l'air qui se trouve 
renfermé dans l'esprit-de-vin , sc- 
chauffcra au degré de l'atmosphère , 
et la liqueur rcinontera ; ce qui 
prouve que cette force active de 
l'air, cjui produit tant d'effets , naît 
du Feu qui y est contenu. 

D'ailleurs , tous les corps placés 
dans un air fort froid , deviennent 
eux-mêmes par degrés , froids , im- 
mobiles et solides , quoiqu'ils con- 
servent toujours une certaine quan- 
tité de Feu ; il suit de-ià que k; 
froid, qui n'est autre chose qu'un 
moindre degré de chaleur, n'existe 
que parce que le Feu n'exerce plus 
que foiblcment son action. 

Comme la présence du Feu peut 
rendre fluide les corps les plus so- 
lides, tels que les pierres, les mé- 
taux , etc. ainsi qu'on peut s'en con- 
vaincre en les exposant au foyer 
des grands verres ardens qui peu- 
vent calciner l'or lui-même ; l'ab- 
sence de cet clément convertit en 
masses solides les liqueurs les plus 
subtiles , telles que l'esprit-de-vin , etc. 



FEU 

On distingue le Feu en deiîx ma- 
nières d'etre difterentes : la pre- 
miere est le feu élémentaire ou pur , 
et tel qu'il existe naturellement; la 
seconde est le Feu dans l'état d'ieni- 
tion , et tel' qu'on l'apperçoit dans 
les corps embrasés , dont les par- 
ticules, qui s'élèvent par le mou- 
vement rapide qi.i leur est com- 
muniqué , constituent ce qu'on ap- 
pelle la fiamme. 

L'on appelle improprement Feu , 
les matières combustibles dans l'état 
d ignition , quoiqu'elles ne contien- 
nent qu'une petite quantité de Feu 
ckTnentaire ; ce dernier , tel qu'on 
l'observe dans le verre ardent , ne 
donne ni fiamme , ni fumée ni cen- 
dres. 

Le Feu peut être rassemblé en 
très-grande abondance , sans cepen- 
dant produire aucune chaleur ; c'est 
ce qu'on observe sur le sommet des 
plus hautes montagnes éclairées par 
le soleil , où le froid est toujours 
extrêmement sensible : on voit même 
sous réquateur des montagnes qui 
sont perpétuellement couvertes de 
neige , quoique la lumière y soit 
très-vive, et qu'elles soient exposées 
aux rayons perpendiculaires du soleil. 

Ainsi un grand verre ardent n'a 
aucun effet, et ne fait sentir au- 
cune chaleur dans son foyer, si le 
soleil est caché par un nuage ; mais 
aussi-tôt qu'il reparoît, on peut y 
voir fondre un- morceau de métal. 

Le Feu , quoiqu'en petite quantité 



FEU 
dans les corps , pciu néanmoins brû- 
ler avec une grande violence ; de 
même quand l'espric-de-vin esc mis 
en Feu , il ne brùîe que trcs-icgé- 
renient la ijiain qui y est exposée ; 
et quoiqu'on le répande sur un mor- 
ceau de Fer rouge , il ne s'enflamme 
point; de sorte que la matière ignée 
qu'il contient, ne se maniiestc pas 
par de grands effets : cependant s'il 
rencontre quelque corps plrs dur 
lorsqu'il brûle, il e^t capable d'agiter 
leurs parties par l'attrition de ses 
propres particules , et de produire 
une flamme furieuse , qui peut brûler 
un corps plus dur que la man. 

De-ià il paroît que le Feu produit 
de plus grands effets par rapport à 
la chaleur , en mettant en jeu des 
parties étrangères , que par sa propi c 
action : l'explication méchaniquc de 
ce phénomène est facile à trouver ; 
car les particules de Feu étant tou- 
tes égales et sphcriques , doivent 
être d'elles-mêmes sans effet ; mais 
si elles portent avec elles certaines 
pointes ou quelques particules d'un 
autre corps , il peut , par leur moyen, 
opérer de grands changemens. 

Ainsi , quoique la flamme que 
produit un morceau de bois em- 
brasé puisse exciter une vive sen- 
sation de chaleur, et brûler les corps 
cumbustibles qu'elle frappe, on ne 
peut cependant pas conclure que 
cette flamme contienne du Feu pur 
ou élémentaire , de sorte que la 
distinction de Feu pur avec le Feu 



FEU ,0^3 

qui tombe sous nos sens , est abso- 
lument nécessaire , quoiqu'elle n'aie 
point été faite par la plupart des 
Auteurs qui ont écrit sur cette ma- 
tieie avant le Docteur Boerrhaave; 
cet oubli les a conduits dans des 
erreurs grossières, en sorte cjue la 
plupart d'entr'eux ont soutenu que 
la flamme d'un morceau de bois 
est toute de Feu ; ce qui parcit être 
faux d'après ce qui a été avancé 
ci - dessus , et ce qui nous reste i 
dire. 

Le Feu élémentaire ou pur est 
imperceptible par lui-même ; il n'est 
sensible que par certains effets qu'il 
produit dans les corps, et ces ef- 
fets ne s'appcrçoivent que par des 
changemens qui s'y opèrent : ces ef- 
fets sent au nombre de trois; 
premièrement la chaleur , secon- 
dement la dilatation dans les corps 
solides , la raréfaction dans tous les 
fluides; et troisièmement le mouve- 
ment(i). • -. . 

Le premier effet du Fen élémen- 
taire sur les corps , est la chaleur : 
la chaleur provient enticrcment du 
Feu, et de manière que la mesure 
de la chaleur cit toujours celle du 
Feu , et celle du Feu ; celle de la 



(i) D'aprts les prirxipes que nous 
avons étnHis dans les notes précédentes, 
tout ceci ne peut convenir au Feu élé- 
mentaire ou p'nlogistique , mais feule- ' 
mens au Feu dans l'état d'ignition. 



z64 FEU 

chaleur : ainsi la chaleur est insc- 
paiable du Feu (i). 

Le second effet du Feu élémen- 
taire est la dilatation dans tous les 
corps solides , et la raréfaction dans 
tous les fluides (z). 

Beaucoup d'expériences font voir 
clairement que ces deux effets" sont 
inséparables de la chaleur ; le Feu 
augmente le volume d'une verge 
de fer dans toutes ses dimensions , 
de manière que plus elle sera échauf- 
fée , plus cet effet scia considéra- 
ble ; cette verge de fer étant ex- 
posée de nouveau au froid , se ré- 
trécira, et retournera successivement 
par tous les dégrés de dilatation 
qu'elle a subis, jusqu'à ce qu'elle ar- 
rive à son premier état , sans con- 
server deux minutes de suite le même 
volume. 

On peut observer la même chose 
dans l'or , qui est le plus lourd de 
tous les corps solides , et qui occupe 
un espace plus considérable lorsqu'il 
est en fusion ; ainsi que dans le mer- 
cure le plus lourd de tous les fluides, 
qui monte à plus de trente- fois sa 
hauteur quand il est placé sur le Feu , 



(i) La mefure de la chaleur est tou- 
jours celle du mouvement, et elle n'tst 
celle du Feu , qu'autant que ce Feu est 
lui-même en activité. 

(i) Cet effet est encore celui de la 
chaleur ou du mouvement j et non du 

Feu élûncntaire. 



F £ U 

dan^ un tube ; voici les règles de 
cette expansion. 

1°. Le même degré de Feu ra- 
réfie les fluides plutôt et d'une ma- 
nière infiniment plus marquée qu'il 
ne fait les solides: sans cela les ther- 
momètres ne seroient d'aucun usa- 
ge, puisque, s'il en étoic autrement, 
la cavité du tuyau seroic dilatée dans 
la même proportion que le fluide 
est raréfié. 

2°. Plus la liqueur est légère, 
plus son expansion est considéra- 
ble ; aussi l'air , qui est le plus léger 
de tous les fluides , se dilate plus 
qu'aucun autre, et l'esprit de-vin 
est celui qui jouit après lui de cette 
propriété au plus haut degré. 

Le troisième effet du Feu est le 
mouvement ; car cet agent , en 
échauffant et en dilatant les corps , 
doit nécessairement mouvoir leurs 
parties : d'ailleurs , tout mouvement 
qu'on observe dans la nature ne 
reconnoît d'autre cause que le Feu 
lui-même , de manière que la sous- 
traction de cet élément , et même 
sa diminution jusqu'à un certain 
point , produiroit un repos général, 
et reiidroit solides toutes espèces de 
liqueurs. 

Ainsi , si le Feu étoit absolument 
anéanti, et le froid porté à son plus 
haut degré , toute la nature devien- 
droit une masse inerte , compacte 
comme l'or, et dure comme le dia- 
mant; mais sa restitution lui ren- 
droit sa premiere mobilité. 

Par 



FEU 

Par conséquent la moindre di- 
minution proportionnée de mouve- 
ment. 

On trouve le Feu pur de deux 
difi-erentcs manières , libre et ré- 
pandu dans tout l'espace, ou com- 
biné dans les corps , mais de ma- 
nière à ne leur causer aucune alté- 
ration. 

Que le Feu existe en même quan- 
tité dans tous les lieux , cela paroî- 
tra un étrange paradoxe ; cepen- 
dant cette proposition peut être dé- 
montrée par des expériences innom- 
brables. 

Le Feu élémentaire est présent 
par-tout, dans tous les corps et dans 
tout l'espace, en quantité égale: 
sur le sommet des plus hautes mon- 
tagnes , ou dans la caverne la plus 
prutlnide, lorsque le soleil luit, ou 
quand il disparoît sous l'horison , 
dans l'été le plus brûlant , et pen- 
dant l'hiver le plus dur : on peut 
recueilUr le Feu par plusieurs mé- 
thodes , par attraction ou autre- 
ment; en un mot, le plus petit point 
physique contient du Feu , et il n'y 
a aucun lieu dans F univers où le 
frottement de deux corps ne le 
rende sensible. 

Les Cartésiens , comme Mariette , 
Perrault , etc. soutieni^nt qu'il y a 
beaucoup de Feu dans un vuide par- 
fait ou dans un espace absolument 
purgé d'air; ils supposent que le 
vuidc absolu est impossible : le vuide 
le plus parfait que Qous puissions 
Tome III. 



FEU iCs 

parvenir à opérer , est celui qu'on 
obtient par la méthode de M. Huy- 
ghcns , qui se tait ainsi : échauficz 
une certaine quantité de mercure 
bien purifié jusqu'au degré de l'eau 
bouillante , versez ce mercure dans 
un tuyau échauffe , de quarante 
pouces de longueur ; et quand il 
sera entièrement rempli , appliquez 
un do;gt sur son orifice , et renver- 
sez le ainsi dans un bassin plein de 
mercure ; le mercure restera de cette 
manière suspendu dans toute la lon- 
gueur du tuyau, mais alors si on 
lui donne seulement une petite se- 
cousse, il descendra jusqu'à ce qu'il 
ne soit plus qu'à la hauteur d'envi- 
ron vingt-neuf pouces , il laissera 
ainsi un vuide de onze pouces. 

Cependant les Philosophes que 
nous venftns de citer, nient qu'il y 
ait aucun vuide; ils prétendent qu'a- 
lors il est entré autant de Feu dans 
l'espace purgé d'air , qu'il contenoit 
auparavant d'autre matière; mais ceci 
est contraire à l'expérience, ou au 
moins le Feu qui y étoit rentcrmé n'y 
est pas plus chaud que le m.ercurc 
même : car si on verse uns goutte ou 
deux d'eau dans un tems de gelée 
sur la partie haute du tuyau qu'on 
suppose être remplie de Feu , et sur 
la partie basse qui est pleine de 
mercure , elles gèleront également 
dans les deux endroits , de sorte 
qu'il n'y a pas plus de Feu pur dans 
un vuide parfait que dans tout au- 
tre endroit. 

Ll 



i^£ ~ FEU 

Mais comine nous avons déjà dit 
que le Feu existe pat-tout , on peut 
i'en convaincre en mettrait de l'or 
près du vuidc, et en y appliquant 
le thermomètre , qui n'indiquera pas 
im degré de chaleur plus considé- 
ble que celui que donnera le vuidc 
de Huyghens. 

Mais le Feu qui existe dans l'or 
cchauifé , jusqu'à ce qu'il soit rouge 
et prêt à entrer en hision, est du 
Feu pur ; ce métal peut retenir ainsi 
cette matière ignée pendant trois 
jours : le Prince de la Mirandole , 
et d'autres curieux , ont tenu de 
l'or à ce degré pendant deux mois , 
sans qu'il ait éprouve aucune di- 
minution de poids. 

M. Gravcsande , [Phys. éL'ment.) 
dit que les corps , de quclqu'cspece 
qu'ils soient , étant violemment trot- 
tes l'un contre l'autre , acquerront 
nn degré de chaleur considérable , 
ce qui démontre que tous les corps 
contiennent du Feu ; car le Feu peut 
être mis en mouvement et séparé 
d'un corps par le Irottcment ; mais 
il ne peut jamais être produit de 
cette manière. 

M. Boy le , {Mcch. Prod.) dit, en 
parlant de la chaleur, que, quoique 
le vif-argent soit regardé comme 
le plus froid de tous les fluides , de 
manière que plusieurs nient qu'il 
puisse produire de la chaleur par 
son action immédiate sur quelqu'au- 
tre corps , et particulièrement sur 
îor; cependant plusieurs elFais ont 



FEU 
fait voir que du mercure prépare 
d'une manière particulière peut 
être soudainement en état de s'in- 
sinuer dans la substance de l'or , 
calciné ou crû , et de devenir ma- 
nifestement chaud avec lui en moins 
de deux ou trois minutes. 

Selon M. Gravesande , le vif-ar- 
gent contient du Feu ; ce qu'il prouve 
par la lumière qu'il répand lors- 
qu'on secoue un tube purgé d'air, 
dans lequel il est renfermé (i). 

Le Feu élémentaire ne se décou- 
vre point de lui-même , et il peut 
être parfaitement caché dans le 
lieu où il exiite en plus grande- 
quantité , comme on l'observe sur 
les montagnes de la zone torride, 
où la neige ne fond jamais, malgré 
la grande abondance de Feu. 

On peut s'assurer de la présence 
de ce Feu caché , par cinq effets .^ 
I ^. parce qu'il raréfie les corps , 
et particuhèrement l'air; 2". par- 
la lumière; 3°. par la couleur; 4°,,. 
par la chaleur ; 5". enfin par Tin- 
flammation qu'il occasionne. 

L'expérience suivante confirme 



fi) Cet eftet est dû à I.i lumière que 
le mercure a retenue. C'est ainsi qu'un 
diamp.nt qui aura été exposé pendant le- 
joui aux vifs rayons du foleil , brillera- 
dans les ténèbres , tandis qu'un autre 
qui n'y aura point été placé , ne sera pas 
apperçu. Les yeux de certains animaux, 
nous offrent encore une preuve de la 
vérité de cette asserùon» 



FEU 
■qu'il y a une bonne quantité de 
Feu , même dans les climats les plus 
septentrionaux et dans les ccri^-s les 
plus froids: si l'on prend deux grands 
morceaux de f^jr , et qu'on les trotte 
l'un contre l'autre avec vitesse, en 
Islande , qui n'e;.t qu'à douze degrés 
du pole , pendant la saison la plus 
froide et à minuit, ce Feu devien- 
dra chaud , ardent , lumineux , et 
s'échauffera à un tel degré , qu'il 
pourra raréfier non-seulement l'es- 
prit- de- vin du thermomètre , mais 
brûler enfin les coips combustibles, 
et entrer lui-même en fufion. 

Or, ce Feu est prodint instanta- 
nément par le frottement dans 
cette opération , ou il se trouvoit 
tout formé dans ces corps ; mais 
personne ne soutiendra la premiere 
proposition , à moins qu'on ne sup- 
pose que les corps mis en mouve- 
ment contenoient des matières com- 
bustibles , propres à l'entretenir : il 
existoit donc primitivement dans 
ces corps , et il n'est point dou- 
teux qu'il ne soit du véritable Feu, 
puisqu'il raréfie la liqueur du ther- 
momètre. 

On peut conclure , d'après ce 
qui vient d'être dit , qu'il y a du 
Feu dans toutes les parties de l'es- 
pace, et dans tous les corps , et qu'il 
est également répandu sur le som- 
met des plus hautes montagnes , 
dans les vallées , dans les cavernes 
les plus protondes , dans tous les cli- 
mats , et en toutes saisons. 



FEU i^y 

La distribution égale du Feu dans 
tous les endroits étant prouvée, il 
devrcit suivre qu'il est également 
abondant par-tout ; ce qui seroit 
réellement, si , par dificrcntes cir- 
constances , il ne se trouvoit pas 
rassemblé en plus grande quantité 
dans quelques endroits que dans 
d'autres. Mais la distiibution ésale 
du Feu dans tout l'espace , n'em- 
pêche pas que , suivant le rapport 
de nos sens , il ne paroisse fort iné-^ 
gai dans différées lieux : nous avons 
deux sources régulières du Feu, le 
soleil et le centre de la terre. 

Les Philosophes de tous les siè- 
cles , à l'exception dun seul , ont 
regarde le soleil comme un foyer 
inépuisable de Feu ; quant au Feu 
central , nous sommes forcés à con-' 
venir de son existence , car la cha- 
leur est beaucoup plus forte dans 
le sein de la terre qu'à sa surface. 

Ceux qui creuicnc des mines et 
des puits , observent toujours que , 
lorsqu'ils sont un peu au-dessous 
de la surface, ils trouvent l'air plus 
froid , et qu'à mesure qu'ils avan-' 
cent plus bas , il le devient encore, 
davantage , parce qu'il est alors 
hors de la portée de l'action du 
soleil. 

Mais si l'on s'enfonce encore da- 
vantage , c'est-à-dire , jusqu'à qua- 
rante ou cinquante pieds , on com- 
mence à éprouver que l'air devient 
plus chaud , de manière que la. 
glace ne pourroit y rester long- 
Ll 1 



263 FEU 

icms sans se fondre ; la chaleur aug- 
mente de plus en plus à mesure 
qu'on avance, jusqu'à ce qu'enfin 
la respiration soit interceptée , et 
que la lumière s'éteigne ; s'ils se 
hasardent encore plus loin avec une 
chandelle allumée, l'air s'enflam- 
mera d'une manière terrible, com- 
me on l'a vu une fois en Ecosse , 
dans les mines de charbon , où un 
ouvrier hardi , descendant dans une 
profondeur extraordinaire , avec 
une lumière à sa . main , les va- 
peurs qui s'y trouvèrent en quan- 
tité , prirent feu , et brûlèrent la 
montagne entière. 

Ainsi il paroît que la Nature a 
caché comme un autre soleil dans 
le centre de la terre, pour con- 
tribuer de son côté au mouvement 
général, dont dépend la génération , 
la nutrition, la végétation et l'ac- 
croissement des animaux , des vé- 
gétaux et des fossilles. 

Quant à la formation de ce foyer 
souterrain , on ne peut savoir s'il a 
été créé au commencement , comme 
le soleil àxns le firmament, ou s'il 
a été produit par degrés par l'amas 
du Feu v.iguc (i). -, -, 

(i) Cette rêverie du Feu central, 
établie p.ir M. de Meiran , et si agréa- 
blement prcfcutée par M. de Buffon , a 
été victorieusement combattue par M. de 
Rome de Lille , dont les observations ne 
laisseront aucuns doutes sur l'absurdité de 
ce merveilleux svstcme , à ceux qui pren- 
dront la peine de confulcer fon Ouvrage. 



FEU 

Ce qui prouve en faveur de la 
premiere opinion , ce sont les vol- 
cans ou montagnes brûlantes qui 
paroissent avoir existé dès les pre- 
miers tems ; car on a vu sortir dc& 
flammes du Mont-Ethna dans la 
plus haute antiquité , et il existe 
de ces montagnes dans les régions 
les plus froides , comme dans la 
Nouvelle-Zemble , l'iflande , ainsi 
que dans les plus chaudes , comme 
dans Usle de Borneo , etc. (i). 

On ne peut raisonnablement pen^ 
scr, dit M. Boyle , que la chaleur 
souterraine procède des rayons du 
soleil , car l'action de cet astre n'é- 
chauiFe pas la terre à plus de six; 
ou sept pieds de profondeur , même 
dans les pays méridionaux ; de ma- 
nière que , si notre terre étoit froide 
de sa nature , et qu'elle ne reçût 
d'autre chaleur que celle qui émane 
du soleil et des étoiles , on éprou- 
veroit un troid d'autant plus vif ^ 
qu'on pénétreroitplus profondément 
dans son sein. 

Le soleil contribue beaucoup à 
faire allumer le Feu par son mou- 
vement rapide auteur de son axe > 
par ce moyen ses particules agitées 



(i) Les Volcans ne prouvent rien cr> 
faveur du Feu central ; il seroit facile de 
faire connoitre le peu de fondement de 
l'assertion de notre Auteur , si c'étoit ici 
le lieu de rapporter ce que l'observation 
nous a appris sur la nature de cet impo- 
sant phénomène. 



FEU 

violemment i'ctcndent par-tour , et 
sont dirigées et déterminées en li- 
gnes parallèles vers cert^iins endroits 
où SCS effets deviennent apparcns. 

De-là vient qi;e le Feu est ap- 
perçu lorsque le soleil est au-de-.sus 
de nous ; mais que quand il dispa- 
roît, et que son mouvement cesse, 
le Feu se disperse dans l'espace 
échérée. 

Il n'y a pas , en effet , moins de 
Feu dans notre hemisphere , pen- 
dant la nuit que pendant le jour ; 
il ne lui manque que la détermi- 
nation pour être apperçu. 

Les effets du Feu élémentaire peu- 
vent être augmentés de différentes 
manières, par l'attrition ou le frot- 
tement rapide d'un corps coutre un 
autre , ce qui est fort sensible dans 
les corps solides : le frottement d'un 
caillou contre un acier, produit des 
étincelles de Feu : le même phéno- 
mène a lieu dans les fluides lors- 
qu'ils sont agités par un mouvement 
violent , comme on l'observe dans 
une opération fort commune , par 
laquelle on sépare le beurre du lait; 
la crème , fouettée avec force , ac- 
quiert une chaleur sensible, qu'on 
reconnoit encore plus facilement en 
y appliquant un thermomètre. 

La chaleur des corps des ani- 
maux est attribuée à la vibration 
continuelle de leurs fibres, et au 
mouvement non interrompu de leurs 
humeurs. 

La seconde manière d'augmenter 



FEU 1^0 

l'effet du Feu élémentaire, est d'cn- 
tàsser une certaine quantité de vé- 
gétaux hun^ides , verts et reniphs 
de sévc , et de les presser forte- 
ment ; ces végétaux ainsi accumu- 
lés tcrmentcront , s'échaufferont , et 
finiront par s'enflammer. 

l'nc troisième manière est de 
mêler ensemble certains co:ps na- 
turcUcment froids, mais échai.ffés 
jusqu'à un certain degré, tels que 
l'eau et l'esprit-de-vin , qui, étant 
réunis , donneront un degré de cha- 
leur plus considérable ; l'effet esc 
encore plus marqué lorsqu'on mêle 
de Ihuile de girofle ou de cinna- 
momum avec de l'esprit-de-vin 5 
ce mélange s'échauffe spontané- 
ment, et pousse même des flammes 
comme un volcan. 

On peut produire les mêmes ef- 
fets au moyen de plusieurs corps 
durs et secs, comme le soufre et 
la limaille d'acier. 

Pour finir cet article du Feu et 
de ses effets , nous dirons que cet 
clément est le principe de la flui- 
dité des humeurs , de la vci;éra- 
tion, de la putréfaction, de la fer- 
mentation , de la chaleur anima- 
le , etc. 

Comme les quatre éléniens , l'eau, 
l'air , la terre et le Feu , sont les 
seuls agcns de la végétation , et que 
ce dernier y joue le plus grand rôle, 
ce que je viens de dire sur sa na- 
ture et ses propriétés , d'après les 
meilleurs Auteurs qui ont traité 



Ïj6 FEU 

cette matière , ne peut déplaire aux 
pcnonnes instnrtcs qui i'occupcnt 
par goût Je Tagiiculture. 

FEVEDEJARDIN e: 
FEVEROLLE, ou 

FEVE DE MARAIS. Foyei 

F AC A. 

FEUILLES. On définit une feuille, 
L p.irtic d'une pLmcc étendue en 
longueur et en largeur , de manière 
qu elle a un côté distingué de l'au- 
ire. Elles sont proprement la partie 
ia plus externe des branches , et 
Forncment des petits rejctrons ; les 
feuilles sont composées d'une ma- 
tière gkitineuse , mc!ée de veines et 
de libres : leur principal usage est 
de perfectionner la sève nourricière 
destinée au développement des bou- 
lons et des fruits. 

Nous considérerons d'abord com- 
ment les Botanistes ont distingué 
ics tcuilles , par rapport à leur for- 
me, et nous parlerons ensuite de 
leur usac'e dans la véi^étation. 

La feuille d'une pl.inte ou d'un 
arbre diffère de celle de sa fleur ; 
la premiere est nommée simplement 
feuille , et la seconde pétale : il n'est 
donc question ici que des tcuilles qui 
ornent les branches et les tiçes des 
plantes , et non des pétales de leurs 
fleurs. 

Les feuilles soijt ou simples ou 
composées. - - • ' •• 



FEU 

Les feuilles simples sont celles 
dont les pétioles n'en supportent 
qu'une ; et les composées sont celles 
dont les pétioles soutiennent plu- 
sieurs feuilles ou folioles. 

Les feuilles simples difFerent dans 
la forme de leurs contours , de leurs 
angles , de leurs pointes, de leur 
surface , et dans leur substance : les 
feuilles qui n'ont ni angles rentrans , 
ni prolongement , sont orbiculaires 
ou rondes ; elles sont conformées 
de manière que leur longueur est 
égale à leur largeur , et que tous 
les points de leur circonférence sont 
également éloignés du centre. ^oye:j 
PI. i.fig. I. 

Une feuille presque ronde, siih- 
rotundum j est un peu inégale dans 
ses dimensions. PI \.fig. 2. 

Une feuille ovale , ovatum , est 
celle dont la longueur excède la 
largeur , et dont la base ou partie 
inférieure lorme un segment de cer- 
cle , mais dont la partie supérieure 
est plus étroite. PL i-fig- 3. 

Une feuille ovale renversée , ob- 
vcrsum , est celle dont la partie la 
plus étroite est attachée au pétiole. 

Une feuille ovale ou elliptique ; 
ovale j sivè elliptkum , est celle 
dont la longueur excède la largeur, 
et dont les deux extrémités sont 
plus étroites que les deux segmens 
d'un cercle. PI. i.fig. 4. 

Une feuille en parabole , para- 
bolkum , est celle dont la longueur 
excède la largeur , et qui va en di- 



FEU 

minuant depuis la base Jusqu'à l'ex- 
trémité ; elle a la forme d'un demi- 
ovale. PL i-fig- 5- 

Une feuille spatulée, ou en spa- 
tule , spatulatum j, est presque ronde, 
mais étroite à sa base , et allongée 
lincalement. PI. i.fig- 6. 

Une feuille en forme de coin , 
cunci- forme , est celle dont la lon- 
gueur excède la largeur , et qui va 
en diminuant jusqu'à la base. PL \ . 

h- 7- 

Une feuille oblongue est celle 

dont la longueur excède de beau- 
coup sa largeur , et dont chaque 
extrémité est plus étroite que le seg- 
ment d'un cercle. PL i.fig. 8. 

Une feuille en forme de lance , 
lanceolatum , est oblongue , plus 
étroite vers chaque extrémité , et 
terminée en pointe. PL i.fig. 9. 

Une feuille linéaire , linearc , est 
celle dont les deux côtés sont pres- 
que parallèles l'un à l'autre ; elle est 
ordinairement étroite, et un peu 
plus large au milieu qu'à chaque 
extrémité. PL \.fig. 10. 

Une feuille en lamme ou en 
paille , acerosum , est celle qui est 
linéaire , qui reste sur l'arbre , et 
qui se conserve toujours verte , 
comme celle du Pin , de l'If, etc. 
PL \. fig II. 

La feuille en forme d'alêne , su- 
huUtum, est celle cui est linéaire 
en bas , et resserrée vers l'extrémité 
supérieure. PL i . fig. \ 2. 

La. feuille triangulaire , trïangu- 



F E U 



271 



lare , est celle dont le disque esc 
entouré de trois angles sailians. PL 
i. fig. 13. 

La feuille quadirangulaire et celle 
à cinq angles , ne different de la 
précédente que par le nombre de 
leurs angles. PL l.fig. 14. 

La feuille celtoûle est celle qui 
a quatre angles, dont ceux des ex- 
trémités sont plus éloignés du cen- 
tre que les deux latéraux. PL i. 

fie- M'; 

La feuille ronde , romndum ^ est 

celle qui n'a point d'angle. 

[Sinus.) Le mot sinus est em- 
ployé pour cxprinier les ouvertures 
ou coupures qui se trouvent dans 
les feuilles , et les divisent en dif- 
férentes parties. 

La fcui'lc en forme de rein , renl- 
formc j est d'une figure presque 
ronde , un peu creuse à la base , 
mais sans angles. PL i.fig. \6. 

Une feuille en forme de cœur, 
corda.tum , est un peu ovale et creuse 
à sa base, mais sans angles. PL \, 

fig- '7- 

La feuille en croissant , lunula- 
turn J est presque ronde et creuse à 
sa base , avec deux angles cour- 
bés en forme de seil. PL x, 
fig.i^.. 

La feuille en flèche , sagittaturri, 
est triangulaire et creuse à sa base, 
pour faire place au pétiole. PL i, 

fig- 19-, 

La feuille en forme de cœur et 

de fièche , cordacum-saginatum , rei- 



27i FEU 

semble à h prcccdentc, mais ses 
côtés sont convexes. PI. i-fig. lo. 
La feuille en pointe de lance , 
hastatum j est d'une Forme trian- 
gulaire; les côiés et la base en sont 
creusés , et ses angl-es étendus lui 
donnent la Forme d'une Feuille com- 
posée de trois parties. PI. \. 

La Feuille en Forme de violon , 
pandura-forme j est oblongue , plus 
large aux deux extrémités qu'au mi- 
lieu , qui est rétréci comme le corps 
d'un violon. P.'. \- fig- ii.' -'■'■' 

La feuille Fendue ou divisée , 
fissum , est séparée par des sinuosités 
linéaires et des marques droites , sui- 
vant le nombre de ces divisions ; 
elles sont appelées Feuilles à deux, 
trois ou plusieurs pointes. PL i. 
fig. 23. bifiiduin , tùfidum , etc. 

La Feuille en lobe , lobatum, est 
divisée presque jusqu'à la eôte du 
iniiieu , en deux parties éloignées 
l'u le de l'autre , et pourvues de 
marges convexes , suivant le nom- 
bre de leurs parties; on les appelle 
à deux , à trois ou à quatre lobes , 
bïlobatum , trllobatum j etc. PL I . 

fie' 14- 

La Feuille en forme de main , 

palmacum j est divisée jusqu'à sa bise 

en plusieurs segmens longitudinaux, 

où ils sont réunis , ce qui lui donne 

l'apparence d'une main ouverte. 

PLi.fig.iy 

La Feuille en pointes ailées, /'iw- 

natifidum , est séparée en travers 



FEU 
par des divisions oblongues et ho- 
risontales. PL i.fig. z6. 

La Feuille en {-orme de lyre, 
lyratum , est divisée transversale- 
ment en plusieurs segmens , dont les 
supérieurs sont plus larges que les 
intérieurs, qui sont aussi un peu 
plus éloignés les uns des autres. 
PL i.fig. 27. 

La feuille Festonnée ou laciniée , 
laciniatum , a les côtés diversement 
divisés en Franges irrégulicrcs. PL i , 
fig- ^8. 

"■"La Feuille sinuée , sinuatum , a 
plusieurs sinuosités sur ses bords ; 
mais elle n'est point dentelée ni en- 
taillée. PL I. fig. 29. 

La Feuille dentelée et sinuée , 
dentato-sïnuatum , est semblable à la 
précédente , mais ses lobes latéraux 
sont linéaires. 

La Feuille divisée, panitum , est 
celle qui est séparée en plusieurs 
parties jusqu'à la base , de manière 
que ces divisions paroissent erre au- 
tant de Feuilles, si on ne les exa- 
mine pas de près; on l'appelle bi- 
partïtum , ou trïpartïtum , suivant le 
nombre de ses parties. PL i-fig- 30. 

La Feuille entière, integrum , n'est 
point divisée , et a ses bords unis. 

Sommet. Ape.x. L'extrémité supé- 
rieure est celle qui termine la Feuille, 
et que l'on nomme sommet ; quand 
on considère les Feuilles par rap- 
port à cette extrémité , on appelle 

Feuille tronquée , truncatum, celle 

dont 



y'.v • u. ~.i 




l\.vi'/i,\iJuni </<'j- Ii'iiiIJ,\r 



FEU 
dont le sommet paroît comme coupé 
transversalement. 

Feuille mordue , pr^emorsum , ceile 
qui est terminée par des découpu- 
res très-inégales et émoussées. PL i. 

fS- 31- 

Feuille émoussée , retasum j dont 
l'extrémiré est terminée pur un sinus 
obtus. PI -i-fig- 3 2. 

Feuille échancrée, emarg'matum ^ 
celle dont l'extrémité est un peu dé- 
coupée. PL 1 . fig. 3 3 . 

Feuille obtuse , ohtusum j dont la 
pointe est émousiée ou terminée 
par un segment de cercle. PL i. 

h' 34- 

Feuille aiguë , acutum , celle dont 
l'extrémité supérieure est terminée 
en angle pointue. PL i . fig. 3 5. 

Feuille acuminée ou pointue , 
acuminatum 3 celle qui est terminée 
en pointe d'alcn. PL i.fig. }6. 

Feuille en pointe obtuse , oku- 
sum acumine, celle dont la partie 
supérieure est arrondie , mais qui 
forme ensuite une pointe aiguë. 
PL i.fig.p. 

Feuille à tendron , ou vrille , ou 
main , cirrosum , celle qui se ter- 
mine par un tendron. PL i. fiig. 
3_8 , comme dans les plantes gh- 
riosa , flagellaria j etc. 

Côtes. Latera. La marge , la bor- 
dure , ou le timbre , étant diversc- 
mejit figuré dans les diiiérentcs es- 
pèces de feuilles , forme aussi un 
caractère distinctif. Latera. 
Tome III, 



FEU 173 

Ainsi, à l'égard de ses marges, 
la feuille est : 

Epineuse , spinosum ; c'est celle 
dont la marge ou le bord finie 
en piquants roides et durs. PL i. 

fg- 39- 

Dentelée , dfntatum , dont ks 

bords ont des pointes horisontales , 

de la même substance que la feuille, 

mais séparées les unes des autres- 

Pi. i./^. 40- 

Sciée , serratum 3 dont les bords , 
taillés et aigus comme les dents d'une 
scie , forment des angles aigus vers 
le haut. PL i.fig. 41. 

Sciée en arrière, retrorso- serra- 
tum _, dont les dents sont recour- 
bées vers la base de la feuille. 

Doublement sciées , duplicata- 
serratum , sciées à plus grandes dents 
dont les bords sont encore décou- 
pés en dentelures plus petites. 

Une feuille crénelée, crenatum ,' 
est celle dont les bords sont den- 
telés , mais dont les angles ne ten- 
dent , ni vers le haut , ni vers le 
bas : quand ces dentelures sont ob-- 
tuscs , on nomme la feuille crénelée 
obtuse ; lorsqu'elles sont aiguës , on 
la nomme crénelée aiguë , et si el- 
les-mêmes sont encore crénelées , 
on l'appelle doublement crénelée. 
duplicato-crenatum. PL \.fig.4^z. 

Une feuille arquée ou serpentine, 

repandum , est celle dont la marge 

a plusieurs sinus obtus, formés par 

des segmens de cercle. PL i .fig. 43 . 

Une feuille cartilagineuse, carti- 

M m 



174 FEU 

Ligineum ^ a ses bores garais d'un 
carcilagc fcrmc , ck nt la substance 
est difTcic.-itc de celle de la feuille. 
PI. i.Jio, 44. 

Une fcuilIc cillce, c'dïatum , est 
celle dont les bords sont garnis de 
poils parallèles , et semblables à 
ceux des paupières. P/. i.fig. 45. 

Une feuille déchirée , Liceratum j 
esc celle dont les bords sont coupés 
en scgmens irréguliers. 

Une feuille rongée , erosum , est 
celle qui est sinuée , et dont les 
sinus sont cn-'ore dentelés sur leurs 
bords , par plusieurs autres sinus ob- 
tus. PL i.fig- 46. ;. : . . ,, ., 

Une leuille trés-entiere , integer- 
nmurn , a ses marges entièrement 
exemptes d'entaillurcs. 

Surface. La .surface , superficies , 
est le dehori ou le plan de la leuille, 
soit par-dessus, soit par dessous : 
on distingue les feuilles par leur sur- 
face, en 

Feuille visqueuse , viscidumj quand 
ses surfaces sont couvertes dune 
humeur gluante. 

Feuille couverte de duvet , ou 
cotonn.eusc, tomentos-jrr. ^ quand la 
surface est hérissée de poils fi courts 
et si fins, que Fœil ne peut les dis- 
tinguer l'un de l'autre , quoique ce 
duvet soit très-apparent à la vue et 
au tact. PI. I . fig. 47. ■ • 

Feuille laineuse , lanatum. , est 
celle dont la surface est couverte 
d'une substance laineuse , sembia- 



F E U 

l?le à une toile d'araignée , comme 
dans les plantes salvia, syderitis, etc. 

Feuille velue, pHosunij est celle 
dont la surface est couverte de 
poils longs , qu'on appen^oic distinc- 
tement. PL i.fig. 48. . ,. 

Feuille rude , hispidum j dont 
la surface est couverte de poils roi- 
des , qui piquent lorsqu'on les tou- 
che. PL i./^. 49- 

FciiFe ral'oteu>c , scahrum , est 
celle dont la surf.ice a plusieurs pe- 
tites eminences irrégulieres. 

Feuille piquante , acuUatum j 
dont la surface est couverte de poin- 
tes ou d'épines fortes et aiguës , 
qui adhérent , ou sont attachées lé- 
gèrement à sa surface. 

Feuille sillonnée ou cannelée , 
striatum ; c'est celle dont la sur- 
face est sillonnée par un certain 
nombi e de lignes parallèles et lon- 
gitudin.ilcs. 

Feuille bouillonnée, papillosum ^ 
est celle dont la surface a plu- 
sieurs petites protubérances rondes, 
semblables à des vessies. PL i . fig. 

Feuille ponctuée, punctatum , est 
celle dont la surface est marquée 
par un grand nombre de points^ 

Feuille brillante , nitldum , est 
celle dont la surface est lisse, lui- 
sante et polie. 

Feuille piissce , pUcatum j qui 
a plusieurs élévations et cavités 
angulaires vers son extrémité , com- 
me si elle étoit plissée , ainsi 



FEU 

qu'on le voit dans {'JlckimUla. PL 

i- fig- 51- 

Feuille ondée, undulatum, dont 

la surface vers le bord s'clcvc et 
tombe d'une manière convexe, com- 
me les v.igucs de la mer. 

Feuille Irisée, crispum, dont la 
circonférence est plus grande que 
le dijque, de manière que la sur- 
face s'élève en onde. PL i-fig. 51. 

Feuilie inégale , rugosum , est 
celle dont les nervures sont con- 
tractées et rétrécies de manière que 
le tissu de la feuille , qui a plus de 
surface, forme entre chaque masse 
une eminence irréguliere. PL x.fig. 

53- 

Feuille creuse ou concave, con- 

cavum , dont la marge est contractée 

de manière que le milieu est creux 

ou enloncé. 

Feuille veinée , venosum j dont 

les veines sont divisées et très-ta- 

ciies à distinguer. 

Feuille convexe , convcxum j 
dont le milieu s'élcve en protubé- 
rance. 

Feuille nerveuse , nervosum j 
dont les veines s'étendent en lon- 
gueur de la base à la pointe , sans 
se séparer en branches. PL i . fig. 

54- 

Feuille colorée, colorât um ., dont 

la surface a d'autres couleurs que 
le vert. 

Feuille unie , glahrumi dont la 
surface est Usse et tsansauC une* iné- 
galité, up o)I:0 3i3 



FEU > 275 

Suhscance. La substance d'une 
feuille se reconnoît par ses bords ; 
on les distingue sous ce rapport en 
feuilles 

Conique , teres j dont la subs- 
tance est épaisse. Cette feuille est 
ordinairement cylindrique. 

Demi - conique , semi -cylindra- 
ceum J qui est d'une figure cylindri- 
que , mais elle est appiatie d'un cote. 

Tubulée ou creuse, tubulosum, 
qui est creuse comme une fiiite, 
comme celle des Oignons. /> 

Charnue , camosum , est celle 
qui est succulente et remplie de 
pulpe. 

Comprimée, compressum , c'est 
celle dont les cotés sont compri- 
més de manière que la substance 
de la feuille est plus large que le 
disque. ■■-'.'";■■ '/ 

Unie , planum, dont la surface 
est par-tout parallèle. 

Bossue ou convexe, glh'hum , qui 
est convexe sur les deux côtés, 
le milieu étant plus rempli de pulpe. 

Appiatie , dcpressum , dont le 
disque est plus applati que les bords. 

Sillonnée , cannliculcttuni j dent 
le milieu est traversé dans sa lon- 
gueur par un sillon profond , et 
presque cylindrique. PL i .fig. 5 j. 

A double lace , anceps j dont 
le disque est convexe, et qui a 
deux angles sailla'ns et longitudi- 
naux. 

. , En forme d'épée, ensi-formej dont 
les bords sont minces, avec un côté 
M m z 



17^ FEU 

«aillant, qui les traverse dans le mi- 
lieu , depuis la base jusqu'à la 
pointe. 

En Forme de glaive ou de cime- 
terre , acinaci-forme , qui est char- 
nue et comprimée , ayant un de 
ses bords convexe et mince , et 
l'autre droit et épais. PL i-fig^ 56'. 

En tormc de hache, ddahn-forme. 
Cette feuille est celle qui est presque 
ronde, obtuse, comprimée, bossue, 
convexe par derrière, aiguisée et 
cylindrique vers le bas. PL i . fig. 

57- 

En forme de langue, Lmgui- forme , 

quand elle est linéaire, charnue 
et obtuse , convexe en-dessous , et 
quelquefois avec des bords cartila- 
gineux. PL x.fig. 58. 

A deux tranchans^, anceps., quand 
elle a deux angles saillans qui 
vont en longueur sur un disque con- 
vexe. 

A trois cuics , trïquetrum ; quand 
elle a trois côtés unis et longi- 
tudinaux , pareils à ceux des feuilles 
en forme d'alêne. 

A trois bords , trigonaU , cclle- 
ci ressemble fort aux précédentes, 
mais elle a ses côtés aigus et mem- 
braneux , et ses surfaces sont can 
nelécs , si elle a quatre ou cinq 
angles, on la nomme tctrangonalc 
eu pcntagonale. 

Sillonnée , sulcatum j quand elle 
a plusieurs sillons dans sa lon- 
gueur, avec des sinus obtus. PL i. 



FEU 

En forme de carène ou de quille 
de bateau , cannatum -, quand ki 
partie inférieure du disque est sail- 
lante dans toute sa longueur, et sa 
partie supérieure concave comme la 
quille d'un bateau. 

Membraneuse , memhranaceum y 
quand elle est entièrement com- 
posée de membranes, sans qu'il y 
ait entr'elics aucune pulpe apparente. 

Feuilles composées. Une feuille 
composée , compositum , signilie ea 
général une feuille formée de plu- 
sieurs autres , réunies et soutenues 
par un même pétiole. Ces feuilles 
se distinguent encore suivant la 
figure ou la position de leurs pe- 
tites leuillcs ; i ®. on les divise en 
celles qui sont proprement et dis- 
tinctement appelées feuilles compo- 
sées; 1°. en feuilles décomposées; 
3". en teuillessur-décomposées: nous 
parlerons de chacune à leur place; 

La feuille entière , qui est l'as- 
semblage de toutes les autres, est 
considérée comme une seule feuille, 
foluim. Les petites, qui, toutes en- 
semble composent cette premiere , 
sont appelées /ô/io/i2 , lobes ou folio- 
les. 

Une feuille simple , composée , 
est celle dont le pétiole soutient plu- 
sieurs Icuilles. . ; 

La feuille noueuse-, artïculatum y 
est celle dont la pointe soutient une 
autre feuille. PL \-fig. 60. 

Une feuille digitée, digïtatum j. 
est celle qui est composée de plu.- 



.«»^ 



FI. 



i'^-r ^77 




"m. h 











'F..rt'hiUihoii i/i\\' Fi'ituli's 



FEU F E Û 1-77 

sîeurs petites feuilles jointes pat leur Une feuille dont les aîlcs sont 

base au même pétiole, et qui sctcn- alternes, akematum pinnatum j, a ses 

dent et s'ouvrent comme les doigts lobes placés alternativement. 

de la main. PI. ^-fig- 61. Une feuille dont les aîles sont in- 

La feuille à deux lobes , hïnatum , terrompucs , hncrrupte finnacum , est 

a deux petites leuillcs sur un pétiole, celle dont la côte mitoyenne sou- 

FI. i.fig. 62. tient de petits lobes entremêlés avec 

Une feuille à trois lobes , terna- de plus grands. PL i.fig. 4. 

turn 3 est celle qui a trois petits lo- Une feuille à ailes articulées, «rr- 

bes : souvent on rappelle aussi tïculatè pïnnatum , est celle dont le 

TrifoUum , Trèfle. PL i.fig. 63. pétiole commun a des nœuds. PL 

Une feuille à cinq lobes, quïna- 2. Jïg. j. - - 

turn , est celle qui a cinq petites Une feuilles à aîles courantes , J<:~ 

feuilles sur le même pétiole. cursive pirmatumj est celle dont les 

Une feuille ailée , empennée ou petites feuilles coulent le long de 

pinnée , pinnatum j est celle qui a la tige de l'une à l'autre. PL 2. 

plusieurs petites feuilles rangées sur Jîg. 6. 

chaque côté du même pétiole, com- Une feuille conjuguée , conjuga- 

me autant d'ailes. Il y en a plusieurs tum^ est celle qui n'a que deux 

genres. petites feuilles sur le même pé- 

Une feuille ailée inégalement , tiole. 

pinnatum cum impari _, est une feuille Feuilles décomposées. Une feuille 

ailée , terminée par un lobe impair, décomposée, decompositum., est celle 

PL x.fig. I. dont le pétiole a une division, et 

Une feuille ailée , avec des mains qui réunit ensemble plusieurs petites 

ou vrilles , pinnatum cum cirrho , est feuilles. 

une feuille ailée , terminée par une Une feuille doublement conju- 

vrille. PL ^.fig- 2. gnée , bigeminatum, est celle dont 

Une feuille ailée, et par paires, le pétiole se divise enfourche , et 

ahruptum,cst une feuille aîléc , qui réunit quatre petites feuilles sur son 

se termine en lobes pairs et sans extrémité , ou qui est composée de 

vrilles. deux conjugaisons. 

Une feuille dont les aîlcs sont op- Une feuille doublement trifoliée, 

posées, opposite pinnatum j, est celle bitcrnatum , est celle dont le pétiole 

dont les petites feuilles ou lobes sont est divisé , et dont chaque division 

placées sur la côte du milieu , de supporte trois petites feuilles. PL 2. 

manière qu'elles sont opposées l'une fig. 7. 

à l'autre. PL i-fig. 3. Une feuille à doubles aîles, bi- 



.!■]% FEU 

plnnatum y est celle dont le pétiole 
est ciivisé, et dont chaque division 
soutient de petites feuilles rangées 
comme de petites ailes. Plane, z. 

' fig- 8. 

Une feuille composée sur un pied 
ou pétiole , pedatum j est celle qui 
a plusieurs folioles réunies à leur 
base sur un pédole commun, ou 
dont le pétiole est divisé, et sou- 
tient quelques petites feuilles placées 
sur le cé>té intérieur , comme dans 
le Passif ora et \Arum. Flanc, i. 

Une feuille sur-composee , surrà 

dicomposïtum , est celle dont le pé- 

''4 tiolc est plusieurs fois divisé , et dont 

chaque division est garnie de petites 

feuilles. 

Une feuille tritcrnée , trïtcmatum , 
est celle dont le pétiole réunit trois 
feuilles doubles trifoliées. 

Une feuille triplement ailée , tri- 
pïnnatum j est une feuille com.posée 
de plusieurs autres doublement ai- 
lées i si clic se termine par deux 
petites feuilles, on les appelle abrup- 
tes ou par paires. PL z-fig- lo. 

Si elles se terminent par une 
feuille , on les nomme feuilles irré- 
gulieres triplement ailées. PL i . fg. 
1 1. 

Nous allons considérer mainte- 
nant les feuilles suivant le lieu qu'el- 
les occupent , leur position , leur 
insertion, ou leur direction, quand 
elles sont jointes aux autres parties 
flç la plante. . £ , 



FEU 

Une feuille séminale, séminale ^ 
est la premiere feuille d'une plante. 

Les Anciens Auteurs l'appcloient 
Cotyledon ; celle-ci diffère des autres 
par sa forme et par sa substance. 
PL z.JIg. II. 

Une Icuille radicale, reidieale ^ est 
celle dont le pétiole s^rt immédi.;- 
tcment de la racine. 

Une feuille supérieure ou de la 
lige, cdulinum, est celle qui sort de 
la tige de la plante. PL z. fg. 13. 

Une feuille axillaire , a.xdlare j 
est celle qui sort des inscruons des 
branches./'/, z. fig. 14. 

Une feuille florale ou à fleur , 
florale , est celle qui se trouve au près 
de la fleur , et ne paroît jamais 
qu'avec clic. PL z.fig. \ 5. 

Une feuille étoilée, stcllatum^ PL 1. 
fig. I ^ , ou feuille verticillée , venï- 
c'dlatum. On appelle ainsi celles qui 
sont rangées circulaire ment ou en 
forme d'anneau au tour des bran- 
ches. PL z.fig. 17. 

Les leuilles opposées , oppcsha , 
sont celles qui sortent par paires , 
opposées l'une à l'autre, sur chaque 
côté des branches. PL ^-fi^g- 18. 

Les feuilles alternes, alterna., sont 
ainsi appelées quand on les trouve 
placées alternativement l'une sur 
l'autre. PL i.fig. 19. 

Les feuilles éparses, sparsa j sont 
placées sans ordre sur toute la lon- 
gueur de la plante. 

Les feuilles rapprochées , confertay 
sont celles qui sortent des côtés àç,% 



FEU 

branches si près les unes des autres , 
qu'il n'est pas aise de distinguer 
exactement leur situation, PI. i. 

fig. 20. 

Les feuilles imbriquées , imlrl- 
cata j sont celles qiii se trouvent pla- 
cées les unes sur les autres comme 
des tuiles ou cies écailles de poisson. 
FI. i.fig. II. 

Les tcuilles en faisceau , fasci- 
diila.a j sont ce'Ies qui sortent du 
même bouton. Pi. i.fig. zi. 

Discica ^ quand les feuilles sont 
rangées le long des côtés des bran- 
ches , comme dans le Pin. 

Une feuille en forme de bouclier, 
pdcatum j Cit celle dont le pétiole 
est attache au disque , et non à la 
base ou au bord de la feuille. PL 2. 

fig- ^3- 

Pedolatum 3 c'est quand le pétiole 

est inséré dans la base de la marge , 

PL 1. fig' 2.4, ou t|uand une kuillc 

est supportée par un pétiole. 

La feuille est dite sessile, sessile j 
quand elle naît de la branche même, 
jans en être séparée par un pétiole. 
PL z.fig.i^. 

Une feuille courante, decurrens ^ 
est celle qui adhère à la branche ou 
à la tige , et qui s'étend dans toute 
sa longueur depuis sa base , de ma- 
nière qu'elle forme une bordure de 
feuille de chaque côté. PL z.fig. 16. 

La feuille amplexicaule est celle 
dont la base entoure ou embrasse 
entièrement la tige. PL i.fig. 27. 

Semi - amplexicaule , quand sa 



FEU 



^79 



base n'embrasse que la moitié de la 



tige. 



Une feuille perfoliée , perfoUatum^ 
est celle qui est traversée par la tige 
ou par la branche qui ne touche pas 
à sa mar^'c. PL z. fs 28. 

Connatum : on s'exprime ainsi 
lorsque deux feuilles opposées sont 
réunies par leurs bases , de manière 
qu'elles composent un corps qui 
embrasse la tige. PL 1. fig. 29. 

Vagïnans , en gaînc\ c'est quand la 
base de la tcuillc forme une espèce 
de cylindre qui embrasse la tige 
comme un étui , comme on le voit 
dans le Gramen. PL i.fig. 30. 

Direction des feuilles. Par rapport 
à leur direction on les distingue 
ainsi : une feuille adverse , advcrsumjt 
esc celle dont les bords sont hori- 
zontaux et non perpendiculaires , 
comme dans le Gingembre. 

Une feuille oblique , obliquum j 
est celle dont la base est tournée 
vers le ciel , et dont le sommet est 
horisontal. 

Une feuille recourbée , inflexum , 
croît en forme d'arc , de manière 
que sa pointe retourne vers la tige. 
PL z.fig. 31. 

Adpressunij se dit quand le disque 
de la feuille approche de la tige. 

Une feuille érigée , erectum j est 
celle qui est placée de manière 
qu'elle forme un angle très-aigu 
avec la tige. PL z. fig. 3 2. 

On l'appelle étendue, quand elle 
ne forme pas avec la tige un 



îSo FEU FEU 

angle aussi aigu que la précédente, entr'clles , sont annexées à leur na« 

mais cilc n'est cependant pas lion- turc et à leurs besoins. 

zontalc. PL x-fig- 5 3- Quelques plantes ont des feuilles 

Une feuille horizontale , horiion- très-épaisses et charnues , dont la 
taU j est celle qui forme un angle substance pulpeuse est remplie d'une 
droit j parlait avec la tige. P/. i. abondante humidité : ces plantes 
Jig. 34. croissent ordinairement sur des ter- 
Une feuille couchée , i/(?c/i«i7r///7z j reins secs, stériles et pierreux, et 
est celle dont le sommet est plus bas sont la plupart originaires des pays 
que la base. Pi. ^.Jig- 3 5. chauds : elles transpirent très peu en 

Une feuille roulée, revolutum , comparaison des autres : presque 

est celle dont la partie supérieure toutes les parties des feuilles de ces 

est roulée en bas. PL 1.. fig. 36. plantes sont recouvertes d'une peau 

Une feuille pendante, depcndens^ mince , serrée , et percée de petits 

est celle dont le sommet est dirigé pores , par lesquels elles se débar- 

vers la terre. rassent d'une humidité superflue , 

Une feuille à racines , radicans , qui , si elle étoit retenue dans la 

est celle qui pousse des racines substance de la plante, la feroit 

comme celles dç quelques plantes bientôt tomber en pourriture, 

grasses , Cotyledon ou autres. Les feuilles de tous les arbres et 

Une feuille flottant sur l'eau , arbrisseaux qui conservent leur ver- 

natans j est celle qui se développe dure pendant toute l'année , 'ont 

sur la surface de l'eau , comme le aussi une peau mince et serrée qui 

Lys aquatique. couvre leur surface ; on la découvre 

Demcrsum s'emploie pour expri- en les faisant macérer dans l'eau , 

mer une feuille qui est immédiate- ifin de séparer le parenchysme des 

ment au-dessus delà surfltce de l'eau, vaisseaux des feuilles; ce qu'on ne 

Après avoir indiqué les difléren- peut pas faire sur les feuilles des 
tes formes et les positions des feuilles arbres toujours verts, que cette peau 
par lesquelles les Botanistes les dis- ne soit enlevée, 
tinguent , il est tcms d'entrer dans L'expérience prouve que ces ar- 
quclques détails au sujet de leur bres ne reçoivent et ne rendent que 
structure et de leur usage ; car les très-peu d'humidité dans le mcme 
feuilles n'ont peint été formées par espace de tems, lorsqu'on les com- 
la Nature comme un simple objet pare aux arbres et aux arbrisseaux 
d'ornement, mais elles ont un usage de peu de durée : c'est principale- 
plus important dans la végétation , ment à cette enveloppe serrée , ainsi 
çs. les différences qu'on remarque qu'à la petite portion d'humidité 

renfermée 



FEU FEU 28f 

renfermée dans kurs vaisseaux, que ration eu poussce, et par lesquelles 

CCS arbres doivent leur verdure con- l'air est inspire : il est assez evident 

tinuelle, et la conservation de leurs que c'est par les pores que se dé- 

feuilles; d'ailleurs, leurs sucs nourri- chargent encore les substances qui 

ciers sont toujours mêlés d'une quan- sortent des plantes, car la matière 

tJté plus ou moins grande de théré- glutincuse , appelée communéxnent 

bentiae, qui les préserve des injures rosée mielleuse ^ se trouve toujours 

de la gelée; de manière que ces attachée sur la surRice supérieure de 

arbres, toujours verts, peuvent pros- la icuille , d'où plusieurs personnes 

pérer dans les parties les plus froides ont cru que cette substance tom- 

du monde habitable. boit d'en-haut, et étoit reçue sur la 

Dans toutes les reuilles des arbres feuille pendant la nuit : la mâne 

et des plantes que j'ai examinées, qu'on ramasse sur les Frênes, dans 

j'ai rccounu deux ordres de veines la Calabre, et surl'Abagie, en Perse, 

ou de fibres, dont chacun aboutit à n'est autre chose que le suc nourri- 

iine surface ; j'ai observé générale- cier , ou une substance qui en est 

ment que la partie inférieure des sé-parée , qui sort des pores de la, 

feuilles, avoir des ramifications plus feuille, et qui s'épaissit sur leur 

larges , qui pouvoient donner pas- surface par le froid de l'air : toutes 

sage à une liqueur que les veines les fois qu'on trouve cette substance 

de la surface supérieure n'auroient en grande abondance sur les feuilles, 

pu admettre. on peut être assuré que la plante est 

Ces deux sortes de veines sont malade, 

jointes dans plusieurs endroits; mais On suppose que l'ordre inférieur 

cependant elles ne sont pas tellement des veines, est destiné à recevoir, à 

unies , qu'on ne puisse les séparer préparer et à conduire les vapeurs 

aisément , après les avoir fait ma- qui s'élèvent de la terre , et qui con- 

cérer dans l'eau pendant un certain tribuent beaucoup à la nourriture des 

tems : il y a des feuilles qui ont plantes : d'ailleurs ces deux surfaces 

besoin de séjourner dans l'eau plus paroissent conformées pour ces deux 

long- tems que d'autres, pour qu'on usages diiférens ; la supérieure est 

puisse séparer leurs fibres sans les presque toujours lisse et luisante , 

déchirer. et l'inférieure est ordinairement cou- 

On suppose que ces deux ordres verte de poils ou d'un duvet doux ; 

de veines ont différentes destina- ce qui la rend plus propre à retenir 

tions; on croit que les lames supé- les vapeurs, et à les transmettre 

rieures sont les trachées à travers aux vaisseaux intérieurs : dans toutes 

lesquelles la matière de la transpi- les feuilles dont la structure Cit 

Tome III. Nn 



igi- F E U. Î E U 
différente, on trouve, par des ex- perfection des végétaux et de leurs 
périences, que leurs fonctions chan- fruits; comme celle de nourrir les 
gent aussi : car dans celles dont li petioles, à la base desquels naissent 
surface supérieure est garnie de du- toujours les rejettons de l'année sui- 
vet ou de poils , c'est alors cette vante ; tant que les feuilles sont en 
surface qui est destinée à être le bon état , ces boutons augmentent 
réservoir et le conducteur de l'hu- en grosseur , et dans les arbres de 
Biidité , et non pas l'inférieure. peu de durée, ils parviennent à leur 
Si l'on change la direction de ces maturité avant que les feuilles se 
surfaces, en retournant les branches séparent de leurs pétioles en au- 
qui portent les feuilles , les plantes tomne ; si par quelqu'accident les 
sont arrêtées dans leur accroisse- feuilles se brouissent , ou si elles 
ment jusqu'à ce que les pétioles se viennent à être coupées , quoique 
soient retournés, et que les feuilles les pétioles restent, les boutons se 
aient repris leur premiere position ; flétrissent ou n'arrivent pas au degré 
ce qui prouve combien il est néces- de grosseur qu'ib doivent avoir , 
saire de soutenir les foibles bran- faute de cette nourriture qu'ils ré- 
elles des plantes , dont le naturel est cevoient des feuilles ; ainsi toutes 
de croître érigées , qui se roulent , les fois que les arbres sont dépouillés 
pour s'appuyer , autour des arbres de leurs teuiUes , ou que ces feuilles 
voisins, ou qui poussent des vrilles, sont coupées, ou diminuées par 
par le moyen desquelles elles s'at- quelqu'autre accident , quand le 
tachent aux plantes et aux arbres bouton est presque formé, si cela 
qui se trouvent à leur portée , pour arrive avant que le pétiole se sépare 
se contenir dans leur véritable po- naturellement des branches, les 
sition ; et combien au contraire il rejettons en seront plus ou moins 
est absurde d'attacher les rejettons affoibîis, selon que cet accident sera 
et les branches des plantes qui sont arrivé plus rôt ou plus tard : ainsi, 
disposées naturellement à remper d'après plusieurs expériences faites 
sur la terre : dans ces deux circons- pour constater de quelle utilité les 
tances la nature est renversée, et feuilles doivent être aux plantes, on 
par conséquent l'accroissement de a reconnu que, quand leurs feuilles 
ces plantes est beaucoup retardé, onr éré arrachées, mangées ou cou- 
Telle est la principale fonction à pées pendant leur accroissement, ces 
laquelle les feuilles des arbres et des plantes en ont été sensiblement af- 
plantes sent destinées; mais elle n'est foiblies ; ce qui nous doit apprendre 
point la seule, il en est d'autres en- à ne pas couper les feuilles des ar- 
core également importantes à la bres dans quelque cas que ce puisse 



FEU FEU 183 
être, tandis q-i'elics sont en vigueur soleil les boutons qui doivent four- 
ct qu'elles conservent leur verdure ; nir les rejettons de lannée suivante, 
cela nous fait voir encore combien «t à procurer de l'ombre aux jeunes 
il est absurde de Elire ronger l'herbe fruits, ce qui leur est absolument 
du bled , comme on le pratique or- nécessaire pendant leur accroisse- 
dinairement, en y conduisant, pen- ment. J'ai suspendu plusieurs fois 
dant l'hiver et au printems , des les feuilles d'un arbre placé contre 
troupeaux de moutons; car il arrive une muraille , en exposant les fruits 
de-là que les tiges s'affoiblissent, et au soleil , sans en arracher aucune, 
produisent des épis beaucoup plus et j'ai observé que ces fruits ont 
courts , et des grains beaucoup été beaucoup retardés dans leur ac- 
moins forts et moins nourris que croissement, et ne sont jamais par- 
ceuxd'un champ voisin, dont l'herbe venus à la grosseur des fruits voi- 
n aura pas été mangée : l'expérience sins , quoiqu'ils fussent placés sur 
et l'observation m'ont d'ailleurs prou- la même branche ; ils n'avoient pas 
yé que , quand l'herbe du froment non plus un goût aussi agréable , et 
a été mangée jusqu'auprès de la étoicnt moins rempUs de jus. 
racine, les brins qui poussent ensuite En faisant cette expérience, j\ii 
sont beaucoup plus foibles que si pris toute les précautions pofliblcs 
l'on eût laissé les premieres feuilles: pour que les feuilles ne fussent pas 
on peut observer l'effet de cette renversées , et j'ai été convaincu , 
méthode , dans tous les pâturages d'après beaucoup d'essais , que cette 
destinés aux moutons , où l'herbe opération est nuisible à toutes les es- 
est beaucoup plus fine et plus courte peces de plantes, 
que dans les autres endroits, ainsi Les feuilles fervent encore à de- 
que dans les Boulingrins et autres barrasser la plante de ses sucs su- 
pieces vertes , dont l'herbe devient perflus ; cette transpiration a beau- 
d'autant plus fine , qu'elle est plus coup de rapport avec celle des ani- 
souvent fauchée ; cette herbe est maux ; et comme les plantes re- 
ccpendant la même que celle qui se çoivent et transpirent dans le même 
trouve dans les plus riches pâtura- espace de tems beaucoup plus que 
ges ; et quoique sa finesse soit à ces derniers , il est évident que les 
désirer pour ces pieces vertes et les feuilles sont très - néceflaires pour 
bouUngrins , on doit l'éviter dans conserver les plantes en parfaite vi- 
les lieux destinés au produit plutôt gueur : on a reconnu par les cal- 
qu'à l'agrément. culs les plus exacts , faits d'après 
Outre ces usages, les feuilles ser- plusieurs expériences , qu'une feule 
vent encore à mettre à l'abri du plante de Tournesol pompe et trans- 

Nu z 



284 FEU 

pire CD vingt-quatre heures dix-sept 

fois plus qu'un homme. 

Comme les Naturalistes ont as- 
signé quatre fondions aux feuilles , 
je vais les rapporter ici , ainsi que 
les expériences qu'ils ont faites pour 
vérifier leurs hypothèses, 

1°. Les feuilles reçoivent , prin- 
cipalement au printems , des hu- 
meurs crues; elles les atténuent , 
les mettent en mouvement dans les 
utricules, &: les distribuent à la plan- 
te, après les avoir rendu propres à 
lui servir de nourriture. 

2". Elles peuvent éprouver une 
transpiration qui réponde à la même 
évacuation dans les animaux ; car 
quelquefois les vaisseaux excrétoirs 
des feuilles sont si surchargés et si 
gonflés de sucs , qu'ils se crèvent 
au milieu j et fournissent une issue 
aux parties les plus subtiles ; aussi 
dans les saisons chaudes, il n'est pas 
fort rare de voir sur les arbres une 
grande quantité de ces sucs extra- 
vâsés ; telle est la manne qui cou- 
vre les feuilles de certains arbres , 
lorsqu'une nuit froide succède à un 
jour chaud ; la même chose arrive 
souvent à différentes autres plantes , 
comme on s'en apperçoit en exami- 
nant les manœuvres des abeilles, qr.i 
vont sur les tilleuls recueillir la subs- 
tance gommeuse dont leurs feuilles 
sont couvertes ; c'esf ainsi, sur la sur- 
face des feuilles , comme sur les 
fleurs, que ces insectes ramassent 
leur auel : si la chulciir diminue , 



FEU 
tous ces sucs superflus, excepté peut- 
être ceux qui s'exhalent par les ori- 
fices des vaisseaux artériels , ren- 
trent dans la masse commune, et 
retournent dans le tronc. 

3°. Les vaisseaux des feuilles^ 
qu'on peut comparer aux veines des 
animaux, desséchés par la chaleur 
du jour, peuvent absorber pendant 
la nuit l'humidité que l'air leur four- 
nit sous la forme d'une rosée très- 
fine , &■ réparer ainsi la perte que la 
plante a soufferte par ses vaisseaux 
artériels pendant le jour précédent, 

4°. Enfin la feuille sert principale^ 
ment à fournir la nourriture au 
bouton qui se trouve au-dessous, 
lequel , devenant plus gros par dé- 
grés , comprime les vaisseaux du 
pétiole , qui, ne pouvant bientôt 
plus donner passage aux sucs qui 
lui viennent de la feuille , s'altère, 
se pourrit , &c entraîne la feuille 
avec lui :. telle est la cause de la 
chute des feuilles en automne.. 

Le Docteur Haies, dans son ex- 
cellent Traité de la statique des vé- 
gétaux , CA1 pitriant de la transpi- 
ration des plantes , donne un détail 
des expériences suivantes. 

Aux mois de Juillet et d'Août , il 
avoit coupé plusieurs branches de 
Cerisier, de Pommier, de Poirier, 
d'Abricotier, deux de chaque es- 
pèce ; ces branches croient de trois 
ou six pouces de longueur , et gar- 
nies de braiithcj latcrcles en pre 'por- 
tion ; la coupe transversale du côté 



FEU 
de la tige , étoit à-peii-près d'tm 
pouce de diamètre. 

Il dépouilla de ses feuilles une 
branche de chaque espèce, il plaça 
ensuite leur tige dans diflvrens vâscs 
de verre, avec une quantité d'eau 
déterminée. 

Les branches garnies de leurs 
feuilles absorbèrent dans l'espace de 
douze heures, environ quinze onces 
d'eau, d'autres vingt-cinq et trente, 
pU;s ou moins, suivant la quantité 
de feuilles dont elles étoicnt char- 
gées; et le soir, en les pesant , il 
les trouva plus légères que le ma- 
tin. Les branches dépt)uillces de leurs 
feuilles n'absorbèrent qu'une once, 
et le foir elles se trouvèrent plus 
pesantes que le matin. 

La quantité d'eau absorbée par 
celles qui avoient des feuilles , di- 
minua beaucoup tous les jours, les 
vaisseaux de la sève étant resserrés 
par la coupe transversale , et trop 
saturés d'eau pour en laisser passer 
encore •> les feuilles se flétrirent beau- 
coup en quatre ou cinq jours. 

Il ajoute qu'il répéta les mêmes 
expériences avec les branches d'Or- 
me, de Chcne , d'Osier, de Saule, 
de Grofeiller, d& Noisetier et de 
Tremble ; mais qu'aucune de ces 
espèces n'imbiba autant que les pré- 
cédentes. , et que plusieurs espèces 
d'arbres toujours verts , imbibèrent 
encore moins. 

Il parle encore d'une autre ex- 
périence i le 5 du mois d'Août il 



FEU ,85 

coupa une petite branche de Pcni- 
micr , de deux pouces de longueur, 
garnie de douze feuilles et d'une 
grosse Reinette; il plaça la tige dans 
une phiolc pleine d'eau , et il ob- 
serva qu'en trois jours le fruit avec 
SCS feuilles , avoit absorbe un tiers 
d'once. 

Il détacha du même arbre nnc 
autre branche de la même longueur, 
avec douze feuilles, mais sans fruit» 
cette branche, dans le même es- 
pace de tems que la précédente , 
absorba presque trois quarts d'once. 
Dans le même tems il plaça dans 
unephiole pleine d'eau une branche 
du même arbre , sans feuilles , et 
chargée de deux grosses Pommes ; 
en deux jours cette branche ab- 
sorba presque trois quarts d'once- 
Dans cette expérience , les Pom- 
mes et les feuilles pompèrent oua- 
tre cinquièmes d'une once d'eau, ec 
les feuilles seules presque trois cin^ 
quicmes ; les deux grosses Pommes 
n'absorbèrent et ne transpirèrent 
qu'une troisième partie de ce que 
les douze feuilles transpiroient ; or 
une Pomme se chargea d'une sixième 
partie de ce qui étoit imbibé par les 
douze feuilles ; ainsi deux feuilles 
s'imbibent et transpirent autant 
qu'une Pomme , d'où il paroît que 
leur transpiration est proportion- 
née à leur surface, la surface de- 
la Pomme étant à-peu-près égale 
aux surf ices supérieures et inférieur- 
res de deux feuilles^ 



■x^6 FEU 

' D'où il est probable que l'usage 
de ces feuilles qui se trouvent pla- 
cées à côté du fruit , est de lui four- 
nir sa nourriture. 

En conséquence le même Auteur 
observe que les feuilles qui sont join- 
les aux fleurs , sont fort étendues 
au prinrems , tandis que les feuilles 
•des rejetons ftériles ne font que com- 
mencer à pousser, et que toutes les 
feuilles du pécher sont u-ès- larges 
avant la chute de la fleur. 

Dans les Pommiers et les Poi- 
riers , les feuilles sont au tiers, ou 
même à la moitié de leur grandeur 
avant que la fleur s'épanouisse; la 
nature est si pourvoyante qu'elle 
fait d'avance des provisions pour la 
nourriture du fruit. 

Le même Docteur Haies parle 
encore d'une autre expérience ; il 
•dépouilla de ses feuilles une bran- 
che de Pommier , et plaça ensuite 
le plus gros bout de cette branche 
dans lin vase rempli de mercure ; 
le mercnre s'éleva d'abord à la hau- 
teur de deux pouces et demi , mais 
il s'abbaissa bientôt faute d'une trans- 
piration des feuilles assez abondante, 
de manière c]ue l'air entra pres- 
qu' aussi vite que la branche s'im- 
biba d'eau. 

Et pour prouver d'une manière 
plus frappante que les feuilles ser- 
vent à élever la sève , il fit aussi 
l'expérience suivante. 

Le' 6 d'Août il coupa la tige 
d'une grosse Reinette brune, garnie 



FEU 
de douze feuilles et d'un fruit ; il 
atFermit solidement cette tige , dont 
la langueur éroit d'un pouce et demi, 
dans la partie supérieure d'un tube 
de six pouces de longueur , sur un 
quart de pouce de diamètre , et il 
observa qu'à mesure que la tige 
s'imbiboit d'eau , elle éleva le mer- 
cure à quatre pouces. 

Il attacha de la même manière 
une autre tige de Pomme , aussi 
grande que la premiere, et il en ar- 
racha les feuilles ; cette tige ne fit 
monter le mercure qu'à un pouce -, 
il posa une pareille branche encore 
de même , elle avoir douze feuil- 
les j mais point de fruit ; cette der- 
nière éleva le mercure à trois 
pouces. 

11 prit ensuite une branche de 
la même grandeur que la précé- 
dente , mais sans fruit et sans feuil- 
les ; elle fit monter le mercure à un 
quart de pouce. 

Ainsi un rejeton avec une Pomme 
et des feuilles , éleva le mercure à 
quatre pouces ; une branche avec 
des feuilles ne le fit monter qu'à 
trois pouces ; et une troisième avec 
une Pomme et sans feuilles , ne l'é- 
leva qu'à un pouce. 

Un Coing garni de deux feuilles 
tout auprès de l'insertion du reje- 
ton , éleva le mercure à deux pou- 
ces et demi , et le tint à cette hau- 
teur pendant un tems considérable. 

Une tiçe de Menthe , fixée dans 
un tube, fit monter le mercure à 



FEU 
trois pouces et demi , ce qui est égal 
à quatre pieds cinq pouces d'eau. 

Ces expériences et plusieurs au- 
tres du Docteur Haies , montrent 
évidemment combien est abondante 
la transpiration des feuilles dans les 
plantes, et leur grande utilité pour 
y faire monter la scve , ainsi que 
pour d'autres fonctions sur lesquel- 
les le Lecteur trouvera d'amples 
éclaircissemens dans le Traité de cet 
Auteur. 

J'ajouterai que la Natnrc nous a 
prescrit la vraie distance que nous 
devons donner aux arbres plantés 
en espalier , ainsi qu'à tous ceux 
qu'on place contre les murailles , 
puisque cette distance doit être tou- 
jours proportionnée à la grandeur 
de leurs feuilles ; car si nous exa- 
minons le progrés de la transpira- 
tion dans la grande variété d'arbres 
offerts à nos observations , nous 
trouverons que leurs branches lais- 
sent toujours entr'cllcs une distance 
plus ou moins grande, suivant que 
leurs feuilles sont plus grandes ou 
plus petites. 

C'est par cette raison que les 
Romains amioient tant les Platanes, 
dont les larges feuilles leur four- 
nissoient beaucoup d'ombrage en 
été , mais dont les branches , dé- 
pouillées en hiver , n'intcrceptoicnt 
point les rayons du soleil. 

Qu'il me soit permis à présent 
de rapporter quelques-unes des ex- 
périences qu'à faites M. Bonnet de 



FEU 287 

Genève , pour prouver que la plu- 
part des feuilles absorbent l'humi- 
dité de l'air par leur surface infé- 
rieure : et non par leur surface su- 
périeure ; voici ces expériences. 

Cet Auteur ramassa les feuilles 
de seize espèces de plantes herba- 
cées , parvenues à toute leur gran- 
deur ; il en mit plusieurs de chaque- 
espèce sur la surface de l'eau , dans- 
des vases de verre; quelques-unes 
de ces feuilles étoient placées sur lenc 
tace supérieure , et d'autres sur Te; 
côté opposé ; toutes furent ainsi dis- 
posées , avec Tattention de ne pas. 
mouiller la partie opposée , non plus; 
que leurs pétioles. Ces vases furent 
déposés dans un cabinet dont l'air 
étoit tempéré ; à mesure que l'eau 
qu'ils contenoient se dissipoit par 
l'évaporation , on y en remettoic 
de la nouvelle par le moyen d'une 
seringue, afin que les feuilles ne- 
fussent pas dérangées ; les feuilles 
étoient celles des plantes suivantes: 
du Plantain , du Bouillon blanc, de 
l'Arum, du grand Saule, de l'Or- 
tie , du Marrube du Pérou , de la 
Fève, du Tournesol, du Chou, de- 
la Mélisse , de la Crète de Coq , 
de l'Amaranthe à feuilles pourpres ,, 
de l'Epinar et du petit Saule. 

Parmi ces espèces il s'en trouva 
six qui conservèrent long-tems leur 
verdure , étant placées les unes sur' 
une f.ice , les autres sur l'autre ; ces' 
premieres étoient , 

L'Arum , la Fève , le Toumescî ', 



iSS FEU 

le Chou , l'Epinar et le petit 
Saule ; les autres espèces abiorbc- 
l'ent mieux rhumidité par leur sur- 
face supérieure que par leur infé- 
rieure ; de ce nombre étoient le 
Plantain , le Bouillon blanc, le grand 
Saule , rOrtic , la Crête de Coq , 
l'Amaranthe pourpre. 

Les feuilles de l'Ortie , dont la 
surface inférieure rouchoit l'eau , 
furent flétries en trois semaines ; 
celles dont la surface supérieure 
touchoit l'eau , conservèrent leur 
verdure l'espace de deux mois. 

Les feuilles du Bouillon blanc , 
dont la surface inférieure touchoit 
l'eau , ne conservèrent leur verdure 
c]ue cinq ou six jours ; celles dont 
la surface supérieure touchoit l'eau , 
conservèrent leur verdure l'espace 
de cinq semaines. 

Les feuilles de l'Amaranthc pour- 
pre , dont la surface supérieure tou- 
choit l'eau , conservèrent leur ver- 
dure pendant trois mois; celles dont 
la surface inférieure touchoit l'eau , 
ne restèrent vertes qu'une semaine. 

Les feuilles de Marrube du Pé- 
rou et de Mélisse , dont la surface 
inférieure touchoit l'eau , parois- 
soient avoir l'avantage sur celles qui 
étoient en sens contraire. 

Les feuilles de l'Arimi et de la 
Crête de Coq , dont les pétioles 
étoient plongés dans l'eau , conser- 
vèrent leur fraîcheur plus long- 
tems que celles dont la surface ctoit 
couchée sur l'eau. 



FEU 

Les feuilles du grand Saule , de 
l'Oriie, du Tournesol, du Marrube 
du Pérou et de l'Epinar , dont les 
pétioles furent plongés dans l'eau, 
ne conservèrent pas leur verdure 
aussi long-tems que celles dont l'une 
ou l'autre surface touchoit l'eau. 

Les feuilles du Bouillon blanc , 
du Plantain et de l'Amaranthe , 
qui recevoient l'eau par leurs pé- 
tioles, conservèrent leur verdure 
plus long-tems que celles dont la 
surface intérieure touchoit l'eau. 

Il n'est pas difficile de donner 
la raison de ce dernier fait ; les 
orifices des vaisseaux à sève dans 
les pétioles , étant beaucoup plus 
larges que sur les surfaces des feuil- 
les , l'humidité s'insinue en plus 
grande quantité et avec plus d'ai- 
sance par la premiere que par la 
seconde de ces voies. 

M. Bonnet fit ensuite des expé- 
riences sur les feuillesde Poirier , de 
la Vigne, duLillas, du Tremble, du 
Laurier, du Cerisier, du Prunier, du 
Maronier d'Inde, du Mûrier blanc, 
du Tilleul , du Peuplier, de l'Abri- 
cotier , du Noyer , du Noisetier , 
du Chêne et du Lierre. 

Parmi ces espèces il trouva que 
celles du Lillas et du Tremble s'im- 
biboient d'eau par leur surface su- 
périeure , comme par l'inférieure; 
dans toutes les autres espèces, la 
surface inférieure absorboit une plus 
grande quantité d'eau que la face 
opposée ; cette différence fut sur- 
tout 



FEU FEU 289 

tout remarquable dans les feuilles wne partie de leur surtacc frottée , 

du Mùiier blanc , car celles dont d'autres leurs bords , et d'autres 

la surface supérieure touchcit l'eau, leurs pétioles seulement : ils mirent 

se flétrirent en cinq jours , tandis aussi un enduit sur les troncs de 

que celles qui étoicnt placées dans quelques arbres ou arbrisseaux , en 

un sens opposé, conservèrent leur laissant les feuilles et les branches 

verdure pendant six mois. dans leur état naturel. •, . .■ 

La Vigne , le Peuplier , le Noyer , Voici le résultat de ces expérien- 
prouveut sur-tout combien la sur- ces : les feuilles frottées sur les deux 
face supérieure des feuilles àcs plan.- surfaces, se flétrirent aussi-tôt ; cel- 
tes ligneuses , est peu propre à re- les qui étoient couvertes d'autres 
cevoir l'humidité ; les feuilles de ces substances que de celles dont nous 
arbres, dont la surface supérieure venons de parler, conservèrent leur 
fut appliquée à l'eau , se flétrirent verdure plus ou moins de temps , 
presqu'aussi-tôt que celles qui étoient selon que l'enduit étoit plus ou moins 
simplement exposées à l'air. pénétrant. Les feuilles dont une 

Dans toutes les expériences faites seule surface fut frottée, durèrent 
par ce Savant , sur les difïcrentcs plus long-tems que celles qui le 
feuilles des arbres et des herbes , furent des deux côtés : les feuilles 
il faut observer que les plantes qui dont le pétiole seul fut couvert, du- 
s'imbiboient de l'humidité par leur rerent plus long-tems encore ; mais 
surface supérieure, étoient celles l'enduit qu'on appliqua sur le tronc 
qui avoient cette même surface cou- des arbres, n'opéra aucun change- 
verte de poils ou de duvet , et qu'au ment sensible, excepté dans les tems 
contraire celles dont la surface in- trcs-chauds , et ces deux Savans 
férieure étoit garnie de poils ou de croient qu'il fut très-avantageux à 
duvet , s'imbiboient aussi de l'hu- ces arbres d'avoir eu leur tronc 
midité par ce côté. ainsi frotté; cette opération empêcha 
M. Bonnet fait aussi mention la trop grande transpiration qui les 
de plusieurs expériences qu'il a faites auroit afFoiblis; ils observèrent que 
lui-même et de celles qui ont été faites les arbres couverts des substances 
par M. Duhan:iel du Monceau, de dont nous avons parlé, souffrirent 
l'Académie royale des Sciences de moins des chaleurs excessives que les 
Paris , en frottant les feuilles d'huile , autres arbres dans leur état naturel. 
de vernis , de cire ou de miel , M. Bonnet observe encore que 
pour en voir l'effet : les unes fu- les parties délicates des feuilles ver- 
rcnt enduites des deux côtés , et nies furent détruites , et qu'il ne 
d'autres sur un seul; les unes avoient resta que les fibres dures. 

Tom; III. Oo ' 



290 FEU FE U 

Cet Ouvrage s'ctcndroit an- delà, est conduite dans les végétaux à tra- 
des bornes que je me luis prelcri- vers des feuilles qui s'imbibent abon- 
tes , si je rapportois toutes les ex- dammentde la rosée, qui renferme 
périences de ce curieux Observateur-, beaucoup de sels et de soufre, 
ainsi je renvoie à Tes Ouvrages, où L'air est rempli de beaucoup de 
le Lecteur trouvera un grand nom- parties acides &: sulphureuscs , qui, 
bre d'expériences très - exades , et lorsqu'ellessont entres-grande qu an- 
tres-bien dirigées, qui toutes tendent tité , occasionnent cette chaleur 
à découvrir quel est l'usage des étouffante qui se termine crdinai- 
feuilles dans la végétation. rement par des éclairs & du ton- 
Le Docteur Haies, dans son ncre. Ces nouvelles combinaisons de 
Traité de la végétation , dit qu'il soufre et d'acides , qui se forment 
est évident, d'après plusieurs cxpé- constamment dans l'air, sont sans 
périences que nous avons déjà rap- doute très-utiles et avantageufes à 
portées , que les feuilles sont d'une la végétation : quand les feuilles en 
grande utilité dans la végétation , sont imbibées, il est possible qu'ils 
puisqu'elles servent à conduire la deviennent les matériaux qui servent 
nourriture des parties inférieures de à former les parties les plus subtiles 
la plante jusques dans le cercle d'at- et les plus raréfiées des végétaux; car 
traction du fruit croissant , qui , un fluide aussi fin que lair paroîc 
comme dans les jeunes animaux , être un medium plus propre à pré- 
cft pourvu des instrumcns propres parer &: à combiner les principes les 
à la sucer. Les teuillesparoissent en- plus exaltés des végétaux, que le 
core destinées à plusieurs autres ufix- fluide plus grossier & aqueux de la 
gesimportans; car la Nature adapte sève. Il est vraisemblable, par la 
si admirablement ses instrumcns , même raison , que les principes les 
qu'elle les fait servir en même tems plus raffinés et les plus actifs des ani- 
à plusieurs fins. maux , sont aussi préparés dans l'air , 
Ainsi les feuilles dans lesquelles et conduits dans le sang à travers 
on trouve beaucoup de vaisseaux les poulmons : il est évident, par l'ex- 
excrétoires, séparent et déchargent sudation sulphureu.se qu'on trouve 
les fluides aqueux et inutiles qui , s'ils au bord des feuilles , qu'elles con- 
ctoient retenus, s'altércroicnt et nui- tiennent une grande quantité de 
roient aux plantes ; ces fluides , en particules de ce soufre aérien. On 
se séparant , laissent les parties nour- observe que les abeilles en forment 
riciercs se coaguler ensemble. Nous leurs rayons, aussi-bien que de la 
avens beaucoup de raifons (.'? croire p i.iiiere des fleurs; personne ne 
qu'une partie de cette nourriture doutcii que la ci.c ne rciîferme du 



Fie 

soufre , si l'on fait attention à la Fa- 
cilité avec laquelle elle s'eniîamme. 
Nous pouvons donc raisonnable- 
ment conclure qu'un des grands usx- 
ges des feuilles , est celui que plu- 
sieurs personnes ont soupçonné , qui 
est de faire en quelque manière les 
mêmes fonctions , pour entretenir 
la végétation des plantes , que les 
poulmons pour conserver la vie des 
animaux. 

FEUILLE D'EAU. Foyei 
Hydrophyllum. 

FICOIDES. royei Mesam- 
BRIANTHEMUM. L. 

FICUS. Lin. Gen. Plant. 1 5 I 3 . 
Bdit. 3. Journ. List. R. H. 66 z. Tab. 
4x0; Figuier. 

Caractetes. Les fleurs mâles et les 
femelles sont renfermées dans la 
peau du fruit ; ainsi elles ne parois- 
scnt point, à moins que cette peau ne 
soit ouverte. Les fleurs mâles sont 
en petite quantité, et situées dans la 
partie haute du fruit -, les femelles 
sont nombreuses et placées dans la 
partie basse ; les mâles sont portées 
chacune sur un pédoncule séparé , 
et ont un calice divisé en trois par- 
ties ; elles n'ont point de pétales , 
mais seulement trois étamincs velues, 
aussi longues que le calice , et ter- 
minées par des sommets jumeaux : 
les femelles naissent sur des pédon- 
cules distincts ; leurs calices sont di- 
visés en cinq parties , et n'ont point 
de pétales -, leurs germes, qui sou- 



F I C 

tiennent un style réfléchi &: cou- 
ronné par deux stiginats de même 
forme ef -pointus i deviennent dans 
la suite une grosse senience, portée 
sur le calice. 

Ce genre de plantes est rangé 
dans la troisième section de la vingt-; 
troisième classe de Lin NÉE, inti- 
tulée Polygamie-polyœcie , qui com- 
prend celles dont les fleurs mâles et 
les femelles sont renfermées sous une 
couverture commune; mais dans le 
Figuier sauvage, elles sont sur des 
plantes distinctes. 

Les espèces sont : 

I ^. Ficus Carica, foliis palmatis, 
lion. Cliff. 47 t. Hon. Ups. 305. 
Mat. Mcd. 113. Amœn. Acad. I . p. 
24. Roy. Lugd.-B. II I. Gouan. 
Monsp. 521. Hall. Helv. n. léo7 ; 
Figuier à leuillcs en forme de main. 

Ficus Dod. Pemp. 812. 

Ficus communis. C. B. p. A.^-j • 
Le Figuier ordinaire. 

Caprificus. Bauh. Hist. \. p. I 3 4. 
Ficus humilis.Bauh. Pin. 457. variétés. 

2°. Ficus Sycomorusj foins corda tis 
sub-rotundis integerrimis. Hort. Cliff. 
47 j . Roy. Lugd.-B. 2 il. Amœn.Acad. 
l. p.i6. Hasselq. ir. 49 5 . Gron. orient, 
3 29 ; Figuier à feuilles rondes, en 
forme de cœur , et entières. 

Ficus folio Mori ,fructum in cau- 
dice ferens. C. -B. /. 459; Figuier à 
feuilles de Mûrier , portant du fruit 
sur les tiges , communément appelé 
Figuier à feuilles de Mûrier , ou Fi- 
guier Sycomore. 

Oo 2 



i9i Fie 

Sycomorus. Bauh. Hist. I. p. 1 14' 
/. I. 2. Sycomorus J Fkus Pharao- 
nis. Cam. Math. lOj. /. 3; Figuier 
de Pharaon. 

3 °. Ficus religiosa jfollis cordatis, 
ctlonsis , inteserrimis 3 acuminatissl- 
mis. Hon. Cliff, ^-jl. F I. Zeyl. 372. 
Aman. Acad. I. p. 30 j Figuier à 
feuilles entières, en forme de cœur , 
et terminées en pointes très-aigucs, 
0. Ficus Malabariensis ^ folio cuspi- 
date j fructu rotundoj parvOj gemino. 
Pluh.' Aim. 1 44 ; Figuier du Ma- 
labare, avec ilcs feuilles à longues 
pointes, et i:n petit fruit double et 
rond. Figuier des Pagodes. 
. Arealu Eheed. Mal. I. p. 47. 
. 4°. Ficus Bingalensis, foins ovatisj 
integenimis j ohtusis , caule inferriè 
radicato. Hon. Clff. 471. Amœn. 
Acad. i.p. i(). Roy. Lugd.-B. 212. 
Trew. Ehret 50 ; Figuier à feuilles 
ovales , obtuses et entières , dont 
les parties basses de la tige poussent 
des racines. 

Ficus Americana j latiori folio ve- 
noso. PluL Phyt. 178. /• I. 

Ficus Bengalensis _, folio suh-ro- 
tundo 3 fructu orUculato. Horc. Amst. 
ï. p. I 19 ; Figuier du Bengale, 
à feuilles rondes et à fruit orbicu- 
laire. Pipai du Bengale. 

Pcralu Rhced. Mal. I. /. 49. r. 
28. 

5°. Ficus Indica , folds lanceolatis 
ïntegerrimis petiolatis j pedunculis ag- 
gregatis j ramis radicantibus. Lin. Sp. 
Plant. I 5 1 4. Ed'u, 3 ; Figuier à 



Fie 

feuilles en forme de lance , et pé-' 
tiolées , dont les pédicules des fruits 
croissent en paqvets, et dont les 
branches poussent des racines. 

Ficus Indica Theophrasti. Tahern. 

Hist 1370. Aman. Acad. 1./'. 2; 

Figuier des Indes de Thcophraste. ■ 

Kahou-alou. Rheed. Mal. y p. 73. 

t. 57. Raj. Hist. 1437. 

6°. Ficus maxima, foins lanceo- 
latis ïntegerrimis. Hort. Cliff, ^jï. 
Roy. Lugd.-B. 2 1 2 ; Figuier à feuilles 
entières et en forme de lance. 

Ficus Indica maxiw.a j folio otlon- 
go J funiculis è summis ramis dimis- 
sis radices agentihus se propagans j 
fructu minori sphdrico sanguineo. Sloan, 
Cat. Jam. 189. Hist. 1. p. 140. t. 
223. Raj. Dendr. 1 6 j Le plus grand 
FiiTuierdes Indes ,à feuilles oblon- 
gues , dont les branches poussent 
des racines , et qui produit un petit 
fruit sphcrique et de couleur de 
sang à leur extrémité. 

Faringa lati-folia. Rumph. Amb. 

3-/'- 1^7- '• 84- 

Tsiela. Rheed. Mal. 3 . />. 8 5 . ?. (Î3 . 

7*^. Ficus racemosa , foins ova t is , 
acutis , ïntegerrimis j caule arborée , 
fructu racemose. Lin. Sp. Plant. 1060. 
Amœn. Acad. I. p. 30 ; Figuier à 
feuilles ovales , entières et aiguës , 
ayant une tige d'arbre et des fruits 
branchus. 

Grossularia demestica. Rumph, 
Amb. l. p. 136. t. 87. 88. 

Alty-alu. Hort. Mal, i.p, 43. t. 
15. Raj. Hist. 1434. 



Fie 

8'. Ficus pumilaj, foliis ovatïs 3 
acutis j integerrimis j caule repente. 
Lin. Sp. Plane. 1060. JÎman. Acad. 
i.p. ^o; Figuier à feuilles ovales, 
aiguës et entières, avec une tige 
renipante. 

- Ficus sylvestris procumbens j folio 
simplici. Kampf. Aman. 803. t. 8 04; 
Figuier rempant et sauvage , ayant 
àQS feuilles simples. 

Varinga. repens Rumph. Amb. 3. 
p. 134. t. 85. 

9°. Ficus NymphîA-folia j foliis 
ovato-cordads , integerrimis , glubris ; 
Figuier à feuilles ovales en forme 
de cœur , entières et unies , ordi- 
nairement appelé Figuier à feuilles 
de Nénuphar. 

10'. Ficus Citri-foliaj foliis ohlongo- 
cordatis j acuminatis , petiolis lonais- 
simis ; Figuier à feuilles deCitronier, 
oblongues, en forme de cœur , et 
pointues, et, à fort longs pétioles. 
Ficus Citrii folio, fructu pan'o pur- 
pureo. Catesb. Hist. Carol, ^.p. T 8. 
f. 1 8 i Figuier produisant un petit 
fruit pourpre. 

I 1 °. Ficus calyculata j foliis j ova- 
tis , integerrimis j obtusis , oppositisj 
fructu globoso calyculato ; Figuier à 
feuilles ovales , obtuses , entières et 
opposées , qui produit un fruit glo- 
bulaire pourvu d'un calice. 

Ficus folio lato j sub - rotundo j 
fructu globoso j magnitudine Nucis 
moschatA. Houst. Mss. ; Figuier à 
feuilles larges et rondes ^ dont le 



F I C 



295 



fruit est globulaire &: de la grosseur 
d'une Noix muscade. 

Carica. La premiere espèce, qu'on 
cultive dans la plus grande partie 
de l'Europe , produit un fruit très- 
agréable au- goût ; on en cormoît 
un grand nombre de variétés dans 
les pays chauds, qu'on a obtenues 
par semences , et on peut en ac- 
quérir encore de nouvelles en se- 
mant avec soin les graines des bon- 
nes espèces : on ne connoissoir en 
Angleterre, il y a quelques années, 
que tpatre ou cinq de ces variétés, 
parce que les Anglbis , qui ne font 
pas beaucoup de cas de ce fruit , 
ne veulent pas se donner la peine 
d'en cultiver d'autres. 

Cependant le Chevalier de Rath- 
gcb m'a envoyé, il y a quelque tcms, 
de Venile , une nombreuse collec- 
tion de ces arbres , que j'ai plantés 
pour en goûter le fruit ; plusieurs 
ont été trouvés excellens , et j'ai 
multiplié ces espèces : mais j'ai né- 
gligé celles dont le fruit étoit d'une 
qualité inférieure ; comme ces va- 
riétés sont fort nombreuses , je ne 
parlerai ici que de celles qui méri- 
tent d'être cultivées , et je les dé- 
crirai suivant l'ordre dans lequel 
leurs fruits mûrissent. 

Variétés, i^. La Figue Ischia , 
de couleur brune ou châtaigne. 

Ce fruit est le plus gros de tous 
ceux que j'ai vus jusqu'à présent j 
il est court, rond, et a un œil assez 
large j il est un peu pincé vers le 



194 Fie 

pédicule , de couleur brune ou de 
châtaigne au-dchors , et pourpre en- 
dedans ; SCS graines sont grosses , 
et sa chair est douce et très-agréa- 
ble. Ces fruits s'ouvrent souvent lors- 
qu'ils sont mûrs i ce qui a lieu vers 
la fin de Juillet ou au commence- 
ment d'Août. Des arbres de cette 
espèce , à pbin vent , mais plantés 
dans un sol chaud , m'ont donné 
des fruits bien mûrs. - - ■ 

Et si cette espèce est placée con- 
tre un mur, à une exposition chaude, 
elle peut produire deux abondantes 
récoltes chaque année. 

2°. La Fisrue noire de Gesne. 

C'est un fruit long , qui se gonfle 
beaucoup au sommet, où il est 
obtus ; mais sa partie basse , vers 
le pédicule , est très- mince; sa peau 
est d'une couleur pourpre foncée et 
presque noire ; elle est recouverte 
d'une poussière pourpre, presque 
semblable à celle de certaines Pru- 
nes ; sa pulpe est d'un rouge bril- 
lant, et très agréable au goût : elle 
mûrit au commencement d'Août 

3°. La petite Figue blanche et 
printaniere. 

Cet arbre produit un fruit rond, 
un peu applati à la couronne , et 
supporté par un très -court pédi- 
cule ; lorsqu'il est entièrement mûr, 
sa peau prend une couleur jaune 
pâle et blanchâtre ; elle est mince , 
et sa chair est blanche et douce ; 
mais ei!e n'a pas une grande saveur. 
Cçttç espèce mûrit çn Août. 



F I C 

4°. Le grand Figuier blanc des 
Génois. 

Cet arbre produit un gros fruit 
rond, un peu allongé vers le pédi- 
cule ; sa peau est mince , de cou- 
leur jaunâtre, lorsqu'il est tout-à- 
fait mûr , et sa chair est rouge. Ce 
fruit est très-bon , mais les arbres 
qui le produisent sont peu féconds. 

5'^. Le Figuier noir d'Ischia. 

Il produit un fruit court, d'une 
grosseur médiocre, et un peu ap- 
plati à la couronne ; sa peau est pres- 
que noire lorsqu'il est mûr , et sa 
chair , d'un rouge foncé, a beau- 
coup de saveur : ce fruit est très- 
abondant; il mûrit dans le mois 
d'Août ; mais les oiseaux , qui en 
sont très-friands, le dévorent aussi- 
tôt , si on ne parvient pas à le ga- 
rantir de leurs attaques. 

6". Le Figuier de Malthe. 

Cet arbre produit un petit fruit 
brun , fort serré , applati au som- 
met , et fortement pincé vers le pé- 
dicule; sa peau est de couleur brune 
pâle à l'extérieur ainsi qu'en-dedans; 
la chair en est douce et savoureuse. 
Si on laisse ses fruits sur l'arbre jus- 
qu'à ce qu'ils se soient ridés, alors ils 
deviennent sucrés comme des con- 
fitures sèches. 

7°. Le Murrey, ou le Figuier 
brun de Naples. 

Cet arbre produit un bon fruit , 
gros , rond , d'un brun clair au-de- 
hors , avec des taches d'un blanc 
sale i l'intérieur est presque de la 



FIG Fie 19J 

même couleur ; ses grains sont assez lorsqu'il est tout- à-fait mûr ; sa 

gros, et sa chair est bien savou- chair est rougeâtre et trcs-agréa- 

reuse. Il mûrit sur la fin d'Août. ble ; ses grains sont gros : il mûrit 

8^ Le Fyuier vert dlschia. en Septembre. 

Il produit un fruit oblong , et 1 1 . Le Figuier jaune d'Ischia. 
presque rond à la couronne; sa 11 produit un gros fruit déforme 
peau est mince et verte ; mais lors- pyramidale, dont la peau est jaune 
qu'il est tout-à-fait niûr, on ap- quand il est mûr , et la chair, de 
perçoit au travers la chair, qui est couleur pourpre, et très-savoureuse; 
d'une couleur brunâtre ; mais son mais cet arbre est peu fécond dans 
centre tache le linge et le papier notre climat ; il pousse beaucoup de ■- 
en couleur pourpre : ce fruit a beau- branches, et ses Icuillcs sont très- 
coup de saveur , sur-tout dans les larges et non fort découpées : son 
étés chauds ; il mûrit vers la fin fruit mûrit en Septembre. 
d'Août. 13°. Le petit Figuier brun d'Is- 

9°. Le Figuier de Madonna , chia. 
qu'on appelle ici Brunswick j ou Fi- Celui-ci produit un petit fruit py- 

guier de Hanovre ramidal , supporté par un très-court 

Son fruit est long, pyramidal, pédicule; sa peau est d'un brun clair; 

et d'une grosseur considérable; sa sa chair, presque pourpre, est d'un 

peau est brune ; sa chair est d'un très-bon goût ; il mûrit sur la fin 

brun plus clair , d'un gros grain , de Septembre : les feuilles de cet 

et de peu de saveur; il mûrit à la arbre sont moins découpées que cel- 

fin d'Août et au commencement de les d'aucune autre espèce ; il donne 

Septembre ; les feuilles de cette es- peu de fruits, 
pece sont beaucoup plus divisées que 14°. Le Figuier gentil. 

celles de la plupart des autres. Son fruit est rond et de grosseur 

10°. Le bleu commun , ou la Fi- médiocre; la peau en est jaune 

gue pourpre , est fi bien connue, quand il est mûr , sa chair estpref-' 

qu'elle n'a pas besoin de descrip- que de la même couleur ; ses grains 

tion. sont gros , et son goût est trcs- 

11°. La Figue longue et brune agréable : mais il mûrit très-tard , 

de Naples. et il est peu abondant; de sorte 

Les feuilles de cet arbre sont pro- qu'on le cultive peu en Angleterre, 
fondement découpées ; son fruit est On m'a aussi envoyé de l'Italie 

long, et un peu comprimé à la plusieurs autres espèces; mais comme 

couronne; ses pédicules sont assez elles méritent peu d'être multipliées, 

longs; sa peau est d'un brun foncé, parce qu'elles sont d'une qualité mé- 



19^ F I C 

diocre , peu abondantes, et qu'elles 
miirissent rarement ici, je n'en ferai 
aucune mention. Les quatorze es- 
pèces dont je viens de parler , mé- 
ritent la prcféience sur toutes les 
autres , parce qu'elles produisent une 
grande quantité d'excellens fruits 
qui se succèdent pendant tout l'été; 
d'ailleurs , comme ces arbres exigent 
beaucoup de place et de bons abris 
contre des murailles, les personnes 
qui les cultivent ne veulent admet- 
tre dans leurs jardins que des espè- 
ces choisies. 

Les premiere , seconde , troisiè- 
me , neuvième et dixième variétés , 
donneront des fruits mtu-s sur des 
arbres à plein vent , si on les place 
à des expositions chaudes ; mais les 
autres ont besoin d'être appuyées 
contre des murailles bien exposées , 
sans quoi leurs fruits ne mûrissent 
point en Angleterre. 

Les Figuiers réussissent générale- 
ment dans tous les fols et à toutes 
les expositions , mais ils donnent une 
plus grande quantité de fruits dans 
une terre forte & marneuse , que 
dans un terrein aride ; car si les 
mois de Mai et de Juin sont fort 
secs, les arbres qui se trouveront pla- 
cés dans un pareil terrein , cour- 
ront risque de perdre leurs huits ; 
aussi, lorsqu'on craint cet accident, 
on doit les arroser copieusement , 
et couvrir leurs racines avec de la 
j:erre douce ; alors leurs fruits se 
soutiendront et seront beaucoup 



F I C 

meilleurs que ceux qui croîtront 
dans un terrein froid et humide. 
J'ai toujours observé que les Figuiers 
plantés dans des terres blanches et 
crayouneuses, sur lesquelles il y avoit 
un pied au plus de terre douce et 
marneuse, produisoient de meilleurs 
fruits et en plus grande quantité 
que les autres. 

ils aiment aussi d'être exposés à 
un air libre et ouvert ; car , quoi- 
qu'ils poussent assez bien dans les 
jardins clos , cependant ils produi- 
sent rarement autant de fruits , et 
tous ceux qui se trouvent dans de 
petits jardins à l'ombre , dcmnent 
beaucoup de feuilles et trcs-peu de 
fruits mûrs. 

Ces arbres sont toujours à plein 
vent dans les pays ciiauds-, mais cri 
Angleterre on les place communé- 
ment contre des murailles; cepen- 
dant depuis qu'on a trouvé quelques 
espèces dont les fruits mûrissent bien 
en plein air , et dont la récolte esc 
plus abondante que sur les espaliers, 
ils méritent que nous les cultivions, 
soit à plein vent , soit contre des 
murs. Je crois que les espaliers réus- 
siroicnt mieux en Angleterre , si 
on les traitoit comme on le fait 
en Allemagne , en les couchant en 
hi\'er , et en les couvrant avec de 
la paille ou quelqu'autre litière, 
pour mettre leurs rejettons à l'abri 
des gelées; mais en les découvrant 
par dégrés au printems, et en ne les 
exposant tout- à-fait à Faif q"^ 

lorsqu'il 



Fie ^ Fie 197 
lorsqu'il n'y a plus rien à craindre ; après avoir ôcc tous les petits fruits 
c'est de cette manière que les Aile- qui restent sur les branches , les 
mands se procurent de très-grandes rassembler avec des liens , et les 
récoltes de Figues. Comme en An- coucher de façon qu'ils ne touchent 
gleterre on plante ces arbres contre point à terre, donc les vapeurs pour- 
des murailles , à des expositions roient les faire moisir : de cette 
chaudes, il arrive que leurs fruits maniereonpeut les couvrir aisément 
poussent de très-bonne heure lors- et les garantir des forces gelées. Le 
que le printems est favorable ; but de ce traitement est de les re- 
mais alors s'il survient quelques ge- tarder autant qu'il est possible ; et 
lées en Avril ou en Mai, comme lorsque les Figues comn\encent à 
cela arrive souvent, ils éprouvent pousser dans le printems, on remet 
des dommages considérables; de les arbres contre la muraille : par 
manière que la récolte de cette cette méthode , j'ai vu faire de 
espèce de fruits est toujours plus grandes récoltes en deux ou trois 
incertaine que celle de la plupart endroits : j'en ai vu aussi de pareilles 
des autres : il arrive souvent que dans quelques jardins particuliers 
des arbres plantés contre des murs après des hivers fort rudes qui avoienc 
à l'exposition du nord et du levant, fait manquer les Figues dans beau- 
produisent une plus grande quantité coup d'endroits; on y avoit couvert 
de fruits en Angleterre, que ceux les arbres avec des paillassons, après 
qui se trouvent au midi et au les avoir attachés contre la muraille, 
couchant. On ne doit jamais tailler les bran- 
En Italie et dans d'autres pays ches de ces arbres , parce que les 
chauds, on estime peu cette premiere fruits poussent toujours au sommet 
récolte, trop peu abondante : mais des rejectons de l'année précédente ; 
la seconde, qui vient sur les rejet- de manière que, si on vient à les 
tons de la même année, est la prin- couper, on ne peut plus espérer de 
cipale et la meilleure ; celle-ci mûrit récolte : d'ailleurs les branches qui 
rarement en Angleterre , où il n'y a ont été taillées , sont fort sujettes à 
que trois ou quatre espèces dont la périr. Lors donc qu'un arbre est 
seconde récolte puisse parvenir à trop chargé de bois , la meilleure 
maturité , même dans les étés les plus méthode est de couper en entier 
chauds : ainsi nous ne devons nous toutes celles qui sont nues, et de ne 
attacher ici qu'à la premiere ; de laisser que celles qui sont le mieux 
sorte que, quand ces arbres croissent garnies sur les côtés : on fait en 
contre des murailles dans une bonne sorte en les taillant ainsi , qu'il reste 
exposition , il faut les détacher , e;t entre chaque branche un intervalle 
Tome III. P P 



298 Fie 

d'au moins un pied , et même de 
quatre ou cinq pouces de plus , si 
elles sont fort garnies. 
- L'automne est la saison la plus 
favorable pour cette opération , 
parce que les branches étant alors 
moins remplies de sève , elles per- 
dent beaucoup moins par leurs 
blessures qu'en les taillant au prin- 
tems : d'ailleurs les arbres sont dé- 
pouillés dans ce tems des fruits de la 
dernière récolte ; plutôt cette opé- 
ration sera faite lorsque les feuilles 
commencent à tomber, et mieux les 
jeunes rejettons résisteront aux froids 
de riiiver. Il y a des années si froides 
et si humides, que les jeunes rejet- 
tons des Figuiers ne peuvent devenir 
ligneux , et qu'ils restent tendres et 
remplis de sève : dans ce cas on ne 
peut gucres espérer une bonne ré- 
colte pour l'année suivante ; car les 
premieres gelées de l'autcm.ne dé- 
truisent ordinairement les sommets 
de ces branches dans une longueur 
considérable. Lorsque cet accident 
arrive , il faut couper toutes les par- 
ties flétries pour garantir tout ce 
qui se trouve au-dessous : c'est ainsi 
que j'ai vu souvent quelques iruits 
pousser sur les parties basses des 
branches, qui n'en auroient point 
donné , si leurs rejettons n'avoient 
point été endommagés , parce que 
les fruits sortent généralement des 
quatre ou cinq nœuds qui garnissent 
les extrémités des rejettons : c'est 
pour cela qu'on doit conserver , au- 



F I C 

tant qu'il est possible , les branches 
courtes et latérales , qui produisent 
le plus de fruits , parce qu'il n'y en 
a ordinairement qu'aux extrémités 
des branches longues et droites , en 
sorte que les parties basses des arbres 
sont nues, si l'on n'a pas la plus 
grande attention de conserver de 
jeunes branches dans toute leur 
longueur. 

Les arbres en espaliers qu'on 
abbaisse pendant Ihiver , ne doivent 
être remis au treillage qu'à la fin du 
mois de mars, par la raison que nous 
avons donnée plus haut , et les espa- 
liers peuvent alors rester plus long- 
tems : lorsque les grosses branches 
sont attachées, on pousse les petites 
latérales derrière pour les tenir près 
de la muraille, et garantir par-là 
les jeunes Figues des gelées du matin ; 
et lorsqu'il n'y a plus rien à crain- 
dre , on les remet dans leur posi- 
tion naturelle. Pendant l'été ces 
arbres n'exigent aucune taille; on 
arrête seulement leurs rejettons au 
printcms, dans les endroits qui n'ont 
point poussé de branches latérales : 
si ces branches viennent à être dé- 
rangées par le vent, ce qui arrive 
souvent , il faut les rattacher aussi 
promptcment qu'il est possible ; car 
sans cette précaution , elles seroient 
exposées à être brisées par l'effort 
des vents , auxquels leurs larges 
feuilles offrent beaucoup de prise. 

Les arbres en espaliers peuvent 
être aisément mis à l'abri des gelées 



VIC r I c 199 

du printems, en disposant des pail- des liens de paille , ce si on les coii- 
lassons de manière qu'on puisse les vroit ensuite, ainsi que leurs racines , 
ôter le matin et les remettre tous les avec du chaume : mais , lorsqu'on 
soirs; ce qu'il ne faut faire ccpen- prend ce parti, il faut avoir soin 
dant que lorsque le tems est encore de les découvrir au printems par 
froid et disposé à la gelée. Quoique dégrés , et de manière que leurs 
cette méthode occasionne quelques rcjettons ne soient pas exposés su- 
peines et des dépenses, cependant bircmcnt aux injures de l'air; il faut 
on en sera amp'emcnt dédommagé aussi empêcher , autant qu'il est 
par l'abondance de la récolte. La possible , que les souris et les r.its 
meilleure manière de faire ces cou- ne se réfugient pas , en hiver, dans 
vertures , est d'attacher les roseaux cette paille , parce qu'ils mangc- 
avec des ficelles , de façon qu'on roient l'écorce des rcjettons et les 
puisse les rouler comme une natte , détruiroient : j'ai souvent remarqué 
ce qui donnera la plus grande ai- que les Figuiers en espaliers avoient 
sance pour les ôter et les remettre: tellement étc maltraités par ces ani- 
si l'on roule ces roseaux avec soin maux , que leurs plus grosses bran- 
lorsqu'ils ne sont plus nécessaires, chcs se trouvoient dépouillées de 
et si on les conserve dans un lieu leur écorce jusques sur la terre ; 
sec , ils dureront plusieurs années. il fiut par conséquent y veiller 
Quelques personnes ont depuis soigneusement durant cette saison, 
peu essayé de planter des Figuiers Les Figues bleues et blanches 
en plein vent, qui ont très -bien communes, sont celles qu'on cul- 
rcussi ; cette pratique a été renou- tivc le plus en Angleterre , mais 
velée , parcequ 'on a vu plusieurs elles ne peuvent être plantées en 
vieux arbres de cette espèce ainsi plein vent, comme quelqu'autres 
disposés , qui produisoicnt plus de espèces nouvellement connues ; car 
fruits que les espaliers : je crois que étant beaucoup plus tendres , elles 
ces arbres à haut vent sont plus en sont souvent détruites jusqu'à la 
danger de perdre leurs branches racine , pendant que d'autres à 
par les fortes gelées : mais après les plein vent résistent aux gelées : 
hivers doux , ils sont toujours en l'espèce à Figues blanches est la plus 
meilleur état que les autres , en féconde , et ses truits sont très- 
sorte que l'on auroit plus de fruits doux ; mais les amateurs n'estiment 
sur ces arbres , si on pouvoit les pas beaucoup cette espèce , à cause 
mettre à couvert pendant les hivers; de son peu de saveur. 
ce qui seroit cependant facile , si Les espèces qui m'ont réussi le 
on réunissoit leurs branches avec mieux, sont les premiere et troisième i 

Pp 1 



3O0 Fie FIG 

leurs branches sont rarement en- méthode , dont j'ai déjà donne les 

dommagces par les gelées, et leurs raisons. 

fruits mûrissent toujours très-bien : La principale est que la sève étant 
les espèces en espaliers m'ont sou- moins abondante en automne, les 
vent donné une seconde récolte arbres perdent moins par les blessures 
tissez mûre : j'en ai aussi planté plu- qu'ils reçoivent , ainsi que l'cxpé- 
sieurs en espaliers à l'exposition du riencc le démontre , puisque dans 
nord-est et du nord-ouest, dont quel- la saison que j'indique , l'écoulement 
ques-unss m'ont donné une grande du suc laiteux ne dure qu'un jour, 
quantité de fruits de bon goût, qui au-lieu qu'au printcms il continue 
ont cependant mûri plus tard , ce pendant une semaine entière, 
qui m'a encouragé à en planter da- Depuis quelques années on a 
vantage aux mêmes aspects, et à les planté contre une muraille à four- 
planter à plein vent. neaux, plusieurs de ces arbres, qui 
Bien des sens condamneront ont très-bien réussi au moyen d'un 
peut-être ce que j'ai dit sur la taille traitement convenable: mais comme 
uc ces arbres , sans exaniiner mes ils filent et produisent peu de fruits 
raisons , et sans en faire l'essai ; ils lorsqu'on les tient trop j-enlermés 
penseront toujours , d'après le pré- par des vitrages , il faut avoir soin 
jugé reçu parmi les Jardiniers, c]u on que la chaleur qu'ils éprouvent ns 
ne doit jamais tailler les Figuiers , soit pas trop forte, et que les vitra- 
cc qu'ils deviennent plus forts et gcs ne soient pas trop exactement 
plus durs lorsqu'ils sont éloignés de fermés," lorsque le tems est doux, 
la muraille : j'avoue que j'ai vu pro- il faut leur donner beaucoup d'air, 
duire beaucoup de fruits à àa^ ar- et si les arbres sont jaunes et que 
bres ainsi placés ; mais ce n'étoit leurs racines ne s'étendent pas au- 
qu'après des hivers très-doux ; car delà de leurs couvertures , on les 
il est certain que les fortes gelées arrose fréquemment quand ils sont 
endommagent considérablement ces prêts à montrer leurs fruits , sans 
Figuiers , tandis que ceux qui sont quoi ils se détacheroient avant que 
en espaliers souffrent beaucoup d'être mûrs : niais les vieux arbres, 
moins , et mon.trcnt leurs fruits dont les racines s'étendent à une 
quinze jours plus tôt que les autres, grande distance, n'exigeront que 
La saison que j indique jiour d'avoir leurs branches arrosées lé- 
tailler ces arbres, est différente de gèrement de tems en tems ; s'ils 
celle que choisissent la plupart des sont traités convenablement , leur 
Jardiniers ; mais la simple expé- premiere récolte sera beaucoup plus 
rience prouvera l'avantage de cette abondance que sur les Figuiers ex- 



F I C 

posés en plein air; leurs fruits mûri- 
ront six semaines ou deux mois pli's- 
tot , et ils seront remplacés par une 
seconde récolte qui mûrira dans le 
commencement du mois de Sep- 
tembre , et t]iielqucfois en Août , 
qui est la saison où ils mûrissent 
dans les parties les pins chaudes de 
I Europe: mais on ne doit point faire 
usage de leu avant le commencement 
de Février, parce que, si ces arbres 
étoient forcés plutôt , on ne pour- 
roit pas introduu'c sous les vitrages 
l'air qui est nécessaire pour faire 
nouer le fruit tpand il commence 
à paroîrre , à cause qu'il est encore 
trop Iroid dans cette saison : on 
pose les vitrages un mois avant , 
pour empêcher le froid d'endom- 
mager les rejettons de ces arbres. 

Capnficatïon. Il est à propos de 
parler ici de la méthode c]u'em- 
ploient les peuples du Levant dans 
la culture de ces arbres , pour faire 
parvenir ces fruits à leur maturité , 
sans laquelle ils tomberoicnt et 
ne seroicnt bons à rien, comme on 
peut le voir dans les ouvrages des 
Voyageurs, ainsi que dans ceux de 
Pline et d'autres anciens Naturalistes. 

Je vais rapporter ce qu'en a dit 
M. Tournefort , premier Botaniste 
de Louis XIV, dans son voyage dn 
Levant, torn. 2, let. S , p. 23 et 14. 

" Pline , dit-il , a observé que 
» dans l'islc de Zia les Habitans 
»» cultivent les Figuiers avec beau- 
» coup de soin : ils emploient encore 



Fie 301 

aujourd'hui la même méthode , 
tju'ils appellent caprification : nous 
devons observer que dans la plu- 
part des isles de l'Archipel ils ont 
deux espèces de Figuiers à soi- 
gner. La premiere se nomme 
Ornosj du. Grec littéral Erinos ; 
c'est-à-dire. Figuier Sauvage , ou 
Caprijîcus chez les Latins. La se- 
conde est le Figuier de Jardin ; le 
Sauvage porte trois sortes de fruits, 
Fornite 3 Cratuire et Orni ^ qui 
sont absolument nécessaires pour 
faire mûrir les fruits du liguicr 
culuivé. 

» Les Fornites paroissent en 
Août, et durent jusqu'en Noveni- 
bre sans mûrir ; dans ces fruits 
s'engendrent de petits vers c]uj. 
se changent en une espèce de 
moucherons qu'on ne voit volti- 
ger qu'autour de ces arbres. En 
Octobre et en Novembre ces in- 
sectes piquent d'eux-mêmes les 
seconds fruits, appelés Cratitlres^ 
qui ne se montrent qu'à la fin de 
Septembre ; et les Fornites tom- 
bent peu de tems après c]ue les 
moucherons les ont quittés \ les 
Cratitires au contraire restent sur 
l'arbre jusqu'en Mai , et renfer- 
ment les œufs déposés par ces 
insectes. Dans le mois de Mai la 
troisième espèce de fruits conv- 
mence à pousser sur les meniez 
Figuiers Sauvages qui ont pro- 
duit les deux autres ; ces dernières 
Figues sont beaucoup plus grosses.,. 



iOî 



F I C 

» et s'appellent Omis ; quand elles 
» sont parvenues à une certaine 
» grosseur , et que les yeux com- 
3» mcncent à s'ouvrir , elles sont pi- 
5> quées dans cette partie par les 
» moucherons des Cratitiies , qui 
» se trouvent en état de passer d'un 
» fruit à l'autre pour y déposer leurs 
>■> œufs. 

» Il arrive quelquefois que les 
» moucherons des Cratitircs tar- 
» dent à sortir dans certains cantons 
» où les Omis sont disposés à les 
» recevoir; dans ce cas le culti^M- 
» teur est obligé d'aller chercher des 
» Cratitires dans un autre endroit, 
» pour les ficher aux extrémités des 
»> branches- de ces Figuiers dont les 
I» Omis sont en état d'être piqué? ; 
» s'il manque ce tems , les Omis 
»' tombent, et les moucherons des 
»> Cratitircs s'envolent. 11 n'y a que 
» ceux qui entendent bien cette prati- 
» que, qui connoissent ce moment 
» critic]ue ; pour y réussir, ils ont con- 
»' tinuellement la vue fixée sur l'œil 
»' de la Figue , parce que cette par- 
» tic indique non-seulement le tems 
»» où les insectes doivent sortir , 
>' mais encore celui où les Figues 
» doivent être piquées avec succès ; 
» si l'œil est trop dur ou trop serré , 
«> les moucherons ne peuvent y dé- 
»' poser leurs œufs , et la Figue 
» tombe quand cet œil est trop 
" ouvert. 

» Ces trois espèces de fruits ne 
i' sont pas bons à manger > ils ne 



F I C 
» servent qu'à h.uer la maturité des 
» Figues de jardin : pendant les 
» mois de Juin et de Jtiillet, lors- 
» que les moucherons sont prêts à 
» sortir, les Paysans détachent les 
» Omis, les enfilent dans des ba- 
» guettes minces, et ks placent sur 
>' les Figuiers de jardin ; mais s'ils 
>' ne saisissent pas l'instant favora- 
>' ble, les Omis tombent et les Fi- 
» gués de jardin ne mûrissent pas , 
>• et se détachent bientôt aussi : les 
» Habitans de la campagne con- 
» noissent si bien ces momens pré- 
» cieux, que tous les matins, en 
» faisant leur tournée , ils ne trans- 
" portent sur les Figuiers que des 
» Omis bien conditionnés ; sans ce 
» moyen ils n'obticndrcient aucune 
» récolte ; il est vrai qu'il leur reste 
» encore une foible ressource , qui 
» est de répandre sur leurs Figuiers 
" de jardin, VAscolimhros ^ plante 
" fort commune dans les Isles , et 
» dont le truit contient une espèce 
» de moucherons qui ont la même 
» propriété , et qui sont peut-être 
" ceux de l'Orni, qui vont voltiger 
» sur ces fleurs pour y chercher leur 
>' nourriture. 

" Enfin les Paysans ménagent si 
» bien les Omis , que les mouchc- 
» rons font mûrir les Figues de jar- 
» din dans l'espace de quarante 
» jours: ces Figues sont très-bonnes 
" quand elles sont fraîches; lors- 
" qu'ils veulent les sécher , ils les 
» exposent au soleil pendant quel- 



P I c 

" que terns , et les passent ensuite 
» au four pour les conserver le reste 
» de l'année. Le pain d'Orge et des 
» Fio-ucs sèches, sont la principale 
» inn:rriture des Paysans et des 
» Moines de l'Archipel : mais ces 
« fruits, ainsi préparcs, sont bien 
» inférieurs aux ligues sèches de 
» Provence, de l'Italie et de lEspa- 
» gne. La chaleur du k-ur leur fait 
» perdre leur délicatesse et leur bon 
»' goût; mais d'un autre côté cette 
» chaleur est nécessaire pour dé- 
» truire les œufs que les mouches de 
" rOrni V ont déposés , et qui, sans 
» cela, donneroicnt naissance à de 
» petits vers qui leroicnt beaucoup 
« de tort à ces fruits. 

» QueUe peine et quel travail 
>5 pour se procurer un mauvais 
» fruit ! 

» Je ne puis trop admirer la patience 
» des Grecs, qui s'occupent pendant 
n plus de deux mois à transporter 
« ces moucherons d'un arbre à 
>' l'autre : cependant la raison en est 
» toute simple ; un de leur Figuier 
« produit ordinairement depuis deux 
" jusqu'à trois cens livres de fruits, 
» tandis que les nôtres et ceux de 
» Provence n'en donnent guères 
:j plus de vingt-cinq. 

» Les moucherons contribuent 
» peut-être à la maturité des Figues 
» de jardin, en faisant extravaser 
» le suc nourricier dont ils rompent 
» les tuyaux en y déposant leurs 
» œufs; peut-être aussi, qu'outre 



F I C 



303 



» leurs œufs, ils laissent encore cchap- 
» per une liqueur propre à exciter, 
" par son mélange avec le suc de la 
» Figue , une fermentation qui at- 
5> tcndrit sa. chair. Nos Fiçues de 
» Provence i et même de Paris, 
i' mûrissent beaucoup plutôt lors- 
» qu'on pique leurs yeux avec une 
» paille trempée dans l'huile d'O- 
» live. 

3' Les Prunes et Poires qui sont 
» piquées par quelques insectes, mû- 
» rissent de même aussi beaucoup 
» plus vue ; et la chair la plus voi- 
>j sine de ces piqûures est aussi d'un 
» meilleur goût que le reste : on 
5» ne peut douter qu'il ne s'opère 
» un changement considérable dans 
» la substance de ces fruits , de 
» même qu'il arri\e aux parties des 
» animaux percées avec quelque 



» instrument aigu. 



» Il est presque impossible de 
» bien entendre les anciens Auteurs 
i> qui ont traité de la Caprification , 
'» ou de la culture et du traitement 
» des Figuiers Sauvages, si l'on n'est 
» pas bien instruit des circonstan- 
» ces qui servent à la faire réussir: 
>' non-seulement ce détail nous a 
» été confirmé à Zia, à Tine, à 
» Mycône et à Scio, mais aussi 
)> dans la plupart des autres Isles ». 

Culture. On multiplie les Figuiers 
en Angleterre , au moyen des rejet- 
tons qu'ils produisent, ou en cou- 
chant leurs branches, qui poussent 
assez de racines pour pouvoir être 



?o4 F. I G FIG 
transplantées an bouc d'une année ; saison , leurs branches ne sont paî 
ou par boutures , qui réussisicnt aisé- aussi remplies de scve qu'au prin- 
pient, lorsqu'elles sont bien traitées, tcms ^ et qu'elles perdent par consé- 
La premiere manière est mau- quent moins par les blessures qu'elles 
yaise , parce que tous les arbres qui reçoivent : on peut les transplanter 
viennent de rejettons, sont fort sujets tout de suite à demeure , ou les lais- 
à en pousser eux-mêmes une grande scr en place jusqu'au printems; mais 
quantité , et que leurs branches sont comme ces arbres ne peuvent être 
moins fermes que celles des iiiarcot- déplacés sans risque , lorsqu'ils sont 
tes et plus remplies de sévc ; ce qui déjà gros , il est à propos de les mer- 
les expose à être plus facilement en- trc tout de suite où ils doivent res- 
dommagées par les gelées. Les mar- ter, et de couvrir leurs racines avec 
cottes sont préférables, quand clies du terreau. Si l'hiver est très-rude, 
sont faites avec des branches fruc- on enveloppe leurs branches avec de 
tueuses , car celles qu'on prend sur la paille , ou quclquautre espèce de 
de vieux tocs , sont fort molles et plei- chaume léger , afin que leurs tendres 
nés de sève ; ce qui les fait pousser extrémités ne soient point détruites 
fortement en bois , sans donner beau- par les gelées ; ce qui arrive souvent 
coup de fruits , quand elles ont échap- ^orsqu'on n'a pas employé cette pré- 
pc aux gelées. Comme ces arbres , caution, 

lorsqu'ils ont pris une habitude vi- Lorsqu'on veut multiplier ces 
cieuse dans leur jeunesse, portent arbres par boutures , on choisit ea 
difficilement du fruit , on ne doit automne quelques branches dures et 
employer pour marcottes que des ligneuses, dont les nœuds soient rap- 
branches ligneuses , dures et bien proches les uns des autres , et on 
mûres , et non pas de jeunes rejet- les sépare en conservant à leur base 
tons remplis de sève , et dont les une partie du bois de l'année pré- 
pores sont larges et ouverts. cédente; maison ne retranche point 
Le meilleur tems pour coucher leurs extrémités , comme on le pra- 
ïes branches , est l'automne ; si l'hi- tique communément pour les autres 
ver est rude, on les couvre avec du espèces de boutures : on les plante 
vieux tan ou avec du terreau léger, ensuite à huit ou neuf pouces de pro- 
pour les conserver et les mettre à fondeur, dans une planche de terre 
l'abri de la gelée : dès l'automne sui- marneuse , à une exposition chaude , 
vant, elles auront poussé d'assez for- et l'on en couvre toute la surface de 
tes racines pour pouvoir être enle- trois ou quatre pouces de vieux tan, 
vées ; alors on les détachera des pour empêcher la gelée d'y péné- 
Yieillçs plantes, parce que dans cette trer. Si l'hiver devient rude, on 

couvre 



) 
/ 



FIG r î C 305 

couvre c2;alemep.t les boimircs avec tons , comme d^ns la plr.part des 

de la paille qu'on enlevé au prin- autres arbres : cette espèce est coii- 

tems ; mais on laisse le vieux tan nue sous le nom de Sycomore ou de 

qui empêchera le hâle du printems , Figuier de Pharaon. 

er la chaleur du soleil de l'été, de Religiosa. La troisième, qui croît 

pénétrer dans la terre : ces boutures naturellement dans les Indes , est 

auront poussé d'assez fortes racines regardée comme un arbre sacré que 

dès l'automne suivant, pour pouvoir personne nôse détruire : quelques 

ctre transplantées et traitées comme Indiens l'appellent Wnbre de Dieu ; 

les marcottes. il s'élève en une tige ligneuse, à une 

Si on coupe des branches à fruits , grande hauteur, et pousse plusieurs 

qu'on les plante dans des pots ou branches minces, et garnies de feuilles 

caisses remplies de bonne terre, unies en forme de cœur , terminées 

et qu'on les plonge dans une bonne en une longue queue ou pointe , 

couche chaude de la serre ; elles pro- entières , unies , d'un vert clair , ec 

duiront dans le commencement du portées sur des pétioles assez longs i 

printems , des fruits qui mûriront ellesont six à sept pouces de longueur 

au mois de Mai. er trois pouces et demi de largeur 

Il est tems de parier à présent des vers leur base ; mais elles deviennent 

autres espèces de Figuiers qui crois- graduellement plus étroites vers leurs 

sent naturellement dans les pays extrémités, où elles se terminent eu 

chauds, et que l'on conserve dans les une queue ou pointe étroite d'un pou- 

coUections de plantes rares et cxo- ce et demi de longueur :ses fruits sor- 

tiques i la plupart de ces espèces ne tent des branches , ils sont petits , 

produisent point de fruits bons à ronds, et n'ont aucune valeur, 

manger, n^me dans leur pays natal : Bengalensis. La quatrième s'élevc 

mais comme leurs feuilles sont larges en plusieurs tiges , à la hauteur de 

et belles , elles forment dans les trente ou quarante pieds , et se divise 

serres une variété agréable. en un grand nombre de branches 

Sycomorus. La seconde espèce est qui poussent en-dessous des racines, 
originaire du Levant , où elle s'élève dont plusieurs s'étendent jusqu'à 
en un grand arbre divisé en plusieurs terre; en sorte que dans les lieux où 
branches , garnies de feuilles scm- ces arbres croissent , leurs racines et 
blablesà celles du Mûrier, qui pro- leurs branches sont tellement entre- 
curent un ombrage agréable dans lacées qu'elles rendent les passages 
ces pays chauds : son fruit croît sur impraticables. Dans les Indes , les Ba- 
ie tronc et sur les plus grosses bran- nians dirigent les branches de ces 
ches , et jamais sur les foiblçs rejet- arbres en berceaux réguliers, etpLi- 
Tome III. Q q 



3o<5 Fie F i C 
cent au-dessous leurs Pagodes ou nées en pointe; son fruit est pciir, 
idoles; ce qui tormc leurs Oratoires, rond, et de couleur de sang , lors- 
En Amérique , où ces arbres sont qu'il est mûr : mais iî n'est pas bon 
très-ma!tiplics, on trouve des plai- à manger. 

ncs oui en sont si couvertes , que ni Raccmosa. La septième se trouve 

les hommes , ni aucun animal ne dans les Indes , où elle s'élève à la 

peuvent y pénétrer : leurs feuilles hauteur de vingt-cinq pieds , et se 

sont épaisses , unies , ovales , de six divise en plusieurs branches , garnies 

pouces de longueur sur quatre pou- de feuilles ovales, pointues, unies , 

ces de largeur , et obtuses à leurs et d'un vert luisant ; son fruit est 

extrémités; leurs fruits sont ronds et petit, et sort en grappes sur les 

de la grosseur d'uns chique ; mais côtés des branches: mais il ncst pas 

on ne les emploie à aucun usage. bon à manger. 

Indïia. La cinquième , qu'on ren- Pumila. La huitième , qui est aussi 
contre également en Amérique et originaire des hides , est un arbris- 
dans l'Inde, s'élève en tige ligneuse, seau bas et rempant, dont les tiges 
à la hauteur de trente pieds , et poussent de chacun de leurs noeuds 
pousse plusieurs branches garnies de des racines qui pénètrent dans la. 
feuilles oblongues, et portées sur des terre , et au moyen desquelles il se 
pétioles assez longs ; elles ont envi- multiplie en abondance ; ses feuilles, 
ron six à huit pouces de longueur , ont deux pouces et demi de Ion- 
sur deux et demi de largeur , et se gueur , sur pi-ès de deux pouces de 
terminent en pointe obtuse : elles largeur,etsont terminées en pointe; 
sont d'un vert foncé et unies en- elles sont d'un vert luisant et pla- 
dessus , et d'un vert clair et veinées cées sans ordre sur les branches: soa 
en-dessous ; son fruit est périt et n'a fruit est petit et n'est bon à rien, 
aucune valeur : les branches de ces Nymph&ji-foUa. La neuvième a 
arbres poussent aussi des racines , nnc tige forte , droite er ligneuse , 
qui s'étendent quelquefois jusqu'à qui s'éle\'e à la hauteur de vingt 
terre. pieds , et pousse latéralement plu- 

Maxima. La sixième est origi- sieurs branches , garnies de feuilles 

naire de l'Amérique , où elle s'élève larges , ovales et fermes , de qua- 

à la hauteur de trente à quarante torze pouces environ de longueur 

pieds , er produit plusieurs branches sur près d'un pied de largeur, et 

minces qui poussent des racines arrondies à leur extrémité : elles ont 

comme les précédentes ; ses feuilles plusieurs veines tranversales , qui 

ont huit à neuf pouces de longueur s'étendent depuis la côte du milieu: 

sur deux de largeur > et sont teraii- jusqu'aia bords; leurs pétioles sory: 



"Fie ^ ? I C -^zff 

tongs , et ordinairement inclinés vers îequeï le fruit prend aussi naissance ; 

les branches ; la surflice infcriciire de il est rond , de la grosseur d'une nuis- 

ces feuilles est d un vert luisant , et cade médiocre, et d'un jaune foncé 

l'inférieure est de couleur de vert de lorsqu'il est mûr : il n'est pas bon à 

mer ; elles sont épaisses et très- manger. 

unies: cette espèce croît naturelle- Culture. ]e crois que la seconde 

ment dans les Indes, d'où elle a été espèce ne se trouve pas à présent en 

apportée dans les jardins HoUandois. Angleterre; j'en ai élevé deux ou 

Citri-foUa. La dixième est origi- trois plantes de semence en 175^, 
naire de l'Amérique, où elle s'élève qui ont été détruites par les fortes 
à la hauteur de vingt pieds, et pro- gelées de 1740 ; mais depuis ce 
<luit plusieurs branches couvertes tems , je n'ai pu réussira m'en pro- 
d'une écorce blanche, et garnies de curer d'autres, 
feuilles oblongucs , en forme de Les autres espèces que l'on conserve 
cœur , d'un vert luisant en-dessus , dans plusieurs jardins curieux , se 
d'un vert pâle en dessous , terminées multiplient aisément par boutures: 
en pointe aiguc , d'environ trois après les avoir séparées des vieilles 
pouces de longueur sur un pouce plantes , on les tient pendant deux 
et demi de largeur à leur base , et ou trois jours dans un lieu sec et à 
portées sur des pétioles fort longs ; l'ombre pour guérir leurs blessures; 
ses fruits , qui sortent latéralement car ces plantes étant remplies d'une 
vers les extrémités des branches , sève abondante , scroient en danger 
sont de la grosseur d'un pois et de d'être attaquées de pourriture, si l'on 
couleur pourpre foncée': ils naissent ne prenoit pas cette précaution : on 
très-serrés les uns contre les autres , les place ensuite dans des pots rem- 
et ne sont pas bons à manger. plis de terre légère et sablonneuse, on 

Calyculata. La onzième croît na- les plonge dans une couche de cha- 

turellement à la Véra-Cruz , d'où leur modérée , on les met à l'abri du 

elle m'a été envoyée par le Docteur soleil , et on les arrose deux ou trois 

Houstoun; elle s'élève à la hauteur de fois par semaine, si la saison esc 

douze ou quatorze pieds , avec des chaude : cependant il ne faut point 

tiges d'abrisseau qui se divisent en leur donner trop d'humidité, qui les 

plusieurs petites branches , garnies détruit infailliblement. ^ , 

de feuilles ovales, fermes , obtuses, Lorsque ces boutures ont poussé 

de quatre pouces de longueur sur d'assez iortcs racines pour pouvoir 

trois de largeur , d'un vert clair , être transplantées , on les mer cha- 

et portées sur des pétioles fort cune séparément dans de petits 

courts , qui partent d'un creux dans pots rempli* d'une terre légère et 



N 



3o8 FIG 

sans fumicr , ct on les replonge 
clans la couche chaude , en obser- 
vant de les tenir à l'abri du soleil , 
jusqu'à ce qu'elles aient produit de 
nouvelles fibres , et on leur donne 
de lair , lorsque le tems est favora- 
ble , pour les empêcher de filer , ct 
les fortifier avant les premiers froids 
de l'automne : on les plonge ensuite 
dans la couche de tan de la serre 
chaude , où elles doivent rester cons- 
tamment , et on les traite comme 
les autres plantes qui viennent des 
niêmes contrées : car , quoiqu'on 
puisse élever plus durement deux ou 
trois de ces espèces , cependant elles 
ne feront pas beaucoup de progrès , 
si l'on ne prend pas toutes les pré- 
cautions que nous venons d'indi- 
quer ( I )- 

(i) Le Figues sont non -seulement un 
aliment lain et agréable, mais on les 
emploie encore comme médicament 
dans quelques circonstances; la grande 
quantité de substance mucilagineuse su- 
crée qu'elles contiennent, les rend très- 
adoucissantes , lubréfiantes et antipu- 
trides • c'est-pourquoi on les fait entrer 
avec les Raisins , les Jujubes, les Sébestes, 
les Dattes , etc. , dans les ptisajies pec- 
torales, et dans les boissons qu'on pré- 
pare pour calmer la toux opiniâtre. 

On applique aussi les Figues en ca- 
taplasme sur différentes tumeurs , comme 
lésoUttives et émollientes, et l'on en pré- 
parc des gargarismes qu'on emploie avec 
succès dans les fluxions de la luette et de 
la gorge. Le suc de toutes les espèces de 
Figuiers esc très-caustique et dangereux. 



F I C 
FIGUE D'INDE , ou FICOIDES, 
RAQUETTE ou CARDASSE. Foyci 

Mes AMBRY ANTHEMUM. L. 

Opuntia. 

FIEL DE TERRE, ou LA FUME- 
TERRE. Foyci FUMARIA. 

FIGUIER. Foyei Ficus. 

FIGUIER D'ADAM , ou BANA- 
NIER. Foyei Mus A. 

FîLAGO. II y a plusieurs espèces 
de ce genre , dont quelques - unes 
croissent naturellement fur des terres, 
stériles de quelques cantons de l'An- 
gleterre ; plusieurs personnes leur 
donnent le nom de Cotton weed, herbe 
à coton , et d'autres ,celuide Cudweed^ 
ou Gnaphalium : leurs feuilles sont 
blanches , et lorsqu'elles sont rom- 
pues , on y observe des filamens co- 
tonneux. Ces plantes ont été rangées, 
sous le genre des Gnaphalium par 
la plupart des Botanistes ; mais je 
n'en donnerai aucune description , 
parce qu'elles ne sont point admises 
dans les jardins : une d'elles est ce- 
pendant comprise dans la liste des 
plantes médicinales ( i ;V 



(i) L'espèce de ce genre qui est em- 
ployée en médecine , est le Gnafalium 
vu/gare majus. C. B. 269 , Gnafalium 
Gerrr.umcum. J, B. torn. 3 , pag. 158. Fi' 
Itigo seu empca j Dod. 6 6. 

Oa U regarde comme vulnéraire £t 



F I L 

FILARIA. Foyei PHILLYB-EA 
LATI-FOLIA. 

FILIPENDULE. Foyei SviV.JïK 
FlLlPENDULA. 



F L E 309 

FISTULAIRES- FLEURS , fiorcs 
fistularesj àc fistula^ pipe , sont celles 
qui sont composées de plusieurs pe- 
tites fleurs longues et creuses comme 
des tuyaux de pipe. 



FILIPENDULE aquatique. Foyei FLAMBE ou IRIS. Foye^ Ikis 

CEnANTHE PIMPINELLOIDES. GeRMANICA. L. 



FILIUS ANTÊ PATREM, le FUs 
avant le Perej expression que les Bo- 
tanistes emploient pour désigner 
les plantes dont les fleurs sortent 
avant les feuilles , ou celles qui pous- 
sent des branches de fleurs latérales 
plus élevées que celles du centre. 

FILIX ; Fougère. Ce genre offre 
une multitude d'espèces diverses dans 
tous les pays , mais particulièrement 
en Amérique , comme on peut le voir 
dans l'Histoire Naturelle de la Ja- 
maïque , publiée par le sieur Hans 
Sloan Bart, et dans la description 
des Fougères d'Amérique , par Plu- 
mier i mais comme on cultive rare- 
ment ces plantes dans les jardins, je 
n'en dirai rien ici. 



astringente , et quelques Médecins la 
recommandent dans les crachemens de 
fang j la dyssenterie , et les autres es- 
pèces d'hémorragies : mais dans ces dif- 
férentes circonstances , son usage doit 
être dirigé avec prudence ; car ces sortes 
de remèdes sont souvent plus nuisibles 
qu'utiles , lorsqu'ils sont employés par 
des mains ignorantes. Les Anglois font 
bouillir cette plante dans Ihuile, et l'appli- 
quent sui toutes les espèces de conîvisiçins. 



FLAMBEAU , CIERGE. Foye:(^ 
Cactus, Cereus. 

FLAMMULA JOVIS. Foyc:( 
Clematis. 

FLEUR , (la) est cette partie 
d'une plante qui précède le fruit , et 
qui s'cnveloppeordinaircment. -quoi- 
que cette partie soit bien connue, 
cependant les définitions qu'en ont 
donné les Auteurs de Botanique, 
sont toutes différentes : Jungius la 
définit la partie la plus délicate 
de la plante , remarquable par sa 
couleur et par sa forme , et cohé- 
rente au fruit. Cependant cet Au- 
teur lui-même avoue que cette dé- 
finition est trop resserrée ; car quel- 
ques-uns de ces corps, qu'il regarde 
comme des fleurs , sont éloignés du 
fruit. 

M. Ray dit , que la plus grande 
partie des fleurs est cohérente aux 
rudimens du fruit ; mais presque 
tout ce qu'il ajoute mérite à peine 
d'être regardé comme une défi- 
nition. 

Tourncfort aéfinit la flcjir nnç 



s 



310 F L E F L E 
partie remarquable par ses couleurs, avoir été'pliii hcai-cix, en donnant 
qui est le plus souvent adhérente au une liée plus c'aire de cette partie 
jeune fruit, auquel eilc paroit lournir de.^ plantes. Nous trouvons d..ns les 
une nourriture propre à développer leçons qu'il dcnnoic au jardin Royal 
son tissu délicat. Cet. e definition est à l-'ais, que les ticurs strictement 
encore plus imp :riaite et plus vague dites, doivent être regardées comme 
que les précédentes. les organes qui caractérisent le sexe 
PonteJera , Professeur de Bota- des pfrites, qu'elles sont quelquefois 
nique à Padoue , dit que la fleur est saiis c^Î!:e , et qie les pctalci qui les 
une partie qui ne ressemble point entourent ii-nmédiatemcnt , ne ser ■ 
au reste de la plante par sa forme et vent qu'à les couvrir et à les abriter : 
sa nature : que, si la fleur a un mais, dit-il, comme la corolle esc 
tube', elle est toujours cohérente à la partie la plus visible et la plus 
l'embrion , ou au moins très-voisine belle de cet organe qu'on appelle 
de lui ; mais que si elle n'a point j^ewr, c'est le nom que je donne à la 
de tube , elle n'a point d'ambrion. corolle, de quelque structure ou cou- 
Cette définition est bien éloignée leur quelle puisse être , soit qu'elle 
d'être claire ; car à peine est-elle entoure les organes des deux sexes" 
intelligible: elle peut d'ailleurs con- rassemblés, soicqu'elle n'en renferme 
venir à toute autre partie de la qu'un , ou seulement quelques par- 
plante , telle que la racine , la tige , ties qui en dépendent , pourvu 
ou la feuille, qui diffèrent les unes qu'elle n'ait pas la même forme que 
des autres par leur forme et leur les feuilles de la plante, 
nature. ' Mais , suivant mon opinion , le 
M. de Jussieu , Démonstrateur de Docteur Martyn a mieux réussi dans 
Botanique à Paris , ne paroît pas sa définition de la Fleur que tous 
avoir mieux réussi ; Il dit qu'on ceux dont je viens de parler ; il re- 
appelle proprement ^earj cette par- présente la Fleur comme l'assem- 
tie composée d'étamincs , de fila- blage des organes de la génération 
niensetde pistiles, qui sert à la gé- des deux sexes, adhérents cnsem- 
nération : mais cette définition est ble au placenta commun dans les 
défectueuse ; car il y a plusieurs mêmes enveloppes , ou séparément 
plantes dans lesquelles le style est dans des enveloppes particulières 
placé à une distance considérable lorsque ces Fleurs en sont pourvues. 
des étamines , et on voit quelques Les parties de la Fleur sont , 
fleurs qui n'ont point de style, et 1°. l'ovaire, qui est le rudiment du 
d'autres qui sont privées d'étamincs. fruit , et proprement l'organe fe- 
M. Vaillant est celui qui paroît nielle de la génération. 



F L E 

2='. Le style qui accompagne 
l'ovaire , soit en s clcvant ue son 
sommet, soit qu'il se trouve placé 
sur un axe ceiitral, et entouré par 
les cmbrions des semences. 

3°. Les sommets ou apices jont 
des corps qui reniermcnt la pous- 
sière prolifique analogue au sperme 
des animaux mâles ; ils sont généra- 
lement soutenus par des fils minces 
qu'on appelle étamines. 

Les pétales sont des feuilles déli- 
cates & colorées , qui forment en 
général la partie la plus visible de la 
Fleur. 

Le calice est composé des feuilles 
délicates qui couvrent &: envelop- 
pent les autres parties de la Fleur. 

Les Fleurs , suivant le nombre de 
leurs pétales , sont appelées Mono- 
pétaUs 3 Dipècaies j TripécaUs j Té- 
trap étales 3 &c. 

La structure des Fleurs diffère 
beaucoup dans les diflcrentes espè- 
ces ; mais, suivant le Docteur Grew , 
elles ont généralement toutes ces 
trois parties communes , le calice , 
la foliation &■ un certain ornement. 

M. Ray prétend qu'une Fleur, 
pour être parfaite , doit avoir des 
pétales, des étamines, des sommets 
et un style, et que celles qui man- 
quent de quelques-unes de ces par- 
ties sont imparfaites. 

Dans la plupart des plantes il v a 
wn périanthe d'une consistance plus 
forte que celle de la Fleur même, 
qui sert à la fortifier ou i la pré- 



311 



F L E 
server : les Fleurs sont distinguées 
en mâles, en kmelles et en herma- 
phrodices. Les Fleurs mâles renfer- 
ment les étamines i mais elles n'oiu 
point de germe ni de style, et elles 
ne produisent point de fruits : les 
Botanistes les nomment F/eurs à 
étamines. ^ 

Les Fleurs femelles sont celles 
qui renferment le germe et le style, 
et qui sont remplacées par des fruits : 
on les appelle Fleurs fructueuses ou 
noueuses. 

Les Fleurs hermaphrodites con- 
tiennent les organes des deux sexes ^ 
et ce sont les plus communes ; telles 
sont l'Asphodèle, le Lys, la Tulipe, 
l'Altha:a, le Geranium, le Romarin , 
la Sauge, le Thim, etc. 

La structure des Fleurs dans les- 
quelles les deirx sexes sont divisés, 
ne diffère qu'en ce que les organes 
mâles sont séparés des parties femel- 
les ; quelquefois ces deux espèces de 
Fleurs sont réunies sur les mêmes 
plantes, et d'autres fois elles se trou- 
vent sur des pieds séparés. 

Parmi les plantes qui portent en 
même-tems les Fleurs mâles et les 
Fleurs femelles, on distingue le Con- 
combre, le Melon, la Courge, ler 
Bled de Turquie, le Noyer, le 
Chêne , le Hêtre , etc. 

Les Fleurs composées sont for- 
mées de plusieurs fleurettes ou demi- 
fieurcttes , ou de toutes les deux 
réunies dons un même calice, de 



311 r L E 

manière qu'elles ne font qu'une seule 
Fleur. 

FLEUR DE CRAPEAU. Foye:^ 
StAP£LIA. 

FLEUR DE GLOBE, ou espèce 
de CENTAUREE. Foyei Sph^r- 
ANTHUS. 

FLEUR DORÉE. Foyei CHRYS- 
ANTHEMUM. 

' FLEUR DE LA PASSION. Foye^ 
Passiflora. 

FLEUR DE PAON, POINCIL- 
LADÈ, ou HAYE FLEURIE. Foyc- 
Poinciana. 

FLEUR DU GRAND SEI- 
GNEUR , ou LAMBRETTE. Foye^ 
Cyanus, 

FLEUR DE SANG, ou TULIPE 

du Cap de Bonne-Espérance. Foye^ 

H^manthus. 

FLEUR DU SOLEIL. Foye^ 
Helianthus , Tetragono- 
theca. 

FLEUR DE NOEL, PIED DE 
GRIFFON ou HELLEBORE NOIR. 
Foyei HeLLEBORUS NIGER. 

FLEUR DE PASQUES , ou 
HERBE AU VENT, ou COQUE 
LOURDE. Foyei Pulsatilla. 



FLU 

FLEUR ÉTOILÉE. Foye^ Amel- 
Lus, Melanthium. 

FLEUR A TROMPETTE, ou 
JASMIN ECARLATE. Foyei Bl- 

GNONIA. 

FLEURISTES, (les) sont ceux qui 
font leur amusement de la ciilture 
des Fleurs. 

FLOCON, ou TOUFFE D'OR, 
ou CHEVEUX DORÉS. Foyei 
Chrysocoma. 

FLORENTULUS, ou FLORU- 
LLJS. Plante couverte de fleurs, ec 
florissante. 

FLORIFER , se dit des plantes 
qui produisent des fleurs. 

FLUIDITÉ. Fluiditas^ de Fluere , 
couler. 

Comme j'ai fait mention des 
fluides en parlant des élémens, j'ai 
cru qu'il ctoit nécessaire de rap- 
porter leurs propriétés générales 
d'après ce qu'en ont dit les meil- 
leurs Auteurs : ils définissent un 
fluide, un corps dont les particules 
sont foiblement unies , et dont la 
cohésion est en grande partie em- 
pêchée par quelques causes exté- 
rieures ; d'après ce principe , un 
fluide est en quelque sorte l'op- 
posé d'un solide. Le célèbre NeTton 
dit qu'un fluide est un corps dont 

les 



FLU FLU 313 
les parties cèdenc ù la moindre ini- doivent se frotter que dans quelques 
pression des autre?, et se meuvent parties de leur surExce ; il dit aussi 
aisément l'ime sur l'autre : cette dans son Histoire de îa Fluidité, que 
définition est préférable à celle de les conditions requises pour consti- 
Dcscartes , qui prétend qu'un fluide tuer un corps fluide , sont principale- 
est un corps dont les parties sont ment les trois suivantes : 
dans un mouvement continuel, parce 1°. La finesse de ses parties; 
qu'il ne paroît pas que les parties de ansa voyons-nous que le feu, pour 
tous les fluides soient ainsi , et que fondre les métaux , les divise en par- 
celles de quelques corps solides ne ticulcs extrêmement petites , et les 
soient pas telles. rend fluides en s'intcrposantentr-elles» 
La fluidité eil un état propre à les acides qui les dissolvent, agis- 
certains corps, qui les rend l'op- sent aussi de la même manière ; 011 
posé de ceux qui sont fermes et so- peut en dire autant de la dissolution 
lides. On la distingue de l'humidité, du sel commun, et de beai-coup 
en ce que fidée de la Fluidité est d'autres corps, 
absolue, et que cette propriété ren- z°. 11 paroît nécessaire, pour que 
ferme la chose en elle-mên'e; au la Fluidité ait lieu , qu'il y ait entre 
lieu que celle de l'humidité est rcla- les parties de ces corps , àçs espaces 
tive, et n'a rapport qu'à l'action vuides dans lesquels elles puissent 
d'humecter ou. à ce qui nous donne se mouvoir ; car 
la sensation de fhumidité , et qui 3°. La principale condition pour 
n'a d'existence que par nos sens. constituer un corps fluide , est que 
Ainsi les métaux fondus, l'air, ses particules puissent être agitées 
réther et même la fumée et la flam- dilïeremmcnt et séparément , soie 
me sont des corps fluides et non par leur propre émotion , ou mou- 
liquides ; leurs parties sont réelle- vement ou par l'action des corps 
ment sèches, et ne laissent point la voisins qui les pressent en tous sens. 
moindre trace d'humidité. Pour prouver que ces différentes 
La Fluidité des corps paroît con- qualités sont principalement néces- 
sister en ce que leurs parties fines saires pour constituer la Fluîduc , 
et déliées sont tellement disposées , on peut avoir recours à l'expérience 
qu'elles peuvent aisément se mouvoir commune, de mettre un peu de 
en tous sens les unes sur les autres, poudre d'albâtre ou de plâtre fine- • 
M. Boylc observe qu'elles doivent ment criblé , dans un vase à fond 
être agitées différemment et séparé- plat sur le Icu : peu de tems après 
ment pour pouvoir se tourner ainsi on verra cette poudre s'agiter et 
de côté et d'autre, et qu'elles ne imiter le mouvement de l'eau boiiU- 
Tome m. Rr 



314 FLU 

laiiie; si on la remue avec un baton , 
elle n'oppcera pa^ plus de ix iicaiicc 
qu'un fluide; mais si dans le mo- 
ment où elle CSC le plu:> agi:ée, on 
en répand un peu sur un papier , 
on ne verra qu'une poudre sèche. 

' De-là ii est évident qu'il y a une 
difference réelle entre un corps fluide 
et une liqueur humilie; car cette 
poudre bouillante, ainsi que les mé- 
taux tondiis , Tair , l'éther , et la 
fianime elle-même, sont propre- 
ment des corps fluides , mais non 
pas des liqueurs humides. 

Boyle , cet ingénieux auteur , a 
aussi remarqué qi;c , si, on introduit 
de la fumée de Romarin dans un 
tuyau de verre, cette fumée se met- 
tra de niveau, quelle que soit la situa- 
tion qu'en donne à ce tuyau , et 
s'écoulera enfin comme de l'eau , 
lorsqu'il sera assez incliné, D'où il 
conclut qu'un corps pour être fluide 
n'a pas besoin que ses parties soient 
fort condensées , comme celles de 
l'eau. 

Et le sieur Hook , dans son Mi- 
crographe , pag. I 1 , nous présente 
encore uiîe ou deux très-belles ex- 
périences , pour prouver cet état de 
la Fluidité : si l'on place un vase rem- 
pli de sable sur un tambour c]u'on 
frappe avec des baguettes, ou sur 
la meule supérieure d'un moulin , 
ce sable imitera parfaitanent l'agi- 
tation d'un corps fluide , et s'écou- 
kra même comme de l'eau , si le 



FLU 

vase qui le contient se trouve percé 
sur le côté. 

Avant que Ne\'; ton eût perfec- 
tionné la philosophie corpusculaire, 
on n'approfondissoic pas autant cette 
maticre , et on ne connoissoit point 
les conditions nécessaires peur cons- 
tituer un corps fli;ide ; cependant 
l'agitation et la désunion de ses }?ar- 
ticuies, peuvent être regari.!écs com- 
me les effets d'une loi primiiive de 
la Nature : car , de même que les 
particules de la matière s'attirent 
les unes les autres , lorsqu'elles se 
trouvent dans la sphère de leur ac- 
tivité réciproque, elles se repoussent 
et s'évitent aussi dans de certaines 
circonstances. 

Parce qu'alors , quoique leur pro- 
pre gravité , jointe à la pression des 
autres corps, puisse les réunir en 
une masse , cependant les efforts 
continuels qu'elles font pour s'éviter, 
et les impulsions étrangères de la 
lumière, de la chaleur et des autres 
causes , peuvent les faire mouvoir 
les unes sur les autres, et produire 
ainsi la Fluidité. 

Il existe cependant une difiîcultc 
qui n'est point aisée à surmonter , 
qui est de savoir comtnent les parti- 
cules des fluides se tiennent à une 
certaine distance les unes des autres, 
sans se confondre par leur attraction. 

La structure et la constitution de 
l'eau sont surprenantes; on ne peut 
comprendre comment un fluide 
aussi dilate, et qui contient tant de 



FLU- _ FLU 315 

pores, puisse résister, sans être traire , imprimcc mu- les p:\rncules 

compiimc, à la plus forte pression, des tiuides , par l.^qucUe cllc^i s'cvi-" 

et se changer en une ma^sc soliJc, tcnt et s'échappent an>iiiôt qu'elles 

tran parente et fri.ible , lorsqu'il est s approchent , et aussi long -rems 

expovc à un certain Jégré de Froid, qu'elles se tiennent à une certaine 

Quoique les parricule> de l'eau ne distance les unes des a-itrcs. 
puissent se rapprocher assez pour On observe aussi dans les fluides, 

s'unir, il est cependant vraisem- que la direction de leur poids con- 

blable qu'el'es peuvent se joindre, te les vases qui le> cinicnnent, 

s'accrocher le> unes aux autres, et e^t en ligne pcrpenui.ulaire sur les 

devenir un corns so'ide iorsqvic le côtés ; cette propriété est le résultat 

froid porte dans leurs p^.res une néces<.aire des particules sphériques 

certaine matière qui leur sert de de quelque fluide que ce soit, ce qui 

lien ; mais cette matière étant chas- prouve que toutes les parties des 

sée p ir la cl a'eur , lean reprend sa fluides sont conformée', de cette 

preniiere Fluidité. Peut être est-ce maniée, ou d'une forme à-peu près 

j|insi q le le mercure se trouve fixe semblable. 
par les vapeurs du plomb. Le Docteur Clarke dit que , si 

Quand un corps ferme et solide, les parties d'un corps ne se touchent 

tel qu'un métal, est réd'it par la point, ou si elles glissent aisément 

chaleur en un fluide , le feu ne dis- les unes sur les autres , ou si leur 

joint-il et ne separc-t il pas les par- surface est telle qu'elles puissent 

ticuîes qu'une attraction mutuelle aisément être agitées par la chaleur, 

avoir unies ensemble auparavant , et que cette chaleur soit assez forte 

et ne les tient-il pas à une telle pour les mouvoir , et pas assez pour 

distance les unes des antres, qu'elles les empêcher de se réi-nir par le 

jont hors de la sphère de leur at- froid, quoiqu'elles ne soient pas 

traction mutuelle, tant que ce mou- mises en mouvement dans 1 instant. 

vement violent continue, et lors- même, cependant si ces pardes sont 

que ce mouvement est passé, et la petites , unies, glissantes, et d'une 

chaleur dissipée, ne se rapprochent- forme qui les rend prorres à être 

elles pas, ne s'allient- elles pas pour agitées, ce corps sera nécessairement 

ne composer qu'un seul corps ; fluide. 

Ainsi , comme la cause de la Et cependant les particules de 

cohérence des parties des corps so- ces corps fluides s'accrochent er»' 

lidcs paroît être l'attraction mu- quelque manière, comme on le voit 

tuelle , la principale cause de la dans le mercure lorsqu'il est bien 

Fluidité doit être une émotion con- purgé d'air, qui se soutient dans le 

Rr 1 



3i5 FLU 

baromètre à la Iiautcur de soixante 
ou soixante et dix pouces, dans l'eau 
qui monte dans des tubes capillaires, 
et dans les diflvrciitcs espèces de 
liqueurs qui , dans le vuide même , 
fornicnt des gouttes sphériques et 
p&lics. 

On peut ajouter que, si ces corps 
consistent en particules légèrement 
entremêlées comme celles de l'huile, 
capables d'être resserrées ou durcies 
par le froid , et réunies par l'inter- 
position de certains coins, comme 
celles de l'eau , ils deviennent aisé- 
ment solides; mais que , si leurs par- 
ticules sont telles qu'elles ne puissent 
se mêler comme celles de l'air, ni 
se durcir par le troid comme celles 
du vif-argent , elles ne deviendront 
jamais dures et ne se fixeront point. 
Enfin , les Cartésiens regardent 
im fluide comme un corps dont 
les parties intestines sont dans une 
agitation continuelle. Le Docteur 
Hook , M. Boyle , et le Docteur 
Boerrhaave , quoiqu'ils soient bien 
opposés d'ailleurs à l'opinion des 
Cartésiens, souscrivent néanmoins 
à cette définition , et donnent des 
argumens pour prouver que les par- 
ties des fluides ne sont jamais en 
repos , et que c'est cette émotion 
qui constitue la Fluidité; Boerrhaave 
attribue cette propriété à l'action du 
feu. Foycj Feu. 

Les fluides sont, ou naturels, 
comme l'eau , le mercure , etc. , ou 
produits dans les corps des animaux , 



• F (S N 

comme la bile, le sang, la lymphe, 
l'urine , etc. , ou factices , comme 
le vin, les esprits ardens , l'huile, 

etc. 

ïŒ.mCVLVM.Fœmculum. Tourn. 
Inst. R. H. ^1 i. Tab. I 64. Ânethum. 
Lin. Gcn. Fiant. 377. Edit. 3 ; Fe- 
nouil. 

Caractères. La fleur est ombelléc j 
la grande ombelle est composée de 
plusieurs plus petites qui n'ont point 
d'enveloppe ; l'ombelle est uniforme j 
les fleurs ont cinq pétales courbés 
en-dedans, et cinq étamines termi- 
nées par des sommets ronds : le 
germe, qui est situé sous la fleur,, 
soutient deux petits styles couronnés 
par des stigmats ronds ; le germe se 
change ensuite en un fruit oblonç, 
prolondément cannelé , et divisé en 
deux parties, dont chacune forme 
une simple semence , plate sur un 
côté , convexe et cannelée sur l'autre. 

Ce genre de plantes e^t rangé 
dans la seconde section de la sep- 
tième classe deTournefort, qui ren- 
ferme les herbes à fleurs ombellées , 
et disposées circulairement, dont le 
calice se change en deux semences 
étroites , oblongucs et épaisses. Le 
Docteur LinnÉe a réuni ce genre 
à celui de l'Anethum , qui est placé 
dans la seconde section de sa cin- 
quième classe , et qui comprend les 
plantes dont les fleurs ont cinq éta- 
mines et deux styles ; mais comme 
les semences du Fenouil sont oblon-- 



F Gï N 
giies, épaisses , et cannelées , et que 
celles de l' Anet sont plates et bordées , 
il vaut beaucoup mieux les tenir sé- 
parées que de les réunir dans un 
même genre. 

Les espèces sont ; 

I *'. Fœniculum vulgare 3 foliis dc- 
composicis j folïoiis brevioribus multï- 
fidis 3 semine breviori ; Fenouil à 
feuilles décomposées , dont les fo- 
lioles sont plus courtes et terminées 
en plusieurs pointes, et qui produit 
une semence courte. 

Fœmculum vidgare j Gcrmanicum. 
C, B.p. 147 ; Fenouil commun. 

Anethum Faniculum. Lin. Gen. 
Plant: ^77. Sysc. Plane, com. ^.pag. 
-jlz.Sp. 3. 

2°. Fœniculum dulce jfoliis dccom- 
posiris j foliolis longioribus j scmine 
longiori ; Fenouil à feuilles décompo- 
sées , dont les folioles sont fort lon- 
gues , et les semences plus longues. 

Faniculum dulce j majori et alko 
semine. J. B. 3 . />. 2 er 4 ; Fenouil 
doux, qui produit une semence plus 
grosse et blanche. 

Anethum Fœniculum fructihus ova- 
tis. Lin. Hort. Cliff. 10 6. Hon. Ups. 
66. Mat. Med. 147. Boy. Lugd.- B. 
106. Lin. Gen. Plant. ^-Jj. Edit. 3. 
Syst. Plant, torn, l.pag. nil. Sp. 3. 

3°. Fœniculum A^oricumj humiliusj 
codice caulescente carnoso j seminibus . 
recurvis _, radice annua; Fenouil nain, 
avec une tige charnue, des semences 
recourbées , et une racine annuelle. 

Fœniculum dulce A^oricum* Pluk, 



F CE N 



3^7 



Aim. ; Fenouil doux des Acores , 
appelé Finochio, 

bulgare. La premiere espèce est îc 
Fenouil commun qu on cultive dans 
les jardins fril se seme lui-même na- 
turellement dans plusieurs endroits, 
et se multiplie si considérablement , 
qu'on le croiroit originaire d'Angle- 
terre : mais comme on ne le trouve 
jamais à une grande distance des jar- 
dins , on ne peut douter qu'il n'aie 
été apporté dans ce pays: on en con- 
noît deux variétés , l'une à feuilles 
d'un vert clair , et l'autre à feuilles 
trés-foncLCs : mais je crois que ce 
ne sont que des variétés qui pro- 
viennent des mêmes semences ; ce 
qu'on ne peut pas trop assurer, àt 
moins qu'on ne seme ces graines sé- 
parément dans des places où il n'y 
ait point eu encore de ces plantes j. 
parce que les semences de cette es- 
pèce subsistent plusieurs années dans 
la terre, et croissent lorsqu'en les 
cultivant, on les rapproche de \x 
surface ; de sorte que la plante de- 
vient une herbe embarrassante , 
quand une fois ses semences se sonc 
répandues d'elles-mêmes.. 

Le Fenouil commun est si bien 
connu , qu'il n'est pas nécessaire d'en 
donner une description. Sa racine, 
forte et charnue , pénètre profon- 
dément dans la terre et subsiste plu- 
sieurs années. Cette espèce fleurit en 
Juillet, et ses semences mûrissent en 
automne. Si on les met en terre 
aussi-tôt qu'elles sont mûres , leurs 



3i8 f CE N 

plantes paroîtrout en automne ou 
au printems suivuiir; des n'exigent 
aucune autre culc re que d'être te- 
nue,^ nettes de miuvaioCi hc 'oes , et 
d'eue cclaucies nans lev places où 
elles sont trop scrrvjcs i elles crois 
sent dans tcus les -ois , et à toutes 
situations: les t'euiles , les semences 
et les racines de cette pl.nte sont 
employées en Médecii.e ; sa racine 
est une des cinq racines aperitives, 
et ses semences iont mises au nom- 
bre des plu3 carminatives. On fait 
avec ses fc ilies une eau sim.ple , et 
l'on tire de ses t;raines une huile 
essentielle par la d.st ll..tion. 

Duke. Le Fenciuil do'ix a été 
regarde par quelques uns cousine 
une variété de l'espèce coir,mune , 
mais je les ai cultivées ensemble dans 
la même terre, et celui-ci a toujours 
couicrvé sa différence : les feuilles 
du Fenouil doux sont fort longues , 
minces, irrégulièrement épa:scs, et 
n'ont pas autant de pointes que celles 
de l'espèce commune , ses tiges ne 
s élèvent pas à une hauteur aussi 
considérable , et ses semences sont 
plus longues , plus étroites et d'une 
couleur plus claire : ses graines, qu'on 
nous apporte annuellement de l'Al- 
lemagne ou d'Italie, sont préférées, 
par quelques personnes , à celles de 
l'espèce commune pour l'usage de la 
Médecine , parce qu'elles sont beau- 
coup plus douces. Le Fenouil doux 
peut être multiplié de la même ma- 
nière que. l'espèce conuuune ; il est 



F ΠN 
fort dur; mais ses racines ne sont 
pas d'une au^si longue durée. ( i ) 



( I ) On en emploie en mtciccine les 
graines , les ieuilles et les racines du 
Fenouil doux ouiomain; loiitcs les parties 
de cette phnte ont un goût doux et un 
peu acre , et une odeur aromatique , mais 
conune ses graines ont beaucoup plus 
d'activité, on les emploie de piétérence 
d.ms le plus erand nombie de cas ; ces 
gr:.ines fournissent, i av la distillation, 
une grande quantité d huile essei.nelle, 
dans laquelle résident toutes les proprié- 
tés de la plante : la par.ie résineuse est 
beaucoup moins active , et le principe 
gommeux est presque fans force. 

Le Fenouil , pris intcrietirement , agite, 
remue et adoucit un peu ; il produit de 
bons effets dans les ..ffcctions venteuses, 
le veniaesroniaclial, lechotysa, les affec- 
tions pituiteuses et catharrales , l'asthme 
humide, la néphrétique pituiteuse, etc. 
On l'emploie confit ou en infusion vi- 
neuse : on le de. une aussi en infusion 
aqueuse , lorsqu'on se propose de pro- 
curer aux nourrices une plus grande quan- 
tité de lait. 

Quelques Auteurs recommandent cette 
plante comme un excellent sudorifique 
dans les maladies exanthématiques , telles 
que la petite vérole , la rougeole , les 
fièvres pétéchiales et malignes. On a 
aussi vanté fon eau distillée comme un 
exc>:'.lent collvre pour affermir et conser- 
ver la vue. et on applique fréquemment ses 
graines écrasées sur les contusions vio- 
lentes , pour dissiper le sang extravàse. 
Les graines du Fenouil entrent dans la 
compoMtion du sirop de chicorée , dans 
le mithridatf , la thériaque , dans le looch 
des poumons de renard , de Mcsuè , &c. 
Ses feuilles servent à faire l'eau ruiné- 



F ΠN 

Aiorkum. On croit que la troi- 
sième espèce a été apportée des Isics 
des Açores ; elle a été long-tcir.s 
cultivée en Italie , comme bonne à 
manger en salade , sous le nom de 
Finochio ; on la conserve à présent 
dans quelques jardins Anglois, mais 
en petite quantité , non - seulement 
parce qu'on trouve son goût désa- 
gréable , mais parce qu'elle produit 
peu de bonnes semences , et que 
celles qu'on apporte de l'Italie sont 
rarement fécondes ; et l'on ccnscrve 
difficilement cette plante en Angle- 
terre , parce que l'hiver détruit sou- 
vent celles qui sont destinées à pro- 
duire des semences, et lorsqu'on a 
laissé quelques bonnes plantes printa- 
niercs pour cela , elles ne mûrissent 
point , à moins que 1 hiver ne soit 
très-lavorablc. 

Cette espèce a des tiges fort 
courtes , tendres et charnues qui se 
gonflent au-dessus de la surRice de 
la terre dans la longueur de qua- 
tre ou cinq pouces , et qui acquiè- 
rent par ce renflement environ deux 
pouces de diamètre : c'est cette par- 
tie qui est bonne à manger en salade 
lorsqu'elle est blanchie. Quand on 
laisse monter ces plantes en semen- 
ces , leurs tiges ne s'clevent qu'à la 
hauteur d'un pied et demi , et por- 
tent une large ombelle à leur extré- 

~- - - - - 

raire , et ses racines sont employées dans 
les sirops d'Armoise, des cinq racines, de 
Bétoine, d'Eupatoire , d'Hyssope, &c. 



F ΠN 315, 

mite : les semences de cette espèce 
sont étroites , courbées et d'un jaune 
brillant ; elles répandent une odeur 
forte d' Anis , et sont fort douces au 
goût. 

Si l'on veut cultiver cette plante, 
on doit d'abord se procurer de bon- 
nes semences par quelques personnes 
fort soigneuses dans le choix des 
plantes , sans quoi l'on ne pourroit 
espérer de les avoir bonnes , et les 
plantes qu'elles produiraient nionte- 
roient en graines avant d'avoir ac- 
quis une certaine grosseur , et ne 
pourroient être d'aucun usage: lors- 
qu'on est pourvu de bonnes graines , 
on fait choix d'une piece de terre 
dont le sol soit riche et léger , mais 
pas trop stc ni trop humide. Celles 
qu'on destine à une première récolte, 
peuvent être mises en terre vers le 
I ^ de Mai , elles seront propres à 
être enlevées en Juin ; en les semant 
ainsi en dilférens tcms , elles se suc- 
céderont sans interruption jusqu'aux 
premieres gelées : lorsque la terre est 
bien labourée etdresséc, on creuie des 
sillons peu profonds à dix-huit pouces 
de distance les uns des autres , afin , 
qu'on ait assez de place pour nettoyer 
les plantes , et pou r amonceler la terre 
sur leurs tiges , lorsqu'elles sont en 
pleine croissance : on répand les 
graines dans ces sillons , de ma- 
nière que les plantes qu'elles doivent 
produire , se trouvent éloignées de 
six pouces les unes des autres : mais 
comme quelques unes de ces graines 



3iO F (E N FOL 

peuvent manquer , on les met à bonne que sur la fin de l'automne , 

deuxpouces les unes des autres, sauf pounoit erre endommagée par le 

à les cclaircir par la suite. Quand les froid , si elle se trouvoit dans un sol 

plantes ont poussé, ce qui arrive humide ; mais comme la terre est sou- 

environ trois semaines ou un mois vent fort sèche en Juin et en Juillet, 

après , on coupe toutes les mau- et que les semences manquent plus 

vaiscs herbes avec une petite lioue , aisément dans cette saison , on doit 

et lorsqu'elles sont trop serrées , on avoir attention de les arroser alors, 

les éclaircit à trois pouces de distan- jusqu'à ce que les plantes aient 

ce ; à mesure qu'elles avancent et poussé ; si la saison est sèche , les 

que d'autres semences poussent en- plantes exigeront beaucoup d'eau , 

core , on les houe de tems en tems , sans quoi elles pousseroient leurs 

et lorsqu'on les éclaircit pour la der- tiges de semence avant d'avoir 

niere fois , on leur donne au moins acquis une certaine grosseur. Pour 

sept à huit pouces de distance: si l'on éviter cet inconvénient, on creuse 

M. employé une bonne espèce, les une rigole sur chaque ring, pour y 

tiges parviendront à une grosseur faire couler l'eau au-dessus et la 

considérable: il faudra les recouvrir retenir sur le plant. S'il survient en 

de terre quinze jours avant de les automne quelques fortes gelées, il 

arracher , comme on le pratique sera prudent de les couvrir avec du 

pour le Céleri ; ce qui les rendra chaume de Pois , ou quelqu'autrc 

tendres , cassantes et très-blanches. litière légère peur les en garantir : 

La seconde récoke se seme envi- on peut par cette méthode les con- 

i-on trois semaines après la premiere, server jusqu'au milieu de l'hiver, 

et l'on continue toujours à en semer Une petite planche de cette 

de nouvelles tous les mois jusqu'à la plante, suffira pour une provision 

fin de Juillet ; mais celles qu'on met- médiocre ; et pour une grande , une 

troit en terre après ce terme, n'au- de quatre pieds de largeur sur vingt 

roienr plus assez de tems pour se pieds de longueur sera suffisante pour 

perfectionner. une récolte. 

Les graines qu'on met en terre ^^^^^^^ BURGUNDIACUM. 

en Avrd,en Mai et en Jum . ex,- ^^^^^^ ^^^^^^^ 

" gent un sol plus humide que celles -^ ^ 

des premiers semis , et celles qu'on FClNUGRECo«F(ENUM GR(E- 

seme vers la fin de Juillet , doivent CUM. roye^ Trigonella. 
ctre sur une terre plus sèche et à 

une exposition plus chaude ; parce FOLETTE, ARROCHEoi^BON- 

que cette récolte ne pouvant être NE-DAME. /-^oyejATRiPLEX. 

* FONTAINES 



F R A 

rONT AINES, (/es) Sont des sour- 
ces d'eau vive qui sortent de la terre: 
quant à l'origine des Fontaines , 
VOje:( l'an'uk SOURCES. 

Je ne parlerai point du mccha- 
nisme des Fontaines artificielles , qui 
produisent un trcs-agrcablc effet dans 
les jardins; j'observerai seulement à 
cette occasion , que ces Fontaines ne 
doivent pas être trop voisines des 
habitations , à cause des vapeurs 
mal saines qu'elles répandent , et 
de 1 humidité qu'elles occasionnent , 
sans compter qu'elles sont inconvno- 
des par le bruit pendant la nuit. 

Les Fontaines doivent être distri- 
buées dans les jardins, de manière 
qu'on puisse les appercevoir d'un 
seul coupd'œil, et qtie les jets d'eau 
soient dans le même alignement; ce 
qui en fait la beauté , parce qu'ils 
forment alors une confusion agréa- 
ble, et paroissent plus nombreux. 
VoycT;^ les ankles Jets d'eau , 

Sources , Vapeurs , Eau, etc. 

FOUGERE. Foyei FiLIX , nom 
générique qui comprend beaucoup de 
plantes différentes. 

FOUGERE FLORISSANTE ou 

OSMONDE. Foyei OSMUNDA. 

FRAGARIA. Lin. Gen. Plant. 
558. Tourn. Ins t. R. H. 295. 
Tab. I 52. ainsi nommé de fragrarej 
sentir bon , à cause de son odeur 
Ijromatique. Fraisier, 
Tome III. 



FRA 3it 

Caracleres. Le calice de la licur 
est formé par une feuille découpée 
au sommet en dix parties ; la co- 
rolle est composée de cinq pétales 
ronds, insérés dans le calice et en- 
tièrement ouverts ; elle renferme 
vingt étamincs termir.écs par des 
sommets en forme de croissans , ec ' / 

un grand nombre de germes re- /- 

ceuillis en une tête , dont chacun a •/ 

un style simple, inséré dans le côté / 

du germe, et couronné par des stig- / 
mats simples : cette tcte se change / 
par la suite en un truit ovale, gros, ' 
mou et charnu , qui tombe , si on ne 
le recueille pas , et qui laisse dans le 
calice plusieurs petites semences an- 
gulaires. i_t 

Ce genre de plantes est rangé ' 
dans la cinquième section de la dou- 
zième classe de Linnée , qui ren- 
ferme celles dont les fleurs ont au 
moins vingt étamines et plusieurs 
styles insérés dans le calice. 

Les espèces sont ; 

I °. Fragaria vesca _, foliis ovatis 
serratis , calycibus brevibus j fructu 
parvo ; Fraisier à feuilles ovales et 
sciées, ayant des calices courts et un 
petit fruit. 

Fragaria vulgaris. C. B. p. 116 ; 
le Fraisier ordinaire des bois. 

Fragaria fiagellis reptans. Lin. 
Hort. Cliff". 192. 
Fragaria fructu albo. Bauh. Pin. ^16. 

2°. Fragaria J^irginiana j foliis 
oblongo - ovatis serralis j infernè inca- 
nis J calycibus longioribusj fructu sub^ 
Ss 



U2 F R A 

rotunda; Fraisier à feuilles oblon- 
gucs , ovales , sciées et blanches en- 
dessous , ayant de plus longs calices 
et un fruit rond. 

Fragaria f^irginiana fructu cocci- 
mo. Hist. Qx. i.p. 1 86. ; Fraisier de 
Virginie avec un fruit écarlatc , or- 
dinairement appelé Fraise écarlate ou 
Fraise printaniere. 

3°. Fragaria muricata j folds 
ovato-lanccolatis rugosis j fructu ovato ; 
Fraisier à feuilles ovales , en forme 
de lance et rudes, et à fruit ovale. 

Fragaria fructu parvi Pruni magni- 
tudine. C. B.p. 3 2.7 ; Fraisier avec 
des fruits aussi gros cjue de petites 
prunes, ordinairement appelé Fraise 
de Haut-boy, Capiton ou Capron. 

4". Fragaria Chiloensis _, foliis 
ovatis j carnosis j hirsutis 3 fructu 
maximo ; Fraisier à feuilles ovales , 
charnues et velues, et à très-gros fruit. 
Fragaria Chiloensis j, fructu maximo ^ 
foliis carnosis j hirsutis. Hort. Elth. 
145. Tab. 120. ; Fraisier du Chyli, 
avec un fruit très-gros , et des feuilles 
charnues et velues , connu en Amé- 
rique sous le nom de Frutilla. 

Quoiqu'on culrive aujourd'hui en 
Angleterre plusieurs autres variétés 
de ce fruit , je ne connois que celles-ci 
qui puissent être regardées comme des 
espèces distinctes ; ces dernières ne 
varient jamais , quelque traitement 
qu'on emploie , quoique leur fruit 
puisse devenir plus gros , et s'amé- 
liorer par la culture : ainsi ceux qui 
n'en reconnoisscnt qu'une espèce , 



F R A 

ont adopté une erreur ; je rapporte- 
rai les différentes variétés de ce fruit 
qu'on cultive dans les jardins, avec 
les espèces auxquelles elles paroissent 
appartenir. 

Vesca. La premiere espèce est le 
Fraisier commun , qui croît naurelle- 
menr dans les bois de plusieurs par- 
ties de l'Angleterre; elle est si bien 
connue , qu'il n'est pas nécessaire 
d'en donner une description ; il y a 
trois variétés de celle-ci. 

1°. L'espèce commune à fruic 



rouge. 



2^. Le Fraisier blanc sauvage qui 
mûrit son fruit un peu plus tard , 
et qui est préféré par plusieurs per- 
sonnes , à cause de son goût acide , 
mais qu'on ne cultive pas aussi géné- 
ralement que l'espèce rouge , parce 
qu'il ne produit pas autant. 

^°. La Fraise verte , appelée par 
quelques-uns Fraise Ananas , à cause 
de sa saveur douce. Ce fruit est ver- 
dàtre quand il est mûr , ferme et 
très-agréable au goût ; il mûrit tard : 
cette espèce produit peu , à moins 
qu'elle ne soit plantée dans un sol 
humide et marneux ; mais si on la 
place dans un tcrrein qui lui soit 
propre , elle mérite d'être cultivée 
autant qu'une autre espèce. ( i ) 



(1) Les Fraises sont aussi saines qu'a- 
gréables ; si on les permet aux personnes 
attaquées d'ardeurs d'entrailles, et dont 
la bile est très-âcre , elks éprouveront 
ua soulagement marqué : l'eau distilce 



F R A ^ r R A ,13 

Firginiana. Fraise printan'ure. Le plutôt que d'en faire une espèce par- 
Fraisier écarlate est l'espèce qui mû- ticuliere : j'ai appris depuis qu'elle se 
rit ia premiere ■■, ce qui doit la faire trouve dans la Louisiane, 
estimer, quand même elle ne scroit Fraise de tous mois. Il y a aussi 
pas recommandablc d'ailleurs i mais une autre variété de cçlle-ci , si elle 
son fruit est si agréable , qu'il est pré- n'est pas une espèce distincte , qu'on 
feré à toutes les autres espèces par a introduite depuis peu dans nos 
les personnes de bon goût : celle-ci, jardins , sous le nom de Fraisier des 
qui a été apportée de la Virginie , Alpes : cette plante ressemble beau- 
où elle croît naturellement dans les coup au Fraisier écarlate ; mais son 
bois , est si différente de la Fraise fruit, qui est plus pointu, continue à 
sauvage, par ses feuilles, ses fleurs et mûrir quand la saison de^ Fraises est 
ses Iruits , qu'on ne peut douter passée, de manière qu'on la recueille 
qu'elle ne soit une espèce distincte. jusqu'aux premieres gelées de l'au- 

Cette plante offre une variété qui tomne , ce qui rend cette espèce 

a été depuis quelques années apportée trcs-précicuse. J'ai souvent cueilli ce 

de l'Amérique Septentrionale , et qui fruit dans le commencement du mois 

paroît être une espèce -distincte ; ses de Novembre. Les Jardiniers Hol- 

feuilles sont plus rondes , moins pro- landois donnent à cette plante le 

fondement veinées , et les échan- nom de Fraisier perpétue/ ou de tous 

crurcs de leurs bords sont plus larges mois. 

et plus obtuses : les feuilles qui corn- Muricata. Le Fraisier de Haut- 
posent le calice sont beaucoup plus boy , que les François appellent Ca- 
longues et velues, et son fruit est plus piton ou Capron j est originaire de 
gros ; mais d'ailleurs elle ressemble l'Amérique ; mais on le cultive de- 
beaucoup au Fraisier écarlate. J'ai puis long-tems dans les jardins An- 
jugé à propos de la joindre à celle-ci glois : comme cette plante est fort 
différente des autres espèces, parses 

j , c . ,. , feuilles , ses fleurs et ses fruits , on ne 

des Fraises est regardée comme un excel- , , „ ' 

lent cosmétique. P^^""^ ^°"'^er qu elle ne soit une espèce 

La racine de Fraisier entre dans les particulière; elle fournit une variété' 

ptisanes rafraîchissantes et aperitives; on plus parfaite , à laquelle on donne le 

les emploie sur-tout lorsqu'aprés les Ion- nom de Haut-boy de Globe ^ et dont le 

gués mala lies, on soupçonne quelquem- f,uit g^f ^^os , et d'une forme ronde; 
barras au toie. ,-„-i 

r c u j I mais cette difference n est certaine- 

Lcs feuilles de cette plante entrent , , .» , , , 

dans la composition de l'onguent mondi- ™^"f ^"^ 'î" ^ '^ ^"''"''«^ ^ c^^" l*^"" 

ficatif d'Ache, et dans celle du Mar~ qu'elle est négligée pendant une ou 

mium, deux années , son fruit dégénère en 

Ss z 



3Z4 F R À 

Haut-boy commun -, quand la terre 
convient à cette plante et qu elle est 
bien cultivée, elle produit unegrande 
quantité de fruits gros et très-agréa- 
bles , qu'on préfère souvent aux au- 
tres espèces. 

Chïloensis. Le Fraisier du Chyli a 
été apporté en Europe par M. Fra- 
zier , Ingénieur , qui- avoir été 
envoyé en Amérique par Louis 
XIV ; cette plante a d'abord été 
cultivée dans le Jardin Royal 
de Paris, d'où elle s'est répandue 
dans plusieurs jardins curieux de 
Hollande. En 1717 , )'cn ai apporté 
en Angleterre un paquet qui m'a- 
voit été donné par M. Georges Clif- 
ford , d'Amsterdam , qui en avoit de 
grandes planches dans ses jardins 
curieux de Harcecamp: cette espèce 
a des feuilles velues, ovales, d'une 
substance beaucoup plus épaisse que 
celle d'aucune autrj , et supportées 
par des pétioles très-lorts , et velus: 
ses coulans sont fort gros et velus; 
ils s'étendent fort loin, et produisent 
de nouvelles plantes à une grande 
distance: les pédoncules de ses fleurs 
sont très-forts; les feuilles du calice 
sont longues et velues, et ses fleurs 
sont grossçset souvent difformes, de 
même que le fruit qui est très-gros , 
très-abondant , ferme et agréable , 
lorsqu'il croît dans une terre forte ; 
mais comme cette espèce a peu pro- 
duit dans les endroits où elle a été 
cultivée j on l'a généralement né- 

o\\iCC 



F R A 

Culture. Les Fraisiers se plaisent 
généralement dans une terre douce, 
telle qu'on la trouve dans les bois, 
dans laquelle ils profitent et produi- 
sent une plus grande quantité ce 
fruits que dans un so! riche et léger: 
ce tcrrein doit aussi ctre humiUe > 
car lorsqu'il est trop sec , tous !c3 
arroscmens qu'on donne ordinai- 
rement dans une saison chaude et 
sèche , ne sufl-iront jamais pour 
procurer beaucoup de fruits : il ne 
doit pas non plus être tort riche , 
car il feroit couler les plantes en 
rejetions, et les rendroit luxurieuses 
et moins fécondes. 

Le meilleur tcms pour enlever ces 
plantes, est en Octobre, afin qu'elles 
puissent acquérir de bennes racines 
avant les fortes gelées , qui soulè- 
vent la terre , de manière que , si 
elles ne sont pas assez bien établies , 
elles sont souvent déracinées par les 
premiers dégels ; c'est pourquoi plu^ 
tôt elles seront plantées d.ans la sai- 
son des pluies de l'automne, mieux 
leurs racines seront établies: d'ail- 
leurs celles qui sont enracinées de 
bonne heure, produisent quelque- 
fois du fruit dans la premiere année. 

Quelques personnes les trans- 
plantent au printems •■, mais dans ce 
cas il taut les arroser souvent lors- 
qu'il fait sec , sans quoi elles ne 
rcussiroient pas. 

La terre dans laquelle on veut 
placer les Fraisiers, ne doit contenir 
ni herbes ni racines étrangères i 



F R A F R A 315 

parce que, comme ils doivent res- Tout le succès de cette culture 

ter trois ans en place, ils scroient dépend du choix des plantes dans 

exposés à être étoitfés , ou au moins chaque espèce; car si elles sont pri- 

fort incommodés par ces plantes ses confusément et sans aucun 

inutiles. Cette terre étant bien la- soin , la plus grande partie devicn- 

bouréc et nivelée , on la divise en dra stérile , et ne donnera qu'une 

planches de quatre pieds de largeur, grande quantité de iieurs , mais 

et on laisse entr'elles un sentier de point de fruit : si on examine bien 

deux pieds ou de deux pieds et demi, ces Heurs, on s'appcrcevra que la 

afin de pouvoir recueillir les fruits, plupart d'entr'ellcs n'ont point les 

nettoyer les planches et arroser les organes femelles de la génération ; 

plantes ; on trace ensuite quatre il arrive souvent t]ue quelques-unes 

rangs dans chacune à un pied de de ces plantes stériles produisent 

distance , ce qui laissera six pouces des fruits imparfaits qui mûrissent 

de chaque côté entre les rangs ex- quelquefois. 

térieurs et les sentiers : on y place Cette stérilité n'est pas particu- 
les plantes à un pied environ de dis- liere aux Fraisiers , mais elle est gé- 
rance entr'elles, et en quinconce i nérale à toutes les plantes qui ont 
on presse la terre contre leurs raci- des racines et des tiges rempantes ; 
nés, et s'il ne survient point de pluie plus elles se multiplient l'une par 
bientôt après , on les arrosera pour l'autre , et plutôt elles deviennent 
les bien établir. stériles, et sujettes à s'étendre encore 
La distance qu'on vient de près- davantage : en peut en dire autant 
crire n'est que pour les Fraisiers Sau- des arbres et des atbrisseaux niulti- 
vages -, car les autres espèces s'éten- plies par boutures , qui deviennent 
cant beaucoup plus, exigent une ordinairement stériles et ne produi. 
place proportionnée : ainsi les Ecar- sent plus de semences après deux ge- 
lâtes et Capitons ne doivent avcir nérations; c'est-à-dire, quand elles 
que trois rangs dans chaque pi an- ont été prises sur des plantes élevées 
che , et être éloignés de quinze de boutures, ainvi que je l'ai éprouvé 
pouces les uns des autres en tous constamment sur un grand nombre 
sens. Le Fraisier du Chyli ne doit d'espece«. Il arrive souvent aussi^ 
avoir cjue deux rangs dans chaque que les Iruits des arbres fruitiers sou- 
planche, et deux pieds dans les rangs vent greScs , n'ont plus de graines 
de l'une à l'autre; car cette espèce ni d'amandes. Mais, pour revenir au ; 
devenant très-forte, ne produira choix des Fraisiers, on ne doit jamais 
pas beaucoup de fruits si elle n'a pas les prendre sur de vieilles planches 
allez de place pour s'étçndre. négligées, où l'on a laissé les plantes 



^i6 F R A F R A 

s'étendre et couler en une multitude automne , les plantes ne seront pas 
de rcjettons : non plus que sur des à moitié aussi fortes que celles qui 
pieds qui ne soient pas fort fruc- auront été soignées : elles ne produi- 
tueux; on doit toujours préférer les ront pas non plus la moitié autant 
rcjettons qui approchent le plus des de fruits au printems suivant , et 
vieilles plantes, à ceux qui sont plus ceux qu'elles donneront, ne seront 
éloignés : les Fraisiers sauvages qui ni aussi gros ni aussi beaux : si dans 
croissent dans les bois , étant moins le premier été on traite ces plantes 
sujets à s'étendre que ceux qui sont avec tout le soin nécessanc , elles 
cultivés depuis-long temps dans les donneront , au second printems , 
jardins , doivent ctre préférés ; mais une abondante récolte, 
il faut toujours choisir les plants les Comme ce fruit est fort com- 
plus fructueux. mun, peu de personnes se donnent 

Quand ces plantes ont formé de la peine de le cultiver avec soui ; je 
nouvelles racines, et que l'hiver vais cependant donner à ce sujet 
suivant est rude, il faut mettre du quelques instructions, qui, si elles 
vieux tan sur la terre, entre les sont exactement suivies, dédomma- 
plantes, pour empccher la gelée d'y gcront les Cultivateurs de leurs pei- 
pénétrcr ; ce qui est absolument né- nés par un très-grand succès. Comme 
cessaire aux Fraisiers du Chyli , qui les vieilles plantes sont celles qui 
sent souvent détruits dans les hivers donnent du fruit , et que les rejet- 
durs , quand ils y sont exposes sans tons en portent rarement avant 
aucunes couvertures : si l'on a de la qu'ils aient une année d'accroisse- 
peine à se procurer du tan , on peut ment , il faut retrancher exactement 
y suppléer par Je la sciure de bois, ces derniers à mesure qu'ils parois- 
ou des cendres de charbon de terre, sent , parce que quand on les laisse , 
ou des feuilles sèches , etc. ils diminuent la nourriture des 

Pendant l'été suivant ces plantes vieilles plantes en proportion de 

doivent être tenues constamment leur nombre , et chacun d'eux 

nettes de mauvaises herbes, et il pousse une si grande quantité de 

faut retrancher tous les coulans à racines , et s'entremêlent de façon 

mesure qu'ils poussent : si cela est qu'ils appauvrissent la terre , et ren- 

cxactement pratiqué, les plantes de- dent les vieilles plantes stériles, 
viendront très-fortes pour l'automne J'ai vu des plantes constamment 

suivant ; au-licu que, si on les né- débarrassées de leurs coulans , qui 

glige, comme il arrive très-souvent; ont continue pendant quatre à cinq 

qu'on laisse croître tous les coulans années à produire beaucoup dç 

<^n <;té, et qu'on ne les ôte qu'en fruit, sans avoir été transplantéçs j 



F R A F R A .,-7 

cependant la meilleure méthode est coite ; U mousse tiendra d'ailleurs 

d'avoir une suite de planches , sur le fruit net , et empêchera les fortes 

lesquelles on puisse transplanter pluies de le coucher sur la terre; 

a!-!nuellcmcnt une partie des Frai- ce qui le salit ordinairement , et 

siers, de manière qu'ils n'aient ja- lui ôce beaucoup sa saveur, 

mais plus de trois ans ; car au bout Le sel dans lequel le Fraisier du 

de ce tems, la terre est entièrement Chyli réussit le mieux, est une terre 

épuisée de la nourriture qui leur con- trcs-forte et semblable à celle des 

vient, et on a constamment éprouvé Potiers. J'en ai vu qui ont produit 

que ces plantes étant placées sur un dans un pareil tcrrein , une bonne 

terrcin nouveau , donnent toujours quantité d'excellcns fruits ; et je 

une plus grande quantité de fruits, suis persuadé que cette espèce sera 

Pendant l'automne suivant , on aussi fructueuse que le iHaut-boy 

débarrasse ces plantes des coulans commun, si l'on prend soin de retran- 

qui peuvent avoir été produits , cher tous ses coulans à mesure qu'ils 

ainsi t]ue de toutes les feuilles mortes paroissent : je me fonde , non sur la 

et des mauvaises herbes; on la- théorie, mais sur les deux ou trois 

boure ensuite les sentiers , on y en- expériences faites sous ma direction, 

terre toutes ces herbes inutiles , et Quelques personnes qui aiment 

on répand de la terre sur la surface tant les Fraises , qu'ils n'épargnent 

des planches entre les plantes , ce rien pour s'en procurer de bonne 

qui les fortifiera et les préparera heure et aussi long-tcms qu'il est 

pour le printems suivant : si l'on met possible , accuseroient mon ouvraee 

encore par-dessus un peu de vieux d'imperfection , si je manquois de 

tan, elles n'en seront que mieux, leur fournir des instructions pour 

Au printems et lorsque le danger ces deux espèces de cultures. C'est 
des fortes gelées est passé, on sou- pourquoi je vais donner la méthode 
levé la terre entre les plantes avec de quelques Jardiniers qui ont le 
une fourche étroite à trois dents , mieux réussi dans le traitement de 
pour la desserrer, casser les mottes , ces fruits : je commencerai par dire 
et enterrer le tan, qui sera un bon comment on peut en obtenir de 
engrais pour les Fraisiers, sur-tout très-bonne heure au printems : lors- 
si la terre est forte : vers la fin du qu'il y a dans les jardins quelques 
mois de Mars ou au commencement murailles chaudes destinées à faire 
d'Avril , on couvre la terre avec mûrir des fruits printannicrs , on 
de la mousse pour la tenir humide plante ordinairement des Fraisiers 
et empêcher le hâle d'y pénétrer : dans les plates-bandes , afin que la 
on s'assurera par-là une bonne ré- chaleur des fourneaux qui y sont 



•318 F R A 

adaptes pour Riiic mûrir les fruits 
en espaliers , puisse aussi servir à 
avancer les Fraises ; nuis dans ces 
sortes de places les Fraisiers doivent 
écrc renouvelés chaque année , et 
Être enlevés aussitôt que leurs fruits 
sont passés : on ôte aussi de la terre 
jusqu'à la profondeur de deux pieds,- 
et on y en reniet de la nouvelle , 
qui sera également bonne pour les 
arbres en espaliers" : mais comme 
les vieilles plantes de Fraisiers pro- 
duisent seules du fruit , ainsi que 
nous l'avons déjà observé ; on doit 
en tenir en pots une quantité sul- 
fisante pour garnir les plates-bandes 
anmictlement; ce que l'on pratique 
aussi quand on veut élever des Fpai- 
scs dans une couche ou dans une 
serre chaude. 

Les espèces les plus propres à être 
forcées, sont l'Ecarlate, l'Alpine et 
les Fraisiers de bois ; mais le Haut- 
boy devient trop gros pour cela : 
il i-aut toujours choisir les pieds les 
plus féconds , et ne prendre jamais 
aue les rejettons qui croissent im- 
médiatement contre'les vieilles plan- 
tes ; on les enlevé en automne , on 
les met chacun séparément dans 
de petits pots remphs de terre mar- 
neuse , et on les tient à l'ombre 
juscju'à ce qu'ils aient formé de 
nouvelles racines : on les expose 
ensuite en plein air , et on les y 
laisse jusqu'à la fin de Novembre ; 
alors on plonge les pots dans la terre 
jusqu'à leurs bords, pour empêcher 



F R A 

la gelée d'y pénétrer par les côtés : 
si elles sont placées contre une mu- 
raille , une palissade ou une haie , 
à l'exposition de l'est ou du nord- 
est , elles réussiront mieux que dans 
une situation plus chaude , parce 
qu'elles ne pousseront pas autant : 
le seul soin qu'elles exigent , est 
d'empêcher que les gelées ne les 
déterrent : au printems suivant, 
lorsque ces plantes auront rempli 
les pots de leurs racines , on les en- 
lèvera, on taiUera leurs racines, on 
les remettra dans d'autres pots de la 
valeur de deux sous, qu'on remplira 
avec la même terre marneuse , et 
on les plongera dans la terre à l'om- 
bre , où on les laissera pendant tour 
l'été suivant : mais il faut avoir soin 
de les tenir toujours nettes de mau- 
vaises herbes , et de retrancher tous 
les coulans à mesure qu'ils poussent, 
ainsi que toutes les fieurs qui vien- 
droient à paroitrc, pour les empêcher 
de porter du fruit , ce qui les af- 
foibliroit ; car on ne ^cut prendre 
trop de précautions pour avoir ces 
plantes aussi fortes qu'il est possible, 
afin qu'elles puissent produire une 
grande quantité de fruits, sans quoi 
elles ne vaudroientpasla peine d'être 
forcées. 

Vers le milieu du mois d'Octo- 
bre, ou plutôt si l'automne est froid, 
on doit placer ces plantes à une ex- 
position plus chaude, et les préparer 
à être forcées ; car il faut éviter de 
les transporter subitement d'une 

placQ 



F R A 
place fort froide, dans une serre ou 
couche chaude, mais on doit les 
y disposer par dégrés. 

Quand elles sont destinées pour 
une bordure de muraille chaude, 
on peut alors les tirer des pots et 
les planter en pleine terre , afin 
qu'elles aient le tems de former de 
nouvelles racines avant que l'on 
fasse du feu pour échauffer les mu- 
railles : on peut les placer très-prcs 
les unes des autres-, car comme elles 
ne doivent rester en place qu'autant 
de tems qu'il leur en taut pour 
mûrir leurs fruits , elles n'ont pas 
besoin de beaucoup d'espace ; elles 
trouveront assez de nourriture au 
fond et dans la terre mise entre les 
mottes : il est d'ailleurs intéressant 
de se procurer autant de fruits qu'il 
est possible dans un petit espace 
qui occasionne de la dépense. Si 
l'on commence à allumer les four- 
neaux vers Noël , ces traises mûri- 
ront vers la fin de Mars ; mais si la 
saison est très-froide , elles ne mû- 
riront qu'à la fin d'Avril. 

Il faut avoir soin d'arroser ces 
plantes quand elles commencent à 
montrer leurs fleurs , sans quoi elles 
tomberoient sans produire de fruits; 
et de leur donner de l'air chaque 
jour dans les tems doux : mais, com- 
me les arbres fruitiers en espaliers 
doivent être traités de même , les 
mêmes soins conviendront aux Frai- 
siers, 

Lorsqu'on veut forcer les Fraisiers 
Tome m. 



F R A 



3^9 



dans une serre chaude à Ananas, 
et qu'il ne reste point de place dans 
la couche de tan pour les y plonger, 
on les transplante dans de gros 
pots en Septembre , afin qu'ils puis- 
sent être bien enracinés avant d'être 
places dans la serre , ce que l'on 
ne fait qu'en Décembre ; mais pour 
les bien préparer à être forcés, il 
sera à propos de les mettre, au com- 
mencement de Novembre , scus un 
châssis où ils puissent être à l'abri 
des gelées : ceux qui veulent avoir 
de ces fruits de très-bonne heure , 
doivent faire une couche chaude 
sous des châssis , et y placer leurs 
Fraisiers à la fin d'Octobre. Lorsque 
CCS plantes auront produit des fleurs, 
on les placera dans la serre chaude 
tout près des vitrages, afin qu'elles 
puissent jouir du plein soleil et de 
l'air ; car si elles étoient dans le 
fond, elles fileroient et leurs fleurs 
tomberoient sans produire de fruits. 
Comme la terre des pots se desséche 
assez vite lorsqu'ils sont sur les ta- 
blettes ou sur le fourneau , il faut 
les arroser souvent , mais toujours 
légèrement, parce qu'une humidité 
trop abondante ne manqueroit pas 
de leur être nuisible. Si ces plantes 
sont bien traitées , elles produiront 
du fruit dans le mois de Février, 
qui est le tems où l'on desire le plus 
d'en avoir: lorsqu'on en a fait la 
récolte , on jette les plantes , parce 
qu'elles ne peuvent plus servir à 
rien; on arrache de même cello* 

Tt 



3 30. F R A IRA 
des plates- bandes lorsqu'on en a chaud : cette premiere couche fait 
cueilli le fruit, parce qu'elles retran- fleurir les Fraisiers vers la fin de 
chcroient la nourriture des arbres Février et au commencement de 
à fruits. Mars ; comme alors toute sa chaleur 
Quand on n'a point de serres ni de est dissipée , on en prépare une au- 
murailles chaudes , on peut faire tre moins forte que la premiere , 
croître ces fruits sur des couches sur laquelle on répand également du 
chaudes ordinaires i et cjuoiqu'ils n'y fumier de vaches jusqu'à l'épaisseur 
mûrissent pas aussitôt, j'ai cepcndait de deux pouces, pour garantir les 
vu obtenir de grandes récoltes sur racines des plantes de l'impression 
de pareilles couches couvertes de d'une chaleur trop vive , et par- 
châssis ; on les traite de la manière dessus ce fumier on place deux pou- 
suivante à peu de frais. ces de terre marneuse : deux jours 
Ces plantes doivent être d'abord après , lorscjue la couche commence 
préparées dans des pots, comme on à s'échauôer, on enlevé les plantes 
l'a déjà dit ci-dessus ; on les place de la premiere avec leur mottes , 
à une exposition chaude au com- on les arrange tout près les unes des 
mencement d'Octobre , et vers Noël autres sur la nouvelle, et on rem- 
on fait une couche chaude comme plit les vuides avec de la terre mar- 
pour les Concombres , mais moins neuse : les racines de Fraisiers pé- 
forte : aussitôt que les premieres netrent bientôt dans cette nouvelle 
vapeurs de cette couche sont dissi- terre, ce qui renforce leurs fleurs, 
pées , on y met du fumier pourri et leur fait produire beaucoup de 
pour en conserver la chaleur, ou huit : si l'on apporte pour cette 
du fumier de vaches , qui est pré- culture tout le soin nécessaire, que 
férable , quand on peut s'en procu- l'on donne de Fair à ces plantes , et 
rer aisément : on enlevé ensuite les qu'on les arrose à propos , on pourri 
plantes des pots , on les place sur avoir une bonne récoke de Fraises 
la couche aussi près les unes des en Avril , c'est-à-dire , deux mois 
autres qu'il est possible, et l'on rem- avant celles qui croissent naturel- 
plit les intervalles avec de la terre ; lement. 

après quoi on leur donne de l'air La méthode ordinaire de traiter 

chaque jour , et, si la chaleur de la ces plantes, est de les planter d'a- 

couchc est trop forte , on soulevé bord dans les parties les plus froides 

les plantes pour empêcher que leurs du jardin , et le plus à l'ombre qu'il 

racines ne soient bri'ilécs : lorsque est possible , dans une terre forte 

cette couche se refroidit , on en et froide ; au moy?n de quoi leurs 

garnit les côtés avec du fumier fruits mûriront deux mois plus tard 



F R A 
que dans une sitiucion chaude : on 
coupe toutes les premieres fleurs à 
mesure qu'elles paroissent ; et, si la 
saison est sèche, on les arrose beau- 
coup pour leur en faire pousser 
de nouvelles : en continuant à les 
arroser ainsi, on se procure une 
récolte tardive : mais ces fruits ne 
iont pas aussi bons que ceux qui 
mûrissent dans la saison ordinaire. 

Depuis que les Fraisiers des Alpes 
ou de tous mois ont été introduits 
dans les jardins Anglois , cette mé- 
thode n'est plus en usage , parce que 
cette espèce peut fournir la table 
pendant tout l'été , sur-tout quand 
on prend soin de retrancher tous les 
coulans, et d'arroser les plantes dans 
les tems secs , sans quoi les fleurs 
tomberoient sans produire de fruits. 

Quelques curieux , qui ont élevé 
ces plantes par semences, ont parce 
moyen beaucoup amélioré quelques 
espèces ; si cette pratique étoit plus 
en usage , je suis assuré qu'on en 
tireroit un grand avantage, et qu'on 
se procurcroit par-là de plus beaux 
fruits. Il faudroit les semer dans des 
pots aussi - tôt que les fruits sont 
mûrs , et les placer à l'ombre. 

Dans l'année 1714, on n'avoit 
presque point eu de pluie depuis le 
mois de Février jusqu'au milieu de 
Juillet ; de sorte que les Fraisiers et 
les Framboisiers des jardins de Lon- 
dres s'étoient trouves brûlés , et n'a- 
voient acquis aucune perfection ; 
mais comme il survint de grandes 



FRA 33( 

pluies en Juidcc, ces plantes se réta- 
bhrent , et produisirent des fleurs, 
qui hirent remplacées en Septembre 
par une grande quantité de fruits, 
dont les marchés de Londres furent 
remplis. 

FRAISIER, royci Fragaria. 

FRAISIER DES ALPES en tige & 
stérile, ^ojcij POTENTILLA MoNS- 
PELIENSIS ET GRANDI-FLORA. L. 

FRAISIER EN ARBRE oï 
ARBOUSIER. Foyei Arbutus. 

FRAMBOISIER. Foye^ RuBuS: 

ID^US. L. 

F R A N G E , en latin , Funbria ; 
terme relatif à toutes feuilles da 
plantes , lorsqu'elles sont découpées 
sur leurs bords en forme de franges , 
ce qui leur donne le nom de Frangées. 

FRANGIPANIER. ^.Plumeria 

crXANTHOXYLON, ClaVA HeR- 
CULIS. L. 

FRANGULA. Tourn. Inst. R. H. 
611. Tab.^^ 8 3 . Rhamnus. Lin. G en. 
PL 13^. 

Cette plante est ainsi appelée de 
Frangere ^ casser , à cause de la 
fragilité de son bois. L'Aune noir j 
Bourgene portant des baies ou bour- 
daine. 

Caractères. Le calice de la fleur 
Tt 1 



33i F R A 

est forme par une feuille divisée en 
cinq segmcns érigés ; la corolle est 
monopécalc , découpée en cinq seg- 
mens aigus , placés entre ceux du 
calice , dans lequel ils sont insérés , 
iiiais ils sont plus courts et érigés : 
la Heur a cinq étamines aussi lon- 
gues que la corolle , et terminées 
par des sommets obtus i dans son 
centre est placé un germe globu- 
laire, qui soutient un style mince, 
couronné par un stigmat obtus: ce 
germe se change ensuite en uiic 
baie ronde, qui renferme deux se^ 
menses unies et de n.crne foriiie. 

Ce genre de plai tes est rangé 
4ans la iccon 'c section de la vingt- 
unième classe de Tourncf rt, qui 
renferme les arbres et arbrisseaux à 
fleurs en rose , dont le pointai se 
chancre en une baie. Le Docteur 
LinnÉE a joint ce genre aux Palinu- 
rus j Alaternus j Zï^iphus et Kham- 
nus , dont il n'a fait que des espè- 
ces : mais suivant son propre système , 
il est bien éloigné de pouvoir ctre 
uni au Rhamnus , et devroit être 
placé dans sa vingt-deuxième classe, 
parce que ces plantes ont des fleurs 
mâles et des femelles sur difFérens 
pieds; au-lieu que celles de la pre- 
miere section de la cinquième classe, 
ont dans leurs fleurs cinq ctamines et 
un style. > 

Les espèces sont : . ;', 

■ • I °. Frangula Alnus , foins ovato- 
lanceolatïs glabrls ; l'Aune à feuilles 

ovales , unies et en forme de lance. 



F R A 

Frangula. Dod. Pcmpt. 784. 
Camer. Epit. 978. 

Frangula j sive Alnus _, nigra Bac- 
cifera. Park. Theatr. ; l'Aune à baies 
noires. L'Aune noir, Bcu-gene ou 
Bourdaine 

jHlnus nigra Baccifera. Bauh. Pin, 
418. 

hhanmus Frangula j inermis j 

fioribus monogynis hermaphroditis _, 

foil! s integerrimis. Lin. S p. Plant. 280. 

Edu. 3 . Hort Cliff. 70. FI. Suec. 1 ^/^. 

103. Mat. Med. 73. Roy. Lugd.-B. 

214. 

Rhamnus inermis , foliis annuis. FI. 
Lapp. 60. 

2". Frangula lati-folia , foliis 
lanccolatis rugosis ; l'Aune à feuilles 
rudes et en forme de lance. 

Frangula orâ folii serratâ. Hall. 
Helv. I 64. Frangula altera polycar- 
pos. Bauh. Prodr. I ^O. 

Frangula rugosiori & ampUori 
folio. Tourn. ■ l'Aune à baies , avec 
une feuille plus large et plus rude. 

Alnus nigra polycarpos. Bauh, 
Pin. 418. 

Alnus nigra Baccifera j rugosiori 

folio J sivè major. Bauh. Hijl. i .p. < Si. 

Rhamnus Alpinus , inermis , fiori- 

bus dioicis 3 foliis duplicata -crenatis. 

Lin. Sp. Plant. iSo. Edit. 3, 

3". Frangula rotundi-folia, foliis 
ovatis 3 nervosis • l'Aune à feuilles 
ovales et veinées. 

Frangula montana , pumîln j asxa- 
tiliSj folio sub-rotundo. Tourn. l'Aune 

bas de montagne , qui croît dans les 



J i 



/ 



F R A 

roches , et produit des baies et des 
feuilles rondes. 

4^. Frangula Americana j folds 
ohlonoo - ovatis j nervosls glabris ; 
l'Aune à feuilles ovales , oblougnes, 
ayant des veines unies. 

Frangula Americana j foliis gla- 
bris. Dak ; l'Aune d'Amérique à 
feuilles unies , portant des baies. 

Frangula ohlongo folio viridi Ame- 
ricana. Richard. W. vol. l. pag. ii. 
Sp. lO. 

Alrvis. La première espèce croît 
naturellement dans les bois de plu- 
sieurs parties de l'Angleterre , ce qui 
fait qu'on la cultive rarement dans 
ks jardins; elle s'élève en une tige 
ligneuse à la hauteur de dix à douze 
pieds , et pousse plusieurs branches 
irrébîulieres , couvertes d'une écorcc 
foncée , et garnies de feuilles ovales, 
en forme de lance , de deux pouces 
de longueur sur un de largeur, tra- 
versées par plusieurs veines qui s'é- 
tendent depuis la côte du milieu 
jusqu'à leurs bords , et portées par 
de courts pétioles : ses fleurs naissent 
en grappes aux extrémités des rejet- 
tons de l'année précédente , ainsi 
que sur les deux premiers nœuds des 
rncmes branches ; elles sont portées 
chacune sur un pédoncule placé sur 
les parties latérales des branches ; 
ces fleurs sont fort petites , de cou- 
leur herbacée, et ne s'ouvrent pas ; 
elles produisent des baies rondes , 
petites , et d'abord rouges , mais qui 
deviennent noires en mûrissant. Ces 



F R A 



33y 



fleurs paroissent en Juin , et leurs 
baies mûrissent en Septembre : cette 
plante se trouve dans les Pharma- 
copées , au nombre des espèces mé- 
dicinales ; mais on s'en sert peu à 
présent. ( i ) 

Lati-folïa. La seconde a des 
feuilles rudes et plus larges que celles 
de la premiere ; elle croît naturelle- 
ment sur les Alpes et dans d'autres 
parties montagneuses de l'Europe : 
on la conserve dans quelques jardins 
pour la variété. 

Rotundi-folia. La troisième , qui 
s cleve rarement au-dessus de deux 
pieds de hauteur, se trouve sur les 



(i ) L'écorce moyenne de cette plante, 
et sur-tout celle qui couvre les racines , 
est un purgatif violent qui évacue par 
haut et par bas ; mais elle est d'autant 
plus émetique , qu'elle est plus fraîche j 
on la sépare au printems , et on la fait 
sécher à l'ombre. Ce purgatif, qui ne 
convient qu'à des personnes d'un tempé- 
rament robuste , peut être administré en 
substance à la dose d'un gros , et en in- 
fusion dans du vin blanc , depuis un 
gros et demi jusqu'à deux gros, en y 
ajoutant quelques correctifs, tels que la 
Cannelle, l'Aiiis, ou plutôt l'Alkali fixe 
que l'on retire de l'Absynthe. Les gens 
de la campagne font souvent usage de ce 
remède, dans quelques contrées, pour se 
guérir des fièvres intermittentes. Ils se 
servent aussi de cette écojrcc , broyée 
dans du vinaigre, pour guérir la galcj 
en s'en frottant deux ou trois fois par 
jour; mais ce moyen est dangereux si 
l'on n'a pas fait usage auparavant des 
secours internes que la Médecine presciit. 



334 F R A F R A 

montagnes des Pyrénées; mais on ne baies de Nerprun; mais on peut 

la cultive gueres que dans les jardins aisément distinguer ces espèces les 

de Botanique pour la variété : on unes des autres en en rompant quel- 

peut la multiplier en marcottant ses quesuncs: car les baies du Frangula 

branches ; elle exige un sol fort. n'ont que deux semences, et celles 

Americana. La quatrième espèce du Nerprun en renferment ordinaire- 

croît naturellement dans l'Amérique ment quatre • d'ailleurs le suc de ces 

septentrionale , d'où iQ% semences dernières teint le papier en vert, 
m'ont été envoyées : elle ressemble 

à la premiere , mais ses feuilles sont FRAXINELLE. V. DiCTAMNUS. 
pkis longues et plus larges; elles sont 

unies , d'un vert luisant , et ont plu- FRAXÎNUS. Lin. Gai. Plant. 

sieurs veines: les fleurs sont aussi 1026. Tourn. Inst. R. H. 577. Tab. 

fort semblables à celles de la pre- 343; Frcnc. 

miere. Caracleres. Dans ce genre il y a 

Ces arbrisseaux se multiplient <^cs fleurs hermaphrodites et des 
aisément par leurs graines, qu'il faut fleurs femelles sur le même arbre, 
mettre en terre aussi-tôt qu'elles et quelquefois sur diiférens pieds; 
sont mûres; parce qu'en suivant les fleurs hermaphrodites n'ont point 
cette méthode , elles pousseront au de pétales , mais seulement un petit 
printems suivant :au-lieu que, si l'on cahce à quatre angles, qui ren- 
ne les seme que dans ce tems , elles ferme des étamines érigées , et ter- 
ne paroîtront que dans la seconde minées par des sommets oblongs 
année ; on les tiendra alors constam- et à quatre sillons. Dans le centre 
ment nettes, et en automne on les est placé un germe ovale et applati, 
enlevé pour les planter dans des qui soutient un style cylindrique , 
pépinières, à deux pieds de distance couronné par un stigmat divisé en 
de rang en rang , et à un pied deux parties : ce germe devient en- 
cntr'elles : elles peuvent rester ainsi suite un fruit comprimé et bordé , 
pendant deux ans ; mais au bout de en forme de langue d'oiseau , et a 
ce tems , on les place à demeure : on une cellule qui renferme une sc- 
ies multiplie aussi par marcottes et menée de même forme. Les fleurs 
par boutures ; mais les plantes qui femelles sont conformées de même , 
proviennent de semences sont pré- mais elles n'ont point d'étamines. 
férables aux autres. Ce genre de plante est rangé 

On porte souvent les fruits de la dans la seconde section de la vingt- 
première espèce sur les marchés de troisième classe de LiNNÉE , qui 
J.ondres , où on les vend pour des comprend celles dont les fleurs dç 



F R'A'' 
difFérens sexes naissent sur les mê- 
mes tiges ou sur des pieds diffcrens , 
et qui sont toutes fructueuses. 

Les espèces sont : 

1 '. Fraxinus excelsior, foliolis ser- 
ratis j floribus apctalis. L'ai. Sp. PL 
1057. Mat. Med. m; Frêne dont 
les lobes sont sciés , et les fleurs 
apétales. 

Fraxinus florihus nudis. Hon. Cliff'. 
^6(). FI. Suec. 8^0.916. Roy. Lugd.- 
B. 396. Dalib. Paris. 30(3. 

Fraxinus excelsior. C. B. p. 4x6 j 
Frêne commun. 

Fraxinus. Dod. Pemp. 'J'Jl. 

2''. Fraxinus rotundi-folia j foliis 
cvato-lanceolads serratis ^ floribus colo- 
ratis ■ Frêne dont les lobes sont de 
forme ovale et de lance , et sciés , 
et les fleurs colorées. 

Fraxinus rotundiori folio. C. B. 
pag. 41 6 ; Frêne à feuilles plus ron- 
des , ordinairement appelé Frêne à 
manne. 

3 °. Fraxinus ornus j foliolis ser- 
rans 3 floribus corollatis. Lin. Sp.Pl. 
ÏO57 ; Frêne dont les feuilles sont 
sciées , et dont les fleurs ont des 
pétales. 

Fraxinus florihus complais. Horc. 
Ups. 304. Horc. Cl iff. 470. Roy. 
Lugd.-B. 396. 

Fraxinus humilior j sive altera 
Theophrastï 3 minori & tenuiori folio. 
C. B. p. 41 (î; Frêne nain de Théo- 
phraste , avec des feuilles plus peti- 
tes et plus étroites. 

4°. Fraxinus paniculata , foliolis 



F R A 



33^ 



lanceolatis glahris j floribus panicu- 
latis terminatricibus ; Frêne à feuilles 
unies et en forme de lance , et à 
fleurs en panicules, placées aux ex- 
trémités des branches. 

Fraxinus florifera Botryoïdes. Mer. 
Prd. 16 y, Frêne à fleurs. 

5°. Fraxinus ex nova Jngliâ 3 fo- 
liolis integerrimis , petiolis tcretihus. 
Flor. Virg. 122. Roy. Ltigd.-B. 5 3 3 ; 
Frêne à lobes entiers , ayant des 
pétioles en forme cylindrique. 

Fraxinus ex nova Angliâ 3 pinnis 
foliorum in mucronem productioribus. 
Rand. Cat. Hart. Chels. ; Frêne de la 
nouvelle Angleterre à feuilles lon- 
gues , à pointes aiguës et ailées. 

6^. Fraxinus Caroliniana 3 foliolis 
integerrimis 3 petiolis teretibus 3 fructu 
latiore. Prod. Leyd. 533. Gron. Virg. 
122. Roy. Lugd.-B. 533. Frêne à 
feuilles entières , ayant des pétioles 
cylindriques. 

Fraxinus Caroliniana 3 latiore fructu, 
Rand. Cat. H. Chil. Frêne de la Ca- 
roline avec des fruits plus larges. 

Fraxinus Caroliniensis 3 foliis an- 
gustioribus utrinque acuminatis pen- 
dulis. Catesb, Car. \. p. 80. t. 80. 

Excelsior. La premiere espèce est 
le Frêne commun , qui croît natu- 
rellement dans la plus grande pare- 
tic de FAngleterre ; il est si bien 
connu, qu'il n'est pas nécessaire d'en 
donner une description : les feuilles 
de cet arbre ont généralement cinq 
paires de lobes , et sont terminées 
pajr un lobe impair ; elles sont d'ua 



33<î F R A 

vert très-foncé , et leurs bords sont 
légèrement sciés : ses fleurs naissent 
en épis clairs sur les côtés des bran- 
ches , et produisent des semences 
plates qui mûrissent en automne : 
on conserve dans quelques jardins 
une variété de cet arbre à feuilles 
panachées, (i) 

Rotundi-folia. La seconde, qu'on 
trouve dans la Calabre, est regardée 
généralement comme l'arbre sur 
lequel on recueille la manne : les 
branches de cette espèce sont beau- 
coup plus courtes que celles de la 
premiere, et leurs nœuds sont aussi 
plus voisins les uns des autres ; les 
lobes des feuilles sont plus courts et 
plus profondément serrés sur leurs 
bords i elles sont d'un vert plus 



(i) On a beaucoup vanté les proprié- 
tés médicinales du Ftcne, mais on doit 
peu y compter , malgré le témoignage Ac 
Cisalpin et de Lohcllt ; cependant l'é- 
coïce et le bois de cet arbre peuvent 
être mis au nombre des apéritifs et des 
diaphorétiques légers , et employés com- 
me tels dans les fièvres, les obstructions 
flu foie et de lu ratte , les maladies cuta- 
nées, etc. Le sel fixe que l'on tire de ses 
cendres , ne diffère point de celui des 
autres végétaux , et c'est une erreur de 
lui attribuer des vertus particulières. La 
propriété de s^uérir la surdité qu'on sup- 
pose à la sève qui s'écoule par les deux 
extrémités de ce bois, lorsqu'on le met 
en travers sur le feu , est tout-à-fait 
imaginaire ; car cette sève n'est que de 
l'eau toute simple , et ne coiuient aucun 
principe actif. 



F R A 
clair ; ses fleurs, teintes de couleuf 
pourpre , sortent des parties laté- 
rales des branches, et paroissent 
au printems avant que les feuilles 
commencent à pousser. 

Cet arbre est d'un crû b.is, et 
ne s'élève gucres qu'à quinze ou 
seize pieds de hauteur en Angleterre. 

Ornus. La troisième ne s'élève pas 
plus que la précédente ; ses feuilles 
sont plus petites et plus étroites, 
mais elles sont également sciées sur 
leurs bords , et teintes de la mcme 
couleur foncée; ses fleurs ont des 
pétales , au-licu que celles du Frcnc 
commun n'en ont point. 

Paniculata. La quatrième a été 
élevée par le feu Docteur Wédale, 
à Enfield , avec des semences ap- 
portées de l'Italie par le Docteur 
William Shérard ; mais on la regarde 
comme une espèce différente de 
celles dont Morrison tait mention 
dans son Prdludia Botanica : cepen- 
dant lorsqu'on les compare, on n'ap- 
perçoit aucune différence entr'elles. 

Les feuilles de cette espèce n'ont 
que trois ou quatre paires de lobes, 
courts , larges , unis , d'un vert 
luisant et irrégulièrement sciés sur 
leurs bords; la côte du miheu de la 
grande feuille est noueuse , et gon- 
flée dans les endroits où les feuilles 
sortent : ses fleurs naissent en pani- 
culcs cLurs aux extrémités des bran- 
ches ; elles sont la plupart mâles , 
et ont chacune deux étamines , mais 
point de germe ni de style ; elles 

sont 



F R A F R A 537 

sont d'une couleur blanche , herba- graines en Angleterre, on l'y muî- 

cée, et paroissent en Mai. Comme tiplie en la greffant sur le Frêne 

cette espèce ne produit pas toujours commun. 

des semences en Angleterre , on la On multiplie beaucoup ces arbres 

multiplie en la greffant sur le Frcne aujourd'hui dans les pépinières pour 

commun. en faire commerce , parce qu'on 

Nova-AngUa. La cinquième a été recherche depuis peu les arbres et 

élevée de semences qui ont été en- arbrisseaux durs qui peuvent sub- 

voyées de la nouvelle Angleterre en sister en plein air ; mais tous ceux 

1714, par M. Moore : ses teuilles qui sont grefics sur des Frênes coni- 

n'ont que trois, ou tout au plus muns, ne sont pas aussi bons que 

quatre paires de lobes , placés à ceux que l'on élevé de semences , 

une grande distance les uns des parce que les tiges croissent plus 

autres , et terminés par un lobe vite que les greffes , et que les troncs 

impair qui s'étend en-dehors , et sur lesquels on les a greffés , sont 

forme une très-grande pointe ; ces souvent deux fois plus gros que la 

lobes sont entiers , d'un vert clair , partie haute ; d'ailleurs , si on les 

et sans dentelures sur leurs bords, place dans des lieux exposés an 

Cet arbre pousse des branches fortes vent , les greffes- sont exposées à 

et irrégulieres ; mais son tronc ne être rompues jusques sur le tronc , 

devient pas gros: on le nuiltiplie lorsqu'ils sont parvenus \ une grande 

en le greflànt sur le Frêne commun, hauteur ; en outre le bois des arbres 

CaroUniana. La sixième , dont les greffés , n'est pas d'un aussi bon 

semences ont été envoyées de la usage que celui des arbres de sc- 

Caroline en 17141 par M. Catcsby, merxc. 

a des feuilles composées de trois On plante généralement la qua- 

paires de lobes , dont ceux du bas trieme espèce pour servir d'orne- 

sont les plus petits -, ils ont environ ment , parce que ses fleurs ont une 

cinq pouces de longueur sur deux de très-belle apparence quand elles sont 

largeur, et -sont d'un vert clair, et toutes épanouies. Comme toutes les 

légèrement sciés sur leurs bords ; branches de cet arbre sont terminées 

le pétiole ou plutôt la cote du mi- par un paniculc large et clair , ik 

lieu des feuilles, est cylindrique, produisent alors un très-agréable 

et couvert d'un duvet court et effet , et sont apperçus de fort 

velu; ses semences sont plus larges loin. :'' < 

que celles du Frêne commun et d'une Toutes les autres espèces servent 

couleur fort claire. Comme cette à faire variété dans les plantations: 

espèce n'a pas encore produit de mais .elles ont peu de beauté ; et 

Tome III. Y v 



^îg F R A F R A 

comme leur bois est trcs-infcrieui- Lorsqi;e les plantes poussent, en 
à celui du Frcnc commun, il n'en arrache constamment pendant l'été 
faut pas planter beaucoup , parce les mauvaises herbes qui naissent 
qu'elles tiendroient la place de meil- avec elles ; et si clies font de grands 
leurs arbres. progrès dans la pLmche de semences , 
Le Frêne commun se multiplie en elles seront en état d'être transplan- 
abondance par ses graines , qui s'é- tées vers l'automne ; alors on préparc 
carrent en automnes de sorte que, un nouveau terrcin pour les recevoir, 
si les bestiaux n'approchent point de et aussitôt que leurs feuilles corn- 
ées endroits , les plantes pousseront menccnt à tomber, on peut les trans- 
en quantité au printcms suivant, planter. On doit avoir grand soin, en 
Quand on veut se procurer un nom- les enlevant, de ne pas casser ni dé- 
bre considérable de ces arbres , il chirer leurs racines ■■, pour prévenir 
faut semer leurs graines aussitôt cet accident, il est à propos de se ser- 
qu'elles sont mûres , afin que leurs vir de la bêche , au-lieu de les arra- 
plantcs paroissent au printems sui- cher, comme on le fait souvent: 
vaut ; mais si l'on ne les met en comme parmi ces plantes élevées de 
terre que dans cette saison , elles ne semence , il s'en trouve quelques- 
paroîtront que dans la seconde an- unes plus grandes que les autres , on 
née. Comme la même chose a lieu les arrache ordinairement les pre- 
pour Li pl.ipart des autres espèces, mieres, et on laisse croître les plus 
il ne faut pas s'attendre à voir ger- foibles encore pendant une année ■■, 
mer, avant l'année suivante, les mais pour ne pas déraciner ces der- 
graines que l'on reçoit des pays nieres, on enlevé les autres avec la 
étrangers, parce quelles arrivent main.cequ'onnepeutfaircsansrora- 
raremcnt ici avant le printems : c'est pre quelques-unes de leurs racines, 
pourquoi l'on doit tenir nettes de Je conseille donc, pour éviter cet ac- 
mauvaises herbes, pendant tout lété, cident , de les enlever toutes grosses 
la terre où elles sont semées , et ne et petites, et de les transplanter, en 
pas la remuer , de peur de les dé- plaçant les plus fortes dans les mê- 
terrer ou de les trop enfoncer , ce mes rangs, et les plus foibles à part .• 
qui les empccheroit de croître, on laisse cntr'cUes un pied et demi 
Comme beaucoup de personnes sont de distance , et trois pieds entre chi- 
trop impatientes pour attendre pen- que rang : on peut les laisser deux aas 
dant une année, elles labourent la dans cette pépinière : mais après ce 
terre si elles ne voient pas bientôt tcms elles auront acquis assez de force 
paroître les plantes, et détruisent pour être placées à demeure; car 
âiiui les semences, plus ©ii les traasplante jeuaes, pUa 



F R A 

elles deviennent grosses. La terre de 
la pépinière ne doit pas être meil- 
leure que celle qui leur est desti- 
née 5 parce que , si elles ctoient éle- 
vées dans un bon terrcin, et qu'on 
les transportât ensuite dans un autre 
d'une mouidre qualité , elles ne fe- 
roient que peu de progrès ; il est par 
conséquent très-utile d'établir la pé- 
pinière dans le lieu même où doit 
être la plantation, et l'on réserve alors 
dans cette pépinière un nombre suffi- 
sant de ces arbres , qui parviendront 
à une hauteur beaucoup plus considé- 
rable que ceux qui auront été enlevés. 
Quand on a dans son voisinage 
quelques-uns de ces arbres, on peut 
bientôt en avoir une grande quan- 
tité, en conservant ceux qui pro- 
viennent de leurs scniences tombées ; 
mais il est nécessaire d'en écarter les 
bestiaux, qui Icsdétruiroientdansun 
instant : lorsque quelques-unes de ces 
graines tombent dans des haies, où 
elles sont à l'abri du soleil et de l'in- 
clémence de l'air , les plantes qu'elles 
produisent font de grands progrès, 
et détruisent bientôt tous les arbris- 
seaux voisins ; car aucun arbre n'est 
plus nuisible aux autres végétaux que 
le frêne ; il les prive de leur nourriture 
dans toute la longueur de ses racines : 
il ne faut donc jamais planter de frê- 
nes dans des alignemens de haies , 
parce qu'ils les feroicnt périr , ainsi 
•que le bled et tout ce qu'on pourroit 
semer dans leur voisinage. On ne 
doit pas non plus en souffrir au- 



F R A 339 

cun près des pâturages i car si les 
vaches viennent à brouter ses feuil- 
les ou ses rejettons , tout le beurre 
qu'on fera avec leur lait aura un goût 
fort, et ne sera d'aucune valeur, 
comme on le remarque dans celui 
qui vient des environs de Guilford- 
Godlamin,etde quelques autres par- 
tics de la comtéde Surry, où les Frênes 
se trouvent voisins de tous les pâtu- 
rages ; de sorte qu'on ne trouve 
guères dans ce pays de beurre bon 
à manger: dans toutes les bonnes lai- 
teries de la campagne, OH ne souÔVc 
jamais de Frêne dans les environs. 

Si cet arbre est bien traité, son 
bois sera très-utile aux propriétaires, 
non - seulenient parce que ses bran- 
ches basses, qu'on peut couper tous 
les sept ou huit ans pour en faire 
des piquets ou des cercles, produi- 
ront plus que le revenu de la terre , 
toutes dépenses prélevées, mais en- 
core parce que leurs troncs vau- 
dront 40 ou 50 hv. la piece lors- 
qu'ils seront assez gros pour fournir 
du bois de charpente. 

Ce bois est très-bon pour le 
charronnage et pour plusieurs au- 
tres ouvrages ; la meilleure saison 
pour le couper est depuis le niois de 
Novembre jusqu'en Février ; car si 
l'on s'y prend trop tôt en automne, 
ou trop tard au printems , il sera en 
danger d'être attaqué par les vers: 
mais on l'émonde au printems, ainsi 
que tous les bois tendres. 

FRÊNE, roy^i Fraxinus. ... 
V V 2 



340 F R I F R î 

FRÊNE ÉPINEUX. Vûye-{ U ficur , on peut les joindre cn- 

Xanthoxylum. L. semble; mais comme leurs fruits ont 

ù •^ . ; chacun une marque caractéristique, 

FRITILLARIA. Lïn. Gen. Plant, il semble qu'ils devroicnt être scpa- 

372. Tourn. Inst. R. H. 376. Tab. rcs : cependant comme ce nouveau 

ï97j 198 ; Fritillaire , Tulippe ou système est généralement reçu , je 

Couronne Impériale. Lillo-Fntillana. m'y conformerai en les laissant unis. 

Caractères. Dans ce genre , la Les espèces sont ; 
fieur n'a point de calice; la corolle i^. Fritïllaria Mdcagris , folils 

est composée de si'x pétales oblongs linearibus alternis , fiorïhus termïnalï- 

en forme de cloche , qui s'étendent à bus; Fritillaire à feuilïcs étroites et 

la base : dans le creux de la base de alternes , dont la tige est terminée 

chaque pétale est situe un nectaire; par les fleurs. 

six étamines, terminées par des som- Frïtïllaria radice deprcfsâ. Roy. 

mets oblongs et à quatre angles, en- Lugd.-B. 3 o. 

vironnent le style ; son centre est Fritillaria pr&cox purpurea varie- 

occupé par un germ.e oblong et gâta. C. B. p. 64; Tulippes printa- 

triangulaire qui soutient un style nierc panachée en pourpre, ou la 

simple, plus long que les étamines, Fritillaire. 

et couronné par un stigmat obtus et Mdeagris. Reneal. Spec. 1 47. T.\4^6. 
étendu; ce germe devient dans la 2°. Fritillaria Aquitanicaj foliis 

suite une capsule oblonguc à trois infimis oppositis. Hort. Cliff. 8 1 ; 

lobes et à trois cellules remplies de Fritillaire dont les feuilles basses sont 

semences plates et placées en double opposées. 

Xi\-i<r. Fritillaria Aquitanîca , fiore lutcù 

La capsule de la Fritillaire est obscure. Swert. Floril. ; Tulippe 

oblongue et unie ; mais celle de la d'Aquitaine panachée , dent la fleur 

Couronne hripériale a des bords ai- est de couleur jaune foncé. 

<TUS ou des ailes membraneuses. 3°. Fritillaria nigra ^ fioribus ad- 

Ce genre de plantes est rangé fcendentibus ; Fritillaire à fleurs pla- 

dans la premiere section de la sixième cées les unes au-dessus des autres. 

classe de LinnÉE, cjui renferme Fritillaria nigra. Lob. Adver. 2, 

celles dont les fleurs ont six étamines 496 ; Tulippe noire panachée. 

et un style. 4°. Fritillaria Lutea^ foliis lan- 

Ces deux genres (la Fritillaire et ceolatisj caille unifioro maxima; Fri- 

la Couronne Impériale) ont toujours tillane à feuilles en forme de lance, 

été séparés jusqu'à ce que LinnÉe ayant une grosse fleur sur chaque 

les ait réunis : si on ne considère que tige. 

• 



F R I 

FritUlaria lutea maxima Italïca. 
Park. Parad. 43 ; là plus grande Fri- 
tillaire jaune d'Italie. 

ç ", FruiUaria umlellata j flori- 
hus umbdlatïs ; Fritillairc à fieiirs en 
ombelles. 

FruiUaria umbdlifera. C. B, p. 
64.; Tulippe ombelléc et panachée. 
6°. FritUlaria Persica^ racemo nu- 
diusculo j foUis obliquis. Horc. Upsal. 
8 2 ; Fritillaire avec un épi de fleurs 
nud et des feuilles obliques. 

FritUlaria radiée rotunda. Roy. 
Lugd.-B. 30, 

FritUlaria racemo nudo terminait. 
Horc. Cliff. 11^. 

Lilium Pcrsicum. Dod. Pempt. 
220; le Lys de Perse. 

Lilium Fusianum. dus. Hist. I. 
;.. 130. 

"7°. FritUlaria racemosaj Jloribus 
racemosis j Fritillaire à fleurs en pa- 
quets. 

FritUlaria ramosa j seu Lilium Per- 
sicum minus. Mor. Hort. Reg. Blés. 
Fritillaire branchu, ou le plus petit 
Lys de Perse. 

^°. FruiUaria Imperialism racemo 
comoso infernè nudo ., foliis integerri- 
mis. Hort. Upsal. 8 2 . Kniph. Cent. 3 . 
n. 39. Knon. Del. i. Fritillaire cou- 
ronné d'un paquet de feuilles au- 
dessus des fleurs, nud au-dessous, 
ayant des feuilles entières. 

Corona Imperialis. Dod. Pempt. 
Z0 2 ; la Couronne Impériale. 

Petilium foliis caulinis. Hort. Cliff. 
11^. Roy. Lugd.-B. 30. 



F R î 341 

Lilium sivè Corona Imperiahs : 
Genus. Bauh. Pin. y 9. 

Tusai. Clus. Hist. ï. p. 1 17, Il 8. 
9". FritUlaria regia racemo co-* 
mjso infernè nudo j foliis crcnatis. 
Lin. Sp. Plant. 30^ ; Fritillaire avec 
un paquet de feuilles touffu sur les 
fleurs, nud au-dessous, et des feuilles 
crénelées. 

Corona Regalis, Lilii folio crenato. 
Hort. Eltk. 1 I o. r. 9 ^ ./! 1 09 ; Cou- 
ronne Royale à feuilles de lys et 
crénelées. 

10°. FritUlaria Autumnalis ra- 
cemo infernè nudo 3 foliis oblongis mu- 
cronatis; Fritillaire à tige nue et à 
feuilles oblongues et pointues. 

Meleagris. La première croît na- 
turellement en Italie et dans quel- 
ques autres parties chaudes de l'Eu- 
rope. On voit dans les jardins des 
Fleuristes un grand nombre de va- 
riétés de cette espèce, qui ont été ob- 
tenues de semence , et qui diffèrent 
entr'elles par leur grosseur et leur 
couleur; mais comme il en paroît 
tous les jours de nouvelles , il seroit 
inutile de nommer celles qu'on trouve 
dans les jardins de l'Angleterre et 
de la Hollande ; on peut d'ailleurs 
consulter à ce sujet les Catalogues 
des Hollandois, qui aiment beau- 
coup à découvrir quelques nou- 
velles différences pour augmenter 
leurs listes. 

Les espèces dont on fait ici men- 
tion peuvent, à mon avis, être re- 
gardées conviie distinctes^ quoique 



341 F R I F R I 

le Docteur LiNNÉE les aitrédiiites à tourne ensuite, et se tient crigé : 

cinq ; car j'en ai élevé plusieurs par quand cette capsule est mûre, elle 

semence de toutes les espèces, cjui s'ouvre en trois parties, et laisse sor- 

ont constamment été les mêmes que tir des semences plates qui étoient 

celles sur lesquelles les semences rangées en double rang : les fleurs 

avoient été prises , et n'ont paru de cette espèce paroissent à la fin de 

différentes que parla couleur et la Mars ou au commencement d'Avril, 

grosseur de leurs fleurs ; celles à et ses semences mûrissent en Juillet. 

Feuilles larçes ont donné des fleurs On en connoît une variété à fleurs 

à larges feuilles, ce celles qui étoient doubles. 

ombellées et tachetées, ont auffi re- Aquitanka. La seconde est origi- 

produit les mêmes espèces, quoi- nairc de France; ses feuilles sont plus 

qu'elles fussent toutes différentes par larges et d'un verd plus foncé que 

leurs couleurs. celles de la précédente; ses feuilles 

La premiere a une racine ronde, basses sont opposées, mais celles du 

applatie et semblable à celle du gla- haut sont alternes : sa tige s'élève à 

diolc ou glayeul , mais d'un blanc la hauteur d'un pied et demi , et 

jaunâtre ; sa tige , dont la hauteur supporte deux fleurs d'un jaune som- 

est d'environ quinze pouces , est bre , qui s'étendent plus au bord 

garnie de trois ou quatre feuilles que celles de la premiere espèce , 

étroites, longues et alternes, et son mais qui ne sont pas tournées vers 

sommet se divise en deux pédoncules le bas de la même manière : celle- 

minces et inclinés vers le bas, qui ci fleurit trois semaines après la pre- 

soutienncnt chacun une fleur en miere. U y en a une Variété à fleurs 

forme de cloche, tournée en dedans, verdàtrcs qui croît naturellement 

et composée de six pétales tachetés dansquelquesparticsdel'Angleterrc. 
de pourpre et de blanc en manière iV^^i^^ra. La troisième, qui ne s'élève 

d'échiquier .-dans son centre est placé gucres au-dessus d'un pied de hau- 

un germe qui supporte un style teur,adcs feuilles étroites comme 

couronné par un stigmat divisé en celles de la premiere, mais plus cour- 

trois parties , et environné par six tes ; chaque tige est terminée par 

ctamincs plus courtes. A la base de trois ou quatre fleurs qui s'élèvent 

chaque pétale il y a une cavité qui les unes au-dessus des autres ; elles 

forme un nectaire rempli d'une sont d'un pourpre très- i once , et 

liqueur douce; lorsque la fleur est. marquées detaches jaunâtre.': cette 

tombée, le germe se gonfle et devient espèce fleurit en Avril , à peu-près 

une capsule assez grosse , émoussée dans le même tcms que la seconde, 
et triangulaire; son pédoncule $ç re- Luua. La quatrième s'élcvc à la 



F R I F R I 543 

hauteur d'environ un pied : sa tige longueur sut un demi de largeur , 
est garni ; ùc icr.i'Ics en forme de placées sur chaque côté des tiges , et 
lance j de quatre pouces de longueur tortillées obliquement; ses fleurs 
sur un de largeur, et d'une couleur croissen* en épis clairs au sommet 
herbacée ■■, elles sont quelquefois de la tige , et forment une pyra- 
opposces , mais ordinairemeiit alter- mide de la même figure que celle 
aes : sa tige est terminée par une des autres espèces , mais beaucoup 
grosse fleur en forme de cloche , plus courte; ces fleurs, qui sont tein- 
de couleur jaunâtre &: marquetée tes d'une couleur pourpre foncée , 
de pourpre clair. Cette espèce fleurit s'étendentdavantage sur leurs bords, 
vers le même tems que la premiere; et ne sont pas courbées vers le bas 
elle donne deux ou trois variétés , comme celles des précédentes ; elles 
qui d'.flFerent dans la grosseur et dans paroisscnt dans le mois de Mai ; 
la couleur de leurs fleurs , ainsi que mais comme elles produisent rare- 
dans la largeur de leurs feuilles, ment des graines en Angleterre, on 
mais qui conservent leurs différences ne peut les multiplier ici que par 
spécifiques , de sorte qu'elles sont aisé- leurs rcjettons. 
ment distinguées des autres espèces. Bacemosa. La septième a une tige 

UmbcllatJ.. La cinquième s'élève beaucoup plus courte que celle de 

à un pied et demi de hauteur ; sa la précédente , et garnie de feuilles 

tige est garnie de feuilles de couleur semblables, mais plus petites ; cette 

grisâtre , et plus courtes et plus lar- tige se divise à son extrémité en plu- 

ges que celles de la premiere; ses sieurs petits pédoncules, dont chacun 

fleurs, qui naissent autour des tiges soutient une fleur sombre et colo- 

comme celles de la Couronne Impé- rée : on donne ordinairement à cette 

riale , sont d'un pourpre foncé , et espèce le nom de petit Lys de Perse, 

tachetées d'un vert jaunâtre ; elles à cause de sa ressemblance avec la 

paroisscnt à-peu-près dans le même sixième. On multiplie ces plantes par 

tems que celles de la seconde espèce, leurs semences ou par leurs rejettons 

Persica. La sixième, que l'on con- qu'on détache des vieilles racines, 

noît généralement sous le nom de En employant la premiere méthode. 

Lys de Perse , d'où on la croît origi- on obtient souvent des variétés nou- 

nairc , est depuis long-tems cultivée velles , et l'on récolte plus de racines 

dans les jardins Anglois ; sa racine en trois années , qu'en n'en obtien- 

est grosse et ronde , et sa tige , dont droit en vingt ou trente ans en se 

la hauteur est d'environ trois pieds , servant des rejettons : c'est pourquoi 

a sa partie basse fortement garnie de je vais commencer par la premiere 

feuilles grises , de t^ois pouces de de ces deux méthodes. 



■" Quand on s'est pourvu de bonnes rester ainsi jusqu'au milieu du mois 
semences , rccuci'iics sur les plus de Mars suivant: quelques plantes 
belles fleurs, on prepare des terrines auront dcjà dans ce tems atteint la 
basses , ou des caisses percées dans hauteur d'un pouce ; alors on les 
le Fond pour l'écoulement de l'hu- transportera à l'ombre , et on les 
midité , et on les remplit de terre y tiendra encore davantage à me- 
fraîche et légère , après avois mis sure que la chaleur deviendra plus 
quelques débris de pots cassés sur forte : car, tandis que ces plantes 
les trous pour empêcher la terre sont jeunes, elles souffrent toujours 
de les boucher ; lorsque cette terre lorsqu'on les expose au soleil : on 
est bien nivelée, on y répand les les laisse à l'ombre pendant tout 
semences fort épaisses, et on les Tété, on les tient constamment net- 
couvre de trois Usines de terre fine tes, et on les arrose de tems en 
et criblée : le tems le plus propre tems ; mais il faut avoir l'attention 
pour ce semis, est le commencement de ne pas leur donner trop d'eau , 
du mois d'Août ; car si l'on tenoit sur-tout lorsque leurs feuilles sont 
ces graines plus long-tems hors de flétries , parce que l'on fcroit pour- 
la terre, elles ne germeroient point ; rir leurs racines : vers le ccmmen- 
on place ensuite ces caisses de ma- cernent du mois d'Août, si ces ra- 
nierc qu'elles puissent jouir du soleil cines sont trop serrées dans les cais- 
depuis son lever jusqu'à onze heu- ses , on prépare une bonne planche 
res; et si la saison est sèche, on les de terre fraîche et légère, on la ni- 
arrose légèrement : on a soin aussi velle exactement , on répand par- 
'd'ôter toutes les mauvaises herbes dessus toute la terre des caisses 
aussitôt qu'elles paroisscnt ; car, si qui contiennent les petites racines, 
•on leur donnoit le tems de pousser et on les recouvre ensuite égale- 
profondément leurs racines , on ne ment avec la même terre fraîche 
pourroit plus les arracher sans dé- et légère jusqu'à l'épaisseur de trois 
terrer les semences. Vers la fin de lignes. Cette planche doit être à 
Septembre on transporte ces caisses une exposition chaude , mais pas 
ou rerrines dans une situation plus trop près de quelque haie , d'une 
chaude, en les plaçant contre une muraille ou d'une palissade, dont 
haie ou une muraille exposée au le voisinage rendroit leurs feuilles 
midi. Si les graines sont semées dans longues et minces, et afibibliroit 
des pots , il faut les plonger dans la leurs racines. 

terre -, mais elles sont mieux dans Elles peuvent rester dans cette 
des caisses, que l'on couvre pendant planche jusqu'à ce qu'elles fleuris- 
les fortes gelées ; ces caisses peuvent sent , ce cpi a heu ordinairement 

au 



F R I f R I 345 

an bout de trois ans; alors on rcnur- du vieux tsp , qui , en s'cnfonçaiit 
que les racines qui produisent de dans la terre , rendra les fleurs plus 
belles fleurs , afin qu'en la tirant grosses , et fortifiera beaucoup les 
de la terre aussitôt après que leurs racines; on doit aussi les tenir cons- 
fcuilles sont détruites, on puisse les tammcnt nettes. Mais il ne faut 
distinguer et les séparer des autres ; pas laisser monter en graines celks 
mais celles qui sont d'une moindre que l'on veut conserver dans toute 
valeur , peuvent être plantées dans leur perfection. 
les plates-bandes des parterres pour Quand on s'est procuré une pro- 
concourir à la variété , où , étant vision de bonnes fleurs , on peut 
entremêlées avec d'autres fleurs de les conserver et les multiplier de la 
diflercntes saisons, elles produiront même manière que les autres fleurs 
un très-bel effet. bulbeuses et à racines, qui poussent 

Les belles espèces doivent rester des rejettons , qu'on enlève chaques 

pendant trois ans sans être remuées; deux ans sur les plus belles espèces; 

au bout de ce tcms elles auront mais les fleurs ordinaires doivent 

produit plusieurs rejettons : alors, rester trois ans sans être remuées: 

si leurs teuilles sont flétries , on les après ce tems on les trouvera extrc- 

enlevc , et on les plante dans une mcment multipliées , et chaque ra- 

nouvelle couche, après avoir déta- cine en fournira une multitude; mais 

ché les rejettons qui sont assez gros si on les laisse plus long-tems sans les 

pour produire des fleurs ; on place séparer, elles se multiplieront à l'in- 

ces derniers dans les plates- bandes fini, et ne donneront que des fleurs 

des parterres , et l'on met de côté très-foiblcs : c'est pourquoi il faut 

les plus petits , que l'on tient dans les enlever chaques deux ans, si l'on 

une planche en pépinière jusqu'à ce veut les avoir plus fortes. On peut 

qu'Us aient acquis aflèz de force traiter ces plantes comme les tiges 

pour fleurir ; mais lorsqu'on les en- et autres fleurs bulbeuses ; avec cette 

levé hors de la terre, il faut les re- difference seulement, que les racines 

planter sur le champ, sans quoi ils de cette espèce ne peuvent pas rcs- 

périroient. ter hors de terre aussi long-tems; 

Pendant les trois années que je ainsi, s'il est néce!T!urc de les garder 

conseille de laisser les racines dans quelque tems avant de les planter , 

les planches , on remue la terre cha- il faudra les mettre dans du sable 

que automne avec une truelle , mais pour les empêcher de se rétrécir et 

légèrement, pour ne pas les froisser; se flétrir. 

l'on met ensuite sur ces planches une Comme ces fleurs paroissent de 

couche mince de fumier pourri ou bonne heure au printems, elles font 

Tome III. Xx 



■ y 



lin très-bon effet dans les plates- 
bandes des parterres, lorsqu'on les 
plante en petits paquets ; mais si on 
les rient isolées et détachées , elles 
n'ont qu'une trcs-mincc apparence. 

Impcrïalïs. La huitième est la Cou- 
ronne Impériale , qui est à présent 
fort commune dans les jardins An- 
glois : elle croît naturellement dans 
la Perse , d'où elle a d'abord été 
portée à Constantinople, et ensuite 
dans les autres parties de 1 Europe 
en 1730. Cette fieur a un grand 
nombre de variétés, que les Fleu- 
ristes conservent dans leurs jardins ; 
mais comme elles ont toutes été pro- 
duites accidentellement de semences, 
elles ne fornient qu'une espèce ; ce- 
pendant pour la satisfaction des Cu- 
rieux , je vais indiquer, ici toutes 
celles qui sont parvenues à ma con- 
noissance. 

1°. La Ceuronne Impériale com- 
mune, d'une couleur rouge sale. 

z ''. La Couronne Impériale jaune, 
d'un jaune brillant. 

3 °. La Couronne Inipériale bril- 
lante et rouge , appelée Fusai. 

4°. La Couronne Impériale jaune 
pale. 

5 ". La Couronne Impériale jaune 
rayé. 

6''. La Couronne Impériale à 
grosses fleurs. 

7°. La Couronne Impériale rouge 
et à larges feuilles. 

8'. La Couronne Impériale tri- 
plement couronnée. 



F R I 

p®. La double Couronne Impé- 
riale rouire. 

10". La double Couronne Impé- 
riale jaune. 

I I °. La double Couronne Impé- 
riale à feuilles panachées en argent. 

11''. La double Couronne Im- 
périale à feuilles panachées en jaune. 

II y a quelques autres variétés 
rapportées dans les Catalogues des 
Fleuristes Hoilandois ; mais comme 
leurs différences sont si foibles , que 
l'on peut à peine les distinguer , je 
n'en dirai rien : j'ai vu croître , dans 
les jardins Anglois ou Hoilandois, 
celles que je viens de nommer, et 
ce sont les seules cjui méritent d'être 
distinguées. 

La Couronne Impériale a une 
racine grosse , rende , écailleuse , 
de couleur jaune, et d'une odeur 
forte de Renard; sa tige s'élève à 
la hauteur d'environ quatre pieds ; 
elle est forte , succulente, et garnie 
à chaque côté , dans les deux tiers 
de sa longueur, de feuilles longues, 
étroites , unies , entières , et termi- 
nées en pointes ; le sommet de cette 
tige eu nud dans la longueur d'un 
pied , et son extrémité est garnie 
tout autour de pédoncules courts et 
penchés vers le bas , dont chacun 
porte une grosse fleur ouverte conv 
me une cloche, et composée de six 
pétales en forme de lance ; à la base 
de chaque pétale est une large ca- 
vité dans laquelle est situé un gros 
nectaire blanc, rempli d'une liqueur 



F R I F R r 547 

miellée. Le centre de l.i fieur est nairemcnt phtcs et larges qiiand 

occupé par un germe oblong et elle produit un plus grand nombre 

triangulaire, sur lequel est placé un de feurs qu'à l'ordinaire ; cet effet 

style simple aussi long que les péta- n'est dû qu'à une abondance acci- 

les, et couronné par un stigmat dentelle de sève , quoique plusieurs 

étendu et obtus ; ce style est en- Auteurs l'aient annoncée comme 

touré par six étamincs plus courtes, une variété particulière, 
en forme d'alcne, et terminées par Comme cette fleur est une des 

des sommets oblongs à quatre an- premieres d'une certaine grandeur 

gles. Ces fleurs penchent vers le bas, qui paroisse au printems , elle pro- 

ct leurs pédoncules sortent entre duit un très - bel effet au milieu 

des feuilles vertes et érigées qui for- d'une grande plate-bande , dans un 

ment une touffe au sommet de la tems où l'on desire beaucoup de 

tige. pareilles fleurs pour décorer les 

Quand ces fleurs sont flétries , les parterres ; mais l'odeur forte de re- 
germes deviennent de grosses cap- nard qu'elle répand , lui ôte un peu 
suies à six angles , qui ressemblent à de son mérite ; c'est ce qui est cause 
la roue d'un moulin à eau , et qui qu'elle est moins commune dans 
ont six cellules remplies de semences les jardins d'agrément, 
plates ; cette plante fleurit au com- On peut la multiplier par semen- 
mencement d'Avril, et ses semences ces ou par les rcjettons de sa racine; 
mûrissent en Juillet. la premiere méthode est trop lente 

L'espèce à fleurs jaunes , celle et ennuyeuse pour la plupart des 
à grosses fleurs , et celles à fleurs Fleuristes Anglois , parce que les 
doubles, sont les plus estimées: mais plantes qui proviennent de semcn- 
cellcs qui ont deux ou trois rangées ces, sont sept ou huit ans avant de 
de fleurs les unes au-dessus des au- fleurir ; mais les Jardiniers Hollan- 
tres, ont la plus belle apparence, dois et Flamands, qui ont plus de 
quoiqu'elles produisent rarement patience, les élèvent souvent de sc- 
ieurs fleurs de cette manière dans m.ences pour se procurer de nou- 
la premiere année après qu'elles ont vellcs variétés , qui les récompen- 
cté transplantées ; mais dans la se- sent de leurs travaux. La manière 
conde et dans la troisième année de les multiplier par semences étant 
leurs tiges deviendront plus hautes , à- peu-près la mêm.e que celle qui 
et auront souvent trois rangs de est en usage pour les Tulippes , je 
fleurs; c'est à celles-ci que l'on renvoie le Lecteur à cet Article, 
donne le nom de tripU Couronne : où il trouvera d'amples instructions 
#es tiges de cette espèce sont ordi- à ce sujet. 

Xx 1 



34^ F R I 

On multiplie cette plante en An- 
gleterre par les rejettons qui pous- 
sent sur SCS racines; ces reicttons 
fleurissent deux ans après ; mais 
pour en avoir une grande quantité, 
on ne transplante les racines que 
chaquei trois ans : alors chacune \en 
aura produit plusieurs , dont quel- 
ques-uns seront assez gros pour 
fleurir dès l'année suivante, et pour- 
ront être plantés à demeure dans 
les plates-bandes du Parterre ; on 
njet les plus petites dans une planche 
en pépinière, où on les Lusse croître 
pendant un ou deux ans, suivant 
leur grosseur : c'est pourquoi il f.iut 
les assortir , en mettant à part les 
plus loibles, qui doivent rester deux 
années dans la planche, ci les plus 
grosses d'un autre côté, pour ne les 
y laisser qu'un an : lonque les unes 
et les autres auront acquis assez de 
force pour l^eurir, on les transplan- 
tera dans le parterre. 

On enlevé ces racines dans le 
commencement du mois de Juillet , 
lorsque leurs tiges sont flétries : on 
peut les garder hors de terre pen- 
dant deux mois , en les tenant dans 
une chambre sèche et à l'ombic , 
mais sans être en monceaux ; et à 
l'abri de l'humidité; les rejettons doi- 
vent être plantés tout de suite , 
parce qu'étant très-petits il rétiéci- 
roient et se dessècheroient bientôt 
si on les gardoit hors de terre. 

Comme ces racines sont grosses , 
on ne doit pas les planter trop près 



F R I 

des autres fleurs, et quand elles sont 
dans des planches séparées, on laisse 
entr'elles un pied et demi de dis- 
tance, et deux pieds entre chaque 
rang, et on les enfonce au moins de 
six pouces, sur-tout les plus grosses: 
ces plantes se plaisen'^ dans un sol 
léger , et pas trop humi Je , ni trop 
rempli de fumier ; si 1. n juge à 
propos d'y mettre quclqu :ngrais, 
il faut l'enterrer de façon qu'il se 
trouve à deux ou trois pouces au- 
dessous des racines. 

Reg;j. Autumnalls. Les ncir/ieme 
et dixième espèces sont originaires 
du Cap de Bunne-Espérancc , d où 
elles ont été envoyées en Eu'^ope ; 
on y cririve la neuvième , depuis 
quelques années , sous le nom de 
Corona Regalis j elle a une rac'ne 
tubéreuse, de laquelle sortent , en 
automne, six ou huit tei.ilies obtu- 
ses , de cinq pouces environ de 
longueur sur deux de larsreur vers 
leur extrém.ité, mais plus étroites à 
leur b.lsc, crénelées sur leurs bords, 
et couchées sur la terre: elles sub- 
sistent pendant tout l'hyver. La tige 
de la fleur naît du centre de ces 
feuilles au printems , et s'élève à la 
hauteur d'environ six pouces ; elle 
est nue vers le bas , mais sa partie 
haute GSK environnée de fleurs en 
forme de cloche, et composées de 
six pétales verdâtres, dent le centre 
est occupé par un germe ovale , en- 
touré de six é-ramines i ce germe 
soutient un style triangulaire , cou» 



F R I 

ronnc par un stigmat divisé en trois 
parties ; il se change ensuite en une 
capsule ronde ; mais ses semences se 
perfectionnent rarement en Angle- 
terre : cette plante fleurit en AvrJ, 
et ses feuilles périssent en Juin. 
Autumnalis. J'ai élevé la dixième 
espèce par semences, qui m'ont été 
envoyées du Cap de Bonne-Espé- 
rance : sa racine ressemble à celle de 
Li précédente , mais ses feuiiles ont 
plus d'un pied de longueur ; elles 
sont larges à leur base , et étroites 
au sommet , où elles se terminent en 
pointe aiguë: sa tige de-fleurs s'élève 
plus haut que celle de la neuvième, 
mais ses fleurs, qui sont de la même 
forme et de la mcme couleur, p?.- 
roissent rarement avant le mois 
d'Août. Les racines de cette espèce 
on: été volées dans le jardin de 
Chelsea au printems , après qu'elles 
ont fleuri , et ont été vendues à 
des personnes qui préfèrent les plan- 
tes rares à l'honnêteté. 

FRITILLARIA CRASSA. Voyci 

ASCLEPIAS. 

FROID (/?) est l'état d'un corps 
privé de chaleur , ou qui ne con- 
tient avxune particule de feu ; sui- 
vant cette définition le Froid est 
un terme négatif, et ceci est con- 
forme au sentiment de la plupart 
des Pliilcsophes modernes, qui sup- 
posent que le Froid consiste seule- 
ment dans une privation ou dimi- 
Hution de chaleur. 



FRO 349 

D'autres , d'après le même prm- 
cipe , céflnissent le Froid, cet état 
où les plus petites p.trties des corps 
sont agitées plus lentement ou plus 
foiblement que celles ces organes 
destinés à la sensation ; dans ce lens 
le Froid n'est que relatif, et le 
même corps devient chaud ou froid, 
suivant que ses parties les plus 



m- 



tuncs sont plus ou moins aguccs que 
celles des organes de la sensation. 

On sijppose que la chaleur esc 
produite par une én^.otion particu- 
lière des parties du corps ; ce prin- 
cipe posé , il est aisé d'assigner en 
quoi consiste le Froid , qui est l'op- 
posé du chaud. L'expérience ap- 
prend que le Froid éteint et détruit 
la chaleur; on peut conclure de-là, 
que tout corps qui produira cet efFct, 
Cit un corps Froid. 

Trois sortes de corps peuvent 
remplir cet objet : i °. ceux donc 
les particules sont parfaitement tran- 
quilles : i"^. ceux dont les particules 
sont agitées avec nioins de violence 
que celles du corps chaud auquel 
elles sont apphquécs : 3°. enfin ceux 
dont les particules mises en- m.ou- 
vement , sont propres à exciter la 
sensation du chaud , mais dont le 
mouvement déterminé difFcrem- 
ment , retarde et change l'ébran- 
lement des particules de l'organe. 

De-Li procèdent trois différentes 
sortes de Froids ou de corps Froids. 

La premiere est commune à tous 
ks corps durs , puijquc le froid qui 



3 5^ -FRO 

leur est propre , consiste dans le re- 
pos de leurs panics. 

La seconde est le Froid que l'on 
éprouve lorsque l'on plonge une 
partie du corps dans l'eau -, il con- 
siste en ce que les particules inté- 
rieures, qui entretiennent la cha- 
leur naturelle, sont agitées plus sen- 
siblement aue celles du fluide , et 
lui communiquent une partie de 
leur mouvement. 

La troisième espèce de froid , est 
celui que l'on ressent lorsqu'en souf- 
flant avec les lèvres serrées, l'on fait 
sortir de la bouche de l'air Froid ; 
ce fioid a lieu parce que le mou- 
vement direct des particules de l'air 
interrompt la vibration, et change la 
détermination des particules de cha- 
leur qui sont contenues dans le 
corps •. il résulte de-là, qu'un corps 
Froid ne peut en refroidir un autre 
sans s'échauffer lui-même. 

Il s'en suit aussi que plus les 
parties d'un corps Froid sont tran- 
quilles , plus les particules du corps 
chaud qui doit l'échauffer , perdent 
de leur mouvement, et conséquem- 
ment de leur chaleur. 

Ainsi , comme il y a plus de parties 
imm.obiles dans le marbre que dans 
le bois, qui est rempli de pores et 
d'interstices , le marbre est au tou- 
cher , plus Froid que le bois ; ce 
qui sert aussi à nous faire compren- 
dre pourquoi , prés du marbre et 
(d'iiutres corps denses , l'air paroît 



FRO 

et est effcctivem.ent plus Froid que 
dans d'autres endroits. 

D'après ces principes , il paroît 
que les deux dernières espèces de 
Froid , sont quelque chose de plus 
que des privations : les particules 
qui introduisent le Froid , peuvent 
être regardées comme des corpus- 
cules frigorifiques très - réels , et 
le Froid comme une qualité aussi 
essentielle que la chaleur. 

Ces particules répriment non- 
seulement l'agitation de celles qui 
s'élèvent des parties intérieures d'un 
animal, aux parties extérieures; mais 
ayant encore un pouvoir élastique j 
elles s'attachent- aux filamens du 
corps , les pincent , les serrent , et 
produisent cette sensation violente 
et piquante que l'on appelle Froid. 

Qu'un Froid soit plus qu'une mo- 
dification relative , cela paroît dé- 
montré par des effets réels et posi- 
tifs, tels que la congélation , la con- 
densation , etc. 

Le Docteur Clarke attribue le 
Froid à de certaines particules ni- 
treuses et salines , figurées de ma- 
nière à produire cet effet ; de-là , le 
sel Ammoniac, le Salpêtre, le sel d'U- 
rine, et plusieurs autres sels alkalins, 
tant fixes que volatils, étant mêlés 
avec la glace , augmentent fort sen- 
siblement le Froid, 

De-!a vient aussi cette observa- 
tion populaire, que le Froid arrête 
la putréfaction , ce qui cependant 
ne doit pas être admis sans excep- 



^% 6 FRO 3^1 

Hon , puisque si un corps dur et et, en gelant la liqueur qui y éto't 
poreux a ses interstices remplis renfermée, firent crever ces vaisseaux 
d'eau , ce corps crèvera s'il est ex- avec éclat , en produisant un bruic 
posé à une forte gelée ; et cela dont les forets retentiisoient , et 
prouve que le Froid peut détruire qui ressembloit à celui qu'on cause- 
les parties des plantes , comme il roit en rompant des branches avec 
€st arrivé à plusieurs arbres pen- violence. 

dant les hivers de 1718, 17^9 et Le Docteur Eoerrhaave dit qu'au- 
1740. Les troncs de ces arbres cuno chose dans là Nature n'est 
étant fort exposés au sud-ouest, la d'un Froid absolu; que le plus vio- 
séve fut raréfiée par la chaleur du lent qu'il ait jamais senti, est celui 
soleil, qui, pendant plusieurs jours, de Fannce 1728 , qu'alors l'eau au- 
fiit plus forte au commencement roit gelée en coulant de ses mains, 
de la gelée , qu'elle ne l'est com- et que cependant même alors le 
munément en hiver ; les nuits don- Froid n'étoit pas si complet qu'il ne 
rant ensuite un Froid extrême , la pût artificiellement en produire uh 
sève raréfiée se trouva si soudaine- de douze dégrés plus fort, 
ment condensée , que les vaisseaux Quoiqu'on puisse dire beaucoup 
qui la contenoient se fondirent ainsi de choses sur les efFets du Froid sur 
que l'écorce de plusieurs arbres, les plantes, je conclurrai seulement, 
qui creva depuis le sommet jusqu'à par une observation que le Docteur 
la racine , surtout du côté du sud- Haies rapporte dans la fin de son 
ouest : cet accident est arrivé à excellent traité de la Statique des 
quelques gros arbres dans le jardin Végétaux , où il dit : 
de Botanique de Chelsea , à plu- La quantité considérable d'humidité 
sieurs Poiriers et à d'autres arbres que les plantes exhalent pendr.nt le 
fruitiers dans les pépinières de M. Froid de 1 hiver, démontre pleine- 
Francis Hunt , à Putney , etc. L'iic ment la raison pourquoi les vents 
grande quantité d'arbres ont été Froids du nord -est qui se font sen- 
ébranlés, et leurs bois se sont trou- tir pendant long-tenis, flétrissent si- 
vés de peu de valeur quand ils ont tôt au prinrems les fleurs, les feuilles, 
été coupés. C'est toujours ce qui et les jeunes fruits ; c'est que dans 
arrive dans les hivers fort rudes ; ces circonstances les plantes perdent 
les fortes gelées de 1739 et 1740, plus qu'elles ne reçoivent; car il 
causcrciit un grand dommage aux est certain que l'humidité fait sortir 
Chênes dans la plupart des cantons la fieur de la racine malgré le Froid 
de l'Angleterre ; elles pénétrèrent les de la saison ; et elle ne laisse pas que 
laiiseaux qui contiennent la sévc, de s'élever un peu pendant l'hiver. 



35i FRO 

comme il le prouve par h seizième 
expéiience rapportée dans son livre. 

C'est par la même raison que les 
feuilles du bled se fanncnt et jaunis- 
sent lorsqu'elles sont exposées aux 
vents desiéclians ; ce qui iait que le 
laboureur déiire plutôt de la neige , 
qui , quoique très-froide , garantit 
cependant les racines de la gelée , 
met encore le froment à l'abri de 
CCS yents pernicieux, et le tient dans 
un état d'humidité et de souplesse. 

La méthode donnée par quelques 
Auteurs sur l'Agriculture et le Jar- 
dinage, paroît assez raisonnable: 
elle consiste à arroser les arbres dans 
les terres sèches, lorsqu'ils sont en 
fleurs, dans le moment où ces vents 
desséchans régnent et qu'il tombe 
peu de rosée ; sur-tout lorsque les 
jeunes fruits nouvellement formés 
sont encore tendres , pourvu néan- 
rnoins qu'il n'y ait point d'apparence 
de gelée : ils recommandent aussi , 
s'il survient une gelée continue, de 
bien couvrir les arbres et de les ar- 
roser en mcme-tems dans toutes 
leurs parties , pour imiter en quel- 
que sorte les procédés de la Nature. 

Quant aux abris en pente que 
l'on pratique contre les murailles au- 
dessus des arbres , ils ont souvent 
observé que , s'ils sont trop larges , 
ils privent les plantes des pluies et 
des rosées , et que cette privadon leur 
fait plus de tort que de bien, lors- 
que ces vents d'Orient sont d'une 
Içnguç durée, parce qu'ils arrêtent 



rhumidité qui pourrott les rafraî- 
chir et entretenir leur souplesse ; 
mais lorsqu'il survient une tortc ge- 
lée après de grandes pluies, ces 
abris et autres couvertures sont très- 
utiles pour prévenir la destruction 
totale des parties les plus délicates 
des végétaux , qui y sont d'autant 
plus exposées , qu'elles sont plus 
abbreuvées d'humidité. 

FROMAGER , ou Jrhe à coton 
de soie. Foyei BOMBAX PENTAN- 
DRUM. JACQ. 

FROMENT. Foyei Triticum. 

FRONDOSUS, se dit d'une 
pbnte très-garnie de feuilles ou de 
branches. 

FRUCTIFER, qui porte du fruit. 

FRUITS PRÉCOCES ou PRIN- 
TANIERS, manière de s'en procu- 
rer. Jardin Primanier. 

Pour avoir des Fruits précoces , il 
faut construire une muraille de dix 
pieds de hauteur et d'une longueur 
proportionnée au nombre d'arbres 
que l'on destine à porter des Fruits 
pendant trois ans : on trouvera à l'ar- 
ticle Mur toutes les instructions re- 
latives à leur construction. 

La muraille étant disposée comme 
elle doit l'être, on trace une plate- 
bande de quatre pieds de largeur à 
l'exposition méridionale de ce mur ; 

oa 



F R U 
CJT enfoiice dans la terre eu ligne 
droite des madriers de quatre pouces 
d'épaisseur sur les bords de la plate- 
bande, afin de pouvoir poser un 
vitrage par-dessus ; ce vitrage doit 
pencher 5ur le miu" pour abriter les 
Fruits suivant qu'il est nécessaire. On 
coupe ensuite des solives de sapin 
de quatre pouces de largeur, pourles 
placer entre deux vitrages, et les 
poser dessus, et l'on ménage à chaque 
extrémité des cadres, une porte qu'on 
puisse ouvrir pour introduire de l'air 
lorsque la direction du vent le permet. 

On construit ces cadres de ma- 
nière que, quand la premiere partie 
des arbres a été forcée, on puisse les 
avancer sur ceux qui sont destinés 
pour l'année suivante, et ensuite sur 
ceux de la troisième année ; car ces 
arbres ne doivent ctre forcés qu'une 
fois chaques trois ans; ils auront ainsi 
deux années pour se rétablir , et 
conserveront par ce moyen trcs- 
long-tems leur vigueur. On ne peut 
forcer que les arbres qui ont atteint 
toute leur vigueur, parce que ceux 
qui sont nouvellement plantés n'y 
résisteroient point; d'ailleurs ces pre- 
miers donneront des Fruits beaucoup 
plus beaux et de meilleur goût. 

Les Fruits qu'on peut planter sous 



ces vitrages sont ; 



La Pèche hâtive, l'Albermaie, la 
Pèche précoce de Nevington , et la 
pèche brune muscade. 

Les Brugnons précoces de M. 
F^irchild , !c Rouge de Nevingron. 
Te me III. 



FRU 353 

-L'Abricotier nuîlc, le Duc de 
Mai et le Cerisier de Mai. 

Le Chasselas et la Grappe noire. 

Le Groscillcr blanc de Hollande, 
le Vcrd précoce Hollandois ce les 
Groseiilcrs de Noyer. Les Groseillers 
en grappes, le Gros Blanc Hollan- 
dois , le Gros Roiigc Hollandois. 

On a observé que ces arbres souf- 
frent beaucoup si on leur applique 
la chaleur avant le milieu ou la fin 
de Janvier. Le temps le plus propre 
pour avancer les Cerises-Duc et les 
Abricots , est vers le milieu de ce 
mois; le Fruit de l'Abricotier mâle 
sera aussi gros qu'une Cerise- Duc 
au commencement de Mars, et on 
l'aura mûr au commencement du 
mois de Mai. , 

Les Cerisiers lorccs par cette mé- 
thode , ne réussissent pas aussi bien 
que les Abricotiers , quoique les 
Cerisiers durent quelquefois pendant 
sept ans dans un assez bon état ; mais 
les Abricotiers porteront et prospé- 
reront plusieurs années. 

Le Brugnon précoce de M. Fair- 
child mûrit ordinairement vers la 
fin de Mai, s'il est forcé en même 
tems , et le Brugnon Nectarine le sui- 
vra. Les diiïcrentcs Prunes printa- 
nieres mûrissent vers la fin de Mai: 
les Groseilles sont propres à faire de» 
tourtes dans le mois de Mars , et 
mûrissent à-pcu-prcs vers le milieu 
d'Avril. 

Les G roseillers à grappes , au moyen 
de la même chaleur qui mûrit les 



554 fR^ 

Ct-risescn Avril, donneront des Fruits 

iTiûrs en n-.cme-tcms, et peut-être 
plutôt. Il est inutile de laisser entre 
CCS arbres une distance aussi grande 
que s'ils croient en plein air: huit ou 
neuf pieds d'intervalle suffisent , 
parce t]ii'ils ne poussent jamais avec 
autant de vigueur, et ne durent pas 
aussi long-tems. 

Les parties supérieures de la mu- 
raille étant garnies d'Abricotiers , de 
Bru canons , de Pêchers et de Pru- 
niers , les parties inférieures doivent 
erre remplies par des Groseillers à 
grappes , des Groseillers ordinaires 
et des Rosiers. Les arbres destinés à 
ctrc forcés, doivent être taillés aussi- 
tôt que leurs feuilles commencent à 
se flétrir , afin que les boutons laissés 
sur les branches puissent recevoir 
toute la nourriture de ces branches, 
ce qui les fera gonfler et les rendra 
déjà forts pour le tems où l'on com- 
mencera à les échauffer. 

Manière d'attacker ces Arbres. 

Chaque branche doit être fixée 
aussi prés du mur qu'il est possible, 
parce que le Fruit qui y touche par- 
vient à sa perfection un mois avant 
celui qui en est à quatre pouces. 

Il arrive quelquefois que le liaut 
de ces arbres produit des fleurs plus 
d'un mois ou six semaines avant les 
branches inférieures , et souvent on 
voit une branche couverte de fleurs 
et même de Fruits presque à leur 



F R U 

grosseur , tandis que dix ou douze 
branches du même arbre n'ont point 
encore poussé ; cependant l'aibrc 
réussit , et il n'est pas extraordinaire 
de voir du Fruit mûrir successive- 
ment siir ces arbres pendant trois 
mois de suite. 

Pour ce qui regarde les Groseil- 
lers en espaliers que l'on met sous 
ces vitrages, il faut en attacher au 
mur le plus de branches qu'il est 
possible , et laisser les autres à une 
certaine distance pour succéder aux 
premieres. 

Si on les transplante en automne , 
et qu'on en ait un soin convenable , 
ils porteront du Fruit dès la premiere 
année, comme s'ils n'avoient pas été 
transplantés; mais ces plantes durent 
rarement plus de deux ou trois ans. 
On peut traiter les Groseillers à 
grappes et les Rosiers de la même 
manière, et la meilleure espèce de 
Rose pour être forcée, est la Rose de 
tous mois ; on doit toujours tailler sa 
tête vers la fin de Juillet ou au com- 
mencement d'Août pour lui faire 
pousser un grand nombre de bou- 
tons à fleurs. 

Manière de mettre le Fumier. 

Avant d'employer le fumier , iî 
faut le mettre en tas pendant huit 
jours derrière la muraille , et on le 
retourne ensuite, afin que sa chaleur 
soit par-tout égale et constante. 

Apres cette préparation , en k 



F R U F R U 3J5 

meta quatre pieds d'épaisseur au faut pas moins ouvrir les deux portes: 

bas du mur, et l'on continue à et boucher leur ouverture avec des 

l'amonceler de manière qu'il n'ait nattes pour corriger le fioid de l'air 

que deux pieds d'épaisseur au haut qui doit circuler sous les vitrages, 
de la muraille. Il suffit de changer deux fois îc 

Lorsque ce tas de fumier, qui fumier pour faire mûrir les Cerises, 

doit être de quatre pouces moins on pourra en avoir au mois d'Avril 

élevé que le mur, sera affaissé de dans la supposition que chaque quan- 

deux pieds dans six semaines, on en tité de fumier restera six semaines 

ajoutera du nouveau , parce que cette derrière le mur. 
premiere chaleur n'aura fait que gon- Pour ce qui concerne les Abricots , 

fier les boutons des arbres ou sortir les Raisins , les Brugnons , les Pêches 

quelques fleurs. et les Prunes, il faut continuer la 

A proportion que la gelée aura chaleur jusqu'au mois de Mai ; mais 

plus ou moins d'influence surlesbou- on ouvre quelques châssis le matin 

tons, ils donneront des fleurs et des aux mois de Mars et d'Avril lorsque 

Fruits plutôt ou plus tard. le vent ne souffle pas, et que le soleil 

Si CCS arbres sont couverts de est chaud ; on les laisse jouir de la 

vitrage un mois avant qu'on ait mis pluie tandis que ces Fruits ont encore 

le fumier , les fleurs paroîtront plu- à croître : mais il faut en garantir les 

tôt ; car quoique les boutons ne arbres lorsqu'ils ne sont encore qu'en 

soient pas détruits par les gelées, ce- fleurs; car si l'humidité séjournoit 

pendant le plus ou moins de froid dans le centre de la fleur , et qu'elles 

qu'ils supporteroient,les rendroit plus fussent ensuite exposées aux rayons du 

ou moins secs et plus difficiles à soleil qui pénétre à travers les vitra- 

s'ouvrir. ges, elles scroicnt en danger d'ctie 

Si le tems est doux, il ne faut attaquées de pourriture. 
jamais les priver de la pluie , jusqu'à Quand le fumier qui est placé dcr- 

ce que les boutons commencent à riere lemur a perdu toutesachaleur, 

pousser ; après ce tems on tient tou- on le met en tas , et lorsqu'il est 

jours les vitrages fermésen attendant tout-à-fait pourri , on l'emploie 

que la chaleur du soleil commence à pour engraisser les mauvaises terres, 

être un peu forte. ou bien l'on ranime sa chaleur avec 

Quand le soleil se fait sentir , on du nouveau fumier que l'on y mclc, 

ouvre les portes qui sont à chaque et l'on s'en sert pour des couches, 
extrémité des chassis si le vent n'est En plantant des arbres sous ces 

pas trop froid ; et si dans l'espace de vitrages , il faut observer encore de 

quinze jours ce tems n'arrive pas, ilnc placer les Fruits précoces ensemble , 

Yy z 



^6 



F R U 



et les tardifs ;\ parti car on nriroit 
beaucoup aux arbres printanicrs en 
leur donnant de ia chaleur après 
que leurs fruits sont passés , tandis 
que !cs autres en demandent encore; 
quelques uns exigeant même cette 
chaleur artificielle jusqu'au mois de 
Mai. 

On peut planter aussi , près du 
fond des chassis, un rang ou deux 
de Fraises ccailates, qui donneront 
du fruit à la fin de Mars ou au com- 
mencement d'Avril. 

On aura peut- être dans le mois 
d'Avril de la vigne en fieurs, qui 
donnera des fruits mûrs dans k mois 
de Juin. 

On peut ainsi planter çà et là 
des Rosiers de tous mois , des Jacin- 
thes , des Jonquilles , des Narcisses, 
des Tubéreuses , et des Tulipes prin- 
tanieres. 

La méthode de forcer les arbres 
fruitiers par le moyen des murs à 
fourneaux, est amplement détaillée 
sous l'article des Murailles à Feu. 

FRUIT (t/z) est la production 
d'un arbre ou d'une plante qui sert 
•à multiplier son espèce ; suivant 
cette définition , le mot Fruit com- 
prend toutes sortes de semences 
-.i.vec ce qui les accompagne, et les 
Botanistes s'en servent pour désigner 
proprement cette partie d'uneplantc 
qui renferme les graines que les 
Latins appellent Fructus jCt les Grecs 

Les Fruits de quelques plantes 



- ^ F R U 

sont produits simples comme leurs 
fieurs ; d'autres sont en grappes 
comme la plupart des arbres frui- 
tiers : il y en a de charnus et de 
secs. 

Le mot Fruit exprime aussi un 
assemblatre de semences dans une 
plante , comme dans les Pois , les 
Fèves , les Renoncules , etc. de ma- 
nière que cette signification esc 
générale pour toutes sortes de grai- 
nes , soit nues , soit renfermées 
dans une envcLppc, une capsule ou 
un légume , qu'elle soit osseuse , 
charnue , couverte d'une simple 
peau ou membraneuse , etc. 

Le Fruit est le résultat du déve- 
loppement du germe de la fleur, 
La structure des Fruits diffère dans les 
diftérentes espèces ; mais leurs par- 
tics essentielles paroissent n'être 
qu'une expansion de ce qu'on voit 
dans les autres parties de l'arbre. 
Le Docteur Beale prouve par de 
bonnes raisons , que les parties les 
plus éloignées de l'arbre communi- 
quent avec les Fruits , et qu'ils ne 
sont qu'un prolongement des mêmes 
fibres. 

Ainsi , en coupant une Pomme 
tranversalement , on Li trouv;era 
composée de quatre parties: savoir. 
1°. L'écorce ou la peau, cortex :y 
qui n'est qu'une continuation de l'é- 
corce de l'arbre. 2°. L^ne pulpe, 
qui est l'extension et une modifi- 
cation particulière de l'écorce inté- 
rieure. 3°. Les fibres ou ramifica- 



F R U F R U 357 
lions de la partie ligneuse de l'arbre, riun: est une substance d'un goût 
4°. Le cœur, qui esc une pi-oduciion acide et de forme globulaire , ras- 
de la moelle de la plante , renforcée semblée dans les parties pierreuses 
par les rameaux du bois et des fibres dont il vient de;re question, 
qui sont entremêlés , et forment la II y a quatre parties dans les Pru- 
cellule par laqiielle les pépins pui- nés , les Cerises , cet. ; savoir une en- 
sent le jus de la chair pour en for- velopj-re , un parenchyme , une ra- 
mer l'amande. mification et des pierres. La pierre 

Les Auteurs comptent gc'nérale- consiste en deux parties fort difFc- 

ment quinze branches de fibres , rentes ; l'extérieure ou la partie la 

dont dix pénètrent dans la chair et plus dure , appelée Pierre j Noyau 

s'inclinent à la base de la fleur ; les ou Coque j est une concrétion pier- 

cinq autres rempent sur le pédon- reuse , formée par les calculs de la 

cu!e, se mêlent avec les précédentes sève, comme les amandes ou pcpins 

à la base de la fleur , et servent de dans les Poires. L'intérieur , qu'on 

points d'appui aux capsules de l'a- nomme Amande j est mou , tendre , 

mande. l^'^<^t, et produit par la moelle de 

Ces branches s'ciendcnt d'abord l'arbre qui pénétre sa b.ise , par le 

à travers la partie charnue de la moyen des branches séminales, 

fleur , et lui fournissent Ja matière La Noix et le Gland sont com- 

nécessaire à son accroissement ; mais posés dune coque et d'une subs- 

à mesure que le Fruit augmente , il tance médullaire : la coque consiste 

intercepte la sève nourricière, et eu unecouverrure et un parenchyme, 

alors la fleur-se fanne et se détache, qui sont produits , la premiere par 

On distingue cinq partiesdans une le bois , et le second par l'écorce de 

Poire, qui sont la peau , la chair , l'arbre. 

les ramifications , le pépin et Yaceca- Le Cortex a une partie intérieure 

rium. et extérieure ; la premiere est un 

Les trois premieres parties se trou- doublement ou pli de la tunique 

vent également dans la Ponime ; intérieure de la coque; la seconde 

1 amande , observée principalement est une substance niousseuse , dérivée 

dans des Poires acres et cassantes , de la même source que le parenchy- 

est composée de corpuscules forts , me de la coque; mais les Auteurs ne 

dispersés dans tout le parenchyme , sont pas d'accord si le medulla ou 

mais en plus grande quantité et plus la chair de l'amande provient de k 

rapprochés vers le centre ou Accca- moelle ou de la partie corticale. 

rium ; elle est formée de la partie Les baies , les grappes , etc. outre 

pierreuse du suc nutiitif. UAceca- les trois parties générales , qui son-c 



358 F R U 

l'enveloppe , le parenchyme et les 
ramifications , contiennent encore 
des graines d'une nature pierreuse, 
qui servent de semences. 

Les Fruits servent en général pour 
préserver et nourrir les semences 
qui y sont renfermées , en séparant 
des sucs nutritifs de la plante , les 
matières terrestres et grossières qu'ils 
retiennent pour eux-mêmes, et en 
ne fournissant que les parties les plus 
pures et les pkn élaborées pour nour- 
rir les semences, ainsi que l'embryon 
tendre et délicat qui y est contenu. 

FRUIT SOLAIRE. Foyei Helio- 
CAR.POS. L. 

FRUMENTACENS , terme qui 
s'applique par les Botanistes à toutes 
les plantes qui ont quelque ressem- 
blance avec le Froment , nommé en 
Latin Frumemum j soit par leurs 
fruits, leurs feuilles, leurs épis, etc. 

FRUMENTUM INDICUM. r. 

Zea. 

FRUTEX , signifie un arbrisseau ^ 
un végétal j qui tient le milieu entre 
l'arbre et la plante herbacée , mais 
d'une substance ligneuse. Il est assez 
difficile de déterminer quelle est la 
vraie limite qui sépare les arbres des 
arbrisseaux , et le véritable point ou 
l'on peut placer la ligne de démar- 
cation , pour coni.oître précisément 
pu les uns finissenr et les autres com- 



F R U 

ment ; comme on ne peut rien sta- 
tuer d'après le plus ou le moins de 
hauteur , la meilleure définition 
qu'on puisse donner d'un arbrisscaa 
pour le distinguer d'un arbre, est 
qu'il pousse plusieurs tiges des mêmes 
racines, au lieu que l'arbre n'a qu'un 
seul tronc. 

FRUTEX PAVONIUS. r. PoiN- 

CIANA. 

FRUriCOSUS , se dit des plantes 
qui ont une substance dure et ligneu- 
se , et ne s'élèvent pas à la hauteur 
des arbres. 

FllCHSIA. P/um. Nov. Gen. 14. 
Lin. Gen. Plant. 1097. 

Cette plante a été ainsi nommée 
par le pcre Plumier , qui l'a décou- 
verte en Amérique , en l'honneur de 
Léonard Fuchsius , savant Botaniste. 

Caractères. La fleur n'a point de 
calice ; la corolle n'a qu'un pétale 
avec un tube fermé, dont le limbe 
est légèrement découpé en huit par- 
ties , terminées en pointes aiguës ; 
la fleur a quatre éramines aussi lon- 
gues que le tube , et terminées par 
des sommets obtus. Sous la fleur est 
placé un germe ovale , qui soutient 
un style simple , couronné par un 
stigmar obtus : ce germe se change 
ensuite en une baie succulente , 
marquée de quatre sillons, à quatre 
cellules , dont chacune contient plu- 
sieurs semences pçtites et ovales. 



F U C 

Ce genre de plantes est rir;gc 
dans la premiere lection de la qua- 
trième classe de LinnÉE , intitulée : 
Tcirdndryi Mono^nïe j a\'ec celles 
dont les fleurs ont quatre ccamincs 
et un style. 

Nous ne connoissons à présent 
qu'une espèce de ce genre. 

Fucksia triphylla. Lin. Sp. Plant. 
1 1 9 I ; Fuchsia à trois feuilles. 

Fuchsia triphy lia , flore coccineo. 
Plum. Nov. Gen. 14. r. 133./ 15 
Fuchsia à trois feuilles, et à fleur 
écarlate. 

Fucksia peduncuUs uni- fions. Lin, 
Syst. Plant, vol. 1. p. 160. 

Cette plante , qui est originaire 
des parties les plus chaudes de l'A- 
mérique , a été découverte par le 
père Plumier , dans quelques - unes 
des Isles Francoises ; mais depuis , le 
Docteur William Houstoun l'a ren- 
contrée à Carthagène dans la nou- 
velle Espagne , d'où il a envové ses 
semences en Angleterre. 

On la multiplie par ses graines , 
qu'on seme dans des pots remplis de 
terre riche et légère , et qu'on plonge 
dans une couche chaude de tan , en 
les traitant comme les semences des 
autres plantes des pays chauds : un 
mois ou six semaines après qu'elles 
ont été mises en terre , les plantes com- 
menceront à paroître ; alors il faut 
les débarrasser avec soin de toutes 
les mauvaises herbes , ec les arroser 
souvent pour avancer leur accrois- 
sement ; lorsqu'elles ont atteint U 



FUC 359 

hauteur d'environ deux pouces , en 
les enlevé , on les sépare avec pré- 
caution , et on les plante ensuite 
chacune dans un petit pot rempli de 
terre riclie et légère, qu'en replonge 
dans une couche chaude de tan , et 
qu'on tient à l'ombre jusqu'à ce 
qu'elles aient formé de nouvelles 
racines , après quoi il faut leur don- 
ner tous les jours de l'air frais à 
proportion de la chaleur , et les arro- 
ser souvent. A mesure que la saison 
avance et devient chaude, on donne 
-plus d'élévation aux vitrages de la 
couche , pour donner plus d'air aux 
plantes et les empêcher de filer ; 
quand elles sont devenues assez 
h.uites pour atteindre les vitrages , 
on les tianspcrte dans la serre chau- 
de, et on les plonge dans la couche 
tan. 

Ces plantes exigent d'etre tenues 
très-chaudement en hiver : on ne 
leur donne que .très-peu d'eau dans 
cette saison ; mais en été on les 
de arrose souvent. 

Comme elles sont trop tendres 
pour profiter en plein air dans notre 
climat , même pendant la saison la 
plus chaude de l'année, il laut les 
garder constamment dans la serre , 
leur donner beaucoup d'air frais ea 
été , et les tenir très-chaudement en 
hiver ; au moyen de ce traitement, 
elles produiront leurs fleurs, et feront 
un très -bel cfTet parmi les autres 
plantes exotiques. 

RIMARIA. Lin. Cen.Plant.-jGOr 



3<îo F U M 

Toum. înst, R. //. 411. 7'.7\ 237; 

Fiimererre , Fie!-dc-terrc. 

Caractcrcs. Le calice de la flcnr 
C5t composé de deux fciiillcs égales 
çt opposées ; la fleur est de l'espèce 
dcsPcrsonnées, et approche des Pa- 
pilionnacéçs : sa lévrc supérieure esc 
iinic, obtuse, dentelée au sommet 
et réfléchie ; le nectaire qui occupe 
sa base , esc obtus et déborde un 
peu ; sa lévre inférieure est sem- 
blable à celle du haut dans toi: tes 
jes parties; mais sa bise est en 
forme uc carcnc ; le nectaire de sa 
base déborde un peu mxins ; l'ou- 
verture de la corolle est quarrée , 
obtuse, et parfaitement divisée en 
deux panics ; elle a six étamines 
égales et larges dans chaque fleur, 
divisées en deux corps , renfermées 
dans les deux lèvres, et terminées 
chacune par trois sommets : dans 
jon centre est placé un germe 
oblong qui soutient un style court 
«.■t couronné par un stygjTiat orbicu- 
laire et comprimé ; ce germe se 
change dans la suite en une silique 
courte , et a une cellule qui ren- 
ferme des semences rondes. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la premiere section de la dix- 
septième classe de LiNNÉE, qui a 
pour titre : Dlddclplnc Hexandrie , 
et dans laquelle se trouvent com- 
prises celles dont les fleurs ont six 
étamines en deux corps : cet Auteur 
a joiPit à ce genre le Capnoïdes de 
Tpurncforc, le Cysticapaos deBoer- 



r u M 

rhaave , le Corydalis d;; Dillcnins, 
et le Cucullana de Jussicu, dont il 
n'a fait que des espèces. 

Les espèces sont : 

l"^. Fumarla officinalis ^ perle arp'ih 
monospermis raccmosis ^ caule diffusa. 
Lin. Sp. Plant, •yoo. Mad. Med. I 6 S. 
Neck. Galloh. p. 198. Scop. Carn. 
n, IGG. Regn. Bot. Pollich. Pal. n. 
66}. Mattusch. S'il. n. 5 I 5. Blachxv. 
t. 2.37. Kniph. Cent. i. n. 33. Funie- 
terrc avec un péricirpe à plusieurs 
branches, une simple semence, et 
une titre diffuse. 

I umaria perlcarpiis monospermis. 
Hort. Cnff. 252.V/. Suec. 584^ 
630. 7?c)y. Lugd.-B. 394. 

Fumarla offlcinarum et Dîoscoridisj 
flore purpureo. C.B. 143. Fumeterre 
à fleurs pourpres. 

Fumarla. Fusch. Hist. 358. Cam. 
Epit. 890. 

x^ . Fumarla spicata perlcarpiis 
monospermis spïcatls j caule erecto j 
folwlls fill-formibus. Sauv. Monsv, 
i6}. Fumeterre avec un péricarpe 
en épi, une seule sem.ence , une 
tige droite, et des feuilles filiformes. 

Fumarla tenul-folia j erect a j Hls- 
panica j purpurea. Ban: le. 41. 

Fumarla mlnor^ tenulfoUa, precox ^ 
scminc Uni. Morls. Hist. 1. p. 16 Z 
slvè 3 . tlt. l z. f. I ^ . 

Fumarla minor tcnui-folia. C. B. 
194 ; la plus" petite Fumeterre à 
feuilles étroites. 

Capnos tenul-folla. Clus. Hist. 2. 
/'. 208. 

3°. Fumarla. 



F U M 

lus j tetragonisj caulïbus diffusïs acut- 
angulis. Lin. Sp. Plane. 700 ; Finne- 
terre à siliqucs étroites et à quatre 
angles , ayant des tiges difFuses et 
des angles aigus. 

Fumaria semper virensj et florensy 
flore albo. Flor. Bat. Fumeterre tou- 
jours verte, ayant une Bcur blanche. 

Fumaria Capnoïdes. Syst. Plant. 
torn. i.p. ijcf.Sp.J. 

4°. Fumaria Capnoïdes siliquis tereti- 
iutj caulibus diffus is j angulis obtus is; 
Fumeterre avec des siliques cylin- 
driques, et des tiges diffuses à angles 
obtus. 

Fumaria lutea, C. B. 143 ; Fume- 
terre jaune. 

Fumaria lutea montana. Dakch. 
Hist. 1194. 

Fumaria Tingitana^ radicefibrosâj 
perennis j flore ex albo flavescente j 
siliquis curtis. Pluk. Aim. 161. t. ^o. 
f.z. 

Fumaria lutea. Syst. Plane, tom. 
3./7. 379. i>. 6. 

5*^. Fumaria claviculata siliquis 
linearibus j folds cirriferis. Lin. Sp. 
Plant. 701. Flor. Dan. t. 340; Fu- 
meterre avec une silique étroite , et 
des vrilles aux feuilles. 

Fumaria claviculis donata. C. B. 
p. 143- Moris. Hist. 1.. p. 166 sivè 
3. t. 11. f. 3. Fumeterre avec des 
vrilles. 

Fumaria alba latl- folia. Raj. Angl. 

3-/'-3 3î- 

6°. Fumaria capreolata pericar- 

piis monospermis racemosis j foliis 

Tome III, 



F U M 3^1 

scandentibus j sub- cirrcsls. Lin. Sp. 
Plant. 70 I. Fumeterre avec des pé- 
l'icarpes disposés en grappes , ayant 
une seule semence , et des feuilles 
grimpantes garnies de courtes vrilles. 

Fumaria major scandens j flore 
pallidiore. Raj. Hist. 40 5 ; la plus 
grande Fumeterre grimpante à fleur 
plus pâle. 

Fumaria viiicuUs et capreolis plan- 
lis vicinis adherens. Bauh. Pin. 145. 

7°. Fumaria cava caule simplici ^ 
bracteis longitudine florum. Lin. Sp. 
Plant. 699. Fumeterre avec une 
tige simple, et des bractées aussi 
longues que les fleurs. 

Fumaria bulbosa ^ radice cava 3 
major. C. B. p. 1 43 i la plus grande 
Fumeterre bulbeuse à racine creuse. 

Pistalochia. Fuchs. Hist. 9 l . 

8°. Fumaria bulbosa caule sim- 
plici J bracteis brevioribus j multi- 
fidis y radice solidû; Fumeterre avec 
une tige simple , ayant des bractées 
plus courtes et à plusieurs pointes , 
et une racine solide. 

Fumaria bulbosa , radice non cavâ^ 
major. C. B. p. 144. Knorr. Del. \. 
t. H. f)-, la plus grande Fumeterre 
bulbeuse avec une racine solide. 

0°. Fumaria cucularia scapo nudo. 
Hort. Cliff. 351. Gron. Virg. 103. 
Roy. Lugd.-B. 393. Fumeterre à 
tige nue. 

Capnorchis Americana, Boërh. Ind. 
Alt. \. p. 309 ; et la Fumaria tuhe- 
rosa insipida. Cornut. Canad. 1 27. 

Zz 



3.<J* F U M 

lïimcterre tubéreuse et insipide , 
Fumcterre à capuchon. 

Bicucullata Canadensis j radiée tu- 
berosâ squamacâ. Aet. Paris, lyjj* 

IO°. Fumaria \esiearia siliquis 
glohosisj inflatis. Hon. Upsal. lOJ. 
Fumeterre avec des siliqiies globu- 
laires et gonflées. 

Fumaria , foliis cirriferis j si- 
liquis ovatis infiacis pendidis. Hort, 
Cnf. 7,^1. Roy. Lugd.-B. 394. 

Fumaria alha vesiearia j eapreoîis 
donata ^ suhexitum autumnï florcns , 
^thiopiea. Pluk. Aim. 400. t. 335. 
/. 3. 

Cysticapnos Afrieana scandens. 
Boërh. Ind. Alt. ï. p. 310. t. 3 lO. 
Cysticapnos grimpant d'Afrique. 

II''. Fumaria eruieaphylla , foliis 
triternacis j foUolis eordatis. Lin. Sp. 
Plant. 700. Fumeterre à feuilles à 
trois lobes tournés en forme de 
cœur. ■ 

Fumaria enneaphyllos Hispaniea 
saxatilis.Boee. Mus. z. p. 83. i. 73. 
Raj. Suppl. 475. Barr. h. 41. Fu- 
nieterre d'Espagne à cinq feuilles , 
qui croît dans les rochers. 

Fumaria radiée jihrosâ j foliis ad 
petiolum sinuatis j crassioribus. Pluk, 
Aim. 161. 

1 1**. Fumaria semper virens sili- 
quis linearibus , paniculacis j eaule 
srecto. Hon. Upsal. 207. Kniph. 
Cent, ii.n, 47. Fumeterre à siliqucs 
linéaires , disposées en paniciilcs , 
ce à tige droite. 



F U M 

Capnoides. 1 ourn. inst, 7î . ff . 4 z 3 . 
Fumeterre bâtarde. 

Fumaria caule ereeto ramoso j si- 
liquis fili-formihus ccrymbosis. Hort. 
Ciiff. 351. F.oy. Lugd.-B. 394. 

Offieinaiis. La premieie espèce 
est la Fumeterre commune dont on 
se sert en médecine : elle croît na- 
turellement dans les terres labourées 
de la plus grande partie de l'Angle- 
terre ; elle est basse et annuelle, 
et fleurit en Avril , en Mai et en 
Juin : quelques-unes de ces plantes 
poussent fort tard en été, et four- 
nissent une seconde récolte en au- 
tomne. Le suc de cette espèce esc 
fort recommandé pour les coliques 
bilieuses \ on ne la cultive point dans 
les jardins ( i). 

(1) La FuiTieterre contient beaucoup 
plus ai parties résineuses que la Cen- 
taurée; aussi est-elle plus amère j plus 
ch.iude et plus active. Cette plante est 
detersive, incisive, échauffante , stoma- 
chique j anteimintique , anti - putride, 
fébrifuge , aperitive , fortifiante , &c. 
On l'emploie fréquemment dans la plu- 
part des maladies chroniques, les vicej 
de digeftion, les fièvres intermittentes, 
rinertie de la bile, les suppressions des 
évacuations habituelles , les fleurs blarr- 
ches , le chlorosis , les diarrhées opiniâ- 
tres , la cachexie , le scorbut , S:c. 

On en fait aussi des teintures et Aes 
extraits aue l'on administre dr,ns les 
mènes circonstances. La meilleure ma- 
nière de préparer cette plante , est en 
infusioii froide vineuse; on la prépare 
aussi avec le petit l,ùt ou du bouillon dt 
veau. 



F U M F U M 3fî3 
Spîcata. La seconde est origi- est qu'une varicté ■■, elle en est ccpcn- 
naire de h France méridionale , de dant rout-à-fait distincte; car je les 
l'Espagne et du Portugal ; on la con- ai culcivces toutes deux pendant 
serve dans les jardins Botaniques plus de quarante années, et je ne 
pour la variété. Cette plante an- les ai jamais vu varier. Les tiges de 
nuelle se reproduit d'elle-même cette espèce ont des angles émous- 
beaucoup mieux que si ses graines ses, au- lieu que ceux de la rroi- 
étoicnt semées avec soin ; ses tiges sieme sont aigus ; elles sont de cou- 
sont plus érigées; ses feuilles sont leur pourpre; et ses fleurs, qui crois- 
joliment divisées, et ses fleurs^ qui sent en panicules plus clairs, sont 
croissent en épis serrés , sont d'un portées par de plus longs pédon- 
rougc foncé, et paroisscnt à-peu- cules ; elles sont d'un jaune brillant, 
près dans le même tems que celles et se succèdent pendant une grande 
de l'cspcce commune. partie de l'année. Ces deux espèces 
Alba. La troisième, qui se trouve conservent constamment leur ver- 
sur les rivages de la'Méditcrranée, dure, excepté dans les fortes gelées ; 
a d'abord été apportée de Tanger elles sont toujours en fleurs, et ont 
en Angleterre. Cette plante est viva- une belle apparence; elles se plaisent 
ce, et sa 'racine produit plusieurs surlesmurailleset les rochers, et sont 
tiges branchues et disposées en pa- fort propres à garnir les grottes et 
quets,qui s'élèvent à la hauteur de les ouvrages en rocailles , où elles 
fîx ou huit pouces ; ses feuilles sont se multiplieront assez de semences 
trcs-divisées, ses tiges angulaires; et écartées par l'élasticité de leurs val- 
ses fleurs, placées en panicules clairs vules, qui les lancent, quand elle* 
sur des pédoncules nuds qui sortent sont mûres , à une distance considé- 
des divisions des branches, sont d'un rable. Comme ces plantes n'exio^ent 
jaune blanchâtre , et se succèdent aucun soin, on dcvroit en avoir dans 
pendant la plus grande partie de tous les jardins. 
l'année. Claviculata. La cinquième, qui 
Capnoïdes. La quatrième ressem- croît dans les endroits pierreux et 
ble si fort à la troisième, que plu- sablonneux de la plus grande partis 
sieurs personnes pensent qu'elle n'en de l'Angleterre, est une plante an- 
,___ nuelle dont les tiges sont traînantes, 

et les feuilles armées de vrilles , au 

La Fumeterre entre dans la composi- „ j u „ii > .^ i 

... '^ , moyen desquelles elles s attachent 

tion du sirop qui porte son nom, dans ' , ■ ■ un- 

IVlectuaire de Psyllio , dans celui de ^"^ P^^"^" ^'"'^'"" ' ^"^ ^^<-'""^ ^'^ 

Séné, dans la confection Hasnel, dans Mai et en Juin; mais on ne la cul- 

le syrop de chicorrce composé , Sec. tive jamais dans les jardins. 

Z z î 



3<?4 f U M 

Capreolata. La sixième est aussi 
anauelle; ses tiges sont traînantes, 
d'un pied de longueur, et pour- 
vues de vrilles par lesquelles elles 
s'accrochent à tous les objets qui 
sont à sa portée ; ses fleurs , d'une 
couleur herbacée, blanch.'ares et 
marquées d'une tache pourpre sur 
leur lèvre supérieure , sortent en pa- 
quets clairs sur les parties latérales 
èiZi tiges, dans les mois de Mai et 
de Juin; elle croit à l'ombre dar.s 
des lieux pierreux de la France mé- 
ridionale et de l'Italie. 

Cava. La septième, qui est aus.i 
originaire de la France méridionale 
et de l'icalie, a été pendant quel- 
ques années l'ornement de nos jar- 
dins', mais elle est à présent tort rare 
en Angleterre. On lui a donné le 
nem de Radix Cava ou de Racine 
cre.vjc'jparcequ'elleadegrosîes bulbes 
dont le ccnrre est vuiJe ; sa tige 
s'élève à la hauteur d'environ six 



A\, 



pouces; cilc ne se uivise pas, et sa 
base est garnie d'une feuille divi- 
sée qui ressemble à-peu-prcs à celles 
de la fumctcrre commune , mais dont 
les lobes sont plus larges : ses fleurs 
naissent en épis au sommet de la 
tiiîe; elles sont d'ime couleur pale 
herbacée , et paroissent en Avril. 
Cette plante se plaît à l'ombre , et se 
muliiplie par ses rejettons , parce 
que ses semences mûrissent rarement 
en Aiigleterre. 

Bulbosa. La huitienie est assez 
commune dans plusieurs anciens jar- 



F U M 
dins de l'Angleterre ; elle croît sans 
culture dans la France méridionale, 
en Allemagne et en Italie ; sa racine 
est grosse, ronde, solide , de couleur 
jaunâtre, et produit dcsfci'illcsbrnn- 
chues comme celles de l'espèce pré- 
cédente , mais dont les lobes sont 
plus longs ; ses fleurs croissent en 
ép^s Mw extrémités des tiges ; elles 
sont de couleur pourpre , et pa- 
roissent dans le commencement du 
p; interns: les tiges de cette espèce 
sor.t simples, et s'élèvent à la hau- 
teur d'environ quatre ou cinq pouces. 
La plus grande partie f^GS Auteurs 
tie Botanique" font mention d'une 
variété de cette espèce à fleurs ver- 
tes; mais toutes celles que j'ai vues 
jusqu'à présent sont abortives , et 
n'ont point de fleurs réelles , mais 
seulement des braciécs vertes qui 
ont été généralement prises pour 
des fleurs : on l-ait aussi mention 
d'une plus grosse espèce; mais si elle 
existe, et qu'elle soit réellement dif- 
férente de l'espèce commune, je ne 
la conncis point, non plus que les 
espèces à fleurs jaunes et blanches, 
qui sont aussi décrites dans plusieurs 
Livres. 

Cucularia. La neuvième, qui" se 
trouve dans l'Amérique Septentrio- 
nale, a une racine écailleuse et de 
la grosscurd'unencisettc ,delaquelle 
sortent trois ou quatre feuilles sur 
de minces pét-olcs ; elles sont divi- 
sées en trois parties, dont chacune 
est eacore découpée en plusieurs seg- 



F U M F U M ^6^ 
hiens plus petits, qui ont des lobes quelles est renlermc i:n r.'.ng de 
éaoits et séparés en trois parties petites semences luisantes, 
presque jusqu'au bas : la tige de fleurs On multiplie cette espèce par ses 
est nue, longue de huit à ncut graines, qu'il faut répandre au prin- 
pouccs, et terminée par quatre ou tems sur une couche de chaleur mo- 
cinq ficurs disposées en épi clair , dcréc. Lorsque les plantes sent assez 
et formées par deux pétales réflé- fortes, on les met chacune séparé- 
chis en arrière, par une espèce de ment dans de petits pots remplis de 
fourche placée à leur base près du terre légère, et on les replonge dans 
pédoncule, et par deux nectaires cor- la couche chaude, où on les tient à 
nés et horisontalement placés. Ces l'ombre jusqu'à ce qu'elles aient for- 
fleurs sont d'un blanc sale ; elles pa- mé de nouvelles racines , après quoi 
roiisent en Mai , mais elles produisent on leur donne beaucoup d'air dans les 
rarcmentdessemenccsenAngleterre. tems doux pour les empêcher de 

On multiplie cette plante par les filer ; et aussitôt que la saison est 

rejettons de sa racine ; elle se plaît à fiivorable , on les accoutume à sup- 

l'ombre et dans un sol léger : on porter le plein air, auquel on peuc 

transplante ces racines en automne les exposer tout-à-fait au commen- 

quand leurs feuilles sont flétries ; car cement de Juin : alors on les tire des 

il ne seroit pas prudent de le faire pots avec leurs mottes, et on les place 

au printems, parce qu'elles poussent dans des plates-bandes chaudes, où 

de très-bonne heure. l'on soutient leurs tiges pour les empê- 

Fesicarin. La dixième, qui croît cher de traîner sur la terre : ces plan- 
spontanément au Cap de Bonne- tes fleurissent en Juillet, et leurs fleurs 
Eipérance, est une plante annuelle se succèdent jusqu'à ce que les eeîées 
dont les tiges sont traînantes, de les détruisent ; leurs semences mûris- 
deux OH trois pieds de longueur, sent en automne, 
divisées en plusieurs branches , et Ennsaphylla. La onzième naît sur 
garnies de petites feuilles branchues de vieilles murailles et dans des lieux 
comme celles de la fumetcrre com- pierreux en Espagne et en Italie 5 elle 
mune, mais terminées par des vrilles a des branches foibles, traînantes, 
qui s'attachent à tout ce qui les fort divisées , et garnies de petites 
avoisine, et qui servent à supporter feuilles découpées en trois parties , 
les tiges ; ses fleurs sont produites dont chacune a trois lobes en forme 
en panicules clairs sur les côtés des de cœur \ ses fleurs sont produites 
tiges ; elles sont d'un jaune blanchâ- en petits panicules clairs sur les 
trc, et sont remplacées par des sili- côtés des tiges ; elles sont d'un blanc 
ques globulaires et gonflées, dans les- verdâtrc, et paroissent dans la plus 



^66 F U M F U M 

grande partie de l'été : cette espèce viendront fort embarrassantes. Elles 

est vivace, et se multiplie d'elle- sont très-propres à orner les ruines, 

même par ses semences écartées •■, les grottes , et autres ouvrages en 

elle se plaît à l'ombre sur de vieilles rocaillcs , où elles produiront un 

murailles ou des décombres. très-bel effet , par la suite non in- 

Scntper virens. La douzième est terrompue de leurs fleurs, 

annuclie ; sa tige est droite, d'un Les cinquième, sixième, septième 

pied et demi de hauteur , ronde , et huitième espèces se multiplient 

fort unie, et divisée vers le haut en par leurs rejettons, comme les autres 

plusieurs branches garnies de feuilles plantes à racines bulbeuses ; elles 

unies, branchucs, de couleur pâle, produisent leurs fleurs au commen- 

et partagées comme celles de l'es- cement d'Avril, et ornent beaucoup 

pece commune ; mais les petites les plates-bandes des petits parterres: 

feuilles sont plus larges et plus ob- elles sont extrêmement dures ; mais 

tuses : ses fleurs , de couleur pourpre elles ne se multiplient pas beaucoup , 

pâle, avec des lèvres jaunes, sor- parce qu'elles produisent rarement 

tent en panicules clairs sur les côtés des semences dans notre climat , et 

des ti'^cs et aux extrémités des bran- que leurs bulbes ne poussent que 

ches , et sont remplacées par des très-peu de rejettons, sur-tout quand 

siliques étroites , cylindriques , et on les transplante souvent : elles se 

d'un pouce et demi de longueur , plaisent dans un sol léger et sablon- 

qui renferment plusieurs semences neux , où il faut les laisser pendant 

petites, noires et luisantes: cette trois ans sans les remuer, pour leur 

espèce fleurit pendant presque tout faire produire plusieurs rejettons. 

l'été , et ses graines mûrissent en La meilleure saison pour les trans- 

Juillct, en Août et en Septembre, planter, est depuis le mois de Mai 

Quand on lui donne le tems d'é- jusqu'en Août, quand leurs feuilles 

carter ses semences, les plantes pous- commencent à périr et à tomber; 

sent sans soin , et n'exigent d'autre car si on les enlevé lorsqu'elles sont 

culture que d'être éclaircies quand encore fraîches , on affoiblit beau- 

elles sont trop serrées , et tenues coup leurs racines, 
nettes de mauvaises herbes. 

On peut les laisser croître sur des FUMETERRE. Foy. FuMARIA. 
murailles, ou dans quelqu'endroit 

du jardin où le sol est de mauvaise FUMETERRE BULBEUSE. Foy. 

qualité ; car si on les met dans les Fumaria bulbosa. 
plates-bandes du parterre, elles y 

répandront leurs semences et de- FUMIERS. Ce sont àts engrais 



F U M F U M 3^7 
destinés à réparer répuisement des Asperges , des Concombres , des 
terres usées, et à Fertiliser les Raves, des Salades , etc. 
champs , dont le sol varie autant Le Fumier de cheval est le meil- 
que les qualités des Fumiers. leur de tous pour réchauffer des tcr- 
Quclques cantons sont trop res troides quand on peut s'en pro- 
froids , humides et composés de curer j mai^ s'il est employé seul ou 
parties trop serrées ; d'autres sont qn'il soit trop nouveau , il devient 
de nature trop légère et sèche , ècc. souvent nuisible à beaucoup de plan- 
Quelques Fumiers sont également tes : q'.:and on le répand sur les 
chauds et légers, comme ceux de champs pendant l'été, il procure 
brebis, de chevaux, de pigeons, peu davantage, parce qu'alors l'ac- 
&:c. ; d'autres sont gras et froids , tivité du soleil détruit tous ses sucs 
comme ceux de bœufs , de vaches , fcrtiLsans, et le rend, à peu de 
de cochons , ôcc. ; et comme ccr- chose près, semblable à du chaume 
taines quahtés sont changées par ou a de la paille sèche; et quoique 
des qualités contraires , on emploie l'on ne puisse pas en employer trop 
pour les teires sèches, les tumiers dans les potagers pour la produc- 
de vaches et de pourceaux , afin de tion des Choux, des Choux-fleurs et 
leur donner plus de consistance ; et d'autres légumes qui exigent beau- 
ceux de qualité chaude et sèche, coup de nourriture, il est cepen- 
sont réservés pour les terres medio- dant dangereux d'en répandre une 
cres, humides et lourdes. trop grande quantité sur les champs 
Les Fumiers ont deux propriétés à grains , parce qu'il produit une 
particulières i l'une d'exciterune cer- trop grande abondance de paille, 
taine chaleur sensible, et capable J'ai vu souvent répandre sur des 
de produire quelque effet considé- terres très- froides et humides, de 
rablei cq qui se trouve rarement nouveaux Fumiers de chevaux que 
dans ceux de chevaux et de mulets , l'on tiroit de l'écurie, et j'ai tou- 
lorsqu'ils sont nouveaux et humides: jours observé qu'ils ont produit des 
la seconde est d'engraisser la terre récoltes plus abondantes que ceux 
et de la rendre plus fertile. qui étoient fort pourris. 

Les Fumiers de chveaux et de Le Fumier de cheval est donc 

mulets sont d ailleurs extrêmement préférable pour les terres froides, 

utiles en hiver, parce que la chaleur et celui de vaches pour cciles qui 

qti'ils produisent, supplée en quel- sont naturellement chaudes ; et 

qiic sorte à celle du soleil , et qu'ils quand ces deux espèces de Fumiers 

servent à nous procurer au printems sont mêlés, ils forment un excellent 

des légumes précoces, tels que des engrais pour la plupart des terres 



3^3 f U-M F U M 

sur-tont si Ion y joint cle la qu'une seule charge, ou tombereau, 
boue. tie cet engrais, vaut mieux que deux 

■ Ceux de brebis et de bêtes fau- des autres; qu'il doit être préféré 
ves, ne diiKrcnt pas beaucoup dans pour les arbres fruitiers, sur-tout 
leurs qualités, et sont regardés par les Poiriers et les Pommiers dans les 
plusieurs personnes comme les mcil- terres légères , et qu'il fertilise beau- 
leurs pour les terres de glaise; on coup principalement les prairies: j'en 
exige qu'ils soient réduits en pou- ai souvent fait usage pour les arbres 
dre , afin de pouvoir les répandre fruitiers , après l'avoir laissé bien 
légèrement sur les semences d'au- consumer , et je l'ai toujours trouvé 

tomne ou de printems , dans la pro- préférable à tous les autres, 
portion de quatre ou cinq charges Les Fumiers d'oies et de pigeons 

pour un acre , de la même manière sont excellens dans les prairies ou 

qu'on répand les cendres , la pous- dans les terres ensemencées ; celui 

siere de Dresche, etc. ' • de pigeons est préférable au pre- 

J°ai vu quelquefois employer mier ; mais avant de l'employer , il 

cette méthode sur les bleds et les faut le laisser en plein air pendant 

prairies , qui en ont reçu un très- quelque tems pour lui donner le 

grand avantage pendant la premiere tems de se consumer, de s'adoucir 

année ; mais ces engrais légers ne et de perdre une partie de sa cha- 

durent pas long - tems et exigent leur. Il est principalement propre 

d'être souvent renouvelés, aux terres froides , humides et 

• En Flandres et dans d'autres pays glaiseuses ; mais il doit être sec avant 

où l'on retire les brebis pendant la de le répandre , parce qu'il est sujet 

nuit dans les érables, on y répand à prendre le froid et l'humidité: 

du sable net jusqu'à l'épaisseur de il convient aussi d'y mêler de la 

cinq ou six pouces, ce qu'on renou- terre et du sable pour mieux le 

velle journellement, et chaque se- diviser, et le répandre plus légère- 

maine on l'enlevé : ce mélange de ment , parce qu'il est naturellement 

sable , de crotins et d'urine , est fort et très-chaud, 
un excellent engrais pour toutes les Quelques personnes recomman- 

terres compactes et froides ; et M. dent le Fumier de Pigeons et d'autres 

Quireney pense que c'est le plus volailles comme le meilleur engrais 

grand moteur de la fertilité dans pour les Asperges, les Fraisiers et 

toute espèce de terre. routes sortes de Heurs ; mais il est 

D'autres , qui recommandent le nécessaire de le laisser bien pourrir 

Fumier de porcs comme le plus gras avant de l'employer à cet usage. 
çt le meilleur de tous , prétendent M. Gentil approuve le Fumier 

de 



F U M 

de pigeons pour rétablir les arbres 
donc le teuillagc est devenu jaune , 
quand ils croissent dans des ^erreins 
froids , pourvu qu'on lui ait fait 
perdre une partie de sa chaleur en 
le tenant en monceaux pendant 
deux ou trois années ; mais malgré 
cette précaution , il ne faut l'em- 
ployer qu'en très- petite quantité, 
et en automne. 

Un pouce d'épaisseur de ce Fu- 
mier répandu sur le pied d'un arbre 
dont les feuilles sont jaunes, et laissé 
jusqu'en Mars, est très -propre à 
le rétablir s'il se trouve dans une 
terre froide et humide. 

Le Fumier de volailles étant très- 
chaud et rempli de sels , facilite 
beaucoup la végétation , et produit 
un effet plus prompt que celui des 
animaux qui se nourrissent d'herbes. 

M. Hugh Plat prétend qu'une 
charge 4c graines enrichit plus la 



FUS 3^^ 

terre que dix de Fumier ordinaire; 
si cela est vrai , on pourroit raiion- 
nablement croire qu'une mixtion de 
graines infusées, produiroit encore 
un meilleur effet en passant par le 
corps des animaux. 

L'excrément des hommes con- 
vient aux sols froids et aigres, sur- 
tout s'il est mêlé avec d'autres Fu- 
miers ou terres pour le m.ettrc en 
fermentation. 

Mais il n'y a point d'engrais pré- 
férable aux boues des Villes pour 
les tcrreins forts et glaiseux, donc 
les parties se diviseront mieux et 
en moins de tems avec cette espèce 
de Fumier; il convient sur-tout aux 
terres à grains, aux prairies et aux 
jardins. 

FUSAIN, ou BONNET DE 
PRÊTRE, ^oje^ EvoNYMUS. 

FUSTEL. Foy. Rhus cotinus. 




Tome III. 



A a» 



570 



G. 



GAL 



GAL 



VJAINIER, ou ARBRE DE qui est un nom compose; le Doc- 

JUDEE. Voye\ Cercis. teur Lin NÉE l'a changé en celui de 

Galanthus, et en a séparé le grand 

GALANTHUS. L'm. Gen. Plant, Perce-neige , à qui il a donné celui 

■161. NarcLSSO-Leucoïum. Tourn. Inst. de Leucoium. 

R. H. 387. Tab. zo8. Perce-neige. Nous n'avons qu'une espèce de 

Caractères. Les fleurs de ce genre ce genre , qui est le 
ont une spathe oblongue, cmonssée GaUmthus Nivalis. Lin. Hort. Cliff, 
et serrée, qui s'ouvre latéralement 134. Hort. Ups. -j^.Roy. Lugd.-B. 
et devient un peu sèche; une corolle 3 5 ; le Perce-neige commun, 
composée de trois pétales égaux, Leuco'i-.tm fr&cox minus. Clus. 
oblongs, concaves, étendus et ou- Pann. 18 I j l8i. 
verts; et un nectaire obtus, cylin- Lcxoïum hulhosum ^ trifolium mi~ 
drique et découpé au sommet , qui nus. C. Bp. <^6 ; le pit, s petit Perce- 
en occupe le fond : sous la fieur est neige bulbeux à trois feuilles, 
placé un germe ovale qui soutient ErangsUa. Bencal. Spec. <)-]. t.c)6. 
un stvle mince, plus long que les II y a une variété de cette plante 
étamines, couronné par un stigmat à doubles fleurs, 
simple, et accompagné de six éta- Ces fleurs sont estimées parce 
mines courtes, velues et terminées qu'elles sortent de très-bonne heure 
par des sommets oblongs, pointus, au piintems; on les voit souvent 
et très-rapprochés : ce germe se paroître dans le mois de Février, 
change ensuite en une capsule ovale, lorsque la terre est couveite de 
obtuse et à trois angles, qui s'ouvre neige. L'espèce simple se montre la 
en trois cellules remplies de semen- premiere ; et quoique ses fleurs 
ces rondes. ' soient petites , cependant quand 
Ce genre de plante est rangé elles sont rassemblées en paquet 
dans la premiere section de la elles ont une très-belle apparence j 
sixième classe Je LinneÉ, intitulée: c'est pourquoi il ne iau.t pas planter 
Hexandrie mono gy nie , qui renferme les racines seules et séparées, com- 
cellcs dont les fleurs ont six étamines me on fait quelquefois pour border 
et un style. les plates-bandes ; car de cette ma- 

Cette plante et le grand Perce- niere elles font peu d'effet : et 

neige ont été comprises par le savant comme ces fleurs profitent bien sous 

Tourncfort dans le même genre, les arbres et contre les haies, on 

sous le titre de Narcisso-Leucoïuw ^ peut les placer à côté des bois , dans 



GAL 

les allées , et dans des endroits à 
Iccart, où leurs racines se multi- 
plieront considérablement si on ne 
les remue point : on peut les enlever 
à la fin de Juin, lorsque leurs fouilles 
font flétries , et les garder hors de 
terre jusqu'à la fin d'Août ; mais 
il ne faut les transplanter que tous 
les trois ans. 

GALBANUM. Toyq Bubon 

GALBANUM , BUBON GUMI-FE- 

R.UM , Ferula Galbani-fera. 
GALE, ou PIMENT ROYAL. 

Fojei MyRICA. 

GALEGA. Lin. Gen. Plant. 770. 
Tourn. Ins t. R. H. 3 9 S. Tap. m. 
Galega ou Rue-de-Chèvre. 

Caractères. La tieur est papilion- 
oacée ; son calice est cc".;rt , tubu- 
leux , et formé par une feuille dé- 
coupée en cinq parties ; son étendard 
est ovale , large et réfléchi , et les 
ailes sont à-peu-près de la même 
longueur que l'étendard -, la carène 
est érigée, oblongue et compriméev 
le dessous , vers la pointe , est ar- 
rondi, mais le dessus est aigu : la 
fleur a dix étamines qui se joignent 
au-dessus de leur milieu , et sont 
terminées par de petits sommets. 
Dans le centre est placé un germe 
étroit , cylindrique et oblong , qui 
soutient un style mince, couronné 
par un stigmat, et terminé par un 
point : ce germe devient dans la 



G A L 3.71 

suite un légume long et pointu , 
qui renferme plusieurs semences 
oblongues et en forme de rein. 

Ce genre de plante est rangé dans 
la troisième section de la dix-scp- 
tieme classe de LinnÉe , intitulée, 
Diadelphie decandrie j qui renferme 
celles dont les fleurs ont dix étami- 
nes jointes en deux corps. 
Les espèces sont : 
1°. Galega officinalis j legtiminibui 
strictis j ercctis ; foliolis lanceolatis ^ 
striais j nudis. Lin Sp. Plant. ïo6i. 
Mat. Mcd. 174. Mill. le. t. 137. 
Regn. Bot. Galéga avec des légu- 
mes érigés et rapprochés , et des 
lobes nuds en forme de lance et 
rapprochés. 

Galega vulgaris j floribus c^rideis, 
C. B. p. 352. Moris. Hist. 1. p. 9 I 
sect, 2. f. 7./! 9. Galéga commun 
à fleurs bleues, Rue-dc-Chcvre. 

Galega. Hort. Cliff. 361. Hon. 
Ups. 298. Mat. Med. 349. 

2". Galega Âfricanaj foliolis lan- 
ceolatis j obtusis • fioribus spicatis 
longioribus i siliquis crassioribus ; Ga- 
léga avec des lobes obtus et en for- 
me de lance , de longs épis de fleurs, 
et des légumes plus épais. 

Galega Africana 3 floribus majo- 
ribus j siliquis crassioribus. Tourn. 
Inst. R. B. 399. Galéga d'Afrique à 
plus longues fleurs, et à siliques plus 
épaisses. 

3°. Galega frutescens i folds ova~ 
lis j floribus paniculatis alaribus ^ 
caule frucicoio ; Galéga à feuilles 
À aa 2 



372 GAL 

ovales, ayant des fleurs en paniciile 
sur les côtes des branches, et des 
tiges d'arbrisseau. 

Galega Americana ^ florihus cocci- 
ne'is. Houst. Mss. Galéga d'Améri- 
que à feuilles rondes et à fleurs 
ccarlate. 

4°. Galega Virginiana^ leguminibus 
Tctro-f alcalis j compressis j villosis j 
spicatis ; calycibus lanatis ; foliolis 
ovali-oblongis j acuminacis. Aman. 
Acad. i- p. i8. Galéga avec des 
légumes velus , comprimés et en 
forme de faulx ; des lobes oblongs , 
ovales, et tci minés en peintes. 

Crobus Virglnianus 3 folïis falvâ 
laniigine incanis j folïorum nervo in 
spinam abeunte, Fluk. Mant. 142. 

CliCoridj foliis pinnatis^ caulc dc- 
cumbente, Hon. Cliff. 498. Cron, 
Fir g. III. 

Erebimhus. Mich. Gen. 2 i O. 

Cicer Astragaloides Virglnianus , 
Hirsutie pubesctns j, floribus amplis 
sub - rubs-ntibus. PLk. Aim. 103. 
t. 23./. 1. 

5°. Gdlcga purpurea 3 leguminibus 
stricris J adscendencibus , glalris., ra- 
cemosis terminalibus j stipulis subu- 
latis ; folds oblongis j glabris, Flor. 
Ze\l. 30 Î, Amxn. Acad. "j). p. I 9. 
Galéga avec des légumes rappro- 
chés, unis, élevés, et produits en 
pAqixts aux extrémités des bran- 
ches, dci stipules en forme de lance, 
et des feuilles oblongues et ui.ies. 

Coroiiilla Zeylanica herhacea, flore 
purpurasccrue. Burm. Zcyl. -j-j. t. 3 2. 



G A L 

Officinalis. La premiere espèce 
croît naturellement en Italie et en 
Espagne , et on la cultive dans les 
jardins Anglois pour l'usage de la 
médecine ; elle a une racine vivace 
composée de plusieurs fibres fortes 
et souvent noueuses , d'cù s'élèvent 
plusieurs tiges creuses et canelées, 
de deux à troi^ pieds de hauteur, et 
garnies de feuii es ailées, et com- 
posées de six à si >">t paires de lobes 
étroits, en forme de lance, unis, 
entiers , et terminés par un lobe 
impair : ses fleurs , qui croissent en 
épis aux extrémités des tiges , sont 
semblable: à celles des Pois , d'une 
couleur bleue pale, et disposées ea 
épis clairs ; elles paroi^sent en Juin, 
et produisent des légumes cylindri- 
ques , d'im roi ce et demi de lon- 
gueur, qui renferment un rang de 
semences en forme de rein , qiji 
mûrissent vers !a fin d'Ai ût. 11 y a 
une variété de cette espèce à fleurs 
bl.uiches et une autre à fleurs pa- 
n;ichées, qui ont été produites acci- 
dentellement de senicnccs ; mais 
comme elles ne sont pas constantes, 
je ne les indique que comme des 
variétés (i). 



(i) Quoique cette plante soit au nom- 
bre des espèces médicinales , on en fait 
cependant fort peu d'usage ; quelques 
Auteurs resîardenç l'eau qu'on en retire 
par la distillation, après avoir écrasée et 
fait mjcérer \\ plante d.-.ns du vin bl.inc, 
comme un antidote excellent coniie à 



GAL GAL 373 

Jfricana. La seconde , qui est houant souvent la terre entr'cllcs : 
originaire de l'Afrique, diffère de au printenis on laboure entre les 
la précédente en ce que ses feuilles rangs pour faire pousser aux racines 
sont plus larges, et coinposées de des branches vigoureuses ; et en cou- 
huit ou dix paires de lobes plus lar- pant tous les ans les tiges avant que 
gt;s ce plus émoussés à leur extré- les semences soient formées , les raci- 
mité que ceux de l'espccc commune; nés subsisteront plus long-tems , sur- 
ses fleurs sont plus grosses, ses épis tout si elles se trouvent dans une 
plus longs , et ses légumes beaucoup terre légère et sèche : les semences 
plus épais que ceux de la précé- de cette espèce croissent par- tout où 
dente ; mais en toutes autres choses elles s'écartent , et poussent un grand 
elles se ressemblent beaucoup. nom.bre de plantes qui n'exigent au- 

On multiplie ces plantes en se- cun soin , et qu'on peut transplanter 

mant leurs graines au printems oa et traiter comme il vient d'être dit. 
en automne sur une planche de La premiere est d'usage en Méde- 

terrc à une exposition découverte; cine; on la regarde comme un re- 

quand elles ont pousse , on les né- mede cordial , sudorifique et alexi- 

toie avec soin; et lorsqu'elles ont pharmaque propre à combattre le ve- 

acquis une certaine force , on prépare nin dans les maladies pestilentielles , 

un nouveau terrein d'une étendue et à l'expulser par les pores de la 

proportionnées leur nombre; on le peau; on en fait aussi usage dans 

laboure bien , on en ôte toutes les toutes sortes de fièvres. M. Boyle , 

mauvaises racines et les herbes inu- dans son Traité de l'Air sain et mal- 

tiles : après tjuoi on enlevé ces plantes sain , emploie trois ou quatre pages 

avec précaution , on les place à un pour faire le détail des effets de la 

pied de distance entr'elles , et à un Rue de Chèvre ou Galéga dans les 

pied et demi entre chaque rang , et m.aladies pestilentielles et malignes , 

on les arrose jusqu'à ce qu'elles aient d'après ses propres observations, 
formé de nouvelles racines ; elles Cette plante est regardée comme 

n'exigeront plus ensuite aucun autre un excellent remède sudorifique, 

soin que d'être tenues nettes de mau- céphaliquc et alexitère ; quelques 

vaises herbes , ce qu'on exécute en Médecins prétendent qu'elle a eu de 

très-grands succès dans les maladies 

pestilentielles , les fièvres malignes , 

peste , les fièvres malignes , l'épilepsie et Pj^pilepsj» c^c. 
les autres maladies du cerveau ; c'est à ,, . 

rexpéricnce à confirmer ces propriétés. " ^f ^^"^>" ^"^ ^" principes 

On mange cette plante sn salade cj) ^°"^ tres-actifs ; ainsi on peut lui ac- 

Italie et en Espagne. corder quelque confiance ; mais on 



174 



GAL 



ne doit pas croire, sans preuves plus 
convainquantes, à toutes les merveil- 
leuses propriétés que lui attribue 
M. Boyle. 

Frutesccns. La troisième a été dé- 
couverte par le Docteur William 
Hooustoun à Campcche, d'où il a 
envoyé ses semences en Europe. 
Cette plante se multiplie par ses 
graines , qu'il fltut répandre sur une 
couche chaude dans le commence- 
ment du printems. Lorsque les jeu- 
nes plantes qui en proviennent sont 
assez fortes pour être transplantées , 
on les place chacune séparément 
dans de petits pots qu'on plonge dans 
une couche chaude de tan , et qu'on 
tient à l'ombre jusqu'à ce qu'elles 
aient poussé de nouvelles racines ; 
après quoi on les traite suivant la 
méthode qu'on emploie pour les 
plantes délicates que l'on conserve 
dans la couche de tan de la serre 
chaude ; de cette manière on les 
fera fleurir en Juillet, et leurs se- 
mences mûriront en Septembre ; on 
peut tenir ces plantes pendant tout 
l'hiver dans la couche de tan. 

Virglniana. La quatrième, qui est 
originaire de la Virginie et de la 
Caroline , a une racine vivace , et 
une tige annuelle qui s'élève à la 
hauteur de trois pieds ; les lobes des 
feuilles sont oblongs , ovales , et au 
nombre de sept ou de neuf sur cha- 
cune -, la plante entière est couverte 
d'un duvet argenté ; ^fi fleurs sont 
rouges et produites en épis aux cx- 



G A L 

trémités des branches; elles sonft 
remplacées par des légumes compri- 
més en forme de faulx , et de cou- 
leur argentée, qui contiennent cha- 
cun un rang de sctaences en forme 
de rein. 

Quoique cette plante soit assez 
dure, on la conserve néanmoins dif- 
ficilement dans les jardins , parce que 
ses semences mûrissent rarement en 
Angleterre, et qu'elle est souvent 
détruite par les gelées : la seule mé- 
thode qui m'ait réussi pour la con- 
server , a été de la planter dans des 
pots , et de la tenir en hiver sous un 
châssis ordinaire pour pouvoir lui 
procurer de l'air dans les tems doux, 
et la garantir des gelées ; par cette 
méthode je l'ai conservée trois ans ; 
mais ses semences n'ont point mûri 
ici. 

Purpurea. La cinquième se trouve 
dans l'Isle de Ccylan et dans plu- 
sieurs parties "des hides , d'où ses 
semences m'ont été envoyées : cette 
espèce étoit ici annuelle, et périssoit 
avant la maturité des semences ; elle 
a une tige herbacée , haute de deux 
pieds, et garnie de feuilles ailées, et 
composées de huit ou neuf paires de 
lobes ovales terminés par un lobe im- 
pair ; les pédoncules de ses fleurs sont 
opposés aux feuilles , et soutiennent 
des épis longs et clairs ou thyrses de 
petites fleurs pourpre qui produisent 
des légumes minces et érigés. 

On peut multiplier cette espèce 
comme la troisième 3 si ses plantes 



GAL 

sont avancées de bonne heure au 
princems, et que l'été soit chaud, 
leurs semences pourront mûrir. 

GALENGA ou ZODOAIRE. 

p'qyei KdZMPFERIA. L. 

GALExMA. Lin. G en. Plant. 
443. Sh^rardia. Ponced. Epist. 14 ; 
Linné E Kii a donné ce titre en 
Ihonncur de GaHen , fameux Mé- 
decin. 

Caractères. Dans ce çrenre la fleur 
n'a point de pétales, et son cUice 
est divisé en quatre parties ; clic a 
huit étamines velues aussi longues 
que le calice , et terminées par des 
sommets doubles ; dans son centre 
est placé un germe rond qui sou- 
tient deux styles réfléchis , et cou- 
ronnés par des stigmats simples ; le 
calice se change ensuite en une cap- 
sule ronde à deux cellules, dans les- 
quelles sont renfermées deux se- 
mences oblongues et angulaires. 

Ce genre de plante est rangé 
dans la seconde section de la hui- 
tième classe de LinnÉE, intitulée: 
Octandrie digynie j qui renferme 
celles dont les fleurs ont huit étami- 
nes et deux styles. 

Nous n'avons qu'une espèce de 
ce genre, qui e»;! 

Galenla Afrïcana. Hort. Cliff. 
I 50. Roy. Lugd.-B. 209. Fabr. 
Helmst. p. 43 2 ; Galénia en arbris- 
seau , originaire de l'Afrique. 

Sherardia, Ponted. Epist. I4, et 



G A L 375 

Atrïplex Africana y lignosa j frutes- 
cens j Rosmarini foliis. Till. pis. 20. 
t. I 5 i Atriplex en arbrisseau , et 
hgneux d'Afrique à feuilles de Ro- 
marin. 

Kali lignosumj flore muscosa y 
Rosmarini folio. Bote. mus. ijo. 
t. 110. 

Erutcx Africanus 3 folio Rosmarini 
tenuiorij flore et jructu Chenopodii. 
Boërh. Lugd.-B. i. p. i6j. 

Cet arbrisseau croît naturellement 
au Cap de Bonne-Espérance et dans 
d'autres parties de l'Afrique ; il s'é- 
lève à la hauteur de quatre ou cinq 
pieds , et produit plusieurs branches 
foibles et garnies de feuilles fort 
étroites, vertes, sillonnées longitudi- 
nalcment par une rainure, ec pla- 
cées irrégulièrement sur chaque côte 
dci branches : ses fleurs naissent en 
panicules clairs sur les côtés et 
aux extrémités des branches ; elles 
sont tort petites , sans pétales , et 
peu apparentes-, ces fleurs paroissent 
en Juillet et en Août , et ne sont 
point suivies de semences en An- 
gleterre. Comme cette plante ne 
peur subsister ici en plein air pen- 
dant l'hiver , il faut la placer dans 
une orangerie ou sous un cliàssis, 
avec d'autres espèces exotiques 
dures , de manière qu'elle puisse 
jouir de l'air dans les tems doux , 
et être seulement à couvert du froid. 
On peur en été l'exposer en plein air 
avec les autres espèces du même pays ; 
mais on doit avoir soin de l'arroser 



37^ GAL 

souvent dans les tcms secs. On la 
multiplie par boutures , qui pren- 
dront racine en cinq ou six se- 
maines en les plantant en été , et 
en les arrosant souvent; après quoi 
on peut les traiter comme les vieilles 
plantes. 

GALEOPSIS. Lin. Gen. Fiant. 
6 ^ 7. Tourn. Inst. R. H. 18 5. r. 86; 
Ortie morte et puante. 

Caractères. Le calice de la fleur 
est tubulc , et formé par une feuille 
découpée en cinq segmens terminés 
en pointe aiguë; la fleur est labiée , 
son tube est court, ses lèvres sont 
un peu plus larges que le calice, 
mais de la même longueur ; de la 
base jusqu'à la lèvre inférieure , elle 
est fortement découpée aux deux 
côtés; la lèvre supérieure est con- 
cave, ronde, et sciée au sommet; 
la lèvre inférieure est divisée en trois 
parties , dont celle du milieu est 
plus large et crénelée : dans son 
centre est placé un germe divisé en 
quatre parties , qui soutient un style 
mince couronné par un stigmat aigu 
et fendu en deux ; ce germe se 
change dans la suite en quatre se- 
mences nues portées sur un calice 
roide. 

Ce genre de plante est rangé dans 
la premiere section de la quator- 
zième classe de LinnÉe, intitulée: 
Didynamie gymnosperm'ie , qui ren- 
ferme celles dont les fleurs ont de 
longues étamines et des courtes , et 
dont les scm.ences sont nues. 



G A L 

Les espèces sont : 
I °. Gakopsis LadanutTij Internodus 
cauHnis ttqualibus j verticillis omnibus 
remotis. Lin. S p. Plant. 579. Pollich, 
Pal. n. 558. S cop. Cam. Ed. 2. n. 
727. Nech. Galloh. 253. Mattusch. 
SU. n. 436. Kniph. cent. 12. Ga- 
léopsis, ou Ortie de haies puante, 
dont les nœuds soHt placés à une 
distance égale les uns des autres , et 
dont les têtes sont verticillécs et 
éloignées. 

Galeopsis ramis summis pubescen- 
tibus. Hon, Cliff. 314. Flor. Suec. 
492 j 5 24. B.oy. Lugd.-B. 3 19. 

Sidcritis arvensis j angusti-folia, 
rubra. C. B. p. 2 > 3 ' Herbe de Fer 
des Champs à feuilles rouges et 
étroites. 

Laniium ladanum. Crant^. Austr. 
p. 2 (je. 

Ladanum segetum folio latiori. Riy. 
Mon. 24. 

2 " . Galeopsis Tetrahitj internodiis 
supernè incrassatis j verticillis summis 
sub-ccntiguis. Lin. Sp. Plant. 579; 
Ortie de haies puante dont les entre- 
nœuds sont plus épais vers le haut; 
et dont les têtes verticillécs au som» 
met , croissent l'une près de l'autre. 

Lamium Cannabino folio vulgare. 
Raj. Syn. Ed. j. p. 240 ; Ortie 
morte commune , à feuilles de 
Qianvre. 

Galeopsis ramis summis strigosis, 
Hon. cuff. 3 1 4. Flor. Suec. 49 I j 
523. Roy. Lugd.-B. 319. Dalib. 
Paris. 181. 

Galeops'bt 



GAL 

Galeopsls corolla rubra aut alba. 
FL Lapp. 137. 

Urtica acuUata. j follis senratis. 
Bauh. Pin. 232. 

Cannabis spuria. Riv. Mon. 44. 

3 °. Galeopsis speciosa j corolla 
flavâ i labia inferior! maculaco. Flor. 
Lapp.. 192 ; Ortic dc haics puante 
avec une fleur jaune , dont la lèvre 
inférieure est tachetée. 

Lamium Cannabinum aculeatum j 
flore spccioso lutco 3 labiis purpureis. 
Pluk. Aim. 204. t. 41./. 4; Ortic 
morte de Chanvre et piquante , 
ayant une belle fleur jaune et des 
lèvres de couleur pourpre. 

Cannabis spuria j flore majore. Riv. 
Mon. 45. 

4^. Galeopsis Galeobdolon jverti~ 
cillis sexflorisj involucro tetra-phyllo. 
Lin. Sp. Plane. 780. Pollick. Pal. 
n. 561. Matcusch. SU. n. 43 8. Kniph. 
Cent. 3 . n. 40 -, Ortie de haies puante 
ayant six fleurs verticillées dans 
chaque tête , et une enveloppe à 
quatre feuilles. 

Leonurus foliis ovatisj serratisj acu- 
tis. Hon. Cliff. 313. Roy. Lugd.-B. 
3 10. Flor. Suec. 497 j 5 2 5. Dalib. 
Paris. 1 8 2. /r. S em. 64. 

Lamium folio oblongOj luteum. Bauh. 
Pin. 251. 

Urcica uiers tertian sivè Lamium 
flore luteo. Dod. Pempt. I 5 3 . 

Cardiaca foliis petiolatiSj cordacisj 
verticillis foliosis. Hall. Helv. n. 274. 

Galeopsis sivè Urcica iners j flore 
Tome III. 



GAL 



377 



luteo. J. B. I. p. 323 ; Ortie morte 

puante à fleur jaune. 

5^. Galeopsis O rient alisj verticillis 
bifloris j foliis oblongo - cordatis ; 
Ortie de haics puante avec des fleurs 
dans chaque tête verticillce, et des 
feuilles oblcngues et en forme dc 
cœur. 

Galeopsis Orientalis Ocymastri 
folio 3 flore majore flavesccnte. H. R. 
Par. Ortie dc haics puante d'Orient, 
ayant une plus erandc fleur jaune. 

6^. Galeopsis Hispanica^ caulcpi- 
loso j calicibus labio coroUs, supcricre 
longioribus. Lin. Sp. Plant. 5 8 O ; 
Ortie de haies puante avec une tige 
velue et un calice plus long que la 
lèvre supérieure du pétale. 

Galeopsis annua Hispanica j rotun- 
diori folio. Inse. R. H. 186; Ortie 
de haies puante annuelle d'Espagne, 
à feuilles plus rondes. 

Toutes ces plantes sont annuelles, 
à l'exception de la quatrième es- 
pèce ; les trois premieres croissent 
naturellement en Angleterre. La 
premiere se trouve dans les champs 
labourés , la seconde naît sur les tas 
dc fumiers et le long des sentiers j 
et la troisième croît principalement 
dans les pays septentrionaux ; mais 
je l'ai trouvée sauvage en Essex , à 
dix milles de Londres ; ( trois milles 
pour une lieue }. On cultive rarement 
ces plantes dans les jardins , parce 
que leurs semences s'écarttnt et pro- 
duisent une grande quantité d'her- ^ 
bes en">barrassantes. .•.a.. 
Bbb 



37? GAL 

Galeobdolon. La quatrième est 
une plante vivace à racine rcm- 
pante, cjui croît dans les bois et 
ious les haies de la pins grande 
partie de l'Angleterre. 

Orlentalis. La cinquième , qui est 
originaire du Levant, est bis-an- 
nuelle , et périt aussitôt que ses 
semences sont mûres ; on la con- 
serve dans les jardins de Botanique 
pour la variété i mais elle n'a rien de 
remarquable. 

GALEOPSIS FRUTESCENS. Voy, 
Pkasium. 

GALIOT , RECIZE ou BENOITE 

Voyei GEUM URBANUM. 

GALIUM. Un. Ccn. Plant. I 17. 
Tourn. Lis:. R. H. 114. Tab. 39. 
Caillc-laic , ou Petit Muguet. 

Caractères. La fleur a un petit 
calice placé sous le germe et dé- 
coupé en cj