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Full text of "Dictionnaire d'histoire naturelle, qui concerne les testacées ou les coquillages de mer, de terre & d'eau-douce : avec la nomenclature, la zoomorphose, & les différens systêmes des plusieurs célébres naturalistes anciens & modernes : ouvrage qui renferme la description détaillée des figures des coquilles, l'explication des termes usités, les propriétés de plusieurs, & les notes en partie des endroits où elles se trouvent"

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DICTIONNAIRE 

D'HISTOIRE NATURELLE, 

Qui concerne les Teftacées ou les Coquillages 
de Mer , de Terre & d'Eau-douce. 

Avec la "Nomenclature j la Zoomorphofe ^ & 

les dïfférens fyjlêmes de plujieurs célèbres 

Naturalïiics anciens & modernes. 

Ouvrage qui renferme la defcription détaillée des figures 
des Coquilles , l'explication des termes ufués , les pro- 
priétés de plulïeurs , & les no^es en partie des endroits 
où elles fe trouvent . 

Par M, l'Abbé Fa V ART d'Herbigny. 



TOME SECOND. 



■?-.^--'"' '^^V. 



>M DMsfefi of 




.^^Sectioaal Librory 



A PARIS, 
Chez BLEUET, Libraire , fur le Pont S. Michel. 



iM. Dec. L X X V. 

Avçc ApprokatioTî , 6' Privilège du Roi, 







DICTIONNAIRE 

DES 
TE STACÉES, 




EGA 



AILLE. Terme de Conchyliologie fyno- 
nyme de celui de valve , de battant , ou qui 
exprime les pièces des coquillages bivalves 
& plurivalves. Le mot d'écaillé peut ^ 



û- 



gnifîer aufTi la fubftance dure , ou le teft des coquilles 
univalves. 

ECHINOPHORE , ou COQUILLE ECHÏNO- 
PHORE. Concka ech'mophora vel echinata. Nom 
donné par les anciens naturaliftes à pludeurs coquil- 
lages , dont la furface extérieure eft garnie de pointes 
ou de mammelons , à la manière des cruftacées , que 
l'on appelle oariîns , en latin echini , donc le mot 
cchinophore tire Ton étymologie. 

Rondelet j de Tefîaceis , iib, i. pag. zi. & 99, 
donne le nom d'échinophore à deux coquilles diffé- 
rentes j favoir , à une efpece de cafque- tonne cannelé 
^ à tubercules, & à une coquille bivalve du genre des 
Tome II, à 



2 ECO 

boucardcs , ou des cames-cœurs. La première efpece 
eft un limaçon qui refTemble aux buccins de la petite 
forme quant à fa figure : nous l'appelions l'échino- 
phore , dit Rondelet , à caufc de fes éminences , ou 
de fa furface raboteufe , qui eft couverte de pointes ou 
de tubercules. Parvis buccinis figura fimiùs efi Hac 
cochUa quam echinophoram ab afperitate nominamus ; 
tota tubercut'is five aculeis con/perfa efi. La féconde 
efpece , que Rondelet appelle corjcha echinata , eft le 
eœur épineux, ou la boucarde épineufe. Voye:^ CcauR 

EPINEUX. 

ECHIQUIER ou DAMIER. Voye^ Damier. 

ECORCE d'ORANGE. Cortex aurei mali. Nom 
que M. d'/\rgenville donne à une coquille univalve 
du genre des nérites ombiliquées, ou des natices j 
ceft l'clpece que Rumphius appelle le jaune-d'œuf , 
vhellus. Foye^ jAUNE-d'(SUF. 

ECORCHÉE , ou ROULEAU ECORCHÉ. Fa- 
luta cylindroïdes y vel rhombus novern Jpiris concavis 
pauUfper exenis & colore flavo & citrino variegatis 
compofitus ; lineis fufcis cœruleis & purpurafcentïbiis 
interruptis îatas maculas efformantibus in fundo rubef- 
cente vel carneo colore depiflus. Coquille univalve du 
genre des rouleaux , ou volutes cylindriques. Toute ta 
furface extérieure eft ornée de grandes taches ca 
forme de nuages de couleur marron , fur lefquelles ou 
diftingue des raies pourprées bleuâtres proches les 
unes des autres , fur un fond rougeâtre , ou couleur 
de chair, dont les nuances ont fait donner à cette co^ 
quille le nom d'écorchée. La volute eft moyenne- 
ment élevée , compofée de neuf fpires concaves , mar- 
brées de jaune Se de brun fur un fond blanc. La forme 
de ce rouleau eft renflée j & on remarque, vers f extré- 
mité extérieure du canal , des ftries obliques en forme 
de rides. Ce rouleau fe trouve dans les mers de Tlnde. 
Il porte trois pouces de longueur fur un pouce '"k dix 
lignes de largeur , dans les efpcces au-defTus de la 
jwoyenne grolîeur. 



E G R î 

RuAfPHTirs , tab. 3 I. Ikc. F. Voluîatigenna. Hoîl. 
Tyger of wolk-hoorn ; la volute tigrée , ou le nuage. 

Gc/JITI£RI ^ tab, i^i Ikt. D. Cochlea longa py- 
riformis intorta intégra , ba/i fulcatâ , ftriis minimis 
Aonata , ex albido purpurajcens : co/yre helvaceo , /^«j 
ri//c nebulata. 

M. à*ARGENVILLE , pag. 141. ;?/, 13. /^/r. C 
Ce cornet, par fon fond couleur de chair, approche 
de la couleur d'un animal écorché , dont il a pris le 
nom. Ce fond efl traverfé de grandes taches brunes , 
& rayé par-tout légèrement. 

Le rouleau, appelle l'écorchée, a des variétés dans fon 
efpece par la diverfîté de fes couleurs plus ou moins 
foncées , ainlî que par la bigarrure de fes taches \ princi* 
paiement dans une efpece , dont les taches font rares, 
longitudinales , déliées , & comme déchiquetées par 
lambeaux, & dont les plus larges font traverfées par 
une ligne ponâruée. La clavicule eft marbrée de brun- 
rouge au lieu de jaune , comme on le voit dans les 
volutes écorchées plus connues. 

ÉCRITURE CHINOISE. Chama inœqiiilatera, 
parvis Jlriis planis circumdata ; lineis ràgricantibus di- 
verfimodè angulatim dilpojitis & quafi in fundo livido 
litteras efformantibus dcfcripta vel delineata. Coquille 
bivalve du genre des cames , dont les côtés font iné- 
gaux. Elle ainfi appellée , parce que la furface exté- 
rieure de fes écailles eft ornée de traits, ou de lignes 
«oirâtres qui imitent des caractères chinois , ou arabi- 
ques , en tonnant différens angles aigus fur un fond 
jaune livide. Toute cette farface eft garnie dans les 
deux battansde ftries^ines circulaires plates qui ont faic 
mettre cette came au nombre des efpeces que l'on nom- 
me en Hollande nattes de jonc. La charnière, qui eft fi- 
tuée vers les deux tiers de la largeur de la coquille eft 
compofée de trois petites dents dans l'une des valves, & 
dé deux dans l'autre qui s'engrènent dans leurs alvéo* 
les correfpondans. Le ligament eft extérieur , & oc- 
cupe une raiûure qui s'allonge vers le- plan latéral le 

Aij 



4 EGO 

plus étendu. Cette came Te trouve dans les mers de 
l'Inde. Sa longueur porte ordinairement un peu plu* 
d'un pouce & demi fur deux pouces & demi de 
large. 

GuALTiERi y tab. 4z. litt. B. Chama mœ^uiU" 
ter a , (îriis multiffimis circumdata , fubalbida j Uneis 
îuteis ferpeiitibus , & annulas acutos efformantibus di' 
'verfim.odè fignata. 

M. ^ÂRGENVILLE , pa^. i8^. pi, IT. Utt, A, 

Cette came s'appelle l'écriture arabique, ou chindifej 
plufieurs lignes noires qu'on y remarque , par leur 
aifpofîtion bifarre , paroifTent former des caraderes 
fînguliers. 

Le même auteur donne aufîl le nom d'écriture chi- 
noife , ou arabique , à une coquille univalve du genre 
des rouleaux , ou olives , que Ton appelle auflî l'olive 
à carafteres. F'oye^ Olive a caractères. 

La came , appellée l'écriture chinoife ou arabique, 
a des variétés dans fon efpece. Les unes font ornées 
de grandes taches de couleur gris-de-lin , avec, des 
traits en forme de chevrons de la même nuance j les 
autres ne montrent que des taches fans aucuns carac- 
tères. Les Conchyliologiftes connoiffent auffi d'autres 
efpeces qui n'ont fur leurs battans que des lignes fort 
légères, en petit nombre, & qui, par gradation, en 
font tout à fait dépourvues. On donne en général le 
nom de natte de jonc , ou d'Efpagne , à ces fortes de 
cames. Foyer Natte d'Espagne- 

EGOUEN. Nom donné par M. Adanfon a une 
Coquille univalve du genre de la porcelaine. La co- 
quille de l'égouen n'a que neuf lignes de longueur : 
fa largeur eftde moitié moindre. Son fommet efl: cinc| 
fois plus court que l'ouverture , & compofé de fix fpi- 
res applaties & beaucoup moins diftindes que celle 
du narel \ il diffère encore du leur , en ce qu'il eft 
fort pointu. L'ouverture reffemble aufli à celle da 
narel \ mais elle eft plus droite , & parallèle à la lon- 
gueur de là coquille. Sa lèvre 4>>'oite o'eil point dentée^ 



E L E 5 

& les Jents de la lèvre gauche fe rapproclient un peu 
plus de fon extrémité fupérieure , éc font plus ferrées 
cjue dans les deux cfpeces qui précédent, c'eft-à-dirc, 
la porcelaine & le narel. Le tond de fa couleur eft 
ordinairement blanc , ou agathe-clair , & quelquefois 
d'une très belle couleur de chair. Elle eft fort com- 
mune autour de Hle de Gorée. 

GuALTiERi , tab. i^.litt. B. Cochlea longa py^ 
Tîformis , vulcraris , lœvis , labio interno dentato , fim- 
briata, c.induia, 

ÉLÉGANTE STRIÉE. Nerlta , teflâ oblongâ , 
cinerea , dcnfijjimcflriatu , maculis ruftfcentibus anfraC" 
tibiis ij- ïnque ; cochlea ele^arfer (Inata diéla. On ap- 
pelle élégante ftriée un coquillage terreftre du genre 
des limaçons , à caufe de l'élégance de fes frries. 

M. Geoffroy, qui la place avec les nérites, dans fon 
traité, pa^. 109. dit que fa coquille eft élevée en 
pyramide, dont la bafe eft large. Elle décrit cinq tours 
de fpirale , dont les deux d'en-haut font fort petits^ 
On remarque quelle eft couverte à l'extérieur de ftries 
tranfverfes , fort ferrées , entrecoupées de quelques au- 
tres lono;itudinales. Sa couleur eft cendrée , variée de 
taches brunes , rougeâtres , oblongues , qui forment 
des raies tranfverfes; mais quand l'animal eft mort, & 
que la coquille eft reftée vuide quelque temps fur la 
terre , ces taches s'effacent , & elle paroît toute de 
couleur cendrée. Les ftries font auffi quelquefois plus 
ou moins marquées. L'ouverture de la coquille eft 
prefque ronde, fans lèvres ni rebords, & l'opercule 
qui la ferme eft en volute. On trouve cette coquille 
dans les bois humides : c'eft la feule de ce genre qui 
ne foit point aquatique. L'élégance de fes ftries lui a 
fait donner , d'après Lifter , le nom qu'elle porte. 
Elle a cinq lignes de longueur & quatre lignes de 



largeur. 



Lister , pag. iip. tab. z. fig. ç. Cochlea cinerea^ 
interdhm leviter rufefcens , Jîriata , operculo teflacco 
tochUato donatût 

Aiij 



Ç E M E 

CoLUMNA y cap. 5». pag. i8. Cochîea ternflrîs f 
turbinata & flriata. 

M. S Argenville ^ pag. 33^. pL 28. tl" iï. 
On appelle ce limaçon l'élégante flriée à cinq tours 
rayés, qui forment une clavicule élevée, d^une con- 
Mance épaiffe & d'une couleur d'un jaune-pâle. 

Le même , append, pL. 9. n^, 9. L'éléganre ftriée 
compte fur fa robe quatre tours de couleur d'un gris 
clair , avec des bandes ponftuées de brun. Sa fpirale 
eft élevée , & fa bouche eft très ronde. 

EMERAUDE. Cocklea Lanaris , teflâ margaritiferâ , 
fmaragdus dicîus. M. d'Argenville nomme ainfi deux 
limaçons a bouche ronde, de l'cfpece des petits bur- 
gaux , qui font repréfentés à la planch. 6^. lert, O. & P. 
Le premier limaçon eft d'une forme très applacie. Sa 
robe rubanée tire fur le verd & le brun , avec des cou- 
leurs changeantes afTez belles. Le fécond eft un lima- 
çon plus petit & plus élevé, dit M. d'Argenville; il eft 
cannelé, & d'une nacre tirant fur le verd. Sa clavicule & 
Ion œil d'un très beau verd changeant, lui ont acquis 
le nom d'éméraude. Sa bouche eft dentelée ; ce qui eft 
très fîngulier dans ce genre. 

ENCLUME , ou MARTEAU. Voyei Mar- 
teau. 

ENFANT AU MAILLOT. Turbo , feu firombus 
cylindraceus y novem , decem vel amplius fpiris plerif- 
que réélis totidem fafcïas paulîim convexas ejforman- 
tibus conflansy rugis vel Jlriis per longitudinem infiru* 
âius'yparvd aperturâ rotundâ } labio fimbriaco & ali- 
quando umbilico dijiinciusj raro bafi complanatâ ïnjl" 
gnis. Coquille univalve du genre des vis. Celle-ci eft 
d'une forme cylindrique ,compofée depuis neuf fpires 
jufqu'à onze , droites ou perpendiculaires dans les 
cinq ou fîx premières , un peu convexes en forme de 
fafcies ou de bandes larges , dont on fe fert pour em- 
mailloter les enfans. Ces fafcies font le plus fouvent 
garnies de rides ou de ftries longitudinales. Les autres 
îpires, qui terminent la clavicule , forment un fouimeï 



£ N F 7 

«11 peu conique , plus ou moins obtus. L'ouverture , 
dans CCS forces de coquillages , eft ronde ou prefque 
ronde , petite , entière , & environnée d'une lèvre en 
bourrelet ou retrouffee au dehors. On remarque quel- 
quefois , fur le fût extérieur , une efpece de dent. Cette 
coquille eft quelquefois ombiliquée , le plus fouvent 
d'une couleur blanchâtre. Les Conchyliologiftes en 
iîiftinguent plufieurs efpeces , dont les unes font allon- 
gées & les autres courtes j mais qui ont toutes leurs va- 
riétés ; les premières font le plus fouvent terreftres , & 
les dernières maritimes. 

ENFANT AU MAILLOT TERRESTRE. Turbo 
\>el firombus terrefiris cylindraceus , per longitudincm 
rugis vel Jiriis raîis & parîim eminentibus j infpiris, cir^ 
cumdatus\ forma elongatâ^ & colore fubalbido di(imc-' 
tus. Cette vis cylindrique eft d'une forme élevée , avec 
des {pires garnies de rides légères , ou de ftries rares 
peu articulées ou faillantes. L'ouverture eft moins ronde 
que dans les efpeces courtes , & un peu plus grande ; 
elle eft entière & repliée en dedans. On remarque fur 
la columelle extérieure , une ou deux apophyfes en 
forme de dents. La couleur de cette coquille eft blan- 
châtre , fauve clair ou grisâtre. Ces fortes de vis cylin- 
d.riques , que quelques-uns appellent vis-buccins , va- 
rient dans leur forme plus ou moins effilée. Le fom- 
met eft toujours moins obtus que celui des efpeces de 
mer. On trouve ces coquillages du côté de Genève , 
dans les moufles humides & fur le bord des lacs. Leur 
longueur porte ordinairement quatorze ou quinze li- 
gnes, fur cinq ou fix lignes de largeur. Il y en a une 
efpece fort grande , qui a jufqu â un pouce neuf lignes 
de long , fur un pouce moins de large. Toute fa cou- 
leiureft blanche & eft percée d'un ombilic, ainfî que les 
autres efpeces terreftres en général. 

GuALTiERl , tab. 4. iitt. R. Turbo terrefiris, ^- 
milis marino , fed Uvis , umbilicatus ; ore angufio ob- 
longo ; utrinque dentato ^ colore fubflavo & maculisfuf- 
iis nebulatus , 6" variegatus. 

A iv 



s E N F 

ENFANT AU MAILLOT MARITIME. Turh; 

içel ftrombus marinus cy lindr accus , forma brevi\ ocio 
vel novem fpiris parum convexis , 6* perpendiculariter 
exenis compofltus ;firiis ^ in longum du£Hs in unâquâ- 
que fpirâ , tôt idem annulis albis ejformantibiîs regula- 
riter ftriatus in fundo fubcafianeo '-, aperturâ parvâ , ro- 
tundâ , & intégra , labio fimbriato diftinHus, Cette e{^ 
pece eft d'une figure courte & ramafTée comme une 
chryfalide de chenille, compofëe de huit ouneuffpi- 
res peu élevées, mais aiïez convexes, chargées cha- 
cune d'une maniera régulière, de ftries longitudinales, 
blanches , Taillantes & afTez efpacées , fur un fond 
brun , lefquelles forment autant de portions de petits 
anneaux. Le fommet de cette vis cylindrique , ou vis- 
buccin , eft très obtus. L'ouverture eft petite , ronde , 
entière , & n'eft en quelque façon interrompue que 
par une denticule. Cette coquille ne montre point 
d'ombilic , & porte environ un pouce de longueur fur 
cinq lignes de largeur. 

GuALTiERi 3 tab. 58. lîtt. D. Turbo integer fim^ 
hriatus , cylindroïdeus per longitudinem firiatus , ftriis 
interruptis 3 ore dentato yfubalbidus. Cette e/pece de 
vis cylindrique varie dans fa forme plus ou moins ra- 
courcie , ainfi que par fes couleurs. Il y en a de toute 
blanche. 

ENFANT AU MAILLOT A BASE AP- 
PL ATIE. Strombus conoïdes forma brevijjtmâ , fpi- 
ris parum exertis , in longum flriatis , 6" in cono ob- 
tufo finitus ; baft & aperturâ hori^ontaliter deprefsâ 
diflincius ; fubaLbidus, Cette vis, finguliere dans fon 
cfpece , diffère des autres enfans au maillot a plu- 
fîeurs égards. Elle eft compofée de dix fpires peu éle- 
vées , à ftries longitudinales , qui forment des fafcies fî 
étroites , que la coquille devient d'une forme très cour- 
te. Sa bafe , qui eft applatie comme celle des limaçons 
appelles culs de lampe, ainfi que l'ouveiture dans un 
plan horizontal, donnent le moyen à cette vis , contre 
Fordinaire des autres , de fe tenir debout \ ce qui lui 



E P A 9 

3onne en même temps la figure d'un cône obtus. Cette 
efpece porte fix lignes & demie de longueur fur quatre 
lignes & demie à fa bafe ou plus. 

ENTONNOIR. Lepas feu patella conoïdes , hafi 
ferè rotundâ & intégra ; per longituàinem coftata \ colo- 
ribus ex fufco rubefcentïbus & argenteis intus fplendens ; 
extîis iifdem coloribus radiata. Coquille univale ainfî 
appellée,à caufe de fa forme élevée en cône. Sa bafe 
cft entière ou fans faillies , & eft , en général , plus ar- 
rondie que celle des autres lépas de Magellan ; cette 
efpece étant tirée des mêmes parages. Toute fa fur- 
face extérieure eft rayonnée de côtes alTez larges & peu 
faillantes , brunes ou rouge-brun , avec autant de can- 
nelures blanches , peu profondes. La furface intérieure 
brille au-dedans dans fa grande concavité , d'une demi- 
nacre, luifante, de couleur d'écaille de tortue , qui ré- 
gne principalement dans le fond de la coquille , & ar- 
gentine ou plombée dans le refte. Lorfqu on fupprime 
les ftries longitudinales de ce lépas magellanique , on 
parvient à lui donner un poli aufli luifant que celui de 
la furface intérieure. Ce lépas peut avoir jufqu'â un 
pouce & demi d'élévation , fur quelques lignes de plus 
dans le diamètre de fa bafe. On peut également don- 
ner le nom d'entonnoir aux lépas de la même forme , 
tels qu'il s'en trouve dans les parages de plufieurs côtes 
de France , dont les uns font jaunes ou de couleur ci- 
tron , & les autres verdâtres. 

GuALTiERl, tab. 9. litt. E. Vatella limbo integro\ 
conica , lineis papillofis cïrcumdata , ex albido ^ fufco 
obfcure radiât a, 

ÉPAULÉE , ou COQUILLE BIVALVE ÉPAU- - 
LEE. Terme de Conchyliologie , qui exprime certai- 
nes irrégularités, qui fe rencontrent dans plufieurs bi- 
valves du genre des tellines, & même dans pluheurs 
cames, du côté & vers le ligament , par l'elfet de Taf- 
faiïïement & les divers plis des valves , qui forment 
une efpece d'épaule cambrée à fon extrémité , comme 
on le remarque dans plufieurs tellines radiées. C'efl 



10 E P E 

pourquoi on appelle tellines épaulées celles qui ont 
cette reprife, pour les diftinguer des autres efpeces 
plus régulières. 

EPERON. CochUd deprejfa trochi-formis , aculeis 
in primis fpiris prominentibus hori^ontalit&r coronata 
6* armata : afpera , coloribus virefcentibus & flavidis 
extks nebulata ; intiis colore margarhifero argenteo ni' 
tens^ calcar dicîa. Coquille univalve du genre des li- 
maçons dont l'ouverture eft applatie , ou des fabots. 
Elle eft ainfî appellée parce que fes trois premières 
fpires font environnées & armées dépeintes aiguës, 
faillantes, & applaties , fur-tout dans la circonférence 
de fa bafe , de manière adonner à ce limaçon, la figure 
d'un éperon ou d'une molette d'éperon, comme plu- 
sieurs le nomment. Les deux autres fpires , qui forment 
le fommet , ne font point élevées , & font pour l'ordi- 
naire peu diftiades. Toute lafurface extérieure eft cou- 
verte d'afpérités , de couleur verdatre ou jaunâtre; mais 
on découvre dans l'ouverture comprimée de la coquille, 
une très belle nacre argentine. Ce limaçon montre un 
ombilic dans certaines efpeces , & en eft dépourvu 
dans d'autres. Les Concliyliologiftes diftinguent le 
grand éperon ombiliqué d'avec le petit éperon fans om- 
bilic. V'oyeT; ces efpeces. 

EPERON DE LA GRANDE ESPECE, ou 
GRAND EPERON OMBILIQUÉ. CochUa deprejfa 
trochiformis ^ umhilicata , in bafi ùatâ , rotundâ j longis 
fpinis planis pr&fenim armata , 6" in alïis fpiris grada- 
îim currentihus ;flrïïs afperls undique flriata , coloribus 
fiavis ^ albidis depicla ; intiis colore argenteo fplendens. 
Cette efpece eft d'une forme très large & arrondie à fa ba* 
fè , qui eft principalement armée de pointes entr'ouver- 
tes far les côtés , applaties , lefquelles diminuent & 
difparoilTent àmefure qu'elles gagnent latroifieme (pi- 
re. Toute la fur face extérieure de la coquille eft ra- 
boteufe , & chargée de ftries circulaires , peu articu- 
lées , lefquelles ne paroiflent être formées que par des ef- 
peces de tubercules & des afpérités longitudinales, & 



E P E îi 

^ranfverfales. Toute cette furface conique efl nuée cî« 
^aune, deverd, & de rouge, vers le fommet, c]ui eft 
obtus. Lab'ife de ce limaçon eft remarquable par trois 
ftries circulaires , interron:pucs par d'autres itries la- 
melleufes , partant d'un ombilic litué dans Ion centre. 
L'ouverture eft comprimée dans un plan horizontal, & 
montre une furface intérieure d'une nacre argentine. 
Ce fabot comprimée peut avoir jufqu'à deux pouces 
de diamètre à fa bafe , fur un pouce cc demi de hau- 
teur. 

RuMPHius ^ tab. io. lit. K. Calcar majus. Le 
grand éperon HolL'Dt groote fpoor ,of groote zonne 
hoorn ; le gros éperon ou le grand foleil. 

M. à' /ÎRGENViLLE.pL h. /eu. H. p. lié. Ce fabot 
eft appelle l'éperon , & rien ne lui reftemble mi-eux : fou- 
vent fa couleur eft nacrée & dorée ; on remarque , dans 
le tour de fa volute, pluiieurs étages faiilans , garnis de 
petites pointes. 

EPERON SANS OMBILIC, dit PETIT 
EPERON. Cochlea deprejfa crockiformis^ aculeis lon- 
gis & acutijfimis in primis fpiris armata , firiis afpe- 
ris & nodojîs exafperata ; colore albido & virefceme 
nebulata j intus colore margaritifero fplcndens 5 calcar 
minorifpeàe j ah [que umbïhco donata. Ce f?.bot, donc 
la nacre eft couverte d'un drap marin nué de verd &: 
de blanc , eft armé , dans fes trois premières fpires , de 
longues épines plates & aiguës. Les afpérités , qui fe 
rencontrent fur ces fpires , font difpofées fur des ftries 
tuberculeufes , ou comme chargées de nœuds. Les autres 
fpires de la volute forment un fommet comprimé. 
L'ouverture eft plus ronde & moins applatie que dans 
les autres efpeces , & ne forme qu'une petite fïnuofité 
au lieu d'ombilic, par l'extenlion de fa lèvre. 

RuMPHius , tab. lo. litt. î. Calcar, HolL De, 
fpoor, ofkleyne hoorn j l'éperon ou le petit ioieil. 

GuALTiEKi s tab. 65. litt. N. CochUa marina de- 
prelfa ^ jiriata , margine fpirarum kori:^ontalner flellato 
feu muricaCQ i aculeis longis :, aliquando brevioribus ^ 



Il EPI 

acutis j reHis , & complanatis : ventre firîls nodojts 
exafpc-ato , alhida j aliquando argentea, 

EPHIPPIUM. Mot latin dérivé du grec j^r/ & 't.toç , 
en François , felle ou harnois de cheval, qui eft quel- 
quefois mis en ufage au lieu de fa fignification fran-^ 
çoife , pour exprimer une coquille bivalve du genre 
des huitres, nommée la felîe ducheval polonoife ou an- 
gloife, &queplulieurs nonutienc la grande pelure d'oi- 
gnon. "^ x'^/- Selle pclc>;cise. 

EPlDERMG.Terme deConchyliologifte ,fynonyme 
de celui de drap marin, dont le-; coquillages font fou- 
vent couverts , & que M. Adanfon appelle périofte. 
Vovey Drap marin. 

EPIDROME. Z':id"omi.':. NomqueRumphiusdonne 
àpluiîeurs coquilles univalves du genre des buccins & 
des murex j de l'efpece ailée , que l'on appelle en Fran- 
ce fufeaux ailés , pigeon & tourterelle ; on donne aufîî 
aux fufeaux ailés les noms d'artimons entortillés ou de 
mlfaines roulées, l^oye:^ ces mots. 

EPISCOPALE. Murex vel lambis nonalatus^, la- 
bro tenui 3 decem fpiris iuherofîs voluiam pyramidd' 
tam efformantihus in(lgnis ; colore violaceo levker dc" 
piBus. Coquille univalve du genre des rochers ou mu- 
rex j de l'efpece des lambis non ailés & à lèvre mince 
ou papyracée ^ ainfi appellée à caufe de Cà couleur 
violette. Sa volute eft compofée de dix fpires couron- 
nées de tubercules , lefquelles forment une volute en 
pyramide; elle eft ornée dans fes révolutions d'un 
liferé blanc. Ce lambis , qui eft une variété de f efpece 
appellée la pomme d'acajou , porte quatre pouces & 
demi de longueur fur trois pouces de largeur. J^oye:^ 
Lambis non ailé de la moyenne espèce, & Pomme 
4'acajou. 

EQUERRE. Oftreum deprejfum in uno latere quan- 
tum brachïo extenfum^ & in altéra parte angulatim pro- 
longatam\ cardine peculiari in utraque valvâ multxs 
denticalis per feriem inflrudis injï^nitum j exths colo- 
r£ obfcure purpurafcente nebulatum j intks colore esc 



ESC i^ 

margaritifero plumhto fpUndens ; norm& nomme dona- 
tum. Coquille bivalve du genre des huitres , que l'on 
nomme aulTi la jambe ,& qui eft une variété de refpece 
apptllée la cuifîe , quant à fa charnière : elle approche 
auffi , quant à Ta fîguie , de l'huitre connue fous la dé- 
nomination du marteau, quoiqu'elle n'ait qu'un bras. 
L'équerre eft compofée de deux valves, prolongée d'un 
côté , en manière de manche ou de jambe, & arrondie 
a fon extrémité , tandis qu'elle forme dans une feule 
partie latérale, à la charnière ,une féconde branche , ou 
une e{pecc de bras d'équerre plus court, plus étroit, & 
finifTant un peu en pointe, ce qui repréfente un mar- 
teau qui n'a qu'un bras. La charnière , qui eft à peu- 
près la même que celle de la cuifle, eft compofée d'un 
râtelier réciproque dans les deux battans, garni de 
quinze ou feize dents arrangées en compartiment de 
peigne. Toute la furface extérieure de cette huitre 
îînguliere eft d'une couleur pourpre obfcure , ou violet 
noirâtre. La furface intérieure brille d'une demi-nacre 
argentine ou plombée. Cette bivalve du genre des hui- 
tres platesfe trouve dans les mers desIndes orientales. Il 
s'en rencontre de diverfes grandeurs; mais les plus lon- 
gues ont jufqu'i fept pouces , & quelquefois davantage. 

RvMFHius , tab. 47. liît» I. Iftgnomon ( tçy-ry.cv ) : 
Ho/', Winkel haak en Vénus, fchacht-doublet ; Té- 
^j«»Xï.e ou le priapc de Vénus. 

GuALTiERi ,tab. 97, litt. A. Concha longa Ira- 
chiata , uno tantum brachio ex uno latere recîa ex^ 
tenjo j polyginglyma ^externe terrea , interne plumbeo co- 
lore fplendens ^ fed in altimo pruipue margine nigre^ 
dine quâdam intense cinSIa, 

ESCALIER. Nom donné à deux coquilles univat- 
Tes ; fçavoir , à une eff>tce de limaçon fabot , que Ton 
appelle aufti le cadran , & à une autre coquille du genre 
des vis, à laquelle on conferve la dénomination italien- 
ne àtfcalata, Voye:( les mots Cadran & Scalata. 

ESCARGOT , ou LIMAÇON TERRESTRE 
COMMUN. Cechlsa lunaris Hrrefiri$ ççmmunif. 



î4 ESC 

Nom que l'on doxnne communément à un grand nom- 
bre de limaçons cerrefî:res , qui comprennent aulH 
dans leur genre les efpeces appellées en latin pomadsi, 
L'efcargot eft un coquillage univalve du §_enre des li- 
maçons à bouche ronde , d'une forme arrondie & ra- 
maffée , compofée de quatre fpires voûtées ou bom- 
bées, lefquelles forment une volute moyennement éle- 
vée. La première fpire, qui eft très convexe , com- 
prend le corps du teftacée , & donne le plan le plus éten- 
du, pour étaler les couleurs dant il eft plus ou moins 
orné: ce font tantôt des marbrures rouge-brun & mar- 
ron mêlées de blanc & d'azur, tantôt des bandes lon- 
gitudinales , pourpre obfcures & jaunâtres , interrom- 
pues le plus iouvent d'une ou deux fafcies blanches. Il y 
en a dans lefquels toutes ces nuances forment quatre 
ou cinq zones de diverfes largeurs , d'une manière ruba- 
née. La féconde {pire eft peu élevée & ornée des mêmes 
couleurs , & les deux dernières terminent la coquille 
par un petit fommet obtus , qui forme en même temps 
l'œil de la volute. L'ouverture eft plutôt ronde- qu'o- 
vale , avec une lèvre un peu repliée au dehors, & le 
plus fouvent blanche fur le bord. La columelle exté- 
rieure eft de la même couleur , & laifte appercevoir 
une portion de la convexité de la féconde fpire inté- 
rieure. Toute cette furlace intérieure eft polie, lui- 
£ànte, d'une couleur pourprée dans quelques-uns , bru- 
ne dans les autres , ou reçoit par le tranfparent de 
la coquille le reflet des couleurs extérieures. Il y a 
beaucoup d'efcargots qui font ombiliqués , & d'autres 
qui ne le font point. 

Les naturaliftes ont donné en général le nom d'ef- 
cargot à prefque toutes les efpeces de limaçons , tant 
terreftres , fluviatiles , que maritimes , en faifant ce 
terme, fynonyme de limaçon. La facilité, que plufieurs 
ont eu dç tenter des expériences fur les efpeces com- 
munes , comme le vornaùa , le jardinier, & fur d'au- 
tres variétés, pour confidérer les différentes évolutions 
4e ranimai & îe détail de fes parties , futilité aiêmc 



ESC 15 

& les diverfes propriétés qu'on leur attribue , a pro- 
duit beaucoup de Tyllêmes & de defcriptions ; quoi- 
que très utiles pour la zoomorphofe ou la connoiflance 
de l'animal, ils n'ont point tiré cette multitude de 
limaçons, connus fous le nom d'efcaiCTot , de la confu- 
fion où ils fe trouvent, par la diverfîte prodigieufe de 
leurs coquilles. 

Les efcargots terreftres, varient dans leurs volumes 
& leurs couleurs , prefque dans tous les pays j mais 
l'animal , qui les habite , ell toujours le même. Ils ne 
font que trop connus pour abonder dans les jardins , 
on donne a ceux-ci le nom de jardinier 5 ils défolenr 
également les potagers ; ceux que l'on trouve fréquem- 
ment dans les vignes , ont reçu le nom de vignerons. 
Ils habitent auffi les foffés arides , les forêts , les ver- 
gers , & font admis , par conféquent , au rang des ef- 
peces , que l'on appelle mangeurs de fruits , en laun 
pomattœ. , vel cochLeœ pomatrices. Voye^ les mots Jar- 
dinier , Vigneron , Poma tia , & Limaçon ter- 
restre. 

Les limaçons , appelles en général efcargots , fonc 
ordinairement bons à manger. Ceux qui font nourris 
au foleil de bonnes herbes, "font meilleurs que les ef- 
peces que l'on trouve dans les lieux ombragés. C'eft 
principalement en hiver , lorfqu'ils font couverts ou 
ferm.és de leur opercule , qu'ils font recherchés & pré- 
férés pour le goût ; ils valent moins dans les autres 
faifons. Cet opercule , qui fe forme dans le mois d'ofto- 
bre, eft d'une fubftance terreufe & argilleufe , qui tranf 
fude des parties les plus glutineufes de l'animal 5 il 
quitte entièrement fa coquille au milieu du printemps ; 
pour lors , il n'efl plus li ellimé. 

Pline rapporte qu'on les nourriffoit dans des vivierj 
faits exprès, où ils étoient féparés, efpeces par efpe- 
ces, afin que l'on connût mieux le goût, que chacun 
devoit avoir. On avoit foin de leur donner à manger, 
& on les nourriffoit de toutes fortes de bleds avec du 
via cuic. Aujourd'hui les perfoimes,qui en veulent maa- 



i6 ESP 

ger , les font baver dans l'eau chaude , de manière à 
épuifer toutes les mucofîtés que ce coquillage con- 
tient , & on les apprête enluite à la manière des mou- 
les , ou d'une autre façon. 

Ou attribue aux coquilles d'efcargot diverfes pro- 
priétés. Elles font naturellement chaudes : lorfqu elles 
font calcinées ou réduites en cendre , elles nettoient 
les dents, difîipent les pellicules blanches qui vien- 
nent fur le corps, & modifient la gravelle, lorfque ces 
cendres font infufées & prifes en liqueur. Les coquil- 
les d'efcargot calcinées , mêlées avec du miel , appli- 
quées fur les yeux, en guérifîent les cicatrices , en ôtent 
les taies , Se fuppriment les taches du vifage.Lorfqu'elles 
font pilées crues avec l'animal , c'eil un remède pour 
les hydropiques, puifqu'il attire comme les ventoufes , 
la lymphe qui féjourne entre cuir & chair ; on ne doit 
pas enlever ce topique , qu'il n'ait opéré Teffet de la 
ventoufe, c'eft à-dire , qu'il n'ait pompé & diflipé toute 
l'humeur ou les eaux amaffées. 

GuALTiERi , tab. I. litt. B. Cochlea terneflrls 
vulgaris , rubefcens ^ fafciata. Ejufdem, litt.E. Cochlea 
terreftris vulgaris , cinerea 3 alïquando piilla , fafciis 
quatuor fidvis dijîin^a. 

M. à'ARGENVILLE , pag. ^-^S.pl. 18. /2. Z. Cc 

limaçon eft plus petit de moitié que le pomatia , avec 
les mêmes marques. Il eft bon à manger , & on l'ap- 
pelle l'efcargot. 

Le même auteur , fig. ^ . Ceft un limaçon plus 
beau , étant fafcié de brun fur un fond jaune ; fa bou- 
che , qui eft ovale , a un grand bourrelet blanc. M. 
d'Argenville dit, qu'on le lui a envoyé de Londres , & 
qu'il en .1 trouvé de pareils à Meudon, près de Paris. 

ESPLANDIAN , ou TOILE D'ARAIGNÉE. 

Voluta conoïdts , novem jpirïs concavis 6* paulifpcr 
tuberofis comporta; lineis minutij]imis , fufcïs ^ veL caf- 
taneis diverfimodè catenatis in fundo albido déganter 
depiHa & hifafcinta ; araneœ tela vel ejpiandian appel- 
^ata. Nom donné â unç coquille univalve du genre 

des 



E s s 17 

«les cornets ou volutes coniques, qui eft l'efpece que 
l'on nomme en Hollande , la toile d'araignée, fpinne 
weefs toot , of fpinne webbe. Elle eft ainfî nommée , 
à caufe que toute fa furface extérieure préfente un 
enlacement de filets , ou de lignes brunes , ou marron, 
très menues , liées & croifées les unes dans les autres, 
de manière à imiter le travail d'une toile d'araignée. 
Tout ce compartiment forme deux fafcies larges , plus 
ou moins diftindes , & qui font occafionnées autant 
par le renflement des fils en ces endroits , que par leur 
alfemblage plus nombreux. La volute de ce cornet 
eft compofée de neuffpires concaves, garnies de pe- 
tits tubercules. Le fond de la coquille eft blanc. UeC- 
plandian , qui tient un rang fort diftingué dans le genre 
des cornets , vient des Indes orientales , & peut avoir 
jufqu'â plus de deux pouces & demi de longueur. 

M. à'ARGENviLLE , Âppeud, pi, î. Utt. T. L'cf* 
plandian fe nomme en Hollande la toile d'araignée. 
Cette coquille a la tête peu élevée & barriolée par éta- 
ges de points rouges & blancs ; le corps eft tacheté en 
lignes droites , tournant un peu vers le bas. Le com- 
partiment eft formé de taches irrégulieres , rougeâtres 
& grifes , avec deux fafcies au milieu & vers le bas , 
dont les taches font plus noires & plus longues que les 
autres , laiffant pafTer les lignes blanches qui viennent 
de la partie d'en haut. 

ESSAN. Coquille bivalve du genre que M. Adan- 
fon appelle le jambonneau. C'eft , dit l'auteur, une 
petite efpece de peigne. La figure arrondie & applatie 
de fa coquille , avec deux petites ailes ou oreilles à 
peu près égales , & l'inégalité de fes deux battans , fait 
voir qu'elle approche infiniment de l'efpece appellée le 
chanon. Elle a tout au plus deux lignes & demie de lon- 
gueur & un peu moins de largeur. Elle eft fi mince 
qu'elle eft tranfparente comme le talc. Sa furface eft 
liiTe & polie , excepté dans les deux oreilles , qui ont 
quatre ou cinq cannelures relevées de quelques petits 
piquants qu'on ne découvre que par le moyen du verre 
Tom^ II, B 



i8 E X O 

lenticulaire ; fcs deux battans font médiocrement con« 
vexes , mais rinféricur beaucoup plus que le fupérieur. 
Sa charnière n'a qu'une cavité qui reçoit le ligament 
fans le laiffer paroître au-dehors. Le fond de fa cou- 
leur eft un blanc fur lequel s'étend un réfe'au jaunâtre 
ourougeâtre, mais prefqu'infendble par fa -grande dé- 
licatefTe. M. Adanfon n'a trouvé qu'une fois cette pe- 
tite bivalve fur la côte du Sénégal. 

ETHIOPIENNE , ou CORDELIERE, f^oye^ 
Cordelière. 

EVENTAIL, ou SOLE T^oye^ Sole. 

EVENTAIL DES MENONNITES. Chama Aqul- 
Idtera ex utrâque paru convexa , firiis in loni^um duciis 
minutiffîme firiata \ in. ambitu valvarum ftrrata. On 
appelle ainfi en Hollande une coquille bivalve du 
genre des cames , de fefpece qui approche de celle 
que l'on nomme furie quant à la figure , mais qui ref- 
femble davantage â un peigne fans oreilles, que M. 
d'Argenville a fait repréfenter dans fon appendice fous 
le nom de l'orpheline. Ses valves font bombées 4 ftries 
fines longitudinales, de couleur canelle fur un fond 
marron foncé. La circonférence intérieure de cette bi- 
valve eft dentelée. Sa charnière eft compofée de trois 
dents , dont une latérale dans une valve , & deux 
dans l'autre , lefquelles s'enclavent dans leurs alvéoles 
correfpondants. Cette came vient des Indes orientales. 

EXCROISSANCE; Terme de conchyliologie qui 
exprime les diftérentes reprifesou les efpeces de cou- 
tures qui fe rencontrent dans le teft des coquillages ou 
fur la fuperficie de toutes les coquilles en général. Elles 
font alTez fréquentes dans les genres des volutes. 

EXOTIQUE, ou CONQUE EXOTIQUE. Voy, 

COMQUE EXOTIQUE. 

EXTRA-AMIRAL, ou AMIRAL CEDO-NULLL 

^<j>y^^ Amiral Çldo rullu 



19 



F A G 



XAGAN. Nom donné par M. Adanfon à une 

coquille bivalve qu'il dit appartenir à un genre bien 
diftingué du pétoncle , alnfi que les efpeces nommées 
le robet, l'anadara , la muiïble & le vovan, dont l'au- 
teur n'a pas été à même de décrire l'animal ; tels font 
auflî les cœurs & les arches de Noé. Le caraftere de 
leur coquille confifte à avoir les fommets fort émi- 
nens , le ligament très large placé î^u-dehors de la co- 
quille , & enlin la charnière fort longue, & compofée 
d'un grand nombre de petites dents , toutes a peu près 
égales. 

La coquille du fagan a la forme d'un cœur dont elle 
a pris fon nom : c'eft une des plus épaiiïes que l'auteur 
connoifTe. Elle a le poids, la dureté, & intérieuremenc 
la blancheur & le poli du marbre. Sa profondeur eft 
d'un quart moindre que ia longueur , qui dans les vieil- 
les eft égale à fa largeur, & un peu plus petite que les 
jeunes. La plus grande, que M. Adanfon ait obfervée , 
porte trois pouces & demi de longueur & de largeur , 
mi peu moins de profondeur & plus de iix lignes d'é- 
paideur. Sa furface extérieure eft relevée de douze 
cannelures longitudinales , liftes & arrondies , dont il 
y en a fept fort grofTes & plus fenfibles. 

Chaque battant eft marqué intérieurement d'onze 
cannelures fort larges , qui régnent tout autour de fes 
bords , dans une bande d'environ huit lignes de lar- 
S;eur. Le bord , qui forme la charnière , s'avance con- 
iîdérablement au-dedans de chaque battant, où il fait 
une efpece de talon ,au-deftbus duquel refte une grande 
caviré. Aux deux côtés paroiftent les impreftîons des 
mufcles j elles font fort grandes & à peu près quarrées ; 
celle d'en-hauî furpaffe un peu l'inférieure. Les fom- 
mets font 3. peu près coniques , très allongés , & roulés 
en un feul tour de fpirale qui incline un peu en bias^ 

Si» 



20 F A G 

Us font placés un peu au-defTous du milieu de la lar- 
geur des battaiis , & féparés l'un de l'autre par un petit 
cfpace obliquement applati. 

La charnière eft droite ou reâ:iligne , ég^ile à la moi- 
tié de la largeur de la coquille. Elle confifte en une 
rangée de quarante dents , lemblables à autant de la- 
mes à peu près égales , & pofées parallèlement fur les 
bords de chaque battant. Ces dents s'engrènent fort 
exactement les unes dans les autres , Se rendent la fer- 
meture de cette coquille extrêmement fûre & folide. 
Le ligament n'eft pas proportionné à la force de la 
charnière. Ceft une membrane noire , coriace , aflez 
mince , qui s'étend fur toute la portion de la coquille 
qui eil: applatie entre les deux fommets. Elle y eft for- 
tement attachée par le moyen des filions qui y font 
profondement gravés , & qui , par leurs contours , 
repréfentent plufieurs figures rhomboïdales. Il ne pa- 
roît pas qu'elle foit d'une grande force, car elle s'é- 
caille aufli-tôt que l'eau l'a abandonnée. Il femble que 
fon principal ufage eft de fervir de couverture a la 
charnière , & de la garantir de l'approche des corps 
étrangers, tels que les fables & autres chofes femblables 
qui pourroient en embraffer le jeu. L'auteur n'a ob- 
fcrvé dans cette coquille d'autres variétés que dans fa 
forme plus ou moins allongée. Lorfqu'elle eft cou- 
verte de fon périofte , elle eft brune & quelquefois mê- 
lée de verd ; mais le périofte enlevé, on voit que la 
blancheur de fa furface extérieure imite , comme l'in- 
térieure , celle du marbre blanc le mieux poli. Les 
Nègres, qui aiment beaucoup ce coquillage, en pèchent 
une grande quantité dans les fables vafeux de l'embou- 
chure du Niger. 

Lister , tab. 138. fig. 71. PeBuncuius gravis , 
raro & minus profundè fulcatus j exfufco viridefcens , 
aniculationibus laciniatis , jamaïcenjis, 

M. ^Jrgenville , pL lo.fig, K. pag. 3 3 y. Un 
petit coeur de bœuf, dont les deux becs fe contournent 
d'une façon finguliere , & font fQit féparés l'un de rau- 



FAI II 

tre ; tout Ton corps eft cannelé , & fa couleur eft d'un 
blanc {aie. 

GuALTiERi , tab. 87. lut. D. Concha rhomhoïdalis ^ 
firiïs latijftmis complanatis & raris divifa , crajfa , 
ponderofa , candidijjima, 

Klein , tent. pag. 143. (pec. i. n. i6» Anomalot 
cardia effufu quA pecîuriculus gravis y raro vel minus 
profundè fulcatus y ex fufco viridefctns ., art iculationi- 
bus Laminatis* 

FAITIERE, ou TUILÉE. Voye^^ Tuilée. 

PALIER. Coquillage univalve, qui eft la féconde 
efpece du genre que M. Adanfon nomme le man- 
telet. Sa coquille na que cinq lignes de longueur 
& fix tours de fpirale , dont les cinq dernières font 
renflées , mais (i étroitem.enc unies , qu'on a de la peine 
à les diftinguer les unes des autres. Elles forment un 
fommet arrondi , quatre ou huit fois plus court que la 
première fpire. La lèvre gauche de l'ouverture a , vers 
fon extrémité fupérieure , quatre longues dents fem- 
blables à autant de plis qui rentrent dans rintérieu(r 
de la coquille. Du relie , le falier refTemble parfaite- 
ment au potan , à cela près , qu'il eft tran{pare«t. 
Sa couleur eft blanche , agathe ou jaune , fans mé- 
lange , dans quelques individus j & dans d'autres , elle 
eft marquée de deux bandes fauves ou brunes qui fui- 
vent le contour de la première fpire. Le fommet eft 
quelquefois environné d'une pareille bande. 

Le manteau de l'animal eft auffi couvert de filets j 
mais ils font coniques & feulement de moitié plus 
longs que larges : il aauiîi un tuyau qui diffère de celui 
de la première efpece , en ce qu'il eft dépourvu de fi- 
lets , & <^u'il fort de la coquille comme dans la porce- 
laine , & d'une longueur égale à celle des cornes. 

Son pied eft de moitié plus large que la coquille. 
Le corps des plus jeunes eft blanc-pâle taché de petits 
points jaunes & rougesqui, dansles adultes, deviennent 
fauves ou bruns. Comme leur coquille eft fort mince 
& tranfparente , ces taches paroinent leur appartenir 

Biij 



li „ FAN 

aufîî bien qua l'animal ; mais lorfque ceîuî-cî en eft 
détaché & fépaié , elle n'a d'autre couleur que celle que 
ÏVI. Adanfon a fait obferver. 

Barrelier , pag. 135. fig. 30. Porçel/ana vul^ 
garis, 

FANEL. Nom donné , par M. Adanfon , a un co- 
quillage operculé du genre de la natice. L'auteur l'a 
trouvé parmi les algues marines dans les fables de l'anfe 
de Ben. 11 diffère de la natice , en ce que fa co.quille 
cft un peu moins allongée, & que fes fpires font ap- 
platies en-delTous & comme écagées. Le fommet elt 
auflî plus applati , deux fois plus large que long , 8c 
deux fois plus court que l'ouverture. La lèvre droite 
de l'ouverture n'eft repliée que dans la quatrième partie 
de fa longueur vers l'angle inférieur. L'ombilic eft 
très grand , feulement une fois plus court qu'elle , & 
marqué d'un arc peu confîdérable. Le fond de fa cou- 
leur eft blanc, marqueté agréablement de petits points 
bruns alTez ferrés : la première fpire eft quelquefois 
entourée d'un ou deux & même trois rangs de taches 
brunes aflez grandes j l'intérieur eft gris-de-lin , ou 
d'un beau violet. 

BoNANNi yKicr, pag. 14T. claff. 3.n. iz4. Co^ 
'chleUy limacis nomine communiter appellata à forma , 
quâ terreftribus limacibus omnimoae ajjimilatur : colore 
îinBa rufo & nitido ^ cereis punàis afperfa , 6' macidis 
notata , ex porraceo albefcentibus. 

Ejufdem, n. ii%, Cochleafyracufanîlittor'iSy aureâ 
tutetecia^ quant color falvus piinci^tim ftgnat ^ 6' ve- 
luti vélo glafiino fuperindutu. 

Lister , tab. 5^4. fig. it. Cochlea clavicalâ com^ 
prefsâ 3 puncîis rufis dense depicîa, 

KiRKERy pag. 4^1. n. 214. Cochlea limacis &c» 
lit fupra Bon AN NI, 

Lan G lus , meth. pag. ^4. Cochlea umbilicata 
marina , cinerea , punciis obfcure rufis afperfa , fuf- 
dis interruptis ejufdem fcd magis intenfi coloris cir- 
eumdata* 



FAR 2j 

Ejufiem, fig. f. CochUa marina umbilicata ^ Uv'is , 
punclis rufis denfijfime afperfa , 6' circumfcripta. 

Klein, cent. pag. 15. fpec. 1. n. 11. Piatifioma, 
cre fimplici punciatum ; colore fulvo fuper cute aureâ j 

BoNANNl, 

FARCÏS. M. Adanfon appelle ainfi un coquillage 
operculé du genre des pourpres à canal év.afé. La 
forme allongée de la coquille du farois l'a fait mettre 
au rang de celles qu'on appelle fufeau. Elle a deux 
pouces de longueur fur une largeur près de deux fois 
moindre : les onze fpires dont elle eft compofée, font 
•fort ferrées, peu diflinguées , & creufées ou comme 
enfoncées dans leur milieu , au contraire, de la plu- 
part des coquillages qui les ont ordinairement renflées. 
Elles font légèrement iillonnées dans leur contour , 
& bordées à chaque extrémité d'un rang de petits bou- 
tons fort ferrés : ceux du rang fupérieur font commu- 
nément pointus , & beaucoup plus gros que ceux du 
rang intérieur. La première fpire n'eft creufée que 
beaucoup au-delTous de fon milieu ; & au- dedans elle 
eft environnée de iiuit à quinze camelures médiocres 
& ridées. 

Le fomm.et eft prefqu'une fois plus long que large, 
& fort peu plus long que la première fpire. La lèvre 
droite de l'ouverture eft toujours mince , fans dents , 
& échancrée en angle aigii dans Tendroit où la pre- 
mière fpire eft enfoncée. La lèvre gauche a , vers fon 
extrémité flipérieurc , un petit bourrelet , accompagné 
d'un ombilic fem^blable à un petit (lUon. Sa couleur eft 
grife ou brune, & quelquefois fauve. 

Le périofte , qui refte communément attaché dans la 
partie concave des fpires , la rend brune ou noirâtre 
dans ces endroits. Le nombre & la forme des boutons 
eu tubercules des fpires caufent quelques légères va- 
riétés dans cette coquille. Il y en a, & ce font ordi- 
nairement les plus petites & les moins allongées , qui 
ont le rang inférieur des boutons des fpires plus ap- 
plati & moins relevé que le r?aig de la fpire fuivame j 

B ir 



*4 . F A S 

on voirie contraire dans les autres. L*âmmal reflemMé 
a celui du kalan , par la fituation de fes yeux, & par 
la longueur de fon opercule, qui, cependant, n'efl 
ni aufîî grand , ni courbé en portion de cercle. 

Ce coquillage fe plaît dans les rochers 3e l'ile de 
Gorée. 

Bon AN NI y Recr. pag. iiz. clafT. 3. n. 7^. Turbo 
tuberofus quajl fubtili & candidâ telâ hollandicâ m- 
diLtus , in multipUces plicaturas & puhillos corrw 
gatâ. 

Lis TER y tab. ^24. fig. 16» Buccînum roflratum 
parvum aiiquibus binis tenuker ,valdè acutisfiriis cir^ 
cumdatum, 

KiRKER, pag. 4^4. num, 75. Turbo tuberofus y 

6'C. ut fupra ÈoNANN T. 

Petiver , Gazoph. vol. i. tab. 5e. fig. 6. Oxy^ 
rynchus indicus j orbibus nodofis & catenatis. 

Klein , d'après Lilter , pag. 60. fpec. i. n. I. F. 
Fufus brevis , Uvis y firïatus j binis tenuiter & valde 
acutis flriis circumiatus. 

Ejufdem, pag. 61. fpec. 2. n. Z. E. Tufus brevis ^ 
firiatus , acutus , inter fpiras plicatas granulaco filo 
confiricius ; Bonanni» 

FASCIES. Terme de conchyliologie , qui exprime 
les bandes de diverfes couleurs , plus ou moins larges 
qui environnent la furface extérieure des coquilles en 
général ; on donne quelquefois le nom de tafcies a 
des ftries larges & en relief , comme dans les efpeces 
de vis appellées enfans au maillot, & dans le buccin- 
argus. 

FASIN. Coquillage operculé , que M. Adanfon a 
rangé dans le genre des pourpres à canal court , échan- 
cré & replié en-dehors. Sa coquille eft plus mince & 
plus fragile que celle du tefan & du minjac, quoique 
lans tranfparence. Elle n'a pas deux pouces de lon- 
gueur : fa largeur eft moindre de moitié. Elle eft com- 
pofée de fept fpires applaties ou fort peu renflées , & 
àiftinguées par un léger filion. Leur furface extérieure 



r A T îj 

paroît comme ridée par un grand nombre de petits fi- 
lets irréguliers , qui s'étendent fur la longueur de la 
coquille. On voit auffi quelquefois un petit bourrelet 
ou cordon qui traverfe la féconde fpire. 

Le fommet refTemble à celui du minjac pour les 
proportions , mais il eft feulement une fois plus long 
que large. L'ouverture eft moins évafée que celle des 
pourpres à canal court,échancrée & funple : elle a deux 
fois plus de longueur que de largeur. L'échancrure 
de fon canal fupérieur eft une fois plus profonde que 
large, repliée fur le dos de la coquille, & recourbée 
légèrement fur la gauche. On n'apperçoit pas la moin- 
dre apparence d'échancrure dans fon extrémité in- 
férieure. 

La lèvre droite eft bordée au-dehors d'un bourrelet 
arrondi & affez épais : on voit quelquefois au-dedans 
une vingtaine de petites dents. La lèvre gauche eft 
relevée vers fon extrémité fupérieure , d'un & quel- 
quefois de deux bourrelets affez gros & fans om- 
bilic. 

Le périofte , qui recouvre cette coquille , eft fort 
mince & peu fenfible. Le fond de fa couleur eft fauvt; : 
elle eft entourée de quatre ou cinq petites bandes blan- 
châtres , marquées de plufieurs taches quarrées brunes 
ou violettes, qui, par leur arrangement, reffemblent 
parfaitement a des notes de mufique. On remarque 
que le bourrelet de la lèvre droite manque totalement 
dans les jeunes coquilles : elles ont cette lèvre tran- 
chante fur les bords, & garnie au-dedans de dix â douze 
dents rangées avec peu de régularité. 

FAT AN. M. Adanfon appelle ainfî une coquille 
bivalve du genre de la came. C'eft la plus grande que 
l'auteur ait obfervée au Sénégal. Sa coquille fe'-'trouve 
abondamment dans les mois de mars , avril & mai , fur 
le rivage fabîonneux qui s'étend depuis le village de 
Ben , jufqua celui de Rufisk. Elle a près de fix pouces 
de largeur fur une longueur un quart moindre, & 
double de fa profondeur. Elle eft tranfparente , pref- 



2^ F A V ^ 

qu'dUiTi mince que le lifor , & marquée vers le Com-^ 
met d'une vingtaine de cannelures tranfverfales , rondes 
& fort écartées , qui dégénèrent vers les bords en des 
rides fort irrégulieres. Les fommets fe touchent. En^ 
tre les dents de la charnière , on voit une grande ca- 
vité, à peu près égale dans chacun des battans qui ne 
ferment pas exadlement. Ceft dans cette cavité que ic 
trouve logé le ligament , qui eft prefque rond comme 
dans la coquille du lifor. Elle eft d'un blanc de neige 
au-dehors ôc au-dedans. 

FA VAL. La cote du Cap-Verd fournit une cin- 
quième efpcce, dit M. Adanfon , plus grande que 
Tarvan , & de même forme, & qu'il appelle du nom 
de faval. Sa coquille a trois pouces & demi de lon- 
gueur, & cinq fois moins de largeur. On y compte 
dix-huit à vingt fpires applaties , & qui ne font dif- 
tinguées les unes des autres, -que p"ir un léger ren- 
flement que l'on voit dans leur partie inférieur. Outre 
les (liions longitudinaux, chaque fpire eft comme par- 
tagée en deux portions inégales, ou en deux fpires, 
par un fiUon aftez profond qui la fuit en tournant 
comme elle. La portion fupérieure de la fpire divifée 
par ce fîilon, eft ordinairement du double plus petite 
que l'autre. Dans quelques coquilles, ce fillon cftpref- 
qu'infeniible. 

L'ouverture eft à peine deux fois plus courte que le 
fDmmet dans les jeunes, & trois fois plus courte dans 
les vieilles. L'échancrure fupérieure eft étroite & pro- 
fonde. La lèvre gauche eft relevée de deux plis re- 
miu-quables. La couleur de cette coquille lui donne 
une grande fupériorité fur les autres vis. Elle eft quel- 
quefois blanche 8c quelquefois agathe, agréablenienc 
mouchetée de taches brunes ou rougeâtres , ordinai- 
rement quarrées , &c difpofées fur deux ou trois lignes 
qui tournent avec les fpires. 

BoNAN^Nl y Ricr. pag. \z6. n. 107. Turbo niti- 
dis & eburneus , in quo fpirarum commiJfarA vix di- 
gnofcuntur , macidis rufis notais. 



TAU i7 

Lister i Conchyl. tab. 841. fîg, 69. Buccinum 
dentatum claviculà iongiffimà :,ftriatum y & Latis ma^ 
cuLis ex rufo nigricantious raduiturr., 

Ejnfclem, tab. 841. lîg. 70. Buccinum dentatum 
claviculà longijfîmâ ^ Uve ^ binis fo.jciis ex maculis 
quadratis magnis fufco - rujefceniihus depiêîum. 

RuMPHius y Miif. pag. 100. arc. 1. tab. 30. litt. B. 
Strombus fccundus. 

KiRKER y pag. 455. n. 107. Turbo nitidus j &c, 
ut fupra , B o N A N- N I , 

Lasgius ^ Metli. pag. 45. Turbo apertus j lattis y 
Uvis. 

Ejufcleni, pag. a^6, Turbo apertus canaliculatus y 
oblique incurvât us , Uvis, 

GuALTiERT y tab. 5^. litt. B. Turbo apertus y la- 
tus y candidus y maculis rufis dense depicius , viginti 
fpiris finit us, 

Ejufdem , tab. 57. litt. M. Turbo apertus ^ fulca- 
tus y fajcià elatâfpiras amoicnte circumdatus y ex can-- 
dido & fubrofeo colore undatim varicgatus, 

Klein ,, tcnt. pag. 17. fpec. I. A. n. 4. Strombus 
acularis : Uvis , feu fubula ; toroceras y julcatus , 
maculis latis ex rufo nigricantibus radiofs, 

EiufJem, n. 6. Strombus acularis ; Uvis ^ feu fa- 
bula ; marmoratus j nitidus longus y acidatus ; junc^ 
turis firarum y vix dignofcendis , maculis rufis» 

Ejufclem , pag. i8. n. 7. Strombus acularis , Uvis 
feu jubula , uuplicatus in orbibus maculatis per lon- 
Fum flriatus. 

FAUSSE AILE DE PAPILLON. Voluta co- 
noïdes y ocio fpiris paulifper deprejfis & concavis in 
primis , 6» in csiteris apice finita , quatuordtcim. vel 
quindecim ^onis y maculas , lineas , ex jufco rubef- 
centcs y fubpurpureas , 6" flavefcenîes efformantibus y 
elegantijjime &'regulariter depiHa; pfeudo-ala papilionis 
diàa. Coquille univalve du genre des volutes coni- 
ques ou des cornets , qui eft une variété de refpece 
que les ConcKyliologiftes nonimen; aile de p-ipU-'on 



28 F A U 

Toute la furface extérieure de ce cornet eft ornée 
régulièrement de quatorze ou quinze zones formées 
de taches & de petits traits longitudinaux de couleur 
brun - rouge , tirant fur le pourpre , & nué", jde jaune , 
imitant alTez fouvent des efpeces de carafteres , fur 
un fond blanc. Sa volute efi compoiee de huit fpires, 
donrlcs quatre premières font applaties , un peu con- 
caves , 6c nuées de traits jaunes obliques ; les quatre 
autres fpires forment un petit fommet peu élevé. 
Cette coquille , qui efl: plus ordinaire que la véritable 
aîle de pavillon , en diifere principàlenient en ce que 
fes taches ne forment que très rarement certains pe- 
tits croifTans, & qu'elles font moins régulières & plus 
var.ées. On peut aulTi considérer la faufle aile de 
papillon , comme une variété d'un cornet appelle la 
fpéculation. Cette coquille varie de manière qu'il eft 
rare de la rencontrer avec fes taches , ou fes zones 
parfaitement refiemblantes. Elle vient des mers des In- 
des orientales & occidentales. Sa longueur peut avoir 
jufqu'à deux pouces & demi 

FAUSSE ARCHE DE NOÉ, ou ARCHE DE 
NOÉ BATARDE. On nomme ainfi en Hollande 
plufieurs coquilles bivalves du genre des cœurs a ca- 
rène , qui font des variétés de l'efpece appellée Inii- 
plement l'arche de Noé. Rumphius, qui les nomme en 
général baftaard-ark , en diftingue cinq efpeces > qu'il 
a rangées parmi les peignes & les pétoncles, l^oye^ 
Cœurs fn arche ou a carène. 

FAUSSE ARLEQUINE. Voyei Arlequime. 

FAUSSE GOURGANDINE , ou GOURGAN- 
DINE STRIÉE, ^oye:;; GOUHGANDINE STRIÉE. 

FAUSSE MUSIQUE. Murex, feptem Jpiris Jci- 
licet , quatuor primis tuberojh , in alteris apice obtufo 
finitis , compofuus : plurimïs lineis tranfverfis , d* piLn- 
ciis fufcis , circumdatas ; maculis nigricantibus ficul 
notulas muficA efformandbus depiHus & fignatus ; aper- 
tard longâ , labro valde fpijfo , columdlâ rugosà , 6» 
canali brevi , fulcato > diftïn^us ; pfîudo-mj.fica ap- 



F A U le, 

pellatus. Coquille univalve du genre des rochers , qui 
eft une variété de l'efpece appellée la mufique : elle eft 
compofée de fepc fpires afîez élevées , dont les quatre 
premières font couronnées de tubercules, lefquels fe 
prolongent fur le corps de la coquille en forme de 
côresj les trois autres, qui font fort petites, fe terminent 
par un fommet obtus. Toute la furtace extérieure de ce 
mi*rex eft de couleur livide ou couleur de chair peu 
vive , ornée de cinq ou fix lignes circulaires , paral- 
lèles, éloignées les unes des autres , brunes ou brun- 
rouge, & parmi lefquelles on diftingue des taches oblon- 
gues en forme de notes de mulique ,de couleur noirâ- 
tres & plus ou moins multipliées. L'ouverture eft lon- 
gue avec une lèvre épaifle , une columelle garnie de 
huit dents circulaires en forme de rides , lefquelles ne 
forment qu'un iîmple canal court & échancré. La fur- 
face intérieure de ce rocher montre une belle couleur 
de chair. Cette efpece ,qui paroîc être un jeu de nature 
par la finguliere diftribution de fes lignes , peut être 
aufîi appellée la mufique alignes rares & interrompues. 
On nomme en Hollande la faufTe mufique ou la mufi- 
que bâtarde , plufieurs murex plus connus en France 
fous les noms de bois veiné & de foudre. Voyfs^ ces 
mots. 

FAUSSE OREILLE DE MIDAS. Buccinum ter^^ 
rejire rotundum , ventricojum ; Jex fpiris convexis , 
exertis , & apice obtufo claviculatum j tegumento ex 
fiavo obfcure virefcente conte^um ^ quo fublato, coït" 
jpiciuntur colores tenerrimi achates & purpurafcentes y 
apertwâ fpatiosâ , per longum ovacâ , intégra j iabro 
fimbriato , intégra , rofeo colore nitente , injignitum ; 
pfeudo-aiiris MiJ.A nomine donatam. Coquille univalve 
du genre des buccins dont l'ouverture eft entière. Cette 
efpece , qui eft terreftre , eft d'une forme ventrue , ar- 
rondie , compofée de cinq ou fix fpires bombées, donc 
les premières font élevées. Lorfque ce buccin eft dé- 
pouillé de fon épiderme de couleur verd - jaunâtre , 
®n découvre des efpeces de ftries fines longitudinales 



jo F. ^'^ U 

en manière de rides , ainfî que (a couleur légère aga- 
ihc j pourprée & fauve-clair. Le fommet, qui eft obtus, 
eftrougeàtre. L'ouverture eft fpacieufe, allongée en 
ovale & entière , dont le fut extérieur & la lèvre en 
bourrelet Ibnt couleur derofe. Cette coquilFe diffère 
eflentiellement de la véritable oreille de Midas par fa 
figure arrondie , ainii que par fon fut dépourvu de 
dents, & fans montrer d'apophyfe dans le bord inté- 
rieur de la lèvre comme dans l'oreille de Midas. On 
trouve ce buccin dansles forêts marécageufes de plu- 
iieurs îles de FAmérique méridionale , comme dans 
celle de Caïenne, de la Guiane & de Surinam. Celle- 
ci eft ordinairement moins grande que l'efpece qui fe 
trouve dans le Brélil proche la rivière de Rio-Janeïro. 
La fauiïe oreille de Mi Jas , qui vient du Pérou du côté 
de la rivière de Rio de laPlata, eft encore d'une forme 
plus allongée & moins renflée que l'efpece de Caïenne. 
Ces fortes de buccins portent ordinairement trois pou- 
ces de demi de longueur far deux de largeur. 

Il y a une variété de la fouîTe oreille de Midas moins 
connue, qui diffère des précédentes par fa forme ra- 
malTèe & extrêmement renflée , mais fur-tout par fa 
lévrc qui eft tranchante , au lieu d'être en bourrelet. 
Sa coquille eft mince , couverte d'un épiderme verd- 
olive , & rubanèe en longueur de couleur plus foncée. 
Les fpires qui , forment la clavicule, font rougeâtres $c 
nuées de jaune. Ce buccin eft ombiliqué. Sa longueur 
peut avoir trois pouces & demi fur près de deux & 
demi de largeur. 

FAUSSE POURPRE. Rumphius appelle ainfiune 
coquille univalve du genre des buccins , de l'efpece ap- 
pellée le tapis de Perfe. f^oyei Tapis de Perse. 

FAUSSÉ se AL AT A. Strombus ncn^em fpirls ro- 
tundis, coftis Jicut annulis per longum^ reguluriterex- 
tenuatîs & apice acuto gradatim finit us : apenurâ inté- 
gra , rotundâ & labio fimbriato difiincius ; aut totus 
albus vel aliquando parvulis maculis fubrofeis & pur^ 
purafcentibus infundo candefccntc varie gat us ^ pfcudo* 



F A U 31 

fcalata appellatus. Coquille univalve da genre des vis, 
dont la configuration ne laiffe pas d'avoir de la refTem- 
blance avec l'efpece nofnmée fimplement la fcalata , 
qui eft le nom italien , qui lignifie efcalier. La fàufTc 
fcalata eft compofée de neuf ou dix fpires arrondies, 
garnies ou comme liées les unes les autres par des ef- 
peces de petits anneaux perpendiculaires , quelquefois 
de vive arrête , lefquelles fe raccordent d'une fpire à 
l'autre comme dans la vénizhXt fcalata \ mais fans laiffer 
des jours dans les intervalles commiC dans cette efpece. 
Lafaulfç/fû/^'r^jqui eft commune en comparaifon avec 
celle qui eft vcnn-ue , a plufieurs variétés , parmi lef* 
quelles fe diftinguentles efpeces toutes blanches, d'une 
forme moins effilée , plus aiguc , 5c dont les petites 
côtes font tranchantes. Les autres efpeces font élevées 
en aiguille , blanchâtres ou grisâtres , & tachetées ou 
marbrées de couleur de rofe , rougeâtres ou gris de lin. 
L'ouverture des i?iM^ts fcalata eft aifez ronde, entière 
& entourée d'une petite lèvre faillante en bourrelet. On 
trouve des fauffesy^a/^r^ dans les îles de l'Amérique j 
il y en a dans la mer adriatique : celles de nos mers 
font d'un blanc cendré. Ces fortes de coquilles en vis 
ont depuis fix lignes de longueur jufqu'à quinze ou 
feize lignes. 

Rondelet ^ de Teftaceis , lib. i. pag. Sp. fig. 4. 
Turben tubcrofus, 

Rc/jfPHius j tab. 19. litt. VV". Buccinum fcalare, 
Holl. Hetwentell-trapetje \ le petit efcalier. 

GuALT 1ER I , tab. 58. lut. H. Turbo znteger ^ 
fimbriatus ^firiatus finis veluti funiculis in&quali di- 
fiantiâ difpojîtis , C^ fuper uràufcuj ufque -volutAplanum 
extantibus j 6" eminencibus : aureo , aut rofeo , auc 
fafco colore dijîincîus : funiculi vero illi junt xandidi , 
& punciis rubicundîs yVel ûavis in fummitatenotati. 

FAUSSE TINNE DE BEURRE, ro/ata conoï- 
des , novem fpiris partim complanatis & apice acuta 
finita \ paviiUs lineis nigricantibus velex fujco ruhsf- 
centibus in fundo ficvido maculât a : pfeudo-meca butyri 



ji F A U 

dicta. Coquille univalve du genre des cornets ou vo- 
lutes coniques, laquelle eft une variété de refpece nom- 
méela tinne de beurre. Celle ci en diffère en ce que fes 
taches brun-rouges ou noirâtres font beaucoup plus pe- 
tites , arrangées proche les unes des autres , en formant 
plutôt de petites lignes droites difpofées par colom- 
nes , que des cercles fur un fond jaune pâle ou livide. 
La volute eft compofée de neuf fpires , dont les cinq 
premières font applaties & les autres un peu élevées 
pour former un petit fommet aigu. Vers rextrêmitc 
oppofée ou le côté du canal de la coquille , on diftinguc 
des ftries circulaires. Ce cornet , qui eft en général 
moins connu que la vraie tinne de beurre , porte tout 
au plus deux pouces de longueur. 

RuMPHius , tab, 33. litt, G. G. Boterwegje 
vanBoerOjof cyperfe kat toot; la petite peiotte de 
beurre , ou la volute appellée le chat de Chypre. 

FAUX AMIRAL , ou NAVET. Voyei Navet. 

FAUX AMIRAL DE GUINÉE. Foyei au mot 
Amiral. 

FAUX ARGUS. Fby^^ Argus. 

FAUX BÉZOARD. Nom que l'on donne en Hol- 
lande, fuivant Rumphius, à une coquille univalve , du 
genre des cafques, appellée le bézoard , dont celui-ci 
diffère par fa forme moins arrondie ou plus allongée. 
Sa clavicule , qui eft plus élevée , eft compofée de huit 
fpires, dont les premières font couronnées de tuber- 
cules plus faillans. f^oye:^ Bézoard. 

Rumphius , tab. 25 n, y Holl. Wilde bezoar- 
hoorn; le faux bézoard ou le bézoard bâtard. 

FAUX DAMIER. I^oyex Damier. 

FELAN. Nom donné par M. Adanfon à une co- 
quille bivalve, du (^eare de la came. Elle eft extrême- 
ment mince & traiifparente , d'une rondeur alTez exac- 
te , d'un diamètre d'un pouce & demi , & une fois moins 
profonde. Sa furface extérieure ne porte aucunes can- 
nelures , mais feulement quelques rides très fines & 
aifez égales , par delTus lefquelles on voit par inter- 
valles 



FEU jy 

ralles un përiofte fort mince. Son fommet Te trouve 
précifement au milieu de fa largeur. Il eft afî'ez pointu, 
mais peu éminent. Il n'y a que deux petites dents trian- 
gulaires à chaque battant pour former la charnière : 
celles qui font recouvertes de leur périofte , paroiiTenc 
fauve-clair, les autres font d'une grande blancheur. Oa 
les rencontre affez rarement autour du cap Manuel. 

FEVE MARINE, ou PINNE DE SAINTE MAR- 
GUERITE. Nom que pluiîeurs naturalises donnent 
à un opercule de limaçon de mer , & que les anciens 
appelloient nombril de mtx '^ umbilicus marinus* Voye:^ 
Opercule. 

FEVEROLLES , ou PETITES FEVES. CkamA 

oblongA , parvâ fpecie , coloribus /lavis , âtrinis & ri- 
refcentibus nebulatA ; fab& minores magellanicA ap" 
pellatsL. Coquilles bivalves du genre des cames de la 
petite efpece , d'une forme étendue , convexe , & affez 
relTemblantes à une petite fève , dont elles ont la grof^ 
feur : elles ont plufieurs variétés affez incéreffantes par 
les diverfes couleurs dont leurs valves font ornées. Les 
unes font de couleur jonquille ou jaune , les autres fonr 
verdàtres. On les trouve dans les parages de l'île dç 
Magellan. 

FEUILLE. Les Conchyliologiftes donnent le nom 
de feuille i plufieurs coquilles bivalves : favoir,la came- 
feuille ou l'amande , la feuille huitre en crête de coq , 
& la feuille de laurier. F'oye^ ces mots. 

FEUILLE DE LAURIER. Oflreum plicatum , ad- 
h&rens'y und coftd latâ, in valvâ fuperiore prAfenim 
per longum prominente , injignis ; colore violaceo 6* 
cinereo extus obfcure nebulatuni ; intiis colore fcmi' 
margaritifcro ^ Jubalbido , c&ruleo, & virefcente lucide 
depiâum \foliiim lauri appellacum. Cette huitre a affez 
la figure d'une feuille par le prolongement de fes valves 
& la fituation de fes plis. Le battant fupérieur, qui eft 
(Convexe , porte une côte longitudinale affez large 5c 
élevée, d'où partent des plis obliques, onduleux , plus 
longs d'un côté que de i autre , qui ceiTçûÇ d'être pr^r 
J'orne IL Cf, 



H , FEU ; 

nonces dans le pourtour de la coquille. La valve infé- 
rieure préfente au contraire un large fillon iongicu- 
dinal , également extérieur 6c oppofé à la cote longi- 
tudinale , dans lequel s'incrufte la branche du rofeau qui 
fert ordinairement d'adhéilon à cette efpece d'huitre , 
&• avec laquelle on la trouve avec plus ou moins de 
portion. Les battans de cette coquille s'adaptent exac- 
tement malgré leur courbure par le moyen d'un liga- 
- ment aiïez fendble , & d'une efpece de charnière pref- 
Que imperceptible , affez femblable à celle des huitres 
en crête de coq , dont celle-ci peut être une variété. 
Toute fa couleur extérieure eft d'un violet obfcur & 
cendré ; & la furface intérieure montre une demie nacre 
blanchâtre , nuée de verd & de bleu ardoife. Cette 
huitre peut avoir deux pouces quatre lignes de lon- 
gueur fur quinze à feize lignes de largeur. 

RUMPHIUS , tab. 27. litt. A. Ofireum cratium. 
HolL Seryoefter of lauvi^erier \ l'huitre feuille ou feuille 
de laurier. 

M. d'Argenville , pa^. 177. lett, F. Une 
feuille plus grande moins repliée dans fes bords , avec un 
refte de morceau de bois fur lequel elle étoit attachée. 

FEUILLE-HUITRE CRETÉE. Ofireum plicatum 
adh&rens , pUcis profundis in angulos prominentibus & 
plurimis aculeis aduncis di(linttum ; coloribus obfcure 
rubefcentibus & purpurafcentibus depicium ; cratium 
valdè plicatum vocatum. Cette huitre , qui eft une va- 
riété de la véritable crête de coq , eft d'une forme al- 
longée avec une valve inférieure , concave , pliffce en 
angles élevés , fur tout dans fon pourtour, garnie de 
plufîeurs pattes faillantes & crochues avec lefquelles 
elle s'attache a des branches d'arbres, de manglier ou 
d'autre bois , d'une manière fi ferrée , qu'il n eft pas 
poflible de l'en dégager. La valve fupérieure au con- 
traire eft quelquefois prefque plate & avec des plis 
peu articulés ou beaucoup moins faillans j elle fe ren- 
contre d'autant plus difficilement adhérente au battant 
jijfciiçur ou concave, que le ginglymç de l'huitre eft 



F 1 G jj 

peu apparent. On trouve quelquefois quatre ou cina 
de ces fortes de bivalves groupées enlerable fur des 
branches d'arbres ; elles font le plus fouvent d'une; 
couleur rougeâtre & pourpre-obfcure, ou rofe-feche: 
au dehors, & livide au dedans. 

GuALTiERi , tab. 104. litt. C. Oflreum ftruBurâ 
peculiari deprejfum , lamellatum , plkatum , plicis prO' 
fundis angulos acutljftmos ejformantibus ^ duobus vet 
tribus acideis pr&longis atuUatum ^ ex pullo cinereum. 

M.à'ARGENviLLE^ pag. zjj . Utt. D . p/, i^.Unc 
Kuitre raboteufe & repliée dans fon contour en forme 
de zigzag; elle s'attache ordinairement â des branches 
d'arbres, d'où elle a pris le nom de feuille. 

FEUILLÉE, ou FEUILLETÉE. Terme de Con^ 
chyliologie , qui exprime les coquilles qui fe dctachenr 
parlâmes ou par écailles légères , comme il arrive aux 
îuiitres, que l'on nomme pour cet effet huitres feuH- 
lées ou feuilletées. 

FIGUE. Concha fphArîca ficoïdes , daviculâ parvS 
6* deprefsâ ; divcrjîmode firiàta. Coquille univalve du 
genre des conques fphériques ou des tonnes , ainfi 
appellée à caiife de fa figure pyriforme , ou plutôt a 
caufe de fa reffemblauce avec un fruit nommé la figue, 
LesConchyliologil^esendiftinguent plufieurs efpeces : 
Içavoir , la figue blanche en treillis , la figue blanche 
réticulée , la figue violette réticulée , & la figue fafciée 
en treillis. 
FIGUE BLANCHE EN TREILLIS. Concha /- 

coïdes , quatuor fpiris deprejfs & parum convexis cla^ 
viculata ; flriis cancdlatis regulariter flriata , magnâ 
aperturâ , labro jïmplici , 6' canali aperto in longum 
fatis produdo injignis : fubalbida y in'.us ex fulvo jia^ 
vefcens. Cette coquille univalve du genre des tonnes, 
a non-feulement la grofTeur d'une figue blanche , mais 
encore toute la reffemblauce dans fes proportions 
par fa forme arrondie , renflée vers la clavicule, & en 
fe prolongeant par degrés en doucine dans le côté op- 
pofé pour former un canal ouyçrt affez long. Tout^ 



55 F I G 

la furface extérieure de cette conque Ipliérique , eu 
remarquable par les rencontres angulaires & régulières 
des ftries tranfverfales & longitudinales qui Forment 
un treillis afîez exaft. Elle eft prefque entièrement 
blanche en dehors & nuée de fauve & de jaune au de- 
dans. La volute , qui eft petite & comprimée , eft com- 
pofée de quatre fpires un peu convexes & peu articu- 
lées. L'ouverture eft fort grande & allongée de ma- 
nière que l'on découvre la plus grande partie de fon 
intérieur; la lèvre eft mince & lîmple , ainfi queia co- 
lumelle. Cette belle coquille eft fragile , légère & fort 
mince. 

G i/JLTIERl, tab. i6, litt. M. CockUa ionga pyrifor" 
misjntonay intégra ,firus eUgantiJJîmis , veluti quodam 
minutifjtmo opère fericoreticulata , aliquando candidijfi- 
ma ; aliquando y fubfufca &nonnuUis raris maculis muf- 
telinis fubobfcure notata. 

FIGUE BLANCHE RÉTICULÉE. Concha fi^ 
coïdes y flriis circiiiaiibus miautiffime reticulata^ fubal' 
bida ^ i'i dorfo colore cinereo maculata ; intus ex rofco^ 
fulvo & albido ^ lucide dcpicia ; parvd fpecie, C'eft 
une petite efpece qui ne diffère de la figue en treillis 
que par fes ftries circulaires , fines , ferrées , formant 
un joli réfeau. Toute fa couleur extérieure eft blan- 
châtre avec une grande tache cendrée fur le dos. La 
furface intérieure eft luifante , unie , nuée de fauve , 
de blanc & de couleur de rofe. 

FIGUE VIOLETTE. Concha ficoïdes, ftriistranf" 
verjts granulatis & reticulaiis minutijjîme firiata i va- 
ri is maculis ex cinereo levicer purpurafcentibus , undatirû 
iifundo achates & fubalbido diverfimode virgata , 6? 
variegata : intus pulchro colore violaceo lucid} fpicti- 
dens. Cette coquille, qui a toute la configuration d'une 
figue, eft couverte fur toute fa furface extérieure dç 
ftries fines, circulaires, très ferrées , granuleufes & ea 
manière de réfeau ; bariolée & vergetée de taches de 
couleur gris de lin & lilas en forme de flammes, ou imi- 
l*iit une efpece d'eigffè de foie iiK)irç,e fwi- un /oni 



blanchâtre Se agathc. La furface intérieure eft très 
unie , luifante , & nuée d'une belle couleur violette. 
Le fut de la coquille ,qui eft tortueux, fe termine par 
un canal ouvert , alTez long Se un peu retrouffé. Cette 
conque porte tout au plus trois pouces & demi de lon- 
gueur fur deux pouces de largeur. 

RuMPHius 3 tab. z6. litt. K. Ficus. Holl. Vyg ,' 
luyt , en peer hoorn; la figue, le luth ou la poire. 

M. à' A RG ENVI ILE , pi. ly.lett, O.pag. 165. On 
appelle cette coquille la figue : rien n'en approche 
davantage que fa figure , fa queue , & la couleur vio- 
lette qui règne en-dedans. 

FIGUE VIOLETTE FASCIÉE ET EN 

TREILLIS. Concha ficoïdes parva , firiis cancellatim 
difpojîtis regulariter Jiriata \ plurimis lonis alternat im 
laiis 6» angnftis excinereo purpurafcentibus notatis^faf- 
ciata ; intus colore violacco lucide nitens. Cette petite 
conque ficoïde tk légère & d'un tell mince , chargée 
fur fa furface extérieure de flries fines longitudinales 
& tranfverfales formant un treillis : elle eft ornée &: 
fafciée de plufieurs zones alternatives larges & étroi- 
tes , flambées de taches gris de lin fur un fond fauve. 
Cette jolie coquille eft luifante au-dedans , & nuée de 
couleur violette. Elle a tout au plus deux pouces de 
Iono;ueur. 

FILETS. Ce font des lignes ou des difïerens traits 
coloriés & déliés , qui forment par leurs enlacemens 
des efpeces de compartimens fur la furface extérieure 
des coquilles , par exemple , fur plufieurs univales ap- 
pelées le drap d'or , l'efplandian & d'autres. 

M. Adanfon appelle filet , ceux que l'on voit au- 
dans de l'animal qui habite l'ormier , le lépas \ & ceux 
qui bordent le mante-au de l'huitre ou du jambonneau j 
ils font ,. dit l'auteur , de même nature que les cornes 
de la plupart des limaçons , c'eft-à-dire , qu^ils font peu 
fufceptibles de contraftion & de dilatation, & foiWs 
de plufieurs rangs de fibres longitudinales & tranfver- 
fales. Il y en a quelques-uns , par exemple , ceux de 

C iij 



5S FIL 

•l'huitre , qui étant coupés , s'agitent pendant fort long- 
temps ; ils n'ont aucun mouvement progrefiîf j mais 
ils remuent fi conftamment dans la même place que la 
vue en eft fatiguée. 

FILS. Ce font ceux qui , par leur aiïeroBlage , for- 
ment une efpece de Koupe qui fort des valves des mou- 
Jes , des pinnes marines & des jambonneaux ; on a 
donné à ces fils le nom de byjfus. Voye^ Eyssus. 

là. Adanfon rapporte que les conques ou les bival- 
ves font quelquefois affujetties au fond des eaux par 
différens fils, qui font ou diflingués comme dans le 
jambonneau , ou réunis en un nerf comme dans la muf- 
fole. Ces fils partent de l'origine du pied de l'animal. 
Ils font de nature analogue â celle des cheveux ou àçs 
fibres nerveufes des quadrupèdes. Les coquillages , qui 
ont de ces fils , refient toujours fixés dans le même 
lieu ; & lorfqu'on coupe leurs fils , ils ne tardent pas à 
en pofer d'autres avec leur pied qui leur fert de con- 
<luâ:eur. C'eft par ce moyen qu'ils fe fixent de nou- 
veau aux corps immobiles qu'ils rencontrent, comme 
M. Adanfon l'a obfervé dans le lulat , qui eft une ef- 
pece de jambonneau. 

FïLEUSE, ou FILIERE. Voluta conoïdes , innu* 
meris lineis tranfverjis croceis minutijjtme infundofla- 
vido circumdata ; novem fpiris ftriads & flanis in pri- 
mis ^ & vertice eUganter exerto finita -.forma breviy & 
teftâ ponderosâ infignis. Coquille univalve du genre 
ces cornets ou volutes coniques , ainfi appéllée à caufe 
que toute fa furface extérieure eft entourée d'un grand 
nombre de petits fils orangés proches les uns des au- 
tres, & plus déliés que des cheveux , lefquels forment 
autant de ftries allez fenfibles a la comprefiion du 
doigt ; mais qui deviennent plus articulées vers l'ex- 
trémité conique ou le canal de la coquille. Plufieurs 
la nomment le cornet de bais à caufe de fa couleur ; 
il eft quelquefois traverfé vers fon milieu , d'une zone 
moins coloriée. Sa volute eft compofée de neuf /pires 
dont \ts premières font applaties, chargées de ftries 



F L A 59 

Snes clrculaiires , & dont les autres fpires s'élèvent en 
un fommet aigu. L'ouverture , qui eft très étroite , laifTe 
appercevoir fa blancheur intérieure : elle eft bordée 
d'une lèvre tranchante, ordinairement bien confervée 
à caufe de l'épailTeur du teft qui donne à cette efpece 
îe poids du marbre. Elle eft une variété de celle que 
l'on nomme le cierge jaune , dont les fils difparoifîent 
félon les apparences, à mefure que la coquille entre 
dans fon dernier période de grofîeur ou dans fa vieil- 
lefTe. Ce corne: vient des mers des grandes Indes. 

Rumphius appelle voluta filis cinéia , un cornet 
connu fous le nom de minime , & une autre efpece , 
voluta filofa ; c'eft celle que les Conchyliologiftes 
nomment le faux amiral ou le navet. Voye:^ ces mots. 

GuALTiLRi y tab. zo. lett. A. Cuchka conoïiea , 
mucronata y l&vïs ^ crocea. 

Ejufdem , litt. B. Cochlea conoïdea , mucronata , 
Iavis 3 albida , apice aliquanîulhm firiato, 

FLAMBOYANTE. Voluta conoïde s longa , decem 
& etiam undecim fpiris concavis & deprejjts in primis ^ 
deindè in acumine acuto déganter exerto compojîta ; 
coloribus cafianeis , vel croceis , vel ex fufco colore 
ampli us vel minus ruhefcentibus , & qua^ purpurafcenti' 
bus t maculis undofis in tribus fafciis albis per longum. 
Jtcut flammeis , depicia , varie gâta & punciata j aperturâ 
angufiâ j canali in cono producio dijlincîa : volutét, coruf- 
cantis nomine donata. Coquille univalve d'autant plus 
diftinguée dans le genre des cornets ou volutes coni- 
ques, qu'elle peut aller à la fuite de certains amiraux, 
& que plufieurs la confiderent comme une variété des 
faux amiraux de Guinée. La flamboyante doit fa dé- 
nomination à fes taches longitudinales ondées en ma- 
nière de flammes , qui traverfent les trois fafcies blan- 
ches de la coquille ; favoir , une vers le milieu , & 
deux autres vers les deux extrémités. Ces flammes en 
zigzag font de la même couleur que celle qui règne 
dans les deux larges fafcies intermédiaires ; marron vif 
ou pourpre, rembrunie dans les unes, canelle , brun- 

C iv 



46 F O N 

rouge ou très brune dans d'autres efpeces : ces cou- 
leurs dominantes font quelquefois jaunes , aurores & 
bariolées de couleur plus foncée. Ceft pourquoi les 
volutes flamboyantes préfentent un grand nombre de 
variétés les plus intéreflantes , autant par la -diversité & 
le mélange de ces nuances , que par les figures capri- 
cieufes qui fe rencontrent fur leurs coquilles. Il arrive 
quelquefois que leurs taches longitudinales font entre- 
mêlées de points ou d'autres taches. Le caradlere fpé- 
cifique de ces fortes de cornets eft d'avoir une figure 
conique allongée , ou en quelque façon effilée , de 
porter une volute compofée de dix à onze fpires , dont 
les premières font un peu concaves & comprimées; 
mais dont les dernières forment un fommet aigu & 
fort élégant. Cette extîémité eft barioléç de traits 
obliques brun-rouges. Les volutes flamboyantes portent 
au plus deux pouces & demi de longueur fur quatorze 
lignes de largeur. 

RuMPHius , tab. 33.V. Koluta fafciata fecunda j 
HolL t'Spelde werks-kuffen ; le coufl[in à dentelle. 

GuALTiERi , tab. 10. litt. G. Cochlta conoïàea , 
mucronata , Uvis ^ crocea , tribus fafciis candidis , nO' 
tulis rubris nigricantibus undatim depiciis elegantijftme 
circumdata. 

Ejufdem, tab 2^. litt. S. Cochlea pyriformis , longa , 
vulgaris , mucronata , Uvis , in apice noniiihil flriata , 
candida , fafciis tribus latis fulvis obfcure fafciata ^ 
lineis fufcis undatim maculata. 

M. d'ÂRGENVILLE j pag, Z^p. Utt, T. pi. 12. Ull 

cornet à trois zones coupées de flammes pourpres fur 
un fond blanc. Deux larges zones aurores fè trouvent 
entre les trois premières , & la tête en eft extrêmement 
élevée & pointue : on la nomme la flamboyante. 

PLIONS. Nom que Ton donne fur les côtes de Nor- 
mandie, à des coquillages bivalves du genre des tel- 
lines. 

FONET. Nom donné par M. Adanfon , à une co- 
quille bivalve , qui eft la quatrième efpece du genic 



FOR 4t 

Jn jambonneau : elle eft plus applatie que celle d'un»- 
autre efpece , que l'auteur appelle dotel ; longue 
de deux pouces &c demi fur une largeur une fois moia.- 
dre & double de fa profondeur. Elle eft liffe , unie , 
fans aucunes dents fur (es bords,' & fans cannelures 
fur fa furface qui eft recouverte d'un périofte tr^s 
épais & luftré : fa charnière eft garnie de deux ou trois 
dents , qu'on diftingue facilement à la vue. La couleur 
du périofte eft fauve , quelquefois mêlée de verd : fa 
coquille eft d'une très belle couleur de rofe au-dehors : 
la nacre règne dans fon intérieur. M. Adanfon a ob- 
fervé ce coquillage vers le cap de Dakan , où il fe 
trouve affez rarement. 

Lister, Conchyl. tab. $64. lîg. zo-^. Mufculus 
major latijjîmus , ex cafianeo purpura fcens. 

RuMPHius y tab. 4^. lig. D. Mytulus faxatilis, 

LangiuS f pag. 74. Mytulus angufius jeu gibbofus^ 
. M. cCArgenville j pi. z'). fig- Q' La moule ma- 
gellanique , bariolée de brun fur un fond agaihe j la 
marbrure eft fort différentes des autres. 

Klein j Tent. pag. izy. fpec. 2. Mufculus acutus 
faxatilis , aurïformis ^ parvus ^ extîis granulatus , 
margine pilofo, ex virore fplendens , ex f axis pendulus , 
anatibus expeùtus, 

E)ufdem, pag. ii8. fpec. 10. Mufculus acutus , 
qui mufculus major ^ latijfimus , ex cafianeo purpu- 
rafcens. 

"foret, ou PERÇOIR. Strombus acutijfimus ^ 
tredecim fpïris per longitudinem ftriatis compofitas ^cum 
unâ '^onâ albâ in iifdem currentibus ; colore cinereo CAru- 
leo Q virefcente nebidatus. Coquille uni valve du genre 
des vis de l'efpece appellée aiguille. Celle-ci eft compo- 
fée de treize fpires chargées de ftries longitudinales , 
bordées chacune d'une zone blanche, & pon6tuée de ta- 
ches rougeâîres. Le fond de cette coquille eft nué de 
couleur cendrée , ardoife, & tirant fur le verd pâle. 

M. d'ARGENviLzE , pi. 1 1. lect. R* Le perçoit en- 
touré de points & de lignes. 



4i F O S 

FOSSAR. Coquillage opeirculé que M. AJanfon a 
rangé dans le genre de la nadce. Sa coquille n'a guè- 
re plus de deux lignes ou deux lignes & demie de 
diamètre. Elle eft preique ronde , fort mince, fans pé- 
rit )fte , tranfparente , & un peu plus large que longue. 
Ses (pires font au nombre de cinq, arrondies, fort 
reaiflées, & bien décachées, mais fi peu proportion- 
nées , que la première efface , par fon volume , toutes 
les: autres. Elles font toutes entourées d'un grand nom- 
bre de filets tort ferrés , dont on compte une trentaine 
dans la première fpire , & douze à quinze dans la fe- 
con<iej la première a, outre ces filets, quatre ou cinq 
grO'ïfes côtes tort aiguës & tranchantes , qui manquent 
dant; quelques individus. Le fommet eft pointu , fort 
petH: , une à deux fois plus long que large , & une i 
deux fois plus court que la première (pire. L'ouver- 
ture elt grande, & taillée en demi-lune : elle s'étend 
& fc porte prefqu entièrement hors de la coquille , 
£ur la droite. Les bords de la lèvre droite font minces , 
trandhans , & marqués de quelques ondes , qui répon- 
dent aux cinq côtes élevées fur la furface extérieure 
^e la première fpire. La lèvre gauche elt plate, unie, 
formée par une ligue droite , & comme repliée fur la 
féconde fpire , où elle laiiTe un peu au-defTous du 
milieu de fa longueur , un ombilic affez grand , & 
femblable à. un trou rond, deux fois plus court qu'elle. 
L'auteur n'a point vu d'autre couleur que la blanche 
fur cette coquille. 

La tête de l'animal eft petite , cylindrique , de moi- 
tié plus longue que large , & légèrement échancrée à. 
fon extrémité , d'où part un petit fiUoa qui en par- 
court la longueur en-defTus. A fon origine , & fur fes 
côtés , font placées deux cornes épaifles , deux fois 
plus longues qu'elle , Se terminées en pointe : elles 
portent chacune à leur racine , fur leur cô' é interne un 
lobe (ou appendice) charnu & quarré, aufii long que la 
moitié de la tête fur laquelle il flotte librement. Elles 
font encore coupées vers le dos, & fuivant leur Ion- 



FOU 45 

gueiir, par un fîlloii que traverfe un grand nombre 
d'anneaux. Ceux-ci font fans doute les mufcles annu- 
laires attachés à la fibre longitudinale qui forme le 
fiUon. 

Les yeux font deux petits points noirs , placés z 
l'origine des cornes fur leur côté extérieur , prefque 
derrière elles. A l'extrémité de la tête , en delTcus , on 
voit un petit fillon longitudinal qui eft l'ouverture de 
la bouche. Le manteau confifte en une f mple mem- 
brane fort mince j qui tapiffe les parois intérieures de la 
coquille. Le pied eft fort petit, prefque rond , applati 
en-defTous , convexe en-defîus , & une fois plus coure 
que la coquille. 

L'opercule a un peu moins de grandeur que l'ouver- 
ture ; il a, comme elle , la figure d'une demi lune. Il efl 
fauve, cartilagineux, extrêmement mince, Remarqué 
en-defTus de plufieurs filions qui partent d'un centre 
commun placé vers fon angle fupérieur. Tout le corps 
de cet animal eft blanc comme fa coquille , il n'a de 
noir que les yeux. 

FOUDRE. Murex claviculâ exertâ^velfeptemf pi- 
ris pyramidem ejformantibus j tuherculis & extuberan^ 
dis acutis infirucîus y forma rotundâ , oblongâ , & 
ventrosâ ; aperturâ fpatiosâ ^ columellâ rugosd , labro 
fpijfo & fimplici , & canali brevi fulcato diftinBus ; 
maculis fufcis & latis lineis aliquando rubefcentibus vel 
fubnigris , per longum & angulatim ad inflar fulminis 
imminentibus ^ in fundo carneo vel fubfulvo Jïgnatus & 
fingulariter variegatus ; intiis colore carneo 6» fubcroceo 
lucide nitens. Coquille univalve du genre des rochers 
ou murex à canal court Se échancré ; elle eft ainfi ap- 
pellée à caufe de fes taches & des différens traits lon- 
gitudinaux en zigzag de couleur marron fauve-roux ou 
rougeâtres qui ferpentent & s'écartent fur la furface ex- 
térieure de la coquille de manière a donner l'idée des 
éclairs que l'on voit fortir des nuées dans le temps du 
tonnerre, ou des carreaux que la fable attribue à Jupi- 
ter, tels que les peintres les repréfentent entre les 



44 FOU 

mains de cette divinité païenne. Les caraâ:eres,rpéciiî- 
ques & diftinftifs des murex foudres , font d'avoir le 
corps de la coquille arrondie , allongée , un peu cylindri- 
que & renflée ; de porter une volute pyramidale compo- 
fée de fept fpires , dont les deux ou trois premières font 
élevées , coui'onnées de tubercules & de protubérances 
aiguës , mafTives , larges à leurs bafes , quelquefois 
creufées , & en forme de bec de perroquet. Les autres 
fpires font petites , un peu tuberculeufes , & forment 
un fommet obtus. Le fond de la couleur des foudres 
eft cendrée & fauve ou couleur de chair. L'ouvertui'e 
eft allongée &: fpacieufe , luifante au-dedans d'un blanc 
de porcelaine , ou couleur de chair & aurore ou fouci 
dans quelques endroits. La columelle eft ridée de qua- 
tre dents obliques \ la lèvre, qui eft parallèle ,eft épaiffe , 
(impie , & fe termine ainli que le fiit extérieur , par un 
canal court & échancré. 

Les variétés de ces fortes de rochers fe rencontrent 
dans la différence de leurs tubercules , plus ou moins 
fiillans & aigus ; la diverfîté de leurs couleurs & de 
leurs taches , ainfi que dans la forme de la coquille 
plus ou moins allongée ou ramafTée. Ceft pourquoi 
on diftingue le foudre de forme allongée à tubercules 
courts j celui qui eft d'une figure ramaffée a protubé- 
rances en bec de perroquet , le foudre rouge , & le 
petit foudre fafcié. Voye::^ ces mots. 

Ces murex fe trouvent dans les mers des grandes 
Indes : ce font les efpeces qui approchent le plus de 
celles qu'on appelle le bois veiné , ou la mulîque 
bâtarde. 

FOUDRE ALLONGÉ. Murex fulmen àlHus ; 
forma proiongatâ, ventrosa , ferè cylindracea ; tuher- 
culis brevïbus , raris y uniojîs in primis Jpiris circum- 
datus ; magnis maculis caflaneis vel rufefcentibus & 
croceis , /ineis laùs , angulofis & fufcis , dcpiSius 6* 
diverfïmodè fignatus. Ce murex foudre a le corps de 
la coquille oblong , prefque cylindrique &: renflé j les 
tubercules, qui environnent la première fpire'j font 



FOU 45 

peufaillans, en petit nombre & onduleux. Ce rocher 
eft orné de grandes taches marron-clair , ou fauve- 
roux , mêlées de couleur fouci, interrompues de che- 
vrons &c de zigzags de diverfes grandeurs |iés enfem- 
ble en forme de carreaux , d'une couleur rembrunie , 
ou noirâtre , & qui fe détachent diftindement fur un 
fond couleur de chair. Sa furfacc intérieure eft de la 
même nuance , mais plus luifant. La lèvre ti\ prefque 
tranchante , avec un large liferé intérieur de couleur 
aurore. Ce murex peut avoir iufqu a quatre pouces de 
longueur fur moitié moins de largeur. 

RuMPHius , tab. 3i.litt.I. Vefpertilïo, Lachauve- 
fouris. Holl. Droom-hoorntje , ook de twede wildc 
muzyk-hoorn j la féconde efpece de fauïïe mufique. 

GuALTIERI ^ tab. z8. litt. F. Cochlea longa pyrï- 
formis intorta & fulcata , umbone papiUis coronato , 
aliquando muricato ; fubalbida , & lineis cbfcur'è ru fi s 
fîgnata , & maculata. 

FOUDRE A TUBERCULES EN BEC DE 

PERROQUET. Murex fulmen dUius , tuberculis acu- 
tis , aduncis vel rojîratis inftruHus ; tejlâ ponderosâ , 
formâbreviy & rnagnis maculis fufcis laciniatis ïnfundo 
ex cinereo virefcente infiQ^nis & dep'iBus. Ce murex 
eft d'une forme ramafTée & pe faute , à caufe de l'épaif- 
feur de fa coquille. Ses trois premières fpires font 
garnies de tubercules aigus & courbés en façon de 
bec de perroquet , fur-tout ceux qui fe trouvent dans 
le haut de la coquille , & qui forment huit grofles côtes 
mafîîves & larges à leurs bafes. Toute la furface ex- 
térieure de ce rocher eft ornée de grandes taches dé- 
chiquetées , brunes ou olivâtres, fur un fond clair nué 
légèrement de couleur cendrée & deverd-céladon. La 
fut extérieur & la lèvre font liferés d'une couleur au- 
rore qui fe prolonge jufque fur l'échancrure du canal. 
La furface intérieure m.ontre un émail très luifant , & 
couleur de chair. Ce murex peut avoir prés de quatre 
pouces de longueur fur deux & demi de largeur. 
Il y a des variétés dans cette coquille , principale- 



4^ FOU 

nient à l'égard de fes protubérances , plu5 ou moins 
recourbées & allongées , ainiî- que par Cqs diverfes 
marbrures , comme on les voit repréfentées dans Gual- 
tieri. L'efpecc , qui ell dans Rumphius eft le véritable 
foudre murex à bec de perroquet. 

RujfPHius , tab. ^i.litt. H. Vefpertilio. La chauvc- 
fouris. Holl. Vieer muys , of wilde muzyk-hoorn j 
la chauve- fouris , ou la fauffe mulîque. 

GuALTiERi , tab. x8. litt. I. M. V. Cochlea longa. 
pyriformis j intona & fulcata ^ mucronata murkibus 
Jacis acuds ^ fulvida , ex fubnigro colora diverjimodè 
reùciilata ^ fignata , 6* macuiata. 

FOUDRE FASCÏÉE. Fulmen duabus lonis lads 
caftands in fundo l'ivido virefcente fafdatum ^ ^ plu.- 
rimis lineis angulofis depicium. Cette efpece , qui ne 
paffe guère deux pouces de longueur , ell ornée fur 
la furface de deux larges zones , ou fafcies , de cou- 
leur marron-vif, interrompues dans les fafcies intermé- 
diaires d'un verd-céladon-pâle , de plufieurs traits lon- 
gitudinaux en zigzags. Les tubercules, qui couronnent 
principalement la première fpire , varient dans leur 
forme; les uns font obtus, & les autres plus ou moins 
ais^us. 

^FOUDRE ROUGE. Murex fulmen rubicunium 
appeLliitus\ [eptem cofiis acuds vel extuberandis rofira- 
tis in prima fpirâ infirucius ; magnis maculis & lineis an- 
gulojis rubicundis & fiammeis in fundo carneo vividodi- 
vcrpmodc. depicius. Ce rocher peut être d'autant mieux 
nommé le foudre , que fes traits longitudinaux en zig- 
zags de couleur de feu en donnent une parraite idée. 
Ces zigzags partent d'une large fafcie fupérieure , & 
de plufieurs taches , pour fe rendre dans une autre 
fafcie moins diftinde. Le fond de la coquille ell: d'une 
couleur de chair vive , ou légèrement teint de la 
même couleur que les taches rouges. La volute eft 
moins élevée que celle des autres murex-foudres ; elle eft 
garnie dans fa première fpire de fept côtes terminées 
en pointes aiguës, ôcun peu courbées eti becdeperro-; 



F R A 47 

^uet. La Ic-vre eft tranchante, avec un lai-ge liferé de 
couleur fouci, & de couleur aurore dans le refle de la 
furface intérieure, qui eft très luifante. La coquille 
du foudre eft moyennement épaifle , très unie , & 
d'un bel émail. Elle porte au moins trois pouces de 
longueur fur un pouce huit lignes de largeur. 

FRAISE. Concha cordijormis inœquilatera, convexa^ 
in ambitu valvarum profundè Jerrata 5 triginta cir- 
citer jîriis in longum dufiis profimdè (Iriata ; innu- 
meris piinHis rubris eminentibus ficuti exis^uis annulis 
in fiLîido albo exafperata ; fragum rubrum appellata. 
Coquille bivalve du genre des cœurs , ainli appellée a 
caufe que fes deux valves font chargées de petits tu- 
bercules rouges, ou de couleur de cerife , difpofcs en 
forme de petits anneaux fur une trentaine de grofîcs 
ftries longitudinales blanches , qui rendent cette co- 
quille granuleufe , à peu prés comme une fraife :; 
toutes ces ftries fe terminent dans la circonférence de s 
battans par autant de denticules alloues , lefquelk:s 
font plus faillantes vers la partie latéral e faite en cœur, 
que dans le refte du pourtour. La fuuface intérieure 
eft unie , luifante , & d'une blancheu r admii.*able. Sa 
charnière, fituée dciTous les fommet's, eft corupofée de 
quatre dents dans chaque valve; favoiir, de deux dans 
le milieu en forme de crochets , & de deux autres 
latérales de forme applatie , lefqu, il les s'enclavent 
toutes dans leurs alvéoles correfpon dans. Cette bi- 
valve fe trouve fur les côtes de la Ja maïque. 

RuMPHius , tab. 44. litt. F. Fr ûs,nm. La fraife 5 
Holl.Aard-beye, of roode aardbey-d oublet; la fraife, 
ou la fraife rouge doublette. 

GuALTiERi , tab. 83. litt. A. ^ toucha cordifer^ 
mis iiKzquilatera , jîriata ftriis crajljîs rotundis , levïter 
imbricatis , imbricibus infummitatepi trpurds dentata , 
eandida, 

Ejufdem , litt. B. Concha cordifon nis inaquilatera , 
firiis magis Unis 6» complanatis , no. % femper imbrica^ 
tis alba. 



4S F R A 

M. à' Àrgenville y pi. 13. lete, iV. Un cœur 
appelle la fraife , à caufe de ceMifts' points rouges 
qu on remarque iur Tes cordelettes blanches. 

FRAISE BLANCHE. Concha cordiformis imzqui^ 
latera , fîriis alùis ex colore fulphureo , granulatis , 
per longum flrlata -^ forma triangularl & elongata dif- 
tin6la , fragum albidum diêla. Coquille bivalve du 
genre des cœurs qui approche le plus de l'efpece ap- 
pellée le cœur en fouriiet, ou le cœur triangulaire. 
Celui-ci eft d'une forme allongée, convexe, fur-tout 
vers la partie latérale faite en cœur , dont le milieu 
eft élevé en vive arrête. Cette bivalve préfente trois 
plans qui donnent une figure triangulaire. Toute la 
ïiirface extérieure de cette conque porte trente-quatre 
ou trente-cinq ftries longitudinales régulières , un peu 
arrondies , proche l'une de l'autre , & de couleur blan- 
châtre ; elles fcnt garnies par-tout, excepté vers les 
fommets des battans , de petits grains allongés en 
forme d'anneavLX très fréquents , ou prefque ferrés les 
uns contre le?s autres, de couleur foufrée, ou citron. 
Ces ilries forir.ent, ainfi que dans la fraife rouge, 
autant de dent icules fort aiguës dans la circonférence 
des valves, fur -tout dans la jonftion de la face latérale 
faite en cœur. La furface eft en partie blanche & en 
partie nuée de jaune pâle dans la cavité des valves. 
La chai-niere c^ft petite , compofée de quatre dents 
dans l'un des b?. ttans, & de trois dans l'autre, lefquelles 
fe logent dans les cavités correfpondantes. Cette jo- 
lie bivalve vie it des mers des Indes orientales. Sa 
longueur peut -. ivoir jufqu'a un peu plus d'un pouce fur 
quelques ligne ; moins de largeur. 

RUMPHIU Ç , tab. 44. litt. G. Fru^um album. 
Holl. Witte aa rdbey , ook witte , of geele aardbey- 
doublet ; la frai fe blanche, ou jaune. 

GuALTIER 1 y tab. 83. litt. E. Concha cordifor* 
mis inœquilacer i ^ minutijjîmk & eleganiijj^mè firiata ^ 
ipfis jlriis parvis imbricibus fréquenter incifis. , dentata , 
ex fulphureo en adicajis^ 

tRANCOLIN. 



F R I 49 

FRANCOLIN. Nom que Rumphius paroît donner 
a une coquille bhal^ du genre des cornets, ou vo- 
lutes coniques de l'efpece des draps d'or, que cet 
auteur nomme en latin , voluta pennata attagenata ; 
Muf. pag. 105. art. 10, pi. ^i. L'ut» P ; la volute qui 
imite le plumage du francolin : le mot attagenata efl 
radjedif du terme attagen , qui lignifie francoiln , 
oifeaa reiTemblant au faifan , fuivant Aldrovandus. 
Plufîeurs prétendent que celui nommé attae;€n , par 
les anciens , eft la gélinote des bois : mais le plus 
grand nombre des naturaliftes, comme Belon, Ray, 
Albin & Aldrovandus, diftinguent la gélinote des 
bois , de V attagen des anciens , qui eft l'oifeau appelle 
en Italie , francolino y en France , francolin : c'effc 
pourquoi Rumphius paroît avoir nommé la coquille 
(connue en France fous le nom de drap d'or) la vo- 
lute qui imite les plumes du francolin. Voye:;^ DaAP 
d'or. 

FRANGÉE, ou COQUILLE FRANGÉE. Con- 
cha fimbriata, Rumphius appelle ainfi» plufieurs co- 
quilles univalves du genre des cafqiies-tonnes de la 
petite efpece, ou cafquillons , parce quelles ont la 
lèvre tellement retroulTée en-dehors qu'elle forme un 
efpece de bourrelet appplati comme un ourlet. Le 
terme de coquille frangée peut s'entendre aufîi pour 
toutes les uliivalves , dont la lèvre forme un bourrelet 
extérieur fenfible. 

FRIPIERE , ou CONCHYLIOPHORE. Cochiea 
conoïdes vel trochus , Jeptem fpiris fc abris & inczqua- 
libus Cûnfîans ; diverfs teflis vel plurimis teflarum 
fragmentis fparjîm oneratus & inflruâus ; bafi concavâ 
& complanatâ ; aperturâ deprefsâ dijlinflus'y fubalbU 
dusj conchyllophora vel conchœ ïnterpolatricis nomine 
donatus. Coquille univalve du genre des limaçons à 
bouche applatie , ou à bafe comprimée , nommés fa- 
bots. Cette efpece eft appellée la fripière, à caufe que 
toutes les fept fpires , dont elle eft compofée , portent 
iRdifferemment , & avec un étalage fmgulier,.diverfeî 
Toni€lL JX 



50 F R U 

efpeces de coquilles , ou au moins des fragmens de 
petits madrépores , ou d'autres objets maritimes qui 
font tellement fixés dans les fpires (pour l'ordinaire 
laboteufes & inégales) qu'elles femblent faire corps 
avec le limaçon , & qui obligent de plus |a coquille à s'y 
faire place & à céder pour s'y infinuer profondément : ce 
qui eft évident par les éminences & les loupes extérieu- 
res, que ces adhéfions y occafionnent. La figure de ce li- 
maçon conique , ou fabot , eft baroque par fes fpires 
rentrantes & comme martelées j elles font larges , con- 
vexes, & d'une couleur blanc- fale & fauve-clair. L'ou- 
verture , qui eft fpatieufe , comprimée , montre une co- 
lumelle extérieure enfoncée , ridée , & qui comprend 
tout le diamètre de la bafe du limaçon. Ce diamètre , 
qui peut avoir jufqu'à plus de deux pouces, eft égal 
à l'élévation de la coquille. 

Les Conchyliologiftes appellent la maçonne , ce 
limaçon , lorfqu'au lieu de coquilles , il porte & en- 
traîne avec lui des cailloux & différentes fortes de 
pierres. Les fabots conchyliophores fe trouvent dans 
les îles de l'Amérique ou on les nomme conchylio- 
logie. 

M» D Av I L A , cat, fyfiem, pi, 6, pag, 1 14. art, 
146. 

FROMAGE VERD. Nom que Rumphius donne 
en langue hollandoife , à une coquille univalve du 
genre des cornets ou volutes coniques : Groen kaas ; 
c'eft l'efpece que les Conchyliologiftes françois ap- 
pellent l'hermine. Voye:^ Hermine. 

M. D AVI LA , cat. fyfl. pag. 139. art, 470. dit 
que les Hollandois nomment le fromage verd un cor- 
net de couleur verd-terrafte , violet en partie & gra- 
nuleux , à fpirale de dix cordons tuberculeux. Lorfque 
cette coquille eft dépouillée , la couleur violette pa- 
roît en-dehors avec quelques fafcies brunes, ou fauves , 
& blanches. 

FRUSTE, ou COQUILLE FRUSTE , fe dit 
d'une coquille, dont4'u.ae ou plufieurs de fes parties^ 



FUR ^i 

ciTenticlles fe trouvent fupprimées ou brifées par quel- 
que accident. 

FUGET. M. Adanfon nomme ainfi un coquillage 
operculé du genre du fabot. La coquille du fuget a 
beaucoup de rapport avec l'efpece appellée le vaiTec ; 
mais elle n'a jamais que quatre lignes de longueur, & 
fîx fpires renflées, arrondies & comme étagées. Les 
rangs de tubercules , dont elle eft chagrinée , font au 
nombre de quinze dans la première {pire , & de fîx 
dans la féconde. La lèvre droite de l'ouverture eft 
bordée de lîx petites dents. La lèvre gauche n'en a 
qu'une fort grofle à fon extrémité fupérieure : elle eft 
cchancrée à fon extrémité inférieure , de manière que 
l'ombilic communique avec l'intérieur de la coquille. 
Sa couleur eft d'un rouge de corail brut , marqué de 
plufieurs points blancs , difpofés fur une ligne , qui 
environne la première fpire. M. Adanfon n'a trouvé 
cette efpece qu'en petite quantité aux îles de la Mag* 
delaine. 

Rondelet y deTeftaceis, pag. 104. Umbilicus 
parvus. 

Lister y tab. ^54. fig. 54. Trochilus unidans 
flriûtus , cUviculâ tenuï acutâ, 

Klein , Tent. pag. 41. fpec i. n. ^. Troc ho co- 
chlea intégra unidens ; trochilus firïatus , claviculâ tc- 
nui a cuti, 

FUNON. Nom donné par M. Adanfon a une co- 
quille operculée du genre du buccin. Elle a cinq lignes 
de longueur & près de deux fois moins de largeur. Ses 
dix (pires font un peu renflées & cannelées en lon- 
gueur. La lévre droite de l'ouverture eft marquée au 
fond de dix longs filets. La lévre gauche montre , vers 
fon milieu, trois groftes dents qui la caradérifent & 
la diftinguent des quatre premières elpeces nommées 
le barnet, le jol, le nifot & le rac. Sa couleur eft fauve 
ou brune. Elle eft peu commune dans les rochers de 
Ruiisk. 

' f URIE, ou CAISSE FLAMBOYANTE. Charnu 

Pi; 



5i FUR 

tzquîldteray rotunda^ convexa , ponJerosa , mdculis ru^ 
bris feriatim depiâla & Jîcut flammata vel corufcans. 
Coquille bivalve du genre des cames régulières, ou 
dont les côtés font égaux ; elle eft d une forme arron- 
die & convexe, ou fort bombée , épaiffe", & pefante. 
Toute la furface extérieure de fes battans eft flammée 
par zones détaches rouge - fanguin &: cauelle , far 
un fond teint légèrement des mêmes couleurs mêlées 
de blanc. On remarque fur cette came des ftries fines 
longitudinales, & un peu réticulées qui s'effacent à 
mefure qu'elles parviennent vers la circonférence des 
valves. La furface intérieure montre dans chacune une 
grande tache brune qui occupe les deux tiers de leurs 
concavités; le refte eft blanc. La charnière eft formée 
dans chaque valve de deux râteliers latéraux garnis de 
huit denticules : les autres, qui font iîtuées fous le li- 
gament , font prefqu'imperceptibles. Ce ligament fe 
trouve, contre l'ordinaire des autres cames ,def7Dus les 
fommets. Les deux tiers de la circonférence intérieure 
de la came furie font environnés de petites dents qui 
s'engrènent , ainfi que celles de la charnière dans 
leurs petites cavités correfpondantes. Cette came peut 
avoir deux pouces de diamètre. 

La furie a des variétés dans fon efpece par fes dif* 
férens volumes , ainfî que par fes couleurs ; favoir , 
celle qui ne diffère de la première efpece que par 
les taches flambées de couleur gris-de-lin & violettes, 
formant quatre zones aflez large? , & les furies , ou 
cames flamboyantes de la grande efpece avec un drap 
marin velu. Ces fortes de cames fe trouvent dans la 
mer Méditerranée, jufque vers les côtes de l'Afrique. 

GuALTIERi y tab. 7;. litt. G. Coucha crajja y 
lœvîs , fubalbïda , luteis maculis radiata , fignata j fa- 
fciata , & virgulata y intki macula fiifcâ objcurata, 

FURIE, ou GRANDE CAME FLAMBOYAN- 
^Y^^Ckama &quilaterà rotunda crajfa j ponderofa j tegu- 
mento marino fufco & villofo contecia , vel flammîs 
rubris corufcans ; i/z ambicu firrata» Cette caroc , qui 



peut avoir jafqu'à près de trois pouces ac diamètre, eft 
compofée de deux valves qui ont quelquefois près de 
cinq lignes d'épaiffeur vers les attaches de Tananal. 
Toute la furface extérieure eft de couleur rouge-fang 
de bœuf & canelle ou couleur de brique , formant des 
flammes fans ordre & fans former de zones. Ces cou- 
leurs ne doivent leur évidence qu'à la fupprcffion d'un 
drap marin velu, d'un poil court , & fî ferré qu'il imite 
Tiffez bien le velours , à Timpreflion même du doigt. 
Cette forte bivalve eft pefante & d'une belle forme, 
bombée , arrondie , & reflemblante d'ailleurs aux au- 
tres ftries , fur-tout par les râteliers ceintrés qui for- 
ment la charnière, ainfî que par les denticules dont le 
pourtour intérieur eft garni. La furface interne des 
valves montre aufli une grande tache brune ou mar- 
ron. Lorfque cette came n'eft point ufée par un poli 
travaillé, on diftingue des ftries longitudinales & trans- 
verfales qui forment un réfeau peu fenfible. 

GuALTiERi , tab. 73. litt. A. Concha crajfa , 
•pondcrofa , kir Juta ^ & ferico villofo indumento fuligi- 
nofi coloris veflita, 

FUSEAU. Buccinum longum , numerojls fpiris in 
acumine elato & acuto finitis 3 compojîtum ; canali Ion- 
go , angufio partim aperto amplius vel minus extrorsum 
produ^o , difiirMum : fufus dicium. Coquille univalve 
du genre des buccins de l'efpece pourvue d'un long ca- 
nal, étroit, entr'ouvert , plus ou moins effilée ou al- 
longée. La clavicule, qui eft élevée à la manière des vis 
ou des limaçons turbines, eft compofée depuis neuf 
fpires jufqu'à onze garnies de côtes onduleufes, ou de 
tubercules peu faillans. Le caraftere fpécifique des 
buccins en forme de fufeau confifte aufîi à avoir le 
corps de la coquille peu confîdérable , arrondi, un peu 
renflé, s'élevant en doucine pour porter une volute en 
pyramide , dont les fpires diminuent par gradation 
pour former un fommet aigu. L'ouverture eft peu 
grande, avec une lèvre lîmple , & une columelle unie 
qui fe prolongent extrêmement pour former un canal 

D iij 



54^ FUS 

effilé ou étroit , entr'ouvert & droit. Les fureaux font 
le plus fouven: blancs Se mêlés de fauve. On en dis- 
tingue plufieurs efpeces: fçavoir, le grand fufeau ou 
la quenouille , le fufeau proprement dit ou le petit 
fufeau, le fufeau denté ou à dents , le fufeau court &: 
ventru , le fufeau marbré à canal fourchu , le fufeau 
fauve , le fufeau uni à fpires concaves , & les tours de 
Babel. Ces fortes de buccins nous viennent des mers 
des Indes orientales. 
FUSEAU dit GRAND FUSEAU , ou QUE^ 

NOUILLE. Fbvf^ QUENOUILLE. 

FUSEAU A DENTS, ou LE GRAND FUSEAU 
A LÈVRE DÉCHIQUETÉE. Buccinum longum , 
fatis deprejfum , duodecim fpiris convexis in acurnhic 
fyramïdato finitis confians ; aperturâ ellipticâ , colu^ 
mellâ L&vi , fed Labro expanfo ^ fimbrlatOy & quinqae 
dentibus armato , infigne j caaali rotundo , tenui , pan- 
iifper apeno , 6? in longum mediocriter producio dif- 
tinBum :fufus magnus dentatus vel labro laciniato ap- 
pellatum y albidum. Ce buccin efi: ainli appelle a caufc 
de fa lèvre garnie de cinq ou fix dents , quoique re- 
pliée en bourrelet dans toute fon étendue. Le corps 
eft arrondi & un peu comprimé, moitié liffe du côté 
de la clavicule , & ftrié dans le refte d'une manière cir- 
culaire vers l'autre extrémité ; il porte une volute éle- 
vée en pyramide , compofée de douze fpires convexes, 
unies en général, & terminées par un fommet aigu. 
L'ouverture forme un ellipfe allongée & angulaire 
dans fes deux extrémités. Le fiît extérieur eft uni , ter- 
miné par un canal mince , étroit , arrondi, & médio- 
crement allongé. Toute la couleur de ce buccin eft 
blanche & nuée de fauve vers le canal. Il peut avoir juf- 
qu'â cinq ou fix pouces de longueur. 

M. à Argenville j pag. zz6. pi. lo. lett. D, Le 
grand fufeau blanc, dont la lévre eft déchiquetée , avec 
une longue queue à tuyau. 

FUSEAU COURT , ou VENTRU. Fufus brevis , 
eraffus y ventricofus , ponderofus , feptem vel o^o fpi" 



P U s 55 

ris convexis compofitus : coftis in longum ducîls ^ & 
firiis tranfverfts y undofis , inftrucius j apenurâ magnâ 
intus ftriatâ ^ canalï mediocriter elongato , tortuofo ^ 
obtufo injîgnitus ; colore albïdo & fulvo depitius, C'eft 
une efpece dont la forme eft ramaiTée & ventrue , pe- 
farrfe, à caufe de l'épaiffeur de fa coquille , compofée de 
fept ouhuitfpiresconcaves , garnies ainfi que le corps, 
de côtes longitudinales , onduleufes , ftriées & can- 
nelées d'une manière tranfverfale. L'ouverture de ce 
buccin eft grande , ftriée en dedans , & forme dans fa 
terminaifon un canal obtus , médiocrement allongé & 
un peu tortueux. Toute la furface extérieure de ce buc- 
cin en fufeau eft nuée de blanc & de couleur fauve. U 
peur avoir quatre pouces de longueur fur près de deux 
de largeur. 

RuMFHius y tab. 19, litt, G. Fufus brevis.'LQÇ\X' 
fcau court. HolL Stompe fpil ; le fufeau tronqué. 

GuALTiERi yi2i\i. 51. lict. P. Stfomhus canalicu- 
latus ^ roftratus ^ ore angulofo jfiriacusy rugofus ex al- 
bïdo cinereus» 

Ejufdem , litt. T. Strombus canaliculatus , roftra- 
tus , ore angulofo yftriatus , rugofus , papillofus ^ ore 
etiam intemo jlriato , fubfufcus. 

On diftingue deux variétés du fufeau court : fçavoir, 
celui dont la coquille eft mince , & l'efpece de couleur 
fauve. 

FUSEAU COURT NON ÉPAIS. Fufus brevis 
ftriatuSy canaliculatus , tuberojus & undatim coftatusj 
feptem Jpiris convexis compofitus'^ canalï Longo ^ recîo 
& aperto inftrucius. Ce buccin en forme de fufeau eft 
compofé de fept fpires convexes, garnies, ainfî que 
le corps de la coquille , de ftries arrondies , grandes 
& petites alternatives , & autant de cannelures irani- 
verfales qui parcourent les côtes longitudinales , on- 
duleufes , peu faillantes : toutes ces révolutions de fpi- 
res portent dans leur milieu une rangée de tubercules 
peu éminents & de vive arrête. Les ftries & les can- 
nelures , ainfl que dans la plupart des fufeaux en général, 

D iv 



V(^ FUS 

deviennent obliques vers le canal de la coquille. Ce 
canal eft droit , entr'ouvert & allongé. Ce fufeau eft 
moyennement ventru , mais bien proportionné dans 
û forme. Son teft , qui eft plutôt mince qu épais, eft 
aflez tranfparent.il a ordinairement près de trois pou- 
ces de longueur , fur quatorze ou quinze lignes de 
largeur. 

GUALTIERI , tab. 5z. litt. R. Strombus canali- 
culatus, rofiratus , orc (implici ^ firiatus , rugofus , al- 
hidus, 

FUSEAU COURT DE COULEUR FAUVE , 

A SPIRES CONCAVES. Fufus brevisjuho colore 
depicius ^ oâio vel novem fpiris concavis , part im firia- 
tus , partim Uvibus , & funiculo tuberofo per médium 
circumdatis difiinclus,Tome la furface extérieure & 
intérieure de ce buccin eft de couleur fauve obfcure. 
Sa volute eft compofée de huit ou neuf fpires unies 
dans le plan concave , ftriées dans le refte d une ma- 
nière circulaire , avec une rangée ou un cordon de tu- 
bercules peu faillans qui occupent le milieu & la vive 
arrête de chacune de fes fpires. Le canal de ce fufeau 
forme une extrémité peu longue , tortueufe & re- 
troufTéc. Ce buccin en fufeau peut avoir deux pouces 
& demi de longueur fur un pouce de largeur. 
FUSEAU COURT A SPIRES CONVEXES. 

Fufus bre-vis ,firiis inAqualibus paulifper tuberojis tranf 
verfîm firiatus ; oclo fpirïs convexis compofitus y in 
fundofulvo colore ex fufco per longum variegatus ; 
te fia tenui j & canali reâo ^ aperto, extrorsum & me- 
diocriter prominente difiincius. Ce buccin en fufeau, 
dont la figure eft proportionnée dans fon enfemble , 
eft garni de ftries circulaires , inégales & un peu tu- 
berculeufes. Il eft compofé de huit fpires convexes , 
arrondies , & moyennement élevées. Toute fa furface 
extérieure eft bariolée de brun fur un fond fauve 
jiué de verd dans quelques endroits. L'ouverture eft 
elliptique, avec une lèvre fimple , mince , & un fijt 
extérieur j uni, qui fe prolongent pour former un ca- 



FUS 5- 

naî ouvert , affcz droit , & médiocrement long;. Ce 
fufeau porte trois pouces & demi de longueur fur près 
d'un pouce &: "iiiiiii de largeur. 

FUSEAU MARBRÉ , ou BARIOLÉ A DOU- 
BLE CANAL ou A CANAL FOVKCEU, Fufus , 
novemfpirisconvexis 3 tubcrculis per médium coronads , 
compojttus ; parvis & laiis flriis rotundis tranfverfim 
firiatus j maculis & lineis ex Jujco rubefcentibus in 
fundo albo & leviter virefcentc eleganter depicius 6* 
variegatus ; aperturâ oblongâ ylabio intîis dencato j co~ 
lumellâ exteriore in làmellà promintnte , 6' quafi duplici 
canalivel bifido^ aperto y in longum produclo injignitus. 
Ce fufeau , qui peut être confidéré comme une varié- 
té de l'efpece nommée la quenouille, eft compofé de 
neuf fpires convexes , couronnées dans le milieu de 
légers tubercules. Toute la furface extérieure eil garnie 
de petites & de larges ftries alternatives , arrondies , 
tranfverfales , lefquelles deviennent très articulées vers 
le canal de la coquille : toute cette furface eft bario- 
lée de taches & de traits longitudinaux élégants , de 
couleur brun-rouge, fur un fond blanc & un peu nué 
de verd. L'ouverture eft oblongue , bordée d'une lèvre 
dentelée intérieurement , & d'un fût extérieur , garni 
d'une lame faillante. Cette lèvre & cette cohimelle fe 
prolongent en un canal entr'ouvert , fur lequel s'élève 
un jfecond canal moins long qui rend cette extrémité 
comme fourchue. La furface extérieure de ce buccin 
eft marbrée de longues taches longitudinales , étroites , 
de couleur brun-rouge fur un fond blanc, nué de cou- 
leiu: de paille : toute la furface intérieure eft blanche. 
Ce fufeau peut avoir près de quatre pouces de longueur 
fur quatorze ou quinze lignes de largeur. 

FUSEAU, proprement dit , ou PETIT 
FUSEAU. Fufus proprius diHus quatuordccim fpiris 
exertis j convexis , Uvibiis in primis y & per longum 
priât is in ultimis y & acumine finicis y conftans : aper- 
turâ ellipticâ , columellâ Uvi y labio aliquantulum 
ûlato & canali tenui & angufio, recîo yfatis elongato , 



5S FUS 

diftin^us ; albido b fulvo colore depiâus. Ce buccîa 
cft d'une forme effilée , arrondie, compofée de treize 
ou quatorze fplres, dont les trois ou quatre premières 
font unies, & les autres garnies de ftries longitudina- 
les , onduleufes , qui forment une clavicule élevée. L'ou- 
verture eft oblongue , elliptique , avec une lèvre ren- 
trante , un peu ailée , & une columelle extérieure, unie, 
luifante , lefquelles fe terminent par un petit canal 
droit, afTezlong, effilé ou très mince, & peu entre- 
ouvert. Toute la couleur de ce joli fufeau eft nuée de 
couleur fauve & de blanc. Sa longueur porte ordinai- 
rement depuis deux pouces jufqu'à trois. 

Ce fufeau a une variété dans fon efpece qui en dif- 
fère par fa forme monftrueufe. Celle qui eft dans la 
colletflion de l'auteur , a près de cinq pouces de lon- 
gueur , & fe rencontre quelquefois plus grande. 

M. ^Argenville , v:.. i: . Utt. A. Ce fufeau 
blanc a douze contours avec une queue très pointue. 

FUSEAU, ou PETIT FUSEAU BLANC UNI. 
Fufus parvus , totus albus , undecimfpiris partim conve- 
xis & panim concavis compojitus ; apcrturâ oblongâ , 
colamdlâ Uvi , labio fimplici , & canali recurvo medio' 
criter in longum producio diflinSlus, Ce buccin eft en- 
tièrement blanc, uni , compofé de onze fpires élevées 
en doucine ou moitié concaves & moitié convexes. 
L'ouverture eft allongée , avec une lèvre fîmplc , ren- 
trante , & un fiit extérieur , lifTe , qui fe terminent con- 
j ointement en un canal ouvert peu long , mais alTez re- 
trouffè. Ce fufeau, dont la figure eft élégante , porte 
neuf lignes de longueur fur dix à onze de largeur. 






^9 



G A D 

VTADIN. Nom donné par M. Adanfon à une co- 
quille univalve du genre du lépas à coquille fimple Se 
entière : toute la difterence , que l'auteur a obfervée en- 
tre le gadin & le folon , confifte dans la forme de la 
coquille , qui eft auili fort épaifle , mais plus régu- 
lièrement conique. Son fommet ert plus relevé , & 
placé très exaftement , du moins dans le plus grand 
nombre , au centre, d'où partent environ cent rayons 
à peu près égaux. Ces rayons font femblables a deux 
petites côtes peu élevées & arrondies , qui vont aboutir 
aux bords de la coquille , dont le contour eft circu- 
laire , indépendamment des enfonce mens & aurres ir- 
régularités auxquelles ils font fujets. Cette coquille, fraî- 
chement tirée de la mer , eft terreufe & comme rouil- 
lée i mais lorfqu on fa un peu lavée , elle devient ex- 
trêmement blanche. M. Adanfon a trouvé , fur les ro- 
chers de l'île de Gorée & du cap Manuel , une grande 
quantité de ce coquillage dont les plus grands avoicnt 
dix lignes de diamètre & moitié moins de profondeur 
du fommet à la bafe. Ils étoient fur - tout fort abon- 
dans depuis le mois de janvier jufqu au mois de mai. 

GuALTiERi , tab. >>. ïiK.Q, Patella iimbo intégra^ 
flriis majonbiis & f<^fciis alternatim & gradatim Jigna- 
Cd , conica , fubviridi colore depicta, 

GAFET. Coquille bivalve , qui eft la féconde efpece 
du genre des tellînes de M. Adanfon. Celle-ci , qui fe 
trouve vers l'embouchure du Niger , ainfi que celle nom- 
mée le pamet , n'eft pas fort commune. Sa coquille n'en 
diffère , qu'en ce qu'elle n'eft point fillonnée au dehors \ 
qu'elle ne forme point une large furface à fon extré- 
mité inférieure, & qu'elle eft plus applatie, ayant près 
de deux fois plus de longueur que de profondeur. Sa 
longueur n'eft que de fix lignes, & fa furface de dixj 
du refte elle lui reffemble parfaitement. 



cTo G A R 

BosANNi ^ Ricr. pag. 104. clafT. z. n. 47. Tel- 

limi frequentiffima in Littore Antîi ,Jlavo diluto tincia 
Jîmul éf fulvo y vel cyaneo , terreoque : nonnullâ, mC" 
lino , vel citreo colore circumte^A , innumers, nivis albe- 
dinem purijjîmum référant : aliqu& ex oceano occiden- 
tali ddats, valdk pdlucid&. 

GuJiTiERi ,iah. 88. lict. Q. Tellina inAquilatera y 
l&vis , margine interno minutljfime dentato , ex albido^ 
& violaceo fafciatd ^ & exfulv'tdo maculata & radiata. 

Ejufdem, litt. O. Tellina inAquilatera , Uvis ^ ex 
fufco y & fubalbido radiata , intîis purpurafcens, 

GAIDEROPE ; Gaderopa.^ Nom que les Grecs 
«lonnoient, fuivant Rondelet, â des coquilles bivalves, 
du genre des huitres,â caui'e de la reffemblance quelles 
ont intérieurement avec la corne du pied d'un âne ; 
parce qu'ils appelloient un âne , gaideron. Ces efpeces 
d'huitres font appellées par Athénée 'Tp^;t'^Ao<. Les an- 
ciens naturalises , comme Galien , Pline, Macrobe, 
& d'autres , les ont nommés fpondyli , fpondyles ou 
pieds d'âne. Les modernes confervent cette dénomi- 
nation de fpondyle pour défîgner pluiieurs huitres-épi- 
«eufes & â talon. Foye^ Huître Epineuse. 

GALADES. Conc/iAgalades. Ariftote & Gaza nom- 
ment ainfîdes coquillages bivalves du genre des cames, 
à caufe qu'elles imitent , fuivant les apparences, la 
blancheur du lait, au moins dans leur furface inté- 
rieure. Cefl: pourquoi le mot galas paroît dériver du 
mot grec yoiAx , qui fîgnifîe lait. 

Rondelet ^ de Teftaceis , lib. i. pag. 31. Conch& 
galades latinum nomennulluminveneruntj quare Gaza 
grACo nomine ufus ejl : has inter Uves numerat Arts- 
TOTELES ifortdjje a lacleo colorediElA funt yt-hxJiç .- funt 
enim candidïjftmâ 3 maximA & levijffimA ; nonnulU pa- 
riimpurpurafcentes, quAdamflavefcentes reperiuntur,fed 
inths omnes candidiffima, 

GARIN. M. Adanfon nomme ainfî une coquille 
bivalve du genre des huîtres. Celle-ci diffère très peu de 
l'cfpece que fauteur appelle le gafar , il ne fa vu s'ai- 



G A R tfr 

tacher qu'aux pierres & aux rochers fixes , fur- tout dans 
dans les lieux expofés aux courans de la mer , comme 
autour de l'île de Gorée & de celle de la Magdelaine. 
Sa coquille èft prefque triangulaire, applatie, longue 
d'un pouce Se demi , & un cinquième moins large , 
mais toujours pointue vers le talon ouïe fommet; 
elle eft plus épaifle que celle du gafar , & relevée vers 
fon extrémité , de cinq ou fix cannelures triangulaires 
quifont Takernative avec autant de dents & de zigzags 
dont elle eft bordée. Sa couleur eft d'un rouge fort 
rembruni au dehors , & d'un verd fale en dedans. 

Lister^ Conchyl. tab. 157. fig. 31. OJlrea ar» 
borea dorfo uncato : jamaicenjïs. 

Ejufdem, tab. 210. fig. 44. Spondylus variegatus y 
ftriatus , margine digitato. 

Petiver , Cat. 571. tab. 24. fig. 12, Spondylus 
babadenjis ^ parvus , dite fulcatus. 

5xo^.vrjpag. 2^4. tab. 241. fig. 20 & 21. OJlreti. 
minor fulcata j oblotiga^ gibhofa ^ nmbita fcrrato. 

GuALTiERi ^ tab. 104. litt. F. Ofireum (iruBurâ 
ptculïarï deprejfam , incurvum , tuberculojum^jînuofum, 
peripheriâ denticulatâ ^ feu plicaturis angufiioribus 
circumdatâ , candidum. 

Klein y Tent. pag. 150. fpec. i. num. ^. Chama 
trachea , pli caca ^ qu& fpondylus variegatus ^firiatus : 
margine digitato. 

GARNOT. Coquillage univalve , du genre des 
lépas à coquille chambrée de M. Adanfon. Si cet au- 
teur n'en avoit confulté que la figure , il l'auroit ap- 
pelle la nacelle, qu'elle repréfente parfaitement bienj 
mais comme l'on peut trouver par la fuite d'autres 
coquilles de même figure , & auxquelles ce nom con- 
tiendra également , M. Adanfon a préféré de lui don- 
ner celui de garnot. Sa coquille a beaucoup de rapport 
avec celle du fulin ; elle en diffère cependant à bien des 
égards. Elle eft fi mince qu'on voit le jour au travers. 
Sa longueur pafîe rarement dix lignes , & fa largeur 
tft un quart moindre , ôc égale 4 fa profondeur. Il fçiti- 



Cz G A S 

ble que la figure de cette coquille a été forcée par une 
comprefuon faite fur les côtés. Lorfqu'on la retourne 
fur le dos , elle a la forme d une nacelle ou d'un petit 
canot, dont la cloifon , qui s'étend a peine jufqu à fou 
milieu j& qui eft très enfoncée , fait comme une efpece 
de banc ou de cabane , ménagée à fon extrémité : à l'ex- 
térieur elle eft ordinairement recouverte d'un périofte 
brun , membraneux & très fin, qui s'enlève facilement. 
Lorfqu'on a dépouillé la coquille de cette enveloppe , 
on voit que fa couleur eft brune dans les unes, qui 
prenant leur origine au fommet , en parcourent la lon- 
gueur pour fe terminer au bord oppofé. 

L'animal ne diliére de celui du fulin, qu'en ce que 
fes parties font beaucoup plus ramaffées & moins éten- 
dues. Les crénelures du manteau font découpées moins 
profondément. Les oreillettes latérales du pied devien- 
nent peu fenfibies & comme oblitérées. 

M. Adanfon a trouvé cette efpece avec celle qu'il 
nomme le fulin , mais plus rarement. Elle fe plaît da- 
vantage dans les fables , où elle s'attache aux coquilla- 
ges qui y reftent cachés. 

GASAR. Coquillage bivalve, qui eft la première ef- 
pece du genre des huitres de M. Adanfon. Il y a, dit 
l'auteur , plufieurs efpeces d'huitres au Sénégal \ mais 
on n'en voit pas de plus commune que celle que l'on 
fert fur les tables , & que M. Adanfon appelle le gafar. 
Sa coquille a ordinairement trois pouces de longueur 
fur une largeur une fois moindre , & il n'eft p?.s rare 
d'en voir qui ont fix pouces ou même davantage. Elle 
eft affez mince , & repréfente un quarré lon^, fort ap- 
plati, obtus à fon extrémité fupérieure, & qui diminue 
en une pointe arrondie vers la charnière. Sa forme eft 
toujours extrêmement irréguliere par les plis & les 
contours qu'elle prend , de manière qu'il eft fort 
xliificile ou même prefque impoffible d'en trouver deux 
femblables. Sa furface extérieure eft rude & comme 
raboteufe par les lames dont elle eft formée , & qui 
Ué'oordent feufiblemeiit les unes au-deffui des autres: 



G A s 6^ 

l'inférieure au contraire cft luifante & d'un beau poli. 
On voit quelquefois fur la première un périolte livide 
& fort mince. 

Le battant fupérieur eft mince , applati , & rarement 
creufé, mais toujours inégal & onde comme le battant 
inférieur auquel il fe joint parfaitement. Celui-ci ell 
toujours creux, mais plus profond, plus grand & plus 
épais que le premier. Il porte à fon extrémité pofté- 
rieure , jcelle où eft la charnière , une efpece de ta- 
lon ou de fommet formé par fes bords qui ie replient 
en dedans. Ce repli fait un creux plus ou moins grand 
dans différentes coquilles. 

Sur la furface applatie de ce repli , on apperçoic 
un léger enfoncement dans lequel eft logé le ligament 
arefTort qui fert à joindre fortement les deux coquilles 
& à les écarter l'une de l'autre. C'eft une matière co- 
riace , verdâtre, tirant fur le noir, fort applatie , fpon- 
gieufe vers le milieu , & capable de faire refTori: pen- 
dant qu'elle eft humeftée dans l'eau; mais qui eft d'une 
grande fragilité, quand elle vient à le delTécher. Ce liga- 
ment n'entre point dans la cavité de la coquille : il eft: 
renfermé dans le talon , fans cependant s'étendre juf- 
qu'à fa pointe, où il laifte un petit vuide , afin que les 
battans puifTent s'ouvrir librement \ il ne paro't pas 
au dehors. On ne voit ni dans l'un ni dans l'autre bat- 
tant aucune dent qui puifte faire l'office de charnière, 
& ils n'ont aucune apparence d être contournés ea 
fpirale. 

La marque , qui déiîgne l'endroit où le mufcle les at- 
tache it au corps, eft d'un violet foncé & rembruni. 
Cette tache fe trouve placée exadement , au milieu 
de la longueur de chaque battant, & une fois plus 
proche du bord droit que du bord gauche du bat- 
tant fupérieur. L'extérieur de ces coquilles eft quel- 
quefois gris & quelquefois violet ou verd , bordé 
de blanc. Leur intérieur eft violet bordé de blanc, 
ou d'un blanc nacré bordé de violet. Cette coquille , 
dit M. Adanfo», ofli-e taat de variétés dans fa forme. 



<^4 G A S 

plus ou moins applaûc , plus ou moins ondée , qu'il 
n eft pas pollible d'en dire autre chofe , que des 
généralités. Cependant elle eft diftinguée de quatre 
autres e(peces , qui fe trouvent au Sénégal : i". par fa 
forme oblongue j z". par fon peu d'épailîeur j 3°. enfin 
parce que , quoique iés bords foient ondes , jamais ils 
ne le ibnt en zigzags. 

Lorfque la coquille de l'animal s'entr*ouvre légere- 
mem pour humer l'eau de la mer , & pourvoir par ce 
moyen , à fa fubfiftance , on apperçoit le manteau qui 
s'étend fur fes bords, fans forcir au dehors. Il paroîc 
une membrane fort mince , divifée en deux parties ou 
en deux lobes fort diflingués, dont chacun tapllfe les 
parois intérieures de chaque battant de la coquille. 

Chaque lobe, confidéré féparément , paroît orné d'un 
rang de filets limples affez longs & égaux, difiribués 
également autour de fes bords, au nombre de cent ou 
environ. Outre cette frange on apperçoit un bour- 
relet fillonné qui la fuit dans fon contour, & quieft re- 
levé de cent petits tubercules arrondis. 

Il ne faut pas s'attendre à voir d'autres parties dans 
i'huitre vivante , tant qu'on ne la regarde que dans la 
fi:uation qui lui eft naturelle ; mais fi l'on vient k fépa- 
rer les deux écailles l'une de l'autre, on apperçoit d'a- 
bord le fort mufcle qui les attachoit au corps de l'ani- 
mal. En relevant enfuite le lobe fupérieur du manteau , 
on découvre quatre feuillets membraneux, qui font les 
ouies: chacune de ces ouies eft traverfée par cinquante 
ftries fort déliées , qui font autant de tuyaux capillaires 
ouverts dans leur extrémité poftérieure. Elles s'étendent 
fur le devant du corps de l'animal , depuis la partie où 
les deux lobes font réunis , jufqu'au point ou eft le com- 
mencement de la bouche. Celle-ci forme une ouverture 
aflez grande , bordée de quatre grandes lèvres affez 
Jfemblables aux ouies ; mais fix à huit fois plus courtes. 
Derrière les ouies , on trouve une groffe partie char- 
nue blanchâtre & cylindrique , qui tourne fur le muC- 
€le j ce n'fift autre chofe qu'un eftomac ou fac intefti- 



G A s c$ 

liâl,femblable au pied, qui en fait la fon6:lôtt dans les 
conques & les limaçons; mais qui dans l'huitre, ne 
paroît pas rufceptibie de contradlion ni de dilatation. 
Ce fac inteflinal , ou ce pied , ne s'avance jamais fuc 
les bords de la coquille j il refte caché fous les ouies 
dans le fond de la cavité, qu'elles ferment exaâ:ement fur 
le devant de l'animal, en fe joignant les unes aux autres 
par leur dos. Enfin , fur le dos du mufcle , on voit en- 
core le canal des inteftins. 

La trachée ou l'ouverture par laquelle l'animal reçoit 
l'eau pour en tirer l'air, qui lui eft néceffaire, communi- 
que avec l'anus , & nullement avec l'ouverture anté- 
rieure, qui doit pourvoir à fa fubfiftance. 

Quelques auteurs modernes ont afTuré que l'onavoit 
diftingué les huitrcs mâles d'avec les femelles ; cepen- 
dant, il eft certain, que la plupart de ces animaux ^ 
oui vivent éloignés les uns des autres & dans l'impuif- 
fance de fe joindre par la copulation, engendrent leurs 
Semblables ; d'où l'on peut conclure qu'ils n'ont befoin 
d'aucun fexe pour fe reproduire , ou que chaque indi- 
vidu les réunit tous deux. Tout le corps de l'animal eft 
d'un blanc fale; les bords de fon manteau font noirâtres. 

Il eft particulier aux huitres du Sénégal de ne s'atta- 
cher qu'aux racines des arbres; & rarement à d'autres 
qu'à celles des mangliers. On les y trouve raflem- 
blées par paquets & fans aucun ordre , fouvent collées 
&: appliquées les unes fur les autres, mais feulement 
par l'écaillé inférieure : car , quoique fouvent il croifTe 
d'autres huitres fur la pierre fupérieure, elle neû ja- 
mais fixe comme l'autre ; elle conferve toujours la fa* 
cilité de s'ouvrir & de fe fet«ier à la volonté de l'ani- 
mal. Malgré le peu d'ordre qui règne dans leur pofi- 
tion, on remarque cependant que le talon, ou le côté 
de la^ charnière eft ordinairement tourné en bas , 3C 
que l'extrémité oppofée ou la plus large regarde en 
haut. Ceft apparemment la fituation la plus commode à 
l'animal pour fe procurer la nourriture. 

Cette huitre eft graffe , tendre, fort délicate, & on 
Tome IL g 



(;6 G A T 

peut la compai-ef , pour le goût , aux meilleures huî- 
ti'es de l'Europe. On dit que l'on en trouvoit encore, 
il n'y a pas dix ans, fur les mangliers du Niger, près 
^e rîle du Sénégal j mais aujourd'hui l'on n'en voit 
plus que dans le fleuve de Gambie & dans les rivières^ 
dn Biflao , où rien au monde n'eft plus commun. 

Le P. BU Tertre, hifi, des Antilles, vol, i» pag. 
2,37. L'huître d'Arba. 

RuMPHius ,MuC pag. 1^4 , art. i. tab. 46. iig. 
0,OJtreu.m radicum five lignorum j Malarenjibus, Ti^ 
rum bafaar , vel tiram akkar dicta. 

GuALTlERi^ tab. loz. litt. D. OJlreum roftraturriy 
compUnatum,lamellis diverjimode pnuofis compaâiuTn^ 
rugofum , ex albo viridefcens, 

GATAN. Nom donné par M. Adanfon , a une co- 
quille bivalve du genre des cames. Elle a un pouce & 
demi de largeur ôc moitié moins de longueur. Elle eft 
relevée extérieurement de vingt-cinq cannelures tranC- 
verfales, médiocres & arrondies. Ses battans ne for- 
xnent point de plis comme dans l'efpece appellée le 
vagal : mais fon fommet, fon ligament & fa charnière 
n'en différent aucunement. Elle eft intérieurement & 
extérieurement d'une belle couleur de chair, qui fe 
change en violet autour du fommet. L'auteur ne l'a 
trouvée qu'une fois autour de l'île de Gorée. 

Liste R , Gonchyl. tab. 417. fîg. ^6l. Chamalutef- 
ctns y ex ruhro radiata. 

GATEAU tY^MX.Y.lt.Oflnumftiuammofum^ 
'S^d foins à lameUis plerifque jacentibus , aliis promi- 
nentibus quafi compaBum y ginglymo peculiari parvo y 
.placenta faliacea d'iUum. Coquille bivalve, du genre 
des huîtres feuilletées , ainfi appellée a caufe que fes 
valves font chargées de plufieurs étages de lames & de 
feuillages déchiquetés , dont les unes font couchées & 
les autres dreffées principalement fui* la valve fupérieu- 
re \ ces efpeces de feuilles font quelquefois arrangées 
d'une manière concentrique , mais le plus fouvent tranf 
verfale. Cette huitre eft prefque toujouis de couleur 



G A Û (^7 

^e chair , ou blancKâtre , mêlée de couleur de rofe. La 
charnière , qui eft finguliere & peu articulée, eft com- 
pofée dans chaque valve , d'une double moulure dont la 
plus grande eft garnie de petites dents , lefquelles fonc 
peufenfibles dans les moyennes efpeces & les petites, 
& s'engrènent , ainlî que les moulures dans les rai- 
nures éc les cavités correfpondantes des deux valves» 
Les huitrcs en gâteaux feuilletés paîTent quelquefois 
deux pouces de diamètre. 

RuMPHius j tab, 48. n* 3. HolL Rots-doublet j 
l'huitre de rocher. 

M. d'Argenville, pi, xo. lett. E. pag. 279. 
L'huitre appellée le gâteau feuilleté. Ses ramages éta- 
ges, déchiquetés & tronquetés, repréfentent afTez bien 
cette figure. Cette coquille ell: prefque toute blanche, 
avec des taches couleur de rofe. 

GATEAU A L'HUILE. Nom que Rumphius don- 
ne à une coquille univalve du genre des buccins , ap- 
pellée conque de Triton. Voye^ Conque de Triton 

EN TREILLIS DE LA MÉDITERRANÉE. 

GAUFRE. Buccinum breve^ ventricofum , quinque 
fpiris convexis , tuberojis & quaf dijlortis compojitum ; 
flriis cancellads , nperturâ diverftmode & finguLariter 
in ambitu dentatâ 3 & canali recurvOj aperto , in iongum 
mediocriter producio infig.iitum , albidum. Coquille uni- 
valve du genre des buccins, d'une forme ramaffée, ren- 
flée & compofée de cinq fpires convexes, irrégulieres 
& barroques , ou comme tordues & de travers. Toute 
la furface extérieure de ce buccin eft garnie de ftries 
longitudinales, & tranfverfales, qui forment un treillis 
tuberculeux dans tous les angles, & dont le deiïein re- 
préfente celui d'une gaufre ou du gaufrier. L'ouver- 
ture eft encore plus barroque par fon irrégularité, & par 
lesdiverfes apophyfes , qui enferment en partie l'en- 
trée , & dont la lèvre & la columelle font garnies ; le 
canal eft mince, ouvert, retrouiïe & médiocrement al- 
longé. Le buccin-gaufre eft blanc & fauve clair.ll vleat 
de l'île de Magellau. 

Eij 



<î8 G E N 

GENCIVES. CochleA femilunares columellâ granoss^ 
feu neriti, non umbiticati,. Coquilles univalves du genre 
àts limaçons à bouche demi-ronde ou ceintrée , ou des 
nérites , qui n'ont ni dents ni ombilic , ain(i appellées 
à caufe que la columelle extérieure de ces forces de 
limaçons repréfente une gencive , tantât garnie de 
dents , ou blanches ou comme faignantes , tantôt gra- 
nuleufe & tranchante. Quoique toutes les nérites , en 
général , portent une gencive , excepté les efpeces om- 
biliquées ou les natices; plufîeurs donnent fpéciale- 
ment le nom de gencive aux nérites dépourvues de 
dents. P^oye:^ Nérite. 

GENOT. Nom donné par M. Adanfon, à un co- 
quillage operculé du genre des pourpres i canal évafé. 
Cetre efpece fe rapproche beaucoup du genre des rou- 
leaux , par la figure de l'animal , de fon opercule & de 
fa coquille. Celle-ci repréfente un ovoïde prefqu'éga- 
lement pointu à fes extrémités , long d'un pouce & de- 
mi & deux fois moins large. Elle n'a que dix fpires , qui 
font creufées & entourées de deux rangs de boutons j 
mais ta première fpire eft chagrinée ou couverte de pe- 
tits boutons égaux, difpofés en treillis, & qui paroiffent 
formés par une vingtaine de cannelures tranfverfales , 
coupées à angles droits par d'autres cannelures paral- 
lèles à la longueur de la coquille. 

Le fommet eft de moitié plus long que large, & un 
tiers plus court que la première fpire. L'ouverture ref- 
femble parfaitement à celle des rouleaux. Elle repré- 
fente une longue fente, de largeur à peu-près égale 
par -tout, aiguë dans fon extrémité inférieure, & cinq 
Fois plus longue qu'elle n'eft large. La lèvre droite ne 
diffère point de celle du farois. La lèvre gauche eft 
droite comme dans la trentième efpece. Elle eft re- 
couverte d'une petite lame luifante , & n'a pas de bour- 
relet fenfible;mais feulement un léger fillon qui tient 
lieu d'ombilic à fon extrémité fuperieure. Elle eft cou- 
leur de chair dans la première fpire, & grife dans les 
autres. M.>Adanfon n'a vu cette coquille figurée nulle 



G I R 6<^ 

part. Elle eft fort rare dans les rochers des îies de ia 
Magdelaine. 

GÉOGRAPfîIE, ou CARTE GÉOGRAPHI- 
QUE. Voye-s^ Carte Géographique. 

GINGLYME. Terme de Conchyliologie , qui ex- 
prime l'articulation ou la jondion de deux pièces dans 
une coquille bivalve. 

GIROL. Coquille uni valve à laquelle, dit M. Adan- 
fon , on a donne le nom d'olive, à caufe de fa figure, & 
qu'il rapporte au genre de la porcelaine. Le temps 
n'ayant pas permis à cet auteur d'en examiner l'ani- 
mal, il dit qu'il ne diffère pas fenfiblement des autres 
efpeces de ce genre. La coquille du girol eft extrême- 
ment cpaifTe , cylindrique , arrondie par le haut , & 
pointue à fon extrémité inférieure ; c'eft- à-dire , au 
îommet. Elle a près d'un pouce de longueur , & moitié 
moins de largeur. Les fept tours de fpirale qui la com- 
pofent font applatis & fort ferrés; mais diftingués les 
uns des autres par un fillon profond, qui fait paroître 
leurs bords aigus & tranchans. L'ouverture eft trois fois 
plus longue que le fommct. Sa longueur eft quintuple 
de fa largeur & prefque parallèle a la longueur de la 
coquille. Elle eft très aiguë en bas , fans canal, & plus 
large en haut; oii elle eft coupée d'une large crénelure. 
La lèvre droite eft aiguë , quoique fort épaifTe. Elle 
paroît d'abord fans bordure ; mais lorfqu'on la regarde 
au-dehors , on apperçoit comme une lame de plus d'u- 
ne ligne de largeur , qui s'élève fur fa furface extérieure 
où elle forme une efpece de pli. La lèvre gauche eft 
arrondie , & laifte voir vers le haut, quatre ou cinq 
lames peu élevées, dont les bords forment autant de 
replis ou de petites côtes faillantes & un peu écartées, 
au-deflbus defquelles on apperçoit huit à feize dents 
aftez longues & fort étroites , qui vont jufqu'en bas de 
l'ouverture. 

La couleur de cette coquille eft peu conftante. Il y 
en a de blanches , de jaunes , de jaunes-livides , de 
jaunes-verd, & même de verdâcres, fans aucun mélao- 

E iij 



Fc 



7© G I R 

e. L'auteur en a vu aufli qui , lar ces differens fonds ^ 
ont tachées, tigrées, marbrées ou couvertes de zig- 
zags j qui s'étendent tantôt fur leur longueur , tantôt 
fur leur largeur. Ces taches , ces points , ces bandes & 
ces lignes {ont cendrés , noirs , ou bleuâjres dans les 
unes; bruns, rougeâtres, ou poupres dans les autres. 
Enfin leur mélange efl: û varié , que ce feroit perdre 
fon temps que de faire l'énumération de toutes celles 
qui ont été décrites ou figurées par les auteurs. M. 
Adanfon s'eft contenté de citer une vingtaine des prin- 
cipales variétés , auxquelles on peut rapporter toutes les 
autres , dont plus de deux cens font parvenues a fa con- 
îioiffance. Leur intérieur eft tout blanc, jaune, violet 
ou pourpre foncé. M. Adanfon n'a vu ce coquillage 
que dans les fables de l'embouchure du Niger j il y elt 
fort commun , & toujours pnfoncé à quelques pouces 
de profondeur. 

Lister^ hlft. conchyl. tab. 717» fig* i« Rhombus 
ex toto albido feu leucopkdus , unica ftriâ acutâ circum- 
datus. 

Ejufdem, tab. 721. fig. ^. Rhombus parvus', majuf' 
culis maculïs diftincius j é* labro & columellâ ex viola 
■purpurafcentibus, 

Ejufdem, fig. 7. Rhombus parvus y angujiior y dense 
maculatus , labro tantum interna leviter purpurafcente, 

Ejufdem, tab. 728. fig. 16* Rhombus nebulatus & 
fafciatus , columellâ fubcroceâ , claviculâ fulcatâ» 

RuMPHius ,Muf. pag. 110. art. p. tab. 3^. fig. 7. 
Cylinder nonus, 

M. à' Argenville, pi. ï6. fig. Q. Olive blan- 
che & agréablement marbrée de taches brunes. 

Le même , fig» R. Olive blanche avec deux bandes 
dans fes extrémités, formées par des lettres brunes, oa 
on lit diftindtement deux B B, èc un D» appellée 
litterata. 

GuALTiERi y tab. 23. litt. C. D. Cochlea cylindrcï- 
dea , léLvis , velfubrufa , vel leucoph&a ^vdalbida j ma- 
tulis fubpurpureis diftinBa, 



G ï V 71 

^juÇàcm , litt. G. CochUa cylindroïdea , /ir^f/i fuf- 
cis , iuteis , <S' fubcAruîeis undatim exarata , /^irc) in- 
rfr/20 rugofo j 6' ro/^o. 

Ejufdem, litt. H. J. L. CochUa cylindroïdea , û/- 
^/Vd , obfcure ex luteo punùiata. 

Ejufdem, litt. M. N. OO. PP. CochUa cyliri' 
droïdea , candlda , lineis fufcis & lividis undatim de-* 
piêia. 

Ejufdem , litt. N. CochUa cylindroïdea , ex fufco 
viridij albo , ^ j ah luteo undatim pida, ex nigrofafi- 
data , intiis candida. 

GITON. M. Adanfon nomme ainfi un coquillage 
opeixulé , du genre des pourpres à canal médiocre non 
cchancré. Cette coquille fe trouve fréquemment autour 
de l'île de Corée & du cap Bernard ; elle n'a que dix li- 
gnes de longueur : elle elt fort pointue aux extrémités& 
prefque une fois plus longue que large. Ses huit fpires 
font relevées de côtes applades , qui forment une efpece 
At treillis avec les petits tilets qui les coupent! angles 
droits. On compte douze ou quinze de ces filets dans 
la première fpire , fix dans la féconde & beaucoup 
moins dans les autres. Son fommet eft un quart plus 
long que large , & un quart plus long que l'ouverture. 
Le canal fupérieur eft deux ou trois fois plus coure 
qu'elle. La lèvre gauche eft lifTe , fans dents, recouver- 
te d'une petite lame luifante, peu élevée. Son bourre* 
let fe trouve placé avec l'ombilic , fort proche de l'extré- 
mité fupérieure. Cette coquille eft blanche ou fauve, 
fans aucun mélange. 

GIVAL. Coquillage univalve , que M. Adanfon a 
rangé dans le genre du lépas a coquille percée en def- 
fus : on lui donne ordinairement le nom de treillis, à 
caufe du réfeau que forment fes cannelures j mais cette 
particularité lui eft commune avec beaucoup d'autres 
coquilles. Pour éviter toute confuflon , l'auteur a mieux 
aimé lui donner le nom de gival , qui par lui-même n'a 
aucune fignification. La coquille du gival eft de même 
forme que celle nommée le dafan j mais moins épaiiTt 

Eiv 



^i G I V 

& cannelée un peu plus fenfiblement fur les borJs. Elîé 
cft percée au fommejj d'un trou oval beaucoup plus 
petit, & qui a à peine la Huitième. partie de fa lon- 
gueur. De ce fommet partent quarante cannelures 
rondes & alTez grofles, qui vont fe rendre fur les 
bords de la coquille. Quinze â vingt autres cannelures 
un peu moins élevées traverfent celles-ci, en décri- 
vant autant d'ellipfes dont le fommet eft le centre. Le 
croifement de ces cannelures laifle un grand nombre 
de petits efpaces quarrés , qui forment un réfeau ad- 
mirable & dont les mailles augmentent à niefure 
qu'elles approchent des bords de la coquille. Les plus 
grandes, que l'auteur ait obfervées , ont un pouce & de 
mi de longueur , & une fois moins de hauteur \ leur 
largeur eft de moitié moindre ; leur couleur foufre de 

fraudes variétés ; il y en a de blanchâtres , de grifes , 
e brunes , & même de bleuâtres. Les brunes font or- 
dinairement tigrées de blanc. Les blanches ont quelque- 
fois des taches rouges, répandues çà & là fans ordre; 
mais il eft plus ordinaire de leur voir fept larges ban- 
des, d'un gris cendré, qui s'étendent comme autant de 
rayons du fommst aux bords de la coquille, où elles 
ont plus de largeur qu'à leur origine. 

Le manteau de l'animal n'eft point frangé , mais feu- 
lement bordé d'un rang de trente petits tubercules , qui 
ont l'apparence d'autant de points blancs. La même uni- 
formité règne encore dans fon pied , qui a un pareil 
nombre de points élevés fur fon limbe ; du refte , 
l'animal reflemble en tout â celui du dafan. La couleur 
de tout fon corps eft d'un blanc pâle. 

M. Adanfon , qui a trouvé ce coquillage en Jiiai à 
l'île de Gorée , rapporte qu'il eft afîez rare. 

BoNANNi y Ricr. pag. pS. clafT. i. n. 6, Patelia 
retîculata , quafi retïs foramina oftendens conflanti pro- 
portione à circumferentiâ ad centrum diminuta , luuo 
colore , aut cinereo. 

Lister y Hift. conchyl. tab. 517. %• u Patdla 
tancellata-^jamaïcenfis. 



G L A 75 

Ejiifcîem, tab. ^ij- fig. t» Patella canceîlata , dense 
admodum flriata ; harhadenfis. 

KiRKFR j Muf. pag. 43^. n. 6. Patella reticulata , 
quafi retis foramina oftendens y &c. ficut BoNANNZ, 

Petiver, Gazoph. vol. z, cat 580. tab. 80. fig. 11. 
Patella harbadenjîs canceîlata. 

Lan G I us y meth. pag. 3. Patella flriata ^ vertice 
mucronato perforato. 

M. ^j4RGENViLLE,pag, 140./?/. 6. fig. J.hépzs 
à ftries partant de fon œil , naverfées par d'autres 
ftries , ce qui forme un f éfeau ; fa couleur eft com- 
mune , & fon œil troué. 

Klein , Tent. pag. 11^. {pec. z. n. i. Patella 
intes^ra , reticulata jeu clathrata , lutea vel cinerea. 

Ejufdem j LisTERi : tab. 8. fig. 3. Patella intégra^ 
reticulata feu clathrata ; clathri denfioris eadem cum 
prcecedenti. 

GLAND DE MER. Clans marina , feu balanus 
marinus y efi concka multivalvis eâdem teftâ in futuris 
ûdh&rens , vafculiformis , aliquando cylindracea , & 
nliquando conum obtufum efformans :-bafi femper com" 
■planatâ j in parte fuperiore aperta & profunde exca- 
vata y angulatim cofiata; flriata , rugofa ; & f&pe cum 
aliis balanis fimul conglomerata : coloribus violaceis 
vel diverfimode purpurafcentibus depicia. Le gland de 
mer eft appelle en grec ^^ckolvo; ; en langue hoUandoife , 
ckelen , puiften , & communément pokken : quel- 
ques-uns le nomment le pou de baleine , pediculus 
ceti. Cette coquille finguliere de la clafTe des multi- 
valves compole un genre par le nombre & les va- 
riétés de fes efpeces , & doit fa dénomination à la 
relTemblance qu'elle paroît avoir avec le gland de 
chêne. 

Les caractères génériques & fpécifiques des glands 
de mer font, d'avoir la figure d'un gland ou d'une efpece 
de calice arrondi, arec une extrémité ouverte, qui forme 
une ouverture profonde , plus ou large ou rétrécie à 
ion orifice , & une autre extrémité fermée ou une 



74 G L A 

bafe applatie , d'où naiffent dans la cirponférence ûx 
pièces , appellées pétales , angulaires vers le haut & 
taillantes , fermées par autant de pièces concaves de la 
même figure ou intermédiaires dans les intervalles 
des angles aigus , lefqueiles forment daiTs leur afTem- 
blage , un cylindre , ou un cône tronqué dans les es- 
pèces dont l'orifice de l'ouverture foufre un rétrécilTe- 
ment. Il paroît en général que ces douze pétales angu- 
laires, alternativement convexes & concaves, font plu- 
tôt liés les uns aux autres , par le même teil que la co- 
quille , qu'ils ne le font par des ligamens , ou par des 
cartilages. Les glands de mer font compofés , d'ail- 
leurs, d'un fécond corps de coquille d'une figure qua- 
drangulaire en bas , & pyramidale en haut , qui occupe 
le fond de l'intérieur du teftacée. Cette fcconde por- 
tion interne du gland de mer abandonne aifémenc 
la coquille extérieure avec l'animal : elle eft compofée 
de quatre pièces triangulaires qui s'écartent les unes 
des autres, par leurs pointes à {a volonté , pour faire 
place à une efpece de panache aiïez femblable a l'ani- 
mal du pouce-pied. 

Les glands de mer font rarement folitaires ; on les 
trouve afTez fouvent groupés plufieurs enfemble , ou 
comme collés les uns contre les autres , & s'attacher 
de cette manière far tous les corps marins qu'ils ren- 
contrent indifféremment, comme fur les teftacées 8c 
les cruftacées, même far des poifTons de la plus grande 
efpece ou cétacées, far des litophytes & diverfes pro- 
ductions marines j les glands de mer s'attachent aufîî 
contre les rochers & les bois des vai fléaux qui féjour-i- 
nent longtemps dans l'eau de la mer. 

La couleur en général des glands de mer eft pur- 
purine j violette & amaranthe de diverfes nuances mê- 
lées de blanc. Le nombre & la figure de leurs pétales, 
& la différence qui fe rencontre dans leurs configura- 
lions, ont fait donner à ces conques makivalves, plu- 
fieurs noms ; favoir , le gland de mer turban , la tu- 
lipe, la clochette, les glands de mer ilriés^ ceux qui 



G L A 75 

font épineux & a côtes de melon. On trouve princi- 
palement les glands de mer fur les côtes d'Erpagne, 
de Bretagne , de Normandie , dans la mer Atlandc^ue 
& ailleurs. 

Rondelet ^ de Teftaeeis, lih. i-pas;. 19. dit que 
le gland de mer , en latin balanus , tire fon nom de fa 
refiemblance avec le gland de chêne , que ce natiira* 
lifte diftingue d'avec les pouces-pieds. Ces coquillages 
femblables à des glands de chêne , dit Rondelet , s'en- 
gendrent dans les rochers , dans les fentes des vaif- 
féaux qui féjournent longtemps dans le même lieu. 
Ce naruralifte avoue en avoir vu fur des vieilles mou- 
les , ou miortes , qui en ctoient toutes chargées , & y 
avoient pris naifiance , ainfi que dans les bois pourris 
des vieux vaifTeaux , oii on les trouve en grand nombre. 
Ces glands , qui font ftriës , ont une ouverture , d'oii 
fort une efpece d'aigrette. Ils croifient pluiîeurs en- 
femble. Le dedans contient peu de chair, dont les ha- 
bitans font peu de cas, & qu'ils ne mangent point, a la 
vérité. Glandes dicÎA y a jimilitudine frucîum quercûs ^ 
Jîve ex au.£iore At h en j£o , balanus marinas àjimilitu- 
dine glandis qu.ern& ^ nominatus eft. Glandes alias pro- 
pono ,ait Rondeletius , qu& glandibus fruclibus Jiml' 
liores (unt, Najcunîur in fa xi s & in rimis navium^ quA 
diutiîis immotA uno loco manferint ; adnafcantur eiiam. 
mytulis : vidi equidem j addit auftor y mytulos vetuf- 
tos & mortuos totoS ijiis glandibus opertos , & navcs 
pro vetuftate putres y quibus frequentijfim& adnat a f aé- 
rant. Ha glandes ftriatA funt , foramen habent e 
quo veluti frondem emittant y malt& fimul nafcuntur : 
intus parum carnis continent» Nofiri prorsus negligunt , 
ac ne deguflant quidem. 

GuALTiERi dit que le gland de m.er eft une coquille 
faite en calice , compofée de plusieurs pièces réunies par 
le moyen d'une future écailleufe , ouverte en-deffus & 
avec une bafe fermée, formant une ou deux chambres. 
Balanus eji te/la marina polytoma , vafculofa y clJus 
portiones tejiaeea perj'uturam fquammofam conneHun- 



7<? G L A 

tur^ ore fuperius patente, bafi claasâ : unum vel duos 
thalamos ejformans. 

M. aÂRGENviLLE qiii a rangé les glands de mer 
dans la troifieme famille des multivalves , ou des co- 
quilles de la troifieme clafle , dit que c'eft un genre de 
coquille qui a la forme d'un gland , ayant douze lames , 
la bouche évafée , quelquefois retrécie. Baianus eft 
toncha muitivalvis , glandiformis , duodecim laminas 
continens , ore ampliore , angufiiore. Cet auteur en di£^ 
tingue deux efpeces; favoir, i*^. le gland de mer de la 
grande efpece à grande bouche , baianus ore ampliore, 
major, latusy le turban, diade.ma Turcarum \ le gland fait 
en calice, caliciformis; celui à ftries en forme de tulipe , 
baianus tulipA-formis ,firiatus j en forme de clochette, 
tintinnabuliformis ; tirant fur la pourpre , purpuraf- 
cens ; de couleur gris-cendrée , cinereus, z^. Le gland 
de la petite efpece , rayé , dont la bouche eft petite , 
baianus ore angujiiore , ftriatus , parvus y feu minor ; 
le gland à petite bouche , à côtes de melon de couleur 
rougeâtre , angujiiore aperturâ , infiar incijionum pe- 
ponum , colore rubro ïnfignitus ; celui qui eft étroit & 
tirant fur le pourpre , anguflus & purpurajcens : le 
gland compolé de lîx pièces , rayées au fommet , le 
refte fendu en deux , & la rondeur fi peu marquée qu'il 
paroît quarré , baianus e fcnis laminis compofitus in. 
vertice Jiriatis , altéra teftâ bifidâ , rhomboïde occulto , 
feu figura quadratâ ; le gland étroit & court , baU' 
nus angufius ^ fulvus. 

On confond aifément , dit M. d'Argenville , le 
gland de mer avec la conque anatifère & le pouce- 
pied, dont il diffère en ce qu'il eft formé par un fimple 
calice arrondi, plus ou moins grand, & dont l'orifice 
eft plus ou moins ouvert. Rarement les glands de mer 
font feuls : collés les uns contre les autres par la même 
glu qui forme leur coquille , ils compofent des grou- 
pes aiTez nombreux. À les examiner feuls , outre la 
grande quantité de lames , ou de côtes dont ils font 
compofés en-dehors , il y a quatre pièces triangulaires , 



G L A 77 

^ui forment la féconde coquille , & fe découvrent dans 
le fond de la grande , fufpendues dans le milieu : elles 
portent un caraftere déciiif pour les mettre au nombre 
des mukivalves. Ce Conchyliologifle ajoute que les 
glands de la grande efpece, qu'on voit attachés fur les 
vaifleaux , font plus évafés dans leur forme & dans 
leur calice j les autres de la petite efpece , dont l'ou- 
verture & la figure font plus rondes , reflemblent â 
ée vrais glands de mer. On voit des buccins , des 
huitres & des moules qui font couvertes de plus de cin- 
quante glands de mer extrêmement petits. 

Le même auteur dans le fupplément qui concerne la 
zoomorphofe, pap. 6$. pi. 7. fait mention de l'ani- 
mal qui réfide dans le gland de mer de \zpL 16. Utt, B. 
La première coquille extérieure confiile en fix lames 
pointues , liées fur un fond , de manière à ne pouvoir 
fe féparer; & le tout fe termine à une ouverture irrégu- 
liere fort large. La féconde coquille intérieure du 
gland ne comprend que quatre lames triangulaires ou 
battans , formant une pyramide fufpendue par des tila- 
mens vers le milieu de la première coquille, & fè 
icuniffent à la bouche de l'animal , qui fort de fon 
trou pour prendre des alimens , fe rapprocher & fe 
fermer. Ces battans forment une croix , du centre de 
laquelle il fort un panache de plumes femblablea celui 
des pouces-pieds & des conques anatiféres. On pré- 
fume que ce panache eft l'embryon même de l'animal j 
c'eft par le moyen de ces quatre battans qu'il ferme 
fon ouverture & l'ouvre dans le befoin. On remar- 
quera que ces quatre pièces font ftriées dans leur tra- 
vers vers la bafe alTez profondément, & que les endroits 
ou elles fe joignent font dentelés , & vont fe terminer 
vers le centre. Au haut de la coquille eft une pointe 
effilée & crochue , c'eft-a-dire, que deux de ces quatre 
pièces font tellement recourbées fur elles - mêlries , 
qu'elles prennent la £gure du bec d'un oifeau; tandis 
que les deux autres , no ns allongées & plus droites , 
yont fe cache? fous le couvert des deux premières. 



78 G L A 

Ces efpeces de coquillages font deux battans ferrés 
l'un contre l'autre , avec les bords édentés , pour fc 
joindre mieux à des efpeces de charnières en-dedans , 
avec deux crocs faillans par en-bas. Ces battans par- 
dehors font raboteux , & coupés de flries qui répon- 
dent à la dentelure des cotés. 

La ftruéture de ces animaux eft admirable : ils ont 
douze pies , ou bras , longs & crochus , garnis de poils, 
qu'ils lèvent, avec huit autres plus petits, & qui font 
inférieurs. Leurs corps , qui refTemble à celui de la 
conque anatifère , eit cartilagineux, avec une chair 
glaireufe, & adhérente aux quatre lames qui le cou- 
vrent ; on y apperçoit un ovaire , quand le coquillage 
quitte le corps auquel il eft attaché. Sa bafe prend 
imparfaitement l'empreinte de ce même corps. Cet 
animal teftacée eft compofé de plufieurs lilaaiens qui 
fe joignent â un mucilage , où fe trouvent fa bouche 
Se les parties de la génération. Les barbes ou filamens 
tombent ordinairement quand le poilTon eft mort. 

M, D^ VI LA y dans fon Catalogue fyft. pa§. 40 1 . a 
formé la quatrième famille des multivalves avec les 
glands de mer. Ces coquillages , dit ce Conchyliolo- 
gifte, dont le caradlere diftinclif eft de s'attacher par 
groupes nombreux aux cailloux , aux autres coquilla- 
ges , & généralement à tous les corps qui fe préfen- 
îeut , font compofés de deux portions , Tune exté- 
rieure de forme cylindroïde , ou conoïde ; & l'autre 
intérieure de forme pyramidale quadrangulaire. La 
première de ces portions reffemble à un calice formé 
de douze pétales triangulaires oblongs , liés inti- 
mement les uns aux autres , dont lix plus épais ont 
leurs pointes vers le haut, & fix plus minces ont les 
leurs renverfées. La féconde eft compofée de quatre 
valves triangulaires à couliffe que l'animal a la faculté 
d'écarter les unes des autres par leurs pointes , pour 
en faire fortir un panache , au moyen duquel il fe 
procure fa nourriture. Cette famille ne fournit qu'un 
ïeiil genre , dont, les efpeces foiu le gland de met 



G L A 79 

turban ; le gland de mer tulipe ; l'efpece qui eft 
rayée ; le gland épineux j le gland de mer pou de 
baleine ; la clochette , & le gland de mer à côtes de 
melon. 

GLAND DE MER A COTES DE MELON. 

Balanus , vel concha multivalvis , duodecim tefiis angu- 
hfis alternatim concavis & convcxis & peponis inci- 
fionum inftar ordinatis dijlincia ; colore violaceo 6» 
fabalbido nebulata, Ceft une elpece , dont les pétales 
en relief font non-feulement fort épais , mais for- 
ment encore des efpeces de côtes longitudinales fé- 
parées les unes des autres par autant de coupures, & 
diftribuées a peu près com.me fur les melons. Toute 
la furface extérieure de cette coquille multivalve eft 
nuée de viole: fur un fond blanc. 

GLAND DE MER ÉPINEUX. Balanus fpînis 
exafperaîus. Celui-ci, qui eft moins connu que les au- 
tres multivalves de ce genre , n'en diffère que par les 
épines , dont les pétales épais font chargés : celui- 
ci, qui eft dans le Catalogue de M. Davila, pag. 140. 
art. 91p. eft adhérent â une valve de conque ana- 
tifère. 

GLAND DE MER RAYÉ ET STRIÉ. Balanus 
cam aliis plurimis oalanis fimul conglomeratus , firiis 
in longum ducîis firiatus y ex colore violaceo vel al- 
bido depiBus, Cette efpece eft ordinairement groupé 
avec d'autres en grand nombre , & fe rencontre aflëz 
fouvent fur des buccins , des lépas & d'autres coquilla- 
ges. Sa forme eft ovoïde , avec une ouverture plus 
étroite que celle des autres glands de mer. La furfa- 
ce extérieure eft â ftries longitudinales inégales, 3t 
chargée de rides qui rendent les contours de l'ori- 
fice comme déchiquetés. Ces fortes de multivalves 
font tantôt blanches , & tantôt nuées légèrement ds 
violet. 

M. à'jRGE?fVIlLE , pa%, 322. pU z6, lett. C. 
Ces glands font de la petite efpece , & fe trouvent en 
plus grande compagrùe que les autres : les barbes , qui 



8o G L Y 

en fortent ordinairement tombent , quand le poifTofl 
cft mort. 

GLAND DE MER TULIPE. Voyez Tulipe. 

GLAND DE MER TURBAN. Voye:^ Turban. 

GLYCYMÉRIDE ou CAME GLYCYMÉRIDE. 
Chama glycymsris. Nom que les anciens donnoient 
à des coquilliages bivalves du genre de cames , foie 
pour les diftinguer des autres efpeces, qu'ils appelloient 
pélorides, charnel pelorides ^ parce que les cames gly- 
cyméridcs font plus grandes , fuivant Pline, foit que 
ces dernières doivent leur étymologie , félon plufieurs, 
à la bonté & a la douce amertume de leur chair j mais 
en ce cas , Quintilien n'approuve point que le mot 
glycyméride dérive du grec & du latin. Macrobe rap- 
porte qu'on en fervoit iur les tables de Lentulus dans 
les feftins qu'il donnoit aux prêtres du dieu Mars. Oa 
appelle ces coquillages glycymérides , à caufe , dit 
Rondelet , du goîit mave de leur chair , qni eft moins 
falée que celle des autres cames. Les glycymérides, 
ajoute l'auteur , font donc plus grandes que les pélo- 
rides , & ont leurs coquilles plus longues que celles 
des moules de rivière , ou d'eau douce : mais elles font 
plus dures & plus épaifles , ridées fans être rudes. Les 
cames glycymérides refTemblent aux pélorides quant 
à leur couleur, tirant fur le fauve, ainfi que par la bonté 
& la fuavité de leur chair. Rondelet penfe auffi que ce 
font les mêmes cames qu'Athénée appelle les grandes 
■péloviàcs, Cham A glycymérides j, inquic Plinius ,qu& 
f une majores quam. pélorides, Mac ROBIU S in cœnâ 
adjiciali Lentuli flaminis appojîtas fui£e dixit. Sunt 
autem glycymérides diBa, a dulcedine ut opinor , ait 
RoNDELETius , quod faporc fiîit dulci , minûfque falfo 
quàm reliquA, Sunt qui glycymérides vocent quafi ex 
dulci amaras. Quod Jî ita fit ^ compofitum nomen ex 
gr&co & larino fuerit , quam comi ofitionem improbat 
Q^uintilianus . Glycymérides igitur ckamA funt majores 
quam pélorides teftâ ohlongâ mytulorum fiuviatiliam 
teftA modo j Jed duriore & fpijfwre , rugosâ , non 

tamert 



G O L «I 

tamen oh îd afperâ , ex albo rufefcente , carne & fuccl 
honitate peloridi Jîmiles, Eafdem ejfe puto cum iU 
quas pelor'ides majores Athenmus vocat. 

GLYCYMÉRIDE DES INDES. Chama Uvis , 
glycymeris indica. Rumphius nomme ainfî une efpcce 
de came qui approche de la glycyméride des anciens, 
& que l'on appelle aufli en Hollande , félon ce Con- 
chyliologifte , la came à jouer du Japon. Voye^^ Camk 

A JOUER. 

GLOBOSÉE^, ou COQUILLES SPHÉRI- 
QUES. Conck& globoféi. On nomme ainfî un genre de 
coquilles univalves à caufe de leur figure plus ou moins 
arrondie comme une fphere , & auxquelles les Con- 
chyliologiftes ont donné le nom de tonnes , ou de 
conques fphériques. Foyfç Tonnes. 

GOLAR. Nom donné par M. Adanfon a une co- 
quille bivalve du genre du jolen , qui fe trouve dans 
les fables de l'embouchure du Niger. Sa coquille n'a 
que deux pouces & un quart de longueur , & une fois 
& demi moins de largeur : elle eft marquée intérieu- 
rement de quinze filions longitudinaux tirés oblique- 
ment. Sa couleur eft par-tout d'un beau rouge, fur lequel 
on voit quelquefois deux ou quatre petites bandes 
blanchâtres qui , partant du fommet , en parcourent 
obliquement la longueur. 

i?o jv z>£Xjet, Teft. lib. i.pag. 14. cap. 13. Chama 
n'igra, 

BoNAWNi^ Ricr. pag. 108. & 109. clalT. i, n. 77. 
Concha à Rondeletio longa diéîa y valdè pulchra vifu , 
colore albo circa carâinem dijlinâio fafciis rofeis , qui- 
tus binœ. notez candïdcz radiorum inflar ab eodem car- 
dine extenfce fuperiàs ponuncur rug£ , quibus in 
gyrum crifpatur : alice minutiores ita tranfverse fe dif" 
çedunt , ut duplîciter corticofa vïdeatur. 

Lister , Conchyl. tab. 41^. fig. z6o. Chanta nigra 
Fiondeletii^qu& chama angufta , fubrubra ^ oblique firia" 
ta y duobus radiis medio dorfo injl^nita , e mari m«- 
diterraneo, 

Tomelh E 



Si G O N 

RuMPHius y Muf. pag. 147. art. 4. tab. 4^. %. E, 
Tdlina violacea. 

GuALTZERi j tab. 51. litt. C. Concha foleniformis , 
rugofa t lineïs hinc indè decujfatis fîgnaca , fubrofea , 
duobus candidis radiis in medio diftincïa, 

Klein , Tent. pag. 1^4. fpec. i. Corîcha longa bi- 
foris , quA tellina violacea Kumphii \ teflâ tenuijjlmâ , 
quinque poUices lon^â ^ unum latâ y vagins injiar'^ in 
utroque extremo patula , violacea y virgis albis , in arenâ 
perpendicularicer h&rens. 

Ejufdem, p. 167, fpec. 7. Concha longa ufiiforis , 
qiiA ch&ma nigra RoND£LETII,ex mari méditer raneo , 
feu chama angufia fabrubra , oblique ftriata ^ duobus 
radiis medio dorfo injignica'^ LrsTERt. 

GONDOLE. Cymhium. Nom que l'on donne en 
général a plufieurs coquilles uni valves qui pour; oient 
lormer un genre par la variété de leurs elpeces dans la 
famille des conques fphériques ou des tonnes. Le carac- 
tère Tpécilique des gondoles efc d'avoir le plus fou- 
vent une forme arrondie , ovoïde , ou allongée , & 
«quelquefois cylindrique ; d'avoir une lèvre fî évafée &: 
li longue qu'elle occafionne une ouverture très fpa- 
cieufe. La columelle parallèle à la lèvre eft garnie 
de trois ou quatre rides obliques très articulées , & 
découverte dans les trois quarts de fon étendue par le 
petit nombre des circonvolutions de la u:oquilie qui 
tournent fur elle. Les coquilles faites en gondoles va- 
rient principalement dans leurs volutes ; les unes en 
font quelquefois dépourvues comme les efpeces appel- 
lées noix de mer, la bulle d'eau , l'oublie ou le papier 
roulé , & la piftache. Les autres , dont la volute ell ter- 
minée par un bouton en forme de mammelon , & qui 
forme quelquefois feul toute la clavicule, s'appellent 
gondoles mammillaires. On donne auiïi le nom de 
gondole fpécialement a une certaine tonne qui eil une 
variété de celle que l'on nomme la couronne d'Étliiopie.. 

GONDOLE proprement dite , ou MELON , ou 
félon plufieurs , CUL DÉ MULET. Cymbium ma- 



G O N 8j 

gnum fpecifice dicîum , ventrofum ^ rotundum , forma 
ovatâ & fpkAricâ ; claviculâ peculiari/inuosâ & abf" 
que fpiris extemis diftindum. Exfiavo rufefcente extus 
undique depiEium ; aliquandb pluribus muculis fufcis 
panim & in mediofafciatum^ imus ex carneo colore fia-" 
vefcente lucide fplendens j apenurâ valv&fpatiosâ , co- 
lumellâ rugosâ y & labro fimplici arcuatim expanfo in-' 
Jigne ; pepo vel muli tergum etiam appellatum. Cette 
conque en gondole eft de la grande efpece , d'une très 
belle forme ovoïde , & en partie (phérique ou ar- 
rondie dans fes proportions. Sa clavicule ne forme 
qu'une finuorité ou un repli un peu contourné , qui 
tient lieu de fpire ou de volute dont cette coquille efl 
dépourvue quant à l'extérieur. Ce fommet fingulier eft 
occafionné par le prolongement & le recouvrement de 
la lèvre fur la clavicule intérieure , dont elle s'em- 
pare entièrement. Cette lèvre eft très étendue , & pro- 
cure â cette gondole une ouverture prodigieufe en 
formant l'arc (i.u-tout daiis fon milieu. Sa columelle eft 
garnie de trois grandes rides obliques , & ne forme dans 
fa terminaifon , qu'une fnnple échancrure pour canal. 
Toute la furface extérieure, qui montre quelques rides 
longitudinales , eft d'ailleurs unie , & d'une couleur 
jaune-roux ou ventre de biche; la furface inférieure eft 
luifante, nuée de la même couleur, ou jaune clair 
mêlée de couleur chair. Cette coquille eft quelquefois 
ornée dans fon milieu vers la columelle extérieure 
d'une portion de fafcie formée de grandes taches quar-. 
rées brunes qui atteint rarement le dos de cette gon- 
dole. Sa longueur peut avoir jufqu'à huit pouces , far 
près de lîx de largeur. Elle provient des mers des In- 
des orientales. La grande gondole a des variiiés dans 
fon efpece ; ce font celles qui font appellées taiïe de 
Neptune , & gondole mamilîaire. 

GONDOLE BLANCHE PAPYRACÉE , ou 
BULLE D'EAU. Voye. Bulle d'eau. 

GONDOLE DU SÉNÉGAL. M. Adanfon donne 
le nom de gondole, en latin cymlflumi?iu premier gente 

F ij 



84 G O N 

des coquillages univalves. Si on examine le coquillage 
qu'on appelle gondole , dit l'auteur, on ne fera aucune 
difficulté de lui donner la première place , & de le faire 
marcher à la tête des univalves, à caufe de la {implicite 
de fa ftrudure. M. Adanfon n'en a connu que deux ef- 
peces fur la côte du Sénégal , auxquelles il a donné les 
noms de forme t & de golfon. Foye:^ ces mots. 

GONDOLE MAMILLAIRE. Cymbium mamillare. 
On donne le nom de gondole mamillaire â plufieurs 
efpeces de conques fphériques ou tonnes, qui fe diftin- 
guent des autres gondoles par un mammelon ,.ou un 
bouton plus ou moins gros & faillant qui compoîe la vo- 
lute ou termine la clavicule. Ce mammelon eft fîmple 
ou dénué de fpires dans certaines efpeces , comme dans 
la conque appellée le prépuce \ ou peu faillant & pref- 
qu'imperceptible , comme dans les talTes de Neptune ; 
tandis qu'il eft volute dans d'autres gondoles, ou forme 
le centre de la volute fans être lui-même volute. C'eft 
pourquoi on peut confîdérer trois efpeces de gondoles 
mammillaires avec leurs variétés ; favoir , les couron- 
nes d'Ethiopie dont les fpires fe perpétuent fur le mam- 
melon , les fauffes couronnes d'Ethiopie à fpires pro- 
fondes , dont le mammelon eft dénué de fpires, parmi 
lefquelles on compte la cuiller de Neptune , la galeufe 
& les prépuces , qui ne portent qu'un bouton ou mam- 
melon fans être environné d'aucunes fpires. 

GONDOLE MAMILLAIRE A MAMMELON 
VOLUTE , ou FAUSSE COURONNE D'Ê- 
THIOPIE FASCIÉE. Cymbiam mamillare, oblon- 
gum , rotundumy cum umbone volutato 5 ex colore fiavido 
■palmée rufefcence nebulatum , 6* maculis cajlaneis in tri- 
bus ordinibus perferiem difpofnzs fafciatum-^ pfeudo-co' 
roîiA AthiopicAfafcidtA nomine donatum. Cette conque 
fphérique diftere de la couronne d'Ethiopie, principale- 
ment par fa clavicule qui ne porte d'autres fpires que 
celles qui font prononcées fur le mammelon* Sa forme 
eft arrondie , allongée , avec une lèvre très éten- 
due , & dont le prolongement fe replie en partie fur 



G O N 8j 

le fommet du mammelon dans certaines efpcces,comme 
fur la grande gondole appellée le melon. Sa lurface ex- 
térieure cft garnie légèrement de quelques rides lon- 
gitudinales , de couleur jaune-roux , pâle ou ventre de 
biche , avec trois rangées de grandes taches brunes ou 
marron , à peu près quarrées. L'ouverture , qui eft fpa- 
cieufe , prèfente une furfàce intérieure unie , luifante , 
nuée de couleur de chair, & d'un jaune d'ivoire. Tout 
le canal ne confîfte que dans une échancrure , ainfi que 
dans le grand nombre des gondoles. Sa longueur peut 
avoir julqu'â quatre pouces fur près de deux pouces & 
demi de largeur. 

GONDOLE MAMILLAIRE A MAMMELON 
NON VOLUTE , ET A SPIRALE PROFONDE. 
Cymbium mamillare ^ tribus fpiris profundo & lato 
fulco diduiiis y & umbone Jïmplici claviculatum J colore, 
fiavido pallide depïBum ; apenurâ maxime fpatiosâ , 
labro extenfo & columellâ rugosâ difiincium. Cette 
gondole eft d'une forme irrégulierc, large & allongée, 
avec une volute compofée de trois fpires féparées 
par un (îllon profond , terminée par un mammelon 
laillant , fimple ou dépourvu de ligne fpirale. Toute 
la furface extérieure de cette conque eft garnie de rides 
longitudinales plus ou moins articulées , & d'une cou- 
leur jaune roux , pâle ou fauve - clair. L'ouverture , qui 
eft extrêmement grande en longueur & en largeur , eft 
bordée d'une lévre évafée & d'une columelle ridée , 
formant au-dehors une efpece de bourrelet oblique en 
manière de bavui-e de la coquille." Cette gondole, qui 
eft une efpece de fauffe couronne d'Ethiopie , forme 
une variété approchante de celle des prépuces. Elle 
peut avoir jufqu^à quatre pouces de longueur fur un 
pouce moins de largeur. 

On diftingue une variété de cette gondole , qui cft 
marbrée. 

GONDOLE MAMILLAIRE MARBRÉE A 
MAMMELON NON VOLUTE, ET A SPIRALE 
PROFONDE. Cymbium mamillare , tribus fpiris à 

F iij 



U G O N 

fulco profunde excavato diducîis Ù umbone Jimplkî fi- 
nit um j diverjis maculis fufcïs & cafianeis j plerifque 
angulojis in fundo fulvido & fubalbido variegatum. 
Cette efpece diffère de Teipece qui n'eft point marbrée 
par fa furface extérieure , qui eft ornée-de marbrures 
& de diverfes taches de couleur fauve & marron , donc 
la plupart forment des zigzags ou des elpeces de che- 
vrons fur un fond fauve-clair mêlé de couleur blan- 
châtre. Cette gondole , qui ne parvient point ordinaire- 
ment à un fi grand volume que celle qui eit deftituée 
de marbrures , lui reflemble d'ailleurs dans toutes fes 
parties. Cette conque fe trouve dans les mers des In- 
des , dans les îles Philippines au-delà du Gange. 

M. d'^RG£-Nr/xi£ j Append.pl. i. Un. H. pag. 
350. Cette tonne n'eft finguliere que par fes marbru- 
res, qui font des taches de couleur fauve, placées en 
zigzags fur toute l'étendue de la robe , dont le fond eft 
blanchâtre. Sa tête , qui rentre en elle-même, forme un 
bouton tout uni & plat. La partie de fa bouche, qui eft 
très évafée , préfente une efpece d'aile , & fa cclu- 
melle eft toute dentelée. 

M. Adanfon a donné les noms d'yet & de pliilin aux 
coquilles uni valves qui font des variétés de l'efpece 
des gondoles mamillaires. Les defcriptions parfaite- 
ment circonftanciées , que cet auteur fait de la co- 
quille & de l'animal , domient une idée de celui qui 
habite ces fortes de coquilles. Voye^ Yet Se Philin. 

GONGOLE. Nom que l'on donne à Rome , fji - 
vant Rondelet , a des pétoncles fort communs dans le 
golfe d'Aquitaine, & qui font plus grands que ceux 
que l'on trouve principalement dans la mer Méditer- 
ranée qui font toujours petits. Les efpeces , connues 
fur les côtes de Normandie , s'appellent hannons. On 
les nomme gongole â Rome , dit Rondelet, comme 
qui diroit petites conques , conchuU ; RomA gongale. 
quafi conchuLs, : fiint enim femper parvi , pr&fertim in. 
mari mediterraneo , in aquicanico littorc j majores. 



G O R 87 

GOF. Nom (^onné par M. Adanfon à un coquillage 
operculé , qui efc la dernière efpece du genre du fabot. 
Celle ci, qui fe trouve auxenvironsducap-verdaiiiiique 
ie kachin , lui refTemble afTez par la coupe prefqu'hori- 
zontale de la bafe de fa coquille. Elle 3 près d'un pouce 
de longueur. Ses fpires font exa6lement plates , & cou- 
ronnées, dans leur partie fupérieure , d'un rang de poin- 
tes afTcz fortes qui la rendent épineufe comme la mo- 
lette d'un éperon. Elles font encore entourées de trois 
ou quatre rangs de petits tubercules traverfés par des 
rides peu fenfibles.Le fommet de fa couleur eft cendré, 
ou blanc fale, avec une grande tache rougeâtre autour 
de la lévre gauche , dans l'endroit ou devroit fe trouver 
l'ombilic. 

Lister, Hift. conchyl. tab. 6/^6. fig. 39. Trochus 
par vus j bajinodosâ 3 reliquum muricatus j barbadenjls, 

Kletn , tent. pag. 14. fpec. z. n. i. Trochus af- 
■pcr\ muricatus ^ nodofus in bafi , e&terum muricatus. 

GORDET. M. Adanfon nomme ainfî une coquille 
bivalve du genre de la camej elle refTemble allez à 
celle du dofm par fa légèreté, fa blancheur & fon beau 
poli \ mais elle n'a guère plus d'un pouce de largeur. 
On compte fur fa furface plus de cent trente cajinelures 
extrêmement fines ; & fon fommet , qui eft placé beau- 
coup au-defTous de fon milieu , s'avance obliquement 
en pointe ; caradere que nous n'avons point obfervé 
ûins toutes les autres efpeces de ce genre qui la précè- 
dent : d'ailleurs la cavité en forme de cœur eft plus pro- 
fonde , & ridée. Cette coquille , que l'auteur a trouvée 
autour de l'île de Corée & du cap Manuel , porte trois 
dents à la charnière dans chaque battant. 

Zi/5T£iî, Conchyl. tab. 273. fig. 105?. Feciunculus 
ex toto albidus , paulb planior', jamaïcenjîs} 

Ejufdem, tab. 174. fig. i lo. PeBunculus profundior , 
ad alterum humerumjinu longiufcalo , jamaïcenjts, 

CORÉE. Plufieurs donnent le nom de gorée à des 
coquilles univalves du genre des porcelaines, qui tirent 
fur la petite efpece , parce qu elles proviennent des mers 

F IV 



8S G O S 

de l'île die Corée fur la côte d'Afrique ; c'eft YeCpec& 
cjue Rumphius nomme la petite tèxe de ferpent. Koye:j^ 
iTete de Serpent. 

GOSSON. Coquillage univalve, que M. Adanfon a 
rangé dans le genre de la gondole. Sa coquille a la 
forme ovoïde, arrondie aux extrémités , & de dix li- 
gnes de longueur fur une laigeur une fois moindre". 
Elle eft médiocrement épaifîe , & compofée de quel- 
ques tours de fpirale qui vont de droite à gauche , & 
dont on ne peut diftinguer le nombre ; parce que le 
fommet, au lieu de fortir dehors , rentre audedans pour 
former un petit ombilic , à l'endroit qu'il devroit occu- 
per. L'ouverture , qui fe trouve placée à droite des fpi- 
res , eil une ellipfe fort irréguliere , plus large en haut 
qu'en-bas , retrécie dans fon milieu , & d'une longueur 
égale à celle de la coquille. Sa lèvre droite eft épaiffc 
& tranchante fur les bords ; la lèvre gauche fe replie 
comme une lame affez mince fur la convexité de la pre- 
mière fpirale. Sa couleur eft grife ou cendrée , & quel- 
quefois fauve ou rougeâtre , ordinairement marquée de 
petites on des , & fouvent traverfée par deux bandes plus 
foncées. 

Le corps de l'animal eft beaucoup moins allongé 
que dans le formet : il eft recouvert prefqu'en entier 
par la coquille. Son pied eft extrêmement épais , & fî 
renflé qu'il bouche , comme un gros mufcle , l'ouver- 
ture de la coquille , ne pouvant entrer dedans. Cette 
efpece eft plus commune que le formet; on la voit 
pendant toute l'année dans les mêmes endroits. 

CoLUMNA , Aquat. pag. 67, 8c 69» Coucha utroque 
latere fe colligens, 

BoNANNi ,Kicr. pag. m. clafT. 3. n. 3. Cochlea 
fyracufaiîa , intus livida , extra calthea. 

Lister, Conchyl. tab. 714. fig. 71. Concka utro^ 
que latere fe coUigens F Abu CoLumnMj umbilicata y 
exfufco maculata , labro fnuofo, 

KiRKER,MuC pag. 450. n. 3. Cochlea fyracufatia, 
httus livida , extra calthea* 



G O U 89 

Vétiver , Gazopli. cat. vol. i. tab. ^o. fîg. 13. & 
D. Veneroïdes barbadenfis minor j marmorata. 

Barrelier 3 Icon. pag. 135. tab. 1321 fîg. 57. 
Perficd minor. 

GuALTiERl , tab. 12. litt. I. Nux marina Uvis , 
umbilicata,ex albo & fufco lucide variegata. 

Klein , Tcnt. pag. 82. fpec. i. n. ^. Bulla umbi- 
lico Jimplici j profundo : ex fujco maculât a : utroque la- 
Ure fe colligens. 

GOUMIER. Nom que M. Adanfon donne à un 
coquillage operculé du genre du cérite. Cette efpece 
diffère de celle qui porte le même nom, en ce que 
Ça coquille efl: un peu moins épaiffe , longue d'environ 
deux pouces & demi , & une fois & demi moins large. 
Ses fpires font au nombre de quatorze moins renflées , 
avec des boflettes plus petites. Le bourrelet de la fé- 
conde {pire ellpeu fenfible. L'ouverture ne s'étend pre{^ 
que pas fur le côté de la coquille. Elle eft un peu plus 
longue que large. Sa lèvre droite eft peu épailTe , & la 
plaque de la gauche eft plus étendue & moins épaifle. 

Lorfqu'on a dépouillé cette coquille d'une légère 
croûte verte qui l'enveloppe pendant qu'elle eft dans 
la mer , elle paroît brune au dehors ou cendrée , mar- 
brée de blanc. Au dedans elle eft blanchâtre , tachée 
d'un violet obfcur fur la lèvre droite. 

M. Adanfon a trouvé le goumier dans les endroits 
vafeux de l'île de Ténérif & de celle de Payai. 

Aldrovanbus y pag. 353 & 354. fig. 3. Turbo tU' 
herofus & oblongus. 

Bon AN NI , pag. 123. clafT. 3. n. 82. Turbo innu* 
merispene coloribus Jîmul miflis , in cute externâ picius^ 
afper y & lato fub que flabulatur deformis : in parte in^ 
ternâ ut plurimum albus , circa cris apenuram viola^ 
ceus & nitidus. 

LiSTFR jConch. 1015. fig. 82. Bucàwim recurvi- 
roflrum y claviculatum yfiriis muricatis circumdatum e 
mari mediterraneo. 

Ejufdem, tab. i o 2 1 . fig. 8 5 . Buccinum recurvîroftrum. 



5)o G O U 

Ktrker, Muf. pag, 454. n. Si. Turbo Imumeris 
pe/iè colorihus y &c. ut (uprà Bonanni. 

Langius y Met. pag. 4^. Turbo apertus y canallcw 
latus , oblique iacurvatus , (îriatus & papiiiofus, 

GuALTiERi , tab. ^6. fig.L. Turbo apvrtus ^ cana- 
liculatus, re6iiroftrus , muricatus , papiiiofus , ex alhido 
fufcus y 6» maculis nigricantihus afperfus, 

Klein y Tent. pag. 30. {pec. i. n. 3. Tympano- 
tonos pelagius , loricatus , recurvirojier , turgidulus : 
labro oris femiluaato crifpo. 

Ejufdem , num. 4. Tympanotonos pelagius , w;2- 
datns; rugofo labio , rotundo , ^jfV^ ; or^ longOy angufiom 

Ejufdem, pag. 33. (pec. i. num. 6. Oxyftrombus 
l&vis ; muUicolor . exahe conicus , or^ patulo canali^ 
culato : labio plicaco ; foris afper \ in maximis fpiris 
denùculatas , & luto , fub quo ftabulatur deformis j 
intiis albus , circa oris aperturam ■violaccus& nitidus» 

GOURGANDINE. Chama cordiformis , latere trun- 
cato j oblongo , convexo ; colore ex caftaneo purpuraf- 
cerJe dïjlïnEia \ Uvis , mediocriter convexu^ albida , 6* 
colore jîavo levicer <& tranfverfimvirgata ; conck& me^ 
retricis. nomine donata. Coquille bivalve du genre des 
cames -cœurs ou cames tronquées de refpece appellée 
conque de Vénus fans pointes. Celle ci eft unie, blan- 
clie , ornée plus ou moins de quelques raies tranfver- 
fales, jaunâtres. La face latérale tronquée repréfente 
un cœur allongé , convexe dans le milieu , & nué de 
couleur violette & marron. Le côté oppofé repréfente 
en petit la même figure avec des couleurs moins fon- 
cées. La forme de cette came-cœur eft moyennement 
bombée. SafurFace intérieure eft blanche dans la con- 
cavité des battans , nues de violet léger vers leur cir- 
conférence , & tachetée de brun dans les parties laté- 
rales. La charnière eft compofée de quatre dents dans 
«ne valve , & de trois dans l'autre , lefquelles fe logent 
dans leurs alvéoles correfpondans. Celte bivalve fîngu- 
iiere fe trouve dans les mers des Indes : elle peut avoir 
un pouce & demi de longueur fur deux pouces de lar- 



G O U 91 

PuMPHIVS , tab. 43. litt. î. Chamar'irgûta. 

GuALTiERi y tab. 76. liit. C. Chama dq^.iLtera ^ 
Uvis j candidiffima , fcjjulâ cord'ifortni Jatis con- 
fpicua. 

M. à'jRGENViLLE ^ pL 11. lett. F. Une caiiic 
appellée conque de Venus , dont la robe eft unie & 
rayée à fond blanc. La forme de fa bouche & de fes 
lèvres , d'un brun tirant fur le violet , l'a fait nommer 
ainfi. On l'appelle encore o;ourc;andine. 

GOURGANDINE STRIÉE , ou FAUSSE 
GOURGANDINE. Ckama cordifarmis , craffis finis 
trdnfverfisfiriata ; lateretriincato concavo ex colore pur- 
pureo ohfcuro& nigrefcente injignis. Cette elpece de ca- 
me -cceur porte tout au plus un pouce dans fon grand 
diamètre. Elle eft chargée de grolfes flries tranfverfales, 
arrondies , qui s'étendent jufque fur la partie latérale 
tronquée, repréfentant un cœur concave , violet-obfcur 
& noirâtre eu blanchâtre , & nué de fauve dans d'autres 
efpeces. Toutes fes ftries tranfverfales font interrom-^ 
pues par d'autres ftries longitudinales , quelquefois ra- 
res & peu prononcées, qui forment un certain réfeau. 
Ces forces de bivalves font d'une forme très bombée , 
de couleur blanchâtre livide ou couleur d'os. Il y en a 
qui font tachées de fauve, & d'autres qui font ornées de 
petites taches violettes & cendrées. La furface inté- 
rieure des valves ell lilTe , d'un beau blanc, de couleur 
violette, mêlée de brun vers les cotés tronqués, ainlî 
que les dents qui forment une charnière entièrement 
femblable à celle de la véritable gourgandine : tout le 
pourtour intérieur des battans eft dentelé. 

GuALTiERi y tab. 83. litt. I. Concha cordiformis 
in&quilatera y akerâ parte firiata , altéra Uvi , inths den- 
tata y fahalbida. 

GOUSOL. M. Adanfon appelle ainfî un coquillage 
operculé, du genre des pourpres à canal évafé. L'ani- 
mal du goufol reiïèmble parfaitement a celui du ta- 
fon. Sa coquille eft médiocrement épaifîe , longue d'en- 
viron neuf lignes y elle furpaffe une fois & un peu da- 



91 cou 

vantage fa largeur : Tes huit fpires font toutes appla-' 
ties , peu diftinguées, lifTes & unies, fans cannelures. 
Son ouverture eft deux fois plus longue que large , ôc 
fans canal fenfîble à l'extrémité inférieure. Le canal fu- 
périeur eft plus court & plus évafé que celai du tafon , 
& échancré de même. La lèvre droite eft mince , tran- 
chante , fans dents ; la gauche porte dans fa moitié fu- 
périeure une petite plaque luifante , garnie de cinq 
grofles dents qui tournent dans l'intérieur de la co- 
quille. Elle eft de couleur agathe-clair, & recouverte 
d'un périofte mince & fauve. On ne la trouve que 
rarement autour de l'île de Gorée. 

GOUTTE BLEUE. Rhombus .veivolutacylin- 
dracea canalï truncato , l^eu olea maculis c&ndeis quajl 
guttata. Coquille univalve du genre des rouleaux à 
canal échrancré ou des olives. Toute fa furface exté- 
rieure eft marquetée de taches pourprées ondées de 
bleu fur un fond jaunâtre & agathe. La volute eft com- 
pofée de cinq fpires de vive arrête , féparées par un fillonj 
elle fe termine par un petit bouton qui forme le .fom- 
met. La figure de cette olive eft renflée vers le milieu 
de la coquille. Sa columelle eft dentelée avec des rides 
obliques , extérieures , ainfi que les autres coquilles de 
ce genre ; la lèvre , qui eft épaifte , fe termine par une 
forte échancrure. Sa furface intérieure eft jaune-fouci. 

RuMPHlus j tab. 3p. num. 6. CyL'mdrus oElavus» 
HolL Blaauw drop ; la o;outte bleue. 

GOUTTE DE SUIF, ou LIÈVRE A GOUT- 
TES DE SUIF. Voy. Lièvre a gouttes de suif. 

GOUTTIERE , ou BUCCIN-CRAPAUD EIST 
GOUTTIERE. Bucànum deprejfum , canali brevi re^ 
curvo dijlin^um , ftriis tranfverjîs granuiatis & tube- 
rofis (iriatum^ ex utroque latere cojîacum , & tubulis 
û-penis in quinque velfex fpiris fingutariter injiructum ,* 
fiUlicidium appelUtum. C'eft une coquille univalve du 
genre des buccins à canal court & retroufTé de l'efpece 
comprimée , nommée crapaud , à caufe de fa figure ap- 
platie, & qui approche aufti de celle qui eft comiue 



G R A 5)5 

fous la dénomination de la culotte de SuilTe , quant 
à fon ouverture & à fes tubercules ronds, avec la difFé- 
rence néanmoins que ceux du buccin en gouttière font 
garnis de ftries tranfverfales, granuleufes. La volute eft 
compofée de cinq ou lîx fpires baroques, étagées , & 
comme anéanties dans les tubercules y les bourre- 
lets latéraux en forme de côtes font munis dans cha- 
que fpire de deux tuyaux ouverts, élevés, qui ont fait 
appeller ce buccin la gouttière. Toute fa larface ex- 
térieure eft marbrée de couleur marron, de brun- 
rouge & de blanc. L'ouverture repréfente une ellipfe 
inclinée , bordée d une lévre très épailTe , faifant partie 
du bourrelet extérieur; mais dont le bord eft faillant, 
feftonné , incliné au dehors & garni en dedans de plu- 
iieurs paires de petites dents de couleur fauve fur un 
large liferé brun. La colimielle extérieure, qui eft pa- 
rallèle , eft chargée dans toute fon étendue de denti- 
cules ou de rides circulaires nuées des mêmes couleurs 
que celles de la lévre. Cette lévre & cette columelle 
fe terminent par un canal très court, ouvert, retroufte 
en forme de bec & obtus. Cette coquille, qui vienr 
des Indes , porte ordinairement deux pouces de lon- 
gueur fur feize lignes de largeur. L'auteur en polTéde 
une monftrueufe dans toutes les parties. Sa couleur eft 
fauve-clair & blanchâtre , mais dont les gros tuber- 
cules font tachés de rouge -brun & de brun pourpré ; 
la lévre a fix lignes d'épaiffeur. Ce buccin particulier 
a deux pouces dix lignes de longeui fur deux pouces 
de largeur. 

M, à'ÂRGENVlLlE ^pL p.Iett, R'pag. il ^, Voici 
un buccin des plus rares. Malgré fa fuperficie raboteufe, 
on y voit différens ouvrages de réfeau ; & fur les côtés 
s'élèvent iîx tuyaux fendus, dont un communique à fa 
bouche , qui reffemble à celle de k culotte de Suiffe. 

GRAIN D'AVOINE. Scromèus bucciniformis ^ 
terrefiris , ocio fpiris finkus ; granum avenaceum die 
tus, C'eft un petit coquillage terreftre du genre des 
vIs-buccins , de la grofTeur & de l'étendue d'un graio 



94 G R A 

d'avoine dont il porte le nom. Il eft comporé dans fa 
forme effilée de huit fpires obliques. Sa couleur eft 
fombre ou rembrunie , & fon ouverture eft elliptique. 
Oeft l'efpece qui eft mentionnée dans le traité des co- 
quilles de M. Geoffroi , pag, 5 3 . Cochlea ,- tejiâ fufcâ , 
obfcurà y acuta (pins ocio. Le grain d'avoine a deux 
lignes de longueur. La couleur de cette coquille eft 
brune & nullement brillante. Elle décrit huit tours de 
fpirale. Son ouverture eft ovale , bordée d'une lévre 
blanche , avec fept dents ou replis de même couleur, 
quatre en haut & trois en bas. Cette coquille reftemi- 
ble affez à celle du grain d'orge ; mais elle eft moins 
grande Se un peu plus pointue. On la trouve dans la 
mouiïe & fous les pierres humides. 

M. ^Argenvillt ypL i8. n. 16. pag. 33p. Ce 
buccin s'appelle le grain d'avoine ; il n'a que cinq fpi- 
rales : l'ouverture , qui eft peu faillante, eft ovale j la 
pointe plus aiguë, & la couleur d'un gris fale. On le 
trouve dans de vieux murs couverts de moufte. 

GRAIN DE RIS. Rumphius appelle le grain de 
ris une coquille univalve du genre des buccins. Voye^ 

BUCCIM A GRAIN DE RîS ET A LEVRE DECHIQUETEE. 

GRAIN DE SEL. Vorallana [alita. Nom que 
Rumphius donne a une porcelaine , autrement appellée 
la neigée. Voyei; Neigée. 

GRAIN D'ORGE. Strombus bucciràformis par- 
vus , terreftris .fexjpiris finit us : granum hordeaceum 
appellatus. C'eft un petit coquillage terreftre , ainfî 
appelle à caufe de fa forme. On lui compte fix fpires 
moins élevées que celles du grain d'avoine. M. Geof- 
£zoi fpag. fi. Cochlea, teftd fulvâ , obfcurâ , acuta 
fpiris fex. Le grain d'orge a trois lignes de longueur. 
Sa couleur imite celle de la châtaigne. Elle eft feule- 
ment un peu plus claire. Sa coquille eft terne & nulle- 
ment brillante ; elle décrit fîx fpirales, & a une ou- 
verture ovale, bordée d'une lévre blanche. Comme cette 
coquille eft a peu prés de la grofTeur & de la longueur 
d'un grain d'orge , on a tiré de f?, rcffemblance le nom 



G R I 95 

qu elle porte. On la trouve fous les pierres humides 
& dans la mouiïe. 

GRAND ARGUS. Voyei Argus. 

GRAND BARILLET. Voye^ Barillet. 

GRANDE PELURE D'OIGNONS. Nom que 
pluiîeurs donnent à une coquille bivalve du genre des 
huitres plates , que Ton appelle auffi la Telle polonoife 
ouanglcife. Voye^ Selle foloî<oise. 

GRAND FUSEAU. On nomme ainfîplufieurs co- 
quilles univalves du genre des buccins, pourvus d'un 
long canal : fçavoir, la quenouille, lefufeauà dents, 
& leurs variétés. Voye-^ ces cfpeces. 

GRENOUILLE. Nom que RumpKius donne à une 
coquille univalve du genre des buccins, del'efpece ap- 
pellée dragon, & que l'on nomme haulTe-queue. Voye:^ 
ce mot. 

Plufieurs Conchyliologiftes appellent la grenouille 
un rocîier ailé ou à lèvre échancrée , qui eft plus con- 
nue fous la dénomination de tête de ferpent. Voyt:^ 
Tête de serpeîjt muk-ex. 

GRENUE , ou COQUILLE GRENUE. Terme 
de Conchyliologie , qui exprime les efpcces dont la fa- 
perficie eft chargée de petites éminences arrondies en 
manière de grains qui la rendent comme chagrinée ou 
granuleufe \ comme il arrive aux coquilles appellées 
l'amiral ^rcnu , & la came chagrinée ou grenue. 

GRII^FE DU DIABLE. Nom que Rumphius donne 
en langue hollandoife aune coquille univalve du genre 
des murex ou rochers ailés à pattes , autrement appel- 
lés l'araignée mâle. Voyt:^ Araigne'e mâle de la 

GRA>'DE ESPECE. 

GRIFFE DE DIABLESSE. Le Conchyîiologifte 
hoUandois appelle ainfi une variété dans l'efpece des 
araignées femelles à cinq pattes, que l'on nomme aulîî 
l'araignée femelle pentadadyie. Voyt-!^ Araîgne'e fe- 
melle PENTADACTYLE. 

GRIMACE. Buccinum h rêve , novem vel decem fpi' 
ris convexis;, g^tbofi^ & inAq^ualious compofitum : Jlriif 



5)(^ G R I 

cancellatis & tuberojis ftriatiim : dorfo 'm alto promi" 
nenu , baji complanatâ , forma undîque d'iftortâ , prA-- 
fertim in aperturâ : columellâ afperâ in iamellis extroF" 
sum expanfâ & dentatâ ; labro fpijfo yfinuofo y in dw 
pUci ordine dentato , 6* canali brevi recurvo & Jlcut ro- 
jirato f injignicum : coloribus fufcis ,fulvîs , rufis , 6f 
albidis depicium & fafàatum ; buccinum difiortum mé- 
mo donatum. Coquille univalve du genre des buccins 
à canal court & retroufle , ainfi appellée à caufe de fa 
forme barroque & de travers qui règne dans toutes fes 
parties. Elle eft compofée de neuf à dix fpires , don: 
les fix premières font bombées, irrégulieres , & en 
forme de boffes , qui s élèvent & s'affaiiïènt de coté & 
d'autre , de manière que la plupart font rentrantes ou 
comme abforbées les unes dans les autres en partie; les 
trois ou quatre autres fpires font moins barroques & fe 
terminent par un fommet aigu. Toute la furface exté- 
rieure de ce buccin eft a ftries longitudinales & tranf- 
verfales plus ou moins diftantes les unes des autres, 
dont les rencontres angulaires font granuleufes ou tu- 
berculeufes. Les firies longitudinales forment dans 
certaines efpeces comme autant de côtes onduleufes.Cc 
buccin , dont le dos eft fort élevé , & dont le côté de 
l'ouverture ou la bafe eft applatie , eft nué & fafcié de 
coukur brune , fauve , roulTe & de blanc. L'ouverture , 
qui eft fînguliere , d'une figure grimacée , eft en par- 
tie fermée par les diverfes apophyfes dont elle eft en- 
vironnée. Ce côté forme une îurface recouverte d'une 
lame blanche, raboteufe, plate, granuleufe & tuber- 
culeufe ,qui s'étend extrêmement en manière de fraife, 
& dont les portions lamelleufes fe trouvent quelque- 
fois répétées & comme appliquées fur les flancs de la 
coquille , en gagnant même une partie des grandes fpi- 
res. Cette lame émane fur-tout de la columelle exté- 
rieure qui eft garnie de dents & de faillies lingulieres. 
La lévre eft très épaiffe , linueufe , doublement dentée, 
& fe termine , ainfî que le fiït extérieur , par un canal 
«ourt & fort retrouffé en marùerç de bec. Ce biu:cia 

raroafré 



G R I 97 

ramaïïe & comme régulier dans Tes tîifformiiés, peur 
avoir jufquâ deux pouces &: demi de longueur fur deux 
de largeur. II fe îrouve dans les mers des grandes Indes. 

RuMPHJVS , tab. 57. litt. B. Purpura curvirofira , 
gibbofûy ricfu auriculato , ore utrinque dentato , flriis 
raris , papillojis cancdLata _, albida , colore rufo ma* 
culata, 

M.d'jRGiNVTLLE ^ pi. 9. îett. H. pas;. 224. Ce 
buccin fe nomme la grimace. Les lèvres de fa bouche, 
extrêmement repliées, font li raboteufes , quelles la 
cachent en partie , & forment une vraie grimace : tout 
Ton corps eil: couvert de tubercules & d'inégalités très 
régulières. 

GRIMACE BLANCHE. Buccinum, candi brcvi , 
recurvo veluîiroftraco difiincium ; oâlojpiris convexis, 
in&qualibus & quaji glbbojis confiais ; flriis cancellatïm 
difpcficis & tuberojls ftriatum \ aperturâ difiorrâ , colu' 
melld in laminis valde ejfusâ j dentatâ , labro ffijfo 
Jînucfo & dentato infirucium ; toto colore alla candi- 
cans : buccinum diflorcum album diUum, Cet'.e variété 
de l'efpece appellée fîmplement la grimace , ou la 
grimace à fraiiétte , efi toute blanche. Sa cocuilie eft 
moins large, moins ramaffée & d'une forme plus al- 
longée , quoique très irréguliere en apparence dans fa 
Configuration: elle eftcom.pofée de huit fpires convexes, 
barroqucs ou boflues , & fir lefquelles on remarque des 
efpeces de tubercules & des portions lamelleufes, fem- 
blables à celles dont la columelle extérieure eft ordi- 
nairement pourvue en manière de fraife. Toute la fu- 
perficiede ce buccin eft â ftries longitudinales or tranf 
verfales difpofées en treillis dont toutes les rencontres 
font tuberculeufes. Le côté de l'ouverture eft moyen- 
nement applati avec une columelle & une lèvre gar- 
nies des mêmes apophyfes que celles de la grimace 
ventrue , ornée de diverfes couleurs, lefquelles fe ter- 
minent également par un canal court fort retrcuifé en 
manière de bec. Ce buccin a tout au plus près de deux 
pouces de long far quinze ligaes de large. 
Tome IL G 



ij^ G R i 

GuALTiERi , tab. 31. li:t. D. Cocklea canalicalata 
extrorsîim incurvata , vulgaris y gibbofa ^ore angufh , lu.- 
biofo , dentato , umbïiicato ^flnataftraspapillis mznori' 
bus Aqualibus refertis & reticulatis , candida, 

GRIVE, ou NERITE-GRÎVE. CochUa femilunaris, 
columellâ exteriofe granosâ j jiriis crajfts'y rotundis , 
& parvis y altcrnatim dïfpofitis flriata : in fundo alho, 
w.aculis nigris regulariter figtiata ^ & ficut intense de- 
piBa. Coquille univalve du genre des limaçons a bou- 
the ceintrée ou demi-ronde , appelles nérites , de l'ef- 
pece dont le fut extérieur en manière de gencive eft 
chagriné. Cette nérite eft appellée la grive , à caufe que 
fes flries arrondies , grandes & petites alternatives , fonc 
marquetées par compartimens , de taches noires & 
blanches. La coquille de ce limaçon eil épailTe, prin- 
tipalement dans le bord de la lèvre , qui fe trouve ic(- 
tonnée par les terminaifons des ftries. La columelîe 
extérieure forme une gencive tranchante , garnie de 
âeux petites quenottes blanches, & couverte dans le 
refte de petits mammelons. 

La nérite-grive a des variétés dans Ton efpece , qui 
dilïérent entr'elles autant par l'inégalité de leurs canne- 
lures , plus ou moins chargées de rides , que par le 
nombre des taches noires dont elles font ornées. Elles 
fe trouvent proches l'une l'autre avec une tache blan- 
che alternative de même largeur dans certaines efps- 
ces , tandis qu'elles font parfemées d'une manière rare 
dans d'autres , & avec la différence que les taches fonc 
grisâtres ou cendrées. Ces fortes de nérites diffèrent 
auffi par leurs différens volumes. Les plus grandes & 
les mieux tachetées font les plus recherchées , & peu- 
vent avoir jufqu'à plus d'un pouce & demi de lar- 
eeur 5 fur trois ou quatre lignes de moins de longueur. 
Elles fe pèchent dans les mers des grandes Indes. 

RuMPHJUSy làh, z^. n. 3. Cochlea valvata feu 
femilunaris vera. Le véritable limaçon à bouche cein- 
trée, Holl. De opregte maan-hoornjle véritable lima- 
çon ccincréjou en demi-luue. 



GUE 5J9 

M. ^ Argenvills , pL 7, Utt, B. pag. 11 t. Ce 
limaçon eft de TeQ^ece des nérkes dont la bouche ceiii- 
trée eft garnie d'une elpece de palais chagriné. Sa robe 
cannelée , avec des caches blanches &c noires , i a fait 
nommer la grive. 

GROS NAVET DE LA CHINE. P^vye^ 
Maubre. 

GUEULE DE LION. Murex parvus , brevis ^ de» 
preffus ffirris craffîs tuberojîs firiatus ;p&rvâ claviculâ > 
Inbro expanfo ^lacinïato ^ aliquando foiiaceo : aperturâ 
longâ & angujiâ diflincius ; colore ex fiavo livido nebu- 
l uus\ os Uonis appdlatus. Coquille univalve du genre 
des rochers , de refpece approchante de ceux que Ton 
nomme hérilTons. Ce petit murex eft chargé de qua- 
tre ou cinq groffes Ilries onduleufes, tubercuieufes & 
peu prononcées. Ces ftries, qui font tranfverfaîes , for- 
ment dans leurs terminaifons, une lèvre épaiiTe, lamel- 
ieufe, déchiquetée, & quelquefois des pattes plus ou 
moins Taillantes. La figure de ce petit rocher elt courte, 
ramalTée & comprimée. Sa volute n'eft compofée que 
de trois {pires peu articulées , qui ne fc terminent que 
par une très petite clavicule. Toute la couleur de cette 
coquille fmguliere eft d'un jaune livide ou fafrané, aui 
eft beaucoup plus foncé & plus vif dans l'ouverture 
ou la fiiiface intérieure. Cette ouverture eft oblongue , 
étroite & dentée, avec une fmuofité vers le haut, qui 
s'étend {lir la première patte & quelquefois fur la fé- 
conde, dont la lèvre elt garnie, comme on vient de 
le dire. La columelle extérieure eft droite , inégale , 
&fe termine, ainiî que cette Icvre, par un petit ca- 
nal court & entr'ouvert. Ce petit murex , qui perce dix 
lignes &demi de hauteur, fur prefquc autant de lar- 
geur , a une variété dans fon efpece , dont elle diffère 
en ce que fa lèvre eft tranchante & feftonnée , au lieu 
d'être garnie de pattes feuilletées ; mais les tubercules 
qui fe rencontrent fur les ftries font plus faillans. 

^ GUEULE DE LOUP. Nom que plufie*u-s Con- 
Ciiyliologiftes donnent à une petite coquille univalve 

G ij 



ICO GUE 

du genre des buccins , que Ton nomme aufïî l'aveline. 
f^oye:^ Aveliîje. ^ 

GUEULE NOIRE. Nom donné à pkifieurs co- 
quilles univalves du genre des rochers demi-ailés, dont 
l'ouverture préfente une couleur noirâtre d'un ou de 
deux côtés j fçavoir, la gueule noire propl-ement dite 
©urefpece à columelle & à lévre noire, & l'efpece qui 
eft Iculement noire à la columelle extérieure de la 
coquille. 

GUEULE NOIRE proprement dite. Murex femi- 
alatus Jeptemfpzris tuberops compofitus ; apertufâ lon- 
gâ y angufiâ , ex utrâque parte ftrictâ , & colore ex fujco 
nigricante injignis. Coquille univalve du genre des ro:- 
chers demi-ailés 5 qui eft une variété des efpeces que 
Ton nomme pigeonneaux. Sa volute eil élevée , com- 
pofée de fept fpires , dont les quatre premières font 
environnées de tubercules obtus. Ce murex eft re- 
marquable par fon ouverture allongée , étroite , avec 
une columelle extérieure en relief, garnie en plus 
grande partie de ftrieSj ainfî que l'intérieur de la lèvre. 
Cette lévre s'étend en forme d'aile , & montre, deux 
cchancrures vers le bas ; fa couleur , ainfi que celle du 
fût, eft noire de diie. Le canal eft un peu prolongée 
léserement recourbé. La furface extérieure de cette 
coquille eft d'un blanc mal interrompu de quelques ta- 
ches jaunes & verdâtres. Sa longueur porte, au plus, 
deux pouces, fur moitié moins de largeur. 

GuALTiERi , tab. 31. litt. E. Murex mucrone pa* 
pilLojo , intus den[tj[[imè flriatus , utroque labio ex atro 
purpureo infeBo , in dorfo fubalhidus. 

GUEULE NOIRE A COLUMELLE NOIRE 

ET A LÉVRE ROUGE. Murex femi-alatus , U- 
vis j cylindraceus , gibbojus , fpiris quaji diflonis cLa~ 
•viculatus , macuLis fiavis in fundu fubalbido vel carneo 
fafciatus & diverjîmodè depicius ; columellâ recîâ ,Uvi ^ 
& nigricante ^ labio tripliciter fulcato , ex aureo colore 
rubefceme intîts lucide fplendente ^ injignis & difiincins. 
Celte coquille , que l'oo adinçt dans le genre des tq?- 



GUE loi 

cKersàemi-ailcSjCftimi , d'une forme cylindrique comme 
un rouleau ; mais qui perd beaucoup de fa figure conique 
par l'extenlion de fa lèvre, ainfi que par une oupluneurs 
boiïes, qui fe rencontrent vers le dos de la coquille. Sa 
volute eft compofée de fepî fpires convexes , un peu 
tuberculeufes , fe recouvrant irrégulièrement les unes 
fur les autres , & de manière à. former mie clavicule 
louche ou de travers. L'ouverture , qui eil allongée à 
la manière de celle des cornets , eil: bordée d'un côte 
par un fiit extérieur , orné d'une large bande longitu- 
dinale noirâtre qui a fait appeller cette coquille , la 
gueule noire ; & de l'autre côté, par une lèvre un peu 
étendue , en forme d'aile , rentrante , & avec une triple 
échancrure ; fçavoir , une vers la clavicule , & deux au- 
tres fituées vers le canal. Toute la furface intérieure de 
cette Icvre ell d'un rouge ponceau ,ou aurore. Ce mu- 
rex cylindrique efl: le plus fouvent orné de iîx ou fepc 
zones formées de taches jaunes , fur un fond blanchâ- 
tre ou couleur de chair, il n'y a guère de coquille 
demi-ailée, qui varie autant dans fon efpece que celle- 
ci par le nombre de fes fafcies, & par la différence des 
taches plus ou moins interrompues. Les mies ont une 
lèvre épaiiïe avec une clavicule garnie de quelques tu- 
bercules, tandis que les autres ont une lèvre mince, 
avec une volute iîmplement baroque , dépourvue de 
tubercules. Les variétés, que l'on peut remarquer font 
celles auxquelles il faut fupprimer le nom de gueule 
noire, parce que la coiumelle eil: ornée des mêmes ta- 
ches jaunes qui régnent fur la coquille , Se qui rc- 
préfentent plus ou moins des fafcies ou des zones , 
des zigzags, &: des efpeces de chevrons. Cette coiu- 
melle eft totalement fuis couleur noirâtre dans ces der- 
nietes efpeces ; mais la couleur rouge plus ou moins 
vive orne toujours l'intérieur du murex ^ dont la forme 
reifcmble d'ailleurs , ou dans toutes fes autres parties , 
aux rochers demi-ailés , à coiumelle noire. Ces fortes 
de coquilles font orientales ou occidentales. Elles peu- 
vent avoir deux pouces 3i quelques lignes de longueur 

G iij 



101 G U ï 

(ur environ moitié moins de largeur. Pîiineurs Con- 
cKyliologiftes appellent ces univalves les deml-ailés- 
boÎFus. 

RuMPHius y tab. 3.7. litt. S. Liihuana y'HoW. Lo- 
lioenfcR hoorntje. 

GuALTiER- j tab. 3 I. litt. H. Murex candidus ^ ex 
fulvo ohfcure fajciatus , inths rojeus ^iaùio interao Imeâ 
quâdam atro-pitrpureâ maculato. 

Ejufdem, litt. I. Murex bajl levker coronatâ ^alhi- 
dus y ex fufco fafciarus , intus rofeus , 6' lineâ ut fuprà 
atro--"urvureâ m.aculatas. 

GUEULE DE SOURIS. Mufculus finis in Ion- 
gum duciis firiatus ; coloribus fubcArukîs^ ex utro pur- 
purafcentibusfemi-margaritiferifque nitens ^ radiatus ^ 
gui a fonds diBus, Cocjuiiîe bivalve du genre des mou- 
les, ainlî appeîlée \ caufe de la forme aiguë de fes val- 
ves vers les fommets, laquelle femble imiter la gueule 
dune fouris. Toute la fm'face extérieure de cette jo'ie 
moule eft rayonnée de gris-bleu , de violet noirâtre , 
&: d'une demi-nacre, qui brille alîèz dans certaines in- 
clinaifons de la coquille. On diftingue aufil fur cette 
moule des ftries longitudinales lines , ferrées & bien 
prononcées. Une partie de la circonférence des battans 
eft garnie de petites dents plus ou moins fenfibles. Ce 
n*eft quala faveur de la loupe que l'on découvre les 
apopf.yfes £: les cavités qui com.pofent la charnière» 
Cefc l'efpece que M. Adanfon appelle le dotel, Voyes^ 

DOTEL. 

M,^ Argenville ,pl, ^-L.lett.K.pag, it^i.Une 
petite moule nommée la gueule de fouris , par rapport 
a fa forme pointue & fa couleur grife , tachetée de vio- 
let. Les bords de iç.s deux pièces font de couleur de 
rofe. 

GUILLOCHÉE, ou CAME GUJLLOCHÉE. 

Chama &quilatera , rotunda y mediocriter convexa , //2- 
numeris parvulis imbricibus in ordine fquammarum re- 
gularitcr difvojitis , cxûfpcrata , v cl peut c&lata'^fubaU 
bida j & aliqaando quibufdam maculis rufis depicia . Nom 



G U R 105 

ïîonné à une coquille bivalve du genre des cames ; celle- 
ci cfi: d'une forme arondie, peu bombée , de refpece 
épaulée , ou avec des plis latéraux. Toute la furface ex- 
térieure des bactans eft chargée d'une infinité de pe- 
tites tuiles ceintrées, arrangées en compartimens d'é- 
cailles de poifîbns , mais d'une manière plus ferrée , 
^ui rendent cette came rude au toucher , en formant 
en même temps une efpece de cifelure femblable à 
celle d'uii ouvrage guilloché. Toute fa couleur eft blan- 
châtre, & quelquefois avec quelques taches légères 
rouffes. L'intérieur de la came guillochée eft uni , nué 
de blanc & de couleur jaunâtre. La charnière eft com- 
potée de deux dents latérales plus faillantes dans une 
valve que dans l'autre , & d'une troiiieme petite dent , 
fuuée fous les fommets qui s'engrènent toutes dans 
les rainures & les cavités correfpondantes des deux 
battaiis. Cette bivalve fe trouve dans les mers de l'Inde j 
elle eft de la grande forme, quand ellepafTe deux pouces 
de diamètre. 

îl convient d obferver que les petites tuiles de la val- 
ve la plus convexe , & par conféquent la plus concave 
au dedans, c'eft-â-dire l'inférieure, font plus grandes 
que celles de l'autre valve , ou de la fupérieure. 

Gu ALTIERI ^ tab. 76. litt. E. Coucha marina ^val" 
vis &qualibus Aquilatera y mediocriter vel leviter umbor 
nata, & oblique incurvata , fubrotunda , papiliis , feu 
lamcUis , veluti deprejUs umhonem versus fpeciantibus 
ty.afverata feu fcobinata , albida. 

GUINÉE. On donne quelquefois le nom de gui- 
née à plufleurs coquilles univalves, qui proviennent 
de cette côte de l'Afrique ; mais principalement â des 
efpeces du genre des volutes coniques , que l'on nom- 
me l'aile de papillon , & que Rumphius appelle en la- 
tin voluta guinaica, ainfi que f efpece dite la fpécula- 
tion. On connoît auflî un grand nombre de petites 
porcelaines , fous la dénomination de monnoie de 
Guinée. 

GURON. Nom que j^. Ad^nfon donne à une eo- 

Giv 



T04 G U R 

quille bivalve, & que l'auteur a bien voulu admettre 
dans le genre de l'iiuitre ; il déclare qu'il ne doute 
nullement qu'elle ne foit différente , ainïî que rcfpece 
2ppellée fatal , des autres bivalves du genre des huitres. 
Ce font celles auxquelles les anciens ont donné le nom 
de fpondyle , & que les Grecs de nos jours appellent 
gaiderope , à caufe de leur reffemblance avec la Corne 
du pied de l'àne, qu'ils nommenr^.iii/fra'z. Leur co- 
quille imite ii bien celle de quelques Kuicres, que plu- 
iïeurs des auteurs modernes les ont rangés indiffé- 
remment parmi elles. C'efl: auflî a caufe de leur figure 
que M. Adanfon les rappox^^ au genre de l'huitre, 
n'ayant point vu l'animal qui le§ habite. 

La coquille du guron , dit l'auteur, a autant d'épaif- 
feur que l'huitre nommée le vatan. Elle eft médiocre- 
ment applatie , longue de quatre pouces , & un quart 
moins large. Toute fa flirface extérieure eft hériiTée de 
pointes applaties, en forme de crêtes aflez longues, 
plus larges à l'extrémité qu'a leur origine , & un pea 
plus inclinées fur le devant. Son fommet eft fort large 
& comme tronqué. Le battant fupérieur eft un peu 
plus applati que l'inférieur. Tous deux ont une cavité 
médiocre dans leur talon, au-deffous de la charnière, 
& leurs bords font relevés en dedans de cent a cent cin- 
quante petits filets d'inégale grandeur. 

Ce qui diftingue principalement la coquille du fpon- 
dyle de celle de l'huitre, c'eft que celle-ci n'a point de 
charnière, au lieu que le fpondyle en a une , &c môme 
beaucoup plus grofle que dans aucun coquillage con- 
nu. Dans le battant inférieur , elle confifte en deux 
gros boutons arrondis , entre lefquels eft placé le li- 
gament. A côté de chaque bouton , on voit un trou de 
même grandeur. Le battant fupérieur a un pareil nom- 
bre de trous & de boutons, qui font diijpofés de ma- 
nière que les deux trous voifins de la charnière re- 
çoivent les deux boutons correfpondans des battaas in- 
férieurs, pendant que les deux trous de celui-ci em- 
J)Oitent les boutons plus éloignés du premier. 



G U R 105 

Le ligament eft une pièce coriace , noire, ronde , 
«le la groffeur des boutons de la charnicre, & qui fore 
d'un trou creufé dans fon milieu entre les deux bou- 
tons du battant inférieur , & entre les deux cavités du 
battant fjpérieur. 

Il ne paroît pas au dehors de la coquille , lorfqu'elîe 
eft fermée. Il ny a dans le milieu de cette coquille, 
comme dans celle de Thuitre , qu'une grande tache 
ronde , qui défigne le lieu du mufcie j mais cette tache 
fe trouve fort proche du bord gauche, c'eft-à-dire, dans 
un fens contraire à la place qu'il occupe dans le genre 
des huitres. Elle eft de belle couleur de feu au dehors, 
Se blanche au dedans, avec un bord aulTi couleur de feu. 
Cette elpece vit fur les rochers qui bordent les îles de 
la Macrdelaine. 

L/5r£iî jConchyl. tab. io6. fîg. 40. Spondylusferï 
Tuher y muricatus» 

RuMPHius, Muf, pag. 160» tab. /^S,Jîg, !• 



^#® ^f^ ^i."" 




it%S 



H A L 

JtXALIOTIS ; ftom latin que pîufîeiirs naturalises 
doiinent à un genre de coquillage univalve , que Ton 
nomme communément oreille de mer. ^û'yôç Oreille 

DE MER. 

HALLEBARDE DE SUISSE , ou PATTE 
P'OIE. Plufieurs appellent ainfi une coquille univalve 
du genre des rochers ailés â pattes , que l'on nomme auffi 
l'aîle de chauve - fouris. Foye^ Aile de chauve- 
souris. 

KANNONS. On nomme aînfî , félon Belon & 
Rondelet , des coquillages bivalves du genre des pé- 
toncles, l^oye? Petokcle. 

HARPE DE DAVID. Cancha fphafrica , decem , 
undecim y vel quutiiordecim cojlis & ampliùs , emineri' 
tibus & in longum du8is cum fpatns mûgnis interpofi^ 
tis , in fpiris acutis etiam prolungatis &finitis ^ régula' 
riter injlruêia ; in quibus intervallis firicc teniiiores dif- 
tinguuntur j variis coloribus rubris , fiifcis , caflaneis 
& purpurafcentibus varie ^ata ^ tranfverfim lineata , faf- 
ciaia &f£pt veluû pennata : apertutâ fpatiojâ , labro 
fimbriato &> Jim-plici fulco infignis : karpa davidica, 
nomim pr&dita. Les conchyliologiftes donnent le 
nom de harp$ ou de lyre de David, â une coquille' 
univalve du genre des conques fphériques ou des ton- 
nes, à caufe de fa figure , ou d'une certaine refTem- 
blance quelle a avec cet- ancien inftrument mufical. 
Le caraftere diftindif de cette conque eâ d'avoir le 
corps large, renflé, affez allongé , & garni régulière- 
ment, ou avec des diftances égales, de dix, onze, 
quatorze côtes & même plus , faillantes & longitudi- 
nales, dont les efpaces entr'elles font plus ou moins 
larges & ftriés en longueur. Toutes ces côtes fc pro- 
longent jufque dans les grandes fpires de la volute , en 



H A R 107 

sV'Ievant Se tombant en doiicinc p^r gradatioii , pour 
former autant de pointes , tandis c^uc ces côtes fe tîiv 
minent vers le canal ou rextrémité oppofée , dans u^ 
bourrelet , qui émane du fiît extérieur de la coquille. 
Touce la furface extérieure , tant fur le dos que iiir les 
côtés ^ eft ornée de diverses couleurs , qui varient fui- 
vaut les efpeces : elles forment ordinairement dts 
zones plus ou moins rouges, gris-de-lin , principale- 
ment fur les côtes , & quelquefois des compartimens 
de lignes noirâtres ou pourprées , tandis que les larges 
cannelures font nuées de diverfes taches de couleur 
brun-rouge de diverfes nuances. Le deffous ou la bafe 
de la coquille montre ordinairement, fur toute fa cp^ 
luraelle ^ deux grandes taches marron. L'ouverture eft 
très fpatieufe , â caufe de l'extenfion de la lèvre , qui 
forme un bourrelet de la même figure que les côtes : 
elle fe termine, ainfî que le fût extérieur par une fim- 
pie échancrure.Les harpes fe trouvent dans les mers des; 
Indes , dans les îles de Batavia & de Java en Afîe , 
dans la mer rouge. On en trouve auffi dans les meri 
de l'Amérique méridionale &; feptentrionale. 

Les Conchyliologiftes diftinguent plufieurs fortes 
de harpes ; favoir , les harpes nobles , la belle harp© 
appellée le manteau de fainte Hélène , ou de fainta 
Anne, la harpe -plume, la grande harpe & les petites 
harpes, Plufieurs donnent â ces copques le nom de 
Canandre. 

HARPE , dite BELLE HARPE. Narpa aliis 

fpeciçbiis prœjlantior ^ tri^inta cojlis anguflis & am- 
piiùs , per longitudinem ordinatis 6' ufque m Jpiris eU^ 
gantijjimt produBis eminenter coftata ; totidem canali- 
cu/ls profunde & repdanter excav-ita ; maculis €X fufco 
piirpurafcentibus duodecim ^onas efformantibus in fundo 
partimflavo & fiilhalbido exornata;fanciA Helenœ palla 
nomïne prœdlta. Cette efpece , peu connue , fe diftin- 
gue des autres efpeces de harpes , à bien des égards, 
quoique fa forme en général foit prefque la même. 
Toute fa fiii'fâce extérieure eft Qi';iée 4'uiie trentaine 



ïo8 H A R 

de côtes longitudinales, & même davantage, étroites, 
Taillantes , proche les unes des autres , lefcjueiles fe 
contournent en doucine fur les premières {pires de la 
volute qui font convexes. Les cannelures alternatives 
avec les côtes font profondes & peu larges. Toute la 
furfacc extérieure de cette belle coquille efl ornée de 
taches brunes & pourprées , qui forment une douzaine 
de zones inégales fur un fond blanc & jaune en partie. 
Sa longueur peut avoir trois pouces fur cinq ou fîx 
lignes moins de largeur. Quelques-uns appellent cette 
harpe le manteau de fainte Hélène. 

M. à'ARGENViLLE , Append. pi. z. lett. F, 
pûg. 390. Cette harpe eft cannelée dans l'étendue de 
fa robe ; mais fes cannelures ne font point pofées ho- 
rifontalement : elles partent de la partie d'en -haut 
tournée en fpirale , & font très ferrées l'une contre 
l'autre , interrompues toutefois par de petites taches 
brunes , formant environ douze cercles dans toute 
rétendue de fa robe. Le fond eft blanchâtre , & les 
cannelures un peu jaun-es. Elles font terminées toutes 
vers la clavicule par des points faillans; Se par en bas, 
c'eft un repli formant un bec , ce qui paroît très fîn- 
gulier. La tête eft tournée en fpirale , & eft terminée 
par quatre cercles coupés de lignes jufqu'au fommec 
ou bouton. 

HARPE, dite GRANDE HARPE. Harpa major, 
quindecim vel fexdecim cofiis coloribus rofds & purpu- 
rafcentibus fafciatis coflata ; in totidem canaliculis 'm 
longum flriatis , maculïs ex fufco ruhefcenùhus quafi 
fcutiilatis ekganter dep'iHa. Cette efpece eft d'une 
forme très large , garnie de quinze ou feize côtes lon- 
gitudinales moyennement larges , unies , coupées en 
talus d'un côté , & de vive arrête de l'autre , ornées de 
zones alternatives pourprées & couleur de rofe. Les 
intervalles de ces côtes forment autant de larges can- 
nelures ftriées en longueur , pommelées régulière- 
ment de taches brun -rouge fur un fond couleur de 
chair. Le grand nombre des côtes fe prolongent jui- 



H A R 109 

qu*à la troifieme fpire en formant autant de pointes 
courtes , aflez aiguës. Les autres fpires font unies , fort 
petites , & terminent la volute par un fommet un peu 
obtus. Cette harpe peut avoir jufqu à trois pouces & 
demi de longueur fur un pouce moins de largeur. Les 
variétés, qui fe rencontrent dans cette efpece de tonne , 
confiftent le plus fouvent dans l'inégalité des côtes jul- 
qua devenir monftrueufes & compliquées lune avec 
l'autre. 

GuALTiERi , tab. z^. litt. . . . Cochlea longa ^ py-- 
riformis , intorta , cyimdroïdea , mucronata , acuUata 
& fimbriata , fimbriis per integram externam fpirarum 
fuperficiem aauali dijlantiâ expanjîs coflis acutioribus 
colore rufo tejjellatim diJiinBis , interflitiis minutijjime 
Jiriatis , ex albo & fulvd variegatis , variis coloribii» 
infignitis j tôt a qiiafi ejl albida , ore ver à colore rufo ob- 
jciire intense infe6lo. 

HARPE NOBLE. Harpa nobilis , coflis mediocri-- 
ter latis & deprejfts , plurimis lineis nigricantibus pa* 
rallelis tranfverfim depiélis difîinda : maculis Jubrubris 
fufcifque variegata , prœfertim in fpatiis vel canaltcuUs 
per longitudinem {Iriatis, Cette efpece eft d'une moyenns 
forme, c'eft-à-dire , qu elle peut avoir jufqu'à deux pou- 
ces & demi de longueur fur près de deux pouces de iar- 
. geur. Elle eft garnie de treize côtes iongicudinales peu 
larges & afiez comprimées , ornées de lignes tranfver- 
fales, noirâtres, parallèles, & quelquefois arrangées 
,par paires. Les efpaces entre ces côtes forment de lar- 
ges cannelures plus ou moins ftriées en longueur , àc 
marbrées de diverfes tackes rougeâtres , brunes , & gris 
de lin , interrompues par des zones de couleur canelle 
& aurore de diverfes nuances. La volute eft compoféc 
de (îx fpires dont les premières font couronnées régu- 
lièrement de petites pointes , & les autres forment un 
petit fommet rougeàtre. La columelle extérieure eft 
unie, très luifante, avec trois grandes taches marron ou 
de couleur pourprée; la lévre,qui eft évafée comme celle 
des autres elpeces de harpes^ eft frangée par une de^ 



iio H A R 

côtes dominantes , & dentelée vers le canal ou l'échan-' 
crure. Toute la rurface intérieure eft mélangée de jaune 
livide , de blanc avec les dilîérens reflets des couleurs 
extérieures. 

Les harpes nobles ont des variétés dan? leurs efpe- 
ces ; les unes ont des côtes petites , rares ou en petit 
nombre , ornées de taches onduleufes , en zigzags , 
pommelées de gris, de couleur marron clair, & rou- 
geâtres : les autres ont une figure plus ramafTée avec 
des grofles côtes rayées de lignes noires très marquées, 
éloignées les unes des autres, & dont les cannelures 
intermédiaires font à flries fines très prononcées. Li 
furface extérieure de cette variété eft fatciée de couleur 
noifette , rouge-brun & avec des traits plus colorés. 

RUMPHIVS y tab. 3^. litt. L. Harp.i nobilis. Holl. 
Edele harp , of bonté chrifant ; la harpe noble. 

GuALTiERi y tab. 19. litt. CE. G. CochUa longa^ 
pyriformis intonâ , cylindroïdea , mucronata , aculeata, 
& fitibriata fimbriis per intégrant externam fpirarum 
jiipsrficiem œquali diftantiâ expanfis , cojiïs acutiori- 
bus y colore rufo teJJeUatim di/Jin^is , 'mterjîïtïis minii- 
riffimè (îriatis , ex albo & fuho variegatis , variis co^ 
loribus in/ignitis , tota quafi eft albida , ort vero colore 
rufo obfcure intense infeBo. 

M. ^ Arglnvtlle ^ pL 17. lett, D, La couleur 
de cette harpe eft brune, avec des côtes barriolées de 
blanc. Elle fe nomm.e h.irpa nchiVis, 

HARPE, ou PETITE HAKPE. H^rpa, minor , _/?- 
gurdfacis oblongâ ^ undcclm coftis , lineis nigricantzbus 
déplais ^ Jpatiis purpura fcemibus y cinereis , & maculis 
fufcis leviter fcntalatis , injîgnis. Cette efpece , qui peut 
avoir un pouce S: demi de longueur fur près d'un pouce 
de largeur, peut être confidérée comme une variété 
de la harpe; mais fa forme eft plus allongée, garnie 
de onze côtes étroites , rayées de petites lignes noi- 
râtres. Les cannelures , ou les intervalles des cÂtes , font 
légèrement ftriées de couleur pourprée , cendrée & 
pommelées de taches rembrunies. 



H E B ïiï 

Il y a pluiîeiirs dpeces de petires harpes moins m- 
téreffantes que celle-ci par leurs couleurs moins vives , 
•fauves , cendrées , & légèrement pourprées. Les côtes 
longitudinales font fouvent irrégulieres & tortueufes. 

RuMPHius 3 tab. 32. litt. M. Horpa minor. Amou- 
letfe hoekig-hoorntje , en harpje , of kleyne chrifant ; 
la petite harpe galante, ou la petite coquille angulaire 3 
ou amplement la petite harpe. 

HARPE-PLUAiE. Harpa , tredecim vel quatucrdê- 
xim cojtis in magna fpirâ duplkiter acuUatis , infirutia j 
in fpatiis concavis régulant er frriat a \ variis coloriktt^ 
fubfufcis 3 purpurafcendbus j undulatis , 6* ftcut ptri' 
nazis undique & eUganter dépita ; harpA pennatâ. no- 
mine donaïa. Cette tonne eft dune forme large, ra- 
maflee avec treize ou quator7e côtes de vive arrête , & 
coupées en talus dans leur longueur, luifîntes , nuées 
de couleur incarnat & de brun , en formant quelques 
2ones légères & interrompues. Les cannelures inter- 
médiaires ou alternatives font à ftries fines , ferrées , 
ornées de traits ceintrés de couleur marron & pourpre 
obfcur , onduleux & difpofés de manière à imiter les 
couleurs & les compartimens des plumages d'oifeaux. 
Les côtes longitudinales de cette harpe font remar- 
quables en ce qu elles font chargées de deux & même 
de trois rangées de petites pointes qui font à la vérité 
•plus faillantes dans le haut de la grande fpire. Cette 
harpe ne diffère d'ailleurs de la grande efpece en gé- 
néral que par fes couleurs plus vives «Se plus foncées. 

RuMPHius , tab. 32. litt. K. Uarpa. Hoil. De 
harp , of graauwe chrifant j la harpe grife. 

HEBRAÏQUE. VoLuta conoiaes , ocio vel fepterh 
fpiris mediocriter exertis daviculata \ maculis nigrh 
ferè quadratis in. tribus :^onis feriaîim difpojitis , îrz 
fundo albo vel fubrubro jicut intense notata. Coquillfe 
uiîivalve du genre des cornets ou volutes coniques , 
^infî appellée à caufe que fa farface extérieure elt ot- 
née de trois zones de taches noirâtres d peu près quar- 
rées 6c quelquefois obiongues, q'.ù fembiem foriileip 



III H E B 

des efpeces (îe cara£leres hébraïques , fur un fond bîanc 
ou un peu rougeàtre. La volute eft compofée de fept 
ou huit fpires peu élevées , tachetées comme le refte 
de la coquille. Elle eft épaifle , d'une forme ramafTée 
ou très courte , 8c l'on diilingue vers fon^canal ou l'ex- 
trémité conique dans certaines efpeces des ftries circu- 
laires , quelquefois granuleufes. Ce cornet ^ qui fc 
trouve dans les mers des Indes , peut avoir depuis un 
pouce jufqu'à feize lignes de longueur. 

Le cornet appellée l'hébraïque a des variét.és dans 
fon efpece que Ton nomme fauifes hébraïques. Voye:^ 
ces mots. 

Rui.îPHTUs , tab. 3 ? . litt. B. B. Mufica ruft'icorum , 
le plain chant ou la mufique des payfans; Holl. Boerén 
muzyk geplekte toot , of geplekte katje \ la mufique 
àts payfans , ou la volute tachetée , ou le petit char ta- 
cheté. 

GuALTIERI ,12k), 15. litt. T. Cochlea lon^û:, pyri- 
formis j vulgaris , Uvis , candida , lads maculis irregu- 
laribus ex nigro rubefcentibus feriatim difpofiùs cir- 
cumdata, 

M.d'ÂRGEKviLLE , pi. 11. lett. G. L'hébraïquc 
doit ce nom aux taches noires répandues fur fa robe 
blanche : ces taches imitent affez bien les caraderes 
hébraïques. 

Hébraïque, dite FAUSSE hébraïque, ro- 

iuta conoides maculis purpureis vel ex j ufco rubtfctrvi' 
bus undojîs » & in longum prolongatis depicia y teftâ 
fpifsâ -y ponderosà 6* forma brevi difiincia. Ce petit 
cornet, qui eft pefant, épais , court ou d'une figure en- 
core plus ramaitée que la véritable hébraïque , n'en dif- 
fère auffi que par fes taches onduleufes qui ferpentent 
fur toute la longueur de la coquille , quoiqu'elles foient 
im peu interrompues par une zone blanche ou de la 
couleur du fond. Ces taches font pourprées ou rouge- 
brun dans certaines efpeces. La volute eft comprim.ée 
ou peu élevée & tachetée comme le refte du cornet. Il 
ne paffe guère un pouce de lonç^ueur. 

liÈNDECADACTYLE, 



H E R 11^ 

HENDECADACTYLE. HendecadaBylas. Terme 
^e Conchyliologie qui exprime les onze doigts que 
Ton peut compter dans toute Textenfion de la lèvre 
d'une coquille du genre des rochers ailés a pattes que 
l'on nomme araignées de mer. L'efpece hendécadac- 
tyle eft une variété de l'efpece appellée fcorpion , & a 
laquelle on a donné le nom de millepieds ou de mille- 
pede. Voye::^ Millepede. 

HEPTADACTYLE. HeptadaBylas. Rumphius ap- 
pelle ainlî d'après Pline , une coquille univalve du 
genre des rochers ailés a pattes , connus fous le nom 
d'araignées. Celle-ci eft nommée heptada(!!lyle , parce 
que fa lèvre eft garnie de fept pattes. C'eft pourquoi 
on peut confidérer comme des rochers heptadaftyles 
ceux qui ont fept doigts , comme il arrive aux efpeces 
appellées la racine de bryone , & l'heptadadlyle mâle. 
Poye:{ le mot Araignée. 

HÉRISSON, ou ROCHER ÉCHINOPHORE, 
Murex echinophorus , vel tuberculis acutis amplius vel 
minus armatus ; tejiâ brevi, globosâ^ ventricosâ ^ d* 
parvâ claviculâ diftincius ; hericius dicius. Nom donné 
à plufieurs coquilles univalves du genre des rochers ou 
murex , dont le caraftere diftindlif eft d'avoir une 
forme arrondie , ventrue ou ramaflee , d'être chargées 
de groffes ftries circulaires garnies de tubercules ter- 
minés en pointes aiguës , plus ou moins nombreufec 
& allongées j d'être compofées de quatre ou cinq fpires 
fort petites , peu élevées & peu articulées , dont les efs 
peces font le hériffon ombiliquéà ftries fines granuleu* 
fes, le hériffon fauve à mille pointes & à bouche vio- 
lette dentée, le hériiTon à grofles pointes noires, & le 
hériffon à clavicule élevée à greffes pointes. 

HÉRISSON A CLAVICULE ÉLEVÉE , TA- 
CHETÉ ET FASCIÉ DE NOIR. Hericius, feu mu- 
rex echinophorus , crajfts tuberculis acutis exafperatus ^ 
maculis & fufciis nigricaraibus in fundo fubalbido de- 
pictus y claviculâ exsrtâ , & canali hrevi, aperto ^ful- 
cato difiirMus» Cette efpece porce deux rangées doQii- 
Tome IL H 



tx4 H E R 

nantes de forts tubercules moyennement aîgus , larges 
à leurs bafes , dont les efpaces intermédiaires font a 
ftries circulaires, fafciés d'une bande onduleufe & noi- 
râtre. La clavicule eft compofé de quatre fpires éle- 
vées , peu articulées , tuberculeufes & tachetées de noir. 
Le refte de la furface extérieure eft blanchâtre. L'ou- 
verture , qui eft oblongue , préfente une lèvre fefton- 
nce , aflez évafée & quelquefois tranchante y elle eft 
ftriée intérieurement de couleur jonquille , fur un fond 
d'une blancheur ivoirée : la columelle extérieure , qui 
eft de la même couleur , eft ornée de deux grandes ta- 
ches brunes , & fe termine , aind que la lèvre , par ua 
canal court , ouvert & échancré. Ce murex a ordinai- 
rement près d'un pouce & demi de longueur fur qua- 
torze lignes de largeur. 

Cet hériffon eft une variété de plufieurs rochers , quô 
les Conchyliologiftes appellent murex noirs â clous ou 
â dents de chien. 

GuALTiERi , tab. 43. litt. V. Buccinum parvum ,' 
fulcatum , crajfum , ftriatum , muricutum muricibus 
validis perferiem difpojitis , lahio externo rugofo , ex 
fufco nigricans. 

M. d'ARGENviLLE, pL 1 4. Utt» L. Un petit To- 
cher armé de pointes dans tout fon corps j le fond & 
les pointes font noires & blanches par intervalles, à 
l'exception de quelques petites taches rouges. 

HÉRISSON A GROSSES POINTES COUR- 
TES. HericiuSy vel murex echinophorus , aculeis crajjis 
6» brevibus ex colore fufco nigricandbus inftru£ius 5 
aperturà angufiâ , dentatâ j 6» pulchro colore violaceo 
injignis. Ce rocher échinophore , dont la clavicule eft 
comprimée , & ne forme prefque point de fpires , eft 
chargé de quatre grofTes ftries garnies de tubercules 
noirâtres , terminés en pointes courtes fur un fond 
blanchâtre. L'ouverture eft étroite, allongée, finueuf» 
& fermée en partie par une lèvre épaifle garnie d'a- 
pophyfes dentelées; le fût extérieur paralelle eft ri- 
M , & d'une belle coule.ur violçtçe qui regae égales» 



H E R ,,j 

ment Jaiis Pînterieur de la coquille. Ce murex eft 
d'une forme prefque ronde , d'un pouce de longueur 
au plus fur autant de largeur. 

HÉRISSON A LONGUES POINTES. HerU 
dus, vd murex cckinophorus aculeis nigris ^ in&qualibus 
& eiongatis hirfutus i aperturâ angufiâ , dentatâ j co- 
lore albido & croceo depi£ius, C'eft un petit rocher qui 
varie beaucoup dans fon efpece , autant par fes difté- 
rentes grofTeurs que par le nombre de fes pointes 
plus ou moins élevées. Son corps porte quatre ou 
cinq rangées de pointes inégales noirâtres , parmi \qC- 
quelles on en diftingue quelques-unes entièrement 
blanches : celles qui fe rencontrent fur le dos de la co- 
quille font très aiguës , ainfi que fur les bords de U 
lèvre où elles s'allongent en forme de pattes. La clavi- 
cule de ce petit murex eft ordinairement comprimée , 
compofée de quatre fpires peu fenfîbles , & plus ou 
moins garnies de petites épines. L'ouverture eft Sin- 
gulière ou baroque avec un plan extérieur applati, 
étroite , allongée , fînueufe , & fermée en partie par 
plufieurs apophyfes blanches & dentelées, qui fe trou- 
vent au-dedans de la lévre , ainlî que par les denticules 
de la columelle extérieure. Cette ouverture eft blan- 
che , & environnée , en plus grande partie , d'un li- 
feré couleur de fafran ou jonquille. Le refte de la co- 
quille varie dans fes nuances qui forment quelquefois 
des zones jaunes dans les cannelures : elle eft plus fou- 
vent blanchâtre & tirant un peu fur le verd. Les hérif^ 
fons à longues pointes fines ont depuis huit lignes de 
longueur jufqu'à un pouce fur prefque autant de largeu^ 
à caufe de l'étendue des pointes. Ils viennent des gran-» 
des Indes , ainli que les autres efpeces. 

RuuMPHiusy tab. 14. litt. E, Holl. Kleyne geel» 
-mond, of bruyne pimpeltje , en kleyne getaKte moer- 
tey ; la petite bouche jaune , ou le petit verre a !!• 
queur brun , ou la petite mûre épineufe. 

GuALTiERi , tab. 28. litt. N. Cochlea longa , py- 
tiformis , intorta 6» [ulcata , globoja , crajfa , utroque 

Hij 



•î i^ H E R 

labio dentato > & fimbriato j dorfo erehris acukîs p^ 
longis acatijjîmè muricato , ex cinereo albida. 

M. à'ARCENViLLE, pi. 1 4. ktt. A. Ce rocher efl 
fort petit : il peut fe nommer le hériflbn blanc : il eft 
tout couvert cle pointes blanches avec une tête de la 
même couleur. 

HÉRISSON A MILLE POINTES. Hericius , vd 
murex echinophorus crcbris mucroHibus fatis perlongis 
exafperatus ; quatuor fpiris &> apice acuto finitus ; eX" 
tîis colore fulvo , intîis violaceo depiElus. Celui-ci eft 
d'une forme prefque ronde , herifle de fix rangées de 
pointes pliées , afiez longues & en grand nombre : les 
cannelures intermédiaires font légèrement ftriées & un 
peu granuleufes vers la lèvre. Sa volute , compofée de 
quatre fpires , fe termine par un fommet aigu. Toute 
la furface extérieure de cet hériflon eft de couleur fauve 
clair. L'ouverture eft oblongue avec une lèvre fefton- 
née ou garnie de petits canaux dans fon bord , & de 
fept ou huit petites denticules rondes au-dedans. La 
columelle eft légèrement ridée vers le canal , uni dans 
le lefte , & nuée d'une jolie couleur pourprée tirant fur 
le violet , ainfi qu'une partie de l'intérieur de la lèvre. 
Ce murex peut avoir feize lignes de longueur fur 
prefqu'autant de largeur , comprife l'cxtenfion des 
pointes. 

GuALTiERl , tab. i8. litc. K. Cochlea longa ,. 
•pyriforrnis , intorta & fulcata , globofa , jlriata flriîs 
minutiffimis granulatis , dorfo murkato , utroque labio 
fimbriato y fufca , ititus purpurafcens. 

RuMPHius y tab. 14. litt. C. Caffis verrucofa ter* 
lia, Holi. Bandafcke pimpelcje , of groote getakte 
moerbey ^ le petit verre à liqueur à cordons , ou la 
milre à pointes ou branchue. 

HÉRISSON OMBILIQUÉ. Herïcius ,vel murex- 
echinophorus , umbiiicatus , globofus ; fex firiis eminen,' 
tihus innumeris aculeis brtvihus exafperatis , aliis (Iriis 
tranfverfis , granulatis , alternatim & mmutijjïmè firla" 
tus f extuf colore cinereo ; intiis croceo depiâus» Ce 



H E R "117 

petit rocKer cfl d'une forme arrondie, chargé de fix 
ûries dominantes , hériflees d'un grand nombre de 
pointes courtes & aiguës, dont les diverfes cannelures 
intermédiaires font à ftries fines , granuleufes & éga- 
lement circulaires. Sa couleur eft grife en-dehors ; & 
louverture , qui eft aflez grande , ell: d'une couleur 
jfaune de fafran ; elle eft bordée par une lèvre garnie 
de pointes , & par la columelle extérieure qui eft 
pourvue d'un ombilic. Cet hériftbn fe termine, ainfi que 
les autres efpeces , par un canal très court & échancré. 
il eft une des efpeces nommées hérifTons à mille poin- 
tes. S'a longueur a ordinairement un pouce fur trois 
lignes moins de largeur. 

GrALTiERi y izh. ^/\. litt. S. Euccinum parvum 
fulcatum & canaliculatum , minut'ijfime jlriatum y mU" 
ricibus acutis per feriem difpofitis exafperaîum ^ umb'di' 
catum, cinereum , ore croceo. 

HERMINE. Voluta cônoïdes oBo fp'iris kvïter flria" 
ils y depreffis ïnprimis , confl.ins\ in fundo ex fulvo co- 
lore virefcente plurimis parvis maculis fufcis per feriem 
difpofitis depiSîa : durons fafclis alhis ex colore nigrî^ 
cante maculatis diftinSld'-^ muflelU alpinœ vellus^ nomi' 
nata. Nom donné à une coquille univalve du genre des 
cornets ou volutes coniques. Sa furface extérieure eft: 
d'une couleur verdâtre mêlée de fauve, oi-née de plu- 
iieurs zones formées de petites taches brunes , inter- 
rompues vers la volute & le milieu de la coquille par: 
deux fafcies blanches , bordées de taches noirâtres. La 
volute eft compofée de huit fpires légèrement ftriées , 
dont les premières font comprimées; & les autres, qui 
formenrunfommet obtus, peu élevées. Toute l'étendue 
de cette volute eft marquetée de couleur noifette fur 
un fond blanc. On remarque vers Textrêmité conique 
des ftries circulaires de couleur marron. Ce cornet a 
une variété dans fon efpece que Ton appelle la queue 
d'hermine. Voye:^ Queue d'hermine. 

Gu A LTiERi y zih, lo» litt. Qi Cochlea conoïdéa. ^. 
umhonata^ Uvis^ ex albido yiridefcens , fafciata faf-. 

H iij 



ii8 H I R 

fciis candidis y îpjlfque punBis rufis maculatisl 

RuMPHius ,tab. 33. litt.X. F'olutafafciata.HoU, 
Groen kaas j le fromage verd. 

M. ^Argenville ,pL 12. Utt, K. Un cornet 
entouré d'une feule zone blanche , barialée de brun , 
ainlî que le haut de la tête qui eft toute marbrée ; le 
fond de la robe eft pondlué , & d'un jaune tirant fur le 
verd. 

HEXADACTYLE. Hexadaéîy lus. Termeàe Con* 
chyliologie , qui exprime les fix doigts qui garniflent 
la lèvre de plufieurs coquilles univalves du genre des 
rochers ailés , de l'efpece appellée araignée de mer : 
fçavoir, la grande araignée mâle , appellée en Hollande 
la griffe du diable , & les fcorpions mâles & femelles. 
Voye:^ ces mots. 

HIRONDELLE, ou OISEAU. Concka aliformis-^ 
duabus valvis convexis in unâpane velutirofiratisy^in. 
altéra caudatis ^ compojlta 5 exîrinfecîis ex colore fufco 
nigricansvel exflavo rubefcens ^ aliquando cinereo radia" 
ta: intîis coloribus margaritiferis vel argenteis velinaU' 
ratis lucide fplendens : hirundo vel avicula appellata» 
Coquille bivalve qui peut former un genre que les Con- 
chyliologiftes admettent en général dans la famille des 
Kuitres, & que d'autres rangent parmi les moules, à caufe 
d'une clpece de byfTus qui fort de fes baetans. Elle eft 
appellée l'oifeau ou l'hirondelle , à caufe de fa forme qui 
imite par l'extenfîon & la figure de fes valves , les ailes 
d'un oifeau, lorfque la coquille eft ouverte. Les fom- 
mets des battans forment des faillies latérales à la char- 
nière qui repréfentent un bec , tandis que les extré- 
mités, oppolées s'allongent vers le ligament pour faire 
Mne efpece de queue plus ou moins longue ; ce qui 
contribue encore à donner â cette coquille aflèz de 
reflemblance avec une hirondelle dont elle porte le 
nom. Le battant fupérieur eft ordinairement moins 
grand & moins bombé que le battant inférieur, & par 
conféquent moins concave au dedans. Cette coquille 
eft couverte d'un drap marin fangeux & cartilagineux , 



H 1 R ,,<> 

ui excccîc la circonférence des valves , & qui s'intro- 
uit même dans les parties lamelleufes ou écailleufes 
du teft. C eft aux excédences de cet épidémie que cette 
conque ailée doit la jondion de fes battans jc'eft pour- 
quoi, lorfqu'e lie en eft dépouillée, elle fc trouve béante 
& avec des écailles plus inégales ; on découvre alors 
une couleur brune , obfciue & noirâtre dans quelques 
efpeces , & canelle brun-rouge & grife dans d'autres j 
maisà mefure que l'on enlevé une partie de lacoquille, 
on parvient a mettre en évidence une nacre fort belle, 
qui eft toujours plus brillante dans la furface intérieure» 
Cette nacre eft tantôt azurée & argentine, tantôt dorée 
©u comme bronzée, fuivant les efpeces : elle forme quel- 
quefois des éminences que l'on appelieloupes de perle. 
La charnière ne confifte que dans une denticule du 
battant inférieur qui fe prolonge fous le ligament par 
Hne rainure qui fert d'alvéole pour la moulure prefque 
infenfible du battant fupérieur , comme celui-ci reçoic 
réciproquement la petite dent de la valve inférieure. 

Les bivalves ailées , nommées hirondelles , diffèrent 
entre elles par le prolongement de la faillie ou de la 
queue des battans, & par l'étendue des écailles en dé- 
crivant plus ou moins l'arc. Il y en a même prefque dé- 
pourvues de queue. Elles varient aufTi dans leur nacre 
intérieure. Ces fortes d'huitresfe trouvent dans les mers 
de l'Amérique & dans celles des Indes : on en trouve 
aufti dans la Méditerranée , parmi lefquelles on diftin- 
gue une efpece papyracée & épincufe. 

RuMPHius , tab. litt. G. Avicula, Holl. Geu- 
lekte vogeltjej le petit oifeau tacheté. 

GuALTiERi^ tab. 4^. 5?4. litt. A. Concha aliformis ^ 
deprejfa , rugofa , fragUis , in dorfo exfufco nigricans j, 
intîis ex glaftino argentée , & lato margine pullo piceo 
çjrcumdata, 

Ejufdem , litt. B. Coucha aliformîs y magis ventri" 
cofAa prope cardmempulvinata,fuhrufa,intàs tôt a ar» 
gentea, 

M. à'ÀRQJENVILLE , pi, I^. lett, B. pag, 1^7. 

U iy 



L'huitre appellée l'oifeau ou l'hirondelle ] dont Ie§ 
ailes étendues , la aueue & le bec d'en-haut donnent 
afTez ridée d'un oifeau : elle eft nacrée en dedans d'un 
rouge fale par-dêflus. Quand cette coquille eft décou- 
rerte , rien n'eft au-deffus de fa couleur aurore. 

HIRONDELLE ÉPINEUSE ET PAPYRACÉE. 
Concha aliformis, caudata & rojlrata , tenais ^fragilis & 
j)apyracea , fpinis tenuijftmis exafperata , extîis colore 
cinereo & luceo nebulata : intus nuore plumbeo & mar- 
garitifero fplendens. Cette efpece eft une des bivalves 
des plus fragiles â caufe de fes écailles plus minces que 
le papier. Ses valves étendues & prolongées en forme 
d^ailes font plus grandes que celles des autres efpeces , 
& palfent de beaucoup la queue , qui eft longuette & 
étroite. L'extrémité en bec ou le bouton eft fort petit. 
Toute la furface extérieure de cette huitre eft boueufe 
& grisâtre ; mais elle eft hérifTée de petites pointes 
aiguës & très fines & encore plus fragiles que la co- 
quille. Cette bivalve peut avoir jufqu'a près de quatre 
pouces de longueur fur deux & demi de largeur. 

L'auteur, qui a dans fa colledion pluCeurs de ces 
îiuitres ailées attachées à une branche d'arbre, a ob- 
fervé qu elles y étoient adhérentes ou collées par une 
bak'ure vifqueufe qui fort vers l'extrémité latérale faite 
eiv bec , & qui provient de l'animal en fe faifant jour 
entre les battans : cette fubftance membraneufe & fle- 
jfible ne montre rien d'analogue au byfliis que l'on at- 
tribue à ces fortes de bivalves , au moins à cette efpece. 
Cette coquille eft fi mince que l'on rifqueroit de la 
brifer , fi l'on entreprenoit de retirer l'animal defTéché 
de fes valves en mouillant même cette chair corrom- 
pue , fur-tout quand elles ne font qu'un peu entr'ou- 
vertes. On court le même rifque en voulant net- 
toyer la furface extérieure fur laquelle les épines tien- 
nent à peu de chofe j elle eft quelquefois chargée de 
vermiculaires & même de petites hirondelles ou de fes 
femblables. La furface intérieure de cette huitre ailée 
préfénte une nacre argentine &: azurée au milieu des 



HOC m 

îattans avec un large pourtour grisâtre comme la cou- 
leur extérieure, mais il eft uni & très luifant. Cette 
êfpece vient de l'ile Minorquue. 

Albrovandus, de 1 eftaceis , lil> ?, pag. 464 , a 
fait repréfenter un groupe d'hirondelles épineufes , 
adhérentes les unes aux autres , & arrangées en ma- 
nière de fleurons. Cet auteur nomme cette bivalve , 
concha tenuis teft& , a caufe de la fragilité de Tes écailleSc 
On appelle ces coquillages a Genève datccri. Peu: être, 
dit ce naturalifte , à caufe de la manière réciproque 
avec laquelle ils fe groupent enfemble comme les 
dattes. Il paroît de-là que ces fortes de bivalves font 
du genre des moules : au dehors elles ont une couleur 
fale, boueufe &: cendrée , tandis quelles brillent au 
dedans d'une nacre argentine. Celle qui eft repréfentée 
feule & entièrement ouverte , relîem.ble de cette ma- 
nière à des ailes d'oifeaux : Tenuis ie(Iœ concham nomi- 
nare libuit ejufcemodi concham^ a tejîa tenuitatey acfra- 
gilitate. Genevinjîbus datteri dicuntur^fortè quod dacly' 
lorum more invicem hcereant. Unde ex myîulorum gé- 
nère ejje apparet. Extra colore funt fcedo , lutulento , 
cinereo y intks argenti modo refplendent ; pinguntur 
pag. 4^5 , aliquot invicem adhérentes , atque una (epa-- 
ratim aperta ^quo modo aias avium exprimant. 

HOCHE-QUEUE. Buccinum tuberofum flrlatum ^ 
canali elongato veluti caudd in alto vibrât a inji i^ne ^ co- 
loribus fubalbidis & rufefcentibus depi^um & fafcia" 
tum. Coquille univalve du genre des buccins à canal 
allongé , ainfi appellée à caufe de fa forme ; elle peut 
être confîdérée comme une variété de l'efpece nommée 
le dragon , & tire fur l'efpece triangulaire. Ce buccin 
eft compofé de fix fpires élevées , garnies de côtes lon- 
gitudinales interpofées en trois temps par gradation juf- 
qu'au fommet. Le corps de la coquille , qui porte une 
protubérance far le dos , avec deux bourrelets fur les 
flancs , eft chargé ainfi que toute la clavicule de groffes 
cannelures circulaires , garnies de ftries fines granu- 
lèufes : toute cette fuifàce eft nuée par zones larges , 



îi^ H U I 

peu marquées de blanc & de couleur fauve-roux. L'ou^ 
rermre forme une ellipfe inclinée & irrégulierc, bor- 
dée par une lèvre épaifTe, retroufTée^ dentelée en de- 
dans & toute blanche ; la columelle extérieure eft de 
la inême couleur , & forme une éminence en manière de 
bavure du teil. Cette lèvre & cette columeîle fe termi- 
nentparun canal ouvert, long, étroit, retroufle ou élevé 
comme la queue d'un oifeau appelle le hoche-queuc , 
d^^ou ce buccin a pris le nom. Safurface intérieure mon- 
tre une grande tache de couleur fouci. Cebuccinpeut 
avoir deux pouces de longueur fur un pouce de largeur. 

Le buccin hoche -queue a une variété dans fon ef- 
pccs , dont la coquille ei^ fort mince au lieu d'être 
cpaiffe. Ses ftries {ont plus déliées, ainfi que les tuber- 
cules longitudinaux & interpofés , qui font d'ailleurs 
plus détachés. Il diffère encore plus du hoche-queuc 
•rdinaire par fon ouverture, qui eft plus grande, avec 
mie lèvre feftonnée , finueufe en dedans , rentrante , de 
ijordée d'un liferc blanc. La columelle extérieure eil 
feîanche avec une légère bavure. Toute la couleur ex- 
térieure de ce buccin eft fombre , noirâtre , fauve & in- 
lerrompue par une fafcie blanche. 

RuMpHius , tab. 14. litt. H. Ranula, La gre- 
nouille» /fo//. Kikvorfchjofhoogftaart; la grenouille 
on la queue élevée. 

HUITRE. Ofîreum , vel concha duabus tejlts rO" 
îundis y fquammofis , auritis vel inauritis ^ afperis , 
aliquando complanatîsy vel plicatis y con[îans ; feu duo» 
bas teftis foliaceis y crifpdtïs , laciniatis & exsrtis com- 
faffta ; Jfve in Jiriif ^ magnis Jpznis vel in alto promî" 
nentthus vel recurvis diverfimode exafperata &> artnata^ 
€ardine umbonato 6* valida ginglymo unita ^ calori" 
Bus cinereis luteis , purpurafcentihus , violaceis y ama" 
rantinis , rubris y fanç,uineis y auras diverjimodè exor* 
nata & pretlosè depiàa ', aliquandb coloribus argenteis 
^-arcâs cegïeflis variorum colorum commijfuras efforman- 
ùhm lucide fplendens. Nom que l'on donne à des coquil- 
les bivalves qui compofenc pluficurs genres par le nom- 



H U I ïij 

fcre Se h variété âc fes efpeces. Les anciens naturaliftes 
latins difent , ojlrea vel oftreum : comme ils mettoicnt 
en ufage le mot oflreum , pour fignifier en général les 
teftacées , on peut préfiUTier que le terme ofreum efl 
dérivé du mot grec oç-fêov ^ quod os fignificàt , en Fran- 
çois un os, vei quod tejlâ vdmi ojfeâ tegaïur , feu of- 
treum à duritie offmm derivatur : c eft - à - dire , que 
l'huitre «doit en général fon étymologie à la dureté de 
fes écailles qui égale celle des os. Delà on penfe que 
le mot huitre efl: venu par gradation de corruption de 
langage , d'abord en vieux François oueftre , enfuitc 
oeftre ou oiftre , puis ouiftre , enfin huiftre. On écrit 
huitre', comme on a fait le mot huis du latin ofiium. Les 
Italiens difent oftrege , les Efpagnols oftia de la mare , 
les Allemands & les Hollandois oefter , les Anglois oy- 
fters , & les François ouitre , ouittre-alle-calle & huitre. 

Les huitres ont un caraâ:ere générique & fpécifiquc 
qui les diftingue des autres bivalves. Elles font Gom- 
pofées de plufîeurs croûtes ou lames dures & féches, 
formant une furfaceplus ou moins raboteufe , & comme 
elles font pofées les unes fur les autres , les dernières 
furpaflent les anciennes , de manière que les additions 
des nouvelles lames forment TaccroifTement des écail- 
les , & dont le prolongement occafionne des lames ou 
des feuilles, des diverfes pointes , tantôt plates, tantôt 
rondes , courtes , aiguës ou obtufes à leurs extrémités ; 
elles font quelquefois droites ou plus ou moins incli- 
nées , ayant jufqu a plus de deux pouces de longueur 
& faifant le crochet. 

Les huitres ont fouvent deux e{peces d'oreillons 
coupés d'équerre à côté des fommets des valves, comme 
il arrive aux {pondyles ou aux huitres à talons ; mais il y 
en a beaucoup qui en font dépourvues ou qui devien- 
nent peu fenfibles. La valve inférieure des huitres eft or- 
dinairement plus concave que celle de delTus. Les huî- 
tres font couvertes d'un drap marin , fangeux , & fe plai- 
fent a s'atracher à difFérens corps , comme à des rochers, 
à pluiîeurs coraux, & à fe grouper plulîeurs enfemble» 



124 H U ï 

Ces fortes cîc bivalves font le plus fouvent dWe forme' 
arrondie , quoiqu'on en trouve d'une figure plus oa 
moins baroque , pliflee , cambrée , allongée & avec des: 
bras. Elles Ibnc ordinairement bombées & quelquefois 
très applaties. Les efpeces, qui font en quelque façon 
unies , paroiffent prefque toujours écailleufes. Il y a 
des huitres ftriées , cannelées, & avec des tubercules. 
La charnière varie dans les huitres ; elle eft le plus 
fouvent fîtuée intérieurement au-deffbus des fommets 
des battans , & compofée de plufieurs boutons récipro- 
ques avec autant de cavités correfpondantes, au milieu 
defquelîes fe trouve un ligairient noirâtre, afîez fort, & 
cartilagineux , comme il arrive dans les fpondyles. Les 
autres charnières font compofées, dans d'autres efpeces, 
de plufieurs moulures avec autant de rainures récipro- 
<^ues dans les deux valves , & deviennent quelquefois 
imperceptibles. 

Les huitres préfcntent des variétés infinies par leurs 
diverfes couleurs dans leurs différens genres & dans leurs 
e(peces, dont les plus intérelfantes & les dominantes 
font des nuances pourprée , amai'anthe , lilas, citron, 
aurore \ des couleurs aurore , orangée , rouge , fangui- 
ne , ponceau & blanche, panachées de différentes ma- 
nières. La furface intérieure ne montre le plus fouvent 
qu'une demi-nacre blanchâtre, verdâtre, obfcure & quel- 
quefois liferée dans la circonférence des valves de couleur 
aurore ou orangée ou pourprée ,fuivantlesnuances ex- 
térieures. Les huitres,que l'on diftingue entr autres,fonC 
celles que l'on nomme la felle polonoife , le marteau, 
la crête de coq , le râteau , la corne d'abondance , la 
cuifle, la pintade, la biftournéc , la mère - perle, la 
feuille, les huitres épineufes , les huitres feuilletées , &c. 

11 y a des huitres dans toutes les mers , en Amérique , 
cnAfie, en Afrique , dans toutes les Indes orientales & 
occidentales, dans Ia_ Méditerranée , fur les côtes des 
îles Majorque , Minorque & de Malthe. Les efpeces 
comm-unes de l'Europe font celles de France & d'An- 
gleterre qui font bonues à manger. Ces dernières four- 



H U I 125- 

Bifîcnt les moyens d'obferver toute la ftructure <3e ces 
fortes de teftacées bivalves & de détailler toutes les 
parties de l'animal. Quoique leurs furfaces n'aient rien 
d'agréable pour fatisfaire la vue , elles donnent néan- 
moins une idée générale de tous les animaux qui réfi- 
dent dans les huitres. 

Rondelet y de Tejlaceïs ^ lih, i , fait mention de 
quatre efpeces d'Kuitres; favoir, celle qui prend fou 
accroifTement dans les étangs voiiîns de la mer qui font 
entremêlés d'eau douce & d'eau falce , appellée en grec 
7,ty.ynç^iA-^ ccmot cft formédc >i/^.v» , qui lignifie /?^^^/2wm , 
un étang , un lac , & d'^ç-fs* , ou Wpw , buitre: c'efl l'efpece 
que l'on appelle dans le Languedoc peires oftres , & en 
Italie oftrege. Ces fortes d'huitres , dit Rondelet, fonc 
compofées de deux écailks moyennement concaves Se 
un peu voûtées en-deffus. Elles font rudes ou âpres aa 
toucher, raboteufes au dehors & fe divifent aifément par 
lames minces. La furface intérieure eft blanche & unie. 
Limnojlrea ex duahus teflis componuntur ^ modicè conca- 
vis &parkm in dorfum elatis;foris inaqualibus & afperis 
& in tenues laminas facile feBilïbus ^ intiis lavibus , 
€andidis. 1^. L'huitre de mer ,appellée pelagia , c*eft-â- 
dire, l'efpece qui fe trouve éloignée des eaux douces, 
qu'on ne trouve ni dans les étangs , ni aux embouchu- 
res des fleuves. Il y en a fouveut de fi grandes , ditRon- 
delet, qu'on en voit dans l'Inde d'un pied de dia-» 
mètre : celles qu'on apporte de l'Océan à Paris , fonc 
beaucoup plus grandes que les efpeces que l'on pêche 
dans les parages du Languedoc y elles fe trouvent quel- 
quefois groupées enfemble , & pofées l'une deiïus 
l'autre. On rencontre fur quelques-unes des vermif- 
feaux & des efpeces de fcolopendres qui y viveat enfer- 
mées dans leurs tuyaux. La furface extérieure de la co- 
quille eil fale & fangeulè & boueufe, compofée de plu- 
fieurs écailles ou lames , mais le dedans eft blanc & uni» 
La chair en eft molle , entourée de plufieurs fibres qui 
forment une efpece de frange , quelquefois de couleur 
pourpre j ce qui dénote , félon Pline , la fupériorit^ 



ii«î H U I 

qu elles ont fur les autres. Ceux qui font les plus tjpê^ 
rimentés, dit ce naturalise, enchérifTent fur ce pourtour 
fibreux ou garni de poils pourprés, en les appellantles 
huitres aux paupières , & en les qualifiant d'iiuicres gé- 
néreufes à caufe de leur ufage'pour farder las paupières, 
& de leur excellence. Oflrea qucz neque in jiagnis , nc^ 
^ue in ofliis fiuviorum y fed procul ab aquis dulcibus in-» 
veniuntur, marina yfivcpelagia nominantur. Suntper^ 
fape magna , adeo ut in Indiâ pedalia fint. Qua ex 
Oceano Lutetiam deferuntur yfceps multo majora junt iis 
^uœ in noflro mediterraneo capiuntur, Aliquandb multa 
fimul connexa & fupra fefe pojîta. In ter hac repiint 
fcolopendrA & vermes in canalicuiis indufi vivant. Tejlae 
foris fordidA d' luto ohduElA , ex crujiis multisfive U" 
minis confiantes : intiis l<£ves 6» albœ, Caro mollis , 
circa eam fibra, multa, veluti fimbriam conjîituentes , 
eam aliquando ambiente purpureo crine quA prafiantin, 
nota eji, auSiore Plinio, Addunt^ ïnquïZy peritiores no- 
tam , ambiente purpureo crine fibraseoque argumenta ge-- 
nerofa interpretantur , callihlephara appeïlantes, -Ç, 
L'huitre des bois,que Rondelet appelle fcandebec. 4".La 
gaiderope des Grecs ou les (pondyles. Voye^ ces mots. 

Aldrovandus f de Tefiaceis, lib. 5. pag. 480 6? 
fuiv* rapporte les mêmes efpeces d'huitres que celles 
de Rondelet, auxquelles il en a joint piufîeurs autres, 
(iir-tout parmi les (pondyles. 

Rumphius termine fes bivalves p^r les huitres dont 
on peut compter feize efpeces , qu'il nomme en géné- 
ral, enlacin,o/?rf<2 5 en langue hollandoife oefters \ les- 
quelles font repréfentéesjf *j^. 47 6>* 48 ; fçavoir, Oftreum 
radicum feu lignorum ; l'huitre des bois , ou qui s'atta- 
che aux racines. HoU Stok oefter ; l'huitre â bâton. O/^ 
îreumcratium^VhiiiTt feuille. Holl.Sery-oefter, oflau» 
werier-blad j la feuille de laurier. Oftreum pi acentif orme y 
five epkippium ; l'huitre en forme de gâteau , ou la felle 
de cheval. Holl. Engelfche, of poolfche zadel en zadel 
fchulp 5 la felle angloife ou polonoife. Oftreum plica^ 
tum majus ^ la grande huiïre pliflce. H©11. Grpote ge« 



H U I 117 

|>îooycIe oefler, of getakte hane-kam ; la grande huî- 
tre pliflee ,ou la crête de co<^ à pointe. Ofireum échina- 
tum ; l'huitre à pointes d'ourlins. HoU.Delazarusklapj 
la cliquette des lépreux. Holl. Paar le moer fchulp ta- 
felbordje , zilvere piering, of honds-oor ; la meie- 
perle , le médaillon d'argent , ou l'oreille de chien. Of- 
treum divifum', Holl. Mes-hamer, pool fche hamer, 
indianfche kris , certyds , kruis doublet ; le marteau 
tranchant, le couteau polonois , la croix indienne, ou 
!a béquille indienne , autrefois le crucifix iftgnomon. 
L'équerre. Holl. Winkel-haak , en Venus fcacht-dou- 
blet } l'équerre , ou le priape de Vénus. Ofireum tortuo- 
fumy l'huitre tortueufe oubiftournée.HoIl. Gedra-aydô 
oefter , of kronime Noachs arck j l'huitre tortillée ou 
biftournée , ou l'arche de Noé tortueufe. 0/?rfwm eleciri^ 
72:^m ; l'huitre éleftrique , ou attraâjve comme l'ambre. 
Holl.Barnfteen-oefter. Ofireum echinatum fanguineum 5 
l'huitre épineufe comme l'ourfin , ou l'huitre échino- 
phore de couleur fanguine.Holl. Bloed-roode lazauiis 
klap; la cliquette des lépreux de couleur rouge ûn- 
guin. Ofireum echinatum cinereum fiammis rubris j l'hui- 
tre échinophorc de couleur cendrée flammée de rouge. 
HolI.Graauwe lazarusklap, met rood vlammenjeiân 
Tefpcce appellée en langue hollandoife rots doublet j 
l'huitre couleur de rofe, en France, le gâteau feuilleté. 

Gualtieri fait mention de plufieurs cfpeces d'huirrra 
«bnt les unes font a la fuite des peignes , qu'il nomme 
fpondyli^ fpondvles j & ne donne le nomd'huitre en la- 
tin ofireum , qu aux autres efpeces dont il forme trois 
genres : favoir , ofireum vulgare , l'huitre commune ; 
ofireum rofiratum , l'huitre a bec \ ofireum firuciurâ pe^ 
culiari , les huîtres fingulieres , parmi lefquellesfè trou- 
vent les cfpeces crêcées, entr'aucres le râteau & lafèlîc 
polonoîfe. 

M. d'Argenville commence fa claffe des bivalves par 
le genre ou la famille des huîtres. Les pièces de ces co- 
quilles , dit ce Conchyliologifte , font couvertes exté- 
rieurement de fange, & compof^es de plufieurs feuilles 



ii8 H U I 

on écaille. L'huitre eft unie , fouvent couverte de poîntesj 
de ftries , de boutons Se de cannelures ; faforme eft plate , 
repliée , ronde , ayant la valve inférieure plus élevée que 
la fupérieure. OJireum efi concha bivalvis tefiis extus 
fordidis , luto obduclis , e crufiis muldsjeu laminis 
compofuis ; Uvis , aculeis , ftriis ^tuberibus inftru£ia , 
■plana , plicata , globofa , vdlvâ infcriore elatiori quant 
fuperiore. Cet auteur diftingue fept efpeces d'huitres 
avec leurs variétés , i**. L'huitre plate & unie , oftreum 
pUnum & Uve ; l'huitre à l'écaillé, oJlreum commune 
fquammojum ; celle qui eft verte, viride ', orientale, 
orientale ; qui produit des perles , unio feu margarki- 
fera ; la pelure d'oignon verte , CApa viridis ; les ef^ 
peces vertes, celles couleur de rofc , jaune , couleur 
d'ambre , & celles à ftries , rofea, fiiva , elecir'ma ,firia- 
za ; la Telle de cheval ou la grande pelure d'oignon , 
ephippium placemiforme ; celle qui eft violette, viola- 
ceum'y la pintade , ^j////z4 guttata\ l'huitre d'étangs fa- 
lés , limnoflrea dida ; l'efpece rouge & rayée , venant 
du Japon, rubrum flriatum & japonicum ; l'oifeau ou 
VhiïonàtWQ ^avïcula feu hirundo. z°. L'huitre feuilletée 
& unie, oJireum plicatum lœve ; le marteau , oflnum di- 
vifum , jeu malleus brachiatus ; l'oreille de cochon, ou 
lacrêtede coq, ojîreum plicatum minus ^ auris porci feu 
crijîa gain ditlum 5 celle qui eft hérifTée , tuhulis arma^ 
tum j la feuille , cratium feu folium; l'huitre tortueufe, 
appellée la jambe, ofircum tortuojnm^ crus appellatumy 
la cuifTe, fémur didum, 3°. L'huitre qui eft de forme 
ronde & épineufe , couleur aurore, glohojum & fpino- 
fum colore arauficano \ à pointes rondes & celles qui 
font plates, aculeis rotundis armatum , aliter planis, 
4**. L'huitre à oreilles à grandes pointes , couleur de 
feu, auritum flammis rubris infgnitum', 2 pointes blan- 
ches, attachée à un caillou j mucronibus candidis & Jaxo 
Adh&rens \ l'huitre appellée le pont , par la fituation 
des cailloux qui y font adhérens, pons {axis adhcerens'y 
l'huitre cannelée couleur de rofe, avec de longues poin- 
tes plates &; blaiiches, c?//r^«/» çanaliçuiatum rofeunt 

acuUts 



H U I 12^ 

Iteukls pUnts & albidïs'y l'efpece de couleur de corail^ 
conch<i corallina j Thuitre de Médoc , oflreum medoki' 
num 5 celle dont les pointes font d'un rouge fali , acu' 
leis rubris lividifçue a'-matum ; les huitres de diverfes 
couleurs , groupées plufîeurs enfemble , congeries co^ 
lorum varutau confpicua. 5*. L'huitre de forme ronde 
découpée de grandes lames très faillantes, ojlreum glo^ 
bofum y lam'mïs cm'imnûbus laciniatum j le gâteau feuil- 
leté dont parle 'K\\mp\ii\xSyplacenta foUacea Rumphii^ 
celle qui eft à grands plis & qui ne ferme pas exade- 
ment, rortuo/um, plicatum, orehianli', à. ftries & de cou- 
leur d'orange, venant de la mer Baltique, firiatum , 
arauficanum , ex mare baltico. 6". L'huitre de forme, 
ronde & blanche, garnie de pointes fines, ofîreum. glo^ 
bofum, albidum , mucronibus tenuijftmis inilruElum\^z* 
cailleufe, appellée fcandebec par Rondelet, /y /v^y?rtf 
fquammofum yfcandebec RoNDEi.ETii\ la même avec 
des tuyaux élevés , l'écailleufe & à feuilles couleur de 
citron , jointe à un madrépore , eadem cum tubulis , 
Jquammofiim , foliaceum, colore citrino , madrepora ad^m 
nexum j la même couverte de glands de mer , fylve(lrc 
bahnis adhcerentibus . 7". L'huitre oblongue , avec un 
mammelon à fa charnière , oflreum oblongum & umbo" 
natum\ le pied d'âne uni, fpondylus Uvisy l'efpece ra-- 
boteufe fans pointes , ru^ofus fpondylus fpinis carens ; 
celui qui eft couvert de lames blanches & armé dans 
fon pourtour de pointes couleur de rofe , hminis albz- 
dis Leêlus ^ in margine r fàs fpinis digitatus , le fpon- 
dyle ou pied d âne , diftingué par des lames jaunes 8c 
par un mammelon moitié rouge , moitié blanc , lami" 
nis flavis , umbone ruhro 6* albido diflinBus , gaideropa 
di^iis RoNDELETiiy & le fpondyle appelle gaideron 
par Rondelet. 

M.d'.^/iG£ vv/ixr dit que les huitresontuncaradère 
générique, qui les doit diftinguer des cames , avec lef- 
quelîes on les trouve prefque toujours mêlées chez les 
auteurs. L'huitre eft compofée de plufieurs croûtes ou 
hmes, formant une furface raboteufe j fa coquille fu^ 
Tome 11^ I 



i}0 f! U I 

périeure cft plus plate qiié rinferieure; elle a un hcc^ 
qui s'élève à l'une de fes extrémités , ce qui rend cette 
coquille Tupérieure un peu pointue. L'huitre fe ferme 
cxa6lement , nonobftarit fes furfaCes raboteufes , & les 
pointes dont elle eft garnie. Les huitreis s'attachent or* 
dinairement à tout ce qu elles trouvent ; elles ne de- 
mandent qu'un point d'appui: les rochers, les pierres, 
les bois, les produdions marines , tout leur eft propre, 
fôuvent même elles fe collent les unes fur les autres j 
c'eft une glue , qui fort du poiflbn , fi forte , qu elle ré- 
fifte à tout. On diftingue dans les ports de mer deux 
fortes d'huitres , les fécondes & celles qui ne le font 
pas; une petite frange noire qui les entoure, eft U 
marque de leur fécondité & de leur bonté. 

Le même auteur , dans fon fupplément qui traite 
de la zoomorphofe , décrit ainfi l'huitre commune ou 
l'animal qui réfide dans fes écailles. Il eft compofé de 
toutes les parties qu'ont les autres animaux couverts 
de coquilles , telles que des ouies,un œfophage, un 
ipondyle ou cal nerveux , un ventricule ou eftomac , 
des lèvres , desfuçoirs, Un méfentere, un foie & un ca- 
nal inteftinal qui fe termine à l'anus, des feuillets pul- 
monaires , un cœur. Ce coquillage , immobile par fon 
poids , ne s'ouvre que d'un pouce au plus , pour re{pi- 
rcr, prendre l'eau par les fuçoirs & les alimens qui lui 
font nécelTaires, tels que le lue de petits animaux , des 
plantes. Se certains grains d'une terre limoneufe j il n'y 
a que la partie fupérieure , qui ait un mouvement j l'in- 
férieure refte immobile , & fert de point de réfiftance. 
L'huitre perdroit fon eau , fi elle n étoit couchée fur le 
dos. L'ouverture de fa bouche eft entre les ouies ; elle 
eft bordée de deux grandes lèvres, chargées de fuçoirs; 
ce qui forme une efpeçe defraife tranfpareme & dure, 
<^Ui tapiïîe , des deux côtés , les parois intérieures des 
deux valves. Son inteftin eft plus long que dans tous 
les autres poifTons , pour retenir plus long-temps fes 
cxcrémens. Si elle conferve beaucoup d'eau dans fon 
ï^fervoir, ceft pour prolonger fa vie hors de la mer» 



H tr t ,jî 

An mois (îe mâî, on voit Ton frai, qui eft d'une forme 
lenticulaire. Mais les parties de la génération font dif- 
£ciles a découvrir. Le ligament à reffortjqui fait le 
jeu des coquilles , eft renfermé pofitivement dans le ta- 
lon ou fommet. On remarque que les deui écailles 
n'ont point de charnière j le raufclc tendineux, qui les 
réunit , leur en tient lieu ; fes quatre feuillets pulmo- 
naires lui fervent à fe décharger d'une humeur fuper* 
flue, & à afpirer un nouveau fuc. L'huitrc a la chair 
molle, & une membrane blanche, contenant une ma» 
tiere marbrée , d'un jaune & d'un brun obfcur , qui pa* 
roifîent être les inteftins 5 c'eft fans doute, de cette 
matière épailfe & coagulée , que fort l'humeur laiteufe^ 
qui perpétue fon efpece , & produit la femencc. Cette 
humeur laiteufe paUe par ditterens degrés daccroiflè- 
ment, avant de lailfer entrevoir les deux écailles ren* 
fermées dans le centre de fon enveloppe. Cette mafïc 
glaireufe vivifiée par de petits vers rouges , & portée 
par les vents & les flots fur les branches de raangliers 
qui bordent les côtes ftériles de la mer dans l'île de 
Caïenne , produit des huitres qui donnent d&s perles p 
& qui paroiflent pendre des branches de ces arbres. 

L'huitre n'a que deux tendons ou attaches, d'une 
couleur violette foncée , qui la joignent à fes deui 
écailles, dont la fupérieure eft ordinairement plate ; 
l'autre eft creufe , & contient tout le corps de cet animal. 
Elle a été anatomifée par Lifter & Willis dont les figures 
ne fe rapportent point à celles des huitres de nos mers» 

L'huitre , nommée le pied d'âne ou fpondyle , n*a 
d'autre différence que dans fa charnière , confîftant en 
deux boutons arrondis , qui renferment le ligament»' 
difpofés de façon que les boutons de la valve fupé*- 
rieure foient reçus dans les cicatrices de l'inférieure. Le 
ligament de cette nature coriace fe trouve entre les 
jboutons , & fert à la charnière des deux valves. 

Frai & temps de la maladie des huitres. 
Les auteurs avouent qu'il n'eft pas plus facile de (^« 



iji H tJ 1 

couvrir les parties de la génération de l'anîmal 3arfs lèi 
huîtres , que d'en diftinguer les mâles d'avec les femel- 
les : cependant on fait qu'au mois de mai ces animaux 
jettent leur frai qui eft de figure lenticulaire , & qui 
paroît relTembler à-une goutte de fuif. On apperçoit , 
avec le fecours d'un bon microfcope dans cette fub-r 
ftance laiteufe , une infinité d'œufs , & dans ces œufs 
de petites huitres déjà toutes formées. Le frai , ou la 
femence d'huitres , s'attache à des rochers , à des pier-^ 
res , à de vieilles écailles , à des morceaux de bois & à 
d'autres chofes femblables difperfées dans le fond de 
la mer. On conjediure avec raifon que les œufs com- 
mencent à fe couvrir d'écaillés dans l'efpace de vingt- 
quatre heures. 

Les huitres font malades & maigres après avoir 
frayé ; mais au mois de juin & de juillet , elles com- 
mencent à fe mieux porter , de forte qu'au mois d'aouf 
elles fe îrouvent parfaitement guéries. Lifter & Willis 
prétendent que la maladie de l'huitre fe comioît dans 
le mâle à une certaine matière noire qui paroît dans 
les ouies j & dans les femelles à la blancheur de cette 
matière. Au mois de mai , il eft permis aux pêcheurs, 
fuivant les réglemens , de pêcher toutes fortes d'huitres , 
& comme l'on compte fouvent fur une feule pierre ou 
une feule écaille , jufqu'à vingt petites huitres , il leur 
cft enjoint pour la multiplication de l'efpece , de les 
remettre à la mer. Le mois de mai pafTé , ils ne peu- 
vent plus4>êcher que des huitres d'une grandeur raifon- 
nable. Quant au frai que les pêcheurs ont détaché des 
pierres , & aux huitres encore tendres , ils les mettent 
comme en dépôt dans un certain détroit de mer , oà 
elles croilTent & s'engrailTent de manière qu'en deux 
©u trois ans elles parviennent à leur perfe£lion. 

Pour rendre les huitres vertes , les pêcheurs les ren- 
ferment le long des bords de la mer dans des foffes pro- 
fondes de trois pieds, qui ne font inondées que par les 
marées hautes à la pleine & nouvelle lune , y laiflanc 
-^ éfpieces d'édiifes pw. ow l*ea\i reflue, juTqu'a ce. 



Qu'elle foit abaîflee de moitié. Ces fûfTeS verdilTent; 
Ibit par la qualité du terrcin ^ foit par une èfpece de 
petite moufle qui en tapiffe les parois & le fond , 
ou par quelquautre caufe qui nous eft inconnue y & 
dans 1 efpace de trois ou quatre jours ,Ies huitres , qui y 
ont été renfermées , commencent à prendre une nuance 
verte. Mais pour leur donner le temps de devenir ex- 
trêmement vertes , on a l'attention de les y laifTer fé-'. 
journer pendant fîx femaines ou deux mois. 

Les huitres vertes , que l'on mange à Paris , vienneiïC 
ordinairement de Dieppe. Les meilleurs & les plas 
eilimées font celles qu'on pêche en Angleterre ; oà 
en tranlporte auflî en Saintonge vers les marais falans, 
bu j par le féjour qu'elles y font , elles acquièrent une 
couleur verdâtre , & prennent un goîit beaucoup plus 
délicat qu'auparavant. Les huitres aiment l'eau douce î 
elles y engraiflent Beaucoup, & elles y deviennent 
excellentes. Au contraire celles qui fe trouvent fort 
éloignées des rivières , & qui manquent d'eau douce^ 
font dures , ameres , & d'une faveur défagréable. Les 
huitres vertes font très recherchées , &'avec raifon ; 
mais comme la fupercherie fe glifl"e dans toute forte 
de commerce , on y eft quelquefois bien trompé :; 
c'eft pourquoi il faut fe méfier de la couleur verte 
artificielle que Ion fait fort imprudemment leur 
donner. 

Les auteurs de la fuite de la matière médicale difent',' 
fur le rapport de Rofinus Lentilius , qu'à la Haye Tam- 
baflàdeur d'un grand prince ayant inviré quelques per- 
sonnes diftinguées de l'un & de l'autre fexe, à un re- 
pas fomptueux où rien ne manquoit , y fit fervir des 
huitres vertes qu'on croyoit venir des côtés d'Angle- 
terre, que tous ceux qui en mangèrent fe trouvèrent 
mal fur le chainp, fouffrant des anxiétés, & vomifîànt 
avec des eCorts énormes, de forte qu'ils eurent beaucoup 
de peine à fe rétablir : qu'enfin on reconnut pardes in- 
formations que l'huitrier ou le vendeur d'huitEe avoic 
teint des huitres communes avec du verd de gris, afin dç 



{es éîre paflêrpôur de véritables Huitres d'Angleterre» 
Sentimens des anciens fur les huîtres bonnes à manger^ 

Les anciens ont cru que les huîtres & ks autres co* 
quillages croifToient avec la lune , comme dit Cicé'» 
ion; oftreis & conchyliis contingere ^cum lunâ pa-iter 
erefcunt ypariterque decrefcunt. Ce fentiment, qui a été 
refiité par quelques modernes , a néanmoins été ap* 
puyé par d'autres auteurs, comme M. Mead , célèbre 
médecin de Londres , dans Ton traité de imperio Jolis 
fic lunsL y in corpora humana & morbis indè oriundis. 

Pline dit qu'il y a dans la lune des effets qui lui font 
propres à l'égard des huîtres , qui font de les arrofer & 
de les huraefter par une chaleur tempérée : c'eft pour- 
quoi la lune nourrît & entrèrent les humeurs , comme 
le foleil féconde tout par fa chaleur \ in causa funt pro* 
jpriA iuns effeâiones ^qua/unt rigarc , 6» mediocalore hu* 
meéiare : iuna igitur kumores ûlit ^ régit ^ quemadmodunt 
folfuo calore f^cundat omnia. Le même ancien natura- 
îiftc rapporte que l'on ctoit fî friand de fon temps des 
huîtres , que chacun vantoit la façon de les foire naître ou 
produire, que c'étoit le mets favori des feftins , ainlî que 
les ourfîns , & qu'on mettoit un grand prix a cenaiiies 
efpeces; ce qui â donné occafion à cenfurer plufîeurs 

fourmands d'huîtres. Ceft ainfî qu'Horace exprime la 
élîcateflê & l'aptitude de leur goût , OJirea qui callent 
frimo deprendere morfu. Chacun faîfoit l'éloge des 
uitres de fes côtes ou de fon pays : Horace , dans fa 
quatrième fatyre vante celles de Circé, qui font noires, 
avec d'autres coquillages , favoir , le conchylium , le 
Viurex , les ourfîns & les peignes. 

Ijuhrîca nafcentes impUnt conchylia lun^e; 
^<d non omne mûre eji generoft fertile teJléC g 
Jidurice bëjano melior lucrina peloris s 
OJîrea Circieis » Mijeno oriumur eehini i 
TcSiinibus patdis ja&at fe molle Tawaum 



H y î 155 

Les anciens eftimoient les huîtres d'AbyJe ou d'A- 
Vyd^na , ville fituée fur le détroit des Dardanelles ; 
celles du lac Lucrin en Italie prodie Pouzole , celles 
de Brindes , ville de Calabre : ces dernières pour le 
gouc &: la bonté le difputoient avec les ejpeces du lac 
Lucrin qui étoient recherchées. Strabpn rapporte que 
l'on trouvoit les huitres les plus belles fur les détroits 
de Cumes j Ariftote dit qu'on les nourrifToit d'algue 
Cm celui de l'Helleipont qu'on appelle à préfent le dé- 
troit de Gallipoli. Bembus donnoit la -préférence aux 
huitres de Venife & à celles de la mer Adriatique. 

On préfère les huitres de Bretagne à toutes celles 
des autres côtes de France. Celles de SaintongepafTenc 
pour être plus acres j & les huitres de Bourdeaux , qui 
ont un goût excellent , ont la tête noire. Les efpeccs 
d'Angleterre font plus eftimées que celle de France , 
d'Italie & d'Allemagi>e y mais chaque çute fournir 
des huitres dont les écailles font de différentes cou- 
leurs. Il y en a en E^agnc qui font roulfes ou rouges : 
d'autres en Illyrie de couleur brune, & dont la chair 
eft noire : dans la iner rouge elles font de couleur d'i- 
ris : en d'autres endroits, la chair Se l'écaillé font noires, 

Apicius, qui a écrit fur la cuilîne , envoya d'Italie en 
Perfe , à l'empereur Trajan , des huitres auffi fraîches 
que le jour de leur pêche. Il avoit appris une mçthodç 
de les conferver qu'il a tenue fecrette. Le chancelier 
Bacon dit que les huitres de Çolchefter, étant mifes 
dans des puits qui ont coutume d'éprouver le flux & Iç 
reflux de la mer, fans toutefois que l'eau douce leu^ 
fnanque , s'engraiffent , & croiflent davantage. 

Le père Martini , jéfuitc , dans fon hiÀçire de la 
Chine , ^ plufleurs autres auteurs , i-apportent que lc$ 
Chinois pilent & écrafent les huitres , qu'ils en expri- 
ment le frai , & que l'ayant répandu par gouttes dans 
des i^iarais , il en naît des huitres en abondance : mais , 
f*elon fobfervation du dofteur Rofinus Lentilius , in- 
férée dans les Ephémérides d'Allemagne y. centuries 
VII & VIII , année 1715» jpa^* 45<>> 9P^ ^^ pemlâiis 

I iv 



"t-ié H U I 

tomber êans une erreur grofTiere ajouter foî auï rapt 
ports des voyageurs qui voudroient nous faire ac- 
croire qu'à la Chine & ailleurs on feme dans des eC- 
peces de marais des huitres pilées ou hachées : la vé- 
rité eft qu'en certains pays , aux environs' de Conftan- 
tinopie, dans le Bofphore de Thrace , on feme, pour 
ainfî dire , tous les ans , non des huitres coupées par 
morceaux , mais des huitres toutes entières. Ce font 
les Grecs principalement qui y amènent des navires 
pleins d'huitres , qu'ils jetent pêle-mêle dans là mer , 
pour en avoir des provifions à fouhait j ce qui fait que 
tous les jours , fur - tout en carême , il s'en trouve 
abondamment à la poiflbnnerie. 

Huitres qui s'attachent a des branches d* arbres'* 

Le pcre du Tertre , dans fon hiftoire générale des 
Antilles , dit avoir vu dans une petite île , proche de 
la Guadeloupe un grand nombre d'arbres fi chargés 
d'huitres , que leurs branches en rompoient. On en 
trouve entr'autres fur un certain arbre nommé paletu- 
vetier, qui croît au bord de la mer. Il s'y attache auflî 
d'autres poifTons a coquilles. La raifon de cette par- 
ticularité , c'eft que les arbres où l'on trouve ces hui- 
tres 5 étant plantés fur le rivage de la mer, les vagues 
qui s'en élèvent mouillent les branches qui s'abaifîent 
le plus, & y portent le frai de l'huitre , lequel s'y atta- 
che , s'y englutine & y éclôt enfuite en petites huitres. 
Pour ce qui eft de la nourriture de ces petits animaux, 
«llefe fait facilement, car leurs coquilles par leur pe- 
fanteur contraignant les branches de l'arbre à fe cour- 
ber, font rafraîchies deux fois le jour par le flux & le 
reflux de la mer. On voit deux fortes d'huitres a la 
Guadeloupe : la première, à l'exception de fapetitelîe, 
eft fort femblable aux nôtres. La féconde eft toute 
plate 5 & a une petite houpe de poils dans le milieu , 
comme un petit barbillon : elles font fi dures qu'on ne. 
peut en manger. 



H U t Ï57 

■ M. Acïanfôn, Jans Ton hiftoire des coquillages du 
Sénégal, dit qu'il n'y a pas long-temps que l'ontrou- 
voit encore des huitres fur les mangliers du Niger , 
près rîle du Sénégal , & qu'aujourd'hui on n'en voit 
plus que dans le fleuve de Gambie , & dans les rivières 
de Pilfeau où elles font communes. L'île de Gorée 
Se celles de la Magdelaine en fourniffent aufli de diffé- 
rentes efpeces. On en trouve auflî à la côte d'or , fî 
communes, que les écailles fervent à faire une chaux, 
que les Anglois mettent en œuvre pour les. édifices 
qu'ils ont dans ces contrées j mais en 1707 les Hollan- 
dois , dans la vue de leur ôter ce fecours , bâtirent un 
fort de fept ou huit canons , avec une garnifon pour la 
garde des huitres. 

Finch obferve que la baie de Serra-Leona produit 
beaucoup d'huitres , & qu'elles s'attachent fur le rivage 
aux pieds de certains arbres de la forme du faule , mais 
qui ont la feuille plus large & de l'épaifleur du cuir , 
avec de petits boutons comme ceux des cyprès. Les 
branches de ces arbres font de la groffeur d'une canne 
ordinaire , unies en-dehors & moelleux dans l'intérieur : 
celles qui s'abaiflent font fi couvertes d'huitres , que 
l'on s'imagineroit que c'eft l'arbre feul qui les produit 
avec le fecours de l'eau falée. 

Les huitres de mangrove tiennent aux pointes des 
branches de l'arbre de ce nom. Le mangrove rouge 
vient toujours dans l'eau falée. Les huitres , qui aiment 
le goût de cet arbre, s'accrochent par tas à fes branches, 
fî bien qu'il n'y en a point qui n'en foit garnie. Ces 
huitres n'ont point de goût , quoiqu'il y ait des perfon- 
lies qui en mangent. Leurs coquilles font de couleur 
de perle , très minces & tranfparentes j c'eft pour cette 
même raifon que les Efpagnols s'en fervent au lieu de 
verre. 

Il y a plufieurs fortes d'huîtres , que Ton trouve en 
Amérique attachées aux branches de manglier : elles 
font ordinairement plus petites , & avec des écailles 
plus minces que les autres efpeces. Les unes font oblo3>; 



t}$ H U I 

gues , dont le teft s*enleve par feuilles , elles Corn blan^ 
châtres , en partie fauves & violettes. Les huitres , que 
les Conchyliologiftes nomment hirondelles , fe grou- 
pent auffi fur des arbres & fur des lithophytes , princi- 
palement les efpeces épineufes de papyracées. Les 
huitres , appellées la feuille , confervent fouvent une par- 
tie des branches d'arbres auxquelles elles s'attachent , 
•u au moins les empreintes. 

Effet pkofphorique des vers accoucheurs des huitres» 

M. Deflandes dit que les huitres font remplies d'une 
iûfinité de petits vers rougeâtres dans la faifon où elles 
jettent leurs œufs. Ceux qui remuent de gros tas d'hui- 
très pendant la nuit, apperçoi vent quelquefois fur leurs 
écailles des particules lumineufes , comme de petites 
étoiles de couleur bleuâtre. On voit facilement ces 
petits vers pendant le jour par le moyen du micro- 
icope ou d'une loupe. Plufieurs autres poiiîbns rendent 
ftuflî de la lumière dans la mer, comme l'a obfervé M. 
Deflandes , mais il n'y a guère d'apparence que ce 
foit toujours par des vers : aufli l'auteur a-t-il trouvé 
que tous les grands coquillages bivalves, fur-tout cer- 
taines grofles moules , qui dans l'Océan s'attachent au:ç 
fonds des vaiffeaux , produifent de la lumière. En fup- 
pofant qu'on les traite comme les huitres j c'eft-â-dirc 
qu'on les porte dans un lieu prefqu'obfcur , & qu'on les 
(ecouc violemment ; cette adion répétée met en mou- 
vement les particules falino-fulphureufes , dont ces co- 
quillages font imprégnés , & les rend de véritables 
nodiluques ou des efpeces de phofphores. Mais de 
quel ufage peuvent être ces petits vers rougeâtres aux 
huitres fécondes , & feulement dans ^a faifon où cetçç 
fécondité fe déclare ? M. Deflandes con jedure qu'ils leur 
fervent pour ainfi dire d'accoucheurs» 

M. de Réaumur & d'autres auteurs leur donnent auflî 
ce nom , & difent qu'ils excitent , d'une manière qui 
»ous eft inconnue , les organes deftinés à la geAçr^- 



nul U9 

tîon. Pour s'en aflîirerM. Deflandes a répété plu(îeurs 
fois rexpérience qui fuit. 

Cet obrervateur a pris des huitres fécondes , & les a 
mifes vers le mois de mai dans un réfervoir d'eau falée ; 
elles ont laifle une nombreufe poftérité. L'auteur en a 
pris de la même manière de celles qui lui paroiflbient 
fécondes, mais il s'eft fervi d'une main adroite pour en 
retirer les petits vers qui y étoient renfermés. Ces huî- 
tres n'ont rien produit , & la ftérilité a régné dans le 
xéfervoir où elles avoient écé placées. Ces vers accou- 
cheurs , dont M. de Réaumur & d'autres naturalises ont 
parlé , font tout-à-fait difFérens de certains vers blan- 
châtres & luifans, qu'on trouve encore dans les huîtres , 
ic qui pour la première fois furent obfervés en î666 
par M. de la Voye, ingénieur en chef à Breft Ces vers 
refTemblent a une groffe épingle, &ils ont depuis cinq 
jufqu'a huit lignes de long. Rien n'eft plus difficile que 
de pouvoir examiner ces vers en entier : car au moin- 
dre attouchement & à la moindre fecoulTe , ils fe réfoN 
vent en une matière gluante & aqueufe , qui s'attache 
même aux doigts ; il eft comme împoflible qu'en ma- 
riant ces huîtres on n'enlevé quelques vers lumineux. 
Voilà pourquoi les vers brillent alors , ainfî que le 
feroient des grains de phofphore écrafés fur du papier 
blanc : mais toutes les huîtres ne donnent pas lieu â 
Cette expérience ; fur un panier de deux ou trois cens, 
à peine en trouveroit-on vingt ou vingt-cinq qui aient 
des vers luifans : encore ne les ont-t'elles pas dans tou- 
tes les faifons. Des années même fe paffent fans quon 
en décotvre aucun. Quoi qu'il en foit , M. Deflandes s 
toujours remarqué que les grofTcs huîtres font préfc- 
tables aux petites, & quelles étincellcnt davantage. 

Ennemis des huîtres. 

Aldrovakdus dit que les huîtres, en général, 
ont pour ennemis les crabes & les étoiles de mer y 
d'autres auteurs y ajoutent la grenouille pêcheufe , les 
pétoncles ôc les moules. Les crabes défirent teUcraeac 



$4-0 H U I 

des huîtres , félon plufîeurs naturalises , qu'il» ont r^ 
cours à un ftratagême , afin de pouvoir en attraper la 
chair , & <ie la faifir fans rifquer de laiffer leurs pattes 
prifes entre leurs battans , le voici : les crabes épient 
Toccafion ou l'inftant que les huitres tiennent leurs 
écailles béantes à l'abri du vent pour fe ranimer aux 
rayons du foleil : aufli-tôt qu'ils les voient dans cette 
heureufe pofîtion , ils s'avancent fans bruit en leur jet- 
tant une pierre dans leurs coquilles , de manière que 
ne pouvant plus fe fermer ou fe rejoindre , ils jouillent 
aifciîient de leur butin , en extirpant la chair en toute 
fureté , & en la mangeant enfuite. Quelle finefle I dit 
Aldrovandus, pour des animaux qui n'ont ni l'ufage de 
la raifon ni celui de la parole : ea verfutia eft anima," 
lium quA neque rationii neque vocis ufum habent. Cet 
auteur rapporte le même fait d'après faint An^broife 
en ces termes : Memink ftujus quoque verfutia dïvus 
jimbrofius his verbis. Cancer oftreis vefcitur j fed quia, 
.cjîreum claufum nullâ vi aperiri potefi , pericuiofumque 
efi fi chetam ejus indudat , ad argumenta confugit , 6» 
mfidias nova fraude molitur. Explorât enim fi quando 
cfircum a remotis in locis ab omni vento contra folis ra^ 
dios dipticum illudfuum aperiat» ut a'ére libero vifi^erum. 
fuorum voluptatem quandam capiat : & tune clancula 
êdlculam immittens , ofirei conclufionem impedit : ficque 
aperta clauftra reperiens , tutb chelas inferit , vi fixera.- 
que interna depafcitur. Le crabe mange des huitres , dit 
jfaînt Ambroife ; mais parce qu'il ne lui eft pas po/ÏÏ- 
ble d'ouvrir une huitre fermée par aucun eifort, & qu'il 
expoferoit d'ailleurs fes pattes au danger d'être prifes 
entre les écailles ; il a recours à un raifonnemcnt pour 
lui tendre des pièges par un nouveau ftratagême : le 
voici; il examine Tinftant où 1 huitre ouvre fes battans 
aux rayons du foleil , dans un lieu écarté , à l'abri du 
vent , qu'elle prend un plaifir marqué ou qu'elle fe dé- 
leâ:e , à donner un certain efîbr à fes différens re- 
plis , ou â leur procurer un air libre j fur le champ le 
crabe jettant fans bruit une pierre dans fes yalves , Iss 



H TJ I 141 

'éfflpêcîie de fe refermer , & trouvant une entrée li- 
bre , il introduit {es pattes , & fe repaît de la chair de 
riiiiitre. 

Ifîdore fait aullî mention de cette petite manœuvre 
(du ctahCyCÙm tejlam ^perit ojlrea, ut cUmentioris aura 
glorUtur, cancer infîdias ei repintinas pratendit ^ & la- 
pidtm inur €Jus teftas prcjic'a ^ ne illas conjungere pcf- 
fit ^^ fie oflrtœ. carnes corrodit. 
' Aldrovandus ajoute que les étoiles marines fe cram- 
ponnent avec leurs pactes ou leurs rayons entre les 
valves de Thuitrelorfqu elles fè trouvent entrouvertes, 
de façon que les empêchant de fe fermer, elles s em- 
parent & fe rempliflent de fa chair : ftella marina. 
€/?<w o^rti hiantes claudi prohïbâns j carne impletur, 

Qualités des huUres^ & leurs propriétés en médecine. 

Les huitres contiennent beaucoup dliuile , de phle- 
gme & de fel volatil & fixe. Il y a un grand nombre 
à'huitres qui font bonnes à manger, & dont les anciens 
faifoient leurs délices auffi-bien que nous. Au rapport 
de Macrobe , on en fervoit toujours fur les tables des 
pontifes romains. 

On doit choifir les huitres nouvelles , d'une gran- 
deur médiocre, tendres, humides,délicates, d'un bon 
goût, & qui n'aient pas été priiès dans les eaux faîes 
& bourbeufes , mais dans une eau claire & nette , fur- 
lout vers les embouchures des rivières : car les huitres 
aiment l'eau douce , y engraiffent beaucoup & y de- 
viennent excellentes : celles au contraire , qui fe trou- 
vent fort éloignées des rivières , & qui manquent d'eaa 
douce font dures, ameres& d'une faveur défagréable. 

Bclon appelle l'huitre le meilleur des teftacéesj les 
anciens & les modernes l'eftiment comme un mets ex- 
quis : cependant elle n'efl pas univerfellejnent approu- 
vée, ni du goût de tout le monde. Les uns biamenr 
ce mets , les autres le louent : car fuivant les auteurs 
de la matière médicale , il y a des pcrfonnes qui dé- 
,|eilen( l'huitre , & pour lefquelles T^m^l eil eo ^iver;; 



■i4t H U I 

lion jufqu*au point d'admirer la hardiefîè dé celui qui 
le premier ofa l'approcher de fa bouche. On prétend 
^ue ce fut la faim qui contraignit d'abord a en goûter^ 
êc que dans la fuite on tourna en luxe ce qui n'avoit 
été pris auparavant que par une dure nécefUte: de pluS| 
il paroît révoltant & contre la nature de dévorer des ani* 
maux vivans : auiîî cH-il arrivé que des perfonnes, qui 
avoient les huitres en horreur , & qui néanmoins s'é- 
toiônt forcés d'en manger par complaifance ou par dé-« 
bauche , les ont rejettes plufieurs jours après , au moyen 
d'un vomitif. Suivant l'opinion la plus généralement 
leçue, les huitres exciten^l'appetit & pouffent les uri- 
nes, mais elles nourriffent fort peu, & la digeftion qui 
s'en fait dans l'eftomac eft plutôt une fimple diffolu- 
tion qu'une vraie digeftion j c'eft-a-dire, que l'huitre 
fe confume dans l'eftomac fans y produire que très peu 
de chyle. Elle fe réfout prefque toute en eau, & cette eau 
qui eft de la nature de celle dont l'huitre fe nourrit dans 
la coquille , c'eft-à-dire un peu piquante , irrite dou- 
cement les fibres de l'eftomac & des inteftins; ce qui 
l'empêche de féjourner longtemps, & eft caufe qu on en 
peut manger un afTez grand nomb e fans en être in- 
commodé , fur-tout fi l'on boit par-defTus , non pas du 
vin qui les durcit &c les racornit dans l'eftomac , mais 
de la bière qui les rend d'une plus facile digeftion: 
auftl voit-on une iniînicé de gens en manger, foir & 
matin , une fort grande quantité , fans en refTentir aur 
cun mal. 

On penfe alTez communément que les huitres font 
plus faines crues à caufe du fel volatil qu'elles contien- 
nent , qui fe diftipc par le feu, & nous croyons bien, 
difent les auteurs de la matière médicale , que les bons 
jcftomacs doivent mieux s'en accommoder; mais ceux 
qui ont ce vifcère débile ont de la peine à les fupportcr 
de la forte, à caufe de leurs parties vifqucules& gluan- 
tes qui les rendent propres à former des crudités. Elles 
font fort faines cuites far les charbons dans leurs pro- 
pres coquilles avec un peu de beuire & de pain rapéj 



!I Ù î 14, 

«îles Conviennent alors à toutes fortes d'eftomacs , 
aufTi-bien que celles qu'on accommode avec une fauffc 
au beurre , Se quelques légers aflaifonncmens j mais 
celles qui ont pafle par la poêle ou qui font frites ,foit 
fimplement ou avec de la pâte , font fort mal-faines. 
Au refte , de quelque manière qu on les mange, cliec 
nuifent à ceux qui abondent en pituite , & ne con- 
viennent qu'aux tempéramens bilieux & à ceux qui ont 
Teftomac robufte. Ceft la remarque deplufieursfavans 
médecins , & l'expérience fait voir qu'ils ne Çé trom- 
pent point. 

La chair des huîtres , félon les auteurs ci-deflùs men- 
tiennes , n'eft pas d'ufage en médecine : quelques-uni 
cependant la recommandent dans le fcprbut & dans la 
goutte , à raifon de l'huile & du fel volatil qui abo^ 
Sent en elles j mais comme elles font fujettes à former 
^es crudités , nous croyons qu'il eft mieux de s'en ab- 
ftenir , & qu'elles font plus propres à entretenir le plai- 
(îr que la vie des hommes. On fait ufage de leurs écail- 
les j c'eft un des meilleurs remèdes de la médecine pour 
abforber & corriger les aigreurs de l'eftomac, &pour 
en rétablir les fondions , lorfqu elles font troublées pat 
un acide furabondant qui y domine. Ce remède eft 
éprouvé ; on emploie tous les jours avec fuccès les 
écailles d'huitres calcinées & pulvérifées pour la gué- 
rifon des perfonnes qui font malheureufement atta- 
quées de l'hydrophobie ; on en fait ufage dansWdyffen- 
terie , mêlée avec du miel ou du vin dans lequel on à 
plongé un fer rougi au feu. La poudre d'huitres cal- 
cinées entre auflî dans la pharmacie pour l'ufage de di- 
rers onguens. On l'emploie quelquefois, par exemple, 
pour les plaies ou les ulcères invétérés & finueux, 
iorfqu'elle eft mêlée avec de la grailTe de porc ou avec 
d'autres matières. 

Les huitres en général ont diverfes propriétés con- 
nues dans la médecine. Il y a des perfonnes (iijettes à 
dés rétentions d'urines qui fe trouvent foulagéés par 
le âéquent idage d'en manger. EUes font bonnes auii£ 



T44 H U I 

pour diiïîper les défluxions du cerveau. On préten4 

qu elles excitent à la luxure. 

Pour reprendre le genre des huîtres qui pique da- 
vantage la curiofité des Conchyliologiftes autant par 
leur rareté , que par la beauté, la lingularitél& les variétés 
de leurs coquilles. Voici l'ordre fous lequel elles font 
rangées dans le catalogue de M. Davila. 

Les huitres , dit ce Conchyliologifte , font carafté- 
rifées par l'excès plus ou moins grand de l'une de leurs 
valves fur l'autre, & par la propriété générale & con- 
fiante de s'attacher entr'elles ou à d'autres corps. Toutes 
celles qui font parvenues à fa connoiffance , peuvent 
fe rapporter à l'un des quatre genres fuivans : favoir , 

1**. Les huitres dont les valves font corapofées de 
plufieurs couches ou lames, formant une furface quel- 
«juefois lifTe & le plus fouvent raboteufe ; ce font les ' 
huitres , proprement dites : comme les elpeces nom- 
mées la felle polonoife , l'huitre tranfparente , ou la 
vitre chinoife , la pelure d'oignon, la mere-perle, la 
pintade , la biftournée , l'hirondelle , la cuilfe , l'équerre , 
le marteau, la crête de coq, la feuille , le râteau , la 
corne d'abondance, la corbeille, la pirogue , &c. 

x°. Les huitres qui font couvertes de feuilles rele- 
vées, pliiïees, comme frifées & finiffant en fefton , 
nommées pour cette raifon huitres feuilletées: favoir, 
Je gâteau feuilleté , & un grand nombre d'efpeces dif- 
féremment feuilletées & de diverfes couleurs qui fe 
trouvent dans l'Amérique , & les huitres de la mer 
rouge. 

3". Celles qui font chargées de ftrieslongitudinalesV 
hérilTées d'épines grandes & petites , & dont le fom- 
met de la valve inférieure eft applati , prolongé en de- 
hors, & plus ou m.oins recourbé , nommées huitres épi- 
neufes, fpondyles, ou huitres a talon; favoir l'huitre- 
feuille , le pied d'âne, l'huitre à feuilles de perfîl, 8c 
les variétés des huitres épineufes. 

4**. Les huitres dont lefommet de la valve inférieure 
çft pçreé d'ua crou & recourbe en forme de bec fur 

celui 



H U I 145 

Celui de la valve fupérieure, nommées généralement 
anomies ou térébratuies, dont les efpeces s'appellent 
le bec de perroquet, la poulette ou coq & poule j le 
fcarabée, & les anomies de Magellan. 

M. Adanfon confidére le genre des huîtres, comme 
celui des bivalves qui s'éloigne le moins des operculés. 
Cet auteur en a obfervé fept efpeces aux environs du 
Sénégal , qu'il appelle gafar , garin , bajet , rofel , gu- 
ron , vetan & fatal. Voye:^^ Ces mots. 

HUITRE COMMUNE, autrement HUITRE A 
L'ECAILLE , ou ÉCAILLEUSE. Oftreum vulgarc 
fquammofum ^inauriîum y/împlici ginglymo inauritum j 
coloribus luteis & cineraceis nebulatum. C'eft l'efpece 
que l'on pêche en Europe, principalement fur les côtes 
de France, en Angleterre, dont les valves font en gé- 
néral chargées d'écaillés ou de lames appliquées pat 
gradation & d'une manière tranfverfales les unes fur 
les autres, d'une couleur grisâtre & boueufe. Le battant 
fupérieur eft applati, & la contrepartie eft concave pour 
fervir de bafe à l'animal qui y rélîde. Leur fommet, qui 
eft uni , n'a point d'oreillons latéraux comme dans les 
fponûyles,& l'endroit de la charnière ne montre qu'un 
fort ligament qui contient fermement les deux écailles 
dans fon reflbrt. La forme des huitres à l'écaillé eft 
ordinairement plus allongée que ronde, avec un côté 
un peu échancré fans décrire l'arc dans cette portion 
de fa circonférence, comme dans la partie oppofée. La 
furface intérieure de ces fortes d'huitres montre en gé- 
néral une faufte nacre blanchâtre, nuée légèrement de 
verd dans quelques endroits. Ces coquillages , q*i font 
connus de tout le monde pour être bons a manger , 
ont leurs variétés , félon les différentes côtes maritimes 
d'où elles proviennent, par leurs diverfes grandeurs, 
leur épaifïeur & leurs couleurs qui n'offrent rien d'in- 
téreffant pour la vue. 

Les huitres communes viennent de Dieppe dans la 
haute Normandie, de Cancale dans la haute Bretagne , 
iz Marannes dans la Saimçnge, de la Rochelle dans 
Tome IL K 



14<Î H U I 

la provineô d'Aùnis , de Médoc dans la Guienne en 
Bourdelois, des côtes d'Angleterre & ailleurs. 

HUITRE DE MEDOC. Ceft l'eCpece commune 
dont Rondelet fait mention , de Teflacds , lib. 37 5 & 
eue ce naturalifte met au rang des liuitres , nommées par 
les Latins pelagia , qui viennent en haute mer. On 
porte leshuitrcs de Médoc à Bourdeaux, dit Rondelet, 
contrée peu éloignée de cette ville; c'eft pourquoi les 
habitans les appellent huîtres de Médoc. 

HUITRE DE RIVIERE. Celle-ci fe trouve dans 
les étangs & les rivières ou les eaux voifines de la mer. 
Les anciens nommoient ces fortes d'huiires , pour cette 
raifon, ofhea limnoflrea. Foye:^ le mot Huître. 

HUITRE ÉPINEUSE autrement dit , HUITRE 
SPONDYLE A TALON. OJireum jphwfitm velmu- 
cronibus & variis aculeis arinatum j valva: inférions 
acumine in talo prolongato diJlinBum ; cardine intégra 
vel exaEle umbonato , & valida ginglymo caaBum 5 co/o- 
rihus amaranthinis ^ purpureis , vel rubris diverfirnode 
ntbulatum ijpondylus appèllatum. L'huitre cpineufe 
où fpondyle compofe un genre par le nombre & la va- 
riété de fes efpeces , de manière qu'il eft rare de trou- 
vrer deux huitres épineufes parfaitement refTembîan- 
tes par leurs diverfes couleurs, l'étendue &la ligure 
de leurs plointes, par le prolongement du talon ou du 
Commet de la valve inférieure , les différentes conve- 
xités des battans, lesadhéfions & tous les accidens avec 
lefquels ces fortes d'huitres fe rencontrent. 

Le cara£lere générique des huitres épineufes ou fpon- 
dyles eft d'être compofées de deux valves chargées de 
pointes, de lames, de crochets & d'épines ,lefquelles 
le rencontrent le plus fouvent fur des ftries & des can- 
nelures longitudinales plus ou moins ferrées & inéga- 
les \ d'avoir le fommet de la valve inférieure applaric 
en deffus, excédant celui de la valve fupérieurc depuis 
plufieurs lignes jufqu'à plus de deux pouces , enfe pro- 
lono-eant en angle de corniche ou en manière de ta' on 
plus ou moins recourbé en difFérens fensj ce qui a fait 



H U I 147 

appeller aufli ces bivalves armées, huîtres à talon; d'a- 
voir deux oreillons éqiiilatéraux à côté des fommets. 
La charnière eft compofée de deux grofîês dents ar- 
rondies en forme de boutons, & de deux autres pe- 
tites /ituées aux côtés du ligament qui occupe le mi- 
lieu , lefquelles dents s'engrènent dans les cavités cor- 
refpondantes des deux valves : ce ligament eft très fort, 
cartilagineux, de couleur noirâtre & logé dans un fil- 
lon , qui fe prolonge jufque vers Textrêmité du talon. 
Les huitres épineufes les plus recherchées font celles 
des grandes Indes & de l'Amérique. La Méditerranée 
en fournit un grand nombre j entr'autres , les efpeces 
de Mahon & de Malthe. 

HUITRES ÉPINEUSES d'AMERIQUE. Ce font 
les efpeces en général qui approchent le plus du ca- 
radlere des huitres à talon , à caufe du prolongement 
de la valve inférieure dans fon fommet , & qui font le 
plus fouvent armées de pointes les plus longues. Ces 
fortes de fpondyles font d'une forme plus bombée que 
les huitres épineufes de la Méditerranée. Leur furface 
extérieure eft ordinairement plus colorée vers le fonv 
met de la valve fupérieure que far le refte de la coquille. 
Les couleurs ponceau , aurore , vermillon & rouge 
plus ou moins vives, font celles qui dominent fouvent 
fur un fond blanc, principalement vers le fommet de 
la valve fupérieure. Les huitres épineufes de l'Amé- 
rique ont un grand nombre de variétés dans leurs efr 
peces ; les unes font chargées fur leurs ftries longitu- 
dinales, de fix ou fept rangées de longues épines plus 
plates que rondes , obtufes & tranchantes à leurs ex- 
trémités, avec autant de rangées alternatives d'autres 
épines courtes & très aiguës. Les autres efpeces font 
garnies de pointes arrangées avec moins d'ordre , ou 
font placées çà & là au hafard: ces pointes font de di- 
verfes formes , longues ou courtes , larges ou déliées, 
fur-tout fur le battant fupérieur , tandis que le battant 
inFérieur eft chargé de grandes lames qui ont jufqu'à 
plus de deux pouces de longueur, lefquelles fe trou- 



I4« H U I 

vent incruflées dans des pierres ou des portions de ro- 
chers , & des madrépores y quelques-uns même ie trou- 
Tent compliquées dans des branches de corail oculé. 
La furface intérieure des valves préfente une faulTe 
nacre blanchâtre avec un liferé de coule-ur pourpre ou 
de la nuance dominante de l'huitre qui borde leur cir- 
conférence. 

Parmi les variétés des huitres épineufes de l'Améri- 
rique , on diftingue les efpeces appellées l'huitre à 
feuilles de perfil , & celle à mille ponites. 

RuMPHJUS , tab. 48. n. i. Ojlreum echînatum ci- 
neraim y fiamm'is rubris. Holl. Graauvc lazârus-klap , 
met roode vlammen j la cliquette des lépreux cendrée 
& flammée de rouge. 

GuALTJERl y lab. lOG. litt. A. Spondylus maxi^ 
mus y crajfijfimus & ponderojijjîmus : in dorfo validis 
fpinis , aut ojfeis aculeis infigniter exafperatus & mu- 
ricatus j aliquandb lamelîatus & fttiatus j ex albïdo & 
rofeo colore variegatus : intîis falebrofus , candidus j, 
mar^ine dentato , & veluti amento purpureo c'wBo. 

HUITRE ÉPINEUSE d'AMERIQUE ATEUIL- 
LES DE PERSIL. Oflreum/pino/um , feu Jpor.dylus 
India y occidemalis aculeis laciniatis inflru^us. Cette 
efpece eft ainfi appellée à caufe que fes ftries longitu- 
dinales font garnies de fix ou fept rangées de grandes 
épines , dont la plus paît font plus larges à leurs ex- 
ircmités qu'à leur origine , où elles forment autant 
de feuilles déchiquetées ou dentelées comme le per- 
fil. Sa couleur, qui varie, eft le plus fouvent rouge-pâlc 
ou incarnat. 

RuMPHius j tab. 48. n. 1. Ojlreum echînatum fan- 
fiuineum. L'huitre échinopbore de couleur fanguine ; 
Holl. Bloed roode lazarus klap 5 la cliquette des lé- 
preux de couleur fanguine. 

'^,^Argenville, pi. 19. lett. G, Cette huitre eft 
des plus rares par fes longs ramages applatis , déchi- 
quetés, & de couleur blanche, fur un fond couleur de 
f ofe : le deffous eft auffi beau & aulTi garni que le defîus. 



H U 1 149 

HUITRE ÉPINEUSE A MILLE POINTES. 

Ojlreum fpinofum , veL fpondylus Inditz occidentalis , 
innumeris aculeis , rotundis , plerifque recurvîs undique 
exafperatus. Cette huitre eft remarquable par fes ftries 
très articulées , hériflees dans toute leur étendue d'un 
très grand nombre de pointes aiguës , très Caillantes , 
affez rondes , inclinées , & dont plufieurs forment le 
crochet. Toutes ces pointes s'étendent jufqua garnir 
également les oreillons des valves. Le battant infé- 
rieur eft en plus grande partie chargé de pointes qui 
y font arrangées d'une manière plus ferrée que fur le 
battant fupérieur. La couleur de cette huitre eft blan- 
châtre , mais nuée de vermillon vers les fommets. 
L'huitre â mille pointes peut avoir beaucoup de varié- 
tés dans fon efpece , & acquérir la même dénomina- 
tion , lorfque les épines font plus nombreufes que fur 
les autres efpeces, fort proches les unes des autres, 
& aflez égalifées entr'elles. 

HUITRE ÉPINEUSE DES INDES ORIEN- 
TALES. OJlreurn fpinofum , vel fpondylus dïverfis fpi" 
nis & mucronibiLs armatus '•, acumine valvœ inferioris 
mediocrher in talo produâio dijlinElus ; valvis fapius 
ohlongis confhinu Les huitres épineufes des grandes 
Indes font plus recherchées par les Conchyliologiftes 
que celles de l'Amérique , & préfentent une plus grande 
diverfité dans leurs efpeces : elles font en quelque fa- 
çon remarquables par le talon ou le fommet de la valve 
inférieure qui forme un plan triangulaire moins allongé 
que celui des huitres américaines , quoique la coquille 
foit le plus fouvent plus longue ou moins ronde. 
Les pointes, dont les valves font hériffées , fe trouvent 
tantôt courtes , arrondies , groffes â leur bafe , aiguës 
à leur extrémité & fort ferrées ; tantôt elles font rares , 
applaties vers le haut , & entremêlées d'une infinité de 
petites épines. Leurs valves font toujours plus colorées 
vers leur circonférence que vers les fommets ; ce qui 
ne fc voit point dans les huitres épineufes de l'Améri- 
que, ïl y en a de blanches pondlaées de lilas ou d'au- 

Kiij 



150 H U î 

très couleurs ; d'autres qui font de couleur orangée 
avec un liferé dans le pourtour intérieur de la même 
nuance, ou fang de bœuf aurore. Il y en a de couleur 
pourpre foncé avec des pointes blanches & courtes ou 
gris de lin. On remarque , dans les huitres épineufes 
Orientales , que les pointes s'accumulent'vers la circon- 
férence des valves d'une manière très inclinée , & fou- 
vent recourbée en-deffous ; il y a néanmoins des efpe- 
ces ou ces pointes font dilpofées par compartiment 
de grandes & de petites pointes alternatives comme 
dans les huitres de l'Amérique. 

GuALTiLRiy tab. 10 1. litt. B. Spondylus oblon^ 
gus , rugofus , acuUis longis , craffis 6* valïdis , muri- 
Tcatus ; umhone magis producio , 6* velud pediculo do- 
nato : ex fulhalhido cmeniLS, 

M. à'ARGENViLLE , Utt. H. pL iç). Une huitre 
d'un rouge fale , avec quantité de pointes rondes de la 
même couleur. On reconnoît en-deffbus qu'elle étoit 
attachée à quelque corps long. Les charnières , les 
fermetures exades de ces belles huitres, leur parfaite 
confervation ne peuvent trop fe remarquer. . 

HUITRE ÉPINEUSE DE LA MÉDITERRA- 
NÉE. Ces efpeces,qui ne laiffentpas d'avoir beaucoup 
de variétés entr'elles , fe font néanmoins connoître , au 
premier a{]3eâ;, du Conchyliologifte. Elles diffèrent de 
celles des Indes orientales & occidentales, en ce que 
la valve inférieure eft moins concave en-dedans ou 
moins bombée en-dehors , & que d'ailleurs le fommet 
de la valve inférieure , quoique large, forme un talon 
plus court que celui des autres fpondyles ; il eft d'ail- 
leurs rarement bien confervé ou picoté de verniif- 
féaux , & le plus fouvent dénué de couleur. Les ftries 
longitudinales , qui font plus ferrées , moins fenfibles , 
n'occalîonnent point de cannelures variées & élevées 
comme fur les valves des hui:resde l'Amérique Si des 
grandes Indes : les pointes dominantes, dont elles font 
armées , font ordinairement plates , fur-tout à leur ex- 
trémité, principalement celles de la valve fupérieure , 



M U I 151 

tandis que celles de l'inférieure font prefque toujours 
dilïéremes, plus ou moins courtes, arrondies, & ai- 
guës vers le pourtour du battant ; les autres forment 
des lames ou des feuilles qui font inciullées dans des 
pierres , des madrépores ou d autres corps. Les coup- 
leurs dominantes ,qui ornent la furface extérieure des 
huitres de la Méditerranée , font les nuances araaranthe, 
violette ou pourprée , quelquefois mêlées de verd fur 
le battant fnpérieur , parce que celui de deflbus eft 
prefque toujours d'une couleur différente : cette valve 
inférieure préfente quelquefois une belle couleur oran- 
gée , lorfque la fupérieure eft de couleur pourpre , 
fur-tout dans fes pointes & fes faillies. Il arrive quel- 
quefois que le deflus de l'buitre eft aurore vers le fom- 
met, amarantbe dans le refte, & que le defTous eft 
nué de blanc , de verd , & qu'il ne fe trouve de couleur 
pourprée que fur les épines. On rencontre rarement 
des huitres épineufes blanches dans la Méditerranée , 
quoiqu'il s'en trouve par hafard de cette efpece qui font 
marquetées de pourpre. Celles qui nous font plus con- 
nues , viennent de Malthe , de Mahon ou des îles Minor- 
ques : leur forme eft généralement ronde, & elles ont le 
même caraftere des autres huicres épineufes quant a la 
charnière , leurs oreillons & le caprice de leur adhéfîon. 
HUITRES FEUILLETÉES. Ofirea lamellofafeu 
foliacea j g'mglymo exteriore , cardine intorto interiore 
& /éviter dento.to unit a 5 variis colorihus citrinis , 
fulphireis , & purpurafcentibus diverfimodè depiBa» 
Les Conchyliologiftes défïgnent ainfi les efpeces 
qui font chargées de feuillets de diverfes formes , 
inclinés , couchés & arrangés d'une manière circulaire 
les uns fur les autres. Ces huitres repréfentent un 
afîemblage de feuillages plus ou moins découpés » 
plifTés , détachés les uns des autres , parmi lefquels 
il y en a qui s'élèvent & s'allongent plus que les 
autres, â mefure qu'ils parviennent à la circonférence 
des battans. Ces feuilles fonc comme feftonnées dans 
leur terminaifon par leur inégalité , quoique la plupart 

K iv 



tçi H U I 

foient d'une feule pièce. Les huitres feuilletées ont <îe^ 
variétés dans leurs efpeces , autant par leurs différentes 
figures que par les couleurs dont elles font décorées. 
Les unes font rondes & bombées , les autres allon- 
gées & plus comprimées ; fouvent les^fommets des 
battans s'écartent l'un de l'autre d'une manière con- 
tournée , tandis qu'ils fe rapprochent dans les autres. 
La charnière, qui eft particulière a ce genre d'huitres» 
cft compofée de plufieurs moulures contournées , qui 
fe logent dans des rainures correfpondantes : ces mou- 
lures varient ; tantôt il y en a deux ou trois plus ou 
moins fenfîbles , principalement dans la valve infé- 
rieure , tantôt il n'y en a qu une feule , large , affez 
forte , & fur laquelle on diftingue des denticules , ainiî 
que vers la rainure. Le ligament, qui eft extérieur, réfide 
entre les fommets des valves. La furface extérieure des 
huitres feuilletées offre aux yeux les couleurs les plus 
agréables, lilas, amaranthe , jaune-foufre ou jonquille, 
citron, plus ou moins mélangées ou diftinguées , c'eft- 
à-dire, qu'il arrive quelquefois qu'elles n'ont qu'une 
feule de ces couleurs citron ou pourprée , tandis que 
d'autres font jaunes vers les fommets , & lilas dans le 
refte par diverfes gradations ; ce qui occafionne des 
variétés très intéreflantes. 

On trouve les huitres feuilletées fort fouvent adhé- 
rentes à des branches de corail blanc oculé , & grou- 
pées plufieurs enfemble. Elles proviennent des mers 
de l'Amérique feptentrionale & méridionale, & de 
celles des Indes orientales. Les Conchyliologiftes ran- 
gent parmi les huitres feuilletées une efpece de la mer 
rouge appellée l'huitre gryphite , & ont donné fpécia- 
lement le nom de gâteau feuilleté à une efpece qui efl 
orientale. 

HUITRE FEUILLETÉE GRYPHITE. Oflreum 

foliaceum , acumine valvarum contorto feu veluti rof- 
trato diflincium. Celte efpece approche de la forme 
d'une huitre pétrifiée à laquelle on a donné le nom de 
gryphite , & il y a lieu de préfumer que c'efl l'analo- 



H U I in 

gue marin , quoique l'on n enpofiede le plus Couvent que 
des valves ifolées* ^ roulées par les vagues de la mer , & 
par conféquent dépouillées de leurs feuilles ; mais le 
fommet du battan: inférieur, qui eft recourbé au-defîbus 
en manière de bec , & qui eft la partie que l'on trouve 
ordinairement , en détermine le caraâ:ere fpécifique , 
joint à la figure de la charnière qui varie néanmoins 
ainfi que la furface de la coquille. Les unes ont plu- 
jfîeurs moulures obliques ,ainfi que les cavités correfpon* 
dantes ; les autres paroiffent avoir une charnière entière 
perpendiculaire avec deux boutons & deux alvéoles. La 
valve inférieure des huitres gryphites eft concave en 
forme de petit bateau; & comme l'auteur ne poflede 
que cette dernière efpece , il s'en rapporte aux défini- 
tions de Gualtieri pour les autres efpeces. La couleur 
de l'huitre eft rouge , de diverfes nuances , ou fanguine , 
ou cerife-vif ou vermillon. 

Gualtieri ^ tab» loi. a fait repréfemer fept ef- 
peces d'huitres qu'il nomme conckA gryphoïdes , con- 
ques gryphites. La conque gryphite, dit ce Concliy- 
liologifte , eft une coquille de mer compofée de deux 
battans inégaux dont les fommets font dépourvus d'o- 
reillons, formant un bouton faillant & recourbé , favoir , 
celui de defTus qui eft applati , & de la contre-partie 
convexe boflue , rude & inégale. Cette bivalve varie 
dans fa forme ainfi que par fes ftries. Concha gryphoï- 
des eft concha marina^ valvis in&qualièus umèonatajfed 
non aurita j umbone fatis producio , & infigniter incur- 
va : valvâ fuperiori complanatâ y inferiori convexâ , 
gibbosâ , inAquali & afperâ : ftriis , &ftruâiurd diver- 
Jtmodè inftruBa : fcilicet : tab. loi.litt. C. Concha 
gryphoïdes , globofa j ftriis fquammojîs exafperata , 
fufca» 

Litt. D. Concha gryphoïdes , fuhrotunda , laminis 
& tuberculis diverftmodè exafperata & ftriata , terre» 
colore obfcura, 

Litt. E. Concha gryphoïdes rugofa j Jînuofa , afpe^ 
ra j candida. 



'54 H U I 



Litt. F. Concka gryphoïdes oblonsa , rugis ^ firiis 
undatim & profundefulcatis afpera^, albida. 

Lut. G. Concka gryphoïdes fquammofa , rugofa , 
tuberculoja ^ umbone magis produBo & velutï pcdi^ 
culo donato , cinerea. 

Liv:. h Concka gryphoïdes oblonga ^ ângufiior ^ ru^ 
gofa,fufca, 

Litt.L. Concka g?yphoïdes fatis deprejfa ^ innumc- 
nsporis undique pun^dta , fulbalbida. 



^' jè^ -^ 
CA5 






ïet^ 




Mî 



J A B 



J ABET. M. Adaiifon donne ce nom 2 une coquille 
bivalve du genre du pétoncle. Sa coquille eft infini- 
ment petite , n'ayaut jamais plus de quatre ou cinq li- 
gnes de longueur fur trois de largeur 8c autant de pro- 
fondeur. Ses extrémités font tronquées obliquement. 
Sa furface extérieure eft recouverte d'un périofte très 
fin & blanchâtre , qui ne devient fenfible que fur les 
bords de chaque battant , par l'épaifTeur & la noirceur 
qu'il y prend. Deflbus ce périofte elle paroit ornée de 
quarante à cinquante cannelures longitudinales très 
fines , avec lefquelles vingt autres cannelures tranfver- 
fales également fines forment un réfeau ou un treillis 
d'une grande délicateffe. Les battans ne font ni canne- 
lés fur leurs bords ni fiilonnés intérieurement , & ils 
joignent exadement par-tout. Les fommets fe tou- 
chent prefque , & ne laiiïènt entr'eux qu'un fort petit 
eipace applati. Sa charnière porte vingt à vingt-cinq 
dents dans chaque battant. Sa couleur eft d'un blanc 
fale , accompagné quelquefois de roux vers les fom- 
mets. 

L'auteur a obfervé aflez fouvent le jabet entre les 
rochers de l'île de Gorée. 

JABIK. Coqsillage operculé que M. Adanfon a 
rangé dans le genre des pourpres à canal médiocre non 
échancré. L'animal du jabik , dit l'auteui' , ne diffère 
point de celui du vojet, & on le voit auflî fréquem- 
ment dans l'anfe de l'île de la Magdelaine. Sa coquille 
eft obtufe & arrondie à l'extrémité fupérieure. Elle n'a 
que deux pouces & demi de longueur, & fept ou huit 
fpireSjdont la première eft quelquefois lifTe & quelque- 
fois environnée de trois rangs de petites boffettes affez 
égales : les autres n'en ont qu'un rang. Chaque Ipire 
eft encore traverfée , parallélem.ent à la longueur de la 
coquille , par deux bourrelets qui n'ont pas de place 



Mo J A G 

fixe : quelquefois ils#font rangés bout à bout les Hns 
des autres fur les deux côtés de la coquille , & quel- 
quefois ils font difperfés fans ordre , mais toujours dif- 
tans d'un tour de fpirale les uns des autres. Ces bour- 
relets font arrondis & comme ridés fur les côtés dans la 
plupart; mais il y en a quelques-unes qui'y portent des 
tubercules afTez gros. 

Le canal fupérieur de l'ouverture eft beaucoup 
moins long que dans la précédente e(pece appellée le 
vojet , & il domine à peine la lèvre droite. Le canal 
inférieur eft moins évafé , cylindrique , à demi "fermé , 
médiocrement échancré & recourbé en bas. La lèvre 
droite eft creufée très profondément au-dedans de fon 
bourrelet , & fes bords font irrégulièrement ondes , 
fans crénelures , & marqués de dix ou douze rides iné- 
gales. Le périofte , qui recouvre cette coquille, n'eft 
point velu. Sa couleur eft fauve , quelquefois entou- 
rée de deux bandes brunes ou violettes. 

Lister, tab. 93^. fig. 34. Buccinum rofiratum ] 
lahro duplicato comprejfum , cancellatum. 

Ejufdem , tabul. ^43. fig. 39. Buccinum roflra^ 
tum , labro duplicato dentato , duplici ferït Jlnuum 
cavato. 

Pmtiver , Gazopk. vol. 2. cat. i^p, tab. 100. fig. 
3^. Murex lu^on , ala(a circulis pulchre afpcris. 

GuALTIERl , tab. 45>. litt. B. Buccinum majus cd* 
naliculatum y rofiratum , ore lahiofo , fimbriatum , Ia" 
•ve t lahio externo duplicato , ô* papillis rotundis tubulo 
quodamfibi invicem conjun^is difiinéio , in dorfo ligu^ 
lis quibufdam bullatis cum fpiris continuaîum , labio 
interno rugofo , ex albido , è* fufco diverfimode colo' 
ratum» 

Klein, tent. pag. 48. fpec. i. n. 16. Urceus ore 
zntegro fubrotundo ad dextram labiato , feu ore plicato 
integro , duplici flnuum ferie muricatus. 

JAGON. M. Adanfon nomme ainfi une coquille 
bivalve du genre du pétoncle ; elle relfemble néanmoins 
davantage, dit l'auteur , à une came (juà un pétoncle, par 



J A M 157 

fa forme exaftement ronde & applatie. Elle eft médio- 
crement épaifle du diamètre de neuf lignes , une fois 
moins profonde , & relevée extérieurement de vingt- 
fîx à trente petites cannelures longitudinales , arron- 
dies , fouvent traverfées par un grand nombre de pe- 
tits filets. Ses bords font lifTes au-dedans , joignans af- 
fez exadement ; & fa charnière ne diffère de la précé- 
dente qu'en ce qu'elle eft courbée en portion de cer- 
cle , & que fes dents font fort courtes. Ses fommets 
font renflés & pointus. Elle eft par-tout d'un blanc 
parfait. 

On la trouve communément autour de l'île de Co- 
rée & du cap Manuel. 

Lister, lAh* 311. fig. 147. PeBunculus parvus 
albidus* 

Klein, tent. pag. 148. (pec. ^, ABinobolus , qui 
jpeHunculus parvus aibidus. 

JAMAÏQUE. Chama alba , fere globofa , crajfa , 
rugis tranfvtrjis raris & finu laterali ovato infiructa ; 
jamaïcenfis* Coquille bivalve du genre des cames ainii 
appellée, parce qu'elle fe trouve à la Jamaïque. Ella 
eft toute blanche , compofée de deux valves épaiilés , iSc 
fi bombées , que dans leur réunion la coquille en de- 
vient d'une forme prefque (périque. Toute fa furface 
extérieure porte un drap marin fort mince , ou un léger 
épiderme garni de ftries circulaires lamclleufes ou de 
vive-arrête , lequel étant fupprimé, (ce qui eft extrê- 
mement facile a caufe de fa grande fragilité ) , lailTe à 
découvert le teft qui préfente alors plufieurs rides tranf- 
verfales , rares , mais aflez profondes ; elles font inter- 
rompues d'un côté par une fînuofité ovale en forme de 
reprife de la coquille , & de l'autre côté par une cavité 
en forme de coeur fituée vers les fommets. Cette came , 
qui eft garnie d'une infinité de denticules prefqu'im- 
percep.tibles fur les bords de fes battans, fe ferme exac- 
tement dans toute fa circonférence. Le ligament fe 
trouve à côté des fommets , & remplit l'épailTcur de 
la coquille. Sa couleur eft jaunâtre. 



15S J A M 

La charnière eft compofée de trois dents dans l^une 
des valves ; favoir , une fous le fommet , & de deux la- 
térales , & de quatre autres dents dans la contre-partie, 
lefquelles s'enclavent dans les alvéoles correfpondans. 
Quelques Conchyliologiftes la nomment'Ia came bof- 
fue, & lui donnent le nom de bille d'ivoire , lorf- 
qu'elle eft polie ou qu'on lui a enlevé fes rides. La 
came Jamaïque peut avoir au plus un pouce & demi de 
diamètre fur quatorze ou qunize lignes d'élévation. 

M.à'ÀRGENVILLE^. pL ZI. Utt. N, pag, z87. 

On appelle la Jamaïque une efpece qui eft toute blan- 
che : on remarque fon épaiffeur confidérable , & dans 
fa partie gauche , un pli ou reprife de matière qu'on 
trouve deflus & delfous , avec une petite cavité de 
l'autre côté formant un cœur vers la charnière qui eft 
faite en bec. 

JAMAR. Nom domié par M, Adanfon a un coquil- 
lage operculé, qui forme la première efpece du genre 
du rouleau. Sa coquille , dit l'auteur , eft fort épaiffe 
de figure â peu près conique. Sa longueur dans les 
plus grandes eft de fîx à fept pouces , & furpaffe fa 
largeur de deux tiers : elle eft compofée de douze fpi- 
res qui roulent horifontalement les unes fur les au- 
tres, en tournant de droite à gauche. La première de 
ces (pires fait elle feule prefque tout le volume de la 
coquille , & fe replie en angle droit vers fà partie in- 
férieure , pour former un plan prefqu'horifontal , &: 
creufé légèrement dans fon milieu. Ce retour ou ce 
repli de la première fpire en-deffous fe joint aux onze 
autres fpires qui font auffi applaties, prefquhorifon- 
taies , & un peu enfoncées dans le milieu : il figure 
avec elles une efpece de fommet conique , mais fort 
applati , environ quatre fois plus la-ge que long , & 
terminé à fon centre par une pointe très fine. Ce fom- 
met eft comme la bafe du cône qui forme la partie f i- 
périeure de la coquille ; il n'a que la huitième partie 
de fa longueur. L'ouverture reftemble a ujie fente lon- 
gue & droite , de moitié plus large dans fa partie fupé- 



J A M ,5^ 

ïienre que dans rinférieure. Sa longueur eft dctermi-^ 
née par celle de la première fpire, en forte qu elle eft 
fept fois plus longue que le fommet. Elle eft oblique à 
l'axe de la coquille , & a fix fois moins de largeur que 
de longueur. Son extrémité fupérieure fait par fon en- 
foncement un canal demi-cylindrique fans échancrure • 
mais l'extrémité fupérieure eft profondément échan- 
créc. La lèvre droite eft aiguë & fort tranchante 
lur les bords : la gauche eil renflée, arrondie & très 
nmpîe. 

Un période membraneux , épais & roufsatre , enve- 
loppe toute la furface extérieure de cette coquille & 
la rend brute : mais lorfqu'il eft enlevé, on y découVre 
un poli & une vai-iété de couleurs admirables. C'eft 
dans les coquilles de ce genre qu on trouve les plus 
belles couleurs 5 & fi cette efpece ne fournit pas les 
plus riches , elle donne au moins le plus grand nombre 
ce variétés. 

Le fond de fa couleur eft blanc ou jaune ou rouec ou 
brun ; chacun de ces fonds eft tout taché de point^"fans 
ordre ou marbré ou entouré de bandes ou de liants 
ponduées : delà ce nombre infini de variétés li reclier- 
chées par les curieux qui leur ont donné différens noms • 
entr'autres le ti^re, les fpedres, le pard, faile de pa- 
pillon , la guinee , la mufique , la tinne de beurre. Ceft: 
cette dernière efpece que fauteur appelle le janVar. 
Voye-^ les noms mentionnés. 

BoNAi^Ni pag. lé^.cIafT. 3. n. 13^1. Cylin^ 
drus hvidus , hinis fafciis albis cinâfus , notulïs cruen-^ 
tans &ingyrum difpofitis tejfellatus , bafialbâ ^^ fan- 
gmneis macuhs &qualiur dijlributis notata. 

Ejufdem , Cylindrus candidus ut nix ,tranfverfas flrî- 
galas haberis, notafque aureas fine uUo or dîne dirpoCnas 
ofientans, •'^ •' 

Z/5rff/e,hift.conchyl. tab. 762. Rhomhus cylihdro- 
pyramidalis ,magnus , Lincis interfeclis, ex rufo aiboque 
circumpicius ^ daviculâ plana, 

Ejufdem, tab. i^y-fig. 16, 77 ^&%. ^a. Rhornhus 



i6o J A M 

cylindfopyramidalis fubrufus , lineis & alho nigroque 
pidchrc interfeBis , davkulâ acutâ, 

Ejufdem , tab. 780. fîg. 17. Rhombus fubluteus y cy^ 
imdropyramidalis , lineis quibufdam punBatis 6ffafciis 
iindatis depiBus. 

Ejufdem, tab. 78 1. fîg. 18. Rhomhus major^eylindro' 
pyrarràdalzs , undacim fecundiim longitudinem depiHus , 
claxicula comprejfa : jamaïcenjis, 

RvMFHius y muT. tab. 33. fig. X. Voluta fa- 
fàat.û, 

KiRKER ,mur. pag. 471. n. 3^1. Cylindrus livi" 
dus y binisfafciis aibis cirMus , notulis cruentatîs & in 
gyrum difpojuis tejfellatus , bafi albâ Ù fanguineis ma- 
cutis Aqualiter difiributis notatâ. 

Ejufdem , n. 354. Cylindrus candidus , &c,utfupra 

Bo?fANNl, 

M. d'ARGEKviLLE, pi. i^»fig. I» Pctit COrfLCt 
pondue de brun fur un fond blanc , avec deux fafcies 
d'un jaune pâle. Le même auteur , (fig.K.) autre cornet 
plus gros, entouré d'une feule zone blanche, bariolé 
de brun, ainfi que le haut de la tête , qui eft toute 
marbrée j le fond de la robe eft pondue , & d'un jaune 
tirant fur le verd. 

GuALTiERi , tab. 10. litt. M. Cochlea conoïdea , 
umbonata , nonnikil firiata , colore luteo obfcuro , fe- 
cundum longitudinem undatim dépita , feu radiata ^ ex 
albo fafciata. 

Ejufdem , litt. N. Cochlea conoïdea , umbonata , al- 
hida , exfufco fafciata y roftro late nigricante & ftriato. 

Ejufdem , litt. Q. Cochlea conoïdea , umbonata , 
i£vis , ex albido viridefcens ^fafciata fafciis candidis ; 
ipfifque punëlis rufis maculatis, 

Ejufdem, tab. II. litt. D. Cochlea conoïdea ^ ali- 
quantulum mucronata , Uvis , candida , maculis rubi- 
ginofis dense notata y punclata & fafciata» 

Ejufdem, \iix,¥j, Cochlea conoïdea y maxima , um- 
bonata , in acumen obtufum ftriatum definens , rubi- 
ginofo colore diverfmodk notata j in medio fafciâ can- 
dida 



J A M i<îi 

dîdâ circumdatà, umbone ex albido ^fufco radladm mU" 
culato* 

Ejufdem , litt. F. Cochlea conoïdea , bajl Uvuer 
umbonatâ , candida , falvis maculis &> punàis veluti 
fafciis diverjtmode variegata. 

Ejufdem , litt. G. Cochlea conoïdea , levlter umbo^ 
nata , candida ; parvis fubrotundis maculis hclvaceis , 
nullo fer-vato ordine^ punBata, 

Ejufdem, litt. H. Cochlea conoïdea , leviter umbo" 
nata , Uvïs , candidijjima , lineis lacis croceis inter' 
feBis circumfcripta , ipfo rojiro purpurafcente. 

Ejufdem, litt. N. Cochlea conoïdea ^ umbonatâ Javîs y 
albida , colore fufco vel rubiginofo dense obfcurata. 

Ejufdem , litt. P. Cochlea conoïdea ^ Uvis , candida , 
ex piceo atro fanguineo colore nebulata & maculata. 

Ejufdem, tab. iz. litt. F. Cochlea conoïdea , um» 
bonata j candidij/ima y maculis nigricantibus raris cir^ 
cumfcriptay & duabus fafciis vix confpicuis croceis cir^ 
cumdata, 

Ejufdem , litt. M. Cochlea conoïdea , leviter umbo^ 
nata , dense maculata , fublutea , -vel ex luteo virl- 
defcens , vel ex fufco lut ef cens , fafciâ fubalbidâ cinâia , 
lineis y numeris , vel characieribus quibufdam ignotis def 
Cripta & fignata. 

M. Adanfon , après avoir fait mention & rénumé- 
ration de plufîeurs efpeces & des variétés du genre 
qu'il nomme le rouleau, dont le jaraar eft la première 
efpece , comme celles que les Conchyliologiftes nom- 
ment k tigre , l'aile de papillon , la guinée , la tinne 
de beurre , &c. qui font rapportées dans ce diftion- 
naire , & que l'auteur conlidere comme des variétés 
du jamar , dit qu'elles font défigurées dans plufieurs 
auteurs qui en ont repréfenté les unes avec le fommec 
ufé ainfi que la lèvre , & que par conféquent on ne doit 
pas être furpris que dans fes citations il ait rapporté à 
la même efpece deux fortes de coquilles , dont l'une a 
la lèvre droite aiguë, & le fommet pointu, &dont l'au- 
tre a le fommet plat & ufé , & la même lèvre épailTe. 
Tome II, L 



kTi ^ ^ J A M 

La tête dé l'animal renfermé dans la coquille du Ja- 
mar eft petite , cylindrique , de longueur & de lar- 
gueur égales, & tronquée obliquement en-deflbus à 
îbn extrémité. Elle fait corps avec le col, qui for: quel- 
quefois du double de fa longueur hors de la coquille. 

Des deux côtés de la tête & de fon origine partent 
deux cornes cylindriques, terminées par une pointe 
fort courte. Elles ont quatre fois plus de longeur que 
de largeur ,& furpafîent une fois la longueur de la tête. 

Les yeux font deux petits points noirs , placés au 
coté extérieur des cornes , fort proche de leur ex- 
trémité , vers la hxieme partie de leur longueur. Ils ne 
faillent point au dehors , êc femblent (urmontés par la 
pointe des cornes, qui forme un petit cône obtus, de 
longueur & de largeur égales. 

La bouche elVim petit trou rond, ouvert au milieu 
d'une large foflette , creufée fous l'extrémité de la tête. 
Cette fofîêtte fait , comme dans la fangfue , l'ofHce 
d'une ventoufe ou d'un fuçoir, par lequel la tête s'at- 
tache tacilement aux corps qu'elle touche. L'animal a 
befoin de ce fecours pour faciliter fa progrefTion 3c 
le tranfport de fa coquille , qui eft d'une pefànteur Se 
^'un volume peu proportionnés â lapetiteffe du corps. 

Son manteau tapifle feulement les parois intérieures 
de la coquille , & fort par-defTus fon col fous la forme 
d'un tuyau cylindrique , dont la longueur égale la cin- 
ûuieme partie de la coquille , & furpaffe un peu celle 
des cornes. Ce tuyau eft fendu par-devant dans toute 
fa longueur , il fe rejette commimément fur la gauche 
de l'animal. Le pied eft elliptique , obtus & arrondi à fes 
extrémités. Sa longueur eft triple de fa largeur & égale 
aux deux tiers de la coquille. Il eft une fois plus étroit 
qu elle : un profond fillon le traverfe à fon extrémité 
antérieure , &: le rcfte de fa fur face eft ridé & comme 
fillonné dans toute fa longueur par un grand nombre 
de petites raies fort inégales. A rextrêmité poftérieure 
du pied on apperçoit un petit opercule qui lui eft at- 
taché en-defîus par la moitié d'en-bas feulement j l'auiic 



J A^ M 16^ 

ïçftant libre & détachée. Ceft une lame de corne fort 
mince, de figure elliptique, deux fois plus longue que 
large , & cinq fois plus courte que l'ouverture de la 
coquille. Sa lurface extérieure eft coupée par huit pe- 
tits filions courbés en arcs, dont les cornes regardent 
le fommet de la coquille. 

L'ufage ordinaire des opercules eft de couvrir l'a- 
nimal, lorfqu il eft entré dans fa coquille , & de la bou» 
cher exaftementj mais il faut croire que la nature a eu 
d'autres vues en en donnant à celui-ci un (î petit qu'il 
peut à peine couvrir la cinquième paitie de l'ouverture 
de la fienne j il s'applique toujours dans l'angle infé- 
rieur de cette même ouverture. Le pied de cet animai 
eft couleur de chair ; mais un peu fale. Satéce & le tuyau 
du manteau font noirâtres en-deffus & d'un blanc-fale 
en deftbus. L'opercule eft brun. 

Ce coquillage eft fort commun fur la côte du Sé- 
négal. 

JAMBLE. Nom que l'on donne, félon M. d*Argen- 
ville, en Poitou & dans le pays d'Aunis à. des coquilles 
univalves du genre deslépasoupatelles. Voye:^ Lépas. 

JAMBON. P'mna marina laïa^acuUis obtufis &con' 
volutis armata^ perna ific?iz. Nom que plufieurs anciens 
naturaliftes , & que les Conchyliologiftes modernes 
donnent encore à des coquilles bivalves du genre des 
moules , appellées pinnes marines. Cette coquille, qui 
porte ordinairement jufqu'à fept ou huit pouces de 
longueur fur un peu plus de moitié de largeur , a aftez 
la figure d'un jambon dans fes proportions , & diffère 
des pinnes marines , proprement dites , par les fom- 
mets des valves qui font moins prolongés , ainfi que 
par une efpece de ventre que forment ces valves vers 
Î2 milieu de l'ouverture de la coquille, ou du côté op- 
pofé au dos qui eft prefque droic & de vive arrête. La 
iurface extérieure des battans du jambon eft chargée 
en partie de ftries qui partent des fommetsvers le li- 
gament en forme de rayons hériffés de tuyaux cylin- 
'driques çu de pointes Qbiufej roulées en .cornets , ou* 

Lij 



1^4 J A M 

vertes à leurs extrémités , lefquelles s'ëlevent à mefure 
quelles parviennent avec ordre & parallèlement vers 
les bords de l'extrémité large. Cette extrémité oppofée 
au fommet préfente des valves béantes , peu ceintrées 
& même quelquefois droites ou comme^ coupées d'é- 
querre du côté du ligament : ce ligament, qui réunit 
& fixe lesbattans, leur tient lieu d'une charnière , en 
«'étendant -depuis leurs fommets jufqu'aux deux tiers 
de la coquille en longueur. Son teft eft mince , tranf- 
parcnt comme de la corne en lame , d'une fubftance 
féche & iragile. Toute la couleur extérieure du jam- 
bon eftd'un brun cendré; fafurface extérieure montre 
une nacre aflez belle , jouant les couleurs changeantes 
de la gorge de pigeon vers la rélîdence & l'attache de 
l'animal, laquelle nacre devient plombée & argentine 
vers les fommets. 

Le bylTus ou la houpe foyeufe , qui fort des côtés de 
l'ouverture, eft brune. Koye:^ les mots Byssus & Pinne 

MARINE. 

Rondelet y de Teflaceis ^ lih. i.p. 51 j fait men- 
tion d'une variété de la pinne marine, que Pline nomme 
{pécialenient le jambon , en latin perna. Les jambons , 
dit cet ancien naturalifte , fe rencontrent fréquemment 
aux environs des îles Ponds. , fichés dans le Table à un 
pied d'eau avec leurs valves béantes, d'où ces coquilles 
paroifTent reflembler à des jambons de porcs : Ptrna a 
Pli NI o vocatur. Ptrn& , inquitj conckarum generis, circa 
Pontias infulas fréquent ijjimc fiant , velut fuillo crure 
longo in arenâ dtfixsL y hiantcfque qua limpitudo efi , 
jiedali non minus /patio. 

RuMPlilUS ^ tab. 46. litt. L. Pinna lata (perna 
Plinii.) Holl. Breede holiler-fchulp ; le fourreau de 
piftolet large. 

GuALTiERi i tab. 8t. litt. A. Pinna incurvata, lata, 
fubrotunda , deprcjfa j fquammis veluti e laminis corn- 
pacîd y nonnuUis aculeis validis cbtujts ad alterum la- 
tus armata , externe fufco nigricante colore lurida y in- 
terne \erQ nigredine quâdam lucida exyiridi nitenj. 



J A M 1^5 

JAMBONNEAUX. Pinn.i, marim minores , vei 
perriA parvd. papyractA. Ce font les elpeces qui font 
d'un volume inférieur au jambon proprement dit , & 
qui ont la plupart des variétés dans leurs efpeces; fça- 
voir, le jambonneau rouge tuile , celui des Indes armé 
de pointes , le jambonneau papyracée blanc fans pointes , 
celui qui eft tuile & rougeâtre, & le petit jambonneau 
des Indes de couleur violette. Voye:^ ces mots. 

JAMBONNEAU ROUGE TUILE. Pcmapar- 

va y mugnis imhricUjus infirucia'y rubra. Celui-ci efl: 
d'un rouge fanguin en dehors comme en dedans, ar- 
rondi dans fon extrémité , large & boflii ou courbé du 
côcé du ligament. Toute fa furface extérieure eft à 
grofTes ftrics longitudinales en forme de côtes , peu 
nombreufes, & chargées de grandes tuiles, larges & 
courbes, dont la plupart £bnt doubles & couchées les 
unes fur les antres. Ces tuiles font fragiles , transpa- 
rentes comme le talc, ainfî que la coquille. Ce jam- 
bonneau, qui eft d'une forme ramaflee , peut avoir juf* 
qua cinq pouces de longueur fur un peu plus de 
moitié de largeur. Cette efpece provient des Indes 
orientales. 

JAMBONNEAU DES INDES , ARMÉ DE 
TUILES AIGUËS. Perna parva ; imbricibus longis , 
aculeaus ^ armata ; ex colore obfciiro purpurajcensm 
C'eft une efpece dont les grandes ftries longitudinales 
font garnies de tuiles aiguës , afTez larges , longues & 
nombreufes ; l'extrémité large & peu arrondie. Les 
valves font minces , fragiles , prefque papy racées , d'une 
couleur qui ne laiiïe pas de varier : elles font ordinai- 
rement d'une couleur pourprée plus ou moins rem- 
brunie lorfqu'on a enlevé une légère croûte terreufe. 
Ces fortes de jambonneaux ont plufîeurs variétés quant 
au nombre des ftries , des tuiles plus ou moins longues 
ou aiguës , à la longueur & a l'épaifleur des battans. Ils 
ne paflent guère trois pouces ou trois pouces & demi 
de longueur. Ces efpeces pourprées viennent des Indes. 

RUMPHIUS ^ tab. 46. litt. M. Pinna lara. Holl. 

L iij 



^66 J A M 

Breede holfler fcKuIp ; le fourreau de piftolet large. 

GuALTlERI , tab. 79. Pinna rcd'i , tranfverf.m 
& directe firiata & ru go fa , firiis in fummitate acu- 
leis exafpe'-atis f ex jujco ruhro nigricans. 

M» AArgenville , fL 21. Un. Fj Une petite 
pinne marine de couleur brane, avec des lliries armées 
de pointes : ou l'appelle en latin perna , & en François 
le jambonneau , dont elle repréfente affez la figure. 

JAMBONNEAUX PAPYRACÉES. Peméi mino- 
'res papyriîceAfca tejiâ tenui/Jimâ &frûrj/i injignes* Les 
Conchyliologiftes diftinguent plufieurs eipeces dejam- 
bonneaux papyracées ou dont la coquille eft extrême- 
ment mince , fragile , & prefque tranfparente : favoir, 
le jamboûneau blanc papyracée ou vitré, fans tuile; 
celui qui eft rougeâtre , avec plufieurs tuiles & le 
petit jambonneau violet â petites tuiles. P'oye:^ ces 
mots. 

JAMBONNEAU PAPYRACÉE , ou VITRÉ. 

Perna parva papyracea , colore albido , fea tefiâ fere 
pellucidà & vitreo alhorc difvintia ; abfque imbricibus , 
fed levipmis Jiriis undatim in longum duciis -munir j» 
Cette efpece a la figure d*une petite aigrette à la ful- 
tane , c'efl-à-dire, d'une forme effilée & aiguë vers les 
fommets des valves, tandis que l'extrémité oppofée ell 
large , comme tronquée ou coupée d'équerre du côté 
du ligament, & un peu arrondie du côté ouvert. 

Cette jolie bivalve , qui eft comprimée , très mince , 
blanche & fragile comme le verre , dont elle a prefque 
la tranfparence , paroît chatogner d'une demi-nacre ar- 
gentine dans certaines inclinaifons , & confidérée a tra- 
vers le jour. Toute la furface extérieure de cette petite 
pinne marine préfente treize ou quatorze flries lon- 
gitudinales, un peu onduleufes, avec autant de can- 
nelures plus larges, & traverfées p^r d'autres ftries pref- 
qae infenfibles vers l'extrémité oppofée aux fommets 
des battans. Le ligament, qui les réunit, occupe les deux 
tiers de l<î longueur de la coquille. Ce petit jambonneau, 
qui ne p iiTe guère trois pouces & quelques lignes de 



J A M 1^7 

îoncMieur , vient de la côce de Ccromandel dans les 

Le jainbonneau papyracée fans tuiles a plufieurs va- 
liétés dans fon efpece , par le nombre & les diflerentes 
ftrj es longitudinales , & par le prolongement des fom- 
mets des valves plus ou moins effilés. L'extrémité oppo* 
fée, qui eft large,varie également; tantôt elle ell arquée, 
tantôt tronquée ou coupée en ligne droite , & quelque- 
fois elle participe de 1 un & de l'autreplan. Il y en a une' 
efpece qui eft bizarre & irréguliere dans fon pourtour : 
favoir,ceile qui efi: repréfentee dans Rumphius,ci-après. 

'RuMPHius, tab. 4-6. litt. N. Pinna alba, Holl. 
Witte holfter fchulp; la pinne marine blanche , ou le 
fourreau de piflolet blanc. 

GuALTiERl , litt. C. tab. 78. Finna reBa , flriiS' 
nndulatis minatiffime fignata^ pdlucida , fragUis j 6* 
fatis comprejfa. 

Ejufdem, tab. 79. litt. E. Pinna ineurvata^ftnis 
minoribus unduiadm rugofa j ex fuLvido fetnrpellucidà ^ 
deprcffa. 

Ejufdem , litt. F. Pinna ineurvata , firiis crajfîs 
feu rugis eminentibus undatim Jinuata ^ dcprejfa , fragi^ 
lijjima. ^ vitreâ albedine pellucida. 

JAMBONNEAU PAPYRACÉE TUILE. Pinna- 
parva papyracea , in extremitate latâ quibufdam im^ 
bricibus inflruHa , coloré rofeo leviter rubef:ens. Cette 
petite pinne marine eft d'une forme allongée avec 
neuf ou dix ftries longitudinales , larges & peu pro- 
noncées , garnies de tuiles fàillaiites & obtufes vers 
l'extrémité oppofée au fommet. La coquille, qui eft 
d'une fubftance demi-nacrée , eft très fragile , trans- 
parente avec plufieurs feuilletures tranfveî-fales. Toute 
fa couleur eft rofe fécbe , pâle. Ce jambonneau pafïe 
quelquefois trois pouces éc demi de longueur. So» 
extrémité large eft ordinairement arquée. 

GuAL TIERI, tab. 79. litt. c. Pinna recia yfiriata , 
pellucida ^fragilis , in fummitate lineis tranfverjïs but" 
Idtis ^ & aculeatis Jignata, 

lu iv 



i^S J A R 

JAMBONNEAU PAPYRACÉE , VIOLET A 

PETITES TUILES. Perna papyracea minori fpecie , 
firiis minutiffimis in longum duciis firiata ; parvulis 
imbricibus exafperata y toto colore violaceo nitens. Ce 
jambonneau eft la plus petite efpcce dans le genre des 
pinnes mannes. Sa coquille eft extrêmement mince 
& fragile , garnie de ftries longitudinales très fines , 
inégales , onduleufes , chargées de très petites tuiles 
courbes , mais fenlîbles & Taillantes. Toute fa couleur 
eft violette , foncée vers l'extrémité oppofée au fom- 
met qui eft ceintré. Ce petit jambonneau, qui vient 
des mers des Indes orientales , porte deux pouces huit 
lignes de longueur. 

JAMBONNEAU DU SÉNÉGAL. Ceft celui 
dont M. Adanfon a formé un genre parmi fes coquil- 
lages bivalves , autant a caufe de la iigure de la co- 
quille , qu a caufe de la grandeur qu'elle a dans certai- 
nes efpeces. Elle eft dans toutes tort mince , légère , 
allongée & compofée de deux battans parfaitement 
égaux:. Cet auteur en nomme les efpeces le lulat , l'a- 
ber, le dotel ,1e fonet, l'apan, le chanon , l'eflÀn & le 
Jefon. Voyer ces mots. 

JARDINIER. Nom donné aux limaçons terreftres 
communs , connus fous le nom d'efcargot , de l'efpecc 
nommée en latin , pomatid. M. Geoffroy, qui en fait 
mention dans fon traité des Coquilles , pag. 18. l'ap- 
pelle le jardinier j cocklea , tefiâ utrinque convexâ , pullo 
maculât a ^ fafciata , quinque fpirarum ^ lahro alho 
rejlexo. Le jardinier varie pour la grandeur ; mais en 
général il porte dix lignes de largeur , & eft d'un bon 
tiers plus petit que Je vigneron. Cette coquille a des 
bandes circulaires de taches brunes , entre-coupées par 
des taches plus claires. Ce qui la fait aifément diftin- 
guer des autres , c'eft que fon ouverture fe ferme en 
hiver par le moyen d'une couche platreufc comme 
celle du vigneron. 

On ne trouve que trop fréquemment ce limaçon 
dans les jardins , où il caufe beaucoup de défordre en 



J A T 1(^9 

rongeant les plantes , c'eft ce qui l'a fait appeller le 
jardinier. Quelques peiTonnes le mangent comme l'ef- 
cargot appelle le vigneron ; mais fa chair n'eft pas Ci 
délicate. Ils font , l'un au défaut de l'autre , d'ufage en 
médecine pour faire les bouillons & le fyrop de lima- 
çons. 

Lister , Angl. p. 113. Cocklea major , pulla , ma" 
culata 6' fa feinta , horienfis. 

JATARON. Jata^onus. M. Adanfon donne ce nom 
a un genre de coquillage bivalve , que Rondelet a 
appelle la coquille ridée. L'efpece du Sénégal s'atta- 
che , comme celle de la Méditerranée aux rochers ex- 
pofés au courans de la mer , fur lefquels elle fc 
groupe en affez grande quantité. Elle y tient avec une 
telle force , qu'on a bien de la peine à l'en détacher 
fans la brifer en morceaux. On en voit beaucoup au- 
tour de l'île de Gorée , de celle de la Magdelaine & du 
Cap-verd, fur- tout en avril , ou la violence de la ma- 
rée les déracine du fond de la mer. L'auteur n'en a dé- 
couvert qu'une feule efpece. 

La coquille du jataron eft prefque ronde , médio- 
crement applatie , du diamètre de deux pouces au plus 
& d'une grande épaifleur. Sa fur face extérieure eft 
groflîérement ridée par des filions qui la coupent fort 
irrégulièrement, tant en long quen travers, & quel- 
quefois relevée par écailles. Intérieurement elle eft 
lilfe , unie , luifante , & bordée fur chaque battant , de 
cent vingt petits filets fort ferrés & d'inégale gran- 
deur. Le fommet eft affez éminent au-dehors , & pa- 
roît former un tour de fpirale beaucoup plus fenfiblc 
dans le battant inférieur , qui eft ordinairement plus 
épais , un peu plus grand & plus creux que le fupé- 
rieur. La charnière du battant inférieur confifte en 
une groffe dent , arrondie & relevée verticalement , 
dont le dos eft fillonné de dix à douze cannelures iné- 
gales. Le battant fupérieur eft creufé d'un trou can- 
nelé & fillonné , comme la dent du battant inférieur , 
qui s'y engrène exartemeut. Entre la charnière & le 



I70 J A T 

talon du Tommet de chaque battant , s*étend un liga- 
ment roufsâtre , afTez court & étroit qui les lie enfem- 
ble , & paroît fort peu au-dehors. Les battans de cette 
coquille font liés enfemble par deux grands mufcles , 
dont on voit les imprefTions fur leurs côtés , de ma- 
nière que celle de la droite ou de derrière eft placée 
un peu au-deffous du milieu de leur longueur , & celle 
de la gauche ou de devant un peu au-aelTus. Au-de- 
hors cette coquille montre une belle couleur de rofe 
ou de chair : au-dedans elle eft quelquefois blanche , 
quelquefois purpurine ou violette. 

La fituation naturelle a cette coquille eft d'avoir le 
fommet en bas , & l'extrémité oppofée relevée en haut. 
Dans cet état , & pendant que les battans viennent à 
s'écarter l'un de l'autre , on découvre le manteau de 
l'animal , fepiblaole aux côtés d'un fac bien tendu , 
membraneux & fort épais , dont le contour eft relevé 
a un nombre infini de petits tubercules jaunes , difpo- 
fés fur cinq rangs fort ferrés. Ce fac enveloppe tout le 
corps de l'animal , & ne s'étend pas jufqu'aux bords de 
la coquille : il eft percé de trois ouvertures inégales , 
dont l'une, qui eft fur le devant de l'animal , laiffe pafler 
fon pied , & les deux autres , qui font les trachées , fe 
trouvent fur le dos. La trachée inférieure eft ellipti- 
que , deux fois plus longue que large. Son ufage eft 
de donner ilTue aux excrémens , & de rejetter l'eau que 
l'autre trachée a pompée. Celle-ci eft ronde , te une 
fois plus petite que la première. La troiiîeme ouver- 
ture eft une fente fort étroite , qui s'étend depuis le 
fommet de la coquille jufques vers le milieu de fa lon- 
gueur. Elle laifîe fortir afTez rarement le pied , qui 
paroît ordinairement fous la forme d'une hache faite 
en demi-lune. II a une fois moins de longueur que la 
coquille , & porte, fur le devant vers fon milieu , un 
petit lobe charnu , à peu près quarré. 

Les parties intérieures renfermées dans le fac que 
forme le manteau , font aftez femblables à celles de 
l'huitre ; mais au lieu d'un feul mufcle qui attache les 



J A T 171 

coquilles , on en voit deiix aflez grands. Le corps de 
ranimai eft blanc : il n'y a de jaune que les petits tu- 
bercules élevés fur le contour du manteau. On ne fait 
aucun ufage de (a chair. 

Rondelet , Teft. lib. i. Concka rugata. 

Lister , tab. zii. fig. 47. Spondylus harhadcnfis 
6' jamaïcenjis. 

Sloane , Jam. vol. 2. tab. 241. fig. 4. ^. 6. & 7. 
Spondylus minor ^ fubruber , terMÏs ^ imbricatus , j/^ictf 
difiono , cavhaîe interiore aurkulam referens. 

GuALTiERi , tab. ICI. litt. C. Concka gryphoïdes, 
glohofa 3 ftriis fqaammofis exajperata ,fufca, 

Ejufdemlitt. D. Concka gryphoïdes y fubrotunda ^la- 
minis 6' tuberculis diverfimode txafpcrata , & (iriata , 
terreo colore obfcura. 

Ejufdem litt. E. Concka grypkoïdes , rugofa,Jlnuofa , 
afpera , candida, 

Klein , Tent. pag. 173. fpec. O* n. z. Globus cir* 
cinatus. 

Ejufdem i Lifleri ; tab. 12, fig. 81. Globus undatus. 

Ejufdem, n. 4. Globus ferratus, 

Ejufdem , n. ^. Globus circinatus 6f undatus. 

JATOU ; nom que M. Adanfon donne a un co- 
quillage operculé , du genre qu'il nomme pourpres à 
canal long & fermé comme un tuyau. Sa coquille eft 
très épaifie , de figure triangulaire , & pointue aux deux 
extrémités. Elle a un pouce & demi de longueur , & 
une fois moins de largeur. Elle eft compofee de huit 
fpires convexes , comme étagées & relevées de troisî 
groffes côtes longitudinales , dont l'une eft placée fur 
le milieu de fon dos , & les deux autres furies côtés de 
l'ouverture. Ses côtes font ailées & tranchantes fur la 
première fpire , arrondie fur les autres , & féparées 
par un gros bouton , qui s'élève dans l'efpace qu'elles 
laiftent entr'elles fur chaque {pire. 

Le fommet eft aulîi long que large , & de moitié 
plus court que l'ouverture , y compris fon canal. L'ou- 
verture eft fort petite, eu égard au volume de la co- 



lyt ^ J A T 

quille. Elle repréfente une ellipfe très régulière , dont 
le grand diamètre eft de moitié moindre que le petit 
& un jtiers plus court que Ion canal. Celui-ci a la fi- 
gure d'un tuyau applati de devant en arrière , fermé 
cxaftementdans toute fa longueur, aufTi long que large 
â fon origine , qui eft aîlée. Il fe termine par une pe- 
tite pointe recourbée légèrement fur le dos de la co- 
quille. II n'y a pas la moindre apparence de canal in- 
férieur. 

La lèvre droite eft bordée au - dehors d'un gros 
bourrelet : elle préfente en - devant fon bord qui eft 
aigu , tranchant , & découpé en fix à huit petites dents 
plates , arrondies à leur extrémité , & d'autant plus 
grandes qu'elles approchent davantage du canal. La 
lèvre gauche eft ronde ou convexe , lifTe , unie & 
recouverte d'une lame très courte. Le bourrelet , qui 
accompagne le tuyau du canal , imite parfaitement le 
tuyau, étant cylindrique , creux intérieurement, & percé 
à fon extrémité. Il eft formé par la réunion des deux 
ailes , celle du dos & celle de la gauche de l'ouver- 
ture. 

Il eft rare que cette coquille forte de la mer avec 
une certaine propreté. Elle eft toujours couverte d'une 
mucofité verte , ou d'im tartre gris , Se fouvent de 
petits coquillages qu'il eft difficile d'en détacher. Net- 
toyée de ces corps étrangers , elle montre un foncî 
blanc , quelquefois fans mélange , quelquefois marbré 
de brun , & le plus fouvent d'un brun-brdlé , qui rem- 
plit Tefpace abandonné par les trois côtes ailées. 

Lorfque cette coquille eft fort jeune , & qu'elle ne 
paflc pas trois lignes , elle a la figure toute différente: 
elle n'eft ni triangulaire ni aîlée : fa forme eft a peu 
près conique ; & elle n'a guère plus de longueur que 
de largeur. Ses fpires font au nombre de cinq feule- 
ment, relevées au milieu par une vive arrête qui tourne 
avec elles , & marquées de fix petits filets qui y laiflent 
une petite pointe. La lèvre droite de fon ouverture 
n'eft point dentée j & fon canal , qui eft une fois plus 



J A U I7J 

«ourt qu'elle , n*eft pas encore entièrement fermé. Sa 
couleur eft grife ou iale. 

L'animal du jatou eft parfaitement blanc j il n'a que 
les yeux de noirs. Son pied n'a en-deflbus que quel- 
ques petits filions parallèles à fa longueur. Son oper- 
cule eft elliptique , ainfi que l'ouverture de la coquille , 
de moitié plus long que large , & relevé au-dehors de 
neuf petites nervures courbées en arc. Son manteau & 
fes autres parties refTemblent entièrement à celles de 
la première efpece appellée le fakem. 

JAUNE D'CEUF. Cochieu femilunaris umbilicata , 
feu naticafafciata , extra colore flaviao & intlis alhedine 
Incleâ jplendens , vitdlus appellata. Coquille univalve 
du genre des limaçons , dont l'ouverture eft ceintrée, 
ou des nérites ombiliquées appellées natices. Toute 
h furface extérieure de celle-ci , qui approche de la 
configuration du limaçon terreftre commun ou de l'ef- 
cargot , eft luifante & unie. La volute eft compofée 
de cinq fpires convexes , dont la première efface toutes 
les autres, lefquelles ne forment qu'une petite clavicule 
j)eu élevée. Sa couleur eft d'un jaune orangé fur fa 
ïiirface extérieure , interrompu dans le milieu de la 
coquille dune fafcie allez large plus foncéçen couleur , 
& de deux zones tachetées de blanc , principalement 
dans celle qui eft inférieure. L'ouverture eft grande , 
ceintrée , ou faite en demi-lune ; d'une blancheur de 
lait , ainfi que la columelle , dont la partie extérieure 
forme une bavure ou une éminence de la même couleur, 
qui cache un peu un ombilic aftez large & arrondi. 
La natice orangée, autrement appellée le jaune d'ccuf, 
vient des mers des Indes. Sa largeur pafle quelquefois 
an pouce & demi fur quelques lignes de moins d'élé- 
vation. 

RuMPHius , tab. 2z. litt. A. ValvataUvis primai 
jiVe vuellus ; Holl. Dooyer ; le jaune d'oeuf. 

GuALTiERi ^ tab. 67. litt, L. Cockleu marina ufnbi" 
lieu ta Uviù, mali aarantii fiavedinem referens^niti^ijft^ 
ma j ex albo nchulata. 



174 I D O 

JAUNE D'OEUF APPLATI. CochUa fcmilanarîs 
umbiticata y feu, natica crajfa , apopkyfi in umbilico de* 
nata y vitellus comprejfus nominata. Cette nérite om- 
biliquée , ou cette natice , eft une variété des efpeces 
appellées le mammelon & les tefticules , dont elle dif- 
fère en général par fa forme applatie. La volute , qui 
eft la même , eft très petite , placée de côté comme dans 
le lépas nommé l'oreille de mer ou de Vénus non na- 
cré , dont ce limaçon a la figure dans tout fon plan fu- 
périeur. Cette furface eft fauve-clair & agathe , avec 
àts rayons & des efpeces de rides longitudinales & 
arquées , qui partent de la volute vers la lèvre , lef- 
quelles font plus foncées en couleur. La bafe, ou tour 
le plan du côté de l'ouverture , eft d'un beau blanc. 
L'ombilic eft fort grand , rempli en plus grande partie 
par une forte apophyfe. La columelle eft unie en forme 
de moulure droite , & la lèvre, qui eft tranchante & cein* 
trée , occafîonne une ouverture taillée en demi-lune , 
Ce limaçon applati vient des Indes , & peut avoir près 
d'un pouce & demi d'étendue. 

RvMPHius ^ tab. zi. litt. B. Vitellus comprejfus, 
Holl. Leggende ; la coquille pofée de plat , ou le 
jaune d'œujf applati. 

IDOLE, ou MANNETOU DES SAUVAGES 
AMÉRICAINS. Cocklea fluviatilis y femilunaris^ um- 
bilicata , colore viridi nigricante , 6* maximâ fpecic y 
injîgnis* C'eft une natice fluviatile d'un très grand vo- 
lume, que les Sauvages de l'Amérique ont en vénération, 
& qu'ils montent lur un pied comme une idole. Ils la 
nomment mannetou, ainii que l'efpece dont M. d'Ar- 
genville fait mention fous la dénomination de cordon 
bleu, qui eft à près le même limaçon , dont celui-ci dif- 
fère par fa groffeur , l'épailTeur de fon teft , & fa cou- 
leur verte tirant fur le noir lorfqu'il eft revêtu de fon 
épiderme. La natice, appellèe l'idole, eft extrêmement 
ventrue, chargée de itries longitudinales en forme de 
rides qui partent du haut de la première fpire pour fe 
fendre dans l'ombilic. Lorfqu' elle eft dépouillée de fon 



J E L 175 

ëpicîerme , fa furface eft mêlée de fauve & de blanc. 
L'ouverture, qui efl prodigieufe dans ce gros limaçon ^ 
eft en partie ovale & ceintrée. Sa coquille parvient a 
la grofleur du poing. On le trouve dans le Heuve Mif- 
fiflipi en Amérique. 

JELIN. Nom que M. Adanfon donne a un coquil- 
lage operculé du genre qu'il appelle le vermer. Le 
temps & l'occafion n'ont pas permis à l'auteur d'en 
obferver fcrupuleufement l'animal j jiais il lui a paiu 
avoir beaucoup plus de rapport avec le vermet, qu'avec 
aucun autre coquillage : le jelin ne s'eft préfenté que 
deux fois à ToWervateur autour du cap Manuel , Ôc fà 
coquille ne fe trouve dans aucun cabinet qui lui foie 
connu. C'eft peut-être une des plus fmgulieres qu'on 
ait vue dans le genre du vermet. Elle ne paroît d'abord 
que comme un boyau inégal, replié irrégulièrement 
fur lui-même , long de huit à neuf pouces , & large de 
fix à neuf lignes; mais lorfqn'on l'examine attentive- 
ment , on voit qu'elle affefte de prendre une forme 
triangulaire , chofe qu'on obferve dans les deux exem- 
plaires que l'auteur poffede,& qui ne diffèrent qu'en ce 
l'un prcfente à droite ce que l'autre porte à gauche. 

La face antérieure eft verticale , formée de deux 
tours de fpirales un peu inégaux , à peu prés triançru- 
laires , & rapprochés côte à côte. Elle eft renflée 
vers le milieu à l'endroit de leur réunion , & un peu 
plus avancée que fur les côtés qui déclinent en s'ap- 
prochant de la face poftérieure. Celle-ci eft en partie 
verticale , formée par le dos de deux tours de fpirale 
de la face antérieure ; & en partie horizontale , formée 
par un troifieme tour de fpirale qui fait un cercle hori- 
zontal en communiquant avec eux, & laiiTe un petit 
cuI-de fac au milieu de fon ombilic. La face inférieure 
eft plate & horizontale, réglée par le deffous de la 
îroiiieme fpire. 

Cette coquille eft blanchâtre , peu épaiffe , très 
hagile, & d'une grande légèreté qui provient de c.fi 
que fa furface extérieure eft toute piquée de petits 



i7<^ J E N ^ 

nous. Ces trous ne pénètrent pas tout-à-fait jufqu'à fa 
furfkce intérieure qui eft lifle & d'un beau poli : ils font 
entremêlés de petits tubercules qui , en certains en- 
droits, paroiflent enfermés dans un réfeau extrême- 
ment fin. Les mailles de ce réfeau font hexagones , 
fort régulières , & coupées par trois fiiets , qui en fe 
croifant à leur milieu, vont fe rendre à chacun de leurs 
angles. A la beauté & à la régularité du réfeau qui re- 
couvre cette coquille , on la prendroit au premier 
coup-d'œil pour un madrépore des mieux ouvragé. 
Mais ce qui la rend encore plus finguliere j ce font 
deux ouvertures en forme de tuyaux d'inégale gran- 
deur , qui s'élèvent parallèlement 1 un a l'autre. La lon- 
gueur & la groffeur de ces tuyaux varient depuis deux 
jufqu'à quatre lignes , l'autre n'en a que deux. Au-deffous 
de ces deux ouvertures , â l'extrémité oppofée des fpi- 
res , on voit encore deux ouvertures , à peu près fem- 
blables , par lefquelles la coquille étoit foiblement at- 
tachée aux rochers &c dans les fables. 

JENAC. M. Adanfon appelle ainfi un coquillage 
univalve du genre des lépas à coquille chambrée. Celle- 
ci eft chambrée comme le fulin & le garnot , & elle 
diffère de la première en ce qu elle eft ronde & infini- 
ment plus applatie. Son diamètre n'excède pas cinq à 
fix lignes , & furpafle quatre à cinq fois fa profondeur. 
Elle eft fort mince , & cachée au -dehors fous un pé- 
riofte compofé de plulieurs lames en recouvrement les 
unes fur les autres qui la rendent aflez rude au toucher. 
Par tous ces endroits elle reffemble fort à une coquille 
que l'auteur a trouvée dans le corps d'une efpece de liè- 
vre de mer commune au Sénégal. La cloifon , qui par- 
tage fon intérieur, ne s'étend pas jufqu'au tiers de fa 
longueur. Cette coquille eft fort blanche , fur-tout dans 
fa furface intérieure qui eft d'un beau poli. 

Les cornes de l'animal font ornées , vers leur extré- 
mité, d'un petit nombre de tubercules blancs qui les 
font paroître chagrinées ; fon pied eft extrêmement ar- 
rondi , 6c l'on n'y voit aucune apparence d'oreillettes : 

il 



■^ E s ,77 

51 eft cliagi'Iné en-defTus. Le manteau eft aufîî chagriné, 
& bordé leiilement à fa gauche vers le deriiere de la 
rête , de huit filets cylindriques affez longs. La couleur 
<3e tout fon corps eft d'un blanc de neige : il n'y a qua 
les yeux de noirs. M. Adanfon a trouvé ce coquillage 
(ùr les rochers de l'île de Corée. 

JESON. Coquille bivalve que M. Adanfon nomme 
ainfi & qu'il a rangé dans le genre du jambonneau , 
quoiqu'elle ait paru a l'auteur appartenir à un genre 
encore différent, ainfi que les elpeces appellées le 
chanon & î'eflan. On trouve le jélon communément 
autour de l'île de Corée, attaché par des foies fore 
courtes , à la vérité , mais de la même manière que 
les jambonneaux , dont il ne s'éloigne pas beau- 
coup. 

Lister, Hift. Conchyl. tab. 347. fig, 184, PeBuîi" 
tulus anguflior maculatus, 

Ejufdem , fig. i8^ Pe^unculus ex latere produaior 
fuhfufcus. 

GuALTiERi , tab. ^o. fig. F. Concha longa, incur» 
vata^ftriata.rugofa rugis imbricads, ^ undatimpro- 
ductis y profunde fulcatis y alhida. 

Klein, tent. pag. 144. fpec. i. n. J4. Anomalo- 
cardia ejfufa, quA ptàlunculus oblique in latum cxpan^ 
fus , anguflior, macula tus, 

Ejufdem, n. 35. Anomalo- cardia efufa , quA pec- 
tunculusfubfufcus ex latere producius & pedi kumano 
inferiori fimilis. 

^ IF. Stromhus undecim fpiris taherojis , granula- 
tis ,à contabulatis diftincius , taxi adinftar. Les Con- 
chyliologiftes nomment ainfi une coquille univalve du 
genre des vis de l'efpece tuberculeufe , à caufe que les 
onzefpiresgranuleufes, dont elle eft compofée , font 
régulièrement couronnées , dans les fept ou huit pre- 
mières, de tubercules qui tournent & diminuent par 
gradation avec elles en façon de compartimens étaoés, 
à l'imitation des ifs que l'on drcffe en pyramide! 
Toute la furface extérieure de cette vis eil de couleur 
Tome II» ^ 



lyS J O U 

marron ou brune , excepté les extrémités des tuber- 
cules & du fommec qui font quelquefois blanchâtres. 
L'ouverture forme une ellipfe irréguliere & un peu 
inclinée : elle fe termine par un petit canal très court. 
jCette coquille pafTe deux pouces de longueur. 

M. à'ARGENvjLLE , pi. II. leu. &Cf\JnQ vis ri- 
dée , remarquable par des cercles élevés & garnis de 
pointes. 

ÎMBRICATA feu CONCHA IMBRICATA. 
Terme latin qui exprime les coquilles qui font char- 
gées de tuiles creufes ou courbes , autrement appellées 
faicieres , & que les Conchyliologiftes mettent quel- 
quefois en ufage au lieu de fa lignification franc oife , 
c'eft-à-dire , la faitiere , ou la tuilée. Voye:^ le mot 

TuiLÉE. 

INCOMPARABLE , ou COQUILLE INCOM- 
PARABLE, en latin, cedo-nuU'u Les Conchyliolo- 
giftes fe fervent principalement du terme de cedo- 
nulli , au lieu de la lignification françoife. Voye:^ 
Cedo-nulli, 

JOL, Nom donné par M. Adanfon à un coquillage 
operculé du genre du buccin. Celui-ci , dit fauteur , 
ne diffère du barnet que dans la grandeur de fa co- 
quille : elle n'excède jamais la longueur de trois lignes : 
elle n'a que fept fpires, qui ne fe calfent jamais, & donc 
la pointe eft plus moufle. Son fommet n a guère plus 
de longueur que de largeur. Elle eft blanche , gris- 
de-lin, couleur de chair , fauve ou brune^j d'ailleurs , 
elle lui reflemble parfaitement , & fe trouve dans les 
mêmes endroits. 

On ne peut cependant pas dire , dit M. Adanfon , 
que ce foit la même efpece que le barnet dans un âge 
moins avancé j car , comme on l'a vu, les jeunes & les 
femelles ont la lèvre droite de l'ouverture fort mince , 
au lieu que les individus de celles-ci l'ont également 
cpaiife. 

JOURET. M. Adanfon appelle ainlî une coquille 
bivalve du genre de la came. Cette elpeçe ne diffère 



ISA 179 

àes trois cames nommées le funet , le pegeon & le 
loCàï , que parce que fa coquille eil plus épaifTe , fans 
dents & fans cannelures, mais d'un beau poli. Elle a 
deux pouces & demi de largeur & un tiers moins de 
longueur. Son fommet eft ion applati , & placé en bas 
vers la quatrième partie de fa largeur. On apperçoic 
au-defTous comme unes légère imprefTion en forme de 
cœur, au milieu de laquelle les bords des battans fon: 
légèrement ondes. Au-dedans , cette coquille eft forç 
blanche & fauve ou gris-de-lin , au-dehors avec des 
marbrures j ou des taches quarrées brunes, quelque- 
fois djfpofées en deux rayons qui partent du fommet 
comme centre. On la rencontre affez rarement dans les 
fables du cap de Dakar & de Rufisk. 

Lister j Hift. conchyl. tab. 170. n. 106. PeBun- 
culus maculatus jamaïcenjis* 

GuALTiERT , Ind.pag. & tab. 8^. Chama in&quiU' 
tera j Iavis , albida , maculis quadratis obfcun fulvidis 
ujfellatim Jignata , punciata & radiata, 

Klein , tent. pag. 155. fpec. 3. n. 16. Chamelea 
hvis , five circinis umhratilïbus y lacieis l&vijjimis , 
maculaia ; jamaïcenfis , maculis infiar nubecularum 
difperfis, 

ISABELLE PORCELAINE. PorcelUna fpecU 
fatis parvâ, oblonga , colore melino fubalbido. Co- 
quille univalve du genre des porcelaines , tirant fur la 
petite e{pece ainfî appellée , à caufe des extrémités de 
les lèvres , qui font d'une belle couleur jaune & au- 
rore. Le refte de fa furface eft agate- clair, vergeté de 
petits traits longitudinaux & de hachures pou'-pre- 
foncé : c'eft pourquoi plufîeurs Conchyliologiftes 
l'appellent la fuftigée. Cette porcelaine eft oblongue 
avec une ouverture prefque droite , bordée de très 
petites dents. Elle porte tout au plus quinze lignes de 
longueur fur moitié moins de largeur. 

RuMPHius , tab, 3^. litî. G-* I^abelh* HolL Iza- 
belle ; Tifabelle. 

hl,à'ABQENviLi.£^ vl. i8. Utt. P. Ccttc porcS" 

Mij 



iSo J U L 

laine eft vergetée de lignes brunes, fur un fond 
agathe. 

ISABELLE CORNET. Voluta conoldes o6lo vel 
novem Jpiris deprejfis 6* apice exerto & rofeo compo- 
fita : in fundo flavo punHis fubfitfcis undiquè , Jeria- 
tim, cinâla. Coquille univalve du genre-des volutes 
coniques, dont la furface extérieure eft jaune , entou- 
rée de cercles formés de petits points plus foncée en 
couleur. La volute eft compofée de huit à neuf fpires, 
dont les premières font applaties , marbrées de jaune 
& de blanc ; les dernières s'élèvent pour former un 
fommet couleur de rofe. L'ouverture de ce cornet, 
cui eft très étroit, laiiTe entrevoir un intérieur nué de 
blanc & de couleur de rofe avec mélange. Il ne paffc 
guère quinze ou feize lignes de longueur. 

JULAN. Coquillage mukivalve que M. Adanfon 
a rangé dans le genre de la pholade. La coquille du 
julan eft compofee de cinq pièces fort inégales & affcz 
minces, dont les deux principales font comme dans 
les bivalves , & forment un corps de coquille à peu 
prés cylindrique, dont la largeur, qui eft d'un pouce 
au plus , furpafîe de moitié la longueur & fa profon- 
deur. Ses deux extrémités ne ferment jamais exafte- 
ment : la fupérieurc eft arrondie ; mais l'inférieure 
eft échanciée fur le devant , de manière qu'elle paroît 
fe terminer en pointe cn-deffous vers le dos. Chaque 
battant & la coquille , vus de côté , repréfentent un 
rhombe,ou un parallélogramme, dont les quatre côtés 
font inégaux. Leur furface extérieure paroît coupée 
par un profond fillon , ou canal qui part du fommet , 
Se les partage en deux parties à peu près égales. De 
ces deux moitiés , celle qui eft en bas eft relevée 
d'une vingtaine de petites cannelures dentées qui , en 
fe croifant , imitent fort les dents d'une lime : la moi- 
tié fupérieure eft marquée feulement de quelques can- 
nelures légères & lifles, parallèles à fa largeur. Inté- 
rieurement chaque battant eft lifte , on y voit en 
relief le canal qui eft en creux au-,dcior$. Une légère 



J U L i<?i 

6ninerice ronde , placée au tiers de la largeur de cha- 
que battant versfon extrémité inférieure, tient lieu de 
{ommet. Il fe recourbe au-dedans de la coquille , & 
cft recouvert au-dehors par un pli demi-orbiculairc 
que fait chaque battant en cet endroit. Les deux au- 
tres pièces de la coquille, que Tauteur appelle les pa- 
lettes , font à peu prv.s égales , mais prefque trois fois 
plus courtes que les battans, & infiniment plus minces 
ôc d'une grande fragilité. Elles font prefque triangu- 
laires , faites à peu près comme les battans de certai- 
nes cames , un peu concaves d'un côté & convexes de 
l'autre, & s'appliquent chacune fur le fommet & fur 
le repli extérieur de chaque battant. La cinquième 
pièce, que M. Adanfon appelle la lame, eft preiqu'un© 
fois plus longue que les palettes , mais beaucoup plus 
étroite. Elle reffemble à une petite lame plate , ex- 
trêmement mince, arrondie à fon extrémité fupé- 
rieure , & pointue par l'inférieure, qui s'applique bout 
à bout des palettes le long du dos des deux battans, 
par le moyen d'une membrane très fine. 

Le ligament eft une matière charnue à. peine mnC" 
culeufe , qui s'étend fur le fommet des deux battans 
au-dehors & entre les palettes & la lame qui le re- 
couvrent. Il lie fi foiblement toutes les cinq pièces de 
cette coquille , qu'elles fe féparent dès que l'animal 
vient à mourir. La charnière confifte en une longue 
dent un peu courbe qui part de la cavité que forme 
le fommet au-dedans de chaque battant. Il n'y a dans 
l'intérieur de chaque battant , qu'une feule tache qui 
défigne le lieu où étoit attaché le mufcle. Cette tache 
cft elliptique, de médiocre grandeur, & placée un 
peu au-deffus du milieu de leur largeur. Le blanc eft 
la feule couleur qu'on obferve dans cette coquille , 
lorfquon l'a dépouillée d'un périofte jaunâtre aiïez 
mince , qui femble l'envelopper entièrement comme 
un fac ouvert feulement à fes extrémités. 

L'animal, qui habite cette coquille, a un manteati 
membraneux aflez épais , femblable a un tuyau ouvert 

M iij 



iSt J U L 

feulement aux (îeux extrémités , comme celui dnfolcrr. 
Il fort de Textrêmité fupérieure de ce manteau, une 
trachée femblable à un tuyau cylindrique fort long , 
qui vu de côté paroît tort fîmple : mais lorfqu'on le 
regarde en-deffus , on voit qu'il efl: divifé en deux 
tuyaux, dont l'antérieur eft plus grand que celui qui 
eft derrière. Ils font légèrement dentelés fur leurs 
bords. Leur longueur n'eft pas conftante : quelquefois 
elle eft plus courte que la coquille , félon que l'animal 
eft plus ou moins enfoncé dans fon trou. 

Le pied fort de l'ouverture inférieure du manteau. 
Il eft extrêmement court, long de trois lignes au plus, 
& paroît fous la forme d'un cône renverfé, fouvent 
un peu applati ou comprimé fur les côtés. Son ufage 
n'eltpas de donner à l'animal le moyen defortir de fon 
trouj car dés qu'il a une fois creufé fa demeure , il y 
refte , fans avoir d'autre communication avec l'eau que 
par une petite ouverture qui laiffe fortir les trachées : 
il ne lui fert pas non plus à creiifer le limon pour 
agrandir fon logement , à mefare que fon corps prend 
de l'accroiflement. Les deux battans font pour cet eifet 
l'office d'une lime ou d'une râpe qui le mine peu à peu 
par fon mouvement continuel , & en détache des par- 
celles extrêmement fines. 

Ce coquillage fe trouve enfoncé de deux à trois 
pouces dans le limon du marigot de la chaux, à peu 
près comme celui des côtes du Poitou , dont M. de 
Réaumur a donné l'hiftoire. L'excellente differtation , 
que cet illuftre académicien a inférée dans les mé- 
moires de l'Académie, (année 17x1, pag. 126 & 
fuivantes), apprendra ce qui regarde la manière de 
vivre de cet animal , qui ne dilîere pas effentiellement 
de celui que M. Adanfon a obfervé au Sénégal. 

Aldrovandus j Exang. pag. 455. Coucha longa 
quarta. 

Bon AN NI , Ricr. pars t. pag. 3. Ba/anus, pholas 
Gr&cis dicius , ex littore anconïtano & narbonenf:. 

LisTj-R j Hift. conchyl, tab. 435. fîg. 278. Pholas 
^rvus afper : anglicus. 



J U L iSj 

GuALTiERi^ tab. i05.1itt. E. P kolas teflâ tcnuif- 
fimâ , fitiïs minoribus cancellatis Jignata , candida, 

Klein ^JlcutBoNAUNi , Tent. pag. K^^. fpec. i. 
n. Af, P holas faxorum y narbonmjis ^ médium palmum 
longa y fefquidigitum lata y vertice quaji bifido y intus 
alba foris cinerea , reticulata , corrugata y eâ parte qud 
faxum pénétrât afperior, 

Ejufdem, ficut LiSTERl y n. lo. Phoias faxo*' 
rum , qus, phoias parvus afper. 



.iif^ 




M ÎY 



iS4 



K 



K A L 



ACHIN; nom donné par M. AJanfon à un co- 
quillage operculé du genre du fabot. Sa coquille a huit 
lignes de longueur, & un peu plus de largeur j elle eil 
coupée prefqu'horizontalement dans fon extrémité fu- 
périeure. Ses fpires font peu renflées , & relevées de 
deux rangs de tubercules , qui tournent avec elles : le 
rang d'en bas eft du double plus gros que l'autre. La 
féconde fpire eft remarquable , en ce qu'à fon ori- 
gine , proche de l'ouverture , elle eft repliée & tranchan- 
te en vive arrête fur laquelle tourne le premier rang de 
tubercules. Le fommet eft prefqu'une fois plus large 
que long Se égal à l'ouverture : elle n'a point d'ombi- 
lic. Le fond de fa couleur eft blanc , marbré de ta- 
ches vertes, brunes & fauves. M. Adanfon n'a trouvé 
cette e{pece qu'aux environs du Cap-verdo 

RuMPHius , Muf. tab. xi. fig. é. p & lo. Tro* 
chus. 

Langivs , pag. 48. Trockus ore angiifto y & hori- 
^ontaliter comprtjfo , firiatus , rugofus j papillofus vel 
tuberofus. 

GuALTiERT , ïnd. pag. & tab. ^o.fig. A. Trochus ore 
cngufto y & hori:(ontalîter comprejfo , margine dentatOy 
fapillis inAqualibus refertus & circumdatus , aliquando 
firiatus -, terreo colore obfcurus. 

KALAN. Coquillage operculé , que M. Adanfon 
a mis dans le genre des pourpres à canal évafé. Sa 
coquille eft des plus épaiffes & des plus pefantes. 
Elle a environ huit à neuf pouces de longueur , & moi - 
lié moins de largeur. Les onze fpires,qui la compofenr, 
Ibnt applaîies & même un peu creufées dans leur mi- 
lieu , & forment une efpece de pli en débordant les 
unes fur les autres. Elles font marquées en bas de qua- 
tre ou cinq filions peu apparens ,& d'un rang de bou- 
tons ou de gros tubercules obtus & arrondis. Ces tuber- 



K A L iH^ 

Cules font placés dans la partie inférieure de la premiè- 
re fpire , au lieu <^ue dans les dix autres , ils cou- 
ronnent leur partie fupérieure ; ils parcifTent en creux 
dans l'intérieur de la coquille. La première fpire eft 
encore ondée ou marquée de plulîeurs plis fort iné- 
gaux , & quelquefois de deux a quatre rangs de pareils 
tubercules. 

Le fommet eft de moitié plus large que long , & une 
fois & un quart plus court que la première /pire. L'ou- 
verture forme une efpece de parallélogramme fort ré- 
tréci en dedans , dont la longueur eft quadruple de fa 
largeur, & triple de la longueur du fommet. Elle fe 
termine en haut , par un canal cylindrique médiocre- 
ment long, fans échancrure , aigu à droite, arrondi! 
gauche , &: recourbé tantôt fur la droite en dedans, 
tantôt fur la gauche en dehors. Cette ouverture paroît 
fort ëvafée au dehors , parce que la lèvre droite s'é- 
tend confîdérablement. Celle-ci eft fort épaiffe , obtufe 
fur fes bords , quoique fans bourrelet , & pliée vers le 
haut , pour former un fécond canal ou une gouttière 
fon courte & demi-cylindrique. Elle defcend en bas fur 
îa féconde fpire & quelquefois jufque fur la troifieme, 
qu'elle femble couper en deux parties. La lévre gau- 
che eft droite , c'eft- à-dire , qu elle n'eft nullement 
creufée en arc vers fon milieu j particularité que l'au- 
teur n'a remarquée dans aucune pourpre. Elle eft ob- 
tufe, arrondie & recouverte d'une grande lame du poli 
le plus parfait. Lorfqu'on tire fraîchement cette co- 
quille de laraer, elle eft enveloppée d'un périofte roux 
& aflez mince qui , étant enlevé , laifle voir fon fond 
fauve , fur lequel font répandues quelques marbrures 
blanches ondées. On découvre encore dans quelques- 
unes , une bande d'une très belle carnation , qui s'étend 
fur les tubercules. Intérieurement elle eft blanche 5 mais 
les bords des deux lèvres fe teignent d'une couleur 
cuivrée,dcs qu'elle a refté quelque temps expofée furie 
rivage après la mort de l'animal. Cette coquille ne 
prend de répaifteur & de l'étendue à la lévre droite , 



iS^ ^ K A L 

que lorfqu elle a atteint une longueur d'environ trois 
pouces ; mais toutes celles qui font parvenues à cette 
grandeur , n'ont pas pour cela cette lèvre ëpaifle. Il y 
en a qui , comme les jeunes , l'ont extrêmement min- 
ce , tranchante , fort reflerrée , fans évafement & fans 
canal , ce qui leur donne un air tout ditferent & ca- 
pable d'en impofer aux obfervateurs qui n'ont point vu 
les animaux des unes &c des autres. Ceft ainfi que le 
douleur Rondelet a regardé fon conchyl'mm , comme 
une efpece différente de fon murex marmoreus* Il y a 
auiïî de ces coquilles , qui n'ont qu'un rang de tuber- 
cules fur la première fpire, & d'autres qui en ont 
deux , trois & même quatre. Ces tubercules font ordi- 
nairement arrondis : on en voit cependant quelques- 
unes qui les ont pointus ; mais toujours affez courts. 
Ces petites différences , qui ne font diies qu'à l'âge ou. 
à des accidens , n'ont point paru à l'auteur devoir lui 
faire multiplier cette efpece mal-à-propos. 

L'animal du kalan reffemble beaucoup à celui de X'S 
première efpece , appellée le tafou ; mais fes yeux pa- 
roiflent placés un peu au-delTus du milieu de la lon- 
gueur des cornes. L'opercule eft fixé fur l'extrémité 
poilérieure de fon pied , & il n y tient que par la qua- 
trième partie de fa longueur, & par un de fes bords, 
celui qui eft convexe. Il eft elliptique , arrondi à l'extré- 
mité mpérieure , qui eft plus épailTe , pointu à l'extré- 
mité oppofée , trois à quatre fois plus long que large , 
brun-noirâtre, poli fur lafurface extérieure , & un peu 
courbé de gauche à droite en defcendant. Lorfque le 
pied de l'animal fort de la coquille, il fe retourne de ma- 
nière que la pointe de l'opercule, qui fe trouvoit en 
bas pendant qu'il y étoit renfermé , regarde en haut , 
& qu'au contraire, fa rondeur, qui étoit en haut, 
defcend en bas. M. Adanfon a trouvé ce coquillage 
dans les rochers de la pointe feptentrionale de l'île 
de Gorée & de Rufisk. Elle rend une liqueur qui 
pourroit fervir à teindre , comme celle de la plufpart 
des pourpres. 



K A L 1^7 

Suivant le témoignage de Rondelet , c'ell de ce co-^ 
^uillage que les anciens tiroienc ce couvercle ( oper- 
cule ) appelle en grec ^-'^ par Dioicoride , en lanii 
un pus ; pkir Séiapion, atlifar-atlieb, ou atlifar-athaib, 
c eft-à-dire , on^Ie aromatique; à caufe de fa figure; 
car il reflemble a l'ongle d'un ôifeau de proie , & tient 

contre la chair par le bout qui eft le plus épais 

Diofcoride en reconnoît deux efpeces j l'une , que l'on 
tire de la mer rouge, & qui eft blanche & grafie j c'eft 
la plus eftimée : l'autre eft noirâtre & plus petite ; elle 
vient de Babylcne. .... Les couvercles ronds des 
pourpres s'appellent du nom de blatta- hyi^antia ^ ou 
blattion - hy^antium ; mais les apothicaires nomment 
aujourd'hui indifféremment blattas-by\antias , les cou- 
vercles du conchyliiim , & ceux des pourpres. Ils ont 
tous a peu- près les mêmes vertus , quoique de forme 
différente. Lorfqu'on les brûle, ils répandent une odeur 
femblable à celle du caftoréum , & leur fumée eft d'un 
grand fecours pour les vapeurs & contre l'épilepfie. 
Pris en décodion , ils font laxatifs. 

Voilà ce que dit Rondelet de l'opercule de coquil- 
lage. Aujourd'hui on en fait peu d'ufage, il eft feule- 
ment recherché comme les coquilles j pour l'ornement 
des cabinets. 

Belon a appelle la coquille du kalan des noms de 
purpura, roncera ^ ogniel/a , &c. Rondelet lui a donné 
celui de conchylium , prétendant que c'étoit le conchy- 
lium de Diofcoride & des anciens , & il a tranfporté 
les noms de roncera & â'ogniella , à une autre eipcce 
de pourpre a long canal, qui approche beaucoup de 
celle que M. Adanfon a appellée le bolin. La difficulté , 
que les modernes ont trouvée à concilier ces deux au- 
teurs, & à certifier la connoiffance du vrai conchylium 
des anciens , leur a fait , fans doute , abandonner ce 
nom , qu'on ne voit nulle part depuis Rondelet. Ce 
font les mêmes raifons qui ont déterminé l'auteur à 
donner à ce coquillage le nom de kalan. Foye^ Lam- 

BIS NON AILÉ A LEVRE MIKCE. 

Belon , Aquat. pag. 410. nof?^';a Gracis , pur» 



iSS K A L 

para Latinîs y roncera Genuenfibus ^ ognielîa Romanh, 

Rondelet yde Teftaceis , pag. 76 ,Sc ailleurs , dé- 

figne le kalan par ces mots: murex marmoreus. Conchy- 

Hum , operculam conchyin , ainfi que Gesner, Jons- 

TON & AlDROVÀNDUS. 

COLUUNA , Aquat. pag. éo & 61. 'Munx jlrom- 
bo'ides , [lvc rhomboïdes biUn^uis. 

Bon AN NI, Ricr. pag. i^^.clafT. 3. n. ^00. Murex 
inths rubefcens ^ extiis marmoreus , fanguineis & rubi- 
ginojis maculis conteêîus , cortice tuberofo & afpero ; 
oris labro admodum tumefcente^undofis finubus arcuatOy 
6* mucronis circumvolutiones ferètotal'uer obtegente. 

Lister, Conchyl. tab. 8^0. fig. 17. Bucclnum bi- 
lingue majus tenue , ex rufo nebulatum, muricatum , ja^ 
maïcenfe. 

Ejurdem , tab. 8 5 1. fig. 18. Buccînum bilingue gra- 
ve j labro crajfo five pulvinato , maculatum 6» (Iriis & 
muricïbus exafperatum. 

Ejufdem , tab. î,%\, fig. 4. Buccinum ampullaceum^ 
grande variegatum , claviculâ extremo plana ^ leviter 
muricatâ, 

RuMPHTUs y muf. pag. m. Alata lentiginofa ^ 
Malaïcenfibus bia taiilala diSla, 

KiRKER , pag. 4^5. n. 300. Murex întus rubefcens, 
&c. ut/uprà Bonanni. 

B ji R RE LIER, le. p2g. IJZ. tab. I^ÎJ.fîg. ^. 

Murex dorfo rugojo , 6* tribus verrucarum ordinibus 
cxafperato. 

i,^JVG/£/5, Meth. pag. 27. Murex JirîatuSj rugofus 
& fimbriatus , aure ad tertiamjpiram ufque elongatâ 6» 
cum appendice ( ficuti fccpiiis auricula cuti ) ita fpiris 
Mdh&rente munit â muricatus, 

M. à' Argenville y Conchyl. pag» 194. pi. 18. 
fig, C. Rocher garni de rides & de tubercules par éta- 
ges. Sa lèvre fort en forme d'aile : fa couleur â fond 
Kanc eft mêlée de quelques taches brunes. 

Gi/ALTiERi ,tah. 31. fig. A. Murex ftriatus , rU" 
gofus , papillo/us , & tuberojus , ex albido & terreo colo* 
re depiâus. 



K A L iS^y 

KiEl.v, Tent. pag. loo. fpec. i. Lentlgo multi^ 
çolor : fupsr albo colore fiavo , cineno dijlin^îus. 

Ejufdem , tab. 6, fig. 107. Lentigo te nui s ; ex rufo 
nebutata. 

Ejufdem , fpeâ:. 3. Lentigo gravis , labro craJ[fo,feu 
puhinato, 

KALISON. Nom que M. Adanfon donne a un co- 
auillage univalve du genre du lépasà coquille écailleu- 
fe. Celle-ci a la forme d'un demi-ovoïde, convexe par- 
defTus , plat en defious & obtus à fes extrémités. Elle a 
trois lignes de longueur & une fois moins de largeur. 
Les huit écailles dont elle eft compofée font fort cour- 
tes, environ deux fois plus larges que longues, & pofées 
en recouvrement les unes fur les autres, de devant en 
arrière : elles font toutes relevées dans le milieu d une 
petite côte afTez aiguë , & chagrinées fort délicatement 
fur toute leur furface. La couleur de cette coquille ell: 
rougeâtre , pendant que l'animal eft vivant j après fa 
mort, elle devient grife ou cendrée. 

L'animal du kalifon ne diffère pas moins que fa co- 
quille , de toutes les autres elpeces de lépas décrites par 
l'auteur. Sa tête a la figure d'un croiffant ou d'une demi- 
lune ; elle eft arrondie à fon extrémité , & étroitement 
unie â la coquille dont elle ne peut guère s'écarter 
pour fe montrer au dehors. On ne voit pas la moindre 
apparence des cornes ni des yeux. Son pied eft ellipti- 
que , obtus aux extrémités , une fois plus long que large, 
êc fî étroitement attachés la coquille, qu'il ne déborde 
jamais. 

Le manteau reftemble à une peau charnue , affez 
épaifTe, appliquée Se comme collée fur toute la furface 
interne de la coquille. Il la déborde un peu en dehors 
pour l'environner d'un bourrelet , qui aftermit fes huit 
écailles. Lorfqu on examine ce bourrelet avec le verre 
lenticulaire , on découvre fur fes bords , dix-huit pe- 
tits boutons j chargés d'un faifceau de poil. Ces faif- 
ceaux font placés au défaut des écailles , dans l'endroit 
«û eîk« «'uaiiTent j^veç h bourrelet j de manière qu il 



! 90 K A M 

y en a neuf fur la droite 8c autant fur la gauclie. M. 
Adanfon a compté environ vingt poils fur chacun. L'u- 
fage de ces faifceaux lui eft entièrement inconnu. 
Le corps de l'animal eft dune couleur de chair très 
agréable. 

La ftrudure aiïez curieufe de cet animal auroit exigé 
quelques détails dans les figures : mais comme fa peti- 
teiTe n'a pas permis de l'examiner à fond, l'auteur s'eft 
contenté de le repréfenter de grandeur naturelle , avec 
fes huit écailles féparées l'une de l'autre , & de faire re- 
marquer ce que les obfervations lui ont appris', en at- 
tendant qu'il puifie examiner ceux des côtes de France 
& de l'Amérique , dont la grandeur eft beaucoup plus 
avantageufe. 

Walisnieri appelle ce coquillage punaife-de-mer , 
en le comparant à la gallinfefte des orangers, coccus , 
qu'il appelle la punaife des orangers : mais on voit 
aiTez combien eft grande la diftance quife trouve entre 
ces deux animaux. 

F ET I VER donne le nom d'ofcabrion a une efpece 
beaucoup plus grande , qu'il avoit reçue de la Caroline, 
Ofcdbrion carolinum perelegans Gazop. vol. i. cat. 
518. tab. I, fig. 3. 

IVallisnieri, Raccoit. pag. 1/^7, tah. 16, fig. z, 
Infetti mari ni analoghi aile patelle , o cimici delli 
agrumi. 

KAMAN. Coquille bivalve, du genre du pétoncle. 
M. Adanfon, qui la nomme ainfi, rapporte qu'il eft auffi 
rare de trouver cette efpece avec l'animal vivant , qu'il 
eft commun de voir fà coquille femée çà & là fur le ri- 
vage fabloneux de la côte du Sénégal y parce que re- 
ftant à une grande profondeur , les eaux de la mer ne 
peuvent entraîner dans leur grande agitation , que les 
coquilles vuides Se légères, dont l'animal a péri, foie 
par vieilleffe , foit que quelque poifTon en ait fait fa pâ- 
ture , foit par quelque caufe étrangère. Les deuj^bat- 
tans de la coquille font , par la même laifon , ordinaire- 
ment dépareillés & difficiles à recouvrer. De-la vient 



K A M Î9Î 

que fort peu de cabinets poffèdent cette belic coquille 
en entier. Dans un nombre prefque infini que M. Ada- 
jTon a efîàyé fur le rivage , ainfi que celles que la mer 
avoir récemment rejettées , il lui a été prefque impofli- 
ble d'aflbrtir parfaitement les deux pièces qui apparte- 
noient à la même coquille. 

Cette coquille eft extrêmement mince; & par-là, 
tranfparente & fragile, fur-tout dans les jeunes; mais 
elle s'épaiiTit dans les vieilles, & acquiert de l'opacité 
8c de la folidité. L'auteur en a une qui porte quatre 
pouces & demi de largeur , fur près de quatre pouces 
de longueur & autant de profondeur. Elle feroit exac- 
tement ronde ou fphérique, fi la largeur ne furpaffoit, 
d'une cinquième partie , les deux autres dimentions 
qui font égales. 

Chacun des battans a par conféquent la forme d'une 
demi-fphérc creufée en dedans. Ce qui fait leur beauté 
& leur ornement au dehors, ce font dix-huit canne- 
lures fort larges, arrondies qui , partant du Commet, 
vont fe rendre fur tous les points de leur circonfé- 
rence. Onze de ces cannelures, celles qui font les plus 
balTes, font relevées chacune d'une côte triangulaire, 
fort tranchante , de trois lignes de hauteur & creufée 
au-dedans comme un canal. Les fept autres de l'extré- 
mité fupérieure font relevées d'une petite crête , & 
fe terminent fur les bords en autant de petites dents, 
qui laiflent entr'elles un jour afTez grand après que 
la coquille eft fermée. Toutes fom fort écartées 8c îaif- 
fent entr'elles autant d'efpaces , en forme de filions ap- 
platis ; mais ce qui ne fauroit trop fe remarquer , c'ell 
que les cinq premiers filions , qui féparent ces canne- 
lures à côtes de l'extrémité fupérieure , font fauves au 
lieu d'être blancs , comme les côtes & le refte de la co- 
quille. Dans le battant droit on obferve un fiUon de 
plus , c'eft- à-dire , fix filions de cette même couleur. 

On ^Toit au-dedans de chaque battant , vingt-deux 
filions fort larges, qui s'étendent depuis leurs bords, 
jufquau fond de leuis fommers. Onze de ces filious 



191 K A M 

font akemativement moins piofonîis que les autres, 8c 
répondent à ceux qui féparent , au dehors , les cannelu- 
res; ils s'y rapportent même avec une telle exadlitude, 
que l'on remarque , que les cinq ou fîx qui répondent 
aux cinq ou fix filions fauves du dehors , font plus pro- 
fonds & plus luifans que les autres , & même coupés 
& terminés brufquement àleur extrémité avant que d'ar- 
river au fommet.Par la comparaifon que l'auteur a faite 
des côtes des jeunes coquilles avec celles des vieilles , 
il lui a paru que la cavité des premières étoit plus gran- 
de, proportionnellement , & que celle des dernières 
commençoit à fe boucher à leur extrémité , vers les 
bords intérieurs de la coquille. 

Les fommets , le ligament , & les taches des muf- 
cles font afiez femblables a ceux du moFat. La char- 
nière furpafle de beaucoup la largeur de la moitié 
de la coquille. Une des dents de la paire du milieu 
eft extrêmement longue & pointue dans le battant 
gauche. 

La couleur de cette coquille eft d'un beau blanc au- 
dedans & au dehors , excepté dans l'intervalle qui fé- 
pare les cinq ou fix premières cannelures à côtes , pla- 
cées vers l'extrémité fupérieure de chaque battant: 
dans ces endroits elle eft fauve. 

CoLUMNJ , Purp. pag. z6 & 28. Concha exo^ 
tica j margine in mucronem emijfa quce. ^«;tai/)o/):t;g(raTii 
appellari potefi. 

RuMPHiuSy Muf. pag. léo. art. 16. tab. 45. fig. 6, 
Concha venerea duplex, 

LànGII/s yMQth. pag. 65. Concha pcBiniformls 
aquilatera , a cardine ad oram magis contraBa , jlrus 
flriatïs 6* extimâ orâ laciniata, 

M.à'ARGENVTLLE, pî^g«333.ph i^.fig. A. d'a- 
près Fabius Columna. Concha exotica margine in. 
mucronem emijjo ; int'us fijlu'ofa , tota candida & 
tinuis. 

Le même auteur , pag. î 3 4 6» 335, Cœur de bœuf 
appelle chez les auteurs , concha exotica. Il eft tout 

blanc , 



K A M 195 

blanc , avec dix canaux triangulaires , creux & faillans 
fur fa robe , lefquels ne communiquent point en de- 
dans. Cette coquille eft extrêmement mince & tranf- 
parente. 

GuALTiERi ^ tab. 7p. litt. D. Concha cordïformis 
dquilatera , umbone cardinum unïto. 

Klein y Rumphii yltni.-^z^. I38.fpec. i.n. î, 
Ifocardiajlriata y qua concha ventrea duplex ; raro in^ 
tegra & utraque valva congruens. Tejla eburnea tranf" 
parens fuper fuperfxie rugofa plicas concavoconvexas 
inmurices acutos protendit, Conjuncûofit per ginglymum 
totius lateris, 

KAMBEUL. Nom que les Nègres du Sénégal don- 
nent à un coquillage univalve du genre du limaçon, 
& que M. Adanfon lui a confervé. 

La coquille du kambeul , parvenu à Ton dernier pé- 
riode d'accroiiïement, a trois pouces & demi de lon- 
gueur & un pouce & demi de largeur , c'eft-à-dire , 
que fa longueur rurpafTe une fois, & même davantage , 
(a largeur. Ceft une elpece d'ovoïde obtus & arrondi 
à fon extrémité fupérieure & pointu au fommet. Elle 
eft mince , légère , fragile & compofée de dix fpires, 
lifTes, unies, peu renflées, bien diftinguées les unes 
des autres , & qui tournent en defcendant de droite à 
gauche. 

Son ouverture, qui eft à droite, forme une ellipfe 
arrondie en haut , pointue par en bas , & près de moi- 
tié plus courte que le fommet. La lèvre droite eft 
mince, aiguë , tranchante fur les bords , & fe replie un 
peu â fon extrémité fupérieure fur la lèvre gauche qui 
eft arrondie & fermée prefque entièrement par la fé- 
conde fpire. 

Sa furface extérieure eft recouverte d'un pèriofte 
membraneux & extrêmement mince , qui n'empêche 
as de voir fes couleurs. Les jemies font' d'un beau 
lanc ou agathe marbré de plufieurs bandes longitudi- 
nales , ondées d\m brun très foncé , qui devient fauve 
Uans les moyennes, Stqui difpaioit entièrement dans 
Tome IL N 



l 



194 K A M 

les vieilles: celles-ci font d'un blanc-fale qui tire fur l'a- 
gathe vers le ibmmet. 

M Adanfon connoît deux variétés de cette coquille; 
l'une une fois plus petite que l'autre , Se beaucoup plus 
allongée, proportionnellement â fa longueur : les ban- 
des, qui la colorent, font aufli moins ferrées, mais plus 
foncées. 

La coquille , que Lifter a figurée à la planche X. 
fia, 5. de Ion hiftoire conchyliologique, eft une jeune 
de cette variété : celle qu'il a donnée à la planche IX. 
fig. 4. en eft une grande : ainfi que celle de là plan- 
che VI. fig' C. & D. de Gualcieri. L'autre variété eft 
celle que l'auteur a décrite, & dont il s'eft contenté de 
figurer une moyenne. L.zfigure 7. de \?iplanche 44. de 
Petiver, & la (îg, 6. de \à planche II. de Lifter , don- 
nent une jeune coquille de cette variété : Columna , 
pag, 16. Thiftoire de la Conchyliologie, planche 13 , 
fig, E. & Lifter, planche 578 fig, 33 , en repréfen- 
tent une de moyenne grandeur. 

Malgré les variétés auxquelles font fujettes ces co- 
quilles, tant dans leur grandeur que dans les propor- 
tions de leurs parties , elles n'ont toutes qu'un même 
nombre de fpires , qui augmentent avec l'âge depuis 
trois jufqu'à dix. 

La tête de l'animal , qui renferme cette coquille , a 
la forme d'une demi - fphere, convexe en defTus , ap- 
platie en defrous,& arrondie à fon extrémité. Elle a une 
fois plus de largeur que de longueur, & ne paroît pas 
diftinguéeducol qui fort d'une longueur égale à celle de 
la moicié de la coquille: tous deux font ridés comme 
le refte du corps , & relevés de petits grains fembla- 
bles à autant de petites verrues , qui en rendent la fur- 
face rude & âpre au toucher. 

De l'extrémité de la tête fortent quatre cornes , 
dont les deux plus grandes font placées en deffus & fur 
les cotés , & les deux autres plus petites font entre 
celles-ci fort proche de la bouche. Toutes font cylin- 
driques , cerrainéçs pat uu bouton j &: elles ont cela 



K A M 195 

de particulier, quelles font creufes en dedans, & fem- 
blablcs a un tuyau , dans lequel pafTe un nerf qui vient 
s'attacher à leur extrémité. Ce nerf fert à les replier au 
dedans d'elles-mêmes comme dans un fourreau , & à 
hs rentrer entièrement dans la tête , au gré de l'ani- 
mal : particularité que fauteur n'a encore remarquée 
que dans le genre du limaçon. Les deux grandes cor- 
nes font environ deux fois plus longues que les petites. 

Les yeux font deux petits points noirs peu faillans, 
placés au fommet des deux grandes cornes. La bouche 
eft marquée par un petit iiUon en forme d'y grec , affez 
difficile d diftinguer au milieu de la tête qu'elle fait 
paroîtrc comme échancrée. Lorfqu on prefîe la tête , ou 
que l'animal veut manger , on voit fortir deux mâchoi- 
res, dont la fupérieure repréfente un croiffant ou un 
fer à cheval cartilagineux , élevé de cinq à fix groffes 
cannelures qui débordent en bas , & font l'office d'au- 
tant de dents. La mâchoire inférieure ne confîfte que 
dans le palais inférieur de la bouche , qui eft tapiffé 
d'une membrane coriace, mais extrêmement mince, 
blanche & tranfparente , fur laquelle font diflribuées 
longitudinalement fur deux cens rangs environ vingt 
mille dents , femblables a autant de crochets courbés 
en arrière. Ces crochets font fi petits , qu'on a peine a 
les fentir au toucher. On ne les diftingue parfaitement 
qu'au mxicrofcope. 

Le manteau eft une membrane charnue & épaiiïe , 
attachée comme une efpecede collier à la racine du col 
de l'animal; elle tapiffe les parois intérieures de fa co- 
quille , au bord defquelles elle forme un bourrelet ar^ 
rondi, qui ne fort point au dehors : elle eft percée fur 
la droite de l'animal d'un trou ordinairement rond , 
qui donne palîàge à l'air & aux excrémens. Ceux-ci 
font cordés en petits tourbillons. Le pied a la forme 
d'une ellipfe fort allongée, dont la longueur eft triple 
de fa largeur , & égale à la longueur de la coquille. 
Il eft convexe & fort ridé en deflus , applati en dsC- 
fous j pointu à fon extrémité poftétieure , & obtus i 

N ij 



t5^ K A M 

l'extrémité antérieure , & qui cache ordinairement !• 
delîbus de la tête en s'avançant jufques fur la bouche. 

On fait que le limaçon eft hermaphrodite , & que 
chaque individu réunit en lui les deux fexes. Il peut 
en faire ufage en même temps ; mais il ne peut fe pafTer 
à\\ concours d'un autre individu pour opéré'r la féconda- 
tion. L'ouverture , tant de la partie mâle que de la partie 
femelle , ne fe trouve que difficilement : il faut la chcr- 
.cher entre les deux cornes qui font fur la droite de l'a- 
nimal. Ceux que M. Adanfon a trouvés en Septembre 
SL Portudal , ayant été gardés quelques jours , mirent 
bas plufîeurs œufs de trois lignes de long , fur deux 
Jignes & plus de largeur. Ces œufs étoienc couverts 
d'une croûte alfez dure & jaunâtre. La couleur de l'a- 
nimal eft cendrée en-deflus & blanchâtre en-deffous. 
Il y a apparence , ajoute M. Adanfon, que le kam- 
beul pafle l'hiver ou la faifon feche dans un profond 
affoupiflement , comme font les limaçons de l'Europe. 
11 en a trouvé pluiieurs qui s'étoient à demi enterrés , 
siès le mois de Septembre, au pied des arbres & dans 
les broffailles les plus épaifles. Quelques-uns avoienc 
même déjà fermé très exaftement l'ouverture de leur 
coquille , avec un couvercle de matière blanchâtre Se 
platreufe , pour fe garantir contre les longues féche- 
refles qui dévoient continuer depuis le mois d'Odobre 
jufqu'à celui de Juin de l'année fuivante. Ce couvercle 
fermente comme la coquille avec l'eau forte. 

CoLUMNA, Aquat. pag. i6 8c iZ, Buccinum exoti' 
(um,vi2negatum, Iavïus , vi^çnuS'nç, 

Lister f Hift. Conchyl. tab. p, fig. 4. Buccinum 
mû jus, feptem fpirarum ex rufo radiatum» 

Ejufdem, tab. 10. fig. 5. Buccinum idem minus ra" 
diatum, 

Ejufdem , tab. 1 1. fig. 6. Buccinum radiatum y medio 
primo orbe leviter aciito. 

Ejufdem , pag. 578. fig. 33. CochleaftriBior y lads 
fafciis rubefccmibus ]per Içngum du^is dijiinêia , colw 
mdlâ alhâ. 



K A U 197 

Petiver y Gazoph. vol. i. cat. 14^. tab. 44. fîg. 7. 
Cochlea oblonga j exotica y l&vis. 

M. A'Argenviile , pL 13. fig* E, Buccin d'une 
fort belle couleur d'agathe, bariolée de rouge & de cou- 
leur fauve , avec une bouche fort évafée& toute unie. 

GuALTiERi , tab. ^. fig. C. Buccinum fluviatilt 
majus , Uve , labio intcrno repando , ex carneo jfulvo ^ 
ûlhido y & purpurafcenie colore fafciatum y aliquando 
linàs interfectis punBdtum , nebulatum , 6* marmoris 
infiar lucide & elep;anter variegatum. 

Ejufdem , fig. D. Buccinum fiuviatile idem y minus 
eandidiim , 6* in prima & in fecundâ fpiris lineâfub' 
rubrâ circumdatum. 

Klein y Tent. pag. 34. fpec. i. n. <f. Tuba pka-' 
nurgica torofa : ex rufo radiât a ; Lifieri. 

Ejufdem, fpec. 2. n. i.E. Tuba phonurgica fpiris 
planis : fafciata : perlonga , lata^ ex rubro fajciata , 
columellâ albâ, 

KAURIS, ou CAURÏS DES MALDIVES, ou 
THORAX, PorcellanA minores gioboféi y cauri ap- 
pellatA, Coquilles univalves du genre des porcelaines 
appellées pucelages , que l'on nomme auffi monnoics 
de Guinée ou coliques & thorax , a caufe de leur for- 
me , qui donne l'idée d'une cuirafîe qui fert à garantit 
la poitrine des guerriers. On donne auffi communé- 
ment le nom de kauris des Maldives ou Cauris , à cej 
fortes de coquilles , parce qu'elles fe trouvent dans les 
mers des îles Maldives dans les Indes orientales. Le 
caradere fpécifîque du kauris proprement dit ell d'a- 
voir une forme comprimée, le dos un peu élevé C4S 
forme de bolTe , d'avoir les fiancs un peu en bourrelet , 
garnis en-deflus de plufîeurs bofTages. Sa couleur cfl 
plus ou moins jaunâtre , blanchâtre ou tirant fur l'i- 
voire. Son teft eft luifant ou d'un beau poli. Le dos de 
la coquille efl ordinairement plus coloré que le reflc 
de la lurface , qui eft quelquefois d'un beau blanc. L'ou- 
verture , qui forme une fente étroite fans être fînueufe, 
«fl bordée de chaque côté de dix a onze denticules. Ces 

N il) 



19^^ K I S 

fortes dc porcelaines ont des variétés que l'on peut 
ranger parmi celles que l'on nomme en général puce- 
lages ; elles portent tout au plus jufqu'à prés d'un pouce 
de longueur fur trois ou quatre lignes de moins de lar- 
geur, l^oyei Pucelage. 

RuMPiiius y tab. 39. litt. C. Thoracium vulgare ^ 
five cmricium, Holl. Gemeene geele caurisj le cauris 
»*aune commun. 

Gl'ALTIERI , tab. 14. n. 3. Porcellana thoracia , 
■parva ., nodofa , citrina. 

Ejufdem , n. 4. Forcellana ckoracia j infigniter no^ 
dofa , candida. 

M. A'Jrgesville^ pi. lï. lett. K. La porce- 
laine , connue fous le nom de colique ou de monnoic 
de Guinée , eft nommée par quelques-uns thorax. 

KISET. Nom donné par M. Adanfon a un coquil- 
lage operculé du genre de la nérite. Sa coquille n'a 
que fîx lignes de longueur. Ses fpires font au nombre 
de trois, & fî applaties que le fommet, qu'elles forment, 
ne s'élève pas au-dehors. La première fait voir vingc 
cannelures afTez larges, mais fort applaties. Les deux 
lèvres de l'ouverture font liïïes & dépourvues de dents. 
Son opercule eft lilfe & uni par-delfus : il porte à fon 
extrémité fupérieure deux dents affez grofTes , mais 
courbées & beaucoup plus rapprochées que dans la pre- 
mière efpece nommée le dunar. Sa couleur eft noire 
au dehors , blanche au dedans , & jaunâtre ou livide 
fur la lèvre gauche. 

Cette efpece de nérite fe trouve , ainlî que le felot , 
autour des îles de la Magdelainc , mais en petite quan- 
tité. 



109 
L A B 

JLABARIN. Coquillage operculé que M. Adanfon a 
ran^é dans le genre des pourpres à canal court , échancrc 
& hinple. L'animal , qui réfide dans le labarin , eftfem- 
blable à celui du fakem ; mais fa coquille eft infiniment 
plus épaiffeque la{îenne,& que celle de toutes les pour- 
pres que l'auteur ait oblervées au Sénégal. Elleellpref- 
que ronde , longue de deux pouces au plus , & un 
quart moins large. Elle n'a que cinq ou fix tours de 
fpirale. La première fpire porte vingt à vingt-cinq fil- 
ions ; mais elle eft ornce du haut en bas de quatre rangs 
de bofîettes qui font enfermées entre deux bourrelets 
fort gros. Le bourrelet d'en-haut prend Ton origine un 
peu au-defîus du milieu de la lèvre gauche de l'ouver- 
ture, & faifant un demi cercle , va fe terminer à fon 
échancrure fupérieure. Le milieu de ce bourrelet laiffe 
entre lui & la lèvre gauche un trou ou fofTette aflez 
grande, qu'on peut appeller l'ombilic. Le bourrelet 
inférieur reffemble à une fraife fort irréguliere , qui 
ceint la bafe de la première fpire. Le fommet a une fois 
plus de largeur que de longueur. L'ouverture n'a que 
vingt à vingt-cinq dents à fa lèvre droite, & fon canal 
fupérieura une fois plus de profondeur que de largeur. 
Cette coquille eft ordinairement couverte d'un limon 
verdâtre. Lorfqu'on l'en a dépouillé , on voit que fa 
couleur naturelle eft blanc de lait. Dans les jeunes il 
n'y a que la première fpire qui ait cette couleur , les 
autres font brunes ou fauves. 

Les variétés , auxquelles ces coquilles font fujettes , 
confiftent en ce que les quatre rangs de boftettesfe ré- 
duifent à deux ou trois dans les unes, & à un feul dans 
les autres. Dans les jeunes , le bourrelet inférieur eft 
moins apparent ; le bourrelet fupérieur eft aulli bien 
moindre» Il prend fon origine un peu au-deffus du mi- 
lieu de la lèvre gauche de l'ouverture. 

Nir 



loo L A G 

Ce comiillage fe trouve abondamment dans la ri- 
vière de Gambie , autour de Tîle James & aux environs 
d'Albreda , dans les lieux remplis de rocaillcs , & tou- 
jours baignés par les eaux falées de la mer. 

Lister y Conch. tab. 5>5 5.fîg;. 6, Buccmumbrevi" 
roflrum muricacum , labro dentato , ore ex purpura le- 
•viter tincio , claviculâ brevi, 

Ejufdera , tab. ^56. fig. 7. Buccinum brevirofirum 
muricatum , ore ex purpura nigricante dentato, 

Ejufdem , Brevirofirum aculeatum , ore fubluteo , 
claviculâ fubitâ & acuta. 

Ejufdem , tab. 5)^0. fîg. 51. Buccinum brevirofirum 
labrofum y crajfum , ore Jubcroceo ^ muricatum , rofiro 
umbiLicato, 

Ejufdem, tab. 51^1. fig. 51. Buccinum brevirofirum , 
labrofum i crajfum , variegatum j unico ordine clavatum. 

Petiver , Cat. 2^3. tab. 15». fig. 10. Buccinum 
madrafpatanum y nodofum firiis fafciatis. 

iCiJE/^, Tent. p. 58.fpec. 3.n. ^, Ga/eamuricata^ 
qu& buccinum brevirofirum muricatum , labro dentato : 
ore ex purpura leviter tinElo ^ claviculâ brevi ^ Liste ri, 

Ejufdem, n. 8. Galea muricata ^ ore fubcroceo, rofiro 
umbilicato. 

LAGAR. M. Adanfon appelle ainfi un coquillage 
operculé du genre de la nérite. Sa coquille eft auflî 
grande que celle du dunar, & fe trouve afTez rarement 
entre le cap Manuel & le Cap-verd. Son fommet, au 
lieu d'être applati , eft pointu & formé de trois fpires 
également renflées. Il n'a qu'une fois plus de largeur 
Que de longueur. Les trente filions de la première fpire 
lont plus profonds que ceux du dunar , qui eft la pre^ 
iniere efpece ; & fa lèvre gauche eft ridée de plufieurs 
plis, au lieu d'être chagrinée. 

Sa couleur eft d'un brun-noir , quelquefois fans ta- 
ches , & quelquefois marbré d'un blancfale. 

GuALTIERl y tab. 66» litt. P. Nerita profundis 
& latis firiis fulcata , utrinque dentata , ex albido ni" 
groque catenatim depiâa» 



L A M loi 

LAMBIS. Miirices , novem vel decem fpiris pyra- 
midal is confiantes ^ validis tubercidis exafperatis , 
columellâ crafsâ , ponderosâ , colore rofeo nitenti infi^ 
gnes. Nom que l'on donne communément à des co- 
quilles univalves qui comprennent un grand nombre 
d'efpeces dans le genre des rochers. Le caraâiere {pé- 
cifîque des lambis eft d'avoir une volute plus ou moins 
élevée en pyramide, compofée le plus fouvent de neuf 
ou dix fpires couronnées & armées, principalement dans 
les premières, de gros tubercules faillans ou de fortes 
protubérances , fouvent obtufes& creufes, démontrer 
fur leurs furfaces extérieures de grandes ftries tranf- 
verfales , onduleufes & peu prononcées ; d'avoir la co- 
lumelle forte, épailfe , ayant le poids du marbre, unie, 
luifante ou d'un émail vif, d'une couleur de rofe , ou 
incarnat admirable , qui brille également dans toute la 
furface intérieure de la coquille. L'ouverture eft en 
général très fpacieufc dans les lambis, & eft le plus fou- 
vent bordée par une grande lèvre ailée , épaifle & avec 
une double échancrure vers le canal. Ce canal , qui ter- 
mine cette lèvre , ainfi que le fût , eft court , obtus & 
un peu retroufte. Il y a des lambis de la grande ef- 
pece, ainfî que de la petite forme , dont la lèvre eft 
rentrante , non ailée & fort mince. La furface exté- 
rieure des lambis eft ordinairement cachée par un drap 
marin , de couleur feuille morte , cartilagineux , plus 
mince qu'épais , lequel s'in^ere dans toutes les fînuo- 
fités de la coquille : lorfqu'il eft fupprimé il découvre 
le teft dont les couleurs & les marbrures varient , ainfî 
que le volume plus ou moins grand de ces fortes de 
rochers ,fuivant les ditlérentes mers où ils fe trouvent, 
foit dans les Indes occidentales , foit dans les Indes orien- 
l'jles. C'eft pourquoi les Conchyliologiftes diftinguent 
dans les lambis ceux qui font de la grande forme ailée 
^ non ailée , les lambis ramaflés & épais ailés Se non 
ailés, que l'on nomme le plomb , l'épifcopale , lapomme 
d'Acajou , & les petits lambis marbrés , qui ont aufîî 
des variétés dans leurs cfpeces \ Us murex j que l'on nonv 



20i L A M 

me l'aile d'ange , &ies araignées à pattes & fans pattes, 
iont des efpeces plus éloignées de celles des lambis. 
Voye:^ ces mots. 

LAMBIS AILÉ DE LA GRANDE ESPECE. 
Murex lambis dicius maximâ fpecie ^ veluti marmor 
ponderofus ^ colore rofeo inrerno ^ pulckerrimo , & albc' 
dine fplendens , labro valde expanfo & extuberannis in 
■primïs fpiris infirucîus & infi^nis. Ce murex , qui par- 
vient à un volume très confîdérable , peut avoir au 
moins un pied de longueur, avec une grande lévrc 
très évafée qui s'élève & s'étend en forme d'aîle en 
excédant le fommet de la coquille. Les protubérances 
dominantes, dont la première fpire eft garnie, ont 
quelquefois jufqu'à près de deux pouces d'élévation 
dans certaines efpeces, tandis que dans d'autres, elles 
font moins faillantes , mais beaucoup plus larges a 
leur bafe. La furface extérieure des lambis de la 
grande efpece eft chargée de rides & de larges can-. 
nelures qui la rendent raboteufe. Lorfque le drap ma- 
rin eft enlevé , on découvre une couleur olleufe , 
fauve-clair , qui flatte peu la vue , mais qui dédommage 
par l'éclat d'une vive couleur de chair & de rofe mê- 
lée de blanc qui brille dans la furface intérieure. Ces 
belles couleurs régnent principalement vers les révo- 
lutions internes de la volute , ainft que dans les bords 
intérieurs de la lèvre , & l'extrémité du fut qui forme 
un canal court & fort retroufTé. La grande épaifteur 
de ces fortes de lambis confifte dans le fût ou l'axe 
de la coquille & dans la terminaifon de la lèvre ailée , 
ce qui lui donne la pefanteur du marbre dont elle 
imite auftî le poli intérieurement. Les lambis épais de 
la grande forme ont des variétés dans leurs efpeces, par 
les diftérentes étendues de la lèvre ailée , ainfi que par 
fon épaifleur. Les Conchyliologiftcs diftinguent celles 
qui font d'une forme ramaffee dans le corps de la co- 
quille , dont les protubérances font très longues, lef- 
quelles fe perpétuent dans toutes les fpircs , au moins 
dans les trois ou quatre premières , & dont quelques- 



L A M 205 

unes fc trouvent compliquées dans l'aile ou la lèvre. 
Cette lèvre ailée ell ordinairement très grande , écar- 
tée & peu épaifle dans les lambis de moyenne forme 
ou du moyen âge. Les dernières viennent des Indes, 
quoiqu'il s'en trouve dans les mers qui approchent 
le plus de l'Amérique méridionale. Les lambis ailés ne 
doivent point être confondus avec ceux qui font à 
lèvre rentrante , mince & déchirée après la fuppref- 
fion du drap marin. Elle fe trouve toujours large , 
élevée & évafée dans les jeunes lambis comme dans 
les vieux avec les mêmes proportions ; mais il eft ap- 
parent que cette lèvre gagne plus d'èpaiffeur à mefure 
qi.e le teftacée parvient à (on dernier période de grof- 
feur j ce qu'elle acquiert fans charger fa forme en 
général. La comparaifon , que l'on peut faire des lam- 
bis aîlés dans fes gradations de groifeur, fait voir dans 
ceux qui ont iîx a. fept pouces de long , une lèvre ailée 
d'une ligne d'èpaiffeur comme pliflèe vers fon bord , 
par l'eftet des cannelures tranfverfales , qui font tou- 
jours plus profondes dans les jeunes : la volute de 
ceux-ci efi: ordinairement bien confervée , parce qu'elle 
n'eft pas encore fujette à être vérinée. Dans les lambis 
de moyenne âge qui ont jufqu'à dix pouces, la lèvre 
ailée a quitté fes plis , les cannelures extérieures ne 
ibnt plus prononcées dans l'intérieur de la lèvre , & 
elle a déjà acquis jufqu'à plus de fix lignes d'èpaiffeur : 
on apperçoit déjà des piqiîures de vers principalement 
dans les fpires : on reconnoît enfin les vieux lambis- 
ailés par bien des défeftuofités , principalement pat 
tout le tefr extérieur qui paroît avoir fouftert comme une 
efpèce d'efflorefcence , en donnant plus d'accès aux ver- 
miffeauxpour le cribler : tous les petits trous, qu'ils 
occafionnent, n'enlèvent pas plus l'émail delà coquille 
que les parties ècailleufes qui fe détachent en plus 
grande partie fur fa furface , manquant alors de cette 
fubftance nourricière qui tranffude de l'animal : les 
raifons, que l'on pourroit donner fur les mêmes effets 
d'une coquille qui en eft abandonnée , ne peuvent 



204 L A M 

tomber Cm les lambis que l'auteur décrit, lefquels ont 
acquis un émail plus coloré ou plus vif en couleur Se 
plus luifant dans toute fa furface intérieure , en y com- 
prenant tout le fût extérieur qui brille d'une belle cou- 
leur de rofe , ainfl que la lèvre , dont l'épaifTeur fîn- 
guliere porte un pouce & demi. On ne fera point 
étonné de voir la furface extérieure du teft des vieux 
lambis ailés fort défeftueufe, ainfî qu'une partie de 
fon épaifTcur , lorfqu on fera attention que les gros 
tubercules ne renferment qu'une fubftance plâtreufc 
défunie , & qui peut également fe rencontrer dans le 
centre des autres tubercules & du teft de la coquille. 

Roy^DELET , de Tefiaceis , lib. %, pag. 76. fait 
mention d'un lambis ailé de la grande efpece qu'il 
noïAme le rocher de marbre , à caufe de la dureté de 
fa coquille & de fa blancheur extérieure qui imite le 
marbre : au-dedans , fa couleur eft d'un blanc pourpré; 
elle eft pefante , épaifTe , dure & armée de plufieurs 
pointes. A candore duritiâque quâ marmor candidum 
&mulatur parte externâ j maricem marmoreum appel' 
Icimus, Parte interna ex albo purpurafck. Tefta gra- 
vis efl y denfa , folida , multis aculeis korrens. 

yÎLDROVANDuS y de Teftaceis , lib ^» pag. 344. 
donne le nom de rocher de marbre à plufieurs ef- 
"peces de lambis ailés ; fçavoir celui de Rondelet , 
murex marmoreus R.ondeletii ; celui de zoographe , 
murex marmoreus loograpki. Sa couleur extérieure eft 
livide , dit ce naturalifte , tandis que le dedans eft 
d'une couleur de rofe mêlée de blanc très belle & 
très brillante. La lèvre s'allonge en-dehors & s'étend 
confidérablement vers fes bords. II y a deux grandes 
pointes au-deffiis du fommet ou de l'extrémité faite 
en cône de la coquille ; mais elles font obtufes : il y a 
d'autres petites pointes dans cette extrémité conique, 
^'celles qui font arrondies parmi les' fpires , forment 
plutôt fuccefTivement des tubercules que des pointes. 

Aldrovandus ajoute à cette efpece un autre lam- 
bis ou rocher de marbre ftrié par-tout /ouplutôt onde , 



L A M 10^' 

dont la clavicule eft très aiguë, déliée & allongée. Les 
deux autres efpeces, que ce naturalifte appelle murex 
marmoreus candidus ^ & murex marmoreus purpuraf- 
cens 3 font le rocher â oreille déchirée & un lambis 
frufte, dépourvu de fa lèvre. Color forinfecus pallefcn , 
inquit [ougraphus , intriafecus cum pulcherrimo fplendon 
ex alborofeus efi, Labrum exterius protendu fe^ & dila- 
tât in marginem : mucrones infra caput feu conum tejÎA 
duo magni yfed obtu fi prominent. In ipfo cono pcirvi ad- 
modum y & fubrotundi per fpiras deinceps non aculeï , 
fed tumores vifuntur» Addidi, ait Aldrovandus ^ aliam 
marmoreum muricem y turbine acutiffimo y atque longo 
& exili y undique flriatum y aut potius undatum, 

GuALTiERI , tab. 34. litt. A. Murex maximus , 
Jiriatus flriis crajjioribus , mucrone validis muricibus 
armato , aure omnium longiffimâ & latijjîmâ , albi-' 
dus , intiis rofeo colore fplendens» 

Ejufdem, tab. 33. litt. A. Murex aure admodum 
expansâ & latâ , maximus , ftriatus , tuberofus , pon- 
derofus y & validijjîme muricatus y ex albido & fufco 
maculdtus , intiis rofeo colore nitidiffime fplendens» 
Ceft le grand lambis ailé oriental , d'une forme ra- 
courcie ou raniaffée. 

Le père Labat y tom, 8. des îles de l'Amérique, 
pag, 3 18 j fait mention du lambis ailé de la grande tC- 
pece qu'il a obfervé dans fon voyage; quoique l'auteur 
ne s'énonce point en Conchyliologifte , fa defcripriqn 
peut donner une idée en général de ce teftacée. Le 
lambis, dit le P. Labat, efl une efpcce de gros lima- 
çon , dont tout le corps femble n'être qu'un boudin 
terminé en pointe à une extrémité , & ouvert à l'autre 
par une bouche ronde & large , d'où il fort une mem- 
brane épailTe , & longue comme une langue , avec 
laquelle l'animal prend fa nourriture & fe' traîne au 
fond de la mer & fur les hauts fonds , où on le trouve 
ordinairement. Cet auteur dit qu'il n'en a jamais diffé- 
que, & qu'il auroit été fort embarraffé, s'il lui avoit 
fallu faire cecçe opération j ra^ç qu'il en a («uvens 



10^ L A M 

Coupé par morceaux de ceux qui étoient cuits ; qull 
n'y avoic remarqué ni foie, ni cœur, ni poumons, 
mais feulement un aiïez gros boyau plein d'herbes ha- 
chées, de moufle & de fable, qui étoient apparemment 
les reftes de la nourriture que l'animal avoit prife , 
fans cjuii y eut apperçu aucun conduit, par lequel il fe 
déchargeât de fcs excrémens , a. moins qu'il ne les ren- 
dît par le même endroit par lequel il avoit introduit les 
alimens ; car il n'eft pas vraifemblable qu'il les con- 
fomine li entièrement & qu'il les change en fa fubflance 
d'une manière qu'il n'en refte rien, & quand ce fe- 
roit véritablement des herbes & de la moufTe , il faut 
au moins qu'il rende le fable qu'il a avalé , & qu'on 
trouve dans cet inteftin. La chair de cet animal ell 
blanche & ferme, & plus l'animal eft gros, plus elle 
eft dure ôc de difficile digeftion : elle ne laiffe pis 
d'être graiïe , & d'avoir de la faveur. Quand le lambis 
pft cuit dans l'eau & bien égouté , on le fend dans 
toute fa longueur pour en tirer cet inteftin , &c on 
coupe le refte en rouelles, que l'on accommode diffé- 
remment. 

On fait de la chaux de leurs coquilles , qui y font 
très propres , & on la vend ; car la chaux faite avec 
ces fortes de coquillages eft excellente, & forme un ci- 
ment qui durcit comme le marbre : le feul défaut,qu'eHe 
ait , eft d'être beaucoup plus dure à cuire que celle dont 
on fe fert ordinairement aux îles. Pour faire de cette 
chaux , il ne fuiîit pas d'avoir cette forte de lambis , il 
faut favoir la manière de tirer l'animal de fa coquille 
& fe donner de garde de la rompre & de la gâter , 
Xur-tout quand on veuc la conferver pour quelque ufage, 
ou la vivacité des couleurs dont elle eft peinte doit être 
toute entière & point du tout tronquée : car lorfqu'on 
ne s'en foucie pas , il n'y a qu'à mettre le lambis dans 
l'eau bouillante ou fur. les charbons ; l'animal eft bien- 
tôt mort, & le volume de fa chair diminuant en cui- 
fant, il eft facile de le tirer. Mais lorfqu'on veut con- 
ferver la coque avectoute la beauté ôc la vivadtç de 



L A M 207 

fon coloris, que le feu ou l'eau bouillante gâteroit 
abfolument , il faut enfoncer dans l'ouverture un ha- 
meçon un peu long , ou un crochet de fer , le plus 
avant qu'il eft pofTible. L'animal , qui fe fent rudement 
chatouillé quitte l'extrémité de fa coque , & foit qu il 
meurt dans ce moment , foit qu'il veuille s'échapper , 
on le tire aifément dehors. On trouve dans toutes les 
coques environ un demi-verre d'eau, plus ou moins, 
feîon leur grandeur : cette eau eft très claire & très 
douce , & on prétend qu'elle eft admirable pour l'in- 
flammation qui furvient aux yeux. 

On trouve des lambis d'une groffeur confidcrable & 
d'un fi grand poids , qu'il femble impoffible qu'un ani- 
mal aulîi foible que celui-là puifle traîner ou porter 
wnc maifon li lourde & fi incommode. Mais comme 
ceux qui ont fréquenté la mer , n'ont point remarqué 
de changement dans la coquille des lambis , on peut 
préfumer que leur coquille croît avec le corps, & que 
comme elle eft d'une matière extrêmement dure , il 
lui faut bien des années, pour arriver à dix ou quinze 
pouces de longueur , fur environ autant d'ouverture, 
& â dix ou douze livres de pefanteur. Ce pefant équi- 
page empêche l'animal de courir bien vite ; mais il ne 
îempêche pas de changer de place & de venir d\i 
fond de la mer fur le rivage & le long des rochers a 
des hauts fonds, où on le trouve & où on le prend 
plus aifément que quand il faut l'aller chercher en 
plongeant dix ou douze braiïes fous l'eau, La fuperncFe 
de la coque des lambis eft parfemée de quantité rfe 
pointes émouffées , de huit à douze lignes de hau- 
teur , fur prefque autant de diamètre à leur bafe : ce 
qui fe trouve entre ces boffes eft brut , pierreux Se 
iouvent tout couvert de moufte ; un des bords, qui fem- 
ble deftiné à former l'ouverture de la coquille ', s'cleve 
tout droit, & fait voir la tête & la langue de l'animar, 
quand il juge à propos de fe montrer ; car il fe retire 
fouvent fous les replis de fa maifon, comme dans des 
appartemens ferrés. Rien n'cft plus beau , plus poiï , 



loS L A M 

plus luifant & plus luHré que rémail , dont cette mal- 
Ion eft tapiffée , à commencer par ce grand morceau 
du bord qui en découvre l'entrée : c'ell une couleur de 
chair la plus vive que l'on puiffe s'imaginer , qui eft 
toujours la même dans tout le dedans de la coque; ôc 
a le dehors étoic auflî beau, on pourroit dire que le 
lambis feroit le plus proprement logé de tous les ani- 
maux teftacées. 

M. à' /Irge.wiLle donne le nom de lambis à uu 
rocher aîle à pattes de l'elpece hexadaûyle. Foye^ 
Araignée hexadactyle. 

Al. Adanfon fait mention d'une efpece de lambis 
Qu'il nomme le kalan. Voyer ce mot. 

LAMBIS AILÉ DE LA MOYENNE ESPECE 

A SPIRES RENTRANTES. Murex lambis ditlus, 
mediâ Jpecie , forma brevi , colore externo rofeo ; in^ 
ternâ albedine laEleâ. infignis ; novem vel decem fpi" 
ris tuberofis in ipjis panim colligentibas compofitus. 
Cette efpece , qui eft d'une forme courte & rameufe , 
diffère des gros lambis ailés de l'Amérique à plufieurs 
égards j c'eft fur fa furface extérieure que régnent les 
belles couleurs de rofe que l'on voit briller au contraire 
dans l'intérieur des grands lambis ; elle efl: remarcju^ 
ble d'ailleurs par deux forts tubercules baroques qui 
dominent extrêmement fur les autres, lefquels parcou- 
rent & couronnent régulièrement les neuf ou dix {pi- 
res , dont la volute efi: coropofée. Ces tubercules font 
en partie cachés & comme abforbés dans la ligne fpi- 
raie , de manière que les fpires , qui font en partie 
rentrantes les unes dans les autres ne laiffent à décou- 
vert qu'une portion de chaque tubercule. Le refte de 
la coquille montre des ftries tranfverfales rares, éloi- 
gnées les unes des autres , peu prononcées & inter- 
rompues par des éminences irrégulieres. Ce lambis , 
dont le tert en général eft épais & fort pefant , porte 
ordinairement une lèvre ailée peu élevée , mais fort 
évafée & très épaifTe dans les jeunes efpeces comme 
dans les vieilles j ces dernières même ont fouvent cette 

lèvre 



L A M 209 

lëvre allée beaucoup moins forte par le développe- 
ment du tefl , comme on le voit dans plufîeurs tonnes 
cannelées, dont la lèvre eft plus épaiffe dans les jeunes 
que dans celles qui font avancées en âge ; ce qui fc 
Yoit fenfîblement par les gradations qui fe trouvent 
dans la mêipe efpece de coquillage , & produit un 
effet tout contraire dans les c^rand lambis. Si la furface 
intérieure des lambis à fpires rentrantes ne montre 
point de couleurs vives , on ne peut néamnoins trop 
admirer le poli le plus luifant ôc l'émail d'une blan- 
cheur laiteufe , dont cetie coquille eft tapifTée en- 
dedans , & qui fe répand jufque fur la columelle ex- 
térieure. Il y a des efpeces où jce fiit extérieur eft 
d'une couleur plombée, ainfi que fur les bords de la 
lèvre , ce qui a fait peut-être appeller ce murex le 
plomb , ou le rocher plombé. Ces fortes de lambis onc 
également des variétés dans leurs efpeces par leurs di- 
verfes épaillèurs ainfî que par les nuances , dont la 
coquille eft ornée. Il y en a qui font prefqu entière- 
ment blancs , nues de violet léger fur le corps & dans 
les premières fpires. Ces coquilles , qui proviennent 
des mers des Indes orientales , ont depuis quatre pou- 
ces de longueur jufqu'à cinq pouces fur un quart 
moins de largeur. La lèvre ailée a quelquefois julqui 
huit lignes d'épailfeur j elle porte deux échancrures à 
la manière de tous les lambis ailés , & le canal eft très 
court & peu retrouffé. 

Rondelet ^ de Tefiaceis , lih* 2. pag, 78 , pa- 
roît faire mention d'un lambis de la moyenne forme 
à lèvre ailée &: épaiffe , que ce naturalifte appelle 
murex lacîeus , a caufe de fa blancheur qui imite celle 
du lait. Sa clavicule eft frufte ou tronquée, telle qu'elle 
eft reprcfentée dans cet auteur ; ce qui a peut-être 
occafionné à lui faire dire qu elle eft plus obtufe que 
celle des autres efpeces \ quoiqu'efFeÂivement fa py- 
ramide contournée foit moins élevée que celle des au- 
tres lambis. Ce font , dit Rondelet , plutôt des tuber- 
cules & des boffcs qui fe trouvent fur cette coquille 

TOTM II. O 



âio L A M 

que des pointes ou des clous. Hanc murîcem â 
lacito colore lacieum nuncupavimus. Turbine obtu- 
fiore eft quam c&teru Exochas & tubercula potiiis habet 
quam clavos (îve acideos* 

LAMBIS 'MARBRÉS , autrement appelles PE- 
TITS LAMBIS. Murkes alati lambis-minori Jpecie 
appellati , feu plurimis coloribus in marmoris modum 
'variegdti. Ces fortes de murtx y dont la lèvre aîlée 
plus ou moins épaifTe porte jufqu à quatre échancru- 
res, c'eft-à-dire, deux en-haut & deux en -bas, ne 
pafîent guère trois pouces & demi de longueur fur 
un quart moins de largeur, & comprennent dans leurs 
efpeces des variétés les plus agréables & les plus inté- 
relTantes par les couleurs les plus vives, & les diverfes 
marbrures qui régnent fur leurs furfaces. Les couleurs 
marron , brun-rouge , jaune-fauve , ventre de biche , 
vert-pavot , plus ou moins mélangées de blanc font 
celles qui dominent en-dehors. Ces marbrures for- 
ment de grandes taches interrompues par une ou deux 
zones , plus ou moins articulées , dont l'une traverfe îe 
milieu du corps de la coquille , & l'autre eftfituée vers 
le canal. Toute cette furface eft à ftries trarifverfales 
onduleufes , relevées de tubercules dans les deux faf- 
cies. Ces fortes de murex font auffi compofés de 
dix fpires peu bombées , dont la première eft cou- 
ronnée de forts tubercules , parmi lefquels il y en a 
toujours deux qui dominent fur les autres en forme de 
protubérances élevées , obtufes, larges à leurs bafes & 
baroques. Les dernières fpires , qui terminent la clavi- 
cule , ou forment le fommet , font garnies de petites 
côtes longitudinales interpofées. La lèvre aîlée eft le 
plus fouvent très épaiffe, élevée, évafée ; & le fût, qui 
eft toujours uni & poli, montre l'intérieur de la co- 
quille, qui eft couleur de chair & de rofe. Cette lèvre 
eft dentelée en partie intérieurement, & la columelle 
ie termine conjointement par un canal ouvert incliné, 
retrouffé & plus allongé que dans les autres lambis. 
Les petits lambis varient daas ces Quances & ïk- 



L A M III 

paifleur de fon teft ; ils nous conduifent par gradations 
aux efpeces de rochers ailés, que les Conchyliologiftes 
appellent la tête de ferpent , l'oreille d'âne , l'aile 
d'ange , l'oreille de cochon , ou l'oreille arrachée ou 
déchirée. Ils viennent en général de l'Amérique , 
quoiqu'il s'en trouve dans les Indes occidentales. 

Les Conchyliologiftes diftinguent auffi les petits 
lambis marbrés non-aîlés à lèvre mince. Foye:^^ cet 
article. 

GUALTIERI, tab. 3z. lit. F. Murex jîriatus , & 
rugofus y mucrone papillis injîgniter dijlinéio :, ex olea" 
g'mo & fanguineo colore maculatus, 

LAMBIS NON AILÉ DE LA GRANDE ES- 
PECE. Murex lambis dicîus y magna Jfecie ^ forma 
oblongâ & rolundâ > claviculâ exertâ , decem vel unde- 
cimfpiris tuberojis ; labro tenui , laciniato^non expanfo ^ 
6' coloribus externis & internis rofeis & violaceis tener^ 
rimis, infignis. Cette elpece , dont la lèvre n'eft ni 
étendue ni élevée en forme d'aile , mais plutôt ren- 
trante , a le teft mince , un peu tranfpàrent , qui gagne 
de répaifleur â mefure que les circonvolutions appro- 
chent de la columelle. Le corps de cette coquille eft 
ordinairement oblong, arrondi, & plus ou moins ren- 
flé. Sa furface extérieure , qui eft jaune pâle , couleur 
de chair ou de rofe , & quelquefois lilas ou d'un vio- 
let léger , eft chargée de ftries & de cannelures larges 
peu prononcées , lefquelles difparoilTent quand la co- 
quille parvient dans fes derniers périodes de grof^ 
feur, elle eft alors raboteufe & ridée. La volute eft 
élégante, élevée en pyramide, compofée de dix , & 
même de onze fpires concaves , couronnées réguliè- 
rement de tubercules , dont ceux de la première £pire 
font Taillants , de figure conique, un peu obtus & ap- 
platis dans certaines efpeces, concaves intérieuremen:, 
& quelquefois recourbés en manière de bec de cor- 
beau ; ce qui a fait nommer cette variété par plufieur? 
naturaliftes , le rocher coracoïde. Le prolongement , 
le aombrs & les diveifes figures de ces tubercules oc- 



211 L A M 

cafionnent des variétés fenfibles dans ces fortes de îam- 
bis minces & non ailés , ainfî que leurs diverfes cou- 
leurs extérieures , lefquelles ne forment que des nuan- 
ces par la tranfparence de celles qui éclatent en-dedans 
d'une manière vive & luifante , comme dans les grands 
lambis épais & ailés, c'eft-à-dire , des couleurs pour- 
prées & de rofe les plus belles. La lèvre , qui eil plutôt 
rentrante qu évafée & ailée , eft extrêmement mince , 
de manière qu'il n'eft guère poflible de n'en point en- 
lever les bords avec le drap marin ; ce qui rend ces 
bords comme déchirés , avec lefquels cependant les 
Conchyliologiftes préfèrent cette coquille, au lieu 
d'être réparés par le fecours de la lime. Le fut de ces 
fortes de rochers eft prefque droit, très uni, & terminé 
d'une manière obtufe fans aucun prolongement en ca- 
nal ni en bec. On remarque vers cette extrémité une 
cfpece de finuofité en façon d'ombilic. 

Les lambis non ailés a lèvre très mince ont depuis 
cinq pouces de longueur jufqu'â plus de neuf pouces 
fur un tiers moins de largeur, en confervant la lèvre 
aufli mince dans les petites comme dans les plus gran- 
des. Comme la clavicule & toute la columelle des lam- 
bis non ailés reflemblent aux grands lambis ailés , ne 
pourroit-t'on pas préfumer que les premiers feroient 
les efpeces femelles des derniers ? 

Le conckylium de Pline , de Diofcoride , dont 
Rondelet fait mention , paroît être le lambis non ailé à 
lèvre mince , fuivant l'efpece qui eft repréfentée dans 
cet auteur, vag, 83 lib. 1. de Tejiaceis ; quoique le 
fommet de la volute en foit fupprimè. La forme , la 
lèvre, le corps de la coquille, les ftries, les diverfes 
ondes & èminences du teftacèe , annoncent que ce lam« 
bis eft la fameufe pourpre ou le conckylium des anciens. 
Ce coquillage fournit la liqueur pourpre abondamment 
fuivant l'apparence : on le trouve d'ailleurs dans la Mé- 
diterranée & dans les mers des Indes occidentales Se 
oiientales. Foye:^ le mot Conchylium, 

RoNOEiET , pag. 78» donne le nom de rocher co- 



L A M iM^ 

racoïde ou à beccîe corbeau, 2 une efpece <îe lambis 1 
Icvre mince & non ailée. Comme les anatomifles, dit 
ce naturalise, ont appelle coracoide un os qui fert 
d'appendice â l'omoplate , à caufe de fa reflemblance 
avec le bec des corbeaux j c'eft pourquoi nous avons 
donné à ce murex ou rocher la même dénomination 
qui lui convient par une marque plus diftinguée , à 
caufe que fes tubercules ou fes pointes courbes refléiti- 
blent auflî aux becs des corbeaux. Uc anatomici omo^ 
placA appendicem h. rofiri corvorum Jtmilitudine cora^ 
coïdem appellarunt , ita & nos muricem hune coracoï" 
dem ab aculeis incurvïs , 6' roftris corvorum flmilibuS , 
a nota illuftriore & huic proprid nomen ponentes. 

LAMBIS NON AILÉ DE LA MOYENNE 

ESPECE. Murex vei la m bis labro tenui non expanjo , 
decem fpiris tuberojts in ipjts col/igentibus compo/nasyro- 
feis ^ fulvis coloribus variegatus ; mediâ fpecie. Cette 
cfpece , qui peut avoir tout au plus cinq pouces de long 
fur trois de largeur , eft d'une forme arrondie , dont les 
dix fpires , qui forment une volute élevée en pyramide , 
font rentrantes , concaves , â ftlies circulaires , onduleu- 
fes & régulières couronnées de tubercules peu (aillants, 
abforbés ou cachés en plus grande partie dans la ligne 
fpirale. Cette volute eft marbrée par-tout de jaune fauve 
& de blanc fur un fond couleur de rofe, qui règne éga- 
lement fur toute la furface intérieure & extérieure de 
la coquille , excepté dans le dedans de la lèvre qui eft 
blanc. Cette lèvre n'eft mince & tranchante que dans 
foîi bord. La columelle montre vers la volute plusieurs 
ftlies tranfverfales qui tournent intérieurement. Cette 
coquille a une variété dont le teft eft plus mince , d'une 
couleur violette légère , à laquelle on a donné le nom 
d'épifcopale , comme on donne celui de pomme d*aca- 
l'ou aux efpeces qui font de couleur de rofe. 

LAMBIS NON AILÉ, MARBRÉ, DE LA PE- 
TITE ESPECE , ET PAPYRACÉE. Murex vel lam^ 
bis minori fpecie , teftâ tenui , coloribus fufcis vel fla" 
vis aliquando purpurafcentibus infignis & variegatus^, 

O iij 



114 L A M 

Cette efpece , dont le teft eft très mince & fort fragile, 
préfente deux variétés , favoir , celle qui porte une 
clavicule élevée , & une autre dont les fpires font en 
partie comprimées. La première eft marbrée de brun- 
rouge, de fauve, & de couleur pourprée en^dehors & en- 
dedans. La volute eft compofée de dix {pires extrême- 
ment élevées, concaves, à ftries circulaires & cou- 
ronnées de tubercules éloignés les uns des autres à dif- 
tance égale, & peufaillants. La féconde variété eft com- 
pofée de huit ou neuf fpires dont les premières- font un 
peu applaties , & les autres un peu convexes , & gar- 
nies dans le fommet de petits tubercules longitudinaux: 
toute cette clavicule porte vers la ligne fpiraîe un cor- 
don ou une groffe ftrie qui tourne avec elle. Ce petit 
lambis eft de couleur jaune fauve , marbré de taches 
marron principalement dans la volute. Les petits lam- 
bis papyracées , non ailés, viennent des mers des Indes 
orientales, & ont depuis deux jufqu à trois pouces de 
longueur fur moitié moins de largeur. 

M..d'ARGENViLLE , pL 14. Utt. L pag. 15c. Ce 
rocher eft a ftries , & n'a de tubercules que dans fa cla- 
yicule à fîx étages : fa robe eft bariolée de jaune fur un 
fond blanc. 

LAMPE ANTIQUE. Cocklea terrefiris deprejfa , 
trochiformis ^fex [pins compojttu ;lucerna antiqua nomi' 
nata. On nomme ainfî plulîeurs coquillages univalves 
terreftres du genre des limaçons applatis que Ton range 
parmi les fabots. Cette coquille eft ordinairement com- 
pofée de fix fpires un peu convexes , dont les dernières 
forment un fommet obtus ou fans élévation. Les lima- 
çons, auxquels on donne le nom de lampe antique, font 
d'une forme lenticulaire , de vive arrête le plus fouvent 
dans leur circonférence , avec une ouverture qui forme 
une ellipfe comprimée , bordée d'une lèvre repliée en- 
dehors comme un petit bourrelet. C'eft cette ouverture 
qui dorme principalement à cette coquille aflez de ref- 
femblance avec les anciennes petites lampes fépulcrales. 
La bafe de ce limaçon eft quelquefois prefqu'auflî con- 



L A M îiî 

vexe que la volute, & quelquefois ombiliquée, mais 
rarement. Les couleurs dominantes des lampes anti- 
ques font les nuances marron & fauve clair. Les Con- 
chyliologiftes diftinguent plufîeurs efpeces de lampeg 
antiques ; favoir , la lampe antique ordinaire , dont le 
pourtour eft de vive arrête , la lampe antique rubanée , 
l"e{pece qui eft fafciée ; les lampes antiques dont l'ou- 
"Verture eft dentelée, & parmi lefquels fe trouvent la 
lampe antique proprement dite ou extraordinaire , & 
la fauffe lampe antique. VoycT^ ces mots. 

LAMPE ANTIQUE DE VIVE ARRETE SANS 

DENTS. CochUa terrefiris deprejfa , vel lacerna unti- 
qua y amb'itu complanato & apenurâ non dentatâ dijiinc 
ta. Cette efpece, qui eft de vive arrête dans fa circon- 
férence , peut avoir jufqua vingt lignes de diamètre, 
?vec une volute quelquefois un peu élevée & quelque- 
fois comprimée. Sa couleur eft brune ou marron , or- 
née dans certaines efpeces d'un liferé blanc qui tourne 
avec les fpires fur lefquelles on diftinguc des ftries fines 
peu feniîbles, obliques ou longitudinales, ou au moins 
des rides. Il y en a dont toute la furface extérieure eft 
nuée de fauve & de couleur de corne. L'ouverture va- 
Ùe dans fa figure elleptique plus ou moins compri- 
mée , & dont la lèvre forme tantôt un bourrelet blanc, 
tantôt un bourrelet brun ou de la même couleur de la 
coquille. Cette forte de lampe antique ne montre point 
de dents dans fon ouverture , & n'eft point ombiliquée. 

GuALTiERT^ tab. i» lïtt.LCock/ea terrefiris deprelfa^ 
lentiformis , l&vis , ludda , caftanei coloris , fajciis 
obfcure albicantibus cinéia , ore facis deprejfo triangw 
lari , rimd injïar anp,ufio. 

M.à'ÀRGEr^viLLE, pi. 8. /. D. p, iKî.Un lima- 
çon dont la volute eft applatie ,& la couleur brune, imite 
par fa figure la lampe antique; & il en conferve le nom. 

LAMPE ANTIQUE DE VIVE ARRETE SANS 
DENTS, dite la LIVRÉE ou la RUBANNÉE. Co- 
chlea terrefiris deprejfa vel lucerna antiqua vtttata , 
étmbitu complanato j apmurâ deprefsâ non dentatâ 



11^ L A M 

Cette coquille terreftre ne diffère cîe la lampe antique 
ordinaire que par fa forme moins grande , & par une 
ou deux bandelettes très brunes qui tournent avec les 
fpires de la volute fur en fond blanc & fauve-clair. 
La lèvre, qui efl d'ailleurs plus évafée , fojme un bour- 
relet blanc qui environne toute l'ouverture de la co- 
quille en formant prefqu'enticrement l'ombilic , dont 
cette efpece paroît pourvue. Il y en a dont toute la bafe 
du limaçon eft brune , & dont le cordon ne paroît que 
dans les (pires. Il porte ordinairement un pquce ou 
quinze lignes de diamètre. Les variétés confiltent dans 
le nombre & la largeur de fes cercles. 

M. ^Argenville y Append,pL 9.11, y Ce limaçon 
s'appelle la livrée, & eft de la féconde famille è^ts li- 
maçons nommés femi-lunares» Sa robe n'efl: différente 
des autçes que parce qu elle eft beaucoup plus belle , 
étant entourée de cercles ou bandelettes de diverfes 
couleurs , ordinairement de couleur brune fur un fond 
jaune , fans aucune élévation de fpirale. 

LAMPE ANTIQUE FASCIÉE. CochUa terref* 
tris depreffciy vel lucerna antiqua fafàata , umbilicata. 
Celle-ci, qui eft une des plus diftinguée parmi les lima- 
çons comprimés que l'on nomme lampes antiques, 
paife deux pouces & demi de diamètre. Elle eft auffi 
compofée de fix fpires larges , aiïez élevées , quoique 
îe fommet foit applati ; elles font ornées fur cbacunft 
d'une double fafcie ou de deux zones marquetées de ta- 
ches obliques, blanchâtres & rouge-brun , lefquelles zo- 
nes diminuent & s'effacent a mefure qu'elles parviennent 
âlaterminaifon de la clavicule. La première fpire,qui eft 
clevce , neft point de vive arrête dans fa circonférence , 
comme dans la plupart des lampes antiques. Le refte 
de fa furface extérieure eft de couleur feuille morte ; 
& montre , entre les zones tachetées , des ftries fines 
longitudinales granuleufes qui forment un réfeau ex- 
trêmement délié. L'ouverture eft fpacieufe, bordée 
d'une lèvre blanche, retrouffée en -dehors, mais qui 
laifTe à découvert un ombilic arrondi , & aftez grand 



L A M 117 

pour appercevoir pluiîeurs révolutions intérieures. Ce 
limaçon terreftre fe trouve dans les forêts de l'ile de 
Caïenne , & on a affuré â l'auteur qu'il montoit aux 
branches des arbres jufqu'à atteindre à leur cime. 

LAMPE ANTIQUE A BOUCHE DENTÉE. 
CochUa terre/iris , vel lucerna antiqua apenurâ dentutâ 
diftincia. Ce limaçon , que l'on nomme plus fpéciale- 
ment la lampe antique, difrëre des autres efpeces en 
ce que fa forme eft plutôt arrondie que comprimée , 
mais principalement par une ouverture lînguliere : elle 
eft garnie de quatre ou cinq dents ; favoir , d'une apo- 
phyfe biancKe très forte, lituée lur le fût extérieur, 
& de trois ou quatre autres qui bordent une lèvre con- 
tournée de manière â donner à cette ouverture la fi- 
gure d'une oreille. Cette lèvre, qui s'èleve pour gagner 
la féconde fpire , eft bordée de blanc , ou de la couleur 
des dents. Les fîx (pires , qui compofent ce limaçon , 
font convexes & élevées comme celles des efcargots 
ou des limaçons terreftres communs. Toute fa furface 
extérieure eft en partie verdâtre & de couleur marron 
dans certaines efpeces , & brune tirant fur la couleur 
pourpre dans d'autres , avec une zone blanchâtre qui 
domine fur la première fpire , & que l'on ne découvre 
qu'après avoir dépouillé la coquille d'un épiderme 
verdâtre : ce qui laifTe enfuite la liberté d'appercevoir 
les ftries très fines en divers fens dont ce teftacée ter- 
reftre eft garni. Ces fortes de limaçons fe trouvent dans 
les îles de l'Amérique ; favoir , dans plufieurs îles An- 
tilles comme la Martinique , Sainte-Lucie , & dans celle 
de la Dominique : on en trouve aufli dans les forêts du 
Mexique où ils rampent fur les cèdres. Les lampes anti- 
ques dentées varient par leurs diverfes grofTeurs, c'cft-à- 
dire , depuis huit lignes de diamètre jufqu'à plus d'un 
pouce. C'eft dans cette efpece de limaçon où l'on décou- 
vre la lampe antique extraordinaire à bouche retournée , 
laquelle a une variété bien plus connue'que l'on appelle 
la faufle lampe antique. Voye^ ces deux efpeces. 

M»âiARG£NriLLE , pL i8. n, ^. Ce limaçon, qui 



îi8 L A M 

cft tcut blanc , cft d'une forme extrêmement appîatîe, 
avec une bouche contournée & garnie de dents : il ha- 
bite les bois , & eft étranger. Cette lampe antique pa- 
roît ne refTembler aux efpeces de l'Amérique , que par 
Ton ouverture. 

LAMPE ANTIQUE proprement dite , ou A 
BOUCHE DENTÉE CONTOURNÉE EN DES- 

SUS. Cocklea terreftrisjvel lucerna antiqua proprie dicia, 
aperturâ dentatâ fpecie peculiari , five in fpiris inversa 
infignis. C'eft une efpece que l'on pourroit confidércr 
comme une variété extraordinaire des lampes antiques 
à bouche dentée de l'Amérique \ d'autant plus que la 
lévre de ces dernières prend la route pour atteindre à 
la féconde fpire de la volute ; & lorfqu elle eft parvenue 
jafqu'i tourner l'ouverture avec elle jufque fur les pre- ' 
mieres (pires, en abandonnant la bafe de la coquille, 
qui eft l'endroit dans tous les limaçons où le trouve 
Touverture; ce teftacée devient unique par cette ou- 
verture placée en-deflus, foit par l'effet naturel de fon 
eipece , foit par un jeu de la nature. Cette ouverture 
devient auflî finguliere par deux dents d'un côté , & par 
trois de l'autre qui en ferment l'entrée en partie. La 
lévre , dont elle eft bordée , décrit une efpece de cercle 
par le moyen d'une bavure blanchâtre du teft qui tou- 
che prefque la quatrième fpire. Ce limaçon porte plus 
d'un pouce de diamètre. 

M. ^Argen VILLE ^ pi. x%,n, 13. C'eft un lima- 
çon des plus extraordinaires ; on en trouve de pareils 
dans la mer ; fa bouche, qui devroit fe trouver dans la 
partie oppofée à celle ou font les fpirales , fe trouve 
renverfée & à même niveau ; fa couleur eft blanche , 
avec un liferé orangé qui fuit fes contours. 

LAMPE ANTIQUE, appellée FAUSSE 
LAMPE ANTIQUE. CochUa terrejiris deprejfa , la- 
Joro pauiifper dentato , pfeudo-lucerna antiqua appela 
iata. Ce limaçon terreftre eft nué de couleur marron 
clair , compolé de fpires convexes fans être de vive 
arrête dans la première. Son ouverture eft dcmi-ovalç 



LAN îi, 

avec une Uvfe fînueufe garnie d'une ou de deux petites 
dencs j fa partie extérieure, qui efl retrouflee en bour- 
relet , eft brune, laifTant une trace en relief ou une ba- 
vure du teft qui achevé de terminer une figure ovale 
avec l'ouverture, & ferme totalement l'endroit de l'om- 
bilic. La bafe de ce limaçon , ou le côté où rampe la 
coquille dans la progreflion de l'animal , eft convexe & 
moins colorée que le plan de la volute. Cette efpece 
de lampe antique peut avoir depuis fêpt ou huit lignes 
de diamètre jufqua plus d'un pouce. 

LANGUE. Nom que les ConcKyliologiftes don- 
nent à plulieurs coquilles bivalves du genre des telli- 
nes y favoir , l'efpece qu'ils nomment limplement la 
langue ; la langue chagrinée ou la langue .de chat & la 
langue d'or. Foye:^ ces mots. 

LANGUE. Tetlina [éviter radîata & flriata ^ la- 
tere ftnuojo dijiincla. Coquille bivalve du genre des 
tellines, compofée de deux valves fort minces , blan- 
ches , légèrement rayonnées de couleur de rofe , 
chargées de ftries circulaires & inégales, très fines, 
fur lefquelles on diftingue aufTi dans plufieurs en- 
droits d'autres ftries longitudinales également déliées. 
Ce réfeau ne forme point d'éminences fenfibles , & 
n'enlevé point un luifant ou un certain poli que l'on 
remarque fur cette coquille. Sa charnière eft compo- 
fée de trois petites dents réciproques dans chaque bat- 
tant ; favoir, deux fous les fommets , & une latérale , 
lefquelles s'engrènent dans les alvéoles correfpondants. 
Cette tclline eft de l'efpece épaulée ou à finuofité la- 
térale. 

RvMPHius ^ tab. 45. litt. I. Tellina lavis, Holl. 
Rcos doublet ; la telline couleur de rofe. 

LANGUE DE CHAT , ou TELLINE CHA- 
GRINEE. Tellina leviter radiata colore rofto , flriis 
minutijftmis , granojis & afperis ^ lutere finuofo mu-' 
nita 3 lingua felis nominata. Cette telline eft ainfi ap- 
pellée à caufe que la furface extérieure de (zs valves eft 
chargée fur un réfeau très fin de petites émiuences ru- 



iio LAN 

des à rimprefTîon du doigt comme celles de la langue 
duii chat.Elle^eft blanche,excepcé vers les Commets des 
valves où elle eft ornée de couleur de rofe, & d'oii 
partent des rayons légers de même couleur qui fe per- 
dent dans la circonférence des valves. Cette bivalve eft 
de l'efpece des tellines épaulées ou avec finuofîté en 
forme de pli qui règne d'un côté , vers le ligament. 
La charnière eft la même dans ces fortes de tellines ; 
elles proviennent des mers des Indes orientales. 

Ri/MPHius , tab. 45 . litt. G. Lingua felis, Holl. 
Katte tong ; la langue de chat. 

Gc/ALTIERI y tab. 7^. litt. B. Chama AquUatera , 
papillis minimis acutis cxafperata , feu fcobinata , ad 
alterum latus finuofa , albida umbone rubefcente. 

LANGUE DE TIGRE. Lhgua dgerina. Rumphius 
nomme ainli une coquille bivalve du genre des cames , 
de refpece bombée a grandes ftries circulaires , que Ton 
appelle auffi la tricotée ou la corbeille de l'Améri- 
que. Voye:^ le mot Tricotée. 

LANGUE D'OR, ou TELLÎNE-FEUILLE. Tel- 

t'ma deprejfay coloribus auratis undique depicia j- in uno 
lacère valvarum denticulata ; lingua aurata vel foliunt 
appellata, G'eft une e{pece (înguliere compoCée de 
deux valves extrêmement minces & fragiles, de cou- 
leur d'or , tranfparentes comme l'ambre jaune ; le côté 
du ligament forme un plan ou une furface angulaire , 
chargée de ftries granuleufes & dentelée fur les bords 
des valves vers leurs foramets ; tandis que tout le reftc 
de la coquille eft liiTe , & uni dans toute la circon- 
férence. L'intérieur eft d'une couleur jaune moins vive 
nuée de violet. Cette telline , dont la forme eft appla- 
tie , peut avoir au moins deux pouces de largeur fur 
quinze lignes de hauteur. Elle nous vient des mers des 
Indes orientales. 

Rumphius , tab. 45. litt. K. Folium. Holl. Blad 
of Venus fchulp j la feuille ou la coquille de Ve- 
nus. 

M« à'As.GENviLLE , pi, ii.lett, E,pag, i^i. Uae 



L A N ^ 211 

telline d'un Jaune {once : les deux côtés les plus courts 
vers fa charnière, font garnis de dents. 

LANGUETTE. Terme de Conchyliologie qui ex- 
prime une faillie enferme de languette , de cuiller ou 
de palette qui fe rencontre dans l'intérieur de plusieurs 
coquilles; lavoir, dans plufieurs lépas chai"nbrés, dans 
les térébratules ou anomies , & dans plufieurs pho- 
lades. 

LANTERNE, ou TELLINE PAPYRACÉE. Tel- 
lina , tefiâ tenui,fragUi , pellucidâ^ 6» rugis tranfverfis 
compcfita , laurna vel tellina papyracea nominata Ceft 
une coquille bivalve du genre des tellines béantes , 
compofée de deux valves blanches , bombées vers les 
fommets , minces , fragiles & tranfparentes comme le 
talc. Cette bivalve, qui eft entr'ouverte ou béante , fur- 
tout d'un côté , approche alfez du genre des manches 
^e couteaux ou joUnes, Elle eft chargée fur toute fa 
furface extérieure de ftries en forme de rides , tranfver- 
fales , & alTez fines. Sa charnière eft compofée dans 
l'une & l'autre valve de deux petites appendices fituées 
fous les fommets. Elle fe trouve dans les mers des Indes 
orientales. Sa largeur pafte quelquefois deux pouces 
& demi fur prefque moitié moins d'élévation. 

GvALTlERl^ lab. 9\* litt. D. Concha foUniformis , 
TUgofa y fragilis ^ comea^ extremitatibus lateribus re- 
fiexis , d* magis rugojts. 

M. ê^ÂRGENVILLE ^ pi. 12. lett. R, pûg, I93. UttC 

moule toute blanche des plus fingulieres. Elle eft fi 
mince qu'on ne peut la toucher ; & l'une de fes extré- 
mités , qui s'entrouve en bec , l'a fait nommer la lan- 
rerne. 
LAPIN, ou PORCELAINE A BEC DE LIEVRE. 

Torcellana viridefcens , mâ^uiïs cafianeis ornata , bafi 
complanatâ & extremitatibus bicornibus ^ finuofis , dif- 
tincia , cuniculus appeliata» Quelques Conchyliolo- 
giftes donnent ce nom à une coquille uni valve du genre 
des porcelaines. Celle-ci, qui eft d'une forme ovoïde fur 
le dos , & très applatie en-deflbus , fe diftiçgue des 



ttt L A R 

aucres porcelaines par fes deux exttémités foi't raillàû-^ 
tes , applacies fur les côtés, (inueufes , & dont l'éclian- 
crure donne l'idée d'un mufeau de lapin ou d'un bec 
de lièvre. Toute la furface extérieure du dos & des 
flancs de cette porcelaine eft de couleur verdâtre , cé- 
ladon ou olivâtre , tachetée de couleur marron. Sa bafe 
eft très applatie , de couleur cendrée , montrant une 
ouverture en forme de fente à la manière des porcelai- 
nes , & bordée de chaque côté d'un râtelier compofé 
d'une trentaine de dents blanches fur un fond châtain. 
C'eft arec cette efpece de porcelaine que les infuîairc $ 
font desefpeces de cuiller avec le dos de la coquille & 
avec la lèvre dentée la plus faillante. Elle peut avoir 
jufqu'à deux pouces & demi de longueur fur un tiers 
moins de largeur. 

LARD, ou ROCHER A CLOUS ou LARDÉ. 
Murex cldvatus , vei quaji lundis confixus , fafciatus , 
nliquando non davatas» Nom que l'on donne à plu- 
(îeurs coquilles univalves du genre des rochers ou mu- 
rex. Elles font d'une forme large faite en poire , & 
ayant une efpece d'affinité avec ,1e genre des cafques. 
On nomme ces rochers lards , à caufe des fafcies ou 
des zones blanchâtres qui tranchent & dominent fur 
d'autres fafcies , & des rayures brunes qui rendent leur 
furface comme entrelardée à diverfes reprifes. La co- 
quille eft compofée de (îx fpires , fe recouvrant l'une 
l'autre , & féparées par un fîUon afîez profond, avec un 
liferé blanc qui parcoure toute la fpirale. Ces fpires 
font peu tuberculeufes , mais le corps de la coquille eft 
chargé vers cette volute de tubercules en forme de 
pointes ordinairement blanches, larges à leurs bafes , 
difpofés par zones, pârfeinés en petit nombre ou en 
grand nombre fur une ou deux zones vers le haut, & 
une autre vers Téchancrure j de manière que ce murex 
varie beaucoup par la diftribution de ces pointes , que 
les Conchyliologiftes appellent clous ou lardons aux- 
quels elles reflemblent aflez. Il y a de ces fortes de 
murex qui portent jufqu à trois ou quatre rangées de 



L A V îij 

CCS eïpeces de lardons, mais rarement ; tandis que d'au- 
tres n'ont que deux ou trois de ces fortes de pointes , 
ou en font entièrement dépourvues. Outre ces poin- 
tes , les rochers lardés font chargés & de rides lono;i£u- 
dinales qui forment quelquefois de profonds replis , 
& de feuilles dans les premières fpires , & d'où éma- 
nent les clous, principalement dans les elpeces qui 
en ont jufqu'à rrois rangs. C'eft pourquoi les Conchy- 
liologiftes difent les lards à clous rares a deux ran- 
gées, à trois Se à quatre rangées, comprife celle qui 
eft fîtuée vers le canal. L'ouverture de ces murex eft 
très fpacieufe , allongée , bordée d'une lèvre évafée , 
tranchante & garnie de piquants j la columelle eft unie , 
luifante , & d'une blancheur de lait qui s'extravafe avec 
le teft fur le fût extérieur , laquelle brille également 
dans toute lafiuface intérieure : cette lèvre & cette co- 
lumelle fe terminent par un bourrelet oblique en-de- 
hors , & par une forte échancrure. On donne à ce ro- 
chcv, en Hollande, le nom de toile â matelas ou de 
coutil: il y en a une cfpece rayée de bleu appellée le 
coutil à lit de plume. Les murex à clous ou lardés 
appelles lards , ont depuis deux pouces & demi de 
longueur jufqu'à plus de cinq pouces fur un tiers 
moins de largeur ou environ, yoye:^ le mot Coutil. 

RïMMPHius ,tab, 14. n, z. Holl. Dubbelde getakte 
fchildepad ftaart , of bedde-teyk , la double tortue i 
pointes ou le coutil. 

Ejnfdem, n, 3. Gladde bedde-teykj le coutil uni 
ou fans clous. 

GuALTiERi, tab. %6. litt. F. Cocklealonga ^py- 
riformis , intorta ^ intégra , umbonata j vaiidis aculch 
rarà muricata , umbone atiquando papiUofo , fulvida , 
& latis lineis albidis ^ & raris cancellata. 

MA*Argenville ^ pU 1 5. litt. H,pa^.z^r Qq 
remarque dans ce rocher , de très belles couleurs tirant 
fur le bleu, avec des pointes blanches. Il ne doit ce« 
belles couleurs qu'a la perte de fon épiderme. 

i-AYIGNON , ou AVAONON. Nom que l'on 



114 L E P 

donne dans le Poitou & dans le pays d'Aunls , à des 
coquillages bivalves du genre des cames , de refpece 
béante , ou dont les battans font entr'ouvejrts : c'eft pour- 
quoi Gaza, Rondelet & Gefner appellent cette forte 
de came , chaîna hiatula ; ils diftrngaoient cette bi- 
valve d'avec la came appellée ;7i;;^rc>;;^ oTi la poivrée, 
parce que le lavisnon eft au contraire d'un goût fade 
ou infipide. Sa lurface extérieure eft unie , blanche , 
fur-tout en dedans & en partie d'une couleur noirâtre 
qui participe de limon noir , dans lequel les lavigaons 
vivent. Ils fe tiennent enfoncés dans cette boue', quel- 
quefois a plus de cinq à fix pouces de profondeur. On 
connoît les endroits où font les lavignons , par de pe- 
tits trous ronds d'environ une ligne de diamètre qui 
reftent au-defTus. Leurs valves font minces & fragiles , 
de manière qu'il eft aifé de les rompre par rimprefîion 
des doigts. Fôye:^ le mot Came. 

LEOPARD. Nom que plufieurs ConcKyliologiftes 
donnent à une coquille univalve du genre des cor.iers 
ou volutes , plus connue fous la dénomination de tigre. 
Voyei Tigre. 

LEOPARD , PORCELAINE , autrement POR- 
CELAINE BOSSUE DE CARTHAGENE. Voye^ 
ces mois. 

LEPAS , ou PATELLES. Lepades feu pStelU . 
vel conch& fpiris defiitutâ, ^ l&ves , five fîriis radiacA , 
vel conum , vel parvuium clypeum ejformantes ; aper- 
turâ intégra fea dentatâ 6* aliquando intîis concame- 
ratâ infignes. Coquilles univalves qui compofent un 
genre par le nombre & les variétés des efpeces. Elles font 
nommées par les Grecs ÀfT*; , ou écailles de rochers , 
fur lefquels ces fortes de teftacées s'attachent ordinai- 
rement : quafi fquamma faxorum quibus fcmper ad- 
h&rent* Gaza, & les auteurs latins, expriment le terme 
de lépas par celui de patella, comme ayant quelque 
leifemblance avec le vafe ou le calice que forme l'ef- 
care : Patelia vocatur a vajis ejcarii fimilïtadine : on 
les appelle ca françois patelles, ou yeux de boucs; 

mais 



L E P lîç 

it^ais les Conchyliologiftes ont confervé le nom de 
lépas. On appelle en Provence le lépas , arapède , 
berdin ou Berlin, & communément beini en Nor- 
mandie ; dans le Poitou & le pays d'Aunis , jamble. 
Selon Rondelet & Gefner on donne à ces coquillages 
en Italie , à Vénife , le nom àQpantelena\Sc à^petalis^ 
fuivant Bélon. Les Efpagnoîs les appellent almeïa , 
les Portugais bregiga , & les Anglois iempet. 

Le caraâiere générique des lépas eft d'avoir leurs 
coquilles convexes , jufqu a s'élever en manière de cône 
fans être contournées ni former aucune apparence de 
volute , d'être ouvertes â leurs bafes en manière d'en- 
tonnoir , quelquefois percées au fommet j mais il eft 
le plus fouvenc fermé. Ce fommet eft plus ou moins 
obtus , pointu , recourbé en bec ou applati , fuivant les 
cfpeces , lîtué tantôt au milieu de la coquille , tancôc 
au tiers ou au deux tiers par gradation, 

La bafe des lépas, qui eft plus ou moins évafée, pré- 
fente une ouverture plus fouvent elliptique que ron- 
de ; la furface extérieure varie beaucoup dans ces co- 
quillages fimples : les uns font unis ou raboteux, les 
autres portent des ftries ou des côtes qui partent du 
fommet de la coquille pour fe rendre fur les bords de 
la circonférence en forme de rayons , de pans , d'é- 
toiles, de manière à l'excéder fouvent pour former 
des pointes, des angles faillans ,ou décrire des efpeces 
de feftons. Ces ftries , ces côtes , ces cannelures font 
plus ou moins élevées , ferrées , déliées , larges ou pro- 
fondes. La furface extérieure des lépas eft quelquefois 
chagrinée ou granuleufe , onduleufe , lamelleufe , & 
comme feuilletée j elle forme dans certaines efpeces 
un treillis occafîonné par la rencontre des angles , des 
ftries longitudinales & tranfverfales. Ces fortes de co- 
quilles ont tantôt la forme d'un bouclier , tantôt celle 
d'un bonnet : il y en a qui reflemblent à une nacelle , 
à un bateau , à un cabochon , à un entonnoir & même â 
une étoile. Les efpeces , qui ont une cloifon intérieure 
plus ou moins fermée , fe nomnjent lépas chambrés , 
Tome ÏJ. P 



ii<? L E P 

comme les autres qui montrent une appendice interne 
s'appellent lépas à languette. 

Les couleurs verdâtre , brune , jaune , fauve , cen- 
drée, azurée, imitant l'écaillé de tortue de mer, do- 
minent en général fur les lépas j elles forment des 
marbrures dans les uns , des rayons dans Les autres. Il y 
en a de couleur de rofe, rouge-brun. Lorfqu'on a fup- 
priméune partie du teft ,on parvient quelquefois dans 
'Certaines elpeces à mettre en évidence une nacre plus 
ou moins chatognante& changeante de diverfes nuan- 
ces dorées, argentines, jouant l'œil de rubis d'une ma- 
nière radiée ou non radiée. 

La farface intérieure eft ordinairement lifTe & lui- 
fante par une nacre plus ou moins vive, jouant les cou- 
leurs de pourpre, d'azur, de jaune, imitant l'opale , la 
gorge de pigeon , l'iris , avec plus ou moins de mé- 
lange, fui vaut les e{peces. Il y a des lépas papyracées, 
écailleux, auffi tran^arens & auffi fragiles que les la- 
mes de talc , & qui varient par leur epaiffeur jufqu à 
devenir très opaques & fort pefans. Toutes les va- 
riétés, qui fe rencontrent dans le genre des lépas , dans 
leur configuration , ainfi que par la différence "& la di- 
ftribution de leurs couleurs , ont fait donner à leurs co- 
<juilles dillérens noms: favoir,rafl:rolépas, le bouclier, 
le parafol chinois , l'œil de rubis, le bouclier d'écaille 
de tortue, l'entonnoir , les lépas dorés de Magellan , les 
radiés , l'œil de bouc , le lépas en bateau, l'aftrolépas, 
le bonnet de dragon, les différens cabochons, le con- 
cholépas ; les lépas percés au fommet , ftriés , radiés j hs 
Jépas chambrés qui comprennent la nacelle , le bonnet 
ihinois, les lépas a languettes en cabochon, le toiî 
chinois, le bonnet de matelot, la fandale, &c. 

Rondelet t de Tefiaceis y lib. i*pag. 5 , diftin- 

fue deux fortes de lépas , la grande & la petite efpece, 
,a coquille de la première , dit ce naturalifte , quin'eft 
pas exactement ronde , mais plutôt inégale, eft un peu. 
laboteufe au dehors, lifTe au dedans, à laquelle le muC- 
de tient quelquefois^ d'une forme coayexe, ilriée âc 



L E P ^^^ 

^e couleur livide dans fon pourtour , concave dans 
rendroitoù réfide l'animal, dont le corps eft environné 
& garni d'une frange charnue qu'il étend quand il s'at- 
tache contre le rocher , & qu'il reflerre & retire à lui 
quand il veut s'en dégager. S'il fent qu'on le touche* 
il (e crampone fi fort contre le roc , qu'il ne peut en 
être arraché que par le moyen d'un couteau ou d'un 
fer aigu que l'on infmue entre fa chair & la pierre. 
Quand il y a un certain nombre de lépas contre les 
rochers on les prendroit pour des têtes de clous qui 
y feroicnt enfoncés ; ce qui a fervi de comparaifon , & 
a fait direà Ariftophane , touchant les vifs regrets d'une 
vieille , d'être féparée d'un jeune homme qu elle aimoic 
fort paflîonnément , qu'elle lui étoit attachée comme 
un lépas contre le rocher. On en trouve beaucoup dans 
les rochers des côtes de Guienne , mais ils font plus 
grands en Bretagne. Ceux que l'on trouve, ajoute Ron- 
delet, à Marfeil le & à Agdefont plus petits. Tefta non 
exquiftte rocunda efi , fed inAqualis ; inths Uvis.foris 
parîim afpera , cui aliquando mufcus innafdtur , gibha ^ 
in ambitu livefcens & firiata , intùs cava ^ carnofam 
fimbriam habet in corporis ambitu , quam 'expandit 
quant h&ret , foluta contrahit, Sife tangi fenferit ^ ita 
faxo hAret , ut nunquam avellas, Cultro igituraut acw 
leatoferro opus efi inter ipfam & faxum immifo» Quum 
malt A faxis affixA funt , capita clavorum faxis infixo* 
rum efe diceres. Hujufmodi lepades permults, repe- 
riuntur in faxis litoris Aquitanici & Britannici majores^ 
in Maftlienfis atque Agaihenfis fmûs fcopulis minores'. 
Eleganter Arifiophanes dixit in anum quA Agre à jw 
vcne divellebatur, 

fi'î fWToy»; û Ztu ^ttmMÛ ypai^tof 

îî <Tiart[i MTTAÇ , Tùû y.Ufâ.MO yrpuffMnf 

Qnx fie Erafmus convertît : 

O Jupiter , quàm fortiter concha modo 
Ifihac articula aâharet adoUfctntulo. 

Rondelet confidére les lépas comme des efpcces dé 

p ij 



iiS LE P 

bivalves, à caufe de leur adhéfîon contre les rochers, 
de manière qu'ils leur fervent comme d'une féconde 
valve , pour mettre l'animal à l'abri des injures du temps. 
La conféquence , que tire ce naturalifte touchant cette 
adhéfion , peut également avoir lieu pour tous les tef- 
tacées univalvcs qui s'attachent aux rochefs ou à d'autres 
corps étrangers , & qui ferviroient auffi comme d'un 
fécond battant ; ainfi qu'un arbre deviendroit le fécond 
battant d'un efcargot , auquel ce coquillage feroit at- 
taché. 

Aldrovanbus y de Teftaceïs y lîb, 3. -pag, 54e 
ô-'fuiv* , fait mention de plufieurs efpeccs de lépas : 
favoir, les e(peces fl:riées& non ftriées, celui de Bélon , 
Je lépas de la mer rouge , l'aftrolépas , & plufieurs au- 
tres dont le fommeteft percé, deux grandes efpeces que 
cet auteur appelle patella cypria major ftriata , &pa~ 
tdla cypria major non jlriata. Ce naturalifte , qui rap- 
porte le même fentiment de Rondelet, touchant les 
lépas & leurs adhéfions , ajoute qu'il ne faudroit pas 
moins que la force de Milon pour les arracher du ro- 
cher avec les doigts fans brifer l'écaillé. On rapporte 
de ce fameux athlète , qu'il empoignoit fi bien une 
pomme de grenadier , qu'aucun de fes advcrfaires ne 
pouvoient la lui extirper de la main : patellas non fane 
à faxis avellas , ne Milonis quidem digitis, qui cuin 
punicum malum apprehendijfet y arcie adeo comprime- 
bat ut non adverfariorum quifquam vojfet extorauere è 
manu. 

RuMPHius y tah, 40 , fait mention de fept ef- 
peces de lépas , qu'il nomme en général concha uni- 
valvisL , lopas y feu lepas ( lampas ) & patella , & que 
ce naturalifte a rangé avec les oreilles de mer : favoir , 
le lépas, qu'il nomme en langue hollandoife, Larapje, 
of fchotletje ; la petite lampe , ou le petit plat 5 lopas , 
feu lepas y 6» patella altéra j Holl. fweae lampje y la 
féconde efpece de lépas , levas tertiâ & quart â fpecie 5 
reruca tejvudinaria j la verrue d'écaille de tortue. HolL 
Schildpads-luys, o£ fchildpad-pok. Les deux efpeces 



L E P 12^ 

fuîvantes reprfentent le cabochon à /anguctte , & un 
autre lepas marbré & chambré. f^oye:( ces mots. 

GuALTiERi , tab. S&ç a fait repréfenter trente- 
fept efpeces de lépas, qu'il nomme patelles , j>attli&» 
Les patelles, dit ce Conchyliologifte, font descoquilles 
de mer entières non contournées , fîmplcs , dont l'ou- 
verture qui eft très grande , forme un vafe plus ou 
moins concave : pateïU Junt teft& marins, , intégra, non 
turbinât A tfimplices, vafculum referentes magis minufvc 
concavum , orificio amplijfimo. Toutes ces efpeces for- 
ment les lépas , qu'il diftingue en cinq fortes : favoir, 
les patelles dont le bord ou le pourtour eft entier, ^r^- 
tellA iimbo integro i les patelles à bords déchiquetés , 
patelU Iimbo Laciniato \ les patelles dont le fommeteft 
percé , patelU vertice perforato ; les efpeces dont le 
fommec eft tortillé, patelU vertice intorto ; enfin l'ef- 
pece qui eft d'une ftrufture particulière , que l'auteur 
avertit avoir été tranlportée mal-à-propos parmi lef 
oreilles de mer, tab. Sç^titt. H, FateliaftruHurâpe-^ 
culiari donata. C'eft celle, dit Gualtieri , qui vient de 
l'île d'Elve oud'Elba de la mer de Tofcane, & qu'on 
appelle la petite fandale , la petite pantoufle. Voyei^ 
Sandale. 

M. d'Argenville commence la première famille de fes 
univalves par celle des patelles ou lépas : c'eft , dit l'au- 
teur, -une coquille univalve, convexe, toujours attachée 
à quelque corps dur , dont le fommet eft obtus , pointu , 
applati , recourbé ou percé : Lepas efl concha unirai- 
-vis jgibbofa , alicui corpori duro femper adhéirens ^ver* 
tice obtufo , acuto , deprejfo , recurvo vel perforato. Ce 
Conchyliologifte diftingue fept efpeces de lépas -ùvec 
leurs variétés : favoir, i°. le lépas dont le fommet eft 
pointu , lepas vertice acuto ; celui qui eft pyramidal &: 
en pointe, pyramidalis &mucronata ; le lépas cendré; 
celui qui eft cannelé j le lépas poli , & l'efpece à dix côtes 
élevés , lepas cinerea , lepas canaliculata , lepas l&vis ^ 
lepas decem cofiis infirucia, x°. Le lépas dont fommet 
eft applati , vertice deprejfo j cannelé & marbré , cana- 

P iij 



2^0 L E P 

liculata 6» marmorea j le lépas imitant le bout d'un 
mammelon , uberïs papillam exhibens j celui qui eft 
déchiré dans le contour de Tes ftries, lepas in ftriarum 
circuïtu laciniata y i'efpece rayée de flries menues 
comme des cheveux , capillaceisftriisinji^nita'^ le rayé 
& garni de pointes blanches , lepas fi riata aculeis al- 
bidis infiruEia ; le bouclier d'écaillé de tortue , clypeus 
teftudinarius , avec des grandes taches rouges ; celui 
qui eft rayé de lignes rouges & blanches j l'œil de bouc 
& l'œil de rubis , lepas maculis rubris difilnUa , lepas 
clbido & rubro radiata , oculus hirci & oculus carburi' 
c ili* 3°. Le lépas chambré en dedans , avec une pointe 
en bec, lepas inths concamerata cum acumine rofirato ; 
celui de forme longue arec un bec ; le lépas rond & 1 
\o\\ilQj lepas figura oblongâ cum rofiro j lepas rotunda. 
6* volutata y le bonnet chinois , mitella finenfis y TeC- 
pece dont le fommet eft partagé en plufieurs petits 
replis blancs & étages , venice multis foliis contabu- 
lacis divifo; le cabochon avec une languette intérieure 
qui fort du milieu , cum fiylo interno efundo exurgente 'y 
ic celui dont la pointe eft en bonnet de dragon , mi- 
tella vertice jufia draconis pileo fimili. 4*. Le lépas fait 
en étoile à fept pointes qui partent du fommet & qui 
faillent dans l'extrémité de fon contour , lepas feptenis 
eofiis e vertice effluentibus , in circuitu extremo feptem 
aculeos formantibus fielU inftar radiata. ç**. Le lépas 
dont le fommet eft fait en crofîe, lepas vertice recurvo ; 
celui qui eft allongé, elongato y à mammelon rougeâ- 
tre , papillâ fubrubrâ \ cendré en dehors , couleur de 
rofe en dedans , extus cinerea , inths rofea. 6". Le lépas 
dont le fommet eft recourbé & va fe terminer près 
d'un des bords , ce qui forme une efpece de peigne â 
ftries profondes & noueufes > appelle concho-Lepas , le- 
pas vertice incurvato prope limbum definente , quodre- 
pr&f entât peHinem profunde firiatum ^ alias dicia con" 
cho-lepas ; la même efpece à ftries moins profondes , 
eadem minus ftriata, 7*. Le lépas dont le fommet eft 
percé , lepas vertice perforato , dont les variétés font Içs 



L E P 25 1 

Up?s^ fait en treillis , à grandes ftries , à ftries menues 
comme des cheveux j celui qui a deux trous & d'une 
forme longue, /epas cancellata ^ lepas jtriis maximis 
inf]gnata cavi/laceis flriis , lepas oblonga & biforis ; 
celui qui eft de couleur rougeâtre , colore fubrubro ; 
cendrée , cinereo ; & enfin le lépas avec un point blanc 
Tervant d'œil , lepas punâo albido oculum exhibente. 

M. d'Argenville dit que parmi les fept efpeces de 
patelles qu'on vient de défigner, on diftingue celle dont 
l'œil eft replié fur un de fes bords j celle qui eft cham- 
brée & celle à cabochon , qui ne forme point de genres 
différens , mais des efpeces qui fe rangent dans la fa- 
mille, & c'eft ce qu'on appelle caradere fpécifîque. 

Cet auteur rapporte que Fabius Columna dillingue 
quatre fortes de lépas : lepas vulgaris, parce qu'il eft 
très commun à Naples ; fa figure eft ovale , & fa cou- 
leur cendrée : lepas major exotica , qui vient d'Efpa- 
gne , dont la coquille dure , épaiffe & à ftries relevées, 
forme des angles & des dentelles autour de fa bafe. La 
noifieme efpece s'appelle lepas agria ou fylvejiris'y 
c'eft un petit coquillage d'un ovale inégal , de couleur 
cendrée, avec quelques filets & ^ts zones fur farobe; il 
eft troué dans le haut , & c'eft par où fortent fes excré- 
mens. Columna appelle la quatrième eCpccepatellarega' 
lis j quia régis mens a eft digna : elle eft nacrée en dedans 
&: percée de plufieurs trous avec une écaille raboteufe. 

M. d'Argenville, dans la zoomorphofe defon traité , 
pj;-'. 1 1 . fait la defcription de l'animal qui habite le lé- 
pas. Tous les voyageurs connoiflent ce teftacée , dit 
l'auteur , & il y en a peu , qui ne fe foient fait un plai- 
(ir de le détacher du rocher pour juger de fon goût ^ 
plufieurs peuples même , voifins de la mer , en font leur 
nourriture ordinaire. On le trouve par-tout attaché au 
rocher; & l'animal occupe le fond de fa coquille où il 
tient fortement par plufieurs liens. Si on le renverfé 
oh remarque qu'une partie de fon corps n'eft pas revê- 
tue de coquille; il fort de fa partie fupérieure un pe- 
tit corps allongé fait en poire, avec une ouverture ea 

Piv 



231 L E P 

forme de boucKe , garnie de lèvres , de mâchoire , 8c 
de dents, dont il eft orné vers la partie la plus poin- 
tue. Les deux cornes avec les deux points noirs , qui 
font fes yeux, placés fur leur côté intérieur, lui fervent 
à tâter & à reconnoître le terrein. Ceft par ce canal 
qu'il fuce & preffe fes alimcns ordinaires , qui ne font 
que du limon, de petits vermilTeaux , & une forte de 
plante marine verdâtre & fort commune, nommée 1 al- 
gue marine. Les excrémens fortent au-delTus de la tête 
par l'anus, à côté des parties de la génération, & a 
peu de diftance de ces deux cornes. Une grolfe partie 
charnue , qui eft au milieu , lui fert à fe mouvoir ; on 
lui connoît un mouvement lent & progreflif , nécelTai- 
re pour refpirer & aller chercher fa nourriture fur les 
rochers , qu'il a coutume de parcourir. On le voit en 
effet fe détacher , en élevant fa coquille de deux ou 
trois lignes, & ramper fur une efpece de mammelon , 
ou de bafe charnue , plus foncée en couleur que le refte 
de l'animal. Son mantelet eft garni de trois rangs de 
filets charnus & applatis , qui forment une frange au 
pourtour. 

Le corps du lépas tient à fa circonférence par un 
cartilage très fîmple. On le détache du rocher avec 
un inlîrument tranchant & pointu , qui coupe furement 
le nerf qui l'y attachoit. Sa coutume eft d'être lî adhé- 
rente , qu'il faut le furprendre pour l'arracher. II fe dé- 
tache cependant de lui-même pour aller chercher à fe 
nourrir. Le lépas peut , fans fortir de fa place , élever 
fa coquille d'une ligne & demie & la rabaiffer de mê- 
me. La partie fur laquelle il marche eft plus folide que 
les autres: cette bafe paroît remplie d'une infinité de 
petits grains, comme fi elle étoit chagrinée j ce ne font 
cependant que de petites cellules remplies d'eau & de 
glu dont l'animal fe fert alternativement à fe coller 
fur une pierre, & à s'en détacher, en délayant cette 
colle. 

Les lépas ont un mouvement progreffif & fe déta- 
chent des rochers pour aller chercher leur pâture. On 



L E P tjj 

en a calculé la marche , la montre à la main , & M. de 
Réaumur a remarqué qu'un de ces animaux a avancé, 
pendant une minute , huit pouces de long, un autre 
iept , & fans les petites paufes qu'ils font dans leur 
courfe , & qui la retarde , cela pourroit aller à un pied. 
L'animal , qui habite cette coquille , n'en eft pas entiè- 
rement à. couvert. Cette même coquille , qui a la forme 
d'un cône , eft occupée par un gros mufcle , qui a pref- 
qu'autant de chair lui feul que tout le refte du corps de 

I animal. Ce mufcle n'eft point couvert par la coquille. 
Le lépas s'en fert pour marcher, tantôt pour fe fixer 
lorfqu'il eft en repos : c'eft fon état le plus ordinaire. 

II applique ce mufcle fur la furface d'une pierre & s'y 
tient attaché. En vain , dit M. de Réaumur, tenteroit- , 
on de l'en féparer, en tirant l'animal avec les mains: 
au/fi les pêcheurs de coquillages, pour enlever ce- 
lui-ci de deffus les pierres, fe fervent d'un couteau, 
dont ils infinuent la lame entre la bafe du lépas & la 
pierre. L'animal s'oppofe le plus qu'il peut au palTage 
de la lame , en appliquant fortement le contour de fa 
coquille fur la pierre. 

M. Adanfon, qui a formé un genre du lépas parmi 
les coquillages univalves du Sénégal , dit que le mot 
lépas en grec,fignifie écaille, &qu'Ariftote& les Grecs 
de fon temps ont donné ce nom à ce coquillage autant 
à caufe de fa forme , que parce que les rochers ,fur les- 
quels il s'attache en grande quantité , paroiflent écail- 
leuy ou couverts d'écaillés. 

Le genre du lépas renferme, dit l'auteur, des ani- 
m^nx il bizarres & fî peu conftans , tant dans leur figure 
que dans leur coquille , que l'on ne pourroit jamais le 
fixer; fi l'on n'avoit égard à l'enfcmble de leurs rap- 
ports ; & fi M. Adanfon le rapproche de l'ormier , c'eft 
moins parce qu'il lui reffemble à certains égards , que 
parce qu'il n'y a point de coquillage avec lequel il 
convienne davantage. L'animal du lépas a tantôt deux 
yeux & deux cornes, & tantôt il en manque ; tantôt fes 
yeux font placés au côté intérieur des cornes, tantôt ils 



234 L E P 

fe trouvent derrière elles. Sa coquille eft fouvent en- 
tière , fouvent percée , chambrée , t5u écailleufe. 

De ces quatre différences , tirées de la forme des co- 
quilles , l'auteur divife fon genre des lépas , en quatre 
fedions. 

La première renferme les lépas â coquille (impie & 
entière ; favoir , les efpeces qu'il nomme le libot , le liri, 
le foron , le gadin , & le mouret. 

La féconde fcftion, les lépas a coquille percée en 
deflus ; comme le dafan & le gival. 

La troifîeme , les lépas à coquille chambrée , dont 
les efpeces font nommées le fulin , le garnot , & le 
jenac. 

La quatrième & dernière feftion comprend les lépas 
à coquille écailleufe ou formée de plusieurs écailles , 
comme celui que M. Adanfon appelle le kalifon. Foye^ 
ces noms. 

M. Davila , dans fon catalogue fyftématique , com- 
mence les coquilles univalves par la famille des lépas 
ou patelles , en la divifant en quatre genres, a peu-près, 
comme M. Adanfon. 

Les lépas, dit M. Davila , font des coquilles ouver* 
tes, évafées, non contournées , de la figure d'un cône 
tronqué, qui s'attachent aux rochers, ou à quelqu'autre 
corps dur. Elles font ou entières , ou percées , ou cham- 
brées ou à appendice intérieure. Ceft de-li que font 
tirés ces quatre genres ; tels font : 

I*. Les lépas à coquille fimple & entière ; favoir, 
les efpeces nommées le parafol chinois, le bouclier d'é* 
caille de tortue, le grand lépas magellaniquepapyracée, 
les efpeces de la même mer, qui font chatognantes , 
l'entonnoir, les lépas a grofles ftries, à cannelures 
profondes, l'œil de rubis , le lépas en bateau , l'œil de 
bouc, les lépas radiés, le lépas à ftries épineufes ,gra- 
nuleufes , les efpeces à bafe dentelée , l'aftrolépas , le 
bonnet de dragon , le lépas en gondole , les cabochons, 
les lépas de la barbade , les lépas des côtes de France , 
& le concho-lépas. 



L E P i;5 

i®. Les lépas à. coquille percée en-deffus , comme le 
lépas de Magellan radié à trou ovale , plufieurs efpeces, 
qui font marbrées , ftriées , & dentelées , les lépas per- 
cés , réticulés , en treillis , & le lépas rayé. 

3". Les lépas a coquille chambrée , comme le bonnet 
chinois, la fandale, la nacelle, le lépas en cabochon de 
Ruinphius & l'efpece en forme d'oreille de mer. 

4^ Les lépas à appendice en demi-cornet; favoir, 
le cabochon papyracée , le lépas en cabochon étage, ou 
le toit chinois, & le bonnet de matelot. Foye^ ces 
mots. 

LÉPAS A ÉTOILE ou ASTRO-LÉPAS. 

Fov^r ASTROLÉPAS. 

LÉPAS CHAMBRÉS. Lepades concamerata. Ce 
font les e(peces dont l'intérieur eft plus ou moins fer- 
mé par une appendice en forme de cloifon , comme elle 
Ce voit le plus fouvent dans les lépas nommés cabo- 
chon , le bonnet chinois, la nacelle, la fandale. Koye^ 
ces noms. 

LÉPAS DE MAGELLAN. Lepades ftrîata , ha- 
fi ovatâ , œquali , aliquando & paulifper dentatâ ^ ex- 
tus coloribus fujcis , ruhï^inojis , & auratis , intùs 
margaritiferis , argemeis & pliimbeis ^ magis minufve 
Jplendentes. Ces fortes de lépas , qui fe trouvent dans 
les mers de l'Amérique méridionale , dans le détroit de 
Magellan , font aufli intéreffants en dedans comme en 
dehors. Leur figure eft ordinairement ovale , unie ou 
un peu dentelée à leur bafe ou dans leur contour. Le 
fommet, qui eft plus ou moins élevé, montre un oeil 
chatognant par l'éclat d'une nacre , brune , couleur d'é- 
caille de tortue , bronzée ou comme dorée , fuivant que 
cette furface eft plus ou moins dépouillée d'un li- 
mon marin. De ce fommet partent des ftries longitU' 
dinales aflez grofles , le plus fouvent raboreufes , quel- 
quefois un peu tuilées , pour fe rendre en grand nom- 
bre jufqu'à la circonférence de fa coquille , fans for- 
mer de faillies bien fenfibles. Lorfqu'on fupprimc les 



î5«^ L E P 

ftries , on découvre une nacre aàmirable , qui conferve 
quelquefois des zones ou des flammes bronzées com- 
me dorées, & femblables à l'œil du fommec ; cette na- 
cre eft plus brillante dans la furface intérieure de ces 
lépas ; elle eft le plus fouvent d'une couleur argen- 
tine, quelquefois azurée ou plombée , très luifante , Se 
conferve plus ou moins , dans le fond de fa concavité , 
une grande tache de couleur rouge d'écaille. Les îles 
Magellaniques nous fournifTent plufieurs espèces de 
lépas, en quelque façon moins connues jufqu'à préfent 
que celles-ci , qui ont plufieurs variétés par leurs na- 
cres , leurs couleurs , Se qui forment tantôt des rayons , 
tantôt des cercles , ou qui ne font qu'une furface égale , 
de la même nuance ; ce font les lépas radiés , & percés 
au fommet , le grand lépas papyracée , celui que l'on 
appelle l'entonnoir & le lépas radié ou étoile, f^oye^ 
ces mots. 

LÉPAS DE MAGELLAN PAPYRACÉE. Lepas 
magelUnica te(iâ uniii. Ceft une grande efpece cbarr 
gée de ftries longitudinales peu élevées. Le fommet 
eft flambé de couleur rougeàtre ou lie de viji, avec 
deux zones de la même couleur, fur un fond blanc; fa- 
voir , une qui eft fituée vers le milieu de la coquille , 
& l'autre qui borde toute la bafe du lépas. L'intérieur 
eft nacré. 

LÉPAS DE MAGELLAN RADIÉ & PERCÉ 
AU SOMMET. Lepas veniu perforato ,prus viola- 
ceis 6* albidis alternatim radiata ^ magellanica. Cette 
efpece , qui eft à bafe ovale & unie , eft percée dans (on 
fommet , d'un trou oblong , affez femblable à celui d'une 
ferrure , d'où partent des ftries longitudinales & des 
rayons alternativement blancs & violets, qui fe termi- 
nent dans la circonférence de la coquille. Toute fa fur- 
face intérieure eft blanche. Ces rayons , que l'on peut 
compter depuis douze jufqu'à quinze, à l'égard de 
ceux qui font colorés, ne doivent leur évidence qu'à 
la fuppreflîon d'un limon blanc très dur , & invétéré 



L E P 2^7 

«(ans le teft. Ce lépas, qui vient des îles MageUaniques , 
peut avoir jufqu'à près de trois pouces de longueur, 
fur deux pouces de largeur. 

M. Davila , cat. Jyjî. pi. 1 1 1. La même planche 
repréfente le lépas papyracée mentionné ci-deitiis. 

LÉPAS DE MAGELLAN RADIÉ ET ÉTOI- 
LE. Lepus mageiiunica jwllata. Ce lépas , qui porte 
tout au plus quinze lignes de longueur , eft d'une forme 
ovale , couvert d'un drap marin verdâtre & léger , lequel 
étant enlevé , laiffe à découvert dans le fomme: de la 
coquille , un fleuron ou une efpece d'étoile charognantc 
de couleur rouge d'écaillé de tortue marine , avec des 
rayons plus allongés, en petit nombre, & de la même 
couleur. L'efpece , qui elt dans la colledion de l'auteur, 
ne repréfente qu'un large rayon , qui par: de l'étoile , ce 
qui repréfente finguli ère ment une elpece de comète , 
dont ce lépas pourroii: porter le nom, 

LÉPAS EN BATEAU ou IMITANT UN PE- 
TIT BATEAU. Lepas in navicula vel naviculœfor^ 
mis , maxime concavaj& Lateribus deprejjîs diftintla. 
Celui-ci eft à bafe très allongée , & relfemble alfez bien 
à un petit bateau. Le fommet, qui eft fitué vers le mi- 
lieu de la coquille , eft élevé , & les deux côtés font 
comprimés. Toute la furface extérieure de ce lépas eft 
fauve-clair , chargée de ftries fines , longitudinales , in- 
terrompues, & peu prononcées. L'overture eft pro- 
fonde, blanche dans le fond , & d'une couleur de chair 
chatognante dans le refte de l'intérieur. Le contour eft 
uni & forme une ellipfe arrondie dans fes extrémités. 
Ce lépas peut avoir plus de trois pouces de longueur, 
fur près de moitié moins de largeur. 

LÉPAS EN CABOCHON. Les Conckyliologi- 
ftes nomment ainfî les efpeces dont le fommet s'élève 
en formant un bec ou une pointe recourbée en maniè- 
re de coqueluchon de moine. Voye:^ le mot Cabo- 

CHOÎJ. 

LÉPAS EN TREILLIS. Levadesflrils cancellatls 
dijîinêi» , yertiçe perforato% Cc* fortes de lépas fout 



23^ L E P 

ordinairement percés au fommet , chargés de ftries lon- 
gitudinales & tranfverfales , de manière qu'elles forment 
un compartiment en forme de treillis. Leur couleur 
extérieure efl: ordinairement blanche & de couleur verd- 
d'eau en dedans. Leur ouverture, qui eft ovale , eft unie 
dans fon pourtour. 

M. ^Argenville ^pl. ^. lett. L pag. i88. Ce 
lépas eft à ftries partant de fon œil, traverfées par 
d autres ftries j ce qui forme un réfeau^fa couleur eft 
commune , & fon œil eft troué. 

LÉPAS FLUVIATILES. Lepades fluvîatiUs, Ce 
font entr'autres des efpeces en forme de petits cabo- 
chons dont Lifter fait mention , & que M. d'Argen- 
ville a rangées avec deux autres , quoiqu'il convienne 
que cette forte de lépas pourroit bien être une coquille 
de mer roulée. /?/. 17. n* i. Le fécond lépas vient de la 
rivière de Marne. Il eft fi couvert d'un fuc pierreu:x , 
qu'on n'en connoît le genre que difficilement. Le troi- 
fieme lépas , que ce Conchyliologifte afliire néanmoins 
être une efpece fluviatile , mais le feul vivant que l'on 
connoiffe, eft très petit & très mince. Il eft attaché fur 
un jonc tel que l'auteur l'a trouvé au bord d'une petite 
rivière. On peut le trouver plus fouvent dans de petits 
courans d'eau , ou des prairies baignées médiocrement. 

M. à'ARGENViLLE j daîis foTi appendice y pag, 7U 
pi. 8 . fait la defcription de ce petit teftacée fluviatile , &c 
l'a fait repréfenter avec l'animal , dans fa grandeur or- 
dinaire, qui peut avoir environ deux lignes. Il fort d'u- 
ne coquille fort mince, de figure ovale & de couleur 
grife , une tête terminée par deux cornes fort courtes, 
a l'orifice defquelles font deux points noirs , qui font 
fes yeux : le refte de fon corps eft un mucilage , où 
l'on ne découvre aucune paitie détachée. On voit par- 
deflbus , en le renverfant , deux efpeces de féparations 
fous lefquelles il retire fa tête. 

LÊPAS PAPYRACÉE A SOMMET PLACÉ A 
UNE EXTRÉMITÉ DE LA BASE. Lepas tefid 
tenui, lavis , yercice laterdi , & paulifper reçurvo , in" 



L E P 2^9 

tus nitore argenteo fplendens. Celépas, dont la coquille 
eft très mince & afTez tranfparente , eft revêtu , lur fa 
furface extérieure , d'un léger épiderme , cendré fauve- 
clair, & un peu pourpré, lorfqu'elle n'eft point encore 
parvenue dans fon période de grandeur. Sa forme , qui 
tire fur celle du cabochon & de la fandale , fait aufTi la 
gondole. Son fommet eft lîtué à une extrémité vers la 
bafe, & a la figure d'un bec légèrement recourbé. Sa 
bafe eft unie , tranchante , & large dans l'extrémité op- 
pofée au fommet , légèrement feftonnée & fort rétré- 
cie vers ce fommet. Tout l'intérieur de ce lépas montre 
une nacre argentine. Il vient des mers de f Amérique 
méridionale. Sa longueur ne paiTe guère un pouce & 
demi , fur un peu plus d'un pouce de largeur. 

LÉPAS PERCÉ AU SOMMET ^ STRIÉ ET 

RAYÉ. Lepas vertice pcrforato , ftriata & coio/ibuf 
atro - purpîirafcentibus radiata , bafi ovatâ. Ce lépas 
eft â ftries longitudinales, régulières, & rayé de cou- 
leur pourpre noirâtre , fur un fond moins rembruni. Le 
fommet eft percé d'un trou ovale , placé au tiers de la 
longueur de la coquille. Sa bafe eft unie , d'une forme 
ovale , & toute fa furface intérieure eft blanche , nuée 
de verd. La figure de ce lépas eft affez élevée. Il peut 
avoir un peu plus d'un pouce & demi de longueur fur 
un tiers moins de largeur. 

GuALTiERi, tab. $. litt. N. Patella vertice per- 
forato j oblonga y (îriata , nonnullis aliis lïneis in <iyrum 
^radatim difpofitis circumdata ; bafi intîis dentaiâ , fub- 
albidâ. 

Ejufdem , litt. P. Q. R. S. T. Patella vertiee pcr- 
forato , flriata aliquando rugofa , vel ex plutnheo , vd 
fubnigro radiata y unâ lineâ , aliquando duabus cir- 
cumdata. 

M. ^^Argenville y pL 2. litt. C. Un lépas tout 
«ni , quoique rayé de lignes brunes 'y il eft percé dans 
fon fommet. 

LÉPAS RADIÉ DE NOIR & STRIÉ. Lepas 
Jiriata 6» colon nigrejcenti radiata , bafi ovatâ. Cette 



24© L E P 

cfpece eH: d'une fornis plus comprimée qu'élevée , à 
gro (Tes flries , longitudinales , rayonnéesde noir, fur 
un fond couleur d'os. La bafe de ce iépas eft ovale avec 
une extrémité plus large que l'autre , & légèrement 
feftonnée dans fi circonférence. La furface intérieure 
montre une fauue nacre blanchâtre , rayonnée de cou- 
leur azurée. Ce Iépas porte tout au plus deux pouces 
de lon^ , fuc huit lignes de moins de large. 

LÉPAS RADIÉ DE COULEUR DE ROSE. 
Lepas levirer fîriata , colore ro/eo radiita, baJiovatJ» 
Ce Iépas fe diftingue des autres par fa furface convexe , 
chargée de ftries longitudinales très fines , un peu gra- 
nuleufes, & ornée de rayons inégaux, de couleur de 
rofe, fur un fond jaune-clair. Sa bafe eft ovale, unie j 
& fa furface intérieure, qui eft peu intérelTante , eft 
tout-à-fait blanche. Cette coquille porte ordinaire- 
ment deux pouces de longeur, fur fept ou huit lignes 
moins de largeur. 

LÈPAS STRIÉ DE BRETAGNE. Lepades 
firiatœ BritanniA, Les côtes de cette province dePran- 
ce fournirent un grand nombre de Iépas élevés en cô- 
ne, dont toute la convexité eft à ftries longitudinales, 
inégales , raboteufes , & quelquefois épineufes j la plu- 
part font radiés de jaune, de rouge, de couleur rem- 
brunie, fur des fonds cendrés , verd-terralfe , de cou- 
leur fafranée , & dont les rayons font plus vifs & plus 
apparens dans leur concavité , qui eft toujours liffe , 
luifante , quoique jouant rarement la nacre. La bafe 
ouïe pourtour de ces fortes de Iépas eft fouvent d'une 
figure inégale & peu dentelée. Ils ont depuis un pouce 
jufqu'à un pouce & demi de longueur ou de diamètre. 
Le drap marin, qui forme un limon durci fur la furface 
extérieure de ce Iépas , eft tellement invétéré avec le 
teft , qu'il n'eft guère pofîible de l'enlever fans la co- 
<juille. Onfupprime alors les ftiies , pour lui donner ua 
poli luifant , fur tout dans les efpeces qui ont un certain 
volume ou des nuances intéreffantes , foit citronnées ou 
4'autres couleurs décidées. Les lépai des côtes de Nor- 
mandie 



mandie font moins ftries , un peu radiés & de couleuc 
V'erdâtre ou olivâtre. 

LÉPAS TaiLÉS & ÉPINEUX. Lepades imbri^ 
eau & fpinof&. Ces efpeces , qui approchent de la 
figure des cabochons , font à ftries longitudinales gra- 
nuleufes vers le fommet , qui dégénèrent à meliire 
qu elles parviennent vers les bords de la coquille en 
forme de pointes, & de petites tuiles courbes , ordi- 
nairement blanches fur un fond brun plus ou'moins 
clair ou rembruni. La bafe eft en partie ronde en 
partie ovale , & légèrement dentelée". ' 

M. d'ARGBNvrzLE ,pLz. litu H, Un petit lépas 
brun a ftries armées de petites pointes blanches 

LÉPAS VOLUTE , ou VOLUTES. Ceft une ef- 
pece mentionnée & repréfentée dans la conchyliolo- 
gie de M. d'Argenviîle k \a pL i. lut, L. pj, 189 
Sa figure eft ronde, dit l'auteur, & fa couleu'î- rayée 
de b anc & de brun , avec des ftries peu profondes. U 
cft chambre en defl'ous,oufiron veut, il eft fait comme 
lont les fabots ; mais il ne faut pas croire que c'en foie 
un. Il forme en-deffus une volute à plufieurs tours 
avec un oeil faune & très faiîlant. * 

oSTA^F^'.^r'.^" ^^QT^^^ ^^ VÉNUS 
ORIENTALES. Chamcc , coucher Fentris orientales 

appelUtœ. Les Conchyîiologiftes nomment ainfi plu- 

lieurs coquilles bivalves du genre des cames-cœurl ou 

cames tronquées 5 fçavoir, la grande levantine, ou 

maona vctula-, la petite, & la levantine cendrée. Vov. 



ces mots. 



LEVANTINE CENDRÉE. Chama orîentalis , 
drm tran/verfis' hneis radiifque cintras virgata l 
difli:i5ia. Coquille bivalve du genre des cames dont 
la partie latérale , od fe trouve le ligament , eft peu 
concave & tronquée. Sa forme, qui approche des ca- 
mes rondes , eft peu bombée , & toute fa furface exté- 
rieure eft cnargée de ftries tranfverfales arrondies & af- 
fez élevées, ornée de traits, de chevrons de couleur 
eendree & ardoife, lefquels formenc fur chaque valve 
lome II, Û 



14» L E V 

quatre rayons fort diftinûs , fur un fond grisâtre. Cet- 
te came eft luifante , avec une petite charnière compo- 
fée de trois denticules dans l'une des valves , & de deux 
autres dans l'autre valve, fituées fous les foramets , lef- 
quelles s'enclavent dans les petites cavités corrcfpon- 
dantes. Cette came orientale peut avoir d'epuis un pou- 
ce & demi de largeur jufvju'i deux pouces, fur un tiers 
moins de hauteur. 

LEVANTINE DE LA GRANDE ESPECE, 
2ppellée la conque de Vénus orientale ridée , ou la 
grande vieille ridée. Concha cordifcrmis , ftriis tranf- 
verjîs exertis 6» lamdlofis Jlrlara ; colore ex cinereo 
yîrefcente depicta ; magna vetula rugofa , feu concha 
Veneris orientalis rugo/a appellata. Cette came-cœuu 
eft d'une forme un peu comprimée , compofée de deux 
valves très épaiffes , chargées de ftries tranfverfales, 
élevées de vive arrête , ou en forme d£ feuilles tran- 
chantes , fort diftantes les unes des autres vers les fom- 
mets ; mais plus nombreufes vers la circonférence de* 
battans. Sa couleur eft grisâtre , tirant fur le verd. La 
partie latérale tronquée eft de couleur fauve- roux & 
très concave. Cette bivalve orientale peut avoir, tout 
au plus, trois pouces de largeur , fur environ fix lignes 
4e moins d'élévation. 

RuMPHius j tab. 47. n" i. OJlreum admodum 
rarum. 

M. à'ARGENVILLE ,pL IT. iett, K, pag. 18^. 

Ceft la levantine , ou la coquille de Vénus orientale, 
parce que fes lèvres n'ont point de piquants ; au lieu de 
ftries , elle a le corps couvert de plis relevés & tranf- 
verfaux j il n'y a point de comparaifon a faire de fa ra- 
reté avec celle de la concha Veneris occidentalis. 

LEVANTINE DE LA PETITE ESPECE, ou 
PETITE CONQUE DE VENUS ORIENTALE 
RIDÉE. Concha Veneris orientalis rugofa , parvâ 
fpecie feu parva vetula rugofa. Celle-ci, qui eft d'une 
forme affez bombée & ramaffée , porte fur chaque 
yalve quinze ftries uanfverfales , lamelleufes, ou élc- 



vees en vive-arrete , fort éloignées les unes des autres, 
qui dominent fur d'autres petites ftries , que i on peut 
appercevoir dans hs cannelures. Toutes ces ftries vont 
fe terminer d'un côté vers les bords de l'enfoncement 
latéral qui eft aiïez profond , & tournent de l'autre côté 
fur une fînuollté ovale , fans palTer les autres bords 
dune petite cavité faite en cœur, & fituée vers les 
fommets. Toute la furface extérieure & intérieure de 
cette petite conque fmguliere eft blanche. Sa châr- 
mere eft compofée de trois dents faillantes & bien ar- 
ticulées, réciproques dans ks deux battans , lefquelles 
s'engrènent dans les alvéoles correfpondans j fa lar- 
geur porte ordinairement un pouce fur prefque autant 
d élévation. 

GuALTiERi , tab. 88. litt. D. Concha valvh ^ 
aquahbus inœquiUtera , mediocriter ^ vd Uvlter um" 
bonata ^ 6- oblique incurvata , (ubrotunda , finis folia- 
ccis eminentibus laciniatis ^ fragilibus crijlaca , fubal- 
f'iàa nonnidlis pnnciis fujcis rare notata, 

LEVRES. Terme de conchyliologie , qui exprime 
en général les bords de l'ouverture des coquilles. Les 
lèvres varient , fuivant leurs genres & leurs efpeces. 
Dans les univalves , elles font parallèles à la colu- 
melle extérieure, qui forme quelquefois une féconde 
le/re faillante , comme dans la plupart des pourpres 
proprement dites j favoir, dans les têtes de bécalfe & 
les mafTues d'Hercule. Les lèvres font ordinairement 
fituees d droite , en admettant la bafe des coquilles 
dans le plan qu'obferve l'animal dans fa marche, c'eft- 
a-dire, le cbié de l'ouverture en-bas, & le fommet en- 
haut jvquoiqu'il foit toujours plus ou moins incliné 
dans le mouvement progreifif du teftacée , même dans 
les limaçons de figure conique , ou les fabots , qui 
portent certainement le fommet en-haut quand ils 
marchent fur un plan horizontal, qui eft celui qui 
paroît devoir être admis plus naturellement. Quand 
ces lèvres font à gauche (ce qui arrive rarement) on 
donne alors aux coquilles qui les om ainii , le /lom- 

Qii 



244 L E V 

d'unique. Comme les coquilles ont la même forme 
dans leurnaifTance que dans leur vieillefTe^c'eft- à-dire, 
la même figure avec la feule différence de grandeur de 
d'épaiffeur dans toute letendue de la coquille : ces 
lèvres ne varient que par la différence des efpeces ', 
quoique l'on tire des conjeftures de leur épaifTeur 
pour défigner leur âge : comme dans les tonnes-can- 
nelées on trouve une lèvre en bourrelet dans une 
moyenne efpece , tandis que dans une autre d'un plus 
grand volume , cette lèvre eft mince comme par ua 
développement de période & de gradation d'âge. Le 
contraire arrive , fuivant philieurs naturaliftes , c'eil-à- 
dire, que cette Icvre s'épailTit dans les vieux teftacées, 
comme dans les lambis; ce qui ne paroït être poiîible 
que dans les coquilles qui ont confervé la même figure 
dans toutes fes parties. Les lèvres montrent autant de 
différence qu'il y en a non-feulement dans les genres, 
mais dans les efpeces, 5c même fouvent dans les variècés. 
Elle eft épaiffe , & plus ou moins ceintrèe dans les buc- 
cins & garnie de dents ; tandis qu'elle eft droite &l tran- 
chante dans les cornets j celle de limaçons eft com- 
primée & un peu contournée , tandis qu'elle eft fort 
étendue & très èvafèe dans les conques Iphériques : la 
lèvre occupe toute la bafe des lépas & des oreilles de 
mer, & elle fe contourne dans les nautiles pour for- 
mer comme deux lèvres parallèles; le genre des murex- 
eft celui dans lequel on voit varier le plus cette partie 
de la coquille appellée lèvre. Elle eft tanrôt tranchante 
&: fort mince , & tantôt for: épaifîe ; tantôt rentrante 
■& tantôt èvafèe , & mince jufqu'â s'étendre par gra- 
dation en forme d'aile de diverfes figures. Cette lèvre 
eft quelquefois comme èchancrèe à plufieurs reprifes, 
ou comme arrachée du corps de la coquille ; elle far- 
pafte fort foulent & de beaucoup toute fon étendue : 
on en voit qui font armées degroires& longues pointes, 
malTives eu creufées en canal , & qui font reffembler 
les coquilles à des efpeces de cruftacées marins appelles 
crabes , ou araignées de mer , dont elles ont acquis 



leurs dénominations : on remarque deux Icvres o-arniej 
de dents dans les poixelaines qui bordent une ouver- 
ture en forme de fente, parce que le fut extérieur eft 
dentelé comme la lèvre proprement dite : celles des 
cafques en approchent beaucoup. Il y a dans les murex 
& les buccins des lèvres feftonnées , fînueufes en bour- 
relet , & comme garnies de petits caiiaux en forme de 
goutiere. 

M. Adanfon divlfe les bords de l'ouverture des co- 
quilles en deux parties , fourent égales , quelquefois 
inégales , dont lune qui eft à droite , eft appellée lè- 
vre droite , & l'autre qui eft a. gauche , lèvre gauche. 
Le genre du lèpas & celui du vermet font les ïèuls li- 
maçons dans lefquels M. Adanfon a pu faire cette 
diftmaion , parce que les bords de leur ouverture 
font circulaires , de même figure & de même èpaifTeur 
dans leur contour. Dans les autres genres, les deux: 
lèvres font toujours difiemblables à plufieurs égards. 

La lèvre droite ne change jamais de figure dans bien 
des efpeces , elle eft toujours mince & tranchante : 
dans d'autres , fuivant M Adanfon , elle fe replie a un 
certain âge & fuivant certaines circonftances , où elle 
prend un bourrelet au-dehors, ou des dents audedans. 
Lorfque la coquille vient à augmenter le nombre de 
fes fpires , après que la lèvre droite a pris un bourrelet 
extérieur^, ce bourrelet reile dans l'endroit où il s'eft 
formé : c'eft^pour cette raifon , comme l'auteur le pré- 
fume, que l'on voit tant de coquilles qui ont fouvent 
im bourrelet répandu fans ordre fur leurs fpires, 
ainfi qu'il arrive dans les efpeces qu'il nomme le jabik 
& le vojer. 

Il convient de faire remarquer que M. Adanfoti 
dans fon fyftême , appelle la lèvre gauche , la partie 
â découvert ou extérieure du fôt, ou de la columelle 
de la coquille. La lèvre gauche diffère eflentiellement 
de la lèvre droite , en ce que , dans les coquilles a 
ouverture droite , elle eft toujours fermée en tour ou 
en partie , par la convexité d'une portion de la prc- 



14^ L I B 

miere ou de la féconde fpiie. Loifqiie les fpitcs font 
tournées hoiifontalement , ou roulées , de manière 
quelles s'enveloppent & fe recouvrent entièrement, 
ou prefqu'en entiei , les unes & les autres, c'eft le 
côté de la première fpire qui fait toute la lèvre gau- 
che; il eft pour lors arrondi, & formé par une ligne 
doite. Quand les (pires ne fe recouvrent que de moitié 
ou environ , c'eft la féconde fpire qui forme la moitié 
inférieure de la lèvre gauche, celle-ci eft alors.arron- 
die & convexe dans cette partie , comme dans le 
kambeul , & droite ou creufe dans l'autre , comme il 
arrive au minjac. Larfque les (pires ne s'appliquent 
que par le côté , de manière qu'elles ne fe coupent en 
aucune façon ni les unes ni les autres , comme dans 
le vermet , il n'y a aucune diftindlion entre la lèvre 
gauche & la lèvre droif; , parce que les bords font 
parfaitement femBlabîes dans leur contour. 

Ce n'eft qu'à côté de cette lèvre qu'on apperçoit 
l'ombilic; il femble qu'il en dépend, du moins en 
quelque chofe , puifquil ne fe trouve que dans les 
coquilles , dont la lèvre gauche eft fort petite , ou 
fermée par une très petite portion de la féconde fpire, 
& qu'il eft d'autant plus grand , que la lèvre gauche 
eft plus petite , comme il eft facile de le voir dans le 
genre dufabot , &dans celui du natice. Ce que l'auteur 
vient de dire , fuivant Con fentiment , de la lèvre droite 
des limaçons qui ont l'ouverture à droite , doit s'ap- 
pliquer à la lèvre gauche de ceux dont l'ouverture 
eft a gauche , comme à celle du bulin , & à celle du 
coret. 

LIBOT. Nom donné par M. Adanfon à un coquil- 
lage univalve du genre du lèpas à coquille (impie & 
entière. La coquille du libot repréfente une efpece 
de baffm à peu près conique, dont la cavité, dans la 
fîtuation naturelle a l'animal , eft tournée en-bas vers 
la terre. Les bords de cette cavité peuvent être re- 
gardés comme la fedion ou la bafe de ce cône , dont 
iç contour eft une ellipfe beaucoup moins ouverte du 



L I B 247 

coté où eft la tête de l'animal , que ceîui qui lui eft op- 
pôle : cette ellipfe détermine la ligure t: la grandeur 
de l'ouverture, qui eft égale à la bafe de la coquille : 
elle a environ un tiers plus de longueur que de lar- 
geur. Le fomm^et du cône n'eft pas exactement placé 
dans fon milieu , mais à peu près au tiers de fa lon- 
gueur , en approchant de la tête de l'animal. Il eft 
arrondi Se fe trouve dans la partie la plus élevée de la 
coquille , dont la hauteur varie , Telon les différens 
âges : dans les plus grandes , cette hauteur eft com- 
munément une fois moindre que leur longueur. 

. La furface extérieure de la coquille eft ornée de 
diverfes cannelures qui partent du fommet , & vont 
fe rendre aux bords qui font afiez inégalement den- 
telés. L'auteur a compté cent de ces cannelures, dont 
cinquante font alternativement moins faillantes : on 
voit encore quelquefois fur les côtés de celles-ci deux 
autres cannelures femblables à deux filets peu {enfi- 
blés. La furface intérieure eft unie , luifante , & d'une 
nacre de couleur bleue tirant fur le noir. Le cendré 
noir eft la couleur qui s'étend fur le refte de la co- 
quille. 

On remarque une fl grande variété dans les diffé- 
rentes coquilles de cette première efpece de lépas, 
qu'il eft rare d'en rencontrer deux pareilles ; & l'on 
feroir tenté d'en faire autant d'efpeces diftinguées fi 
l'animal qu'elles renferment n'étoit parfaitement fem- 
blable dans toutes. Elles diffèrent par la couleur , par 
la forme , par les cannelures & par les dents du con- 
tour. Les unes font blanches , les autres font grifes , 
d'autres font cendrées ou noirâtres : dans quelques- 
unes , on voit quelques cannelures fauves, ou rougeâ- 
tres : dans d'autres , il n'y a que le fomm.et de blanc ; 
c'eft l'ordinaire des vieilles coquilles eue le frotte- 
ment a ufées dans cet endroit. La fornie conoïde des 
unes eft extrêmement applatie ; elle eft au contraire 
affez relevée dans d'autres. Les cannelures font beau- 
coup plus marquées dans les premières , & ordinairc- 

Q iv 



24S L I B 

ment en pins petit nombre : il y a telles coquilles qiiî 
n'en ont que cinquante y la plupart hériffces de petites 
pointes. M. Adanfon en a vu qui n'en avoit que vingt- 
cinq. Les mêmes ont aufîi les dents du contour plus 
grandes , & l'on en trouve plulîeurs dans [efquelles elles 
lont affez profondes pour leur donner la forme d'une 
étoile tantôt à cinq , tantôt à fept rayons : celles qui 
ont cette fingularité font appellées aftro lépas. 

L'auteur , après avoir obfervë un grand nombre 
de ces coquilles , a reconnu que ces variétés prove- 
noient non-feulement de leur âge , mais encore de la 
différence des lieux où elles fe trouvoient. Il a remar- 
qué qu'en général les jeunes étoient plus applaties & 
Mioins épajlTes , qu'elles avoient beaucoup moins de 
cannelures , que ces cannelures étoient âpres & rudes 
au toucher , que leur*; bords étoient dentelés ou créne- 
lés plus profondément, & que fouvent ces dentelures 
dévoient leur naifiance aux irrégularités des rochers fur 
lefquels 1 animal avcit long-temps relié attaché. Dans 
les vieilles , au contraire , c'eft-à-dire , dans celles que 
l'auteur a décrite , les coquilles font plus é-levées & 
plus épaiffes , les cannelures font aiïez lifTes & plus 
nombreufes , & leurs bords ne laifTent voir aucune de 
ces cannelures que le frottement avec le temps onc 
effacées. Mais dans toutes ces coquilles , foit jeunes , 
foit vieilles , M. Adanfon a reconnu un caraftere alfez 
confiant : c'efl dans le fommet qui eft toujours obtus , 
& placé a peu prés au tiers de leur longueur du côté de 
la tête de l'animal. 

Quoique l'animal ne forte pas autant hors de la co- 
quille qu'il paroît dans la figure, M. Adanfon a cru 
devoir le préfenter de cette manière , afin de mettre 
en vue les parties les plus remarquables. Sa tête eft cy- 
lindrique , de moitié moins large que longue . & tron- 
<}uée obliquement en-deflous à fon extrémité. Ceft U 
<jue fe trouve la bouche, qui, lorfqu'elle eft fermée, 
imite affez par le pli de fes lèvres , la figure d'ur» 
iT , dont la tête feroit formée pat Une ligue courbe 



L I B 249 

Lorfque ces lèvres viennent à s'écarter, l'ouvercurc 
de b bouche paroît comme un trou ovale , au fond du- 
quel on voit le jeu des mâchoires & des dents. L\;u:eiir 
a fait repréfenter toutes ces parties rép.irément &: un 
peu plus grandes que le naturel. 

La mâchoire fupcrieure eft un ofTelet triaiigulaire , 
de la nature de la corne, noir & pointu à (on excrcmiré 
qui pend en bas. Cet offelet cfi: kxé au palais iupcirieur 
de la bouche , de manière qu on ne lui apperçoit aucun 
mouvement. La mâchoire inférieure , au contraire , 
eft une efpece de trompe ou de tuyau cylindrique dont 
le bout elt arme d'une plaque cartilagincufe fort fou- 
ple , &i toute hcriflce de petites dents difpofces fur une 
dixaine de rangs , & recourbées en arrière comme cel- 
les du k:imbeul. M. Adanfon en a découvert plus de 
deux cens avec le (ecours du microfcope. Des côîés de 
la tète & de fon origine , partent deux cornes coni- 
ques, qui, lorfqu'elles font bien étendues, la furpaf- 
fent de moitié. Elles fortent rarement hors de la co- 
quille. A la racine des cornes on diftingue deux yeux 
placés fur leur côté extérieur. Ils paroifient comme deur. 
petitspoints noirs qui ne faillent point au-dehors, & qui 
font recouverts de la peau qui enveloppe les cornes. 

Après la tête &: les parties qu'on vient de décrire , 
celle qui fe fait le plus remarquer dans cet snircal , c'eft 
le manteau qui déborde la coquille tout autour. Il efl 
armé de trois rangs de filets charnus en forme de foie , 
mais un peu applatis : ceux qui font placés fj.r le bord 
font un peu plus longs que les autres. M. Adanfon en 
a compté plus de deux cens fur chaque rang , de forte 
que le total monte â fix cens ou environ. Leur nombre 
Se leur difpofîtion font une frange fort agréable , & 
d'une grande délicateffe. A deux ou crois lignes au- 
defTus de cette frange, on apperçoit encore, fur le 
même manteau, une efpece de couronne ou de cor- 
don qui règne tout autour. Cette couronne eft: formxée 
par un rang de petites languettes quarrées, applaties 
& inégalement dentelées fur leurs bords : elle ne fort 



250 L I B 

prefque jamais de dcffous !a coquille , & reflemble à 
une légère dentelle. 

Le pied eit encore une des parties extérieures du 
lépas. 11 n'eft jamais expofé a la vue pendant que l'ani- 
mal marche ou qu'il ell appliqué aux rochers 5 mais 
lorfqu'on le détache il paroît comme un'gros plaftron 
coupé en-deirous en un ovale qui couvre prefque tout 
le corps, & dont le grand diamètre furpalTe prefqu'une 
fois le petit diamètre. Comme il eft (ufceptible de con- 
tra6lion & de dilatation en tous fens, fa furface eft 
sfTez inégale , & creufée d'un grand nombre d"e filions 
Jont la fituation Se la forme varient comme fes mou- 
vemens. Lorfqu'il eft bien tendu, on y remarque faci- 
lement certains points qui , tantôt s'élèvent comme 
des petits globules, tantôt s'abailTent ou fe creufent en 
Jerai-fphere , pour former autant de ventoufes ou de 
lîiçoirs qui fervent 1 le fixer. Ses bords font tranchans, 
légèrement ondes & creufés en-deffus par un petit fil- 
lon qui en fiit le tour. Ceft par le moyen de ce pied 
que f animal marche en fe traînant , & gliffanr , pour 
■ainfi dire , d'un lieu à un autre. Son mouvement pro- 
î^refîif efl extrêmement lent, & il change rarement de 
place. Lorfqu'il efl ïhé dans un endroit, tout fon mou- 
vement fe réduit à élever fa coquille à deux ou trois 
lignes de diftance de la pierre à laquelle fon pied efl 
appliqué , & il U rab.'JlTe avec une grande vîtefTe auifi- 
tôc que quelque corps étranger vient a le toucher» 
Dans cet état il tient extrêmement à la pierre, non- 
feulement par la vifcoîité de fon pied, mais encore 
par le nombre infini de ventoufes dont il eft couvert , 
de manière qu'il faut employer une grande force pouL' 
l'en détacher. Lorfqu'on relevé le manteau de cet ani- 
mal , on apperçoit le cœur dont les battemens font 
très fenfîbles. Il fe trouve fur la gauche , fort proche 
du col dans le finus que fait le manteau â fa jondion 
avec le deffas du pied. 

On découvre encore , par le même artifice , du côté 
dïci: 5 deux ouvertures rondes ou deux conduits en 



L I B 251 

forme de tuyaux, dont le plus grand & le moins élevé 
eft l'anus. Lauîre, qui eît placé un peu plus haut & en 
devant , laifie ibrrir les parties de la génération. La par- 
tie mâle , dans ceux que l'auteur a eu cccalion de voir , 
étoit d'un rouge pale. Dansie fînus du manteau avec 
la partie flipcrieure du pied , on voit encore à rœil 
nud douze petits trous Semblables à aucant de points 
difporcs tout autour du corps à des diftances à peu 
près égales. S'il y avoit quclquanaiogie entre les in- 
feéles & les coquillages , on pouiroit dire que ces 
douze points font autant de ftigrnares qui térvent aux 
jépas pour la refpiration : mais c'eft ce que l'obCerva- 
tion n'a pas encore appris , & qui ne paroît pas vrai- 
femblable, ce coquillage étant pourvu comme les au- 
tres d'une ouverture pratiquée dans le manteau, ou- 
verture qui fert en même temps de pafHîge à la refpira- 
tion & aux excrémens. La couleur de cet animal n eft 
pas bien conllante. Elle eft blanc-fale dans quelques- 
uns, les jeunes fur-tout. Les vieux n'ont cette couleur 
que vers le deiTous du pied , du refte ils font d'un bleu 
qui tire fur le noir; les moyens font d'un gris cen- 
dré. 

Ce coquillage eft fort commun fur les rochers du 
Cap verd , de l'île dç Corée , & de celle de la Magde- 
la'ne. Les naturels du pays le mangent Les plus grands 
que M. Adanfon y ait obfervés avoient près de quatre 
pouces de longueur à leur coquille, fur trois de lar- 
geur. 

Albrovandus :, Exang. p. 545 ^'.A6*Lepasfivc 
patella quurta. 

JoNSTOK , Exang. tab. i 6. PatcUa Jlidrovandi. 

LisT£R , hift. Conchyl. tab. 331. fîg. 11. Patella 
ûlbo,paucis & value emirientibus firiis ftellaza^ barba" 
derfis. 

Ejufdem , tab. 537. fig. \6, Patella nigra , magna , 
teri >■ 'i( r admodurn Jiriara , african.d, 

Ejufdem, tab. 538. fîg. 21. Patella. mïniata , oh- 
longù, dense firiata. 



2,^1 Lie 

KrAKER , Muf. pag. 437. num. 25'. Patulia nigra , 
magna , lenuiter admodum firiata. 

Petiver y Gazoph. vol. z. cat. 417. tab. 85. fig. 
1 1. Patella capenjîs verruculis radiât a. 

Sloane , jam. v. 2. tab. 240. fig. 16 Se 17. Pa- 
telle major , tennis comprejja ^flnata , cinerea, maculis 
crebris c rubro fufcis variegata , vertice albo. 

GuALTiERl j tab. 8. lit. I. Patella limbo integro , 
vertice acuto , margine inœquali ^ (iriis radiata jcinerea, 
Uneâ citrinâ circumdata , inths candida. 

Klein ^ Tent. pag. iij.n. 14. Patella intégra ^ 
firiata , nigra , magna , tenuiter admodkm 6» rugosè 
jiriata , vertice acuto integro. 

Ejufdem , pag. 115. fpec. i . Patella intégra , flrîa' 
ta , papiUans , feu patdla fubfufca , exiguis tubercu- 
lis fx'indumflrias rugofas afpera. 

Ejufdem , n. 18. Patella intégra , fîriata ; oblonga , 
irre^ul :nter miniata & rugose firiata. 

LICORNE. Concha giobofa firiis imbricatis , labro 
cornu annaîo difiinSca , monoceros nominata. Co- 
quille univalve du genre des tonnes ou conques fphé- 
rîqaes,ainiî appellée à caufe que fa lèvre efl: armée inté- 
rieurement vers le canal du teftacée, d'une longue dent, 
oa d'une corne qui peut avoir jufqu'â près de cinq lignes 
de faillie. Elle eft d'autant plus fmguliere qu'elle nefc, 
trouve dans aucune autre coquille connue jufqu'a pré- 
fent que dans celle-ci , & c'eft une queftion de favoir 
de quel ufage cette corne peut être à l'animal , faifant 
partie du teft. La licorne eft d'une forme arrondie , 
compofée de cinq fpires bombées , chargée fur fa fur- 
face extérieure de ftries tranfverfales tuilées , alternati- 
vement plus ou moins élevées , lefquelles fé terminant 
fur les bords de la lèvre la rendent dentelée. Le fut 
eft uni & comprimé , ou un peu concave en-dehors. 
Toute la couleur de cette tonne eft marron & blan- 
châtre , l'intérieure eft nuée de fauve & de blanc. Le 
canal , qui eft très court , fe termine par une légère 



Lie 555 

cchancrure. Lorfque la licorne tefracée eft parvenue 
dans un certain période de grofleur , le coips de in 
coquille eft extrêmement ventru , & les ftries donc 
elle eft garnie font beaucoup moins élevées j les tuiles 
ne font âpres au toucher que vers la lèvre extérieure 
qui fe trouve alors tranchante & peu dentelée dans foa 
bord. La corne dont elle eft armée eft aulîi peu fail- 
lante. Les Conchyîiologiftes diftinguent deux variétés 
dans la licorne : lavoir la petite licorne à ftries tran- 
chantes fans tuiles, & la licorne fans cornes , que Ton 
pourroitappeller la licorne femelle. 11 faut obferver que 
ces coquilles font ordinairement couvertes d'un drap 
marin fangeux , qui eft tellement invétérée dans les 
ftries qu'il n'eft pas facile de l'enlever. On peut avoir 
recours aux acides pour le fupprimer plus aifément. 
Les licornes viennent des mers Magellaniques. Cette 
tonne peut avoir jufqu'à deux pouces de longueur fur 
{îx ou fept lignes moins de largeur. 

D AVI LA t Cat. fyfi. pi. 9. Utt» B. Un buccin de 
Magellan nommé la licorne. 

LICORNE , autrement dit PETITE LI- 
CORNE. Concha globofa firiis tranfverjis non imbri-. 
catis diftincla , vd monoceros parvâ fpecie. Cette ef- 
peceeft mince, chargée de ftries tranf/erfales faillantes 
& de vive-arrôce , lefquelles ne font un peu tuilées que 
vers la lèvre extérieure , avec des ftries alternatives 
moins élevées. Toute fa couleur eft brune ou marron , 
le refte de la coquille reflembleà la licorne ordinaire j 
elle porte un pouce , quatre ou cinq lignes de long 
fur un pouce de largeur. 

LICORNE SANS CORNE. Coucha globofa , finis 
tranfverjis imhricati<: labro abj que cornu infgnis. Cette 
coquille ne difFérede la licorne ordinaire que par fa for- 
me plus allongée &fcsfpiresplus élevées. Toute fa fur- 
face extérieure eft aufl^ à ftries tranfverfales, chargées de 
petites tuiles; mais fa lèvre dentelée eft dépourvue de 
cette petite corne qui fe rencontre dans les autres es- 
pèces , & ne îaifTe aucun doute quelle en feroit def- 
tituéç par ai-ciden:, n'ayant aucune crace de cette faillie 



î^4 LIE 

qui efl: ordinairemsnt très forte à fa bafe. Cette tonne 
porte un pouce neuf lignes de longueur fur quatorze 
lignes de largeur. 

LICORNE DE RUMPHIUS. Coquille univalve 
du genre des vis , de Tefpece des aiguilles flriées , très 
efnlées & aigucs, que Rumphius a fdit reprefenter à 
la tab. 50. lue. f . C'eft la feptieme efpece que l'auteur 
appelle firoml'us feprimas. tiolL Naalde pen of een- 
hoorn-pen ; l'aiguiile ou la licorne. 

LîÊVTvE , ou LEVREAU. Porcellana 'ohlov.ga, 
cylindracea , varïis maculis fipiata^ -punciata ^ hpuf' 
calas appellata. Nom donné à une coquille univalve 
dugenre des porcelaines, de forme allongée ou cylin- 
drique , & de la grande elpece , à caufe de fa figure. 
Toute fa furface, qui eft très polie & luifante ,eft ornée 
de grandes taches brunes , pourprées & d'un rouge d'é- 
caille de tortue de mer, parmi lefquelles on diftingùc 
d'autres taches plus arrondies , rouge-brun & azurées , 
qui paroiffent comme appliquées ou heurtées avec le 
pinceau, principalement dans les flancs de la coquille,' 
fur un fond agathc , clair 8c cendré. Outre ces diverfes 
taches , on en diftingue d'autres beaucoup plus petites , 
toutes blanches, qui paroiffent parfemées & comme 
faupoudrées au hazard. La bafe ou le deiTous de cette 
porcelaine a le luifant du talc , & montre une ouver- 
ture ou une fente peu ouverte , prefque droite, garnie 
de chaque côté d'un long râtelier de dents égales & 
très articulées. L'intérieur paroît être d'un beau blanc. 
Cette porcelaine , dont une des extrémités échancrées 
porteune petite pyramide plus ou moins volutée , peuts 
avoir jufqu'à quatre pouces de longueur fur moitié 
moins de largeur. 

Lorfqu'on remarque fur le dos de cette porcelaine 
quelques taches blanches, rondes & élevées , afTez fem- 
blables à des gouttes de fuif figés; on l'appelle alors le 
lièvre ou le lévreau à gouttes de fjif. 

Rumphius ^12)0. 38. litt. C. Conchateftudinana^ 
La coquille d'écaillc de tortue. KolL Karet of fchild- 
pad-hoorn ; le caret ou la tortue. 



L î G 255 

LIGAMENT. Terme de ConchyIloloi2;ie , qui ex- 
prime une efpece de nerf ou une partie cartilagineufc 
qui réunit enlemble les écailles ou les battans des coquil- 
lages bivalves ou multivalves. Ce ligament, qui eft or- 
dinairement fîtué vers leurs fommets ou leurs charniè- 
res, & quelquefois même dans la charnière , aifermit 
& fixe tellement les valves des coquilles , que Tanimal 
qui y réfide , peut les ouvrir &: les fermer par fon rel- 
fort j fans abandonner les parties qui ccmpofent la 
charniere.il eit intérieur dans le*s huitres & les peignes, 
& fitué au deffous des fommets , au lieu qu il eft exté- 
rieur dans les cœurs , les cames & les tellines & oc- 
cupe un côté dans les moules dans l'épaiffeur des valves. 

Toutes les coquilles des conques, dit M.Adanfon, 
ont un ligament qui les unit enfemble proche des fom- 
mets & de la charnière : ce ligament les affermit & les 
fait ouvrir par fon reffort qui a quelque chofe de ipon- 
gieux. 

Il eft différent dans divers coquillages; ceux dont 
la charnière n eft p^int dentée , l'ont en dedans , ajoute 
M. Adanfon , ou dans répalfTeur du talon ou des bords 
de la coquille , comme dans f huitre , le jambonneau , 
&c. Il eft au contraire placé au dehors des coquilles 
dont la charnieie eft dentée, parce que s'il étcit placé 
au dedans , il couvriroit les dents de la charnière & 
rendroit leur ufage inutile, comme dans les cames & 
les pétoncles. Ces derniers font ordinairement fecs & 
caftans lorfqu'ils pafîenr quelque temps hors de l'eau j 
mais hors de l'eau ils s'amoîiftent comme un cuir fort, 
de forte qu'ils fe courbent & fe rcdreftent fans fe caft^cr 
dans le temps de l'accourciftement & du relâchement 
des mufcles qui attachent intérieurement l'animal à fa 
coquille. 

Le ligament des couteliers eft extérieur , (k occupe 
une des extrémités de la coquille attenant à la fliarniere. 

LIGAR. Nom que M. Adanfon donne a un co- 
quillage operculé du genre du cérite. La coquille du 
ligar a quatre pouces de longueur & trou fois moins d« 



15^ L I M 

largeur ; elle eft formée de vingt fpires renflées, arron- 
dies , bien diftinguées & environnées de fept ou huit 
cannelures mccliocres & égales. Le fommet eft deux 
fois & demie plus long que la première fpire. L'ouver- 
ture eft exaifleraent ronde ou orbiculaire & entourée 
aux deux tiers feulement par une lèvre circulaire afiez 
mince j r.i ^ue & tranchante fur les bords. L'autre tiers 
eft formé par la convexité de la féconde fpire qui fe 
trouve (ur fa gauche. 

Le fond de la couleur eft blanc , agréablement mar- 
bré de grandes taches brunes j elle n'a point de pé- 
riofte feniible. Ce coquillage vit enfoncé dans les fa- 
bles de l'anfe de Ben, à une lieue dans le nord de l'île 
de Gorée. 

CoLUJINA, Aquat. pag. 53 & ^ <^ » :Ex}.yiy^ yxK'^r,xt7r' 
coy , jîve buccinum parvum, 

BoNANNi y Recr.pag. 117. clafT. 3.n. 115. Turbo 
tuba, dictas dedans , fexdecim j& aliquando viginti fpi^ 
ris finitus , mueront mira proporàone valde acaminaio 
eburnci coloris , 6" cochleacis crifpis corrugatus ; Fer- 
fici maris. 
X,^NG/£^^,Meth, p. ^j, Turbo integer^vulgarisyflriatus, 
Gu ALT j LRi yT^zh. 58.fig.A. Turbo integervulgaris y 
maximus , derijiffime firiatus j triginta circiter fpiris 
don^,atus , fufcus. 

Klein. Fahii CulumnA ;flrombus cochloïdes .fviris 
torof.s y (irïinis ^ c^ux^'iy^. tent. pag. zp. fpec. 1. B. i.F, 

LIMAÇON , cocklea, C'eft un coquillage uni- 
valve qui compofe plufieurs genres par la multitude & 
la variété de fes efpeces. Le mot limaçon paroît dérivé 
du mot latin Umax , comme le terme Umax de celui 
^e limus qui fignifie limon , dont l'animal du limaçon 
fe nourrit, & dans lequel il eft engendré,^ limo in 
que ^eneratur ^ nutricur. Il eft nommé en hébreu bo- 
chart ou tablul; félon quelques-uns chomet ; en chal- 
déen tablul ou thibiala. Les Arabes l'appellent baizum 
eu haizum , les Italiens chiocciole & lumaca; les Al- 
lemands . fabnecken ou fchçak \ les Anglois fnail ; les 

Efpagnois 



L I M Î57 

Erpagnols caramuros & caracol ; les Hollandois flakje 
of flekje ; & les François limaçon. 

Le caractère générique des coquilles des limaçons 
eft d'avoir une forme arrondie , contournée de manière 
qu'il forme la première circonvolution de la volute, 
d'une manière plus régulière & plus conforme aux au- 
tres (pires que dans les autres univalves. On en peut 
compter depuis deux jufqu'à dix , le plus fouvent bom- 
bées & dont les dernières qui font dans les limaçons pro- 
prement dit, plus ou moins comprimées , ne font quel- 
quefois fenfibles que par la ligne fpirale. Lecaraftere 
générique des limaçons confifte au/Ti d'avoir quelque 
reflemblance avec les limaçons terrellres communs 
ou les efcargots , excepté les vis & les fabots, qui 
en différent , à l'égard du nombre & de l'élévation 
desfp;res. Les limaçons font fouvent ombiliqués & ont: 
la pli^art un opercule ou accidentel ou permanent; ils 
font aulTi variés dans leurs figures que dans leurs cou- 
leurs , dont leurs furfaces extérieures font ornées. Le 
grandnombre de ces teftacées,que l'on trouve dans tou- 
tes les mers, les fleuves ,les rivières , les étangs , les 
ruiifeaiîx , les marais, dans les forêts, aux pieds des 
arbres, dans la moufle , dans les ruines des bàtimens , 
les vieux murs, dans les jardins, les potagers, & fur 
tan: de différentes planres,préfentetant d'efpeces & de 
variétés que les naturaliftes ont été obligés d'en former 
plufieurs genres, afin de pouvoir fe reconnoîcre au mi- 
lieu de tant d'objets , & mettre de l'ordre dans une fa- 
mille auffi étendue. Les Conchyliologiftes font afTezi 
d'accord de former le caradlere générique & diftinâiit 
des limaçons, de la figure qu'ont leurs ouvertures. C'eft 
pourquoi ils diftinguent les limaçons dont l'ouverture 
de la coquille eft exaftement ronde , qui forment le 
premier genre , ainfl que ceux qui l'ont prefque ronde : 
les limaçons, dont l'ouverture eft demi-ronde, ou cein- 
trée comme celle des nérites , des natices ou nérites 
ombiliquées , compofent le fécond genre : le troi- 
£eme genre comprend l^es efpeces qui ont fouveruire 
Tome IL K 



25S L I M 

ovale ou comprimée comme celle des planorbei & Je3 
fabots^ & on peut y ajourer pour le quatrième gem-e ce- 
lui des vis ou des coquilles les plus turbinées dont l'ou- 
verture ne s'éloigne point en général de celle des lima- 
çons. Voye? ces art 'des. 

Les anciens philolophes diRinguoient les limaçons 
qu'ils noramoient en latin cochlea, en grec a-'^x:' "^? d'avec 
les autres coquillages univalves, & en faifoienc un 
genre particulier : In co génère fiint cochlc& aquatUes , 
terrefiiefque , exerentes fe domicilio y binaquè ceu cor' 
nea protendentes contraksntefque , dit Pline. Les lima- 
çons aquatiques & terrefties montrent deux cornes 
qu'ils allongent & raccourciffent en fortant de leurs 
coquilles. Diofcoride appelle les limaçons xop^xw. 

RoNBELET 'y de Tejîaceis 3 lié>. 2. pa^. 96 ^ fuîv, 
comprend fous le nom de limaçon, en latin cochlea, fept 
cfpeccs de coquillages : favoir , celui qui fervoit autre- 
fois à puifer de l'Kuile , connu aujourd'hui Tous le nom 
àthuïgzu ,cocklea oUaria;\Q. limaçon de nacre , cocklea 
marguricifera , ou le grand nautile a cloifon de nacre 
ou épais ; le limaçon cifelé & fermé de fon oper- 
cule , cochlea cdata cum operculo fuo \ le limaçon echi- 
nophore, cochlea eckinophora', celui-ci efl: une tonne à. 
mammelons j le limaçon cylindrique, cochlea cylindroï- 
des , qui eft un cornet tigré ; un fabot que ce natura- 
lifte appelle le limaçon uni à clavicule ou à volute ob- 
tufe, cocA/ed léivis turbine obtufa\ enfin le limaçon ap- 
placi, cochlea deprejfa \ celui-ci eft une efpece de lima- 
çon à bouche ovale, appelle le cornet de Saint-Hubert. 

JÎzDROVANDVs , deTeftaccis ^ lib 3. pag. 35^9 ^ 
fuiv. fait mention d'un aiïez grand nombre de lima- 
çons, outre les efpeces de Rondelet, tant maritimes 
que terreftres , parmi lefquels il y en a qui font re- 
prefentés avec l'animal , principalement une eipece ex- 
traordinaire pour fa grandeur & pour fa figure , dont 
parle Ambroife Paré. La mer de la Sarmatie ou Ger- 
manie orientale, nourrit dans fon fein des poifTons 
fort moiiflrueux & inconnus dans les pays chauds. 



L I M îjS, 

-Celui qui en eftun des plus (inguliers, dit Aldrovan- 
dus , reffemble à un limaçon. Son corps eft renflé 
comme une tonne ; mais la tête porte des cornes bran- 
chues comme celles d'un cerf, & dont les extrémités 
font garnies de petits globes brillants comme des per- 
les. Elle eft grofle, montre des yeux éteincelans comme 
la lueur d'une chandelle, un mufeau affez arrondi & 
garni d une moutache ou de barbes feniblabîes à celles 
des chats ; l'ouverture de ù bouche eft grande, & au- 
deiïbus de fa mâchoire inférieure, pend une mafîe de 
chair menaçante & d'un afped hideux. Cet animal s'ap- 
puie fur quatre jambes extrêmement larges , dont les 
pattes fe divifent en plufieurs doigts allongés & cro- 
chus comme des feuilles de palmier. Sa queue eft ti- 
grée & lui fert de rame pour nâgcr. Ceft un animal û 
craintif qu'il refte prefque toujours en haute mer quoi- 
qu'il foit amphibie , à moins qu'il ne gagne le rivao-e 
dans un beau temps pour prendre des alimens. Sa chair 
eft agréable & fort bonne à manger. Son fang eft un 
remède pour le foie vitié & les poulmons ulcérés ainiî 
que le fang des grandes tortues en eft un pour les o-a- 
leux ou lépreux. CockUa ex mari farmatico quam am- 
brofius ?ard.as nobis exhibait. Mare Jarmaticum y feu. 
germanicum orientale , pifces alit ., calidis regionibus 
ignotos & vdde monfiruofos. Eju/modi eft is, qui li^ 
macifimilisy dolium corporis mole &quai , arbonis au- 
tem cornibus cervum^extrcma cornua in or'biculos rotun- 
damur , unionum inftar fplendentes, Cervice eft crafsâ 
ocuUs accenfo candeU modo micantibus, nafo obrotun- 
do , (&• pilis feiium ad inftar obveftito , riciu oris ma^ 
gno , fub quo pendet , prominttque carnea moles , aj- 
pe^a fubhorrida, Quatuor niiitur cruribus ^ totidem. 
latis , (S* aduncis palmis , qu^ ilU cum caudâ oblongâ , 
Ù tigridis inftar variegata , pinnarum ad natandum laça 
eft, Meticulofam adeo hoc animal eft ut , etfi amphi- 
hiumfit^ alto tamen fe ferè mari contineat , nec nifi 
fereriQ yalds c«h ad littus applicec vafhendi sratiâ. 



i6^ L I M 

Caro enim valdè grata efi efui , fanguis vero his medi^' 
catus , quibus vel hepar vitiatum eji , vel pulmones ul- 
cerati j ut efi magnarum tefiudinum fanguis elephanikis, 
Gualtieri donne le nom de limaçon, en ladn cocklea^ 
à un grand nombre de coquilles univalves, outre les ef- 
peces terreftres communes : favoir aux cornets ou vo- 
lutes coniques, aux rouleaux ,aux olives, aux cafques, 
aux conques fpliériques, entr'autres aux gondoles ma- 
lïîillaires , & à beaucoup de murex qu'il nomme cochkg, 
conoïdei, , cochleA cyliadroïdcA , cockleA pyriformes , 
cochle& canaliculatst, , cochlcA cajjiformes ; cet auteur a 
confervéle nom de buccin aune multitude d'efpeces, qui 
fembleroient mieux être admifes dans fon fyftcme parmi 
les limaçons , que beaucoup d'autres coquilles univalves 
qui font confondues avec eux, àpluiieursreprifes. 

RuMPHius nomme limaçons, en latin cocIiUa j & 
en hoUrindois ,alykf uyken, les efpeces marines à bouche 
ronde j cochU& valvatA j les nérites ; cochleji gLoboJ& , 
le tonnes ou les conques fpbériquesj cochie& alats. ^ 
les murex à pattes ou les araignées, yoyer^ ces mots. 
M. èi Argenville divife tous les limaçons eu 
trois genres , qui nailTent de la différence de leur ou- 
verture. Le premier genre a la bouche ronde , le fé- 
cond la bouche demi-ronde , & le troifîeme fe diftingue 
par fon ouverture ovale. Ce Conchyliologifte com- 
mence par celui à bouche ronde. 

Rumphius & Lifter partagent la famille des lima- 
çons en trois ferions, qui ne font qu'embarrafTer, dit 
M. d'Argenville , lunares /dves, lunares fulcut& 6' lu"' 
nares ajper& ; les premiers limaçons font unis, les fé- 
conds rayés, & les troifiemes raboteux : cette dirfcrencc 
ne fe trouve que fur la robe de la coquille, & nulle- 
ment dans fes parties elTentielles j elle ne peut donc 
produire , ni caraftere générique , ni fpécifique , c'efl 
îeulemenr une variété. 

Le limaçon en latin Umax , nomen accepit , a limo 
in quo gênera, ir & nutriti/r. On peut le nommer ea 
françois limace j dans les provinces on les appelle vi- 



L I M 2^1 

gnots , qui font de petits efcargots de mer. Le mot de 
cochlea leur conviendroit mieux quelquefois que celui 
de concka. Ils ont une couverture nommée operculum , 
qui ferme entièrement leur bouche ronde. Souvent 
on l'appelle umh'ilicus marinus , quoique très impro- 
prement, dit M.d'Argenville : c'eft prendre le genre 
pout l'efpece, fuivant GtÇxiCi-.Non genus , fed fpeciem 
aUqi'.am pgnif.care» 

On a obfervé que les limaçons n'ont pas moins de 
deux fpirales, ou contours , & qu'ils en ont dix tout 
au plus. Le crabe appelle le foldat ou bernard l'her- 
mite, s'y vient quelquefois loger. C'eft des limaçons i 
ce qu'on prétend qu Archimède a pris l'invention delà 
vis 5 & qu'on en a tiré des efcaliers de cette forme. 

M. d'Argenville a obfervé les mêm.es feftions à l'é- 
gard des limaçons fîuviatiles & terreftres. 

M. Adanfon a compris fous le nom commun de 
limaçon tous les coquillages univalves, & ceux qu'il 
appelle les operculés. Sonfyftêmeeft rapporté au mot 
coquille & coquillages. 

Cet auteur a néanmoins donné plus fpéciaîement le 
nom de limaçon à deux coquillages univalves que ce 
Conchyliologifte appelle le Icambeul & lepoucliet.On 
connoît , dit-il , parfaitement le limaçon , & il y en a 
tant d'cfpeces dans tous les jardins & les campagnes , 
qu'il n'eft prefque pcrfonne qui n'en ait vu l'animal 
vivant. Il n'y en a qu'une efpece au Sénégal ; mais elle 
cft beaucoup plus grande que toutes celles que nous 
connoiiïons en Europe, & elle furpalTepîus d'une fois 
celle que nous appelions à Paris le vigneron, en latin 
fomatia, M. Adanfon ne l'a trouve que dans un feul 
endroit. C'étoit dans une prairie aifez arjde, éloignée 
d'une petite demi-lieue de la mer , derrière le village de 
Portudal, que les Nègres appellent autrement Sali, à 
neuf lieues environ dans le fud de l'île de Gorce. 
Kore:^ les mots kambeul & pouchet. 

M. Davila, dans fon catalogue fyftématique di" 
que les limaçons fon; des coquilles contournées en fpj; 

R ïi\ 



1^1 L I M 

raie , depuis Jeux orbes fufqu a dix , dont il diflingue 
trois genres : favoir ,les limaçons a bouche ronde & à 
lèvre extérieure , prefque perpendiculaire à la bafe. 
a". Les nérites ou limaçcns à bouche ronde , & à lèvre 
extérieure prefque perpendiculaire à la bafe. 3"*. Les fa- 
bots ou limaçons à bouche ovale & à lèvre intérieure, 
prefque parallèle à la bafe. Vove^r ces articles. 

LIMAÇONS A BOUCHE DEMI-RONDE , Se 
CEINTRÉE. CochlcàL femilunares. Coquillages uni- 
valves qui compofent le fécond genre dans la famille 
des limaçons en général, & que Ton nomme nérites ou 
natices. Voye:<; ces mots. 

LIMAÇONS A BOUCHE OVALE ET COM- 
PRIMÉE. Cochle&ore ovato fApe deprejfo. Ce font ces 
efpeces qui forment le troifieme genre des limaçons 
qui font les fabots & les planorbes. Voye7[ ces noms. 

LLMAÇONS A BOUCHE RONDE ET PRES- 
QUE RONDE. CochU& lunarcs &propemodum lunareS 
vel conclzA univalves quatuor, quinque vel fex fpiris con- 
vexis compoJîtA ^ forma brevi ; rotundâ aperturâ lunari ; 
apîce obtufoab aliis cochUis dif}inci&\ f&ph umbilicat&: 
variis coloribus exornatsi & (ubfiantiâ mar2:nrînferâ in 
■plurimis lucide fplendentes. Ces eipeces, qui font fouvent 
ombiliquèes , & ordinairement operculées ^ forment le 
genre qui a le plus de refi'emblauce avec les limaçons 
terreftres communs ou efcargots. Le caradere diftinÛif 
& générique des limaçons à bouche ronde efl d'avoir 
le corps extrêmement ventru à proportion des autres 
fpires qui compofent ia volute. On peut lui en compter 
le plus fouvent quatre ou cinq & même fix, ordinaire- 
ment bonribèes , lefquelles fpires font petites dans les 
dernières, & fe terminent par un fommet obtus. L'ou- 
verture, qui eft d une figure arrondie ^eft bordée d'une 
le'vre fai(ant le cercle, tranchante ou retrouflee en de- 
hors : le fût extérieur eft uni , contourné de maaiere 
qu'il achevé déformer ce cercle fans aucune interrup- 
tion ou aucune échancrure : c'eft pourquoi on peur 
iuger de l'étendue de cette ouverture par la dimeniion 
du diamètre. 



L I M 2(^5 

Les limaçons à bouche ronde varient beaucoup dans 
k furfacc extérieure. Les uns font très unis , les autres 
font ftriés & cannelés. Il y en a qui font chargés de 
tubercules & même de pointes & de tuiles. Ces fortes 
de coquilles univalves font fouvent d'une fubftance de 
nacre qui brille ordinairement dans l'intérieur du te- 
ftacée , & que l'on met en évidence extérieurement par 
la fupprefîion d'une croûte ou de divers draps marins 
plus ou moins minces ou épais dont ces limaçons font 
couverts. Leur furface extérieure préfente les variétés 
les plus agréables par les diverfes couleurs dont elle eft 
ornée , tantôt elles forment des marbrures vertes , rouges- 
brun , noires & blanches , canelle Se couler.r de paille , 
tantôt des bandelettes ou des rubans & d'autres cora- 
partimens. Les efpeces font la bouche d'or , la bouche 
d'argent, la peau de ferpent , le pot verd , Vckaria, le 
dauphin , le ruban , le turban ou le bonnet turc \ les 
dilîérens burgaux , le perroquet perlé, la veuve ouïe 
burgau noir de l'Amérique, le petit derJl ou la pie, la 
petite veuve, ou le limaçon noir des Indes, &c. 

Rumphius a fait repréfenter douze efpeces de lima- 
çons qu'il nomme coclik Alun ares , tab. 15?. favoir co-^ 
chlea Lunaris major , cochlea fulcata nigra, HolL 
Svrarte gevoordc hoorn; le limaçon noir cannelé : co- 
chlea petholata. HolL Naïïauver ; efpece de peau de 
ferpent verd : cochlea lunaris afpera Je limaçon à bou- 
che ronde , âpre au toucher. HolL Gloeyende oven , of 
goud-moud ; le four ardent ou la bouche d'or, n. 3. 
cochlea lunaris varicgara j HolL Bonté zilver moud ; la 
bouche d'argent bigaré \ cochlea lunaris viridis. HolL 
Groene zilver-moud; la bouche d'argent verd. Les au- 
tres efpeces font les limaçons rubannés que Rumphius 
regarde comme des variétés de cette dernière. 

Gualtieri nomme les limaçons à bouche ronde , 
cochlcA marind, terreflriformes ^funt breviores , propor- 
tionafA ftruHurâ fuâ ma^nâ ex parte cochUis terrefiri- 
hus Jimiles. Ce Ct^nchyliologifte en a fait repréfenter 
quatorze efpeces à la tab^ ^4. favoir un burgau à peau 

R iv 



2^4 L î M 

<3(: ferpent , appelle la princefTe ; la bouche d'argent & 
plufieurs de les variétés , le ruban & d'autres efpeces, 
parmi lefquelles fe trouvent quelques nérites. 

M. d'Argenville , dont les limaçons compofent la 
cinquième famille de fes coquilles univa]ves, dit que 
ce genre de limaçon eft ombiliqué , avec un fommec 
appîati , quelquefois élevé, Se dont la robe eft rayée, 
déchirée, cannelée , garnie de boutons , ou bien unie , 
toujours la bouche ronde j cochiea lunaris efî uni^ 
va/vis y ore rotundo , umhiiïcata claviculâ , depref- 
sa ^ laciniatâ^ canaliculatâ , tubero-sâ ^l&vi Cet au- 
teur en diftingue douze efpeces , dont quelques-unes 
ont leurs variétés : i*'. le limaçon à bouche ronde ,faf^ 
cié, garni de bofles \ cochiea lunaris fufciata & tube- 
rofa ; celui qui ell cannelé en forme de cordelette , 
cànaliculata funiculis cincia : le burgau de l'Amérique, 
burgau americanus : le limaçon uni, cochiea lunaris 
Uvis : ceux que l'on nomme la peau de lézard ou de 
-ferpent, le limaçon verd, pellis laceni vel ferpentis y 
Umax viridis : celui qui eft tacheté de petits grains 
i)lancs 6c gris ; granis albidis , cïnereijque maculata : 
-i. ïolearia umbilicata: 5". le limaçon à bouche ronde, 
dont le fommet eft élevé : cochiea lunaris apice exenc, 
le ruban, vitta^ àbandelettes brunes & ïou^es^ fufciata 
è rubro & fufco ; cannelé de blanc, àt noir & de verd j 
ex aibido , nigro , viridique canaliculatâ : le perroquet, 
le marron rôti ; pfntacus , caftanea tojia : celui qui 
eft barriolé , vnriegata : 4°. le limaçon à bouche ronde 
dont le fommet eft applati , cochiea lunaris , apice de- 
prejjo'j celui qui eft tacheté , tirant fur le verd, macu- 
lata 6» viridefans : l'émeraude de la petite efpece , 
fmaragdus minor : 5°.rœildc bouc , oc-^/w^ hirci^ celui 
de la Chine , verdâtre avec une croix blanche, cochiea 
iunaris Jinenfis ,cum cruce albidâ, viridefcens .ôc la vio- 
lette de Fabius Coliimm,janthina FabilColumnA ,- ce- 
lui qui eft entouré de lignes blanches & jaunes , avec 
une lèvre étendue, lineis albidis C> fiavidis circumdata^ 
labro extenfo: 6"", le limaçon cannelé & biuc, dit la 



L I M i6s 

bouche d'or , cochlea canaliculata iS» ûfpera , osaureum 
dïcia. 7°. le cannelé & brur , dit la bouche d'argent ; 
canalkuldta àafperû, osargenteum dicîa. S^'.îe dauphin, 
delphinus : i?". le limaçon gMtm\8comVi\\c^\xé,granuUta 
& umbilicata. lo. celui qui eft applati , entouré de 
bofles de tous côtés , depreffa , tuberibus ex utrâque 
pane circumdata, 1 1°. l'éperon à deux rangs de piquans, 
calcar , aculds in duos ordhies difpojids. iz°. le lima- 
çon 0. bouche ronde mince , avec une clavicule très éle- 
vée , cochUa lunaris , tenais , daviculâ eminentijjima* 

M. d'ArgenvilIe , pour donner une idée générale de 
la zoomorphofe du limaçon de mer à bouche ronde , 
rapporte , ( pag* 5 1 ) que celui que l'on appelle dans 
le Poitou vignot , & guignette à la Rochelle , eft ren- 
fermé dans la maifon de la même manière que le font 
ceux qui portent un opercule. Dans fa marche , il en- 
traine avec lui fa maifon, & ram^pc fur une efpece de 
bafe charnue qu'il fait fortir de fa coquille j alors fa tète 
paroîr garnie de fes deux cornes , plus grofles & plus 
courtes que ne le font ordinairement celle des teftacées. 
Elles font rondes, camufes dans leur extrémité, & char- 
gées ainfi que tout le refte du corps de petites rides ou 
filets, qui les font paroître velues fur un fond blanc-fale. 
Les yeux marqués par deu,x petits points noirs, font 
placés à leur naiffance fur les côtés de la tête; & 
l'entre-deux des cornes forme une efpece de mufeau , 
que le gonflement &: la contra6lion font changer fou- 
vent de figure. 

La bouche, qui dans fa plus grande extcnfion , na 
pas plus dune demi-ligne de diamètre ,ell attachée par 
îbn extrémité dans la partie intérieure, ce qui la dé- 
robe à la vue. On peut croire cependant qu'elle eft 
garnie de deux côtés de plufieurs dents. Ses contours 
font inoins ridés que ceux des limaçons de terre, par la 
raifon que ceux-ci n'avalent que de l'eau & du limon. 

Cet animal fe nourrit à la façon des auttes par cette 
bouche ou canal, & prend les alimens qui lui font 
convenables par un tuyau très long , qui le porte dans 



iGG L I M 

les vifcercs difporés à les recevoir , & par la matière 

?|u ils contiennent très facile i appercevoir. Cette tête 
e réunit & fe joint à un long col un peu rond , dont 
la largeur & la capacité augmentent quelque peu en 
remontant vers l'intérieur de la coquille/On diftinguc 
facilement fur un des côtés un amas de petites glandes , 
terminées par une efpece de bourfes longitudinales , qui 
font reçues dans le fond d'une membrane afîez épaifle , 
laquelle préfente une cavité en forme de capuchon. 
Cette membrane tapifle dans une certaine étendue l'in- 
térieur de la coquille, & fert â fournir un double re- 
fuge à l'animal, lorfqu'il retire fa tête dans fon étui. 
La bafe charnue n'y entre point \ elle ne fait que rem- 
plir l'ouverture de la coquille , & pour fa sûreté elle 
fe trouve couverte d'un opercule qui la fuit & qui la 
dérobe à tout ce qui pourroit lui nuire. 

Cet opercule attaché au pied de l'animal ferme /î 
exaftement , que l'eau de la mer ne peut y pénétrer j 
l'animal ouvre cet opercule lorfqu'il prend de la nour- 
riture , & le retire à lui quand il en a pris fuffifam- 
ment, Sa coquille eft fort fimple , d'un verd-noirâtre , 
coupé par de petits filets jaunes ; mais fitôt qu'il eft dé- 
couvert, il préfente une légère nacre qui n'eft pas de la 
belle efpece. 

On fait que le limaçon augmente îèi coquille a me- 
fiirc qu'il croît , en portant fon humeur baveufe à l'ex- 
trémité du premier tour de fpirale ; & il l'augmente par- 
deffus répaiiïèur des autres (pirales : ce qu'il a une fois 
formé ne s'augmente plus \ mais s'épaiflit : ce qu'on re- 
marque dans la coquille d'un jeune limaçon , moins 
ep?jfie que celle d'un limaçon plus âgé. 

LIMAÇONS D'EAU DOUCE , ou FLUVIATI- 
LES. Cochki, aqu& duldsfeufiuviatiles. On ne trouve 
ces efpece.^ que dans les fleuves , les rivières , les étangs 
&: les ruifteaux. Les Conchyliologiftes obfervent la 
même méthode pour les limaçonsd'eau douce que pour 
ceux de mer, c'eft-â-dire, qu'ils les diftingnent par la 
figure de l'ouverture de la coquille : favoir les lima- 



L I M iGj 

çons d'eau douce à bouche ronàe , â bouche demi- 
ronde , ou les nérites &: les nacices , & les limaçons à 
bouche ovale , dont les planorbes forment en général 
les efpeces. 

M. d'jlRGEKvizLE y pL 27. n. 2. fait mention de 
cinq efpeces limaçons d'eau douce. Le premier, dit 
l'auteur, eft d'une couleur bleuâtre , la tête eftpcu éle- 
vée & fans nombril : fon premier tour eft di'/ilé par une 
ftric , & il vient de U Marne : le fécond limaçon eft 
plus brun & plus petit , avec un ombilic : le troilieme 
plus applati , eft fait en cornet de Saiiu Hubert , & 
pourroic bien être un pîanorbe. Ces deux limaçons 
ont été péchés dans la Seine , on a tiré le quatrième 
dans la rivière des Gobelins ; il eft d'une couleur jau- 
nâtre , & aflez grand, fans ombilic : le Rhin a donné 
le cinquième limaçon qui eft fafcié de blanc & de 
couleur agathe , avec une clavicule aiTez élevée. 

Le même auteur donne, dans l'appendice qui traite 
de la zoomorphofe, une defcription de l'animal qui 
habite la coquille du limaçon d'eau douce à bouche 
ronde, [p/. S.pag.j^.) qui a été trouvé dans la rivière 
de Marne. Quandilfortdefacoquille ,il pouffe un oper- 
cule rond & fort mince , au bout d'une plaque de même 
forme ; & à quelque diftance, fon col pauoit avec deux 
cornes pointues & aftez courtes , qui accompagnent fa 
tête. On compte quatre tours en tout far fa coquille , 
fans l'œil de la volute. Sa couleur tire fur le gris-cen- 
dré , avec quelques bandes noirâtres qui l'environnent r 
favoir , quatre fur le premier contour , deux fur le fé- 
cond , & un fur le troifieme. La clavicule de ce lima- 
çon eft des plus élevées j pour fa marche , elle eft à 
peu près la même que celle d'un limaçon terreftre. 
Dans les autres efpeces de limaçons , l'animal eft tou- 
jours le même. On voit entre l'opercule & la tête une 
efpece de crochet quife nomme tcntamen. 

Il y a des naturaliftes qui confidérent les limaçons 
de marais &: les efpeces qui fe plaifent fur les herbes 
aux bords des ruifTeaux > des fofics & des étangs comme 



i6S L î M 

o;e^ limaçons ampIiibles.M. Geoffi.-oy fait mention d'un 
de ces fortes de limaçons qui vit également fur la terre 
& dans l'eau douce , auquel il a donné le nom d'am- 
phibie. Voye:^ le mot Amphibie. 

Les limaçons fluviatiles ont ordinairement la co- 
ouille mince , fragile , d'une couleur cendrée , fauve- 
clair ou terreufe & peu intéreiïànte. 

LIMAÇONS TERRESTRES. CochlcA f^rrefires. 
Ces limaçons , qui ne laifTcnt pas de comprendre un 
grand nombre d'efpeces communes & étrangères beau- 
coup moins connues , fe trouvent dans les forêts hu- 
iTiides, dans les mouiïès, aux pieds des arbres, dans les 
vignes, fur des plantes & dans les potagers ; ils fe ca- 
chent dans un temps de fécherefîè fous des feuilles , 
dans les fentes des murailles , fous les ruines des bâti- 
inens , les pierres & dans les trous de la terre. Il y a 
rîes limaçons terreftres de plufieurs genres , les uns 
ibnt à bouche ronde, comme \ç. pomacia , & les efcar- 
gots communs ; les autres ont une ouverture enpartic 
c-\"':ile ou prefque ronde , comme ceux que l'on nomme 
l'oeil de bœuf& l'oignon blanc. Ceux dont l'ouver- 
rr.re efl: ovale, ont la plupart une volute comprimée, 
&: même quelquefois concave, contournée en manière 
tic cornet de chafle & de poftillon : ces derniers ren- 
ferment auffi les efpeces que l'on nomme planorbis ou 
planorbes. Les limaçons, terreftres, qui ont une ouver- 
ture applatie , & dont les fpires font peu élevées , s'ap- 
pellent lampes antiques. Il y a de ces fortes de tefta- 
cées,qui ont un grand nombre de variétés dans leurs ef- 
peces & dans leurs diverfes couleurs. Ils font, tantôt 
fhfciés , rubanés de brun , de couleur violette, de rouge, 
de noir ,fur un fond blanc , citron , ou agathe , tantôt 
marbrés de jaune, de couleur cendrée ou marron , & 
Tv^A'onnés de bandes longitudinales. On trouve des lima- 
çons terreftres dans toutes les quatre parties du monde, 
dans la Jamaïque , les îles Antilles, la Caïenne , dans 
ler, Indes, la Chine, dans toute l'Europe, l'Angleterre, 
l'Eipagne, la France & ailleurs. 



L I M ié9 

M. d'Argeiiville diftingue dix-fept efpeces de lima- 
çons terreftres: ùiVoh,\t pomacia^Ye^czïgot ; cduï qui 
c(i fafcié , qu'il nomme en latin Umax fajaata ; celui 
des ^iésjlimax pratenfis ^ àt couleur rouflèj j^^vt?/- 
cens ; cendré , cinerea ; marbré , marmorea ; le cornet 
de Saint Hubert, cornu SaaciiHuberti\ le limaçon om- 
biliqué, umbilicata , dont la clavicule eft élevée , cia~ 
viculâ exertâ ; dit la livrée, dicta la livrée , a bouche 
garnie de dents, ore dentato j très beau venant de ia 
Jamaïque , pulchra jamaïca j le limaçon terreitre a 
bouche ronde , ore rotundo -^ à bouche applatie, ore 
dcprejfo ; & celui dont la clatvicule eft retournée , cU~ 
viculd j feu apice inverfo. 

M. Geoffroy , dans Ton petit traité des coquilles fiu- 
viatiles & terrelires des environs de Paris , dit que les 
animaux qui réfident dans les limaçons communs , ou 
qui fe trouvent dans les jardins , les vignes &:, les cam- 
pagnes , font du même genre que les limaces. Les uns 
& les autres ont également quatre tentacules , dent deux 
font plus courts & deux plus longs. Ceft a. rexcrêmicé 
de ces derniers que font placés deux corps arrondis qui 
contiennent dans leur milieu une partie plus biune , &c 
qui paroifTent être les yeux de ces animaux. La feule 
différence des limaçons & des limaces , c'eft que les 
premiers ont une coquille tournée en fpirale, dans la- 
quelle ils peuvent fe retirer entièrement, êc dont ils 
font fortir la partie antérieure & inférieure de leurs 
corps , lorfqu ils veulent marcher , emportant leurs co- 
quilles avec eux, au lieu que les limaces ont le corps 
nud & fans coquilles à l'extérieur. IJ eit vrai qu'en les 
dilTéquant on trouve dans l'intérieur de leur corps, 
vers la tête une efpece de petit oiTelet , long, mince, 
& applati , de la même fubftance que les coquilles ; 
il n'en a point l'ufage, &: ne paroît point à l'extérieur. 

Les limas ou limaçons font tous animaux hermar- 
phrodices, ajoute M. Geoffroy j ils ont tous les deux 
iexes , & les parties font (ituées au côté droit du col 
de i'îin.imil , à l'endroit qui fort de la coquille , lorfque 



270 L I M 

le limas s'allonge pour marcher. Mais quoique ces' ani- 
maux aient les deux fexes , ils ne peuvenc cependant 
engendrer feuls , ils s'accouplent toujours deux en- 
femble j feulement tous les deux font réciproquement 
l'office de mâle & de femelle , enforte que l'accouple- 
ment entr'eux eft double. 

Lorfque ces animaux veulent s'accoupler , ils com- 
mencent par un prélude fingulier j la nature les a pour- 
vus d'une efpece de dard ou flèche à quatre ailes , 
d'une fubftance cafîante , ferme & affez femblable à 
celle de la coquille. Cet aiguillon fort par fa même 
ouverture du col qui donne iflue aux parties mâle &c 
femelle j & lorfque ces animaux s'approchent , l'ai- 
guillon de l'un pique l'autre, abandonne la partie d'où 
j1 fort, & tombe a terre ou refte attaché au limaçon 
qui a été piqué: celui-ci fe retire ; mais bientôt après 
il fe rapproche , pique l'autre a fon tour , après quoi 
l'accouplement s'exécute. Ces animaux s'accouplent 
jufqu'â trois fois de quinze jours en quinze jours , & 
chaquefois la nature fait les frais d'un nouvel aiguillon. 
Leurs accouplemens durent chacun plufieurs , heures, 
ôc pendant ce temps ils paroiflent comme engourdis. 
Les limaçons rendent par la même ouverture du col , 
ime grande quantité d'œufs blancs , revêtus d'une co- 
que membraneufe , qui lorfqu'elle eft féche , devient 
caiïante , & de la groiïeur de la moitié d'un pois. Ils 
cachent ces œufs en terre , où l'auteur les a trouvés 
plufieurs fois. Tel eft l'accouplement des limaçons. On 
verra cependant dans le détail quelques différences, 
fuivant les efpeces. II y en a , par exemple , qui ont 
deux dards ou aiguillons vénériens , tandis que les 
autres n'en ont qu'un. 

Les limas ou limaçons vivent d'herbes & de feuilles : 
ils font même fouvent de grands dégâts dans les jardins 
& les potagers : la nature les ayant pourvus de deux 
mâchoires dures, ofteufes & tranchantes, avec lef- 
quelles ils coupent & brifent les feuilles. Aux appro- 
che de l'hiver ces teftacçes Ce retirent dans quelques 



L I M 171 

trous ou ils fe mettent à l'abri, & ils ferment alors 
leurs coquilles avec une eipece de couvercle blanc 3c 
comme plâtreux par leur bave ou mucofité épaiflie. On 
les trouve fouvent ainfî fermés â la fin de l'hiver , juf- 
qu au mois de mars , & c eft alors que les gens de la 
campagne les ramafTent pour les manger. Ce couvercle 
plâtreux qui ferme l'ouverture n'eft qu'une fimple pla- 
que j il diffère des opercules en ce que fur ceux-ci oa 
apperçoit des fpirales qui ne fe voient point fur ce 
couvercle. D'ailleurs l'opercule eft une partie eftentieîle 
de l'animal qu'il conferve en tout temps, avec laquelle il 
ferme fa coquille toutes les fois qu'il le veut ; au lieu 
que ce couvercle plâtreux n'eft qu'une iîmple concré- 
tion étrangère à l'animal & fans organifation. Auïfi 
dés le commencement du printemps le limaçon rompe 
& détruit ce couvercle ; il fort alors de fa coquille , va 
chercher fa nourriture & renouveller fes dégâts. 

M. Geoffroy divife fes limaçons terreftres en deux 
familles; i*^- les limaçons à coquilles arrondies, tels 
font ceux qu'il nomme le vigneron , le jardinier , la 
livrée, la chartreufe, la grande ftriée, la luifante, la 
tranfparente , le bouton , la lampe ou le planorbis ter* 
reftre , la volutée , celle a bouche triangulaire , le grand 
ruban ou le ruban plat , le petit ruban ou le ruban con- 
vexe. 1°. Les limaçons à coquille allongée (que ks 
Conchyliologiftes confîdercnt en général comme des 
buccins ) favoir le grain d'orge , le grain d'avoine , la 
brillante , l'anti-nompareille , le grand barillet , le pe- 
tit bai-illet , l'aiguillette , l'amphibie ou l'ambrée , la 
nompareille & l'anti-barillet. Voye^ ces noms. 

Sentimens de plujîeurs auteurs fur les limaçons terref- 
très communs , & fes propriétés. 

L'animal du limaçon terreftre commun , qui eft en- 
fermé dans une coquille d'une feule pièce plus ou 
moins fpacieufe , d'où il fort en grande partie , & oii il 
rentre à fon gré , eft regardé comme un ver teftacée , 
«ompofé d'une tête, d'un col, d'iiados, d'im venue. 



271 T. I M 

J'une queue , d'un cœur & d'autres parties efTentielIes 
dont il fera quelHon. Sa peau eft un tifTu tendineux , 
plus liiïè & plus luifance fous le ventre , plus terne , (îl- 
ionnée & grainée fur le dos , capable d'une grande ex- 
tenfion & contra6lion, pliiïee & fraifée fur les bords, 
formant de chaque côté comme des aîles ^ par le moyen 
defquel'cs il rampe fur la terre d'un mouvement ver- 
miculaire ou d'ondulation qui lui tient lieu de pieds. 

Lorfqiie l'animal veut fortir de fa coquille , ii tire 
peu a peu fa tête. Pline la compare à la tête d'un che- 
val & qivelques-uns à celle d'un bœuf. Elle eft compo- 
fée de cornes , de babines ou lèvre, & d'une bouche. 

Les cornes font au nombre de quatre , dont deux 
grandes & deux petites ; les deux grandes fupérieuves 
iont de figure conique ou pyramidale , longues d'envi- 
ron neuf lignes , lîUonnées , un peu tranfparentes , 
garnies à leur extrémité d'un petit bouton ou bourre- 
let , rempli d'une humeur jaunâtre, vers le milieu du- 
quel on apperçoit un point noirâtre , aiïez reifem- 
blant 9. une prunelle. Les deux petites cornes font pla- 
cées inférieurement plus près de la bouche, â une cer- 
taine diftance des précédentes , de la même figure , 
mrûs qui n'ont gueres que le tiers de la grofTeur & de 
la longueur des deux autres. Elles font munies pareil- 
lement d'un bourrelet au bout fans points noirâtres , 
percées de même, & capable d'admettre l'introdudion 
d'une foie. 

Les auteurs font partagés fur l'ufage de ces cornes j 
Albert le Grand, Àldrovandus, & plufieurs autres , 
croient que les deux plus grandes font les fondions 
d'yeux , candis que les deux petites tiennent lieu d'an- 
tennes ou de bâtons pour tâter le terrein. Il y en a 
même qui font des quatre cornes du limaçon terreftre, 
autant de lunettes d'approche dont la nature l'a pour- 
vu, pour l'informer de tout ce qui l'environne. Au 
contraire , Pline & Scajiger prétendent que le limaçon 
n'a point d'yeux , & que fes quatre cornes lui fervent à 
fonder & à diriger fa rouce. 

Ceft 



L I M 275 

Ceft aujourd'hui le fentiment reçu parmi les natura^ 
iiftes , & comme dit M. Adanfon , qu on ne voit rieii 
dans leur mouvement qui prouve une pareille atten- 
tion j on fait feulement que les cornes du limaçon font 
d'un fentiment exquis , & que pour peu qu'on y touche 
•fur-tout à rextrêmité , elles fe retirent avec une extrême 
promptitude , moyennant quoi il tiï averti fur le cham^ 
du moindre obftacle qui fe trouve à fa rencontre. 

La bouche du limaçon eft aiTez grande , béante , 
forte , armée de dents , formée de deux mâchoires , 
qu'on a de la peine â féparer quand l'animal eft irrité. 
Cette bouche eft revêtu de deux lèvres, Tune fupé- 
rieure , l'autre inférieure , qui font molles & lifles , ôc 
qui défendent les mâchoires des injures extérieures» 
Derrière les dents , qui font au nombre de cinq , & de 
couleur de cinnabre, félon les obfervations de Boe- 
der, & dont le fiege eft l'os de la mâchoire fupérieurc, 
on remarque une cavité cartilagineufe , que le doc- 
teur Jean Muralto nomme le larynx, & d'autres le go- 
fier & l'œfophage. 

Le limaçon a un eftomac & un ventre : dans le ven-' 
tre eft contenu le canal inteftinal : ce canal eft continu, 
fîmple, long, &fait quelques circonvolutions. Si l'on 
foufle l'eftomac, il paroît tout membraneux, & mer- 
veilleufement entrelacé de fibres , tant droites que 
tranfverfales. On y trouve une matière verte, mêlée 
de limon , qui eft le réfultat des herbes & de la terre 
dont l'animal fe nourrit : vers la fin du canal intexlinal 
font des excrémens un peu épais , grofliers & noirâ- 
tres , que le limaçon rend par un trou alfez large , pres- 
que toujours ouvert , fitué du côté droit ou eft la vis. 

Il y a aufti un foie remarquable, divifé en crois ou en 
quatre lobes , de couleur brune , parfemé de beaucoup 
de vaifteaux , & compofé d'une fubftance 2;landuleufe- 
Le doûeur Jean Muralto , ainfi que Boeder , difenr 
'avoir vu , avec admiration , le cœur du limaçon palpi- 
ter & faire fon mouvement natm-el de concraftion 8c 
4c dilatation. Ce coîur, ^ui eft d'une fubftance jaunâ- 
Tome II, S 



i74 1^,.^ M 

tre , eft entouré d'un péricarde membraneux & tranf- 
parent comme une véfîcule pleine d'eau. On trouve 
encore dans le bas ventre une fubftance graffe, vif- 
queufe , gluante , qui s'attache fortement aux doigts , 
jaunâtre , collée aux inteftins ; & cette fubftance glu- 
îineufe , dont on fait la pommade de limaçon , eft pro- 
pre contre la couperofe ou les boutons du vifage , & 
tenant a. l'animal , lieu de graifte, paroît propre à en- 
tretenir la chaleur des parties , & à les fuftanter dans 
le cas de néceftîté. 

Pour l'utilité & la confervation de l'animal , la nature 
lui a donné des membranes , des ligamens , des nerfs 
£c des vaifTeaux lymphatiques fans nombre , qu'on peut 
appercevoir par le fecours du microfcope , ainfî que les 
pores & les conduits excrétoires qui verfent de toutes 
parts une mucoiité fournie par les glandes ,& continuel- 
lement exprimée par la contraction des fibres voifines. 
Ceft cette mucoiité qui , venant a. fe fécher dans les 
lieux par où le limaçon a rampé , reluit comme des 
teuilles d'argent. 

Le limaçon rend de tous les endroits de fon corps , 
mais particulièrement de fa bafe ou de fes parties infé- 
lieures, une fi grande quantité d'humeur, qu'il femble 
plutôt nager que ramper. La ténacité de cette humeur 
graffe & vifqucufe le garantit des chutes , aidée de 
iapreflion de l'air, & le rend impénétrable à l'humidité 
en bouchant les pores de fa peau. Pour ménager une 
liqueur fi précieufe, il a grand foin d'éviter les ardeurs 
<lu foleil qui la deffécheroient , & de chercher les 
lieux frais êc humides , où il puifle la conferver aifé- 
ment. 

Quand le limaçon veut fe mettre en quête, il étend 
les deux appendices mufculeufes qui, en refferrant 
leurs plis de devant , fe font fuivre de ceux de derrière, 
& de tout le bâtiment qui pofe defïïis. Dans cette at- 
titude , le collier & le dos de l'infefte font un peu re- 
levé s en boffe. Il eft donc vrai de dire que le limaçon 
porte fur fon dos fa maifon par-tout où il va, & que 



L I M Î75 

cette maifon réunit deux avantages bien difficile à con- 
cilier, la légèreté & la tblidicé. 

Le corps de l'animal , tout moIIafTe qu il paroît , a 
cependant une certaine dureté. Le fel ne confume 
point le limaçon , il le tai: mourir feulement quand on 
l'en faupoudre : la contradion , qu'il lui caufe dans les 
mufcles & dans les vifceres , eft fi confîdérable , qu'il lui 
fait perdre entièrement fa forme en exprimant de fou 
corps toute la mucofîté qu'il condenc. 

A l'égard de la formation & de l'accroifTement des 
coquilles du limaçon ; l'animal naît de fon œuf, mais 
fton pas la coquille, il l'augmente à mefure qu'il croie 
(comme il eft dit ci-devant au mot coquille) en por- 
tant fon humeur baveufe à l'extrémité du premier tour 
de fpirale , & l'animal l'augmente par-deffus l'épaifTeur 
des autres fpirales. On fait que la tête du limaçon eft 
toujours à l'ouverture de la coquille , & fa queue tour- 
née en fpirale vers la pointe. Lorfque cet animal eft 
dans fa première petiteffe, & qu'il ne fait que d'é- 
clore, ce qui tranfpire ou s'exhale de fon corps, fc 
coagulant & fe pétrifiant autour de lui, lui forme d'a- 
bord une petite enveloppe proportionnée à û o;ran- 
deur , & comme fon corps ell encore trop petit^pour 
faire un tour de fpirale , cette enveloppe n'en fait que 
le centre. L'animal, encroifTant, continue de tranfpi- 
rer, & augmente fa couverture à proportion ^ de forte 
que fi le limaçon a cru jufqu'à faire un fécond & un 
troifieme tour de fpirale , la coquille en fait autant , 
augmentant en largeur comme en longueur , de même 
que l'animal. Tous les tours fe forment ainfi f icceflîve- 
nient, & dans les coquilles des gros limaçons de jar- 
din, ils peuvent aller jufqu'à quatre & demi. Les pre- 
miers tours de la coquille d'un vieux limaçon n? font 
pas plus grands que ceux d'un jeune , car ce qu'il y a 
ime fois de formé , ne s'auo;mente plus. Il s'y ajoute 
feulement de nouvelles coquilles ou de nouvelles cou- 
ches qui les rendent plus épaiffes. 

Qa voit fur ces coquilles deux ou crois raies ou bafli 

s ij ' 



a7<f ■ L I M 

des tracées de largeur inégale & de couleurs différentes. 
Coupées par un grand nombre de lignes tranfverfales, 
dont quelques-unes font faites en zigzags ; ce qui eft 
aflez agréable à la vue , quoique les coquilles de nos 
limaçons de jardins foient beaucoup moins belles que 
celles des limaçons de mer, qui paroiflênt f\ artifte- 
iment travaillées, quil ferable que la natture ait pris 
plaifîr à les orner. 

C'eft le collier du limaçon qui eft le principal ou- 
vrier , non-feulement àcs tours de fpirale & de la co- 
quille félon fes accroifTemens infenfibles «Se réguliers ^ 
mais aufli des raies & des lignes qui y font tracées ; 
parce que la fubftance, qui tranfpire de tout le collier, 
îè moule fur les différens pores dont il eft parfemé. La 
furface extérieure de la coquille eft cannelée , & la 
furface intérieure eft luifante. Plus l'animal eft jeune , 
plus fa coquille eft molle Se tendre : alors elle s'écrafe 
entre les doigts pour peu qu*on la preffe : mais quand 
l'animal a pris toute facroiftànce, elle devient fi dure, 
qu'on a de la peine à l'écrafer même avec le pied. E>ans 
une coquille qui croît , il eft aifé d'en féparer les pel- 
licules. Pour les vieilles il n'y a qu'à les jetter dans le 
feu : il détache les différentes feuilles ou couches de 
matière dont elles avoient été compofées , & ii les 
fait clairement appercevoir en defTéchant ou empor- 
tant la glu ou les fels qui réuniftoient ces couches. En- 
fin le dernier accroiffement de la coquille du limaçon 
terreftre eft une efpece de rebord d'une ligne de lar- 
geur ou environ , qui tourne en-dehors , au lieu que le 
ïefte tourne en-dedans ; car dès que ce rebord , qui , 
du côté de l'ouverture eft blanc & poli , fe trouve for- 
mé , la coquille ne croît plus. 

Les limaçons terreftres comme l'efcargot, lepoma^ 
tia , ont des propriétés en médecine : les Grecs & les 
Romains en faifoient ufage fur leurs tables. Les der- 
niers avoient des garènes & des viviers où ils les en- 
graiftoient. Ils eftimoient ceux qui venoient des îles de 
Sardaigne & de Chio , de la Sicile , des Alpes , Je la 



L I M 2-7 

Ligcrie & de l'Afrique. On dit que les habitans de la 
Silélîe nounilTent des lima<^ons avec de certaines plan- 
tes pour les manger enfuite, & que dans les jardins de. 
Brunfwick , on garde les limaçons qu'on a ramafies 
pendant l'été dans des efpeces de fofles quarrés , dont 
les côtés font boifés , & l'ouverture couverte de fils de 
fer , pour les manger en hiver. 

Dans notre pays il n'y a que le peuple qui mange 
des limaçons , comme en Franche Comté , où Ton en 
fait une confommation , fur-tout dans le printemps & 
dans le carême. On a vu, aux environs de la Rochelle, 
des payfans occupés à ramafier dans les campagnes une 
très grande qviantité de petits limaçons terreftres , bi- 
garres de jaune & de noir, que l'on mettoit dans des 
bariques remplies de branches de bois croifées ça & là, 
afin que les limaçons pufTent s'y difperfer fur les fur- 
faces multipliées. Cette récolte de limaçons étoit def- 
tinéc pour l'Amérique , & il y a des années ou des né- 
gocians du pays font un commerce de ces animaux vi- 
vans. Ces limaçons fe collent contre les branches ou 
les parois de la futaille ; de cette manière ils peuvent 
faire le trajet fans périr de faim , parce qu'ils ne diffi- 
pent que peu de leur humeur vifqueufe. Quand on 
veut les manger , on les aïïaifonne avec le poivre , le 
fel , le vin , l'huile ou le beurre & les aromates. La 
chair de toutes ces fortes de teilacées , quoique bien af- 
faifonnée , produit dans le corps humains des humeurs 
grofiîeres , capables d'embarafTer le cours du fang ( fui- 
vant le fentiment des auteurs de la matière médicale ) 
& de caufer des obftruftions confidérables dans les 
principaux vifceres. Les moins malfaifans font ceux 
qui fe trouvent dons les haies, les vignes & les jardins, 
parce qu'ils vivent de ferpolet , de pouliot , d'origan , 
& d'autres herbes aromatiques qui leur donnent un 
meilleur goût. Au refte fi les limaçons ne font pas 
fains en alimens , ils ont leur utilité en médecine : 
Etmuler dit que les limaçons fourniflènt une gelée im- 
prégnée d'une grande quantité de fel volatil trèstem-^ 

S iij 



'iyS _ L I M 

péré pareil a celui que contiennent les plantes rafraî-*^ 
chiflantes & tempérantes , d'où il conclut qu'ils font 
propres pour la fièvre étique & la phthilie. 

Les limaçons , félon Diofcoride , ont des proprié- 
tés & des vertus pour diverfes maladies , prifes en dé- 
coftion , ils foulagent ceux qui ont les poumons ulcé- 
rés. Deux limaçons piles & broyés avec leurs coquilles, 
& incorporés avec deux œufs de poule , trois onces de 
vin cuit , Se quatre onces d'eau chaiïent les défluxions 
de l'eilomac. Les limaçons employés extérieurement, 
font difcuffife & téfolutifs. On les pile avec leurs co- 
quilles , & on les applique chaudement en cataplaf- 
mes fur les loupes , les tumeurs , les bubons , & en at- 
tirent les matières purulentes : ces cataplafmes fervent 
auffi aux hydropiques. Les limaçons, brûlés & calcinés, 
mêlés avec du miel , appliqués , guériffent les cicatri- 
ces des yeux , fervent à la foibleffe de la vue , net- 
toient les dents , foulagent la gratellc , & enlèvent 
les taches du vifage & les légères dartres de la peau. 
La chair des limaçons , broyée avec du vinaigre , 
arrête l'hémorrhagie par le nez. Lorfqu'ellc eft ré- 
duite en Uniment , elle defleche toutes les parties du 
corps qui abondent en humeurs fuperflues.Elle contient 
une liqueur très eftimée pour calmer les douleurs de la 
goutte. 

Les coquilles de limaçons terreflres pilées, mifes en 
breuvage avec du vin de raifm blanc & de l'eau chaude, 
font diurétiques , & peuvent diflbudre les calculs de la 
veffie; broyés avec leurs coquilles, appliqués fjr la 
chair , en attirent les épines Se les éclats qui s'y trou- 
vent , par accident , inférés , ainfi que la fuppuration 
des apoftèmes. Enfin ces fortes de coquillages ont 
beaucoup d'autres vertus mentionnées dans le Didion- 
naire de Médecine. 

LIMAS. Terme fynonyme à celui de limaçon qui 
eft quelquefois ufité par les Conchyliologiftes , prin- 
cipalem.ent pour les limaç«)ns arrondis ou à bouche- 
ronde, y^oye^ Limaçon. 



L I P 11^ 

LIME. Veften totallter albus , ^riis acuUath ûfpery 
fcobina apptllatus. Coquille bivalve du genre des pei- 
gnes , entièrement blanche , de forme oblongue & un 
peu bombée. Toute fa furface extérieure eft chargée 
de ftries longitudinales, fines & ferrées , formées de pe- 
tites éminences longues, interrompues, couchées fur 
le teft , & affez aiguës pour rendre cette coquille âpre 
ou rude au toucher ; c'eft pourquoi elle eft nommée la 
lime. Les fommets des valves s'éloignent l'un de l'autre 
par un fîllon au milieu duquel paroît un ligament large 
& affez arrondi. La charnière, qui eft peu fenfible , 
n'eft formée que par deux ou trois dents peu faillantes , 
& autant de petites cavités correfpondantes fituées vers 
les oreillons, lefquelles s'engrènent réciproquement. 
Ces oreillons latéraux aux fommets de la coquille, 
font inégaux , très petits , principalement d'un côté , 
mais ils font beaucoup plus aHongés , & plus faillans 
du côté oppofé \ ils font tellement retroulTés dans 
cette partie , que les valves en deviennent béantes , 
ou occafionnent une ouverture oblongue & alTez 
grande. L'intérieur de ce peigne eft uni , & tout fon 
pourtour eft dentelé. La lime vient des mers de l'A- 
mérique feptentrionale , ou des parages de faint Do- 
mingue.EIle a ordinairement un peu plus de deux pou- 
ces de longueur fur huit lis^nes moins de largeur. 

LION GRIMPANT, leo afcendens ; Holl. Leew 
klimmende toot : Rumphius nomme ainfî une coquille 
miivalve du genre des cornets ou volutes coniques , 
q_ui paroît être une variété de l'efpece appellée les fpec- 
tres. Voye:^ Spectres. 

LIPIN. Nom donné par M. Adanfon a un coquillage 
operculé du genre qu'il appelle pourpres à canal mé- 
diocre non échancré. La figure de la coquille s'éloigne 
peu des trois efpeces nommées le folat , le bivet & le 
giton, en ce que fon extrémité fupérieure s'amincit 
davantage que le fommet , & la fait paroître plus al- 
longée. Les plus grandes , que M. Adanfon ait obfer- 
vécs, om pref^uc ud pouçç & demi de longueur, & 

Siy. 



i8o t I R 

une fois moins de largeur. Elles portent neuf {pires 
prefque applaties , mais bien diftinguées & relevées 
par un rang de boutons arrondis & alTez gros , qui fait 
le tour des fpires. 

Dans la première, ce rang de boutons-eft placé vers 
fa partie inférieure , au lieu que daiis les autres il fem- 
ble couronner leur extrémité fupéiieure. Leur furface 
eft encore relevée d'un grand nombre de petits filets 
fort ferrés , qui fuivent aufîî le contour des fpires. On 
en compte trente dans la première , douze dans la fé- 
conde , Se beaucoup moins dans les autres. Le fommet 
eft un peu plus long que large, & un quart plus court 
que l'ouverture. Celle-ci eft elliptique , pointue aux 
deux extrémités , de moitié plus longue que large , & 
terminée en -haut par un canal prefqu'egal â fa lon- 
gueur, & légèrement courbé vers le dos de la coquille. 
Ce canal efl: conique, prefqu'une fois plus long que 
large à fon origine , & ouvert d'une fente aflez étroite , 
& qui égale la cinquième partie de fon contour. Son. 
bord droit eft tranchant , l'autre eft arrondi. A l'extré- 
mité inférieure de l'ouverture, on apperçoit un petic 
canal fort aigu , fans échancrure , & accompagné d'une 
petite dent en filet , à l'origine de la lèvre gauche. Elle 
eft arrondie , fans bouiTelet & fans ombilic. La cou- 
leur de cette coquille eft fauve & quelquefois blanche, 
avec des marbrures brunes. Elle n'eft pas rai-e dans les 
rochers du cap de Dakar. 

LIRL Nom d'un coquillage univalve que M. Adan- 
fon a rangé dans le genre des lépas à coquille fimple 
& entière. Elle eft de la même forme que celle du li- 
bot , mais d'une nature en quelque forte diftércnte * 
car au lieu d'être comme elle, d'une matière pierreufe, 
elle n'eft guère que cartilagineufe , mais fans aucune 
flexibilité. Elle eft extrêmement mince , tranfparente 
& recouverte d'un pcriofte membraneux , au-deifous 
duquel on n'apperçoi'. aucune apparence de cannelu- 
res. Ses bords font entiers. Elle n'a que quatre lignes 
de longueur fur trois de largeur. Son fommet eft place 



LIS 281 

comme celui du libot vers le tiers (^e fa longueur , 
mais dans un fens contraire , cefl -a- dire, proche de 
la queue ou de la partie poftérieure de l'animal. Ce 
fommet fait une efpece de crochet recourbé en arrière. 
Cette coquille emprunte fa couleur de rouille du pé- 
xiofte qui l'enveloppe. 

Sa tête & fes cornes font plus longues que celle du 
libot. Son pied eft aufli fort long , & déborde tant foie 
peu le derrière de la coquille , 1 or fque l'animal marche. 
On ne voit aucun cordon autour de fon manteau , 
mais feulement un rang de trente filets fourchus qui en 
compofent la frange. Tout fon corps eft d'un jaune 
fale : du refte il refFemble affez au libot. 

Ce coquillage fe trouve fur les rochers du Cap verd, 
de l'île de Gorée & de celles de la Magdelaine. 

LISOR. M. Adanfon appelle ainfi une coquille bi- 
valve du genre des cames. Sa forme eft ovoïde, ob- 
tufe aux deux extrémités , médiocrement renflée , large 
de deux pouces fur une longueur de moitié moindre , 
qui furpaffe de moitié fa profondeur. Elle eft extrême- 
ment mince , très fragile , luifante & unie. Ses deux 
battans font égaux , mais ils ne s'appliquent jamais 
exadement par en-haut , & laifTent une ouverture par 
laquelle les trachées doivent paffer : leurs bords font 
minces & tranchans au-delà de l'expreffion. Les fom- 
mets font obtus , un peu écartés l'un de l'autre , & fort 
peu au-deffous du milieu de la longueur de la coquille. 
Il n'y a point de cavités en forme de cœur. Les dents 
de la charnière font au nombre de trois dans chaque 
battant , toutes en lames fort minces , dont les deux 
latérales font fort éloignées , & laiftent entr'elles une 
cavité remplie par le ligament, qui eft prefque rond & 
ne paroît que fort peu au-dehors entre les fommets. 
La couleur de cette coquille eft violette au-dedans Se 
grife ou agathe au-dehors , avec cinq ou dix raies tan- 
tôt blanches & tantôt fauves, qui, comme autant de 
rayons , partent du fommet pour fe rendre à la cir- 
conférence. 



if?i LIT 

LISPE. Coquillage operculé du genre du vermet de 
M. Adanfon. La coquille du lifpe a tout au plus une li- 
gne de diamètre & fouvent moins, fur cinq à fix pouces 
de longueur. Elle n'eft tournée en fpirale que dans fa 
partie inférieure qui fait deux ou trois tours au plus. Sa 
furface n'eft point cannelée , mais légèrement ridée en 
travers, & fon ouverture ne déborde que de quelques 
lignes au-deffus des corps qui lui feïvent d'appui. Sa 
couleur eft jaunâtre. Elle eft aufTi commune que le 
vermet autour de l'île de Gorée ; mais on ne la trouve 
qu'entre les rochers fur lefquels la mer bat avec vio- 
lence. Les mafles qu'elle forme font fort compares , 
d'environ un a deux pieds de diamètre, & de cinq à fix 
pouces d'épailTeur. 

Albrovandus , Exang. pag. ^^éz. Tubdl alii 
parvî in quibus vermes delnefcunt. 

JONSTON ^ Exang. tab. 17. Tuhulï alii parvi* 

Boî^ANNi , Recr. pag. 5*3. clafT. i. n. 20. G. Tu" 
buli vtrmiculares femper quafi vifcerum majfam confli- 
tuentes j ut plurimum colore fufco , terreo 6" livido J 
Cub lutofcopulis immobilker adhs.r efcentes y teftâ minu- 
ùjfimis flriis afperâ. 

GuALTiERi y tab. 10. fig. T. Tubuli marini irrc" 
gulariter intoni , vermiculares , fimul uniti in congé-- 
riem tant a molis y ut f&pè tripalmarem diamecrum ha- 
beat ^ & %\ libras pondère &quet. 

IITTERATA ou COQUILLE A CARACTE- 
RES. Terme latin qui eft mis quelquefois en ufage par 
\ts Conchyliologiftes au lieu de fa figniiication fran- 
^oife. Il exprime les taches qui fe rencontrent fur la fur- 
fàce extérieure de phifieurs coquilles , lefquelles repré- 
fentent des lettres ou des efpeces de caractères, comme 
il arrive afTez fouvent à des coquilles univalves du 
genre des rouleaux appelles olives, & quelquefois fur 
des bivalves du genre des cames que l'on nomme l'écri- 
ture chinoife. Les Conchyliologiftes donnent le nom 
d'hébraïque à une petite coquille du genre des cornets. 
Voyei Olive a caractère, ÉCRITURE CHINOISE ^ 
^ le mot Hébraïque. 



L 1 V iSj 

RUMPHTUS zppd\& littéral a plufîeurs coquilles bi- 
Talves du genre des cames, i**. C/iama litteraca oblon- 
ga ; Holl. Langagtige letter fchulp, la came à carac- 
tères , allongée, z". Ckama licterata rotunda , la came à 
carafteres ronds , ou l'écriture ronde ou l'écriture bâ- 
tarde j en Holl. Ronde letter fchulp ; of balluard ftrik 
doublet. 3**. La coquille lettrée de Ceylan; xulaneef- 
clie lerter-fchulpje. 4°. La bivalve que les Hollandois 
nomment la Ikitrata de Ceylan ou le tour de bras jxu- 
laneefche letter fchulpje of tour de bra. Ces quatre ei- 
peces de cames qui font repréfentées à la tah. 41. //>r. 
B, C, L. M. font connues en France fous les dénomi- 
nations de l'écriture arabique ou chinoife & de points 
d'Hongrie. P^oye:^ ces mots. 

LIVON. Nom que M. Adanfon donne à un co- 
quillage operculé du genre du fabot. Sa coquille eft 
des plus épaifTes . longue d'environ quatre pouces , & 
un peu moins large. Elle n'a que fix fpires peu ren- 
flées , lifTes & fans filions. Le fommet ell prefqu'une 
fois plus large que long, & auffi long que l'ouverture. 
Celle-ci eft femblable à celle de la première efpece y 
mais fa lèvre gauche eft arrondie & creufée en portion 
de cercle , comme la lèvre droite qui eft obtufe & ar- 
rondie. Son ombilic pénétre prcfque jufqu'au fond du 
fommet , & eft orné dans fa partie antérieure d'une 
groffe dent femblable a un tubercule arrondi. Le fond 
de fa couleur eft noir , marbré Se comme larmoyé d'un 
grand nombre de taches blanches obliques qui lui font 
donner quelquefois le nom de veuve ou celui de 
la pie. 

BoNANNi y Recr. pag. 1 17. claff. 3. n. a^. & 30. 
Cochea umbilicata diêia y ab aliquibus vcro tigris nomi- 
nata \ in extimâ parte colore eburneo teâa J'upra quem 
atrs, macula, miro quodam ordine funt difpofitéi ; lapideo 
verb cortice denudata argenteujn margaritarum cando^ 
rem oflentans. 

Le père du Tertre, Hift. des anîilles , pag, 13^, 
Le burgau. 



1^4 L I V 

Lister, Hift. conchyl. tab. 640, fig. xo. Trochus 
maximus y Uvis , ex ràgro maculacus ; barbadcnfis. 

Petiver , Gazoplî. vol. z. cat. 587. tab. 70. fig. p. 
Trochus kzrhadenjïs ma^nus^ex albo nigroque variegatusm 

Langius . Meth. pag. 54. CochUd umbilicata ^ 
f&ramine fpirarum femi-circulari , umbilicali verb in. 
principio duplici , Uvis. 

M. ^Argenville , p/. 11, fig. G, Sabot ombili- 
c[l^é ; fa robe eft à fond blanc tacheté de noir , ce <jui 
îa tait nommer la pie. 

Le même auteur, pag. 160. Trochus pica, 

GuALTiERi , tab. 68.fîg. B. Cochlea marina ter" 
Tifiriformis , l&vis ^ candida vd argèntea^ nigerrimis 
maculis , aut lineis intense & diverfimode variegata 6f 
^gnata, 

Klein , Tent. p. 41. fpec. i. Tigris malubarica .• 

Mo^-TN 4NI» 

Ejufdem, tab. z. fîg. $t. Tigris barbadenfis ^ tro- 
ckoïdes : LiSTERI. 

LIVRÉE. Cochlea terreftris colore flavo vel çitrino , 
'vd rofeo ; 6* aliis coloribus fufcis vd nigris vittata. 
Les Conchyliologiftes nomment ainfi un coquillage 
Dnivalve terreftre du genre des limaçons dont î'ouver- 
mre eil prefque ronde. Celui-ci , qui peut avoir huit li- 
gnes de diamètre , eft compofee de quatre ou cinq fpi- 
res tout au plus convexes & peu élevées ; toute fa fur- 
làce extérieure eft ornée d'une ou plufieurs bandelettes 
drculaires brunes ou noires , qui partent de l'extérieure 
èc la lévre pour tourner en manière de rubans fur le 
corps & les circonvolutions de la coquille fur un fond 
le plus fouvent jaune , foufre ou citron , & quelque- 
fois couleur de rofe. Ces bandelettes varient par leur 
nombre jnfqu â trois ou quatre , & font toujours paral- 
lèles les unes aux autres quoiqu'elles foient d'une lar- 
geur inégale j elles tournent pareillemenr fur les fpires 
intérieures. Ces fortes de limaçons fe trouvent corn- 
rnunéraent fur les grofeliers , les coudriers & fur d'au- 
tres arbuftes. Ils ne font point ombiliqués , & la lévre- 



L I V iS)- 

qui ePi trancKante & un peu retrouffée , eft liferée de 
la même couleur rembrunie ^ue celle des zones. 

GUALTIERI, tab. 2. litt. F. Cochlea terrejiris val- 
garis j citrina , fafdata _, aperturâ oris nigrâ» 

Ejufdem , litt. C. C. Cochlea terreftris , vulgarU , 
rubicunda , tranfverfîm miniaijfîme Jlrzata , quinquc 
fafciis put lis cincia , te{l& aperturâ paululhin refiexâ , 
é" colore nigricante donata, 

Ejufdem litt. D. Cochlea terrejiris vulgaris , citrina^ 
ipfa oris margine pulla , unicâ tenui fafcià itid^m, 
pullâ in medio primi orbis donata-, 

M. d'Argenville^pL iR. n. ^.pag, ^ 3S. Ce li- 
maçon eft de couleur jaunâtre ; il a des bandes brunes, 
&: cin<^ fpirales qui s'élèvent l'une au-defTus de l'aurre, 
avec une pointe peu élevée en forme de fabot. Ce lima- 
çon fe trouve dans les bruyères & fur les monuagnes 5 
on le nomme la livrée. • 

M. Geoffroy , pag, 3 1. nomme aufïl ce îimaçoa, 
la livrée. Cochlea ^tefla utrinque convexa,fiava ^fajciata. 
quinque fpirarum fufca , labro refiexo. Cette coquille 
eft plus petite que celle qu'on appelle le jardinier. îl 
en eft peu dont les couleurs vai-ient autant : en général 
la couleur de la coquille eft citronnée , lavée quelque- 
fois d'un peu de rouge : mais tantôt la coquille eil 
toute de cette couleur fans aucune bande ; tantôt elle 
eft chargée d'une feule bande circulaire j d'autres fois 
<îe deux ou trois , quelquefois de cinq. Ces bandes bru- 
nes varient auffi pour leur grandeur & leur pofition j 
mais l'ouverture de la coquille a toujours un rebordi 
affez faillant , de couleur brune , même dans celle qiii 
n'ont aucune bande. On trouve ce limas par-tout dans 
les jardins & les campagnes. Les bandes , qui le con- 
rrent & lui donnent l'air d'une livrée , l'ont fait ap- 
peller de ce nom. 

LinnjFus j Faun. fucc. izp^. Cochlea tefiâ utrinque 
ccnvexâ flavâ , fafciâ fubfolitariâ fufca y labro refiexo. 

LinnjEus , Syft. nat. pag. 773. n. 604. Ihlixzep.â 
- imperforatâ fubrotundâ , Uvi , diaphenâ , fajciazâ , 
apirturâ fubrotundâ , lunatâ , vulgb nemoralis. 



i8(^ L O M 

Lister , Angl. 116. tab. t.fig. 3. Cochlea citrina 
eut leucophéia , «o« rarb unicolor , interdàm tamcn 
unica , interdum eciam duabus aut tribus , û:/r quatuor , 
pleramque verb quinque fafciis pullis dijîinâia. 

Idem, Hift. tab. 5. n. 54. Cochlea interdum uni" 
color j interdum variegata , item variis fafciis depicîa, 

SwAMMERDAM ^ Bibl. naturoE , tom. i. tab. S.fîg. 
6. Cochlea hortenjïs. 

P ET I VER y Muf. 5. n. 14. Cochlea vulgaris teflâ 
•variegata. 

M. ^ Argemville y tab, z8. comme ci-defllis. 

LOMAN. Coquillage operculé du genre des rou- 
leaux de M. Adanfon. L'animal du loman refTemble a 
celui du jamar , excepté par fa couleur qui eft jaune , 
auflî pointillé de blanc. La coquille eft aufli de même 
forme , mais feulement une fois plus longue que large. 
Les plus grandes,que l'auteur ait vues,ont à peine deux 
pouces de longueur. Elles font iiffes , unies , & d'un 
très beau poli. Le fommet eft deux fois plus court que 
la première fpire , & une fois plus large que long. Le 
fond de fa couleur eft un beau blanc fur lequel s'étend 
un réfeau brun à mailles anguleufes de diverfes gran- 
deurs. Ce tiffu eft interrompu par quelques marbrures 
qui font donner â cette coquille le nom de brunette , 
lorfqu'eiles font brunes ; & celui de tulipe , quand elles 
font pointillées & mêlées de bleu. Quand le réfeau & 
les marbrures font orangés , on l'appelle drap orangé , 
& c'eft le drap d'or , lorsqu'ils font d'un beau jaune d'or. 
On trouve cette coquille affez rarement aux lies de la 
Magdelaine. 

Aldro vand us , pag. 1 19. Cochlea cylindroïdes. 
BoXANNl y pag. izj;. claff. 3. n. 13^. Cylindrus 
turcicam vefiem attalicâ manu piciam ofientans j fînuo' 
(îs piciuris & m&andris , quos aureus color cum albo & 
Janguineo confufus , ejformat : interdum quafi fquam* 
mis tecius, 

LisTERytài. 788. fig. 40. Rhombus major cylindro' 
pyrumidulis ex rufo vermiculaius y ex infuld MauritlU 



LOS 2S7 

RuMFHius , tab. 32. fig. p. Voluta pennata atta- 
genata. 

KiRKERy Muf. pag. 457, 11. 13^. Utfupra Bo-^ 

NANNI. 

M. à'ÂRGENviLLB ^ pag. 283. fîg. F. Rhombus 
pannus aureus, 

GuALTiERi , tab. 25. litt. J. CochUa longa pyrl" 
formis vulgaris , umbonata y i&vis j ex aLho ^ fulvo 
candido , aareo , & fubrubro colore variegata , iineata 
é* maculata, 

Ejurdem , lict. A. A. Cochlea longa pyriformis vid" 
garis , l&vis , candidijfima , maculis latis croceis de- 
picla , ex rubrofufco colore reticulata , Iineata , & fplen.' 
didijftme vermiculata, 

LONIER. Nom que M. Adanfon donne à un co- 
quillage operculé du genre du fabot. L'animal de 
cette efpece a les cornes aufTi longues , que fa coquil- 
le , aufli-bien que fon pied , qui a près de deux fois 
plus de longueur, que de largeur , ainfi que l'animal 
qui habite la coquille du fari. Leurs coquilles fe ref- 
{emblent tellement , que l'auteur n'auroit fait aucune 
<iifficulté de confondre ces deux efpeces , fi la coquille du 
lonicr n'eut été percée d'un ombilic afTez profond , 
& fi les {pires n'eulTent été tantôt arrondies, & tan- 
tôt applaties j d'ailleurs elle a l'ouverture & les filions 
des Ipires parfaitement femblables. Sa longueur cil 
d'environ fix lignes , & prefqu'une fois moindre , que 
fa largeur , lorlque (es ijpires font applaties. Sa cou- 
leur efl: grife ou brune marbrée de taches blanchâtres. 
Elle fe trouve communément au cap du Dakar. 

LOSET. Coquillage operculé que M. Adanfon 
nomme ainfi ; il eft du genre que cet auteur appelle 
pourpre à canal médiocre , fort refTerré & prefque 
fermé. La coquille du lofet n'a que fix lignes de lon- 
gueur fur une largeur une fois & demie moindre. Ses 
ipires font au nombre de huit, peu renflées & cha- 
grinées de turbercules médiocres , applacis, fort ferrés, 
fe touchant les uns autres , & diftribués fur douze à 



288 LUI 

quinze rangs dans la première {pire , fur cinq dans la 
{econde, & en moindre quantité dans les autres. Son 
fommet eft un tiersplus long que large, ScaufTi long que 
l'ouverture avec fon canal. Celle-ci relTemble à celle 
du cofar , à. cela près qu'elle eft de moitié plus longue 
que large , & qu elle n a point de canal de côté à Ton 
extrémité inférieure fur la lèvre gauche. Cette lèvre 
eft recouverte d'une lame courte & mince, qui le re- 
dreffe , & préfente en devant fes bords qui font tran- 
chans. La lèvre droite eft découpée de dix ou douze 
dents fur fes bords , & relevée de quatre ou cinq in- 
térieurement. Le brun fancé fait toute fa couleur. 
On la trouve fur les rochers de l'île de Gorée. 

LUISANTE. Cochlea terreftris aliquando umhili' 
cata y ttflà tenui, & pellutiiâinjlgnis. Coquillage uni- 
valve terreftre du genre des limaçons, ainfi appelle à cau- 
fe de fon poli , qui eft luifant. Cette coquille eft mince, 
tranfparente , d'un blanc cendré ou couleur de corne : 
elle eft compofée de cinq {pires peu élevées , dont 
la première , qui forme le corps du teftacée , eft large 
& convexe à fa bafe , ou du côté de l'ouverrure , la- 
quelle montre quelquefois un ombilic fitué au mi- 
lieu de la coquille. Ce limaçon terreftre peut avoir 
jufquà fept ou huit lignes de diamètre. 

M. à' Argenville y pL 18. n, 4. pag. 358. Ce 
limaçon eft d'un gris fale & d'une forme plus ramaf- 
fée , que les autres efcargots. On le trouve dans les 
près , & dans les joncs. On l'appelle la luifante. 

M. Geoffroy , traité des coquilles, pag. 37. Co' 
ckiea y tejiâ utrinque convexd , Jubtàs perforata , firia- 
ta^ alba, quatuor fpirarum ^ ore reflexo, La luifante a 
cinq lignes de diamètre; elle eft ainfi nommée , parce- 
qu'elle eft très liffe. Sa coquille décrit cinq tours de 
volute : elle eft tranfparente , & de couleur de corne 
claire, lorfqu'elle eft vuide; car du vivant de l'animal, 
elle paroît d'un noir foncé , à caufe de la couleur du 
limaçon qui eft très noir , & que l'on voit à travers la 
coquille. En-deflTous , elle a un ombilic creux. On la 

trouve 



L tJ L 2S9 

trouve fous les pierres humides & à l'ombre dans les bois. 

LULAT. Nom donné par M. Adanfon , à un co- 
«^uillage bivalve , qui forme la première efpece du 
genre du jambonneau. La coquille du lulat a près de 
trois pouces de longueur & une fois un quart moins 
de largeur ; elle eft ovoïde , extrêmement renflée, & 
comme boffue , de manière que fa profondeur fur- 
paffe un peu fa largeur. Ses deux extrémités font ar- 
rondies, comme fes côtés : mais fon dos s'étend vers le 
milieu de fa longueur , en une aîle affez grande , qui 
s'arrondit en portion de cercle. Extérieurement elle efl 
recouverte d'un périofte épais , légèrement ridé , caf- 
faut, & d'une manière approchante de celle de la corne, 
qui fe replie en-dedans de la largeur d'une ligne, touc 
autour de fes bords , excepté vers la partie ailée , & le 
foramet de la coquille , où fe trouve le ligament. 

Le fommet eft peu élevé ; il paroît former un de- 
mi tour de fpirale dans chacun des battans , proche 
de l'extrémité duquel il eft placé. Ceux-ci font parfai- 
tement femblables. On n'y diftingue point de char- 
nière , mais feulement un fîllon léger & fort long , qui 
fe termine dans chacun par une dent prefqu'infenlî- 
ble. Le ligament , qui unit les deux battans , eft pref- 
qu'aulîi long que la moitié de la coquille. Il s'étend 
fiir fon dos en commençant au fommet , & va fe ter- 
miner au-deffous de fon aîle. Il eft noirâtre , applati 
d'une épaiiïeur égale , à celle de la coquille à laquelle 
îl s'unit , fans fortir au-dehors , où il paroît peu , & 
fans rentrer en dedans , quoiqu'il s'enchâfte dans les 
.deux filions de la charnière. 

On voit dans chaque battant , quatre petites taches, 
qui font connoîtrc qu'ils étoient attachés au corps de 
l'animal par quatre petits mufcles , dont les deux plus 
grands fe trouve vers leur extrémité fupérieure , & les 
iieux plus petits font dans l'extrémité oppofée-Il règne 
encore tout autour des battans , une petite ligne , qui 
les fuit exactement à une li^ne de leurs bords : elle 
marque le lieu, où les àiax lobes du manteau leut 
Tome II, T 



^90 L U L 

ëtoieiit attachés. Le période, qui enveloppe cette co- 
quille, lui communique fa couleur brune j mais lori- 
qu'onl'a dépouillée, on y découvre quatre couleuvs,- 
le blanc , le violet, le rofé & le pourpre , qui tiennent 
chacun leur place fans fe mélanger. Ijiterieurement 
elle préfente une nacre à fond blanc, mêlé de viole^:, 
qui prend, faivant les inclinaifons qu'on lui donne , 
diverfes nuances de jaune & de verd. 

La coquille du lulat eft ordinairement fixée , le 
fommet en -bas & l'extrémité oppofée en -haut. Ses 
deux battans ne s'entr'ouvrent que très peu, mais ce- 
pendant alTez pour laifîér voir fon manteau. Ceft um 
membrane fort mince , entière & d'une feule pièce le 
long du dos de l'animal , mais partagée fur le devant 
dans toute fa longueur en deux lobes qui font divifés 
chacun fur leurs bords en deux feuillets très courts , 
dont l'extérieur eft uni à la coquille , fort proclie de 
fes bords. Le feuillet intérieur porte, depuis rextrêniité 
lupérieure de la coquille jufqu a la quatrième partie de 
fa longueur, une rrange compofée de quinze filets 
cylindriques , fort courts , mobiles , Se dilpofés fur un 
feul rang. 

Les trachées font au nombre de deux. La plus grande 
ou l'antérieure eft formée par l'eloignement ces lobes 
du manteau dans fa partie frangée. C'eft par elle Que 
i'eau entre dans le corps de l'animal pour fournir a la 
nourriture : elle eft trois fois plus courte que la co- 
quille. La trachée poiVirisure eft percée fur le dos de 
l'animal dans l'endroit où le manteau eft d'une feule 
pièce. Elle repréfente une ellipfe deux fois plus loa-r 
gue que large , & quatre fois plus courte que la co- 
qnille. Cette ouverture reçoit l'eau qui doit pafler par 
derrière les ouies, pour leur porter l'air nécelTaiïe à 
l'animal. Elle ne communique point avec l'autre tra- 
chée , mais feulement avec l'anus que Ton apperçoit 
dans fon angle inférieur j Se l'oji voit vers fon nùiiea 
une partie d'un grand mufclc fupérieur qui attache les 
deux battans. i 



L U L' 2^1 

Le pîecî du luîat eft petit & fait en demi-lune lorf- 
tjuil ne s'en fert point ; mais lorrcju'il veut en faite 
ufage, foit pour fonder le terrein , foit pour y fixer les 
fils qui doivent attacher fa coquille, il fétrécit en ral- 
longeant fous la forme d'un poinçon un peu courbe : 
alors fa longueur eft égale à celle de fes fils , & furpafle 
trois ou quatre fois fa plus grande largeur. 

Cet animal refte toujours en place , & fixé aux ro- 
chers par une centaine de fils qu'il y attache par le 
moyen de fon pied. C'eft au-delTous de ce pied & de 
fon origine que partent ces fils. Ils font d'abord réunis 
comme un nerf, puis ils s'écartent au-dehors comme 
autant de cheveux tendus avec des directions différen- 
tes, & dont la longueur égale la largeur de la coquille. 

M. Adanfon a obfervé que la moule de mer des côtes 
de Normandie , au lieu d'avoir la filière au-defTous du 
pied comme celle du Sénégal , l'avoit au contraire placé 
en-deiTus. Le manteau du lulat eft brun-café fur les 
bords j le refte de fon corps tire fur le blanc- pâle. 

Ce coquillage eft afTez commun dans les rochers des 
îles de la Magdelaine & du cap Manuel , où il eft ex- 
pofé à la fureur des flots qui viennent s'y brifer avec 
volence. 

Lister, hift. Conchyl. tab. 356. fîg. ip^. Muf- 
culus tenais , fu.bpiLrpureus, 

Ejufdem, tab. 35^. fig. 15? 8. Idem , Jamaïcenjîs. 

Ri/MPHîus ,lS\uù pag. 151, tab. 4-6. fig. B. Muf- 
eu lus vulgaris major ; Malaïcenfibas afujfeng. 

Ejufdem , art. i. fig. C. Mytulus anatanus ; Md- 
laïcenfibus , ajfujfeng-bebec \ Amboienj%us ihul j Hi' 
toenjibus lulat, . 

Petiver , Gazoph. vol. i. cat. 588. tab. 71. fig. 
II. Mufculus Bahdmenfîs fere radiuLUS. 

Zv4jN'G7t/5, Meth. pag. 74. Concha longa lata , ^ 
quafi gibbitfa. 

Sloane , Jam. pag. 1^3. Mufculus vulgaris major, 
RUMPHII. 

M. à'ARQENrUL£,pag. z6j. MouIe de la teffe 

Tij 



191 L U N 

des Papous, dont la couleur eft fauve ordinairement. 
Celle-ci , qui eft découverte , expofe aux yeux les plus 
belles couleurs d'agache , de violet & de couleur -de 
rofe. Cette moule eit boflue dans fa fuperiicie , & cette 
bolTe occafîonne deux avances à l'endi-ûi: de la char- 
nière. 

Le même, pag. 3z7.pl. z^. fig. C. Mufcu/us pa-^ 
puanus cute luridâ. 

iCzz/.v ,Tent.pag. 171. fpec. \.K. Mufculus acu^ 
tus vulgdris ; MabarafufTeng : cire à cardines .gihbus ^ 
tandem glottoides y major ; RuMFHIi. 

Ejufdcm , ibid. B. Mufculus acutus vulgaris minor : 

'JIUMPHII, 

Ejufdem, ibid. pag. izS. fpec. ^. tab. 5». fig. i$. 
Mufcuius acutus tenais^ l avis y fubpurpureus : LlS- 
TERI. 

Ejufd. ibid. pag. 1 6^. fpec. 4.num. i. tab. 11. fig. 6j. 
Vholas areuA , quA mytulus anaturius. AfufTeng bebec 
Amhoin.VwA^ lulac; arciculum digid longus, unum G* femi 
latus\ ejfjdiuntur uc anatiousin efcam ctdam\ Rump h r i . 

LUNOT. M. Adanfon donne ce nom à un" coquil- 
lage bivalve du genre de la came. La coquille du lunoc 
eft fore mince, de figure ovoïde, obtufe aux cxtrêmicés, 
large d'un pouce & demi au plus fur une lougncuc 
moindre de moitié, & prefque double de fa piofoii- 
deur. Sa furface extérieure eft couverte d'un réfeau ex- 
trêmement fin, formé par cent cannelures longitudinale? 
autant de tranfverfales , d'une délicatefle infinie. Le 
fommet eft fort petit, & placé vers fon extrémité infé- 
rieure à la quatrième partie de fa longueur. Le liga- 
ment eft à peine une fois plus court que la largeur de 
la coquille, & la charnière çonfifte dans chaque battant 
en trois petites dents égales & fort approchées. Le 
fond de la couleur de cette coquille eft blanc ou cou- 
leur de chair, agréablement marbré de brun , fur-tout 
vers les extrémités. 

L'animal, qu'elle renferme , a les tuyaux des trichées 
çufti longs que la moitié de la largeur de la coquille; 



éo«H'tcs l'un de l'autre vers l'eÂtrêmité, & couronnés- 
chacun de vingt filets. Le manteau porte fur chaque 
lobe une double membrane comme la îèptieme efpecc; 
lisais elle n'eft ni crénelée ni bordée de filets. 

Les Nègres pèchent une grande quantité de ce petit 
coquillage dans les fables de Ben : c'eft le plus delicar 
de tous ceux qui fe mangent fur la côte; ils le paiTent 
légèrement au feu ou fur les cendres chaudes. 

GuALTl£Rl,Xd.h, po.litt. B. Mufculus firiatus ^^ 
Jiriîi tranfverfs , & longitudinalibus cancellatus , qua- 
mm nonnulU Lit ère elongato crajfiores funt, ru fus. 

LUPON. Coquille univalve , ainfi appellée par M-' 
Adanfon , du genre du pucelage. Celle-ci qui en eftla 
féconde efpece , reffeniblc entièrement â la première 
nommée le majet, quant à l'animal , à l'exception de fa 
couleur qui eft fort blanche. 

Sa coquille efl: médiocrement épaifle, longue de 
fix lignes au plus, êc de moitié moins large. '.Elle re- 
préfente un ovoïde affez cxadlement arrondi,' de ma*: 
niere que fa profondeur eft à peu près égale a fa lar-1 
geur On compte trois tours de fpirales àfonfommet^' 
qui eft fort applati & peu apparent. L'ouverture dif-' 
fére de celle de la première efpece, en ce qu'elle eft-^ 
prefque droite & fans détours. La lèvre droite eft moi- 
tié plus étroite que la gauche , & bordée de vingt-neuf 
dencs fort courtes & petites. On diftingue à peine les 
traces de cinq à fix dents femblables vers le milieu de 
la lèvre gauche. Ces deux lèvres forment une furtace 
très convexe & arrondie. La couleur de cette coquille 
eft d'un blanc-fale. Elle eft fort rare aux environs du 
cap Bernard , proche de l'île de G orée. 

LYRE DE DAVID. Nom que plufieui-s Conchy- 
liologiftcs donnent à une coquille univalve dugenre 
des tonnes ou conques fphériques , plus connue fous 
là dénomination de la harpe. Foye^ Harpe de 
David. 



Tiij 



i94 

MAC 

JViAÇONNE. Cochleq trochi-formis s plurimis fUl- 
dbus vel al'iis laridibas infpiris onufla 6' infignis. Ce- 
quillc univalve du genre des limaçons à bafe compri- 
mée , nommés fabots , qui eft une variété de refpece 
appellée la conchyliophore ou la fripière , & dont la 
maconae diffère, en ce que fa coquille efl: chargée de 
cailloux ou de différentes pierres au lieu de coquilles» 
Voye:( le mot Fripière. 

MAFAN Coquillage operculé que M. Adanfon a 
rangé dans le genre du- rouleau. L'auteur lui auroitcon- 
fervé celui d'amiral , fi ce nom n'eut appartenu depuis 
Iono;-temps à une efpece de papillon , dont la chenille 
vit fur l'ortie. 

L'ai^îi'*''^^ reffemble à celui du tilin , à la couleur 
pfès, qui eft très blanche. Sa coquille a une fois & un 
pjsu plus de longueur que de largeur. La plus grande 
que l'auteur ait trouvée eft d'un pouce & demi. On y 
compte onze fpires légèrement renflées, & entourées 
de filions ^ffez profonds, qui font au nombre de vingt 
4ans la première fpire , & tort écai'tés les unes des au^ 
tfss. Cette fpire efl prefoue plate , &: forme un angle 
a/Tez aigu en fe repliant dans fa partie inférieure. Elle 
a près de quatre fois plus de longueur que le fomraet: 
Cfi-lui-ci a une foi»; plus de largeur que de longueur. 
L'ouverture reffemble à celle du tilin, mais elle n'a 
que quatre fois plus de longueur que de largeur. 

C'eft cette elpece qui fournit les amiraux, les vice- 
amiraux,. Se les coqnjlles les plus eflimées , tant pour 
la forme q'i^ pour la riçheffe & la netteté des couleurs. 

L^ fond efl: toujours d'un très beau blanc , coupé par 
des marbrures d'un beau jaune dQré,.divifées en deux 
ou trois bandes. Lorfque ces bandes font lîmples , elles 
forment les vice-amiraux. Lorfque les deux d'en-hauc 
font partagés par une ligne pondluée , elles donnent 



MAI 295 

œtrc belle vaiiété qu'on appelle amiral ou grand amiral, 
& leur réunion produit i'ex-amiral. 

fETivER , Gazoph. vol. I. tab. zy* %• 1 1» Rhom- 
bus indicus albus ^ fafciis flavis & mAandris, 

M. d'^/îG£iVF/Z££,pag. 279.tab. 15 fig. H&iN» 
Voiuta archithaldjfus fecundus & archichalajfus fecun." 
dus. Le vice-amiral & le grand-amiral. 

GuALTiERi ^ tab. lo. lict. F. Cocklea conoïdea ^ 
albïda j colore luteo , radiata , vel nebulatu , & quafi 
fdfciata , punâata , obfcare ftriata , apice flriis buliatis 
exafperato. 

Ejufdem) litt. G. Coçhlea conoïdea , mucronata , 
hvis j crocea , tribus fafciis candidis , notulis rubris 
nig'-'Cjntibus undatim dtpiciis eU^antiJJîmè circumdata» 
Ej'.ifdcm , lict. J. Cochlea conoïdea , mucronata , 
liS-vis -y colore luteo , vel ex luteo rufef cerne depiîia , 
dudbus fafciis candidis cincîa. 

MAJET. M. Adanfon nomme ainii un coquillage 
imivalve du genre du pucelage. Sa coquille repréfente 
une portion d'ovoïde qui feroit coupé par la moitié 
dans ta longueur. On juge bien par-là qu'elle a deux 
faces \ l'une plane j qui eft le devant ou le deffous , & 
l'autre convexe qui eft le dos. Son épaiffeur eft alfez 
conhdérable; quoiqu'elle neparoifte pas tournée enfpi- 
raie, elle eft cependant compofée de cinq tours qui vont 
horiiontalement de droite à gauche. Le premier tout 
elt preique le feul qui toit fenliblc à caufe de Ton vo- 
lume 5 il forme , pour ainti dire , lui feul toute la co- 
quille , & efface les quatre autres , qui font un bouton 
ou un fommet à peine apparent, à ion extrémité infé- 
rieure. L'ouverture eft une fente ég^îeà la longueur de 
la coq'iille & placée à peu près dans Ton milieu , cepen- 
dint un peu plus proche d\i côté droit que du gauche; 
elle n'eft pas touî-à-fait droite , mais elle fe courbe un 
peu vers tes extrémités j en confervant un paralléliilne 
affez exact avec l'axe de la coquille. Dans l'endroic 
où elle eft plus large , elle a à peine la dixième partie 

Tiv 



1^^ M A J 

<3e fa longueur. Ses deux extrémités forment un canal 
profondément échancré dans la première {pire. 

La lèvre droite eft de moitié plus large que la gau- 
che , & quoiqu'elle paroiffe tournée comme elle en 
fpirale, elle ne feft pas néanmoins j elle -eft feulement 
repliée ou ramenée en dedans, où elle forme une 
grande cavité. Ses bords font obtus, très épais, fans 
bourrelet , & relevés d'un bout à l'autre de trente-trois 
dents tranfverfales affez longues & à peu près égales. 
La lèvre gauche eft convexe & renflée au dedans de la 
coquille , ou elle tourne en fpirale ; elle fait une ca- 
vité notable dans fa partie fupérieure. Ses bords ne 
portent que trente & une dents, un peu plus longue & 
moins épaiffe que celles de la lèvre gauche. Le plan 
formé par la largeur de ces deux lèvres n'eft pas exac- 
tement horifontal j il rentre tant foit peu en dedans 
â.e la coquille. 

Les plus grandes, que l'auteur ait obfervées , avoient 
environ trois pouces un quart de longueur & une fois 
moins de profondeur^ leur largeur étoit moindre d'un 
tiers; leur couleur étoit agathe dans quelque's-unes, 
brûlée dans d'autres , mais beaucoup plus claire en- 
deffous, & marquée fur le dos de grandes taches bru- 
nes. Ces taches étoient quelquefois féparées dans les 
dernières par une ligne qui s'étendoit d'un bout à l'au- 
tre de la coquille vers fon milieu. Les dents de l'ouver- 
ture étoient ordinairement blanchâtres , & la fente ètoir 
quelquefois noire, mais plus fouvent d'un brun-clair: 
toute leur furface étoit d'un beau poli. 

Il y a peu de coquilles dont les variétés foient mieux 
-caraftérifées dans la même efpece. M. Adanfon fait 
mention de fix des plus remarquables , dont on peut 
voir les différences en rapportant à chacune les cita- 
tions des auteurs qui les ont figurées. La première va- 
riété du majet a une fois plus de longueur que de 
largeur ; la lèvre droite de l'ouverture eft une fois plus 
<f£roite que la lèvre gauche , & garnie de vingt-trois 



M A J 2 97 

écrits , tandis que celle-ci n'en a que vingt-ime. Le 
plan formé par ces deux lèvres e/l arrondi ou convexe. 
Elle eft blanchâtre en-def ous , & gris de fouiis fur le 
dos, qui eftfouvent traverfc par deux bandes étroites, 
moins foncées. Ses extrémités font rougeâtres & mar- 
quées de deux points noirs. 

BoNJNNi , Ricr. pag. 145. clafT. 3. n. 251. Ve^ 
tierea in mari ficulo & tarentino frequcns , ubi vulgo 
vocatur porcellerta. 

Lister, hift. Conchyl. tab. ^71. fig. 71. Concha 
venerea Iccvis , ex fufco rufefcens , bifajciata ad cla\i- 
culam tribus aut pluribus macuUs nigricantibus dcpiSta^^ 
item ad cervicem bin'is îamiim, 

Ejufdem, tab. 7 3.fig. I5>. Concha Veneris craffa , 
fufca j & claviculâ & linguA canali croceis , item utrin- 
gue binis maculis nigricantibus notata j infuls, Afcen- 
Jionis. 
• M. êiARCEy!viLi.E^ pi. zi. iut. C. PorccIainc ap- 
peliée lafouris, dont la couleur tire fur le gris, avec 
des points noirs à chaque extrémité , imitant les yeux 
de cet animal, 

GuALTiERi ^ tab. 1 3 . litt. E. Vorcellana vulgarisy 
l&vis , lucida j duabus maculis nigris in utroque capite 
in/fgniter notata , ventre albido aliquando croceo. 

La féconde variété cû fort mince & légère ; elle a 
moitié plus de longueur que de largeur. La lèvre droite 
de l'ouverture eft deux fois plus étroite que la gauche , 
& bordée de dix-fept dents fort courtes & arrondies» 
La lèvre gauche n'en a que treize femblables, dont en 
ne voit bien que celles des]extrêmités réelles du milieu 
font à peine fenfibîes. Le plan de ces deux lèvres eft 
convexe. Les fpires du fommet font affez apparentes ; 
elle eft grife , avec trois bandes brunes , qui manquent 
dans quelques-unes. 

Lister, hift. Conchyl. tab. 656. fig. i. Concha ve- 
nerea exigua , fere plumbei coloris ^ aut kvitcr purpu" 
rafcens ; ex infida Mauritii. 

Ej'nfdem , ïbid. tab. 66^, fîg. 9, Concha Veneris fub» 



%^A M A J 

jLivj. ipsâ rima purpurajccnte y iribus fafciis circum- 
data , le^yiore. teflâ e Madagafcar. 

Eiaftiem , tab. 667, fig. i r. Concka Veneris fufca , 
valdè Lavis , duabus fajciis albidis exornata ; Barba- 
de n fi s. 

Êpillem , tab. 66%. fîg. 13. Concka Feneris parva 
f.ibcintrea , ventre candido , unicâ fafciâ fufcd , latâque 
c^cumdata , dorfo paulalum gibbofo , admodlim l&vis» 

La troJ(ieme variété reffemble à h précédente. Elle 
t^^ iculement un peu plus épaifTe & un peu plus.grande. 
Son fommet ne paroît pas au dehors. La lèvre droite 
à% l'ouverture eft une fois plus étroite que la gauche i 
elle a fcize dents courtes , mais c^rofles. La gauche en 
a an pareil nombre ; elle eft blanchâtre en-deflbus , 
& brune en-deffus , avec des taches blanches , coupées 
p ir une ligne de même couleur , qui la parcoure dans 
"Li longueur. 

Lister, Tab. ép4. fig. 41. Concka Veneris parva. 
furr.urafcens , exîguis mucuiis albis dense depiâa. 

Ejufdem , tab. 7 1 t. fîg. 45?. Concka Veneris parva te- 
nu/ ^y'-irnâ candidâjdorfo maculis albis reticulatim depicto- 
Eju{^.ieni, Ibid. tab. 704. fîg. 5 3. Concka Veneris ^te* 
nuts , Iduribas nigricuntibus y dorfo maculis albis di' 
J^ir.:lo ; ex in fui â Mauricii. 

liuMPHius ,Mur. pag. 115. art.ij.tab. 3.fîg.O. 
Porcdlana variai a dicia. 

pETivERy Gazoph. vol. I. cat. 300. tab. i). fîg. 7. 
Co-icha Veneris minor maculata & oculata. 

Ejurdem, vol. 2. cat. 275. tab. 5*6. fîg. ^. Concka 
Veneris Indica miner. 

La quatrième variété eft infiniment plus épaiïïe & 
plus p?untc que les précédentes. Elle eft auflî moins 
allongée & plus appJadc. Sa longueur furpaiïeà peine 
d'un tiers fa largeur. La Icvre droite eft prcfque aufTi 
Isrge que la gauche. Elles ont chacune quinze dents 
fort langues & femblables à celle du majet ou de la 
première efpece , & lear plan eft prefque applati. Ls 
toïxiiiiec ne Te voit pas au dehors. Sa couleur eft blai' - 



M A J 299 

cKe en-Jeffous , & brune fur le clos , dont le milieu eft 
picoté d'un grand nombre de pecires t?.ches blanches 
,qui y font une efpece de réfeau. Ses extrémités (ouc 
marquées d'une grande tache blanche. 

BoN^NNi , pag. 147. clafn 3. n. 158. Vcnerea 
Ufiitiidinis inftar gihbofa , dorfo rufo alhis fiellulis no-' 
tabili. 

Lister, tab. 701. fîg. 50. Concka Veneris crajfa. 
'Ventre lato^ rima albidâ , Uterihus nipricantibus^ dorfo 
fummo aibis macidis depicio , ex infulâ Maurhii. 

ku.^fPHTU-s, tab. 38. fîg. F. Porcclhns, fpecies fexta, 

GuALTiERi 3 tab. 1^. litt. J. O. Porcellana fim- 
hriata y Uvis , dorjo jubflavo ^ candidis punciis mini^ 
mis fignato ; latenbus fufco colore late obfcaratis j 
rima albidâ , capiiibus aliquantulhm tuherofis. 

Klein, Tent. pag. 8p. fpec. 4. n. 2. Porcellana 
in utroque latere fimbriata , crajfa , ventre lato , rima 
alhidâ J lateriàus nigricantibus ; dorfo fummo albis 
muciilis picio , vel etiam fafciâ flavidâ diftiriBo : Lis^ 

TIRI & RUMPHII, 

La cinquicme variété du majet, qui eft fort petite,' 
eft de la même forme que la féconde efpece ou de la 
première variété. Elle a une fois plus de longueur que 
de largeur. L'ouverture eft prefque droite , &: garnie 
àç. dix-neuf dents a fa lèvre droite, & de feize feule- 
ment à fi gauche. Ces dents font aftez longues. Le 
fommet eft caché au dedans. Le fond de fa couleur eft 
blanc , traverfé fur le dos de trois bandes brunes , qui 
lui ont fait donner le nom de petit âne. 

BoNANNi 3 pag. 144. clafT. 3. n. 136. Venerca 
laciea tribus fàfciolis ofirinis fegmentatu quas aurcA 
lacinid, exornant. 

Lister , tab. 666. fig. 10. Concha Veneris parva , 
candida , tribus latis fajciis nigricantibus depicia ; eys 
ir.filis Maldivis. 

RuMPHius, Muf. pag. 118. tab. 3p. litt. M. Por" 
celldna aflli. 

KiRKERy ]\luf. pag. 4^4. n. 135. VenerealaHea^ 
&c. ui Bonanni* 



5oo M A J 

PetfveRj Gazoph. vol. z. cat. ipo. tab. pj. fîg. 
i r. Veneris concha Indica miiior trifajciata. 

Barrelier y^2Lg, 133. tab. 131e. fig. i?» ^O^^ 
r/rr^^ minor variegata & fufciata, 

M. ^ Argenville ^ pL n. /o-. 7'. Porcelaine 
appellée|le petit âne , à caufe de trois barres noires qui 
fe voient fur fa fobe blanche. 

GuALTiERi, tab. 15. litt. M. Porcellana fimbriata y . 
l&vis m'inor candida , tribus Uns fufciis nigricantibus 
vel exfufco rubefcentibus cincla. 
. Klein 3 Tcnt. pag. 85. fpec. i. n. 10, Forcellana. 
hrcvîs fivc elatior , ve/ gibba, afelli: triplici :^onâ nigrâ 
zranfverjali per dorfum album. Rumphti, 

La fîxieme variété a un certain rapport avec la troi- 
sième , on n'y voit aucune apparence de fommet ; mais 
les dents de l'ouverture font très longues & des plus 
failiances. Ces dents font au nombre de fcize fur la 
îévre droite , Se l'on n'en compte que treize fur la lèvre 
gauclie. Sa couleur cft fauve , foncée dans quelques- 
unes & clair dans d'autres j au milieu duquel un nom- 
bre iaiîni de petits points blancs , forment une efpace 
hiznc , agréablement bigarré de plufieurs taches fauves 
& rondes de médiocre grandeur. Dans quelques-unes 
îes raches blanches font moins fenfibles , & l'on ne 
voit que les points fauves qui fe répandent avec affez 
d'ordre fur tout le dos de la coquille. 

BoNANNJ^Ktcï, pag. 144. claff. 3. n. 247. Vene^ 
rea fiellata fpeciojijjftma , moneta infularum Philippin 
narum ^ dorfo partim violaceo ^ partim livido, intus 
jkeliuiis lacieis & aureis decorato. 

Lister , tab. 25*2, fig. 38. Concha f^eneris parva , 
ventre & lateribus jlavejcentibus , ipfo lingusL canatl 
Icviter purpurafcente y dorfo maculato flavis & innu^ 
mens puncluris candidis , ex Maldïvis. 

KiRKER , Muf. pag. 464. n. 14^. Venerea fiellata f 
&c,ut fupra BoNANNi. 

Petiver , Gazoph. vol. 2. cat. 281. tab. 97* 
^^g• 17 Veneris concha Indica minor ^ maculata , rima 
rociâ. 



M A J 501 

GuALTiERi jtab. 15. litt. G. Porcdlanafimbriata^ 
léLvis , jubjlava ^dlbis maculis depicia , rimAfubcrouâ, 
ventre & laterihus albidis , purpurafcentïbus maculis 
Jignata* 

Klein, Tent. pag. 8p. fpec. 4. n. 4. Porcellaaa 
in utroque latere firnbriata ; jaLita : ventre & lateribus 
jiavefcentibus. 

M. Adanibn s'eft contenté de citer les fîx variétés ûe 
la coquille du ma^et, qu'il a obfervées avec foin, quoi- 
qu'il auroit pu en décrire un plus grand nombre, mais 
les efpeces mentionnées luflîknt pour faire comioitxe 
ce genre de coquillage. L'animal^qui habite la coquille 
du majet, eft le même dans toutes les variétés qui font 
tombées fous les mains de l'auteur. Sa tête efc cylin- 
drique, d'une longueur égale a fa largeur, & échancrec 
à fon extrémité, au - defibus de laquelle on voit une 
petite émioence arrondie & coupée par un petit fii- 
Ion tracé dans toute fa longueur. Ce iiilon eit l'ouver- 
ture de la bouche. De l'extrémité de la tête fortent 
<3eux cornes qui , étant pofées fur fes côtés , laiiTenc 
entr'elles une échancrure creufée en demi-cercle. Elles 
font de ligure conique , très allongées , déliées & ter- 
minées par une pointe très fine. Leur longueur eil 
égale à la troifierae partie de la longueur de la co- 
quille. Un peu au-deffiis de leur bafe & a peu près à 
la cinquième partie de leur longueur, on voit un ren- 
flement aiïez confîdérable fur leur côté extérieur. C'eil 
précifémcnt au haut de ce renflement que fe trouvent 
les yeux. Ils font un peu faillans : avec le fecours au 
verre lenticulaire , on y diftingue une petite prunelle 
ronde & blanche , autour de laquelle s'étend 1 iris d'un 
diamètre fix fois plus grand & de couleur noire : c'efl 
prefque le feul coquillage auquel M. Adanfon ait pu 
apperccvoir aufli clairement l'iris difiingué de la pru- 
nelle : c'eft aulTi prefque le feul dont on puiffe dire 
qu'il fait ufage de cet organe, & il aie fenîimentaîTez fin. 

Le manteau du pucelage eft encore plus remarqua- 
Me que fes yeux. Il ifcileisbie à iejuj 4e là porceûiat; 



|oi M A J 

en ce quil fort au - dehors de fa coquille. Mais iî ea 
diffère en ce qu'il l'enveloppe en entier, de manière 
<ju'il difparoît entièrement à la vue. On peut dire qu il 
forme alors un vrai manteau , dont le pan de la gauclie 
cft plus ample que celui de la droite , & le recouvre 
en partie. Lorfque l'animal rentre dans fa coquille, 
ce manteau rentre très promptement avec lui : mais il 
n'en eft pas de. même lorfquil veut le faire fortir i il 
ne s'étend que fort lentement , & comme en tâton- 
nant; il lui faut un temps raifonnable pour s'en enve- 
lopper entièrement. Dans cet état , on prendroic le 
pucelage plutôt pour un animal entièrement mol 8C 
charnu, tel que les lièvres de mer , que pour un ani-^ 
mal a coquille. Son manteau a encore une particularité 
moins fenfible; fa partie antérieure , celle qui eft pla- 
cée fur fon col, eft repliée pour former un tuyau, qui 
£e loge dans l'échancrure fupérieure de la coquille. Câ 
tuyau ne fort point de la coquille , il ne palfe pas fes 
bords. 

Le pied reftenible à une langue triangulaire aiTez 
mince , obtufe à fa partie antérieure , & terminée en 
pointe à l'extrémité oppofée. Il égale la coquille ert 
longueur & en largeur. Un large & profond iillon le 
traverfe dans fon extrémité la plus proche de la têce. 
On apperçoit aufli fur la furface inférieure un grand 
nombre de petits filions inégaux , creufés légèrement , 
fuivant fa longueur. Tout le corps de l'animal eft d'une 
feule couleur : c'eft un cendré noir , qui eft un peu plus 
foncé dans les cornes. Ce coquillage eft fort commun 
fur la côte maricime du Sénégal , & fur- tout dans les 
rochers de l'île de Gorée. L'auteur l'a obfervé aufii , 
mais moins fréquemment , aux îles Canaries & aux 
Açores. On voie en comparant le genre du pucelage 
avec celui de la porcelaine , qu'il y a un rapport infini 
en l'un Se l'autre. On voit que la coquille de la porce- 
laine a d'abord un fomme: affcz conhdérable , & l'ou-' 
verture fort évafée dans les trois premières efpeces , Se 
quQ cette ouverture &; k fon^met diiuiaiient peu-à-pevi,- 



M A M 505 

& Te l'étrécifTent infenfiblement pour Ce rapproclie;: <te 
la forme du pucelage , auquel elle fe réurxic par la cin- 
quième variété de la première efpece. En exiuninaat 
la figure de Tanimal, on remarque que le manteau ac 
couvre qu'une partie de la coquille de la porceiaine 
^ans les premières efpeces ; qu'il augmente peu à pria 
dans les autres, de manière qu'il vient à égaler celui c.ti 
pucelage. Les cornes , la tête , les yeux , le pied , ^:c 
différent aulTi fort peu; & quoique l'auteur n'ait point 
apperçu de langue ou de trompe dans cette premiers 
elpece de pucelage , celle qu'il a obfervée dans \c^^- 
tres ne lui laiffe aucun lieu de douter qu elle n en (oh 
pourvue aulîi-bien qu elles. Ces deux genres rentrent 
donc l'un dans l'autre par des degrés prerqu'inrcnliblc 
îl n'y a de différence confiante entr'eux que celle ciuc 
l'auteur a remarquée dans le tuyau du manteau, qui ne 
déborde jamais la coquille dans le pucelage , au Vicm 
Qu'il paroît toujours au-deliorsdansla porcdaine. Ceâ 
fur ce caraftere que M. Adanfon s'eil fondé pour ca 
faire deux genres diflin^ués. 

MAiViELON, ou LE TETTON. Cock/ea Uvhfemi- 
lunarismammA-formis, parvâ clavicula diftinaa. ÎMoia 
4onnéà une coquille univalve du genre des limaçons l 
bouche demi-ronde , a caufe de fa forme. Le corps de b 
coquille', qui efl arrondi & prolongé en poire /eft ter- 
miné par une petite clavicule , compolée de deux o» 
trois (pires , lefquelles ne femblent former qu'une es- 
pèce de bouton. Ce limaçon efl ordinairement uni, 
avec une ouverture demi-ronde , mais dont la colu- 
melle extérieure ne fait point la gencive ,& n'en poini 
dentée comme celle des nérites! 11 approche plus des 
efpeces ombiliquées , appeliées nacices , que de ces 
dernières. Les Conchyliologiiies difcino-uenc le ma- 
melon blanc, le mamelon fauve ombiliqué, & \&m.-i:- 
melon à columelle noire. 

iVîAMELON BLANC. Cockhai^mlUnaris mam^ 
m&-formis , alhtdinc larleâ , teflâ ponderosâ ; non um^ 
ÂI/Ic42iâ, Ce limaçon , dont le'teft eft p^-f^nt , à c.^« 



504 M A M 

Je répaifTeur de fa columelle , efl d'un blanc de lait en 
dehors comme en-dedans. L'endroit de l'ombilic ell 
entièrement caché par une forte excroifTance , qui eft 
élevée & occupe toute l'étendue du fiît extérieur. L'ou- 
verture eft demi-ronde ou en forme d'ovale irréguiier , 
bordée d'une lèvre tranchante & entière , c'eft-à-dire 
fans échancrure. Cette coquille ne pafTe guère un pouce 
& demi de longueur fur un peu plus d'un pouce de 
largeur. 

RuMPHTUs , tab. 11, litt. F. Valvata. feptima ,five 
aîhaia ; Holl. Zevende (lek-hoothj la feptieme efpece 
de limaçon. 

GuALTiERT , tab. 67. litt. C. Cochlca marina , oblon- 
ga , veluti ex unâ tantum fpirâ confiaca y Uvis ^ lacizj., 

M. à'Ar^GENX'iLLE , pi. 7, Un. X,pag. 1 1 1. Ce li- 
maçon eft le mamelon blanc avec un bout faillant. 

MAMELON A COLUMELLE NOIRE. Cochlea 
feml-lunaris mammA ~ formis , umbilicata , teftd tenui 
funfque pdlucidây colamellâ exteriori & colore exfufco- 
nigricdnu hfigràs. Ce limaçon, qui ne parvient point 
à un fi grand volume que celui du mammelon blanc, 
porte quatorze ou quinze lignes de longueur j mais il 
a la même forme. Sa coquille eft alTez mince & tran- 
iparentc. Sa lèvre eft fort tranchante ; & la columelle 
extérieure , qui eft noirâtre ou brime , ne cache qu'une 
partie de l'ouverture de l'ombilic ; ce qui diftingus 
particulièrement ce mamelon des autres efpeccs. 
Toute fa furface extérieure eft rayée & fafciée ce fauve 
clair fur un fond blanchâtre. 

GuALTiERl , tab. 67. litt. D. Cocnlea marina 
ohlonga , umbilicata , veluti ex unâ tantiim fpird con^ 
fiara , Uvis C/ pellucida. 

MAMELON FAUVE A GRAND OMBILIC. 

Cochlca Jcmi-lunaris mamm&-formis , m.axim". umb'di- 
cata y colorihus flavis 6" cafiancis lucide derici-i. Celui- 
ci a fa coquille épaifte , pourvu d'un ombilic afTez ou- 
vert & aiTez profond , pour appercevoir une grande 
j>3^iie des Ipires iutéjieures. Soa fut extérieur forme 

une 



•M AN 305 

ume moulure épaifTe avec une elpece d'excroiflance , 
qui entame la première fpirc. Toute cette furface eft 
blanche , tandis que tout le delTus & la volute font de 
couleur fauve , marron & agathe , en formant des tra- 
ces & des nuances longitudinales. Sa petite clavicule, 
compofée de deux fpires & demi, eft plus foncée en 
couleur; ce qui eft annoncé par une petite zone de la 
même teinte , qui femble décrire la première circonvo- 
lution de cette volute. Ce limaçon porte un pouce huit 
lignes de longueur fur quatre lignes moins de largeur, U 
ne diffère de l'efpece qu on appelle lejaune d'œuf applati 
que par fa figure arrondie & élevée , & en ce que fou 
ombi-lic n'eft point intercepté par une forte apophyfe. 

MAMELONS. Terme de Conchyliologie , qui 
exprime les différentes éminences arrondies , qui fc 
rencontrent fur la furface extérieure des coquilles. Jl 
eft fynonyme à, celui de tubercule , quoique moins gé- 
nérique , & ne s'entend que pour les tubercules ronds 
Se peu élevés ; il exprime aufti un bouton qui termine 
& forme le centre de la volute dans les coquilles fphé- 
riques , que l'on nomme pour cette raifon gondoles 
mamillaires. Voyez mamillaires. 

MAMLLAIRES, ou COQUILLES MAMIL- 
LAIRES. Ce font les efpeces univalves du genre 
des conques fphériques dont la clavicule eft terminée 
par un bouton plus ou moins faillant en forme de 
mamelle , & que les Conchyliologiftes ont appellées 
pour cette raifon gondoles mamillaires. 

MANCHES DE COUTEAU , autrement appel- 
lés COUTELIERS. Conck^ bivalves , ad inftar di- 
giti y tubuli , tibiA y fifluU , vagm& , vel cultri manubrii 
■prolongatA ; in exrremitatibus patentes ; conch& culfri- 
formes appellatâ. Coquilles bivalves , qui compofenc 
un genre parle nombre & la variété de fes efpeces.Les 
Latins les nommtm. folenes ; du mot grec ^«xjiVj qui 
figniiie canal ou tuyau, parce qu'elles font creufées en 
manière de petits canaux. On les appelle en Italie c^- 
naitchio yZ Veuife cape lon-gt en Anglecerre piroi* 



'^o^ M A N 

Les Coquilles des couteliers , ou manches de couteaa 
font longues , étroites , formées de deux valves égales, 
Wmbées , droites , prefque droites , & quelquefois 
'Courbées. Les deux extrémités , qui font obtufes , arron- 
dies en manière d'ongles , font ouve-rtesrCes fortes de 
bivalves ont ordinairement jufqu'à fix pouces de lon- 
gueur fur dix lignes de largeur dans toute leur étendue ; 
ce qui les font refîembler aiïez exaârement à des man- 
ches de Couteaux. Le ligament , qui réunit les deux 
Vailles à une des deux extrémités eftnoirâtre, dé quinze 
ou feize lignes , & même quelquefois d'un pouce de 
demi de longueur , très fenfible ou bien articulé en- 
d:ehors , recouvrant la charnière qui ell en-dedans. 
Cette chaniiere eft compofée de plufîeurs apophyfes 
-oude dents arrangées en trois temps diifércns : i". D'une 
tenticule applatie , qui fe loge entre deux autres dents 
correfpmid^ites , beaucoup plus faillantes & plus for- 
tes ^ mais arrondies au-dehors ', ce premier temps occu- 
cupe l'extrémité des valves : 2". De la féconde denri- 
cuk naît une moulure ou une faillie allongée , qui fe 
Termine pat deux autres denticules a. cinq ou fix lignes 
de diftance des premières : 3*. De ces deux denticules 
fort une féconde moulure qui finit avec le ligament. 
La valve correfpondante ne monne qu'une dent , qui 
s'engrène dans l'alvéole ou la cavité de la première 
moulure , tandis que la féconde eft parallèle avec la 
moulure de l'autre valve. Cette charnière finguliere eft 
plus articulée dans certaines efpeces que dans d'autres, 
principalement à l'égard de fon prolongement , & de 
la répétition de ces denticules qui font quelquefois peu 
■fenfîbles. 

La furface extérieure des manches de couteaux eft 
en partie couverte d'un drap marin de couleur feuille- 
morte , principalement dans la longueur des flancs de 
la coquille , en lailTant à découvert le dos des valves 
ci*une manière angulaire ou de biais. C'eft fur ce plan 
dépourvu du drap marin où l'on voit régner les cou- 
leurs dont elles font ornées ; elles forment des ondes 



M A N J07 

pourprées , agathes & violet clair en largeur. Il y ^ 
des manches de couteaux de couleur ardoife , fauve- 
clair , & de couleur de corne. L'intérieur ert uni &: 
blanchâtre. La ditterence , qu'il y a dans leur forme & 
leur longueur , a fait donner à ces bivalves pluiîeurs 
dénoininations , comme la coiTe d'haricot , le fàbre 
îiongrois,le doigt, ronix&: l'ongle. Elles font connues 
dans toutes les côtes de France ; celles qui viennent 
des mers des Indes orientales & occidentales , font les 
plus recherchées. 

Pline donne au coutelier au manche de couteau Ic$ 
noms latins de aaciylus & de folen , 8c dilHngue le 
mâle d'avec la femelle ainiî qu Ariftote : félon ces za-^ 
ciens narui'aliftes , le mâle fe connoît par divers traits 
bleuâtres tranfverfaux , au lieu que la femelle eft d'une 
feule coideiu- ; la chair de celle-ci , dit Pline , efi: plus 
fuave que celle du mâle. Ces fortes de teftacées , 
ajoute cet ancien naturalise , font du genre des con- 
ques longues , compofées de deux écailles , légères , 
minces , & réunies par un ligament noir , qui fe 
trouve à une extrémité feulement. Il rapporte que les 
foie ne s font lumineux dans l'obfcurité ou dans les en- 
droits privés de toute lumière , fur-tout loifqu'ils font 
pourvus d'une certaine humeur vifqueufe , ainfi que 
plufieurs poiiTons & diverfes chairs pourries; que cette 
liqueur lumineufe , dont ces coquillages font remplis , 
brille dans la bouche de ceux qui les mangent, que les 
gouttes même qui tombent, foit fur les mains ou fur 
les habits , foit à terre , reluifent également. 

Rondelet , de Teftaceis , Uj. i.pag. 45. 6" 44. 
fait mention de deux efpeces de manches de couteaux 
qu'il nomme folen mas & ÇoUk femina , d'après Pline, 
Diofcoride & Athénée ; non pas qu'il y ait Cijet de 
diftinguer le mâle d'avec la femelle , quant à la gêné'' 
ration , mais feulement parce que ces anciens natura- 
lises ont fait une différence par le moyen de c^s noms: 
car , dit Rondelet , Pline appelle les fdenes mâles , 
aulos , donaças > & les femelles ony^has. Il y ea a. , 

V4 



•joS M A N 

ajoute Rondelet , qui ont neuf pouces de long & un 
pouce de large y ils font creux comme le rofeau & ou- 
verts aux deux extrémités ; l'animal fait fortir & ren- 
trer fa tête comme la tortue, & fa chair comprend toute . 
rétendue de la coquille. La coquille eft bleue avec des 
lignes tranfverfales , épaiffe du côté de là charnière, & 
devient mince comme la moule du coté oppofé. Ce 
coquillage vit de Teau & du fable de la mer j & on le 
voit fe retirer ou fe refierrer & s'enfoncer par le bas au 
bruit. Le folen ou le manche de couteau femelle , que 
Pline appelle ronix,reflemble à tous les autres/o/^;2f^, 
& ne diftére des mâles que par fon volume plus pe- 
tit, fa couleur & la faveur de fa chair. Solenem marem 
hodie nulla ratio a feminâ diftinguit. AthenAus utrum- 
que iîfdem nominibus appdlat , Plinius inter nomina 
difcrimen facit : nam mares folenes j aulos , donacas 
^ocat ^feminas onychas ; quam dijferentiam non negli- 

gimus j ait Ronde/et Dodrantalifunt longnudine^ 

-polliàs crajfitudine , harundinis modo cavi , extremis 
duobus femper apertis : anteriore caput exerit 6' rctra- 
hit tefiudinis ritu. Secundiim teft&, longitudinem carnem 
protenfum habet. Tefta c&ruleo eft colore , lineas evi^ 
dentés habet per tranjverfum ducias ; quâ parte coiliga^ 
tur crajfior eft ; aliis partibus in tenuem fubftantiam dé- 
finit fi cuti mytuli. Aquâ ^ arcnâ vivit» Ad ftrepitum ^ 
fe fubtrahere , inferiufque fubfidere. 

Aldrovandvs , de Teftûceis j lib. 3. pag. 5186? 
juiv. /ait mention de cinq efpeces de couteliers ou 
manches de couteaux , favoir , celui de Belon , que cet 
ancien natuvaliUe -à^^tWo. foUn fcmina ; ceux de Ron- 
delet dont il rapporte le fentiment ; le folen de l'au- 
teur qui eft repréfenté avec une portion de limon a 
une des extrémités de la coquille, dans lequel elle s'é- 
toit hchée;& l'efpece que l'on nomme communément 
à Venife cappa longu. Aldrovandus rapporte aulîî les 
différens noms fynonymes des anciens touchant les 
folenes , ainfî que Rondelet ^ favoir , le terme à'aulos 
jpour figniher la refTemblance qu'ils ont avec une ef- 



M A N 3cv^ 

pccê de trompette ou de flûte ; celui de folen pour 
lui tuyau ou un canal ^ de donax pour la figure d'une 
canne de rofeau dont cette bivalve a auflî la conca- 
vité j celui d'o.'zyAT , àcaufe qu'elle reflemble à un ongle 
par fon extrémité arrondie , fon épaifTeur , fa tranfpa- 
rence , & même fa fubftance ; & le nom de daciylus 
parce qu elle a la ligure d'un doigt. Cet auteur n'eft 
point du fentimcnt de Pline touchant les propriétés du 
Jolcn y en difant que ce coquillage eft d'une fubftance 
mucihgineufe & mal-faine : de manière que fa chair 
doit plutôt engendrer la pierre & retenir les urines , 
que de les provoquer a caufe de fon acrimonie ; & que 
d'ailleurs elle eil fi coriace , félon Galien , qu'elle ne 
peut être qu'indigefre. 

RuMPHius nomme les manches de couteaux /c'/^- 
nes , ung'ues , daciyli , vuLgo vagïtiA , en langue Hollai> 
doife j.Orgel-pypen , goot doubletten , en zoolen 5 les 
tuyaux d'orgues ou les canaux. Ce Conchyliologifte les 
a rangés avec le genre des tellines \ favoir , les efpeces 
qu'il appelle tellina cultriformis , la telline en forme 
de couteau ; Holl. Peul-doublet , en poclch mas ; la 
goufie ou la colTe d'haricot , ou le couteau polonois ; 
Jo/en bivalvius primas ; Holl. Eerft orgel-pvp J le tuyau 
d'orgue ou le tuyau bivalve de la' première efpece. 
Voye:^ le m.ot Telline. 

M. Adanfon termine les conques bivalves par le 
genre qu'il nomme foltn , dont les efpeces font le 
tagal , le golar & le molan. Le foUn , dit l'auteur , eft 
un mot grec , qui exprime un canal , un tuyau. Ce nom 
& ceux de donax , autos ^ onyx :, daciylus , qui (îgni- 
fient une canne de rofeau , une flûte , un ongle j un 
doigt, ont été donnés par les anciens , comme celai 
de coutelier par les François à ce coquillage à caufe 
de la figure de fa coquille. Foyc^ le mot Sclen. 

Aï. d'Argenville , qui a formé fa fixieme famille des 
bivalves par celle des manches de couteaux , dit que 
c'eil une coquille de deux pièces , dont le corps efl 
long , ouvert par les deux extrémités , quelquefois 

V iij 



?io M A N 

droit , fou vent arqué ;yô/e« eft conchd hivalvis ^ cor^ 
fore longo , ex utrâque extremitate patente , recio vct 
arcuato. Il en diftingue deux efpeces avec leurs va- 
riétés : î°. favoir, le manche de couteau, tlont le corps 
tû droit , folen corpore recto ; celui qui eft blanc, un 
autre de TAinérique , couleur de rofe , folen albidus , 
folen rofeus Americanus ; le manche de couteau bar- 
riolé, celui qu'on appelle Vonyx y un autre qui eft brun , 
folen varieg'.ttuSy Jolen on.yx dicfus , Jolen fuftus y le 
itiâiTche de couteau mâle, la femelle , Tongie & le 
■âo'i^l , folen mas , folen fcmina ^ ungàsy d.igitus,dac' 
iylus ; celui qui rcfîemble à une flût^ , le manche de 
couteau qui eft fait comme un rofeau , folen dicius 
fifiula j donax ; le manche de couteau très long , très 
étroit , de couleur brune , avec un m.ufcle noir vers la 
charnière, /ô/^.T longiffimus ,fufcus^ angjfvffimusy rniif- 
culo ad cardinem nigro : z**. le manche de couteau dont 
le corps eft fait en arc , folen coTore arcuato , feu cur^ 
vus 'y celui qui eft courbé en forme de fabre hongrois , 
in^ar cnfts nungarid falcatus ; & celui qui fe trouve 
dans le fable , folen arenarîus. 

Cet auteur , dans l'appendice, qui traite de la 200- 
inorphofe {pag. ^9. pi- '-:>.) fait mention de l'animai 
qui îiabite le manche de couteau , & Ta fait repréfentcr 
de ^eux manières , du côté de la charnière de la coquille 
& du côté de l'ouverture. La tête, qui fort des valves 
béantes de la coquille , a environ huit lignes de long; 
lorfque ce teftacée , qui y eft attaché par deux mufcles, 
j'allonge pour refpn-er l'air & attirer Tcau par deux 
tuyaux inégaux qu'on remarque à l'extrémité; il s'en- 
fonce alors à deux pieds de fond , & s'élève perpen- 
diculairement dans le fable; de l'autre extrémité fort uft 
corps rond , cylindrique , long de plus de deux pouces , 
renflé en manière de gland à l'autre extrémité , & qui fe 
termine par une petite pointe : c'eft toute l'étendue de 
J'animai , & tout le mouvement qu*on lui remarque. 

Pour le prendre, on jette du fel dans le trou qu'il 
a farçné , ce ^ui le fait fortir j enfuite on le tire de la 



1 



M A^ N_ jii 

vafe a^recun fer pointu appelle dardillon. Les Jeux co- 
lilles du coutelier, qui lont comme les deux moitiés 
un cylindre creux, font couvertes de membranes pliées 
& liées par un ligament à refTort ; elles renferment dans 
la partie inférieure une jambe qui , quand elle n'eft point 
enfoncée dans le fable, fe retire à moitié de la coquille , 
& eft compofée d'une chair raollafle & de fibres cir- 
culaires & longitudinales qui fervent àfon mouvement 
progreflif. Le tout entre dans la coquille , excepté le 
bouton qui eft d*un plus grand diamètre que celui de la 
coquille ; au-deflîis de cette jambe , & dans la partie 
fupérieure du dedans , font placées plufiçurs membra- 
nes pliées dans leur état naturel, lefquelles foiment 
les deux tuyaux de la tête. Les trous , qu'on remarque 
à leurs bouts, ne ferment exaftement que pour éviter 
de recevoir le fel qu'on leur jette , lequel pourroit 
diffoudre les différens tronçons dont ils font formés. 
L'averfîon naturelle , qu'a le coutelier pour le fel , eft 
d'autant plus finguliere, qu'il vit dans l'eau falé. Sa 
couleur ordinaire eft fauve & couleur d'agathe j il y 
en a de violets , & de bariolés de brun. 

M. de Réaumur, qui a fait plufieurs obfervations fur 
les couteliers , dit que ces fortes de teftacées vivent dans 
le fable, où ils s'enfoncent fouvent à plus d'un pied & 
demi ou deux pieds de profondeur; la longueur de leur 
coquille efi alors à peu prés dans une pofition verticale; 
de temps en temps ils remontent du toiid de leur trou , 
jufqu'au defliis du fable , de façon néanmoins que la 
partie inférieure de leur coquille y refle toujours en- 
foncée \ ils rentrent enfuite fous le fable , & c'eft à s'en- 
foncer dans le fable & à remonter un peu au-deffus 
que conlîfle tout leur mouvement progreflif, qui fc 
frcduit ainfi à parcourir un pied & demi ou deux pieds 
de hauteur verticale. 

Depuis la furfâce fupérieure du fable jufqu'à chaque 
coutelier il refte un trou qui leur donne une libre com- 
munication avec l'eau : les ouvertures de ces trous font 
proches les unes de^ autres j on lesappercoit aifémeac 

"Y Jv 



511 M A N 

lorfque dans les grandes marées , la mer a laifle à dé- 
couvert le fable habité. Quand la mer s'eft retirée , les 
couteliers fe tiennent pour l'ordinaire fort avant dans 
Je fable : pour lés attirer fur fa furface , ^es pécheurs 
jertent une pincée de fel dans chaque trou j à. peine 
ce fel y eft-il tombé , qu'on apperçoit du mouvement 
dans le fable qui entoure l'ouverture. Une minute après 
on voit le coutelier s'élever & fortir en partie de ce 
trou; c'efi au pêcheur à profiter de l'occafîon , car elle 
ne dure qu'un inftant. Le coutelier fe renfonce dans 
fon trou peu après qu'il en eft forti , & il ne reparoît 
plus , quelque nouveau fel qu'on lui jette, il connoît 
le piège qu'on lui a tendu. Pour le prendre , les pê- 
cheurs ont recours à des ferremens d'un pied Se demi 
ou de deux pieds de long ; ils les appellent dards ou 
dardillons : ce font de longs fers terminés en pointe ; 
on les enfonce au-deffous de l'animal , on l'enlevé de 
force après n'avoir pu le furprcndre par adreiïe. 

M. Davila,dans fon catalogue fyftématique con- 
sidère les manches de couteau comme des tellines im- 
proprement dites , dont la forme eu extrêmement 
longue , également large & bombée dans toute leur 
longueur ; elles font béantes aux deux bouts, dans l'ua 
defqaels eft fituée la charnière. Ce Conchyliologiftc 
fait mention des efpeces qui viennent des Indes , de 
l'Amérique ; ceux de nos mers, & d'une eCpcce particu- 
lière appellée la gouffe de fève ou la cofle d'haricot, 
autrement le iabre hongrois. Foye^ Sabre hon- 

GR'^IS. 

MANETOU. Nom que les Américains donnent ii 
un limaçon qui fe trouve dans le fleuve Miflifîipi , & 
dont ils font une efpecc d'idole : c'eft poiu'quoi on le 
nomme Tidoîe. Favez Idole. 

MANTEAU DUCAL. Pccîen in utrâque vahâ 
convexus 3 inAqualiter aurltus , decem vel duodecimcO" 
fiis firiatis munitus j plurimis coloribiis vanegatus , 
forma latâ. & fuorotundâ. Coquille bivalve du genre 
deî peignes â oreillons inégaux , doi^,t les valves con- 



M A N ^15 

vexes font à côte? longitudinales chargées de ftiies. 
Le cara6lere Tpécifiquc du ma.-.teau ducal efl d'avoir 
une forme large & prefque ronde dans les trois quarts 
de fa circonférence. Les Conchyliclogifies en diftiu- 
guent pîuneurs efpeces : lavoir, le manteau àucdl des 
Indes , ou proprement dit le manteau ducal bombé des 
parages d'Efpagne, Se les efpeces de Mahon & de la 
î\Iéditerrarée. 

MANTEAU DUCAL , proprement dit. P^aen 
firiis imbricatis , in cofiis municus ; coloriôus arr.a- 
ramhinis y aureis^ purpuraJcemibusvaricgJtus y verum 
palladium ducale appellatus, Ceft ordinairement un 
peigne de la plus grande beauté par la variété &: la 
difiribution de fes couleurs qui forment , fur la furiacc 
extérieure des battans , des taches , des marbrures &: des 
xones onduleufes de divcrfcs nuances d'amaranthe , 
fur un fond de couleur orangée ou aurore , dont les 
bords intérieurs des valves font liferés. Il y a des ef- 
peces qui ne montrent cette couleur aurore que vers 
les bords internes des oreillons , avec le relie du pour- 
tour nue de rouge ou de cramoifi , principalement 
dans celles qui font ornées fur leurs furfaces extérieures 
de larges zones ondées de couleur pourpre , noi- 
râtre & amarantlie foncée fur un fond blanc. Le pei- 
î^ne , appelle le manteau ducal, cft remarquable par 
les flries raboteufes & tuilées, dont tontes les côtes 
longitudinales font garnies , ainfi que la furface exté- 
rieure des oreillons. Cette coquille bivalve a prcfque 
autant de largeur que d'élévation , c'eft-à-dire , ayant 
jufqu a deux pouces de diamètre ^ quelquefois plus. 
La charnière ^ qui eft peu articulée , eft compofée de 
plusieurs rainures Se autant de moulures réciproques 
dans les deux battans, Icrqrelîes ^'entrejoigncnt réci- 
proquement. Cette coquille vient des mers des Indes 
orientales. 

Ru MP H lus , tab. 44. litr. B. VcHm Jecundus. 
Hoîl. Bonte-mantel ; le manteau fourréw 

GvALTJERi y tab. 74. litt. F. Pechn tcnuis y ipjîs 



$14 M A N 

htis.(hiis firlatîs ^ & miiutijfime gtanalatis d'iflinclus j, 
rut>icundus , m.ioulis atro-purpureis afperfus , circk 
mrdinem candidiffimus y & noruiis piceis déganter vir- 
^ulûtus, interne candi dus , & in margine^colore crocea 
dupiSius. 

M. à'ÀRGENviLLiE t pL î4r Utt. L Ccft Ic bcaiï 
manteau ducal , dont les couleurs rouges , bariolées 
àc blanc & de jaune ne peuvent aiïez s'admirer ; il 
elï également beau deiïbus comme delfus : le. travail 
grené de ie* ftries , les bords orangés de fes oreil- 
les, & fes chantournés écliancrées> le font rechercher 
<ies curieux. 

MANTEAU DUCAL BOMBÉ. Pec-^en ma- 
xime convexus undecim coftis leviter firiatis coflatus ^ 
colore rufo & albido maculatus & injîgnis. Ce pei- 
gne eft compofé de deux valves épaifles & très bom- 
fcces , chargées de onze côtes longitudinales & autant 
<ie cannelures fur lefquelles on diftingue des ftries fi- 
nes , tranfverfales , & quelquefois croifées avec d*aiB- 
ires ftries longitudinales qui ne fè rencontrent que 
diiis les cannelures de la valve fupérieure. Cette valve 
ciir tachetée de couleur fauve-roux fur un fond moins 
tancé & plus ou moins mêlé de blanc. La valve infé- 
fleure eft le plus fouvent blanche , mais un peu co- 
loriée y,çrs le fommet. Cette efpece de manteau ducal 
fè trouve dans les mers d'Efpagne , & porte ordinai- 
rement deux pouces de hauteur fur autant de largeur. 

MANTEAU DUCAL DE LA MÉDITERRA- 
NÉE. Pecien tenais cofiatus ^ leviter flriaius ^ plurimis 
coloribus variegatus & innumeris jpeciebus infignis , 
ex Tîtari Méditerranée. Cette bivalve du genre des pei- 
gnes eft ordinairement d'une forme peu convexe arvec 
im teft mince & léger, &:^réfente des variétés infinies 
p.ir ia diverfîté de fes couleurs , de fes différentes 
.»5arbrures, ainfî que par fon volume qui porte depuis 
lix lignes de longueur jufqu'à plus de deux pouces fur 
autant de largeur. Ces fortes de peignes lont tantôt 
:j»aibrces de noir,, de couleur ardoifç & vcrdâtre- 



M A R 51 5 

' tantôt de couleur brune , rougeâtre & canelle ; les 
uns font bigarrés d'azur Se de couleur ibuFice, les 
autres de jaune & de couleur cendrée, La valve infé- 
rieure eft quelquefois blanchâtre, verdatre , jaunâtre, 
tandis que la fupérieure efi: tachetée de diverfes cou- 
leurs foncées , & quelquefois le deffous ell aufli bien 
marbré que le defîus , de manière que l'on peut dire 
qu'il n'y a gueres de bivalves qui varient autant par 
fes couleurs & fes différentes chamarures , mais rare- 
tnent par le nombre des fes côtes. Ces coquilles ont 
toujours la même forme dans toutes leurs vaiiétés. On 
les pèchent dans la mer Méditerranée, principalement 
dans les îles Minôrque & Majorque. 

RuMPHius y rab, 44. int. O. Kleyne bonté 
mantel , of gowolkte bonté mantel ; le petit manteau 
fourré , ou manteau fourré nubileux , ou couvert de 
taches en forme de nuages. 

'GvALTiERi , tab. 74. litt. A. B. C. Peclen tenais ^ 
firiatus i flriis raris ^ latis ^ deprejfis y aliquando ex 
alhido 6* nigro , aut piceo , ftu iivido , colore , mar-- 
moris infiar nitide variegatus ^punâiatus , faj datas aut 
r.ehulatus. 

MANTELET , periboîus. Nom que ÏVÎ. Adanfon 
donne i un genre de coquillage univalve , a caufe du 
manteau de l'animal. C'eft le dernier que l'auteur a 
obfervé au Sénégal ; il a beaucoup de rapport avec 
le pucelage & la porcelaine. Ce genre ell compofé 
de quatre efpeces qu'il nomme le potan , le faiier , 
le fimeri & le flipon. Voye^ ces mots. 

MAPPEMONDE , ou CARTE GÉOGRAPHI- 
QUE. Foye:^ Carte Géographique. 

MARBRE. Plufieurs Conchylioiogiftes appellent 
le marbre une coquille univalve du genre des buccins, 
que d'autres nomment la rave ou le gros navet de la 
Chine. V<''ye:^ Rave. 

MARNAT. Coquillage operculé de M. Adanfon,. 
du genre qu'il nomme la toupie. La coquille du mar- 
liât a la forme d'un oyoïde obtus , & comme coupe 



5!^ M A R 

oî-.'l'qucment à fii partie iupérieure, & terminé brufque- 
iMjni en une pointe trcs fine à rcxcrémité oppofée.Sa' 
lougueur ne paiïe pas fept ou huit lignes , & fà lar- 
geur efl d'environ cinq lignes , c eft-a-dire , moindre 
de moitié j elle eft très épaiiTe , &c formée de fix fpires 
applaties , peu renflées , peu diftinguées , & dont la fur- 
face eil bien luifante & d'un beau poli. Les deux pre- 
mières font d'une grandeur demefurée à l'égard des 
autres , qu'elles effacent prefque entièrement. 

Le fomniet eft prefque aufîl long que large , & un 
peu plus court que la première fpire. L'ouverture eil 
prefque ronde , & comme couchée ou inclinée fur le 
dos de la coquille. La lèvre droite entrouve plus des 
deux tiers de fa circonférence , qu'elle rend aiguë & 
d*uii tranchant extrêmement fin. La lèvre gauche pré- 
fente une farface plane , dont le bord eft aflèz droit , 
& un peu tranchant au dedans de la coquille. Le pé- 
rioile qui l'enveloppe eft membraneux , fort mince & 
peu fcnfible. Le fond de fa couleur au dedans eft brun- 
c?.viéy au dehors c'eft un gris plombé , quelquefois rou- 
geâtre , tout moucheté de petits points blancs difpofés 
f.v: plufieurs lignes , qui au lieu de tourner avec les 
îpires, les coupent obliquement. 

On n'obferve d'autres variétés dans la forme & la 
couleur de cette coquille , que celles que l'âge y occa- 
iHonnent. Les petites font plus courtes & plus larges à 
p.'oportion que Iqs grandes : elles ont aufn moins de 
fphe'; , & font prefque entièrement cendrées. 

M. Adanfon dit qu'il tient de M. Bernard de JufTîeii 
une coquille qu'en ne peut nier être de la même cf- 
pece. Ce célèbre académicien Ta reçue autrefois des 
côtes de la Chine & de Bengale. Elle ne ditTère de 
la noire que parce que fon fond plombé eft coupé par 
huit ou dix bandes blanches , fouvent ondées , qui 
ricnnent lieu de lignes ponftr.écs qu'on obferve dans 
celle du Sénégal. Voilà un exemple des variétés que 
drux climats Fort éloignés , mais peu différens , peu- 
vent caiîfer dans ia couleur d'une même efpcce de 
coqurlle. 



M A R 317 

Quand Fanimal fort de la coquille, fa tête paroit 
comme un petit cylindre tronqué à fcn extrémité , & 
renflé à fa bafe par une efpece d'anneau ou de bour- 
relet, dont la largeur égale la longueur. Des deux côtés 
de la tête & de fon origine , partent deux cornes co- 
niques , fort épaiffes , doubles de fa longueur, & qui 
paroifTent divifées en deflus par un fillon qui on. par- 
court la longueur. Les yeux font deux petits poinrs 
noirs qui ne faillent poin: au-deffus de la furface des 
cornes , à la racine delquelles ils font enchâffés fur leur 
côté externe : au-defious de l'extrémité tronquée de la 
tête , on apperçoit deux lèvres ovales , pendantes ëc la- 
térales , au milieu defquelles on diftingue un petit 
fillon longitudinal traverfé par un autre lillon placé un 
peu au-deffus , & dont le concours lui donne la lif^ure 
d'un T à tête courbe. Ceft proprement l'ouverture 
de la bouche , au fond de laquelle fe trouvent deux 
mâchoires, dont l'intérieure eix garnie de vingt-quatre 
dents qui , par le moyen du microfcope , paroilfenc 
difpofées en longs fur deux rangs fort ferres. 

Le pied de fanimal efl petit , elliptique , obtus 
à fes deux extrémités, ou prefque rond , S: prcfque 
une fois plus court que la coquille. Sa furface infé- 
rieure elt marquée de deux filions dont le premier, 
plus léger, le coupe longitudinalemen: dans fon mi- 
lieu; l'autre , plus profond, borde fon extrémité anté- 
rieure : en-deflus du pied vers le milieu de fa longueur 
eft attaché un opercule cartilagineux , fort mince , taillé 
en demi-lune ,poii & luifant en-delfus, & marqué lé- 
gèrement de plufieurs lignes courbes qui ont pour 
centre commun un point placé vers fon angle fjpé- 
rieur. 

La membrane, qui formé le manteau,eft fort mince , 
& tapiffe les parois intérieures de la coquille, elle laiiTe 
fur le col de l'animal , §c un peu vers le côté gauche , 
une ouverture par laquelle il jette fes excrémens. Par 
cette même ouverture il fait fortir une petite Îan5:^i:e 
charnue, triangui^iire , applatie , U'cis i'gif plus ion- 



?t8 M A R 

gue que large , que quelques auteurs ont prife paur 
la partie atfedée aux mâles. M. Adanfon n'a point eu 
occafion de vérifier fi cet animal étoit hermaphrodite, 
c'eft-à-dire , fi chaque individu réunifToit les deux 
fcxeSjOU s'ils étoient partagés entre diiFérens indi- 
vidus : car il arrive rarement qu'on le trouve en co- 
pulation ; mais l'auteur allure avoir obfervé cette 
p.irtie dans tous ceux qui lui ont palTé par les mains. 
Quoiqu'il en toit , cette languette porte fur Ton côté 
extérieur un oITelet pointu, fragile & blanchâtre, qui 
lui fert comme de Ibutien dans toute fa longueur. 

M. Bernard de Jufiîeu a fait voir à M. Adanfon les 
^eux fexes bien diftinguées dans un coquillage de lO- 
cc'an appelle vignot ou bigourneau , qui a un rapport 
très prochain avec le marnât du Sénégal , quoiqu'il 
n'ait pas comme lui de languette fur le côté. Cela fait 
foup^-onner que l'offelet, dont cette languette eft ar- 
rnée , cil une efpece d'aiguillon dont les femelles fe- 
roient pourvues aullî bien que les mâles , pour fe ré- 
veiller Se s'exciter mutuellement dans le temps de la 
copulation, comme il arrive aux limaçons de jardins. 
jLe corps du marnât eft d'un blanc-fale , traverfé en. 
delfus par un grand nombre de petites lignes noi- 
iârres. 

Ce coquillage eil: fort commun à la pointe méi-i- 
dionale de file de Gorée. Il cherche les rochers dé- 
couverts, & feulement ceux où la mer vient battre 
avec violence : car lorfqu'elle l'abandonne entièrement 
& qu'il fent un peu trop de féchereffe , il pourvoit à 
fa confervadon , en quittant le rocher & le laiffanc 
tomber à la mer ; puis il remonte de nouveau jufqu'à 
la hauteur où elle celfe de fe déployer. Il a recours 
au même artifice lorfqu'on le touche du bout du doigt, 
ou qu on veut finquiérer. 

Lister , Hifi:. Conchyl. tab. 583. fig. 33. Cochîea. 
fiiblivida^ nig'is lintis undaiis difiinciA, Ihieis inter- 
dhm nignoribus 6' miUib pluriùus j Barbadcafis 6' Ja- 
maiurijls. 



M A R ^i9 

GUALTIERI , tab. ^3- fig. N. Ccchlea îrodûfor- 
mis j Uvis , ex albido ^ rubro , & fubviridi perferiem 
iineata. 

Kleiu 3 tent. pag. 43. fpec. i. n. i. Saccus on 
intégra , fubli\idus , iineis nigris , undatis , difiinâus \ 

LiSTERT. 

MARON ÉPINEUX ou MARON D'INDE, wi 
CHATAIGNE EN COSSE. Concha bivalvis cor^ 
formis tuta extus alba , multis longis aculeis iruqu^i^ 
iibus armata ; forma fubrotundâ ; cûjhtnea fpvo'fii 
Indka injtliquâ , norninata, C'eft une coquille l>ivaîvc 
du genre des coeurs , ainfi appellée à caufe de fa forme 
arrondie & d'un grand nombre de longues épines dom 
fes valves font heriïïees: ces épines ou ces pointes qiii 
font plus ou moins aiguës, diftërentes les unes des aii- 
tres en longueur & en grofTeur , font creufées en 
tuyaux , arrangées fur dix ou onze côtes longitudi- 
nales , dont les cannelures interpofées , font garai£S 
de petits grains , ainfi que le plan latéral qui repié- 
fente le mieux un cœur. Cette figure en cœur eii în^ 
terrompue au milieu par un fîllon contourné , aïïez 
prononcé , & qui décrit en quelque façon une antre 
efpece de cœur. Cette bivalve eft ordinairement toute 
blanche au dehors, & d'un jaune foufré dans la con- 
cavité de fes battans. Sa charnière eft formée d'tine 
double moulure dans chaque valve , dont la plus grande 
efl garnie de cinq ou fix petites dents qui s'engrè- 
nent réciproquement , ainfi que les moulures cîans les 
alvéoles correfpondans des deitî valves. On trouve 
cette bivalve f.nguliere dans les mers des Indes occi- 
dentales & orientales. 

MARON ROTI. CockUa lunaris parva , apJce 
exerto y colore ex fufco nïgrefcente depicia ; ca/Ianea 
tofta appellata. Nom donné pai- M.d'Argenville à^ne 
coquille univalve du genre des limaçons à bouche 
ronde , de Telpece qui approche beaucoup de celui que 
Ton nomme communéajent vignot dans la haute Nor- 
mandie. Cç limaçon j qui eft arrondi, eft ccmpoft ie 



310 M A R 

cinq fpires élevées. Sa flirfacc extérieure cft nuée de 
couleur brune & noirâtre ou enfumée, chargé le plus 
fouvent de rides légères , longitudinales , lefquelles 
font quelquefois croifées par de petites ftries trans- 
verlales peu prononcées. L'ouverture eft ronde & en- 
tière avec une lèvre épaifTe & tranchante dans fon 
bord & un fût extérieur blanchârre. Ce petit limaçon 
cil de la même forme de celui que M. Adanfon ap- 
pelle le marnât , il eil quelquefois entouré de petites 
zones brunes , & porte tout au plus un pouce de haut. 
Koyei les mots Marnât & Vignot. 

M. d'ÂRGENviLLE , pL 6. lice. L. pûg. loy. Un 
limaçon a fond jaunâtre , avec des taches & des li- 
gnes d'un brun'- fale , ce qui le rend femblable à un 
maron rôti , dont il a retenu le nom. 

MARTEAU. Ofireum divifum , duplici brackîo 
kori^o.'itdiicer extenfo , excus atro colore purpureo ni- 
g-ejceas , incus nitore margaritifero & plambeo fplen- 
de.is j milleiis brackiatus appellatum. Nom que les 
Coachyliologiftes donnent à une coquille bivalve du 
genre des huitres. Cette efpece, dont la figure eft fin- 
guiiere & extrêmement ^arro que , repréfcnce afiezbien 
\\A rdans fa forme pliée & plus ou moins courbée dans 
£?L longueur. La partie fupérieure de l'huitre qui fedi- 
vife en deux branches réciproques de deux côtés comme 
un marteau de couvreur ou une enclume , efl de ni- 
veau, tandis que le refte de la coquille s'allonge en 
manière de manche, en obfer /ant une même largeur juf- 
qu à Ton extrémité qui eft obtufe & arrondie. Les deux 
bras latéraux font droits dans un plan horifontal, mais 
il y en a toujours un plus long d'un côté que de l'au- 
tre. Les bras de la valve fupérieure s'engrène par- 
deiïbus les bras de la valve inférieure; la charnière, 
qui occupe le milieu, eft formée d'une efpece de dent 
triangulaire, garnie elle-même en bas d'autres dents 
très fines & peu fenffbles, correfpondantcsd de petites 
C:V/ités de mèinc forme dans 1 1 valve oppofée : à côté 
de cette chArnierc fc trouve une profonde échancrure 

obli<.pe 



M A R 521 

^îiqoe dans les deux battans, dans laquelle eft fitué le 
ligament. La furface extérieure du marteau eft d'une 
couleur obfcuie , pourpre , noirâtre. La furface inté- 
rieure montre, dans l'endroit où réfide l'animal, une 
nacre plombée , tandis que le reftc cft de la même cou- 
leur que le dehors. L'inégalité des pourtours des val- 
res n'empêche point qu'elles ne fe rapportent avec 
beaucoup de jufteffe. Elles font épaiffes dans certains 
replis plus que dans d'autres, & ces valves fontcom- 
pofées de lames ou de feuillets longitudinaux dans 
poute l'étendue de la coquille, de manière qu'il fe trouve 
des vuides dans le teft comme dans un gâteau feuilleté. 
L'huitre â deux bras , ou le marteau , peut avoir jufqu à 
(îx pouces de longueur : celle qui eft dans la colledion 
de l'auteur, a cette étendue, fur un pouce & demi de 
largeur , tandis que l'extenlîoii des bras furpaffe de 
quatre lignes la longueur des valves : elle vient de la 
Chine ou des Indes orientales. Les Conchyliologiftes 
diftinguent plufieurs variétés du marteau : favoir , celles 
que l'on nomme l'équerre ou la bigorne & la cuiiTe , 
dont elles différent néanmoins par la charnière. Voye:^ 
ces mots. 

RuMPHius 3 tab. 47. litt. H. Oflreum dlvifum. 
Holl. Meshamer, poolsche hamer , Indianfche kris, 
eertyds kruys-doublet ; le marteau-couteau, ou le mar- 
teau tranchant , le marteau polonois , la béquille des 
Indiens , autrefois le crucifix ou la croix bivalve. 

GuALTiERi, tab. 51e. litt. D. Coucha longa bradhia- 
ta^duplici brachio^ ucrinque reâd extenfo^ externe terreo 
colore obfcara , interne atro plumbeo nitore fplendens, 

M. ^ Argenville y pi. ip. lett, A. C'efl: un des 
plus curieux coquillages que la mer puiffe fournir : il 
eft appelle le marteau. Ses replis, fa longue queue, & 
les deux parties d'en-haut qui s'étendent comme deux 
bras , forment la figure d'un vrai marteau. Sa couleur 
brune , qui tire fur le violet , eft affez diftinguce. Malgré 
4a bifarrerie des contours de fes écailles , on eft étonné 
de la Jufteffe avec laqi^^lle elles fe joignent > 

Tome IL X 



jii MAS 

MARTELÉE , ou VIS MARTELÉE. Fvyei Vit 
Martelée. 

MASIER. Nom domié par M. Adanfon a un co- 
quillage operculé du genre du vermet : c'eft U plus 
grande efpece que l'auteur ait obfervée au Sénégal, elle 
el\ aufll extrêmement rare. Elle ne fe trouve qu'aux 
environs du Cap verd où elle vit folitairement. Sa co' 
quille efl: fort épaifle , longue d'un pied, large de huit 
à neuf lignes , marquée de vingt cannelures longitu- 
dinales , extrêmement fines, & tournée fur elle-même 
en trois fpires afiez irrégulieres , dont celles du fom- 
met le trouvent au-deïïbus des autres. Son ouverture 
ne s'élève pas au-deffus des fpires. Elle eft grife , fauve 
ou couleur de chair au dehors , & couleur de corne zm 
dedans. 

Aldro van d us , Exang. 561. Tuhulî nid in qui-' 
bus verrKs delitefcunl* 

RuMPHivs , Muf.pag. 116. tah. 41. litt, L. 
Langius y Meth. pag. 5. Tuhulus hïflort&formis^ 
M. d'/^i?Gir:vr/i.i£, Vermiiïeau des mieux contour- 
nés , de couleur de chair en quelques endroits , & blanc 
dans le refte. 

MASSUE D'HERCULE. Vurpnra longîs fpinis 
in duplici vd triplici ordine vel amplius difpojïtis , ar~ 
înata ; canaLi elongato & rofirato difiinciu j Herculis 
clava appellata. Coquille univalve du genre des pour- 
pres épineufes , ainh appellée à caufe de fa forme. Le 
earadere fpécifique de cette coquille eft d'avoir le 
corps arrondi , chargé de fix ou fepc côtes longitudi- 
nales un peu applaties , terminées dans leur étendue 
en forme de lames , & armées chacune de deux ran- 
gées circulaires de longues épines pliées, entr'ouvertes 
cc quelquefois de trois rangées , mais rarement ; ces 
épines garniffent pareillement les premières [fpires de 
la volute qui efl: ordinairement élevée , & quelquefois 
un peu comprimée. L'extrémité oppofée fe prolonge en 
un long canal en forme de bec plus ou moins droit ou tor- 
ïueux^chargé vers le miliou d'une OU pluûeurs rangées dç 



MAS 315 

pointes plus courtes que celles qui environnent le 
corps de la coquille. L'ouverture eft elliptique , avec 
«ne lèvre tantôt mince , tantôt en bourrelet & dente- 
lée. La columelle extérieure forme une faillie qui de- 
vient une féconde lèvre parallèle à la première. La 
couleur des malTues d'Hercule eft tantôt grisâtre-fauve- 
clair, tantôt d'un blanc fali, fafranné, & quelquefois 
couleur d'ardoife.Ceft pourquoi les Concliyliologiftes 
diftinguent la grande mafTue d'Hercule , l'efpece de 
l'Amérique à pointe courte , les malliies de la mer 
Méditerranée parmi lefquelhs on diftingue l'efpece a 
trois rangs de pointes. Fcye? ces mots. 

MASSUE, dite GRANDE MASSUE D'HER- 
CULE. Purp-ura magnis & validis fpinis incurvis ar- 
, mata ; elaviculâ fatis deprefsâ ^ forma maxime ventro^ 
jfl, canali longo duplicker plurimis aculeis munito , 
infignita ; Herculis clava major diBa, Cette coquille 
«nivalve du genre des pourpres peut avoir jufqu à fept 
pouces de longueur fur trois & demi de largeur, dans 
le corps de la coquille qui eft arrondi & extrêmement 
îrenflé , il eil chargé de forces pointes courbes & fort 
longues , difpofées en deuX rangs circulaires fur fix 
côtes longitudinales plus ou moins applaties. Ces 
pointes ne fe peipéxuent point ordinairement fur les 
(pires de la volute. On peut lui en compter cinq ou lix: 
comprimées, mais qui font chargées de lames piices, 
Dccaiîonnées par le prolongement des côtes longitu- 
dinales, & dont les intervalles forment un fiUon pro- 
fond qui tourne avec les fpires. Le canal , quoique tréfc 
long, n'efl: point fort à poportion du volume de la 
coquille ; il eft tantôt g^rni de plulieurs pointes arran- 
gées ça & là dans fon étendue , & tantôt ces pointes 
font difpofées en deux rangées. Toute la furfice de 
cette pourpre eft raboteufe avec des ftries circulaires 
plus ou moins prononcées , & tonte fi couleur eft blan- 
châtre ou fauve-clair. La grande mafllie vient des mers 
des Indes. 

CujLTlERljXdh. 30. li::. D. Purpura reEilroflrâ^ 



5t4 MAS 

major y âzuleis longisy validis & incurvis armata j aï- 

hidd , aiiqaando rufefcens. 

MASSUE D'HERCULE DE LA MÉDITER- 
RANÉE. Purpura longis fpiràs in cojiis 6* in corpore 
dupUcicer armata ; canati bifido & in uno ordine fpinis 
exafperato infignis ; clava Hcxulis ex mari Méditer* 
raneo. Cette efpece , dont la coquille eft ordinairement 
mince, porte lix ou fept côtes longitudinales fur le 
corps du teftacée , garnies chacune de deux rangs de 
pointes de cinq ou iix lignes de longueur , creuCes & 
emr'ouvertes , lefquelles fe perpétuent & forment une 
rangée fur les trois ou quatre premières (pires de la 
volute qui eft élevée & terminée par trois autres fpires 
ou un fommet alfez aigu. L'extrémité oppofée fe pro- 
longe en un canal ouvert , mince , en forme de bec , 
bifourchu , & chargé vers le milieu d'une rangée obli- 
que de pointes. L'ouverture eft: aiïèz grande , bordée 
d'une lèvre quelquefois mince & tranchante , quelque- 
fois dentelée, & en bourrelet. Toute la furface exté- 
rieure , qui eft à ftries tranfverfales , eft grisâtre un peu 
fauve , & quelquefois jaunâtre ou bleuâtre. Ces fortes 
de pourpres, qui fe trouvent dans la Méditerranée, va- 
rient par l'épaiiTeur de la coquille , par l'élévation des 
pointes, par les fpires plus ou moins comprimées, & 
pourvues d'épines, ainfi que parleurs diverfes couleurs 
qui font peu intéreftàntes. On rencontre quelquefois 
les malTues d'Hercule avec leurs opercules ordinaire- 
ment noirâtres , & d'une fubftance cornée ou cartila- 
gineufe.Il arrive quelquefois que le corps delacoquille 
porte trois rangées d'épines au lieu de trois , ce qui eft 
extraordinaire. 

Rondelet y de Teflaceis , lib, z, pag. 6^. donne 
Ipécialement le nom de pourpre â la mafTue d'Hercule. 
C'eft celle , dit ce Naturalifte , que Ton appelle dans 
le Languedoc bw-^e:^ , par corruption du mot murex , à 
Venife ognelh , à Gènes roncera y à caufe de fes épi- 
nes. Notre pourpre, ajoute Rondelet , eft de !a grof- 
ieiif d'un œuf quoiqu'on en trouve ailleurs de beau- 



MA S 'jty- 

coup plus grandes. Sa coquille eft ridée , âpre ou rude, 
d: couleur cendrée , quelquefois fauve ou d une cou- 
leur grife tirant fur le verd, & boueufe en -dedans. 
Elle eft torfe dans fes circonvolutions & garnie de 
pointes en manière de clous , arrangées régulière- 
ment ; celles qui occupent le milieu de la coquille , 
font beaucoup plus longues que les premières , de là 
vient que Pline l'a nommée la pourpre à clous; il y en a 
prefque fept depuis rarrondifîèment de la coquille juP 
qu'aux autres contours. Cette pourpre porte un long 
bec creufé en canal ou en façon de tuyau par lequel on 
croit que fort la langue de l'animal. L'ouverture , qui 
eft ronde, eft en- devant avec un opercule. Purpura 
Hofiras ovi eft magnitudine j non nego alibi multb ma" 
jorem reperiri. Tejia rugata , afpera , cinerea , fz//- 
quando fiavefcente ^ aliquando ex viridi cinerea y intus 
luieo colore : in anfracius contorta eft* Aculeis velut 
clavis ordine difpojitis munita , prïmis rninoribus, me- 
diis longioribus multb , unde Plinius clavatam ejfe pur-, 
puram dixit j ad turbinem ufque aculeis in orbem fep- 
tenis fere. Roftro eft longo , tubuli modo excavato per 
quod linguam exerere créditas. Ante idforamen rotun- 
dum operculo intecium. 

AldrovANDUS ^ deTeftaceis ylib. ^. pag, 184. 
appelle la maffue d'Hercule , Purpura mucronata feu 
pluribus mucronibus horrens, 

• RuMPHius , tat». ^6, n. 5. Hauftellum'\ le pui- 
foir ; HoU. Gedo-orende fuippe-kop j la tête de bé- 
cafTe entourée d'épines, 

GuALTiERi , tab. 30. litt. F. Purpura recHroftra^ 
umbonata , ftriata , aculeis reSiis , & acutis armata , 
albida. 

M. Adanfon a donné le nom de Bolin à une efpece 
de mafTue du Sénégal qui diffère peu de celle de la Mé- 
diterranée. yove:^ Bolin. 

MASSUE D'HERCULE A POINTES COUR^ 
TES. Purpura aculeis brevibus munita , ftriata , co- 
lore Velfubalbido *vd fiayefccntc , clava Herculis amC" 

X iij 



^ig M E t 

ricana nominata. Cette efpece , qui vient cîe rAméri-^ 
que , eft à ftries tranfverfales bien prononcées ; les deiqç 
rangées de pointes , qui font difpofées fur les fix cétes 
longitudinales , font fort courtes & ne forment pour 
la plupart que des tubercules. Le canal, prolongé en 
forme de bec, ne préfente vers fon milieu qu'une ran- 
gée oblique de peciiS tubercules. Toute ù\ furface ex- 
térieure eil: grisâtre & fauve. Cette pourpre a une va- 
riété dans fon efpece qui eft blanchâtre. 

RuMPHlus , tab. zé. n. 4. Sptcies haufielli ; Holl. 
Getakte fnippe-kop; la tête de bécafïe branchue ou 
rameufe. 

MATADOA. Coquille bivalve ainfi appellée pat 
M. Adanfon , & que l'auteur a rangée dans le genre 
des tellines. Cette efpece eft fort rare : on l'obfervc 
vers l'embouchure du Niger. Sa coquille eft triangu- 
laire, femblable à celle du tivel , mais moins large & 
moins applatie fur les cotés qui regardent le fommet. 
Elle a un pouce & demi de longueur. Ce qui la diftin- 
gue de toutes les autres tellines, ce font quarante à 
quarante-cinq petites cannelures tranfverfales qui font 
répandues fur toute fa furface parallèlement à fa lon- 
gueur. Son fommet n'eft pas placé exadlement au mi- 
lieu de fa largeur , mais un peu au-deffous. Sa couleur 
eft blanche , & quelquefois jaune tant au-dedans qu'au- 
dehors , fur-tout vers le fommet. 

RuMPHius y Muf. pag. 13^. art. 5. & pag. 140. 
art. 1 5. iîg. A O. Chama circinata , Malaïcenfibus^ 

Langius j Meth. pag. 70. Chama inéiquilatera j 
tranjverfim ftriata. 

Klein , Tent. pag. ifi.fpec. i. Chamelca circi- 
nata yjive concentrice Julcata bia matta doa ; ferè ellip- 
tica , plana J micis fubviridibus , velfuliginofis ^ Jïve ni- 
gricantibus confujis albo mixds , circa cardines per duas 
apenuras , velut oculus , aquam proj iciens inappreken* 
furos ; RuMPHii. 

MELAR. Coquillage operculé du genre du rou- 
leau. Cette féconde efpece , dit M» Adanfon, fe plaît 



M Ê L' ji7 

aînfî que la première nommée famnr , fur les rochers 
du cap Bernard ; l'animal n'en diffère qu'en ce que fon 
pied eft aufîi long que fa coquille. Elle a une fois plus 
de longueur que de largeur , & fon grand diamètre eft 
de deux pouces & demi. Cette coquille n'a que dix 
fpires parfaitement femblables à celles du jamar : mais 
elles font traverfées par un grand nombre de petits fi- 
lets très ferrés. On compte depuis quatre-vingt jufqu a 
cent de ces filets dans la première (pire. Le fommet a 
deux fois plus delargeur que de longueur j celle de fon 
ouverture eftfjptuple de fa plus grande largeur. Cette 
coquille efc quelquefois d'un beau blanc , & (ouvent cou- 
kurde chair , marbrée de grandes taches brunes non in- 
terrompues dans quelques-unes , & divifées en trois 
bandes. C'efl: de là qu'elle a pris le nom d'écorchée , 
fous lequel elle eft connue dans la plupart des cabi- 
nets. 

Lister , Hift. conchyl. tab. 75f.fig. 7. Rkàmius 
cylmdtopyramidaUs , fîriis capillaceis pun£iatisque cïr- 
cumfcriptus , clav'iculâ intégra. 

Ejufdem , tab. 760. fig. 6. BJiombus cylindro pyra^ 
midalis ex rufo nebulatus , ftriis capillaceis donatus , 
claviculà fulcatâ. 

Ru MF H lu S , Muf. pag. 103. art. 5. tab. 31. fig. F. 
VoliLta tygerina. 

PettveRj Gazoph. vol. 2. cat. 14^. tab. 5)8. fig. 9, 
Cylindrus moluccenjis , craffus ^ carneus y fafdis capil'' 
laceis fufcis. 

M. à\4RGE.vviZLS ,pag. 10^. Rouleau , qui' pat 
fon fond couleur de chair , approche de la couleur 
d'une écorchéc dont il a pris le nom. Ce fond eft tra- 
verfé de grandes taches brunes , & rayé par-tout légè- 
rement. 

GuALTiERT ^ tab. té. litt. D. CochUd longa pyri- 
formis intorta , intégra j ba/t fulcata , ftriis minimis 
donàta , ex albido purpurafcens ; colore hehaceo , feu 
rufo neoulata, 

Klein , tem. pag. 71. fpce. 2, n. 2. Conusy vohtVA 

X iv 



^5iî? M E -N 

tygerina , bafeoi muricatst, anguftioris ; fpiris fulcatis \ 
ventre longo , fabtiluer Jlriato , tuberculis caflaneis , 
f&pe nigrïcamibus , fupir albo & rubenti \ Rumphi ■ . 

MELON, ou GONDOLE proprement dite. Foy. 
Gondole. 

MENNONITE , ou VOLUTE MENONISTE 
ou ANABATISTE. On nomme ainfi en Hollande , 
félon Rumphius , une coquille univalvc du genre des 
cornets ou volutes coniques qui eft connue en-France 
fous !e nom de cierge blanc. f^oye:( Cierge blanc. 

MERE PERLE', ou HUITRE A LA PERLE 
ou AUX PERLES. OJîreum fukrotundum , fatis de- 
prejjum 3 extîis colore cïneraceo aliquando viridefcens , 
intus nitore argemeo fplendens'^ mater perlarum , feu. 
coucha fâcundd ^ margaritifera ^ tiominatum. Coquille 
bivalve du genre des huitres , ainfi appellée parce 
qu elle produit & renferme des perles dans fes écailles. 
Les Latins difent mater unionum ^ à caufe qu'on en 
trouve quelquefois plufîeurs adhérentes les unes aux 
autres , concfia indica margaritifera , la conque" perlée 
des Indes ou les pêcheurs lui donnent le nom de ber- 
•beri : on l'appelle en Italie madré de perle , en Alle- 
magne perle-mutter ou perlemufchel , & en Hollande 
perel-fchulp-doublet. Sa forme eft arrondie dans les 
deux tiers de fa circonférence , & prefque applatie , 
c'eft-i-dire , peu convexe. Les valves s'étendent d'un 
côté vers les fommets en manière d'équerre , en for- 
mant chacune une efpece d'aile ou un large oreillon. 
Toute cette partie fupérieure eft beaucoup plus épaifle 
que tout le refte de la coquille , principalement du 
côté de l'échancrure qui eft oppofé â celui de l'oreillon, 
Ç'eft dans toute l'étendue de cet oreillon où fe trouve 
un fort ligament chatoiant comme la plume de paon , 
& avec lequel on fait la pierre , dite pierre de paon , 
quoiqu'improprement dite , ainfi qu'avec des ligamens 
de plufieurs autres bivalves. L'huitre mère perle pa- 
roît dépourvue de charnière â moins qu'elle ne con- 
fifte dans une forte apophyfe fituée dans les battans à 



M E N ?i^ 

côté (îes fommets ou tk la i^randc échancrure. Toute 
Ja furface extérieure de cette fuitre eii lan-elkufe ou 
c'caJIleufe , grisâtre ou de couleur feuille morte j mais 
Jorfqu'on fupprime toutes ces couches écailleufes , on 
découvre par degrés une très belle nacre jouant toutes 
les couleurs de-l'arc-en-ciel, dorée & rembrunie vers la 
circonférence des valves. La nacre, qui brille intérieu- 
rement , eft argentine , montrant vers la réfidence & 
l'attache de l'animal des perles de diverfes figures plus 
ou moins rondes. Lorfqu'elles font adhérentes, elles 
ne forment que des loupes de perles. L'huitre mere- 
perle peut avoir plus de Gx pouces de diamètre , & fe 
trouve dans les mers des Indes. 

Les Naturaliftes appellent meres-perles flériles, les 
cfpeces dans lefquelles on en trouve fort rarement , & 
qui ne diffèrent de celles-ci que par leurs volumes 
moins grands , & leurs couleurs rembrunies «Se rayon- 
nées de blanc. Les Conchyliologiftes ont donné à 
cette variété de la mere-perle le nom de pintade. Voye:;^ 
Pintade. 

Rondelet y de Teftaceîs , lib, i»pag. 3 3 . nomme 
l'huitre merle-perle. Concha mater unionum feu -perla- 
rum. Elle eft grande , dit l'auteur , épailfe , moyenne- 
ment concave , & de la figure des bivalves appellées 
peignes; car elle porte un oreillon d'un côté, & des 
petits trous qui ne percent point 3. jour , & efl arron- 
die à l'autre extrémité. Au-dedans elle montre une na- 
cre argentine très brillante , tandis qu'elle efl jaunâtre 
au-dehors. Concha h&c magna efi , jpijfa , moaice cava 
figura peciinum Amula ; unâ enim parte aurem habet 
6' foramina parva qu& non permeant ; altéra rotunda 
eft : argentei coloris 6' fplendoris maxime in interna 
parte , externa nonnihil flavefcit. 

Rondelet fait mention de ce que dit Athénée de la 
mère perle d'après le récit d'Androfiene , touchant les 
coquillages qu'il a trouvés dans les Indes , & qui ne fe 
trouvent point dans la Méditerranée , qu'il y croît une 
cfpece particulière, parmi un grand nombre d'huicres , 



5 5© MER 

6 une forte de pourpre qu'on appelle berberi, dans la- 
quelle la perle prend naiflance, qui eft d'un grand prix 
en Afie, que l'on vend en Perfe & à tous les Orientaux, 
au poids de l'or. Cette huitre reflemble au peigne au coup 
d'œil ; elle eft plate , fans ftries , épaifTe , avec des oreil- 
lons d'unfeul côtéySc fans en avoir de chaque côté comme 
les peignes. Androfihenes in navigacione Indu fcribit 
turbinum & choeriorum,& aliarum concharumformam ibi 
longe aliam ejfe quam apud nos, Ittic & purpuramnafci & 
c&terorum ojlreorum magnum numerum. Sed inter alla 
peculiare Id eJfe quod berberi vacant y in quo margarita. 
gemma nafcitur , magni pretii in Afia, venditurque Per- 
Jis ^ nationibus quA ad Orientemfpecîant, pari aura 
repenfo, Ofireum afpeciu peêîini fimiU eft. Concha non. 
ftriata fed plana ^ fp'^Jf'^-> ^on utrinque aurita peéiinis 
modo , fed altéra tantum pane. 

Aldovandus i de Teftaceis , lib. ^.pag. 418. & 
41 9. fait meution de plufieurs efpeces de meres-perles 
qu'il nomme , concha margaritifera argentea , & con" 
cha margaritifera colore rubro flammeo cum rudimento 
perlarum^& altéra cum lecio margaritarum. Ce Natura- 
lise rapporte qu'on en mange l'animal cuit ou crud 
dans les Indes , & que la chair en eft aufll agréable 8c 
aulTi bonne que celle de nos huitres communes ; que 
les habitans mettent leurs écailles en ufage pour divers 
ornemens très beaux. Les Chinois gravent defTus des 
différentes fleurs ou d'autres figures pour en faire des 
bijoux de parade dans leurs maifons , ils en font auili 
des colliers , des manches de couteaux , &c. Les val- 
ves des huitres meres-perles font auflî en ufage en Eu- 
rope chez les tabletiers , les évantailliftes , & pour 
d'autres ouvriers en bijouterie. Koye^^ le mot Nacre 

DE PERLE. 

RuMPHius , tab. 47. litt* F* Holl. Paarlemoer 
fchulp , tafel bordje , zilvere piering , of honds-oor j 
la coquille de nacre de perle , l'afllette ou le niédaillon 
d'argent ou l'oreille de chien. 

GuALTiERi y tab. 84. litt. F. Coneka vdvii a^ua- 



MES iu 

l'ihiLS in&quUatera, mediocriter , vel leviter umbonuta ^ 
& recîa incurvata , fubrotunda , tanùllum rugofa , 
card'me ex uno latere alato , in dorfo lurido colore in- 
fecta , intus argemea y & adhuc ciim fplendidijftmâ 
unione confpicua j concha margaricifera di5îa, 

M. ^lArgenville^ pag. 175. dit que l'huitre s'ap- 
pelle mère - perle , quand elle renferme ce précieux 
ornement , qu'il s'en fait une grande pêche dans le 
golfe perfique. 

MESAL. Coquillage operculé du genre que M. 
Adanfon nomme le cérite. La coquille du Mefal ref- 
femble infiniment à celle du ligar ; mais elle n'a guère 
plus de deux pouces & demi de longueur. Ses dix-fept 
à dix-huit fpires font aufTi entourées de cinq à fix can- 
nelures , mais 11 fines qu'elles femblent autant de filets 
fort écartés les uns des autres. Le dernier ou les deux 
d'en bas font fouvent un peu plus gros que les autres. 
Le fommet ne furpafTe que trois fois la longueur de la 
première fpire. L'ouverture n'eft pas tout-à-fait ronde, 
mais un peu allongée. Sa lèvre gauche pai-oît repliée 
comme une petite plaque fur la féconde fpire. Le 
fond de fa couleur ell quelquefois blanc , mais ordinai- 
rement d'un agathe fort clair* 

BoNANNi ^ Recr. pag. 116, clafT. 3. n. 13. Turbo 
Uvis y in mari Adriatico frequens y fubtilijjimis crenis 
crifpatus , colore lapidis tiburtini , tribus fupra decem 
vrbibus licet mole parvus , extenfus, 

Ejufdem, n. 24. Turbo altermole major decem tan-* 
ium orbibus finitus , valdc tumefcentibus , omnino /<e- 
vigatis , colore marmoreo fubalbido , & aliquantulum 
retufiatejlavefcente. 

LisTer , Hift. conchyl, tab, 5^1. fig. ^6. Cochlea 
albida , ad imum quemque orbem unâ vel altéra ftriâ 
majufculâ, 

LANGius^^tlh., pag. 47. Turbo integer y vulgaris j 
Uvis. 

Kleik , Tent. pag. zp. fpec. 2. B. n< i. a. S trom- 
pas cockloïdes fpiris torofis Jtriatis i tibaninus , fubti^ 



5 51 M I G 

lijjîmîs crenrs crifpatus , colore lapîdis t'iburtini , ex 
man adàatïco \ Bon.4i^ni. 

EjulHem, ibid. 6. Strombiis cochloïdes ^ fpiris tor- 
fis (iriatis ; carminatus , albidus y ad imam quemquc 
orbem unâ vel altéra firiâ majufculâ ; ore rotundo , 
parum ad Jinijiram labiato \ LtsterI. 

MIGA. M. Adanfoii appelle ainfi un coquillage 
operculé du genre des pourpres à canal court , échan- 
cré & replié en dehors. La coquille du miga, que l'au- 
teur ne croie pas être figurée ailleurs , n'a que neuf 
lignes de longueur. Ses neuf fpires font arrondies , 
renflées & relevées de dix à douze côtes prefque pa- 
rallèles à fa longueur , couchées cependant un peu fur 
le coié, & de gauche a droite. Elles font encore mar- 
quées d'un grand nombre de petits filions qui tournent 
avec elles , & qui coupent toutes les côtes à angles 
droits. Ces filions font au nombre de vingt dans la pre- 
mière {pire , de dix dans la féconde , &c. Le fommer 
efi: de moitié plus long que large , & de moitié plus 
long que l'ouverture. Celle-ci cH: prefque ronde, à 
peine un quart plus longue que large. Elle a dans fa 
partie inférieure un petit canal fans échancrure , formé 
par une petite dent élevée fur la racine de la lèvre gau- 
che, qui elle-même n'eft que légèrement ridée vers ùt 
partie fupérieure. La lame, qui la recouvre, ne s'étend 
aucunement fur la féconde fpire. Son bourrelet eft af- 
fez lifle & fans cannelures. La iévre droite efl: garnie 
<ie quinze dents femblables à quinze longs filets , & 
bordée d'un petit bourrelet comme l'eipece précédente» 

On remarque une grande variété de couleurs dans 
cette coquille. Il y en a de blanches, de gi'ifes, de 
jaunes, de fauves, de brunes, de couleur de chair, 
de gris de-lin & de violettes. L'auteur en a vue de cou- 
leur de pourpre. Il n'y a que celles qui font blanches 
ou fauves , qui admettent un mélange des autres cou- 
leurs j on voit fjr quelques-unes du brun ou du bleu 
difrribué par bandes ou par marbrures. Cette efpece eft 
fort commune dans les rochers du cap Bernard, près 
riiie de Corée. 



MIL 555 

ÎWILLEPEDE , ou ROCHER A MILLEPIEDS. 

Murex alatus pedidû^ylus j Jeu milUpeda decem digi- 
tis in labro alato munita \ tuberofa , (éviter tranfver^ 
Jïm ftriatu j clbo colore & rufo varieg^ta. Coquille 
univalve du genre des rochers ou murex ailés 5ainfi ap- 
pellée , parce que Ta lèvre eft garnie d'un plus grand 
nombre de pactes que celle des autres araignées donr 
celle-ci ell une efpece. On peut lui en compter dix , y 
compris le canal qui termine la columelle & la lèvre , 
& fans comprendre trois ou quatre faillies que l'on dif- 
tingue vers le bas de cette lèvre. Ces pattes font beau- 
coup plus longues vers la volute en furpafl'ant même 
fon fommet plus que toutes les autres , lorfqu'elies 
font prefque fermées ou un peu entr'ouvertes. Les 
Conchyliologifbes Tappellent le miilepieds mâle , au 
lieu que quand il arrive que ces pattes font plus cour- 
tes , &i ouvertes avec une lèvre ailée plus mince \ elle 
acquiert la dénomination de la millepede ou miilepieds 
femelle ; afin de mettre une certaine diftindion entre 
ces variétés de i'efpece. Toute la furface extérieure de 
ces murex eft marbrée de blanc & de fauve-roux , char- 
gée fur le dos de trois gros tubeixuIeSj & de ftries fines 
tranfverfales. La volute en pyramide eft compofèe de 
fept fpires , dont les trois premières font élevées en 
doucine , couronnées de tubercules , & les quatre au- 
tres fort petites , de vive-arrête & fans tubercules. 
L'ouverture , qui eft longue & aftez étroite , eft bordée 
par l'intérieur de la lèvre , & une columelle extérieure 
garnie de ftries tranfverfales blanches fur un fond 
pourpré. La coquille millepede ou le miilepieds peut 
avoir jufquà prés de quatre pouces & demi de lon- 
gueur fui- deux pouces & demi de largeur en y com- 
prenant l'extenfion des pattes. 

RuMPHîus appelle le miilepieds mâle, Cornuta. 
millepeda. Hoîl. Duyzent-been j la mille-jambes , 
tab. ]6, li:t» /. 

M. d'^RQENViiLE ^ pL 15. Ittt. B ^ a fait re- 
préfenter refpece femelle: c'eft l'araignée, appellèç 



5 H MIN 

milUpedd , par le nombre des pieds qu'on voit au 
pourtour de ion aile qui eft fort étendue j le corps eft 
tout rempli de boiïes & de tubercules ^ & la queue eft 
allongée &c recourbée j la tête ne laifTe pas de fe dé- 
couvrir affez diftindement. 

MINJ AC. Nom malabare , que M. Adanfon a con- 
fervé a un coquillage operculé d e Ton genre des pourpres 
à canal court, échancré & fimple. Sa coquille a beau- 
coup de reflemblance avec celle du tefan, tant par fes 
couleurs que par ta légèreté & fou peu d'épaifleur ; 
mais fa forme eft prefcjue ronde. Sa longueur, qui eft 
de deux pouces environ , excède à peine fa largeur 
d'une quatrième partie : elle eft plus tranfparente , elle 
n'a que fix fpires qui différent de celle du tefan , en ce 
qu'elles font diftinguées par un large & profond canal. 
Leurs cannelures font plus étroites , plus relevées , ar- 
rondies & fcparées les unes des autres par un efpace 
plus grand que leur largeur. La première fpire en a 
quatorze , U féconde en a trois , & les autres beau- 
coup moins. Ces cannelures font en creux dans l'in- 
térieur de la coquille, & féparées par autant de paires 
de filets ou de petites côtes qui égalent leur lar- 

Le fommet eft conique, pointu, mais fort applati, 
deux fois plus large que long, & trois fois plus court 
que l'ouverture. La lèvre droite eft un peu plus évafée 
que celle du tefan ; elle n'a que quatorze ondes fur fes 
bords. La lé\'re gauche a aufïï un ombilic; mais il man* 
que dans le plus grand nombre. Cette coquille eft en- 
Teloppé d'un périofte aiïez épais, oui lui communique 
fa couleur roufiatre. Lorfque ce périofte eft enlevé , 
elle paroit d'un fort beau blanc , taché de quelques 
points fauves & quarrés , diftribués fur les cannelures 
a une grande diftance les uns des autres. ^ 

Belom y Aquat. pag. 5S3. Tenia nautili fpecies 
ah ArifloteU prodita. 

Rondelet , Pifç, Ub. i. pag. lo^. ÇçchUa ru- 
gofa & umbilicata. 



M I N 355 

JONSTON j Exang. tab, lo. fig. 9, Cochlea ru- 
gofa. 

BoNANNi, Recr. pag. 115. clajfT. 3. n. 16. Co- 
chlea nivea , e papyraceu fubftantia vcliui compacia , 
at nonpiiçatili 3 femi-circularibus canalkuLis diflincia , 
inter quos firiA fcre plan& maculis flavis teJfellatA. 

Ejufciem; , ibiti. nuip. 17. Cochlea fuperiori crajjior , 
eodem modo canaliculata , Jimilifque notis diflincia , 
ore valde lubrojo ^ & valvulis coronato , in cujus ex- 
tremitate foramen profundum : e ficulo mari. 

Ejufdeni , jbid. pag. 116. n. 25. Cochlea cum prA- 
cedente converuens in firi^is & maculis ^ at baji pla- 
niore : Indi& orientalis. 

Lister, Hiir. Conchyl. tab. 85?^. fig. 15». Bucci" 
num ampiillaceum^ tenue , rojîro leviter Jmuojo , flrïïs 
raris , torofis , valdc extantïbus maculaùs circumda- 
tum ; ex freto Malava. 

RuMPHius y Muf. pag. 9Q, tab. zy. fig. A. Cochlea 
flriata , five olearïa : bia minjac Malabar orum. 

KiRKER , pag. 450. n. 16. Cochlea nivea & pat 
pyracea fubftantia , &c. utfuprà Bon AN ni, 

Ejufciem, num. 17. Cochlea Juperiori cra(Jior ,&c, 
ut fupra BONANNl. 

Ejufciem, num. z^. Cochlea cum pracedente j &c. 
ut fupra, 

Petiver , Gazoph. vol. 1. cat. 255. tab. ^57. 
fig. ii,Perdicea luionis , globofa , cojlis elatis ma- 
culât is. 

Z^ArG/£^5 jMeth.pag. 14, Cochlea canaliculata recla, 
cra/flor,vul^arii^umbonata , flriata firiis canaliculatis ^ 
& in fummitate fuâ fulcata , canaliculo rugofo & quaji 
in fe contorto. 

Ejufdem, pag. i6, Cochlea canaliculata , exîrcrfum 
incurvata ^vul^.iris , umbonata , flnata finis canaùcu- 
iatis , 6* umbilicata. 

M. à'ARGENVILLE ^ pag, 304. pi. 10, fig. C, 

Tonne chargée Ue cordelettes , tachetées de jaune fur 
ya fond bianc. 



g^e MIN 

GuALTiERT , Iiid. tab. 3i?. lire. E. Cochîea. caUldî^ 
formis y umbilicata , ventricofa , Jîriata (îriîs raris 
glatis canaliculatis , & in fummltate colore fulvido le^ 
viter telfellatis , fubaLbida. 

MINARET, ou TOURELLE CHINOISE. 

Buccinum parvum oblongum , tranjverjîm JJriatum , 
Japius cojlatum ^ colorïbus albidis , fufcis ^ cajlaneis , 
jivt vïrïdefcentïbiis & nigricantibns fafciatum & linea- 
tum, aperiurâ anpijld, columellâ dentatà , infi^ne ; 
turricula finenfis appellatum. Coquille univalve da 
genre des buccins , ainiî appellée à caufe de fa figure , 
qui donne l'idée d'une petite tour. Le caraftere di- 
ftindif & fpécifique de ce buccin, qui a une douzaine 
de variétés dans ion efpece , eft d'avoir une forme al- 
longée , une volute en pyramide, compofée de fept ou 
huit fpires élevées , garnies de côtes longitudinales, 
ainfî que le corps de la coquille , où elles fe rencontrent 
d'une manière plus ou moins faillante , de vive-ar- 
rète , onduleufe ou qui en eft quelquefois dépourvue. 
Outre ces cotes, dont cette coquille eft le plusfouvent 
fchargée dans toute fi longueur , on diftingue encore 
fur fa furface des ftries tranfverfales dans le plus grand 
nombre. En général l'ouverture du minaret eft longue , 
étroite , bordée d'une lèvre épaiffe, un peu tortueufe , 
& d'une columelle munie de trois ou quatre dents en 
forme de rides. Cette lèvre & cette columelle fe ter- 
minent par un canal court, légèrement échancré à fon 
extrémité & peu retrouffé. Le minaret a la figure ar- 
rondie , un peu renflée au milieu du corps & évidée 
vers les deux bouts en façon de fufeau ; il varie plus 
par fes couleurs que par le nombre de fes cotes ou par 
fa furface plus ou moins ftriée & inégale : tantôt il eft 
fafcié de blanc, de brun , & de couleur cendrée ; tantôt 
il porte une large fafcie verdâtre, avec des lignes noi- 
res , interrompues , fur un fond couleur d'os. Il y en 
a de couleur livide , fafcié de jaune fauve, dont la 
forme eft plus effilée , ou de couleur brune avec des 
zones blanches: c eft pourquoi on peu: diftinguer ces 

forces 



M 1 "N ^^ :jj7 

fortes de buccins par toutes ces variétés cle l*e/pece : 
favoir, le minaret à côtes longitudinales de vive-arrête , 
Je minaret à côtes onduleufes , de forme effilée , & l'ef- 
pece unie ou amplement ftriée , que les Conchyliolo- 
giftes appellent cntr'autres fauffes mitres ou les petites 
mitres. 

MINARET A COTES DE VIVE - ARRETE. 
Turricula Jînen/is oâo çojlis in aciem du6lis ^ fafçiata , 
& aliijiiando lineîs nigris interruptis cinâîa. Cette ef- 
pece, qui eft d'une forme plus renflée ou moins effilée 
que les autres , porte fur le corps de la coquille hu'if 
côtes longitudinales de vive-arrête ou comme coupées 
fur les côtés ; mais elles fe multiplient dans les fept 
autres fpires qui compofent la volute. Ce minaret eft 
fafcié de couleur verdâtre avec quelques lignes noires, 
circulaires , interrompues , far un fond blanchâtre. 
L'extrémité', vers le canal , préfente plufieurs ftries 
tranfverfales. Ce buccin varie par fes fafcies qui font 
en plus grand nombre dans certaines efpeces , ou for- 
ment des zones alternatives, rouge-brun & blanches, 
ou jaune & de couleur marron. 

GuALTiERi y tab. ^4. litt. Strombus fulçatus , 
ore labiofo rugofus , rugis rarioribus 6» acutis , in 
fummitate ftriatus , ex albido , & fujco fafciatus , 6» 
ûuibufdam lirnis interruptis piçeis eUganter fignatus. 

M. à'JRGENVILLE , pi. 9. litt. Q» pag, iz^ Le 
buccin, appelle le minaret, eft à côtes relevées & ta- 
chetées de noir fur un fond bknc. Sa clavicule forme 
plufieurs étages d'un beau travail. 

MINARET ALLONGÉ A COTES ONDU- 
LEUSES. Turricula finenfis elongata , deçem coftis 
itnduldtis ; claviculâ exertâ injignis. Ce petit buccin 
eft garni fur le corps de la coquille de dix côtes lon- 
gitudinales onduleufes, fur: lefqnelles on remarque quel' 
ques ftries circulaires , peu prononcées. Sa futface ex- 
térieure eft tantôt fefciée de jaUne & de brun , tantôt 
d'une couleur livide j elle eft quelquefois entièrement 
jaune , ouavec quelques fafcies de couleur rouge-brun,. 
Tome IL t 



^}? M I N 

La figure Je cette coquille refTemble <l*ailleurs Tixa au- 
tres minarets. Elle porte ordinairement depuis quinze 
lignes jufqu^à dix-huit lignes d^ longueur fur deux fois 
moins de largeur. 

RuMPHius y tab. zp. litt. R. TurrUuIa. Holl. 
Torrentje j la petite tour. 

GuALTiERi y tab. $4. litt. B. Strombus fulcatus , 
on labiofo yjîriatus y.mucrone papillis divi/b y rugofus , 
fublividus j linds aliqu/indo albis , piceis j vel fiavis 
eircumdatus. 

Ejufdem , ibid. litt» C. Strombus fulcatus , ore la* 
biofo yjîriatus , rugofus , lineatus j colore ex luteo croçeo 
depiâus. : . ;. i 

M. à'ARGEyriLZE y pL 9. lett. Kpag.±i^, ijn 
buccin d'une iiguie plus allongée que les autres , & 
toute coupée d'étages qui vont en diminuant par les 
deux bouts. Ces étages, rayés de rouge perpendiculai- 
rement fur un fond gris ^ préfentent un beau travail. 

MINARET UNI , autrement appelle FAUSSE çu 
PETITE MITRE. Turricula [incnfis Uv'is , in mrâ- 
que ixtremïtate leviter, fïriata ^ etiam pfeudo vel parva 
mitra epifcopalis appellata ycolore albo & cajîaneo , vel 
€x rufo rubefcente fafciata. Ce buccin ne diffère des 
autres minarets qu'en ce qu'il eft uni ou dépourvu de 
côtes, excepté dans les trois dernières ipires qui font 
quelquefois ftriées 9U !;uberculeufes , alnfî que dans 
rextrêrnitéoppofée fur laquelle on diilingu€ quelques 
ftries obliques. Toute fa furface e|l ornée de larges 
fafcies de couleur marron , interrompues par autant de 
petites zones blanchâtres danscertaineseipeçes j tandis 
que dans d'autres ell.e montre des zonçs alternatives 
blanchies & rougeàtres ou fauve-roux vif L'ouverture, 
la lèvre & la columelle dentée reflemblent aux autres 
minarets. Ce buccin, qui peut varier par la couleur 8c • 
la largeur de fes fafcies & de fes zones , peut avoir de- 
puis un pouce & demi jufqu'à plus de deux pouces de 
longueur fur deux fois moins de largeur. 

GuAtTiERi , tab, jj. Utt.E. Strombus fuie ai us 



M I N 539 

vulgaris j levîter flrîatus , mucrone papiUls diJUnSio , 
colore mufielino depiflus y 6* fafciis candidis çicum- 
datus. 
MINARET, ou TOURELLE A FILETS. 

Turricula filis cincia. Nom que Rumphius donne a 
une efpece fort effilée & arrondie , rayée de lignes 
blanches, obliques, interrompues par des petits traits , 
de couleur jaune-fauve : toutes ces lignes forment au- 
tant de petites zones qui s'effacent à mefure qu'elles 
parviennent à la féconde fpire. Ce petit buccin , qui eft 
repréfenté à la table 19 de la nomenclature de Rum- 
phius , porte vingt lignes de longueur fur lix de lar- 
geur. Ce Conchyliologifte le nomme en langue hol- 
landoife Torrentje met draadjes ; la pacite tour avec 
des filets. 

MINIME , ou CORNET DE COULEUR MI- 
NIME. Volma conoïdea , novem (pins deprejjîs in pri" 
mis 6» apice acuto daviculata ; colore hoftico vel ex 
fulvo nigrefcente ^ tri^inta lineis fufzis cïnSla vel am- 
plias. Nom donné à une coquille univalve du genre 
des cornets ou volutes coniques , à caufe de fa couleur. 
Cette efpecc , qui eft d'une forme courte , préfente 
une volute large , compofée de neuf fpires , dont les 
quatre ou cinq premières font comprimées , & les cinq 
autres s'élèvent pour former un petit fommet aiguj 
le côté oppofé forme un canal fîmple , vers l'extrémité 
duquel on diftingue des ftries obliques. Toute la fur- 
face extérieure de ce cornet eft de couleur bruae*, 
ornée d'une trentaine de lignes circulairÇ'S plus fon- 
•CQQS , alTez ferrées , & en obfervant entr'elles des di- 
ftances parallèles. L'ouverture de la coquille eft étroite, 
allongée à la manière des autres cornets , & bordée 
d'une lévré tranchante ; elle eft blanchâtre en dedans» 
Sa longueur peut avoir deux pouces & même plus^ 
fat un peu plus d'un tiers moins de largeur. Cette co- 
quille fe trouve dans les mers des Indes orientales. 

RuMPHivs , tab. 31. litt. V. Voluta fiits cin^a^ 
HolU Eyken-houte-cooc j la volute ds bois de chèaa. 

Il) 



540 M ï R 

GvALTiERi y tab. 20. litt. E. Cochîea. cono> 
dta^ umbonata, colore muflelino depiâla, Jîriis feu /i* 
neis integrls ^ velutl feriço fubtilijjîmo filo undiquc 
cinfia & fafclata. 

M.à'ARGENViLLE y pLîiJett.j4.pag. i^S. Le 
cornet , cerclé de lignes brimes fur un fond fauve , efl 
nommé la minime. Les Conchyliologiftes diftinguent 
des variétés dans la minime. M. Davila, dans fon cata- 
logue fyftématique , /j^^^. 142. arc. 47 5>. fait .mention 
d'une, efpece bleuâtre dont les fpires font tachetées de 
couleur amaranthe. Il y en a dont les lignes circulai- 
res , font interrompues fur un fond cendré , d'autres , 
dont la couleur eft d'un jaune fafran. Les minimes , qui 
portent un zone au milieu de la coquille font les plus 
diftinguées , elle eft quelquefois rougeâtre. Toutes ces 
variétés ne parviennent point ordinairement à la grof- 
feur de l'efpece appellée fimplement la minime. 

MIRAN. Nom qu€ M. Adanfon donne a un co- 
quillage miivalve du genre de la vis ; la coquille dvL 
miran eft ovoïde/arrondie & obtufe dans fon extrémité 
fupérieure , Se terminée en une pointe très fine à fon 
fommet. Sa longueur eft d'environ treize lignes , & 
furpiaffe une fois & un tiers fa largeur , qui n'eft que 
de cinq lignes & demie. Elle eft médiocrement épaifîe 
& formée de dix {pires qui tournent en defcendant un 
peu obliquement de droite a gauche, & dont la lar- 
geur diminue a mefure qu'elles approchent du fom- 
raet où elles fè terminent par un point prefque im- 
perceptible. Ces fpires font un peu renflées & bien 
diftiiiguées par un léger fillon qui les fcpare. Les deux 
prerniéres ou les plus proches de l'ouverture font liftes 
& unies ; mais les huit autres jufqu'au fommet font 
relevées chacune de plufîeurs petites côtes paralelles à 
la longueur de la coquille : au refte elle eft polie, & 
d'un luftïe qui n'eft point terni par le périofte fubtil 
qui la recouvre. Son ouverture eft une ellipfe irrégu- 
lière , pointue par le bas, & arrondie par le haut, 
où elle fe termine en un canal profondément ©chau» 



icrc (îaiis la coquille. La longueur de cette ouverture 
eft double de fa largeur. Elle eft une fois & un quart 
plus courte que le fommet de la coquille , & à peu 
près parallèle à fa longueur. La lèvre droite de Tou- 
verture efl: fîmple, courbée en portion de cercle, tran- 
chante 6: fans bordure : la lèvre gauche eft aufli cour- 
bée en deux fens diffèrens, mais arrondie & garnie 
par le haut de deux plis aflez gros , dont l'inférieur 
fait le tour de l'èchancrure de l'ouverture. La feule 
variété , que l'on obferve dans cette coquille, coniîfte 
dans la proportion de fes parties , dont la largeur com- 
parée à leur longueur eft plus grande dans les jeunes 
que dans les vieilles. Leur couleur, dans tous les âges, 
eft blanche ou agathe fans aucun mélange. 

La tête de l'animal, que contient cette coquille, a la 
forme d'un croifTant , dont la convexité eft bordée d'une 
membrane très fine. Elle eft arrondie & convexe en 
deffus & plate en deftbus. Sa largeur eft double de fà 
longueur; deux cornes, cylindriques & terminées en 
pointe , prennent leur origine de fon fommet , & fur 
fes côtés qui les tiennent fort éloignées l'une de. l'autre. 
Leur longueur eft double de celle de la tête. Leur fur- 
face eft polie 8c luifante. Les yeux font deux petits 
points noirs peu apparens , & placés fur le côté exté- 
rieur des cornes à leur origine. La bouche eft une 
fente affez longue , parallèle à la longueur de la tête,^ 
& fituée au-delTous d'elle dans fon milieu. Lorfqu'elle 
«*buvre , on apperçoit le mouvement de la mâchoire 
inférieure qui porte de bas en haut. 

Quoique M. Adanfon n'ait point vu fortir de lan- 
gue à cet animal , l'analogie lui a fait préfumer qui! 
doit en avoit une femblable à celle de l'yet. Le pied 
forme une elHpfe très ouverte ou obtuie à fes- extré- 
mité s. Sa longueur eft prefque double de fa largeur, 
&un tiers plus courte que.la coquille' : à fon extrc- 
-mité antérieure , il eft traverfé par un profond fillon & 
prolongé fur fes côtés en deux oreillettes triangulaires 
qui n'ont que la fixieme partie de fa longueur. Le 

y iij 



'^t M i T 

fnancôan ctl tme membrane ëpaiffe qui tapîiïe llnté- 
rieur de la coquille. Elle fe plifTe feulement en un 
tuyau cylindrique qui a le quart de la longueur de la 
coquille. Ce tuyau fort par le canal ou réchancrure de 
l'ouverture de la coquille, & fe rejette fur le côté gau- 
che de l'animal. Le delTousdc fon corps eft d'un blanc- 
pâle , & le defîus eft d'un blanc-d'eau , marqueté de 
petits points ou de lignes noirâtres. Ce coquillage ne 
vit que dans les fables. L'auteur l'a trouvé fréquemment 
fur la côte maritime de Ben, pendant le mois de Mars. 
Lister, hift. Conchyl. tab. ^77. fig. 33. Buccin 
num brevi-rofirum , ex toto Uve j clavïculatum. 

Kletn j tent. tab. 7. fig. izi. Pfeudo-ftrombus no- 
dofus interfpiras. 

MITRE ÉPISCOPALE. Buccïnum elongatum ro- 
tundum , te^â fpifsâ , in fundo colore albo , maculis 
féiph quadratis coccinatis vel ex colore croceo rubef- 
centibus feriatim depiElum ; mitra epifcopalis appelU" 
tum. Coquille univalve du genre des buccins , qui eft 
une variété de l'efpece appellée la tiare ou la couronne 
papale. Ce buccin , dont la coquille eft ordinairement 
cpaifîe , eft d'une forme allongée , arrondie , & plus 
renflée vers le milieu que dans toute l'étendue de fes 
extrémités. Sa volute eft très élevée , compofée de fept 
ipires un peu bombées & quelquefois ftriées dans les 
^lernieres qui forment le fommet. Toute la furface exr 
térieure de la mitre eft ornée fur un fond blanc de plu- 
fîeurs zones, formées d'un compartiment de taches 
plus ou moins quarrées dont la couleur eft d'un rouge- 
ponceau bu orangé très vif. Ces taches deviennent or- 
dinairement plus grandes & plus irrégulieres vers le 
haut des fpires. L^ouverture eft peu fpacieufe , angu- 
laire vers le haut , aflez large vers le bas , bordée d'une 
Jévre ordinairement tranchante ,& d'un fût garni de 
quatre dents obliques en forme de rides. Cette lèvre 
& ce fût extérieur fe terminent par une forte échan- 
crure* Le buccin appelle la mitre peut avoir quatre 
pouces de longiieur & même davantage , fur quatorze 



ou quinze lignes de largeur. Cette belle c<)quiire fe. 
trouve dans les mers des Indes orientales. 

RuMPHius y tab. x^. litt. K. Mitra eptfcopaîïs, 
Holl. BifTchops myter , of oranje-pen j la mitre épif- 
copale , ou la plume d'orange. 

GuALTiERi, tab. 53. litt. G. Strombus fulcatus , 
vulgaris , lœvis , candidïjjimus , niaculis croceis ftria- 
tim difpofitis circumdatus & lucide notatus. 

M. èiARGENViLLE , pi. 9. Utt, C. Buccin que 
ion nomme la mitre à fond blanc, tacheté régulière- 
ment de rouge. 

Les Conchyliologiftes diftinguent pluficurs variétés 
du buccin appelle la "mitre ; favoir, la mitre jaune , pu 
l'ivoire , la cardinale; les mitres ftrices de forme ra- 
maflee , ou les fiufles mitres , parmi lefquelles on 
range auffi la mitre brune & plulîeurs autres que l'on 
nomme minarets. Voye^ ces mots. 

MITRE, appellée FAUSSE MITRE. Cette efpecc 
en renferme plufieurs autres que l'on peut diftinguer : 
favoir les efpeces ftriées & de forme courte , celles 
qui font llffes & quelques minarets. 

MITRE , dite FAUSSE MITRE STRIÉE DE 
FORME COURTE. Buccïnumventricofum , tranf- 
verjini fîriatum , unâ fafciâ j var'ns coloriUis flavïs 
vel croceis & fufcis ornatum , pfeudo-^mltra appelU" 
tum ; forma brevi. Ce buccin , ,qui porte tout au plus 
un pouce & demi de longueur fur un pouce dei lar- 
geur , eft" d'une forme ramauée , arrondie & fort renflée 
vers le milieu de la coquille , tandis que les deux extré- 
mités font évidées en pointes. Toute fa furface exté- 
rieure eft à ftries tranfverfales , ornée de grandes ta- 
ches jaune-fouci , rayées de brun & de diverfes mar- 
brures, interrompues au milieu de la coquille par une 
fafcie large , blanchâtre ou couleur de chair. La volute 
eft petite , compofée de cinq fpires peu élevées , de 
manière que le corps du buccin a quatre fois plus d'é- 
tendue que la clavicule qui eft aiguë. L'ouverture eft 
afîèz grande, formant une elliplj? allongée &c angulaire 

Y Vf 



'^4 wriîT'^^ 

aux deux bouts. La coluïnelle extérieure ne montre 
qu'une feule dent, & la lèvre eft légèrement ftriée 
dans fês bords. Cette columelle fe termine par une 
(impie petite échancrure. Ce joli bucciixa une variété 
dans fon efpece dont les ftries font granuleufes par 
la rencontre de quelques autres qui font longitudi- 
nales. 

GuALTlERI^ tab. 54. litt. G. Strombus înteger , 
vuls;aris, ftriatus y croceo & alMdo colore fafciatus. 

Ejufdem, ibid. \mklÂ,Strombus integer^ vulg.iris , 
flriatus yfiriis cancellatis , punâatis , ex albido &fufco 
fjebulatus. 

MITRE, dite FAUSSE MITRE A STRIES 
PONCTUÉES. Bucciniim ventricofum , minutiffimis 
(îriis , lineis & pun6lis rufls circumdatum. Ce buccin 
eft d'une forme ventrue , ramaffée & d'un teft épais. Il 
cft orné dans toute fa furface extérieure de pluiîeurs 
rangées de taches brunes & pourprées, fur lefcjuelles 
on diftingue des ftries circulaires peu prononcées avec 
des petites lignes & des points de couleur bru'n-rouge 
ou fauvcrroux. Ces ftries légères, aïïez éloignées les 
unes des autres , font traverféespar quelques rides lon- 
o-itudinales. La volute eft peu élevée , compofée de 
cinq fpires plus comprimées que convexes. L'ouver- 
ture eft allongée , étroite , bordée d'une lèvre épaifle , 
& d'un fut chargé de cinq dents en forme de rides , 
lequel fe termine par une petite échancrure. On re- 
marque vers ce fût extérieur un petit ombilic. Ce buc- 
cin a un pouce & demi de longueur fur huit lignes de 
largeur tout au plus ou dans les grandes efpeces. 

RuMPHlus y tab. 33. litt. ce. Anus feu mona- 
chus leucoph&us. Holl. Oude-wif, of grauwe munick ; 
la vieille ou le moine gris. 

GuALTiERi j tab. 55. litt. C. Strombus integer , 
ore labiofo , minutijfîme flriatus , dentatus , umbiii- 
catus ; obfcure cinereus , lineis interruptis fufçis nebu- 
latus & circumdatus. 

Ejufdem, tab. 53. litt. L. Strombus fuUatus , vul- 



M O F 345 

guris , cancellatis eUgantiJJtmè & dîverjîmode exafpc- 
rat lis , & punciis pullis , 6' ruf.s Jignatus. 

MITRE , dite FAUSSE MITRE BRUNE. Euc^ 
cinum fatis elongatum y Uve ^ colore oofcuro , parxis 
inacuLïs quadratis fufcis ^ feriatim difpofitis j injigne» 
Cert un joli buccin d'une forme élégante , aïïez éle\^é, 
d'une couleur lombre ou enfumée , orné de plulieurs 
zones formées de petites taches quarrées plus toncées. 
Cette coquille ell unie, compofée de fept fpires afTez 
•allongées & un peu bombées. L'ouverture , qui forme 
une ellipfe irréguliere, efr bordée d'une lèvre dente- 
lée &: d'un fut extérieur garni d'une feule dent qui fe 
termine par un petit canal ouvert & un peu échancré. 
Ce buccin peut avoir un pouce & demi de longueur fur 
huit lignes de largeiu'. 

Gu.-jLTTERi , tab. 5z. litt. I. Stromhus canalicula- 
tiis^ roflrdtus ore Jîmplici , Uvis j colore mufleimo , 
vcl rufo obfcuro lucide depicius , maculis parvis qua- 
dratis concoloribus mugis intense fignati s , atque inter- 
ruptis fijfciatim circumdatus. 

MITRE JAUNE , ou IVOIRE. Voye:^ Ivoire. 

MOFAT. M. Adanfon appelle ainfi un coquillage 
bivalve du genre du pétoncle. Sa coquille eil affez 
exadement ronde , médiocrement épaiilé , d'un pouce 
& demi de diamètre , & de moitié moins profonde. 
Elle eft relevée de vingt-lix grofTes cannelures liffes & 
arrondies, qui s'étendent de longueur fur toute la fur- 
face extérieure. Les bords des battans (ont marqués 
intérieurement d'un pareil nombre de grofTes dents , 
dont les fept premières de l'extrémité fupérieure font 
divifjes comme les dents d'une fcie par de profondes 
échancrures : elles ne joignent pas parfaitement en- 
femble lorfque la coquille eft fermée ; les autres font 
peu apparentes au dehors , fort écartées les unes des 
autres & feparées au dedans par un petit canal qui va 
fe perdre dans les fommets. Ceux-ci font ronds, affez 
grands, tournés légèrement & horifontalement en fpi- 



54^ M O F 

raie , & placés au milieu de la largeur de cliaqne bat- 
tant, fore proches l'un de l'autre. 

Le ligament eft coriace , brun , étroit , alTez court , 
convexe , luifant , & fort entièrement hors de la co- 
quille au-defTus du fonimet. La charnière eft très lon- 
gue , & forme une ligne droite qui furpafTe un peu la 
largeur de la coquille. Elle eft compofée dans chaque 
battant de cinq cients, dont quatre font raffemblées par 
paires, & fort écartées les unes des autres. ïl y en a une 
paire vers le milieu fous les fommets ; elle eft longue 
& pointue : l'autre paire eft placée en haut dans le bat- 
tant droit , & en bas dans le battant gauche. Toutes 
s'engrènent parfaitement & font un peu plus grandes 
dans le battant gauche que dans le battant droit. Cette 
coquille ne paroît pas couverte d'un périofte fennble. 
Le blanc eft fa couleur ordinaire , on voit cependant 
quelquefois un peu de rouge à fes fommets & à fou 
extrémité fupérieure. Le pétoncle de la côte de Bre- 
tagne & de Normandie, dont parle Bélonfous le nom 
de pétoncle ou de hannons , reftemble beaucolip au 
mofat du Sénégal ; mais il en diffère en ce que fa co- 
quille eft moins épaiffe , que fes cannelures font tra- 
verfées par nombre de petits filets qui lui donnent 
beaucoup d'âpreté , &: en ce que fes bords ne font pas 
fî fenfiblement dentées à fon extrémité fupérieure. 

La fituation, naturelle à l'animal plongé dans les fa- 
bles , eft d'écarter médiocrement les deux battans de fa 
coquille , & de montrer les bords de Ton manteau , qui 
font fîmples & légèrement ondes. Ce manteau eft ou- 
vert dans l'efpace compris entre les trachées & la partie 
fupérieure du pied ; du refte il eft tout d'une pièce aux 
extrémités. 

Deux trachées en forme de tuyaux fortent de l'ex- 
trémité fupérieure à une diftance à peu prés égale du 
fommeç & du point qui lui eft oppofé , ils font fort 
Courts , d'une ligne & demie au plus de longueur. Ce- 
lui qui eft le plus éloigné du fommet , eft le plus grand , 



MOI 547 

& accompagné fur Ton côté antérieur d une efpece de 
frange d© dix à douze filets. Tous deux font couronnés 
de -trente filets diflribués fur deux rangs. Les filets du 
rang extérieur font coniques & plus grands que les au- 
tres. Le pied efl d'une grandeur médiocre , il fort du 
milieu de la coquille , dont il égale quelquefois la lon- 
gueur , en prenant la forme d'une lame de couteau re- 
courbé en defïiis. Tout le corps de e-et animal eft blan- 
châtre , taché de quelques points jaunes fur la couronne 
des trachées , & quelquefois fur les filets mcmes. 

Lister , hifl. Conchyl. tab. 330. fig. 167. Fcciun- 
culus orbicularïs , ex aLuro latere pr&longis latijque 
dentibus confpicuus. 

Petiver , Gazoph. tab. 54, fîg. ^.Pectunculué hor- 
neoeus » finis dite incifis. 

Klein , Tent. pag. 140. fpecs i. n. 4.K. Ifocardis 
Jiriata , qu& peciuncuLus orbicularïs ^ quafi duplicatus ^ 
ex altero latere pr&longis , latijque dentibus confpicuus : 
Lister I. 

MOIRE. Voluta cylindracea vel rhombus , oBo vel 
novemfpiris tuberojis, deprejjis^tefiâ'jpijf déforma brevi: 
albedine aurei coloris lAviJpmc tincid & innumeris punc- 
tis exfufco colore rubefceme afperjim depi^us j bcrrbyx 
appellatus. Coquille univalve du genre des rouleaux 
ou volutes cylindriques , ainfi appellée à caufe que 
toute fa furface extérieure efl: poimillée , principale- 
ment dans deux zones & par bandes longitudinales, 
ondées d'une infinité de points brun-rouge fur un fond 
blanc, légeremen: teint de couleur aurore. Sa volute 
efî: compofée de huit ou neuf fpires concaves, com- 
primées «Sd couronnées régulièrement de petits tuber- 
cules. Les dernières fpires de la clavicule s'élèvent 
pour foriiier un petit fommet. Quoique ce rouleau 
îbit uni & luifanr, on remarque dans fa luperficie quel- 
ques rides longitudinales en forme de côtes peu pro- 
lioncées. Sa forme eft ramaffée ou courte , avec une 
ouverture étroite vers la volute , & plus large vers l'é- 
cLancrure, à caufe de la lèvre ^ui eft évafée vers cette 



348 MOU 

cxf èmhé à h manière des autres rouleaux. La furface 
intirieure eft en partie blanche & aurore peu foncée. 
La moire, dont la coquille eft épaiffe, varie dans fon 
volume , loriqu elle ne paiïe pas quinze ou dix huit 
lignes de longueur. Ses compartimens pointillés font 
plus fenlîbles, & couvrent le fond de la coquille , au 
lieu que dans les efpeces plus grandes , les points font 
plus éloignés les uns des autres. Ce joli rouleau nous 
vient des Indes orientales. 

Ri/MPHir/s y tab. 33. litt. AA. Voluta drenata. 
La volute fablée. Holl. Mugge-fcheetje j la piqûrcde 
moucherons. 

GUALTIERI , tab. 1^. litt. p. Cochlea pyriformis 
vulgarisy Uvis , candida , cxiguis punctis helvaceis y 
Vil pullis y & aiiquibus mucuiis ejufdem coloris dense 
afperfa , 6* notata , mueront inurdiim denticulato. 

M. ^Argenville ,p/, 12. /ett» S.pag. 139. Ce 
cornet eft coupé de différentes cotes ponduées de 
brun fur un fond blanc. On peut l'appeller la moire. ' 

MOLAN. Coquille bivalve, que M. Adanfon a rangé 
dans le genre du jolen. Elle eft des plus minces & des 
plus fragileSjlarge d'un pouce & demi, deux fois moins 
longue , fort applatie , extrêmement luifante &: trani^ 
parente. Ses fommets font pla,cés au tiers de la largeur 
de chaque battant, vers fon extrémité fupérieure. Elle 
eft d'un blanc qui tire fur la couleur de la corne. On 
La trouve dans les fables de l'embouchure du Niger. 

MONNOIES DE GUINÉE. PorcellatiA minores, 
jfioneca Guinée appellatA. Nom que l'on donne a plu- 
fîeurs coquilles univalves du genre des porcelaines de 
la petite efpece, parce quelles tiennent lieu de mon- 
noies dans les îles où elles fe trouvent ; mais principa- 
lement à une porcelaine comprimée ôc tuberculeufc , 
que l'on nomme aufti thorax , la colique & kauris ou 
cauris. Foyey ces mots , Se celui de Pucelage. 

MORESQUE ou NEGRESSE, ^^oye^ Né- 
gresse. 

MOULE. Mufculus feu mutilas , vcl mytulas , -vd 



MOU 549 

Concha duahus vnlvis Aqualibus ^ elongatis , ex utraque 
pane &qualiter convexis, confians ; unà extremitatc 
latâ j altéra rofîratâ , diflintia J coloribus CAruleis & 
diverjïmodc purpurajctntibus fsipius & luLide fpîendens. 
Coquillage bivalve qui compore un genre par le nom- 
bre & la variété des efpeces. En Italie , fur-tout à Ve- 
nife, on appelle les moules conchoU , mufjoli ou c,c- 
v^oneLlo , luivant leur grandeur. Aux environs de Mont- 
pellier on les appelle mufcles , confalmes de mar, & 
mouches de mar pour les petites moules. On donne 
communément à Rouen le nom de caïeu aux moules , 
en Angleterre celui de mufcle pour les petites efpeces 
noirâtres j en Allemagne on les appelle moefchelen; 
en Hollande moffels of moflelen. 

Les moules font formées de deux valves égales en lon- 
gueur, en largeur, en profondeur & en convexité. Elles 
fontoblongues depuis les fommets desbattans qui font 
en forme de bec jufqu a l'extrémité oppofée ; cette par- 
tie au contraire eft large , arrondie & de vive-arrête 
jufqu'au ligament. Elle occupe prés de la moitié de la 
longueur de la coquille à côté des fommets , tandis 
que le plan latéral oppofé ou l'autre moitié de la con- 
tre-partie fe trouve élevée & fort convexe. La coquille 
des moules eft couverte d'un drap marin cartilagineux, 
gras , d'une couleur fombre, & fur lequel Ies-acides& 
l'eau forte n'ont point d'accès. Elle eft d'une fubftance 
de nacre plus ou moins parfaite, principalement dans 
le teft intérieur où elle fe montre auiîi d'une manière 
plus ou moins brillante fuivant les efpeces. Dans les 
moules bleues, qui eft la couleur dominante de ces 
fortes de bivalves , cette nacre eft blanchâtre \ elle eft 
violette dans celle de Magellan; jouant la gorge de 
pigeon dans les efpeces d'Alger , & de Guinée ; de 
couleur de chair dans les moules vertes ; & aurore dans 
celles des Indes. Ces différentes nacres brillent encore 
plus fur la furface extérieure des battans lorfqu'on en- 
levé le drap marin avec le fecours de la pierre ponce , 
de celle à rafoir & même de la 'ime, pour leur don- 



55 1 MOU 

ambku fimhiiata ; in câforamen e(l evldens ad attni- 
hendam aquam : necjue aiim per villos attrahit , quod 
inepciffîme quidam afferunt ^ lartA illias five byjji iifum 
i^no'-ances. In média carne cjî particula carnofa lingUA. 
fimilis. Inefi & mtitis , 6* pituita quczd^im glutinojlu 
Cdilo albo adhceret. 

Les grandes moules , ajoute Rondelet, dixîcrent des 
petites, non - feulement par leur volume plus con- 
îidérable ; mais encore par leur arrondiïïement ; elles 
font d'ailleurs inférieures pour le goût. Leurs écailles, 
qui fervoient autrefois à préparer l'huile , font aujour- 
d'hui en ufage parmi les peintres pour détremper leurs 
couleurs , parce qu'elles ne font pas fufceptibles de les 
altérer ou de les changer, & qu'elles ne fatiguent 
point à tenir à caufe de leur légèreté. 

Alorovanbus y de Teflaceis , lib, 5. pa^, çt?. 
diftingue auffi les petites moules d'avec les grandes , 
en les appellant mu/culi & mytuli. Il fait mention 
de plufieurs efpéces : fç avoir , celles de Rondelet , de 
Matthiole ; les moules de ce dernier font des bivalves à 
carène ou en arche de Noé , les efpéces de l'auteur 
parmi lefquelles fe trouve la datte de Toulon qu'il 
nomme mytuli obhngi , & une grande moule noire , 
avec des ftries jaunes fur la valve fupérieure ; myrulus 
niger cnmfiriis flavis in fuperiori parte, 

Rujmphtus nomme indifléremment plufieurs mou- 
les & quelques tellines , mufculi & mytuli \ f^-avoir', 
mufculus vulgaris major ^ la grande moule commune-; 
mytuliLS anatariws , la moule de canard ; mytiilus 
Jaxatilis , la moule de rocher ; mytulus arenarias , la 
moule de fable. Les termes hollandois ont la même 
fi2;nification. Rumphius a rangé parmi ces bivalves les 
pinnes marines , la pinne de chirurgien, l'hirondelle & 
quelques pholades. 

GuALTiERi n'a fait repréfenter que deux ou trois 
cfpeces de moules , taL 9 i ; fçavoir , une efpéce de la 
Méditerranée & celle des Papous , non comprifes les 
pinnes marines. "- ' 

M. 



MOU jjj- 

M. d'Ai'genville a rangé les moules avec les ccllines 
dont il a formé la troifîéme famille des bivalves. Les 
trois termes de mufculus , mutilus , mytulus fe confon- 
dent aifément , dit l'auteur , & fignifient a peu près tous 
trois le même genre de coquillages qui eft appelle mou- 
les. On peut cependant dire que chacun de ces mots 
déiigne une efpéce très-diftinfte par fa figure & parfon 
caraâ:ere. 

On doit entendre, ajoute M. d'Argenville , par my* 
tuliis , les plus grandes moules , les plus greffes , les 
plus pointues & les plus élevées dans leur rondeur : 
elles ne font attachées à leur coquille que pai* un muf- 
cle , & elles font remplies de plus de 2000 œufs , fui- 
vant te rapport de Leuwenhoek , ex rudi calcula cen-* 
fui miiltos mytulos bis mille 6' ultra ovis ejfe onufios» 
On comprend fous le nom de mufculus ou mutilus , lei 
petites moules dont la forme eft plate. 

La moule ^ dit M. d'Argenville , eft une coquille bi- 
valve de forme longue , tantôt fe terminant en pointe , 
& tantôt ayant fes extrémités égales , unie , rude , 
plate, élevée quelquefois , avec un bec tant foit peu 
allongé : mufculus j feu mutilus ^ eft contha bivalvis , 
oblonga j in acumcn dejinens y Aqualibus extremitatibus, 
Iavis y afpera , plana , data y aliquando roflro paulifper 
elato Ce Conchyliologifle en diilingue deux elpéces 
avec leurs variétés outre les teilines ; 1°. fçavoir, la 
moule plate fe terminant en pointe, mufculus planus 
in acumen dejinens \ la magellane de la grande efpéce à 
ftries, mageilana mufculus major jlriata ; celle de la 
petite efpéce, la bariolée, l'unie, minor fpeeies , va^ 
ricgata , Uvis j la gueule de fouris , la datte , gula 
forïtis y dackylus \ les efpéces couvertes de vermiffeaux 
ou de glands de mer , vermiculis marinis tecius , bala- 
nis cûopertus j la moule bleue , ftriée dans le bas , très 
rare , mufculus c&ruleus , in infimâ parte ftriatus , 
admodum rarus ; la moule couleur de rofe & bariolée , 
rofeus & variegatus ; la moule couleur de cendre 8c 
coûte couverte de ftries , mufculus cirienus admodum 
Tome IL Z 



Î54 MOU 

firiatus ; celle du banc de Terre-NeQve, ex fyrti maxi' 
ma ; du lac fupérieur du Canada , ex lacu fuperiore Ca- 
nad& \ les pinnes marines , fïnn& marin& ; -l". la moule 
élevée icôtés égaux, mufculus elatus y la blanche & très 
mince , albidus & tenuijfimus j couleur d'argent , argen- 
teus ;irhs légère, ouverte de tons côtés, avec une trompe 
aulfi ouverte , mufculus fubtilijfimus , undique apertus , 
■jprohofcidem apertam exhihens ; l'eipéce moins ouverte , 
fpecies minus aperta j celle de l'île des Papous , fauve 
en àcKiis f mufculus papuanus , cute luridâ , & la même 
découverte portant des fafcies rougeâtres , blanches & 
bleues, idem fpoliatus , fafctis ex rubro pallejcentibus 
albis & c&ruleis depiâus. Voyez les mots Tellines & 
Pinnes marines pour les autres efpéces. 

Le même auteur dans (on appendice qui traite de la 
Zoomorphofe , pag, 51, dit que la moule de mer, for- 
mée de plufieurs couches , eft attachée a fes deux valves 
par quatre ligamens , & eft compoféc de deux pièces 
minces & arrondies par une de leurs extrémités , & 
plus épaifTes du côté du talon où eft une charnière qui 
a peu de jeu ; c'eft, a proprement parler, le fiége de 
fa tête. Les moules font ordinairement d'un bleu foncé, 
quelquefois noires ou brunes , nacrées en dedans & ra- 
boteufes en dehors , fouvent couvertes d'un épiderme 
ou drap marin fur lequel croiiïentdes poufle-pieds, des 
glands de mer , & une cfpéce de coraline. Les diffé- 
rentes couches,qui compolent la coquille, font épaiffes 
comme du parchemin , & s'enlèvent aifément avec du 
vinaigre. La chair de la moule eft d'un jaune pâle : 
deux petits corps blancs & cartilagineux la fufpendent. 
Ces ligamens forment l'extrémité , & font divifés fur 
le côté en deux parties; l'une, attachée entre les bords 
internes, eft toute unie; l'autre intérieure eft frangée 
& dentelée : elles s'engrènent l'une & l'autre à la vo- 
lonté de la moule pour unir les deux bords de Ton enve- 
loppe. On remarque une membrane fort mince , dune 
feule pièce qui règne le long du dos, &: fe divife en 
deux lobes , qui fe partagent enfuite en fcuilletspour 



MOU 55J 

s*imîr aux bords de la coquille. Celui qui eft intéiieuf 
jette une frange compofée de plufieurs filets ronds & 
très courts. La moule n'a que deux trachées : l'intérieuic 
fert à faire entrer l'eau nécefTaiue à fa nourriture ; l'au- 
tre, qui ne communique point avec elle,fe joint â lajius 
qu'on remarque dans la partie fupérieure. Son pied (ou 
fa plaque ) eft rond quand elle veut s'en fervir , maij 
elle l'allonge fous la forme d'un tuyau courbé quand 
elle eft en repos. C'eft du deffus de ce pied que partent 
les fils de la filière qui lui fervent d'attache. 

Il fort une jambe qui a cinq ou fix lignes de largeur 
dans les grandes moules, & deux lignes & demi dans 
les petites; un grand nombre de fils qui tiennent la 
moule alTujettie , & l'attachent fortement aux corps 
voifins : chaque fil eft comme un gros cheveu ou foie 
de cochon , tout rond & plus gros que ceux des vers 
à foie , mais beaucoup moins long. Cette jambe eft: 
une filière que la moule recourbe pour mieux faifir le 
corps voifin. C'eft de cette même langue que fortent 
deux corps blancs qui vont porter une attache dans 
chaque coquille au.defTus de la charnière. 

M. Heide , médecin , dit que la moule eft un petit 
poiftbn connu de tout le monde , oblong, gros comme 
une fève , d'une figure approchant de celle d'un petit 
mufcle , d'où lui eft peut être venu fon nom latin muf- 
culus. Il eft tendre , blanchâtre , un peu frangé fur fes 
bords , nageant dans une eau falée , délicat & fort bon 
à manger , renfermé dans une coquille à deux battans, 
aftez mince , convexe & d'un bleu noirâtre en-dehors ; 
concave , & d'un bleu blanchâtre en-dedans , ordinai- 
rement lifte des deux côtés , quelquefois chargée d'ex- 
croiflances galeufes , produites par des vers a tuyaux , 
ou par de petits infeftes marins qui s'y attachent, à tra- 
vers laquelle on apperçoit de petites veines ou lignes 
bleues , longue d'environ deux doigts & demi , large 
d'un bon doigt, plus pointue à fa bafe , plus arrondie 
au fommet où eft placé le ligament qui unit enfemble 
les deux pièces, d'une afîez a^nple capacité & de figure 
rhomboïde. Z ij 



35*5 MOU 

M. Heide , qui a fait une exafte anatomie Jes mou- 
les , a obfervé qu'elles ont Une langue , de la grailTe , 
un eftoniac , des inteftins , un foie , &c. qu'on y trouve 
une manière de cornes qui s'allongent & fe racourcif- 
fent comme celles des limaces , & qui fe retirent dan; 
le corps dés qu'on les touche , en forte qu'on n'en 
voit aucune apparence. Il y a dans toutes les parties 
de ce petit animal un mouvement de vibration que 
M. Heide appelle mouvement radieux. Cet animal eft 
prefque tout environné dans fa coquille d'une" efpece 
de bordure, attachée à une membrane qui règne le 
long des bords ; en forte qu'il eft joint aux deux pièces 
de fa coquille. La même membrane fait l'office de ten- 
don y car étant jointe à des fibres mufculeufes qui en- 
tourent en travers la bordure , elle contribue à la faire 
mouvoir. Enfin cette bordure s'enfle quelquefois , de 
forte qu'elle tient la coquille entr'ouverte , & l'on re- 
marque outre cela qu'elle eft capable d'un mouvement 
vermicLilaire. 

M. de Réaumur , dans un mémoire fur le mouve- 
ment progreffif des diverfes efpeces de coquillages , 
nous apprend que les moules de mer, quoique com- 
munément attachées aux pierres ou les unes aux autres 
par différent hlamens , ne laiffent pas cependant d'a- 
voir la faculté de fe mouvoir : & pour le prouver il 
{iiffiroit de rapporter le fait fuivant. Dans le temps 
o'i'il ne fait plus affez chaud pour tirer du fel des ma- 
rais falans , les pêcheurs jettent quelquefois , dans ces 
marais , des moules qu'ils ont prifes au bord de la mer. 
Ils prétendent par-là rendre leur chair plus délicate en 
les faifant vivre dans une eau moins falée ; car l'eau de 
pluie, qui tombe dans ces marais auxquels on ne laiiTe 
alors aucune communication avec la mer , rend plus 
douce l'eau falée qu'ils contiennent en fe mêlant avec 
elle. Ceft par le même moyen qu'on rend verte la 
chair des huitres : mais les pêcheurs y jettent les mou- 
les féparées les unes des autres & à diverfes diftances , 
&( lorfqu'ils vont les pêcher eaTuite^ ils les trouvent 



MOU '357 

aîTemblées par gros paquets. Or , il eft vifibîe que ces 
moules n'ont pu s'approcher les unes des autres pour 
s'attacher ainli fans fe mouvoir elles-mêmes , car elles 
ne font pas dans une eau courante. 

Il relte à préfent à favoir quelle partie elles em- 
ploient à cet uiage. Pour s'en inftruire , il ne faut qu'ou- 
vrir la coquille d'une moule par le coté où elle s'en- 
tr'ouvre natiuellement : rien ne paroît alors plus dif- 
tinftement dans le corps de cet animal qu'une certaine 
partie noire ou brune , dont la bafe eft placée à peu- 
près au milieu des autres parties , & la pointe tour- 
née vers le fommet de la coquille. Sa longueur eft 
d'environ fix à fept lignes : on fe fera une image affez 
relTemblante de fa figure , en concevant celle d'un ani- 
mal. Ceft cette partie qu'on peut appeller la jambe ou 
mieux le bras de la moule, puifqu'elle fe traîne par 
fon moyen plutôt qu'elle ne marche. Quand la moule fe 
prépare donc a changer de place , elle commence par en- 
tr'ouvrir fà coquille : enfuite on voit paroître, fur les 
bords , la vpointe de cette partie que nous avons die 
reffemblcr à une langue. L'animal lui donne bientûc 
plus d'étendue , & l'allonge quelquefois jufqu'â un 
ppuce & demi loin des bords de fa coquille. Alors il 
s'en fert pour tâter , de droite a gauche , le terrein : 
cela fait, il replie l'extrémité de cette partie qui eft 
charnue & très flexible fur quelque corps , pour le 
failîr & s'y cramponer en quelque façon ; de forte que 
réduifant cette même partie à peu près à fon étendue 
naturelle , fans lui laifTer abandonner le corps fur lequel 
il en a recourbé la pointe, iloblige fa coquille d'avan- 
cer vers ce corps. Ainfi l'on voit que la manoeuvre, 
dont les moules fe fervent dans le mouvement progref- 
fif, reffemble affez à celle d'un homme, qui, étant 
couché fur le ventre voudroit s'approcher de quel- 
qu'endroit en fe fervant feulement de fon bras ; il por- 
teroit ce bras fur le corps le plus éloigné qu'il pour- 
roit failir avec la main: en le racourciffanc enfuite, if 
oSligeroit fon corps à quitter fa place comme les mou^ 

Z iij 



Î58. M Xî 

les quittent la leur. AufTi eftcc fur cette reffemblance 
que Tautcur a nommé d'abord cette partie , le bras de 
la moule , parce que Ton extrémité fait de même en fe 
recourbant & faifant la fonftion de main ;^ toute la dif- 
férence de l'ufage que Thomme fait de fon bras dans la 
circonftance précédente , & de celui que la moule fait 
de cette partie , eft qu'elle la racourcit véritablement , 
au lieu que nous ne ferions que plier le bras- Les mou- 
les ne profitent pas fouvenc de la facilité qu'elles ont 
à ce mouvement ; car elles font ordinairement atta- 
chées les unes aux autres ou a d'autres corps par diJïe- 
rens fils : & ce n'eft que lorfque ces fils font rompus 
qu'il leur arrive quelquefois de faire ufage de Cette 
eipece de bras. 

M. Poupart , de la même académie , avoit déjà ob- 
fervé que les moules de rivière étant couchées fur le 
plat de leurs coquilles , en faifoient fortir quand elles 
vouloient une partie qu'on peut nommer jambe^ ou 
bras par rapport à fon ufage , qu elles s'en fervoient 
pour creufer le fable fous elles, & par conféquent baif- 
1er doucement d'un côté , de forte qu'elles fe trouvaf- 
fent à la fin fur le tranchant de leurs coquilles : après 
quoi elles avancoient ce même bras le plus qu'il étoit 
poffible , & s'appuyoient enfuite fur fon extrémité pour 
attirer leurs coquilles à elles , & fe tramer ainfi dans 
une efpece de rainure qu*elles traçoient elles-mêmes 
dans le fable , & qui foutenoit la coquille des deux 
côtés. 

La nature eft admirable de quelque côté qu on la 
regarde. Il n'eft perfonne qui , après avoir ouvert la 
coquille d'une moule par le côté où elle s'entr'ouvre 
naturellement, n'ait remarqué qu'il y a au milieu de 
l'animal cette efpece de langue dont on vient de par- 
ler, & qui efl plus étroite par les deux bouts. Dans 
les plus grofTes moules elle a environ cinq à fix lignes 
de longueur, & deux lignes & demi de largeur. C'cii 
de fa racine que partent un grand nombre de fils, qui 
étant fixés fur les corps voifins , tiennent la moule af- 



MOU ^59 

fujettie. Chacun de ces fils eft à peu prés gros comme 
un gros cheveu (comme on Ta déjà dit a. l'article de 
M. d'Argenville). Ils ont ordinairement de longueur , 
depuis un pouce jufqua deux : ils font attachés par 
leur extrémité fur des pierres, fur des fragmens de 
coquilles , & le plus fouvent fur les coquilles des au-^ 
très moules, de-là vient que l'on trouve ordinaire-^- 
ment de gros paquets de ces coquillages. Ces fils font 
autant éloignés les uns des autres, que leur longueur & 
leur nombre le peuvent permettre. Les uns font du côté 
du fommet de la coquille , les autres du côté de la bafe : 
les uns à droite & les autres à gauche : enfin il y en a 
en tous fens collés fur les difFérens corps ^ui entourent 
la moule. M. de Réaumur afTure en avoir quelque- 
fois compté plus de cent cinquante em.ployés à en fi-^ 
xer une feule. Ces fils font comme autant de petits ca- 
bles qui, tirant chacun de leur côté, tiennent, pour 
ainfi dire, la moule à l'ancre. Mais de quelle adreffe 
les moules fe fervent-t-elles pour s'attacher à ces fils, 
& comment peuvent -elles les coller par leur extré- 
mité ; ou plutôt cette extrémité qui efl beaucoup plus 
groffe que le refle , ne peut-t-elle pas être regardée 
comme une efpece de main , dont le reûe du fil feroir 
comme le bras? ' • 

La moule fait fortir de fa coquilïe entr'ouverte 
cette partie dépeinte ci-defTus fous la figure d'une lan- 
gue ; elle l'allonge par degrés , & la racourcit enfuite s 
de forte qu'après plufieurs allongemens & racourciffe- 
mens alternatifs , elle lui donne quelquefois jufqu'à 
deux pouces de longueur. Or , c'efl en recommençant 
diverfes fois la même manœuvre qu'elle parvient à s'at- 
tacher par des fils en difFérens endroits plus ou moins 
éloignés , félon qu'elle a porté & appliqué l'extrémité de 
cette efpece de langue plus ou moins loin. Ainfi l'on 
peut dire avec vérité que la mer a des fileufes dans les 
moules, comme la terre en a dans les vers à foie , dans 
les chenilles & dans les araignées. Par-là on voit que 
là même partie eft deflinée a deS fondions fort ditté- 

Ziv 



fgo M O U 

tentes , pttifquMIe fert a la moule, tantôt Je bras ou 
He jambe pour marcher , & tantôt de filière pour filer. 
Il y a quatre principaux ligamens mufculeux qui peu- 
vent fervir à la mouvoir en tous fens. Lorfque la filière 
eft dans Imadion , fa pointe eft tournée* vers le fom- 
met de fa coquille , & Ton extrémité ne va pas loin de 
la bouche de l'animal. Depuis fon origine jufqu auprès 
de fa pointe , on appeiçoit une fente qui pénètre aflez 
avant dans la fubflance de cette partie, & qui la divife 
également en deux félon fa longueur. Cette fente eft 
un vrai canal, ,& c'eft dans ce canal quepaffe la liqueur 
qui forme les fils : c'eft là où elle fe moule. Le tuyau , 
que la filière file â fon origine, a environ une demi- 
ligne de profondeur , il contient dans fon milieu, une 
efpece.de tendon rond, ou plutôt un fil de même na- 
ture que les autres, mais beaucoup plus gros. Dans les 
grandes moules fa grofTeur égale du moins celle d'un 
brin de foie à coudre. Sa longueur eft fourent d'un 
pouce j quelquefois il eft aflez long pour fortir comme 
les autres en partie par l'endroit ou la coquille s'en- 
ir'ouvre. C'eft à. ce tendon ou à ce gros fil que font at- 
tachés par une 4e leurs ext-rêmités , tous les fils déliés 
qui fervent à fixer la moule : il eft comme un cable au- 
quel tiennent tous les petits cordages; ils y font atta- 
chés dans toute leur étendue. Le petit tuyau d'où il part 
ne feroit pas fuffifant pour loger un nombre de fils aufti 
confidérable que celui des fils des grandes moules. Ce 
même tuyau eft entouré de diverfes parties glanduleu- 
fes propres à filtrer la liqueur, gluante deftinée à com- 
pofer les fils. La moule , comme la plupart des animaux 
marins , abonde en cette forte de matière. Si l'on ap- 
plique le doigt fjr la filière, & qu'on le retire douce- 
ment , on entraîne divers filamens vifqueux , tels qu'on 
les retire des araignées, des vers à foie & des chenilles. 
Mais fi l'art de filer eft un art commun aux moules & à 
divers autres animaux terreftres , tout ce que nous 
avons rapporté fait aifez voir que la méchanique qu'el- 
les y emploient, leur eft particulière. Les vers à foie , 



M O U 3^1 

les chenilles & les araignées tirent de leurs corps. des 
fils auffi longs qu'il leur plaît en les tailant pafier par 
un trou de filière ; leur procédé reflemble à celui des 
ouvriers que l'on appelle tireurs d'or. Le procédé au 
contraire des moules refTemble à celui des ouvriers 
qui jettent les métaux en moule. Le canal de leur fi- 
lière eft un moule où le £1 prend fa figure & une lon- 
gueur déterminée. Ceft ain(i que s'exprime M. de 
Réaumur far le mouvement progrefîif& la manière de 
filer des moules, & à laquelle l'auteur de la contem- 
plation de la nature ajoute une petite adreffe dans 
ï'adion de filer ; la moule venoit de tendre le premier 
fil , pour s'afTurer s'il étoit bon , elle l'a mis fur le champ 
à répreuve ; elle l'a tiré fortement à elle comme pour 
le rompre. Il a réiifté à cet effort , & fatisfaite de l'é- 
preuve, elle a été tendre le fécond fil , qu'elle a éprouvé 
comme le premier. 

Les mémoires de M. Mercier du Paty , fur les bou- 
chots à moules, tom, II. de l'Académie de la Rochelle , 
annoncent qu'on n'a point reconnu dans la moule un 
mouvement progreflif par les nouvelles expériences 
que l'on a faite fur cette côte. Ces bouchots à moules 
font des efpeces de parcs , formés par des pieux avec 
des perches entrelacées , ce qui fait une efpece de 
clayonnage folide , capable de réfifter aux efîbrts des 
fiots à quoi les moules s'attachent par gros paquets 
pour y dépofer leur frai. M. Mercier prouve par des rai- 
îons & des expériences, que le mouvement progreflif 
accordé à la moule par MM. Poupart , Heide , de 
Réaumur & autres, na aucune réalité, & qu'elle ne 
lile point le byffus qui l'attache aux corps voifins , vu 
qu'il naît & qu'il croît avec elle comme une partie qui 
lui eft effentielle. M. d'Argenville veut aufîi que les 
moules ne fortent jamais de leur place , à moins qu ou 
ne les détache exprés , & il dit que le pêcheur ayant 
détaché avec un fer pointu, des moules de leurs maffes, 
& les ayant jettées dans les endroits dégarnis de marais 



3(?2 MOU 

ou de bonchots , elles cherchent aiifTi-tôt a faifir Tobjet 
qu'elles trouvent le plus voifin , & s'y attachent par un 
nombre infini de fils qu'elles font fortir ; elles jettent 
cnfuite leur frai qui engendre beaucoup de moules at- 
tachées & garottées avec elles , ce qui fotnie leurs fa- 
milles. La moule , ajoute l'auteur, ne peut afTurément 
joindre par fon prétendu mouvement progrefîif , les au- 
tres moules éloignées, que les pêcheurs ont lailTées atta- 
chées fur les pieux, qui entourent le parc ou bouchot. Il 
faut environ un an pour en peupler un feul ; de forte que 
faifant monter la peuplade d'un bouchot a quarante 
mille, on laifTe fur le bouchot im dixième de la famille, 
& même un peu plus, comme cinq à fix mille, pour 
peu qu'un parc ait été dégarni. Cette récolte fe fait 
dans le mois de juillet , d'août , de feptembre & d'oc- 
tobre. Le temps du frai & le commencement des cha- 
leurs en font feulement exceptés. 

Parmi les obfervations que l'on a faites fur la moule 
de mer , on a encore remarqué une petite bande qui 
enveloppe le bord intérieur de la coquille. Cette bande 
eft d'une efpece d£ matière de corne , & dans l'état na- 
turel , elle eft collée au contour du corps de l'animal. 
Le canal , par oi\ il jette fes excrémens , fe rend dans la 
même ouverture où il refpire l'eau ; les excrémens, qui 
en fortent , paroifTent une fimple terre , une eipece de 
glaife. Ils ont tout du long une cannelure , c'eft-à- 
dire , qu'ils font faits comme une portion d'un tuyau 
creux. De-là il eft clair que l'ouverture de l'anus, par ou 
ils pafTent , n'eft pas ronde comme dans les autres ani- 
maux. On découvre aullî, outre le relTort placé vers le 
fommet de la coquille , lequel fert à l'ouvrir & a. la fer- 
mer au gré de la moule , une infinité de petites parties 
charnues, très joliment découpées jaiïez femblables à de 
petites crêtes de coq , que l'animal ne fait voir que 
îorfqu'il refpire l'eau. La moule en malfe s'ouvre & fe 
ferme feulement d'un quart de pouce ; mais elle fait 
ufage de fes deux parties : elle eft naturellement garot- 



MOU ;^î 

tée & retenue par des filamens qui s'attaclient fur la 
furface de fes deux battans , & de-Ià fe réuniflent â 
tout ce qui fe préfente à leur rencontre. 

Les moules contiennent beaucoup d'huile , de 
phlegme , & de fel volatil. Celle de mer eft (ans con- 
tredit la plus eftimée, comme étant plus faine & de 
meilleur goût que celle de rivière & d'étang. On doit 
clioifir les moules tendres , délicates & bien nour- 
ries ; celles qui fe nourrifTent d'algues marines , d'eau 
douce mêlée avec i'eau de la mer , comme celles que 
l'on retire dans les bouchots. Pline rapporte que les 
moules font bonnes en tous temps , mais qu'elles font 
meilleures dans l'auèomne que dans toutes autres fai- 
fons ; qu'elles deviennent ameres vers les approches 
de l'hiver & d'une couleur rougeâtre. La chair des 
moules lâche le ventre , mais elle fournit peu de bonne 
nourriture : & ne convient qu'aux tempéramens bi- 
lieux , & à ceux qui ont un bon eftomac , encore en 
faut-il u{èr modérément; car elles fe digèrent difficile- 
ment & produifent des humeurs lentes & vifqueufes : 
elles paffent même pour exciter la fièvre , & pour eau- 
fer des obftrudlions dans le bas-ventre. Le dofteur 
Mœrhing , dans le feptieme volume des Ephémérides 
d'Allemagne, année 1744 , pag, 115 , rapporte plu- 
fieurs obfervations qui prouvent que les moules font 
fujettes à devenir venimeufes par des maladies qui leuL* 
arrivent & qui les rendent très<langereufes dansl'ufage. 
Quelques perfonnes , ayant mangé de ces moules , 
tombèrent dans des anxiétés , des convulfions , accom'- 
pagnées d'éruptions cutanées, qui ne laifferent aucun 
doute fur la préfence du venin. On ne put guérir les 
malades que par les vomitifs , fui vis des antidotes qui 
les rétablirent au bout de quelque temps. Ceci , difenr 
les auteurs de la fuite de la matière médicale , doit 
donc rendre les moules & les autres poilTons teftacées 
fufpefts, fur-tout après des hivers rigoureux, parce 
qu'alors une partie des poiiTôns périffant , le froid in- 
fedle l'eau de leur eorruptioii : ce qui fait contrader 



3^4 MOU 

aux moules & aux autres poifTons teftac^cs , qui fe rem- 
plifTent de cette eau , une qualité nuifible li l'on s'en 
îert en aliment. 

On apprête les moules de plufieurs manières , mais 
la meilleure façon eft de les accommoder ou de les 
faire ouvrir fur le feu , avec le beurre frais, le perfil, 
la ciboule & la chapelure de pain. On fait aufli des 
potages aux moules qui peuvent palTer pour fains , fur- 
tout pour les jeunes gens d'un tempérament chaud & 
bilieux : car les vieillards & toutes les perfonries^dont 
l'eftomaceft débilité ou fait mal fes fondions, doivent 
s'interdire abfolument cette nourriture. 

On fe fert en médecine de la coquille des moules , 
& on la prépare en poudre : elle eft fort bonne contre 
la fièvre tierce. On prend pour cela telle quantité 
qu'on veut de ces coquilles , & on les met dans du vi- 
naigre , les y laiflant tremper pendant une nuit : le 
lendemain on en ôte le limon que le vinaigre a fait 
naître en les rongeant , puis on les calcine un peu , & 
après les avoir pulvérifées , on les garde pour le. befoin. 
On en prend un demi-gros dans l'eau de chardoii-bé- 
nit ou dans du vin , à l'entrée de l'accès. Cette poudre 
fait fuer doucement j ce qui emporte la fièvre. On s'en 
fert encore étant fimplement lavées , defféchées & pro- 
phyrifées , à la dofe d'un fcrupule , à un demi- gros pour 
pouffer les urines , & pour arrêter le cours de ventre 
qui furvient à la fuite d'une purgation très forte. 
Comme elle eft abforbante, elle arrête doucement les 
évacuations ; & cette poudre peut être fubftituée à celle 
des coquilles d'huitres ou des limaçons , produifant à 
peu près les mêmes effets. Les maréchaux emploient 
contre les taies , & les onglets qui naiffent fous les 
yeux des chevaux, la poudre de coquilles de moules 
en guife de collyre £gc qu'ils foufîent dans leurs yeux ; 
ce qui les déterge & confume les taies en peu de 
temps. 

La moule de mer a pour ennemi un petit coquillage 
univalve du genre des limaçons nommés {abots, qui 



MOU jtf5 

fen fait fa proie. Il s'attache pour cela à la coquille , la 
perce d'un trou afîez exaclement rond , environ d'une 
ligne de diamètre , & y fait pafTer une efpece de trompe 
ou de petit boyau cylindrique, long de cinq ou lîx 
lignes qu'il tourne en fpirale , &: avec quoi il fuce la 
moule. Il fe rencontre jufqu'à plufîeurs trous fur la co- 
quille d'une moule , ce qui arrive fouvent ; on les voit 
fur les valves dans Icfquelles l'animal a été détruit. 

M. Adanfon range les moules , qu'il a obfervées au 
Sénégal , dans le genre du jambonneau. Foye^ Jam- 
bonneau. 

M. Davila, dans fon catalogue fyftématique,aformé 
la fixiemc famille des bivalves par celle des moules. Ce 
font, dit ce Conchyliologifl:e,des coquilles oblongues, 
non d'un côté à l'autre comme les tellines, mais de la 
tête au bord oppofé j elles font des plus caraftérifées 
par l'égalité confiante de leurs deux valves, & par leur 
forme convexe, large vers le bas,finifrant en pointe 
aux fommets. Quelques-unes font encore remarquables 
par leur belle nacre & les perles qu'on y trouve quel- 
quefois. Elles forment trois genres. 

i". Les moules proprement dites, dont les valves 
ferment exadlement , & dont un des côtés eft prefque 
droit , tandis que l'autre & l'extrémité inférieure font 
arrondis. 

z°. Les moules cylindriques , dont les valves font 
fort longues , à peu près également larges des deux 
bouts , & aufli exadement fermées que dans les précé- 
dentes , genre qui comprend les pholades bivalves 
nommées dattes. 

3°. Les moules triangulaires , nommées particuliè- 
rement pinnes marines. V^oye:^ les mots Dattes et 

PiNNES MARINES. 

Les moules du premier genre , ou proprement di- 
tes , font les Ma^TelIaniques , celles de Rio de la Plata , 
de la terre des Papous , les moules d'Alger , l'efpece 
appellée la tulipe, la gueule de foiyris & les moules de 
la Méditerranée. 



^6^ MOU 

MOULE ARBORISÉE. Mufiulus da^yli-formls ,, 

tefiâ tenui , colore flavido & croceo in duabus maculis 
rubefcens & quafi plurimis ramufculîs ornacus. Cette 
coquille bivalve dn genre des moules approche beau- 
coup de celui des dattes par fa forme , eii-parcie cylin- 
drique. Ses deux valves, qui font extrêmement minces , 
forment une efpece iinguliere , par fa figure arrondie 
& cylindrique jufqu'aux deux tiers de la coquille , 
tandis que l'autre extrémité oppoiee aux fommets s'é- 
largit , devient comprimée & trancliante dans Ton 
bord. Toute la furface extérieure de cette eipece de 
moule eft d'une couleur jaunâtre avec deux grandes ta- 
ches lur chaque battant d'un rouge Tafrané d'où part un 
faifceau de petites ramifications qui s'étendent jus- 
qu'aux extrémités tranchantes de la coquille. Le drap 
marin , qui couvre toute cette bivalve, eft mince , de 
couleur de corne , & aflez tranfparent non-feulement 
pour voir entièrement toutes les taches & les couleurs 
de la coquille auxquelles il femble tenir lieu d'un ver- 
nis luifant , mais encore pour y appercevoir des efpe- 
ces de ftries longitudinales prefqu'imperceptiblcs en 
manière de rides , partant des fommets & de l'extré- 
mité arrondie, pour fe rendre & fe replier d'une ma- 
nière circulaire vers le ligament : ce ligament occupe 
les deux tiers de la longueur de cette moule-datte , & 
eft iîtué vers la partie latérale la plus convexe. Toute 
la furface intérieure montre une nacre légère un peu 
argentine, & une efpece de charnière peu articulée 
qui paroît ne conlîfter que dans une petite moulure 
longitudinale au-defTous du ligament , & dans lequel 
elle fe trouve en plus grande partie compliquée. La 
moule arborifée , qui eft peu ordinaire , porte prefque 
deux pouces & demi de longueur fur un pouce de lar- 
geur , versfon extrémité la plus large. Cette efpece, 
que l'auteur décrit d'après celle qui eft dans fa collec- 
tion, n'eft mentionnée & repréfentée que dans le cata- 
logue fyftématique de M. Davila, pag, )%6,art» 8^ S. 

pL lp,l€£t*Z, 



MOU 3^*7 

MOULE D'ALGER. Mytulus al gerlanus, forma 
elongatâ , convexâ, colcribus margaritiftr'n amarantinis 
coLumbinis aiternatim vunantibus , lucide intus Ù extus 
fpUndens, Cette efpecCjqui provient des mers du royau- 
me d'Alger en Afrique, le long des côtes de la Méditer- 
ranée, ell d'une fubiîance de nacre vive en couleur, lor{^ 
qu'elle eft dépouillée d'une croûte raboteufe vers les fom- 
mets, &d'un drap marin verdâtre vers l'autre extrémité : 
cette nacre forme des ondes ceintrées dont les diftérens 
reflets e:<poIént aux yeux le plus beau verd,des nuances 
de gorge de pigeon & d'amarante , principalement 
depuis le plan incliné jufqu'au pourtour tranchant des 
valves. La forme des moules d'Alger eft ordinaire- 
ment très allongée, portant jufqu'à plus de cinq pouces 
de longueur fur deux tiers moins de largeur , quoi- 
qu'elles foient ordinairement inférieures en volume. Le 
côté oppofé au ligament eft le plus louvent très élevé 
par la grande convexité des battans qui égale même la 
largeur de la moule : cette partie latérale eft chargée 
de rides longitudinales, & ne montre fouvent qu'une 
demi-nacre blanchâtre qui s'étend jufqu'aux fommets ; 
c'eft au-deffous de cette extrémité que l'on diftingue 
une petite charnière formée de deux denticules récipro- 
ques dans les deux valves, lefquelles fe logent dans les 
alvéoles correfpondans. Ces moules font fujettes à 
avoir une forme bofliie , & à être piquetées de vermi- 
culaires dans la furface la moins colorée. 

MOULE DE GUINÉE. Mytulus GuincA , Uvis , 
forma regulari & fdtis deprefsâ ^ coloribus undofis \io~ 
laceis & achat a infignis. Celle-ci eft d'une figure régu- 
lière dans fes proportions , peu convexe vers les fom- 
mets des valves, applatie & très arrondie vers les bords 
oppofés. Toute la ilirface extérieure de la belle moule 
de Guinée eft ornée de ceintres violets , agathes & 
Jilas, formant des nuances ondées, & plus ou moins 
mélangées. La furface intérieure brille d'une nacre 
prefque femblable à celle de la moule d'Alger , jouant 
la gorge de pigeon & la plume de paon j mais la moule 



^6^ MOU 

■ MOULE ARBORISÉE. Mufculus daclyU^formis y 
tefiâ tenui , colore flavido & croceo in duabus maculis 
rubefcens 6" quafi plurimis ramufculis ornatus* Cette 
coquille bivalve du genre des moules approche beau- 
coup de celui des dattes par (a forme , en partie cylin- 
drique. Ses deux valves, qui font extrêmement minces , 
forment une efpece fînguliere , par fa figure arrondie 
& cylindrique jufquaux deux tiers de la coquille , 
tandis que l'autre extrémité oppoiee aux fommets s'é- 
largit , devient comprimée & tranchante dans Ton 
bord. Toute la furface extérieure de cette efpece de 
moule eft d'une couleur jaunâtre avec deux grandes ta- 
ches iur chaque battant d'un rouge fafrané d'où part un 
faiiceau de petites ramifications qui s'étendent juf^ 
qu'aux extrémités tranchantes de la coquille. Le drap 
marin , qui couvre toute cette bivalve , eft mince , de 
couleur de corne , & affez tranfparent non-feulemenc 
pour voir entièrement toutes les taches & les couleurs 
de la coquille auxquelles il femble tenir lieu d'un ver- 
nis luifant , mais encore pour y appercevoir des efpe- 
ces de ftries longitudinales prefqu'imperceptibles en 
manière de rides , partant des fommets & de l'extré- 
mité arrondie, pour fe rendre & fe replier d'une ma- 
nière circulaire vers le ligament ; ce ligament occupe 
les deux tiers de la longueur de cette moule-datte , & 
eft fitué vers la partie latérale la plus convexe. Toute 
la furface intérieure montre une nacre légère un peu 
argentine, & une efpece de charnière peu articulée 
qui paroît ne confifter que dans une petite moulure 
longitudinale au-defTous du ligament , & dans lequel 
elle fe trouve en plus grande partie compliquée. La 
moule arborifée , qui eft peu ordinaire , porte prefque 
deux pouces & demi de longueur fur un pouce de lar- 
geur , versfon extrémité la plus large. Cette efpece, 
que l'auteur décrit d'après celle qui eft dans fa collec- 
tion, n'eft mentionnée & repréfentée que dans le cata- 
logue fyftématiquedeM. Davila,;?^^. }^6,art» 8^3. 
pL iç*lett*Z* 



MOU 3^7 

MOULE D'ALGER. Mytulus al gerlanus, forma 
elongatâ , convexâ^ colcribus margaritiferis amar antinis 
columbinis alternatim vununtibus , lucide intus & extus 
fplendens. Cette efpecejqui provient des mers du royau- 
me d^'Alger en Afrique, le long des côtes de la Méditer- 
ranée, ell dune fubi4ance de nacre vive en couleur, lorf- 
qu elle eft dépouillée d'une croûte raboteufe vers les fom- 
mets, &d'un drap marin verdâtre vers l'autre extrémité : 
cette nacre forme des ondes ceintrées dont les différens 
reflets ejcpofent aux yeux le plus beau verd,des nuances 
de gorge de pigeon & d'amarante , principalemenc 
depuis le plan incliné jufqu'au pourtour tranchant des 
valves. La forme des moules d'Alger eft ordinaire- 
ment très allongée, portant jufquà plus de cinq pouces 
de longueur fur deux tiers moins de largeur , quoi- 
qu'elles foient ordinairement inférieures en volume. Le 
côté oppofé au ligament eft le plus fouvent très élevé 
par la grande convexité des battans qui égale même la 
largeur de la moule : cette partie latérale eft chargée 
de rides longitudinales , & ne montre fouvent qu'une 
demi-nacre blanchâtre qui s'étend jufqu'aux fommets ; 
c'eft au-deffous de cette extrémité que l'on diftingue 
une petite charnière formée de deux denticules récipro- 
ques dans les deux valves, lefquelles fe logent dans les 
alvéoles correfpondans. Ces moules font fujettes a 
avoir une forme bofTue , & à être piquetées de vermi- 
culaires dans la furface la moins colorée. 

MOULE DE GUINÉE. hlytuUs Guinée , Uvis , 
forma regulari & fatis deprefsâ _, coloribus undofis vio- 
Idceis & achat & infignis. Celleici eft d'une figure régu- 
lière dans fes proportions , peu convexe vers les fom- 
mets des valves, applatie & très arrondie vers les bords 
oppofés. Toute la furface extérieure de la belle moule 
de Guinée eft ornée de ceintres violets , agathes & 
Jilas, formant des nuances ondées, & plus ou moins 
mélangées. La furface intérieure brille d'une nacre 
prefque femblable à celle de la moule d'Alger, jouant 
la gorge de pigeon & la plume de paon \ mais la moule 



;^^8 MOU 

^e Guinée eft toujours plus unie en-dehors comme en- 
dedans. Elle a tour au plus trois pouces de longueur fur 
moitié moins de largeur. Sa cliarniere montre dans l'in- 
térieur des fommets , une petite dent dans une valve qui 
s'engrène dans la cavité correfpondante de l'autre valve. 

AÎOULE DE LA MÉDITERRANÉE DES CO- 
TES DE FRANCE. Myculus Jormâ Ut à , coloribus 
c&ruteis & vioiaceis , -plus vel minus cum albedine inter- 
mixtis , ex mari Mediterraneo. La Méditerranée four- 
nit fur les côtes de Provence & du Bas-Languedoc , 
beaucoup de moules de la grande efpece , parmi lef- 
quelles on en trouve quelquefois d'aflèz unies , dépour- 
vues de loupes intérieures & ians être vérinées an-de- 
hors , & par conféquent fufcepribles d'être polies après 
la fupprelHon d un drap marin fombre , afin de mettre 
en évidence les plus belles couleurs bleues & violettes 
plus ou moins foncées & mêlées de blanc , dont ces 
fortes de moules font compofées , & ornées principa- 
lement dans leur furface extérieure. Elles parviennent 
à un grand volume , & ont en général plus de largeur 
que beaucoup d'autres efpeces de moule. On dilHngue 
celles dont la coquille eft épailfe d'avec les autres qui 
l'ont mince. Les premières ont leurs fommets plus re- 
courbés en bec que les dernières , & préfentent toutes 
les deux des variétés infinies par la diverfité de leurs 
nuances en formant des arcs & des ondes de différentes 
manières. Elles peuvent avoir plus de quatre pouces 
& demi de longueur fur deux & demi de largeur. Les 
plus belles viennent de Marfeille. 

GuALTiERl , tab. 91, litt. E. Mytulus latus 3 
aliquando Uvis , aliquanào rugofus , ex albido nitide 
yiolactus , feu. obfcur'é hyantinus-. 

MOULE DE LA TERRE DES PAPOUS. Mv^ 

tulus papuûTius , tcjîâ crafsâ , forma oblongâ , gib- 
èosâ , maxime couvera , coloribus albis , vioiaceis vel 
rofeis arcuatim difpoftis , diftincîus. Cette efpece ,' qui 
fe trouve dans la grande mer des Indes, ou dans les pa- 
lages du pays que l'on oomme la terre des Papous ou 

des 



MOU '^c^ 

iJes Noirs , peut avoir jufqu a plus de cinq pouces de 
longueur j les valves font epaifles, baroques dans leur 
forme, & fi bombées, que leur convexité égale la lar- 
geur de la coquille qui porte deux pouces & demi ou 
moitié moins que fa longueur. Les fommets font un 
peu contournés , bolTués ; au - defTous naiflent deux 
avances arrondies en portion de cercle & fmueufes 
dans leur bord , ainfi que toute l'étendue latérale de 
cette moule. Le côté oppofé montre un fort liga- 
ment qui occupe prefque la moitié de la longueur des 
battans , & remplie toute l'épailTeur du teft ; c'eft au- 
deffous de ce ligament que la moule forme une au- 
tre avance qui la rend comme ventrue ou en quelque 
façon ailée. Toute la furface extérieure de la grande 
moule des Papous eft nuée par ondes de blanc , de 
couleur lilas, ou violet clair ou de rofe, luifante comme 
l'agathe polie. La furface intérieure eft d'une nacre 
blanchâtre peu intéreffante , & pourprée légèrement 
dans le pourtour des valves. La charnière eft peu fen- 
fible , & compofée feulement d'une longue rainure qui 
fe termine dans chaque battant par une denticule 
prefqu'imperceptible, & que l'on ne découvre qu'a- 
près la fuppreftion du ligament. 

M. à'ARGENViLLE, pL il. lett.C.pag. loi. La 
moule de la terre des Papous , dont la couleur eft 
fauve ordinairement : celle-ci qui eft découverte , ex- 
pofe aux yeux les plus belles couleurs d'agathe', de 
violet , de couleur de rofe. Cette moule eft bofTue 
dans fa fuperficie ; & cette boffe occafionne deux avan- 
ces a l'endroit de la charnière. 

La moule de la terre des Papous a une variété dans 
fon efpece à laquelle on a donné le nom de tulipe» 
Voye-^ Tulipe-moule. 

^ M. Adanfon a donné le nom de lulat à une moule de 
l'efpece de celle de la terre des Papous, y^oyer Lulat. 

MOULE DE MAGELLAN. Mvtulus magella^ 
meus. Cell dans la partie méridionale de l'Aménque , 
depuis les lies Malguines jufqu'au détroit de Maeellan .' 
T^mtlh A a 



I70 MOU 

que loa trouve des moules de la plus grande beauté Se 
plulieurs efpeces très intéreflantes j favoir , la grande 
magellane ftriée de couleur pourpre & nacrée , celle 
qui eft plus ftriée moins grande & moins coloriée , la 
moule Ihiée violette des îles Malouines , & les magel- 
ianes bleues. Foyc:^ ces efpeces. 

MOULE DE MAGELLAN , dite GRANDE 
MAGELLANE. Mjtulus magdiankus major finis 
undulazis in longum duclis j coloribus margaritiferis 
iajigniur purpura funtibus nitens. C'eft une efpece al- 
longée , recourbée vers les fommets du côté oppofé aa 
ligament compoiee de deux valves épaifTes , chargées 
de fines onduleufes , incerrompues par des rides cein- 
trées qui fe rencontrent principalement vers l'extrémité 
arrondie ou la plus large de la coquille. Lorfquoii 
lupprime toutes ces ftries, on parvient à donner plus 
d'éclat à une nacre qui n'eft que blanchâtre vers les ex« 
trêmités aiguës, mais qui expofe aux yeux dans le 
refte des valves , le plus bel orient , nué d'une couleur 
pourpre & amaranthe , formant des ondes & des demi- 
cercles, jouant les couleurs changeantes de la gorge dé 
p'geon , & laiiTanL encore des traces plus ou moins ap- 
parentes des ftries longitudinales, quoique toute \% 
ilirface foit unie. La nacre intérieure eft matte , blan- 
châtre & violette vers la circonférence des battaus. 
ï^e ligament , qui occupe plus du tiers de la longueur de 
ia moule , eft fort épais & noirâtre. La grande ma- 
gellane peut avoir jufqu'à plus de cinq pouces de lon- 
gueur fur moitié moins de largeur. 

M. êi Argenville ypL 2.z./ett.N,pûg.i9-^» Une 
snoule d'un très beau violet , mêlé de pourpre & d'a- 
gathe ; c eft la grande moule de Magellan. 

La grande moule de Magellan a une variété dans fon 
efpece qui n'en diftere que par fon volume moins grand, 
ayant tout au plus près de quatre pouces de longueur , 
par fes ftries longitudinales , & fes rides plus pronon- 
cées & plus élevées. Cette moule eft d'une nacre blan- 
ciitre depuis les fommets jufqu'à plus de la moitié de 



M O U 37t 

!a Èôquille , & de couleur pourpre & amaramlie dans 
le refte. Cette moule peut avoir trois pouces &c demi 
de longueur. Elle eft quelquefois blanche. 
MOWLE DE MAGELLAN, ou MAGELLANE 

BLEUE SANS STRIES. Myrulus magelUnicus , U^ 
vis , pulcherrimo colore céiruUo turcico injîgnis, Ceft 
une efpece unie , d'une fauffe nacre fauve-clair vers les 
fommets des valves, mais d'un bleu turquin admirable^ 
formant des ondes de diverfes nuances. Sa forme eiî 
moyennement large & allongée , & la furface inté-- 
rieure montre une demi-nacre de couleur ardoife &: 
bleue dans le pourtour des battans. La charnière ne 
paroît être formée que par une longue rainure fituée 
au-defîbus & dans l'étendue du ligament. La magel- 
lane bleue peut avoir trois pouces & demi , & même 
près de quatre pouces de longueur fur moitié moins de 
largeur. 

MOULE DES ISLES MALOUINES. Uytulas 
finis undiilatis in lon^um ducîis ftriatus \ coloribus al- 
bis , violaceis-& cinereis lucide fplendens. Cette moule 
eft à ftries longitudinales , onduleufes très prononcées 
depuis les fommets des battans jufquà leur circonfé- 
rence. Toute cette furface eft nuée par demi cercles 
<le blanc, de violet, de lilas& de couleur cendrée. L'in- 
térieur de la moule eft blanchâtre. 

MOULES FLUVIATILES,ôu D'EAU DOUCE. 
Mytuli fluviatiUs five aq^us, d'ulcis. Ce font en géné'- 
ral les efpeces qui fe trouvent dans les fleuves, les ri- 
vières , les étangs , les lacs & les canaux , & qui on" 
en général une grande affinité avec les cames & les 
tellines, & dont le plus grand nombre devroient plu- 
tôt être confidérées comme étant de ces derniers gen" 
res , (î elles ne filoient pas le byfîus comme les moules* 
Celles que Ton connoîc en général, font les moulr'î 
minces d'étang, celles de rivière, ou des fleuves qui 
font épaiffes, parmi lefquelles an diftingue celles de 
Rio de la Plata , du fleuve MifTilTipi & les efpeces 
communes. - -^^ •' 

Aa îj 



57* MOU 

MOULES FLUVIATILES COMMUNES. ATy- 

tuli fluviatiUs vulgares , tefiâfpifsâ , intus colore mar* 
garkifero argençeo nitentes , extus nigrefcentes» Cet 
efpeces ont en général leurs valves plus épaiffès que 
celles d'étang ; elles font couvertes dHin épiderme 
noir qui cache une fubftance de nacre qui brille inté- 
rieurement. Les valves des moules fluviatiles ordinai- 
res font fufceptibles d'être polies à caufe de leur épail^ 
Teur j ils s'en trouvent aufîi dont l'épiderme eft verdâ- 
tre. La charnière eft ordinairement Forte , compofée 
<ie deux apophyfes dentelées , faillantes , réciproques 
^ans les deux battans & avec autant de cavités corref- 
pondantes ; on obferve encore dans cette charnière 
une moulure très longue qui eft fituée deffous , & le 
long du ligament, il y a de ces fortes de moules qui 
ont depuis deux pouces jufqu'à plus de quatre pouces 
de largeur fur environ un tiers moins d'élévation : ce 
•qui préfente une proportion différente de celle des 
moules maritimes qui ont en général une fois plus d c- 
lévatiori ou de longueur que de largeur. 

M*è!ARGENviLLE a rangé parmi fes bivalves flu- 
viatiles ou d eau douce , quatre efpeces de moules ; fa- 
voir , celle de la rivière des Gobelins , l'efpece qui fe 
trouve dans la Loire , une autre qui a été prife dans la 
Marne , & la quatrième qui vient de la Seine. 

La moule de rivière , dit l'auteur , eft fort différente 
de celle de mer. Elle eft hermaphrodite , & fe multi- 
plie indépendamment d'un autre animal de fon efpece» 
iVI. Mery prétend qu'elle a huit mufcles attachés à la 
furface interne de fes deux battans, qu'elle reçoit fa 
nourriture par l'anus , & qu'elle refpire par cette par- 
tie , n'ayant point de canal , qui de fa bouche aille 
aux poumons. M d'Argenville ayant ouvert une mouî* 
au bord de la rivière , il lui a paru qu'elle tenoit à fes 
deux battans par une pellicule ou épiderme , qui s'é- 
tendoit le long du battant auquel elle étoit adhérente , 
& tenoit a fes deux battans par quatre tendons , 8c 
nullement par huit mufciet , comme le marque AL 



M O tr '57$ 

Mery. Son bras a fix ou fept lignes , & par le moyen 
de ce bras, elle fe traîne plutôt quelle ne marche; 
elle ouvre pour cet effet fa coquille , & Ton voit une 
langue qu'elle fait fortir d'un pouce & demi , pour tâ- 
ter le terrein & fe tranfporter fur quelque corps qu'elle 
faifit , & oblige fa coquille d'avancer ; en réitérant ce 
manège , elle ne laiffe pas de faire du chemin. 

M. Poupart dit qu'elle avance de trois à quatre au- 
nes de long, marchant le talon en avant par un mou» 
vement réitéré. Elle peut fraypr, fe rencontrer avec 
une autre , & cette même langue qui fort de fa co- 
quille, & par laquelle elle fe traîne , lui fert de filière 
pour filer une quantité de fils qui tiennent tous à un 
tendon ou gros fil auquel ils font attachés dans 'oute fou 
étendue. Ce même tuyau eft entouré de diverfes par- 
ties glanduleufes propres à filtrer la liqueur deftinée à 
compofer les fils. On peut remarquer intérieurement 
a l'une de fes extrémités , deux diaphragmes , deux 
cloifons , ou deux filets perpendiculaires. 

L'auteur du livre intitulé la contemplation de la na- 
ture , tom, IL p'is;» m. décrit très joliment le mou- 
vement progreflif de la moule de rivière. Vous favez , 
dit-il , que les moules habitent une coquille à deux 
battans. Les deux pièces font unies par une forte de 
charnière que la moule fait jouer pour' ouvrir & fer- 
mer à fon gré la coquille. La ftrudlure de l'animal 
n*eft pas notre objet aftuel : nous voulons voir ce qu'il 
fait faire. Il s'agit, dit l'auteur, de la moule des riviè- 
res. En voilà une dont la coquille repofe à plat fur le 
fable. Dans peu de temps cette coquille fera aflez loiti 
du lieu oii elle vous paroît maintenant collée. Ce ne 
fera pas la rivière qui lui fera changer de place : ce ferîi 
la moule elle-même qui la tranfportera. Vous cherche^ 
a pénétrer comment elle s'y prendra , & vous ne le 
découvrez point. Laiflez-la faire , & fuivez-Ia. Elle en-> 
ir* ouvre fa coquille : elle en fait foutir une efpece de 
langue ou de trompe charnue. Je vous préviens que 
Ton dcfTein eft de mettre ÙL coquille fur fon tranchant s 

A a iij 



'374 M O U 

clic repofe encore fur un de fes côtés , 8c ce côté eft I 
peu près plat , & le terrein horizontal. Comment donc 
ïéuiTira-t'elle à élever la coquille , & à la pofer fur la 
tranche ? Elle n'a pour inftrument que fa trompe. Avec 
cette trompe elle laboure le fable autour de fa coquille ; 
elle creufe un petit fofTé : elle y fait tomber la coquille 
qui fe trouve ainfi pofée prefque verticalement fur fon 
tranchant. La moule porte fa trompe en avant ; elle 
l'allonge le plus qu'elle peut : elle en crampone l'ex- 
trémité dans le fible; & à l'aide de ce point d'appui , 
elle tire a elle la coquille qui achevé de fe relever : la 
voilà qui pofe toute entière lurfa tranche : mais lamoule 
veut aller en avant , fa trompe trace dans le fable un 
fillon ou une rainure : elle fe cramponne comme la 
première fois : la moule tire à elle la coquille : celle-ci 
glifle dans la rainure qui la maintient fur fon tranchant. 
La moule fait ainfî fon chemin , & nous montre dans 
fa méchanique une refTource que nous n'avions pas 
imaginée. Sa trompe lui tient lieu de mains & de 
pieds , & fuffit a tout ■ aulfi eft-elle plutôt une main ou 
un pied qu'une véritable trompe. 
, M. Geoffroy , Traité des coquilles, pag. 14T. 
'Mytulus y tejia fufcâ , iimbone prominenre. Elle ref- 
femble beaucoup à la moule d'étang ; cependant on y 
trouve plufieurs différences, dit l'auteur. Premièrement, 
la couleur de la coquille en-dehors eft plus brune , ti- 
rant fur le verd-brun , & quelquefois fur le noir. Se- 
condement, l'endroit de la charnière eft plus éminent 
^ beaucoup plus aigu que dans la grande moule. Enfin 
le delTous de la charnière à l'intérieur fous cette émi- 
nence , forme un enfoncement confidérable , accom- 
pagné, à côté d'une autre cavité moins grande. On 
trouve cette coquille communément dans les rivières. 
Lister^ Angl. pag. 14^. fig. 30. Mufculus an-^ 
guftior , ex jlavo viridefcens , validus , umbonibus acu- 
fis , valvarum cardinibiis , velut pinnis donatis, 

MOULE FLUVïATILE DU MTSSTSSIPI , au- 
ntm&ïiX appeilée LA MISSISSIPIENNE. Mytulus 



MO U 575 

'fiuvii Mijfîjftpîi i tejlâ crafsâ , valido cardîne , forma 
latâ & convexâ , omnibus coloribus margaritiferis & 
arcûs cdeflis infi^niter fplendens. Cette moule, que Ton 
trouve en Amérique , dans le fleuve MifTifllpi , appro- 
che beaucoup , quant à fa forme , àt Tefpece fluviatiîe 
commune dont les valves font fort épaifl'es; ainû que 
par fa grande charnière qui efl: garnie des mêmes apo- 
phyfes. Le ligament en eft beaucoup plus fort , de 
manière que quand il eft fupprimé, il laifle la coquille 
entr'ouverte dans toute l'étendue de fa réfidence. Cette 
moule dont les valves font très bombées, fort larges, 
& de forme à peu près ovales , eft chargée de rides 
obliques , & de ftries fines circulaires & ferrées , lorf- 
qu'elle eft encore pourvue d'un épidémie noir : toute 
cette fuperficie étant enlevée , on découvre une très 
belle nacre qui réunit en elle toutes les beautés des dif- 
férentes nacres. Elle eft azurée & verdâtre vers lés 
fommets , de couleur de chair & incai ' at dans le refte, 
en rendant dans les diverfes inclinaifons de la coquille 
toutes les couleurs les plus vives de l'arc-en-ciel & de 
l'opale. La furface intérieure des battans montre quel- 
quefois des perles ou quelques loupes de perles; h» 
nacre rougeàtre & incarnat y eft plus foncée qu'etï- 
dehors ; mais elle joue moins les couleurs de l'ifis» 
Cette moule , qui peut être confidéfée comme une des 
plus belles bivalves que l'on poflede , peut porter qua- 
tre pouces de largeur fur deux pouces & demi de hau- 
teur. 

MOULES ou TELLINES D^ÉTANG. MytuU 
tellin& ' formes , [iagnati ^ tefiâ tenui , ftriis rugofs 
tranfverftm ûifpofitis ^ & tenumento viridi ^ inflruêii'. 
On trouve celles-ci dans les étangs, les lacs 8c les ca- 
naux : elles approchent plus du caraftere générique des 
tellines que de celui des moules; mais elles ont la 
même manœuvre que les moules dans leurs mouve- 
ments progreflifs , filent le byffus ainli qu'elles, & les 
efpeces fluviatiles qui ont la coquille épaiffe. Les mou- 
les d'étang font compofées de deux valves fort minces , 

A a] W 



'57tf M ou 

couvertes d'un épiderme verd , afTez luifant , chargées 
de rides tranfverfales , & avec une petite charnière 
formée d'une petite moulure, & d'une rainure fort 
longue & correfpondante. La furface intérieure eft 
nacrée ainfi que l'extérieure , quand la coquille eft dé- 
pouillée. Le ligament , qui eft fitué a coté des fommets 
vers la partie latérale la plus large , s'étend en longueur 
jufqu au tiers de la moule. Les moules d'étang peuvent 
avoir jufqu à fix pouces de largeur , fur moitié moins 
d'élévation. Elles paroifTent être de l'éfpece légère que 
les anciens nommoient la glycyméride. 

GuALTiERi , tab. 7« litt. F. Mufculus fluviatilis y 
maximus ^ profunde ftriatus , latus ; teflâ admodum 
tenui j exjufco viridefcens ^ interdum rufefcens y imits 
argenteus. 

M. à'ARGENVILLE, pag, ^ I. ;>/. 17. ;:. 10. fait 
mention de plufieurs moules qui ont été prifes dans des 
étangs & des c -naux de Jaidins. La première , extrême- 
ment grande & légère , eft nacrée en-dedans , brune 
& luifante par-deltus : on s'en fert , dit l'auteur-, pour 
écrémer les terrines de lait : la féconde de la même 
couleur eft moins grande , mais elle eft plus longue : 
enfin la troifiemc eft jaunâtre , très légère , & nacrée 
en-dedans. 

M. à'ARGENViLLE, dans l'appendice qui traite de 
la zoomorphofe , pi. 8. n. il p. 77. dit que la moule 
d'étang eft toujours plus grande que celle de rivière ; 
mais c'eft toujours le même animal. Son mouvement 
la porte â faire des traînées dans le fable & la boue , 
Se a s'y enfoncer de deux ou trois pieds de bas ; elle 
fort de même une grande plaque ou langue , & ouvre 
fes deux valves de même que la moule de rivière. 

On remarque que les moules d'étang font plus foli- 
taires que celle de rivière ; leur nourriture ordinaire 
n eft que du limon ou de l'eau remplie de parties nour^ 
ricieres ; plufieurs de ces moules fluviatiles donnent de 
belles perles, telle que les moules de Bavière, d'E- 
cofte, de la Volognc en Lorraine, & de Aint Savi- 
lûen. 



MOU 377 

M. Mery, célèbre anatomifte , a donné fur les mou- 
les d'étang , un mémoire intéreffant. Selon lui elles 
font hermaphrodites, mais d'une efpece fînguliere , en 
ce qu'elles multiplient fîms aucun accouplement. La 
coquille s'entrouvre par le moyen d'un puilfant relTort, 
& le ferme par la contradion de deux forts mufcles. 
Ce poifTon nage dans l'eau , & paroît quelquefois fur 
la furface , mais très rarement. Le plus fouvent il rampe 
dans la vafe fur laquelle il refte prefque toujours en 
repos : il a une bouche garnie de deux lèvres charnues. 

L'inteftin commence dans le fond de la bouche , 
palTe par le cerveau , fait toutes fes circonvolutions 
dans le foie. A la fortie de ce vifcere , il décrit une li- 
gne droite , eny:e dans le cœur qu'il traverfe , & vient 
finir dans l'anus. Les parties de la génération font deux 
ovaires & deux véficules feminales ; chaque ovaire 8c 
chaque véfîcule a fon canal propre : c'eft par ces quatre 
canaux que les œufs & la femence de la moule fe ren- 
dent dans l'anus , où ces deux principes s'uniifent en- 
femble en fortant , ce qui fuifit pour la génération. Au 
refte il eft à remarquer que les ovaires de la moule ne 
fe vuident de leurs œufs qu'au printemps , & ne s'ea 
rempliflent qu*en automne : de la vient qu'on les trouve 
toujours vuides en été, & pleins d'œufs en hiver. 

Le cœur eft placé immédiatement fous le dos des co- 
quilles , & au-deflbus des poumons ; la bafe eft tour- 
née du côté de l'anus , & la pointe regarde la tête de 
la moule : il n'a qu'un feul ventricule , & a cependant 
deux oreillettes; mais on n'y découvre ni valvules , ni 
veines, ni artères. II eft renfermé avec les oreillettes 
dans un péricarde rempli d'eau. On y remarque les 
mêmes mouvemens alternatifs de diaftole & de fyftole, 
que dans le cœur de la tortue ; mais avec cette diffé- 
rence confirférable, que le ventricule du cœur de la 
tortue reçoit le fang des oreillettes , au lieu que les 
oreillettes du cœur de la moule reçoivent l'eau de fon 
ventricule : ce qui eft un effet naturel de la ftrudure du 
cœur de ce coquillage , donc les oreillettes n'ont poin: 



?78 MOU 

de veines pour leur porter l'eau , tandis que celles de 
la tortue en ont qui îeui' portent le fang. La confor- 
mation des poumons de la moule n eft pas moins ex- 
traordinaire que celle de fon cœur , & la voie , par la- 
quelle elle reipire , eft diamétralement oppofée à celle 
des poiflons. Dans la carpe & dans le brochet , l'air en- 
tre par le nez ou par la bouche : au contraire , dans la 
moule il entre par l'anus dans les poumons , fitaés en- 
tre le péricarde & les parties de la génération , l'un à 
droite & l'autre à gauche, abreuvés d'une humeur noire , 
dont ils empruntent la couleur. Or comme la moule 
n'a point de canal qui, de fa bouche aille aux pou- 
mons , il eft évident que ce poifTon ne peut refpirer 
^ue par l'anus. 

M. Geoffroy y pag, 1 1 9. fait mention de la grande 
moule des étangs , qu'il définit ainli : My talus , teftâ 
tenui e fuCco viridefcente umbone non prominulo. Elle 
eft d'une très belle couleur, nacrée en dedans, & on 
apperçoit quelquefois dans fon intérieur , quelques 
élévations comme des perles. En dehors elle eft d'un 
brun verdâtre, & lorfqu'on la regarde a travers le jour , 
elle paroît tranfparente & mince. L'endroit de fa char- 
nière n'eft nullement prominent , & fe trouve plus près 
d'un des côtés, a peu-près a un tiers du bord dé la co- 
quille. Le delîus de cette coquille a beaucoup de fil- 
ions, grands , tranfverfes & concentriques à l'endroit 
de la charnière. 

Lin nm us , Faun. fuec. n. 1331. Con cha teflâ oh- 
longâ , ovata y longitudinaliter fubrugofa , pofiice corn- 
prejfo -prominula. 

Li N NMus, Syft. nat. pag. jo6 n. 11^. Mytulus 
tefiâ ovali , compreJfiufcuU , fragUiffima , margine 
membranacco j natibus decorticatis. 

Lister , Angl. pag. 146. t. 2. fig. 2p. Mufculus 
latus , tefiâ admodum tenui ^ efufco viridefcens j in~ 
terdum rufcfcens, 

M. Geoffroy rapporte une variété de la moule d'é- 
tang, qiù fe trouve dans les rivières ; Mytulus ^ tefiâ 



MOU ?79 

fufcâ umhone prominente. Celle-ci refTembte beaucoup 
à la précédente, à la grandeur près, qui a un pouce & 
demi de largeur, fur dix lignes de hauteur , au lieu que 
la grande moule des étangs a /ix pouces de longueur & 
trois pouces & demi de largeur; cependant: on y trou- 
ve plusieurs autres différences. Premièrement, la cou- 
leur de la coquille en dehors eft plus brune , tirant 
fur le verd-brun, & quelquefois fur le noir. Seconde- 
ment , l'endroit de la charnière eft plus éminent & 
beaucoup plus aigu que dans la grande moule. Enfin , 
le dcfTous de la charnière, à l'intérieur, fous cette émi- 
nence , forme un enfoncement confidérable , accom- 
pagné , à côté , d'une autre cavité moins grande. 
On trouve cette coquille très communément dans les 
rivières. 

MOULE DE RIO DE LA PLATA. Mytulus 

fiuvii argentei, Uvis , colore purpureo rigrefcente ^ & 
aliis coloribus opalï fpUndens. Cette efpece , qui fe 
trouve dans les parages voifins de Rio de la Plata , 
dans l'Amérique méridionale, eft couverte d'un épi- 
derme de couleur fombre ou marron foncé , lequel 
étant enlevé , laiffe voir une autre furface plus interef- 
faute , d'une couleur violette , jouant l'opale , quoique 
noirâtre ; mais dont les nuances deviennent plus clai- 
res dans le pourtour des valves. La charnière eft for- 
mée d'une très petite dent , fituée deftbus le fommec 
de l'un àts battans, qui fe loge dans un alvéole cor- 
refpondant de l'autre battant. 

MOULE ORIENTALE BLEUE ou DES IN- 
DES ORIENTALES. Mafculus IndU orientalis 
Uvis ^ for ma elongatâ , venîricosâ , tefiâ mediocriter 
tenuiy & colore puro c&ruleo ^ luczdo ^ in!îg?iis & fplen' 
i/mj. Cette moule, qui porte près de trois pouces & 
demi de longueur fur un 5c demi de largeur, eft unie, 
d'un teft, ni mince ni épais; mais dont la furface ex- 
térieure eft d'une couleur bleue , admirable depuis 
prefque les fommets , qui font mêlés d'une nacre ar- 
gentine , jufquaux pourtours des valves qui devien- 



3So MOU 

nent plus foncées par gradation. Les nuances bleuef 
de cette moule font d'autant plus éclatantes , qu'elles 
participent d'une nacre chatoyante. Sa forme eft ob* 
longue, avec une avance afTez marquée du côté , & à 
la luite du ligament , qui forme une eCpece de ventre. 
Elle eft peu bombée & aiïez applacie dans fon extré- 
mité , large ou tranchante. La lurface intérieure pré- 
fente une fauiïe nacre , d'un bleu mêlé de blanc , qui 
noircit dans la circonférence des battans. La charnière , 
qui eft fîtuée dans l'épaiffeur interne des fommets de 
la. moule, eft compofée d'une dendcule dans l'une des 
valves , laquelle fe loge dans une petite cavité de l'autre 
valve. Les fommets de cette moule font plus aigus que 
Ceux des autres efpeces en général. Elle provient des 
mers des Indes orientales. 

MOULE VERTE D'AFRIQUE. Mytu{us afri^ 
canus , forma latâ , parum convexâ , in ambitu com- 
planatd , tegumento viridi ex fulvo donatus» Cette 
forte de mou'e eft compofée de deux valves peu con- 
vexes vers les fommets, & applaties dans le rèfte d« 
pourtour. Elles font couvertes d'un drap marin ou d'un 
épiderme luifant , d'une belle couleur verte , mêlée de 
fauve dans certains endroits, & aiïez tranfparent quel- 
quefoispour appercevoir , à travers , différents traits rou* 

feâtres en forme de chevrons ou de points d'Hongrie 
ont la coquille eft plus ou moins ornée. Lorfqu'elle 
eft dépouillée de cet épiderme riche en couleur, on 
découvre alors avec plus d'évidence non feulement*tou- 
tcs ces traces coloriées ; mais encore plufieurs nuances 
ceintrées de jaune pâle , de lilas & de couleur de chair , 
avec plus ou moins de mélange. Lepoli luifant , que 
l'on donne à cette moule , la rend aiïez chatoyante ou 
jouant une demi nacre agréable à la vue. Cette nacre 
eft plus décidée dans la {urface intérieure des battans 
qui joue d'une manière tendre les couleurs de l'iris. II 
y a des efpeces dont l'extérieur des valves n'eft point 
orné de chevrons rougeâtres ; mais qui n'en font pas 
moins belles pai l'éclat des autres couleurs : ce qui 



MOU 381 

Ibrmc des variétés dans cette efpece de moule. La 
charnière y eft très prononcée par Jeux denticules fi- 
tuées dans le fommet intérieur de l'un des battans , & 
<l*une feule dans l'autre , lefquelles s'engrènent dans 
les alvéoles corre(pondants. Ces belles moules vien- 
nent du midi de la Méditerranée , des côtes de l'Afri- 
que j on en a traniporté pat hazard , un afTez grand 
nombre à Marfeille que Ton a confervées affez long- 
tems dans les bouchots j mais foit que le nombre en 
foit épuifé , ou que cqs moules foient péries avec le 
temps par la difterence du climat , ou du limon de la 
mer,reipece en efldifparue. Elles peuvent avoir jufqu'à 
plus de quatre pouces de longueur fur environ moitié 
moins de largeur. 

MOURET. Nom donné par M. Adanfon à un co- 
quillage univalve du genre du lépas à coquille fimple 
& entière. L'ouverture de la coquille eft elliptique. 
Ses bords font entiers. Elle a environ un pouce de 
longueur : fa largeur eft un tiers moindre , & un peu 
plus grande que fa profondeur. Le fommet eft élevé 
& placé vers fon centre , en s'approchant cependant 
im peu de la partie poftérieure. Deux cents cannelures 
extrêmement fines Ôc fort ferrées , partent de ce fom- 
met , & fe répandent comme autant de rayons fur toute 
la furface extérieure de la coquille. Sa couleur eft or- 
dinairement grife au-dchors , ou cendrée tirant un peu 
fur le verd. Lorfqu'elle a été roulée fur le rivage , fon 
fommet devient blanchâtre , & fes canneliures font bru- 
nes , fur un fond quelquefois blanchâtre & quelquefois 
vineux , fouvent coupe par trois ou quatre bandes bru- 
nes , circulaires & concentriques au fommet. Aude- 
dans elle eft d'im poli très brillant , brune fur fes bords 
& blanchâtre dans le fond. 

M. Adanfon n'a point obfervé de lépas dont la fi- 
gure du corps s'éloigne davantage de fes congénères 
que le fait celle-ci. Ses yeux & fes cornes font fi petits 
que l'on peut dire qu'elle n'a ni les uns ni les autres. 
da tête eft faite en demi-lune , & coupée vers k milieu 



jSi MOV 

par une large créuelure qui femble la divîfer en deux 
parties égales. Le cordon , que l'auteur a remarqué fur 
le manteau de la première efpece , manque dans celle^ 
ci ; & Tes bords , au lieu d'être frangés , font légèrement 
crénelés. Dans le fmus qu'il fait avec le defRis du pied, 
on ne trouve point les douze fligmates dont il a parlé ; 
on voit feulement fur la droite une petite membrane 
quarrée qui efi: dans une agitation continuelle : c'eft le 
tuyau de la refpiration. Son pied n'a point non plus 
ce fîllon circulaire de la première efpece. Le fond de 
la couleur de tout fon corps eft un gris cendré , fur le- 
quel font répandues un grand nombre de petites taches 
d'un aifez beau jaune. Cette efpece eft commune fur 
les rochers de l'île de Gorée. 

LrsTERy Hift. conchyl. tab. 5^37. fig. 17. Pateila 
nigrîcans minor y capilluceis firiis injignita y africana, 

Ejufdem, tab. 5^39. fig. 21. Patella flriis nigris do" 
nata j ipfo venice albo , nigrâquefen lineâ cincio. 

Klein ^ Tent. p. ii5.fpec. i.n. 15. tab. 8. fig. i. 
Patella intei^ra firiata , minor ,, capillaccis ftriis pcB'f 
nata , ex Africâ ; Listert. 

MO VIN. M. Adanfon appelle ainfî une coquille bi- 
valve du genre du pétoncle ; on la trouve ainfi que l'ef- 
pece nommée le jagou , autour de file de Gorée 8c 
du cap Manuel. Elle i/e diftingue facilement des autres 
pétoncles, parce que fa longueur, qui eft de feize lignes 
ou environ, furpaiïe un peu fa largeur. Sa profondeur 
eft de moitié moindre que cette dernière dimenfion. 
Les quarante filions longitudinaux , qui s'étendent fur 
fa furface extérieure , font fi fins & fi peu mai*qués 
qu'elle paroît lifie & d'un beaupoli. 

Les battans font marqués intérieurement fur leurs 
bords d'un pareil nombre de filions affez longs &'pro- 
fonds ; ils ne joignent pas parfaitement vers l'extrémité 
fupérieure.Lefommet eft rond & peu renflé. La char4 
niere eft courbée , & au moins une fois plus courte que 
la largeur des battans. Sa couleur eft au-dehors d'un 
fauve-clair , qui au-dedans tire un peu fur la couleur 
de chair. 



M U L ^Sz 

MULTIVALVES , ou COQUILLAGES PLU-* 
RIVALVES , POLYVALVES ou POLYCON- 

QUES. Multivalvia vel polyvalvia , feu polyconchA , 
en grec ^ox^ôt/^a. Les Conchyliologifles nomment ainfi 
des coquillages compofés de pluiîeurs écailles ou de 
plufiéurs pièces , fouvent inégales entr'elles , & jointes 
enfemble par difîérens ligamens. Les coquillages mul- 
tivalves forment dans le plus grand nombre des fyflê- 
mes, la troifieme ou la dernière clafTe des teftacées par 
les différences des genres & les variétés des efpeces. Ils 
ont depuis trois pièces jufqua huit , comme les pha- 
lades trivalves , quintivalves , fextivalves , les conques 
anatiferes, les pouce-pieds, les glands de mer, lejs 
ofcabrions, même plufieurs tuyaux de mer j quelques- 
uns y ajoutent les ourfms que l'on doit confidérex 
comme de véritables cruflacées. Les multivalves font 
toutes maritimes 5 on n'en connoît point encore d'eau 
douce. 

GvALTizRi nomme les coquilles multivalves , tefiacea 
•polytomay ïdeft , quorum tefis, ex pluribus panibus , vel 
aniculatis vel per cartilaginem connexis compinguntur , 
favoir, les pholades, les glands de mer, les pouce- 
pieds & les ourfms. 

M. d'Argenviile a compofé fa troifieme & dernière 
clafle des coquilles par celles qui ont plufieurs pièces 
appellées multivalves , ou poîy valves, oupolyconques. 
Conchâ, marin&, multivalves, feu polyvalves^vel polycou" 
ck&. Elle comprend fîx familles , qui font les ourfins ou 
boutons , les lépas à huit côtes , les glands de mer, les 
pouce-pieds , les conques anatiferes & les pholades. 

M. Adanfon comprend deux petites familles dans la 
feftion de fes conques multivalves. Premièrement les 
coquillages dont aucune des pièces de la coquille ne 
prend la forme d'un tuyau, telle que la pholade dont 
les efpeces font le julan & le tugon. Secondement, les 
multivalves dont une des pièces de la coquille prend la 
forme d'un tuyau qui enveloppe entièrement toutes les^ 



î84 MUR 

autres pièces comme le tarée , dont les e(peces font le 
laret & le ropan. 

Les deux genres de cette fedion , dit M. Adanfon , 
favoir , la pholade & le taret , fe rapprochent beaucoup 
l'un de l'aucre par le nombre & luLage des pièces de 
leur coquille , & quoique diftingués par-là des bival- 
ves , ils tiennent cependant à eux , fur-tout au foUn : 
i**. par la figure des battans de la coquille qui font 
béans ou qui laiflent une ouverture à leurs extrémités; 
x°. par le manteau de l'animal qui eft tout d'une pièce 
& femblable à un fac ouvert aux deux bouts. 3°. parce 
qu'ils vivent toujours enfoncés dans quelques corps 
folides où ils paflent ordinairement toute leur vie fans 
fortir. 

M. Davila dans fon catalogue (yftématique, djt 
que la claffe àts multivalves qui eft moins nombreufe 
que celles des univalves & des bivalves, eft formée^de 
coquilles compofées de plufieurs pièces ordinairement 
inégales entr'eîles. Ce Conchyliologifte les divife en 
fix tamilles, qui font les ofcabrions, les pholades, les 
tuyaux de mer multivalves , les glands de mer , les 
pouce-pieds & conques anatiferes , & les ourfîns. 

MURE. Concha fphsLrica , flriis tranfvtrfis alterna* 
tim verrucojis , aperturâ amplijfimâ , labro va/de eX" 
panjo , & cohribus fafciatis fujcis & nigricantibus dif» 
tirika , morum appellata. Coquille univalve du genre 
des tonnes ou conques fpheriques ainfi appellée â 
caufe de fa forme. Sa furface extérieure eft à ftries 
tranfverfales & obliques , garnies d'une manière alter- 
native de fix ou fepr rangées de tubercules ou d'efpe- 
ces de grains noirs & bruns fur un fond fafcié des mê- 
mes couleurs & de blanc-fale ; ce qui donne une idée 
d'un fruit appelle la mure. Le corps de cette tonne eft 
renflé , arrondi , avec une petite clavicule compofée 
de trois {pires peu élevées plus ou moins tuberculeufes. 
L'ouverture , qui eft très grande , eft bordée d'un côté 
par une lèvre très évafée, dentelée vers le bord, & de 

l'autre 



MUS VSJ 

Fautrc d*une coliimelle extérieure , applatie , concave , 
unie & jaune fauve. La furface intérieure eft à décou- 
vert en plus grande partie , très luifante , principale- 
ment lorfque la coquille eft parvenue dans Ton plus 
grand période de grofTeur , de couleur agatlie & cen- 
drée bleuâtre. Tout le plan de cette conque , du côté 
de l'ouverture , repréfente une ei'pece de bairm ovale 
dont rextrêaiité oppofce au fommet ne porte qu'une 
très petite échancrure. La tonne appellée la mure , a , 
depuis la grofTeur ordinaire de ce truie par gradation , 
jufqu à près de trois pouces de haut lur environ un tiers 
de moins de large. 

Cette conque fphcrique a Tes variétés , non-feule- 
ment par fes diverfes groffeurs, mais encore par Tes 
tubercules plus ou moins failians & nombreux. Les es- 
pèces du moyen nge font celles qui font plus régu- 
lières dans leur forme , & dont les ftries & les fpires 
font mieux articulées. 

RuMPHius y tab, 14. n. ç 6* ^. Holl. Geknob- 
belde fchildpad-ftaart , la queue de tortue noueufe. 

Gcr^LTiERI y pag. 5i.litt. E. Bucciniim majus y 
canaliculatum & Julcutum , jbiarum , papillofum , 
■labio exierno faiis patulo , & minutijfi/ns dentato , in- 
îerno verb repando , 6* in famm'itate quoque dentato , 
fa fais albidis , 6* piceis lucide depicium» 

M. à' Argenville ^pl. 17. ietr,H»pag. z6j^, La 
tonne appellée la mure, parce qu'elle eft garnie de tu- 
bercules noires : cette petite tonne ell une efpece de 
conque perfîque. 

MCJREX. Terme latin que les Conchyliologiftes 
mettent aifez fouvent en ufage au lieu de fa lignifica- 
tion françoife pour exprimer plufieurs coquillages uni- 
valves du 2;enre des rochers, l^oyez le mot Rocher. 

MUSCADE, ou NOIX DE MER. Ko^^^ Norx 

DE MER. 

MUSIQUE. Murex cofiatus , Uvis , candi trun^ 
cato , tefta crafsâ^ cUviculâ tuberosâ & exe'tly colu- 
tnellâ rugosâ vel dentacd dijiin^us '^ lineis , maculis j^ 
Tome II, B b 



^U MUS 

virgulis punBifqiu interruptis , notarum mujtcarum ai* 
injiar difpofitis , depicius ; chana mufica vel thema mU" 
jicum appeliatus. Nom donné à des coquilles uolvalves 
du genre des rochers dont le canal ne forme qu'une 
iluiple échancrure , à caufe qu'elles foat ornées par 
ïones & par compartimens de plufieurs lignes parallè- 
les comme fur un papier réglé , entrecoupées de taches 
noirâtres , brunes , bleuâtres , ou rougeâtres , de traits & 
de points de mêmes couleurs fuivant les efpeces j ce qui 
imite afiez bien un petit papier de muiique. Ce ro- 
cher , qui a plufieurs variétés dans fon efpece par le 
nombre des lignes , la figure des notes & des autres 
taches , ainfi que par fes différentes couleurs , porte 
fept a huit côtes longitudinales formant autant de forts 
tubercules vers la volute : cette volute , élevée en py- 
ramide , eft compofée de fept ou huit fpires dont les 
trois ou quatre premières font tuberculeufes, tandis que 
les autres font unies , arrondies, & terminent la cla- 
vicule comme par une efpece de petit tire-bourre. L'ex- 
trémité oppofée ne préfente qu'une échancrure obli- 
que très articulée. L'ouverture eft oblongue , bordée 
d'une lèvre épailTe , marquetée de noir , & d'une co- 
lumelle garnie de dents en forme de rides. Le fond dp 
la couleur extérieure eft le plus fouvent de couleur 
d'ivoire ou couleur de chair , ainfi que la furface inté- 
lieure. 

Les Conchyliologiftes diftinguent plufieurs rocher? 
appelles b mufique marbrée , la mufiquc rouge , I9 
mufique verte, la mufique des piyfans ou le plain- 
cKant , la mufique bâtarde ou le bois veiné & les fauf- 
fes mufiques. Ces fortes de coquilles viennent des In- 
des orientale^. 

MUSIQUE MARBRÉE. Murex , diHus thema 
m tjîcum , forma oblongâ , nous & lineis fujàs vel ai- 
gris & aliis maculis difimcium & varie f;atum. Cette 
efpece , dont la forme eft allongée, eft marbrée de noir , 
de couleur châtain fur un fond cendré ou bleuâtre , 
»y«cdettx zones forraces de cinq ou fix lignes parallèles, 



MUS 3S7 

fk de taches très {îiftin<^es , brunes , Weués ou noi- 
râtres ^ la plupart adhérentes à des traits longitudi- 
naux qui femblent former des notes de mufiquc , 3c 
dont les diverfes portions au-deffus de la première 
ligne , & au-deffous de celle qui eft inférieure , fem- 
blent former des accords par odave. La zone intcr- 
piédiaire eft pointillée de noir ou de rouge-brun. 

La mufique marbrée a des variétés admirables par 
les difFérens traits & les diverfes couleurs dont elles 
font ornées ; il y en a dont les taches font jaunâtres 
ou verdâtres , & dont le defTus des fpires repréfente en 
petit tous les ditférens traits qui fe rencontrent fur le 
refte de la coquille. Elles ont depuis lui pouce & demi 
de longueur jufqu a prés de deux pouces Se demi fur 
un tiers de moins de largeur. 

Gu^LTiERr , tab. z8. Ijtt. Z. Cçchica Unga , pyri- 
formis » intorta & fulcata , mucrune papillofo j ali^ 
quando firiata , albïda , îx livido nebulata 5 lineif non' 
nullis fufcis paralUits cincta , & mac u lis » feu notulis 
piceis interruptU mujicét notas referentibus per fer'um 
dijpofiàs élégant iffimè depicja. 

M.d'ARGENVTLLE y pI» I4. Htt. F, pûg, 1 f O. Uq 

rocher des plus connus fous le nom de la mufique : il 
fe diftingue par de très beaux points rouges , & pair 
la netteté de (qs cinq lignes pareilles a celles d'un p^- 
|>ier de muiique. 

MUSIQUE ROUGE. Thfma muficum , rukris m^* 
eulis crucntatum , lineis quinquf paralUUs reguhnfér 
Àifpofiis , cum notulis & punMis ex fufcq rubefcenti^ 
4us injigniter donatum. Celle -ci , qui fe diftingue des 
autres par fa couleur , eft ornée de taches afîez grandçf, 
d'un rouge fanguin fur un fond moins foncé en cou- 
leur. Les cinq lignes répétées en deux zones font éga- 
lement diftantes les unes des autres , très diftin^es, de 
de couleur brun-rouge ainfl que les petites nptes 5c 1«? 
pointes qui fe rencontrent en plus grand nombre daUiS 
les zones intermédiaires ou dépourvues de lignes. Les 
côtes longitudinales de ce murex font moins faiHaa^w 

Si» ij 



•588 M If S 

^ue dans les autres efpeces de mufîque en général. Ok 
remarque fur la première fpire de cette coquille des 
lignes tranrverfales & longitudinales qui forment un 
petit treillis. La muiique rouge porte tout au plus deux 
pouces de longueur. Il y a une variété de-cette elpece 
qui eft d'un rouge pâle ou couleur de rofe. 

MUSIQUE VERTE. Murex Uviter cojiatus y fin: s 
tranfverjis , granuLatis parhm wfirucius\ lineis &> notw 
lis in quatuor vel quinque :^onis in Jeriem depiciîs , 
ckartulam muJîcA veram perfcEle exkibentibus > infi~ 
gnis , thema muficum fuovinde appellarus. Les Con- 
chyliologiftes appellent celle-ci la mufique verte, parce 
que le fond de t'a couleur eft verd-céladon. Sa coquille 
eft moins renflée que celle des au|;res rochers connus 
fous le nom de la mufique. Les tubercules , qui cou- 
ronnent la première fpire , quoique plus aigus , font 
moins faillans , & ne (e prolongent que d une manieric 
peu fenfible, en forme de côtes furie corps du tefta- 
cée , qui eft à ftries tranfverfales , granuleufes , peu pro- 
noncées. Mais la furface extérieure eft ornée de quatre 
ou cinq zones régulières, pointille'es de noir"& de 
brun-rouge , de manière à donner une parfaite idée 
d'un petit papier de mufique chargé de notes lorfque 
Ton confîdere cette coquille dans un certain éloigne- 
mentr L'ouverture eft fort allongée , aflcz étroite , 
bordée par une lèvre fort épaiffe , marquetée de noij: 
dans fon bord, & d'une columelle intérieure ridée. 
Le canal , qui eft moins racourci que celui des autres 
mufiques , eft aufti moins échancré. Ce joli murex peut 
avoir deux pouces de longueur fiir un peu plus de moi- 
.lié moins de largeur. 

MUSIQUE BATARDE , ou PLAIN - CHANT. 

Vover PlAIN-CHANT. , 

MUSIQUE , ou FAUSSE MUSIQUE. Murex 

cojtatui^ irieii raris ,puncîis & vlrgulis interruptis fine 

ordinê & dt'verfimodè variegatus , rfeudomuficA char' 

dj. apvellatus. Cette efpece forme plulîeurs variétés , 

Kant pac les diftérentes pofiîions & le nombre des ïir 



t'tU 



MUS jS.<> 

gnes, que par fes couleurs & fes taches. Ceft pour- 
quoi on peut diftinguer la faufTe mufique brune Se 
marbrée , celle qui eft allongée & fafciée de jaune, 8c 
Ta faufie mufique , de la grande efpece à lignes rares & 
pondluées. Foye^ ces mots. 

MUSIQUE dite FAUSSE MUSIQUE BRUNE 
ET MARBRÉE. Murex coftatus pfeudocharta mu- 
JîcA dicius j quibufdam lineis j maculis j notulis & 
punâis piceîsj coloribus flavis j c&ruleis & exfufco co» 
lore rubefcentibus diverjïmode & nonjine quodam ordi-^. 
ne depiàus & variegatus, Ceft un fort beau rocher 
fur lequel on apperçoit une large zone formée de cinq 
lignes interrompues , prononcées feulement par inter- ■ 
valles,au travers un grand nombre de taches ,d'c{peces 
de notes , de points & de diverfes marbrures , noires , 
jaunes , brun-rouges , mêlées de bleu , qui fe répandent 
fur toute la coquille avec un certain ordre, & en for- 
mant une efpece de compartiment fur un fond fauve 
& rembruni. Cette coquille eft très unie , luifante , 
chargée de côtes onduleufes , lefquelles fe perpétuent 
fur les premières fpires en manière de tubercules. Le 
fommct eft d'une couleur brune tranfparente comme 
l'a^athe. La furface intérieure efl couleur de . chair & 



agathe. 



GuALTiERT j tab. t8. iitt. T. CockUa longa ^py^ 
riformis, intorta & fulcatd, Uvis , colore piceo ^ rufo^ 
& livido diverfimodè , fed intense variegata. 

MUSIQUE dite FAUSSE MUSIQUE ALLON- 
GÉE FASCIÉE DE JAUNE. Murex coftatus apice 
txe-to 6» obtufo j pfeudothema muficum diàus J lineis , 
virguîis , colore rofeo , & notis raris ^ infundo eburneo 
i^ incarnato depiiîis , & unâfafciâ latâ colore citrino 
infignis. Ce rocher eft d'une forme allongée , avec une 
volute élevée , dont les quatre premières fpires font 
tuberculeufes , terminées par trois autres fpires unies 
qui forment un fommet obtus. Toute fa furface exté- 
rieure eft ornée de lignes tranfverfales interrompues de 
virgules, de couleur rofe , ainli que de plufieurs notes 

Bbiij 



•j9ô MUS 

<jui y font parfcm^es en petit nombre fur un foncî cou-? 
leur d'ivoire & incarnat peu fonce' ; toutes Ces tâches 
& ces u-aits font interrompus parune large fafcle jaune* 
citron. La furface intérieure eft d'im blanc d'ivoire. 

GuALTiERl , tab. iS. litt. X. CochUa longa , py 
rîformis i intorta, & fulcatu , mucrone nodofo , & pd" 
piilojo , dorfo rugôjoj Unèis & virgu/is interruptis no* 
tata\ Sffafciâ obfcurè croceâ cincia. 

MUSIQUE dite FAUSSÉ MUSîQUE DE LA 
GRANDE ESPECE A LIGNES RARES ET PON- 
CTUÉES. Murex cofiatus pjeudotkema mujicum ap" 
■pellatus magna Jpecie , tejlâ crajfa » ponderosâ , colore 
ojjeo & fubrubro y lineis raris plerifque inttrpunciïs faf- 
tis diJlifiSias, Ce rocher eil une efpece finguliere parmi 
les faufles mu(îques. Sa coquille , qui eft épaiffe , eft 
pour cette raifon fort pcfante. Toute fa furtace exté- 
rieure eft garnie de huit groiTes côtes longitudinales 
très faillantes , & de plufîeurs rides qui fuivent la même 
^ireftion , fur lefquelles on peut compter neuf ou dix 
lignes , éloignées les unes des autres , parallèles , k 
<iiftances à peu prés égales , brunes , 5c dont le plus 
grand nombre ne font formées que pat des petits 
points. Toutes ces lignes , la plupart poni^uées , 
commencent & fe répandent depuis le delîus de la pre- 
tpiere Ipire jufques vers l'éçhancrure de la coquille ; 
chaque intervalle intermédiaire eft orné de notes 
noirâtres peu colorées. Le fond de ce murex cft 
«i'une couleur offeufe & un peu rou^câire. L'ouver- 
ture , qui montre une furface intérieure , unie & lui-^ 
fante, eft bordée par une lèvre prodigieufemcnt épaiftè, 
tachetée de brun-ronge dans fon bord , & d'une colu- 
melle dont les rides font très articulées. Cette fàufli 
mufique , que l'auteur décrit d'après celle qu'il pofTéde , 
porte deux pouces neuf lignes de longueur , fur un 
pouce & dix lignes de largeur» 

MUSSOLE. Nom que M Adanfon a confervé d'a- 
près Belon & Rondelet , a un coquillage bivalve,que cet 
auteur a rangé cjans le genre du pétoncle* Voici , dit- 



MUS >9i 

il , la coquille qu'on appelle comuMinement l'Arche de 
Noé à caufe de fa figure. Elle a à peu près la forme de 
celle du jabet , près de quatre pouces de largeur, 3c 
une fois moins de longueur & de profondeur. La fur- 
face extérieure eft couverte d'un périofte fort mince , 
<jui en tombant laifTe autour des bords de chaque 
battant un amas de poils très épais , & fort difficiles à 
arracher. Lorfque ce périofte eft enlevé , on la voit 
ornée de cinquante ou foixante petites cannelures lon- 
gitudinales , fouvent divifées en deux , & ridées tranf- 
vcrfalement. Ces cannelures deviennent infenfibles en 
approchant du fommet. Les bords des battans font 
intérieurement unis & fans cannelures , comme dani 
l'elpece nommée le jabet ; mais ils ne ferment jamais 
exaâicment , & laiffent en devant vers le milieu de leur 
longueur , une ouverture fouvent très grande , dont 
l'entrée eft cachée par un amas de poils du périofte. Les 
fommets font pointus , afTez grands , & fort écartés 
J'un de l'autre. L'efpace, qu'ils laiffent entr'eux , eft aufU 
fort large & plat fans inclinaifon. La charnière eft 
prefqu égale à la largeur «ies battans , & compofée de 
quatre-vingt à cent-dix dents infiniment petites. On 
obferve plufîeurs variétés dans la forme de cette 
coquille. U y en a qui n'ont qu'un pouce de lar- 
geur fur une longueur moindre de moitié , fouvent 
cgale a leur profondeur , & quelquefois un peu plus 
grande. D'autres font plus ou moins grandes , & une 
fois plus larges que longues ; mais elles ont toutes aa 
moins quatre-vingt dents à la charnière. Leur couleiy: 
€ft blanche au dehors , avec des bandes tranfverfale» 
rougeâtres, qui ferpentent différemment en zigzags-: 
intérieiurement elles font blanches, quelquefois tachées 
de brun tirant fur le rouge. On les trouve en grande 
quantité entre les rochers de l'ille de Gorée. 

En recueillant ce coquillage M. Adanfon s'eft 
apperçu que l'animal tenoit aux rochers par une 
cfpece de nerf , qui pafToit au travers de l'ouver- 
«urc que les batcaos de la coquille laiflToienc en- 

B b iv 



j9i MUS 

tr'eux. Ce nerf paroiflbit partir dn pied de ranimai,' 
comme celui du jambomieau : mais il ne s'épanouif- 
foit point en un grand nombre de fils comme le leur, 
il ëtoit fort applati , & d'une dureté fembjable k celle 
de l\ corne , dans l'endroit oii il étoit attache aux 
rochers , il s'amollifToit en fuite peu à peu en appro- 
chant du corps. Le nerf fort à peine de la longueur de 
deux lignes hors de la coquille. 

tinis ; Calognone vulgo grAco ,• fhju/fj/ô l^cnetis. 

Rondelet & AiDROVANnus yConcharhom- 
hoïdes. 

BoNANSi , Recr. pag. 103. clafT. z. num. 32. 

Concha navicidam exprimens , rhomboïdes à nannullis 

dicid , mufculus fîriatus à Mathiolo , ah aliis mitidus. 

Lister , Hill. Conchyl. tab. 7,67' fig. 2.07. Bala- 

nus Pellonii tenuiter ftriûtus , Jamalcenfis» 

EJufdem, tab. 3(38. fig. ^o8. Mufculus Mathioîi feu 
mufculus ftriatus fafciis undatis fuhfufcis depiBus , 
Barbadenfis, 

RvMPHivs , Muf. pag. 143. art. 10. & 144. tab. 
44. fig. L. P. Pe^ien faxatilis ; MaUicenfibus bia batu, 
Lan G lus , Meth. pag. 71. Concha rkomboïdslis 
flriata , parum vel mediocriter tantum elongata ^ infi^ 
gniter ventricofa , rugofa , umbone cardinis notabiliur 
didutlo. 

Ejufdem, p. 7z. Concha peBinïformis in&quilatera. , 

triangulans ex uno latere notabiliter elongata. H&c 

fpecies maie Jociata cum figura 10?. Mufœi Kirkeriani, 

M. à'ARGENViLLT , pag. 333 pi. z6. fig. G. Bu" 

cardium cordforme y Arca Noémï- 

Le même , pag. 35$. Arche de Noé , qui préfênte 
une efpéce de cœur oblong dans la partie de fa carène; 
f ' charnière eft à dents fines comme une lime , & les 
flries , qu*on voit fur fa robe , forment un ouvrage cha- 
griné , de couleur brune fur un fond blanc ; plus elles 
s'approchent de fa carène , plus elles font creufes. 
GuAlTiERî ^ tab. 87. iitt.F. Concha. rkomhoïda^ 



MUT ^95 

Ils fulrotunâa , dorfo fatis lato , & expanfo , umbo' 
ni s cardine âeprejfo , 6* infioniter didiicîo ; oris rima, 
notabiliter hiAnte , flriata ftriis aliquando tranfverjis , 
alicjuando circularïbus , -vel undatis ; ex atro-fufco 
fubaibida. 

Ejufdem , Ikt. G. Concha rhomboïd-alis parva ,(îriata 
Jiriis granulaiis ^ & in marginis exttemitate aliquantU'- 
lum emiffis^ & fubnlijftmo byjfo donads , fufca. 

Ejufdem , liît. H. Concha rliomboïdalis elongata , 
naviculam exprimens diverjimod'e ^ denjijjime Jirjata <S? 
cancdlata , ex albido fulvida j maculis fujcis circumdo' 
ta , punBata & notata, 

Ejufciem , litt. J. Concha rhomboïdalis eadem cum 
fuperiori , jed jiriata Jiriis injtgniter crajp.s , raris , 6? 
fubroîundis* x ^ ^^ 

Klein J Tent. pag. 167. fpeç. i. Mufculus poly* 
lepcoginglymus , Arca No m , quA concha rhomboïdalis , 
navicuUm exprimens ; Bonannj, 

Ejufdeni , pag. 168. JCpec.z. tal>. 1 1. fig. 6p, Se 70. 
Mufculus poiylepto^ingiymus j qui Balanus Bellonii 
tenuiter Jlriatus \ Listehi.^ .; . . . ^ 

Ejurdem, pag. 171; (^çLi»Maàra Rumpkiana ; 
eo/oris obfcuri , longior, .'. --. 

MUTEL. M. Adanfon nomme ainfi une coquille 
bivalve du genre de la came. La coquille du mute! 
appartient plutôt aux moules d'étang, dit Tauteur.. On 
lui a aiTuré qu'elle avoit été pêchée dans les lacs d'eau 
douce du Sénégal. Sa forme ne lui laifTe aucun lieu de 
douter que ce foit une efpece de moule analogue i 
celles de nos rivières & d'eau douce Elle a près de cinq 
J50UCCS de largeur fjr deux de longueur , & un de pro- 
tondeur. Elle eft lifTe , traverfée leulement par quel- 
ques rides , obtufe aux deux extrémités , mais plus 
large à celle d'en haut qu'à ctlle d'en bas. Son fommct 
eft peu apparent , & place vers l'extrémité inférieure à 
la quatrième partie de fa largeur Le ligament eft con- 
vexe , & s'étend depuis le fomraet ji'fqu'd h quatrième 
pai'cie de la largeur des battaas , vers leur extrémité 



>9+ MUT 

fupérieure. La charnière n'a aucunes dents , maïs feu- 
lement quelques afpérités peu fenfibles. La couleur de 
cette coquille eft fauve au dehors : au dedans elle mon»* 
irc une belle nacre, qui prend, fuivantles^diverfes in- 
clinaifons , différentes nuances de verd , de brun , de 
jaune & de violet. 



"^3^ A»»/& ^-*r 



395 



N A C 



X\l ACELLE. Lepas concamerata , forma ohlongd , 
vèrtice recnrvo ^colore albido ; navicula nominal a. Nom 
donné k une Coquille univalve du genre des lépal 
diambrés , à caufc de fa figure qui repréfente use 
petite nacelle. Sa coquille eftoblongue, convexe; Ton 
iommet , qui eft recourbé de côté , vers la bafe ou le 
bord du tcflacée , fait un peu le bec. L'ouverture eft 
chambrée ou fermée en partie par une cloifon horizon- 
talc , qui s'étend prefque jufqua fon milieu. Ce lépas 
eft ordinairement tout blanc , lorfqu'il eft dépouille de 
fon drap marin , qui eft brun ou de coukur feuille* 
morte. Cette efpece a beaucoup de reflemblance avec 
celles que M. Adanfon a nommé le garnot & le fulin. 
Voye^ ces mots. 

Plufîcurs Conchyîiologiftes appellent auffi nacel- 
le une Coquille multivalve , connue fous lés déno* 
minatiofts du cloporte de mer & d'ofcabrion. Voye-^ 

OSCABRION. 

t^KCKE.Tefia mûrgarïnjera. C'eft une fubftanCe pef • 
lée , dont plufîeurs coquilles univalves & bivalves font 
cômpofécs , & dont les furfaces argentines , dorées , 
bronzées, jouent plus ou moins les différentes couleurs 
de l'arc-en-ciel , fuivant les diverfes inclinaifons qu'oh 
leur donne. La nacre , qui eft de la même nature que 
le teft des Coquilles , eft lamelleufe, lifTe , chatognante , 
& plus capable de recevoir les différentes réfraftiohs 
de la lumière , que la furface des autres co(^uilles. Elle 
eft plus ou moins opaque ou diaphane , félon fon 
épaifteur & fa perfedion ; c'eft-à-dire qu'elle eft plus 
ou moins compofées de parties limoneuies , teireufes , 
& de fucs pierreux colorés. 

Les coquilles en général qui font d'une fubftancc 



'^9^ N A C 

«acrée ou perlée , font plulieurs lépa? , furtout les ma- 
gellaniqiies , les orrniers ou les oreilles de mer , les 
nautiles épais & à cloifons , un grand nombre de li- 
maçons de mer , fçavoir , les burgaux , les peaux de 
ferpents , les veuves, &c. plufîeurs fabots', comme les 
boutons de la Cliine , l'éperon, la forciere , beaucoup 
de culs de lampe , &c. pour les univalves. Les bivalves, 
dont les battans font de nacre , font les huitres nom- 
mées la mere-perle , l'hirondelle ou l'oifeau , la tranf- 
parente ou la vitre chinoife , les pelures d'oigiions , 
un grand nombre de moules de mer & d'eau douce ; 
fçavoir , les pinnes marines , les moules de Magellan , 
d'Alger , de l'Amérique , des Indes, en grande partie , 
celles d'eau douce , parmi lefquelles on diftingue l'ef 
pece du fleuve MifîllTipi. 

Les anciens Naturalift^is connoilToient la nacre de 
perle , ou pluiîeurs coquillages , dont le teft eft de nacre, 
cju'ils nomment , conchA margantifera. , principalement 
les efpeces qui produifcnt la perle j comme la mere- 
perle huitre. f'^oye:^ Mere-perle. 
. La nacre de perle a des propriétés , tant en médecine 
que dans les ouvrages de l'art, i". Suivant les auteurs 
de la fuite de la matière médicale ; elle eft regardée 
en médecine comme un bon abforbaîit , qui s'emploie 
dans le même cas que les coquilles d'huicres. On en 
forme unfel & un magiftere par le fecours de la chy- 
mie ; le premier fe donne à la dofe de dix à vingt 
grain"; , & le fécond de vingt d trente , lorfqu'il s'agit 
d'arrêter le vomilTement & le dévoiement caufés par 
un acide dominant dans les premières voies •, mais il 
vaut mieux dans ce cas , faire prendre la nacre de 
perle , fans autre préparation que celle du porphyre , 
<3ae d'en faire un fel ou un magiftere par le moyen du 
vinaigre : cet acide énerve fa vertu abforbante , & fait 
,<jxi'elle agi: moins eincacement contre les aigres de 
Teftomac : c'eft ce que l'expérience prouve tous leî 
jours , & on n'a prefque aucun effet fenfible de czs 
préparations chymiques. On en fait aulîi des tablettes 



N A R -597 

abforbantes pour les mêmes ufages , lefquelles fe doa* 
nent depuis un gros jufqu'à deux. 

La nacre de perle entre dans la poudre pedorale ,' 
& dans l'emplâtre ftyptique de la pharmacopée de 
Paris , & a la même vertu que les perles précieufcs 
renfermées dnns les coquilles. Foye^ le mot Perle. 

2*. La nacre de perle eil: aufTi en ufage pour plu -f 
fîeurs ouvrages de bijouterie ; on en fait des tabatières, 
des manches de couteaux , des cuillers , des jettons , 
des navettes ; on l'emploie par lames pour faire des 
marqueteries & des compartimens fur différens meu- 
bles & fur divers ornemens. Les tabletiers & les 
cventailliftes font les ouvriers qui emploient la nacre 
avec le plus d'art. L'affemblage des dilférentes nacres 
forment des nuances de couleurs inimitables. 

NACRÉE ou COQUILLE NACRÉE ; terme de 
Conchyliologie , qui déiîgne les efpeccs qui font d'une 
fubftance de nacre de perle. La furface nacrée n'eft 
ordinairement fenlîble que dans hs coquillages uni- 
valves & bivalves , parce qu elle cil cachée extérieure- 
ment par un drap marin , plus ou moins mince ou 
épais. On eft obligé de fupprimer cette enveloppe , 
pour mettre cette furface extérieure nacrée en évi- 
dence. 

NARELjnomdonnéparM. Adanfon à une coquille 
tinivalve du genre de la porcelaine ; c'eft la féconde 
efpece , qui ne diffère delà première, nommée porce- 
laine, que par fa coquille. Elle a a. peine un pouce de 
longueur, & une fois moins de largeur. Sa furface ex- 
térieure eft relevée de quinze cannelures ou petites 
cotes parallèles à fa longueur , & qui ne paroiffent que 
dans la partie inférieure des fpires , dans l'endroit où 
leur renflement eft plus confidérable. Son ouverture eft 
beaucoup moins évafée que dans la précédente. Elle 
a uiie longueur quintuple de fa largeur. Sa couleur eft 
quelquefois blanche fans mélange , quelquefois veinée 
d'un grand nombre de lignes grifes , ondées en zig- 
zags parallèlement a fa longueur. Elle fe trouve avec la 
précédente quoique plus rarcnien:. 



J98 N A T 

N A T I C E. Cochleafemilundris, umhiUcata , Uvh, 
€orpore vencrofo & parvâ davlcalâ fatis dcprejfà d'ifiin* 
da ; natica appdlata. Coquille univalve du genre des 
limaçons z bouche ceintree ou demi-ronde , que plu- 
fieurs Conchyliologiftes rangent dans la genre dej 
nérites , & que d'autres diftinguent de ces dernières, 
Le caractère difiinclifdes natices confîfte dans fa forme 
plus renflée &: plus arrondie que celle des nérites , & 
ayant une relTemblance & une affinité plus grandç 
avec les limaçons terreftres communs ou les efcargots^ 
de n'avoir ni gencives garnies de petites dents ou que- 
nottes , ni palais comme les nérites. Les natices Ions 
toujours ombiliquées , à moins que l'ombilic ne foit 
fermé par quelques apophyfes \ au lieu que les nérites 
en font dépourvues. Les fpires des natices qui font 
petites, plus élevées, & plus diftin£les que celles des 
nérites, forment une petite volute femblable à celle de$ 
limaçons à bouche ronde. Ces fortes de limaçons qui 
approchent de ceux-ci , & qui tendent au genre des 
nérites, peuvent en former un prefqu'aulîîvariépar fes 
efpeces. Les natices ont ordinairement une ouverture 
demi-ronde avec une lèvre plus ou moins tranchante ; 
& une columelle en forme de moulure , d'où émanent 
fouvent une ou plufieurs apophyfes en manière d'ex- 
croiiTances , qui fe rendent dedans ou vers l'ombilic, 
La furface extérieure des coquilles des natices ell ordi- 
nairement ornée de marbrures , de fafcies, de zigzags^ 
de taches & de points de diverfes couleurs brune y 
jaune , châtain , agathe , verdâtre fuivant les efpeces ; 
favoir la natice de la Chii;e à zone blanche , la natice 
marbrée 4 grande ouverture , celle qui eft fafeiée , la 
ngttiee mouchetée ou ponduée , le jaune d œuf , le§ 
tefticulôs , le cordon bleu , l'idole ou le maneton , I.t 
naticç p^avée , celle qui eft a zigzags ou le goçhet de 
M. Adanfon , la natice rayée ou bariolée , la nat ieç 
Grife à clavicule élevée, les mammelons ou tettons de 
Vénus, ou la natice violette. 

RospELET ydc TeJiaceistliL i. pag* loy. fait 



N AT }<)9 

inenùon d'une e^ece de natice qu'il nomme le lima- 
çon ombiliqué , cockUa umbilicata. Ce limaçon par- 
vient, dit ce Naturalise, à une grandeur afTez conddé* 
rable ; il eft contourné & ombiliqué vers le milieu de 
la coquille. Leurs couleurs font différentes j les uns 
font noirâtres , les autres couleur de corne , & il y en 
:a de tachetés; ils relTemblent à des petits limaçons ter- 
reftres , qui s'attachent volontiers aux tiges de fenouil 
les plus épaifles , & montrent un ombilic contre l'ordi* 
naire des efpeces terreftres. La chair en eft bonne, 
Cochlea umbiiicata in magnitudinem fads injtgnem ac^ 
irejàt y quA turbinata eft é* in medio umbilicata. Varie 
varia funt colore : ali& enim nigricant , ûUa corneo funt 
colore t ali& macula f&. Proxime accédant ad formam co'^ 
cklearum terreftrium parvarum , quA conglomérats fœ^ 
niculi crajjioribus caulibus adh&rent j quA etiam prAter 
reliquarum cocklearum terreftrium naturam umbilicatA 
funt y carneque funt honâ* 

RuMPHius nomme les natices , ainfî que les néri- 
tes , cochleA valvat s. , five femilunares. 

GuALTiERi diftingue les natices d*avec les nérites 
quil définit ainfi : Cochlea marina umbilicata eft co^ 
çhlea marina brevior non proportionata y umbilico con* 
fpicuo j & fenfibili tuberculo quodam verrue a haud abjî^ 
mili ut plurimum claufo donata* Le limaçon de mer 
ombiliqué eft d'une forme courte , non proportionnée \ 
fon ombilic eft remarquable par une efpece de tuber- 
cule en manière de verrue fort fenfible , qui en ferme 
l'entrée pour la plupart. Ce Conchyliologifte en a fait 
repréfenter tin alfez grand nombre, tab, 67, 

M, à*jRGEffviLLE , pag. 120. dit que la natice 
ou Iç limaçon à bouche demi ronde ou ceintrée , eft 
une elpece très considérable & très différente de la né- 
rite, en ce qu'elle n'a jamiiis ni gencive , ni palais. Ori 
en voit d'ombiliquées de deux manières j d'autres ont 
un mamT^elon. Les natices font rangées dans la même 
famille des nérites,r/. 7. 

M. Adanfon , qui a d4fti.ng-ûé It genre ie la nÎTicc 



400 N A T 

d'avec celui de la nérite , dit que la natice , en latia 
natica , eft un nom abandonné, que les anciens don- 
noient autrefois à un genre du coquillage alTez fembla- 
ble à la nérice. Celui dont l'auteur tait mention , y a 
tant de rapport , qu'il n'a pu lui refufcr ce nom. Ce 
genre renterme quatre efpeces \ favoir , le fofTar , la 
natice , le fanel , & le f^ochet. 

NATICE A ZIGZAGS. Natica feu cochUa um- 
hilicata lavis j albida , lincis angilofis in. longum dicîis 
ex fufco ruùeflenciâus ornatu. Cette efpece eft d'une 
moyenne grolTeur , épaiiïe , unie , ornée fur toute fa 
(urface de traits longitudinaux , brun-rougc^ , ondées 
en zigzags fur un fond blanchâtre ; les fpires font poin- 
lillées en - défias de la même couleur : elles forment 
une petite clavicule peu élevée. L'ouverture , qui ell 
moyennement grande, montre une furface intérieure 
quelquefois toute blanche ou avec une grande tache 
brune : elle eft: bordée par une lèvre tranchante, & d'un 
fût extérieur, qui eft fort épais vers la volute , & dont 
l'apophyfe laiiïe à découvert un ombilic rond & fort 
grand. C'eft la natice que M. Adanfon a appellée le 
gochet. royc/ Gochet. 

NATICE A ZONE BLANCHE. Natica Uvis 

& lucida , colore cafianeo & ackacei , unâ :^onâ e/egari" 
ter ci:icia. C'eft une fort belle natice unie & luifante , 
dont toute la furfaCe extérieure eft de couleur maron 
& agathe , interrompue vers le milieu du corps de la 
coquille par une ^.one très blanche. La volute, qui eft 
prcfque comprimée , eft compofée de quatre fpires 
ornées d'un liferé blanc , & chargées eii-deffus de pe- 
tites rides finueufes & obliques. L'ouverture eft moyen- 
nement fpacieufe avec une lèvre tranchante , & un fut 
dont la bavure eft légère. L'ombilic eft à découvert , 
d'un beau blanc, ainfî que toute cette bafe. Lorfque ce 
limaçon n'eft point d'une belle confervation, il eft jau- 
nâtre. II vient de la Chine. 

KuMPHius , tab. i j, lit-c. D. CochUa valyata quint a ; 

HoU. 



K À T 4ot 

Hoîl. Vyf<îe flek-hooin 5 le limaçon Je la clnquién;« 
cipece. 

M. à*u4RGENViiiE, pi. 7. lett.Z. Un joli limaçon 
a fond jaune avec des bandes blanches ; il efl ombili- 
qiié & il vient de la Chine. 

^ NATICE DE M. ADANSON. Sa coquille , c^it 
l'auteur , eft femblable à celle du limaçon de nos jar- 
dins , appelle la vignerone ; mais elle eft un peu plus 
^paifle , longue de feize lignes , & un fîxiéme moins 
large. On n'y compte que fept fpires renflées , arron- 
dies, & d'un beau poli. Le fommet forme un cône fur- 
baifte. peu pointu à fon extrémité , une fois plus large 
que long , & prefqu'une fois plus court que l'ouver- 
ture. Celle-ci^ la lèvre droite limple & unie. Sa lévrc 
gauche n'eft repliée que dans le bas , en une lame peu 
épaifle , qui occupe à peu près le tiers de fa longueur. 
L'ombilic fe trouve exactement vers Ton milieu : il eft 
deux fois plus court qu elle , & porte vers le dos un 
renflement demi cylindrique , qui imite parfaitement 
un axe , autour duquel les fpires feroient leurs circon- 
volutions. Cet axe n'occupe que la moitié de* l'ombi- 
lic dans les jeunes coquilles , au lieu qu'il le bouche 
prefqu'en entier dans les vieilles. Le périofte, qui les 
enveloppe , eft fauve & très mince. Le fond de leur 
couleur eft blanc , rayé longitudinalement de lignes 
fauves , qui recouvrent prefqu'entierement fa furface, 
La première fpire eft encore entourée de quatre bandes, 
dont la première, qui borde l'ombilic , eft brune & fore 
large ; les deux autres, qui fuivent, font étroites & blan- 
ches 5 & la quatrième, qui eft placée dans fa partie in- 
férieure , eft blanche , marbrée de brun. Les autres 
Ipires , auftî-bien que les jeunes coquilles , n'ont que 
cette dernière bande. La couleur de dedans eft jaunâtre. 
Cette efpece vit parmi les algues marines, dans les 
fables de l'anfe de Ben oti elle rampe à la profondeur 
lie deux pouces ou environ. Elle ne diffère peut être, 
que par l'éloignement du climat , de celle de nos 
côtes , qui a été couiii)Uoiquç€ 4 M. Ad^fon , par M. 
T<>me 21, C c 



40^ N A T 

B. de Ju(îîea , qui l'a obfervée dans les fables des en* 
virons de Dieppe. 

Rondelet^ pag. 105. &Aldrovandus, 
pag, 197. Coclilea umhilicatacum operculofuo. 

BoNANNi^ Recr. pag. 13 3. n. i6S,Cochlea maris 
-Hsditcrranei non rara ^perlata dicenda a colore ùnionis^ 
Jub cortzce veluti ovi firuthio^cameli c&lato. 

Ejufdem n. 165». Cochlea teftâ crafsâ & ponderosâ , 
colore carneo , maculis rufis & cafianeis invicem alterna- 
tis vitrai â. 

Ejufdem, pag. 141. n. 215. Cochlea umbilicata , 
inftar <^lobi perfccïe circinata & L&vis ^ colore onychino* 

Ejufdem , n. zz6» Cochlea alla fimilïs figura , Uvis 
& nitida , afperfa coloribus fubviridi , rufo & croceo ve- 
luti aquâ multâ dilutis ; orbium comm^uris a fafciolâ 
nlbâ cldviculatim intortâ indicatis : bafi veluti fcapi 
orbes fulcientis in centro confpicuâ. 

Lister y bift. conchyl. tab. 568.%. 19. Cochlea 
fublivida , orefufco ad bajim cujufque orbis v élut f uni" 
culo depiâa j Anglica, 

KiRKER , pag. 45p. num. 1 68. Cochlea maris Mi* 
diterranei y ut fupra BoNÂNSI. 

Ejufdem , n. 169. Cochlea tefiâ crajfâ , &c. ut fuprh 

BONÂNNI. 

Ejufdem 3 n. 125. pag. 461. Cochlea umbilicata 
infiar globi , &;c. ut jupra Bonanni, 

Ejufdem, ibid. n, ii6. Cochlea alia Jimilis y &c. ut 
fuprà Bonanni. 

Lan G IV Si meth. pag. 5 z. Cochlea marina terre fri- 
formis j Uvis. 

Ejufdem, pag. ^ a. Cochlea umbilicata foraminefpi" 
rarum femicirculari , umbilicali vero fimplici , Uvis. 

Klein 3 Tent. pag. 13. fpec. i. n. 1. G. Platy- 
fioma or e fimplici ^fajciatum , ponderofum y carneum , 
rufis & cafianeis maculis alternantibus fafciatum : 
Bonanni. 

Ejufdem, ibid. pag. ij. fpec. i» a.*^* Platyjioma 
^refimbriato , onychinum } 



N A T _ 40, 

Efiifcîem , n. $, Vlatyfioma ore fimhriato , varie ga- 
tum coLoribus fubviriai , rufo & croceo , dilutis , co- 
mijfuris afafciolâ albâ Uavicuiatim intond j in umbi* 
licofultis. 

LiST£Ry ibid. n. 6. Platyfioma ore fimbriato ^ fuhn 
lividum ; ore fufco , ad bafim cujufque orbis velut fw^ 
niculo con(iricium, 

NATICE FASCIÉE. Nancafcu cochlea femiluna-^ 
ris umbilicdta quatuor fafciis fubalbidis ^ jlammis fuf' 
cis interruptis y & colore rufo alternatim depicia ; etiam 
lineis undulatis in longum du£iis in fpiris donata» Ce 
limaçon, dont la coquille eft très unie & moyennement 
epailfe , eft orné fur fa furface de quatre fafcies peu 
larges , blanchâtres ou fauves , tachetées de petites flam- 
mes brunes , fur un fond fauve-roux , lefquelles forment 
d'autres fafcies plus larges & alternatives , & fur lef- 
quelles on diftingue quelquefois des traits longitudi- 
naux & onduleux bruns , qui font prononcés d'une 
manière plus vive deffus les fpires de la volute. Cette 
volute efl: compofée de quatre fpires bombées & ver- 
dâtres ou cendrées. L'ouverture de cette natice eft 
grande, montrant une furface intérieure nuée des cou« 
leurs de l'agathe-onix dans les belles efpeces, ou nuée 
^e blanc, de violet clair, & de brun , dans d'autres,plus 
ou moins. La lèvre eft tranchante, & le fut extérieur, 
qui eft blanc de porcelaine , porte deux apophyfes ; 
lavoir, l'une qui s'étend fur la coquille en forme de 
bavure du teft , & une autre plus forte , traverfanç 
Tombilic comme un axe fans le cacher entièrement. 
Ce beau limaçon eft de la grande efpece parmi les 
demi -rondes ombiliquées , & vient des mers des 
îndes. 

GuALTTERT ^ tab. é/. Htt. V. CockUa marina um" 
bilicata fulv:da j lineis fufci s tranfverjis fignaca ^ qua" 
tuor fafciis ex candido » rufoqut alternatim depiciis 
lucide diftinBa, 

M. à'ARGENViLLE^ pi. 7. letc A. Un limaçort 
ombili^ué â côte de fa boiwhe deiw-ronde. Sa rob» 

Ccij 



404 N A T 

eft d'un fond roux avec trois fafcies taclieiées de lU 
gnes brunes & quelques zigzags , qui partent de It 
¥olute vers la première fatcie. 
NATICE GRISE A CLAVICULE ÉLEVÉE. 

l^atica feu CockUa femilunans umbUicatcC y quinque 
fpïris convexis & elatis compofita , toto colore cinera- 
ceo , 6* (tneapophyji in umbilico injionis. Cette efpece, 
q[ui relTemble aiïez par fa figure à i'efcargot commun , 
que l'on nomme le vigneron , eft d'une forme élevée 
& arrondie dans toutes les cinq fpires dont cette" na- 
tice eft compofée. Sa couleur eit entièrement grife , 
blanchâtre oC un peu agathe avec mélange. Toute fa 
furface montre de petites rides longitudinales , aflez 
légères pour ne lui point enlever un certain poli lui- 
fant , & toute la fpirale eft ornée d'un liferé fauve- 
clair afTez diftingué. L'ouverture eft moyennement 
grande avec une lèvre afTez mince , & une columelle 
unie fans aucune trace d'excroifTance. L'ombilic eft 
rond & fort grand. 

NATICE MARBRÉE A GRANDE OUVER- 
TURE. Nacica feu Coch.lea femilunaris m colore jid^ 
vido & aliquando fubviridi , maculis & innumeris pun- 
Bis rufis ex fufco purpurafcentibus afperfa & dupli citer 
fafciata y aperturâ maximâ & umbilico fpatiojo mnita. 
Ceft une grande & très belle natice d'une forme large , 
très renflée &avec une clavicule plus comprimée qu'é- 
levée. Toute fa furface extérieure eft ornée d'une in- 
finité de points & de taches rouffes & brunes , mêlées 
de couleur pourpre, fur un fond jaunâtre quelquefois 
mêlé de verd ; lefquelles taches deviennent plus grandes 
pour former deux zones ou fafcies , que l'on diliinguc 
plus ou moins furie corps du limaçon. L'ouverture, 
qui eft extrêmement grande , préfente une furface in- 
térieure , nuée de blanc & de couleur agathe, elle eft 
bordée par une lèvre tranchante fort étendue , d'un fut 
extérieur blanc , d'où part une apophyfe qui va fe per- 
dre dans un large ombilic en manière d'axe. Cette na- 
îice peut avoir jufquà deux pouces de largeur fur un 
pouce &: demi dç hauteur. 



N A T 4oj 

GuALTÎERl y tab. 67. litt. Q. Cochîea marina 
'umbilicata j cinerea ^ punâis objciirè rufis afpersa y faf- 
dis inurrupti ejufdem , Jed mas,is intenji coloris circum.'-' 
data. 

NATICE MOUCHETÉE. Natlcafeu Cochteafe^ 
milunaris umbilicata puntlis croce's dense depiâla. Celle- 
ci , dont la coquille efl: épaifTe , eft iïiouchetée fur toute 
fa furFace d'une manière afTez ferrée , de points jaune- 
rouxoufouci, fur un fond livide ou jaune ciair,& pour- 
pré dans certains endroits. Sa clavicule , qui eft très 
articulée , eft formée de petites fpires bombées. L'ou- 
verture eft moyennement grande , nuée de blanc & 
âe gris - de- lin ou agathe. L'ombilic eft grand , & 
garni d'un axe peu faillaat. C'eft le fanel de M Adan- 
ibn. 

GuALTiERI t tab. 67. litt. S. Cochlea marina um* 
hilicata, lavis , punâis rufis denîijjîmc afpersa , d» cir- 
cumfcripta. 

NATICE PAVÉE. Natlca minorifpecie , albida . 
macuUs quadratis rufis in duabus :^onis difpofitis , & 
punâis alternatim depiEtis exornata. Ce limaçon eft- 
beaucoup inférieur pour fon volume aux autres efpe- 
ces de natices. Sa couleur eft blanchâtre , interrompue 
de deux zones , formées de taches rouffes quarrcés , 
avec autant de rangées de points alternatifs & de la 
même couleur. Son ombilic eft prefque fermé par ua 
axe confidérable. L'intérieur eft blanc. Cette petite 
ziatice a neuf lignes de large fur pref>:ju autant d'éléva- 
tion. 

NATICE RAYÉE , bu BARIOLÉE. J^^atica , 
lineis rnfis , undofis , in longum duSlis varies;ata. Celle- 
ci tire fur la petite efpece ; ^à coquille eft compofée 
de cinq fpires bombées & élevées , ornées de lignes 
longitudinales ondées , de couleur fauve-roux , fur un 
fond cendré & verdâtre vers la clavicule. Le plan du 
côté de l'ombilic eft blanc, avec une apophyfe in- 
térieure. Le deifus des fpires eft bariole de couleur 
pourprée 6c bleuâtre. Cette natice peut avoir jufqu à 

Ce iij 



jf^e N A- T 

lin pouce ^élévation fur environ autant cle largeur; 
NATICE RAYÉE DE JAUNE. Natica , tejîl 

tenui , Ictvis & lucida , lineis undofis croceïs in longum 
duêlis ornata ; parva fpecU. La coquille de œlle-cieft 
très unie j luifante , remarquable par des traits longi- 
tudinaux j ondes & aflez fins , de couleur fouci ou 
aurore fiu: un fond agathe. Elle eft mince & afTez tranf- 
parente pour découvrir dans l'intérieur du limaçon , 
une partie des lignes extérieures. L'ombilic eft, très 
grand & renferme une excroiffance du teft en forme 
d'axe. Cette jolie natice a prés d'un pouce de large fur 
huit lignes de haut. 

NATTE DE JONC. Chama înaquilatera , p/iis 
tranfverjis munita matt& juncetz adinflar ; magnis ma- 
€ulis ex atro purpura fcentibus , aliquando lineis diverfî- 
mode in an^ulos acutos depiSlis j diflinSia. Nom que 
Ton donne en Hollande à àts coquilles bivalves du 
genre des cames à côtés inégaux, ou dont la charnière 
eft fituée vers le tiers du plan ou de la largeur de la 
coquille. Le cara£lere fpécifîque de cette came eft 
aurfi d'être compofée de deux valves afTez minces 
&: fragiles , moyennement bombées , chargées fur leur 
furface extérieure d'un réfeau formé de flries arron- 
dies & comprimées , ferrées les unes contre les autres 
& tranfverfales , de manière à repréfenter une petite 
natte de jonc. Les différentes lignes & les taches qui 
fe rencontrent fur cette came , forment des variétés 
que l'on nomme l'écriture chinoife ou la came a. ca- 
rafteres , la natte d'Efpagne , la natte de jonc ou la, 
fauffe écriture chinoife , qui eft dépourvue de taches , 
ou qui en eft très peu chargée. Koyf^ ces efpeces. 
La natte de jonc , proprement dite , préfente deux 
variétés ; favoir celle qui eft fans taches & à ftries lar- 
ges , & l'autre à lignes rares. 

NATTE DE JONC , proprement dite fans ta- 
ches. Chama mœquilatera j mattajuncea propriè dida 
Uppellata , flriis latis tranfverjis & lucidis injîrufla , 
fQlon livido , camco , & flavo paulifpsr radiata. Cette 



N A T ^ "40% 

came , dont la forme eft plus bombée que les autres 
efpeces de nattes de jonc , eft chargée auiTi de ftries 
tranfverfalcs plus larges : elles font très luifantes , in- 
terrompues de rayons légers , fauves, fur un fond jaune 
livide & couleur de chair , ainfi que par plufieurs far- 
cies peu prononcées. La furface intérieure eft unie , 
blanche dans le fond des valves , & agathe-clair vers 
leurs circonférences. La charnière eft articulée , corn- 
pofée de trois dents faillantes , dans l'un des battans , 
&. de deux dans l'autre , lefquelles fe logent dans les 
alvéoles correfpondans. Cette came peut avoir deux- 
pouces quatre lignes de largeur , fur un pouce neuf 
lignes de longueur. 

Gu^LTiERi , tab. 8^. litt. G. Chama ïiKzqudatera^ 
tranfverfim (îrîata , feu lineata , attcro laterefinuofo ,tx- 
candïdo & rofeo pallidè fafciata. 

NATTE DE JONC , ou FAUSSE ÉCRITURE 
CHINOISE A LIGNES RARES. Chama inaquiU^. 
lera , fpeudo-matfajuncea di6la ^flriis tranfverfis lucU 
dis y lineis parvulis interruptis , angulis raris munita , 
& afperfainfando fiavo-livido. Cette came eft chargée 
<îe ftries tranfverfales applaties , luifantes & fort pro- 
ches les unes des autres ; ce qui forme un réfeau trèi 
agréable. Toute fa couleur extérieure eft d'un jaune' 
livide ou fauve-clair , tirant fur la couleur de chair, par- 
femée au hafard de petites lignes longitudinales , rares , 
interrompues , & de plufieurs petits chevfons de cou-' 
leur canelle. La forme de cette bivalve eft peu conve- 
xe, fort large , & prolongée du côté du ligament. La 
charnière eft petite ; mais bien articulée par quatre 
petites dents plates fur les côtés dans l'un des battans, 
& de trois autres dans l'autre , lefquelles s'engrènen 
dans leurs alvéoles correfpondans. Cette çfpcce d 
came à carafteres peut avoir jufqu'à trois pouces d 
largeur , fur un peu plus de deux pouces de hauteur 
Elle provient des mers des Indes orientales. 

NATTE D'ESPAGNE. Chama inœquUatera ,: 
Matta hifpanka nominata-^ cohrs Imdo & magnis ma- 

Ccir 



4o8 N A r 

culis ex at'fo-purpurafcentihus injls^nîs. Cette Came ne 
diffère de la précédente ou de la faufTe écriture chi- 
noife , que par Tes grandes tâches de couleur pourpre 
noirâtre. Le réfeau , qui femble être formé de petits 
joncs , ferrés les uns contre les, autres, eft' beaucoup 
plus fin vers la partie latérale la moins étendue, que de 
l'autre côté, ai niî qu'il arrive dans les cames nattées, 
mais principalement dans celle - ci. Cette coquille eft 
légère , afTez mince & fragile. Toute fa furface exté-. 
rieure eft blanche, & fa charnière eft comme celle des 
autres cames à caraderes. Elle a des variétés dans foii 
cfpece , dont les grandes taches pourprées font entre- 
mêlées de chevrons, ^'^y-'^ Écriture chinoise. 

NATTE D'ITALIE. Voluta. conoïdea, multis fpîr'n 
'non exertis compojita ; albedine nîveâ & macidis qua- 
tdratîs coccineis in ^onis per feriem difpofitis notata ; ca^ 
Tiai'i aliquando violaceo diflinêîa. Coquille univaive du 
genre des cornets ou volutes coniques , compofée dans* 
certaines efpeces d'un très grand nombre de {pires can- 
nelées , lefquelles ne commencent à s'élever que vers, 
l'ceilde lafpirale pour former un petit fommet conoïde. 
Toute fa furface extérieure , qui eft d'un blanc de neige , 
eft marquetée par zones de taches plus ou moins quar-- 
xées de couleur ponceau ou orangé vif. Les rencon-- 
très de ces taches rouges , d'une manière plus ferrée , 
©ccafionnent deux larges fafcies plus fenfibles dans 
quelques-uns de ces cornets que dans d'autres. Le ca- 
nal ou l'extrémité oppofée à la volute eft quelquefois 
de couleur violette. On trouve cette coquille dans les 
?wers des Indes. Elle ne pafte guère un pouce neuf li- 
gnes de longueur. Qaelques-uns la nomment le tigre 
rouge. Les Hollanciois l'appellent la mofaique ita- 
lienne ou le pavé d'Italie ; Icaliaanfe Uloeren. 

NAVET , ou FAUX AMIRAL. Voluta co^ 

noïdea ex fiavzdo viridefccns , colore fufco infigniter 
fafc'mta , & lineis minutijfimîs undofis in longum duciis 
'vifibiliter fignata , napus feu fCeudo-archiihalaJfus ap- 
fillata. C'eft un cornet d'une forme renflée , nuée &. 



N A V ^ 409 

tnarbrée de blanc , & de verd-faunâtre , avec une 
fafcie brune , affez large, & très diliindc, qui tra- 
verfe à peu près le milieu de la coquille ; l'extrémité 
conique ou le côté du canal eil: fafcié de la même cou- 
leur. A travers ces fafcies & ces marbrures , on difrin- 
gue parfaitement , & à plufieurs reprifes , des filets- 
longitudinaux & onduleux , de couleur orangée , & 
rouge-brun qui partent de la volute. Cette volute eft 
compofée de fept ou huit fpires applaties comme appli- 
quées les unes fur les autres , dont les dernières, qui 
forment une clavicule peu élevée , font ordinairement 
peu diftinftes. La lévre eft tranchante ainfi que celle 
des corners en général ; elle montre deux grandes ta- 
c'iss brunes dans fon intérieur. Le navet ou le faux 
amiral peut avoir jufqu'à deux pouces de longueur. 

Les Conchyliologiftes diftinguent une variété du 
cornet nommé le navet , dont les fpires font élevées, & 
de vive-arrête principalement la première fpire. Celui- 
ci parvient dans fon vieux âge à un grand volume , 8c 
fa coquille devient épaiffe & fort pefantej mais pour 
lors fes nuances & fes fafcies perdent leur éclat , 8c 
même s'efiacent dans la plupart. 

RCMPHIUS , tab. 33.1itt. W. Voluta filofa-^ HolL 
gcbande olyve toot , of arakaus gaaren; la volute oii^ 
vâtre fafciée , ou le fil de couleur d'orange. 

GuALTiERl , tab. 20 litt.N. Cochlea conoïdea y 
umbonata , albida , ex fufco fafciata , rojîro latè nigri' 
canîe & flriato. 

M.àJRG£NVTiiE ,pL 1%. litt. L. pag. i;8 Un 
faux amiral à bandes jaunes fur un fond blanc bariolé 
de différentes couleurs ; ctR le navet. 

NAVET DE LA CHINE ou GROS NAVET. 
Huccinum mafrr.um , crajfum ^ ponderojum , rotundum , 
ventricofum , albedine marmoreâ , canali mediocritsr 
flongato & colameUâ rugosâ infî^ne , napus fmenfls 
uppellatum. Coquille univalve du genre des buccins , 
ainfi appellée à caufe de fa forme arrondie : elle cft très 
cpailTe & aiijïi pefance que le marbre. Sa couleur efl 



410 N A V 

blanche en dehors comme en dedans. Sa volute efl 
compofée de cinq fpires bombées fe recouvrant Tune 
l'autre , & un peu tuberculeufes. Le canal eft ouvert , 
moyennement allongé & retrouffe. L'ouverture,qui eft 
Ipacieufe , eft bordée d'une lèvre ceintree , & d'une 
columelle garnie de trois dents en forme de rides. Ce 
buccin eft fort ventru. Les Indiens & les Chinois le 
travaillent en deflus en formant des fleurons & des 
defteins en relief , en manière de mofaique. Ils l'évui- 
dent en dedans pour s'en fervir comme de tafle. Quel- 
<}ues Conchyiiologiftes nomment aufli ce buccin le 
marbre ou la rave. 

Aldrovàndus , de teftaceis, lib. 3. pag. 327. 
Buccina peregrina colore & duritïe fere mannons Amula^ 
circulis rofas amulamibus. 

GuALTiERl , tab. 46. litt. C. Buccinum majus , 
canalïculatum , roflratum , ore fimplici , aliquantU" 
Ihm in fummîtate fîriatum , interno oris labio fulcis 
profundîs ddnato ^fubalbidum. Hoc buccinum in rojîro^ 
pnmâ fpirâ , mucrone , ore , & in omnibus fuis parti' 
bus eleoa-ntïffimï prA c&teris efl proportionatum. 

NAVETTE DE TISSERAND. PorcelUnaoblon^ 
ga , labro fimbriato & extremitatibus in canali produc- 
tis infignis ; radius textoris appellata. Coquille uni- 
valve du genre des porcelaines , ainfî appellée à caufe 
de fa forme. Elle eft toute blanche , oblongue , de ma- 
nière que les deux extrémités fe prolongent en deux 
longues avances, crcufées en gouttière, & affez ai- 
gués pour lui donner de la refTemblance avec une 
navette de Tiflerand. La lèvre de cette porcelaine eft 
bordée en bourrelet, & fon fut eft uni. Sa longueur 
peut avoir jufqu'à un pouce & demi fur huit lignes 
de largeur. On trouve cette efpéce dans les mers de l'A- 
mérique méridionale. 

M ô! Argenville , pi. iZ.litt. i-pag. 170. Une 
petite porcelaine aftez femblable à l'œuf pour la forme 
& la couleur , excepté que fes deux bouts font beau- 



N A U 411 

coup plus allongés & plus pointus. Elle s'appelle la 
navette de TifTerand. 

Les Conchyliologiftes diftinguent la petite navette 
cl'avec cette dernière dont les extrémités font moins 
prolongées & d une forme moins arrondie ou corapri-* 
mée. Elle a huit ou neuf lignes de longueur. 

GuALTiERi , tab. 15. n. 4. Porceiiana intégra 
ûdmodum tennis j fimbriata : dorfo pulvinato candie 
dijftma, 

NAUTILE. Concha univalvis , crûjfa vel tenuis » 
curiîa vel non aurita , concàmerata vel non concame- 
rata , in lateribus latioribus complanata 5 naviculam 
repre^fentans; cujus apex ad efformandas circonvolution 
Ties aut fpiras internas in fe colligit , nautilus appel" 
lata. Co£]uille univalve , qui compofe un genre par la 
variété de fes efpéces. Le mot nautile eft dérivé des 
noms latins , nautilus , nauticus ; en grec N«tt/T/Àoc , 
Netyr/Àtv , Kac/T»^cv, qui lignifient le voilier, le nauton-. 
nier , parce que ce coquillage imite à la fois le navire 
&: le matelot. Les Allemands nomment le nautile, Far- 
kutel ou fchiflkuttel ; les Hollandois, Zeilers of fchip- 
pers \ les Italiens, principalement les Napolitains, muf- 
cardinum j mujcarolum. 

Le caraftere des nautiles eft d'avoir une forme 
ronde, comprimée furies côtés ou fes grands diamè- 
tres ; de montrer une grande ouverture & très pro- 
fonde, dans une extrémité de laquelle va fe perdre le 
fommet de la coquille, en fe contournant fur lui-même 
pour former une volute interne par le nombre de fes- 
révolutions ou de fes fpires. La lèvre , qui borde cette 
ouverture , eft fort étendue, & décrit avec une certaine 
élégance un plan plus ou moins arrondi ou allonge 
pour former une grande portion de cercle ou d'ellipfe, 
lliivant la largeur du nautile , qui eft plus ou moins 
comprimé dans fes flancs & dans fa circonférence que 
l'on appelle carène ; ce qui donne à cette coquille une- 
très belle forme , & une parfahe reffemblance avec un 
vaiffeau ou avec une gondole dout la poupe eft élevée. 



'412 N A U 

On diftîngue en général deux fortes de nautiles ^ 
favoir, celui qui eft épais, d'une fubftance de nacre , 
& chambré de plu(ieurs cloifons , & celui qui eft mince 
comme le papier fans être chambré. Ccft pourquoi on 
nomme ceux de la première efpéce , les nautiles épais 
à cloifons ou chambrés ; & ceux de la féconde efpéce , 
les nautiles papyracés non chambrés. 

Les anciens Naturaliftes, qui diftinguoient les nauti- 
les de nacre ou épais d'avec les efpéces papyracées , 
nommoient iîmplemcnt les premiers , les limaçons per- 
lés ou tle nacre , cochleœ mariant if er et ; & donnoient 
aux nautiles minces ces difFérens noms latins de pompi- 
lus , naupUus ^ nautilus y nauticus , polypus tejlaceus , 
ovum polypi. 

Nautilus fie diBus à navigando , dit Bonanni j nau* 
tilus a verbo grœco xau^Ikoc derivatur , per quod pifcis & 
naatafignrficatur. On prétend que ceft du nautile que 
les hommes ont appris l'art de la navigation. 

Rondelet^ ^z z?«oF>4Ar/7 £75 appellent le nau' 
tile , polypus tejiaceus , cochlea polypeda y pompilus , 
nautilus , & le placent parmi les polypes & les poif* 
(bnsmols. f^oye:(^ NaltIle papyracée. 

R i/MPHiu s dïûm^uQ plufieurs efpéces de nautiles 
qu'il nomme nautilus major , fve craffus , le grand 
nautile ou celui qui eft épais ; nautilus tenuis & legiti- 
mus , ovum polypi , le nautile mince Se reconnu pour 
le vrai nautile, l'œuf de polype j nautilus tennis minor 
& vitta ruftica , le nautile mince de la petite c(pécc , 
& la ceinture de payfan. 

Gu^LTiERi ne donne le nom de nautile qu'à celui 
qui eft de nacre & chambré , & appelle la gondole en 
latin cymbinm , l'efpéce papyracée; ce qui forme une 
dénomination totalement oppofée à celle de plufieurs 
anciens Naturaliftes, qui ne donnent le nom de nau- 
tile qu'à celui qui eft mince & fans cloifons. Le nau- 
tile , dit Gualtieri , eft une coquille de m.er à plufieurs 
chambres , dont les révolutions des fpires font cachées 
iûtéùeuremeut dans un plan horizontal ; Nautilus efi 



N A U 41$ 

ttfla marina polytknlamia , in fpiram interne latentem 
in piano hori:^ontali convoluta. 

M. d'Argenville a compofé la quatrième famille des 
coquilles univalves par celle cies nautiles. Le nautile , 
dit ce Conchyliologifte , eft une coquille univalve , de 
forme ronde & oblongue, mince , épaifle, à oreilles, 
fans oreilles , unie & quelquefois cannelée : Nautilus 
tji coucha univaLvis , oblonga & rotunda , tenuis , 
crajfd y aurita , inaurita , l&vis 6* canaliculata , navi-- 
culam exhïbens. M. d'Argenville diftingue fîx efpeces 
de nautiles : fçavoir , 1°. le nautile de la grande efpece, 
poli , épais , nautilus maximus ^ crajfus & Uvis y la 
petite efpece , minimus , celui qui eft ombiliqué , um- 
bilicatus : z", le nautile chambré , & partage en plu- 
fïeurs cellules , nautilus variis parthionibus concame^ 
ratus : 3". celui qui eft cannelé , vuide fans aucune fé- 
paration en-dedans , canaliculacus ^ vacuus & integer , 
fiullo diaphragmate disjunôîus : 4''. lepapyracée, applati 
& mince , papyraceus y deprejfus & tenuis : 5**. le nau- 
tile à oreilles , & dont la carène eft plus lai'ge , nau-^ 
tilus auruus , 6" latior-e carinâ ; celui dont la carène eft 
large , ondée en filions, & dentelée des deux côtés, & 
celui dont la carène eft dentelée par-tout , fpinâ latâ, 
fulcatâ & in utroque latere ferratà 6* nautilus fpinâ 
ûcutâ fer rata 'j celui qui eft dépouillé & i\2iCïè,fpûliatus 
margarïtifera dicius : 6°. la corne d'Ammon , cornu 
uimmonis dicius» 

M. Davila,dans fon Catalogue fyftématique, dit que 
les nautiles font des coquilles contournées en fpirale 
de trois révolutions , toutes dans un même plan , 8c 
dont la dernière prroît feule extérieurement. Elles onc 
l'apparence d'un petit navire ou gondole à poupe éle- 
vée. Les coquilles de cette famille font ou épaiffes & 
cloifonnées , nacrées en dedans , à carène, lifte & ar- 
rondie; ou papyracées & non cloifonnées , ni nacrées 
3. carène tuberculeufe plus ou moins large : de cette 
divifion réfulte deux genres. 

l". Le genre des nautiles ép^is ôi chambrés , qwî 



4J4 N A V 

comprend le grand nautile chambré des în<îes à flamme* 
canelles , celui qui ell: ombiliqué , & le nautile cham- 
bré de la pecite eipece. 

z°.Le genre des nautiles papyracées non chambrés; 
fçavoir , celui à carène étroite , le nautile, papyracée à 
caréné large avec oreilles , & à ftries tuberculeufcs , 
celui a carène large fans ftries tuberculeufes , & le 
papyracée à ftries tuberculeufes fans oreilles, yoye^ 
ces mots. 

^|AUTILE ÉPAIS , ou GRAND NAUTILE 
DE NACRE A CLOISONS. Nauti/us major , teftd 
margaritiferâ y quadraginta féipiùs concamerationibus 
cum Jpiris internis convolutis y injignis ; & in quibus 
trdnfic fyphunculus , cum parvâ aperturâ externâ & rO" 
tundâ apparente. Cette coquille ou cette conque, qui a 
la figure d'une grande coupe en gondole , eft arron- 
die dans fon pourtour, en imitant dans fa bafe la ca- 
rène d'un navire. Son fommet eft contourné fur lui- 
même , de manière qu'il forme le centre d'une volute 
intérieure , compofée de trois ou quatre fpires cham- 
brées par une quarantaine de concamérations ou cloi- 
fons voûtées , qui tournent avec les fpires, en obfer- 
vant des efpaces réguliers , & dont les compartimens 
diminuent â mefure qu'ils parviennent au centre de la 
fpirale. La petite ouverture ronde , que l'on voit dans 
le fond de la grande ouverture de la coquille , eft 
pofîtivement l'embouchure d'un tuyau ou d'une eipece 
de liphon de trois lignes de diamètre, qui traverfe & 
parcoure en tournant le m.ilieude toutes les concamé- 
rations jufqu'à la dernière. La lèvre de cette conque 
ëmane de l'axe qui paroît des deux côtés au-dehors , 
pour s'élever avec grâce & en doucine, en formant plu- 
iîeurs ondulations fur fa tranche de chaque côté. La 
furface extérieure du grand nautile épais eft fauve- 
clair , & bariolé dans toute l'étendue de la carène, de 
flammes onduleufes de couleur canelle. Le plan, qui 
termine la première fpire extérieure , eft d'abord d'une 
couleur ^umce , qui s'eÊface intcrieuieaieût pour 



N A U 41 j 

faire place à une nacre bleuâtre & ardoife. Le nautile 
de nacre à cloifons peut avoir jiifquâ fîx pouces de 
longueur 5 ion élévation pour lors en a cinq ; ce quî 
détermine également la profondeur de l'ouverture que 
Ton voit briller d'une nacre d'un bel orient , & qui 
paroît auffi au-dehors , lorfqu on a fupprimé une par- 
tie du teft extérieur. 

Le grand nautile épais provient des mers des Indes; 
C eft pourquoi on le nomme nautilus Indicus : On le 
trouve dans l'île d'Amboine , au cap de Bonne Efpé- 
rance, & fur les cotes des Caiïres en Afrique. 

Rondelet^ de Teftaceis, lib. 2. ip^^- 97'Cochlea 
margaritifera vulgo dicia. On appelle communément , 
dit ce Naturalifte , cette coquille , qui nous vient de 
l'Inde , & du milieu de la Perfe , le limaçon perlé ou de 
nacrejparce qu'il a l'éclat & la couleur des perlesj ce n eft 
point, à la vérité, dans ce coquillage qu'on en trouve^ 
mais dans les efpeces de bivalves nommées mères- 
perles , dit l'auteur , & dont il a parlé. On incrufte 
cette coquille, en or ou en argent, pour en former une 
efpece de coupe ou de talTe; elle fert en morceaux pouf 
faire des grains de chapelet ou de collier & plulieurs 
figures. Rondelet n eft point du fentiment d'Ariftote 
de confidérer cette conque comme une féconde efpece 
de nautile , comme on va le voir. CochUam hanc mar- 
garitiferam , quA ex India , 6* finu Perfico adfertur 
vulgus appellat , quia unionum colore fit & fpUndore, lit 
ta verb uniones non reperiuntur , fed in iis quA conchis 
hin'is confiant y ut jam oftendimus. Aura argentoque fiAC 
includitur in pocuiorum fpeciem ; ex eâdem infrufia. 
diffecia imagunculA , globuli ad nuncupandas preces , 
monïiia conficiuntur, Sunt qui hanc fecundam ejje naa^ 
tili conchA fpeciem tradunt ^fedfalfo, ut ex Arifiotele 
dilucide coUigitur his verbis. PrAter dicta polyporum 
gênera duo funt conchis indita , quorum alterum a qui^ 
bufdam nautilus & nauticus vocatur , ab aliis ovum 
polypi. 

Aldr97ajXdus , d« Teftaceis , lib. 3. pag. 16^* 



•4t(î N A U 

Ndutilus tejtâ rudï conice obteââ j ac variegatâ cafla* 
neo colore, 

RuMPHTUs , tab. 17. litt. A. Nautilus major feu 
crajfiis ; Holi. Paai-lemoer-hoorn j la coquille de nacre 
de perle. 

GuALTiERi , tab. 17. litt. A. Nautilus major y cujus 
Zefia externe albidi eft coloris ad latcum vergentis , 
:i^onis tranfverjis undulatis ^ frcquentibus , dimidiam. 
unciam latis , fulvis picîa ; ipfa puppe vero primant 
ameckyfiinoj deinde iantino ^ fubnigro colore difiinBay 
cujus excima lamella opaca efl & alba ^ intima verb ^ 
à quâ diapkragmata oriuntur , matrem perlarum refen 
colore , imo fuperat ; qui etiam internam juperficiem 
omnium thalamorum exornat, 

M. d'ARGENviLLE, pL f . Htt, E» Cc nautilc con- 
ferve ili robe naturelle , qui eft très unie de couleur- 
fauve tacheté de blanc. Le dedans eft nacré , & jette 
plulîeurs couleurs changeantes , comme l'opale ; on y 
voit au milieu un petit trou rond , par où fe commu- 
nique un tuyau ou liphon de cloifon en cloifon. L'ex- 
trémité de la révolution de la \olute , en dedans , eft: 
d'un brun tirant £lu- le noir. Cet auteur ajoute à la 
pag- 15» 5» j que Ton intérieur eft partagé en quarante 
cellules ou cloifons , qui diminuent a mefure qu elles 
approchent de leur centre : on prétend que le nautile 
palFe de Tune de ces cloifons dans l'autre par un petit 
tuyau , pour pénétrer dans la cellule la plus reculée. 
Ce trou , qui eft fort étroit, & par où pourroit à peine 
pafTer la plus petite alêne , rend ce fentiment prefque 
incroyable. Ce poiiTon occupe fans doute l'efpace le 
plus large de fa coquille depuis fon ouverture jufqu'a 
la première cloifon ; & le nerf, qui pafle au travers de 
toutes ces cloifons , fert à le retenir dans fa prifon , a 
donner la vie à toutes les cellules , & à y porter l'air & 
l'eau par le petit canal pour appefantir fa coquille. 

M. d'Argenville a fait figurer l'animal du n?auile à 
cloifons hors de fa coquille, dans l'appendice qui ;raita 
de h zoomQrphofç; pi, i. fi§, première , d'après la 

defcription 



N A U ^ 417* 

<ïefcripiion que Rumphius en a donnée en Hollandois , 
& que l'on a fait traduire. L'animal, qui habite la co- 
quille du nautile, eft une efpece de polype à huit pieds ; 
ce qui convient , dit M. d'Argenville , au fécond nau-» 
tile papiracée, dont il fera queftion , mais nullement à 
la maffe informe que Rumphius donne au nautile de 
nacre. Cette raalTe , quand l'animal fe retire , ne rem- 
plit point tout-à-fait la coquille. Le derrière de fon 
corps eft creux , & couvert de porreaux j le deffus efl 
plat , cartilagineux & ridé , tirant fur la couleur fombre 
avec certaines taches noires. On voit à la partie de de- 
vant une multitude de petits pieds pofés l'un fur l'autre , 
avec pludeurs lambeaux couvrant la bouche des deur 
côtés. Ces lambeaux reiïemblent à la main d'un enfant, 
& fe divifent en vingt doigts , de la grofTeur d'un fétu 
de paille , & de la longueur d'un demi-doigt. Plufieurs 
lambeaux font au-defTus les uns des autres, féparés en 
pluiieurs doigts, qui vont en diminuant julqu'à la bou- 
che; c'eft avec ces lambeaux & ces doigts que l'animal 
peut s'allonger & fe retirer, qu'il fe traine, prend fà 
nourriture, & la porte à fli bouche. Cette bouche eft 
faite comme le bec d'un oifeau, ou comme le chat de 
mer; fçavolr, la grande partie d'en-haut , un peu cré- 
nelée en forme de dents far les côtés , la partie de def- 
fus cachée fous celle de delTous , au travers de laquelle 
il s'eft fait jour. La bouche eil dure comme un os ; elle 
cft entourée d'une chair blanche , & d'une autre petite 
peau qui couvre prefque tout le bec ; les yeux , gros 
comme des fèves , formés fans criftallin, ni paupières, 
font placés fur les côtés près de la gorge, & font remplis 
d'un fang noir-brun. Du derrière du corps fort une 
grande artère qui palTe par tous les trous des cloifons juf 
qu'au point milieu du dedans; ce qui attache le poiffon, 
& lefufpendà fon écaille. On voit une demi-pipe ronde 
fous le nez ou mufeau, qui eft roulé l'un dans l'autre, & 
une efpece de langue qui y eft cachée. Cet animal , 
quand il veut voguer , eft toujours feul , il fort la tête, 
& toutes fes barbes, & les étend avec fes membranes 
Tome IL Dd 



4i8 N A U 

de derrière : fouvent il fe traine en arrière, ou avec là 
gigot en haut , la tête & les barbes en bas ; mais il eft 
le plus fouvent à terre, ou dans quelques cavités bour- 
beufes , où le retirent les autres poiffons pendant les 
tempêtes. Dans le beau temps, il refte peu fur l'eau : 
alors Tes barbes le retirent, il tourne Ton gigot, & va 
au fond de l'eau, où l'on croit que font les autres 
nautiles. 

On conclut que l'animal tient peu à fa coquille , par 
les coquilles vuides que Ton trouve flottantes , & celles 
fe qui trouvent fur le rivage. D'ailleurs étant fans cou- 
verture & fans défenfes , il eft en prife aux crabes , aux 
araignées & auxfcorpions de mer ; ce qui fe prouve par 
leurs coquilles dont les bords font toujours endomma- 
gés. On fait peud'ufage dans les tables de ce teftacée , 
dont la chair eft fort dure ; mais fon écaille fert à faire 
des vaifleaux a boire, & les Sauvages en font des cuil* 
1ers qu'ils nomme papeda. 

NAUTILE A CLOISONS, UMBILIQUÉ. Nau- 
tilus crajfus major , concameratus , & umbi/.icatus, 
Celui-cf ne diffère du précédent que par un trou exté- 
rieur qui traverfe le centre de la volute. On doit , en 
général , fe méfier de cette ouverture dans la plupart 
des nautiles de nacre , que l'on pourroit regarder com- 
me un ombilic, & qui n'eft fouvent qu'un trou fait 
exprès par les infulaires , pour en faciliter le tranfport, 
ou pour quelques autres raifons. 

M. ^Arcenville , pL (. lett. F. Ceft le même 
naimle que celui qui eft figuré à la lettre E , dont il ne 
diffère que par ce qu'à l'œil, ou centre de la volute , il 
y a un petit trou qui traverfe j ce que l'on appelle um- 

' NAUTILE ÉPAIS ET A CLOISONS DE LA 

PETITE ESPECE. Nautiius nfli margannfsrâ , ^ 
concameratus , varvâ fptcie Celui-ci repréfente en 
petit , la même figure du grand nautile , avec l'excep- 
tion que les anfes de la lévre font moins élevées , & 
^ue fa forme eft plus arrondie & plus ramaiTée. LôrC* 



N A V 419 

qu'il eft dépouillé de la première couclie de fa coquille ; 
On voit une nacre d'un très bel orient. Il y en a qui 
lï'ont guère plus de quinze lignes de largeur j fur en-» 
viron un quart de moins d'élévation. 

GuALTiERl j tab. 17. litt. B. Nautiîus minor & 
ïnfigniter umbilicatus , iifdem coiorikis nautili majoris , 
injignitus, 

M., à' Argtnville ^ pL 5. lettt. D» Un très petit 
nautile chambré j il eft découvert , & il montre une forc 
belle nacre. 

NAUTILE PAPYRACÉE. Nautiîus tenais vel pa- 
py raceus , in lateribus valde vel minus deprejfus , finis 
in longum duciis , latis , itndofis y 6* aliquando bifidis 
ubique munit us ; carinâ complanatâ ex utraque parte 
tuberosâ velfpinosâ in toto ambitu infignis ; colore fub* 
albido & pellucido* Ce nautile , dont la coquille cft 
mince, fragile, & tranfparente, comme le papier j eft 
plus ou moins comprimée , & chargée de ftries ondu- 
leufes , longitudinales, lesquelles vont fe terminer des 
deux côtés pour former autant de tubercules fur les 
bords d'une carène applatie , plus ou moins large , & 
de vive-arrête. Le fommet de cette conque légère s'é- 
lève en manière de pouppe de vaiffeau pour fe recour* 
ber , & fe contourner fur lui-même , en formant plufîeurs 
révolutions dans l'ouverture du teftacée,qui eft toujours 
très fpacieufe & très profonde , fuivant l'élévation & la 
grandeur de la coquille , lefquelles révolutions de fpi- 
res tournent de champ , & fans former aucunes cham- 
bres ni cloifons. 

Il y a plufieurs efpeces de nautiles papyracées , que 
l'on dilHngue par la largeur de la carène , par les ftries 
différentes , ainii que par des avances latérales de la 
lèvre qui forment quelquefois des elpeces d'oreillons, 
dont les efpeces font : le nautile à carène étroite , le 
nautile papyracée à oreillon , & à ftries luberculeufes , 
le nautile papyracée à ftries tuberculeufes fans oreillons, 
le nautile à large carène , & le nautile vitré. Voye^^ 
CES ESPECES. 

Ddij 



zîo N A U 
NAUTILE PAPYRACÉE A CARENE ÉTROI- 

TE. NaucUus papyraceus aarïtus , catina aagiijlâ in 
teto ambitu fpiaosd , ftnis undofts latioribus & forma. 
dep'-ef'sâ dijlin'ius Ce nautile eft VeCpécQ que l'on peut 
appeller la voile latine, parce qu'elle efl: iiientionnée 
par les anciens Namraliftes , donc on a les defcripcions 
latines , & c'eft auflî celle qui parvient à un plus grand 
volume. Toute Ta furface extérieure eft a ftries larges, 
onduleufes, formées d'un feul vuide , formant des deux 
côtés , dans leurs terminailons , fur les bords d'une ca- 
rène étroite & de vive -arrête , autant de pointes 
courtes , larges à leur bafe , & que Ton peut compter 
dans chaque rangée , julqu'au nombre de quatre- 
vingt j ces pointes deviennent, vers les deux tiers, & 
«quelquefois la moitié de la circonférence , d'une cou- 
leur noirltre, ou enfumée , à mefure qu'elles parvien- 
nent â la volute : le refte de la coquille efl" d'une cou- 
leur matte , laiteufe ou blanchâtre , & qui imite celle 
du pain d'hoftie. Cette efpéce de nautile pap racée efl: 
l'eipéce la plus comprimée dans Tes diamètres , & dans 
fes flancs. Les lèvres , qui font parallèles , ont plus d'é- 
lévation que l'extrémité contournée , par le moyen de 
deux efpéces d'oreillons qui prennent naifllince du cen- 
tre de la volute. Si le nautile papyracée à carène 
étroite a fix pouces & demi de longueur , fa hauteur 
doit avoir quatre pou-ces , neuf lignes, depuis le bouc 
des oreillons, perpendiculairement, jufqu'i la ca- 
rène j ce qui détermine la profondeur de la coquille. 
Cette carène a quatre lignes de large : dans cette 
proportion, les lèvres ont environ trois pouces de lon- 
gueur , depuis les oreillons jufqu'à la naiflânce de la 
carène ; l'ouverture porte alors deux pouces & demi 
dans Ton plan le plus évafé. 

Le grand nautile papyracée à carène étroite, & â 
oreillons, Te trouve dans la mer Médi errannée, fça- 
voir, en Sicile, en Corfe , dans la Sardaigne , dans 
le Golfe de Venife, dans les îles Majorque ôc Mv. 
fi orque , & aillem-s. 



N A tJ 421 

Pline , lîh. ^. char. 30. dit que le tiau'îl'" papy- 
tacée, eft une coquille creufe , compofée d'une feule 
pièce , à carène , imicant celle d'une chaloupe , dont 
la poupe eft courbée , & la proue en forme de bec; 
il le nomme le polype teftacée. Polypus tejiaceus efi 
unicâ coucha cava , acatïï modo car'inatâ , puppe in- 
Jiexd , prord rojlrarà. 

Ce Naturalille décrit ainfî fa manière de voguer. In- 
ter pr&cipua miracuia eil , qui vocatur nautUos , ab aliis 
pompilus, Supinus înfumma &quorum pervenic , ua fc 
paulatim Jubrigens , ut emifsâ omni per fiflulam aqiia , 
Viluti cxoncratus fentinâjfac'dc navigec» Poftea prima duo 
brackia rétorquent ^membranam inter illa mira, tenuitatis 
extendit ; quâ velificante in auras , cizteris fubremigans 
brackiis , média caudâ ut gubernaculo fe régit» îta va^ 
dit altOy liburnicarum gaudens imagine, & fi quid pave 
ris interveniat , hauftâ fe mergens aquâ. Le polype , 
que les uns appellent, nautitus , les autres vompiius ^ 
cft une des merveilles de h nature On le voit parvenir 
fur la furface de la mer , pofé fur £à carène , de manière 
que redreffant fa coquille peu à peu, il en vuide toute 
l'eau par un trou , comme voulant en décharger , ou eu 
cgouter toute la fentine pour mieux voguer. Retour- 
nant enfuite les deux bras de devant, au milieu del- 
quels il étale une membrane d'une finelTe merveilleufe, 
pour s'en fervir comme de voile à recevoir les vents , 
il fe met à ramer fur la mer, avec le fecours des autres 
bras , tandis que fa queue lui tient lieu de gouver- - 
nail. C'eft ainfi qu'il va fièrement tout joyeux de (a 
reffemblance avec les petits navires légers ; & s'il lui 
furvient quelques fujets de crainte , il fe fubmerge ca 
remplifTant fa coquille d'eau. 

Ce nautile eft repréfenté parmi les polypes & lespoif 
fons mois de Rondelet , de pifcib^s, lib, 17. p» 5 ly* Ce 
Naturalifte le nomme teftaceiis polypus , & rapporte les 
différentes defcriptions que Pline, Ariftote, Gaza& Op- 
pien en ont faites j voici celle d'Ariftote, qui exprime 

Ddiij 



Télégance & Ta^lion du nautile-polype polir vôgtier {îif 
la mer. Efi nautilus poLypus & naturâ & aciione mi- 
t^b'dis : navigat enim per maris fumma elatus ^ ex imo 
gurghe effertfe teflâ inversa ^ut afcendat facilius & îna' 
nifcaphâ navire t, Cum vero emerferit , concham con^ 
vertic. Brackia membranâ congenita connexa funt , 
quemadmodum palmipedum avium digiti, fedh&c craf- 
fiora 6* denfiora , illa longé tenuiora aranearum telis 
fimilia , his ut vélo fpirante aura , brachiis ut gubenia^ 
culis utitur^Jl quid metuerit ^ tejlam protinùs mari re^ 
plet , atque ita demergit. Il y a une efpéce de nautile 
polype auflî admirable par fes opérations que par fa 
nature ; car il vogue tout drefTé fur la mer , & en fort 
du goufre le plus profond, fa coquille renverfée , pour 
monter plus aifément , & naviger comme une cha- 
loupe vuide & bien leflé. Veut-il fortir de l'eau, il re- 
tourne alors fa coquille. Ses bras font réunis les uns 
aux autres par le moyen d'une membrane, comme les 
«îoigts des oifeaux de rivière y mais ceux-ci ne font 
point rangés de même , les uns font plus gros & plus 
Terrés, les autres font plus minces , & reflemblent de 
loin à des toiles d'araignées; c'eft cette membrane qui 
lui fert comme de voile pour recevoir le vent, tandis 
^ue les bras lui tiennent lieu de gouvernail. Craint-il 
€][uelque cKofe , il remplit incontinent fa coquille , & 
le plonge ainfl dans la mer. 

Aldrovandus, de teftaceîs , /z^. $• pag, îf9> 
décrit ainfi la coquille du grand nautile papyracée dia- 
prés Belon. Concha nautili tribus fragmentis condare 
videtur , carinâ fcilicet & lateribus [ ciim tamen una 6» 
fimplexfit ] quorum latera utrimquc y ceu carïriéi junciA 
apparent , ea ut plurimum magnitudine , quam amb& 
manus ampleBi pojfant ; latitudine autem quantum pol- 
lex cum indice comprehendat. Omnes autem non excédant 
crafjttudinem membrane pergamen&yjiriifque in oblongum 
duBis ad aras erenis lacinïat&funt ^inforrnam rotundam 
^kuntes ?forameri autem per ^uod nautilus alitur^ aîquQ 



ÎT A U 4ij 

êxh de eoncha, magnum ejl : h&cfragilis eftJaËei coloris 
lucîday admodum polita , omnino navis effîgiem ferens, 
ÎI femble, dit Aldrovandus, que Ton peut confîdérer 
le nautile en y admettant trois parties , fçavoir , la 
carène & les flancs ; ce qui ne forme cependant qu'une 
feule & fimple coquille , puifqu'il eft vifible que ces 
flancs font réunis des deux côtés à la carène ; cette 
coquille efl: fourent de la grandeur des deux mains : 
mais il eft pofTîble d'en mefurer la largeur autant 
que les extrémités du pouce & de l'index peuvent 
y atteindre. Toutes cts fortes de coquilles n'excèdent 
point l'épaifTeur du parchemin , elles s'étendent en 
prenant une forme arrondie , & fe trouvent déchique- 
tées fur les bords par des crans qui émanent des ftries 
longitudinales. L'ouverture, par laquelle le nautile fe 
nourrit , & fort de fa coquille , eft fort grande. La co- 
quille du nautile eft fragile, d'une couleur laiteufe, luifan- 
te, affez polie, & repréfente parfaitement bien un navire. 

Le même auteur , outre fes étymologies & fes ci-^ 
tations , rapporte les mêmes defcriptions des anciens 
Naturaliftes que Rondelet,furlesdiverfes évolutions du 
nautile , ou du voilier. 

RuMPHius , tab. l8. litt. A. Nautîlus tenais & 
legitimus , ovum polypi» HoU Doeke huyf, offchip- 
pertje; la coiffe de linge, ou le petit nautonier. 

GuALTiERi i tab. II. litt. B. Cymbium maximum, 
ftriatum ftriis crajjis , rotundis & raris aliquando di' 
ckotomis , fpina acuta [errata , cujus tejla efi valde fuh' 
tilis , 6* folio papyraceo Jîmilis , pellucida , fragilis , 
& lacleo candore imbuta, 

M à'ÀRGENviLLE , pL <^ . Utt, A. Cc grand nau- 
tile eft applati , & cannelé en ferpentant , & fi mince 
qu'il a pris le nom de papyracée. Les dentelures de fa 
carène font noires vers l'oeil de fa volute, & tout 
fon corps eft d'un blanc de lait. 

Le même auteur , dans l'appendice qui traite de 
la Zoomorphofe, ;7a 0-. i^ ^ fait mention du nautile pa- 
pyracée avec fon polype. Cet animal n^eft poim attaché 

Dd iv 



4î4 , N A U 

a fa coqulflcjou même il ii*y tient par aucune partie (îe 
fon corps ; aufli le trouve-t-on le plus fouvent féparé 
pour venir paître fur la terre. Quand il veut nager, il fe 
fert de fes bras : les uns lui fervent X ramer , les autres 
à fe tenir en équilibre ; il fe fert encore de deux aunes 
à foutenir la pellicule ou la membrane dont il fait une 
Toile qui s'apperçoit en haut animée par le vent , & lui 
fert à voguer & â fe conduire. La coquille a ordinaire- 
ment cinq a. fix pouces de long , fur trois de haut & un 
de large. 

M. d'Argenville rapporte la defcription du polype 
nautile d'après le dodeur Ruyfch. Sa tête eft affez grofle, 
garnie de deux yeux clairs ; il a huit pieds ou jambes , 
d'une chair molle , appelles barbes. Ils font plus gros 
par le bout qui approche du corps , avec une membrane 
légère qui lie les uns aux autres , telle qu'on en voit 
aux canards. Ces barbes , de couleur argentée , avec des 
porreaux fur les côtés , font plattes comme des rames 
Se lui fervent à nager. Il paroît qu'il rame avec fes lam- 
i)eaux & fes barbes , & qu'il conduit fa coquille comme 
©n fait une chaloupe. Les fix barbes de devant "font 
courtes , blanches & pleines de porreaux comme font 
tous les chats de mer. Il les étend de même qu'une rofc 
,en nageant j les deux autres barbes de derrière plus lon- 
gues que les autres , pendent dans la mer pour fervir de 
gouvernail a fa coquille , qu'il élevé avec fes leviers de 
devant pour y recevoir le vent. Lorfque tout eft calme , 
il fe met â ramer, baifîe fes leviers , & fait fortir tou- 
tes fes barbes. Dans la crainte de quelque péril, il 
fait rentrer fa chair , & toutes fes barbes , afin que fa 
barque faffe eau , & coule à fond. Souvent il pompe & 
jette l'eau de fa coquille : fouvent il l'abandonne : elle 
vient fur l'eau , & cnfuice va fe brifer contre le rocher. 

Ce tcftacée retourne fa barque fans deffus deffous , 
quand il veut , & va fur la tête quand il s'élève du fond 
de la mer; mais dés qu'il a atteint la fuperficie de l'eau , 
en épanouilTant fes barbes , il fe met à voguer. 

Nautile papyracée a carène étroite 



N A U 4M 

SANS OREILLONS. NautUus papyraceus , cnnnâ 
angufiâ , inanrkus. Celui-ci , qci ne parvienr point à 
un fî grand volume que celui â oreillons , en diffère 
principalement dans cette partie , qui, au lieu de s'éle- 
ver de chaque côté en forme d'anfes , ou d'oreillons , 
forme dans les deux lèvres parallèles , un fimplc arron- 
difTement , fans être évafées. Ce nautile eft d'un blanc 
de lait , a ftrics longitudinales onduleufes , bien pro- 
noncées , & dont les terminaifons ne forment fur les 
côtés d'une carène étroite , que des petites pointes , & 
autant de crans qui acquièrent une couleur noirâtre 
dans la circonvolution de la coquille. Il relTemble d'ail- 
leurs , au grand nautile papyracée. Sa lonsjueur peut 
être de quatre pouces , fur près de deux & demi de 
hauteur. 

NAUTILE PAPYRACÉE A STRIES TUBER- 
CULEUSES , A OREILLONS , ET A LARGE 

CARÈNE. Naut'dus papyraceus , auritus y admo^ 
dum convexus , Jîriis latis cuberojîs vel potius vtrruco' 
Jis ^ carinà t&vi , latâ , & ex utracjue parte ^ miicroni^ 
hus obtufls y fubni^ris infiruSlâ dijîincius. Cette co- 
quille eft convexe ou bombée dans fes flancs , chargée 
de ftries longitudinales, larges , peu ferrées , mais re- 
levée par des tubercules ronds ou d'efpeces de verrues , 
qui forment autant de cavités dans la furface intérieure 
de la coquille. La caréné eft unie, large, applatie, & 
garnie de chaque côté de pointes faillantes, un peu ob« 
tufes, comprimées à leurs extrémités , & prefque tou- 
tes de couleur enfumée ou de fuie. Le refte de la fur- 
face extérieure de ce nautile eft d'un blanc laiteux , & 
en partie fauve , clair & luifuit. L'ouverture eH: large , 
avec deux anfes en forme d'oreillons, d'où partent deux 
lèvres parallèles fort évafées. Ce nautile peut avoir 
depuis trois pouces de longueur jufqu'à cinq. Il vient 
des mers des Indes. 

RuMPHius jtab. 17. n. i. Naurilus tennis & legiti- 
mus , ovum polypi. Ce Conchyliologie l'a fait repré- 
Feiîter avec fon polype. 



41^ N A U 

GcTALTiERi y tab. II. litt. B» Cymhium profund} 
firiatum , p:rus laùs y & buUatis , fp'mâ latâ , & fer-i 
rata y candidum, 

M. à'ARGENViLLE , pL ^. litt. C. Ce nautile dif- 
fère des autres dans l'évadon des parties de'fon ouver- 
ture , à l'endroit de l'œil , ou centre de la volute. Ces 
deux parties échancrées & Taillantes en forme de cro- 
chets , font appellées oreilles. La couleur de ce nau- 
tile eft d'un blanc de lait ; fes cannelures qui ferpen- 
tem, ou plutôt fes rides font entrecoupées par des 
lignes circulaires , qui forment un compartiment avec 
des tubercules. 

NAUTILE PAPYRACÉE SANS OREILLONS, 
ET A STRIES A GRAINS DE K\S. NautiLus pa-- 
pyraceus, inauritus, admodiim convexus , firiis granuUm 
lis , carinâ Uvi mediocriter latâ aculeis brevioribus 6? 
obtujîs munità , & aperturâ maxime expansd in/tgnis. 
Ce nautile, dont la coquille eft encore plus déliée que 
celle des autres e(péces papyracées, eft â ftries longi- 
tudinales , légèrement prononcées , irr'îrrompues , 
afiez ferrées , & formées en plus grande partie de 
petits tubercules allongés femblables à des grains de 
ris. Sa carène eft unie , moyennement large & gar- 
nie des deux côtés de crans & de pointes courtes , ob- 
tufes & comprimées à leurs extrémités. Les deux cô- 
tés de la lèvre partent de l'œil de la volute d'un feul 
temps, en formant en doucineun arrondifTement élevé, 
c'eft-à-dire, fans figurer ni anfes ni oreillons. L'ou- 
verture de ce nautile devient extrêmement fpacieufe 
par la grande féparation des portions latérales de la 
lèvre. Le teft de cette coquille eft luifant , extrême- 
ment léger , tranfparent comme le papier blanc , mais 
un peu fauve dans ù première révolution. Ce joli 
naurile, tel que l'auteur le décrit, porte trois pouces 
quatre lignes de longueur, fur deux pouces trois lignes 
*Vélévation. La largeur , ou le plan le plus évafé de 
l'ouverture , a un peu plus d'un pouce & demi. 

NAUTILE PAPYRACÉE A STRIES RARES , 



N A U 427 

ET A LARGE CARÈNE. Nautllus p^pyr^cers 
non aurhus , flriis raris & carinâ lard dijtintius. Ce- 
lui ci 5 qui provient des mers des Indes , diffère des 
autres efpéces , non -feulement par fa forme apprc- 
chante de celle d'une petite meule j mais encore par 
fes ftries qui partent de l'œil de la volute, d'une ma- 
nière rare pour fe réunir vers la carène , & iigurtr 
dans leur enfemble une efpéce de fleuron. Cette cr- 
rêne eft la plus large de tous les nautiles papyracées , 
& très unie. Les crans, dont elle eft bordée, forment 
plutôt une efpéce de fefton que des pointes. Toute la 
coquille efl: luifante , liffe malgré fes ftries , tranfpa- 
rente comme la corne dont e-lle a la blancheur. Ce 
nautile , qui ne parvient point à un grand volume , efî: 
plutôt de niveau dans fes flancs avec la carène que 
bombé j l'ouverture efl: peu évafée,& bordée d'une lèvre 
dont le pourtour eft dépourvu d'oreillons : il psnc 
avoir depuis deux jufqu'à près de trois pouces de lon- 
gueur, fur un tiers moins de hauteur. 

RUMPHIUS ^ tab. iS.litt. B. Nauti/us tenais mi- 
Tîor, Holl. Kleyne docke-huyf ; la petite coclie de 
linge, 

GuAlTIERI , tab. li. litt. C. Cymbium firiatum 
firiis rotundis raris , 6* cra£iorïbus ; fpina fatis latâ , 
bullata & /errata _, fragïlijfimum , pellucidum , fubal- 
kïdo colore fplendens. 

M. ^Argenvilll y pi. 5. lett. B, pag. 201. le 
nautile plus petit, mais fa carène efl: large , ce qui le 
rend plus élevé que le grand nautile papyracée. Sa cou- 
leur blanche tire un peu fur le jaune. 

NAUTILE VITRÉ. Nautiius fpede pecuUari , pa- 
pyraceus vel tenmjfimus , ftriis rugofis & undojis ^ 
flriatus ; apice recarvo rugofis fpiris infi^nis y nautiius 
valde pellucidus feu v'itreus appellatus. Nom donné a 
une efpéce finguliere, extrêmement mince, & prefque 
aufli tranfparente que le verre. Cette coquille, qui ne 
refl'emble point aux autres nautiles papyracées, efl: d'une 
figure formée d'une quarantaine de ikies circulaires en. 



4iS N E B 

manière d'anneaux & de rides qui diminuent en par- 
courant le cône , jufqu'à former une extrémité recour- 
bée. Sa bafe eft large y ce qui donne à ce teftacée ,à peu 
près la figure d'un lépas en cabochon. 

RUMPHIUS , tab. i8. n. 5. Rara fpecîes n-iutili, 
figuram v'uca ruflics, reprAfentans, Un nautile d'une ef^ 
pece rare , qui a la figure d'une bandelette de village 
ou de la coëîe de payfanne ; HoU. Schippertje , een 
Waterlandfe Boerine-Kap gelykende ; le petit nauton- 
nier; ou la cornette ou !a coeffe de payfanne de Wa- 
terland , pays aquatique de la Nort-Hollande. 

Gc/ALTiERi , tab. ii.litt. D. Cymhium minimum^ 
complanatum , anguj}um , ipsâ puppe parum in princi- 
pio fubrotundd , deindè aiiquantuliim per lineam reliant 
extensâ ; à quafulci , vel ftr'u undatim y & irregulari' 
ter ufque ad marg'mem deducuntur ^ ftriatum ftriis mi' 
nimis tranfverfis ^ margine acuto , aliquando fimbriato y 
ex fubalbido cinercum. Ce petit nautile ne porte ici 
que deux lignes de longueur : mais il efl repréfence 
dans un plus grand volume, une féconde fois grofli à 
la faveur du verre lenticulaire. 

M. à'ARGESViLLE y dans fon appendice, pL r. 
lect» C, a fait figurer le nautile vitré de l'efpéce la mieux 
confervée, qui ditîere de celui de Rumpliius par fe-s 
llries , fon volume & par bien des égards qu'il mérite ; 
il diffère encore plus de celui de Gualtieri , qui ne 
paroit être que l'embryon de celui dont l'auteur fait men- 
tion, après l'avoir vu en Hollande, dans un cabinet 
des plus renommés , ou en avoir tiré une defcription. 
On le nomme nautile vitré : fa couleur eft blanche & 
rayonnée , & par Con tcft mince , il doit fe placer parmi 
les nautiles papyracées. Sa figure en cône avec un bout 
retrouffé , tel qu'on en voit au bonnet de dragon , le 
rang des tubercules qui le bordent par en haut , le ren- 
dent extrêmement nngulier. 

NÉBULEUSE ourles NUAGES, ^oye^ Nuages. 

NEGRESSE ou la MORESQUE ou l'OLIVE 
NOIRE. l^olutA ca/iali truncata^ Lavis, colore lucido 



N E B 419 

tx fufco nîgrefcens ; in prima fpirâ fuîcata ^ & labro 
in fummiiare laciniato diflincia , olea niçra aiBa. C o- 
ijuille univalve du genre des volutes à canal échancrc 
ou olive , ainfi appellée à caufe de fa couleur marron- 
foncée ou noirâtre. Toute fa furface efl trcs unie, lui- 
fante , & montre quelquefois quelques cannelures lon- 
gitudinales vers la lèvre. Cette lèvre, qui eft épaifîë , 
porte une échancrure en formant un fiUon dans la pre- 
mière fpire , lequel difparoît à mefure qu'il approche 
du petit fommet cjui termine la clavicule. L'intérieur de 
cette olive efl d um blanc de porcelaine qui s'étend jus- 
qu'au fut extérieur. Elle porte tout au plus deux pouces 
de longueur, fur prés de moitié moins de largeur. 

RuMPHius , tab. 3p. n. 2. Cylindrus nie^er. Holî, 
fatyne Rolletje , of fwai-te Dadel j le Rouleau fatiné,ou 
1 olive noire , ou la datte noire. 

GuALTiERi^idh, 23. litt. B. CochUacylindroïdea, 
altero labio rugojo , l(zvis , ex fufco nigncans j intiis 
candi dû. 

NEIGEUSE ou la PORCELAINE NEIGÉE.Por- 

€dlana candore niveo guttate infundo ex colore ciner o 
rufcfcente. Cette coquille univalve du genre des porce- 
laines eft ainfi appellée, à caufe que fa furface extérieure 
eft parfemée de taches blanches, rondes , & en relief de 
diverfes grandeurs, quelquefois grouppées plufîeurs en- 
femble de manière a rcpréfenter divers petits floccons 
<le neige fur un fond cendré, tirant plus ou moins fur la 
couleur fauve. Les flancs de cette porcelaine font fou- 
vent bariolés de lignes grisâtres , tranfverfales , & plus 
fenfibles dans certaines cfpéces que dans d'autres. 
Toute la bafe de la coquille eft blanchâtre. L'ouverture 
en forme de fente eft iînueufe & bordée de chaque 
côté de vingt-quatre dents bien articulées. 

La porcelaine neigeufe ou la neigée varie autant 
<lans fon volume, ou pour fa groifeur, que par les 
nuances qui forment le fond de la coquille. On apper- 
çoit dans les unes deux ou trois zones fort larges, allez 
àiftin^es , fvu: ua fond juaron ; les autres ont les taches 



450 N E R 

blanches plus grandes , mais plus raies fur un fond 
jaune-roux. La neigée montre quelquefois une petite 
volute vers l'échancrure la moins articulée , ce qui dé- 
termine le côté de la clavicule , tandis qu elle eft peu 
fenfîble dans une autre, ou qu'elle en efl: tour-i-faic 
dépourvue. Les unes font pefintes & les autres légè- 
res. La figure de la coquille eft toujours ovoïde & peu 
applatie dans fa bafe. On la trouve dans les mers de 
l'Amérique méridionale. Celle-ci porte, tout au plus , 
deux pouces de longueur fur feize lignes de largeur ; 
elle eft même le plus fouvent inférieure en groileur; 
mais l'efpéce qui provient des mers des grandes Indes , 
eft d'une couleur laiteufe , & a jufqu'à trois pouces 
de longueur. 

RuiiPHius ^ tab. 38. litt. L. Porcellana falita, 
Holl. Zout Korreltjej la porcelaine aux grains de 
fel. 

GuALTiERi y tab. 16. litt. 1. Porcellana fplrali s y 
l&vis , fulvida , lucenti[fimd , obfcure fafcidta , & ma" 
cuUs exiguis rotundi^ iriAqualuer pundata* 

NERITE. CochUa femilunaris , claviculâ deprefsâ , 
columellâ complanatâ , vel gengiv<s, aiit palacii adinfiar 
extensd f une feu plurimis denticulis aliquandb jan^ui" 
neis & albidis infirucîâ , variis coloribus & maculis 
ornata , nerita appeUata, Coquillage univalve qui com- 
pofe un genre par le nombre & les variétés des eipeces 
que l'on nomme limaçons à bouche demi-ronde , ou 
ceinrrée. On prétend que le mot nérite tire fon éty- 
mologie du dieu Nérée , qui prélide à la mer. Les an- 
ciens Naturaliftes grecs & latins , nomment ces for- 
tes de limaçons, N«c«T»f, Neritesfeu nericcc , à Nereo deo 
marmo. Les Italiens appellent les nerites , naridole ; 
les HoUandois, halve maanhoorens, of halve maantjes. 
Sur les côtes de France , fur-tout en Bretagne , on les 
nomme bigourneaux, ou bigournets. Le cara£tere gé- 
nérique & fpécifique des nerites eft d'avoir le plus 
fouvenc une coquille ép.iiffe , ramaiféc , peu propor- 
tionnée , dont le corps compofe prefque tout, le tel-. 



N E R 2^1 

tacée,à caufe <3e la petiteiïe de fa volute, & de fes fpires 
comprimées, ou peu élevées. La figure de ces lima- 
çons eft voûtée en-delTus, & applatie à la bafe ; ce 
côté montre une ouverture en terme de demi-lune , 
avec une lèvre ceintrée qui les a fait nommer cochLea. 
femi-lunares. Le fiit ou la columelle extérieure , qui 
détermine ordinairement la variété des efpeces , eft 
large, étendue , ayant à peu près la forme d'un palais 
uni , ou chagriné , & dont la tranche, qui s'appelle la 
gencive , eft garnie d'une ou plufieurs dents , que les 
Conchyliologiftes appellent quenottes faignantes , 
quand elles (ont tachées de rouge. Ces quenottes font 
fouvent blanches , au nombre de trois ou quatre. 

Les nérites forment un genre de coquillage le plus 
agréable par la diverfité de leurs couleurs; en formant 
des zones , ou des zig-zags , des marbrures , & de 
différentes taches noires , violettes , cramoifies , de- 
couleur citron , orangée & verdàtre. Les unes font 
lifTes ,Ies autres font ftriées & cannelées. On les trouve 
quelquefois avec l'opercule , mai^ elles n'ont point 
d'ombilic comme les natices. 

Les nérites proviennent des mers des Indes Orien- 
tales & Occidentales ; il y en a dans la Méditerranée y 
fçavoir, les nérites fafciées de noir, de cramoili; les 
nérites ftriées, cannelées, en point d'hongrie ; celles 
qui font rayées , jalpées \ les quenottes faignantes ; les 
nérites à quenottes blanches, le palais chagriné, la 
grive, le pois de mer, les nérites d'eau douce , ou 
fluviatiles , les petites nérites appellées femences de 
nérites , 6'c. 

Ariftote dit que la nérite eft une coquille unie , 
large & arrondie, avec une forme relfemblante a celle 
des buccins , qu'elle eft rouge , & que fa couleur de 
pavot n'eft point noire comme fur les buccins. Elle 
s'attache aux rochers comme les lépas. Nerita tefiâ efi 
Iczvi , amplâ 6* rotundâ , forma buccirAs proximâ y 
papaver tamen non nigrum ut buccinajed ruhrum habsti 
ngricafaxis ad/iArgc ^ Upadum mon. 



431 N E R 

PxjA^r , liv. p. chap. 33. Navigant *',».', nerha ; 
préibentejque concavam fibi panem , & alteram aur(Z 
opponences , per fumma Aquorum velificant. Les ne- 
rites navigent ; c'eft en fe plaçant fur la partie con- 
cave , & en expofant l'autre au vent, qu'eHes voguent 
fur la fui face des eaux. 

RoNDKLET^de tejîaceisjjb. x. pag. p^. fait mention 
de deux efpcces de nérites , fçavoir , celle d'Ariilote & 
celle d'Elien : cette dernière, dit l'auteur, eft un petit li- 
maçon de mer plus remarquable par fa beauté que par 
fa ^rolfeur. Elle fe plaît dans les endroits tranqiiilles de la 
mer dégages de toutes ordures , & prend nailTance dans 
les cavernes, & fjr les rochers auxquels elle oft adhé- 
rente. Elle diffère de l'cfpece d'Ariftote , en ce qu'elle 
eft petite. La néritc d'Elien fe diftingue aurti par l'élé- 
gance de fes taches noires poncluécs ; fa coquille eft 
blanche fur les bords , & de couleur pourprée en- 
dedans. Je ne blâmerai point , dit Rondelet , celui 
qui voudra mettre la nérite au rang des limaçons. Co- 
cklea marina , magnitudi^ie exiguâ , forma, pulchritU" 
dine exirnia fpeciutur : eo maris ubi fordium vacuitas 
€(l & tranquiiiitas viget , & -in [axis ad imam maris 
jedcm adh&refccntibus , na futur, Nerite kœc appellatur. 
Hoc maxime ab Ariilotelis ncrita disert , quod ilîa 
magna fit ^ h&c parva, Nerita JEliani punciis nigris ele- 
ganter dijUnguicur , tejla inîus purpurea , in margine 
candida, Quod fi quis neritam inter cochUas reponcre 
•voluerit , non va/de refragabor, 

BoNANNi , Recr. pag. 56. fait un grand éloge de 
la nérite en ces termes : Ncrita^ id efl , maris genita , 
quoi cceteris rébus quœ in mari generantur , pu/chricudine 
anteceUit ^ ficuti Néréides inter cmms Nerei filias ^ ve- 
nu ftate elegantiffimcs.. Nerita cochUarum regina , fios 
maris y adeo fpeClabilis ^ ut gratiarum manibus elabo- 
rata ^iieatur. La nerite , c'eft-à-dire , la fdle de la 
mer, farpafTe par l'éclat de fa beauté , les autres objets 
qui y font enc^cncrés, ainfi que les Néréides effaçoient 
par leurs bonnes, grâces & l'élégance , toutes les filles 

du 



N E R 45 5 

^u dieu Ncrée. La nérite , la reine des limaçorus , la 
fleur de la mer , eft d'autant plus remarquable qu elle pa- 
roîc travaillée de la main des Grâces. 

Aldrovandus ,de teflaceis^Ub, t,.pag, ^,6^. Après 
avoir rapporté les ditférentes étymologies de la nérire 
& les efpeces d'Ariftote , de Pline, d'Elien & de Ron- 
delet ; il y en ajoute d'abord quatre autres , fçavoir, la 
première & la féconde nérite , qui (ont parfemées de 
points noirs j la troifieme , qui efi: femblable à la fé- 
conde , mais qui eft plus rouge, celle-ci renfemie un 
crabe appelle le foldat ou Bernard l'hermice j &: la qua- 
trième, qui tire fur une couleur cendrée. Outre ces 
efpeces qui font repréfentées , Aldrovandus fait en- 
core mention de trente-deux autres figurées en deux 
planches. 

Dans la première planche, la première & la féconde 
nérite font variées de noir & de blanc; la troifieme , 
la quatrième , de même : la cinquième efpece eft àz 
couleur marron , avec des taches rouges. La fixieme 
nérite, qui doit fon éclat à la fjppreffion d'une partie 
de fa coquille, que l'on nomme communément a Ge- 
nève , caragniiola , eft d'un noir mêlé de blanc ; la 
fcprieme de couleur châtain , porte des taches ; la hui- 
tième eft cendrée avec des taches rougeâtres en-deffus, 
& noirâtres en-deffous ; la neuvième eft d'un blanc 
fale , & la dixième qui fuit , eft blanche & tubercu- 
ieufe. Le numéro onzième repréfente trois petites 
nérites ; l'une qui eft blanche , avec des taches rou- 
ges ; l'autre dont les taches font de couleur d'or ; & la 
troifieme a des taches gris-cendré. 

La première nérite figurée dans la féconde planche 
eft rouge & blanche en bas avec des taches noires \ 
la féconde eft brune , blanche , & d'une couleur argen- 
tine en dedans : la troifieme nérice eft rouge & blan- 
che ; la quatrième , qui eft unie ou dépouillée , eft blan- 
che avec des points tirant fur le fer. La cinquième eft 
rude avec des taches longues & blanches. La fixieme 
aaérits- eft blanchâtre & brune ; la feptieme eft bruoe 
Tome II, E e 



434 N E R 

avec des tacKes blanches : la huitième rougeâtre avec 
des taches blanchâtres : la neuvième fauve & blanchâ- 
tre : la dixième eft d'un blanc cendré : la onzième , qui 
eft prefqu entièrement chargée de points^blancs,ei"l: cen- 
drée : la douzième de couleur marron eft nuée & ponc- 
tuée de blanc : la treizième eft argentine ; la quator- 
zième lilîè , & toute bleue ; la quinzième rayée de gris 
cendré : la feizieme eft une petite nérite tirant fur la 
couleur fauve ; la dix-feptieme eft marron, couronnée 
de bîanc; la dix -huitième un peu cendrée i enfin la 
dix-neuvieme nérite eft de couleur fombre & châtain. 
Inter neritas ; addidi aliquot icônes , prima & fecunda. 
ni^ris punfîis refperfa: funt. Tertia fecundce, fimïlis , [ci 
rubicundior y in quâ cancellus latet\ quarta ad cine^ 
reumvergit. Habes dànceps triginta duas diverfas fpi- 
des duabus tahulis exprejfas. 

In prima tabula; prima & fecunda albo nigroque 
variA i Item tertia & quarta : qiiinta caflane& colore eji 
macuLis rubris, Sexta caragnuola vulgb Genucnjibus di- 
citur ^ detraclo çortice fplendens , albo nigra yfeptima. 
cafiancA coloris habet maculas : ociava cinerea eji , ma- 
culis fupernc rubefcentibus , & décima fubfequens can~ 
aida 5 verrucofa. Numéro undecimo exprimumur très 
nerits, minim& ; una alba cum rubris maculis , altéra au- 
reis ; decima-tertia maculas habet leucophœas. 

Prima in fecundâ tabula exprejfa nérite efi rubra , 
6' alba maculis etiam inferiits nigris : fccunda alba 6* 
fufca colore intiis argenteo : tertia rubra & alba : quarto. 
glabra , candida puncîis fubferrugineis : quinta ajpera 
macuiis longis & albis : o^ava fubrubra maculis albi- 
cantibus : nona fufca 6* albicans : décima alba fubci- 
nereà : undecima cinerea fere tota puncîis canailis : 
duodecima cafianea puncîis item candicantibus : deci- 
ma-tertia argentea : decïma-quarta l(zvis tota c^zrulea : 
décima - quinta cineritia virgata : decima-fexta parva , 
flavefcens : decima-feptima cajlanea cum corond alba : 
decima-ociava fubcinerez : decima-nona nsrite co'on caf^ 
taneo fubobfcuro. 



N E R 



435 



RujfPHrus diftingue les nérites unies d'avec les 
ftrices , & les appelle , ainfi que les narices , cockleA 
valvatA ; five Jemilunares ; en langue Hollandoife , 
Aîykruyken Hek-hooreus of niaan-hooreas. Les véri- 
tables nérites fe rencontrent principalement parmi cel- 
les qui fontftriées; au lieu que la plupart des autres 
font des natices j fçavoir, celles que ce Conchyliolo- 
gifte appelle valvata firiata prima. ^Jeu alphia ; la pre- 
mière cipece de nérites des Alpes ou de la mer Adria- 
tique j Holl. Eerfte geftreepce flek hooni j valvata. 
fecunda feu fafciata j celle qui eft fafciée ; valvata 
ténia undulata , la nérite ondée , Holl. Kam.elotje , 
le petit camelot ; valvata granulata , la grenue , Holl. 
Gekorrelde alykuyk. Valvata fulcaî a nigra ^ la nérite 
noire cannelée , Holl. Sv^;'art gevoorde alykuyk. Val- 
vata fpinofa , la nérite épineufe ; Holl. Rivier-doo- 
rentje ; la petite épineufe de rivière. Valvata ftmi- 
lunaris vera , la véritable nérite demi-ronde ^ 3c plu- 
fleurs autres variétés. 

GuALTiERi , qui a diftingué les nérites d'avec les 
natices, dit que la nérire eft un limaçon de mer ra- 
courci non-proportionné , dont le circuit de l'ouver- 
ture eft interrompu par un plan horizontal. Nerita cjl 
CDchlea marina brevior non proportionata j oris perime- 
tro à piano hori:^ontali interrupto» 

M. ^Argenville y pag. ao8. définit ainfi les né- 
rites. CochlcA valvatA , feu femi-lunares , compaBili cor^ 
pore y ore piano & dentato ^ ex parte columclla edcn- 
tulp. , quAdam apice paulum exerto , quczdam comprejfo. 
Des coquilles ou limaçons à bouche demi-ronde ou 
ceintrée, dont le corps eft ramafle , la bouche plate, 
garnie de dents , quelquefois fans dents du côté de la 
columelle : il y en a dont le fommet eft élevé : d autres 
l'ont très applati. Cet auteur en diftingue lix efpeces 
avec leurs variétés, parmi lefquelles font comprifes 
celles qui font ombiliquées, ou les natices ; i**. la né- 
rite qui a des dents, nerita dentara : la gencive , ger.- 
giya : la queuoïte , dens fan^uineus : le palais de bœuf, 

Ee ij 



43<^ N E R 

, palatium bovis ; qui a des ftries & cîes points fur un 
fond fauve , firiata & punBuata colore fuLvo : la nérite 
fafciée à taches noires & jaunes , fafciata macidïs ni- 
gris &fidvis. i**. La nérite cannellée à points jaunes 
qui a des filions, canaliculata ypunElls flavis, 3^. Celle 
qui a des filions marbrés de brun & de jaune , fulcaca , 
flava , flavidoque macaUta j la grive , turdus\ la per- 
drix , perdix. 4°. Qui n'a point de dent , edentuta ; 
jafpé avec un heCy jafpideu cum rofiro : avec un cou- 
vercle , cum operculo : le pois de mer , pijum colore ci- 
îrino : Tefpece jaune , flavo ; la nérite garnie de poin- 
tes , nerhafpinofa j la nérite réticulée , ou à réfeaux , 
reticulata ; à taches noires , maculis nigris depicla j à 
taches fauves & noires , rubris fufcis & nin/is macu-' 
lata'y à ftries légères, tirant fur le verd, vire/cens , le- 
vitcr flriata \ feite en zigzag , panita ad machinam 
producii/em -^hïun, colore Jujco. 5". Le limaçon om- 
biliqué , cochlea umbilicata \ celui dont l'ombilic efl 
étendu, umbilico in longum expanjo j dont le lommet 
eft peu élevé , apice par km exerto ; le limaçon -dont le 
fommet ell applati , cochlea apice deprejfo ; les tefti- 
cuîcs, te/ies', avec le Bernard l'Hermite, cum can- 
cello, é". A mammelons , umbonata ; le mammelon 
de la petite efpece, uber tenue \ celui qui eft blanc & 
pefant , ponderofum & albidum j l'écorce d'orange , 
cortex mali aurei , à fond blanc bariolé de jaune , ai^ 
bida , flava y varieguta. Le limaçon fafcié à bandes 
rouges , fafciis rubris circumdata j a trois zones mê- 
lées de noir , tribus ^onis nigricantibus ; à deux zones 
noires , duabus :(onis nigris , l'efpece de la Chine jaune 
êc blanc , Chinenfis , flavo-albidu ; le limaçon fafcic 
de points noirs & rouges, nigris & rubris punclis fuj- 
data i celui qui eft cendré avec des points blancs , co- 
chlea cincrea punElis albidis maculata : enfin , celui à 
points rouges , avec une tête élevée. 

M. Adanfon a formé un genre de la nérite qui ter- 
mine celui des coquillages operculés , comme étant 
auffi le genre qui approche le plus des bivalves, & qui 



N E R 437 

a le plus de rapport avec elle. En effet, fi Ton confi- 
dere , dit l'aucèur , la forme applatie de fa coquille , le 
racourciffement & la petitefTe de fon fommet , l'évafe- 
ment de fon ouverture , l'épaifleur & la nature pier- 
reufe de fon opercule , les efpeces de gonds , & les cré- 
nelures de la lèvre gauche de la coquille dans lefquelles 
il joue comme un battant dans fon pivot , à la manière 
des battans des coquilles bivalves. Il eft vrai que le bat- 
tant fupérieur, dont Topercule fait la fonftion , neft 
pas proportionné à la grandeur de la coquille qu'on 
pourroit comparer au battant inférieur des bivalves , &: 
que fa forme n'eft pas concave , mais feulement ap- 
platie. L'animal lui-même eft fort différent de celui 
des bivalves : & c'eft par ces endroits que M. Adanfou 
fe croit aiïez fondé à laiffer ce coquillage parmi les 
operculés , mais parmi ceux qui touchent , pour ainli 
dire , aux bivalves. 

Le genre des nérites de M. Adanfon eft compofé 
de cinq efpeces appellées le dunar , le tadin , le lagar , 
le felot, & le kifet. 

NERITE A QUENOTTES SAIGNANTES. Co- 

chlea femitunaris non umbilicata feu nerita y denùculis 
fan^uineis in gengivâ munita ; f&pijftme tranfverjîm 
firiata , plurimis coloribus rubris purpuras ^ nigris dî- 
verfirnode variegata y maculata , in longum 6' in acu- 
tos angulos lineata & fafàata , in fundo albido vel 
flavo y citrïno , vel croceo. Cette e{pece , qui renferme 
les variétés les plus admirables , par les jolies couleurs 
dont elles font ornées , eft ainli appellée, à caufe que 
la gencive , ou la tranche de la columelle , préfente un 
petit râtelier garni d'une , de deux ou trois dents , ta- 
chées à leurs bafes de rouge fanguin , ou ponceau. 
Toute la furface des nérites faignanteseft a ftries tranC 
verfales plus ou moins prononcées , interrompues par 
d'autres ftries longitudinales très jfînes,ou prefqu'imper- 
ceptibles, ornée & bariolée de cramoili, de violet mêlé 
de noir , par zones ou par zigza'gs en forme de points 
d'Hongrie fur un fond tantôt blanchâtre , ou rougeâtre, 

E e iij 



43^ N E R 

tantôt d'une belle couleur orangere ou citron , ces 
dernières font ordinairement farciées , ou bigarées 
de noir. La volute forme une petite clavicule affez 
élevée , compofée de deux ou trois fpires ordinaire- 
ment de couleur citron ou jaime plus foncée. Lorfque 
ces nérites parviennent â leurs derniers périodes de 
groiïeur , les ftries deviennent peu fenfibles , & les 
tadies en zigzag font détachées , & plus rares. L'ou- 
verture en demi - lune efl: bordée d'une lèvre tran- 
chante, & qui s'épaifîlt intérieurement en talut. La co- 
lumelle extérieure forme un plan applati , lui faut , 8c 
garni de denticules, comme on vient de le dire. Les 
nérites à quenottes faignantes ont depuis un pouce 
de largeur jufqu'à un & demi, far deux ou trois lignes 
de moins d'élévation. Elles fe trouvent dans les mers 
de l'Amérique & des Indes orientales. 

GuALTiERTf tab. 66. litt. Z. Nerita ftriata , der." 
tata j oris niargine muricato j ex nigro & albo undatim, 
depîcîa j macula croceâ in parte interna notata» 

M. à'ARGENviLLE j pL 7. Utt. H. Cette nérite eft 
la vraie quenotte. On y voit deux quenottes faignan- 
tes , avec un râtelier fjpérieur. 

Le même , lett, G. une jolie nérite , fond jaune , 
avec des fafcies , & des marbrures de couleur brune 5 
fa bouche efl: garnie de deux quenottes fai2;nantes. 

NERITE STRIÉE A QUENOTTES BLAN- 
CHES. Nerita tranfverjim fîriata maculis nigris , & 
ckerme finis notât a , denticulis alois in genglvâ in fi rue- 
tis , lahro intiis aliquando dentato. Cette nérite ne 
parvient point à un fi grand volume que l'efpece à 
quenottes faignantes , mais fa configuration efi: la 
même. Lafurface extérieure efi: marquetée de petites 
taches noires & cramoifi dans certaines efpeces , & 
font toutes noires dans d'autres. L'ouverture en demi- 
lune efi: peu grande , bordée par une columelle blan- 
che , comprimée, garnie de trois ou quatre quenottes 
de la même couleur ; la lévre t^ tranchante , & garnie 
ôuelquefois en-dedans d'une rangée de petites dents* 



N E R 459 

GuALTiERij tab. 66. lice. P. Nerita profanais , 6» 
îatis flriis fulcaca utrinque dentata ^ ex albido , nigro" 
que caienatim depicia, 

M. d'ARGïïNviLLE,pl, j.leit. Q. pag. iii. Cette 
nérite cannellée eft jolie par fa couleur mêlée de blanc, 
de couleur de rofe &c de noir. 

Le même , /etc. &. Une petite nérijfe fafciée de 
points noirs & rouges , avec un fommet blanc. 

NERITE STRIÉE A PALAIS CHAGRINÉ. 
Nerita tranfverjïm firiata maculis vel linàs nigris in- 
terrupàs depiêla ; columellâ exceriori granulatâ , paiatii 
adinflar injîgnis. Cette efpece eft ainfi défignée par les 
Concliyliologiftes , à cauie que la coîumelle extérieure 
préfente une furface chagrinée ou chargée de petits 
mamelons. La tranche de cette coUumelle ou la gencive 
cil: légèrement dentelée. La lèvre, qui eft extrêmement 
épaiiTe , montre deux petites dents d'un feui côté. 
Cette nérite eft à ftries circulaires , ondées de taches 
noires dans une elpece , & nuée de lignes interrom- 
pues de la même couleur dans une autre fur un fond 
blanchâtre. Elles font toutes les deux blanches en- 
dedans. 

Ces fortes de nérites ont deux variétés , fçavoir , la 
première qui diffère des précédentes , en ce que fes 
Ibies font entremêlées de taches & de lignes noires fur 
un fond jaune & fouci , & qu elles font d'ailleurs réti- 
culées. La féconde efpece eft celle dont la lèvre eft 
feftonnée , & à profondes cannelures , que quelque- 
uns appellent la petite grive. Voye:!^ grjve de la 

?ETITE ESPECE. 

RuMPHius , tab. 11. lett. L. Valvata tertia un-^ 
àulata, Holl. Kanielotje \ le petit camelot. 

NERITE STRIÉE A DOUBLE RATELIER DE 
DENTS. Nerita firiata , teflâ crafsâ , columellâ 
maxime rugosâ & labro dç.ntato , toto colore albido. 
C'eft une efpece de forme arrondie , ramafîee , chargée 
de groffes ftries circulaires. La coîumelle , au lieu de 
s étendre en manière de gencive , eft chargée de groifes 

Ee iv 



440 N E R 

dents en forme de rides. La lévie eft epaifTe , gar- 
nie de cinq autres dents , dont deux latérales, lefcuelies 
ferment en partie une ouverture peu grande. Toute 
cette nérite eft blanche en-dehors & en dedans , ex- 
cepté le fommet qui tire fur la couleur verte. Elle porte 
un drap marin noirâtre', avant que la coquille foie 
dépouillée. 

GuALTIERI , tab. 66. litt. Q. Nerita profunde 
finis crajjts , 6* lat'is difiincia , utrinque infigniter dsn- 
tata y ex atro colore rufefcens , intùs candidû, 

NERITE ÉPAISSE , UNIE ET A CLAVICULE 

COMPRIMÉE. Nerha Uvis , tefiâ crafsà , volutA 
\alde deprefsâ j gen^iva latâ y lucïdà ypaulifper demi- 
culaîâ \ firïis mïnutijfiuiis in longum ducfis leviter 
firiata , colorihus nigris vel chermcftniî fajciatâ , vel 
fîavido & fubviridi colore vel cinereo & nigrefcente va~ 
riegira. C'eft un limaçon qui fe diftingue des autres 
nérites par fa volute comprimée , & formée de fpires 
peu diftincles , & par une farface luifante & unie, 
quoi qu'elle foit plus ou moins chargée de petites 
ftries longitudinales prefquinfenfibles dans certaines 
efpeces. Cette furface préfente les variétés les plus 
jolies par la diverfité de leurs couleurs ; les unes ont 
trois fafcies de couleur cramoifi , fur un fond marbré, 
les autres ont les mêmes fafcies formées de taches noi- 
res ; il y en a de couleur verdâtre & jaune, imitant le 
jafpe. Toutes les fafcies & les marbrures ditiérent par 
leiurs nuances plus ou moins vives. L'ouverture en 
demi - lune eft moyennement grande , bordée d'un 
côté, d'une lèvre très épailTe dans fon talut, tranchante 
dans fon bord, ôc de l'autre, d'une columelle étendue 
en forme de gencive. Elle eft unie , luifante & garnie 
de petites denticules peu faillantes. Toute cette furface 
eft d'un beau blanc , teint de jaune légèrement dans le 
contour de l'ouverture , mais qui eft quelquefois plus 
foncé dans l'intérieur de la coquille. Ces fortes de li- 
maçons ont plus de largeur que de haiîteur, c'eft-à- 
dire, qu'ils ont , an moins, un pouce de large, fur 



N £ R 441 

deux ou trois lignes de moins d'élévation. On les 
trouve dans les mers orientales & occidentales. 

RujfPHius , tab. îi.litt. I. Vahatti (îriata prima, 
Jive Alpina ; Holl. Eerfte geftreepte flek-hoorn ; la 
lîérite ftriée des Alpes , ou de la mer Adriatique de la 
première efpece. 

Ejufdem , litt. K. Valvata fcciinda ^ five fafciata ; 
la féconde efpece de nérire, ou la fafciée. 

GuALTiERi , tab. 66, litt. C. NeruaUvïs .dînta- 
taypunciis, & undisfubviriais colo'is depicia^ tribus fa f- 
dis purpura fcentibu s varie gaîis diflincia , intîis crocea» 

Ejufdem , litt. D. E. F. G. H. I. Neriîarum marina- 
rum varietates , qu& ex piceo, & albido , vel ex flavo , 
6" nigro , punctis fa fais , 6* maculis dixerfimoaè Junt 
variegatA , lineat& jfafciatA aut fgnatcz* 

M. à'ARGENviLL:E,p[, 7, /. K. Néritc à bandes rou- 
ges , marbrées partout de verd & noir fur un fond blanc 

Le même , Lett. M, tJne autre nerite , dont le fond 
efi jaune ^'ec trois fafcies marquées feulement de traits 
noirs difpofés en ziçzags. 

NERITES FLUVIATILES ou D'EAU DOUCE, 
autrement appellées BIGOURNEAUX ou BIGOUR- 
NETS. Aeriu fiuxiatiUs fu,it cochUce jcmilunares 
f.£pi(fimè Uves , variïs coloribus cinereis c&ruleïs , \el 
rofeïs , fujcis , violaceis maculât & , vel purMatÀ, vel 
undatim ntbulats. j vel reticulatim depiciji y columellâ 
cdentulâ diflinclA, Les nérites fluviatiles font les ef- 
peces que l'on trouvent dans les fleuves, les rivières, 
les étangs, les lacs & les foffés, dont la furface exté- 
rieure cft ordinairenient ornée de réfeaux très fins, de 
points , ou nuée de différentes taches ondées de di- 
verfes couleurs grifes , bleuâtres, ou brunes, ou cou- 
leur rofe , ce qui forme des variérés ; mais leur confi- 
guration cft prefque la" même , c'ell: à-dire que le corps 
de la coquille qui compofe prefque le teftacée, ne poite 
qu'une petite volute de deux ou trois (pires plus ou 
moins élevées , ou comprimées. L'ouverture , qui eft 
très fpacieufe,eft bordée d'une lèvre ctintrée fore éten- 



44i N E R 

due dans les efpeces les plus comprimées , & un peu 
rentrante dans celles dont la clavicule eft élevée. La 
columelle forme une gencive unie, le plus fouvent 
dépourvue de dents, ou garnie de très petites denricu- 
les. Parmi les nérites d'eau douce les plus diftinguées , 
les Conchyliologiftes comptent la nérite armée , ou 
épineufe , & celle qui efl verte , bariolée de noir. Voy, 
ces espèces. 

GuALTiERT, tab. 4. litt. M M. Nerka Jluviatiiis 
parva , fra^ilis y fubnigra ^ candidis punéîis afperja, 

Ejufdem , litt. LLL. Neritarum fluviaùlium variât a- 
tes quA , vd ex c&ruUo y v'iridi , candi do , rofeo ,fufco , 
& puUo colore diverfimode funt maculatcz, nebulatcz^ 
■punciats, , undatïm , vel ntïculatim piéix. 

M. A'Argenville rapporte trois efpeces de néii- 
t^ d'eau douce ,;?/. 17. /z. 3 . fçavoir celle qui eft bariolée 
de gris qui fe trouve dans la Marne j les deux autres qui 
viennent de la Seine : l'une eft rouge , dit l'auteur , & 
l'autre femble couverte d'un réfeau fort régulier. 

M. à'ARGENviLLE , daus l'appcndicc qui traite 
de la zoomorphofe , fait la defcription d'une elÎDece 
de petite nérite qui fe trouve dans la Seine. On dé- 
couvre dans fa coquille une petite tête avec deux cor- 
nes blanches très courtes , dont les deux points noirs, 
qui s'y voient à leur naifFance , paroiffent être fes 
yeux. Le refte de ton corps eft tout blanc, avec une 
marque au milieu qui pourroit être fon ombilic. 
Ce limaçon fe forme entièrement par fa bave qui eft 
tranfparente , & qui lui fert d'opercule. Sa bouche eft 
entourée par le bas d'une double enceinte. Quoique 
fa robe foit d'un gris-fale , on en voit dans la Seine , de 
bariolé, de gris de lin , de couleur de rofe & de tigrée. 

M. Geoffroy , Traité des coquilles , pas;. 105 , dit 
que les nérites font toutes aquatiques , à l'exception 
de la première efpece appellée l'élégante ftriée, qui eft 
terreltre. Ces animaux ne font point hermaphrodites 
comme les limas, les buccins & les planorbes; ils font 
diftingués par le fexc : les uns font mâles , & les autres 



N E R 445 

femelles. Leur caradere eft d'avoir deux tentacules , 
en quoi ils différent des limas qui en ont quatre , & 
deux yeux à la bafe de ces tentacules , mais au côté ex- 
térieur ; ce qui les diflingue des buccins & des planor- 
bes, qui les ont au côté intérieur. Un autre caraûere 
bien efTentiel de ce genre , c'eft d'avoir un opercule , 
eu petite lame de la nature du teft, fur laquelle on 
difringue les empreintes d'efpeces de fpirales, & qui 
fert à fermer exadement la coquille. Ce caraclere fem- 
ble rapprocher ce genre des coquilles univalves & bi- 
valves, comme Ta très bien remarqué M. Adanfon. 
Quoique cet opercule foit retiré , & ferme la coquille, 
la partie du mâle paroît toujours un peu , près du col à 
l'extérieur; excepté cependant dans la vivipare où cette 
partie fe cache & s'enfonce dans un des tentacules ; en 
forte que les mâles de cette efpece ont une de ces 
cornes plus groffe que l'autre ; ce qui les fait diftinguer 
de leurs femelles à la première infpeftion. Toutes ces 
nérites font ovipares , & pondent des œufs, excepté 
Tefpece nommée la vivipare , parce qu'elle fait des 
petits touts vivants, qui fortent du corps de la mère, 
avec leurs petites coquilles. M. Geoffroy donne le dé- 
tail des efpcces, & ce qu'elles ont chacune de plus re- 
marquable, fçavoir, de celles qu'il nomme la vivipare, 
la petite operculée aquatique , le porte-plumet & la né- 
rite de rivière. F'oye:^ ces mots. 

M. Geoffroy déHnit ainfi la nérite de rivière; Ne^- 
rit a y le fia latâ, compaBâ , fcabrâ ,è c&ruUo virejcente , 
tiperuirâfemi-Gvacâ^anfratiibus duobus. Prefque tout le 
monde connoît cette coquille , dit l'auteur , que l'on 
trouve très communément dans les fables des jardins, 
avec lequel elle a été apportée de la rivière. Sa forme 
efl: très large , & peu élevée. Elle ne décrit que deux 
tours de fpirale , l'un fort large , & l'autre très petit , for- 
mant un petit œil. Son ouverture eft en demi-cercle , 
fermé par un opercule de même forme. Le tell de la, 
coquille eft épais , & lorfqu'on le prend dans l'eau , 
avec l'animal vivant, il eft de couleur bleue, noirâtre 



444 N E R 

foncée , quelquefois verdâtre ; fon defTus eft raboteux : 
mais quand cette coquille a été roulée dans le fable , 
telle qu'on la trouve dans les jardins , elle a perdu une 
partie de fa couleur, & il ne relie qu'un joli réfeau , 
tantôt bnui , tantôt rouge , quelcjusfois gris"de-lin , ou 
d'autres nuances approchan-es fur un fond blanc. Cette 
nérite a deux lignes de hauteur , & cinq lignes de 
largeur. 

LiNNMus , Faun. fuec. 1 3 1 8. Cochlea nerltafluvia^ 
tUis di^a. 

Ltnnmus , Syft. nat. edit. 10. 1. pag. 777. n. 631. 
Nirita. , tefiâ ru^ofâ , lubiis cdeniuLis , vulgb fiuvia- 
tiiis. 

Lister , Angl. 136. tom. i. fig. 20. Ncrka fluvîa' 
tiUs e CAruUo vire/cens , maculatus , operculo Cubrufo , 
lunato 6' aculeato donatus. 

Idem , hift. Conch. 1 1 . pag. 1 . fîg. 7,^.Nomen idem, 

Petiver y Muf. 67. pag. 718. Nerita thamcnfis , 
txigiLus y reticulatè variegacus. 

M. S Argenville , tab. 27. fîg. 3. 

NERITE ÉPINEUSE. ISIenta fluviati/is , fpinis 
perforazis ù' etatis armât a , ex colore viridi nïgrefcens ; 
columdlâ edentulâ & intus propensâ j teflâ teniii infi' 
gnis. Cette efpece eft la plus diftinguée parmi les né- 
rites fiuviariles , ou les bigourneaux. Sa volute efl peu 
fenfible, compofce d'une fpire élevée , & d'une demi- 
ipire , aiWe de ilx longues épines creufes , ou comme 
forées , & dont la première a quelquefois plus de qua- 
tre iigPxes d'élévation , tandis que les autres diminuent 
avec la terminaifon de la volute. Ces épines , en forme 
de petits tuyaux capillaires , font diftantes les unes des 
autres, & un peu inclinées. Toute la furface extérieure 
de cette nérite eft verd-noirâtre , avec des lignes cir- 
culaires , peu apparentes , très noires. Sa coquille eft 
mince & fragile. L'ouverture en demi-lune eft bordée 
d'une lèvre tranchante , étendue , & par une columellc 
qui forme une gencive rentrante & dépourvue de dents. 
Sa couleur, ainli que la furface intérieure , eft d'un blanc 



N E R 445 

Jaunâtre , ou livide. La nérite épineufe fe trouve dans 
les rivières des Indes , & peut avoir jufqu a neuf lignes 
de largeur , fur deux de moins de hauteur. 

RuMPHius , tab. 22. litt. O. V^alvata fpinofa ; 
Holl. Rivier-doorentje j la petite nérite épineufe de 
rivière. 

M. à'^RGENviLiE , p/, j.n. 2. pûg, 2i2.C'eft unc 
des plus rares nérites ; fon fond olivâtre eft rayé , avec 
un rancr de pointes affcT; longues & toutes noires. 

NERITE FLUVIATILÈ VERTE A BANDES 
NOIRES. Nerita fluviatilis fubrotunda , lavis , 6» 
fufco-viridis , lineis nigris , lacis , undulatis , <&" in ion- 
gum duciis exornata , parvâ clavicidâ infi^nis, C'ell 
une très jolie nérite d'une forme arrondie , unie , 
d'une couleur verte , un peu rembrunie , interrompue 
de bandes noires , onduleufes , & longitudinales. La 
columelle , en forme de gencive , ell: très légèrement 
dentelée. Cette furface & l'intérieur de ce limaçon eft 
blanchâtre. Sa petite clavicule forme à peine une vo- 
lute. Son élévation a , tout au plus, huit lignes, fur 
prefqu autant de largeur, fuivant l'elpece que Tautcur 
décrit d'après celle qu'il pofTede. 

M. à'Argenville a fait repréfenter , dans fon 
Appendice , une efpece de nérite à bandes longitudi- 
nales, pi. I. lett, E. qui ne paroît différer de celle-ci, 
que par fon plus grand volume , & fes ipires plus mar- 
quées. Rien n'efl: plus beau , dit ce Conchyliologifte , 
que la robe blanche de ce limaçon à bouche demi- 
ronde , couverte de lignes affez larges de couleur 
rouge-brun , ferpentant en zigzag , depuis fon fom- 
met jufqu'en bas , où eft fombilic. Ce fommet eft 
marqué de lignes rouges comme la robe. 

NIFAT. Nom donné par M. Adanfon a une co- 
quille univalve , du genre qu'il nomme la vis, en latia 
terebra. L'animal du nifat reffemble à celui du miran, 
à cela près , que fon pied eft aulfi long, & un peu plus 
large que la coquille , & que le tuyau de fon manteatt 
Corr beaucoup ïiioins au dehors. Sa coquille eft aufli 



44<î N I V ^ _ ^ 

ovoïde, mais pointue à fes deux extrémités. Elle a près 
de deux pouces de longueur , & une fois , & deux 
tiers moins de largeur. On y compte onze ipires ap- 
platies comme dans la féconde efpece , mais lifïe , 
unies, & renflées plus fenfiblement parle ba5. L'ouver- 
ture eft une ellipfe pointue par les deux extrémités , 
dont la fupérieure forme , par le prolongement de la 
coquille , un canal affez long. La longueur de cette 
ouverture eft prefque triple de fa largeur : elle égale 
la longueur du fommet. Un ou deux plis affez gros & 
arrondis , s'élèvent dans la partie fupérieure de la lè- 
vre gauche. La couleur de cette coquille eil un fond 
blanc , tigré d'un grand nombre de taches quarrées , 
qui font jaunes dans les vieilles , & brune dans Ifes 
jeunes. Ces taches font difpofées réguliéremenc fur 
plufîeurs lignes qui s'étendent d'un bout à l'autre de la 
coquille , en fuivant le contour de fes ipires. Cette ef- 
pece fe trouve fur la côte maritime de Ben. 

Lister f Hift. Conchyl. tab. 5114. fig. j.Eucclnum 
roflratum. ^ interJeHis iuieis fafciatum. 

NISOT. Coquillage operculé que M. Adanfon a 
rangé dans fon genre du buccin. L'animal du nifot ne 
diffère de celui du barnet, qu'en ce que fon pied a 
quatre fois plus de longueur que de largeur. Sa co- 
quille refTemble aufii à la fienne quant a la figure. Mais 
elle n'a que quatre lignes de longueur , & huit fpires 
chagrinées , ou couvertes de petits tubercules fore 
{erres & féparés par des filions qui forment une efpece 
<îe treillis. L'ouverture a deux fois plus de longueur 
<jue de largeur. Elle n'a d'autre couleur que le gris-de- 
îin , ou avec une belle carnation , fans être recouverte 
d'un périofle. La lèvre droite de l'ouverture éprouve 
les mêmes variétés de fexe & d'âge que la première 
«fpece , c'eft-à-dire , que le barnet. On la trouve dans 
la pointe méridionale de l'île de G orée. 

NIVAR. M. Adanfon appelle ainn un coquillage 
«operculé du genre de la pourpre à canal évafé. L'ani- 
mal du nivar rciïèmble parhùtement à celui du vojet. 



N I V 447 

La coquille efl: médiocrement épaiiïe , fort allongée , 
& pointue aux deux extrémités. Elle a cinq à fix pou- 
ces de longueur, & une fois , & un tiers moins de 
largeur. Les onze fpires font renflées confidérablement, 
& repliées en angle droit vers le milieu , excepté la 
première dans laquelle ce repli ne fe voit que vers fon 
extrémité inférieure : il les fait paroître comme éta- 
gées , & il forme tantôt un angle aigu , tantôt un angle 
obtus , fouvent garni dun rang de tubercules arrondis. 
Leur furface eft encore ornée d'un grand nombre de 
petits filions qui tournent avec elles. Le fommet eft 
un peu plus long que large , & de moitié plus court que 
la première fpire. L'ouverture eft elliptique , aiguë aux 
deux extrémités ,& deux fois plus longue que large. Elle 
fe confond avec fon canal fupérieur , qui eft ouvert en 
demi-cylindre , & à bords tranchans. La lèvre droite 
eft aiguë , tranchante, mince, & relevée en-dedans de 
quinze à vingt filets qui tournent avec la première 
fpire. La lèvre gauche eft creufée en arc vers fon mi- 
lieu, recouverte d'une plaque luifante, polie, fort pe- 
tite , & prefque fans bourrelet. Le périofte , qui la re- 
couvre , reflemble a un drap brun , tenace , très épais , 
& velouté. Le fond de fa couleur eft brun , c[uelque- 
fois violet , tanné, ou couleur de fuie , coupé par une 
bandelette blanche , divifée inégalement en deux par 
un filet brun. Cette bandelette commence un peu au- 
deffous du milieu de la première fpire . & tourne fur la 
partie fupérieure des autres. On trouve aflez fréquem- 
ment ce coquillage dans les rochers des îles de Gorée 
& de la Magdelaine. 

BoN^NNi , Recr. pag. j6$. claff. 3. n. 357. Co- 
chlea furvam JEthiopis pellem colore jimulans , binis 
fajciis cincîa in&quaLibus ^ ore valde angujlo , quamvis 
in longum producîo* 

M. ^Argenvjlle , pag. z68. pi. ii'fig. A. Buc- 
cin de couleur fauve , rayé fur toute fa fuperfîcie ; les 
fept étages de fa clavicule , (jui fouc applatis ,le rendent 
extrêmement rare. 



448 N O I 

Klein , Teiit. pag. 6i,fyzc. z. n. i. Fufus hrev'is 
athiops a colore y binis fajciis inAqualibus cinâus y 

BONASNI 

NOIX DE MER. Conchaglobofuy Uvis , in fpiras 
internas convoLuta , claviculà perforatâ dîflincîa , & 
Jîcut in utrâque extremitaie umbilicata . nux marina 
appeUata, Coquille uni valve du genre des conques 
fphériques , ou des tonnes , ainfî appellée a caufe de ù. 
forme ovoïde , oblongue & arrondie comme une noix. 
Son caradere fpccifîque eft aufll d'avoir une grande 
ouverture avec une lèvre tranchante , fort évafée , en- 
tière ou non interrompue, élevée, & rentrante vers 
la clavicule qui ne forme aucune volute extérieure , 
mais un limple petit trou rond en manière d'ombilic. 
La columelle n'eil formée que par les contours fphéri- 
ques d'une fpirale interne. La noix de mer tefracée a 
des variétés dans fon elpece, autant par fa figure plus 
ou moins allongée , ou arrondie , par la différence de 
fes marbrures ou de fes couleurs , que par £o\\ volume , 
& l'épaifleur de la coquille. C'eft. pourquoi les Con- 
chyliologiftes diftinguent la grofïe noix de mer, la 
noix de mer fafciée , celle qui ell d'une forme allon- 
gée, la noix mufcade blanche, ou la bulle d'eau qui 
eft papyracée , & la noix mufcade papyracée & rayée. 
Voyei; ces mots. 

NOIX DE MER, ou GROSSE NOIX. Nux ma^ 
rina majorifpecië , tcjiâjpijsâ ^ forma rozundâ ^ ventri- 
cosâ y & ovatâ ; coloribus cinereis , c&rulèis àf fufcis 
(éviter variegata, maculât a , & injîgnis ; intus albida. 
Cette conque fphérique peut avoir au moins deux pou- 
ces de longueur fur feize lignes de largeur. Sa forme 
eft ovale , arrondie , & fort ventrue. Toute fa furface 
extérieure, qui eft liiïe, & plus ou moins luifante , eft 
nuée & marbrée légèrement de petites taches gris-de- 
lin, azurées & fauves avec mélange. L'ouverture eft 
fpacieufe vers le côté de la lèvre le plus évafé : cette 
lèvre s'élève jufquau delTus de la clavicule qui forme 
un trou rond aftez grand pour découvrir quelques fpires 

intérieures 



N O î 449 

îfil:eneures. Cette conque , appellée la grofle noix 
de mer, a fa coquille plus épaifîè que celle des autres 
efpeces. 

GudLTiERl , tab. 12. litt. E. Nux marina major ^ 
glohofa , colore Uucophœo , albido , 6* caflaneo puncia- 
tim aepicia : intus cris labio interna candide 

NOIX DE MER ALLONGÉE. Nux marina 
minor , oblonga , Uvis & lucida ; maculis incarnatis^ 
amaranthinis , 6' albidis panchaîa & variegata. Cette 
clpece eft d'une forme allongée , avec une ouverture 
moins fpacieufe , & une lèvre moins évafée que dans 
la grofle noix. Sa coquille eft unie , luifante , ornée 
de taches & de points de couleur amaranihe , gris-de- 
lin j mêlée de blanc fur un fond couleur de chair j elle 
eft d'une forme allongée avec un très petit trou qui 
forme la clavicule. Cette jolie noix de mer peut avoir 
jufqui un pouce & demi de longueur fur un tiers 
moins de largeur. Toute lafuiface intérieure eft blan- 
châtre. Les Conchylioiogiftes diftinguent des variétés 
de la noix de m.er allongée qui eft d'une forme plus 
oblongue , avec une lèvre plus rentrante , & en partie 
comprimée extérieurement fur le c6:é Se vers fon mi- 
lieu j ce qui en rend conféquemment l'ouverture plus 
étroite que celle des autres efpeces. Les unes font 
d'une couleur olivâtre rembrunie , tachetées de couleur 
noirâtre, les autres font marbrées de bleu fur un fond 
fauve , ou cendré. 

GuALTïERi , tab. 12. litt. H. Nux marina umbi- 
licaca 3 nonnihil (triata ^ ex fulvo Ù fufco variegata ^ 
& pun^jta , intus alhida, 

Ejufdem , litt. E. Nux marina oblonga^ Icevis , um- 
hilicaia , ore angujiiore inaquali , fubcinerea , maculis 
& lineis fufcis nif!;ricans. 

NOIX DE MER FASCIÉE.A'^x marina rotunda 
& ovata y duabus fajcus dijUncia. Celle-ci eft ordinai- 
rement d'une figure arrondie , & ramalfée dans (a 
forme ovale. Elle fe diftingue des autres noix de mer, 
par deux fafcies, ou deux zones bleues, noirâtres dans 
Tome iU F f 



450 N O I _ 

l'elpece dont îa coquille eft picottée de points blan« 
châtres , fur un fond olivâtre , mêlé de brun , ou de 
couleur amaranthe dans celle dont le fond efl: rouge- 
brun, & gris-de-lin. Ces petites conques ont d'ailleurs 
la même refTemblance avec celles de la grande efpece , 
dont elles ne différent que par un volume inférieur 
qui porte, tout au plus, un pouce & demi, fur qua- 
tre ou cinq lignes moins de largeur. 

Ru MPH I u s , tab. zy. litt. G. Bulla ; Holl. 
Blaasje , of achaatc-bakje , ook kievits-ey jla ve'fTiete 
ou la petite veflîe, la petite cuvette d'agathe , ou l'œuf 
de van eau. 

NOIX DE MER PAPYRACÉE. Nux marina 
papyracea vel albida & ftrzata , vellœvis & colore fufco 
lineata. Les Conchyliologifles diftinguent pluîîeurs 
elpeces de noix de mer papyracée , fçavoir , celle qui 
elï toute blanche & ftriée , que Ton nomme la bulle 
d'eau, & une autre efpece appellée la noix mufcadc 
rayée. Voyei; ces efpeces. 

NOIX DE MER PAPYRACÉE, dite NOIX 
MUSCADE RAYÉE. Nux marina papyracea , Z^- 
vis , vel tefiâ tenuï & f^^giH i apenurâ ampliffîmâ ^ 
labîo valde expanfo , claviculâ volutatâ , & lineis/uf- 
cis jlionigrifque circumdata , 6' albedine pellucidâ infi- 
gnis, C'efl: une petite conque très mince, fragile 8c 
tranfparente , de la grofleur d'une noix mufcade qui 
diffère des autres noix de mer , par fa clavicule. Elle 
forme une petite volute comprimée , & un peu ren- 
trante , ou concave , compofée de trois fpires arron- 
dies. L'ouverture de la coquille eft très grande à caufc 
de la lèvre qui efi: très évaiée dans toute fon étendue. 
Toute fa coquille eft blanchâtre comme la corne , 3c 
ornée fur la furface extérieure de lignes, & de petits 
cercles noirâtres. 

GuALTiERi , tab. 13. litt. F F. Nux marina oblon' 
ga ^ fpiralis , altéra cxtremitate anguftiore ^ umbili- 
cata , Uvis , fragilis ^ ^onisfiilvis^ & al bis , lineifque 
fubnigri:i eleganîer circumdata j miis candida. 



N U A 45 r 

M, êiJÎRGtsviLLE ^ pi. 17. /^^^ /• pag. 2,64. La 
petite gondole rayée , de couleur grife fur un fond 
jaune ; elle eft extrêmement mince & légère , avec 
quelques bandelettes brunes efpacées irrégulièrement» 

NOMBRIL, ou OMBILIC. Foye^ Ombi- 
lie. 

NOMBRIL DE VENUS. Nom que plufieurs Na- 
turaliftes ont donné à différentes efpeces d'opercules 
de coquillages j principalement à ceux de quelques 
limaçons de mer, que quelques-uns appellent fèves 
marines. Il ne faut pas confondre le terme de no'ji- 
bril , avec celui d'opercule. J^oye:^ Opercule. 

NOMPAREIL. Nom donné à un petit coquillage 
terreftre du genre des vis-buccins , qui peut avoir 
quatre lignes de longueur fur une ligne de- largeur». 
M. Geoffroy , dans fon petit Traité des Coquilles , 
pag, ^3, en parle ainfi : Cochlea ^ tejlâfufcâ, opacây_ 
apenurâ compreffd , labro albo refîexo j fpiris decem 
finifîrofis. Sa coquille eft allongée , brune , opaque , 
& nullement tranfparente. Le haut de la coquille fe 
termine en pointe mouffe , le milieu eft plus renflé, 
èc le bas fe refTerre de nouveau. Elle fait dix tours de 
fpirale. Son ouverture eft oblongue , un peu reiïerrée, 
fur-tout vers le haut, & elle eft bordée d'une lèvre 
blanche : au haut de l'ouverture , on apperçoit un repli 
ou une crête , pareillement blanche. On trouve cette 
coquille au pied des murs & des vieux arbres, dans la 
mouiïe & fur les pierres. Elle eft fort commune ici. Sa 
forme lui a fait donner le nom de nompareille , fes 
volutes étant tournées dans un fens contraire à celui 
qui eft ordinaire aux autres coquilles. C'eft par -la 
quelle diffère de fanti-nompareille , que nous avons 
décrite ci-deflus ; ayant d'ailleurs , dix tours de fpirale , 
au lieu que l'anti-nompareille n'en a que neuf. 

£/5 r£iî , angl. pag. 123. tom. z. fig. 10. Bucc'mum 
pullum y opacum , ore comprejfo ^ circiter dénis fpiris 
fajligiatum» 

NUAGES, ou NUÉES, ou NÉBULEUSE. 

Ffii 



451 N U A 

Voluta cyliniracea , oEio vel feptem fptrîs flrïads 
compojita 'y maints m^cuizs in longum duciis , fuf- 
£is , aliquando virefcentibus y in medio vel unâ :^onâ 
interruptis ; lineis & punciis pliis vel minus circum" 
data in fundo alhido ; nubecula appellata. Coquille 
univalve du genre des rouleaux, ou volutes cylindri- 
ques , dont la furface extérieure eft ornée de grandes 
taches longitudinales brunes, & quelquefois d'un ver4- 
foncé , interrompues vers le milieu de la coquille , 
par une zone blanche plus ou moins articulée. Tbutes 
ces taches font plus ou moins cerclées de lignes àiQi 
couleur mairon & de points bruns. Le fond de ce rou- 
leau eft d'un beau blanc, quelquefois un peu azuré 
dans certains endroits. La volute eft compofée de fept 
ou huit fpires ftriées , bariolées de brun foncé, &. 
dont les dernières forment un fommet élevé de cou*- 
leiu: de chair. Il arrive le plus fouvent que lecôtéexté- 
lieur de la lèvre eft dépourvu de couleur, & que les 
points bruns & blancs , ainfi que les cercles font peu 
apparens. Ce rouleau varie tellement par {es nuances, 
& Tes diverfes taches qu'il eft rare de le trouver fans 
quelques différences fenfibles. Quelques-uns le nom- 
ment le Château en Efpagne. Il vient de l'Amérique. 

M.d'jRGENViLlEjpag. 389. append,pLz. lett.C, 
Ce cornet eft (ingulier dans le compartiment de (a 
robe. Quatre colonnes blanches le diftinguent au mi- 
lieu de fa robe, qui eft d'un brun-rouge , cerclé de li- 
gnes formées par des points noirs. Quatre autres mar- 
ques longues & blanches font à l'aplomb de ces colon- 
nes. Les côtés de la robe font bariolés de différentes 
taches irrégulieres fur le même fond : la tête peu élevée 
eft compartie en plufieurs taches brunes , fur un fond 
blanc jufqu'au fommet, qui eft co-uleur de rofe. Sur le 
bord de la bouche , la coquille eft prefque blanche , 
picotée de points rouges-bruns. 

RuMPHius nomme nubecula, les petits nuages, 
îine autre efpece de rouleau connu fous le nom de bro-^ 
caïd de foie. Koyei Brocard. 



NUS '45,- 

NUSAR. Nom donné par M. Adanfon , a une co- 
quille bivalve du genre de la telline. La coquille du 
iiufar eft beaucoup moins longue quç celle du pamet & 
du gafet , & par-là elle approche plus de la forme 
triangulaire. Elle n'a que neuf lignes de largeur & fept 
de longueur, fur une profondeur une fois moindre. 
Son extrémité inférieure forme une furface très large , 
& plus applatie que celle du pamet. Extérieurement 
elle eft marquée de foixante filions longitudinaux , qui 
diftérent de ceux du pamet , en ce qu'ils font plus pro- 
fonds ,& piqués d'un nombre infini de petits points al- 
longés &: tranfverfaux. Ces points, qui fontprefqu'infen- 
lîbles â la vue , fe découvrent facilement par le moyen 
d'un verre lenticulaire de trois a. quatre lignes de foyer. 
Le bord de chaque battant n'a que foixante petites dents. 
Le fommet eft placé fort peu au-deftbus du milieu de 
leur largeur. On compte à la charnière de chaque bat- 
tant, cinq dents, dont trois plus petites font rappro- 
chées vers le fommet ; les deux autres en font allez 
écartées. L'intérieur de cette coquille eft d'un violet 
foncé , approchant du noir. Dix à douze bandes vio- 
lettes qui partent du fommet, s'étendent au-dehors 
comme autant de faifceaux jufqu'à fa circonférence. 
On la trouve en petite quantité dans les fables du Cap 
Manuel. 

BowAXNi yRtcr. pag. 104. clafT. 2. n. 37. Tellina 
maris itaiici , intrinfecus , colore fulvo cum terreo par- 
raceoque mixte ^ intrinfecus verb ^ ut plurimum cyaneoy 
interdiim cum lacîeo confufo» 

Ejufdem, pag. 104. clalT. 2. n. 38. Tellina umbone 
omnium acutijftmo y tejiâ coloribus diverjïs quafi tejjel' 
lato opère decoratâ , admodiim tenui* 

Lister , Hift. Conch. tab. 3 lé. fig. 218 & 21^. 
Tellina purpurajcens margine Jinuojo , jamdïcenjîs, 

Langius y Meth. pag. 72. Tellina inœquilatera 
Jlriata, 

GuALTlERi^ Ind. pag. & tab. 8p. litt. D. Tellina. 
înA^uilatera , altero laierc truncato , 6* Jiriato , mar-^ 



454 NUS 

^ne interno dentato , candida , intus purpurafcens, 

Klein , Tent. pag. 150. fpec. 3. TelLina ftriatal 
tefiâ pulckrâ ^foris albâ , plana , jubtilijfima yfiriata ^ 

BONANNI. 

Ejufdem , fpec. ^. Tellina ftriata , umbone omnium 
ccutiffimo ; tejiâ , qua coloribus diverjîs , ^w^y? opère 
tejfellato decoratur , admodum tenui ; BonAnni, 

Ejufdem , pag. 160. fpec. 11. Teltina ftriata , pur^ 
furafcens y margine finuoso , jamaïcenfis ; Lis TERI* 

Fin du Tome fécond. 



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