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Full text of "Dictionnaire du patois saintongeais"

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DICTIONNAIRE 



DU 



PATOIS SU\TO\GEAIS 



PAR 



P. JONAI.N 



Si la Fi"aiKx- c:<tiMt im uruf 



ROYAN 

CHEZ LAl'TEUR. Rî'E FONCILLOX 

3SriOR.T FA.I\IS 

. CLOUZOT • MAISOKNEUYE & C 

2^, me des Halle* lô. n»e Volrrviîv 










ROY AN. — IMPRIMERIE I>E A. BARRE 



PREAMBULE 



Les Patois attirent l'attention, à mesure qu'ils excitent les 
regrets. 

Patois, d'après Génin, et selon la vérité, est une syncope 
de Pat rois, et signifie langage de \ixj)atrie, du pays et des 
paysans, moi c^\\, comme patois, a subi une nuance de 
dédain, dans le soi-disant bel usage de la société dominante. 

La science , plus impartiale et mieux avisée, recherche 
aujourd'hui les vestiges des Patois, comme étant les monu- 
ments les plus vivants, les médailles les plus précieuses des 
origines nationales et de la fusion des Peuples. 

Nous croyons que l'idiome saintongeois, ou saintongeais, 
selon la prononciation moderne, est un de ceux qui offrent 
les plus riches moissons de ce genre ; et nous allons renou- 
veller et pousser aussi loin qu'il nous sera possible l'effort 
déjà ancien (*) que nous avons fait pour les recueillir. 

Quelques lignes d'abord, indispensables, sur la Géographie 
locale et sur la Grammaire. 



(*) Union JRt'pnbNcnine de Saintes, aniiéf 1849. 



îopacivapljic îîf la Gaiuloncic. 

Le pars des Santons, ainsi nommé ilu celtique San, canaL 
d'après sa disposition naturelle, s'étendait autrefois l)eaucoup 
plus que ce qui est app(dê aujourd'hui Saintonge. Il comprenait 
tout le bassin de la Charente {catieniehis presque Sanen- 
teliis), dont la partie supérieure a été dite Angoumois, 
d'Angoulême , la ville principale; et la partie inférieure , 
Aulnis, aunis, à cause des aunes et autres arbres aquatiques 
que ses marais produisaient en abondance, si l'on doit pré- 
férer cette étymologie à celle qui fait remonter le nom 
d'az</n/.ç jusqu'à l'invasioa des Alains. 

Les habitants de ce riche bassin, y compris la vallée do 
la Seudre (Seldris, Saldris, Saal) et la rive gauche de la 
Sèvre niortaise, formaient dans la Gaule antique une cilr 
distincte, aussi considérable que patriote, qui envoya douze 
mille guerriers à la grande confédération du Vercengétorix 
gîiulois contre Jules César. Les marches ou frontières do 
cette cité confinaient du midi à la Garonde ou Gironde, qui 
séparait les Santons des Aquitains et des Bituriges vivis- 
ques établis en Aquitaine (Bordeaux); de l'Est , au Périgord 
{pays j)ierr eux) ei ^\\ Limousin ; du nord, aux Poitevins 
(PicTAVi, tatoués) et de l'Ouest enfm, à l'Océan. 

C'est de cette ancienne Santonie tout entière que nous 
voudrions recueillir quelques vestiges, conservés dans les 
mœurs, le costumo et surtout le langage des habitants de ses 
campagnes. Nous consultons en cela bien moins notre savoir 
et notre talent qu'une sorte de devoir filial et de culte du 
passé, quand ce passé fut inofTensif, innocent, tout de nature. 
Nous voj-ons avec regret tomber dans l'abîme du silence le 
patois qui fut la parole de notre berceau ; et ce n'est point 
attachement aveugle, c'est aussi^conviction réfléchie : s'il est 
bon que les patois se taisent, comme langage vivant, comme 
parole usuelle, devant la belle langue, instrument et symbole 
de l'unité nationale, il ne serait certes pas mauvais de les 



4 TOrOGRAPHlE 1>E LA SAINTONGE 

coLservor un pou comme langues mortes, peut-être même de 
les faire raisonner et étudier comme tel? dans les écoles pri- 
maires de clia(|ue contrée. 11 est reconnu que pour bien 
savoir sa lan«:ue il faut en a|)prendre une autre ; le patois 
(l'enfance serait, pour le plus grand nombre, cette langue 
ancienne et étrangère comparée à la langue moderne. Qu e- 
tnt-ce en Grèce que les dialectes ionien, dorien, etc., si 
cultivés en Attique même ? rien autre chose que des patois. 

Le dialecte saintongeais offre un intérêt tout particulier» 
à cause de sa position intermédiaire en France entre les 
idiomes du midi et ceux du nord, entre la langue (Voc et la 
langue d'oif, entre le Roman et le Français. En effet, passez 
la Gironde ou la Dordogne, entrez en Périgord ou en Limou- 
sin, vous êtes, au moins pour le langage, en pays étranger ; 
vous touchez aux ramifications du Languedocien, formé de 
latin et d'Ibère, aux souches de Tltalien et de l'Espagnol ; 
TOUS entendez les chants du nrdi : au contraire, traversez le 
Poitou et le Berry, dont l'idiome est à peu près le même que 
celui de La SainUmge ; arrivez à la Loire, vous voilà en 
pleine langue française ; elle flatte votre oreille et surtout 
votre inUilligence d'accents plus purs qu'à Paris même : 
voas entendez la calme logique du nord. Nous avons dans le 
patois saintongeais le point de fusion précieux des deux 
civilisations qui se sont si longtemps disputé la France, et 
qui, en quelque sorte, se la disputent encore. Nous y trou- 
vons des locutions méridionales, latines, itahennes, grecques 
même, mariées aux germanismes, aux angiici.^-mes, aux 
tours naïfs de la langue française, dans ses premiers bégaie- 
ments. Aussi, quand nos auteurs comiques, quand le grand 
Molière, ont voulu mettre le dialecte paysan sur la scène, à 
l'imitatiim d'Aristophane et de Plante, c'est le Berrichon, 
c'est le Poitevin, ou, au fond, le Saintongeais qu'ils ont 
parlé. 

Nous cro3'ons donc ne pas déplaire aux philologues en 
général, et particuhèrement aux personnes insti^ites et 



TOPOGRAPHIE DE LA SAINTONGE 



pieuses envers le pays, qui sont très-nombreuses en Sain- 
tonge, si nous essayons de consacrer un modeste monument 
au patois de notre contrée. 

C'est ainsi qu'un amateur du vieux langage a fait, il y 
a quelques années, un vocabulaire du Berry et de quel- 
ques cantons voisins, qui nous sera d'un grand secours. (*) 

Fixons le terrain sur lequel nous appelons l'attention de 
nos lecteurs. 

Géologiquement, le bassin de la Charente, comme celui 
de la Gironde, dont il est une sorte d'annexé, repose sur un 
fond tertiaire de craie et de calcaire, (**) ça et là très beau 
et très fin: (pierre de Saint-Mesme, de Thenac, etc. ) La 
craie se montre à nu dans les falaises qui bordent la Gironde 
de Mortagne à Royan, où elle contient l'huître fossile dite de 
Rouan et une infinité d'autres dépôts de la mer qui a jadis 
couvert et doucement ondulé tout le sol de la province. C'est 
dans cette craie et dans des roches plus compactes que l'o- 
céan, durant sa retraite séculaire, a creusé les pertuis de 
Maumusson, d'Antioche, etc., et découpé les îles de Cor- 
douan, d'Oleron, de Ré, prolongements sous- marins des 



(*) Depuis que nous écrivions cela en 1849, l'essai berrichon est 
devenu l'excellent Glossaire du centime de la France ^ signé de M. le 
comte Jaubert, 2 volumes in-8° 1855. 

(**) Remarquons ici, en passant, Fanalogie constitutive du bassin de 
la Gironde avec celui de la Seine, qui lui est opposé, et qui a égale- 
ment un fond de craie. Il en est de même des teirains primitifs qui se 
regardent au nord-ouest en Bretagne, au sud-3st en Auvergne, dans les 
Cévennes et dans le bassin du Rhône : symétrie heureuse et singulière 
qu'offi-e aux yeux la carte géologique de la France, glorieux quadrille, 
peut-on dire, où les éléments similaires se font vis-à-vis et fonction- 
nent par leur nature spéciale, leurs influences terrestres et atmosphéri- 
ques, leurs productions minéi-ales, végétales, animales, humaines même, 
au profit d'une harmonie providentielle telle que peu de pays en offrent 
une semblable. L'ancien géographe gi-ec Strabjn, contemporain d'Au- 
guste, en était déjà vivement frappé. 



6 TOrOOnAPHlE I>E I.A SAlNrONUE 

cliaiiK'i' de lollines i!u Pôri^xorcUa du I.imousin, (lui vioiinont 
par leurs derniers et hunihles sillons encaisser les fleuves et 
les rivières de Saint()nij:e. Nous avons de inênie une tramée 
(les sables de la Gascogne, qui, traversant la Garonne et la 
Dordo^ue, forme nos landes d"Etau!iers, de St-Ciers, de 
Madiou et, se rétrécissant de plus en i)lus entre les riches 
bonis de la Gironde et de la Seudre, pro.luisant d'abord des 
ImIs de pins, puis des bf)is de chênes, enfin des vignes, va se 
perdre, vers Saujon, sous la glaise des grands marais. Le 
sable reparaît en Arvert et ailleurs, mais c'est à l'état de 
dunes et d'une formation toute différente. 

Gêographiquement la Charente, coulant pure, verte et 
profonde entre deux pentes générales presque égales, reçoit 
à droite l'Antenne et la Boutonne {vultonia)\ à gauche, le Né 
et la Seugne. Sur cette même rive , au-dessus d' Angoulème, 
elle reçoit un afliuent très-court, mais large et remarquable, 
laTouvre ( Toi ver a), qui jaillit soudaine de deux gouffres pro- 
fonds, au pied du vieux château de Ravaillac ? On croit que 
c'est la renaissance du Bandia et delà Tardoire, rivières en- 
glouties plus haut dans les immenses cavernes que les lits de 
calcaire laissent entre eux, et dont quol(|ues-unes , comme les 
caves de Rancogne , méritent d'être visitées. Au nord de la 
Charente, le Mignon s'écoule dans la Sèvre ; au sud, la Seu- 
dre a son petit bassin à elle, tout bocager, tout pastoral, 
entre la belle naïade Charente et la fière néréide Gironde. 

La partie inférieure de ces fleuves ou rivières est élevée 
progressivement par les alluvions que les eaux y déposent. 
Ainsi se sont créées les riches prairies qui bordent la Cha- 
rente d'une verdure harmonique à Fémeraude de ses eaux ; 
ainsi se transforment peu à peu les marais salants en marais 
gàts, champs de limon très-fertile.^, mais en même temps très- 
malsains par les alternatives, selon les saisons, de végétation 
luxuriante et de putréfaction marécageuse. C'est l'antique 
histoire de Cadmus semant les dents d'un dragon qu'il avait 
dompté, c'est-à-dire les glèbes d'un fleuve qu'il avait canalisé. 



TOrOGRAl'UIE DE LA SVINTON^E 



et en voyant naître des moissons d'hommes qui se détiTiisont 
les uns les autres, jusqu'à ce que quelques survivants aient 
fondé la célèbre Cadmée. Il faut imiter ces exemples de tous 
les colonisateurs : il faut dessécher ces terres dihi viennes ; 
et les progrès des sciences permettent de le faire aujourd'hui 
avec moins de danger qu'autrefois ; il faut les metti'e en état 
de végétation réglée etccmtinue. Le moyen, ce sont les ca- 
naux; essayés de tout temps et notamment en Aunispar le 
Hollandais Bradlay, sous Henri IV, ils laissent encore bien à 
désirer dans toute la Saintonge. Et pourtant rien ne semble 
plus simple que de joindre la Charente à la Seudre et la Seu- 
dre à la Gironde : ces deux derniers fleuves, entre Chadenier 
et Mortagne, par exemple, ne sont qu'à un myriamètre l'un 
de l'autre. Nous pensons qu'il ne ûiudrait qu Amphion et sa 
h're , un bon préfet et un bon conseil général, pour faire 
concourir hommes et choses au même accord et aux mêmes 
effets. 

Tel qu'd est, le pays des Santons, avec son heureux tem- 
pérament de terrains, d'expo.sitions, de ciel et de terre, de 
mer et d'eau douce, a une renommée de fertilité bien an- 
cienne et bien étendue. C'est pour s'y rendre, il y a deux 
mille ans, que les Helvètes, les Suisses de nos jours, avaient 
bridé leurs villes et s'étaient mis en chemin avec leurs fa- 
milles, leurs troupeaux, leurs bagages ; Jules César leur fît 
rudement coniprendre que la Saintonge était un morceau 
digne de Rome, toujours affamée. 

La Charente et la Touvre ont eu longtemps la réputation 
d'être pavées d'anguilles, lardées de truites et bordées 
de cygnes. Partout est connu ce vieux proverbe : Si la 
France estoit un œuf, Saintonge en seroit le moyœuf ; et à 
ce défi : Tu n'es pas le Pérou, on ajoute ordinairement : Tu 
n'es pas même la Saintonge. 

C'est qu'en effet, à l'abri dès grands fléaux de la nature, 
tels que tremblements de terre, volcans, inondations, séche- 
resses, invasions quelconques, le bassin géologique etgéogra- 



s ETHNOGRAPHIE DE L.V SAINTONGE 

phiqiie dont nous vouons d'esquisser les principaux traits 
produit la plus heureuse variété de tous les biens, depuis le 
seigle et le châtaigner des terrains primitifs jusqu'au chan- 
vre des riches alluvions et au sel marin le meilleur de l'Eu- 
ix)pe, en passant par le froment, le maïs, le safran, le mûrier, 
les bois de construction et les vignes, dont les produits alcoo- 
li.pies sont les plus recherchés du monde. 



(6tlincic\rapl)if ^c la ôaintongr. 

Si de nombreuses variétés de terrains se sont combinées 
pour la fertilité de la Saintonge, d'aussi nombreuses variétés 
de peuples se sont heurtées, débattues et finalement unies sur 
ce sol favorable, pour en jouir et pour Teiploiter. 

Le fond de la population est Celte, incontestablement. Les 
Saintongeais sont de ces Gaulois du centre, dont la race, in- 
termédiaire entre celle des Aquitains et celle des Belges, s'est 
conservée plus pure dans les montagnes d'Auvergne, mais 
se reconnaît encore très-bien en Saintonge à ses traits phy- 
siques et moraux les plus essentiels ; taille ordinaire et bien 
prise, profil plus grec que romain, beaux yeux noirs ou roux, 
rarement bleus, constitution l)rune et solide, torse robuste 
sans être trop charnu ; aptitude à supporter tous les climats 
et toutes les fatigues, sur terre et sur mer, dans les monta- 
gnes, dans les marais; d'excellents laboureurs, de bons sol- 
dats, de parfaits marins. 

I>a partie inférieure du corps seule ne répond pas au déve- 
loppement du buste. Nous laissons aux physiologistes à en 
recherclier la cause ; mais ce contraste frappe jusque dans 
les femines, comparées à celles du midi, qui, d'autre part, re- 
grettent des avantages opposés, dont les Saintongeaises sont 
mieux douées. Celles-ci se feraient donc volontiers peindre 
assises, sous leur ample coiffe de dentelles et leur juste co- 
quet et pincé ; les Aquitaines au contraire veulent être vues 



ETHNOGRAPHIE DE lA SAINTONGE 9 

sveltes et gracieuses dans leur démarche agaçante. A la 
danse néanmoins, au Bal proprement dit, sorte de bourrée, 
agréable variété de celle d'Auvergne, la fille de Saintonge 
reprend la victoire, grâce à la vivacité précise, à la vigueur 
dissimulée de ses mouvements. 

Quant au costume, leshommss, en Saintonge, empruntent 
souvent à leurs femmes la cape ou cucule, saintongeaise de 
toute antiquité (*) ; ils portent la chaussure en bois de leurs 
ancêtres, la galoche (gaUica), et encore un peu le grand cha- 
peau analogue au sombrero des Espagnols. Pour ce qui est 
de la ganse en chenille multicolore, du vieil habit à la Henri 
IV, du haut-de-chausses à jarretières rouges et à gabillots 
au lieu de boutons, ils ont totalement disparu. 

Les qualités moitié physiques moitié morales qui distin- 
guent les Saintongeais sont la propreté et la sobriété. Ils ont, 
au moral pur, la probité, si bien reconnue aux Celtes d'Au- 
vergne. Cependant il faut avouer qu'ils ont été tellement 
exploités sous ce rapport, tellement déleurrés ou délurés , 
comme ils disent, tellement traités en Jacques bonhomrae, 
qu'ils tempèrent maintenant leur naïve droiture par une 
forte dose de méfiance ; heureux quand cela ne va pas au- 
delà ! Il leur est si facile de dissimuler, grâce à leur ténacité, 
bien celtique encore, et un peu sournoise, grâce à leur calme 
silencieux, à leur lenteur apathique en apparence, mais qu'é- 
tonnerait à peine la chute du ciel, comme s'en vantaient 
les Gaulois ! Telle est la physionomie de la Saintonge, tem- 
pérament assez curieux entre la suffisance intime du nord et 
la turbulence vantarde du midi. 

Les Druides durent sympathiser avec nos Celtes, non 
moins qu'avec les Kimris. Les monuments druidiques sont 
nombreux en Saintonge. 

L'invasion romaine dut aussi apporter peu d'éléments 



(*) Oraque santonico vêlas adoperta cucullo. {Juvcnal.) 



iO ETll.NOOR.\rHIE PE I-A S.MNTONGE 

nouveaux <laus rossencoilc hi raco santouc; .si fait l»iiMi dans 
son industrie et dans ses arts, dont il reste encore des vesti- 
ges si beaux. î L?s K()ma!ns s'éprirent d'un véritable amour 
pour la Sainton^e ; ils décorèrent soigneusement sa capitule, 
\e //icdio}iahi))i (i)iilan, )))ifan, ïdiliou) des Santcms ; ils 
bâtirent de nombreuses r/Z/adans ses sites trais et paisibles; 
on V a loniîtemns cherché, entre autres, l'enrilacement de 
celle du poète Ausone, son Noverus, les uns vers Nuaillé, 
près d'Aulnay, les autres ailleurs ; pour nous, s'il faut dire 
notre opinion, nous chercherions cette retraite célèbre beau- 
coup plus proche de la Gironde (*). 

Si quelque chose reçut des forts hommes romains une forte 
empreinte, ce fut la langue : elle devint presque entièrement 
latine ; triomplie de la persévérance romaine sur l'inertie et 
la routine saintongeaises. 

Mais avant les romains, d'autres peuples avaient fait inva- 
sion en Saintonge : du côté du sud, les Ibères aquitains, 
témoms les noms de lieux en ac si fréquents surtout au midi 
de la Charente (ac, en Escuarien ou Basque signifie habita- 
tion). Du côté du nord, les Gaulois Belges, témoins les noms 
de lieux en ay, ais, y, multipliés surtout au nord de notre 
fleuve : terminaison qui vient du Teutonique edrje, haie y 
enceinte, clôture. 11 est curieux d'observer sur ces simples 
dénominations comment les peuplades du midi, toujours un 
I)eu nomades, un peu arabos ou patriarchales, se contentaient 



(") Ausone écrit à un de ses amis qui liîibitait le Médoc : « Viens me 
< voir à force de i*anie ou 'le roue. » Pour ((uo la première de ces deux 
conditions fut |K>ssible, il fallait que la demeure d'Ausone se trouvAt au 
bord du grand fleuve; or, cette derajure s'appelait aussi Nabarus, et 
n«^)us avons une ancienne localité dite Barahe, entre le port de St-Seurin 
d'Uzet et liarzan, lieux où l'on a découvert beaucoup d'antiquités. On 
vient, en 1830, d'y découvrir, commune d'Kparfrnes, des tombeaux que 
les antiquaires d\: Bo.duaux dojlareut appartenir au iir ou au iv'' siècle 
de notre ère. 



ETHNOr.îIAP'.'lîi DE I.A ?AIN ! O.NdE 1 l 

Aliahitcr un lieu, d'y planter leurs tentes; et comment les 
})euj)la(les du nord s'empressaient de se retranclier, de se 
clore, ne rêvant que fermeté, ferle, hall, hourg, eoiu\ 
ville, et autres l'ortidcations. Voyez, par exemple, les noms 
de localité normands. 

L'occupation romaine laissait difficilement place à d'autres; 
on l'a vu par la catastrophe des Helvètes s(ms Jules César. 
Mais enfin les barbares l'emportèrent ; leurs flots passèrent 
sur la Santonie et n'y laissèrent d'autres traces que le ravage 
et la dévastation. Telles furent les irruptions des Suèves, des 
Alains, des Vandales allant en Espagne ; des Francs saliens 
sous Clovis, accablant les Visigoths trahis parleurs évèques ; 
des Francs austrasiens sous Charles-Martel et Pépin, repous- 
sant les Sarrasins et écrasant les Aquitains, moins barbares 
qu'eux. Voilà ce qui se passait sur terre. Par mer, les 
Normands n'apportèrent aussi que pillage, incendie, exac- 
tions ; les Anglais ne furent qu'une autre espèce deNormands, 
mais douée de la volonté et du talent d'organiser. Une femme, 
aquitaine, il est vrai, seconda puissamment leurs bonnes et 
leurs mauvaises passions : Aliénor de Guienne fut au midi ce 
que Rollon avait été au nord de la Finance. 

A travers ces vicissitudes, ces mélanges tunuiltueux de 
races et ces misères locales, les Celto-romains de la Sainton^e 
sont peu à peu devenus français, français de cœur comme de 
langage, en gardant des luttes politi(iues et sociales, aux- 
quelles ils ont pris une part si glorieuse, un vif sentiment 
d'honneur national, d'indépendance au dehors, de liberté au 
dedans, de bon ordre administratif et d'économie. Ce sont 
toujours, il est bon et honorable de le dire, les éléments celtes 
et romains qui persistent et dominent dans les Santons. Si 
l'on nous demandait d'en indiquer des types, nous citerions 
un des plus nobles enfants de la Saintonge, Agrippa d'Aubi- 
gné, et un de ses plus glorieux hôtes, Bernard Palissy . C'est, 
en même temps, dans les écrits originaux de ces deux grands 
hommes qu'il faut :idniirerralliance heureuse de Saintongeais, 



12 PRONONCIATION SAINTONGEAISE 

de Latin et de Français qui constitue le dialecte dont nous 
allons essayer l'étude. 

Les Patois, ayant peu de textes écrits, et ne consistant 
souvent qu'en nuances de prononciation, varient d'un canton 
cà l'autie, d'une commun? à l'autre. Dans cette diversité, peu 
divei^e au fond , de dialectes , nous prendrons naturelle- 
ment pour type celui qui nous est le plus familier, et qui a 
l'avantage d'appartenir à la Saintonge tout à fiiit centrale, le 
langage du bassin de la S3udre et du bassin de la Sévigne ou 
Seugne, c'est-à-dire de Gemozac, Cozes, Pons, Jonzac, etc. 
Jonzac termine en là, ce que Gemozac termine en a ; au 
nord de la Charente, vers Saint-Jean-d'Angély, le nom de 
la 1'"^ personne, tant au pluriel qu'au singulier, n'est pas 
je, mais /, presque le io italien. Voilà les plus notables diffé- 
rences. Et encore disons-nous J/^/ après le verbe, pour conser- 
ver l'accent tonique : « à qui parlé-je ? » dit le français ; 
accent déplacé; le patois note mieux : à çhi parle-jhi? 
Quant aux pronoms de la 3'' personne, à l'Est, vers Cognac, 
on les supprime presque toujours. 

Mais donnons un peu plus d^ détails sur la prononciation. 

Prûiianciatian ôaintonigraiee. 

La prononciation comprend l'émission des voyelles et l'ar- 
ticulation des con.sonnes. 

VOYELLES. 

Les voyelles, cette partie fluide des langues, ce vagisse- 
ment ou ce chant vague de l'existence encore indéterminée, 
se prêtent à tous les caprices des organes, à toutes les modi- 
fications de l'âme, à toutes les influences des localités. On 
sait qu'en général elles sont ouvertes et sonores dans le midi, 
fermées et sourdes dans le nord, par la seule différence de 
température. Mais c'est principalement dans les patois que 
les vovelles subissent des variations nombreuses, d'une val- 



PRONONCIATION SAINTONGEAISE 13 

lêe àrautre, d'une paroisse à l'autre ; leur caractère le plus 
constant dans ces idiomes, c'est de s'élider partout avec une 
extrême facilité. Que l'on compare le Vénitien à l'Italien, 
l'Ecossais à l'Anglais, etc., on sera frappé des syncopes fré- 
quentes, de l'ellipse réitérée des voyelles. Les classes labo- 
rieuses qui parlent ces dialectes n'ont pas le temps de moduler 
à leur aise les finales des mots ; elles se hâtent d'énoncer l'i- 
dée; ne parlant que de sentiments simples, naturels et com- 
muns à tous, elles sont toujours sûres d'être assez com- 
prises. Ensuite, il n'y a guère d'orateurs dans le peuple, tel 
qu'il a été mené jusqu'à ce jour, du moins guère d'occasion 
de les mettre en scène ; on ne s'entretenait qu'en famille , en 
petite réunion, en tète à tète : et là, le geste, le regard, le 
mouvement de la physionomie, mouvement qui dans le midi 
va si facilement jusqu'à la grimace (verticale en Espagne, 
horizontale en Italie) cette télégraphie naturelle, qu'un froid 
et cauteleux bon ton n'interdisait nullement au peuple, 
suppléait bien avantageusement à quelques fractions de mots 
omises, à quelques sons sous-entendus. 

En Saintonge, les voyelles ne sont ni très sourdes, ni 
très sonores ; en cela elles représentent fidèlement le climat ; 
mais elles sont très élidées, très mangées, ainsi que l'on dit 
chez nous ; et comme, d'autre part, la réserve et l'apatliie 
saintongeaises articulent peu, ce langage est, pour les étran- 
gers, le murmure confus et inaccentué d'un ruisseau. Il est 
piquant d'entendre converser et surtout disputer ensemble 
unSaintongeaisetunGascon: celui-ci, tout cris, tout accents, 
tout gestes, chante ses voyelles et mima ses consonnes, ^< vu 
sandis ! que les lettres sont îdÀtes pour être ^vommcées, > 
l'autre, immobile, indolent, mais sur ses gardes, traîne quel- 
ques reparties pleines de sens, qui font moins de bruit que 
de mal, et qui l'emportent ordinairement, de guerre lasse, 
sur le tapage de l'adversaire. Au reste, les Méridionaux re- 
connaissent que les Saintongeais, par absence d'accent, sont 
mieux disposés qu'eux à l'accent si délicat de la vraie langue 



14 PUOXONCIATION S\lM0NiU'..M3E 

fiTn;aiso et c'est uno dos raisons pourquoi Bordeaux envoie 
beaucoup de ses enfants recevoir leur éducation dans notre 
pays. 

Le chant même, en Saintonge. n'était sa tristesse, son 
éternel mode mineur, (hormis pour la danse) caractère, 
liélas ! j;enéral des chants du peupk dans tous les pays, ne 
serait guère comparahh» (pi'au gazouillenient d'une troupe 
d'alouettes ou d'hironilelles. Le babil des femmes à la fon- 
tiiine est exactement celui des bergeronnettes ou lavandiè- 
res qui viennent leur y fau'e compagnie. 

Nous tàclierons peut-être de donner, à la fin du Lexique, 
bciuicoup de vieux airs saintongeais notés en chiffres. La 
question d'origine de certaines mélodies antiques, consacrées 
jusques dans les chants d'Eglise, est trop intéressante pour 
que nous n*apporti(ms pas notre petite part aux soins que 
l'on prend afin de l'éclaircir. 

Mais il est temps de dire quelque chose de chaque voyelle 
en particulier. 

A est la voix primitive, la plus naturelle et la plus univer- 
selle du monde, tellement que l'homme n'en a pas le privilège 
et que beaucouji d'animaux la })rofèrent comme lui : (les 
chiens, les moutons, les canards, les perdrix, les corbeaux, 
les geais.) Elle garde en Saintonge son timbre originel, s'il 
est vrai, comme l'observe Chateaubriand, que ce soit la 
voyelle agricole et pastorale par excellence, consacrée au 
bétail, aux ])atu rages, aux labourages, au calme et à la 
jtnix des champs. Les Saintongeais, et mieux encore les 
Saintongeais?s lui conservent ce son clair et naïf que nous 
n'avons nulle part entendu avec plus de charme et de vague 
apai-sement- Aussi on aime bien \a en saintonge ; on le pro- 
digue jusqu'à l'abus : au lieu dune pelle, on dit ine 'pale au 
lieu d'une échelle, vne èchale. Cela, c'est régulier, c'est la- 
tin, pala, scala ; mais on <lit aussi ine piarre au lieu d'une 
pierre, même dans le nom pro[>re, Piarre, Piarrot. Néan- 
moins, en ce dernier cas, c'est lorsqu'il y a nuance de pîai- 



PRONONCIATION SAINTONi'iriAÎSE 1.") 

santerio ; au sérioux, Piorro est respecto. En voici un exem- 
ple dans un fragm:^nt (1(î chanson, comme nous tâcherons le 
phis possihle d'en citer : 

Disez donc, ma bonne mère, 
Ai-jhi trop mauvais p^oiit ? 
Jh'ai jh'tè ma piarre sus Pierre : 
Qu'oure me le ba'rez vous ? 

{Jeter sa pierrp^m'([\\i'']c\\ie cliote, manière de tirer au 
sort : chaque co-partap^f^ant reconnaît une pierre ; on les 
mêle et on les remet à un enfant, qui pose chacune d'elles sur 
un des lots. Rien de plus pi'imitif en fait de notariat. — 
Quoure, quand, à qu'elle heure ? italien che ora ? — 
Barez pour baillerez, élision de deux voyelles et de deux 
consonnes liquides.) 

D'autre part, quelquefois dans le corps des mots a semble 
remplacé par e orale, c'valier-, pour cavale, cavalier. 
C'est reftet de l'élision. 

Mais dans les finales « prend bien sa revanche : in coû- 
ta, in tuâ, in hatà (poitevin et jonzacais coiitià, etc.,) pour 
nn couteau, un tuvau, un bateau. 

Yfici un modèle de dëfiniti( n saintoncreaise : Qii'est-or/onc, 
cJier père, qit'in Jjatà ? — aren (regardes en) in hatà ! 
ol est fait cme in bot, o y at ine parche en milan, ine 
gueillc (guenille) au bout, ap)rè o vat. Peut-on mieux 
décrire, s'il vous plaît, les gabarres de la Charente, ces nefs 
primitives du vieil Homère, dont une, si l'on en croit nos 
chrcniqueus du moyen âge, apporta les fugitifs de Troye à 
Saintes ou à Xante, qu'ils appelèrent ainsi du nom d'un fisuve 
de leur pays ? 

E . Cette voyelle, qui a tant de nuances dans les diverses 
langues, n'en offre que trois en saintongeais : elle est nmette, 
ouverte ou fermée. Il est même rare qu'elle ait ces trois va- 
riantes dans les mémos cantons ; les habitants du centre ou 
du bocage la prononcent muette ou très-fermée: il alant 



10 PRONONCIATION S.VINTONGEAISE 

à la pcc/ir ; il avant in gran niau de tète ; ceux de l'Est 
ou (le la Chanipaj^ne prononcent \e muet ou très-ouvert ; 
is sont assez adrets ponr eou tirer la terre avec ine 
bêche dénianchce. Aussi disent-ils bien, rien chien, tandis 
que dans le bocage cette nasale même devient muette : ben, 
ren, chen presque^/??, r'?î, ch'^i. Cette tendance à Ye muet 
va jusqu'à étouffer d'autres voyelles: on ne se contente pas 
de dire d'rnier, f'rmer, dxi lien de dernier, fer7ner, on 
dit aussi : frmi, au \\c\x de fourmi, prdM lieu de poz^r, 
des p'rnes au lieu de prunes. 

L'a lui-même ne se sauve pas toujours : jp'r se dit aussi au 
lieu de par, etp^pa, niman remplacent^)*^^)^!, maman, non- 
seulement dans la Saintonge, mais dans le Poitou et dans le 
Berrv. 

Ces élisions et suppressions de voyelles sont un des ca- 
ractères de tous les patois. Il semble que le peuple soit partout 
enclin à s'indemniser de ses fatigues et de sa sujétion en se 
livrant dans le langage, à toutes ses aises et même à ses fan- 
taisias. La liberté au moins en paroles, mais en paroles à 
demi sous -<^n tendues, à demi rentrées. C'est si vrai que dans 
les pays où l'oppression est tout-à-fait despotique et inquisi- 
toriale, comme en Italie, la parole se tait complètement et 
fait place au geste. La liberté n'a plus pour organe que les 
grimaces et les lazzi. 

A l'opposé de l'élision, E muet s'ajoute à la fin des mots 
chantés, pour avoir une finale féminine: amoure,joure 
etc. 

E dejhe se change en I pour interroger : » Zou-dirai- 
jhi? * 

I, est une des voyelles les moins sujettes à varier. Seule- 
ment les nasales qu'elle forme ain, ein, in se prononcent 
plus ou moins ouvertes, plus ou moins sonores dans les diffé- 
rents cantons de la Saintonge. Sur les bords de la Gironde, 
à Mescliers notamment, ces nasales se prononcent comme 
ein un peu sourd : du jtein, du vein, ein lutein. Frère 



PRONONCIATION SAINTONUKAISE 17 

Moinet, le dernier des ermites de Meschers, s'enrhumait 
p'tétre hiein tous les mnteins, à force de chanter son 
latein. 

O est également peu varial)îe en lui-même, sauf le degré 
d'ouverture qu'on peut lui donner, surtout dans sa nasale on 
et dans sa diphtongue Oî. Vers Gemozac, on se dit euon 
très-fermé, presque eiin : Suzeuon, roure ra-t-i' çJicu 
garceiion ? — ira-t-à Pcuons, weuon henon. Oi, au 
contraire, est très ouvert dans toute la Saintonge, presque 
oâ: moi y toi et la loi,Jhe valons Meuxque le roi. Néan- 
moins, dans quelques contrées, on trouve la prononciation 
poitevine, berrichone et quasi-parisienne: moue, toné, loué; 
et partout on dit clret, enclret, comme dans l'ancien fmn- 
cais. 

* 

Dans certains mots, o se change en ou : voutre etnoulre 
remplacent votre et notre; au lieu de cote, on dit coûte, d'où 
coustille, petit traquenard fait d'une côte et d'un peu de 
filet, pour prendre les oiseaux. 

U se change en i dans le mot ini et ses composés : in 
chaquin, quéquin^ pour un chacun, ciuel qu'un. Il se pro- 
nonce ou, selon le bon usage du latin, dans quelques mots 
venus de cette langue : fouite au lieu de faite (fuga, qui se 
prononçait foufja ; nous disons encore fougue), nouzille 
(de?ii(J7, nucis, noux, noucis), au lieu de noizette, dimi- 
nutif de noix ; et même fougher au lieu de foyer, bien que 
venant de focus ; delà, fouziller pour dire egarguiller ; 
houme pour homme ; hunianus (houmanus) le justifie. 

Ces remarques préliminaires nous épargneront, dans le 
lexique, beaucoup d'observations, Nous allons donc les con- 
tinuer sur les consonnes qui en sont susceptibles. Les con- 
sonnes, colonnes et charpente des langues, varient beaucoup 
moins que les voyelles, qui en sont les portes et les fenêtres ; 
mais elles sont loin cependant de rester immuables. 



i8 PROXONtlATlON SVINTONiiEAlSE 



CONSONNKS. 



Labiales ou dos livres : M, V, B, P, F. 

B s'articule très franc dans la Saintongo, sans nulle fon- 
dnnce à passer au \, comuie dans le midi. Au contraire, le 
V tendrait à devenir B, dans certains mots. 

Dentales ou des dents : X, D, Z, S. 

A^oilà les lettres cup1toni(iHrs dans la plupart des Inn^^nies, 
cVst-à-dire celles qui s'ajoutent aux mots poui- })r('' venir les 
hiatus, pour adoucir les .^ons. Les Saintongeais ont le N eu- 
phonique commun avec les grecs : à n in certain endret ; 
à n in jour rUt . Ils emploient quelquefois le D : jh'ni dit à 
d in hourae, à d ine femme. Mais la liaison favorite des 
Saintongeais, c'est le T, que la langue française a peut-être 
tort de n'employcT que dans très-peu de cas, comme dans 
ira-t-il? parla-t-elle? Va-t-en. Le Saintongeais,pluslo- 
gique, le met partout : i rat en Marennes ; idiratan sau- 
nier ce qu'il aurot appris dan marcJiand . 01 est tout 
jïrdut ; il est venut, il a tout vut. De bonne foi , cette 
phi*ase n'est-elle pas plus mélodieuse qu'en français ? Notons 
même le dernier T, qui, sans besoin de liaison, est appelé par 
l'analogie ; Homère a nombre de N euphoniques ainsi pla- 
cés. Z est aussi euphonique, soit par lui-même, o zoufaut (il 
le faut), soit en place de San pluriel : i z ou avant dit, yé V 
ne z ou avant pas feit. Il est très-finement employé pour 
distinguer le pluriel du singulier du pronom elle, dans les 
cas indirects ; en français, c'est à elle, au singulier et cest 
à elles, au pluriel, sonnent d'une manière absolument iden- 
tique ; le patois, fait pour l'oreille plus que pour les j'eux, 
comme les langues antiques, n'avait garde de tomber dans 
cette confusion; il disait : ol est à elle (et mieux ol est à le) 
s'il n'y avait qu'une personne; o/ est à z èles, s'il y en 
avait plusieurs. Puis, par analogie : ^>'/' Vi, pr z eux (pour 
lui. pour eux.) 



PRONONCIATION SAIMONGK.VISK l'J 

Quand jhe vas ch^z mn bonne atnir, 

Jhc manylie des œufs, o n'y a point de z ons ; 

La ponle est bllanc/ir et jholie, 

Et ma bonne amie c'toict. 

Palatales ou du palais : J, CH, LL, L, U. 

J et GE s'aspirent toujours, comme le Jota arabe et espa- 
gnol, adouci. Nous proposons de les (*crire JII et OHE. 11 
îtiut ètve né au. do\x\ i^ciy s de S aintonghe pour bien saisir 
cette nuance d'aspiration. 

A coté de cet emprunt faitau'midi, en voici untrès-remar- 
cpiable fait au nord; CH n'est pas le CH français, connue dans 
c/iez nous, mais le CH allemand, comme dans içhi. La cédille 
sous le C devant l'H nous paraît indispensable pour indiquer 
ce chuintemenl ; et encore les allemands seul? , en songeant 
à leur mot Jch (je) pourront prononcer en bon Saintongeais: 
Çheu Çhi a feitÇJièlez Çhillères (cuillères) napas re- 
'inisçhèle çlilè à çheu çhllon. 

Revenons à l'Espagne et à l'Italie pour y trouver les diffé- 
rents L de la Saintonge. On sait combien cette consonne 
//r^?(?c/(? se fond facilement en voyelle, en u, comme dans 
pau, mou, deux, de pal, mol, ciel ; en /, chez les italiens : 
2iieno, au lieu de 2}le2n,pianta,-àu lieu de plante ; on con- 
naît aussile LL espagnol, llamar, llano ; le L Saintongeais, 
en plusieurs mots, tient le milieu entre ces nunnces ; ce n'est 
ni plante, ni pliante, c'est un mouiller très doux, que nous 
proposons d'écrire parle double LL espagnol, parce que c'est 
la prononciation dont il se rapproche le plus : Jh'avons 
jhoué à la cllouette (à Colin-Maillard). Jh' avons oyut 
tout pj llein de plia isit . 

R. Dans l'exemple précédent, nous venons de voir R final 
céder la place au T favori ; de même il la cède à L, ou plutôt 
ces deux lettres sœurs s'échangent volontiers l'une pour l'au- 
tre : raie au lieu de rare ; couronel au Heu de colonel. 

Enfin, L est euphoniqu3 après le pronom neutre o, quand 
le mot suivant connnenc(,^ par une vovelle : 



!.><) PRONONCIATION SMNTONGEAISE 

O mouille, o vente, ol éloise, (il fait des éclairs) 

O toun* c'inecent mil' canons ; 

Jh' vas tout <rmême vère ma grivoise , 

O feit bias vour' que jh' s'aimons . 

Encore une oliï^rvati(^n sur R. Si cette lettre disparaît ou 
s^adoucit, elle se prononce très-lornie toutes les fois qu'elle 
se prononce ; elle fait sous le palais un roulement énergique, 
fort éloigné du grasseyement parisien. On ne dit ^asprowns, 
mais quasi 7; Vr»o?i5. C'est de quoi, sans doute, messieurs 
les Parisiens ont voulu rire, en écrivant ainsi leur chanson 
des cuisinières. » Guerrnadier, que tu m'afHiges, en m'ap- 
perrnantton dêparrt. » Et cependant on pourrait demander 
laquelle des deux articulations est la plus frrrançaise. 

Gutturales ou du gosier : GU, C (comme K), QU, H, X. 

C et Q devant i, e, œ, u se prononcent çh ; quitter, que- 
relle, cœur, cuisine, cuit deviennent çhitter, çhérèle, 
chœur, çheusine, çlteut. Curé se dit çhuré : 

Le çhuré et sa çheusinière 

iM'ant appris à c'neutre les œufs : 

Les bons, c't'o çhèle ménag:hère 

Sont tout longs, tout bllancs, tout neufs. 

Ce curieux proverbe culinaire nous pai'ait traduit du vieux 
distique latin : 

Filia prcshyteri dirit pro lege teneri 
Quod sunt ova bona candida, longe. , nova. 

GU s'adoucit en YE : anguille, anyille. On connaît cet 
exemple de galimatias saintongeais : un homme qui avait un 
procès pour un âne, envoya, par son fils, des anguilles à son 
avocat. * Ai'oure, monsieur, dit l'enfant; v'ià des ayivois 
« que mon père vous enyille. — Grand merci, mon petit ; 
« tu zi dairasque jh'ànerai pour son plaid. » 

Ainsi, guerre, guetter, guillot, devinrent y^rr^?, yet- 
/e/% ?/i7/o^ N'est-ce pas un échange analogue qui a lieu de 



«R.VMMAIRE SAINTONGEAISE 21 

l'anglais en français? tcar, guerre; icarrant, garant, icasj), 
guêpe ; William, Guillaume. 

H s'aspire au moyen du J, comme J au moyen de H : Itotte 
se dit jhotte ; herser^ j herser ; d'où il arrive que j hotte 
de vendangeur et 7/^0^^^ qui se dit \)ouv Joue ne se distin- 
guent pas et donnent lieu à de gais calembourgs. 

C ou Q est euphonique dans cette phrase: Sain-q-et-net, 
en parlant, commercialement, d'un animal, d'un fruit, d'une 
■denrée; dans noue pournœud, vers Pons ; plus à l'est, dans 
loue, 50UC pour loup, saoul, etc. 

GRAMMAIRE. 

La Grammaire saintongeaise, comme celle de toutes les 
langues un peu primitives, serait curieuse à creuser à fond ; 
nous ne pouvons ici qu'en efHeurer quelques chapitres. 

NOMS ET ADJECTIFS, 

Les Saintongeais donnent un féminin à tous les noms pro- 
pres, comme le font entre autres les Polonais : La femme de 
Bonnin est la Bounine, celle de Guillot la Yillotte, celle de 
Bujaud, la Bujhaude, de Poinsteau laPoinstelle, de Cha- 
pelain, la Chapeline, où l'on voit que l'analogie des termi- 
naisons est bien observée, hormis dans le dernier nom, ine 
au lieu de aine ; mais, répétons-le, les patois s'adressent à 
l'oreille principalement, et entre ain et m, l'oreille ne dis- 
tingue pas. 

Avec la même logique, ils différencient les sexes dans les 
noms d'animaux où le français les confond .* ils ont le merle 

m 

et la nierlesse, le pinçon et la pinçoune, le lièvre et la le- 
vrâche, qui vaut bien la hase, empruntée à d'autres pays. 
Us ont, comme les Italiens et les Espagnols, le bon esprit 
de ne pas se gêner, pour faire des diminutifs en illon, illot, 
atyOunet, illoune, illote, ate, ounette ; des augmentatifs 
et dépréciatifs en as, asse. Exemples : inp'rdrirjheat (un 



22 GRAMMAIRE SAINTONGEAISE 

perdivaii) ; hi aJoucttà (une petite alouette) ; des îiiroji- 
daSy in gabillot (petite cheville), etc. ny at ni fenêtre 
ni fenàtrà, ni porfe, niporfiUon dayis çheu vilagheot. 

Les noms propres sont sujets à être diiuinuès en otj oche, 
iic/wn, ueJioune. Ex. : Arrivé, rivot, rivoclion, rivuche, 
rivuchoune. 

Chagnassc est aug^mentatii' ; il signifie un lieu planté de 
chênes ; au contraire, 7;oîVrt55e, pounierasse sont dimi- 
nutifs : ils indiquent un petit poirier, un petit pommier sau- 
vage. C'est ainsi qu'en italien les augmentatifs accio, accia 
deviennent souvent déprêciatifs. 

Les changements de genre du français au patois se justi- 
fient presque tous par Titahen ou le latin : ine serpent, ita- 
lien : ima serpe ; in prison, italien : un prigione ; de la 
2)oisony latin : potio, d'où une potion en français, etc. 

Quant aux terminaisons de nombre, en ait pour le singu- 
lier et en al pour le pluriel, in chevaUy des chevals, cette 
dernière, autrefois française, appartient moins au patois actuel 
qu'aux gens qui dédaignent de le parler rondement, qui di- 
sent : il a pjleuvé tout le jour, au lieu de : ol a mouillé, 
qm \)ensent ([ue mon p lé est beaucoup mieux dit que won 
pied. On se moque d'eux au village en leur rappelant ce sé- 
minariste qui demandait ; « Comment appelez-vous cela, mon 
père ; un ratus? » et qui cependant, marchant sur les dents 
du râteau, en fit redresser le manche, et se le sangla par la 
tête : Diab' t'emporte le rata ! s'écria-t-il à l'instant. 
Son patois alors lui revint en mémoire, comme au bachelier 
limousin de Hal>elais. 

PRONOMS. 

L du pronom il, L et S du pluriel ils disparaissent devant 
une consonne ; ce qui reste, c'est i' : ivindrat, i'vindrant, 
i\s'en allit content, i fuyant battut. Devant une voyelle , 
on prononce il, au pluriel comme au singulier ; le verbe suffît 
en effet pour faire entendre la différence : il a ben feit, il 
avant b^n f'd. 



GRAMMAIRE SAINTONGEAISE 23 

Par la même euphonie, elle, elles deviemient «/devant 
une voj'elle et simplement a devant une consonne : al est 
partie, al avant tretoutes fouit; a revindrat, a 
retounierant. Cest Ya dorien, le doux a de Tliéocrite, 
bien plus féminin et plus pastoral que e. 

Dans les cas indirects, lui se dit li, eux se dit toujours 
zeux. Au féminin c'est lé et zèles : ny a que lé d'entre 
zèles tretoutes çhi niégrasille le çJiœur. 

En objet direct, /« ne change pas '.JJœ la vois, jhe la 
tins ; amene-là. Le se dit lou : 

Au loiit, au lout, ma chêne Labric ; 
Arrape-lou, ma chcne, ariapc-lou ! 

Voilà pour les pronoms masculins et féminins. Mais le 
patois a une autre richesse dans le pronom neutre o, (devant 
les voyelles o/), bien plus neutre et plus fantastique que le 
français ce, ça, cela, que l'unipersonnel il, ou que l'anglais 
it. 0, donne h la phrase un vague intraduisible, surtout dans 
les contes de fées ou de sorciers. Qui de nous ne se souvient 
d'avoir frissonné, comme Ezéchiel, lorsque dans les récits de 
la veillée, le terrible o revenait comme une indéfinissable vi- 
sion. paroissoit de loin, tout bllanc, tout capit, avec 
des œils qu'o trelusoit cme des chandèles ; ol apiiro- 
chit trejhous, trejJious, de râlette, et v'ià que tout 
d'in cot H sautit sus les épates ; i'zou apportit jJius- 
ques dans son fougher. On voit qu'en régime o devient 
zou : çhi zou frat zou aurat. 

s'emploie pour l'idée du temps qu'il fait : o mouille, o 
vente, etc. 

01 est et même ol est quoi est se prodigue encore plus 
que le cest français ; j'ai entendu de mes oreilles cette phrase 
modèle : 01 est quoi est qu'o néra pas, cme ol est quoi 
est qu'il avant feit. 

C'est est-il /loc latin, ou la première syllabe de ollud, 
pour illud ? syllabe abrégée et qui devrait alors s'écrire o' ? 



24 GRAMMAIRE SAINTONGEAISE 

Zoî«n'e.st-il point oi(, de o/, cliangeant ^ en 21 avec ;? eu- 
phonique ; emprunté peut-être à l'impératif en ez ? 

VERBES. 

Nous indiquerons suffisamment les particularités des ver- 
bes en Saintoncreais si nous donnons les verbes êtr^e et 
«rozr dans les formes qui diffèrent delà conjugaison fran- 
çaise; on verra que le patois s'éloigne moins del'italien et du 
latin que le français. Un caractère spécial c'est d'employer 
je à la première personne du pluriel, au lieu de nous : J/ie 
disons, jJie fasons. En effet le verbe exprime assez la col- 
lectivité et prévient toute amphibologie. 



Etre. 

Présent, indicatif (et mieux, afflnnatif): Jhe seus...jhe 
sons, abrégé àejJie sommes, qui se dit aussi. 

Présent, conditionnel : ///e 5e/'/5, tu seris.,.. i ou a 
seriayit. 

Présent, subjonctif (doute, désir ou crainte ) : Que jhe 
seis, que tu seis, qu'i' ou qu'a seit. C'e?t oi prononce é, 
comme dans endret. Que jhe sèyons, que vous sèyez, 
qu'i' ou qu a seyant. 

Imparfait, indicatif : Jh'étis, tu étis il ou al étiajit. 

— Subjonctif Qui' ou qu'a fussiant. 

Parfait simple, indicatif : Jhe fuyions, vous fuyiez, 

î ou afuriant, adouci en fuyiant. 

Parfait composé : Jh'ai été, et non pas, à la manière ita- 
lienne et gasconne, je suis été. 

Futur, indicatif : i ou a' serant. 

— Impératif: Seis, séyons, séyez, comme au 

subjonctif. 

Avoir. 

Présent, indicatif : Il ou al avant, (ils ou elles ont). Ce 
n'est pas tout-à-fait habent , c'est la forme de la première 



GRAMMAIRE SAINTOXGEAISE .25 

conjugaison latine amant y il om al aimant, bien plus so- 
nores que ils aiment. 

Présent conditionnel : Jlt'aiiris, etc. 

Imparfait indicatif : J/favis, etc. Subjonctif : Que jJio- 
yusse, que tu oyusses, qu'il ou quai oijut\ quejJioyus- 
sions, que vous oyussiez, qiiil ou quai oyussiant. 
^n/?^rfait quejh'aimisse, plus doux que l'embarrassant 
aimasse. 

Parfait simple : Jh'oyis, {Jiahui) tu oyis, il on al oyut ; 
jlioyiyio7is, vous oyiyiez, il ou al oyiyant. 

Parfait composé : JJiai oyut, etc. 

Naître fait au passé composé il a naissut, de l'italien 
ancien nasciuto, ou du roman, plus ancien encore, yiascut. 
Mourir, il a mourut. 

Dire fait au passé simple J/^e clessis, tu dessis, i'dessit, 
jhedessiyons, vous dessiyiez, i' dessiyant. Et ce verbe 
est employé ou plutôt prodigué, sous forme abrégée, synco- 
pée, quand on rapporte les discours de quelqu'un; notre <:/2Y- 
il, dit-elle, en '^^io\?> ce dessit-i\ ce dessit-èle , devient 
cVi, cVèle et se reproduit soigneusement à chaque mou- 
vement de phrase. 

n'est pas vrai, cVi ? — Jh'e7i ai donc menti, cVèle. 
— P'tétrebe, c't'i. — Tu me zou 2)ouéras (pairas), c't'èle. 
Et flac ! A' Il fit embrasser son damar à cinq feuil- 
les. (Sa main ; elle lui appliqua un soufflet.) 

Au pluriel, dirent-ils^ dirent-elles est en patois cTo 
zeuœ, c't'o zèles. 

On emploie aussi c7'o, abrégé de ce dessit-o, qasLnd on 
nomme la personne après l'intercalation : « V'ià, c't'o le 
frère, çheu couratier, cVi\ çheu chètigas, çheu ynigne 
tout, çhi a fripé tout son Saint-Crèjnn avec des fei- 
g niant s et des j^cis grand c/iouses, et çhi est ben reçut 
à cet'heure, ben rèçhinquè , et non zi tue le veau gras ; 
et moi, c't'i, çhi n ai pas boughè d'içhi, çhi ai treihous 
ben pioché , ben Jhacaignè après les affeires de mon 



26 GUAMMAiriE SAINTONGEAISE 

jKh'c, ct'i\ i' )ic m'a sèment jhamés baillé in mécJ.ant 
ignù jïr fricoter in plit avec )nes amis ! — Mes, c'I'o 
le père, toi, t'es trefhous arec moi^c't'i, tout cequefhai 
est à toi : tu zon sais ben,f/è tu vois be quo faloit feire 
in plit de çheusine et de r(j\ouissance, ct'i, p'r toyi 
pau're /rerCy ç/ii étoit mort et çJii est reneissut ; çhi 
étoit p'rdid et que jli avons retrouvé. » (Parabole de 
l'Enfant prodigue). 

Les formes particulières, s'il en est, aux propositions, ad- 
verl)es et autres espèces de mots trouveront place dans le vo- 
cabulaire auquel nous allons enfin arriver. 

Un mot cependant encore sur l'ordre nouveau, étrange au 
premier al)ord, dans lequel nous avions autrefois présenté 
ce travail : nous ne suivions pas l'alphabet vulgaire ; l'a, b, 
c, d, nous parait depuis longtemps une œuvre de hasard et 
d'arbitraire, comme tant de vieilles institutions ; il a étonnam- 
ment retardé le progrès de la linguistique, et de la philologie. 
Nous demandions la permission de revenir à l'antique, pres- 
que toujours meilleur que l'ancien ; au primitif Ma, Va, Ba, 
Pa indien, qui nous donnait l'ordre na^i^re/ des lettres et nous 
laissait suivre les affinités instinctives, les familles intéres- 
santes des mots. 

Voici cet ordre, qui se démontre et qui se justifie de lui- 
même : le voici pour les consonnes ; les voyelles ne servent 
que d'auxiliaires : 

Labiales ou des lèvres : M, V, B, P, F, Ph ; 
Dentales ou des dents : N, GN, D, T, Z. S ; 
Palatales ou du palais : J, CH, ÇH, LL, L, R ; 
Gutturales ou dugosier : Gu, C, K, Q, H, X. 

Plus tard, la télégraphie électrique étant venue adopter et 
consacrer à nouveau l'A B C, nous revenons, avec quelque 
regret, à l'ordre abécttiîaire. 

Suit donc I'Ai^phabet que nous croyons propre et suffisant 



ALPHABET SAINTONGEAIS 27 

à représenter tous les sons du Lan^cçaf^e saintongeais. Il a be- 
soin de 35 caractères ; de 40, si l'on compte la cédille, l'a- 
postrophe et les accents. 
Le voici avec des exemples. 

ALPHABET SAINTONCHKOIS. 



A Aniit, amie. 

A In Bat à, in fusa, a indiquera une 

syncope de consonnes. Au pluriel, 
nous laisserons le S: des hâtas, des 
fusas. 

B Baie de fasill. Et non pas halle ; Il 

double sera toujours mouillé. 

C Cagouille, colet , cuivre ; c'valcy 

cv aller. 

Ç Forçahle, garçon, reçut. 

ÇH Çheusine, chicot , (petit chien), c/illâ, 

çhirrer. C'est le C/f allemand. Ail- 
leurs tcJieu , tien et quieu. 

CH,d3vanta,o, toujours: Cliapià, chouse , comme en fran- 
çais ; souvent aussi devant e, i, u : 
chèvre, chipoter, chut ! 

D Doze (douze). 

É Tète (tète). 

È Bêle, funièle; ine hèle fumèle. 

El Chein, dreit, étreit. (chien, droit, 

étroit). 

E Chêne (chienne). 

' (l'apostrophe Ch'n (chien). ' indiquera une syncope 

de vov elles. 



28 Al.l'U.VHKT SAINT0N»;EAIS 

F Fcsiqiie, fciblle , qui se dit aussi 

foibUe. 

G Goffrr, gorde, gueuiller (regarder 

avec envie). 

GH, un peu guttural devant e, i : GJiemozat, ghihier ; un 

autre G, venant souvent du W an- 
glais, sera exprimé par Y. 

H, toujours muette : Lliazard, Vliimeur; un peu aspirée 

dans hier, qui pourrait s'écrireyer. 
H aspirée se confond avec jh : la 
jhauteur. 

I /n, ine. 

JH, un peu guttural : Jhamhe, jhement, jhihier j houle y 

jhulle , (lien du joug des bœufs) 
jltouquer. 

L Lumat , cruèlement : euphonique 

dans ol pour 0, article neutre. 

LL, mouillé Llaude ( Claude ) llièdre , çhiillî 

(cueillir) , déçhiller , éhouller , 
j Juillet , plleume , glla, gllû. 

M Mail, muser. 

N Navià, nouviâ, niau, nieul (orvet), 

un peu gnieul. iVest souvent eu- 
phonique : manghe-n-en, N'on 
pour l'on: non zoudit, non zou 
frit. 

Ortughe (ortie). nasal est remplacé 

d'une localité à l'autre par a nasal , 
et réciproquement : à Cozes, par 
exemple, content est très proche 
de canton, et canton, à son tour, 
est presque content. 



AI.PHAHET ><Al\TONf;KAH. 2^) 



01 Nous gardorous dans les verbes sain- 

tongeais raiicieiine ortliographe : // 
(doit. Oi se prononce ailleurs, c»/, 
comme dans foible ; souvent ouê, 
comme dans Yiioi, toi, foi. 

P Pagner, j^oiignée. 

QU Quand ? quoure ? Devant E et I, 

qu est souvent remplacé par çJi : 
çhi, çherèle^ &c. 

R Rn (rien), ronsine. A la fin des ver- 
bes en ir, r sera remplacé par a 
valant presque t : fini (finir) ; par- 
ticipe finit, en appuyant sur t ; fé- 
minin finie. 

S Sacquer. 

T Tahlle, tèle (toile), teuhlle, tua. 

T est très-souvent euplionique : 
ivat à Saintes, inejholi't-hahi- 
tude, in vieu-t-houme ; senti dans 
les finales : à Dieu rat ; (marine). 

TH Thoumà. 

U Urée (orée). 

V AvangJter, virer. 

X 'Lexis (Alexis). 

Y Poyé (payé), pouyut (pu). 

Y remplacera gu dans les syl- 
labes gue, gui venant presque 
toujours de W anglais : yarre 
(de War) yignette, y Hier , Yil- 
laume ; même dans anyille pour 
anguille, &c. 



:K) AHKKVI\TI(>\s. 

Z Zilfuo-zifjuo ; sonvont oiiphoniquo : 

Parl('~z-i (parle-lui) ; mémo dans 
zou {toiir on y cas indirect do rarticlo 
iioiitro. o: ol est meuill (\\\\\v) \ 
çIto\n1Io-z-uu. Enl)'e qualre-z- 
vuils. Le français familier est en- 
tiainô à dire : entre quatre-z-yeux. 



AlîPvKVI.VriOXS PRINCIPALES 



A D'Au])igné. 

AN St-Jean d'Angély. 

B Herrv. 

CF Conférez. 

E Est de la Saintongo, Cognac, Jarnac. 

F Froissart. 

J Jonzac. 

Langue d'OC, Gascogne, Provence. 

ON Onomatopée: mot imitant le son ou le 

Itruit de la chose. 

P Palissy. 

PO Poitou. 

PR Prononcez. 

R Rabelais. 

RO Royan. 

S Saintonge. 

\ A'oyez, 

Nous citons généralement les verbes à la forme impérative, 
comme étant celle qui dégage le mieux le radical. 



DICTIONNAIRE 



A 



, prêp. s'emploie pour de : B. « La fille à Nicolas. » « La 
vii-ne // Michel. » — Pour kn : B. <' Mettre à fa- 
got. » — Au lieu de par : « Faire faire des souliers 
au cordonnier, » c'est-à-dire parle cordonnier. « à 
bllanc d'eau ou d'ève, » tout couvert d'eau. 

« à c'flieure : B. à cette heure, à présent même. Dans 
Brantôme et dans Montaigne on écrit mal : astlieu- 
re ou asteure. 

« à d'b'n, à d'biâ, à d'mau (o me s' rat) » Je m'en trou- 
verai mieux, je m'en trouverai pis. 

« à des fois, » quelquefois. 

« à matin ; » B : à ce matin, ce matin. Mais, bizarre- 
rie, « à ser » veut dire hier so'.r. Pour signifier ce 
soir, on dit de ser. R : arsoir. Aneut ou aniiit , 
0. B. Aujourd'hui : vestige précieux de l'usage dps 
Druides, qui comptaient par nuits et non par jours. 
L'Anglais en a une trace dans son mot forniyJit, 
quinzaine de... nuits. <v yli^jour d'aneut ; » 0. Au 
jour d'aujourd'hui. 

« à moi ! à moi donc ! » cri de détresse : à mon se- 
cours ! martpie souvent un simple étonnement : « à 



moi ! ! » 



32 ^V 15 

« r? vous, à vous (i(nic î >^ bou jour à vous. La plirase 
complète et ègaleuient usitée est : « à vous donc bon 
jour. » 

A" ju-onom. B. Elle, Elles: avindraf, arindrant. 
C'est «/ devant une voyelle: al était, al étiant^ 
syncope de aie et de aies. 

AiuNcuKR, J. Creuser jusqu'à la hanche, à la craie tufau. 
'Ardez, B. Pour regardez ! Molière le conserve : 

Ardez le beau nuiseau ! 

(Dépit amoureux,) 

Ab.\t D*i:VE, averse violente. 

Abattaghe, — Portée et force d'un levier, poids apparent 
d'un arbre, d'un pilier, etc., qui penche. Ce mot devrait 
être français. La marine a le terme (7^fl//(?V, mouvement 
d'un navire en panne qui cède au vent, qui laisse arriver. 

Abattit (1'), nom de plusieurs villages saccagés dans nos 
malheureuses guerres d'autrefois. Remercions Dieu de ce 
que, de nos jours, en Saintonge du moins, il ne s'agit plus 
d'abattre, mais d'édifier. 

Abaupin, B. Aubépine. Ronsard dit encore aubépin. 

Abai-ye, Abbaye, que le fr. prononce ahé-ie. 

A BAYER, B. Aboyer. 

Ab'cher, Abecquer. 

Abeuilles, Abeilles, du latin apes, on peut-être d'un mot 
plus ancien, que ra])pelle l'anglais bee et qui imitait le 
bourdonnement' — Aheuillouné, groupé, serre comme 
un essaim ; se dit par ex. des arbres rabougris. 

Aréciial, aréc/iaut, B. Archal. Du grec orichalcon, ai- 
rain de montagne. 

Abotà et Aboteau, quasi à bout d'eau, Batardeau (bas qui 
retarde l'eau) ; arrêt temporaire d'une eau courante, pour 
la faire servir aux irrigations. 

Nous engageons ceux de nos lecteurs qui visitent les 
pays de montagnes, à observer avec quel art et quelle 
économie les eaux d'arrosement sont distribuées. Car, 
c'est de l'engrais, c'e^tdu revenu. 



ArouchoxnePv, Pt'lotonner, niattreeri formo «1(3 bouchon. 

ABOURrrnouNER, Mettre en pelote ébouriffée. V. Bour- 
riche. 

Abouter, Al»ontir. « Sa vi<,^ne ahoute su' mon pré ; » ou 
encore : « in tel ahoute su moi ; > son champ aboutit .sur 
le mien. 

Abramit, Affamé. Du grec Brame, désire. Bramer s'appli- 
que en français au cri du cerf. Abrainit nous parait une 
belle expression. 

Abranler, Donner le l)raiiie, faire commencer le mouvement 
voulu, et non pas ébianltM* j)our faire cheoir. Il faut y voir 
la préposition latine ad, de direction, très justement em- 
ployée. 

Abraser, Braser. Même latinisme que dans le mot pré- 
cédent. 

Abraquer, J. Renverser, particulièrement une maison. Du 
grec BracJie, craque, fais fracas. 

Abre, R. B Arbre. Du latin arbo)\ qui, remonté à Thé- 
breu, signifierait production de la terre. Quand le français 
dit : sur un arbre, le Saintongeois dit : dans in àbre. 

Abrenotiox. I.atin pi-esque pur: ahrenuntio \ fornnde 
de précauti(m usitée au moyen âge en iiarlant du malin 
esprit, et dont les Saintongeois dévots ont fait une sorte 
d'epitliète de Satan ou de cefpi'ils croient lui ressembler : 
« ol est in diable ahrenontio ! > 

Abrever, Abri'Ver, Abreuver. — •« in abreuvoir à mou- 
ches, » une blessure. 

Abrœr, Couvrir, dans un sens plus précis que le français 
Abriter. « Ahrierïw malade. xibrierXeïexi. » Du reste, 
abrier ne vientpas CCàbre, comme dit le glossaire du cen- 
tre, ordinairement si exact ; il vient, comme abri, du 
laiin apricus, exposé au soleil ; du grec a privatif et 
2)/rrise, ne frissonne pas, n'aie pas froid ; d'où Afrique. 

Absence, Folie, démence, délire : « al al des absences. » 

Abus, dit Calvin ! Exclamation de doute et de critique, 
restée en Saintonge depuis la prédication du Calvinisme. 

Ab'yiner, Mettre à Bcyines : Yoy. ce mot. 

Abyrinthe et Nabyrintiie. pour labyrinthe. 

3 



34 AO 

AccARASsÉ, Accablé, courbé par le travail on par les 
années ;, rendu cabut ou capiif, connue unar])re étèté. 

AccACHF.R. Peser sur, fa're plier on baisser, connucncer l'ac- 
tion (lu verbe français l!]('acb<'r. Ces mots, comme Cacber 

* 

et Cachet, nous paraissent dérivés (le l'hebieu CIID, ca- 
cher et détruire ; ou QehE, durcir. 

A(^CAONARi»ER et s'ArcAGNAKDKR, O. B ! s' arco gnnrdir . 
Rendre ou se rendre paresseux, cagnard, comme le <?«- 
gnot ou petit chien, qui craint la peine et le froid ; ou du 
breton kaign, rosse, mauvais cheval. 

AccALiNER et s' AC... même s(^ns adouci ; le câlin aime à se 
récliaulTer et à câliner ou réchauffer, moralement , de 
flatteries et de galantises, ceux ou celles qu'il veut séduire. 
Racine : cale, chauffe. 

AccANTouNER (s') , S'asscmldcr en foule sur la place du 
cantcjn. 

AcciPER, B. R. Prendre subtilement, soustraire ; pur latin: 
accipere. 

AccoisER, B. Apaiser, rendre coi. Bossuet et Molière l'em- 
ploient. Du latin quîes, repos. 

AccoMPARER. R. Comparer. « Fn'est pas p'r V accompa- 
rer à toi. » 

AcroNSENTÎ. Consentir. Le ad latin ne fait pas mal dans 
ces deux mots. 

Accords. B. Accordailles, fian(;ailles, conventions de ma- 
riage. 

AccouBLLER. R. B. Mettre par paires, accoupler, animaux 
ou choses. De copvla, compelle re , mettre ensemble. 

Accoler. B. Attacher tête à queue. Montaigne, liv. III, 9, 
.semble l'employer dans un autre sens. On accoue les che- 
vaux pour les mener en foire. 

AcrouRAGHER, P. Encourager. 

AtcouRiT (il), B. Aoriste, plus régulier qu'en fran(;ais, du 
verbe accourir. 

AccouRSiERS, R. Lf's pratiques, ou, comme l'on dirait au- 



joiird'liui, les clients d'un moulin à eau ou à vent, ceux <|ui 
lui donnent cours. 

AccREiRE, B. Accroire, croire légèrement; latin c/v^'/^/'^. 

AccRKMER, Affirmer, faire prendre dur comme crème, dans 
l'esprit. 

AcERER, Acérer ; munir d'acier ; rendre dur comme acier. 

AcERTAiNER, ( J : Açartaincr). F. R. B. Marot. Donner 
pour certain. 

A CHÀ, telle chose; un à un, individuellement ." à chà hrin ; 
à c/ià p'tit, c}iàj)oi(ls. Apocope de chaque. Gemozac a 
un jeu de mots géographico-économique : « Pour aller à 
E2)C(rgneSy o' faut passer p'r C/ià/lcnier,» (localités.) 

AcHAiNTRER, Faire paitre le long de^cJiaintres. V. ce mot. 

AcHALER, Donner trop de chaleur, « Çheu mouchenez m'a- 
chale su' mon cou. » 

AcHENAU, Chenal de navigation. — Grande gouttière pour 
l'eau des toits. 

AcHET, Achèe, loml)ric, ver de terre. Notre achet ne réve- 
lerait-il jioint letymologie , acquêt de poisson, ai)pàt ? 
Nous préférons néanmoins remonter au grec ascaris. 

Achevé, Rendu de fatigue, à bout de force et de courage : 
« àçhettefois , jlie seu \)\'i'iXi\i acJievée! » 

AçHiTTER, Acquitter. Du mot celtique d'où vient l'anglais 
quite, complet, et le latin quielus, en repos? Le gascon, 
se souvenant de son anglais, dit très bien : « jusqu'à soun 
quite Q'à\)ei, » ?}?e;>ie jusqu'à son chapeau. 

AcHOUEY, B : agouer ; S'engouer d'une chose, mais dans le 
sens de s'en rassasier et de s'en dégoûter à jamais, comme 
lorsque l'on boit de travers. « F^\re achoueg, » s'applique 
surtout aux oiseaux que l'on dégoûte de leur nid en y 
touchant ou le visitant trop : « ol a fait achouey. » Du 
breton achouala, assez ? 

AçHUCHER, Vider, assécher, jusqu'au fond, jusqu'au çîai, 
mot très en vogue dans les patois, les serfs qui les par- 
laient cherchant à se dédonmiager en paroles de la liberté 
qui leur manquait en actes. 



Aruri.ER, R. Arciilor ; mônio larino. — Vu soulier, O. lî. 
K. Kculor, (\m ne vaut \Mi^ acculer, pour (|ui eouipreud 
les prépositions. 

AçHiLi-î, Accueillir ; se dit surtout du lounpe des donK^sti- 
qiies et servantes, qui a lieu ordinairement à la St-.Iean. 
C'ét^Mt un ternie plein de convenance et de dignité. S'em- 
ploie ;\ la v«>ix réfléchie : « çlieu garçon s'est achalUt à- 
n-in tel ; çhèle fille s'est açliuUie. » 

AçiirsER, Accuser. On dit souvent inrhuser \ \-Ai. inrn- 
snre. 

Ac'mot>fr. B. Syncope d'accomoder, s'emploie eii menace 
}iar antiphrase : « attends, attends ! jhe ^as t'acmoder ; 
ac'nwder\ws^V\ô.e, » l'assaisonner. 

Ac'neûtre, Connaître, reconnaître. Lat. afjnoscorp. 

Acoum.vnder, Commander. « Vous m'zou avez pas acoii- 
mandè. 

AcouTER. B. Ecouter. Italien nsroltnrc ; lat. : ansciiî- 
tare. Acouter (ad ausculta re) valait b(^aucoup mieux 
qu'écouter. 

AcRA.SER, B. Ecraser. Lat. : ad radcre, e.c radcrc Choi- 
sissez. Le patois, avec non moins d'intelligence et plus 
d'oreille que le français, avait opté pour r//'/. 

Acte ( ine ) ; Un acte notarié, un contrat. Le latin est 
neutre. 

AcQi.ERiT, acquerie : xVcquis, acquise. Part, régul. d'ac- 
quérir. 

AcQi'ÊTER, R. Acquérir, faire un acquêt. Lat.: adquirere, 
pour ad quœrerc. 

ADEfiLLÉ, En deuil. S'adeuiller, se mettre en deuil. Lat. 
dolere. 

AniEt:, En s'abordant.O. Faute qui se fait d.nns tout le midi, 
hien ailleurs qu'entre pay.sans, et qui donne juste raison 
aux Parisiens de dire que nous sommes bien pressés de 
nous quitter. 11 faut se dire Bonjour ! 

Adieu vat^ (Marine) Commandement déci.sif pour virer de 
bord, après avoir dit : jmre à vir^r î Les ordonnances 



Al^ 37 

impériales veulent que l'on dist^ : Envoyez ! au grand 
ro<;rc't de M. de Lalandelle. (Lanj^age des marins) ; c'est 
eirectivemont substituer une platitude prosaïque ù tout un 
bon et religieux poème. 

Adimanché. a. Kndimanrhé. 

ÂDouBAGiiE, Assaisonnement; surtout f^raisse ou beurre à 
mettre au pot au feu, ou dans la poêle à frire: de l'Ital. cul 
t(opo, au besoin ? ou du latin adoptare. La marine a 
gardé adouber. 

Adocner, Convenir, s'adapter, favoriser. «0 n adonne \):i^ 
« que la poule chante davant l'jhau. » La marine conserve 
adonner : le vent adonne ou yi adonne pas. 

Adreit, B. Adroit. Lat. ad direetinn. — Euphémisme pour 
fourbe. 

Ad'r'îei, Adresser, redresser. A/^rr^'c/c*, adi'esse.\.^QVii\cv 
qui abrège. 

Aff.\iter, B. Former le faîte (fastigium), le comble d'un 
toît, d'une cliaiTetée de foin. G. Sand, dans Yalentine, a 
mal écrit affèter ; ou du moins mal orthographié, ne 
sachant guère ce que c'e:>t que de mal écrire. 

AîTENÉ, B. R. Muni de foin (fœnurn), en parlant soit d'un 
râtelier, soit d'un domaine. Le verbe existe, affener. 

Affeire, Affaire. S'emploie d'une façon banale, comme 
chouse, comme ninohine, owinacJiin, quand on ciierche 
le mot. Signifie souvent au pluriel les hardes, les vêtements, 
les effets de corps. 

Affel'rché, Attaché, apjdiqué <à une occupation sédentaire, 
comme un navire affourchè sur deux ancres. 

Affier, Planter, semer, greffer, sur son terrain, arbre ou 
herbe pour en avoir l'espèce. Est-ce l'idée de fief ou celle 
de fiance? nous doutons. Se dit aussi des animaux : ^ affier 
des pigheoris. > Mais de cet oiseau nos paysans se soucient 
peu ; ils ont un proverbe disant que pour ruiner vite un 
ménage il suiilt d'avoir : Lapins dans la cave, pigeons dans 
le grenier et prêtre auprès de la fenmie. 

Affilée, B. File, rangée. — U affilée, tout d'un trait: sans 
se reposer; sans débrider, s'il s'agit d'une route faite à 
cheval. Racine fd. 



38 AO- 

Affin'zî, Kclaiivir : ^< le temps s'e^t nfj)'n'zi(. > 

Afflmghk, h. Privé (ruu membre, (ruu organe ou d'une 
faculté physique importante : «olest in paure affl/ighé. ^> 
« Af/Uif/ftc (lin (oil, d'in hrat, etc. C'est bien le sens du 
latin adjïigcro, briser à teri-e. 

Affondrer. S'eiïondrer, s'écrouler : «la maison Vi-i-affon- 
dvé su'z eux. » 

AFFR.\Nrni. H. Franchir : « il ti-i-affranrhih foussié. » — 
Mutiler un mâle. L'homme de cette profession se nomma 
l'affranc/nsseur. 

Affrkuhî. Fraichir, en parlant du \ent : nffrciche, affrei- 
che, disent les matelots; et jadis ils fouettaient le mousse, 
pour rendre l'invocation efficace. Le bon vieux temps. 

Affronté, Effronté. Au fait, si c'est ^ywowyiwe cV avoir du 
front, mettez donc ad, qui le pose, et non pas ex, qui 
î'ôte. 11 est vrai (pie vous avez a/fronté au sens passif, 
bravé, attiqué de front. 

Affuti.v. B et J : affutinu. Ornement de toilette, chiffon, 
bijou, briml)orion. Accessoire d'une charrette ou autœ 
machine. De fût, tonneau et tout ce qui s'ensuit. Fustrrie, 
tonnellerie, nom de plusieurs rues. Chasse et artillerie : 
affût. 

Aga î A. F. R. B. Terme d'étonnement, ah ! ah! mais en 
ironie. Au sérieux, on s'écrie : ak! jhah! 

Ag.a., plur. agarez, A. est syncope de Regardez! V. areyi. 

Agacé (être). Avoir les dents agacées. — N'être point 
agacé, être fort, hardi et dispos. 

Aoaffer, 0. Gaffer, liapper avec les dents comme avec une 
gaffe. « Cheu ch'n m'a-t agaffè. » Gaffer et happer 
(même mot) sont de l'hébreu CFII, prendre captare. 
ILippg, heureux, en anglais était primitivement celui qui 
Hnpp)ait bien. 

Agarde (se donner). Se donner de garde. Encore ad 
meilleur que de. 

Agardez ! R. Regardez î mais re indique un mouvement en 
arrière et devient très faux quand on regarde devant. 



JLOr 30 

ÂGrîRAi'î (s"), Aj^n'i[»por, saisir commo avec des grifTes ; du 
y;vec graCj (jriplte. ON. (ononiotapées). 

Aghace, R. et La Fontaine agace. Pie. ON. 

A 

Aghe (ine bêle), B. féminin, comme le latin aetas. 

Aghelink, Tout refroidi, presque gelé; un peu faute d'énergie. 

Aghenéuillé, Agenouillé. 

Agiiî (en) bien ou mal, O. Agir bien ou mal. En peut sembler 
un pléonasme, comme Y dans J//e n'y vois pas. 

Aggland, (pron. AiJlawl) W. Gland. Latin Glans, glan- 
dis. De riiel)r. GLCH, grec glae, brille, luis ; d'où AGLI, 
gouttes, dont le gland a la forme. 

D'aglland nous aurons Egllander, se fendre comme 
un gland. 

Agll.\t, Compacte et à tranche lisse, comme la ghiiso. ou 
\^ glace, (en Saintonge le ^//a). Druipain agllat. Mê- 
mes racines que le mot précédent. Palissy dit allié. 

Agocer, in coûta, ou un couteau, L'ébrécher, lui faire des 
goces ou coches, qui en émoussent le tranchant. 

Agoni, agoniser, B. verbes actifs. Accabler d'injures : 
« a'm'at agonit de sottises. » 

Agourrelî (s'), S'accroupir. Inversion de croupe encourpe, 
qui s'adoucit en gourbe. 

Agourmander, Rendre gourmand. Pourquoi n'avoir qu'af- 
friander ? 

Agouïter, 0. Egoutter. Nous convenons qu'ici ('' vaut mieux 
que a. 

Agraixs, Rebuts de l'aire au blé, qui servent à Agrener les 
poulets. 

Agravé, B. Se dit du bœuf qui a les pieds agacés, endoloris, 
pour avoir marché sans fer sur les gravois. 

A&RÉ, A. Regardez. V. ardez. 

Agrexailles, b. Grains de rebut, inférieurs aux agrains. 
Se dit aussi, par catachrêse ( bien que nos gens ne con- 
naissent pas ce mot), des derniers restes de liquide quel- 
conque dans une barrique, une bouteille, un seau. 



40 AI 

Agrenfr. B. Donner du grain aux jiouhns. Chez nous, et 
aux bœufs, aux porcs, à tous les bestiaux. 

AGR«:siLLorNi':, Gruni^lé, mêlé île nani;ls. Se» dit. surtout du 
fil. mal lilé, mal tordu, mal mis eu écheveau. 

Agrkyahlle, Agréable. 
Agriffkr, Grifier. 

Agrouer. T). U : fK'oroucr : Se dit delà poule qui se baisse 
pour couvrir t(Uis ses poussins. J.-C. aurait dit : « U Jhé- 
« rusalem, couduen<le fois ai-jhi voulut far/rouer sous 
« mes aies, et tu ne n"zou as pas voulut. » Ce mot dêrive-t- 
il d'accroupir ou du cri de la i)oul(\ rjrou, grou ? Nous 
ne savons. CF. l'angl. /o grotr, croître. « Agroner \e 
feu, * le couvrir. « — La cherve mâle » (pour dire fe- 
melle), lui mettre les épis dans la teiMe pour une huitaine 
de jours. Après quoi on met à ciiandcUers. V. 

AiuiiAii ! Ah ! ah î « Ahjliali ! ma veille. Ahjhah ! mon 
vieux. » 

AïrÉ, A ici ! Cri du Ijouvier pour ramener ses bœufs de son 
côté. C'est le mot ici rendu sonore par a. 

AÏDE, aider, B. Aide, aider. Nous di.sons plus souvent a/«6/e 
et ainder. 

AiGAii>LER, Mouiller de rosée, aqua , ou d'aigail, conservé 
en français. Le cri des chefs vendéens à leurs ga's, a[)rès 
le coup de feu : Aigaillez-vous ! dispersez-vous dauii les 
broussailles, n'a été que trop fameux ! 

Aigne. B. Aine ; du lat. ingucn, dans quoi se gcnèrele 
corps, ainsi que dans ingeniurn^ l'idée. Rapprochez de 
même mentulaei mens ; en grec giinne.t g ig)idsco etc. 
etc. toutes les pensées morales revêtent des images i»hy- 
siques. 

Aigre, B. Ca.ssant brusquement, comme l'étain : aigre 
crne bruèle (bruyère). S'applique aux foins, aux près. 

Aigrettes, Chenevottes. Très aigres en effet et probable- 
ment l'origine d'aigrette en français. 

AiGRrsSER(.s*), S'irriter, prendre un ton aigre subitement 
et à propos de rien. Excellent mot. 

Aillée, Tranche de pain frottée d'ail. Moules cuites à l'ail. 



-VI 41 

AiLLET. (liniiuutif d'ail : « sauce aux petits aiUpts. > 

AiLLocHE, Ail sauvai?»». Mais ce n'est pas l'ail des viornes; 
c'est plutôt le muscari à toupet (Lesson), qui sent aussi 
l'ail: hyacinthus co)}ioshs ; le vaccininn de Vir<^ile : 
Vaccinia nif/ra Icfjnntur. 

Aiu.ouRS, Ailleurs. Conserve l'o d'alio loco, ou locorum. 

AiNDE, V. aïde. * 

Air d'au dial)lle ! injure : Figure du diable. 

Air (/nu tonps, B. L'atmosphère, sous le rapport de la 
météorologie ; « c'neûtre Wdr dan ttniips. « Vivre de 
Yair du temps, d'amour et d'eau fraîche. » 

Aire de marais salant, P. Carré de IS pieds de cùté et dont 
20 font la livre de marais. 

AiRÉ, R. Aéré. Pourquoi le français, avant a /r, retourne- t-il 
au latin aer ? 

AiRÉE, Une pleine aire, de blé à battre, ou d'autres choses. 

AiRŒRE, B. Arriére. * En airiêre, s'ou pliait ! » (s'il vous 
plait). 

AiRRiiES, B. Arrhes. Mot hébreu. Le verbe existe :airiuier. 
act. 

AiscÉE, Houe; lat. ascin: on distingue aiscée ïarghe, ais- 
cee 'treite et aiscée bâtarde. 

AisiNÉ, Qui a l'aisance de faire quelque chose : hein ai si né ^ 
mal aisiné. Le dernier se dit des gens boiteux ou incom- 
modes autrement. Rachel aurait [)U dire à son père, 
Laban, en certaine circonstance, « qu'aie étoit mal 
aisinée. » 

Aisrr, fém. aisie, B. Aisé, aisée : « ol est aisit à dire ! » 
La raalaisie, dans l'Est... de la Saintonge, n'est point 
un archipel, mais le nom épigrammatique de la femme. 

AissELON, Renfort à l'aisselle d'une chemise. 

AissiLER une charrette, v mettre un essieu. 

AissiT, B. Essieu, qui devrait s'écrire aissieUj du latin 
axis. 

AÎTRES, B. (et non pas ^//T5) Les distributions d'une maison, 
atria. 



4? AL 

AiYF.RE, Aiiruiôre, évier. L'aiguière franc, est le ^jo/ à Veau. 

Ajheter. Acheter. 

Ajhuster, Ajuster. 

Ajhûter (marine), Joindre bout à bout ; quelquefois 'j hâter : 
* O n 'jhùtera pas. » 

Alà .' Alà moi! Grandes exclamations de douleur. Cris 
naturels. 

Alangué, B. Doué d'une bonne, ou plutôt d'une mauvaise 
lan^rue. 

A la ??o?> (cresson), par corruption de Alênois, alniejisis 
(de l'Aunis?), le cresson de jardin; Linné : Lepidium 
saticum. Lesson : Passerage cultivé. 

Alant, B. Agissant, actif : « que tu n'es yère alant ! » 

Albert (le grand et le petit) B. Deux livres fameux, convoi- 
tes et redoutés autrefois dans ncjs campagnes. C'était le 
fond de la balle des colporteurs. Avec ces livres on 
faisait venir le diable, grêler sur le voisin. Que ne faisait- 
on pas ? Tous les mauvids prêtres passaient pour se servir 
du Grand xVlbert, quand leur Bréviaire, lu à rebours, ne 
suffisait pas. Les devins se contentaient du petit. Quelques 
bribes d'instruction primaire ont pourtant un peu dissipé 
ces croyances. 

Al', Elle, Elles : al' avoit, aV aviant. A', devant une con- 
sonne, même devant Y \ a y étiant. 

Ale, Aleron, B. Aîle, aileron. Rab. écrit aesle et aie. C'est 
le pur latin ala. Nous disons cependant ailé. 

Alé : i' s'est en aie, pour il s'en est allé. 0. B. et aussi : 
« i' s'en est 'nalé. » Au futur passé : « i' s'en aurat été. » 
Le parfait du verbe aller, B. e^ijh'alis, fa lis, il ou ale 
alit ; jlialliijons (B : jh'allîmes), vou alliyez, iV alli- 
yant. Ou comme dans le v. fr. je fus, tu fus, i' fut, 
jhe fuyons, etc., qui, au singulier, se dit encore ; au plur. 
nous fûmes, peu correct. Mais j'ai èiè doit se dire, au 
lieu de Je suis allé, lorsqu'on est revenu. 

Alée, Syncope con.sidérable d'Asphodèle , genre de li- 
liacées . 



AL 43 

Alègne, Alêne ; 
Alémole, Anémone ; 

r 

Alépiiant, Elé[)hant ; 

Aligher, Alisier ; 

Alimer, Animer ; séi'ie'de'fausse prononciations. 

Alis, alise, P. dimin. (Y Agllat. Y. ce mot ; se dit du pain 
à tranche arj^ileuse, non'^œilleté. Comme II, signifie lui, 
on joue sur les mots, et si quelqu'un demande «le pain 
est-î alis » («-//)? on répond : « non, il est {à lé) » à elle. 
Les ménagères font'avec les restes de la pâte une galette 
non levée qui se nomme Valise, et qui est le gâteau des 
enfants : excellente, mangée avec des noix. 

Alochon, B. Alluchon.^Diminut. à^ala ? 

Alongheaill, r. Allonge. 

Alongher (s'), Allonger son chemin, ou plutôt s'allonger le 
chemin. Ellipse très simple. 

Aloubit, de dormir, Alourdi, abêti. 

Alouette. 'Nous citons ce mot français (et gaulois) pour de- 
mander s'il ne vient pas du celtique al-chic-Eder, à- 
huppe-oiseau, d"oii aussi rt/<:/nf/a ; et pour rappeler que 
la charma Qte légende de Roméo et Juliette, qui se trouve 
dans le Berry ( v. Glossaire du centre, au mot raentir) 
existe paredlement en Saintonge, avec les vers : 

< ghentille alouette, 

T'en as mentit : 
Tu chant' 1' point du jhour. 

C'est pas minuit. » 

Ce n'est pas le seul emprunt que Shakespeare, aidé des 
traditions de la Guienne, ait fait au patois du midi de la 
France (Saintonge, Poitou et Berry) : Dans le recueil 
de nos chants est une ronde Saintongeaise qui lui a servi 
pour sa chanson d'Ophelie. M. O'SuUivan la cite tout 
entière sans en connaître l'origine; notes sur Ilamlet. 
Kous pourrions aussi montrer, si c'était le lieu, que la 
légende de Merlin et de sa fille Mellusine est Poitevine 



4 1 .VM 

(Melle. Lusiij^nan) et Pontoise (l'anguille de la Seugne), 
avant d'être anjflaise. 

AuriiK. ,]. Une taloche, un soufflet. Est-ce l'idée du coup 
d'aile, ou bien de lucher (lécher), avec la main ? 

Am' î Apocope de à moi ! ou de aJi ! mon Dion ! car c'est 
une «expression, non de détresse, mais d'étonnement. On 
dit de même à moi donc ! à moi donc, mon Dieu ! mais 
am'! sutiit, par économie. 

Amadou, estfém. <^de la howweamadou » De mode, trempe, 
qui est du sanscrit maa, eau : champignon imbibé de pou- 
dre mouillée. 

Amariner, Aprivoiser, adoucir. 

Amasser, O. P). Ramasser : « amasser des noix. » (S'), 
s'assemljler, se reunir : « o s'est amassé in saccaglie de 
monde. » Du grec ama, ensemijle ; amas. 

Amatinê (chien). De race croisée de mâtin. 

Amatounê, Grumelé. Se dit surtout de la pâte ou de la bouil- 
lie. V. maion. 

Ambassadeur, Faiseur d'embarras ; qui entreprend, à grand 
fracas, plus qu'il ne pourra faire, qui trop embrasse et mal 
étreint. Syn. Embaleur, V. ce mot. Même sens pour les 
verbes act. ambassader, emhaler. 

Amhllet, Anneau de peau mégissée, ou, au besoin, de simple 
harr, qui, tenu au joug des bœufs par le corhalon, reçoit 
l'aiguille ou timon de la charrette et supporte tout l'effort 
de la traction, Y aiguille y étant rivée par la ^/r(?. Du 
grec, ama, ensemijle, ou amblus, oblique. 

Ambot'rill, Nombril. D'umbilicus. C'est le français qui, on 
ne sait pourquoi, prépose n. 

Amei.ette. 0. Omelette, qui vaut mieux, venant d'œuf. Leur 
arnelette n'empêche pas les paysans et les paysannes de 
jouer sur omelette, pour petit homme. 

Amener. P. Prrxluire. Se dit des arbres et des femelles 
d'animaux. Làdessus, un jeu de mots: « tailler (la vigne) 
en amenant » ; de manière à la faire amener. 

Amenxser, ^lettre en menus morceaux. 



A . 

Amérer, Etre nm^r « Ce chi cunerct ii la goule est sain au 
chœur. » (à l'estomac). 

Amkzau, p. Ro : CouHET, tronc (rar])re foré en long pour 
conduire Teau dans les marais salants. 

Amicablement, Amicalement. Aniiciis, cVaina, ensemble. 

Ammhoter (|uelqu'un. Le mignarder,le mitonner, le flatter, 
le^)rendre comme un petit oiseau, à la inijhette du pain. 

Amignoter, id. Mignarder ; rendre mignard. 

Ajiorale, Morale : « feire ine amorale. » 

Amoulangheur, Charpentier de moulin. L'ouvrierqui monte 
et répare les moulanghes, les meules. 

A'mounètf:r, Calmer, a})aiser ; admonestare. Le temps 
samouyiète. 

Amoumtion, B. (où l'on dit aussi amoJument) Munition, 
(le chasse principalement. Le pain de l'armée est aussi du 
pain d'amounition. 

Amourette, B. Brize moyenne, genre de graminées, « Therlie 
ô!amou\ çhi trenîble trejhou !» B : on donne aussi ce 
nom au faucheux des champs. 
Yov. Pute, et son usoc^e divinatoire. 

Amourer, Etre en amcnir. 

Amusant, Long et minutieux, presque enwmcwiL. Amusant 
français se iXivdiii })l disant . 

Amuse (ine), (del'). Un retard, du retard. 

Amuser' (s'), Se mettre en retard, perdre son temps : « va 
vite, revins vite, yé yi'Vantusp point là. » Voilà l'idéal 
du commissionnaire. 

Ancienneté (d*). R. B. Autrefois, depuis hmgtemps. 

André (St) de Lidon, commune de l'arrondissement de Sain- 
tes, sur le rivage, en italien Udo, delà Seudre; canton de 
Gemozac. Le village de Lidon est tout près, — habitants : 
St-Andron, — oune. 

A 

Ane (repas d') 0. Repas fait sans boire. 

Angkes, b. Pour consoler les enfants ou les gens qui vont 
se coucher sans souper, on leur dit « qu'ils verront les 



46 AX 

anges ; comnK^ fit Jacob, sans doute. L*al)stinenre, en 
effet, dispose aux vi>i()ns. 

A.N-ioîssKK. {Vrou.anr/OHÔssr), Endèver, s'impatienter, ^tre 
vexé, touruunitê. À'// a-t-o pas df/uni foire (uujoisser! 
— Etre angoissé de.... èlre endiablé^ de faire queb^ue 
chose. 

Anv.rote et souvent Langrote : article joint au nom ; ou 
bien de Laccrta ;\(a^\\\ j^ris. E: Angoise, d'anguis, 
: oinhrena , sabnnan(b'e. B : angnus , orvet, et 
langous. 

Animai. H Animal. Pauvre nniinnu! pauvre ])ète ! 

AxNÀ, Novau de fruit. Se prcml aussi pour écus.Les noyaux 
sont la première monnaie <ies enfants. 

Antan, F. R. R. An passé, anno a^iliquo. Nids d'antan. 

Anticiper, Empiéter. S'empresser de prendre, antêcaper^e. 

Antienne, Longue attente, temps penhi avec ennui. s'ra- 
t-ine bêle antienne ! Souvenir des vè])res. 

Anyille. B. An^^uille. Anyille de boisson, B : (Buisson), 
Serpent. Anyille, dans une muraille, B. Eézarde. 

Jeu de Xangille, sorte de cheval fondu. On met sur la 
terre un mouchoir roulé, en forme d'anj^aiilb? ; un enfant 
se place auprès, courbé, les mains sur les genoux, et les 
auties lui sautent par dessus, sans toucher l'anguille, dont 
il s'èbùgne d'une semelle à chaque passe. 

AngnUle de Pons, très belle Légende mal comprise. 
(Voiruos Etudes Santones, Biographies.) 

Août, B. se prononce a-oii. Devrait s'appeler Octénor. 

Apacier, Apaiser. Mieux que le français, de/)^/.r, pacis. 

Apariouner, Appareiller, dans le sens de joindre par paire. 
« Les v' là bin apariounés ! ine galoche et in soulier. > 

Apiler, p. Empiler. — S'ébouler, s'effondrer: « ol atapilé. » 

Apiloter, Mettre k jjilot, c'est-à-dire à pile, à tas. 

Apllatzî. B. Aplatir, Le 2 s'interpose souvent devant la 
finale des verbes en i, comme en roman : brunezîy 
froid zî, etc. 

Aponcher, dim. aponrliillrr. Faire, à la hâte et grosso- 



/vr 



Y)}odo, une roprise à un vètpm<»iiiont. ^in-tout à un bas ; 
« estoperen rliucle poule » , disent nus vieilles « meni's, » 

Apostume ((ie T), Le pus d'un apostènie. 

Apounicher (s'). B : s'apoiiner. Se baisser pour pondre, ou 
comnie^pour pondre ; se apponerc (lat.) 

Apoûtre, Apôtre. « Ah ! le boun apoùtre! » 

Appartement, se dit d'une seule chambre , même d'une 
pièce de servitude, grange, grenier, etc. 

App'tit, 0. App«'^tit, est féminin : « bonne opjt'tit ! » 

Appointer, 0. Aiguiser en pointe. Manque dans ce sens en 
français. 

* 

Appouêe, Ajjpui. « Feire soun npponée chez in tel. » 

Appouer, B. F. appoier. Appuyer ; s'appuyer. « Appoii 
bêle, appou », chante-t-on aux essaims d'abeilles qui 
sécartent des ruches où l'on veut les loger. 

Apprêter (s'). S'habiller, faire sa toilette. Se préparer. 

Apprihender, Apprehend(»r. 

Approprier, Rendre propre, dans le sens de nettoyer. On 
dit aussi /7;)y)/'oy9o/, bien que cette finale ne s'applique 
généralement qu'aux verbes en ir ; voy. aplatzu 

A 

Après, B : à, A même. « (»rim}!er ^7j>y\ç un arbre. » * Etre 
après dîner, » c'est-à-dire diner, être à même à diner. 
« Se mettl•e^//)/'(^ç ({uelqu'un, » l'entreprendre de j)aroles 
et de reproches. ^ Quand o passe in auvergnat, tous les 
ch'n jhappant après li. » 

Aprofité, Grandi, crû, engraissé. « Y 'là in enfant bin 
aprofité. » 

A 

A're, R. Apre au toucher, lat. asprr. 

Ara, arau. B : ariau, Araire. Du latin arare, labourer ; 
de l'hébreu ARTZ, terre, arida, l'élément sec. 

Aralouné, Tallé, qui a plusieurs jets, r/7?>?î(.s; ou plusieurs 
racines, radix, « Dau bllé bein aralouné. » 

Aràteler du foin, Le mettre à tas à l'aide du râteau. Ra- 
de re. ON. 



48 AR 

Arantki.e. B. Ti)ile (Tarai^niée. Pur latin : arnneœ tria. 
Couservê dans la vieille rhan^on de Cadet Kousselle. dont 
la maison était i^n'^^é(id'aranl('les. » — ArcDileler.U : 
ôterles toiles daraignëes. : grinijoncr. (de. (j/ri(/on ; 
y. ce mot. ) 

Arcaiou, Acajou. 

Arces, du latin arcrs, citadelles, coninuuie de l'arrondisse- 
m^nt de S dntes, canton de Cozes, près des bords de la 
Gironde. Nous pensons (juo c'est Arces, et non Ars, qui 
fi^niredans Fœaeste, III, *il. — Habitants : Arcillon, — 
nuiie. 

AK( iiER, se dit encore dans nos camiiairnes au lieu de gen- 
darme ; et on a rênorm3 tort d'en i'dre peur aux enfants ; 
« V'Ià, leur dit-on, les archers! > 

'Arche! pour Marche ! commandement militaire. 

Archile. Achille, nom d'homme. 

Arçhinqier, Requinquer, p.arer, attifer, ou simplement ha- 
. biller. Arçhiiiquajhc, vêtement , parure. Attirail, har- 
nais. 

*Arde a vous ! pour Harde à vous ! commandement mili- 
taire. 

Ardenter une fau^ ille, La redenter, lui refaire les dents. 

Arî>enton.s, Ro. Allumes, broutilles que l'on jette sur la 
braise amassée à l'entrée du four, alin d'obtenir un peu 
de flamme. 

Ardile, Argile. Arfliller. arddlvre. carrière d'argile. A ce 
propos, pounjuoi n'appellei*ait-on pas simplement et briè- 
vement arfj'don, au lieu d'aUit/iinium, le métal que l'on 
extrait de l'argile ? 

Ardillon. Bouton ardent qui survient aux ^eux, orgelet 
(gniin d'orge), que (juclques-uns transforment singuliè- 
rement en orgnciUeuœ. 

Ardivéle, J. Penture de porte ou de fenêtre. V. Gliene- 
rèle. 

Arée, Tâche du laboureur (ararr). « Les bœufs sont à 
Varee. » 

AreIoner (s'), J. Se raser, se tapir. V. se râler. 



'Ar'en ! Exclamation d'êtonnement, pour regarde-s-en ! 

*Ar'i:z, mii\V3 sens, pour regardez! V. 'ardez! et aga. 

'Areugne, pour cJiareugnCy Charogne, terme de mépris : 
« 'ardez la bêle 'aveiigne ! » 

Argiient-vif, 0. 13. Italie : vif-argent, mercure. 

Argagnasses, Tas de mauvais vêtements. Dépréciatif 
{\'arç/u}îquar/hes, connue qui dirait méchant regain, 
avec A })réposé. 

Argon, Abrégé d'arroche, venant du Lit. atriplex, du 
grec fl augmentatif et trophc, nourris; plantes qui, en 
effet, croissent partout idus (ju'on ne veut. 

Argot, I». vieux francai.'^ auquel la mignardise, dit Nicot, a 
fait sul)stituer Ergut. 

Argoiili.at ? Serait-ce un diminutif d'argousin? 

Armanat, Almanack. « Menteur c'me in armannt » dans 
ses prédictions de pluie ou de beau temps, bien entendu ; 
ce qui n'empêche pas beaucoup de gens d'y croire. 

Armoniat, p. (Sel), sel ammoniaque. 

\rmise. Armoise, ariernisia, préservatif prétendu contre 
les sorciers : « remercie Yar)nisey que t'as entre pià et 
chemise ! » 

Armite, Ermite. 

Armusier, Armurier. Le r, parasite dans les mots précé- 
dents, s'adoucit en s dans celui-ci, ailleurs en l. C'est la 
consonne ou la demi-consonne qui se prête le plus volon- 
tiers aux métamorphoses et aux combinaisons. Le savant 
abbé La Touche l'appelait , pour cette raison , l'oxigène 
de l'alphabet. 

Armcroche, Anichroche. r parasite. 

Arpent. Sorte de grande scie, souvent tendue au moA'en 
d'un arc, qui pourrait servir pour arpenter. Malgré ce 
rapprochement, il vaut peut-être mieux écrire Iiarpant .Y . 

Arquet, Grand appendice crochu de chaque côté du bât des 
bêtes de somme, afin de recevoir la charge. C'est la base 
du cacolet méridional. — En moquerie, grandes jambes 
sèches, lorsqu'on le^ relève : < d'rsedonc tes arqupfs! * 

A. 



!■ 



50 Al^ 

— Roginj^lotte, brniu'ho courbée au moyen d'un fil et 
qui, taisant ix^ssort, prend les oiseaux pai'ki patte. Y. 
Èspi)i(/n)i. 

MuixvvM, li. Prendre vivement, ravir, {nrriprre, (Vad 
rnpere) : ce n'est pas attraper, prendre à une trape, 
bien que nos gens confondent ces deux mots. 

A're, Âpre : « que t'as la main are! » — bien sec, en })ar- 
lant du lin",^^. — lîrusque, cassiint, en iKirlant du fer ou 
du bt>is. 

Arre ! Quelquefois Erre ! arrière ! Cri pour faire reculer les 
bœufs. En àrre! en erre! en arrière! — Un tire en 
arre, outil de tonnelier. 

Arrêter, Verbe n. 0. B. Attendre, patienter:* arrête 
donc in petit ! » 

Arrêté, O. Posé, sage, retenu. B : malade, alité. 

Arrêter (s'). Faire balte, grande ou petite, par besoin de 
nature. 

Arricher, Arracber. — ArricJiis, arracbis, et défricbé, 
place d'où l'on a arraché quelques plantes. 

Arrimague, Discours préparé, entortillé pour déguiser quel- 
que chose : « I' m'a fait in arriïnnrjhe à n'en p'us finit; 
le diab' n'y verroit goutte. » — Paroles rimées. — Arran- 
gement quelconque : « il est de boun arrimaghe, » ou 
« de la boune affeire. » 

Arrocher, J. Lapider, jeter des roches, des pierres. 

Arrouser, a. b. Arroser. Se lit encore dans Malherbe. De 
là arrousoi^ ; pron. arrousoué, arrosoir. 

Arrouter, a. Mettre en route, en train, en bonne allure. 

— Chasser au loin. 

Arsenit, Arsenic. Du grec arsen, mâle (des poisons). 

Artifaille.s, Accessoires peu nécessaires et peu en ordre. 
B: Embonpoint de femme, lorsqu'il manque de soutien. 

Artlsan, Artisanne, B. Classe .sociale intermédiaire entre 
les paysans et les bourgeois ; ouvriers de ville (les villains 
d'autrefois); ou tien cultivateurs assez aisés (ou assez 



AS 51 

vainh;) pour porter le costume cîo la ville en toirt ou en 
partie. 

ÂRTuniAUT, Artichaut. Le patois, comme presrjue toujours, 
reste lidèle à l'étymologie : artiis calidi, membres (.'hauds. 

Artuson, Mot fi'aneais ; principalement le cosson ou le cha- 
rançon des graines légumineuses et du blé. 

As, À, pour Au, eau^ à la fin des noms propres, les charge 
un peu. Tétaii, le dimanche, est Tètà sur semaine ou 
lors(ju'on est mécontent de lui. 

As de pique, La glande triangulaire qui termine h; croupion 
des oiseaux et qui renfei'me riuiile dont ils lustrent leur 
I)hunage. — SAnonyme de propre à rien. (Molière). 

AscE, Outil de tonnelier, en forme d'éhauchoir d'un côté, 
et de marteau, de l'autre. C'est l'antique ascia, que l'on 
sculptait sur les tombeaux, pour engager, sans doute, à les 
respecter, comme dernier travail de la vie; ou ])ien pour 
indiquer une entreprise faite sur adju(Hcation : les encan» 
^xiàimiYien suh îiastà, symbole de guerre ; les travaux 
devaient s'adjuger siib asciâ, symbole de paix. 

AsE, Employé pour asne (d'asiniis), dans ces locutions 
grossières : « que Vase te fiche! » Viédase. « c'me in vie' 
dase en paradis, » c'est-à-dire inutile, sans emploi pos- 
sible. 

AssAisouNAGHE , Assaisonnement. 

AssAisouNER, Laisser les fruits cueillis attendre leur matu- 
rité, la vraie saison où on les mange. 

AssASiN, 0. B. Assassinat. 

AssASiNEL'R. R. Assassin. Vient, comme l'on sait, «les hom- 
mes dévoués au Vieux de la montagne, buveurs de /las- 
chiseh. 

Assavoir, B. A savoir : « idiwe assavoir. » Molière l'em- 
ploie. 

AssAYER, B. Essayer, y* Assaye t'rjhou î » prononcez as- 
geyer. 

Assécher, B. Verbe act. mettre à see ; n'est que neutre en 
français. 

Assembllée, b. Prairie, fête locale. Les plus solennelles sont 



52 .VT^ 

tvlles (jiii toinluMit 1(^ jour delà St-.T(\in, pnroo qu'on y 
accurillo, on y louodt^s ddincsticjiK^s. Tendance des fêtes 
oi'clésiasti(|ues h devenir indu.slrielles. 

AssERER, K. {Asscrerv), nflirnKM' fortement : « i' m' zou a 
beii assert*. » 

AssiAL, Chose quelconque sur laquelle on peut s'asseoir. 

AssiANT. subst. Séant : « V s'est mis su'soun assicmt. » 

AssiNER, K. 1>. Assijrner. Tout le mon<le autrefois disait 
.vnî^r pour signer, et on j>rononce encore sinet. Voyez 
Génin. 

AssiRE, Asseoir : « nssiro la hujhèe, » la lessive. Assirc (s'), 
s'asseoir. *>. rï55/5-te-donc ! » 

Assoler, H. Tasser, alTerniirun sol, ou, comme nous disons, 
VHP sole. « o s'asso/era-i-axec le temps, » 

AssoTK. R. Rendu .sot par trop de faiblesse pour quelqu'un. 
Rabelais dit assofi. Le français a suivi notre patois. 

Ass<iTiNER, traiter de sot, trop habituellement. 

Assou M ER , A ssom m cr . 

AsTREr.or.UE, Astrolo^nie ; mais ne s'api>lique plus qu'aux. 
prë(lict.ions meti'orolof^iques : « il est boun (isirelofjue : 
quand o mouille , i' dit que j'havons de la plleue. » 

Atout, B, Coup, tai>e, soufîlet. 

Attaches, cordeaux, galons dos vêtements de femmes: «être 
ben atlachéCy B. » bien vêtue, bien épinglêe. 

Attendii.lon, Petit repas fx-jur attendre l'heure d'un autre : 
« Jh'ai pas déj'hùne ; j'he n'ai pris qu'in attendillon. » 

Attenî. Atteindre. « Peu pas zou atteiiit. » 

Atti.ner, Mettre des futailles sur leurs tins. (Marine) 

Atfureie, p. Lieu \)\i.nt" (VauMers, de saules. 

AI'bette, o. Commencoment de Taube. petit point du jour. 
« Se lever dès raj<^c'//c, » des le Patron Jacquet. (Voy.) 

AiRiER, H. (frnJhus.) Saule à feuilles d'osier. Employé par 
l^rnard Pali.ssy; con.servé par IL de La Touche. Le saule 
marseau s*? dit chez nous sonzey ou même sa.iKjhc (v. ces* 



A.XJ nj 

mots). Quanta ruiibicr, coïK'ho blanche dos tmncs d'ar- 
bres, nous rappelons aubour. 

AuBOUR, H. Aubier. 

AuBOURNK, ieni. Poisson ])lancbâtre , ((ilhnrnus). 

Alhughk, tÏMii. Terre blanche (nUnKju), par l'argile efTri- 
tée ou la marne qui en fait partie. 

Au dreit de. Voy. Droit. 

ArcHETTE, d'un moulin : Petite auge où tombe le grain de 
la trémie. 

Auoolmentp:r, Augmenter. Renversement de la prononcia- 
tion latine , aougrnentum. 

Au Heur, Au lieu. 

AuMEiN, au moins. It. al mono. 

Au.MÔUNE, Aumône. C'est un des mots ([ui subissent le plus de 
variantes en diverses langues : grec, Eleêniosijnè ; lat. 
Elceniosyna ; it. liniosina ; espagn. li)}iosna ; franc. 
aumône ; angl. abus. Et toutes ces mutations ou abré- 
viations sont légitimes "en philologie. 

AuMOÛNiER, R.^B. Qui fait libéralement l'aumône. 

AuMUSSE, Coup qui marque, surtout au visage. Allusion par 
antiphrase à la fouri'ure douillette des chanoines. 

Autant c'?/ip, B. Autant que. C me {comme) dans les com- 
paraisons, remplace que : « aussi bein cnie moi. » 

Autant vaut ! Exchimation : C'est t(nit comme si l'âne s'ê- 
tant accusé d'avoir mangé la paille (jui garnissait la galo- 
che de son maître : « autant vaut, s'écrie le renard, que 
le pied s'y fut trouvé ! » 

« La tendre chair eût été dévoice î » 

Fr. IIadert. 

Rude modèle de réquisitoire. 

Auteur, Cause, animée ou inanimée : « l'n'est pas venut, à 
l'auteur de ses occupations. <■< 01 est sa feignantisechi en 
est l'auteur. » 

Aut'fois, Autrefois, \oy.fois 

Autres (nous), vous Au'tres. O. Espagnolisme.* autres 
ajouté surabondamment à vous, nous. 



54 AV 

AvACiiKK, Avacliir. « Àcache?' soh soulier, reculer, abat- 
t!\' lo quartier. — S'arac/icr, devenir un pou vache ; se 
dit de (juel(|ues f(*mnies, à un certain âge. 

Av.viLiAhNs, V. Palourde de nier. V. lavagnons. 

AvALoiRE» Gosier. < Il at ine bêle avaloire, » dit-on d'un 
ivrogne ou d'un gounnand. 

Av.vNCE, Accélération, avancement. « La bêle avance ! » 
français. 

AvANcî, B. : Approcher. So présenter par force devant 
la justice : « tas bii\ dire, n'on t' Tra-t-aranci. » avan- 
city B. avancé. 

AvANGHER, R. .Avancer à la marche ou au travail. 
Avant, adverbe, 0. Auparavant. 

AwyT-rhUoitt 0. D. Petite vrille pour percer devant un 
clou. 

AxA'ST-z-yer, 0. Avant-hier. On dit aussi aranl-yer^ eu 
faisant y consonne, comme dans yole. 

Avec le verrou^ 0. Au verrou. 

Avenant, Agréable à l'œil, convenable, qui sied, qui plaît, 
courtois, affable : « aie est bein avenante. » V. Re- 
venir. 

AvENÎ, B. Convenir. « nareint pas. nm'aveint pas»; 
dans les deux sens : cela ne me sied pas, ou ne me plaît 
pas. 

Avéré (noix), Angleuse, difficile à extraire. Mot [)eut-être 
corrompu (ï avare. Aussi a-t-on dit avère , et plus tard 
avare commQXa Père étemel. A moins que ce dernier et 
impie proverl>e ne soit détourné de avare comme le père 
Israël. On connaît, disions-nous autrefois dans \ Union 
de Saintes, cet honnête modéré do la Bible, qui vendit si 
cher un plat de lentilles à son frère, un peu rouge peut- 
être, mais mourant de faim. 

AvEUGLLE, B. Aveugle. Aveugller, aveugler. 

k\\KY.-n\ouche (in). Un soufflet, ^rtout donné à revers. 
K.WKY.-Ynarion , idem. 



A.Y 55 

Avis (m'ost), r>. 11 mo semble, Vieux IVanrais, très usité 
eliez nous. 

AviSK, Instruit, intelligent. 

Aviser, I]. Regarder un peu, voir rai»i(lement. R. Régnier. 

Avocat, avocate. Fier, arrogant, })rés()in[»tueux. « Faut 
point tant faire soun avocat ! » quebiuefois : avoiwat. 

Avoine, Se prononce souvent f/iv>/;i(?, Goinme dans le vieux 
français B. Gaf/ncr Vavoino, \^. C'est, pour àne, cheval 
•ou mule, se rouler sur le dos d'un et d'autre côté. 

Avoir. Voy. l'introduction. 

AvoLUKR, Amender la terre. C'est pour avalucr, donner 
valeur. 

AvouRE, A cette heure. Mèzit avoure ^ m'est avis à cette 
heure. Vov. Mèzit. 

A vous ! Se dit seul par ahrêviation de : à vous, bonjour! 
A vous donc ! idem. 

AvY, Peut-être du lat. avis, oiseau ; commune hocagére de 
l'arrondissement de Saintes, canton de Pons. — Habi- 
tants ? 

AxcEPTÉ, Excepté. 

Ayet. Aguet. à l' ai/et de... à l'affût. Angl u:ait. 

Ayilonneu, B. id, et Guilanné (voy. ce mot dans le Glos- 
saire du centre, pour la chanson popidaire, dont il donne 
quelrpies couplets, d'après M. Rathery). Ailleurs (iuil- 
tonnée ; chez nous finalement, et par extrême corruption: 
Ayitton 7ieu, aiguillon neuf. Nous avons encore vu dans 
notre enfance d'autres enfants de village se pi'omener, 
le jour des Rois, de porte en porte, avec un aiguillon de 
bois tout neuf, dans lequel ils eml)rochaient les couennes 
de lard qui leur étaient données. Ils quêtaient aussi de la 
graisse et des œufs pour VayiHon neu, afin de faire des 
crêpes et de se réjouir, sans se douter qu'ils célébraient 
une fête druidique bien antique et bien mystérieuse. En 
effet, le cri ancien était-il au guy l'an neuf ! ou son 
équivalent, comme on l'a cru jusqu'à nos jours, ou bien 
Eghin an eit, le blé naît, la vie ressuscite, l'humanité 
n'est pas abandonnée ? Cette dernière explication, qui est 



la plus probable, forait romontor co rite paiilois jusqu'aux 
fêtes plu nioionnes de la niortetdela rêsurrecliou d'Adonis 
(a(io)ia'f\ le Seijrnour): trois jours de deuil, après lesquels 
les daines s'envoyaient nuitudlenient des pots de blé vert, 
on grande consolation, et réjouissance. La Pàque juive et 
chrétienne n'a nullement brisé avec ces primitives et naï- 
ves ti'ailitions. Nous donnerons, s'il y a place ù la fin du 
dictionnaire une chanson moderne là-dessus. 



Ayillon, Aii^uillon. du latin acutus, aigu; du grec, akc 
pointe. 

Ayulle. Aipiille. B. ayulle de charrette, le timon. 

Ayuser, Aiguiser. 

AzERT, et Lazert. Lézard, du latin lacerta, ou lacertus. 

Nunc viridos ctiam occultant spinota lacerfos. 

(VlTlG.) 

Lo vert l«''i^ard ec cache au huilier lo plus sombre. 



13A. 57 



B 



D- comme dans le Borry, ne se prononce pas cliez nous 
dans les mots 7iobsl a nt (pour non obstant), obstiné. 
Use substitue au M dans bontrer (pour montrer) ; — 
(même en français : flambant, pour flanmiant) ; — au 
P, dans accoubller, dube (pour huppe) ; au V, dans 
bit on y biraiid, etc. 

B (marqué au). Bossu, borgne ou boiteux. Suspect de malice 
et même de méchanceté ; ce qui ne serait pas étrange, vu 
les sottes plaisanteries auxquelles sont exposés, enfants, 
ces disgraciés de la nature. 

Bara, ou BÉBÉ, Terme de nourrice pour dire saleté. Dimi- 
nutif de caca. (Aujourd'hui en français, bébé, de l'anglais, 
baby, signifie petit enfant ; et baba, une sorte de pâtisse- 
rie. tempora ! ) 

Baheluciie, et Babehichon; I> : Bobeluclie ; petit insecte 
ou fétu, grain de poussière, atome quelconcpie qui fait 
tache ou nuisance. Diminutifs de Baba, au moyen des 
terminaisons italiennes iiccio, uccione. 

Babet, Elisabeth. 

Babouin, Mot français, en d'autres sens ; chez nous, spécia- 
lement, un mannequin pour servir d'épouvantail. A. De là, 
eoibabouiné , mal fagoté dans .^^es habits : « la v'ià cm- 
habouinée c'me in babouin dans les cherves (chanvres). 
Dérive toujours de Baba, qui pourrait bien, ainsi que 
bobo, être parent de l'hébreu ABOBOUT, ulcère, vilain 
mal. 

Babines, O. R. Lèvre inférifMire et ses dépendances ou ses 
ressemblances. Du lat. Labium : L adouci en 1>. 

Bachule, I)ascule : baçhulcr, basculer. Mot composé: 
bas-culer. Au .«^ens actif c'est berner, faire sauter à quatre 



tlans uiif» coiivortuiv, comiiK» il advint à Sanclio Pança. 
Vil iHinimUit*. c'ost ùt» prtMidiv un homnii» à doux, l'un 
sous les aisstdles, l'autre sous les jarrets, et de l'élever et 
abaisser ainsi plusieurs fois en criant j7hu(* JJioiU, 
(sn.giii italien). Cela S(» fait niènie aux jeunes filles, dans 
les fêtes de noces et de vendanges, mais avec décence, en 
tout bien et tout honneur. 

IlvDERET, B et R: (nom de la femme de Gar«j^antua), qui 
ouvre bêtement le bec, qui baye aux corneilles : « ar'ez ! 
çheu grand Bndchet ! » 

B.\DER, Entrouvrir. B : l)avarder. C'est de Tital. hadare, 
attendre, d'où badaud, (jui attend, bouche béante. 
Badcr signifie aussi attendre, en Saintonge : « que 
bades-tu là ^ » 

Comme en Berry, nous avions croyance au loup neuf 
jours badè et neuf jours barré, c'est-à-dire ayant la 
gueule neuf jours ouverte et neuf jours fermée. 

Baderole, J. féminin de Badebet, ou de badaud. 

Badigoines, et Badigoinces, R. Terme dérisoire pour dire 
mâchoires ou gencives qui badenty grande bouche 
goulue. 

Bagaghe, Canaille, tas ([e pas grand chose. 

Bague a signifié primitivement effets de corps et provi- 
sions; témoin la formule : vie et bagues sauves. C'est du 
celtobreton bag. bateau (bac) eibngad, batelée. De là les 
bagages d'une armée, et les gens de peu de valeur qui 
s'y tiennent cachés. A. En Saintonge : « ol est dau 
bagagfie, » est une terrible sentence. Bague, dans sa 
situation actuelle et propre, est une réduction bien consi- 
dérable des bagues d'autrefois. 

Bagou ; B. pour Bagoul et bagoull, qui se disent quelque- 
fois. Bavardage importun, avec l'air important; langage 
de basse goule, indi.scrète, impudente. 

Baillarghe, 0. B. Orge distique. Angl. Barley, orge. Du 
grec Blastos agrios, blé sauvage. 

Baille (in) pour une baille. Dimin. in baillot, de bailler? 

Bailler, B. R. Donner. YwinvjJie Ja'rcr/, pour je baillerai. 
Ancien français, que dis-je? ancien chaldéen et hébreu: 



BAAL, BEL, maître, soi^aieur. Dieu. De là b<dl et hailhj, 
balise et baliveau, etc. 

On se figure que la pie, qu'on appelle aj/iace, qui est 
voleuse et avare, n'a j^uère d'autres expressions que celle- 
ci : baille, baille, ^«iV/^?; c'est tout son vocabulaire. Oi', 
nn jour, il y a l)ien longtemps, bien hmgtemps, elle serrait 
des gerbes de blé, de compte à demi avec le coucou. La 
pie laisait le gerbier, le coucou ai)portait les gerbes ; 
baille, baille, baille! criait toujours la pie ; le pauvre 
coucou s'ébaffait à charrier. Epuisé enfin, réduit à une 
maigreur proverbiale, il renonça pour toujours à une 
si décevante association. C'est depuis ce temps-là qu'on ne 
voit plus de coucous en Saintonge, du moment qu'il y a 
des gerbes dans les champs. 

Baiser, (prononcez Bèser), Cohabiter sexuellement, selon le 
grec baine. Le baiser des lèwes se dit biser, bis^tfe et 
eïiibvassade ; échange de sens qui a aussi lieu en français 
pour eyiiJ)rassei'. Il existe près de Cemozac un groupe de 
moulins à vent et un joh bosquet dont le lieu-dit est 
La Bisetlerie. (Voy. biser.) 

Ba.ih-à-tout, m. et fém. Brûleur ou brûleuse d'ouvrage. 
Ital. basta à tutto? 

Bal, Danse locale à deux, sorte de valse à deux temps vifs. 
Air sur lequel va cette danse. Du grec balle, jette (les 
pieds). Nous avons des bals (airs de bal) très originaux de 
chant et de paroles ; nous voudrions pouvoir les noter en 
chiffres à la fin du Dictionnaire. 

Balan, B. et marine : Balancement , effet que le balancement 
prépare : « prendre son balan (son élan,) » « avoir dau 
balan. » Au moral, incertitude, hésitation : « être en 
balan. » Du lat bilanx, double plateau, d'où balance. 
— v< P'r in balan » pour une fois. — « Grand balan et 
petit cot. » Ce que La P^ontaine dit : « Tout père frappe à 
côté. » 

Balandr V ; français Balandran ; La Fontaine a dit balan- 
clras. Grande casaque ou manteau que Von jet le (en grec 
balein) par dessus l'homme, eu grec, andra. 

Balanzac, Commune de l'arrondissement de Saintes. Ce 
nom de lieu, comme une infinité d'autres, a pour finale 
ac, demeure, en basque, eu celtique, et peut-être en latin, 



60 ll.V 

par !(' iviivei^somcnt rasa, racino de Jiauso et de hauss, 
en aiijxlais et en allen)an d, sii^nitiant maison. — Habitants : 
Balanzacais-aise. Ainsi de tous les noms de lieu en ac, à 
moins (jue nous ne manjuions une exception. 

Bai.asse, français et luTrichon : Couclie de bàle d'avoine — 
méchante couche. — Dimin. balasson, selle grossière 
pour les mulets. 

KvLER, B. Surnajrer, flotter. Apocope do balancer. « Des 
maisons çhi balant sur Tève ; des navires. 

Ou < nos châteaux ailés qui volent sur les eaux. 

Voltaire. 

Bai.erit, La cresserelle ou épervier criard; peut-<^tre de ce 
qu'il baie très bien en l'air ^ set (sec) c'me in Balerit » ; 
comparaison proverbiale. 

Balet, B. 0. Hangard rustique. Du celtique Hall (anglais), 
d'où nous avons fait Jialle, salle, salon, et peut-être 
hallier. 

Balier, b. 0. Et vieux français : plus doux et même sens 
que balai/er. Du f^rec balle, jette. 

Balicur, Balieiises, BaliureSy balayeur, balayeuse, 
balayures. 

Balise, (Marine) : Poteau indicateur d'une passe, d'un che- 
nal. Chez nous, arbre laissé ou plauté pour marquer une 
limite, une devise (division). Yoy. Bailler. 

Balot, Dulat. bassurn labium, basse lèvre, lèvre inférieu- 
re ; grosse lèvre en général. En vieux français bauliè- 
rre. « Ay aussy ouy dire que, depuis ([u"\\ (^ai7it-Loiiis) 
fut retourné d'outre-mer, durant que j'étois à Joinville 
allé, il avoit faict brusler et marquer à fer cliault le neys 
et la baulièvre d'un bourgeois de Paris, pour un bla- 
phème (blasphème) qu'il avoit faict. » Joinville, vie de 
Saint-Louis. 

Baloth.\ge, Gens suspects : « ol est dau balotafjhe. » V. 
riieurrjheail 

Balue, J. ]>alise, baliveau têtard. 

Bamb<x'her, b. Se mettre en bœmboches, en pantoufïies, à 
son aise. Faire s(»s caravanes, s'abandonner au plaisir. 
Delà, bambocheur , et même bambocheuse. 



Tî.V 61 

BAMBoriiKS, 0. Pour luihouches, pnntoufllos du Lo\ant. 

Banastes, g. Ranastkks, R. Fraru;. : lîpnâtes, paniers ju- 
meaux, qui s'a(lai»t(>nt do chaque côté du hàt sur une })ête 
de scnniie. 'Sloi espagnol, venant du celt. Ucnn, qui était 
un cliarriot en osier, et même toute sorte de tissu d'osier. 
Il y a de ces paniers qui sont carrés, d'autres faits en 
côte de melon. Voy. Benaton, Bouteilles, Gourhillon. 
{Boin a donné en français et à d'auti-es lanj^aies, Banne, 
])ande, bandière, bannière, bandit, banni , })annett(?, van, 
ca-ban et leurs analogues). 

Banc de bouclier, O. ou de marchand forain : Etal, Etalage. 

Banthe, Argile disposée })ar bancs, stratifiée, dit le néo- 
grec. 

Bande de roue, partie du cercle de fpr (aujourd'hui d'une 
seule pièce) qui entourait les jantes. 

Bani.in, (Banne de lin) ; franc. mf)ins exact, Balin ; gros 
linceul ou drap de lit ; servait aussi de rideaux. 

Banlinêe, Ce que peut contenir de grain ou de foin un 
ban lin. 

Banliner, quehiu'un, Le secouer djins ses draps pour le faire 
sortir du lit, presque le berner (lienner?) — Se banliner^ 
au contraire, se tourner et retourner à son aise dans son 
lit de paresseux. 

B.\NNE ou Panne, Fanon des bœufs. Racine Benn ; ( mais 
le Languedocien bane pour corne, doit venir de ^9e?î?z, 
tète.) 

Baptême, B. On ne compare jamais un c/??'c7zen (un homme 
ou une femme) à une bète, que l'on n'intercale : sans 
comparaison ; sous-entendu du St-Bajytême. On dit 
aussi : sauf le baj^iênie. 

Baquer, B. Baqiieter, (ne pas confondre avec banqueter), 
se dit des bestiaux qui boivent dans un baquet de l'eau 
mêlée de son ou d'autre médicament. 

Baragouane, ou Baragane, J. Porreau sauvage. 

Barat, Tricherie, tromperie au jeu. D'où Barater, R. et le 
franc. Baraterie. Du celto-breton, barad, trahison. A 
rapprocher peut-être de l'hébreu BRD, grêle, d'autant 



62 15 A 

iiiieux qiio hàr en bivtoii veut dire ondée violente et 
accès. 

Nous avons encore vu dans notre enfance une trace de 
la coutume antique, connue depuis, de cracher dans son 
sein pour abjurer quelque chose. Voy. Ovide et TihuUe. 
(^)uand un de nos camarades avait triché et qu'il en avait 
la honte, nous lui disions : Kh ! bien, crache barat ! et il 
crachait à terre, pour al>jurer sa tromperie et y renoncer 
dans lavenir. 

Hakaton, Froissart : lîaratier, tricheur. Se ti'ouve comme 
nom propre. 

Barrarin, ine, Mouton ou brebis à qui l'on a coupé les 
oreilles. Etvm ? 

Barre, B. Moisissure. « Çheu f'rmaghe a trop de hnrhe. » 
Barbe en barbe, face à face. « Se rencontrer barbe en 
barbe. » Barbe-sale, sol)riquet de quelq. chiens et de 
quelq. hommes. Barbe vient du celt. bar, homme, d'où 
baron, varon^ vir, etc., de l'hébr. BR. créer. 

Barrecane, Barbacane, bardecane. Meurtrière, fente 
aux nuirs des anciens châteaux par où on canardait 
reuuemi. 

Barriaire, J. Bréviaire, (abrégé, souvent long au dernier 
point ) . 

Barris, B. et Berbis ou b'rbis. Brebis, du lat. vervex, 
mouton, (sujet au vertige au tournis). 

Barbot, b. (bète barbue?) Tout insecte, mais surtout de la 
famille des carabes ou scarabées. D'où peut venir barbot, 
s'il ne vient pas de barbel 

Barrote, Sort jeté, ensorcellement : « Çhèle veille sorcière 
Ih a baillé sa barbote. » 

Barder, Barrer. La marine conserve Embarder. 

Bardis, *. Baradisse, de Barre ; français, mais en marine 
seulement. Cloi-son de chambre, surtout en bois. 

Bardrâ. Peut-être pour Bat draps. Battoir des laveuses 
de lessive. C'est un T en bois, d'une seule pièce , épais 
comme une planche et à aile- élargies. Voici un jeu de 
mots en énigme sur cet instrument : «< Si vous lavez 



(lavez) ne me le prêtez point ; si vous ne lavez pas, pré- 
tez-nie-loLi. » 

BARGUENÀ,-NrÀ, Petite berge de foin. 

Barne, J. Ailleurs, henieeX heurle, la berle, ])lante, siinn 
du celt. bêler, dit Lesson, qui signifiait cresson. 

Barnessart ou 5^rn^,Ç5a;v/, ancien logis près Gemozac. 
Signification : Grange à l'essarté, au défriché ; ou du bas- 
que Barnetche , maison dans un lieu creux. 

Barra, Barreau de chaise ou d'échelle. On dit aussi bâton 
etro/oH, et ralon. Yov. 

Barre, Sans rien ajouter , signifie barre de fer à faire des 
trous en terre, ou barre à barrer. On dit comme en 
Berry, la barre du cou pour la nuque : « se casser la 
barre du cou. » Du celt. Barr^ même sens que barre, 
et signifiant aussi homme. 

Barré. (Yov. Bader ). 

Barricoter, Barricader. 

Barrfcot ou Barriquot, Quartaut, diminutif quelconque 
de la Barrique ou futaille à Barre. 

Barzan, Commune de l'arrondissement de Saintes, dont la 
positi(m sur la Gironde et le nom nous offre de l'analogie 
avec le Nabarus d'Ausone. Habitants : Barzanais — aise. 

Bas (à), A. Pour à terre : « jeter à bas, » pour jeter bas. 
Du grec Bathos, fond, par l'italien basso. — Bas pour 
profond : « çheu poi (puits) n'est pasô«5 ; il a tant de pieds 
île bas. » 

Baselit, Origan (Lesson), (ocymum. Linnée). Le nom de 
cetteespèce de marjolaine signifie rogal. C'était en efiét le 
roi des parfums pour no^jhénes filles, dans le temps où, 
I)ar vieille habitude, on appliipiait le mot roi à ce qui 
était bon. 

BÀsr, Disparaître. Du grec basis départ, en latin evasio. 
« Il a bàsit », il a disparu, est le pur latin evasit. 

Bas-lieu, Pour banlieue (lieue sujette au ban du chef-lieu) 
méprise de terme partagée par plusieurs facteurs ruraux. 

Basse, B. P. Petite cuve portative, ovale d'un coté, plate 



CA AU 

(lo l'autre, ntln don poser (ItMix sur uiif^ hèio. de somme, 
pour voiturer de la vendante ou autre chose. En (niienne, 
ce sont des bastcs, ce (pii nous donne la vraie étyniologie, 
le grec hastazci)i, porter. 

Basse hklrk, Environ trois heures après midi. JJimite 
heure, environ neuf heures du matin. Cela rappelle la 
division du jour chez les Romains, qui l'avaient peut-être 
empruntée des bergers de l'Italie, pays de j)àturage, 
{Itdlos, veau.) En Saintcmge, quand ol est jJtaute Iieure» 
on ramène les bestiaux à l'ètable, non met en parc; et 
à Jfosse fn'iirr. on i-emet les bètes aux champs, non 
tfmrfie. 

Basskk, H. Bnssie, petite auge en pierre, contenant à peu 
j)rès une basse. 

Bassin (blond comme un), B. Sous entendu ; de cuivre. Se 
dit surtout des enfants. Le roman delà Rose emploie cette 
comparaison. 

Bassinet (cracher au), R. Fournir une contribution en 
argent, comme on mettait l'amorce à une arme, dans 
le temps des bassinets, que les capsules ont remplacés. 

Bassiot, Baquet. Diminutif de i^rt-ç-ç^?. Les paniers en plan- 
chettes des maçons, et, depuis plusieurs années, des 
vendangeurs, s'appellent chez nous des bassiots. 

Bassivail, J. Marmaille. De bas, d'où vassal, vavassal ; et 
en lierrv, vassive et vassiveau, brebis ou mouton 
d'un an. 

Baster, Suffire. Ancien français etitilien : bastare ; basta, 
il suffit, disent les Italiens : de là notre exclamation : 
hast! ou bah! que m'importe! basterat, cela portera. 
Du grec bastein, porter. 

Nous ne pensons pas que le prénom Bastion vienne de 
baster ; ce doit être une abréviation de Sébastien, véné- 
Hible, auguste ; comme Potion de Napoléon, et Colas 
de Nicolas. 

Bastille, F. O : Bastide, bâtiment, maison. Nom de 
localité. 

Bastringue est féminin en patois. Etymologie ? C'est peut- 
être un Xf'nwa d'argot. Nous le prenons en mauvaise part. 



15 A 05 

iiATÀ, lîiiteau. J : bateau, tandis (jne toutes les autres ter- 
minaisons tMwent devieuntMit ià. Du celto-breton bac. 
angl : buat, que nous prononçons bot. 

Bat-agheace (traquet) Pie-^rièclie. 

Bat-aigail y raine jaune ou [(renouille des prés. 
Bat-cuiœlte, c"est-à-dire bat-queue, hochequeue, ber- 
geronnette. — Femme svel te et gracieusement dê^^agée. 
Bat -parc (canard), canard domesti([ue commun. 

Batail, B. R. Battant de cloclie. 

Bataillon, adject. Querelleur. « Çheu drôle est-i' donc 
batailton ! » 

Bataisons, B. Souvent prononce bntesons, temps et action 
de battre le blé ; action non diminuée, mais temps h'utw 
abrégé par les machines à manège ou à vapeur, aujour- 
d'iiui généralement adoptées. 

BÂTISSE (ine), Un bâtiment, vieux ou neuf. « V'ià ine bêle 
bâtisse. » 

Battablle, Qui mérite d'être battu : « tu creis donc, chin 
d'enfant, que tu n'es pas battablle ! » 

Battis (terrain), Battise (terre), sol glaiseux ou argilo-sili- 
ceux, qui durcit sous la pluie, qui est, disons-nous, sujet 
à batteresse. — On dit d'une femme qui a un mari ])ru- 
tal ; « al est c'me la terre de Bllanzat, sujhette à batte- 
7 'es se. » 

Batterie, B. Accord des fléaux battant le Idé, et tom])ant 
chacun à son tour ; ce qui était bien mieux rhytbmé qu'en 
Guienue, ou cliaquecôté de la troupe fra})pait à la fuis; et 
ce qui valait inconqjarablement mieux qu'une Batterie de 
canons. 

Battre, B. Pris absolument, signifie battre le blé, le dc- 
pii^uer. 

Battresse ou bnfteresse. Action d'une pluie violente et 
surtout delà givle qui battent la sol et les récoltes. « y 
at oyut grand battresse. » Voyez Battis. 

Bauciies, Lieux incultes, terrains vagues. — Nom de plu- 
sieurs localités, où existent encore des ])i'uyères et des 
bois. 

Ce mot est remarnualde. 11 vient d'un radical du nord 

r>. 



(Voù l'aniîlais a tiré V\'((I/:, promenoir, et ha/k terrain 
laissé de côté par le labour, et aussi, silltm ( dernier sil- 
lon.) 

En ce dernier sens, nous avons haiichc ou ha^ighe, au 
singulier, point de départ ]K»ur tous les jeux d'action. 
« Avoir Y[G(\îihaughe,y> être solide à son poste. Banghor, 
mesurer. 

De là évidemment le français r'?/?/><7?^r/?er, dchaucJicr; 
la bauge du sanglier, et peut-être la Jauge. 

lUiDRER, etH«>ri)iiKR, Salir de bouc ou de bouze. De là, 
baudrous, et baudrousc, adjectifs. 

Baughe, Voy. bauc/ics. 

B.wyiE d'acio)', Se dit de l'instrument du dentiste qui guérit 
le mal en arrachant le membre ; méthode expéditive, mais 
trop primitive, et qui se civilisera. 

Baurre, Baurrer, Se dit au lieu de bourre, bourrer : et 
le nom est masc. « Dau baurre, » s'applique })articuliè- 
reraent à la couche de paille que l'on met dans les sabots. 
« Traiter c'me baurre de galoches, » expression de sou- 
vemin mépris. 

Bannie ou bourre, c'est le grec Pyrrhos, couleur 
de feu, parce que telle est ordinairement la couleur du 
poil de bœuf et de plusieurs autres bêtes, telles que la 
bourrique, en français, etperro, le chien, en espagnol. 
Le bourreau, l'homme rouge, et Burrhus et Pyrrhus^ 
hommes à cheveux rouges, et la danse Pyr)'}iique des 
anciens et la perruque des modernes n'ont pas d'autre 
étymologie. Enfin bourriquet et perroquet sont le même 
diminutif appliqué à deux animaux rougeâtres bien diffé- 
rents. Rosse, lui-même, de l'allemand ross, rouge (qui 
nous parait être la fin du mot Pyrrhos), vient très proba- 
blement de ce grand radical Jp/yr, le feu. En allemand, 
ross est un cheval plein de feu; en français, rosse, 
roussin, rossinante sont le contraire, étant pris en 
jnoquerie, comme il arrive à la plupart des mots traduits 
du langage d'yn peuple ennemi. 

Bavard, outre le sens fi-ançais signifie Menteur. Bâtardise, 
rnenterie. 

Bavasser, aucrm. de Bavarder. 



IJdo 



BAVors. Bavouse, 15. lijiveux, havouso. 

I5i:, B(î, Crid';^})!»^! pom* les brebis, en imitant leur bêlement, 
comme Agnelet, dimsV Avocat Paf/ieli)i. 

Bkhkr, B. Boiiv. en terme enfantin ; lat. bibcrc. l'^sjiagnol 
bcbcr. Yoy. Bubu. 

Bi-xiiÉ (œuf) B : J^V>^^t'//(' , pour l)ecqnetè, français bisclié, 
œuf couvé dont le petit poulet a conHnencé de briser la 
coquille avec son bec. 

Bêchée, B. et souvent Ucliôe, becquée. 

Bechoter, diminutif de Z/f^'cV/c/', travailler à la bèclie. Les 
diminutifs en o/c/' s'adaptent à une foule de verbes sain- 
};eais : HiangJieoler, bcvotcr, lirotcr, etc. 

Bedociie, et le diminutif Beim^iion, petites bèclies, ou plu- 
tôt petites?}? /'H -y r,v et marrocJions, à deux houes. Quant 
à bèchr, il vient du celtirpie ^/^r. 

Bedondaîne, R. augmentatif de Bedaine. 

]3egasse, BcM'casse. 

Begaudek, .1. Bégayer. 

BÉGUER, id. 

Bein, Bien ; se pi'ononce bin. Yoy. Bm. 

Beinfait, F. action l)ien laite. C'est souvent une ironie : on 
invitera l'auteur d'une maladresee à venir admirei' son 
beinfait. 

Beinprot", lîeaucoup, bien prou ; (\\\'\[\i. ]rrobp, assez: vieux 
français. ( )n dit encore peu ou jirou, et en faire son prou. 

Beintou, B. Bientôt. 

Belard, J. Bélier. 

Bêler, Bêler. Ironitpicment, crier, pleurer. 

BÊLESAMINE, (I)elle-Zamine .^ cherchant un .sens à défaut de 
rétymologie) Balsamine, du grec balle, lance (ta graine). 

Bélemicre (Peigner en), en marâtre : à rebours, »< en mon- 
tant en j'iiaut. » 

Belin, B.etB'Ri.iN, Bélier. — Ver qui se trouve dans les 
cerises. 



08 UlC 

Bklîtrk, fêm. Geôle mobile, eu forme de cloche, |)our tenir 
la volaille captive. Vov. Mue. 

Bkhirk. Bel huï/s, l)eîle porte, ou hcllp-vire, beau tour- 
nant? Commune (le l'arrondissenKMit (le Saintes, canton du 
Pons ; joli site sur la Seugne. — Ilaltitants ? 

Bkia^û, B: i?c'/o (bellots) , Terme mignard ytour appeler les 
pigt^ons. 

Bei.ouse, Vieux franc;, abrégé aujourd'hui en lîlouse, à la 
manière du patois. 

Belugher, eiB'lugher, Fourmiller — p<'1iller en bluettea. 
Delà langue d'O : /;oj</n/7<7, remuer vivement. lUucttos 
est pour boulugueltcs^ 0. étincelles, et sorte de danse. 

Belughiêre, J. Fourmilière. 

Ben, pron. B'n, bien. Bé devant une consonne : « ol est hé 
sûr. » 

Benaise, pron. benése, bien aise. Subst. enBerry, ainsi que 
benaiseté. 

Benasse, Terme de mépris, affecté, pour le bien, c'est-à-dire 
pour la propriété de la terre, le bien su})rème aux yeux 
des paysans, qui en furent si longtemps les esclaves. 
« Jh"ai p'rtantine goulée de benasse. » 

Benates est français. Yoy. Banastre. Mais il y a en lî. le 
dim. benaton. 

B'rheler, B : Dardeler, mot expressif : désirer avec tant 
d'ardeur que l'on est prêt à bêler, à crier, et que les 
lèvres tremblent. Voici un vieux quatrain : 

■ Tu vois quejh' sech', tu vois que jh' mêle, 
O furiicl' dure r'me in landier ! 
D'peux r tf'iiips qu'o y at que jh' te b'rbelc, 
N"a.s-tu donc rcn p'r nra[jacier ? > 

Berbis. B. Barbis, et souvent b'rbiSj brebis. C'est l'ancien 
francdiis et quasi le latin. Nous avons en chanson, ber- 
blette, qui est joli. 

Brceat", B'rrei\ Berceau, bercer. 

B'rchot, B'rchut, Brèche-dent, qui a brèche en sa den- 
ture. 

B'rchoter. 1p même que hechoter. Voy. 



llll 69 

B*RDADÂ,B. ON. Grand bruit, surtout d'une chose qui tombe. 

B'rdasse, Adj. des deux genres, brouillon, brouillonne; qui 
se donne beaucoup de mouvement pour rien. B^ rdassier, 
ière, id. 

B'rdasser, ON. Tracasser, ON. B : herlasser. 

B'rdindin, on. Son métallique, tintement. — B'rdinr^ner, 
faire un tel bruit. 

B'rdouner, B. on. Bourdonner, ON. 

B'rgau, b : Brigand, Burgau, escargot de mer. ( Gris et 
capuchonné, comme certains moines vêtus de bure. ) — 
Le blaireau, à cause de sa couleur. Lab' rgauderie, nom 
de localité, dans des landes, où il y avait des blaireaux. 
— Gros frelon noir. — Excroissance velue à l'églantier. 

B'rghe (ine) B : Braye, Une maquette à tiller le chanvre. 
Racine, broyer. 

B'rgher, tiller le chanvre, le mettre en fragments, appelés 
aigrettes. 

B'rgheon, Dim. àw\di\m Brève. Sillon plus court que les 
autres, ne pouvant aboutir aux cltaintres (Voir ce mot). 

B'rgheounée, Pièce de terre ou partie de pièce en ^V- 
gJieons. 

B'rgher, B'rghcrc, b'rghérie, berger, etc. deberg, mon- 
tagne, en allemand. 

B'rghère, b. Bergeronnette, oiseau, bat-couette. 

B'rlan, Berlan, jeu (allemand, ver-land ?) — Cancan. 

B'rlander, cancaner, ébruiter un scandale. 

B'rlière, a. Bélière en franc, l'anse d'une cloche ou d'une 
médaille ; chez nous, l'anse d'une basse ou d'une com- 
porte, Voj'. ces mots, et orlière. 

B'rlin, Pour beliHy bélier, et ver de cerise. 

B'rlue, Berlue. 

B'rlurons etB'rtusons, Menus restes de quelque chose, si 
petits, si atomiques qu'on a la berlue à les compter. 

Br'lusâ, nom de localité, et nom d'homme ; d'homme en 
mauvaise renommée, d'après le proverbe : < Fidèle c'me 



70 151^ 

J)')'/i(S(} (;hi voloii \c lard à son père. > Les voleurs 
essaient de donner la berlue. 

B'rluter, B. Scintiller de manière à èldouir, comme la lu- 
mière d'été sur certaines surfaces. — miroiter comme un 
rertet sur l'eau. — Papilloter, comme la neige tine, etc. 
Y. b'rtillcr. 

D'rnard, Le derrière, le cul. Du celt. Brenn, français Bran, 
son de farine et de scie, puis ordure. De là le nom dêfavo 
rable dequel([ues localités malsaines: La ]^renne, en Ber- 
rv, et peut-être la Bresse. Chez nous, on joue sur le nom 
d'iiomme Bernard (qui vient de bern, sommet, éléva- 
tion), et leconfondantavec Y :x\iive Bernard owB'rnard, 
on le dit en riant, « parent à tout le monde. » 

Berne, Se prend pour bermede chemin, et aussi pour berge 
de fleuve. Ce dernier est du celto-allemand berg, monta- 
gne, les deux autres du celto-breton bern , tas, sommité ; 
d'où la ville de Berne, en Suisse, et le liourg d't^pargnes, 
en Saintonge, (Es-bern, Es-pern). 

B'rnel'IL, Berneuil, berniculus , petite berne, petite êmi- 
nence. Commune de l'arrondissement de Saintes, canton 
de Gemozac. — Habitants : Berneuillais-aise. En plaisan- 
terie, Brneuillon-oune. 

B'rniques, En Berry, ce sont besicles (latin bis ociilus); 
Et là comme ici il pourrait être le mot besicles, mal pro- 
noncé. Chez nous, b'r nique n'e.st qu'adjectif, ainsi que son 
diminutif b'rniquet, b'rniquette, et signifie qui tracasse 
vivement, mais sans ordre ni attention et en faisant nom- 
bre de bévues. De là notre vei'be b'r7iiquer. 

B'rtau, Du latin Veru, broche, du celt, bir, flèche (vieux 
français, vireton) cheville plantée sur chaque bout du joug 
à lier les bœufs d'attelage. Dim. b'rtaiiquet, b'rdauquet, 
que l'on peut écrire b'rloquei, b'rdoquef, loquet, cla- 
vette, engin quelconque servant à fermer quelque chose, 
fût-ce les anciennes cliau.sses, à défaut de boutons. B^r- 
dav.quet est quasi d'une aussi grande ressource en patois 
que Machin ou Machine en français. 

B'rtaud, Nom pr. et nom du roitelet (Rob'rtaud). B'riau- 
derie^ nom de lieu. Viennent-ils de Berlh, brillant, com- 
me Berthe et Robert (rouge brillant), ou bien du breton 
herr, court ? berleaut^ courte langue; hrelunfjn. (vieux 



lil« 71 

fr. ])reliaigne) c.-à-d. herr-gana, courte à produire, fe- 
melle stérile; berr liurh convi cochon Jjl ai reau, et peut- 
être hurgau, (voy. ce mot), qui aurait donné sa couleur 
à la hure au lieu de la lui avoir prise. Ce qui nous fait op- 
ter pour cette dernière origine, c'est que lîertauder si- 
gnifie tondre ras , couper les cheveux court (et non pas 
inégalement.) « Ma fille, écrit la bretonne madame de 
Sévigné, qui vous a donc ainsi bertaudée ? » 

B'rtiller, B. Scintiller plus vivement encore que ce qui 
b'rlute, Ex. les étoiles. 

B'rton, B'rtoiiner, B. ON. Etincelle, étinceler. On joue 
sur ce mot quand le feu b'rtoune trop fort, en disant : 
«les b' rions battrant-ils les français?» D'autres fois 
l'on s'amuse à faire jaillir des b' rions, en répétant .' <^ au- 
tant d'p(,ulett à Pâques ! » 

B'RTRt:cni:, parole libre. 

B'rvagiie, Breuvage. Vieux français ; voy. Froissart. Par 
suite abrever. Les anglais, anciens normands, disent en- 
core bel' e rage. 

B'rzîlle ! Si la fileuse, aux veillées, ne dit pas vivement ce 
mot, quand son fuseau lui échappe, le garçon qui le dit 
avant elle a droit de ramasser le fuseau et d'embrasser la 
fileuse, 

« Cette paresseuse fille, 

Qui dort... etc. » V. Hugo. 

B'rziller, b. Bressiller, ON, Comme briser; rompre ou se 
rompre en très petits morceaux. 

Besson, Bessoinie et b'sson, b'ssoune, B. 0. Frère 
jumeau, sœur jumelle. Du lat. bis, deux fois ; comme 
^umean de gerninus, double. Dubartas cite les bessons 
de JDèle (Delos). George Sand, plus heureuse dans la 
Petile Fadelte, célèbre deux bessons. 

Besq, P. Gui. Lat. viscus. 

Bet, Bec, mot gaulois. Nous gardons néanmoins bêchée et 
ab' cher. Bel d' osa, bec d'oiseau, sorte de raisin blanc. 
— betdejhor (bec d'oie) coquillage bivalve, espèce de 
palourde marine dont le pied sort comme un petit bec 
d'oie. 



4 ^ 



2 15 î: 



et Palissy emploient beste en ce sens. 

BÉTES, Au pluriel, se dit pour toute espèce de bêtiiil, bœufs, 
clievaux, brebis, etc. 

Houn' nv^TP. (lisc7,-mo pVquoi 
Çlieu nionsiou fait poure à non bétcs? 
— A' c'rjrniant l<*s habits d' fêtes : 
Al" aviuU nieis d'esprit <iu' toi. 

Brtc à chafi^rin, B. Animal domestique peu docile et 
fâcheux. S'appli<]ue quelquefois à la bourgJiooise. Com- 
bien les bretons sont plus galants ! chez eux maouez, la 
fennne, c'est réjouissante. Il est vrai que ce sont des 
marins. 

Bâte faraiiiinc, B. bête sauvage. Confusion de 
fai^ouche et de Varraine. (Voy. ce mot.) 

La male-bète,B: la Grand bête, la Ganipote. (Voy.) 
le loup-garou, le diable. En 1763, 4 et 5, la bête du 
Gêvaudan fut longtemps prise pour la male-bètc ; 
c'était un loup armé, dit-on, de quarante dents, qui fît 
beaucoup de ravages et effraya longtemps même les 
chasseure. 

BÉTiAiRE, Bétail. Bestiariura, basse latinité. 

Beide, Génisse, de bœuf. Diminutif : bcudiclio : P>erry. 
baudichc, moins bien dérivé. Beiidet, veau : diminutif : 
heudiclion. De là le verbe beudicïicr, vêler. 

Beugne, B. Gonflement à la suite d'un coup, surtout à la 
tète. Bigne, en vieux français. Villon. 

Belrbe et Bourbe, même effet plus fort. 

Bet'RGNE, Plus fort encore ; s'applique aux chaudrons bos- 
sues : tcms ces substantifs féminins, et l'adjectif français 
Borgne nous paraissent dérivés du celt. bern, élévation. 

Beurgner, Faire une beurgne. 

Beurl.w, laijy demeure, beur à beurre ? commune de l'ar- 
rondissement de Saintes, canton de Saint-Porchaire. 
Habitants ? 

Beurlet (in), Bourlet ou /r>u)Telet. 



«I 73 

Bevande (la), Boisson quelconque, autre (jue l'eau, en provi- 
sion pour le jour ou pour l'année. 

Rf.von's, Buvons. EnBerrv, boivons,([\\e Ronsard employait 
toujours : 

Boivons les oiules sacrées 

Consacrées 
Au Dieu qui nous poinct le cucur. 

Le Saintongeais se rajjporte à l'Ital. bever. 
Beyin, Ik'guin, coiffure d'enfant, du bec, qui bég(nje. 

Beyine, Petite javelle de sarment, représentant, d'une façon 
fort {^n'ossière, un enfant coiffé du béguin. 

Beyinée (Serpent), Couleuvre à collier, confondue à tort 
avec la vipère et très redoutée. « Méchant c'me ine ser- 
pent beyinèc. » 

Beyi.'t, Bégu. Pois bei/id, sorte de lupin. 

Bezot, b'zot. Terme de nourrice : ventre d'enfant. Diminu- 
tif de bedaine. 

Bià, Beau ; pluriel : bias. Mais le féminin est bêle, « La 
mariée est trop bêle, dit-on aux gens difficiles, o faut li 
coper le nez. » Berry et vieux français : biau. 

Br.\u, J. Vanne de moulin à eau ; pour biez, via. 

BiASSE, 0. Besace. 

Biber, « Bibor un œuf, c'est l'avaler tout cru, dit le voca- 
bulaire du lîerry. » Eh! bien, en Saintongeais, ^//>/er, 
c'est demander avec importunité ; guigner, guetter un 
objet de désir, pour l'avaler, en quelque sorte, de même. 
Que me bihes-Xw donc là ? Du latin bibcre, boire. En 
français : il la boit des yeux. 

Biche (Tète à). V. Tète. 

B[CHOUNER, Bichonner. 

BiDAiLLON, B. Méchant petit bidet. 

Biens (les), la Prestation en nature pour la réparation des 
chemins. Ne vient point du français bien, mais du grec 
baine, va, via. On a dit autrefois les bains, pour les 
bans. 



74 «I 

r.icAii., r.étail con.idi'iv comine objet de maquignonnage— ' 
L'acte de trafi([iier ainsi, de 

lîiCt.ULLER, B : B'gagor, qui donne l'étymologie, gage 
contre gage ; Limousin : higa. 

BiGAiLLON, Petit maquignon, qui higaUle. — iMoustique, 
bibion, cousin (petit bétail). Bigail se dit aussi en ce 
dernier sens. 

BiGHEARRE. Bizarre. Deux variantes de bigarré, deux fois 

varié. 
BiGHEARON, le même que Boughearon. Voy. 

BiGLLE, adj. Louche, bis oculus, double œil, double regard. 

BiGLLER, Loucher. — Fermer un œil pour viser. On dit 
aussi bicller. 

BiGNET, 0. Beignet. B : heugnet, heugnon. Zj. bignon, 
de baigner. 

BiGUENOCHER, Boîter, marcher difficilement. Bi-guenigher. 
Voy. Guenigher. 

BiGUENOCHON, Biguenoton, petit boiteux. Aller de Tjigue- 
nochon, en biguenochant. 

Bille, Bouture. Le vîme prend de Ijille. Bille, petit bâton 
dont le moissonneur se sert pour nouer le lien des'gerbes. 
Billot, petite bûchette ; de là le verbe billoter, briser en 
mille petits fragments. 

Billet, Très-usité dans cette locution : J/ie Ven donne 
(avec un mot plus énergique) mon billet. C'est une affir- 
mation solennelle : C^me si le notaire y avoit passé. 

Biner, Donner la deuxième façon à la vigne. Le mot est 
français ; mais une dérivation Saintongeaise, c'est le nom 
de l'ortolan, appelé chez nous binetil, comme s'il faisait 
toujours au vigneron cette question : bines-bines-bines- 
tu? à quoi l'on prétend qu'un bon Saintongeais du bon 
Dieu répondit une fois : « Non, mon p'tit osa, jhe bêche. » 
(Pour la première façon). — H y ^ eu la coiffure à la 
binetû. 

Bior, Butor, espèce de héron. « Brômer c'me in bior. ^ 

BiQUER. Diminutif de bisar, donner un baiser. B : bigcr, 
bichcr. 



lîl 75 

Biquette, Petit baiser. 

BiQUOT. Chevreau, petit delà bique. Français : biquet. 
BiQUOTTER, ^Mettre bas, en parlant de la chèvre, qui a géné- 
ralement deux petits : [bis, deux fois.) 

BiRAUD A. et Biy^ot, dimin. d'un mot libre (voir plus loin). 
« Mon petit biraud, » dit-on volontiers aux entants. 
Quanta Bu^ot/\\ est devenu un nom propre. (V.Cok- 
iiill. ) 

BiRBOQUKT, Pour]^Bii])oquet. La' bille" l'iré' effectivement. 
Nous verrons, au contraire, virehrequin pour vilbre- 
quin. 

BiRŒUiL, B. Louche, de vire-œil. 

BiROLET, Bistoquety diminutif de biraud : « in drôle de 
bistoquet ! » 

BiRON, D'un nom d'homme, viron, baron, brave. Commune 
de l'arrondissement de Saintes, canton de Pons. — Habi- 
tans : Birounais-aise. 

BiSAiGRE, Un peu aigre. 5/ semble être ici la particule bé, 
T/ié, qui détourne l'acception et signifie mal. 

Bise (ine),'un baiser. 

BiSER, Le même que biqiier. Il est aussi'ls'-ibstantif. 

BissAT, Bissac. Vov. Masse. 

Bisse, Le rouge-gorge, ymsse [ross, rouge) en Angoumois ; 
oiseau qui revient avec la bise ou vent de Nord-Est, en 
celtique bis. Aux écoles de village, la plupart des petits 
Saintongeais, quand ils récitent la première fable de La 
Fontaine ne manquent pas de dire : « quand la bisse fut 
venue, » au lieu de la bise ; ils pensent à l'oiseau et non 
pas au vent. 

Par une conséquence naturelle de langage, que les sa- 
vants ont voulu nommer catachrèse, on a la bisse, lors- 
qu'un vent froid vous fait venir une goutte d'eau au nez. 
Nos bons vignerons ne se doutent pas qu'ils ^font des ca- 
tachrèses. 

Bisquer. B. S'ennuyer, être contrarié. Parait venir du jeu 
de paume. 



lîL 



HîT, H. 1) pour \'. de cis, force, comme vir, homme par 
excellence. 

BiTON, B. Titre de qualité : « in bon hiton. * Du nom pré- 
cédent. — N. prop. Le verbe biter, se dit quelquefois. 

HLLANX(Tout à), lî. inondé, couvert d'eau. 

Bllan'c, B. 0. F. Monnaie ancienne : « six bllancs, » deux 
sous et demi. 

Bllanchard, B. I'>lanchàtre. Nom d'homme et nom de 
bœuf. Vov. au mot Nom. 

Bllancher, 0. Mégissier qui blanchît les peaux. 

Bllanxdurà, R. Blancdureau ; sorte de pomme dure et 
blanche. 

Bl.a>îzac, Chef-lieu de canton dansrAngoumois,adonné lieu 
au jeu de mots sur une femme battue : « a'semblle la terre 
de Bllanzat, aie est sujhette à battresse. » 

Blla-ye, La ville de Blaye, que les Parisiens disent Blaie, 
lat. El a via. 

Blleud'zî, b. Bleuir : interposition du dz roman, comme 
dans aplatzî et beaucoup d'autres. 

Bllonde, Molène, bouillon blanc. 

Bllouc (faire), ON. Jeter dans l'eau un corps lourd. — 
Plonger. 

Bllouquis, J. Plongeon, bruit de l'action de plonger. 

Bllut, Fera, bllue, B. 0, bleu, bleue. A. écrit ôluf. 
Dicton : « œils blhif, maison en brut (bruit). » En, qui 
se prononce encore u dans J Vu' eu, et dans tous les mots 
gascons, se prononçait de même dans bleu au xvr et au 
commencement du xvii^ siècle, où nos paysans demeurent. 

Blluter, Faire voir des bluettes, éblouir. 

BoDiciiE (Tout patin), famihérement (en mauvaise part) 
pèle-mèle, en grande liberté d'attouchements. 

BoEu' (Langue de). Vipérine dans le Berry ; sauge des prés, 
chez nous. 

« Laissez faire aux quatre Bœufs de devant! » Rabelais. 
Soyez tranquille ; comptez sur notre énergie. Proverbe. 
Chant de l'alouette, selon nos Gauloises : tant qu'elle 



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monte : « monte en sus, n'jhuroi'ai p*us ; monte en sus ne 
j'hurerai p'us. » Quand elle descend : « tête bleu, corbleu, 
morbleu ! quatre vaches ne valent pas mon l>œu. » Poul- 
ies noms de bœufs, voy. nom. 

BoGUET, Pour Boquet, écope de saunier ; passée en usage 
dans l'agriculture. 

lîoiRE sur telle ou telle chose. B. sur la sauge, sur des clous 
rouilles etc, etc., en prendre l'infusion. 

Ce verbe fait à l'imparfait :jhe hevis , au passé : jïiai 
^?/^ausubj. \ç\\xejhe hoijhe. Boit sans soi' (pron. 
houé sans soué), B. surnom d'ivrogne. 

Boire, subst. < dau boire, » de la piquette , de la boisson. 

BoiRiE, Profession de boire. Tous les verbes et plusieurs 
noms fournissent ainsi à volonté des dérivés substantifs : 
mangerie, louberie, etc, on en varie même les finales : 
Ex. : « ah ! (peste soit) de tes hoiries et de tes hoir an- 
ghes, et de tes hoiries étout ! » Quelle richesse d'idiome ! 

Bois (Porter bin son), B. Etre grande femme et cependant 
marcher droite et avec aisance. Pas indispensable de 
marcher droit. 

BoisiLLER, Habitant du pays bocage, par opposition à 
Cham panais. 

Boisson, Fém. B. Piquette, et particulièrement eau passée 
sur les rafties ou râpes. On en passait à plusieurs fois, ce 
qui donnait « de la première et delà seconde hoisson» ; à 
présent, on distille volontiers les raffl.es, pour en extraire 
de l'eau de vie. 

Boisson, masc. B. Buisson. « Battre les buissons p'r qu'in 
autre prenghe les merles, ouïes maries. » Rab. Proverbe. 

Boite, féminin [oi bref), qualités potables du vin ou de 
quelque 'ànivehoire : « il est de bonne hoite. » 

Boite, Ro. appât pour la pèche. Angl. hait, 

BoiTOÛ, Boitouse, boiteux, boiteuse. Boitouser, boîter. 

BÔMÎ, Vomir. 

Bon, féminin houne. « ^07i c'me dau bon pain. » « Çheul 
houme, ol est tout ce que n'on peut voir de bon. » B. 

Bon-Dieu (le), B. Ce nom réunit le Gofl du Nord (bon) et 



78 ï5<-> 

le Drus ou tJicos rie TOritMit (fondalour). C'est un des 
plus beaux noms de la Divinité. 

Bon de îS\)Uzille. amande de la noisette. * O faudr-oit me 
promettre bin des bons de nouzille! » Que d'innocence 
)iastorale dans ce vieux, très vieux mode de tentation ! ( )n 
devrait bien dire : « âge de Xouzille » an lieu « d'àged'or.» 

BoNF. r>. pour r>orne ; mais nous ne pensons pas que l'un 
vienne de l'autre. Il y a en grec bounos, tertre, élévation. 
Le lierry dit banc et bune, qui confirme notre étymo- 
logie. 

BoNER, B. borner. C'est de là que peut venir «abonnement.» 

BoNjnoi:R,B. Salut, avant midi. Après, c'est rigoureusement 
bonsoir. 

« Uni c*me honj](Oin\ » honnnesans façons. 

« Simplle c'me bonJ/toi(r,»dioHe facile àcomprendre. 

BoNTRER et Rebonircr, pour Montrer et remontrer, 11 
Vov. lettre B. 

Bord (courir le bon). Marine. Avoir bon vent, faire une 
bordée favorable. Par figure, faire la dél)auclie, se don- 
ner du bon temps, « courir la prétentaine, le guilledou. >♦ 

Bord de cou, Col de cbemise d'homme. 

Borde, 0. Arête des épis et des poissons. Ce n'est que dans 
l'épi que l'arête fait le bord. 

Bordée, .1. Marine. Vive réprimande. — Volée de coups. 

BoRDERiE, Petite métairie ; occupant le bord des grands 
domaines. 

BoRDiER, Cultivateur d'une borderie. — Nom propre. 

I^ORGLLE, Borgne. D*or/)î(5 peut-être, en transposant b. 

I^RRE, BÔRRîER, pour bourre, bourrier. Et borre est masc. 

Bo.scAiLLE, Boscaiilon, Diminutif de bossu, bo.ssue. 

Bosse, P. de marais, terme de saunier. La levée faite par 
.suite du creu.sement des oh^es et de^ Jas. La culture des 
bosses est un des profits du .saunier. 

Bossis, P. Longée (le bosses. 

Bot, b. Gros sabot sans garniture en cuir, plus usité en 



Limousin ({iren Saintongc (^n l'appcille en Limousin 
SKc/ia, du la t. socriis, comnie notro socqur ot, notre 
soucJie. Le J)ot doit être la vraie (jalochc, (jallicn, de 
nos vieux Gaulois ; c'est aussi le masculin de hotte, 
évidemment. 

Botte (avoir le diable en sa), être vif, éveillé et malin. Vn 
cordonnier doué de cette dernière qualité avait, dit-on, 
mis cela en rébus sur son enseigne : Uns ])otte d'où se 
montraient une femme, un singe et un se^sent. — Chère 
en botte se dit d'un tonneau dont les douvelles s'affaissent 
les unes sur les autres, faute de cercles. — D'une femme 
dont les jupes tombent, faute d'agraffes ou de cordons. — 
Ficelle à plusieurs torons. 

Lourde, Gonflé, bouffi ; du latin biicca, grosse bouche. 

BoiTAN, I>. même étymologie, selon nous. Gi'onderie vio- 
lente, bruit, vacaime, désordre. « A' vous Ui a poussé in 
boucan ! » Ce nom et le verbe boucaner, fumer, s'en- 
fumer, faire fumer, ce qui ne va guère sans gonflement de 
joue, bucca, existaient certainement avant qu'il y eût des 
boucaniers aux Antilles. 

[3oLXHE (Tomber de) à dents, sur le visage, la face à terre. 

Boucher de Bretagne, marchand de sardines et de mo- 
rue. 

BouçniN, J. Bouquis, qui se Jjouque, qui boude. Toujours 
hucca, la moue. 

BouciT, O.Dim. de bout. Il existe en languedocien un char- 
mant petit jeu de maman ou de nourrice que nous nous 
plaisons à recueiUir. La mère promène un doigt dans la 
main de l'enfant en disant : « Per aquello carreiretto 
(petit sentier, ou sillon) es passado la îebretto » (le petit 
lièvre, au fém.) puis prenant successivement les cinq pe- 
tits doigts, en commençant par le pouce, elle ajoute : 

« Aquel que la véset, (voici celui qui l'a vue) 
Aquel que la tuet. 

Aquel que l'espelet (qui l'a dépouillée) 

Aquel que l'enastet (l'a embrochée, astu) 

Et lou pichou, pichou que menavo l'asto (qui tournait la 

broche) cridavo : « coui ! coui ! un bouci per moun payri!» 

« un houci per moun payri î » un petit morceau pour mou 



«0 «o 

parrain. Et comme l'on teint, de manger le petit doigt, 
vous devinez les rires et le bonheur. 

lîoucLLE, l^oucle. Bouclier, l-.ouclor. 

H.>rcLLETTK, Petite boucle. — Petite bulle d'eau ou d'autre 
liquide. Il y a dans ce sens le verbe bouclleltcr . 

HouDE, P)0uderie. 

Bouder, Reculer, saigner du nez, refuser une entreprise ou 
un défi. 

BouDiNER, Pour badiner. Jeu de mots sur boudin. 
Poudingue, B. Vessie de porc. 

BouÉTE, P.. P)îte. Prononciation et ortho^^'aphe anciennes. 
Yoy. la satire Ménippée. 

BouFFAiLLEet Bouti faille, B. Mangeaille abondante. Goin- 
frerie. Occasion ou action de : 

Bouffer, B. B. Manger goulûment, à joues bouffantes. 

BouFFiN, liluet, centaurea cyanus. Flore de Lesson, 250. 
Nous n'hésitons pas à faire remonter bouffln au grec 
baphé, plutôt qu'au vieux nom français aubifoin, qui 
pourrait bien lui-même en dériver. Car, autrement, quel 
rap[)ort entre Y aube, le foin et le joli bouffln des champs? 
Tandis que le bleu du ciel a dû pai*aitre \diCOideur par ex- 
cellence. 

BouFFiOLE, Ampoule, bouffissure. 

lk)UGHEAR0N, Dimin. d'un vilain mot « Petit boughea- 
ron! » 

BouGHER, B. 0. Partir. S'emploie à l'actif et au réfléchi : 
« Boughe donc tes jliambes ! Boufjhe-ie donc ! » « Çhi 
de 7 n'en boughe 2, reste 5. » 

I>ouGHERiE, Pour bougie, dont la patrie originelle. Bougie 
en Afrique, est maintenant française. 

BouGNEAU, Quasi boue-eau, commune riveraine de la Seu- 
gne, arrondis, de Saintes, canton de Pons. Ce nom pcnir- 
rait être adouci de Bourgneau. V. Bourgne. Habi- 
tants ? 

BouGRAT, Bécasseau. 



lîO 81 

BouiL pour Doulilon : faire prendro un Loniî au pot. Cn 
iiomnio bouîl un bourbier li(iuiile, le jus du fumier, etc. ; 
honiUdrd (au^uientatif) <'st une oud<'e, une averse et 
nullement \m ])rouillar(l. 11 y a des localités dites le Bouil- 
lard et le Bouil. De là : 

Ebouillei\ écarl)ouiller. Onomatopées. 

BouiLLKE H. et quelquefois Bouillie, Buisson de bois ou de 
broussailles, cépées, jets formant sur la même souche 
comme un bouillonnement de végétation. Jolie figure, 
qu('l([uefois trop jolie. 11 y a plusieurs pièces de bois dites 
\\{)\s ([es. bon niées. Le diminutif est bouillon : « in bouil- 
lon d'érondes » (de nmces). Un dit aussi in bouillon da 
vent, pour un tourbillon. 

Bouillir, Ce ver])e fait au présent j/ie houille, B. « feire 
jyot-bouille Q\\<^em\A\e, » ménage commun. 

Bouillon, Au sens français : Bouillon d'onze heures. B. 
Poison, qui se donne plus facilement la nuit. — Boifillon 
poinlu, clystèrs. — Bouillon de mouclles, brouet: 
« o s'est en aie en bouillon de mouclles. » 

BouiNE (Mouche) et par corruption gouine (voir ce mot), 
monvhe bovine, jdate et tenace, qui s'attache aussi aux 
chiens. On l'appelle en ce cas rnoiœlie de clin. 

BouBK, Gonflé de boue claire ou de matière analogue. « Terre 
houhe ; figure boube. » 

Boule, adj. B : boule. Tout rond d'enflure, de graisse ou par 
maladie. *< Il est tout boule. » 

BouLÊME, Enflé et blême, œdémateux. 

Bouler B. Remuer en tout sens, rouler, surtout sous les 
pieds. — Agiter l'eau avec le bouloiir (bouille de pécheur) 
pour faire pi'endre le poisson dans les filets. 

BoulÉyer, b. Remuer ensemble, le sable et la chaux, par 
exemple, pour faire du mortier. 

BouLi-BouLA, Et boid-ci-hout-la, pêle-mêle. 

Bouloter, A'ivoter, faire un tout petit commerce, 

BouLOUR.B. Vov. boider. 



8-3 UO 

Boux, Bon devant imo voyelle ; féminin houne, W, 0. , * in 
bon vent : in bonn abrit. > — Etre dans ses bonnes, » en 
])onne disposition, de bonne humeur, en liants esprits, 
dit l'anglais. — Bonne pièce, (ironie), mauvais sujet. 
bonnes [///ens ! et bonnghens \ exclamation de bonne 
pitié. Bonnhonme, plante, espèce de marrube, et autres 
menthes. 

BouNTcnoN, bonnichonne, Dim. un peu ironique de bon. 
« 11 est bonnichon, » un peu bonnasse. 

BouNET, Bonnet. Cot de bonnet, bonnêtade (Montaigne). 
« V'Lîta fellaude bonne à marier : t'en auras des cot de 
bonnet ! » — Coup inoffensif : « Y sen étoune, ma foi 
guienne, c'me m âne d'in cot de bonnet ! » — 

BouNET de prêtre, fusain commun ; forme du fruit. — Yerpe 
agaric, champignon. 

BouQUER (se), R : bonqner. Bouder, faire la moue. 

Bouquet. B. Fleur, même une seule, mais cultivée. « Semer 
des bonqnet ; çliullit, ou gâter, des bonqnet. Toutes les 
autres petites plantes sont des herbes, ou de l'herbe collec- 
tivement. 

BouQUis, J. Le même que bonçhin, qui boude. Sur quoi ce 
dicton : « bouquis, boucard, veux-tu dau lard ? — Nenni, 
ma mère, ol est trop tard. Bouquis, boucard etc. » finale- 
ment : « veux-tu des cot d' bâton ? P*r in bouchin o n'est 
que trop bon. » Correcticni maternelleen chanson ; la meil- 
leure de toutes. 

Bourde. Etai , appui, béquille. A. dulat. fer ou même du 
grec Pli or ton, fardeau. 

Bourder, B : Bonrdir ; étaj-er, et aussi s'arrêter en chemin, 
parce qu'alors le colporteur appuie son fardeau sur son 
bâton ferré, sur sa bourde. 

Bourdouneau. b. Montant, en bois, d'un vantail de porte. 
Dimin. ou plutôt augmentatif de Bourde. — Border<3 lu 
d'imposition : « Msieu 1" Précepteur (quelquefois le Per- 
sécuteur, pour le Percepteur) v'iâ mon bourdouneau. » 

Bourdons (les trois) 0. Les trois belles étoiles du baudrier 
d'Urion, considérées comme les bâtons de pèlerin des troi.^ 



TÎO 83 

îY)/5 (lelanoël. Les habitants de ces soleils doivent rire 
de nous ! 

Bourg, B. Tout village ayant un clocher. Et en effet. Bourg 
vient par l'allemand herg, hurg, ou directement, du grec 
Pur g os, une tour. 

BouRGiTEOis, BouRGHEOiSE, (Habitant du Bourg), titre que 
donnent encore les domestiques et les colons à leurs maî- 
tres. 

BouRGHEON de laine. Flocon ; ressemblant en effet au bour- 
geon cotonneux de plusieurs plantes. « Bourgheon-ci, 
bourglieon-ià : Ma mère zou saurat jhâ. » Refrain de ber- 
gères. 

BouRGNAis, bovrnais, hourniô', B: Bornais. Ruche d'a- 
beille. On francise en bournier, pour faire le dicton : «En 
Février, èbrèche ( recueille le miel de) ton bournier. > Ce 
mot vient de 

BoT'RGNE, dimin. Bourgnon : Xasse en osier ou autre ma- 
tière analogue. Abrégé, selon nous, de ce qui est cabour- 
ne, caverneux. 

Bou'rie, Beuverie, nom de localité. 

BouRDixGUER (marine), Remuer pèle-mèle et rudement, 
mettre en désordre, confondre. 

BouROLE, Gros nœud à un arbi^e. — Petit tertre d'herbes 
gazonnantes dans un pré. — Elevure à la peau, soit par 
suite d'un coup, soit autrement. Voy. Bourridœ. 

BouRR AGITES, B. 0. Fagots de brins minces et feuillus, 
bourrées. 

BouRRASSER, Mal fagoter quelqu'un ou quelque chose ; lais- 
ser en désordre, comme un tas de bourrées. 

ViOYVxR'E.-coçJiin (des), B. Des haricots, 

BouRRi et Bourrin, B. Ane, l)ourriquet. 

BouRRrciiE, Non pas un panier à gibier, comme en français; 
mais une butte formée par les souches de carex, dans les 
znarais ; ce qui est bourru, de forme et de couleur d'âne ; 



^4 liO 

ou bien encore un ênonno nœud (]"arl>ro, une grosse 
hoiirole. 

BoiRRiN-BorRRA (Meitiv (luclquoclioso), le bourlinguer. 

BoTRRr (tout). A. Tout ])rut. — Bourru (viu), dur et rude 
au palais: vin trop nouvoau. 

Bourse de raisin; renv('lo)»po de la pulpe. 

Bourse de chenilles, B. leur nid. 

BouRSER, B. Faire la bourse, se gonfler. 

BousER, Fienter, en parlant des Lœufs, racine du mot. 

BoîsiN, B. Bruit confus de gens ivres. Mauvais lieu. De 
Tononiatopèe italienne Bussare, tapager. Ou terme de 
mépris, du mot bouse. 

BousiNER, Tromi)er : faire tomber dans la bouse. 

BousQUER, Rebuter, brusquer, blâmer rudement. Celt. 
bousca, s'agiter. 

Bout (de bout en ). B. d'un bout à l'autre. Changer 
bout Y<^^ bout. (Marine), sens devant derrière. Le ^yo?<^ 
du monde, l'intestin cœcum du porc; — impas.se dont il 
est difficile de sortir. 

Bouteilles, Doulde panier d'osier pour charger une bête de 
somme : 

4c Et l'autre, se fai.sant prier, 
Portoit, comme on dit les bouteilles. » 

Ce.st peut-être bien là le sens du comme on rJii de La 
Fontaine. Bouteille fournit le diminutif boutillon (B : 
bovteron), au lieu de bouteillon, qui se dit encore, et 
qui signifie un petit panier rond, couvert, que l'on porte à 
la main. C'est le fidèle compagnon de la ménagère en ses 
moindres excursions, jamais bien longues, comme le bâton 
l'est de son mari ; au point que nous avons un étrange 
proverbe : « Homme sans bâton, homme sans raison. > En 
effet, que faire sans bâton? se promener, flâner : c'est ce 
qup nos gens affairés ne comprennent pas. 

Quanta bouteille et bouteillon, dans notre sens, \h 
viennent probablement du celto-breton bo, bod{i\nQ. bud) 
paquet de feuilles, bouton : les bouteilles et boutillons 



1511 85 

sont faits souvent de visaiibe ou vigne sauvage, à peine 
effeuillée. 

BouTENAC, (Lieu où se tiennent des hœuts ?). Une des coni- 
inunes les plus fertiles et les mieux cultivées du canton de 
Cozes, arrondi^ssement de Saintes. 

Boiter, F. Pousser, en parlant des taupes, ùnve butte ou 
l/oiit. Ce verbe est utitê aussi au sens actif pour dire 
iitettre, comme dans le vieux l'ranrais ; « Boute zou ichi, 
honte zowMx. » « In /^oif/^^-tout-çlieure» (cîf //•<?), exprime 
on ne peut mieux un dissipateur. 

Bouton de roue, B. 0. Moyeu. — Bouton-c\, bouton-là. 
boute ton nez là ! » plaisanterie en gestes, dont le dernier 
abuse de Rabelais. — Bouton d'ur, B. renoncule jaune 
des prés. 

BouYER. B et R : Bo'îer, Bouvier. Nom propre très com- 
mun. 

BouYOLE, petite hourole (v.) ampoule, bouffissure. 

BouziN. BouziNER, YoY. Boushi, boiisiner. 

Boyard, P. Bard, civière à bras ; de feretruin, de Phor- 
ton ; ou du celtique har, barre. 

Braguette, Brayette. Dimimit. diebracca, braie, l'antique 
culotte gauloise : gens braccata, opi)0. à gens togata. 

Brailler, Crier ; onomat. française, mais qui, chez nous, 
s'applique spécialement au vagissement de l'enfance : « ma 
fille, va dire à ta fille que la tille de sa fille brailte » dicton 
de la bisaïeule qui voit trois générations. — Braillaud, 
petit oiseau de passage, qui se prend aux eoustilles (v.), 
sorte de mûrier gris. De là : Brait, et Eôrait, grand cri. 
V. s'ébraiter. 

Braiseau , Brasier. 

Bran, A. Son, soit de blé, soit de bois. D'où : B renée (v. ce 
mot). — Bran de Judas, (B. hren) des rousseurs au vi- 
sage. Locution tirée d'un absurde préjugé. 

Brandi une charrette, Lier le chartil à l'essieu. Y. Van- 
çllcr. 



80 1 {TT 

Brandit (Tout) lî. K. Molièro, Tout eiitioi' ot tout vêtir. 

« Dos manches où j'ontrorious tout brandits, toi et moi. » 

{Festin de Pierre. y 

Branghkole, Escarpolette, balanroire « à la hrantjlicole » 
peu solidement. — Se hran(jltcole)\ B : s<î brancillci\ 
se balancer. En Gascogne : câline et se câliner. 

Braque, adj. Bruscjuc, fantasque et mobile dans ses détermi- 
nations ; comme le chien braque probablement. 

Brasîère, Sorte de four de canipagne, pour faire cuire les 
choses à l'étouffée. Vov. câlin. 

Brasse de foin : 8 mètres cubes, l'ancienne toise. 

Brasser la salade; la tourner, ce qui ne se l'ait pourtant pas 
à tour de bras. 

Brebis comptée, le loup l'a mangée. 0. proverbe. 

Brèche, B. Rayon de mi(d. Espagn. hresca; de là : éhré- 
cher, ôter le miel des ruches. Voy. Bour<jnais. 

BuEGiiE. Voy. B'rfjhe 

Brenée, Pâtée pour les porcs, faite de bran, ou bren, 
c est-à-dire de son. De là : brener, foirer, et les adjectifs 
embrené, brenous; rapp. B'rnard. 

Brette, B. Petite vache, ou même petite femme bretonne. 

Breuil, Nom de li«u très répandu. Autrefois bois tailhs, 
broussailles; onom. à'où. efnbrouiller et Vital, imbro- 
glio. 

BRiniET, Breton ; nom des bœufs qui ont du blanc à la 
queue. Voy. les noms d'animaux, au mot nom. 

Bricoler, Chanceler, faire des S en marchant. Se dit aussi 
des chiens de chasse qui ne sont pas droits sur la voie. 
Ce mot, abrégé de hrise-col, vient des harnais que l'on 
met sur le cou des animaux et des hommes, et qui n'aident 
à marcher droit ni les uns ni les autres. 

Bricoli, pour Brocoli, sorte de chou-fleur pourpré. ItaL 
hrocco. 

Bride de galoche, la garniture, qui passe sur le pied. De 
l'anglo-baxon bridge , pont ? 



Brie (la), et, par corruption, Lahrit (comme ailleurs Albret 
pour l'arbret ou La leh/'cttc) nom de chien de berger, 
issu de la lîrie. 

Ijiue-sous-Mo rtagne , et mieux, sur-Mortaj^ne ; commune 
du canton de Cozes, arrondissement de Saintes. Ce nom, 
fort commun, indique un sol de Bri, ailleurs B/'ciie, et 
Broie, alluvions de mer. — Habitants ? 

Brigander, B. Faire le brij^^and, vagabonder. 

Brigue (il n'y en a), il n'y en a brhi, il n'y en a pas. 

Brin est souvent pris pour grain : « grous c'me in Tjrin 
d'mill. » 

Bringue, le même que brigue, diminutif de hrin ; menu 
fragment. « Mettre en bringues, B. (marine : brinde- 
zingue) briser, billot er (v. ce mot). Onomotapées. — 
Bi'ingailles, dépréciatif de bringues, broutilles, petits 
débris confus. 

Bringue, adj. Fille folâtre : « ine grande bringue. » 

Bringuer, Folâtrer ; jouer comme avec des bringues. 

Briquer, Paver de briques : « in couroir briqué. » 

Bris (Saint) des bois, commune du canton de Burie, arron- 
dissement de Saintes. 

Brisard, augm. de brie ou bri ; Argile très grasse, souvent 
rougeàtre ou jaune. — Nom de localité, par exemple entre 
Gemozac et Pons. — Nom d'homme. 

Brives, Commune du canton de Pons, arrondissement de 
Saintes. De bridge, un pont. — Habitants ? 

BR6(Onomat.) Petite charrette. D'où brouette. 

Broche, Aiguille à tricoter. — Sarment de vigne à planter. 
Del'ital : brocco {cerruccio ?) rejeton. 

Brocher. Tricoter. 

Brodé, Se prend en trèî?^ mauvaise part, d'après l'ital. brodo, 
houe (et brouet) J'ignore si tel a été le sens primitif du 
français brodé, mais chez nous, on dit « brodé de fagne 
(fange), » et même de pis. — Brodier, en normand, c'est 
le derrière. Yoy. Rabelais. 



88 l5Tf 

I>roisi:r, Pour broyor : ^v hroiscr do la s:ui (du ï>e!). » Ono- 
matopées. 

Bkomer, Bramer, inaisi applique aux. bœufs au lieu de beit- 
gler, iticujlcr, tKVjjir. 

Brondî, Drond'si et bronsî, 0. Gronder sourdement, com- 
me une pierre lancée en la tournant, ou comme la mer et 
le tonnerre lointain. Onom. 

Bronsek, ou Bronzer, se dit d'un A'ase au feu dont le li- 
(juide, en bouillant, surmonte les Ijords et s'épanche. 
Quelle périphrase ! Si la Dubarry eut été Sainton^^eoise, 
elle aurait dit, plus honnêtement à Louis XV : La France! 
l»rends donc garde : ton café bronze l Onom, probable- 
ment tirée du mot précédent. 

Brouasse, B. Grain de bruine, qui se prononçait hrouine, 
selon le \-à.i\xi p ruina, prouiua. On dit aussi Brouéc, B. 

Bkouasser, Brumer par raffales. On connaît la finale asser. 

Brouillis, Résultat d'une première distillation du vin, avant 
d'obtenir l'eau-de-yie, par l'ancienne fabrication en deux 
chauffes. 

Brousse, B : Brosse ; nom de lieu et d'homme. D'où Brous- 
sailles. Voy. Broche, pour létymologie. 

Bruchailles, Bruchailler, J. peut-être aussi bien dit que 
notre buchailles, buchailler, (V.) d'après le mot précé- 
dent. 

Bruêle, b : Bruère, Bruyère, et nom de lieu. Toujours 
broche. 

Brûle, Subst. maso. 0. nom du peuplier de pays. Etym. : 
Brîder. 

Brûle (Diab' me) î grand serment de vérité. 

Brûlée (donner une), une volée de coups: « jlie te f...icherai 
ine brûlée ([ue le feu-z-y prendrat. » 

Brûlot, Trou fait par le feu dans une étofie. Voy. Grillot. 

Bri'me (à la), pour à la brune, le soir : « de ser, à la brume, 
jli' érons voir ma brune. » La rime n'en souffre mie. 

Brun'sî, b. Brunir. Beaucoup de verbes en ir prennent s. 

BnusQ, R. qui casse brusqucnient : <'brusq c'mc dau buis; /> 



MU 80 

et le mot vunit de bn.rus, l)uis, ou de rusciis, houx, qui 
u'estpas brusque à rompre, mais à pi(|uer. 

Urct, B. lîruit, contestation, bagarre : « y aura dau hrul.* 

\^\:l^\5, Bobo, mots enfantins et pis qu'inutiles pour dire du 
mal. Le niauniau des villes ne vaut pas mieux. 

BuciiAiLLES, Brindilles, broutilles. Dépréciatif de bûche. 

Blciiailler, Faire fagot de broutilles, ramasser le bois mort- 
La huche de «t^ait ou bûche de Noël était célèbre à 
l'époque peu regrettable que ceux qui l'exploitaient appel- 
lent le bon vieux temps, où le peuple ne pouvait songer 
qu'à bien boire, s'il pouvait, les dimanches et fêtes, et à 
bien servir, tous les autres jours. La veille de Noël on 
choisissait une grosse bûche, qu'il fallait rouler au foyer 
avec des leviers de paille, et chaque fois qu'un levier cas- 
sait on buvait un coup. L'Eglise, habile à transiger avec 
ces idées, conmie arec celles de sortilèges et de miracles, 
en vint jusqu'à bénir ce tison de iiaii et à laisser atti'i- 
buer de la vertu à ces charbons que l'on gardait, ne plus 
ne moins que des reliques et avec des résultats tout sem- 
blables. 0. 

BuciiELiER, Bûcher, provision de bûches. Lieu où on les 
serre. 

BÛCHER, Cogner comme le bûcheron C'est le français de 
Froissart, qui écrit aussi Ouquer, «Le comte vint juscju'à 
la porte et fit buquer à grand coups. » Il s'ensuit pour évi- 
ter l'amphibologie, qu'un amas de bûches est, en Sainton- 
geais, non pas un bûcher, mais un buchelier. Bûcher 
pour battre est aussi du Berry. 

Bue, Buie, cruche à eau, petite buje. De là, Bvjhée, buée, 
lessive ; et bujJiour, cuvier à lessive, en bois, en pierre ou 
en terre cuite. En Berry, bujau, d'où sans doute, les 
noms livo^ves Bujaud, Bu {/eaud et autres semblables. 
Froissard dit buire. 

BuKFÀ ; En chanfroisant : Buf/au, soufflet de foyer. 

BuFFE (avoir la), la courte haleine, l'asthme. 

BuFFÉE, Elan de travail entre deux poses, entre deux mo- 
ments pris pour bu/fer, respirer : << n'en v'ià-t-assez p'r 
ine buffcc. >?■ 



90 1$IT 

Bi'FFER, Soutlior. hi hif/Ja, un soiifîlet. Ce n'était primi- 
tivement qniii tuà do seuil , (un tubo do sureau) puis 
un vieux canon de fusil, j)ar leciuel on sou filait soi-même 
le feu. en faisant nécessairement ^>o/^//*c/' ses joues. Plus 
tard, les braves auveri^'uats ont, mali^^'é le grand courroux 
des chiens, colporté dans les campagnes les soufliets arti- 
ficiels. 

BiFFET, C'est un bas d'armoire surmonté d'étagères ouver- 
tes, comme des ravons de bibliothèque, mais ayant cha- 
cune une tringle en avant, et sur lesquelles la ménagère 
étale de face, avec soin et symétrie, ses assiettes, ses plats, 
.ses saladiers, ses écuelles, en terre et en étain jadis, en 
faïence et en porcelaine aujourd'hui. On l'appelle aussi 
vaisselier. 

Bljil'INd'rie, Buanderie. 

BuJHÊE, B : buée, R. Lessive ; la huie y est nécessaire. 
« .\ssire (asseoir) la hujhèe. » 

Bljhour, B : Bujau, demi-francisé en hujoir ; jarre ou cu- 
vier en quoi s'assied et se coule la lessive. 

BuRGAUD, V. B'rgaii. 

BuRiE, Chef-lieu de canton de l'arrondissement de Sain- 
tes. De 

BuRON, (Auvergne), habitation, demeure ; d'où bureau, lo- 
cal et étoffe brunâtre, d'après la couleur des durons au- 
vergnats. « n'y at ni maison ni buron, * disons-nous 
en Saintonge, d'un lieu désert. Ce mot vient-il de huire, 
(lieu ou l'on boit) ou d'un bur (Pyrrhos) signifiant la 
couleur ? Voy. Burgaud et B'rgau. 

Bu'rot, Bu rotte, pour boufferot, boufferotte ; B : bu/ferot ; 
noix burette, noix creuse, dans laquelle on peut buffer. 
« Jhe n'en ba'ris (donnerais) pas ine noix burotte. » 

Busard, Mâle de la buse, dont la fiente est censée porter mal- 
heur ; on dit d'un homme à qui rien ne réussit qu'il « est 
battu de m... de busard. » 

Bussac, (demeure boisée) \ Château pittoresque et commune 
du canton nord de Saintes. 

Busqué, Vieux français, aujourd'hui bu?c. Soutien du 



13 L' 01 

husle des f(»niines. Aussi le patois confond busqué et 
buste et dit souvent l'uu pour l'autre : 

<i Diiio main je tins mon biisto ; 
Jhc t'en bu'iai sur les doi^^ts. » 

Cependant busqué vient de buscus, buis, et busle a 
une origine bien différente. 

Butin, B. Mobilier, avoir (|uelconque : « tout son butin. » 

Bi'TTER, B : Bruquer. Broncher, heurter du pied un obsta- 
cle. Ce mot a été français comme la plupart de nos mots 
patois. Scarron a dit : 

« Tout autant tle fois qu'il buttoit. 
Butter ou broncher, l'un vaut l'autic. » 



92 <-^^^ 



C 



C se change en / à la tin de certains mots : bel pour bec ; 
sat pour sac, etc. II. Nous Terrons, au contraire cl et û 
se changer en c (()) : 7iic pour ?z/f^ et pour 7iU. 

Cx, B. S'emploie comme un maudisson devant les adjectifs 
injurieux: « ça vihin! ça demounaire ! voyez donc le 
mau qu o fait î » Quelques cJianfi'oiseiirs disent ça pour 
il, au heu de o ; « ça pleut, ça vente fort. » 

Cauêciie, R\Cai'èche, Tête. Dérivé de cap : <^ met zou 
àdiïis Xj3icabèche! \\\q howwe cabêcJie. y> 

Cahillau (dau), delà morue fraîche. Inversion du mot bas- 
que Bakaillaue, morue ; ital. : bacala. D'où Bacalan, 
nom de faubourg à Blaye, à Bordeaux et probablement 
ailleurs. 

Cabillot (marine), Cheville qui servait au lieu de bouton 
pour tenir en place les guêtres et les hauts-de-cliausses de 
nos pères. De là un proverbe exprimant bien le désarroi : 
« Il a p'rdu ses cabillots. » On sait le triste état d'un 
homme dont le haid-de-chausses tombe. Ce dicton s'ap- 
plique aussi à la démence. 

Cabinet, B. 0. Armoire à deux battants ; demi-cabinet ^ à 
un seul. 

Cablle, Cable. En guise de poiason d'avril, le premier 
jour de ce mois, on envoyait quebjues niais (sans expé- 
rience, comme les poissons d'avril ([ui ne font que d'écloi'e) 
chercher par exeujple le cablle à tirer le Vient. Idem eu 
Berry. 

Cabochon, Petite caboche, clou à grosse tète, Rapp. ccf^ec/^e. 



Caiîos.se, D. O. Caboclio, pour los fers de cheval, pour les 
sabots. 

Caroîrne, Caverneux, creux et vide : « arl)rp, noix 
cnbournr. ^> 

Cap.rioi.k, pour Carriole, en ironie, connno lillUnril. pour 
tilburv. 

Cahrjt, Chevreau. « Sauter c'me in cahrit . » Jouer à cnclir- 
cahrit (B : cache-cahi) ou à cacfio-pouletle : se faire 
chercher tour à tour. Cabre pour chèvre est de la lancine 
d'oc; latin cabra, la sauva<5^e, diniin. capella. A la 
cachot (\ même jeu. 

Caca, fém. Terme de nourrice pour noix. — Masc. pour 
ordure, e^^t tout grec. 

Cacasser, Caqueter, en paidant des poulos, par exemple. 

Cachotier, ii'rc, B. Personne cacliée dans ses allures, 
mystérieuse. 

Cadahre, Cadavre; ce qui est tombé (caderr), mais pour se 
relever à l'instant sous d'autres combinaisons. C)n dira 
volontiers d'un homme sec, très vivant, mais peu ])eau : 
« quel ^n-and cadabre! » Berrv, cadàbe. 

Cadène, Grosse poutre qui soutient le 'plancher et relie les 
murs comme une chaîne, en lat. catena. 

Cadet, B. Le fiîspumé; ce qui demeure .souvent son pré- 
nom, comme dans le Midi, cadiche, cadirhon, cadi- 
r/^o î/?2 p. En général étaient rr/r/r'/.s ou cadetfcs tous les 
enfants après l'ainé ou l'aînée, qui seuls encore, dans 
nos campagnes, portent le nom de famille par excellence. 
Les autres en étaient déchus, cadebant, et des biens 
aussi qui suivaient le droit d'aînesse. 89 a l'elevé les 
cadets en tout genre : quel passe-droit ! quelle iniquité ! 
Et sait-on bien pourquoi l'aîné avait tant de privilèges? 
La coutume de Béaru l'explique naïvement : c'est que, 
d'après le Droit du seigneur (point d'histoire nié par 
mensonge), l'aîné pouvait être le fils des œuvres dudit 
seigneur! 

Cadut, Cadute, caduc, caduque ; triste, abattu, prêt à 
choir. 

Cafetier, ièrc. O. Homme ou femme tenant un café. 



\>4 eA 

.CAFir.NON, R. et RiTin^^no ; R : cscafiguou. Chausson. A la 
fonno d'un os(juif. scupha. 

CAFouKriiK, Vov. Qnd fourche. CAFoiiiniAT. Vov. Qua- 
fourchât. 

Cagnardier. r. Indolent vi casanier, comme nn chien 
paresseux. 

C.\GNE(la). L'apathie, le découragement. O : la flegme. 

Cagner (a bref), S'ennuyer, être vexé, conune un clnen à 
l'attache. 

Cagnot. O. Jeune chien. Cag noter, se dit de la chienne qui 
fait ses petits; mot qui manque dans la langue frança'.sc». 

Cagouet, B : mieux, Cacouot, car cela vient de couette. 
queue, avec l'augment. ca : R : cahuet. La nuque. 

Cagouilt-ard, Guignette à double crochet pour chercher les 
cagoui'ltes, ou escargots. Cagouillau, J : tèt d'escargot, 

Cagouille, r : cagoule, peut-être ancien gaulois: capu- 
chon ; tèt du colimaçon ou escargot; pris pour l'escargot 
lui-même. « Le tambour des cagouiltes, » le tonnerre. 

Caill. Coq de cailles. « Chaud c'me in coill, » se prend au 
propre et avec innocence, comme disait cette jeune fille : 
« Voyons donc que je touche cette caille; on dit que c'est 
si chaud ! » Mais le proverbe a un autre sens. 

CAiLLBrTE, Culbute. Vov. Porrce. 

Caill cadet. Le cri de la ciiille; ailleurs '.paie tes dettes! 

Caillmachâ (Chère en), tomber tout l'un sur l'autre, en tas 
de ruines. Origine peut-être de Galimatias. 

Cailletreau, Petit de la caille. En français cailleteau. 

C'aillfourciion et Cailîifourcîion. Califourchon. Serait 
mieux écrit quaillifourchon (de quatre, comme carre- 
four). 

Cala. Le crâne nu, du latin ealva.. ce qui est chauve. Le 
cala de Saint-Eutrope, à Saintes, a fait, dit-on, de gnmds 
mii-ncles, bien qu'enrliassé par un orfèvre huguenot. — 
Quartier de noix, cerneau, qui ne res.semble pas mal â un 
ceneau. 



Calandre, Xon pas l'alouottiN mais un nim-ior à quoiK^ 
roujîo et à {^'or^t' grise. Néanmoins le proverbe : « ('lian- 
ter c'nie in ('((/(nuire, » doit avoir trait à l'alouette ainsi 
nommée. 

Calé, B. Solide, fort, bien, mnni, bien prêt : « me v'iâ cal(\» 

Caler, O. Marine : couler, aller au fond de l'eau. Opposé : 
haï or. — Reculer, céder, ])aisser de prétention ou d<» 
force ; saccdler, se dit d'un temps noir qui disparaît ; 
« o va s\iccaler. » 

C-\LIN, Sultst. Etouffoire dé cuisinière. — Adj. !> : fainéant, 
pas grand chose, suspect même : « ol est d'au câline - 
(jhe ; » des gueux.. 

C.vLiN'E, B. Coiffe de nuit, ordinairement en molleton. Y. 
Cayenne, 

CÀLINKR, B. Fainéanter, gueuser et aussi cajoler. 

Calot, Sébille ou grande tass'^ (ressemblant â nn cftln) : 
faire son calot, faire sa part en cachette et plus que sa 
part. Dim. culoton. 

Calotte, B. R. Coup de la main sur la tète. D'où : cala- 
ter. B. 

Camarde (Xoix), grosse noix à coqne tendre, moins allon- 
gée, en effet, que les autres. — La camarde, la mort. 

Cambois, Cambouis. 

Camisard, Huguenot, protestant, depuis la guerre des Cé- 
vennes, qui se faisait souvent par camisades,(m attaques 
de nuit. 

Campagne (aller en), 0. en voyage. 

Camper, B. Appliquer ou jeter vivement : « elle lui a caviipè 
une tape : il Y^campèe là. » 

Camus : Un seigneur comme il n'y en a plus rencontre aune 
foire voisine d'Aunav un paysan comme il y en a encore; 
lequel avait le nez très court : D'où es-tu carniis ? — 
Jli' sens dau nai. Monsieur (du nez) ; Le seigneur com- 
prend du bourg d'Aunay, et ajoute : tiens, tu emporteras 
donc bien mes chapons. — Oi bein Monsieur. Le camus 
les prit et au lieu de les porter à Aunay les fit passer, dit- 
on. par sa bonne ville iXAngoulcme (en goule aime). 



uHi 



c.v 



Canachk (Dau), VolcV ilo canards sauvages. — Canards 
francs. 

C AN Aniiirn. Icnijï fusil pour tiror aux canards. 

C.ANAii.r.s. O. R. Gâteaux, sortes d'échaudcs. Châtaignes, en 
lîèarn. 

CANAn.ET. .T. Anneau on bois ((1(^ la forme d'une rannidr) 
adapté au bout fTiMie toib» do moulin â \oy\\ poui- la faire 
glisser le long du rôron, afin de la serrer ou de l'élondre. 
Ce sont des racages, chez les marins. 

C.\NF.roN, Caleç(^n, dim. dec/iaussc, qui vient lui-même do 
ea/.r. talon. 

Canes : « 11 est de l'ordre <l(^s rfrr,rs, sot et mèclianl : > pro- 
verbe qui n'est pas plus juste que les dictons contre 
l'âne. 

C.vNF.T, B. Caneton. « Etre mouillé, trempé c'me in ra- 
il et. 

Can?:tte, Sceau en forme d'œuf ; qui plonge bien, comme 
une cane. 

Ca>*evar, Canevas. Du grec Kfi,v,iahis, chanvre. 

Canne. <>. Roseau, nrundo donax. Primitif, le can, 
canal. A'ov. Saintes. 

Cannepetûire. Canon â vent, que se font les enfiints. 

C.\NTiNE, 0. Grande bouteille de verre garnie d'osier; dame- 
Jeanne. 

Canton. 0. La place principale dans les bourgades. It. 
canlo, côte? 

Canuciie, Dim. de chien, comme caniche. 

Cantle, Canelle de b.arrique ou de cuvier ; devrait s'écrire 
rannuJe. 

Cape, Ailleurs coiJYr \ l'antique mante à capur];on des 
Gauloi.se.s. 

Capî (se), B. Se tapir, se blottir, comme sous une cape. 

Capiot, J. Œufs de Pâques et autres provisions que l'on 
donne au sacristain dans sa touniée de cajdure. 



(\vi'(»N, l)v.>iL \{'iiir (!«' <li:ii»oii. Siguilio uiii<jU<Miieiit poltron, 
lâche. 

^"apouner, Faire le capon, refuser de se battre ou de sex- 
posor au p<mm1. 

rAi''TALNK, ( >. (marine, ancien français). Capitaine. 

Caitc IN (clieniise de), B. In vfi'i'e de vin pur. Les capucins 
ne se servent pas d'autre clieuiise. 

Capit, adj. Se dit d'un chou cal)us, d'un arbre tètaud. 

Carabis, Favoris, la barbe de-s joues. Du «;ree A7/;rf,téte(??') 
ou peut-être de sarrasin, connue le mot suivant : 

Carahin, r.. r.lênoir. blé sa/'/'azin ; /hfjojji/rujji. 

(\\R(;iM:ii, Calciner. 

Careiuînk. Carogne. dans \o sens injuri/nix de Mohère. 

i'ARKiiL, Cileil ; voyez cIiarruiL 

CARF.riLKoN, Fnfant (pii a h^s ycu.v 

Careuillous, C*est-à-diiv chassieux, chargés de cire, ou 
comiine un eareuil. 

Cargter (se) en arrière, Se pencher. 

Carmk. Carnior : Calme, cahuei'. Fn l»on forain vous dii'a : 
<^ o y at dau carino aueut dans h-'s alVeire-s. » Kt il dira plus 
vrai qu"il ne pcns(\ 

Carnaval (le) ( >. Le mardi gras. 

(■ARNE, ]'>. Déprèciatif de ^iande, carne hl ; « grand man- 
gheour de carne. » 

Carnioi.es, Sortes d'agarics édules qui viennent au pied des 
panicauts. Près d^'s ormeaux, ce sont des ouino'olcs. \ . 

Carot. diniin. C'^'/^o/o??, Petite sébile en terre cuite, tasse .sans 
(pieue ni anses. < > : carotfp, mie terrine : « carotte de 
graisse. » (xHiantà la locution vulgaire : « tinn* une cn- 
rotlo à quelqu'un, » le ti'omper, elle nous paraît //Vr^V» des 
charlatans et sorciers, (pii piëtendent faire sortir du coî ps 
de laurs malades des crapauds, des serpents, des éjre- 
vi.sses et toutes sortes de plantes. 

CARpRE(in), une Carpe. Dimin. carfirnan. 



98 * e.v 

Garqi KLiN, (petit carcan), Échaiule en anneau: granJo ca- 

naule. 
Carqiim.on, Petit carqucUn. — Quartiers de pommes 

secs ? 

Carra, Carreau ; serait mieux (Vrit (luarreau. 

Carrk, B. Non seulement le qunrrè géométrique, mais tout 
prisme à quatre côtés, dont chaque côté se dit/>j(? quarra. 
— Oreiller, H. 

Carreai- de jardin, O. Une planche de jardin. — Le fer à 
repasser des tailleurs. — Centième partie (\\\ Journal, 
mesure agraire. 

Carrelet, Règle d'écolier, en prisme à quatre côtés. 

Cartagiier, V. QuartngJtcr. 

Cartière, V. Quart ière. 

Carville (pomme), Pomme Calville, c.-à-d. de Calvdle. 

Cas (être dans le), B. Etre capable, soit en bien, soit en mal ; 
* 11 est dans le cas de zou teirec'me i'zou dit. » — ^ Ne 
feire pus cas de soi, B. Perdre espoir, dans une maladie. 

Cascarinettes, Castagnettes. 

Cassard, p. augmentatif de 

Casse, Flaque d'eau. — Casse à fîen, fosse à fumier. — La 
casse, en cuisine, la lèchefrite. 

Casse-museau, B. R. Par antiphrase, sorte d'échaudé à la 
crème. 

Cassine, b. R. Petite etmauvai.se maison. Détourné du sens 
dp rit. casino, dont le masc. casino signitie lieu de ré- 
i'juissance. 

Casson (in), l'n tesson. 

Cassotte, (petite casse). Godet pour prendre de Feau du 
seau. Ils ont fait là-dessus une énigme burlesque : « çhi 
est-o çhi monte sus sa mère p'r pissrr ? » 

Cassouil, Dimin. decr/.s.ç<?, flaque d'eau. Voy. gassouiller. 

Cassounade et casfonade, Cassonade. 

Castain, Châtain. Nom «hi bœuf ; fém, r-astine. 



Castillk, 1]. Querelle. •< .lli'aiirons castille î » Est-ce un 
souvenir deii campagnes de Duguesclin eu ce pays ? ou un 
dérivé de castigare ? 

Castouret(77^6?>!('), Freluquet, à chapeau de Castor ? 

Casi:fj., Fragile — éventuel ; probable ; du lut. casiis, le 
liazard. 

Catapj.lâme, !>. eicatapiàrne, Cataplasme. 

Cataut, B. Dimin. de Catherine, comme Margot de Mar- 
guerite. Mais ine cataut se prend en mauvaise part, bien 
plus (\\xine catîn. (Voy. ce mot.) 

CATÈriiiME, 0. B. Prononcé catèghime, catéchisme. 

Catèchimier, Ca^e'cA//«/è/"6% B. Catéchumène; un peu en 
raillerie. 

Catheline, B. Catherine. 

Cathelineau, N. propre, trop célèbre en Vendée. 

Cathére, g. b. Catharre. Vieux franc, idem et caterre^ que 
Théophile fait si bien rimer avec terre : 

La gelée a tué les fleurs ; 
L'air est malade d'un caterre ,* 
Et l'œil du ciel^ noyé de pleurs. 
Ne peut plus legarder la terre. 

Catin, b. Poupée. — Doigt enveloppé de linge. 
Catiner, Flatter, amadouer, dorloter comme une poupée. 

Causette, 0. B. Causerie, petite conversation. « Feire la 
causette. 

C'VALE, C'valier, pour Cavale, cavalier. 
Cav'reau, b. Caveau. 

Cayen, Injure adressée au paysan par le militaire; aggra- 
vation du mot paj/en, comme aussi pékin ; et, en effet, le 
soldat, sous l'obéissance passive, est le catholique par 
excellence. La France le prouve t^op bien quelquefois. 

Cayenne, b. Pauvre cabane. — Coiffe enracines des îles. 

C a YER, cahier. Du breton A'rt/'', clôture, liaie. 



r-yiMENT, Qiiasinu'ut. 

Cayute, Cahutte. Laluitte, avec l'initiale enveloppante cé/. 

Ceintre, Cerne de brouillard autour d'un astre. — Circuit 
rond. 

Ceintrer, Serrer tout autour, rétrécir la ceinture. 

CÊLUGHiEN et Cèriighien ; F : oérurgien, Chirui'^ien. 

C'mentières, (toujours au pluriel), (limetière; du grec A'o/- 
tiH'tCé'ion, dortoir. 

Cendrille, B. Mésanp:e. Oisillon au plumage cnndrc. 

Cen'droux, B. adj. Cendreux. — Subs. linge à envelopper 
le Ut de cendre pour la lessive. 

Cenèle, b. Voy. Senéle. 

Cener, y. Sener. 

Cenique, Voy. Senique. 

Centime (ine). Un centime. 

CÉPAGHE, B. Espèce de vigne. Devient français : « un bon» 
un inauy aïs cépage. » Voy. visant. 

Cercller, Cercler, et aussi sarcler. 

Crise, Cerisier \ Cerise, cerisier. ^ A observer que nous ncm- 
mons cerise ce que les Parisiens nomment guigne, et réci- 
proquement. 

Cerne, Enceinte tracée autour d'un moulin à vent, hors de 
laquelle les ailes n'atteignent pas. Toute la motte sur la- 
quelle le moulin est bâti : voy. motte. 

Cernughe, b. Cernue ; mot corrompu d'éternue : Sorte de 
chiendent ou de blé sauvage trop commune. On dit aussi 
çarnugJie ou sarnughe\ B : Sarnue. 

Césaire (Saint), Césarien ; commune du canton de Burie, 
arrondissement de Saintes. Les habitants doivent être dits 
Césariens ? 

Cesse, Cessation : « tu n'nous ba'ras donc ni fin ni ces- 
se ! » n'est guère français que dans l'adverbe sans cesse. 

Cet, Subs. Pied de vigne — champignon du genre bolet. 
Au lieu de cpp, du lat. rt'ppus, ou mieux du grr'c Keph- 



aie, tête; de l'iR'l.reu GPH, id. ClPIiX, vigne, en hébreu. 
C'tapendant, B. Cependant. 

C't-1, ("t-kle : Ce dit-il, ce dit-elle : s'inteirale presque à 
chaque parole, dans le récit. On y ajoute même </*<'/' ilit, 
en l'orme de traduction. 

Cette là, ?>. plus souvent r/^(V^^-/à; Celle là. Voy. rJièlc. 

C*Tri-(i, r'iui-là, B. Celui-ci, celui-là. Mais c'est chau- 
froiser. Voy. cJieu. 

CiiA, Cliaipie : à chô petit, peu à peu. Chà 2iC'tit, chà poi 
(ou poids), idem. 

CiiABANE, Poisson 'hlanc de rivière, à nageoires et à queue 
noires. 

CiiABARRAôHE et CJiOMarragJie , Discours ou rêve confus. 
De harre ou n\arre. même mot, et deTaugmentatif cha; 
ou de/;ia>'e, jument, jument fantastique, d'où caucheyy?«/-. 

CiiABÈNE, Le même que Chahane. 

Chabine, Méchante chèvre. « Ah! cJtahine! vins-tu irhi ! » 

Chaboisseau, b. Poisson du genre chabot, comme la cha- 
hane. Dans tous ces noms de poisson domine le radical 
cap, la tète. Aussi des familles humaines à grosse tète ont 
le nom de chabot. 

Chàcher, Casser ; mais ne s'emploie que pour dire émotter 
les guérets, casser les glèbes à coups de râteau. De là : 
chàcheur ou châchour, et chàcheuse. De là aussi cftà- 
cheguaret, nom donné aux ivrognes (quand il y en avait), 
qui tombaient et grattaient la terre, et au vin trop rare ou 
trop capiteux qui leur enseignait ce métier. 

CiiACOLA (du). Du Chocolat. 

CiiACOTER, B \Chabrotter , Tourmenter im morceau de bois 
avec son couteau. Distraction favorite des Yankees, ou 
Américains du Nord. 

Chadenac, Commune du canton de Pons, arrond. de Saintes. 

Chadène, Lieu près de Tesson où se trouve un soucis. (V03-. 
ce mot.) Cha (cap) dCene ou Dene (grec due y dune, 
plonge), origines très incertaines du nom. 



i''3 en 

C'UAPKMKR. L(M'alit('\ auuvfois pai'oisse, aiijoiircriiui dans kl 
coinniiine de Goniozac, sur la Seudre. Habitants ? 

CiiAKKAn», CiiAirAinKii, T». KchaiTaud, échaiTaudor ; s'on- 
ten<l des préparatifs de maçonnerie. Vient de l'allèmanicpie 
schafj\ d'où scahi)i, er/un'in, escabeau, scale, escale, 
èctielle, escalader^ scander, ascension, etc.; scJiaff 
est pi'0})rement saut de mouton. 

Chafkaurrer, C/ia/pjurrer, B : Cliafyonrrer, Vêtir à 
lexcès et en dêiîuisant, connne avec des fourrures, (chats 
fourrés de Rabelais) ; troubler les traits, du visage — ou 
de récriture. De là : 

Chàfre (in). Un nom déguisé, un sobririuet. V. Echaffrer. 

Chàgnaie, B. pron. Charjnèe, Lieu planté de chênes. Du 
celt. haie, plants rapprochés. 

CIhàgnasse, fém. Petit chêne de peu d'espérance. Chàgnon, 
masc. vaut mieux. 

CiiÀGNE, B. Chêne. Dequernus, dit-on, pour querciis. N'y 
aurait-d point plutôt quelque confusion ^\qc castanea, 
devenu en anglais chesnut-tree^ — CJiagne-dreit ; 
planter ou faire le cJtagne-dreit, se tenir sur la tète et 
sur les mains, les jambes en l'air. L'homme, qui est un 
arbre inverse en effet, se trouve alors dans la pose de 
l'arbre lui-même. On dit aussi, moins justement : pllanter 
la porrée. — Châgne-niàte (in) J. un apathique, un 
indolent. Vov. ïdàte. 

Chai, O. Autrefois Chag, de ca-sa, cellier ; toute l'usine à vin. 

Chay, commune du canton de Saujon, arrond. de Saintes. 

Chaill, Caillou, du celt. cal, dur (d'où gaé'l, gallus ?)... 
Toute pierre dure, silex, quartz, grès, est un chaill. <^Dwr 
c'me in chaill. » 

CiiAiLLOTER, Contenir de petits chaills, qui se trouvent sous 
les dents. 

CiiAiLLOTOù, Cfiaillotouse, Qui chaillote. 

Chaillou, nom d'homme et de localité. Idem en Berry, et 
chillou, et peut-être, ailleurs, chillon. 

Chain, pour Chez : « chain nous, chain vous. » De casa. 

ChaIner, b. Arpenter à la chaîne. 



CiiAiNTRES, I> : CJieinires, {cajtistraowcehiture?) Sillons 
au bout, (iï la tête) et en ti'avers des sillons du cluinip, de 
la cersenne, à laquelle cet espace a seiTi ôi'ahoHturei:, 
Yov. ce dernier mot et achainlrer. 

Chaire, prononcez Chère B. R. F : rliairro, Chaise ordi- 
naire et aussi chaire d'église ou de temple, « Monter en 
c/taire, » prêcher; du lat. ou plutôt du grec o^^//i^c//Y/, 
sous-siêge. 

Chaisier, B. Faiseur de chaises. 

Chalà, Echalas. 

Chalant, Pratique d'un marchand — poursuivant d'une 
belle. 

Chaleuil et Chareuil, (voy.) caleil ; Lampe rustique. « A 
la Notre-Dame (le 25) de ma's, chaleuil à bas ! » plus de 
veillées. 

CiiALiN (dau), B :des chalines, Eclairs sans tonnerre. Tété. 
Les trois derniers mots sont de la racine cale, chauffe. 

Châlit, B. Bois délit. Vieux français, mais seul usité. {Cha 
augmentatif et compréhensif, d'après l'hébreu CaPh.) 

Chalounaise, Sorte de coiffe à barbes de moyenne longueur, 
unies et tomljantes sur les côtés. Sans doute de Chalons. 

Chalosse, Sorte de raisin, originaire de la Chalos.se (Gas- 
cogne). 

Chalumiâ, En dérision, pour chalumeau. 

Chamaraghe, y. chah... 

Chambalon, Bâton pour porter des sceaux, nn à chaque 
bout, où ils vont brindialant, chambalant . Gi'ec Balle. 

Champarièrk, Chambrière, soit de chair et d'os, soit en bois 
l)Our soutenir une charrette ou j)orter deux sceaux sur 
répoule, soit en fer i>our sui)porter la poêle. — Clanche, 
taquet qui a une dent tombant sur une porte fermée et 
qu'on n'a qu'à relever du dehorsavec la main pour ouvrir. 
C'est encore moins que la 1)obinette de Mère Grand. Cela 
ravissait, en 1859, M. Michelet et le faisait s'écrier: Pas de 
clé à St-Georges-de Didonne. mes amis, pas de clé ! 



104 c;ii 

CnAMiîuKDKK. KordiM" (oui autoiir, |»riîuipal(Mîi(*iu, la pliVo 
(feau ou le ruisseau, lorxju'ou y tend un rets pour pren- 
dre les oiseaux à l'aUnnivoir. 

Chambres JiiAi'TEs. H. Pr(Mnier étage. 

Champagne» F. H. 1 Maine fertile, découverte et unie. La 
(lujyn pagne des environs de Cognac est eélèbî'e partout 
pour ses spu'itueux. 

Champanais, C/toinpaurn'se, Ha]>itant d'une chanipagiie. 

Champ-rrin, Jachère, qui reste en effet de cette couleur. 

Champis, r/<rt//?7;/.ç<', U. B. Enfant naturel, comme trouvé 
dans les c/ianips. Les léi;itimes se trouvent sous un cliou, 
<lit-on aux petits curieux. 

Chancit, franc. : Chanel, U : chaniit, l'a peu moisi, «^n 
I"iarlanr d'un mets. De canescere, blanchir. 

Chancre, P. Cancre. Chancre rochut, cancre des rochers 
maritimes, dont la femelle seule est une bonne prise. De là 
im dicton : « Dans çheu mênaghe, ol est l'histoire des 
chancres rochut, la fumèle vaut rneux (pie l'màle. » 

Chandèi.e. « Voir 36000 chandèles, » être ébloui, étourdi 
par un coup. — H. Poteau qui soutient verticalement. — 
Chanrîèle de (jUa, H. glaçon pendant. — Chanrièle de 
fout^ le fruit en spadice de Y arum (v. giron), appelé aussi 
derni-Ucre de heirrre (Lesson). Plante vénéneuse. — 
Chandèle de sin\ h. oude s'i\ ne s'allume guère que 
jiour le repas du soir, la cltandèle de rousine sufhsant 
pour la veillée. 

Chandeliers </e c//^^'/-^. Faisceaux. pour sécher les tiges, 
avant de b'rgJier. 

CJïANFROiSER. luversiou du mot franchoiser ou frnn- 
f'oiser, es.sayer d^ })arler français. Ainsi se dit (pielque- 
U>\> lYi osa (juin pour magasin. \(>\. cormenuse et 
sanguenite. 

Changhe, Iî. pour Echange : « fasons in changhel » 

Changher (se), 0. Changer de vêtements : « t'es tout trem- 
pe, va donc te changher î » 

Changeous, ouse,i\vxi. Cliongheoions, o/f.vc, Changeant, 
inconstant. 



riîANiERs;. Auircrois ('Ji(r,np)U('rs, coniimiiK^ du canton do 
Saintes. — Habitants ^ 

CiiANTÂ. Chantoau, lî. R. et Cnauiiau, ^lorceau priaci- 
])al d'un i)riin (Mitanié. 

( JiANTER i'Ufiirou /niA)\\nQ\o\}i aiguo. (Itanlor le jhtni. 
lî. se dit d'uno poulo (\\\\ ywïiA uno voix, de coîi — d'iiiK» 
T'iiiine qui se rend maitresse. — (liunte-ijrehd (grillon), 
chant e-ïiie rie, rJiontc-raine (grenouille, rana), &c., 
B. noms de localités. 

( liiANTiKrv {i\v) : Une pièce de charpente on de maçonnerie 
est posée de cJiantier. qu; nd elle e.st de cùté, sur sa lace 
étroite : eu franc, de chant , et, mieux de rc'y// ; it. canto, 
côté, d'où la cantonade, au théâtre. 

(liiANTisER, (Chantonner. Mais le patois peut diminuer tous 
.^es niots, comnu^ l'italien. 

(Ih.vpe. 1). r.ande de cuir, ord.inairement écru, ((ui coiiïe la 
rc^/v/r? du fléau à ])attre le )dé, afin de pouvoir l'attacher 
au toulot , :iu moyen de courgJteons (voy. ces mots). 

Chapelle (la) des Pots, Commune du canton de Saintes où .se 
fahrifiue de la poterie. Hal)itants^ chapelain ? 

Chapeuouxé, Se dit du grain de blé mal mari, qui garde ses 
bâles. aïkrès le dépiquage. 

(InAPLv. (lliapenu Grnnfis-chnpià, sobriqnet des Saint('n- 
treai^. a Hordeau.x. 



ft' 



(^HAporxER. (lliaponner. 

(inA(,)rE d'ix. clinquin, ni cIinqu'uK (Ij^.cun.nn chacun. 

Charap.lv. li. Patois peu intelligible, baragouin. De même 
qne /ir/>Y^//o?/7"î? est le breton iHirn-f/irin , pain, vin. non 
com[>ris des g(uis à qui on le demande, nous soupe- >nnons 
fort charabia d'être la prononciation auvergnate et li- 
mousine des mots snra beau ! mal entendue et tournée in\ 
ra.ilierie : ou bien une allusicm à ces iaasche-)'abes, com- 
me dit Rabelais. 

Charamouciie, Scaramr)nchc, plaisant, suspect : « ardez î 
çhe u ch ara ni ou ch e ! » 

8. 



lu; ('Il 

CiiARUOLNiRH, Ti'aco do cliarboii. S'appliiiiic numu' à des 
taches Idanches : nous lïinies bien surpris un jour (rciitcn- 
(Ire une cloniestique à qui l'on faisait nnuaniuersa manche 
hh\nchie, répondre : « ol est le mur riii m*a r/iarbointr.* 

CiiARCASSE, Carcasse. Augment. du hitin n/rn, chair. Ici 
c'est le patois. <-lioserare, qui s'èloij^nc le plws du latin; ou 
commeh' sniv. dvi grec Scircos. 

CnARcois, lî. Moins dcpnk-iatif que r//f^/*rr/.v.vr'. « lia sauvé 
son charcois, » sa pcM'sonne, son corps. On dit d'une i'cm- 
mo trop parée : « la pllcume vaut nu u\ (| ieler7/r^yvo/.s- » 

Chardoinet, U. Chardonn-^ret. \ . Kchardrit. H : Char- 
r/n'er. 

rHARDOT-NETTr., Iv . Lcs étamînes du rJinrrînuncftier, arti- 
chaut sauvage. 

(jiAREi'GXF, nu bref. Charoone. sans fisrure — avare, — 
cù long, injure. Voy. l'abréviation : ' arcàfjne. 

Charetil. V. (lialeuil. 

CnARFEriL. (). Cerfeuil ; de chœrefoUura , feuille on forme 
de main. Le mot cerfeuil ne vant rien ; il rappelle le cerf . 

Charge (en). En équilibre, parlant d'une charrette, et, par 
suite, d'un fléau de balance. 

Chariot (le grand), La grande Ourse : le petit chariot, la 
petite r)ur.se. Constellations mieux nommées que d'un nom 
«l'animal ; seulement, il est superflu d'y asseoir le roi 
David, qui ne les connaissait peut-être pas. 

(jiarmo'te (porter à l.i). C'est-à-dire à la cliccre-morte, 
sur le cou, jambe de câ, jambe de là; ou du moins sur 
le ri os. 

C'harna<'HE. Tout le temps hors du carême ; jours où l'on 
peut manger de la chair ; temps qui empiète sur l'autre, 
tous les jours. 

Charnassikr, ( larnassier. 

Charnel (frère), De père et de mère, germain. 

Cif armer, Petit cuvier en bois à mettre le porc salé. Si 
c'est une jarre en terre, elle se dit jjonne. Voy. ce mot. 

Charn't-re. Constitution delà chair : «< être de bonne ou de 



OTT 107 

mtiUMÙi^e charnu re,» sain ou disposé aux maux exté- 
rieurs. 

CiiARPiLLER, B. etEc/iarpiller; mettre comme en (-harpu'. 

(liiARPiLLON, Une petite écliarde, un brin de charpie. 

CliiARni.LoM, (liarpiUousc, 13 : cïiarhillous, comme eu 
Mlasse. \)e c}iai'be,\)ov\Y cltarvc, chanvre. Ou plutôt de 
charpie. 

CiiARPLNER (se), O.Vi-.Ciiarpigner, Se tirailler, se cJinrpir. 

Cmarpî, I). [Mettre en cliarpie. De cJiarve, chanvre ; ou d(* 
carjjcrc, latin. 

(jiARPiT (dau), De la charpie. 

(lîiARpRÀ, Nom de localité, lieu planté decJiarprcs. 

C.HARPRK, ma>c. B: C/iarpeetcharnc, l'arbre charme. Du 
latin cnrpinus. Combien de changements, tous légitimes 
en philologie ! 

(liiARREiT, B. Charroi. 

Charria (Chemin), A. Chemin charretier. 

(aiARRUAGiiE, Attelage, harnais de charrue. — Conduite. 
CiiARTi, B. Chartil. 

CiiARTiTiER, ChartiUerie, pour Charcutier, etc., au lieu 
de cuire, c'est tuer. 

( liiARVARiT, Chenevière. 

CiiARVE, et Cherve, Chanvre. Persan : hannab. 

CiiÀssE, B. Cercueil, du lat. capsa, caisse. 

CHASSE-GALERPrE (Gualcrite; de Wild, pron. WaihJ , sau- 
vage ?) B : Chasse à Rigaud, etc. Une des vieilles ter- 
reurs de la campagne ; passage bnn'ant, la nuit, d'une 
troupe de diables siftlant, hurlant, faisant claquer des 
fouets et emportant des quartiers d'hommes. En réalité, 
volée de cigognes ou de canards sifïieurs, dits M ions. 

Chasse-cousin, Du café trop clair. 

Chasse-rat, J. Moulin où manque le blé. Ailleurs : hioque- 
poule, moque-souris. 

Chasseron, Chassiron, Yalct de meunier, chassant aux 



105 eiT 

pochées ou sacs dos accoui\sic/\s, do> piaiiiiues. — Xuiii 
propre. 

CuxT (de), A quatre pattes. « Tu grandis, mon tillot, dit-on 
en plaisantant : (diette année tu passes de rlKtt sous le 
lit : rannée prochaine, tu z'v passeras tout de bout. » 

CiiÀT.UiNî:, Cliàtagncr, (dliustai^ne P.) 0. pour (Ihàtaigne, 
\:c., lutin easianea. 

Châtain, l\. Xoni de lueut*. C/iàliae et non rJuilauie, pour 
la vache. 

(jiàti:l!£T, B. Dcn-idoir en roseaux, imitant un petit château. 

Chat-fou:n, 1). Fouin.ou fouine. — Chaf-grillè, nom d'une 
sorte de poire. Texte d'un tlicton : «.< i' senddle in c/kiI 
ijrillè : meilleur (pi'i'ne se montre. » — C/iat-pitoia, le 
putois. « Descendre en chfd-jbnin ou en chat-pituis, ^y 
la tête la première, tomber. 

(IfiÀTiGNE, Châtaigne. 

Chatouil, Chatouillement. ^Faire le chatouil, » chatouiller. 

CiiATouiLLOÙ, Chcdouillouse, Chatouilleux, cliatouilleuse ; 
(paalité qui passe pour un signe d'î mour. 

CiiATOUNER, B. Chatter, faire des petits cl.a's. 

(^lîATVANT, B. Chat-huant. 

Chaubouillure, b. R : EscJiauhouilliire. Echauljoulure. 
Pourquoi le français ne conserve-t-il pas bouillir ^ 

Chatciié, p. Sorte de raisin rougeàtre, à grains durs et 
serrés. 

Cn \y(:\\YA\,l\.\iO\\v cJiPVaucJier. kcie, sexuel des oiseaux 
mâles. — Actes analogues. (Delà Cauchemar, ou cftau- 
c/?(?-mâles, les prétendus incubes du moyen âge). 

CiiAUCiiiGNON, J ; Le coccyx. Serait-ce fauxchifjnon ? 

Chaude (ine), B. Une chaufTe, dans le travail des métaux. 
— une alerte — une forte réprimande. 

Chauderée (ine). Plein un chaudron. 

Chaudin, La panse du porc et «l'autres animaux. 

CiiAUDRiT, Chaudrilo, sensible au chaud — de chaud tempé- 
ramment en aniour. 



riîArDriUKii, /V/V, S;'ii.>iljle U Ui chulour. opj-ose : /'r'fu- 
j'icr. 

(alwvvvaat, B. Bassinoire. 

CiiAi FFKriKi), B. C 1 LU II llerette, qui se dit cJimifff ttc. 

(liiAUFFi.s, Chau/lfscQm aime à se chaulîVr. 

CiiArMKNiT, P. R. et chauvenii, B. moisi, chauve, de moi- 
sissure. 

CiiAiMKNT. Ciment de chauj\ 

(^IIAUNIKR, Fabricant de chaux:. 

CiiATSSES, V). Les bus. « Tu nerCvlouteras point It^s soi'ciers 
aneut ; t'as mis ta chausse ii l'envers. :» La précaution 
est bien simple. 

CiiAVAii.LON etchecaillon,Cv(ite intacte que laisse le soc au 
])remier labour, et «[u'il faut travailler à part. (Vest une 
des trois façons qui se donnent aux vignes: ouvrir, tirer 
les chavaiilons, fermer. Herser s'ajoute aujourd'hui. 

(liiAAÈcHE, B : Chavoche, R : chevêce, chouette. Racine 
cal). 

Ch'é, Abréviation de je crois (Jhe eré)\ « cJté qu'ouey; cfiè 
qu'non, e/iV' fout' b'n qu'ol érat c'meçheu î » 

GiiEiN. B. et souvent che, chien. « (Jheu cltein de chat ! in 
che iJ[àté (enragô). Y l'avant jharodé c'mme in che gâté. » 
— C7^'«, eA'n(?, chien, chienne : « prends garde à çheu 
cJtn î » Pour exprimer une condition très-malheureuse, 
on dit : « Jh'aim'ris meux ètr ch' ii et n'avoir point 
d'coue. » 

CiiÈLE, Chéll:s, Celle ,C9s. 

Chemiser, Se promener en chemise. 

Chemisole, Grande casaque. 

Chemucher, Sanglotter un peu, comme un enfant dont les 
criss'appaisent. Nous donnerions pour racine raussare ; 
mais connne on dit aussi chenucJter, il est probable que 
ce mot vient des petits chiens. 

Ciienac, Commune du canton de Cozes, arr. de Saintes. De 
che ne ? 



11""» OIT 

CiiF.NASSE, IVjoraiit'diMliii^iuio. — femme de très mauvaise 
vie. 

< 'hknasser. Tenir mie conduite iu[m\ (Xjue et dissolue. 

CiiKNASSiER, Homme qui tient cette conduite. 

Chenasson, Diminutif d(^ cJœnassier. On voit que les pay- 
sans, (jui observent de près, ne professent pas une liante 
estime pour le chien. Les anciens de même: obscœnœ 
canes. Les musulmans idem. 

Chenal, U. C^henal. Dacanna, du celt. çan : les Santons. 

Thenehard et cJienevard (in), Une chenevière. 

CuENÈLE, P. Cannelle (robinet); dim, fém. de chenaii. 

Chenit, Chenil. « Au chenil ! smchenit ! » 

CiiENOT, Petit chien : mot plus caressant que carjnot. 

Chenut, Chenue, Même sens moral que cossu, cossue, c- 
à-d. deux : respectable, riche et précieux. « 01 est dau 
chenu f ! » L>. Vi\ii:e a fourni les titres de distinction : ar^- 
ras, récompense, de geron vieux ; 5^?i/or seigneur (plus 
vieux) ; mais il est remarqua])leque (jeron et r/(?ra5 vien- 
nent de geranos, la grue (tête grise), ainsi nommée d'a- 
près son cri — une autre singularité c'est que signorifa, 
signorina, demoiselle, signifient au vrai, petite vieille. 

Chenucher, V. Chevaucher, 

ChÊrac, Pron. Chérat, commune du canton de Burie. ar- 
rondissement de Saintes. De 7v(?/' maison, en celt. — Thè- 
me d'un dicton : « ol érat jusqu'à chérat, » c.-â-d. jus- 
qu'à ce que cela tombe. 

Chèr.vnt, B. Cher, qui vend clier. « Çhèle marchande est- 
èle donc chèrante ! » 

Ciiérantise, B. Cherté : « olestla chèrantise même ! » 

Cii'rche (en), En reclierche. Pourquoi, en français, la re- 
cherche, même avant la cherche, qui n'existe pas ? 

Chère, B. Choir, tomber : <' prends garde à pas chère ! » 
* La chevillette chèra, » dit Perrault, dans le Petit Cha- 
peron Ronge. 

Chérente, Charente. 



ei I Kl 

Cheritjii.. Mieux ({iie cerfeuil. l)u;j,rec CJicir, iii;iiu^ lunue 
de la feuille, et non de cerf. 

CiiÉRiTÈ, B. Charité : « la chèrUc s'uus j^llait î » 

ChekmiCtNac, Commune du canton de Saintes. Ker, maison. 

(liiKRVE, Chanvre A. Palis-sy dit chcrvi, qui est la i^raine, 

Cjiksson, li : ^7/c^?^56^(5?î, qu'il a])pli(iue aussi aux moines; 
Cousin, mousti(|ue, culc.r. [Cuten^ legcnis ? [»inçant la 
peau). 

Chet, Oiète, Chu, chue ; tond)é, tombée : « ol achet. » 

CiiÈTE (de). De chute : « fermer de chète, » de soi-même. 

Chétit, Chétie, Chétif ; et aussi, malin : « es-tu donc cJic- 
tit ! » mais iii chètigas ne vaut rien. 

Cheù, Chez. « Clieu nous, cluu vous, cJtcz eux.» 

CîiEÛ, ce : CiiEÛt, Cet, souvent Ciieue : « r](ri< chevau, 
çheul âne. cJieut-\c\\\, » cJunif aussi à la fin delà i)hra.se: 
v^ o n est jias çJicuIà, ol est çJienl >•> (ici). 

ÇnKrQTE, rJteuqchouse, rliouqiTin, Quelque, quelque 
chose, quehju'un. — En çJteiique endreit (endret), à ses 
nécessités. Euphémisme moins ridicule et moins profane 
(|ue l'anglais : cueillir une rose, fi ! 

Cheurateur, Curateur. 

Çhet're, Cuire. — CJicusine, Cuisine. «N'être pas cliar<^^hé 
de çheusine, » B. être mai^^çre. Cheusinière, Cuisinière. 
Cheusinée (ine), ce qui se fait cuire à la fois. — Çheuf, 
<:heute, {eu bref) cuit, cuite. « 01 at cheusut, » il a cuit. 
(Ihanson de l'hirondelle : « ol est cuit, o n'est pas cuit, ol 
est cuit, o n'est pas cuit, mais prêt ixcuirrre. » 

ÇiiEÛREÙ, Quéreux, queureux, en terme de notaire ; com- 
munal où chacun a droit de quérir ; ou de currus, 
qiinrroij . 

Çheùsse, (Puisse. « Ine çJieusse de poulet. » De la mytholo- 
gie il reste [»eu de chose cluv. nos paysans, à part les fêtes 
catholi(|ues : néanmoins, ils font une vagu(^ allusion à 
l'histoire de Bacchus, quand ils disent, pour reprocher à 
quelqu'un trop de fierté à propos de sa naissance : « n'on 
diroit qu'il est sorti <le la ç/ieusse de Jhupiter ! » 



li-J Cil 

CiîKVAii.i.oN. Vuv. dh-iraiUon. 

CnFVAi.KT, Support v\\ X (loul»!*^ poui" lo liois ;i scier. — 
Appui pour la porcJir (l'ago) do la cliarnio. 

CiiKV.vr. lî. K: riu^val : c/icrnH (dos) P> : c/icrnl.s\ dos clio- 
vaux. — Chantier do soiourde \oUiX. — Chcvaii dnu dia].)llo, 
la nianto pi-io-di(ni. insocto. 

(iiir.vF.i.r, B. riant do vigne avec racines. 

CiîKVEï. — « Koliiiiouso an couvent do St-Jlioset : deux 
Tj'tos su" in cJiorct y v> c'est-à-diro mariée. 

ritEVILLARI). VoV. (^dl. 

('iiKVRE. Faire devenir r//r''?T^, 0. rendre fou. — Vin à faire 
danser les clirrrcs. lî. vin âpre et hourt'ii. — A la chè- 
vre-morte, B. A'oy. dtarmo'te. 

Chevrette, Se dit au lieu de Crevette. — Et aussi i)our 
désigner la fameuse bête Manche ou gaiiipote : <<^ courir 
la chevrette. » 

CiiÊYrT, (fém. chcte). Chu, tombé. « Wvi chèi/ut. » 

Chez, B. Entre dans la composition du nom fie presque tous 
les \\\Va^q^ \ Chez— Maillé, Cliez—Grenon, etc. — Se 
prend pour toute une famille ou rnaisonmîe. <<Che:- M. un 
toi sont partis. » ('osa. 

Çhh ! B. Sitrleiiient prolongé pour faire reculer les bœufs. 

Çhh.\, b : Cholà. parole pour les arrêter. 

ÇiH. Qui. « Chi est o çhi est là ? » Qui est-ce qui est là ? 
« çhi est o çhi a fait çheu ? » (pu a fait cela ? 

CnrARi), R. Qui chi<* plus que déraison. 

ClIiASSE (la), Ladiarrhro. 

Chiche, Trop justo. insufïisant. Xe se dit que des 
chr>ses. 

CinriiETTE (à hi). .\ nr^suro trop chiche, à plusieurs fois et à 
rogi'i't. 

Chichot, b : Chifjiicl , petit surplus de la mesure : « bail- 
lez m'donc lo cliichof ! -> — « Al a tn-nto aiis et io 

chicJiOt! » 



cil li:i 

CiiicoN, Lîiitue romaine. Augmentatif de r/^/coîV^. 

Chkut, Très jeune cliii^i ou chienne. 

rmroTKK, I) : Cliiyotcr. Se dit de la chienne qui met bas. 

(Ihiex, Avare, chiche. Op[)osê : libre. 

CiiiENFRAis, li. Inversion burlesque de français : parler 
chieu frais, (ou fi'inrjnrr, chanfroiser), ess;iyer do 
})arler français par affectation et mal réussir : dire, par 
exemple, un plè pour un pié, il pluit })our il pleut, etc. 

(jiiKR des œils, Pleurer, dit ironiquement. 

Chifke, Adj. Mollasse, fripé, sans consistance. 

('iriFF*K, Su])st. pour Ciiiffre. 

CniFForxKR, (Chiffonner. 

CiiiFFRAiL, ^b'uus dèct>mbres,, dél)ris de })ierre taillée, plâ- 
tras ; du grec scJiizc, fends, d'où schisle au physique, et 
schisnie au moral. 

Chignon de pain. W. }>our Quignon. Breton hign, croûte. 

Çhintà, Quintal, lequel est pourtant de six gerbes ; ainsi 
entassées : trois, deux, une. 

riiiXTK, Quinte; discussion vive. 

CiiiNZE, (^)uinze. 

CiiiPOTAGHE, Action de 

Chipoter, Marchandei* Ijeaucoup pour peu de chose. Pot^ 

Çii ILLARD, Grosse quille plantée seule et à laquelle on en jette 
d'autres. 

ÇiiiLLE, Quille. ÇJiiller, abattre des quilles, avec d";iutres 
quilles que la boule a poussées. 

Çhillère et çhulUre, Cuillère — tarrière avant cette forme. 

Chiquer, U. Bien manger. Du breton chocnt. mâcher, par 
l'anglais clœek (chic) joue : manger en faisant la grosi^e 
joue. 

Chirox, Tas de pierres abandonné dans les champs. Xom 
très ancien (cheiron, grec, indiquant comme avec la 
main) d'une chose plus ancienne encore, ces premiers 
témoins ou mouumiMits d'un fait, simples tas de pierres 



'j. 



111 C'ïï 



où rliacuii indtait la ^ioKiio, ])flran on Hiolagno, f/ah/al 
en bivton et en hébreu ((ienèse xx\i). Nos ^^ens :i|>p<'ll(Mit 
encore tèniotns les petites pierres, (iiilaux ou chai'hons 
«juils (lèpoïîent au pieil des l)ornes (juils plantent. — IMii- 
sieurs localités, se nonun<uU encore le rhinni. — Tomber 
v\\ chiroUy en ruine<. 

('niRorKR i: K*u<rintif> lieu d'aisances. 

ruiTTANTE, <^>un(ance. Det/ities, repos. 

(^niTTr. r.f/fffrr. i.}\\\uo. (jiiiîti^i'. « ('/n'f/rz-mo ivn\\(\U]\o] f* 

rni.LA ei ci/fi, \\. il JiUtz, glas runel)re: grec kUuc. pleure 
— fléau à battre le blé. 

riii.LABOT, Creux, vide, moins un peu de liquide qui çhUa- 
hfitr. qui clapote (en( nint.^ « nnif chUahoi. ^ 

TuLLAiR et CUair, B. Clair — rfiUarlè, clarté. 

ÇiirxAiRiN et cllairin, B. Clairon, c'est-à-dire gros grelot 
pour les chevaux. 

Ciii.i^AiRiNEii, Crier, comme à son détrompe. 

ÇiiLLAMHE, (Idhiinhcr, Flaudjc, flamber. 

Chi.laQî E, ÇltUfiqifpr, Claque, claquer. Toutes ces onoma- 
topées nous semblent meilleures encore en patois qu'en 
français. 

ÇiiLLARCERet ChUorccr, Sarcler. (Métathèse ou inversion.) 
Ciii.ATTRON, Flatteur, rai»porteur « Les rhllat ,v,ns n'avant 

nii'in temps. » 
t^HEi.K, Clé. 

CiïEEERC, (■llorqheov . Clerc, rlci'ireon. 
Cllerce, (lilh'it'ci . (.ercle, cei'clei', (.Métathèse). 
ÇiiEiJE, Claie. Xrmi fie localité : grec Khidos, Scion. 
('uuAoyet^'/tUoii, Petite claie, clavon (Scion.) 
CiiELii'ET, Clapet. 
CiiLi.iQLE, Clique. 
Cij.issE. rhJ lisser, Cli^s?, clisser : * bouteille rliHissèf. y 



riiLi^ociiK, r/illocJtcr, CIocIks clocher : <• chi voit le rjilh,- 
elu' n'est point au piô. 

rni-LornKR, verlie, (). Xo:i pas boiLLM". mais sonner mu* clo- 
che, acou[)> intcri'ompu^, non <mi liranlc : rhllochuiUcr, 
(lim. 

CliLLONÀ, Ai^aric hlanc des champs [clou ?) bon k man^^<'i-. 
Il : cluseciH, rfoiiscan. 

riiLi.o.M-: , clàn(\ Mir * n itur.»!l(i. orlinairement n>n(le ; 
eau enr/cj5t' ; à moins (ju ,' cela nr» vienufi du provenrai 

rni^LOU, Clou. C/tlloHcr, clomT ; ciaciis, lat. 
('iiLLOiT,Vov. (lionc. 

CuM.orKR, \\. i):<'luiKCi\ rV/^/x^/", Fermer h's ^•Mux (tu scies 
hander pour certains jeux, d'entants : « <•! est a toi de 
(■/illnuf,\ » Claude fc. 

ruLLoiKTTKii, Cli^j^uer : « i" la regardoit sans rJilloucltor. » 

(!hoc, Peine, chagrin : « o m'a fait in grand choc li^ — cJio- 
quer de verre, trinquer. 

CnanR. (-(Pur : < serviteur ! et d'in hon rJiceur ! » 

(jHKURASSON. Sentiment d'ardeur à l'estomac, par mauvaise 
(li«?estion. 

CImoim:, ( ). Pain de première (pialitè. 1).; rallcin. Scltœn, par 
l'ang. «S7//>2r, hlanc, hrillant, l)eau. Delà, peut-être c/. 
Heur de farine de blé. 

Ciiolp:r. Faire différence : « on' peut r//o/<?>'. » It. nulla 
me ne cale, je ne m'échauffe ni de ceci ni de cela. 

Chomkr. P). R : cJiomrner, Tarder, cesser: « i' n' cJiOhiit 
point à s'en aller. » « Tu ne chômeras point depifler ; ♦ 
de demander. — Manquer, i^ivo absent : «o \\ chomoit, 
jfoint de jholies tilles à çheu bal. DeThébr. ShMK ? 

Chope, I>. adj. lUet, bièclie, en parlant des fruits. Du grec 
Kopte, meurtris. Le verbe neutre cJtnpî en est formé. 

Ciior î Ciiouî Silence! silence! se dit aux enfants pour cliui! 
chufl 

Çnouc (Feire), Faire la ch"uette. non la co(iuette. comme en 



italien, mai^s rester fille, cuiiTcT Ste-Cathorine, ne pas se 
marier. 

CiiDisK. 1>. Chose : cJiousc était du bon genre, au temps d« 
Henri Estienne : la cour disait c/iouse, et la campagne 
chose', révolution. — Cliousc, masc. remplace un nom de 
personne ou de lieu qui ne vient pas : « C/iousr de c/iou- 
,Nr, m'a dit ine drôle de r/wusc. »\\ ason féminin: La 
c/iouso, la mv^ telle. — i)i chouse, un engin quelconque 
iXi'^wi on ne sait pas le nom. — sens libre. 

CiiorsE çlii n'est pas de dire, ou de feire, 0. W. Qui ne doit 
pas être dite ou faite. 

CiîorsiER, Le contenant quelconque, vague, inconnu des 
chouses : « que de chouses à-à\\^'\\\chousier ! ^ Que 
d'idées dans toute-idée ! C'est la mer à boire ! l'infini. 

CiiRÊTiEX. D. Synonyme abusif d'homme en géné)'al. 

* Er jamais je ne vis de plus hideux chrétien. > !Momkre. 

* Lesbètes et les chrétiens ne pouvant yère être hureux 
tretous ensemblle. » Quand le foin abonde, il y a peu de 
vin et de blé. — Parler cltrètien, B. R. Molière. De ma- 
nière à se faii^ comprendre de tous. 

riiu, Cul. La campagne use et abuse de ce mot (qui vient, 
chose frappante ! de la même racine que koilos, cœliim , 
le vide, le ciel.) On n'entend que chu (le pot, chu de verre, 
çhu de poêle, chu de panier; chère de chu. — ^lettre sa 
goule en çhu de poule (faire la moue), etc. , etc. , — mettre 
le çIlu dans la palis.se. refuser une bataille ou une discus- 
sion, capounor. — CJiu-rougJic, oiseau du genre des 
mûriers. — (Jhu-bllanc, \\. motteux; bécasseau ; sorte 
<rhirondclle. — (liu-pUat (assis à), sur le sol. 

Chuchoter, nrh^ichcr. Epuiser en plusieurs fois. 

ClIULER, Culer. reculer. « Tu m'fras pas çhxderl > 

('HtLLi, Cueillir. 

1 Allons clndli la nouzillf, 

-Mloufi, bh'iyheH'tte, allons î > Tlianson. 

Çhieotte. Culotte, * ine paire de rhulottcs, >* O. une 
culotte. Des chulottcs, idem, une culotte ou un pantalon. 
Sauver ses rIn'Jnftcs, sa vi«^: s'en tirei' les bi'aies nettes. 



Cl. 11' 



— ÇJiulotton, eiitaut uouvelleiueiit culotté, lloiiime ijetit 



et gros, 



ÇiiuRÀ. r>. Trognon, « in çhurà de poiuiie. » 
Churk,. Cure, demeure du curé. 

riiURK, Curé. Et jeu de mots sur curp (nettoyé) d'argent : 
« si jlie sens pas pi'ètre, seus trejhou' ç/iurè. » 

Çhurer, 0. Curer, vider, écurer, recurer. 

ÇiiTRETïE, B. Curette ; tout instrument pour en nettoyer un 
autre. — Gayne-pain des maçons. 

ÇurRur', Curoir, pour la charrue. 

CiiURURES, B. Raclures ; terres extraites des fossés, etc. 

Chiter, b. Tomber ; et non pas, comme en langage de 
théâtre, imposer silence. 

ÇiirvE et souvent Ciiu'e, Cuve. —Chu chariière, ou 
douillat, cuve à porter sur la charrette pour vendanger. 

Chtyraille, Couvraille, Ensemencement des blés. 

Çhuvrî, Couvrir la terre (LaFontaine), c'est-à-dire le grain. 

Cigougne, Cigogne, grande bascule pour tirer l'eau d'un 
puits. — xSom de localité. 

Cigougner, 0. y. Zigoufjner. 

Cimentiêres, çmentières (toujours au pluriel), Cimetière. 

CiNCE, Enveloppe d'oreiller. Plutôt 5/?ice, de smdon, lin- 
ceuil. y. Génin, sur le mot chinche. 

Cisailler, B. Couper gauchement ou difficilement. 

Civière. A. Brouette. Ea vraie civière se dit boyard. La 
civière portait-elle primitivement les vivres, cibaria ? 

Civilité (feirela) ou baiser la main (la sienne propre). Re- 
mercier de la main. S'enseignait jadis aux enfants. 

Claun'e, p. Grande mare; peut s écrire clone, llveiow lenn, 
étang ? 

Cllafoulit, b. Tarte aux cerises. 
Cllair. b. y, rJillai)'. 



Ci.i.Ari>E. K Uawle. Claiule, prénom. Si^'nifiait boiteux : 
aujtuinrhui. quel<iuerois, boiteux d'esprit, dupe, mari 
trompe. 

CLLAtNE. ^ . vhinnc. 

Cli.avia. Claveau : til de f»u* passé au grouiii des porcs, pour 
les empêcher de ft»uiller. — Hameçon. 

CLLissE(la), La Clisse, commune et canton de Saintes. — 
Habitants... ? 

Clloison et C raison, masc. Cloison. 

Clloihjrte (ine), \1\\ clopoi-te, insecte. 

Cmander. D. Commander. C//?«?if/('///e;i/, commandement. 

C*ME, Comme. « Cm' moi, cm' toi. » — Cm* çlieu. tout 
doucement, coussi, coussi. * Coument te portes-tu ? c'///. 
çheu. » — Cm* o faiif, comme il faut. — Cm' tout, H. 
comparaison bannale : * al est maline cme tout. » — 
Cme tient lieu de que dans les comparaisons d'égalité : 
« aussi i?rand cme moi. » 

Cmencer, et Cmincer, H. Commencer. Cmincemenf. 

C'mode, B. Commode. « 01 est b* cmode! » 

C-MODITÊ, B. Commodité, « a sa cniodité. » Au pluriel, 
latrines. 

C'naille, Petit enfant ; du latin cunœ, berceau. 

C'neùtre, Connaître. « 01 est p'rtant d' c neutre. » C'est 
pourtant facile à ci>nnaître. Cneussance . c'ncussvt^ 
connai-ssance^ connu. 

Coc.\TRr, Petit œuf avorté que pondent quelque fois les pou- 
les, et que l'on attribue à l'œuvre d'un serpent, d'un 
ci-apeau, du diable, en dessous. Cela tient à la cocadrille 
du Berri, fantôme qui hantait les vieux châteaux. Voir 
les Légendes rustiques de G. Sand. 

Coche de sabotier. Son établi. 

Coches (être à ses). Vivre du sien, avoir sa to.ille pour le 
pain, etc. 

Cochet. J. pour Crochet. Pissenlit. 



C'ii n<) 

Ox'HiLi-E, roquillc. — Au pliuicl, (^cu.s : « F n'en at amassé 
(les corJtiîh's. » 

r<>rinM.<^Ns, La seconde enveloppe de l'épi d(» maïs. 

CoriiiN, Coipiin D'où corlnner, coçliincrio ; e{ cocJiina- 
ght\ tas de coquins. L(»s anciens cuisiniers, r'fî^if/, faisaient 
donc danser l'anse du panier ? 

CoCHOi'Nr:, Coche, <*n t-'i'me injuri<Hix. — ('(n-liounor, \\. 
mettre bas, en parlant de la truie. 

CoçHU, Coucou. Cocu. — Merde de coçJiu^ D. La gomme qui 
vient aux arl)res. 

Coriu E, 1>. Ciguë. Sendde forgé de conium et decicuta sou- 
dés ensemble. 

Coco, Terme d'enfant pour dire rnaf. 

CocoxE, Colo(|uinte, petite coie. v. 

CocoTE, B : id. Pour <lire poule. — Maladie des yeux. 

Cocotier, Co((uetier, petit vase à support*^* un onifou fait en 
forme de demi-coque d'œuf pour baigner les yeux. 

CoFiNÀ. Cnfrnod}! \\. Corbeille à porter la pâte au four. Pur 
grec : Kophinos. 

CoÎBiNE (Feire la), se dit <les poulets malades qui mettent le 
manteau., îrrânent les ailes; des autres oiseaux ; des per- 
sonnes. E:3 coi ! \ . Covahine. 

CoiE, P. Calel)asse, citrouille. — Femme bête. Est-ce de 
l'adj. <?o/ ou une sorte de fem. du mot cm/rni, que quel- 
ques-uns dérivent de coi. Rappeler le grec Koi/os, cnnix. 

CoiFFANGiïE, Façon de se coiffer. 

Coiffe, Prononcez coucfc, la coiffe et aus>i la cape. Voy. 

Coi.ME ? 

CoiR.vLDou Coireau (bœuO? 

CoissiN, R. ( >. Coussin. 

CoÎTE. Y). Prononcé très \o\vs. couette de lir. iKi latin oflci- 
tra ? 

CoItit. Coutil. 

Coix «le Bourcjoygnn. poix de Rourgogne. 



C<»I.À. r». ('.nias, alavp'dr Ni(M»las, r(ii)i(^i(ri(r fh'peffp/cw 
niais, hadaud : « jrrand <7>/</ ! » — Canai'd iimsiiuc. Du 
jrnn- Ktffoios f qui s'apjtlitjuait au rhoucus : imitations 
du cri. — Ktiv do la vaiii<* à ^-nhis, «'»tro protestant : so- 
lnit|Ut*t aocpptè par los calvinistes, connue le fui Jarfjnes 
liou/ioinmc. par les pav>ans. Serait-ce «pie leui's igno- 
rants a(h<M*saires animaient dit d"eu\ : ils ont de la rcli- 
{;ion comme la vache à colds ? 

CoLK, Gausserie, mensonge, tromperie: Colcui'. llai^orneur. 

Coi.FTT, Pi«'»jre à prendre les oiseaux par le c(m, surtout les 
l>ëcasst»s. — Colcf de Itruhère, 11. ronces prises à deux, 
sillons. 

CoLii>oR, 0. Corridor, mot italien (pie nous verrons traduit 
par courroi, adou< i en couhtir. 

(ajmbe. K. 0. Terrain plus jjas (jue l'autrr. prtii \allon. Lat. 
hicumberc, se pencher; de Kupfr, baisse la tète, Kubê. 

CoMHK ? Combien ?<;*o//î^e??, H, combeun. coinhin, id. 

« 

CoMrA^JNKK, 1». Compairnie. *Bonjlif>ur(^t à la coYi^pnijnpo^ 
M» dit même ù une personne seule : la voiupaijnèe alors 
est Dieu. 

Comparaison (Sans), pré<'aution h(>nnéie et pieuse que IVni 
prend toujoiu's fpiaiid on nipproclieun clirrtir)} des bétes: 
« Tu t'èbniites c'me in ane, sans comparaison. ^ Kn lace 
de ce tour oratoire, il n* v a plus moyen de se fâcher. 

C!oMPORTK, fém. Petit tonneau portatif à deux anses dans 
lesquellf»s on pa.^se des bâtons. — Autre qui est 1rav(M.^ê 
j»ar une seule barre et qui se porte à deux hommes sur les 
épaules. A'oy. orale et macitcrnv . 

CmMI'RE.nahm.k. ( >unpréhensible. 

Comptant (t^>ut), r>. (''n,ijd(i-<'oriipt(iiLt, Coiiq)tant. 

(>»MPTE (1<*)' ^ ïi <?n ^"^ '!<* ï'i douzaine, deux en sus du quar- 
teron (de 2.*>), cinq en sus du cent, (^uand on veut dire 
qu'il y a beaucfjup plus «ju'on ne déclare, on ajoute : « et 
le rrmipt*' Aie at 2Ô ans^... et le compte. » — «Ktre 

de bon compte, » de bonne foi. 

C>»MiTER Que (sans), lî. Ajmitons que... sans compter que 
»' r refuse, jhe le feis assiner tout dreit. p 



l'O 1*1 

CuN( HK. IMa^^f <'ii roriiic de grandi' cïHjiiillc. coiirlm. — 
Réservoir d'raii pour les marais salants. 1'. 

Condition, Spi'vice (le (l()inosti(jue: *< ôtre, aler on conffi- 
tion ; ino Koune coiidilion, me iwinwd'irn'. ('onffifio)f . » 

CoNDiiTK, H. (le (ju'il en coûte pour transporter (ju<*|(jii«» 
chose : « paver la couihdtc.f — Co)}iiiufe (tcii'ela). ac- 
coni}»a^Mier. Kt l'on conie l'Iiistoire de ces d(ni\ hons amis 
([ui passèrent t(K>te uiKMiuità se taire la conduite d(» l'un 
chez l'autre : .s/ ;?o;j l'voroc bm tr()r(tl(» ! \. XonniK» 
i:A[x conduite de Li//to(/e.s\ pauvre Pourceau^nac ! 

CoNDURE, Conduire, h. cundurre. - 1' n'y \()il j)"u^ à :>e 
condure. 

0'>NFONi)îT. \\. Tiâté, abimè, pei'tlu. 

CoNSKNT, O. 1). Consentant : « <*st-ele consente ? » 

CoNSKQrENT, O. 15. ( 'onsidci'altjc : " in»* proprj/'tc <-<i,i.\i'- 
quentc. >» 

CoNsoiMKR, 11. Consommer et consumei*. ipie l'on confond 
comme du temps de Molière : 

■ lit quoi que 1 Ou n'inoilu' au f-'U tjui vou< <:nnso»ii,ir. » 

(Jh'jjit Ai/iou/'r7(.r.) 

CoNSorDRK, CoNSouTRE.Consoudo, jilante: thco/isolidn/'c 
Constipées (autorités). Mauvais jeu ]Hmv('(/nsiituee.s. 
Consulte, O. Consultation : <' alcr prendre ine ('O)isultc. » 

Content, ( Tout son) 15. à plein contentement. C. Sund a 
mal écrit : ^ pleurer tout son coinptant . » F/'f/nrois le 
('ha tupi. 

Contenter, lî. Terminer, ajuster: <' çhèle pièce (de char- 
pente, par sn})position) est ]>'us courte (jue l'auti'e : faut 
zou contenter. » K\j)ressi(in ipii marcpie hjen le bonheur 
donné par toute harmonie, par toute Justesse. Justice, 
ajustage. 

CoNTEROLE, 0. et Contveroler, C-ontrole: ayntroroJer, 
c'est la vraie et complète expressit)n. 

Continue ('le), A la continue, O. .sans interruption. 

C()NTRAi.iÉTK. n. Confrari'''té : cnntrnlicr. W. Cnnti\ij-ier. 

lu. 



Contrat (liiv ilaus I»v>V ]),\n*^ \o9^ rinniiscnts. dans les par- 
rJieniins. 

l oNTRAvnRSE. Clontroverst\ — A la rontrarerse, de tra- 
vers» en sens opposé : * «lisoz-li ce qut» vous voudrez, i' 
zou prend tout à la conlravcrs(\ » 

0)NTRE. B. et De contre, Auprès, à joindn»: « vinb donc te 
WM^iire contre nui, tout de contre m )i ! » 

OoxTREPtiiNTE, 0. Courtepointe. 

CoNTREiK^RTEVR, Colporteur. 

CoNTRETiRER, Tirer dans un mauvais sons. Se dit des filets, 
des habits. 

CoNV.\RS.\TiONS, Conver>atiou. 

CôPE, Coper, copure. Coupe, couper, coupure. Grec pur. 
Cope en deux B. brisé, réduit à néant. — Coper la fi- 
gure en deux, H. menace extrême: copcr cme in rad- 
ie, exterminer: coper ^ dit aussi d'un coup de vent, d'un 
coup de vin, d'un violent be-'^oin. 

Coq (à moi le) î Le prix, la victoire. Reste, .sans doute, de 
ces jeux barbares où l'on jetait des bâtons à un coq, à 
une oie. qui appartenait ensuite au sauvage qui l'avait 
tuée. Vov. oie. 

(>>QSARDE. fem. Co'scrrdn, fém. Buse f:rise do lile .do Sar- 
daipne. 

C<>QrARD, Chapon mal réussi. 

C<X)r.\s.^iER, R B. Coquetier, marchand do volailles. 

CoQr.\TRi "^ (^ocalri. 

C^^^grEPUAME. Ciguë tarhre ; ses racines. 

CoRB.vTON. Bâton courbe en for pour tenir b-s amhllrts a.\x 
joug. 

C«»RBE, J. Courl)e. 

C<'»RBELET. B. Petit coibeau en pieiTe qui somiont le man- 
teau de la cheminé»* : t^iujours assez haut pour qTie la cui- 
sinière puis.se s'avancer dessous. 

CôRBET, Bœuf dont les cornes se dirigent enba.v. 

CV»RBEJH \T'. CORBLIIIA ■ ' ''•KP.rJH \T . Coui-li^ d*^ T:VI' 



Dans Rabelais, faire lui vol, une lilouterie, coninie avec 
un boo lie corbiit. 

(!oKO)i»un.Ki:, CroecMlile. 

(^)UDA, (,'urileau. 

('oRi>ÈLK, ConleàhuiUt'Ue s'attellenl leshoinines(|Hi haieiil le^ 
barques. Corde ^^arnie dhanierons pour la péelie. 

CoRLASSE, (irosse êcorce. — Corlassuls, <-ouvert d'écorce, 
ou qui est de la nature de récorce. 

TnRLrT, (À)urli.s de terre. Çurhil \\\\\Ut mieux le cri qu(? 
courlis. 

(^uRMAT. \. CnriiU'. Ou dit de mhue jtoi/'c.f , poi'htnl . ikc 

CoRME-EcLrsF:, Commune sur la Seudre, canton fie Saujon , 
arrondissement de Saintes. — Cormk-Royal, idem, à peu 
de distance ; aneicnne abl)a^■e. — Habitants : Cormillun- 
noune ? 

Corme, K. lî. Hoisson faite avec des cormes. Le verbe Cor- 
mer, sapplitpie à tous les fruits qui, ainsi que la corme, 
achèvent de mûrir après la cueillette. — Attendre avec 
ennui. 

CoRMK.MSK, ('ornemuse. 

Cornaii-ler, Kssaver ses cornes : * les bo.^ufs se cornail- 
tant. » 

CoRNARD, Brosse pointue de boulanger pourerdever la liiriiio 
de dessus le pain. 

Corner, li. Donner des coups de corne. — U : crier long et 
fort. 

Cornière, B. Coin de mouchoir, de pièce de terre, etc. 

CoRONEL, B. Colonel. On dit aussi couronne l et cou- 
vounal. 

CoRPORAL, B. Caporal ; grade que les bonnes mères confcn- 
dent volontiers avec couronnai et même général. 

CoRPORÉ, Corpulent ; bien cor pore, de belle taille. 

CoRPORENCE, Corpulence. Le mot patois est de tous points 
le meilleur. 



(>>RRo:\ipRi:, Iiuorrompre : ^< corrompre in.? convorsiition.» 

1\>RSAIN (ilamnècoininoiin). Sans (louto coiimio un cahor- 
saiiK usurier du moyen ap:e. et non pas comme un co7'ps- 
sanit, clans le sens des Reliques de Hèranger ? 

Ci^RSK, P). Qui a du corps. ( >n dit aussi du vin corsé. 

("m>sari>, Arltre vieux ; du ceU. cos, vieux. 

C'vissi-:. V,. \ieille soudie. su!'tout de vigne. Français dans ce 
sens. 

CossET. Diui. de Cosse. 

Tn^siN, 1). C'oussin. 

i'oT. Coup. Du grec Koplo, cogne. — Fois : « ol est assez 
p'r in cet. * — On dit au maladroit qui ne parvient pas à 
frapper où il veut : « en cent cot cent lieues !» — « Cof 
a battu chev illard : > on s'est donné un coup à la cheville 
avec l'autre i>ied, comme les chevaux qui s'entretaillent. 

Coter, Co.sser, heurter de la corne: « eheu bœu'te coterat. ^ 
— Hésiter en lisant. 

Coterie, fém. Camarade, lïit-il uniriue: « in tel est sa cote- 
rie. )♦ Doit venir d'ècot, quot debetur, combien est-il dû? 

CoTiT. Code, Véreux ; cote du ver. 

CoTR.\, Cotteret. Et nom de famille. Tels les anciens coite- 
reaux. 

Cou (ine), Pien*e à aiguiseï*. un fjuciijc', du lat. cos. Rabelais 
écrit coz ; le l'erri, cous. 

CorÂHiNE (v. coihine). Si ceci éUiit la vraie orthographe, le 
mot viendrait de Couver. 

Cou'ai.n. 13. Couvain. 

CoUANE. B. Couenne de lard, qui, du reste, se j)rononce 
roi'anne. 

CounLEE, Couple. — Coi HLLER, se dit de deux individus 
ayant chacun une béte de tiavail qu'ils réunissent en atte- 
lage, pour le labour et les charrois. 

Couche. Mise au jeu. — Coucher, mettre au jeu, parier. 
Souvent on dit raettre tout court, ou pnrier-nielfre. 
\o\. Misait le et parie i-. 



C<>r<HKR fiauc/y, ((leli()r>), lî. Se «lit (rua oulil, (riiiifrlinr- 
retîe, (jiii reste deiiDrs, mais nui ne se couche pas : <^ nient 
conta a rouc/ir douère, rliette neuf. » — Se repi'oche 
aux mauvais cliasseurs : « que de lièvres tu as lait couchet' 
doucred-dii^ ta vie ! >* 

Coicius, coi'r/n'sc, Qm aime à se coucher. 
CoucoMBiiK et c'coMHRK, ('oucoHibre. 

Coicou (H(»ur de), I>. Primevère sauvage ; faux narcisse ; 
lychnide on corpK^lonrde ; etc. 

Coude (lever le), O. S'enivrer, surtout secrètement. 

CouDiN, Coing', Cydoniuiii mahua. — Nom propre. 

CorDiNiEK, Coignassier. En gascon ce serait Cuisini<M*. 

CoiDOT, Subs. etadj. Poulet au([uel la queue pousse. 

CouDrT, Coud lie, B. cousu, cousue. J /te candis, iecou<i\\^. 
fa coiidis, i'coùdait. Jhe coudi, tu coùdi, fcoudit, je 
cousus ikc. 

CoUE, B. Queue. (Lat. caouda, coua, coue). Enigme : 
« qu'est que mais n'on zou tire p'r la coue et mais 
o fouit ? » Le peloton de fîl. A'œu désespéré : « vaudroit-o 
pas meux être ch'n et n'avoir pas de couc'l » Pour chasser 
les mouches. 

Cou'ÉE, B. Couvée. Cot-'er, couac ; cuhare. 

CorET, Petit cheveu. — Coiiet, couhet ou coit, tube en 
bois pour les prises d'eau des marais salants. De quie- 
tuf, V. amezau. 

CouGNASSE, Lieu planté decoignas^iers. 

CoiGNAT, CognaC, ville. — Jeu do mots sur Cognac : lors- 
que deux personnes se disputent vivement : « érat-o jus- 
(pi'à Cougnat ? » cela ira-t-il jusqu'aux coups ? — Habi- 
tants : Co;:,niacais-aises. 

CorGNÉE, B. Cognée. De cuneus (councus), coin. — So- 
briquet de la femme battue. 

CouGNER, B. Cogner, t. queugner. 

Cou'i, adj. B. Couvé : « inœu' cou'î. » — Subs. J. couvain. 



i\^\ A.u:, iv K^ct'f/uïnt : AU jilur. 1». 'resî.irulcs. — Fciiiiiie 
I)ête. — T>e chnt, tulteivules de lOrcliis mal»». 

(Ic)Ui.i:F., MortitM' clair, à roula' dans les joints. 

(^•t■LKî■I{K, 1). (^)loiv. \ in Itien coft/rurf'. 

OniÀ (.V<;0' Nœud coulant. 

CorLiNE. d(» r{yjf/r'/',I\>nt(*d(? terrain, vallon, ravin. Opposé 
de Cidline, «jui vient de col. 

CouLO.MB.\Ri), Colombard , variété do raisin Mnnr. 

Con.oMiŒ, Instrument de tonnelier, ^crosse varlope renvor- 
K»e. 

CouLO.MHiCR, B. Colombier. 

Coui.OMnrERS, Colombiers, communi* du ranton de Saintes, 
f»ù l'on a trouvé d'anciennes monnaies manjuées d'oi- 
seiiux. 

CouLONGES, Commune du canton dePuns. Habitants de ces 
deux communes ^ 

Coi-LOCUERun enfant, Le trop choyer. De colloquer. 

CoiME. C )mme ; vov. c'yne. 

CoiMENT, (Comment. Cette question faite trop de fois, amène 
la réponse : « gourmand toi-même ! » mauvais calem- 
bourg. 

CoiMÉDiE, Comédie. De même, coumunion, &c. 

Cx^i'MENTAC.HE, Assaisonnement avec le pain. C'est ainsi que 
Iciibelais annonce un livre intitulé : Des pois au lard cuni 
rornmcnlo , avec commentaire. 

CoiMi=:RE, B. Femme en couche. Voisine qui l'assiste. — 
(Commère en génei-al. 

Cor.Mis. B. Se dit ]»rineipalement des emploj-és aux contri- 
butions indirectes, toujours en odeur de gubelouSy dans 
le pays . 

CocNiL, Lapin — nom propre, (plus ou moins.) 

CouNiT, Diminutif d'un mut libre. 

CorpANGHE, Coupage, mot et chose devenus trop pratiques 
surleb .«piritueux. 



CorpiE, C<>j>ie. — l^uaiitiî.»»: «lu vràilatia ru\(}n(t : jinrcxpin- 
plo, on dira d'un rliuino : « tu en as ine bomio coi/yj/e ! * 

CoURAGiiis, Cnuraghisc, Courageux, liardi, persévérant. 

(louRANT (N'ot), A. X(pud roulant. 

CuURANTi:, Dansi» à temps boiteux, Iiurs d'usage. — . 
Cours de ventre. 

CoruATiKii, Couraiirrc, !>. Habitué à la couraterie. Est 
devenu courtie)'. 

CoruAri), O : CouraJin, grande barque de charge — nom 
d'li(^rnnie et de localité. 

Courbe, fém. Sable iik.u ^ui engloutit ce (pii s'y jette. En'isc 
en Normandie. 

CouRBEJiiAU, V. CorbcjJiciH. 

CouRCouRV, Ile et commune sur la Ssugne, canton de Sain- 
tes. — 11 V a cours et recours d'eau. Il v passait une voie 
romaine ({ui sert maintenant d'écours à un des bras de la 
Seugne, laquelle a exhaussé son lit. 

Coi'resse, (poule), (ùouveresse, qui couve en ce moment. 

(Couveuse, en effet, indique l'instinct plutôt ([ue l'action 

même. 
CoLRGiiE, V>. Bâton disposé pour porter sur l'épaule un sceau 

à chaque bout. Y. Charnbakni. 

CoiRGHEoN, Petite lanière de peau tortillée, de manière à 
faire un cordon très fort, qui sert à assembler, par exem- 
ple, le toulot et la vcrghe, les deux parties diilieau à bat- 
tre le blé. 

Coi'RGNOEES. Fruits du cornouiller, cornoudles. En lierry, 
gorge peu développée, 

CoURPE, Croupe. Courpicre, cv(yci\i\eYe (qu'une peîite fille 
qui n'en savait pas le nom, appelait très bien In bride du 
derrière.) Courpignon et courpion, croupion. 

CouRPÎ, (".roupir. Participe: courpit, courpie. 

CoURRoi, : Courroir, Couloir, corridor. 

Course, Cours d'eau qui fait tounier un moulin. 

Courser, Poursuivra à la course. Covrsî. id. 



CorusikiiK. Uav(V.i(laîisk»qu('l un int^'iiHfM' a ses acrjur- 
siers. 

rocRToiRE et Courtoise, Couvortiiro de pot. 

(^OIRTOISER, Courtiser. Pouniuoi Courtiser et (Courtoisie ? 

Coi'STiLl.E, Piège à oiseaux, t'ait irune côte ou roù/f' de b(»'ut", 
ou, à défaut, d'un petit arc eu bois, d'une anse en ter de 
iscau, et garni de tilet. 

Coi'TÀ, Couteau. Le r»'pas fini, onftM-meson couteau, et il est 
vilain de le rouvrir, ([uelque chose (pii survienne en des- 
sert. Mais il y a un vieux conte, souvent renus à n(»uf, de 

■ saison favorable, d' terrain fertile, faisant pousser la lu- 
zerne ou d'autres plante* long.... « té ! sac rdienne ! — 
c'me mon coiità î * (.\jutà-puroiu\ gi*and couteau de 
siibotier, tenant d'un bout à la coche, pour parer c.-à-d. 
préparer le bois. 

CoÙT.v de Tripier ; Espion, mouchard, cpii vous tire les se- 
crets du ventre. 

CoÛT.v, et par corrupt. /o/*</à, de haricots surtout. Censée 
j)resque vide, mal venue, où il n'y a que la cote. 

C>>iiTE (ine) P>. Une côte, du corps ou d»^ la mer. 

Coûté. B. R. Côté : ^< din rovte, » d'une part. 

CouTKLouNE, Couverture en coton. 

CoÛTEMENT, B. Coût, dépense. 

CouTivER. Soigner du foin coupé, le culticer pour qu'il 
sùciie. 

CoÛTON. Coton, B. Crrosse nervure des feuilles de chou, de 
bettes et autres seml)lables. 

CoÛToYER, Pron. cov.tèyrw B. Côtoyer. 

OjUTIJME (de), B. Habituellement. 

CorvARTE, Couverte, O. 13. couverture. 

CouvRAiiXE, B. Le temp«; où l'on couvre les semailles. — La 
quantité de terre mise en culture de blé : « tant de jhour- 
naux de couc raille. ^ \oy. rhuvraille, qui est le même 
mot. Aille est bref dans les deux. 

CorvRiT, B. fém. Couvrie. Participe de couvrir. 



CoÛYEîi, Eriii on hjh à loger la cou. Si^ ppn;l à la ceinture 
(le manière à favoriser le quolibet burlesqnp. 

CorvOLE, Fruit de l'arisjtoloche — la plante mémo. 

Cou vuN, Coyon. l)cM'<9/ selon les ims, de co[/fionc. italien 
selon les autres, desquels nous adoptons l'avis, r. Koilus. 

CozES, Canton deTarrond. de Saintes. Vient de Coz, ancien: 
comme, prol)al)lement le Cosns de Vir^nle : qitiqua nr- 
hem liqitère Cosas. Enéid. Ainsi Cosoice ^c. 

CoziLLON. Habitant de Cozes. Les messieurs de Cozes, dif- 
on aux alentours. 

CR.\riiER Dans ses mains, liabitude pour «'mpêclier les man- 
ches d'outils de glisser. Par suite, c'est un préparaîif de 
bat:iille. — « Cracher en l'air pour que ça vous retombe 
sur le nez. » Porter une accusation qui est la condamna- 
tion de celui qui l'intente. 

Cr.vgne, Subs. lecrùne. — adj. crâne, bravard, téméraire. 

CnAiGxrT, H. Part. d3 craindre : « <>[ ihe naxh c rai g nut ! > 
souvent syncope en crrjnut, comme l'imparfait c'rgnis : 
« si jhe ne c'rgnis mon couraghe î » Ils disent : *^qHe mou 
couraglie » i)ar erreur de mots et quelquefois vérité de 
sens. 

Crain're, Craindre. 

Crainte, 0. Timidité. 

Craintit, Crainh'e, Timid\ en parlant des enfants : « à 
n'est jiiarnigoué point craiutie ! » 

Craintitide. Tim'.dité. 

Cramaii,ef:iie, Crémaillère. C ramaillon, I). Creiiiaillon. Le 
grec est ea effjt krêmri , suspends. 

Craqt;e, P>. Menterie, gausserie, ou gausse, la gnhe du 
moyen-àge ; hélueu (iHE [gahhia. (•<ige, p;inneau ?). Un 
connaît M. de Crrï^?, ei l'arbre de Cracocic. à Paris et 
ailleurs. « Pousser inecr^^i/c. » 

Crasse. B. Trait d'avarice, vilain four : « i' m'a fait ine 
crasse! » 

Cr assit. Sali de crasse : « i'ws cmssif ta manciic, > 



li 



t 

Crass<»û, B. (\'assuus«f : Cra^s^eux, dans les doux sens; de 
sale et d'avare. 

Cravans. CiMuniun»' du canton de Geniozar. Breton : /.•<'/•, 
furcn. llal)itant> : Cravan.tis. 

Cray'on (pronc^ncez crèon). Crayon. 

Crazannks, Connnune du canton do Saintes. Toujours /fcr, 
demeure: halùtants : Crazannais. 

Crka. Ksturgoon. N'est pas le rrcar drs B()rd(ilais, espèr(» 
d'alose. 

('.RKiATi UK. n. Créature. 

C'RKinK. li. Cioire. « J/tPcrris. » « Crpis fout' i>en ! » for- 
mule ironiquo d'un doute absolu. — * Chouse de creirr, 
de feiro. de dire... » C». I^ do [jotu' n. — Etre docile, O. 
« Çlicul enfant ne creil point. » Le participe est créyut, 
rrèyue. 

Crkissantk, Croissance, C'est \'è latin, là : r/W^^/v^ ici, 
rrescere. 

CrkIt. h. Croît. * Çlieu garçon a feit son rrril ; » a pi'is 
Toute sa taille. 

Creître. B. Croître. * Mettivà croître : » ajouter de l'eau 
au bouillon. 

*(ju:nom et cr)Tnrii, .lui-ement : saci'é nom ! 

'(^RKNoTt:T, Crciiotuo. Diminut. de sacré. Injure êlogieuse : 
« cheu 'cr'notul clrole, c'ine il est fort ! » 

CrÉpin (saint), (> \i:S/fn/ro,sqHin : sfiinfrusquin : LaA oir, 
la fortune, les économies. <' II a maniiliè tout son sairtf, 
("rôpxn, » comme ri'jifant juodigue. (> mot ^ ient des 
«•ordonniers, thrni sninf Crrpi/i. c'c*st-à-dire rropiduy 
la sandale, était le patron. 

Crkpi.ssaghi:. n. H. et CrcjtissfinfiJio, Crè}>issure. 

Crkîkjnk (ine), .1. Creux à la tête i)aj- Idessure. — (broute 
d'une plaie. 

Creut. Creux. Creuse, perce a jour. — Chanson rroiiscc, 
à donble entcntp, licencieuse. 

Crkve (la), et la r'rro. ou c'rraison, I>. la mort. 



CiiKVi':, C'rrè, 15. Fati^^iiô, n'en pouvant \)\\\>. — «< Toul sou 
c'i'cc, y> tout sou soûl. — Aucieu coi'ps do robe dont les 
lu luche^ êtaienf (Tuai» aiitrt) éto{f<». — C'rcar s'applujue 
au l'eu et à lachaudelle, couiuie Mourir: «le feu est c rri'. * 

C'iiEvi>riiii:N (Lessou), Morelle noire. Plante. 

(liUKR, I". Pleurer, m'Uii sans jeter de cris. 

Cuigci:, féni. Ross;\ mauvais cheval, niulel ou àne. Ledini. 
criquet est fraurais. 

C! assK-MVRiNK, Ci'ist'Mii irin\ ('Iirillinius ni'irifintns. 
Çrochkr, Accrocher: « si jlu i^ crocîie'wi^ lois ! » 

('rochktku, 1>. Accrocher. Fermer une porte, et non pas 
essayer de l'ouvrir. 

(Irochkts, Pissenlit dent de lion, oti Liondent. 

Crocs, pron. cnj. Favoris aux joues : moustaches. — Trace 
de vin aux lèvres. 

C roi SON. Vov. C liaison . 

Croler, P : Crouler, Bercer, soigner tendrement. OX ? 

Crolis, Secousse, bercement. 

Croque sole (vieux ou vieille), Vieillards près de croquer 
la sole (le sol), ou plutôt d'être croqués par lui. 

Crosses, Béquilles. « Aller avec les crosses. » Cruj\ croix. 

Crosser, Rembarrer durement, comme à coups de crosse. 

Crotter, B. Fienter. Crottet, crotton, petite crotte. 

Crottoùs, Boueux, sali de boue. 

Crouler, Roucouler. 

Crousser, B. et Grousser, glousser. Ancien franrais. 
Onom : 

Croustet, Crouston, B. Croûte de pain, croûton. 

Croustiller, B. Craquer sous la dent. 

Croûte, B. ^ Man^^her ses croules, » vivre en son particu- 
lier. — Avoir vécu, grandi, pris delà force : « tu n'as pas 
encore manf^hé as^ez de rroùfes, » — Croùle-levé, U. 



\l.O. se dit (lu pain mal mil doni la croûte ne tient pas ;'i 
la mit*. 

C.R' riiE d'eai , Nénuphar, plante. 

Crtciiftek, (iravir iroelielon en èclielon, do liranclie on 
branche :« rli<Md (Mitant est ti'ojliou's à ci'uchcter. » De 
cracher, s'accrocher l A\»y. KncrucJicr. 

('RrCfiiEON, Petite ci*uche. — Fruit cU^s nynij)ha'a. 

Crût pour crcut, c'est-à-dire Creux, jeu de mots libre. 

C'tapfnhant. IJ. Cependant. 

l 11 CI, (il i,A ; c'tï'i n, r'Ti'i i.a : I). Celui-ci, celui-là. 

CiiR DE BRorETTE (souUoi^ en), en bois; des Sa])ots. 

CriSANTS, P. (légumes). — Faciles à cuire. 

CuL SUR POINTE, P. et marine : Sens devant derrière. 

Cr-NU (Lesson), Le colchicjue d'automne, qui fleurit sans 
feuilles. 



OA in 



•> 



D 



U- Lt'ttre (Mi})lioiii(iiio, comme toutes Ips dcntalos, s'jj joute» 
au conimoncemont de queUiues uiots : cloute)- pour oùtcr 
(ûter) : entre certains mots : rhcuque d'in. \H)\\vrh(nique 
in (quel(|u'un) ; tombe et se perd dans (|U(*l(iues auties : 
jtroire, tcinre, innirprcndi-c, teindre, (tenir) ; adoucit 
sonvent le t : descende, perde, rende, vende, pour 
Descente, Perte, Rente, A>nte ; et cela même au commen- 
cement de quel(|U(*s mots : dourcher pour Toucher. 

l)à, B. Se place d'une faron particulièreàla (in d'une phrase: 
« olest p'rtant bin vrai, dû ! » ce monosyllabe doit être h; 
Dia, par Jupiter ! des Grecs. 

D'abord qt'e, B. Aussitôt que. Molière l'emploie. 

Dada, Terme enfantin pour Cheval. (Jnomatopée. 

Dail (in), 0. R. J. : ?ne daille. Une faux. Du celtique rM//, 
feuille. Une faux est mince et alloni^ee, connue une feuille. 
C'est par corruption que les Limousins disent dard. 

Dairai (jhe), B. Je dirai. Commencement bannal de toutes 
les phrases dans les lettres des conscrits, à l'imitation d« 
celles qui leur sont adressées ; parce que le parent, qui les 
dicte, ])arle ainsi à l'écrivain : « Tu zi dairas, à eheu cher 
dnMe que <kc. » 

Dàlép:, Blaisois, id. B : dabè ; Quantité d'urine répandue il 
la fois ; pleine f/f(//e.J. : dràtée. Cf. l'ang. do.le. 



131 T>i>: 

l).vi.uT, Petit iNindiiif. — J^'U dVnfaiifs. avec ile> balles ou 
deî> Mlles. 

Dalter, Se tenir en eiiuilibrc sm* ses ailes, eonnne t'ont cer- 
tains oiseaux (le proie — Palpiter. Le bi'eton nous donne 
(/^//(v/(7 étendre ([nt'l(|ue chose pour la fair** sécli«'r. ("est 
daiL la feuille. 

Pamà, p. etDrûuir, Œillet, dicuifhus. Nom précieux, indi- 
(juant la patrie oriiiinelle de la fleur ou de ses plus belles 
variétés. — « Feire baiser son daniar à cinq feuilles, » sa 
main, donner un soufliet. 

Danohiroû, I)angereux. 

Dans Se prend pour^;^ et pour n : 

« J'hai passé huit ans clans It'S landes, 
Sans jhain;tiï> penser dans raniour. [Rondr.) 

Dard et Derd, Lacoulœuvrc verte, qui en effet se lance com- 
me un dard, fjuand on Ta mise en colère. — « Sîler c'mo 
ia derd ,» SifHer et bèiçaver de courroux. 

Darre, .1. Derrière, substant. et adverbe : « le darre d'in 
calot. ^' — << Après vat darre, * après suit. 

r)ARRn:R, B. Dernier. F : darrain, darrainier. 

Darrière, B. R. Derrière. Breton, dre/î,drem,dren;ii<i\. 

df rétro, d'après le latin. Le Saintongeais dit darrière et 
071 errière : le français, derrière et en arrière : Bizar- 
reries î > 

D.vTTiLL (prune.s),Qui ont la forme et presque la douceur des 
dattes. 

DAf, Du : daii pain, dan viyi. De Lit. dal. Ro : de : « Jlie 
vas vendre de lait et acheter dé bœu' et dé mouton, p'r 
faire dé bouillon à la boui'i/heoise. » 

Dau, B : Diau, dé à coudre. Très abrégé de difjital ; d... 

aly dau. 
Davant, b. Devant. Ital. davanii. 

Débader, Fermer la bouche qui badait, qui était ouverte. 

DÉBAUCHE, B. Interruption de traA'ail: <* jhefiniron-s demain, 
.si jho n'avons pas d' dèfjo/i'cfœ. » 



i>h: i:; 



?«> 



DÉTV\TfHj':E. Cessation fin travnil, L^soir ; « à la ((èhauchcc^' 
à l'heure où l'on (juitte l'ouvrai^e. 

DÉr^ArcuKR, Cesser le travail : contraire ^X crnhancher. 

1)E BESOIN, B. pour: Besoin : ■< jli* n'en ai p'us de henoin. ^ 
« S'il en est do besoin , » a dit Molière. 

De biâ (;"i), kd'bià, ixd'mau , changement en mieux ou en 
pis. 

DÉBINE. B Déconfiture, misère, état de déhitevr insol- 
vable . 

D'bit, D'hiter, D^bit, débiter. 

DÉBORn, Dèvoiement. 

DÉHori-ER, B. Partir connue un boulet ; se dit du lièvre qui 
fuit de son gîte. 

Debout (vent), et mieux r//:' boid. Contraire, venant par le 
bout aA ant du navire. 

Dêbragt'té. .1. Ayant la bracpfe déboutonnée. 

DÉBRiNGUÊ, B. Démoli, mis en pièces, en parlant d'une cons- 
truction compliquée, comme faite de plusieurs ^m2.v. 

D'btrer, J. b. Jeter l'eau de cuisson des châtaignes. Dépu- 
rer. 

DÉCAMPE, .1. Dégaine, laide façon de marr]i(T. 

DÉCARŒILLER, Oter la vire (pii vient aux cruils (veux), 

D'rÉDER, Décéder, <^ o y at beau temps qu'aie est d'cè- 
dèe ! » 

DÉCESSER, B. Cesser. « J'n' dècessera pas ! » ne se dit 
guère que négativement. 

DÉcHiLEER , Faire tomber connue une qaille ; démontr-r 
(quelqu'un, ou le faire desi.il uer })oui* })rendre sa place. 

DViiiRER, Déchirer. 

DÉCLEAiRER, B. Déclarer. Villon, Marot ^Xx^iixxi d esclai.rer . 
— Dénoncer : « i' l'avons dèrllairé aux connus et i' l'a- 
vant feit prendre. » 

DÉCOLÉRER, Sortir de colère : <(. a' li' décolère pas. » 
De contre. Contre, auprès : << tout de eordre vwo'i. » 



DÈCOPKR (sf»), (^. So oontrodiro soi-iii(Mno. 

DÊroui.FA'KF.n. T». Décolorer, ("est ici le français qui est la- 
tin. 

Dkcouvrit, Dèconvric, V. Découvert, découverte. 

Dkcrociietkr. lî. Décrocher. 

Dkcrolf.r, I>. vt Dccrovier, R. Ei)ranler, préparer l'écrou- 
lement. 

Ded.vns. h. Dans; nvM^ drdans o^t plus lorf, comme véri- 
table opposé de dehors : « ceux ([ui ont la loi dedans le 
cœur » Pascal. 

DÉDIRE (se). Se défaire en grandissant, se démentir avec lu 
temps, ne pas tenir ce que l'apjjarence avait promis : 
« çliele fumèle étoit jholie étant p'tite:a' s"est bin dédite.^ 

DÉFAIRE, Des pois, par exemple, les écosseï'. ( ). 

DÉFAIRE (se), 0. X'est pas un crime le moins du monde, c'est 
commencer à se dévêtir. 

D'fait, D. Défaut. « Ktre en d'/avt. » 

DÉFENDIT. r>. Impossible. Terme de défi : « o t'est dèfen- 
dut. * On dit dans le même sens : « jhe te zou défends. » 

Déf'rmer, F. (.)uviir. 

D'fks (bois du). Plusieurs tenants de bois ont anciennement 
ce. nom : c'était ap}»arenuneut un bois exclus (hi droit do 
f()ua«re, une ré>erve, avec défense, du .seigneui*. 

DÉFINT. définie, I)éfunt, défunte. Defunrhis (beau mot) 
qui s'est acquitté de la vie. Combien [)eu de morts sont 



. I 



(létunîs 

D'Fori, Fuir loin de.- <' Pauvreté n'est pas vice, mais tout le 
monde n'en d' fouit. » Provei*be. 

DÉFUKÛniFR. lî. Défricher. Friche a rapport au breton 
fraust, stérile. 

DÉGAGiiÉ, B. et D'rjfHjhè, Leste, agile; Fit. disinvolto. 

Dkgarhaté. Décolleté, montrant la ffarfjfde, la Garfjanle 
de Rabelais, la gorge, pro{>rementet virilement dite. Si le 
débraillé va plu^ bas, r'o^» décarcassé, montrant la rar- 
cas.se. 



l)KriÀT, r/'f/à( , I)i)inmaii(\ pris au ?>ens actif : « IcslxHes sont 
en d'gat, » c'est-à-dire lunt du dé^^ât. Vastant. 

DÊcîh'i.kh, Ik Volée de coups ; (pii doit offcctivement ré- 
cliaiiflVr. 

Dkoiiènkr, 1). Metti'e au large. 

De GUINGOIS, De guingois ; connue (^ui ynignc, qui regarde 
de travers. 

Dkgoisii.ler, B. Diniin. de Dégoiser, tirer de ^o\\ gosier 
beaucoup de sons. 

DÉGOÛT, B. Mauvais goût. « Vlà du vin potalillc: i' n"a point 
d' dèjjoùt. » 

Degré, Escalier. A. sens du vieux français, et jusque dans 
Doileau. Usité de même en Savoie, si l'on en croit cette 
jilaisanterie sur Vaugelas, grammairien français, mais 
Savoyard : il se retirait le soir de cliez son confrère en 
Académie, Fontenelle, et trouvait que la domestique lui 
tenait mal le flambeau : « Faites-moi donc clair, lui dit-il, 
dans ce degré ! » La servante ne bouge. Alors Fontenelle, 
du haut du degré : « Excusez cette pauvre fille, M. de 
Vaugelas : elle n'entend que le français » 

D'guiller (se), J. se Trémousser de joie, de jubilation. Fa- 
mille : guilleret. 

Dkhors,, h. « S«)rtir dehors, entrer de/iors, renfermer de- 
hors. » Ainsi un anglais nous disait (lu'il avait fait la 
route dans rejtèrieur de la diligence. 

Deit, Doit. « In tel me deit tant. » 

Deigt, Doigt : «^Jhe teba'rai su' les deigt! » 

DÊJHA ! B. En vérité! bien .sur! ironiquement. Sens très 
l)arliculier dans cette phrase et autres seml)lables : « vous 
ne manghez pas ? — Ma fine ! o n'est pas dèjhà si bon. > 

DÉTiiETER, B. Chasser, détourner d'un lieu, dégoûter d"y 
revenir. 

DÉfiioBRER, Débarbouiller. Vov. J/to7)rous : ce^^t du ffrec. 

DÉJiiouQUER, B : DègueJter ; Quitter le jîiovq ou juclioir, 
en j^arlant des volailles ; le lit, en parhmt des ehréliens. 

12. 



DwniiNER, 0. Déjeuner; cesser le jeûne. Jcjiniium. 

De DKL.V, (X Par delà. 

De la étant, 0. San> parnr de sa place. 

D'i.AissER. Pron. D'Ièssrr, Délaisser. It. lasciarr. 

D'mbÈRÊ, .B. Décidé, résolu, détenniné. « Din pi'opons 
ti'iihôrè. » Hardiment, sans rémission et comme après 
avoir efTecTivemenI dèlibèvô, dans le sens français, pesé 
{lihra) le pour et le contre. — Délivré (liber) : « ma 
femme (qui était enceinte) est d' libérée. » 

Dlicat ; d'lighent, Délicat, diUj^^ent. 

D'einquer, B. Décroître, défaillir. Lat. delinqurrc, aban- 
donner. 

Déliter (se), B. Se dit des pierres qui se décomposent par 
feuillets, par couches, à la gelée. 

D'livres, Déblais. 

DÉLURÉ. B. Avisé, fùté, qui a échappé au leurre. De là 
aussi luron. 

D'maghe. b. Dommage. « Ah î le grand d'mar/he! 

Démain (à la), B. A l'opposé dp la main ordinaire, à gauche 
au lieu d'être à droite, ou réciproquement. 

Démancher. B. Défaire, démettre, déconstruire en général, 
même ce qui n'a jamiis eu dr» manche, un bras, une mai- 
son, un nid d'oiseau, un mariage, une affaire. 

Demande à (jh'en), R. Je prends à témoin un tel. 

DÉMARfiiER. B. Faire ses premiers pas d'enfant. Effective- 
ment, c'est marcher en partant de l'apjmi maternel. 

DÉMARIEMENT. A. Divorce, sépar.ition. 

DEMEt.'RANTE. B. Dcmcure, « feire sa deriieurnnce. » 

Demeurant, B. Restant. * Le demeurant des rats. » Lafon- 
taine. On dit encore : au dem3urant. 

DÉMONTÉ. Furieux : * ine mer dénionlée. » Comme un che- 
val qui a démonté son maître, ou comme une m ichine dé- 
traquée qui va sans qu'on pui*:^^ l'arrêter. 



!>!<:: 139 



D'.MuiSKLE, Pron. d' uiouésèle, Demoiselle, (lomivolla . 

Dkmoinaire, Possédé du démon. Apostrophe de courroux. 

DÉMorRE, est plus fort ; c'est démon même : <^ çlieu dd- 
moure ! » 

Demourer, Iî. R. Demourer. Lat. demorarL 

DÉ.NENGiiER, Désenger, faire périr rengeance. 

DÉNIGHER, V). R. Dénicher. 

Dkntoile, pron. comme toile, Dentelle. C'est en e^oiloUeii 
dents ; mais quels caprices bizarres ! Le français qui dit 
toile, revient au latin dans dentelle, et le patois qui dit 
tèle (tela), par de)itoile[)a.iisn au français. 

D::i\\RTE.MENT, H. Départ. L'ancienne et gente départie. 

DÉPATER, 13. Oler la grosse boue qui tient aux pattes, aux 
pieds. 

DÉPEIGNER, B. Décheveler. 

DÊPFAyhRE, Dé 2)eintr e)\ I>. J. Discerner, distinguer à l'œil. 
On dit ([uehiuefois, dans le même sens, dé/lyurer. 

DÉPEMLLÉ, Déguenillé. Le Berrv fa^t une juste application 
de ce mot: <!.dé2)e)iiller\e himm\ » l'épandre par lam- 
beaux. 

Depeû. B. Bail d'peii\ B.C. : du depuis, i\e\)\\\^. It. dipoi. 
— Depeû-mézit, J. longtemps après. 

Dépit, B. Peine, regret : « tu me feras dépit, si tu fais 
çlieu. » — « En dépit d'au bon sens, » à tort et à tra- 
vers. 

Dépllégiier, B. Déployer, déplier. 

DÉPOTER, Mesurer au pot, à la velte, surtout l'eau-de-vie. 

Dépoteur, celui qui Dépote, dépotarjhe existe aussi. 

Dequoi?0. Quoi ? question bannale des personnes si nom- 
breuses qui ont la mauvaise habitude de faire répéter ce 
qu'on leur dit. Le patois leur fait mie réplique grossière, 
qui tinit en rime par le mot noix. 



ii«> î>r: 

Pr.jiAMKit, ^^e^ pou à pou, comme lairain, ra/}?(', on ila- 
lion. 

A tant m' fi-oiuantiM- mon .Iliacquos, 
Tu tieram'ras t»'S sonli«rs. 

Dkranc.iu;, r>. C^Uii a Tosprit doraui^^ô, 

Dkhayer. l^\vor, biffor, oîTacor, l'êcrituro d'un compte. 

Dkrkidzî. h. rK'»rai(lir. 

Di-.wU.iiKR, Diri^or. Le français ropranlo les limite-^ à droite 
ot à iiaucho, comm? le latin ; le Saintongeais voir 1'^ point 
de départ. 

IJkrivke, I)è!)ordem?nt d'eau. 

IM:river, Doborder. 

D'rllner, Faire diTlin, drelin. OX. v. freliner. 

DÉROCHER. « Offèvoche, » il dégèle, et les roches, (les pior" 
res), quittent le sol et se prennent aux. pieds. 

Derse et Enderse, Dartre : qui vient en efT»^t du ^vecdèrCy 
écorche, enlève la peau. Sanscrit : DAKDRU. 

D'rser, B. Dresser. Parer, mettre en toilette : « ine fille l>ein 
ri'f'sce. » C'est l'anglais fo fîress. — se (rrscr, se ran- 
ger, se serrer pour faire place : « d'rse-te donc in petit. » 

DÉSABANCHER, . T. Défaire les ^«?rçr de chanvre qu'on avait 
entassés dans l'eau pour le rouissage. 

DÉSABRIER, Découvrir, Oter l'abri. 

DÉSAcror'ER, pour Dcsaccouver, Faire perdre aune poule 
l'envie de couver. 

DÉSAcrRocHER, B. O. DécPoclier. 

DÉSAPACER (se), J. Se débarrasser de quelqu'un ou de quel- 
que chose qui nous ôtait la paix. 

DÉSAPAREILLER, 0. Dépareiller. 

DÊSASSAisorNER, 0. B. : Dessalsonner, Cueillir ou semer 
avant la saison. 

DÊSATTArHER, 0. B. Détacher'; (qui, en français, se confond 

2i\f'r- ntoy iinn fachc. ) 

DÊSATTELER, U. B. I)ételer. 



DFSAr.MIKTKU, .1. \ . Ih'j/u'tcr. 

Dksckndk, r». 1) 'scenti*. ^^ l'oiitete de lu l<;lliv 1). 

Desclndkk, Descente, pente de terrain. 

Descendiu:, (.). pour Abattre: dcscenlrc \u\ oiseau dim 
coup de fusil, l'a peu irunirpie. comme dasceii'l rc <'ii 
alu'egé, p(Hir tondvr. 

I)kskmi5AI{Rassi:r, < >. Débarrasser. 

DÉSEMi'A(,?rKTF.R, (>. i)ei)a(|U('ter . 

DÊSEMPÉTRER, Dép('trer. 

DÉSENCRUciiER, 15. Di'scnrucJier , J. ôter d*uu crochet 
élevé. 

DÉSENDETTER (se), lî. S'acquitter d'une dette. — On voit 
combien cette svllabe destructive, démolissante, des, <'n 
grec dus^ est consciencieusement api)liqutM' par les })a- 
tois. 

DèsendormI, Réveiller. 

DÉSENFKRCJiiER, Bèsenfarrjhcr.W. Oterlesentraves(en fer). 

Désenfiler une aiguille, Kn tirer le fil. 

DÉSENFOURNER, P. 0. Défoumer. 
DÉSENr.Ac.iiER, Dégager. 
DÉSENROCHER, Déterrer une bête morte. 

DÉSENTERRER, Bcscnt' rrcr , H. (>. Déterrer un r7//V'7/>>?. 
l'exhumer. « Pâle c*me in désenV rré . » Portug. desen- 
terrar. 

DÉSENVEEOPPER, P>. Développer. 

DÉSHABILLÉ (in), Un vêtement complet de femme, le justn, 
la robe Gi ledevnnlaii, ce qu'elle a mis de côté quand 
elle s'est déshobillcc. Le négligé des dames est la toilette 
des villageoises. 

DÉSHARNACHER, 13. Otcr les harnais. Le franc. Dégarnir ne 
vaut rien. 

Desloges (prendre Jacques) pour son procureur, Déloger, 
partir. 



U2 i>i: 

Dksoussek, O. Désosser. 

Dessisse (que jlio), F. Qiio je disse. Iin[)arf. sul)j. de Dire'. 

Dessoi.er, DéfricluM'. 

Dessur, h. F. Ronsard ; Dessus. Voici un l)o:iu vers de- 
Ronsard : 

Portant dcs.tur le front le mal de sa pensée. 

DÉTAPOLNER, Dèbouclier, ôter le tupon. 

DÉTAURNER, Détourner. — L'herbe dètaurne a la vertu , si 
l'on niarciie dessus, de vous désorienter et de vous faire 
perdre votre chemin. Herbe, hélas! bien conunune, et que 
pourtant on ne connait pas... en botanique, du moins. 

DÉTENDE, B. de piège, de fusil ; Détente. 

DÊTOT'R, Accident grave qui compromet la croissance, le 
développement, (pii ôte la force : « il a-t-attnipé dau 
détour. » 

DÊTRiER, r>. Sevrer. Du laiin detrudere, éloigner, comme 
sevrer vient de .séparer. Voy. Etrier. 

De:trouiller, B. F : Destouiller ; Débrouiller, surtout du 
fil; Le B. dit dèt rav ouille r et donne Tétymologie : c'est 
mettre en peloton l'échevau qui était sur le travouil, ou 
dévidoir. 

D'vALÉE, B. Descente, pente de coteau. « A la dévalée. » 

D'valer, b. F. R. Descendre. « Je semble au mort qu'en la 
fosse on dévale. » Ce vers de Ronsard est complètement 
saintongeais. Du reste Dévaler est français au sens actif. 

Devantâ, Devant au, B. R. (Quelquefois simplement le 
devant) Tablier. Cela se mettait donc autrefois sur la 
table ? 

D'vantaghe, Davantage. Devantage que, B. plus que. 

Devant hier, B. et devant- z-hier^ Avant-hier. 

Dev.\ntiêre, b. Grand devantau à porter un faix d'herbe 
ou de feuilles. « La sainte Atitière emporte tout dans sa 
devantière. » Les gelées d'avril, mois où se trouve cette 
sainte. 



Dkvant soi. R. En sa possession, à sa disposition, on par- 
lant (le biens, de ibrtnne ; ou seulement en rspr/'coice, 
roinnie l'on dit peu moralement : « eliMe lille n'est pas in 
mauvais partit : aie a eliè(iue chouse devant soi ou 
(levant lé. » 

Devfni, R. Venir de. « Voulez-vous drjhiuKîr.'' -- jlfen de- 
vins. » 

Dkvkkkiner, .t. Empêcher de l'aire le ven*at, !<' paresseux. 

Devers, R. Vers, du côté de : « devers moi. » ^lolière. 

DÉVERS, F). Penchant à verser. On s' v oppose en tenant le 
dévers, d'une charrette mal chargée, par ex. 

DÉVERTÎ (se), Se divertir, surtout danser, si ce sont des 
filles qui parlent. 

Devidoire, r. Devidoué ; Ronsai'd : devideau ; J : devi- 
doire, Devidoire. 

Devine, La Fontaine, Devineresse. 

« 

Devinoire. r. : Devinoué, Enigme. 

DÉVIRER, R. Détourner. « Dévirer ses pocher; ; — dévircr 
les œils, » mourir. 

DÉviSAGiiER, R. Envisager, un peu ironique. 

Devise, Divise, R. marque de séparation entre les proi)rié- 
tés. 

DÉvixRE, R. : Déviter, Dévêtir, déslialiiller ; oter un vête- 
ment. 

Devoider, Dévider. 

DÉVOYÉ, enDèvoieinent, en cours de ventre. Dans le vieux 
IVançais : égaré d'esprit. J. : écarté d'un lieu. 

DEVISER, Déguiser, 

DiioiRE, Dehors. 

DiABLLE, 1>. et DidU . Juron hannal : « DiaU manghe ! 
Diab' t'emporte ! — Etre imaginaire sur le comj)te (hupiel 
on met tout le mal et une j)artie du bien. C'est bien de lui 
qu'on peut dire : Pauvre diable ! — Nous ne citerons ici 
qu'une ellipse v relative, usitée aussi en Reri'v: « il a couru 
que le Diahlle : » sous entendu aussi vite. 



in i>i 

PiAïu.i.oToN. <^ Dialilotiii. 
iMAMonîK, Autre diinniutif do diable. 

DirnF.VKT ^.i), Tète-lu»ch(\ à doux, cliovots : coinmo \)i\v ox. 
(lu blo mis dans rairo,oî>isdoçà, ôpisdolà, sur doux ranp^s. 
('/est le (fi groo, a])ivgé do dis, doux fois. 

l)ii:r. Peu usitoainsi ; on dit mieux : lo Bon Bieti, réunis- 
i>iuit le god an«;lais, hou, et le théos, ou fondateur, grec. 
— v^ Si \c Bon Bif*u veut » formule protestante pour tout 
ce qui a rapport à l'avenir : « jirérons vous voir demain, 
^\\e Bon lJieH\e\\t. ^> — ^ Devant Dieu soit-i', devant 
J)ipi( seit soun âme ! B. » Formule dos doux cultes, en 
parlant d'une personne défunte. 

DiFKAMEii, lî. Dôcliirer physiquement, surtout de morsures; 
^ idée de faines, plus que de fama : <,< les ch'n l'avant dif- 
famé. » 

Différer, Faire difficulté : « v'ià in bià bœu' ; i" n' diffé- 
reront pas d'en bailler doze louis. » 

DiiioRs, Diors, D. Dehors. It. d' fuori. Du latin foris. 
Fores, porte ; grec thura ; angl. door, prononcé dour. 

Dinde (in), masc. (J. Une dinde, c'est-à-dire une poule 
dinde. 

DiNDENAUT. L'histoire des moutons de Rabelais était popu- 
laire avant lui ou, par lui, l'est devenue ; car on dit chez 
nous : « être le dÀndencuU da la farce, » et non pas le 
dindon. 

IhKV.. Jïie disons, vous disez, régulièrement. Jim dcssis 
(je dis, au parf.), ?" dessii/ant , que jlte dessisse. Jhe 
dirai et jhe dairai, tu dairas. — «Trouvera dire, » 
chercher ce qui manque. — « Savoir à dire, » 0. trans- 
mettre une nouvelle, ou une commission. — « O n'est j)as 
j)*r dire, » c'est très réel. « — Y ne veut pas qu'o seit 
i'dif, » ]>. Il ne veut pas en convenir. — « Qu' i' m' dit,» 
B. me dit-il. — '< JJis-àonc, » — I>. et dans toute la 
France, interj)pllatinn populaire, exorde général de tout 
entretien familier. Tellement qu'à l'étranger les français 
sont connus pour être des dis-donc (It. didoni), comme 
les anglais, des goddcm, les ba.s-bretons des jic tra 
(qu'est-ce que c'est ?) les allemands des mein herr. 



DO 14o 

DiscoMPTK, Escompte : discontj)lcr, escompter. 

DisKTTE, Berrv, Caqiietage, commérage. 

DisiTTER (se), (). Disputer, se quereller. 

Dissipé, 0. Frivole, distrait, en parlant d'un enfant. — Dis- 
sipateur, en parlant d'un lionnne. 

DisT, le nombre Dix (dî), que les l)ourgeois même prononcent 
(Uss. Et pourtant tous disent su 

l)iy\ji^EyiE:\T et Diversement, D'averse, en parlant de la 
[)!uie. 

Divinement pour De finement, Définitivement. 
DivoiRER, J. Dévorer. 

Doctet'r, à peu près lesynonvmed'ru'oca/; Présom{)tueux, 
avantageux dans ses manières et son langage : « leire son 
docteur. » — Docteur en soupe salée, » B. ignorant qui 
veut passer pour savant. 

DoDAiLLER, adouci de Dordailler.V). Sommeiller debout ou 
assis, sans vouloir tout à fait dormir. Lafinale ^«7/(?rdans 
nos verbes déprécie toujours ; et tous les verbes peuvent 
ravoir. 

DoDER, Laisser aller sa tète quand on s'endort. Le français 
a le diminutif et lesous-dim. dodlner, dodeliner, depuis 
Rabelais. 

Dodo, Mot enfantin, p. Sommeil. (Test la répétition adoucie 
de la première syllabe de Dormir. 

Doile, Douve ou douvelle de tonneau : mais que nous écri- 
vons doile, parce qu'elle nous parait venir du lat. do- 
lium, tonneau, qui est l'iiébr. I)LL)U, de DL, puiser. 

Doite, J. Dette, se dit par ceux qui clian fraisent. 

Doler (se) B. Se plaindre, lat. dolere. 

Dompierre. (DominusPetrus), Comm. du canton deBurie. 

Dompte, adj. B. Dompté, domptée. 

Dont, 0. pour D'où : « à Cougnat, dont jhe vins. » 

13. 



14«i 1>0 

Dont, pst It^ conjoiK'tif banal, on patois : « F m'avoit ie\t 
in billet, dunl qn'i' no l'a pas payé à rocheyance, et dont 
(pie je l'ai teil assiner. » 

D'oRE-EN-A\^NT. lî. Ainsi prononrons-nous, mieux que l'A- 
ca(Jonii(\ 

r»oRMARi>, O. grand Dormeur ; ard, ald. and, augment. 
du nord. 

DoRMiLLE, H. Petit somme. — Celui qui le fait. Voici en 
énigme de nos veillées, endevi^wire, la fable de Garo : 
* r/or//?///edormilloit ; pendille pendilloit, ventille venti- 
tilloit ; ventille fit chère pendille, çlii reveillit donnil- 
le. * Quelle grâce italienne ont ces diminutifs, applicables 
à tous les mots ! 

DoRMiTOiRE, Besoin de dormir. 

DoRNE, fémin. Giron, gremium. Du ce.lto-breton dorn, la 
main ; d'ouc/^^/'u, poignée, darne. 

DoRNÉE, DOURNÉE, Plein la dorne : « ine dornèeào. broîi. » 

Dorothée, v. Gaghct. 

Doû, Dos, de dorsum, de deire, écorche. Chez nous, 1er, au 
lieu de tomber, s'est changé en u, comme souvent. 

Doublée (in). Sac double, besace, bissac. Se dit de préfé- 
rence par euphémisme et pour éviter le quolibet, fort peu 
propre : « ni bissât ni bis'sale. » 

Douceurs, B. Temps doux, avec un peu de pluie : <' o vin- 
drat des douceurs. >» 

DouciN, Eau douce qui vient se mêler à l'eau salée, par ex. 
dans les marais salants. 

DouciNAT, d'une Douceur fade, soit physique, soit morale. 

Dou'e, Douve de château. Creuse, basse; grec dune, plonge; 
angl. down, en bas ; breton du/en, douves. 

DouHET (le), Commune de l'arrondissement de Saintes, où 
existe un aqueduc romain. En lat. duce (donke) c'est: 
conduis. Habitants ? 

DouHÉRE, Dehors. V. diJiors. 

Douler, B. F. V. n. Faire mal : « o me doule dans le coû- 
té, y — (se), se plaindre. 



T>1^ 147 

DouLEUREUx, (de douleur). Douloureux. 

DouLLAT, ou Cuve charretrière, cuve à trauspor^M' la vou- 
dange. Couune il y eu a toujours deux, on a fait un sin- 
gulier du plur. latin dolia. 

DouNAisox, B. Donation. 

DouNANT, Libéral, généreux : « I' n'est yère donnant. » 

DouNER, Donner. — « donner in sort» ou seulement « don- 
ner çheuque cliouse, » O. ensorceler. 

DouNEL'R, B. Donneur. La finale enr s'adoucit souvent on 
enx : mnnsenx v&c. pronciation de cour : plqneux pour 
piqueur. 

DouRCHER, Toucher, T. adouci et r ajouté. 

DoussiER, Dossier, de doû. 

Dousî, B. 0. R. J. fi'anç. Dusil, fausset de barrique, ou can- 
nelle par où se conduit ( lat. ducit, doncit) le li([uide ; ou 
bien du mot oiisi, oJsi, osier. — « Emporter le dousî » 
B. boire jusqu'à épuisement du tonneau. — Plusieurs vil- 
lages sont nommés, par épigramme, court-donsi, n'ayant 
pas ou n'offrant guère de vin. 

DoiTABLLE, B. Douteux. Douteux conviendrait mieux à 
l'homme, comme soucieux, soupçonneux ; et doutable, 
comme croyable, à la cliose. 

DouTANCE, B. Doute. La Fontaine ne perd pas le joli mot 
donta7îce. 

DouTANGHE, B. idem. 

Douter, B. F. Redouter. « Sorcier jhe te doute, » précau- 
tion indispensable, mais infaillible, prise tout bas. 

Douter, Oïiter, Oter : « doute te de là ! » 

Doux, B. Phant, opposé de are (âpre); bois doux, réglisse. 

Dozaine, Doze, Douzaine, douze. 

Dreit, b. 0. Droit. — Debout : « tins-te donc dreit, » lè- 
ve-toi. — Au dreit de, B. vis-à-vis. — Tout fin dreit, B. 
Justement. Molière l'emploie. 

Dreit ou Breis, 0. Permis, licite, lat. fas, s'appUque sur- 
tout aux abstinences catholiques : « est-o f/reis,aneut, de 



leiro gras? * se \\n\\ avt^ rocoasion do rnj)pli(iU(M' O : 
(irez e razoïi, IVîtran^uo citant \e Troubadour. Arnauld 
Daniel. XXU'^ oanzon. 

Drkitiek, Droitier, ^)\^\^. (le gaucher : qui se sert de la main 
droite. — Hœuf (jui î>eli(; à droite du timon. 

DiuvK. pour Dérive, ou de Tangl. (o fl/'ir^ : s'en aller en 
(frîrn, marine. 

DRociiKR, ]>. Attendre longtemps. 

Drôle, A. Drôlesse, D. O. Terme amical pour les garçons 
et les filles, mais seulement tant qu'ils sont petits. Tient do 
Tangl. darling, mignon, et aussi de l'italien drudoAvw, 
vigoureux, bien venant, comme le chêne, drus; d'Aui)igné 
l'emploie encore dans ce dernier sens. 

Drouine, Coureuse, comme qui dirait avec les chaudronniers 
ambulants, qui portent la Drouine. 

Droill (Chêne), B : drouille, chêne drcmiUard, chêne 
blanc ou pédoncule, à branches qui s'étalent ; le plus ])eau 
des chênes et qui vit le plus hmgtemps. Voir celui de 
Montravail, près de Pessines, arrondiss. de Saintes, chez 
M. Fontenaud. 

Drôyet, Droguet. Faut-il remonter jusqu'au persan DRoG, 
tromperie, d'où nous vient Drogue (et peut-être truc) ou 
bien s'arrêter au breton droite, mauvais ? Cependant, au- 
jourd'hui, on fait du droguet l)eau et bon. 

DliŒ, H. Huppe. De Tangl. iip , en haut. 

Dt;bé, 15. Huppé. WoMeiie dubèe, lecochevis. (Co(i de che- 
min, via ?) 

Dlcherie (la), Nom de locaUtés ; chez quelque homme du 
nom de Duc. 

Doiet, svn. de Duvet, dans Rabelais : « un ovson bien du- 
rneté. » s'est appliqué depuis aux petites échardes que la 
inait, fixet ou niay, (mactra) laisse quelquei'. dans le pain 
et à la farine qui s'en élève. 

Dt:r, adv. B. « Travailler /-/«r. Entendre dur. x> 

Durant Qî'E, B. Molière. Pendant que; \\và.\<, dur(xnt prend 
toute la durée. 



DiRKi-: (de), < >. Durable, solide. « Torn[>s poimuelé et tVmme 
fardée ne sont jlià de durée. » Prov. 

Durer , 1>. Montai^nio. Ive^^nier, Endurer « ne sauris-tii 
donc durer m petit? » — Durer à, send)ler bien lon^. 
« Le temps dure à çhi attend. » — Tai-der, « o t'arriverat, 
seyes en sûr, et o ne peut yère durer. » 

DuRET, Qui se tait attendre. Terme de plaisanterie. 

DrvRÎ, Ouvrir, d euphonique. Les nourrices disent à l'en- 
fant qu'elles abecquent : « Barre donc ton p'tit <i"oulot. » 



j^n 



E 



t est la voyelle qui s'élide le plus clioz nous et en lîcrnv 
comme en toute langue : ac/t'ter, frmer, &c. 

E fermé devient muet à la fin de quelques participes ; domp- 
re, use, pour dompte, usé. B. — Remplace l'a (pielque- 
fois : C hé rilé.C lié rente, pour charité v.VcH. — Remplacer 
l'u dans J/i^/>ien/ pour jument, B. ou plutôt c'est l'/Mpii 



se mange. 



Ebakfé, Essoufflé jusqu'à épuisement. Dg la racine liéln'aï- 
que ou plutôt onomatopique APh, le nez, le souffle, la 
vie. 

Ehaffée (ine) ; c'est plus (pi'une Buffée. •*< Encore ine 
chaffée, » eneore un grand effort, 

Ebaîdi, Ébaubi. (Jn trouverait plus naturellement l'origine 
du premier que celle du second : de é privatif et de bald^ 
baud, hardi ; c.-à-d. dérouragé, interdit. 

Ebeler (s'), S'écrier ; un p<m ironique, venant de bêler. 

EbélezI, Embellir: A'oy. Emhèlezî. 

Ebéter, Abêtir ; et non pas Ilébéter, qui veut dire Emous- 
ser, mais qui revient au même. 

Ebeurgner, Faire une Beiirgne(\()y.)\\\\(i l)igne. surtout à 
quelque vase en cuivre. Ce n'est pasEborgner, quoique la 
bigne soit alors très grave et que la racine bretonne />/er?i, 
emin^nc^, soit la même. 



Khet RRKR, OU'V de dessus le lait la crème ([ui fait le beurre. 

Ebillkr (les Articliaiix ou d'autres plantes, enlever les h//- 
/<?.v (quasi ])ulbes) ou boutures reproductives et qui nui- 
raient au tronc principal. V. Bille. 

Earnuô ou Ehaubè, prononcé In-ef , Ebaul)i. 

KijoRDER, Oter les Bordes ou arêtes de certains grains. 

Eborgller, Eborgner. 

EBoroHER (s'). Se dépêcher, agir vivement. E de départ et 
boiigher {\oy. ce mot). 

Ebot;illa(RER, Augmentatif énergique d'Ecarbouiller. 

Ebouiij.er, B. Ecraser quelque chose de mou. Onomatopées. 

EF{orRR.\ssER, (). Enlever grossièrement le poil ou la bourre, 
par exemple en se houspillant, se battant, ^g pelaudanf , 
se donnant une peignée. 

Ebrailler (s'), S'écrier très haut, en braillant. 

Ebraiter, ébruiter très fort, comme en imitant le braire de 
l'âne. — S'èbraiter, s'écrier, pris ironiquement. 

Ebrècher une Ruche, en ôter la J)rêc1ie ou rayons de miel. 
Ce mot est bien plus joli que Châtrer. 

Ebriffer (s'). S'émouvoir : se rebiffer ? 

Ebroiter, O. Cueillir le Brout ou feuillée des arbres, sur- 
tout de l'ormeau. 

Ebruter, Ebruiter ; rapp. brut. 

Eblffer, Essoufller, moins fort i[\i Ebafjer 

EcANOur, Se dit d'un enfant assez fort pour qu'on puisse le 
sortir du berceau, en latin citnœ. Ce mot n'a rien de com- 
mun avec Ep' noui. 

EcAPOUTÎ, Ecraser, mieux EcUapoidi (voy.) 

Ecarder, Carder. — Ecardour, cardeur. 

Ecarquailler, Ecarquiller : « il ècarquailloit des œils ! » 
autrmentatif d'Ecarter. 

Ecarter, B. Egarer : « jli'ai écarte mon coûta. » — Ecarté 
en parlant de (|uelqu'un, en délire, hors de sens. On dit 
aussi « paroles eca/'^ee^, » B. sans raison. 



ErH.vKFATRKE, Ecliauflourèe. Le français vaut iiiioux, venant 
de Fi>\ir et de Chaud. 

EcHAFFRKR, Effaoer : ♦ j'ai poyé : rchaff'rrz-zow. » 

Echalk.Ik Ecliell<\ diilat. scala. Diinin. Echaleltc.Echa- 
lon. 

EruALER desXoix, H. U. Les écaler. De cal, dur : «a' nécha- 
ia)it pas. >» 

EcnAMiMssER, Emarcoter ; ôter les champis, les faux reje- 
tons du rime, des œillets, des autres plantes. 

Echapper, (actif) B. Laisser échapper : « il ècftappit soun 
outi'. > 

EcHARHOT, R. Escarbot, ])ousier : et non escargot, comme 
dit le G/ossaire du Centre. — Echarboter ; R. Fouil- 
ler, déchiqueter, comme font les escarbots. On dit aussi 
d'un fainéant (jui se met à l'œuvre le plus tard qu'il peut : 
« r semblle les ècharhol, \ s'émalit su le ser. » 

EcHARDRiT, Chardonneret. Rabelais dit C ha /virier. 

EcHAREUGNER, 1>. Dépecer maladroitement de la chair. 

EcHARPiLLER, B. CJiarpir menu, tirer brin à brin. 

EcHAUDER, O. Avorter en parlant des fruits et des plantes, 
même delà terre qui, labourée à contre saison, « attrappe 
in toin\ » et de longtemps ne produit presque plus. 

EriiAUFFÊ, B. Constipé. 

EcHAî'FFrRE ; B: Echauffaison ; Pleurésie, fluxion de poi- 
trine. 

EniEBRUNE ou Eschf'hrune, de/y('r>i,éminence. Commune 
élevée du canton de Pons, arr. de Saintes. On joue sur ce 
mot en di.sant Luchebrune, lélie ou embrasse la brune. 
— Hab. : Echebrunais. 

EcHiLES, A. EcJiilles, Clochette de sacristie. Ital. squille, 
cloches. 

Echiner (s*), S'éreinter de travail. Un de nos amis, remar- 
quant le malheur de jdusd'un travailleur littéraire, disait 
ti^sbien : * Echinez-vous, on vouséreinte. » 

Eçhipaghe (ine), féminin. Equipage: ^ me v'ià en bêle éçhi- 
pofjhe ! > 0. s'entend au<si d^s hard'^'S. de*^ habits. 



]-]< hiim';i:. Kqiiiix'o. 

KÇHLLAVINER, KcLLAVINKK, Pl'blicr: i»lu.'S 1)]-U y:tnt ([UrpOU/- 

fer. V. co mot. 

KciioYANCE, Kc-héance. 

EçHU,^Ecu. Comme les Berrichons, nous comptons souvent 
encore par écus, trois livres, trois francs: «cinquante 
cçhus y> au lieu de cent cinfpiante francs : « quarante- 
deux pistoles et in éç/iu » : 423 francs &c. Le revenu de 
la France partagé également fournirait plus aujourd'hui, 
mais non mieux que Y Homme aux Quarante écus de 
A^)ltaire, ou que les Cinquante écus de trente de Déran- 
ger. — IL^rbe aux échus : clé de montre, monnaie du 
j)ape : la Lunaire. 

KriiUELLE, Ecuelle, de scuteJlum, petit bouclier, comme 
ocu vient de 6•t•^</i<;/^ primitivement cuir. Les Scythes, 
les hommes aux charriots de cuir ? ou, sel-m Lacour, les 
scalpeurs du cuir chevelu ; comme aussi SABAoTH. 

EriiUME, Ecume. 

EçHUREriL, Ecureuil. Signifie en grec, « qui s'ombrage avec 
sa queue. » 

EriiuRiE, Ecurie. D'Fqiius, cheval, le rapide. 

EcLLAiRCiE, 0. Clairière dans un bois. — Moment plus clair 
d'un mauvais temps, comme en français. — B:EcUirdic, 
ou Echdrdie, prononcés écll. Première aube du jour. 
Nous prononçons aussi Ecllairzie. B. « partit à Vécllair- 
zie. » 

EcLLAiRE (herbe d'), Eclaire, sorte de chélidoine (hirondelle); 
plante que l'on croyait emplovée par les hirondelles pour 
rendre la vue à leurs petits. — Ver luisant. 

» 

EcllapoutI, Ecraser avec bi'uit (pielque chose de mou, 
comme un œuf, un fruit pourri, <fcc. — ON. 

EçLLAT, Eclat. 

EcLLissER, Faire comme un mouvement de foulure dans un 
muscle ou de petite explosion dans une oreille : ^.< o m"at 
écllissé dans cheu brat. >» OX. 

Ecolier, Elève externe. 

14. 



Ecoi.omif:, Erohhiiiscr , Kcouoniw , ccouoiniser, être 
ècoloNte : ci d'autro j»art nousav^ns vu cfnwrous pour 
rahxoii'^' <^c. L est presqu»» vovclle, es^i liquitle, comme 
1\, fju<» et ^^e mètamorpliose. 

K('OMBi\iHi:R, (A)inhu|j:or. 

KroTKR, Oter les écots d'une ])raurlio ou d'uu tronc d'arl)re. 

— I)'mie volaille j)lum«W. 

KroL AiLLKR, B. Rogner les cheveux ou les crins ; la couo. 
EcorriÀ, En chaufroisant. Econpcau, P. Coi)pau. 

EroYKix. Commune du canton de Durie, arrond. de Saintes. 

— Habitants? 

Ecraser, Gâter, abimer : *< t'écrases mou coûta. » 

EcRiN, Petit coffre adapté à rintérieur d'un grand. De 
scrhiiurn, endroit où Ton met à part {^krine) quelque 
chose. 

EcRiToiRE, Encrier. 

EcRiTiRE de uiain, ou à la main, 0. Manuscrit. 

EcRUELLES, Écrouelles, Scrojdiules (maladie du porc ou 
plutôt de sa femelle, par ressemidancc avec les mamelles 
delà truie). Il est reçu chez nous que le septième enfant 
d'une famille, pourvu que tous soient du même sexe, 
panse p'r les éc rue lies, c'est-k-ù'iva les guérit par attou- 
chement, ne plus ne moins que les anciens rois de France, 
en s'aidant néanmoins de quelques prières et recomman- 
dant au malade de ne pas manger de viande les jours de 
fêtes annuelles, à peine de nullité. 

ErcPÊ, Occupé. 

EciRAT, autrefois Escurn/, (Y Esquire, Ecu ver, en anglais, 
commune du canton méridional de Saintes. 

Eduqi.'er, B. 0. Elever, mot qui passera en français. Vienne 
aussi la chose ! 

Effaurnigheat, .leune oiseau rffnnrnighè, récemment 
.sf)i'ti du nid, fuGr del nido. Cinq mots français pour un 
mot patois. 

Effener, Disperser comme du foin que l'on fane. Effeniller 
B. rfffniqunr, duuiuutifs ; dulat. fcnvrn , foin. 



Kio ir 



). > 



EKnssKii, .1. Jaillir spontam'Tiiont, comiiKî le lait delà lua- 
inelle. — De là : E//! s se cet E (fissure. 

Ekfoiré, Qui a la l'oiro. Le verbe existe : s'effoirer. 

Effoliqué, devenu FolUfp'.ct, follet. 

Effondkkr, Se prtMid au sens neutre pour s'Ebuulrr. — Le 
participe est synonyme d'c//'oi/'è. 

Efforces, Pour forces, grand ciseaux. 

Effort, Hernie. 

Effouoiier (s*). Action des oiseaux pulvérateurs quand ils 
prennent un bain de poussière, comme si c'était dans la 
cendi'e du fougher (fcn'er). Ce verbe manrpie en français. 

Effoupelî, (act. et réfl.) Mettre en mouvement, ni'^ttre tout 
en l'air, comme une couveuse qui sort de son nid. « Sans 
peste, à matin, c'me la v'ià ofj'uupelie ! » 

EFForRÂciiER, Effaroucher. 

Effran'îiiiller, Commencer à EiTrani^^er — mettre en frange 
menue. 

Effrimaileer, dimin. d' 

Effrimer, ^lettre en petites miettes, comme en frimats. 

Effriser, /s7/V/»2^r la surface, conunequi dirait la frisure. 

Effroyaule Se prononce EU'rèyablc. De niênui Elfi'èyè. 
Effroi ne se dit pas. 

Egal (C*t), C'est égal. Un vieux bonhomme affectait de dire: 
« m'est égal, pour ne pas dire égau. » C'est ([u'en eHet 
Egaux ne se dit pas ; au pluriel : « V sont è(jal. » 

Egamhée, B. Enjambée. Egamher, B. Enjamber. La racine 
hebraï(pie est bien CAM, CAM, c()url)é. It : (jamha. 

Egandrielé, Se dit d'un raisin, d'une grappe à grappilles 
clairsemées et maigres, dites gandriÙt's. Voy. 

Egauler, Élaguer une gaule. Un bûcheron pensait qiie le 
nom de Gaules et de Gaulois venait des //«h' /^^y de bois qui 
couvraient alors toute la contrée. A cette opinion naiv(î 
nous opposions celle que g«'^/<? de bois viemlrait plutôt 
de Galloise, femme à taille fine et dégagée ; de la race 
des Galls. 



Egllam»kr. î'o Fi'iitlro (.•oimnc un L:laii<l. 

Kr.Li.isK, Kglise du grt^c okhlèsia, assombloo choisie ; mê- 
me sens qii'Kgloguo, à i\\xo\ une Eglise ressemble^ trop 

Egousser, B. Tirer de la gousse. — Dépenser follement des 
iVus. 

Egoût, B. Cautère ou plaie du même genre. 

EoRAFiONER, B. Egratigner. Le patois et Ronsard, qui dit 
/:'7r^^;?f'/', retiennent avec raison, le grapJie grec et 
1 idée dégriffé. 

E'^RAFiGNiRE, B. Euratiirnure. 

Egrigner, Ebrécherun peu, ôter un grin, un grain. 

EoRoisER. Egruger grossièrement du sel, du clianvre en 
gi*aine c^c. Le franrais a Egriser, pour les diamants. 

Egron, b. Héron, d'ardea lat. E radios ^ve.c, qui est notre 
Egron. Le Glossaire du centre renvoie à Aigueron : il a 
tort. 

Egrtgiier. Egruger : s"ap}»lique au rbanvre femelle (faus- 
sement dit mâle) dont on fait tomber la graine, après 
avoir agroué (enfoui) la plante huit jours dans la terre, la 
cîme en bas. 

Eguener (s*). S'efforcer jusqu'à en gémir. Y. Guener. 

Egt'eniller. Dégueniller; — tourmenter de questions, d'ins- 
tances importunes, de traca.sseries. 

Efgnon. Oignon': a son f«'m. Eignoune, pour dire l'oignon 
qu'on laisse monter t^n tige. 

El mer. Estimer (Esimer, Eimer)]u^e\\ npprécier. Vieux 
franc. Vov. Amvot, Paîissv, Vinet. S'emploie surtout 
pour le jaugeage à vue des tas de sel sur les marais. — 
à hèle eirne de point, (ou de poing), à vue d'œil> par 
aperçu, à beaucouj) près. 

Ejhamber, Ejharnbée, B. Voy. Egamher. 

E.titarret:iller. Briser une plante aux nœuds ou jarrets ce 
la tige. 

E-TiiorABLLER, Détniirc If jable d'une futaille. 

Ei.avf Affadi, délayé par surabondance d'oan. 



iiM ir.7 

Eleugner, et souvent Leugncr, Eloigner. 

Elève (avoir de 1"), De l'éducation. 

Elingué, Lonpj et mince. La marine a le verbe, pour dire 
élever des farde;\ux pris dans une élinyue, nœud cou- 
lant. 

Ei.ocER : R. : /^Voc/^^r : Montaigne : Esfnr/iemmt; Rabe- 
lais : deslocher (déloger) ; Dict. de Trévoux : loclier. 
Glisser de sa place, de son lieu, è loco ; se luœer, qui est 
le même mot. 

Eloise, Eclair ; ine Eloisc: de Elvcrrr, luire. 

Ei.orsKR, B. (et E licier) Faire des éclairs : « ol èlo'iaf c'mo 
tout. » 

Elonohkr, r>. Longer. «ii/Vo;?^/^^?/' son chemin», le suivre. 

lu.ouRDÎ. IL II. Etourdir. « Jhe sens tout élourdit. * 

ELOrRDissEMENT, IL PZtourdissement. Rac. : Lourd au lieu 
de lour, tron, tonnerre. 

Emaghinatiox, Imagination. 

Emaghiner. il Imaginer : « au delà de ce que n'on peut 
E)iiaghin€r. » 

Emalî, B: Emalicer, qui montre l'étymologie : s'cr/iali. 
S'exciter, s'animer, devenir >/irt/ni au travail (improhus 
labor), que ce travail soit mauvais ou bon.Vov. Echar- 
bot. 

E.MBABoriNER, B.Mal vêtir, surtout mal coiffer. — Coiffer, 
au sens moral : « 11 est tout embabouiné de lé. » (d'elle). 

Embag.\gher, Embarrasser de bagages. 

Embaleur, B. Faiseur d'embarras en affaires, qui, à grand 
fracas, entreprend plus qu'il ne peut ou ne veutaccomplir, 
« qui trop embrasse et mal étreint. » Rappelez Ambas- 
sadeur. 

Embarber (s'). Se rencontrer barbe en barbe. 

Embarder, V. actiL (Neutre en marine), Emiiarrasser, 
barrer un passage : « neyjibardcz donc pas tout rheu 
chemin. >* 



E.MiîARLiFiroTEîi. I\ tjibcrliflcofcr, ]). Rabelais : ctithcr- 
lurqvpr. Entortillor. entraver, soit les jambes, soit l'es- 
prit. Tue parodie «le WerU^er assure « (jue Ton ne peut 
îaire un pas dans cette vie sans s\'//tba)'li/icoler les jam- 
bes. » Dimin. plaisant <X Embari'er. 

Emhakras (o n'est pas là T), Plii-ase très usuelle pour dire : 
c'est ailleurs que gît la dilîicultê. Je me raj^pelle que, tout 
petit, en l'entendant, je me demandais, futur }»hilologue, 
ce que c'était que Laie tubar ras ;']qi\ faisais un seul mot, 
connue on abaclê Lendemain, Lierre, Loriot, &c. 

Embarrassée, P>. (vHialification trop juste d'une fille enceinte. 
Les Espagnols le disent de la grossesse légitime, de l'état 
intéressant des Anglaises. A^'oy. Embllai'cr. 

Emharrer, Avancer sa barre, son levier pour qu'il ait toute 
sa force et n'échappe pas: « embarre meis » (davantage). 

Embaucher, neutre, ou s'embaucher, B. Se mettre à l'ou- 
vrage. 

Embaudrer, Rendre baudrons, sali de boue. 

Embaurrer, Embourrer, surtout ses galoches, avec du foin 
ou de la paille. 

Embaver, Mouiller de bave. 

Embélie, marine. Moment de beau temps entre des grains. 
Se prend fîgurément. 

Embêter, B. Excéder d'ennui. — Duper. 

Embeyiner, Coiffer à la diable, comme d'un bégitin. 

Embiber, Imbiber. En, français, au lieu de in latin. 

Embllaver, b. Ensemencer de Z//c^ — De toute espèce de 
graine. — Occuper, prendre possession. — S'étend jusqu'à 
dii-e une femme embllavée, enceinte. 

Embobeliner, E. EiUoî'tilÎpr comme une bobinp ; emmi- 
toufîler. « La tète embob'linèe c'nie in gheneuil çhi a 
mau. y — Se prend au moral : ^ les jirétres l'avant tmbo- 
U Une . » 

Embohêmer, Flatter, cajoler pour obtenir ; comme font les 
Bohèmes ou Bohémiens, types de mendiants. « Ah ! le 
bon bohème ! » Ah ! l'adroit flatteur î Le Renard cmbo- 
h.èraa le Corbeau. 



EMBouniER 1111 bœuf, Taiï faire ouvrir la Iioudio pour con- 
naître son âge aux dents. — Mener à son ^nV% assei'viî' : 
« a n'est pas c'mode à emboucher ! » — l^ersoinie mal 
erjil/ouchée, qui a des propos grossiers. 

Emboudousser, ( K Embarrasser de vêtements. Rac. Bouton? 

E.MBOURRASSER, B. Euimaillotter grossièrement etàrexcés. 

Embouser, B. R. Salir de bouse, et aussi de boue. 

Embouveter, Joindre des planches au moyen du bouvet. 

Embrasser, Se dit comme en français, pour Baiser : euphé- 
misme nècesau'e, mais peu juste, puisque on peut donner 
im baiser sans prendre dans ses bras, et réciproquement. 

Embrener, a. b. Souiller très salement. Voy. Bran. 

Embreuver, Embrever, b. Abreuver abondainmeat, im- 
biber. 

E-MBRiNraER, Em])arrasspr dans des hrinrjiies, des brin- 
(jailles, de petits brins de bois ou d'autres choses. 

E.MBROL'fLLAGiiE, O. Embrouillement. 

Embrouillamini, B. idem. Parodie du latin des vêpres. 

Embrumé, Un peu ivre, la vue troublée par les brumes du 
vin. 

Em'rllat:dé, Emerveillé, et poussant des exclamations 
/f/zf':/a/?rf 5. Très bonne expression. Le v. rèfl. existe: 
sémrllauder. 

Emigher, B. Emier, mettre en mighettcs ; It. Tiùglieite ; 
latin mica. 

Emiller, Arracher les pieds qu'il y a de trop dans un champ 
de rail, et, par suite, dans un champ de maïs, de haricots 
et de quelques autres plantes. 

Emiouler, Emioler, B. Oterla moelle; plus souvent des 
ronces ou du seuil (sureau) que des os. 

Emmailler, Faire prendre un crochet dans son anneau, par- 
ticulièrement aux mailles de puits. \oy. Mailles. 

Emmancher, B. Adapter ensemble bien ou mal, en bonne ou 
en mauvaise part, deux choses quelconques : «« v'ià ino 



affciiv mal o/)}înanchcc. >• Mol banal coiiinu' (iôr,nt}i' 
cher. 

Kmmarciikmknt (c]hirp(Miîeru\ maçonnerie), Largour tTime 
marche d'escalier. La hauteur se nomme le jtas. 

Emmiai'LER, 13. Flatter, cajoler ; comme (jui dirait frotter de 
miel ou de juiau. Adject. Euxmiaulvnx. 

Emolè, Imprimé : « lire dans Ycmolé, » — « T créyant 
tout cec^'lii est en lettre cmolée ! ah ! boun'ghens ! le pa- 
pier soutire tout. » 

Emondice, Immondice. E en débarrasse ; in n'est que la pré- 
sence. 

Emorchk, Amorce. Ici à vaut mieux, amène àrnordrc, 

Emotteler, Casser les mottes de terre. 

Emouchail, B : Eraouchau. Emourhoir. 

Emouchette, Mouchettes. E ajouté par confusion de l'art, 
pluriel pris pour lesing : les mouchettes, on aura entendu 
\ emouchette ; de là les Emouchettes, comme les Epin- 
r et tes, les Etui tes écc. 

Emoudurer, Prendre la mouture. 

Emoustiquer, Réveiller, exciter, aiguillonner, comme par 
li piqûre des moustiques ; très bon mot. 

Emoûter, ôter le M<n'it. Devrait être français. 

Emouver, B. et s'è/fiouver, I>. Mouvoir, émouvoir, s'é- 
mouvoir. 

E.MOYER (s'), B. S'inquiéter, s'informer, jjr^ndre émoi. Les 
lettres des militaires se terminent par : <' l)in des complli- 
ments à tous rhélés chi scrnoirant de moi. » 

E.MrAtTÊ, B. Empiiïré, qui en a dans le pif, dans le nez. 

Empaler, N'a rien de Turc ; c'est prendre dans la j^f^^^, 
pelle. 

Empane, fém. B. Empan. 

I^MPANER, B. Empoigner. — Mesurer à l'empan. 

E.AnATER, Chevauoh<*r sur, indjriquer. — Mettre un crccliet 
dans sa pâte. Terme de toilette. 



EMPKrnER, Jeu do mot? : « rliolés rlii n'en prc/iaut (du pois- 
son) n'en manylioaut. >* 

E.MPKîGNK, B. sorto (le JaMc postiche ou extrémité de douve 
ajoutée à un tonneau où elle manque. , 

E.MPENi:, pour Empenné, vieux IV. Embarrassé d'attirail, 
comme une flèche qui aurait trop de pennes ou de plumes. 

Empereur, Empereur. 

Empêtres, Entraves qui ne sont pas en fer. Voy. En/ar- 
gJies. 

PhiPEÙ, masc. une Ente, une greffe. Empeiitcr, enter, ocu- 
los iniponore, Yir^^ile. Ou hien (Va)tij)utare, coupcM' au- 
tour — Empeitter, terme banal , pour construire, ar- 
ranger ([uoi que ce soit. 

Empiêtation, Em})iétement. 

l'^MPiRANCE, V>. Tendance à empirer. 

Empllâtre, 1). Emplâtre. — Importun : «^ ar'en ! le hoiem- 
pilaire ! » 

E.MPLLETTE, Emplette — s'a})plique en mal aux personnes : 
« inebèle empllcUcl » 

Empi.léyer, Employer. — Iji e))q)llruc, un commis aux 
droits. 

Empllî, B. Emplir; s'applique, actif et neutre, aux effets de 
l'acte sexuel. 

Emporter le Chat, se retirer d'une réunion sans dire bon- 
soir. — En Berrv, achever de déménagcM-, acception qui 
a dû conduire à la nôtre. 

E.MPOTiQiER, Eml)arrasser, gêner. Probablement pour hy- 
pothéquer. 

Empougner, Empr)ignerj prendre, déroljer. — *< A la foire 
crernpoïKjne, B. » au moyen du vol. 

Empouliner, Entortiller la corde dans la Poulie. 
Emprês, b. vieux franc. Auprès. 

Emprèter, B.et ^V}?;9r/;?^^r, Emprunter. Emprâfen^ersiit 
le meilleur, venanl de prêt. — Se dit aussi pour empêtrer. 



i^. 



ift? r:> 



IvMTKU. KaM»iicinn<^r, ciiioin nir. 



Kmitk, O. ICiiKHilo ; ([ui so pruiionrait ètuuicy au temps do 
I.a Koiitaint». 

\\\ iioiuv/. r>. très fivquont (l'vaiiî un nom do looalitô: «//u 
.\laronnos, en Arvert, * conuui» l'on dit en Amérique, on 
Aufrloterre. Il ost vrai (luautrefois Maronnes, Arvort 
('(niont aussi diis ilos. En Vau.r ost dovonu un soûl mot, 
mal écrit, Anrau,i\ B. Lyon. B«dgiquo. — E)i pour, au 
liou de pour : «.< vousleu lorez mos complliinouts^'îi pou)' 
moi, ou nn p'r moi. » — En çhouquo ondrot (allor), à 
ses besoins naturels. — De deux en deux, O. deux à 
deux. 

Exc.vcoTKR, ENOAnoTER, Eiimiitoufflor. ((/igoulo.) 

ExcHAR'^iEK, H. Molière, Charger quoiqu'un d'une com- 
mission. 

En( UARNAiLLÉ, So dit du pis des Ijètes, quand il sond:)le tout 
en Chair et ne donne pas de lait. 

E.NcHERzi, B : Encherdir, Enchérir. 

Enchipoter, Embarrasser dans le chipotagJic, action de 
Chipoter. 

Enoiiôùtî. Salir, surtout d'excréments. Remonte à l'hébreu 
i. hTE. ChTol.'T, anus, fesses, t^c. 

ENÇîifî^ER, F. Accuser. Lat. incusare. 

ExrisKR, Inciser. 

Enci.i.ave ot Eiirllnre, Enclave. 

Encllelme et Ençlleume, Enclume. 

Encli.îner et EnçlUnPt\ Incliner. 

Ençllocher un for do charrue, Y faire entrer le soc. 

ENr'Li.orER, EnclourM". — Faire mordre le for pour commen- 
cer le sillon. Inrolei^e^ ^oy. Enrayer. 

En( ocHER, B. Entailler, p<jur arrêter quoique chose dans la 
coche ou entaille. 

Entoiri:, Encore. Ilanr horarn. 

Encontre, ma.sc. '^f'-•i]]our qup Rencontre, qui semble indi- 



qiK^r une seconde entrevue ; Eiiconi re est la preniitTe. 
(^u md on goûte un })reniier fruit de la saison, il est d'usage 
de dire : ^< l'bon I)i*'U m'en doune in boun encoutt'C ! >» 

Encordkr, 0. Un sabot à jouer, ou toupie, l'entourer de la 
corde qui le lera virei'. 

Encornai.', m':, 1>. Se dit d'un niiri trompé. Mais d'où vi.'nc 
cet eniblèuio des cornes ? d'un bonnet qui coiffe trop ? ou 
des coiffures grotesques du voisin promené sur un àne ? 

Encoignure, Encoignure. 

Encourî (s'), Ij. vieux franc. Se mettre à courir vers (|uelque 
but. 

EncolrrolcÉ, En courroux. 

Encol'sink, BifMi ou mil pnirvu de cousins. 

Encramailler, Laisser prendre des dentelures ou des mail- 
les les unes dans les autres. QKÀ, 'ktnxis, corne, cran, 
créneau . 

En-creire (s'), 0. S'en fain» accroire sur soi-même. 

Encrèter, Premier labour, qui laisse intacte la Crète du 
sillon, le cltevaillon. 

Encrucher, B. Placer haut, qu'on accroche ou non. 

Endarde, Endarce, Eaderse, I>. Eaderce, Palissy. Dar- 
tre. Du grec deirein, écorcher : (d'où aus>i dorsir,)} , dos). 

Endives. B. Avives. En vieux franc, sorte de laitue, z/i/i^(^«. 

Endominé, b : Endeminé, Euphémisme courant risque de 
blasphème, pour ne pas dire Endia!)lé ; jJO'^sédé du Sei- 
gneur, au lieu de possédé du diable; peut-être aussi pour 
Eiidémonè. 

Endormi, 0. Engourdi. 

Endreit, b. Endroit : « soun Endroit » sous-entendu na- 
tal. « Ghaquin endreit soi, » V. fiMUÇ. Chacun pour sa 
part. 

Endurablle, Supportable. 

Endurant, Patient. 

Endurer. B. S?» prend en bimne part : « tu cndurcris bin 
de te feire câliner ! * 



1G4 Jh:>< 



Enfadkzî, Rt'iulre fade. 

E.NFAGNKR, Plougcr tlaiis la faii^v: A. 

E.NFAi.AGrER, Ot(M' l'àppôtit, ciiibarrasserles prtnuiôros voies. 
L'opposé, existe: Dcscnfalagiicr, du ^r. Pharynx^ go- 



sier. 



Enfant de Madame, de ta mère, de 30 pères i*^c. c^c. Injures 
adoucies, pour éviter le terme })roj)re ou sale plutôt. Cela 
passe alors en })laisanterie ; mais Enfant dau diable est 
.sérieux. A'. Fils. 

Enfvxtillaghe (tomber en), Toml)er en enfance. 

ENFAH<.iiii:s, Enfer(jhcs, H. I^alissy. Entraves en fer. 

Enfer de chaudière, La grande auge à lîeur de terre où se 
vei*se le vin à distiller. Le mot serait juste si Voltaire avait 
i-aison de baptiser l'eiu-de-vie Eau de mort ; mais elle 
ne devient telle que par l'abus. 

Enferrer, Faire entrer le far de charrue plus ou moins bas 
dans la terre :« ol enferre trot.» Ce n'est pas EnçJillouer. 

Enflle, B. 0. Enflé. 

Enflleir, Enflure. 

Enfondre, B. R. Villon. ^Fouiller de part en part. Enfon- 
dut, mouillé ainsi. 

Enfondrer, b. Effondrer. 

Enfortezî, Renforcer, et au sens neutre, se renforcer : 
4: çheul aill at en fartez it d' peux qu'il est çheuillit. » 

Enfouî, (S"), S'enfuir, part. Enfouil, enfouite, enfouie. 

Enfourcher, Prendre à pleine fourche. 

Enfreidezî, Refroidir; se refroidir. 

Enfûter, Mettre un liquide dans un fut. — Un fusil, un souf " 
flet, un râteau, &c, y adapter le bois (fuatis) nécessaire. 

Engarder, b. R. Garder de, préserver, empêcher. 

Eng'rner, 0. Mettre le grain dans la trémie d'un moulin. 

Enghe. Engeance, espèce. Entrer en enrjJte de quelque 
chose, s'en procurer graine, greff'e ou plant. 



ENOiirANCK î Dit par colère, sous-eiUoiid d'au diahlle ! 

Engendrlre, Géniture. 

Enghknil:, V. LujJiènie. 

Engheolkr, Ohivf, lùijnh'r. Gk vaut mieux que./, ce mot 
venant de geôle, (jabbwla, petite cY7^t^ 

Engober, Englober, absorber. Peut-être de Gober. 

Engouer (s'). Avaler de travers, comme dit, (de travers), le 
français. Pourquoi reluber, au propre, ce dérivé de (rosier, 
que l'on a, en fiL^^ire : s'engouer de (|uelqu un ou de ([ud- 
que chose. Le Berrv dit senossor, que le Glossaire exi)li- 
que mal, selon nous : il faut y voir (?>i et os, se mettre un 
os dans la gorge, connue le loup de la fable. 

Engraisse (Le temps s'), B. Se charge de brouillards, de 

vapeurs. 
Engraver, R. Graver, entailler, incruster. Angl. io eti- 

grave. 

Engrugher (laisser) un mal. Le laisser enTieillir. 

Knjiial't, Enhaut. 

Enjhointure, B. Jointure. 

Enlaide/J, B. Enlaidir. Rom:\n : Laldezir. 

P^N T-iET DE, Au lieu de. 

Enllian, Au loin. V. fr. : lèans, opposé de céans, ici. Ci- 
ètant. 

Enlloubé, Pris dans un bois fendu appelé lloiihe ; la dro- 
gue des soldats. 

ENLLLGR'i:, Du lat. luhricns, devenu gluant par quelque pâte 
ou suc. 

Enneu, b. Ennui. 

Enneuyant, b. Inconmiode, importun ; minutieux à faire. 
— Eniiciif/ous, qui a Diabitude d'être enneuyant. 

Enneuyer, Ennuyer. Du lat. nocere, nuire, par l'italien 
ennoiare. Froissard acnianoyer. 

Enougheler, Casser les noix, pour fdre l'huile. Veillée in- 
téressante autrefois, de bon voisinage, de gai tapage et de 
bon réveillon ou collation de minuit. 



Kn pv!{\i>k, Vax ôtaîag«\ en luontro. mais dit avec iroiiio. 

K.nua(;hi-:k, de faire çJiviniur chouse, 11. DJsiror ardein- 
luent. sol».^tiner. 

E.\î^AYKR,H. Comm<Mi('iM"la raip ou sillon. Vov. KncUoncr. 
— .A/voï^/rr, ni'^ttn' en train, un" (puvro riuclconmic 11 
est lÏK'licux que no.5 doux, niotij aient en ir. une signilica- 
liou tout opposée. 

ll.NKULML'RE. li. Uliunie. 

Knrib.\ntk. Poniiionnè de rihans ou lubans. 

l'.NROciiER, H. Enterrer une bèie. le mot Enterrer étant ré- 
servé et consacré pour les chi'clicns. 

Enrosser, Dotx.'r d une Rosse, à (piatre ou â deux pieds. 

E.NROiEURE, 0. Enrouement. 

Ensacher, B. 0. Faire entrer dans le .sac en le secouani. 

E.NSAUVEU (s'), B. Se sauver de ({uelque })ait à la déro}>ée. 

E.NSKMBLLE (s3 mettre), B, Sunirpir ni.iriaQ^i, soit plus, 
soit moins. 

E.N sÈ.ME QUE, En même temps que, It. insie/nej ensemble. 

Ensouvenî (feire), O. Faire .souvenir de. 

Enstairek, Ensevelir. Bnsu'iircre<>t plus })récis et se fait 
naturellement du mot suaire, sudurium, p. la dernière 
sueur. 

Entablements, P. Certaines allées de communications dans 
les marais salants. 

Entend (s), C'est bien entendu, convenu. — <^ î>n rlloche 
s'entend », on entend la cloche, elle est entendue. 

Entende, Entente. «^ v at lî de-ssout ine entende. » 

Entendoire, b. li. Intelligence, compréhension. 

Entendit (in), (K Conventi(m secrète, collusion. — Homme 
e nt end lit, ue:>l l)\\s cdui qui .s'entend à quelque chose, 
m lis qui a voix au chapitre et voi.K écoutée. 

Entoumer, Entamer. D'un aoriste de temne, coupe. — 
Cheval entoiime. 0., qui s'est entretaillé, coupé. 

Entoumure, Entainure. — La portion que l'on détache dun 



!:>, ir,7 

pain en roiiianuiiil ( ap'vslui avoir li'acc' une» or<-»ix s\ir le 
V(Mitre, SI l'on os; calhnrunip) : ^ doîiiK^-m.' roifoniiiuro. » 

E.\toi:nkr , r^iitoniicr, sjit en cli\ntant, suit o\\ versant 
dans r 

Entoi;noir, Entonnoir. 

Entoir. lî. Vers. •< EiUour les (rois h-^nres. » 

Entocr (à 1") de, H. Autour de. Nous parions comme La 
Fontaine et Molière. 

Entoi'rnkr. Entourer. 

E.NTOruNis, Entourage, entortilleuient. 

Entrk dkcx (ètro) de, !>. O. Dans le doute, dans l'option. 
— [j Entre de n.i\ la ligne sé[)arative des possessions : 
mot de très grandi; conséquence. 

E.NTRKPiQrrcR, ou Entricpli-anthr, Mettre des broches de 
vigne entre celles d'un plant où il en manque. 

Entrer, Aef. P>. (>. « 7i/i^/Y'/vsonbasr//7;i.çsa jlrunbe.» On 
dit aussi /c'//*<? entrer \ ])\^i' ^,y.. «^o\\ cliapeau dans sa 
tète. » 

E.NTRKt'iLLER, Embrouiller le ciible d'un frcuiL guindeau ou 
cabestan de manière à faire arrêter le uiouvement. 

Entrk visKR, \e faire ([u'entrevoii*. 

ENTRonij.HR, Variant»» diminutive du verbe entreulllvr, 
ou bien dEmbrouillrr. S'a[)plique à toute espèce de corde 
et même d(» lîl. 

Enveî.kr, Se gonfl<'r comme une voile (rt»^?^'/?.). Se dit des 
plancbes, douvelles &c., qui se faus:?ent et font la tuile, la 
gondole. 

Envf^rguer, Marine, oî c'est adapter la voile à la vergue ; 
cbez nous, la signification devient petite, quasi plaisante 
et revient à peu près û Enihringuf'r, voy. 

Enverrf'.r. Empoisonner avec du verre. — Se prend pour 
Endev(;r, Endiabler: «ilest enverré de feiretèlechouse.^ 

Envers (mettre l'âme à T) Expression énergifpie pour dire 
tner. — Et peut-être expressinn profonde : si l'ame est à 
sa place dans le corps ou autour du corps, le trépas cer- 



taiiirniPiU la d«''placc et la m ci a /'envers, qui. peiit-v''trp, 
vaut bien Tenilroit. 

Envil, Désir de femme enceinto, fantaisie de maiiii^er de quoi- 
que chose — marque qui eu est le pi'étemlu l'ésultat sur 
l'enfant, si l'envie n'a pas été contentée. V. Marqué. 

E.NViK d'aller, O. Epreintes dans les maladies d'entrailles. 

Envious, B. Envieux. Fém. Enn'ouse. 

Envirtchner, Entortiller. Augm. de virer, du grec Gyrein. 

E.NVOiR.\i (jir). Futur très ivgulier d'Envoyer. 

Envolumer. Emhai-rasser un chargement par le volume 
plus (^ue par le poids. 

Envrimer, Envenimer, Voy. Vrin. 

Enyei'Ser, Séduire en cajolant, E rnbohénier . — S'allier à 
des gueux. 

Epaffer ; Ehnffer d'effroi. Voy. Ehaffer, plus doux. Le 
français tend à recevoir épater, même sens. 

Epais, Pron. Epeis pour dire abondant : « s?s échus ne 
sont y ère épeis. » 

Epale, Epaule ; It. Spalla. Le franc, dit ])ien Espalier. 

EpAîtADE, Etalage. 

Eparée, Chute de tout son long : « à fit ine bêle éparée ! » 

Eparer, Etendre, par ex. la lessive, le blé dans l'aire. 

Eparour, Lieu ou appareil pour éparer. 

Epargne, O. Binet, gàte-bout, biûle-tout, ine éjjarr^ne. 

Epargnes. Cr)mmune élevée du canton de Cozes, arr. de 
Saintes. Du celt. borri, espern, butte, élévation. Habi- 
tants: Epargnais. 

Eparoi' a. Etendoirà linge. Y. Eparour. 

Eparpaillê, 0. Eparpillé. I)c ParpaiHon, })apillon. 

Eparvier, Epervier. 

Epaicrer, Ecraser vilainement ; serait-ce de Paume des 

mains ? ou de Pouaere ? 
Epaucris. Résultat de l'action précédente. 



! I» KVJ 

Epattrer, So (lit aus^i, comme ilfins Froissanl, ut Kpoi:- 
tris. Le participe e^t mtme EpaiU)-i. Voy. Pauf/i- 
gner. 

EpeillandrÉ, Epeillanllè, Dc^^uenillé, réduit a l'état de 
peille, de chiflbn. 

Epelî, p. lat. Expcllere, Eclore. Ce dernier \\ei\i d'exclu - 
(1ère et n'est peut-être pas aussi juste ; car la coquille «le 
l'œuf ne se ferme pas, non claudilur, derrière le petit 
qui en sort. 

Epeloquer, Commencer à Epell. 

Epkloiner, Des marrons ou du blé d'Espapcne, oter les un'=î 
de la bogue et l'autre de la rafle, nommées toutes deux 
pelounes ctj^elons, choses qui se Pèlent. 

Epeijxher, Eplucher ; dim. de peler. 

Epeneiiller, CueïWïv les 2)enoi(i II es ou /'usées (les })anicu- 
les) du maïs. 

Epenillé, Déguenillé. Du vieux mot Penne, frange de toile. 

l'>ErRGiîE, Epurge, Eiiphorbia Lat /nj ris (Lésion) , grande 
titliymaîe aux baies purgatives, dont les paysans abusaient 
quelquefois pour se médicamenter à peu de frais. 

Epiarrer, Epierrer. 

Epic de soulenil. Ardeur soudaine, qui pique en eflet. 

Epigher, B. En parlant des graminées, Epier, venir en Eni^. 

lù'iGOTS, Débris des Epis. 

Epincettes, g. Pincettes. Mot formé c<)mme Ernouc/i elles. 

Epine, B. Aubépine. On dit aussi Epine hllnncïie, 15. ou 
boisson ^//«H(". et pour le prunellier, Epine nègre, ow 
boisson noir, ou nègre, à volonté. 

Eplnglle (attacher ine) à son bounet, Prendre pour soi un 
reproche ou une critique exprimée eu général. 

Epixgller, b. Attacher avec des épingles, la toilette sur- 
tout : « femme bin Epingllée, » bien mise. 

Epiques de Souleuil ; Voy. Epie. 

Epirailler (s'), S'épuiser de fatigue, user sa pire, c.-i\-d. 
son coeur, ou plutôt son foie. V. Pire. 

If5. 



170 i:iz 

EpiVAKPr.R. I)ôpouillor «U* ses env»^li)pppî>, lîeses coçhi/lons. 
V\\[>i un /usée du maïs. l\irsiiit«», on dit, delà volaille (jiii 
s'épludiO (lu'tdlc s'('jnrn)v/(* : d une fomnie dont les vëto- 
njenis se dérangent * (ju'ale est in plit cjiiravdôe » Y 
a-t-il «le IKpi dans ee mot ? ("'c-t douteux. 11 y aurait plu- 
tùt du picois, pavois. 

Epllet (Faire de 1), !>. : EpUrler, SutTire, abonder, lat. 
rxplcrey remplir. «>n parlant des provisions, des mets on 
des <leni*ées. In cochon fait de YrpNcf quand il est Iticn 
jjras. Voy. sauce i/pv. 

Kl'LLElRÊ. Kpl<M"è. 

KpoisER, Kjiuiser. 

Kf^oukfkr, h. l\)ufter : « s'èpouff^rr devïro. OX. — Ebrui- 
ter un secret : « a'zou at èpouffè p'rtout. » l'angmenta- 
tatif est êçhllaviyier. \ . 

Epousser, O. et Epouss'ter, Epousseter, ôter la poussière. 

EpoiSTiFFÉ, Epoumonné. Un peu en plaisanterie. 

î]pouzER, ( )ter les pouces. Mauvais jeu de mots sur Epoux. 

Epris, Allumé, au physique. Le feu est épris. » 

Epuelle, Bobine de laine ou de fil. It. spilla, broche. 

EpizER, Epucer. 

Erablle. Erable, nom d'arbre et d'homme, ainsi que tant 
d'autres noms de serfs, anciennement ; les seigneurs pre- 
naient les noms des terres soi-disant conquises. 

Erâcher, Oter de l'huile le marc ou la ràche, mot hébreu. 

Eragiie ! Enragé. ♦ ah ! Chin d'éi^aghe ! » 

Eraigne. Tiroir/nèr, Eraignon. E . initial au lieu (VA. 

Eraler, B. El>rancher, déxdnrer en général : « ('hulotte 
pt^alèe. » Mais, proprement, c'est arracher une raie, une 
jambe. 

Eraloiner, (lasser ou ai-racher les i-ameaux, les petites 
branches. I)im. d'Eraler. 

Eranteler. 1j. Oter les arantèles ou toiles d'araignée. 

Eraper, Echapper brusquement de la main ou dune autre 
l>i'ise. 






171 



Eràpkr, Si'pai'tM' les gniiiis do raisins de la râpe, c'cst-ù- 
dire de la rafîo. 

ERAguÉ, Fatigué de la raque, Dévoieinent. 

Ereinte, Action d'Ereintor: « l'ili avant donné ine fameuse 
èrpi)itp! » — « ('ourir à toute ereinte, » I>. très fort. 

Erener, B. R : Montaigne : Esrener, Ereinter. Souvent 
E^rner. 

Eriffller, B. Erafler. D'où Eriffllure. 

Eriper, Glisser de la prise. Dim. àErœper. Eripure, 
glissement. — Au sens actif : dépouiller vivement un la- 
meau de ses feuilles. >ùtringere frondes, A irg. S^'^'' : 
Eriper dau hrout. 

Erisipère, et Erésipàrc, B. Erysipèle. 

Eronde, b. Ronce. « En avril, l>on p'r tout l'monde, quand 
r pinçon boit su' Yéronde. y> Prov. Les petites pluies <lu 
printemps favorisent la végétation. 

Eronder, Blesser d'une égratignure de ronce. — I)'une 
atteinte d'amour; particulièrement de la part d'un veuf 
ou d'une veuve; et c'est ce que l'on craint ou ce qu'où 
espère, dès qu'une ronce coupée s'accroche par hasard aux. 
vêtements. 

Erreur se confond avec Horreur : « i' se sont pris en 
erreur. » 

Erriies, 0. Arrhes. De là : Errher, A. donner des arrhes. 
ARR. serment. 

Errœre, Arrière. Et, au contraire, on dit darrière pour 
derrière. 

Errr î Çhhh ! Roulement et sifflement pour faire reculer les 
bœufs. 

Escabreux, Scabreux. Même famille qu'escarpé : Shra ,« 
gratte. 

Escaler, y. fr. Escalader. 

Escalette, 0. EsqueIetfe,B. Squelette; gr. Skeleton, 
chose sèche, comme l'os de la jambe, Shelos. 



172 î--* 

Es('Ai.iF.RS, 0. EscalitT. Le plur. \n\ \c sing. T.t ;ui rontrairo 
/(' degré au lieu des do^'ivs. A' . Dci/rr. 

EscANDALE, D. (.^. Scaiulale. Petit cailluu (dans la cons- • 
cieiice.) 

EscANDALiSER. Scandaliser. Ces deux mots sont du v. fr. 

Escarmouche, Scaranumche ; plaisant suspect, d'après l'It. 

EscAUBii.LAT, 0. Vif, éveillé, guilleret, de Vital. Scarahi- 
(jliarc, jouer de quelque instrunvMU très bruyant. ON. 

EscARîOT (.ludas), Jul.is Iscarioth, c'est-à-dire natif de 
Caiioth, resté comme type des traîtres. 

EscARPiNER, S'échapper vite, jouer do l'Escarpin, chaussure 
légère. En argot, Escarpe est un voleur. 

EscLLOPÊ, Eclopé. 

EscoFFiER, Subtiliser, S3ustraire. De l'angl. (o scoff, se 
moquer, du gr. Skorama, raillerie ; du mot panonq)hée 
(universel) SC, un sac, où l'on cache ce qu'on veut, témoin 
SCapin. — Fseoffier, tuer, occire, dit L* Oiossaire du 
«•entre; mais ce n'est dit qu'en euphémismii : soustraire de 
la vie. 

EscoRBiT, Scorbut. Du grec s/ior, scorie, saleté. 

EscoRPiON, Scorpion ; même racine. Les bonnes femmes 
appellent volontiers ainsi tous les insectes dont elles ont 
peur, jusqu'à l'innocente chenille de la pomme de terre, 
qui devient un si joli papillon ! 

EscusE (jhe vous demande), 0. B. Je vous demande pardon. 
Quelques-uns corrigent en disant: «je vous fai-t-e-scie^e?.» 
O. mais faites escuse! nous semble correct. 

EscusEZ. B. Exclamation ironique, se plaignant du peu pour 
reprocher le trop:«<ine robe de soie! rin que ça ! cscuscz!* 

EsiPÉRE, Eiysipèle. 

EspACiECX, Spacieux, Et pourtant le franc, dit Espace. 

SPADRILLES, OU EsparrJUles, 0. Espagn. alpar gaies, 
chaussures en cordes, usitées et utiles dans les montagnes. 

.>?ADR0N, Espadrouner, 0. Espadon, espadonner. 

Jsparlla2;guer, o. Ecarquiller, écarter trop, èpivarder. 



EsrARViER, Kpervier, lilet df pèL-lie. 

EspÉciAL, H. Spécial, Espècifier, F. B. spécifier. On dit 
bien Espèce. 

Esi>f:rer, I^. ( ). Attcnliv. Joli mot, quanl dii attend du 
))ien. Maïs nos ^ens, c(*nmic Virgile et Joinville. l'cni- 
])loient aussi pour attendre du mal : <i^ Espère in petit, 
que jlie te baille ine chasse !» — « Espérer quelqu'un à ^ 
souper. » B. • 

EsPERGiiES, Asperges. Du grec A, augmentatif ici plutôt que 
privatif, et speirey sème : nombreuses semences. 

EspÉRiMENTÉ et Esprimenté, Expérimenté. Le second dé- 
guisement du mot lui prête le sens dhonune d'esprit, et le 
fait appliquer même aux. enfants. 

EsPLNDON. V, Arquet. 

EspiRiTUEi., B. Spirituel. Et le fr. dit Esprit. 

EsPONGiEUx, B. Spongieux. Et pourtant. Eponge. 

EspRÈs, Exprès. La grande excusedes enfants consiste à dire : 
« zou ai pas feit exprès. » — à l'exprès, B. tout à l'ex- 
p)rès, B. Exprès. 

Esquinter, B. Ereinter. Du mot Echine, It. S chien a. 

EsQripoT, 0. Petite armoire, surtout de cuisine, quasi Es- 
quive-pot. 

EssANGHER, Passer le linge sale aune première eau, avant 
de le blanchir. Les chan fraiseuses disent Echanger ; 
mais nous croyons que cette étymologie n'est pas 7iette : 
-E'i'5(7»^/iC'r doit venir du lat. e, sorti de, et de sanies, 
saleté. 

EssARMENTs, Sarmcnts. 

EssARMENTER, B. Ramasser les sarments dans les vignes 
taillées. Essarynenture, cette façon même. 

Essarmenteuses, les femmes qui s'en acquittent, et 
qui ont soin de vêtir une chemise neuve par dessus leur 
costume habituel ; ce qui sert à deux fins, à préserver les 
vêtements et à raitiger un peu cette chemise , qui est en 
grosse toile du pays. 

Les vignerons calculent que la valeur des sarments paie 
les frais de fabrication de l'ev-iu-de-vie; mais peut-être au- 



174 rvr 

raient-ils [>lus «ravantage à les In-ùler pour eu iloiinor les 
ceii 1res à la vigiK», à hmiielb» ils ne rendent jamais rien. 
Ce serait, possil)le, un reniè<le contre l'oïdium. 

E.ssARMiLLKR lUi Bois taiUis, en C()U[)er les jets minces et su- 
pertliis, les sarments, les Kssa)-hullures. 

EssART. 1>. IW'fricliement, sol essarté. — Des Essarts, U- 
nom de famille. Les Essarts ou Les Kssards, connnuno 
du Canton de Saint-Porchaire, arrondissement de Saintes. 

Essarter, Déchirer, du linpe. des étoffes, la moindre chose. 
C'est en effet l'opposé de Sarcire, coudre, en latin. 

Essaurer, Sécher uupeu au vent. gr. et lat. Es aura. 

ENSArRiLLER,Essoriller, oter les oreilles, aui'cs. 

EssÉE, Voy. Aiscée. 

EssEMER, B. ^^Ç)\w Essaimer, partir en Essaim, en parlant 
des abeilles. — \'enant de Semer : répandre au large, dis- 
perser. 

Essence, Insensé ; ou plutôt le démens lat. qui a perdu le 
sens. 

EsSENTES, et mieux Aissenies, petits Ais minces, bardeaux. 

EssERMENTs, Vov. Essarmeuts et les mots qui le suivent; 
ils se disent en ar ou en e?% à volonté : VEssert owYEs- 
sart, etc. 

EssiGAULER, Elaguer, tailler en forme de gaule. 

EssiGAUTER, ou Essigoter, Houspiller avec un couteau. 

EssiLER une charrette, vov. Aissiler. 

EssiLLES, Foin laissé parles bœufs après leur repas. Latin 
exiles, minces (brins), 

EssiLLEUR, Qui use beaucoup de vêtements. 

EssiT, voy. Aissit. 

HssoRER, voy. Essaurer. 

EssoTTiLLER, Faire perdre la .so/Z/Z/c, l'ongle des animaux 
fissipèdes; et, par suite, même celui des bipèdes humains. 
De rital. soiiOy sous. 

EssuER, Essuyer. Ital. asciugare, lat. siccare, sécher. 



EsSu'main, Flssuie-main. 

EsTALER, Instalk^r. Syllal)P panoniplu'e s((f, fairo tenir: 
an^^l. sfcf/l, place fixe, stahie. 

EsTAMEL, Espèce, qualité, surtout d'un tissu, du lat. 5^/- 
rûC72, d*où étamine. Tne chanson de noce par M. Yandc^r- 
quand, ancien curé de A'irolet, près Gemozac, disait a la 
mariée et à ses compai^nes : 

« •IharnigoiK'' ! flans noutro vllln.2-ho 
N en vovon? point <lo (^-heul fslnrnpl : 
(') n'ost |io!nT des chiéMfMr. jlif fratrlic, 
Mai^j dt'S an^ir doscciulut dau ciol. » 

EsTATiON, Station. 

EsTATUE, B. Statue. Mot confondu avec Statut, qui est 
masculin. * 

Est'rlïn, Sterling, mot anglais : monnaie à V astre, écu au 
soleil ; conservé en Saintonge pour dire quelque chose de 
solide et de sûr : ^< mon chevau vous menerat est'relin. » 

Esterminer, B. Exterminer :« le diab* m'estermine ! s'o 
n'est pas vrai ce que jhe te dis. » 

EsTERNE, Externe. Yov. Ecolier. 

Estime (feire), Présumer, compter d'avance. — Feire de 
\ estime de quelqu'un. B. l'estimer, en faire cas, bien par- 
ler de lui. ■ — A \ estime, 0. à l'estimation. 

Estimer mieux, O. Aimer mieux, préférer. 

Estoc, F. Lignée, race, extraction. Et, par suite qui souvent 
trompe, nature, qualité. De la racine commune à tant de 
langues, stichos, stecco, stock, qui est notre estoc, 
stabilité. 

Estoper. Ravauder, reprendre à l'aiguille. Estopy.re, re- 
prise. Angl. to stop, arrêter yla déchirure). 

Estoumat, b. 0. La poitrine, le sein, la gorge d'une femme : 
« a* sacque sa montre dans soun estoumat. » — « A' 
semblle les p'rdrit loughes : al at de la chair su* l'estou- 
mat. » Avoir boun estoumat, de bons poumons, une forte 
voix, inebèle toquence. — L'estomac véritable se dit le 
chœur: quiproquo existant aussi en français, dans «faire 



mal an cœur, sovilevor lo cwur, avoir son dînor sur \o 
cœur. » 

EsToiMAQiÉ, Mécontent, fâché, qui a quelque chose sur le 
cxpur. 

KsTRA, Extra. « Feire de Vcstrn ; » Rhvès^ê d' F.rtraordî- 
^jniye , mot qui se prend pour Singulier appliqué aux 
personnes : ♦ il est eatraordinaire ! » 

EsTRAiT. Exti'ait. « Estrait de baptême, » acte de nais- 
sance. Sous l'ancien régime, c'était tout un : les non- 
catholiques, même baptisés, n'avaient titre civil que de 
bâtards. 

EsTRÊMiTÉ (à toute), sur le point de mourir. 

EsTRÈME o'tion, Extrême onction. 

EsTRÉMONTANE (perdre F), Perdi'e la tète, la présence d'es- 
prit. La tramontane (tra os montes) est l'étoile polaire, 
qui, dans toute la Méditerranée, apparaît au-d(^là des 
monts. Quand on la perd, au physique, on se désoriente ; 
au moral, on devient fou. 

EsTRiNGOLE (Diab'm*) ! B. juron plaisant : It. mi stringa la 
(jola, me serre la gorge, m'étrangle ! 

EsTROUNiQUER, Oter les branches et ne laisser que le tronc. 
Etabllit, Etabli ; nom ou adjectif. 

Etages (femme à quatre), Ayant sagesse, fortune, esprit et 
beauté. 

Etalouner, Donner au liquide que l'on mesure à la roHe, 
si c'est, principalement, de l'eau-de-vie que l'on dépote, 
(\oy.) le tempsde se niveler par \e talon du pot, ou échan- 
crure postérieure ; sans quoi, le Dèpoteur risque fort, et 
Dieu sait avec quel regret î d'enlever plus que sa j)art. 
« Laissez donc Étalonner. » 

Etaminot, Etaraine commune. « In d'vanteau (Yètaminol: > 
on n'en voit plus guère : ils sont d'indienne, de malino 
(mérinos), de soie. 

Etamour, Etameur, la terreur des chiens de village, ou du 
moins leur bète noire, avec les chaudronniers et les mar- 
chands de tamis. 



KT 177 

Etanthe. B. Etanché : «^ rheii tierçon u'^^st pas i'tcntrhr. » 

Etaque, féin. Tai[Utît, support. 

Etaquer, Mettro une ètaque. 

Etargner, Epai'i^nier. 

Etat, B. Feire état, Faire cas. tenir compte. — < Xe p*us 
ieii'e vfat de soi, ^ s'abandonner à la mort. — « Se met- 
tre dans toutes sortes d'e7c/-f, » s'emporter jusqu'à la fu- 
reur, soit dL' colère soit d'autres passions. 

Etau , Arbre têtard. 

Etausseti, p. Couper les branches d'un arbn» ([u'i reste 
debout. 

Etau, Au plur. l(>s fagots que Yow en fait. Car il y a les bons 
fagots (O: faissonnats) les iagots d'etaiix: puis les 
/>oi<rr^(;//(«.«^ (bourrées feuillues) et les Essermillures. 
Ko : Epiirgis. Molière a bien raison de dire qu'il y ci 
fagots et fagots. 

A 

Etaut, Etau de forgeron. ^< Etre pris c'me dans in Etant. >- 

Etèle, Etoile, stella. « Feire voir les Eté tes en pllein 
midi. » 0. Duper. — Sens libre. 

Etelon, Etalon. — Pilier de halle, par confusion avec 
Etaler ou plutôt à cause des F]talons de mesure ([ue les 
halles au blé ou />i/n(7/;^\9 offraient autrefois. 

Eteignut, b. : Eteindu, Éteint. « .llTai tué la chandele et 
èieignut le feu. » 

Etenter procès. Intenter. 

Etépe, p. fém. Étai ; de l'angl. ta stop. Etéper, étayer. 
Ta stay. 

Eteublle, Pour tenhtle, tuile. — Chaume laissé sur pied ; 
du lat. stipula. A Oy. llexi^ glus. 

Etiré, B. Allongé : figure étirée. 

Etirer (s'), 1>. Se detirer, étendre ses membres. 

Etott, Molière : Itou, Aussi. Souvent 7ow^ : « .Jh'en veux 
moi 'tout.> A tout, autrefois, signifiait avec : «Il fut pris, 
à tout ses trésors. » Nos Saintongeais auront transposé : 
< ses trésors à tout, ses trésors étuut . » (Et tout). . 



17 



ErRANiiMK. B. Kti'HU^^icr. romnie (lan«î \o vieux fraiirais» 
« hor»ls otraniços. » — Kionnt^ (l'un lu*u nouvviiu : <\ .Ihe 
me trouve tout rtriiH(//if> dauï; ch<4e maison. * 

KTKAN(iiiKR qurli|u*mi. I>. Le tiTiiler on ètrangn* (hns)}es 
hostis}{iM\i> un uia^a^in ou une l)ouii([ue, lui surfaire les 
prix. 

Ktre. B. Se pron. rfre: se synrope en rf : « faut rf hiii 
niècliani î >♦ — Eté ini luni d'alic 'lu'on snit ou non de 
retour: ^ il at été à .son ciiai : ivat arriver. » — * Jlie 
suis f'Vé?', jhe sons on sommes rft', » connue en Iralien. — 
Jlie /i<A' [unir jallai : — quand une clio.se e.st faite : « o y 
fsf .' » — In irihierest atteint : « ïy est î » — Efro ]torn\ 
B. Capable de : « jhe n' sens pus p'r vous démenti , 
meis * se trouve dans Molière. 

Etrkgmt, Efrrginie. étreint, étreinte. 

JyrRFJT, B. La Fontaine. Etroit. 

Etrkver, Sevrer. Exfrnhcre , extraire d'auprès de la 
mère. 

Etrier. Idem. 

Etrikl', b. Etrier. 

Etrieeoi-r, B:Efr/llr, Petit engin cannelé rm l'on fait pas- 
.ser le fil rpie l'on dévide, afin de se ménager les doigts. — 
Simple doigtier de peau on d'étoffe pour protéger l'entre- 
<ioigts, quand on retord. Tout cela Etrille, polit le fil. 

Etriper, li. Employé en juron : « Le diab' mètrijye. » 

Etrolmer, Oter. EœpmmereldXm ? othunein grec ? 

ETRoroNER, Eti'ouniqtwr, Xe laisser que le tronc ou le 
trognon. 

Etiâ, Voy. Tuf'i. 

Etuit. Etui. Venant, eomme le mot i)rérédent, de hibulus^ 
f>etit tube, qui se prononçait /cit//e. Toiil, en galibi, un 
trou . 

¥,^:s\ QVE. Eicropr, Et(f/(hipy Eustochc, EiisicUr, &c.; 
la première syllabe se prononce u . 

ErzF, O. Yeuse ou chêne vert ; lat. Ueoc. Tous mots fé- 
minins. 



i-:x 17V 

Ev V. II. Kvasoin<">ni : hiai.s (^ui élai'gii rciiUv»' «l'une bai<' •!<' 
lont'tre ou de p(>rt<\ 

KvAi.ToiNEK, Kpai*()il!fr iiiu^lfiiu' diuso au \«uit, qui s'eiicin- 
|»aî*e et l'agite. .S'V?r«//r/H>ie/*, se douaer de grands airs 
j»ar arr()gaace, comme le coq (jui luit des ailes, ou s'étaler 
atout hasard, ('omiiie la poule qui s'ejuranh*. On es' 
d<iu^ eed«'rnier cas, à la Valfftli7ie, ou à la Valtorinf', 
mots imitaUrs, de la langue d'oc et fort difficiles à tra- 
duire, 

Evr,. Eau du C(dtiquo «r. Ere a été franrais ; il est commun 
daiis Froissard: nous en avons gardé Evier, que les Sain- 
tongeais ont rejeté. ])réfèrant fiyère (aiguière) du larin 
a(jua, qui pourrait l)if*n être le même {[iiatc gaulois. 

Eventairf:. H. Inventaire. 

EvENTKR, Inventer. 

Eventé (vin ou linge), U. Vin (pii sent révent ; linge à moitié 
sec. 

EvENToîjsoi', Pron. èventousouè, Eventail. 

Ev'rdix, Vive alerte qui fait fuir, ou v' rdcr. \ oy . ce mot. 

EvÉVER, Devenir veuf ou veuve. 

Evolagher. Faire prendre la volée, rendre VolufjJte, c.-â-d. 
sauvage, ditficile à prendi*e. 

Evoluer, Voy. Avoluer. 

ExEMPLLE, B. féminin, (^onuu" autrefois, comme il l'est en- 
core pour les élèves en écriture. « Tu donnes ine hô' • 
exernplle ! » — Au lieu de Par exemple, nou> disons vo- 
lontiers, nous et les Berrichons, par hasard ; et toat à 
l'heure pour A présent, comme les Limousins ; et quel- 
que part pour environ ; de manière à légitimer parfaite- 
ment cette phrase-type : « J'hai tout à l'heure que' qu' 
part cinquante ans, mais^)ar hasard ^ je me porte bien. » 

Exempté, Souvent synonyme d'Estropié ; exempté du ser- 
vice militaire. 



IRO T^A 



F 



r Lt'Uro muette à la fin dos niots, excepté dans ti'f. pour 
veuf, et dans rlicf, hrof, mais qui sont français. 

Fa (la tour du), c'est-à-dire du l*hare, près de Talmont sur 
Gironde, n'est plus qu'une petite pyramide servant d'amer. 
A Bordeaux le Fort du phare était devenu le Fort du Ha. 

Fabre, Nom propre, le plus rapproclié du latin faher, (fac 
ferrxDii), travailleur en fer. De là Fèvre, Faure, &c. 

Fabricien, B. Membre du conseil de fabrique d'une è^^lise. 

Face, B. Un homme ])ien face, à face large et colorée. 

FÀCHorx, fàchouse, Fâcheux, fâcheuse. 

Facouneux, 0. Façonnier. Le féminin se dit aussi. 

P'adasse, In peu fade. 

Fadet, b. dim. de fnde : fata, Fée : esprit follet, que nous 
disons souvent frère-fadet, source ou dérivé du Farfadet 
français. G. Sand a déhcieuseraent féminisé le mot dans 
sa Petite-Fadette . 

Fadesî, Devenir fade. 

Fadour, Fadeur. 

Fagnard, Passage fangeux, plein de fagne. Nom de localité. 

Fagnasser, Se dit du chemin dont la terre prend aux pieds. 
* ^ fa (f nasse à matin. * Bonne onomatopée. 



i^\ 



Faonk, Fani;>*. A. lt;»l. Ptinfano. 

VwiSiHllKR. l>iliiin. <\t /'fH/tUtàSC/'. 

FA(iNors, fagnoKSc, Fan«,^mix, fangeuse. 

I'\\(ir>TAN(;HE, Action de fagoter. 

FAfinTK, (). féminin de Fagot, plus Xèi^er {\\xe faissonat ; ce 
(|u"on dirait cliez wow^ fagot d'étaux. 

Fagotiek, Fagotiêre, Faiseur ou faiseuse de cancan*?. 

Fagtknat, h. U. ( kleur de bouc, de gousset, &c. Voyez 

]'\vHt.NANT. f(\V>. Fainéant: se prononçait fainiant, qui fait 
néant, qui ne fait rien. 

Fakinanter. Faire le fainéant. 
Faignanïise. B. Fainéantise. 

Faillette, Petit défaut, petite faille dans une étoffe, dans 
une pièce de fer. Mot qui manque en français. 

Failli-gà, Mauvais sujet, rien qui Taille. De la honte que le 
bon peuple attache encore aux faillites. Ou bien de l'angl. 
fellow. 

Faiscine, Fagot de broutilles, Bourrée. : Coussinet sur la 
tète et les épaules d'un portefaix. Du lat. fasciSy faix, 
d'où l'ital. facchvio, portefaix, qui, endimanché, devient 
faquin. 

Fait (de), B. En effet, comme l'angl. indeed. S'emploie 
souvent pour reprendre le discours. 

Faît, B. Faite, fastigium, sommet : < su' le fait de la tète.» 

Faîtaniêre, Faisanderie; nom de localité ; lieu où l'on éle- 
vait des faisans ou phaisans , oiseaux venus des bords du 
Phase, en Asie. 

Faîteau, B. : Faitiau, Faitière, grande tuile pour le faîte. 

Faix (en avoir tout son) , B. Presque plus qu'on ne peut en 
porter. 

Fameusement, Remarquablement, beaucoup. 

Fanal, 0. Lanterne grande ou petite. 

Fanfreltxhss, R. Bagatelles, inutilités, notamment dans 
la parure ; comme qui dirait frelochcs d'enfant. 



Fantoùmk, Fniih'mic. 

Faon, Se prononce fa-nu. 

Faquin, B. Flèii:uiir,, faraml . Ne se dit (ju'au masr.nl. 

Faqiinrr, Faire le beau, le faquin ; avoir de hx faquinerie. 

Fakamink (hête). \\. Rête faronche fantastiqne : dn l.Ttiii 
ff^ra, on vieux tT vaj^ue souvenir du nom de Pharamond. 

Farandole, 0. ou forandoule, Lon«(ue tile de danseurs et 
danseuses, sur les ])laces oudans les rues, au son du fliVei 
et du tambourin. Mot formé comme girandole et qui en 
est peut-être dérivé. 

Faraud, B. et faraude ; fier de ses beaux habits. Du ceU. 
frau, beau, d'où Tallem. fraw. Vierge. 

Farce (pour telle chose, vous en verrez la) : En Languedoc, 
vous en verrez la foire. A la foire, se jouent des farces. 

Farci, Subst. 0. Farce, hachis. Toute farce, nous paraît 
venir du lat. /ar, grosse farine dont se masquent les far- 
ceurs. 

Farcisseur, Se dit en plaisanterie au lieu de farceur. 

Fargon, Fourgon à remuer le charb(m dans le four. Quand 
un vicieux en reprend un autre, on dit que « la pèle (la 
poêle) se moque dan fargoii. » 

Fargouner, Barbouiller, charbonner, comme avec un far- 
gon. 

Farinier, 0. Meunier. — ^Sat fari?iier, sac à farine. 

Farme, Farmier, Ferme, fermier. 

Farouche (la) B. Le trèfle incarnat. De trèfle rouge ? 

Fasablle, Faisable. 

Fa.sant, b. Faisant. — Maufasant, B. Malfaisant. 

Fasez, Fasons, faites, faisons. — fasour, faseur, fa- 
seuse, faiseur, faiseuse. — Fasut (en plaisanterie), fait. 

Fat. R. 0. Fade an goût. 

Fatique, fnfifpip. B. Fatigue, fatigué. It. fatica. 



KatrouII.ler. Kuuilltn- lourdement et brutalement avec les 
mains. Conespundant de Putiouiller avec les pieds. 

KArcHANciHE, Faç'on de faucher. '<11 at in bon fauchanghe .i^ 

Fatxhard, rrrande faux à long manche pour dégager les 
cours d'(^au et, spécialement les biez de moulin. 

FAirHES, B : Fauchailles, vSaison et action de faucher b^s 
prés. 

Faucheux, Vov. Pute. 

Faitchis. Boiteux, trainant une jambe., comme le faucheur. 

Fauchour, Faucheur. 

Faulloit (o). Il fallait. vSouvent sans pronom : « faiilloit 
zou voir. > Participe : fauUut. 

Faumanche, B, Manche de faux. Mot composé à la grecque, 
à l'anghase. 

Faurraghe, Fourrage. Foris agium, ce qui se fait hors 
(du camp). 

Faurreau, Fourreau, &c. 

Faut-o.' faut-ou ! Faut-il ! « mon Dieu, faut-o ! » — « 
faut bein qu'o seit vous !» 0. 

Fauvelet, Nom d'homme et de bœuf ; un peu fauve. 

P\\ux (le), B. la Faux. «Battre son faux , aynser son /aux . ^ 
Plus souvent son daill. 

Faux-saunier, Contrebandier en fait de sel. Firent la guerre 
de la Gabelle, (xvr siècle), surtout en Saintonge. 

Favaud, Nom d'homme et de bœuf : couleur de Fève. 

Fayan. p. Hêtre, /rt^«????.s, dérivé de /^/{;^f,ç, de Phagein, 
manger. 

Fa Y AU, Fève de marais : pihn. 

Fectivement, Procope, pour effectivement, 

Fein, R. Foin. De fœnuf^i , légitimes F un et l'autre Frois- 
sard écrit faings et fiens, qui se prononçait fein. 

Feire, Fau'e. — Feire besoin, B. Manquer, être de moins. 
FeirekieX jeu,0. jouer :<^z'y feis-iw^.» Feire au ynérae, 
B. U. sans ricochet, au l.>illard : mais signifie tromper, 



184 1'^*: 

blouser, mettre deilans. — Envoyer feire lanlaire, lî. 
Envoyer promener. Un ajoute souvent : « au bout d'in 
bâton. » — Faire ine maladie. 0. être longtemps malade. 
— «Tous les jours (pie le bon Dieu feit,* O. tous les jours. 

Feis-point, Sorte de négation : je ne le ferai pas. 

F'LL, File ; F' loti. F' lotie ; fils, fille ; fillet, fillette. 

Fe.mme (la Wie chez nous. I>. Au lieu de ma femme, ce qui 
semblerait un peu téméraire ou provocateur. Tout au plus 
ose-t-on dire « y oui^ fe/nhie. » tempera ! o mores f 

. naïf miroir des mœurs !... féodales ! 

Femmote, Diminutif aftectueux, que le franc, devrait envier. 

Fenaghe, Façon que Ton donne au foin. La quantité du fcin 
lui même. 

Fenaison, R. La saison de faner. 

Fen'asse, Quantité de mauvais foin. Nom de localité. 

Fendour, Bout de bâton, taillé en hélice, pourfendre levime 
en trois. 

Ffner, p. B. Faner le foin. 

Fenètr.I, Petite fenêtre. 

Feneuil, Fenouil. De fœniciilurri petit foin, vu la déchirpie- 
ture des feuilles. Son eau di.stillée est bonne aux veux af- 
faiblis. 

Femou, Fenil, grenier à foin. 

Ffmql'er, Voy. Effeniqner. 
Fenour, Feneuse, Faneur, faneuse. 

Fer de charrue, ou /cTpar excellence. Le soc ou son arma- 
ture en fer. 

FERDLANQriER, 0. Ferblantier, qui ne va\it pas autant. 

F'rdI, B. Froidir. Nous verrons au.ssi Fredesl. 

F'rdoîner, Fredonner. Onomatopée. 

F'rdi-re, b. Froidure. — F'rdurier, F'rdurous B. Fri- 
leux. 

F'ri.asser, b. Faire un ])ruit de ferrailles ou de coquilles. 



vil 185 

F"hmnfr, P). Faii'(^ un l>r!iit(le clorluHiGs, un son arprontin. 
Le iraiiçais a iJ l'oliii, drelin^ ie B. dreliini)'. Onoma- 
topées. 

F*Ri-UgUKT et FerJuiftct, Fivlu.[ii3t ; conimo (|ui dirait petit 
tVèlon, coqiiettant avec les fieiir.s, 

P"rlurons, \o\'. B' t'inrons. 

F'rmagiie, Fromage. Autrei'. fortn^ige^ des Form<^s où il 
se fait. 

F'r.mer, Fermer. — Se f rmcr, 0. s'enfermer. 

F'rmî (in), une Fourmi. Le patois a le genre du grec mur- 
jiiêXy et le iVançais, celui du latin formica., (jui sont le. 
même mot. 

F'rmigher, Fourmill(n'. 

F'rmogher. D : Fombrayrr, ôter le fumier desétaldes. 

F'rmure, Fermeture ; fermoir. 

F'rraghe, Façon de ferrer; salaire poui* cette façon. 

F'rrant (marichaut), Maréchal-ferrant. 

F'rret, 0. P>riquet à faire feu. (Petit fer.) 

« 

F'rrounier, Marchand de fer, Ferronnier. La belle Fer- 
ronnière. 

Fers (i'ne vaut pas les quatre) d"in ch'n, B. Rien du tout. 

F'rsaie, Fresaie. 

F'rsat, \ov. Fore-sat. 

F'rtasser, F'rlasser en cognant. 

F'rté (la), La Ferté, nom de localité ; (la Fermeté). 

F'rtic-F'rtoc, Imitation du bruit de la pierre aiguisant la 
faux. L'ancien opéra dit : 

<t Et frif et fric et fric et froc, 
Et zic et zic et zir: et zoc. » 

F'rtier, b. frettier, Faiseur de cercles. 

F'rtîli.é et Fertillè, Frétillé. 

F'ktoc, Gros et court bondon à b. foncure d'un tonneau. 



18. 



fv'RiER. Ft'vrier. — F'v'n'éres, Violettes de ce mois. Si 
de nouvelles dénoniiiuitions par nous proposées pour les 
mois venaient à être adoptées, ces lîeurs s'aj)pelieraieiit 
DitoseUes. 

Fescèles. U : : FahscHos, et le Berry, se i-eprenant : 
Fe^rcZ/eà' comme venant en effet du latin fisceUa, petit 
panier: ce qui fait dire aussi chez nous fiscèU^s : moules 
à tromafres, et plus souvent cages en bois ou en f(ir à con- 
tenir sous la pression les ralies des raisins. 

Fesîque, Mêrule chanterelle: ainsi dite, non qu'elle ait rap- 
port à cdutus, mais à ccDitherius^ chevron : c'est comme 
un petit toit soutenu par «les chevrons ra^'onnants. A'ers 
Saint-Jean-d'Angély, elle est aus.si très bien appelée 
jounette. 

Feublle, B. Vieux franc, faible. 

Feuillari), b. Rameau avec ses feuilles, surtout si les fouil- 
les s jnt sèches : on a senti l'onomatopée de la terminaison. 
— Cercle mince en fer pour les tonneaux. 

Fkiii.largheous, Quia lieaucoup de ff^u!llag:e. 

Feuille de livre, 0. Feuillet. — Idem de scie, O. 

Feuillet, B. Petite scie. (Mince et dentelée comme une 
feuille.) 

Feuiu^ous, feaillouse, et feiiilhit, feuillue, Feuillu, 
feuillue. 

Feurne, A'anne, érluse. Du fores, porte, en latin. L'alle- 
mand a faraier, p'.aque. Ville de Fumes ? 

Fel VE, Fève. Voy. Vère. 

FÈVE (trouver la), P. Ft'Hissir. — En amour sensuel. — Sou- 
venir du gàteuu des rois, et des dieux, la mola sacra de* 
pay eus 

FÉVERit, fèrrit. Pris de la fièvre, fèbricitant. 

Fi ! (ma), B. R : /y, Ma foi! — Ma fine! idem. 

Fi" (in), un Fie, excnjissance en forme de figue. 

Fiablle. F. b. a quoi, ou à qui Ton peut se fier. 



^ 



X^I 187 

FiACON et fllacon. Flacon. It. fhisro. 

FiACRi-: (S;iiiit), Patron des coehers et dt»^ jardiniers ; [)o\ir- 
quoi? Est-ce par jeu de m>ts, conini.3 souvent arrive, à 
cause de la fieni'e des chevaux., pour les uns. et de la 
fif'iite de vache ou de bœuf pour les autres, laquelle, ap- 
pliquée aux arbres, sous le nom iVonf/iK^nt de Sl-Fi(icrt\ 
en guéi'it les blessures? La fête de wSr-Fiacre, le 30 août, 
est celle de Mortagne-sur-(Tironde, bien que l'Eglise du 
lieu suit sous l'invocation de St-Etienne. 

FfAGHEOLET, Fllaoheolet, Flageolet, De flare, souffler. 

FiÀi.ÉE, Quantité de ce qu'on a pu 

FiÀLER, Flanquer, donner vivement, fouetter : fojjellai'e. 

FiAMBER, /?/«//«^^/*, Flamber. Voy. CliUatnber. 

Fiance, F. R. B. Confiance. "Mais la confiance est mutuelle, 
la fiance prend l'initiative : fidanza. 

Fiancer une vigne. Couper l'extrémité des sarments avant 
de tailler à l'ond. 

Ff aller, Voy. fiàler. 
Fichant, Vexant, fâcheux. 

FicHUMASSER, B. Y^ v^\\\i\\\\^\\\Q \\o\\v fouJiiiiisser. Voy. 

FicHirT, Fichu, soit subst. s)it adjerrif. Féni. fi'jJtU'' et 
])lus souvent : fichu en supprimant Ye : « çhèle flcltiC 
femme ! » 

Fidèle, Signifie surtout probe, honnête. Lorsqu'on en doute, 
on dit : « filèle c'ine Brlezà, ç!ii voloit le lard à son 
père ! » 

FiEN, P. I). Pron. p'in'. c,(^n^([\\\eJianfi'ri(sent iW^iml flan: 
abrégé de iîeiite : signiiie fumier. « Casse à fîcn, » trou à 
fumier. 

FiÊRAUD, B. et fïèraude, ridiculement Fier. 

Fièvres, 0. A.u pluriel, dès que la fièvre a quelque durée. Il 
semble que par la fièvre on n'entende (pi'un seul accès. 

FiÉviious, B. Fiévreux, surtout en parlant des choses. 



1S5 r^i 

ri(.ni:, Vi'^iw. — Fi(jheasso}i. petit i]j:\\\ov. — FigJiCof, 
Ihjheon, Hû^iie naissante — F>(jhi'i\ li^uicr. Lat. ficus, 
gm% sykc. «lui est le ni^Mue mot. D'où Sveoi>liante. 

Fkînolrr. Limousin, O. I^UuTiaer eu toilette, vouloir i>ril- 
ItM' par (le bAUix lLaljit:>. Dj la : F'ujiwleax, flr/}ioleu- 

Fifii-RK (la), I/* visage exclusivement, 
i- ILANGHI-:, F;u oa «le filf^r. 

FiLASSors, aune, Qm s'en va en filasse : le boi.s, les raci- 
nes ^Scc. 
Fii.AT, 0. Uês'»auen fil, filt^t de })êclie ou de chasse. 
FiLKT. H. Vi(Mi\ tV. Fil. «iu peloton de filet. » 
Fii.Eix . Fil» u. 
FiLociioN, Bout dt" fil. 
FiLosoMii:. Physionouiie. 
FiLTOUiMKR. V). (Fil, étoupc), Peigueur decllan^re. 

Fils fh Madame, de louf, de S:c., Sic, Jui'ous et injures 
plus ou moins lessivées, llap. Enfant. 

FiLLAss::. O. Fn-an le fille, en mauvaise part. Eu bonne part,, 
c'est FUlaude, B. 

Fille Di:ciiAM3EE, 0. Femme de clian>bre. 

Fille f/(? la lune, (Lesson), le Nostoc. 

Fn.LErx, B. et /?//o^ ////o/.-?, B. Filk-ul , filleule. C'est le 
iils et la fille italiens : fylaoJo, frjluola.. 

Fln (à sèle), B. A s^ule fin. — Ala fui des fn^, B. à la fui 
finale, O. Finalement. — Au fin fond, tout au fon<l. 
Françai.s. — Tout fn dreit, tout juste^ précisément. — 
Tout fin seul, B. tout à fait .seul. 

FiNABLLEMENT, B. Finalement. 

Flnassier, b. Finasseur, finaud. 

Fixe (de la p'u') De l'exerément le plus sale. De là cette grosse 
plaisanterie sur le troupier (|ui .se faisait peindre et qui di- 
sait au camarade nipin : « Te voilà au nez : mets-y de la 
couleur de chair et de la plus fine, et reprends ton aligne- 
ment ! * 



Fi.NK firrce (ï), I>. A foive de persévérance. 

FiNissKMKNT, \\. Fia, aclièvem 'Qt,. Ku pLùsaiiLerie : //o;i, 
1>. le chic. 

FîNOT, fiiiotte. Fiii^t, fiiLîtte. Au.;iii Mitatif : pd-fhi'jt. 

Fkjî'e (ma) B. : hinflgnc. Diiniii. de ma foi ! 

FiQrETTi-:! 0. Diiiiia. defbuquctte ! Voy. L'a Iject. est fiqiie- 
notât. 

FiRLiMiSK, Ritournelle, ruse, finesse, détour : « Futeuds-tu 
la fu'l'hiiuso ? » très-joli mot. 

FisQiKMKNT, Fixement. 

Fisyi/KR, Fixer. Va prend très bien la chose pour ohjet : 
« /Isqiie/' le souleuil. » 

FissKK, Poussée, éiaucemi^nt de quehpie chose, surtout si 
c'est liquide : « me bonne ftssèe. » L impée, rasade. 

FissER, pour Ficher, du lat. fgere, piquer, en parlant des 
guêpes et (par erreur) des serpents. 

FiSSON, Limousin. Aiguillou des bêtes qui fissent — Mau- 
vaise langue. 

FissiRE, Piqûre par un ftsson. 

FisT >x, B. Terme d'amitié, tiré de fils : « mon petit /?.y^on \ » 

FiTRE, Auvergne : [IcIUvà ; fltat, dimin. de termes gros- 
siers. 

FiYANT (i'),. Ils firent. 

Fllàciie, B. subst. Creux dans la ligne d'une pièce de char- 
pente ou de maçonnerie, par défau t de matière. « o y at 
d'àii /ïlàc/te. » — Adject. ({ui a du fiàcke ; mou, flasque,, 
pendant. Lat. pu cens, flaccidas. 

Fllambart, Torche, tison flimljant. 

Fi.LAMiiE, R. B. Flamme. — Sous-fVfr,n''}e, galette tendre,, 
cuite sous la première flamme du four. La fouace de 
Rabelais. 

Fllamreau, et plus %o\.\\ei\i chandelier ; Flaml)eau. 

Fllamdêe (ine), un jet de Flamme. 



100 T"0 

Fli-amhi:u,B etC/tihn/ibrr, {\oy.), FlaniluM'. — « FUnm- 
ber in por ou in goret, » lui «griller le poil. — « Fllainhor 
des (Hils, » H. faire des V(nix courroucés ou ardents. — 
« Tout fflaiiibcuit non', B. tout à fait neuf. — « 1* flUnn- 
bit , i' f^ltiètdfiiinnt , ^^ il fl;unba, ils Hani lièrent . 

Ki.i..\.MHoisK. O. Framboise, fragrans in bosco, qui sent 
l)on dans le bois. 

Fi.i.AN (/p fait, 0. Tarte à la crème. Mal dit en français 
Flandrelet. 

Fi.i.A.Nc, Flanc. Fllonqiier , fl laquer y flaquer. Jeter au 
rianr. ou onomatopée. 

Fli.asqce, subst. Fer à repasser qui porte sur lui son ré- 
chaud. Malsaine invention. 

Fllattron, Flatteur, dénonciateur. Voy. Çîdlattron. 

Fllau, Fléau de balance, ou fléau à battre le blé. Voy. Çhllà. 

Fllaugxard, 0. Flâneur et patelin, chien couchant à deux 
pieds. 

Fllelr et fieur. Fleur. 

Flleur (le) de sang, B. pour la Flueur de srmg (comme 
fleurs blanches)', la dyssenterie. En Berry, lu drille. La 
même croj'ance existe que les sorciers peuvent donner ce 
mal, en déposant des charbons ardents à l'endroit qui sert 
de retrait. 

Flleurer, B. R. Flairer. 

Fllei'Ret, Ideuret, étoffe légère de grosse laine, .sorte 
d'étamine. — Petit galon bleu et blanc. 

Fllei:r(»n, Furoncle. Gros, c'est un fronclle. Xoy. 

Flliper, Dissiper, manger ; filout'^r. 

FiJ.u, Flux. — Sorte de jeu de cai'tes. 

Fllûtà, Fllûte, flùlet, Flûteau, flûte, sifflet. 

Fllûter, B. Siffler. — Boire d'un trait. 

Fllûteur, b. ei fllûiour, Flûteur. 

Fogt.'er, Fournip à force, comme beaucoup de bois au feu, 
fofi's : « sa mère /!y ff)fj)ioif trop d'arghent. » 



Foi (Ma). //i^^//*':^// F). Sorte do sernipnt. So prononce /'ohp. 
loué, comiuo à Paris. — « Ma ^raiid /hi ! >> ]■>. autre ser- 
ment. — « A la hniino fai. » B. Sans détour. — La Fui. 
nom de plusieurs localités. 

FoiRi-LK, (fouéble), Fail)le. 

FoiR bl/anc, 1>. Le poumon. — <^ 11 a le fuie hllanc, » il est 
légitimi.ste, il regrette le drapeau hlimc. 

FoiRAiL, n. Champ de foire. D.^chéance deTanti^ue /ô/'/^y/i. 

Foireux, B. Ilonune delà ioire. 

Foirochp:, Petite foire. 

FoiROLE, Mercuriale . plante laxatîve. 

FoiROUs, B. Qui n'a pas besoin de foirole. 

Fois (à des) B. Quelquefois. — « ine fois in, ine fois l'au- 
tre. » L'un après l'autre. — « Comh' de fois ! » Combien 
de fois ! 

FoLE, Ancienne coiffe de femme à rayons volants. 
Folie, B. Rut, surtout des femelles. 
FoLOUR. Folie, aliénation d'esprit. 

FoMBRAYER, B. (Saiutonge /'r>?20,<7/^(?/% Yo}'.) Enlevci'la 
litière de fumier et broyer ou brouetter . 

Foncer, F(nirnir prodigalement et en cachette, dernière 
circonstance qui fait la différence avec foguer. 

FoNCET, Fausset de barrique, qni, en effet, se met au fond, 
tandis que fausset veut dire petit gosier. « In cot de 
foncet, » un coup de vin de trop. 

FoNCiLLE, Faucille. — Foncillon, à Rojan, la conclte des 
Dames. 

FoNCURE, B. Fond de tonneau. 

'Fond, 'fonde. Profond, profonde : « vont' poi (puits) est-i' 
'fond ? » 

Fonde, F. Amvot. B. Fronde. C'est le latin funda : fun- 
dens lapides, répandant des cailloux. 

Fondra, fondreau. Fondrière, fond de vallée. 



1^2 l'X> 

Font, H. vû^'.ix tVnnç. F(mtaim\ C'est le latin, mais devenu 
féminin. — Iai Fotil. nom d'homme et de localité. 

FoNTAisiK. l'antaisio. 

FnNTKrri.. Fauteuil. 

FoRAN- W Vn des compartiments des marais à sel. 

Furçahli.p:, Qui exio"*^ (1p l'pflorr : « oiivraglie forrahlln. » 

Forcer. Au .sens neuire : taire ou nécessiter des efforts. 

F«)RE-SAT, et f rsat (qui perce le sac). Orge a queue de 
souris. 

Forgp: pour la faux. Petite enclume à pif^rl pointu, que l'on 
enfonce en terre, pour y rebattre le doil. 

FoRMANCES, (() : tiiannes). Lames de la vigne, embryons 
des grappes. 

Forteresse, Aliments de haut goût, ail, oigncm, sardines, 
morue. Quand sera-ce la seule forteresse du monile ! 

Fortin, Idem : « quand on est malade, faut pas trop man- 
gher de fortin. » Mais souvent encore on n'a guère auti'e 
chose ! 

FoRTiNÊ, B. Riche, qui a de la fortune. 

¥01:, foie. En parlant des plantes, les plantes sauvages qui 
ont leurs analogues cultivées : « ail fou, avoine foie. » 
Ainsi était jugé, dans le moyen-àge, tout instinct d'in- 
dépendance. — On dit mieux if/)ia fou, agneau atteint 
du tournis. Et delà la comparaison ironique : « saghe 
c'ine in ignà fou. » 

Foudre, masc. (fr.) (rrantle futaille à mettre cuver plusieurs 
tonneaux àe vin ensemble; économi(|u^^ utile à la qua- 
lité du vin, mais bien dangereux à cause des émanations. 

Fouet. (Plaire peter son fouet), B. 0. Se faire valoir, en don- 
nant hautement son avis sur toutes chjses. Petit- Jean, 
dans les Plaideurs. — «Tauras le fouet, malin gueux! » 
La réplique est : « et vous \e^ fouettées. » (les fessées). O. 

Fouetter, B. Lancer, jeter vivement. * A'iiy a fouette ine 
tiipe. » (un soufflet). 

Fougheasser, Foudler, tracasser dans de petit'^s choses, 
comme loi.squ'on égarguille le feu, foc us, dans le 



FO 193 

FouGHER, nu fo\njoi\ I>. Foyer. Rappelez Effourjhcr {9^)^ 
mouvement des oiseaux qui se saupoudrent. 

FouLOiRE, Grand bassin eu bois ou en pierre, où l'on foule 
les raisins, à côté du pressoir ou servant ensuite de pres- 
soir lui-même. 

Fouî, F. R. Fuir. Participe fouit, fouitc. Fugere (fou- 
gère). 

FouiTE, Subs. Fuite. C'est la prononciation de Vu latin, con- 
servée dans tous les mots par la plupart des peuples. 

Fouillis, B. Confusion d'objets. Français en peinture. 

FouiN, B. Le masculin, au lieu de Fouine. — « Puer c'me in 
fouin. » — Fouin ou Foin! interjection de mépris ou d<^ 
dégoût ; laquelle est la meilleure ? Puanteur de bet 3 ou vi- 
leté d'herbe sèche? Le Glossaire du Centre est pour 
Fouin. 

FouiNEAU, B. pour Fagineau, hêtre. Fagus. Le canton 
des Fouineaux, forêt de Châteauroux. 

Fouiner, B. Chercher à piller comme un fouin ; pis que 

fureter, comme un furet. 
FouiYEz , fouiyons, Fuyez, fuyons. Fouigant, Sec. 

Fouquette! Diminutif d'un juron. 

FouRÀciiE, B. Sauvage, volage. C'est Farouche, transposé 
de lettres et affaibli de sens : « aie est fouràche^Smx.' in 
lièvre. » 

FouRAS, Localité près de Rochefort. Mais d'où vient et que 
signifie le vieux dicton qui associe Fouras avec la lune : 

« A?-tu été à Fourâ ? 
As-tu vu la lune, 



Mon gâ ? 



As-tu vu la lune ? » 

Est-ce uniquement pour la rime, que le gâ répond : 

« A mon çhu y en a-t-une. >■» ? 

Fourchât, Fourchon, bifurcation. En Berry, sorte de 
fourche. 

Fourche (fait à la), O. à la diable. — Fourche! juron : Tail- 
jpctif esc /on^Y'/i/f : « fourchut houme, va! » 

10. 



191 TK 

FouRCHÊE. B. Ce (\\\o peut prendre une fourche. — « Aiî<it à 
manier c*me ine fourchèe d'aghions. » 

FouRNER, fourneyer. Faire une fournée de pain. Rahelai.s 
disait fourner. — Forneyer, id. ainsi que plusieurs 
mots en four... 

FouRMÈRE (la), le Fournil. Manque souvent et le four est en 
plein air. On choisit un beau temps pour fourneijer. 

FousLL, R. Très vieux pour fusil, focillus, petit foyer. 

FousiLLER, Dimin. de Fougheasser. Même et ymologie. 

ForssE, R. B. Fosse. De fodere, fouir, creuser. Notez 
Fouir. 

FoussÊYER. Entourer de fossés. « In pré bin fousséyé. » 

FoussiÊ, B : Faussé, Fossé. 

Foutaise, B. Niaiserie, baliverne ; peu de chose. 

FouTiMASSER, B. S'amuser à des riens, à des foutaises. — 
Être tout foutimassé, inquiet, tracassé, liors de son 
assiette, près d'être malade. 

FouTUMENT, Adverbe de blâme ; Bougrement est l'opposé. 

FoYA>', B : Foyard. Voy. Fayan. — Noms d'hommes. 

Frabique, Inversion ou métathèse au lieu de Fabrique. 

Fraghile, B. Incertain, douteux. *Le tempsest/)Y/^A^7^,* 
peu sûr. 

Frâgne. b. Frêne, nous avons presque gardé le latin, fraxi- 
rîW5. Delà Fràgnée, lieu planté de frênes: fro g no'n, 
jeune frêne ; et les noms propres Fragnaud, Fresneau, 
Dufrène, Fresnet, Dufresnov, etc. 

FraIchin, b. Odeur de son genre, comme disent les savants, 
et d'un genre fort désagréable : certaines huitres, des 
verres mal rincés etc., sentent le fraichin. 

Frairie, b. Fête champêtre. Assemblée qui a heu annuelle- 
ment à chaque bourg ou viUe, ordinairement le jour du 
saint (ancienne notoriété payenne) auquel l'église est con- 
sacrée. Ce doux nom de frairie (jjhratria) vient de 
frère. 
A propos de ce dernier mot, voici un dicton enfantin que 



m 105 

l'on applique aux. familles où il y a beaucoup d'enfants : 
« Là bas, là bas, frère Colas ; in grand lout gris, frère 
Louis ; courons, courons, frère Simon : p'r l'attraper, 
frère Bouver ; il a de la laine, frère Etienne ; p'r feire in 
bounet à frère Jhacquet. *> 

Franc, Doux, apprivoisé : opposé de sauvage et de fou. — 
Bois franc, flexible. Aussi dit-on : « franc c'me osier; 
et franc c me y or, > B.C. — Franc dan collier, che- 
val qui tire bien. Homme rond , vif et sans arrière- 
[»ensêe. 

Franx-jhei:, au Potet, choisir pair dedans et impair dehors. 
Vov. Quandale. 

Francheté. Franchise ; — Quahtè de ce qui est franc. 

FRANCHiRlemot (ne pas). Dire la chose en plein, tout à 

trat : 

* Nommer un chat un chat et Rollet un frifK)n. > 

François, Xom d'homme équivalant à français, témoin feu 
Français de Nantes. Ce mot nous rappelle un tA'pe incom- 
parable de prière du soir, un pieux et naïf François disait 
simplement chaque soir, faisant l'appel et la i^ponse : 
« Adieu, Bon Dieu. — Adieu François ! » 

Fraser. Emietter en frottant, égruger. « Fraser du sel ou 
de la sau. > 

Frasill, B. Fraisil. (Fraisi). 

Frayer, se prononce Fra-yer 

Frayeur.... Fra-yeur. 

Freideur, Freidure, froideur, froidure. 

Freit, B. F; w/^. Froid, froide. « N'avoir pas /raï aux 
œils » B. être hardi ou amoureux. Tous ces mots viennent 
de l'onomatopée ^vecc^xe phrissein , frisonner. 

Fréquenter, B. Faire la cour à une fille : < Y frèquen- 
toit xers chez nous. » 

Frérot, Petit frère. Dmiin. qui manque en français. 

Frété et F'rté, Frayé : « chemin frète. > Enlatm fretum^ 
passage, détroit de mer : d'où fret de navii*es et autres 
mots. 



Fiu:te, .TtMuios pousses do lH)is taillis ( />/vu'/>/, pousser), 
ïiotauinieiit de ehàtaipner, propre à fain; des cercles de 
futailles. — 1a\> cercles qui eu sont laits : « in meul (une 
meule) de frète. * Froissard ne prendrait-il point le mot 
dans ce sens, lorsqu'il dit : ^< abattre frètes^ remplir val- 
lées ? » 

Fretier, Faiseur de cercles de tonneaux, comme F'rticr. 

Freuciie, Friche. « Terre en frcuche. » D'où défreucher. 
Voy. 

Freux, (vieux français), Fresaie. Du celt. frao, même oi- 
teau. Onomatopée de son cri : « ^Ian{i:lierc'me in freux, y> 
engloutir les aliments, dévorer. 

Fricassée, B. Soupe ou rôtie grossièrement faite et horri- 
Idement épicée, que l'on jjortait en cohue et non sans 
(pielque indécence aux nouveaux mariés le matin de leur 
première nuit. Cela paraît un vieux et mauvais reste des 
usai^'es fescennius. 

Fricot, B. ( ). Mets de viande, frite ou autre. 

Fricoter, B. 0. Faire un bon repas. Fricoteur, qui aime 
la table. 

Frigalise, Friandise. 

Frigouri, Ragoût de foie en friture. 

Friloû, frilouse, Frileux, frileuse. 

Frimaillons, Miettes de gratins, de gâteaux, de sucreries. 
Ces dernières surtout rappellent bien les frimas. 

Frimousse, Visage. Du celt. fri, nez, et mouth, bouche. 
Mais friniousse se dit ironiquement, comme la binette 
parisienne, qui est le profil. 

Fringale, B. Faim soudaine et violente, ayant un caractère 
de crise nerveuse. Mot corrompu probablement de la 
fairri-vale des chevaux. Le Berry a le verbe frinfjaler, 
avoir hi fringale. 

Fringalier, Sujet à la fringale. 

Fripe, B. Ragoût friand ou trouvé tel. << Ine boune fripe. » 

Friquemasseau, Sorte de beignet, de massepain frit. 



Friquet, h. Kounioiro ; spatule ilo ruisiiic a l'otourner ce 
que l'on fait frire. « Feire jliuuer le friquct, » se ruer en 
cuisine. 

Fromageon, Fruit de la mauve ou de la f^Hiimauve. D'après 
sa forme. 

Froncer, Verbe neutre, Froncer le sourcil. 
Fronçure, Froncis. 

Fronclle, R. B. Furoncle. Du grec 7)?^/% feu ; dim. latin, 
furunculus. 

Frontà, R. frontean, B. frontal, 0. Bourrelet pour les 
enfants.— Pour les bœufs, sous laJ//î///^% ou lien dujoug. 

Frottade, b : O : Frottée, Croûte de pain frottée d'ail et 
de sel. — Volée de coups. 

Frougner (se), F : se frogner ; B : frùgner. Se trémotis- 
ser pour que les vêtements frottent le dos ; se frôler ; 
s'ébrouer. Du grec p/iriiattein, onomatopique, comme 
s'ébrouer. Flangnard (voy.) doit venir de frougner. — 
Se dit particulièrement du chat qui cherche caresse. 

Froument, Amyot, B. Froment. Frurnentiun (froumen- 
tum). 

Frut, b. Fruit, dans tous les sens. 

Fu, fuc, Feu, feue, défunt, défunte. Fuit, latin. 

Fue (ine). Une fuie, colombier pour le pigeon luet , fuyard. 

FuMAiLLON, Petit jet de fumée. Diminutif de 

FuMARD, Tison ou charbon (jui fume ; dans une chaufferette, 
par exemple. Berry : Fumeron, que nous disons aussi. 

Fume {la barbe lli en), Il a grande envie de quelque chose 
et se croit sur le point de la happer. 

FuMÈLE, B. Femelle. Femme et surtout fille. — Chanvre et 
autres plantes finnèles ; ce sont ordinairement les mâles 
en botanirjue, les pieds à étamines, plus petits que les pieds 
à pistils, qui doivent porter le fruit. 

FuMÊLiER, B. Coureur de /Irr/ie/e^, 

FuMEROLE, B. Courtilière, taupe-grillon; insecte qui se tient 
dans le fumier. 



i<.>s irij 



FiMKT, Masc. petite Fumée. — Personne petite. Fluette, 



«avle. 



FiMiRE, B. Opération de l'enprais des terres par le fumier. 
Tous ces mots dérivent de Fumée, soit dans le sens ac- 
tuel, soit dans celui du grec Thumos, par-fum, qui est 
la racine. 

FiRiE, Rut des bêtes, surtout des femelles. Voy. Folie. Les 
Latins l'applitiuaient aux hommes. 

Fi'RON, 11. B. Pour furet. Conservé dans le jeu innocent de 
l'anneau qui court : 

« Il a passé par ici, 

Le furon du bois,_Mes(lamcs ; 

Il a passé par ici. 

Le furon du bois joli. » 

FusÂ, Fuseau. Dimin. fusochon. 

P\siLL, (// mouillées), fusil. 

Fusée, B. Epi du mil et du maïs. — Rasade : « dévide 
(avale) clièle fusée. » 

FÛT de Tamis, de râteau, c^c, &c., monture en Lois de plu- 
sieurs instruments. — I)e cagouille, coquille d'escargot. 

FÛTÉ (vin). Vin qui sentie fût. 

FÛTER, Faire venir à l'appeau le gibier et ne pouvoir ou ne 
vouloir le prendre. C<^tte dernière façon est celle deschas- 
.seurs qui veulent rendre impuissants le» pièges des bra- 
conniers. 



Ci.V 1*J'J 



G 



O '■» 1^^ fiii des mots no se prononce pa.> plus qu'en français, 
— Vient souvent adoucir le oou le ch : ag/wler, r/ahi/lo/ , 
(janif, y^evonghe, &c., f- it prononcer gn le ni fi'ancais 
(levant une voyelle : i^agner. opignon. — C>. lîeaucoup 
de mots commençant en français par gu, comme Gnil- 
lauiue, guichet y Sec, devront se chercher à Y, plus 
rapproché que gu du lo an^^lais : yichet, Yillaume, c^c. 

Oaban, Vagabond, croquant, chenapan: «ah! grand gahan!»^ 
de gaber ; capere ? 

Gabare, Proprement bateau plat de la Charente et de la 
Loire, à màt au milieu, portant voile quarrée, tel qu'on 
nous représente les navires de la guerre de Troie. Aussi 
bien une fable a eu cours longtemps rapportant Xainctcs 
au Xanthe et les Santons (lionnnes des canaux) à quel- 
ques compagnons d'un fils d'Hector, Xanflios, qui veut 
dire blond, couleur suffisante pour démentir la fable. 

Gabarier, Patron d'une gahare. 

Gabarot, B. Petite gal)are. Ne serait-ce point trop grec ou 
trop hébreu de rappeler ici scaplia , CAP/i , &c ? Ces cap/f , 
cap, gab, gob, pour Prendre, Contenir, sontpanomphées. 

Gabeghie, p. Ruse, tromperie, piège Captieux, cage, 
gabbia. Du vieux français gaber, gabeler, se moquer. 
D'où gabelle. 

Gabelou, : Gabiou, Préposé à la gabelle, ou droits sur le 
sel. Douanier. Le terme passe pour aussi injurieux que 
Fille-gigot ou rp/ as-tu là , appliqué aux agents de 
l'octroi. 



200 G-Jl 

Gab'ryf.l, Oal^riel, nom propre. 

(lAiîiLLAU, Morue sèche. \oy. Cabillau. 

Gabillot, Cheville servant de hoiiton. Voy. Cahillot. 

Gaboragiie, Labourap^e fait péniblement et mal réussi. No- 
tons la force de l'articulation gutturale G, comparée sur- 
tout à la liquide L. 

Gabotagiie, Adouci de cabotage qui vient de Cap ou des 
frères Cabot. 

GÂCHE, Galette plus cuite que la sous-flamme, et qui a été 
en effet gàchee. 

Gadousier, Ouvrier en fait de gadoue. — TcTme injurieux. 

Gaffer, Prendre à pleine gueule, (CAPh). Voy. Agaffer: 
« Çheu ch'n m*a gaffée. » 

Gaghe, B. Salaire d'un ou d'une domestique. « Y gagne in 
bon gaghe. » 

Gaghe que , B Formule de pari. « Gaghe que si ! — Gaghe 
que non ! » Point de pari formel sans dépôt de gage. 

GAGHET(;7iO^/), Ironie : joU Gars ! de Gahet? Crétin. Le 
relatif fém. est : jholie Dorothée ! V. 

Gagnepain, masc. Spatule en bois pour recurer la truelle, 
terme de maçon. Le Gagne-vie du Berry est plus gé- 
néral. 

GAGNER, B. Vaincre, surmonter, décider « Fia geignit. » 

Gagnon (le), Nom de localité. Du vieux mot Gagnage ou 
(même prononciation) Gaignage, tenure de terres culti- 
vées, en céréales principalement ; la vigne était rare en 
ce temps-là. 

Gagui, Nom dérisoire pour Marguerite et api)liqué à toutes 
les femmes trop fortes : « inegrousse Gagui. » 

Galafre, Balafre. 

Galantise, V. franc. Galanterie. 

Gale (avoir la) aux Dents ; ne pas l'avoir dutout. « Pren Is- 
garde ! jh'ai la gale au.x dents ! » 

Galebontemps. : Galahontemps , Roger -bon temps. 
\oy. Rouge bontemps et Houle bontentps. 



O^V 201 

Galer, P). : Gâcher, en parlant des plantes : Taller, tracer, 
se propager de soi-même plus qu'il ne le faut ; comme une 
gale. « Le popilion ^r//(? l)in prou. » Le peuplier s'étend 
par ses racines . 

Galette, Gâteau plus sec et plus dur que la gâche, mais 
du reste sans apprêt. Yoy. Alise. Nos gens évitent le mot 
galette, ils le croyent trop patois, et gâche, beaucoup 
mieux dit. 

Galfat, Cal fa t. 

Galf'rtier, Coureur de bombances et d'autres plaisirs, 
mauvais sujet//??/. Rabelais a le verbe. Le Berry en dit 
pis encore. 

Galféter, Calfater. 

Galmaches ou Gamaches, Guêtres rustiques en peau, sou- 
vent avec le poil de la bête. La racine cam, gam, jamhe 
est bien là : comme qui {S\.v^\ijcanhières. 

Galocher, Subst. Faiseur de galoches. — Yerbe : faire du 
bruit en marchant avec des galoches. 

Galochon, Petite galoche. Le tout de gallica, la chaussure 
gauloise. 

Galope, B. à la galoj^e, à la galopée, A la hâte et sans 
soin de bien faire. 

Galot, B. Galop. « Aller le grand galot, tout le galot.» — 
Pousser in galot à queli^u'un ; lui faire rudement la leçon. 

Galusan, g : Galipian ; Galant suspect et dédaigné ; esco- 
griffe de longue et maigre tournure. « Grand galusan! » 

Galyat, Calfat maladroit et grossier, mauvais ouvrier, 
gàte-besogne. 

Galvauder un travail, Le faire engalvat, le bâcler vite 
et mal. 

Gambette, Croc enjambe. <^ Feire la gambette, » donner 
le croc en jamlie. 

Gamote, Petite boite joliette, bonbonnière. Angl. ga7i7e, 
jeu ? — D'où escamoter. 

Gamme, Goltn^e bru vante : « la v'iâ dans sa gamme! » 



20. 



rfANCin. l'aliirut*^ ot niouilh's sali de l»ou<\ « To v'ià tout 
■{(7//. »I)a lierrichon (^nnc/io, uvavi', ([ui doit rtro lo 
imine(|UO uotro co^jrÂ^'. \o}\ ce mot. 

CiANimiLLE. Cirape de raisin demourèe trop «lairo, par reffet 
de la couluiv ou d'une autre maladie. 

CtANDRiixors, Tout en gandrillcs. 

Gane, Gramini'edes sables maritimes, nrundo nronarin ; 
plante mise sous la protection des lois comme fixant les 
dunes de nos côtes. Adouci de canne? 

GANrF. Canif. Angl. învfe, couteau. 

Gampote, 1^1 male-bête, l'objet des crainte.^ superstitieuses 
de toutes nos camj>agnes. Ce sont, dit-on, des sorciers (pii 
se cbangent, la nuit, en cliien })lanc {rani-pote patte de 
chien) et courent le p\vs pour faire peur et pour faire mal. 
C>e qu'il va de d("'i>lorab]e, c'est que des gens d'ailleurs 
sensés et instruits, des Jfonrrfcois, des nionsieurs, victi- 
mes quelquefois d'une hallucination panique ou bachique, 
vous athrmeront de bonne foi avoir senti la r/anipof eleuv 
sauter sur les épaules. C'est très lourd et ça ne lâche prise 
que lorsqu'on entre dans une mai.son. — Depuis que le vin 
et les goûtas d'ordre et d'économie sont devenus communs, 
les ivrognes et les g an i pot es sont à la fois devenus rares. 

Ganivette, R. Diminutif appliqué à faux, car il signifie le 
plus gnind couteau d'un boucher, son tranche-lard, en 
forme de doloire. 

Garaube ou (larohn ; B : Gerdrinu, jarandc; U : ar- 
rousse \iO\iv jaronsso; vesce à fleur solitaire. Confusion 
probable avec orobe. Proverbe : « quand le j>igheon est 
soû, i' tronve la (jarohc amère. > C'est le pùié d'anguille 
des fabliaux. 

CrARBOiriL, B. Dissension, (iuurelle, inimitié. Voy. Grihonil. 

GARçorNE, Sim[»le féminin de garçon ; cependant,* ine boune 
garçonne p est une fille trê> éveillée. 

Gardale, O. Terrine. « In3 gardai n de crraisse. > 

Garel, Garèle, B. O. Bigarré, l)igarrcr'. Si l'on ote hi, 
(deux fois), il reste //«>'/ v', varié, vair, vurius 

Garenne, Futaie de chênes, bien que sans lapins. De Gar«T. 



GA. 203 

CfARET, H.Ciuêiet. — Garctter, mettre o\\ giiéret, labourer. 

Gargaliser, O. (rargariser. 

Gargante, Gosier, grand gosier, (/ui-f/es. 

Gargantua. Grand mangeur, peut-être dès avant Rabelais. 

Gargasser et Carcasser, Expiiment lo caquet de la poule. 

Gargate, L'extérieur de la gorge ; Vo}-. Dcfjargalè. 

Gargoter, ( ). Ijouillir avec bruit. 

Gaugousse, Bourbier trompeur dan.s un chemin délbncé. 

Garî, n. F. Guérir, « Je le pansai, Dieu le tjarit. » Ami). 
Pare. 

Garison, Guérison. Serait peut-être mieux ècni guari, do 
Tital. guarire ; curare latin 

Garite, F. Guérite. De garer, garder, to iranl. 

Gari.le, adj. Déjeté, de guingois : « ine teublle garlle. > 

Garni, Subs. 13. Petites pierres ([ue les maçons mettent en- 
tre les grosses. — Garnir une quenouille, 0. La charger. 

Garniment, (). Garnement : « méchant g a rnime7it ! » 

Garouagiie, B. : Gallouagho, avec un sens plus doux, 
comme laprononciation:Celui ou celle qui est en galloua- 
ghe n'est que galcbontemps ; celui qui est en garoua- 
ghe est en pleine débauche, en bordée, comme disent les 
matelots. Les matous vont en garonaghe. 

Garouil, Maïs. Rappelle garaube et jarousse ? 

Gars, se prononce Gà : « in jhène gà. 

Gassiller, Gaspiller. 

Gassouil, \iO\xv cassouil , Flaque d'eau l)Ourbeu$e. 

Gassouiller, B. : Garsouiller et Gassouillery Souiller 
de boue. Patauger dans un gassouil ou gassouillis,\j. 
qui se dii aussi. 

G.\TE, B. Pour gâté, affaibli, malade. Yoy. Enf]lc, mate 
&c. 

G.\TÊ, B. Enragé, hydrophobe. Euphémisme employé com- 
me tant d'autres, par crainte superstitieuse des conse- 



204 OA 

«|uencos (|U<Ma rrrfu du mot }>ropro pourrait avoir. \"oy. 
itiaiivais tu au, »S:c. 

GÀTEAf, Kiifant pitô. <^ Vous eu fasez lu gâteau. » 

OÀTEïi, H. Ku(louuuap:or fort, blesser ^'rièvenieut. — Cueil- 
lir un fruit, bieu qu'il soit nu'ir et que ee soit jiar le jiro- 
l»ri(tuire. — Se (/ôfer, lî. \i. prendre une hernie. — Une 
maladie serrète. — ]]a i>arlanl d'un fruit : se pourrir. 
« 1*0 urne (jàice. » 

GÀTINK. 1>. Ten*e ou viprne nieulte. — Nom de contrées. — 
Tous ces mots viennent de vastare, (juastare, rendre 
désert. 

G.\rcHE (main). Comme le Nouveau Testament recommande 
que, dans les bonnes œuvres, la main i^^auclie ne sache pas 
ce que fait la droite, nous avons vu d'excellentes femmes 
prendre à la lettre ce conseil de discrétion et tenir avec 
grand soin leur main gauche derrière le dos, en faisant 
l'aumône. 

Gauche (Gagner du côté de la poche), Perdre. 

Gaucher des deux mains. Maladroit. — La préférence 
donnée au côté droit pour l'action n'est point une habi- 
tude factice ; le cœur étant plus à gauche, la nature ins- 
pii*e de mettre ce côté moins en avant. 

Gaude (Vert c'me) , Comparaison usuelle et juste. 

Gaudiche ou Godiche, (venant de Gauche, de Claiule ou de 
Godet). Dim. Gauffichon, (laudiehoune. Niais, benêt, 
])adaud. — Nota : «La mère Gaudichon est fille de Gau- 
dere, » se réjouir. « Chanter la mère Gaudichon, » la 
joie bachique, la folie. 

Gaudre, pour Gaude ou Pastel, Sorte de réséda qui teint en 
jaune. 

GAn)RER, Barbouiller, souiller, comme teindre en sale cou- 
leur. 

Gaudrous, Gaudroitse, Sali, boueux. Voy. Baudrous. 

Gaughe, pour gaughé. «^ Jhe seus tout gaujhe. » Voy. le 

mot qui .suit. 
Gaugher, B. i). Prendre l'eau ou la l)oue par dessus sa 

chaussure. De gué, vadum^ passer a gué. 



ait 'j(ir, 

('lAti.i:, Iloussi e, comme on fraudais. 

(.'lALiuiKii (se), Se iroinpcr, m* prciielrc au piège, au gau/' uu 
au f/ord pour los poissons. 

Gausse, V>. i^u'i se prononce gosse: nienterie, tromperie 
sans conséquence : ^< i)()u>s(n' ine gausse » est j>lus irno- 
cent (pie tirer une carotte. En franc, se gausser, se grudii* ; 
de gan(lci\'. 

Oavachk (ie). Nom frr.nçais et sérieux d'un des idiomes 
saintongeais (pii ont cours aux environs de Dlaye. «Parler 
g a cache. » Voy. les mots suivants. 

C'iavagxkr, Gâter, gas|)iller, dètruii'esans l)ut. On gavogne 
des fruits en les cueillant trop verts : « ol est gacagnc. » 
Du suivant : 

(tavaid, Ouvrier d'un certain ordre de compagnonnage, 
inférieur à Tordre des Deroirants (et non Dévorants), 
compagnons du Devoir, et ol)jet de leurs injustes et inin- 
t^dligents dédains, au point (pie gavaud est une sorte 
d'injuj-e. ( )n en a fait gavagncr et 

Gavaider, Gâter une besogne. Yoy. Galvauder. Ia' .Midi, 
en mauvaise part aussi, (lit garot et gavac/ie. Eh ! l)i<Mi, 
tout cela vient d'un nom de contrée, le Gévaudan, Cuba- 
lus, (hébr. GI>L, montagne), aujourd'hui les Cévennes, 
dont les haljitants pauvres, et, plus tard, liérétiques, par 
dessus le marché. (îescendaient dans les plaines offrir leurs 
bras, ou, chez eux, étaient tra(]ués comme impies. — De 
là peut-être aussi les gauchos américains. 

CrAVKR, B. Gorger, empâter des oiseaux pour les engraisser. 
De gave (pour cave ?) le gosier. 

Ghearhe, B. Gerbe. 

GiiEARCE, B. Gerçure. 

GiiFiARNE, gJiearnon, B. Germe. — Ghearner, B. Germer. 
Germinare. 

GiiEARVis, Yov. Gherris. 

Gheay, Geai, oiseau. On joue sur ce mot, quand on ne prend 
pas l'oiseau : « o n'est pas in gheay, ol est in jhe n'ai pas.» 
— Nom d'homme. — Xom de commune, canton de Saint- 
Porchaire, arrondissement de Saintes; commune remar- 
quable par ses monuments druidiques. — lial.ùtants : ? 



2(10 Ci II 

(iHKLAs^Kii, Geler un peu. 

GiiELASsous, Uu peu sujet à la gelée. 

Ghelé (Etre c'me in étnm), Comparaison grossière appli- 
quée à qui (lit n'avoir ni froid ni chaud. 

GiiKi.ER (se) D. Geler. ^< Jlie sens auprès dau feu et j'he me 
(jUvle. » (Sans accent). 

GiiKLiNi:, Poule (ju'une opération empêche de se reproduire, 
l'analogue du chapon. Gallina. — Ghelinier, B. Pou- 
lailler. 

Ghelinous, GhelinousCy très frileux, ou frileuse. 

Ghelis, Ghelise, ghelisse P. B. Gélif, en parlant des arbres 
ou des pierres. 

Ghêmî, Bien meilleur, avec sa légère aspiration, que Gémir. 

Ghemme, b. P. Poix de cordonnier, dite aussi poix de I3our- 
gogne. — O. résine naturelle : « pin gemmé > pin rési- 
neux, non épuisé par l'exploitation. — Ste-Gcmme, nom 
de commune, canton de St-Porchaire, arrondissement de 
Saintes. C'est probablement de Sancta Gemina ou Ger- 
niina : car il n'y a pas de bois de pins. 

Ghemozat, Gemozac (mieux que Gémozac), chef-lieu de can- 
ton, arrondissement de Saintes. De heim, gem, habitation. 
Habitants : Gemozacais-aise. 

GHE^XER, 0. Balayer partout. Faire jouer le Genêt. 

Gheneuil, Genou, geniculus. Les anciens trouvaient des 
rapports entre cette articulation et la force générative. 
Hurace a soin de dire : dùm virent genua. — « Etre de 
gheneuil ou deg/ieneuillon, » et non pas à. 

Ghenevêle, Penture de porte ou de volet. C'est effective- 
ment un Genou. 
Ghenévrier, Genièvre, arbrisseau. 

Ghenoper, Marine : Lier deux pièces, solidement, comme un 
Genou. Prendre, attraper, saisir : « me v'ià ghenojjé ! » 

Ghens î (bounes), B. Mot de commisération très prodigué : 

•- ah ! bounes ghois! quel mallieur ! » 
Ghentit, féminin ghenti\ B. « In ghentit hourae, ine 

ghenti' femme. » 



C^ 1 1 207 

rrHEORGES (St.) dt»s Côtoaux, commune du canton Sud do 
Saintes. — De Didone, commune du canton de Saujon, 
arrondissement de Saintes, liains de mer, où M. Michelet 
en \bô\), a écrit le livre de la Femme et éprouvé la tem- 
pête du mois d'octobre, si bien dê[)einte dans son livre de 
la Mer, 1801. — Habitants : St-Georgeais. — Jouer à 
GJieorgJie, entre enfants, voy. Passe-cornard. 

Gherbat, Gerbier. — G/icrber, B. foisonner en gerbes. 

Gherbauder, Secouer et mettre en désordre, comme une 
(j herbe déliée. 

Ghervis, (ou Jhervis) , Corrompu de clair-vis, claire- 
voie, treillis en petites baguettes de bois, qui -bervait de 
vitres à nos "anciens pa^'sans, queb^uefois en position 
d'acheter du verre, mais s'en gardant bren, de peur des 
exactions. 

GiiERZÀ, gherzeau, B : gerdriau , Gesse sans f«niilles, 
vicia aphaca. Peut-être corrompu de Ers. \ . Luzclte. 

Ghiber, Ruer ; tiré de regimber, qui vient de gamha. 

Ghifflle, b. Soufflet. GJiifjller, donner des gJiiflllcs. De 
ghiber, ou onomatopée ? 

GiiiGOUGNER, Remuer bras et jambes, toutes les ghigucs, 
pour parvenir à faire quelque chose et ne pas réussir. 
Yoy. Cigougner et zigougner, qui en sont d'autres 
prononciations. 

Ghigue, Grande jambe, long gigot. 

Ghiguer, Agiter la ghigue. 

Ghinguer, b. De même, mais pour jouer, pour s'ébattre ; 
exemple : les enfants, les jeunes chiens. — Se dit aussi 
des amoureux en état d'innocence ; et la fille qui aime ces 
jeux est une grande gingJiue. 

Ghiole, Geôle, particulièrement pour les poulets. Del'ital. 
gabbioUf, i^etïte cage. — «Mettre sous la ghiole, ou 
sous la chue (cuve), » c'est de quoi est menacé tout homme 
autre que le mari, qui entrerait trop tôt dans la chambre 
d'une accouchée. On lui suppose un uitérét suspect dans 
l'événement. 



OniRir.s, Di'toiirs. aiiibairt's. (I/mikiivIkn ()l)li(jiios (f/j/vus), 
l>our arriver à (|uel(iue but non avoué : « Allons ! voyons! 
v"là-t-o pas assez de (jlii) ics ? » Abi'êyé probable de 0\- 
rerics. 

TiiiiRoN. Giron. — Arum, plante devenue çjltiron parorrenr 
de mot : par erreur de chose, la renoncule ficaire. 

Ghisikr, (>, Gésier. 

G HISSE, Gesse. 

GlIITTE, P. V. JJiittc. 

GnÎTRE (la), le Gite. — Ghilrc à la noix, W. Terme de bou- 
cher : le haut de la cuisse du bœuf. — Se (jldlrci\ se 
giter. 

GiiiVRELLA, Verglas, qui est un mot allemand. 

Glla, B. V. Lia. Et cependant nous disons 

Gllace, pour Glace> et non llacc. 

Gllis.ser, Glisser. Onomatopée, meilleure en patois. 

Geloicllou, Glouglou ; idem, idem. 

Gelousser, Glousser, idem. 

Geet;, B. p. V. TAu pour le chaume ; mais pour la Glu, nous 
di.sous gllii , « o jjrend c'me rjUn. » 

Gloire, B. O. Vieux fr. pour gloriole, vanité. Juste et .sage 
synonymie : « chèle fille a bin d' la fjloire ! > 

Gnaf, Ij. Sobriquet injurieux du cordonnier, soit j>ar allu- 
sion au mot latin ifjnavtts , lambin, soit du bruit qu'il l'ait 
en tirant le ligneul, bruit que c<>lui (pii dit fjnnf^i soin 
d'imiter au moyen d'une grimace. La légende du JuiT-ei'- 
rant n'aurait-elle point déteint sur les pauvres cordon- 
niers ? 

G.NARorE, B. Nargue. — Gnnrfjvpr, narguer. Du grec 
narJioûn, engourdir, dédaigner, braver ; ccmme nar- 
quois. 

Gmae, b. NicncL ; o'uf lai.s.sédansle Nid, pour engagei-les 
poules à pondre. 

Gnipxe, b. Xiéce. 

GmÊee, Xieîle. (îilJififjr,, a'illet des moisson^. 



(i.MF.R, r». \i<M', uoytirc. 

(iNtMiNoTi-:, 1). n. Xiiiiscrii'. iiiauvai.>5 bDiibuii duiiL uiiainiis(3, 
abuse les entants. 

OoHK, (<!<' riK'Iir. ( il), dos d(i sillon) M(jtte de terre, glèbe. 
Voy. ref/obc. 

GoBET, pour Borjuct (voy.) Peut-être bien est-ce Boguet 
qui vient de (jubct. 

GocE, pour Coche, entaille? faire une gare à un couteau. 

GocER, Goçailler, rjocillcr. Houspiller du bois avec un 
couteHu ; passi'temps pour d'autres encore que pour les 
Américains. \o\. Chacoicr. 

GoD.\iLLE (deTaniJ^l. good aie, bonnebière, bonne boisson), 
Yin niélé au bouillon de la soujje. Vulve godaille ou boire 
à cJievroty se servir de son assiette pour boire ainsi. 
Usage peu convenable, quoique très sain. — Godailler est 
français pour boire à tout venant. 

Godiche, Vov. GaïuUche. 

Godille ou Goudille (retient encore le good an^rlais?) T'n 
seul aviron auipiel on donne un mouvement d'iielice der- 
rière un canot. — Godiller, aller à la godille. 

GoGNE, B. (de rit. gonna, robe d(^ f(Mmne, gunê, ou de 
gogna, carcan), Bourrelet pour tenir les jupes. A pris 
divers et étranges noms. 

GOGUE, B. Gros boyau du porc. — Boudin que l'on en fait. 
— Goguet, nom d'homme. François Goguet équivaut à 
Sancho Panca. 

GoÎDRON, goitron, Gouiron. Goitrouner, goudronner. 

GoMPRE, pour Rompre, s'applique à l'entrenœud d'une gra- 
minée tiré par force de sa gaine .• « il a gomput. » 

Gonds (les), Communes du canton méridional de Saintes, au 
Confluent de la Seugne et de la Charente. Habitants : ? 

GoNE, 0. Tonne contenant des matières résineuses : « une 
go7ie de brai. » 

Gonflle, adj. B. Gonflé, cou/faéus, en quoi on a soufflé. 

Goraille, Pièces, débriset apprêts du porc tué. Gr. choiros. 






?10 CiO 

GôRAii.LKK, Si' livrorà ces apjuvts. — Maiiiin* saL'iiiont. 

CiORCE (la). Nom de plusieurs localités, en Cozes, eu Saint- 
Fort, «S:<\ Chataigneraio, dit le (Uossaire du centre ; niai.i 
le coït, oors, ajonc, hruvère est plus applicabh^ au>c 
Gorccs de Saintonge. Habit. (lorcillou-ouue. 

Cordes, (peut-être pour Gardes), Maques en fer, tuilèes, 

pour jrarnir, dessus et dessous, au gros et au pt'tit l'out, la 

d'un essieu en bois : ainsi le iVotteuient a lieu fer 

sur îer, au moyen des boites, qui rtîvètent intérieurement 

les extrémités du bouton ou moveu. 

GoRE, B. Truie. — F(^mme débaucliée, angl. iroro. Le peu- 
ple de Paris appelait Isabeau de Bavière la Grand Gorr. 
(Glossaire du centre.) 

GoRE (main de). Voy. Main. 

Goret. A. Pourceau. Grec choiros. — Homme malpropre. 
— « Feire in goret en labourant, » tordre la rc(j!ie ou 
sillon. 

GoRGiiÈRE, Trachée-artère. 

GoRGiiETTE, B. Fauvette ; oiseau qui use bien de sa petite 
gorge. 

GoRGHiTE, Idem. 

GoRiN, B. Petit cochon. — Xom d'homme. — De localité. 

Gor'tiére (Truie), de.stinée à porter, à produire des gorets. 

Gouaille, (F : Gaille), Raillerie, delà famille de la r/aussr, 
mais plus obstinée. 

Gouailler, b. 0. RrJller lourdement, persifller. 

Gouaillelr, (nota benè) Flatteur intéressé, sérieux ou iro- 
nique. Le Renard, prés du Corbeau, est du dernier genre. 

Goudronner des Coiffes, les lisser et plisser comme l'on peut. 
C'est l'ancien Godronner des liniréres de coui", encore 
français. 

GouFEE, adj. Gros, lourd, maladroit : * des mains gou/fes.* 
I)e ITtal. goffo, grossier ; voisin de gaffer, mordre bru- 
talement. 

Gouffre, pour dire Gourmand : « ol est in gojf/J're. > 



c;o 211 

GuL'GiiER les oies, les pigoous, les Gor^^T. 

Goui.NK (mouche). \oy. IJouine. 

GouiNKR, Dorloter. Voy Couloquer. 

GouJHorxnR, Serrer la terre autour d'une bouture, avce un 
pic^uet ([ui fait l'efiet de goujon. 

GuULAFRK, B. Gourmand. — Se dit, chez nous, au féminin, 
pour balafre. « 11 at ine fjoiilafre à la jliotte, » (joue), 

GoULK, B. Se dit très bien des personnes : « la goule enfa- 
rinée. » Et même sans ironie. (ioiiJot surtout se dit des 
enfants. Rabelais a ençiouler. — (Joule de lion, le muf- 
ilier ; Goule de loup, la digitale pourprée. 

GouLÉE, B. Bouchée : « allons man^^her ine rjoulèe. > — 
« Ma r/oulèe de benasse , i> de terre, l'idole du culti- 
vateur. 

GouLiniE, Dimin. de Goule, petite bouche. Le mot est joli. 

Goii.iKRÂ; W. (îoulipard : ea An'pn : Goulipate \ Gour- 
mand et friand, lèche-plat , au goût de qui tout est bon. 

GoUMONS, Oreillons, enflure des côtés du cou, surtout s'il 
s'agit des brebis. L'idée de Gourme ? ou de Gou/fc ^ 

Gourd, Gourde, B. non-seulement Engourdi par le froid, 
comme en français, mais lourd d'une façon quelconque, 
goujj'e au dernier point. De là peut-être 

GouRDON, au lieu de Bourdon, bâton long et lourd. — Xom 
propre. 

GouRDRiCLE, Alumelle, lame de couteau, mais de couteau 
grossier, gourd en quelque sorte, d'où viendrait le mot. 

Gourer (se). Se méprendre. Voy. Gaurrer. 

GouRMANDER, Faire le gourmand, 

GouRMER(se) B. Se rengorger, comme un cheval par rcfTot 
de la Gourmette : « faut point tant se gourmer ! » 

GouRVEiLLER, Se lever la nuit pour veiller, ou la passer 
ainsi tout entière. Augment. de veiller. 

GousiER, Gosier. Tel Grandgousier, chez Rabelais. 

GouspiLLER, B. Houspiller avec un couteau. V. gocer et 
chacoter. 



212 <-l? 

GorssÂ, IVliio gousse : <^ «les gaussas do posas (pois), ou de 
fèves. 

GorssK d'ail. Ct)up donno dans lo liane avoo le pouce passé 
entre deux doijj^ls. Vovi vilaine plaisanterie. 

TtoissuT, Goussuc, qui a beaucoup de gousses. 

(toistille, Vov. Coustille. 

CiuÙT, Ij. Quolfiuofois pour mauvais goût : « rheu vina-t-in 
povt (ou in ilôgoid), » mais av(>c d(^s nuances. — « Feire 
passer le goût du pain, » IJ. faire mourir. 

Gouttes (les), D. Pour la goutte, conmie les fièvres. 

Gouttière, (). Pour voie d'eau à la toiture d'une maison. 
Ainsi chez nous, l'affaire du couvreur est de boucher les 
gouttières, 

GouYAT, Gouyatc, O. Jeune garçon, jeune fille, en très 
bonne part : «pauvre gouyate ! » ceatjuvenisfjouveyi, 
jouvetj comme Goujat. 

Gr.\cer quelqu'un, le Gracier, lui faire grâce. 

(iRAFiGNER, A. B. Comme Egraftgner, ègratigner, griffer. 

Graillouner, Faire cuire lentement et mal, sur les char- 
bons ou sur le gril, rraticula en latin. 

(Traîner, B. Monter ou abonder en graine. Voy. Ou mer. 

Graisseux (marchand), Marchand graissier, qui ne vaut 
guère mieux, épicier. 

Grâler. B. Act. et neutre. R. graisler^ Griller, qui rappelle 
moins craticula. 

G RAMPE. O, Crampe. 

Grampon, Groniponnor, O. Crampon, cramponner. De 
Cran, qui estlhèb. C^ItX, Keras, Cornu, corne, croc, 
crochet. 

Grand (o n'y a pas), Il n'y a pas beaucoup de * o n'y a 

pas oyut grand vin çhette année. > De même au fém. 
grand vinée. 

Cette invariabilité de grand <' ma robe est trop ^>Yy,nc/» 
et de tous les adjectifs (jui n'ont en latin que deux termi- 
naisons est du vieux et bon fiançais. Y. Littré. On met à 
tort une apostrophe dans Grand mère, grand rue. 



<ill 21S 

('iKANi)ET, n. (.». Graïulelet, Urandftlp, grandeletu*. Gran- 
(hu'/ion, (irandnt, autres diiii. de Grand, dtneiius noms 
\)V. cjiiiine lui. 

(îRANDMKNT, W. Grandement, dans le sens d'abondamment. 

« Ung Limousin vint à Paiis. 

Pas grammant d'artrent il n'avoit. Villon. 

Grand merci à moi, 0. Grâce à moi. — Crranfl lucrci que, 
grâce à ce que. 

Grange, Spécialement, l'étable à boeufs. — Nom de loca- 
lités. 

Gkan-mère, Grammaire ; sérieusement parlant. Voy. !Mo- 
lière Femmes savantes. 

Grappe, Subst. Crampon, d'où grappei^ saisir avec des 
gra}q}es. 

Grappe, Adj. B. «Et' (être) grappe; « avoir les mains grip- 
pées, engourdies par le froid. 

Grapigner, Griveler, faire de petits vols, d'où Grapi- 
gnard. 

Gras, Subst. B. Saillie en dehors de la ligne rigoureuse, en 
maçonnerie ou charpenterie : « t'as laissé trop àagras. » 
0pp. flàclie. 

Gras (feire ses choux) de quelque chose ; Son bonheur, iro- 
niquement. 

Gras d'eau ou Gras fTève, N. propre. Bouillon-maigre, 
l)robabIement. Peut-être aussi Gras-dos. 

Grasiller, EgrasiUer, Egarguiller le feu. 

Grasset, Oiseau becfîgue gris, qui bat d'une aile en faisant 
son petit cri ; d'où aussi Pend-Vale, Voy. Le midi ap- 
pelle Graîsset, l'alouette des prés. Ce que le fr. applique 
à la grenouille verte ; de lang. green. 

Grat, L'endroit où les poules, les perdrix. &c ont gratté. 

Gratigner, a. B. Gratiller, gratucher, dim. de gratter, 
Egratigner. 

G RATONS, Gratins. 

(iRATTE (la), La gale. 



214 c^n 

(îKATTKCHAT, Xi/iii (le lieu : terre légère, trop ra/'(hieiise. 

tîiiATTKR (n'y :i ViK\ ;'i ), B. A i;aguerou à perdre. 

Grattkrons, B. Fruits de lu bardaiie ou glouteroii, du«i;ail- 
let *îs:c . 

(iRAVK(la), («rêve, terrain de gravier, de sable et de cail- 
loux, excellent pour la vigne. Du grec gra, gratte ; 
tmoniat. 

CiRAVELE, lem. Le Tartre des tonneaux vinaires. 

(traver. B. R. Gravir, grimper. Diniin. (jravocîicr. 

Gravette, fèm. Grinipereau, oiseau, (jravelinc ^i (jvace- 
luche, les plus petits oiseaux de ce genre. 

Gravette (huîtres de), ( >. Prises sur le ])anc (graveleux). 

Gravoir, Qui gravit. « Es-tu bon (jravour ?» 

Greffier, Sable compacte, glaiseux, qui fjiitle sous-sol de 
beaucoup de nos terres. Berry : le yrcpi. 

(WiKFKo.N, Greffe d'arbre, i)ar diminutif. 

Grégîe! 0. Cri de déti : commence et tu verras! Pour 
Bréyue ! qui se dit dans le Midi, et qui vient du celt. Brcu, 
rupture, querelle. D'où Brèche et Briser peut-être ; et 
rompre la paille. 

Grêle, Graile, B. Crible primitif, en petits listeaux croisés, 
(craticula), pour passer les gi'ains. — Plus grossier, 
c'est le <//'^/«. Xoy. (in ri. 

(tréle:. Atteint de la grêle, c'est-à-dire de la misère, mal 
vêtu. Voy. Rafale. 

Gréi'Î, Crépir. — (irèpissanuhe, orèpissnfjlic, crépissure. 

Grezac, Commune du canton de Cozcs, ai'rondissement de 
Saintes, patrie de M. Jules Dufaure, de l'Académie fran- 
çaise. 

Gribouil, Personnage légendaire, « çhi se sacquoit dans 
l'éve de poure de la plleue. » 

CtRinoriLLER, Mal écrire. — (IrihomlUs. gribouillug(5. De 
scrihere. 

Gricer, Grincer, en parlant du bruit seuleni'^nt. Pour mon- 
trer les dents, c'est (irinfjuer. Yoy. 



CiRiFFADiN, Es[)èc'e dv rai:^iii noir. 

Hriffah-, Cjvo^ jrravior. 

(iRiGNP:, (irignon de pain. Dimin. (iripnoflo, P>. JcMiriller, 
ou onomatopée. 

Grignk, Rancune, qui, gardée, sVmdurcit. 

TiRiGON, l'iagon, Iioux frelon, petit houx. 

Grigue, Toufle d'e^ines. « Inc f/n'rjuo d'ajliions,» (d'ajoncs). 

Grillk (la), Le gril (/ nmet) de la cuisine. Craliruhi. 

Grillons, Petits gratins. 

Grillot, Atteinte de l'eu à une êtulTe. Plus forte, c'c^ibrû- 
lot. Vov. 

GrimflÉ, Grison. aux cheveux mêlés de gris. « Paure vieux 
(jriiiiclé. 

CxRnirKR, B. Griffer, gripper ; « le c]i;>t m'a //r//??^;^'. > 

Grlxgalet, B. Long, maigre et pauvre garçon. 

Grixgoner, 0. Nettoyer une chambre à fond, abattre par- 
tout la poussière et les toile;? d'araignée, avec le balai de 
longueur, tait primitivement d'une rjrinc'ue ou grigue do 

liOUX. 

Grlnglexoter, Claquer des dents, par froid ou par peur. 
Pimin. de. 

Gringuer, B. : Grinc/iP}\ Cn'igner, Grincer des d(*nts ; 
mais nous disons : * Gringuer le.s dents, » les montrer 
grimaçantes. Onom. 

Griouter, .1. Voy. Oratigner 

Grîppard, ?vLirauleur, lîlouqui grippe tout ce qu'il peut. On 
dit aussi dan^^ le même sens LuGnjjpe et même Agripjuf. 

Grîppet, Traquenard. Du gr. gripos, liîet de pèche. 

Grippille, Nom de chien. 

Grivois, Se prend quasi en bonne part pour garçon, luron : 
« in bon g/'irois. » Le féminin est suspect. 

Grocer, où Grosser, Croquer avec bruit ; onom. Voy. 
I-loeer. 

Grognasser, Grovgnasser, B. Dépréciatif de grogner. 



îifi cm 



CtRiuiso} \. H. (i rognon, 



('•Rol.À, Petit <lt* la 

TiRoi-F, .\. H. P. ('<>i'l)»»;iu. Onom.'it. Proverlui sur la sollici- 
Tude ot ral)n(''ixation inatei'U«Ml<^s : « (h'ulc r\n a grolà ne 
iiianghe jlianK'is in hon niourçâ. * 

Or^'H.on.. Gurlon, H. Frelon. Onomatopées. 

riRoLorNER, H. Faire un bruit i\e (jrolun. 

Grondard, Homme très grondeur, * Père (rrondard. » 

Gromun, Jeu de mots sur le poisson de ce nom pour dire 
gronderie, réprimande : « jh'attrapperai in (jrondin! » 

Groii, grousse, B : (jroute ; (îros, grosse : «< in firoùt 
Jiomme ; ine (frousse femme. » Latin crassus, du gn^c 
kratos. force. Les allemands en ont fait i/ross, grand ; 
et nou^^ Gros, et Gras. 

Grolée, h. de Tangl. fo groïc, croître ; couvée de poussins 
et aussi d'enfants. 

GroitiNer, Groufjnon^Vt. Civo^\\oA\ Grognon. Onom. Don 
Grognard. 

Groiillant (tout). Bien venant, en parlant d'un enfant et 
surtout de plusieurs. To fjroxc. 

Grolle, O. Pantoufle, mule dechaml)re. 

Groi'ssailles, Les gros grains, orges, maïs, t^c. 

GRorssEs.SE, Grossesse. 

Groisseur, B. Grosseur. 

Grocssî, Grossir. Participe : Groussif, ^roussie. 

Groussier, b. Gros et gras ; on dit, en compliment : « vou' 
êtes bin \)\is f/)'oussiére que l'année passée. » Poitevin, 
idem. Groussier a aussi le sens français, témoin la com- 
paraison habituelle : « Groussier c'me pain d'orglie. » 

Gruaid, gruaude, adj. Se dit des poulets liants sur jambe 
comme la Grue. 

Grues. Lorsqu'elles tournoient et défont leur angle de mar- 
che aérienne, on a soin de leur répéter en chantant : « I)e 
rang î de rang î madame la grue ! » est-ce désir de voir 
leur bel ordre, ou rrainte qu'elles n'interromjient leur vol 
et ne s'abattent sur îes .semis de bîérs ? 



<il^ o,-r 



■zi I 



C'RVr.UEii, K^ruucr : Gruf/Ziri- du sel. 

GiA (le), Ko : (iui. Nom de plusieurs Icxalirês })()ur (iu<'\ 

GfEiLLE, Guenille, ehiirons à faire du pnpier. — Tapr-/ff- 
f/iiei//f\ sohriijuet i^nolde des uiaitres d'école anciens, 
(pli fouettaient les enfants. 

Gtknkr, ll()<iner, f^rinir d'elTort. \oy. (jKoicr. 

(jrrENiGnp:R, Uennier nn peu. se mouvoir sur |ilace. comme 
les oiseaux dans le nid. — (ixuniighct, petit enfant (pii 
remue touj nus. 

OiEMLLON, Lambeau de guenille. 

fiiEMi^E, Fennne très sale. l)imin. d<' Guenon, qui pourtant 
e.st niasculin, en patois : « vilain c'me 'mgiicnon. » 

Gi'rd.vee: Voy. (hrrrhdr. (Xous écrivons gu'r et non g'r), 
(pli pourrait se prononcer J'/'.^ 

GL'iiGNE, Grigne. GurgnocJic, diminutif. 

Gi'rgnon, Grignon. 

(iu'RGNOTER, GHgnoter. 

Gr'RLÀ, Crible en bois. — Guérie, id. plus fin. — Gu^^Jor, 
passer à ces cribles. — Gurlofcr, tomhrr connne grêle. 

Gt'rlet, B. Grillon, insecte, (hiomat. La meilleure e.st 
langlai.se : cvickvt. 

Gr'RLOT, Grelot. 

Gi'rnade, Grenade. Gurnadler, et non guernadier, 
comme on nous faisait dire à Paris, dans la pièce de.s 
Cuisinières. 

Gl'rnasse (ine), Un grain de mauvais temps avec pluie. 
Gî.'rne, Graine. — GurnPi\ monter en graine. 

Gî'rmer, B. Grenier. — Gurnoclip, gi<'rnot(\ dim. de 
grajne. — (ju mater, tomber comme graines mures. — 
Gurnolier, marchand de grains. — Gurnotouû\ qui 
laisse choir ses graines. — Gurnut, giirnue, (pii alM)nd(^ 
en graines. — En i)laisanterie:^?f'r/7^ r/c^ c/ie?'re, plondj 
de fusil. 



■'■> 



rir'RNF.ni.i.K. OronouilliV l)im. : du' riiruilluu oi i/n'ruK^ 
rhon, qui s'appliiiiK'^iit nnx enfants: ot (ii<'rncrrl(* 
/^i/'rnr.v^'/f», la rainott<Mlos buissons, dont le chant tait 
présager la belle saison et le beau temps. 

Gr*RSALE, Gu'rsoI(\ jjnbarras dans le larynx, (pii j;êne et 
fait ronrter la respiration. I.es poules y sont particulière- 
ment sujettes. Le remède iiour elles est une cuillerée «le 
\inai|^^re. 

(ir'RSOLER, GiCrsrlor, Kt^spirer av<^c peine. — Xoser res- 
jtirer : «i' ne giCrsoluH pas. » L"oriii:ine de c(^s mots est la 

(1u"r.sole, (Iroseille, que Ton semble alors avoir dans la 
gorge. 

Gu'rsolikr, Groseiller; surtout celui dit à maquereau. 

GiEUiLLER, Regarder sournoisement et avec envie, im[)or- 
tuner de ses regards. Verbe augmentatif du mot œil. 

GucuT, Dimin. d'Auguste. Que iVaugus/cs Augustes no 
sont au fond que des (jugiif ! 

GuiGUi, Gmg\iite, Dimin. de Marguerite, ou Marguife. 

Gt-inche, Femme tombée sous le mépris. Angl. ycnch. 



IÏ.-V 21U 



H 



ri L'aspiration de cotte lettre, dans les mots (jue le Patois 
aspire, sera rendue par Jli. Nous ne mettons ici que les 
mots non aspirés, et nous omettons, comme à l'ordinaire, 
ceux (jui sont i'rançais, tels ({ue (h^s z harengs, des 
z harnais, des z hé)'issons,dcs z lierons, des z héros, 
des z hlbous, des z hiKjuenots, iÎslc. Nous avons cepen- 
dant quelques adjertiiV lé^'èrement aspirés par II, lorsqu'on 
veut en forcer la sii^nification : /tinniense (innnense), /n(- 
nor)ne (énorme). De même en lîeri'v. 

IIahilk, r)icn portant, fort : « v'iâ in c'naille bin Iiahile! » 
Ainsi ^'ultaire était bien moins habile qu'aucun de nous. 

IIabillaghe, Assaisonnement aux mets, graisse ou beurre 
au pot-au-feu : « à bon fricot faut point (V habilla fjlœ. « 

IIabillour, Habilleur de chanvre, qui le passe au séran. 

IIaim, F). Epinette pour prendre /lu poisson. « Mettre les 
z liai ras ; lever les z haims. » D'où plusieurs, même gens 
instruits, écrivent zains. Erreur. C'est le latin hamus, 
le grec kchnos, l'hébr. CAM, courbé, cambré, l'Hameeun. 

Harpant, Grande scie tendue par un arc de bois ; rappelant 
un peu la forme d'une Harpe ou de Tanlifine harpe. 

Hazard (d'), B. Expression de doute : «ol est b' cVhazard.» 
— P'/' hazard, B. par hazard, — et aussi par exemple. 
Voy. Exemple. 



HKMoRKinKs. K. : litMiiorruics, Ik'inoi'rlioulos. 

Herbe r/j( chnrpcntirr, Harliaive. 

— aux crus, H. Lvsiniaiiiio nuimimlaii'»'. 

— Jlcrbos fortes, U- Aminatiques. 

— Herbes aux pcrlrs, H. (iivniil officiiiMl. 

— Du Pic, H. ( )phrvs mouche. Lé^^endo hicii anciciiiie 

qui attribue à cette plante la force du bec des Pi- 
verts : ils vont voir, disent nos gens, à chaque 
coup de bec, s'ils n'ont point traversé l'arbre. Ils 
vont seulement saisir les insectes à qui leur sape 
fait évacuer la place. Mais quant à l'herbe du 
Pic, elle passe pour couper même k fer et c'est 
avec elle (pie les forçats brisent leurs chaînes. 
(>ux-(n jiréfèrent un ressort de montre. 

— Herbe à Robert, h. Géranium bec de grue. 

— du siège, Scrophulaire. — St-Jean, li. Lierre ter- 

restre. 

— au taureau (Lesson), Orobanche, dite aussi pain de 

lièvre. 

— Herbe (mettre à Y) les bestiaux. B. : auxherbes. Les 

envoyer paître l'herbe nouvelle, — du linge. L'é- 
tendre sur l'herbe pour le faire blanchir. 

Herbillotes, Dim. d'Herbettes. Très-joli. 

HÉRicoTS, Haricots. 

HÉRITÉ, Subst. B : Héritance, Héritage. 

H'rnié et même 'rniè. Hargneux, têtu, quintf^ux, indocile. 

Herreir ; pour Horreur. Voy. Erreur. 

HÉTROPiQUE, Hydropique. 

Heublle, Hiblln, Voy. Hublle. 

Heude, V. Huède. 

Heûle, Huile. « Il a bu l'hei'de ! » Eloge ironiqne d'une ac- 

•tivité empruntée et peu adroite, comme d'une mauvaise 

machine que l'on viendrait d'huiler. — Heûle de coude, 

B. force de bras. — Honte de chœur, B. la salive. — 

Heûlier, B. faiseur d'huile. 

Heure de Soleil. B. ou desouleuil, la haut<'ur du soleil, ju- 
gée le matin ou le soir, à bêle eirnc de poing, à laide de 



la main ijUt'liiuercjis, cl baiis l>eaiu oup (rt'ncur. • Il oi 
jiartit à deux heures de souleuil » (le matin). *< ( ) y aten- 
<()re deux heures de souleuil » (le soir). — .1 bonne /teii- 
vr, de l»onne heure. Trojt de bonne heure, O. de trop 
bonne heure. — « Ol est ine bêle heicrel » B. Il y a long- 
temps. — A c'C heure, \\. à cette heure. — heure de 
^rloge, B. heure de sa vraie durée et qui parait lon{j:ue. 

IlKi'RErsETK, BonlK^ur : « (|uèle heureuseté ! * 

Hkùtrat. Petite huître. 

Hkutri:, Huitre. Urec c.s7/7v^//, coijuille en < >S. 

lIiMKLR, B, Humeur. 

lIiRONuÈLK, « Tire les épines au bon Dieu, » la couronne 
d'épines au Christ. 

4. HiroïKÎM', lii'h' HiroiulMe, 
Kii liiwr. où t'en vas-tu ? 

En Athone. 

Chez Etienne. 
l'oui<iU()i m' r tlenunules-tu ? » 

Cette lég'ende, de plusieurs [)rovinces, est eicalement 
Sainton^eaise. 

Histoire, pour Conte : « creyez-zou : <» n'est })()int ine his- 
toire. » C'est qu'hélas ! ils ne connaissent d'Histoire (|ue 
le.s historiettes, ou pis. 

HoHRÂ, Hobereau, mot qui nous semble parent de gol)er : à 
moins ({u'il ne descende de l'allemand ober , au-dessus. 

HoMMEAi'x, P. r)rmeaux. 

HopiT.AL, Bouilloire de cuisine, meubleindisp<*nsable aux hô- 
t)itaux. 

HoRLOGUE, ou 'rloghe, est masc. : « in bià 'rlntjhe. ♦ 

HouME, B. 0. Mari. « Xoutre hourae, ou Vhourne de chez 
nous. » Rarement /noun lioume, parles raisons de pru- 
dence, indiquées au mot femme. 

HouNÈTE, Honneur, Honnête, honneur. Notons que hon- 
nête signifie princii)alement poli. 

HouNET.'R cl pU.aisit, Formule usuelle. A. 



•»>>'» 



m 



Hoir î Cri pour se lovor ou soulever en haut ([uchiue eliose, 
l»are\. un enfant. Iloujifahi, hoiiplalelte, sauta Pci- 
rcffe, civpe à la poilc 

HorssiNKT. l'tinet. mri! d,' tonnelier. Petit outil. 

\\\\ î (!n j» )ur faire a\ au 'er b's I» '-t's chevalines. \'o\ . ////^ 

J]| BMKM K, Ibdt'rhi. H :rluluilu. 

HiHi.i.r.. lî. CJui >e dit aus>i [rhlcvi h'ièhlc : lliêMc, h'hfdus. 
Plante des honnes tfM'res : Lu mère prudente reconunande 
à son ^ f;à irattacher soun ànc à elu'lés liuhlles, yé non 
pas à r hélés f(»u^^hér«w -. » d*' l'.iirf la couraux lillcs (pii 
ont de quoi. 

HiKDK. Forte clavette (jui traverse le l)Out d un essieu de 
charrette poui* y iuaint(^nir la roue 

HcctiKNOTs. In proverbe avait coui's, leste des dragonades, 
>ans doute : « n"epar«xnons pas le l.ien des Ilutruenots, ils 
<'n auront touj(>urs assez. » Ihuneux clu.ngenient ! mon 
Père manquait rarement de le dire, en riant, à sts hôtes. 

nf'RKîx. lî. ( >. Heureux. 

ili:ssiKU, li. Huissier, sans aspiration : (' Ilussicr ; les Nor- 
mands, dit-on, lui font plus d'honneur : le Hussier. 

C esL (jiu- Ciii'ju-.jLMii fut nourri jiar .ses jinri'nt.s 
I)an«: lu crainte de Dieu, Monsieur, et des S^-rtrents. 

Racine 



JCi ****« 



«J 



I 



I (loniine souvent en grec et en latin, remplace crantres 
voyelles : n, dans les pivtêrits simples : // ^////Z, // aran- 
cif, i" )i)ontil, i' foniltit, pour II alla l'sic. — l).:ns ù/uà 
pour Afrn(»au et quehpies autres noms. — .1/, dans ninn, 
j)our Xaine : hiscr, pour lîuiser (embrasser), *S:c. — K , 
{\i\\\% avdncit , pour Avancer, et r.u participe <'/rr7??r//-/>, 
^.'v:<'. — l\ dans Un'li , liinumv , A:»'. — Tout cela esr. 
commun à la Sainton^e et au lî(M'rv. Dans ce dernier pavs 
et dans le Poitou, on aftVctionne aussi h s linales eji iav : 
de ViciK , un marliaK , Aie, pourvu que la linale suppose 
un c : Eau, Marteau ; (de crCy ellurn). 

1, pour .le, au nord de la Charente ; de ITtalion /o : 
« / creis he qu'/ ne sens pas p'rdur». » 

1( ni. Ici. — .< lïiçJù étant, » 1>. O. de ce lieu mèm(\ — rchi 
dedans, ir/ù dessous, !>. pour Ci dedans, Ci dessous, ^\:c. , 
« (XicJn en cà, » dorénavant. 

Idkk, I>. « ine idèn de, » trè.s peu d<\ — « Avoir ifh'p que.* 
penser, présumer que. — * Avoir l'idée à, » les disposi- 
tions, ratrenti<m, la bonne volonté. — « Avoir de Yidrc » 
en général, de l'intelligence. 

Idole v'soun). Soi-même. Mot profond : mais on Tapplirpie 
souvent mal, par exemiile â la simple action de se croiser 
les bras sur la i)oitrine : «H embrasse, <bt-on, soun idole.* 

loNÀ : W : Tfjntuiu, Agneau. — Tr/nèlr, IJ. agneau femelle. 

Ignkler, I) : Agneler, mettre bas un agneau. 

Ignore (jli'en). lî. Je n-^ le sais pa-\ —Je neveux pas le 
savoir. 



I>< 



li.rMiNK, Kclaiiv, intelUriurllomonf 

Il IMINER, S(Mlit volontiers jKnir Inlnuiioi'. 

1mi:, « •. Fstiiue, ;i}i[)r('ri.aioii. \ ov. Kintc. 

hii'oii. Impôt. — Imponsitimis. Impositions;. 

Inhkam.aiuj.i:. W. Int'hranlal)!^ ou jtlutôt (pii no so lomnn 
pas. r|ui no i^'iif <(» î'{Mnn»M' : « i' rosto là, iuhriOilahlIr. * 

lN(^F.Ni)iK, Touies .sortes de de.sastres, voire même une inon- 
dation. 

In( i.LiNATioN. incIJiiirr. On mouille r/. 

1n<*moi»k. Iî. Incommodé. .sui"t<»ut pai* un*^ hernie. 

iNrm i.rr.R, Inculper. 

I.NCHISKK. Accuser. Lirusare. 

iNTRÊDti.K, Indocile. 

In< iTÊ, Occupé. 

Imufkérent. 1>. De (pialité médiocre, inférieur. — Lequol 
moXinff'ripirr'fio dit fpiejquefois ]»oui' indifférent, à sr)u 

tour. 

Infecthr, Infester: « X^^vvo infectée de chardons. » 

Infirme, Qui ne peut plus se lever du lit poiu' ses hesoins. 

Infrévkr, rnfrèijdhJlc, Elira ver. Effroyahle. Notez en U\ 

le chanprement de diphthon<(ue : frcn/, fi'fi/, de l'ancien 

froy. 
InfrontÊ. Plus fort rprEffronté. : Infrmifp n'a jamais ru 

de front. 
iNrjHÉME. Instinct : lat. inffcniiii>'. \ \ï'.\ i^ixsVfnrjhènie 

de se défendre. » 

Ingrat, B. Se dit des |>ers()nnes et des choses pour Avare. 

I.NjrRER, H Injurier. 
IxLisiBLLE. Illisible. 
Inlooheablle, Qui n'est pas Logeahle, où Ton ne peut se 

lo^'er. 
InmangheabM-E. îmman^'eahle, qui ne };<'ut se man^^er. 

iNMANQrAiiLLE, Inuiianquahle. (pii ne peut ou qu'on nepr-ut 
nianquei*. 



Inmk.nsk, Iî. <iiiL*l((U('r()is///;/;/?r;?.Yr, IimixMlst?. 
Inmki 151,1. K, Innu«Milil(\ 
I.nmchum:, Iium()i)il<\ 

I.N.MOLK. V. E))(Oh}. 

I.NMuYKK, A'. Kiiwycr. 

I.\-M)CENT, I>. Innocput — In->;ensê, idiot. — I^niorant (l'iinfi 
rliose, mauvaise ou bonne. l)ulat. ?V/>?o.çr^re, ne pas con- 
naitre, plutôt que de in-noccrc, ne pas nuire. 

In-oxdkr, Inonder. 

In-utile, Inutile. (Toujours in séparé du mot.) 

Inqikt, Inqurlcr, Inquiet, Infjuiêter. 

In QrKQi'i.N, Un ({ueLprun. 

I.NSAL'V.VHLI.E, Que Tou ne peut sauver. 

Inserv.vmllk, (^ui ne peut servir. 

I.NsiPiDE, (^. Xous avons entendu un sinp^ulier emploi de ce 
tei'me : Dans uuf» lia1»itation écartée, les loups venaient, la 
nuit, flairer aux. portes ; les habitants, parlant au sérieux, 
trouvaient cela iitsipi/c. 

Insolenter quelqu'un, B. Lui dire des injures, des insolences, 

I.NsrNiFiANT, Insi|^nilianr. 

Intriga.nt, h. (i'ii bjaiie part), actif, entrant, adi'oit. 

I.NVîTER, pour Eviter. 

IsAT, Isaac. 

Italien, Subst. et plus souvent Etalicn, Peuplier d'Italie. 

Itout, h. Aussi. Vov. Etant et U(nd. 

Itrope, Eutrope, — St-Itrope, pati'on de la plus ancienne 
E.crlise de Saintes. Sjn nom signifie bien tourné, et celui 
d'Eustèle ou Uslèlc\ que l'on vénère avec lui, veut dire 
bonne apôtre. 

Itropisie, Jtropique, Ilydropisie, livdropique. Le nom de 
cette maladie, ainsi prononcé, n'est pas sans rapport, 
dans l'iixnorance poj)uIaire, avec celui de Saint-llrojje. 
On sait que dans le moyen-àge, chaque //uil avait sou 



.)•» 
-,*j. 



saint ou J^i sainio, lunuonvuio. ou antiiln''ti(|iip, nu nynuf, 
PU dans la légendo qupl((Up mal a|>|H(»cli:int, : la l'aililt'sse 
(\c rcnfanrt\ St-Fort ; c«'ll«' de la nuc. S(-('laii' ; le mal 
aux gonoux, St-C'cnou : la jH^stc, St-I.a/arc, dovcMianl 
Sahit~La(fre, pour la ladi'crio : le mal aux ilcnts, Stc- 
ApoUino; (p(nir(iuoin 1<' mal d'amour, St-X'alcntin, Sto- 
A'alontino : les convulsions, St-Vit ou St-( lui ; les tics, 
St-Fiacre ; la ragt*, St-llul»ert. à l'aison do ses chiens ; 
une sorte de choléra, St-Antoinc, pcut-ctre cà raison de 
son porc ; &c., &c. 

C'est le même instinct d'analo-xie qui faisait chercher 
dans les plante» les sir^na/urcs, c'est-à-dire une sorte 
d'image apjtarente du mahju'elles devaient guérir: pulmo 
naire, hépatique, ficaire, scropliulaire,tS:c., *S:c. L'iionneo- 
pathie a recherché des analogies réelles, et il nous semble 
qu'elle a été plus heureuse. 

IvRAGUE, Ivraie. 

Ivrkr(s"), B. 0. S'enivrer. 

IvROGNER (s'), idem, Habituellement. 

IvRorr.NF. Ivroî^ne. des deux trenres. 



.JII 207 



J 



JH Va exprinior, entre mix vocables, toutes le:> aspirations 
«le 11.11 tant y n\ettre un peu le soufHe espagnol. 

Jnà, lî. .là, <îêjà. Xe s'emploie qu'en négation : << ne créyis 
j/ià. Ne zou ferai J//«. » Ne... ja-niais, de ce jour (gn'c 

(lia) plus, pas davantage. Notons que rinq)arfait 

je créyis a, dans cette plirase, plus de grâce que le pré- 
sent ; c'est une sorte d'aoriste grec. 

Jhà, p. Division d'un marais salant. 

JiiAHi.Li:, \o\. Jhouahlle. 

JiiAiurr, I>. Haut de la chemise flottant sur ki j)()itrine, et 
(jui sert fort l)ien de poche : << i' descendit de Tàbre, ^^m 
\)WA\\jltabot de cerises. » De même chez les femmes : « a'zou 
sacquit dan.s f^onj/tahot. » Voyez dans le charmant |)oèmn 
provençal de M. Fr. Mistral, Mirèio, une jolie scène de 
])etits oiseaux recueillis de cette façon et causant jdus de 
mal qu'ils ne sont gros ! 

JiiAin^viLL, Cris et tapage de plusieurs animaux ou de plu- 
sieurs personnes ensemble. 

•TuAimiLL, Jappement de petits chiens. Les verbes existent : 

Jhabrailler et Jhahrillor, L'un tout augmentatif, l'autre 
à la fois augmentatif par l'initiale etdiminutifpnr!;'. fi:;n'" 
Viennent de l-Jrailler, et sont de même des rn ; 

JîiACAGNER, Travailler comme un chien, (ra])p. caf/ncr) ; 
faire des efforts pénibles, jusqu'à épuisement. 

Jhacasse, D. Femme bavarde, commère. « 

JiiACASsER, D. Cafpioter. babiller sur rien. 



.IHATiiF, Jliacîirr, jlt((<his . jhach('nii\ Ihiclio. ... hachoir. 

Jn.\CQiEs. Jacques, nom pr. venant de Jacob, lo supp/an- 
tcur. Ce nom a chez nous,uno si^niiticationtoutoiHlTcrente; 
il imliqueiTiit plutôt le bon Esaii, le dupé. Il ^arde un sou- 
venir de Jacques Bonhomme: « T'as bià teire mon J/kn:- 
ques (ou mon pauvre Jliac(iuos) tu te leisseras tondre ! » 

Jhacquet, Petit Jacques, petit valet, laquais. — Après les 
doctes et spirituelles dissertations du très-r(^^rettable (ié- 
nin sur Patron Jacf/urt, oserions-nous proposer une cx.- 
jdication plus simple ? « Seleverdès le \)Mv(mJ/iacquet ; » 
il y a tout i»onnement une viri^ule supprimée ; c'est le maî- 
tre qui dit au domestique : « Faut se lever dès le patron, 
Jhacquet ! » aussitôt que le patron, entends-tu? 

Jhacqteter, Faire le petit serviteur. Naquet en vient peut- 
être. Nous verrons Xaqueter. 

JiiACQUOT, ou Jhacot, Jacob. 

Jhade, Jatte : « mejhade do lait. » Nous verrons Jlialon. 
Du trrec ialle, lance un trait. 

Jhaî, Haïr. — Jha'fssahlle, haïs.sable. — jlia'issut etj'ha- 
yut. haï ; ïèm.j'haissue. « Jhe lejhaït à mort. » 

Jhale, Halle. Angl. haU. — O. course d'eau; de ialle ! 

Jhaler, Pousser vivement, presser au travail. Pur grec. Se 
jhaler, Se déplacer : « Jhale-te enlians, in petit. » Eloi- 
io'i un peu. 

Jiialon, Vase à traire, à tirer le lait. Voy. Jhade, non adou- 
cissement. 

Jhalouseté, B. Acte de jalousie. Du grec Zèlos, bouillon- 
nement. 

Jhalousie, B. Œillet de Chine; autres caryophyllées. Dans 
Trévoux, une amaranthe, dite Celosia, d'où vient notre 
mot, égaré en chemin. 

Jiiambe, p. 0. de Plante, de pois, par ex. la tige, le pied. — 
Quand on veut se moquer d'un couteau vanté pour son fil, 
on dit : « oi, i' coperait la jJtamhe d'ine bisse (rouge 
gorge) jusqu'à Tous, si la piâ était oûtée. » — Jhamhe de 
ci, jhamhe de là, B. à califourchon. — Jhurnbe de sou- 
leuil ; (\(f plleue, B. rayons, raies. 



JjiA.MLiE, Masc. [)i)iir .laiiil>U\ ciKiiiilla^c iiiuvals»' d»- nos eû- 
tes, ([iii se colle au roclinr eu taisant le viiIe. iJun à mau- 
U'er. 

JiiAMHKi.oTRR, Jkaiiihiller, lieniiier les jambes étant {-ouclié 
ou assis. Se dit surtout des enfants. 

JiiANTiLLE, Nom d'iionmii', dimin. de Jean. 

JiiAi»i'ER(I'eire) l^pire. Effet d'un coup, d'une chute ({ui fait 
pousser un «4;émissemeut involontaire. \ oy. Pii'e. 

.Jiiar; R. Jard. Oie mâle. Mot celtiques tiré peut-être du 
cri. (Et serait-ce de laque viendrait lo ^/v^y/, nrarder ? 
on sait quelles l)onnes sentinelles ce sont que les oies.) — 
Uavenelle ou navet sauvage. — r)e l'un ou de l'autre Ijt 
Jhttr ou La Jhard , conunune au midi et dans le canton de 
Saintes. 

JiiARi). P. Grande division d'un marais salant, anyl. yard, 
cour ? V. Jhà, 

Jharaillp:r, S'épuiser en efforts, comme sous l'excitation de 
quelques cris. 

Jhardes, Ilardes. Jadis troupeaux, herd. 

JnARAUDER, Crier haro. 

^uwum, J/tardie, Hardi, hardie. Dejafécondti racine AU, 
]>remier en ran<^^ en hauteur, qui a donné le persan ARIII), 
/lé r os et ki.im3.\e a /'d, distinctive dans les langues du 
nord : Boyard, Bo rebord etc., etc. — Jliardi ! jliardi- 
là ! cri d'encouragement, le macte anioio ! des Latins, 
ou Eiige ! Evolte des Grecs. 

Jhardrix, I>. Jardin. Celt. : hors, r/ors, haie, obstacle ; 
hart ; grec chors, lat. /lortus, angl : garden. La pre- 
mière clôture et propriété immobilière après l'habitation. 
— Jhordriner, jardiner. — Jhardrinier, B. Jardinier. 

D'où vient le dicton de menace ou d'encouragement: 
« Tu n'es pas jhors dau Jhardrin d' Etienne ! » Tu n'es 
pas au bout de ton entreprise? Nous inclinons â croire que 
ce n'est qu'un froid jeu de mots sur Etienne nom, et 
détienne, du verbe détenir; le jardin où l'on détient, 
une enceinte de prison. 

Jhargox, Jho.rgounçr, Jargon, &c. Celt. iar, poule, oie. 



.liiAKMcoToN î Juron lim'k*s(jU(.' ([ui date, dit-on, duivgnedo 
Ili'iiri 1\'. àiluison conlVsï^tnir, le P. (\)t()n, pennettait dfi 
juivr par son nom. à lui. — Quant à Jfi(trni(ioinrc^ on y 

le uoni d(^ Dieu ot If vcM'be /e renie. 

.Tii.\RÔi>î:ii, Huit, tniimic en ciiani haro! le Normand 
Ilai'old. K«)ll(>n. Raoul. — J/H7/-o'fh's\ l'action d<* j/{((- 
rcider. 

.luAurKR ot Jlinrpi. Train(M'. salii- et mettre en lanil)eaux. 
\o\. C/tnrpf. 

•h] \v.u't\<. .Inrr'^ti;«r,^N i]o^ .-indennes culottes courtes. 

.Iharutkr, Mettre des jarretières: qui consistent encore, 
communément, en une demi-aune de^ijalon roug<^ à chaque 
jamhe. Les jarretières à la stique (elasticiues) sont du 
luxe, tiennent de la fignolure. — Jharrier s'emploie 
aussi pour donner des coups de fouet. 

.liiARREUiLLER, Jouer du jarret. — Jliarreiiillon, enfant qui 
commence à marcher. — JJiarreuiUous, coudé en divei's 
sens, comme les plantes dites Genouillées. 

.liiARRON, Jarret d'animal; term<^ dn bouch^rio. 

Jharse. Jltarser, Ilerse, herser. 

Jharvis ; Vov. Ghervis. 

JiiASEMiN, Jasmin. Mot Persan. 

Jhaspinp:r, B. Répéter le même haliil, le même cri. Le pinson 
jhaspine, et c'e.st de mauvais présage, selon les vieux 
préjugés. 

Jh.'vte, Hâte. Ilnsfn . l.i lance dans les reins? ou de feslina! 

Jhau. B. Il : Jau et (jfin ; de (jallus, en eîTet; dur, brave, 
courageux ; celt. (inl, Gaulois. C'est le Coq. Diminutif 
Jhoulet, jholet, petit coq. — Jhaii hllanc, gelée blan- 
che. — « La poule ne chante pas devant le Jhau ; la 
femme doit se taire devant le mari. Anciennement sous le 
règne de la force, la femme était tenue très inférieure à 
l'homme; et encore aujourd'hui, dans plusieurs ménages 
champêtres, la femme ne s'assied pas à table avec son mari , 
qu'elle appelle ?20î(r niaitre. La réaction chrétienne ce- 
j)eridant a fait généralement prévaloir la faiblesse, et, par 



.Tir QM 

suite, la rn>(\ Quaml <>st-co (juc rr(juii(- Niciidra coïK-ilicr 
re<; deux instincts ? — « A Nau, d'in j as de j'/ituf : à la 
Saintf?-Lucp, du saut d'ine })uce, >» iV:c. ]\. cVst par rcs 
dictons et par d'autivs rimoiros, quo Ton siirnalc va^xuc- 
luont rallonjj:('im»nt })ro«^n'essif des jours. — « Clianicr lo 
jftau, » Vi. la poule ({ui se permet cette usurpation conunct 
un crime de Lèze... superstition (comme le pinson) et est 
punie de mort. 11 est possible aussi que réellement elle soit 
mauvaise poule, sans être hon co(|. Les vir(((jo ne sont 
^uères fécondes. — « Œuf de J/iuit, » petit (euf sans 
jaune, avorton de poule trop grasse, attribué sans faute 
au diable, sous forme de crapaud ou de serpent, et devant 
j)roduire un cocatri, monstre épouvantal)le. I\iuvi'n 
Nature! tu pardonnes au Moyen-age, pourvu qu'il abdique 
enfin! 

Jh.\unard, adj. I>. Jaunâtre. — Subst. Terre jaune et grasse, 
argile ocreuse ; v. Bt-isard . 

.liiAUNEsi, 1). Jaunir. 

JnAiNKT, lîruant. oiseau — Verdier, id. — Monnaie d'or. 

JnAi ni:ïtk, Clianipignon chanterelle. Xny. f\siquc. 

JiiAiRNAi.iHR, JUaiirnau ; jliairrnée : j<v(i' au lieu de 
joni'... ot jouniau au lieu (le journal. — DeJJtaurnée, 
pendant le jour. 

JiiAisKLK, Judî.'Ue. oiseau d'eau. En breton iualen, de sou 
cri . ou petite poule, dimin. de iar. 

Jhausse, Hausse. 

Jhausser, Ilaus.-^er. 

JiiAiT, Haut. — Haut in, tier. 

JiiAt TEiR. Hauteur. 

JnAETcHULER, Hausser le derrière à plusieui'S reprises, non 
pour ruer, mais, par ex. comme b; merle qui becqueté, 
selon le dieton languedocien : 

« Quand lou merle s'en lia al prat , 
Lève la couo et baisse Icu cap. » 

Jhavasse, Femme bavarde. — Jhnrasser. bavarder. 



.InAXKi.K, .lavt'lle ; mais nous oiiunidonâ par là une })(ti';nec 
i\o sarments liés du même, ou un fai^ol entier eompos»» 
(le douze ^V/r/iV'to serrées d'une liart. — I/(\iu ilejavc^llo 
s'appelle ainsi du nom do l'inventeui*. 

.Iu'avis, J'avais. Ainsi de tous les imparfaits. 

Jhav'rz.\t, Javresac, nom de loralitès. An<M<^ns li.'.vres. 

JnAZKNNKS. Connnune du oonion de Gemozac, arrondisse- 
ment de Saintes. — Ilalùtants : Jazennais -aise. 

.liiK, R. pour Nous. Français, et français de cour, jusqu'au 
XMI*" siècle. Henri Etienne recommande f allons, Je 
venons, «kc. 

JiiEAN (la Saint-). 1>. Fête du solstice d'é^ê, encore célébrée 
sous un nom chréti«^n. le 'il juin, par des feux de joie, 
dans les campagnes. On francliit ce //ni nouveau, sacré, 
revivifiant ; on y fait passer des c(»uronnes (de joubarbe 
.surtout, barba Joris) qui préservent du feu physique et 
de Tépilepsie, feu animique et mystérieux. — C'est aussi 
l'époque où les domestiques des deux sexes changent de 
maîtres. Un rameau vert qu'ils tiennent dans rAsseml)lée 
champêtre (Gemozac, par exemple), indiriuent ceux qui 
sont à louer, (pii veulent s accueillir. 

JHEAN-JHEriii, B. Mari trompé, ou du moins trop hum])lc 
valet de sa malcisie. Et voilà pourquoi on ne se marie 
jamais le mercredi : jeudi est trop près. 

.Theaunette. lî. 0. Divers Narcisses, surtout les Jrtî^;îf'5. 

.îiiÈDE. Voy. Jliade. 

.1iiemp:ai', Jhcmelle, Jumeau, jumelle. 

Jh'ment, h. Jument, et même cheval, selon Tétimologie 
\iiX\iïe,jurnenh(rn, ce quiaide ; ./î(r^rr». — Cette phrase, 
dont on se raille, est donc foi"t logique, dite à un lionuiH* 
qui montait un étalon : * si xowiw^J/iement est in chevaii 
entier, approchez-vous loin de moi ! » 

Jiie-n' AI-PAS (in), Voy. G/ieai. 

Jhêne, B. Jeune. Jhènesse, Jeune.s.^e; qui s'tinploie aussi 
pour désigner une ou iJusieui's jeunes filles : « çhèle jhé- 
7iesse. » — Trop jltène, B. trop court, en parlant d'une 
dimension. — Jhcnesi. rajeunir. 



,ïO î?:::i 

JiiKNKR, OU Gnener (voy.), Gémir avec effort, presque 
l'aire heu ! 

.iHKNNi, Hennir. Onomatopées. 

Jhersp:, Jherser ; Jhervis. \oy. par Jhar. 

JiiEURKRLs, Jurerais. « Jlie n'en Jhcureris \sm\i.* Et pour- 
tant on dit bien Jurei'. 

JiiEURTER, Heurter. J/icurlis, heurt. Onom. — Jheuric)' 
se dit aussi, et très justement autant que brièvement, au 
lieu de : Faire des efforts pour vomir. 

Jheur'gnac, Jorignac, nom de localités. 

Jhêber, V. Ciliiber. 

JlIIFFI.LE, Y. (iJiiffllo. 

.IiiiNGTER, F. : Jongler. \ . (iJnnguev. 

JiiissER, His;ser ; et crier ///.' Jii ! Onom. 

.TniT, Jet, de fossé, par exemple. 

JiriTE, B; Gittr ; nous préférons le J, venant de jeter, Jar^ 
tiiare ; jet de végétaton ; bois coupé qui repousse. — J/ti- 
tarjnnus, qui pouss<^ plus de jets qu'il ne faut. Ce que l'on 
attribue à la taille faite en nouvelle lune ; ces jets, en ou- 
tre, trop vigoureux, trop chargés de sève, s'inclinent vers 
la terre. A-t-on tout-à-fait tort dans la cause assignée ? 
Nous croyons avoir observé (pie non. 

JiriToN, Jhitoune, Jeune midet, jeune mule, qu'on élève. 

Jho ! r)h ! ou ho ! pour appeler : « Jhày m tel, Jliù ! » Et 
quelquefois .7/^0?/ ! en prolongeant beaucoup. 

Jhorrot's, Barbouillé, sale. Entièrement grec, de kopros, 
fumier. Voy. Dcjliohrer. Jhohrer se dit peu. 

JiioiGNUT, Jhoignuc, Joint, jointe. 

Jholit. JhoUr, Joli, jolie. — Nom de bœuf blond marqué 
de blanc. De Tangl. yalloïc, jaune, blond, qui est devenu 
Joli, comme dans le Nord, fcnr, blond, signifie aussi Beau, 
vil qu'il est rare. 

Jhonchêe, R. Jonchée, fiomage doux fait dans du jonc. 
Excellent à Sahites et autres lieux. 



24. 



234 .llï 

.Iiio.NTK. JhonioKs, Honte, liontoiix. Se prend pour Tiini(l(V 
n. * Clioul enfant o^t..///'^^///o?f.v. » 

.Ihooiet, Hoquet de ehiMnin, cahot. Jhfxpirtcr, eahouu'. — 
Faire le petit valet, le Jockoi/ (anLilais). (pii si^^nifto 
maquijj^non. 

Jhormain. Geai, oiseau. Est-ce Germain, ou Jhors la main? 

JnoRs, Hors. 

Jhosêmc, Vov. Jliausèlc. 

Jiio.<ii:T, Joseph ; nom d'homme. « Couvent de Sl-JJwsctj 
deux fêtes su in chevet, » le mariage. 

Jhote, i>. .ioue; de l'Ital. (jota, proche du grec cjnatlios ; 
latin gona, qui produit... la l)arl)e. — Se jlioter, s'em- 
brasser. — Une curiosité à l'honneur de l'ancien basque : 
pour fesses, mot qui lui manque, il dit : « du derrière 
joues. » ij)1ini'di macelac. 

.îiioTRÀ, Oreillons, maladie ; gonflement de l' arrière-joue. 

Jhotte, Hotte. Jhottèe, pleine hotte, de vendange. JJiot' 
tour, hotteur. 

Jnoû, Houx. On distingue le graivh qui est le vrai houx, 
(ilex), et le iteiit, qui est le fragon (ruscus). 

Jhouablle, Jable de tonneau. Jouahller, jabler ; d'où 
Ejhouahller, ôter le jable. 

Jhou\ Joug. 

JHorr, Juchoir. Jhoucquer, se jucher pour la nuit. — 
Dèjïiourquer, se lever. A la fIrjJioucquce, au saut du 
lit. A' oyez. 

JHOUFFLUT, JJlOllfllluo, JoufHu, jOufHuC. 

Jhoûgner, (Guigner?) Menacer du poing. 
Jhoule, Houle, de la mer. 

Jhour, Jour. Avant-jJioui\ I>. avant le jour. — AujJiour, 
B. au point du jour. — * Un jour et l'autre ncm. » 0. de 
deux jours l'un. 

Jhou.sse, Hous.sc. 

Jiiou.ssîNE, Hou.ssine, (de houx). 



jrix 23j 

JjiorssiNF.T, Xoy. IToussinet. 

.TiiouTE ; Joute, en vieux IVançnis. Betterave. Juteuse? 

JiinfiTKR, B. Joindre, coniVonter. Du laîia jiixta , vieux 
ïvixwcdâ^Jouj'te. — S'associer pour garder ou pour labf)U- 
rer ensemble. Vov. Coubller. Quand c'e.st pour garder, 
chaque bergère mène à son tour les deux troupeaux. 

Jiioi'TO, Veto : surnom (jui fut donné quelque tem})S à Louis 
XVI et à Marie -Antoinette, à cause (lu droit de veto, 
(je rejette, la loi), (pie le roi obtint dans la première 
Constitution. Des chansons sur M"'*^ Veto ou Jhouto 
pénétrèrent jusques dans nos campagnes. 

JifoYis, JJi'oyiijions, J'eus, nous eûmes. 

Jiîù (tout), F. B. Tout juste. 

JiiLi ! Hue ! mot pourliàter d'aller lesbètes de somme. 

JiiûcHKR, Iluclier, appeler très-haut 'quelqu'un. 

JiiLDâ, Resté symboledes perfides : « Traître c'me Jhndà. > 

JiiLT.iiE, Juge. La Jliugerie. le tribunal. — Nom de lieu. 

JiiÛLER, Hurler long et aigu, comme dans la coqueluche. 
(Jnom. 

JiULLE, Dim. de Jvcjnm (jv.gilliini ^ ) cq qui joint : cour- 
roie en lanière pour lier le joug aux cornes des bœufs. 

Jiil;;^, B. Le mois de Juin. 

JiiuN (à), A jeun. — JJiûne, jeune. Jhûner/y'imav, proche 
du latin Jejunium. Dans le midi, June veut dire jeune 
d'âge, et lejhùne saintongeois se prononcerait Jeune. 
Singulier échange (Vu pour eitetiVea pour ic : « Les vo- 
lurs passent par desseus les meurs. Eune june breune 
criait tout à l'hure des oranges à la douçur.» 

JiiUREER, Hurler. 

Jhusqu'a tant que, B. Jusqu'à ce que. 

Jiii'ST. Subst. Juste, Corsage d'habillement de femme. 

JiiusT. 0. Juste, adjectif et adverbe, 

Jiiustices (les), B. Nom de tous les endroits où les seigneurs 
d'autrefois avaient dressé leurs poteaux de basse, moyenne 



2;>o .III iv 

ou haute justice; (c'est-à-dire droit iVamemlo, de Ha^elhi- 
tion ou de pendaison), leurs fourches ijatil)ulaires : « Jhus- 
tice de... (tel ou tel lieu en / : ) pris à onze heures, pendu 
à midi. » On jujj^eait ajirès. 

JiiiiTER, Joindre, s'ajuster. « OnQjhùlC'ra\n\s î — Dans 1« 
sens de jus, A'. V'rJJiùfer. 



K 



Keiri, français ; nom arabe (Lesson), Giroflée jaune. 

KiLLOGRAMME, KHloïiiètre, &c. Nous mouillons souvent la 
première s}ilabe de ces mots . 

KissNOT, Capeline légère. Mots anglais : n'embrassez pas. 



I..^ l>3- 



L 



L Se prononce plus souvent qu'en français à la fin des mots 
et se mouille : dousill, /'usill, persill, &c. Remplace K 
clans râle, ràlement, pour rare, tS:c. I>. 

La, article, B. Se place, sans dépréciation, devant les noms 
de femme, en féminisant le nom du mari : « la Françoise, 
la Yillote, la Jourdine (et non la Jourdaine) de Jourdain. 

LÀ! adv. Expression d'étonnement, lorsqu'on voit ou qu'on 
entend ([uel([ue chose d'extraordinaire : « Là! est-o donc 
possiblle ! » 

Labrit^ au lieu de La Brie, Xoni du chien de berger. 

LÂCHER, B. Laisser : «la fièvre ne le lâche pas. » — Couler, 
ou plutôt laisser couler, en parlant d'une futaille : « la 
barrique lâche. » 

Ladre, Insensible, physiquement ou moralement: « il est 
donc be' ladre, s'i' n'zou sent pas. » 

LÂGNOUS, Ljâgnoicse, Lambin, lâche, mou. On se rappelle 
le couplet de la satyre Ménippée contre ce chef de Ligueurs 
qui, à Lagny , prit la fuite et resta nommé Jeaii de Lagny. 

Lainoi's, lainouse: lainut, lainite, Laineux. 

Laitance, B. Lait de chaux. 

Laitier. O. Homme (jui vend du lait ; nuise, de laitière. 



•^JS LA 

l.Aii".\. LciiuiutCy U. Cuulinii ik' lait. 

Laiti uni:, Laitue. 

LviTrc.iiEo.N, Laiterou. Le iliminutirt^si bien plus correct en 
patois ([U*en IVanrais. 

L AM H ALi: (charrue), Pour Doniliàle. 

LAMHorKiLi., IL Xonil)ril. Xous verrons Xamboui^ill. L et 
U sont (les consonnes liquides et cliani^eantes, et N, 
comme dentale, n'est pas inéliranlahle non plus. Il se peut 
même que ce soit l'cuitbaui'iU, Tarticle au lieu de N sup- 
primé. 

Lami:, Uutil de tisserand, grillaij^e où passent les fds de la 
chninp. — Larnier, faiseur de lames. 

Lamit, pour Tami ; Nom donné en famille à quelques enfants 
et qu'ils finissent par porter toute la vie. 

Lami'raik, Lamproie; de larapetra, lèche-pierre. Lam- 
praie, au fond, serait le meilleur des deux. 

Lancement, Elancement que font sentir certains maux. 

Lancit, B. Terme de maçonnerie : pierre taillée posée en 
boutisse au coin d'un mur. « Les lancis, dit le Glossaire 
du centre, alternent avec les écoincons. » 

Landais, L>. Habitant des Landes, soit homme, soit ba?uf ou 
cheval. 

Langard, Langarde, 15. Régnier. Bavard, indiscret. 

Langheron, Lange. 

Langrote, P Lézard gris. Confusion de l'article avec 
angrote, (Angoumois : angroise) d'anguis, serpent. 

Langue de hom\ Sauge des prés. 

— de cerf, B. Sfx>lopendre. 

— de femme, Brize amourette, qui remue toujours. 

— de pic, B. Carex glauque. 

— (avaler sa), B. Rester muet. 

Lanlaire (envoyer feire), Envoj'er promener. On ajoute 
quelquefois : ♦ au bout din bâton. » 

LANvi, Languir. 

Lapiniêre, Clapier ; toit à lapins. — Famille nombreuse. 



Lappace ; Lappd urajor, en hiiiii. lîai'ilaiio ou glnutoron. 

Largue, (marine). Lâche, <mi parlant d'un nciMid, d'un cor- 

dago, du vent qui vient do côté : « courir j^rand lui'yuc. » 
— Lâché, délivré : « il est largue. » 

Laroter. Lâcher, délivrer. — AlKindfumer : « ne /r//yy?/epas! 
tins trej'hou hon ! > « Les fièvres l'avant largue. » 

Larron, Siplion. 

Las (Tout son), I>. « Son soû et son las, » lî. autant qu'il 
est possible d'(Mi faire ou d'en souffrir. 

'Lastiqie, Elastique, soit subst. soit adjectif. Y. Alaslique. 

Latin, Tout langage étranger ou savant. Latinier, autre- 
fois, voulait dire interprète. — Ramage des oiseaux. 

Latte, Houssine. petite gaule ; la houlette moderne. — 
IJranche de vigne taillée plus longue que les autres. 

I.XTT RET (C7{ lion). Cloua latter. 

Latton, Petite latte, dans le sens débranche. 

Laud. Yoy. Lod. Le D ne se prononce pas. 

LAî:RE>cT//e r oreille (dire) : Défi énigmatique qui se fiiiten 
plaisanterie ; en effet, il est impossible de dire Laurent... 
de l'oreille, avec l'oreille ; c'est avec la bouche qu'on le 
dit. 

Lavagxon, Palourde de mer, coquillage. Y. Availlons. 

La VAILLES, Eaux de vaisselle. 

Lavandre, niasc. La lavande, plante qui entre dans les eaux 
ou lavages de senteur. 

Laver, Y. neutre et al)solu : Laver le linge ; de là le jeu de 
mots rapporté, au mot hardrù, battoir — Lavochcr, di- 
min-utif. 

L avoir , Lavoir. 

Lazert, Lézard ; le pur latin Laceria, 

Le, Art. B. S'emploie pour appeler quelqu'un que l'on no 
connaît pas : « Eh ! l'/tourae ! parlez donc î » La sert au 
mémo usage : ^< Eh ! bin, la femme ^ coument va-t-o ? » 



Lk, Kilo, dans les rapports indirects : * .Ilie pense à le. » 
« Kst-(i h* ehi' zon a dit ? ^ 

Lt.iiKR. An lien de léger. Kt il fant avoner (\\\o pied VgJier 
va bien lestement. 

L'gher (St), Saint-Léger (Longer, Lnidger, Loudogairo.) 
C.onnnnne dn canton do Pons. 

Lkmiws. h. : Lnuipns : Kinpas (Raliolais), Empàtomont ; 
niaîailie de la IjoikIio du cheval. 1/article confondu avec 
le nom. 

Lkmh:, L>. < >. L«'nte, oMif de pou. Voy. fende, rende, 
vende. 

L'kndem.mn S'écrivait ainsi autrefois, et mieux que Lende- 
main. 

Lentinek. Tarder, faire traîner on longueur. 

Lentitude, Lenteur. 

LÈsE(ine), R. : Laise ; un Lé d'étoffe. 

Lessit, B. Enclianfroisant, Lessif, Lessive proprement dite, 
infusion de cendre ou do soude qui a été chaullée. 

Lessivée, Eau savonneuse, dans laquelle on a lavé le linge de 
la lessive. Du lat. Lî.ricio , d'où elixir. 

Lessiveise, B. ou Fenij/ie de lessive, fennno occupée à 
faire la lessive. 

Leû, Pour leur, IL à eux, à elles : *< vous leù dairez. » — 
pour leur adj. possessif. Molière : « ils avont des clieveux 
qui ne tenont point à leu teste. » Le vrai Saintongeais 
.serait : « II' avant des piaux çlii ne tenant point à leû 
tète, j» Vov. Zeû. 

LEf;, en Picard, Loup. Il en reste le dicton : « à la queue, Leu 
leu. » 

Lel'gne î Eloigne î avertissement donné à l'âne qui rase un 
mur de troppré< • 1*^ rw^Mumentaire est trop souvent un coup 
dp }ȉt<^)n. 

Let GNER, Eloigner. 

Leûte, Lutte. — Leûter. lutter, soit actif, soit neutre. 

Leiitis. Facile à renverser à la lutte. Eém. Leviise. 



Leùtuiu, LiiUcur. Lai. LncUdor. 

Levant (usouleuil), au lover du boleil. 

LÈVE, fèni. Epaisseur de bois ou (\o pierre qu'on Levé, à la 
scie, sur une grosse pièce : *; Vous feroz ine lùce. » — 
Levée au jeu de cartes. 

Levé, D. U. 0. Subit. Levée, au jeu de cartes. Français 
ancien. 

Levé. Adj. en parlant d'un raifort, d'un radis; cruux. et 
cellukux \K\Y le développement de la végétation. 

Levée, P>. o. Rejet de fossé. 

Lever, B. 0. parfait, /heleris: Pi-endre d'i^vance ; ra- 
masser. — Lever le pied, disparaîti'e furtivement, s'en- 
fuir. — Lever hi chapeau, saluer. — Lever un champ, 
donner le preiiner labour. — A souleuil /evé, » un pou 
après le lever du soleil. — <' Jouer à ehu levé, » à coup- 
faillant, à qui [)erd (piitte. — « Le temps .se lève, » ( ). se 
liausse, s'èclaircit. Proverbe : « tant (tandis) (pie les com- 
pagnons boivent, le temps se lève.» — Léve-nez, des 
escargots que Ton m:^nge, parce qu'on suce la coquille, en 
levant la tète, pour ne rien perdre. 

Levis (pont). Ancienne façon de clore le devant du panta- 
lon, tout aussi sujette à oubli que la fausse-braie de nos 
jours. 

LrvRACHE, ILise, femelle du lièvre. Hase est allemand ; 
levràchp. serait français. 

LÈVRE, Est masculin, mon lèvre. Labrirni, neutre. 

Levrette (la), B. Le grand loup ])lanc, la (Janipote. Voy. 

'Lexandre, Alexandre. ' Leœis, Alexis. 

1/EZ (de), B. Joignant, proche : « de lez tel endreit. » Lez, 
abrégé de Léans(en la)est français dans Passy-lez-Paris, 
Ples:sis-lez-Tours, que l'on écrit mal les Tours. 

Li, F. I>. 0: Lij . Lui, à lui, l^^^^Xa : « Vous li ba'rez. » V. zi. 

Lî, B. Lui, masculin de Ijè : « 0\ est p'r // ; n'est pas p'r 
le. » — Lui, le maître, le mari : « parlez à li. * Rappelez 
le jeu de mots : « le pain est «//. » 

LuN. B. Loin, Vieux fr. En llan. vers là ba*. 



25. 



Î42 LI 

LiARDEfR, H. C<'liii({ui Jianlc, qui lê^ine. 

LiBK, CîranJe lierre do taille plate et levée ainsi, dans la 
carrièiv. (> : Lrjvsv. Cela viendrait-il de Lave ? 

LiBOLRNE : « DoçliLHi coûté que n'on se tourne, n'on voit la 
vile de LilKmnu\ > C'eï>t que Lihourne est hàtie sur un 
plan rég iilier quadrangulaire, comme Rochefort. 

LiHRE, Généreux, qui donne volontiers, libéral : opposé de 
clii'jii. 

LirTî^-TE, l». V. LurJtèp. 

LiLii*:FRiTE, Lèchefrite. Plus souvent casse. 

Licou: Lorsqu'un maire de campagne veut faire acte d'auto- 
rité sans son êcharpe. il s'expose à rencontrer des gens 
as<ez grossiers pour lui dire : * Jhe ne c'neus pas l'àne à 
mins qu'il oghe le licou. » 

Lie. B. Pour Lien ou Liure : « La lie d'un cercle, ou d'in 
çllerce. » — Petit cordon : « Va m'ajheter de la lie. » 

Lier, Au sens absolu : Lier les bœufs an joug : « j'halons 
lier. » — Lier les gerbes, les fagots de sarments : « jhe 
lierons lindi. » 

LiÈi>RE, Lierre. L'article et le mot latin hedero ; du grec 
lie ze in y se poser à demeure, s'asseoir. 

Lieu (mettre à), Mettre en place, serrer, ranger. 

LiEUR. B: Lueur. Se prononce Heur. 

Ligne. Cordeau des scieurs de long, qu'il noircissent et 
battent .sur !e bois pour indiquer le trait de scie. 

Ligner, B. et D'iigner, Faire l'opération ci-dessus. 

LiGNOU, B. Ligneul. — Sorte de chiefid^nt. — Filet de la 
langue, que l'on incise «à quelques enfants. De là ce dicton 
contre les grands parleurs : « çliéle çhi li a copé Xv. lif/non 
n'a sacredienne point volé soun arghent. /» — Autre fari- 
bole : « p'r feire de bons souliers, o faut l'empeigne de 
gosier de chantre: o ne prend pas rêve; la semêle dc: 
langue de femme : o ne s'use jhamés; yé 1' liynou do 
rancune de prêtre : o dure trejliou'. 

Ligou.sse, Epée, lame quelconqne. — Langue acérée. Lin- 
(jua, lingula est l'origine probable du mot. 



I-I 243 

LiLADiEu, Làlas, arbuste : Lclac, mot Per:5aii. 

Lime douce, Une mauvaise langue. 

LiMÊKO, B. Xuméro. 

LiMOCHER, Dimin. de Limer. Tout verbe peut diminuer ainsi. 

LiMOL'GHEAU, - cauclc, Habitants de Limoges. 

LiMOUNAS, Limouneaux, Limons de charrette, les deux, 
pièces parallèles à l'aiguille. 

Limousine, B. ou RouUère, Manteau en grosse étoffe. — 
Rentes limousines, brèches et dégradations que Ihiver 
f:iit aux murailles et que les maçons du Limousin ou plutôt 
de la Marche viennent réparer. 

LiNCEU, F. O. B. Linceul, pris dans le sens de drap de lit. 

LiNTOiR, Solive mise de travers pour en recevoir d'autres. 

LiNDi,B. Lundi. — Grillon des vignes ;B: Jeudi.Yoy. Seyin. 
C'est d'après le bruit qu'il fait avec ses élitres ; les enfants 
lui demandent: « Seyin, seyin, quand me feras-tu mes 
souliers ? » et l'insecte un peu serré entre les doigts ne 
manque pas de répondre : lindi. 

LiNGHÉ, Nippé, muni de linge. 

LiPODE, Renoncule jaune des champs. Aurait-on voulu dire 
Ellébore? Vov. Lesson, au mot Adonide. 

'LiODORE, lléliodore. 

XioTROPE, Iléhotrope, plante. --'Liolrope d'hiver, tussi- 
lai^^e cultivé. 

LiQUEURiSTE, 0. Plus régulier qne LioïK'TT^^^. 

LiRLONFA, Fredon de chanson. 

LiRON (rat), B. R Petit rat, mulot, confonlus aveo le Loir. 

Lisette, (Lesson), Liseron des champs. N'est pas Luziti»-^. 

LisoT, P. Hyssope. « Cafuurche du Lisot, » localité. Le 
mot Hyssope est grec et veut dire œil de samjlier. 

Lissé, Pour hsse : « le houx a les feuilles lisséijs. » 

Listeau, Listel. C'est le français qui demeure ancien. 

LisuT, B Lu, part, de lire : «a«^-tu lisut ta leçon ? » 



Î4t X.T. 

Lit de moulin, La ineulo de dessous. 

LiTRÉE : « lue liti^èe de l)ois ou de (•hain[), ^ une étendue 
longue et étroite. \ino Lisière. Du laliu Lira. 

LiURE, IL Lien d'un fagot, d'une gerbe, dun outil rompu. 
— Action de lier. 

LiVRABLLE. Propre à être livré. 

Livrée. Ruban du ])ouquet que Ton offre, qu'on Livre, au 
notiiire, au maire, dans les mariages et aux conviés ; au 
hourgoois, à la Hn îles vendanges, &c. 

Livret, La table de multiplication : «sais-tu bin t(m livret? »^ 
C'était contié aux entants sous f jrme de petit livre. 

LiZARD, K. H. Lézard. 

Lizarde, B. ou cnvjiUe, Lézarde, crevasse d'un mur. 

Lla. Glace. Mais Ua est masculin : dau lia. 

Llagheou, Glayeul, plante en forme de Glaive. 

Llande, Glande. Rapp. Egllancler. 

Llaude, Claude, nom d'homme. 

Llaumet, il Dimin. de Guillaume. 

Llène, Glane. — Lléner, Glaner. Lliénour, llié7ieuse. 

Lleurgheocs, Glissant; luhricus. 

Lleurgher, Glisser, malgré soi. « lleitrghc à matin, » le 
sol est glissant, par suite de dégel ou de pluie. 

Lli, B. Même sens que Li inrlirect, à lui, à elle. « Jhe lli 
dirons ou jhe /i dirons, ou dairons. » C'est, en tout, gli 
Italien. 

Lloube, Comme qui dirait Louhe ou Louve : morceau de 
bois ou de fer fendu pour retenir quelque chose, la chan- 
delle de résine, par exemple : le linge étendu, le nez du 
troupier qui a perdu au jeu de la drogue, &c. 

Llu, fém. Glu, à prendre les oiseaux. « O prend c'me a llu,^ 
et non pas : « c'me la llic. » Nous soupçonnons cet a d'être 
l'article élidé portugais ou Va anglais: a àed, at horae ; 
mais c'est le seul exemple à notre connaissance. 



Llù. masc. et long, Glui ou rhnume, aprèf» la moirisoii. 

Calamxis. 
Lluer, Faucliorlo Un. — IJuct, la faux dont on se sert. 
Llueur (ine), une Lueur. 
Llugrer, Enduire d'un corps gluant, luhrlcus. 

Llugrous, Qualité de co corps lui-même ou de ce qui en est 

enduit. 

LocER ; Voy. Loclicr. 

LociiANT (gras tout), Gras comme une 

Loche, B. Limace grise. 

LocnER, Hranler au manche, échapper au mouvement voulu. 
C'est probablement le verbe clocher, qui deviendra Los-- 
ser. 

LoD, Prononcé L6, féminin Lode \ Lent, paresseux, lam- 
bin. 

LoDER, Tarder, lamljiner. De l'angl. slow. 

Lof, Marine : Mouvement du navire qui vient plus près du 
vent ; le contraire ff arriver. — au lof! au lof\ partez 
vite ! bonsoir ! — Faire peter son lof, s'en aller subite- 
ment. 

LoGHE, B. Cabane en branchage ; niche de chien ; hutte, 
chaumière. Nom de localité très fréquent au pluriel. 

LoGiHS, Maison bourgeoise, intermédiaire entre la simple 
maison et le château. 

Loi, b. Se prononce Loué : « Ma foué, ma loué ! » 

Loin (de) en loin,0. De loin à loin. 

Loisi, 0. Osier. L'article encore sou lé au nom. 

LoLO, Nom enfantin pour Charlotte ; et aussi pour petit co- 
ch )n. C est le nom de certains vassaux de l'Empire chi- 
nois. 

Long (de tout son), 0. Tout de son long. 

LoNGAGNE, adj. O. et Lon go gnous, D'une lenteur qui im- 
patiente. 



iA).Nt.ni: (ol osi lie la), o a"e>t pas d'au {^liii^ot », Ci^la se fait 
att«MuîiY»trop lonjjttMiips. — .< A la hni(//n' », ri la longin'. 

LoNGiiÊE, Lisière, surtoiit de terrain : ♦ ino longhec de 
pré. 

LoNr.HErR. Longueur. 

LoNGiu^. Le!)*, tmitinnl. iiahituéà faire attendre longlein^is. 

I/ONoriTiDE de icMip^, Longueur d«* temps. C'est Clian- 
froisè. 

L(K>rENCE, R. H. Fonvde la voix : * elieu prédicateur at ine 
houne loquence. » C.-à-d. il parl<^ f«>rt : c'est hèlas ! tonte 
rèlo«inence pour eux ! 

LoQrKT. P.. Pour le hoquet: l'article avec le nom. Qunnd on 
a le loqHof, il faut dire sept fois d'une haleine : <( J'hai le 
loquet. Dieu m' la fi\it ; Dominû, jh' l'aurai p'û. » Et la 
recette est sûre, le remède consistant à retenir sa respi- 
ration. Avec cela, donc par cela ; sophisme vulf^aire et 
général. 

LogUET.v. Petit loquet de porte, en bois, oi'dinairement. Ce 
lo(juet-ci a rap[>ort à l'anj^^l. Luck, appendice, frisure. 

LoQUETER, B. Secouer un loquet de porte, pour ouvrir. 

LoRET, Sobriquet amical, atloucide Soret ou. de lofl, (v. ces 
mots) : »V'là, mon grand Loret de drôle. » Il y a le fé- 
minin Lorette, qui n'a nullement le même sens qu'à Paris. 

LoRiNER, Attendre sans motif, bayer aux corneilles, faire 
comme le lièvre qui drea^e Y oreille et s'arrête. 

LoRiou, Loriot ; Italien Yoriolo, l'oiseau d'or. Palissy con- 
serve judicieusement l'apostrophe : L'iJriou. 

LoRiv.\UT, (L'or il vaut), nom de localité. Si on l'explique 
L'or y vaut, ce nom peut convenir à toute la terre. 

LossE, Langue, mauvaise langue. Du grec (jlossê, 

LossER, GHsser de placp, se luxer. De ce mot ou de clocher. 
Voy. Loche r. 

1>jt, L^nt. Voy. Lod. 

LoTER. 0. Mettre en loterie. 



Lou, B. Pronom ul»jf'Ctif Lf», à In fin «le la phrase : « uni 
frèro sVn vaî : a|>pele-/o<^ » L<^ ff'-in. f'st In. ]o iviure 
zou. 

LouBAT, Louveteau. — Nom do chien, ou Lonhvf. 

LouBF. Vi. Louve. — Lorihcrio, conduite (hg:n«^ des Loups, 
(bien plustùt do certains hommes), tromperie et rapine ré- 
ciproques ; ou est alors dans un loiihicr. 

LorBiNE, Gros et bon poisson, du genre Mulet. Le Lupus 
des anciens, sans doute. 

Loue, Dans (pieh^ues cantons, pour tout, Loup. Lucet, son 
œil luit ^ 

Loue (la), B. L'asseuddée où se louent, ^m s accueillent h.'S 
domestiques et les ouvriers. -< Pi-endreà la loue . » 

LoT'is-D*OR, Ainsi se disent encore, par routine, les pièces 
d'or à toute autre effigie (pie celle de Louis ; et nos gens 
comptent vohMitiers < "^T) Louis-d'or eî deux pistoles, * 
au lieu de G*.:?0 francs. 

LouLOUT, Nom de chien, surtout de cette espèce de caniches 
adoptée par les C(mducteurs de diligences. 

LoUMiGNON, Lumignon: principalement la mèche de la clian- 
delle de résine, et le gros hl de rapriil pour la i'air*'. 
«< Que* lilez-vous là? — l)au loumir/non. » 

LoLT, Loup. < Aie a vu le lout, a* n'a pas poure. » ( i'est-à- 
dire elle a vu le loup avant d'en être vue; car on sait, 
de{)uis le bon Virgile, (pie, dans le cas contraire, on perd 
la voix. — « Connu c'me le loul-hllnnc, » ( •. <onime 
Karrabas à la Passion. 

LorviER, Lucarne sur les toits. 

Lucane, Lucarne. Poui'quoi un /■ dans (v^ mot du d»tux 
verbe Iaicc^ 

LiTHAiLLER. Diiuinut if d»^ LucJtor. 

LrcHA'r. (iomunuiedu canton de Snujon. ai'rondi"isement de 
Saintes. Duceit, lAi,ei\\\. ou <le Luro, luis ; ce (pii peut 
être le même l'adical : l'eau lu'ille et la lumière coule ; 
L. Lu, Lou. — llabirants : Luchadais. 

Ll( HKF. (^«Mpi'«m enlève connue avec la langue, um^ petite 



chose pn>i<' à 1m (ItM'cibéc. Par cxemplo: luu; litrée d'iu'irbft 
fauchée dans le pré (hi voisin. — Une petite trahison. 

LmiKii. Lécher, i^rec Lric/tr. — Tromper, frauder: « 1' m'a 
htcliè ; \ i\ me hichera p'us. » 

LiTHK-PLL.VT (in). Un friand, un ]»arasile, un picpie-assiette. 
— Luchc — Chien de manchon. 

LfETTEs, ou Ahtellcs, 11. Cartes espagnoles. — Luchita^ 
petite luite ? 

LiM.\T, B. Limace rou£(eâtre. Limas. Il y a hï-dcssus une 
rimoire de nourrice, dont l'article Lumat seul manque 
de vérité; «les g'rneuiir n'ont point de coue ; les crapauds 
sont tout courtauts ; les cagouill' montrant les cornes ; 
les lumat disant gouvat. » 

LuMÉRO, Numéro. 

LcNÂ. Variante de Lune t ^< n'}' at ni lune ni luna.. » La 
plupart des noms se prêtent à ce jeu de genre, comme aux 
diminutifs, augmentatifs, dépréciatifs etc. 

LuN.\u, B. Qui a une lune au front. Nom decliien, de bœuf 
et même d'homme. 

Lune (Vin de), J. Fait de raisins volés, au clair de lune. — 
Jean de la lune, surnom des mnraudeurs de nuit. — 
Lunais n, 0. « J'haurons de la plleue toute çhêl^ lune. » 

Luquet, Petite niche pratiquée dans l'embrasure d'une fe- 
nêtre : Nid, pour nous, de bons et enfantins souvenirs ! 

Lusî, Lu re. 

LrsipER, Prononciation de Nénuphar, plant<* aquatique. V. 
Piéde bœu. 

LrsTUCRT'T, Personnage fantastique, mis plaieammeet t\.\x 
lieu et place de ceux que l'on ne veut pas nommei* : « Çhi 
a fait çheu ? — ol est Lustucrut . » De l'eus.se.s-tu crû. » 

Li'ZETTi:. B. Gesse sans feuilles, (Lesson). 



3I.V Zi3 



M 



Maciî::, {A bref) Arrôte-bœuf ou r>ii^n\anf\ i)]aiito.La racinn 
se laisse Mâcher iin;)uneineiit ; jMCE , coup ; Machc, 
combat. 

Macheu, (A bref), B. IMeurtrir : « avoir lesj-eux. ruachés, » 
battus, cernés : « Fruits macJïés » meurtris. 

^^.I.vcîipxou (in), Baille traversée par un fort bâton et que 
l'on porte à deux, sur les épaules. V. Ocale. 

Machin, Terme banal pour désigner tout objet dont le nom 
ne vient pas, ou ne doit pas venir, ou dont la construction 
n'est pas bien comprise. Id. en Berry. Une singularité, c'est 
que }K)ur désigner un homme dont le nom échappe ils n.i 
diront pas wach in, mais jnachine, synonyme dechoiisr: 
« CJtousc, là las, machine, de chez choiise, le niait' 
d'école, Tiia fcit voir, in machin çhi feit c neutre 
quand non a freit ou chaud : quand n on a frelt, o 
descend en bas ; quand non a chaud, o monte en 
jhaut ; ol est bin c mode. > 

^ÎACHnUR, (.1 bref,) Maquette grossière à un seul couteau, 
pour commencer à tiller le chanvre. 

MackuPvE, (A bref), B. II. (^)ntusi(m qui laisse trace ; bleu, 
(sabst). à lasuited'un coup. « Poire et fillemùre, sujiiette 
à machure. »}^rov. Tous ces mach brefs vien-nent du 
grec machou, combats; tandis que Mâcher vient de mae, 
mastica, nourris. 



Cil* 



5^0 ' 3rA 

Macoune, Maçonnerie. € Maçonne (riiiver Maronne d'en- 
fer. » Prov. très-solide, si la gelée ne l'a prise. 

Madelon, B. Madclonne, dim. de Madeleine. O : Magali ; 
Lim : Meyzelie, Meyzclon. 

Madré, masc. Sèbilleen bois. Du breton Meidr, grec Me- 
tron, mesure. 

Ma FI ! ma fn^! lua fri ! ma friqur ! dimin. de Ma 
foi ! 

Mafoidienne, Déguisement de ma foi Dieu, ou de Dieu ! 

Magherie, Plagie, Comme Jhaloiiserie, &c. 

Magner, B : Marjnier, ]\Ianier. 

Magm-magnos, (tout mouillé). Deux mots latins :les grands, 
les puissants, les riches : « ol est in grous Mar/ni-ma- 
(jnos. » 

Magnocher, Magnat er, B. Manier petit et souvent. 

Magot, R : Macault, de Thébr. : MGD, abondance ; Tré- 
sor, caché ; part que l'on se fait en cachette : « Il a trou^ é 
le magot. Il a fait son magot. » 

Maguelot, En parlant surtout du pain : c ;mpacteet inéga- 
lement cuit, fait en Mie-Mac. Du grec etlat. magm.a, ré- 
sidu. 

Mai, b. Aubépine en fleur. « Y'ia du Mai. » — Les petits 
r-hats venus en Mai, et ils sont nombreux, passent pour 
ne rien valoir. Cette opinion s"étend un peu aux enfants, 
qu'elle ose menacer de folie. Conception d'août. 

Maigre. Subst. B. (Jreux, fîache à une pierre ou à une pièce 
de bois : Voy. Gras. — Sorte d*om])re, poisison ; il. P. 
Ro : maigrà. C)n dit d'un cheval ou d'un mulet étique et 
même d'un chrétien : « I' vint delà Rochèle : il est char- 
^hé de maigre. y> — Maigrelet, maigrelin,B. rnai- 
gret. m^iigristin , 'lUaigrot^ diminutif de l'adj. Mai- 
gre. 

Maigres!, Maigi-ir. 

Mail, Énorme Maillet en bois, à long manche souple, pour 
fendre des bûches. — ^ Tenî le ynail p'r la coue, » être 



maîtrode son affiiirc, siir (les(»ufait. — Ancien prome- 
noir planté d'arbres ; delà, Maillé, nom d(? lieu. 

Maillé, Cheval de limon ; attelé aux mailles du collier. 

Mailler, Accrocher à des mailles, spécialement à celles de 
la corde à puits : « a' n'avoit pas maillé; le sillà a chet 
dans le poi. » 

^Iaillociie, Grosse V^ie dure, cahoche. 
Maillociier, Cogner comme avec une nuiilloche. 
Maillociion, Petite mailloche, petit maillet. 

Maillon, Chaînon des mailles à puits, lesquelles se disent 
toujours au pluriel. 

Main (être à sa), B. Du côté qu'il faut pour mettre eu avant 
la main liabituée, soit droite, soit gauche. — Avoir bonne 
main, 0. la main heureuse. — La bonne main, la droite, 
— la mauvaise main, la maie main, A. la gauche (sinis- 
tra). — Porter son cœur sur la main, 0. être franc, sans 
détour. — Main de gore, ou de gaurre, R. B. Charme 
secret, sortilège qui l'ait réussir, surtout à gagner de l'ar- 
gent. Serait-ce un souvenir détourné des rc^/'^i^^ attribuées 
jadis à la Mandragore ? — Main-morte, jeu de nourrice : 
la maman prend la main de l'enfant et l'engage à la laisser 
balante ; l'agitant doucement , elle dit plusieurs fois : 
Main-morte, main-morte, et puis tout à coup : Dieu 
l'emporte, et en donne un petit soufilet-bijou à elle ou au 
poupon, et de rire tous deux. C"est mieux que l'affreuse 
main-morte de la féodalité. 

Maine, Manoir et terres qui en dépendent, devenu nom de 
locaUté : Le Maine-Bouquet, le Maine-Sajard, è.c. 
Ro : /;ie5."« Mes- Arnaud. * 

Mairerie, Mairie. 

Maïs, b. Plus, davantage, comme le latin magis (de Thébr. 
MGD), comme dans Je n'en peux mais. Se prononce mes : 
« y en at mais d'in. N'y en at pas mais. » 

Maison, Seprononre J/(?50?z,et dans lemidi, meson. Dicton 
contre les avares : « ol est la maisond'diW bon Dieu: n'on 
n'v boit ni n'on n'v man^rhe. » 



552 31 ^V 

^Iaisounlk, La famille et les gens, liabitant la même mai- 
son . 

Mait, B. K : Mai et hicl : Rousseau : M(n/ ; du latin mac- 
fra ; Iluclieà pétrir l(q)ain et à le loi^er, une l'ois cuit. 
I>ieton contre une routine excessive : « il est c'me le scr- 
glient Yillot çlii nepouvoit écrire que su' sa 7}ia7L » 

Maître, Mallrcsse, B. Titre d'honneur déféré par les jour- 
naliers aux bons paysans , c.-à-d. aux propriétaires qui 
travaillent encore de leur bras, qui ne font pas les bour- 
geois : « Maître in tel ; la iiiaitresse ine tèle, » sans 
féjiiniser ici le nom du mari : « maître Simon ; la maî- 
tresse Simon. » Leurs domestiques et leurs bordiers di- 
i^ent bien en parlant d'eiw^iouf bourgheois, nouV boitr- 
fjheoise ; mais ces mots n'ont pas alors la petite nuance 
d'envie et d'hostilité dont ils ne sont point exempts lors- 
qu'il s'agit de vrais bourgeois, quà semblent oisifs, des 
'/uessieurs. — Maître-brin, la tige principale. — Maî- 
tre-valet, celui que le vrai maître a chargéde commander 
les autres. 

Mal, Synonyme de Mau. — Mal-cadut, haut-mal, B: 
r/rous mal, l'épilepsie ; : mal, simplement. — Adv. 
^< ol érat jual ! > 

Mai.ader, Faire une maladie qui retient au lit : « a-t-i' 
)/i«/«t/6f longtemps ? » 

}.1aladei;x, B. Maladoûs, Maladif. It. amrnalato. Se dit 
souvent de l'atmosphère : « in temps nialadous, » qui 
semble ou qui rend malade. 

Maladroi.«>:se, en chanfroisant, pour Maladresse ; car ils 
di.seut Adresse et Maladreit. 

Malaisie (la), La femme en style de mari ; de bon mari ; car 
des maris méchants ne trouveraient point les femmes 
malaisies. 

Mal.aisiné, Qui ne peut pas agir â son aise. — Qui est in- 
commodé, surtout d'une hernie. 

Malaisit. Malaisie ,^\ii\ aisé, mal aisée, difficile. 

Malagauche, b. Variante de maladroit. 

M.ù.AGur:v. Inversion pour magasin. 



31. V 2Ô3 

M\LA\, Gi*oîiS.3ur provaiiant cb m.ila.Ue, et orJiaairûmoiit 
scrophuleiise. 

Malandre, B. masc. Tout mal apparent, non saulemont aux 
chevaux et aux bois de charpente, connue en français, 
mais aux hommes. 

xJÀi.E. 3. Homme fort et \igoureux : « in biâ mâle. » — Ad- 
ject. apphqué, souvent à faux, aux plantes dioïqnes ; aux 
arbres et surtout aux ceps de vigne qui sont stériles. 

Mâle bête (la), La ganipote, le h)upgarou, le Je no sais 
quoi des pauvres ignorants et peureux. 

Malendurant, B. Peu patient, exigeant, hargneux. 

INÎALGAGNE, fém. Tàclic mal faite, galvaudée. — Entreprise 
où l'on gagne peu. 

Ma'gré, Malgré. — Magrè que, 0. Quoique. 

Malheur (Feire in), B. Tuer quelque bête, fut-ce un poulet. 
Casser quelque chose. Expression souvent plaisante ; dont 
on abuse à tous coups dans quel malheur ! mais, comme 
elle emporte une idée de crime, on dit bien, et très bien : 
« Le bon Dieu ne feit point de malheur. » 

Maliiureux, b. 0. Malheureux. — <.< Ah! malhiireuxl » 
Exclamation d'étonnoment, même pour le bien, tant c'est 
le malheur qui est le plus familier ! 

Malicieux, Se dit du temps qui menace d'orage ou de pluie. 

Malin, Maline, B. Difficile à faire ou à comprendre. — Fini, 
bien trouvé. « V'ià çhi n'est pas bein malin ! » 

Maline, Terme de marine, grande marée, celles de la pleine 
et de la nouvelle lune, — Nota. Les marins se disent, en 
se complimentant, les malins. 

Maliner, Se dit.des abeilles excitées, des mouches importu- 
nes, de tout ce qui est en Malice et en nombre. Voy. 
Bmalî. 

Malinù, Drap mérinos : « ine robe de malino. » Voilà le 
mouton espagnol singulièrement transformé. 

!^L\LIRA dondaine, 7nalira dondé, Refrain de rondes : 
sans doute : ma lii^a ou m.a rira , et non mal ira. 



1.54 31. V 

Maltuùte, Maltôte ; impôt m:il assis, mal levé, maie tolto, 
AiTREFois ; aujourd'hui, toute malversation, IrauJe, vo- 
lerie : « Y toit la hailioùtc. » 

MALyAT(in), Un mauvais sujet, un liommo en train de se 
faire poursuivre ou de se ruiner. 

Malvau, Mal vaut, male-vallée, ou chose ne valant rien. 
Nom de localité : « Fief de Malvau. » On dit aussi : 
« charrue de Malcauf, » triste ménage ou association. 

M'ame, B. Madame : « ^^an^e ine tèle. » 

M'amie, B. Ma amie, mon amie ; et non pas ma mie, qui ne 
signifie rien. 

Mancheron, Dimin. de Manjhe de vêtement: « étreen man- 
cJierons (àechemUQ) » — Dimin. de manche d'outil, 
dans mancherons de charrue. 

Manchettes (douner in paire de), B. Prendre entre deux 
doigts les os du poignet et opérer un mouvement de rota- 
tion douloureux à celui qui est pris ainsi. 

Mancrot, b. Manchot ; lat. Mancus (manu corruptus, 
ou captus) d'où viendra Manquer. Mancrot est fort 
bon, puisqu'on dit bancroche. 

Mander, 0. Terme de boulangerie : avertir que le four ba- 
nal est chaud. Gela se fait à l'aide d'un de ces gros coquil- 
lages dans lesquels on corne. 

Mandrer, 0. [Serait peut-être mieux écrit menclrer : dimi- 
nuer, devenir Moindre. 

Mandrille, 0. Mandille. —Loque, lambeau. 

Mangiieaison, Démangeaison. — Empiétement des plantes 
sauvages sur la culture : « o veint des ortrughes (orties) 
quoi est ine mangiieaison ! » 

Mangheoire, 0. S'applique même à l'augette d'un oiseau. 

Mangher, 0. — « être Manghé (les puces. » — « Qu'as-tu 
manghé uneut. '^^ ^ Quelle mouche t'a piqué ? — Dimin. 
ManfjJieotter, Dérivés : manrjheour, mangherie, &c. 

Maniclle, R. b. 0. Maniqup. 



31 .4. ^:') 



Manier, B. Se dit concurremment avec Miignt^r : par exem- 
ple, pour liàte-toi donc, ils diront : « Manie-ie donc ; » 
mais à rinfinitif : se magnor. 

Manière (en) do, B. Par forme de, en ressemblance à. — 
« De la manière que, » de quelle niraiière. 

Manifique et point che)\ plaisanterie : m^gaifi'-|ue, etc. 

Manigat, Manigate, Vif, actif, qui bien se luanie. 

Manne. Malle. 

^ÎANNEÇiiiN , }.Iannequin . 

'Manquablle, B. Syncope d'immanquable, mais signifiant 
seulement probable, possible : « 'manquablle qu*o rnouil- 
lerat demain. » 

Manque, B. 0. Faute, défectuosité : « v'ià in manque, ou 
ine manque ; — trouver de manque, » de moins. 

^Manquer, B. Tomber dans le besoin. « Je te promets que tu 
ne manqueras jhamais. » 

Mantà, Manteau. 

Manuciie, Petite main. 

Mâr, B. Le mois de Mars, qui même se prononce Ma : «ma. 
mangheroit Touaille et ligna; encore in jour, laB'rghère 
étout. » « A la Notre-Dame de Ma (le ^5), clialeuil à 
bas ! » — Mat de navire : « le grand niàr. > Cest L de 
malus changé en R, comme à NaplesetàVenise : Ciar- 
dini, Garihardi, pour Cialdini, Garibaldi. 

Maragner, Maranci\ Fatiguer et s'ennuyer tout à la fois ; 
mener une vie deMaragne, de Maure soumis aux Espa- 
gnols. 

Marais Nous mettons ce mot afin de pouvoir citer les sept 
béatitudes Saintongeaises : «Regaine, pré; pique, bouyé; 
pousse, forêt ; sale, marais ; fouette, cocher ; vire, mou- 
lin : voici mon navire qui vient. » La vigne, béatitude su- 
prême, était encore peu connue. 

Marbrou, Malborough, dans la fameuse chanson : « Mar- 
hrou s'en va-t-en guerre, y que le t nous autoriserait à 
réclamer. 

Marchand, 0. Acquéreur : « jhc vendris, si jhe trouvis 
tnarchand . > 



C5') 31 A 

MARriiF.-à-TERî^E, Le nom do tous ('«nix que Ton n»^ pont ou 
lie ViHi: nomnu'r; le Porsonno il'Ul^'sso chez l\)lyph(Mn(\ 

Marchegai, il V. Autre nom c1(j j^uei-rc — Vn fusil. 

Marchetïk, Détente do piêgc. — Mot lihre. 

Mardkfer, Pour 'marc ou )nar(!c de fer ; Mâchefer. 

Mardigras (in), lu masque, personne masquée; chose 
ciîVayante et répuL^nante aux. canipaiî^narJs : «.< vilain, 
disent-ils, c'me in mardigras.» 

MarkchaussÊk, A'ieux mot pour gendarmerie. On joue 
vilainement là-dessus : rnarde ècliaufp'O. 

Marknaud, Do Marennes. — Nom de bœuf, comme 
inaranSy Ȕs:c. 

Margail. Confusion, désordi'c, cliaos. De marc, qui vient 
«le MRH, froissement. En (.). ruargal est le raygras, 
plante. 

Margot, B. la Pie. — Autrefois diminutif, aujourd'hui dê- 
préciatif de Marguerite. Sous-diminutif: Margotûn. 

MARGori.KTTE, B. Màchoiro, en mauvaise part : « jhe te 
casserai la margoidclte. — Par abus, le scrotum. 

Margré, et souvent ma' g ré. Malgré : « margrc zeux. » 
— Margrc que, 0. quoique. 

?vÎARGUiTE, Marguerite. 

Mariaghe, B. Dot. « \S'A bon mariage, dit très bien le 
Glossaire du centre, n'impli(|ue pas toujours un bon 
mari. > 

Marichau, Maréchal. — Petit oiseau à tète fumée. Voyez 
Vitrac. 

Mario NAC, Commune marécageuse du canton de Pons. 

Maringote, Charrette à un cheval, avec une petite capote 
sur le devant. A la façon de Marengo ? 

Marion, D'où marionnette, dimin. de Marie. Jeu de mots 
■ à ce sujet: * marion ! marions-la. * 

Marîour, Epouscur : <^ in l^ià marioiu% ma foi î » 

Maritox, Diniin. plus caressant de Marie ; c'est presque 
Mariquita espagnol. 



yi.\. ? 



:c«)/ 



M.viii.i:, M(*ri«\ qui so dit aussi. — (iars de jiea do valoiir : 
« Ali ! le jhoîi. ///^r/^/ » Dirniii. ynarlauf/, 15. *< cheire dn 
rûci-le k'Xi biiise et de biss3 (Mi i''n, i> déchoir, ai)outir à la 
r;iiu.}. 

]\ÎARM.\xnE, 0. Xom do ville, pri.sen dérision pour mei'veilli* : 
« diroit-on pas qu'il a leit Manvandel » Va\ Hcim-v, c'est 
Milan, (.souvenir de l^ituitus peut-être) qui svniholise la 
richesse i(!oale: reni|)lacé cependant parle Pérou, (jii'nu 
a.ssocie, chez nous et ailleurs, avec la Saintonge. 

Marmoti:, 0. Hanneton. S : Bronlard (mot ouldié). 

M.VR.Morx, Méduse, pnlvpe de mer. Du grec ynorviid, épou- 
vantail. 11 y a p<HnHant de fort jolies méduses. 

Marotte, Iî. pour ^lariote, tèie à r^Iarie; gros bout d'un 
bâton; voy. Ricoche. — Tète en carton à lu.sage des 
monteuses de bonnets (h» temme ; nous pourrions dire 
modistes : toutes le sont. — Camomille des champs. 

Maroî'il, Trèfle des prés. 

Marqui': (papiei ), Papier timbré. — < ( » n'en sera r,nrrrjh'p. >s 
L*enf;int qu'une l'cMuine jiorte dans son sein aura quelque 
manpie de s(ni Envie, (voy. ce mot) si cette envie n'est 
pas satisfaite. 

Martie, R. r>. îîovau : foui'chu, au Midi. Ital. luarra ,-celt. 

Marrochon. iv. P). Petite marre, tranchante d'un coté, 
fourchue de l'autre. 

Marrotner. h. rrro;:ner en aUj^oi-s-sant. 

MARSÈriiE: Limousin. Les ^^rains semés au mois de mars. 

Martoî-rît. Mijrfom'ie, Meurtri, meurtrie. 

Mautréches, Gros nuages de ?\Iai-s. 

^L\?vZi^LE. Mar^-elle. 

^[As , ]l. \) ( K Uo : Mes. liaison et terres qui en dép'^nder.t. 
— Nr.m de localité : Mas d'Az-if, <yn:. — Xom d'iionmie : 
Daifnias, DehiUfS, Diwias. — P. Sorte d'échi.se auK 
marais salnnts. 

MasauIJIN, pour magasin. Voy. Malofjv.in. 

27. 



Masser. Batire av(V luio inas.so. par oxemp. Tarj^ilc?, la 
Xovvo. 

Mat. (-1 bîvf), Plat au g-n'it, comme du vin avec trop d'eau. 

MATE, (.1 long), Ka parlant dos plantes, fiètri, tombant de 
langueur, par l)l(îssure ou faute d'eau. Marcidus. 

MATER (Se). St^ rcnlresser, comme un màt ; s'emporter. — 

— Mater actif : dresser debout une longue pièce cou- 
chée. 

Matin (ù). Ce matin, R : à ce matin, — flan uiatin ; du 
matin, B. De bon matin. 

MÀTROT'iLLER, Mâclior lentement, sans goût. 

Matte, Le bord de la mer ou de la Gironde, battu à chaque 
marée par les flots, maté, massé: pur grec. Matton, îlot 
détaché delà Matte. — («rumeau dans la pâte ou ailleurs. 

— Ro : Jardin niaralcdier. V. Moite. 

Mal", 13. Mal, subst. « se feire dau niait. — Donner in mau » 
ensorceler. — Man commence plusieurs noms, de loca- 
lité surtout, et quelques autren mots, conime en français 

me: vieux franc, mau : >hiuc]erc. 

MaubÈciie, Alouette de mer de nos côtes, facile à piiver. 

Maufas.a_nt, B. ^h^lfai.sant. 

Matfiner. Manquer, ^\o\v faim r/o/c;z/e de quelq. cho.'<e. 

Mattrâ, Méchant : Mal feras. 

MAt:.iiiETTES, Haricots : faisant jeter mau. ..vais air. Voy. 
rnonjhettcs. 

Maimau, Terme enfantin pour mal. \ . Babu. 

Mai'Rion, Mouron, plante. — Jeu de mots sur un jdant qui 
va mourir : « ol est dau maurion. » 

MArvAis(le), I>. I>e diable Les anciens protestants tradui- 
saient ainsi le dernier mot de l'oraison dominicale : « Dé- 
livre nous du tpaurais, » et non du mal. 

Mat'vais r///^?2, B. Chien enragé. P^iiphémisme par pru- 
• dence. — Homme dangereux. 

Mat'vaiseté, F. B. Régnier. Malice. 

MazaPvINe. b. Grande casserole en terre,, apportée sans 



3ir: • 559 



doute d'Italie par le cardinal Mazarin... pour i'trt^ chan- 
gée en or, pour lui et les siens. 

Mazeroi.es, Commune du canton de Pons, qui renferme un 
autre bourg nommé Machcne ;ce nom sentie combat et 
Mazeroles, la masure. — « A'vat à Machcne ; ^ dit-on 
d'une femme battue. Y. mâcher — Habitants: Mazero- 
lais, Machénais, 

MÈCHE. B. ]\Ioyen. « X y a pas uiéclte. » Souvenir des ar- 
quebuses et canons à mèche, qui savaient mal tuer. On y a 
mis ordre, surtout de nos jours. Y. Pllan. 

Méc'neùtre, Méconnaître, — ne pas connaître du tout. 

MÉ'cREDi, B. 0. Ancien bon français, Mercredi. 

MÈcREiRE, B. Ancien français, Mécroire; ne pas croire du- 
tout. Participe : mécreyut — ue. 

Medale, Medrale, Médaille ; tout débris de métal est de la 
mcdale, quand ce n'est ni argent ni or. 

Médis, Commune du canton de Saujon. arrondissement de 
Saintes. De mcte, breton Medi, moissonne, moisson. — 
Habitante : Medillon-oune ? 

Medot. Médoc ; miUeu des eaux, presqu'île. 

Medochin, M'doçhine, Mêdocjuin, médoquine. — ine me- 
doçhiiie, orage du sud-ouest, redouté en Saintonge. 

MÉGARD exprès (p'r), à dessein , sans l'avouer. 

Meilleu, b. Milieu. 

Meimprendre (se), Se méprendre. Meimprise, méprise. 

Meimpris, b. Mépris. Meimpriser, mépriser, 

Mein, Mien, fém. mené, les deux e muets ou à peu près. 

Meindrai, Meindrons, futur du verbe Mener. 

Meinme, b. Même. — à meinme B. est plus absolu que le 
français A même : « Prendre à meinme \ boire à mein- 
me (le vase). — Meiwmement y B. Mèmement. R. 

Meinmoire, b. Mémoire. Intelligence. 

Meis, Davantage, ou disjonction, Y. Mais. 

Melagnous, Qui se sèche, sefléti-it. Yoy. mêler. 



Melanoiies, Fruités >ôclu"»s au foui'. 

M'i.ASSE, Mélasse. ♦ Douxo'nio la m'inssr. y 

Mri.r:. R. I>. A'ieux tVanr. hiesle,(!i\x lai. éncspilum ; NefTi<», 
(où l'on a chaiiî^^é m en ;i). « Dopcu la cerise jos(ju'à la 
mêle, le faiixuant est trejhou henèse. s> Proverbe.— 
< L'annôt des grous^es iitch'S » sii^nifi(» une année rare et 
heureuse, ou impossible. — Mc/i\ r, H. nelHier. 

Mêler, P. Sécher, se dessécher, au soleil ou au four; s'adou- 
cir comme miel, ou devenir jaune. 

Melice, Milice. * Tirer ù la in lice, > au sort pour le recru- 
tement. 

Mélisse, Plante. On dit aussi : <■< doux c'mela mélisse. * 

Melon. Bourdon ; qui clierche le miel ; ou bien c'est une 
onomatopée. — Poire rnelon, poire doyenné. — Nom 
d'homme. Quolibet grossier sur Melon et Meluche qui 
faisaient un four : « Melon fasoit la goule et Mc-luche lo 
ehu. » 

Melouner, Bourdonner. 

Meloijr, Petite claie ronde ou corbeille pour faire mêler 
les fruits. 

M'man et même 'm an, Maman. 

MÊME, 7n')né, B. Grand mère. 

M'.N, Féminin mené, B. Mon, mien, mienne. Yoy. Meiyi. 
— « M' n houme est malade. » « V'iâ ta queneuille ; donne 
rae la mené. > 

MÈNAGHEiiENT. B. Bonne économie. 

MÉNAGHER, Adject. B. En ironie, maraudeur, subtil à s'em- 
parer des choses peu surveillées. 

Mendie.n, (prononcez iin), rnendienne , 0. Mendiant, 
mendiante. 

Mendiouner, B. Variante de ?î?enVi?zen72er; faire un petit 
repas entre celui de midi et celui du soir. 

Mener c/aii brut, ou du bruit, 0. B. Amyot, Marot, Palissy, 
quelques modernes; Faire du bruit. — Mener une dan^e, 
une chanson, la conduira. — Une bvjhée ou lessive, la 
couler. 



Meneï, t/cjnetto, C). lii^ot, biLi:(jte. Erynioloi^'ie iuceitaiiie : 
menin des prùtns ? SlcssiiLcf r* Amateur ilo messe.'' ? 

^Iknettes, Petites mains. 

Mem', B: mcnine. Marraine. Matrina. 

Memche, menocïie, tiienuchc, ^Wurni. caressants de Main. 

Menotte, Petite main, français pour une main d'enlant. Va 
très bien avec 7;(??îî(^ C'est ch(jse horrible que les rigueurs 
criminelles aient usurpé ce mot pour v.n in>îrument de 
supplice ; rien ne fait mieux voir condjien les vieux lèîjis- 
tes étaient barbares. 

Menou, rninou, Termes enfantins pour appeler Je chat. 

Menolèue, B. (nous ne l'avons pas entendu en Saintonge), 
Poignée du milieu au fauntancha du ddil, ou delà faux 
et avec laquelle la main droite Mène en elfet l'instrument. 

Mexsonghe, B. Petite tache qui vient aux ongles et qui 
iadique, pretemd-on, que l'on a autant de fois menti. — 
Noyau quelconque d'un peloton de fil ou de laine ; expres- 
sion fine, qui ne serait que trop applicable aux pelotons 
des sectes et de la diplomatie. 

Ment.vte, : mentàtre, rnentastre, grosse Menthe des 
haies. 

MenteFwIe, Toujours pour Mensonge, qui ne se dit guères. 

Mentounette, Mentonnière. 

Menusailles, Menuailles. 

Menusettes, Idem, en plus petite proportion. 

Menusier, b. et raenuserie, P. Menuisier, menuiserie. 

Menuson, Plus petit encore que rncnusette. 

Menusserie, b. Minutie. Menuiserie au moral. 

Mer (vent de), B. Vent d'ouest ; Zéphyre, chez nous peu ami 
de Flore. 

MÉRAi, rnéras, &c., B. Syncopes de Mènerai, Mèneras. 

Mêr.^tolie, F. R. Mélancolie. 

MÉRATRE, Marâtre. Le français n'a pas Péràtre. 

M*RCER0N. Petit mercier. 



55J 311»: 

M'kciku. Mercier. — Xoiii proi»!'»'. 

Merdk de coçhu ou i!e cducuu, H. Gomme qui vient aux 
arbres. 

MÈRE (lu vinaigre, la Lie qui en conserve la force. — « De 
toute5> les mères, » B. do toutes les espèces ou qualités. 

Meriennkk, h. qui se dit aussi i)ia?^iennée ; Partie du jour 
jusqu'à l'heure méridienne, jusqu'à midi. 

Merie.nner, pour Mèridienner ; se dit des brebis qui à midi 
se serrent toutes ensemble, la tète de Tune sous le ventre 
de l'autre, pour sonnneiller, un peu à couvert du soleil. 
« merienne dejlià, tant qu'o feit de chaud ! » 

MÉRINE, B. Plus joli et plus régulier que Marraine, comme 
diminutif de Mère. Il y a une jolie poésie santone sur ce 
mot. 

MÉRITÉ, Subst. Bouquet blanc artificiel attaché au bonnet de 
la jeune fille qui se marie ; signe de pureté immaculée, et 
très-ordinairement digne de son nom. 

M'rlesse, 0. Merlate, Femelle du merle. 

M'rlaud, B. Marlaud, in?det, mrlut. Jeune merle. — 
M rlet est aussi le nom des bœufs qui ont beaucoup de 
noir ; fem. rarleitc. — Nom d'hommes. 

Merlu, P. Merluche, poisson. 

M'rluche, b. Jeune ra rlesse. 

M'rvée, Renversement de vennée, pêche aux anguilles, 
appâtées avec des \ers au bout d'un simple bâton. 

Merveille, Pâtisserie de ménage : pâte découpée à petits 
grdlages, que l'on tortille et que l'on plonge dans la graisse 
bouillante/^avec un effet merveilleux. 

MES, Ro. P. Maine, Y. Maine, 

Meschers, Commune du canton de Cozes, arrondissement 
de Saintes. Ducelt. M fis, Gland de chêne, forêt de chênes 
verts. — Plabitants : Michelais — aise. 

Métal, Met au, Métal. 

MÉTAYER se prononce mèta-ycr. 



]M;<:tive, Moisson; ^Ip toni ps drs nu'ti rrs .^ Leprr.iinqiiproii 
«l(Mine au nictivier, à l'oiivrif^r (|iii fait les moissons. Mi- 
^«/;/er s'emploie aussi parerreur pour colon pnrriaire, pour 
méta*}'er, qui n*"» vient pas de ritctere, nioiss()nn(M\ mais lie 
mediu'iii moitié. Néanmoins ils disent bien métairie. 

^Iet, Voy. Mnit. 

Mktraissk, Prononciation renversée de maltresse, dit tros- 
hien le Glossaire du centre. 

Mettode, ]Mise, costume. 

Mettre, Parf. jhe mottis, comme l'imparf. 3*" pers i mot- 
tit owïmplta. Participe, rnetlut , iviMlue, B. Se ditd'une 
eau qui dé!>orde : « La mer a mis ou mcttut dans la pree , 
çhette lois. » 

MÉTURE, Méteil, ordinairement moitié haillar^xe (or^i^e à épi 
plat) et moitié iVonu'nt. (Via fait encore, dans les pauvres 
campagnes, ce qu'on y appelle du bon pain ! 

Meurlle (le) Ij, Tout le moljilier d'une maison : « a-t-il d'au 
meiiblle^. » 

Meùgxe^ Moue : Feire la meûgnp. >^ V. nroûrjnc. 

Meuil, Mur, à maturité: « Tn rasin hein ntenîL » C'est le 
r adouci en /, ce qui a lieu ï>ouvenL. Autre exemple : Mou- 
lue pour morue. 

Meuil et Meul, Mulet, poisson. 

Meue (in) de cercles, une Meule de cercles, si cela pouvait 
se dire : plusieurs cercles de hari'iques ou de tierçon roués 
ensemble. Si c'étaient des cercles de cuve, ce serait un 
rouet. 

MErRGTiEAiT-, Tas confus, comme des décombres d'un Mur. 
— Tourbe de gens, de peu de valeur, canaille. C'est le mot 
berrichon y/iurr/fk', tas de pierres dans les vignes. 

MErR-TiiFlque jhe). Que je meure. — Me nr rai [ihc), r>. jo 
mourrai. 

Meursac, Commune du cnnfon deOemozac. Du celt. yneur, 
abondant, fertile, par humidité. Ainsi Mers sur la Loire, 

<tc. 



*r>4 :mi 

Mfix. MitMix. <^() no raf -ni mcuj' jii pir.^» Itiiièraii'i* do ce 
nu)\, «lu ^roc au patois : Mcio, )nclius, iurg/io, 7)>i(n(.i\ 
moue. On voit t()iij<)in\s / ot, i, consonne et voyelle li- 
f[uiilt\s, facilenuMit [)arai(n'ot disparaître. 

Mkzit, M'est avis. èvideinni''nt ^ Serait-ce le mot breton 
J'Jmfzi, dit-elle ? la bourgeoise a })arl»'' : tout est dit : c'e:>t 
la vérité même. 

MiÂi.Kii, r>. Miauler. Le vrai .serait niiaonler. 

Mi.'vLERir. rninli^. Action, faeou de //?/à/c/\ 

Mi.vr, Miei.Ciommi^ Niveau, fraiie. /r^r^/,angl. de libcUmn. 

MiniAF, Michel, nom propre qui signifie comme Dieu. 

MiriroT. Petite miche, notamment celle que la mère a soin 
de faire pour son lîls allant à l'école. memoria ! 

MîKRTE. ou myerte. Myrte, plante; une de.s poésies d:i 
Hameau. 

MiGiiE. Mie. Migheffe, miette. 

Mîc.HEON, Nom propre. lî. 

MiGUEOT. T>. Pain émietté dans de la boisson , ou piquette ; 
collation ordinaire. Tété. 

MioiiEOTTERiES, H. Petites caresses. Miettes de tendrci^se. 
Joli mot. 

MroNER. P. terme Mignarl pour manger. — In migne-tout, 
un dissipateur, qui se ruin::^. 

MîGNOTEH, Mitonner quelque chose ou qu'4qu"un. Rnbelais 
a 7n?gnolise. — < Diah te mignote! ^> juron de fille. 

MiGNouNE et m'gnounc, B. fibiinin de Mignon. 

M^GiNorNETTE. Appellation d'amour dans les ehnnsons p?.s- 
torales : « ma j^iientille m'gnounette. > 

Migrer, Importuner, tourmenter jusqu'à donner la Migrai- 
ne : *t rhcul enfant me migre i>'rtiu;t aneut î >» 

MîGRON, Commune du rantr»n de Durie, couverte d't^au l'iii- 
ver. C^elt. mie, mi g beaucoup et on, eau. — Habitants : 
Migronnais — ai.se. 

Mmiiolr, p. p. Midi, conmie mczzo giorno y en îtalicn. 

MiUîi.\:.îîîE.s. Miliepjeds. insecte. 



Mii.i,. (1. Mill(>r. — Mill-baJai, mill à baJais, s(jr;^'lio du 

MlLiA, li.O. IVtro clainide inaÏL>ciiitc' au foiir. 

]\IiLLr.rR, H. et Me.iUoif)\ Mcilleui'. 

.Mii.locrî:, iV'in. Paiiic voîrt, sorte dt> millet saiivnpr,.. 

Milli''rti"s, Millepertuis, plante dont les feuilles spnd>lent 
pereées; de petits trous. 

MiMi, Xoni eniantjji du chat. Elevé jeune avec l'enfiint, le 
chat est d'une donreur et d'une patience exemplaires. 

Min. a. D. Vov. ^i<'in. 

MiNABLLK, Misérable, ruiné. Id. Beii'v et Limousin. Ce mot 
vient-il de miner, pour diie, ruiner par la hwso, ou de mi- 
ntur, moindre, petit ? Nous n'osons indiqutM* le choix. 
C'est, dans le patois, une expression énergique et malheu- 
reusement encore tn^^) usitée. Quand c»n a dit de quelipie 
pauvre diable : // est minabUe, quoi ! on n'a plus rien à 
ajouter. Voici, selon nous, la gradation : rnalkureux. 
chèl'd, fjrêlc, rnlnabllc. 

MiNAGHE, m. Halle aux p:rains, où étaient les Mines pour le 
mesuragc, non gratuit. Xous verrons ininot. 

MlNÇHrDr)T'S. Méfiant : mrd cniilnnf : vieux mot. 

Mi.XK, pour Chatte. Minette en fi-ançais. 

MiNKLF, Vannerie en tre.sse de paille et d'écorces d«^ rom-es, 
que les canjpagnards fi nt à la veillée et où les ménagères 
serrent leur graines et leurs mclfniffhes ou fruits secs. 
D'une ancienne mesure grecque, la Mine, qui était en nié- 
jne temps une |)etite monnaie, valant cent drachmes ou 
environ cinquante francs. Minable^ sur Icijuel nous 
avons hésité, pourrait bien avoir signifié celui (jui Cï^t ré- 
duit à une Mine. 

MfN'.'R. B. '\\ n, S'éliouler, s'en aller en poussière. — V. a. 
Tourmenter, hr.poriuner : moins fort (jue migrer. 

]SIim:ur, Ne se dit communément que des pupilles ; ne se 
rapporte pas à l'âge, mais à la privation de parents. 



îfW5 1^1 1 

MiNKiT. Minuit. Mais Diinnil dans Us cliansDns, tènicin 
celle (le no:> Ivomoo et Juliette, que ( ite Airaîoment leGlos- 

MiNriLK, \>v:}. Se uit'àt'i', se moine fiei'î^ 

MiNGARDE, Mégarde. 

MiN^CHE, Petite chatte — Terme (.ramitiè. — Minon, B. 
idem. 

MixoT, n. ( ». Fleur de farine ; à serrer dans la Mine. 

Mi.NOTiER. Marchand de farines, de ^rrains. 

MiOCiiE, Petit bambin. Du <^rec Mijuii, mouche? 

Miox, Canard sifiieur. Un des prétendus démons qui faisaient 
autrefois la C/iassc galeritc. Voy, 

MioiLE. B : Miolc, MoëUe. Mioidc de seuil, moelle de 
sureau. 

MioÙLER. Vov. minJer. 

M:qt:e. Pelote de pâte de maïs cuite dans Teau. Comme cela 
se pétrissait dans la main, on appelait la main, en piaisan- 

* terle, leinoule des m^qnc-s. Lorsqu'il y avait encore des 
niais, on les envo^-ait, le jour du poisson d'avril, ch -^relier 

• le moule de.s miiues : ils n^cevaient un soufHet. II n'y 
manquait que le fil du fou do Lafoataine pour les rendre 
sages. 

Mip.ArM.EÎ S*ècrie-t-on lorsqu'on a mangé toute une crappe, 
^ Miraclle î d'in rasln j'ai feit ine lape. ^> (l'afrie). Que 
. n'est-on bien convaincu qu'il n'y a point de miracle plus 
miraculeux î 

MiRELAiL). B. Ironie, pour Miroir. 

MiRîJCOTON, i) : Mh'eco)(lo:if de l'espagnol melocoton : 
Pèche ou brugnon à chair rouge, cr/i^i^- jaune. 

MrROBr>L.<NT, Etonnant, merveilleux ; avec ironie. 
MîRocnoN. Petit ndroir. 

Mînoi'. n. Prononcé miroué, comme à Paris, Miroir. L'an- 
cien français écrit miroifer, (pii se disait ntivoué. 

MiROL.i.NOHF. Actîon 'Je 



MiROLKTi, Varier doc-'JultMi!-s ou de ci^L'hiri'--. dffjiron i\ rap- 
po'or im Rilroitaj^o. O : Mirgailler. 

>.iiR'>!x:iE, Résuliat du yiiiroh>nQJie\ ci'S deux motsdovion- 
neiit svnonvnies. 

Miii;i.N-.MiRAi:>"e:, Loc. adverbiale : d'une façon niirifiquo. ri- 
diculeiuent merveilleui^e. 

Mlsailli:, ft'in. M. Pa^i^lli^i d'uiif^ Miso. 

ilisKR':-: (in) de temps, Une niinuie de patience, le temps dtî 
dire : Miserere utei, Devs ! 

MisÉiiEs (Faire des) à quoltpruu. U. Le tourmenter un p^-u. 

Missipipi, puur Mississipi ; }klc^ciiascébé, le grand lli-uve. 
Missipipi peut se rai)procher de sj/napisse ; \oy. 

Mi.STKNFLUTE . Appellation de qu'dqu'un que \\m i^-ogue- 
narde, que l'on mystide. 

MîSTRouiLLi:, Pâtée, bouiilie salement gâchée. — Excré 
monts liquiiîes. Depréciatii'de raiscere, mêler. 

MiSTÙ, Ane, baudet. De //<//.• /i-^*?;*, serviteur, mimstre. qm 
se dit tout droit pour âne en Ijerrv, et aussi dans nos ar- 
mées, par la raison que les ânes et mulets sont, « ehnr- 
gés des affaires de l'Etat. » 

MiTAX, A. U. B. Milieu. Qua.>i Milan, Médian. Médiolan. 

Mite, Chatte. La Fontaine dit Cliattemit^\ Latin, mitis, 
doux. 

MiTOCFFLLÉ, R. Emmitoufilé ; flatté, séduit. 

Mobile, pour Immobile. Le caporal dressant ses recrues : 
« Les yeux â quinze pas devant vous (^i....'nïobile. » 

Moco, (^Llrine), sobriquet des Marseillais, qui disent proba- 
blement plus souvent qu'il ne faut coumo co, de même 
que nous abusons de Comme ça. 

Mode, B. Manière, sorte; tout le sens latin. « A la >/20<:/É^que 
n'on dit. » comme Ton dit : « â la raode de chez nous. » 
<^Mo0.cc\\\ >/iot/^, disent c-nroie quelques vieux, p'rvu 
que mon çhu entre dans mes çhulott42s ! * 

Moi, b. Sepron. M(y.<f^. 

MoiNDRER. Diminuer. Bon dérivé de Moins. 



>loiNK. f. pour Moelle: ^< delà tjioinc de seuil. * (>>ureau). 

— Insecte, irrosse libellule, agrion. — Tourillon en Lois 
pour faire jouer la verge du fléau à l)attre le blé. 

Moineau est quelque fois iovina de mépris : <v Le Ijià ïiLoi- 
neau! » 

MoiNiciiE, Femelle du moineau, Passière. \oy. 

Moins, B. Nous disons P^5 >/?o/h5 pour néanmoins, au com- 
mencement des phrases : <v aie est in petit \ olai^he ; mais 
pas moins, olest in bon sujhet de niie. » — Xous ne di- 
bons guère Au moins, mais à tout le nioins. 

Mole, Subst. Moule. «Mesjhardes êtiant toutes mouillées, 
cl a séché su' le mole ; » sur mon corps. — « Lire dans 
le mole ou dans Yàmolèy les lettres molées. » 

Mole (Feire de biât creùt en terre) de grands embarras pour 
peu d'effet ; enfoncer les portes ouvertes. 

MoLiN, Sous-sol pénétrable aux outils, avant de trouver la 
hanche ou bien le roc. 

Monde, B. Quantité de gens : « o y avoit biii prou de monde.» 

— 01 est de bon monde. — « 01 est dau petit monde, » 
des enfants ou de pauvres diables. — « Nout' monde, ou, 
au plur. mondes, » nos gens, toute la maison. 

MoNJHEON, Haricot à fleur rouge et quelques autres^ plus 
ronds ou plus gros que les 

MoNJiîETTES, Haricots ordinaires. Yoy. Maujhettes. 

MoNMUSSON, ^o\\v^l^\\Tà\\^%oxï(monjhelte\)0\\YmauJhctte), 
Passe dangereuse entre l'ile d'Oleron et le continent. Les 
marins et marines plaisantent sur monmusson , ton- 
mus son, 6cc. 

MoNs (jhe), tu m.ons, B. pour Je monte, &c. Jhe monlis,]Q 
montais. Jhe monti, jhe montiyons, je montai, nous 
montâmes. 

MoNsiEU, B. nout' Mo7îsieu, no?^^ Z'a/yie, Expressions des 
métayers et des domestiques pour désigner leurs maîtres. 

— Le Porc, vu qu'il ne fait rien. Voy. Noble. 

MoNSTRELx, Monstrueux. 

MoNTANCE, B. Quantité apparente. — Prix total. 



31 o "oa 

MuME-;'i-1'J-:lm:. Sorte de laitue. 

MoNTE-APRÈs, Sol)i'i(iuet d'un épouseur trompé. 

MoNTiLS, (monticule). Commune du canton de Pons sur un 
coteau élevé. — Habitants ? 

Montpellier de Méddian (du centre), Commune du canton 
de Gemozac. Ici, môme incertitude que sur Montj)ellier de 
Languedoc : est-ce mons puellarurn, mont des tilles, ou 
nions pessulanus, mont de la clôture, de la barrièi-e, 
frontière, &c. ? — Habitants : Montpelliérains, ou Mont- 
pelliérais ? 

MoNTRAN'CE, Montre, écliantillon : « Pas s"ment la mon- 
trance. » 

Montre-solaire, 0. Cadran solaire. 

MoNTUT, Monté ; fèm. montue. 

Moque, Gobelet en grosse faïence qui sert de tasse aux pa}'- 
sans ; c'est là dedans qu'ils font hi raidie, et la trcmpine 
et le 7nijJiot. Cela se casse moins qu'un verre, et peut se 
rincer moins souvent. D'aucuns y trouvent ini autre 
avantage : un œil indiscret ne pénètre pas au travers pour 
jauger leurs libations. Toujours un peu de méfiance dans 
des gens si longtemps trompés. Ils verront le gabelou 
jusqu'autour de leur table, tant qu'il n'aura pas disparu 
de la terre. 

MoQCE, B. Enveloppe de fruit où il ne se trouve rien. 
— (marine) Bouche de canon en bois. — Fenêtre feinte. 

Moqueret, Moqueur. 

Morale, Réprimande. Yoy. Amorale. 

Moraton, Sorte de canard, ou de sarcelle plutôt. 

MoRCiiE, fém. Sorte de chien-dent. 

Morciller, B. Mettre à petits morceaux. 

MoRciLLERiE, B. MorcUlou, Action, effet de morciller. 

Mordace, Mandibule, mâchoire, d'animal ou d'outil. 

MoRDAiLLER, Mordiller. 

Morèle, Fauvette brune. — Moineau des bois. — Plante. 



270 MO 

MoRKT. Vov. Moraloii. 

I\ioRFLLAT, Effluve de mucus nasal. 

MoRGAiN, Anguille de mer. Mot breton : enfant de mer. 
Ce fut le premier nom de Pelage. 

MoRGAiXE ou Morr/uenne (rlonner), Gagner la partie de 
cartes Luettes en Taisant io plus de levées de suite, le 
dernier. 

MoRPAiN, Xum banal de l'hounne, comme Mo/rche-à-terre . 
Le féminin est très libre. 

Mort (à), B. à Fond, à l'excès, même en bonne part: « o rat 
des rasiûs à moi-t, quoi ! çhctte année. » 

Mortagne sur Gironde, Commune du canton de Cozes, ar- 
rondissement de Saintes. Du breton mor, mer ; tacJien , 
échantillon. Habitants : Mortagnais-aise. 

Mortiner, Brûler sourdement et en s'éteignant peu à peu. 
C'est bien là le tison de la vie ! 

Mortoise, Mortaise. 

Mortuaire, Subs.B. pour Extrait mortuaire; acte de décès. 

MoRUT, MoruchCy N. propres ; dim.de Moreau, Moreaude. 

Morver, R. Laisser couler le mucus nasal. 

MûRVOUs , Morvouse, B. Morveux, morveuse. 

Motif, pour Locomotive, mot nouveau. Description d'un 
chemin de fer par un des nôtres à sa Bourgheoise : « Fi- 
« gure-t'ine èchale, couchée à pliât et sans râlons ; n'on 
met dessus in motif : o fume, o ronfde, o brome, o sublle, 
o pete et o f. le camp. » 

Motte, F. A. P. Ro: Mntte, Chenevièro ou jardin près 
d"un cours d'eau ; terrain relevé. — Toutes les autres 
siiTuifîcations. 

Mottut (terrain), Couvert de glèbes, de mottes de terre. 

Mouche, B. Se prononce très long. Mouche à miau, abeille 
ou aheuilJe. — La mouche, B. dans une foire au bétail, 
panique dangereuse, que les paysans attribuent à de la 
poudre de foie de loup souiilée par des filous, mais que la 
chaleur peuf bien faire prendre naturellement aux bes- 
tiaux : ils deviennent indomptables, s'effarouchent les uns 



3!ï> '<?T1 

losnutres etcaiisent de gi'aves aci-ideiit^s. — Les niovches. 
un vésicatoire de mouches cantliaride.^, dites catJioliqKcs 
en I^erry. tantarincs-, cliez nous. — Mo ûc ho do ch'n, 
ou bouino, ou goidne : Yoy. ces mots. 

Moucher, B. Se dit du temps orageux , qui excite, qui 
émalit les mouches : « 6 moif.chci' fort à seir, » hier 
soir. — Se dit aussi des bestiaux qui s(^ tourmentent aux 
piqûres de mouches : « les bœuis ^tioûchiant à ne pouvoir 
les tenic. » 

Moucher, Bref, 0. se moucher : « mouche \)q\\\, mon gars! 
Y i\ mouche pas. » 

Moucher quelqu'un, 2. Le ri- primer court et net, soit en 
paroles, soit en action, comme par un coup sur le nez. 

^îoucHiRON, Moucheron de chandelle. 

Mouchis, Moûchise, Sensible aux mouches- — Point mou- 
chls, patient, flegmatique, lambin. — Point nioûcJtise, 
se laissant faire. 

Moucnoi', B. prononcé mouchoué, ?>fouchoir. Nous disons 
plus souvent 'niouchenez. Pour le fichu que les femmes 
se mettent sur les épaules, c'est moucJioi' de cou, ou 
colet. Les Anglais disent bien lîandherchief. Couvre 
chef de main, pour Mouchoir. 

^îouci.LE, P. Moule, coquillage. Joli hnl, là dessus. Voyez 
Jhnrretiêres. 

MouDONS (jhe), Nousm.oulons, du verbe moudre. Le part, est 

MouDUT, moudup, B. 

Moudure, b. Mouture. 

MouDURER, Prendre la mouture. \o\. Emoiidurer. 

MouGNE, B. L'animal rnonr/uc, manque d'une corne ou 
n'en a que le rnougnon, moignon ; miausculum ; ou de 
mancus. 

MoÛGNE, 0. Moue. « Feire la moûgne », tordre le nez. 
Yoy. Meûgne. 

MouGNON, Moignon. Yoy. Mougnc. 

Mouiller, y. n. Pleuvoir. mouille, il i)leut. «Mouillé 
c'me in rat, » d'e;iu sous entendu. « Jherai, quand o 
moitille7^oit des z halebardes la peinte en bas! >^ — Il y 



17i> 310 

a lodiniin. nton il/ ffsscr, ci \)\ui^'\o\\vs noms de lien composes 
du verbe: MouillrjncrK M(jiùllc sale, ^c. 

MouiLLi:iîi:, I>. Localité Inimide. 

MoiJHASSE, lein. Moutard, entant qui coniinenre à mou- 
Jhassev, à se Mouvoir, à fi.ire son petit tapage. Dimin. 

Moikhanghf:, Pierre meulière pour les moulins. — Façon 
de moudre : « bon ou mauvais raoulmiglio. > 

MoiMNAOïiE. Façon ou prix, du 

Mouliner, Passer le drap au moulin à foulon. 

MouLiNiER, Foulon. 

Moulue, P. et Mohic, P. Morue. Celt. )jW}\ mer. 

MouMENT. Moment. Movimentum, moumentum. Le fran- 
çais a bien />iOinement. 

MouMou. Xom enfantin du bœuf. OXOM. Comme le crrec, 
hou s. 

Moux, B. Mon. « Moun amit ; nioun amie, moun habitu- 
de. » Devant les voyelles seulement; car on dit: mon 
père, mon lîls. Voy. Toun, soun, qui ont même emploi. 

MouNAiE, Monnaie. 

MouNARD, Boudeur, Sournois, qui fait la vwûgnc. 

MoÛNiER, Meunier. Voici l'interprétation du tic-tac ou toc- 
toc des moulins, selon les saintongeois : prends //" ap- 
porte, 2)re77ds-j/ apporte ? C'est t«)ut comme la cloclie 
delà paroisse, qui va toujours disant : donne, donne ! 

MoÛNiÊRE, Sésie. .«^orîe de papillon qui, en effet, offre de.s 
teintes farineuses. Tl suce les fleurs sans se poser, repié- 
sentant à nos v(Hix roiseau-moiiche. 

MorNiTro.N, Munition, surtout de cha.sse, Y. Amounition. 

MouRAiNES, 0. Hémorrhoïdes. Espngn. Abnorenas. — Au- 
tre sens ci-des.<jus. Vov. )aoure. 

MouRçÀ, Morceau. 

MouRciLLER, Mourcillon, Voy. Morcillar, morcillerie. 



31C > 573 



MouRE, Uîio Mûi'e ; luoui'ior ; nu'ii'îer. Dv là un jeu do njnts 
avec le mot inoiirir : un arbre quelconque qui se meurt esc 
un nwurier. Mouret, couleur noire que font les .scieurs 
de long en détrempant de la pail'e l)ridée, 

De la souche lalino ou plutôt grec(|ue nioron, muiv, 
A ient moi'caii. <"oul(îur de cheval noir et nom propre ; 
îem'imn, ) il orc le, qui est aussi le nom saintongeais duu 
petit passereau noirâtre, d'une poule d'eau, et du sol/f- 
7ium furiosuni, qui a les baies noires. Enfin inoret, nio- 
raton désigne une espèce de canard. Ajouterons-nous 
qu'on appelle monraincs la r(H]])ie du nez et les saletés 
qui i»euvent s*att.aclu?r à la barbe, et aux loques mférieu- 
res des pauvres vêtements effi-angês ? 

MouRÈLE, Yov. Morèle. 

Mouiiî, Se dit du feu et de la lumière. * Ma chandèle q>\. 
morte. » Y. tuer. 

MouRiCAUD, 0. Moricaud. 

MouRiLLE, Morille, Cham{)ignon. Syn. de rnouraine, dans 
le sens de pendeloque sale. 

Mourut (il a), B. Il est mort. 

Mousse, adj. 1) : Moussaud. Emoussé, obtus. « In couià 
moHSffe. » — « a' n'a point l'esprit }noussc. » C'est l'op- 
po.9é direct de l'adj, prime. Moiir/i, en breton, veut dire 
rouvrir; d'où Mouchard, qui n'e>t |as mousse, mais 
caché. 

MoussiROX, Mousseron, champignon (venant dans la 
mousse?) 

MousTous, rnoKstouse, O. Poissé, connne eiiduitde Moût. 

MousTRiLLE, Voy. Mistronille. 

MouTER, Abonder en Moût. Se dit de la bonne vendangea : 
« raoute-t-o ? — raoute as.sez b'n. » — De là, ra^li. : 

MouTEUX. Qui donne beaucoup de Moût. 

Mouton, Ver de la cerise. Vov. B'rlin. — Moutounuf, 
diminutif. 

MouvÉE, La quantité de cluses que l'on remue, ou rrani- 
niaux qui se meuvent à la fois : <^ ine mouvee d'nsa>. 
danyilîes, de f 'rmis. » 

t'J. 



174 MX" 

MoYKN {fàclicr). (). Choither nioyon, faire en sorte. — 
Par moyen que, B. moyennant que. 

MoYENNKR, P). « N'y a pas moyen He tuoycnnnr, > de réus- 
sir, (le trouver un nioren. A'ov. Mechc et l*Uai\. 

Mr.vNT, T. (le nîarftis-salant, un des réservoirs où l'eaii ^e 
pi'èpare pour l'aire le sel. 

Mrr:. R. B. Xe peut mieux se définir qne ne l'a fait le Glos- 
saire du centre : « sorie de cloche à eîaire-voie sou^ 
laquelle on retient en ]>lein air une poule qui a des petilï? 
poulets. * (Voy. GJtiole et BclUre.) Si M. Jnul>ert avait 
pu connaître la cag^e à crinoline des dames actuelles, il 
aurait pu abréger encore sa detinitioa et dire : criuolinf? 
j)Our poule à poussins. 

MuÈLE, Meule. 

Muer. Changer, lat. niutare: proprement, changer la 

M TEXTE, I^èce {\q fer, en forme de petite hache obtnse< 
plantée par le manche dans l'âge ou perche de la charrue 
sur roues Selon que l'on tourne ou que l'on change de' 
trou, que l'on mue en un mot cet appui de la chaîne de 
tirage, on fair plong^ei" le soc plus ou moins. — Le nom 
♦le muette est donné, par analogie cie figure, à tout retour 
de terrain par angle droit sur une autre pièce : « mon pr^ 
feit muette su le son ^ (le sien). 

Mil, Mulet, poisson : lat. mullus. 

Mri.E de hun. Meule. — M/fle, femme stérile, 

Mui.ON, Petite meule de f(»in. 

MiNG (le), commune et canton de Saint.-Porchaire» arron- 
dissement de Sahites ; très marécageuse : MQ, humide. 

MÛREsi, Munr. 

Musarder, fnir^ le Mu.sird.. le flâneur, perdre son temps. 

MuscADix. B. Mervcilh'!i\. mirliflore, lion de toilette, beau, 
ffff/oioteur, cntfn. (^es termes, pcxur désignei* les jeunes? 
gens à la mode, sont de diverses éporpies et changent 
comme la mrxle elle-Hjeme. Muscadin (ou nmsqué) noujf 
est resté <lu temps de la première République. Nous eu 
i"esre-t-il autr»' t-ho^e? nui. h-s I^^'t/f^-creres^ 



MisKAî. , pour Mu:^t?liè^e. 

MrsEïJx, qui a l'habitude de Mussr, de bayer aux corneil- 
les, ou aux Muses, ce qui est à peu prés la même chose. 

MrsiQUKR, B. Faire de la Musique. 

Musse, Petit passage étroit et caché comme celui du rat, en 
latin mus. 

MussER, R. F. B. M()ntaigne ; Glisser quelque chose dans 
une musse ou cachette. Se nnisser, s'insinuer, se glisser 
en secret. 

Ml'SSEt, Très petit moucheron. l)ihion, qui se wu^^a^^ partout 
jusques dans les yeux On dit parfois « entêté c'me in 
musset, » et c'est aussi juste que de dire comme un mu- 
let. 

Mute. R. 0. Meute. V. Eiauie. 

Myrobalan, r. Myrobolan. S'annonce comme le mets le 
plus rare et le ])lus friand du monde : < t'auras des Myro- 
balans. » 

Mytouche (Ste), pour Ste N'y touche. « Feire sa sainte 
Mytouche » sa mijaurée, sa prude, sa renchérie, son in- 
nocente. Le patois traduit, sans y penser, le vrai sens du 
français. — Se dit aussi des hommes hypocrites, fourbes, 
dissimulée; . 



2:6 TV .A. 



N 



Il Est eui»honique même au commencement d'une phrase : 
< n'en veux-tu, n'en v'ià, » pour dire beaucoup. Devant 
le son i, n devient g?2 : « '^n y en a-t-o ? ^n y at encore. 
Gn'y en ap'us. » 

On dit consequerament: «ù n in cot, à n*in mouraent;» 
mais le sens mélodique empèclie de dire : « à n ine fois ;* 
il y aurait deux n. On dirait plutôt : « à-d-ine fois. » 

Cependant, ils disent ?2Anne. nAnnette, et autres 
noms propres avec n pour initiale ajoutée. 

N s'ajoute aussi aux impératifs suivis de en : «dis-donc, 
comment appelles-tu ces poires? — ar en! ol est des poi- 
res tàte-n'en ; si a' sont bonnes, mange-n'en. >» 

iV remplace l dans quelques mots : nentillos ; m, dans 
gerner; r, dans nallentî, cfec. 

Sa prononciation très nasale rappelle l'ancien g final 
dans loinQ,besoing , d'où, encore aujourd'hui, éloigner', 
besogner. N ei gn sont d'ailleurs tellement frères ! 

Ces observations sont communes au patois berrichon 
et sans dout^ à beaucoup d'autres. 

Nabucher et nabusser. S'amuser à des riens ou [plutôt s'y 
occuper, c(»mme l'enfant, le petit Nabot. 

Xainçolée. Herbe aux cinq routes, plantain Lancéolé. 
iV [>our /. 



IN A V?7 

NAiNsrr. — ne H Xnis^tit, 1>. Se. L Ital. nascinto. 

Nali.kntî. Ivalk'iitii*. 

Nam«oliuli., Nombril, yambotirll, id. Voy. LatnbuHriU. 

IS'a-Ncras, cominuiie du oaiitoii de Saujuii. l)u breton Iaul- 
c/aw, peut-être, terre creusée : il y a une grande et 
profonde source. lïabit<ints ? 

Nansoupe, Xansouplle, Xansouqne (nom chinois), Mous- 
seline un peu grosse. 

Xafit, XapiCy Mouillé jusqu'à la peau, ti-empé d'eau, comme 
une Na]>pe qu'on lave, ou comme une Napée. 

Naqlet, U. petit Laquais, petit valet. Le français ditconiuie 
nous Naqueter, et nous avons de })lus naqHvton. 

Nasitori», K. (Le nez s'y tord). Cresson alenois, âpre au 
goût. 

Nation, Dit conmie invective, sous entend : dait Diahllé. 

Natre, R. (a très bref), Se dit pour qualifier uu enfant vif 
et indocile, discole, turbulent. L'Italien nabisso, qui 
rappelle notre nabusser, a le même sens que natre, mais 
ne semble pas avoir la même étymologie. XcUre serait-il 
le breton nctra, rien, vaurien?? 

Nature (la), le sexe des femelles. 

Naturel, Subst. Caractère : — Sensibilité. <<< N'avoir pas 
de naturel. » 

Nau, B. R. Contraction du méridional Xadau, rappelle 
mieux que Noël, le natalis, lat. le jour natal (de ChristV 
— Bûche ou souche de Xau, B. Gros tison que l'on met- 
tait au feu le jour de Noël, avec force amusements. On 
conservait ensuite les charbons, comme préservatif contre 
le tonnerre. Convenons que Franklin a fait mieux. 

Naudet, Xaulet &c. noms pr. tirés de Xau. 

M. Si vous venez chez moi spip-neuiiser. 
J'irai, monsieur, chez vous Naudétiser. » 

Farce ancienne à 4 personnagcf». 

Naufraghe, pour Désastre quelconque, fût-ce un incendie ; 
de même que nous avons vu mceno??^ pouvoir se dire pour 
naufrage. 



Naii-E. Xauiy : : \nss{', iiuita qui viennent de Nager 
et qui pourtant .siiznitient un »^ndroit; où l'on m^ nage pas, 
t.ù l'on ne marche pas non plus, une Enlise de Norman- 
die, un de ces lieux trompeurs où le sol demi-liquide en- 
l'once sous les pieds. Yoy. Coio'be et Gargoui;se. 

Nai RRiGEAT, Nniwrigcon, Nourrisson. 

NouRRiN, Pourceau ([u'on élève. 

Naveau, R. 0. B. Sa via. Navet. Dim. Dulat. Napus. qui 
vient du grec Xaj/i/ , moutarde et peut-être de l'hébr. 
NB, abondant. 

Nazille, féin. N.iseau. Le français a Nasiller. 

Nazot, Petit nez : terme de nourrice. 

Ne, B. S'omet fréquemment devant Pas, comme dans La 
Fontaine. « Vindras-tu pas? n'on zoua pas dit. » 

Nectorson ou yégreforson, Carrefour à cinq chemins 
dcMns les landes d'Epargnes, célèbre autrefois comme ren- 
dez-vuus de sabbat ; un des Valpurgis (voy. dans Faust) 
de la contrée. 

Nêgraud, Homme ou bœuf très brun, tirant sur le noir. 

Nègre, B. adj. Noir: «ofeit iiègre. » Du latin niger, 
nigri, qui vient lui-même du grec ne argos, non blanc. 
Rabelais dit aigre. Point d'ide.) négative; le néant n'est 
pas. 

Négresî, B. Noircir. 

NÉGRETÉ, Noirceur, couleur noire ; ténèbres. 

Neiges (dans les), B. Dans h; tenqjs des neiges. Ou appelle 
neige fondue, la pluie fine en liiver ; c'est mieux dit que 
neige pour rie , B. rjui se dit de même. 

N"en, pour En. Yoy. N. 

NÉNET, Teton, terme enfantin. 

Nenny, F. Marot. B. se prononce nan-ny et s'emploie 
1)ien plus fréquemment qu'eu français. — Senny dû, 
très forte négation. « Ne dire ni oui ni non ni nenny, )» 
B. user de réticences, de réserves, <le i-estrictions, de 
diplomatie. C'est un art qui court nos chemins, tout au- 
tant que ceux de Normandie. 



NEXifLLE. R. Palîssv. M<'siiai(e. Lentille, lt'"riime. 
NetÉyer, B. Vieux IV. Nettoyer, qui alors était poétiqiK^ 
Netier, B : Xefî, Nettoyer, — d'où, netieur, netieuse. 

Nette est des deux j^enres. C'est chez nous que naquit le 
mauvais caleinhourg de table : « si le bon Dieu a îvÂi le 
ciel, jh'avons feit les Pllanettes » (les plats nettes). 

Neu, b. Nouveau. <^ Tout fllambant non. » * Que m'apporte- 
ras-tu de la foire, p'pa ? — in i-e (rien) tout neu dans ine 
poche creusée. » 

Ni:ùïiE, Nuire. Particip. ncusant, neitsuty neusue. 

Necsance, Nuisar.ce. 

Neuse, id. « boughe-te donc : tu nie feis neuse. » 

Nelt, Nuit. \ , Aneut. « Se mettre à la ncuty» s'attarder. 
« I)e neut » de nuit, pendant la nuit. 

N EUT AM M ENT , N uitamment . 

NÈVES, Ro. Niaiseries, Commérages. 

NÉVER, Dire des Xèves, 

Neveur et nci'our, Neveu. R ajouté. 

NÉVER, B. R. Vieux français, comme Netéyer : ^Noyer> 
verbe. 

Nez r/e CA'/i (l'i'eid c'mein). B. Froid comme un nez de 
chien. 

NiAU et Nieif, B. O : Xichettf, Nizairon, Nicbet, œuf 
naturel ou factice laissé dans le nid des poules atin de les 
inviter à y pondre — Ai'gent mignon et de réserve : 
« oh ! le vieux Trompe-la-mort, il a be gardé leNiAU. (Se 
prononce yniau). 

Nie, Nid. 

Nicaise. Nicodomc, Nicolas ; D'où vient que tous ces 
noms, qui sont en grec des chants de victoire, sont deve- 
nus des sobriquets d'honmies stupides ? C est le cri de 
l'esclave derrière le char du vainqueur. 

NicoT a en outre le sens d'indigent : « feit nègre che;^ 
Nicot : gn'y a pas de pain, v Lorsque la fnurtiée est con 



somnu'v^ et qu'il ne r«stt» |»l«is do pain api\*'s souper, ce 
(ju'nn évite, riu reste, on dit : « Nicol couchera-t-i' içhi, 
chette neut ? * 

NiÈLK, La nielle des blés, h/c/niis (/itag/to : graines noires. 
Se pn nonce gniâle. 

NiEî L, (ni (pil). Prononcez gnjritl ; ( ) : naduel (n'a d'œil), 
orvet ou anipliisl>ène, reptile cru aveugle, faussement. 
Yoy. Souvd, Sereine. 

NiEUL lès Saintes (près Saintes), Commune. Peut-être de 
nidolus, petit ni(l. — Hahitiints : ? 

"NiG.^UDiN, Petit ni^siiid. 

NiGHEASSER./'?»//// açere). S'amuser à rien. 

XiGHEAssoN. Enfant qui nifjJieasse. 

XiGiiÉE, B. Xichee et nitee, (jui ne sont point tour à fait ^y- 

nonvmes: nichée est l'action dénicher, et nitée le résultat. 

* 

NiGHER, B. Nicher. Rabelais a rlèniger. Voy. 

Nigher. Se Nover: du izrec Pulaheia. Pour Nover actif, 
on dit /eire nighpr. 11 n'est plus besoin de dire que le 
parfait est i' nigJiif . 

NiGHEOiRE, Mauvaise barque ou mal {^^ouvernée. 

Xighis, Provin. De niglicr , Faire un nid, ou de faire /?./- 
glter. plonger la branche dans la terre. S'applique sur- 
tout à la \'igne, comme le mot provin, \'\y:\\o prolongée. 

NiLLE. Forme de T à rextrèn:iitéd'un rayon de dévidoire ou 
d'une béquille. C'est le français Anille, enteiidu avec l'ar- 
ticle la aille. Du latin amlis, (]ui convient aux vieil- 
lards. 

NiNE. B. Fém de Nain. Ainsi de tous les masculins en ain: 
Alain, Aline; qvMranlnin, quarantine. Le franc, va 
plus loin en faisant de Daim, Dine. 

NiNGLLiGHENTE. B. Négligence. 

NiocHE, B. Niais, (sortant du Nid.) 

Nippe, Chiffons au bout d'une perche pour balayer le four 
avant d'y mettre le j)ain. C'est contre le feu ce que le fau- 
bcrt des marin* est contre l'eau. Quand deux ignoiants 



ou deux vauriens se font la lo(;on l'un à l'autre, «la nippe 
n'en rf^montre au /?//-^0>î. y> 

XirPEK le four, y passer la nippp. Il ne ressemble guère 
ensuite à une lennne bien Nippée. 

NiQUEDOLiLLE, B. (iim. plaisant de Nicodùme et autres. 

XiT, Xid, (finale sentie). 

'XiVRER (se), S'enivrer. 

Xix ! 13. Xoa. C'est Talleniand de nos troupiers. 

Xv'PE, Myope. 

No, Xon ; exactement le )io anglais. 

XoBLL.\iiJ.ox, Terme de mépris contre un petit gentilhomme, 
ou gentillàtre. 

XoBLLE (le), Le porc, vivant sans rien faire et habillé de 
s ies. \o\. Monsieu. 

XoBLLE YEii ! Noble guîux! sorte de juron. — Injure aux 
nobles pauvres, aux pauvres qui font les grands. 

XoBLEESSE (ine). Un sobriquet, tel que Jean de Ja lune. 
Yoy. Lune. 

Xoc, Xœud. Vov. Nod et Not. 

XocE, B. La fere du mariage et les conviés : « jhe ne ferons 
point de noce. 01 êtoit ine bêle noce. •» — « Feire des 
noces, >^ B. en terme de nourrice, des bouchées de pain 
et de fricot pour l'enfant. 

XocER, B. 0. Faire bombance. 

XoD, Xœud; le plus rapproché du lat. noduSy\Q radical 
conservé, comme c'est l'ordinaire. 

Xoix, B. Pelote de graisse sous l'aile d'une volaille. — Gî'e 
à la yioi.r, terme de boucherie ; partie analogue , vers 
l'épaule du veau. 

Nom DE NOM ! Euphémisme du juron Nom de Dieu! 

Noms principaux des bœufs : Auhineau . BUanchard , 
Bouquet, Brichot (bigarré, Breton), Bonvalet, Bru- 
naud,Cnstaia, Châtain, Corbet, Drciiier, Fromen- 
tin, GaiHai'd, JJiolii , bloal clair. Marais, Marans, 
Marjholet, Mxrennaud, MaréchauJ , M'rlet, Nou- 



30. 



zîih'^t. Pighpon, Rcinarin , Ixondtlet, Yèlel , blond 
bai (ans:!, j/rllow). Sec. 

N'ON, L'on. « y on zou Jit, 7?'o;? zou croit. > 

Non f^7î«'?) n^T.ç, B. Sert au sccon-l t'?rm<^ des conîparaiçons ; 
Palissy l'emploie ; et nous disons tous les jours : « a' vaut 
meis dans son petit doi^t que non pas sa sijour dans tout 
son corps. » Sil n'y avait que ncw, ce serait italien. 

XoNosTANT, Nonobstant. Vov. Nostant. 

NoQUK, P). Xoix du cou, qui est plus saillante par derrière 
chez les iVnnnes et dc\ient \:i nuque : i\vih\t. iiuclens, 
iiovau. En avant, c'est, chez les hommes, le développe- 
nu nt de la glotte, qui fait la voix grave. Noque n est 
usité qu'avec le mot cou : « la notiue d'au rou. Arrou- 
sons-nous la noque dau cou, » buvons bien. 

NoQUET, Derniernè d'une couvée, d'une famille; novissimè 
crctus, ou novicellus. Le français n'a que le vilain termo 
Culot ; et le provençal, un plus lail encoi'e, cagoniou, 
qui ciioque dans le charmant poème de Mireio, par 
Mistral. 

Noudais, marine, Xord-Est. En Provence, le Mistral (le 
maître vent), est le Nord-Ouest, que nous disons, avec 
nos marins, norouà. 

NoRE, Bru; du îat. nurus, de l'hêbr. NORE, enfont. 

"NoRiNE, pour Honorine, nom de femme. 

NoRcu'À, Nord-(Juo.«it. 

Nostant, Nonobstant. Yov. Nonostonf . 

« 

NoT, B. N(eul. — Nof couron'^ O. Nœud cnulanf, 

NouAiixors, youaillcu.i-, ï>. Ronsard. Très noueux, en 
parlant du bois. 

?>orAssE, B. Trros nœud, surtout à un arbre. 

NoT'vssous, Xova.sse^'.r, B. qui a des nouasses. 

?,'(>LC et Noud, B. R. Xay. noc et nod ; Nœud. 

Noré, 1^ Embranrjiement des canaux d'un toit. — Botte de 
jonc poiu' saider â îiag< i-. Gr. 7iacin. 

Noi ÉE. Nagêe. 



KouETTE, Cordon de. i>o\û\ev, orJinairciiiont (îii cuir. 

KouGiiEAT, Miiro (J'huile de noix. 

j\0LGHER, B. Noyer, arbre. Le lat. 7iiix se prononçait 
noux, 

NouMÉi:, Loupe, tumeur indolente. De noue, peut-être. 

XoT'NE. Xonno. (Novicina ?) 

NoURKAiN. B. Jeune porc, Nourri pour la vente. 

Nourri, B. Nourrir, mais qui s'emploie d'une manière ab- 
solue : « Nourrit-plie ? (son enfant) ». — < 01 est in pro- 
priétaire çlii nourrit (des bestiaux). » 

Nourrice (en), B. Se dit des jeunes plants d'herbes ou d'ar~ 
bres plantés provisoirement pour être .changés de lieu. On 
dit aussi « la nourrice. 

Nous (Chez ou cheù), B. Notre maison, notre demeure, fut- 
on célibataire : et surtout la chambre où l'on se tient ha- 
Ijituellement : Plus intime encore que le home (domi) 
anglais. 

Nout', NouVe^ B. Neutre, notre. 

NouviÀ, Nouveau. Nouviàté, Nouveauté. 

NouziLLAT, Dans le Poitou, espèce de Marrons. 

NouziLLE, A. B. Noisette. Nouziller, A. Noisetier. Non- 
zillère, B. idem, et lieu planté de Noisetiers. 

NuAiLLOUS, Nuageux. 

NuNU, Sommet de la tète d'une sard.ne parce que, si on en- 
lève les 3' eux, il reste une membrane qui vibre au souffle 
comme un mirliton : Nunu nunu ! 

NuT, Nue, Nu, nue ; autrefois Nud. Lat. Nudus, 



ÎK-l OilCJ 



o 



U I^atin (leTient on : coumander, couniencey^ <fec. quand 
il ne s'êlide pas. 

Se met pour e dans orreitr (erreur). B. pour au dans 
'ofre (saut), B. qui s'écrirait mieux 'aufre. 

O, Notre pronom neutre, to grec, hoc latin, it anglais; bien 
mal traduit en français par il ; o hiouille, il pleut. 

ObÉyî, Obéir. 

C'Jbllier, b. Oublier. 

Oblligiier. Obliger Le part, est souvent cVohllighè : « Jhe 
serai (rohUiyhè de zou dire. 

Occupant, B. Minutieux. 

(JccuPER. B. Inquiéter, tracasser, préoccuper. 

Odeur, Odeur, mais Yo est très long ; il sonne audenr, 

Œc, B. Œuf, « Donner in œu p'r avoir in bœu. Çhi vole in 
œu voleroit in bœu. » Proverbes. — Œ\x de Jhau, œu de 
Sarpent. V. Cocatri. 

ŒuiLS, Toujours pour 3'eux. « A la fourét de 4 œuils. > 

Œl'illade ; Dans le conte de Jhean le sot, on recommande 
à cet amoureux de jeter des œillades à sa maitresse ; 
pour s'en rnunir, il arrache les œuils à ses moutons. 

ŒuiLLET (Huile d'), B. Huile d'œillette, 
Œlilleté (Pain), Bien levé. 



03i: ^85 

'Ofre, B. pour Sauf. Voy. Saufre. 

Offrit — ie. Offert, offerte. 

U G.NAT, Il va. 

Ognounh, Oi}ïnon germé que l'on replante. \oy. Eignori. 

< >i. Diplif.hongue qui. selon M. Littré, caractérise le dialecte 
français de la Langue d'oz7, et qui, en effet, sert encore 
chez nous pour dire Oui. 

Oie est masculin : « Bête c*me in oie. » — INIanglier Voie, 
terminer une tâche. Ancien régal sans doute accordé aux 
ouvriers. 

OiNCE, B. 0:Onse ; Rabelais dit oince: Jointure des doigts. 
Du latin unciis. Angl. iak, le pouce. Dicton sur la mer, 
applicable aux: sciences et surtout au progrès religieux : 
< m'mau. m'man ! la mer est-êle donc 'fonde (profonde) î 
Jh'ai sacqué mon doigt jhusqu'à Y oince, vé jhe n'ai pas 
trouvé le fond. » 

OiR Se prononce ouer, comme en Berrj , dans l'île de 
France, en Canada, dans tout le vieux français. Or a 
même quelquefois ce son. Voyez Encoire. 

Oiseaux (fait aux), En perfection ; comme les Oiseaux font 
leur nid, ou comme une belle Exemple d'écriture, toute 
inirolée, enjolivée à^jï seaux. 

Oisi, A. B. Osier. Yoy. Dousi. 

Ojhe (quejh', quet', qu'il), subjonctif d'Avoir. 

Ol, Le pronom neutre devant une voyelle : < ol est dit, o 
n'est pas feit. » 

Oli, olif, R. (heule d'), Huile d'olive ; ce qui revient à dire 
oUve d'olive ou huile d'huile, puisque huile, oleum, est 
l'olive même. 

Oloxe, Ro. Arbouse. Olonier, arbousier. Etym.? L'arbouse 
et la grenade ornent la foire (ii) de Vaux sur mer. ISolone 
abonde-t-elle à Oléron ? ou aux Sables îVOlonne ? 

Oloxghe, Oronge. 

Ombragheous, Ombrageux ; jaloux. 

Ombrette, (ombrelle. 



2^6 i>i: 

< > MIN QLE, Serait, mieux écrit (Ui uin que, à moins quo. 

O.NCLLR, Oncle; soit matereel, arunculus, soit paternel, 
pal nuis, comme en français ; soit enfin le mari de la 
mère renKiriée. 

Ondaink, Trait «le temps, diirt'^e de l'attente, eau à laisser 
passer sous le pont, comme l'on dit : « d'iclii là, y at ine 
hèle ondaine. » Kxpr<»ssion très bien figurée ; si ce n'est 
pas 11 corruption du mot. anlicnno, lequel s'emploie dans 
le même sens. 

Ondêykr, Verser de Teau sur le Iront d'un nouveau né, en 
attendant le baptême. Françiiis : Ondoyer. 

C'nglle, B. fém. chez nous et dans le midi ; Ongle. 

UngllÉe, B. Onglée, franc, et aussi maladie des yeux cliez 
les bestiaux : taie qui envahit l'œil par le coin, comme un 
Ongle. 

Opinion, VvoxnMic.ezopignion, Répugnance. Voy. Pigyiot, 

Opi'OUSER, Opposer. 

Oppression, Impression. 

Opulent, Arrogant, fier, dédaigneux. 

Oraghe, Féminin, K. B. Orage. 

r>RD'E, Féminin, A. P). Orrlre, espèce, qualité : « jhe vous 
en bar'ai de la bonne or de. » 

Ordrer (faire), Une chienne ; avoir de son espèce. 

Oreille de prêtre ; dans Rabelais, oreille de Judas ; sorte 
d'agaric des cham[»s, Agaric-oreille de Lesson , Argoine, 
vers LaRochelle, agnricus Eryngîi (devenu argoine?). 
Très bon à manger. Voy. Carniole. 

Orghe, Féminin, Orge. 

Orikllambe, F. Oriflamm«\ Ancien drapeau rouge de l'ab- 
baye de Saint-Denis, de Paris, de France. 

Orifllan, R. Eléphant : animal merveilleux. — Ivoire ; cor 
de Roland, olifant, fait d'ivoire. 

Orillée, oreillée, La bande de terre que détourne l'Oreille 
de lachan'ue. La Talonnée (voy. ce mot), reste du côté 
opposé. 



Okiij.ek, Oi'i'illtT. 

()RiM,ETTE, l*erit(^ oreille. 

Urillons, Oreillons, maladie des joues. Xoy. JîiOté à. 

Oriou, Meilleur mot que Loriou et Loriot : le Loriot, oiseau 
d'Or, aitrea avis. 

Oripià, Orii)oau. 

Ori.ière, Anse adaptée ^ai boj-d, à lOrle, d'une baille, d'une 
basse, d'un tire-vin, Si.Q.. V(U'. B'rlicre. 

OiiREUR, B. Erreur : ^< i ' sont en orreur lin avec l'autre. » 
(Horreur se prononce Aiireur). 

Ortaill, Orte'l. Du hit. articidus. 

OuTREOUE et ortugho, B. Ortie. — Ortvqheous, couvert 
d'orties. — Orltujhcr, sortufjhrr, piquer, se piquer aux: 
orties. 

Os.\, Oiseau. — Osa de maçon, f^rande pelle à deux manches 
pour porter le mortier sur les épaules. — Bot dosa, sorte 
de raisin bîanc à grain allunj^é, aigre au goût. 

OsAXGîiE, Losange. 

<»SEi.ET, Oiselet, nvicellus. — Xom propre. 

(KsTiNEU (s'), IL S'obstiner. C'était le bon genre, du temps 
de Tlieod. de P^èze, que de sujiprimer le h. 

t)TAOE (en), En occupation chez autrui. Hotc, hostis. 

Ol*, B. Remplace iré(juemment o : boioip, c/tnvse, pour/tr, 
coûte y fausse, cstournat , vScC. — Remplace tu dans 
ilentourance, poûre, qiihoure ; et dans presque toutes 
les finales en enx : envions, ponrous, pjaressov.s, <S:c. 

Ou pour zov , après négation : « je \iOU seis pas. ^ 

Où, IL (H. « Jhean de grous oits, » lu^mme fort. 

Ou ! Cri d'appf L qui est plutôt hoî} ! car il devient souvent 
jhou! et se répète : in tel \ jJtoii! jkoù! 

OuiUER, Aubier, espèce de saule. 

OuiiLLiE (ine), Un pain à cacheter. 

OuPLYER et iYouhhjer. (Vov. Ollighcr). Oublier, en fai- 
i>ant entendre Yy, ycr. 



ffm oi* 

Où <v' <///<•. U. Où. « .IlitTons un ce (][}((' tu voiidms. <^ — 
« (H) ce que tu vas.'' ^ S<>uvtMit : ^' où f^nr tu vas? » on 
vas-tu ? 

Oici ! Cri pour ronvoyci* un rhuMi. A oy. Ta'ici! ta ci! 

(M Kii.i.K. HivMs, iH'il(\ Vraie pronouciatiou du mot, alors 
nu'uie qu'on r«Vrit ouaillc. 

OrEY, CKii. C est ui, on appuyant, quasi o/V. 

rwicHE, Oui, on se moquant : « a!i ouichc! attends-zou ! » 

Olili.ettk, IVtit entonnoir. 

OriN-oî IN, Imitation du rhant des coqs de eaillp. — I^'^t^•!iIl 
de chansons sur les capucins, à raison de la voix nazillarde 
qu'on leur attrilnie. 

Of.MADE, Lieu planté d'ormes, ri. mi, qui était ouhni. 

OuMK.\i . Ormeau. Onniià, oiirtnià, idem. 

( >fMKRAS.SE, Petit orme que l'on dédaigne. 

Oimerom:. iVîit orme que l'on veut soigner. Voilà bien tout 
à fait les inndiHcatifs iîali«Mis. 

Orô ! Cri pour faire arrêter bœufs ou chevaux. — S'appli |Ue 
aux gens par moquerie. Voy. u ! 

OrRr>. Où. « Oj//'^ vas-tu ? » Voy. T'o?//v plus employé. 

Ofiil.E et ourle ; O : Urle ; ()urlet, qui n'est qu'un diminutif 
du lat orOj bovd. 

OiRMiLLE, ourmillon, H. IVtit orme. 

Oriis, C>urs. La «liflér^nce est (pie le patois fait sentir le s 
final, se souvenant du Litin ursus (oursosj. 

\ MsER, R. Ospr. 

OisiER. B. Osier. 

OÛTER. I>. H. Uier. \'oy. Duûler. Du grec (JUœin, comme 
le suivant. 

Ottrolmer» Oter, enlever. Olhfin et le latin furhar 
(tourbar). 

Oi:vr.\ghe, Iî. Féminin. <^ Vlà ine bè!e ouvraqhel ^ .M. de 
A'augelas pprrnetfaii cette façon de dire aux l'euniieb. 



Ouvrit, oitm'r. P.. «hivcM-t, ()uv(»rte. 

OrzvNK, IIosaiiiKi: h) (Vuminchc iV ou z a nr, le dimaiirlif des 
Kameaiix. — Poume d'ouzane , petite pâtisserie rappe- 
lant encore (j<' l'ai vu en Limousin) la toi7ne sacnuMlii 
Phallus, et que Ton donne aux enfants pour être suspendue 
aux lîanieaux ou Uaitipnns de la fête. A'esîiges des an- 
ciennes solennités du Printemps, de la reproduction des 
êtres en Ep:yi)teeten Piiênirie. \oy. Pine. 

OvALE(ine),rne i)aille «ju: a cette forme ouplutôtcelle d'une 
ellipse et (pli se porte à deux sur les êpau!(^s. Voy. Con- 
2)orte et Machccoii. 

Oy, h. r)ui: comme ouey. 

Oyut, Ot/ue, Eu, eue. Participe d'Avoir, '\ia\. avufo. 

OziLLAT, Ozillac, nom de localités, à cause, probablement, 
de l'Osier qu'elles produisent. D'où Losifjnn<\ villa<^e 
près de Gemozac. 






0^.10 1*-V 



p 



Paran. Localiti^ près fî(? Saint(^s ; semble indicjuer une origine 
bretonne : Pa ban och P (Toù êtes-vous? 

i\\HuL ; H. Pabean et Papou ; Pavot des champs, coque- 
licot. De pappos, duvet; les ètamines. 

pACArD, Pasclial, nom d'homme, que nous recueillons à 
cause de notre proverbe économique : « l)urera-t-o, 
Pacaud? N'avoir qu'ine poule et mangher tous les jhours 
deux œufs ? * 

Padrk (le), Le curé, à l'espagnole, à l'italienne ; mais un peu 
'^n plaisanterie. 

i A'îAiL (en). Marine, en désordre, en détresse, à l'abandon. 
De la pagaie, rame primitive des sauvages; ou de l'hé- 
breu. Voy. Pigouil. 

l^AONER, ^>. Panier. 

P\iLLASsr»Ns, Enveloppes de l'épi du mzih.Yoy .CoçJiillons. 

À .\iïA..\» )L>\:. (-îL-iiiaine), La semaine après la Toussaint, 
parc<* que, dit-on, le blé qu'on sème alors produit plus de 
paille que de grain. 

i'AiLLALT.HES, he^ jtaiUassons avec la tige. Augmentatifs, 
l'un maso, l'autre fém. de Paille, 

Paillé. A. P>. R. Ta^ de paille fait avec soin pour passer 
riiivfr dehors. Et non pa.s Grange, comme dit Mérimée, 
sur Fœncste. 



Paîlleu, INMiipaillrr. Paillour, iviiipailleui-. 

P.viLLors, Pailleiix., en parlant du f»T. A'oy. Pcii/oiis. 

Paillolnk, Grande corlx'ilh^ on paillo. !> : Paillasse. 

Vms riic/uiiiU\ (K Pain à cac!ioter. C'était priniitiveinont 
(I«^s liosties mal venues et qui n'avaient pas été (li<,nie.s 
d'être Enchantées ou consacrées par le prêtre. On dit, 
moins bien. Pain à chanter. — « Trecher son pain y » 
h. mendier. — « Avoir dau pain de çheut ou de cuit. » 
B. être condannié à mort, soit parla nature, soit, surtout, 
par les juges. 

Painthalt, Panicaut, (Formant })ani('ule), char<lon rolant 
(roulant, une ibis coupé), ou à cent têtes. Il y a un conte 
à la Mandragore sur la racine quelquefois hizarre. 

Pairk (in). ( >. l'ne paire. C'est le neutre \atiu par. « In sot 
et lî fasant \o paire. » Se prononce p6'/*t% premier c' long. 

Paisan, P. n. Régnier: Paisint \ Paysan; se prononce 
pèsan. — Bon paisan. cultivateur aisé ; artisan, qui 
exerce un métier ou un état, comme ils disent, un tra- 
vail manuel : — BourgJieois qui a des gens sous ses or- 
dres et travaille peu par lui-même. 

Paissancp:, (pessance), Action de paître, nature du pacage. 

Paisslt, ne. Participe de Paître, verbe qui est mal doté de 
pu. en français. 

Palacre, masc. Se prend pour P>alafre, ou plutôt pour une 
grande plaie vive : « Il avoit lajliambe tout en palacre > 
— Conunérage, cancan, rapports malveillants sur une 
affaire. » 

Pake, U. B. Pelle, dans tous les sens. — « Avoir ou donner 
h\ paie au çliu ; P> : la pjaillr ; « être renvoyé ou ren- 
voyer quehju'un penaud. Pale est ici jdus foi't que pail- 
le : il jette l'individu comme de la houe, ou comme si 
c'était un mort sous la pelle du fossoyeur. 

Pamoe, B. R : Palerèe ; Pelletée. 

Paléne.Lcs diverses espèces de bromes, graminées. Les tiges 
donnent une sorte de Paille. 

Palentragiie, Linteau : plat, en effet, comme Mn^ pale. 



rALKTKR, o{ VAi.rn, ]\. S<'sorvii' de la jx'llc. — La vij^iift : y 
mf»ttiv (les èchalos, des pals ou pau,r. — A'erhe neutre : 
être aisé à remuer avee la pelle : a o ne pale pas bii. > 

Pn.KiiDN fir rh'jKfff. (hnoplat^'. 

Pai.kt, Ktaldissenient (le pèclie fort primitif au jiied do nos 
falaises : ce sont (jm»l(jucs Pals ou pieux licliès dans le roc 
à liasse mer. et relies entre eux par «les i)erohes, sur les- 
<|uelles, à la marée, le liîirdi pécheur vii'ut aj)puyer sa 
truMe. On pêche surtout ainsi les salicoipies ou la 

SdJlti'. 

Paletti: ; Ceci es' une chasse de nuit, la picorêe, où Ton se 
sert de ])alettes en hois pour al)atti*e l<'s pauvres ois(»aux 
endormis. — Pc pois, la ijfousse couniieneaut à se former. 

PÂLESÎ, P. Palir. Se lir dans Palissv. 

Pamsse, Kn Perrv |)alissade : haie vive en Sainton^e, A. 
P. — En Angoumois. an lieu de jtdillissr, corlxMllo en 
jiaille. « Mettre le çliu dans la pnlhse, » nrciUijuer de 
coui^ge. I/ane passi' pour y mettre la tète, fjuaud il est 
attîirpiê par le loup, w (jui siM'ait bien sa meilleure posture 
de défense. 

pAi<n< HF, fêm. PalorfifiU, masc. diminutif df^ Pale. Piilo- 
rJte fait le verhe Palocher. 

Pai.ot. mxsc. petite IVle encore ; fait paloter, P. et pa- 
Uttis, action i\o pâlot cr. 

P.\L(JT, Pâlotte, Vn peu pâle. 

Pal(>i:ne, Palombe. 

PÂLOiR, Pâleur. 

l'Ai.r, Paint, V. M. W. .Marais : ])ur latin Pains. \om de 
beiucoup de localités. Dans le Pf)r(li'lai>, les vins de pa- 
/^rç s'oppo.sent aux vins de /y/vnv.v. Tout un quartier de 
Pordf^ux, se nr)mme Pulndatc. Et il est curieux d'ob- 
.server quele mauti'au d'iionneiu' des Romains, Paliuld- 
7}if>ntui/f,(\<)\t, d'après ce nom, avr»ir«'t<* primitiv«Mnent 
une ca.saque tissîie de roseaux. 

Pa.\ij'KLt:ne, 0- Exfire.ssion va^Mie d'un endroit très éloigné, 
comme si c'était rians la Lune. 



Pamimn, Nom (l'uno fontaine près (1<; M()rîa«xn<'-snr-(fii'<>n(l<\ 
c'est 1«' latin J^d/ajtincHs, |>ampr(', (lUc uim>: disons : 
Pcnnpru. 

I*AN. \l. < ). Knipan. < >n dit oncon» un jian de iwz. — Nous 
av ?ns juvs dt» Cozes un bois iK» Pan; ost-ce un vieux sou- 
venir du \ ieux Dieu? 

Panktr(H.e, féni. Caral)^^ noir, que le juiin attii*e. 

Panolillp:, feni. Panicule, nrisc. du millet: épi du niaï<. 

Pansp:r ^/<\ H. Prétendre; ;^uêrir de (juelque mal, jiar don 
miraculeux ou par secret. On dit aussi panser jt'r. Les 
i'eli<:îions de miracle, entretiennent, l)nn gré malgré, les 
superstitions. 

Pansion, Passion, dans tous les sens. « Le dnianch»» de la 
pansîoii. > Que de gens a lorent ce dimanclie-l.i î 

pAX-sors-TKKRE, Pour i)ain-sous-terre, le Topiiuuuhour. 

Pantks, I] : Panl, abrégé de pantiére: filet à pren Ire les 
j)etits oiseaux de passnge. Primitivement la pantléi'e était 
pour toutes les grosses bétcs : Pàn tltèr. 

Pantikre, Espace que chaque douanier parcourt d'allée et 
de venue, en guettant son gibier. 

Pantoimink, l^mtomime : l'idée de Mine, cliose connue, 
au lieu de Mime, (jui nt* l'est pas. 

Pantoifflle (en), « Mal en point, sanglant et gâté, » comme 
dit La Fontaine, tel est in œiiil en pantoHlJUe. 

P.A.ON, Se prononce en deux sjllabes, Pu-un. 

Pâques (œufs de). Œufs teints en différentes couleurs, que 
l'on denne ou que l'on vend aux enfants, à Pà(jues, et 
avec lesquels ils jouent à qui de son anit cassera l'œuf 
d'autrui, absolument comme les rois avec nos tètes. Dans 
le moyen-àge, les œuf^ étant défendus pendant le carême, 
on fêtait joyeusement leur retour. 

Paradoze, (douze) ; jeu de mots sur Paradis, (dix) : — « Tu 
n'éras pas en Paradis. — Yé b'n, jh'érai en Paradoze. » 

Paraghe. B. Partage à faire, propriété commune. 
Pa"rai? Pas vrai ? « Pa" rai qu" i' zou creit ? » 



2»4 IVV 

Vam aifioirrs, Pm* fiinsi, }\ir din'rs. Il et vi«'ux franc. 
jiist|ues dans Mt)lit»;'(». D.'piiis. on a siijjprinuî })(n\ t|ui 
piv^iit au vajxue et (|ui o.w t'tait ^n'acionx. — Par pUaces^ 
H. d»» lif^u (Ml liou. 

I'akathl, liicn plu.^ homu'tJMiuo lo grossier Parapet. 

I^AUAIMIE est féminin : inr pariipfie. 

l\\RAp'iiK, Parapluie et plus souvent parasol. 

1\\RAVANT. F. pour Auparavant. 

l\\Km KIR. en Chaufntisant , au lieu île Parhleu. 

J'ai; « a>. Par hazard ; lat. Casu. 

l^ARC. Se |)rononre Par et signifie un simple toit, à brebis, à 
poules, à porcs, à chiens. 

pA'eKgrE. Parceque: etc'est, sansy rien ; jouter, la réponse 
èvasive à tous les P'rqHoi ? (Pourquoi). 

Par< m:. B. Perche, surtoutla parchede V rsonreifl'arâ, 
l"age (le la charrue ou de l'araire ; et la prirchn de char- 
rette qui se pose en lon«: sur une charretée de foin ou de 
paille et qui, prise d'un bout dans V écho Ici te et de l'autre 
dans le câble enroulé sur le tour ou puindeau, permet de 
parchcr, de serrer la charge. Le nœud du cable, en pareil 
cas, est le not de porche ; en marine, deux deuti-rlès. 

Parçon. 1>. Dimin. de Parc. Se fait ordinairement en bois. 

Parcot, ]*arcou. Noms propres, venant de Parc, ou du 
lat. pnrci'.s, économe plus qu'il ne convient. 

Parde, p. Vov. Perde. Parda, \'<)V. P'rditf. 

Pardi î Pardié î Pardine, Euphémismes du juron Pardieu ! 

Parix)u.nablle, 0. Excusable, en parlant des personnes. 

Pardouner quelqu'un ou quèquin, (). Pardonner à. 

Pare, Exposition, disposition. « En])ii\e pare ; » offrant ou 
ayant bonne pris^*. 

Paré, Parée, Prêt, prête. Terme pris des marins. 

Parer, 0. Préparer ; présenter: « Pare \3i dorneî » Tends 
ton tablier ! « Pare la main » «kc. 

Parement, F. Parure : « à' mettit ses p'us bias pare- 
ments. » 



I\\RFIN (à la) . F. H. Tdiil a la lin. I'A[>!v<-i()ii rctrrct(ali!(\ 
non pas dan-- 1»' v<m's de Ronsard : 

L:i rnsf a la jtrtrfîn •Icvi'^iit un jri atcrii ; 

mais dans nondtiv d'autres circonstances. 

Pargoink, P('r(jui(\ pnr(]\iipnn(\ l^]<iuivalentsdoPardi('ii. 

Paria, Nom yv. (\\\\ a du si^nitiei* pareil. V. Purian. 

Paru:!.!:, Patience ; plante, riDne.r ; anciennement Pa- 
relle. 

Pari' on:. Ga<(eons ([iw, « Pari' ((ue si ! — Pari' (pi<» 
non. » 

Parikr-mkttre QUE, même sens: « Parii'r-)ne(fre qu'i' 
ne vindra pas ? » sous-entendu «.< veux-tu ? » 

Par iLa, Par là, en i)laisantant et jouant .sur Par ici. 

Parion, Pan'onue, Pareil, pareille ; ê^al, è^^ale : « çlieii 
drôle n'a point son /)rtr/o/? ! » « ol est be tout pa)ion, 
être inordut dau cli'u ou de la vesse ; » être trompé par 
ici ou jtar //^"/. 

Pariour, Parieur. 

Vxm.xyi p'r l'cspecf , B. 0. Formule emjdovée toutes les 
fois qu'on est obligé de mentionner un aii'nial réputé 
ignobb ou une cliose sale. (vHielquefois, la n:a!ice s'en 
mêle : « faignantc'me in moine, jtarlant p'r respect. » 
— Parlez-moi de cal Parlez-moi (Cin tel ! O. for- 
mules d'éloge. « Parlons-nen dans la rue des muets ; » 
ironie. 

Parlement, li. lî. Vieux français, Entretien, conversation. 

VkRi.v.R doucement , <). Parler bas. — Parler anrjllais, 
en fait de vaisselle, somier la fêlure. 

Parlure, F. B Langage, prononciation, façon de parler. 

Parli (jbe).. i' partit, jhe parliyons, Sy.c., B. prétérit de 
Parler. 

Parmi, B. S'emploie comme adverbe : « y en a de bons 
parmi. » 

Paroissien (le). Le porc à l'engrais. Est-ce sans maligne 
allusion ? 



l\viîni.KS ('rat'fèrs, 1'». Propos sans niison, iiKliijiiant lo 

Pakoi.ikk. TrixliiTiK' «le paroles. 

l*AKoi.is. Long \^vo\H)s {{{} jK( roi ier. 

P.vRi'AiLLo.N, K. (). I*a]iil!on. — yiouVins (\o^ Parpaif fous, 
loc-alito à IKst de Goniozac, à la source même de la 
Ciêniozo. 

rAKPAii.LOTS, k. 1>. Paj.illons: (»t aussi les Iluguonots, lors- 
qu'ils se bridaient, c(»inm<» |iaj)illons. à la tiammo ortho- 
dox<», tant re^reltéc^ ! 

pAurA.NG, Toute sorte de cloison de (•liaml)re, même en 
bois. 

pARsorNiKîi, F. V). Qui }»rend part à une possession ou à un 
travail. 

Part («le), B. En société. « Serons de part . > — Hors de 
part! s'écrie volontiers celui qui fait une trouvaille, avant 
que ses conqiajrnons {Wsinii : de part ! Ceux-ci criaient 
autrefois : « Mercure est commun. » — Part et portion ; 
ce.s deux mots se suivent dans Tusajre ordinaire connue 
dans les actes notariés, autrefois modèles de l>attologie. 

Paktkrrk. (!liute. en style p'aisant. Scarron dit de la 
Silnllequeile 

Kit un pnrtrrrr ot mit au jour 
Tu lYMiiod.» couti** l'aMidur. 

I>es mauvais plaisants s'empressent d'alh-r lialayer ou 
arroser la ]»lace où une p(M'sonne est tondiée. 

pARTi, R. r. o. li. S' fendre, se pirtager : «le pain a 
partit. Çliéle terre Cbt si sèche qu'aie est toute j>artie. » 

J*ARTiKs (les). Sous-entendu .sexuelles. 

Partiij.kt, Partition , ('oups de cartes supplémentaires 
pour décider le gain d'une partie. 

P-\s, Pa.ssage \<\\>>i" <à une clôture : « va donc passer au pas!*^ 
— « Le ptas de la j»orte, j» le seuil. — * I^asser le pas, n 
mourir. 

l\\s d'âne, Tussikge ; c est la forme de la feuille. 

Pas de Impu, Nénuphar. 



Pas (In JJkih : Les jours rroisscMit « à \;iii. diii jtns r/f 
jlifin : à la SMint<'-LiiC(', d'in saut de puce : à la Saintc- 
Efienut*, diin' ayillee de» laine, t^e. » 

Pas, Sans autre nèjfatioii, H. « /.ou sais pas. ,I*liai pas 
soi'. — Mais, i\M\> l(»s conipai'aisnns, m.n s'ajoute iniili- 
leuient : *< .IIk^ la préfère mieux (pu» uo)i )nis sa sduir. ^ 
— Pas se dit de trop devant fïuèr<*s, \{. ( ). « (Iny en at 
pasyoves, » c-à-d. jias heaucouj). — Pds moins, \\. né- 
anmoins, mal;^rè t«»ut : «. Pas moins, il a réussit. » — 
Cfnnme ]Kis u\, 15. autant quequi (pie ce so.t. Convenons 
que le patois est ici [)lus court et [ilus doux. 

1\\ssa(.hi:r, — (iiii'.Fii:, ( ). Passant, i)assante, en parlant 
d'un chemin ou dune rue. 

Passe (être en) de, Kn position, en mesure. — « l^^tre en 
bonne ou en mauvaise jy^.v.vt', » en bonne ou en mauvaiso 
situation, réputation, état de .santé. 

PASSK-cAiiRKAi", Parro de bois sur la(pielle les tailleurs éten- 
dent les coutures que leur carreau (loit applatir. 

Passk, ( oFiNAKO ! Mot (lu jeu des métiers, espèce de cheval- 
fondu, ovi trois ou quatre enfants courbés à la suite l'un 
de l'autre re(;oivent sur leur dos les ])artenaires adverses, 
(pli doivent nommer au hazard l(\s outils d'un métier con- 
venu : or ti'ois de c(^s outils ont été rései'vés secrètement, et, 
si on les nomme, on porte à son tour. Mais le |)remi(»r 
saut est jrratuit et accueilli parle singulier con'jjé: passe, 
cornard ! le deuxième a j)our réponse : liasse, tonr- 
ilaud ! ce n'est ({u'au troisième (pie l'on déclare le métier. 
Le cri de grâce est : Glicorghes! serait-ce d'origine an- 
glaise ? 

Passkk, Passage, des bètes de chasse, des oiseaux vo\ a- 
geurs ; des ouvriers suivant les sillons, l(\s andains, les 



rangs. 



Passk-p'rtoit, Iî. rirande sci(^ à «leux j)oignees avec la- 
quelle deux hommes tron(;onnent les gro.sses pièces. 

Passk-imf:i), Iî. PiHit passage ménagé entre deux planches 
de jardin potager. 

Pass-porc. Kn j la:sant(MMe, j-.our passe-pM't. (^n ne prononce 
pas plus le c (pie le t. C'e.st ainsi qu un marin dit à un 
autre : v< tu vas te faire raser su* \c poi- ^ » 



'S^. 



?.Ȕ!^ l'A 

Passj'.-ragiie. Nom. nialliounnispiiK'nt iisiirpô, do Men clos 
j»l;mtes. un Lcpidiuin, iii.'c \i'\<, »S:c., vVlo. — Le PtM'( hlo- 
nirtMlo ft'i\ pivconist» aujoiinriiui, rêussira-t-il inunix^ 

Passkr mi livre, (X Le liro (11111 Ixmt à l'autre. Nos vieux 
protestants coiiii)tai(Mit le iionihre de f(tis (|u'ils avaient 
y>f755(» la Uilde dans leur vi(\ Qu;int à moi, j'avou(3 que 
j'ai passé sept fois le contrat social. 

Passerat, O. Jeune inoin(\'\u. 

Passiêrk (ine). Vn passereau, un moineau. 

l*AS.soi' (in), O. Ine passoire. 

Pastisser, O. Manier indiscrètement et longuement, comme 
Pâte qu'on pétrit. 

PÂT (être d'in bon), R : Posf : Avoir bon appétit; trop d'ap- 
pétit. — Ktre facile à nourrir. 

Pat a pat. Teime de jeu : Par pari, en latin ; Point à 
point, manche à manche, égaux de chance ; voy. Pater. 

Patafioler, Terme plaisant pour détruire, confondre : « que 
le Hon Dieu te pata fiole ! » 

l\vTApoi-F, Individu gros, gras, lourd, massif. (>N. 

Pataqie, Pomme de terre ; au lieu de. 

Patate, Parmentière ; car la Patate ou batate, en Améri- 
que, est autre chose. 

Patatrâ, Pruit, effet d'une chute. Onomatopée. 

Pâte.noût'e, Prières de routine, chapelet, J'ulcrnoster yv- 
]wxè. — Chiendent à chapelets. 

Pater. Rivaliser, s'efforcer de devenir pat ou égal ; latin 
par. ^ Veux-tu jtntcr? * .se disent les élèves en écriture. 
Mais ailleurs aussi la patte s'en mêle. 

pATiF.i.ors, PalilU'HX , \'étilieux, délicat à manier, à 
patiner. 

1\VTIN. (îrand pied, de femme juincipalement. 

pATiN-p/»DirME. \'ov. llodirJie. 

pATi.NriOTE. rf|T<ndp redin^ot(\ 



l'ATî-i'ATA, iV'nitence aux Jeux-innocents: k patient, quol- 
(juetois pati(*nt tle bon conir, s(» tient à f^cnoux, la tète sur 
«I autres «genoux et la main derrière 1<* (los; on iVappe sur 
cette main : ♦ pah'-pdl/i, ([ui embrassera ça.** » un objet 
qu'il ne peut voir ; il désigne telle personne, à ))()nne ou à 
mauvaise renc-ontre, et reste là jusqu'à ce (ju'il réponde: 
Uioi ! 

Patirà (in), S )u(ri-e-douleurs, une victime rêsi^^^née, du lat. 
P((ti, soulTrir. Le H. dit patirat. 

PÀTissK, Herbe fourragère ; sorte de Pàturin ou d'ivraie. 

PÀToiR, B. Petit pâtre, Pasfor. — Nom propre. — X. de 
lieu. 

Patraque. Xoy. Pataquc. 

Patriote, S'emploie encore dans son vrai sens pour libéral, 
brave citoyen. 

Patron JAcgiKT, B. Voy. Jacquet. 

P.VTTK ou Pâte, R. Tous les sens français ; plus, Agraffe. 

Pattk, R. B. Patu, en parlant des oiseaux. — qui a de la 
terre prise à ses pieds, en parlant des autres animaux ou 
des personnes. 

Patter, b. A'erbe neutre appliqué à la terre. Prendre et te- 
nir aux pieds : « o patte, à matin, c'me tout. » — Agraf- 
fer. 

Patticiie, PaitucJie, dim. de Patte. 

Pau, r. b : F : P: Pal ; Pal, pieu ; emj)loyé surtout comme 
Pau de charrette. 

Paufer, le Pal en fer (pii fait l'axe aux meules de moulin. 

Pauficher, Manier grossièrement. 

Paufourche, p. b. fém. Pieu-fourchu, notamment i)our 
soutenir les cordes à étendre la lessive. 

Pauler une charrette, La garnir de ^^rtî^j*. 

Paueet, (se pron. Polet) Pau court et gros pour le guindeau. 

Paulure, fém. le trou à recevoir le Pau. Pron. polure. 

Paume, O. Balle à jouer. 



Paimki.i.ks, Ti*;iv<'rso>> en bois qui joii^inMit les limons et 
l'aii^nille dua eliartil. — In p.^u autres en Benv. 

Paimer, Reb>)nilir comme une paume. 

pAi MiER, P. \'oy. Pcainu'ter. 

Pai\^î. Piétiner quelque te.Tain mou. 

Pat 're. B. Pauvre. Se met toujours devant le nom des 
(lèfunt^, qui ne sont pix)b:il>lement pas si pauvres que 
nous : « mon ])iure père, (devant Dieu seitsoun àme!)» 
( ). — Est aussi term? d aflection, O : * pati're amlt ! * 

pAiRRiT. Paurrie. Pourri, pourne. 

Paitrigner , Manier salement. Déprêciatif d;' Pal[er 
(pauper) ou i\^ pau fiche/'. 

Pauvre (ine), O. l'ne pauvresse. 

Pavée ( goule }^ Bouche endurcie à man^rerles choses bouil- 
lantes: — à bavarder sans se lasser jamais. 

PAV<>rHER. Dimin. de paver. Mais rappelons que tous les 
verl>es peuvent avoir de semblal)les diminutifs. 

Pay : V<»v. Peif. 

l^vYE (p'r sa), C>. P.»ur sa peine, pour sa récompense. L'y 
fait consonne, comme dans 

Payis, Pays. 

PEAt de serpent, O. C'est la surpeau. Voy. Sarpent. — 
1> ijraiifje, < >. ecorce. — De poiime, ^>. pelure. — 
Peau, en terme d'injure. O. fennn? de mauvaise vie: de 
l'E-^p. pelleja, qui e^t le lat. pellejc, le *^vec palUikis, 
sans vrai rapport avec peau. 

Peaumuer, B. Chan;.^'er de poil ou 'de surpeau. (^u?.nt aux 
oi.^ieaux, c'est seulement muer. 

PÉç (le). La poitrine, pectus, 

J*ErnÉ et Pécher, La première syllabe muette, quasi /)*r//<?; 
péché et pécher. « O seroit péché que de zou feire, y il y 
aurait conscience. Se pren<l aussi pour domma«re, comme 
en Italien : « (\\mA pechè d'abatti'e cheul àbre î * 

pEuguER. (première syllabe muftte^. Manquer, faillir: 
« à' ïdt pectjifê bèleî * 



l^ECQi ETTE (feii*e), : Pcqiœ : j/rciuc/-. Manquer, ne pa^ 
réussir : < zeu maria ^di a a {i^M p ce guette. ^ Peccare. 

PÉcLNK, K. Ar^i^eiit cornptint : pecunia, (jui vie.it «le pccus, 
troupeau, le premier trésor. Tous les élèves savent ce 
vers a mot coupe ou à synderê-sc; : 

Déficiente i>ecu-deficit omiie-nià. 
Qui manque «l'ai'-manque d'air-;îent . 

Peignard, Chardon à bonnetier ou à foulon, iJipsacus. 

Peigne. Sei*an. 

Peignée (ine), O. B. une volée de coups. Vov. Pi[/uêc. 

Peigneur de cherve ou de Clianvre, O. Filassier. 

Peignon. Fruit accrochant de la Bardane. du Panais <S:c. 

Peille, fém. ( ). B. Chiffon à faire du [)apier. — Paillette (^ui 
se lève à une pièce de métal. 

Peillot. Surtout des petits enfants. 

Peilloûs, Pailleux, en parlant des métaux. 

Peine de Vilain, ne se compte pas. Vieux proverbe féodal 
(jui se dit en plaisanterie, sans éveiller les vrais souvenirs. 
— « o ne vaut pas la peine, » i). ce n'est pas la peine. 

Peintirllrer, Se dit quelquefois séiieusemeiit pour IVin- 
turer. 

Pelàgn "JUS, Dont la peau se lève par places, par écailles. 

Pelasse, B. Ecorce, ^osse peau ; d'arbre, d'oii^^non, ^c. 

Pelassoi s, l'n peu moins que Pelàgnous. 

Pelât (Maine), et non Plat, je crois : nom de locahté. 

Pelauder, R. Battre, maltraiter, donner une Peignée. 

PÉLE. R. P. Poêle ; de l'Ital. Padella, lat. patena, qnod 
patet, ce qui est ouvert. 

Pelée (ine), Volée plus forte que la Peignée. 

Pelée (tète), 0. Tète chauve. 

Pelés (trois) et in tondut, Pour dire peu de monde. 

Pèlerin. Pelérina.ghe. pom' Pèlerin, Pèlerinage. 



::h.» l'î^. 



Pki.KîRK, Tiiiuo (lo> l)(>i>; : s«Miiî)lal»U'à iiiu' è(;aill(' ilda poau. 

l*Ki.issK. Surtout. dViifant ; sorte d«' laai;o «*ii laine et qui 
était |M'itnifivoineiit une poau. 

Pki.isso.n. X.)ni il * loc.ilite el d.» persmne. 11 y a un IkU sur 
Pelisson et ses ha s. 

l*Ki.oN, P. (chose pelée). Le rachis de r«'|)i d<' maïs. 

Pki.oi NK, IJ: rrloii : W La peau extën«nir<;, la hogue de la 
ch Italien ». D.» là. d 's ri>ses à pilonne de nfirronSy dont 
le ealice est t(»ut luM'issé. 

PkL'U Aii.i.K. (jui se pi'on. PclouoiUo, nom d** localités. Nom 
.suspect, indi(ju:»nt un lieu hanté par 1<^ loip garou, (jui y 
jtèle les ouailles et laisse la p(;au. 

pKi.oiRDK, Palourde: coquillage plat. 

Pelit, F. l\. V(du, (qui est lem"'me mot), coiiv(îrt de poils. 

Pf.nai>er. p. R. A^a^rahonder, courir, faire j)uer les pieds. 

Penaiukr, Penndièrc qui Ponadc . 

Pknaille, Pauvre mi sera Me loipie, vêtement tout à lait en 
lamheaux. — Gensqiii en portent de tels : « ol est de la 
pcnaillp. » Dugrec /Vn/a, pauvreté, ou des pênes de 
tisserand. 

Pe.naii.lo.n, Dim. de Pcnaillo. Vov. Penilleet Penillon. 

I*E.NANCE, Ilaltitunpeu moins délahré quela 7Vî?r??7/^. 

Pendail. Arc dentelé à chaque bout et, dont un malheu- 
n'ux porc fait la corde, suspendu par les talons, conune 
Hector. 

Pendille, Vov. Doy^mille. 

Pendiller, H. ?]st souvent actif, 

Pendilloche» B. Pendeloque, mais souvent burlesque. 

Pênes, Terme de tisserand ; les Ijouts de la chai ne. Pur 
grec : Péné, t<^)ile. d'où Pénélope. 

Penille, Penillon, B. adoucissement de Penaille, Pc- 
naillon. 

Penot, B. Petit pied ; plus joli que Peton, Voy. /*enut. 

Penouille, Voy. Panoinlle. 



i*"ii: 'A-y.\ 



PENSf:Mi:.\T, Iv r.. La Fontaine. \'i<'U\ mot tivs l'oj^M'Ottahlc; 
action (le jx-nscr. 

Pkntaink yen), Marine : Kn désordro, à Talsandon. nirnK' on 
débris, \)ve9,[[{\e vn jKi^nil ou i^w juKjayc 

P?:ntecoûtk, K. W. Pentecôte ; lo 50'' jour (en i(rec> n|)ivs 
Pà(]ues. « Enti'o Pannes et Pentc^coùle, faut IVire son 
dessei't d'ine eroiite.» — Plante: l'oi'cliisàflenrbslàcdie.s. — 
Roses (jni 11 "arisseLit à la I^entecôte. 

Pkntks, Voy. l'initcs. — Pente i)oniTait cependant venir 
de pente en tapisserie. A. 

Penlciie, fèni. Peniichon, masc. diminutifs de 

PEMn\ Petit pitnl. Voy. Penot. Il y a \\ï\ Ixil : « La fliiil- 
lemette Voudr(jit mettre Ses \m^x\\.^ penut avecles miens.» 

P'PA, pour Papa. 

P'pÉ, Pèpè, P. (Iran 1 père. 

P'piE, Pépie. 

P'piN, Pè[)in. P' pinièrc, pépinière. 

P'puT, IIuj)pe, oiseau. A'oy. Piipnt. 

P'r, Pour: Pa