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Full text of "Dictionnaire historique de l'ancien langage françois, ou, Glossaire de la langue françoise depuis son origine jusqu'au siècle de Louis XIV"

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DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



DE 



L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



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Cet ouvrage est la propriété de Véditeur. Par ses soins, le manuscrit du Dictionnaire 
HiSTORiauE DE l' ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS a été revu. Corrigé, augmenté, en grande 
partie refondu, et mis à la Inuteur des connaissances philologiques actuelles. 



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Niort. - Typographie de L. Favre. 



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DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 

OU 

GLOSSAIRE DE LA LANGUE FRANÇOISE 

DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'AU SIÈCLE DE LOUIS XIV 
T>ar)LA CVRNE DE SAINTE-TALAYE 

MEMBRE DE l'aCADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET DE l'aCADÉMIE FRANÇOISE 

Publié par les soins de L. FAVRE, membre de la Sodété de THisioire de France, associé correspondant 

de la Société des Antiquaires de France, 

avec le concours de M. PAJOT, Archiviste-paléographe. 
CONTENANT : 

SIGNIFICATION PRIMITIVE ET SECONDAIRE t>ES VIEUX MOTS. 

Vieux mots employés dans les chants des Trouvères. 
Acceptions métaphoriques ou figurées des vieux mots français. — Mots dont la signification est inconnue. 

ETTM0L06IE DES VIEUX MOTS. 

Orthographe des vieux mots. — Constructions irrégulières de tours de phrase» de Tancienne langue. 

Abréviations ; études sur les équivoques quVUes présentent dans les anciens auteurs 

Ponctuation ; difficultés qu'elle présente. 

Proverbes qui se trouvent dans nos poètes des XII®, XIII^ et XIV^ siècles. 

Noms propres et noms de lieux corrompus et défigurés par les anciens auteurs. 
Mots empruntés aux langues étrangères 

Usages anciens. 



TOME DIXIÈME 

T — Z 



NIORT 

L. FAVRE, éditeur 

RUE SAINT-JEAN, 6. 



PARIS 

H. CHAMPION, libraire 

QUAI MALAQUAIS, 15. 



1882 

TOUS DROITS RÉSERVÉS- 



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EXPLICATION DES ABRÉVIATIONS 

Employées dans le Dictiorxnaiire de LA GURNE DE SAINTE-PALAYE. 



y 



A. L. Bocus, pour Adans Li Bocus. 

Artel. pour Âxteloque. 

A. p. Ilérod. pour Apologie pour Hérodote. 

A. G. d'Orl. pour Anciennes Coutumes d'Orléans. 

A. P. pour Ancien Poëte. 

Beau. Coût, du B. pour Beaumanoir, Coutumes du Beauvoisis. 
Berthe aux G. P. pour Berthe aux Grands Pieds. 

B. N. pour Bibliotnèque Nationale. 

B. R. pour Bibliothèque du roi. 
Blancn. pour Blanchardin, Blancardin. 

Bl. de Faul. am. pour Blason des Faulces amours. 

Bor. D. pour Borel, dictionnaire. 

Bout. Som. R. pour Bouteiller, Sonune rurale. 

Brant. pour Brantôme. 

Brant. Dam. ill. pour Brantôme, Dames illustres. 

Britt. pour Britton. 

Gelthel. de L. Trippault pour Celt-héllenisme. 

C. de G. de T. M. pour Continuation de G. de Tyr, Martène. 
Gh. de S* D. pour Chronique de Saint-Denis. 

Ch. Fr. pour Chanson française. 
Chasse et dép. d*am. pour Chasse et départie d'amour. 
Chev. de la Tour, I. à s. f. pour Chevalier de la Tour, Instruc- 
tion à ses filles. 
Com. pour Conmiines. 
Conf. du Renart pour Confession du Renart. 
Contes de Chol. pour Contes de Cholières. 
Cont. d'Eutr. pour Contes d'Eutrapel. 
Coquill. pour Coquillart. 
Corn, pour Corneille. 

C. pour Corruption. 
Cor. pour Corruption. 

Cotg. pour Cotgrave, dictionnaire. 
Cret. pour Crétin. 

D. pour Dictionnaire. 

D. de Mallepaye pour Dialogue de Mallepaye. 

D. C. pour Du Cange. 

D. de Tahureau, pour Dialogues de Tahureau. 

Des A. Big. pour Des Accords. Bigarures. 

Dial. de S* G. pour Dialogues ae Saint-Grégoire. 

Fabri^ A. R. pour Fabri, Art de rhétorique. 

Ess. de Mont, pour Essais de Montaigne. 

Est. pour Estrubert. 

Eust. Desch. pour Eustache Deschamps. 

F. pour féminm. 

Fam. MS. de S« G. pour Fables, manuscrits de S» Germain. 

F. M. du R. pour Fables, manuscrits de la Bibliothèque du Roi. 

Falc. pour Falconnet. 

Farc. P. pour Farce de Pathelin. 

FI. et Bl. pour Flore et Blancheflor. 

F. M. R. pour Fables, manuscrits du Roi. 

F. R. pour Fables, manuscrits du Roi. 

Frois. poës. pour Froissart poésies. 

F. S. G. pour Fables de la Bibliothèque de Saint-Germain. 

G. de la Big. pour Gace de la Bigne. 

Garasse, pour Garasse, Recherche des Recherches. 

G. Durana, pour G. Durand à la suite de Bonnefons. 

G. R. pour Gérard de RoussiUon. 

Gér. de N. pour Gérard de Nevers. 

G. l. de D. C. pour Glossaire latin de Du Cange. 

Goujet, pour Goujet, Bibliothèque française. 

Gloss. du R. de la R. pour Glossaire du Roman de la Rose. 

Gr. Coût, de Fr. pour Grand Coutumier de France. 

Hist. de Bret. pour Histoire de Bretagne. 

Hist. de Fr. en y. à la suite du R. de F. pour Histoire de France 

en vers à la suite du Roman de Fauvei. 
H. M. de G. pour Histoire de la maison de Guines. 
niustr. des G. pour Illustration des Gaules. 
Jamin pour Amadis Jamin. 
J. de P. pour Journal de Paris. 
J. de P. sous Ch. VI et Ch. VII, pour Journal de Paris sous 

Charles VI et Charles VII. 
Join. pour Joinville, 
Journal de P. pour Journal de Paris. 

J. d'Aut. An. de L. XII, pour Jean d'Auton, Annales de Louis XII. 
JJ. Archives nationales. 

La Col. Th. d'hon. pour La Colombière, Théâtre d'honneur. 
Lanc. du Lac, pour Lancelot du Lac. 



Laur. pour Laurière, Glossaire du Droit français. 

Le C. de D. pour Le Clerc de Douy, Gloss. du duché d'Orléans. 

L. Le Caron pour Loyse Le Caron. 

L. des Machabées pour livre des Machabées. 

L. des Rois pour Livre des Rois. 

Loyer des F. A. pour Loyer des Folles Amours. 

Malh. pour Malherbe. 

MSS. de B. pour Manuscrit de Bouhier ou de Beauvais. 

MS. de Ber. pour Manuscrit de Berne. 

MS. des C. pour Manuscrit des Cordeliers. 

MS. de G. pour Manuscrit de Gagnet. 

MS. de S*-G. pour Manuscrit de Saint-Germain. 

M. de S* G. pour Mélin de Saint-Gelais. 

MS. du V. pour Manuscrit du Vatican. 

Mach. pour Machiavel. 

Marb. pour Marbodus. 

Marg. de la M. pour Marguerite de la Marguerite. 

Men. de P. pour Menagier de Paris. 

Men. de R. pour Ménestrel de Reims. 

Mon. pour Monet, dictionnaire. 

Mon. de Paris, pour Monios de Paris. 

Monst. pour Monstrelet. 

Mont, pour Montai^e. 

Musart pour Chastie Musart. 

N. C. G. pour Nouveau coutumier général. 

Nie. pour Nicot. 

01. de la M. pour Olivier de la Marche. 

Ord. pour Ordonnance des Rois de France. 

Ord. des R. de F. pour Ordonnances des Rois de France. 

O. S. pour Orthographe subsistante. 

Oud. pour Oudin, dictionnaire. 

Ort. Sub. pour Orthographe subsistante. 

Pasq. pour Pasquier. 

Path. pour Pathelin. 

P. pour pluriel. 

P. av. 1300 pour Poètes avant 1300. 

P. B. pour Partonopex de Blois. 

P. MSS. pour Poésies manuscrites. 

Per. Hist. de B. pour Perard, Histoire de Bourgogne. 

Percef. pour -Perceforest. 

Poës. de R. Bell, pour Poésies de Rémi Belleau. 

P. du V. pour Poésies du Vatican. 

Print. d'Yv. pour Printemps d'Yver. 

R. Alex, pour Roman d'Alexandre. 

R. pour Roman. 

R. Est. pour Robert Estienne. 

R. B. pour Roman de Brut. 

R. Bell, pour Rémi Belleau. 

Rab. pour Rabelais. 

Recl. de M. pour Reclus de Moliens. 

Reg. JJ. 115. p. 287, pour Archives nationales (section histori- 

2ue), registre du trésor des Chartes, coté JJ 115, pièce 287. 
e J simple est réservé aux cartons contenant des pièces 
séparées (Trésor des Chartes). 
R. de Coller, pour Roger de CoUerye. 
Regn. pour Régnier, poëte satyrlque. 
Ren. pour Renart. 
Rou pour Roman de Rou. 
S* B. s. L. pour Saint-Benoît-sur-Loire. 
S. B. pour Saint-Bernard. 
S. F. pour Sermons français. 
S. F. pour substantif féminin. 
S. G. pour Saint-Germain. 

S*» Léoc. pour Histoire de S*«-Léocadie, manuscrit de S»-Germain. 
Sag. de Ch. pour Sagesse de Charron. 
Tenur. de Littl. pour Tenures de Littleton. 
Test, de P. pour Testament de Patelin. 
Très, des Ch. pour Trésor des Chartes. 
Tri. de Petr. pour Triomphe de Pétrarque. 
V. pour voir. 
Val. pour Valois, Notice. 
Vat. pour Vatican. 

Vies des SS. pour Vies des Saints, manuscrit de Sorbonne. 
Viff. de Ch. VI, pour Vigiles de Oiarles VI. 
Vil. Rep. fr. pour Villon, Repues franches. 
Vill U Vin. pour ViU li Viniers, poët. MSS. avant 1300. 
Les passages entre deux crochets Q sont intercalés par l'éditeur. 



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La Carne de Sainte-Palaye naquit à Auxerre le 6 juin 1697. Son frère jumeau conserva le nom de La 
Gurne, tandis qu'il recevait celui de Sainte-Palaye. Cest encore le nom d'un village du département de 
TYonne, canton de Yermenton, où la famille de notre savant possédait un domaine. Dans le Glossaire, on a 
pu remarquer les expressions et les coutumes propres aux paysans de ce pays, où Sainte-Palaye passa son 
enfance. Son père, ancien receveur du grenier à sel d'Âuxerre, était gentilhomme du duc d'Orléans, 
Monsieur, frère du roi ; il dut remplir les mêmes fonctions auprès du Régent : ainsi s'explique l'accueil 
aimable que la fille de Philippe d'Orléans, Gharlotte-Aglaé, duchesse de Modène, fit à Sainte-Palaye lors de 
son premier voyage en Italie (1739-< 740). 

Madame de Sainte-Palaye, éloignée de son mari, dh*igea seule Téducatiou de ses fils jumeaux ; jusqu'à 
Tâge de 20 ans, ils parta{[èrent auprès d'elle c ces occupations faciles qui mêlent l'amusement au travail des 
femmes. » Ainsi s'exprime Ghamfort dans son discours de réception à l'Académie française, le 19 juillet 
1781. Mais il ne faut pas voir Sainte-Palaye auprès de sa mère, comme Hercule filant aux pieds d'Omphale; 
on lui appliqua, par anticipation, les méthodes aujourd'hui en honneur dans l'instruction. Il ne commença 
d'étudier les langues grecque et latine qu'à l'&ge de quinze ans ; il y fit des progrès rapides, puisqu'en 1726 
il pouvait continuer les travaux de Secousse, comparer Denys d'Halicamasse, Tite Live, les Fastes Gapitolins, 
à Plutarque, et faire disparaître toute contradiction dans la vie de Romulus. Madame de Sainte-Palaye sut 
aussi bien former le cœur que l'esprit de son fils, dont la nature tendre et afiectueuse s'éprit pour son 
frère jumeau d'une amitié si profonde, que leurs existences se confondirent et ne se séparèrent qu'à la mort. 

Les savants de la fin du xvm"" siècle, qui avaient lu V Emile de Rousseau, les blâmèrent d'avoir renoncé au 
maria|[e ; Dupuy, dans Téloge de Sainte-Palaye lu à l'Académie des Inscriptions, à la S^ Martin 1781, 
s'exprime en ces termes, au sujet de la détermination de Sainte-Palaye délaissant une fiancée pour ne point 
se séparer de son frère : 

< A cette scène touchante, j'entends éclater de toutes parts des applaudissements et des transports. Py 
« joins aussi les miens; mais je sens, et je dois le dire, je sens en même temps retentir à mon oreille les 
« gémissements, les accents moms bruyans, mais non moins énergiques, de la Patrie qui se plaint avec 
« amertume d'avoir été et légèrement oubliée, et inhumainement sacrifiée. Quoi ! les vertus, dit-on, précèdent 
« ou suivent la véritable amitié. Verra-t-elle donc, sans s'attrister, sans s'émouvoir, deux citoyens vertueux 
« dont elle s'honore, jurer, s'engager mutuellement de ne lui point laisser après eux d'héritiers de leurs 
« vertus, et n'être que trop fidèles à leur parole? Et c'est dans son sein paternel que la Vertu même 
« donnera ce triste et funeste exemple de stérilité. Quelle idée nous en formons-nous donc?... Mais je 
t m'arrête. En mdiquant une tache, je ne prétends pas montrer un ulcère, encore moins sonder une plaie^ 

< L» vertu du meilleur des Ghevaliers fut-elle jamais pure à tous égards ? 

< D'un autre côté, si, par une allusion ou licence poétique, le modèle récent d'amitié fraternelle a été 

< comparé à celui des fibres d'Hélène, heureusement du moins l'article de l'hymen ne peut entrer dans ce 
« parallèle. L'outrage fait à la Vertu couvriroit d'opprobre l'exemple moderne comme l'ancien. » 

Sainte-Palaye, comme Montesquieu, avait vmgt ans à l'époque de la Régence; il n'écrivit pas les Lettres 
Persanesy mais il ne semble pas avoir été l'ennemi de ces mœurs raffinées et élégantes auxquelles ne 
répugnaient ni les jurisconsultes les plus sérieux, ni les érudits les plus convaincus. Restif de la Bretonne, 



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qui était de la même province, du même canton que Sainte-Palaye, puisqu'il naquit à Sacy, près Vermenton, 
en 1734, a pris pour héros d'une de ses Contemporaines mélées.son compatriote ou mieux son voisin (1). On 
sait que ce romancier, qui écrivit plus de 200 volumes, empruntait à la vie réelle les détails que lui refusait 
sa stérile imagination. 

Sainte-Palaye entra dès 1724 à PAcadémie des Inscriptions et Belles lettres. Le Mercure publiait en 4725 
un essai de lui sur Âgatbocle, tyran de Syracuse. Cependant, son père aurait préféré pour son fils une 
situation plus brillante ; il aurait voulu le voir entrer dans la diplomatie. Envoyé à Weissembourg, auprès 
de Stanilas Leczinski, roi détrôné de Pologne, il fut cbargé de la correspondance avec la cour de France. 
C'était le moment où le duc de Bourbon et madame de Prie cherchaient à remplacer auprès du roi Louis XV 
sa fiancée, Tinfanle Victoire, renvoyée à Madrid. 

Les négociations entamées aboutirent au mariage de Marie Leczinska (4 septembre 1725) ; malgré les 
conseils de son père et l'invitation du roi Stanislas, l'apprenti diplomate préféra l'histoire ancienne à 
l'histoire contemporame ; il délaissa la chancellerie pour préparer une histoire de la province de Lorraine. 
Puis, sur les conseils de l'abbé Massieu, il continua les études critiques de Secousse sur les vies de Plutarque; 
mais il imita bientôt cet érudit qui abandonnait l'antiquité grecque pour publier les Ordonnances des Rois 
de France et rédiger des Mémoires sur Charles le Mauvais ; il préféra s'appliquer aux origines de notre 
histoire, alors si mal connue et si défigurée. L'oratorien Lelong venait de mourir (1721) et dom Boucjuet 
dirigeait la vaste entreprise conçue jadis par Colbert, de recueillir en un corps d'ouvrage tous les historiens 
des Gaules et de la France. De là ces notices de Sainte-Palaye sur Bigord, Guillaume le Breton, Glaber, 
Guillaume de Nangis, l'auteur de la Chronique de Morigni, le moine Helgaud : nous renvoyons sur ce point 
aux Mémoires de l'Académie des Inscriptions et à la liste des ouvrages de Sainte-Palaye par nous publiée. 

La base de ces travaux fut les deux publications de Duchesne : Séries auctorum omnium qui de Francorum 
historia et de rébus Francicis scripserunt(\633y in-fol.) ; Historiœ Francorum scriptores (1636 à 1649, 5 vol. 
in-fol.). Sainte-Palaye s'en occupait encore lors de son premier voyage en Italie, comme nous l'apprend le 
président de Brosses (2) : « Sainte-Palaye crut avoir trouvé la pie au nid (dans les mmss. Ottoboni de la 
Vaticane) en rencontrant divers manuscrits de nos anciens historiens de France. Il se mit aussitôt à l'ouvrage 
pour remplir les lacunes qui sont dans l'imprimé de Duchesne; par malheur il se trouva que c'étaient C(mx 
de Petau, sur lesquels Duchesne a donné son édition, et qui depuis ont passé entre les mains de la reine de 
Suède. » 

Sainte-Palaye recommandait déjà cette exactitude scrupuleuse qui craint toujours d'être incomplète et qui 
distingue l'école critique du xix^ siècle; il écrit à la fin de son étude sur la vie de Gharlemagne conservée à 
Saint-Ived-de-Braine : < Il n'y a point de page ni de lig[ne(dans les mmss.) qu'il ne faille examiner avec une 
exactitude scrupuleuse, autrement on ne peut jamais se promettre d'en avoir qu'une connoissance très 
imparfaite, puisque ce peut estre souvent dans l'assemblage des pièces les plus communes que le hazard 
aura conservé le morceau le plus curieux et le plus digne de recherches. » (Hist. de l'Ac. desinscr. Vn,286.) 

Il songeait au même temps à composer pour l'ancien français un Glossaire semblable à celui de Du 
Cange, que les Bénédictins rééditaient en 1733; on lit dans leur préface: « Temperare non possumus a 
commemorandis... viro academico de La Cume de SamtePalaye non solum amicitia, sea etiam studendi génère 
nobiscum conjunctissimo, quippe qui iUustrandis vocilus GaUiarum obsoletis sokrte dûigenterque incumbit (éd. 
Henschel, 1, 63). » 

Mais nous devons, dans cette biographie, faire connaître à la fois l'homme et l'écrivain ; ce nous sera 
facile, gr&ce au premier voyage de Sainte-Palaye en Italie, de 1739 à 1740. Il ne nous en a pas laissé de 
relation ; nous savons seulement, par le ms. 1567 du fond Moreau, qu'il séjourna à Bome de novembre 
1739 à février 1740 ; mais le président de Brosses, dans sa correspondance familière, n'oublie pas les deux 
frères; il nous les dépeint avec une vivacité toute bourguignonne. Suivons-les donc à travers les deux 
volumes de l'édition publiée en 1858, chez Didier, par M. Colomb. 

Les itères La Cume rejoignirent le président de Brosses à Avignon : < Sainte-Palaye, en sa qualité de 
protecteur de tous les vieux sonnets, voulut aller sur les bords de la fontaine de Vaucluse pleurer avec 
Pétrarque le trépas de la belle Laure ; pour moi, qui ne me piaue pas d'être le chevalier des donzelles de 
Carpentras, je tirai droit à Aix (I, p. 25, 1 5 juin 1739). » A Marseille, le frère de Sainte-Palaye eut envie de la 
petite vie assez douce qu'y mènent les galériens ; l'un d'eux monta et redescendit le long d'un mât, msdgré 
les chaînes qui lui entravaient les jsunbes; quoique Turc d'origine, il disait être depuis longtemps chréûen. 

(1) Voirie Choix de M. Assézat, édit. Jeannet-Picard, I, p. 471. 

(2) Ed. Colomb, chez Didier, 1858, t. U, p. 272. 



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Cependant, de concert avec le président, Sainte-Palaye faisait honneur aux melets, poissons recherchés 
dans le pays. Mais H avait conçu, ainsi que son frère, c une très grande frayeur de l'humide élément > Aussi 
ne prit-on la mer qu'à Antibes pour se diriger sur Gênes : « Nous nous pourvûmes entre autres choses, 
Sainte-Palaye et moi, de tables, livres, écritoire, pour faire les gens studieux pendant le trajet. » (Id. p. 48). 

Ils étaient à Milan le 16 juillet. Sainte-Palaye visita la ville avec autant de conscience qu'il feuilletait les 
manuscrits : « Dieu me garde de vous parler ni de vouloir me souvenir de toutes les églises où Sainte-Palaye 
m'a traîné; il n'y a si vilain trou où il n'ait voulu entrer ; notre carrosse de remise en était sur les dents ; 
aussi lui ai-je promis, dès qu'il repasserait par Dijon, de lui faire voir le petit Saint-Bénigne... A Saint- 
Ambroise, il y a une singulière inscription d'un empereur Ludovicus Cœsar (Louis II, fils de Lothaire et 
petit-flls de Louis le Débonnaire) qui a mis Sainte-Palaye dans une terrible agitation d'esprit. » (Id. p. 95, 96). 
Notre savant y fit encore une autre découverte; à Sainte-Marthe de Milan, il releva l'inscription placée sur 
le tombeau de Gaston de Foix ; dans le ms. Moreau 1567, un dessin tracé au tire-ligne, puis lavé à l'encre de 
Chine, nous montre la statue du personnage gisant placée contre la muraille (f. 5 et 6). De Milan, on se 
dirigea sur Venise « où nous ne songeons jamais à déjeuner, Sainte-Palaye et moi, sans nous être au 
préalable mis quatre tableaux de Titien et deux plafonds de Paul Véronèse sur la conscience. » 

C'est dans ce voyage que Sainte-Palaye se prit de goût pour la peinture ; il en vint à rédiger des obser- 
vations sur cet art, que la bibliothèque de l'Arsenal conserve en manuscrit, et k adresser à son ami de 
Brosses, en 1751, une lettre sur le bon goût dans les arts et dans les lettres. Cette brochure extraite du 
Mercure, d'après les biographes, aurait été adressée à M. de Bachaumont; l'erreur est manifeste. 

Les aventures de voyage s'entremêlent aux émotions artistiques. Près de Ferrare (Id. p. 226, 6 septembre 
1739), les deux La Curne franchissent le Pô et perdent de Brosses et son cousin Loppin ; ils passèrent la 
nuit à se c chercher comme une épingle au milieu de la campagne, à crier du haut de leur tête, à faire 
hurler tous les chiens du Ferrarais et à déposter des corps de garde, hurlant aussi de leur côté de place en 
place. » 

Après la traversée du Reno (p. 231), leurs chaises de poste allèrent rouler au fond de la vallée de Marara. 
t Sainte-Palaye, le plus bilieux de tous les hommes, me débita un beau sermon sur la patience dans les 
infortunes, sous prétexte que ma colère ne réparerait pas le malheur. Je ne manquais pas de l'en croire, 
aussitôt que j'eus crié assez fort et assez longtemps pour avoir une éteinte de voix. » Le 18 septembre, ils 
étaient à Bologne « où nous allons, Sainte-Palaye et moi, passer la veillée tête à tête avec le cardinal-arche- 
vêque Lambertin, bonhomme sans façon (p. 550). » A Sienne, ils trouvent une madone de Dominicus, peinte 
en 1221, qui ébranle la priorité accordée à Cimabue. c Nous cherchâmes, Sainte-Palaye et moi, toutes les 
chicanes possibles, tant à la date qu'à la peinture, sans y pouvoir trouver à redire. » (p. 383, 18 nov. 1739.) 

De la peinture nons passons à l'art culinaire ; de Brosses indique la recelte pour faire le pudding : 
« Mangez-en beaucoup si vous avez l'estomac robuste, c'est-à-dire autant que fait ce goinfre de S**-Palaye... 
Je trouve seulement que les raisins de Cormthe y sont de trop. Nous avons délibéré qu'on les exilerait tous 
dans un coin du gâteau réservé au seul Sainte-Palaye qui écrira autour de sa portion: c Non licet omnibus 
« adiré Corinthum. » (t. H, p. 15.) 

Arrivé à Rome, de Brosses veut acheter un vieil obélisque et le dresser sur la place S*-Louis des Français; 
on y inscrira son nom et ceux de ses compagnons : Charles de Brosses, Edmond de La Curne, Bénigne 
Legouix, Germain Loppin, Abraham de Migieu, Jean de Sainte-Palaye. 

Cependant il allait visiter le cardinal Passionei, qui devait jusqu'à sa mort rester en relations suivies avec 
les La Curne. Ce bibliothécaire du Vatican se moqua avec de Brosses du faux air de grandeur qu'affectaient 
ses confrères; il ambitionnait la réputation d'homme de lettres, et, à Ja première visite du président, il 
rétendit sans façon sur le canapé où il était allongé lui-même, entre sa barrette et sa perruque. (Id. p. 88 
à 89.) 

« Les La Curne recherchaient beaucoup les pierres gravées; > ils suivaient le président de Brosses 
dans ses visites aux monuments et ne l'abandonnaient que lorsqu'il s'avisait de se promener sur les 
corniches de Saint-Pierre, c II n'y a point de garde-fous, aussi les fous n'y vont-ils pas, témoin La Curne, qui 
pensa le devenir, en me voyant faire celte promenade d'un air aisé. » (Id. p. 181.) 

Cest alors que Sainte-Palaye fut mis en relations avec Assemanni, Chaldéen de naissance, sous-bibliothé- 
caire à la Yaticane. Le 45 décembre 1739,1e pape lui donnait une lettre pour ce personnage, lui permettant 
de consulter les mamuscrits provençaux et les textes relatifis à l'histoire de France. Il aurait voulu le fadre 
venir à Paris pour classer les manuscrits orientaux du Roi ; il se fut acquitté de cette tâche mieux que 
Pourment ; mais le pape ne voulut pas lui accorder l'autorisation de voyager. Le pr'mce Chigi ne permit pas 
de c(msulter les manuscrits de la Chancellerie. 



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IV — 



Il fallut enfin quitter Rome et se diriger sur Modène, où Ton était arriyé le mercredi des Gendres 1740. 
« La Corne, fort malgré moi, s'est allé engendrer d'un grand marquis Bérilacqua, enseigne de chevau- 
légers de la garde du pape et cousin de sa douce mie Bintivoglio, mais de ces cousins à qui on dit: Mon 
cousin, que faites- vous ? Gela m'a mis de mauvaise humeur. Les nouvelles sociétés me déplaisent, surtout 
en voyage, où Ton veut être à son aise. » (Id. n, 449.) 

Les liens de famille ne lui faisaient pas oublier l'érudition. « Le gaulois Sainte-Palaye avait trop d'impa- 
tience de se faire exhiber, par Muratori, je ne sais quel recueil de vieux jongleurs provençaux pour passer 
toute cette journée à Bolome avec moi ; il s'envola à Modëne sur les ailes de sa vieille doctrine et ne trouva 
pas plus de Muratori que de chiens verts. 

c L'heure de notre diner faisait une lacune dans notre journée ; nous la donnâmes à la Bibliothèque et à 
Muratori. Nous trouvâmes ce bon vieillard avec ses quatre cheveux blancs et sa tète chauve, travaillant 
malgré le froid extrême, sans feu et nu-tête dans cette galerie glaciale, au milieu d'un tas d'antiquités ou 
plutôt de vieilleries italiennes; car, en vérité, je ne puis me résoudre à donner le nom d'antiquité à tout ce 

3ui concerne ces vilains siècles d'ignorance. Je n'imagine pas, qu'hormis la théologie polémique, il y ait rien 
'aussi rebutant que cette étude. U est heureux que quelques gens veuillent s'y adonner, et je loue fort les 
Du Gange et les Muratori qui, se dévouant comme Gurtius, se sont précipités dans ce gouffre ; mais je serais 
peu curieux de les imiter. Saint^Palaye, au contraire, s'extasiait de voir ensemble tant de paperasseries du 
X® siècle. » 

Parmi ces paperasseries était le manuscrit de Joinville. A Lucques, dans la bibliothèque du sénateur 
Fiorentini, était conservé un exemplaire de l'histoire de S^-Louis; Samte-Palaye le décrivit dans une notice, 
et, en 1741, le baron de La Bastie en faisait l'acquisition pour la Bibliothèque Royale; il porte le n"" 10148 
du fonds français, ancien n"" 206 du supplément français. Ce manuscrit a été exécuté pour Antoinette de 
Bourbon, femme de Glaude de Lorraine, duc de Guise et baron de Joinville. On rajeunit pour elle la langue 
de Tauteur d'après son manuscrit original, tout en respectant par mégarde l'orthographe ancienne de 
certams mots. Ge manuscrit dut passer aux héritiers de la duchesse de Guise; Gharles de Lorraine le 
possédait encore lorsque, brouillé avec le cardinal de Richelieu, il quitta la France, en 1631, pour se retirer 
avec sa famille en Italie, où il mourut à Guna, dans le Siennois, le 30 septembre 1640. On s'explique ainsi 
comment Sainte-Palaye put découvrir ce volume à Lucques dans le siècle suivant. Il avait aidé à l'étude de 
Joinville et préparé l'édition de ce chroniqueur donnée en 1761. 

Sainte-Palaye fit ensuite des recherches sur la vie de Froissart. Non content de le suivre dans sa vie 

errante, dans ses récits sur le xrv' siècle, il fit copier ses poésies. Les savants de notre époque n'ont pas 

négligé de recourir à ces sources. Les Mémoires sur la Vie de Froissart sont la base des travaux de 

' M. Eervyn de Leltenhove qui précèdent son édition des Ghroniques. La copie des poésies, conservée à 

l'Arsenal, a servi à M. Scheler plus que l'original lui-même. 

Si son existence eût été plus longue, Sainte-Palaye eût édité le gros manuscrit qui contient les compositions 
d'Eust. Deschamps; il avait préparé un mémoire sur la vie de ce poète, et toute son œuvre était copiée. 
Mais il délaissa cette entreprise que poursuit aujourd'hui M. de Queux de S'-Hilaire, avec autant de talent 
que de persévérance. Il s'appliquait encore à la Vie de Jean de Venette, à l'Histoire des m Maries, au grand 
Recueil des Ghroniques de S^-Denis. 

Déjà l'historien se transformait en philologue. Dans le manuscrit 1567 du fond Moreau (B. N.), est insérée 
une lettre de Dupré sur des mots qu'il n'entend pas : cabuseries, au traité sur la Police de Delamarre ; 
chevaux teniclés, dagues chamtes, te igitur; portion du champ, du vent et du soleil. 

Tous ces travaux méritaient récompense : le 18 février 1748, Maurepas annonçait à Ssûnte-Palaye que le 
Roi l'av^ût nommé pensionnaire de l'Académie des Inscriptions. U était, en effet, l'un des membres qui 
contribuaient le plus aux recueils institués par cette société. En 1744, il présenta, de concert avec Secousse 
et Foncemagne, au contrôleur des finances Machault, le projet d'un recueil de tous les titres, chartes et 
diplômes manuscrits avec une table chronologique de tous ceux qui avaient été imprimés. Deux savants, 
amis de Samte-Palaye, Bréquigny et Moudiet, furent associés à cette entreprise qui aboutit à la publication 
de 3 vol. in-folio, de 1769 à 1783, intitulés Table chronologique des d^>lômes, chartes, titres et actes imprimés 
concernant {histoire de France. Saint^Palaye s'en occupait encore en 1770; il recevait, le 14 juillet, une 
lettre de M. Houard (1), avocat et associé de l'Académie, qui venait d'adresser au ministre un titre de 1420 
différent de celui qu'avait publié Bréquigny dans ses Rôles Gascons et Normands ; il était relatif à la 

(1) M. Houard préparait un recueil des auteurs anglais qui ont traité de coutumes normandes introduites en 
Angleterre par Guillaume le Conquérant. 



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concession faite par Henri l" aux Dieppois da droit de quatrième. M. Houard espérait retrouver d'autres 
chartes du temps de Charles VI et de Charles YII. 

Saînte-Palaye se décida, en 1749, à un second voyage en Italie. Il ne s'agissait plus, comme avec le 
président de Brosses, de s'amuser un peu en dépensant beaucoup d'argent. Le manuscrit 1567 débute par 
un double mémoire sur deux colonnes ; d'une part est « la route pour aller de Lyon à Rome; » de l'autre 
sont les « distances et lo^emens. » C'est une description résumée de la route, des hôtels où Ton couchera, 
du passage du Mont-Cenis. Sainte-Palaye est économe de temps et d'argent; c'est afin de pouvoir examiner 
plus de manuscrits et payer de plus nombreux copistes. Il visita Rome et vit une reproduction du groupe 
de Biblis et de Caunus, qui avait frappé de Brosses lors de leur premier voyage. Il eut des relations plus 
fréquentes et plus suivies avec Assemanni et Passionei. La vue des chefs-d'œuvres de Raphaël et de Michel 
Ange lui fit oublier l'érudition et la philologie; il se rappela qu'il avait été initié à l'histoire de l'art par le 
prâident de Brosses^ qu'il avait lui-même rédigé, de 1740 à 1750, des observations sur la peinture en 
France. De là, dans le Mercure de 1 751, cette lettre au président de Brosses sur le bon goût dans les arts et 
dans les lettres. Nous la citerons en grande partie, car elle prouve que notre savant eût pu au besoin, 
comme Diderot, devenir un critique d'art. La voici : 

. c Vous aimez les arts. Monsieur, et moi j'aime les lettres. Ces goûts ne diffèrent pas beaucoup entre eux, 
et f ai même souvent remarqué des conformités dans notre façon de sentir les choses qui nous afiectoient. 
Cependant, il est arrivé que dans les confidences particulières que nous nous faisions réciproquement, nous 
nous sommes plus d'une fois regardés l'un l'autre comme un peu visionnaires ; je vous en fais l'aveu; faites- 
moi le vôtre avec sincérité. Quelquefois vous m'avez trouvé lisant un gros volume, farci de grec, que 
j'appellois l'anthologie ; j'étois en extase sur une épigranune grecque où je découvrois des beautés sur 
lesquelles je ne tarissois point ; car, quel est l'homme assez stérile pour n'être pomt babillard quand il parle 
de sa passion. Ces beautés vous paroissoient bien insipides, et vous aviez grande envie de me renvoyer à la 
plaisanterie de Bacan sur les potages à la grecque. Je m'en apercevois, quelque peine que vous prissiez à 
vous échauffer, afin de paroître de mon avis ; ce sont des tromperies qu'on se fait entre amis. » 

Mais Sainte-Palaye dédaignait les statuettes et les dessins recueillis par son ami. « Ce que je méprisois 

n'étoit rien moms que l'ouvrage de Raphaël, de Michel Ange et des Carrache ; de ces hommes à qui je vous ai 
entendu si souvent prodiguer le titre d'immortels et de divins. Tandis que vous sortiez de votre flegme ordinaire 
pour pass^ aux plus vifs transports d'admiration, je restois comme pétrifié. Il ne m'entroit pas dans l'esprit 
comment des traits sans liaison, sans ordre et nullement arrêtés, quelques coups de plume jettes rapidement 
et comme au hasard sur le papier, pouvoient produire sur vous de si grands effets et vous faire entendre ce 
que ces habiles gens avoient voulu se dire à eux-mêmes, lorsque dans la chaleur de la composition ils 
avoient ainsi exprimé leurs pensées. J'étois encore moins persuadé que des esquisses si légères pussent être 
qualifiées du nom sérieux d'études. » 

n le raille de même de son goût pour les statues grecques et les vases étrusques. 

« L'été nous raccommodoit dans nos promenades aux Chartreux. Lorsque nous entrions ensemble dans 
ces beaux cloîtres et que nous considérions les merveilleux tableaux de Le Sueur, nous étions alors un peu 
plus d'accord; vous aviez cent choses à me dire, et moi, si je n'avois rien à vous dire pour confirmer vos 
jugements et vos éloges, je n'avois du moins rien à répliquer pour les contredire. Pétois presque toujours de 
TOtre avis, mais je ne sçavois pas pourquoi un sentiment intérieur que je ne démêlois point, me forçoit à 
penser comme vous; enfin la nuit nous renvoyoit chacun chez nous, et me livroit à mes réflexions. 

< Ce n'étoit plus de vous alors ^e j'étois mécontent, c'étoit de moi-même. Je m'impatientois de ne 
pouvoir me rendre raison d'un sentiment qui n'en étoit pas moins vif, quoique le principe ne m'en fut pas 
connu, et dans mon impatience, j'avois quelque regret au plaisir que mon sentiment m'avoit procuré... 
Gomme nos promenades et nos visites au doitre se répétoient souvent, mes yeux se dessillèrent enfin et le 
Yoile tomba. 

« En considérant ces tableaux mcomparables qui me donnent plus que tous les autres l'idée que je me 
lais de la peinture des Grecs et du goût qu'ils portèrent dans les arts comme dans les ouvrages purement 
de l'esprit; en considérant ces tableaux, je remarquois que deux ou trois personnages dans une cellule ou 
dans un paysage aussi simple que la cellule même, faisoient tout le sujet 

< Je me suis raccommodé. Monsieur, depuis ce temps-l^ avec vos gros portefeuilles, vos croquis, vos 
statues égyptiennes, vos vases étrusques. Je reconnois que la division dans nos jugements ne vient que 
d'avcMT voulu commencer par bù il falloit finir. Je voulois pénétrer dans ces mystères de la peinture et je 
n'y étois pas seulement initié. Comme bien d'autres, je voyois sans voir ; il falloit pour me ramener dans la 



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— VI — 

voie, des Choses absolument ternunées et qui ne me laissassent rien à suppléer, des ouvrages, surtout, qui 
parlassent à Tesprit; je les ai trouvés. Tadmirerois maintenant sans complaisance tout ce que vous voudrez ; 
j'espère aussi que vous ne serez pas obligé de faire plus d'effort pour goûter mon gros volume de l'anthologie. 

« Partez du même principe que moi, et vous verrez avec plaisir une ancienne épitaphe grecque sur 
laquelle je tombois ces jours passés, et qui excita en moi un sentiment que j'aurois de la peine à vous 
exprimer. Peut-être n'a-t-îl d'autre source que dans cette belle simplicité, qui fait le principal mérite des 
produits de l'esprit, comme de tous les ouvrages de l'art... « Ici reposent les restes de Lucile. Elle accoucha 
de deux jumeaux qui furent partagés, le vivant au père et l'autre à la mère. » 

t Je me suis amusé, quoique je ne sois rien moins que poète, à le mettre en vers ; vous y sentirez mieux 
peut-être l'intention de l'original : 

De son mari Lucile uniquement chérie, 

A deux jumeaux donna la vie 

Et la perdit en même temps. 
Le sort aux deux époux partagea les enfants : 

L'un au tombeau suivit sa mère, 
L'autre vécut pour consoler son père. 

« Je souhaiterois que quelques-uns de nos poètes voulussent employer leur talent à traduire cette épitaphe, 
et qu'ils s'appliquassent surtout à lui rendre la simplicité et la précision que j'ai tenté vainement de lui 
consacrer. » 

On le voit, Sainte-Palaye n'avait pas entièrement abandonné ses études sur la littérature ancienne, il 
aimait les recueils composés de pièces courtes et variées, comme les chansonniers des troubadours et des 
trouvères ; il choisissait parmi ces pièces celles qui lui rappelaient La Gurne, son frère jumeau. Mais il entre- 
voyait déjà que les langues romanes appartenaient à une même famille, et il adressait à l'Académie des 
Inscriptions des remarques sur la langue française du xii^^ siècle, comparée au provençal, à l'italien et à 
l'espagnol (1751). 

Sainte-Palaye aurait pu devenir un provençaliste distingué ; il avait fait copier la chanson de croisade des 
Albigeois dont il rédigea un glossaire spécial (B. N. Moreau 1831, et Ars. 483); un recueil plus considérable 
en 13 vol. in-folio ÇH. N. Moreau 1568 à 4581) contient les mots provençaux qu'il avait relevés dans les 
auteurs en prose et dans les troubadours. Il songeait même à composer une histoire des troubadours, mais 
ses travaux sur la chevalerie et l'ancienne langue française l'en détournèrent. Tous les matériaux recueillis 
étaient relatifs à 152 troubadours; il en fit don à l'abbé Millot, qui les résuma dans trois volumes parus en 
4774. Sainte-Palaye voulait se consacrer exclusivement à la publication d'un Dictionnaire des Antiquités 
françaises, analogue à celui du hollandais Pitiscus pour les antiquités romaines, et k un Glossaire de 
l'ancienne langue française. A partir de l'année 1754, en effet, il n'insère plus de mémoires dans les recueils 
de l'Académie des Inscriptions Bt Belles Lettres. Afin de l'encourager à poursuivre cette vaste entreprise, le 
Roi l'avait nommé directeur de l'Académie pour l'année 1754 ; on ne lui tenait pas compte du présent ; on 
attendait l'avenir. 

Nous désirerions connaître la vie des deux La Cume et de leur secrétaire Mouchet, pendant ces longues 
années de préparation laborieuse; mais les documents confidentiels que nous avons pu recueillir sont rares 
ou peu intéressants. Ainsi, le 15 novembre 1753, madame du Bessay de Rassé l'entretenait de madame de 
Sémonville, le remerciait de l'envoi d'un livre et de 22 bouteilles de ratafia que lui devait La Gurne, le frère 
de notre érudit ; elle les invitait tous deux à venir à Marly. 

Force nous est donc de revenir à l'histoire littéraire ; en 1 756, Sainte-Palaye publiait son projet de glossaire 
(voir la préface du 1. 1" de notre édition), et sur ce simple aperçu, il fut reçu à l'Académie Française en 
1758, en remplacement de Louis de Boissy, auteur comique, qui, après avoir dirigé le Mercure et la Gazette 
de France, donna k l'Académie Française et au Théâtre Italien plus de quarante comédies. Les Académies 
de la Grusca de Florence, de Dijon, celle de Nancy, à l'établissement de laquelle il avait concouru, 
s'empressèrent de l'adopter. 

L'Académie Française ne lui fit pas oublier l'Académie des Inscriptions ; il travaillait toujours au Recueil 
des Historiens de France, de dom Bouquet. 41 entretenait avec le cardinal Passionei une correspondance 
suivie de 1754 à 1761 (1), année où mourut ce prélat. G'étaient là des relations fort précieuses pour Sainte- 

(1) Au mois de juillet. V. Mém. de Bachaumont, 1757, 1. 1, p. 331. 



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— vu — 



Palaye, car dès 1739, le président de Brosses écrivait de Passionei, qui, durant sa nonciature en Allemagne, 
avait recueilli de toutes les manières des livres rares et précieux : « Quoique le nombre {des livres provenant 
de la reine de Suède) soit considérable, ce n'est pas là ce qui fait la réputation de la Bibliothèque Yaticane; 
elle ne la doit qu'à ses manuscrits. Pour se targuer d'avoir des livres, il faut qu'elle attende de s'être 
approprié le beau recueil du cardinal Passionei, qui nous a paru dans le dessein de le lui léguer à sa mort.» 
(U, 273.) 

Le cardinal écrivait à Sainte-Palaye sous le pseudonyme de Le Prieur; nous donnons de lui m extenso 
une lettre datée de Rome, 15 décembre 1760. On verra que le cardinal s'adresse à l'ami autant qu'au 
savant; il lui demande de compléter son mobilier comme d'enrichir sa bibliothèque Ci. N. f. Moreau, 1547) : 

« Votre Prieur vous promettoit, mon très cher et très illustre confrère, d'user d'indulgence à votre égard ; 
il y etoit porté autant par la bonté de son cœur, que par l'aveu de votre faute et l'apparente sincérité de 
votre repentir; mais quel déplaisir pour lui, de voir que cette même indulgence n'a servi qu'à vous rendre 
plus incorrigible. 

« Yotre dernière lettre est du 13 juillet; pouvés vous en honneur et en conscience, garder un si long et 
si affireox silence à l'égard de votre Prieur, qui fait consister une partie de la douceur de sa vie dans le plaisir 
de recevoir de vos nouvelles I Sa tendresse pour vous le met sur le sujet de votre silence dans une inquiétude 
qu'Q ne peut exprimer, et il craindroit de votre part quelque altération dans votre amitié pour lui, s'il croyoit 
y avoir donné quelque occasion ; mais il n'a aucun reproche à se faire à cet égard, et c'est ce qui le 
tranquillise entièrement. 

« Ne m'afiQigés donc plus, mon cher confrère, et avec la nouvelle année que nous allons commencer, et 
que je vous souhaite aussi heureuse que vous la mérités, renouvelles en faveur de votre Prieur, ces mêmes 
sentimens, dont vous lui avés tant de fois juré la continuation jusques au dernier moment. J'espère que 
dans la première lettre que vous me ferés le plaisir de m'écrire, vous me donnerés des nouvelles des 
montres et pendules en question, ainsi que de mes 2 lettres à MM. de Guignes et de Bréquigny, à qui je 
vous prie de vouloir bien renouveller mes justes remerciemens, ainsi que mes souhaits les plus ardents et 
les plus sincères pour leur prospérité et la conservation de leurs jours. Je suis, mon très cher et très illustre 
ciMifrere, entièrement à vous sans reserve. « Le Prieur. » 

Mais revenons sur les premières lettres de cette correspondance, où le cardinal cédait souvent la plume 
à son seorétaire français, l'abbé Teslaud du Bois de Lavaud. En voici l'analyse, d'après le manuscrit 1547 
du foiMls Moreau : 

Rome, 13 novembre 1754. — « Le cardinal est de retour de l'Hermitage ; il adresse une lettre de change ; 
il renonce à l'achat de deux ceintures coûtant 200 livres ; il envoie par le P. Tassin des feuilles pour des 
ouvrages à compléter; il embrasse tendrement La Gurne, ainsi que le frère Edmond. > 

Rome, 19 février 1755, — « Il a appris la mort de l'abbé Lenglet (1); il regrette cette fin tragique; 
c'était là un correspondant qu'on ne pourra remplacer, n faudra faire retirer les ouvrages de Bellarmin 
acquis par lui à la vente de la bibliothèque de feu M. Ghauvelin, amsi que le catalogue de cette bibliothèque. 
A-t-il donné au public, avant de mourir, t la Vie de Jeanne-d'Arc, dite la Pncelle d'Orléans (2)? » Il a reçu 
des brochures par les PP. Bénédictins ; il en attend du libraire Gamier ; il s'intéressera au P. Laugier... 
(Lettre incomplète.) » 

16 avril 1755. — « L'abbé de Grandis s'est entendu avec Samte-Palaye pour la copie du n* 4804 ; il recevra 
46 sequins ; les cahiers de son travail ont été adressés à M. de la Bruyère et remis à la fin d'août 1754 ; la 
Htre est signée du secrétaire Testaud du Bois de Lavaud. > 

23 avril 1 755. — t L'on revient sur la question des 1 6 sequins à donner à l'abbé de Grandis. » 

Gamaldoli, 4 jum 1755. — t Le Prieur est à l'Hermitage ; il a fait commencer les copies à la Yaticane. H 
parte de livres à lui envoyer; il mentionne l'abbé Baudoin, chanoine de Notre-Dame; le P. Tassin (3); il 
s'occupe du P. Laugier. » 

Rome, 8 juillet 1755. — < L'afTaire du P. Laugier n'a pas réussi ; le cardinal, de qui dépendait le succès, 
est toujours avec les Pères de la Société et inconnu à Passionei. Mais on lui trouvera facilement en France 
un Bénévole. Il voudrait avoir : !• « Une analyse de Bayle, » par le sieur Marsy, qui, pour ce, vient d'être 



(i) Lenglet Dufresnov, célèbre érudit, mort le 16 janvier 1755. Il a donné une très bonne édition de Gommines. 

(2) U Tavait publiée dès Tannée 1753. 

(3) Bénédictin de Saint-Maur ; il donna, de concert avec le P. Toustain, un nouveau traité de diplomatique (1750-1705) ; 
il publia aussi une histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur. 



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— vni — 

mis à la Bastille ; S"" « une lettre critique et historiqQe à Tauteur de la Tie de Gassendi, > 1737, in-12; 
3"" < le Dictionnaire des Postes. > 

Rome, 27 août 4755. — « On ne peut faire accepter au cardinal Galli, grand pénitencier, le Benevok du 
P. Langier pour passer dans les Bénédictins de Tantique observance. On peut le faire passer aux Àugustins. 
Il demande à n'être plus chargé d'affaires semblables, vu sa goutte. Il s'occupe de la copie d'Helgaud. > 

14 janvier 4756. — t Lettre du secrétaire Testaud, relative à la copie d'Helgaud. Envoi à d'Aiiville ; U le 
lui annonce. » 

14 janvier 1756. — « Le cardinal Passionei vient d'être agrégé à l'Académie des Inscriptions. » 

31 mars 1756. — t Lettre du secrétaire Testaud. Il parie du comte de Caylus. Il est allé avec l'abbé 
Barthélémy (1) voir le manuscrit d'Helgaud. On presse l'abbé de Grandis d'achever ses travaux. II prie 
Sainte-Palaye de lui adresser certains livres par le secrétaire d'ambassade Boyer. Ci-incluse une lettre pour 
Tex-jésuite Laugier. Annonce de la nomination de trois cardinaux : de Tavanes, archevêque de Rouen ; de 
Luynes, archevêque de Sens; de Gesvres, évêque de Beauvais. Entrée magnifique du comte de Stainville 
(le futur Choiseul) à Rome ; sa première visite m /îoccftt sera encore plus remarquée. » 

5 avril 1756. — t Lettre du secrétaire: MM. de la Chateautayer et de la Bedoyere s'entendent pour qu'on 
ne le trouble pas en son petit prieuré d'Auvergne. Barthélémy s'occupe d'Helgaud. Nomination de cardinaux. 
Visite m fiocchi de StainvUIe. Il adresse une lettre à M"® de Montmort II tourmente M. Natoire (le directeur 
de l'Ecole de Rome de 1751 à 1774) pour trouver ce que demande Edmond, le frère de La Cume (sans 
doute des pierres gravées). » 

5 mai 1756. — « Lettre du cardinal. Bref pour le père Laugier, ancien jésuite, qui est transféré à l'abbaye 
de Moreuil ; il sera dispensé du noviciat. » 

5 mai 4 756. — « Envoi de la copie du moine Helgaud ; monseigneur Assemanni travaille sur le manuscrit 
que doit copier M. de Grandis ; envoi du bref relatif à l'abbé Laugier. » 

12 mai 1756. — « Remettre à l'abbé Laugier une lettre avec copie de celle qu'a écrite le P. Daubenton, 
si l'on est sûr de lui ; tout le monde sait ce qui est arrivé au P. Laugier, étant à la Cour, au sujet du discours 
qu'il prononça à l'occasion des affaires du temps ; discours dans lequel il fit voir combien il était inspiré par 
la Société et animé de son esprit. Il y a de fortes présomptions pour craindre qu'il ne soit toujours ammé de 
ce même esprit; en ce cas, ne s'ouvrir à lui qu'avec réserve. Le cardinal n'agit que par curiosité; si l'abbé 
Laugier n'est pas sûr, s'adresser à l'abbé Lebeuf. » 

Gamaldules de Frascati, 2 juin 1756. — « Le secrétaire écrit que le cardinal s'occupe de la dispense que 
Sainte-Palaye voudrait obtenir pour Charles Collin et Françoise Gallard; M. de Grandis s'occupe dUelgaud 
et du manuscrit de Gholiac. » 

9 juin 1756. — « Lettre relative à la dispense ci-dessus et à l'abbé Laugier. > 

7 juillet 1756. — « Le cardinal demande le Dictionnaire des Postes, la Vie de Pithou; il demande des 
renseignements sur la lettre du P. Daubenton au P. Groiset; < vous ne sauriez croire conibien cette affaire 
« me tient au cœur. » 

7 juillet 1756. — « Lettre du secrétaire ; il apprend avec douleur la mort de M"* Rémond. Assemanni a 
donné le manuscrit d'où l'abbé de Grandis tirera 18 notices. Envoi d'argent au libraire Guérin, qui l'a reçu 
du P. Flachat. Nouvelles relatives à l'abbé Laugier, à la dispense. » 

20 juillet 1757. — c M""* du Boccage est à Rome; elle a dédié au pape sa Golombiade; elle a reçu de lui 
un présent de 1,000 francs. Plaintes contre le libraire Guérin. » 

20 juillet 1757. — « Envoi de notices. Régiment de comptes, n n'a pas de réponse de M"^ de Montmort 
Plaintes contre le libraire Guérin. [Sans doute Passionei, comme en Allemagne, demandait des livres et ne les 
payait pas.] » 

24 août 1757. — « Il a reçu trois volumes de l'Académie des Inscriptions ; il réclame le tome XXI. » 

14 septembre 1757. — « Il protège M. de Malard; c'est une affaire diflScile à résoudre, puisque le bailli 
de Saint-Simon s'en est déjà occupé. Plamtes contre le libraire Guérin. Lettre à l'abbé Laugier, au châteaa 
de Haute-Fontaine, près Villiers. fl a changé de secrétaire; celui-ci signe Cotterets. » 

Sainte-Palaye demeurait alors cul-de-sac de Ménars, rue de Richelieu. Goujet avait composé des livres 
que désirait Passionei ; le savant bibliophile les recueillait ; mais simple bénéficier à 800 livres, il désirait être 
payé. Cependant l'ancien secrétaire du cardinal Passionei avait un bénéfice près d'Avignon; il écrivait aux 
frères La Cume pour retourner auprès de Passionei, mais celui-ci disait l'avoir renvoyé. 

(1) L'auteur d'Anacharsis veyagea en Italie de 1755 à 1757; il y connut Choiseul, alors comte de Stainville, qui, 
depuis, ne cessa de le protéger. 



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— IX — 

En décembre 1759, le copiste à la Vaticane tf était plus Tabbé de Grandis, mais Tabbé Foggini ; on 
s'explique ainsi les fautes dans les citations du Glossaire ; ces copistes pouvaient être soigneux, avoir Toeil 
paléographique, mais ils entendaient diflScilement le français, surtout celui du moyen ige. De là leurs erreurs 
et, par suite, celles de Mouchet et de Sainte-Palaye. 

Par d'autres lettres, on voit que notre érudit était en relations avec Tabbé de Foy, savant qui publia, en 
4765, une notice des diplômes relatifs à l'Histoire de France; il s'en occupait dès 1760 et envoyait, le 17 
mai, à Sainte-Palaye, les deux premiers volumes de la table de la notice de Valois. Il était aussi en relations 
avec l'abbé Velly, auteur d'une Histoire de France assez estimée au xviii* siècle; avec le bénédictin 
Carpentier, qui remania et compléta le Glossaire de Du Gange. 

Nous aurions préféré connaître ses rapports avec le président de Brosses, pour ajouter quelques lettres 
inédites à la célèbre correspondance datée d'Italie. Nous n'en avons trouvé qu'une seule insérée au fonds 
Moreau n* 1567, f. 9. Le Président venait de publier sa dissertation sur le culte des dieux fétiches, où il 
prétendait à tort que Tancienne religion des Egyptiens n'était que le fétichisme des peuples de l'Afrique. On 
sait que ce mot fétichisme n'a pris place en notre langue que depuis cette publication. 

« 17 juillet 1760. — Hem! tâchez de vous essuyer le front. Ne voilà-t-il pas un bourru bien cassé d'avoir 
dicté deux méchantes lettres dans le cours d'un an. Mais pour vous donner quelque chose qui soit plus 
agreaWe à votre glossaire, voicy une vieille pièce qui est une espèce d'epitaphe historique sur laquelle on 
m'a chargé de vous consulter. Par l'ancienneté de récriture lombarde et du parchemin, et surtout par 
rélégance et la pureté du style, ainsi que par l'exactitude de la mesure, nos plus Sains-Palaiographes la 
jugent du meilleur temps de Louis d'Outremer. Mais on veut avoir l'avis du signor Quaranta. Elle commence 
amsi: 

Hic sittis est quidam popina plenus et uvis 

Atque pulardiroso condens verUrone lasagnas 

Et rubro capuchone caput manc endovUuppans ; 

Assidue glomerans ructabat rancida verba : 

JEgre fetichistis responsa ferebat amicis, 

Dum frater tncumbens castello Valériane 

hter cœruleos extendit crura tapetes, 

Aut quoque freduliat vacuus, fissasve flagellât, 

Gnarus anisatum duppts comprare liquorem^ (î) 

Blustrem kbiis rimatiscare lupinum, etc., etc. 

€ Mais comme toute bonne action mérite récompense et que je possède au souverain degré la justice 
distributive, vous aurez mon unique exemplaire imprimé du Pauvre diable, qu'on dit qu'on ne peut trouver 
imprimé à Paris. Ne croyez pas que je sois icy à portée de Genève, D'ailleurs, je suis un peu fraîchement 
avec le seigneur Voltaire depuis que j'ay fait faire une visite de mes bois qu'il a non-seulement coupés, mais 
encore fait arracher les pieds, parce qu'il en trouvoit 7 fr. par chicot (2). Je vous envoyé donc ledit Pauvre 
diable avec cette lettre cy et une pour M. Le Beau, sous l'enveloppe de M. de Mauregard. Vous recevrez 
aussi par la même adresse un paquet de six exemplaires des Fétiches que j'ay mandé qu'on vous envoyât. 
C'est pour vous, pour MM. de la Nauze^ Busigny, abbé du Resnel, abbé Barthélémy et Gibert. Je vous en 
ferez {sic) faire un de ces jours un autre envoy pour les Foncemagne, Segrais, Tercier, Le Bateux, de 
Guignes, et votre ami Brequigny que je ne connois. Vous aurez la bonté de distribuer ceci de votre part, 
non de la mienne. Car je n'en prends point à cela ni à Timpression de ce petit traité. Pour les Bletteries et 
autres Zoïles, bigots, hypocrites, sphinx et jansénistes contredisans, 

Tous ceux là n'auront de mes dieux 
Non plus qu'il en pleut dans vos yeux. 

« Laissez les grommeler; quoi qu'ils en puissent dire, ce traité est bon et restera comme opinion neuve et 
phis que probable sur le sujet dont il s'agit. Quand, dans la quantité de faits, il me seroit echapé quelque 
méprise, il ne s'agit que d'une question, scavoir que l'Egyptianisme etoit un culte sauvage et grossier, non 
intellectuel. Elle est bien et philosophiquement déduite, bien prouvée par les faits et par le raisonnement. 

(1) Nous avons vu plus haut que La Gurne avait un secret pour fabriquer le ratafia ; c'est là une spécialité bien 
bourguignonne, 
p) Voir plus loin, à l'année 1771. 



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Croyez moi, depuis qu'il n'y a plus de Freret au monde, personne dans Ik compagnie ne connoit si bien ce 
temps de Tantiquité que : 1*^ La Nauze, 2** votre serviteur, 3** Gibert, qui voudroit bien être le premier et 
qui ne sera pourtant que le troisième. Au reste, notre ami Barigny et sa théologie payenne ne seront pas de 
mon avis. Ce qui n'empêche pas que ce ne soit un galant et honneste homme, seulement un peu verbeux, 
et sujet aux digressions. Pay fait à M. de Grâce une réponse honnête assez courte que vous verrez. Ne lui en 
parlez pas d'avance. Tadmire qu'il vous ait tant fait d'excuses d'avoir écrit contre un de vos amis, et quil 
n'ait pas senti qu'il etoit peu convenable qu'il écrivît contre quelqu'un des corps. Car l'incognito n'etoit pas 
pour luy puisque les Mémoires ont été lus dans les séances. 

« Je suis certain d'avoir renvoyé les Marianes à M. Falconnet, je ne sçais plus par qui; ainsi, je ne le suis 
nullement que la commission ait été faite. Aussi je viens d'écrire qu'on les cherchât tout de suite à racheter 
chez le libraire, et qu'on le lui reportât de ma part. Pespère qu'il ne remarquera pas que ce n'est pas son 
propre exemplaire. Ne lui en dites mot. N'oubliez pas l'exemplaire que je dois avoir de certaine description 
géographique de la France pour tant de cartulaires de S*-Benigne, S*-Etienne et Beze, dont j'ai envoyé les 
explications par vous sollicitées. Votre pastourelle est un peu mieux depuis quelques jours. Mais il s'en faut 
bien que cela ne soit net encore. Elle embrasse, ainsi que moy, trez tendrement les chers frères. Nous 
sommes de vrais Philadelphes. » 

Note annexée. — « Six exemplaires du Traité des fétiches pour messieurs l'abbé Barthélémy, l'abbé du 
Resnel, La Nauze, Tercier et Ségi'ais. 

t On arrive de campagne; on est crotté, mouillé, même noyé. On embrasse les chers frères. » 

Tant d'occupations variées n'empêchèrent pas Sainte -Palaye de publier ses Mémoires sur la Chevalerie, 
qui sont plus connus que ses travaux philologiques. Ces Mémoires doivent être aujourd'hui consultés pour 
les citations, non pour le texte. L'auteur n'a pas tenu compte des chansons de geste, mais des romans et des 
fabliaux; ses don Quichotte sont des Amadis et ne conservent rien de Roland. La chevalerie était d'abord la 
réunion des vassaux montés; puis l'Eglise imagina d'imposer à la noblesse laïque quelques-unes des règles 
militaires et religieuses qu'avaient acceptées les Hospitaliers et les Templiers ; ce devint alors un honneur 
d'échanger le titre d'écuyer contre celui de chevalier, comme à Rome d'abandonner la toge prétexte pour 
revêtir la toge virile. Mais ces guerriers restèrent toujours immoraux ; au xiv^ siècle, les roturiers, chefe de 
bande, usurpèrent le titre de chevalier. Le courage religieux de Roland fit alors place à une galanterie 
mystique et brutale, à une férocité digne du gladiateur plus que du soldat. 

Ce serait peut-être le lieu de faire l'histoire du Glossaire et d'en indiquer la valeur ; mais pour un éditeur, 
la compilation publiée est aussi importante que la vie du compilateur lui-même ; elle sera donc étudiée à 
part. 

Les recueils de notre érudit s'enrichissaient autant par des legs que par ses travaux personnels; on lit, 
en effet, aux Mémoires secrets de Bachaumont (I, 43, 9 février 1762): « M. Falconnet, médecin, mort à 94 
ans, avait toute sa vie ramassé les anecdotes qu'il avait apprises ; il les mettoit sur des cartons, et sa compi- 
lation se montoit à plus de 150^000 notes de cette espèce. Il a légué cette curieuse partie de son cabinet à 
M. de Sainte-Palaye, son confrère de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres. » 

En 4764, le roi acheta les collections de Sainte-Palaye, qui furent laissées en sa possession jusqu'à sa 
mort ; elles furent alors réunies au Cabinet des Chartes, que dirigeait l'historiographe Moreau ; mais des 

f)ortions considérables en furent détachées, les unes pour être cédées par échange au marquis de Paulmy, 
es autres pour servir à Mouchet, qui devait continuer le Glossaire entrepris par Sainte-Palaye. Les Recueils 
cédés au marquis de Paulmy sont conservés à la Bibliothèque de l'Arsenal; le reste de la collection fit 
retour à la Bibliothèque Nationale en 1790 avec le Cabinet des Chartes, et en 4807, après la mort de 
Mouchet. 

Dans les dernières années de leur vie, les deux frères ne paraissent pas s'être éloignés de Paris : la garde 
de leurs collections, la continuation des travaux entrepris devaient les y retenir. En 4770, ils demeuraient 
rue de la Sourdière. Ils s'occupaient encore de l'histoire de France et de l'histoire littéraire, comme l'indique 
une lettre insérée dans le volume 1563 de la collection Moreau. Elle est adressée de Florence, 40 février 
1770, par Gavard des Piveto au s' Raimondo Nicoli, secrétaire de la légation de Toscane. Elle est relative à 
des recherches sur Aimeri de Narbonne, mort en 1289; son tombeau est dans l'église de TAnnonciade; un 
dessin au trait représente le chevalier galopant de gauche à droite. 

En 1771, de concert avec Legouz de Gerland, Sainte-Palaye essaya de faire nommer le président de 
Brosses à l'Académie Française ; mais Voltaire détestait de Brosses depuis qu'il lui avait acheté la terre de 
Tournay (près Pregny, 11 décembre 4 758) ; quatorze moules de bois amenèrent entre eux un procès qui ne 



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— XI — 

se termina que le 16 janvier 1781. Ce démêlé d'intérêt privé dégénéra en querelle académique. Cependant 
Voltaire feignit de se rendre aux instances de Sainte-Palaye ; mais il envoya une renonciation au titre 
d'académicien, si on lui donnait le président de Brosses pour confrère. La déclaration fut confiée, sous le 
sceau du secret, à Duclos, Thomas, Marmontel, Saurin, Voisenon ; cette perfidie enleva à de Brosses ses 
chances; on lui préféra de Roquelaure, évêque de Senlis (10 janvier 1771). 

Samte-Palaye dut être afDligé de cet échec autant que M. de Brosses ; il était attaché à ses amis comme à 
son frère ; c'est en aimant La Curne, qu il avait appris à développer, en lui-même, ces affections électives 
qui nous attachent à certains de nos semblables plus qu'au reste de l'humanité. C'est pour ce frère jumeau 
qu'il traduisit l'épigramme grecque insérée dans la lettre au président de Brosses, et composa six vers 
français, les seuls qu'il ait commis en sa longue existence. « Le testament des deux frères, dit Chamfort 
dans son discours de réception à l'Académie, car ils n'en firent qu'un, et celui qui mourut le premier disposa 
des biens de l'autre; leur testament distingua, par un legs considérable, deux parentes éloignées qui avaient 
l'avantage, inappréciable à leurs yeux, d'être sœurs et nées comme eux au même instant. C'est avec le 
même intérêt qu'ils se plaisaient à raconter que, dans leur jeunesse, leur parfaite ressemblance trompait 

l'œil de leurs parents On aurait pu les désigner, dès lors, comme le fit depuis M. de Voltaire par une 

allusion très heureuse : fratres Helenœ lucida sidéra ! » Cette ressemblance ne persista pas dans leur 
vieillesse, comme on le peut voir à la bibliothèque d'Auxerre, sur la toile où sont réunis leurs deux portraits. 

Cette existence en commun avait adouci le caractère de Sainté-Palaye, que le président de Brosses 
représente comme le plus bilieux de tous les hommes ; « de là, continue Chamfort, ce calme intérieur, cette 
tranquille égalité de son âme... Combien de fois a-t-on vu les deux frères, surtout dans leur vieillesse, 
paraissant aux assemblées publiques, aux promenades, aux concerts, attirer tous les regards, l'attention du 
respect, même les applaudissements! » Ils étaient nés à la même heure; ils espéraient qu'à la môme heure 
la mort aussi les unirait. Il n'en fut rien ; La Curne mourut le premier en s'écriant : « Que deviendra mon 
frère ? Je m'étais toujours flatté qu'il mourrait avant moi. » 

Foncemagne, le prince de Beauveau, Bréquigny, Malesherbes se rassemblèrent autour de Sainte-Palaye 
pour lui faire oublier sa douleur. « Des femmes jeunes, aimables, s'arrachèrent aux dissipations du monde 
pour seconder des soins si touchants. » Jusqu'à ses derniers instants, il garda le souvenir de son frère; 
quelques jours avant sa mort, chancelant, prêt à tomber, il se rendait à l'Académie Française ; il fit un faux 
pas et fut secouru par un poète nouvellement élu, Ducis, qu'il connaissait à peine. « Monsieur, lui dit le 
vieillard, vous avez sûrement un frère. » L'amour fraternel réveillait seul en lui la raison, que la douleur et 
le grand âge avaient affaiblie. Nous nous expliquons ainsi pourquoi le secrétaire Mouchet avait dû remplacer 
Sainte-Palaye dans la publication du dictionnaire; celui-ci était tombé en enfance. Les sous-entendus 
académiques de Chamfort ne laissent aucun doute à cet égard : « Celte idée chérie survit à sa raison, le 
suit partout et consacre à vos yeux les tristes débris de lui-même. Il n'est plus qu'une ombre, il aime encore; 
et semblable à ces mânes, habitans de l'Elysée, à qui la fable conservait et leurs passions et leurs habitudes, 
il vient à vos séances, il vous parle de son frère, et vous respectez, dans la dégradation de la nature, le 
sentiment dont elle s'honore davantage. » 

Sainte-Palaye mourut le 1" mars 1781 ; son éloge fut prononcé à l'Académie Française par Chamfort, à 
FAcadéHiie des Inscriptions par Dupuy ; mais ces oraisons funèbres ne devaient pas le recommander à la 
postérité autant que le Glossaire dont nous allons parler. 



Les nombreux et savants travaux philologiques auxquels se sont livrés plusieurs érudits, depuis un demi- 
siècle, confirment la justesse des observations de Sainte-Palaye sur l'origine de la langue française. Les 
ouvrages de Diez, de Fallot, de Littréet d'autres illustres philologues, permettent de constater, d'une manière 
certaine, que le français appartient à la famille des langues romanes et provient du latin. 

Les langues romanes comprennent: 1** L'Italien, le Roumain ou Valaque; î** l'Espagnol et le Portugais ; 
3"* le Provençal, le Français et en partie l'Anglais ; 4"" les dialectes de la Suisse romande , des Grisons, du 
Tyrol, etc., etc. 

Ces langues se sont formées sur le latin ; les divers éléments qui y sont entrés les ont modifiées si profon- 
dément, qu'elles ne paraissent avoir qu'une lointaine parenté entre elles, tandis qu'elles ont pour origine la 
même langue mère. Nous ne nous occuperons ici que de la langue française. 



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— xu — 

Les soldats de César apportèrent dans les Gaules un latin .vulgaire, sorte de patois bien diflërent de la 
langue correcte et élégante des orateurs et des lettrés de Rome. Ce latin populaire remplaça les divers dia- 
lectes de la langue celtique parlés dans les Gaules. Seules, les populations qui s'étaient réfugiées dans les mon- 
tagnes de l'Auvergne ou sur les rochers de PArmorique, continuèrent à faire usage de leur idiome national. 

Que nous reste-t-il du Gaulois de la vieille Gaule ? Le célèbre grammairien Zeuss divise le celtique moderne 
en deux branches principales : la branche irlandaise ou hibérienne, qui a pour rameaux le gaélique, l'écossais, 
Pirlandais ; la branche britannique ou le breton, d'où sont sortis le cambrien, le comique (éteint au xvm* 
siècle) et l'armoricain. Cette seconde branche, le breton, est celle qui se rapproche le plus de l'ancien gaulois, 
si elle n'est pas le gaulois même, altéré et modifié par le temps : elle reproduit les noms et les consonnances 
du gaulois; en un mot, elle est moins éloignée du gaulois ancien que l'irlandais moderne (1). 

Le breton est un dérivé de l'ancien gaulois ; ce dialecte renferme presque tous les mots de cet idiome, 
que les auteurs anciens nous ont conservés. M. de Belloguet croit que nous avons perdu presque toutes 
connaissances des formes et do la constrution grammaticale de l'ancien gaulois. Dans son glossaire, ce 
savant ne parvient à relever que 430 mots connus appartenant au gaulois ; il en cite 39 autres, mais d'une 
authenticité contestable ; ce qui ferait un total de 469 mots. 

On a parlé latin en Basse-Bretagne ; les noms de lieux sont là pour le prouver : legùmem a donné Léon. 
Mais lors de Tinvasion anglo-saxonne, au v® siècle, les Bretons, refoulés dans la Cornouailles anglaise, pas- 
sèrent en grand nombre dans la Cornouailles française, y ramenant, la langue oubliée depuis le \^ siècle. 

Le lalin, tout en absorbant le celtique, subit son influence et fut modifié par la prononciation gauloise. 
M. Pellissier a résumé, dans les lignes suivantes, les travaux des grammairiens Diez et Brachet sur les 
vestiges do la langue celtique qui peuvent subsister dans le français moderne : 

t 1** Les sons ê, e, u, qui sont étrangers au latin, sont communs au français et à l'idiome breton, ce qui 
permet de supposer que ces voyelles sont d'origine gauloise ; la voyelle u est si bien propre aux Gaulois, 
que l'usage s'en est perpétué même au nord de l'ItaJie, dans l'ancienne Gaule Transpadane, et ce n'est qu'au 
sud du Pô que règne l'ow italien, souvenir de la prononciation latine ; 2"* les articulations ch et ;, l'emploi 
des lettres m, n avec le son nasal, Tusage des lettres mouillées semblent des modifications introduites dans 
la prononciation latine par la persistance des habitudes traditionnelles des'Gaulois ; 3* certains radicaux sont 
communs aux deux langues, comme le préfixe péjoratif ber de berlue; gog dans goguette, et dean (forêt) qui 
se retrouve dans Ardennes, semblent des restes du celtique ; 4** on compte une centaine de mots français 

Su'on croit pouvoir rattacher au celtique ; ces mots se rapportent en général à des objets physiques et aux 
étails de la vie commune; en voici quelques-uns : amarre, bac, bec, blé, botte, briser, clan, dune, fur (dans 
au fur et à mesure), havre, etc.; 5** l'on a cru même trouver la preuve que la déclinaison du vieux français 
est d'origine celtique dans la déclinaison gaélique qui, encore aujourd'hui, a deux cas et marque le pluriel en 
intervertissant l'ordre des cas du singulier, ainsi que le faisaient les Français du moyen âge ; 6** enfin, faut-il 
reconnaître un souvenir obstiné de l'emploi que les Celtes faisaient en numération du système vigintésimal 
dans la persistance à travers le moyen âge des expressions illogiques quatre-vingts, quinze-vingts, qui sont 
restées dans le français moderne ? Le xvu® siècle comptait encore par sept-vingts, huit-vingts. » {La Langue 
française depuis son origine jusqu à nos jours.) 

M. Pellissier donne ces détails, mais sous une forme hypothétique ; ce qui est plus certain, c'est le progrès 
du latin remplaçant les anciens dialectes. < Le latin littéraire, dit M. Aubertin, entra par l'enseignement, par les 
livres, les journaux, les théâtres, par les lois et les décrets de l'autorité, par l'exemple et la conversation des 
classes supérieures : établi dans les principaux centres, il rayonna sur la Gaule entière. Le latin populaire 
ne manqua pas de propagateurs : soldats, matelots, marchands, colons, affranchis, foule immense, renouvelée 
sans cesse, et toujours en mouvement, le semait sur les routes, à toutes les étapes, ou l'enracinait par le 
séjour et l'habitude. Ce fut lui qui se mêla aux idiomes nationaux et finalement les expulsa, en acceptant, 
par transaction, quelques mots de leur vocabulaire. On peut donc aisément se figurer l'état du latin dans 
les Gaules à la veille des invasions germaniques : les classes supérieures prenaient modèle sur le latin des 
livres et des écoles ; te peuple parlait le latin vulgaire et soldatesque, assaisonné d'un reste de gaulois. — Au 
v* siècle, les invasions apportent dans cette situation un élément perturbateur, c'est le tudesque, ou, si l'on 
aime mieux, l'ensemble des idiomes tudesques en usage chez les barbares. > (Histoire de la lingue et de la 
littérature françaises au moyen âge, p. 33.) 

Ce reste de gaulois que M. Ai]J[)ertin relève dans le latin vulgaire, devait se réduire à un petit nombre de 
mots ; cependant, au conmiencement du ui^ siècle^ Ulpin parle du gaulois en ces termes : t Fidei conunissa 

(i) Zeuss. Grammatica celtica. Praefatio, p. rv-ix. 



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— xm — 

« quocanque sermone relinqui possunt, non solum latina vel grœca, sed etiam punica vel gallicana. > Saint- 
Jérôme, qui visita la Gaule à la fin du iv^ siècle, assure que les Galates et les Trévires ayaient une certaine 
communauté de langage : « Galatas propriam linguam, eamdem psBue habere quam Treviros. » (Prsaf. ad 
librum n, in epist. ad Gai.) A la mêma époque, Sulpice Sévère constate l'existence de la langue gauloise : 
« Vel celtice, aut, si mavis, gallice loquere » (Opéra; Lugd. Batav., p. 543); et un médecin, Marcellus 
Empiricus, nous laisse une longue liste, en gaulois, de noms de plantes. 

L'établissement des barbares dans le nord de la Gaule, au v siècle, fit disparaître les dernières traces 
des langues indigènes. < La latinité, remarque M. Littré, devint alors le refuge universel des populations 
vaincues; et quand Tassimilation fut complétée entre les envahisseurs et les envahis, c'est à dire à peu 
près vers le temps de Louis-le-Débonnaire (778-840) et de Charles-le-Chauve (840-877), il se trouva que, 
si la Gaule et llbérie avaient disparu dans la latinité, la Germanie transplantée n'y avait pas moins disparu. 
Seul, le latin avait présidé à la production de la langue qui s'était faite. » 

t L'invasion barbare, ainsi que le dit avec raison M. Meyer, est l'événement qui consacre d'une façon 
irrévocable la scission des deux, idiomes : le latin vulgaire, maître de la Gaule, et tout prêt de donner nais- 
sance au français; le latin littéraire, incompréhensible au peuple, langue morte confinée désormais dans le 
domaine des savants et qui n'aura aucune influence sur la formation de nos langues modernes. Par Grégoire 
de Tours, par Frédégaire, par la renaissance de Charlemagne, par la scolastique du moyen âge, le latin se 
perpétua dans les usages savants, et retrouva au seizième siècle comme une sorte de résurrection artificielle: 
fl est encore de nos jours la langue de l'Eglise catholique, et jusqu'à ces dernières années, il était, surtout en 
Allemagne, la langue des savants. > 

Ce latin vulgaire conserva une forme grammaticale et emprunta au latin savant des règles de construction 
que M. Guessard a retrouvées dans un gi^ammairien provençal. Voici les principales : 

l"* Au singulier, 1'^ placé à la fin des substantifs et adjectifs indique qu'ils sont sujets, c'est-à-dire au 
nominatif; l'absence de 1'* indique qu'ils sont régimes directs ou indirects, c'est-à-dire au génitif, au datif ou 
à l'accusatif. 

2** Au pluriel, c'est tout le contraire : la présence de 1'^ marque que ces mots sont régimes ; son absence, 
qu'ils sont sujets. On voit comment cette méthode dérive de la deuxième déclinaison des latins. 

Dans cette déclinaison, le nominatif singulier prend 1'^ (dammus), tandis que les autres cas du singulier ne 
l'ont pas (domini, domino, domtnum). Le nominatif pluriel, au contraire, n'a pas 1'* (domini) et les auti'es cas, 
à l'exception d'un seul, prennent cette lettre (dominorum, dammis, dominos). 

S"" Dans un assez grand nombre de substantifs et dans la plupart des pronoms, les désmences changent 
suivant que ces mots sont sujets ou régimes : Dieu, vieux, lorsqu'ils étaient sujets, s'écrivaient Diex, viexy et 
lorsqu'ils étaient régimes, Deuoxx Dieu, vieu; l'article li, fo, au singulier, li, sujet, fe, régime; au pluriel, fe', 
sujet, les, régime. 

L'action des Germains sur la langue des Gallo-Romains fut presque insensible et consista dans 
l'introduction d'un petit nombre de mots. En général, les termes qui concernent les institutions politiques, 
judiciaires et féodales ont une origine germanique. < Ainsi les mots allemands tels que mahd, bann, alôd, 
skepenOy marahscalh, siniscalh, etc., introduits par les Francs dans le latin vulgaire, devinrent respectivement 
bannum, matlum, cdodium, scahnus, mariscaUus, stniscallus, etc., et passèrent au français, quelques siècles 
après^ comme tous les autres mots latins, où ils donnèrent maU, ban, aUeu, échevin, maréchal, sénéchal. 
(Brachet, Grammaire historique de la Langue française, p. 31.) 

Les termes qui s'appliquent aux armes, aux chefs militaires, aux combats, nous viennent aussi de la 
Germanie. Nous nous bornerons à citer les suivants : Haubert (haisberc), heaume (helm), auberge (heriberga), 
guerre (werra), etc., qui passèrent dans la langue latine. Si bien que, de compte fait, t on évalue à près de 
neuf cents les mots germaniques introduits dans la langue latine par l'invasion barbare, et passés de là dans 
le français. » Ampère a donc eu raison de dire : « Le français est une langue latine; les mots celtiques y 
sont restés ; les mots germaniques y sont venus ; les mots latins sont la langue elle-même, ils la constituent. » 
(Ch. Gidel, Histoire de la^Littérature française, p. 22.) 

M. Brachet établit la différence qui existe entre le bas-latin et le latin vulgaire : « Après l'invasion, dit-il, 
sous les Mérovingiens, les fonctionnaires publics, les nofcnres, le clergé, trop ignorants pour écrire correcte- 
ment le latin littéraire, méprisant trop le latin vulgaire pour remployer dans leurs actes, jaloux d'imiter le 
beau style des fonctionnaires romains, écrivirent dans « une sorte de jargon véritablement barbare qui n'est 
« point le latin classique, qui n'est pas non plus la langue vulgaire, mais où ces deux éléments sont étran- 
« Cément amalgamés, la proportion du second croissant en raison directe de l'ignorance du scribe. > C'est 
ce jargon barbare qu'on appelle le bas-latin. Il a été la langue de l'administration française pendant toute la 



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— XIV — 

durée du moyen âge, jusqu'en 1539, ou François P' ordonna d'écrire tous les actes en langue française. — 
Le lecteur voit maintenant, et d'une façon nette, la différence du^ bas-latin et du latin vulgaire; l'un est la 
langue naturelle du peuple, l'autre n'est qu'une imitation, grossière et stérile, de la belle langue littéraire 
romaine. Le latin vulgaire a produit le français, le bas-latin n'a rien produit du tout, et n'a point eu d'in- 
fluence sur la formation de notre langue. Cette distinction est capitale. — A côté du latin classique, du latin 
vulgaire et du bas-latin (mélange de l'un et de l'autre, il est encore une seconde espèce de bas-latin, posté- 
rieure au huitième, même au dixième siècle, je veux dire le latin du moyen âge, reproduction servile du 
mot français ; ainsi, missatùmm avait donné tnessage : les clers transformèrent message en messagium. C'est 
là le véritable latin de cuisine. » (Histoire de la Langue française, p. 26 et 27.) 

Les Bénédictins, dans YHistoire littéraire de la France, placent au vi* siècle les premiers vestiges de la 
langue nouvelle (t. Vn, p. xxxni); cependant, nous trouvons dès le v* siècle, dans la loi salique, des traces 
de l'idiome nouveau. Les Formules Angevines et les écrits de Sa'mt-Grégoire de Tours au vi* siècle, ainsi 
que la Chronique de Frédégaire et les Formules de Marculfe au vu* siècle, nous en fournissent de nombreux 
exemples. Ce fut au vn« siècle que la nouvelle langue fut désignée, pour la distinguer du latin et du tudesque, 
sous le nom de Romance ou mieux de Romane. L'histoire rapporte que Saint-Mummolin, mort en 684, fut élu 
évoque de Noyon vers 660, pour sa sainteté et, ajoute un chroniqueur, parce qu'il parlait, non-seulement 
l'AJlemand, mais aussi la langue romane: < Quia^prsevalebat non tantum in. teutonica sed etùtm in romana 
lingua. » Les Actes des Saints (I, p. 416) parlent d'Adalhard, abbé de Corbie, en 750, qui connaissait la 
langue romane. < Qui si vulgari, id est romana lingua^ loqueretur, omnium aJiarum putaretur mscius ; si 
vero teutonica enitebat perfectius ; si latinay in nulla omnino absolutius. > 

Une découverte des plus précieuses a été faite en 1863 par M. Holtzmann^ dans la bibliothèque de 
Reichenau ; c'est un Glossaire explicatif des mots les plus difficiles de la Bible qui remonte à 768 environ. 
Ce Glossaire a reçu le nom de Gloses de Reichenau. Les mots de ces Gloses, dit M. Brachet, dans son histoire 
de la Langue Française, page 34, sont disposés sur deux colonnes ; à gauche le texte latin de la Bible, à 
droite la traduction en français : 

Texte de la Bible. Traduttion firançaise du vm* siècle. 

Minas (menaces), Manatces 

Galea (heaume), Helmo 

Tugurium (cabane), Cabanna 

Singulariter (seulement), Solamente 

Cœmentarii (maçons), Macioni 

Sindones (linceuls), Linciob 

Sagma (somme), Soma, etc... 

« Ce patois, ajoute M. Brachet, pour grossier qu'il semble, n'en est pas moins d'un haut intérêt: c'est le 
premier monument écrit qui nous reste de notre langue, et il est vieux de onze cents ans; j'ai placé entre 
parenthèses, à côté du texte de la Bible, la traduction en français moderne ; le lecteur pourra d'un coup d'œil 
mesurer la distance qui sépare cette langue encore informe et à peine dégagée des langes latins, de l'idiome 
de Voltaire. Ce fragment confirme en outre, par une preuve de fait, preuve palpable et incontestée, ce que nous 
savions déjà par des témoignages indirects, à savoir, que le peuple parlait français au temps de Charlemagne, 
et que le fier conquérant germain a dû lui-même s'essayer à parler français. » (Brachet, idem, p. 34). 

Après les Gloses de Rekheneau, qui datent de 768, il faut aller jusqu'à l'année 842 pour rencontrer un 
ancien monument de la langue française. Ce sont les fameux serments de Strasbourg que prêtèrent Louis- 
le-Germanique à son frère Charles-le-Chauve, et l'armée de Charlesle-Chauve àLouis-le-Germaniqueen 842. 
En voici le texte tel qu'il nous a été conservé par Nithard, neveu de Charlemagne, dans son Histoire des 
Francs, écrite vers 843 : 

I. SERMiSNT DB LOUIS LE GERMANIQUE. 

Pro Deo amur, et pro Christian poblo etnostro commun salvament, ^istdien avant, in quant Deus savvr et 
podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et m adjudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son 
fradra salvar dist, in o quid il mi dtresifazet ; et ab Ludher nid plaid numquam prindrai, quimeon vol cist meon 
fradre Karle in damno sit (1). 

(i) Traduction : Pour Tamoar de Dieu et pour le salut du peuple chrétien et notre commun salut, de ce jour en avant, 
autant que Dieu me donne savoir et pouvoir, je sauverai mon frère Charles et en aide et en chaque chose (ainsi qu*on 
doit, selon la justice, sauver son frère), à condition qui! en fasse autant pour moi, et je ne ferai avec Lothaire aucua 
accord qui, par ma volonté, porte préjudice à mon frère Charles ici présent. 



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— XV — 



H. SERMENT DES SOLDATS DE CHARLES LE CHAUVE. 



SiLodfiuwigs sagrament, que son fradre Karlo jurât, conservât, et Karlus meos sendra de sua part non hs 
tanity si io retwmar non Vint pois, ne io, ne neuls oui eo returnar ùit pois, in nuUa adjudha contra Lodhuwig nun 
Kiv er (1). 

Les Gloses de Reicheneau et les serments de Strasboarg nous permettent de suivre la! transformation lente 
mais continue du latin en français qui produisit la langue vulgaire, c'est-à-dire la langxie romane. 

L'Eglise adopta la langue nouvelle. Le concile de Tours enjoignit aux évêques de faire traduire en langue 
romane^ les écrits des Pères, afin que le peuple pût les comprendre. 

Les premières poésies en langue romane datent du x"" siècle ; ce sont : la CantHène de Sainte-EuIaUe et la 
fie de Saint Léger, en langue d'oïl ; le Poëme sur Boëce, en langue d'oc ; la Passion du Christ, découverte à . 

Clermont» composée en un dialecte mixte. Ces essais de poésie sont en vers rimes ou assonnancés. Nous | 

citons la CantUéne de Sainte EulaUe, écrite vers la fin du ix* siècle, par le moine Hucbald, et trouvée en 
1837^ dans la garde d'un manuscrit dif x^ siècle, par M. Hoffinann de Fallersleben : 



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A 



Buona ptdceUa fut EulaUa (2) ; ^ 

Bel avret corps, bellezour anima. v ^ 

Voldrent la veintre li Deo inimiy 1 

Voldrent la faire diaule servir. 1 

Elle fCofit eskoltet les mais conseilhers, J 

Qu'elle Deo raneiet chi maent sus en ciel, 1 

Ne por or ned argent ne paramenz, 1 

Por manatce regiel ne preiemen ; i 

Nuele cose non la povret omque pleier, i 

La polie sempre non amast h deo menestier. « 

E por fut presentede MaximOen ^ 

Chi rex eret a cels dis sovre pagiens. ^ 

El U enortet dont lei nonque chielt ^ 

Qued elle fuiet lo nom christOen... 

Enz en r foula gettei^ent com arde tost, ; 
Elle colpes non avret, por o no s'coïst 

A ezo no 5' voldret concreidre U rex pagiens ; \ 

Ad une spede U roveret tolir lo chief. ^ 

La domnizelle celle kose non contredist : : 

Volt lo seule lazsier, st ruovet Krist. | 
h figure de colomb volât à ciel... 
Ikiit orem que por nos deguet preier, 
Qued avuisset de nos Chriskts mercit 
Post la mort, et à lui nos laist venir 
Per souue clementia. 

.> 

Nous devons aussi citer le Fragnieni de Valenciennes, qui est de la même époque que la CantUéne d'Etdahe. i 

(i) Traduction : Si Louis gai de le serment qu'il a juré à son frère Charles, et que Charles mon maître, de son côté, ,' 

ne le tienne pas, si je ne l'en puis détourner, ni moi, ni nul que j'en puis détourner, ne lui serai en aide contre Louis. ^^ 

(2) Traduction uttérale : Une bonne vierge fut Eulalie ; — beau corps avait et plus beUe âme. — Voulurent la vaincre j 

les ennemis de Dieu, — Voulurent la faire le diable servir. — Elle n'eût écouté les mauvais conseillers, -r- quelle j 

TeniAt le Dieu qui habite au ciel, — Ni pour or, ni pour argent, ni pour parure, — ni pour menaces royales, ni pour J 

prières, — Aucune chose ne la put jamais plier — La jeune fille, à n'aimer pas toujours le service de Dieu. — En i 

conséquence, elle fût présentée à Maximien, — - Qui régnait dans ces temps sur les païens, — Et il l'exhorte (à chose) '- 

dont elle ne se soucie, — A fuir le nom chrétien... — Alors dans le feu la jetèrent, pour qu'elle brûlât tôt. — EUe. 1 

aucune faute n'avait, aussi ne brûla-t-elle pas. — A cela, ne se voulut rendre le roi des païens. — Avec une épée il 1 

ordonna de lui trancher le chef. — La damoiselle à cette chose point ne s'oppose. — EUe veut bien quitter le siècle, i 

elle en prie le Christ ; — Sous figure de colombe s'envole au ciel, — Tous demandons que pour nous elle daigne prier, ^ 

— QoB de nous Christ ait merci — Après la mort, et nous laisse venir à lui — Par sa clémence. J 



— XVI — 

C'est UD fragment de sermon en langue romane, qtfon a découvert sur la garde d'un manuscrit. Nous le 
reproduisons d'après M. Littré : 

Fragment de Valenciennes: [Deus] me rogavit der ad Niniven... — Habuitmisericordiamw cow âsemper 
soit havevr de peccatoribus... — Et sic libérât de eelperû [quod habebat decretum] que super els metreiet. 

Dune, ço dixit, si fut Jonas propheta mult corre cious e mult ireist [quia Deus de Ninivitis] misericordiam 
habuit, e lor peccatum lor dimisit.., — Jonas escit foers de la civitate, e si sist contra orientem civitatis... 

Jonas propheta habebat mult laboret e mult penet a eel populum.... et faciebat grmt iholt (1) e eret, 
mtdtlas... 

[Et Deus prseparavit] un edre sor sen cheve, quant umbre Itfesist e repauser s'podist 

Et Isetatns est Jonas super ederam. Mult Isetatus parque Deus cel edre li donat a sun soueir (sudarinm) e a 
sun repausement 

. « Et praecepit Dominus [vermi qui percussit ederam] et exaruit, et paravît Deus ventum calidum super 
caput Jone, et dixit : Melius est mihi mori quam vivere. » Dune si rogavit Deus ad un verme que pereussùt 
cel edre sost que cU sedebat, e cilg eedre fu sèche ; si vint grant jholt super caput Jone et dixit... 

Faites vos almones nessi cum faire debetis, e faites vost eleemosynas cert ço sapitis. 

... Per cel edre, rf debetis intelligere Judœos... — Cum potestis are videre et entelgir. 

... Ils erent convers de via sua mala. 

... Ne aietniuls maie voluntatem contra sunpeer. 

... Per Jud3BOS, por quant il en celé duretiee en eele encredulitet permessient; etiam plora si cum dist e le 
evangelie, lieu de avant dist. (Génin, Introduction à la chanson de Roland, p. Iv.) 

Ces citations prouvent, de la manière la plus évidente, que la nouvelle langue française est sortie en 
grande partie du latin dont elle commença à se dégager vers le ix« siècle. 

L'italien, l'espagnol, le provençal et le français ont une commune origine. M. Littré explique, avec sa 
haute autorité, les causes qui produisirent les différences essentielles et caractéristiques que nous remar- 
quons, aujourd'hui, entre ces langues. 

« Quand le latin, dit M. Littré, eut définitivement effacé les idiomes indigènes de l'Italie, de l'Espagne et 
de la Gaule, la langue littéraire devint une pour ces trois grands pays, mais le parler vulgaire (j'entends le 
parier latin, puisqu'il n'en restait guère d'autre) y fut respectivement diflérent. Du moins c'est ce que témoi- 
gnent les langues romanes par leur seule existence ; si le latin n'avait pas été parlé dans chaque pays d'une 
façon particulière, les idiomes sortis de ce parler latin, que j'appellerai ici régional, n'auraient pas des carac- 
tères distinctifs, et ils se confondraient. Mais ces Italiens, ces Espagnols et ces Gaulois, conduits par le 
concours des circonstances à parler tous le latin, le parlèrent chacun avec un mode d'articulation et d'euphonie 
qui leur était propre. De là vint la diversité, et de là se formèrent les quatre compartiments de langues, 
l'italien, l'espagnol, le provençal et le français... et la diversité eut sa règle qui ne lui permit pas les écarts. 
Cette règle est dans la situation géographique, qui implique des différences essentielles et caractéristiques 
entre les populations. Le Français, le plus éloigné du centre latin, fut celui qui l'altéra le plus. Je parle 
uniquement de la forme, car le fond latin est aussi pur dans le français que dans les autres idiomes. Le 
Provençal, que la haute barrière des Alpes place dans le régime gaulois du ciel et de la terre, mais qui les 
longe, est intermédiaire, plus près de la forme latine que le Français, un peu moins près que l'Espagnol. 
Celui-ci, qui borde la Méditerranée et que son ciel et sa terre rapprochent tant de l'Italie, s'en rapproche 
aussi par la langue. Enfin, lltalien, comme placé au centre même de la latinité, la reproduit avec le moins 
d'altération. Il y a de cette théorie de la formation romane une contre-épreuve qui, comme toutes les 
contre-épreuves, est décisive. En effet, si telle n'était la loi qui préside à la répartition géographique des 
langues romanes, on remarquerait çà et là des interruptions du type propre à chaque région, par exemple 
des apparitions du type propre à une autre. Ainsi, dans le domaine français, au fond de la Neustrie ou de 
la Picardie, on rencontrerait des formations ou provençales, ou italiennes, ou espagnoles ; au fond de 
l'Espagne, on rencontrerait des formations françaises, provençales ou italiennes ; au fond de l'Italie, on 
rencontrerait des formations espagnoles, provençales ou françaises. Il n'en est rien ; le type régional, une 
fois commencé, ne subit plus aucune déviation, aucun retour vers les types d'une autre région; tout l'y 
suit régulièrement selon les influences locales, qu'on nommera diminutives en les comparant aux influences 
de région. Il est bien vrai qu'il y a des lisières où le parler est mixte et présente des confusions de type ; 

(i) M. Littré lit iholt^ mais, comme M. Génin, il croit que Vi doit Are pris pour un 7 ; c'est-à-dire ;7»oi^, dont la signifi- 
cation est calidus, chaud^ brûlant. 



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— XVII — 

mais justement ce sont des lisières, c^est-à-dire des territoires placés sur les confins de deux types. Ainsi, 
entre la langue d'oïl et la langue d'oc est une zone intermédiaire ; il en est une au pied des Pyrénées, 
entre le Provençal et l'Espagnol; il en est une autre au pied des Alpes, entre le Provençal et l'Italien ; maïs, 
loin d'infirmer le principe, ces zones le confirment en montrant qu'il n'y a de types mixtes que là où il y a 
passage d'un type à Tautre... 

t Cette vue d'ensemble suffit pour écarter toute opinion qui supposerait qu'une langue romane dérive 
d'une autre langue romane; aucune n'a d'antériorité; elles sont toutes contemporaines, et si je puis dire 
ainsi, sœurs jumelles. Dans le xvn* et le xviiie siècle, lorsqu'on avait oublié que la France eût un passé 
littéraire antérieur à celui de l'Italie, et quand le grand éclat des lettres italiennes éblouissait les yeux, on 
s'imagina que la formation française était une formation postérieure, et que, là où les deux langues concou- 
raient, l'italien était le prêteur et le français l'emprunteur; il n'en est rien; l'égalité est complète entre les 
langues romanes; elles ont formé simultanément leur système particulier, en pleine indépendance l'une de 
Fautre, si l'on considère le temps qui est le même et le lieu qui est divers ; en pleine dépendance, si l'on 
considère les connexions mentales, qui les astreignent à modifier le latin selon les analogies identiques. » 

M. Littré, pour montrer combien ces langues sont voisines, et jusqu'à quel point on peut conclure de Tune 
à l'autre, traduit en langue d'oïl un passage d'un grammairien provençal : < Totz, hom, dit Raymond Vidal, 

• une vol trobar ni entendre deu primierament saber que negnna parladura no es tant naturals ni tant 
t orecha del notre lingage cou aqella de Proenza, o de Lemosi, o de Saintonge, o d'Alvergna, o de Caerci. 
€ Perque ieu vos die que quant ieu parlarai de Lemosis, que lotas estas terras entendas et todas lor vezinas 
c et totas cellas que son entre ellas. Et tôt Tome que en aquellas sont nat ni norit an la parladura natural 
c et drecba; mas cant us de lor es issitz de la parladura per una rima o per alcun mot que 11 sera mestier, 

• cuion las genz qi non entendon qe la lur lenga sia aitals ; qar non sabon lor lenga; por qe mielz lo conois 
c cel qi ba la parladura reconoguda qe cel qi non la sap, et per zo non cuion mal far qan getou la parladura 
€ de sua natura, anz cuion qe sia aitals la lenga. Per q'ieu vueil far aquest libre per far reconoisser las 
« parladuras d'aquels qi la parlon drecba, e per enseignar cels qui non la sabon. > 

Traduction en langue d'oïl : « Toz hom qui vuelt trover ne entendre doit premièrement savoir que nule 
parieure del nostre langage n'est tant naturels ne tant droite com celé de Provence, ou de Limousin, ou de 
Saintonge, ou d'Auvergne, ou du Quarci. Por quoi je vos die que quand je parolerai de Limousin, que 
entendiez totes ces terres et totes lor voisines et totes celés qui sont entre eles. Et tuit li hom qui en iceles 
sont né ne norrît, ont la parieure naturel et droite; mais quant uns d'els est issus fors de la parieure por 
une rime ou por alcun mot dont il ara mestier, si cuident les gens non entendant que la langue soit itels ; 
car ils ne savent la langue. Et por ce que cil qui ne sait, por ice ne cuident ces gens mal faire quant getent 
la parieure fors de sa nature, ainz cuident que itels soit la langue. Por quoi je veuil faire icest livre, por faire 
reconnoistre les parleures de cels qui parolent droitement et por enseigner cels qui ne savent. » 

Ces deux textes, l'un en provençal et l'autre en langue d'oïl, nous montrent que les deux langues romanes 
se sont formées presque complètement avec les mêmes éléments ; les seules différences qui existent entre 
ces deux dialectes, consistent dans la vocalisation et Teuphonie; ils ont donc une origine commune et 
possèdent des ressemblances frappantes. Cependant, ces deux langues se sont considérées comme étran- 
gères, mais la réunion des provinces du nord et du midi de la France, obtenue par l'habile politique de la 
royauté, opéra Punité de race et d'idiome. Ce fut la langue d'oïl qui triompha et nous donna cette belle et 
forte langue française qui a produit des chefe-d'œuvre de toutes natures, en poésie et en prose, et qui a 
atteint sa perfection au xvn* siècle. 



La formation de la langue française s'acheva au xir siècle, t Notre langue, dit M. Brachet, dans sa 
Grammaire historique de la langue française (p. 70 et 71 ], n'est point une création coulée d'un seul jet. Notre 
idiome renferme deux couches de mots superposées et bien distinctes l'une de l'autre, deux langues en un 
mot d'origine tout à fait différente, toutes deux empruntées au latin, l'une par le peuple, l'autre par les 
savaets; la première, qui est la bonne et dont la création est antérieure au xiii* siècle, est le produit d'une 
formation tout irréfléchie et spontanée; la seconde, qui est de création récente et remonte en grande partie 
au xvi« siècle» est l'œuvre réfléchie des savants q^i ont introduit artificiellenient dans notre langue les mots 

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— xvm — 

latins dont ils avaient besoin : de simulare, mobiUs, rationem, le peaple fit sembler, meuble, raison, les savants 
simuler, mobile, ration, » 

La remarque de M. Bracbet est fort juste et fondée sur des faits bistoriques, ainsi : 

Au xiii® siècle, les Croisades nous donnent des mots orientaux ; 

Au XV* siècle, les lettrés de Constantinople, cbassés par les musulmans, nous apportent des termes grecs, 
qui sont entrés en grand nombre dans notre langue, surtout pour la formation de nouveaux mots scienti- 
fiques ; 

Au XVI* siècle, notre langue reçoit des mots italiens et espagnols ; 

Au xviii* siècle, c'est d'Allemagne que nous viennent des termes d'origine germanique ; 

Enfin, de nos jours, nous avons accepté de l'anglais un grand nombre de mots se rapportant aux cbemins 
de fer, à l'équitation, etc^ 

Nous résumerons l'bistoire de la langue française en quelques mots : 

Jusqu'au xa*" siècle, elle a pour éléments, qui se fusionnent ei^ proportions diverses, le celte, le latin et 
le germain. 

Du xii* siècle à nos jours, le français s'assimile une grande quantité de mots empruntés ans langues 
modernes et des termes savants puisés dans les langues anciennes. 

La langue française est donc formée de trois sortes de mots : i*» Ceux d'origine populaire ; 2* ceux 
d'origine savante ; 3** ceux d'origine étrangère. Tous ces éléments de nature si différente ont fini par former 
la langue la plus homogène, la plus claire, la plus précise des temps modernes. Mais que d'incorrections, 
que de tâtonnements, que d'irrégularités, que d'obscurités I Nous la voyons se développer, grandir et finir 
par acquérir cette maturité, celte pureté, cette supériorité qu'elle possède, aujourd'hui, à un degré si remar- 
quable et qui la rend la langue classique du monde entier. 

Nous possédons déjà beaucou]) de dictionnaires de notre ancienne langue, mais pas un seul n'est vraiment 
complet. L'honneur d'élever ce monument était réservé à La Cume de Sainte-Palaye, qui a consacré à ce 
travail une grande partie de son existence. En 4756, il publia un prospectus dans lequel il exposait le plan 
de ce vaste ouvrage. Son but, disait-il, était de composer un Glossaire de l'ancienne langue française, comme 
celui de Du Gange pour la langue latine du moyen-âge. 

Après 40 ans de travaux continus, Sainte-Palaye, en 1763, avait en partie terminé son œuvre colossale 
et il put donner lecture à l'Académie de la préface de son Glossaire. Nous avons reproduit, au commen- 
cement du premier volume de cet ouvrage, la préface qui fait cotinaitre les immenses recherches poursuivies, 
avec une infatigable persévérance, par cet auteur et le résultat qu'il avait atteint. Dès cette époque, il avait 
compris qu'on ne devait pas chercher l'origine de notre langue ailleurs que dans le latin. 

L'œuvre tentée par Sainte-Palaye était si vaste que tout ce qu'il a pu faire a été d'en réunir les matériaux 
et de les classer par ordre alphabétique ; c'est là un inappréciable service rendu aux lettres. L'auteur n'a 
pas éprouvé la satisfaction de faire imprimer lui-même son travail et de jouir de sou succès. Dès \ 770, il 
s'était associé un savant qu'il avait chargé du soin de classer ses recherches. Ce fut à Georges-Jean 
Mouchet qu'il confia cette diflicile mission. C'était un érudit qui avait eu pour professeur le célèbre 
Foncemagne. Son amour de l'étude, ses vastes connaissances le firent rechercher par Sainte-Palaye. Il avait 
été le collaborateur de Brequigny, pour la Table chronologique des diplômes, Chartres, titres et actes imprimés 
concernant thistoire de France, qui forma 3 volumes in-folio. Sainte-Palaye, qui avait pu juger par ce recueil 
la profondeur et la variété des connaissances historiques de Jean Mouchet, lui proposa de l'associer à' son 
travail sur notre ancienne langue. 

Ce savant hésita d'abord, mais Sainte-Palaye insista si vivement que Mouchet finit par accepter une 
association qui répondait à ses goûts et à ses études. Quelques années après, il resta seul, en 1770, chargé 
de la rédaction définitive du Glossaire. 

Ce fut en 1780 que Mouchet confia aux presses du Louvre le premier volume de ce grand ouvrage ; mais 
l'impression ne s'opéra qu'avec une regrettable lenteur et à la mort de Sainte-Palaye, arrivée le 1" mars 
1781, il n'y avait encore qu'un petit nombre de feuilles de ce premier volume de tirées. Les événements de 
1789 en supendirent l'exécution, et il n]y eut d'imprimées que 740 pages s'arrêtanl au mot AST. 

Mouchet fut alors privé de son minime traitement, et il serait tombé dans une profonde indigence, si 
son ami Brequigny, avec une touchante délicatesse, ne lui eu fait don de sa bibliothèque. Sous l'Empire, 
Legrand d'Aussi s'intéressa à la position si précaire du malheureux savant et le fit admettre comme employé 
à la section des manuscrits de la Bibliothèque impériale. Ce fut dans cette humble position, qu'il ne trouvait 
pas, cependant, au dessous de son mérite, que la mort vint le frapper en 1807. 

Mouchet était très érudit, très laborieux, mais il rédigeait avec une extrême lenteur et donnait beaucoup 



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— XIX — 

trop (Tétendue aux articles préparés pour le Glossaire de Sainte-Palaye. Aussi, un des biographes de Mouchet 
a pu, avec raison, blâmer ses digressions, intéressantes d'ailleurs, sur nos antiquités et le scrupule de ne 
sacrifier que bien peu de citations d'auteurs qui avaient tant coûté à extraire (1). C'est un écueil que les 
nouveaux éditeurs des manuscrits de Sainte-Palaye ont fait tous leurs efforts pour éviter. 

Nous pouvons donc répondre à ceux qui seraient tentés de nous demander pourquoi nous n'avons pas 
r(^)roduit littéralement le texte dii manuscrit de Sainte-Palaye, qu'un Glossaire de cette nature doit être 
c<Hicis et donner des définitions nettes et claires, appuyées par des citations choisies avec soin et aussi brèves 
que possible. Nous avons pour nous l'autorité de savants et d'habiles critiques. 

Mouchet, quelque temps avant sa mort, avait été chargé par une commission de l'Institut, formée 
pour la continuation du Glossaire de Samte-Maye, de reprendre cette publication. Mais ce savant 
était déjà profondément atteint par la maladie, et il mourut ne laissant pas même de notes pour 
compléter l'impression du premier volume du Glossaire. H s'était seulement occupé, pendant ses loisirs, à 
extraire et à couvrir de notes marginales sur la signification des vieux mots, les anciens textes qu'il possédait. 
Ces noies ne nous ont été d'aucun secours, et nous avons dû nous borner à mettre en ordre, réviser, 
compléter et souvent remanier les manuscrits de Sainte-Palaye. 

Nous avons profité des découvertes récentes, qui ont fait connaître les plus anciens documents de notre 
langue, et nous avons cité, lorsque l'occasion s'est présentée, le Chant de Sainte-Eddie , le Fragment de 
Vdenciennes, le Poème de Saint-Alexis, la Chanson de Roland, enfin plusieurs textes précieux que l'auteur 
n'avait pu consulter. Nous devons ici donner une part bien légitime de ce travail à un modeste érudit dont 
les recherches ont été très utiles à Sainte-Palaye; nous voulons parler du Glossaire de Le Clerc de Douy. 
Loin de vouloir amoindrir le mérite de l'illustre savant dont les manuscrits nous ont permis d'entreprendre 
la publication de ce dictionnaire, nous devons cependant signaler le précieux concours que lui a apporté, 
avec plus ou moins d'empressement, il est vrai, le procureur du roi au siège présidial d'Orléans. Ces faits ont 
été mis récemment en évidence par un habile érudit, M. G. Vignat, membre de la Société historique de 
rOrléanais. Voici quelques extraits de la brochure où M. Vignat revendique une petite place, à côté du grand 
savant, pour le modeste érudit Orléanais : 

I M. Le Clerc de Douy fut installé procureur du duc et du roi au siège présidial d'Orléans le 15 juillet 
1740, charge qu'il acheta 5,000 livres et qui valait environ 2,000 livres de rente. Il succédait à M. Legrand 
de Melleray. Des nombreuses attributions judiciaires, domaniales, administratives même, qui relevaient alors 
de ces importantes fonctions, je n'ai rien à dire ici ; mais il en est une qui, reléguée peut*être par beaucoup 
d'antres au dernier rang, fut au contraire mise par Le Clerc de Douy en première ligne , et celle-là je ne 
pois la passer sous silence : c'est la garde et la conservation des archives du domaine. » 

« En lisant, classant, inventoriant tant de titres qui lui passaient par les mains , Le Clerc de Douy fut 
frappé du nombre d'expressions locales, de vieux mots, qu'il rencontrait pour ainsi dire à chaque pas. II eut 
rheureuse idée de collectionner ceux dont il ne trouvait pas le sens. Comme ses fonctions de procureur du 
roi lui assuraient dans la province de nombreux correspondants parmi ses collègues , il ne perdit aucune 
occasion d'en tirer tous les éclaircissements possibles. » 

« Au bout de quelques années, il avait composé un véritable glossaire. En 1757, il le considérait comme 
presque achevé. — El il commençait à se reposer de ce long travail, songeant en lui-même au moyen d'en 
tirer quelque parti; car si l'idée de livrer à l'impression une œuvre sortie de ses mains répugnait à sa 
modestie, il n'avait point non plus la sotte pensée de l'enfouir dans le secret de son cabinet, comme l'avare 
son trésor, sans profit pour personne. Ce sont ses propres expressions. 

« Or, en ce temps-là même, M. La Curne de Sainte-Palaye rassemblait les éléments de son volumineux 
glossaire. Lui aussi était un travailleur infatigable; il fouillait partout, nouait des relations avec tout ce qu'il 
y avait de savant, tant à la ville qu'à la province, déployait en un mot une activité prodigieuse, qu'attestent 
encore, outre les ouvrages qu'il a publiés, une centaine de manuscrits recueillis chez lui après sa mort. 

« n ne fut pas longtemps sans apprendre qu'à Orléans existait un travail, d'un intérêt local, il est vrai, 
mais analogue au sien, et qui pouvait lui être d'un immense secours. — Il voulut le connaître. 

€ M. La Curne de Sainte-Palaye avait de hautes relations h Paris. Dès qu'il sut le nom de l'auteur, il alla 
droit à MM. de Silhouette, chancelier du duc d'Orléans; de Belle-Isle, contrôleur de ses domaines, et fit si 

(i) Biographie MicKaud à l'article Mouchet. 



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— XX — 

bien qu'au mois de janvier 4757, en guise d'étrennes, M. Le Clerc de Douy reçut coup sur coup deux lettres 
de ces personnages, qui lui apprenaient que M. La Curne de Sainte-Palaye désirait prendre connaissance 
de son glossaire, et qu'il eût à le lui envoyer. 

« Si M. La Ciirne de Sainte-Palaye ne vit dans cette communication qu'une chose fort naturelle, iuî, 
M. de Douy, trouva qu'elle méritait quelques réflexions, que l'exécution, d'ailleurs, n'en était pas très facile ; 
et puis on ne livre pas ainsi, sans y regarder, le travail de cinq à six années de sa. vie. D'un autre côté, 
homme d'esprit et de bonne compagnie, il avait trop le sentiment de la hiérarchie pour ne pas s'apercevoir 
qu'une demande faite par ses chefe directs ressemblait quelque peu à un ordre. Plus confiant avec M. de 
Belle-Isle, auquel il avait journellement à écrire pour le service du prince, il résolut de s'ouvrir à lui et lui 
adressa la lettre suivante: 

« Monsieur, 

« Je regarde actuellement presque ftni le dictionnaire que j'ai entrepris des droits seigneuriaux et domaniaux de 
Vappanage et dos anciens mots usitez dans les anciens titres, et qui ne sont plus connus de nos jours. En vérifiant 
chasque jour, dans les premières années que l'opération du terrier m'a été confiée, le travail du bureau, comme je le 
fais encore actuellement, j'avois soin de faire note de touts les mots qui me paroissoient devoir trouver place dans mon 
dictionnaire. J'avois, à cet effet, composé un alphabet de lettres, et je plaçois chasque mot sous la lettre qui lui étoit 
propre. Ce premier travail s'est trouvé fait après trois ou quatre âhs, sans prendre en aucune manière sur mon temps 
et sans qus je m'en sois presque apperceu. Lorsque j'ai crû que toutes mes recherches pouvoient être épuisées, touts 
les anciens titres ayant passés sous mes yeux, j'ai destiné une heure chasque jour de mon temps à travailler au 
dictionnaire, conformément au plan que je me suis proposé, dont je rend compte dans la préface que j'ai mis à la teste 
de mon ouvrage et dont j'ai l'honneur, Monsieur, de vous envoyer copie. J'ai composé de ce travail deux volumes in-folio 
que j'ai fait relier il y a cinq à six mois, en observant de laisser à la suite de chasque lettre quelques pages en blanc 
pour quelques augmentations que je trouve encore à faire par la découver'e de nouveaux titres. Je compte avoir 
rassemblé dans mon dictionnaire quinze à seize cent mots, et je prévois que le travail sur le duché de Nemours et la 
chasteilenie de Romorentin et les autres domaines que vous pourez y joindre me donnera matière à de nouvelles découvertes. 
Je me propose d'ailleurs de retoucher à loisir, dans quelques vacances, mon travail, que je vous avouerai avoir fait avec 
beaucoup de précipitation, ayant très-peu de temps dont je puisse disposer pour des ouvrages de silrégogation. Il me 
paroistroit prématuré d'en remettre copie à M. de Sainte-Palaye, et si vous me permettez. Monsieur, ici une réflexion 
qui me paroît assez naturelle : en faisant passer mon ouvrage en d'autres mains, comment pourrois-je ensuite l'annoncer, 
comme je me le proposois à la teste de mes sommaires, comme ma production, et ne me soupçonneroit-on point d'être 
le copiste ou le plagiaire du continuateur de Ducange ? Peut-être trouverez-vous qu'il entre un peu de vanité et 
d'amour-propre dans cette réflexion, quoyque personne au monde n'aye moins sujet que moi d'en avoir. Je ferai , au 
reste. Monsieur, tout ce que vous jugerez à propos ; mais si vous exigez dès à présent une copie de mon ouvrage, ce 
travail, qui seroit long, prendroit infiniment sur celui du bureau dont je ménage tout le temps pour des occupations 
indispensables. 

a J'ai, etc. » (16 janvier 1757.) 

t M. de Silhouette était, paraît-il, plus pressant. Un refus était impossible ; il fallait lui répondre et prendre 
un parti. Celui auquel s'arrêta M. de Douy, et qu'il qualifie lui-même d'expédient, lui permettait de satisfaire 
M. de Sainte-Palaye sans porter atteinte à sa jalouse paternité, puisqu'il ne devait pas se séparer de ses deux 
gros volumes. Voici en quels termes il le propose au chancelier du duc : 

« Monseigneur, 

ce J'ai travaillé, dans le peu de moments que j'ai pu ménager, avec tant de précipitation au dictionnaire que j'ai 
entrepris, qu'il est indispensable que je donne à cet ouvrage une révision à laquelle il me seroit impossible de me livrer 
actuellement. Les nouvelles connoissances, qu'un travail plus étendu me donne lieu d'acquérir journellement, me mettent 
même dans l'obligation de retoucher bien des mots sur lesquels j'avois trop légèrement bazardé mes conjectures.... 
Dans l'envie cependant que j'aurois. Monseigneur, de me conformer à vos intentions, j'ai imaginé un moyen qui, sans 
m'assugettir à donner dès à présent une copie entière de mon ouvragé, ce c[ui me seroit absolument impossible, pourroit 
cependant me mettre en état de satisfaire M. de Sainte-Palaye. Il est certain que la plus grande partie des mots sur 
lesquels j'ai travaillé se trouvent dans plusieurs dictionnaires, comme dans ce ix de Ménage, Borel et Nicot, ainsi que 
dans le gloisaire de Ducange et l'indice de Ragueau, et que plusieurs de ceux qui ne s'y trouvent point n'auront point 
échappés aux recherches de M. de Sainte-Palaye. Je pourrois donc prendre le parti de vous adresser seulement la table 
alphabétique des mots qui composent mon dictionnaire, et en y joignant, avec votre agrément, une lettre pour M. de 
Sainte-Palaye, je le prierois de m'indiquer les mots sur lesquels il souhaiteroit avoir quelques éclaircissements, que je 
lui procurerois avec autant d'empressement que j'en aurois à me soumettre à sa critique et à profiter de ses lumières. 

« J'ai, etc. » (27 janvier 1757.) 

« L'expédientfutaccepté.Enquelques jours la table alphabétique était faite et adressée, avec la lettre 
qui suit, à M. de Belle-Isle, qui devenait Tintermédiaire des deux savants. M. de Sainte-Palaye avait d'ailleurs 
eu soin de ménager Tamour-propre de son nouveau collaborateur en lui faisant savoir que les articles 
empruntés à son ouvrage porteraient le nom de leur auteur. A-t-il tenu sa promesse ? 

« Monsieur, 
« J'ai eu autant d'empressement à faire faire la table alphabétique, que je prends la liberté de vous addresser, en voos 



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— XXI — 

priant de vouloir bien la faire passer à M. de Sainte-Palaye, que j'ai eu de satisfaction d'apprendre que M. de Silhouette 
agréoit l'expédient que j'ai eu l'honneur de lui proposer. Peut-être, Monsieur, trouverez-vous que je suis un peu trop 
avare de mon temps et de celui des commis employés au bureau ; mais si, dans la carrière immense que j'ai entreprise, 
je n'usois de touts les ménagements imaginables pour me mettre en état d'en remplir l'objet, il me seroit difficile de ' 
répondre à ce qu'on a crû pouvoir attenar« de moi ; M. de Sainte-Palaye auroit d'ailleurs trop longtemps attendu s'il eût 
fallu faire une copie entière de mon ouvrage ; le parti que j'ai proposé simplifie l'opération et me met en état de pouvoir, 
dès à présent, satisfaire aux éclaircissements qu'il me demande. Si j';tllois à Paris cette année et qu'il eust quelques 
moments à donner à la lecture de mes rêveries, je lui confierois volontiere ma minute s'il jugeoit à propos de la 
parcourir. J'aurois cependant à me plaindre de lui de vouloir me faire connoistre Tautheur des parties de mon ouvrage 
qu'il jugera à propos de jouindre au sien ; mon amour-propre, qui sent combien la comparaison me sera peu favorable, 
en est allarmé ; car en présentant dans le môme livre mes idées avec celles de M. de Sainte-Palaye, c'est enchâsser des 
pierres brutes avec des diamants, 
a J'ai, etc. » (8 février 4757.) 

€ Le Clerc de Douy espérait-il gagner ainsi du temps ? Crut-il en être quitte pour quelques explications 
qu\ine lettre ou deux suffiraient à donner ? Je ne sais. Toujours, est-il que ce qu'il était facile de prévoir 
arriva. La table alphabétique no fit que confirmer La Curne de Sainte-Palaye dans la pensée qu'il pourrait 
tirer un immense parti d'un tel travail. Il demanda des renseignements, mais si nombreux et de telle nature, 
que le découragement prit Le Clerc de Douy : il céda. 

« Les explications que M. de Sainte-Palaye me demande , écrit-il à M. de Belle-Isle , employeroient un temps 
considérable pour être copiées d'après ma minute, et ie ne me trouverois point en état de le satisfaire aussi promptement 
que je voudrois.... Dès à présent, je ne crains point ae soumettre mon ouvrage avec ses défauts à sa censure.... J'aime 
mieux qu'il en coûte à mon amour-propre que de différer trop longtemps à lui donner les éclaircissements qu'il me 
demande.... Si vous agréez l'expédient, je vous enverrai par la messagerie les deux volumes de mon dictionnaire. » 
(12 juin 4757.) 

« Une occasion se présenta bientôt. Le Clerc de Douy expédiait, aux archives du Palais-RoyaJ, une caisse 
de papiers contenant entre autres un inventaire des titres du domaine de Romorantin rédigé en 1732 par 
Darrest de Chatigny ; il y joignit son ouvrage. 

« La caisse que je vous adresse, disait-il au garde de ces archives, contient aussi deux volumes in-folio d'un diction- 
naire étymologique auquel j'ai travaillé. Je vous serai obligé. Monsieur, de vouloir bien faire remettre ces deux volumes 
à M. de Belle-Isle qui veut bien se charger du soin de me les renvoyer quand la personne pour laquelle il me les a 
demandés en aura retiré les éclaircissements nécessaires (4). » 

« Les deux volumes prirent donc la route de Paris le 20 juin 1757 ; et quand ils revinrent, après cinq ou 
six mois d'absence, revinrent-ils enrichis des savantes critiques du continuateur de Ducange, ou bien ne 
rentrèrent-ils pas au logis quelque peu appauvris, dépouillés de ce qu'ils pouvaient avoir de neuf, d'inédit, 
d'original, déflorés en un mot? C'est ce qu'une comparaison attentive des deux glossaires pourra seule décider. 

« Ce qu'il y a de certain, c'est que l'année suivante, au mois d'août, M. de La Curne de Sainte-Palaye, 
qui prenait goût à ce genre de communication, fit de nouveau réclamer, par le même intermédiaire, M. de 
Belle-Isle, les deux gros volumes « qu'il désiroit encore revoir. » 

« Le sacrifice était fait depuis longtemps, et le Clerc de Douy n'eut qu'à -s'exécuter avec toute la bonne 
grâce qu'on pouvait exiger de lui en pareille circonstance. Mais c'était toujours des tourments, des inquiétudes 
quand il se séparait de son ouvrage. 

« Vous m'avez tiré d'inquiétude, écrit-il à M. Dardenne (1), en m'apprenant que vous avez reçu les deux volumes de 
mon glossaire, et que vous avez bien voulu les faire remettre à M. de Sainte-Palaye. Agréez, je vous prie, mes remercî- 
ments, etc.... » (17 septembre 4758.) 

« Cette fois, leur absence fut plus longue encore. Le Clerc de Douy s'en émut, les réclama avec insistance, 
et put enfin les recouvrer le 11 décembre 1759. Il était temps. — Sa santé était ébranlée depuis quelques 
mois. — Un jour il disait à M. de Belle-Isle : « Je regrette infiniment de n'avoir point été en état de partir 
plus tôt pour aller vous joindre à Paris ; mais j'étois tombé dans un tel état d'épuisement que, si je n'eusse 
déféré à l'avis de mes médecins en allant prendre un peu de repos à la campagne, il m'auroit été difQcile de 
pouvoir continuer mes travaux. » Quelques mois après, il expirait, au printemps de Tannée 1760. » 

Nous devons être très reconnaissant envers M. G. Vignat, dont les recherches sur Le Clerc de Douy nous 
ont permis de montrer la part que cet érudit a pris à la composition du Dictionnaire de l'ancienne Langue 
française; mais comme nous l'avons fait remarquer, de Sainte-Palaye s'attachait à concevoir le plan d'un 

(i) A chaque envoi qu'il eut à faire, Le Clerc de Douy adressa en outre une courte lettre à M. de Sainte-Palaye. (Reg. ' 
de correspondance, II, pages 334, 348, 364.) 



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— XXIl — 

grand ouvrage, pais il en réunissait les matières avec autant de science que de sagacité et les livrait ensuite à 
des collaborateurs. Loin d*être exclusif, il leur abandonnait une grande partie de la gloire qui devait lui 
revenir, et si le nom de Le Clerc de Douy ne figure point sur ses notes, c'est qu'il laissait à ses éditeurs le 
soin de réparer cette omission. Aussi, c'est avec empressement que nous avons cité le nom de Le Clerc de 
Douy, qui doit figurer à côté de ceux de Nicot, de Monet, de Borel, de Gotgrave, auxquels de Sainto-Palaye a 
fait un grand nombre d'emprunts. 



Maintenant que nous avons étudié l'œuvre capitale de Sainte-Palaye qui, dès 4758 et encore en état de 
projet, l'avait fait admettre à l'Académie Française et dans celles de Florence, de Dijon et de Nancy, disons 
quelques mots de ses dernières années qui s'écoulèrent dans le deuil le plus absolu et l'afiliction la plus 
profonde. 

Voici en quels termes Cbamfort loua La Gurne de Sainte-Palaye, devant l'Académie Française, lorsqu'il 
vint occuper le siège laissé vacant par cet illustre savant : 

c Après avoir exposé les vues principales que rassemblent, ou du moins que font nattre les ouvrages de 
M. de Sainte-Palaye, il me semble que j'ai presqu'oublié de louer M. de Sainte-Palaye lui-même. 

« Ce n'est pas lui qu'on aiu*a fait connaître, en ne parlant que de ses livres ; et c'est dans son caractère 
que réside une grande partie de son éloge. Ses mœurs, vous le savez, unissaient à l'aménité de notre siècle, 
la simplicité, la candeur, la naïveté qu'on suppose à nos pères. Epris de nos anciens Chevaliers, il semblait 
avoir emprunté d'eux, et adopté dans des proportions convenables, les qualités qtd distinguent en effet 
plusieurs de ces guerriers célèbres, honneur, désintéressement, galanterie, loyauté ; et, s'il n'est permis de 
pousser plus loin le parallèle, on voit, par l'étendue de ses travaux, qu'à l'exemple des anciens Chevaliers, 
il ne s'effrayait pas des grandes entreprises. C'est par cette constance et cette passion pour l'étude, qu'il 
avait réparé si promptement le désavantage d'une jeunesse débile et languissante, qu'une santé trop faible 
avait rendue presqu'entièrement étrangère aux Lettres. 

« Groira-t-on qu'un homme placé de si bonne heure au rang des savans les plus distingués, admis à 
26 ans dans une compagnie célèbre par l'érudition, ait passé les vingt premières années de sa vie sous les 
yeux de sa mère, partageant auprès d'elle ses occupations faciles qui mêlent l'amusement au travail des 
femmes ? Peut-être cette singularité d'une éducation purement maternelle, bornée pour d'autres à l'époque 
de la première enfance, et qui se prolongea, pour lui, jusqu'à la jeunesse, fut pour M. de Sainte-Palaye une 
des sources de cette douceur insinuante, de cette indulgence aimable, dont le cœur d'une mère est sans 
doute le plus parfait modèle. Peut être l'austérité précoce ^une éducation trop dure ou moins facile a plus 
d'une fois resserré le germe, ou flétri du moins la fleur d'une sensibilité naissante. M. de Sainte-Palaye, plus 

heureux destinée unique d'un être né pour le bonheur, qui passe sans intervalle de l'asile maternel sous 

la sauvegarde de l'amitié. Dès ce moment. Messieurs, je ne puis que vous rappeler des faits connus de la 
plupart d'entre vous ; et si j'ose vous en occuper, si je m'arrête un moment sur la pemture de cette union 
fraternelle, c'est que le nom seul de M. de Sainte-Palaye m'en fait un devoir indispensable : c'est l'hommage 
le plus digne de sa mémoire ; et vous-mêmes, vous pensez que le sanctuaire des Lettres ouvert aux talens 
ne s'honore pas moins des vertus qui les embellissent. 

c La tendresse des deux frères commença dès leur naissance, car ils étaient jumeaux ; circonstance pré- 
cieuse qu'ils rappelaient toujours avec plaisir. Ce titre de jumeaux leur paraissait le présent le plus heureux 
que leur eût fait la Nature, et la portion la plus chère de l'héritage paternel : il avait le mérite pour eux de 
reculer l'époque d'une amitié si tendre; ou plutôt, ils lui devaient le bonheur inestimable de ne pouvoir trouver 
dans leur vie entière un moment où ils ne se fussent point aimés. M. de Sainte-Palaye n'a fait que six vers 
dans sa vie, et c'est la traduction d'une épigramme grecque sur deux jumeaux. Le testament des deux frères, 

(1) M. Dardenne était secrétaire du conseil du duc d'Orléans et garde des archives. Sa lettre, que j'ai entre les mains, 
était ainsi conçue : « Monsieur, j'ai reçu vos deux volumes, et je les ay moi-môme fait porter chez M. de Sainte-Palaye, 
qui étoit sorti. Je les ay remis au portier, €t i'ay parlé à M. de La Gurne, son frère, qui sortoit dans ce moment, à qui 
j^ay dit ce que le paquet contenoit. Je vous fais excuse de ma négligence à vous en donner avis. J'ai Thonneur d'être 
avec respect, Monsieur, votre très-humble et très*obéis«ant serviteur. « Dardenne. » 



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— xxrn — 

oar ils D'en firent qnMn, et celui qui mourut le premier, disposa des biens de Tautre; leur testament 
distingua par un legs considérable, deux parentes éloignées qui araient ravantagei, inappréciable à leurs 
yeux, d'être sœurs et nées comme eux au même instant. C'est avec le même intérêt qu'ils se plaisaient à . 
raconter que, dans leur jeunesse, leur parfaite ressemblance trompait rœil même de leurs parens ; douce 
méprise, dont les deux frères s'applaudissaient. On aurait pu les désigner, dès lors, comme le fit depuis 
M. de Voltaire par une allusion très heureuse, 

« fratres Helente lucida sidéra ! 

« Cionsécration poétique qui leur assignait parmi nous le rang que tiennent, dans la Fable, ces deux 
jumeaux célèbres, jadis les protecteurs, et maintenant les symboles de Tamitié fraternelle. Mais plus heureux 

Sue les frères d'Hélène, privés par une étemelle séparation du plus grand charme de l'amitié, une même 
emeure, un même appartement, une même table, les mêmes sociétés, réunissent constamment MM. de La 
Gurne : peines et plaisirs, sentimens et pensées, tout leur fut commun, et je m'aperçois que cet éloge ne 
peut les séparer. 

c Et pourquoi m'en ferais-je un devoir? Pourquoi M. de La Gurne ne serait-il pas associé à l'éloge de son 
frère ? C'était lui qui secondait le plus les travaux de M. de Sainte-Palaye, en veillant sur sa personne, sur 
ses besoins, sur sa santé, en se chargeant de tous ces soins dmnestiques, qu'un sentiment rend si nobles et 
si précieux. Heureux les deux frères sans doute! mais plus encore celui des deux qui, voué aux lettres, et 
plus souvent solitaire, arraché à ses livres par son ami, reçoit de l'amitié ses distractions et ses plaisirs ; qui, 
tous les jours, épanche dans un commerce chéri les sentimens de tous les jours ; qui ne voit aucun moment 
de sa vie tromper les besoins de son cœur; enfin, qui n'a jamais connu le tourment d'une sensibilité 
contrainte, aigrie ou combattue, ce poison des âmes tendres qui change en amertume secrète la douceur des 
plus aimables afi'ections ! De là sans doute, dans M. de Sainte-Palaye, ce calme intérieur, cette tranquille 
égalité de son âme qui, manifestés dans les traits et dans la sérénité de son visage, intéressaient d'abord en sa 
faveur, devenaient en lui une sorte de séduction, et faisaient de son bonheur même un moyen de plaire. 

« Ainsi s'écoulait cette vie fortunée, sous les auspices d'un sentunent qui, par sa durée, devint enfin 
robjet d'un mtérêt Général. Combien de fois a-t-on vu les deux frères, surtout dans leur vieillesse, paraissant 
aux assemblées publiques, aux promenades, aux concerts, attirer tous les regards, l'attention du respect, 
même les applaudissements i Avec quel plaisir, avec quel empressement on les aidait à prendre place, on 
leur montrait, on leur cédait la plus commode ou la plus distinguée I Triomphe dont leur cœur jouissait 
avec délices ; triomphe si doux à voir, si doux à peindre : car après la vertu, le spectacle le plus touchant est 
celui de l'hommage que lui rendent les hommes assemblés; et dans les rencontres ordinaires de la société, 
on n'aperçut jamais un des deux frères sans croire qu'il cherchait l'autre. 

« Â force de les voir presqu'mséparables, on disait, on aflirmait qu'ils ne s'étaient jamais séparés, même 
un seul jour. U fallait, bien aputer au prodige; et leur union était mise, dès leur vivant, au rang de ces 
amitiés antiques et fameuses qui passionnent les âmes ardentes, et dont on se permet d'accroître l'intérêt 
par les embellissements de la fiction. Eh ! qu'en est-il besoin quand ils se sont fait mutuellement tous les 
sacrifices, et enlln celui d'un sentiment qui, pour Tordinaire, triomphe de tous les autres ? M. de La Cume 
est près de se marier; M. de Sainte-Palaye ne voit que le bonheur de son frère : il s'en applaudit; il est 
heureux ; il croit aimer lui-même ; mais la veille du jour fixé pour le mariage, M. de La Curne aperçoit dans 
tes yeux de son frère les signes d'une douleur inquiète, mêlée de tendresse et d'agitation. Cest que M. de 
Sainte-Palaye, au moment de quitter son frère, redoutait pour leur amitié les suites de ce nouvel engage- 
ment, n laisse entrevoir sa crainte; elle est partagée. Le trouble s'accroît, les larmes coulent, t Non, dit 
M. de La Cume, je ne me marierai jamais. » Les serments furent réciproques; et jamais ils ne songèrent à 
les violer 

« charme shnpie et naïf d'une scène intérieure et domestique t Combien d'autres non moins douces, 
non moins touchantes, oubliées et ensevelies dans le secret de cette heureuse demeure, asile de l'amitié I 
Pourquoi faut-il que l'âge et le tems lui en oflrent de plus afiligeantes et de plus douloureuses ? 

« Ah I la vieillesse avance; elle amène l'idée d'une séparation : la mort leur est affreuse. Us frémissent : 
leurs cœurs se précipitent l'un vers l'autre; ils se serrent, se pressent avec terreur; ils mêlent et confondent 
leurs pleurs, leurs craintes, dirai-je leurs espérances ? Il en est une qu'ils saisissent, qu'ils embrassent avec 
tendresse : ils sont nés à la même heure; si à la même heure la mort les unissait! Cette idée les console, 
les rassure. Où ils ne voient plus de séparation, la mort a dispani : Pillusion s'achève ; ils osent s'en flatter ; 
et dans régarement de leur douleur, ils se promettent un miracle, n'en connaissant pas de plus impossible 



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— XXIV — 

que de vivre séparés. Il approche toutefois, cet instant redoutable;. c'est M. deLaCurne, dont la santé 
chancelante annonce la fin prochaine. 

« On tremble, on s'attendrit pour M. de Sainte-Palaye ; c'est à lui que Ton court, dans le danger de son 
frère..., c'est lui que plaint surtout le mourant lui-même. « Hélas ! dit-il, que deviendra mon frère ? je 
ni'étais toujours flatté qu'il mourrait avant moi. » regret, peut-être sans exemple ! vœu sublime du 
sentiment, qui, dans .ce partage des douleurs, s'emparait de la plus amère pour en sauver l'objet de sa 
tendresse ! Vous les avez sus. Messieurs, ces détails que des récits fidèles vous apportaient tous les jours ; 

vous avez frémi sur le sort d'un vieillard j'allais dire abandonné, c'est presque l'épithète de cet âge. Mais 

non, ses amis se rassemblent, l'environnent, se succèdent ; des femmes jeunes, aimables s'arrachent aux 
dissipations du monde, pour seconder des soins si touchans. Il a vécu pour l'amitié : il est sous la tutelle des 
cœurs sensibles. 

« Ah I qu'il est doux de voir démentir ces tristes exemples d'un abandon cruel et trop fréquent, ces crimes 
de la société qui consternent l'âme, en lui rappelant ses blessures ou lui présagent celles qui l'attendent! 
Avec quel soulagement, avec quel plaisir le cœur abjure ces pensées austères, ces sombres réflexions qui 
nous présentent l'humanité sous un aspect lugubre, qui anticipent sur la mort, en montrant l'homme isolé 
dans la foule et séparé de ce qui l'entoure ! Un bonheur constant avait épargné à M. de Sainte-Palaye ces 
idées affligeantes, et en préserva sa vieillesse. C'était le prix de ses vertus, sans doute, mais surtout de cette 
indulgence inépuisable, universelle, qui passait dans tous ses discours, et que promettait encore la douceur 
de son maintien. Né pour aimer, il ne peut haïr, même le vicieux, même le méchant. Ce n'est pour lui qu'un 
être qui n'est pas son semblable, dont il s'écarte sans colère et presque avec chagrin : douce facilité qui, sans 
altérer la pureté de ses mœurs, assurait à la fois et la trapquillité de son âme et le repos de sa vie, et qui lui 
épargnant la peine de haïr le vice, épargnait au vice le soin de se venger. Heureux caractère qui, à moins 
d'être l'eff^et d'une raison mûrie, paisible et calme après avoir tout jugé, n'est qu'un présent de la Nature, 
et n'est point la vertu sans doute, mais que la Vertu même pourrait envier. C'est cette douceur de M. do 
Sainte-Palaye, c'est cet intérêt universel, accru par son âge et par son malheur, qui calma la violence de son 
premier désespoir, qui en modéra les accès, et les changea en une tendre mélancolie qu'il porta jusqu'au 
tombeau. Hélas ! on s'étonnait qu'il s'y traînât si lentement ; on reprochait à la Nature de le laisser vivre 
après son frère. Ah I c'est qu'il vivait encore avec lui ; il l'eirtendait, il le voyait sans cesse. 

« Vous en fûtes téjnoins. Messieurs, lorsqu'à une de vos assemblées particulières, chancelant, prêt à 
tomber, il est secouru par l'un de vous qu'il connaissait à peine ; c'était un de vos choix les plus récents 
(Ducis). t Monsieur, dit le vieillard, vous avez sûrement un frère ! » Un frère, un secours ! ces deux idées 
sont pour lui inséparables à jamais. Toutes les autres s'altèrent, s'effacent par degrés ; la douleur, la 
vieillesse, les infirmités affaiblissent les organes ; disons tout, sa raison. Mais cette idée chérie survit à sa 
raison, le suit partout, et consacre à vos yeux les tristes débris de lui-même. Il n'est plus qu'une ombre, il 
aime encore ; et semblable à ces mânes, habitans de l'Elysée, à qui la Fable conservait et leurs passions et 
leurs habitudes, il vient à vos séances, il vous parle de son frère, et vous respectez, dans la dégradation de la 
Nature, le sentiment dont elle s'honore davantage. 

« Je m'aperçois. Messieurs, que l'intérêt, sans doute inséparable de ce sentiment, m'attire quelque 
indulgence ; mais ou finit cet intérêt, l'indulgence cesse et m'ordonne de m'arréter. Et que vous dirais-je, qui 
pût soutenir votre attention? Rappelerais-je quelques traits, non moins précieux, du caractère de M. de 
Sainte-Palaye, sa bonté bienfaisante, sa générosité, d'autres vertus ? Ah! l'amitié les suppose. Les vertus I 
c'est son cortège naturel; et celles qui ne la précèdent pas, la suivent pour l'ordinaire. Qu'importe que j'oublie 
encore quelques traits intéressants ou curieux de ça vie privée, de ses voyages, les honneurs littéraires qu'il 
reçut en France et en Italie ? Eh ! que sont, auprès d'un sentiment, les titres, les honneurs littéraires ? Je ne 
vous offense pas. Messieurs ? Qui d'entre vous, au milieu de ses travaux, de ses succès, dans la jouissance 
d'une juste célébrité, n'a point envié, plus d'une fois peut-être, les douceurs habituelles qu'une telle union 
répandit sur une vie si longue et si heureuse ? Prastige de la gloire, éclat de la renommée, illusions si 
brillantes et si vaines, si recherchées et si trompeuses, auriez- vous rempli ses jours d'une félicité si pure et si 
durable ? Ah I l'amitié, plus fidèle, ne trompa point M. de Sainte-Palaye ; elle fut le bonheur de sa vie entière, 
et non le mensonge d'un moment. Son ami lui peut échapper, comme tous les biens nous échappent ; mais 
l'amitié lui reste, et n'accuse point l'erreur de ses plaisirs passés. Elle lui coûte des regrets, mais non celui 
d'avoir vécu pour elle ; et ses regrets encore, mêlés à l'image qui les rend chers à son cœur, reçoivent de 
cette image même le charme secret qui les tempère, les adoucit, et les égare en quelque sorte dans l'atten- 
drissement des souvenirs. 

« Que dis-je ? consolation ! 6 bonheur d'une destinée si rare ! c'est l'amitié encore qui veille sur ses 



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— XXV — 

derniers jours. D pleure un frère, il est vrai, mais il le pleure dans le sein d'un ami qui partage cette perte, 
qui la remplace autant qu'il est en lui, qui lui prodigue jusqu'au dernier moment les soins les plus attentifs, 
les plus tendres ; ajoutons, pour flatter sa mémoire, les plus fraternels. C'est parmi vous. Messieurs, qu'il ' 
devait se trouver, cet ami si respectable (Bréquigny), ce bienfaiteur de tous les instans, qui, chaque jour et 
plusieurs fois chaque jour, abandonne ses études, ses plaisirs, pour aller secourir l'enfance de la vieillesse. 
Vos yeux le cherchent, son trouble le trahit : nouveau garant de sa sensibilité, nouvel hommage à la 
mémoire de Pami qu'il honore et qu'il pleure. » 

Nous avons tenu à reproduire les paroles pathétiques prononcées devant l'Académie Française par un 
auteur qui avait connu de Sainte-Palaye et qui pouvait apprécier les qualités de cette noble nature et de ce 
cœur d'élite. On peut dire avec vérité que ce savant n'a vécu que pour l'amitié fraternelle et pour l'étude, 
n a accompli sa destinée et laissé après lui un nom illustre. Son livre sur la Chevalerie lui avait valu une 
r^utation d'historien, mais son Dictionnaire historique de Fancien Langage français le place au premier rang 
des philologues qui ont étudié notre ancienne langue (i). 



Sainte-Palaye était de l'école de ces Bénédictins et de ces savants du xvn® et du xvm* siècles qui consa- 
craient leur existence entière à l'étude. Son œuvre est gigantesque. La liste de ses ouvrages, imprimés ou 
manuscrits, est fort lonrae; mais que dire, en songeant que plusieurs de ses ouvrages ne comprennent pas 
moins de cinq, de dix, de quinze volumes in-folio, et que deux manuscrits de son Glossaire françois forment, 
l'un 30 volumes in-folio et l'autre 61 volumes in-4** I 

Ckmime nous l'avons dit, de Sainte-Palaye n'est pas seulement un érudit philologue, il est aussi historien. 
Nous avons placé à la fin de son Glossaire deux mémoires, l'un sur la langue françoise des \iv et xin® 
siècles, l'autre sur la vie de Froissart. 

Nous ne saurions mieux terminer cette biographie de Samte-Palaye, qu'en reproduisant une lettre de 
l'abbé Barthélémy, dans laquelle l'illustre auteur du Voyage (TAnadiarsis juge, avec sa haute autorité, le 
Glossaire ds Fancienne Langue françoise. Cette lettre, datée du 31 janvier 1764, a été publiée dans les Portraits 
intimes des frères de Concourt (page 480, appendice). La voici : 

« .... M. de Sainte-Palaye va enfin commencer l'impression de son dictionnaire immense de la langue 
françoise depuis le xii^ siècle jusqu'au règne de Louis XIV. C'est un ouvrage de quarante ans, et d'un fa'avail 
si prodigieux, qu'il est diflQcile de concevoir qu'un homme seul ait pu former et exécuter ce projet. Ne 
remarquez-vous pas, mon cher ami, qu'on dit sans cesse que notre nation ne s'occupe que d'objets frivoles 
et que notre littérature est aussi légère que notre caractère ? Je doute cependant que chez aucun peuple on 
fasse, à présent, d'aussi grandes entreprises que chez nous ; nous avons peut-être trente Bénédictins occupés 
de gros ouvrages, tels que la collection des Historiens de France, le Gallia Christiana, la Diplomatique, les 
Histoires des Provinces, les éditions des Pères, etc. Outre le travail continu des Académies , combien de 

(i) Vers 1750, M»® Doublet tenait son salon au couvent des filles Saint-Thomas, dans un appartement où elle passa 
({Qarante ans de suite sans sortir. Là présidait, du matin au soir, Bachaumont, coiffé de la perruque à longue chevelure, 
inventée par le duc de Nevers. Là siégeaient Tabbé Legendre, Yoisenon, le courtisan de la maison, les deux Lacume 
de Sainte-Palaye, les abbés Ghauvelin et Xaupi, les Falconet, les Mairan, les Mirabaud, tous paroissiens arrivant à la 
même heure, s'asseyant dans le même fauteuil, chacun au-dessous de son portrait. Sur une table, deux grands registres 
étaient ouverts, qui recevaient de chaoue survenant Tun le positif et l'autre le douteux, l'un la vérité absolue et l'autre 
la vérité relative. Et voilà le berceau ae ces nouvelles à la main qui, par le tn et la discussion, prirent tant de crédit, 
que Ton demandait d'une assertion : < Gela sort-il de chez M^n® Doublet ? i> Et comme ces nouvelles, copiées par les 
laquais de la maison, couraient la ville et s'envoyaient en province par abonnement de 6, 9 et 12 livres par mois, comme 
elles étaient, sous le nom de la feuille manuscrite, une sorte de petite presse libre qui ne ménageait point les critiques 
au gouvernement, le lieutenant de police s'occupait fort, dès 1753, d'arrêter les nouvelles de M»© Doublet et de modérer 
le ton de son salon. « Mais M^^^ Doublet n'écoutait ni les représentations de d'Ârsenson, ni les menaces de son neveu, 
M. de Ghoiseul ; elle ralliait de nouveaux frondeurs, Foncemagne, Devaux, Mairobert, d'Argental : des frondeuses, qui 
s'appelaient M"^' du Rondet, de Villeneuve, de Beseval, du Bocage. Et cette petite Fronde, qui allait devenir quelques 
années plus tard le journal de Bachaumont, recommençait, dans son salon, plus vive, animée, enhardie. i> (Ëdm. et 
J. DE GoNCoxjRT, la Femme au XYIIh siècle, p. 475 et 476.) 

4 



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— XXVI — 

particuliers se liyrent à de longs et pénibles trayaux, combien de découvertes dans la géométrie, Tbistoire 
naturelle, les langues orientales t.... Et vous riez sans doute lorsque vous entendez dire que la litténtture 
françoise ne produit que des petites brochures t » 

Oui! Tentreprise de Sainte-Palaye est grande; nous pouvons dire que c^est un véritable monument élevé 
k notre ancienne langue, et qu'il a fallu a ce savant autant de courage que de persévérance pour terminer 
une œuvre aussi colossale, digne de figurer à côté du Glossarium de Du Gange. 

Nous devons une profonde reconnaissance aux souscripteurs qui nous ont permis de terminer ce grand 
ouvrage. Grâce à leur concours, nous sommes parvenus à publier ces précieux manuscrits appelés à rendre 
de si grands services à tous les érudits qui veulent connaître la signification des anciens termes de la 
langue française. 

L. FAVRE et L. PAJOT. 



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La Curae de Sainte-Palaye et Etienne Barhazan 



Le Btdktin de la Société des Sciences historiques de l'Yonne, de Pannée 1858, contient des détails sur les 
rapports qui. ont existé entre La Gurne de Sainte-Palaye et Barbazan, au sujet des Glossaires que cbacun 
de ces deux savants avait composés. Cet article, dû à la plume de M. Déy, nous a paru devoir flgurer à la 
suite de la biographie de La Gurne de Sainte-Palaye : 

t Les révolutions littéraires, pas plus que les révolutions politicjues, n'arrivent comme un hasard brutal. 
Elles sont l'expression, à son degré le plus énergique, d'un besom nouveau, d'un perfectionnement, d'une 
réparation. Les causes mêmes n'en sont point tellement secrètes, que les esprits éclairés no les voient 
approcher et grandir et ne pressentent le terme où doit aboutir l'effet qu'elles préparent. Il a été donné à 
notre siècle de dégager la littérature des chaînes de fleurs fanées dont l'empêtrait la mythologie antique ; 
d'avoir de l'imagination, de l'esprit, du génie sans la permission des Grecs et des Romains, et de constituer 
en quelque sorte notre nationalité littéraire. Mais si quelques grands écrivains ont opéré cette révolution et 
l'ont consacrée par des œuvres immortelles, il s'en faut qu'ils aient été les premiers à s'insurger pour la 
cause qu'ils ont fait prévaloir, et la gloire du triomphe doit rétroagir jusqu'à ceux qui ont, les premiers, 
arboré un nouveau drapeau. A ce point de vue, Etienne Barbazan, né à Saint-Fargeau, en I69G, mérite 
d'être signalé à la reconnaissance publique. 

t L'étude approfondie de la langue et des patois de la France, depuis le xu* jusqu'au xvi* siècle, Tayant 
excité à la recherche d'œuvres littéraires perdues dans les bibliothèques, et lui ayant révélé des beauléa 
originales qui n'existaient pas pour nous, parce que nous étions inhabiles à les comprendre , Barbazan 
acquit un genre de science qui le fit remarquer des savants et l'attira au milieu d'eux à Paris. 

« A cette époque, l'abbé Péreau avait formé lui-même un recueil d'antiquités littéraires, disposé par ordre 
alphabétique, et l'avait publié jusqu'à la lettre G. Barbazan s'associa à Graville et à l'abbé de la Porte pour 
la continuation de cet ouvrage, qui parut l'année 1745 et les années suivantes, en 24 volumes in- 1 â. 

€ En 1756, il publia seul un nouveau recueil sous ce titre : Fabliaux et Contes des Poètes fraurois des 
XII*, xm*, xrv© et xv* siècles, tirés des metUeurs auteurs, Paris, Vincent, 3 vol. in-1 2. Il avait, à la même époque, 
réuni les matériaux d'un glossaire considérable, lorsqu'un autre savant, membre de l'Académie des Inscrip^ 
tiens et Belles-Lettres, du même âge, du même diocèse que lui, dont les immenses travaux avaient également 
pour but de révéler les trésors de notre littérature, de nos antiquités, de notre histoire nationale, de nous y 
attacher enfin en nous arrachant à nos préférences systématiques pour les Grecs et les Romains, fit paraître 
le prospectus, en 32 pages in-4% d'un Glossaire de la Langne françoise. Ge savant était La Gurno de Sainte- 
Palaye, né à Auxerre, en 1697. 

c Barbazan éprouva une vive contrariété de cette annonce ; mais, en homme du métier, il sentit le côté 
faible du travail de son antagoniste et, sans le signaler directement au public, ce qui aurait en quelque 
sorte exclu l'idée d'antériorité, il fit annoncer lui-même, dans son œuvre en cours d'exécution, et à la même 
date de 1756, la remise, entre les mains de son libraire, du manuscrit entièrement fini d'un nouveau Trésor de 
Borel on Dictionnaire de tous les Termes de t ancienne Langue française usités dans tes xu*, xiu«, xîv% xv^ et 
xvi* siècles. 2 vol. in-folio. 

t Get avis s'expliquait, du reste, en ces termes : On y verra les variations de notre langue, t auteur ayant êu 

soin de marquer les différents siècles oà les auteurs qu^û cite ont écrit On donnera enfin, dans la préface^ des 

modMes sur les différentes écritures de chaque siéde pour faciliter la lecture des écrivains de ces siècles. 



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— XXVIII — 

t C'étaient là, précisément, les lacunes que laissait apercevoir le prospectus de Sainte-Palaye. 

t Celui-ci s'émut à son tour et ses amis bien davantage encore. Bréquigny, notamment, lui fit remarquer 
que son glossaire avait le défaut de tous les lexiques, celui de donner les diverses acceptions d'un mot sans 
en faire l'historique et sans préciser la date de ses variations. Sainte-Palaye sentit la justesse de la critique 
et, en homme de cœur, il se prit à recommencer son travail ; et quel travail , grand Dieu ! Soixante-un 
volumes in-4MIl s'adjoignit toutefois un collaborateur; mais, quelques efforts qu'ils fissent l'un et l'autre, 
l'ouvrage n'avançait pas, parce qu'il fallait sans cesse remonter aux sources. 

€ Barbazan éprouvait, de son côté, des diflûcultés d'une autre nature : son œuvre avait-elle réellement 
trouvé un éditeur ? Il est permis d'en douter. N'avait-elle que deux volumes in-fol. conmieil l'avait annoncé? 
C'était moins sûr encore. Quel succès de concurrence pouvait-elle enfin raisonnablement espérer, en tenant 
compte de la position éminente que Sainte-Palaye occupait dans la science, de ses relations dans le monde 
et de sa fortune personnelle ? 

t Tout cela était fort embarrassant; Barbazan le comprit, aussi fit-il proposer à Sainte-Palaye la vente de 
son manuscrit. Le prix fut discuté, convenu même, mais une* circonstance restée inconnue empêcha la 
réalisation de l'acte. 

^« Â la mort de Barbazan, son manuscrit fut cédé au marquis de Paulmy, qui s'en servit pour ses travaux 
personnels, puis le céda à la Bibliothèque royale, qui le céda à la Bibliothèque de l'Arsenal. La première 
partie toutefois a disparu et c'était à coup sûr la plus intéressante. Elle contenait un traité complet de 
paléographie et une série de notes biographiques sur les écrivains français des premiers âges, suivies du 
catalogue de leurs ouvrages. A-t-elle été perdue pour tout le monde ? 

t L'œuvre rivale de Sainte-Palaye ne fut guère plus heureuse. Arrivé en terme, à 1780, après 24 ans 
de travail à nouveau, le premier volume fut imprimé. Il contient 735 pages in-^, en 1470 colonnes, finit au 
mot asseureté et coûta une somme si considérable, que ni un éditeur, ni les héritiers de l'auteur, qui mourut 
l'année suivante, ne voulurent continuer la publication. Les deux œuvres, du reste, ont conservé entre elles 
la distance sociale qui séparait les deux hommes : l'une est réunie dans de modestes portefeuilles, l'autre 
forme une longue suite de volumes reliés. > 

Au moment où M. Déy publiait ces réflexions, les manuscrits de La Cume de Sainte-Palaye reposaient 
encore sur les rayons de la Bibliothèque nationale. Ce n'est qu'un siècle après la mort de ce savant, que son 
Glossaire a trouvé un éditeur et a pu être révisé et achevé en quelques années. Mais que de difiScultés cet 
éditeur a eues à surmonter I que de luttes il a dû soutenir! Peu^être un jour les fèra-t-il connaître; 
mais dès à présent il doit oflrir sa gratitude aux savants, aux amis des lettres et aux souscripteurs qui l'ont 
encouragé et lui ont permis de terminer un ouvrage qui a déjà pris rang à côté des plus remarquables 
Glossaires. 

L'œuvre de Barbazan est encore inédite. Nous avons le projet de la publier un jour, et de placer, k côté 
du Dictionnaire de La Curne de Sainte-Palaye, le Glossaire de Barbazan. Un travail très complet a déjà été 
exécuté, d'après ces manuscrits, par un savant modeste qui nous a exposé le plan de ce Glossaire; mais 
nous avions déjà préparé la nouvelle édition du Gbssarium de Du Cange que nous mettons sous presse. 

Comme notre devise est laboremus, si Dieu nous prête assez longue vie, nous publierons le Glossaire de 
Barbazan, appelé à figurer, dans les bibliothèques, à côté du Dictionnaire de La Curne de Sainte-Palaye. 

Ce ne seront plus alors deux rivaux, mais deux savants unis pour nous permettre de connaître notre 
vieille langue française si remplie de diificullés, mais d'une étude si attrayante. 

L. FAVRE. 



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NOTICE SUR ANTOINE OUDIN 



Antoine Ondin a publié un ouvrage qu'il a intitulé très justepient Curiositez françaises pour supplément 
aux Dictionnaires. En effet, ce petit livre rare et curieux est un supplément très utile aux dictionnaires, et 
nous ayons jugé que sa place était indiquée à la suite du Glossaire de La Gurne de Sainte-Palaye, dans 
lequel cet auteur est si souvent cité. 

Les Curiositez françoises, comme le sous-titre Kndique, sont un Recueil de plusieurs belles propriétez, avec 
me infinité de proverbes et quolibets pour Vapplication de toutes sortes de livres. 

Antoine Oudin s'est attaché à réunir les proverbes, les adages qui faisaient la joie et les délices de nos 
aïeux. Beaucoup sont pulois, et même très gaulois ; ils ont une grande parenté avec les causeries de 
Rabelais ; mais enfin c'était le langage de nos pères, et si les paroles étaient libres, leurs actes certes valaient 
mieux que nos mœurs du jour. Cependant nous avons cru devoir supprimer quelques quolibets qui nous 
ont paru par trop salés ; nous avons bien peu élagué, et si nous n'avons pas opéré de plus grand ravage 
dans les pages de ce petit livre, c'est que nous savons qu'un Glossaire s'adresse à des personnes dont 1 esprit 
mur et sérieux ne peut recevoir aucune atteinte d'expressions libres, qui ne retracent point d'actions 
obscènes. 

Les biographes nous ont laissé peu de détails sur Antoine Oudin, dont les travaux philologiques méritaient 
cependant d'attirer leur attention. Voici les quelques notes que nous avons pu recueillir concernant cet 
auteur : 

Antoine Oudin était fils de César Oudin, secrétaire et interprète de langues étrangères, il remplaça son 
père dans cette charge. Le roi Louis XIII l'envoya en Italie ; il résida assez longtemps à la cour de Savoie et 
à Rome, où le pape Urbain YŒ le reçut dans son intimité. 

A son retour en France, il trouva de nombreux protecteurs ; son ouvrage des Curiositez françaises avait 
été bien accueilli, et on l'avait jugé utile à notre ancienne langue et digne de figurer dans les bibliothèques. 
Louis XIV, qui avait entendu parler des profondes connaissances de la langue française et de la langue 
italienne, le prit pour professeur. Ce roi, passionné pour les belles et grandes créations dans les arts et la 
littérature, aimait peu les études sèches et arides ; aussi ne saisit-il que très imparfaitement la langue 
italienne. 

Oudin mourut le 11 février 16S3. Voici la liste de ses ouvrages : 

I. Curiositez françaises, pour servir de supplément aux Dictionnaires, ou Recueil de plusieurs belles propriétés, 
avec une incité de proverbes et quolibets pour Fexplication de toute sorte de livres; deux édition imprimées à 
Rouen, en 1649 et en 1656, format petit in-8^ 

n. Grammaire française rapportée au lanaage du temps, Paris, 1633, et Rouen, 1645, in-12. 

Baro, Duryer, et plusieurs autres menibres de l'Académie françaises récemment fondée, citèrent cet 
ouvrage avec éloge. 

in. Recherches italiennes et françaises, ou Dictionnaire italienfrançois et français-italien, Paris, 1640, 2 vol 
in-4* ; augmenté par Veneroni, Lyon, 1 698. 

IV. Trésor des deux langues espagnole et française, ou Dictionnaire espagnol-françois et francois-espagna,, 
ibid. 1645, in-4*. 



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— XXX — 

y. Histoire des guerres de Flandre, traduite de ntalien du cardinal BentÎTOglio, ibid. 1634, in-4''. 
Ce travail ne comprend que la première partie de l'original, et se termine a la victoire remportée par Don 
Juan d'Autriche, en 4578. 

Oudin était un savant actif et laborieux. Toute son existence fut consacrée an travail et à des recherches 
sur les langues française et italienne. Son livre des Cfuriositez francoises a eu Fhonneur de la réimpression, 
et nous croyons répondre au désir des souscripteurs du Dictionnaire de La Cume de Sainte-Palaye, en 
reproduisant cet ouvrage devenu très rare et qui mérite d'être consulté, car c'est un répertoire complet des 
proverbes, adages et quolibets de notre vieille langue. 

L. FAVRE. 



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Liste des Souscripteurs au Dictionnaire de La Curne de Sainte-Palaye. 



Archives des Gdtes-du-Nord 

Anthouard 

Audifi&*et-Pa8qaier (duc d*) 

Amnale (duc d*) 

Armaing, libraire 

Asher, libraire 

Ansart 

Ange, libraire 

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Barthès et Loweli, libraires 

Baudry, libraire 

Bailly-Baillière, libraire 

Beaumont. 

Barthès, libraire à Montpellier 

Beauvais-Allo, libraire 

Beghin (Honoré), libraire. •..•••. 

Belhatte, libraire • 

Benda, libraire 

Berger, libraire 

Bibliothèque de la ville de Paris. .... 
Bibliothèque de la préfecture de la Seine. 

Bibliothèque de llnstitut 

Bibliothèque Mazarine 

Bibliothèque de l'Université. 

Bibliothèqpie de Neufchâtel 

Bibliothèque de Chartres 

Bibliothèque d'Arras 

Bibliothèque de Pau 

Bibliothèque des Pères Jésuites. .... 

Bibliothèque de Tours 

Bocca, libraire • • . 

Bocquet, libraire 

Bonnann (de) 

Borrani, libraire 

Boucher .• . , 

Boudon 

Bion, libraire 

Bossange, Ubndre 

Brachet 

Bndau et veuve Gharrot, libraires. . . . 

Brockhaus, libraire 

Caillé (Adolphe) 

Gathabard, libraire 

Chantelauze (de) 

Chevalier, libraire 

Chevalier (l'abbé) 

Chossonnery 



Nombre 
d*aiMDpIiirM. 



Nombre 
d*eiemplaire8. 

Glouzot (L.), libraire à Niort 36 

Gocheris 

GoUay-Ribou, libraire. . • . 
Collin et Gîe, libraires. . . , 

Gonquet, libraire 

Goulet, libraire 

Gourajod , 

Gourtilloles (de) 

Gourtat 

Dacquin, libraire 

Damogeot-Pellelier, libraire 
David, libraire. ..... 

Defrémery, de l'Institut . . 
Delagrave, libraire. . . . 

H. Delaroque^ libraire. • • 

Dentu, libraire 

Derivaux, libraire 

Didot, libraire 

Dorbon, libraire 

Douin. . 

Druion 

Ducnesne 

Duclos, libraire 

Dufour., 



Dulau^ libraire... 
Dumaine, libraire. 
Duval 



Deligne, libraire. . 
Engeleke, libraire.. 
Le président Favre. 
De JPlammare. . . 
Ferriot 



Galliot, libraire 

Gauthier (l'abbé) 

Greorg, libraire 

Gillier, libraire. ... ? 

Gaulon, libraire 

Germain et Grassier, libraires.^ 

Gerold, libraire 

Grosjean-Maupin, libraire 

Guerin, libraire 

Guesnon 

Hachette, libraire 

Held-Balzinger, libraire 

Herluison, libraire 

Hippeau 

Host, libraire 3 



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— xxxn 



Nombre 
d'exemplaires. 

Huet, libraire 4 

Jacquemin, négociant 1 

Joanin (le docteur) 1 

Kramers, libraire 2 

La Broise 1 

Lacuve 4 

Lachesnais (de) 4 

Lacroix (Paul) 4 

Lachasnal, receveur des finances 4 

Lacroix, libraire 3 

Lafenestre 4 

Lafforgue, libraire 2 

Le Charpentier (Gustave) 4 

Lamarche, libraire 5 

Leleu, libraire 4 

Lemoigne, libraire 5 

Le Soudier, libraire 5 

Liepmannssohn, libraire 4 

Loescber, libraire 3 

Lemaître, libraire 4 

Long 4 

Ministère de l'Instruction publique 40 

Maillard, libraire 4 

Mareuse. 1 

Maresq jeune i 

Mai-pon et Flammarion, libraires 4 

Marqueste, libraire 4 

Marty-I^avaux 4 

Meterie, libraire 1 

Matton, libraire 4 

Mellier, libraire 5 

Mesnager, ingénieur 4 

Meyer, libraire 1 

Michel et Medan, libraires 4 

Minoret i 

Moisy(H.) 4 

Molard i 

Monceau, à Auxerre 1 

Monod 1 

Morel 4 

Morel-Fatio 1 

Muquardt, libraire 3 

Musset , 1 

Nuret, libraire 2 

Nutt, libraire 4 

Nilson, libraire. 4 



N(Hiibre 
d'eiemplairet. 

Noiriel, libraire 4 

Odiot 1 

Ollivier, libraire 2 

Otto Horrassovitz, libraire 2 

Otto Lorenz, libraire 2 

Parker, libraire. 2 

Pajot 1 

Paris (Gaston), de Tlnstitut 1 

Patinot 1 

Patrice Salins 4 

Pedone Lauriel, libraire * 2 

Pellechat, libraire 2 

Pepin-Lehalleur. 4 

Pinson 4 

Poinsignon, libraire 3 

Popelin (Claudius) 1 

Poulain 4 

Prarond 4 

Quaritch, libraire 2 

Raynaud 4 

Reinwald, libraire , 5 

Renouard, libraire 4 

Riant l 

Ribault, libraire 3 

Ristelhuber. 4 

Rochambeau (de) 4 

Rosny (de) 1 

Rube (Maxe), libraire 2 

Ruble (de) 4 

Saint-Denis et Mallet, libraires 4 

V. Sardou, de TÂcadémie 4 

Schneider, libraire 5 

Thorin, libraire 2 

Tarneau, notaire 1 

Terquein 4 

Treuttel et Wurtz, libraires 4 

Trubner, libraire 2 

Tumerel, libraire 4 

TVietmeryer, libraire 6 

Vandaeuvre (de) 4 

Van Laer 4 

Vuylesteke, libraire 2 

Verdier, libraire 3 

Vitu 4 

De Vriès 4 

"Wistendorp i 



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DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



DE 



L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



TAB 

Tabac. Du Verdier; bibl. p. 1065. De tabaco, 
employé par les habitants de S. Domlogue, pour 
désigner Tinstrument avec lequel ils fumaient. 
(Hist. des Voyages, in-4^ XII.) 

Taballe. Timballe. (Oudin.) 

Tabaque. Nicotiane, petun, herbe médicinale. 
(Nicot.) 

Tabar. Espèce de manteau : 

Tes pères embla un tabar 

Por qoi U fu pendu à Bar. (Ms. 7218, f, 2i4.J 

Tabarin. Bouffon. (Oudin.) 

Tabart. Le même que tabar: * Tabart de 
« velour figuré noir, fourré de martres sebelines. » 
(Jean de Saintré, p. 224.) 

Chascun en quiert et veut sçavoir 

Que je al fait de mon avoir 

Et comment je suis si despris 

Que n'ai chape, ne mantiau gris, 

Cote, ne surcot, ne tabart, (Ms. 7218, f. 213 Kj 

Tabary. Tabarin ; il était ainsi nommé de son 
manteau (^aèflr) en serge verte: « Anciennement 
« les grands seigneurs et le peuple prenoient un 
« singulier plaisir à ouir des personnes qui de leur 
« gorge et estomach contrefaisoient ou imitoient 

< le jargon ou le cry ou le chant des bestes , de 

< quoy aujourd'huy n'est resté, sinon Jean des 
« Vignes, Tabary et Franc à Tripe. » (Bouchet, 
Serées, II, p. 24.) 

Tabellion. Notaire seigneurial : « Les notaires 
tf royaux pourront passer des actes de ce qui aura 

< esté fait par devant les offlciers royaux^ et deli- 

< vrercesactes aux parties, ce qui ne sera pas 

< permis aux tabellions. » (Ord. I, p. 568.) 

Tabellionage. Tableau affiché publiquement, 
dans lequel les femmes séparées, en Normandie, 
sont obligées de se faire inscrire, suivant les règle- 
ments de 1555 et de 1600. 

X. 



TAB 

Tabcllionnage , dans Colgrave. Charge de 
tabellion. 

Tabellionné. Etude de tabellion : « Nos roys 
* ayant transporté en eux tout ce qui estoit de 
« Tauthorité publique des villes, ils estimèrent les 
« greffes et tabellionnez estre de leur vray estoc et 
« domaine. » (Pasq. Rech. II, p. 349.) 

Tabellionner. Recevoir les contrats en qualité 
de tabellion. (Cotgrave.) — « Que les dits papiers 
« censiers fussent signez, ^abe//ion?i^^., scellez. », 
(N. C. G. III, p. 290.) 

Tabernacle. !<> Armoire qui remplaça le sin- 
senier pour abriter les hosties consacrées ; d'abord 
placée à gauche du chœur, elle fut ensuite placée 
au milieu de l'autel: « La coupe d'or, et le taber- 
« nacle d'argent doré à .ni. chaesnes d'argent. » 
(Inv. de la S'* Chap. an. 1376.) — « Plus feroit autour 
de la dite sépulture des images, tant pleurans 
que angeloz sur lesquels angeloz il feroit des 
tabernacles. » (Etat des offic. des ducs de Bourg. 
226.) — 2* Dais : « Près des joustes avoit faict 
ung eschaffault moult riche là où le roy fut 
couronné le lendemain, et si avoit par dessus ung 
tabernacle couvert d'un drap d'or, et par dessuz 
avoit deux couronnes moult riches, et qui repre- 
sentoient que lendemain dévoient estre couronnez 
Pelleon et Dace. » (Percef. II, f. 147.) — 3- Bouti- 
que en plein vent: « Quand les rues sont eslroites, 
ilz contraignent les ditz galands à passer par 
autres, et ne peuvent aucunes fois à cause de 
leurs dits tabernacles (des pâtissiers) approcher 
de leurs diltes dames pour leur dire adieu. • 
(Arest. amor. p. 372.) 

Tablan. Propre aux gens malades de consomp- 
tion. (Rab. dans Cotgr.) 

Tabide. Malade de consomption : « Laict d'une 
« anesse est souverain pour les tabides, goutteux 
« et envenimez. » (Bouchet, Serées, p. 424.) 

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Tabifier. Consumer. (Cotgr.) 
Tabis. Etoffe de soie moirée : 

3*ay draps de soye et tabis ' 

J'ay draps d'or et bleus et bis; 

J'ay mainte bonne chosette ; 

Dites moy se je suis belle. (Desch. f, i74.) 

Tablage. Assemblée de convives. (Colgr.) 

Tablature. Table d'un inslrument à cordes: 
« Le ventre et la /a Wa/wr^ d'un lue ou auti*e ins- 
« Irumenl semblable. » (Rob. Est.) 

Table. I» Planche (sens du latin ^a&u/a): • Quant 
« les galies furent depecies, li Sarrazins firent du 
« merrien et des tables, mas et mantiaux,.... roies, 
« couvertes ; et des arbres firent engins pour geter 
« dans le chaslel. » (Martèn. Contin. de G. de Tyr, 
V, c. 732.) — [2» Table: 

Et la table à mengier. 
Se li co vient en baut 
Le chasier sus le baus. [OustilL au Villain,]] 

3* Tablettes: 

Virge qui es sacrée del santissime esperite, 
Se la très grant douçor envers moi ne s'abite, 
Toute emportera m'ame, ne li ert escondite, 
Deables qui Va jaen ses tables escrite. (Ms, 12i8^ f, i92.J 

4* Généalogie: 

Karlemainne li rois de France, 

Si com Tystoire véritable 

Le m*a devisé par la table 

Qui a S. Denis est assise 

El propre trésor de l'église. [G. Guiartf f. iSl.J 

5" Bureau d'échange : 

Avarice a le jor portée 

De la table à un Caoursin. (Ms. 7615, II, f. i90.) 

En cel an (1316)» chose merveilleuse. 

Quant bel monnoie précieuse 

Revestue, dorée à tour 

Fu emprisonnée en la tour 

Au roy et mis en son trésor 

Et fu tout blanc argent et or 

Monnoie ; et lors demora 

L'aingniau d*or que l'en courra, 

Parisis et tornois de table. (Ms. 68i2, f. 82.) 

6* Jeu de trictrac : 

Aux eschez, aux dez et aux tables 

Joueurs en rien ne sont estables. (Desch. f. 404,} 

Ne jurés mie de le fait 

Dist li un, maint mentent qui jurent ; 

Li débonnaire s'en parjurent 

Serrement de dés et de tables 

Ne doivent mie estre estables. (Desch. f. 393.) 

T Plan incliné : « Des pavoys, des picqs, des 
« pelles, tranches, tahleSy pour remuer vostre artil- 
« lerie, je m'en rapporte aux maistres de Tarlille- 
« rie. » (Le Jouv. ms. p. 238.) — 8" Paume de la 
main, en chiromancie: « Ayant bien et à loisir veu 
« et soigneusement considéré toutes les lignes, 
< mots, triangles, quadrangles et tables de la main 
« du roy. - (Strapar. t. II, p. 186.) — 9*» Domaine: 
« Après la mort du duc d'Orléans, le roy de France 
« par le conseil du parlement retraict a sa table le 
« comté de Dreuves, ...et toutes les dittes terres 
« que le roy autrefois lui avoit données sa vie 
« durant tant seulement. » (M(înstrel. I, p. 32.) — 
« Par faute de service ou rante non payée, pour le 
« seigneur reiraire à son domaine, que les ruratix 



« appellent à sa table^ et charue le tenement qui 
« est tenu de luy. » (Bouteill. Som. rur. p. 501.) — 
« Serjans de la table ou de la meson. » (Ane. Coût. 
d'Orl. p. 464.) — iO» Service, table servie : « Après 
« ce que les tables furent levées. » (Jean deSaintré, 
21.) — « Sur rapport de la seconde table, Panurge 
« en profunde révérence dist. » (Rabel. H, 151.) — 
« La tierce table qui est à la fin du repas. » (Tri. 
de la Nobledame, f. 115.) — « Il tenoit (de Bonnivet, 
« colonel des bandes en Piémont) ordinairement 
« très bonne et longue table, bien g.irnie à tous 
« venans, car c'est ce que le soldat demande ; et 
« puis ordinairement tables et dez de colonels; 
' aucuns disent tables de capitaines. » (Brant. Cap. 
fr. IV, 329.) — 11^ • Table de marbre, » juridiction 
du Châtelel de Paris. En 135i), il y avait deux tables 
de marbre au palais; l'une était dans la cour du 
palais, car d'après la chron.de S' Denis, les cadavres 
des seigneurs tués dans la chambre du palais furent 
traînés devant la pierre de marbre en la cour du 
palais; on pouvait les voir de la chambre du dau- 
phin ; il y avait une autre table de marbre dans les 
salles du palais. (Ord. III, p. 347, note K.) — [Cette 
juridiction était partagée en trois tribunaux : celui 
du connétable, puis des maréchaux de France ; 
celui de l'amiral et celui du grand forestier repré- 
senté plus tard par le grand maître des eaux et 
foréts.J — 12° « Table entière, • famille dont le père 
et la mère étaient vivants: « Par la ditte coutume, 
en la ditte ville (S* Omer) et chaingle d'icelle, en 
ligne directe ascendante père ou mère ne sont 
héritiers de leurs filz ou filles, sauf quand la 
table est enthiere. » (N. C. G. I, p. 297.) — « Les 
frères et sœurs de la table entière la moitié 
d'avant part, et les mesmes avec les autres frères 
et sœurs du demy lit. • (N. C. G. I, p. 306.) — Si 
un des deux auteurs mourait , la table était 
rompue: « Si la table estoit rompue, les biens des 
dits enfans succederoient à leurs autres plus pro- 
chains parens » (N. C. G. ï, p. 297.) — 13'» « Table 
franche, » héritage franc d'impôts : « VillainaiMes 
ne femmes ne se doivent entremettre de droits 
ne de coustumes... ne ne doivent estre tesmoins 
d'explès de cour, ainçois doivent estre prouvées 
par nobles gens ou par bourgois de noble anôes- 
série qui ont accoustumé à vivre honneslemeut 
et tenir table franche comme gentilshommes. » 
(Ane. Coût, de Bret. f. 89.) — 14» [« Table ronde, • 
joutes chevaleresques : « En Tan 1330 le jour de 
Nostre Dame mi aoust allèrent pluseurs bourgeois 
de Valenciennes à une table ronde qui fut faitte 
à Paris. » (Réc. d'un bourg, de Valenc. p. 49.) — 
...En Tan 1331... ledit sire Jaques (de Corbry), roy 
de la table ronde fut appelle le roy Galehos, qui 
jadis conquist trente roys. » (Id. p. 50.)] 

Un jor dist à la dame que jouer en iroit 
 une table ronde, où trois jors demorroit. 

Ms. 7218, f. 340. 

15* « Table d'honneur, » table principale dans un 
festin ; elle était de deux pieds plus haute que les, 
autres: « Le maistre de Prusse tenant une grande' 
« feste à la Chandeleur 1373, après une belle expé- 



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« dition faite par les François et aulnes, fit couvrir 
« la table d'honneur ei voultqu'à celle lable fussenl 
« assis douze chevaliers de plusieurs royaumes. > 
(Hist. de Louis de Bourbon, p. 76.) — 16® « Tables 
« basses, * tables entourant la table principale : 

En la saUe en est retornée 

Qui s'est richement atomée 

Et les tables basses assises, 

Et les blanches napes sus mises, 

Et emprez les mets apportés. (FabL du f. S. Germ. 253.J 

17« « Table de la mer, » ancien droit seigneurial 
élabli par les comtes de Provence sur les marchan- 
dises et denrées introduites dans Marseille par 
rimportation ou l'exportation étrangère : « Tels 
« fouages, péages des rivières, entrées de grosses 
« denrées, tables de la mer^ et autres revenus de 
« France. • (Mém. de Sully, VII, 35.) — 18* Com- 
pagnie : 

Lor dira sa sentence qui est ferme et estable, 

Et dira comme juge parole esperilable 

Puiez li maleoit 

En paine pardurable 

Avecqnes les deables 

Si soiez de leur tabl^ fMs. 76i5, II, f, 143,) 

19^ « Table peinte, » tableau, dans BouteilI.Som. 
rur. p. 254. 

20<» Expressions et proverbes: • Table ronde osle 
« le débat, • il n'y a point de jaloux à une pareille 
table. (Cotg.) — • Tenir table ronde à tous venans » 
(J. Bouciq. p. 62.) — • Table d'abbé, de prélat. » 
(Apolog. d'Hérodote, p. 356.) — « De grosse table à 
« Testable, » de prodigue on devient valet d'écurie. 
(Oudin^) — « Table sans sel, bouche sans salive. » 
(Colii:rave.) — « Table vaut escole notable. » (Id.) — 
« Tables rabbntnes, » jeu de la reine, doublet. (Id.) 
— « Estre de table, et n'oser manger, » être timide, 
gueux. (Colgr.) 

Tableau. 1** Reliquaire à volets: « Deux tableaux 

• d'yvoire à porter la paix... Uns tableaux d'argent 
« doré, fermans à charnières, où il y a plusieurs 
« reliques, aornée de menue pierrerie et de pelles.» 
(Inv. de la S'* Chapelle, an. 1376.) — 2* Equivoque 
grossière : 

Or m*aprenez, mon doalz ami, 

Cest art ; lors la touche et mesure ; 

Les tableaux de son livre ouvri, 

Sa pliune y bouta roide et dure. (Desch, f, 3ii.) 

Tablée. Ensemble de convives : 

Lors trouvera toute pleine tablée 

De gens a^sis sur la Jbelie herbe vert. [Crétin, 39.) 

Tablel. Tableau : « Prit ses lettres qu'il portoit 
« et les mit en ung profond tablel d'une table de 
« bois, puis les couvrit de cire par dessus. » (Chr. 
de S. Denis, I, p. 59.) 

Tablet. Enseigne : « Qu'es lieux de cbascune 
« maison soit faicte une hauUe croix et notable de 
« pierres gravées, et en chacune d'icelles soit faict 
« un gros et fort tablet ou quel soit escrite la des- 
< truction et la cause d*icelle ; et qu'au lieu où 
« monseigneur d'Orléans fust occis, soit fait une 

• croix semblable aux autres dessus dittes, ea 
« laquelle soit un tablet et escrit comme dit est. » 
(Mouslrel. I, f. 70.) 



Tabletler. Changeur qui étale ses pièces de 
monnaie sur une tablette: « Que nulz billonneurs, 
« tablelierSj merciers errants, qui orfevrez ne 
« soyent, ne se puissent mesler de vendre ne ache- 
« ter aucunes choses d'or ne d'argent, si ce n'est 
« pour billon. » (Ord. III, p. 13.) 

Tablette. !« Etal de changeur : « Que nul 

« billonneur ne s'enlremelle de billonner en 

tf hoslel, ne dehors; ne d'acheter billon quelconque 
« à la pièce, au maroc, ne à la livre, ne de porter 
« tablette par tout noslre dit royaume. » (Ord. II, 
p. 265.) — 2' Carnet : « (Biron) i>ortoit dans sa 
« poche des tablettes, et tout ce qu'il voyoit et 
« oyoit de bien, aussilost il le melloit sur les dites 
« tablettes, si bien que cela couroit à la cour en 
« forme de proverbe ; quand quelqu'un disoit 
« quelque chose, on lui disoit: Tu as trouvé cela 
« ou appris dans les tablettes de Biron. » (Brant. 
Cap. fr. III, p. 357.) — 3« Surface plane : « La jambe 
« de l'aigle est courte el jaune, et a des tablettes 

• par devant; mais les griffes sont larges, et le 
« bec noir, long el crochu par le bout. » (Budé, 
des Oiseaux, f. 404.) 

Tablier, l^ Nappe : 

Li sergent furent bien garnis 
De donner au roy à mangier ; 
Sor les tables sont U tabliers 
Li salières et les coustiaux. (Ms, 7615, 1, f, iiS,) 

2*> Tableau, écrileau : « Que dedans les jours de 
« présentations des bailliages, selon l'ordre du 
« tablier mis et pendu à l'huis du parlement, ne se 
« présente, scachez qu'à temps n'y vient. » (Bout. 
Som. rur. p. 33.) — S** Trictrac: « Savez vous bien 
« que signifie le /aWier, auquel vous jouez? Par, 
« le dit tablier que vous ouvrirés, après que vous 
« estes bien saouls corporel lemenl,... est entendu 
« enfer qui sera ouvert, après que nous serons 
« bieri*saouls de nos péchez et offenses. • (Âpolog. 
d'Hérodote, p. 366 ) 

Je brise ce coup ; — Gettez hault : — 

Voulentiers ; — Est ce bien getté? — 

Vous avez le tablier bouté ; 

Ce coup ne doit rien valoir. (Desch, f. 375.) 

« Le seigneur de Boulieres qui estoit gouverneur 
« et lieutenant du roy dedans Turin s'estoit amusé 
« la plus part de la nuit à jouer au tablier, sortant 
« de la salle pour se retirer en sa chambre ouit 
« l'alarme. » (Mém. de Du Bellay, Vltl, f. 262.) — 
Avoir la guerre en ses états, c'est « se jouer le jeu 

• sur son tablier. • (Mém. de Bellievre el Sillery, 
p. 202.) — « Us poursuivirent leurs desseins avec- 
« ques telle opiniaslreté, qu'en fin de jeu ilsdemeu- 
« rerent maislres du tablier. » (Recb. de Pasquier, 
I, page 31.) 

Ce révèrent abbé le bon d'Àuton, 

MerveiUe n'est ; car il abonde en ton 

D*armonteux suave et doulx langaige ; 

Et n*y sçaurois y mettre de langage 

Correspondant, mais me fault soubz luy taire 

Pour demoarer remis et solitaire 

Comme recluz, en le bois de Vincennes 

Où conviendroit gel ter des fois vingt sennes 

Âins que en tablier faire un Jean bégayer. (Crétin, S 10.] 



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4* Elude de notaire, de tabellion : « Aucuns de 
« noz gens et officiers ont tenu et encores tiennent 
« ceri^ins tab tiers en la ville de Thoulouse, qui 
« oncques ne furent mis en recette ne aucune 
« mention n'en est faitte es comptes de la recette 
« de Thoulouze. » (Ord. V, p. 352.) — « Cela estant 
« mis sur le tablier et au bureau. » (Eutrap. p. 307.) 

— 5* Etal : « Aux tabliers publics et boucheries 
« communes ne sera vendu chair de chèvre ny 
« bouc, brebis. » (N. C. G. IV, p. 910.) 

Tabor. Tambour : 

Vous defïendez aux bones gens 

El les dames, et les caroles, 

Vielez, tabors et citoles. (Ms, 72i8y f. 330.) 

Taborer. Battre du tambour : 

S'uns bergiers de chens tdbore et chalemele, 
Piutost est apelez que cil qui bien viele. 

Mb. 7218, fol. 278. 
N*! à dame, ni damoiselle, 
Ne harpe nule, ne viele : 
Nul n'i noise ; nul n'i taborc, (Partonop, f. i27.) 

Taboriaus. Celui qui bat du tambour : 

Taboriaus sont moult roides, quant vient en la &eson 

Et dui vont aux veiUes et truevent Gauteron ; 

Li uns prennent Amelot, U autres Macqueron, 

ÎIb en font plus grant noise qu'en forest boscheron. 

Ma. 7218, f«l. 278. 

Tabour. Tambour: 

le tabour et la fleute 

Dont si très cointement fleute 

Que tote en tanUst la valée. (Ms. 76i5, II, f, i30,J 

Ne mena trompes ne labours 

Ainz vont, si comme nous lison, 

Cens souprendre par traïson. (Guiart, f, 269.) 

« Battre le tabour à coups d'osselets , avec les 
« dents, ■ jouer aux dés sur un tambour. (Oudin.) 

— « Vous serez battu comme tabour à nopces. » 
(Rabel. 111; p. 77.) — « Les cornes que me faisoit 
« ma femme sont cornes d'abundance, et planté de 

« tout bien au demourant, je seray joyeulx 

« comme un tabour à nopces. » (Id. III, p. 79.) 

Tabourder. Battre, tarabuster: « Va t'en, et 
« ne frappe plut^ à la porte, de peur que tu ne sois 
« toy mesme bien tabourdé. • (Merl. Coccaïe, II, 261 .) 

Tabourement. Action de battre du tambour. 
(Nicot.) 

Tabourer. Tambouriner, au propre et au 
figuré : « Entra en soupçon qu'elle se faisoit tabou- 
• rer les fesses. • (Rabel. 111, p. •157.) 

Quant on lesse aler les faucons. 

Si vont si hault qu'il n'est nulz bons 

Qui gaire le puisse veoir ; 

Et pour faire oyseaux mouvoir 

Bâtent et tabourenl forment. (Mod, f, i50.) 

J'aimav, jadis, de trop parfaite amour, 

Pour chevaucher Jehanne chambrière, 

Mais en son lieu se mussa en détour 

Ma femme, et lors je m'en cours par derrière ; 

Je la jetay ; j*entray en sa rouyere 

Et commençay forment à tabourer. (Desch. f, 240,) 

Tabouret. !• « Petit siège bas, embourré.... où 
« les femmes s'asseent, tenans leur cacquetoire, ou 
« faisant leurs ouvrages. » (Nicot.) — 2* Pelote que 
les femmes portaient à la ceinture pour y mettre 
leurs épingles : « Il la remercia en luy promettant 



• de luy donner une belle bourse et un tabouret. • 
(Arest. Amor. p. 369.) — 3* Herbe, dite bursa pas- 
toris. (Nicot.) — 4» « Réduit qu*on fait en Tencoi- 
« gneure d'une sale quarrée , soit avec de la 
« tapisseine ou avec des ais, d*où ceux qui y sont 
« mussez peuvent veoir ce qui se fait en la dite 
« sale. » (Nicot.) — 5* Tambour : 

pauvre sexe, helas, conmie on te meine au tabouret 
Comme Ton te desguise les entremets de ceste vie humaine. 

Gouj. Bibl. fr. Xn, 1. 13. 

Tabourin. 1* Tambourin : « Le roy fit publier 
« à son de trompe et de tabourin que nul sur la 
« vie n'entreprit d'aller à Tassant, s'il ne lui estoit 
« commandé. » (Mém. de du Bellay, VIII, f. 249.) 

De là les expressions : « Tabourin de basque. » 
(Cotgr.) — « Chausses à tabourin • (Id.), grosses 
comme un tambour. — « Prendre le lièvre au 
« tabourin. » (Id.)— « Ce qui est venu par la fleute 
« s'en retourne avec le tabourin. » (Cotgr.) — « Un 
« gros tabouriUy » un gros ventre. (Oud.) — « Mon 
« tabourin est loué, » je suis invité à manger. (Id.) 

— • Cela me vient comme un tabourin en danse. » 
(Id.) — 2" « Tabourin de Souisse, • habit, dans 
Rabel. IV. p. 217. 

Tabouriner. Tambouriner, au figuré : « Une 
« jeune pucelle à qui il estoit amy, luy avoit envoyé 
« ung heaulme paré sur le comble d'un paon faisant 
« la roe, par artifice et maistrise, branlant et tabou- 
« rinaîit les pennes de la queue, les unes contre 
« les autres. • (Percef. I, f. 140.) 

Tabourinet. Petit tambour. (Nicot.) 

Tabourineur. Tambourineur. ( Monel. ) — 
« Lieux estrangers que j'ay cent fois plus ayraé 
« pour séjour que celuy de ma patrie, estant du 
« naturel des tabourineurs qui ayment mieux la 
« maison d'autruy que la leur. » (Brant. Cap. fr. 
IV, p. 154.) 

Tabur. Tambour : 

Si feroient sor leurs taburs 

De bastonciaus d'épines durs. [Ph, Mousk. p. iÔO.) 

Taburei. Tambourin : 

Guis i aura son taburei^ 

Et sa museste. (Poêt. av. iSOO, II, p. 935.) 

Tabuster. Tarabuster: « Et en grande vehe- 
« mence d'esprit, desployant ses bras, le tournoit, 
« viroit... tabu^toit. ■ (Rabel. III, prologue, p. IX.) 

— « Encore tu me viens tabuster. » (Id. II, f. 118.) 

Tabut. Action de tarabuster : « Fagoleurs de 
« tabus. • (Rabel. Garg. I, p. 50.) — « Ce vilain ne 
« vaut pas le tabut. »> (Cotgr.) 

Tabuler. Tarabuster: « La contemplation des 
« choses divines qui est incompatible avec le tabute 
« des affaires domestiques. » (Sagesse de Charron, 
p. 178.) — « Ils tabutoient et renvoient le diable en 
m enfer. » (Des Ace. bigarr. p. 58.) 

Tac. 1" Maladie'de l'homme caractérisée par une 
forte fièvre et une toux très fatigante : « En mars, 
« au dit an (1414), commença à Paris une maladie 
« populaire qu'on nommoit le tac ou le horion qui 
« aura trois semaines ou plus, et plus décent mille 



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« personnes en furent atteintes, mais nul n'en 
- mouroit. » (Chron. citée par D. C.) — 2o Maladie 
éruplive des animaux : 

Je vois périr presque tous mes chevaux. 

Mourir du tac mes brebis et agneaux. (Pasq. Œuv, 463,) 

3* Souillure : « Afin de t'admonesler de rechef 
• qu'à Tadvenir tu laisses le tac et la souillure de 
« ces paroles injurieuses, » (Lelt. de Pasq. 111, 869.) 

Tacan. Bruit, tumulte. (Borel.) 
Tacconne, net. Herbe dite pied de cheval. 
(Colgrave.) 

1. Tache. Qualité: « Tant est plus Tespervier 
« de bonne fain plus tost affaitlié, c'est une des 
« taches que oysel ait qui fait plus à priser, que 
« quant on le treuve familieux. » (Mod. f. 73.) 

Dl qui sont de hardies taches 

Embatent le feu en estaches, 

De quoi li murs iert apuiez 

Et s'escrient : fuiez, fuiez. {G. Guiart, f. 18,) 

2. ^Tache. [Ballot : « Se chapeliers de feutre 
« achale aignelins en tache sans nommer pois. » 
(Liv. des Met. p. 250.)] 

Tachement. Action de tacher. (Monet.) 
Tacher. Tromper : 

Je voy amour qui n'ayme créature 

Oui face bien ; drois est devenus fors ; 

Qui tache,- il a souvent doulce pasture ; 

Faintise fait deffermer maints trésors. (Desch, f. i69,] 

Tacheté. Plein de taches. (Marbod. c. 16C8.) 

Tachette. Petite tache. (Rob. Est.) 

Tachure. Souillure. (Monet.) 

Tacier. Teter ; parlant de J. C. : « Li roi l'ao- 
« rerent et se li offrirent dones quant il encor 
« tacieret les mameles de sa mère. » (Serm. de S. 
Bern. p. 205.) 

Tacle. Arme défensive : 

Hauberjons, tacles et gorgieres 

Vestemens touz ouvrez de soie, 

Godendaz que Ten repaumoie. 

Ferrez et faiz à grant estuide. (G, Gtiiart, f, S64,J 

1. Tacon. l** Saumonneau, dans le bassin de la 
Loire. — 2" Semelle de souliers : « On appelle tacon 
« à Metz le gras double ; à Genève c'est une espèce 
« de vieux cuir. » (Le Duchat, sur Rabel. 1, 17.) 

Mar fust U oncques por bacons 

Ençois ne reînanroit tacons 

Ne semele jusqu'à la plante 

Que ie enui ne ior sorplante ' 

Se Dieus les me lesse trover. {Fabl, ms. S, Germ, 174,) 

2. Tacon. Khan : • El ce tacon de Tartarie est 
« il puissant ? Ouy. voir, dit-il ; car par sa puissance 
« il a soumis.... Tempereur de C. P. » (Froiss. lll, 
page 77.) 

Taconner. Raccommoder: « Pictatiare, tacon- 
« ner souliers. » (B. N. lat. 7684.) 

Tacqae. Plaque de cheminée : « Immeuble est 
m réputé ce qui est mis en certain lieu pour usage 
« particulier d*une maison comme tacques ancrées 
m et cramponnées es cheminées. > (N. C. G. II, 1086.) 



Tacre. Dizîiine: « Le tacre de cuir doit .11. de- 
« niers. » (Stat. de Téchevin. de Mezières.) 

Tacroux. Crasseux, avare: « L'avarice d'un 
« taquin et tacroux. » (Bouchet, Serées, III, p. 190.) 
— « Trouvent ce tacroux qui bruloit ses pourceaux 
« en sa cheminée, de peur d'en bailler des rillées.» 
(Id. p. 182.) — « Je trouvay l'autre jour un matois 
« qu'on disoit avoir esté pendu, lequel esloit si 
« tacroux et bruslé que vous eussiez dit qu'il avoit 
« esté un mois pendu à un poirier. » (Id. II, 56.) 

Tadourne. Espèce de canard: « Sept vingt 
« faisans qu'envoya le seigneur des Essars, et 
« quelcques douzaines de ramiers, d'oyseaulx de 
« rivières... vanereaulx, tadournes. » (Rab. 1,239.) 

Taelman. Procureur; mot flamand: « L'acte 
« de saisie et de la mise en propriété se fit publi- 
« quementetenapparoissantauxeschevins, comme 
« aussi des oppositions aux églises.... pour cela le 
« greffier reçoit quatre gros, et le taelman et pro- 
« cureur de la partie ensemble quatorze gros. » 
(N. C. G. I, p. 999.) 

Tafelhouder. Tabellion : « Registre que Ton 
a tiendra au tafelhouder ou buraliste. » (N. C. G. 1, 
page 509.) 

Taffetassé. Garni de taffetas. (Rabel. 1, p. 82.) 
Taffetatier. Qui fabrique du taffetas. (Monet.) 
Taforée. Barque à passer des chevaux. (Cotgr.) 
Tafur. Trompeur, déloyal : 

N*avoit mie bien esgardée 

SoQ félon cuer, sa crualté, 

Gui ne font pas mal à la gent, 

Mais autrui vent toz jors crement : 

As haus homes est fel et durs, 

Et buens as sers et as tafurs, (Ms, 7989 , f. 03,) 

Tahon. Taon : 

Une vache qui sent à tahona 

Ne vi plus galoper par chaut, 

Que Galestrot s^en va le saut. (Fabl, S. Germ. f, 283.) 

Tabou. Petite poire. (Colgrave.) 
Tai. Boue, marais: 

Ne sauroit terre trover 

Que il n*ait cherchié et fustée 

Ne rivière ç[u'il n*ait tentée 

Tai, ne vivier, taiy ne fontaine, 

Eaue enferme, ne eaue saine, 

Ou n'ait son barisel plongié. (Ms. 75i5, f. 4.) 

De ses hueses embooées 

Qui grandes estoient et lées 

Et del tai d'ivier cunchiées 

Le défoula plus de .vu. flés. (Ph. Moxisk. p. 343.) 

Taiche. Qualité : « Si vous diray comment en 
« celle chace Fen peut donner bon affaitement et 
« bonnes' taiches à ses chiens jeunes qui oncques 
« ne chacierent. » (Mod. f. 41.) 

1. Taie. [Grand'mère, dans Froiss. XVI, p. 160. 
Voir sur Tétymologie Diez au mot Tata.] 

2. Taie. [Membrane du cerveau : « Deux barbiers 
« pour la dite plaie curer ; et estoit en bon point 
« tant comme il fu es mains du premier d'iceulx 
« barbiers, mais Tautre barbier lui perça la taie de 
« la cervelle. » (JJ. 107, p. 279.)] 



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Tall. io Incision : « Puis lieve la hampe et com- 
« mence au bout dessus du piz ; et puis s'en vieigne 
« par l'un coslé, en eslargissanl son tail par dessus 
« le ventre droit à la cuisse, en coupant auprès de 

• la cuisse jusques au dessoubz du penillier. • 
(Chasse de Gaslon Phébus, p. 193.) — 2<> Coup du 
tranchant: « En ensuivant les dittes armes de pied 
« tiendront sans barrière à la picque, et à Tespée 

• de taiL au bon plaisir du roy. » (J. d'Auton, 253.) 
— 3<» Assise d'un impôt : • liera a esté ordonné que 

• messieurs pourront ordonner tous les ans du 

• tail de chascune prébende, c'est à scavoir Tac- 

• croislre ou diminuer. » (Partit, des gros fruits 
de réglise de Sens, en 1494.) — 4" On lit du domaine 
congéable en Bretagne f « Le conlract s'appelle 
« communément baillée à domaines, quelquefois 

• bail ou tail, et même pierre. » (N. C. G. IV, 414.) 

Taillable. « Taillables, c'est à dire que le sei- 
« gneur les peut tailler une fois l'an qui est à 
« entendre du quint de leurs meubles. » (Gr. Coût, 
de Fr. II, p. 121.) — • Hommes et femmes, serfs 
« taillables à volonté. • (Ord. III, 685.) — « Tailla- 

• blés mortaillables. » (Laur.) 

Taillablier. Qui lève la taille : • Le seigneur 
« taillablier, censier ou rentier foncier, pour sa 
« taille, censive ou renie, lots.... peut faire empe- 

• cher l'héritage chargé de dettes , censive ou 
« rente • (C. G. Il, 399.) 

Taillade. 1<> Bois taillis. (Montluc, I, p. 623.) — 
2* Contre mine. (Oud.) — 3<» Coup de taille : « En ce 
« défaut il donna trois coups d'antraict; il s'avance 

• pour donner une taillade ; soudain tire une esto- 

• cade, puis un revers. • (Merl. Coccaïe,!!, 232.) 

Taillant. 1° Piquant, tranchant: 

Mieux me vient user toute ma vie 

En mon joli souvenir 

Que par trop taillant désir 

Perdre tout à une fie. fPoël, av. 1300, IV, d374.) 

• Une parole aspre et taillant. » (Percefor. II, 
f. 141.) -20 Maigre: 

Li rendus en Testable cort 

Si en a trait un roncin fort 

Qui n'estoit mie des plus fors, 

Conques vi, ne des plus vaUlans, 

Ains estoit maigres et taillans 

D'os brisié, mauves por monter. (Ms. 7218, f. 240.) 

3» De taille à: « De juer furent taillant. • (Ms. 
7218^ fol. 235 ) — 4* Fanfaron : • Un fierrabras, un 
« rodomont, un taillant, un fendant. » (Lett. de Pasq. 
I, p. 576.) — 5' En coupant dans les taillis : • Quand 
« le veneur vendra chasser Tours... si n'a limier, 
« il faut qu'il lequiere en taillant. » (Fouill. Vén. 
fol. 108.) 

Taillarde. Epée pour frapper de taille (?) : 

Turquois, canon, bombarde 

Ou quelque taillarde. (Molin. p. iS6,) 

Taillaument. D'une manière décisive : 

Pour très grant biauté, aime on 

Plus ferme et plus taillaument. (Vatic. i490, f. i44.) 

Taille. !• Sculpture : « Figure de taille et de 
« peinture. » (Desch. f. 262.) — De là : « Docteur 



• en taille douce, » ignorant. (Oudin.) — [« Et se 

• devisoit (le duc de Berry) au maislre de ses eu- 
« vres de taille et de pointure, maistre Adrien Beau 
« Nepveu. » (Froiss. XIV, p. 197.)] — 2» Mesure: 
« Avoir bonne taille, • se dit d un tailleur qui taille 
convenablement un habil. De là « cheoir a taille, » 
être en mesure de : • Je vous ay eu en convenant, 
•< et n'a pas un mois, ou environ, que si je pouvoye 
« par l'aventure d'armes, cheoir à taille, que je 
« prensisse un Anglois, que je le vous monstre- 
« roye. » (Froiss. liv. Ill, p. 280.) — S'» Hauteur des 
animaux : « De toute taille, bon lévrier. » (Colgr.) 
— 4° Division d'un marc d'or ou d'argent en une 
certaine quantité de pièces égales : • Et pourront 
« faire des vint mars dessuz diz, deus mars et 
« demie de cisaille, et seront tailliez de taille et de 

• recours. » (Ord. I, p. 804.) — 5® Petit bâlon divisé 
en deux parties correspondantes pour marquer les 
vivres achetés ou vendus : 

Moult est larges li eschangons 

Qui lor livre a la grant mesure ^ 

Que Ten apelle desmesure, 

Sanz escrit, sans taille et sans conte. (Ms. 76i5, II, iSS.J 

Quant U dus .ce. fois se seigna, 

Sire, encor vous mande il plus, 

Restes, amis, ce dit li dus, 

Je sai bien que c*est il, sanz faille ; 

Or primes m'a il fet grant taille 

C'est mesmes qui fu hui parduz. {Estrub. rns. 7906, p. 75.) 

« La ne baiir on ne pain, ne vin, en taille. » 
(Desch. f. 21 1.) — De là les expressions : « Marquer 
« sur la grosse taille. • (Oud.) — « Estre haut à la 
« taille. • (Id.) — • Cocher sur la grosse taille. » 
(Cotgr.) — 6* « Vin de la seconde taille • ; on dit 
qu'un marc de vendange a une, deux, trois tailles, 
suivant qu'il a été coupé étant sur le pressoir, pour 
le serrer de rechef. (Nicot.) —7» Imposition: « A 
« Torigine elle s'appelloit la taille des gendarmes, 

• pour rentretien desquels elle avoit été levée, 
« comme il paroit dans Thistoire de son établisse- 
« ment par Charles V, en 1379, sous le nom de 
« fouage ; par Thistoire de son renouvellement 
« passager sous Charles VI en i388, sous le nom de 
« taille^ et par la flxation perpétuelle du mot taille 
« et de son imposition sous Charles VII. » (Pasq. 
Rech. II, p. 79; Chron. de Berry, p. 427.) — « Ce 
« fut une des grandes tailles qui eust eslé faitte. » 
(Journ. de Paris, sous Charles VI et VII, p. 195.) — 
Le mot taille, dans la Thaumass. Coût. d'Orléans, 
p. 466, an. 1180, est distingué de toste, impôt. — Il 
désignait plutôt la reparution de l'impôt que l'impôt 
lui-même : « Situez en la ville, taille, banlieue, 
« eschevinage, seigneuries et prairies y enclavées.» 
(C. G. I, f. 770.) — • Tout homme estant serf pour le 
« tout de ma... dame, est tenu de payer, outre la 
« ditte taille à volonté, à ma dilte dame, douze 
« deniers à chascunes festes de Pasques, douze 
« deniers à chascunes festes de N. D. qui est ua 
« debvoir appelle les petites tailles. » (La Tbaum. 
Coût, de Berry, p. 148.) — • Taille du pain et du 
« vin, dilte la ceinture la reine, qui se lieve de trois 
« ans en trois ans. » (Coût. d'Orléans, p. 467.) — 
« Taille mixte, » imposée sur la maison de quel- 



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qu'un, par le moyen de laquelle les biens du pos- 
sesseur sont imposés en quelque lieu qu'ils soient. 
(Cotgrave.) — « Sont les babilans de Bouville tenu 
« payer la taille rentière de la voirie de Crespy. » 
(C. G. 1, p. 405.) — « Arrière taille, » imposée à la 
suite d'une première. (Froiss. IV, 220.) — « Taille 
« des chevaliers, » droit seigneurial qui se levoit 
sur les chevaliers qui ne servoient point ; ilss*en 
exeraptoient en faisant la guerre à leurs dépens. 
(Froiss. IV, 220.) — - Toutes tailles sont doublans et 
« lierçans, en tant que touche l'argent. » (N. C. G. 
III, p. 1211.) — « Taille tierce et double... s'entend 
« quand la taille est due au mois d'aoust, et au 
« regard de celles qui sont dues à autres termes, 

■ ils ne tiercent ny ne doublent iowies tailles 

■ personnelles, franches ou serves, sont doublans 
« une année et autre non. • (N. C. G. III, 1223.) — 
« Au seigneur féodal appartient droit de taille ou 
« de la vente et achat an bestail qui se vend sur 
« son fief. • (C. G. I, p. 687.) — « Taille franche, 
« serve, jurée, mortaille, es quatre cas annuelle, 
« jugée et abournée; doublant; personnelle, réelle.» 
(Laur.)— • « Nous leur avons octroyé et octroyons... 
« que toutes foiz que il auront mestier, ou vour- 
« ront faire taille ou cueillette sur eu.\ mesmes, ils 
• puissent eslire un ou deulx de chascune ville 
« pour... imposer tailles on cueillettes. » (Ord. 111, 
p. 480.)— « Ses ennemis vainquit et meit a taille,^^ 
(J. d'Auton, ann. de Louis XII, p. 321.) 



Mon cuer est en vostre taille 
Guerpi m'a et à vous se tient. 



(Us, 7Si8, f, 219.) 



8o Route dans un bois: « Ils avoyent fait une 
« roule et taille, tellement qu'ils pouvoyent issir 
« hors et chercher sur le pais en Normandie sans 
« danger des François. » (Froiss. liv. II, p. 50.) — 
9* Bois taillis: « Après leur avoir fait beaucoup de 
« maux ils rattrapèrent près de Xaintes, dans les 
« tailles du Douet, en une embuscade qu'ils luy 
« avoient dressé, et fut tué d'une grande arque- 
« busade. » (Brant. Cap. fr. II, 301.) — • Si te diray 
« les qualre manières d'aler en queste; la première 
« est d'aller ù vue, la seconde d'aler aux champs, 
« la tierce est d'aller aux jeunes tailles ; la quarte 
« est d'aler parmy les fors. » (Modus, fol. 11.) — 
IQo Coupe des vers: • Convient que la taille de 
« chacune couple à deux paragraphes soient d*une 
« rime tousdifferens, l'une couple à l'autre, excepté 
« tant seulement que la dernière couple des .xn. 
« qui font .xxim., et qui est et doit eslre conclusion 
« du lai, s'oste de pareille rime et d'autant de vers, 
« sans redite, comme la première couple. » (Desch. 
f. 399.) — « Taille de rime à queue simple... quand 
« la queue du vers précèdent esloit semblable en 
« voix au commencement.de Taulre suivant, et 
« divers de signification. » (Pasq. Rech. p. 642.) — 
« Taille de rime à double queue... quand la penul- 
« tieme et dernière syllabe avoient deux paroles 
« diverses, toutefois de mesme terminaison. » (Id.) 
— « Taille palernoise. • (Not. 376.) — 11» • Enians 
« trais au taille ^ y tïiw au monde par l'opération 
« césarienne. » (Bout. Som. rur. p. 548.) 



Taillé. Capable de, propre à , de nature à : 
« Taillé d'avoir du mal. » (Cotgr.) — « Le grand 
« inconvénient qui est taillé de s'ensuivre. » (Juv. 
des Urs. Charles VI, p. 299.) - « Taillez que de 
« brief leur mescheeroit. • (Id. 173.) — « Aucunes 
« personnes, hommes et femmes, sains de leurs 
« corps et membres, sâichanz, non saichanz mes- 
« tiers, qui soient tailleTi à ouvrer ne soyent ou 
« demeurent oiseux en tavernes. » (Ord. II, p. 564.) 
— « Encore qu'il se douille d'amours et soit taillé 

• de mourir en ses tourmens, se merci ne vaine 
« sa dame. » (Fauchet, 156.) — • Ses gens estoient 
« bien taillez ei en péril d'avoir fort à faire, attendu 
« que les Angloisexcedoient lors en grand nombre 
« de gens de guerre les François. » (J. Chartier, 
Charles VII. p. 196.) — « Taillé d'avoir beaucoup 
« de biens au temps à venir. » (Aresl. Amor. 17.) 

Taille bacon. Taille boudin. (Cotgr.) 
Taille bourse. Voir Taille piliers. 
Taille bras. Fanfaron. (Cotgr.) 
Taille canton. Même sens. (Cotgr.) 
Taille coup. Jeu. (Rabel. 1, 153.) 

Taille fer. Coupe jarret. (Cotgr.) Nom donné 
aux comtes d'Angouléme. 

Tailleis. Taillis: « Encore puet-il quesler de 
« joesnes tailleis.... à tout son limier. » (Chass. de 
Gast. Phébus, p. 168.) 

Taille-pilier. Fanfaron : « 11 a commencé à 
« s'accompagner de coupe bourses, de mâchefers 
« et de taille piliers, lesquels nous appelions mieux 
« à propos taille bourses. » (Merl. Coccaïe, I, p. 106.) 

Tailler. 1^ « Chastrer qu'on dit plus honnesle- 
« ment tailler. » (Apol. d'Hérod. p. J97.) — De là 
au figuré: « U est bien veau qui veau taille. » 
(Cotgr.) — 2« Frapper de taille : 

Li uns taillent^ autres estoquent, 

Sans leurs ennemis esche ver. [G. Guiart, f. 289.) 

S^ Couper du pain en tranche : 

Avec la pucele menja ; 

Damoiselle Aude U tailla 

Et si menja en s'escneUe. (Ms. 1996, p. 82.) 

De là au figuré : « Tailler les morceaux menus à 
« quelqu'un. ■ (Apol. d'Hérod. p. 304.) — 4o Couper 
une étoffe: 

Tu ne feras sinon ce que vouldras 
Et de mes biens tailleras et couldras 
Et en feras du tout à ta devise. 

Triomphes de la Noble Dame, p. 131. 

50 Couper un bois: • Taillerie buisson.... pour 
« les noires besles. » (Mod. f. 40.) — 6» Imposer : 
« IUat//a moult durement son peuple. » (Nangis, 
an. 1339.) — • Se taillèrent chascun selon son 

• aisément, de gens d'armes à pié et à cheval, 

• d'archers, d*arbaleslriers, et se trahirent premie- 
« rement devant la bonne cité de Noyon. » (Froiss. 
I, p. 213.) — 70 Sculpter: « Le roy le fit (S. Maigrin) 
« tailler en marbre superbement, comme Queilus 
« et Maugiron et autres.... mais depuis les Pari- 
« siens, pour estre chose trop vaine et abusive, 
« ont rompu tout cela , si bien que le proverbe 



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« courut longtemps à la cour contre les mignons 
« et favoris du rof, quand ils faschoient quelqu'un, 
« ou luy faisoyent desplaisir, on disoit: Je le feray 
« tailler en marbre comme les autres. » (Brant. 
sur les duels, p. 308.) — 8^ Se préparer à, au pro- 
nominal; 

De toutes parz le païs queurent 

A rober le des biens se taillent, (G, Guiart, f. 36.) 

Tallleresse. « La fonction de fiertonneur est 
« exercée aujourd'huy par celuy des ouvriers qui 
« est connu pour vérifier les flaons qui ont esté 
« adjustés par les ouvriers et les tailleresses qui 
« sont les filles des ouvriers. » (Ord. I, p. 804.) 

Taillerie. Viande de pâté. (Cotgr.) 

Taille sebe. Courlillière. (Cotgr.) 

Taille vent. Fanfaron. (Cotgr.) 

Tailleur. 1« Imagier, sculpteur: « Un preslre 
« va voir la femme d'un tailleur d'images. » 
(Strapar. II, p. 218.) — 2^ Vigneron : « Les labou- 
• reurs des vignes auront et prendront des vendan- 
« ges passées et accomplies jusques à la mi février 
« ensuivant pour ouvrer es vignes des façons 
« accouslumées en icelles : c'est à sçavoir les tait- 
« /e«rs dix huit deniers par jour, sans despens. » 
(Ord. II, p. 367.) — 3*» Emondeur: a Tailleurs de 
« bois, de hâves, de buissons. » (Froiss. III, p. 314.) 
— « Desjeune ou morceau de tailleur, » une prune. 
(Cotgr.) — 4" Marchand au détail : • Défend icelle 
« chambre, pendant le danger de peste, jusques à 
« ce qu'autrement en soit ordonne, à tous vendeurs 
« et tailleurs de poisson de mer et autres de sem- 
« blable estai, de faire aucun trempis ou lavement. » 

Taillié. Capable de : 

Tailliez sommes d'avoir assez d'annoy, 

Par le trespas du roy Charles le saige (Desch, f, 36.) 

Et s*il va nuUe gent par nuit 

Non tailliez d'aler en déduit, 

Et ils puent estre tenuz, 

Qu'Us soient renvoyez tous nus. [Id. f. 408.) 

Tailliée. Homme taillable: 

Venir a fait de cest païs 

Touz sez privez et ses baiUis, 

Ses gravenenz et ses viscontes, 

Sez tailliées ot et sez contes. [Rou, ms. p, i9i.) 

Taillier. [Faire Topéralion de la taille : « Eust 
« pris à Paris la cure de taillier un enfant de l'aage 
« dedemi an.... entechié de maladie de routure; 
« et combien que paravant qu'il l'entreprist à 
« taillier et curer de la ditte maladie, il eust requis 
« au dit Guillot père du dit enfant, et à la mère 
« d'ycelluy, si comme en tel cas par les mires et 
t expers en ce est accoustumé, que sa mort li par- 
« donnassent ou cas que, après ce que taillié , il 
« alast de vie à trespassement. » (JJ. 88, p. 56.)] 

Taillis, lo Bois- taillis: « Tranchis et taillis de 
« boyssontdeffensables jusques à trois ans et un 
« mois. » (Coût. Gén. Il, p. 134.) — 2o « Motoiers 
« ou taillis, » métayers, en Bretagne. (Dom Morice, 
préface, p. xvn.) — 3*» Taille, terme de monnaie: 
« Mais de grâce, vendez m'en ung, et pour cause, 
« bien et promptement, vous payant en monnoie 



tf de ponant, de taillis, de basse gresse. » (Babel. 
IV, p. 23.) 

Tailloir, i* Assiette de bois sur laquelle se 
tranche ou se coupe la viande: « Quant ils eurent 
« mangé et beu h leur voulenté, ils ne gardent 
« Theure qu'ils ne voient plus ne nappe, ne pot, 
« ne tailloir, ne chandelle. » (Percef. I, p. 51.) — 
2" Billot: « Mettre le col sur le tailloir. » (Cotgr.) 
— 30 Partie du chapiteau; ici au figuré: « Quicon- 
« quedesiroit avoir un conseil de Caton, alloit 
«incontinent trouver Cognazze: il portoit un 
« bonnet, lequel on appelle un bonnet de tailloir 
« du repli duquel pendoient force papiers. » (Merl. 
Coccaïe, I, p. 96.) 

Taillon. !• Couteau à trancher. (Cotgrave.) — 
2o Morceau, tranche : « Mangez ce taillon de mas- 
« sepain, il vous aidera à faire digestion. » (Rabel. 
ni, p. 166.) — « Tu n'y entreras qu'à taillons. » 
(Id. IV, p. 174.) -3- Supplément à la taille, dit 
aussi grande crue, ajouté au principal sous Fran- 
çois !•': « Le roi prend le taillon sur le peuple 
« pour la solde de la gendarmerie. » (La Noue, dise, 
polit, et milit. p. 287.) 

Taillonné. Coupé par tranches. (Cotgr.) 

Taillonneax. Plein de tranches, de petits 
morceaux. (Cotgr.) 

Taillouer. 1' Tailloir; le nom et l'ustensile 
subsistent en Basse-Bretagne : 

Quant U doit boire, il prent le pain, 

Et comme s'il n'eust point de bouciie, 

Les morceaux désire en sa main 

Et sur son taillouer les couche. (Al, Ckart, p. i48.) 

2' Tranche : « Le comte de Foix ayant pris à son 
a fils le poison qu'il lui destinoit, en mit sur un 
« taillouer de pain, et appela un chien, et luy en 
« donna à manger* » (Froiss. III, p. 31.)— 30 Partie 
du chapiteau: «Cesle sépulture est en ligure carrée; 
« au lieu de colonnes, ce sont les vertus approchan- 
« tes à la moyenne proportion du colosse; elles 
« sousliennenl le vase, et taillouer du chapiteau 
« dessus leurs testes, enrichies de feuilles d'acan- 
• the, et branche vesine, pour soustenir le plinthe 
« de ce bastiment. » (Rem. Belleau, I, p. 20.) 

Taillure. Sculpture: 

Tu n*imites Tengraveur 

Que rimagere taillure 

Enflamme au vulgaire honneur 

De la muette gravure. (Ljoxjs le Caron, f, 5i.) 

Tain. Amalgame d*élain et de mercure qui d'or- 
dinaire s'applique derrière les glaces : « Li diamant 
« mis sur tain qui luy donne le lustre et le feu 
« qu'il doit avoir. » (Lelt. de Pasq. III, p. 271.) 

Taindre. Obscurcir, pâlir : 
Lues ke la vi, ne m*en peut départir 
Por li sovent m'estuet taindre et pâlir. 

Poët. mt. !▼. 1300. t. m. p. 1132. 

La clarté estaindre 

Et li jors obscurcir et taindre, [Ms, 7218, f. 94,) 

Se par pitié ne vaint la cruauté 

Ki si me fait descoulourer et taindre, 

Poa. av. 1900, t. III. p. 1094. 



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À VOUS seole je me complains 

De la dorté qui me fait plaindre, 

Souspirer et gémir et taindre, {Al, Chart. f, 787,) 

n me fàuldra temprement dévier, 

Et à la mort toudiz estudier 

Plaindre et gémir, taindre et finir mes jours. (Desch, i92,) 

De tout mon temps ne vi si dur caresme : 

L'en n'a de mer poisson qui le cuer taigne. (Id, f, 394,) 

Tains. 1« Particip. pas. de taindre^ cas sujet. 
Pâli» obscurci, imbu de : 

Or en soyez surs et certains ; 

De demander ne soiez tains 

Vous n'en serez jà escondis. (3 Maries, p. 473.) 

« Gens qui n'avoyent de quoy vivre et qui estoient 
« tous tains et velus de famine. » (Proiss. II, 172.) 

Que paix terriennement, 
Advis, bon gouvernement, 
Mette au monde qui est tains 

De viUains 
Pechié très horriblement. (Desch, f, 94.) 

Or ne me prent talent de rire ; 
De dolor sui noircis et tains, [Ms, 7218, f, 138,) 

2* Subst. Teint : 

De vostre amour, dame gue tant désir 

M'a esmeu vo beauté qui tout passe ; 

Quant je vous vi premiers, n'ot pas espasse 

De concevoir de vo beauté U tains {Poes, de Froiss, 54.) 

S' Couleur : 

Tains ne blazons ne le pot contrester 

Ni li haubers garantir ne tenser. (Rom, de Roncev,) 

Taint. 1« Partie, passé de taindre ; cas régime. 
Obscurci: « Exploictezvous, seigneurs, car le temps 
« s'en va : proesse est tainte de trop de couverture, 
« or de la mettre en Tair, si Tun reviendra le 
« cueur. » (Percef. IV, fol. 137.) — Après la défaite 
de Roncevaux, Gharlemagne « s'ot moût la ciere 
« tainte et pale. » (tfousk. p. 243.) — 2* Subst. 
Teinture : 

De coroie, ne c&int 
Ne vesti d'escarlate ne de drap d'autre taint. 

Ms. 7318, f. 346. 

Taire. !• Verbe : « Il vaut mieux se taire que mal 
« parler. » (Cotgr.) — « Taire et faire sont requis, 
« par mer et par terre. » (Cotgr.)— « Bien dire fait 
« rire ; bien faire, fait taire. » (Id.) — « Sots sont 
« sages, quand ils se taisent. > (Id.) — « Le plus 
« sage se tait. » (Id.) — « Oy, voy, et te tais, si tu 
« veux vivre en paix. » (Cotg.) — « Quand d'autruy 
« parler tu voudras, Regarde toy et te tairas. » 
(la.) — « Qui de tout se tait. De tout a paix, Vers 
« nul n*a plaisl. > (Ms. 6812, f. 83.) 

Souvent mieus vaut se taire 

Que le parler, si corn l'en dit. (Sis, 6812^ f, 52,) 

Je crois que je tarroy atant 

Mon chastoy, car en recitant 

De ton bon père le scavoir 

Est assez clenet apparant 

En quel guise U fut gouvernant. (Desch, f. 321,) 

2* Subst. Action de se taire ; silence : « Un bon 
« taire ne fut jamais escrit. » (Strap. I, f. 155.) 

Or soit U taires en saison, 

Tant que vous ai despondues 

Les noveles k'ai entendues. (Poët. av, 1300, IV, 1338.) 

Taisant. Discret, peu sensible : 

Gomme du droit plant de baune, 
Qui ne porte pas couleur Jaune^ 
X. 



Mais vermeille, fresche et plaisant 

Qui fait tout odour taisant. (Desch. f. 407.) 

Taiser. Forme extensive de taire : « Je Tay 
« taise... quand viendra le temps de le dire, se 
« pourra faire. » (Lett. de Louis XII, III, p. 26.J — 
« si ceux qui ont escrit son harangue qu'il fit à 
« rheure de sa mort ont taise ce trait, ils ont eu 
« tort. » (Brant. Cap. fr. III, p. 89.) 

Talsible. Tacite : « Société taisible. » (Thaum. 
Coût, de Berry, p. 204.) — « Messagier, soyez veri- 
« table, taisible et secret, haslif et loyal. » (Nef des 
Fols, fol. 61.) — « Disoit iceluy deffendeur que de 
« droit... avoit hypothèque taisible. ■ (Jacq. Cuer, 
page 178.) 

Taisiblement. Tacitement: « La raison... cha- 
« touillée par les flateuses et tromperesses passions 
« leur communiquant ses secrets, et quasi taisible- 
« ment conjurant encontre soy, se soubmet bien 
« souvent à leur mercy, • (Pasq. Monoph. p. 153.) 

Taisir. !• Verbe ; forme extensive de taire : 
« Bon taisir vault ; trop parler nuit. » (Ms. 7996, 
fol. 93.) 



Li rois ne vot plus taisir 
Âinc lor a dit moult vittement. 

2* Subst. Silence : 



(Mousk. p. 287.) 



S'aim assez mieux garder mon boin taisir 

Que dire riens ki U tour à pesance. (Vat, 1490, f. 20.) 

Taisse. [Poche, bourse : « Et offroit sa taisse 
« qui estoit toute plainne de florins. > (Froiss. IX. 
page 360.)] 

Taissel. Tasseau : 

Adonc fermèrent le vaissel 
Tout environ, à bon taissel 
Puis le mirent en certain lieu. (Hist, des III Mar.p, 457,) 

Taisson. Blaireau : « On dit que un enfant qui 
< oncques n'auroit chauscié soUers, si les premiers 
« qu'il chausse sont de pel de tomon, il rarira les 
« chevaulx du farcin, s'il monte sus. » (G. Phéb. 80.) 

Taissons qui piou vont par chemins, 
Hirsons, et dains, louves servieres, 
Et bestes de plusieurs manières. (Desch, f. 488,) 

Takené. Raccommodé : 



Et estoient sus caint parmi 

 replois ou ventre et ou dos 

Holettes portant à leurs cols ; 

Et orent solers takenés. (Froiss, poës, p. 



^; 



Tal. Huile extraite du fruit des mûres, des cèdres 
épineux. (Cotgrave.) 

Taie. Osselet : « Ce que des dez je vous ay dict, 
« je dy semblablement des taies; c'est sort de pa- 
« reils abus. » (Rabel. III, p. 59.) 

Talemelier. Boulanger : « Nul talemelier ne 
« peut faire plus grant pain de deux deniers. » (Stat. 
des boulangers, dansD. C. sous Talemarii) 

Talemouse. Casse-museau ; espèce de gâteau : 

Item a Jehan Raguier je donne 



(Villon,) 



\ jours \ 
Pour bouter et fourer sa mouse. 



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TAL 



— 10 - 



TAM 



« Donner une talemouse^ » un coup de poing. 
(Oudin.) 

Talemoaser. Donner un coup de poing. (Oud.) 

Talent. Désir : « L'assurance que nous avons 
« en Dieu nous donne talent de nous mettre à 
« Festude. » (Beau m. p. 1.) 

.... Me semont ma volenté 

De chanter, mes talent a'en ai. 

Car trop m'ont mis en grant esmai 

Mesdissant et à tort grevé. (Poët. av. 1300, IV^ p. i48i.) 



Nus ne puet avoir povre office 
^ • ' ' \ieu] 



(Desch. f. 557.) 



Qui sert femmes à leur talent. 

Talentiea, iz. Désireux : 

De chel espoir sui tout adès 

Qi moult m*a fait de servir talentieu 

Et de durer les maus d'amours penieus. 

VatiGui,nM4G0.ibl.73. 
Quant il est chaus et boillant, 
Et talentiz et remuans 
Au point qu'ele U voit avoir, (Ms. 7615, II, f. 1S7.) 

Taleole. Parcelle. (Cotgr.) 
Talevas. Sorte de bouclier : 

As-tu encor en armes preste ? 

Quelles armes ? Ton bourdon acéré 

Dont je t*ay veu jouster au talevas f 

Nennil, par Dieu, il est tristes et mas. {Desch. f. 832.) 

Talevassier. Homme armé du talevas : « Com- 
« manda par tous les loigis de son host, que chas- 
« cune chambre beustle jour ensuivant un bomme 
« d'armes et deux talevassiers pour assaillir le 
« chastel. » (Jean de la Gogue, Hist. ms. des princes 
de Deols.) 

Talisman. Gravure constellée, en persan, 
d'après Borel, qui cite Gaflfarel, auteur d'un traité 
des talismans. 

Talle. Tbaler: « Alexandre présenta (à Démo- 
« crile) grande quantité de talles ; quand il les vit, 
« il s'en mocqua et fit sa dérision, disant : Cuyde 
« Alexandre moy tempter?.... Et en ce disant, les 
« rebuta et refusa les prendre. » (Hist. de la Toison 
d'or, H, f. 155.) 

TallemelUer. Boulanger : « Le boulanger ou 
« tallemellier qui sera trouvé avoir fait plus petit 
« pain et de moindre poix. » (Ord. II, p. 353.) 

Talloche, loche. Petit bouclier : « Ayant en 
« Tune des mains talloches et en l'autre bastons 
« deffensables. » (01. de la Marche, II, p. 585.) — 
« Ne se vouloit rendre à François quelconque, 
« ainçols se couvroit d'une grande taloche^ et 
« estoquoit d'un espieu de guerre. » (Bertr. Du 
Guescl. par Mén. p. 424.) 

Talmelier. [Boulanger : « Et se aucuns autres 
« talemeliers ou autres personnes que les taleme^ 
« liers de laditte ville de Baugenci vendent pain 
« en icelle ville, ledit asnier peut prendre le pain 
« comme à moy acquis... » (1377. Aveu du moulin 
de Choiseau, Baugenci. L. G. de D.)] 

Talocher. Brutaliser : « Talocher ses amours. » 
(Cotgrave.) 

Talon. !• Partie postérieure du pied chez 



rhomme: « Les talons vers le ciel trebuAe. » 
(Mousk. p. 195.) 

De là les expressions suivantes : « Tomba en 
« npstre ambuscade où il fut deffaict sans combat- 
« tre, pensant avoir le diable à ses talons, et fu pris 
« prisonnier. » (Du Bell. I, f. 31.) — « Despescha 
« le capitaine la Chapelle de Biron avec 30 salades 
« pour donner à toutes brides dedans le village, et 
« luy luy devoit suivre aux talons. » (Du Bellay, X, 
f. 308.) — « Chausser les talons à une personne. » 
(Cotgr.) — a Veez cy une telle ; elle est moult cour- 
« toise de son corps, et a les talons bien courts, et 
« tel et tel se esbat avec elle. » (Le chevalier de la 
Tour, Instr. à ses filles, f. 57.) 

Messire Jehan de ChaUon 

I fù du pié jusqu'au talon, 

Assez toi d autres sans nombre 

Que je ne po veir por Tombre. 

L'en dist oue cil ne puet foire, 
sle 



Qui les talons a brusLez. 
Deslogea environ minuit 
Le roy, et U autres trestuit 
A Reins monstroient les talons. 



{Ms. 6812, f. 80.) 
{Ms. 6812, f. 67.) 



{Desch. f. 574.) 

2« Partie postérieure du pied d'un animal : « N'est 
« nul cerf si joesne, s'il porte .vi. cors ou pins, qui 
« n'ay le talon plus large que n'a une biche. » 
(Gast. Phéb. p. 148.) — 3o Pied d'une forteresse : 

Et U borgois si cheminèrent 
Près de Besançon ; U ques .iv. 
Por une forterece abatre 

Sue maistre Jehan de Chalons 
t fermée jusqu'à talon. {Ms. 6812, f. 75.) 

4« Partie d'un gouvernail: « Talon du gouver- 
« nail. » (Nicot.) 

Talonné. Foulé : « Chemins hantez et talon- 
« nez. » (Nicot.) 

Talonnement. Action de talonner. (Cotgr.) 
Talonnenx. Qui talonne. (Cotgrave.) 
Talope. Haie : « Le loup malade de la rage 
« entre dans un talope de bois, comme une grosse 
« haye, ou dans un petit bocqueteau. » (Salnove, 
Vénerie, p. 273.) 

Taluer. Bâtir en talus : « Qui ha fondé, pîlo- 
• tizé, talué? Qui maintient, qui substante, qui 

« nourrit les dévots religieux par les convens ? 

« Sacrées decretales. • (Rabel. IV, p. 226.) 

Talure. Meurtrissure. (Cotgrave.) 

Tarn. Tan : « Il faut prendre des escorces ou 
« eschalles de noix, autrement apellées tam, et les 
« piler bien fort. » (Fouill. Vén. f. 83.) 

Tambour. • Un fol dessus un pont, c'est un 
« tambour en la rivière. » (Cotgr.) A cause du bruit 
qu'il fait. 

Tambourer. Tambouriner : 

Et quant Us vont à la rivière 

Cuyde tu qu'ils voisent derrière 

Les faulconniers I Mais tout devant 

S'en yront tous diz tambourant. (Modus, f. 11.) 

Tamis. La peur de la mort « purie et sance 
« L'ame au fin cion par un tamis. » (Ms. 7615, L 
f.l02.) V » » 



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TAN 



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TAN 



Tamoulenant. Rêvant à quelque chose. 
(Cotgrave.) 

Tampions. « Deux bâtons joints ensemble par 
• les bouts et armés es autres bouts d'ampes de 
« fer dantelées, tenans la toile etandue et bandée. > 
(Honet.) 

Tampon. 1* EcouvîUon : « Il y faut cordiers, 
« charrons, tourneurs à faire tampons de cauons 
« et autres choses, et que chascun face son mes- 
« tîer, et soit garny de ce qui sera nécessaire. » 
(Le Jouvenc. f. 86.) — î» Bonde : « Poisson d'un 
« vivier, incontinent le tampon tiré pour pesquier 
« sera tenu pour meuble^ et au paravant ledit 
■ tampon tiré, pour héritage. » (C. G. I, p. 816.) 

Expressions : « Un gros tampon^ » un homme 

Îras. (Oud.) — « Colin tampon^ » son du tambour 
la marche des Suisses. (Colgrave.) 

1. Tan. Taon: 

Roland regarde tout qui a Tame saisie 

De la froide poison d'une aspre felonnie, 

Et cbanceUe inconstant comme ce prestre saint 

Que le ton de Bachus trop vivement attaint. 

Desportes, p. 448. 

2. Tan. Souillure: « Pour rasséréner leur 
« ardeur et oster le tan ou souillure de ce vice de 
« vostre ame, que vostre raison soU bien clair- 
« voyante. » (Lett. de Pasq. III, p. 591.) 

Tanance. Fatigue : < Ne me soit imputé à 
« tanance^ ne à ignorance paresceuse. » (Tri. des 
IX Preux, p. 425.) 

Tanceresse. Qui tance : 

Dame d'orgueil et de tout mal princesse, 

Desdaigneuse, hautaine, tanceresse 

Qui d'esmouvoir chascun fait son effort. (DescK f, 345J 

Tancheau. Petite tanche: « Nuis poissonniers 
€ ne autres ne peut ne ne doit vendre barbeaux, 
« carpeaLUTi, tancheatujo, ne anguillette, desquels 
« les quatre ne vallent un denier au moins. » (Ord. 
II, page 584.) 

Tancier. Tancer: 

Se or, pooie à lui tancier. 
Et combatre et escremir, 
La char U feroie frémir. (Ms. 7Si8, f. 298.) 

Tançon. Action de tancer, de se quereller, de 
combattre : 

Bretons et Piquarz se rassemblent 

Iriez et plains de cusançon 

Lieve la noise et la tançon, 

Le contenz et la discordance 

Entre Flamens et cens de France. {G. Guiartf f. 359, J 

N'espargnent à celé tançon 

Homme, ne fàme, n'enfançon 

Âinz vont ociant tout à tire 

Uns et autres à grant martire. (Id. f. 9i,) 

Tandeili. Tendon : « Et a au pié tant tandeill, 
« comme en la pâte d*un oye. > (Hod. f. 56.) 
Tandis. !<> < Tandis comme, » tandis que : 

Dites moi combien vous profite 

La fable, quant el vous est dite ; 

Prendre i poez une risée 

Tandis comme eUe est devisée. (Ms, 7Si8, f, i37,) 

2*> Moment : 



Si ne fu le temps qu*un tandis 
Dieux sait la cause et la raison. 



[Ms. 68i2, f, 52.) 



Tandoille. Tendon: « La loutre a ou pied 
« tandoilles comme en la pale d'une oye. » (Mod. 
folio 30.) 

Tané. !<> Qui a la couleur du cuir tanné : « Vestu 
« de veluau inde et tané, » (Chr. de S. Denis, IIL 
f. 35.) -20 Cerné: 

J'en large front, chauve le feste, 

L'œil tanéy creusé dans la teste. (Batf, p. 27i.) 

2^ Ennuyé: « Se print Floridas à chasser moult 
« longuement, tant que le roy f ust tané de la chose. » 
(Percef. l, f. 113.) 

Taneitté. Tanné de couleur : « Biau chien 
« d'oysel doit avoir grosse teste et grant corps , et 
« bel de poil blanc ou taneitté. > (Chass. de Gast. 
Phéb. p. 130.) 

Tanep. Ennuyer : « Vous nous taries de tant 
« parler. » (Poës. de Froiss. p. 435.) 

Tanerye. [Tannerie: « Le grant Escault venoit 
« en la tanerye et sur le noef pont. » (Réc. d'un 
bourg, de Valenc. p. 47, an. 1307.)] 

Tangoner. 

S*il ne la conquière, 

Ki adès le puet tangoner 

Ne voi c*on li puet escaper. [Poët, av. i300, Ily f. 825.) 

Tangueur. Déchargeur. (Cotgr.) 
Tanison. Action de tanner : 

Dame, ce dist U advocas, 

Entendre vous fault à tous cas ; 

Pour ce est vostre cours ouverte, 

Ne soiez pas si descouverte, 

Tost vous plaindez de tanison ; 

Rendez nous sentensce et raison. (Poès, de Froiss, 435.) 

Tannage, erie. Action de tanner, lieu où Ton 
tanne: «Volons et octroions, par ces présentés, 
« que les maistres ordonnés.... sur le mestier de 
« tonnent.... aient la Visitation, cognoissance et 
« interprétation du fouage des cuirs tannez , et la 
« punicion aussy semblablemenl comme ils ont sur 
« le fait du tannage. » (Ord. V, p. 315.) 

Tanné. De couleur semblable au tan : « Les 
« faucons doivent estre blancs tanne% , tirans à 
« rousseur de poulaille. » (Arteloq. Faucon, f. 89.) 
— Robes des eschevins de Paris, en 1539, « de 
« veloux my parties de cramoisy et tanné brun. » 
(Mém. de Du Bell. VI, p. 426.) 

Si j'aime le tanné sur toutes les couleurs, 

Ce n'est pas sans raison ; Faigle qui tient Torage 

Du père Jupiter, en a peint son plumage. 

Le tonnerre en a peint ses flambantes horreurs 

L'amaranthe en a peint ses immorteUes fleurs. 

Amadis Jamyn, f. 131. 

Tanneaulx. Tanneurs : 

Helas, vous autres de mestiers, 

Marechaulx et cordouenniers, 

Et les tanneaulx de piaux velues, 

Vous nous avez esté moult chiers. (Monstrel. /„ f. 323.) 

Tanner. 1* Act. Obscurcir, brunir : 

Doncques ne me blasmez si je suis trop junette 
Errant parmy les champs, vagabonde et seulette. 
Le soleil radieux, de sa vive chaleur 
A changé mon beau taint et tanné ma couleur. 

Rem. Belleitt. I, p. 97. 

2*» Réfl. S'ennuyer de : « Tous les notables de la 



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TAP 



« ville de Bruges se tannèrent de la guerre. » 
(Mém. d'Olivier de la Marche, II, p. 629.) — « Il se 
« tannoit et tourmentoit et n'avoit heure de repos 
« et si ne pouvoit fournir à tout. » (Hist. de la Tois. 
d'or, I, f. 14.) 

Ainsi mon tems en douleur use et passe 

Dont le surplus desjà me tanne et lasse. (A. Chart. 534.J 

Tanquelique. 

Les musardes achètent 

Hardes et tanqueliques 

En ce mettent .xx. sous 

Qui ne vaut pas deux pipes. (Ms, 76i5, II, f. i44J 

Tans. Pluriel de temps, moments : 

Constantins en ta trop dolans 

Si fut Uens ses ûus deux tans, (Mou$k, p, 96i.) 

Grant dueU ai de mon avoir 

Que je lerai par tans ; je cuit, 

Je ne verrai la mienuit. (Ms, 7218, f. S89,) 

Tansement. Action de lancer. (Cotgrave.) 
Tansonnier. Querelleur. (Cotgrave.) 
Tant. Expressions relatives à cet adverbe : 

Voirs est que U nostre ennemi 

Sont plus de nous tant et demi. (Poës, de Froiss, 198,) 

En tant mains leus fu de grant pris. (Ms, 7318, f. S48.) 

.VI". hommes d'armes on tant. (G, Guiart, f. 258,) 

« Pour ce que Charles de Blois marcha et qu'il 
« ne descouvrit pas une petite embusche qui estoit 
« en un bosquet qui luy donna par derrière, tant 
« qu'il combatoit, il m desconfi. » (Jouvencel, 

!). 3i3.) — « Tu deffais le tant de monseigneur. » 
Contred. de Songecreux, f. 125.) — « Il m'a tant 
a ainsi qu'entreoublée. » (Chans. du XIII* siècle, 
ms. Bouhier, f. 313.) 

Venez ens, si verrez le nostre ; 

Si fesons marchié Dleus tant bien ; 

Si ce non, chascuns rait le sien. [Ms, 7218, f, 249,) 

« Tant comme le Jouvencel faisoit ses ordon- 
« nances, en son embusche, le sire de Roqueton 
« faisoit ses approuches. » (Jouvencel, p. 393.) — 
« Vous avez cy oy comment le procureur des 
« humains, la char et le monde se tiennent pour 
« meffais de tant comme ils ont creu Sathan. > 
(Mod. f. 297.) — « Il me estoit advis que vous tour- 
« noyez tant à tant. » (Lanc. I, f. 94.) — « Nostre 
« cerveau ne fait ses opérations en nous, sinon de 
« tant et en tant que nostre cœur ly convie. » 
(Pasq. Rech. VIII, p. 675.) 

Le mestier sai ge moult bon 

Pour gaaigner et tant et plw. (Ms, 7996, p. 32,) 

Maint ont esté deceu 

Par dire j'ay cerf veu; 

Dont riens n'estoit ; si attendroye 

Tant et si que je la verroye. (Font. Guér. ms. p. 12,) 

Membre U de ses amors 

De Richelete le prox. 

Qu'a ot amée tantjors. 

Dont jetta sospirs et plors. (Ms, 7989*, f. 80,) 

« Afin que chascun puisse avoir tant meilleure 
• connoissance des dites coustumes. » (N. C. G. II, 
p. 1003.) — « Si vous vous faites assaillir tant ne 
« petit, vous estes morts sans mercy, » (Froiss. I, 
p. 238.) 



La chair teUement garderas 

Qu'eUe ne touche en rien au gant 

Ne à Toysel ne tant ne quant, (G. de la Bigne, p, 93.) 

« Nous nous soufGrerons à parler tant qu'à pre- 
« sent du prince, et maintenant parlerons des 
« besongnes d'Aquitaine. » (Froiss. I, p. 407.) 

Ne ia ne vous sera nommez. 

Ne li dons, ne la damoiseUe, 

Qui tant est avenant et bêle, 

Tant que de si saurai 

Que devons le don auraL (Ms, 7615, 1, f, 112,) 

• EXk cens qui ont propre monoye, veut le roy 
« que il soit tenu en leurs terres , fors tant que 
« chascun puisse faire prendre sa propre monoye 
« en sa terre. » (Ord. I, p. 95.) 

Tantay. Cloche pendue au col des vaches. 
(Cotgrave.) 

1. Tante. Marguerite d'Autriche écrivait à 
Anne de Beaujeu, sa belle-sœur: « Madame, ma 
« bonne tante. » (Godefr. Charles VIII, p. 547.) 

2. Tante. Féminin de tant, en si grand nombre : 

En Dieu tient ceste chose toute 

Qui volt que la tante personne 

Perdist de France la couronne. (Ms. 6812, f. 69. J 

Tantelet. En si petite quantité : « A tantelet de 
« bonnes gens qui demeures sont en tonroyaulme. » 
(Percef. II, f. 43.) 

Tantet. Même sens: « Allons combattre auK 
< ennemis, en ce tantet d'Anglois qui sont demeurés 
« derrière. • (Froiss. I. p. 130.) 

Tantiesme. Quantième. (Cotgr.) 

Tantilion. Un peu : « Ceux ci sont un petit 
« tantilion bien salés, mais si passeront ils. » (Des 
Ace. Bigarr. p. 69.) 

Tantin. Même sens: 

Vers eus s'adresse ce mutin, 

Disant : Attendez un tantin. (Arest. amor. p. 390.) 

Tantoillé, ouille. Souillé, sali : « Des cierges... 
« tantoillez, desbrisez et polluz sallement et villai- 
« nement. » (Alector, Rom. p. 45.) — Henri IV 
découvre à Sully ses pieds couverts d'emplâtres, 
« luy faisant voir plusieurs fautes et crevasses toutes 
« tantouillées de sang et de grosses cloches. » 
(Mém. de Sully, II, p. 218.) 

Tantost. Bientôt: • Si aucuns goudaliers mur- 
« muroient entre eux^ les aucuns autres disoyent 
« tout haut: Sire maire de Londres, et vous autres 
« qui avez la justice à tenir et garder, faites justice ; 
« nous le voulons; et n'épargnez hommes, car 
« vous voyez bien que les cas qu'avez monstres le 
« demandent, et tantost. » (Froiss. liv. IV, p. 335.) 
— « Le dit FouquauU fut en bon point tantost que 
« il ot un peu reposé. ■ (Chr. de S. Denis, II, 272.) 

Tapé. Qui a un coup de marteau , qui est un 
peu fou : 

Li sage de cest monde 

Seront fol et tapé ; 

\À aver comparront 

Ce qu'U ont ci happé. (Ms. 7615, II, f, 142.) 

Tapeçon. Poisson. (Cotgr.) 
Tapecone. Débauché. (Cotgr.) 



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TAP 



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TAR 



Tapecal. Barrière à bascule: « M. de Treigny 
« prit à main droite et se logea jusques ou tapecul 
« de la Bastille. » (Lett. de Pasq. Il, p. 240.) 

Tapi. Terre battue: « Elle n'avoit pour murailles 
« que les maisons des babitans, la pluspart desquel- 
« les n'estoient que de bois, ou de bauge , ou de 
« tapi. > (Mém. de Sully, I, p. 226.) 

Tapin (à). En tapinois: 

B 8*ea fui à tapin 

En Âustrie, droit à Pépin. (Mousk. p. 46.) 

Tapinalge (en). Même sens: 

Jugez en vous la foUe et oultrai^e 

Qira fait Mangum, qui va en tapmaige. (Desch. f. 366.) 

Tapinaudiere. Tanière: « Entrans en leur 
« tapinaudiere^ nous dit un gueux de Thostiere 
« auquel avions donné demi teston. » (Rab. V, 47.) 

Tapiné (à). En tapinois : 

A tapiné sont, es le pas, 

Vinrent au roi sans nule atente ; 

Dormant le truevent en sa tente; 

Lis contiaus li boutent el cors. (Mousk. p. 28.) 

Tapinement (en). Même sens : « En tapiné- 
« ment et occultement. » (Chr. de Nangis, p. 2.) 

Tapir. Cacher: « Pour couvrir et topîr sesmau- 
« vais et faulx contacts usuraires. » (Gr. Coût, de 
France,* p. 461.) 

Tapis. Tapisserie : 

Âdonc les fenestres ouvri 

Et tous les tapis descouvri 

Pour savoir s eUe s'i mettoit ; 

Mes Traiement pas là n'estoit. [Froiss. Poës. p. i25.) 

Expressions: « Quand voyant un homme au 
« dessous de toutes affaires, nous le disons estre 
« réduit au. tapis^ c'est une manière de parler que 
« nous empruntasmes des joueurs^ lesquels jouent 
« sur un tapis verd, quand ils n*ont plus d'argent 
« devant eux, pour mestier mener ; ils sont con- 
« traints de r emparer la table; on les dit estre 
« réduits au tapis verd. » (Pasq. Rech. p. 728.) — 
« Deux barques entrèrent chargées de poudre bien 
« à propos et au profit des Rochelois, car ils estoient 
« au tapis pour les poudres. » (Brant. Cap. fr. II, 
p. 253.) — • Demeurer maistre du tapis. » (Cotgr.) 
— « Sourd comme un tapis. • (Bouchet, Serées, II, 
p. 223.) — « Discourir sur le tapis. » (Monll. I, f.679.) 

Tapissement. Action de se tapir, de se cacher: 
« Encores les povez-vous voir figurées sur le pillier, 
« ainsy comme tapies dej[)aour: fors vous me dittes 
« vray ; encores n'avoys je veu leurs ymages, pour 
« la manière de leur tapissement. • (Percef. II, 77.) 

Tappecul. Bascule: « Les portes estoient 
€ closes et fermées avec les tappeculs et serrures ; 
« et y avoit garde d'hommes à grant multitude, bien 
t armez. » (Monstrel. I, f. 166.) 

Tappinaige (en). En tapinois: « Se fu tenue 
« derrière les autres, comme en tappinage. » (Al. 
Chart. de l'Espér. p. 274.) 

Tappy. Accroupi: « Il luy semble qu'il veit 
« Priande sa compaigne au long de l'huys, tappye 
« comme pour enfanter. » (Percef. IV, f. 26.) 



Tapynaige (en). En tapinois : 

Qu'il s'en iront en tapynage 

Âinsinc comme en pèlerinage. (Rose.) 

Taque. Plaque: « Au regart des huys, portes, 
« porcnes, fenestres, verrières, plaquarts, taques 
« de fer et autres choses appropriées, atacbées ou 
« clouéez et qui ne se peuvent osier sans endom- 
« mager la maison. • (C. G. II, p. 1013.) 

Taquette. « Besongner à la taquette, » travail- 
ler avec ardeur, dans le patois d'Orléans. (Cotgr.) 

Taquin. Avare. (V. Tacrodx.) 

Taquinement. Avec avarice. (Monet.) 

Taquinerie. Avarice : « Ghicheté et taquine- 
« rie. » (Bouchet, Serées, III, p. 174.) 

Tap. Belette des champs. (Cotgr.) 

Tarabas, in. « J'en feis consulter la matière à 
« messieurs les clercs, et pour resolution conclurent 
« en frise somorum qu il n'est tel que faulcher 
« l'esté en cave bien garnie de papier et d'ancre, 
« de plumes et ganivet de Lyon sur le Rhosne, 
« tarabin tarabas. » (Rabel. II, p. 126.) 

Tarain. Tarin, oiseau à plumage verdàtre: 

J'oy Talouette chanter, 

Tous oyseaulx joye mener, 

Le tarain, la tourtereUe. [Desch. f. 272.) 

Tarantatare. Onomatopée imitant le son de la 
trompette : « Quelle convenance y a-t-il entre des 
« tarantatare de trompetes et des sons de cloches 
« et des kyrie eleisons entre le maniement des 
« picques. » (Merl. Coccaie, II, p. 160.). 

Tarascon. « Entre Beaucaire et Tarascon, ne 
« paist ni brebis, ni mouton. » (Cotgr.) 

Tarant. [Târot; carte dont le dos est marqué de 
grisailles en compartiments ; elles sont de plus 
gravées d'autres figures que les cartes ordinaires. 
On les nomme encore jeu d'épées et de bâtons ; 
cartes aluettes en Saintonge, cartes espagnoles.] 
« Cartes de tarant. » (Des Ace. Bigar. f. 5.) 

Tard. Adj. 1' Tardif : « Et pour l'heure tarde 
« aurions continué et remis la dite assemblée à 
« deux heures de relevée. » (Coût. Gén. I, f. 709.) — 
2* Lent : « Son allure est si tarde. » (Baïf, p. 3.) — 
Subst. Soir: « Voyant que le tard approchoit. » 
(Nuits de Strapar. II, p. 359.) — Adv. « Qui tard 
• veut, ne veut. » (Cotgr.) — - Je croy que ces gens 
« de Ribadane ont parlé à ceux de Bayonne et sont 
« courroucez de ce qu'ils me donnent vingt Moris- 

« ques Sainte Marie, dit-il, encores qu'il ne 

< donnassent ja tard^ autant ils auroyent plus cher 
« que je fusse pendu. » (Froiss. III, f. 141.) 

Expressions : « Tard avisés. » Nom des révoltés 
du Quercy sous Louis XIV. (Lettre de M. Lefrancde 
Pompignan, à M. le chancelier de Pomponne, 10 

i'anv. 1756.) — Ce fut aussi le nom des révoltés en 
^érigord. (Chronol. novenn. III, fol. 35.) — « Tard 
t venus, > nom d'une grande compagnie aux envi- 
rons de Lyon en 1361. Une nouvelle troupe vint s'y 
adjoindre, leur chef s'appelait l'ami de Dieu et Ten- 



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nemi de tout le monde. (Choisy, Vie de Jean le Bon, 
p. 378.) 

Tarder. !• Retarder : « Je m'en vengerai, quoy 
« qu'il tarde. »(Cymb. mund. p. 87.)— « Quoy que 
« fol tarde, jour ne tarde. ■ (Cotgr.) — 2» Détourner : 

Madame lors me regarde. 

Un petit rit, et puis me tarde 

Son regard, et aiUieors le met. (Froiss. poês. p. i35.) 

Tardité. Retard : 

Geluy qui tout voit et d'égale balance 

Sçait peser justement le bienfaict et roffense 

Attena pour quelque temps ; et puis la tardité 

De la peine compense avec la gravité. (Du Bellay ^ 19i.) 

Tardiveté. Lenteur : « On pensoit le troisième 
« jour les aller combattre, mais la tardiveté de nos 
« chefs fut cause de les nous faire perdre, car... ils 
« deslogerent. » (Mém. de Du Bellay, II, f. 33.) — 

1. Tare. Déchet, manque, deTarabe tarha: « Il 
« y avoit 40 mille escus, pour la tare de Tor, outre 
« lesdiz douze cent mille escus dont j'ay parlé. > 
(Du Bellay, 1. III, f. 92.) — « 11 y avoit six aulnes de 
« tare en sa pièce de drap. » (Pasq. Rech. p. 748.) 
■— Tares desdites confitures. » (Ordon. I, p. 515.) 

2. Tare. Poix dont usent les cordiers. (Colgr.) 
Tarelementy tare. Action de percer avec une 

tarière. (Mon.) 

Tareler, Percer avec une tarière. (Mon.) 

Tarelet. Petite tarière : « Qui est trouvé coup- 
« pant... gros bois qui a l'estage d'un homme ou 
« de sept pieds de long, ou plus greesle,ou il puisse 
« percer d'un commun tarelet chet en amende. » 
(Bout. Som. rur. p. 860.) 

Tarelle. Tarière : « Le seigneur de Bethune 
« prend pour amendes des bestes trouvées en ses 
« bois soixante sols parisis aussi bien en bois que 
« taillis, sans que ledit seigneur maintient qu'en 
« abbatans estallons, mariens, pivots, ou autres 
« arbres où le trou d'une tarelle peut avoir lieu, il 
« doit avoir amende de soixante sols parisis. » (Coût. 
Gén. II, p. 878.) 

Tarente. Tarentule : « Ge dî premièrement que 
« ne le mordra coluevre, ne le poindra, serpent ne 
« l'adesera, tarente ne Taprochera, escorpion mal 
« ne li fera. » (Erberie, f. 90.) 

Tarere. [Tarière : « Tarere pour percier. » 
(Ouslill. au Villain.)] 

Fevres si sont de tel renon 

Qu'U font haches et doloeres 

Et besagues et tareras 

Dont li charpentier font mesons. {Ms. l^iS^ f. i98J 

Targant. Tardant : 

C'a Dieu itant se reconforte 

Ke les sergans de gré enhorte 

Qu'il ne se voisent mais targant 

De le Yolentô au tirant. (Sorb. LX, f. 57.) 

Targe. 1» Bouclier : « Print sa targe à son col, 
« et monta contremont jusques aux fossez du 
a chastet. » (Froiss. liv. I, p. 103.) — 2* Rempart, 
gabionnage : « Une petite rivière Dont faisoient 
« leur apuy et targe. » (Vig. de Charles VII, p. 87.) 



— 3* Monnaie des ducs de Bourgogne portant au 
revers une targe : « Le roy fist ordonnance sur le 
« faict de ses monnoyes, et ordonne ses grands 
« blans courir pour unze deniers tournois, qui 
« paravant ne valoient que dix; les larges unze 
« deniers tournois, qu'en valoyent douze. » (Chr. 
scand. de Louis XI, p. 206.) 

Je suis des moindres la mineur 

Et si n*ai targe ni escu. (Cont. de des Periers, I, f. SiO.) 

« Ce proverbe s'entend de ceux qui n'ont aucune 
« monnoye, pour ce que les monnoyes représentent 
« les armoiries des seigneurs qui les font forger 
« gi'avées dans une forme d'escus et larges. » 
(Fauch. des Orig. II, p. 106.) 

Ja félon cuer nul ior ne verrez estre large 
El pomt qu'estre le doit ; d'avarice fet targe. 

Ms. '»18. f. 180. 

Targé. Protégé, remparé : « En la bataille des 
« Anglois avoit deux mil archers de pied, targez 
* d'une haye, de bois et de vignes, sur la venue 
« des François qui commencèrent à traire. ■ (Hist. 
de la Toison d'Or, f. 109.) 

l.Targer. Tarder : 

Que perte gue g'en doie encourre, 

Ne targerai de vous secourre. {G. Guiart, f. iOO.J 

2. Targer (se). 1« Se couvrir d'une targe, 
d'un bouclier : 

Quarriaus qui prennent à voler 

Hors des .n. rens c^ui s'entregouent 

Maintes personnes i couroucent ; 

Qui ne se targe ou trait arrière 

Tost en a d'un parmi la chiere. (G. Guiart, f. 234.) 

« Se targerent Engloiz qui getterent mainte 
pierre de leurs creneaulx sur François qui 
minoient au bas. » (Hist. de B. du Guescl. p. 499.) 
2o Se targuer de, s'appuyer sur : « Barons et 
chevaliers de Bretaigne, rebellans au duc, les- 
quels ne veulent obéir à leur seigneur mais 

font guerre au pais, et se targent du roy de 
France. » (Froiss. II, p. 92.) — S' Couvrir, pro- 
téger : « Les.... deux galées.... qui aux deux lez le 
targerent, feirent au mareschal, et aux siens 
trop d'encombrier. » (J. Boucic. II, p. 240.) 
Targette. Petite targe : « Quatre pages estoient 
autour de Charles VII, à son entrée dans Rouen ; 
l'un portoit sa lance, le second sa javeline, le iw 
son crennequin, et le iv sa targette.. » (Math, de 
Coucy, Charles VII, p. 594.) 
Targié. 1« Couvert d'une targe : 

Pietonz passent les roUleiz, 

Targiez acueillent leurs sentiers^ 

Vers les murs rompus et entiers 

Les ims tost, les autres bêlement. {G. Guiart, f. 34.) 

2' Protégé par un gabion : « Pionniers bien tor- 
« giez^ lesquels portoient picques et houes. » 
(Hist. de B. du Guescl. p. 485.) 

1. Targler. Tarder: 

Mais qi porroît joir, sans trop targier 
Es bien d'amours n'auroit riens oue reprendre. 

Vatk. 1490. f. 43. 

2. Targier. Infinitif pris substantivement, pro- 
tection : 



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TAR 



Onques devant la gent ne vous chaut de tencier 
Ne à Tostre mesnie, ne à vostre moillier ; 
Âincois les devez bien sagement chastoier 
Et de vostre parole durement esmaier ; 
S*ils vous aiment et prisent, ce leur sera targier. 

Mb. 7Si8, f. m. 

Targieas. Tardif : 

Les durs cuers, negUgens, targieus^ 

Font et molle et esgartele 

Gon fait contre solaus gresieus. (Vatic. i490, f, iSO,J 

Targlp. Tarder: 

Pas ne targis 

Aller chantant 

Et m'esbattant 

En mon logis. (Loyer des Fauls, amours, p, 305,) 

Targon. Targe, bouclier: « L'espée ceinte, et 
« la lance en sa main, ayant à son col un iargon 
« pendu à la mode d'Espagne. > (Ualh. de Coucy, 
Charles VII, p. 670.) 

Targue. Bouclier, targe : « Amours qui est la 
« targue de laquelle se couvrent ceux qui marchent 
« sous ses esiendars. » (Nuits de Strapar. II, p. 80.) 

Targuer (se). !• Se couvrir le corps de ses 
bras, en mettant les poignets sur les flancs. (Borel.) 
— 2** Se protéger comme d'un bouclier: 

Et cels se targuent et deffendent 

Et souvent biaus cops lui rendent. [Ms. 68iSy f. 77,) 

S" Se faire fort de : « Elle se targue aussi de ce 
• beau mot de sagesse. » (Sag. de Charr. p. 129.) 

Tari. !• Dénué de: 

Prist li roys Jouhan une dame 

A force, et à péril de s'ame, 

Et Tespousa, quant il Tôt prise, 

Contre la foi de Sainte Esglise, 

Com homme de tout bien tari ; 

Hue le Brun iert son mari 

Qui, si com mon escrit me charche 

Estoit lors conte de la Marche. (G, Guiart, f. 55,) 

2* Epuisé, disparu : 

Phelippes et Ghalles 
Es quieus biauté nlert pas tarie, (G, Guiart, f, 2i5,) 

Âins la sainte Incarnation 

Que po\ir nostre rédemption 

Qui lors estoit comme tarie 

Prist Dieus en la vierge Marie. (G, Guiart^ f, i4S.) 

Tar}ant. Retardant : « Quelle chose est icy qui 
€ nous va tarjant? Sire, dit-il, on les appelle 
c flamerolles, pour ce qu'elles ressemblent flam- 
« mes. » (Percef. II, f. 13.) 

Taride. Sorte de navire : « A. m. ce. uv. vindrent 
« .L. galies et tarides, et assiégèrent Sur, de mon- 
« seigneur Felipe de Montfort, soudainement ; mes 
« pour le secours des gens d'Acre se defendi. > 
(Martèn. V, c. 738.) 

Tarier. Berner, persécuter, moquer: 

K'amours me tarie 

Et tant me diversefle 

Con en diroit articles plus de cent. (Vat. 1490, f. 175.) 

Se vos veez un fol de grant merencolie 

Onques devant la gent, ne le tariez mie, 

Qqbi il vos fercHt tort ou diroit vilenie. 

Doct. ms. de S. Gonn. f<d. 101. 

(Le mari) S'il se oourresse on le tarie. 

S'il veut du dur, il a du moul, 

S'il veut des pois, il a des choul. (Desch. f. 424.) 



Le bigame Mathiolet 

Je ne sçay C(ui le taria. 

Mais il fut bien nisse et folet 

Se folement se maria. (Ms. 7218, f, 265.) 

Tarin. [Oiseau : a Plus verde estoit entour que 
« tarin qui apelle. » (Brun, v. 891.)] 
Pavez estoit do romarins 
Entre lesquels touz diz chantoient 
Chardonerettes et tarins. (Al. Chart. p. 696.) 

Tarin-tara. Bredi-breda, pati-pata: 

Nous parlasmes tarin-tara. 

Puis de monsieur, puis de madame. (Coquill. p. 143.) 

Tarlraran. Onomatopée imitant le son de la 
trompette: « Les trompettes, avec leur tariraran 
« font un bruit nompareil : les fifres frisolant menu 
« n'avoyent cessé. » (Merl. Coccaïe, II, p. 419.) 

Tarie, é. Ver du bois ; rongé parce ver. (Cotgr.) 

Tarmées. Vers de bois. (Cotgr.) 

Tarny. Terni : 

J'ay dueîl que vieuls viflains tamys 

Soient d'or et d'argent si garnis ; 

Et mignons en ont tant besoin. (Dial. de Malepaye, 58.) 

Tarots. Cartes ; voir Taraut : « Je dirois que 
« le jeu des ^aro^ représente une république mieux 
« que les ecbecs ne représentent la cour d'un roy : 
• aux tarots^ il y a de tous estats , comme dans 
« une republique ; il y a des deniers pour recom- 
« penser les bons, il y a des espées pour la défense 
« de la patrie; il y a des chevaliers, des sergens, 
« des batteleurs, des triomphes , des empereurs, 
« des papes et des fous ; qui voudroit moraliser, 
« cela feroit un livre plus gros que les recherches 
« de maislre Pasquier. » (Car. Rech. des Rech. 222.) 

Tarque. Targe, gabion : « Les artilleries, poul- 
« très.... dagues, tarques.... et aultres harnois de 
« guerre. » (C. G. II, p. 1013.) 

Tarquet. Petite levrette. (Cotgr.) 

Tarrabatz. Fracas ; mot gascon : 

Vous eussiez veu les assaultz et combatz 
Et d'Âlvain, en ses mortelz debatz, 
Prins prisonnier ; les hurtz et tarrabatz 
D'artillerie. //. Marot, p. 167.) 

Tarre. Tare, défaut: 

Oultre, quand enfans y aiu'a, 

Une nourrice convendra ; 

Lors vient li coust ; lors vient la nuise ; 

Berseuil fault, drapeaulx, chemise, 

livres, coiers, chaucer, vestir, 

Tarre de sa femme souffrir, 

Administrer robe, vitaille. (Desch. f. 418.) 

Tarré. Percé de: « Timbre ou heaume au mezal 
« tarré de grilles. » (Fauchet, des Orig. I, p. 88.) 

Tarse. « Tarse de l'œil, » partie de la paupière 
où croissent les cils. (Cotgr.) 

Tarsenal. Arsenal : « Que la mise qui fu orde- 
« née pour les mismes et pour les galées soit abatue, 
« com se doit chose que la lie des mismes est 
« defTaite, et la taille soit ordenée pour la gent 
« d'armes, et ce tarsenal, et hasar de Fane et de 
« Tamagouste. » (Ass. de Jér. p. 214.) 

Tart. Tard: « Les variez de chiens doivent 

« tenir chascun son limier en sa chambre.... car 



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« ils en ont plus nez, et en deviennent plus tart 
« roigneux. » (Gast. Phéb. p. 210.) — « A tart 
« avez, dame, cest conseil pris. • (Poët. av. 1300, 
II, p. 688.) — « Tart leur fust qu'ils s'en fussent 
« partis. » (Chr. de S. Denis, I, f. 15.) — « Mieux 
« vaut tart que jamais. • (Desch. f. 23.) 

Tartaire. Etoffe de soie venant de la Tartarie 
ou Mongolie ; à l'entrée du roi Jean à Paris, en 1350, 
« les Lombards furent tous veslus de deus tartaires 
« de soye, el avoient chascun chapeaux sur leurs 
« testes haulx et agus. • (Chr. de S. Denis, II, f. 224.) 

Tartaret. • Le faucon dit tartaret eslnn oiseau 
« qui n'est pas commun par tout pays, ains est de 
« passage ; cesluy faucon est plus grand , el plus 
« gros que le pèlerin. » (Fouill. Faucon, f. 2.) Voyez 
Tartarot. 

Tartarin. l*Tartare: « Tartarin m'en venge- 
« ront. » (Chans. du xui* siècle, ms. Bouh. f. 41.) — 
[Subsiste comme nom de famille en Provence: 
« rarmrm de Tarascon. » (A. Daudet.)! — 2* Fau- 
con de Tartarie : « Des moutons et chèvres , des 
« guenons, des tor^arins , des sagouins. » (Merl. 
Coccaïe, II, p. 153.) 

Tartarot. « Nous nommons le faucon tartarot, 
« faucon de Tartarie et aussi faucon de Barbarie, 
« car on le prend lorsqu'il passe de Tartarie en 
« Barbarie. » (Budé, des Ois. f. 114.) 

Tartavele. Sonnette, tartavelle en Auxerrois : 

Qui sont ces asnes sans cerveles 

Qui sonnent de leurs tartaveles 

À nos huis? (Sot, Chrél, dans Bord.) 

Tarte. 1* Espèce de pâtisserie : • Quant il orent 
« dancié tout comme il voldrent, on leur présenta 
« la moitié d'une tarte. • (JJ. 112, p. 65.) — De là 
les locutions suivantes : « De tous gâteaux, tartes 

• dorées, pastez, et autres semblables espèces de 
« victuailles qui se cuisent au four. > (N. G. G. 1. 1, 
p. 407.) — « Tarte jacobine, » composée de fromage 

S ras, de jaunes d'oeufs, de beurre doux, de sucre et 
e sel. (Cotgrave.) — • Au combat de S. Yries en 
« Limousin, furent défaits par l'infanterie et har- 
« quebusiers pour s'estre perdus et engagés, sans 

• y penser, dans certains petits marets et tartes 

• bourbonnoises, là où ont les tiroit, comme à 
« canards. » ([Brant. Cap. fr. III, p. 56.) — • Tarte 
« rouge, » faite de pommes trempées en vin rouge. 
(Cotgr.) — « Payer la tarte de sa nativité. » (Cotgr.) 

— « On se saoule bien de manger tartes. » (Cotgr.) 

— 2» Espèce de monnaie : « Gros tournois, viens 
« compaignons, tartes, esterlins, volans et toutes 
« monnoyes deffendues. » (Ord. III, p. 165.) 

Tartelage. Ensemble de tartes. (Cotgr.) 
Tartelet. Oiseau de proie : 

Aussi de sacres et de sacretz 

Et de ces bons grans tarteletz 

De pèlerins à pau charnue, 

Qui si bien seent par la main nue. (G. de la Bigne^ f. 80 J 

Tartelette. !• Petite tarte : 



Sucre blanc pour les tartelettes^ 
Pommes, poires, nèfles, noisettes. 

2* Petit bonnet. (Oudin.) 



(Desch. f. 497.) 



Tartereau. Petite tarte. (Oudin.) 
Tarteries. Ensemble de tartes. (Rab. V, 108.) 
Tartevelle. [Lépreux, ainsi nommé de sa tar- 
tavelle ou crécelle par laquelle il avertissait de 
s*écarter de lui : « Comme n'a gueres Jeban Mau- 
« clerc demourant à Senlis eust esté ordenné avec 
« aucuns autres à faire le guet de nuit en icelle; 
« et, pour ce faire, il acompaingné de Raoulet 
« Dupuis, dit Maynage, et d'autres de ladite ville, 
« s'en alerent sur les murs d'icelle ville, et en mon- 
« tant sur la garde, après ce qu'ils avoient beu, 
« crièrent par manière d*esbatement et de moque- 
« rie, tartevelle, par plusieurs fois, en disant à 
« plusieurs personnes qu'ils trouvèrent sur lesdiz 
« murs, faites bon guet ; veez ça tartevelle qui 
« vient. . (JJ. 122, p. 29, an. 4382.)] 

Tartiere. Moule à tartes : 

J*ayme mieux voir la clerceliere. 

Ses cousteaux, sa jaune tartiere 

L'or clinquant de son demi ceint, 

Son ruban, le pris de la feste. 

Son devantierolanc, et au reste, 

Sa pièce d'un chef de satin. (Des Ace. Bigarr. f. Si.) 

Tartinages. Ensemble de tartes. (Cotgr.) 

Tarton, traire. Herbe française, belle et pur- 
gative. (Cotgr.) 

1. Tartre. Gravelle des tonneaux. (Uonet.) 

2. Tartre. Tartarie : « La région de Tartre. » 
(Monstrel. I, f. 16.) 

3. Tartre. Tarte : « Char et tartre et poissons.» 
(Poët. av. 1300, 1, p. 463.) 

Tartriere. Tourtière pour cuire des tartres. 
(Cotgrave.) 

Tartuffe. Mot que Molière a pris des Allemands 
chez qui il signifie le diable. (Lengueruana, 1, 199.) 
— [Tartufo se trouve dans le Malmantile de Lippi, 
avec le sens d'homme à esprit méchant ; le Malman- 
tile circulait manuscrit en France avant le Tartufe. 
(V. Génin, récréât. I, p. 292.) Tartufo est la contrac- 
tion de tartufolo, une truffe.] 

Tartufier. Faire le tartufe. (Lett. de Mad. de 
Sévigné, qui a employé ce mot la première, II, 7.) 

Tary tara. Onomatopée imitant le bruit : 

Le mary vient, tary tara, 

Qui ne faict que brayre et crier. (R. de CoUerye^ f. 50.) 

Tas. !• Amas: « Promettre à tas, » au ms. 6715, 
II, f. 179. — 2* Troupeau : « Veit un bergier qui 
« gardoit un grant tas de moutons. » (Percef. Ill, 
f. 126.)— 3' Enclume: « C'estoitun d'entre eux qui 
« florissoit, c'est à dire qui battoit, estendoit et 
« dressoit le flan sur le tas ou Tenclume à grands 
« coups de marteau. » (Ord. II, 317.) — • Planches 
« de boutons férues en tas qui ne se reviennent 
« massiffes et toutes pleines devers le martel. » 
(Ord. III, 12.) — 4* Action de tasser : « La grande 
« presse et tas. » (Brut, f. 24.) 

Taschant. Appliqué à : « Ces biens icy, où tous 
« sont si tascMns. » (Hellin de Saint Gelais, 
p. 189.) 



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TAS 



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TAS 



Tasche. Tâche: « Celuy qui édifie sur faulx 
« fondement et conduit son ouvrage en tasche^ 
« pour apparoir, non pas pour durer. » (Al. Chart 
de l'Espér. p. 298.) — « Ils travaillent à la tasche, » 
ils mangent beaucoup et vite. (Oudin.) 

Taskieus. Appliqué à : 

Je suis ades de vos servir taskieus. 

Et oon plus vis, plus ai grant abondance 

De désirer vo bonne volonté. (Vatic. 1490 , f. 75.) 

Tasnier. Tanière : « Il faut que celui qui les 
« (lapins) va destouper, y soit à la minuit ou envi- 
« ron, puis doit estouper en ceste manière: .*..il 
« doit avoir une houlete, ou une pelle, et doit 
« coupper du bois et faire pour chascune bouche, 
« ung petit fagot pour bouter dedans la bouche du 

• tasmer. » (Mod. f. 29.) 
Tasqaes. Tâche : 

.... Cest grant paine 

D'aler deus fois en la semaine 

Au moustier, quand il est trop loins ; 

Certes j'aurai moult grant besoins 

Se je i vois mes jusqu'à Pasques : 

A tant en ai prise ma tasques, (Ms. 7Si8y f, Si9,) 

Tasquieus. Appliqué à : 
Mieus vault .i. sens ouvriers tasquieus 
Cuns biens isniaus qui d'ouvrer se repent. 

VaUc. 1522, f. 169. 

Tasse, i® Poche, bourse : 

Met à point ou sa robbe ou sa tasse 
Et sur la nuit va cbantant à voix basse. (Chart. p, 559.) 
Courroie n'ay, tasse, ne (romillon. (Desch. f. 222.) 
29 Fonle d'une selle : 
En une selle à chevauchier 
Quant eUe a couru longuement 
Fault tousjours goaunel ou estrier 
TassCy boucle, espingle ou mordant. (Desch. f. 252.) 

3* Tas, foule : 

Âpoiez sont tôt en estant 

As grans arbres li olifant ; 

Es grans tasses les tygres meinent. (Partonop. f. i4ô.) 

Mes uns de toute celé tasse 

Dont j'ai parlé, ci^ nu à nu, 

N'escnapa geune ni chenu. (G. Guiart, f. 292.) 

Si serré les ont endentées 

Sanz ce qu'aucune en fraingne et quasse, 

Qu'eUes sont comme en une tasse. (G. Gidart, f, 344.) 

« Tirer aux tasses est bon déduit qui est en bon 
« pais de lièvres. » (Mod. f. 46.) — 4» Troupe : 

Hyaiunes mis, gorgieres lacies, 

Escuz aus cols, les lances basses, 

S'encontrerent cil des .n. tasses, 

Qui qu'en ait ire ne froideur. (G. Guiarty f. 238.) 

Tasseau. loTas: « Il est deffendu de pasturer 
« aux champs où il y a grains par terre, ou mis en 
« tasseaux et non encore enlevez. » (N. C. G. II, 
p. 352.) — 2» Foule : « Nous nous mettrons par tas- 
« seaux et par troupeaux, si comme nous faisons 

• les Juifs. » (Froiss. III, p. 92.) 

Tassel. i<> Ornement de forme carrée qui se 
mettait aux vêtements : 

Et puis se vest et apareiUe ; 
La cote fu moult bien ovrée, 
De cendal fu moult bien forrée 
Devant fu forré le mantel 
A or en furent li tassel. (Blanch. f. 183.) 

x. 



2** Tas, amas : « Les autres meubles comme tassels 
« de grains, foings, pailles, fumiers et semblables.» 
(N. C. G. Il, p. 1136.) 

Tasselet. Petit tas. (Oudin.) 

Tassement. Tas de blé (?) : 

Toutes les garnisons le verront coramment 
Des gens d*armes qui vont gardant maint tassement. 

CuveUer. 

Tasseor. [Celui qui entasse les gerbes de la 
dîme : « Se le veel le tasseor, Il le metteit à grant 
« dolor, Il en voudroit avoir del vin, » (Cens, de 
Verson, V, 77.)] 

Tasser. [Entasser : « C'est qu'il doivent les prez 
« fauchier, Aûner et aparellier, Et tasser en mileu 
« des prez, Quant il les aront assemblez. » (Censier 
de Verson, v. 29, Musée des arch. dép. p. 199.)] 
« C'est une coustume générale dans toute la Po- 
« logne de Yasser leur bled en paille, en confusion, 
« sans le lier, et d'en faire plusieurs pyramides 
« dans les champs autour de leurs maisons. » (Le 
Labour, gouv. de Pologne, p. 216.) 

Tassete. Petite tasse. (Monet.) 

Tassetier. Qui fabrique des tasses^ies poches: 
« Tassetiers et boursiers. » (Ord. III, p. 371.) 

Tassette. Plaque d'acier protégeant le haut des 
cuisses : « Le seigneur de Veniers porta les armes 
« qui estoient un corselet à longues tassettes, avec 
« des manches de mailles. » (Mém. de du Bell. 269.) 

Tasseulx. Pluriel de ^oss^/, ornement carré des 
vêtements: « Si faist faire ourle ou tasseulx. > 
(Brut, fol. 88.) 

Tassiaux. Ornements carrés >pour les vête- 
ments: 

Bien sont les veves atornées. 

De riches mantiaus affublées. 

Tant ceintes, tant riches, tant bians 

Que mieus en vaut uns des tassiaus 

Que ne fit toz U ors d'Espaingne. (Ms. 7218, f. 59.) 

On lit au figuré, du sépulcre de la S** Vierge : 

Dieut à Dieu très doulz sépulcre, 

Plus doulz assez que ne soit chucre, 

Et plus digne qu'autres vaissiaux : 

Digne pierre et noble tassiaux 

Tu as gardé dedens ton estre. (III Maries, p. 321.) 

Tassoor. [Le même que tasseor: « L'un reçoit 
« et rautre desquargue El Fautre amarne au tas- 
« soor. » (Cens, de Verson, v. 82.)] 

Tast. Action de tàter : « Le toucher et le tast de 
« bouche à bouche est le plus sensible et pretieux 
« de tous les baisers et autres touchers. » (Brant. 
dam. gai. I, p. 71.) — De là l'expression « à tast, » 
à tâtons : 

Lors quiert par mon lit et à tast 

Son beau corps qui m'art et esprent. (Fahl. S. Ger. 86.) 

Taste poule. Poule mouillée. (Oudin.) 

Tastep. Tâter, au propre et au figuré : « Quand 
« les deux mareschaulx eurent ainsi tasté et cos* 
« toyé la rivière de Somme, ils retournèrent arrière 
« au roy d'Angleterre et lui recorderent que de nul 
• costé ils ne pouvoyent trouver passage. » (Froiss. 

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TAT 



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TAV 



liv. I, p. 197.) — « Le dit evesque n'avoit encores 
« esté vers luy, délibéra.... d'y aller et taster de 
« lui, en devisant s'il pourroit faire qu'il retombast 
« sur ces propt)s. » (Mém. de du Bell. V, f. 148.) 

Dieus si voudra moult haster 

Et si veut savoir et taster 

li quel sont sorpris de s'amor. (Ma. 7218, f. 57.) 

En ces assauz, souvent hastez 

Fu Bruquerque si près Uiatez 

Qu'à poi que Ten ne Tafole. (G. Guiart, f. 290.) 

Nus ne s'estoit mes apuier 

A la mote vers eus puier 

Nus n'a talent que plus i taate. (G. Guiart, f. S9i.) 

Taste vin. (Cotgrave.) Ivrogne. 

Tastear. Essayeur de vin, ivrogne. « Après 
« lesquels plaisirs la dame prend autant de plaisirs 
« en l'esbat de son mary, comme un bon tasteur 
• de vin d'un petit vin npopé, après avoir gousté 
« d'un hypocras ou d'un excellent vin pyneau. » 
(15 Joyes au mar. p. 67.) 

Taston. Fait sur tâter, comme plongeon sur 
plonger : « Les manches à taston. » (Cotgr.) — « Ne 
« renerent pas à tastons. » (G. Guiart, f. 130.) 

Tastonner. Tûtonner, tâter à plusieurs reprises: 

Ah, que je porte et de haine et d'envie 
Au médecin qui vient soir et matin. 
Sans nul propos, tastonner le tetin. 
Le sein, le ventre et les flancs de m'amie. 

Brant. Dam. gai. II, p. 53. 

Ne VOUS ferai mal, ne ennui, 

Ainz VOUS tasUmnerai le chief. (Ms. 76i5, II, f, 2i0.) 

Tastoyer. Même sens : « Se donnèrent grands 
< coups sur leurs beaulmes et sur les espaulles, et 
« par tout là où ils se povoient attaindre si se tas- 
« ^oj/^nn'ungl'autredesi près...queilssefaisoient 
« chanceler et faisoient saillir le sang de plusieurs 
« lieux. » (Lanc. du Lac, III, f. 53.) — « Ne fys fors 
« tastoyer comment pourroit la dame desvoyer. » 
(Percef. V, f. 112.) 

Tata. Onomatopée reproduisant le son du cor 
pour exciter les chiens : 

Se tu os c'uns chiens le destoma 

A çaus qui ne Vauront oï 

Dois parler, se saches de fi 

Et lor dois dire assez, non po 

Tata ta, taho, taho. (Ms. 7615, II, f. 167.) 

[Taho est l'origine de taïaut.'\ 

Tatemous. Lâches : « Icelluy Jehan et ceux du 
« dit Tappy les avoient tenus pour tatemom. » 
(JJ. 172, p. 309, an. 1423.) 

Tatep. Donner un baiser ou tast: « Pour garder 
« que virginité ne soit maculée, les filles doivent 
« obvier... d'estre baisées et tatées, car le lis repre- 
« sentant virginité pert incontinent sa beauté par 
« attouchemens. » (Les Tri. de la N. Dame, f. 46.) 

Tatignou. Chandelier rond et court. (Oud.) 

Tatiu. 1<» Coup : 

Donnant maint coup et tatin. (V, de Charles VII, II, 38.) 

Tost ont donné un tatin 

A Gautier ou à Martin 

Qui ne s'ose remouvoir. (Desch. f. 78.) 



2*» Potins : 

En voyant sa dame, au matin, 

Prés au feu où eUe se lace. 

Ou est le gent cueur qui se lasse 

De regarder son beau tetin ? 

Alors se dit maint beau tatin 

Quant on s'entretient face à face. (Chass. d^am. p, 170.) 

3» Coup de vin, morceau, instant. On lit de 
Bacchus, chanoine d*Auxerre : 

Le bruit avoit de se lever matin 
Soubs le vouloir de boire ung bon tatin, 
Aux et oignons mieulx aymoit que le sucre. 

Rof . de Golkrye, p. 904. 

Vers eux s'adresse ce mutin 

Disant : attendez un tatin. (Amour, transi, Borel.) 

€ Distribuant un tatin de fromages à ces fac- 
« quins. > (Rabel. I, p. 10.) 

Un tour de bec, dis je, un tatin. (Coquillart.) 

Tatiner. Tâter : 

En remuant Texcrement au bassin 

En guignetant rhypostase ou Furine 

Ou cependant que le poulx on tatine. (Poës. Perrin, 19.) 

Tavan de mer. Guêpe marine. (Cotgr.) 
Tavant. Taon : 

Pour ennuyer des hommes le bonheur 

Le ciel darda les tavants misérables. (L. le Caron, 68.) 

Tavayole. Tavaïolle, linge garni de dentelles, 
dont on se sert à Téglise pour une offrande : • Les 
« offrandes furent portées sur des tavayoles de 
« damas tanné, frangé d*or. » (Fav. th. d'honn. I, 
p. 499.) 

Taudir. Se garantir par un taudis, un gabion- 
nage : « La tranchée que les gens du roy avoient 
mite estoit fort longue, tirant vers Paris et tous- 
jours la tiroient avant et jettoient la terre de 
nostre costé pour soy taudir de Tartillerie ; car 
tous estoient cachez dedans le fossé , où nul 
n*eust oser monstrer la teste. » (Hém. de Comm. 
60.) 

Tandis. 1<> Gabionnage en tranchée : « Pour 
rompre la visée du trait à pouldre et des crâne- 
quins qui... blessoyent beaucoup de monde, Von 
nt un haut taudis de tonneaux pleins de terre et 
de pierres. » (01. de la Marche, I, 231.) — « Fut 
délibéré qu'on feroit mantelets et taudis de bois 
pour assaillir la grande bastille devant Orléans. > 

(J. Charlier, Ch. VII, 21.) — « Il avoit fait faire un 
large fossé bien long et plusieurs taudis posez 
sur tréteaux pour garder les gens d'armes du 
trait. » (Arthur III, connétable, 771.) — De là au 

figuré : « Couvrir veuc mes douleurs d'un taudis 
d'honneur. » (Mjrg. de la Marg. 297.) — 2» « Tau- 
dis ou bastiment composé de plusieurs perches 
fichées en terre, en forme ronde, repliées par le 
dessus et à la sommité. » (Des Ace. Escraignes,2.) 
Taudissé. Abrité par un gabion : « Ils estoient 
taudisse% d'un tertre, et de la terre qu'on avoit 
jette des fossez qui environnoient leur camp. » 

(Cl. de Seyssel, Louis XII, p. 300.) 

Tavellep. Tacheter: « Pour donner grâce à 
ceste riche fourrure (hermine) les pelletiers et 
fourreurs la mouchettent et tavellent de petits 



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TAU 



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TAU 



« morceaux d'agneaux de Lombardie, renommez 
« par leur noir luisant. » (Fav. Théât. d'honn. 881.) 

Tavelure. Moucheture : » Tavelure de toison, 
« de peau. > (Monet.) 

Taverdette. Espèce de peste. (Cotgr.) 

Taverne. 1^ Cabaret : « Eflfort de taverne , » 
violence faite au cabaret. (Pérard, Hist. de Bourg. 
p. 486, an. 1257.) — 2' Dépôt: « Quand les (mar- 

• chands de charbon) seront arrivez au port à Paris, 
« ils l'auront asseure et mis en taverne. » (Ord. 
n, p. 374.) 

Taverneage. Amende due par les taverniers 
quand ils ont vendu le vin à plus haut prix qu'il 
n'avoit été taxé par le juge. (Laur.) 

Tavenaer. 1© Tirer profit d'une chose, comme 
du vin vendu en taverne. (Nicot.) — 2» Fréquenter 
la taverne: « Gens inutiles qui ne servoient 

• rien qu'à boire et manger, taveimer^ jouer. » 
(Branl. Cap. fr. I, p. 254.) 

Tavernerez. Qui fréquente la taverne : 

Tavemerez de vivre dangereux 

Oiii répliquent et qui sont orgueilleux. (Desch. f. 449.) 

Tavernlep, ère. 1* Qui lient une taverne: « Le 
« tavemier s'enyvre de sa taverne^ » de sa propre 
bouteille. (Cotgr.) 

J'ay afiEaire contre une tavemiere 

Qui mes chevaulx veut prendre et essillier. 

Plus ne me veut Uvrer. (Desch, f. SOS.) 

2^ Qui fréquente la taverne : « Si gens sont oiseux 
« ou tavemierSj la justice les doit prendre et les 
« jetter hors de la cité. » (Gr. Coût, de France, 
p. 537.) — 30 De cabaret: « Enseigne tavemiere. » 
(Bigarr. p. 8.) — « Roberie tavemiere , » au ms. 
7615, II, f. 192. 

Taves. Boutons rouges au menton. (Cotgr.) 

Taaidir. Héme sens que taudir: « Commence- 
« rent les pionniers à faire fossez et trenchées et 
« les canoniers à tauldir et charger leurs menues 
« pièces pour battre les creneaulx et deffences de 
« la place. » (J. d'Aut. Annal, de Louis XII, p. 8.) 

Tauldis. 1** Taudis: « Sur eschauffaulx, fenes- 
« très et tauldis^ » dans D. G. sous Tuldum. — 
2*6abionnage: « Engins à tauldiz. » (Vigiles de 
Charles VII, p. 111.) — « Abattirent un tauldis 
€ contre les murailles du chasteau où ceulx du 
« dedans se garantissoient. » (J. d'Aut. Louis XII, 
folio B4.) 

Taule. Table, l*' Sainte Table : 

On nous embleroit nos caUces 

Devant nous, à la taule Dé 

Que ja ne seroit destoumé. (Ms. 7Si8, f. 154.) 

2" Tables de la loi : « Nostre Seigneur ne se 
« contenta pas d'escrire une fois le jugement qu'il 
« avoit porté de la femme adultère, il l'écrivit encor 
« une seconde fois. Li escriture fu dovle si cum 
m furent dovles les taules Moysi. » (Serm. de 
S. Bern. p. 350.) — 3o Etal de changeur : « Le sire 
« de Vignacourt prend dans la ville d'Amiens, en 
« qualité de châtelain et dans chaque taule à chan- 



« geur de monnoye, une poignée de deniers de la 
« monnoye courante en la cité. » (Hist. d'Amiens, 
par le P. Dacre, I, p. 35.). 

Taulpe. Taupe: « Preneur de taulpes, » avare, 
dans Raoel. pronostic, p. 10. — « Enrayé comme 
« un preneur de taulpes. » (Oud.) — « Noir comme 
« une taulpe. » (Id.) — « Aveugle comme une 
« taulpe. » (Id.) — « Royaume des towip^s. «-{Cotgr.) 

— « Fourmaffe de taulpe. » (Id.) — « Fouir aux 
« taulpes » (Id.)^ mourir. — « Fouilleur de taul- 
« pes. » (Id.) 

Taulpetier. Hoine noir: « Le ruffien associé 
« de son taulpetier. » (Rabel. III, p. 250.) 

Taulpla. Corps de la milice française sous 
Charles VII : « Franc taulpin^ > dans Rabel. I, 225. 

Taumler. Insulte, dans Borel , qui cite l'Hist. 
delà diablerie : « M'entens-tu bien, vilain taumiers. » 

Taupe. « Il faut crier à ce sourdaut, comme 
« pour attraper une taupe. » (Moy. de parv. p. 252.) 

— « Un avocat en une ville, un noyer en une 
« vigne, un pourceau dans un bled, une taupe en 
« un pré et un sergent en un bourg, c'est pour 
« achever de gaster tout. » (Bouch. Serées, I, 337.) 

Taiipetore. Eglise de moines noirs, dans Rab. 
IV, p. 124. 

Taupinière. « Taupinière d'assassinateurs» » 
caverne de voleurs, dans Cotgr. 
Taorastre. Peut-être mauvaise lecture : 

Taurastre naissent U aignel 

Les brebis ont rongneuse pel, 

Maigres sont et.n*ont que les os. (Desch. f. iii.) 

Taure. !• Herbe. (Oudin.) — 2» Jeune vache en 
Anjou. (Ménage.) 

Taoreliere. Vache qui demande le taureau. 
(Cotgrave.) 

Taurillon. Jeune taureau. (Cotgr.) 

Taossé. Taxé. (Beauman. p. 12.) 

Tante. 1" Poisson de Marseille, calemar. (Nicot.) 

— 2* « Taute ou orgueil est un billot que les ou- 
« vriers mettent devant quelque grosse pierre ou 
« autre chose, la voulant mouvoir de lui en autre ; 
« puis dessus assient le dos de leurs pinses ou 
« pieds de chèvres ou leviers et mettent le billot 
« sous la grosse pierre, puis foulent et poisent sur 
« les bouts d'iceux outils, et par ce moyen soule- 
« vent la pierre. » (Nicot.) 

Taoter. Appliquer la taute sous le levier pour 
mieux soulever un fardeau. (Cotgr.) 

Taoterisé. « Une veuve demandant à estre 
« diminuée de la taxe qui lui avoit esté imposée 
« pour les fortifications, on m'a trop tauterisée 
« pour les fornications. » (Moy. de parv. p. 247.) 

Taux. Intérêt : « Il en aura le tauj) d'un juge ; 
« il en sera bien battu. » (Cotgr.) — « Hanter sans 
« taux, » sans mesure, aux Contr. de Songec. 127. 

Tant que pour eulx faire mieulx à grever, 
Les deux^ le tiers, font vendre tous les taux 
Tant pour hoste, comme pour marescbaux. 

Dosflhamps, fol. 185. 



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TE 



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TEI 



Tauxa'tion. Taxation: « Afin que vous ayez 
« allégeance de vostre peine , je vous relasehe la 
< tauxation faite de six ans à six ans. » (Froiss. 
IV, p. 304.) 

Tauxe. Taxe : « Tauxe des maisons ou fonds. > 
(Nouv. Coût. Gén. I, p. 1273.) — « Il se fait beau- 
« coup de frais qui ne viennent point en tauxe. > 
(Nicot.) 

Tauxer. Taxer : « Le comte de Warwich fut.... 
« tauxé à telle pénitence que je vous diray. » 
(Froiss. ÏV, p 293.) — « Il ne paieroit rençon fors 
« que il meismes se vouldroit tauxer. » (Hisl. de 
Bertr. du Guescl. p. 298.) 

Taoxeur. « Tauxeur de despens, » commis à 
taxer les dépenses. (Nicot.) 

Tax. Taxe : « Les exeques et funérailles d'un 
« trespassé au tax de justice sont à préférer avant 
• toutes debtes d'hypolecques. » (Coût. Gén. II, 
p. 916.) 

Taxaté. Taxé : « Taxaté d'un despens. • (Cotg.) 

Taxe. Intérêt, au masculin : • Qui preste 
« argent à interest, au taxe du prince. » (N. C. G. 
II, p. 1089.) 

Taxeur. Qui impose la taxe. (Cotgrave.) 

Tayau. Taïaut, cri de chasse. (Desch. f. 179.) 

l.Taye. 1' Zest d'une noix. (Rob. Est.)-— 2o 
Moelle da pin dont le peuple se sert en guise de 
chandelle. (Cotgrave.) 

2. Taye. Aïeule : 

Lors te fera eUe venir 

Son oncle, son cousin, son firere, 

Son ayeul, sa taye, ou sa mère. (Desch. f. SiO.J 

Tayeux. Qui a des taies sur les yeux. (Cotgr.) 

Taygans. Qui respire avec difficulté; teguer 
en Picard : « Vers lui s'en vint lasse et taygans. » 
(Rose.) 

Tayon. [1" Aïeul : « A Jehan Dernier son tayon, 
« à Jehan son père dire ces nouvelles. » (Réc. d'un 
bourg, de Valenc. au XIV* siècle, p. 64.)] — « Je 
« congneus bien vostre père de veue et vostre 
« tayon. » (Percef. II, f. 96.) — 2* Arbre de 60 ans 
et au-dessus ou de trois âges; plus vieux d'une 
coupe que leperot^ qui est lui-même d'un âge au- 
dessous du baliveau : « Gros chesnes comme perots 
« et tayons. • (Nouv. Coût. Gén. I, p. 360.) — « Est 
« un chesne dit et nommé perot, quand il a les 
« deux aages de la couppe du boys, et tayon 
« quand il a les trois aages d'icelle couppe. > (G. 6. 
I, p. 610.) 

TaypL Tari : « La gloire voyent des Genevois 
« tayrie. » (J. Marot, p. 75.) 

1. Te. Tels: 

D'un pere et d'une mère 
Naissent sovent te frère 
Dont guerre sort et muet. 

Prov. da Vilain, nu. S. Germ. f. 74. 

2. Te. Forme picarde, ta : 

Warde que te maiu plus n'i mete, 

Ne que plus ne t'en entremêle. (Ma. 7989% f. 2i2.) 



Tece. Qualité : « Estoit si entecies de bonnes 
« teceSj qu'en lui n'en avoit nulle mauvaise, se 
« bone non. • (Ms. 7889% f. 70.) 

1. Teche. !• Qualité : • De deux teches assez 
« example bone et fine. » (Ms. 7218, f. 180.) — ^ 
Tache, défaut : « Sans teche et sans pecbier. » 
(Chans. du comte Thibaut, p. 5.) 

2. Teche. Travail, tâche : 

Tel nombre en rot sus le rivage 
Près des vessiaus à terre sèche 
Que je n'ai du deviser tecfie. (G. Guiart, f. SiO.) 

Tecque. Couverture ou écaille, selon un ancien 
et rare ms., avec de belles miniatures en velin, du 
mariage de PoUion et Euridice, f. 27, appartenant à 
M. Claude Martin, docte et curieux médecin de 
Paris. (Borel.) 

Tedieux. Fastidieux ; terme pédantesque dont 
on reproche à M. de Villeroy de s'être servi dans 
ses Mémoires. (Mém. de Sully, XII, p. 7.) 

Teent. 



Se mineur devant se tiennent 
Qui pour Ânglois atainer 
Commencent le mur à miner ; 
A picquois de près les teent. 



(G. Guiart, f. 78.J 



Tegure. Maison, chaumière : 

Où combien est heureux ceUuy ou celle 
Qui sans partir de son tegure et selle 
Peult, au secret de ce joyeux pourpris, 
Fleurs recueillir, que ailleurs on a pour pris. 



p. S55. 

Te igitiir. Le canon de la messe qui commence 
par ces mots latins: « On juroit sur le te igitur, et la 
« croix que les contrats contenoient vérité. » (C. G. 
II, p. 665.) 

Teigaasse. « Les teigneux ont esté des pre- 

• miers à prendre la perruque, et comme ils n'a- 
« voient pas soin de les tenir bien propres et bien 
« peignées, on a donné le nom de teignasses aux 
« perruques mal peignées. » (De Thiers, livre des 
perruques, p. 29.) 

Teigne. !*> Maladie des poils et des plu mes : - Si 
« vostre oysel a les teignes en Tesle ou ailleurs, 
« prenez une pierre de chaus bien vive et la metez 

• en un bachin où il ait de bêle eaue. » (Modus, 
f. 131.) — 2« Maladie des végétaux : « Teigne de 
« lin. » (Colff.) — 30 Proverbe : « Cela tient comme 
« teigne. • (Cotgrave.) 

Teigneresse. Teinturière. (Gloss. lat. cité par 
Du Cange, sous Tinctrix.) 

Teigneus— ous. Teigneux : « Herbe aux tel- 
« gneux. • (Cotgrave.) — • Trois teigneux et un 

• pelé. » (Cotgr.) — « Jamais teigneux n'aima le 
« peigne. » (Id.) — « Femme trop piteuse fait sa 
« famille teigneuse. • (Id.) 

Ne fust contret 

TeignouSf ort ne truant. (Ms. 76i5, II, f. i39.] 

Teille. i« Ecorce du lin, du chanvre. (Cotgr.) — 
« On pipe les oiseaux d'une pipe de bois où l'oa 
« met une teille bien parée qui est d'autant de 
« siglentier. » (Mod. f. 185 ) 



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Teincturerie. Métier, boutique de teinturier. 
(Rob. Est.) 
Teindre. Enduire, frotter: 

D*Dne jeune herbe a teint son vis 

Et sa gorge et ses mains aussi. (Ma, 7996^ f, 37.) 

Teint. !• Partie. Parlant de la pierre appelée 
ceraunie et de ses espèces différentes, on lit « qu'il 
« y en a une meslée de deux couleui^, c'est à dire 
« qu'elle est teint à cristal, et teint à bloc. » (Marb. 
art. 28, c. 1662.) — 2^ Subst. « Joye au cœur fait 
« beau teint. » (Cotgr.) 

Teinter. Faire sonner comme la corde d'un arc 
qu'on tire. (Cotgrave.) 
Teinture. Teint. (Brant. dam. gai. I, f. 120.) 
Teinturier. • Pelletiers, megissiers, teinturiers 
« de taille, barbandiers et autres de semblable 
« estât. • (Ord. II, p. 385.) 
Teion. Nom de chien. (Eutrap. 113.) 
Tel. l» Adj. « Tel est nostre bon plaisir, » for- 
mule introduite par François I" dans les ordon- 
nances pour l'imposition de la taille. (Hém. de 
Sully, VIII, p. 455.) 

Tel plentô d'aumaiUes i trouvent 

Et tant en ot à l'ost grant presse 

Con i peust un buef de Bresse 

Tel foiz fu ce, doit on savoir 

Pour un tournois d'argent avoir ; 

Autres vivres y seurondoient. (G. Chiiart^ f, S49.) 

Volé en sont tuit li piot, 

C'est à dire que tel t ot 

Mieu escient, qui les enporte. (M s. 7Si8y f. ii5.) 

2» Tellement : 

Grâce y a ouvré 
Et foui plaisir ce sont li dui degré 
Dont maint coquart vont à la haulte bonne, 
Sanz lesquels deux, li bon sont tel niené. 
Car ils ne sont remeris de personne. (Desch. f. 28.) 

Telant. Gras, en parlant du vin. (Colgr.) 
Tele. Toile du haubert: « Chauces, teles^hBLU- 
• berc et hiaumes. » (Partonop. f. 152.) 

Telin. « Estoit loisible à quiconque eust voulu 
« de joindre de quinze sortes d'onguens, de safran, 
« nard, cinamome, telin. » (Du Verd. bibl. p. 205.) 

Tellement • Conclurent ceulx de Crathor avec 
« le Jouvencel de lever le siège, et tellement que 
« la chose fut entreprinse. » (Le Jouv. p. 128.) 

Telline. Poisson à écaille, tendre et délicat. 
(Cotgrave.) 

Tembep, nt. Poivre bâtard. (Cotgrave.) 

Téméraire. « Il fut proposé comment.... on 
« pourroil faire faire une sortie téméraire à ceux 
« delà ville de Gand, affln... de pouvoir prendre 
« sur eux... vengeance de leurs hautaines et grandes 
« entreprises. • (Matlh. de Coucy, Charles VII, 655.) 

Temeréement. Témérairement. (Cotgr.) 

Temotte. Tumulte : - Tel temotte i ot de gent.» 
(S- Leocadie, S» Germ. f. 26.) 

Température. Tempérament , complexion : 
« Alexandre estoit d'une température plus sanguine 
« colère et ardente. • (Mont. Il, p. 736.) 



Temperement. Modérément. (Cotgr.) 

Temperie. Même sens : « Les hommes... disent 
• que nostre temperie est froide et humide. » (Caq. 
de Taccouchée, p. 159.) 

Tempes. Tempête : 

En la haute joie de la sus avenir 

Ou tempes ne orages ne s' puet espaorir.^Afs. 7Si8, 335. J 

Tempeste. 1« Orage : • Tempestes cheurent en 
« aucuns lieux si grandes qu'elles destruisirent les 
« villes et les blez. • (Chr. de S. Den. il, f. 25.) — 
« Cruelle est la tempeste quand on n'en puet re- 
« cueillir aucune chose. » (Percefor. Ill, fol. 73.) — 
« Feit telle tempeste de temps que mourut plus de 
« trois cent soldats... pour la tourmente et les froi- 
« dures qu'i feirent. • (Mém. de du Bellay, 111, 82.) 

— 2* Tonnerre: • Bruit tel que Fen n'eust pasouy 
« Dieu faire tempeste tonner. » (Percef. III, f. 9.) — 
3® Tumulte: « Par dessus les batailles.... avoyent 
« voilé grand foison de corbeaux, en démenant 
€ moult grand tempeste. » (Froiss. 1, 152.) — • N'y 
« avoit bruit ne tempeste. » (Le Jouvenc. p. 177.) 

— « Deux pots au feu signifient feste, et deux 
« femmes font la tempeste. • (Cotgr.) 

Le grand Cerbère est portier à trois testes ; 

Abboye ici trois horribles tempestes. (Du Bellay, f. 268.) 

4* Ennui : « Jambon Breton et Santon finirent 
■ misérablement leur vie, et dame Félicité enten- 
« dant ces nouvelles fut fort joyeuse estant délivrée 
« de telle tempeste. » (Nuits de Strapar. I, f. 397.) 

Qxii bevra à le hanepel 

Il ara de ça mal tempeste. (Mod. f. 2i7.) 

Tempeste. Tempête : 

Quant ele vit les hautes ondes 

Desmesurées et parfondes, 

Et ele voit le grant oré 

Qui amenoit la tempeste 

Li cors de li estoit tant liés 

De riens ne cremoit ses pekiés. (Sorb. 6i, c. 7.) 

Tempestep. !• Bouleverser: 

Yre qui ainsi la tempeste. [G. de la Bigne, f. 35.) 

2« Enlever : * Lui (Job) furent tempeste% ses .x. 
« enfans. » (Doctrin. de Sap. f. 4.) — 3« Quereller: 

Serjanz sont au lonc des espées 

Près des deffences en estant 

Qui se vont entre tempestant. (G. Guiart, f. 324.) 

Tempestis. Vacarme : « Il menoit un tel tem- 
« pestis et un tel brouillis qu'il sembloit que tous 
« les diables d'enfer fussent la dedans avec lui. » 
(Froiss. III, p. 153.) 

Tempestueusement. Comme une tempête : 
« Il se partit en telle manière de la montoigne et 
« s'en alla si tempestueusement et à si grant erre 
« qu'il sembloit que ce fust fouldre et tempeste à le 
< veoir aller. » (Lanc. du Lac, II, f. 94.) 

Tempestueux. Tempétueux : « Grande tour- 
« mente pour le moins aussi tempestueuse que 
« celle de Pantagruel. » (Dial. de Tahureau, 178.) 

Templer. !• Tempéle : 

Cel an qui en lundi commencera, janvier 

Sera moult fort ; quer (car) de glace, de tempier^ 

Déluges et tempestes sera et morteté ; 

Maint jone homme charront en grant enfermeté. 

Mf. 7218, fol. 207. 



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2» Désordre : 



Cil sont de moi meisxnes qui mo font fframoier 
' * » tel tempier, 

llf«%18.fol.346. 



Cil provos est mon cuer qui meine tel tempier. 



Temple. Ordre des templiers : « Entre les laiz 
« et ceux du temple. » (Desch. f. 468.) — « Le tem- 
« pie et Vospital murent de Jaffe à prim soir, et 
« chevauchierent si qu'il furent au jor près de 
« Cadres. » (Martène, t. V, c. 720.) 

Temples. Tempes : « Par la protection des yeux, 
< nature a ordonné les deux temples^ ainsi appel- 
ce lées par ce qu'elles meuvent toujours comme le 
c temps qui est chose nécessaire pour faire le sens 
« et le mouvement des yeux ; car par ces temples 
• ou tempes, ces esprits virtuelz sont portez par 
« certaines petites vaines et petils nerfs depuis le 
« cuer jusques au cerveau. » (Les Triomphes de la 
Noble dame, f. 95.) 

J'ay de leurs bontez mille exemples 

Voire, par Dieu, plaines mes temples 

Pour faire et escripre un grant livre. (Desch. f. 556.) 

Templette. Bandeau : 

Âmeine aussi les offrandes monstrées 

Et les brebis à l'autel consacrées ; 

Toy mesme fais que ta teste soit caincte 

De vêtement, d'une templette saincte. (Du Bellay, 242.) 

Templier. Proverbes: • Orgueil de templiers. » 
(Poët. av. 1300, IV, p. 465.) — « Boire comme un 
« templier. » (Rabel. 1, p. 25.) — « Servir comme 
« templiers pour noient. » (Poët. av. 1300, II, 926.) 

Templieres. Tempes : 

Aux templieres que vi apertes 

Apparut qu'ele ot teste blonde. (Ms. 72i8, f. 280.) 

Tempoire. Espace de temps : 

Tous ces trois cl sont dolereuse prise 

Et pour ce sont en brief tempoire mat. [Desch, f. 60.) 

En cel estât, en ce déduit, 

Fui je à Ortais un lonc tempoire, (P. de Froiss. p. 429.) 

Temporaire. < Provisions ainsi concédées ne 
« sont que temporaires. » (Mém. de du Bellay, 1. V, 
fol. 137.) 

1 . Temporal. Qui appartient aux tempes, (Cotg.) 

2. Temporal. Tempête : « Pendant qu'il ne fait 
« temporal, et que nous sommes icy, à l'ancre en 
« ce lieu de seureté et repos. » (Pasq. Rech. p. 894.) 

Temporalité. 1* Juridiction séculière : « Ils 
« remirent le patriarche en son siège, et pour faire 
« le divin service furent rentes ordonnées pour le 
« clergé, puis ordonnèrent Buyemont prince d'An- 
« tioce pour la tempoi'alité. » (Tri. de* IX Preux, 
p. 477.) — « En la court Dieu, en temporalité. » 
(Desch. f. 267.) — 2o Biens temporels : « Temporalité 
€ des evesques. » (Chron. de S. Denis, II, p. 32.) 

Tempore. Circonstance, occasion : 

Puis que tel grasce me baillées, 

Qu'el tempore m'arés en garde. [Poês, de Froiss, p. 92,) 

Temporel. Adj. Commis en ce monde, en ce 
siècle : 

.... Sire, nos temporels péchiez 
Nous pardonne, vrais pères, dont sommes entechiez. 

Ml. 7218, fol. M7. 



Subst. Biens temporels ; par opposition à biens 
d'église : « Constituer son temporel pour et au lieu 
« de plege. » (C. G. II, p. 577.) 

Temporeoment. Temporellement : < Nous 
« créons que li drois dou père et de la mère 11 soit 
< descendus temporeumenty et par le baptesme li 
« hiretage de paradis espirituelment. » (Beaum. 105.) 

Temporèus. Temporels : 

Je te délivre, amours, tous mes fais temporetis. 

Car tu es mon Dieu corporeus. (Poês. de Froiss. p, H9.) 

Vains sont tous ces biens temporeux 

Faux, decourables, périlleux, 

Qu'on acquiert à dueil et à paine. (Desch, f, 264,) 

Temporisement. Action de temporiser : « Ce 
« brave prince (Cosme de Medicis) se comporta si 
« bien avec son temporisement,.. qu'avec le temps 
■ il se rendit paisible duc de Florence. » (Brant. 
Cap. estr. Il, p. 21.) 

Temporiser. 1» Passer le temps : « Quand les 
« deux jeunes princes eurent celle nuyt temporisé 
« avec leurs femmes jusques au lendemain... ils se 
« levèrent et se tindrent à bien heureux. » (Percef. 
IV, f. 34.) — 2* Patienter: « C'estoit souvent contre 
<^ sa volonté que la dite Agnès portoit si grand 
« estât, mais pour ce que c'estoit le bon plaisir 
• d'icelle règne, il temporisoit au mieux qu'il pou- 
« voit. » (J. Chart. Hist. àe Charles Vil, 191.) 

Temporiseux. Qui temporise. (Cotgr.) 

Tempraace. Température : « Temprance de 
« l'air. » (Règle de S. Benoît, ch. 55.) 

1. Tempre. De bonne heure: « Soit tempre ou 
« tart, on le doit en gré prendre. » (Valic. 1522, 
fol. 166.] — « Leva la matinée si tempre que le.... 
« chevalier Lyonnel n'estoit pas encore esveillé de 
« s'endormir. » (Percef. II, f. 111.) 

A grant paine 
Ne tieng un jor en la semaine 
De li veoir, ou tempre ou tart, 
Si m'est avis, quant je me part 
De li, que je doie morir. (Ms. 12i8^ f, 247,) 

EUe demoure tempre et tart ; 

Elle marchande, eUe a sa part 

De tout ce qu'on vent et achate. (Desch. f. 514.) 

Tempre ne tart, ne jor, ne nuit 

Il n'ont chose qui les desplese. (Us, 7218, f, 59.) 

« Il est encores tempre et avons du jour assez. » 
(Rom. de Percef. I, f. 27.) 

2. Tempre. Engrais : « Les pailles, tempres, 
« stucs et engrais qu*ils ont sur ou dans la terre se 
« doivent priser. » (N. C. G. IV, p. 410.) 

Temprement. Bientôt : « Le (Ils de madame 
« d'Estampes, seur d'Orléans print temprement la 
« possession. » (Vig. de Charles VII, t. II, p. 166.) 

Car temprement de li aurai 

Nouvelles, si conune je Tespois. (P. de Froiss. p. 178,) 

Dame, se je n'ai pas vos alejance 

Ma vie me convient temprement fenir. 

PoéC.ir.l300,t.I, p. 74. 
Apres luy vindrent temprement 
Deux grans ribaux fors et entiers. 

Vig. Je Charles Vn. t. U. p. 7. 



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23 — 



TEN 



Tempre-menre. Fille de bonne heure idoine 
au mariage. (Cotgr.) 
Temprer. Tremper, au propre et au figuré: 

Certes le meffet sera grant, 

Ou vos cuers sera durs temprés 

Se n'estes vers lui atemprés 

Et se Tostre amistiez n'aquiert 

Puis qu'en plorant merci requiert. (Ms, 72i8, f, 359,) 

Buvez un soutil rouge et cler 

Et le fàictes d'eaue temprer. fDesch, f, 485.) 

Temps. Expressions : i" « Ou si aucun estoit 
« envoyé en ambaxade devers les adversaires, ou 
« pour les espier, et il relevoit sa légation, il en- 
« couroit pareille peine ; et a esté par temps que 
« on boucnoit les yeux aux prisonniers, quant on 
« les mectoit en une ville. » (Le Jouvenc. p. 249.) 
n a été un temps où .. ~ « les Anglois ne sont pas 
« communément bien fermes en leurs promesses, 
« mais très souvent varient et vivent avec le temps,* 
(Hist. de la Toison d'or, 1. 1, fol. 81.) — « Temps de 
« forgas. » En Normandie^ temps accordé après la 
vente des biens, au propriétaire, pour les recouvrer 
ou payer ses dettes ; lequel temps passé il n*y peut 
rentrer. (Cotgr.) — « Temps de pouldrette, » saison 
où le laboureur brise les mottes de terre. (Cotgr.) 

— « Bon tempSj mau temps. » (Id.) — « Faire le 
« guet au temps. » (Id.) — « Galler le bon temps^ » 
faire bonne chère. (Id.) — « Du temps qu'on se 
« mouchoit sur la manche, ou que les roys se mou- 
« choient à leur manche, ou faisoient de leur man- 
« che un mouchoir. » (Apolog. d'Hérod. p. 427.) — 
« Du temps que les bestes parloient. > (Apologie 
d'Hérodote, p. 426.) — « Temps de demoiselle, il ne 
« fait ny poudre ny soleil. » (Cotgrave.) — « Qui a 
« temps a vie. » (Mém. de Bassomp. I, p. 263.) — 
« Quant temps en est, on doit ouvrer. » (Poës. 
d'Al. Chart. 719.) — « Le temps ouvre. » (Cotgr.) — 
« Le temps n'est pas toujours en bonne disposition.» 
(Cotgr.) — « Qui prévient le temps, fort souvent il 
« s'en plaint. » (Mém. de Sully, IX. 476.) — « Temps 
« de madame de Havre. » (Oud.) — « Le temps va, 
« vient et passe. Fol qui ne le compassé. » (Cotgr.) 

— « Avec le temps et la paille Ton meure les 
« mesles. » (Id.) — « Avec le temps, l'on moissonne.» 
(Id.) — « Ingratitude asseiche les fonts. Et le temps 
« renverse les çonts. » (Id.)— « Tout à temps vient 
« à rbostel qui mauvaises nouvelles y apporte. » 
(Lanc. du Lac, lll, f . 5.) — « Beau temps vient après 
« pluye et orages. » (Clém. Marol, p. 203.) — « Du 
« temps du roy Guillemot, on prenoit les hommes 

• au mot. (Oud.) — « Quand le temps fut rescouce 
< et la lune fust levée. > (Lancel. du Lac, II, f. 86.) 

— « Gallafar le noble roy.... avoil bien changé son 
« temps de mesaises de cuer, de pensées et de me- 
« lancolies ennuieuses à soûlas, à joye et à toute 
« bieneureté. » (Percef. VI, f. 66.) — « Nous haul- 
« sants et vuidans les tasses, s'est pareillement le 

• temps haulsé. » (Rabel. IV, p. 277.) 

On doit le temps ensi prendre qu'il vient, 
Tout dis ne poet durer une fortune ; 
Un temps se pert et puis l'autre revient. 

Poésie de Frotosart, p. 337. 

Tei^ptation. Tentation : « Voulons et ordon- 



« nous que d'aucuns excez ou temptations estoient 
« d'ores en avant faits contre la dicte paix, que 
« pour ce, la dicte paix ne sera aucunement rom- 
« pue. » (Monstrel. I, p. 218.) 
Tempté. Tenté: 

Foibles hommes 
Qu'en trois manières tempté sommes ; 



puisapr 
Et où pechié trop nous gisons. {Ms. 72i8y f. ilS.) 

Temptement. Tentation : 

Ains pms temptement ne U meit (Ms. 7218, f. 294.) 

Sovent de celui li souvint 

Qui ele avoit mis en ostage 

A l'église devant l'yma^e, 

Sovent prie qu'il la garisse 

Que par temptement ne guerpisse 

Geste vie jusqu'à la mort. (Ms. 7218, f. 318.) 

Tempour. Tendresse : 

Tel temrour 
Ne fait que de grief et d'erreur, 
Le veU à mon fovoir getter. (Desch. f. 199.) 

Tems. Temps : « Du tems que les roys estoient 
« bergers. » (Apol. d'Hérodote, p. 427.) — « Du 
« tems qu'on se cachoit pour prestrer de l'argent. » 
(Apol. d'Hérod. p. 426.) — « Après laid tems, voit 
«•on le cler soleil. » (Molinet, p. 146.) — « Il faut 
« prendre le tems si comme il est. » (Desch. f. 13.) 

Tea. Moites de tan : 

L'autre crie : Qui veut letenf 
L'autre crie : La bûche bonne, 
 deus obole le vous done. (Ms. 7218, f. 246.) 

Tenable. !• Solide : « Fermes tenables et val- 
« labiés. » (Ord. III, p. 429.) — 2* « Cette ville est 
« tenable, c'est à dire deffensable contre Tennemy. » 
(Nicot.) — 3* Partisan : « Les tenables et favorables 
« du comte de Foix. » (Froiss-liv. III, p. 260.) 

Tenacemeat. Avec ténacité. (Cotgr.) 

Tenaillade. Action de tenailler. (Cotgr.) 

Tenaille. !<> Outil : 

Tenailles et souflet 

A fere son fouet. (Oustill. au Villain.) 

m Je feray referrer les crampons de meseschelles 
« de bois; je feray aussi habiller mes tenailles, 
« mes ciseaulx et toutes mes chevilles. » (Le Jouv. 
f. 25.) — 2* Torture : 

Si tost que de te voir je n'ay plus ce bonheur, 
Âussitost ce cruel me met à la tenaille, 
D'un regret importun qui tousjours me travalQe, 
Sans donner, tant soit peu^ de trêve à ma douleur. 

Berg. d6 R. BeUeau, 1. 1. p. 58. 

30 Croix de Saint- André : « Ranger l'armée en 
« tenaille. » (Oud.) 
Tenance. 1*" Lassitude, ennui, préoccupation : 

Noise ne tenance. (Ms. 7218, f. 138.) 

2o Dépendances: « De toutes les circuitez, et 
« contrées de France, et tenances. » (Froiss. II, 
p. 201.) — 3« Fief, héritage : « Lesqueles tenances 
« devant devisées sont prisiées bien et justement à 
« .XXVI. livres et onze saudées de terre. » (Du Cange, 
sous Tenentia, à Tenere, 1.) 



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TEN 



Tenant. !• Celui qui, dans un tournoi , tient 
contre tout venant: « Avoit M. de Laval premier 
« tenant un grant More qui le menoit sur les rangs 
« et fut le marquis de Montferrat le premier des 
« venans. » (Rob. de la Mark, p. 15.) 

Mon tenant donne à aucun un destrier, 

A l'autre donne palefroy ou courcier. (Desch, f, i92,) 

^ Lieutenant: « Nul des auditeurs, ne leurs 
« tenans. » (Ord. Il, p. 5.) — « Frère Goufier fu fait 
« commandeor, grand tenant lieu de maistre. » 
(Marlèn. V, p. 746.) — 3* Avare : « Large d'avoir et 
« tenant de merchi. » (Poët. av. 1300, 111, p. 999.) 
--s4*> Dépendances: « Il avoit épousé une telle, 
« laquelle il cottoit par tenans et aboutissans. > 
(Am. ressuscit. p. 488.) — h'^Locut. adv. Ensemble: 
« S'en vonl joinz comme en un tenant. » (G. Guiart, 
f. 347.) — « Trois fois le baise en un tenant. » 
(Hist. des 111 Maries, p. 111.) 

Tenaule. Vassal : « Quand aux hommes de fief 
« alioeliersetgensdeloy, soient eschevins tenantes 
« ou hommes terriens que les dits sergens pren- 
• dront pour mettre la main aux biens, chascun 
« homme de flef ou alloetier aura sur son lieu 

« quatre patars et chascun eschevinage ou 

« tenaule, un droit de loy. » (N. G. G. II, p. 108.) 

Tence. Dispute : 

Sont assis pour ouir la tence 

Et por deviser la sentence. fOvide, ms.) 

Tencer. Disputer : 

En songeant, ce m*estoit advis ; 

Car je veois vis à vis 

Folie qui le sens tençnit 

Et d'aUer devant s*efforçoit. (Desch, f, 265,) 

Tenchlep. Même sens : 



, Sorb. LX. c S8. 



[Ms.7989^jf,2i2.) 



(Ms. 72ià, f, 237,) 



Guides tu contre Diu tenchier f 

Vin dot I 

Tenchon. Dispute : 

A le noise et à le tenchon 
Entra U prestres en maison. 

Tenclep. !• Disputer : 

Por ce fet U bon tenir 

De bobancier 

Et de jongler, et de tencier. 

2o Dispute : 

Ja preude famé ne sera, 

Cui U tenciers abelira. [Us. 72i8, f. iSi.) 

Tençon. 1« Dispute : 

De honte ont à lor volenté 

Beu à nuns et à setiers, 

Outrages, qui est bouteilUers 

Les sert de honte, sanz tençona. (Ms. 76i5, II, f. i88.) 

2* Plainte : 

.... Cil qui n'ert en soupeçon 

Ne savoit mie la tençon 

Ne le duel que celé menoit. (Ms. 7218, f. 352.) 

Tençonner. Discuter : 

Cil qui savoit de la nuit Teure, 

Vest sa robe et se lieve seure, 

Et va ses matines soner 

Qui oït moines tençonner, [Ms. 72i8, f, 297.) 

Tendance. Désir : 

Por çou mes toute ma tendance 

En amer, sans boisier, 

Ferai ma pénitence. fP. av. i300, III, p. i055.J 



Tendant. Qui étale : < Tendan% et marchanz 

• de poisson. » (Ord. II, p. 207.) 

Tendeurs. 1*" Qui étale : « Les diz marchanz 

• tendeurs et pescheurs. » (Ord. II, p. 208.) — 2* 
Qui tend un filet : 

Il se débat sur Therbe verd 

Pour le fiUé qui l'a couvert, 

Et voit le tendeur y venir ; 

Si cuide maintenant mourir, 

Quant lui court sus hastivement, 

Et à ses dures mains le prent. (G. de la Bigne, f, i.) 

Tendlere. Extrait : « Murs moictoyens entre 
« deux voisins peut estre percé pour asseoir 
« somiers, pennes, tendieres ou consoles en adver- 
« tissant le voisin. » (N. C. G. II, p. 408.) 

Tendis. Tandis que : 

Ce promistrent il par fallace ^ 

Et le roy, qui plain fu de grâce 

Les reçeut ; ce fut tendis. (Ms. 68i2, f, 8i.J 

Tendon. !<> Piège, filet tendu : 

Je voy Tortie et le chardon, 

Le jonc marin et la cicue, 

La cauppe treppe et le tendon, 

Et toute herbe qui point et tue 

Ou qui à tout mal s esvertue. (Desch. f. 7.) 

2<» Extrait : « Poutres, tendons et sommiers. » 
(Nouv. Coût. Gén. II, p. 1089.) — 3o Extrémités 
clés muscles : 

Je n*ay membre sur moy, nerf, ny tendon, ny veine 
Qui ne sente d'amour l'amoureuse poison. 

Remy Belloaa. I. p. 58. 

1. Tendre. !<> Etablir son camp^ dresser ses 
tentes : 

Au tierz jour s'est Tost esmeue 
Qui se rêva tost à Festendre, 
Devant les murs de Tille tendre. 
Parmi Henaut i a Fost fendant, 
Devant Tournai se vont tendant. 
Le quieus à grans os là tendi; 
Mes U dux pas ne Fatendi ; 
Ses hommes du siège leva. 

2* Donner Taumône : 

Mais teus tent mains, qui retrait don, 

Ensi donne à loi d'enfançon 

Amours ses biens en retraiant. (Vat. i490, f, 57.J 

Tout ai nus povres tendu ; 

Ne m'est remez vaUlant un sac (Ms. 7218, f. 298.) 

3® Fournir une course : 

Et puis s'en vait grant aleure. 
Plus que galoz ne qu'anblure. 
Mais tant con cheval li puet tendre, (Blanch. f, 177,) 

4* Se diriger : « Di moi quel part vous devez 
« tendre. • (G. Guiart, f. 145.) — 5*» Viser, songer 
à : « Je scay bien, dit la cbambriere, que le ribaut 
« y a bien tendUy mais il n'y a bomme au monde 
a a qui ma dame veuille autant de mal comme elle 
« fait à luy. » (15 Joyes du Mar. p. 195.) 

A celle court l'un prant sur les gabeUes, 

Et Fautre tent ses compains soit demis 

De son estat^ sans ce qu'il soit oîs. (Desch, f, 17.) 

Amours, jamais rien ne celas ; 

Tu sçais que depuis ja tendis 

A l'aimer bien, tu l'entendis : 

Fay tant que d'elle aye soûlas. 

Loyer des PmiImb Amoun, p. 804. 



(G. Guiart, f, 361.) 
(Id, f. 333.) 

(Id, f, 22,) 



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TEN 



— 25 - 



TEN 



 nului, sire, ne tendoie 

Si de cuer de son mariage 

Ck)mme à vous. (Ms, 7218, f, 35i.) 

Si que je veul pour mieux entendre 

De voir à quoi me puisse tendre 

Soit de merci ou descendit. (Ma, 6813, f. 1.) 

« Qui à aise tendy aise lui faut. • (Colgrave.) — 
« Qui à asne tend^ à asne vient. • (Id.)— 6* Etendre 
vers; 

Soudoiers qui le son entendent 

Les mains aux armeures tendent. [G. Guiart, f. S61.) 

7» Tendre un filet, au propre et au figuré : « On 
« ne doit tirer ne tendre aux pigeons de coulom- 

« biers avec filelz, glus ne pareillement tendre^ 

« ne tirer aus garennes, si on n*a droit de ce 

« faire. » (C. G. II, p. 778.) — « Oyselleur qui ten- 
« doit aux champs aux oyseaulx. » (Chroniq. se. de 
Louis XI, 306.) — « Bestes noires bien seuflfrent que 
« l'en leur tende de près. » (Mod. fol. 63.) — « Cil 
« pert son sens qui, sans mœute, veult tendre. » 
(Valic. 1522, fol. 166.) 

Le saige homme 
Par son sens et par sa clergie 
Qui sçara l'art d astronomie 
Et qui timt jusques la ses toiles 
Dominera les estoiUes. fDesch, f. 411,) 

8" Bander un arc, une arbalète: 

Ârt)alesti6r8 de France tendent 

Et ordonnéement se bessent. (G, Guiart, f» 255,) 

90 Gonfler : « Plus envis doit on rompre que ten- 
• dre. » (Vatic. 1490, fol. 165.) - « Il n'a veine qui 
« tend, » (Cotgrave.) — lO» Etendre la main pour 
prêter serment : 

Tendre vous fault la main aux sains; 

Tendez, — Voulentiers, beau compains, 

Jurez le saint sacrement, 

Yostre foi, vo baptisement, 

Tous les sains, toutes les sainctes. (Desch, f. 374.) 

llo Tendre la main pour mendier : 

Qui n'avoit pas la teste saine, 

Âins vous di qu'il Favoit si plaine 

D'une diverse maladie... 

Que nus n'i osast la main tendre, (M, 7218, f. S86.) 

12» « Tendant, » avec tension, avec effort : 

Or me menez vous trop tendant, 

Fet li sires qui toz fu pris. (Ms, 7218, f, 2,) 

13* Disposé à : « Oncques nus si biaus dons ne fu 
« tendue à prendre. » (Ms. 7218, f. 180.) 

2. Tendre. 1** En parlant des yeux : 

Ele a tendre les yeux. (Ms, 7615, II, f. 179,) 

^ Pitoyable: « La pucelle qui estoit jeune et 

« tendre dit à son amy cher frère, j'ay bon 

m appétit, se nous avions que manger. » (Percefor. 
V, foi. 35.) — 3' Fin : « Et vest une roube moult 
. tendre. » (Ms. 7615, II, f. 124.) - 4" Plat: « De 
c pecune un peu ma bourse est tendre. > (Clém. 
Marol, p. 268.) — 50 Délicat : 

.... Hastivet 

Qui s'eschauda quant le brouet 

Huma, quar la lûigue si tendre 

ÂToit, qu'il ne pouvoit attendre 

Qu'U fut froit. (Gace de la Bigne, f. 92,) 

6* Susceptible : < Si par inadvertance, il m'es- 
« chape quelque mot qui puisse déplaire aux dits 



« seigneurs , si d'advenlure ils estoient tendres 
• d'oreilles. • (Mém. de Du Bellay, IV, fol. 13J.) — 
70 Faible : « Bennucq qui est le plus tendre dit à 
« son cousin Passelion : J'ay faim, que mangerons 
« nous? » (Percefor.)— « Lasches et tendres de 
« cœur. » (Chron. de S. Denis, II, f. 40.) — 8* Mou, 
amolli : 

Plus ara esté tendre et aise, 

Plus sera puni et punaise 

Sa charoigne et plus corrompue, 

Et lors convendra que plus pue. (Desch, f, 531,) 

Tost sot li quens celés nouvelles 

De duel le cuer sf tendr» 

Qu'au conte ChaUes se vint rendre. (G, Guiart, f. 247.) 

9* Irrité : 

La contesse issi de la chambre 

Quant sa mère ot le cuer tendre. (F. de S, Germ, f. 110.) 

10* Changeant : 

.... Païz de Flandres 

Dont le peuple est mouvant, rebeUe et tendre. 

Desch. fol. 218. 
Le roy si est et dur et tendre; 

Durs aux siens, et dous à estranges. (Ms. 6812, f. 70,) 
De ce ne fù pas li roi tendre, 
Au premier, mais au derrenier 
En m il lasches et lanier. (Ms, 6812, f, 66,) 

11© Porté vers: 

Cil qui vers Dieu ne fu pas tendres 

Se fu levez moult très matin. (Ms, 7218, f, 1.) 

Tendrelet. Un peu tendre. (Cotgr.) 

Tendrelettement D*une manière un peu 
tendre : 

.... Sa main douce 

Foiblement me repousse 

Et serre, en ce doulx tourment, 

Mes doigtz tendrelettement, (J, Tahur, p, 283,) 

Tendrement. Mollement : « Se tu lesses courre 
« tendrement^ sans envoyer, il en vient souvent 
« que un autre cerf jeune demeure en la sieute, 
« ou bien près de ton droit, pourquoy trop grand 
« haste n*est mie bonne. » (Mod. f. 21.) 

Tendresse. Mollesse : « Les jeunes gens, pour 
« la tendresse et mollesse de leur âge, sont aise- 
« pent trompez, facilement croient et reçoivent 
« impression. » (Charr. p. 410.) 

Tendret. Un peu tendre. (Cotgr.) 

Brunete, jonete, tendreté, bien faite. 

Gh. da ms. Boohtor, f. 301. 

Tendreté. Mollesse: « Pour la tendreté (des 
« blés et des viandes) les fumées ne pevent pren- 
« dre (les cerfs). • (Mod. fol. 3.) — « Tendreté de 
« caillé. » (Monet.) 

Tendrettement. Par mollesse : 

Et tousjours tendrettement 

Aux jeunesses ne Vamuses. (J, Tahur, p, 94,) 

Tendreur. 1* Age tendre : « Plusieurs filles 

« laissent passer cette grande tendreur et verdeur 
« de leurs ans, et en attendent les plus grandes 
« maturitez. • (Brant. dam. gai. Il, 67.) — 2» Pitié, 
douleur: « La tendreur qu*\l avoit du trespassement 
« de son père. » (Chr. de S. Den. I, f. 28.)— 3» Ten- 
dresse : « Tendreur de mère. » (Chr. de S. Denis, 1, 
f. 26.) — 4' Mollesse : « Ja pieçai je n'eus telle ton- 

4 



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TEN 



— 26 - 



TEN 



« dreur au cueur, comme j'ay eu à ce soir. » (Percef. 
VI, f 43,) — 50 Nouvelle lune : « Luy deult mainle- 
« nant sa blessure pour la tendreur de la lune, plus 
« que une aullre fois. » (Percef. II, f. 89.) 
Tendpier. !• Pressé de : 

Mais ne soiez pas trop tendriera 

De les demanoer voulentiers : 

Car oncques, par tost demander, , , ^. ^ ^^ . 

Nul ne se fit sage clamer. (Gace de la Bxgn$, f. iOJ 

2« Jeune : « Une vache laiclant tendrierôy avec 
« son veau, est comptée pour une leste. » (C. G. 
t. II, p. 482.) 

Tendriere. Filet tendu : « Entre cy et là vous 
« trouvez quelque tendriere. • (Jouvenc. p. 202.) 

Tendrineux. Plein de tendons. (Cotgr.) 

Tendrip. Attendrir : • Quant la damoiselle en- 
« treveit la lettre, le cueur lui commença tellement 
« à tendrir qu'elle n'eut puissance de soy sous- 
« tenir. • (Percef. IV, f. 7.) 

Tendron. Vrilles de la vigne : « Les tendrons 

• de la vigne de quoy elle s'aggrape et tient à 
« quelque chose... les petits tendrons qui naissent 
« à Tentour du nouveau sep tous les ans, lesquelz 

• on coupe comme inutiles. » (Rob. Est.) 
Tendronnenx. Plein de tendons. (Cotgr.) 
Tendpour. Faiblesse, délicatesse : « Le second 

« prince a nom Tendrour, qui de sa condition a le 
« cœur mol et foible à faire bien, et est trop deli- 
« calif. . (Mod. f. 286.) 

Tendue. !• Tenture : « Commencèrent à des- 
« tacher une tendue de linge et dont leur chambre 
« estoit tapissée. • (Des Ace. p. 40.) — 2* Filet tendu : 
« Grand maistre de la fauconnerie et des tendues. » 
(Etat des offi. du duc de Bourg, p. 52.) — • Maistre 
« des tendues des oyseaux de M. le duc. » (Id. p. 68.) 
So Cloison : « Liez contre une tendue de bois, d'une 
« chaisne de fer, par le milieu du corps. » (Lett. de 
Louis XII, t. IV, p. 230.) 

Tendupe. Entrait, pièce de charpente: « Pennes, 
« tendues ou consoles. » (N. C. G. II, 1090.) 

Tendye. Tandis: « T^ndyfi que dure la bataille.» 
(Le Jouvenc. p. 306.) 

Ténèbre. l*Nuit: 

Sa clarté ma ténèbre Ulumine. (Marg. de la Marg. p. 8,] 

2' Matines qui se chantent Taprès-dînée du mer- 
credi, jeudi et vendredi saints: « A la semaine 
« peneuse, à la première nuyt des ténèbres.... » 
(Lancel. I, f. 147.) 

Tenebpeup. Ténèbres : 

En prison et tenébreur 

De langueur 
ITas enfermé si très fort. [AU CharU p. 797.) 

Tenebrion. « Tenebrions , follets et autres 
« illusions nocturnes que nous appelions esprits. » 
(Pontus de Tyart, p. 17.) 

Tenebpop. 1« Ténèbre : 

Tuit furent en grant tenebror ; 
Morir guident tuit 11 plusor, 
Quar la tourmente moult fort, 
Et du dromont croissent U bort, 



Li vent herice et la mer poudre, 

Tone et esclaire, et chieent foudre. [Blanchand. f. 186.) 

Ains mes dame tel duel ne fit 

Com la duchoise fit la nuit^ 

Et li chevaUer ausi tuit 

Furent en moult grant tenebror 

Jusqu'à tant que virent le jor. (Ms, 7996, p, 36,) 

2* Ennui: 

Et je volentiers, por s*amor, 

Rechevrai ceste tenebror 

De la chartre que je chi voï.fV.des SS. Sorb. LX, c. 36.) 

Tenebronr. Ténèbres : 

Trop horrible y ert leur clameur 
En le jour 
Tenebrour. (Desch, f. 9i.) 

Tenebrons. Ténébreux ; le diable : 

Tant a hurté au tenebroua. (Us, 72i8, f. 215.) 

Tenebry. Jeu, dans Rabel. I, p. 148. 

Tenement. « Uns fiemens sont apelez francs 
« tenemenSy sans bornage et sans parage^ en fleu 
« lay ; et ce est fet par aucune composition qui est 
« fête enlre aucunes personnes. » (Du Gange, sous 
Tenere.) — « Quant cela vint à la connoissance du 
« roy et de son conseil, tantost il envoya devers les 
« dits ducs, notables et solennels ambassadeurs, et 
« leur manda et feit faire deffence sur peine de 

< confiscation de tous leurs tenemems qu'ils 

« gardassent qu'ils ne feissent nulles entreprinses 

• l'un contre l'autre. » (Monstrel. 1, f. 106.) 

Tant que Fen m'aura fait saisir 

Du bourc de S^ Omer et d'Aire 

Car j'ai souvent oî retraire 

Par pluseurs et certainement 

Que c'est de mon droit tenernent. (G. Guiart, f, 104.) 

Pour maintenir ton tenernent 

Si que ne soit pas mesprisée, 

France, en ton temps, ne diffamée. 

Dont tu as le couronnement. (ms, 6812 j f. 54.) 

La plus bêle et la plus cortoise 

Que soit en tout le tenernent. (Ma. S. Germ. f, 82.) 

Ginberge n'est pas riche d'or ne d'argent 

Mais ele avoit un pou de tenernent 

Dont ele se vivoit trop noblement. (Audigier, f, 67.) 

Tenementier. Vassal: « Le seigneur censier 
« peut recourir aux héritages mouvants de sa 
« censé, par faute de tenementier. » (C. G. I, f. 848.) 

Tenesme. « Maladie nommée encore epreinte, 
« volonté impuissante de se vuider. > (D. G. sous 
Tenesmus.) 

Teneu. [Embrassé: « Pour ce que l'en leur 
« avoit dit que les Bretons Tavoient teneue et 
« cpgneue cbarnelment. » (JJ. 107, p. 167.)] 

1. Teneur, masc. 1* Gelui qui tient un fief: 

• Plusieurs grans barons de France et les teneurs 
« voisins. » (Froiss. liv. I, p. 186.) — 2* Celui qui 
chante la taille : « Gommencerent trois petits enfans 
« d'église, avec un teneur, une très aoulce chan- 
« son. » (Matth. de Gouci, Gharles VII, 669.) 

2. Teneur, fém. l^Gontenu : « Quant plusieurs 
« seigneurs contendent la teneur féodale, le vassal 
« n'est tenu d'advouer l'un de l'autre, mais se peut 
« faire recevoir par main souveraine. > (Goût. Gén. 
I, p. 485.) — 2* Prescription : « Après que quelqu'un, 
« comme homme de nef, aura tenu et possédé ua 



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TEN 



— 27 — 



TEN 



• fîef... trente ans et trente jours, sans interruption, 




plain-chant 



Les plus grans chantent la teneur. 

Les autres la contre teneur. (G. de la Bigne, f. iOS.) 

Teneare. !• Tenure : « Teneure est la manière 
« par quoy les tenemens sont tenus des seigneurs. 
« Une teneure est par hommage, autre par parage, 
« et autre par bourgage, et aultre par aulmosne. » 
(Apc. Coût, de Normandie, f. 47.) — « Teneure par 
« nomage ancestrel. » (D. C. sous Feudum anti- 
quum.) — 2® Possession : « Par teneure de Tan et 
« jour. » (Assis, de Jérus. p. 33.) — 3* Contenu : 
« r^n^wr^ de ces lettres. » (Ord. I, f. 540.) — 4<» Taille, 
en plain chant : 

Et chante haut à plaine bouche 

Motés, gaudis et teneure. (Rose.) 

Teniclé. Juponné : « Chevaux houssez et teni-^ 

• cle%. » (Ord. I, p. 436.) 

Tenie. Bandelette. (Cotgr.) 

Teniecle. Ténèbres : « Teniecle faisoit et fort 
« noir. » (Mousk. p. 466.) 

Teniere. Tanière : 

Mort, tu es plus ocrant que n'est mie levriere ; 
Mort, tu es plus tomant que n'est leus de teniere. 

Ms. 7218, f. 341. 

Tenir. !• Conserver : 

Âlixandre par dons conquist 

Daire par tenir se forfist. [Ms. 68iS, f. 79.J 

« L'en fera tenir ou depiecer le jugement. » 
(Ordonn. I, p. 114.) — 2» Entretenir : « Entra en 
« jalousie pour ce que on disoit que le duc de Bra- 

• bant son mary tenait une gentille femme. > (Le 
Fevre de S. Remy, Charles VI, p. 152.) — 3' Impor- 
ter : « Beau sire, dist le chevalier, qu'en tient il à 

• vous? 11 en tient tant à moy, dist Troylus, que 
€ vous la laisserez aller, veuilliez ou non. » (Percef. 
II, f. 65.) — 40 Croire : • Je m'en scez bien à quoy 
« tenir. » (Percef. V, f. 101.) — 5» Retenir : 

Dieus qui pourra ces oz tenir 
Que tantost à Teure ne facent 
La grant destruction qu*il chacent (G. Guiart, f. i24.) 

6- Différer : 

Si lor a dit que soit rendus 

Li jugement trop est tenus. [Ms. 7989 «, /. 57.) 

7* Ce qui appartient, convient à : 

Droiz dit que Ten doit espargnier 

Gaus qui tient à espargnier. (Ms. 7615, J, f. iiO.) 

9" Etre apparente à : « Qui ne le tenist rien. » 
(Ord. I, p. 236.) — 9* Demeurer: « Guete une nuit 
« ou deux, savoir s'il tendra son pays, et si tu vois 
« qu'il le liengne, si tens tes paus.» (Mod. f. 168.) — 
10* Faire, coucher la mise : 

L'un Teut couchier, l'autre tenir. 

Jouer à beau, ou à lait gieu. (Desch. f. S72.) 

il*» Chanter la taille : « Par ces six notes, l'en 

• puet apprendre à chanter, accorder, doubler, 

• quintoyer, tercoyer, tenir. » (Desch. fol. 395.) — 
12" Poursuivre: « Mais tenons après Tystoireke nos 



« encomenciée avons. » (Serm. ms. de S. Bern. 
p. 213.) — 13*» « Tenir domage, » faire dommage. 
(Per. Hist. de Bourg, p. 475, an. 1253.) — 14* Dé- 
tenir, posséder en droit féodal : « Quand le fief baillé 
« au juveigneur vient à la main d'un eslranger et 
« qui n*est du ramage, et celui qui tient ainsy en 
« juveigneurie sans parage, tient aussi du seigneur 
« proche comme du seigneur lige. » (C. G. II, 774.) 

— « D'aisnéen parage et ramage, qui est du pu ssé 
« vassal, ou des descendans de luy à son frère 
« aisné^ seigneur ou descendans audit aisné, et 
« celuy qui tient comme juveiçneur d'aisné en 
« parage, tient aussi en ligence du seigneur supe- 
« rieur lige et prochain dudit aisné. » (C. G. 11,774.) 

— « Nous n'avons point encor chevauché sur nos • 
« ennemis et moins de bien ils en tiennent de 

« nous. » (Froiss. liv. 11, p. 156.) — 15« Opposer : 

• Vous avez peu que tenir à rencontre. » (Essais 
de Mont. I, p. 439.) 

Expressions : « Tenir trois guerres sur main. » 
(Lelt. de Louis XII, t. IV, p. 14.) — « De là tindrent 
« oultre droit au fleuve. • (Hist. de la Toison d'or, 
I, f. 54.) — « La tenant en paroles, » l'entretenant. 
(Ger. de Nev. II, p. 72.) — « Le haulbert le garantist 
« de mort qui estoit moult fort et tenant en serre.» 
(Lane. du Lac, III, f. 17.) — « Tenir le soleil levant,» 
tirer vers le soleil levant. (Percefor. VI, fol. 119.) — 
« N'avons cure de vo conpaignie ; mais tenés vostre 
« voie » (Ms. 7989% fol. 77), suivre son chemin. — 
« Lequel véritablement luy tenoit ung bien grand 
« tort. » (Am. ressusc. p. 425.) — « Tenir train de 
« marchandise, » faire le négoce. (Mon.)— • Advient, 
« par fois, que l'oiseau, quand il a esté peu, ne 
« peut tenir sa gorge, ains incontinent la rejette. » 
(Fouill. Faucon, f. 34.) — « Le veneur tiendra son 
« limier de court, et s'approchera du carnage. » 
(Fouill. Faucon, f. 115.) 

Por que U peust avenir 

On n auroit en lui que tenir 

Et si set bien s'avaîne maurre. (Ms. 7218, f. 249.) 

« Tenir pied à boule, » se fixer. Oud.) — « Tenir 
« le bon bout par devers soi, » se réserver le meil- 
leur. (Oud.) — « Tenir de la lune, » être lunatique. 
(Cotgr.) — « Tenir des basses marches, » être maî- 
trisé de sa femme. (Cotgrave.) — « Tenir le livre, » 
parler toujours. (Cotgr:) — « Tenir le menton, » 
soutenir. (Id.) — « Tenir la mule, » maîtriser. (Id.) 

— « Tenir pied en soulier, » être content. (Id.) — 
« Il n'a garde de tenir à la poisle, il est bien en- 

* fariné. » (Oudin.) 

eu est fous, car S. Germain, 
Qui ce qu'il tient en sa main 
Giete à ses pieds, en nonchaloir. (Fabl.S.Germ.p. 22i.) 

« Celui peut hardiment nager à qui Von tient le 
« menton. » (Cotgrave.) — « Tenir la queue de la 
« paelle. • (Id.) — « Qui tient se tienne. » (Id.) — 
« Tout pert que tout tient. » (Ms. 7615, 1, f. 101.) — 
« Mieux vaut un tenez que deux vous l'aurez. » 
(Cotgr.) — « Mieus vaut un tien, ne font deus c'en 
« atent. » (Poët. av. 1300, II, p. 923.) 

Mieus Vaut un tiens que tu aras 

Que ne font deulz qu^attendras. (III Maries, f. 262.) 



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TEN 



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TEN 



Mieus amez, ce m'est vis 

.1. tient que .n. tu Taras. (Vatic. i490, f. i36.) 

Tenner. Ennuyer : « Ennuyez de la longueur 
« du siège de Pampelune, les Espagnols se com- 
« mencerent à tenner. • (Froiss. II, f. 39.) 

En soupirant, el me va dire 

Depuis rheurs que je fus née 

Ne me trouve aussy tennée 

De vous voir derrier la porte. (Roger de Colleryej f, 52.) 

Tenour. 1® Taille, en plain chant: « Qui scevent 
« chanter teneurs. » (G. ae la Bigne, f. 133.) 

Si de m'entencion entendez la tenour 

Jà n'i porrez noter, fors biens et grant honor. 

Ifs. 7248. f. 447. 

2^ Qui chante la taille : « Jean Tromelin tenour 
• de la chapelle de monseigneur. » (Ânnot. sur 
l'Hist. de Charles VI, p. 705.) 

Tenreau, iau. Mesure: « Qu*aucuns ne pren- 
« nent... roche qu'elles n'ayent quatre polces et 
« demy... et tenreau dun denier, sur Tamende de 
« soixante sols tournois. • (N. C. G. II, p. 150.) — 
« Tenriaux de ung denier. » (C. G. I, p. 813.) 

Tens. Temps ; « par tens^ » bientôt : 

Venez Jhesu ; vostre demeure 

Passe, ce m*est vis, terme et cure ; 

Amors, di li qu'il me seaueure. 

Ce soit par tens, trop ml demeure. (Ms, 79i8f f. i25,J 

Tensemeat. Droit seigneurial à titre de la 
protection qu'accorde le seigneur : « Le tensement 

« de Neuville Tavoine des tensemens, » (D. C. 

sous Tensamentum.) 

Tensep. !• Protéger : 

Al cavalier ont envoyé 

Et se li ont dit et prové 

Que s'amie face venir 

Pour lui tenser et garentir. (Ms, 1989^ J, 57.) 

.... Cil de France ont dur chaiUoz 

Dont à escerveler les pensent ; 

N'ont espoir que de ce les tensent 

Coifes de fer ne chapelez. (G, Guiart, f. 3 il.) 

2* Disputer, gronder : « Tenser à son oreiller, » 
disputer avec son oreiller, en parlant d'un amant 
qui ne dort pas. (L'am. rendu cordelier, p. 545.) — 
« Tenser à sa poulaine. > (Id. p. 533.) 

Nus hom ne me porroit 

Médecine doner, 

Fors que vous, douce dame ; 

Nus ne me puet temer, (Ms. 76i5, II, f. il8.) 

Tenserie. Protection : 

Et si retint 
La cité en sa tenserie 
Sans faire nule trecerie. (Mousk. p. 344.) 

Tensif. Qui se tend. (Cotgr.) 
Teason. 1* Protection : 

U rois qui voit tel abandon 

L'enfant royal prend à tenson. fJeh. de Saintré, SIS.) 

2' Discussion : « Lors recomance la tensons. » 
(Ms. 7615, 1, f. 106.) — 30 « Tensons esloient disputes 
« d'amours, les uns soutenans un parti, les autres 
« un autre, qui estoient puis après jugées par des 
« seigneurs et dames d'honneur. • (Pasquier, Rech. 
p. 603.) 



Regrets, tensons 

Pleurs et chansons 

Sont les façons 

D'amoureuse chevalerie. (Borel.) 

Tensser. !• Protéger: « S'en son ohastel entrez, 
« vous li devez tensser. » (Ms. 7218, fol. 334.) — 
2* Disputer : 

Marie est ma fiance, du tout à li me fie ; 

En li ai ma créance, ne l'oublierai mie : 

Bien sai, tant qu'ele en pense, ne m'oubliera mie ; 

Vers l'anemi me tensse qui a tort me mestrie. 

Ms. 7218. f. 216. 

Tentare. Fanfare : 



Ghascun se | 
Et veut aler i 



are 
la tentare. 



(Al Chart. f. 665.) 

Tentation. « Tentation par devant et repen- 
« tance par derrière : se dit d'une femme dont la 
« taille ou l'habit par derrière fait imaginer quelque 
« chose de beau ; et Ton treuve puis après en la 
« regardant par devant, qu'elle est extrêmement 
« laide de visage. » (Oudin.) 

Tentative. Thèse que soutiennent ceux qui 
veulent passer bacheliers. (D. C. sous Tentator.) 

Tentatoire. Epreuve, essai. (Cotgr.) 

Tente. 1« Action de tendre un filet: 

Tele amour n'est fors la tente d'un las 

Qui la se prent ; chetive est et cilz las. (Desch. f. 75.) 

« On peut tendre es basions des reyz, faisant une 
« ousche de Tune part des basions, et aussi puet on 
« tendre sur le bout du baston faisant un pou four- 
« chie dessus. Chascune de ces tentes est bonne. » 
(Gast. Phéb. p. 305.) — 2^ Tente, sens subsistant: 

Li riche homme communément 

Refont, à l'eure, sanz étendre, 

De toutes parz leur tentes tendre. {G. Guiart, f. 333.) 

30 Tenture: • Tente de tapisserie. » (Brant. Cap. 
fr. IIÏ, p. 307.) — 4P Filet : « Comme fait Tyraigne 
« qui prent les mouches en ses reths et en ses 
• tentes. » (Le Chev. de la Tour, instr. à ses filles, 
f. 26.)- 50 Conflit: 

Ens moi fait une grant tente 

Volentés contre cremor. (Poèt. av. i300, IlI, f. i025.) 

60 Bande pour blessure : « Por la porretiure de 
« toi lo cors est assi comme une tente [canterium) 
« fichiee el chef. » (S. Bern. fol. 182.) — 7- Sens 
obscène : 

On dit qu'à la forme du nez 

On congnoist ceux qui sont armez 

Le mieux de cette grande tente 

Qui les bonnes dames contente. (J. Tahur. f. i49.) 

Tenté. Pris de : « L'officier qui mit le pistolet à 
« la main contre M^ de Guise fust si outrecuidé ou 
« pour mieux dire si tenté de vin. » (Brant. Cap. 
fr. ni, p. 69.) 

Tentement. Action de tenter. (Cotgr.) 

Tenter. Sonder: « Certes, dist la dame... je les 
« ayderay à guérir... Adonc va leurs playes tenter... 
« et treuve qu'ils estoient moult griefvement na- 
« vrez. » (Percef. I, f. 41.) 

Tenteresse. Tentatrice. (Cotgr.) 

Tenterie. Tentation : « Empirie, medicastrie, 
« triaclerie, ...cepollaine, pilla tique, banquerie... 



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TEN 



- 29 



TEP 



« interresserie.... blescherie.... happelourderie.... 
« carronnée , moilleures « lanternerie cordagée , 
« tenterie... crocquelerie, courtisa nnerie. » (Alect. 
rom. p. 35.) 

Tenteup. Tentateur. (Tri. de la Nob. Dam. 264.) 

Tentler. Marchand de tentes. (Mém. de Sully, 
t. XI, p. 484.) 

Tentir. Retentir : 

Espées tranchanz, fers de lances 

En escuz coulourez s'embatent, 

Hyaumes tentissent, frez esclatent, 

Coutiaus en chars nues se baingnent. (G. Guiartf f. 47. J 

Quant j'oy tentir et bas et haut 

Le rossignol parmi le gaut. (P. av, dSOO, III, f. iOSS.) 

Tentissemeat. Retentissement. (Cotgr.) 

Tenu, lo Convenu : « S'il y avoit aucun estang 
« ou vivier qui fusl empesche que Ton reserve la 
« nourrisson, s'il a tenu qu'il appartiendra pour 
« peupler la ditte pesche. » (Gr. Coût, de Fr. 34.) — 
2** Débiteur : « Plus que jamais à vous me sens 
• tenue. » (Marg. de la Marg. p. 16.) — • Je ne 
« coroptay oncques à vous, et scay bien de pieça 
« que je suis vostre tenu. > (Mém. de Duguesclin, 
p. 306.) — 30 Dû : • Tant tenu, tant payé. » (Oudin.) 
Cette locution vient de l'engagement mutuel de 
celui qui prenait ou retenait quelqu'un pour le ser- 
vice de sa maison, et l'obligation de celui qui s'y 
attachait pour des gages, pensions ou autres récom- 
penses convenues entre l'un et l'autre. — 4* Serré : 
« Et si tenu qu'il n'ose parler à une femme. » (XV 
Joyes du mar. p. 182.) 

Tenuz fut cours, 
Horrestes dessus lui couru, 
Et Ta parmi le cors féru. fDesch. f. 506,) 

Tenue. Mince, délié, ténu : 

Geluy la se desafubloit 

Le chef de sa tenue coiffure. [Baxf, f, ii6,) 

La grâce de jouer du tenue chalumeau. [Jamyn, p. 69.) 

Tant as, tant vais, tans est 11 sens : 

En tenue mantel, tenue sens. (Fahl. de S. Germ, f. 3,) 

Tenue. i<» Ce qu'on tient : 

Le faulcon le vit empesche 

De la proye qu^avoit pesché ; 

A lui légèrement alla. 

Et fît tant qu'U le surmonta ; 

Si lui fit si dure venue 

Qu'il lui fit perdre sa tenue. (G. de la Bigne, f. 45.) 

2* Sorte de flef, de possession : « Le fonds ainsy 
baillé est appelle tenue ou convenant; lorsqu'il 
y a maison ou logement, elle est dite tenue logée, 
hébergée ou veslue ; lorsqu'il n'y a que des terres 
sans maisons, elle est dite tenue ou convenant 
par dehors. » (N. C. G. IV, p. 414.) — « Ils deso- 
beyrent au carados, tellement qu'ils luy furent 
1res contraires, disant que la terre qu'ils avoient 
en tenue estoit nuement à eulx et qu'ils la def- 
fendroient contre tous les hommes tant qu'ils 
pourroient. » (Percefor, IV, f. 18.) — « Tenue 
longue, » longue possession. (Laurière.) — « La 
tenue lige est quand le vassal tient prochement 
et lignement du seigneur. » (C. G. Il, p. 774.) — 
Pour valablement charger ou hypothéquer heri- 



« tages, il est requis que ce fasse par l'une des 
« trois voy es.... assavoir par mise de fait et ^^nt/e 
« de droit, par rapport d'héritage ou en faisant sur 
« iceluy héritage asseoir et mettre nostre main. » 
(Laurière.) — 3» Dépendance : « Sire, vous devez 
« savoir que nous demeurons en nostre tenue, ne 
« jamais ne nous asservirons fdisoient les Bearnois 
« à la mort de Gaston, comle^de Foix) à quelque 
« seigneur que nous doyons avoir. » (Froiss. IV, 
p. 120.) — « L'evesque d'Avron des tenues du 
« Beariï. • (Froiss. IV, p. 120.) 

Tenuement. D'une manière ténue. (Cotgr.) 

Tenuevre (se). S'attendrir : 

Quant la norrice Tentendi 

Lors se débat, lors se tenuevre, 

Et dist que maudite soit Veure 

Qu'il est hui de la tor issue. (Fabl. de S. Germ. f. 37.) 

Ténuité. Finesse, délicatesse : « Une petitesse 
« et ténuité de leur table. » (Am. ressusc. p. 178.) 

— « Ténuité de feuilles. • (Nicot.) 

Tenupe. l*» Conditions auxquelles on possède 
un fief : « Plainte de tenure brisée, c'est lorsque 
quelqu'un se plaint qu'on Tempesche de jouir 
de sa possession. » (Laurière.) — • Tenure de 

rente quand aucun tient rente qui lui est 

assignée sur une pièce de terre, et la terre 
remaint à celuy qui la lient. » (Ane. Coût, de 
Norm. p. 48.) — • Tenure de terre... quand aucun 
lient d'un autre le fons d'un héritage. » (Id.) — 
Tenure de dignité... quand un homme lient d'un 
autre aucune dignité, si comme d'avoir garenne 
ou quittance en forests, ou en forière, ou d'avoir 
sergenteries ou marchez. » (Id.) — « Tenure per 
divine service. » (Ten. de Litll. f. 31.) — « Quand 
cil qui lient le fieu ne fait pas homage à l'autre, 
car il tient le fleu par un seul homage, et telle 
tenure est apelée tenure de volenté, pour ceu 
que ele est fête de la volenté à celui qui baille le 
lieu, et qui le rechoit, sans nul homage, et sans 
nul besoin d'eritage. » (Du Cange, sous teneus 
ad voluntatem.) — 2» Prescription : « Entre le père 

- et ses enfants.... il n'y a point de tenure ou pres- 
cription. » (N. C. G. I, p. 715.) — 3» Propriété : 
Le rentier saisissant... se peut faire mettre en la 
tenure et possession dudit héritage saisy. » 

(C. G., II, p. 940.) ~ 4" Taille en plain chant: 
« Premiers motez à trebles et à tenures. » (Ms. 
6812, f. 2.) 

Tenurement D'une manière ténue. (R. Est.) 

Tenuret. Mince. (Cotgrave.) 

Tepep. Tiédir. (Oudin.) 

Tepeup. Tiédeur: « Chaleur modérée ou te- 
• peur. » (Percef. I, f. 1.) 

Tepidité. Même sens : « Négligence et tepidité 
« pour punir les meffaits. » (Hist. de la Tois. d'or, 
II, f. 127.) — « Tepidité est de ceste condicion qui 
« est lentement amer Dieu et estre lent à tout 
« bien. » (Mod. f. 286.) 



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Jii^ 



TER 



- 30 — 



TER 



Tepia. Pot de terre, dans le patois du Chalonnoîs. 

Teplnler. Potier de terre. (Id,) 

Terayeul. « Celuy qui... fit imprimer la vie du 
« chevalier Bayard... n'avoit usé du mot de tris- 
« ayeul, ains terayeuL » (Pasq. p. 732.) 

Tepce. Bataillon, tiers d'un régiment, d'une 
bande. Le duc d'Albe^combaltant les gueux en Flan- 
dre, « se chargea seulement d'une petite et gentille 
« troupe de braves et vaillans soldats, bien choisis 

« des terces de Lombardie, de Naples, de Sicile 

« montant le tout à dix mille hommes. » (Brant. 
Cap. Estr. I, p. 76.) 

Tepceau. « Droit de vin qui se prend par le 
« seigneur à la cuve ou autre vaisseau à vin, et 
« doit le sujet le faire scavoir au seigneur avant 
« que tirer son vin, à peine de 60 s. d'amende. » 
(Laurière.) 

Tercenal. Arsenal : « Chassa une fuste gene- 
« voise jusque dedansle tercenal de Gennes qui est 
« un lieu au bout du monde, et contre la ville, où 
« les barques et fustes qui apportent vivres à 
• Gennes viennent aborder. » (J. d'Auton, p. 124.) 

Tercep. Donner la troisième façon à la vigne. 
(Monet.) 

Tepcere. Entremetteur d'amour. (Ménage.) 

Terche. Peut-être faute pour tesche, qualité : 
« L'on ne peut mieux duire des chiens, et aprendre 
« bonnes terches pour prendre le cerf et toutes 
« bestes que de les faire chacier lièvre à la cham- 
« paigne. » (Mod. f. 41.) 

Tercher. Essuyer : « Le roy terchant les larmes 
« qu'il avoit aux yeulx. » (Tri. des IX Preux, 156.) 

Tepcoeul. La plus grosse farine, le son, le pro- 
duit, le restant de l'arrière blutage. (Du Gange, sous 
Rebuletum.) 

Tepcot. Faisan. (Cotgr.) 

Tepcueil. C'est pour un quart de vignes, demi 
baril. (Du Gange, sous Terciolagium.) 

Terdep. Tarder : 

Gourons tost à ce saiot voyage ; 

Plus ne fault qu'icy nous teraons, (M. de la Marg, J, 84,) 

Tepdpe. 1' Essuyer. Longis, après avoir percé 
le côté de Jésus-Christ : 

Terst a ses ieus, si raluma: 

Très devant vous s'agenoilla 

Merci vous cria, de bon cuer. 

Et puis geta sa lance. (Ms, 75i8, f. i05,) 

2** Réparer : 

Sans atendre hastis secours 

Qui puisse leur domages terdre, (G, Guiartj f, ii2.) 

3* Panser: « Li afolé leur plaies terdent. » (G. 
Guiart, f. 317.) 

Tepe. Taire: « Je me sui trop teus, ce poise moi 
« d'aler ou ma dame voie. » (Ms. Bouh. f. 201.) — 
« Teu la vérité desdites franchises. » (Ord. V, 468.) 

Tes toi. amis, ce dit U dus ; 

Je saî bien que c'est il sanz faUle. (Ms. 7996, f. 75.J 

Desormes ne me puis tere 

De chanter. (Poët. av. iSOO, IV, p. i486.J 



Tepebinte. Térébenthine. (Cartheny, Chevalier 
errant, fol. 49.) 

Tepente. Trente : « Terente trois. » (Carp. Hist. 
de Cambrai, p. 18, an. 1133.) .. 

Tepez. Poisson : « Harans frés à la blanche 
« allie, I venoienl, et bons muiez, Hados et mellans 
« et ferez, Et tant de autres poissons frez. » (Bat. 
de Quaresme, ms. de S. Germ. f. 91.) 

Tepgep (se). Se targuer de : « Ce sont en 
« somme deux grands princes du sang, frères, dont 
« les autres, chascun en son endroit, se tergent 
« pour parvenir au dessus de leurs intentions. » 
(Lett. de Pasq. I, p. 226.) 

Tepgette. Petite targe, petit écusson : « Par le 
« basestoit attaché une tergette ou estoient paintes 
• et eslevez les armes de Tuniversité. » (Mém. de 
Du Bellay, VI, p. 353.) 

Tepglep. Tarder : « Son char retourna sans 
« tergier. » (Ovide, dans Borel.) 

Tepgivepsateup. Fourbe. (Cotgr.) 

Tepgivepsation. Retard : ■ Tergiversations et 
« remises. » (Pasq. Rech. p. 438.) 

Tepgo. Mot latin, dos : « Ils jouyrent lors de 
« tergo Et s'enfouyrent à Bayeulx. » (Vig. de Charles 
VII, t. II, p. 88.) 

Tepfepinghe. Mot flamand : « Procéder à la 
« réelle exécution que Ton dit arbitraire vercoopiw- 
« ghe, de sept jours et sept nuits, et puis après à la 
« terieringhe par dedans autres semblables termes. » 
(N. G. G. I, p. 303.) 

Terlp. Atterrir: « Les vaisseaux qui terissent et 
« mouillent à l'encre. » (D. G. sous Hurtagium.) 

Tepiz. Linotte. (Cotgrave.) 
. Tepme. 1<> Limite de temps : 

Et si dis fy de la façon nouveUe ; 

Si fais je aussi de celuy ou de ceUe 

Qui loyauté maintiendra, jour ne terme ; 

Si fais je aussi d'amours, aussi de dame. (Chartier^ 806.J 

Quant li bons hom vit qu*il fut termes 

De lui assaudre, si Tassant. (Ms. 7218, f, 5.J 

Sire, com vous adès ambles 

Vous dierez en ceste terme 

Gabés me vous. (Ms. 7218, f. 443.) 

« En brief terme ensuivant. » (J. Lefevre de Saint 
Rémi, Charles VI, p. 140.) — « Il y eut le terme 
a d'un an tous les jours trois cens ouvriers. » 
(Froiss. I, p. 208.) — « Tenement que est tenu à 
« ferme des auns. » (Britl. Lois d'Anglet. f. 201.) — 
« Tenant à terme de vie. » (Id. f. 12.) — 2» Limite 
d'espace: « Termes desdils reports. » (Ord. 111,381.) 
— 3» Frontières : « Furent déboulez et chaciez, Si 
« que il convint qu'ils s'en retournassent à deffen- 
« dre leurs termes. » (Chr. de Nangis, an. 1302.) — 
4* Faculté, moyen: « La demande que faite m'avez, 
« n'est pas à moy à respondre, car elle est hors de 
« mes termes. » (Mod. f. 33.) 

5' Echéance : 

Courtise ot escu d'or fin 

Bendé de termes et d'usure. (Ms. 7615, II, f. 190.) 

« Pour terme passé est un homme justicié quand 



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TER 



- 31 - 



TER 



« terme lai est assis, et il ne vient pas, et aussi 
4 quand terme est assis à aucun de payer la rente 
« qu'il doit et il ne la paye au terme ancien. > 
(Ane. Coût, de Norm. f. 10.) — « Le terme vaut 
« l'argent et l'argent le terme. » (Despér. Il, p. 140.) 
— fio Saison : « Li doz termes m'agrée du mois 

• d'avril. » (Chans. du XIIP siècle, ms. Bouhier, 
f. 249.) — ?• Titre : « Il n'y a terme qui passe par 
■ delà celuy de frère. » (Cotgr.) — 8<> Chant, air, 
son : « Orphée qui au son de ses gracieux termes 
« tenoit les vents. » (Mell. de S. Gelais, p. 162.) — 
9* Expressions : « 11 n'entend mye Les termes de 
« faulconnerie. » (Gace de la Bigne, f. 90.) — 10* 
Assemblée, assise, audience : « Tient ses termes le 

• maire, chaque jour. » (Ord. V, p. 680.) — « Il 

< retourna ou sapience et prudence lui avoient 
t mis terme. » (Mod. f. 228.) — « Termes gene- 
« vzux, » états généraux, diètes des Polonais. 
(Favin, Th. d'Honn. Il, p. 1329.) — 11* Situation, 
état : • En très dolens et piteux termes. » (Vigil. 
de Charles Vil, p. 93.) — 12'» Age : « Sa femme 

• Valériane n'estoit plus en terme d'avoir enfans. » 
(Strap. I, p. 264.) — 13* Discours, propos : « Chascun 

• se trouva esbahy et en parloient diversement ; et 

< encores esloient ils sur les termes, quant Mar 

• cival et les deux autres chevaliers retournèrent 

• de leur queste. » (D. Florès de Grèce, f. 158.) — 
14o Convention, trêve : « Accordez vous ce que 

• j'ay en termes mis. » (Percefor. IV, f. 111.) — 
« Heffait de /^rm^8, » commis pendant une trêve. 
(D'Argeotré, Coût, de Bret. p. 78.) — « El pour ce 

• avoit elle tenu ses termes, affin que le chevalier 
« feust deceu par tentations charnelles. » (Percef. 
V, f. 45.) — « Meirent les Anglois en termes que 
« moult s'esmerveilloyent de ce. » (Froiss. liv. II, 
p. 100.) — « Les offres que le roy de Navarre 
« mettoit en termes faisoyent bien à recueillir. » 
(Id. p. 23.) — 15» Contenance, conduite : « Tenant 
« assez bons termes. » (J. Marot, p. 103.) — « Luy 
« furent remonstrez les termes que /^notf le Camus 

• deBeaulieu, car il gastoit tout. » (Uist. d'Arthur, 
Connét. deFrance, p. 751.) — « Le roy lui tint à 

• elle et à ses gens (Madame de Guyenne) bons 

« termes et lui offrist qu'elle demourast à 

« Chiaon. • (Vigil. de Charles VII, p. 78.) - 16* 
Mots : « Tentr gros termes à leurs dites femmes. » 
(Arœt. amor. p. 417.) 

Locutions: 1» Interroger : « Le roy leur demanda 
« et mist en termes se il leur sembloit que bon fust 

• qu'il parlast à l'empereur. » (Chron. de Nangis, 
an. 1377.) — 2* Exiger: « Je mets bien en termes 

• que je ne vueil point estre nommé. » (Froissart, 
IV, page 145.) 

Terme. 1* Fixé : « Se retirera le veneur au lieu 
« où l'assemblée aura esté termée. » (Fouill. Véner. 
f. 416.) — 2« Limité, passager: « Là mille arbres 
« charmez, mille fleurs, mille plantes Jadis 

• hommes vivans, achèvent leur destin Eternel ou 

• terme, selon l'arrest divin. » (Baïf, p. 198.) 

!• Ternaer. Qui tient à terme: « Pur ceo que 
« il ne cleyme nul fraunk tenement, ains le tynt en 



(G, Guîarty f. 29,J 
(Ms. 76i5, /, f. 09.) 



« autruy nosme, si come gardeyn ou baillife, ou 
« termer, ou villeyn. » (Britt. Lois d'Angl. f. 260.) 

2. Termer, 1* Assigner : « En toutes manières 
« hereditables.... le défendeur.... après qu'il aura 
« partie qu'il veuille défendre, il sera tenu faire 
« déclaration de sa defence avant que termer 
« veue.... que les juges.... tiennent les dittes veues 
« aux termes quoy ils seront termes. » (Ane. Coût, 
de Norm. f. 30.) — 2^ Donner un terme pour rendre 
une place : 

Unff pou ayant le siège mis, 

Le nerault du roy fut sommer 

Gisors et Angloys ennemys 

De la vme rendre et termer. (Vig. de Ch. VII, t. II, 55.) 

Termlnance. Décision : 

En toutes régions, par droits, 

Se lois et decres i faloit, 

Con nul peuist déterminer, 

Ne esclaurier, ne deviner, 

En les .lu. cités par devise, 

En est la terminance asise, 

Par le concile des eveskes, 

Des abés et des arcevesques. (Mousk. p. i69.) 

Termine. 4* Terme : 

Li quitta quant qu'il ot acquis 
El termine devant passé 
Sur lui, et par le trespassé. 

A brief termine 
Jesir soloit en la vermine. 

2« Intervalle : 

Un grant termine li celai 

G*onques gehir ne li osai. fPoët. av. iSOO, III, p, i03SJ 

3* Destruction : « Leur cité ameneroiten termine 
« et tresbucheure et en rwin^. » (Chron. de Nangis, 
an. 1289.) — 4<» Terme en obstétrique : 

Tôt après celé avision 

Encharja Fenfant la royne 

Et le porta son termine. (G. Guiart, f. ii.) 

Terminé. !• Décédé : « Quant le survivant de 
« deux conjoints a acquis en vuidité aucuns hérita- 
« tages colliers, sans avoir fait partages aux hoirs 
« du premier terminé.... il est tenu défaire partage 
« aux hoirs. » (C. G. II, p. 905.) — 2* Guéri : 
Un tondis en seurté 

Ne Vesbatoy 
^onc fu tantost gary 

Et terminé, (Desch. f. 900.) 

Terminement. Extermination : 

L'orgueil de la gent faé&, 

Qui contre toy s'est forsenée 

Que mettras à terminement. (Ms. 6812, f. 53.) 

Terminer. 1" Décider: « Si.... le concile fermi- 
« noit radtorilé sienne estre par dessus celle du 
« pape, ce seroit une difficulté grande, et un danger 
« non moindre. • (Mém. de Du Bellay, IV, f. 106.) 
— 2* Mourir : « Si telle femme termine par avant 
« son dit mary, ses enfans ou héritiers appreben- 
« dans la ditte moitié, sont submis et tenus à la 
« moittié des dittes debtes. > (C. 6. II, p. 926.) — 
« Si aucun bleschié termine de vie par mort. » 
(C. G. I, p. 782.) — 3' Souhaiter : 

Tuit ty homme mal te terminent 

Mal te veulent, mal te deffinent. (Brut, f. 53.) 



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TER 



Termoieeup. Qui tient à terme : 

Mè? esgardcs que de deniers 

Ont usuriers en leurs greniers 

Faussonniers et termoieeursy 

Baillif, bedel, prevost, maieurs. (Hose.) 

1 . Termolep. Remeltre, différer : 

Ne di pas, demain le ferai, 

Demain à Dieu m'accorderai ; 

Tu puez tant aler termoiant 

El ramende tant proloignant 

Que li siècles t'aura sorpris. (Fdbl. S. Germ, f. i4J 

2. Termoier. Qui prête à Tannée, à la semaine, 
à terme: • Li userier et li termoier q\}\ plus doutent 
« la honte du siècle que le péché d'usure se soulil- 
« lent malicieusement comment il puissent presler 

• en manière que li emprunteur ne se puissent 
a aidier de usure contre aus. » (Beaum. p. 344.) 

Termolrie. Echéance : 

Si vendent à terme et usure ; 

Vient tantost à tennoirie 

Qui sont de privée mesnie, 

Lors est li termes achatez 

Et plus chier venduz U chatez. (Ma, 72i8y f, 33S.) 

Termour. Celui qui donne sa terre à ferme. 
(Carta magna, f. 44.) 

Termoyement. Usure: « Ichi commence li 

• soixante huictiesme chapitre de cest livre, liquel 
« parole des usures, et des termoyemem, et quele 
« chose est Tusure. » (Beauman. p. 344.) 

Ternaire. Nombre de trois. (Cotgr.) 

1. Terne. Oiseau ; le même que ternier : 

Abusé m*a et fait entendre 

Pe busars que ce fussent ternes, (BoreL) 

2. Terne. Livide : « Quand le roy eusl ouy 
« ceste nouvelle, si fust tant courrouce , qu'il en 
« perdit toute la couleur et devint aussi terne que 
« cendre. » (Lancel. III, p. 29.) 

Ternenaire. Nombre qui contient plusieurs 
tiers. (Cotgr.) 

Terner. Partager en trois. (Cotgr.) 

Ternes. Les deux trois au jeu de dés : 

Et deux et deux gietent es carmes 

Et ambes as et le tiers ternes. (Brut, f. 80.) 

Ternier. Petit pivert. (Cotgr.) 

Ternir. Noircir: « Toute la couleur luy terni/. » 
(Am. ressusc. p. 540.) 

Ternisseur. Qui ternit. (Cotgr.) 

Ternisseure. Etat de ce qui est terne. (Cotgr.) 

Ternois. Nom de pays ; Thierrache: 

Mainte terre passa, puis vint en Boulenois, 

Piiis revint en Ponti, très parmi le terrois 

Par Ternois repéra et vint en Amienois. (Ms. ISiS, f. 344.) 

Terny. Triste. (Cl. Marol, p. 496.) 

Teroanne. Thérouanne: * Li esgaré de Te- 
« roanne. » (Poët. av. 4300, IV, p. 1651.) 

Terous. Terrestre : 

Gel fruit pereiUons 

Que menja nostre père 

En paradis terous. fMs. 12i8, f. i94.) 

Terquisiaet. Ecobuer. « Il y a apparence que 



• c'estoit une espèce de champart, ou droit sem- 
« bîable, impose par les sujets qui avoient obtenu 
« du seigneur, à cette condition, la liberté de defri- 
« cher certaines terres, ce qui se commençoit en 
« ecorchant pour ainsi dire la surface de cette terre 
« vague et inculte, ce que Ton appelle dans le pays 
« étreper, et brusiant les mottes que Ton avoit 
« levées; quisiat en Breton signifie écorcher. Ce 
« droit parait avoir été fort approchant de celui de 
« levuarec. • (Gloss. de THist. de Bret. p. 104.) 

Terrace. Glacis d*un château : 

Ghief du chastel du prince souverain 

Ou nuls n*ose faire sa demourée : 

Mes braies sont et ma terrace usé, 

Prins ont en moy, sans riens mettre du leur. fDesch. 56.) 

Terrage. 1* Champart: • En matière posses- 
« soire beneficielle dont la cognoissance appartient 

• à nostre siège de terrage. » (N. C. G. Il, p. 77.) 

Mieus vaut jaians c*uns pages^ 

Et .11. dismes c'uns terrages. (Vatic. i522f f. i58.) 

2» Plateau : « Une coupe et une esguerre de 
« ber icle garnie d'or à deux terrages d'argent ez 
« pattes esmaillez de vert. • (D. C. sous Terragium.) 

Terrages^u. Sujet au terrage : « Grange ou 
« pressouer terrageau. » (C. G. II, p. 257.) 

Terrager. Lever le champart: « Après que les 
« gerbes ont esté terragées^ le laboureur ou deten- 
« teur de la ditle terre est tenu mener le dit /^rraflr^, 
« à ses coûts et mises et la grange terrageresse. » 
(C. G. I, p. 917.) 

Terrageresse. Sujet au champart : « Grange 
« terrageresse. » (Thaumass. Coût, de Berry, 452.) 

Terragerie. Endroit où se lève le champart : 

• En son domaine, terragerie ou complanlerie. » 
(C. G. II, p. 576.) 

Terrageur. Soumis au champart: « Le posses- 
« seur d'une terre chargée de terrage, au paravant 
« aucune chose lever, est tenu évoquer le terra- 
« geur. » (C. G. I, p. 757.) 

Terragler. Qui lève le droit de terrage : « Ser- 

• gens terragiers. • (Du Gange, sous Terragiator.) 
Terrai. Glacis: 

Li archers sont primes issu, 

Au terrai sont primes venu. (Rose, p. S92.) 

Terralge. Le même que terrage: « Droit de 
« terraige qui est tel que le seigneur à qui est la 
« terre.... doit avoir et prendre.... de douze gerbes 
« Tune. » (Thaumass. Coût, de Berry, p. 381.) 

Terrail. Glacis : 

Ne pourront cil dehors les cous desus soiffrir. 

Du mur et du terrait les esteut départir. (Rou.J 

Terrassement. Renversement : < Ceux (]ui se 
a sont séparez de notre religion tendent principa- 
« lement au terrassement du S. Siège de Rome. » 
(Pasq. Rech. p. 260.) 

Terrasseur. Qui renverse. (Cotgr.) 

Terratle. Territoire. (Gloss. sur les Coût, du 
Beauvoisis.) 

Terraul. Terreau. (Ord. III, p. 96.) 



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- 33 - 



TER 



Terre, l^ Sol terrestre : 

Au disiôsme jour de septembre 

Terre trembla par toute France ; 

Plusieurs en eurent merveiUance ; 

Mais je ne m*en merveille point, 

Et demonstra en soi terra 

Ce qui toust en France aperra. (Ms. 68i2, f, 54,) 

^ Biens, possessions : 

Un riche chevalier estoit 

Moult franc, à qui il apendoit 

Assez grant terre, et grant honor. [Ms, 76i5, II, d73.) 

« Deux mille livres de terre ou de rente. » (Vigil. 
de Charles VII, 1. 11, p. 159.) 

Expressions: V « T^rre ampelite, » terre noirâtre 
qui, étant cassée, se résout en huile ; on s'en servoit 
pour oindre les vignes, et, par là, détruire la ver- 
mine qui les gâtoit. (Cotgr.) — 2« « T^rr^ d'Arménie, 
« de TArnage, de Bauvois, blesienne, de Chio, 
« cimolienne, eretrienne, guerinienne, melie, 
« melienne, d'ombre, pharmacite, pnignite, de 
« S. Porcin, samienne, de savon , scellée , selinu- 
€ sienne, de Venise, verde, à vigne. » (Colgr.) — 
3« « Il peut faire publier qu'on ait à payer ledit 
« cens, autrement qu'il en fera terre neuve, » 
c'est-à-dire nouveau bail. (N. C. G. Il, p. 422.) — 
4» « Venir terre tenir (Pérard, Hist. de Bourg, p. 282, 
« an. 1255), » c'est-à-dire prendre possession de. — 
&> « Les ennemis.... venoient terre couverte, à pié 
€ et à cheval (Le Jouv. f. 74), » c'est-à-dire en cou- 
vrant la terre. — fr» « Le premier mary d'aucune 
« dame ne doit point de relief des terres féodaux à 
c elle appartenans et qu'il a prinses avec icelle 
€ dame. » (C. G. I, p. 437.) — 7* « Une quarlellée 
« de terre froide. » (C. G. Il, p. 409.) — 8» « Contre- 
« mur d'eëpesseur suffisante afin que le fondement 
€ du mur ne s'évase ou empire, par faute de fermeté 
« et teire joignant. • {G. G. l, p. 370.) — 9* « Se 
€ cil qui auroil le pieur chastel et la pieur chastel- 
« lerie n'avoit le vaillant de sa part ou chastel, cil 
« qui auroit la plus grande partie le'parferoit en 
€ terre plaine, et se il ne le pooit parfaire en terre 
« plaine, il le parferoit en ses chasliaux. » (Pithou, 
Coût, de Troyes, p. 434.) 

iO» Certes c'est moy qui fu froit comme pierre ; 
Or sui guéris ; si convient que je die 
Que ma dame fait les hommes de terre, (Desch. f, i66,J 

!!• «Ne marcher de pied en terre, » être si 
Joyeux qu'on ne touche pas la terre. (Cotgrave.) — 
12* Jeter à bas : 

Ainsis donnent achoison 

AUX ennemis d'eulx mettre à terre. (Desch. f. 80.) 

13* « Quant le roy eut leu la lettre laquelle la 
c damoiselle luy avoit envoyé le cueur luy print 
€ tout à mouvoir en terre, car il aymoit la damoi- 
« selle de grant amour (Percef. l, f. 39), » peut être 
en teste. — 14' « Fut une fois que les gens du 
« comté (de Flandre) furent en advenlure de tout 
« perdre, et s'ils eussent perdu terre, ils eussent 
« esté morts et déconfits sans remède (Froiss. 1. Il, 
« -p. 123), • reculer. — 15» « Lancelot commença à 
« le toucher plus vivement que devant à force de 
« grans coups de son espée trenchanl, et à prendre 



« terre seur luy. » (Lancel. IIl, f. 150.) — « A tant 
« prindrent terre par devant les hourdis où ils 
« furent moût regardez des dames. » (Percef. V, 
f. 105.) — « Quant son cheval eut prins terre pour 
« marcher avant sur le pont, ungcor.... commença 
« fort à sonner (Percef. IV, f. 114), » c'est-à-dire 
avancer. — 16« • Manège de terre a terre. » (Cotgr.) 
— 17o « Quant cils jeunes roys vint à terre Moult 
« s'entremist d'onneur aquerré (G. Guiart, f. 13), » 
c'est-à-dire monta sur le trône. — 18« « Indiflferem- 
« ment les occy oient (les Gregois) dont force leur 
« fut de leur donner terre (Tri. des IX Preux, 
« p. 246), » reculer. — 19« « Enfans de la terre, » 
mondains. (Cotgr.) — 20* « Mau de terre, » épilepsie. 
(Cotgr.) — 21" « N'avoir ny de terre jaulne, ny de 
« la blanche (Cotgr.), » ni or, ni argent. — 22* « Faire 
« de la terre le fossé, de la terre d'autruy remplir 
« le fossé, » remplir sa bourse avec l'argent 
d'autrui. (Cotgr.) -- 23* « Jurer les mons, les ^^rr^« 
« et les vaus. » (Ms. 7218, f. 146.) —24* « Faut /(lire 
« des terres en un pré lesquelles doivent estre assez 
« larges, afin que les bassels ayent espace de leur 
« tourner et virer et entrer deux tout de front, puis 

• couvrir les terres d'ais et de gazons. » (Fouill. 
Vén. f. 72.) — 25® « Terre sans hébergement n'est 
« que de demie revenue, et terre chevauchée est à 
« demi mangée. » (Loisel, Inst. coût. 1, p. 284.) — 
26** • Telle terre, telle cruche. » (Cotgr.) — 27* « De 
« bonne terre, bon tupin. » (Id.) — 28' « Bonne 
« terre, mauvaise gent. » (Apol. d'Hérod. p. 4.) — 
29* • Terre loing de soy n'apporte que flascons et 
■ bouteilles. » (Cotgr.) — 30» « Qui a terre , si a 

• guerre. » (Eutrapel, p. t7.| — 31* « Nulle terrQ 
« sans guerre. » (Colgr.) — 32* • Tant vaut li hom, 
« tant valt sa ^6rre. » (Blanchandin, fol. 188.) — 
33* « Tantvault seigneur, tant vault sa gent et sa 
« terre. » (Gast. Phéb. p. 12.) — 34* « Aujourd'huy 
« en terre, demain enterré. » (Colgr.) — 35* « On 
« ne doit pas laisser bonne terre pour mauvais 
« seigneur. » (Cotgr.) — 36» « Pour laver ses mains 
« on n'en vend pas sa terre. » (Id.) — 37* « Tel 
« accroist sa terre qui ne accroist pas pourtant son 
« honneur. » (Percef. lll, f. 85.) — 38» « Terre &zns 
« seigneur est legiere à conquester. » (Percef. Il, 
f. 34.) — 39" « Qui de terre est, de terre parle. » 
(Boucic. IV, p. 378.) 

Terrebieu. Juron. (Mém. de Sully, II, p. 143.) 

Terrer. Se cacher dans un terrier : 

Il luy suffit qu*eUe seurmonte 

En son païs où eUe terre 

Des subies et qu'on ne déterre 

Le bestail qui à luiz se dompte. (Desch. f. 3i7.) 

Terrestrien. Terrestre : 

Et lieu de délices 
Que Ten nomme et nomma jadis 

Le terrestrien paradis. (Guiart, f, 92.) 

Terrestrité. Parties terreuses, sablonneuses: 
« Si celte eau se corromp par sept fois , et autant 
< de fois remise et purifiée, elle ne se gâtera plus, 
« ce dit Hermolaûs Barbarus, toute la terrestrité 
« estant chassée. • (Bouchet, Serées, l, p. 61.) — 

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- 34 - 



TES 



« Le vent austral, passant par des régions seiches 
« et chaudes apporte avec luy force tenxstrite. » 
(Id. I, p. 59.) 

Terre-tenant, l** Fantassin : « Les trois cornet- 
« tes qui estoient terre- tenant îureni incontinent à 
« chevaL » (Monlluc, II, p. 419.) — 2*' Attenant à: 

• Les pays qui ne leur (aux Hollandais) sont point 
« terre- tenans à ce qu'ils possèdent, leur sont de 
« tant excessive dépense pour les attaquer et puis 
€ pour les garder et conserver. » (Sully, XII, 477.) 

Terribilité. Aspect terrible: « Force de courage 
« ou magnanimité est ung moien entre hardiesse 
« et paour, et aussi entre oser entreprendre et la 
« terribilité espouventable qui est souvent des 
« choses que Thomme entreprent. > (Toison d*or, 
I, f. 114.) 

Terriblement. Extrêmement: « C'estoit une 
« chose terriblement et extrêmement belle. « (Nef 
des dames, f. 25.) — « Estoit terriblement grant. » 
(Percef. IV, f. 53.) 

Terribler. Rendre terrible. (Colgr.) 

Terrien. !<> De la terre : « Ce n'est pas homme 
« terrien^ mais aucun monstre qui est en terres 
€ descendu pour faire les gens merveiller. » (Lanc. 
I, f. 111.) — « Aymez sur tous chevaliers celluy 

• qui sur toutes gens terriennes vous ayme... vous 

• aymerez la fleur de toute chevalerie terrienne. » 
(Id. f. 110.) — « Prie le hault maistre qu'il me 
« laisse partie de son service, maison telle manière 
« me garde que je soye son serviteur espirituel et 
« terrien. » (Id. III, f. 111.) — « C'est Thomme 
€ terrien dont je seroye plus joyeux s'il esloit 

• guary. » (Id. I, f. 97.)— « Depuis ne avalla viande 

• terrienne en son corps, ne boyre nul mais 

« recommandoit son ame et sa vie en la main de 
« son créateur. » (Perc. VI, f. 128.) — 2o Manuel : 
« Garderentla iournéede toutes œuvres terriennes, 
« comme un dimanche. » (Al. Chart. Charles VII, 
p. 185.) — 3* Qui possède des terres : « Nostre 
« souverain terrien, nostre seigneur le roy de 
« France. » (Beaum. p. 171.) - « Estre sires de 
« terriens. » (Froissart, I, p. 304.) 

Terriennement. l*Temporellement: « Gomme 
« le peuple le maintient (le clergé) terriennement, 

• ainsi doit il saincte église maintenir spirituelle- 
« ment. » (Lanc. I, f. 31.) — 2« Sur la terre : 

Quant pour pécher est pugni maint et mainte, 

Sans espargnier nul terriennement^ 

Roy, pnnce, duc, tant ait espée samte, 

Povre, riche, de grant gouvernement 

Ne de petit. (Desch. f. 26S.J 

Terrier. Subst. V Seigneur de beaucoup de 
terres : 

Li quens Philippes qui refu, 

Dieus, quel terrier ^ Dieus quel escu. (G. de Provins,) 

2* Tertre : « Il ne bougea jamais de sa tente tendue 
« sur un terrier. » (Brant. Cap. fr. III, p. 95.) — 
Adj. 3** Qui habite un terrier : 

La dent meurdriere 

Ou d'une louve terriere 

Ou d'un lyon foudroyant. (Bem. Bell. I, f. iO.) 



Terriere. Lieu d'où Ton tire de lai terre : 
« Promettons de bonne foy que nous ne nos gens 
« ne donrons ne perrons donner congié de prendre 
« terre ou argille en le ditte terriere ou argilliere. » 
(Du Gange, sous terrarium.) 
Terrin. Grande marmite de terre. (Gotgr.) 
Terrine. !• Pot de terre pour les évacuations. 
(Cotgrave.) — 2o Décombres : 



Encor y perent les terrines, 
Et les aesers, et les gastines, 
Que Gormont fist en tous les lieux. 

Terriz. Tertre : 

Qui souz un terriz se gisoit 
Por la doulor qu'il avoit grant. 



(Brut, f. i04.) 



(Bûu,p.i70.) 

Terron. Terre plain. (Gotgr.) 

Terre veer. Terroir : « Par la jurisdiction , 
« terroveer et mandement dudit Gbastel Neuf. > 
(Ord. 111, p. 155.) 

Terrouer. Terroir: « Des dits pays et ter- 
« rouers. » (Math, de Goucy, Gharles VII, p. 660.) 
Terrox. Terreux : 

Mais ge voi un arme, parmi cel val herbox^ 

Et si vient à cheval suant et escumox ; 

Ou qu'il fust abatuz ses heaumes est terrox. 

Partonopez, fol. 178. 

Ters. Nettoyé, purifié; part, passé de terdre: 
• Ceux qui enseignèrent le latin meslerent avec le 
« langage terse et poly, l'érudition et doctrine. • 
(Pasq. Rech. liv. IX, p. 816.) 
Ne soiez pas com li cisnes, k'adès 
Bat ses cisneaus, quant U lor doit mieus faire, 
Quant ils sont grant, et il vient à son aire. 
Et à premier les a noris et ters. (Ch. du C^ Thibaut, 43.) 
De ma manche m'a ters mon nés. (Ms. 7989 ', f. SIS.) 

Tersois. Essuie-mains : « Tersois , as ques li 
« moigne tergent leurs mains et leurs piez. » (Règle 
de S. Benoit, ch. XXXIV.) 

Tertiane. Fièvre tierce. (Gotgr.) 

Tertio. Régiment: « J'ay ouy dire à Pedro 

« de Pas que son tertio ou régiment. » (La Noue. 
Disc, polit, p. 362.) 

Tertre. Ayant forme de tertre : « Motte tertrée 
« et chargée de cheveux. » (Gont. de Gholièr. 111.) 

Tervagan. Nom que le moyen âge donnait à 
un dieu païen : 

Je lor done beneicon 

De Tervagan et de Mahon 

De Belzebus, de Lucifer, 

De toz les deables d'enfer. (Mt. 7Si8, f. i82.) 

.... A nuit en l'ostel herbregai 

En la grant sale Tervagant. (Ms. 72i8, f. 249.) 

Terve. Mince, dans TAnjou et le Maine : • Une 
< tranche terve de jambon. » (Ménage.) 

Terze, o. Régiment: « Don Sanche de Levé.... 
« fut gênerai du terTbe de Naples. » (Brant Gap. 
estr. I, p. 137.) — < Ter%o d*Espagnol. » (Mém. de 
Bellièvre et Sillery, p. 341.) 
Tes. Tel : 
Hom qi aim et veut estre amés 
Doit toute mauvaisté haïr 
Et doit estre courtois et tes 
Qu'il ne se doit enorgeiUir. (Vatic. i490, f. 9i.) 



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TES 



-35 — 



TES 



Amour, qaant je bien Tasavor 

Si grant rein de descrire à droit * 

Mes quant mes tes or endroit. (Ms, 7615, II, f, i92.J 

Tesche. Qualité : 

Trop a en famés mal afaire. 

Plus a en famés maies teschesj 

Que il n'a en la mer de sèches. (Ms. 7615, 11^ f. i53,) 

Tesé. Etendu : 



(ParUmop, f. i58,) 



(Athis.) 



(Desch. f. 460,) 



(Ms. 7218, f, 355.) 



\À chevalier gui sont monté 
Parmi la porte Tout tesé ; 
Mais Gandins le rescost si bien 
Qu*il ne le mahaignent de rien. 

Tesée. Toise : 

Lui a le bon fer tranchant mis 

Et la lance une tesée 

Lui a parmy le corps passée. 

Tesel. Voir tasseau, ornement: 

Yestus ta d*un pliçon ermin 
Et bien fù chauciez d'osterin 
'Affublé orent un mantel ; 
D'or en furent fait li tesel, (Flaire et Blanchefl. f, SOI.) 

1. Teste. Phthisie. (Du Gange, sous Tesis.) 

2. Teste. Enflée: 

Et la panse ay si fort teste 

Qu'om dit que c'est ydropisie, 

Guis i aura son taburel 

Et sa muse tesie, fPoêt. av. 1300, II, p. 936.) 

Teslke. fPhtbisique : « Ele porroit faire Tourne 
« devenir etike et tesike. » (Aleorant, f. 9.)] 

Teslp. !• Taire : 

n est reson gue cil se tese 
Qui ne set dire rien qui plese. 

2<» Silence: 

En tesir et en dur acointier 
Ne toet on pas grant amour escuidier. 

VaUcm. n* 15M, fol. 167. 

Le trop tesir 
Ne revient pas moult à plesir. (Ms. 7218, f. 129.) 

Tesmotgnable. Témoin : 

WaiUi et Mahieu Wion 

Ces deus face Dieu pardon, 

Car il sont tesmotgnable 

Que tous li mons est fable. (Poët, av, 1300, IV, p. 1306.) 

Tesmotgnage. Témoignage : « En tesmoiynage 
« de vérité. > (Du Bouchot, Généal. de Coligny, 
p. 58, an. 1268.) 

Tesmotgner. i^ Répondre, donner bon témoi- 
gnage de : « Tous le monde vous tesmoigne à bon 
€ chevalier. » (Giron le Courtois, dans Du Gange, sous 

Testimoniare.) — « Nul ne pourra estre receu 

« au serment de mesureur de terres, s'il n'est 
€ tesmoigne par gens de foy. » (Ord. II, p. 381.) — 
S» Affirmer : • Qui seront tesmoignez par les lettres. » 
(Ord. III, p. 510.) 

Tesmotgneurte. Témoignage: « Mestier de 
« tesmoigneurie, » métier des Manceaux et Perche- 
rons. (Rab. V, p. 160.) 

Tesmolgnlé. Témoigné: • Tesmoignié ou 
« relaté. • (Ord. III, p. 440.) 

Tesmotn. l** Témoin : « (Les Manceaux et les 
• Percherons) apprenoient à estre tesmoins. » (Rab. 
V, p. 160.) — • Tesmoin en confirmation de vérité. » 
(Du Ghesne, Généal. de Montmorency, p. 388, 



an. 1265.) — « Quiconque che soit qui ne sache mie 
« coment il le puist lever, et li maire li doit certifier 
« et enseigner coment il le puet et doit lever de 
« rekief quiconques ce soit qui veulle tesmoins 
« lever, il le puet lever con faus tesmoins et le doit 
« lever par le poing, et présenter son gage, et en 
« puet retenir à avoir campion et avoué, s*il veut. » 
(jDs. d'Amiens, dans D. G. sous Testes levare.) — 
20 « Tesmoins de bornes , » cailloux placés près 
d'une borne. (D. G. sous Testis termini.) 

Tesmotng. Témoignage: « T^smoin^ de certain, 
« de credence. » (Stile de procéder au parlem. de 
Normandie, f. 73.) — « Par le tesmoing monsei* 
« gneur le dalphin. » (Desch. f. 180.) 

Dame qui pert au besoing 

Por son ami ce qu'U a 

Se cil guerredon n*en a, 

Honnis en est par tesmoing. (Poët. av. 1300, 1, p, 354,) 

Tesntere. Tanière : 

Renars estoit jadis en sa tesniere: 

Assiégez (Ut du noble lion. (Desch, f, 108.) 

Belaud (un chat) sçavoit mille manières 

De les (souris) surprendre en leurs tesnieres, 

J. DuBelliv,p.460. 

Tesseré. Garré comme un dé. (Gotgr.) 
Tesson. Blaireau : 



(Desch. f. 467.) 



(Sorb. 61, c. 17.) 



La truie vouloit estre chievre, 
Le tesson vouloit estre lièvre 

1 . Test. Témoignage : 

Si parlerons d'une abeie 
Qu iert al cief de le forest 
Si com le Uvre en trai à test, 

2. Test. loPot: 

Je ni s serai 
Ou test, et ferai mon orine. (Ms. 7218, f. 196.) 

^ Grâne : « Lors frappa le roy Artus sur le heaulme 
« tellement que nulle chose ne le peut garentir 
< qu'il ne lui fist Tespée sentir jusques au test^ et 
« du test abbatit il une pièce. • (Lancel. III, f. 158.) 
— 3* Goque d'une noix : 

Quar tout ausi com la nois est 

Enserrée dedens son test. 

Ne n'en puet estre hors .ostée 

Devant qu*ele soit meurée. (Ms. 7218, f. 359,) 

4"* « Garapace d*un animal : « Le test et couver- 
« ture d'aucunes bestes et poissons de mer. » (Nie.) 

Testable. Qui peut tester : « Ghascuns habi- 
« tans... estant en aage et non empesché d'empes- 
« chôment de droict est testable et peut faire 
« testament de ses biens et choses. » (G. G. 11,692.) 

Testament. !<> Ensemble desSainte^ Ecritures: 
« Scavoir tout le vies Testament et le nouveau. » 
(XV Joyes du mariage, p. 148.) — 2» Dernières 
volontés d'un mort: • Mais si par prévention le roy 
« a la cognoissance du compte d'un testament^ le 
« maistre des testamens rfy a plus que cognoistre.» 
(Gr. Goût, de France, IV, p. 499.) — « Grasse cui- 
« sine, maigre testament. » (Gotgrave.) — 3* Par 
confusion comique avec teste : « Vous romproit 
« tout le testament. • (Rabel. III, p. 164.) 

Testamenter. Hériter par testament: • Amande 
« ...imposée à Glisson pour avoir testamenté de 



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TES 



— 36 - 



TES 



« 170,000 1. qui estoit bien rapé à luy. » (Choisy, 
Vie de Charles VI, p. 173.) 

Testamenteur. 1** Héritier lestamentaire : « Un 
« testamenteur seul, hors qu'il soit hoir du résidu, 

< ne sera reeevable à faire poursuite des biens du 

< testament contre les redevanciers. » (Nouv. Coût. 
Gén. t. II, p. 70.) 

Ains a au cuer si grant destrece 

Qu'U set bien qu'il ne puet plus vivre ; 

Erraument son avoir délivre 

En le main de quatre tenteurs 

Con appelé testamenteurs. (Poët, av, 1300, IV, iSii.) 

2" Exécuteur testamentaire : « Je merch monsei- 
« gneur l'euveske deTereuuane com mon seigneur 
• e mon compeire testamenteur sovrain e li pri 
« kil ait che testament à parfurnir. • (Duchesne, 
Généal. de Guines, p. 284, an. 1244.) 

Tesiarderie. Opiniâtreté. (Cotgrave.) 

Testaresse. Testatrice : « Un testateur ou tes- 
« taresse peut disposer par testament et ordonnance 
« et dernière volonté de ses fiefs et héritages. » 
(Coût. Gén. I, p. 766.) 

Teste, l» Pointe : « Chascun tenoit ung arba- 
lestre tendue et avoit sur chascune encoche un 
vireton de telle teste que pour froisser et tuer 
ung cheval. » (Percef. 1, fol. 37.) — 2* Dos d'une 

hache : « Ils dévoient combattre de haches et en 
ferir chascun quinze coups de la teste, et martel, 
sans rien toucher de la pointe ny d'estoc. » (Math. 

de Coucy, Charles Vil, 555.) — 3- Massue : « Ballots 
à teste. • (Coût. Gén. II, p. 897.) 
Expressions : « Teste à teste bechevel. » (Rabel. 

I, p. 151.) — « Les filles prennent autant que les 

t fils et partissent teste à teste. » (C. G. I, p. 84.)— 
Quand aucun, après son tréspas, délaisse plu- 
sieurs enfans ou autres ses héritiers, tels héritiers, 
soit en ligne directe ou collatérale, viennent à la 
succession du deffunt quant aux meubles, héri- 
tages, et possessions immeubles, roturiers, et en 
censive teste à teste. » (Coût. Gén. I, p. 365.) — 
Mit le siège devant Calais, et y mena quarente 
mille testes arméez de la commune de Flandre » 

(Oliv. de la Marche, p. 56), c'est à-dire hommes 

d'armes. — « Henri IV cnercholt à engager un 
combat avec le prince de Parme, mais le vieux 
et rusé capitaine lui faisoit toujours des testes 
d'infanterie (Mém. de Sully, I, p. 425), » opposer 

de... — « Envoyez cent mille escus à deux favoris 
du grand seigneur, et avant qu'il soit six mois, 
on verra toute l'Italie si pleine de testes blanches 
que ses calamitez et misères nous feront trop 

S lus de pitié que leurs ruses et finesses ne nous 
onneront de crainte (Mém. de Villeroy, III, 98),» 

Turcs à turbans. — « 11^ dévoient jetter une teste 
de dix ou douze enseignes entre la basse Pou- 
logne et la haulte pour empescher les saillies de 
ceux de la haulte Poulogne (Mém. de Du Bellay, 

f. 337), » c'est-à-dire avant-garde. — « Le seigneur 
César Fregose, avecques tel nombre d'hommes 
qu'il voulut choisir, délibéra avec le resle de 
l'armée de dresser la teste vers l'ennemy. • (Mém. 



de Du Bellay, f. 262.) — « Si une fois il toumoit la 
« teste vers le roy... il n'y auroit chose qu'elle 
« qu'elle fust qui puis après le détournas! de ce 

8u'il auroit commencé. » (Du Bellay, fol. 155.) — 
ue les premiers flancs ni la teste qui sera au 
« milieu ne lasche pas que le loup ne les ait passé 
« et avancé dans la courre de huit ou dix pas, pour 
« ne les pas faire retourner dans le bois, et que les 
« seconds flancs lasches quand ils verront le loup 
« vis à vis d'eux, et qu'aussitost que les valets des 
« lévriers qui tiendront les testes verront les seconds 
« flancs laschez ils s'avancent et aillent au devant 
« du loup, pour lascher en teste, et auparavant 
« qu'il soit à eux ; c'est ce qui fait qu'on les appelle 
« lévriers de testeqni doivent estre les plus grands 
« et les plus forts pour faire arrester le loup. » 
(Salnov. Vénerie, p. 278.) — « Fourfaire le teste, » 
mériter de perdre la tête. (Duchesne, Généal. de 
Béthune, p. 152, an. 1237.) — « Sur la teste à per- 
« dre. » (Froiss. II, p. 181.) — « Sur la teste coupié.» 
(Froiss. III, p. 198.) — « Se vous estiez si fol que 
« vous venissiez après nous ou royaulme de Gaulle, 
« et ou royaulme d'Ibernie, asseur povez estre que 
« vous serrez plus prest de la teste que monseigneur 
« Lancelot ne seroit. • (Lancel. III, f . 143.) — « Tel 
« m'en pourra mocquer , à qui je ferai la teste 
« rouge. » (Percef. I, f. 74.) 

Cil ont plus le teste hardie 

Oi mainent tel amparlerie. (Vat. 1490, f. 199.) 

« La teste luy fent de douleur. » (Desch. f. 252.) 

— « Je pensois, seigneur Anastase, que fussiez plus 
« sage que ne vous monstrez, mais à ce que je puis 
« voir, vous avez la teste mal faite. » (N#its de 
Strapar. II, f. 156.) — « J'ay bien oy gens qui sont 
« entre cy et le pont, or que nous ne faisons point 
« la teste sourde escoutons encores l'un ca, l'autre 
« là, au coing de ceste haie. » (Le Jouv. fol. 62.) — 
« S'ils fussent venus servir le roy au point où ils 
« sont, quand il alla en Flandres, ils eussent bien 
« fait; mais il n'en avoyent pas la teste enflée; fors 
« que de dire et de prier Dieu que jamafs pié d'en- 
« tre nous n'en retournast. » (Froiss. 1. II, p. 231.) 

— « Cœur délicat se plaint de teste saine. > (J. 
Marot, p. 43.) 

Cil vos escoutent bien à dire 

La vérité trestote plaine 

Qu'U pledoient de teste saine. (Ms. 7615, 1, f. 67.) 

« Porter teste ki ment, » avoir l'air d'un men- 
teur. (Poët. av. 1300, IV, p. 1370.) 

« Helas, j'ay usé par ci devant de ma teste, j'ay 
« voulu suivre mon seul sens, par trop d'obstina- 
« li(Jn. » (Amant ressuscité, p. 535.) — « En tell 
« manière advient souvent a ceulx qui veuUent 
« /'aêreà/eurs f^s^e^, sans croire conseil d'autruy. » 
(Le Jouvencel, p. 45.) 

Aucuns ouvToient de leurs testes 

Et si vivoient comme bestes. (Mod, f. 1.) 

• Ce fut un grand sujet de joye à toute l'armée 
« de se voir ainsy portée de la teste à la queue en 
« un moment, par l'arrivée imprévue d'un chef 
« (M. le prince que Ton croioit ne pouvoir jamais y 
« parvenir) dont l'attente avoit jusqu'alors sous- 



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TES 



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TES 



€ tenu ses espérances. » (Mém. de Tavannes, 
p. 196.) — « Jurent sovent par lor teste. » (Poët. 
av. 1300, IV, p. 1335.) — « Aller la teste levée. » 
(Cl. Marol, p. 619.) 

Se vous in*avez respondus passaument 

Si le vous grasie 

Ma teste en est apaisie. [Vat, d490, f. il.) 

• Teste verte, • jeune homme. (Oud.) — « Teste 

• de linotte. » (Id.) — « Grosse teste. * (Id.) — 
« Mettre la teste où Ton a les pieds (Id.), » être 
décapité. — « Chausser sa teste. » (Id.) — « Avoir 
« des grillons dans la teste. » (Cotgr.) — « J'en 
« retiens la teste pour en faire un pot à pisser. » 
(Id.) — « Teste ae moine, » pissenlit. (Id.) — 
« Teste de vedel (Id.), » nigaud. — « Il a du mer- 
« cure en la teste. » (Id.) — « Faire hon de la 
« teste. » (Id.) 

Las bien est Li mondes confus 

Quand la teste Dieu jurera 

Et sa forceUe, uns malotrus. (Desck. f. 32.) 

• Teste Dieu pleine de reliques, » jurement de 
la Roche du Maine. (Brant. Cap. fr. I, p. 102.) 

Les piez avant, la teste arrere, 

En paradis les metez sainz. [Ms. 68i2, f. 67.) 

Tel déduit, tel joie, tel feste, 

Onques ne fu fête de teste. (Ms. 68i2, f. 80.) 

La joie, le déduit, la feste 

Il ji'est homme qui de sa teste 

Ne le pensast, ne ne deist. (Ms. 68i2, f. 80.) 

Mainte teste en sera gratée 

Ainçois qu'U soit au finement. (Ms. 6812, f. 53.) 

Bien est fous de la teste. 

Ne de san n'a demie. 

Qui plus se mit en famé 

Et qui plus les ama. (Ms. 76i5, II, f. i38.) 

Ainz monte ans premerains es testes^ 

Qu'il lancent jus les arbalestes. (G. Guiart, f. 255.) 

n lui a dit qu'il est pelé 

Et Eustace, à tout un baston, 

L'a appeUé et à haut ton 

Teste ae saige Lymosin. (Desch. f. 423.) 

« Deux OU trois testes en un chaperon. » (Froiss. 
I, p. 132.) 

Or ne sai je à sus qu'entendre. 

Je vois si l'un vers Tautre tendre 

Qu'en un chaperon a deus testes. (Ms. 72i8, f. 325.) 

• On connoit à ses yeux que sa teste n'est pas 
« cuitle. » (Oud.) — « Teste à/ teste comme deux 

• fourbisseurs. « (Oud.) — « A laver la teste d'un 
« asne, on ne perd que le temps et la lexive. » 
(Cotgr.) — « Il n'y a bonne maison que celle qui 
« est faite par la teste rasée. » (Rép. des vrais 
cath. franc, à Tavert. des cath. anglais, p. 472.) — 
« Je veulx perdre la teste est le gaige d'ung fol. » 
(Rabel. II, p. 246.) — « Il vaut mieux avoir bonne 
« teste que mauvais cul. » (Dial. de Tahur. p. 23.) 
— • Crenons en teste gastent la feste. » (Cotgr.) — 
« En petite teste gist grant sens. » (Cotgrave.) — 
« Grosse teste et prim col, c'est le commencement 
« d'un fol. » (Cotgr.) — « Le poisson commence 
« tousjours à sentir par la teste. » (Cotgr.) — « Le 
« ventre emporte la teste, » se dit des apostats. 
(Cotgr.) — « Telle beste, telle teste. » (Cotgr.) — 



« Tenez chaud le pied et la teste^ au demeurant 
« vivez en beste. » (Cotgrave.) 
2. Teste. Teton : 

Testes ay comme soufiez d'un four, 

Aussi plates c'une quintaine. (Desch. f. 335.) 

« Elle veit que Tenfant nouveau né y tendoit le 

• col à mont, comme s'il voulsist querre la teste 
« sa mère. » (Percef. III, f. 154.) 

Testée, i» Portion qui appartient à chaque tête 
dans une succession : « Le père qui est gentilhomme 
« et de noble sang peut marier ses filles et les 

• apparager,et ce qu'il leur donnera, son principal 
« hoir ne le peut debatre, si le père ne le grevoit 
« outre sa testée, aussi comme si tout le fief estoit 
« partable. » (Ane. Coût, de Bret. f. 110.) — 2r En- 
tétement ; un seigneur anglois ayant refusé de 
boire, parce que Jean Chandos avoit bu devant lui, 
récuyer du dernier menaça l'Anglois de lui jetter 
le verre à la tête ; « et comme il eust peur qu'il ne 
< fist sa testée^ car il estoit bien courageux de celé 
« faire; il but. «> (Froiss. III, f. 219.) — 3o Tête: 

Lors veissiez cbeveus tirer, 

Tisons voler, dras deschirer. 

Et l'un desouz l'autre cheir ; 

Li marcheant corent veir 

Cens qui orent rouge testée. (Ms. 72i8, f. 60.) 

Testelette. Petite tète. (Cotgr.) 
Testemoigner. Témoigner : 

Mez ce disoient et juroient 

Et tranchoiz le testemoignoient. (D. C. sous Testimoniare.^ 

Testemoine. Témoignage : « Li en avons doné 
« cestes lestres pendantes scellées en nostre scel, 
« en testemoine. * (D. C. sous Testimonium.) 

Testemoingne. Même sens: « Testemoingne 

• n'en peut cil de Fescamp porter. » (Rou, p. 54.) 

En l'abaïe Sainct Oien 

Out, en cel tens, un sacristain ; 

Tenu estoit pour leal moingne, 

Et moût avoit bon testemoingne. (Rou, p. i5i.) 

Tester. Donner des coups de tête ; on lit d'un 
cheval : 

Lors a dit à son sor bauçent, 

Dist li quens : ne teste autre fois ; 

A cbief déposé retesta ; 

Li quens uescent ; si li coupa 

La teste ; sor un autre monte. (Fabl. de S. Germ. f. 44.) 

Testerie. Caprices, fantaisie : 

Les faiz de chevallerie 

Que Ten fait, par testerie, 

Les doit on tenir à prouesse 7 

Certes, nennil ; et dont que esse 7 

C'est folie et cas d'aventure. (Ms. 68i2, f. 49.) 

Testler. Qui appartient à la tête; qui sait ména- 
ger sa tête. (Cotgrave.) 

Testiere. i"* « Habillement de teste qui est de 
« fer pour Thomme de guerre, et est assez plus 
« général que casque ne salade. De là on a dit la 
« testiere d'un cheval. » (Nicot) — « Testiere de 
« haute cloueure de mailles rondes. » (D. C. sous 
Armatura.) — 2** « Testiere d'un bœuf, » le joug. 
(Cotgr.) —3* « Testiere d'un chapeau, » forme d'un 
chapeau. (Des Ace. Escr. dijonn. p. 2.) — 4* Tête: 



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TES 



TEU 



« Engravée au fond du crâne de leur tesHere. » 
{Tahur. Dialog. p. 9B.) 

Testificaieur. Qui testifie. (Oudin.) 

Tesiiflcailon. Témoignage, approbation. (Cotg.) 

Testif 1er. Témoigner. (Cotgrave.) 

Testimoine. Témoignage : « En testimoine de 
« vérité. » (Ord. Il, p. 343.) 

Testimoniale. Preuve : « Rapportans bonnes 
« et seures testimoniales de tout ce que dessus. » 
(Pasq. Recherches» p. 831.) 

Testimouient. Témoignent: 

Quar leur œuvres testimonient 
Et tout apertement nous dient 
Que par rame fumes nous tuit 
Engingnié, trahit et souduit. (Ms. 7218, f. iS5.) 

Testmoignance. Témoignage : « Donné par 
testmoignance à nostre grant seal. » (D. C. sous 
Testimonium.) 
Testmoigne. Témoignage: « En testmoigne 
de ces choses. » (D. C. sous Testimonium,) 
Testmoignié. Témoigné: « S'aucuns distlait 
à l'autre en la vile, et il soit veu d'eschevin ou 
testmoignié par deux autres personnes, il payera 
pour Tamanae .m. s. »(D. C. sous Jestimoniare.) 

Testmoinance. Témoignage : « Un testmoi- 
nance de ceste chose , nos avons ces lestres 
saelées de nostre sael. » (D. C. s. Testimonium.) 

Teston. l® Coup de tête. (Oud.) — 2» Monnaie: 
6000 lansquenets qui le voullurent servir pour un 
teston le mois, et ne voulloient point prendre 
d'argent, fors seulement dire qu'ils estoient à 
maistre qui leur doniloit de l'argent. * (Rob. de 
la Mark, p. 307.) — « Nous voyons aujourd'hui en 
la France plus de doublons qu'il n'y avoit, il y a 
cinquante ans de petits pistolets; comme j'ay 
veu et pareillement plus de testons que de dou- 
zains. • (Brant. Cap. fr. t. III, p. 201.) — « Pour 
demy teston, voire pour six blancs. » (Apologie 
d'Hérodote, p. 674.) — « Gros testons, teston de 
Milan. » (D. C. sous Monetœargentœ.) — « Teston 
de roy, » roonnoye d'argent du poids de sept 
deniers, douze grains et demi de lin, que l'on com- 
mença de fabriquer sous Louis Xlll en 1513, qui fut 
évalué à dix sols sous les règnes suivants. Cette 
monnoye augmenta jusqu'à trois livres. (Hist. du 
Th. fr. II, p. 87.) — « Il est comme les testons ro- 
« gnez, sans lettres, » c'est-à-dire ignorant. (Oud.) 
— « Il fait de son teston six sols, et il fait ae six 

• sols un teston^ » se dit d'un prodigue ou d'un 
économe. (Cotgrave.) 

Testonné. ^^ Prisé : « Les gens d'Efflise sont 

• vestusde draps de soie, le plus souvent afecoupez, 
€ enrichis de pourflleures et broderies, sont testoiv- 
« nez, épongez et parfumez. » (La Planche, état de 
la France sous François II, p. 663.) — 2» Battu, 
étrillé : « Estant donc Charles si bien testonné sans 
« peigne, ayant les yeux tous enflez et murdris. • 
(Nuits de Strapar. I, p. 139.) 

Testonner. V • Friser le poil, la perruque, 



« façonner les cheveus, au fer chaud ou autrement.» 
(Monet.) — « Se testonnant de son pigne. » (Rabel. 
liv. I, p. 235.) — « Je suis empesché auprès de cet 
« homme de bien que je testonné. » (Du Verd. div. 
leçons, p. 349.) — 2* « Quand il sçut que Fouquet 
« pouvoit bien estre eschauffé à testonner la bourre^ 
« il vint etitrer au jeu de paume, et appelle Fouquet 
< qui avoit déjà bandé sa part de deux douzaines 
« d'esteufs et jouoit à l'acquit. » Jouer à la paume, 
dans Despér. I, p. 82. — 3* Faire des malversations 
dans les finances. (De la Noue, dise. p. 125.) 
Testonneur. Parfumeur. (Rab. I, p. 322.) 
Testa. 1"* Marteau : o. Le testu d*un masson. » 
(Colgr.) — 2o Poisson. (Rob. Est.) — 3* Entêté : 
bances es poinz, haubers yestuz, 
Gomme courageus et testuz, (G, Gidart, f. 280.J 

Tesupe. Pêcherie. (D. C. sous Tesura.) 
Tesurer. Tendre des filets : « Chasser tendre et 

« tesurer, el prendre bestes à pied rond. » (D. C. 

sous Tesura.) 

Tétasse. Telon : « Avalle en tétasse de vielle. > 
(Cotgrave.) 

Tetassier. Qui a de grands vilains tétons. (Cotg.) 

Tête. Teton : « Je sui joliete, sadete... point moi 

« ma tête selon le tans. » (Chans. du xni* siècle, 

ms. Bouh. f. 56.) 

Tethye. Excroissance difforme et maritime, qui 
n'est ni poisson ni plante. (Cotgr.) 

TetiQ. « Estre au tetin, > à la mamelle. 
(Oudin.) — « Le grand dandin qui a mordu sa mère 
« au tetin. • (Id.T ~ « Du tetin en hors, » dès l'en- 
fance. (Cotgrave.) 

Tétine. Tetin : 

Ne monstrez plus yostre tétine, 

Si dure estoit, ronde et poupine, 

De bon cueur je la regardasse ; 

Mais ce n'est rien qu'une trépasse 

Pour quelque varlet de cuysme. fCh, d'amour, p, i77.J 

Tetineux. Qui a de gros tétons. (Cotgr.) 
Tétrade. Nombre de qualité. (Cotgr.) 
Tetrlcque. Triste, fâcheux. (Rabel. IV, épllre 

dédicace, p. 4.) 
Tettéè. Temps que Tenfant met à sucer la 

mamelle. (Cotgr.) 
1. Teue. Tenue: 

La loi crut et en tel guise 

Que mil ans fu bien teue 

Et li peuples à devise 

Fort et ferme le tenoient. (Poêt. av. iSOO, II, p. 876.J 

.2. Teue. Tue, part, de taire : 

Dame Auberée s'est teue 

A ce mol de lui prescher. (Fabl, de S. Germ. p. Sii,) 

Tevot. Couard. (Cotgr.) 

Teur. Treillis fait de poil de cheval, sur lequel 
les tondeurs de drap tondent leurs étoffes. (Monet.) 

Teupdre. Tordre : « Doit bouler son coustel 
« entre 1^ cuir et la char, et couper la char aval, 
« puis doit tirer à soy le jambon en teurdant et 
« ferîr du cul d'une hache et les rompra. » (Gast. 



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THA 



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Pbéb. p. 202.) — « Tailla tout autour jusques à Tos 
« du col, et h desmie, et teune la bure, et elle s'en 
• vendra. • (Gast. Phéb. p. 201.) — « Les aguilles 
« qui seront teurses par force se drescerent. » 
(Gast. Phéb. p. 319.) 

Teus. Tel : 

Cornent, fet il, estes vous teus 

Que par force dire m'estuet. (Ms, 7Si8y f. S.) 

Fouqes ki ses flus ert ainsnés 

I fa ocis, teus tu. menés. (Mousk. p, 4i2,) 

Ke teus repare entor si 

Saigemcnt. (Poët. av. iSOQ, JIJ, p. 975.) 

François furent moult engriés 
Quant Acre fù rendue et prise : 
*" — i ot joye à grant de^ -^ 
i vile prisent osteus 



Trop i ot Joye à grant devise 

En la vile prison 

Dont moult i ot et teus et queus. [Mousk. p. 5$$.) 



Textualre. Qui a bien eu main le texte d*un 
écrivain. (Monet.) 

Textaale Textuel: « En toutes loix a deux 
■ choses : la première, le principe ou la sentence 
« textuale. » (Monstrel. 1, p. 42.) 



A l'une fois, tu escrips, comme suppose, 

i glose. 

Goujet, Bibl. Dr. X, p. 313. 



Chose textuallCf et à Tautre fois KU>se. 



Textnel. « Juges qui sont bons textuels^ » qui 
savent les endroits à citer. (Cotgr.) 

Texineliement. « Ainsy qu'il est textuelle- 
t ment contenu au chapitre. » (Godefroy, Observ. 
surCharlesVIII, p. 544.) 

Texture. Contexture, tissu. (Crétin, p. 269.) 

Tezant. Se taisant, reculant : 

Croyez vous que li Grieux soyent la recréant 
Ja ne furent uz oncques en bataiUe tezant. 

Not. du Rom. â^Alezaodre, f. 16. 

Tezez. Niais. (Rabel. p. 178.) 
Thabaut Taïaut : 

Poar ce huerés fort et haut 

Tha, tha, thahaut, thahaut^ thahaut^ 

Et lors les chiens à vous venront. (Font. Guérin, p. 92.) 

Thaignon. Chignon ; lire peut-être chaignon. 

Car si tost com il entre, sourbannist le galgnon, 
Qui nous traidt en enfer parmi le thaignon. 

Borel, Tettam. de Ifeong. 

Thaïs. Silence, discrétion : 

Parle, soyés hardis, 
Veuls tu mourir de ta parole eschais-; 
Conte ton fait ; maudite soit ta thais. (Desch. f. i87.) 

Thalame. Fiole à long col, malras. (Borel.) 
Thalamege. Navire : « Par le conseil du pilot 

• feurent sonnées les trompettes de la thalamege en 

• intonation de guare serre. » (Rabel. IV, p. 144.) 
Thalasie. Qui a la maladie de la mer. (Cotgr.) 
Thaïe. Tige verte. (Cotgr.) 

Thaller. Commencer à pousser: •< Quand les 

• bleds vers se thallent en terre. » (Nicol.) 
Thalmod. Livre contenant le droit canon et 

ànï des Juifo. (Cotgr.) 
Thalmudiste. Savant dans le thalmud. (Cotgr.) 



Thamarinde. Dattier indien. (Cotgr.) 
Thanesie. Plante : 

Fenoille, lavande, ne autre chose, 

Basilicon, coq, thanesie. [Desch, f. 4ii.) 

Tbapsle. Carotte puante. (Cotgr.) 

Thau. Cercueil. [Peut-être pourrait-on lire tau 
et tahu^ formes données par M. Lalanne en son 
glossaire.] — « 11 fut ordonné qu'on porteroit 
« (à la pompe funèbre de Du Guesclin) sur son thau 
« où estoit le corps, les clefs, en signe d'obédience 
« et d'humilité. » (Brant. Cap. estr. Il, p. 215.) — 
On lit dans Bouteill. Som. rur. p. 875, tàhue d une 
litière d'estrain sur laquelle on élevait une estrade 
de planches, qui portait le cadavre ou sa représen- 
tation. — « Quand le corps (de Charles VIII) sera 
« arrivé à N. D. des Champs sur la tahue où est le 
« corps, sera faite une plate forme sur laquelle sera 
• un lit de parement où sera mise la statue du dit 
« seigneur en son habit royal. » (Observations sur 
CharlesVIII, p. 751.) 

Théâtre, l** Spectacle : 

Mais assez d'autres femmes voy 

Qui vont par tout, sans nul convoy. 

Aux festes, aux champs, au théâtre, 

Pour soulacier et pour esbatre. (Desch. f. 510.) 

2o Enceinte: « Si m'en allay hors du temple 
< appuyer au mur du théâtre^ dont le lieu estoit 
« clos, p (Percef. V, 13.) — 3« Place: « Ils arrivèrent 
« au temple de la déesse, si descendirent par de- 
« vant et laissèrent leurs chevaulx au théâtre^ et 
« puis entrèrent au temple. » (Id. f. 68.) 

Theau. Taïaut : « Alors doit crier hau, où est il 
« allé, hor va à moy, tlieau. » (Fouill. Vén. f. 68.) 

Thef bot. Amende par laquelle un voleur se 
sauvait de la corde : « Thefbote est quant home orist 
« chattel de larone de lui faveurer, et maintenir et 
« ne my autrement. » (D. C.) — « Petits tarons que 
« toundent et escorchent motons, ou autres bestes 
« putauntre pur enbler les peaus de cens que 
« pernent thefbot. » (Britt. f. 71.) 

Thele. Tante, dans Cotgr. Rapprochez tayon. 

Thelemite. Moine de Tabbaye de Theleme; 
homme qui fait tout ce qu'il veut. (Rab. et Cotgr.) 

Thème. Texte: « Ils commençoient (les pres- 
« cbeurs) par un passage de récriture qui est 
« appelé thème j d'où vient cette façon de parler 
« juxta thema prœlibatum. > (Apolog. d'Hérodote, 
p. 500.) 

D'autre part dit saint thème et glose 

Que ce soroit aussi fort chose 

Passer par le tro d'une aguille 

Un charnel, texte est dTuvangiUe 

Gomme d*un riche mondain seroit 

Qui en paradis entreroit. [Desch, f. 569,) 

Thenalsle. Herbe. (Médec. des Chev. p. 26.) 

Theodin. Herbe : « Si ne trouvez du nasicort, 
« recouvrez, s'il est possible, d'une autre herbe 
« comme theodin. » (Fouill. Fauconn. f. 25.) 



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I 



THI 



- 40 — 



THI 



Theodonis. Pour « Theodonis villa, » Thion- 
ville, aujourd'hui Diedenhofen : 

Car U bons rois Hardis 

Soujournoit à Tkeodoms 

Et tout rivier i voloit estre 

Pour le lui plaisant. (Moush. p. 92.) 

Théologal. « Le vin théologal et sorbonnique 
« fvoir ce mol), est passé en proverbe, et leurs 
« festins. > (Montaigne, III, f. 595.) 

Theologalement. « Choppiner théologale- 
« ment. » (Rabel. I, p. 97.) 

Theologastre. Mauvais théologien, dans les 
Touches de des Accords, p. 47. 

Theological. Théologal : « Les vertus morales 
« et theologicales, » (Toison d*or, II, f. 71 .) 

Théologien. Théologal : « Vertus théologien^ 
• nés. » (Jean de Saintré, p. 74.) 

Theomache. Qui fait la guerre aux dieux. 
(Cotgrave.) 

Theon. Taon : 

Amis si hastif et si près, 

Après, comme theons d'esté, 

Quand les femmes vous ont esté 

Vous vous en mocquez par après. (Des dev. amour. 45. J 

Théorique. Fém. Théorie: « Il fait bel appren- 
« dre la théorique de ceux qui savent bien la pra- 
« tique. » (Ess. de Mont. II. 146.) — Masc. Savant: 

Ce qu'U y a n'est qu'un trop petit cas 

Pour en parler entre les rhétoriques 

Entre scavans, procureurs, advocats 

Et gens lettrez. tost seroit mis accats^ 

De me vanter devant les théoriques. (Faifeu^ p. ii4.) 

Thermes. Nom d'un général vaincu à Grave- 
Unes, en 1559 : « Valeur ou intrépidité d'Ossun en 
« proverbe, comme prudence de Thermes. » (De 
Thpu, IV, p. 484.) 

Thesaurier. Trésorier : « Dans une paroisse 
« les thesauriers et fabriqueurs sont ceux qui en 
« manient les deniers et les fabriciens. » (D'Argen- 
tré, Coût, de Bret. p. 1856.) 

Thesme. Thème, texte; aux obsèques de Charles 
VII, « il fut fait un sermon par maistre Jean de 
« Chastofort, dont son thesme estoit « mémento 
« judicii mei. Domine. » (Math, de Coucy, Charles 
VII, p. 736.) 

Thesorisement. Action d'amasser des riches- 
ses, des trésors. (Cotgr.) 

Thesopiser. Amasser des trésors : 

Pensif, triste il ne thesorise 

Beaut (baiUe) pallement après Tor, 

Mais il faict un plus cher trésor 

D'un saint renom qui Tetemize. (J. Tahur. iiS.) 

Thesurer. Tendre les filets : « Nul ne peut de 
« jour ne de nuit tendre ne thesurer en autruy 
« domaine. » (D. C. sous Tensura.) 

Thiahillaud. Cri pour exciter les chiens: « Il 
« faut parler aux chiens quand ils chassent en 
« mesmes termes qu'on parle à la chasse du cerf, 
« fors au for chef, car au lieu de crier thiahillaud, 
« il faut crier voy le cy aller. » (Fouill. Vén. p. 67.) 



Thialau. Môme sens : 

Celuy qui le frohu départ 

Aux chiens, doit estre à une part 

Et doit crier tout à estant, 

Ha, ha, ha, thialaUy thialau. (Font. Guér. p. 52.) 

Et leur doit dire, fort et haut, 

Ta ha, thialaut, thialaut. (Id. p. 43.) 

Thiare. Tiare: « Les armes de Fempereur avec 
« son thiare et ordre. » (Mém. de du Bellay, éd. de 
Lambert, VI, p. 350.) 

Thiaulan. Cri de chasse : 



Et s*U avient qu'aucun le voye 
Thiaulan doit tantost crier. 



(Font. Guér. p. i2.} 



Thibault. « Ainsi que j'ay ouy dire es environs 
de la ville de Blois, en un grant cousteau de 
vignobles qui en est près, où les plus proches 
vignerons de la ville, ayant ouy Uorloge, avoient 
accoustumé, pour signal de retraite, de crier à 
haute voix: Dieu pardoint au comte Thibault; 
s*estant le peuple fait accroire par un long succez 
de temps que ce fust un comte Thibault de Blois 
qui en introduisit entre eux la première loy et 
coustume. » (Pasq. Rech. p. 734.) 

Thiebault (saint). Patron des c 



Princes, puis que mon mary fault. 

Et que mon chastel m*emble et tault, 

Et autre pertuis en estouppe, 

Oultre mon gré, il ne m'en chault ; 

Par saint Àrnoul et saint Thiebault 

Je lui feray d'autel pain souppe. (Desch. f. 449.) 

Thiephaigne, anie. Epiphanie : < Au terme 
« de la Thiephaigne N. S. » (Cartul. de Corbie.) — 
« Le vendredi veille de la Thiephanie. » (Id.) 

Thies. Langue allemande : 

Roy sans lettres, comme un asne seroit, 

S'il ne savoyt l'escripture ou les loys ; 

Chascun de ly partout se moqueroil ; 

Thies doivent savoir, latin, françois. (Desch. f. 263.) 

Thiesselin. Tiercelet ; dans la fable du Renard 
et du Corbeau, le premier appelle celui-ci « beaus 
« thiesselin, » comme jeune tiercelet pour le qua- 
lifier avec distinction. (Desch. f. 49.) 

Thilleul. Tilleul : « Trouvèrent... une fontaine 
« sourdant au dessoubs d'un thilleul de merveil- 
« leuse grandeur. » (Percef. VI, f. H9.) 

Thimocratie. Espèce de gouvernement : « Au- 
« cuns y a qui se gouvernent par personnes esta- 
« blies a présider certain temps... ainsi instituèrent 
« les Florentins leurs prieurs des ars et conseil 
« des anciens, et ceste puissance s'appelle politi- 
« quement thimocratie qui est en commun parler 
« élection. » (Al. Chart. de TEspér. p. 315.) 

Thiois, oys. Allemand : « Vint premièrement 
« de là la langue thioise, c'est à dire de Flandres, 
« de Brabant et de Haynaut. » (Chron. de S. Denis, 
II, f. 221.) — « César fist refaire les arches marien- 
« nés auxquelles estoient escriptes les victoires 
« Marins, qu'il avoit eues de Jugurtha et des 
« Thioys. « (Tr. des IX Preux, p. 294.) 




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THR 



- 41 - 



THU 



Thiphaingne, ainne. Epiphanie : 

L'an que li rois fa deviez 

Receut, sans ce con Ten repraîngne, 

A Rains, le jour de la Thiphaingne 

Veant mainte bonne personne^ , 

Li biaus Phelippes la couronne. (Q. Guiart^ f. 215 J 

Tout fust il Pasques ou TiphainnCf 

Âinçois faisoient autre ouvraingne, 

Gomme boivre, et jongler, et rire. [Id. f. 15,) 

Thisle. Phlhisie. (Du Gange, sous tisis.) 

Thlsique. Plîthisîque : « Thisiques soit et ethi- 
« ques enfin. » (Deschamps, f. 220.) 

Thlu. Cette, en saintongeais : « Thiu servante. » 
(Borel.) 

Thoe. Loup bien fourré l'hiver, nu Tété. (Cotg.) 

Tholosain. Toulousain : « Tholosains ont esté 
« les plus sages en cecy, lesquels n'ont mis le nom 
« de leur pays; mais philosonhiquement se sont 
« appeliez mondains. » (Lett. de Pasq. I, p. 98.) 

Tholose. Toulouse : « Cizeaux de Tholose. » 
(Des Aec. Bigarr. p. 5.) 

Thomas. 1® Estomac : « Mangera t'il de l'herbe 
« aux chiens pour descharger son thomas. » (Rab. 
V, p. 213.) — 2» Nom propre : « Là (à la foire) vit 
« Thomas faulsseté, Enguerran foy mentie, et mais- 
« tre Nichole Tricherre, qui estoient filz dame Con- 
« voitise. » (Modus, p. 223.) 

Thonnine. Dos du thon salé. (Cotgrave.) 

Thop. Taureau : « Ils prenoient leur récréation 
« à faire combattre les thoreaulx, thor contre tlwr.j» 
(Toison d'or, II, p. 7.) 

Thoreaulx. Taureaux. (Voir Thor.) 

Thorelngne. Tou raine : 

France, Poito et Picardie, 

Anjou, Cbampalgne et Normandie, 

Bretaingne, thoreingne, Borgoingne. 

Toute la terre de Gascoingne. (Ms. 6812, f. 66 J 

Thorel. Taureau : « La petite vive occist le 
« thorel. » (Ghev. de la Tour, Instr. à ses filles, 78.) 

Thopie. Taureau. (Borel.) 

Thopon. Tour: « Se hierberga sour un thoron 
« de fors à Acre. » (D. G. sous Toro.) 

Thoolais. Monjiaie de Toul. (Ord. I, 335.) 

Thouloase. Toulouse: « Rigueur (du parlement) 
« de Thoulouse^ humanité de Bordeaulx, miseri- 
« corde de Rouen, justice de Paris ; bœuf sanglant, 
« mouton beelant et porc pourry. » (Desperr. t. II, 
p. 419.) — « Estudians de Thoulouse. » (Id. p. 3.)— 
« Ce fut un or pire que celui de Thoulouse qui 
« causoit seulement la mort à ceux qui le ma- 
« nioient. » (Pasq. Rech. p. 603.) 

Thresop. « Thresor ou chose trouvée. » (Laur.) 
— « Chambre du thresor^ » dans laquelle se jugent 
les causes du domaine et par appel à la chambre 
du domaine. (Laur.) — « Thresor des Chartres;» 
il a commencé à être dressé sous Philippe- Auguste ; 
c'est le dépôt des titres. (Laur.) -^ « Thresor de 
« garde, > trésor d*une ville auquel on ne touche 
que dans l'extrême besoin. (Gotgr.) 

X. 



Thpesopepie. Lieu où Ton serre l'argent et les 
titres. (D. G. sous Thesauraria.) 

Thpesoplep. « Thresorier des cent gentilshom* 
« mes des Suisses de la garde Ecossoise ou Fran- 
« çoise. » (Laur.) — « Thresorier de Tespargne, » 

3ui retiroit des receveurs généraux ce qui restoit 
es finances, les charges de TEtat étant acquittées. 
(Gotgr.) — « Threso7Her de France, qui a soin de 
« faire pa;^er le domaine du roy et les tailles, que 
« les maisons royalies soient reparées, les dettes 
« acquittées. » (Pasq. Rech. II, p. 69.) — « Threso* 
« rier des guerres ordinaires ou extraordinaires, > 
payeurs des troupes, dans Monstrelet, I, p. 160. — 
« Thresorier de la marine de Levant et Ponant, de 
« l'artillerie, des Ligues (Suisses), de Tordre du 
« roy, des officiers domestiques de la maison du 
« roy, des gardes, des œuvres et bastimens du roy, 
« des mortes payes, des offrandes et aumosnes, de 
« la vénerie et fauconnerie, de Tescurie. » (Cotjgr.) 
— « Thresorier du domaine, » receveur général du 
domaine du roi, de l'argent provenant de la légiti- 
mation des bâtards, de la naturalisation des étran- 
gers et des titres de noblesse accordés aux roturiers. 
(Gotgr.) — « Thresorier des parties casuelles, » qui 
^arde Targent provenant de la vente des charges. 
(Colgr.) — « Thresorier des salpêtres. » (Gotgr.) — 
« Thresorier des Chartres, » qui garde les papiers 
concernant le trésor du roi. (Gotgr.) — « Thresorier 
« de l'argenterie, » de la garde- robe ordinaire du 
roi ; il paye ses habits et les gages des pages et des 
gardes. (Gotgr.) — « Thresorier de la chambre aux 
« deniers » ; il paye les vivres et ce qui appartient 
à la maison du roi, comme bois, linge, vaisselle. 
(Gotgrave.) — « Thresoriers des menus plaisirs et 
« secrets du roy. » (Laur.) — « Thresorier a An'iou, » 
un des ambassadeurs du roi Gharles VII à l'assem- 
blée d'Arras pour la paix en 1435. (Monstrelet, II, 
p. 108.) — « Thresorier sur le fait de la justice. » 
(Pasq. Rech. II, p. 84.) 

Thpesoplllon. Petit trésor. (Gotgr.) 

Thpingle. Sommet. (Borel.) 

Thudesque. Tudesque : « L'yvrogne thudes- 
« que. » (J. du Bellay, p. 40.) 

Thumes. Tunis : 

Que trois fois en passa la mer 
Sur les ennemis de la foy ; 
La fut en Thumes prins ce roy. 

Thun. Thon. (Gotgr.) 

Thunlsian. Tunisien : « Le faucon dit thunisian 
« approche assés près de la nature du faucon 
« lanier... ; il est appelle thunisiariy parce qu'il fait 
« son aire et ses petis au pays de Barbarie, environ 
« la ville de Thunis. » (Foufll. Faucon, f. 4.) 

Thusque. Toscan : 

Si est ce pourtant que je puis 

Me yanter qu'en France je suis 

Des premiers qui ont ozé dire 

Leurs amours sur la thusque lire. (J. du Bellay, p. 461.) 

Thuys van costen. Maison de dépens ; sorte 
de juridiction en flamand : « Aller en la maison de 

6 



(Desch. f. 559.) 



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TIE 



- 42 ~ 



TIE 



« despens, que Ton dit vulgairement thuys van 
€ costen, » (Coût. Gén. II, p. 927.) 

Thymelée. Herbe à lait. (Cotgr.) 

Thymiqne. Se dit de la veine susclavière qui 
se termine sous Tos sphénoïde. (Cotgr.) 

Thymonalme. Mixture de thym, rue, farine 
d'orge, sel, eau, vinaigre, pour chasser la goutte, 
les vents, les maux d'estomac. (Cotgr.) 

Thyn. Thon, poisson. (L. Trippault.) 

Thynnunçule. Petit thon. (Cotgr.) 

Thyon. Oiseau. (Cotgr.) 

Tiaus. Tel : 

Deus, por quoy sni je tiatia 

Que se li osai descouvrir 

Les maus que m'a fait sentir: 

Et touzjors la truis cruaux. [Poët, av, iSOO, II, p, 55i.) 

Maistre Mahius en vous estes de tiatix 

Qui fréquentez franque marc et boulie. (Desch. f, 214,) 

Tibaulder. Faire le sot : « Paradin a tibauldé 
« en ses devises héroïques pour n'avoir pas esté 

• par les lieux, avec son imaginaire devise : colliga- 
« vit nemo ; quandoque bonus dormitatHomerus. » 
(Favin, Th. d^honn. I, f. Ui.) 

Tibert. Nom du chat au Roman du Renart : 

• Yueil encor enseigner ma fable, se tu mil coraiges 

• avoies, A mil cuers mil coraiges aies, Et qui 
« vorroit... deçoivre Celé vorroit mielz aparçoivre 
« Toz les tors et toz les baraz Que Renarz et Tibert 

• le chat. » (Ovide, de Arte, f. 95.) 

Tiburon. Veau marin de la mer des Indes. (Cotg.) 

Tic, Dans Strapar. I, fol. 163. 

Tichous. Petits gâteaux faits d'œufs, de farine, 
beurre ou fromage. (Cotgr.) 

Tichoe. Tige: « L'herbe nommée glaston ayant 

• les feuilles quasi comme plantin et la tichm de 

• deux couldées ou plus. » (Percef. I, f. 1.) 

Ticques. « Ce qui touche les questions ou dif- 

« ferends de la draperie et ce qui en dépend, comme 

• des laines, toiles, draps, et les métiers qui les 
« traitent, comme tisserands, retondeurs et autres 
« qui en font leurs négoces, tapisseries, peintures, 
« aes patrons, ticques et toutes manufactures de 
« filé de lin ; les doyens et juges de la draperie en 

• ont ta connaissance. » (N. C. G. I, f. 1238.) 

Ticqaei. Affiquet : 

Puis la chaine d'or, la baguette, 

Le lacz de soye, la cornette 

De velours, ce bel affîquet ; 

Quand nous aurions fait nostre empiète 

La porte seroit bien estroite 

Se nous ne passions jusques au ticquet, 

Dialoff. do MaUepaye, p. 55. 

Tlde. 

Quant aux nez furent tout entré, 

Et tide orent de bonne oré, 

Donc veissiez ancres lever, 

Estrans traire, hobens fermer. (Brut, f. 85.) 

Tiède. « Ne faire que de Teau tiede^ » ne faire 
que de l'eau toute claire. (Oudin.) 

Tièdement. Avec tiédeur : 



On tient que la carchedoine, 

A la graveure mal idoine^ 

Naist d'une pluye tièdement 

Qui trempe la terre aUumée 

De chaleur, qui la rend germée 

De ce divin enfantement. (R, Belleau, p. 6i,) 

Tielau. Cri de chasse : « Doit encore forhuer 
« tielau, et les autres variez doivent ferir des 
« verges aux chiens, afin qu'ils laissent la cuirée 
« et aillent devers luy. » (Gast. Phéb. p. 198.) 

1 . Tiele. Tuile : ici au sens de rien : 

Fors seulement ses armeures 

N'en porte qui vaille une tiele, (G. Guiart, f. dSQ.J 

2. Tiele. Titre : « Ton tiele et nom puet l'en 
« veoir descript. » (Desch. f, 570.) 

Tienemain. Balustrade d'escalier. (Cotgr.) 

Tien le bien. Filière, corde qu'on attache au 
pied d'un faucon neuf pour l'empôcher de s'en- 
voler : « Vous le pourrez lascher, à toute la filière, 
« qu'on surnomme un tien le bien, en le leurrant 
« de plus loing en plus loing, deux fois le jour. > 
(Fouilloux, Faucon, fol. 7.) 

Tiepc. Troisième degré de parenté : 

Mais or ont concordé ensamble 

Tout U cardonal, ce me samble, 

G'om pourra faire mariage 

En tierc, ja n*i ara parage. (Poët. av, dSOO, TV, i34S.; 

Tiepçaine. i« Délai accordé en justice pour 
répondre aux sommations : « Si après la solemnilé 
« gardée des appeaux et tierçaines, lesdils maieur 
« et échevins, après le son de leur cloche, bannis- 
« sent aucun criminel. • (Nouv. Coût. Gén. 1, 107.) 
— 2" Fièvre tierce : 

Grant peine est de yeUler, 

D'avoir tierçaine ou fièvre tout à fait. (Desch. f. Sd7.} 

La fièvre quarte et la double tierçaine. (Id. f. S$0,J 

Or vous gardez donc de la région 

Ou les fruis sont periUeus à mal faire ; 

Ce sont trufles proprement 

Dont Ven y sert plus especiaument ; 

Et si est ce viande trop mal saine 

Qu'elle destruil et donne mouvement 

De pis avoir que d'acès de tierçaine^ (Desch* f. 46.J 

Tiercaire. iaire. Religieux du tiers ordre. 
(Du Cange, sous Tiertiarius) 

Tierce. !*• Troisième : « On atendoit tierce ou 
« seconde. • (Ms. 7615, I, fol. 103.) — « Tenoient 
« deux esperviers de tierce mue sur leurs poings.» 
(Percef. Il, fol. 35.) — « Gens en assiette double de 
« bouvAéiB^e tierce ; qui est à dire que cent sols 
« de cens sont prins en assiette pour dix livres de 
« rente et cent sols de bourdelage pour sept livres 
« dix sols tournois. » (C. G. I, p. 905.) — Servir de 
troisième dans un duel : « Lors que quelqu'un 
< prend fantaisie de s^aller battre, il faut que celui 
« qui le seconde (comme on parle)yOu qui le tierce. 
« se balte aussi à outrance contre les seconds et 
« les tiers de la partie contraire. >» (La Noue, dise, 
polît, p. 297.) 

Que la tierce plaie ne ose 

Parler, ausin com par de fors. (Ms. 7615, 1, p. 73.) 

Ki contre aguUloh escaucire, 

Tierce fois se blece et mort. (Mousk, p. 731.) 



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TIE 



-43 — 



TIE 



« Tierce foy, » troisième hommage : « L'héritage 
€ noble tombe en tierce foy, entre gens roturiers, 
« quand Tacquereur roturier a fait une foy et hom- 
< mage, et son héritier en a fait un autre : lequel 
« estant decedé saisi dudit héritage noble, il tombe 
€ en tierce foy, et, des lors en avant, se départ 
« entre les héritiers comme noble. » (Laur.) 

Dame bien angolée, 
Quant vient bien saolée, 
. Au manger son seignor 
S*as8iet par grant danger ; 
Dit qu'elle ne puet menger 
Riens ne li a savor : 
Tierce mie paste set, 
Ce dit li vilains. (Prov. du Vil. ms, S. G. f, 15,) 

2» Champart : « Tierces et terrages qui est de 
« douze ou treize gerbes. Tune rendue es granges 
« des seigneurs. » (N. C. G. III, f. 293.) — « Sus ce 
« que li abbes et li couvons demandoient toutes les 
« tierces de la ville de Joux. » (D. C. sous Tertia.) 

— 3p Troisième heure du jour: « Le roychevau- 
« choit à petites journées et tousjours estoient ils 
« logés entre tierce et midy. » (Froiss. I, p. i43.) 

Tiercelet. !« Mâle des oiseaux de proie, plus 
petit d'un tiers que la femelle : « L*autour est plus 
prisé que son tiercelet, car les masles des oiseaux 
de rapine monstrent à Tœil, en plusieurs espèces, 
évidente distinction de leurs femelles; aussi 
cognoist on Tautour pour femelle qui est beau- 
coup plus grande que son tiercelet. » (Budé, 109.) 

— « Nous appelons tiercelet du sacre, un sacret 
qui est le masie et le sacre sa femelle. > (Budé, 
109.) — 2» Le plus petit des éperviers : « Le tier- 
celet est prononce suivant Tetymologie d'un 
tiers, et possible que le tiercelet gaigne ceste 
appellation françoise de sa petitesse; aucuns 
disent que les Latins à ceste cause l'ont nommé 
pomilio, • (Budé, des oiseaux, f. 114.) — 3» Avor- 
ton, au figure : « Si les evesques visitent leurs 

églises a cheval, les Huguenots et les libertins 
tiercelets de Calvin en font des proverbes odieux 
et des plaintes calomnieuses. » (Garasse, Rech. 
des Rech. p. 838.) — « Je serois plus que tiercelet 
de Job, si n'enrageois tout vif. » (Rab. III, p. 51.) 

— « Tiercelet de menterie. » (Id. V, p. 149.) — 
Tiercelet de ministre, » surnom donné à Pas- 

|uier, comme favorisant les ministres huguenots. 

Garasse, Rech. des Rech. p.732.>— « Ils tranchent 
des tiercelets de prince. » (Des Ace. IV, p. 14.) — 
Tiercelet de roy. » (Mont. Essais, I, p. 461.) — 
Ayant toutesfois dessin à escouter ce que ces 
tiercelets jasoient, tandis que trop bavardes ils 
se delavoient les badigoinces de ce qu'ils avoient 
à dire. • (Moy. de parv. p. 23.) — « Tiercelet de 
vérole. » (Des Accords, p. 49.) — « La bataille de 
Ravennes ne fut; au prix de celle-ci (Marignan), 
qu'un tiercelet. » (Mém. de Du Bellay, I, p. 83.) 

Tlercelin. Etoffe commune employée pour les 
étendards, les écussons, les armoiries, dans les 
pompes funèbres: « Six bannières de trompette sur 
« tiercelin bleu, armoyées aux armes dudit duc, 
« bordées de tiercelin vermeil et frangées de soye 



« vermeille, peint^ de ballures dorées de fin or et 
« argent. » (État des offic.du duc de Bourg, p. 239.) 
— « Il y a deux pilliers à l'entrée de N. D., ou à 
« chascun il y avoit un grand escusson de tiercelin, 
« avec les armes du roy. » (Matthieu de Coucy, 
CharlesVII, f. 735.) 

Tiercement. !• Tiers : « Si la première mise 
« est de dix livres, le tiercement sera de cent 
« sols. » (C. G. I, p. 888.) — *> Action de prendre 
le tiers : « En la comté de Flandre, n'y a que lier- 
« cernent de fief, pour les maisnez enfans. » (Bout. 
Somme rurale, p. 469.) 

Tiercennaux. Arsenaux, dans le langage ancien 
des Marseillais. (Du Gange, sous tersenatus.) 

Tiercer. 1* Partager en trois parties : « Le troi- 

« sieme fils aura le aroit du tiers, dans le tiers 

« des fiefs du second frère qui tient son tiers de 
« son frère aisné, renonceant comme cy devant au 
« profit du second frère, et de ne plus tiercer. » 
(N. C. G. I, f. 862.) — 2» Augmenter d'un tiers : 

< En cas que restitution ait lieu, par la mort du 

< mary, il faut augmenter la somme de la moitié 
« du douaire, qu'on appelle tiercer, pour le droit 
« de survie de la femme. » (Du Verdier, div. leç. 

{K 94.) — « Tailles doublans et tierçans. » (N. C. G. 
II, p. 1211.) 

Tlerceret, on. Branches croisées au dehors 
d'une voûte. (Gotgrave.) 
Tiepcet. Stance de trois vers. (Gotgrave.) 
Tiepch. Tiers : « Ont les dits seigneurs en leur 
« dite seigneurie plusieurs hommes féodaux qui 
« d'eux tiennent leurs fiefs, les aucuns à soixante 
« sols, les autres à trente sols, et les autres à sept 

< sols six deniers parisis de relief, tierchs de 
« chambelaige, quant le cas y eschet. » (N. G. G. 
I, f. 465.) 

Tierchement. Troisièmement, dans Lefèvre 
de S' Remy, Charles VI, p. 13. 

Tiepcheneple. Tiers des fruits que rend un 
fermier au propriétaire pour le louage de ses 

terres : « Les religieux ont franchi de ladite 

« tierchenerie à moi à tenir et à avoir ladite 

« rente pour la dite tierchenerie. » (Du Gange, sous 
tiertiaria.) 

Tiercié. Divisé en trois : « Si dame ou damoi- 

< selle prent tiercement de douaire, elle le doit 

« avoir franchement et faut qu'elle ayt le fief 

« tiercié. » (Bout. Som. rur. p. 552.) 

Tiepclep. Espèce de boisseau : « Tiendra le 
« meusnier son moulin à point rond ; et aura en 
« son moulin un boisseau tiercier. » (G. G. II, 
f. 573.) 

Tierciere. Mesure pour les liquides : « Une 
« tierciere de bon vin. » (Bouchot, Serées, liv. I, 
p. 51.) 

Tiercion. Tiercelet : 

Quant (le foucon) son vol i voit et espie, 

A U tiercionSf à li pietris. (Uousk. p. i88,) 

Tiercoiep. 1** Faire la tierce : « Par ces six 



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TIE 



— 44 - 



TIG 



« notes qui sont appellées ut, ré, mi, fa, sol, la, 
« l'en puet aprandre à chanter, à corder, doubler, 
« quintoyer, Hercoier^ tenir, deschanter par flçu- 
« res de notes, par clefs, et par lignes, le plus 
« rude homme du monde. » (Desch. f. 395.) — 2* 
Tripler : 

Mais qui assiet sur finance et remonte, 

8ui scet doubler et Uercoier souvent, 
est le meilleur. (Desch, f. 66.) 

Tiepçon, onné. Béte de la troisième portée de 
sa mère, comme jument ou vache, tant celle qui 
est laitant tendrière, que celle qui est lai tant bor- 
rière : « Quand il est question de partir ou remplir 
< une montagne par tests, la coutume de faire le 
• compte par teste est qu'un doublon ou tierçon 
« doublonné ou tierçonrié de jument, pour deux 
« testes ; un tierçon ou tierçonné de vache pour 
€ une teste. » (C. G. II, f. 482.) 

Tiepoip. Terroir : 

Del tieroir de Gienes 1 ot 

Uns cevaUer ki d*armes sot. (Mousk, p, 82i.) 

Tierre. !<> Filet, piège : « Si desromps au deable 
« son tierre. » (Ms. 7218, f. 273.) — 2r Tiare : « Par 
« dessus le dit ecusson estoit la couronne cou- 
« ronnée du tierre impérial magniflquement fait. > 
(André de la Vigne, Charles VIII à Naples, p. 189.) 

Tiers. 1» Troisième : « Le maistre du temple 
« s'en eschapa, soi tiers de chevaliers. » (Hartène, 
V, c. 598.) — 2* Troisième partie : « Les créanciers 
« pretendoient lever un tiers de plus sur les gage- 
« ries qu'ils faisoient prendre en fonds à leurs 
« débiteurs. » (N. C. G. II, f. 1235.) — 3o Jeu : 

Item, et si ne jouerez 

A siron, ne à clignettes, 

Au tiers, au perier, aux bichettes. (Am,r, Cord, p, 59d.) 

40 Expressions : « Tiers juveigneur. » (D'Argen- 
tré. Coût, de Bret. p. 841.)— « Tiers coutumier, » 
ce que l'homme libre donne à son épouse à l'entrée 
de l'église dans le temps des épousailles, ou dot 
raisonnable qui est la troisième partie de ce qu'il 
possède. (D. C. sous Tertia.) — « Droit de tiers et 
« danger, » droit qui appartient au roi dans les 
bois ou forêts de son domaine, ou dans ceux du 
fonds de quelque seigneur domanier ; en Normandie 
ce droit est le tiers du prix de vente, et la dime ou 
danger de deux sols pour livre de tout le prix, à 
savoir treize livres de trente livres. C'est pour 
conserver ce droit que les sergents dangereux ont 
été institués (Laur.). « Nostre droit de tiers et de 
« dangier que nous avions en douze vint et qua- 
• torze acres de boys. » (D. C. sous Tertium.) — 
« Droit du tiers à mercy,... droit qui a été adjugé 
« au prieur d'Orsay, par arrest de Paris, du penul- 
« tieme jour d'aoust 1404. » (Laurière.) — « Tiers 
« denier de vente, » tiers du prix de vente de l'hé- 
ritage bourdelier. {D. C. sous Tersana.) — « Tiers 
« en montant, en ascendant, » tiers en sus. (Nouv. 
Coût. Gén. III, 1225.) — « Creues du tiers denier. » 
(Ord. II, p. 492.) — « Tiers estai, ce sont les gens 
« de labour, qui labourent ce de quoy les autres 
« vivent. » (Modus, f. 88.) — « Tiers parti, » nom 



donné en 1591 à une association qui se forma entre 
celui du roi et celui de la Ligue» [les politiques]. 
(Hist. de De Thou, trad. II, p. 101.) 

Nous veismes estendarts ondoyer la campagne 

Tout se bouleyerser par double faction,... 

Mais après longs combats, pour closture du jeu, 

Au lieu d*ayoir banni le luthéranisme, 

En tiers pied se planta Tanabaptisme. (Pasq, p. 501.) 

« Arc en tiers point. » (Cotgrave.) 

Crois pour certain qu*il n'i a famme au monde. , 
Que j'aime autant quiconque en parle et gronde 
Qui est le point et le tiers qui m*a &it 
Te desclarer par epistre mon foit. 

Triomphe da h NotOe Dmm, f. itt. 

Tiersaine. Fièvre tierce : 

Madame^ encore sa tiersaine^ 

Qui Ta tenue cinq accès. (Desch, f. 4Si.) 

Tiesche. Allemand : « Se refiert entre gent 
« tiesche. » (G. Guiart, f. 130.) 

Tieste. Télé ; Philippe-Auguste, avant la bataille 
de Bouvines, fit cette prière : 

Et vous, sire S. Denis, hui 

Qui om de ma tieste jou fui, 

Gardés ma couronne et mon cief 

Que n*i soie mis à mescief. (Mousk. p. 582.) 

Tieu lieu margot. Façon dont les paysans 
appellent les vaches. (Cotgrave.) 
Tieve. Tiède : 

Puis trouva il une valée, 

Tenebrouse, et hideuse, et lée ; 

La vit il corre une fontaine 

Ki de boulant ai^e estoit plaine, 

Dont Tueuvre n'Tert corte et brieve ; 

Et une autre plaine de tieve. (Mousk. p. 3S4.) 

. Tieule. Tuile: « A dedans ce boissel comme un 
« festier de tieule d'une maison. » (Mod. f. 188.) 
Tievoiao^t. Qui tiédit : 

La vit il Loeys son père 

Jusques as quisses et misère, 

L'un jour en Taigue tievoiant 

Et Tautre jour en la bollant. [Mousk. p. 3S5.) 

Tieus. Tels : 

Ja, se Dieus plaist, n*est requis 

Tieus paiemens de m*amie. (Vatic. 1490 , f. i59.) 

Tieuste. Texte d'un sermon : 

Son sermon tencon sembla ; 

Je ne sai où son tieuste embla, 

Car en bible ne fu pas pris. (Ms. 68i2, f. 67.) 

Tiexie. Même sens : 

A Roem fist mainte malice, 

NI laissa tiexte ne galice, 

Ne croix, ne bon drap en armaire 

Que Manger ne ûst hors traire. (Rou.) 

Li sage sunt tiexte et glose. (Ms. 6812, f. 48.) 

Tiff er. Attifer : 

Si fu si cointe, si tiffée 

Que sembloit estre une fée. (Rose.) 

Vien tiffer ma barbelette 

De ta main mignardelette ; 

Flate moy soubz le menlon. //. Tahur. p. 226.) 

G'estoit plaisir de le veoir préparer 

Tiffer, pigner et tout exprès parer. (Ch. d'am. p. 65.) 

Femme se pare et tiffe, ce voit Fen moult souvent 

Et vest sa bêle robe, et chauche estroitement. 

Chastie Mostft, f. 101. 

Tige. Sens actuel, mais masc. : « Quant l'homme 



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TIL 



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TIM 



< de son tige aaroit fait cent enfans. » (R. Belleau, 
1. 1, p. 84i] — « Tant qtie tige fait soucbe, elle ne 

• branche jamais, > tant qu'il y a des enfans d'un 
aine du sang royal, les puisnés ne sont appelés à 
la couronne. (Cotgr.) 

Tigette. Petite tige. (Colgr,) 

Tlgea. Jambes des braies : « Si ai fait il, tres- 

• cotes nueves, Dont ge amblai l'autre bîer la toile, 

< Si me viennent jusques l'oreille Li tigeu si en 

• sont lonc. » (Fabl. de S. Germ. p. 161.) — « Si ot 
■ deslié ses tigeus. > (Id.p. 174.) 

Tigne. !• Oiseau de rivière qui vit de poisson. 
(Bat. de Quaresme, f. 91.) — 2" « Dites que vous en 

• avez captieuses tignes qui voulez tout reformer 

• et refondre. » (Moy. de parv. p. 32.) 
Tignolle. < De la tignolle et de sa médecine. » 

(Arteloq. fauconn. f. 99.) 

Tignon. Chignon. (Cotgr.) 
Tigre. Tigresse : 

n est fils d'un rocher ou d'une ourse crueUe, 

Et digne que iadis aitsuccé la mameUe, 

D'une tigre inhumaine. [Joach, du Bellay.) 

Tigreau. Petit tigre. (Cotgr.) 

Tigresque. < Accouslré à la tigresque^ » battu 
cruellement, dans Cotgrave. 

Tigrin. Digne d'un tigre. (Cotgr.) 

Tilbole. « Convient avoir du trait à main 

« tant arbalestriers, tant à tours que à crocq, bien 
« garnies de tilboleSy baudriers, cordes à fil, pour 
« en faire virelons, dondaines et gros traus ou 
« tours tous neufs à tendre arbalestes. > (Le Jou- 
vencel, p. 291.) 

Tiles. Atomes qu'on voit quand le soleil luit. 
(Cotgrave.) 

Tilet. Billet. (Cotgrave.) 

Tillac. Tilleul (?): « Vingt quatre pavois faictz 
« de bois de tillac, collé à nerfs de cerfs, et de 
« beuffles. » (Alect. p. 67.) 

Tillages. Collectif de tailles: « Lour rentes, 

< lour services, lour tillages, lour costomes. > 
(Britton, lois d*Anglet. f. 185.) 

Tillaquer. Faire un tillac. (Cotgr.) 

i. Tille. Tuile: « Carette à roisins, à mortiers, 
« tille. • (D. C. sous Tillum.) 

2. Tille. Tranche : « Et si velt une tille de son 
« bacon. • (Audiguier, f. 68.) — « Estoit cauchiés 
« d'uns housiaus et d*uns sollers de buef, fêtes 
« de tille dusque deseure le genol. • (Ms. 7989 % 
fol. 75.) 

3. Tille. Corde Caite d'écorce de tilleul : 

Li vilains son roucin atome 

Et Crote, et conroie, et estrille, 

En un blanc chereetre de tille 

Le maine, sans sele et sans firain. (Ms. 7218, f. 248.) 

Tilletage. Droit de joyeux avènement : « En 

• hériter le tilletage c'est à dire une somme ines- 

< timablequi revient du renouvellement des offlces 



« du royaume. » (Légende du cardinal de Lorraine, 
p. 8, an. 1579.) 

Tilleul. Arbre : » Regarda ung grant arbre qu'on 
« nomme tilleul, qui seoit enmy la place où ceuit 
« de là entour sevenoient umbragerpour le chault 
« souleil. » (Percef. I, f. 40.) 

Tilleul. Chanlatte en tilleul, à l'usage des cou- 
vreurs : « Nuls ne vendent lattes ne tilleuls, fors 
« de telle loyure, cloyure et longueur que l'on a 
« visé d'ancienneté. » (C. G. I, p. 814.) 

Tilleux. Flexible comme le bois de tilleul. (Du 
Cange, sous Tiliatus.) 

Tillier. Tilleul. (Cotgrave.) 

Tiloel. Même sens : « Bien apperçoit le chauf- 
« four qui tout desrompu estoit, et le tiloel là où 
« il escrip les lettres. » (Percef. I, f. 113.) 

!• Tiltpe. l'* Accours, poste de lévriers: • Tou- 
« tes voyes, on les puet bien tenir de deux en deux 
< pour fournir plus de leisses au tiltre, et doit 
« mettre deux ou trois chevaucheurs que l'on doit 
« appeller fortitreours, au commencement del'en- 
« trée du tiltre, au bout des premières laisses, atin 
« que si un cerf venoit et se vouloit fortitrer de là 
« où les lévriers seront , que ceulx qui seront à 
« cheval le puissent crier et bouter dedans les 
• lévriers. » (Gast, Phéb. p. 214.) — 2* Poste pour 
Tartillerie : < Mettre son artillerie en tiltre^ > la 
braquer. (J. d'Aut. Louis XII, f. 74.) 

2. Tiltre. !<> Nom : « Ces gens d'armes.... firent 
« (la guerre) forte et vilaine, au tiltre du roy d'An- 
« gleterre. » (Froiss. I, p. 223.) 

Ne vueiUes oublier les Hltres 

Des vestemens, car vestus sont, 

Les aucuns des pourpres qu'ils ont, 

Et les autres qui sont jolis 

Sont vestus de fleurs et de lis. (Desch. f. 544.) 

2o • Tiltre d'honneur et louange. » (Rob. Est.) — 
S'» « Une ligne traversiere, sur un mot abrégé, en 
« signe d'abbréviature, s'appelloit tiltre. » (Monet.) 

Timballe. Timbale : « Timballe germanique. » 
(La Colomb. Théât. d'honn. 1, p. 372.) 

Timble. « Timbles qui de présent s'appellent 
« cottes d'armes. » (Fauchet, de Orig. I, p. 99.) Lire 
tunicles (?) 

Timbre. 1«> Tambour de basque: 

Sarrazin demainent grant noise ; 

Sonnent timbres, trompes, tabor. (Mousk. p. 193,) 

Qui ne finoient de ruer 

Le tifnbre en haut, et recueilloient 

Sur un doy, que onc ne faiUoient. (Rose.) 

^ Cloche : « Des monasteree, soit de moines ou 
« de nonnains, faut adjourner l'abbé et couvent, 
« et faire faire chapitre à son de timbre, tant qu'il 
« puisse suffire à avoir nombre de couvent. » 
(Bouteill. Som. rur. p. 13.) — 3* Paquet de fourrures 
ayant forme de cloche : « La nef qui vient de Yllande 
« doit... au chastel de Rouen un timbre de martres 
« ou 10 livres tournois... contenanschascun timbre 
« 60 peaux. » (D. C. sous Timbrium.) Voir Tymbre. 
— 4*" Bassin : « En ce timbre et ruisseau tournoient 



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TIM 



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TIN 



< autour de la praerie un nombre Infini d*hommes 
« et femmes euxlavansetmundifiani^. «(Triomphes 
de la Noble dame, fol. 186.) — 5" Calotte de cuir 
recouvrant le heaume dans les tournois : « Le 
timbre doit estre sur une pièce de cuir bouilly... 
et doit contenir la dite pièce de cuir tout le sommet 
du heaulme et sera couverte ladite pièce du lam- 
brequin armoyé des armes de celuy qui le portera, 
et sur le dit lambrequin, au plu&hautdu sommet, 
sera assis ledit /j/w6r^, et autour d'iceluy aura 
un tortil de couleurs que vouldra ledit tour- 
noyeur. » (La Colomb. Théât. d'honn. I, p. 56.)— 
Le seigneur chastellain est fondé d'avoir la préé- 
minence devant ses vassaux ez es^lises estant en, 
et de sa chastellenie comme d'avoir et tenir listres 
à ses armes et timbres au dedans et dehors des 
dittes églises. » (C. G. Il, p. 544.) — A l'entrée du 
duc de Bourgogne à Gand, « surledrap de la grande 
porte estoient les armes de mon dit seigneur à 
timbre. » (Monstrelet, III, f. 75.) — < Estoient 
peintes les armes de mon dit seigneur, avec le 
timbre au dessus. » (Hist. de Charles Vil, p. 300.) 

Timbré. 1* Orné du timbre chevaleresque : 
Les dits seigneurs représentez à cheval, armoyez 
et timbrés. • (La Colomb. Théàl. d'honn. I, p. 53.) 
« Permettons que les dits exposans puissent 
porter leur heaulme comblé de bourrelet de 
chevalerie et noblesse de couleurs armoriales, et 
timbré, » (Godefroy, Annot. sur Ch. VII, 901.) — 
2* « Avoir le cerveau bien ou mal timbré, » (Oud.) 
— « Le Picard dit d'un évaporé qu'il est timbré. » 
(Du Tillet, Hist. de la fête des fous, p. 125.) 

Timbrer. 1** Appeler par le tambour : 

Quand BeUone timbrait Asie contre Europe 

Au camp. (Poês. de Pemn, p. i5.) 

2* Orner un heaume. (Cotgr.) — 3<> Marquer du 
timbre : « Timbrer en marge un autheur. » (Borel.) 

Timide. « La mère du timide ne sçait que c'est 
« de pleurer. » (Cotgr.) 

Timidement. Avec timidité. (Cotgr.) 

Timonisie. Semblable à Timon le Misanthrope. 
(Dialog. de Tahureau, p. 46.) 

Timonner. Aiguillonner comme le charretier 
qui est au timon; presser: « Tant l'a diables 
« timonné. » (Brut, f. 54.) — « Le comte de Nevers 
« tant /imonna son père.... qu'il eust congé d'y 

• aller. » (Jean Boucicaut, I, p. 80.) — « A bref 
« parler, tant l'en timonrierent que lui.... le va 
« octroyer. » (Id. III, p. 307.) — « Tant feurent 
« timonne% du mareschal que excuser bonne- 

• ment ne se peurent que ils n'allassent ez dictz 
« lieux ordonnez. » (Id. III, p. 33.) 

Timonnier. Pilote: « (Marie Stuart) commanda 
« , au timonnier, si tost qu'il seroit jour, s'il voyoit 
« et decouvroit encore le terrain de la France, 
« qu'il l'eveillast. » (Brant. Dam. illustr. p. 128.) 

Timons. Cuisses : 



Hersent saisi par les timùfiSf 
Si près de U s'est trais et joins. 



(Ms. 1218, f. i45.J 



Timour. Crainte: « Seigneur.... senz plour de 
« lermes, senz nulle révérence et senz timour^ je 
« te loe et te doure, et te beneis certainement. > 
(Gast. Phéb. p. 368.) 

Timpanisaiion. Ennui : « De laquelle timpani- 
« sation ou curatelle, personne ne peut sortir que 

< de la connoissance des eschevins, sur la requisi- 
« tion de la femme des parens et des alliez. » (Nouv. 
Coût. Gén. I, p. H24.) 

Timpaniser. Publier au son du tambour: 
« Lorsque quelqu'un estant majeur est trouvé se 
« gouverner mal, dissiper et détruire ses biens 
« inutilement, sur le rapport des parens et alliez, 
« après en avoir fait des informations convenables 
« de la part de la loy, on le met en curatelle au 
« son de la clochette, ce que l'on nomme indebelle, 

< ou estre timpanisé. » (N. C. G. I, p. lOH.) 
Timpanne. Tambour : • Timpanne aussi met- 

« tez en œuvre dois. » (Desch. f. 28.) 

Timper. Faire résonner, tinter. (Cotgrave.) — 
« Puis le timpoit sur la paulme de sa main gauche, 
« comme pour entendre s'il estoit de bon alloy. » 
(Rabel. III, p. 201.) 

Tin. Bruit dans l'oreille : « Les oreilles me font 
« tin. • (Cotgr.) 

Tine. !• Baquet : « Tine à vendange. » (D. C. 
sous Tina.) — 2* Bâton : 
J'ai grant paor que cest tine 
Ne vous viegne par mi le col ; 
Bien se porra tenir por fol 
Qui sentira combien U poise. (Ms. 7218^ f. d46.) 

Tineil. Droit de placage : « Quiconque au mar- 
ché de Meun aura acheté aucune chose ou aura 
vendu et par oubliance son plassage ou tineil 
aura retenu, après huit jours iceluy paiera sans 
aucune cause, s'il peut jurer que sciemment il ne 
l'ayt retenu. » (Laurière, Charte de 1209.) 

Tinel. i* Ménage d'un prince, train de cour: 
Le duc et la duchesse de Lancastre (estant à 
S. Jacques en Galice, 1386) se logèrent en l'abbaye 
et maison de leans et y firent leur tinel. » (Froiss. 

liv. III, p. H7.) — « Huit valets de chevaux, chas- 
cun .XXV. l. par an, hors tinel ^ deux valets pour 
le queurre chascun .xv. 1. hors tinel; cjuatre 
menestrieus bouche à cour et leur pension. » 

(Lobineau, Hist. de Bret. H, p. 815.)— « Si tindrent 
là le roy et la royne leur tinel moult bon norable- 
ment tout celuy yver. » (Froiss. liv. I, p. 43.) — 
Le comte de Foix étant allé voir Charles VI à 
Toulouse descendit aux prédicateurs et fut là logé 
son corps et son tinel; puis ses gens se logèrent 
au plus près de luy qu'ils purent. » (Froiss. IV, 

p. 26.) — Quand le duc de Bourgogne partit pour 

aller en pèlerinage à N. D. d'Aix en Allemagne, 
ceux de son conseil rompirent le tinel de la salle 
et la grande mangeaille et extrême despense qui 
se faisoit journellement en Thostel du duc. » 

(Mém. d'Oliv. de la Marche, I, p. 254.) — « Quand 

« le roi tenoit cour pleniere et grant tinel. • (Jean 

de Saintré, p. 20.) — 2* Bâton : 



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TIN 



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TIR 



que 

D'un tinel ou d*un baston gros 

Tant que tu fusses aussi mox 

Ck>mme une coiUe de mouton. [FahL de S. Germ, f, 70,) 

Tinete, ette. Bassin : « Il veit au milieu d'ung 

• moult beau pré sous ung paulmier une tinette 
« plaine d'eau chaude, et deux jeunes pucelles 
« dedans qui se baignoient à très grant joye. » 
(Percef. IV, f. 125.) 

Se ce est un vallet 

Si li querre baquet 

Et se c'est meschinete 

Si li quierre tinete. fMs, 72i8y f. SdSJ 

Tineals, eos. Bâtons : 

Tiex armes portent com il trovoient, 

Machues portent et grands peuls^ 

Fourches ferrées et tineuls. (RoUf p, 319,) 

A machues et à granz pieus^ 

 saetes et as Hneus, 

 ars, à haches et à guisannes. [Rou, p, i63,) 

Tingneux. Teigneux : 

Un enfant qui n'avoit c'un œil 

Et s'ert Ungneux, (Ma, 7Si8, f. 29i,) 

Tinole. Cuve. (Oudin.) 

Tinon. Petite cuve. (Cotgrave.) 

Tintalorisé. Mot obscène, dans Rabel. III, 155. 

Tintamarre. V. Pasquier, Rech. VIII, p 734. 

Tintamarrer. Faire du bruit: « Au lieu que la 
« raison devroit avoir la surintendance chez vous, 
« vos sens sifflent, bruyent, grondent, s'élèvent, et 

• tintamarrent comme une tempeste orageuse. > 
(Lett. de Pasq. IIl. p. 590.) 

Tintement. Action de Unter. (Cotgrave.) 

Tinter. Résonner : 

Li autre qui se desrouterent 

En reont se ratropelerent 

Si con la certaineté Hnte. (G, Guiart, f. S72,J 

Tintillant. Résonnant. (Cotgrave.) 

Tintimule. Herbe médicinale. (Cotgr.) — « Le 
« tige de Therbe de couleuvre qui est appellée en 
« médecine tintimule. » (Mod. f. 71.) 

Tintin. 1« Tintement : « Tintin de la cloche. » 
(Pasq. Rech. p. 671.) — 2* Chant : « Les fredons, 
« entrecoupez du rossignol, le tintin des cigales. » 
(Rem. Belleau, berger, p. 80.) 

Le plaintif bruiant ramage 

Du plaisant rossignolet 

Qui d'un tintin doucelel 

Degoyse sur la frescade. [J, Tahur. p, S78,) 

Tintirece. Son des armes qui s'entrechoquent : 

La veissiez lances brissier 

Jà ne se set nus conseillier, 

Là oissiez tiel croisserece 

Et sor heaumes tiel tintirece, [D, C, aoua Tinnulus.y 

Tinton. Bruit : < Us commencèrent à faire une. 

• feste très merveilleuses, mais grant tinton y 
« avoit, sans noyse, d'oreille en Toreille. » (Percef. 
V. IV, f. 65.) 

Tintouin. 1** Bourdonnement : « Un tintouin 
« se fait ouir dans mon oreille martelée. » (Ess. de 
Mont. I, p. 12.) — « François II mourut d'un tin- 

• touin d'oreille. » (Mém. de Sully, VII, p. 398.) — 



2* Enn,ui : « n a beaucoup de tintouins en la teste.» 
(Cotgrave.) 

Tintouiner. Bourdonner : • Le son mesme des 
« noms qui nous tintouine aux oreilles. » (Mont, 
t. III, p. 89.) 

Tintouyn. Ennui : « Tant de tintouyns com- 
« mencerent à lui ronger le cerveau, qu'elle en 
« perdit le boire et le manger. » (Dom Florès de 
Grèce, fol. 143.) 

Tlpliaine. Epiphanie : « Ou mois de janvier, 
« après la Tiphaine. » (Al. Chart. p. 140.) 
Tipule. Araignée qui court sur Teau. (Cotgr.) 
Tique, et. « Ver sans ouverture pour se de- 
« charger, succant le sang des chiens et de la 
« bouvine. » (Monet.) 

Ses gens enflez comme tiqueiz 

Ne valent pas quatre niquetz. (R. de CoUerye, p, 65.) 

Tiquet. Extrémité : « Près du tiguet de la 
« mort, p (Cotgrave.) 

Tiqueté. Etiqueté. (Cotgrave.) 

Tir. Volée de canon. (Oudin.) 

Tirades. Terme de marine. (Rabel. IV, p. 85.) 

Tirage. « Droict de tirage pour le sel ou pour 
« le vin. » (Cotgrave.) 

1. Tlran. 1* Tyran: 

Lors regarde le tirana, 

Qui fel estoit et mai querans. fMa, 7218, f, 2.) 

2* Bourreau : • La robe de N. S. J. C. qu'il avoit 
€ vestue le jour de la glorieuse Passion , celle 
« mesme dont l'Evangile parle, sur quoy les tiran$ 
« getterent sort. » (Chr. de S. Den. I, f. 64.) 

2. Tiran. !• « Cordelle, cordon ou lesse, tirant 
« laquelle on serre quelque chose ; ainsi dit-on les 
« tirans d'une bourse, d'une poche ou filet, d'un 
• chapeau de faucon pour les cordons, cordelles et 
« courroyes servans à serrer la bourse, le filet, le 
« chaperon de faulcon. » (Cotg.) — 2» Poutre servant 
à soutenir les murs d'un bâtiment. (Du Cange, sous 
Tiranni,) C'est l'entrait. 

Tirande. Féminin de tyran : 

La dure mort qu'il (J. C.) vout souffrir, 

Par la mauvese gent iirande, (Ma, 7218, f. 93,) 

\, Tirant. Tyran, démon; 

Quant cil diable et cU tirant 

Revinrent par Fair acourant. (Mouak, p, 304,) 

2. Tirant. !<> Subst, « Vous orrez en un tirant^ » 
c'est-à-dire de suite. (Hist. des III Maries, p. 74.) — 
2^Adj. Qui tire sur son mors: « Le cheval sur quoy 
« Lancelot estoit monté, estoit un peu trop tirant, 

« si le porloit oultre sa volonté car il n'estoit 

« mye bien enfraint. » (Lancelot, I, f. 127.) 
Tirasse. Filet. (D. C. sous Tirassare,) 
Tirasser. Tirailler : « L'ayant tirasse et secoué 
« comme pour l'éveiller d'un profond somme. » 
(Ess. de Mont. I, p. 82.) — . Lors que la jalousie 
« saisit ces pauvres âmes foibles et sans résistance, 
« c'est pilie comme elle les tirasse et tyranise 
« cruellement. » (Id. III, p. 139.) 



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TIR 



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TIR 



Tire. 1« Flocon sortant d'un habit découpé. » 
(Monet.) — 2» Provenance : « Six cens hommes de 
« plusieurs tires assemblez. » (Monstrel. I, p. 234.) 

Noiers.... chandouve, 

Et d'autres merveiUeuse tire, 

Des quieus ge ne sai le noms dire. (G. Guiart, f. S3S.) 

A cheval sont plus de .lx.; 

Piétons r'a bien la en leur tire ; 

.m. hommes au voir descrire 

Qui a ceus garentir rentendent. (Id, f, 285,) 

30 Abondance: 

Gueres ne dure 

Vaine verdure ; 

Joyeuses fleurs 

L'esté figure ; 

L'hiver procure 

Tire de plours. (Bios, des Faulces amourSy p. 296.) 

* 49 Tirade : 

Et quant li uns les autres voient, 

Sans arguer et sans mot dire, 

S'en passent outre tout à tire. (M$. 12i8, f, 320,) 

Lors li comence^ en une tire 

Tos ses pechiés. (Ms, 72i8, f, 2.) 

lleuc où leur ost est à tire. (Guiart^ f. 330.) 

« Tout d'une tire et continuellement. » (Rob. de 
la Mark, p. 45.) — « Si faisoit venir à grans tires^ » 
avec peine, aux Vigiles de Charles VII, p. H6.) — 
« A tire et à aire, » lout-à-fait, dans Cotgrave. — 
« Leur donna la chasse à tire de cheval. » (Hist. du 
chev. Bayard, p. 367.) — « Le seigneur d'Auxi.... le 

• feit prisonnier du duc : puis s'en allèrent de tire 
« tant qu'ils vindrent à Rippemonde. > (Monstrel. 
III, p. 93.) — « Qu'ilz s'en allassent belle tire. » 
(Vigil. de Charles VII, p. 98.) 

Turc et païen moult les apriesent, 

Glatissent, cornent et engriesent ; 

Mais onques Judas Macabeus 

Ne feri si fais cors ne teus, 

Pour Sarrasins à desconfire 

Com U nostre i fièrent à tire. [Mousk. p, i94.) 

Li bruit mon cueur et talnt. 

Car tout ainsi comme la cire 

Fondre et firire 

lïre à tire. 

Fait le feu quant il Tataint. [Chartier, p. 778.) 

n recula trois fois de tire. (Coquillartf p. 149.) 

Conter vos vueil tôt à tire. [Fahl, de S. Germ. f. 26i.) 

Au mieulx q\ie puet se paint et père 

Âffin que plus belle en «père ; 

Ses cheveux joint si tire à tire 

Que nulz n'y scaroit que redire. (Deach, f. 455.) 

Et Poton à pié, tire à tire. 

Si les suivoit en combattant. (Vigil. de Ch. VII, p. i40.) 

5*» Trait : • Chevaux de tire, » dans l'Hist. de la 
Popelinière, I, f. 68.) — 6' Licol : « Se tu vois qu'il 
« est bien loerré et qu'il ne redoubte ne gens, ne 
« chevaux, si lui oste la créance ; et soit Iperré de 
« plus loing, en plus longue tire. » (Mod. f. H7.) — 
70 Jeu : « Jouer à la tire^ > aux Annal, de Louis XII, 
p. 116. — 8* Situation : 

Li siècles maint homme déçoit, 



Fortune vient ; se il desatire 
Et Ui met ou estre soloit. 
Ou encore, en plus basse tire. 



sire 



(Ms. 7218, f. 220.) 



Tire-balIe, plomb. « Croc à vis, anté au bout 
« de la baguete d'arquebuse, dont on tire la baie 
« du canon. » (Monet.) 
Tlrebote. Soufflet d'orfèvre. (Monet.) 
Tiredent. Arracheur de dents. (Oudin.) 

1. Tirée. Traite , longueur: « Si (\e faucon) 
« prend le leurre roidement pardessus, etnedoiite 
« ny gens ny chevaux, oste lui la obecane, et soit 
« leurré de plus loing et en plus longue tirée. » 
(Budé, des Oiseaux, 1. 124.) 

2. Tirée. Tirade, roulade. (Oudin.) 
Tire-feu. Emplâtre pour tirer le feu d'une 

blessure. (Cotgr.) 

Tire-f iens. Fourche à remuer le fumier. (Cotgr.) 

Tire-fleiche. Outil de chirurgien pour tirer 
les flèches du corps. (Cotgr.) 

Tirefond. Outil à ramener le fond du dedans 
de la futaille au jable. (Cotgr.) 

Tlreis. Action de tirer : « Si veissiez parmy les 
• logeis grant criée, et grant tirei& de biens. ■ 
(Modus, f. 299.) 

Tirel. Même sens : « Que (la corde) soit si forte 
« qu'elle puisse souslenir le iirel que le chevreul 
« fera quand il sera prins. » (Modus, f. 54.) 

Tire la broche. Jeu, dans Rabel. I, f. 143. 

Tirelaine. Voleur de manteau. (Cotgr.) 

Tirelaisse. Terme de jeu. (Oudin.) 

Tirelardon. Goinfre. (Cotgrave.) 

Tirelarigand, ot. L'éditeur des 15 joyes du 
mariage, p. 43, croit qu'anciennement tirelarigot 
était, le nom d'un fort grand verre. Suivant Borel, 
le mot vient du languedocien s'amflfOMto, se régaler. 
« Boire à tire larigaud » vient de Rigaud, arche- 
vêque de Rouen, qui donna à son église une cloche 
qui porte son nom ; Ton fait boire ceux qui la son- 
nent. (Hist. de Rouen.) 

Tirelire. 1* Cassette : « Enbourcer telle chose 
€ et mettre en tirelire. » (Test, de J. de Meung.) 

NI aura chevron ne cheville. 

Toute tenra à tirelire. (Ms. 7996, f. 17.) 

Le bon eslire 

Doit on et mètre en tirelire. (Ms. 6812, f. 46.). 

2*» Imitation du chant de l'alouette. (Des Accords, 
Bigarr, p. 134.) — S*» Chanson : « Chantoit tout 
« joyeux son tirelire. » (Merl. Cocc. I, p. 320.) 

Tirelitenteine. « Chansons bien vulgaires, 
« non comme seroit la tirelitenteine ou Tamy 
« Baudichon ; car ce ne sont chansons desquelles 
« on voise à la moustarde. » (Quintilien Censeur, 
p. 195.) — « Voicy une longe suite ; je crois que 
« c'est la tiritantaine des foriers. » (Merl. Coccaïe, 
II, f. 237.) 

Tirelnpin. Parasite. (Cotgrave.) 

Tirepance (boire à). A ventre déboutonné. 
(Cotgrave.) 

Tirepet. Grand peteur, dans Rabel. II, f. 87. 



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TIR 



49 - 



TIS 



Tlpeplerre. Fer qu'on met aux pierres pour 
les monter. (Oudin.) 
Tirepoil. Emplâtre pour tirer le poil. (Cotgr.) 
Tirer. !• Torturer : 

Ce que sera mal jugié 

Sera tout rapelé ; 

OU qui les autres plument 

Seront tiré, pelé. (Ms. 76i5, II, f, i43,) 

^ Tirer sur leur chaîne, en parlant des oiseaux 
de proie : < Maistre Aymé Gassian dit qu'il a veu.., 
« assez de fauconniers qui jamais ne faisoient tirer 

« leurs oiseaux que le tirer n'est point neces- 

« saire, ains que les oyseaux en tirant, se grèvent 
« le corps et les reins. » (Fouill. Fauc. f. 12.) — 
3f» Tenir a : < Pays tire à trois natures, à hommes, 
« à bestes, à oysiaulx. » (Gast. Phéb. p. 131.) — 4* 
Expressions : « Et c'estoit quelque sanglier fuyard 
« qui eust accoustumé prendre les campagnes et 
« tirer pays^ on ne luy doit donner que huit ou 
« dix chiens de meute. » (Fouill. Vén. f. 61.) — 
C'est-à-dire gagner du pays. — « Tirer pitié, » 
émouvoir : 

 genouz devant lui se plient, 

A jointes mains merci U crient, 

Le roi respont qui pitié tire, 

Ge ne vous quier ja faire ocire. [G, Guiart, f, iSS.J 

Tiret. Lacs de soie qu'on employait autrefois 
pour fermer les lettres et sur lesquels on mettait le 
cachet: « La lettre de M. de Bongars adressante à 
« vous, estoit ouverte et sa majesté l'a lue, mais 
« non celle de M. de Honglas, encore que vous en 
« trouviez le tiret rompu, ce qui a esté fait par 
« inadvertance. » (Mém. de Sully, X, p. 120.) 

Tiretaine. Etoffe moitié laine, moitié fll : 

Tu puez chascun jour filer lin ou laine, 

Et franchement vivre de ton filé, 

Ou en faire gros draps de tiretaine, 

Pour nous vestir, si nos draps sont usé. (Desch, f. i02,J 

[« Couvertouoir de tiretaine, » (JJ. 107, p. 377.)] 

Tireur, l*" Membre des compagnies d'arquebu- 
siers. (N. G. G. I, p. 1238.) —2*» « Tir^t/r àVaviron, » 
rameur. (Golgr.) — 3<» « Tireur de rivet, » cordon- 
nier. (Dér. pour Pasq. p. 544.) — 4oQui étire le fll 
d'or : « Si le tireur d'or, et deux ou trois autres 
« que vous scavez vous estoient apparus en songe 
« seulement, vous n'y penseriez jamais. » (Mém. 
de Villeroy, III, p. 24.) — 5» « Tireurs de laine sur 
« le Pont Neuf (Mém. du card. de Retz, ÏII, IV, 
« p. 135), ' voleur de manteaux. 

Tirens. A l'occasion des dispositions testamen- 
taires de Gharlemagne, on lit : 

Pour çon que moult bien fait li sanble 

S'en fesist on .nn. parties, 

Bien tireus et bien aaties. (Mousk. p, 299.) 

Tirez. Drap de Tyr (?) • 
Que les rues soient pavées 
Et de tirez encortinees 
Et de pailes et de cendaux. (Blanchand. f. i90,) 

Tirle. « De pavatz, de pics, de pelles tranchans, 
« tirles pour remuer vostre artillerie. » (Le Jouv. 
fol. 85.) 

Tiroere. Ghaîne. pour retenir un oiseau : 

X. 



< Quant (le faucon) fera signe de la getter (sur ton 
« poing), il faut que tu lui estes le chaperon tout 
« en paix par la tiroere. » (Mod. f. 114.) 

Tiroir. Endroit où on écartèle , où on tire à 
quatre chevaux : « La Groix du Tiroir. » 

Tlrouer. 1» Tourment : « Mon tirouer, ainsi^ 
« nommoit il son bréviaire. » (Rabel. IV, p. 93^ — 
2** Gorde qui relient un oiseau de chasse : 

Le tirouer tout prest ayez, 

En quelque Heu que vous soyez. [G. de Signe, f, 93.) 

De là au figuré : « Gomme j'ay ouy raconter à 
« plusieurs dames, il n'y a que les hommes ; et..., 
« de tout ce qu'elles prennent avec les autres fem- 
« mes ne sont que des tirouers pour s'aller paistre 
« de gorge chaude avec les hommes, et ces frica- 
« relies ne leur servent qu'à faute des hommes. » 
(Brant. Dam. gai. I, p. 256.) 

Tlrtln. Torture: « Des membres vient loursanc 
« par long tir tin. » (Desch. f. 220.) 

Tisanne. « Tisanne, aucuns l'appellent orge 
« mondée. » (Rob. Est.) 

Tiser. Attiser : « Le feu qu'amor tise, • (Devis 
amoureux, p. 38.) 

Tislque. [Phthisique : « Et fu si tisique et si 
« sec que à pooine pooit il crachier. » (Mir. S. Loys, 
page 135.)] 

Tison. 1** Bois à enflammer : « De trois tisons 
« [lignis) est faite ceste sente por ceu ke li piet de 
« cers ki à lei se verront apoier (inniti) ne puist 
« glacier [labatur) en la voie.^ » (Serm, de S. Bern. 
p. 340.) — 2" Boisenflammé, au propre et au figuré: 
« Tison d'enfer. » (Oud.) — « Garder les tisons, » 
se chauffer. (Oud.) — « Tu nous chauffe le tison. » 
(Rabel. II, p. 236.) — « A Noël au perron, àPasques 
« au tison. » (Gotgr.) 

Tisonner. Mettre du bois au feu. (Du Gange, 

sous Titionari.) 
Tlsonnet. Tisonnier. (D. G. sous Torriculus.) 
Tisonnez. Roux : « Poils gris tisonnez^ noirs, 

« rouges, vifs. » (Salnov. Véner. p. 251.) 

Tisonnier. Homme vivant près de son foyer. 
(Oudin.) 

Tisser. 

Qeante après venoit leguel tissa 

La belle toyle. (Triomphes de Pétrarque, p. 89.) 

Qui que tisse, chascuns desvuide. (Ms. 76i5, 1, f. 6i.) 

Geuls ci tissent la sainte toUe 

De religion et le voile. (Desch. f. 545.) 

Tlsseran. Tisserand : « Sohier, valet de cham- 
« bre et favori du comte de Blois estoit fils d'un 

< tisseran de draps de la ville de Malines. » (Froiss. 
IV, p. 132.) 

Tlssit. Tissu ; lire peut-être tissus : - 

Dites moi, bêle dame, 

Queus joiaux, pour vostre déport, 

Volez vous ? Guimples ou couroies, 

Tissits d*or, anniaus ne affiches. (Ms. 7ôi5, II, f. i24.) 

Tlsson. Tison: < Arsse tisson. • (Mousk. p. 149.) 
Tissu. 1« Ceinture: « Jacques de la Rivière ost 

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TIT 



50 - 



TOD 



« trouvé mort dans sa prison veslu d'une robbe 
« noire fourrée de martres, avec un tissu dont il 
• estoil ceint et serré qui estoit ouvré d*or. » 
(Jacques le Bouvier, Chroniq. an. 1413.) 

Pour tissu d'argent * 

Ou pour une courroie. (Ms. 76i5, II, f, 139 ,J 

Or fin, gui tant est agréable. 

Rose, sinople, argent et sable, 

Reflamboient par estanceles 

En riches escuz et en seles 

En taintures et en tissuz, (G, Guiart^ p. 345,) 

• Tissu de Venus, » virginité. (Oud.) — 2* Volet 
des heaumes : « Se prirent et attachèrent de ce 
« coup tous deux, se deheaumerent si nettement 
« que les tissus des heaumes rompirent et volèrent 
« sus la prée par derrière les croupes des chevaux. » 
(Froiss. IV, p. 54.) - 3« Filet: 

eu del castiel font fors issut, 

N'i laissent filet ni tissut. (Mousk. p, 809.) 

TIstre. Tisser. (Nicot.) 

Voilà comment sur le mestier humain, 

Non les trois sœurs, mais amour, de sa main, 

Tist et retist la toUe de ma vie. (Joach, Du Bellay ^ 73,) 

Titanique. Semblable au soleil {Titan\ dans 
Cotgrave. 

Tithymale. Herbe médicinale: « L'herbe de 
« tithymale dont en y a plusieurs espèces, comme 
« esparge, resveille matin et autres. » (Rob. Est.) 

Titillation. Chatouillement. (Cotgr.) 

Titiller. Chatouiller. (Cotgr.) 

Titimal. Herbe médicinale: « Le jus d'une 
« herbe qui a nom titimal..., getera ses chiens. » 
(Gast. Phéb. p. 94.) 

Title. Collier ou couple de chien appelé botte : 

Au hairon, se faut tourmenter 

Et cbascun si crier c*on l'oye ; 

Courir après, sans séjourner 

Et tousjours braire hoye hoye ; 

De courre aux chiens n*ay nulle joye, 

D'estre au title est nommez musart ; 

Si ces chiens à droit ne départ, 

Des veneurs a mauvaise grâce, 

On le claime en disant Bemart. (Desch. f, Uii,) 

Titre. l'Accours, poste où se placent les limiers: 
« 11 doit regarder le plus biau titre^ le plus long et 
« le plus plain qu'il soit environ le buisson, et là 
« doit il mettre les lévriers. >» (Chass. de Gast. 
Phébus, p. 286.) — 2* Marque: « Canon du calibre 

• et titre de France. » (Mém. deBellievreetSillery, 
p. 7.) — 3" Sujet : « Avoient fait un fortbastillon.... 
« garni de bonnes gens et d'artillerie qui donna 
« titre d'esbahissemeut à toute Tarmée. » (Hist. du 
chev. Bayard, p. 125.) 

Titrer. ^ Donner le litre de : « Le roy appelloit 

• (M. de Villars, en 1594,) son cousin et le titroit 
' « amiral de France. » (Mém. de Sully, II, p. 177.)— 

2o Intituler. (Bouteill. Som. rur. p. 687.) 
Titubant. Chancelant. (Mont. Ess. 11, 319.) 
Titubation. Chancellement. (Cotgr.) 
Tituber. Chanceler : 



Quant un peu chopper 
Elles voyent et tituber, 
Soudain se resjouyssent. 



(Carth. chev. err. f. i04,) 



Tluel. Canon de culotte : 

S*a veu les braies gésir, 

Hastivement les cort sesir ; 

Si les lieve par le braiuel ; 

Et 11 vilains par le tiuel 

Les empoigne, par moult grant ire, 

Li uns sacne ; li autre tire 

La toile desront et despiece. (Ms. 12i8^ f, 50.) 

Tlvre. Tibre, fleuve : « Si manda à Gennes c'en 
« li envoia galies privéement à la fois (fauces) de 
« Tivre, et quant eles furent venues, il se parli de 
« Rome et vint la, et se recueilli, et s'en alla [à 
« Gennes. • (Martène, V. c. 726.) 

Tixerandier, erran. Tisserand : « Tixeran- 
« diers de coevrechef de soye. » (Table des métiers 
de Paris, ms. Meiniere, p. 15.) — « Tixerrans de 
« toilles. • (Ord. III, p. 590.) 

Tixtre. Tisser : « Tixtre comme de courroer. » 
(Ordonn. III, p. 517.) 

Tizonné. Qui a sur la peau des taches noires 
et allongées; on les dirait tracées par un tison 
cbarbonné : « D'autre met dextrement les tigres aux 
« attaches Ti%onnez sur la peau. » (Rémi Belleau, 
1. 1, p. 18.) 

Toalle. Toile : < Le bonhomme lui demande 
« des toailles et servietes. • (15 Joyes du mar. 97.) 

Quand tu auras tes mains lavées 

Et à la toaille essuiées 

Et seras à la table assis. (Fabl. de S. G. f. iS.) 

Si ai maintes riches toailles 

Que loient, à ces hautes Testes 

Sez gentiz femmes, sor lor testes. (Fabl. de S, G. f. 42.) 

Barbier sans razoir, sans cisailles, 

Qui ne sez rouingnier ne rere, 

Tu n*as ne bacins ne toailles 

Ne de qoi chaufer eve clere. (Ms. 7Si8, f, 323.) 

Toaille à blé serrer. (Ms, 16i5, II, f, 2i3,) 

Tocer. Toucher : 

Entrues li pape s*acouca 

D'un mal qui al cuer li toça. (Mousk. p. 6i,) 

Tocque. l*' Habillement de tête, à têtière plissée 
tout autour à courtes ailes. (Monet.) — 2» Turban : 
« Ayant sur la teste une tocque à la guise de Sarasin 

• de Grenade. » (Matth. de Couci, Charles VII, 672.) 
Tocque. Qui a un turban : « Un renfort de 

• Turcs V survint, de six à sept cent hommes toc- 
« que% de blancs couvrechefs, et iceulx nommez 
« janissaires. • (Jean d'Auton, Louis XII, p. 303.) 

Tocquée. Poignée d'herbes ou de fleurs avec 
leurs racines, à Metz. (Le Duchat, sur Rabel. 1, 245.) 

Tocquer. Frapper; d'où Texpression: « Toc- 
« que% tambour, » on se sert de cette expression 
pour se moquer des menaces d'une personne. 
(Oudin.) — [Rapprochez le mot du gonfalonnier 
florentin Ciapponi à Charles VIII : « Faites battre 
« vos tambours et nous sonnerons nos cloches. »] 

Tocquille. Etofle : « Les courtines estoient de 

• tocquille d'argent sur un fond d*écarlate rouge. » 
(Menestrier, des tournois, p. 387.) 

Tocseln. De toquer le sein, c'est-à-dire frapper 
la cloche. (Borel.) 

Todlgue. « Et parce qu'aux Castilans le nom 



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TOI 



- 51 — 



TOI 



« de Roderigue estoit fréquent, il les appelle par 
« so^briquet Todigues. » (Monstrel. I, f. 323.) 

Todre. Enlever : « Se tu fez aus gens le lor 
« todre. • (Ms. 6812, f. 86.) 

Toeillep. Eteindre en brouillant les charbons 
et la cendre : < Quant la dame le feu toeille. » 
(Ms. 7218, f. 148.) Var. orthogr. de Touiller. 

Toel. Trouble ; forme verbale de touiller: 

Lors fu H rois en grant toel : 

Si a trouvé, en son consel 

Que toute Flandres saissira. fMoush. p. 56 i.) 

Toelleiz. Même sens : 

Dusqu'as portes de Tosteiz 

Dura le grant toelleiz ; 

 la porte fu sprand la presse ; 

Bianchandin de ferir ne cesse. (Blatichand. f. 183.J 

Tofle, ouffe. Eponge de rivière. (R. Est. Cotgr.) 
Toffu. Touffu. {Cotgr. ) 

Togebure. Mol fictif ; robe de bure : « Vestu 
« de sa togebure. » (Rab. ÏV, p. 10.) 
Togre. Animal (?) : 

Ung peu plus avant, sur ung coffre, 

Ck)mme les gens se retiroient, 

L'on veoit yia ung bel togre' 

Et les petits qui se mirolent. (Vig.de Charles VII, T7.) 

Tohu. Confusion. (Cotgr. d'après Rabelais.) 

Toict. Logement : « N'est deu pour Tesmende 
« d*une prinse de beste que vingt deniers tournois 
« pour toiôt. • (La Thaumass. Cout.de Berri, 218.) 

Toicture. Toiture: « Si en un bastiment il y a 
« quelques toictures^ galeries ou autres avances 
• sur rues. » (N. C. G. il, p. 1136.) 

Toe. Tienne : 

Lors envolas tu, à la table, 

La toe grâce esperitable 

D'où Saint Esperit enflamée.... (Ms. 7615, J, f. 73.) 

Toi. A toi ; du latin tibi: « Toi qu'en chaille. • 
(Ms. 7615, II, f. 172.) 

Toichep. Toucher : « Au regard et ^n tant que 
« toiclie les diz pays. » (Preuv. sur le meurtre du 
duc de Bourg, p. 330.) 

1. Tôle. Taie d'oreiller : « Ne coton, ne toie, ne 
« couissin. » (Ane. Coût. d'Orl. p. 474.) 

2. Toie. Tienne : « Se par deffault se desvoie, 
« Toute la coulpe en sera toie. » (Desch. f. 419.) 

TolL Discussion ; forme verbale de touiller : 
« Si le pleyntife se vodra pleyndre des baillyfs, del 
« vee, soit le toil entre le pleyntife et le baillyfe. » 
(Britton, f. 60.) 

Toile, lo Tissu de lin: « Toile battiste. » (Nicot.) 

— « Toile de Cambray. • (Cotgrave.) — « Toile de 
« Holande. » (Id.) — « Toile Gautier. » (Id.) — 
« Jour de toile^ • jour de cour, de plaisir, d au- 
dience. » (Id.) — « Battu comme une toile, » nous 
dirions battu comme plâtre. (Fabl. de S. Ger. 376.) 

— • Pénitent de quatre aulnes de toile, » au même 
sens que damoiselle d*une aulne de velours. (Cotg.) 

— « Toile de Borgoigne. » (Poët. av. 1300, t. IV, 
p. 1652.) — « A toile ourdie. Dieu mande le fil. » 
(Cotgrave.) — • Vous n'aurez point ma toile, vous 



• avez trop de caquet. » (Serées de Bouchet, II, 88.) 

— 2^ « Grandes pieceâ de toile grosse et épaisse, 
tissue en coutil, bordée de grosse corde qui ser- 
vent pour le deduict des princes, quand ils veu- 
lent enclorre un sanglier pour le couvrir comme 
dedans un parc, car les veneurs environnent 
desdites toiles le buisson où la beste est, et 
rayant enclose, la font lancer aux dogues, ayant 
ceux qui sont dedans les dites toiles un espieu 
en la main pour Tenferrer. » (Nicot.) — • Capi- 
taines et archers des toiles. » (André de la Vigne, 

f. 151 ) — 3<> Séparation dans la lice ; voir Toille : 
Et furent jousles sans toile, sans liens ou sablon, 
en un lieu devant l'ostel du prince. » (Mém. d'Ol. 

de la Marche. T, p. 237.) — « Au milieu de la lice 
avoit une toile pour conduire les chevaux jouer 
les courses de lance. • (Id. p. 268.) — 4* - Toile 

f)einte de la figure et de la couleur d*un bœuf, à 
'usage des chasseurs, pour approcher le gibier et 
le tirer plus facilement, ce qui s'appelle chasser à 
la toile. » (Nicot.) — 5° Voile : « Li vens se fiert de 
plain es toiles. » (G. Guiart, 32.) — 6» Membrane: 
Doit prendre garde celui qui chilîe (le faucon) 
« qu'il ne preigne la toile qui est dessouos la pau- 
« piere, à Taguille, avec la paupière. » (Mod. f. 73.) 

Toilerie. Trafic de toile. (Monet.) 

Toilette. Toile fine ; on a dit de Daphné trans- 
formée en laurier : 

Geste prière ainsi finie à peine, 

Grand pasmoison luy surprend membre et veine, 

De son cueur fut la sublile toilette 

Tournée en tendre escorce verdelette. (C. Marot, 535.) 

Tollier. Qui est de toile. (D. C. sous Telarius.) 

Toille. 1* [Toile : • Aiez vos fenesires closes 
bien justement de toille cirée ou autre ou de 
parchemin. » (Ménag. I, p. 173.)] — « Toille 
taincte, » c'est-a-dire peinte: « Comme se ce fust 
un hocqueton qui fust de toille taincte, si luy 
abbatistrespaulle et lebras. » (Lanc. III, f. 24.) 
- 2" Tissu : « (S. Jean B.) contempna les vanitez 
des aornemens et riches habits, et se vestoit 
d'une rude toille faicte de peau de chameaulx. » 

(Hist. de la Tois. d'or, II, f, 439.) — 3» « Séparation 
àe toille de six pieds de hauteur, plus ou moins, 
qui partageoit les lices dans toute leur longueur : 
lesdeuxjousteurs achevai couroient le long de 
ces toilles qui les séparoient, et par dessus les- 
quelles leurs coups estoient portez ; quelquefois 
les ioustes se faisoient dans les lices sans toilles. 
Se feront les dittes armes à cheval à la toille, 
laquelle sera de six pieds de hauteur. » (Monstr. 

II, p. 199.) 

Tolllette. Toile fine: « Draps de toillette de 
« Hollande. • (Honn. delà Cour, p. 42.) 

Toiain. Diminutif à* Antoine. (Cotgr.) 

Toirdre. Tordre : « Couper le fil près du neu et# 
« toirdre. • (Mod. f. 135.) 

Toirmente. Tourmente, tempête : 

Jamais ne m'enquer partir 

Por vent, ne por toirmente. (Poët. av. 1300, II, p. 648.) 



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TOI 



— 52 - 



TOL 



ToIps. Tors : « Le fll doit eslre toirs. » (Modus, 
fol. HO.) 
Toisage, sèment. Action de toiser. (Uonet.) 
Toise. !• Mesure: « Toise de Bourgongne, » 
elle contient 7 pieds 1/2. — « Toise de chandelle, » 
poignée. (Du Gange, sous Tela candelœ.) — « Toise 
« de charpentier, * de cinq pieds et demi ; la même 
que celle du bois. (Thaumassière, Coût, de Berry, 
p. 278.) — « Toise de masson , » elle a six pieas 
pour faire la toise carrée. (Id.) — « Toise de mesu- 
« reurs de terres et vignes (Cotgr.), • elle a cinq 
pieds. — « Toise de roy, » de trois pas moyens 
pour les architectes et de sept pieds quatre pouces 
pour les arpenteurs. (Colgr.) — « Il n'a pas mar- 
« chandé à la toisey il a marchandé au piea. » (Oud.) 
— 2o Longueur d'une toise, au propre et au figuré : 
« Il alla au gentilhomme fendre plaine paulme du 
« costé dextre, si qu'il en saillit hors de ses boyaulx 
• plaine toise. » (Percef. II, f. 52.) — « En court les 
« faitz poise, juge il est, à chascun rend sa toise ; 
« ne se brise pour or ne pour aident. » (Percef. V, 
f. 112.) — « Armé de harnois de jouste, en selle de 
< guerre, pour jouster à la ^oisa de lance de mesure 
« à rencontre de tous. » (Math, de Couci, Charl. VU, 
page 664.) 

El rocher ot .ii. lions braire 

nuec se volt laissier detraire, 

n vit une toise de chesne, 

Gelé part atome sa règne, 

Li chaisnes ert porriz par soi. (Partonop, f, i45.) 

Tolsep. Parcourir ; nous dirions arpenter : 
« Puis toise Macabrez par val et par montaigne. » 
(Partonop. f. 171.) 

Tolseup. Arpenteur. (Cotgr.) 

Toison, lo Au propre et au figuré, fourrure de 
mouton; le pape dit des injustices commises par 
les prélats envers les religieux : 

Us ont la char et la toison ; 

A vous défaut il la foison : 

Plus grans cures metent en armes 

Au jor d*ui que ne font es armes. (Ms, 6812, f, 61,) 

Avoir à clers, toiswi à chien 

Ne doivent pas venir à bien. (Ms. lOiS, /, f. 73. J 

2* Drap mortuaire : 

Bonnes odeurs et garnison 

Portez, qu'air mauves ne vous fiere ; 

Ne hurtez la noire toison^ 

S'eschuer voulez vostre bière. (Desch. f. 443.) 

3<» Feuillage : « Le propriétaire peut faire abbatre 
« le bois croissant et qui est sur son bien affermé, 
« sans que le fermier y ait aucun droit, ny à la 
« toison; ou aux branches plus avant que là où la 
« hache et la serpe a passée, lors que les mesmes 
« arbres estoient deboul. » (N. C. G. I, p. 1034.) 

Toissu. Ceinture : 

Bone cote ot et bon mantel, 

S*ot deus peUcons bons et biaus, 

L*un d*ecuireus, l'autre d*aigniaus. 

Et s*ot riche toissu d'argent. (Ms. liiS, f. 229.) 

Toitel. Toit à bestiaux: 

Or n*a U prestres de réduit 

Fors tant qu'il entre en un toitel 

Où brebis gisent et aignel. (Ms. 1218, f, 145.) 



Une grant vache amaine brune 

Or en avons nous deus pour une ; 

Petit sera nostre toitiaux. (Id. f. 229.) 

Toivre. Tibre : 

Les .n. barius qu'à Roume prist, 

Si les gieta emnri la Toivre 

Pour cou que plus n'en peust boivre. (Mousk. p, 126.) 

Nous vous ferons votre sang boivre 

Pour espargnier l'eaue du Toivre. (Brut, f. 24.) 

Toi. Toul : « Li enfrun de Toi. • (Poët. av. 1300, 
IV, p. 1651.) 

Tolage. Action d'enlever, de frustrer : 

A.UX roys et aux autres seignours 

Demanda aye et secours 

A conquere son héritage 

Dont Belin lui faisoit tolage. (Brut, f. 20.) 

Tolerable. « Rente tolerable^ » qui ne peut 
s'acheter, perpétuelle. (Cotgr.) 

Tolerablement. Avec tolérance. (Cotgr.) 

Tolerres. Voleur : « Se li bers demande à son 
« vavasor l'erilage que ses bons tendra de luy, li 
« vavassor ne pledera pas pour lui par devant lui, 
« s'il ne veut, car li bers si est ainsi corne li toler^ 
« res. • (Ord. I, p. 140.) 

Tolette. Tolède : < Eussent ces sorciers prins 
« leurs desgrés et estudié en Tescole de Tolette. » 
(Bouchet, Sérées, II, p. 287.) 

Toleup. Voleur: « Toleurs et robeeurs. » 
(Beaum. p. 170.) [Cas régime; voir Tolerres, cas 
sujet.] 

Tolir. Inf. pris subst.; Rapine, personnage allé* 
gorique : 

Au premier chief, non pas en conte, 

Trovair tolir que divers oite 

De mentir sot il la maitre ; 

De foi mentie est mastre et sire. (Ms. 7615, 1, f. 116.) 

Tolirs est biaus et renommez ; 

N'est pas chetis ne recreus, 

Âins est et grans et parcreus 

De cuor» de cors, de bras, de mains. (Ibid.) 

Tollart. Bourreau. (Cotgrave.) — « On appelle 
« ainsi, par opprobre, les archers d'un prévost des 
« mareschaux et les sergens d'un chevalier ou 
« capitaine du guet, que les Tolosains appellent 
« aussi par opprobre fourrons. » (Nicot.) 

Toile, Toulle, Tonlieu et Tonlis. [Droit 
dû au seigneur de coulume pour le marché ou 
foire, à cause du lieu qu'occupent les vendeurs: 
« Touchant ce que monseigneur l'évesque d'Orliens 
« prend à cause d'un droit de toile. • (1443. Titres 
des droits de l'Evéché.) — « Du péage, du hallaige, 
« du toulle. » (1402. Droits delà châtellenied' Yèvre- 
le-Châtel.) — « Item, le paaige de Goisi, le minaige, 

• leplaçaige, les feneslrages le tonlieu. » 

(1353. Aveu de Choisi- aux- Loges.) — « Du paage, 
« minaige, tonlis et menues coustumes. * (1360. 
Recette du domaine d'Orléans ; L. C. de D. Gloss. 
de l'Orléanais.)] 

Tolleiz. Attaque tumultueuse; mot fait sur 
touiller: • En soutenant ce tollei%, moururent à 
« celle barrière des gens au duc de Bourbon. • 
(Hist. de Louis III de Bourbon, p. 60.) 



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TOM 



-53 — 



TOM 



Tollep. [Enlever : « Pour ce qu'il semble que 
« même les décrets ne peuvent tôlier ce droit de 
« grurie. » (1620. Estimation des bois en grurie ; 
L. C. de D. Gloss. de l'Orléanais.)] 

1. ToUet. Escome, escalme, bois auquel s'at- 
tachent les rames. (Cotgr.) 

2. ToUet. Maigre. (Cotgr.) 

Tollleres. Voleur, cas sujet ; voir Toute. 

Tolllp. t»De tollire pour îollere, enlever : « L'a- 
« mour et le bien vient des dames, et est en leur 
« faculté de le donner et tolliry toutes et quantes 
« fois qu'il leur plaist et que bon leur semble. » 
(Arest. amor. p. 76.) — « S'aucun ne donne , l'on 
« luy toult. • (Mod. f. 52.) — « C'est induire les 
« gens à un atneisme, en leur permettant de ne 
« fréquenter les églises catholiques et neantmoins 
« leur tournant l'exercice de leur religion. • (Lett. 
de Pasquier, I, f. 213.) — « Tu tol% aux preud'hom- 
« mes et donnes aux mauvais. » (Percer. IV, f. 145.) 

Li chief met les membres à mort.... 

Quant à ses membres norreture 

To$t, [Me. 68i9y f, 74.; 

Beau sire, done moi t*amor, 

Ren moi santé ; tou moi doulor. (Narcisse y f, iiO.J 

De ravoir par le mont espars 

Toloit à destre et à senestre. (Ms. 76i5, 1, A i04.J 

n maine son délit de che qu*il a toloit. 

Vi« des Saints, Sorb. S7. col. 14. 

Mondes, tu taus Nostre Seigneur 

Ce qu*il racbeta de la fleur 

Et du fruit de virginité. (Ms, 72i8, f. SOS.) 

Une grande poudrière 

Qui tant les leus à cens derrière. (Id, f. i25.J 

lÀ mal parlier tant en parolent 

Que l'amor aus fins amans tolent. (Id. f. 205.) 

2* Arrêter : 

Gel an trébucha mains moulins 

8ui tout y ver n*avoit moulu 
ue le giel avolt tolu. (Ms. 68iS, f. 10.) 

3° Apaiser; la pierre appelée epistite « meslées 
« toit s^urement. » (Marhod. col. 1664.) — 4* Se 
retirer : 

Bele amie, pour Deus vous pri, 

Aies vous en, tolés de ci. (Ms. 7989, f. 47.) 

Expressions : « Pour monstrer la vérité, je vous 
« ay tollu la parolle. » (Froiss. liv. IV, p. 127.) 
C'est-à-dire enlevé. — « Tollir, » lever un impôt. 
(Vigil. de Charles VII, f. 135.) — « Tollir le pas, » 
disputer le passage aux ennemis. (Louis 111, duc de 
Bourbon, p. 170.) — « Ils ne se lenoyent mie assez 
• forts pour eux combaltre ne tollir les champs. » 
(Froissart, liv. I, p. 170.) C*est-à-dire baltre la 
campagne. 

Tolte. Usurpation : « Se je tieng héritage par 
« mauvese cause, si come par forche, ou par nou- 
« vele dessezine, ou par tolte. « (Beaum. p. 104.) 

Tombant. « On appelle rage tombante celle 
« qui fait tomber les chiens par terre, comme s'ils 
« avoient le mal de saint Jean. « (Fouill. Vénerie, 
f. 79.) 

Tombe. On appelle, dans plusieurs endroits de 



la France, tombe$ ou tombels, certaines éminences 
de terre qui paraissent avoir été d'anciens tom- 
beaux. (Dissert, de l'abbé Le Bœuf, llï, f. 223.) — 
« L^abbaye de S* Michel que Ten dit en péril de 
« mer, si est appellée la tombe pour la hautesse 
« de lui. » (Chr. de S. Denis, I, f. 94.) — [Voir dans 
la chronique des 4 Valois, p. 226 à 229, Tétymo- 
logie légendaire sur ce nom de Tombelaine : « Le 
« dit roy Artur et Hoel duc de Bretaingne firent 
« faire et fonder une chappelle ou église en l'on* 
« neur de Dieu et de N. D. en dit lieu et place où 
« la ditte pucelle Hélène fut mise en sépulture. 
« Pour laquelle choâie ycelle église et lieu est nom- 
« mée Tumbehelene. »] 

Tombeau. Les paysans du mont Cenis appellent 
tombeaux les grands monceaux de neige que les 
vents amassent au-dessus des montagnes et qui se 
précipitent quelquefois dans les vallées. (Pezron, 
Antiq. des Celles, p. 364.) 

Tombement. !• Action de tomber. (Cotgr.) — 
2* Diminution, rabais : 

Des monnoyes les tombemens 

Et les griefs de vos sergens 

Ont bien nos vaches et nos bœufs 

Amoindris et tous nos chevaux. (Monstrel. J, f. SSS.) 

Tomber. !• Jeter : « Ils lui occirent ses mes- 
« sages, et les tombèrent en la mer. » (Triomphe 
des IX Preux, p. 136.) — « La tomba à terre, et la 
« decoifiTa, en la trainant par les cheveux. » (Aresta 
amor. p. 392.) — 2* Uriner : « Il est bon de tomber 
« souvent de l'eau. » (Ess. de Mont. II, f. 806.) — 
30 Arriver : « Il ne te peult tomber Finconvenient 
€ qui m'est avenu. » (D. Florès de Grèce, f. 155.) 

— 4* Expressions : « Ce qui ne tomba pas en paille. 
« mais fut bien relevé. » (Des Ace. Bigarr. f. 32.) 

— « J'aimerois mieux qu'elle fust tombée dans 
« mon lit que la gresle. » (Oud ) — « Tomber sur 
« ses pieds comme les chats. >» (Oudin.) — < Qui 
« chope et ne tombe adjouste à ses pas. » (Cotgr.) 
•— < Un meschant vaisseau jamais ne tombe de la 
« main. » (Colgrave.) 

Tombereau, el. 1* Charrette : • A charrette 
« ou à tomberel. » (Ord. II, 369.) — « Tombereaux 
« de Yerberie, » allusion aux enfans de Verberie 
qui, pour gagner de l'argent, se laissent rouler du 
haut d'une montaigne voisine. (Cotgr.) — 2<» Char- 
rette pour les suppliciés : « Henri de Halestrait fut 
« mené par les quarefours de Paris en un venel ou 
« tombereau. » (Chron. de Flandre.) — « Et aussi 
< soit de tous ceux que juise de tomberel ou perte 
« de membre avèrent suflfert par jugement. » (Du 
Cange , sous Tumbrellum , d'après Brillon.) — 
30 Petite claie pour prendre les oiseaux l'hiver : 
« Prendre les perdris au tomberel à quatre che- 
« villes. » (Mod. f. 87.) V. Tumberel. 

Tomberelée. Charge d'un tombereau. (Cotgr.) 

Tombier. Sculpteur de tombes : « Tombiers et 
« imagers. » (Ord. II, p. 379.) 

Tombir. Crouler : « La terre tombit sous le 
« fais et bruit des charretes. » (Cotgr.) 



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R 






TON 



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TON 



Tombissement. Bruil que cause une secousse, 
un tremblement. (Cotgr.) 

Tomblieau. « Pelil sépulcre ou petit tom- 

• blieau, » (D. C. sous Tumullulus.) 

Tome. Terme de vénerie et de fauconnerie : 
« On congnoist grant sanglier du jeune, et le jeune 
« de la tome à trois signes : le premier si est par 
« les trasst^s, le second par le lit, le tiers est au 
« fenil. » (Mod. f. 23.) — « A faire ton faucon bon 
« haironnier, faut que tu ly mettes en aspre faim 
« et avoir un hairon vif, duquel tu feras une tome 

• à ton faucon. » (Budé, f. 125.) 

Ton. Son : « Quant le ton de Tescu et du palais 
« fust passé , les chevaliers se dressèrent tout 
« esbahis, car il n'y avoit tant asseuré qui ne cui- 

• dast estre mort. » (Percef. IV, f. 52.) — « Il ouyt 

• hennir un cheval d'une forte voix et grosse... et 
« s'en va vers le ton an cheval. » (Id. VI, f. 113.) 

Tondaille. !<> Temps où se tondent les bêtes. 
(Cotgr.)— 2* Repas donné aux fenftnes après qu'elles 
ont achevé de tondre les brebis. (Le Duchat, sur 
Rabelais, V, p. 80.) 

Tonderesse. Femme qui tond. (Cotgr.) 
Tonderie. Lieu où on tond le drap. (Monet.) 
Tondeur. « Ecornifleur, autrement dit tondeur 
« de nappes. • (Apolog. d'Hérodote, p. 70.) 

1. Tondre. « Nos ancestres se faisoient ordi- 
« nairement non tondre mais raire leurs barbes, 
« comme pareillement de fois à autre leurs che- 
« veux, en quoy le razouer estoit nécessaire aux 
« barbiers. • (Pasq. Rech. p. 826.) 

Je Tiens de court, mais là est un mestiers 

Qui tond et rest les bestes trop estrolt ; 

Pour ce, vous pri, gardez vous des barbiers. [Desch. iOS.) 

Ils veulent qu*on le face tondre 

Ck>mme un clerc ou comme un prestre. [Desch. f. 548. J 

« Tondre sur un œuf, • lésiner, dans Cotgrave. 

— « Après raire n'y a que tondre. » (Cotgr.) — « Le 
« prez tondu, besoing n'est qu'on le tonde. » (Rog. 
deCoUerye, p. 160.) — « Se vous ne vous rendez 
« tantosl, je vous tondray la teste et morrez tout 
« maintenant. » (Hisl. de Duguesclin, Ménard, 49.) 

— De là : « Je veux estre tondu, » dans Pasquier, 
Rech. p. 672. 

2. Tondre. Bois pourri sec ; amadou naturel : 

Le feu firent ens répondre 

Es prises de Un et de tondre,.. 

Le feu nourry et eschaufa ; 

La ville esprit et aluma. (Brut, f. iOS.J 

Parlant du cristal : 

Geste conçoit et feu vermeil 

Ri la tient el rai del soleil 

Et de cel fou li tondre resprent. (Marhod. c. i668.) 

Tonda. Moine ou fou : 

En grant péril en sont prostrés et tondus. (Desch. 248.) 
Pour les clers, pour les non tondus. (Desch. f. 467.) 

Lors le propbete a respondu^ 

Ne te tien pas pour fol tondu; 

Ta responsse que m*as rendu 

A nostre seigneur entendu. (Ms. 68i2, f. 48.) 



« Fesse tondue, > personne mal habillée, qui 
fréquente beaucoup le sexe. (Cotgr.) 

Tondu re. Toison coupée : « Tondure de bre- 
« bis. » (Monet.) 

Toner. Tinter : 

Tant fort Tesbahi et estone 

Que Toïe l'en corne et tone (Parton. f. i35.) 

Tonlier. Percepteur d'un tonlieu : « Tous les 
« tonlius des denrées c'on vent el acate à Corbie 
« est siens (à Tabbé), car il est tonliers de le ditte 
« ville. » (D. C. sous Telonarius.) 

Tonlieu, u. Droit de placage : « Tous hommes 
« de fief peuvent nourir, achepter, et vendre fran- 
« chement sur leurs tenemens féodaux, sans estre 
« tenus, ne sujets à payer tonlieux. » {C. G. 1, 609.) 
— « Chaque bourgeois de Landrechies donnera, 
« chascun an, au seigneur: douze deniers pour la 
« bourgeoisie, et quatre deniers pour le tonlieu. » 
{N. C. G. II. p. 263.) 

Cil qui sires est de la foire 

Doit par tout prendre son tonliu. (Rose.) 

« Echevins de la chambre du tonlieu. • (N. C. G. 
1. 1, p. 1236.) 

Tonnage. Impôt sur chaque tonneau de vin : 

« Tonnage de vin que Tan lieve pour chascun 

« lonel .n. den. ob. » (D. C. sous Tunna.) 

Tonneau. !<> Barrique : « Cestuy là, dit Panurge, 

• est d'un autre tonneau. » (Rabel. IV, p. 215.) — 
2o Mesure de capacité : • Presta six cent moges de 
« bled qui sont trois cent tonneaux, à douze muids 
« pour un tonneau. » (Montluc, t. Il, p. 545.) — 
3* Ventre : 

Cul de jument, tonneaux plains d*enflure, 

Piez de crapaut, bras qu'on ne doit seler. (Desch. 220.) 

Tonnel. Tonneau : « Tonnel et chauderon. • 
(Ms. 7615, II, f. 213.) 

Tonnelaire. Percepteur d'un tonlieu : • Où 
« trouverons nous office qui plus requierre homme 
et subtil et malicieux que à gouverneur un tonlieu ? 
« Tel office requiert un homme qui sache obvier 
« aux frauldes des marchands qui mettent toute 
« leur estudie à le décevoir, pour affranchir leur 
« marchandise, et le tonnelaire d'autre part met 

< peine à leur toUir du leur. » (Hist. de la Toison 
d'or, II, f. 205.) 

Tonnele. « C'est un cheval ou beuf de bois 

• peint que le chasseur va poussant devant soi 
« contre les perdrix, pour les conduire dans les 
« filets. • (Monet.) 

Tonnelep. Prendre des perdrix à la tonnelle ; 

voir TONNELEUR. 

Tonnelet. 1* Diminutif de tonneau: « Quant 
« Engloiz orent getté pierres et tonneletz emplis de 

< caillouz et plusieurs merriens, ils getterent les 
« pierres de leurs creneaulx. > (Hist. de Duguescl. 
Men. p. 499.) — 2* Jupon ou cloche de fer couvrant 
les cuisses : « Les tenans aux tournois, sous les 
« lambrequins, portent un tonnelet ou bas de saye 
« plissé, enflé et tourné en rond, avec un bas 



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TON 



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TOP 



« d*attache qui prend depuis les pieds jusques au 
« plus haut des cuisses sous le tonnelet. • (Menestr. 
des tournois, p. 199.) — 3* [Vase à boire : « Pour 
« redrecier el rebrunir le tonnelet d'argent ouquel 
« maistre Jehan, le fol du roy, boit. » (Compte de 
1353.)] 

Tonneleur. Chasseur qui prend des perdrix à 
la tonnelle ; on lit de Biron accusé d'avoir attiré à 
la cour les principaux huguenots pour les faire 
périr à la St-Barthéleray : a Ceux qui eschaperent 

• en blasmerent mon dit sieur de Biron et lui en 
« donnèrent toute la coulpe, disant qu*i) les esloit 
« allé tous amadouer et appaster, pour les mener 
« tous au marché de la boucherie, et pour ce com- 
« mencerent à delengouler contre fuy; les uns 
« Tappelloient tonneleur, parce que comme fait un 

• tonneleur avec sa tonnelle aux perdrix, il les 
« avoit tous avec sa parole tonnelez, et amassez 

• pour les faire tous mourir. • (Brant. Cap. fr. III, 
p. 335.) 

Tonnelier. 1<» Qui fait des tonneaui : « Il est 
« fils de tonnelier, il a une belle avalloire. » (Oud.) 

— 2* Lieu à tenir des tonneaux. (Monet.) 

Tonnelle. 1** Filet pour la chasse aux perdrix 
et aux cailles. (Chasse de Gaston Phéb. p. 332.) — 
2* Berceau couvert de vignes ou de verdure. (Colg.) 

— « Ceux-ci se mettent dans une tonnelle de 
« lauriers, où on eust trouvé de l'ombrage el du 
« frais au plus fort de l'esté. • (Pèlerin. d*amour, 
1. 1, p. 148.) — 3" Bondon, sorte de fromage : « Ne 

• pain, ne fromage en tonnelles. » (Font. Guér. 54.) 

— 4" Tonneau : « Si tirent combler leurs murs de 
« tonnelles empliz de cailloux. » (Hist. de Duguescl. 
Hénard, p. 444.) 

Tonner. Retentir : « On n'eut pas oy le ciel 
« tonner. » (Vigil. de Charles VIï,ï, p. 70.) — « Ce 
« noble gueux m*ha plus fort estonné que si le ciel 
« en automne eust tonné. • (Rab. V, 49.) — • Quand 
« il tonne en mars, nous pouvons dire helas. • 
(Cotgr.) — « Tant tonne qu'il pleut, et tant tonne et 

• vente que pluye descend. • (Id.) — « Tout ce qui 

• tonne ne nous cslonne point. >» (Id.) 

Tonneré. Orageux : 

Ver (printemps) sans délice et sans verdor, 

Àost sans fruit et sans savor, 

Yver tonnerés et foudraus, 

Estez pluieus et très noaux. (Parton, f. iôA.) 

Tonnerre. « Escrois de tonnerre. • (Poét. av. 
1300, IV, p. 1651.) — • Dieu vous conduise et le 
« tonnerre ySOXis n'irez pas sans tambourin. » (Oud.) 

Tonneux. Tonlieux ; v. le suivant.' 

Tonnieur. Qui lève un tonlieu : « On leur loi- 
« roit de lever ou exiger le proufflt des tonneux 

• que pour Tune des marchandises de laquelle il 
« plairoit au tonnieur. » (D. C. sous Tonneurs.) 

Tonnieux. Tonlieux; v. Tonnixeur. 

Tonnine. Chair du thon coupé par pièces et 
salé. (Nicot.) 



Tonnixeur. Qui lève un tonlieu : « Que un 
• tonnixeur et un vuy nagier soit pareillement 
« esleuz et sermenté pour leur rapport estre creuz 
« des defautes de tonnieux et vuynages. » (Coût. 
Gén. I, p. 831.) 

Tonoile. Tonnerre : 

Quar effondre ne le tonoile 

Ne crient U tant comme le roi. (Mousk. p. 589.) 

Tonolllelz. Eclairs: 

Lors fu mon Joie resbaudie 

Car chascun front des rens s'avance ; 

Li huz à eufoncier commance 

Et les grèvent tonoilleiz. (G. Cruiarty f. S4.) 

Tonoire. Tonnerre : 

D*Uuec s'en tomerent grant oirre 

Lor petit pas samble tonoire. (Ms. lZi8, f. 297. J 

Tonsilles. Amygdales. (Cotgr.) 
Tonson. Toison d*or: 

Puis fu une beste apparans 

En Colque, en lUle a*Astropole ; 

De mouton avoit fourme et mole ; 

Tonson d'or portoit ceste image. (Froiss. Poë». 290.) 

Tonsure. « Clercs de la première tonsure, » 
qui porloient les cierges et les torches. (Gr. Coût, 
de Fr. IV, 519.) — « Damoiselle à simple tonsure. » 
(Contes d'Eutrapel, p. 66.) — « Demy géant à poil 
« follet et double tonsure. • (Rabel. IV, p. 125.) — 
« Battre ung sergent ou deux , pourveu qu'ils 
« n'eussent tonsure. » (Id. IV, p. 203.) 

Tonture. Feuillage : « Tonture et despouille 
« desdils arbres. » (D. C. sous Tonsura nemorum.) 
TooillI. Souillé; var. orlh. de touiller : 

S*ame est laidement soiUie 

Et dame en vicité tooilliè (Ma. 7218, f. 255.) 

Topace. Topaze : 

Je voy la beUe topace 

Qui se passe 

Et change en noire couleur. (Desch. f. 93.) 

Toper. Agréer, consentir: « Tope, tope. »(Oud.) 
— • Tope et tingue. » (Id.) 

Topiaire. Jardin artinciel: • Fontaines, boca- 

« ges, prairies grotes nayfves, jardins bien 

« cultivez et façonnez, parterres, labyrinthes et 
« topiaires. » (Print. d'Yver, fol. 9.) — « Des nids 
« d*oiseaux marins bastis, tissus et entrelacez de 

• pampesde vigne et d'espiez de blé, par telle 

« architecture naturelle et de tant bel artifice 

« que nul topiaire n'en pourroit faire de sem- 

« blables. » (Alector, p. 75.) 

Topique. Emplâtre, lieu commun. (Cotgr.) 

Topiquer. Discuter: « Pourquoi vous topique% 

« vous contre le seigneur Tourrinel. » (Cont. de 

Chol. f. 99.) — « Comme je vis que les deux bons 

« seigneurs qui me sont bien amis, s'entrecho- 

• quoient de la façon, je voulus prendre la parole, 
« et me jetter à la traverse, leur remontrant qu*ils 
« s'abusoient de se ^opz^uer de la façon. » (Cont. 
de Chol. f. 60.) 

Topiqueur. Querelleur. (Coquillart, p. 8.) 



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TOR 



Topole. Toupie : 

Ensement com la topoie 

K'estuet prismes escolllir 

Au dechoivre ; à le corroie. 

Ne çuet madame bailiir. (Poët, av, iSOO, IJI^ p. d092.J 

Toppe. Friche : « Un autre journal que Ton fait 
« au tiers prisé six sols tournois ; un autre que 
• Ton fait au cart, quatre sols tournois ; et s'il est 
« en toppe, pour défaut de labourer, dix deniers 
« tournois. » (G. G. I, p. 856.) 

Toquer. Goififer. (Gotgr.) 

Toquihan. Emeute: « Un toquihan et une 
« conspiration. » (D. G. sous Tanqhannum.) 

1. Tor. Taureau: « Ilem vacques, bœufs, tors 
« ou geniches, le pièce doit un dénier. » (D. G. sous 
Torosus.) 

eu feist le sacrefice 

D'un grand tor ou d'une genice. (Ovidef dans BoreLJ 

2. Top. Tour, du lalin turris : 

Je ne cuit que jamais fasce hom 

Tel donjon ne si riche tor, (Ms, 76i5, II, f, 169 ,J 

Mors, tu abas, dedanz un tor, 

Ausi le roi dedanz sa tor 

Com le povre dedans son toit. (Id, /, f. i03.) 

3. Top. i* Le temps de se retourner: 

Je ne di pas k'amors ne faice bien 
Au chief del tor foloier le plus saige. 

Pok «T. 1300, ni, p. 170. 

2» Tournure, façon : 

Les lettres fiu^nt de bon tor 

Com ae fussent faites le jor ; 

En le tere erent figurées ; 

\À saint hom les a récitées. (Vie des SS. Sorb. 6i, c. 34,J 

3<> Bon ou mauvais tour : 

Riches manans à desmesure 
De marchandise et d'usure 
Savoit toz les tors et les poins ; 
Et ce qu'il tenoit aus poins 
Estoit bien fermement tenu. 

C'est amors 
Qui li monsterra de ses tors* (Ms, 7989, f. 59, J 

On lit des funérailles de Philippe- Auguste : 

Dieus qui tos jors avoit seue 

Et la pensée et la devise 

Que 11 rois ot à sainte Eglise 

Et d'ounourer et d'avancier 

Et de garder et d*exsaucier, 

Si le vot prendre à si fait tor 

Que tôt i furent cist pastor 

Pour s'ame ounourer et son cors. (Mousk, p, 643.) 

4. Top. Tort: 

Madame m'a ramprosnée, 
Et m'a dit ke je suis el tor; 

8ue trop ai le chief meslé 
e caines ; n'ai droit en amor. (P, av, iâOO, III, 1150,) 

TopalUe, aile. Endroit où Ton sèche les grains 
pour la fabrication de la bière : « Chil qui seke à 
« toraille et franc lieu, il ne doit point de toraille. » 
(D. G. sous Torellagium.) — « Gascune occhine à 
< cambier de la chité d'Amiens là où on seke brais 
« à toralle. » (D. C. sous Torellagium.) 

A son feu par derrière, 

Toraille à brais sechier. fOutUl. au Vilain.) 



(Ms. 7218, f, 163.) 



Topangles. Dont le tour est à angles. (Rabel. 
V, p. 169.) 

Topasse. Espèce particulière de vache de basse 
taille et de petit corsage , laquelle appète plus et 
suit plus le taureau que les autres vaches. (Nicot.) 

Topbele. Troublée. (Serm. de S. Bern. p. 280.) 

Topblep. Troubler : 

Cil qui mieus torble les gués 

Est li plus sire clamés. (Ms. 7989 *, f. 79.) 

Topce. lo Tordue : 

Et s'U i met sa lance, 

Puis qu'il past la porte. 

Ne li metra si roiae, 

Ne l'en retraie torce (Ms. 7615, II, f. 139.) 

2" Détour : « Tu t'en iras les couvertes voyes tout 
« le pais (tu congnois bien les torées et les adreces 
« et les chemins frayans) tant que tu viendras à 
« Ghaslucet. » (Froiss. liv. III, p. 312.) 
Topcei^. Essuyer : 
L'autre mouvoit le front et les sourcis, 
L'un requignoit, l'autre torçoit son vis. (Desch. f. 3S9.) 

Topche. !• Paquet roulé ; entortillé : • Foin mis 
« par torches, » avec les autres provisions sur la 
flotte de France qui devoit descendre en Angleterre, 
en 1386. (Froiss. III, p. 121.) — « La coustume de 
« l'oziere est telle que la dicte oziere se vend à 

• torches et en doit avoir, en chascune torche, 
« soixante quatre ozieres. • (La Thaumass. Goût, 
de Berry, p. 278.) 

Faictes vo chief des vostres (chevaux) proprement, 

Sans faire ainsi la torche de pesas, 

Sans adjouster estrange habiUement, 

Que destrousser fault comme jument à bas 

Chascune nuit, et getter en un tas ; 

Puis au matin fault retrousser Tensaigne. (Desch. 3$7.) 

2* Mortier composé de terre grasse et de paille 
coupée : « Doit deument entretenir la maison de 
« pel, torche et couverture^ comme usufructuaire 
« doit faire. » (G. G. I, p. 532.)— 2p Terme de vé- 
nerie; fumées à demi formées: « Depuis la my 
« iuing, iusques à la my juillet ou environ, laisse 

< le cerf ses fumées en torche^ pour ce que les 
« viandes et grains endurcissent : et adonques 

• commencent ses fumées à prendre forme, et se 
« tu les trouves de grosse forme et en grosse tor- 
« che, et bien moulues, c'est si^ne qu*il est cerf de 
« dix cors chassable. » (Mod. fol. 3.) — 4' « Torche 
« de fonte, * torche de cire, sans manche, qu*on 
portoit la nuit devant les grands. (Cotgrave.) — 
5" « Faire bonne torche^ » lionne chère. (Journal 
de Verdun, cet. 1750, p. 268.) — 6« On lit d'une 
demoiselle de la cour de Henri II qui devint grosse : 
« Le roy Henry le sçut le premier, qui en fust extre- 
« moment fasché, car elle luy appartenoit ung pea : 
« toutes fois sans faire plus grand bruit ny scaa- 

< dale, le soir au bal il la voulut mener danser le 

< bransle de la torche, et puis la fit danser à un 
« autre bransle de la gaillarde , et les autres 
« bransles. » (Brant. dam. gai. II, p. 262.) 

Torchais. Torche, flambeau : 

Li sueil sont de désespérance 
Et li pommel de mescneance ; 
Li torcheis en est de haine. (Ms. 7818, f. 310.) 



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Torche-mains. Essuie-mains: 

Qui vit jamais Caron, sur la rive infernale 

Et le viel torchemains qui du col lui dévale, 

La crasse de sa barbe et son œil furieux. [Perririy f,38.) 

Torchepot. !• Torchon. (Colgr.) — 2<» Sillelle, 
oiseau : « 11 ressemble au torchepot, » il corrige sa 
femme. (Cotgr.) 

Torcher, 1er. !• Essuyer: « Se torcher la 
« barbe, la bouche d*une chose. » (Caq. de TAccou- 
cbée» p. 24.) — « Quant la visaige et les yeulx luy 
« eust torchie%. » (Ger. de Nevers, t. II, p. 83.) — 

• S'abstint de plorer en torchant ses larmes. » 

fMonstrel. I, p. 167.) — 2* Fabriquer des torchons 
ae paille : 

Nous avons ceste semaine ' 

Gaaigniez à torchier paiUeus. (Ms. 7218, f. 235,J 

3<» Fabriquer du torchis : * Bas gietent les paroiz 
« torchiés, • (G. Guiart, f. 233.) 

Torcherle. Bonne chère, en Picardie. 

Torchete. Petite torche, pelil flambeau. (Monet.) 

Torcheul. Pris à la lumière des torches : « Se 
« tu es à la place où il perche, et se c*est un faucon 
« fourme, si mesure la place où il perche de deux 
« esparges de long, et sMl est torcheul^ si la mesure 
« d'une esparge. » (Mod. f. 164.) 

Torcheur. Fabricant de torches (?) : « Jean le 
« Lièvre torcheur de la ville de Chaalons. » (JJ. 129, 
p. 186, an. 1386.) 

Torchis. 1* Torche que les laitières mettent sur 
leur tête pour équilibrer leur pot. (Oud.) — 2» Tor- 
(dies, flambeaux : « Si tost com il vint, il fut nuyt ; 
« il voit les rues toutes plaines de grans torchis et 
« de grandes chandelles ardentes. » (Lancel. I, 48.) 
— 3* Mortier de terre et de paille grasse : « Est tenu 
« faire le plancher dessus luy de poutre, solives et 
« torchis. » (G. G. 1, p. 201.) 

Torchon, l^ Bouchon de paille : 

Biau sire, à vos me claim 

De ma famé, gui tôt mon faim 

Me gaste à faire torchons ; 

Vos mentez, par mi les grenons, 

Dit celé, dant vilain despors, 

Bien a .vu. ans que ne fu tors 

Mes eus de fain, ne d'autre rien. (^fs. 7615, II, f, 181,) 

*> Petite torche, petit flambeau: « Avant que 
« Taccidenl malheureux des masques dont estoit 
« Charles VI, qui furent brûlez devant luy à un 
« bal, arrivast, ce prince pour le prévenir, avoit 
« fait dire par un huissier qu'on eloignast les 
« torches et torchons de ces masques qui alloient 
« arriver. » (Froiss. IV, 171.) — 3* Coup de sabre, 
d*épée, d'où l'expression encore usitée dans les 
casernes, « se donner un coup de torchons. » -— 
« Le chevalier doré qui attaignoit tousjours son 
« homme où il lu^ plaisoit, lui donna tel torchon 
« qu'il fust contraint de tomber par terre. » (Percef. 
t. m, fol. 40.) — « 11 redressa le chief vistement, et 
« fiert le Roux d'ung tel torchon d'espée qu'il le fisl 
« tomber par tel atourne qu'il ne fust depuis veu 
« en la feste. » (Id. f. 142.) 

Torchonnierement. Injustement : « Tout ce 

X. 



« qui par eulx ou de leur partie avoit esté torchon- 
« nierement entrepris, fait et commis. » (Du Cange^ 
sous Tortionarie.) 

Torchouer. Flambeau : « Deux grands tor- 

« chouers portant chascun une torche. » (Mém. 

de Du Bellay, VI, p. 129.) 

Torcis. !• Entrelas. (Borel.) — 2* Torches, flam- 
beaux : « A son chastel sont au soir descenduz ; la 
« fut adonc maint torcis apporté. » (Percefor. V, 
fol. 112.) 

Torcoise (à la). A la turque : 

Lors l'avoit prise à la torcoise, 

Si le rembroncha, et si l'entoise 

Ck)mme baron d*iluec eschape 

Et cil rescorse, et si le frape. (Ms. 7218, f, 178,) 

Torcol, ollet. Oiseau. (Cotgr.) 
Torçon. Torchon, bouchon : 

Puis a pris un torçon de fain. (Ma, 7989, f. 89,) 

Torcu. Oiseau. (Cotgr.) 

Tord coulx. Hypocrite. (Rabel. I, p. 314.) 

Tordement. Action de tordre. (Cotgr.) 

Tordeur. Ouvrier qui tord le fil : « Les doyens 
« et les officiers de deux commerces de S. Michel, 
« qui est celuy des merciers, des épiciers et des 
« chandeliers, des tordeurs de fils, ont la connois- 
« sance en première instance, des causes concer- 
« nants leurs négoces. » (N. C. G. I, p. 1060.) 

Tordlon. Contorsion lascive: « Le putanisme 
« régna fort de son temps (Louis XI) car le roy lui 
« mesme aidoit fort à le faire et le maintenir avec 
« les gentilshommes de sa cour; puisc'estoità... 
< qui en feroit de meilleurs contes de leurs lasci- 
« vêtez, de leurs tordions (ainsi parloit il), de leur 
« gaillardise. » (Brant. dam. gai. II, p. 437.) 

Tordir, dre. l' Tourner par les deux bouts et 
en sens contraire : « Il ne fait que tordre et 
« avaller. » (Oud.) — « Si on lui tordoit le nez, il 
« en sortiroitdu laict. » (Oudin.) 

Femme qui son aUeure tord, 
Qui ses lèvres mord, 
Se mesle du mestier ord. 
Ou fait à soy mesme tort. (Cotgr,) 

Vos ancesseurs qui se voulrent mouvoir 
Sont trespassez et po de terre accorde 
Leurs chetifs corps pourriz en ce vouloir 
Et pour ce est bon que chascun se descorde 
D'entre vous deux, que tel fardel ne torde. 

Deuhuups, f. Ml. 
Lors plore et crie et tort ses poins. (Ms, 7218, f, 4,) 
Quand li un de ces las 
Qui si me tiennent tort 
Me lasche, tant ne quant, 

Li autre serre et tort, (Ms, 7615, II, f, 145,) 

Le temps cruel ne pardonne 
Aux rois, tant soient ils puissants ; 
Une seule heure me donne 
Quand les fuseaux tordissants 
La vie aux destins soujette 
Tombent desenûlacez. (L» Le Carmx, f, 5()J 

2* S'égarer : « 11 ne se tord pas qui va plain che- 
« min. » (Cotgr.) — « Y avoit bien mauvaise saillie 
• au partir du logis, comme chemins creux et bois, 

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• et si nous tordismes, car il n'y avoit point de 
« guide pour nous guider. » (Comm. f. 676.) 
Toreaux Lits, du latin torus^on plutôt taureaux: 

PaD, Dieu souverain, 
Qui de garder ne fus onc paresseux 
Porcs et brebis et les maistres d'iceux 
Et remets sus tous gentUs pastoreaux 
Quant ils n*ont prez, ne loges, ne toreaux. 

Gl. Mtfot, p* SM. 

Toreille. Même sens que toraille : « Moulin à 
« vent et à eaue, toreilles, bacq et cuves de bras- 
« séries sont reputez immeubles. * (Coût. Gén. I, 
p. 1100.) 

Torel. Taureau : 

Plus laide n'a de vous de cy à Rome ; 

Gomme un torel avez chascune joe. (Desch, f, Sii.) 

Topele. Tourelle : 

La vindrent, sans estre repris ; 

Serreure d'uis, ne torele 

Ne valust pas une cenele ; 

Tout fut à terre trebuchié. [Ms. 6812, f, 7i.) 

Topellage. Droit sur les torailles : • Li quens 
« en reot de sa part du torellaye. * (Du Gange, 
sous Torellagium.) 

Torfait. Tort, injustice : 

s* Loys mieus qu'à toi ne fait ; 

A son peuple ne fist torfait ; 

Mes le mena en bonne guise, 

Et Dieu ama et sainte yglise. (Ms, 6812, f. 85.) 

Torjant. Tordant : « Ses puins et ses caveus 
« torjant. . (Poët. av. 1300, IV, p. 1354.) 

Torillier. Tortiller: 

Qui moult se desirre à moiUier 

Ses mains, commence à torillier 

Enz el seel et à froter. (Ma. 7218, f. 118.) 

Torlllon. Tourillon : « Torillon de canon. » 
(Cotgrave.) 

Torion. Petite tour: « Fausse braie flanquée 
« de tarions. • (Hist. delà Popelin. I, f. 55.) 

Tormal. Plante médicinale. (Erberie, ms. Saint 
Germain, f. 89.) 
Tormante. Tourment. (Ms. 7615, 1. f. 109.) 
Tormanteus. Exposé aux tempêtes. (Monet.) 
Torment. Tourment. (Monet.) 

Tormentablement. D'une fagon qui tour- 
mente. (D. C. sous Tortiliter.) 

Tormentiere. Qui cause des tourments : « Ma 
« grans joie est tormentiere. » (Chans. de Thibault, 
fol. 186.) 

Tormentllle. Plante dont la racine est astrin- 
gente : • La morsure de serpent se cure en donnant 
« poudre de dictame ou de diagomera, ou serpen- 
« tine ou de tormentille ou tyriacle. » (Arteloque, 
faucon, f. 519.) 

Tormenttor. Qui tourmente; on lit des péchés 
dont ii faut arracher les principes : • Tu tormontas 
« lo ceptre de son tormenttor, si com el jor de 
« Madian. » (S. Bern. Serm. p. 42.) 

Tornace. Tour de fortification : « La pierre 



« d'une perriere feri si à Tordois d'une tornace^ 
« que li hordois chai. » (Martène, V, c. 615.) 

Tornadie. Renégat. (D. C. sous Renegatuê.) 

Tornadot. Retour de dot d'une femme. (Cotgr.) 

Tornal. Tournai: « Buriersde Tornai. » (Poët. 
av. 1300, IV, p. 1651.) 

Torne. Gage de bataille : « Aucune mal faite, et 
« tel que il conviegne à prover par guarens et m 
« qu'il ait tornes de bataille. » (D. C. Tomare.) 

Tornebouele. Du werbe tournebouler, tourner: 

MerveUle est de cest monde, comme tornebouele 
A. tort, et sans reson use chose rebele ; 
Quar s*uns bergiers des chans tabore et chalemde 
Plus tost est apelez que cil qui bien viele. 

Ms.7il8,rol. S78. 

Toraeis. 1« [Variété de pont levis « qu'on torne 
« à polies » ; voir le dict. d'archilect. de V. Le Duc] 

 chaennes sous les chaucies 

Tournoient les pons tomeiê. (Ms. 7615, II, f. 188.) 

2o Tournoi, bataille : 

Moût oissiez grant tomeiz 

Et de lances grant croisseiz, 

De raachues grant Terreiz 

Et des espées grant capleiz. (Rou, p. 335.) 

Tornele, elle. Tourelle : « Les borgois de la 
« ville esloient montez sur les murs et sur les 
« tornelles. » (Martène, V, c. 583.) 

Certes ces murs estoient biaus, 

Quar fez estoient les querniaus 

Les barbaquenes, les tomeles 

De fleurs dfe lis blanches et bêles. (Ms. 7218, f. 359.) 

Torner. 1» Tourner : 

Par les rues rôtissant vont 

Les grasses oes et tomont. (Ms. 7615, II, f. 147.) 

2* Passer de... à : 

Quant remire votre cler vis 

Bien tor de mort à vie. (P. av. 1300, IV, p. 1560.) 

30 Viser à : 

J'avoie un bon ami en France 

Et l'ai perdu par mescheance, 

De totes parz Dieus me guerroie 

De totes parz perge chevance 

Dieus me la tort à pénitence. (Ms. 7615, 1, f. 102.) 

Ne chose qui tort à outrage. (Ms. 7218, f. 133.) 

4* Détourner : 

J*ay un cuer, ainz teus ne fu trovez ; • 

Touz jors me dist : amez, amez, amez, 

N'autre raison n'ert ja por lui mostrée 

Et j'amerai : n'en puis estre tomez. (Ch. de Thihault,84.) 

5* S'écarter de, au pronom. : 

Por ce que nos tort ons 

Ghacuns de nous se tort. (Ms, 7615, 1, f. 63.) 

60 S'en aller : 

Gugeraers se part de le cort 

Moult i dona, ains qu'U s'en tort. (Ms. 7989, f. 48.) 

70 « Torner garens par gages de bataille, » les 
récuser, leur proposer le combat. (Ass. de Jérus. 
p. 27.) — 80 « Torner ventre, » guérir le ventre. 
(Marbod. c. 1654.) 

Torneure. « Vaissel toméy » travaillé au tour. 
(D. C. sous Toreuma.) 



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Torniconrs. 

Cil medisans et gaugleors 

Bedeaus, baillis et tomicours 

Qui tant de mal ont porchacié 

Homicides et traitours. (Ms, 1615, II, f, i46.J 

Topnlep. Tournoyer comme le cerf poursuivi. 
(Cotgrave.) 

Tornlus. Retour des biens avitins au plus pro- 
che du sang dans la ligne directe. (Laur.) 
Topnoi. Tournoi : 
Bien puis estre atains et consius 
Au tomoi, sans train et sans sele. (P. av, iSOO, II, 806.) 

Tornoiament. Même sens: « Huit estoit sage 
« et chevaleureus, tous jours cherchoit tornoia- 
« ment. » (Marlène, V, c. 740.) 

Tornoiement. Même sens : 

Dames qui sont d*estrange terre, 
Qui por pris et por los conquerre 
Vindrent à cest tornoiement. (Ma. 7218, f. 15.) 

Tornolep. V* Verbe. Tordre : 

Quand la dame ot son dit feni, 

Un angles del ciel deschendi : 

Les roes pnst à tomoier ; 

Aine n*i remest roal entier ; 

n les esmut par tel dit ; 

Aine jointure n*i pot tenir. (Vie des SS. Sarb. 60, c. 5S.) 

2o Tournoi : « Ma feme het le tournoier. » (Poët. 
av. 1300, III, p. 270.) 

Topnolerres. Qui joule dans les tournois ; cas 
sujet : 

Aine est si très bons chevaliers 

Si délivres, et si legiers. 

Si membrez et si porveanz 

Si tamoierres, si jostanz, 

Si sait chacer, si set foir. 

Si meller ester et partir. (Parton. f. 161.) 

Tornoieur. Cas régime du précédent : 

Tomoieur^ vos que dirois 

Quant au jor dou juise irois 

Devant Dieu que porrois repondre. (Ms. 1615, J, f. 59.) 

Tornois. Monnaie tournoise : 

Par le royaume ne corurent 

Que une noire double monnoie 

Parisis et tornois. (Ms. 6812, f. 82.) 

« Livres de tornois. » (Pér. Hist. de Bourg. 514, 
an. 1266.) — « Cinq cens livres de terre de tornois 
« de rente. » (Id.) — « Douze mille livres de rente 
« au tornois. » (Choisy, Charles V, p. 371.) 

Toron. Tour : « Quand le roi vint là, il se he- 
« berja sus un toron qui est dehors Acre. » (Mar- 
tène, V, c. 628.) 

Torpep. 

A bataille ont porté leur gonfanon ; 

Le lion fait en son récent bouter ; 

Entre dedens o lui. voulsist ou non, \ 

Prins et pillié et fait les leups torper, 

Quérir par tout, pour son corps attraper. (Desch. f. 132.) 

Torpille, ia. Poisson à crampe, il engourdit 
les mains de ceux qui le touchent. A Marseille, on 
dit tarpin (Cotgrave.) 

Torque. Qui a un collier: « Vint vers mon 
c volant un jeune palombe... il estoit jolyement 
« torqné d*un plumage violet... autour de son col. 



« comme d'un beau carcan esmaillé. » (Alector, 
Roman, p. i02.) 

Torquer. Entortiller. (Cotgrave.) 
Torquet. Oiseau : 

Aussi se treuve million, 

Ou torquet ou allerion. (G. de la Signe, 10.) 

Torqueure. Entortillage avec lequel on pré- 
serve une plante des injures du temps. (Cotgr.) 

Tor<|uillon. Morceau : « Donné (lui) un bon 
« torquillon ou deux. » (Mod. f. 127.) 

Torre. Enlever : 

Fist cbevalerie acesmer ; 

De toutes pars les vot enclorre 

Que l'en ne les li poist torre ; 

Ainsi les vot il acoler 

Qu*a ne s'en pouissent voler. (Ms. 6812, f. 81.) 

Torrefiep. Colgrave. 

Torreatin. Qui appartient aux torrents. (Cotg.) 

Torrhene. Tyrrhénien : « La Sicile, isle en la 
« mer torrhene. » (Du Bellay, VI, f. 286.) 

Torrion. Bastion : « Ceux du camp encore 
« renouvelèrent la batterie si furieusement que 
« tout le torrion vint à tomber par terre entiere- 
• ment, sur quoy on donna un assaut gênerai. » 
(Brant. Cap. fr. II, p. 29.) 

1. Tors. Ville de Tours : « Li povres orgueillox 
« de Tors. » (Poët. av. 1300, IV, p. 165.) — « Coupes 
« d'argent de Tors. » (Id. p. 1652.) 

2. Tors. !• Tordus: « Hauls clochers que les 
« grans vens ont tors. » (Desch. f. 292.) — 2o Torts, 
injustice: 

Va à la tortue de tors fez, 

Povrelé de desloiauté. (Ms. 1615, II, f. 190.) 

J'ai voulu que tous mes tors fais 

Soient tenus comme biens fais. (Desch. f. 421.) 

< Dans à torts et à travers, • tors est le participe 
de tordre, égarer. 

Torsagement. [Chaussée ou levée : « Item, le 
« moulin du lieu de Marignan ainsi qu'il se com- 
« porte et poursuit en hébergemens, torsagemens, 
« roues, rouées, saule... » (1602. Aveu du Grand- 
Lays ; L. C. de D., Glossaire de l'Orléanais.)] 

Torse. Féminin du précédent, au sens de dé- 
tour : « Allez tantost, sans repos, ne sans torse. » 
(Marg. de la Marg. 271.) — « 11 faloit qu'ils prissent 
« bien deux lieues de torse pour trouver passage. » 
(Commines, p. 103.) 

Torsement. Action de tordre. (Cotgr.) 

Topser. Tordre les mains et les bras : 

Tant luitierent et torserent 

Que le conle pris enmenerent. (Mousk. p. 586.) 

Torsins. Torches : >» Recepte des torsins de cire 
« deus au terme de Chandeleur. » (Du Cange, sous 
Tortisius.) 

Torsion. « Tort injurieux, torsion ou injure. » 
(Du Cange, sousf TortuSy 1.) 



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Torsls. Torches : 

De gros torsig à grant foison 

Avott en la dicte maison 

De quoy trop mieulx fut alumée 

Et grans feuz y ot sans fumée. (G. de la Signe, f. 44.J 

Torsonniere , Torsonnierement , Tor- 
tionnaire. [Se dit d*une action injuste : « Et 
« l'opposition d'iceluy deffendeur soit dicte torson- 
« niere et torsonnierement faicte. » (1450. Procé- 
dure contre le curé de Saint-Ay.) — « Et partant, 
« avons dit et disons laditte maintenue et garde 
• estre torcionnaires, les regettons et mettons au 
« néant. • (1412. Sentence de la prévôté ; L. G. deD., 
Glossaire de l'Orléanais.)] 

Torsure. Action de tordre. (Gotgr.) 

1. Tort. l'Tortu, contrefait : « Les sains font 
« les tors aller droit. » (Mod. fol. 215.) — « Tort ni 
« droit. • (Ms 7988 %f. 241.) 

Tort qui ne set chevaucher droit 

Qochant passe la mestre porte 

Car un cheval boiteus le porte 

Qui ne cloche fors de trois piez. [Ms. 7615, II, f, i90,) 

2* Détour : 

Tant va de tort et de travers 

Qu'il est venu en son païs. (Fahl, de S, Germ. p. d62J 

3» Injustice ; le pauvre peuple dit dans une plainte : 

Par vos arts et par ces pratiques 

Nous faisiez du droit le tort ; 

Bien estes causes les pluseurs 

De partie de nos douleurs, 

De nos pertes et de nos gas ; 

Bien en pouvez crier helas. (Monstrél. /, p. 3S3,J 

« A esté fait au tort le roy et au droit le comte. > 
(Duchesne, généalog. de Bar-le-Duc, p. 31.) 

 GuiUaume ont si tout toUeit 

Qu'il ne peut faire tort ne droit. (Rou, p. 235 J 

« Les plus forts, en cest endroit, ils tiennent tort 
« aux plus foibles. » (Am. ressusc. p. 40.) — « Le 
« roy et ma dame me tiennent tout le tort et ne 
« veulent que me deslruire. » (Pasq. Recherches, 
p. 710.) — « Entre femmes et maris ne doit nus 
« avoir tort. » (Ms. 7989 \ f. 214.) 

Tant ont aie et tort et droit 

Qu'eles sont en la cort entrées. (Ms. 7615, II, f. 147.) 

4<» Celui qui a tort : « S'il arrive la question entre 
« ceux qui prétendent estre héritiers simples qui 
« d'eux tous le plus prochain et le plus habille, la 
« portion litigieuse est mise en séquestre pour le 
« droit d'un chascun aux despens du tort. » (Nouv. 
Coût. Gén. I, p. 798.) 

2. Tort. Lit, du latin torus : 
Ce peuple simplement vestu 

Par long temps, sans decepcion, 

Des fruiz, des glans, li courant nu 

Fut leur boire et potacion ; 

Leur Ut, leur habitacion 

Estoit soubs arbres, ly rainssel 

Furent leur tort et couversel. (Desch. f. 387.) 

Tortant. Tordant : 

Ses mains tortant 

Ça et la son chief transportant. [A. Chartier, p. 641.) 

Tortau. Tourte : 

Tout le gabent et tout huent, 

Maint pot et maint tortaujà ruent. (Ms. 7989, f. 91.) 



1. Topte. Tourterelle : 

Torte ki pert son compaîgnon 

Ne fu un jor de moi plus esbahie.^P. av. 1300, III, 997.) 

2. Topte. t<» Tordue : « Torte lousche fait droit 
« fu. » (Prov. du Vilain, fol. 76.) — 2* Contrefaite. 
(V. ToRTEMENT.) — 3<» Qui a tort : 

1A droit n'ot point de droit 

Ne la forte n'ot tort. (Ms. 7615, 1, f. 63.) 

4* Tourte : 

Le povre mengue sa torte 

Ses aux, oignons, sans cremeur. (R. Gaguin.) 

5<> Blé méteil pour faire les tourtes de pain bis : 
« L'esmine de froment, torte et seigle (mesure de 
« Brascy) est plus grande que celle de Dijon du dix 
« septiesme. » (C. G. I, p. 857.) — 6* Corde. (Notice 
du Rom. d'Alexandre, fol. 16.) — 7' Tour bon ou 
mauvais : 

Travers nos a bien enchanté 

Cest cil qui son bacon emporte ; 

Mais ge 1 en ferai une torte 

Se ge puis, ainçois qu'il s'en tome. (lahl. de S. G. 171.) 

Torteau. 1« Tourteau, sorte de gâteau : « Tor^ 
« teaus en paele. » (Bat. de Quaresme, fol. 92.) — 
2» Terme héraldique; figure ronde en émail, qui 
serait diie besant en or et plate en argent: « Cest 
« un escu à .in. torteaus. » (Ms. 7615, II, f. 192.) 

Torteil, il. i^ Torche : 

Il venist lors en repostaille 

Ou par nuit devers les courtils, 

Sans chandele et sans tortils. (Rose.) 

2o Terme héraldique : « Le bourelet du casque 
« estoit nommé torteil ou tortil parce qu'il estoit 
« fait de rubans entortillez. » (Ménestr. p. 31.) 

Toptels. Torche, flambeau : « Et moût y ont ars 
• de grans torteis. » (Perceval.) 

Tortel. Tourte de pain : 

Li boulenguier le pain fera 

Et li forniers Tenfomera ; 

Tortel aura et son fomage. (Ms. 7218, f. 175.) 

Toptelet. Tampon : « Tortelet de poil de che- 
« val. » (Médec. des chevaux, p. 22.) 

Tortelle. Cresson de fontaine. (Cotgrave.) 

Tortellées. Boudins de la frisure. (Cotgr.) 

Tortement. De travers : 

Sa lance est de droit orfeline, 

Car trop est contrefete et torte ; 

Et tort, qui tortement la porte 

Contre droit esperonne et court. (Ms. 7615, II, f. 190.) 

Tortent. Tordent : 

Leur cotes gambesiés tortent 

Aucuns d'entre eus et puis se routent. (G. Guiart, 281.) 

Torthls. Torche : < Laquelle damoiselle tenoit 
« en sa main ung torthis. » (Percef. VI, f. 55.) 

Tortiau. Tourteau : 

Du tortiau puant li gart ; 

Li ai bien fet mengier sa part. (Ms. 7218, f. 200.) 

Torticer. Tresser : « Vien d'if et de cyprès un 
« chapeau torticer. » (Baïf, f. 64.) 

Torticolep. Tourner le col. (Cotgr.) 

Toptlculep. Faire l'hypocrite. (Rab. II, 285.) 



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Toptleux. Qui cherche des détours : « Et me 
« semble impossible qu'un esprit divers et tortieux 
« soit féal. » (Am. ressusc. p. 140.) 

Tortillé. Entouré d'un turban : « Pour cimier 
« nne teste de More tortillée et diademée d'argent.» 
(La Colomb. Th. d'honn. I, p. 91.) 

TortUlis. lo Sorte de berlingot tortillé : « Il y 

• avoit jusqu'à des tortillis de sucre de diverses 
« couleurs. » (Le Labour. Voyage de la reine de 
Pologne, p. 213.) — 2» Boucle frisée : 

Cent petits Cupidons à l'heure 

A Tentour de sa chevelure 

Branloyeat leurs aiUerons mollets, 

Et les oouchettes zephyrines 

Frisotoyent ses blondes crespines 

En cent tortillons annelels. (R. Bell. J, f. 5i,) 

Tortionnalrement. Injustement. (Colgr.) 

Tortlpez. Pied-bot: « Ce tortipez si picrocholle.» 
(Bouchet, Serées, II, p. 144.) 

Tortir. Tordre : « Lances tronçonner et tortir,» 
(G. Guiart, f. 324.) 

Toptls. !• Broches d'argent garnies de viandes 
rôties servies sur la table. (Perceforest, 1, f. 51.) — 
2" Guirlande de fleur: 

Les rares fleurs de Tabondante corne 

Sont les tortiz de la beauté qui orne 

L'immortel bruit du lustre de nos ans. [L. Le Caron, ii,] 

3' • Tortis cavez, » sentiers en zig zag. (Cotgr.) 

— 4* Chaîne d'or : 

Mainz maus morteus a amortiz 

Dont nés a maint beaus tortiz^ 

Maint parisi, mainte roeUe ; 

D*oltre roie nos aroele, 

Plus gaagne ele de chandoiles 

Oue ne face nostre apostoiles 

Qui adès gist à Saint Maurt. ^S" Léocad. f. 33.) 

« Le collier dudit ordre composé d'un tortis de 
« chaînes d'or. » (Favin, Théât. d'honn. I, p. 731.) 

— 5* Action d'entraîner dans un tourbillon : 
Comme une poudre en un rien consommée 
Que le tortis d'un tourbiUon de vent, 

Loin du regard, enmy l'air, va mouvant. (Jamin, p. 30.) 

6<» Adj. Tortueux: « Ou comme le lierre, en 
« tournoyant, se plisse Contre un chesne moussu, 
« d*une alleure torlisse. • (R. Belleau, I, p. 24.) 

Tortouei*e. !• Tourtière. (Cotgr.) — 2« Hous- 

sine : « Tous les piqueurs de la meute doivent 

« avoir chascun une bonne houssineà la main, que 
« Phebus (Gaston) nomme tartouere pour tourner 
« les branches, en piquant par les forts. » (Fouill. 
Vénerie, f. 39.) 

Toptre. Tourterelle : « Onques tortre qui pert 
« son compaignon Ne remest jor de moi plus 

• esbahie. » (Poët. av. 1300, 1, p. 485.) 

Toptrler. Semi prébende : 

Cy gist Bacchus le vaillant champion 
Qui en son temps, ainsi qu'un franc pyon 
A maint godet et maint verre esgoute 
De bien boire ne fut onq desgouté 
En son vivant bon chanoine tortrier, 
D'Àusserre fut en viUe et champs tortier ; 
Preud homme estoit et de grant renommée. 

R. de GoUerye, p. 203. 



Tortu. « Le serpent tortue. » (Marg. de la Marg. 
f. 109.) — « Tortu bossu. » (Oud.) — • Bois tortu, » 
vigne. (Id.) — « Tortu il t'aime , il te rit tortu. » 
(Id.) — « Tortue busche fait droict feu. » (Cotgr.) 

Tortue! (salât). Bacchus, dieu du bois tordu, 
de la vigne : 

Quant il voit la dame lié, 

Par le vertu saint Tortuel, 

Ki maint preudom fait muel, 

Dou set il bien k'il pora vivre, 

Quant il le sent un petit y vre. (P. av, i300, IV ^ p. d340.) 

Mais qu'ils aient avant baisié saint Tortuel^ 

Et si chantent tout sans livre vies et nouvel. 

Chaiis. du xm* siècle, ms. Bouh. f. 280. 

Tortueppes. Injustes: « Les prevosts et autres 
« officiers qui sont dessous eulx, qui sont déloyaux, 
« tortuerres ou exaucionnaires ou suppecenez 
« d'usure, ils ne sortiront en leur honneur, mais 
« corrigeront leur excez en bonne foy, sans 
« emport. » (Et. des oftic. du duc de Bourg, p. 300.) 

Toptument. Obliquement: 

L'une il tranche du bout de sa queue ondoyante. 
Puis entrecoupe l'autre en ses plis tortument 
Où le bout de sa queue aboutist droitement. 

Rem. Bellean, 1, f. 176. 

Toptupe. « La doulce torture, » se dit du vin, 
parce qu'ayant bu, on dit tout ce qu'on sait. (Oud.) 

Toptupep. Courber. (Cotgr.) 

Toptupiep. Injuste. (Serm. de S. Bern. p. 153.) 
— « Fu Dieu en Taide du Sarasin tenant mauvaise 
« loy (pour ce qu'il estoit de ses faitz droicturier et 
« homme de justice) et confondit le chrestien qu'il 
« trouva faux, tyran, torturier et homme vicieux. » 
(Mém. d'Ol. de la Marche, p. 28.) 

Sire baiUi, nous appeUons 

De ce grief comme torturier. (Desch. f. 235.) 

Topve. Qui a l'air farouche. » (J. Marot, p. 82.) 

Topun. Tour: « Là ferma un chaste! sus un 
« toru7i. » (Mart. V, p. 631.) 

Tos. Tous : 

Les uns après les autres : 
Dont commanda avant venir 
Ses ^rdes, et tos et tos regehir 

?ui n a manger doné 
ant com en la charte ot esté. 

Vie de sainte Catherine, Sorb. 60. c 47. 

« Tos dis, » toujours : 

Si rai empris. 
S'il verra tenir à tos dis 
Se Deus n'en a de moi merci. (Ms. 7615, II, f. i74.) 

« Tos tans, » en tout temps: 

Li jors tos tans nouveaux 

Ke de s'amors me fist don. (P. av. 1300 f III, p. iOSS.J 

« Tos poixans (Serm. de S. Bern. p. 11), » tout- 
puissant. 

Tose. Jeune fllle (voir Touse): 

Tose de grant beauté plaine, 

Ses bestes gardant. (Poët. av. 1300, II, p. 917.) 

Tosiche, ique. Toxique, poisson: [« Cil qui 
« plain sont tout de tosique, Adonc si dient qu'au- 
c tentique Ne vrai ne sunt pas si miracle. > (Gaut. 
de Coinsy, p. 176, éd. Poquet.)] 



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TOT 



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TOU 



lUuec fa mort par un tosiche 

8ae li donna, par félon nie, 
n pautonnier : Dieu le maudie. fVace,) 

Tosquanne. Toscane: « Li plus saige marcheant 
« sont en Tosquanne, » (Poët. av. 1300, IV, 165'2.) 

Tost. [Tôt, du lalîn tostus, brûlé, par iàllusion 
à la rapidité avec laquelle la flamme se propage] : 
« Qui tost donne deux fois donne. » (Cotgrave.) — 
« Je serois d'avis de nous relirer en pays estrange, 

Sar fourme de parenthèse, et suivre Tordonnance 
es médecins encontre la peste: tost^ loin et 
« tard. • (Lelt. de Pasq. I, p. 278.) - « Si très tost 
« que, » aussitôt que. (Froiss. I, p. 141.) — « Le 
« nouveau seigneur d'aucun héritage de franc aleu 
« ou roturier, hors le cas où n'est requis, vest et 
« devest et ne se doit mettre et immiser dedans 
« ledit héritage que premièrement il n'en soit vestu 

« ni ensaisiné par justice autrement il en 

« escheoil en amande.... appellée l'amende de tost 
« entrée. » (C. G. I, p. 514.) 

Teste. Cens, redevance (voir Toute) : « Ne toste 
« ne taille levée. • (Ms. 6812, f. 85.) 

N'escrit ne vol qui point enseigne 

.Que qui toste veut maintenir 

Que nul prouflst en puist venir. [Ms. 68iS, f, 80.) 

Testé. [Dupé; en ce sens, le peuple dit encore 
roustt] : « Les dils maris, s'ils ne jouent, si sont ils 
» tant las de leurs femmes qu'ils ne devisent ny 
« prennent plaisir à deviser avec elles, et aussi Ton 
« les reputeroit bonnes duppes et tostées d'entre- 
« tenir chascun sa femme. » (Arrest. amor. p. 411.) 

Testée. Rôtie: • Nous avons déjeuné des /osf^^s 
« à i'ypocras et à la poudre de duc. » (Petit Jean de 
Saîntre, p. 652.) — « Faire tostées, » brûler, rôtir, 
dans l'Hist. de $*• Léocad. f. 32. 

Tester (se). Se chauffer : « 11 regarde et voit le 
« feu grant et merveilleux et recongnoist le bergier 
« qui se tostoit près le feu. » (Percef. I, f. 47.) 

Testif. Hâtif: « Choses tostives ne sont pas 
« communément de durée. > (S. Jul. Hesl. Hist. 557.) 

1. Tet.Toux: 

Il est vieux et rassotés 

Et si a le tôt. (Poët. av, iSOO, II, p. 924.J 

2. Tet. Tout, adj. et adverbe: • Tôt qnen que, » 
(Du Bouchet, Généal. de Coligny, p. 58, an. 1268.) 

— « Le semont de tôt assembler. » (Ms. 7615, II, 
f. 164.) - « Est ce tote la fin. • (Ms. 7989% f. 71.) 

— • Sans tote corruption de pechier. » (Sermon 
S. Bern. p. 17.) — « Senz totes aïues. » (Id. p. 19.) 

— « To/ à fait. » (Serm. de S. Bern. p. 8.) — • Totk 
• primier. » (Id. p. 360.) — « Del tôt. » (Id. p. 339.) 

— « De tôt en tôt. » (Rymer, 1, p. 50, an. 1259.) — 
€ Tôt par tôt. » (Serm. de S. Bern. p. 54.) 

Et U clers tôt adès desmore 

Por ce qu'U veut savoir ior fin. [Ms. 7615, J, f. dOS.J 

Tôt autressi com U esche 

A mètre au feti alumer 

A li celer avec Tamor 

Qui vuet avoir joie et honor. [Ms. 76i5, II, f. iSS.J 

Tetage, aige. Total. (Thaumass. Cont. deBerry, 
p. 847.) — « Si plusieurs héritages sont vendus 



« ensamble pour un mesme prix, le seigneur direct 
« n*est receu à demander la retende de l'on sans 
« Tautre, si le totage des choses vendues est tenu 
« de la directe. » (C. G. II, p. 451.) 

Tête. Redevance, mot fait sur tollere: 

ui. livres de sotea 
Pour aquiter toutes les totes. [Mousk, p. 8ii.) 

Tetiens. Mot latin, autant de fois : « Remoii- 
« trent que par telle raison qu'il a esté ordonné 
« que rente constituée à prix d'argent es villes sont 
« rachetables totiens quotiem^ par mesme raison, 
« les rentes constituées hors les ditles villes doivent 
« estre rachettables et de ce font requestes. »» (Nouv. 
Coût. Gén. lïl, p. 1188.) 

Tetum. Jeu, dans Cotgr. 

Teuage. Remorquage. (C. G. t, p. 744.) 

Teuaille. Toile, serviette : 

L'autre portoit une touaille 

Etes en sont alées droit 

L'on U chevalier gissoit. [Ms. 7989 *, f. 54.J 

L'eve li donnent à ses mains 

Et le touaille à essuyer ; 

Après li donnent à mangîer. [Ms. 7989 y f. 55.) 

• Il fut dans peu de jours ensuivans estranglé 
« A'nne . touaille ou serviette et mis à mort. » 
(Matth. de Couci, Charles VII, f. 567.) 

J'ay blanche touaille au castel 

Dont le roy essuyé sa bouche. [Desch. f. S77.J 

« Pour rafraischir les François du grand travail 

« qu'ils souifroient, les femmes leur bailloient 

« vin, viandes, fruicts, vinaigre et ^OMaf//e« blan- 
« ches. » (Hist. delà pucelle d*Orléans, p. 501.) — 
« Le chault estoit grant, si abbat la royne la 
« tou4iille de devant son vis ; si la voit Lancelot 

• tout à descouvert. » (Lancel. II, f. 12.) — « Les 

« officiers doivent estendre touailles et nappes 

« partout sur Fherbe vert, et mettre viandes diver- 
< ses et grant foyson dessous. • (Gaston Phébus. 
p. 180.) 

Cuers sans cors ne vaut neent, 

Biau présent avez sans touaille. [Ms. 7218^ f. S79.J 

• Virent yssir les anges qui avoient apporté 
« Joseph, dont les deux portoient deux cierges et 
« le tiers une touaille de samit vermeil. » (Lanc. 
III, f. 114.) — « Touaille de Plaisance, » fabriquée 
à Plaisance, dans J. de Saintré, p. 330. 

Touaillon. 1* Tablier; voyez Touillon. — 2» 
Serviette : « Veissiez femmes leurs testes de touail- 

• Ions lier, et prendre cros, baves, pilées, que- 
« noueilles, fléaux, fourches, tout ce qu'ils trou- 
« voient de mesnaige de quoy ils se pouvoient 
« aydier; si alerent à la meslée. » (Mod. f. 297.) 

Touasse, ier. Lourdaud. (Cotgrave.) 

Touce. Touche, verbe : 

La bêle bouce 

Dont la douçors au cuer U touce. [Ms. 7989 % f. 50./ 

Toache. !• Titre des métaux précieux, au pro- 
pre et au figuré : « Nul orphevre ne peut ouvrer 



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« d*or à Paris qu*il ne soit à la touche de Paris ou 
€ meilleur. * (Ord. III, f. 11.) 

Uor n*amasserent de touche 

Dont maint cuers sont affodis 

Lasches et acouardis. [Desch. f. 77,) 

€ Ceux (de la cour) doivent eslre de la touche. « 
(Ms. 6812, f. 50.) ~ « Il est de bas or, il craint la 
« touche. » (Apol. d'Hérodote, p. 212.) 

fortune indécente, 

Ce n'est pas or ne de Fheure présente 

Que tu prens à ceux de haute touche, fMarot^ p. 96.) 

2* Expérience ; on lit d'un précepteur du roi : 
« 11 en choisiroit un autre de meilleure etoffe,- 
« quand il seroit plus grand pour relever et lui 
« donner touttes les touches nécessaires pour sa 
« parfaite instruction. » (Mém. de Viller. V, f. 204.) 
— 3* Caresse : 

Et s*ot en lui si douce touche 

Qu*a vont estre mis en la couche. [Ms, 7218, f. S9S,) 

Dont vendroit or ceUe touche, 

Dont si touchée se sentist, 

Qu'à moi regarder s'assentist. (Ma, 68i2, f. i,) 

40 Rencontre de deux adversaires : 

En chacune touche 
L'acier croist et le fer rebouche 
Quant sur les hyaumes s'entr'ataignent. (Guiartf f. S3i,J 

5* Bois : « Tous aurez trois«cens hommes de che- 
« val en une embusche voilant, que vous mettrez 
c dans en celle touche de bois qui est au hors des 
« champs. » (Le Jouvencel, ms. p. 101.) — « Une 
« touche àehois de haute futaye et taillis, etjoi- 
« enans les maisons et jardins , renfermez de 
« fossez. » (N. C. G. IV, p. 596.) — « Bois de touche, 
« de marmanteau, » bois planté pour le plaisir des 
yeux. (Cotgr.) — 6<> Expression : 

Si TOUS prie, sire, en ceste voie, 

Ainz que je mon pais revoie, 

Que de vostre suer ordonez 

Et d'autre mari Tassenez 

Tel com vous voudrez, povre ou riche ; 

Vez ci de la touche fiche ; 

Je ne sai qui le U querra : 

Mes jamais o moi ne gerra. (Q, Guiart, f, 3L) 

Touchement. Action de toucher : 

Car aussi com par le buvraige 

Se purge l'ardeur et la raige 

Que romme a dedanz les bouiaulx^ 

Semblablement se purgent ciaulx 

Par confession nette et pure 

De l'orde pensée et obscure 

Et du touchement des péchiez 

Dont ilz sont entechiez. (Deach. f. 542.) 

•« La veue, l'ouye, Todeur, le goust, le fOM^îft^- 
« ment ou le sentiment par toucher. » (Hist. de la 
Toison d'or, II, f. 6.) 

Touche pol. Mot à mot, touche peu : 

Qui se voit cheu . 
Voulsist lors estre à touche poi. (G, Guiart, f. 354.) 

Toucher, l® Atteindre: « Par la coustume de 
« France, mineurs ou leurs gardiens, tuteurs, ne 
« seront tenus d'aller avant contre demande de 
« propriété qui leur soit faite, jusques à temps 
« qu'ils soient aagez de vingt ans, ou qu'ils aient 



« touché le vingtième. » (Gr. Coût, de Fr. p. 263.) 

— 2o Toucher dans la main; deux combattants, 
après avoir jouté, « si s'embrassèrent et touchèrent 
« les deux chevaliers et puis demeurèrent frères et 
« bons amis. » (Mém. d'Ol. de la Marche, ï, p. 186.) 

— 30 Arriver le premier au but, expression venue 
des jeux d'enfants : « Le comte de S. Pol et le duc 
« d'Urbin estant en dispute à qui toucheroit de 
« donner l'assaut. » (Mém. de Du Bellay, III, f. 87.) 

— 4* Toucher un mot : 

Et pour la saison qui approche 

Cest bien raison aue je vous toche 

De la science de chassier. (Font. Guér. p, 32.) 

« Touche à eux, et jura de leur entretenir ce qu'il 
« leur avoit prorais. » (Arthur, connét. p. 767.) — 
5*» Donner un coup de fouet : « On touche toujours 
« sur le cheval qui tire. * (Cotgr.) — 6» Pousser en 
avant : « Quoique M. de Montluc eut recommandé 
« à M. Strozze de toucher ses gens devant lui, il se 
« mit à leur teste pour monter à l'assaut. » (Brant. 
Cap. fr. IV, p. 276.) — 7*» Toucher les écrouelles : 
« Commun parler entre nous, par lequel nous 
« disons nos roys devoir toucher les malades, lors- 
« qu'ils se vouent à les çuerir. » (Pasq. Lett. 1, 485.) 

— 8*« Tow^îhar des yeux jnsques au cerveau, » avoir 
les yeux enfoncés. (Cotgr.) — 9« Tàter de : « Entre 
« Jehan et Phelippet, Bertaut et Estievenet, en 
« grand déduit sont menu et souvent, quant il sont 
« assemblet de bien chanter, ne se faignent noient, 
« mes qu'ils aient avant touchiet du bon vin. » 
(Chans. du ms. Doubler, f. 336.) 

Toucheur. Qui fouette : « Toucheur d'asnes. » 
(Cotgrave.) 

Touchie. Pierre de touche, au figuré : « Fols 
« à la damasquine, fol de touchie. fol d'azemine. » 
(Rabel. III, p. 207.) 

Touchierent. Joignirent : « Leurs gens ensem- 
« ble touchierent Et par la mer les envoyèrent. » 
(Ms. 6812, f. 89.) 

Toudls. Toujours : • Ententif seray mais toudis 
• D'avancier amour et son nom hauchier. » (Vatic. 
1490, fol. 24.) 

Toudre. Oter, enlever : 

Pren du tien premièrement, 

Puis de rautrui courtoisement. 

Sans toudre. (Ms. 6812, f. 50.) 

Sache que il (l'évêque) le souspendra 

Et U toudra son bénéfice. (Ms. 7218, f. 230.) 

« Donner puis toudre n'appartient à prudome. » 
(Ms. 6812, fol. 55.) 

1. Toue. Tienne : 

Que nuUe terre ne remaigne 

Deçà les mons qui ne soit toue. (Brut, f. 84.) 

2. Toue. Bonde d'un étang, dans le Morvan : 
« Cbascun peut addresser le cours de son toue^ 
« encores qu'il soit nouvellement fait» aux autres 
« prochains et anciens toues, en conlribuant à 
« l'entretenement et neltoyement des dits anciens 
« toues. » (C. G. II, p. 795.) 

Toueiller, eller. Salir, touiller : « Quant ung 



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« sanglier... vient au fueil et se boute dedans et se 
« toueile parmi le fueil en la boue. » (Mod. f. 24.) 

Et Uubiers mont droit à la lune, 

Mist à feu Jehans de Bietune ; 

Si fu le païs touellieSé (Mousk, p. 755.) 

Argent est un droit enchanteur 

Un lierres et un bareteur^ 

Tout met à point et tout toueille ; 

Il dort un temps, puis se reveille. (Froiss. poës. p, 424, J 

Touep. Remorquer. (Cotgr.) 
Toute. Touffe : « Peut chascun habitant planter 
« tous arbres sur le flegard, à six pieds de ses beri- 
< tages et bayes, et en peuvent couper les toufes 
« à leur profil, sans pouvoir abbatre le corps; 
« ainsi faut iceux arbres demeurer en leur estre, 
« pour Tembellissement du village. » (Nouv. Coût. 
Gén. 1, p. 396.) 

Touffée. Bouffée : « Entre pareilz, le vent d'en- 
« vye court à grosse touffée. » (J. d'Auton, Louis 
XII, fol. 85.) 
Touffeur. Temps chaud, étouffant. (Oud.) 
Touffeux. Lieu où il y a des touffes. (Nicot.) 
Touffillon. Petite touffe de bois, de poil. (Cotg.) 
Toulllaut. Brouillon. (Cotgr.) Subsiste comme 
nom de personne. 
Toulllement. Action de barbouiller. (Cotgr.) 

Touiller. 1« Salir : « Le régent et sa femme 

encontrerent la procession dont ils tindrent moult 

f)eu de compte ; car ils chevaulchoient moult 
ôrt, et ceux de la procession ne porent reculer, 
si furent moult touillez de la boue que les pieds 
des chevaulx jeltoient par devant et derrière. ■ 

(Journ. de Paris, sous Charles VII, p. 109.) — « Si 
nous querons délices pour acomplir les désirs de 
la chair, c'est vie de pourceau qui se touille en 
la fange orde. » (Toison d'or, II, f. 204.) — « Ils 
les touillèrent de sang en manières de playes en 
mains, en bras et en visaige. » (Journ. de Paris, 
ous Charles VI, p. 93.) — « Avoine touillée croîst 
comme enragée. • (Cotgr.) — 2o Brouiller : « Le 
censier est interrogé où il a mis les jarbes de 
bled ; et s'il ne les a point touillé avec autres. » 

(N. C. G. I, p. 416.) — « Tout ainsi quMlz chevaul- 
choient, les flameroles les suivant alloient jous- 
tant après eulx, enlre touillant l'une avec l'autre, 
ainsi que ce fussent mouches. » (Percef. II, f. 13.) 
Touilleur. Brouillon. (Cotgr.) 
Touillon. Souillon : 

Tu es laide et enfarinée 

Certes tu n'es qu'un droit touillon, 

De quoy te sert ce toxmillon. (Desch, f. 331.) 

« Maintes fois celuy qui aura une belle femme, 
« s'ira accointer de sa chambrière qui sera une 
« touillon, une salisson. » (Cont.de Cholières, 152.) 

Toujours. « A toujours mais, > à jamais. 
(Chans. de Thib. p. 4.) 

Touldre. Enlever: « Sans rien touldre ne 
« rapiner. » (Desch. f. 466.) — « Ainsy à S»* Eglise, 
« quant l'ung lui toult, l'autre Tescorche. » (Chr. 
de S. Denis, II, f. 170.) — « La teste vous touldrai 



« par dessous le menton Si que jamais n'aurez 
« besoin de chapperon. » (Cuvelier.) — « Se il 
« arrivoit gue uns lierres eut emblé aucune chose, 
« et cil qui la chose seroit la tousist au larron sans 
« justiche, et li lierres requerroit à estre resesis, 
« avant tout il le resesiroit. » (D. C. sous Tollere.) 
— « L'invariable savoir (de Dieu) ne tout point la 
« franchise de humaine liberté. > (Modus, f. 242.) 

Toulete. Tolède : < Ha femme a esté à Yalete ; 
• Elle scet tous les ars de Toulete. » (Modus, 
f. 157.) 

Toulouse. « Toulouse la justiciere, Paris la 
« devotieuse, Lyon la marchande. » (Favin, Théât. 
d'honneur, l, f. 444.) 

Toulte. Maletôte : « Firent ses gens tant de 
« toultes et rapines. » (Chr. de S. Denis, I, f. 197.) 

Toup. Toupet : « Le prélat qui fait la cérémonie 
« prent le cresme et Toint par dessus le toup. » 
(Assis, de Jérusalem, p. 191.) 

Toupace. Topaze : « En la coronne ot pierres 
« fines... rot/paces et crapaudines. » (Ms. 7615, II, 
1. 189.) 

Tolipe, el, et. Sommet : « Lors la prent par 
« la toupe de son alour. » (J. de Saintré, f. 660.) — 
« DeUowp^/dusqu'àia racine. »(Eles de Courtoisie, 
ms. de S. Germ. f. 39.) — « En une cité qui siet 

< sur le toupet d'une haulte montaigne. » (Chr. de 
S. Denis, I, f. 6.) 

Toupler. Tournoyer comme une toupie, tou- 
piller : « Il n'est à toupier à l'entour du buisson, 
« ne circuir par paroles; vérité ne quiert tarde- 
« ment ne demeure; mais veult qu'on vienne tost 
« et droit à l'estiquete sans circumlocutions. » 
(Toison d'or, II, f. 214.) 

Hersent a son regart mis 

En Foukier qi se coroie 

Toupioit o le coispel ; 

Tout entour son aoite mouvel 

Et siûoit tout à devis. (Vatic. i490, f. iii.J 

Toup^ion. Petit paquet. (Cotgrave.) 
Toupillonner. Empaqueter. (Cotgrave.) 
Toupillonnet. Bouchon. (Cotgrave.) 
Toupole. Toupie : 

Puis c|[ue j'oi le cop de retraite 

Dont je garder ne me savoie. 

Vous m'escueiUistes ma toupoie 

A telle eure qu'ains puis n'oi joie. fMs. 7fBi8, f. 6i.) 

Toupont. Bouchon : « Pour le resjouir J(u 
« malin, faisoient devant luy sonner des voyrres 
« avecques ung coulteau, ou des flaccons avecques 
« leurs touponts, ou des pinthes avecque leurs 
« couvercles. » (Rabelais, I, f. 39.) 

Toupplep. Toupiller, tournoyer : « Partit d'un 
« autre coin un faucon qui vint touppier etprenire 

< son vent pour monter le beron. > (Matthieu de 
Couci, Charles Vil, f. 671.) 

1. Toup. Tort : « Le grand guerrier à tour et à 
« travers Menoit les bras d'une force incroiable. » 
(J. du Bellay, p. 328.) 



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2. Tonr. Du latin turris : « Je me passe de 
« parler d'ung aultre engin appelle tour. » (Jou- 
vencel, f. 86.) — « Pour ce vous lien ma dame el 
« ma déesse, Mon refuge, ma fortresse et ma four.» 
(Desch. fol. 184.) — « Vous devez s'il y a aucunes 

< tours et triangles les batre et abatre le plus que 
« on pourra. » (Le Jouv. f. 83.) 

Le roy de France moult douta ; 

Volontiers ralast à Testour 

S'il ne doutast lui et sa tour, (Mousk. p, 594,) 

On ne pourroit trouver meilleur 

Ne plus loyal, car c*est la tour 

De bien celer. 
Tout bien fait en lui son demour. (Desch, f, 199,) 

3. Tour. 1* Machine pour façonner en rond le 
bois, rivoire, au propre et au figuré : 

Seconde n*a ne première 

En bien, en sens, en manière 

N'en gentil corps fait à tour. [Desch. f. 196.) 

2o « Tour, tournet, tournoir, forme de cage ou 
€ tournoie d'ais, ouverte d'un côté, roulant sur un 

< pivot, à la fenestre d'un couvant de nonnains. > 
(Monet.) — a» Tourniquet : « Aussi doit il avoir un 
• maillet pour fichier les chevilles où les reiz s'at- 
« tachent, aussi un petit tour pour tirer les cordes, 
« car un homme les tirera mielx à ayse que ne 
« feroyent six senz tour. • (Gast. Phéb. p. 306.) — 
« Draps filez au tour, cardez et fait à deux pas. » 
(Ord. V, p. 193.) — « Et avecques ce convient avoir 
« tour à arbalestes ou à croc. » (Le Jouv. f. 85.) — 
4* Bourrelet d'osier sur lequel on servait les plats: 
« Lors entra une pucelle qui apportoit viandes à 
« planté, puis mist avec la main la viande sur ung 
« tour. » (Percef. V, fol. 60.) — 5» Manière, moyen ; 
« Leur fust baillé un maistre pour leur apprendre 

< le tour de combatre. » (Hatlh. de Couci, Charles 
VII, p. 696.) — • Si employèrent le temps pour 
« néant à démarrer là ; et ne veoyent tour ne voye 
« pour quoy ils peussenl rien conquerre. » (Froiss. 
I, p. 99.) — Ressource : 

Saichez qu*icy je ne voy tour 

Que ne soyez à déshonneur. (G. de la Bigne, f. 61.) 

Et d'autres genz merveiUeus nombre 

Qui n'ont mais d'eus deffendre tour. (G. Guiart, f. 82.) 

&" Action qui exige de l'adresse, de la finesse : 
« Vous m*avez fait le meilleur tour que jamais 

< homme fist à autre et me monstrez la grande 
« fiance que je dois avoir en vous. » (Robert de la 
Marck, ms. p. 381.) — « Il ne fait pas le tour qui 
« veut, » refrain d'un vieux rondeau passé en pro- 
verbe. (Eutrapel, p. 450.) 

De tous ijQes maulz et perilz 

EUe me bailla deux fins tours^ 

Et me dist, sans plus de séjours 

Pour toute resolution 

Que son mary, dedans huit jours 

S'en aUoit en commission. (Coquillart, p. 151.) 

« Fut très aise le pape des nouvelles que le roy 

« lui envoya et du bon tour qu'il luy faisoit de le 

« convyer pour son compère et envoya en son lieu 

^« tenir le daulphin, le duc d'Urbin son nepveu. » 

(Robert de la Marck, p. 337.) 

Après, sans longue demorer> 
Vmt meser pour moi enquerre 
Comment tours, en ceste terre, 



Un siens filUaus se maintenoit, 

Et comment il se contenoit. (Ms. 1615, 1, f. 116.) 

70 Rang successif, alternatif : « Si vindrent à luy 

a les complaintes de la destruction que les Normans 

« avoyent faite delà bonne ville de Hantonne, et il 

« dit que s'il venoil à tour, il leur feroit chèrement 

« comparer. » (Froiss. I, fol. 54.) — « Sont .nu. de 

« quoy en voile, qui voilent à tour et .n. qui volent 

« de poing et prennent de randon. » (Mod. f. 108.) 

Qui d'amors qulert plus grant laisser 

Tos en est pire au chief del tour. (P. av. 1300, III, 1024.) 



Jusqu'à sordiaus ala traçant 
Le roi d'Engleterre chaçant 
Qui onc ne fist d'atendre tour. 



(G. Guiart, f. 111.) 



« Quand elle (la chanson) fust chantée, le tour 

• cessa et le roy print à dire, il convient cesser la 

• feste. » (Percef. VI, f. 95.) — 8* Rasade distribuée 
aux convives : « Li hostes est par de lès Qui dit : 
« bevés ; Et quand vins faut, C'escrie, si nous faut 
« Un tour de vin. » (Chans. du ms. Bouh. f. 52.) — 
9* Tournée, voyage : 

Quant Anglois le roy venir sent, 

Ne font plus en sa terre tour 

Ainz se metent tuit au retour ; 

La bataille vont eschevant. (G, Guiart, f. 27.) 

i(y> Embuscade: « Les ennemis ne vous ont 
« donné aucun tour ni atteinte. » (Mém. de Bass. 
p. 381.) — « L'en met les bestes au tour en deux 
« manières ; Tune si est à afuster les archiers quant 
« Ten trouve les bestes ou couvert du cheval, Tau- 
« tre manière ou couvert d'une charrette. • (Mod. 
f. 77.) — 11" Cercle : « Les deus chevaliers se si- 
« gnerent de leurs bannerolles et puis prirent les 
« haches et marchèrent Tun contre Taulre moult 
« vigoureusement: Tespagnol tenoit sa hache, le 

< maillet devant son visage, un grand tour loing 
« de la main par manière de garde. » (Olivier de la 
Marche, I, p. 183.) 

Expressions : 1« « Tour de bec, » baiser. (Cotgr.) 
— 2» « Tour de Basque. » (Colgr.) — 3<» « Les am- 
« bassadeurs qui savoient le tour de leur baston. » 
(Boucicaut, p. 306.) — « Le roy de Navarre disoit 
« que le duc d'Anjou par ses lettres cherchoit à le 
« décevoir et lui vouloit bailler du tour de baston ; 
« mais qu'il se faindroit aussy et lui donneroit du 
« tour du baston comme il luy vouloit bailler. » 
(Chr. de Nangis, an. 1377.) — « Dng chevalier ne 
« daignoit ferir ung autre fors par devant, et ils 

< sçavoient alors le tour de baston, si se cou- 
« vroient. » (Percef. 1, 55.) —40 « Tour de Breton,» 
croc en jambe. (Oudin.) — « Le roy d'Angleterre 
« (Henri VIII) prit le roy de France (François I") 
« par le colet et lui dit : mon frère, je veux luyter 
« avec vous ; et lui donna une attrape ou deux ; et 
« le roy de France qui est fort et bon luyteur, lui 
« donna un tourie Bretaigne, et le jetta par terre.» 
(Mém. de Rob. de la Mark, p. 386.) — 5' « Ils se 
« festoyèrent à tour de bras. » (Rab. I, p. 235.) 

6« Tu ne vois femme ou flUe 

À qui un tour tu ne joues de quiUe, 
Car par fauls dis et mensongiers déduits 
Faints les aimer et par là les séduits. 

Tri. de la Noble Dame, f. 136. 

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T" « Touràe mulet que Guillaume le Bastard Joua 
« aux moines de S** Geneviève. » (Print. d'Yver, 
fol. 143.) — 8' « Tour de pescheur^ » dangereux à 
faire. (Oudin.) — 9* « Lor s'apensa de leur donner 
« ung tour de plus sçavoir (La Salade, f. 42), • en 
parlant de Texpédition de Sforza conire les troupes 
du roi d'Aragon dans une rue de Naples. — !()• « Le 
« roy misl grands guets, et grands gardes environ 
« Teglise, affin qu'il n'eschappasl et disl : je savoye 
« bien que ce Iraislre feroit encores ung tour de 
o son mestier, mais je Ten garderay. » (Le Jouvenc. 
p. 505.) — 11» « Tour de la peautre. » (Recréât, des 
dev. amour, p. 46.) — 12® « Tour d'aray, de dents, 

• de Gascon. » (Oudin.) — 13o « Faire un tour de 
« ville, » recevoir le fouet parles carrefours. (Oud.) 
— 14* * Il fait le tour du labyrinthe, ^ il peine 
beaucoup sans rien achever. (Colgrave.) — IS® i4a 
toury pour autour de : 

Droit fault, justice va au tour 

Des mauvais et d'iceuls se père 

Sans pugnir ; c*est grand déshonneur. (Desch. /. i45J 

Touradde. 

On ne voit nymphe, on n'oit quelque nymphe 

Tant soit huppée en verd yver ne flourade 

Muse n'y a qui ne soit achoppée 

Ou escloppée, ou surprise, ou happée ; 

Clio frappée ou boutée en tourrade, (Molin, p. 133.) 

Toui^age, alge. [Geolâge : « En recompense 
« des bons et agréables services que Guillemin Le 
« Clerc, valet des pallefroys de noslre très chiere 
« compagne la royne, a fait par lonc temps ou dit 
« office, nous... donnons... Toffice de tourage de 
« Malregart en la ville de Xaincles en Poiclou 
« vacant a présent parce que Jehan Mouston la souw 
« loit tenir est mesel, • (B. N. cab. des litres, dossier 
Chauvigny, an. 1342.)] — « L'on ne peut faire ces- 
« sion, pour matière de delict, injures verbales, 
« despens du procez, ne aussi pour despens de 
« touraige, de prison. » (Coût. Gen. I, p. 779.) 

Tourbant. Troublant : 

A tous vivans de la foy cbres tienne 

Pour leurs péchiez et obstinacion 

Tourbans la loy nouveUe et ancienne. [Desch, f, 364.) 

Tourbe. Trouble. « Tourbe civile, » dans Cl. 
Marot, p. 676. 

Tourbentine. Térébenthine. Méd. des chev. 8. 

Toupbiep. 1« Ouvrier qui fouille la tourbe. (Du 
Cange, sous Turbare.) — 2* Témoin ouï aux en- 
quêtes par tourbes. (Loysel, inst coût. I, p. 175.) 

Tourbière. Bas fond marécageux: « Quant les 
« mariniers veirent leur nef fichée en la tourbière, 

• ils furent tous comme désespérés. » (Percef. III, 
fol. i02.) 

Tourblglnaux. Entorlillement de vieilles cor- 
des trempées dansdela graisse el de la poix. (Cotg.) 

Tourbillon. Etourdissement. (Cotgr.) 

Tourbillonné. Par allusion aux tourbillons de 
Descartes: • L'esclavage de nos passions dont nous 
« sommes tourbillonnez, » (Letl. de M"' de Sévigné, 
t. V, p. iOO.) 

Tourble. 1* Trouble : « Pour intenter veritable- 



« ment complainte en cas de saisine et de nouvelleté, 
« est requis que le complaignant soit en possession 
< d'an et jour de la chose dont il se complaint qu'il 
« soit en tourble actuellement et le face exécuter 
« contre les turbateurs en dedans l'an dudit tour- 
« ble. » (C. G. II, 914.) — 2» Enquête par tourbe: 
« Pour avoir tourble de peuple, ne faut assemblée 
« que vingt et six, car pour le nombre de vingt et 
« six se faict tourble et multitude. » (Bouteil. Som. 
rur. Il, p. 796.) 

1 . Tourblement. Trouble : 

Les tourhlemena et crueux croslemens 

Des elemens en sont d*orage pleins ; 

Il n'est danger que de maulvais viUains. (Molinet^ 136.) 

2. Tourblement. D'une manière troublée : 

Buvez bon vin une fye 

Et se Tair est grossement 

Ordonné et tourblement 

Soit vostre chambre garnie 

De bon feu, car c'est foUe 

D'issir par teUe punaisie. (Desch. f, 180.) 

Tourbières. Turbulent : « De gens tourbières 
« ne cacoigneres. » (Règle de S. Benoit, ch. 31.) 
Tourbot. Turbot : 

Chiens de mer, marsouins, saumons, 

Congres, tourboz et leurs semblables 

Qui sans escailles sonl nuisables. (Desch. f. 485.) 

Tourcbon. Bouchon : 

Lors les fumées, par raison 

Doit en gant ou en cor bouter, 

Et d'un tourchon d'erbe estouper 

Pour les monstrer à l'assemblée. (Font. Guér, p. 33.) 

Tourd. Grive. (Cotgrave.) 

Tourdelle. Grande grive. (Colgrave.) 

Tourdille. Couleur marquetée des animaux. 

(Cotgrave.) 
Tourdlon. Contorsion (v. Tordion): « Jamais 

« basteleur ne feit faire plus de tourdions à un 

« singe, comme elle a fait de mon esprit. » (Pasq. 

Œuv. meslées, p. 286.) 
Tourdolr. Pressoir: « Moulins tournant à vent 

« et à eaue, pressoirs à vis et tourdoirs^ et aussy 

« thuilleries sont reputez immeubles. » (Coui. Gén. 

I, p. 507.) 

1. Touré. Environné de tours : « La ville de 
< Nantes estoit murée, fossoyée, tourée et artillée 
« mieux qu'aucune autre ville. » (Jaligny, Charles 
VIII, p. 38.) 

2. Touré. Masque, dit aussi loup; Brantôme 
dit que Montluc « portoit un touré de nez quand il 
« estoit aux champs de peur du froid et du vent, à 
« cause de la blessure qu'il avoit reçue au nez, 
« d'un coup d'arquebuse. • (Brant. Cap. fr. 11,252.) 

Tourelle. « Tourelle à cul de lampe, • échau- 
guette. (Cotgrave.) 

Tourere. Faisceau tordu : « Nous deffendons 
« ((ue Ten u'esche point les nasses espesses, ne les 
« jonchées de toureres de chenevis. » (Ord. II, 12.) 

Touret. 1« Anclet ou boucle de cuivre où se 
passoit la lanière des gctz d'un oiseau de proie. 
(Monet.) — 2* Instrument à percer le métal. (Cotg.) 



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- 3* Robinet. (Monet.) — « Point de tourets n'avoit 
« à son sommeil. Fors seulement la clarté du soleil!» 
(Fouill. Vénerie, f. 87.) — 4^» • Touret, maugis ou 
« grive. » (Malad. d'amour, p. 41.) — 5» Masque : 

On a veu les anciens jours 

Qu'on aimoit pour un tabouret, 

Pour un espinglier de velours 

Sans plus, pour ung petit touret, (Coquill. p, 57,) 

&> Refrain, rondeau : « S'ils ne chantent en leurs 
« flagols un touret. » (Percef. II, f. 118.) 
Tourillon, l*" « Chaque bout de sommier de 

• cloche frété et morné d'un cercle de fer, et repo- 

• santet roulant dans le poalicr ou plaque creuse 
« d'airain, entée sur la charpente du clocher. » 
(Monet.) — 2* « Tourillon de bras (Cotgr.), » endroit 
où le bras joint l'épaule. 

Tourin. Danse : 

Petit Rouen, le grant touHrif 

La gorgiase, la bergicre, 

Us se courroucent au tabourin ; 

Telles dances ne sont plus en train. [Coquillart, p, 40.J 

Tourment. !• Machine de guerre : « Après ce 
« qu'il l'eust assiégé 15 jours, il flst drecer ses 
« pierres et ses mangonneaux et maintes autres 
■ manières de tourmens, et fist crier à Tassault. » 
(Chr. de S. Denis, II, f. 8.) — 2o Torture : « Assez 
« parens, assez tourmens. • (Cotgr.) — 3* Tour- 
mente, tempête : « Un grand tourment les print en 

• mer. » (Froiss. I, p. 8.) 

Tourmen table. Qui tourmente: « Au feu 

« ardent pénible et tourmentable. » (Desch. f. 56.) 

Tourmente. Torture : « Et la doulour et la 

• iow^mente Qu'il convient à la chair sentir. » 
(Hs. 7615, 1, f. 109.) 

Tourmenté. Possédé du démon : < Il est, dit 
« la tourmentée, en la chambre.... faictes le mettre 
« horsde ce pourpriSyOujeenrageray incontinent. » 
(Percef. VI, f. 53.) 

Tourmentlne. Térébenthine : « Yulcan , 
« apporte du (eu, de la poix et du bitume, et nous 
« en fais avec de la toiirmentine noire et du soûl- 

< phre la composition accoustumée pour les brus- 
« 1er, » (Merl. Coccaïe, II, p. 364.) 

Tournaille. Courbe. (Cotgr.) ^ 

Tournant, l*" Tourniquet : « Tous les champs 
« où il y a des chemins vagues doivent estre fermez 
« par des barieres ou avec des arbres tournans. * 
(N. C. G. I, p. 115.) — 2« « Armoire tournante , » 
tour de religieuse. (Oudin.) — 3« Partie tournante : 

• Sont tenuz les puisnez de contribuer aux fraiz 

< des moulans, tournans et travaillant du dit mou- 
t Uo. . (C. G. I, p. 26.) 

Tournarre. Tonnerre : « En celle année si très 

• grant habondance d'eaues, de tournarres, de 
« fouldre, de tempeste que nul homme n*avoit 
« oncques oy parler en ce temps de si grant. » 
(Chr. de S. Den. II, f. 22.) 

Tonrnasser. Tourner: « Jesenstoumasser en 

• mon sein De cent fureurs les mordantes tenailles.» 
(i. Du Bellay, p. 217.) 



Tourne. !• « Soude, soute, bourse déliée, retour 
« de deniers, compensations en argent de la plus 
« value d*une chose meuble ou immeuble. » (Mon.) 
-- « De novels franchises ou cuslomes, ou juises 
« levés, puis Tautre tourne en eide ou en terre. » 
(Britton, Lois d'Angl. f, 72.) — 2^ Tournée : • Le 
« marescal doit avoir, avec le baulte justice le roy, 
« par tout là il soit, son tourne ou ses alléez , un 
« clercq ou un sergeant à recevoir les prisonniers 
« etlesféesqui appendent au marescal. » (D. C. 
Marescallus forinsecus.) 

Tourne bouelles. Cabriole : 

Prenez vos cbapneaulx 

De roses vermeilles 

Et ces beaulx rainceaulx 

Tous plains de pruneUes ; 

Faictes tourne bouelles 

Sur prez et sur treiUes 

Au cnant des oyseaulx. (Vig, de Charles Vil, t, J, p. 86.) 

Tournebrlde. Action de retourner sur ses 
pas. (Cotgr.) 

Tonrnebrouiller. Amyot ^ dit tour nebrouiller 
pour exprimer le mouvement de la toupie ; c'est 
dans sa version dur traité de Plutarqne, intitulé de 
r Avarice et Convoitise d'avoir. (Le Duchat, sur 
Rabel. I, p.21.) 

Tournedos. Poltron. (Cotgr.) 

Tournefol. Signet, tourne-feuillet. (Cotgr.) 

Tournelict. Tour de lit. (Cotgr.) 

Tournelle. 1» Chambre criminelle : « On Tap- 

< pelle toumelle afin que Tacoutumance à faire 
« mourir et condamner les hommes n*alterast la 

< douceur naturelle des juges et les rendist aucune- 
« ment cruels et inhumains, en exerçant continuel- 
« lement leurs charges ; mais je pense mieux 
« qu'elle soit ainsi appellée, à raison de la tour ou 

• tourelle dans laquelle se jugeoient lors les procez 
« criminels qui est celle qui sert aujourduy de 

< buvettes à HH. de la Grand Chambre. » (Miraum. 
Cours souver. p. 22.) — 2* Parties tournantes d'un 
moulin: • Dng moulin à mouldreblé,... avec toutes 
« les toumelles et traveillans d'icelluy moulin. » 
(D. C. sous Travallus.) 

Tournellé. Garni de tourelles : < Lequel collège 

« esloit enceint et fermé de bonnes et grosses 

« murailles bien toumellées et garnies de bonne 
« artillerie. • (J. d'Auton, Louis XII, p. 96.) 

Tournemain. Tour de main : < Les duels n'es* 
« toyent guère permis ni usitez parmy les Romains, 
« car s'ils le fussent estez , les deux soldats tant 
« ennemys eussent bientostvuidé leur différent en 
« deux ou trois coups d*espée, et en un tournemain^ 
« sans y retourner si souvent. » (Brantôme, sur les 
Duels, p. 214.) 

Tournement. Marche du ciel ; parlant des 
bergers: « Libres parmi les champs, en libre eslon- 
« gnement Premiers ils ont appris des cyeux le 

• tournement. » (Am. Jamyn, p. 201.) 

Tourneployer. Faire pencher où il faut. (Cotg.) 
Tourner. !•* Donner un mouvement circulaire, 



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au propre et au figuré : « Tourner les truyes au 
« foing, » répondre en normand. (Colgrave.) — 

• Tourner les yeulx en la teste, comme une chievre 
« qui se meurt. » (Rabel. II, p. 188.) — « Tourner 
« la charrue contre les bœufs, » changer de discours 
pour ne pas suivre un sujet. (Cotgr.) — « C'est la 
« maistresse roue qui tourne le moulin. » (Id.) — 
« Il nous reste quelque autre moulin à tourner. > 
(Id.) — « Bon charron tourne en petit lieu. » (Id.) 

— z» Détourner ; le duc de Bourgogne assiégeant 
Neuss, en 1474, « feii tourner deux rivières et logea 
« ses gens au long des rivières perdues encloant 

• son ost. » (Mém. d*01. de la Marche, II, p. 512.) 

— 3" Retourner: « Ainsi que le* malade se tourne 
« et vire par dedans son lict, pour trouver lieu où 
« il puisse prendre repos. » (Percef. VI, f. 99.) 



Par les rues 
Sont les compaignies si drues 
Qu'à peine, si Ten peut tourner. 



(G. Quiarty f. 329.) 



40 Changer de parti, de couleur, etc.: « llsrepon- 
• dirent que Tournay estoil tourné, parce que 
« jamais n'avoit tourné et encores ne tournera^ et 
« que si les Anglois venoient, ils trouverdient à 
« qui parler. » (Mém. de Rob. de la Mark, p. 208.) 
— • « Ils naissent eschaquetez et durent en ce poil 
« jusqu'à la fin d'aousl qu'ils tournent comme leur 
« père et mère. » (Gast. Phéb. p. 16.) — 5* Retour- 
ner un habit : « Tourner sa robe, » changer de 
parti. (Mont. Ess. I, p. 58.) — « Tourner sa jaquette, » 
changer de religion. (Cotgrave.) — 6* Confisquer : 
« Toume% par devers nous. » (Ord. I, p. 620.) — 
7* Parcourir: « Avoit chevauché depuis l'aube du 
jour et tourné tout le pays, et n'avoit riens 
trouvé. » (Froiss. I, p. 234.) — 8' Tourner le dos : 
Sire, dirent ils. chevauchez seurement, car nous 
n'avons garde de tourner champ pour tous ceulx 
que nous voyons là. » (Lancelot, III, f. 38.) — 
Biaux seigneurs, vous estes si venus ; faittes si 
bien que le roy Claudas soit tourné du champ. » 
(Id. f. 42.) — 90 Retourner une accusation : « Celuy 
contre qui il prouve par garends en puet li tour- 
ner par gage de bataille.... tourner comme faux 
garent, par gage de bataille. » (Gloss. des Coût, 
de Beauvoisis.) — 10« « Il a tourné en mes flancs 
« (Cotgr.), » je l'ai porté. — 11° Chose sur laquelle 
il y a retour, sorte de partage : « Par héritage féodal 
commun party entre communs, n'est deu aucun 
quint, s'il n'y a tourne d'autre chose non com- 
mune ou partable entre les dits communs : auquel 
cas sera deu quint de la chose taurnée, » (C. G. 
, p. 873.) — 12* Débouté: « Ceulx pareillement qui 
seront vaincus ou tournez des dittes appellations 
en seront tauxez de semblable amende. » (Ord. 
des ducs de Bret. f. 211.) — 13' « Lettres /oum^es, » 
majuscules. (Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis.) — 
140 Marcher au signal donné par le bâton : « M. de 
« Laulrec luy fait response qu'il apprendroit à ce 
« jeune nouveau capitaine, le marquis dePescaire, 
« a tourner au baston et de s'affronter à luy. » 
(Brant. Cap. fr. I, p. 197.) 

Tournerie. Atelier de tourneur : « Vous scavez 



I. 



« quel beau lieu c'est que Croutelles et le plaisir 
« qu'autrefois ceux de Poitiers y ont pris, et quels 
« artisans il y avoit et la subtilité et la mignardise 

• de leur tournene qui fera neuf quilles avec la 
« pirouette, l'un et l'autre d'yvoire, le tout ne 
« pesant pas un grain de bled. * (Bouchet, Serées, 
II, f. 92.) 

Tournerost. Tournebroche. (Cotgrave.) 
Tournesoleil. Tournesol. (Cotgrave.) 
Tournet. Dévidoir. (Cotgrave.) 
Tournette. Machine pour filer, pelote. (Cotgr.) 
Tournevent. 1" Girouette qu'on met au haut 

d'une cheminée pour garantir du vent. (Oud.) — 2^ 

Double porte d'une chambre. (Cotgrave.) 
Toupnevlrer. Tourner à sa fantaisie : « Après 

« avoir longuement tourneviré. » (Strapar. II, 

f. 162.) 

Toarneur. l** Artisan qui travaille au tour : 
« Je m'en vais trouver mon tourneur, et luy 
« remontre que ce n'estoit pas bien fait de prendre 
« ainsi le bois qui n'estoit pas à luy ; mon tourneur 
« me respond qu'il ne desroboit point, et que, si 
« quelquefois ils prenoient du bois, qu'ils le toup- 
« noient dès le lendemain. » (Bouchet, Serées, n, 
f. 93.) — « Faire comme les tourneurs, aller ron- 
« dément en besogne. • (Oud.) -— 2* Ouvrier qui lie 
le foin en bottes : « Tordre les mâchoires comme 
« un tourneur de bottes. » (Eutrapel, f. 392.) 

Tourneures (lettres). Majuscules. (Alphabet 
à la fin des lettres attiques de G. Tory.) 

1. Toupnier. Tourneur. (Mo net.) 

2. Tournier. Tournoyer : « S'il est tout seul 

• et les chiens l'acueillent, il toumiera en la 
« meute. » (Gast. Phéb. f. 19.) — « Un loup tournie 
< aucune fois bien longuement en son buisson, 
« avant qu'il ysse dehors. » (Gast. Phéb. p. 288.) 
— « Les autres vont rioiant, toumiant et demou- 
« rant. » (Id. p. 43.) 

Tournoi. « Combat de plaisir à cheval ou à 
« pied, dans un champ clos de barrières, entre 
« deux bandes^ l'une de tenans ou defendans, 
« Tautre d'assaillans, avec règlement et formalité 
« de la qualité des armes et manière decombatre. • 
(Monet.) 

Trop je connois 

Vos durs tournois 

El vostre luyte. [Blason des Faulc. anumrSf f. S40.) 

Tournoiement. Même sens : 

Pour estre amès seulement 

Va on aux tournoiemens 

Et veut on estre au dessus. (Vatic. 1490, f. ±64.) 

Tournoier. Tournoi ; infinitif pris substanti- 
vement : 

Qui s'entremet d'amer 

Et par savoir le vent mener 

Bien doit garder au tow^oier 

Qu'U ne sî laist trop enlacier. (Us. 7989\ f. 58.) 

Tournois. « Monnoye ainsy appellée du nom 
« de la ville de Tours ou elle se fabriquoit ; il y en 
« avoit de deux sortes, le gros tournois et le parisi?. 



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« Les tournois avoient douze fleurs de lys à l'en tour 
« elles parisis quinze. » (Borel.) La monnoie de 
Tours a toujours valu un cinquième de moins que 
celle de Paris, de sorte que cinq livres lournois 
n'en faisoient que quatre parisis. — Dumoulin, sur 
V^rlicle 54 de l'ancienne coutume de Paris, remar- 
que que quand les coutumes ne font pas mention 
des sols ou des livres parisis, il faut toujours 
entendre les sols ou les livres tournois, parce quMls 
valent moins, quand bien même les coutumes 
parleraient ailleurs des parisis. (Laur^) — « Gros 
\ tournais, » deux sous tournois, s'il est de poids ; 
^on vingt deniers tournois. (D. G. sous Moneta.) 

^«Fut tant de vin qu'on avoit pour deux 

< deniers parisis ou pour deux deniers tournois 
■ parisis, la pinte fln et net. * (Journ. de Paris, 
sousCharles VII, p, 193.) — « Tournois à florins 
« d'or et d'argent. » (Ord. I, p. 389.) — « Pays à, de 
« tournois^ > où avait cours la monnaie tournoise. 
(Cr. Coût, de France, I, p. 44.) 

Toarnouer. Tournoi : « On n'amené pas au 
« tmmouer un cheval neuf, ny s'en sert on en 
« affaire d'importance, s'il n'a este dompté etapprins 
« auparavant. » (Sag. de Gharron, p. 558.) 

Toomoyement. 1» Action de chanceler, de 
chicaner. (Golgr.) — « L'on ne servira plus d'ores 
« en avant pour l'éviction des fiefs de tournoyement 
« brouîssans avec sommation n'y l'on n'en fera 
I plus rinsinuation, mais il sera procédé par sim- 
• pies intimations. » (Nouv. Coût. Gén. I, p. 1128.) 
-2' Tournoi: 



Sans moy remuer de ma place 

Keearday le tournoyement 

Qui commençûit trop asprement. 



(Rose.) 



« Commencèrent les Anglois amener forte guerre 
«et à faire plusieurs courses et tournoyemens ou 
• pais de Bretaigne. • (Monslrel. IT, p. 35.) 

Tournoyer. 1° Chicaner. (Gotgr.) — 2" Prendre 
pari à un tournoi : « Entendis que le chevalier 
< tournoyait au roi Escossois, il y avoit ung cheva- 
« lier qui portoit un noir lyon dedans le tournoy, 
« qai bien vil le chevalier au lyepart courir sus au 
« Toy. . (Percef. I, f. 149.) — « Us tournoyèrent 

• des dites espées; en quoy faisant le dit comte fut 

• desarmé en deux lieux et y fit grandement son 
« devoir. » (Math, de CouCi, Gharle? VII, p. 680.) — 
Z* Brandir une épée : 

Çw honour se contenoient 

aux joustes, puis toumoioient. [Desch, f. 11,) 

Tournure. Tour, élégance. (Du Gange, sous 
Touppie. Toupie ; on lit des jeux de l'enfance : 

1^ la touvpie aux Amantins 

« esbatoie soirs et matins. (Poës, de Froîss. p. 87,) 

Toarpelé. Garni de tours. (Golgr.) 

Touppette. Four ayant forme de tour : « Si 
« Dous voyons que les nommes semblent d'abord 
« plus portez à la lubricité , n'exemptons pas les 

• femmes de mesme désir qu'elles cachent tant 
« qu'elles peuvent, en quoy leur mine est semblable 



« à des alembics gentiment assis sur des tourrettes, 
« sans qu'on voye le feu dehors. » (Malad. d'amour, 
p. 163.) 

Toupplep. Geôlier : « Sera tenu le geôlier ou 
« terrier de traicter le dit debteur à petits frais, au 
« pain et eauve, à la charge de créditeur. » (Goût. 
Gén.II, p. 981.) 

Tourrion. Petite tour. (Monet.) 
Tourser. Charger ; Sigebert ayant été assassiné, 
ses gens qui assiégeaient Tournay : 

Si s'armèrent ; 
Destravé sont ; toursent soumiers. (Mousk, p, 29.) 

Tourte, l^ Tortu ; 

Ensi roi Loeys avint 

Et Raous le tourte revint 

A Paris. [Ph. Mousk. p, 379.) 

2* Gâteau: « Frais may, espaisse tourte ^ mais 
« peu de vin dans la coupe. » (Le Lab. Origine des 
armoiries, p. 224.) — « Tourte en poisle. » (Pathel. 
Test. p. 133.) 

Ja sont, qui gue s'en aut dueUlant 

PeUe meUe li mail vueillant 

Serrez ausi, comme font tourtes. (G. Guiartf f. 224.) 

3« Blé méteil pour pétrir les tourtes de pain bis : 
« L'esmine de tourte sera prisée (mesure de Dijon) 
« trente sols tournois. » (G. G. I, p. 856.) 

Tourteau, el. « A celuy qui a sa pasteaufour, 
« on doit donner de son tourteau. » (Cotgrave.) — 
« Tourteaus en paele. » (Fabl. de S. Germ. f. 70.) 
— « Herbes, chouls et porions Tourteaux en pot 
« d'orge et d'escourjons. » (Desch. f. 116.) 

Se tu es prins d'un sergent 
Comment fais tu ? Je trume à plain 
Je me reecoux bien d*un villain 
Au moustier courre la droicte voye 
Et îsdz tourtel d'autruy levain. (Desch, f, 269.) 

Touptepie. Pâtisserie : « Ne peut nuls faire 
« boulengerie ne tourterie, s'il n'est en leghende 
« du corps des boulengers. » (Ord. V, p. 509.) 

Tourterin. Doux comme la tourterelle : 

doux baiser colombin 
Poupin, sucrin, tourterin 
Qui sur ces lèvres decloses 
Va pressottant, fleurottant, 
Mignottant et succottant 
UœiUet, le lis et les roses 

Tourtière. Bâton qu'on 
outil de tonnelier. (Gotgr.) 

Tourtlller. « Tourtiller des fesses, » marcher 
en tortillant le corps. (Gotgr.) — « Tourtilloit la 
« queue. » (Nuits de Strapar. I, p. 101.) 

Tourtourain. Qui tient de la tourterelle. 
(Cotgrave.) 

Tourtrep. Pétrir, mettre en tourtes : « Tourtrer 
« pain blanc ne pain bis. » (Desch. f. 528.) 

Tourtres. Pièce d'un moulin. (Poët. av. 1300, 
IV, p. 1359.) 

Tourtureux. Qui cause des tortures : « Gest 
« ennemi.... est malicieux et tourtureux, ne legie- 
» rement on ne puet entendre ses voyes. » (Gast. 
Phéb. p. 407.) 



(R. Bell. J, f. i4S.) 

porte en chassant; 



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TOU 



i . Tousche. [Bois de touche, sont ceux qui sont 
plantés dans la proximité d'une maison pour l'or- 
nement : « Le lieu de Bordebure si comme il se 
« poursuit de maisons, de vignes et d'autres choses. 
« Item, un étan^ assis jouxte ledit lieu avec la 
« tousche assise devant ledit lieu. • (1404. Aveu de 
Chftleauvieux ; L. C. de D. Gloss. de 1 Orléanais.) — 
« L'arpent de bois en plessis, que les aucuns 
« appellent tousche. » (C. G. II, 227.) 

2. Tousche. !• C'est « un mot tiré des escrimeurs 
« qui appellent ainsi le coup qu'ils donnent avec 
« leurs espées rabatues, duquel la marque Jipparoist 
« sur l'habit de celui qui est touché, à cause de la 
« craye dont on blanchist Tespée. » (Des Accords, 
Bigarr. IV, p. 2.) 

Tous dis, dy. Toujours : « Volons et acordons 
« que les lettres mesire Vuillaume de Prayans.... 
« tiegnenl en leur vertu à tous dis. » (D. C. sous 
Totaliter.) — « L'ardant désir et courageux vouloir 
« que j'ay eu tous dy et aurai tant que Dieu me 
« fera vivre. • (Monstrelet, I, p. 3.) — « Amant, 
« amés ; joie ares à tous dis. * (Poët. av. 1300, 
IIL p. 1217.) 

Touse. lo Jeune fille ; rapprochez le provençal 
to%a; du latin tonsa, qui a la chevelure coupée : 

Trovai touse gent et saine 

S'amour U alai priant. (Poët. av. 1300, HT, p. 1202.) 

Pensis contre une bruiere 
Errai toute une feuchiere ; 
De80us couroit la rivière 

Glere et rade, 
Une touse blanque et sade 
Ses mains et son vis i lave. (Vat, 1490, f. 111.) 

2** Amante: 

Quar onques bacelers sa touse 

N'ama tant, corn il les aimoit. [Mousk. p. 642.) 

3* Concubine: 

Il n'avoit jamais espouse 

Plusieurs enfans eust d'une touse. (Desch. f. 489.) 

Touseaus. Jeune homme ; on lit d'Apollon : 

Tu engendras en CUmène 

Phaeton qui tant fu gens touseaus. (Froiss, Poës.p. 182.) 

Par ma foi, ce dist le touseaus 

Tu es sage et bien avisée ; 

Ensi le ferai. (Id. f. 287.) 

Tousep. V Tondre : 

Tendres sont comme une espousée : 

Tremblans comme brebis tousée. [Al. Cfiartier, p. 618.) 

a Sanson qui jadis avoit esté un noble homme 
« très fort, il n'eust pas esté aveugle, la teste 
« tousée, si son amye Dalila n'eut point sceu le 
« secret de sa pensée. » (Nef des fols, fol. 38.) — 
« Ho, Dalila qui as tousé Sanson. » (Dép. d'amours, 
p. 256.) — 2* Couper : 

Uan de grâce nostre seigneur 

Mil .CGC. et .LX. et douze 

Ou mois d'aoust que le bief touse. (Desch. f. 408.) 

Tousete. Diminutif de touse^ jeune fille : 

Quand je vi la tousele 

Loing de gent et seulete 

A U m'en alai. (Ch. du ms. Bouh, f. 18.) 

Je la voi tousette 

Jone, friche, Ue et doucete. (Froiss. Poët. p. 368.) 



Touslaus. Jeune homme ; on dit d*Atys tué par 
Polyphème : 

Et un tousiaus 

Aperut qui de vers rosiaus... (Ovide, dans Borel.) 

Tousjours. lo Continuellement : « Tousjours 
« sent le mortier les aulx. ■ (Vig, de Charles VII, 
p. 184.) — 2» Cependant: « Nous avons trois tous- 
« jours. • (Cotgrave.) 

Tousir. Déflorer : 

Mes bras U tendi 

Si la très vers ml 

Et la tousi. (Poët. av. 1300, II, p. 663.) 

Toussaincts, ains. < Quand octobre prend la 
« fin La Toussains est au matin. » (Letl. de M"* de 
Sévigné, IV, p. 224.) — « Combien de fausses re- 
« coptes donnez vous, qui envoyent les pauvres 
« malades au lendemain de la Toussaincts. » (Chol. 
f. 43.) Jour des morts. 

Toussant. Qui tousse. tCotgrave.) 

Toassement. Toux : 

J*ay par vous ma chance perdue 

Et par vostre beau toussement. (Desch. f. 302.) 

Tousseur. Qui tousse : 

Devenus suis maigres, pelez^ frUleus... 

Tousseur, roingneux, graveleux et gouteus. (Desch. 442.) 

Tousseux. Même sens : 

PareiUement m*advertis si tous ceulx 

De ton quartier on esté tousseux 

Comme deçà on va coqueluchant. (Crétin, p. 212.) 

Tousslr. Tousser : « Il ouyt une personne 
« toitssir et bien lui fut advis que la toux estoit 
« d'une personne ancienne, au son. » (Percefor. I, 
f. 63.) — « Le roy leur (aux Génois forcés à Tobeis- 
« sance) avoit laissé dedans leur ville si forte main 
« armée qu'ils n'eussent osé toussir. » (J. d'Auton, 
p. 247.) — « Pantagruel commença semer le sel 
« qu'il avoit en sa baroque, et parce qu'ils dor- 
« moient la gueule bée et ouverte, il leur en rem- 
« plit tout le gousier, tant que ces paovres haires 
« toussissoient comme vegnsivis. * (Rabel. II, 235.) 
— « Mainte gent toussiront et seront chacieus. » 
(Ms. 7218, f. 207.) 

Toast. Pour tost, tôt : « Toust que, » aussitôt 
que. (Faifeu, p. 24.) 

Toustade. Alezan brûlé. (Oudin.) 

Tous tans. Pour tout temps, toujours: « Quî- 
« conques se marie, Ele fait de son ami, son anemi 
« tous tans. » (Chans. du ms. Bouhier, f. 301.) 

Toustel. Pour tourtel, gâteau : 

Une truie qui bée et soufle 

Saisi le toustel en se gueule ; 

Mais. U vieiUe de se keneule 

Le vait caçant de rue en rue. (P. av. 1300, IV, 1310.) 

Toustes. Impôts : 



Le roy plus povre et de la vient 
Que taillier le reaume convient ; 
De la viennent toustes et tailles. 

Tout. 

Vos proesces, ves bonnes mains 
Ont .II. fois vaincus les Romains, 



(Ms. 6812, f. 53.) 



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TOU 



Et sachiez que mon cuer devine 

Et toute riens le me destine 

Que encore hui les vainquerois 

Si les avez vaincuz trois fois. [Brut^ f. 94,) 

« Toutes aient esté nos ordonnances » (Ordon. 1, 
p. 537), c'est à-dire quelles qu'aient élé. — « Né à 
« tout le poil, ■ fanfaron. (Colgr.) — • Quant le guet 
« apperceut nos gens, il sonna à tout, et les Anglois 
« saillirent à rescarmouche » (Hist. d'Arlhur HT, 
connét. p. 776), c'est-à-dire à toute volée. — « Tout 
f dormi, • assez dormi. (Poës. de Froiss. p. 185.)— 
« Tout fin mère nu. » (Cotgr.) — « Tout à traict » 
(Colgr.), tout de suite. — « Et fust tout besoing à 
• eux de se retirer. » (Cotgr.) — Un Anglois joutant 
contre Du Guesclin à qui il avoit porté un coup sur 
le bacinet, sans avoir pu l'ébranler, « revint au 
« tout françois et rapporta son glaive, mais si do- 
« lent fu au cuer qu il ne sonna mot. » (Hist. de 
Du Guesclin, par Ménard, p. 42.) — « Qu'on lui 
« coupe la langue tout outre, si que des lors en 
« avant, il ne puisse dire mal de Dieu ne d'autre. » 
(Ord. II, p. 283.) — « Sis gants se tenoient en l'air 
« tout par eulx. » (Le chev. de la Tour, instruc. à 
ses flUes, fol. 50.) — Olivier de Clisson ayant reçu 
des lettres amicales du duc de Bretagne qui voulait 
faire la paix avec lui « si pensa sus moult longue- 
« ment et dit qu'il auroit avis du rescrire, et fil le 
« valet qui les avoit apportées mener et mettre en 
« une chambre tout par luy. • (Froiss. IV, p. 2i5.) 

— « La damoyselle luy osla l'escu de son col et luy 
« deslaça son heaulme et il osla tout par luy le 
« demourant de ses autres armeures. » (Lancel. II, 
fol. 5.) — « A tant s'en partirent Tung de l'autre et 
« s'entre recommandant à Dieu, si prent Lancelot 
« son chemin tout par soy. » (Lancel. Il, fol. 5.) — 
« Mais c'est tout rien qui bien y voit • (Desch. 452), 
c'est-à-dire rien. — « Tout si malade qu'il estoit • 
(Percef. I, f. 48), c'est-à-dire tout malade qu'il était. 

— « Deux conioints par mariage achètent rente à 
« vie..., et le dernier vivant totit tenant » (Bouteil. 
Som. rur. v. 432), c'est-à-dire ayant tout. — « Ma 
« saisine ou possession que tout un on appelle ■ 
(Bouteil. Som. rur. p. 334), c'est-à-dire une même 
chose. — « Tout un quant et vous • (Le Jouvenc. 
f. 45), en même temps que vous. 

Un homme ausi, s*on li rouvast 

Le plus pesant que l'en trouvast, 

Prest de tous atours et de liyaume, 

S'il fust en estant sur sa paume, 

Touz cops ne s'en asseist 

Jusqu'à son chief à mont meist. (G, Guiarty f. i43.) 

Piain sont de convoitise avocat et notaire ; 

Tout avant veulent estre paiez de leur salaire. 

Ml. 7615, H. r. 141. 

« La ray descendra toute par elle. » (Mod. f. 83.) 

Je Ten donroie tout le plus. 

De cent livres de parisis. [Ms, 7Sd8, f. iSOJ 

« Tout por tout. » (Ms. 7218, f. 76.) 
De tout ce qu*elx me dient, tout aussi bien le croy. 
Corn ceUui qui cent fois m'auroit menti sa foy. 

II1.7615. l.f.lM. 

« Tout quoy l'amy, » cri de chasse, lorsque le 
chien poursuit le cerf. (Salnov. Vénerie, p. 66.) — 



« Tout si comme, • tout ainsi que. (Ms. 7218, f. 176.) 

— « Couleur toute nue, » de même nuance. (Mod. 
f. 59.) — « Je prie humblement à tous et chacun 
« pour le tout qu'ils se facent achapter jusques au 
« mourir, » (Percefor. IV, fol. 80.) — « Une science 
« requiert tout son homme. » (Cotgr.) — « Qui tout 
« convoite, tout perd. » (Cotgr.) — « Qui de tout se 
« tait, de tout à paix. » (Id.) — « Il est tout presché 
« qui n'a cure de bien faire. » (Id.) — « Tout et 
« toutes. » (Beaum. p. 2.)— « Tout résident. » (Ord. 
I, p. 743.) - . Tout avant œuvre. » (Ord. I, p. 761.) 

— « Qui voudroient bien juger de quelqu'un, il le 
« faudroit voir à son tous les jours. » (Sagesse de 
Charron, p. 208.) — « Avoir toute paor, » avoir 
tout à craindre. (Ms. 7989% fol. 74.) — « Toute 
« bonne, » herbe. (Colgr.) — « L'herbe que le vul- 
« gaire appelle corne de cerf ou toute dent de 
« chien, est souveraine pour la rage. • (Fouill. Vén. 
f. 80.) — « Toutes fois, fut le pré tondu. » (Colgr.) 

Ton grand œU qui tout regarde 

D'en haut ses flèches nous darde 

Dont tu vas l'ame inspirant 

Au sein de la toute mère, 

Toy nommt^ du bon Homère, 

Apollon le loing tirant. //. du Bellay ^ f. 203.] 

« Toutes eures, » toutefois. (Pyr. et Thisbé, 100.) 

De borgois et de chevaliers 

Estoit toutes heures requise, 

Meis ne voloit, en nulle guise, 

De nul la proiere escouter. (Ms, 7615^ II, f. 184.) 

« A toutes tables^ leur espoir sera en Tarriere. » 
(Rabelais, I, p. 140.) — « Toutes voies m'a amour 
« assailli. » (Chans. du ms. Bouh. f. 338.) — « En 
« asseurement d'héritages , le consentement de 
« quatre parents n'est nécessaire; mais en rachapt 
« de rente fait contre une femme, il est requis... il 
« faut asseurer le tout us du constituant. » (Nouv. 
Coût. Gén. II, p. 400.) — « S'en retournèrent en la 
« ville sans perdre un tout seul homme. » (Al. 
Charlier, Hist. de Charles VI et Vil, p. 95.)— « Tout 
« en tout. ■ (La Thaumass. Coût. dOrl. p. 465.) 

Par les rues rôtissant vont 

Les grasses oes et tomant 

Tout par eles et tout adès 

Les suit la blanche ailliée après. (Ms. 7615, II, f. 147.) 

B. Hée, monsieur de MaUepaye, 

Qui peult trouver soubz quel amant 
Deux ou troys mille escus : quelle proye I 

M. Nous ferions bruit. — B. Tout à Tesement. 

Dîal. de MaUepaye. p. 51. 

Quoique : 

Dame, se pour voir cuidoie 

Vivre cent mU ans, 

Tout ne fussiez vous vivans 

AiUieurs penser ne vouroie. (Poët. av. 1300, IV, 1400.) 

« Le chasteau ne se voulut de première venue 
« rendre, ains attendit à mettre le siège et asseoir 
« l'artillerie, et voyans que c'estoit à tout, parle- 
« menterentet se rendirent • (J. d'Auton, p. 179), 
c'est-à-dire sérieusement. — « Elle ne se laissera 
« pas d'eslre levée et cuillie du tout • (Ordon. lll, 
p. 686), c'est-à-dire entièrement. — « Tout luy estoit 
« de guerre, » il avoit une extrême passion de la 
guerre. (Brant. Cap. fr. IV, p. 147.) 



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Tonte. Enlèvement, vol : « Mal chose seroit se 
« l'en me tbloit mon cheval ou voloit tolir, et je 
« avois pooir dou rescourre, se je ne le pourois 
« rescourre sans estre juslicié ; mes se le force n'est 
« pas moie, si que il m'est tolus, et en est toîlieres 
« en sesine, je ne li dois pas aler retolir, mes 
« arester le puis fere par justiche et moi plaindre 
« de la toute. » (Beaum. p. 170.) 

Toutfen. Nom d'un vallon près d'Etampes, 
infesté par les voleurs. (Cotgr.) 

Tout saincts. « Ce fut fet Tan de l'incarnacion 
« N. S., M. ce. LXYii., le jour saint Simon et saint 
« Jude, le tout saincts. » (Généal. de Bélhune, 162, 
an. 1267.) 

Tontou. Parole d'enfant qui se cache. (Oud.) 

Toux. « Ez registres du parlement, on trouve 
« que le 26* jour d'avril, l'an 1403 y eut une ma- 
« ladie de teste et de toux qui courut universelle- 
« ment si grande, que ce jour la le greffier ne peut 
« rien enregistrer et fust on contraint d'abandonner 
« le plaidoyé. » (Pasq. Rech. p. 375.) — « Toux de 
« regnard qui mené jusqu'au terrier, » au tombeau. 
(Cotgrave.) 

Mort vint par homme et par eulx touz, 

Trespasse mort avec sa toux, (Desch, f, 360.) 

« Avoir mal toux^ » lire peut-être coux (cocu) : 

.VI. ou .vin. jours s*en va au virely 

Dancer sans moy ma femme, en parement ; 

Si jaloux sois, venir puet autrement ? 

Car U cuens pourra pour moi chanter : 

Par tels emprunts ne me puis exempter 

Que sur la nn n'aie trop mal toux ; 

C'est donc le mieux que de la refuser. [Desch, f. 233.) 

Touyn. « Badins, touynSj aussi mondains que 
« veaulx. » (Collerye, p. 131.) 

Touzelle. Sorte de froment dont l'épi n'a pas 
de barbe : « Touzelle ou missole, » dans la partie 
occidentale de la France. (D. C. sous Touzella.) 

Tower, re. Mot anglais; tour: « Garder un 
« tower del casllelour seigneur, ou un huis, ou un 
« autre lieu del castle. » (Ten.de Littlet. fol. 24.) — 
« Avant la venu des justices à la totvre. » (Carta 
Magna, f. 45.) 

Toxique. Poison : 

An la coupe au damoisel 

N'a or. ne argent, ne neel 

Quar il ert tote de safir * 

Toxique i perdroit son air. f Par ton. f, 127.) 

Toy. « Ce mot a été introduit parles poètes pour 
« parler aux dieux et aux princes ; Marot ne 1 em- 
« ploya point et François I" ne Teût point souffert ; 
« Joachim du Bellay n'en a usé qu'avec ses amis 
« les plus familiers. » (S. Julien, Meslang. Uist. 161.) 

1. Toye. {Taie: « Une toyeie li treilliciée. » 
JJ. 105, p. 367.)] 

Chambre tendue 1 a de poins, 
De fin or, d'argent et de soye, 
Cordes, courtines. beUe toye, 
Du cendal et de blanc cboton. (Desch. f. 530.) 

2. Toye. Tienne : « Au lieu de mienne et tienne 



« (les anciens) disoient moye et toye. » (Pasquier, 
Rech. VIIl, p. 727.) 

3. Toye. Plaque de plomb. (Cotgr.) 

Toz. Tous : « Senz to% sentemenz de dolor. » 
(Serm. de S. Bern. p. 277.) 

Or faites donc apareUlier 

Un cent tombel en la cité ; 

Gardez gu*il soit toz à toz atomez. 

Quand h damoiseaus est venu. (FI. et Blanchefl. f. 198.) 

Tozsainz. Toussaint : 

Ce fu droit à une Tozsainz i 

Chascuns i vint. (Ms. 72i8y f. 57.) 

Trabant. Soldat suisse ou allemand : « Cinq 
« capitaines qui m'accompagnoient qui avoient 
« chascun deux trabants à leur suite. » (Bassomp. 
t. II, p. 28.) 

Trabée. Robe de pourpre brodée, sous le man- 
teau de cérémonie. (Cotgr.) 

Trabustement. Ce qui tarabuste, ennui ; au 
moment des troubles suscités par le comte de Sois- 
sons en 1620, madame de Puisieux écrivait: « Mes- 
« sieurs, je vous puis assurer que le roy reçoit très 
« grande consolation de vostre question parmi nos 
« confusions et trabustements. » (Mém. de Villeroy, 
VI, p. 155.) 

Trabut. Portée de trabuco, gros mousquet en 
espagnol (?) : « Nous en sommes hui plus près de 

• deux trabuts et demie toise que n'estions avant 
« hier. » (Rabel. III, p. 146.) 

Trac. !• Allure du cheval : « Ayant esté posé en 

« garde à ce gay, un soir , vous entendistes 

« comme chose fort éloignée une espèce de cliquetis 
« d'armes et raisonnement de trac de chevaux. » 
(Mém. de Sully, I, p. 247.) — 2' Trace, piste : « Les 
« loups ont le naturel et astuce durant les neiges, 
« s'ils sont deux ou trois, de mettre tous leurs pas 
« dedans le trac et pas du premier, tellement qu'il 
« semble qu'il n'y en ait qu'un. » (Fouill. Vénerie, 
f. 114.) — « Pour peine et diligence qu'ils y mirent, 
« n'en purent, pour lors, avoir autres nouvelles, 
« ne mesme trouver leur trac, à cause de la nuyt 
« qui les surprint. » (Florès de Gi*èce, fol. 111.) — 
3" Trait : « Autres gens nécessaires au trac d'artil- 
« lerie. » (Rab. I, p. 290.) — « Dédale (inventa) le 
« mast et les antennes ou vergues du trac ou de 
« l'appareil. » (Du Verd. p. 120.) — « Tout à trac.* 
(Brant. dam. gai. I, p. 177.) — « Si m'y rendirent 

• tout d'un trac. » (Vig. de Charles VII, II, p. 180.) 
Tracassement. Action de tracasser : « Avoir 

« longuement resvé et ravassé je me trouve 

« bien perplexe pour pouvoir juger et discerner si 
« le beau est le motif d'amour, ou l'amour cause 
« de ce qui nous semble beau ; et après plusieurs 
« tracassements en mon esprit. » (Pasq. Monophile, 
p. 146.) 

Tracasser. Aller çà et là : « Mourant, il se fît 
« porter et tracasser où le besoin i'appelloit. » 
(Mont. II, p. 634.) — [« Il estoit bien aisé à Luculus 
« de faire ses despenses en une bonne ville, mais 
« aux champs tracassans... c'est une chose incroya- 



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« ble à qui ne l'a veu. » (Brantôme, Œuvres com- 
plètes, p. p. L. Lalanne, III, p. 122.)] 

Trace, 1* Piste : « On cognoist (grant sangler) 
« par les traces et par le lit et par le sueil. » (Gast. 
Phéb. ms. p. 161.) — 2» Suite : « De morz i a grant 
• trace. » (G. Guiart, f. 99.) 
Tracement. Perquisition, recherche. (Monet.) 
Tracer, 1er. V Marcher : « Voua que jamais ne 
« finiront de tracer qu'il ne Teust trouve. » (D. C. 
sous Tracea) — 2* Courir : « Je pense que le meur- 
« drier ait en ceste forest quelque forte place, pour 
« quoy je conseille que nous montions à cheval et 
« ne cessions de tracer. » (Percef. IV, f. 28.) 

Par le païs queurent et tracent, 

Maisons ardent. [G. Guiart^ f, 40.J 

3* Poursuivre : 

Ne sai où vuel aler tracter 

Quant ne sai voie ne sentier. (Narcisse, f. iiS,) 

Et avec gens le temps passerai 

Âffin qu'ennui ne me quiere ne trace, (CoUerye, p, 28.) 

Molt seroit malvais au civé 

LÀ conins que li fuiron chace ; 

Molt est fous qui tel conin trace 

Mieus li venroit trover deux lièvres. [Fabl. S. G. f. 266.) 

« Renart... chaçoit par le boscage. Tant qu'en 
« traçant dessus un arbre Voit un grant corbeau 
« qui tenoit un fromage. » (Desch. f. 49.) 

Li rois si sagement i trace 

Que nés et gaUes pourchace. [Guiart, f. 2i0.) 

Tracette. Petite trace. (Cotgrave.) 
Traceur. Qui trace un dessin. (Monet.) 
Tracenre. Rature. (Mont. I, p. 401.) 
Trache. !•* Trace : « Les traches du leu sont 
« plus larges et plus rondes que ne sont celles des 
« chiens. » (Mod. f. 52.) — 2* Exemple : 

Or le prions, par sa douchour, 

Qu'il nous domst faire tel labour 

Et si sivir, ichi se trache 

Ke la le voions face à fâche 

Où il règne en se nuyesté. (Vie des SS. Sorb. LX, 59.) 

Trachle. Trachée artère. (Cotgr.) 

Tracquet. [Poignard : « Donna (La Rochepot) 
« le premier d*un coup de tracquet dans le corps 
« d'un bourgmaistre de la ville (Anvers) et le tua 
« roide mort. » M. L. Lalanne, qui cite ce mot dans 
son lexique des œuvres de Brantôme, dit n'avoir 
trouvé ce mot que dans le Dictionnaire provençal 
d'Honorat, art. Traquet.^ 

Tractable. Traitable. (Crétin, p. 78.) 

Tractation. Traduction. (QuinUlien censeur, 
p. 188.) 

1. Traction. Du verbe traiter: 

Je crois bien que pour ce traction 

Mais je lo bien que nous nous pourveon 

Pour assaiUir. (Desch. f. i09.) 

2. Traction. Extraction. (Oudin.) 
TradaÊle. Traître : 

Flamaunc, helas tu es desbonourable, 
Ruineuse est ta terre, ta richesse, 
Plus que plaine de dolour, decourable, 
Premeraine^ non pareille, tradable. (Desch. f. 5.) 
X. 



Tractis. Souple : « Drap tractis. • (Pathelin, 
p. 13.) 

Tradiment. Trahison : 

Ds ont de leurs mains brigantes 
Volé les temples sacrés.... 
Fait tradimens incroyables ; 

Meurdres.... (R. Belleau, II, p. 56.) 

Tradita. Communication ; mol tout latin : « De- 
« fendons aux greffiers... qu'ils ne baillent aucune 
« information sans transmettre au dos des dittes 
« informations le tradita. » (Ord. de Téchiquier, à 
la suite de TAnc. Coût, de Norm. f. 44.) 

Tradlteur. Traître : « Que diray je d'aucuns 
« vrayement mieux dignes d'estre appeliez tradi^ 
« teurs que traducteurs, veu qu'ils trahissent ceux 
« qu'ils entreprennent exposer. » (J. Du Bellay, 9.) 
Comparez Tradduttore, Traditore. 

Tradition. 1* Traduction. (Des Ace. Bigarr. IV, 
p. 11.) — 2« Trahison : 

.... Ces querelles 

Si contenoient deshonor 

Et tradition du seignor. (Ms. 6812, f. 78.) 

Traditive. Enseignement qui se fait par tra- 
dition : 

Nos sciences vous sont duisantes 

Et nos traditives plaisantes 

Et nos enseignemens bien mistes. (Coquill. p. 2.) 

Traducte. Fiancée : « Les pleurs de sa seur 
« ne luy sembloient pas pleurs de vierge, attendu 
« qu'elle n'estoit traducte, n'espousée par son 
« fiancé et futur mary. » (Hist. de la Toison d'Or, 
(I, f. 115.) 

Traducteur. (Quintil. Cens. f. 156.) 

Traduction. Réception : « La venue et traduc^ 
« tion de nostre bonne seur la princesse de Castille 
« vostre niepce, en nostre ville de Calais. » (Lett. 
de Louis XII, IV, f. 319.) 

Trael. Par tiers. (Règl. de S. Benoit, ch. 18.) 

Traffic. Relation : « On lui fait récit de ce qui 
« en estoit desja arrivé et du traffic qu'on avoit 
« fait pour surprendre la place. » (Merlin Coccaïe, 
II, f. 397.) 

Traffiquer. Avoir commerce, relation avec : 

« La Renauldie, homme d'esprit a couru par 

« tout le royaume et trafiqué le cœur de plu- 
• sieurs. ■ (Lett. de Pasq. 1, f. 179.) 

Trafic. « Faire le petit trafic^ » le métier de 
p... (Oudin.) 

Trafiquant. « Soyez encore un coup les bien 
« venus, gens d'honneur, trafiquant sans mar- 
« chandise et dont la conscience est profltablement 
« bonne. » (Moyen de parvenir^ f. 103.) 

Trafique. Commerce, mot féminin : « Choses 
« desquelles la traâque est la plus nécessaire pour 
« la conservation de la vie humaine. > (Apol. pour 
Hérodote, f. 213.) 

Tant de trafiques 
Et sophistiques 

10 



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TRA 



-TI- 



TRA 



Scavez ferir 
Que sans guarir 
Faudra périr 
Si vos raisons sont autentiques. 

Blason des Fauloes 



amourt, p. S34. 



Trafiquerie. Action de trafiquer. (Cotgr.) 
Trafiqneur. Commerçant. (Cotgrave.) 
Tragal. Filet. (Du Gange, sous Tragum.) 
Tragede. Troyen : 

Par orguel finirent Gregois, 

Par trop grand estât U Tragede 

Par pechié de char Sodomois. (Desch, f. 944.) 

Tragédien, l*" Acteur tragique : < Les chan- 
« très, menestriers, tragédiens et commediens, tous 
« par ordre, y exercèrent leur mestier. » (J. d'Aut. 
p. 170.) — 2* Auteur tragique. (Desch. f. 44.) 

Tragedieux. Tragique : « La sentence du 
« tragedieux Seneque. » (Chronique à la suite de 
Monstrelet.) 

TragheL Mot flamand : « Les traghels ou che- 
« mins d'Audenarde à Gand doit avoir la largeur 
« de cinq pieds. » (N. G. G. I, p. 1084.) 

Tragicomedie. Parlant de la matrone d'E- 
phèse : « Ce fut une estrange tragicomedie, pleine 
« de grande inhumanité d*offencer si cruellement 
« son mary. » (Brant. Dam. gai. II, f. 177.) — « Je 
« vous avois, par mes précédentes, recité une 
« métamorphose : par ceste cy, vous pouvez re- 
« cueillir les vravs effets d'une tragicomedie. » 
(Lett. de Pasq. I, f. 171.) 

Tragloutip. Engloutir, avaler : « Que le morsel 
« ne soit pas si grant que le leu ne le puisse bien 
« traglouttr. » (Modus, f. 98.) 

Tragonnée. « Avant que (la biche) ait son 
« faon , elle se purge avec une herbe nommée 
« tragonnée. » (Fouill. Vén. f. 16.) 

Traguetter. Traverser. (Cotgrave.) 

Trahine. Charrette : 

n monte en un cheval et vers Tost s'achemine ; 
A toz les suens a lait la guenche outre marine, 
Por Gautier son ami giter de lor trahine : 
Moult se plaint de son piz qui de sanc U ravine. 

ParloDopei, f. 173. 

Trahiner. Traîner : « S'il puet avoir des testes 
« de cerf, il la doit faire trahiner, et celluy qui la 
« trahynnera doit aler une fois arrière. • (Gaston 
Phébus, f. 211.) — « Li bedel trahinent le char. » 
(Poët. av. 130(S IV, p. 1655.) 

Trahir. 

beaux ennemis de mon cœur, 

Teiix, les boute feux de nos âmes, 

Que vous estes pleins de rigueur ; 

Vous n'aimez que meurtres et fiâmes ; 

Vos traits de ma mort glorieux 

Blessoyent bien de plus douce sorte 

Quand Tespoir, riant à içes yeux, 

De mon cœur vous trahit la porte. (Desp. f. SIS,) 

« Faites tant que vous avériez (rendre avéré) le 
• cas de ceux qui vous ont voulu trahir jusqu'à la 
« racine et que les punissiez. > (L'Hermite de 
Soliers. cabinet de Louis XI, à la suite de Commines, 
IV, p. 233.) — « Le Jouvencel dit au guet que la 



« ville estoit trahie. » (Le Jouv. p. 45.) — « Tart 
« crieront : trahi, trahi. » (Ms. 7218, f. 326.) — 
Des chevaliers Anglois voulant surprendre Mor- 
tagne en ia37 « la guette du chastel ouït le bruit 

< et les apperceut de sa garde ; et adoncques com- 
« mença à corner de sa bucine et crier trahy^ 
« trahy : lors s'esveillerent toutes gens et les sou- 
« doiers du chastel. » (Froissart, liv. I, p. 45.) — 
« Trahi, trahi, nostre host est tray. » (Du Guescl. 
Mén. f. 418.) — Ce participe répété correspondait à 
notre cri : Aux armes ! 

Trahitier. Traître : « Ha, mauves homme tra- 
« hitier. » (Ms. 7218, f. 206.) 

Trahi ton s. Traître : « La trahitouse et la per- 
« verse. » (Froissart, p. 153.) 

Trahlstre. [Traître :« Perrin de S. Eloy.... a 
« amendé ce que après que Jehan Quisarme le ot 
« appelle sanglant, trahistre Bourgoignon, il a féru 
« ledit Quisarme. » (1412. Prévôté; L. C. de D. 
Gloss. de rOrléanais.)] 

Trahitre, ittre. Même sens : « Li plus trahi- 
« tre marchant sont en Hongrie. » (Poël. avant 
1300, IV, p. 1652.) — « Mauvais trahittre, qui a 

< autrefois fait quelque trahison. > (LeJouvencel^ 
p. 508.) 

Traï. Trahi, cri d'alarme : « Traî traï sont 
« escrié. » (Mouskes, p. 547.) 

Traiant. Mamelle : 

Vit les traianz à la meschine 

Qui gisoient soz la poitrine. (Flore et Blanch. f, 203.) 

N'avoit plus ckars en ses traiana 

Ne mais com U a en uns gans. 

Via dM 88. Sort). LXI. col. 15. 

Traiclou. Tire clou ; tenailles de cordonnier. 
(Cotgrave.) 

Tratct. l^Dard, flèche, canon : « Et n'aura traict 
« en la dite bataille, fors que chascun s'aydera du 
« corps que Dieu lui a preste. > (Monstrel. I, f. 8.) 

— « Cruellement l'assaillirent de traict à main, 
« d'arcs et d'arbalestres. » (Hist. de la Toison d'or, 
1. 1, f. 126.) — 2* Train d'artillerie : « Combien qde 
« le traict de leur artillerie fust moult grant et dru 
« et en très merveilleuse quantité, touttes foys, par 
« la grâce de Nostré Seigneur, de Nostre Dame et 
« de M' S* George il n'y eut de nos gens que trois 
« morts et six blessez. » (Lettre de Charles, duc de 
Bourgogne, au sieur Du Fay, p. 364.) — S* Artille- 
rie : « Us avoient tous leurs archiers et tout leur 
« traict meslé parmy eulx. » (F^e Jouv. fol. 64.) — 

— « Le maistre des arbalaistriers conduisoit le 
« trait sur la main dextre, ainsi qu'il avoit fait au 
« venir. » (Id.) — « Et soit entendu qu'avec tels 
« basions d armes esmolues sont compris traict de 
« pouldre, arc, arbalestre, dard à main. » (Coût. 
Gén. I, p. 930.) — 4* Trajet : « Et cour ce que le 
« traict estoit long, prindrent conseil d'al^r repais* 
« tre à my chemin. » (Le Jouv. 32.) — 5* Distance : 
« Du dire au faict il y a grand traict. » (Cotgr.) — 
6' Trace : « Ils trasserent d'ung costé et d'autre tant 

I < qu'ilz trouvèrent le traict des chevaux où les 



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« deux chevaliers s'estoient combatus. » (Percefop. 
m, f. 108.) — 7» Visage : « Ce beau traict, » dans 
CL Marot, p. 266. — 8« Entrait, tirant en charpente : 

Car par une haulte fenestre 

En la salle du chevalier 

Haut sur les traicts s*aloit percher. (G. de la Bigne, 8i,} 

9* Echafaud : « On avoit fait en la cour du palais 
« un haut et grand traict sur hautes estages et la 
« fut le disner fait et ordonné. » (Froiss. II, 102.) 

— 10" Esquisse : « Quand j*eu le traict de celte 
« histoire et fu issu de rhostel. » (Froiss. IV, p. 1 ) 

— 4i<» « A traict^ » de suite: « Parlez à traict et 
« sans colère. » (Rabel. II, p. 118.) 

Traictaresse. Négociatrice : « La dame de 
« Giac... qui avoit esté eraicter^sse d'icelle assem- 
« blée. • (Monsti-el. I, p. 277.) 

Tralcte. !<> Relais, traite : « Henri IV prit cent 
« chevaux et en deux traictes dont la première fust 
« Bacqueville, il arriva à Dieppe. » (Mém. d'Angou- 
léme, p. 49.) — 2* « Coutume, péage ou traicte. » 
(Ord. 11, p. 340.) — Impôt de deux deniers tournois 
que le roi prend sur chaque charroi de marchandise 
qui se transporte hors de la terre de Hehun en 
Berri. (Laur.) — « Traicte foraine, » imposition 
foraine ou ayde que le roi lève sur toute espèce 
de marchandises et denrées qui entrent dans le 
royaume ou qui en sortent. (Laur.) 

1 . Traicteur. Avocat : « Les diz doien et cha- 
< pitre (de Chartres) ne sont tenus de plaidier au 

• parlement, fors comme par devant traicteurs de 
« leurs causes. » (Lett. de Charles V, an. 1367, dans 
D. C. sous Tractator 5.) 

2. Traicteur. Traître : 

n en y a de traicteurs,.. 

Que souvent monstrent courtoisie 

A leur maistre par tricherie. (G, de la Bigne, f. 87.) 

• Traicteurs à leur maistre. » (Id. f. 91.) 
Traiclier. « Traictier en cause, » assigner en 
justice, aux Ord. V, p. 206. 
TraicUz. Souple : 

Ton corps faltiz 

Long et traictiz, (Al, Chartier, p. 775.^ 

Traictoire. Trajectoire de tonnelier. (Cotgr.) 
Traie. Oiseau : « Comme la traie il se viendra 
t prendre à la glus. » (Merl. Cocc. I, p. 255.) 

Trajectaire. Bateleur. (Cotgr.) 

Trajecter. Emmener : « Trajectant en Affrique 

• celle là qui Tavoit appelle à secours. » (Favin, 
Th. d'honn. I, p. 199.) 

Traleres, eur. Tireur d'arc. (Beaum. p. 347.) 
Cas sujet et cas régime. 

Tralerle. Action de tirer : • A l'assemblée y ot 
« fflpant Iraierie^ et quant le trait fu failly, ils com- 
« bâtirent main à main. » (Hist. de Du Guescl. Mén. 
p. 357.) 

Trajelter. Traverser : « La reyne de Sicile 
I Constance... trajettant de Barlette h Salerne, 
« tomba entre les mains de quelques corsaires. » 
(Brant. Dam. ili. p. 285.) 



Traige. Fourré : « Se retirant aux traiges les 
< plus espois de leurs bois. » (Favin, Th. d'honn. 
1. 1, p. 152.) 

Tralgne. Traîneau. (Cotgr.) 

Traigner. « Traigner le patin, » traîner, aller 
doucement, dans Coquillart, p. 154. 

Traille. i^ Treille : « Sur les trailles de mon 
« jardin. » (Desch. f. 422.) 
Dortor et refretor 
Avoient ; beUe ygUse, 

Vergeres, praiaux et trailles. (Ms. 76i5, /, f, 68.) 
Sire, vous dormez de Toraille ; 
L'en vous met des pessiaus en traille, [ils. 68iS, f, 10.) , 

2® On appelle traille^ à Lyon, des poteaux qui 
soutiennent un câble traversant le Rhône ; ce câble 
sert à faire passer le fleuve dans un bac. — S^ Grille : 
« Celuy qui a tel cours d'eau par le font d*un autre, 
« mettra une traille de fer entre son fond et le fond 
« de son voisin. » (N. C. G, l, p. 1271.) — « Lors 
« s*en yssit, puis referme la traille, et cil s*assist 
« qui de joye fretaille. » (Percef. V, f. iil.) 

Traillis. Grillage : « Si regarda parmy les trait- 
« lis et veit... ung autel. » (Lanc. III, f. 76.) 

Traim. « Trames, traim, dont ont dit : il va 
« grand train ; c'est à dire legierement ; et il va à 
« grand traim pour il ha grande suitte après soy, 
« il ha grande famille ; combien que traim pourroit 
« venir de tranare, traîner, comme si on trainoit 
« après soy une compagnie de serviteurs. » (R. Est. 
Gr. fr. p. 404.) 

Traimail. « Traimail, c'est une rets à pescher.» 
(D. C. sous Tramallum.) 

Train. V Traîne : 

Tu passas devant son lit, 

Si soulevas ton train 

Et ton peliçon ermin, 

La cemise de blanc Un, 

Tant que ta jambete vit. 

Si fu gari le pèlerin. (Ms. 1989 «, f, li.) 

2* Traînée : « Que le paveillon soit couvert de 
branches de gênés... et mettez du blé assez large- 
ment dedens le paveillon bien avant, et soit fait 
un pou de train du blé par dehors, en venant 
droit au goulel,et les perdrit sievront le train de 
blé et se bouteront dedens le paveillon. > (Mod. 
178.) — 3* Air de danse : « Je vous prie, sonnez- 
moy le train. » (Coquillart, p. 158.) — 4* Suite, 
bagages, convoi : « Attendre son train qui venoit 
après luy. » (Du Bellay, 1. VIII, f. 247.) - « Pour 
ce que les gens dudit ducchevauchoient en train^ 
furent envoyez plusieurs heraulx et poursuivans 

riour le faire haster. » (Monstrel. I, p. 310.) — 
's avoient chevauché si fort que les trois qarls 
de leurs gens estoient demeurez en train derrière 
eux. » (Monstrel. I, p. 288.) — « Lors de la bataille 
des Portugais contre les Castillans à Juberolz... 

Jehan Ferraud Porteler amena quarante 

lances, dont on en eut grand joye de sa venue, 
car il fut mis au train du roy. • (Froiss. liv. III, 
104.) 



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TRA 



Assez loing et se monstroient gros boucaiges 
Si plains de cerfs et de sangliers sauvaiges 

8ue veoir de là je pensoys pour certayn 
ue arbres et cerfs cheminassent ung train, 

Rép. ms. des Oracles d*ApoUoo, p. 3. 

5* Durée: « Afin que lejeu print plus long ^rain.» 
(Nuit de Straparole, II, p. 94.) — 6^ « Abaisser le 
« train, » diminuer la dépense, tailler les morceaux 
plus menus. (Apolog. d'Hérod. p. 304.) — 7" Allures : 
« Le cheval sur quoy le roy estoit monté,., ne dai- 
« gnoit aller ne trot, ne pas, ne amblure, par la 
« roideur de lui ; ainçois alloit bondissant, pour- 
« saillant la campagne ; ...adonc, dist le roy Passa- 
« vaut, que a ce cheval, qui ne se daigne mettre 
« en aucun train. » (Percer. II, f. 46.)— « Le train 
c du sanglier se voit tout au long de cet halier. > 
(Monet.) — 8<» Avant-train : « Le train de devant 
« d'un coche. » (Monet.) — 9* « Train, action de 
« ieter quelqu'un par terre, de le traîner après 
« ravoir renversé. » (Ane. Coût, de Norm. f. 166.) 
— 10** « Train de justice, » usage, au N. C. G. II, 130. 
« Train de pratique, » style, usage de la cour. 
(Monet.) — 11* Commerce, gérance : t Train de 
« ferme, de marchandise. » (N. C. G. I, p. 296.| — 
« Il fait train des fermes du domaine. » (Monet.) — 
« Train de soye. » (Monet.) — « Faire train sur la 
« mer. » (Apol. d'Herod. p. 36.) — 12* « Femme de 
« mauvais train, » de mauvaise vie. (Monet.) — 
13* Traces : • Les dits hommes d'armes... virent les 
« pistes des chevaux... et le train de la retraite, 
« tant d'eux que des gens de pied. » (Mém. de Du 
Bellay, 1. VII, f. 229.) — 14* En train de : « Le sei- 
« gneur de Montmorency qui estoit à Venise, estoit 
« sur le train de recommencer la ligue avec les 
« Vénitiens. » (Id. liv. II, f. 42.) — « Quand on fait 
« adjourner la femme mariée pour debte, ...l'on 
« fait du mesme train adjourner son mary. » (Coût. 
Gén. II, p. 947.) 

Trainacer. Augmentatif de traîner. (Coquill. 
page 4.) 

Traînage. Droit sur le vin, dit encore vien- 
trage. (Laurière.) 

Traînard. Qui traîne. (Cotgrave.) 

Traînasser. Augmentatif de traîner. (Mont. 
Ess. II, f. 176.) 
Traîne. 1^ Traîneau. (Cotgr.) — 2o Ga^e : 

Dient tuit, j*ai mespris 

Et de Tanei qui fut mis en traîne; 

.1. mais à bon droit i fu mis, 

Que par Tanel fu faite la saisine 

Par que je sui entrepris. [Poêt. av. iSOO, I, f. 436.) 

3*" Traînée qu'on faisait aux oiseaux de proie pour 

les dresser : « Tu lui feras une traine d'une gerbe 

« d'avaine ou de veche et les pendras jusqu'à un 

' « lieu couvert et secré, et où tu mettras la jerbe. » 

(Mod. f. 96.) — 40 Semelle traînante, pièce de bois 

{)ortant sur un plancher et recevant les jambes de 
ôrce : « En mur commun et moytoien, il est loi- 
« sible à un chascun des seigneurs dudit mur, 
« percer iceluy mur tout outre, et y mettre et 
« asseoir ses traines, courges, manteaux de che- 



« minées et autres merriens, en rebouchant les 
« trous et pertuis. » (C. G. II, f. 264.) 

Traîneau. 1» Filet de pèche : 

Et les grandes richesses peschent 

Aux grands sesnes et aux irameaux. (Rose.) 

2o « Traineau à plommée, » épervier, filet garni 
de plomb. 

Traîne boyau. « Les dits Bourguignons, 
« Anglois, Picards et aullres, voyant qu'ils avoyent 
« longuement esté à l'encre sans avoir rien fait, 
« et mangé tous leurs vivres, retirèrent leurs ditles 
« ancres et s'en relournerent à leur duc sur traine 
« boyau et sans avoir rien fait. » (Chr. scand. de 
Louis XI, p. 162.) 

Traînée. V Gens qu'on traîne à sa suite : 

Or ça, quand vous estiez levé, 
Que faisiez vous toute journée ? 
Aviez vous nul amy pnvé, 
Qui sceu&t rien de vostre trainée ; 
Ou failUez point la matinée 
Passer devant la dame ung tour 
Pour avoir un regard d'emblée 
Et ung doulx soubzris au retour. 

Amant rendu Gordelier, p. 597. 

2* Mèche : « La trainée estoit esventée. » (Cont. 
d'Eutrap. p. 213.) — « Faire sa trainée, • dans 
Coquiliart, p. 77. 

Traîne espée. Traîneur de sabre : « Je l'ai 
« envoyé à Calais pour y apprendre par quelques 
« mois les rudimens de la discipline militaire, 
« n'ayant nulle envie de le rendre casanier ou 
« trame espée. » (Pasq. lett, I, p. 611.) 

Tralnegalner. Battre le pavé avec l'épée au 
côté. (Coquiliart.) 

Tralnel. l*» Traînelle, sac de toile qu'on traîne 
sur le sable pour prendre des lançons : « Que nul 
« ne pesche au harnas que on appelle riez... ne de 
« rois à cullas, que aucuns appellent trainel. » 
(Bouteill. Som. rur. p. 507.) — 2« « Trainel à aider 
« à chaucer, chaucepié. » (D. C. sous Trainellum.) 

Tralnement. « Rampement et trainement sur 
« le ventre, ou pieds sur terre. » (Rob, Est.) 

Traîner. Conduire au supplice sur un tombe- 
reau : « Trainer et pendre estoit de la haute jus- 
« tice ; pendre seulement estoit de la moyenne. » 
(Grand coutumier de France, p. 524.) 

Fuitis soient de l'egUse et chaciez 

Et au gibet pendus et traitiez. (Besch. f. 333,) 

Princes, nuls homs n'est contre mort trainez; 

Viez pechié nuyt et Dieus est enfermez 

De noz meffaiz, vray juge et souverain. (Desch. f, S64.) 

Tralnnel. Voir Trainel : « Qui est trouvé pes- 
« chant au trainnek.. chet en amende. » (Bouteill. 
liv. II, p. 860.) 

Tralnstrent. Menèrent, au figuré : 

La furent menez les prisons^ 

La trainstrent il grant penitance. (G. Guiart, f. 5i.) 

Tralnt. Entre : 

Foux est qui os teus dames 

Se solace et déporte, 

Car nul à lor chastel ne traint, 

Qu*U ne convient qu'il sorte. (Ms. 7615, II, f. i39.) 



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Traioir. Seau à traire. (Monet.) 
Traiot. Seau à traire. (Cotgrave.) 
Traïp. Trahir : 

n m'est avis 
Qu'en baisant me traites, (Poêt. av. 1300, II, p. 950.) 
Us sont traiz 
De toutes partz. [G. Guiart, f. iOO.J 

Traire. 1*» Ressembler: 

Je trairai moult plus à mon père 

Voir que je ne fais à ma mère. (Ms, 7615, II, f. 177.) 

2* S'élever en l'air: 

Car esparvier n'est austrucier 

Ne faulcon bon haironnier 

Qui plus tost peust à mont traire 

Que le faulcon le sçavoit faire. (G. de la Bigne, f. 121.) 

3" Contracter; S. Bernard (p. 171) s'adresse à 
Jésus-Christ, à propos de sa circoncision : « Ke tu 
« d'altrui ne trasis onkes pechiet en ti. » — 4^ Met- 
tre: « Dressèrent escheiles contre les murs d'Ardres 
« (en 1405) et trayrent le feu dedans en plusieurs 
« lieux. » (Monstrel. I, p. 20.) — 5° Représenter: 

Bref qui veut en tableau tirer la poésie 
Déesse qui du ciel tombe en la fantaisie 
Qu'U tire de Ronsard seulement le portrait. 

Amadis Janyo, f. 234. 

6* Frapper: 

Sui au cuer trais et férus 

D'un vairs ieux, ses et agus, 

Rians, pour mieus assener ; 

A ce ne puet contrestre haubers ni escus. 

. Poét. av. 1300i IV, p. 1379. 

« Qu'amor mi li irai à bandon. » (Ms. 7989 % 
f. 65.)- 7'» Attirer: 

Ne soiez plus de convoitise trais, 

Dont guerre sourt, tribulation. (Desch. f, 311.) 

S^' Râler : « Quand il vit qu'il commençoit jà à 
« traire, et qu'il estoit presque mort. » (Chr. de 
S. Denis, I, p. 147.) — 9» Couper, enlever; on lit 
de l'empereur Néron : « Ton chief te fis en fin, par 
« ton serf traire. » (Desch. f. 317.) — 10^ Mener à : 
« Seceste œuvre povez traire à fin. » (Gér. de 
Kevers, 1" partie, p. 18.) — 11« Donner de la tète : 

GuiUaumes ne sait que faire 

Et ai n'en sait à quel chief tra^re^ 

Du mal qui ainsi le destraint. (Fabl. de S. Germ. f. 36.) 

12" « Traire avant vaines covertures, » alléguer 
de vains prétextes, dans S. Bern. p. 374. — « Traire 
« avant des paroles. » (S. Bern. p. 377.^ — 13<» Avoir 
des rapports : 

Maris puet à sa femme traire 

Et la femme avec son mari 

Pour hoirs avoir, lors sont gari, 

Ou pour Deu rendre par la loy 

Du pechié mortel ambedoy. (Desch. f. 560.) 

14o « Traire demeurée, » en latin moram con- 
/raft^e, dans la Chron. de Nangis, an. 1303. — 
15* Jouer : 

La vieUe et amors sont parel de Joie 

Et de solas, qui en set traire. (P. av. 1300, II, p. 821.) 

16* Représenter: « S'il advenoît que.... trouvis- 
« sions le roy sain et délivré, nous trayrons son 
« escu en tous les arbres. » (Percef. I, f. 34.) — 
17* Tirer de l'arc : « Le V* chapitre d'archerie si est 
• de traire à veue et se fait en deux manières ; 



« l'une si est traire à pied, l'autre si est de traire 
« à cheval. • (Mod. f. 43.) — 18« Emboucher : « Mors 
« trai ton cors et si le sone. » (Ms. 7615, I, f. 102.) 
— 19° Tenir en : 

Les bones dames honor aient 

Qui leur seignors à honour traient. (Ms. 7615, II, 177.) 

20« Tirer à soi l'argent gagné : 

Cil qui gaaignent à eus traient 

Et h perdent, crient et braient. (G. Guiart, f. 332.) 

21*» Emporter : « Que nul changeur, orphevre, ne 
« autre personne ne ose trahere hors de nostre 
« royaume or, argent, ne mace, ne biilon. » (Ord. 
II, 39.) — 22* Tirer sur un vêtement, le dépouiller : 

J'escbmmenLmoine qui sonne 

Mais j'aime cel qui.... et done 

Et va seoir j ouste la tone 

Et dist : Traies sor ceste gonne. (Ms. 72i8, f. 194.) 

Or tost traiez 
Sans contredit, vostre grant chape. (Ms. 7615, II, 151.) 

23* Eprouver, retirer de : 

Qui chiet en désespérance 

Por dolor, ne por mal traire. 

Tôt a perdu, sans dotance 

Et se c'est gieu ne set gaire. (P. av. 1300, III, p. 1166.) 

« Trop grant mal irai. » (Id. f. 995.) 

Aler m*estuet la u je trairai peine 

En celé terre u Dieus fu travelliés. (Id. f. 1239.) 

« Traite ai, pour lui^ mainte nuit doulereuse. » 
(Id. IV, f. 1407.) 

Plain sont de convoitise 

Avocat et notaire, 

Tout avant veulent estre 

Paiez de leur salaire ; 

Quant on tret de la gent 

Ce qu*U en puent traire 

Aucune pes honteuse 

Li conseillent à faire. (Ms. 7615, II, f. 141.) 

« Dont il traioit originité et naissance. » (Chron. 
de Nangis, an. 1303.) — « La dolor e la peyne qe je 
« tray. » (Hist. de la S** Croix, p. 2.) 

Pis vous fet la jalousie 

Que U maus que vous trayez. (Ms. 7218, f. 115.) 

24^ Mettre en marche : « Quand le maistre d*hosteI 
« eust disné, madame commanda les chariots 
« traire. » (J. de Saintré, p. 654.) — 25* Rappro- 
cher de : 

Lors dist Sanson, je vueil 

La grant ire que sur ceuls ay ;.... 

A une coulombe me tray 

Dit il à un qui le menoit. (Desch. f. 506.) 

26*" Extraire : « Les diz bailliz ne pourront traire 
« ne traittier nuls de leurs subjez hors de leur 
« chaslellenie et prevoslé. » (Ord. III, p. 681.) — 
27» Présenter : « J'en fray herauxen tesmoignage. » 
(Desch. f. 434.) — 28*S'approcher.de: « La nuyt estoit 
« refroidie par la pluye et par le temps qui se 
« trayait sur Yjyev. » (Percef. I, f. 46.) — 29» S'é- 
loigner de : « Traies vos la qui n'amés mie par 
« amors. » (Chans. du ms. Bouhier, f. 239.) 

Traisime. Treizième: « Traisimes roys fu 
« Childeris. » (Mousk. p. 229.) 

Traisnasserie. Action de tratner. (Cotgr.) 

Traisné. 1* Traîné : « Bataille peut estre jugée 
« par trois cas ; c'est assavoir par traison, dont le 



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« vaincu doit esire trahné et pendu. » (Ane. Coût, 
de Bret. f. 69.) — 2* Mené : « Il fust fait une entre- 
« prise sur luy à Angoulesme, aussi bien traisnée 
« qu'il en fust jamais. » (Brant. Cap. fr. IV, p. 319.) 

Traisnel. Trainnelle, filet: « Que nul ne pesche 
« à traisnel. » (Bouteill. U, p. 507.) 

Tralsnep. Traîner • « Traisner sa corde, ses 
« mots, une affaire. » (Oud.) 

Traisneresse. Qui traîne. (Cotgr.) 

Traisnerie. !• Espèce de trèfle. (Cotgrave.) — 
2* Action de traîner sur les mots : « Ces longueurs, 
« traisneries de propos, répétitions, témoignant 
« une envie de parler. » (Charron, Sagesse, p. 345.) 

Traisnette. Petit passement, dentelle d'or ou 
d'argent. (Oud.) 

Traisnenr. « Traisneur d'espée. » (Oud.) 

TraisQoir. Brouette, tombereau. (Oud.) 

Traïson. Trahison : « Traîson si est quand Ten 
« ne monstre semblant de haine, et Ten het mor- 
« tiement, si que par la haine l'on tue ou fet tuer, 
« ou bat, ou fet batre dusques à afoleure cheli qui 
« il het par traïson, » (Beaum. p. 48.) — « Traïson 
« la poitevine. » (Ms. 7615, II, f. 190.) 

En Poitou, si con nous dison. 

Ferme chatel de traïson ; 

Trahant le plus plaisant du monde, 

Dont Poitou est a la reonde, 

L'a si garni de fausseté 

Que nT a foi ne leauté. (Ma, 76i5, J, f, iid.) 

Traisonner. Trahir : 

Je voy, es cours, Tun Tautre décevoir, 

Traisonner, raison dissimulée. 

Au temps qui queurt, mentir, taire le voir, (Desch. 259,) 

Traistrement. En traître : < Ce mastin aboyeur 
« de mon entière vie Grincetant de ses dents escu- 
« meuses d'envie Traistrement contre moy, bava 
« sur mon renom. » (Baïf, p. 65.) 

Trait. !• Portée : « Estant à un ^rattd*arcloin. » 
(Apolog. d'Hérodote, p. 657.) — « N'en estant esloi- 
< gné de deux traits de canon. » (Mémoires de Du 
Bellay, f. 340.) — 2* Boulet: « Maistre Jehan le 
« canonier adresse son trait vers un Anglois et le 
« tue. » (Lenglet, Hist. de la Pucelle, II, p. 121.) — 
S» Projectile : « Trait des haquebutiers, archers et 
« arbalestriers. » (Mém. de Du Bellay, prolog. f. 1.) 
— 4° Point ; S. Bernard (p. 50) admire la brièveté 
et la douceur de ces mots: « Jhesu Criz li fils de 
« Deu naist en Betleem, » et il ajoute : « Si granz 
« est ii grâce de ceste parole k'ele ap mêmes en 
« commenceroit à avoir moens de savoir si ju en 
« mueques net un trait, * — « La manière aatta- 
« cher vostre trait à vostre gielle.... prenez le bout 
• et le passez parmi la poulie. » (Hod. f. 170.) — - 
5* Traces : « Passa et traversa landes et bois, telle- 
« ment qu'il ne trouva nul grand chemin, par quoy 
« l'en sceust riens trouver de son trait, » (Le 
Jouvencel, f. 73.) 

Chiez vous tant conseilla 
Que vous perdez FaUeluia; 
Si vous convient tenir au trait 
•• Flamens vont tost, et vous à Irait. (Ma, 68i2f f, 10,) 



6^ Marche lente, comme des chevaux qui tirent : 
« Parlons à traits^ à sens rassis. > (Rab. Y, p. 140.) 
S'enferme en sa chambre ou en retrait 
Pour escrire plus à l'aise et à trait, (Al, Chart, p, 557,) 

TraitaiUer. Faire continuellement de mauvais 
petits traités. (Mém. de Retz, I, liv. II, p. 365.) 

Trait de dixme. [Seconde dtme que le sei- 
gneur prenait sur les gerbes de paille : « Item, la 
« deuxième partie du trait de ladite dixme. » 
(1352, Aveu de Thorigni; L..C. de D. Glossaire de 
rOrléanais.)] 

1. Traite. Traître: 

Li faus bons avers et traites, 

n est touzjours embruns et tristes ; 

Quant U ot les biens recorder, 

Car U ne s'i puet acorder. (Ms. 7615, 1, f, ii9.) 

2. Traite. Poursuite : « Si nos officiers à traite 
« ou poursuitte d*autruy calengent personne pri- 
« sonnier, pour avoir exploité sur autre seigneurie, 
c sur plainte d*adveu icely prisonnier sera mis au 
« délivre. • (N. G. G. II, p. 61.) 

3. Traite. [Petit chemin : « Tirant vers le vent 
« de galerne.... au chemin en adresse et traite des 

< champaisdu lieu du bois des Bordes et de 

« ladite traite^ suivant icelle. » (1668, Aveu de la 
justice de Grandviliers ; L. G. de D. Glossaire de 
VOrléanais.)] 

1. Traitement. En traître : 

Amie, amour, amant, avez amô 

Très loyalment, le cours de vostre vie ; 

Amours à tort vous a mes diz blamô 

Traitement et par mauvaise envie. (Desch. f. i62,) 

2. Traitement. Honoraires: « U seroit Mille 
« à chascun d*eux mille livres à traitement, » (La 
Noue, p. 153.) 

Traiter. 1« « Traiter mal, » méditer une mé- 
chanceté, aux Serm. de S. Ber. 329. — 2* Nourrir : 
« Alla prendre garde à son cheval, qu'il traita de 
« ce qu'il trouva. » (Nuits de Strapar. II, p. 209.) — 
3*" [Assigner : « Nous avons fait inhibition et deffense 
« de par monseigneur le duc d'Orliens, à Perria 
« Rame, vigneron, que il ne traitte^ ne travaille, 

< ne face traitter, travailler, ne convenir Jehan de 
« Marc, sergent... » (1402, Ordonnance du prévôt 
d'Orléans; L. C. de D. Gloss. de rOrl.)] 

1. Traiteur. Négociateur : « Puis que je estoye 
« traiteur moyen, il me convenoit essayer de mou- 
« voir plusieurs voyes afin de procurer l'acort 
« d'une partie et d'autres. » (D. C. sous Tractor.) 

2. Traiteur, euse. Traître : « Sur la mort et 
« occision traiteuse. » (Preuv. sur le meurtre du 
duc de Bourg, p. 269.) — « Traiteuse beste. » (G. 
Guiart, fol. 78.) 

Traitis, iz. 1* Souple, tendre : 

La face clere et traitice 

Aine plus bêle ne veistes. (Ms, 7989*, f, 73,) 

Les ieus vairs et rians, lonc et traitis le nez. 

Mf . 7tl8, f. $44. 

Suant fistes premièrement 
ue je son viaire traitis 
Esgaj*dai, tant fui esbahis 
Que je ne sai qu*adonc fesoie. ^.Vf^. 7218^ f, i56,) 



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(M9. 68iS, f. 60.) 
(G. &uiart, f. 8U,) 



n est bians èi fàitiz, 
S*a cors gracieus et iraitiz. 
Cil bastoQ sont lonc et traitiz, 
2o Mélodieux : 

Bobins d'une flautele 

Y faisoH des sons traitia. (P. av, iSOO, IV y p. ioSS,} 

Traitols. Trahison : 

Me Guident li traitors 

DeceToir en traitois: 

Si ce Guident, c'est lolors ; 

Je ne pris riens leur janglois. [P. av. iSOO, IV, iSii.) 

Traiter. Traître ; v. Traitois. 

Traitoar. Môme sens : « Homicides et irai- 
« toiers. » (Ms. 7615. 11, fol. 146.) - • Quand ils 
« furent ainsy ordonnez, si se mirent au chemin 
« les dits charretiers et vinrent à la porte ; le trai- 
« tour appella les portiers qu'ils lui ouvrissent 
« tantost la porte. » (J. de Paris, sous Ch. VI, 149.) 

Traltreux. Donné par trahison : « Mort irai- 
« treuse, » (G. Guiari, f. 232.) 

1. Traltte. Traître: • Si mesdisans m'ont sor- 
« dit, Comme traittes Font fait. • (Poët. av. 1300, 
t. IV, p. 1511.) 

2. Traitte. l*" « Traitte, • en Auvergne action 
de tirer Vargent qui se trouve dans les troncs des 
églises. (D. G. Tracta 3.) — 2» Poursuite judiciaire : 
« En cas de fuite ou absence du facteur, le blessé 
« ou affolé pourra donner traitte par saisissement 
« des biens d'iceluy facteur. » .(N. G. G. II, p. 59.) 

— 3* Voyage : « Après avoir résolu mes rouîtes, je 
« résolus mes traittes. » (Mém. de Bassomp. Il, 
p. 168.) — 4'' Traîne: « Audessoubz de la ceincture, 
« couvroient tout le reste du bas d'une ample stole 
« pendant jusques à terre en devant, et par derrière 
« estandant une longue ^rai^^e traînant par terre... 
« auxquelz on donnoit à entendre que ceste longne 
« traitte en bas derrière le vestement estoit la 
« marque et enseigne de la noblesse féminine qui 
« par la longueur de la queue se mesuroit, laquelle 
« opinion dure encore aujourd'hui. » (Alect. Rom. 
p. 60.) 

Traittement. Négociations : « Après plusieurs 
• traittemens sur ce euz, ou pour parler entre au- 
« cuns des nostres d'une part et d'autre. » (Preuv. 
sur le meurtre du duc de Bourg, p. 255.) 

Traitter. 1* Fêter, bien traiter : « Elles flattoient, 
« caressoient et traittoientk leur possible. > (Strap. 
n, p. 171.) — Parlant de la fortune : 

Qui ses gens feit de vil et ort merien 

Pour gouverner la finance qu'on traitte. (Desch. f, 244.) 

On lit des Espagnols qui avoient des p... dans 
leur armée : « Les aiment, traittent et chérissent 
« comme princesses. > (Brant. Cap. fr. III, p. 417.) 

— « Si vous cliasciez lièvres ou chevrelx, ou cerfs, 
« ou autres bestes, en traittant, senz limiers, c'est 
« belle chose et plaisante. > (Gast. Phéb. p. 127.) — 
2* Condamner: « Condamner, punir et traitter à 
« amende. » (Ord. III, p. 694.) 

Tralisse. « A la tralisse^ » à la traverse. (Brut, 
ms. Bomb. f. 94.) 



Tramail. l*" Billot qu'on met au cou d*un chien 
pour Tempécher de courir dans des endroits où il 
peut faire du tort. (Du Gange, sous Tramaiolm.) — 
2" Filet : « Pour repousser en mer la barque pois- 
« sonniere Et tendre ses engins, son trible et son 
« tramail. » (Rem. Belleau, p. 114.) 

Tramalller. Mettre au col un tramail. (Oud.) 

Trambler. Brandir : « Le dieu en tramblant 
« une espée, lui dit : faits pénitence de ton meffait.* 
(Percef. IV, f. 154.) 

Tramblol. En tremblant: « Que porter ne vous 
« puisse chascun jor à trambloi. » (Ms. 7218, f. 343.) 

Tramer. « Tramer, faire une trame, » dans 
l'Apologie d'Hérodote, p. 237.) 

Tramettre. Transmettre : 

De vir les montaignes de sel 

Les baings chaux, dont maint sont garis, 

Dont le cours desquels est naturel 

Par vaines de souffre tramU, (Desch, f, 356.) 

« Les mesaiges trametez. » (Parton. fol. 168.) — 
« Trametre paroles. • (Serm. de S. Bern. p. 254.) 

Li comanda 
Qu'une fille li tratnesist, (Mouak. p. SS.) 

Va moi la où je te tramet. fMs, 7218, f. 6i.) 

Ses mesages li trametoit. (Ms. 7989 ', f. 66.) 

Messagiers sui, à lui tramiSf 
De melUeur de tous ses amis. (Athis.) 

Trammettre. Même sens : « Les partages ainsi 
faits, chascun des héritiers doit opter dans qua- 
rante jours, autrement le défaillant ouvre et 
trammet son droit à celuy qui le suit en ordre 
immédiatement. • (N. C. G. Il, p. 1167.) 

Tramontane. \^ Etoile polaire : « L'estoile 
polaire qui fait la queue de la petite Ourse, ainsi 
nommée pour estre la plus prochaine de celles 
qui sont près du pôle artique, est appelée en la 
mer Mediterrannee par les Italiens Tramontane.^ 

(Pasq. Rech. p. 360.) — 2» Vent du nord: « Les 

pèlerins faucons s'en reviennent es parties 

septentrionnales subjettes à la tramontane pour 
faire leur aire et leurs petits. » (Fouill. fauc. f. 9.) 

— 3** Guide : « Il (Dieu) marie les sceptres avec les 
houletes... c'est la seule tramontane qui aligne 
touttes leurs actions (des rois et des hommes), et 
leurs affaires et conduit leurs desseins à bon 
port. » (Villeroy, V, p. 205.) 

Trampe. Trempe, au flguré : 

n n'y a désormais ny rivière ny bois, 

Plaine, mont ou rocher qui n'ait squ par ma voix 

La trampe de ma vie à tout autre celée. (Desportes, SOi.) 

Tran. « Mon dessein estoit de lui oster (au 
« comte de Garson) la gloire de Candale et la bisar- 
« rerie de Tran; mais j'y ai perdu el tiempo. » 
(Mém. de Sully, IX, p. 322.) 

Trance. [Transe : « Fors purée, poys, cresson ; 
« mais la trance Ont ceuls dehors, s il est qui y 
« prant gardes. > (Desch. éd. de S*-Hilaire, 11, 64, 
V. 21.)] 



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Ouant au logis» Dieu scet comme il est froys 

Et à dangier se fait la délivrance ; 

De bûche avoir en sale est on en trance ; 

Deffulez sont servant et escuyer. [Desch. f, 209.) 

Gouverner leur fait soustenir 

En plusieurs lieux aler, venir, 

L*un paier, l'autre faire trance, [Id, f. 562.) 

Tranchant. 1* Décisif ; 

Et si fu si bien doctrines, 

Et si sages, et si sachans 

Et de paroles si tranchans 

Que nus n'i peust entremainre 

Puis qu'il vousist sa langue estrainre. (Ms, 7989 ^ f. 239.) 

2o Mordant : « Famé si est maie et tranchant. » 
(Ms. 7615, II, f. 153.) - 30 Perçant : 
En mon triste et doux chant, 
D'un ton fort lamentable. 
Je jette un œil tranchant 
De perte incomparable. (Brant. Dam. ill. p. i2i.) 

Tranche. Subst. !<> Bêche : 

Toujours avec la besoche, 

La tranche, le piq, le boyau. 

Nous faisons si bien une approche 

Que nous renversons le chasteau. (A. Jamin, f. 226.) 

« La place est très mal envilaillée, non pas seu- 
« lement pourveue de pâlies, de tranches ny de 
« hottes pour remparer et remuer terre. » (Brant. 
Cap. fr. II, p. 188.) - 2* Balafre : * Deffait et defft- 
« guré, par la tranche qu'il avoit au visage. » 
(Math, de Couci, Charles VII, p. 646.)— 3« Tranchée: 
« Syes sourdes, bien tranchées et amanchées de 
« plomb, avec lesquelles les ennemis soyerent la 
« nuit, et sans bruit, les palissades d'une place rez 
« à rez de terre ; mais non pas tout oultre ; et puis 
« remplirent la tranche de terre. » (Mén, Duguescl. 
p. 482.) — 4* Qui vient à la traverse : 

Sainte ygUse seut estre firanche, 

Or est venue une main tranche 

Qui toute la fait tributaire. (Ms. 6812, f. 74.) 

Tranchéement. D'une manière décisive : 
« Nous avons écrit que tranchéement la trêve que 
« le roy demande pour les Anglois et Hollandois 
« nous avoit esté refusée. » (Mém. de Bellievre et 
Sillery, p. 276.) — « Ne tiendra point en nous que 
« n'y faisons quelque appoinlement, affln d'exe- 
« eu 1er tranchéement l'emprinse contre les dits 
« François. » (Lelt. de Louis XII, IV, p. 166.) 

Tranchées. « Il avoit fait couper certaines 
« tranchées de fossez. » (Hath. de Couci, Charles 
VU, p. 621.) 

TrancheflUe. Bordure : 

Là, d'une chanvreuse fllace, 

Tissiet le lin qui m'enlace, 

La corde et trancfiefille aussi 

De son arc qui me navre ainsi. (A, /omin, f, 222.) 

Trancheplume. Canif : « Quand je dy du 
« taillant dudit fer, ce n'est pas à dire qu'il soit 
« trenchant comme pourroit estre un Cousteau ou 
« trancheplume. • (Fouill. fauconn. p. 15.) 

Trancher. 1<> Traverser : 

Si joint au pont une chaude 

Que le mares en travers tranche 

Par devers lenz, en lieu de planche. (G, Guiart, f, 295,) 



2* Exposer précisément : 

Cel an que Dieus, qui pas ne ment 

Fist du roi son commandement, 

Furent, si con l'ystoire tranche. 

Couronnez Lois, lui et Blanche. (G. Guiart, f. 148.) 

3* Se donner des airs de : « Trancher du paran- 
« gon, » de l'excellent, dans Cl. Marot, p. 201. — 
« Trancher de l'historiographe, » dans Rabel. IV, 
p. 22. 

Trancheure. Ligne transversale: « La teste 
« (du cerf) qui est appellée teste contrefaitte, est 
« celle qui a les perches boiteuses et qui n'a mie la 
« trancheure belle. » (Mod. f. 18.) — « Sur chacune 
« plume ou lignes noires qui sont sur la queue a 
« aucune trancheure. » (Fouill. faucon, f. 60.) 

Tranchls. 1* Coupe de bois: « Tranchis de bois 
< sont deffensables jusques à trois ans. » (C. G. II, 
p. 76.) — 2* Tranchée : « Le comte de Charolois 
« envoya les francs archers Normans faire un tran- 
« chis sur la rivière et estoit icelui tranchis garny 
« d'artillerie. » (01. de la Marche, I, p. 477.) 

Tranchoir. Plaque de métal ronde ou oblongue 
sur lesquelles l'écuyer tranchant découpait les 
viandes, pour les déposer sur des tranchoirs de 
pain bis fabriqué à Corbeil. « Prenoit la viande 
« coupée avec un tranchoir d'argent, et le mettoit 
« devant le duc. » (Estât des officiers des ducs de 
Bourgogne, p. 57.) 

Trancholsons. Tranchées» douleurs d'entrail- 
les : « Trop de viande prinse. tant bonne puisse 
« estre, griefve nature, enfle restomac, engendre 
« les tranchoisons, croist les mauvaises humeurs.» 
(Triomphes de la noble dame, f. 116.) 

Tranchouer. Voir Tranchoir: « Il estoit monté 
« dessus un beau coursier, à une moult belle hous- 
« sure toute couverte de tranchouers d'argent , 
« dessus chascun desquels y avoit une grosse cam- 
« pane d'argent doré. » (Chr. se. de Louis XI, 82.) 

Trançonner. Couper : 

n youdroit mieux sa chemise brasier. 

Et trançonner sa langue trop volage. 

Couper sa main, que cela fist parler 

Eucontre soy, quelque mauvais langage. (Tahur.p. 191.) 

Tranglotlr. [Etrangler ; v. sous Sebodtir.] 

Tranler. Trembler : « Trestout li vont tranlant 
« li membre. » (Ms. 7989% f. 90.) — Tremble : « Si 
« tost que le soir fust venu, il s*arresta soubz un 
« tranle grand et estendu et dist à son escuyer 
« qu'il misl pied à terre. » (Percef. III, f. 38.) 

Tranlle. Tremble, arbre : « Tranlles employez 
« à faire chandeliers de travers du chœur. » (Preuv. 
sur le duc de Bourg, p. 311.) 

Trannée. Traînée, charoene qu'on traîne : 
« Prendre les loups à la trannée. > (Rab. I, p. 244.) 

Tranquillter. Tranquilliser : « Par ce moyen 
« assoupit et tranquilita toutes choses à petit 
« bruit. » (Pasq. Rech. p. 507.) 

Tranquiller. Môme sens: « Tranquiller le 
« royaume, » dans Godefr. annot. sur Charles TI, 
p. 697. 



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Tranquilliser. M. de Mézières m'a dit tenir de 
Tâbbé Dangeau, que du temps de M. le cardinal de 
Mazarin, une dame de la cour étant sur un canapé, 
se servit de ce mot et qu'il fût adopté par tout le 
monde. 
Transacteur. Qui transige. (Monet.) 
Transaction. !• Transfert : « Action de tran- 
« saction, si comme de mettre la cause et action 
« qu'on a en la main d'autruy, donner son action.» 
(Bouleill. Som. rur. p. 55.) — 2o Déménagement : 
« Transaction est permutation de lieu en autre. » 
(Bouteill. Som. rur. p. 305.) — 3« Passage: 

Parmi le peuple dlsrael s*en alla, 

Parmi la mer et leur co^piacions 

Que sa verge Moïse devisa : 

Sans eulx mouiUer fu leur transaction (Desch. f, i29,) 

Transcender. Dépasser : « Marguerite Porée 
« qui avoit trespassé et transcendé TEcriture di- 

• vine. » (Favin, Th. dhonn. Il, p. 163.) 

Transcrlpt. Copie : « Ce sont les transcripts 
« des lettres que les Grecs envoyèrent à mon sei- 
« gneur et à ma dame. » (D. C. sous Transcriptum.) 
— « Lettres dessus transcriptez. » (Ord. III, 167.) 

Transenter. Enter. (Oudin.) 

Transficher. Planter : « En son escu sont 
« trans fichez les ongles des deux pieds au serpent 
« et les jambes mesmes jusques à la première 
« joincte. • (Percef. II, f. 87.) 

Transfigure. Métamorphose : 

Au Dieu dormant tramist Yrim pour faire 

Ed lieu du roy Morpheus transmuer 

Vers Alchyone et monstrer exemplaire 

Et il si fist par son transfigure. (Desch, f, 9.) 

Transfigurer. Métamorphoser : « Mais est 
« abesté le bonhomme, et paist l'herbe , et est 
« transfiguré en une besle sans enchantement. » 
(15 Joyes du mariage, p. 116.) — « Sathan qui 
« estoit monté à cheval en Testât de prince, se 
« transfigura en la fourme d'esperit. » (Mod. 292.) 

Transflner. Passer les confins de son héritage 

pour mener paUre ses bétes sur celui d'un autre : 

, « Ne peuvent aller ou envoyer en lieu... ou... il soit 

« de nécessité au bestail passer du lieu de sa giste 

« sur un ban ou finage moyen au leur, et à celui 

• auquel ils prétendent passer, que l'on dit en 
« terme commun transfiner. » (C. G. II, p. 1073.) 

Transfreter. Traverser la mer. (Contred. de 
Songecreux, f. 183.) 

Transfuglé. Transfuge : « Un brave gentil- 
« homme françois du pays d'Artois, transfugié avec 
« l'Anglois, sauva la vie au roy Jean, à la bataille 

• de Poictiers. » (Brant. Cap. fr. I, p. 12.) 

Transglotlr, outlr. Avaler: « La couleuvre 
« cest convoilise (laquelle Thomme) doit mettre 

• soubs le pied, et la tuer, et transgloulir, » (Mod. 
fol. 39.) 

Par dou amors, un pou me dou 
Que cil ne soit fox qui vos croit 
Estranglez ert qui vos transgtout ; 
Vorés est cil qui trop en hoii. [Poêt. av. iSOOy /, p. Sio.) 
X. 



Gloutonie qui moût des ambées 

Armé de gueules engoulées 

Transglouties à grant goulées. (Ms, 7615, II, f» i9$.J 

Char transgloutissent et bouiaus 

Et fiente, et tout (G. Guiart^ f. 75.) 

« La nature (du cerf) lui donne de querre une 
« fourmilliere où il y a une couleuvre blanche... 
« puis la tue du pié et la transglotist toute entière.» 
(Modus, fol. 38.) — « Ont chiens... maladie qui leur 
« vient en la gorge, ...qui ne les laisse transgloutir 
« ce qu'ils menguent. » (Gast. Phéb. I, f. 105.) 

Ne morsel ne transglotir mie, 

Por haster, nepor gloutonnie,- 

Ainz que tu Taies avalé. [Fabl. S. Germ. f. i2.) 

Las I que devint Chore et Abyron ? 

Transgloti sont, terre les absorboye. (Desch. f. S76.) 

Transgreder. Transgresser : « Merveilleuse 
« discipline estoit en severe et aspre correction de 
« ceulx qui desobeissoient ou qui presumoient 
« transgreder la discipline et loy qui leur estoit 
« donnée. » (Hist. de la Toison d'or, II, f. 74.) 

Transgredlens. Transgresseur, contrevenant. 
(Ord. V, p. 6a4.) 

Transgres. Contravention. (Coût, de Norm. 175.) 

Transgresse. Allégresse, transports de joie; 
« Comment le chevalier... eut la première collée, 
« par sa grande transgresse qu'il avoit d'estre che- 
« valier de la main du rojr. » (Percef. IL f. 149.) — 
« Il iressailloit tout de joye, et par transgresse 
« saillit jus de son cheval... et mist son col soubs 
« la palme de la main du gentil roy qui Tavoit 
« hault levée pour donner Vacollée à son fllz. » 
(ïd. f. 148.) 

Transgression. Contravention. (Ord. III, 150.) 

Translble. Passager : « En ce monde transible.^ 
(Ord. de Chevalerie, f. 11.) 
Transie. Etat d'un homme transi de froid. (Oud.) 

Translf . Transi : • Esmeu, transit, tremblant. » 
(Rab. IV, p. 287.) 

Transigé. Transféré. (Bout. Som. rur. p. 492.) 

Transiger. « Transiger se prend généralement 
« pour expédier, finir et mettre à fin quelque af- 
« faire, ...et pour décider et composer de quelque 

« chose douteuse de laquelle il y avoit procez 

« avec certaine paction et convention faite entre 
« les parties. » (Bouteill. Som. rur. p. 309.) 

Translgner. Changer d'assignation ; parlant 
de la succession d'un père dont les enfants avaient 
traité entre eux de son vivant : « L'ordonnance du 
« père... estoit muée et transignée. » (Bout. Som. 
rur. p. 306.) 

Transir. 1* Sortir de : « Jusques à tant que 
« rame fust issue du corps et quant elle fust tran- 
« sie. - (Chron. de S. Den. II, f. 54.) — « Bithinie, 
« province d'Asie, où transist S. LucTevangeliste.» 
(Tri. des IX Preux, p. 290.) — 2^» Trembler: 

Mon ame de frayeur transit, 
Une pâleur couvre ma face. (Perrin, p. 395.) 

Onques nus hom ne transi 
De mort si désespéré. (Vatic. 1490 ^ f. 29.) 

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Transis. !• Mort: « Cuidans... qu'il fut transis, 
« luy avoient couvert le visaige. » (Monslrelet, I, 
p. 163.) — 2* Comme pénétré par le froid : « Les 
« histoires des mauvais tours que femmes font aux 
« amoureux trajisis, » (Loyer des fol. am. p. 299.) 

Transite. Trêve : 

Ne puet la guerre remanoir ; 

Volontiers fait la transite 

Et la pucele clamast quite. (Blanchand, f, i9i,) 

Transitoire. Passager : 

Bien peu est bavoureux ton fhiit ; 

Trop dure le mal qui s'enftdt 

Pour un transitoire plaisir. (Bl. des F. amoursy p, 224,) 

Translvement. Rapidement : « Il fist voiler la 
« teste (du connétable de S. Pol) de dessus les 
« espauUes si tost et si transivement que son corps 
« cheit à tecre aussi tost que la teste. » (Chron. Se. 
de Louis XI, p. 246.) 

Translat. 1* Copie : « J'ay reçu la voslre par 
« Arnault avec le translat des articles, pour le 
« commerce, que vous avez arrestez et signez. » 
(Mém. de Sully, VII, f. 263.) — 2o Traduction : « Le 
« passe temps des amis, avec un translat d'Ovide, 
« c'est le titre d'un ouvrage de Charles de Fon- 
« taine. » (Du Verd. bibl. p. 154.) 

Tratislater. Traduire : « Jou qui le vie ay 
« translaté. » (Vie des SS. Sorb. LX, c. 67.) 

Translateur. Traducteur. (Cotgrave.) 

Translatice. Traductrice. (Oudin.) 

Translation. Traduction : « Version et trans- 
« lation. > (Am. ressusc. p. 89.) 

Transluire. Briller : « Transluysoient, relui- 
« soient, jettoient de l'éclat. » (Gloss. de Marot.) 

Transmarcher. Aller par un chemin de tra- 
verse. (Oudin.) 

Transmontain. Né au delà des monts : « Les 
« successions des aubains, bastards et transmon- 
« tains qui vont de vie à trespas, sans hoir légitime, 
« demeurans au royaume, appartiennent au roy 
« ou au seigneur ayant les droits royaux. > (N. C. 6. 
III, f. 377.) 

Transmuer, i*" Métamorphoser : « Il se trans- 
« mua en cerf. » (Perceforest, V, f. 102.) — ^ 
Transporter : « Quant Gallafar ouyt ça, il fut tout 
« transmué de joye. » (Percef. V, f. 52.) — « Les 
« cueurs transmuer de liesse en amere tristesse. » 
(Percefor. VI, f. 43.) — 3* Changer de résidence : 
« Le duc d'Orléans.... l'envoya (la duchesse) en un 
« cbastel.... qu'on dit Asnieres.... et delà elle fut 
« transmuée, mise et envoyée ou Neufchastel sur 
« Loire. » (Froiss. IV, f. 233.) — 4" Se transformer : 
« Les choses transmuèrent autrement dedans brief 
« temps. » (Froiss. liv. Il, p. 292.) 

Transmutation. Echange. (Beaum. p. 191.) 

Transnager. Passer à la nage : « Il n'espo- 
« ventast plus de passer rivières celluy qui bien 
« savoit transnager les mers. » (Tr. des IX Preux, 
p. 138.) 



Transompt. Copie. (Cotgrave.) 

Transparens. Habits de femme à la mode en 
1676. (Lett. de M- de Sévigné, IV, f. 62.) 

Transpercer. « (Sisara) trouvant le roy en- 
« dormy eu sa place, lui transperça d'un viel 

« clou ceste royalle teste. » (Marg. de la Marg. 

p. 273.) 

Transpirable. (Oudin.) 

Transplacer. Transporter. (Oudin.) 

Transplantation. (Cotgrave.) 

Transplantement. (Cotgrave.) 

Transpontln. [Strapontin : « Pantagruel tenant 
« ung Heliodore grec en main, sus ung transpon- 
« tin ou bout des escoutilles sommeilloyt. » (Pant. 
IV, f. 63.)] 

Transporté. Saisi d'un violent mouvement de 
passion : « Se monsti*a il pas bien transporté du 
« cerveau. » (Tahur. p. 152.) — « Quand on dit, 
« c'est un pauvre innocent, emporte moins; 
a transporté^ insensé et autres tels emportent plus, 
« d'autant qu'ils approchent de la signification de 
« fureur. » (Apolog. d'Hérodole, p. 20.) 

Transportement. Transport. (Rob. Est.) 

Transporter (se). Terme de vénerie ; s'em- 
porter : « N'est pas sanglier si viste, ne si legier, 
« comme sont les doulces bestes, mais fuit en 
« tournoiant ; et pour ce se transportent aucune 
« fois chiens, et passent oultre de leur radeur. » 
(Mod. f. 47.) 

Transquillité. Tranquillité. (Ord. III, p. 573.) 

Transquis. Tranquilles : « En ces beaux jours 
« devotz, doulz et transquis. » (CoUerye, p. 150.) 

Transrongeant. Rongeant : « 11 se sentit 
« assailly de si forte angoisse que ses yeux ardens, 
« sa face blesme et sa bouche transrongeante les 
« ongles innocens, donnoient tesmoigna^e d'une 
« juste impatience. » (Print. d'Yver, f. 207.) 

Transsir. Transporter : « L'admiration dont ils 
« me transsirent. » (Mont. Ess. I, préf. p. 4.) 

Transsonner. Couper par tronçons : « Nous 
« vous requérons chascun d'ung estour ou de deux, 
« touchant des espées, pour scavoir si vous estes 
« aussy preux au ferir, au transsonner les lances. » 
(Percef. III, f. 121.) 

Transsumptivement. D'une manière figurée : 

Doncques nul ne me peult nyer, 

Se mon entendement ne ment 

A parler transsumptivement. (G. de la Bigne^ f. i34.) 

Transvasation. Action de transvaser. (Cotgr.) 
Transubstancier. Convertir une substance 
en une autre. (Cotgr.) 

Transversal. « Successions de biens avitins 
« ou de conqueste fait pour les père ou mère 
« devant leur mariage solemnisé ne monte jamais, 
« soit en droite ligne ou en transversale tant qu'il 
« y a des parens collatéraux de decedé en pareil 
« branchage, ou plus bas branchage transversal 



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que le decedé descendant du tronc de l'acque- 
ranl. • (G. C. II, p. 713.) 

Transversep. Traverser : « Et en grande dili- 
gence transversa les marais. » (Rabel. I, p. 293.) 
Transvestlr. Travestir : « Qu'il eust à lui 
envoyer un sien fidèle transvesty. » (Mém. de 

Du Bellay, f. 298.) — « Soldats italiens ...transvesHs 
en païsans. » (Id.) 

Transumpter. Changer: « Le laquais faisant 
semblant aller tirer du vin, esloit allé quérir 
son maislre et autres chanoines pour tran- 
sumpter et prendre le double de la trongne de 
ce tournebrocbe. » (Eutrap. p. 113.) 
Traosumption. Figure: « Il est une autre 
manière de transumpHon, quant en disant Tung, 
on entend Tautre. » (Fabri, Rhétor. I, f. 87) 
Tpansvoler. Traverser en volant: • Atant 
passa oulire, en transvolant le lieu jusques au 
vol. » (Percef. IV, f. 108.) 
Transy. Refroidi: « A Viterbe... le corps de 
S'* Rose repose en chair et en os et n'est que 
transy. » (Voy. de Charles VIII à Naples, p. 150.) 
Trantran. Onomatopée: « Trantran du cor 
des chasseurs que les Romains voulurent expri- 
mer par un taratentara. » (Pasq. Rech. p. 671.) 

— « Entendre le trantran^ » bien danser au^son 

des timbales. (Oud.) 
Trantraner. Sonner de la trompette. (Cotgr.) 
Traoil. Dévidoir, treuil (D. C. sous Traolium.) 
Traçan. « Les Champaignois appellent un ais 

« de bois trapan. » (L. Trippault, Celthell.) Ce mot 

a même signification en Bourgogne. 
Trapasser. Transporter: « Nous monterons 

« trestous à cheval et ferons trapasser tout nostre 

« barnoiz et sommage que les varies meurent 

« devant. » (Du Guescl. Men. p. 105.) 

Trape. Piège : « Cheus en maie trape. » (Ms. 
7996, f. 44.) — « Colombiers, fuies, trapes. » (Sully, 
X, p. 228.) 

Bien vos osterai de cete hape 

Et a remanront en la trape. (F. S. Germ, f, 282J 

Prins comme la rat à la trape» (Nuits de Strap, p, i4i.) 

Par aventure s'en eschape 

IX damolsiaus de celé trape ; 

Sor un merrien en vint à port. (Blanch. f, 83. J 

Si toit S. Pierre ^ant tiere 

Et S. Àdriens qm fu pape, 

Ki moult cremoit lui et sa trape 

Se plaint à Charlon et manda 

Qu'il le venist souccorre la. (Mousk, p, iiO.) 

Trapé. Gros, trapu: « Il esloit homme trapé^ 
« bien amassé. » (Desper. 1, p. 282.) 

Li bons morsel seront 

As gloutons eschapé ; 

Les sausses camelioes 

Et U poivre trapé. (Ms. 7615, II, f. 142.) 

Trapeler. Enfermer : 

Le soucretain ont apelé 

Qui le trésor ot trapelé ; 

Cil ne respont ne guamvis : 

Por qoy ? Qu'U s'en estoit fuis. (Ms. 72i8, f. 296.) 



Trapin. Gros panier rond pour la cueillette des 
pommes en basse Normandie. (Hén.) 

Trappaux. Trapu : « Ils sont trappaux, refaits, 
« gras, de large quarrure, Testomac et la poitrine 
« toute couverte ae poil. » (Merl. Coccaïe,I, p. 332.) 

Trappe. Piège: « Toute personne prennant, en 
« quelque part que ce soit, vieils pigeons à trappe^ 
« fillets ou collets, est.... punissable, comme ayant 
« commis larcin. » (C. G. I, p. 244.) 

Trappe. Trapu : « La graisse prend plutost sur 
« un homme trappe et de moyenne stature que 
« non pas sur un bien grand et naut personnage. » 
(Trippault, Celthell.) 

Traquant. Chassant ses troupeaux devant soi : 

Comme un large sentier, entre deux montagnettes^ 
Roulant par le vallon des forests plus segrettes, 
De nei^e revestu, que le traquant berger 
N*a pomt foulée encor de son pié passager. 

R. BeU. I. f. 17. 

Traquenar, ard. « Il n'y a difficulté quelcon- 
« que que les femmes des notaires n'aillent au 
« traquenar de Tambition et de la braverie. » (Caq. 
de l'accouchée, page 188.) — a Le traquenard 
« S. Michel. » le diable. (Oud.) 

Traquenard. Cheval qui a l'allure dite traque- 
nard, espèce de trot décousu : « Autre est le port 
« d'un beau grand coursier ou genêt que celuy 
« d'un mince traquenard ou courlault. » (Cholières, 
f.22i.) 

Traquet. Morceau de bois qui traverse la tré- 
mie d'un moulin : « Faisant bruit comme traquets 
« de moulin. » (Rabel. V, f. 158.) 

Trasce. Billot (?) : 

Auauel Ton deust donner trasce de chesne, 

En naut levé, et de corde une longe 

Ou les getter dedenz le fleuve d'Esne (Aisne). 

Des^fol.289. 

Traslier. Graine d'écarlate. (Oudin.) 

Trasmy. Transporté : « Le cœur de joye si 
« trasmy. » (Marg. de la Marg. I, f. 75.) 

Trasonesque. « Trasonesque, fendant, fan- 
« faron. » (Bouchet, Serées, III, f. 29.) 

Trasse, asce. 1» Vestiges, marque : « Leurs 
« piez (des boucs sauvages) sont comme des autres 
« boucs privez ou chievres, et leurs trasses grosses 
« et grandes et reondes plus que d'un cerf. » (Gast. 
Phéb. p. 30.) — « A grant poinne verra l'en par les 
« trasces d'un sangler, que on n'en voye par les 
« os. » (Gast. Phéb. p. 162.) — 2» Généalogie : « Or 
« vous ay je compté la trasse de messire Bertrand 
« du Guesclin. » (Froiss. III, p. 216.) 

Trasser. !• Faire route : « Maint trassent pour 
• leur désir trouver. » (Desch. 203.) — 2« Torturer : 

C'est faulx rapport que n'ayma oncques amant, 

Qui contre moy a si fort embrassé 

Par croire trop et mon cuer si trasse, (Desch. f. ili.) 

Trater. Porter : 

Cil qui a traté ce dolor 

Tans longuement, par vostre amor. (F. de S. Germ. 245.) 



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Traa. Trou : 

Restoupoient de itiairiens ' 

Les traus, encontre les engiens. [Mousk, p, 707.) 

Travail, l** Souffrance pénible : « Il apartient à 

Sersonne de roy que il doit aide et miséricorde 
e ceus qui sont sous soy, et leur doit allegier 
leur travaillans et leurs travaux. » (Thaumass. 
Coût. d'Orl. p. 466, an. 1183.) — 2* Instruments de 
la passion : « En lieu de gaige mist les travaux et 
les angoisses de la passion de N. S. J. C, c'est 
assavoir la Sainte Croix, la greigneur partie, et 
le fer de la lance, et Tesponge. » (Chr. de Nangis, 
an. 1239.) 

Travailler, i^ [Lutter contre : « Et ilec avoit 
luttié et travaillié moult fortement contre un fort 
homme prestre Cauchois qui moult rudement le 
getta à terre par plusieurs foiz. • (JJ. iii, p. 153.)] 

— 2* Souffrir: « Il vint si à point que son frère 
Fromont travaillait à la mort ; et quant il vint 
par devers luy. Bruyant, frère de luy et tout le 
lignaige commencèrent à mener grant dueil, et 
en ce dueil faisant, Fromont rendit Tame incon- 
tinent. » (Percef. I, fol. 61.) — « Une damoiselle 
qui travaillait fort d'une ardeur d'urine. » (Dial. 

de Tahur. f. 159.)— 3* Fatiguer, se fatiguer: « Dor- 
mez, quant $erez travaillez. » (6. Guiart, f. 73.) 

— « N'osoit travailler la pucelle ne haster son 
cheval. • (Floridan, p. 700.) — 4* Violenter : « La 
loy veut que nulle femme... contre son gré et 
volonté soit travaillée que ce ne soit encourant 
crime capital de rapt. » (Bouteill. Som. rur. 171.) 

— S" Torturer: « Mains travaillées et ensanglan- 
tées de sang humain. » (Chr. de S. Denis, II, f. 6.) 

— 6o Poursuivre: « Li Jehans sire de Cuselo ou 
autre por luy, lo prior de Montmerle, ou la mai- 
son, rien en demandoit on travaillier vouloit le 
dit sire de Cologne lor droit garentir à droit par 
devant nos. » (Généal. de Coligny, p. 63, an. 1246.) 

— « Si aucun vouloit plaidoyer aucun de la com- 
mune de Bar sur Seine et de la chastellerie, par 
plait ou par autre manière, je ne pourroye tra- 
vailler fors de Bar sur Seine et de la chastellerie 
se par ma propre querelle n'estoit. » (Pérard, Hist. 

de Bourg, p. 431, an. 1231.) — 7* Etre en travail : 
La bonne ^rai;a7//a ung jour et une nuict... de 
quoy les dames d'antouravoient très grant pitié.» 

(Percef. IV, f. 21.) — 8* Dépenser: 

eu qui d'amer se repent 

Ses biens travaille pour néant. (P. av. iSOO, J, p. 156.) 

90 Se peiner : « Tant avoit (Roland) en luy de 
« biens, que loutle manière d*onneur se travaille 
« en sa loenge. » (Chron. de S. Denis, I, p. 148.) — 
lO* Proverbes : « Travailler en vieux cuir. » (Oud.) 

— « Tant travaille et tracasse l'homme, qu*il se 
« rompt ou somme. » (Colgr.) — « Travailler en 
« bourdican. » — « Homme, cheval, oysel, ne chien, 
« S'il ne travaille, il ne vault rien. » (Gace de la 
Bigne, f. 10.) — 11* Participe présent pris substan- 
tivement ; on a dit de Charles le Téméraire : « Pour 
« rien n'a pas esté nommé Charles le travaillant... 

« car autre homme ne travailla tant en sa personne ' 



u'il feist ; et si travailla amis et ennemis. » 
(Mém. d'Oliv. de la Marche, p. 59.) — « Sont tenuz 
« les puisnez de contribuer aux fraiz des moulans, 
• tournans et travaillans dudit moulin. » (Coût. 
Gén. I, p. '26.) 

Travaison. Travée. (Cotgrave.) 

Travapt. [Travail, espace renfermé de quatre 
piliers, dans lequel les maréchaux font entrer les 
chevaux fougueux. « Andry Milordin pour sa maison 
« séant en la Grant rue... item..., luy, pour un 
^ravar^ ..» (1 438. Etat de recette des cens du aomaine 
de Boiscommun ; L. C. de D., Gloss. de l'Orléanais.)] 

Travée. « Celle ville esloit tellement ouvrée, 
« ordonnée et charpentée qu'on la pouvoit deffaire 
« par travées, ainsi qu'une couronne et rasseoir 
« membre à membre. » (Froiss. III, p. 121.) 

Traveillans. Pièces tournantes : « Ung mou- 
« lin... avec toutes les lournelles et traveillans 
« d'icelluy moulin. • (D. C. s. Travallus, c. 1247.) 

Travelllier (se). Se peiner de : • Que traveil- 
« liez est de joer. » (Ms. 7996, f. 87.) 
Huelins est appariUiés 
Jusques à Tost s'est traveilliés. [Mousk. p. 365.) 

Travellanmeiit. Laborieusement : « Travel- 
« lanment Par vostre amor languis. » (Poët. av. 
1300, II, p. 846.) 

Travellleres. Travailleur. (Poët. av. 1300, IV, 
p. 1330.) 

Travelupe. Travée. (Cotgrave.) 

Traver. Travail , vexation : « Seroit grande 
« vexation et traver à leurs sujets... d'aller a cinq, 
« six, sept ou huit lieues... hors de leurs demou- 
« rances. » (N. C G. III, p. 280.) 

Tpauep. Trouer : a Livra Dieu les siens (piez) à 
« trauer Et à percier et à navrer. » (Ms. 7218, f. 106.) 
— « Si roidement le hurle que le ventre li traue. » 
(Ms. 7218, f. 344.) 

Lors sus une relevée 

Avec Fescafotte trauée 

Juoie avec ceuls de no rue. (Poës. de Froiss. p. 86.) 

« Esclifes trauées, • (Id. p. 282.) 

Travers. 1* Route de traverse: « Voie, piésente, 
« sentier, carrière, travers, chemins royaux. » 
(Bouteill. Som. rur. p. 497.) — « Travers à che- 
« vaux. » (C. G. I, p. 607.) — « Le travers de la 
« ville. » (Ms. 7615, II, f. 188.) - 2o Sauvegarde: 
« Donner patis, frav^rs, souffrances et sauf conduit 
« à tous et chascun d'iceux qui vouldroient venir 
« à la ditte obéissance. » (Ordonn. V, p. 719.) — 
30 Garnison munie d'un sauf-conduit: < Le roy feit 
« assembler de tous ses pays grande multitude de 
• combattans, lesquels comme les autres travers de 
« Picardie, se tirèrent tous devers Saint Omer. » 
(Monstrel. I, p. 26.) — 4» Soupente : « Cependant 
« elle aydoit au curé à monter par un travers où 
« les poules nychoient. » (Moy. de parv. p. 278.) — 
5* Adversité, traverse : 



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Plaignez mon cors et ma biauté 

Et SI dites mal se tU né 

.... Qui tel mal endure 

Travers et grant mésaventure. (Ms. 7989*, f, 64 J 

6« Droit de péage : « Les principaux marchans de 
« nos forez pourront faire mener et charroyer leurs 
« denrées des bois, par tout pais sans en payer 
« travers ne péage. » (Ordon. Il, p. 248.) — 11 y 
avait des peines pour ceux qui ne Tacquittaient 
pas : les clercs et les nobles en étaient exempts en 
1283 pour les choses à leur usage. (Beaum. p. 155.) 
— 7" Locution adverbiale ou prépositive : 

là vilains se despoilla 

Tes nus et ses braies esta, 

Et s'est travers le feu couchiez. {Ms. 7218, f. i40.) 

« Ses parens la semonnerenl de la marier, et 
« elle respondit tout en travers qu'elle ne seroit ja 
« par eulx mariée » (Lancel. I, f. 86), c'est-à-dire 
tout au contraire. 

Traversaln. « Grans bans /rai;^rsains et queues 
« pleines de cailloux^ jetiez par des assiégez sur 
« ceux qui montent à l'escalade. • (Mén. Duguescl. 
p. 80.) — « Courtines traversâmes, » rideaux placés 
près du traversin, dits aussi les bonnes grâces. 
(Honn. de la cour, p. 32.) 

De la viennent les assis 

De double âevre traversaine 

Ven court, Fen tuji, Ven se demaine ; 

Puis on a f^oit, puis on a chault ; 

Brief amans ont assez de peine 

Et si à personne n'en chault. (Am, rendu Cord, p. 538.) 

* Brisée traversaine. » (Mod. fol. 46.) — « Filets 
« traversains, » la trame. (Monet.) 

Rothes, citernes, flaustes. chalemie, 

Traversâmes et vous nymphes de bois. fDesch. f. S8,J 

« Esperviers sont de plusieurs plumes ; les ungs 
« sont de menues plumes traversâmes blanches, 
« les autres sont de grosses plumes que nous ap- 
« pelions mauvaises. » (Mod. f. 72.) 

Traversant. !• Cheval qui traversait le fief 
dominé pour arriver au fief du suzerain : « Chevaux 
« traversans, • (C. G. II, p. 583.) — 2" En travers : 
« Pour résister audit trait, ils mirent hors de leurs 
« murs perches en traversant. » (Mén. Duguesclin, 
p. 499.) 

Traverse. 1* Tranchée avec revêtement : « Tra- 
« verse de terre et de fascine, contre une tour au 
« siège de Thionville en 1555. » (Mém. de Montluc, 
I, p. 644.) — « Traverses pour se couvrir de l'ar- 
« tillerie. » (Brant. Cap. fr. IV, p. 181.) — 2* Cham- 
bre à rarriere d'une galère : « On lui (à Marie 
« Stuart) fit dresser la traverse delà galère en haut 
« de la poupe et luy dressa-t-on là son licl. » 
(Brant. Dam. ill. p. 128.) — 3'> Obstacle : « Le Pape... 
« n'estoit pas trop content de voir ainsy le roy si 
« proche et si voisin de luy, avec tant de forces, et 
« luy auroit sans doute fait des l'heure quelque 
« traverse et mauvais tour s'il avoit pu. » (André 
de la Vigne, Charles VIU, p. 123.) — 4* Expression 
adverbiale. D'une façon inopinée, gênante : 
« Ordonner à la traverse. » (Ms. 7218, fol. 202.) 

Traversemain. Travers de main : « 11 le ferit, 



« de son grant traversemain, si fort, que le sang 
« en voila. » (Froiss. liv. I, p. 226.) 
Traversement Contrariété. (Monet.) 
Traverser. Verbe. « Les Anglois s'assirent à 
« terre, les gambes croisées, pour reposer leur vin 
« qui leur traversait les chervelles. ■ (Triomph. des 
IX Preux, p. 548.) — « Quant en moy tu verras 
« traverser es péchiez, et desvoyer par les sentiers 
« de droiture , me vueilles à mon rédempteur 
« retourner. • (Gast. Phéb. p. 363.) 

Traversier. !• Qui traverse: « Obans traver- 
« siers. » (Voir Oban.) — • Perche traversiere, » 
(Monet.) — « Sergeans traversiers. » (Monet.) — 
« Ores qu'ils eussent la fortune rebourse et tra- 
« versiere à leurs desseins. » (Pasq. Rech. p. 250.) 
— 2o Cheval traversant (voir ce mot) : 

Certes, ce dist Gautier, bien a sept ans entier 
Passez et accompliz que ne ting traversier. 

Mi. 7S18, fol. 345. 

30 « Les traversiers OU peagiers... sont couslu- 
« miers d'augmenter et accroistre les travers et 
« péages qu'ils tiennent des seigneurs sans paier 
« travers ne passage aucun as seigneurs. » (Du 
Cange, sous Transversum.) 

Traversiere. Sorte de tonneau : « Soient faits 
« lesdits vaisseaux à vin comme pippes, traver- 
« sieres, et quarts de bon bois sec, non pu nais. » 
(Coût. Gén. II, p. 5.) 
Traversin. Barque. (Oudin.) 
Travesche. Expédition où Ton traverse une 
contrée : 

En ces te saison la Rodigues 
Fist en BoudeUoys des travesches 
Et à tant de cources et de brigues 
Qu'il print plusieurs places englesches. 

VigS. de Charles Vil. I. p. 168. 

Traveteau. Traverse : « Les maisons particu- 
« lieres sont basties de mesme estoffe; mais Ten- 
« clos d'icelles qui est au lieu de muraille, n'est 
« pas de traveteaux, croisé comme celuy de la 
« ville, mais est fait de longues pièces aarbres 
« escarris. » (Vray et parfait amour, f. 315.) 

Travillier. Peiner, fatiguer : « Il est bon à 
« croire que les dieux se ^rat;i//^n/ de ceste peyne. » 
(Am. ressusc. p. 221.) — « Lors fu penez et travil- 
« lie%. » (Ms. 7615, I, f. 73.) 

Traulline. Clochette : « Si avoit une cotte ves- 
« tue... les parures esloient d'un fin samit azuré... 
« En chascune pointe avoit une rose vermeille et 
« au lieu de la semence avoit une cloche d'or atta- 
« chée, et en l'azur avoit une traulline d'argent; 

« si ne pourriez croire quel grant doulceur 

« c'esloit des cloches ouyr sonner. » (Percefor. L 
f. 147.) 

Traumatique. Onguent pour les blessures. 

(Cotgrave.) 
Travoison. Travée. (Cotgrave.) 
Travonaison. Travée. (Cotgrave.) 
Travoniser, onner. Etablir une travée. 

(Cotgrave.) 



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Travoull. Travail où Toq enferme les chevaux 
rétifs pour les ferrer : « Dresse aux quatre cornie- 
« resd'un travouil quatre gros flambeaus composez 
« en belle molaine sèche et bien ointe de graisse. » 
(Eulrapel, p. 140.) 

Traus. Trous. (Ms. 7218, f. 277.) 

Amours tent à rois et à traus 

Pour prendre et pour arrester céans 

Oi aiment toudis. (Vatic. i490, f, iSO,) 

Tray. Trahi : « La gailte commença à crier : 
« tray y tray. ferme la porte, vecy Bertran qui 
« vient. » (Bertr. du Guescl. Mén. p. 439.) 

Trayant. Tireur : « Si un des sergens est 
« chargé d'une plainte d'abandon, il aura pour 
« icelle signifier à Tofficier sous qui le prisonnier 
« sera reçu et au trayant qui premier l'aura fait 
« prendre, pour chacun xxv sols. • (G. G. I, f. 792.) 
— « Si deux personnes sont redevables Tune 
« envers l'autre, et que l'une face traite sur l'autre, 
« chascun sera reçu à poursuivre son droict loyal- 
« lement, sans avoir égard au premier trayant 
« ou empeschant, soit par devant le juge oi!i la 
« première traite sera faite ou autre. » (G. G. 1, 
p. 808.) 

Trayeup. Qui lève un impôt : « Les trayeurs 
« et porteurs de paux pour lever dixmes, après 
« qu'ils auront fait le serment solennel, seront 
« ou l'un d'eux avec un tesraoing creuz en tes- 
« moignage contre debteurs de dismes. » (G. 6. II, 
p. 1042.) 

Tpayme. Trame : « Fausse tray^ne. • (Ord. V, 
f. 596.) 

Trayne. l*» Traîneau. (Gotgr.) — 2* Sablières : 
« Mettre ou poser trayne ou chevrons sur ladite 
• muraille. » (G. G. II, f. 716.) — 3« [Poutre-solive : 
« De douze toises des murs de la ville d'Orléans.... 
« accensé à feu Huet de Recourt, pour mettre sur 
« le bord d'iceulx sablières ou traynes de demi- 
« pied de large, pour faire cloison. » (1468 ; compte 
du domaine du duché d'Orléans. L. G. de D. Gloss. 
de l'Orléanais.)] 

Traynel. Bâton du filet, dans Gaston Phébus, 
p. 304. 

Traynnée. File : « Faire une traynnée de 
^ gens. » (Le Jouvencel, p. 381.) 

Trayolr. Seau à traire. (Oudin.) 

Trayot. Seau à traire. (Borel.) 

Tré. Tente : 

Si refu la Jehan de Gavres 

Ainz c*on i eust tendu tré, {G. Guiart, f. 236.) 

Trebillons. Testicules : « Ces tristes enfumez 
« qui le plus souvent ont plus de trebillons que de 
« testons. > (Moy. de parv. p. 124.) 

Treble. 1* Triple : 

n n'est qu'uns seul Dieos poisans 

Et si est trebles en personnes. (Ph, Mousk. p, 158») 

2o Trio : « Gest treble flst acorder A deus chans 
« que primes fis. » (Ghans. du ms. Bouh. f. 179.) 



— « Motez à tenures, sans trebles. » (Ms. 6812, 
fol. 2.) 

Trebler. Tripler : « Traison qui treble et mou- 
« teploie. • (Poët. av. 1300, III, p. 1146.) 

Treba. « Devant leur bataille avoient semé 
« grant foison de trebuz que aucuns nomment 
« chausses trappes qui sont petites choses de fer à 
« quatre pointes, dont les trois bouts ont pointes 
« qui sont gisans sur terre , et la quatrième est 
« tousjours droicte ; et le faisoyent ils, affin que 
« ceulxqui les ap|)rocheroient pour combattre se 
« blessassent les piez à marcher à eulx, et ainsi 
« tresbuschassent à terre, et pour ce les appelloyent 
« trebu%. » (Toison d'or, 1, f. 120.) 

Trebacheis. Action de renverser : « Trebu- 
« cheis de charettes. » (Poët. av. 1300, IV, f. 1651.) 

Trebuchement. Action de trébucher : « Illeuc- 
« quessouffrit Dieu le ^r^ftuchemen^ de.... Charles 
« de Blois duc de Bretaingne qui en celle bataille 
€ mourut. • (Mod. f. 326.) 

Trébucher. Machine de guerre. (Voir VioUet 
le Duc au mot engin.) — « Firent un grant trebu- 
« ch^r qui gettoit le pesant d'un quintaus. »(Martèn. 
V, f. 706.) 

Trebucheure. Même sens : « Si cheit de si 
« haut comme il estoit jus à terre, par misérable 
< aventure, trebucheure et se brisa le col. » (Ghr. 
de Nangis, an. 1197.) 

Trébuchiez. Même sens : 

Fu grant la noise et la huée 

Le trébuchiez poi paisible 

Et le son des trompes hCHrrible. (G. Guiart, f. i8.) 

Trebucier. Voir Trebukes. 
Trebukes, iaus. Trébuchet; dans la guerre 
de Jean sans Terre contre Philippe-Auguste: 

Douvre s*en râla assegier, 

D*un trebuket fist trebucier 

Moult grant partie de lor murs. [Mousk. p. 609.) 

Grans perieres et mangoniaus 

Arbalestres et trebukiaus 

Âtravé sont droit à la mue. (Mousk.) 

Engiens et engigneors orent 

Pour foire al mious de quant qa% porent, 

Dont il gietoient ça de fors 

Pierres grosses, à grans effors 

Qu'Us orent assez mangoniaus 

Et trebukes et tumeriaus. (Mousk. f. 708.) 

1. Trece. Danse: 

Godefiroi moult se desvoie 

Saut et treche, et mené bêle trece 

Entour un oumel. (Vatic, i490, f. iii,) 

2. Trece. Tresse : 

Si li a copées les treces 

Dont el a au cuer grant destrece. (Fahl. de S, Germ. 38i.J 

Treceau. Espèce de raisin : « Qu'ils meissent 
« les pinoz à part sans y mettre autres raisins, 
« mais ce non obstant ledit Jehannin mettoit des 
« treceaux et autres raisins avec les pinoz. » 
(JJ. 146, p. 400.) 

Trecer. Tresser, préparer : 

Geaus U trecent amors 

Et servent por décevoir. (Poët. av. iSOO, II, p. 79i.J 



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Trechef . A triple tête : 

Qu'il te jette devant la monstreuse Chimère, 

Qu'il te face là bas par le trechef Cerbère 

(Qui fera ses trois couls en serpens hérisser) 

De son triple dentier, asprement pelisser. (oalf^ p, 75,) 

Trecheoir. Tricher : 

A trecheoir se sont pris. (Poët, av, iSOO, IV, p. i48i.) 

Trecheop. Tricheur: « TVecfteor et foi mentis. • 
(Poët av. 1300» m, p. 1016.) 

1. Trechep. Se dit en Champagne des avoines 
en herbe qui commencent à pousser. 

2. Trechep. Danser : 

Saut et treche, et mené bêle trece, 

Entour un oumel. (Vatic. i490^ f. iii.) 

3. Tpechep. Tricher : 

Je n'ai pas paour qu'ele me treche; 
Depuis gue fu nez en la crèche 

Dieus de Marie 
Ne fu mes tele espouserie. [Ms, 76i5, 11^ f. iSO,) 

Trecheple. Tricherie : 

Fausseté et ypocrisie 

Et baraz le fuis trecherie. (Us. 16i5, 11, f, iOO.J 

Trecheppe. Tricheur : 

Ce n'est pas pour mener guerre 
Longuement à ce mal trecherre 
Orgueil, et à sa baronnye. (G. de la Bigne, f. 42,) 

Trecheup. Tressoir : 

Et ces beaux dorez trecheurs 

Et ces très riches fermeurs. (RaaeJ 

1. Trechiep. Tresser : 

Mes celés qui sont orgueilleuses, 

Sereuides et outrageuses, 

Et qui en lor cors atorner 

Et lor chief trechier et graver 

Ont mise leur entente toute. (Ma. 7218, f, iS4.) 

2. Tpechiep. Courir par monls et par vaux : 
« Qui a trechié et aval et amont. » (Desch. f. 368.) 

Tpechouoip. Tressoir ; on lit dans Du Cange, 
sous Trica: 

En sa main tint un mirouoir ; 

Si ont d'un riche trechownr 

Son chef trechié moult richement. 

1. Tpèciep. Tresser : 

Or est lavée, or est peigniée. 

Or est coiffée, or est treciée, (Mb. 7ôi5, /, f. i07.) 

a. Treciep. Tricher : 

Or ne set nus fors que trecier 

Et tout engloutir et lecier. (Mousk. p. i.) 

Geaus U trecent amors 

Et servent par décevoir. (Poët. av. iSOO, II, p. 79i.) 

Treçoep, çop, çoip. Tressoir : « Cornets à 
« treçoer. » (Fabl. S. Germ. f. 42.) 

Robe auroie de drap de soie, 

Fremaus d'or, huves, corroies, 

Cuevrechies, treçors ai. (Poèt. av. iSOO, IV, p. 1524.) 

Tenoit d'ivoire un treçoir 

Dont ses cheveles demi Ions 

Partissoit, qu'elle ot beaus et longs. (Froiss. Poës. 124.) 

Trect. Trait : « Les François furent moult blecez 
« de trect d'acquebutes et grosse artillerie. » (J. 
d*Aa ton, Louis XII, f. 11.) 



Tpectep. Traiter : 

L'en doit scavoir à qui on trécte, 

Car qui le fait impourveument 

On en pert maintefoiz sa debte. (Desch. f. 384.) 

Tpeculep. Reculer : 

Gervais prist moult à treculer 

8u'il n'en avoit gueres loisir, 
uar assis fu, rC&a quier mentir 
En un angle d'une maisiere 
Si qu'il ne pot n'avant n'arriére. (Jds. 7218, f. 177.) 

Tpef . [!• Voile : « Trois trefs et trois honnêtes 
« nécessaires pour trois barges. » (B. N. fr. 26009, 
no934, an. 1370.)] 

Car nous veismes, à grant tref 
Droit celé part singlier leur nef. (III Maries, p. 411.) 
Puis s'en est en la mer entrez 
^ Tendus les veilles et les trefs. (Id. p. 459.) 
Les voiles tendent et les irez 
Et puis sont tous dedans entrez. (Id. p. 370.) 

2" Tente : « Le roy de Cécile fisl tendre trefs par 
« devers la mer. » (Chr. de S. Denis, 11, fol. 94.) — 
« Tendirent et fichierent leurs tentes et leurs trés.^ 
(Chr. de Nangis, an. 1249.) — 3" Pieu auquel on met 
le feu dans une mine : « Mineors qui minèrent 
« d'une part le mur, et eslançonnerent, et mirent 
« le tref, si qu'il n*it ot fors de melre le feu. » 
(Conlin. de Guill. de Tyr, Martène, V, c. 614.) — 
4* Charpente: « Post et chevron et tref ensemble.» 
(Ms. 7218, f. 312.) — « Hamiaus et hauz manoirs 
« destruient ; Très et chevrons charbons devien- 
« nent. • (G. Guiart, f. 236.) — « Les trez et toute 
« la couverture fust arse et bruslée. » (Chron. de 
S. Denis, I, p. 57.) — « Travers Tavoit à une part 
« Au tref de sa maison pendu. » (Fabl. de S. Germ. 
p. 163.) — « Estoit si haulte que joignoit bien près 
« des très de la ditte salle. » (Chr. de Nangis, an. 
1377.) 

Treffoire. Ouvrage à jour (comparez le bas 
latin triforium fait sur transforare). 

Li esàekier est bon, onques mieudres ne ta 
Les lisettcs sont d'or fin à treffoire fondu. 

Not. des vœux du paon. f. 45. 

Treffoncier. Foncier : « Les seigneurs treffm- 
« ciers des lieux. » (Chr.de S. Denis, II, fol. 14.) — 
« Chasteausqui avoientestéderheritage/re/Toncîer 
du pais de Guéries. » (Froiss. III, p. 298.) — « Le 
premier cens, c'on apele le treffoiis... s'il i avoit 
suer le lieu 2 treffonciers... Tiretage leur sera 
délivrés. » (D. C. sous Treffundus.) 

Treffond, fondement. Cens foncier : « 11 est 
ordonné, pour le regard de ceux qui sont absens 
et demeurans hors de (Metz) redevables desdits 
cens ou rentes, assignez sur héritages assis et 
situez en ceste ditte ville et pays, qu*il sera pro- 
cédé contre eux par proclamation et huchement 
ainsi qu'il est de coustume et en vertu desquels 
se feront les conduits et treffondemens. » (Coût. 

Gén. I, p. 1163.) — « Je la leur donne bien de bon 
cœur, et veux qu'elle soit estimée leur appartenir, 
comme si elle estoit de leur treffonds. » (Pasq. 

Rech. p. 2.) 

Treffonder, ondre. Exiger le cens foncier : 



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« Pour le regard... des rentes fooeieres... les ren- 
< tiers se pourront faire conduire en la possession 
« desdils héritages... et iceux faire treffonder, sy 
• bon leur semble, après avoir prins... trois bans 
« de treffonds. » (C. G. I, p. H60.) — « Quant aux 
« terres et héritages... délaissez par faute de paye- 
« ment des... droitures... elles demeureront tref- 
« fondues et retournées au seigneur, pour faire 
« bail, ou ce que bon luy semblera. » (C. G. 1,1158.) 

Trefforér. Transpercer : « Si le remanant du 
« bois estoit trefforez ou empirez, et aucune des 
« parties se douloit, raison seroit faite, sur ce, par 
« juge compétent. » (Ord. I, p. 526.) 

Trèfle. « Ecuyer de trèfle. » (Essais de Mont. 
III, p. 506.) 

Treget. Fronde: « Saillir devers senestre et 
« treget tost geter C'est un coup damageux qui ne 
« s'en sait garder. » (Rou, p. 65.) 

Tregetep. Fondre : 

Firent de enivre tregeter 

Un chevalier sor un cheval 

En appareiUement roial. ' (Bi^t, f. iiij 

Trehuz. Tributs: • Trehuz, péages, pontenages, 
« subsides. » (Pasq. Rech. p. 717.) 

Treille. 1* Treillis : « Sauter de treille en pais- 
« seaux. » (Cotgr.) — 2» Jalousie, grillage : « La 
« recluse qui avoit une petite treille par où elle 
« veoit rautel. » (Lancel. Ill, f. 92.) 

Trelllels. Se dit d'un haubert à treilles, d'une 
cotte de mailles : « Voit par la salle ces haubers 
« trcilleis. » (Aubri.) 

Trelller. Mettre un grillage : • Traison qui 
« treille et monleploie. » (Poët. av. 1300, II, p. 523.) 

— « Ainsi avoit fait ^r^iZ/^r (les feuestres) une dame 
« qui lesdamoiselles gardoit. ■ (Percef. II, f. 57.) — 
« L'en fist celle fenestre treillier pour les enfans. » 
(Martène, V, c. 645.) 

Treillie. Grillage : 
Et Jehans, qui là sus estoit 
Par la treillie le porlingue. (Ma, IMS^ f. iS,) 

Tpeillié. Treillissé : « Doivent estre les deux 
« ranges de pieux treillie% de verge, comme une 
« cloie. » (Mod. f. 97.) 

Treillis. 1** Grillage : « L'eu tiendra ouverts les 
« chemins d'églises... avec de treillis et non fermez 
« autrement. » (N. C. G. I, p. 830.) — « Portes de 
« treillis cheant en coulisse. » (N. C. G. I, p. 1041.) 

— • Eurent en peu d'heures le pastiz conquis et 

a gaigné la montaigne et durant ce treilliz, 

« parmy la bresche du pasliz passa le pennon du 
« duc de Bourbon. » (Hist. du duc de Bourbon, 
p. 122.) — 2* Grosse toile : 

Rien n'est qui au mestier afiere 

Qu'il n'eussent tout de nouvel 

Sacheaus, treillis et pannetiere, 

Lacié au costé d'un cordel. (Poët. de Froiss, p, 282.) 

Treillissé. Clos par un treillis: « En l'une des 
« chambres... duemenl close, fermée et treillissée 
« de treillis de fer, en laquelle il sera gardé. » 
Godefi'oi, observ. sur Charles VIII, p. 571.) 



Treize. On lit dans Téloge de Hellin de Saint 
Gelais, par allusion aux grains des chapelets : « De 
« tels que lui ne s*en trouve pas treiTie, en la ^and 
« douzaine. » (Quintil. Cens. p. 205.)— • Les sieurs 
« maislres eschevins, conseil et treize de la justice 
« de ceste ville et cité de Metz. » (C. G. I, p. 1141.) 

Trellce. Faite de treillis : « Vestent haubers et 
« les broignes trelices. » (Guill. au Court nez.) 

Trellicié. Fait de toile de treillis : « Une toie de 
« lit trelliciée. » (JJ. 105, p. 367.) 

Treluire. Reluire : « La lune treluit entre les 
« fentes de la porte. » (Monet.) 

Tremaillé. « Tremaillé, eillé filez à perdris, à 
« ti^ois panneaus, les deus en dehors, de plus 
• larges ; Tentredeus de plus estroites mailles. » 
(Monet.) 

Tremblante. « Tremblante de moulin, » cli- 
quette. (Cotgr.) 

Tremblard. Qui tremble : « Au plus gelant 
« hiver, tout un jour attendant Pour un morceau 
« de pain craquer la dent tremblarde. » (Baïf, 67.) 

Tremblaye. Bois planté de trembles. (Cotgr.) 

Tremble. Effroi ; on lit d*un mari qui avait fait 
assassiner le galant de sa femme: a Sans autrement 
« faire scandale, ny que la femme en patist, qui 
« demeura longuement en tremble. » (Brant. Dam. 
gai. 1, p. 15.) 

Trembler. « Il ne faut jamais trembler qu'on 
« ne vove sa teste à ses pieds. ■ (Oudin.) — « Qui 
« joue des reins en jeunesse, il tremble des mains 
« en vieillesse. • (Moy. de parv. p. 340-.) — « Trem- 
« bler comme la feuille en Tarbre. » (Arest. Amor. 
p. 209.) 

Trembleriaus. Jeu (voir Tremerel) : « D'autre 
« part verra l'en jouer as trembleriatis Ces ribaus 
« de tavernes. » (Ms. 7615, It, f. 144.) 

Tremblerie. Action de trembler: « Lors fuz 
« tombé resvant en tremblerie. » (Faifeu, p. 16.) 

Trembleterre. Tremblement de, terre: « Un 
« grand trembleterre a bouleversé plusieurs grosses 
« villes. » (Monet.) 

Tremblis. Tremblement: « L'ame des vents 
« dans la terre etoufée , cherchante un soupirail 
« aux tremblis qui se font sous les manoirs marins, 
« tels que les vostres sont. • (Baïf, p. 19.) 

Treme. Trame : 

Quant au vouloir 

De la fiUe, je scay bien qu'eUe aime ; 

Mais elle sait bien que la treme 

N'est pas pour ourdir cette toUe. (R. Belleau, II, i39.) 

Tremé. Tramé: 

eu escuier ot le jour mise 

Sus ses armes une cointise 

De gueules, sans euvres tremées 

Fors moletes d'argent semées. (G. Guiart, f. 290.) 

Tremeler. Jouer au tremerel : 

Tant a S. Pierre tremelé 
Tant a le jogleor mené 
Que les âmes gaaigna totes. (Fàbl. S. Germ. f. 46.) 



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Tremelerres, ieres. Qui joue au tremerel ; 
Robert Guiscard : 

Cil Robiers estoit un bevere, 

Uns chevaliers fors tremeleres 

Tant ûst que riens ne U remest 

Fors qu'ua seus manoir u il mest. (Mousk. p. 445.) 

Folie avoit goulousée 

Que voloie devenir Ucrres 

Ge ne suis fox, ne tremelieres 

Ge me sens tant fort et délivre 

Que assez gaaignerai por vivre 

Si Dieus plaist dez ore en avant. (Fahl, S, Germ, p. i62,) 

Tremerely iaus. Dans la charte de commune 
de Ham, le maire et les jurés onl inspecté « sur les 

• jeus c'on apelle tremerel et sur buveries en 

• tavernes. » (D. C. sous Tremerellum.) 

Bien a son temps et son merei 

Qui boit et joe au tremerel 

'Ce que nos gaaingnons andui. (Courtois d'Artois, f. 82.) 

Tout est aie à maie part 

li tremeriaus m'a batu ; 

Par ma folie ai tout perdu ; 

Tout mon avoir et toz mes livres. (Ms, 7218, f. 2i3.J 

Tremoi. Blé de mars : 

FaiUi nous est le vin, le bled et le tremois: 
n nous convient mengier chevaux et paUeirois. 

CuTolior, p. 191. 
Dont il avent dedens ce mois 
Dont l'en btft blez et le tremoiz. 
Droit en ottembre, vers la fin. (III Maries, p. 433,) 

Trémousser. Battre des ailes: « Le phénix, 
« cest oiseau qui trémousse des ailes à la flamme. > 
(Desp. p. 244.) 

Trempe. Impression : « Pour ne les laisser pas 
« en ceste triste trempe. » (Prinl. d'Y ver, f. 16.) — 
« Trouvant (la reine) en assez bonne trempe , elle 

• entama ce propos. » (Brant. Dam. illustr. p. 247.) 
Tremper. 1» Mélanger d'eau son vin : 

Haistre, et quel vin ? Au froit faictes Tassault, 

Qui soit raiant, gracieus, vert, claret, 

Frique, (riant, odorant, vermillet ; 

Non pas trop fort ; et soiez diligens 

Du bien tremper, (Desch, f. 240.) 

*> Séjourner : « Après avoir trempé longuement 

• en prison. » (Cotgr.) 

Trempette. Mouillette, tranche de pain.(Cotg.) 

Trempeur. Baigneur. (Oud.) 

Trempis. Voir Tailleur; action de tremper: 
« Deffend icelle chambre, pendant le danger de 
« peste.... à tous vendeurs et tailleurs de poisson 
« de mer,.... de faire aucun {rompis ou lavemens. > 
(Ord. 11, p. 386.) 

Trempolr. Vase où Ton mélange d'eau le vin. 
Parmi les présents que fit la ville ae Paris au roi 
Charles VI^ en 1389, pour sa bienvenue, « il y avoit 
« quatre pots d'or, six trempoirs d'or. » (Froissart, 
Uv.lV,p.7.) 

Tremporter. Transporter : « Son destrier le 
« tremporta au milieu des ennemis, où il fut acca- 
« blé. . (Chr. de S. Denis, I, f. 17.) 

Tremaé. Transformé: 

Ou est ceUui qui fonda Avignon ? 
Qui ilst Paris où eUe est située, 
Reims et Rouen? Leur fin est tremuée. (Desch. f. i23.) 
X. 



Tremuye. Trémie : « Quand les diis habitants 
« avoient mis leur blé au corbellon pour le mettre 
« en le tremuye et à molture. » (Du Gange , sous 
Tremuia.) 

Tr encans. Coupant : 

Et la prist il une froidure 

Qui fu trençans et aspre et dure, 

Si peerdi les ortaus des pies. (Mousk. p. 684.) 

Trenchaisonner. Donner des tranchées. » 
(Cotgrave.) 
Trenchamment. D'une manière tranchante : 

Si m!en a si enaspri 

Âniors d'amer trenchamment 

Que je morrai vraiement, (Poët, av. 1300, 1, f. 248.) 

Trenchant. Adj. Dur: « L'on luy présente 
beaux mots, plaisans et gracieux, l'autre luy 
marche sur le pied et luy eslrainl la main ; Tautre 
la regarde d'un regnrd trenchant et frileux. » 
(XV Joyes du mar. p. 32.) — Subst. Dos : « Ferist 
du trenchant de l'arc. »» (Lancel. I, f. U.) 
Expression: Au vif: « Je n'en vueil parler, fors 
à la vérité et aller parmi le trenchant, sans cou- 
lourerl'un ne l'autre. • (Froiss. 111, p. 193.) 

Trenchante. Tranche: • La leste qui est appel- 
lée la teste contrefaitte, c'est celle qui a les percnee 
boyteuses et accoudées, qui n'a pas la trenchante 
belle ; celle est appellée contrefaicte. • (Mod. 8.) 
Trenché. Décidé, décision: a En cas que aux 
plus prtchains ou assises l'appellent ne s'arres- 
tera a garant délivrer trenche et absolut , il ne 
sera plus délayé pourveu toutes fois qu'il y ail eu 
temps de faire l'adjournement coustumier. » 

(Ane. Coût, de Norm. f. 30.) — « Il seroit trenché 
d'aymer loyaument. » (XV Joyes du mar. p. 78.) 
Trenchecouiller. « Il y a un gros maislre 
operateur ancien qui a mieux aimé laissé mourir 
un gentilhomme par faute de le trenchecouiller^ 
que de prendre trois cens ecus. » (Contes de 

Cholières, f. 98.) 
Trenchée. 1® Tranchée : « Firent faire par les 
hommes du pais grans trenchées et rolles sur les 
destroils par où ils avoient usage de passer. » 

(Froiss. 111, p. 277.) — S» « Trenchées de S. Mathu- 
rin, » actes de folie. (Oudin.) 
Trenchefile. « La trenchefile du bourreau, » 

corde qui étrangle. (Oudin.) — « Trenchefile de 
soulier. » (Cotgr.) 

Trenchefiler. Faire une épissure : « Voiles à 
recoudre et à i^apiecer; cables et cordages à 
renouer et à trenchefiler. » (Mém. de Du Bellay, 
prolog. f. 10.) 
Trenchehlle. Outil qui tranche le RI : 

Je ne sçay à qui son plet plet 

Ne à qui sa Irenchefitle fiûe. (Fahri, Art. derhét.II, 21.) 

Trencheis, eiz. Tranchée: « Son cheval alla 
« cheoir en un^ trenchei% qui avoit bien dix pieds 
« de lé tout plain de boue et d'eaue. » (Perceforest, 
n, fol. 32.) 



Fossés ffrans et parfonz, 
Palis, et trenchets, et ponz. 



(Ms. 7615, II, f. 187.) 
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Trencheme. Partie intérieure et la plus âpre 
du mors de bride. (Nicot.) 

Trenchement. Action de trancher. (Cotgr.) 

Trenchemontaigne. Fanfaron. (Cotgr.) 

Trencher. V Couper les viandes : « Un cheva- 
« lier anglois trancha devant le rov d'Angleterre.... 
« au disner. » (Monslrelet, II, p. 78.) — 2* Fausser 
compagnie: « Si on prie (les filles) d'aucunes fol- 
« lies ne doivent prester Taureille à telles 

• paroles, et si tels séducteurs ne veulent 

• cesser, elles leur doivent trencher compagnie, 
« tout gracieusement, sans les injurier ne user de 
« paroles arrogantes. » (Triomphes de la Noble 
dame, f. 47.) — S» « Trencher chemin, » passer par 
un chemin sans y acquitter le péage. (Ord. I, 227.) 

Trenchet. Tranchet : 

Ja sueur et cordoannier 

Ne porroient lor cuirs talUier, 

Ne à coustel, ne à trencfietf 

Se fevres ainçois ne le fet. (Ms. 72i8, f. i99,) 

Trenche-teste. Bourreau : « Il fit appeler 
« Rivelin qui estoit le trencheteste et fil decoler 
« deux chevaliers et deux escuyers. » (Froiss. III, 
p. 14.) 

Trencheure. Tranche : « Et que la trencheure 
« du cismequi si detestablement m'a voulu et veult 
« faire adultère cesse du tout. » (Desch. f. 403.) 

Trenchiée. Tranchée : « Puis s'en ist la riche 
« mesniée Parmi le pont de la trenchiée. » (Blan- 
chandin, f. 181.) 

Trenchis. Tranchée : « Firent ceux de Valen- 
« ciennes tous leurs arbalestiers traire avant et 
« approcher les barrières, mais il y avoit si grans 
« trenchis de fossez, qu'il n'y pouvoient advenir. • 
(Froiss. I, p. 74.) 

Trencholr, ouer. « Trenchoirs d'argent. » On 
les mettoit sur la table des princes, à côté des 
tranches de pain à faire l'essai des viandes. » (Honn. 
delà Cour, p. 72.) — « Tanlost (la lune) a les 
« cornes pointues et ressemble à une escorce de 
« melon, et ayant les cornes remplies, elle prend 
« la forme d'un demy trenchoir, » (Merl. Coccaie, 
II, p. 3.) — « Jettiez vous vostre trenchoner Point 
« par despit ou vengement. » (Am. Cordelier, 538.) 

Trenque. !• Tranche : « Qui vend vin ou cer- 
« voise es mets (limites) dudit eschevinage... est 
« deub ausdits mayeurs et eschevins pour leur 
« droit un demy lot de chascune pièce, un pain, 
« une trenque de fromage. » (N. C. G. I, p. 421.) — 
2* Tranchée : « Par lequel fossé ou trenques l'eaue 
« dudit fossé alloil ou ditgardin. > (Du Cange,sous 
Trencatum.) 

Trenquis. Tranchée: « Avoient fait, ...aux en- 
« tréesdiceluy village... plusieurs fossez et tren- 
« guis avec de grosses et puissantes barrières de 
« bois pour la fortification d'icelui. » (Hath. de 
Couci, Charles VII, p. 629.) 

Trentaine. «.Seront toutes nos monnoyes, 



« blanches et noires, avaluées trentaines. * (Ord. 
II, p. 138.) 

Trente. Nom de nombre ; expressions : « Trente 
« costes, » grand flandrin. (Colgrave.) — « Trente 
« deniers d'argent payez par celui dont la beste 
< avoit tué le serf d'un autre^ à cause du mesme 
« nombre de générations qu'a eu Cham fils de Noé 
« qui le maudit et asservit. » (Bouteill. Som. rur. 
p. 267.) — « Trente deux pauvres assisteront autour 
« delà représentation funéraire en mémoire des 
« 32 ans, qui est l'âge auquel nous devons nous 
« trouver au jugement universel. » (Bouteill. Som. 
rur. p. 875.) — « Monnoye blanche et noire, sur le 
« pied de monnoye trente deuxième. » (Ordon. II, 
p. 571.) — < S'escondire ses trente siste mein, » se 
purger par le serment de trente-six personnes qui 
jurent en levant la main. (D. C. sous Juramentum.) 
— « Ce marchand vendant une haquenée disoit à 
« celuy qui la vouloit achepter : prenez la hardie- 
« ment, elle est bonne pour jouer à trente et un, 
« car elle ne passe point. » (Bouchot, Serées^I, 404.) 

Trentel. Messes au nombre de trente dites pen- 
dant 30 jours : « Je voel et ordonne ung trentel de 
« messes estre dittes et célébrées pour l'ame de my 
« le plus brief que faire se porra. » (Du Cange,sous 
Trentaie.) 

Trentième. « Monnoye trentième que nous 
« faisons faire à présent. » (Ord. II, p. 495.) 

Trepail. Tremblement : « Li dus fut moult en 
« grand trepail. » (Rou, p. 309.) 

Trépan. Vilebrequin : « Nos pièces (d'artillerie) 
« furent au plus haut des rochers, ou Ton avoit 
% déjà fait des gabions, et scié des madriers, tre- 
« pans et ais pour les plates formes. » (Mém. de 
Sully, IV, p. 140.) 

Trépas. Pas: « C'est siècle n'est que un trépas.» 
(Ms. 7218, f. 48.) 

Trepell. Trouble, agitation : 

Vers le mont S. Michel sigla, 

En Bretaingne s'en trespassa, 

De terre prendre se pena 

Toute iert Bretaingne en grant trepeil. (Rou y p. S09.) 

Ly rois se tint à cel conseU 

Dont ot en la court grant ti*epeiîy 

Car Gounan mouit se courrouça. (Bt*utj f, 45.) 

Vous m'ayez mis en mal trepeil^ 

Pour chel diable de bareU. (D. C. sous Trepalium.y 

Trepels. Trépignement: « Il fust descouvert, 
« car les escoutes des ennemis le oyrent par la 
« foresl, pour le trepeiz des chevaulx; si l'en- 
« volèrent dire à leurs gens, lesquelz envolèrent 
• bien .xx. hommes à pié. » (Le Jouv. f. 21.) 

La terre croiUe sor les pies 

De la fierté dou trepeis 

Que font les destriers Arabie. (Rom, de Troyea.) 

Trepeler. « Trepelerle corps, » l'agiter. (Borel.) 

Trepelu. Agité, possédé par le démon : « Mon- 
« sieur a vescu comme un coquin, en amassant des 
« moyens pour devenir grand, et mourut comme un 
« trepelu. » (Touches, Des Ace. 9.) — « Le cordelier 



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« qui n'avoit à faire qu'à un trepelu. » (Des Ace. 
Bigar. p. 28.) 

Treper. Sauter, bondir, tressaillir : « Il saule, 
« et trepe, et frit, et flut. » (Poës. de Froiss. 280.) 

— « Treper et saillir et chanter. » (Rose, ms. 305.) 

— « L'epitaphe d'une courtisane enterrée à N. D. 
« del Popolo est conçue en ces termes ; Quaeso, 
« viator^ ne me diutius calcalam amplius calces ; 
« qui est : passant, m'ayanl tant de fois foulée et 
« trepée, je te prie ne me treper ny me fouler plus.» 
(Brant. Dam. gai. II, p. 266.) 

Trépidation. « Trépidation d'amour, » titre 
d'un sonnet aux Amours de Tristan, p. 48. 

Trepié, led. Triangle: « Trois arbres... en 
« trepié, comme à dix pieds l'un de l'autre. » 
(Modus, fol. 185.) — « Fist dresser une queue de 
« vin pour boire chascun en trepié. » (Vig. de 
Charles VII, II, p. 145.) — [« Trepier et chauderon 
« A brasser son boillon. » (Oustill. au Vilain.)] 

Trepignage. Action de trépigner : « Un bruit, 
« un sifflement, un trepignage de pieds. » (Saint 
Julien, Mesl. Hist. p. 101.) 

Trépigner. « Je ne suis point un Diogene qui 

« foulant la tapisserie de Platon luy dit: Je trépigne 

« aux pieds la vanité de Platon ; et Platon, d'un 

« revers, repartit : Tu foules ma vanité avec ta 

. « vanité. » (Lett. de Pasq. III, p. 215.) 

Trepigneys. Action de trépigner: « Si renforça 
« le chapleis, La fu si fort le trepigneys. » (Rose.) 

Trepignis, iz. Hélée générale à la fln d'un 
tournoi : « Les trepignis et marchis des chevaliers 
« au tournoi. » (Percef. I, p. 131.) — « Adonc prin- 
« drent courage et se prindrent à efforcez lors 
« brochent chevaulx, et se reflerent au trepigni% 
€ tout à un coup. » (Percef. II, f. 131.) — « Regar- 
« dons ces .xn. chevaliers qui cy viennent, car il 
« est advis, à leur contenance qu'ils doivent le 

• trepignis fourjouster. » (Percef. I, f. 132.) 
Trepiliarde. Qui s'agite : « Ma jazarde, ma 

« mignarde, Trepiliarde, fretillarde. » (J. Tahur. 
p. 270.) 
Trepiller. S'agiter : « Avoit esté assailly et 

• meurdry leur maistre, encores tout trepillé et 
« laint de sang. » (Dom Florès de Grèce, f. 111.) 

Auprès d'eUes doux bouiUoit 

La source d'une fontaine 

Qui sautelant trepilloit 

Ed tourtiUonnant la plaine 

De ses cristaUns ruisseauif. (J, Tah, p, iS.) 

Trepillys. Froissement : « Le froissis des bran- 
« ches, trepillys de^ chevaulx. » (Jouvenc. f. 44.) 

Treple. Triple (?) : 

Après le fils Dieu Jhesu Grit, 
Partout ses apostres preschant, 

gui tant de royaumes conquit, 
epuis sa mors resuscitans, 
En 9on treple baptisans. (Desch, f. 44Ô.J 

Trepointe. Courtepointe; lit de plume. (Cotgr.) 

Trepple. Triangle : « Faire trois arbres... Et 
« ne les faicts point si druz, c'est à entendre trop 



« près les uns des autres ; mais soient faict à trep- 
« pie, comme à dix pieds l'ung de l'autre. » (Mod. 
fol. 91.) 

Trere. l^Tirer: « Il ne puet mes tirer ne trere.» 
(Ms. 7218, f. 249.) — 2* Sonner le lever du jour : 

n tret le jor et huche et crie : 

Levez, soigner ; le jors apert. (Ms. 7218, f. 358.) 

3*» Traduire: « La vient en romans trere. » (Fau- 
chet, Langue fr. p. 33.) — 4" Reculer : 

Vous estes si debonnere 

Si franche de cuer, dame chiere, 

Que ne vous sauriez trere arrière 

De fere honor et cortoisie. (Ms. 7218, f. 182.) 

5** Concevoir : 

n n'a dame de ci à Tir 

Ne contesse ne cbastelaine 

Por qui j'en tresisse tel paine. (Id. f. 247.) 

6o Vider les étriers : « Tant seusse bien d'arçon 
« trere. » (Ms. 7218, f. 176.) 

1. Très. Particule indiquant le superlatif, du 
latin Trans. 1* Dès que, dès : 

Or avois je mis mon avoir 
Et la boursette très le soir, 
. En ime autre bourse plus grans. (Froiss. p. 429.) 
Très che qe jou Tesgardai, 
Premièrement à loisir, 
Fui je pris, sans revenir, 
Et en ceste pel morrai. (Vatic, 1490, f. 78.) 

2o Bien avant : 

Très devant aoust. 



Très dont que vl ma dame 
Mi donai. 



(Ms. 7218, f. 248.) 
(Ms. 7218, f. 158.) 



Je sai très hier 
Q'amours n'est pas establie 
Pour avoir joye à moitié. (Vat. 1490, f. 168.) 

30 Jusqu'à ce que : 

Trez que li roiz Edwart morra. (Rou, p. 280.) 

Très Teure que l'esgardai 

Onques puis ne l'entroublial. (P. av. 1300, IV, p. 1501.) 

40 Tout à fait : 
Vous m'aurez 
Se Dieu plest, et me recevrez 
Très par devant nostre provoire. (Ms. 7218, f. 219.) 

5" Si parfait : 
Je n'os mie bien recorder 
Sa beauté qu'el a si très. (Poèt. av. 1300, 1, p. 248.) 

&* Augmente le sens du simple : « Salomon eust 
« il employé si très tant de finances, pour faire une 
« chose désagréable à l'Eternel. » (Chol. f. 29.) 

Tôt maintenant je jufferoie 

Du très plus bel que je sauroie. (Ms. 7615, II, f. 152.) 

Le trésor tre^ anoiantist 

Tout prent, tout robe, tout police. (Ms. 7218, f. 296.) 

Gallas très fremist et tressau. (Id. f. 278.) 

« Quand (la drogue) sera très alée, l'en la jettera 
« et desgastera. » (Ord. II, p. 533.) 

2. Très. Tente : « Li très ert toz de soie fine. » 
(Partonop. f. 126.) 

3. Très. 1» Traits des chevaux : « Et si faut un 
< cordier des très. » (Desch. f. 500.) — 2* Gorgée : 
« Vin boire à grans très. » (Descti. fol. 448.) — 
30 Traite: « Là fet on grans poses et très. > (Desch. 
fol. 512.) 



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Tresbuchep. Voir Trebuz. « Afin qu'une amitié 
« lant heureusement bastie, comme estoit la leur, 
« ne tresbuchast en ruine, au moyen de ceste 
« absence. » (Slrapar. II, p. 199.) — « Que ils ne 
« soient si hardiz de tresbucher aucunes monoies 
« d'or, blanches et noires, quelles que elles soient.» 
(Ordonn. II, p. 185.) 

Tresbus. Qui a trop bu : 

Amours n'est pas pour cuer 

Faire apeser ; 
Âins est droite maladie ; 
Cil qui largement s'i fie 
Est hors du chemin issus ; 
Ausi que uns homs tresbus 
Qui cuide avoir les bues Gaifier 
Li jalons est d'amours el droit sentier. 

Vatican, n* 1522, r. 161. 

Trescens. « Si aucun a fait bail de ses terres 
« labourables, prez, vignes, eschenevieres, la pen- 
« sion et trescens dudit bail, soit en grains, vins, 
« denrées ou autres choses, est réputée pour meu- 
« blés, dès que les fruits sont coupez ou cueillis. » 
(N. C. G. II, f. 880.) Voir Trecens. 

1. Tresche. Danse : • La tresche menoit Ysa- 

• biaus. » (Poët. av. 1300, IV, p. 1461.) 

2. Tresche. Tricherie : 

Provost de chastiaus et de villes 
Qui font de tresches et de guiles 
Fans jugemens et faus recorS. (Us. 16i5, II , f, i46,) 

Treschier, oier. 1» Danser : 

Au treschoier se sont pris ; 

GodeCroi moult se desroie, 

Saute et tresche, et maine bel 

La treche entor un omel. (P, av. iSOO, III, p. i088,) 

2* Tricher : 

Pucelle n'a nul mestier 

Qu'on la doive d'amour treschier 

Ne lui dire faulse parole. (Athis,) 

Très chrestien. « Ce n'est pas sans grande 
« raison que Ton a donné à nos roys le titre de 
« roys très chrestiens, de tout temps immémorial, 
« parce que chaque famille de nos roys a de quoy 
« se vendiquer. » (Pasq. Rech. f. 213.) 

Trescoper. Traverser : « Commanda fabri- 
« quer et paver une voie de ciment et de pierres, 
« laquelle trescoperoit, Tisle en longueur, depuis 

• la mer de Cornou aille jusques au port de Tha- 
« nasie. » (Perceforest, I, f. 12.) 

Trescorrir. Transcurrere de S. Bern. f. 388. 
Trescouper. Fendre : 

Le patron fait le timon gouverner 

Et proue fait les ondes trescouper, (Desch. f. i9.) 

Trescourir. Courir : 

Et cilz fut près, si trescourut 

Au trespas. (Brut, f. 90.) 

Treseau, el. 1** En Anjou, on appelle treseau, 
trois hommes qui battent des gerbes ensemble. (Le 
Duchat sur Rabelais, I, p. 150.) — 2* Ballot : « De 
« tonneaux qui sont sur le bout .v. sols; pour 
« chacun doublier .m. sols .vc. deniers; pour le 

« tresel .n. sols s'il y en a ou batel ou en la nef 

« .XIX. tonneaux ; et, s'il y a doublier, treseaux ou 



(G. Guiart, f, i09.) 
(Sorb. LX, c. Si.) 



« charretée qui facent moeson, le tonnel ne doit pas 
« eslre prins, mais la moeson de .xix. tonneaulx. » 
(Du Cange, sous Tre^ellus.) 
Tresgeter. Lancer au loin : 

Se ge celui PheUppe tiens. 
Il ne saura si tresgeter 

8ue ne V (ace en tel lieu geter 
ù il n'aura jour ne lumière. 
Une ymage ferai tresgeter. 
Se Ueve et si m'assaut y 
Je li rassaut, et U m'assaut, 
Et le tresgiete. (Ms. 7615, /, f, ii7.) 

Tresglteure. Sculpture en saillie ; on lit dans 
la description d'un tombeau : 

Devant la tor fist à ciment 

En un arvolt qui moult ert gent, 

Font un tonbel apareilUer ; 

De marbre le fist entailUer 

Oiseaux et bestes en pointures 

Et de soltis tresgiteures 

L'ont entaUlié par defors. (FL et Blatichefl. f. i98.) 

Tresiaus. Voir Tresel. — « C'est à scavoir ly 
« tresiaus de toiles, de dras, de camelos, de ser- 
« ges. » (Du Cange, sous Tresellus.) 

Tresjecté, té, etté. Brodé : • Une fleur de 
« lis tresjetée do fin or à pierres précieuses. » 
(Percef. 1, f. 153.) — « Gorgeltes des oyselets qui... 
« estoient tresjectez de fin or. » (Percef. ï, f. 154.) 
— « Par dessus avoit tresjetlé... un houx à manière 
« d'espine vignetée, dont feuilles et branches 
« estoient toutes de fin or. • (Percef. id.) 

Tresimes. Treizième : « Ja f u le tresimes jor 
« Que en la chartre mise fu. » (Vie des SS. Sorb. 
LX, c. 37.) 

Treske. Danse : « La treske menoit. » (Vatic. 
1490, f. 110.) 

Treslancer. S'élancer. (Fabl. S. Ger. f. 22.) 

Treslice, lit. Travaillé en treillis : « En son 
« dos vest unehroigne treslice, » (Garin.) — « Vestit 
« un bon hauberc treslit. » (Flore et Blanch. 196.) 

Tresmontaine. Tramontane : « C'est l'estoile 
« Tresmontaine, Aurora la désirée. » (Desch. 399.) 

Tresmaer. Changer, métamorphoser : « On me 
« tresmue mon premier estât. » (Juv. des Ursins, 
Charles VI, p. 299.) — « De par Jesu Crist le très- 
« mué. » (Ms. 7218, f. 260.) 

Âlixandre et Hector, et Pompée,... 

De leur fin est la vie tresmuee. (Desch. f. i29.) 

Trésor. 1» Amas de métaux précieux : 

N'est trésor tant répons 

Qui ne soit enfin trouvé. (Poèt. av. iSOO, II, f. i03.) 

2» Réserve : • Ne tarda gueresqu'elle se retrouva 
« devant le chevalier ouquel on povoit dire aperte- 
« ment, la ou tel trésor est, là est ton cueur et tes 
« pensées ; et ainsi estoit il, car il pensoit merveil- 
« leusemenl à la pucelle. » (Percefor. V, f. 44.) — 
« Je vouldroye eslre cheut au trésor de la grant 
« prouesse qui est en vous , affin de prendre 
« exemple de mieulx valoir. » (Percef. VI, f. 75.) — 
3® [Trésor des chartes ; on conservait au Trésor, 
outre les titres originaux renfermés dans des boites 



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TRE 



ou layettes, les registres de la Chancellerie royale, 
de Philippe-le-Bel à Charles IX. Celte collection, 
dont rancien classement a été scrupuleusement 
maintenu, est précédée et suivie d'inventaires et de 
recueils de transcriptions de pièces du Trésor, 

Farmi lesquels figurent les précieux cartulaires de 
h. Auguste et de S. Louis, qui contiennent, avec 
les copies des pièces adressées au Roi, les minutes 
des actes royaux, et peuvent élre considérés comme 
les premiers registres de la Chancellerie.] 
Trésorerie, i* Or caché ; 

Avoir en trésorerie 

Ne fait riens, fors que ([esir. 

Mais qui a droit de partir 

Le set toz jors mouteplier. (Poët. av. 1300, i, p. 318.) 

2* Cachette: « Je mis... mon plus précieux trésor 
« en une trésorerie que je feis faire par dedans 
« terre. » (Percef. VI, f. 60.) 

!• Trésorier. Administrer les finances: « Le 
« souverain seigneur ne doit vendre quafre choses 
« principales^ entre autres le coin de sa monnoye, 
« tant d or que d'argent, la faisant haute, nette et 
« fine ; telle la reçoit son pays bien tresorié. » (La 
Colomb. Th. d'honn. II, p. 105.) 

2. Trésorier. Subst. « Aujourd'huy trésorier, 
« demain très arrière. » (Gotgr.)— « Au préambule 
« des coutumes d'Eu, les procureurs des villages 
« qui y comparoissent sont qualifiez de trésoriers.» 
(N. C. G. IV, p. 175.) 

Trespanssez. Pensif : 

Quant Partonopez fù montez 

Pooreus fu et trespanssez ; 

N'est merveUle si est pensis 

Ne sait où est, n'en quel païs. (Parton. f. 126,) 

Trespas. 1^ Passage : « Manda que tous les 

• trespas fussent bien gardez. » (Chr. de S. Denis, 

I, f. 52.) — • Li biens d'amours sont tous trespas 
« de vent ; Tost ont passé. » (Vatic. 1490, f. 82.) — 
« En forsant leurs tenansde payer coustumes, très- 
« pas, panages et plusieurs choses. > (Du Cange, 
sous Trespassus, c. 1261.) — 2«» Moment : 

Dame, sans oui n'a poissance 

Âmors ke j'aie repas, 

N'aie cure d'acointance 

Qui ne dure c'un trespas. (Poët. av. 1300, II, p. 928.) 

30 Péché : 

.... Dame, ne vous griet pas 

Que de main vueU, sans nul trespas 

En marcheandise râler. (Ms. 1218, f. 241.) 

Nostre seigneur Dé prions 

Que nos trespas nous pardoinst. (Ms. 7218, f. 173.) 

4* Excès : « Toutes manières de forfaitures, tres' 

• pas^ mespresons faits pour eux ou advouez d'eu Ix, 
« soient de tout pardonnez. » (Chron. de S. Denis, 

II, fol. 265.) 
Trespassable. Passager : 

Nostre paine est trespassabïe. 

Mais la vie i ert permanable : 

Car, par ceste dolor mondaine 

Ârons nos la vie sovraine. (Vie des 55. Sorb, 60, c. 35.) 

Trespassé. Trépassé : [« A voit eu un de ses 
« enfans trespassés^ et en faisoit grant disner. » 
(JJ. 145, p. 382.)] — « Les trespassez ne mordent 



« plus. » (Apol. d*Hérod. p. 598.) — « Tout cela est 
« frappé à la porte d'un trespassé. » (Cotgr.) — « Il 
« pisse pour les trespassez. » (Cotgr.) — « Chambre 
« du trespassé, » dans laquelle le roy est mis, au 
bout de quelques jours après sa mort, avant d'être 
porié à la salle de Teffigie. (Mém. de Bassomp. I, 
p. 298.) 

Trespassement. Convoi ; « Avoir esté au 
« trespassement d'un chat, » n'avoir pas la vue 
claire. (Oudin.) 

Trespasser. 1* Trépasser, mourir : « Il mourut 
« puis trespassa à la joye pardurable, car il estoit 
« grant aumosnier. » (Chr. de S. Denis, I, f. 48.) — 
2" Passer, en parlant du temps : 

Oui feme prie 

Ne doit, que que nus die, 

Un seul jor trespasser 

Qu'àli ni aiUe parler. (Poèt. av^ 1800, IL p. 712.) 

« Li chauz ert moult trespassez. » (Ms. 7218, 
f. 242.) — 3' Surpasser : 

Dedens le tref fù la pucele, 

Flor de lis et rose novele, 

Quant ele pert, ou tans d*esté, 

Trespassoit ele de biauté. (Ms. 7989^, f. 54.) 

4* Sortir de : 

Quand del pasmer fu trespassée 

Il a doucement confortée. (Ms. 7989 ', f. 47.; 

« Ce seroit assez pour me faire trespasser outre 
« les -gonds de patience. » (Rabelais, lll, p. 50. — 
5* Traverser : 

Celz à pié ne purent retraire 

Ne ceulz à cheval trespasser. (Ms. 6812, f. 69.) 

6* « Trespasser péage, » frauder le péage, aux 
Ordonn. I, p. 227. — ?<> Passer : 

La dame soloit chaque jor, 

Quant issus estoit son seignor, 

A la fenestre reposer 

Et les trespassans regarder. (Fabl. de S. Germ. f. 33.) 

« Il n'y a si mauvais trere, comme le long des 
« voyes, car un limier y trespassé voulenliers 
« routes, • (Chasse de Gast. Phébus, p. 172.) 

Petit pas, ordonnéement, 

Moult bel, et moult avennaument, 

Parnû la sale trespasserent, 

Au roy vindrent ; cel saluèrent. (Brut, f. 80.) 

Antecrist est trespassez 

Le pons et entre en la ville. (Ms. 7615, II, f. 188.) 

8» Guérir : 

Aucuns peuvent du venin trespasser 

Par triacle : du lyon ensement 

Se peut Ten bien garentir et trufer ; 

Mais il n*est nul qui peust au médisant 

Résister n*à son venm cuysant. (Desch. f. 160.) 

9- Disparaître : 

Tôt autresi corn la rousée 

Monte en larrecin de sor l'abre. 

Et ons moult qui est dans l'abre, 

On ne puet plovoir ne venter, 

Tôt autresi voit trespasser, 

La bonne amour, parmi la gent, 

Qu'on n'en aperçoive néant. (Ms. 7615, II, f. 134.) 

lOo Frustrer : « Aucune fois avient queli parastre 
« et la marastre pour l'amour qui est entre aus ou 
« mariage, donnent à leurs flUastres leurs hiretages 



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« ou leurs conquests, ou leurs meubles, ...et très- 

• passent leurs enfans. » (Beauman. p. 353.) 

Trespasseup. Qui transgresse : « Les inju- 
« rieurs, violeurs ou trespasseurs de noslre pre- 

• sente sauvegarde. » (Ord. III, p. 562.) 

Trespensé. Pensif: « Guillaume ont trouvé 
« trespensé. » (Fabl. de S. Germ. f. 255.) 

Atant le guerpist en la voie, 

Et il s*en va moult trespensez, (Fabl. de S, Ger. p. 270.) 

La pucele du cuer soupire 

Ne sait comment el U puist dire 

Que ele est pour lui enbrasée 

Moult durement, et trespensée. [Blanchand, f. 187.) 

Tpespensep (se). Etre inquiet : 

Mes quant très bien sorpris se voit, 

Qu'il est en^oisseus et aestroit. 

Tôt s'esbahist, et se trespensé 

Si qu'il n'est pas de grant defifense. (Parton, f, i6i.) 

Trespensius. Inquiet : « Trespensius, mornes 
. etdolens. » (Ms. 7989% f. 66.) 

Trespep. Danser : 

Guiot dessus Tarbroie 

Ou fet dancier 

Et espringuier ; 

Trespent meschines et bouvier. [P. av. iSOO, II, p. 665.) 

Trespepcep. Transpercer : 

Puis enprès a l'espée traite, 

Si a la guimple suslevée 

En son l'andure de Tespée ; 

Baise la guimphe et puis le sanc, 

Tresperce le parmi le flanc. (Pirame et Thishéj f. 400.) 

Li garrot le chastel tresperce. (G. Guiart, f. 314.) 

La vostre très grant clartez 

Tresperce toute créature. fMs. 7Sd8, f, i2i.) 

Femmes en point assez pour dieux, 

Déesses tresperçans les cie\}x.(Contred. de Songecr. 165.) 

Tresplanteur. Qui transplante: « Tresplanteur 
« d'arbres. » (Des Ace. Bigarr. f. 51.) 

Trespoptep. Transporter , au propre et au 
figuré : « En une heure fu tresportée Et si avoit 

• moult grant jornée. » (Vie des SS. Sorb. 61, c. 31.) 
— • Par ire me tresportai. » (Poët. av. 1300, IV, 
p. 1483.) 

Tpesque. Danse : « Mors, tu fais lessier gui et 

• tresque. » (Poëm. de la Mort, Sorb. 29, c.*17.) 

Tpessaillip. 

Li cuers menuement tressaut 

Et toute lor force lor faut. (Ms. 7218, f. 134.) 

Moult a famé le cuer muable 

Et tressaillant. (Ms. 7615, J, f. 107.) 

Tpes saint. • Comment les prelasd'aujourd'huy 
« en leur vie Desordonnée veulent estre appelez 

• très sainz. » (Desch. f. 526.) 

Tpessalé. Passé, sans goût : • Pain noir, dur 
« et baslé. Tout muisi et tout tressalé. » (Ms. 7218, 
fol. 286.) 

1. Tpesse. Danse : « Les menestriers encom- 

« mencerent à jouer de leurs instruments les 

« jeunes chevaliers et les pucelles s'entrerejouis- 

• soient, et faisoient plusieurs tresses entre les 
« arbres. » (Percef. V, f. 107.) 



2. Tpesse. Tresse : 

Se tu consens que leur tresses 

A Ûl d'or soient galonnées 

Et qu'eUes soient ordonnées 

De soye et de uns autres dras, 

Que feras-tu? Tu nourriras 

Le vice d'impudlcité. (Desch. f. 501.) 

Tpessoip, on. Sorte de peigne ou de galon 
pour orner les cheveux : 

Pigne, tressoir semblablement 

Et miroir pour moy ordonner. (Desch. f. 496.) 

• Item nos tressons d'orfaverie qui sont de rubis 
« d'Alexandre, d*esmeraudes et de perles. » (Lelt. 
de Jeanne de Navarre ; D. C. sous Treca.) 

Tpessoumel. Charge d*une bête de somme : 

• Tout le haran, le selerin, les morues et les mar- 
« lans salez qui seront amenez en brouettes ou en 
« mannes seront venduz à brouettes ou à mannes, 
« ou en tressoumel. » (Ord. Il, p. 360.) 

Tpessuep. Suer: « Il commença à tressuer de 
« grande joye qu'il en eut. » (Arest. amor. p. 374.) 
— « Vit venir son escuyer, sus ung roussin las et 

• tressuant. » (Lancel. II, f. 26.) 

Guilleaume vit desatorné 

Et son cheval vit tresstié. (Rou, p. 233.) 

Tpesteau, tel. Tréteau: « Une table d'argent 
« qui estoil dessus quatre tresteaulx. » (Lancel. 
III, fol. 23.) -- « Il vait Thelamon assis sur ung 
« tresteau. » (Percef. Il, f. 22.) — « Un trestel bien 
« séant. » (Mod. f. 112.) 

Tpestop. Détour : 

Eneas oirre o Anchises 

Li bons, li beaus, o le mauvais ; 

Par mer, par terre, et nuit et jor 

Que par isle, et par trestor 

Qu*U arrivent en Romenie. (Partonop. f. 125.) 

Tpestopnep. Retourner : 

Li chevaUer li a nommé 

Qui la cuiUier out trestomée. (Rou, p. 188.) 

Bien me deust trestoi^er 

Amors, son devant derrière. (Chans. du O* Thibaut, 26.) 

Trestomer ne gueuchir. (Vatican, 1490, f. 13.) 

Le prestre le chevalier voit, 

Vers li trestome sa jument. (Ms. 7615, II, f. 209.) 

La dame à trestomer le prent 

Gentement, tant qu'U s'endormit. (Ms. 7615, II, f. 149.J 

Le participe passé féminin est pris substantive- 
ment au sens de changement, détour : « Les voies 
« et les trestomées. » (Rou, p. 234.) — Guillaume 
le Bâtard voit un bon présage dans un haubert 
passé de travers : 

Le haubert qui (ù trestomez 

Et puis me rest à droit tomez 

Senefie la trestomée 

De la chose qui est rimée ; 

Le mien qui est de duchée 

Verrez de duc en roy torner : 

Roy serai, que duc ai esté. (Rou, p. 311.) 

Tpestoup. Détour : 



A un trestour que le rois fist 
Trayt Haym s'espée, si l'occist. 
Là vy je pluseurs contenances, 
Et rendre diverses sentences.... 
L'un s'assiet, l'autre se crout 
L'autre par derrière fait trestour. 



(Brut, f. 38.) 



(Desch. f. 393.) 



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nia oisiaus pluisours 

Qm les guiche et les trestotirs 

Dou goiipil aperchoivent bien. (Du Gange, Treslomatus,) 

Trestoupner. Détourner : 

Aucuns d*eus font hydeuses moes 

Quant ils sentent Tacier es joes 

Qu'en leur abat là par grant ires 

 tresiournées et à vires. fG. Guiarty f. 293,) 

Qui voit la sajette venir, 

Trestoumer se doit ou courrir. (Brut, f. 8S,) 

Le jour s*est alez demuçant 

Entre les povres trestoumant. (Brut, f, i09.) 

Trestrambler. Trembler : 

Fremist et soupire et esprant ; 

Tressait, irestramble et tressue. (Pyrame et Thisbé, 99.) 

Trestuer. Tuer, épuiser : • Amours trop me 
« trestue. » (Chans. du xur siècle, f. 385.) 

Tresve. Trêve : « Tresves et asseuremens don- 
« nez en cour de vassaux. » (C. G. II, p. 125.) 

Tret. lo Trait, gorgée : 

Hes se je eusse beu, 

Du vin de ces noces un tret, 

Il m'eust à toz jors bien fet ; 

Mes je n'en bui ne n'en goustai. (Ma. 7218, f. S58.) 

2* Portée: « Quand vous vendrez comme au 

« tret de .in. arbalestes du giste où vous Taves 
« destourné, laissiez aler vos chiens. » (Mod. f. 57.) 

- « Tret d'une petite pierre. » (Gast. Phéb.p.285.) 

— 30 Trait d'arbalète : • Du tret de Gennes et de 
« leurs guetons. » (Desch. f. 204.) — 4° Moyen, 
expédient : 

Saiges est, las, qui se retret 
Et qui aprent engin ou tret 

Pour recouvrer 
Sa vie et estât par ouvrer. (Desch, f. 696.) 

Eraisie ot escu trop cointe 
C'un popelicans ot portret 
A un faus poins, à un faux tret 
De fauce interprétation. (Ms. 7615, II, f, i9i.) 

« Tret de traïson la poitevine. » (Ms. 7615, II, 
f. 190.) — 5" Corde d'un filet : « Quant vous arez 
« bien atachié le tret de vostre rois à la gielle et à 
« la perche. » (Mod. f. 170.) — 6» « A tret, » à petits 
pas : < Or chevauchons ung petit, à tret affin que ne 
« perdons pas Touye. » (Percef. 1, f. 78.) 

Tréteau, el, iaus. « Pereaulx, tréteaux, 
« claies.... pour faire boulevars. » (Le Jouvencel, 
f. 85.) — • Il s'assist sur ung tretel.,,. et se print à 
« reposer. » (Percef. II, f. 10.) 

L*en vint desservir 

Et ester tables et tretiaulx, (Desch, f, 498.) 

Tretible. Qu'on peut traiter: « Sur débat des 
« appellations,.... elles doivent estre relevées en 
« parlement ; ou si elles sont tretibles devant nostre 
« seneschal. * (Ord. des ducs de Bret. f. 238.) 

Tretis. Souple : 

lies bras longues, les dois tretis 

Tour acoler amis fetis. (Ms. 7218, f, 218.) 

Ses deux sorcis 

Tant biaus, 

Tretis, et gens, fez à compas. (Ms, 7218, f, 204,) • 

1. Treu. Trou : « Jusqu'au treu vous pant vo 
• mamelle. » (Desch. f. 350.) 



Un treu firent, desos la sole, 

Dont l'en peust traire une mole. (Fabl. S* Germ. f. 167,) 

2. Treu. Tribut: 

Treu en orent, treu roevent, 

Tenir veulent en beritaiee 

La honte à nous et le tolage. (Brut, f. 82.) 

Quand je serai excité 

A paier le treu de nature 

Celle ara de m'ame la cure. (Desch. f. 492.) 

« Au pays où le treu de sel a lieu , nul ne doit 
« acheter sel, fors au grenier du seigneur, et qui 
« fait le contraire, il chet en Tamende. » (BouteiU. 
Som. rur. p. 865.) — « Ja estoit venu Boucicaut en 
« Taage et au temps que amour naturellement a 
« coustume de prendre le treu et la paye de tous 
« les jeunes nobles courages. » (Boucic. p. 25.) 

Rome qui fut dame monarchial 

Et qui soubmist la machine du monde 

Souos son treu. (Desch. f. 349.) 

« Je n*ay point accoustumé de payer treu, mais 
€ pour avoir paix, je mets la marchandise en vostre 
« main. » (Percef. VI, f. 109.) 

Treuaige. Même sens: « En leur payant 
« treuaige, » (Math, de Couci, Charles VII, p. 691.) 

Trêve. « Trêve est une cose qui donne seureté 
a de la guerre, el tans que elle dure. » (Beaum. 
Du Gange, sous Treva.) — • Si allèrent à sauves 

• ^rev^s jusqu'à l'ost. » (Lancel. ITI, f. i43.) 
Treuf. Enfant trouvé: « Il a la confiscation 

« des biens dessus lui trouvez, la chose espave, le 
« treuf et le bastard , c'est à dire Tescheance du 

• baslard. » (Bouieil. Som. rur. p. 902.) 
Treufle. Trèfle aux cartes. (Colgr.) 
Treuiller. Presser, au figuré ; la femme, sous 

prétexte de charmer Tceil malade de son mari, met 
la bouche dessus pour qu'il ne voit pas le galant 
qu'elle veut faire sauver : 

Tant le treuilla, et le charma 

Que li lechierres s'en ala. (Fàbl. de S, Germ.) 

Trevisaine. De Trévise : « Y avoit un tiers 
« couché en mesme lit, qui dansoit la danse trevi- 
« mine avec sa femme. » (Desper. II, p. 95.) 

Treul. Treuil : « Si (l'homme) meurt en la foy, 
« en contrition et grant repentance, c'est le treul 
« par quoy il tire à soy la miséricorde de Dieu. ,» 
(Mod. f. 241.) 

Treulage. Pressurage. (Ord. III, p. 478.) 
Treullour. Pressureur. (D. C. sous Trullare.) 
Treuve. Trouvaille : « N'est pas sans cause se 
« vous esmerveillez de la treuve, car nous avons 
« esté longtemps avec elle sans en rien apperce- 

• voir. » (Chev. de la Tour, Inslr. à ses filles, f. 67.) 
— « Les treuves etvasseaux d'ez (abeilles), appar- 
a tiendront au seigneur hault justicier, n'estant 
« poursuivis de celuy auquel ils appartiennent. » 
(N. C. G. II, p. 146.) 

Treyt. « Pain de treyt. » (Britt. Loisd'Angl. 74.) 

Trez. Corde : « Tre% de limiers, lesquels doivent 
« estre cueues de chevaux ou de jumens, car.... 
« ils.... durent plus que s'ils estoient de chanvre 



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« ou de laine. » (G. Phéb. p. 137.) — « Nul ne doit 
« pescher à filetz, irez et ligne à plomb ou autres 
« engins défendues. > (G. G. I, p. 603.) 

Treze. Treize : « Se régleront ledit prevost, 
« mayeur et treze hommes, au faicl de leurs offices, 
« concernant la ditte drapperie. » (C. G. 11, p. 958.) 

Trezeau. Sorte de barrique : « Cerceaux à 
« tre%eaux. » (Ord. I, p. 600.) 

Trezein. Treizième : • Lods et trezeins deubs 
« pour cause des aliénations des terres et biens qui 
« se font dans nos terres et seigneuries. » (N. G. G. 
II, p. 1238.)— « D'autant que surviennent plusieurs 
« différends entre nos sujets à occasion des lods et 
«^ trezeins qui nous sont deubs pour cause des 
«* aliénations des terres et biens qui se font dans 
c DOS terres et seigneuries, il nous a semblé bon 
« d'y pourveoir. » (N. C. G. Il, p. 1238.) — « Demi 
« trezein^ monnaie de six deniers et demi. » (Mon.) 

Tpezellep. Carillonner : « Comme, dez le soir, 
« Ton vouloil trezeller la feste des culs. » (Des 
Accords, Escraignesdijonn. p. 19.) 

Trezeniep. Registre où sont inscrits les « tre- 
« zeins » à payer: « Noter et descrire tel notiflca- 
« tion dans le livre trezenier. » (N. C. G. II, 1238.) 

Tpeziome. • Trezieme du vin. » (Ord. V, p. 82.) 

— « Furent mis (à Paris, 1382) subsides, gabelles, 
« aides, fouages , douzième, trezieme. » (Froiss. 
II, p. 232.) 

Tpiaclepie. Action digne d'un vendeur de thé- 
riaque : • Féerie, sophisterle, empirie, medicasterie, 
« triaclerie. • (Alect. Rom. p. 35.) 

Tpiacleup. Vendeur de thériaque. (Mém. de 
Mornay, I, p. 787.) 

Tplalae. Terre (comparez triegé) : « Sauf et 
« reserve certain dixmage que Tabbé de S. Mor 
« des Fossez et les hoirs Tiersault preignent certain 
« triaige au dit terrouer d'Ongnes. » (Du Gange, 
sous Triare.) 

Tpial. Jugement rendu sur le serment de douze 
jureurs, dits en Angleterre tryaoul. On distinguait: 
lo . Trial par bataille, » lorsque quelqu'un se dé- 
fend d'un crime par le duel. (D. C. sous Triallum.) 

— 2o « Trial par les pers du royaume. » (Id.) — 
3® « Trial par le pays. » (Id.) 

Tpiangle. Angle, coin : « Une grosse tour qui 
« boutoit en avant le fossé et faisoit le triangle du 
« mur, de laquelle tour le guet ne povoit veoir en 

• bas. » (Le Jouv. f. 25.) 

L'un des ras m'avoine manga 

Et les souris m'ont mat en rangle ; 

Il n'y a pais ne triangle 

Qulls n'aient tout fiait affamer, (Desch. f. 280,) 

Mettez raison et le droit au dessus 

Et ne vueillez soustenir le triangle, (Desch, f, Si.) 

Tpianglé. Qui a forme de triangle: « Fourme 
« trianglee. » (Rabel. V, p. 192.) 

Tpiannal. Espace ds trois ans : « Son triannal 

• n'estoit encore expiré. » (Dict. de Monet.) 



Tpiant. Tétons: 

Li quens Berenger ot une fille moult bêle ; 

Pope l'apelent ron; moût ert gente puceUe : 

N'avoit encore en sain ne triant^ ne mamelle. (Rou^ S4.J 

Tpiapcle. Thériaque : « Précieux triarcle. » 
(Desch. f. 558.) 

Tpibadiqae. Qui use de la tribade ; se dit d'une 
femme qui abuse de son sexe avec une autre 
femme: « Elles aymassent mieux en user à la tri- 

• badique. » (Dialog. de Tahureau, p. 40.) 
Tpibal. Trident (?) : « Et le dieu qui terrible ou 

« de sa faux recrouche Ou de son gros tribal les 
« oiseaux efarouche. • (Baïf, p. 228.) 
TpibaUe. Bruit; rapprochez Trimballer: • Le 

• bruit et la triballe des gens des noces vous rom- 
« proit tout le testament. » (Rabel. III^ p. 164.) 

Tpibapt. Parties sexuelles de Thomme. (Cotgr.) 

Tpibé. Broyé: « Gros sel bon vinaigre et 

« fors aulx, tout tribée ensemble. » (Hod. f. 61.) 

1 . Tpible. Voir Tramail. 

2. Tpible.Triple : « Comme il venoit à cbascun 
« chastel, si le faisoit garnir de gens et de vivres, 
« tellement qu'ils n'avoient garde d'ung grand ost, 
« car il a voit fait tribl-e renouveller et renforcer. » 
(Lancel. du Lac, III, f. 34.) 

En nom de Dieu l'esperité, 

Qui est tnble en unité. fMs. 7645, /, f, 65.) 

1 . Tpiblep. Tripler : 
En ton escu de parement 
Trible à flour de lis enarmée 
C'est de la foy le sacrement 
Une en doité simplement 

Et en personnes est triblée. (Ms, 6812, f. 53.) 

2. Tpiblep. Broyer : 

Qui touttes les choses prendroit 

Et en un mortier les metroit, 

Et si les trïblast tout en un, 

Et puis les beust à jeun 

Garis seroit. (Ms. 72i8, f. 243.) 

Tu as sous tes plantes triblée 

La teste du serpent. (Ms. 7218, f. 179,) 

« Ces fruiz que la char naturée Prist qui puis fu 
« en croiz /rib/^e* Pour faire nostre salvement. » 
(Ms. 6812, f. 33.) 

Tpibolet. Pain. (D. C. sous panis.) 

Tpibope. « Le duc de Gheldres... n'est que uog 
« obstiné et plus esservellé que tribopes. » (Lett. 
de Louis Xll, II, p. 282.) 

Tpibopd. « Casse escoute de tribord. » (Rabel. 
IV, p. 99.) 

Tpibouil, ouillage, outllepte, ont. Tracas» 
agitation : « Dieu me voulut grand mal, quand il 
« me mit en tel tribouil. » (XV Joyes du mar. p. 47.) 
— « C'est tout triboul et labour dépensée. > (Desch. 
fol. 269.) 

Ce sont toutes tribouUleries 

Que de plaider à folz ne à folles. (Pathel. 93.) 

Abhorrant le mariage 

Et des femmes le tribouillage 

Marier point ne se voudra, (Baïf, f. 264.) 

Tplboulep. Tribouiller, agiter : « Quand on dit 



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« triboule ménage, c'est au lieu de trouble ménage.» 
(Pasq. Rech. p. 754.) — « Il a moult, en cest siècle, 
« paine et triboulement. » (ChantepU ms. f. 103.) 

Maint seigneur destrivent à maint 

Oui souvent en sont triboule. (Desch. f. 221 J 

Tout se va triboulant 
En n'amendant n'a point d'amendement 
Car chascun fait toute chose viUaine. (Id. f. 279.) 
Sa vie est toute tribouîée. [Id. f. 23L) 

Œ'épervier) si tire tout droit contremont 
À l'aloé qu il voit amont ; 
Hault la triboule et fait grant guerre. (Uod. f. i50.) 

Triboulet. Fou de François !•'. (Rab. II, 268.) 
A Paris c'est le nom d'un homme court et ventru , 
de la fressure de mouton. 

Triboullart. « Adonc appella Sapienee un des 
« procureurs de la cour qui avoit nom Massient 
« THboullart. » (Mod. f. 215.) 

Triboullé'e. Mélange : « Il ont fait une tribouh 
« lée De marz, mes, com blancbe gelée. » {Hs. 
6812, f. 53.) 

Tribouller. Voir Tribouler: « En Angleterre... 
« ils estoyent tous triboullez et en mauvais arroy.» 
(Froiss. 111, p. 317.) 

Trlboas. Agitation : « Se sevent de tes tribous 
« Les dames trop mieus que nous. > (Vatic. 1490, 
fol. 169.) 

Tribue, il. Même sens : « Leur tribues, pour 
« guerredon, reffus et vilaines paroles. » (Tri. des 
IX Preux, p. 304.) — « Noise et grant tribuil. » 
(Mod. f. 298.) 

Tribulage. Obligation de battre le blé du sei- 
gneur. (D. C. sous Triblagium.) 

Tribulance. Agitation : « Ja n'i ara adversité 
« Ne tribulance dépensé. » (Vie des SS. Sorb. 60, 
0.42.) 

Tribale. 1* Chardon. (Cotgrave.) — 2^ Chausse 
trappe. (Oudin.) 

Tribunal. Employé adjectivement : « Lors le 
« commanda Pilate amener à son siège tribunal. » 
(Percef. VI, f. 123.) 

Tribus. « Pilulle de tribus. » (Merl. Cocc. 1,196.) 

Tributaire. « Ces tributaires traicterent 

« tellement le peuple... que chascun demandoit et 
« appeloit plutost la mort que la vie en cest estât. » 
(Tri. des IX Preux, p. 100.) 

Tricasser. Tracasser. (Songecreux, f. 98.) 

Triceresse. Tricheuse : 

Âmors est cose forsenée, 

Ne nus ne doit suivre ses yolentês 

Tant le conois triceresse provée. (Ch. du O Thib. p. 63.) 

Tricerie. Tricherie : 

Le plus de tous les déduis 

Sont par l'oreille conceu ; 

Ainsi ares tous deceu 

Moult de gent qui en regarder 

Prennent delis pour eubc garder 

De tricerie en leur cueur venant. (Mod. f. 155.) 

Triche. Estui de la pierre avec laquelle les fau- 
cheurs aiguisent leur faux, dans le patois du Sois- 

X. 



sonnais. Ce morceau de bois, long d'un bon pied, se 
met au manche de la faux. 

Tricher. « Les Picards... appell oient (Charles?) 
« Charles qui triche^ faisant allusion sur Autriche, 
« qui triche^ autant à dire qui trompe. » (Brant. 
Cap. estr. I, p. 4.) — • Ha, richesse, por coi nos 
« triches? » (Ms. 7615, 1, fol. 104.) — « Le roi se 
« coroça de ce que Salahadin le trichait ainsi. » 
(Mart. V, c. 635.) 

Teus cuide autrui tricher, 

Qui bien voit rencombrier 

Parmi soi retomer, 

Qui maine desraison 

Soit fiert de son baston. (Prov. du O de Bret. f. 115.) 

Tricheresse. Féminin de tricheur : 

Pour ce est foux, ce sachiez de voir 

Li bons qui a bonne moiUier 

Quant il aileors se va soiUier 

Aus foies garcbes tricheresses 

Qui plus que chas sont lescheresses. (Ms. 7615, II, 226.) 

Tricheressement. En trichant : « La chose fu 
« fête tricheressement^ parquoy il ne veut pas que 
« ele tiengne. » (Beaum. p. 172.) 

Tricherre, eur, ierre. Qui triche : « Il ne 
« vouloit mye vers moy estre mensongier, ne vers 
« s'amye tricheire. » (Lancel. II, f. 110.) 

§ui sa dame déçoit 
rop fait vilain esploit 
Tricherres ne quiert droit : 

Quar raison l'ociroit. (Marcoul et Salem, f. 116.) 
Or sui je certes toz le pire 
Qui soit et li plus vieus trichierre; 
Et je qui suis viens pecbierre. (Ms. 7218, f. 5.) 
Tondis se craint tricheur qui a trichié. (Desch. f. 445.) 

Trichot. Insulte, en Bigorre : • Trichot que tu 
« es... trichot est la plus grant injureet blasme que 
« l'en puisse dire à nul homme en iceluy pays 
• (Bigorre), » au reg. JJ. 168, p. 362, an. 4414. 

Trichotoier. Appeler trichot : « Ne me vas pas 
« trichotoiant. » (Ibid.) 

Tricon. !• Tierce, au jeu de cartes. — 2^ Trio^ 
parlant de la réunion des parlements de Bordeaux, 
Toulouse, Paris, au parti delà Fronde : « Car le Nor- 
« mand et le Gascon Et le nostre faisoient tricon. • 
(Mém. du card. de Retz, V, p. 325.) 

Tricoplier. • Quant il chevauchoit, il avoit .ii. 
« chevauceurs avec soy et un frère sergent, et à 
« chevaulx, un tricoplier^ un escripvain. » (Statuts 
des Hospitaliers.) 

Tricoter. 1« Jouer au volant. (Cotgrave.) — 
2» • Tricoter la pureté de rpr. » (Cotgr.) 

Tricoterie. Chicane : « Il n'est rien que je 
« haïsse comme à marchander ; c'est un pur com- 
« merce de tricoterie et d'impudence. > (Mont. I, 
p. 428.) 

Trieoys. « Des baudriers qui ont beaux tricoys.» 
(Coquillart.) 

Trictrac. 1® Train [a encore ce sens en Bre- 
tagne] : « Le trictrac du palais. * (Cont. d'Eutrap. 
p. 379.) — 2® Jeu : « Il ne faut pas obmettre nostre 
« jeu de trie et trac; car, s'il vous plaist considérer 

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« le son que rapportent les dez estant jettez dans 
« le tablier, il n'est autre que trie et trac. » (Pasq, 
Rech. p. 671.) — 3» Quinconce: « Des arbres plantez 
« en trictrac, qui font de tous costez des lignes et 
« des routtes, quoy qu'ils soient disposez sur di- 
« verses lignes. » (Menest. art. des dev. préf. p. 52.) 
Tridalne. 

Vous estes au cul si très noire 
Et y croist si forant la laine 
Qu on feroit bien la tridaine. 

Derit Amoureux, det denumrtei d*aiii0tirt, p. 90. 

Trident. Curedent (?) au Pèlerin d'amour, t. II, 
p. 6a2. 

Tridet. « Nous disons (les roys) prudens et pro- 
« videns et qui ont bien sceu dissimuler, à quoy ils 
« ont autant songé qu'au tridet. » (Brant. Dam. 
ill. p. 71.) 

Trie, i^ Action de trier : 

Ainsi que les blondes avettes 

Vont voletant par les fleurettes 

En la saison du renouveau 

Quand, de natureUe industrie, 

Entre les fleurs font une trie 

Pour confire leur fruit nouveau. (Batf, f. 260.) 

2* Colombier : • Ne sera loisible à aucunes per- 
« sonnes, de quelque qualité qu'elles soient, d'avoir 
« ny faire tries, trappes ou autres refuges, pour 
« retirer, tenir, ou nourrir pigeons aux maisons 
« des champs, sur j)eine d'estre démolies. » (C. G. 
II, p. 778.) — 3o « Et frappa de la trie. » (Journal 
de Paris, sous Charles VI, p. 13.) 

Triege. Territoire : ^ 

Rou fu fort et hardîz, à Paris tint son siège ; [piège 
Ceuls de dedans oust pris, comme Ten prent bisse au 
Ne fust sainne si grant, par ont il lor tnege. (Rou, 35,) 

Triennalité. Subst. usité dans Du Cange, sous 
Triennalitoi. 

Trtens. Un en trois personnes, dans une apos- 
trophe à la Vierge : 

Vous salu je, sainte Marie, 

De sainte grâce raempUe, 

Qui mères estes à cet seigneur 

Qui tant a fet sans enseigneur. 

Vous estes flUes et s'estes mère ; 

n fu voz fils, si fu voz i>ere, 

Par es celestres, fils irxens^ 

De vous descent et naist li biens. (Ms, 7248, f. i06.) 

Trier. 1^ Choisir, mettre à part : « De cest mau- 
« vais gieu legier Vous en di çou que j en trie. » 
(Vatic. 1490, f. 463.) — « Li acier trenche et dessoude 
« Maintes plaisanz armes triéez. » (Vatic. f. 315.) — 
« Le sage, s'il requiert conseil, et on li done bon 
« ou mauvais, il saura bien trier l'un de l'autre, et 
« le fol ne saura trier ne conoistre. » (Assis, de 
Jerus. p. 184.) — 2* Eclaircir : « La prove de la 
« procheynete de saunkes ne puet estre triéf^v 
« nul plée de possession. • (Britton, f. 181.) — « Cil 
« debate soit trié parexaminementde somoneurs.» 
(Brill. fol. 194.) — 3» Se diriger vers : « Touz jours 
« vers le moulin se trient. » (G. Guiarl, f. 297.) 

Et fist la tour sur un siège de boscaige 

Qui au milieu tout le chastel maistrie ; 

Et du chastel à une part se trie 

Dehors et eus saillir a son usaige. 

Trop plus haute est que n'est le Dois Tams^e,[De8ch. 75.) 



Trleve. Trêve : 

La pooit on boivre et manger 

Par tout Paris, sans nul danger : 

Et de ce fere ni ot trieve. (M$, 6819, f. 81.) 

TrleuiUe. Treuil : « Quiconque fait poys à 
« marie, il se submect de les restouper bien et 
« deuement, que meschef n'en advienne à personne 
« dez l'instant qu'il oste la trieuille et attachement 
« par lequel il a tiré le marie. • (C. G. II, p. 874.) 

Trleule. « Trieule d'un puis, » tour essieu de 
la corde d'un puits. (Monet.) 

Triff Hier. Tréfileur : « Trif/iliers de fil de fer 
« ou d'archal. » (Reg. des art. de Paris, dans D. C. 
sous Trifilium.) 
Trlfoire. Triforium : 

En mi la nef avoit un Ut 

Taillié à or et à irifoire 

De cipres et de blanc moire ; 

D'un drap d'Aufrique d*or tissu 

Est la coûte qui dedens ta. iMs. 7989, f. 49.) 

De sor la porte à une tor 

Qui .u^. toises a en tor, 

Et .vn". toises a de hait 

Gelé ne crient engig n'asalt ; 

De liois est blanc com ivoire 

Menu tailU de vert trifoire. (Parton, f, 127.) 

TrlfoulUerie. Intrigues: « Les brouilleries et 
« trifouilleries de la cour. » (Mém. de Sully, XI, 
p. 292.) — « Haines, jalousies et autres triffouille^ 

• ries de cour. » (Sully, V, p. 101.) 
Trifourché. Qui a trois fourchons. (Cotgr.) 
Trigale. Détour (?) : 

Pas ne vous doit trouver maie 

K'ainc ne iervi de trigale, 

Mais teus proie et chante et baie 

Ee le pensée a molt sale. [Poêt. av. 1300, IV, p. 1448.) 

Trigant. Brouillon. (Cotgrave.) 

Trihoris. « Trois fils... dansans de passepieds 

• et de trihoris. » (Despér. I, p. 34.) — « Danse de 
« trihory. » (Eutrapel, p. 269.) — « Trois gentils 
« hommes bretons, beaux danseurs de passe pieds 
« et de trihofis. » (Desp. 5* conte.) 

Trillse. Treillis : « Touaille ou nappe faite de 
« chanvre et d'estouppe, laquelle... on appelle 
« trilise. > (Merl. Coccaie, I, p. 42.) 

Trillebardoa. (Chez Jean Guillemette à) c'est- 
à-dire en un lieu inconnu. (Oudin.) 

Trllleur. « Toutes personnes de Marsal et de la 
« ditte prevosté, franche à cause de leurs person- 
a nés, ou de leurs demeurances, seront juridiciables 
« à la justice ordinaire, excepté les nobles, les pre* 
« vost, receveur et les gouverneurs, tailleur, tril- 
« leur et boutavan des sallines dudit lieu. • (Nouv. 
Coût. Gén. Il, 1164.) 

Trimard. Chemin, en argot : « Qui séchez de 
« paillarde envie dont vous regorgez, comme le 
« savon des lèvres des gueux qui vivent sur le 
« grand trimard. » (Moy. de parv. p. 95.) 

Trimballement. « Trimballement de poésies, 
€ chaulderons, bassins. • (Rabel. V, p. 2.) 

Trincaige. Action de trinquer. (Borel.) 



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Trine. Triple: • Il n^est qu'un seul Dieu et non 
f mie trine. » (Chr. de S. Deais, I, f. 142.) 

Trinel. Même sens : « Ck)ntemplation de la divi- 
c Dite et de la ^rine{/6 distinction des personnes en 
f l'union d'une seule essence. » (Al. Chart. de TEs- 
pèiince, p. 282.) 

Tringlet. Jeu : « Jouèrent au tringlet à Gba- 

• teaufort. » (JJ. 151, p. 43, an. 1396.) 
Trinité. On a dit de François 1'% Marguerite de 

Navarre et Louise de Savoie : « Leur Trinité. » 
(Marg. de la Marg, f. 367.) 

Trinquât. Fourbe ; la dame de Beaujeu « estoit 

• fort vindicative et de l'humeur en cela du roy son 

• père, voire eu tout, car elle estoit trinquate^ 
c corrompue, pleine de dissimulation et grande 

• hypocrisie. » (Brant. Dam. ill. p. 293.) — « Le 
< maréchal de Matignon très fin et trinquât Nor- 

• mand. » (Id. Cap. fr. III, p. 369.) 

Trinque. Action de trinquer : « Ce cardinal de 
« Trente... digne çrelat et bon compagnon à mode 

• du païs pour faire trinque. * (Brant. Cap. fr. II, 
p. 331.) 

Trinqueballer. Sonner à force. (Rab. I, 256.) 
Trinquenaille. •« Trinquenailles, archicanail- 
« les, très que canailles. » (Rab. V, prolog. p. 15.) 
Trinquer. « Voirre n'array , ne tasse pour 
« Iringuer De sor me faut boire à un vermical. » 
(Desch. f. 210.) 
Trinquerie. Action de trinquer. (Cotgr.) 
Trinquet. 1^ Mât droit du devant du vaisseau : 
Lors NepUmus, gouverneur de la mer, 
Feit grosses nefs et carraques armer 
Et desployer leurs trinquets et leurs voisles. 

J. d*Aulon, p. 319. 

• Trinquet de gabie, de proue. » (Rabel. IV, 82.) 

- 2* Jeu : 

n est du trinquet triquetez, 

Du tabUer et du gieu de dez. (Desch, f. 316.) 

Trinqueur. Qui trinque. (Oudin.) 

Trins. « Il y eut un grand assaut donné autour 
« de la ville mesme ; il entra bien 80 hommes dedans 
« les trin^; mais enfin ils furent chassez dehors 
« par force. » (Fenin, Charles VI, an. 1419, p. 47.) ' 

Triolaine. !<> Suite, dans Coquill. p. 43. « De 
« sa concubine, il eut une grande triolaine de bas- 

• tards. » (Favin, Th.d'honn. II, p. 1193.) — « Les 
« romanciers donnent à Meliusine une grande trio- 
« laine d'enfans. » (Id. p. 1579.) — 2* Espace de 
trois jours: 

Ainsi jeûna la triolaine ; 

Ge ne fù mie sans grant paine. (III Maries^ p. i89,J 

Triolet 1* Poésie. (Départie d'amours, p. 250.) 

— 2» Plante : « Triolet aromatique, des chevaux. » 
(Colgr.) — 30 Triangle: « La tierce (targe) à manière 
« de triolet estoit noire. » (01. de la Marche, 1, 295.) 

Triomphant. < Elle commença h contempler 
« les superbes et triomphans palais. » (Nuits de 
Strapar. 1, 268.)— Aux obsèques de Charles VU, en 
1461, « il y avoit une chapelle à cinq croix toute 



« noire, aussi grande que celle de Paris, des cierges 
« par dessus... Bref elle estoit aussi triomphante 

• que celle de Paris. » (Matth. de Coucy, Charles 
VII, p. 738.) 

Triomphe. 1** Fête : « En la chambre, où le 
« triomphe se faisoit... le roy en fist grande feste et 
« triomphe. » (Straparole, I, p. 343.) — 2* Plaisir : 
« Chevaux de hennir, de ruer, de tempester environ 
« ces juments ; c'estoit un triomphe de les ouïr. » 
(Desper. 1, p. 231.) — 3» Jeu de caries : « Ne s'ac- 
« cordant pas volontiers à changer avec nous de 
« triomphes. » (Garasse, Rech. des Rech. f. 737.) — 
Au figuré, « renoncer à la triomphe, » vomir. (Oud.) 
— 4* Pompe : • 11 se partit en sa triomphe et appa- 
« reil. »^Monstr. I, p. 128.) 

Trion. Dans les Dombes , arbres étêtés qui 
séparent les héritages. (D. C. Triones.) 

Trioris. Danse (voir TaraoRis): « Bretons balladins 
« dangans leurs trtoris fredonisez. • (Rab. IV, 164.) 

Tripailleries. Tripes. (Cotgrave.) 

1. Tripe. « Tripe pleine ne combat bien, ni ne 
« fuit bien. » (Cotgrave.) — • Tripes de S. Denis. » 
(Poël. av. 1300, IV, p. 1653.) — « Tripe de fagot, • 
son centre. (Cotgr.) — « Tripe de morue. » (Oud.) 

2. Tripe. Forme verbale de triper, danser : 

Le cervot, perache çt Philippe 

Et Chariot, les .lUi., les trois, 

Sont une couple, et à la tripe 

Savent dancier aucune fois ; 

C'est le jeusne conseil courtois 

Qui mettront lance sur fautre ; 

Pour proye courront par les bois 

Ils ne cèlent rien Tun à Fautre. (Desch. f. 270.) 

Triper. Danser : 

Dame, ja le verroiz joer 

Par leans, saillir et triper. (Ms. 7996, f. 86.) 

Tels fet feste et va tripant 

Qui ne fet pas qu*à TueU 11 pant. (Ms. 7218, f. SiS.) 

S'il en patience travaiUent 

Qu'il baient et tripent et saillent (Rose.) 

Triperie. Lieu à laver les tripes, à les vendre. 
(Cotgrave.) 

Tripet. Ventru : « Le capitaine Tripet. » (Rabel. 
I,p.22i.) 

Tripeter. Tressauter : 

Et tout après moy les feisse 

Par vive rage tripeter. (Rose.) 

Tripier, ère. « Tripier d'Amboise. » (Eutrap. 
p. 312.) — « Couteau de tripière; injurieux en 
« tripière. » (Cotgr.) 

Tripla. Triplât, ancien terme de musique à trois 
temps: « Vous entonnez si tristement et par tripla^ 
« sur vostre fluste enrouée, la bataille des Trante. » 
(Eutrap. p. 267.) 

Triplication. • Comme il pueent trouver reson 
« Tune partie contre Tautre, et pour che baillent il 
« triplication au deffendeur contre les replications 
« au demandeur. » (Beau m. p. 36.) 

Triplicité. « Le chant musicant n'aroit pas lieu 
« pour la baulteur d*icellui et la triplicité des 

• voix. » (Desch. f. 395.) . • ....*: :' 



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TRI 



Triplique. « Réponse et instance du demandeur 
« à la seconde réfutation du défendeur. » (Honet.) 

Tripliquiep. Tripler: « Proposer,.... respondre, 
« repliquier, dupliquier, tripliquier. » (Mod. f. 230.) 

Tripoly. • Tripoly dont usent les lapidaires à 
« polir pierres précieuses. » (Nicot.) 

Tripot « tPay bien ouy tout son tripot et ses 
« baves. » (Coquill. p. 89.) 

Tripotiep. Qui tient un tripot ou jeu de paume. 
(Gouj. Bibl. fr. III, p. 200.) 

Trlpout. Bruit : 
Et si malement le tenoit 
Conques eschaper ne U pout 
Tant qu'ils eurent fait cel tripout, (Rose.) 

Trippe. Tripe : 

Sou£tres tes maulx, Ven ne veut que gens sains, 

Juenes, jolis, de toute joye plains.... 

Car se saint mort la trippe en son lieu, 

Jamais forment dame ne raimera. [Deach, f, 2i7,) 

« Laver les trippes, » boire. (Oud.) — « Rendre 
« trippes et boyaux, ou boudins, » vomir. (Id.) — 
« Payer chopine de trippes. » (Rabel. II, p. 5.) — 
« Tout aille, trippes et boyaux. » (Crétin, p. 160.) 
— « Trippes frittes sont escrites au papier des 
« pauvres gens. » (Oudin.) -* On appelle ainsi, à 
Auxerre, un Jeu qui se joue encore avec une balle 
qu'on pousse en Tair avec des bâtons : « Voicy 
« trippes de jeu, goudebillaux d'envy de ce 
« faulveau à la raye noire. » (Rabel. I, p. 26.) 

Trlppetep. Sauter: « Tressant et trippette. » 
(Triomphes de Pétrarque, p. 29.) 

Trippiep. Qui fabrique l'étoffe dite tripe : 
« Toutes sentences rendues par les reuwart, pai- 
« seurs, maieur de la Perse, trippiers de velous, 
« commis à la vingtaine et autres.... sortissent par 
« appel par devant les eschevins. » (C. G. I, p. 777.) 

Triquebalarideau. Chose sans valeur. (Cotg.) 

Triquedondaine. 

Jeunes dames, tele triquedondaine 

Ne portez plus ; aux vieUes en conyiengnent. 

Soit voz atours humbles et gracieux, 

Plaisans à tous ; Dieu en bien vous maintiengne ; 

Car raison dit qu'U veut que tout le craingne ; 

Rendez Temprunt des estranges cheveux. (Desch, $27.) 

Triquehouse. Guêtre de drap : « Qui a des 
« triquehomes chaussées. » (Nicot.) 

Trlquemadame. Herbe qu'on met en salade. 
(Cotgrave.) 
Triqaenehan. Tocsin ; les habitants de Mont- 

Sellier, repentants de leur révolte, apportent au duc 
'Anjou, en 1379, « les clefs des cloches et le bâtant 
« de la cloche des quieulx ils avoient sonné le 
« triquenehan. » (Chr. de S. Denis, III, f. 46.) 

Trlqaenique. « Argumens, monstreur de tri- 
« quentques. » (Cotgr.) 
Trlqueté. Battu : 

Il est du trinquet triquetez 

:Df^ tabUga: ®l c(u gieu de dez. (Desch. f. 316.) 



Triquetraqueur. Joueur de trictrac. (Des 
Accords, p. 23.) 

Triquetre. Triangle. (Cotgr.) 

Triquoteuse. Tricoteuse : « Ce sont contes de 
« triquoteuses et de nos douillettes qui sont bien 
« aises de se faire doreloter durant les six semaines. » 
(Contes de Chol. p. 258.) 

Trisayeul. • Denis Sauvage, seigneur du Parc, 
« en sa traduction de Paul Jove, liv. 37% appelle 
« Mahomet bisayeul, Amurath trisayeul de Solyman 
« empereur de C.T. Et devant luy, celui qui sous 
« le nom de fidèle serviteur, fit imprimer la vie du 
« chevalier Bayard, en l'an 1527, n'avoit usé du 
« mot de trisayeul, ains terayeul, au premier cha- 
« pitre de son livre. » (Pasq. Rech. p. 732.) 

Tristaice. Tristesse : 

Et les osta fors de tristaice 

Et mist en voie de laiaice. (Mousk, p. i04.) 

Trlstamie. Couleur d'un cheval. (Oud.) 

Tristan. Héros de roman: c De bien aimer 
« Tristan pas. » (Poët. av. 1300, II, p. 563.) 

Ja Deus ne me doint à U 

N'a sa joie recovrer 

S'ongrues riens poi tant amer : 

Dou Ugnage Tnstan sui. (Poët. av. iSOO, IV, p. i443.) 

Cuers falis est, et en lui pou se fie, 

Riches qi puis apovrir 

Li diseteus recouvrans, 

En perU est, droit Tristans. [Vatic. i490, f. i8L) 

« N'est preus qi sert de Tristan. » (Vatic. 1490, 
fol. 148.) 

Triste. « Triste comme un bonnet de nuit sans 
« coeffe. » (Cotgr.) — « Triste qui n'a criste, » qui 
n'a ni croix, ni pile. (Cotgr.) 

Tristement. Affliction : « Bien a sceu compa- 
« rer et ramembrer les tristemens des choses de 
« cetempsjusquesà ores. » (Al. Chart. Quadril. 
invec. p. 439.) 

Tpister. Attrister : « Et vrayment nous mons- 
« trons nostre bien foie erreur. De nous trister 
• ainsi d'une vaine douleur. » (J. Tahur. p.312.) — 
« S'il y a quelque fantasque qui se triste de nestre 
« icy. » (Moy. de parv. p. 390.) 

Tristeup. Tristesse : « Un seul mot ne respon- 
« doient, ainçois tristeur continuant, n'en peut ne 
« sceut onques, par nulle enqueste, extraire César 
« une voix. » (Tr. des IX Preux, p. 313.) 

Tristeusement. Tristement : 

Qui par Famour d'Egistus, son cher amant, 

Âgamemnon son mary tristeusement 

Occire feist. (Tr. de Pétrarque, trad. d'Oppède, f. 26.) 

Tpistoyep. Attrister : 

.... Tout homme à ce pourvoye 

Et soit joieux, gracieux, net au monde 

Sans tristoyer. (Desch. /. 330.) 

Tristran. Tristan : 



Anieuse, fit il. ma suer 

Tu es el paradis Bertran ; 

Or pues tu chanter de Tristran. 



(Ms. 72i8, f. 50.) 



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1. Tpistpe. Tertre : 

Nous Tenimes dessus un tristre 
Où un moult gentils damoiseaus 
Tenoit ses deus lévriers moult beaus. (Frôlas, Poés, i4.J 

2. Tpistpe. Triste : 

Moult devint corrousé et tristre 

Por la pucele sa magistre ; 

De pasmoison la releva. (Blanchand, f. ill.) 

Trlstregse, op, oup. Tristesse : « Geste leesse 
« luy tournera par temps en grant tristresse. » 
(Tri. des IX Preux, p. 237.) — ■ En grant dolour, 
« En grant paour. En grant tristour. Et nuit et jour 
« sui. » (Ghans. du ms. Bouh. f. 31i.) 

Yez là celui qui tant de mal 

Nos a fet et tant de tristor. (Ms, 7990^ p. 55,) 

Tristur. Tristesse. (Marbod. c. 1652.) 
Trisulce. A trois pointes : « Excommunication 

• trisulce. » (Rabel. 1, p. 268.) 
Tpltesce. Tristesse : • La reine Marguerite, 

« femme de S. Louis fit nommer Tritan le flls dont 

« elle accoucha à Damiete, à cause de la tritesce 

« qu'elle ot de la prise de son mary. » (Ghron. de 

Nangis, an. 1250, p. 3.) 
Triton. Faux ton. {D. G. sous Tritones,) 
Tpftpeche. Tristesse : « Amours , s'aussi de 

« maleeche Pensoies com de ma tritreche, » (Vatic. 

1490, fol. 128.) 

Tpive. Trêve : « 11 y a grant différence entre 
« trives et asseurement, car trives si durent à 
« terme, et asseurement dure à tousjours. » (Beau- 
manoir, p. 304.) 

Triamphamment. D'une manière brillante : 
« Comment ceulx de nerve priseront fort les che- 
« valiers bretons et triumphamment les honore- 
« rent. » (Percer. IV, f. 54.) 

Triumphant. Qui triomphe : « Leur monstra 
« les lieux de leans qui estoient moult triumphans 
« et nobles. » (Percer. IV, f. 54.) 

Triamphe. Triomphe : « Les armes de Tem- 
« pereur en un chapeau de triumphe. » (Du Bell. 
VI, p. 352.) 

Triuve. Trêve : « Quar il n'ot triuve. » (Mousk.) 
Tro. Trou : « Je n'ay ni recept ni ira. » (Desch. 
f.223.) 

Troche. Assemblage, réunion : ■ Troches de 
« perles, dont chascune contient .in. ou .iv. perles. » 
(Choisy, Gharles V, p. 522.) 

Près de Gauchier et de sa troche 

Li qaeus de Biaumont s'apprcx^e. (G. Guiart, f. i25,) 

Se TOUS avez bien avisés 

I..es meules et les andoilles, 

Et d'autres qui paumes sont, 

Et d'autres encore qui se font 

Par troches. (Font, Guérin, Vénerie^ f, 99,) 

Trochée. Ensemble : « Trochée de poires ou 
« de pommes. » (Gotgrave.) 
Trochep. Troquer, s'échanger en : 

Vertu n'est qui en vice ne troche 

D'où je conclus et ai>fenne espérance 

Que pour nos maulx la fin du monde approche. 

DeKlumpe, f. 347. 



Tpochet. Ensemble, bouquet : « Je le garde un 
« trochet de cent noisilles franches, et de raisins 
« muscats attachez à leurs branches. > (B. Belleau, 
Berger. I, p. 18.) 

Tpocheupe. Quatrième andouiller de la tête du 
cerf : « Toutes testes ne portans que quatre et trois 
« et les espois estans plantez en la sommité tous 
« d'une hauteur, en la forme d'un trochée de poires 

• ou de nouzielles, se doivent nommer testes por- 
« tans trocheures, » (Fouill. Vénerie, f. 21.) 

Tpochié. Qui a des trocheures : « Gelle qui est 

• appelée teste rengiée, c'est une teste qui n'est 

• pas trochiée. » (Modus, f. 18.) 

Tpochisé. Même sens : « Grant cerf qui ait 
« haulle teste, et bien trochisé. > (Mod. f. 10.) 

Tpocisque. Trochisque : • Après duit absinte 
« en eau, en laquelle mesle miel et cendre d'orge, 
« et de ces choses assemblées fais trocisques qui 
« sont comme morceaux plats, desquels paistras 
« Toiseau. » (Fouill. Faucon, f. 82.) 

Tpoé. Troué : « Quant j'aurai mon escu et 
« percié et troé. » (Notice du roman d'Alexandre, 
p. 22.) 

Tpoesne. Troëne : « Arbrisseau vulgairement 
« appelle troesne. » (Fouill. Vén. f. 85.) 

Tpogne. Visage : « Pourvu qu'on n'y procède 

• point d'une trogne trop impérieusement magis- 
« traie, je prens plaisir à estre repris. » (Essais de 
Montaigne, III, p. 249.) 

Troi. Trois : 
Désir, plaisir, et souvenir, cil troi 
Feront mon cuer mourir de mort plus dure 
Que Narcisus. (Desch, f. i67.) 

Troie. Ville d'Asie : 

Quant U la vit, moult ot grant joie 

Ck)m se U fust sire de Troie, (Ms, 7218, f. ii9,) 

Troies. Troyes : « Li cointerel de Troies. » 
(Poët. av. 1300, IV, p. 1651 .) — • Ribaus de Troies. » 
(li p. 1653.) 

Troigne. Trogne : • Belle gouge de bonne 
« troigne. » (Rabelais, I, p* 14.) 

Tpoiien. Troyen : 

Et le Troiien par en vengon 

Redesposerent Gilion ; 

Si ont Cilderic rapide 

Qui en Tourainne avoit esté. (Mousk. p, i2.) 

Tpoil. Dévidoir, treuil.'(D. C. sous Traolium.) 

Troille. Triple : « Commotion de hautes pla- 
« nettes, laquelle commotion les astronomes appel- 
« loient troille, c'est assavoir grande, très grande 
« et moyenne. » (Chr. de Nangis, an. 1344.) 

Troinelle. Troëne : « Cages d'ozier.... esclissées 
« de petits barreaux de troinelle pelée. » (Rem. 
Bell. I, p. 74.) 

Trois. Nom de nombre : 

Puis se trouvèrent trois estas 

Qui ûrent grant division. (Desch, f. 572,) 



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On lit de la beauté de Narcisse : 

Li dieus d^amours du sieo i mist ; 

n i assist un douz regart, 

Que tout le monde esprant et art ; 

Puis flst le nez, et puis la face. 

Plus cler que cristal, ne que fflace ; 

Les denz plus blanches que irest nois ; 

Et les atteca trois et ttnns ^ 

Quant chascune ot par soi assise, 

Les lèvres i joint. (Narcisse, f, iil.) 

« Vendre au criage des crieurs et dire les 

« trois mots et livrer. » (Ass. de Jérus. p. 96.) — 
« Monsieur de trois au boisseau , de trois à une 
« espée. » (Cotgr.) — « Jouer aux trois,,., aux /rois 
« cens trois, » (Bouchet, Serées, I, p. 358.) — « Il 
« me souvient que une fois je joue.... au jeu de 
« tables que Ton nomme le jeu de Troyes. » (Percef. 

III, r. 54.) 

Veus tu geter pour le trois 

Ou pour le quatre. (Ms, 7218, f. i74,) 

« P. trois, » pas de trois. (Merl. Coc. I, p. 67.) — 
« Sauter à trois pas et un saut, • c'est une espèce 
de danse : « Du premier saut s'avance de six bras- 
« sées ; le second est plus court, mais plus ferme ; 
• et au troisième joignant les deux pieds ensemble, 
« se lance en Tair et outrepasse bien loin la mar- 
« que. » (Merl. Coccaie, ï, p. 67.) — « Je vous vens 
« à trois pas un saut. » (Devis amoureux. Ventes 
d'amour, p. 33.) — « Cinq pas et trois visages, » 
danse^ au Rom. Bourgeois, I, p. 147. 

Troite. Truite : • Bons mengers est de troite. » 
(Vatic. 4522, f. 155.) - « Troites d'Andelis. » (Poët. 
av. 1300, IV, p. 1653.) 

Trollep. Terme de vénerie; quêter au hasard : 
« Combien que je loue grandement de voir deffaire 
« la nuict du lièvre aux chiens et l'aller quérir, et 
« pousser en la giste.... il me semble que c'est une 
« chose trop longue.... pour autant qu'il ne font 
« que balancer et troller. » (Fouill. Vén.f. 68.) 

Trollerle. Action de troller. (Cotgr.) 

Trolleur. Qui troUe. (Oud.) 

Trombe. • Trombe du S. Esprit, » relique fabu- 
leuse. (Peler, d'amour, f. 134.) 

Tromble. Ecrevisse de mer. (Cotgr.) 

Trombon. Tambour : • Ma muse qui ces vers 
« joue An son des trombons et hauboys. » (Baïf, 
folio 207.) 

Trompalge. Tromperie: 

Le fort a, par son trompaige. 

Dons et arâent. sans demander : 

S'estre veuix rtcbes à outraiges, 

Compains, aprans à flajoler. (Desch, f. 3i3,J 

Trompation. Tromperie. (Pathel. Farce, p. 4.) 

Trompe. 1» Trompette : « Fasse bonne farine 
■ sans trompe ne buccine. » (Cotgr.) — • n y a plus 
« de trompeurs que de trompes, » (Cotgr.) — « Les 
« menestriers... sonnans trompes et clairons, et 
« cors sarrasinois. • (Percef. T, f. 405.) 

Nulz n'a cure des chalameaubc, 

Chascun veult jouer de la trompe, (Desch, f, 387.) 

Un menestrier vante son savoir : « Je sai bien la 



« trompe bailler. » (Fabl. de S. Germ. fol. 70.) — 
2* Canal d'une pompe. — 3* Bascule à tirer de l'eau. 
(Oudin.) — 4'* Sabot, toupie, en Anjou et Touraine. 
(Rab. I, p. 148.) — « n n'a pas le fouet pour mener 
« cette trompe. » (Cotgr.) 
Trompeeur. Joueur de trompe : « Se fièrent 

• sus les trompeeurs. » (G. Guiart, f. 314.) 
Tromper. 1<» Jouer de la trompe : « Trompant 

« et menant grant noyse de leurs instrumens. » 
f Percef. I, f. 85.) — 2p Abuser, s^abuser; vers l'an 
159G, on prenoit se tromper en mauvaise part, et 
l'on se croyoit offensé lorsque quelqu'un disoit 
qu'on avoit esté ou qu'on s'estoit trompé; on ne 
songeoit pas que cette expression avoit été inventée 
par quelque railleur sur une équivoque malhon- 
nête , et l'on en venoil au point de se couper la 
gorge. (Vrai et parf. amour, p. 3, 4, 5. — « Tromper 
« le diable, » déjeuner avant d'aller à la messe. 
(Oudin.) — • Tromper le temps, » tromper son 
ennui. (Oud.) — « Bien aisé est à tromper qui a nul 
« mal ne pense. » (Apol. d'Hérod. p. 663.) — « Le 
« sage dit qu'il vault mieulx aultruy tromper que 
« l'estre. • (Percef. IV, f. 45.) — « Tromper un cor- 
« beau à bouche béante. • (Cotgr.) — • Qui d'autruy 

• tromper se met en peine, souvent luy en devient 
« la peine. » (Cotgr.) 

Trompeté, ette. l'> Instrument à vent : « Se- 
« cret comme une trompette. » (Oud.) — « A pain 
« et oignon, trompette ou clairon. » (Cotgrave.) — 

• C'est une trompette, » un bavard. (Oud.) — • Ce 
« gros bouffarc et fromp^/(^du jugement. »(Bouch. 
Sérées, III, 61 .) — « Envoya dire aux dits capitaines 
« qu'ils luy envovoient un gentilhomme lequel 
« pourroit venir a seureté avec la trompette. » 
(Mém. de du Bellay, VI, fol. 18.) — 2f> [Joueur de 
trompette : « Monstre Colin Chevalier, marinel de 
« Leure, ...xii arbalestiers, et une trompeté. » (B. 
N. fr. 25764, n* 162, an. 1365.)] — Le duc de 
Gueldre dit de l'armée de Charles VI, t si seront 
« reculez à la fois, autrement que de trompettes. » 
(Froiss. III, p. 327.) — « Envola lemesme trompette 
« nommé Augustin. > (Hém. de du Bellay, VI, 187.) 

Trompeur. 1® Joueur de trompe : « Il y a plus 

• de trompeurs que de trompes. » (Cotgrave.) — 
« Trompeurs à cheval trompans de toutes leurs 
« forces. » (Percef. II, fol. 117.) — 2» Qui trompe, 
qui abuse : « Tromper un trompeur n'est poiat 
« tromperie. » (J. de S. Gelais, Hist. de Louis XII, 
p. 4.) — • A trompeur, trompeur et demy. » (Al. 
Chart. p. 719.) — « Le trompeur le plus souvent se 
« trouve lui mesme trompé. • (Strap. I, p. 271.) 

Trompeux. Qui joue de la trompe: « Joes 
< comme à trompeux qui soufle et muse. » (Desch. 
fol. 324.) 

Tromphotr. Jet d'eau : « T avoit une autre 
« ffrande court, et au milieu d'icelle une fontaine à 
« deux bassins, et le tromphoir d'albastre jettant 
« eau. » (Alecl. rom. p. 133.) 

Trompille. Petite trompe : « Sonner les trom^ 
« pilles. » (Fabri, art de rhét. II, f. 61.) 



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Tromplller. Jouer de la trompe : « Trompes et 
« clairon, commencèrent à trompiller. «(Chron.de 
S. Denis, II, f. 39.) — « Le tonnerre tron^illoit par 
« les champs. » (Fabri, art de rhét. I, f. 86.) 

1. Tron. Trône de Dieu, ciel : « Li jorz torne à 
« déclin, la nuiz cuevre le tron. » (Parton. f. 176.) 

2. Tron Tronc de chou : « S'il y a des pennes 
« ployées, prenez le tron d'un chou, et le mettez 
« en la braise^ tant qu'il soit bien chaut et puis le 
« fendez par un bout, el avec cela dressez vostre 
« penne. > (Arteloq. fauconn. f. 99.) 

Tronc. 

Car ôr en ai bouté en coroie 

Tronc qi a pris 

Quanques onques j'espargnai. (Vat, 1490 ^ f, A3.) 

Je ne puy à vous, humele, parfette, 

Dire mes maulx, ni mon tronc arreger ; 

Le balmier sui o[ui bien suy pure et nette 

Ou tel fleur croist à très noble vergier. (Deach. f. 155,) 

Car le bien commun, que Von prede, 

Pour celz estas souvente fois, 

Fait que nostre sire concède 

Pugnicion et que la voix 

Des povres gens destruis et firois 

Estoie ou tronc moyen. (Desck, f, 155.) 

Soient pendus ou taiUez sur le tronc. (Desch. f, 128.) 

Troncation. Action de trancher. (Cotgr.) 
Tronce. Tronc: « Ceux d'amont recommence- 
« rent... à jetter grosses tronces de bois,, barres et 
« planchons et ce qu*ils pouvoient. » (J. d'Auton, 
Annales de Louis XII, p. 268.) 

Tronche. Même sens: « Gables, couppeaux, 
« tranches, branches... seront vendus par les mais- 
« très ou par les verdiers gruyers. » (Gr. Goût, de 
Fr. I, p. 54.) — « S'il y a plesseis il faudra porter 
« tronches d'eschelles pour les coucher sur les 
« plesseys. • (Jouvencel, p. 69.) — « Assis sur une 
« tronche de bois. » (Froiss. liv. II, p. 29.) — « Des 
« hauts pins esbranchés les tronches my cavées 
« Encor n'avoyent train^ le pallissant nocher. > 
(Rem. Belleau, I, p. i78.) 

D*aller ainsi aveuglettes. 

L*on chet, s'on ne 8*en donne garde 

Sur un sueil tout plain de pierretes, 

Ou bien Ton rompt ses esguillettes ; 

Prenez qu'U y ait grand dangiers, 

Pour les timons de ces charrettes 

Et les tronches des boulengers. (Am. rendu Cordel. 541.) 

Tronchet. l"* Petit banc qu'on mettait sous les 
pieds. (Arest. amor. p. 70.) — 2" Billot : « Ordonna 
« (Capeluche) le bourreau la manière au nouveau 
« bourreau comment il devoit copper teste, et fut 
« deslié et ordonna le tronchet pour son coul et pour 
« sa face, et osta du boys au bout de la doloaire 
« et à son coustel, tout ainsi comme s*il voulsist 
« faire ladicte office à ung autre, dont tout le monde 
« estoit esbahy ; après ce, cria mercy à Dieu et fut 
« décollé par son varlet. » (Journ. d un bourgeois 
de Paris, an. 1418, p. 47.) — 3* Billot sur lequel le 
pâtissier hache la viande : « Il rencontre un vieil 
« tronchet de pâtissier, qui lui cuida fendre la 
« grève de la jambe. » (Arest. amor. p. 387.) — 
4^ Perchoir : « Mets le à terre sur un tronchet et là 



« s*assera, et ne sera jamais qu'il n*aime se seoir à 
• terre. » (Fouill. fauc. p. 62.) 

Tronchins. Voir Tuchin : « Accompagnié de 
« tronchins que Ton appelle aujourd'hui origans. » 
(D. G. Tuchinatm.) 

Tronchon. Tronçon : « Convint que les deux 
« glaives voilassent en l'air par tronchons. » (Percef. 
II, f. 123.) — « Une torche, dont il rendra le tron- 
« chon. » (Hiraulm. des cours souver. p. 545.) 

Tronchonneus. Mis en tronçons : 

Chi monde est si desloiaus 

Et si traîtres, et si faus, 

Si cuvert, et de maie part, 

Si tronchonneus et si guernart. (D. C. Troncire.y 

Troncis. Espèce de bateaux ; fonsets. (Du Verd. 
p. 119.) 

Tronçon. « Ay au jour de la datte de ces pre- 
« sentes, prins un tronçon de grève à ma jambe 
« jusques à tant qu'un chevalier dudit royaume 
« d'Angleterre m'aura délivré à faire les armes qui 
« s'ensuivent. » (Monstr. I, p. 2.) — « Adonc print 
« ses tronçons et les assembla, et tant fist qu'il 
« assembla et dressa son eschelle. • (Jouv. p. 70.) 

Puis que tu veus que je m*en aille, 

Por Dieu, me doqne une retaiUe 

D*un tronçon de ta sarpeiUiere. (Ms. 7218, f. 151.) 

Tronçonnement. Action de trancher. (Gotgr.) 
Tronçonner. Partager en tronçons : « En peu 

« d'heure, il tronçonna six piques. » (Alect. Rom. 

p. 11.) 

La foudre du ciel descendoit 

Qui tronçonnoit et pourfendoit 

Parmi le bois chênes et forés. (Ms. 7615, II, f. 186.) 

Tronçonneur. Qui coupe par morceaux. 
(Cotgrave.) 

Troncque. Tronc : « En succession venant du 
« costé du troiicque, les plus prochains dont les biens 
« viennent succéderont en iceux biens. » (C. G. II, 
p. 867.) 

Trondel. Balancement : « Que de bond, que 
« de trondel. » (Nicot.) 
Trondeler. Maltraiter. (Cotgr.) 
Trône. 1» Giel : 



(Ms. 7615, II, f. 136.) 



n pluet, et il tonne, 

Et tant con li tro7\e environne. 

2o Puissances célestes : 

Vertus, poestez, seignories, 

Saints trônes, saintes compaignies. (Ms. 7218, f. 142.) 

Trongne. Trogne : « A la trongne, cognoist on 
« l'yvrongne. » (Gotgr.) — • Bonne bouche, bonne 
« trongne. • (Gotgrave.) 

Trongnon. Trognon. (Villon, p. 38.) 

Tronquement. Action de trancher. (Gotgr.) 

Trons. Tronçons : « La lance au duc en trons 
• vola. » (Alhis.) — « Geulx de pied prindrent à 
« getter cailloux après Olofer, ceux de cheval, 
« d'espées et de trons de lances. » (Percefor. VI, 
f. 115.) 

Tronsir. Arracher : • Ne se laissa quasi che- 



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TRO 



« veux ni barbe qu'il ne se tronsist et arracha de 
« grant despit et colère. » (D. Florès de Grèce, 
f. 28.) Lire peut-être Tousist, tondit. 

Tronson. Tronçon : < Tenoil chascun en sa 
« main son tronson d'eschelle. » (Jouv. p. 28.) 

Tronsonner. Mettre en tronçons : t Les cinq 
« chevaliers qui se couvroient de leurs escus les 
« eurent si tronsonnez des fers des glaives que 
« c'estoit une merveille à veoir comment ilz povoient 
« tant souffrir ; mais tant dure Thomme qui sent la 
« mort. » (Percef. I, f. 89.) — • La lance n'estoit 
« point rompue ne tronçonnée. » (01. de la Marche. 
I, p. 302.) 

Tpoole. Trolle : « Vous decouplerez vos chiens 
« de meute au rembuchement que Ton aura fait du 
« loup, pourvu qu'il ne soit pas du coslé de la 
« courre ; car autrement il faudroit les aller decou- 
« pler à la troole du costé où l'on a mis les def- 
0i fences. » (Salnov. Vén. p. 279.) 

Trop. « Les François, les Normans et les Bre- 
« tons prononcent mal le mot trop. » (Fabri, Art 
de rhét. II, L 59.) 

Coqus, camus, cornus et malostus, 

Ck)quars, cornars, fetars et durs paUlars, 

Trop t08t venus, enfondus, mal vestus. (Deach. f. iSO.) 

Quant je voy gent desbatre 

A un change trop proprement, 

Scay ma main sur l'argent embatre, 

Et remporter appertement. (Deach. f. 369,) 

« Trop est trop, et trop n'est point bon. » (Cotg.) 

— « Ostez le trop, et prenez la haquenée. » (Oud.) 

— Calembourg : « Assez y a, si trop n'y a. » (Cotg.) 

— « Nul n'a trop pour soy de sens, d'argent, de 
« foy. » (Cotgrave.) 

Trop fait le povre en haut monter 

Et si fait U riche avaler. (Ms. 16i5, /, f. i09,) 

Tout U trop sont à blasmer. (Ma. 72i8, f. iSO.) 

Mains homs i perdirent la vie 

En ces assaus, je n*en dont pas, 

Quis puis n'alerent trop et pas. (Ma. 6812, f. 77.; 

Ge vol, fait il, moût grant merveille 

Le trop sur le dos d'un oeiUe. (Fabl. S. Germ. f. i9,) 

« Quant on est blecié d'un cerf, c'est trop peril- 
« leuse chose que quand on est blecié d'un bouc. » 
(Gaston Phébus, p. 32.) — « Hastez vous sire, trop 
« arest. » (Ms. 7218, r. 352.) — « La mesnie c'en 
« dit trop en ia. » (Ms. 7218, f. 245.) — « Il est trop 
« meillieur pour veoir au saulvement de nez vies, 
« par la perte de nos biens, que pour cuider espar- 
« gner les biens, perdre par un mesme moyen 
« ensemble et les biens et la vie. » (Am. ressusc. 
p. 116.) — « Dieu scait trop mieulx ce qui nous est 
« nécessaire que nous mesmes. * (Rabe). V, p. 23.) 

— « Trop mieus que rien. » (Marg. de la Marg. 
p. 8.) — « Cil corporel n'est suffisant d'en soustenir 
« le regard, trop moins que du soleil. » (Hist. de 
la Toison d'or, II, f. 203.) — « Nous fournissons 
« plus que trop libéralement. » (Amant ressuscité, 
p. 27.) — « Assez certes et trop avec. » (Id. p. 505.) 

— « Tout ainsi dura la bataille jusques à la nuyt ; 
« si ne fut point trop à Claudin quant il veit que 
« les hommes estoient ja mis à desconfiture ; si 



« s'en retournèrent vaillamment vers la cité. » 
(Lancelot, III, f. 45.) 

Trope. Troupe : 

Sire^ n*ai mie d'un mouton 

Tout le plus bêle de vo trope 

Je ne saî qui Ta atrapé. (Ma. 7989*, f. SiSJ 

Un des filz Hector Francions 

Emmena la seconde trope 

Vers les parties d'Europe. (G. Guiart, f. 189.) 

Tropée. Troupe ; le poëte Deschamps, fol. 304, 
dit : 

Car de bestail ay veu mainte trapée 

Par les bergiers chasser pour palstre aux champs. 

Tpopel. Troupeau : 

Chascun prant cuer, Tun Vautre enorte 

Et le grant tropel se dessemble. (Deach. f. 610.) 

Quand eUe voit le tropel 

De l'argent, sur un carrel 



Ou un tapez, trop fût honteuse 
' ett ' ' * 



(Deach. f. 318.) 



Du grant mont et trop dédaigneuse. 

Tpopelet. Petit troupeau : 

Soudoiers et ribaus despris 

S'espartent là, par tropelez. (G. (hiiart, f. 273.) 

Tropologique. Qui tient à l'emploi du lan- 
gage figuré : « Rapportans tout à certains sens 
« allégoriques, analogiques, tropologiques. » (Apol. 
d'Hérodote, p. 474.) 

Troppeller. Mettre en troupe, en ordre. (Cotgr.) 

Troquer. Donner en échange : « Je me contente 
« d'une bonne et solide raison, je le troque et ne 
« me soucie point par qui elle soit alléguée. » (Des 
Ace. Bigarr. préf. p. 5.) 

Tros* Trot : 
Lors chevaucha grant aleure 
Les grans troa, non pas Vambleure, 
Tant qu'U ataint ces charretiers. (Ma. 7615, II, f. 195.) 

Trose. Troupe, multitude : « La veissiez toute 
« trou guerpir. » (Garin.) 

1. Trosne. Troène: « Fleurs d'un arbre que 
« l'on appelle trosne. » (Salnove, Vénerie, p. 337.) 

2. Trosne. Trône, ciel : « Je cuyderoye bien 
« guerroyer toutes les terres qui sont dessoubz le 
« trosne, à Tayde de quatre prud'hommes. » (Lanc. 
I, f. 125.) 

Trosse. 1** Moufle à plusieurs poulies pour sou- 
lever les fardeaux. (Du Gange, sous Trossa 2.) — 
2» Tresse : • Trosse queue. » (Gotgr.) — 3o Trousse : 
« Troues à selle. » (Fabl. de S. Germ. f. 4.) 

Trosser. Trousser : « Trosser somiers et les 
« charetes garnir. » (Garin.) 

Et dux fist chevaus mander 

Plusors en ûst troaaer, mener. (Rou, p. 313.) 

Trot. 

u cons ne pooit respondre 

Car U estoit tout en ossez, 

Et dou coton fu encombrez, 

Si qu'U ne pot trot ne galot. (Ma. 7615, II, f. 911.) 

L'université n'est membre 

Que l'on mise du trot au pas. (Idem. I, f. 64.) 



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TRO 



« n oqU le trot d'un carosse. » (Mont, n, 791.)— 
« Tenir du trot au pas. » (Hs. 7218, f. 219.) 

La Manche le faict et la brane. 

Aussi fàict la layde et la belle 

Car par le dict de la commune 

Trot à lo^ cbascun s'en mesle. (R. de Collerye, p. 126.) 

Trot trot Merlot. Jeu : 

Pois jniens & un aultre jeu, 

Qu'on dist à la kewe leu leu, 

Et aussi au trot trot Merlot, (P. de Froias. p. 86.) 

Trote. Trot : « Quant (le sanglier) est une foiz à 
« trote, et a un pou d'avantaige devant les chiens.» 
(Gast. Phéb. p. 61.) 

Troter. Trotter : « N'ot gueres Bertran chevau- 
« chiéy quand il enconlra un escuier trotant à pied 
« comme un garson. » (Bertr. Duguescl. Hén. 306.) 

Uns garçons devant ans trota 

Ki d'un piet forment se hurta. (Mousk. p, 4S3.) 

Trotereaulx. Qui trottent : « Dieu garde les 
« chevaliers qui vont à pied parmy la forest 
« estrange , en guise de garçons trotereaulx. » 
(Uncel. m, f.l4) 

Trotter. Trotteur ; Charles VII • jamais ne che- 
« vauchoit mule, ne hacquenée, mais un bas cheval 
« trotier d*entre deux selles. » (Eloge de Charles VU, 
page 11.) 

TroUanon. Partie d'un animal : « Testes de 
t veau, Tes trotignons, Foye, double, rate, ron- 
« gnons... Chascun veut des trippes mangier. » 
(Desch. f. 346.) 

TroUn. « Par saint Trotin^ homme regarder 
« n'ose. » (Desch. fol. 218.) — En Picardie, c'est le 
patron de. ceux qui aiment à courir. 

Trottner. Trottiner : • n trépigne, il trotinef il 
« s'efforce, il s'escarte, il monte sur un sycomore. » 
(Rabelais, IV, p. 32.) 

Robe de femme me prenez avenant 

Guimple de soie et mantel trotinant. (D, C, s. Guimpa.^ 

Troton. Trot : « Li garçon se départ, si s'en va 
« le troton. » (Hs. 7218, f. 345.) 

Trotoner. Trotter : « Vielle iert, si aloit troto- 
« nant. «(Brut. f. 21.) ^ 

Trotte. Action de trotter: « A la trotte qui 
« mode. • (Eutrap. p. 213.) 

Trotter. « Va toujours, trotte qui dance. » (Moy. 
de parvenir, p. 418.) — « Zéphyr s'apparut à luy en 
« guyse du garçon trottant. » (Percef. II, f. 33.) 

Tr^ttler. 1» Trottin : « Fille fenestriere et trot- 
« tiere rarement bonne mesnagiere. » (Cotgr.) — 
2* Cheval trotteur : 

Doulx yeux précieux et bigots. 

Ayans cours parmy ces moustiers, 

Qui font danoer sur les ergotz 

â courir plus dru que trottiers, (Am. rendu Cord, 586 J 

Trottouer. Trottoir. (Cotgr.) — « Il se faut tou- 
« jours plus aimer, estimer que sa vie, qui se met 
« sur le trottouer et Teschaffaut de ce monde. > 
(Sag. de Charron, p. 365.) 

Trou. On avait mandé d'Ecosse aux Français 
que s'ils y passaient en force, « avec l'ayde et le 

X. 



« demeurant du royaume d'Escosse, ils comba- 
« troyent bien les Anglois et feroient un si grant 
« trou en Angleterre, que jamais ne seroit recou- 
« vré. » (Froiss. II, p. 294.) — • Vous Toussiez fait 

Sasser par le trou du chat. » (Desper. Il, 64.) — 
ous sortismes et courusmes au trou du fossé et 
« trouvasmes que l'ennemy n'avoit pas comparu à 
« la teste du dessus du rempart. » (Brant. Cap. fr. 
IV, p. 281.) — « Par le trou ma dame, dist frère 
« Jean, j'oserois jurer. » (Rab. IV, p. 66.)— « Paire 
« un trou à la nuit, » à la lune. (Cotgr.) — • Pas- 
« seront par un trou la où les villains du pais de 
« Frioul s'estoient relirez. » (Mém. de Robert de la 
Mark, 66.) — • Y eut grant débat entre monsieur et 
« le jeune advenlureux pour sortir hors de la 
« litière, à cause qu'il n'y avoit qu'un trou. • (Rob. 
de la Mark, 9.) — « Trou Perrelte, jeu de paume. » 
(Villon, p. 90.) — « Faire un trou dans un trou. » 
(Oudia.) — • Gens nourris dans ung baril, et qui 
« oncques ne regardèrent que par ung trou. » 
(Rabel. V, 5.) — « Trou d'un soufflet, de la sybille.» 
(Cotgrave.) — « Le trou trop ouvert sous le nez fait 
« porter souliers déchirez. » (Cotgrave.) 

Trovaille. Trouvaille : 

Aucuns leur trovailles Jus ruent... 

Et vers Lenz le grant cours s'enfuient. (G. Guiart^ SOi.) 

Troubadour. « TrobadourSn c'est à dire inven- 
« leurs et poètes, lequel mot de troubadour, un 

• écrivain a voulu translater trompatori pour un 
« sonneur de tromoelte, pour n'avoir pu entendre 
« le mot de troubadour... Quelquefois on les a nom- 
« mez violars pour sonneurs de violons, quelquefois 
« juglors, pour sonneurs de flûtes ; musars pour 
« musiciens... » (J. de Notre Dame, des poètes, 
prov. 14.) — « Leurs poêles (des Provençaux), 
« estoient appelez troubadours à cause des inven- 
« tiens qu'ils trouvoient. » (Recb. de Pasquier, 
page 603.) 

Trouble. Peu clair: « Vin trouble ne brise 
« dents. » (Cotgrave.) 

Troubleau. Filet dormant de pêche; on le 
nomme ainsi parce qu'on trouble l'eau pour y 
pousser le poisson : • Pescher et prendre poisson 
« par filets, nasses, troubleaux, etiquets et autres 

• engins. » (C. G. 1, p. 959.) 

Troublement. Action de troubler : 

Lors vendront fouldres et esclair 

Et tuit U troublement de Tair. (Ms. 7318, f. 113.) 

Troubler. « Il se trouble du cerveau. » (Mont. 
Ess. II, p. 368.) — « Troublé de la lune, » lunatique. 
(Cl. Marot, p. 194.) — • Troubler l'eau, la feste, le 
« lait. » (Oud.) — • Trouble du fil autre que celle 
« du bois. » (Ordon. I, p. 793.) 

Troubleur. Qui trouble: « Troubleurs de la 
« jaix. » (Le Fevre de S. Rémi, Ch. VI, p. H.) 

Troublour. Trouble : 

Lors vi doubler celé trotdflour 
Et si fn le tans noir et troubles. fMs. 7615, II, f. 18o. 

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TRO 



- loe - 



TRO 



Trovep. Trouver : 

N*e6t pas doncques belle vie, 

Que d avoir belle et bonne dame. 

Et de trover une telle femme. (Desch, f, 556,) 

Trova^ de moult plaisant manierei 

Rouberie la taverniere 

Qui me hebeija volentiers. (M$, 76i5, 1, f, H6.) 

Troveupe. Trouvaille : 

Moult fù liés de la troveure 

Car bêle estoit à desmesure. (Ma. 7989 », f. 5SJ 

Tpoufignon. « A savoir si la langue bransle 
« quand on boit, et le troufignon barbolte quand 
« on pete. » (Hoy. de parvenir, p. 108.) 

Tpoull. Treuil : « La mette d'un trouil ou 
« pressouer. » (JJ. 136, p. 243.) 

1. Tpouille. Truble: « Les habitans.des villes 
« ou villages privilégiés de pescher en rivières 
« d'autruy ne peuvent y pescher qu'à la ligne sans 
« plomb, à la petite trouille. » (C. G. II, 1074.) 

2. Tpouille. Pétarade : « Qui va quérir gresse 
« au cul d'un asne, n'y trouve que trouilles^ pets 
« et estrons. > (Nefs des fols, p. 39.) 

Tpouillep. Vautrer: « Sanglier setroui/tevo- 
« lontiers en la boue. » (Mod. f. 49.) 

Tponiilogan. Homme qui tortille ses gants 
pour se donner contenance. (Rabel. III, p. 160.) 

Tpoules. Trouble (voir Troublour.) 

Tpoullep. Vautrer : « Les bestes noires qui 
« encontrent au suel et se troullent. » (Mod. 451.) 

Tpoupe. Troupeau : • Pour une troupe de bestes 
« blanches, dix sols. » (N. C. G. II, 60.) 

Tpoupeaa. « Oster les chiens pour venir à 
« bout du troupeau. » (Cotgr.) — « Sottes filles à 
« marier Sont fascheux troupeau à garder. » (Cotg.) 

Tpoupel. Troupe : « Un petit troupel de lances.» 
(LeJouv. f. 221.) 

Tpouppelet. Petite troupe : « Au bout des 
« hayes envoyé deux trouppellet% de gens. » (Le 
Jouvenc. p. 141.) 

Tpousep. Trousser : « Lever et trouser, et aler 
« à leur voie. > (Hist. ms. des comtes de Ponthieu.) 

— « Une grand mace au col trousée. » (G. Guiart, 
fol. 39.) 

Tponsse. Subst. 1<> Ballot : « Li somiers qui 
« chevauche à trousse .n. deniers. » (Ane. Coût. 
d'Orl. 474.) — 2® Carquois: « Deux cent archers... 
« tous à cheval, l'arc et la trousse à costé. » (Rob. 
de la Mark, p. 116.) — « Chaque archer porteroit à 
« l'assaut la moitié de sa trousse. » (Arthur de 
Richement, p. 773.)— 3* Paquet: « Une trousse des 
« plus grosses lances. » (Dom Florès de Grèce, 156.) 

— 4'* Tromperie : « Le pauvre malheureux ne se 
« doutoit point de la trousse qui luy estoit prépa- 
« rée. » (Strapar. 1, 166.) — « Le Savoyard voulant 

« donner la trousse à un sot curieux d'anti- 

« qu ailles, luy monstra sa femme âgée de quatre 
« vingt ans. » (Apolog. d'Hérod. p. 11.) 

Dy moy amour, qu'ay je gangné de te servir 
Si long temps pour me jouer une telle trousse 

Gmman et Arbolea, f. 58. 



5« Génitoires : « Le cerf doit avoir le ventre bien 

< avallé, et grosses trousses dessoubs le ventre. » 
(Mod. f. 8.) — 6' « La seigneurie a droict de pren- 
« dre, chascun an, le jour... de sainct Barnabe, sur 
« chascun des habitans de Troy, ayant bestes à 
« laine , un agneau , pourvu qu'ils ayent trois 
« agneaux, lequel droict s'appelle la trousse. » 
(Thaumass. Coût, de Berry, 222.) — 7» Suite, cour- 
suite : « Hessire Jehan rechassa les Dauphinois 
« dedans (le chasteau d'Alibaudiere) puis jetta sa 
« lance dedans les fossez du boulevart et à leur 
« trousse. » (Fenin, Charles VI, p. 478.) 

Vray est que prinse fût par force 

Par ces deux chevaliers ; mais, pour ce 

Péché pugnir tout d'une trousse^ 

Par deux chevaUers fut rescousse. (Percef. JT, f. 155.) 

8* Croc en jambe : « Tant virèrent et tournoyèrent 

< que d'une aultre trousse assez plus forte que la 

< première, le seigneur de Saintré abbatit. » (Jean 
de Saintré, p. 635.) — « Sauts de trousse. > (J. de 
Saintré, p. 658.) — Adj. Se dit d'une grosse et 
longue botte de fourrage : « Botte trousse de fain. » 
(Ane. Coût. d'Orl. p. 474.) 

Trousseau. Paquet : « Fils ou filles mariez ne 
« sont tenus de raporter les fraiz de nopces et 
« banquets, mais seulement robes nuptiales, joyaux 
« et trousseaux, comme lits, draps et autres cho- 
« ses. » (C. G. r, p. 209.) 

Bûche et charbon, poisson, vaisseaulx, 

Sel, espices, cire, trousseaulx 

De coustel, de linge et d'estrain. (Desch, f. 315.) 

Trousse galant. Colique de miserere. {Coigr.) 
Tpoussel. Trousseau : « Son troussel, c'est à 

• scavoir son lit, son coffre, ses robes et soyaux. » 

(C. G. II, p. 782.) 

Se il n*a chastel 

Tant a-t-U moins troussel. (Ms. 7615, II, f. 913.) 

De menu plan Cait chascun troussel, (Desch. f. 111.) 

« Dedenz un troussel d'erbe la fait enveloper. » 
(Rou, p. 82.) 

Trousselet. Petit trousseau : « Jetterent plu- 
« sieurs bources et trousselets dedans Saine... 
« dedans lesquels avoit or et argent, et autres 
« joyaux. » (Monstrel. I, p. 274.) 

Trousser. 1^ Mettre en trousse: • Trousser 
« bagage, son paquet, ses chausses, ses quilles. » 
(Cotgrave.) 

Aincois que je trousse ma maie 

Dis moi qu'à Wibert de la Sale 

Prens-je congié, sans revenir. (Ms. 7218. f. 61.) 

Si troussa la chape fourrée 

Et les deniers bien restoia 

Qu'a li U ChevaUers baiUa. (Ms. 7615, II, f. $10.) 

2» Enlever comme on trousse un paquet : 

Quand mes maistres dort et sommeiUe, 

Doulcement vois qu'U ne s'esveiUe ; 

Lors admenuise la boursôe 

De la pecune qu'ay troussée ; 

Si est sa bourse moins tisré. (Desch. f, 460.) 

• Trousser un verre de vin. » (Cotgr.) — 3* Char- 
ger d'une trousse : • Quatre somiers d'or et d'argent 
« trousser. » (Garin.) — 4* Avoir un trousseau : 
« Avoit chascun et cnascune un chapeau de roses 



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TRO 



— 107 - 



TRU 



« sur son chef, dont il n'y eut celluy ne celle qui 
€ ne fust troussé. • (Percef. II, f. 117.) — 5' Bien 
tourner: « Harangues bien troussées. > (Apologie 
d'Hérodote, p. 440.) 

Trônsslau. Trousseau : • Le troussiaus de sept 
« draps doit douze deniers. » (A. Coût. d'Orl. 471.) 

Troussis. Pli, couture. (Cotgr.) 

Troassoire. 1* Trousse, trousseau : « De la 
« troussoire de toile douze deniers. » (Péage de 
Bapaume.) — 2o Ceinture : 

Cest le pis que ung povre impétrant 

Qui n'a affiquet ne troussoire. (Coquillart.) 

Aujourdliuy, il faut le corset 

Ou la troussoire d'un grand prix. (Coquillart,) 

Troussouaire. Ceinture: 

Mais, entre les aultres, je y yis 

Dont Tune y donna un bréviaire, 

Et l'autre un calice à devis, 

Et sa dame une cordelière 

Pour lui faire une troussouaire. (Am. r. Cordél. p. 596.) 

Trouve danse. Epithète de Bacchus. (Oud.) 
1. Trouvée. Terme de vénerie : 



Li veneeur saillent au glai ; 
li uns a corné la trouvée; 
nec fut molt grant l'assemblée. 

2. Trouvée. Troué : 



(Ms. 7996, p. 33.) 



PaiUe trouvée 
Pour plustost faire la porée. (Desch, f. 497.) 

Trouveor. Trouvère, cas régime : « Li trouveor 

• qui ont trouvé por faire lor rimes plaesans. » 
(Poet. av. 1300,11,704.) 

Trouver. « Quant il veit luthes en la place, 
« prest et appareillé de tournoyer, il trouva à qui ; 

• il en eust très grand deuil, car il pensa bien qu'il 
« pretendoit à la pucelle » (Percef. 111, 37), c'est-à- 
dire trouver à qui parler.— « Trouver l'un l'autre,» 
s'atteindre dans un combat. (Oliv. de la Marche, I, 
p. 186.) — « Tu as bien trouvé ton homme de 1000 
« escus. » (Cotgr.) — « Qui bien fera, bien se trou- 
« vera. » (Cotgr.) — • Tout se trouve au rastelier 
« de cuisine. » (Cotgr.) — « Les chiens seroient laz 
« et foulez avant qu'ils trouvassent le regnart. * 
(Gast. Phébus, f. 294.) — « A l'ouïr dire du premier 
« trouvé • (Mém. de du Bellay, IV, f. 110), c'est-à- 
dire rencontré. 



Et Yivoit ou si largement 
A. sa court, de son vray demaine, 
Que tous jours la trouvissiez plaine 
D'élans, de cerfs et de lévriers. 

Trouverre. Trouvère : 



(Desch. f. 463.) 



li trottverre qui sa bouche œuvre 

Par bonne œuvre conter et dire. (Huon de Meri.) 

Trouveor. 1* Inventeur : « Voulons que les 
« trouveurs de telles scandalles et faussetez soient 
« duement punis. » (Monstrel. II, p. 23.) — 2* Qui 
quête et trouve : « Doivent laissier aler un (chien) 

< tout seul, le meilleur trouveur qui y soit. » (Gast. 
Phéb. p. 337.) 

Trouveure. Invention : « Par fausses trouveur 

< reSf decevances et inventions faignoient. » (Ghr. 
de Nangis, an. 1251.) 



Trous, oux. Tronc : • S** Cristine ayant eu la 
« langue coupée çrint le troux, et en creva l'œil de 
« Julien qui Tavoit condamnée. » (Nef des dames, 
f. 37.) — « Je ne pris pas un trou de pomme. » (Ms. 
7218, f. 213.) 

Troux. Trous : « Aucun ne peut faire ou cons- 

• truire latrines, trou^ ou chambres aysées en son 

• héritage près rheritage de son voisin, sinon qu'il 
« y ait entre les dittes latrines et les dits héritages 

• du voisin, un mur de deux pieds et demy. » (Coût. 
Gén. II, p. 555.) 

Troxe. Trousse : 

Gorzols si a dit à Glarin, 

Ck>n vos est vis de mon meschin ? 

Ce dit Qarins, ou est la troxe ; 

Bien la fait à ceste rescoxe. (Parton. f. 156.) 

Troye, yes. Troie: « Nouvelle Troye, » Ostende 
assiégée par Spinola, de 1601 à 1604. (De Thou, 
XIV, p. 217.) — • Le jeu de tables que Ton nomme 
« le jeu de Troyes. » (Percef. III, f. 54.) 

Tru. Jeu. (Des Ace. Bigarr. p. 60.) 

Truage. Péage: « En lieu du tribut qu'ils 
« demandoient, je leur envoyé le corps de leur 
« empereur (des Romains), ne autre truage ne leur 
« rendra le roy Artus. » (Lancel. III, p. 151.) — 
« Payer le truage (à une barrière), » dans Percef. 
V, fol. 108. 

Las du bon temps du feu roy le très sage 
Point n'y avoit en tant de lieux truage. 

Vigiles de Charles VII. 

Truan. Truand: « Geste cy ne fut onques fille 
« de roy; aucun truan coquin Tengendra. » (Chr. 
de S. Denis, II, f. 54.) 

Tmand, ande. « Vielle truande, inique maque- 
« relie. » (Rabel. V, p. 37.) — « Qui fit Normand, 

• il fit truand. » (Cotgr.) 



La truie qui fut désespérée 
Dit, il faut que truande soye 
Et mes cocnons j'en ay derrée. 



Dit, il faut que truande soye 

' ' (Desch. f. 2.) 

Truandage. Gueuserie : « Vous ne trouverez 
« point en cecy de truandage, de pedentisme, 
« comme ez autres pleines de folles doctrines qui 
« n'apportent point à disner. » (Moy. de parv. 38.) 

Truandaille. Gollectif de gueux : « Ils sont 
« tous à cheval les uns et* les autres , hormis la 
« truandaille qui les suivent à pied. » (Froissart, 
liv. I, p. 16.) 

Truander. Gueuser, mendier: « Il convient 
« que les ungs truandent qui souUoient donner. » 
(Journ. de Paris, sous Ch. VI, p. 59.) 

Tu aimes mieus truander 

Et leschier que estre à bonor. (Ms. 7218, f. Si3.) 

Les truandes font les maqueleries 

En truandant, en portant leur cofin. (Desch. f. 353.) 

Chetive se clame et truande. (Desch. f. 50 i.) 

Truanderie. Action de mendier, de quémander : 

Tant qu'avoir puist et sans trxAanderie 

Vivre, vestir, bonne santé avoir. (Desch. f. 325.) 

Fuyez truant, caymant, coquin 

Par ces moustiers querans truanderies, (Desch. f. 353.) 



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TRU 



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TRU 



« Nouveaux imposts, nouvelles daces, truande- 
ries, et maleloles. » (Lett. de Pasq. III, p. 44.) 

Traandle. Même sens : « Sans baral et sans 
truandie. • (Ms. 7218, f. 60.) 

Truandise. Même sens : 

A cent cevaliers print ostel 
Si boln que la vile n'ot tel 
ode et 4 



(Mùusk. p. 674.) 



De viande et de luminaire 
Pour la truandise mious plaire. 

Bien savez le mestier 
De truandise ; n'avez soin de laissier. (AuberU) 

Truans, ant. Truand : « Nos anciens appelle- 
« rent un homme truant qui alloit mandiant sa 
« vie. » (Pasq. Rech. p. 717.) — « Entre les povres 
• fu li trudfis assis. » (Garin.) — « Li plus truant 
« home sont en Escosse. » (Poët. av. 1300, IV, 
p. 1652.) — « Un mal vestu est appelle truant. » 
(Desch. f. 261.) — « Des meneslriers jouant de la 
« chifonie.... un chevalier Anglais s'en mocqua, 
« disant que ces instrumens qu*il voyoit tant admi- 
« rer à la cour de Portugal, n'esloient en France et 
« en Normandie qu'à Tusage des aveugles et des 
« mendians, et qu'on les y appelloit instrumens 
« truans. * (Du Guescl. Mén. p. 229.) — « Cens 
« truant, dormant, mort, qui ne fait que doubler 
« sans porter lods ne vente au seigneur féodal, à 
« la mutation de possesseur. > (Monet.) 

Trubert. Débauché : « Et ce cont fut un grant 
« trubert. » (Desch. f. 565.) 

Tpuble. [Filet : « Après deivent le bié curer ; 
« Queun i doit o son truble aler. » (Censier de 
Verson, v. 37.)] — « Le truble aux bois, » (Gr. Coût, 
de France, p. 74.) 

Truc. Espèce de billard : « Qui vault le songer, 
« pas le truc. » (CoUerye, p. 44.) 

Tpuche. Trou pe (voir Troche): « Les vingt quatre 

« Suisses marchant en truche. » (Godefroy, 

Charles VIII, p. 748.) 

Truchemander. « Est servir d'expositeur de 
« langages incogneus, entre deus de différentes 
« langues qui ne s'entendent. » (Nicot.) 

Trachement. Interprète : « Que nul procureur 
« ou truchement ne pose aucuns fait nouveaux 
« dans les reproches et salvations, ne servant point 
« à fin de reproches et salvations, à peine, par tel 
« procureur ou truchement d'encourir à chaque 
« fois .m. sols parisis. » (N. C. G. I, p. 847.) 

Trudaine, dine. 1* Tromperie : 

On pensera sur luy quelque trudaine, 

On le fera pisser contre le vent. (Contr. de Songecr, i49,) 

2» Sort: 
Qu*eUe avoit à Telection 
La ffrignor congrégation 
Et di, par voir, non pas de devine, 
Si la chose aloit par trudine 
Qu'eUe emportast la seignorie. (Ms. 7615, 1, /. 69 J 

True. Tribut, tonlieu : 

VueU au povre le ventre emplir, 

Ce est à dire, sans mentir, 

Orez, com dit parole true. (Ms. 7218, f. 203.) 



Tpuel. Truble, filet: 

n se leva un ]or bien main. 

Son aviron j)rist eo sa main 

Et prist sa roi et son truel 

Si s'en entra en son batel. (Ms. 7918, f. 184.) 

Truelle. • A propos de truelle, bonjour maçon. » 
(Rabel. I, p. 249.) 
Truellée. Contenue d'une truelle. (Oud.) 
Truelleur. Maçon. (Cotgr.) 
Truendaille. Truandaille : « Garczaille, ribau* 
« daille, truendaille.... et autres mauvaises gens. » 
(Ane. Coût, de Brel. p. 159.) 
Truens. Truand : 
C'est default d'avis et de sens 
Et la nature des truens ; 
Quel plaisir puet-on en eulx prandre, 
A mal gibet les puet on pandre 
Car ce n'est que de£Eaul( de cueur. (Desch, f. 55S.) 

Truette. Dorade. (Cotgr.) 

Trueve. Du verbe trouver: « Chevauche tant 
« k*en la forest se met et trueve les esclos. » (D. C. 
sous Trutani%are.) 

A Paris^ soir et main, 

rruev'on bon pain et bon cler vin. (Ms. Bouhier, f. 368,) 

Matere en prist Sibele 

Qu'U s'en gloirefia 

Et trueve en fit novele. (Ms. 7218, f. 171.) 

Tpuf, f e. Tromperie : « Truf ne mençoigne. » 
(Poët. av. 4300, IV, p. 1310.) - « Trufes ne sont, 
« tenez que c'est tout vray. » (Desch. f. 239.) 

Certes je sers et ay servi 

Mariages, et onques ne vi 

Nul puissant qm le ressoingnast 

Ne personne qui advisast 

A telz trufes t n'a tels rappors, 

À tels mensonges, n'a teui sors, 

N'a teles choses fantastiques, 

Controuvées, fausses iniques. (Desch. f. 563.) 

Trufebufe. Dans Téglise de Lyon, nomination 
publique de ceux qui doivent y officier à Noël. (D. C. 
Trufabufa.) 

Trufer. Railler : « Mais que g*i vois pour aus 
« trufer. • (Barisel.) 

Truferiaus. Railleur : 

Ades seras tu truferiaus f 
Uns borderes, un lecheriaus. 

Tpufeup. Moqueur : 

Ne vueil les trufeurs enslvre 

Qui pour estre plus deUtables 

Ont leurs romanz empUz de fables 

Et de granz menconges apertes. (G. Guiart, f. 13.) 

Truffaux. Sorte d*atour : « Les femmes 

< ardoient devant tous les atours de leurs costes, 

< comme bourreaux, truffaux, pièces de cuir ou de 
« baleinne qu'elles mettoient en leurs cbapperons 
« pour estre plus roides, ne rebras devant. » 
(Journ. d*un bourgeois de Paris, f. 720.) 

Truffe. 1" « Truffes ou saligots, chastaignes de 
« rivière. » (Rob. Est.) — 2o « faice ainsi de l'autre 
« jambon et des derrières à la jointe qui est devant 
« du genoil hault, que on appelle la truffe. » (Gast. 
Phéb. f. 202.) — 30 Tromperie : « Si tost qu'il eut 
« considéré la manière du chevalier qui estoit 



(Ms. 7218, f. 260.) 



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TRU 



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TRU 



€ enveloppé en la peau du cerf, il luy dist, comme 
« par truffe : comment, sire chevalier, vous estes 
« vous vestu de la peau d*ung cerf pour mieux 
« conquerre la damoyselle. > (Percef. III, f. 5.) 

U quens manda menestreus 

Et si a fait savoir entre eus 

Qui la niiUor truffe sauroit 

Dire ne faire, qu'il auroit 

Sa robe d'ecarfate nueve. [Ma. 7615, 1, f. ii9.) 

Truffer. Tromper : « Chantons nous deux, 
« truffant^ bourdant. > (Blas. des Faulces amours.) 
— « Entendre la messe, sans bourder ne truffer 

• avecques autrui. » (D. C. sur Joinv. f. 126.) 
Traffear. Trompeur : « D'un truffeur, d'un 

« venteur, d*un gorgias, d'un grand chanteur, je 
« D'en fais pas trop bone estime. > (Blason des 
Faulces amours, f. 285.) 

Trnfle. Tromperie, raillerie : 

Toutes vous osteray vos truflea 

Qui vous donnent occasion 

De faire fornication. (Rose.) 

Or vous gardez donc de la région 

Ou les firuis sont periUeus à mal faire ; 

Ce sont des trufles proprement, 

Dont Ten y sert plus especiaument, 

Et si est ce viande trop malsaine 

Qu'eUe destruit et donne mouvement 

De pis avoir que daces de tiertayne. [Deach. f, 46,) 

En faisant, sans trufle retraire, 

Quan que preus chevaUers puet fedre. (G, Guiart, 132.) 

S'en trufle ne me vueil embatre. (G, Guiart, f. 6i.) 

Trufoiz. Tromperie : 

En les nommant, sans gage et sans trufoiz, 

Une dame, quant se vint a sa foiz 

Âla nommer le bon conte de Foiz. [Al. Chart. 579.) 

Tragle. Truble : « La tnigle pour peschier El 
« avecïepenier Pour mettre son poisson. » (Ms. 
7615, III, p. 212.) 

Trnhant. Truand : « Aller mendiant comme 
« pauvre truhant. > (Ch. du ms. Doubler, f. 801.) 

Troie. 1* Femelle du verrat: « Truie volontiers 
« se tourne au foin. » (Rabel. IV, 39.) — 2° Machine 
de guerre : * Le duc d'Anjou fist drecer .vin. truies 
« et .VIII. engins. » (Chr. S. Denis, III, f. 31.) 

Trnille. Plaisanterie : 

La truille l'en a tost trouvée^ 

Dist la vieUe, mal est artée. (F. S. Germ. f. S9.) 

Truiller. Pressurer : « Les dits habitants ne 
« moorront, cuiront^ truilleront à autres molins, 

• fours et treuls que les nostres. » (Du Gange, sous 
Trullare.) 

Truis, isse, Ist. Formes du verbe trouver : 

Par le tant bel 
Dn mai nouvel 
L'autre jour chevaucoie; 
Jouste un boskel 

Trvia pastourel. [VaHc, 4490, f. iiO.) 

En quelconque Ueu qu'on le truiaae. (Deach. f. 405.) 
Cuidies vous donc que nous n'amons ? 
• S'on n'en voi nule si poi bêle, 

Qu'ele ne truiat son compaignon. [Vat. 1490, f, IIS.) 

Truite. « 7ruite franche, royale, saulmonniere.» 
(Colgrave.) 



Traite. Tromperie : 

Par son sens, non par sa trulle, 

Fist les barons asseurer 

K'il feroient Tempire aler 

D'oir en oir. (Mouak. p. 542.) 

Trameaa. Jambe, cuisse : 

OUviers U preus et U sages 
Cil leur decope les visages 
Gos et quisses, trumiaua et cors. (Mouak. p. 183.) 

On Ht d*une chambrière empressée: « Et celé 

• escorce ses trumeaux. » (Fabf. de S. Germ. 283.) 

— « Balans des piez,des mains et des trumeaulx.^ 
(Desch. fol. 240.) — « Quant suy entre leurs tru- 
« meaulx Je ne puis mais fors que baisier. > (Id. 
fol. 3^3.) 

Trameler. Faire la débauche : 

Barat et basart 

Et Faintis avec Àutroingnart 

Ont maistre Trubert trumelé 

Qui a nicement appeUé. (Deach. f. 376.) 

Trumer (se). S'agiter : 

Et se tu es crins d'un sergent 

Gomment fais tu ? Je me trume à plain, 

Je me rescoux bien d'un vUain ; 

Au moustier cours la droite voye, 

Et fais tourtel d'autruy levain. (Deach. f. 269.) 

Trunc. Tronc : 

Homs puet estre comparez 

Comme uns arbres reversez : 

Racine en sont U cheveul, 

Le cbief et le coul delez 

Est le trunc. (Deach. f. 85.) 

Trupher. Railler : « Commença trupher et 
« mocquer. » (Rabel. IV, p. 167.) 

Trnpiet. Rien. (Oudin.) 

Trnpiae. Facétieux. (Dorel.) 

Trares. Outil à l'usage des tisserands. (Stvle du 
Parlement de Paris, éd. 1551, p. 401, an. 1280.) 

Traser. Protéger: 

Aucuns pevent du venin trespasser 

Par tryacle, du tyon ensement 

Se puent l'en bien ^^arentir et truaer; 

Mais il n*est nul qui peust au médisant 

Résister, n'a son venin cuisant. (Deach. f. 160.) 

Trasset. « Pain de trusset. • (D. G. sous Partis.) 
Trut. Tour, finesse : 

Ils savoient plus de vieil trut 

Que vieiUe truie qui est en rut. (D. C. aoua Trufa.^ 

Trnte. Truite: « N'i mengue saumon ne trute.» 
(Ms. 7218, f. 290.) 

Truve. Tromperie : 

Tel truve ne U pardoint 

La noble et royal Ugnie. (Deach. f. 189.) 

Tray. Du verbe trouver : 

.De César esbahy sui 

Et des Romains qui régnèrent, ce tru}j^ 

Quant du monde firent tout le conquest. (Dcsch. f. 51.) 

Traye. !• Femelle du verrat : * Laprentîs de* 
« mande comment on peult prendre la tî^uye h 

• force de chiens. » (Mod. f. 37.} — . 11 est honteux 
« comme une truye qui emporte un levain, • (Cotg.) 

— « Il ne s'y entend non p!us qu'une irwje en 
« epices. » (Rab. III, 95.) — - H a r amble comme 



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TUE 



- no - 



TUI 



« une truye qui court aux vignes. (Colgp.) — « Il a 
« les yeux rians comme une truye brûlée. » (Cotg.) 

— « Il en boiroit autant qu'une truye feroit de lait 
« clair. » (Colgr.) — « Quand notre truye sera ma- 
« riée, vous aurez un chapeau neuf. » (Oudin.) — 
« Tourner de la truye au foin, > détourner la con- 
versation, dans Eutrapel, 375. — « Il t'advient de 
« les attaquer, comme une truye à dévider de la 
« soye. » (Moy. de parvenir, 118.) — « Truye aime 
« mieux bran que roses. » (Cotgr.) — « Truye ne 
« songe qu'ordure. » (Id.) — « Si truye forfait, les 
« pourceaux le souffrent. » (Id.) 

Si mal fait la truye 

Que amende pour celer. (Percef. Il, f. 403,) 

2« Machine de guerre : « Survindrent... quatre 
« vingts combatans... pour ouvrer un engin appelle 
« truye. » (Bertr. Duguescl. Mén. 535.) — « N'avés 

< ne truye, ne boicelle, n'autre engin pour admener 
« au mur. » (Louis de Bourbon, 310.) 

Tryacle. Thériaque : 
Aucuns peuvent du venin trespasser 
Par tryacle ; du lyon ensement 
Se puet l'en bien garentir et trufer. (Desch. f. iôO.) 

Trye. !• Action de trier : « Avecques luy avoit 
« cent Albanoys tous gens de trye pour le mestier 
« de la guerre. » (J. d'Aut. p. 4.) — 2* Lambeau : 
« Coupe une trye de chair qui est tout à travers le 
« corps. » (Mod. f. 13.) 

Ta. « Tu qui veulz aller par païs. » (Desch. 65.) 

— Le roi dit au premier huissier du parlement : 
« Tu adjournes à certain et competant jour. > 
(Jacques Cuer, p. 197.) ^ * Tu Tas mais tu, » (Ms. 
7615, 1, f. 106.) 

Tuasse. « Tuasse de pouil, > cadavre d'un pou. 
(Oudin.) 

Ta aatem. Point difflcile d'une affaire ; locution 
empruntée aux leçons du bréviaire qui finissent 
par tu autem, Domine^ miserere mei. — « Savoir 
« le tu autem. » (Rabel. I, p. 78.) — « Dire le tu 
« autem. > (CoquiU. 119.) — « Et tout le tu autem 
« ay ici en peu de chapitres rédigé. > (Rabel. V^ 3.) 

Tubilastre. « Et me soubvient (car j*ay men- 
« tule, voire dy je, mémoire bien belle et grande 
« assez pour emplir un pot beurrier] avoir un jour 
« de tubilustreez feries de ce bon Vulcain en may. » 
(Rabelais, IV, p. 45.) 

Tacette. « Les assiduellescrapuelles^et grasses 
« tucettes ou saulsices débilitent, et luy rompt les 
« nerfs lasciveuse volupté. » (Nef des fols, f. 23.) 

Tachin. « Les habitans (de Nismes) ont lous- 
€ jours esté bons sujets et ooeissans au roy et ils 

< ne furent oncques tuchins, mais ont toujours eu 
« les fleurs de lys sus les portes de la ville. » (Du 
Cange, sous Tuchinatus.) 

Tudele. Tolède : 

Eschapper n*en poroie 

Pour tout For de Tudele. (P. av. iSOO, II, p. 644.) 

Taeaas. Tuyaux : « As tueaus d'or les fait 
« pisser. > (Floire et Blanchefl. f. 203.) 



Tae chevaux, chien, géant. 1* « A tue che- 
vaux, > à bride abattue : « Le pape qui estoit 
adverty de ces grands tumultes, envoya à tue 
chevaux un sien légat... qui arriva illec avant 
que les batailles se joingnissent Tung à l'autre. 



Tue chien, loup > 
Hercule tue géant.» 



(Rou, p. id.) 

I Une fontaine... sourdoit par un 
(Lancel. III, f. 4.) 



(Toison d'or, fol. 109.) — 2» 
(Colgr.), à bride abattue. — 3' 
(MontlucII. 591.) 
Taeiz. Massacre : ' 

Des chetiz font tel tueit 
Ck>mme li leu fet des brebiz 
Quant il peut entrer en teit. 

Tael. Tuyau : 

« tuel d'argent. » 

Taens. Tieris 

Les miens sont plains de grant bonté 

Ja des tuem n*ert conte conté. (Ms. 75i5, f. 98i.) 

Tuer. « Ils trouvèrent devant S. Mery ung 
« nommé Jehan le Prestre et ung autre nommé 
< Jehan de Conestez... qu'ils tuèrent plus de dix 
« foys. » (Journ. d'un bourg, de Paris, p. 167.) — 
« Tuer mort. » (Ane. Coût. deBret. 91.) — « Tuer 
« les membres » (Percefor. IV, f. 111), couper par 
morceaux. — « Cela me tus les jambes. » (Oudin.) 
— • Discours à tuer chien. » (Oudin.) — « L'avez 
« vous donné à tusr. » (Oud.) — « Tel tue qui ne 
« pense que blesser, et tel cuide frapper qui tue. » 
(Cotgr.) — « Il en tuera dix de la chandelle et vingt 
« du cnandelier. » (Cotgrave.) — « Il avoit tué ton 
« père, ta mère et toy mesmes, et tu eslois retourné, 
« si ne luy pourroye tu riens demander par raison 
« et par justice depuis que tu luy as donné seureté.» 
(Le Jouvenc. p. 267.) 

Mainte raison i a qui te tus et t*asome 

Nus hom n*est concreez sans femme d'autre home. 

Dispute du Juif et du Ghrest. f. 108. 

Et cU ne puent rien avoir 

Qui à Pans ont tant musé 

Que toz lor tens i ont usé 

Toz lor biens vendent à détaU ; 

Nus n'a mais riens, s'il n'a tue tail. (S^ Léocade, f. 30.) 

Taerie. « Nos gens de pied les suyvirent de 
« près, et mirent en telle roupie que de la en avant 
« y eut de la tusrie plus que de combat. > (Du 
Bellay, liv. VII, f. 220.) 

Tnenr. Surnom de Tassassin de l'amiral de 
Coligny : • Le tueur du roy. » (Brant. Cap. fr. III, 
p. 164.) 

Tafale. « Lettres envoyées à Paris par Eustaces 
« avecques plusieurs voirres et lampes catervales 
« et non tufales. » (Desch. f. 430.) 

Tafeaa. TufTeau: 

Des niches retraittes 

Dans le tufeau cave. " (Baîf, p. i87.) 

Tafeas. Où paraît le tuf. (Cotgr.) 

Taffe. « Tufites, lermadons, hochebos. » (Fau- 
chet, II, p. 105.) 

Tuffiere. Carrière de tufe. (Cotgr.) 

Tagarion. Cabane : « Les tentes et tugurions 
« furent tous versez par terre. » (IX Preux, 261.) 

Taiaas, el. Tuyau : < Si trouvèrent la fontaine 



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TUM 



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TUQ 



< qui sourdoit par un tuiel d'argent, et elle cheoit 
« en un vaissel de marbre. » (Lancel. II, f. 118.) — 

< Puisque il deviennent grant (blés) et veulent 

< monter en tuiel. * (Beaum. p. 276.) — < Li tuiatis 

• du nés bel et droit. » (Vatic. 1490, f. 132.) 

Taile. « Sonner la tuile. > (Cotgr.) Elles rem- 
plaçaient les cloches en certains couvents. 

ToUep. Donner la forme d'une tuile : « Tuiler 

• les cartes. » (Oudin.) 

Tuillée. Qui a forme de tuile : « Une geolle qui 
« estoit de pierre tuillée. > (Lancel. I, f. 53.) 

Taip. Protéger : « AUimenter ses petits , les 

< garder, tuir et deffendi^e. » (G. Crétin, p. 2.) 

Tait. Tous : 

Ce sont Bovent tuit li plusor, 

Parolent quant doivent cesser, « 

Taisent quant devroient parler. (F, de S, Genn, f, i9.) 

Taltlon. Protection : « Si je me rends paresseux 
« à maintenir les miens en seureté, qui toujours 
« ai esté si prompt à la tuition des autres. > (Du 
Bellay, liv. IX, f. 285.) 

Talippe. Tulipe : « Aller souvent en sa maison 
« des champs pour secouer Toreille de la tulippe 

• et du martigon. » (Caq. de TAcc. p. 1^ — ■ Tu- 

• lippes de S* Innocent, » os de mort. (Oud.) 

Tambe. Toiture : « La tumbe de la tour, à Ten- 
« droit du chevalier, s'en alla fendre et partir sans 
« force et sans violence, et par celle ouverture il 
« se print à pleuvoir de tel randon et à cheoir sur 
« le chevalier. » (Percef. VI, f. 27.) 

Tumber. 1^ Jeter : « Si le tumba à terre tout 
« estourdy du cheoir. » (Lancel. III, 50.) — 2® Laisser 
tomber : « Il tumba le pain et le vin jus. > (Hist. de 
B. Dnguescl. par Hénard, p. 494.) 

Mais qui mieux mieux tire au plus haut cheval ; 

L'un est bailli et Tautre est seneschal 

Et quant plus sont es grans estats hautains 

Envye ou mort les tumbe contre val 

Es grans cours n'a siège qui soit certains. (Desch. 260,) 

€ Lors de sa bourse tumba deux Bretons. > (Vig. 
de Charles VII, II, p. 7.) — 3*» Tomber : « Le roy 
« Amadis si droicturier prince et grand observateur 
« de justice ne pouvoit tumber que debout^ tant 
« que Dieu ne permettra nullement sa ruine. » (D. 
Florès de Grèce, f. 143.) 

Tamberel. 1^ Chute : 

Car enmi le plus lait cher 
Et fist un si lait tumberel 
Qu'il se rompist le hasterel. (D. C. sous TumhreUum.; 

2o Trébuchet : « Sont tendus plusieurs engins à 

• quoy ont les prent, c'est assavoir à une cage et à 
« un tumberelj à la rois à deux gielles, et à un tre- 

• buchet à quatre chevilles. » (Modus, fol. 174.) — 
« Quant ilz seront bien amors à venir mengier, et 

• en celle place tu tendras ton tumperel lequel 
« destendra tout par luis, quant le chevrel tirera à 
« à la viande que tu lui auras donnée. > (Id. f. 99.) 

Tuméfaction. Bosse et meurtrissure: « Des 

• navrures ou blessures que Ton feroit à aucuns 



en laditte ville à sang courant, concussions, 
tuméfactions ou autre manière. » (G. G. II, 945.) 
Tumer. i^ Danser : < G*iray en un sach tu* 
mant. » (Poët. av. 1300, III, 1201.) 

Je m'afolay hier la jambe à tumer 

Car chascun jour meschiet U qui que soit. [Deach, SIS.) 

2' Tomber : 

Qui à peschier s'accoustume 

Unei fois, legierement tume 

La seconde, la tierce et la quarte. [Desch. f. 481.) 

Que petit pot soient tumé 



(Desch. f. 417.) 



Casse, brisé. 

3* Jeter : 

Le bon Jehan (Porte Latine) ou tonnel tumentj 

Et plus grant reu dessoubs alument. (IJI Maries, 361.) 

Tameriaax. l^ Tombereaux : 

Or refaut aUer aux charrons 

Pour roes et pour tumeriaux, [Desch» f. 500.) 

2o Trébuchet : 



n orent assez mangoniaus 
Et trebukés et tumeriaus. 



(Ph. Mousk.) 



Tamerie. Agitation : 

 donc U venz s'est abaissiez, 

Incontinent est rapaisiez 

Et la mer est toute asserie ; 

Plus n'y ot vent ne tumerie 

Et la nacelle devint coie.... 

N'est nulz qui plus tumer la voie. (III Maries, p. 374.) 

Tamaltaer. Agiter : « Plusieurs de ceste popu- 
« lace qui aimoyent le roy et d'autres qui crai- 
« gnoient de Toffenser estant leur seigneur, se 
< mirent à tumultuer en sa faveur. » (Sully, Mém. 
I, p. 106.) 

Taaicien. Tunisien, épithète de faucon. (Cotg.) 

Tunlcle. Tunique, masc. et fém. : « n devesti 

« son tunicle que vestu avoit, semé de broderie 

« d'argent et s'affubla d'un sac. » (Duguescl. Mén. 

p. 118.) 

La n'y avoit seigneur de haute renommée 

Qui sa tunicle n^sust en son dos endossée. /D. CTunica.y 

Tanikiel. Même sens : 

Et fu couviers d*un drap à or 

Et par desous si fù'encor 

Viestus, et moult bien et moult biel 

Famafiele et de tunikiel, (Mousk, p. 644.) 

Tuple. [Petit pot de terre : « Item, de chacun 
« millier de tranchouers, un quarteron, où l'ar- 
« gent, ...item, de chacun tupie .m. deniers... » 
(L. C. de D. ; Glossaire de l'Orléanais.)] 

Tapin. Pot de terre : « De bonne terre, bon 
« tupin. » (Cotgrave.) 

Tnpineis. Joute : « Nous eussions fait deffen- 
« dre... que nuls n'allast... à joustes, tupineiz ou 
« fist autres faiz ou portemens d'armes. > (D. G. 
Tupina.) 

Ne veistes tel chapleis : 

La ont si fort tupineis 

Conques en nul tomoiement (Rose.) 

Tq quel soies. Quel que tu sois : 

De guerri soit mort ou en trance 
Cils ou tu quel soies qui Varmes, 
Perdre puist honeur et vaillance 
Qui ne requerras de faire armes. (Desch. f. 350.) 



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TUR 



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TUR 



Taqaet. Petit duc, hibou. (Borel.) 
Turbacion. Trouble : 

Ne de preschier ne fineray 

Pour mort, ne pour alDiction 

Ne pour autre turbacion. (III Maries, p, 355.) 

Turbateur. Perturbateur : « Et proposa contre 
« luy de grandes et griefves plaintes, comme contre 

< un turbateur ordinaire de la paix et tranquillité 
« publique. » (Bellay, IV, f. 104.) 

Turbe: 1» Troupe : « Puis après mettre une 

< grosse turbe de gens ou milieu ; et devant et en- 
« tour vos enseignes doit avoir une grosse turbe 
« de gens d'armes, affin qu'on ne les puisse pas 
« legieremenl porter par terre. » (Le Jouvenc. 82 ) 
— 2' Assemblée : « Joindront entre eulx une turbe 
• commune ou conseil populaire. • (Jean d'Auton, 
Louis XII, 92.) — 3» « Enqueste par turbe. » (D. C. 
sous Turba,) Enquête faite en prenant le témoignage 
de plusieurs habitants pour constater les usages, 
les coutumes du lieu. 

Tarberie. Tourbière : « De la commune pasture 
« et turberie. » (Brilton, f. 135.) — « Turberie, ou 
« bruere, ou herbage, ou pesson, ou boys, ou gas- 
« tine. » (Britton, lois d'Angl. f. 153.) 

Turbiere. Même sens : « Si tost que les barons 
« eurent entendu le pervers bruyant qui estoit au 
« milieu de ses palus et turbieres, ilz retournèrent 
« sans dire mot. » (Percef. IV, f. 31.) 

Tarbin, Tourbillon : 

TeUement que Tun élevé par un turbin 

Achement monta jusques au Zodiac. [Alect. p. S.J 

Tarbis, It. Liseron turbith : « Turbit purge le 
« flegme et s'en peut donner la grosseur de deux 

< poischiches aux laniers,' sacres et gerfaux. • 
(Arleloque, Fauconn. p. 100.) — « Turbit des apo- 
« thicaires. • (Cotgr.) 

Turbalenter. Troubler. (Cotgr.) 

Tare. « Il y estoit encor un autre ambassadeur 
« du Petit Turc lequel disoit se les chrestiens vou- 
« loient faire guerre au grand Turc, que son sei- 
« çneur se joindroit avecïes chrestiens, accompagné 

< de cinquante mille combalans. » (Honstrel. III, 
f. 85.) — « Je ne veux pas prendre le Turc. » (Brant. 
Dam. gai. p. 217.) — « Herbe au turc, • pour guérir 
la gravelle. (Ess. de Mont. III, p. 558.) — « C'est un 
« Turc. » (Oud.) 

Turcée. Panier: « Turcée Ae vmins. » (Cotgr.) 
Tarcie. [Chaussée : « Item, une autre pièce de 
« terre appellée le champ des Islayes, tenant du 
« costé du vent d'avril, aux grandes turcies de la 
« rivière de Loire. » (1548. Arpentage de la terre 
« de risle, près Chécy ; L. C. de D. Glossaire de 
l'Orléanais)] 

Turcople. Troupes légères des Turcs : 

.... Constantinople 

Qu'asise avoient U Turcople 

Et U BlacoiB et li Ck)uinain. [Mouak. p. 804.) 

« Apres le mangier, arcier et Turcoples vîndrent 



« au Soudan. » (Voyage d'outremer du comte de 
Ponthieu.) 

Turelapin. Secte d'hérétiques qui se répandit 
en France, en Allemagne, dans les Pays-Bas, aux 
XIV* et XV* siècles ; ils soutenaient qu on ne doit 
avoir honte de rien de ce qui est naturel : « Faisant 
■ poursuille contre les turelupins et les turelujfines 
« qui trouvez et pris ont esté en ladite province, 

< et par sa diligence punis de leurs mesprentures 
« et erreurs. » (D. C. sous Turlupini.) 

Tarelure. « Et puis la turelure fu en l'eure 
« fermée. » (Chr. de Du Guescl.) 

Tareinreaa. « C'est mon petit turelureau, dist 

< Lupolde, pour te faire parler aussi que le vin est 

< appelle le lait des vieux. » (Eutrapel, p. 237.) 
Turelatutu. Soldat d'Holopherne, au Mystère 

du vieux testament. 
Turet. Colline : 

Sa meson que je vous devise 

 U par son beubant assise 

Sor un turet, enmi la voie, 

Por ce que chascuns mieus la voie. (Ms, 7Si8, f. SiO.) 

Dans quelques endroits de la Bourgogne, on 
appelle teurlee, une levée de terre entre deux 
vignes. 

Turie. Tuerie : 
De sa gent dont U est en mie 
Point le cheval, criant turie. [Hou, p. SS8.) 

Turker, ler. Passer aux Turcs, abjurer : 

Espargner voel un mien ami 

Ki ler soir se turha à mL (Poêt. av. iSOO, IV, p. i346.) 

Mais Valencenois sont turkie. (Mousk, p. 677.) 

Turlupin. « Farceur et comédien qui en 1622 
« prit le nom de turlupin. » (Beauch. Rech. des 
th. m, p. 342.) 

Turlare. Guitare en usage au xiv* siècle : 

Las, ne voit on sens, raison, ne mesure, 

C'est de dancier au son des chalemiaux ; 

Cur un soufleur qui commence à souffler 

Kn un piau, cornant la turlure 

Fait entour lui maint gent assembler. (Desch. f. 940.) 

Marion, entendez à mi ; 

Je vous aim plus que créature 

Et pour ce dliumole cuer vous pri 

Ou au dessoubs de vostre sainture 

Me laissiez de la turlure 

Et de ma chevrette jouer. [Desch, f. SiO.) 

Tarlarette. Même sens : 

Plus ne fera chancons, Uvres ne chants, 

Aincois joura de la turlurette». [Desch. f. 908.) 

Tarme. Escadron : « Quelques troupes de che- 
€ vaux légers et de carabins par turmes ou brigades, 

< voltigeans sur les ailes par la campagne. » (Hém. 
de Sully, I, p. 418.) 

Tarmie. Plante: « Li gingembres et la ^urmte. » 
(Fabl. de S. Germ. f. 64.) 
Tamer. Tourner: « Seth, beaus amis, tume 

< t'en, car tu ne poez aver jesqes à icel temps. • 
(S'* Croix, p. 9.) — « Si tost come ie vous vi, est ma 
« vie tumée à multgrantjoie. » (Id. p. 2.) — Parlant 
de Taméthyste : < L'une tume alkes à biandiier. • 
(Marbod. c. 1652.) 



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TUS 



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TUY 



Tarnlkel. Tunique: 

Moult fist risnel 

Sen tumikel 

k geté en la voie 

Âla danse s'avoie. (Vatican, i490, f. HO,) 

Tarpe. Honteux: • Par lequel cors sommes 
« provoquez et enclins à choses turpes et desbon- 
« nestes. • (Tr. de la Noble dame.) 

Turpide. Chose honteuse : « Obligation à tur- 

< pide, si comme qui obligé seroit à homme battre, 
« ou tuer, ou dire, ou faire autre laide injure, telle 
« n'est pas à recevoir. » (Bouteill. 135.) 

Tarpinoy. Joute (voir Topineis) : • Le soir de la 
« veille du grant tournoy, les jeunes chevaliers 

• feirent un turpinoy fort et terrible. » (Percef. 
III, fol. 23.) 

Turque. ■ Velours à la turque. » (Caq. de l'ace, 
p. 10.) — « Ceux qui se souloient babiller à la 
« boubemienne, je les fais acoustrer à la turque. » 
(Gymb. mundi, p. 90.) 

Turqueman. Turc: « Cil Turquemam sont 

• une gent sauvaige qui n'ont ne ville ne chastiaus 

< ains sont les jors bebergiés en tentes qu'ils ont 
« de feutres. » (Martène, V, c. 732.) 

Tnrqnesque. Turque: ■ Un glaive à la tur* 

• quelque. • (Ess. de Mont. II, p. 682.) 

Turquet. Chien de Turquie au nez court. 
(Colgr.; Des Ace. Cont, de Gaul. p. 5.) 

Turquin. Bleu, comme le marbre de Mauri- 
tanie, turchino : « Elles estoient en cottes de Tur- 
« quin violet. » (Berg. de R. Belleau, I, p. 65.) — 
« Bleu turquin. » (R. Belleau, I, p, 336.) 

TnrquolSy oys. « Ars turquois. • (Machaut, 
ms. f. 217.) — • Les sergeans prindrenl leurs ai's 
« turquoys et s'en vindrent tous renjer devant la 
■ porte du chaslel. » (Percef. vol. I, f. 81.) — • L'arc 

• de main que on appelle turquoys. > (Chasse de 
Gaston Phébus, mss. p. 324 et 329.) — « L'arc de 
« main que on appelle anglois ou turquoys. • (Id.) 

Turquoise. Espèce de pince monseigneur: 
« Limes, scies sourdes et grosses turquoises et 
« instrumens pour leçierement ouvrir la porte. » 
(Juv. des Ursins, Charles VI, p. 343.) 

Turs. Turcs : 

Et ti boios rois sui les Tura 

Qa*U n'esgari castiaus oe murs 

Les UD8 prist, les autres ocist. (Mousk. p, 259.) 

Turte. Tourterelle : « Se vous voulez prendre 

• les turtes, la saison en est en aoust. • (Mod. 83.) 

Turterelle. Même sens : 

On parle de paons rostis, 
De iurtereUes, de pigeons. 

Turtre. Môme sens 

• ne roue. » (Ms. 7218, f. 179.) 

Turulu. Refrain : « Turulu rita valura valuru 

• valuraine valuru va. » (Poët. av. 1300, II, p. 744.) 

Tuscaue. Toscan, au féminin : « Souspirer à la 

• tuscane. • (Dial. deTahur. p. 116.) 

X. 



[Desch. f. 345 J 

« Turtre j qui ses amors 



Tut. Tout : « Tut ensement, > tout ainsi, tout de 

même. (Marb. c. 1664.) 
Tuteiement. Tutoyement. (Monet.) 
Tutele. Pension : « Jean Lodes de Nantes. 

« licentié en loix, tenant tutele en Tuniversite 

• d'Orléans. • (Du Verd. bibl. p. 715.) 
Tuteluton. 

Des enfants de tuteluton 

Je suis malheureux de nature. 

Qui serche sa bonne adventure 

Ainsi qu'un pauvre valeton. [Collerye, f. 167.) 

Tutep. Souffler : 

Par ma foy, ce dist Valentine, 

Tu sauroies mieuls d'un busiel 

Tuter et oster une espine 

De ton doi et oindre un agniel 

Que nous viens dire de nouviel. (FroUs. Poës. f. SOS.) 

Tuteresse. Tutrice : c Blanche, mère de saint 
« Louis, sa tuteresse. » (A. de Seyssel. Louis XII, 
p. 67.) 

Tuterie. Tutelle : « La reyne Blanche avoil la 
« garde de son fils Louis IX pour raison de tutei'ie 
« et de bail. » (Chr. de S. Denis, II, f. 19.) 

Tuteur. « Il y a différence entre tuteur et cura- 
« teur, car proprement à parler le tuteur est 
« ordonné à la cure des pupilles, et le curateur à 
« la cure de ceux qui sont furieux et qui gooverner 
« ne scauroient, ou de ceux qui sont expatriez ou 
« de ceux qui sont aagez ou langoureux. > (Bout. 
Somme rurale, p. 58.) — • Tuteur en partage, » 
subrogé. fNouv. Coût. Gén, I, f. 939.) — « Tuteur 

• en chef, » officier municipal, tuteur né du 
mineur. (Nouv. Coût. Gén. I, f. 909.) — ■ Tuteur 
« de profit. » (Nouv. Coût. Gén. h f. 521.) 

Tutie. Oxyde de zinc : « Poudre de la tutie, de 
« quoy on trouve assez aux apoticaires. • (Gaston 
Phébus, f. 104.) 

Tutoyer. « Tutoyons nous ceux là. » (Pasq. 
Rech. VIII, f. 665.) 

Tutrice, ix. « Peut le seigneur saisir en faute 
« d'armes, quand le vassal est tenu de le servir, 
« pour le devoir de son fief, en armes, si le fief y 
« est subject; et il est de le faire sommé et requis 
« par son seigneur mesme, cour le servir, pour la 
« deffence et tutrice de la seigneurie dont son fief 
« meut, ou de son seigneur. » (N. C G. II, f. 599.) 
— « I^ femme qui est balistre, administateresse 
« ou tutrix de ses enfans, quand elle se marie 
« après le trespas de son mary, ne perd point la 
« ditte balistrerie, administration, ou tutelle. > (C. G. 
I, f. 841.) 

Tuyau. « Le faucon à ses grosses pennes 

« sommées, où il a encores au tuyau. * (Budé, 
Oiseaux, f. 127.) — « Tuyaux d'or, • bijoux, danS 
rinv. de Charles V, p. 523. 

Tuyson. Massacre : « Se rassemblèrent les 
« communes gens de Paris, en très grand nom- 
« bre et soubdainnement allèrent a toutes les 

• prisons de Paris, lesquelles ils rompirent et tue- 
« rent bien trois cens prisonniers, dont les aucuns 

15 



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TYM 



- 114 — 



TYR 



« yavoient esté remis depuis le grand tuyson. > 
(Monstrelet, I, f. 269.) 

Ty a hilland. • Quand ils verront que la curée 
« sera presque mangée, celuy qui a le for hu doit 
« sonner et crier ty a hillaud. » (Fouill. Vén. f. 55.) 

Tyberlade. « Topographies ou peintures et 
« modèles que nous appelions tyberiades^ ainsy 
« dénommées à cause que Bartole a esté le premier 
« jurisconsulte qui ait mis des figures parmi ses 
« œuvres comme il a esté fait en sou livre de la 
« tyberiade. » (Des Ace. Bigarr. f. 7.) 

Tyephaine. Epiphanie : « Enprès la Tye- 
« phaine. » (Ord. Il, p. 33.) 

Tymbre. ^ Tambour: «Menestrier de ^ymftre. » 
(Du Cange, sous Tymbris.) — 2* Bassin : « Et parce 

• qu'aucunes fois on n'a pas commodité d'avoir 
« fontaines ou ruisseaux, il est requis faire de petits 
« baillots de bois, ou bien quelque tymbre pour 

• mettre leur eau. » (Fouilloux, Vénerie, f. 10.) — 
30 Cloche : 

Ainsi dam prieur s'en aUa 

Le tymbre et les frères sonner. [Am, rendu cordeL 55i,) 

4* Timbre du heaume : « La jeune Lyriope 

« disoit à la royne que bien avoit employé le jol]^ 
« tymbre qu'elle luy avoit fait, car il n'y avoit si 

< bel en tout le tournoy pour les poupées et les 
« escussons volans qui reflamboient encontre le 
« soleil. » (Percef. I, f. 135.) — « Pour Testât du 

• jeune Jehan de Bourgogne, en rien n'estoyent 
« espargnées monteures et armeures, tymbres^ 
« habits, ne vaisselle d'or et d'argent. » (Froiss. IV, 
p. 220.) — 5» « Ce prince lui envoya un beau tymbre 
m de martres.... C'est une manière de présents qui 
« n'est usitée que dans le septentrion. On attache 
« deux ou trois douzaines ae peaux de martres 

< entières par la teste à un cordon de soye , qui 
« passe dans un sachet delà longueur de ces b€^tes ; 
« celuy cy est de satin vert, et de là dans un tymbre 
« ou cloche d'argent, où il est arresté au bout par 
« un nœud, et Ton tire ce cordon pour passer les 
« martres dans le sac, qui après se ferme par les 
« deux bouts. Ce tymbre de martres estoit de six 
« ou sept cens escus. » (Le Laboureur, Relation de 
Pologne, p. 205.) 

Tymbre. Ayant un heaume avec timbre : « Le 
« seigneur de Beauveau estoit armé et tymbre tout 
« de mesmequeson frère. » (La Colomb. Th. d'honn. 
I, p. 88.) 

Tympan. « Tympan d'une campanelle, » partie 
la plus large d'une cloche. (Cotgr.) — « Tympan 
« oentelé, > roue de moulin. (Cotgr.) 

Tympaner. Battre du tambour. (Faifeu, p. 96.) 

Tympanne. Tambour: 



Jouoit iUec de son tympanne 
David, avec maint qui chantoient. 



(Desch. f. 546.) 



Tympres. Même sens : 

Laiz de harpes et de freteaux, 

De timbres et de chalemiaux, 

Simphonies, salterions, 

Monacordes, tympres^ corrons. (Brut f, 80.) 

Tyne. Tige : « Il voit le plus grant chesne, non 
« point qu'il fust fort hault de tyne, mais le plus 
« branchu et espais. » (Percef. III, p. 4.) 

Tynel. 1» Suite : « Vint le cardinal de Vincestre. .. 
« et avoit plus grant tynel avec luy.... quele régent 
« de France. » (Journal de Paris, sous Charles VII, 
p. 108.) — 2o Bâton : « Il ouyt un grand bruit qui 
« venoit parmi la forest, ainsi comme si ce fust 
« ung très puissant cheval qui eut lyé en travers 
« sur sa selle ung grant tynel. » (Percef. III, f. H.) 

Tymnier. Festin : « Table générale et tynnier 
« furent publiquement tenus. » (Vigil. de Ch. VII, 
II, p. 174.) 

Tyois. Allemands: 

Tyoia^ pour Caire leur deu 
Ont Otnon à cheyal remis 
Et il s*est à la fuie mis. [G. GuiaH, f. iS9.) 

Tyolle. Chèvre : « Tyolle à quatre pouUins. » 
(Gloss. de THist. de Bret.) 

Typhagne. Epiphanie: « Le merquesdi devant 
« la Typhagne de Noël. » (D. C. sous Theophania.) 

Tyran. « Tyran que Ton approprioit à tout 
prince souverain, qui vivoit selon les lois com- 
munes de son pays sans extravaguer, depuis on 
Ta adapté à celuy qui, contre tout ordre de droict, 
se fait croire à la foule et oppression de ses 
sujets. » (Pasq. Rech. p. 686.) — « Il sembloit, 
quand ils oyoïent parler de moy^ qu'ils avoient 
le boureau à la queue ; aussi m*appeloyent ils 
ordinairement le tyran. * (Montluc, II, p. 57.) 

Tyranneau. Petit tyran. (Mont. III, p. 22.) 

Tyranner. Tyranniser: < Il n'estoit rien qui 
• tant leur pleust que tyranner les povres labon- 
« reurs en droitte tyrannie. » (Journ. d'un bourg, 
de Paris, p. 151.) 

Tyrannie. Parlant de l'assassinat des ambas- 
sadeurs du roi par les gens de l'empereur, en 1541 : 
« Le sieur de Langey, pour mieux le vérifier, retira 
« au service du roy aucuns qui estoient mêmes 
« de la faction, et les mariniers, tant ceux qui 
« avoyenl mené Fregose, que ceux qui avoyent 
« conduits les soldats qui exercèrent celte tyran- 
« nie. » (Du Bellay, IX, f. 76.) 

Tyriacle. Thériaque (voir Tormentillb). 

Tyroup. Tireur: • Mestiers et tyrours de la 
« ditte drapperie. » (Ord. III, p. 516.) 

Tyrsigere. Qui porte un thyrse. (Cotgr.) 



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u 



UEI 

Nota. [Malgré le système adopté jusqu'ici, nous 
ne confondrons pas 1*17 voyelle et le F consonne, 
pour rendre les recherches plus faciles.] 

U. !• Lettre : « Je voy toutes les nations de 
c l'Europe incliner en ceste opinion, et qu'il n'y a 
« que nostre France où l'on prononce Vu comme 
• nous faisons. » (Pasq. lelt. 1, 147.) — 2^ Où, adv. 
de lieu : 

 tant viennent à .i. ostel 

V on vendoit et pain et sel. (Ms. 7989 *, /. 45,) 

Boant j'en oî leur murmure 
tant ot parole vaine. (Poët. av. iâOO, III, p. iS02.) 

« Li Sarrasins furent es montagnes, en haut, et 
« li crestien u plain. > (Martène, V, c. 68.) 

La plus bêle 
Qui soit u moût vivant. (Ch. du C^ Thibaut, ii,) 

» Ou, disjonctif : 

Nul ne sent les maux s'il n'aime 

U s'U n'a amé. (Id. iSi9.) 

n me convient morir u estre amé. (VaHc. 1490, f, 9S,) 

40 f/ employé pour o; c'est un signe de la plus 
haute antiquité dans notre langue, on trouve amur 
pour amor, au serment de Louis-le- Germanique. 

liberté. Ferlilité : « Pour montrer Yuberté du 
« pais auquel est assise la ville de-Paris » (Hém. 
de du Bellay, liv. VIII, f. 238.) — Montaigne (Essais, 
préf. p. 9) dit que la langue grecque avoit « une 
« large et profonde uberté. > 

Ubiqaidité. Pouvoir qu'a Dieu d'être partout 
pr^nt: • Il n'y a que Dieu seul qui en même 
« instant voye et cognoisse tout cet univers et qui 
« remplisse ceste toujours présente ubiquidité. » 
(Eutrap. p. 255.) 

Ublr. Croître. (Cotgrave.) 

Uce. Sourcil. (Cotgrave.) 

Uche. Huche. (D. C. Vcha.) 

Ueil. ŒH : • Vous bouterez ce pot et vous le 
« verrez tôt saillir par Yueil qui sera desetoupé par 
« devers le vent. » (Mod. f. 55.) 

Et si avoit si ouvert Vueil 



(Ms. 7218, A 2S0.) 



(parmi! 
Que ja n'en lessast son pissier. 



UEV 

Tels fet feste et va tripant 

Qui ne set pas qu'à Vueil U pant. (Ms. 7218, f, SIS.) 

• Ne voit nul ce qui en peut à Yueil. » (Desch. 
f. 131.) — « Avoir Yueil à pitié et franchise. » (Vie:. 
de Charles VII, p. 72.) 

Ueilletiere. Trou pour les yeux : « Fu féru 
« d'ung coustel jusques à la cervelle par Yueille- 
« tiere du heaume. » (Chr. de S. Den. II, 41.) 

Uel. Œil : « La si fu morz un haulz hom de 
« Flandres ; et fu feruz parmi Yuel. » (ViUeh. 34.) 
Je ne sai 
Qui devant Vuel me baloie. ( Vatic. 1490, f. 4S.) 

Uelliere. Œillère : [« Et li variés referi lui 
« D'un gaverlot parmi Vuelliere, si que li fist par 
« de derrière Le sanc et la cervelle espandre. » 
(Percev, le GaUois, v. 2426.)] 

1. Ues. Œufs(ot;a): 

Guers de famé est U chaudiaus d'ues, 

Plus est tomans ne soit estues. (Ms. 7218, f. 240.) 

Je suis bons sainieres de chas 

Et bons ventouseres de bues ; 

Si sui bons relieres d'ues. (Ms. 7218, f. 214.) 

2. Ues. Besoin [opus) : 

Ne porras pas oiaus issir, 
Moult t'iert grant ues de reposer. 

Viede8SS.Sorb.61,c26. 



Et se cil moroît, Tautre ensi, 
Et puis les autres d*oir en oir 
Aine quel ues poussent avoir. 

Ueur. Œuvre, travail : 

Robes de diverses manières... 
Qui o vous vouroit la devise 
Et Vueur des dras raconter 
Trop i convenroit demorer, 

Uevre. Œuvre : 

Par ce pourroit s'uevre durer 
Si pourroit asseur ovrer. 



(Mausk. p. 728.) 



[Ms. 7615, 1,f. 112.) 



(Brut, f, 57.) 
Quant la mesnie Yuevre entent. (Ms. 7218, f. 164.) 

« Tote jor vorroit feme que l'en li fust sor Vuevre.^ 
(Mss. S. Bern. fol. 106.) — « Vuevre loe bien rou- 
te vrier. » (Ms. 7218, f. 214.) — a Car on dist que li 
« cuers fet Yuevre. » (Ms. 7615, f. 164.) — « Selon 
« Yuevre guerredon. » (Poët. av. 1300, III, 1026.) 



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UIT 



- H6 - 



ULU 



Fors une image 
Qui fut fait part art d*image 
Droit en la tiere sandalis 

Vuevre ot à non saiamadis. (Momk, p. 169.) 

là guens Tiebaus les i asist 
Mais la nuit, si corn Vuevre dist, 

S en is8iren|^ [Mousk. p. 348.) 

Uevrer. Ouvrer, travailler : 

Âmors n*uevre pas à droit 

Qui du sien aidier recroit. fMs. 7Si8, f, 254.) 

Mal uevre qui n'ose essaier. (Vatic. 1490, f, 135.) 

Nule fois n'uevrenl il la porte. {Ma. 7S18, f. 320.) 

Ueus. Œufs : « Troverent la bataille de pomes 
« de bos, et d'aumonnes, et i'ueus et de fres fro- 
« mages. » (Ms. 7989% f. 76.) 

Ul. Aujourd'hui : 
Lairons endormi jusqu'à ui 

I ot asés sur son inorance. (Ms. 7615, II, f. 193.) 
A tant en une chambre entrèrent, 

Et Vui sur eus moult bien fermèrent. (Ms. 7615, II, 184.) 

Uiche. [Huche: « Comme un ons meist ses 
« deners en un moster, en une uiche qu'il aporta, 
« uns clers embla ces deniers et s'enfoi. • (Liv. de 
Jost. p. 164.)] 

Uictave. Octave : * Uuictave de touz sains. » 
(Ord. III, p. HO.) 

Uille. [Huile : • .v. livres d'uille de pierre. » 
(Clair, 822. f. 13, an. 1385.)] 

Uiseus. Oisif : 

Onques ne fu je crois tiens dame d'amer uiseuse. 

VaUe. 1400, f. 40. 

Ses fiUes flst bien doctriner 

Et aprendre keudre et filer 

Et à ouvrer soie et tauUeles, 

Aussi les laides et les bieles 

Pour çou que ne fussent uiseuses 

Ne desdignans ne orgiUeuses. (Mousk. p. 78.) 

Sous Taube espine remés seul, 

Pensans en coer, et moult uiseus. [Froiss. poës. p. 93.) 

Las que poet il devenir ? 

II part tous sens 

Et s'enfuit, mas et uiseus 

Tristes, pensis, anoieus. (Froiss. p. 218.) 

Plus tôt s'aloient que vens, 

Quant eles veoient lor lin 

Quant uiseus erent et soutin. (Mousk. p. 703.) 

Le féminin a été pris au sens d'oisiveté : 

On dit en un proverbe^ et si Tacorde drois 

G uiseuse est moult nmseuse. (Vœux du paon, 140.) 

Ulsserle. Porterie : 

Parés fu devers Yuisserie 

De très bonne tapisserie. (Poës. Froiss. p. 31.) 

Uisset. Petit huis : 

Quant li dUs vet clorre Vuisset 

Tantost à la voie se mot. (Ms. 7218, f. 8.) 

Uît. [Huit : « E pur un porc un dener e isi Ires- 
« qu'à uit. » (Lois de GuilL p. 6.)] 

Ultlsme. Huitième : « Le septisme vertu qui 
« doit estre en bailli, c'est que il obéisse au que- 
« mandement.... Yuitisyne vertu qui doit estre en 
« celui qui s'entremect de baillie tenir, si est que 
• il soit très bien connoissant. » (Beaum. p. 9.) 

Uitme. Même sens : I 



Al sietme jour, à S. Denis, 

Biemeval et tous les asis 

Donna quitement, sans CaUlance, 

Pour çou qu'il est de grant vallance ; 

Al uitme jour si flst moult biel. (Mousk. p. 351.) 

Uitouvre. [Octave: « Trespassa à .mi. jours 
« à'uitouvre Tan de .m. .ccc. .lu. » (Bibl. de TEc. 
des Chartes, 2* série, II, p. 527.)] 

Ulceraire. Herbe bonne pour les ulcères. 
(Cotgrave.) 

Ulceratif. Qui cause des ulcères. (Gotgr.) 
Ulé. Brûlé : 

Si li convient le four 

Et les furgons entour, 

S'n a la barbe ulée. (Ms. 7615, II, f. 213.) 

Devant le roy, après ce mes 

Aporta l'en un autre mes 

Qui durement fu dépariez 

C'en apeUe bougres ulez 

A la grant sauce parisie. (Ms. 7615, 1, f. 118.) 

Ulle. Aucune, du latin ulla: « La nauf vuidée 
« du marchant et des moutons ; reste il ici, dist 
« Panurge, ulle ame moutonnière. » (Rab. IV, 31.) 

Ullement. Hurlement: « Le grand effroi et 
« vacarme principal provient du dueil et ullement 
« des diables. • (Rabel. III, p. 129.) 

Uller. Hurler : 

Li chiens famis va au mangier ullant. 

VaUcan, n* 15Sf , f. 164. 



Souvent i'ay ouy en ma vie 
Qu'avec les loups il faut ulU 
Et qu'en gaUe il se faut galler. 



Fabri, Art de rba. U. f. 46. 

Ullerie. Hurlement: « Saoulx etyvres et s'as- 
« semblèrent et font une grant ullerie. » (Mod. 93.) 

Ulmeau. Ormeau: « Le fils puisné eut nom 
« figuier, l'autre noyer, l'autre chesne... le dernier 
« eut nom ulmeau. • (Rabelais, III, p. 263.) — 
« Escripte.... non en papier, non en parchemin, 
« non en cere, mais en escorce 6! ulmeau. » (Rabel. 
I, page 5.) 

Ulophone. Glu venimeuse. (Gotgr.) 

Uipic. Ail sauvage. (Gotgr.) 

Ulteur. Vengeur : « Le mesme Dieu ulteur et 
« juge de superbe et intolérable contumace. » (Hém. 
de Du Bellay, VI, f. 172.) 

Ultimatum. « Quant cet écrit fut mis au net» 
« on le communiqua à d. Lucas Spinola sous le 
« titre imposant ^ultimatum des alliés. » (Mém. 
de rabbé de Montgon, VUI, p. 81.) 

Ultime. Dernier : • Font les ultimes questions. • 
(Fabl. S. Germ. f. 29.) 

Ultion. Vengeance : 

A touz vivanz de la foy chrestienne 

Pour leurs péchiez et obstinacion 

Fait assavoir la divine ultion. (Desch. f. 364.) 

Ululer. Hurler : 

Et ululent à haute vois 

Pour la paour. (Froiss. Poës. p. 179.) 

Umain. Humain : « Pour ce que malice et tri- 
« chérie est si porcreue entre Vumain lignage. » 
(Ord. I, p. 108.) 



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UMB 



- 117 — 



UN 



Umanité. Humanité : « Car vostre noble deité 
« fu conjointe à Yumanité. » (Mod. f. 195.) 

Umbelle. Ombelle : 

Arrache aussi des corriandes cpresles 

Et du persil aux petites umbelîes. (J. Du Bellay y p. 443,) 

• Umbelle de fenouil. • (Colgr.) 
Umbilical. Du nombril. (Gotgr.) 

1. Umble. Humble : 

Princes â*amour, Juno dame d*amer, 

Ce lourde atour ne laissiez plus régner 

Sur les dames, soiez les condempnaut 

Vumble joli faictes renouveUer. (Desch. f. 328,) 

2. Umble. « Vmble chevalier, » ombre, truite 
du lac de Genève. (Ctotgr.) 

Umbrage. Ombrage: « Aussi si son cheval est 
« umbrage^ il lui en donne aucune fois sur sa 
« teste. » (G. Phébus, p. 217.) 

Umbrageux. Ombragé : • Adonc entra le che- 
« valier en la chambre qui estoit umbrageuse. » 
(Percef. III, f. 61.) 

Umbraige. Ombrage: « En celle année euston 
■ trouvé en courses umbraiges dessous fyens de 
« grans glaçons. • (Journ. de Paris, sous Ch. VII, 
p. 160. an. 1434.) 

Umbrayer. Se mettre à l'ombre: « Regarda un 
« grant arbre qu'on nomme tilleul qui seoit en my 
« la place où ceulx de la entour se venoient um- 
• brayer pour le chault souleil. » (Percef. I, f. 40.) 

1. Umbre. 1^ Ombre : « La fureur du cheval 
« ne venoit que de frayeur qu'il prenoit à son 
« umbre. » (Rabel. I, p. 85.) — 2« Protection : 

Bien aux dames fut ordonné 

Pour en avoir la garde et umbre, (Am, rendu cord, 520,) 

3» Mort: 

Piétons succumberent soubz dards 

De mortelle umhre, (Crétin, p, 52,) 

4* Dehors: 

Unibre de court, en ses façons, excède ; 
Non par vertu, mais par infâme vice. 

Gontred. de Songecr. f. 144. 

2. Umbre. Poisson : « Turbots, ablettes, tan- 
« ches, umbres, » (Rabel. IV, p. 255.) 

Umbrer. Reposer à l'ombre : « Avoit dedens le 
« champ deux petites loges pour reposer etutnbrer, 
« les champions. • (Monstrel. I, p. 14.) 

Umbresse. Soupçon: « Pour mettre umbresse 
« et suspection entre vous. > (Lett. de Louis XII, 
t. II, p. 102.) 

Umbrette. Diminutif de umbre, poisson : « Alo- 
« ses, murènes, umbrettes. » (Rabel. IV, p. 255.) 

Umbreux. Noir : 

Comme ung myroir, par son lustre bruny 

Monstre la taicne au soiUé et honny, 

Princesse doit estre tant radieuse 

Que sa clarté monstre la tache umbreuse 

Du corps polu, de vertu mal garny. (J, Marot, p, i84,) 

Cil qui le fait le corps et l*ame ensage 

Au roy d'enfer et à ses chiens umbreux. [Faifeu, p, 6.) 

Umbrive. Poisson. (Cotgr.) 



Umbroiance. Asile, retraite. (Molinet, p. 155.) 

Umbroyer. Ombrager : « Une vigne qui faisoit 
« umbre tout autour pour deux mille personnes 
« umbroyer. • (Percef. I, f. 129.) — « A peine eut 
« Estonne dit le mot quand il voit par devant luy 

• umbroyer en la nuit noires flgures, sans fason, 
« en si grant planté que sanz nombre ilz lui venoient 

• au visaige huant de voix discordables. » (Percef. 
II, fol. 13.) 

Urne. Homme. (Marbod. c. 1642.) 

Umelier. Humilier: 

Franche riens et je m*umelie 

Et vous pri merci et requier. fMs, 7218, f, i82.) 

Bêlement Taraisona 

Et envers lui s'umelia, (Poêt. av. i300, JV, p, i355,) 

Nule fois vers moi ne s'umelie, (P, av. 1300, III, ii30,) 

Ses ieus kl m'ont ravie 

Si trestoute ma santé 

Ke s'a moi ne s'umelie, (Id, p. 1194,) 

On a dit de la Fortune et de sa roue : 

Tourne et retome sa roiielle 

Ne de tourner ne s'umelie. fMousk. p. 662,) 

Umelité. Humilité; 
Totes les riens \CumeUté8 deffens 
Et cortoisle et franchise. (Poèt. av. 1300, 111, p. 1162.) 
D'un seul regart ^'umelité fleuri, 
De ses doux ieus, en trespassant avoie. (Jd, IV, 1391.) 
D'un petit d*umelité 
Trovoie en 11, tost garie 
Seroit ma grant maladie. (Id. III, p. 1105.) 

Umeur. Ce qu*on hume : « Quand les chiens 
« sont au dessoubz de Tyaue et viennent à mont, 
« l'yaue qui vient à val leur aporte Vumeur du 
« cerf. • (Gast. Phéb. p. 239.) 

Umiliance. Humilité : 

Onques ne vi si contraire 

Ne si mal parti 

Com son cœur et son viaire ; 

Ce m'a mal bailli 

Visa de pitié garni 

Et d^umiliance. (Poèt. av. 1300, 1, p. 466.) 

Umilité. Humilité, en parlant à la S*» Vierge: 

Dous cuers plains d*umilité 

J'ay fiance en vo bonté. (Poèt, av. 1300, III, p. 1225.) 

En pariant à Dieu : « Vrais rois plains S! umilité.* 
(Id.) 

Tenir doit son autorité 

Tout prince et juge à ses servens 

Sans monstrer trop d^umilité 

Dont Us contemptent ses commen». (Desch. f. 336.) 

1. Un. On: « Sa panse tirant trop fort et sur 
« son ventre eut un bien joué du tabourin. » (Merl. 
Coccaïe, I, p. 230.) 

2. Un. Expressions : • Toutes heures luy seront 
« unes. » (Mont. I, p. 248.) — « N'estre qu m» des 
« deux. • (Am. ressusc. 481.) — « Entremeslez une 

• pour une. » (Contes de Desperr. II, 54.) — • Cote 
« et surcot et chape qui tout fut d'un. » (Ms. 7218, 
fol. 66.) — « De tout ce ai ge parlé com un. • (Ms. 
6812, fol. 55.) — « Avoir des escus à un et deux. » 
(Nuits de Slrapar. II, 393.) — « Le pais d'Angleterre 



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UNE 



- H8 - 



UNI 



« n'est pas bien à un. » (Froiss. TU, 347.) — « Com- 
« mander tant de choses d'unes el d'autres. » (XV 
Joyes du mar. 95.) — < Une fois n'est pas coutume. • 
(Bassomp. 1, 192.) — « Un homme en vaut cent. » 
(Disc, de la Noue, p. 232.) — « Commun n'est pas 
« un. » (Colgr.j — « Qui n'en a qu'tin n'en a point.» 
(Id.) — « Cui vient une ne vient seule. » (Ms. 7218, 
f. 61.) — « Si vouloyent ils estre tout un au besoin 
« pour garder et deffendre les franchises et bour- 
« geoisies de Gand. » (Froiss. II, p. 78.) — « Pour 
« ce qu'ils esloienl si un, • (Desch. f. 463.) — « Ung 
« six mille piétons. » (Lelt. de Louis XII, III, f. 13.J 
— « Ung vingt cinq ou trente escus. » (Id. 239.) — 
« Ung dix mille florins d'or. » (Id. IV, fol. 20.) — 
« Semence maigre et une. • (Desch. f. 288.) — « A 
« vous et à ung de vous, » à chacun de vous. (Ord. 
III, p. 433.) — « C'est tout ung. » (J. Marot, p. 237.) 

Mauvais, faulx, ingrat, oultrageux, 

En tous tes fais suspeçonneux 

Tu ne fus onques bien tout un. (Desch, f, 435.) 



Deux choses sont, en partie, 
À toute nature contraure ; 
C'est à scavoir à table faire 
Trop long diner et divers mes 
Dont Vun ne deust user jamais. 



(Desch. f. 486.) 



Unction. Onction : « La sainte Ampole dont 
« M*' S* Remy consacra Clovis le premier roy chres- 
« tien des François et fut ceste unction envoyée de 
« Dieu et des cieux par un saint ange. » (Froissart, 
liv. II, p. 102.) 

Undayer. Tomber en pluie : « Nul âge ne 
« remembre sigrant cressanced'yaue à Paris avoir 
« undayer. » (Chr. de Nangis, an. 1296.) 

Unde. Onde : • Le povre cheval beut tant des 
« undes de ceste eau qu*il mourut tantost. » (Percef. 
III, fol. 127.) 

Unde vi. Mots latins : « Action de nouvelleté de 
« force faite, que les clercs appellent unde vi, si 
« comme quand aucun prend ou happe par force 
« héritage ou possession d'aucun. » (Bouteill. Som. 
rur. p. 161.) 

Undimie. Enflure qui ne cause point de mal et 
dans laquelle le doigt reste imprimé. (Cotgr.) 

Undoyer. 1« Se répandre en ondes : « Que ne 
« dies tu l'eau undoyante, quand tu la veux des- 
■ crire impétueuse ou la flamme ardente, quand tu 
« la veux montrer languissante. » (Joach. du Bellay, 
p. 35.) — « Mais de tant que il debatoit plus Teaue, 
« d'autant prenoit elle plus à undoyer. » (Percef. V, 
fol. 85.) — 2-* Chatoyer: « Les couleurs alloient un- 
« doyant à l'entour. » (Id. VI, f. 16.) 

Soubz ces beaux arbres flouris 

Où Terbe verte verdoyé, 

Mainte flour y undoye. (Desch. f. 70.J 

« Une blanche rose la plus belle et la plus blanche 
« qu'il eut onques veue; car par dedans lesfeulles, 
« elle undoyoit en vermeil avec le blanc. » (Id. 62.) 
— 3' Etendre : « Le peintre undoyoit le blanck escu 
« d'azur. . (Id. III, f. 117.) 

Unement. Avec unité: « Toute gent ne ount 



« mye accion unement à recoverer par ceste assise.» 
(Britt. lois d'Anglet.f. 112.) 

Ungle. [Sabot : « (Les chameaux) n'ont mie 
« Yungle fendue. » (Dialoge Grégoire lo pape, 353.)] 

Uni. < Les portes, murs et fossez furent mis à 
« uni » (Froiss. II, 186), c'est-à-dire au ras de terre. 
— « Pour faire tout uny, n*awoH la dite dame inten- 
« cion d'aymer aucun » (Arest. Amor. 237), c'est-à- 
dire au même rang. — « On lui devroit remontrer 
« en tout honneur qu'il lui plut estre content des 
« aides et quatrième et les faire tout unis. > (Duel, 
preuv. de Louis XI, p. 292.) 

Fault il donc faire tous unis 

Les humbles servans et les faulz. (Al, Chart, p. S2i.) 

Unicion. Union : 

C'est très doulce conjuDction, 

Ce sont deux corps en unicion, (Desch, f, 488.) 

Unicore. Licorne : 

Aussi cum Vunicore sui 

Qui s'esbahist en regardant 

Quant la pucele va mirant. (Chans, Thibaut, p, iS.) 

Unicorne. Même sens; la licorne, disait-on, 
s'arrêtait à considérer la gorge nue d*une jeune 
flUe; pendant cet examen, on pouvoit la tuer ; dans 
Desch. f. 369, la S" Vierge est appelée « la douce 
« unicoi*ne. » 

Unicors. Qui n'a qu'un corps : 

Vous estes unicors, comme une trine essence, 
Ung seul cueur en troys corps. (J. Marot, p. ^5i,) 

Unie (toute). Indistinctement: « Et mesme les 
« enfanz, buefz, jumens, asnes et toute unie mirent 
« à mort. » (IX Preux, p. 10.) 

1. Uniement. Action d*unir. (Cotgr.) 

2. Uniement. Uniment. (Cotgr.) 

Unifier. « Le monde spirituel s'unifie avec le 
« corporel moyennant l'amour. » (Du Verd. bibliot. 
p. 263.) 

Union. 1** Perle (comparez Unio) : « Plus reluy- 
« sans que riches unions. » (Marg. de la Marg. f. 3.) 
— « Rubis, balais, diamants, saphiz, esmeraudes, 
« turquoises, grenats, agathes, berilles, perles et 
« unions d'excellence. » (Rab. I, 324.) — 2« « Mettre 
« à union, » aplanir un chemin. (Froiss. III, 327.) 
3** « Recevoir le sacrement d't«nion, > la commu- 
nion. (Contes de la reine de Navarre, préf. p. 13.) 

Unique. « Vous estes Yunique entre les plus 
« belles. » (Nuits de Strapar. II, 153.) 

Unisonnance. « Balade double couronnée à 
« double unisonnance. > (Dép. d'amours, p. 252.) 

Unisonnant. « Virelay unisonnant redoublé. > 
(Dép. d'amours, p. 236.) 

Unité. « Unité en amours ne gist point en terre 
• ne en chasteaulx estimer ou peser à la balence, 
« mais en deux cueurs faire ung par force d'a- 
« mours. » (Percef. V, f. 4.) — « Amour et unité. » 
(Ord. III, 657.) — « Y consentirent tous d'une unité 
« el d*un accord. » (Froiss. III, p. 345.) 

Univers. Adj. « Tout ce monde univers. » (Cl. 
Marot, p. 711.) 



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Universal (par). En commun : « Nous paieront 
< chascun an perpétuellement et à noz successeurs 
« le jour de la feste S. Remy, par universal, qua- 

• rante livres tournois. » (Ord. Y, p. 474.) 
Universament. Universellement : « S'il n'estoit 

« ainsi... que les habitans de la ville, universament 
« ou la plus grant et plus saine partie d'iceux lissent 
« trahison. » (Ord. V, p. 379.) 

Universaament. Même sens : « Et pour ce que 
« les diz Juys et Juyves pourront avoir affaire de 
« ces présentes universaument ou particuliere- 
« ment. » (Ord. III, p. 481.) 

Universel, l' Subst. Univers : « « C'est luy par 
« qui Vuniversel est fait. » (Tri. de la Noble dame, 
fol. 123.) — 2« Adj. « Aucunes choses sont qui sont 
« communes ; c'est à scavoir l'air, Teau des grands 

• fleuves, et de la mer, Siucunesuniverselles comme 
« les rivières, les champs, les chemins et les places 
« communes. » (Gr. Coût, de Fr. 1, p. 104.) 

Universer. Généraliser, prendre au sens des 
universaux ; le firmament est comparé à un buisson : 

Et fiffuroit, tout par raison, 
Les foeUlettes de ce buisson, 
Aux estoUles qui sont sans nombre ; 
Avec ce, il comprendroit l'ombre 
Dou buisson qaU universoit 

A nature. (Poës, de Froiss, p. 36S.) 

Université. !« Quantité : « En si grant univer- 
« site estoîent ia iceux. » (Chr. de Nangis, an. 1251 .) 
— 2* Généralité: « Tant en commun ei université 
« comme singulièrement. » (Ord. III, p. 481.) — « A 
« tous les roys à Yuniversité. » (Desch. fol. 440.) — 
3» « Université ou communauté. » (Ord. III, 467.) 

Univoqoe. Qui n'a qu'un sens. (Cotgr.) 

Unqaes. Onques : 
Or m'est avis que je sai bien 
Dont est unques mais n'en soi rien. [Ms, 7989 ', f, 63.) 

Unt. Ont, du verbe avoir: « Prenez les clous, et 
« les fêtes mètre en unç freyn, car il unt moult 

• grant vertu. » (S** Croix, p. 18.) 

Unterlanf. • N'est permis de se remarier ou 
« prendre domicile hors le lieu de la subjection de 
« leur seigneur, avant qu'ils se soient rachaptez et 

• ayent obtenu d'iceluy lettres de rachapl, et liber- 
« tez, si au dit lieu et autres voisins il n'y a droit 

• d'entrecours vulgairement appeliez unterlauf. » 
(N. C. G. U, p. 340.) 

Unzain. Monnaie : « Grans blans unzains tant 
« aux armes de France que du Dauphiné pour .xi. 
« deniers tournois pièce. » (D. C. sous Moneta.) 

Unze. Onze: « Vnze vingt perdrix, sept cens 
« bécasses. > (Rabel. I, p. 237.) 

Unzein. Monnaie: < Approcha, tirant ung 
« un%ein de son baudrier. » (Rabel. I, p. 181.) 

Ur. [Orle : « Dis aines ont del travers amunt dès 
« l'un a l'altre ur. » (Rois, p. 254.) — « Dous irai- 
« gnes vit surdre del funz d'une tenur: Sur un ur 

• s'assist l'une, e l'altre sur l'aultre ur. » (Thom. 
de Cantorb. p. 105.)] 



Urbain. « Des servitudes urbaines qui tombent 
« dans, sur, ou à cause de maisons, ou closture 
« d'un aultre, comme sont la veue de fenestres, de 
« lucarnes, de gouttières, d'esçouts, ruisseaux, et 
« d'autres choses semblables, il n'eschet point de 
« prescription par le laps de tems sans titre. > 
(N. C. G. I, p. 915.) 

Urbane. Urbaine: • Prescription de quelque 
« tems que ce soit n'a lieu en servitude urbane ou 
« rustique. » (C. G. II, p. 699.) 

Urbaniste. 1** Religieuses instituées par une 
bulle d'Urbain IV. (Journ. de Trévoux, an. 1745, 
p. 1587.) — 2* Partisans du pape Urbain dans le 
schisme entre ce pape et Clément: « Le comte Louis 
« de Flandres greva trop grandement Clément, es 
« parties de Brabant, de Haynaut et du Lyege ; car 
« il vouloittousjoursdemeurerwrftam's^^.» (Froiss. 
II, page 53.) 

Urbanité. Balzac avait voulu introduire ce mot 
dans notre langue, il n'y fut pas admis malgré sa 
douceur, (n* Disc, polit, p. 434.) 

Urbec. Chenille qui ronge les boulons de la 
vigne. (Nicot.) 

1 . Ure. Heure : 

Toute ûremist, iramble et tresaut, 

En moult peu ù'ure est si atainte 

Qu'ele en a ja la face tainte. (Ms. 7989 *, f. 59.) 

Li vaUès fu sages et proue 

Si se falsoit amer à tous ; 

Quant fu venus en urea et tans 

K'il ot assés aage et sens, 

Li rois Tadouba ricement. (Ms. 7989 ', f. 48.) 

Mors venge chascun de son ure: 

Mors met orguel à porreture. (Ms. 7645, /, f. i03.) 

2. Ure. Auroch: « En quoy faisant je tuay grand 
« nombre de ures bœufs, beumes, sangliers, cerfz, 
« lyons. « (Alect. p. 60.) 

Ureniller. Uriner. (Cotgr.) 

Urenilleux. « Inconstante et légère fortune me 
« fait ressouvenir comme Ton a veu souvent, et 
« comme j'ay veu aussi de quelque belle dame 
« urenilleuse et volage. » (Brant. Cap. fr. I, p. 144.) 

Urgemment. D'une manière urgente. (Oud.) 

Urinai. Pot de chambre. (Cotgr.) 

Urine. « Je voudrois bien voir de leur urine. » 
(Cotgrave.) 

Urinenx. Qui a le goût d'urine. (Cotgr.) 

Urle. [Orle : « L'urle de son vestement. » (Lib. 
psalmor. p. 268.)] 

Urque. Hourque: « Quatre wrgues de Flamans. » 
(J. d'Aulon, Louis XII, p. 1506.) 

Ursin. Oursin. (Cotgr.) 

Urter. Heurter. (Oud.) 

1. Us. Coutumes {usus): 

Gortois estolt et débonnaire 

Durement me plout son affaire, 

Où Vus me retint au diner. (Ms. 7615, 1, /. ii6.) 

« Les festes de madame S"* Geneviève, et la feste 
I < de madame S** Katherine, lesquelles on fesloit 



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« devant aux us et coutumes. • (J. de Paris, 1448, 
p. 205.) — « Par grant art et non par us. » (Froiss. 
Poës. p. 175.) — « Disten Vus que nus ne Toi. » 
(Ms. 72i8, f. 5.) — « Je suis vostres, tout par us. » 
(Thib p. 14.) — « Geste amor tenrai en us. » (Poël. 
av. 1300, III, p. 1132.) 

Jamais ne voel mettre men us 

En dire truf ne mençoigne. (Poët av. 1300 j IV, p, 1310,) 

Dame, ausi vos doi mon cuer, 

Où nature a mis son us 

Por tote beauté loer* (Poêt, av. 1300, J, p. S47.) 

Por li maintendrai Vus 

D'Eneas et Paris 

Tristan et Priamus 

Qui aimèrent jadis. (Id. J, p. S98.) 

2. Us. Huis, porte: « En Yus ot de fer une 
« barre. » (Borel.) — « Pus a très bien les us fermé. • 
(Fabl. S. Germ. f. 2.) 

Usable. Dont on peut user: 

Il ne te fault, fors bien amer 

Les oyseaulx qui sont affeictables 

Qui à prendre autres sont usabless (G, de la Signe, f. 2S.) 

Usage, l*" * Les usages s'accordent aux lois, et 

• sont les usages les manières par quoy nous de- 
« vons user des loix. • (Ane. Coût, de Norm. f. 21.) 

— « La différence qui est entre coustume et usage 
« si est que toutes coustumes si font à tenir, mais 
« il i a de teus usage que qui vouroit plaidier en- 
« contre et mener dusques au jugement, Vusage si 
« seroit de nule valeur. » (Beauman. chap. XXIV, 
p. 122.) — 2« « Droit û'usage, » droit de couper du 
bois dans une forêt. (Du Ganse.) — 3' « Les nobles 
« qui font trafic de marcbandises et usent de bourse 
« commune contribueront pendant le temps du 
« trafic et usage de bourse commune, aux tailles, 
« aydes et subventions roturiers. • (C. G. II, p. 787.) 

— 4» Habitude : « Les marchans, quand ils se Irou- 
« vent ensemble, et ils ne se sont veus de grand 
« temps, boyventpar usage largement et longue- 

• ment. • (Froiss. III, p. 9.) 

En vostre voloir sui tout mis 

S'en chanterai par droit usage. (P. av. 1300, IV, 1566.) 

k mes dis, puet on bien, tant sui esbahis, 

Conoistre par usage 
S*une dolours est mise en mon corage. (Id. III, 1247.) 
Aing et ser et abr par usage. (Id. I, p. 282.) 

Quant amanz en dangier maint, 
Qu'amie se fait désirer. 
Et s'il avient qu'il là sorvaint, 
Vsage en li vodra clamer. (Id. p. 218.) 

Qui de bien en mal se remue 
Et de franchise entre en serrage 
Et son tans gaste et son usage. (Ms. 7615, 1, f. 107.) 

« Usage rend Thomme maistre et si le fait prest 
« et habile. » (Jouv. f. 94.) 

1. Usager. S'habituer à : « Li bon chevalier se 
« doit exerciter et usager en faiz d'armes et de 
« guerre. • (Le Jouv. f. 94.) — « Ne les seuffrent 
« informer de science , ne usager à quelque boa 
« ouvrage. » (Al. Ghart. TEspér. p. 316.) — « Firent 
« là amener et charrier de la ville de Tnouars et de 
« la cité de Poitiers, grands engins, et les firent 
« drecer devant la forteresse, et encores plusieurs 
« canons et espringalles qu'ils avoyent de longtemps 



« usagé de les mener. » (Froiss. I, p. 369.) — « Ils 
« n'estoyent mie si bien usagés n'accoustumés de 
« faire guerre sur mer, comme estoyent les An- 
ce glois. » (Id. p. 368.) 

2. Usager. Goutumier: « Manière de parler et 
« façon commune et usagere. » fFauchet, p. 23.) — 
« Fille usagere, » de débauche. (Cotgr.) — « Quant 
« aux usflflrers qui ont droict et coustume de pren- 
« dre bois et forest pour ardoir ou pour édifier ou 
« pour leurs autres usages et avoir pasturages et 
« telles choses semblables. • (Gr. Goût, de France, 
I, page 57.) 

Usagier. !<> Goutumier: 

Et pour ce aussy que n'en suy usagiere 

Je vous respons, que je m*aviseray. (Desch. f. 147.) 

i"" Amant banal : 

Mais Vusagier, pour ses beaux mots polir 

Chante d'oiseaux, de fleur et de verdure 

Las ! trop sent pou que Un amant endure. (Mod. f. 259.) 

Usaige. l^ Usages : 

Messire chascun paucque denare. 

Qui de Uvres scait, les usaiges. (Villon, Rêp. fr. p. 4.) 

Et encor soit li maris saiges 

De droit escript et par usaiges 

Gouvemans toutes les citez. (Desch. f. 497.) 

Qu'il ait franche voulenté 

Et franc arbitre en tout usaiges. (Villon, Rep. fr. p. 4.) 

2' Pratique : • Usaige fait la coustume. • (Desch. 
f. 569.) — « Usaige rent maistre et fait l'homme 
« prest et habile. • (Jouvenc. 319.) — 3' Usufruit: 

De son propre a fait ainsi comme usaige 

Tant qu il ne puet reparer son dommaige. (Desch. 292.) 

Usaiger. Goutumier : 

Pour hommage ce rondel U envoyé 

Or preingne en gré ; usaiger n'en sui mie. (Desch. 174.) 

Usaine. Bâtiments de fatigue, fours, pressoirs^ 
moulins qui s'usent : « Retenir bien suffisamment 

< toutes les maisons usaines et autres édifices 
« appartenans aus dits mineurs, de toutes choses, 
« et de ce les leur délivrer bien retenu et en bon et 
« suffisant estât. » (N. G. G. II, p. 619.) 

Usalre. !• Usage: « Les baniers de la terre de 
« la dite abbaie... achètent blé ou autre grain pour 
« leurwsatr^; ils ne doivent rien paier. • (D. G. 
Usare.) — 2- Usufruit : « Li pères a Vusaire de 

• quanque le fuis acquiert. » (Beauman.) 

Usance. Goutume: « Semble que nous n*avons 
« autre touche de la vérité et de la raison que 
« l'exemple et l'idée des opinions et usances du 
« païs où nous sommes. » (Gharr. Sag. p. 237.) — 
« Quelle cause pouvoit empêcher que telle usance 

• ne fut introduicte. ■ (Am. ressusc. 39.) — « Luy 
« dist qu'on Tappelloit Le Jouvencel, par usance^ 
« mais ce n'estoit pas son nom propre. • (Jouvenc. 
p. 48.) — « Gonclurent que le butin seroit à bonne 

< usance, c'est assavoir que qui plus y travailleroit, 
« plusy auroit de prouffit. » (Jouv. p. 40.) 

Usancier. Qui connaît les usages : « Ont fait 
« assembler grand nombre des plus anciens esche- 
« vins et usanciers et arpenteurs, et partageurs, et 
« coustumiers. • (N. G. G. I, p. 377.) 



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Use. Usage, labourage: « Sexlerée de terre de 

< froment estant en labeur, capable de porter bled 

< cÂascun an, se baille pour un septier de froment 
« de la mesure du chef de la chastellenie où elle 
« est assise et se prendra la ditle terre à la dilte 
« mesure, et si la dilte terre est en friche ou à itse, 
€ elle se prendra pour une mine. » (C. G. II, 526.) 

Usée. Droit d'usage. (N. C. G. I, p. 388.) 

Uséement. Pratiquement : « Et raison est bien 

« clere et certaine que les fiés de Chypre sont 

« uséement fais à hoirs de feme espose de celui à 

« qui on donne le fié. » (Ass. de Jérus. 113.) 

Usefruit Usufruit. (Ane. Coût, de Brel. f. 147.) 

Usement. Usage : • La seule possession de 

« quarante ans, sans titre, rend les dits comtadins 

« seigneurs irrévocables des édifices, sans qu'ils 

« ayent besoin d'en apparoir titre, et en cela est le 

« dit usement directement contraire à Tusement 

€ local de la principauté de Léon. • (N. C. G. IV, 

p. 409.) — « Le district du moulin à fouler draps 

< s'estend jusques à cinq lieues de la mesure sus- 
« ditte, et s'il n'y a autre usement au pays. » (C. G. 
II, p. 778.) 

User. « User avec une femme. » (Oudin.) — 
« Usèrent d'oclroier. » (Ord. 1, 565.) — « Condamné 
« à user sa vie en prison. » (Froiss. IV, p. 340.) — 
« Je vous use de ma douceur et humanité. » (Brant. 
dam. ill. p. 377.) — « Montagnes que noif ne vent 
« ne glace n'use. » (Guiart, f. 2il.j — « Savoit les 
• destroits de la environ, car il les avoit usés et 
« hantés bien trois ans. » (Froiss. I, 387.^ — « Lui 
« donna à user le pain sacré » (Percef. vl, f. 127), 
communier. — « User \e saint sanc. » (Ms. 7218, 
fol. 322.) — « User le précieux sang. » (Journal de 
Paris sous Charles VII, an. 1435.) 

Userier. Usurier : 

La seulent maudire premiers 

Les presteours, les useriera. (Ma. 761 5, /, f. iii,) 

J'escommenie les twm^rs 

Et les provos et les Toiers 

VilaiD qui devient chevaliers. (Ms. 7218, f. i94.) 

Gest u$er%er$ poiaus est arrière boité. 

Po«l.iT.1300,IV,p.l365. 

Usine. 1* Ménage : 

Le charpentier et le maçon 

N*est\idie, se bien, peu non, 

Et si font aussi bonne usine 

Qu'estudiant en médecine. (Borel.) 

^ « Femme, constant son mariage, tenant rusin^, 
« ou boutique de son mary, achetant et vendant 
« publiquement, peut contracter. » (C. 6. II, 849.) 
— 30 Défriché : 

Villes, chasteaulx, terres usines. (Desch, f. 576.) 

Uslaige. Un navire dit dromont : 

Une broche ot el front devant 
Et un autre enmi le chalant, 
La tierce fa faite desriere 
Por deCTendre la gent d^arriere, 
Quant il trespasseront les barges : 
Se il encoiltrent les uslaiges, 
Bien les porront illuec attendre 
Et le dromont vers aus deffendre. (Blanchand, f. 185.) 
X. 



Uslé. Brûlé : 

Puis ait pendu au laz 

Le crible et le saaz, 

Chaelit à gésir 

Et la met à pestrir. 

Se li covient le four 

Et les forchons entour. 

S'il a la barbe uslée. (Oustitl. au vilain.) 

Usiement. [Hurlement: « Morz est li dux, e 
« teinz e pale Del sang qui del cors li dévale ; Od 
« brais, od cris, od uslemenz L'en unt aporlé à ses 
« genz. » (Benoît, II, v. 12465.) 

Es vous en l'air grans usletnens 

Si corne d'ours et de serpens. (Mousk. p. 163.) 

Ustelé, A qui on a donné un gîte : 
N'ert pas ostel à desconfit 
Où Antecrist fu ustelei. (Ms, 7615, II, f. 188.) 

Ustillement. [Outillage: « £t dui vassal en- 
« semble od eus, Dont li uns port Vustillement, 
« L'altre la buiste od Toingement. » (Théâtre au 
moyen âge, Paris, 1834, p. 16.)] 

Usuablement De manière à en tirer profit : 

< La femme pendant les dits quarante jours peut 
« demeurer en la maison de son feu mary et user 
« des biens et en vivre, comme auUrement usuable- 
« ment, sans en transporter aucuns. » (C. G, I, f. 151 .) 

tJsuaire. Usufruitier: « Ils n*en sont seigneurs, 
« mais seulement dispensateurs et tiSM'air^s. »(Tri. 
de la Noble dame, f. 303.) 

Usucapion. « Usucapion est la possession que 
« aucun a et peut acquérir sur chose vendue de 
« tenure, ou sur chose mobile et par especialsur 
« chose mobile comme joyaux d'or ou d'argent ou 
« autres gages. » (Bout. Som. rur. 340.)— « Action 
« de usucapion comme si aucun a possédé la chose 
« meuble d'autrujr à juste tiUre,par un an ou plus, 
« à luy peut et doit appartenir, par action de usu- 
« capion qui ne s'estend que sur biens meubles. » 
(M. p. 154.) 

Usaf ructuaire. Usufruitier : « Le roi consen- 

< toit à n'estre investi du duché de Milan que 
« comme usufructuaire et aiant le bail ou la tutelle, 

< au nom des enfans de France. > (Mém. de du 
Bellay, V, f. 140.) 

Usufructuaresse. Usufruitière: « Et outre est 
« douée la femme survivant de la moitié des im- 
« meubles de son mary provenans de Testoc de son 

< mary, pour en jouir par manière de douaire, 
€ comme usufructuaresse. » (C. G. II, p. 479.) 

Usufractaé. Dont on jouit par usufruit. (N. 
G. G. I, p. 1263.) 

Usuine. Bâtiment d'usage (v. Usine) : « Eriger 
« colombiers, pressoirs et moulins, faire estang. 
« tuilleries et autres usuines. » (N. C. G. II, p. 396.) 
— « Maisons, bastimens, usuines et héritages qu'elle 
« lient en usufruict. » (Id. 1081.) — « Nul ne peut 
« ériger moulin ou autre usuine sur rivière navi- 
« gable, par le moyen de quoy la navigation soit 
« arrestée ou empeschée. » (Id. p. 407.) — « Le 
« seigneur ne peut prétendre ny acquérir sur son 
« suject ny autres droicts de bannalité de four, 

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« pressoir ou moulin, sous prétexte qu'ils auroient 
« esté cuire^ presser ou moudre es dites usuines 
« par l'espace de vingt ans vingt jours. » (Id. 408.) 

Usuis. Oisif : 
Cure n*avoient de caroles. 
Ne de danses, ne de frivoles^ 
Ne troupoient pas à leurs huis 
Pour gengler ne pour estre ueuis, (III Mar, p, 50.) 

Usnratif. Usuraire : « Contract usuratif. » 
(Arest. Amor. p. 116.) 

Usure. 1" Intérêts : « Si cessèrent les usures. » 
(Chron. S. Denis, f. 14.) — 2« Etal d'une chose usée: 
« Je l'appercois à Vusure de son bacul. » (Rabelais, 
V, p. 28.) 

Usurier, l* Qui prête à usure : « Usuriers de 
« Chaorse. » (Poët. av. 1300, IV, p. 1652.) — « Usur 
« riers de Mez. » (Id. 51.) — 2^ Qui a les caractères 
de l'usure : « Le dit contract n'esloit point usurier.» 
(Arest. Amor. p. 125.) 

Usurper. Employer : « Semblablement aussi de 
« plusieurs bestes de la terre ravissans et rampans 
« qui sont prinses au moien de la nuyt, et sembla- 
« blement les hommes y usurpent l'un l'autre. > 
(Le Jouv. p. 17.) 

Usurure. Peut-être faute pour usure^ usage : 
« Il voulut bien pour eslever et nourrir toujours 
« ceste plante d'honneur et vertu fructifiante au 
« noble cueur de ce jeune prince lui donner ceste 
« usurure et fruition de gloire. » (Du Bellay, VII, 
fol. 232.) 

Utenciller. Fournir les ustensiles: « Défendons 
« à tous capitaines et gardes de chasteaulx, ou 
« aullres places fortes de nostre dict pays de Nor- 
« mandie, de contraindre noz subjects dudit pays à 
« utenciller, fournir ou autrement advitailler nos 
« ditz chasteaulx ou places fortes. ' (Ane. Goût, de 
Norm. f. 32.) 

Utensiles, illes. Meubles : « Allèrent ardoir sa 
« maison, le bel hostel de Savoye, qu'oncques n'y 
« demeura utensille. » (Froiss. Il, 145.) — « Vten- 
« siles sont nommez les hostils qui communément 
« courent avant la maison et dont de jour en jour 
« se faut nécessairement aider par errement de 
« maison, si comme sont bancs, scabelles, pots. 



« poitles, tables, tréteaux. » (Bouteill. Som, ror. 
p. 434.) 

Utiles. Se dit des gros laboureurs qui ne tra- 
vaillent pas eux-mêmes à la terre. (Songecr. f. 73.) 

Uti possidetis. Mots latins; comme chacun 
possède. C'est en droit romain le commencement 
de la formule de l'interdit qui répond à l'action 
possessoire. « Comme si c'estoit une matière de 
« nouvelleté, en laquelle on dit pour abréger, uti 
« possidetis, ita possideatis. » (Arest. Amor. p. 419.) 
— « Action de nouvelleté comme vous tenez que 
« les clercs appellent uti possidetis , comme si 
« chascune partie se vente que sur un héritage il a 
« plus dernière et juste possession, et ceste action 
« est la plus commune et qui plus souvent escbet.» 
(Bouteil. Som.^ur. p. 161.) 

Utlagarie, ary. Mise hors la loi : « En tauntez 
« dez manerez home puyst estre atteynt, c'est assa- 
« ver utlagarie, suspencion de capitacyon, tracta- 
« cyon. » (Carta Magna, fol. 154.) — « Attaint ou 
« utlage de felony quel utlagarie est altaind en 
• ley. » (Ten. de Lilti. f. 169.) — « Dont jugement 
« de mort eu de utlagary ou de abjuration doit 
« surdre. » (Britt. f. 172.) 

Utlage. 1« Convaincu (voir le précédent). — 
2*" Banni, contumace : « Elle ne doit douver aucun, 
« par la reson que son baron fuit félon, et porta 
« jugement de felony de qui il fuit pendu ou des- 
« colé, ou démembré, ou neyé, ou en aucune 
« manière à mort dampné, ou forjura la terre ou 
« fuit utlage. » (Britt. f. 257.) 

Utrum. Mot latin : < Assises de utrum. > (Britt. 
lois d'Ançl. f. 8.) — « En brieffz d'assisez d'attein- 
« tez, et jurez de utrum. » (Cart. Mag. f. 38.) — « Il 
« n'y avoit point eu, entre les moines estudians, 
« bachelier ou régent, ou scolisle plus savant que 
« luy; il renversoit sans dessus dessous tous les 
« subtilitez des utrum. » (Merl. Cocc. I, 246.) 

Uytene. Huitaine : 

Vuytene de Pasques ensuient, 

Ly rois anglois et si suyent 

Deslogierent au très matin. (Desch. f. 575.) 

Uz. Br^iit, noise: « Si les comencent à hardoier 
« mult durement, ...et navrèrent mult de lorche- 
« vaux, et fu li u% et la noise granz. » (Villeh.) 



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V 



VAC 

Va. Du verbe aller : 

Tout va, et biauté, et avoirs. 



(Ms. 7218, f. 293.) 



Quand je la vi premièrement, 

Tantost ramai. Tu ramas? Voire... # ^^ , 

Va ! qu'as tu dit. (Us, 12i8, f. 356.) 

• Va cy, va là, » commissionnaire. (Cotgrave.) — 
« Un va par tout, > homme d'expédition. (Gotgr.) 
-- • Va tosl, » dévoiement : 

N'apportez pas de vin nouveau, 

Car u fait avoir la va tost, (Test, de PatheL 120.) 

De telz genz comte ne tiens ^ «^^ . 

Cest droitement un va tout et reviens. (Desch. f. 2i7.) 

Va nu pieds, révoltés de la Normandie en 1639. 

Slist. des secr. d'Etat, par Fauv. in-4s p. 266 ; 
ercure de France, XXIII, p. 406.) — « Le piqueur 
« sonnera toujours comme dessus, en frottant ses 
« chiens avec la main leur montrant le lièvre, en 
« disant : va le mort. » (Fouill. Yen. f. 69.) — « il 
« doit commencer à forhuer et sonner delà trompe, 
« criant ty a hillaut pour le cerf, et va le ey aller 
« pour le lièvre. » (Fouill. Vén. f. 12.) 

Vacant. !• Manquant de : • D^me vacant d'amy.» 
(Arest. amor. p. 66.) — 2^ Errant, pour vaguant : 
« Le chevalier... dit que jamais ne porteroit armes, 
« quant il veoit pleinement qu'il ne pouvoit estre 
« aimé de celle dont tous biens lui venoient, ain- 
« çois s'en yroit vacant par les forets. » (Percef. V, 
fol. 66.) 

Vacarme. 

Lors elle me mit en telle game 

Que je cuidé de prime face 

Jouir de son corps droit et ferme 

Et pensant faire mon vacarme 

EUe me dit : sauf votre grâce, 

Hais cuidez vous bien que j'osasse 

Briser ainsi mon mariage. (Colîerye, f, 49.) 

Vacation. !• Vacance, plaisir : « Mes yeulx se 
« dorront dedans la teste retournés, par lesquels 
« de vainnes et de misérables vacations souvent 
« me delitoie. » (G. Phéb. p. 390.) — 2o Vide: • Mon 
« doulx créateur, oste de moy vanité de couraee, 
« inconstance de pensée, vacation de cuer. » (6. 
Phéb. p. 270.) — 3- Silence : « Ledict greffier sera 
« présent qui escripra la forme et manière de la 



VAC 

« ditte question... les interrogations et les réponses 
« avec la persévérance du prisonnier, sa constance 

• ou vacation. » (Ane. Coût, de Norm. f. 44.) 

1. Vaccant. Errant, pour vaguant: « Si com- 
■ mencerent à aller vaccant parmy le royaume 

• dTtalie. » (Chr. S. Denis, II, f. 173.) 

2. Vaccant. Vacances: ■ Fut fait le dit fait pour 
« raison de ce que ledit gentilhomme, ses parens 
« et ses amis avoient mis et employé tout leur vail- 
« lant pour paier le vaccant d'une abbaïe pour un 
« de leurs parens, auquel ledit duc.de Milan Tavoit 
« ostée pour la bailler à ung autre. » (Chr. Se. de 
Louis XI, p. 268.) 

Yachage. Droit sur les tétines des vaches, en 
usage en Bretagne. (D. Morice, préf. p. xv.) 

Vache. 1^ Monnaie (v. Le Blanc, Traité des Mon- 
naies, p. 346). Les pièces frappées à Pau conservent 
encore cette figure. — 2» Taches qui viennent aux 
jambes, lorsqu'on hiver on s'approche trop du feu. 
(Oud.) — 3<> Nom d'une pièce de canon : « Ainsi fut 
« tire un coup de la grande et longue coulevrine 
« qu'on appeloit la vache. »(Brant. Cap. fr. 144.) — 
4' Femme très grosse, de mauvaise vie. (Oud.) 

Expressions : « Une bonne vache à lait. » (Oud.) 
— « Pais de vache^ » pays plat. (Rabel. IV, p. 41.)— 
« Poil de vache, » couleur rousse. (Id. I, p. 70.) — 
« Pleurer comme une vache, » comme un veau. 
(Id. IV, 84.)— « Dormir comme une vache, » comme 
une souche. (Vig. de Charles VII, II, p. 7.) — « Etre 
« sorcier comme une vache, » être sot. (Oudin.) — 
< Vache de Barbarie qui ne reconnaît que ses 
« veaux. » (Oud.) — « Parler françois comme une 
« vache espagnoile. » (Oud.) — « Prendre la vache 
« et le veau, » épouser une fille enceinte. (Caq. de 
l'Accouchée, 149.) — « Laisser la vache et le veau.» 
(Nuits de Strap. II.) — « Mener la vache au tau- 
« reau, » prostituer. (Oud.)— «Chercher une vo^î/ia 
« noire dans un bois brûlé. » (Rabel. II, p. 126.) — 
« Avoir mangé de la vache enragée. » (Cotgr.) — 
« Les soldats poltrons traversaient les quartiers de 
« l'armée en portant sur leurs épaules à la vache 

• morte uneiillede joie, l'un et l'autre en che- 
« mise. » (Fav. Th. d'hon. II.) Oudin l'explique par 



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VAD 



- 124 - 



VAG 



porter sur le dos à Tenvers, dans les jeux d'enfants. 

— « 11 seroit bon à vendre vache foireuse. • (Oud.) 

Qui 86 mesle d*autrui mestier 

Il trait sa vache en un pannier. (Cotgr.) 

« Aussitost meurt vache comme veau. » (Id.) — 
« Vache du riche velle souvent, celle du povre 
« avorte. » (Id.) — « Vache de loin a lait assez. » 
(Eutrap. p. 66.)— « Ville sans cloches est comme... 
« une vache sans cymbales. » (Rabel. I, p. 117.) — 
« Vache de Barbarie ne reconnoit que ses veaux. » 
(Colgr.) — « S'il ne tient qu'à vous, la vache est à 
« nous. » (Oudin.) — « Il vient un lems que les 
« vaches ont besoin de leurs queues. » (Id.) — 
« Vache ne sçait ce que vaut sa queue jusqu'à ce 
« qu'elle Tait perdue. » (Oud.) — « Qui ne relire de 
« sa vache que la queue, ne perd pas tout. » (Cotg.) 

— « Une vache prend bien un lièvre. » (Cotgr.) — 
« Quand on a perdu toute sa vache et on en peut 
« recouvrer la queue, encores est ce pour faire un 
« tirouer à son huis. » (Apol. pour Hérod. 42.) 

Vachelle. Servante , en patois Champenois. 
(Borel.) C'est pour bachelle, bachelelte. 
Vachette. Jeu : 

Vous paierez, se vous le perdez, 

Soit à la vachette^ ou aux dez. (Desch, f, 374.) 

Vachiep. Vacher : a Hier vachier, huy cheva- 
« lier. » (Cotgr.) — « Un gros vachier^ » un lour- 
daud. (Oudin.) 

Vaclet. Hyacinthe : « Les habillemens de cou- 
« leur d'hiacinthe ou vaciet sont flamboyans. » 
(Nat. d'amour, f. 270.) 

Vacillant. Hésitant : « Les mois, les adiapho- 
« ristes, les vacillans et autres pestes amphibies 
« qui ont fort altéré Testât de la relligion. » (Garas. 
Rech. des rech. p. 683.) 

Vacijué. Laissé vacant: « Le sieur de Brion 
« fist si bien à la bataille de Pavie que le roi... lui 
« donna Testât d'amiral vacqué par M. l'amiral 
« Bonnivet. » (Brant. Cap. fr. I, p. 362.) 

Vacquer. Errer : « Plusieurs troupes couroient 
« et vacquoient eparses dans le champ de bataille.» 
(Sully, I, p. 339.) 

Vacquepie. Vicairie, emplois vacants : 

Item donne à maistre Frangoys, 

Promoteur de la vacquerie 

Ung hault gorgery d'Escossoys. [Vill, p, 57, J 

Vacpes, Pays voisin de la Frise : 

Un archevêque qui à Roen etoit... 

De chou oï parler qui de Vacres venoit. (Rou, p. 30.) 

Vacue. Vacant : « Ordonnons... qu'elles soient 
« de nulle valeur et vacues de force et de vertu. » 
(C. G. I, p. 527.) — « Après dix ans... ledit seigneur 
« n'est tenu rendre compte au dit héritier des 
« meubles ny des fruits des dits immeubles, ains 
« seulement lui délaisser la possession vacue des 
« dits immeubles. » (C. G. I, p. 479.) 

1. Vade. Bas îonà{vadum) : « Se met en chemin 
« vers Afrique, car es vades de la mer le vent 
« s'estoit féru. » (Loys de Bourb. p. 287.) 

2. Vade. Agile : « En laquelle rivière saillirent 



« plusieurs Gantois qui y furent noyez ; aucuns en 
« y eut des plus vades qui fouirent si bien qu'ils 
« gaignerent la ville de Gand. » (Honstrel. III, 53.) 
3. Vade. Garde : « Sa garde et tous ses vades 
« de pied Tabandonnerent. » (Lett. de Pasq. III, 
p. 439.) 
Vaduple. Refrain : 
Àinz sut je por vos fesant 
Geste vadurie. (Poèt, av. 1300, II, p. 639.) 

Vaep. Défendre : « Ris et joie m'est vaée. » 
(Poët. av. 1300, II, p. 66.) 

Se vos venez por bien... 

.... Il ne vos velt rien vaer. (M$. S. Germ. f. 169.) 

Vagabondant. Montaigne dit que « son esprit 
« et son stile vont vagabondant. » (Ess. III, 380.) 

Vagans. Errants: « Gens vagans parles déserts, 
« bois et campagne. » (Dial. de Tahur. p. 56.) 

Vacation. Vacation: « Si l'on ne trouvoit sur 
« le dit héritage hypothéqué du bien à sufGsance 
a pour sati^ire à ce que seroit justement deu... 
« iceluy héritage devra estre par la justice mis à 
« louage par licilation publique, ce que Ton disoit 
« anciennement vagation pour un an. » (N. C. G. 
II, p. 205.) 

Vage. Vague: « Envoier à sigle et à vage. » 
(Rou, p. 127.) 

Vagé. Défendu (lire peut-être vayé)\ « Si il est 
« défendeur toutes les aefenses li sont vagées et 
« défendues. » (Ord. 1, 157.) 

Vaghuep. Vaquer : « Au lieutenant gênerai du 
« dit comté, pour chascun jour qu'il vaghue aux 
a informations sures de la dite ville... soixante et 
« quinze sols. » (N. C. G. I, p. 370.) 

Vagiep. Errer par la mer : 

Lor fist bonz estrumenz baillier 

Qui bien sourent parmer et sigler et vagier. (Rou, 134.) 

Vagiment. Vagissement : « Les cris, pleurs et 
« vagimens de l'enfant. » (Tri. de la Noble dame, 17.) 

Vagissant. « Sa mère le reçut avec grande joie 
« vagissant d*une voix enfantine, pour le nouveau 
« sentiment de l'air. » (Alector, rom. p. 71.) 

1. Vague, l» Vide: « Après sa mort fut l'église 
« vague ung^n. » (Chron. de S. Den. I, fol. 214.) — 
2*' Affamé : « La soif les destraingnoit tellement que 
« grand nombre des chrestiens en mouroit... et si 
« sailloient les Turcs dehors qui les occioyent va* 
« gués et foibles de la grant soif qu'ils avoient. » 
(Tri. des IX Preux, p. 484.) 

2. Vague. Errant : 

Pensée qui va et mue tant 

Ne puet faire nuUe chose agréable 

Et le vague œil à pluseurs clignetant 

Et ses regars sont non ferme et doubtable. (Desch. 157.) 

3. Vague. « Vague de la foire, • temps où se 
tient la foire. (Ord. 11,205.) De vaguer pour vaquer. 

Vaguement. 

Leurs cheveux crespelus, ondoians, 

Et vaguement espars de dessus leurs espaules. 

R. Beîleau, I, p. 106. 



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VAI 



- 125 - 



VAI 



Vaguer. 1* Errer: « Mon jugement ne lire pas 

« toujours avant ; je flotte, je vague. > (Mont. I, 

âge 339.) 



Âmi, le plus ^nd heur du monde 
N'est pas moins inconstant que Tonde 



Qui en vaguant fuit et refuit. (Tahur, p, iiS.) 

^ Voguer : 

Tant alerent siglant et tant bien esploiterent 

Qu*en Normandie à mont Sainne vaguèrent. (Rtm, 127,) 

Vagueup. Vagabond. (Oud.) 

Yagueuse. Où il y a des vagues : « Les vagueu^ 
« ses plaines. » (Theop. p. 104.) 

Val. Qui erre, dans la règle de S. Benoît, ms. 
de Beauvais, eh. I. 

Vaiep. Voyer: 

N'i avoit roi, ne duc, ne conte, 

Prevoz, ne vaiers, ne viscontes. (Fabl. de S. Germ, 125.) 

Vaillance. !• Valeur, exploit : 

Le comte de Dunois 
Uadmiral, Poton et la Hire 

Firent grant vaillance, (Vig. de Charles Vlly p. 100.) 
EUe est de si haute vaillance 
Et de si très fine beauté. (Poêt, av. 1300, III, p. 1000.) 

« Les Romains honoroient de couronnes ceux 
« qui Taisoient les grands vaillances d*armes. » 
(L de Saintré, I, p. 6.) — 2o Valeur, estimation : 
« Il ne leur laira la vaillance d'un pal. » (Desch. 
folio 290.) 

Vaillandise. Vaillance : 

Gart qi demourer 11 veut de sa manie 
Q*en lui tous soit courtois afaitemens 
Et toute vaillandise. (Vatic. 1490, f. 32.) 

1. Vaillant. [Monnaie: « Une penne d'escu- 
« reux vendue deux flourins de Florence et un 
« vaillant. • («. 92, p. 310, an. 1363.)] — « Com- 
« paignons, tartes, vaillans et autres monnoies. » 
(Ord. III, p. 22:i.) — « Ung vaillant ne vaut pas 
« cinq deniers parisis. > (Ord. III, p. 552.) 

2. Vaillant. Capital : « César s'endepta plus 
« d'un million d'or, outre son vaillant. » (Mont. 
I, p. 429.) — « Qui plus qu'il n'a vaillant despend 
« Il fait la corde à quoi se pend. » (Cotgr.) 

3. Vaillant. Valeureux: «A cœur vaiWan^ rien 
« d'impossible. » (Molinet, p. 128.) 

Rien ne vaut Fassaillant 

S*U n'est fort et vaillant. (Cotgr ave.) 

• Li plus vaillans ki soit de mère née. » (Poët. 
av. 1300, 1, p. 1124.) — « Fut vaillant assez, à son 
« avis. • (Poët. av. 1300, 1, p. 1001.) 

Vaillarge. Espèce de grain dans l'Avallonnois. 
(Du Cange, sous Valargium.) 

Vaille. Valeur : 

On ne peut esprisier le vaille 

D'un ta iviel. (Poés. de Froiss. p. 31.) 

Vain. !• Vide : 

Bien sai que de foi furent vaines 

Et de droite voie lointaines. ( Vie des SS. Sorb. 60, c. 66.) 

2^ « Roche vaine, » déserte, dans Lancel. II, f. 125. 
— « La permission de mener les troupeaux dans 
« les terres vaines. » (C. G. p. 423.) —3*» Vaniteux : 



Vaine gloire à droit nommée 

C'est une fausse renommée. (Ms. 7615, II, f. 164.) 

« Sire duc, dist Ernouf, qui le cuer ont moult 
« vain. » (Rou, p. 70.) -r- 4* Faible, fatigué : « Il dit 
« à la demoiselle à une voix cassée el vaine. » (Gér. 
de Nev. H* pari. p. 83.) — « Lassez et travailliez et 
« vains. » (Ms. 7218, f. 148.) — « Lors fut il vain 
« comme cellui qui n'avoit man^é de tout le jour. » 
(Lancel. III, f. 90.) — « Ainsseroied'escrire vains. » 
(Ms. 7615, fol. 73.) — 5' Faliguant: • Les autres 
« estoient moult aflfebliz de porter leur enfant, car 
« la journée estoit très chaude et vaine. » (Journ. 
de Paris, sous Charles VII, an. 1419, p. 55.) — 
6« Inutile : « Le privilège aus frères prescheurs et 
« meneurs.... fust vamappellé. • (Nangis, an. 1298.) 
— « Ne nous monstre pas coses vainnes. » (Vies des 
Sainls, Sorb. LX, c. 26.) — 7^ Pâle, triste: 

Color ont simple, pale et vaine. (Ms. 7615, 1, f. 69.) 
Ont la chair vaine et afflite. (Id. II, f. 143.) 

Cet hom n'avoit pas le cœur vain. (Poét. av. 1300.) 
Femme a coraige foible et vain. (Ms. 7218, f. 193.) 

« Le mal d'aimer lui toucha au cuer si fort 
« qu'elle devint moult mate, vaine et morne. • 
(Gér. de Nev. I, p. 129.) — 8' Concubine : « Il y avoit 
« une vaine dame en qui fille avoit esté à un che- 
« valier d'Arras. » (Mont. V, f. 675.) — « Il print la 
« foi vaine et destre. » (Desch. f. 250.) 

Mieus aim mes dolors 

Soffrir et les grans pavors 

Ne soffrir vains consirrée. (Ch. du comte Thih. p. 55.) 

Yaincque. Défaite : • Quiconque propose ex- 
« ception ou fait autre exploit empeschant procéder 
« au principal, s'il est vaincu , la valncque vaut 
« défaut au principal. » (C. de Bret. p. 110.) 

Vaincre, aindre. 1<> Vaincre : « Vaincre Ten- 
« treprise de quelqu'un. » (Du Bell. VI, f. 183.) — 
« Vaincre la bataille. » (Brant. Cap. fr. I, p. 19.) — 
« Vaincre le tournois. » (Gér. de Nev. Il* part. 100.) 

La mort ne peut envie vaindre. (Hist. des III Mar. 143.) 
Le bien vaint. (Desch. f. 189.) 

2o Convaincre : « Estre vaincu d'un crime. » 
(D'Argentré, p. 1040.) 

Vaincu. « Et les armeures dou vaincu, et celles 
« qui cheent dou vainquor. » (Ass. de Jér. p. 81.) 

Vaine. Veine : « N'avoir ne voye , ne vaine de 
« confort. • (Percef. V, f. 112.) 

Rivière saine 
Sans tarir vient de vive vaine. (Desch. f. 364.) 

Valnette. Petite veine: « Je vis qu'il se dépar- 
ât toit de cuer une vainelte étroite. » (Percef. V, 96.) 
Valngnler. Gagner : 

Je le tieng : or va vaingnier. (Desch. f. 375.) 

Vainne. Veine: « Descendre de la mestre* 
« vainne de quelqu'un. • (Cotgr.) 

Vainqueresse. Victorieuse : 

Pein ses doux ris, sa beauté vainqueresse. 

Amadis Jamyn, p. i57. 

Vainqaor. Vainqueur (voir Vaincu). 

Vaiquarie. « Vaiquarie de Tousquane (Nangis, 
an. 1278), • vice-royauté. 



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VAI 



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VAL 



Valp. !• Fourrure : « Les pelletiers pour fourer 
« robbes de neuf de vatr ou d'agneau. » (Ord. II, 
p. 372.) — « Le duc lui donnoit une robe d'un demy 
« drap de Bruxelle.... et un millier de menu vair. » 
(Et. des offic. de Bourg, p. 12.) — 2* Nuancé, varié, 
au propre et au figuré: « Fause, plus vaire que 
€ pye. » (Poët. av. 1300, 1, p. 334.) — « Robe vaire 
« et grise. » (Ms. 7218, f. 230.) 

Bele bouce porte et bîau nez 

leus vaira corne un faucon muez. (Ms, 12i8, f, 280.) 
Vairs yeus, rians et fendus. (Ms, 72i8f f. 80.) 

Bonnement m'agrée de vous amer, blondete, 
Doucete, savoureusete, et vos ieus vair, 

Ms. 681i, f. 58. 

Vairé. Qui imite le vair, en blason : « Bacins 
« d'argent vairés et armoiés. » (Gloss. de THist. de 
Bretagne.) 

Valret. Un peu vair : 

Avoit le poU blondet 

Clair le vis et l'œil vairet, (Ms, 7989 *, f. 78,) 

Vaipie. Voirie : « Guillaume Guimont bailli de 
« la prevosté et vairie du Mans. » (Coût. Gén. II, 
p. 163.) 

Vairon, !• Se dit des chevaux dont Tiris est 
entouré d'un cercle blanchâtre : 

Dui chevalier vont chevauchant 
Li uns vairon, Vautre bauçant. (Ms. 72d8y f, 249,) 
Vairon a non cel ronciR que je di. (Ms, 7218, f, 342,) 
2o Goujon : 

Et si a tant vairons et lux, 

Lonc pont ne puet passer nule ame. 

Fabl. S. Germ. frSB. 
Que nos deffende, que nos gart 
De ces vairons et de ces leus. (Fabl, S, Germ, f. 28.) 

Valssal. Vassal : « Si print nouveau cheval et 
« voulut de nouveau apaiser le vaissal qui l'avoit 
« ainsi abatu. » (Tr. des IX Preux, p. 500.) 

Vaisseau. Vase, ruche : « Se aucun eps ou 
« mouches à miel s'envollent hors de leurs vais- 
« seaux. » (Coût. Gén. II, f. 900.)— « Un meschant 
« i^afss^au jamais ne tombe de la main. > (Cotgr.) 
— '« Qui veut tirer quelque chose de ce vaisseau, 
« il lui faut donner du vent. » (Cotgr.) — « En 
« vaisseau mal lavé ne peut on vin garder. » 
(Colgr.) — « Le maulvais vin gaste et corromp le 
« vaissel. » (J. de Saintré, p. 36.) 

N'onques de vaisseau pourri 

Nulle bone odors n*issi. (P, av, 1300, 1, f, 35,) 

Vaisseaus mauvais 

Fait vin punais. (Prov, du comte de Bret, f, 114.) 

Vaissel. Vase, vaisseau : « Le jour de la Tri- 
« nité.... trespassa de ce siècle la fleur de la cheva- 

« lerie des Angloîs, messire Eduard et fut 

« embasmé et mis en vaissel de plomb. » (Froiss. I, 
f. 454.)-OnaditdeJ. C. : 

Au tiers jor, à bonne estrine 

Brisa d'enfer la saisine 

Et issi dou saint vaissel, (Froiss, Poés, f, 173,) 

Vaisselle. Ensemble de vaisseaux de bois, 
poterie, métal : « Avoir Tœil à sa vaisselle. » (Oud.) 
— « C'est de la vaisselle d'argent, il n'y a que la 
« façon de perdue, » se dit de la mort d'un jeune 



enfant. (Oud.) — « Pipes, barriques et autres sortes 
« de vaisselles à vin. » (C. G. II, f. 672.) 

Vaissellement. Même sens : « Ils prindrenl 
a leurs tentes et paveillons et tout leur vaisselle- 
« ment. » (Chr. de S. Denis, II, f. 34.) 

Valve. Errant : « Si reuba vaives et orfenes. » 
(Ph. Mousk. p. 54.) 

Val, vaus. « Jetter le chef val, » trancher la 
tôle. (Faifeu, p. 46.) — « Crier à val les rues. » 
(Gér. de Nev. II, p. 100.) — « Venir en Allemagne 
« de val. » (Vigil. de Charles VU, II, p. 135.) — 
« Chevaucher à val le Rhin, » (Gér. de Nevers, II, 

f. 25.) — « Jurer les mons et les vaus. » (Ms. 7218, 
145.) — « Vouloir faire les mons et les vaus, » 
(Vig. de Charles VII, II- partie, p. 41.) 
Valable. 

Au vergier fruit gros et vermeil 

Plus abondant et plus valable 

Au cultiveur. (Desch, f. 533.) 

Valadidure. Refrain : « Amouretes ai, J'en suy 
« poli et serai ; De mon cuer est en amouré. Le 
« clain de joliete Joliment chanteras Valadidure; 
« Amours ai tout à mon gré. » (Chans. du ms. 
Bouh. f. 255.) 

Valaige. Vallée : 

Gelée, noif, montaigne, ne valaige 

Bois, ne désert. (Desch, f, 303,) 

Valance. Valeur : « Le seigneur foncier de la 
« chose pour la plus valance de laquelle l'argent 
« est retourné, pour raison dçla somme retournée, 
« prend lods et ventes. » (C. G. II, p. 678.) 
Valarara. Refrain, dans Thibaut, p. 101. 
Valayre. Ellébore : « Prenez .vi. livres de miel, 
un quart de verdet, et que le miel soit première- 
ment fondu, et mené au feu, avec... une herbe 
bouillie qui s'appelle en latin elleborum et en 
nostre langage valayre qui fait etemuer les 
gens. » (G. Phéb. p. 101.) 
Vale. Gaule : « Doivent avoir ceulx qui sont à 
cheval chacun une bien longue vale en la main 
et doivent rengier les chiens. » (Mod. f. 41.) 
Valec. Gallois: « Lequel archevesque exposa 
premièrement en latin, et après en valec si 
eloquentement... que les Anglois et les François 
s'en esmerveilloient. » (Monstr. I, p. 139.) 
Valenclennois. « Chascun bourgeois donnera, 
chascun an, au seigneur, à la feste S. Remy seize 
deniers valenclennois. » (N. C. G. II, 263.) 
Valent. Equivalent : 

K*ai vi, k'ai quis 
D'amors présent, et non valent, (P. av, 1300, II, 901.) 

Valenter. Avoir de la valeur : 
Car ester n*en trouble garente 
Ne autre valente. (Poèt, av, 1300, II, p. 902,) 

Valentin, Ine. Le Valentin originairement est 
une maison de plaisance avec des promenades sur 
le Pô, à demi lieue de Turin. Les assemblées 
étaient très galantes ; de là on a appelé Valentines 
de mets, des fêtes qu'on donnait en celte ville, et 



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VAL 



127 - 



VAL 



dont il est parlé au Mercure de décembre 1733, 
p. 2841. Au Valentin, le jour du saint qui porte ce 
nom, les dames tiraient au sort lé galant qu^elies 
auraient pour toute Tannée ; de là un galant s'ap- 
pela Valentin, et sa dame une Valentine. 

Dame de bonté singulière 

Valentine f irréguUère. (Coquill, p, iH,) 

« Valentim, plumaciers, vendeurs de masques et 
« parfums. » (Arest. amor. p. 428.) Marchands de 
petites nippes qu'on nomme galanteries. — • Va- 
« lentinSy recueil de vers galans. » (Quest. d'am. 
préface.) 

Valentureux, Valeureux : « La valentureuse 
« chevalerie. » (Contred. de Songecr. f. 95.) 



Valep. Aider : 

Tuit cU qui de ta terre sont, 
Qui de toi fleus et terres ont, 
Te deivent aider et valer. 



{Rom, dCArtus,) 



Valerant. Oiseau : « Il y a une autre volerie 
« pour les champs qu'on appelle vol pour le gros, 
« comme quand on fait voler le faucon aux grues, 
« aux oies, aux butors, aux valer am, » (Fouili. 
Fauconn. f. 5.) 

1. Valet. 1*» Diminutif de vassal : « Aimeri, roi 
« de Jérusalem, avoit été povre valets et gentil- 
« homme. » (Ass. de Jérusal. p. 187.) — 2o Servi- 
teur. Brantôme dit de deux officiers « qu'ils avoient 
« chascnn deux chevaux, un valet et un laquais. » 
(Brant. Cap. fr. p. 88.) — « Yin de valets. » (Oud.) 

— « Valet de feste. » (id.) — « Valet de carreau. » 
(Id.) — « Eslre fait comme un valet de pique. » (Id.) 

— « Estre comme le valet du diable qui fait plus de 

• mal qu'on ne lui dit. » (Id.) — « Faire le bon 
« valet. » (Sully, III, 19.)— « Pour le valet de mon 

• maistre » (Oudin), c'est-à-dire pour moi. — « Les 
« valets de la feste vous remercieront. » (Id.) 

En pont, en planche et en rivière. 

Valet devant, maistre derrière. (CotgrJ 

« De grand maistre hardi valet. » (Colgrave.) — 
« Cheval fait et valet à faire. » (Id.) — . « Ce que 
« maistre donne et valet pleure, ce sont larmes 
« perdues. » (Id.) — « Valets cordouanniers. » 
(Arest. amor. p. 359.) — S^ « Valet, pièce de bois 
« qui soutient un miroir. » (Oudin.) 



2. Valet. Vallon 

Robin Fattendoit 
En un valet, 

Valete. 



(Poèt. av, iSOOt II, p. 504,) 



Pour quoi ferai je contredit ? 

Ma femme a été à valete, 

Ele set tous les ars de Toulete. (Mod, f. i57,) 

Valeton. Diminutif de valet, au sens de jeune 
garçon : 

PhiUstiens très laidement 

Commencent à moquer Sanson, 

Lors conseiUa au valeton : 

Beau filz, suy je au maistre piler? [Desch, f, 507,) 

« Fut faite une procession bien piteuse des enf- 
« fens des quatre ordres mandians, des valetons^ et 
• ,pucelles. » (Journ. de Paris, sous Ch. VII, 203.) 



Valette. Compromis avec des valets. (Marot.) 

Valétudinaire. En cas de maladie: « Compete 
« aussi à notre ditte cour seule d'accorder corn- 
et missions d'enquestes à futur valétudinaires. » 
(N. C. C. II, p. 47.) — « Le plaidant... pour se faire 

• requeste par devant le mesme juge, pour avoir 
« les témoins à futur et valétudinaire, » (N. C. G. 
II, p. 92.) 

Valeur. 1* Courage ; Crétin (p. 53) regrette la 
mort de Guillaume de Dissipât, seigneur d'Anaches: 

Nous en setons sanglotz, soupirs et pleurs, 
Et à bon droit : huy perds ung des meiUeurs 
Amys que j'eusse, acomply es valeurs. 

De tel affaire 
Qu'il n'y estoit le seul poinct au parfaire. 

2* « Ils fondèrent une cité qui depuis fut nommée 

• Ortage, après le nom de valeur de leurs sei- 
« gneurs. » (Percef. V, f. 38.) 

Va 11 dire. 

Je sui por maqueriaus tenus 

L'en vous retient à va H dire. (Me, 72i8, f, 323.) 

Valldoriaus. Refrain : 

Validoriaua 
Li doriaus, la dureUe. (Poèt, av. 1300, II, p, 605.) 

Va lie. Va joyeux : 

Franclieiz crient Monjoie, et Normanz Dex aïe ; 
Francheiz crient Arras, et Angevin: va lie,[Rou,p. iSi.) 

Vallssant. 1» Valant : • Et ou ce adviendroit, 
« lui seroit baillé rente valissant la prisée de la 
« soulte. » (C. G. I, p. 377.) — 20 Vaillant: « Je 
« n'aurai pas du voslre un denier valissant. » 
(Ms. 7218, f. 344.) 

Valltude. Santé : 

À ceste reigle afferment valitude 

Vrays médecins. (Cret. p, i2,) 

Vallage. Vêlai, province. (Chron. de S. Denis, 
l, f. 153.) 

Vallé. Légalisé, ayant valeur: « Accords de 
« vraye amitié faits solempnellement et valle% par 
« foi et sermens solempnels. » (Preuv. sur le duc 
de Bourg, p. 344.) — « Décret passé et vallé est 
« équipollé à sentence. » (C. G. II, p. 918.) — « Une 
« sentence passée et vallée en rorce de chose 
« jugée. • (Id. p. 917.) 

Vallée. 1* Action de dévaler : « Les engins que 
« Dyonisius inventa à Syracuse à tirer de gros 
« traits et des pierres d'horrible grandeur d'une si 
« longue vallée et impétuosité. » (Mont. I, p. 497.) 
— 2^ Chute : « Aucun ne tende barnas à vallée de 
« prairie ni de marez. » (N. C. G. II, p. 150.) — 
30 Descente: « Après grande vallée, rude montée. » 
(Cotgr.) — « Chevaucher la chèvre en la vallée » 
(Cotgr.), les chèvres ayant les jambes de devant 
plus courtes, on ne peut les monter dans une des- 
cente. 



Vallerle. Vaillance : 

Des Bretons la chevalerie 
Doit moult bien mener vallerie. 



(Percef. VI, f, 2i,) 



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VAL 



128 - 



VAN 



Vallès, et. l» Valet, jeune garçon, célibalaire: 

Ils sont des valîés de Provins, 

Dont il ne se marie nus, 

Se il n'est vins et kenus. (Poét. av. iSOO, IV, p, i344,J 

Li vaîlés avoil ja .xx. ans. (Ms. 7985^, f, 50. J 

2* Serviteur: « II n'avoit nul oir.... fors un seul 
« vallet. . (Ms. 7984% f. 70.) 

Vallet saillent et esciiier 

Là où li rois Tôt commandé. fMs. 72i8, f, i^O.) 

Valleterie. Valetaille: « Ces impudens vallels 
« de valleterie d'honneur. » (Mont, des Gag. de 
bat. f. 38.) 

Vallois. Retranchements: « Nous vous mandons 

« que les engins cy dessous nommés chiphre, 

« garnis, vallois, ne prenez ou faites prendre par 
« vous. » (Ord. I, p. 792.) 

Vallot. Valet : 

Ranfroi et Denisot 

Et maint autre vallot, (Poèt, av. 1300, J, p. ill.) 

Valloy, Gosier (?) : « Un rubi qui n*est gueres 
« moins grand que vostre grand valloy. » (Godefr. 
Charles VIII, p. 710.) 

Yallue. Value : « Vous estes bien à la valhie de 
« me tenir aussi honneslement et plus que n'est 
« son mari. » (XV Joyesdu mar. p. 74.) 

Valobre. « C'esloit , certains chandeliers à 
« répreuve nommés valobres, du nom de celui qui 
« les fit faire. » (Bassomp. II, p. 305.) 

Valoir. Expressions : « Valoir que mort. » 
(Lett. de Louis XII, II, p. 59.) — « Valoir si vaille. » 
(Ms. 7615, 1, f. 104.) — « Que vaut ce vaille. » (Ms. 
7615, II, fol. 137.) — « Se Dieu me vaille. » (Froiss. 
poés. p. 31.) — « Il vaudrait aussi cher qu'il n'y 
« eut plus de justice. » (Arest. amor. p. 398.) — 
« Se mettre en rang d'oignon et ne valoir qu'une 
« eschalolte. > (Cotgr.) Demander une place sans 
mérite pour la remplir.— «Tout boisvaM/buscbes.» 

— « Les couteaux de Jean Colot, l'un vaut l'autre.» 

— « Tant vaut l'homme, tant vaut sa terre. » — 
« Rien ne vaut la chose qu'autant qu'on la fait 
« valoir. » — • Un homme ne vaut rien sinon qu'il 
« se fait valoir. » — « C'est argent qu'argent vaut.» 
(Cotgr.) — « Quant le cerf se voit chassé des chiens, 
« il va cercher les besles à leurs reposées et les 
« boute, et les fait valoir devant eux. » (Fouill. 
Véu. f. 42.) 

Douce dame et chastelaine 

De tout valoir. (Poèt. av. iSOO, IIIj p. i2S9.} 

Valeur, infinitif pris substantivement. 
Val OP. Valeur : 

La se croisa le roy de France 

Et du royaume la valor. (Ms. 68iSy f. 80.) 

Quant nous morrons, Dieus nous doinst bonne vie, 

Je croi k*amors damage i aura grant, 

Mais toujors iert valors d'amors compile. 

Cbans. du G** Thlbaot, p. 1. 

La grant cor de France au doue renom 

Ou toute valors se baigne. (Poèt. av. 1300, III, p. ii53.) 

Valoup. Valeur : 

On set la vdlour 

De sa dame. (Poèt. av. 1300, IV, p. 1384.) 



Valtaille. Valetaille : « Vous reprîtes votre cbe- 
« min... sans trouver sinon quelques bestes de 
« sommeetdelava/tet/te. » (Mém. de Sully, I, f. 169.) 

Value. Valeur : « Ce n'estoient mie hommes 
« d'aucune value, et... ils ne pou voient plus faire 
« aucune œuvre, puis qu'ilz estoient ainsi malades.* 
(Joinv. p. 65.) 

Lors fu prise la Haignerie, 

Une maison enclose d*eve 

Qui la value d'une fève 

Ne doutoit de Tost la puissance. (G. Guiart, f. 335.) 

« Un sextier de forment valoit 8 livres parisis, et 
« les autres grains à la value > (Chr. de S. Denis, 
II, f. 225), c'est-à-dire à peu près, en proportion. 

Me mist en mes mains U messages 

Et me dist on à la value : 

Sire, nos mestres vous salue. (Froiss. poès. p. 191.) 

Van. [• Le van et le rastel. » (Oustill. au vill.)] 

Yan de vent. « Il porte un lariflame van de 
« vent deploant. » (Poët. av. 1300, IV, 1367.) 

Yandrille (saint). « En estre quitte en sifflant 
« comme les moines de S' Vandrille. » (D. C. sous 
Cornare.) Voir Siffler. 

Vaneau. Vanneau, oiseau de l'ordre des échas- 
siers : « Se plus lourde n'est qu'uns vaneau. » 
(Poës. de Froiss. p. 285.) 

Vanel. Même sens: « L'espervierd'hyver, quand 

< il est bon, prend la pie, le jai, la chouette, le 
« grésille, le vanel. » (Fouill. Faucon, f. 61.) 

Vanelep. Vanner: 

Pour mieulx à Taise vaneler, 
On met estoupes par dedans 
La saincture de trop parler. 

Vaneraulx. Vanneaux: 
« qu'envoia le seigneur des Essars, et quelcques 
« douzaines de ramiers, cercelles, butors, pluviers, 
« vaneraulx. » (Rabel. l, p. 239.) 

Vanés. Vannés,' choisis, d'élite: « Ils chevau- 
« obèrent tant qu'ils, vindrent à Vernon et moult 
« avoient grant fain tous les mieulx vanés. » (Hist. 
de Duguescl. Mén. p. 119.) 

Vanet. Peigne, coquille de S. Jacques : * Trois 

< coquilles de sable que d'autres appellent vanets.» 
(Lett. de Rabel. p. 162.) 

Vangeron. Poisson aux nageoires rouges ; on 
le pêche dans le lac de Genève. (Cotgr.) 

Yanies. [Corrigez peut-être avanies.'] « Ainsi 
« que font les Turcs aux chrestiens pour en tirer 
« les cafares qu'ils augmentent par une inflnité de 
« vanies, c'est à dire calomnies qu'ils imposent 
« tous les jours. » (Fav. Th. d'honn. II, 1605.) 

Vanir. S'affaiblir, s'évanouir : 

Li siècles Tait en vanissant 

Si com songes en esveillant. (Fabl. de S. Genn. f. 14.) 

Vanne. Espèce de tente ou pavillon. 

Vanner. Nelloyer, arranger, au propre et au 
figuré : « Trouva le duc à Vannes et luy compta 
a mot ù mot coment on l'avoit vanné... le duc lui 



(Coquin, p. 6S.) 

« Sept vingt faisans 



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VAN 



- 129 — 



VAR 



• dit... beau cousin, confortez vous. » (Froîssarl, 
Hv. IV, p. 114.) 

Mieux savent battre que vanner. {Desch, f. 404.) 

« Vanner sa farine, sa plume au vent. » (Cotgr.) 
Vannerie. Lieu où travaillent les vanneurs. 
(Cotgrave.) 
Vannet. Petit drap, petit voile. (Oud.) 
Vanneur. Celui qui vanne. (Rob. Est.) 
Vanneure. Criblure. (Oud.) 
Vantance. Vanterie : 

J'estois fiUe de roi. 
Et mains seigneurs (je le dy sans vantance), 
Biches et grans cherchoient mon accointance. 

Cl. Marot, p. 573. 

Fers en honor sans cangier, 

Net de mesdit et de vantance. (P. av. iSOO, 111, i055.J 

Vantege (se). S'appuie sur : « En action per- 
« sonel, cornent que Ten se vantege du fait de la 
« personne que l'en suyt. » (Ane. Coût, de Bret. 26.) 

Vantel, e. Souffle du vent ; de là les expres- 
sions suivantes : en pleine affaire, d'un seul coup : 

Car pour ce m'a elle ordonné 

Sens, et entendement donné 

Que je remonstre en plain vantele 

Ce que je sai, dont je me mêle. (Poés, de Froi98. p. 338.) 

A tant lor vint dire une espie 

Que lor gent estoit départie ; 

Les viles aloient ardant, 

Querant proie, vilainz prenant, 

Donc sourstrent Normant d'un vantel. (Rou, p. S06.) 

Vanteor, Qui se vante : 

Bordeur ne vanteor ne croit. fMs. l^iS, f. 2i5.) 

Vanter. « A petit parler, bien vanter. » (Fr. 
arch. de Bagnolel, p. 44.) — « Tel a nécessité qui 
« ne s'en vqnte pas. » (Cotgr.) — « Or n'estoit la 
« dette dudit deffendeur et opposant eftsaisinée, ne 
« inféodée, aussy ne s'en vantait point le dit deffen- 
« deur, mais c'estoit une simple promesse. » (Proc. 
deJ. Cœur, p. 81.) 

Je gaige que tout maintenant 
Que je chanteray ung couplet 
Si haut et si cler ; je me vant 
Que vous direz : cela me plaist. (VUIoti, rep. fr. p. 29.) 

Vanteur. 1<> Vantard, maso. : « De grands van- 
« teurs, petits faiseurs. • (Cotgr.) — 2o Action de 
se vanter, fém. : » En grant vanteur ne fut onques 
« trouvé valleur. • (Percef. V, f. 57.) 

Vanteux. Vantard : 

.... Ces fols, ces grands vanteux 

Sont tous confus. (Bl. des faulc. amourSy p. S67.) 

Vantlse. Vanterie : 

Se par fiance se complaint 

A lui, d'amor qui le deslraint 

Nul ne r doit tenir à vantise. (Ma. 7218, f. i25.) 

« Beau chevaliers et vaillant en armes, sanz point 

• d'orgueil ne vantise. • (Percefor. VI, fol. 34.) — 
« Lesquelles loix se devront juger au profit des sei- 
« gneurs, soit par tesmoignage, comme dit est, 

• recognoissance ou vantise. » (N. C. G. Il, p. 60.) 

Vantison. Vaaterie. (Borel.) 

Vantize. Revendication : < Si aucun tire baston 

X. 



« et en facent envahyeparire faite sur autruy,posé 
« qu'il n'y ait coup donné, celuy seroit jugé à 
« soixante sols blancs, ...soit par tesmoignage, 
« recognoissance, vanti%e. » (C. 6. 1, p. 829.) 

Vanvole (à la). A la légère : « Le roy Charles 
« estoit sorti du royaume à la vanvole. » (Pasq. 
Rech. p. 558.) — « Par le moien d'une renonciation 
« faite par elle mesme tumultuairement et à la 
« vanvole. » (Id. p. 861.) 

Ainsi permettent voler 

Son esprit à la vanvole ; 

Se laisse Thomme couler 

Sous les aUes d'une foie. [Id. Œuv. mesl. p. 469.) 

Vapeurs. « Vous n'avez plus si mal à la teste ; 
« vous ne voulez donc pas qu*on dise vapeurs; 
« mais que ferons nous si vous nous ostez ce mot, 
« car on le met à tout. » (Lett. de M~' de Sévigné, 
VI, p. 149, an. 1689.) — « C'est un secours pour 
« expliquer mille choses qui n'ont point de nom. » 
(Id. p. 219.) 

Vapide. Infect. (Cotgrave.) 

Vaporant. Odoriférant : « Iceulx fournissoient 
« les chambres d'eaue rose, d'eaue d'ange, et à 
« chascune la précieuse cassolette vaporante de 

• toutes drogues aromaticques. » (Rabel. I, p. 322.) 

Vaporé. Brumeux : 

Desja s'esteint des grans beautés le bruit 

Près la splendeur de ta grâce qui luit, 

Si tristrement que les clairtés antiques 

Sentent le plomb de leur tens vaporé. (Loys le Car. f. 9.) 

Vaporement. Parfum : « quel parfum, o 
« quel vaporement. » (Rab. VI, p. 280.) 

Vaquier. Vacher : 

Vint à dix miUe arbalestriers 

Courir au pays de Biscaye, 

Et de là, à tous ses vaquiers 

Vers Guienne tira sa voye. /"Viflr. de Ch. Vil, II*p.,p.50.) 

Var. Poisson, loup de mer. (Cotgr.) 
Varander. Sécher les harengs. (Cotgr.) 
Varans. Garant : 

S'ele est si bêle et si vaillans, 

Bien li porra estre varans ; 

Cuites en ert, nen n*i perdra. [Ms. 7989 % f. 68.) 

Varaville. Pomme douce, verte, de la grosseur 
d'un œuf. (Cotgr.) 

Varech. « Tout ce que l'eaue aura getté ou 

• boutté à terre est varech. » (Ane. Coût, de Norm. 
f. 282.) — « Sous ce mot de varech sont comprises 
« toutes choses que l'eaue jette à terre, par tour- 
« mente et fortune de mer. » (C. G. I, p. 1030.) — 
« La garde du varech appartient au seigneur du 
« fief sur lequel il s'est trouvé. » (C. G. I, p. 1030.} 
— « Tout seigneur féodal a droict de varech, a 
< cause de son fief, tant qu'il s'estend sur la rive 
« de la mer. » (C. G. I, p. 1012.) 

Varenne. Plaine (Trévoux). « Trois quarlelées 

• de terre varenne. » (C. G. II, p. 409.) 

Varenneux. Plat. (Cotgr.) 

Varer (se). S'exposer : « Les navires courans 

17 



f 

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VAR 



- 130 — 



VAS 



« les routes de l'Océan st^varent à des incroiables 
« dangers. » (Monet.) 

Varet. Guérets. (Oudin.) 

Vargaigne. Pour barguigne , convention : 
« Quiconque cèlera vargaigne en le chité, il doit 
« venir par devant le maieur d'Arras...qui le cèlera 
« loyaument. » (Ord. V, p. 512.) 

Varlableté. Variabilité : « Se lu veulx cognoistre 
« fortune et te soubzmettre à sa variableté. • (Al. 
Chart. p. 267.) 

Pleine suy d'orgueU, dlniquité, 

D'avarice^ d'abomination, 

De tous vices, de variableté. (Desch, f. 434,) 

Variant. Clignotant : « Il ressembloit à l'espre- 
« vier quant il a veuTaigle voler car en tout le jour 
« n'aura hardement en luy ; ainçoys sera toute la 
é journée doubteux, et variant de regarder. » 
(Percefor. VI, f. 41.) 

Variation. Monstrelet dit de Jeanne d'Arcqu'on 
accusait de folie: • Si estoient toutes ses paroles 
« du nom de Dieu, par quoy grand partie de ceux 
« qui la veoient etoyoient parler, avoit grand cre- 
« dence et variation qu'elle fut inspirée de Dieu, » 
(p. 42, an. 1428.) 

Varicqueux. Qui a des varices. (Cotgr.) 

Variement. Variation : « Le roy de Navarre 
« qui veoit les variemens entre ceux de Paris et le 
« duc de Normandie, si pensoit et supposoit que 
« ceste chose ne se pouvoit longuement tenir en 
« tel estai. • (Froiss. I, p. 210.) 

Varier. Contredire: « Quant il eut ouy les par- 
« 1ers de la damoiselle, il fut si indiffèrent qu'il ne 
« sceut lequel faire, ou fuyr sa voye, ou aller avec 
« la damoiselle, et quant elle veisl varier^ elle dist.» 
(Percef. V, f. 80.) 

Se je deusse es cieus monter, 

Ne feusse je pas plus liez, 

Quar toz estoie variez, (Ms, 7218, f. 358,) 

Ck)mbien que pas ne se varie^ 

Quant à Dieu, cU qui se marie 

Car c'est ordonnance de loy. (De$ch, f. 546.) 

Varin. Instrument à vis pour lever les affûts de 
canon. (Cotgr.) 

Varinet. Petit varin. (Oudin,) 

Varitelt. Variété. (S. Bern. Serm. fr. p. 297.) 

Varlet. Valet : « Varlets de leur concupiscence, 
« et passions, et péchés. » (Am. ressus. p. 116.) — 
« Si esloit la foule si grande des varletz et des 
« escuyers pour trouver leur seigneur que c'estoit 
« merveille. » (Percefor. II, fol. 126.) — « Hommes 
« d'armes au nombre de cent avec des arbalestriers 
« et des varlets en nombre égal. » (Boucic. II, 200.) 

Le conte fit escriçre 

Tout ce qu'il faUoit sur ce dire, 

Puis le clôt dessoubz son signet, 

Si fist appeller le varlet, [Mod. f. i58.) 

« Que aucun barbier ne doist ester ou soustraire 
« à un autre barbier son apprentis ou varlet. » 
(Lelt. de Charles V, an. 1372.) — Josué est appelé 
« varlet de Moyse. » (Toison d'or, II, p. 177.) — 



« Autant se prise beau varlet que belle fille. » 
(Cotgr.) — « Sire je ay aymé une haulte dame, et 
« l'ay maintes fois requise d'amours, et tandis que 
« j'estoie varlet; et elle dist que jamais ne me 
« aymeroit jusques à ce que je feusse chevalier. » 
(Lancel. I, f. 82.) — « Lors vindrent deux escuyers 
« qui luy dirent : sire varlet, descendez. » (Percef. 
Il, f. 79.) — [« (Jehan Bernier était) varlet enthier 
« au roy, c'est assavoir que là où ledit Jehan Ber- 
« nier estoit, c'estoit celuy seul qui portoil et asseoit 
• l'escueille devant le roy. » (Réc. d'un bourg, de 
Valenc. p. 59.)] 

Varouble. « Tant que les détours fussent payés 
« par les varoubles. » (Uloss. du Beauvoisis.) 

Varrall, oit, oui!. Verrou : « Il peut et doit 
« faire son devoir de foi et hommage à la porte, au 
« varroil d'icelle en barrant le dit varroil ou porte. » 
(Coût, de Berri, p. 322.) — « Li chastellain ferma le 
« guischet par dedens, car il bouta le varrouil outre 
« sans le fermer à clef. » (Froiss. I, p. 205.) 

Ainsi que les Àngloys, un g jour, 

Estoient allez courre au bestail 

Hz trouvèrent, leur retour, 

Les portes fermées au varrail. (Charles 7/J, p. iiS,) 

Varyé Vairé : « Chevalier à l'escu varyé. • 
(Percef. III, f. 122.) 

Vasaus. Brave (vassal) : 

Ântenor usent signer d'ans 

Car il iert sages et vasaus. (Moush, p, 7.) 

« Mais escapa com vasaus, » (Mousk. p. 48.) — 
« Bien s'i prouva comme vasatis. » (Housk. p. 585.) 

Vasietage. [Droit féodal : « Et puis si prendra 
« sa poiguie Et puis prendra le vasietage. C'est le 
« servise del portage. » (Cens, de Verson, v. 210.)] 

Vasois. Yasais, dans un marais salant : « Aire 
« de marais sallant noblement tenu et sans disme, 
« garnie de vasois et autres choses est prisée deux 
« sols. » (C. G. II, p. 585.) 

Vasquine. Basquine: « Au dessus de la che- 
« mise vestoient la belle vasquine de quelque beau 
« camelot de soye. » (Rabel. I, p. 323.) — « Comme 
« encor pour aujourd'hui les cottes ou vasquines. » 
(Apolog. pour Hérodote, p. 435.) — Corsets venant 
de Biscaye ; ils avaient des basques, d'où vasquines 
en prononçant comme les Gascons. (Le Duchat, I, 
p. 328.) 

Vassal. !• Qui doit la foi et l'hommage, au pro- 
pre et au figuré : « Dans la confection duquel 
« partage le père et la mère sont tenus de laisser à 
« l'aisne vassal les meilleurs fiefs et la plus grande 
« partie. » (N. C. G. I, p. 1101.) — « La princesse... 
« quant elle en oy parler, vint à Bordeaulx pour 
« veoir quel vassal ce estoit. • (Guescl. Mén. 305.) 
— « La damoiselle print à crier et dist: vierçe 
« Marie, comment ce vassal est blecé. • (Gér. de 
Nev. p. 82.) — « Si s'en vint vers luy et lui dist : 
« Vassal, temps et heure est que vous vous repo- 
« sez. • (p. 113.) — « Vassal plus m'avez dit de 
« villenieque chevalier que je veisse oncques. • 
(Lancel. II, f. 43.) — « Par Dieu, vassal, je Y dis por 



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VAS 



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VAV 



• vos gaber. » (Poët. av. 1300, HI, p. 979.)— « Tant 

• que le seigneur dort, le vassal veille, et au con- 
« traire tant que le vassal dort le seigneur veille. » 
(Aresl. amor. p. 489.) — « Un seigneur de beurre, 
■ de feurre ou de paille combat bien ou mange un 
« vassal ou sujet a'acier. » (Cotgr.) 

Depportez tous d'ensdgnier t^ vassautz 

Chantez à Tasne il vous fera des pets. (Desch. f. SS,) 

« Quand le duc Toy ainsi parler, il dist que 

• c'estoit un fier vassal. » (Du Guescl. Mén. 37.) 

Comment, vassaus, ce dist la dame, 

Je vous vois bel et grant et fort. (Ms. 75i8, f, 266.) 

2* Brave : 

Normanz, dit tt, sont moult vassaux, 

YaiQans à pié et à chevaux. [RoUj p. 32 i,] 

Yassartir. Garnir, garantir : « Seront tenus les 
« puisnés contribuer pour leur cotte et portion aux 
« charges anciennes et autres qui esloient au jour 
« du trépas de leur prédécesseur et aux réfections 
« et aux douennes viagères de vassartir d'appel. » 
(N. C. G. II; p. 604.) 

Yassaolt. Brave : 

Qui ainsi fait on la tient pour vassault. (Desch. f, i.J 

Yassanlté. Devoir du vassal : « Hommages, 
«obédiences, ligeaultez, vassauUeZy services. » 
(Chr. de S. Denis, II, f. 261.) 

Yassaûment. Bravement : « Le roy Jean s'es- 
« toit combattu vassau7nent. • (Chron. de Nangis, 
ao. 1356.) 

Yasse. Vase : 

•D*illeuc alla par terre à Régnier au long col. 

Qui se tint as vacreis ; mez il s'en tint pour fol, 

La terré etoit en vasse^ le pais estoit mol. (RoUy p. 28.) 

Yasseaax. Vaisseaux: « Les gens delà Rochelle 
« se plaignoient de leurs vasseaiix qui esloient 
« prins en mer, quant ilz alloient en marchandi- 

• ses. . (Mod. f. 829.)^ 

Yassel. Vase : « Ils ouyrent venir parmy la mer 
« une petite nacelle d'ung pescheur qui tant nagea 
« qu'il vint à bort. Lors issitde sa nef portant ung 
« vassel plein de poisson. » (Percef. VI, f. 43.) 

Yasselage. !• Vaillance , acte de bravoure : 
« Commencèrent à ferir, à lancer et à frapper de 

• toutes armures... et entrèrent l'un contre l'autre 
« par grand vasselage. » (Froissart, I, p. 275.) — 
« Vous n'avez pas fait si grant vasselage qu'on 
« pourroit bien dire, car vous avez jouslé à l'en- 

• contre de deux femmes. » (Percef. III, fol. 84.) — 
c Sy ne s'y faingnoient gentilshommes de chascun 
« endroit soy monstrer sor vasselage, pour l'amour 

• des dames. » (J. Boucicaut, p. ai.) 

Richart ert moult proux et de grant vasselage. (Rou^ 65.) 
Folie n'est pas vasselage, (Ms. 7218^ f. 360.) 

*» Utilité : 

Qui par beau servir # 

Vient à son désir 

U fait mouH bon vasselage. (Poèt. av, 1300, 1, p. 2ii.) 

Je ne voy ci nul vasselage 

De demeurer en ceste terre. (III Maries, p. 222.) 

Ne plus c'om puet sans amer 

AvcSr pris ne vasselage. (Poèt. av. 1300, U, p. 623.) 



Yasselaige. Bravoure : 

Et ne craignez des Françoys les oultraiges 

Qui firent tant par leurs haulx vasselaige. (Marot, p. 13.) 

Lors d'Alvian, voyant le vasselaige 

De ces Françoys qui tant bien combatoient. (Marot,89.) 

Car deffait 
Suis, par ton fier vasselaige. (Al. Chart. p. 797.; 

Yassellage. Honneur: « Tenoient à grant hon- 
« neur et vassellage celui qui pouvoit estre monté 
« premier. » (Froiss. I, p. 374.) 

Vassive, veaa. Agneau mâle ou^ femelle de 
deux ans, en Berry. (Laur.) 

Vassy. A cause du massacre de 1562, le duc de 
Guise fut appelé le « boucher de Vassy. » (Bran t. 
Cap. fr. III, p. 88.) 

Yastation. Ravage : « Estoit Test des Indians 
« comme adverty que Bacchus meltoit leur pays en 
« vastation. • (Rab. V, p. 189.) 

Yastibousier. « Avisèrent en un grant lict 
« deux jeunes femmes et un gros vastibousier entre 
« elles. » (Print. d'Y ver, f. 223.) 

Vastité. Qualité de ce qui est vaste : « Il fut 
i jugé comme impossible de défendre avec si pelit 
« nombre de soldats, toute Tenceinte des faux- 
< bourgs , à cause du grant circuit et vastité 
« d'iceux. » (Villeroy, Mém. IV, p. 11.) — « Il n'est 
« point d'ame si reveche qui ne se sente touchée 
« de quelque révérence à considérer celte vastité 
« si sombre de nos églises. » (Mont. Ess. II, p. 481.) 
— « Lieu de tristesse et de pleur peult estre nommé 

* pour la vastité du lieu. ^ (Tois. d'or, II, f. 54.) 

Vataron. Monnaie de Flandre valant douze 
deniers : « Que nulz ne soient tant osez, ne si bar- 
« dis de faire les contraulx, ne marchander à 

• sommes de marcs d'or ou de marcs d'argent, de 
« ferrins d'or, de mon noyés d'argent deffenduz cy 
« dessus, à gros de Flandres, vatarons. » (Ord. V, 
p. 544.) 

Ya Ven. Congé : « Elle luy offroit un povre 
« baston en sa main pour s'en aller avec la pre- 
« bende de va t'en. • (Arest. amor. p. 278.) 

Yaticination. Prédiction. (Cotgr.) 

Vaticiner. Prédire : « Ains tout son cueur mit 
« à vaticiner. » (Clém. Marot, p. 576.) 

Vatton. Loquet. (Cotgrave.) 

Vau de route (à). En déroule: « Se mettre à 
« vau de route. » (Mém. de du Bellay, I, f. 11.) 
Ya, va. 

A .n. coups, ay perdu .vi. francs ; 

Pour autres .vi., voulez vous bien ? 

Couche, je ne refuse rien ; 

Or, vava;'- vous l'avez perdu. (Desch. f. S75.) 

Yavasseur, or. Arrière vassal : 

Moult sont preudome vavassor 

Et moult vivent à grant honor ; 

Ce sont^ ce m'est avis, les gens 

De qui vient plus afaitementz 

De chiens^ d*oiseaus et de service. (Fabl. S. Germ. 160.) 

Je suis nez au païs, fils sui d'un vavctssovj 

Mon père est cnevalier. 



(Ms. 7218, f. 346.) 



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VAU 



— 132 



VAU 



Si faites 

Quand une reyne qui estoit si renommée 

Et de haulteur si très bas avallée 

Que aymer valvasseur. (Percef. 11^ f. 80.) 

• Saillent encontre luy les deux chevaliers qui 
« estoienl filz au vavasseur. » (Lanoel. I, f. 151.) 

Vavassorie. Arrière-fief : 

Vavassorie a un degré 

Ou pereceus ne puet monter. (M$, 7248, f. 265,) 

Vavassoup. Arrière-vassal : « Les mendres gens 
< laboureurs se traioient arrière et ne vouloient 
« illecques arrester, quant un païsant vavassour. » 
(Mod. f. 273.) 

Vaucel, ele, elle. Vallon : 

La blonde à oui tenois* 

D'une part très en un vaucel, (Poèt, av, iSOOy IV, i452.) 

« Et Josaphat en le vaucelle. » (Hist. des 3 Maries, 
p. 282.) — • Saveur de vaucele, » plaisir qu'on 
goûte avec une femme, au ms. Vat. 1490, f. 132. 

Vauche. Pervenche. (Cotgrave.) 

Vauchleres. Rames: # L'armée du Turq estoit 
« au port comme dehors de seize à dix huict galées, 
« soixante ou quatre vingts galiotes, de .xvm. à .xx. 
« vauchieres, » (Monstrel. an. 1453, p. 59.) 

Vaucpeour. Vagabond : « Vaucreoun , par 
« pais. • (Britt. lois d'Anglet. f. 72.) 

Vaucrep. Errer : « L'armée qui toute Tannée 
« s'estoit tenue sur mer, vaucrantei frontenant le 
« pais de Brelaigne. » (Froiss. Ill, fol. 357.) — « Il 

« print deux vaisseaux de mer et commença à 

« vaucrer et esrer par la mer. » (Mod. fol. 329.) — 
« Ainsi vaucrant alla Lyonnel par la forest. » 
(Percef. II, f. 82.) — « Le chevalier alloit vaucrant 
« parmy la praerie. * (Id. f. 126.) 

Yaudelacque ) uque. [« Sainct voult de 
« Luques, • sanctus vultu$ de Luca; Vaudelu, 
Godelu. Copie de la Véronique ; on en voyait une à 
Paris dans Téglise du Saint-Sépulcre : « Une croix 
« d'or, où il y a ung crucefix, en façon de vau- 
« deluqties. • (Inv. de Philippe- le-Bon, ducs de 
Bourgogne, p. 4065.)] 

Richard trenche du vaudelucque. ^Coquill, p, il2,) 

En priant que très bonne estraine 

Vous veuille octroyer le vaudelucque, fCoquill, p. i76.) 

Vauderie. Hérésie, secte des Vaudois : 

J'ay veu grant vauderie 

En Arras pulluler, 

Gens pleins de rederie 

Par jugemens brûler. (D, C. sous Valdesia.) 

Vaudeville, i" Bruit qui court par la ville : 
« Mais Idiissdini ces vaudevilles, soient vrais, soient 
« faux. » (Mém. de Sully, IV, p. 26.) — « Il esti- 
« moit cette opinion n'estre fondée que sur un 
« simple vaudeville, » (Pasq. Rech. p. 494.) — 2* 
Dicton, proverbe : « Va fouiller dans les ceme- 
« tieres une vieille charoigne de vaudeville qui 
« n'est en usage que parmy les crocheteurs. » 
(Garasse, Rech. des Rech. p. 835.) — 3o Chanson : 
« Comme on en use en ces vaudevilles et chan- 
* sons. » (J. du Bellay, p. 96.) 



Vaudois. Hérétiques : « Courut la voix es mar- 
« ches de Picardie qu'en la ville d'Ârras estoient 
« plusieurs Fauctots. tant hommes comme femmes. • 
(Math, de Coucy, Charles VII, p. 730.) — « Séduits 
« par illusion de diables lesquels en commun lan- 
« gaige furent nommés sorcières, étrangères ou 
« Vaudoises. » (Monstrel. II, f. 161.) 

Vaudoisie. Hérésie : « Il fit subir Tinterroga- 
« toire touchant la vaudoisie. » (Hist. du Lan- 
guedoc, IV, f. 17.) — « En ceste année advint 

« un terrible cas et pitoyable que Ton nommoit 
« vaudoisie, ne scay pourquoy ; mais on dit que 
« ce estoient aucunes gens, hommes et femmes qui 
« de nuict se transportoient par vertu du diable 
« des places. » (Monstrel. III, f. 83.) 

Vaudre. Foudre, tonneau spécial pour le vin 
du Rhin. (Cotgrave.) 

Vaudrier. Ecouvillon pour le four. (Cotgr.) 

Vaudrille. Souille : « Se tu lesse aler tes 
« lévriers à rencontre du leu, tu lui donnes avan- 
« taiges d'esloigner les lévriers, et quant on lesse 
« aler à rencontre, il retourne au vaudrille, » 
(Modus, f. 66.) 

Vanfrenage. Droit d'ancrage. (Laur.) 

Vaufpoi. 

Grieviler on puet tondis 

Qui veut muser de vaufroi. [Valic, 1490, f, i39.) 

Vaugirard. « Tu viens de Vaugirard; ta gibe- 
« ciere sent le lard. » (Oud.) 

Vaulte. Voûte: «Quand quelqu'un souhaite que 
« la publication de partage soit faite d'une maison 
« mortuaire de bourgeois^ escheue soit dedans ou 
« dehors la ville ou aussi d'habitans de la mesme 
« ville, il le déclare au greffier de la Vierscharequi 
« avec le prevost ou le bailly ou deux eschevins, 
« en un jour de dimanche avant la grant messe, au 
« marche devant la vaulte feront ladite publication 
• de partage. » (N. C. G. I, p. 884.) 

Et en la terre austral ceste haulte 

Qui est ferme comme une vaulte. (Desch. f, 537,) 

Vault neans. Qui ne vaut rien : « Ces vault 
« neans de sergens. » (Merl. Coccaïe, I, p. 72.) 

Vaultre. Chien qui chasse le sanglier: « Le 
« gosier leur escumoit comme à ung verrat que 
« les vaultres ont aculé entre les toilles. • (Rabel. 
II, prol. p. IV.) 

Vaultpoy, et, ey. Vautrait, équipage de chasse 
pour le sanglier. (Oud.) 

Vauneant. Qui ne vaut rien : « Elle peut tom- 
a ber en un homme vilieux , vauneant, très mal 
« nay. » (Sag. de Charr. p. 217.)— « C'est la disso- 
« lution et générale corruption des mœurs par 
« laquelle les vauneans veulent remuer. » (Id. 464.) 

Vaupute. Péché contre nature : « Dn des prin- 
« cipaux maislres de la vaupute. » (Desrey, Ch. VIII, 
à Naples, p. 195.) 

Vaupyennerie. On lit d'un société fondée par 
Gaston d'Orléans : « Il y avoit une autre assemblée 



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VE 



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VEA 



« à certains jours où il se traitoit de choses plus 
< libres, et pour cela on Tappelloit le conseil de 
« vauryennerie. » (Mém. du duc d*Orl. depuis 1608, 
page 54.) 

Vaus. Val, de haut en bas : « Jetter quelqu'un 
« de vaus. » (Guiart, f. 98.) 

Vauti. i^ Vouli, en forme de voûte: 

En prison mise, 
En nne cambre vauHe. [Ms. 7989 », f. 13.) 

2* Arqué: 

Les bras biens fais, onques vautis. (Ma, 7989 *, f. 59,) 

Gros braons, basse chevillette, 

Pié vautiz. (Ms, 7Si8, f, S5i.) 

Son menton vautie, sa lîrecbe bouce riant. 

Vatican, 1490, fol. il4. 

Pié vautiCf baingre à peu de cbar. [Id, f. iS2J 

Vautrer. Rouler dans la boue : « Faire ériger 
« ce tombeau superbe de marbre à ses pauvres os 
« (de Lautrec) qui vautroient^ et Irainoient misera- 
« blement et chestivement en une cave. • (Brant. 
Cap. fr. I, p. 169.) 

Vantrouiller. Même sens: « Quant homme a 
« esté en ce monde un pou de temps, et il s'est 
« touillié. et vautrouille es vaines gloires et deli- 
« ces. » (Mod. f. 90.) 

Vauvert. A Paris, on appelait Vauvert Tendroit 
où le roi Robert avoit fait bâtir un palais ; mais 
comme il y avoit beaucoup de carrières aux alen- 
tours et que le vent, s'y engouffrant, faisoit un 
grand bruit, le peuple s'imagina que les diables y 
revenoient. Saint Louis, pour les en chasser, donna 
le palais aux Chartreux. (Mén. Dict.) — Depuis ce 
temps, le diable de Vauvert passa en proverbe : 
« Quoy voyant Artile, commença à tempesler par 
« le logis, faisant le diable de Vauvert. « (Nuits de 
Slrapar. II, p. 15.) D'après Borel, il y avoit dans la 
Chartreuse un puits où plusieurs moines se préci- 
pitèrent de désespoir. On fit croire que le diable de 
Vauvert les y avait jetés. 

Vanxpate. Péché contre nature: « Heretiçiues 
« de la vauxpute. » (Gatanée, Hist. ms. des rois de 
France, p. 282.) 

Vax, Vax. Cri d'alarme, en flamand. (Monstr. 
I, fol. 131.) 

Vaxiller. Vaciller : 

n fut larges, humbles et doux 

Aux povres gens, et envers tous 

Vraiz justicier, sans vaxiller. (Desch, f, 559.) 

Vayer. Vicomte en Bourgogne, en Berry. (Laur.) 

Yayeur. Même sens : « En la terre et chastel- 
« lenie de Nançay y a poids just et mesures et chas- 
« cun qui entre en sa maison sont tenus chascun 
« an le lundy de caresme prenant les apporter au 
• vayeur ou charlryme pour iceux visiter. » (Coût, 
de Berry, p. 226.) 

1. Ve. V Malheur, du latin vœ : 

Heu, heu et ve illis 

Oui les cuers estent de Testude. (Desch. f. 526.) 

Se la paix n'est, ve à toy Angleterre. (Desch. f. Si.) 



Ve à ceUui par qui dissencion 

Y demoura. (Desch. f. 3ii.) 

Ve à celui qui la terre escorchier 

Voult le premier. (Desch. f, 259.) 

2* Défense d'avancer : 

Quant Fange te vint dire ave, 

Ce fut |[racieuse nouveUe 

Trop mieulx plaisant, et trop plus belle 

Que quant Tange nous cria ve. (Mod. f. 332.) 

Ce digne et gracieux ave 

Pris ave pour eva sans ve. (Guill. Cret. f. 332.) 

Par lui furent cU ses amix 

Qui ains erent si anemi 

Par le forfait de? premier homme 

Qui seur sen ve manga la pome. (Sorb, 61, c. 29.) 

« Tl fut avis qu'il partoit un aigle du lieu où le 
« saint Esperit, qui crioit ve ve ve. » (Mod. f. 312.) 

2. Ve. Vous; lé duc de Bourgogne, ennemi de 
la paix, dit à Juvenal des Ursins, qui la demandoit 
au roi à la tête des Parisiens : « Juvenal, entendez 
« ve bien, n'est pas la manière de ainsi venir. » 
(Vie de Charles VI, par Choisi, p. 416.) 

Issiés errant hors de ma terre, 

Quar je vous en congie sans doute 

Et la vous ve et défend toute. (Ms. 72i8.) 

Puisque je voi ve le ûlz de Fenfant^ 

Selon les diz et exposicions 

Des prophètes. (Desch. f. 3 il.) 

Veable. Visible : 

Faire que on ne doit pechier 

Est à tout homme veable. (Desch. f. 84.) 

Homes devint à tos monstrables 

Car en lui fU Deus non veable. (Sorb. 60. c. 20.) 

Moi et les miens en deffendez 

De perte, de dampnation, 

De mal engin et de prison, 

Des veans et des non veables. (Ms. 72i8, f. 26 i.) 

Veage. Voyage : « S'il advenoit par aventure 
« que nous ne peussions mie aler en veage de la 
« crois. » (Test, du C* d'Alençon, p. 182.) 
« Lors fait venir sa baronnie 

Et leur denrie, comme sage, 

Qu'o lui aillent en cel veage. (G. Gtiiart, f, i03.) 

Veals. [Donc : « Et que cil voie veal8 s'amie Qui 
« plus fera cevalerie. » (Partonoçex, v. 7533.)] — 
Parlant de la modération de Séjan à l'égard des 
Romains : 

Et mist grant peine et grant ahan 

Por partenir veals tôt son an. (Ms. S. Germ. f. i64.) 

Veaos, Veant. Voyant : 

Bien doit cU qui en moi se met 
Veant que U tans li permet. (Ms. 7989 ', f. 58.) 

Moi et les miens en deffendez 
^ De perte, de dampnation. 
De malengin et de prison 
De la poestez aus deables. 

Des veans et des non veables. (Ms. 72i8, f. 26i.) 
Veant lui tant se réhonorèrent, 
Pharamon son ûlz couronnèrent. (G. Guiart, f. i42.) 

Veau. Expressions : « Un veau^ » un imbécile. 
(Coquin, p. 76.) — « Veau coquant, • jeune sot. 
(Rabel. IV, p. 97.) — « Veaux de ville, » mignons 
qui courent la ville. (Dialog. de Tahur. f. 155.) — 
« Veaux surannez, » qui ont plus d'un an. (Ord. V, 
p. 476.) — « Veau cornart, » docteur pédant. (Rab. 
IV, p. 97.) — « Veau escorné , » poltron. (Id.) — 



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VEB 



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VÉE 



• Veaux qui volent sans elles, » soldats qui lâchent 
pied. (Froiss. 111, p. 62.) — « Veaux engiponnés, » 
ignorants coiffés, dans Rab. n, p. 105.) — « Veau 
« de dime, » sot. (Rech de Pasq. p. 701.) — « Veau 
« retourné, » qui a la queue devant: « Alléguer de 
« gentils veaux. » (Rabel. 111, p. 101.) — «Etonner 
« powes veaulx, • les sots. (Coquill. p. 26.) — 
« Aux veaux, aux veaux. » (Coquillart, p. 76.) — 

• Ressembler les veaux d'un an. • (Oud.)— « Faire 
« le veauy » le sot. (Oud.) — « Baisler aux mous- 
« ches, comme veaulx de disme. » (Rab. III, prol. 
p. XI.) — « Faire tuer le veau gras. » (Oudin.) — 
« Appeller un cerf v^aw. • (Oudin.) — « Avoir la 
« fièvre du veau, » une indigestion. (Cotgrave.) — 
« Faire le pied de veau, » secouer la jambe en 
dansant. (Cotgr.) — « N'avoir non plus d'arrest 
« qu'un jeune veau, ■ être étourdi. (Id.) — « En- 
« voier à la place aux veaux, » montrer à quelqu'un 
qu'il est un sot. (Lett. de Pasq. Il, p. 703.)— « Vous 
« aurez beau veau ; vous ahannez bien, • vous vous 
plaignez fort en travaillant. (Oud.) — « Tout est 
« allé aux veaux. » (Loyer des Faulces amours, 
p. 326.) — « Geste queue n'est pas de ce veau. » 
(Cotgravç.) — « Faire manger des pois yerds aux 
« veaux. » (Id.) — « Un cuider d'estre sçavant vaut 
« la teste de six veaux. » (Marg. de la Marg. f. 397.) 
— « Il est bien veau qui veau taille. • (Cotgr.) — 
« Le loup emporte le veau du povre. » (Id.) — 
« Veau mal cuit et poulets cruds font les cimetières 

• bossus. » (Cotgr.) — « Aussitost meurt veau que 
« vache. » (Id.) 

Veaus. Donc ; le hérisson dit au loup : 

Baise moi veaus par charité. (Fabl. S. Germ. f. 20.) 

Que porrai je ore devenir ? 

S*U fust laiz, U m'en pesât veaus ; 

Ce poise moi qu'il est si beaus. (Narcis, f, iiO.) 

DieuSy vivrai ge jusqu'à cel jor 

Que voie bien meUé restor 

Et que cil voie veaus s'amie 

Qui plus fera chevalerie. [Ms, S. Germ. f. i5i.] 

Veautre. Vautre, chien pour chasser le san- 
glier : « Alanz est une nature et manière de chiens, 
« et les uns sont que on appelle allanz geniilz, les 
« autres sont que on appelle allanz veautres. » 
(Gast. Phéb. p. 114.) — « Tout homme qui veut 
« hanter la chasse des ours ou des sangliers, doit 
€ avoir et alanz, et lévriers, et veautres. ^{li. 116.) 

Mais tuit dampné seront li autre 

Li félon chiens, li félon veautre, (Sainte Léocadie, f. 27. J 

Veautpement. Action de se vautrer. (R. Est.) 

Veautreup. Celui qui se vautre. (Cotgr.) 

Veautpier. Même sens : « Cy devise comment 
« on puet prendre le sanglier veautrier, » (Gast. 
Phéb. p. 316.) — « Et aussi sont ils bons pour v^u- 
« trier de nuit. » (Gast. Phéb. p. 117.) 

Veautpolp. Endroit où se veautrent les pour- 
ceaux. (Cotgr.) 

Veble. Glouteron, plante qu'aime Tortolan. 
(Oudin.) 
Vebpe. Fourrure. (D. C. sous Squirellus.) 



Vec. « Toutesfois, si estoit il le plus tendre 
« comme le petit vec de bois, et neantmoins d'un 
« seul mouvement et escoupe, il occist 800 hom- 
« mes. » (Tr. des IX Preux, p. 73.) 

Vece, eche. Vesce : « Ny même pouvoir pren- 
« dre et emporter hors des champs aucuns poix ou 
« veches. » (N. C. G. I, p. 311.) — « Se tu vôulx 
« prendre tel sanglier qui est amors à mengier tes 
« pommes qui sont à terre, et fanlt que tu lui don- 
« nesune jerbede vacfteoud'avaineà mangier. » 
(Mod. f. 96.) 

Quant il ne peut alener, 

N'en puet o soi du sien porter 

La montance d*un grain de vece 

S'il n'a bien fait en sa jonece. (Ms. 12i8rf. 220. J 

Ve chemin. Mendiant qui va par chemins : 

N'est pas de l'ordre Saint Martin 

Qui en yver par la brune 

Parti de son branc acherin 

Son mantel, au povre ve chemin, {D. C. sous Branca.) 

Veci. Voici : « Veci beau. » (Du Guescl. Ménard, 
page 244.) 

Yectigal, aile, l^ Impôt : « Le mot vectigal 
« est gênerai comprenant et le tribut et la rede- 
« vance qu*on doit à cause des terres et héritages 
« baillez en emphyteuse, et le péage qui est dû au 
« seigneur.... pour la voicture, transport, et autres 
« choses. » (Bout. Som. rur. p. ÏQ^.) — '!'' Adjectif: 
« Action vectigalle si comme des payages ordonnés 
« par les anciennes constitutions confermées des 
« princes.... Par ceste action on chet en amendes 
« grandes de transgresser sans TannonceK » 
(Bouteill. p. 156.) 

Vectupe. Action de voilurer; une femme énu- 
mère ce que \\x\ donnait son amant: 

Lis de parade et corame dorez, 
Miroirs, tableaux où j'estois en peinture, 
Marques, tableaux et coches de vecture, 

JMtoh. Do Bellaf . p. 488. 

Vedat. Entouré de murs; se dit d*uD bois. 
(Cotgrave.) 

Yedeaulx. Veaui : « Touchant devant soi trois 
« vedeaulx à rouge museau. » (Rabel. I, p. 108.) 

Vedette. Sentinelle: « L'on commença de don- 
■n ner Tallarme bien chaude et lui fut rapporté que 
« les vedettes perdues avoient reconnu toute Tarmée 
« ennemie qui se rangeoit en ordre de bataille. » 
(Mém. de Sully, 1, p. 321.) 

Vedille. Partie du nombril que tranche Tac- 
coucheur: « Les femmes, en pluseurs lieux, com- 
« mandent aux matrones, lors des acouches, leur 
« garder la v^t//^ ou nombril de leurs filles.... 
« croiant superstitieusement que si on donne de 
« cette poudre à un homme qu'il deviendra des 
« aussitost amoureux de la fille. » (Malad. d*am. 
p. 223.) 

Vée. l' Malheur [vœ) : « Lors commença le paovre 
« Lîmosin à dire: Vée d'içou gentilastre. » (Rabel. 
11, p. 45.) — 2*» Défense : « Vée de bestes. » (Britt. 
Lois d'Anglel. f. 56.) — « Plées de vées. • (Britt. 



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VEI 



Lois d'Anglel. f. 19.) - « Appel de vée de droit. » 
(Coul. de Berry, p. 262.) 

L*amour ki est vée 

C'est la plus désirée. [Poët. av. iSOO, III, p. i258J 

Veé. Défendu : 

Le second est, par Adam recité, 

Du fruit veé dont il fit la morsure. [Desch, f. 440.J 

Veelet. Petit veau : 

Et Renart qui la proie chace 

Aura le veeiet petit. (Ms. 72i8, f, 253.) 

Veelîn. Vélin ; peau de veau : 

Uen escrit bien en veelin, (Ms. 12iS, f. 269.) 

« Cuirs dlllande, d'Ecosse et de Meiros , veeliUj 
« cuirs de chevaux et de tous autres à la value le 
« lot vingt deniers. » (Ord. I, p. 600.) 

Veement. 1<> Faculté de voir. (Marbod. c. 1642.) 
— 2* Apparition, action de se montrer : 

Et par femme et par fust estoit vie perdue, 

Et par femme et par fust convint que fust rendue ; 

Par feme fu perdue, car son enticement. 

Par le fust, par le firuit dont Dieus fit veement. 

Disp. du Juif et du ChreslieD, f. 109. 

Veer. Défendre : 

Et elle un jouvencel aima 
Et à sa mère le monstra ; 
Sa mère pas ne U vea. (Fahl. ms. p. 23.) 

Tout fit veer, tout fist deffendre 

Fors Tiande, boire et prouvende. (Brut, f. 75.) 

Contesse de Brie 
Qui comans, je n'os veer. [Poët. av. i300, III, p. iOiS.) 

Véesupe. « Se aucun loue pressoir par 

« veesure ou par vermoulure, il convient deligaum- 
« ment regarder à tel cas. » (Beaum. p. 204.) 

Veeup. A la suite de Fane. Coût, de Normandie, 
fol. 33, on appelle veeur celui qui, en matière de 

()rocès, fait une visite ou une descente sur les lieux. 
Du Cange, sous Visores.) 

Vef, efve. Veuf, veuve : « Se aucun venoit en 
« court et deist tel est de moi un enfant, lequel 
« enfant est vef. » (Ass. de Jérus. p. 124.) — « En 
« mes anciens jours, je demeurai vefve de femme 
« et de enfans. » (Percef. III, f. 93.) 

Ce meschant 
Qui fait tant d'orphelins et tant de maisons vefves. 

Durtnt, p. 214. 

VieUe de murs, vefve de chasteUain, 

Jusques à cy. destruite et désolée. (Desch, f. 56.) 

« Ne perdra pas la vefve le droit de son veufve. » 
(Bouteill. Som. rur. p. 550.) 

Vefvé. Privé de : « Quel plus grand malheur 
« scauriez vous souhaiter aux hommes que d'estre 
« vefvé du bien qu'autrefois il a désiré. » (Cholièr. 
fol. 159.) 

Vege. Arbrisseau. (Cotgr.) 

Végétative. Végétation: « Nous voions la vigne 
« plus tortue et contrefaite que toute autre sorte de 
« bois contenu presque en sa végétative l'esprit ou 
« ame de tous nous autres. (Pasq. Monoph. p. 157.) 

Végète. Vivant: « 11 a vescu soixante et quinse 



« ans, sans user de lunettes, végète de corps et 
« d'esprit. » (Lett. de Pasq. 1, p. 435.) 

Vegille. Vigile: « Avoir maie vegille. » (Mousk. 
page 223.) 

Veguade. Fois : « Je m'en voys boire encor 
« quelque veguade. » (Rabel. I, p. 32.) 

Véhémentement. Violemment : « Vehemen- 
« tement snspeceneuse du dit fait. » (Ord. III, 664.) 

!• Vehep. Venir: 

Dieus, dit la dame^ vos consaut 
Et de sa dextre main vos saint 
Car yons vehez à un bon saint. (Ma. 76i5, 11^ f. i50.) 

2. Vehep. Voyer: « N'ont les dits moyens et 
« bas justiciers qu'un seul juge qui se doit nommer 
« communément juge veher, en action personnelle 
« seulement. » (C. G. II, p. 285.) 

Vehepie. Voirie : « Le droit de boutage, appelle 
« en mot commun et gênerai la veherie , qui est 
« que le seigneur des dittes terres.... a droict de 
« prendre, pour iceluy droict de boutage, scavoir 
« pour chascun tonneau de vin pur qui se vend en 
« détail, quinze pintes et chopine de vin. » (Coût, 
de Berry, ch. LXXXIV, p. 263.) — « La ville et 
« veherie de Mehun. » (Coût, de Berry, p. 376.) 

Vehue. Vue : 

Lors ne pot cU apercevoir 

Que celé robe iert devenue 

Se cuide bien qu'à sa venue 

L'ot vehîie'soT sa huche. (Ms. 7615, II, f. iSO.) 

Après vehue cornerês, 

Lorsque le cerf rencontrerés. (Guér. Très, de Vén. p. i3.) 

Veidie. Haine; Bernard de Lombardie, pour 
s'approcher de Richard, duc de Normandie: 

Li dus le tint à grant veidie, 

Si li torna à cortoisie ; 

A grant honour le recheu. (Rou, p. i93.) 

Veiep. Témoigner : « Si ele ne met fé à veier 
« par escrit ou par tesmoynes, que furent al esla- 
« blisseraent et à les esposailles. » (Brilton , Lois 
d'Angl. f. 256.) 

Vejette. Vif, fol. (Cotgr.) 

Veiglent. Veillent : « Desprisement de tout ce 
« pourquoy les humains tant veiglent, courent, 
« travaillent. » (Rabel. I, prol. p. xui.) 

Veigoé. « Bien veigné, » bien venu, auxEscrai- 
gnes dijonnoises, de Des Accords, p. 24.) 

1. Veille. « Ensl qu'amant vont à la veille. » 
(Froiss. Poës. p. 417.) 

L'en les doit bien conter as veilles 

Que n'i a nuUes lor pareUles. (Ms. 76i5, U, f. i3î.) 

Luy venu, entreprint d'aller , 

Dens une meschante naseUe 

Lesditz Françoys avitaiUer 

Non obstant des Angloys la veille. (Vig. de Ch. VII, 185.) 

« Faire veille à point de fesle. » (Al. Chart. 743.) 

2. Veille. Vrille: « Doitestre fichiée dessoubz 
« la branche en un pertuis faite d'une grossette 
« veille. » (Mod. f. 165.) 

Veillé. Surveillé : « N'avoit pas esté bien veillé 



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VEL 



« à la guerre, ni exercé es l'heure de sa jeunesse. » 
(Monibourcher, Gage de bal. f. 32.) 

Veiller. « Assez veille qui bien fait. » (Cotgr.) 
— « Un ami veille pour Tautre. » (Cotgr.) 

Veillere. Plante, liset. (Rob. Est.) 

Veillerie. Veille : « Après plusieurs paroles 
• qu'eurent ensemble de la maladie de M"* la da,u- 
« phine , et de ses veilleriez qu'elle faisoit. » 
(Duclos, Hist. de Louis XI, p. 58, preuv.) 

VelUette. Vrille : « Il a deux espointe qui sont 
« mis sus la branche à une veillette.f> (Mod. f. 166.) 

Vellliep. !• Faire veiller : « Soit mis sur le 
« poing devant le jour, car trop veillier son faucon 
« n'est pas bon. (Mod. f. 113.) — 2» Veille : 

Itels gens si font enaigrir 

Le chant de Dieu et les chancons 

ns aiment mieux les esohancons 

Et les keus et les bouteiUiers 

Que les chanters, ne les veilliers, [Ms, 72i8, f. 313.) 

Veillots. Vieux animaux : « Le décès du deten- 
« teur arrivé sans hoirs de corps, la tenue retourne 
« en entier au seigneur, à l'exclusion de tous les 
« collatéraux, soient paternels ou maternels, fors 
« les veillots et engrais, que les collatereaulx peu- 
« vent poursuivre dans deux ans. » (Nouv. Coût. 
Gén. IV, p. 413.) 

Veillotte. Gland. (Cotgr.) 

Veine. « Veine borgne, honteuse, jartiere... • 
(Cotgr.) — • Se faire saigner de la veine du foy. » 
(Arest. amor. p. 198.) — « Trouver la veine à quel- 
« qu'un. » (Cotgr.) — « N'avoir veine qui tende 
« à quelque chose. » (Cotgrave.) — « U lui a bien 
« trouvé la veine. » (Oudin.) 

Veioelette. Petite veine : 

Bien qu'un appelle ou un autre Enfranor 

Jeuze, Parrhase, ou un Tunante encor 

Peussent revivre et voyr mon asgelette, 

S'il ne pourroit leur blandissant pinceau 

Représenter au vif dans un tableau 

De son beau corps la moindre veinelette. (Tahur, ilQ,) 

Velnete. Petite veine. (Marbod. c. 1668.) 
Veiour. Veilleur, inspecteur : « Veiours des 

« ouvrages le roy. » (Carta magna, f. 1272.) 
Velr. Vair: « Li regars de ses v^ersieus m'ocist.» 

(Ms. Bouh. f. 142.) 
Veirat. Poisson, maquereau. (Cotgr.) 
Velrré. De verre : « Cageltes veirrées pour 

« mettre oiselets de Chypre. » (D. C. Veireria.) 

1. Vel. Val, vallon: 

Devers un teltre ont pris ostel 

Normanz ont mis devers le vel. [Rou, p. 36i.) 

2. Vel. Chaperon du faucon : « Si vous diray 
« comment il doit estre mis en arroy et en ordon- 
« nance, qui a ung faulcon nouvel, il doit avoir 
« nouvel arroy, comme ung grant vel blanc et 
« nouvel de cuir de cerf. » (Mod. f. 59.) 

Vêle. Voile : 



Veyssiez moût serjanz aler 
Et ceuls issir et ceuls entrer 
Vêles et couvertours embler. 



(Rou,p.391.J 



« Alerent à vêles et à navirons, tant qu'il vin- 
« drent à Escalone. » (Mart. V, p. 731.) 
Velée. Voilée : 

La entra en une abbaye ; 

Nonne devint iUec velée. (Brut, f. iOOJ 

Une vieiUe a encontrée 

En guise de nonain velée, (Fahl. S. Germ. f, 97.) 

Velenallles. Relevailles (?) dans Rabel. V, 80. 

Vêler, eller. Mettre bas : « La vache du riche 
* velle souvent, celle du povre avorte. » (Cotgr.) — 
« Ils suivent volontiers gens d'armes pour les cna- 
« rongnes du bestial ou des chevaux morts ou 
« d'autres choses : ils v^Zen^ comme chiens. » (Fouil. 
Vénerie, f. 102.) 

Veleure. Etat d'une chose velue. (Cotgr.) 

Veleux. Qui vêle souvent. (Cotgr.) 

Velln. Le Laboureur dit qu'à Paris on prononce 
velin pour venin. (Orig. des arm. p. 141.) — Velin^ 
dans S. Bern. correspond à Venenum. 

Velinée. Envenimée. (Borel.) 

Vellain. Vilain : 

Cop ne gaignay depuis gue ce vellain 

Me regarde ; de Dieu soit confondu. (Desch. f. S07.) 

Vellateup. Qui assiste au mariage (?) : « Morbe- 
« san, seigneur es parties d'Achaye,fils de Horestes, 
« avec les frères, dont l'un est CoUabulabre, colla- 
« teraux , vellateur de Urbaneus imperateur. » 
(Monslrel. III, p. 61.) 

Velle cl. Voici : 

Cest, fait ele, mes gastiaus ? 

Fe«ô ci, fait il. /M«. 7959 % f. 45.; 

Velle, velle. Veille, répété : « Et alors la garde 
« de la gabie commença a crier : velle^ velle. » 
(Montluc, I, p. 515.) 

Velles. Veilles : 

Par ma foy à bien pou me tient 

Que tu n*as deux coups, pour tes velles. 

Et deux coiffes pour tes chandeUes. (Desch. f. 399.) 

Velleyen. Sénatus consulte de Silanus et de 
Velleius Tutor, par lequel la femme a droit sur les 
biens de son mari, avant les autres créanciers : 
« Benonçans à tous privilèges... et especialement 
« la dite Agnès à l'epistre du Sénat Velleyen. > (Du 
Cange, sous Velleianum.) 

Velourde. Palourde : « Que nuls chartons ne 
« se advancent de prendre lanchars es velourdes et 
« fagots mis en quanes es tailles des marchans... 
« que les velourdes debvront avoir sept paulmes de 
« cloyure. » (C. G. I, p. 814.) 

Velours. « Ventre de velours, robe de bureau.» 
(Cotgr.) Nous disons aujourd'hui « dos de velours^ 
« ventre de son. » 

Velouté. « Cuir, taffetas velouté. » (Cotgr.) — 
« Vin à sève veloutée^ armé d'un verd qui n'est 
« point trop commandé. » (Bourg, gentilh. IV, 1.) 
— « Une livrée grise, avec des galons d'argent et 
« des veloutez bleus. • (Lettres choisies imprimées 
en 1751, p. 360.) 

Veloutler. Ouvrfer en velours. (Cotgr.) 



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VEN 



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VEN 



Veloux. Velours: « Veloux velouté. » {Jeh. de 
Saiutré, p. 556.) — « Elles mirent bordures à leurs 
« robes de gris... et d'autres choses si larges comme 
« d'un veloux de baut ou plus. » (Monstr. III, 129.) 

— « Robbe de veloux, ventre de foin. » (Oud.) 

Velte. Cordon : « Chapeaux bordés d'une velte 

• d'or ou d'une velte d'argent. »■ (Colomb. Théâtre 
d'honneur, 1, p. 118.) 

Velu. 1<> Couvert de poils : 
« Eschaffaut couvert de tapis velus. » (Colomb. 
Théât. d'honn. I, p. 178.) 

De bons hs^nois, de boos chauQons velus, (Desch, SS4,) 

J'ai comme maint moines 

Queue roide et tesmoings velus. (Desch, f. 333.) 

Et ne cuit pas emplir mes pages 

De trufes ne de faufelues 

Dont les histoires sont velues, [G, Guiartf f, iO.) 

« Quand ils furent en la quaresme, ils furent à 
« trop grand destroit, car des vivres de quaresme 
« n'avoyent-ils nuls. Si s'en partirent en une com- 
« paignie bien douze mille de soudoiers et de gens 
« qui n'avoyent de quoy vivre et qui estoyent tous 
« tains et velus de famine. » (Froiss. II, p. 172.) — 
« Chemin jonchu et cas velu sont fort propres à 
« marcher. » (Brant. dam. gai. I, 334.) — 2<> Gazon: 

Et s*avoit iUec environ 

Maint noble oisel sur le velu, [Desch. f, 32 i,) 

Lendemain bien matin à Taube 

Partent les veluz et les chans. (G, Guiart, f. S94,) 

Veluette. Herbe, filoselle. (Colgr.) 
Ve me cl. Voici : 

"EX vente ci vo valeton. [Froiss. poés.p. i02.) 

Venacion. Venaison : 

Dieu scet quel délectation 

Y a eu tel venacion, [G, de la Bigne, f. iiS.) 

VenaisoD. « Venaison de Poissî, » bœuf. (Oud.) 

— « C'est de la venaison, » des filles de ioie. (Oud.) 

— « Maneer la venaison qu'on a chassée pour au- 
« trui. » Cf. Marot, p. 20.) — « S'on te demande en 
« quel temps sangliers ont meilleure venaison, tu 
« dois dire que la saison des sangliers commence 
« depuis la première S. Michel jusques à la S. Martin 

• d*iver. i (Mod. fol. 23.) — « Et est signe qu'il est 
« poysant et qu'il ait lûonxiQ venaison. » (Id. f. 16.) 

— « Toute chair n'est pas venaison. » (Cotgr.) 

Venans. l» Ceux qui venaient disputer le prix 
des tournois contre les tenanSj c'est-à-dire ceux 
qui en tenaient l'emprise. (Colomb. Théât. d'honn. 
p. 194.) — « Et estoient six François et six Anglois 
« tenans, et les rois estoient venans, » (Rob. de la 
Mark, p. 384 ) — « Le jeune adventureux, le grand 

• escuyer de France, et le duc de Suffolk Anglois et 
« avec leurs aydes tindrent le pas à tous venans. » 
(ïd. 231.) — 2* Rapportant: « A tous les nobles de 
« vostredit bailliage... et autres qui tiennent fiefs 
« et arrière flefs, venans ou vallans par an vingt 
« livres tournois. » (Monslrel. I, p. 196.) 

Vencu, Vaincu : 

Car aine n'oi parler d*oine vencu 
Ki grant honor puist après avoir. [P. av. 1300, III, 998.) 
X. 



Li mons est vencus et faillis; 

Drois est puis k*amors n'a pooir 

Ke U siècles ne puet mais riens valoir. [Id. p, i44,) 

Yendage. Vente : « Vendage, mort et mariage 
« corrompt tout louage. » (N. C. G. II, p. 418.) 

Vendange. « Cuideur de vendange. » (Cotgr.) 
— « Prescher sur la vendange. » (Oud.) — « Faire 
« grant vendange de Sarrasins. » (Histoire des III 
Mar. p. 468.) — « Adieu panniers, vendanges sont 
« faites. » (Gouj. Bibl. fr. XIII, p. 190.) 

Vendanger. Passer au fil de Tépée : « Tous les 
« Siénnois estoient vendangés, » (Brant. Cap. fr. 
II, p. 263.) 

Vendangeret. Qui sert en vendanges. (Rabel. 
IV, p. 129.) 

Vendengage. A vendanger: 

Qui fait vignes, li coux est grans ; 

Bastons y lault à oultraige, 

Lyeure trois roies des frans ; 

Pour chascun arpent vendengage. 

Cuves, cuviaux. [Desch. f. 263,] 

Vendenger. 

Qui n*a ne fié, ne terre, 

Ne doute pais ne guerre ; 

S'aucuns le velt aerdre, 

Mauvaisement vendenge. [Prov, du Vil. nts. S, G. f. 76.) 

Vendengeressè. Vendangeuse. (Juven. des 
Urs. Charles VI, p. 354.) 

Vendengier. V Piller: « Tout est vendengié et 
« grapé. » (G. Guiart, f. 216.) — 2o Couper, faire 
saigner : « Vendengier les oreilles (Ms. 7218, f. 78), » 
les couper. 

Vendenner. Vendanger : « Longuement pro- 
« céder est à Tavocat vendenner, » (Cotgr.) 

Venderesse. Qui vend. (Cotgr.) 

Vendes. Ventes : « Nous avons franchi et fran- 
« chissons.... les devant dits et leurs hoirs naiz et 
« à nailre, .... Jar tous nos flefs, refiefs et retrofiefs, 
« de toutes tailles, mortages, péage, pavage,... et 
« de toutes vendes de toutes renies et devoirs de 
« bleds. » (Beaum. p. 429.) 

Vendeur. Qui vend: « Nul marchand de vins 
« ne pourra acheter aux pors à Paris, vins en gros 
« pour revendre audit port, à la peine dessus dite ; 
« ne il ne pourront ne feront vendre leurs vins, si 
« ce n'est par eux mesmes ou par l'un des ven- 
« deurs. » (Ord. II, p. 355.) — « Vendeurs de vent, » 
qualification déshonorante donnée aux ménétriers. 
On sait que ce métier était regardé comme infâme 
en Bretagne, surtout si Ton jouait des instruments 
à vent. (Ane. Coût, de Bret. f. 79.) 

VendevUle. Vaudeville: « Il en fut fait une 
• chanson ou vendeville soldatesque et jolie. » 
(Brant. Cap. fr. IV, p. 191.) 

Vendices. Bénéfices : 



Et tous séculiers offices, 
Estoient donnez aux bons 
Non pas aux coquars et nices 
Ne vendices. 



[Desch. f. 68.) 
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Vendicquer. Revendiquer: 

Si je voys quelque sot fringuer 

De chose que à femme je donne, 

Se je la pouroye vendicquer 

Reprendre ou à moy applicquer. (Coquill. p. 58,) 

Vendiquer. Même sens : « Il ne faut adonc 
« espargner peine qui soil au monde pour en sortir 
« eX ^e vendiquer et remettre en liberté. • (Am. 
ressusc. p. 512.) — « Un si ancien et long usage 

• me vendique et rappelle à soi. » (Montaigne, Ess. 
m, p. 407.) 

Yendition. Vente par trahison : « Le sieur de 
« Grignan lequel estoit lieutenant du roy à Mar- 
« seille, luy proposa une vendition que luy dévoient 
« faire trois soldats savoisiens du chasteau de 
« Nice. » (Du Bellay, Mém. X, f. 303.) 

Veaditionibus (de). Mots latins; ventes et 
trahisons : « Il ne se faut pas esbahir si les Anglois 
« estoient descendus si hardiment en France, prin- 
« cipalement vers la Picardie, veu la grosse intel- 
« ligeance évidente qu'ils avoient auxFlammans... 
« ils avoient déjà fait le chapitre de venditionibus^ 
« devant que lesdits Anglois se boutassent sur 
« mer. » (P. Desrey, à la suite de Monstrel. p. 116.) 

Vendoise. Poisson d'eau douce du genre des 
carpes : « Que aucun ne prende roches du quin- 
« ziesme jour d'avril jusques au mi may, vendoise 
« du quinziesme février jusques au mi mars. » 
(G. G. 1, p. 813.) — « Qu'aucuns ne prennent roches 
« qu'elles n'ayent quatre polces et demy, et vendoi- 
« ses cinq polces. » (N. G. G. II, p. 150.) 

Maint poissonnet, mainte vandoiae 

Yy la nager, qui se degoise 

En l'eaue clere, nete et fine. (AL Charlier, p. 596.J 

Biau fils, où veus tu que ie voise ? 

Je n'ai vaiUant une vendoise, [Ma, 12i8, f, i5i,) 

Yendosme. Vendôme : « Il le rendit souple et 
« maniable comme un gand chevrotin de Ven- 
« dosme, » (Brant. Cap. fr. II, p. 140.) 

Vendre. « Voulons aussy et consentons que la 
« ditte imposicion ^oxi vendue ou bailliée à ferme, 
« au plus prolitablement. » (Ord. III, p. 678.) — 
« Vendre au noir. » (Oud.)— « F^ndr^ ses outrages 

• à quelqu'un. » (G. Guiart, f. 109.) — « Vendre un 
« fait au crucefl. » (G. Guiart, f. 83.) — « Vendre 

• et acheter prouesse au fer et à l'acier. » (Percef. 
VI, f . 32.) — « Ne valoir ni à donner, ni à vendre. » 
(Vatic. 1490, f. 165.) — « Je suis à vous à vendre et 
« à despendre. » (Oud.) — « Vendre Tavoyne, » jeu, 
dans Rabel. I, p. 144.) — « Où pain faut, tout est à 
« vendre, » (Cotgr.) — « Fille qui prend , elle se 
« vend, » (Cotgr.) — « Pour laver ses mains, on 
« n'en vend pas sa terre. • (Id.) — « Toute chose 
« se vend au pris de l'œil de Thomme. » (Id.) — 
« Un quartier fait l'autre vendre. » (Id.) 

Vendredy. Vendredi saint: • Le grand, le bon 
« vendredy. • (Olivier de la Marche, 1, p. 341.) — 
« Vendredy aoré. » (Apol. pour Hérod.) — « Le plaid 
« du vendredy. » (N. G. G. I, p. 882.) — « La croix 
« ùts vendredis. » dansTinv, des joyaux de Charles 
V, p. 525. 



Vendres. Vendredi : « Le bon vendres » (Ms. 
7218, f. 1), le vendredi saint. 

Vene. Vesse; on conserve encore le diminutif 
venette : « Elle ouvre le cul , et laisse aller une 
« vene epouventable. » (Moy. de parv. p. 148.) 
Venefice. Empoisonnement. (Oud.) 
Venefique. Qui empoisonne. (Cotgr.) 
Veneissy. Venaissin : « Le roi Felipe de France 
« vint au Lion avant le concile pour avoir parle- 
« ment au pape, et li rendi le conté de Veneissy que 
« si ancessor avoient tenu grant tens de l'yglise. • 
(Mart. Anecd. V, c. 752.) 

1. Venel. l^ Vénal: 

En Alixandre est venue, 
El plus chief de la maistre rue, 
Giôs le meretrix priât ostel 
lUuec Ût son cors venel. 

Vie de sainte Marie Egypt* Sorb. 61, c. 9. 

2* Vente: « Tous vendans vivre publicquement, 
« comme tavernlers, cabaretiers et autres sembla- 
« blés sont receus à affermer leur venel. » (Coût. 
Gén. 1, p. 609.) 

2. Venel. Tombereau : « Quiconque vend vin 
« ou cervoise ou autre breuvage, par tonneaux ou 
« à veneL » (N. C. G. I, p. 340.) 

Yenelande. « Venelande et Holande, • deux 
îles conquises par Arlhur. (Brut, f. 74.) 

Venelle, i^ Petite rue: « Personne ne peut 
« anticiper sur hauts chemins, charieres commu- 
« nés, voyes, ruelles ou venelles de ville. » (N. C. 
G. Il, p. 1095.) - 2' Ruelle d'un lit : « Je pensois 
« qu'en icelle derrière la tapisserie ou en la venelle 
• du lict fust vostre selle persée. » (Rab. IV, p. 287.) 
— « C'est elle, qui tastonnant d'une main les froy- 
« deurs d*un mary qui surpris d'une somme a 
« sillé ses paupières, après tous ses efforts , serre 
« de l'autre les ardeurs d'un amant qui bruslant 
« d'impatience à la venelle du lict, vient faire le 
« tiers à ce jeu. » (Peler, d'am. II, p. 593.) — « II 
« est bien apparenté, mais c'est au costé de la 
« venelle. » (Cotgr.) 

Venenosité. Qualité vénéneuse. (Cotgr.) 

Vener. Chasser : 

Bien sont paistre un oisel et Uvrer et porter 

£m boiz sont cointement et berser et vener, (RoUf p, 65.] 

Aymé la loy d*amour tant délectable 

Et me reçoy, en laissant tous ces vœux, 

Pour humble serf ou mari, si tu veux ; 

Serf que pour toy Gupido a vené. [Cl. Marot, p. 593.) 

Vénérable. « Il y a eu des eveques qui ont eu 
« la qualité de vénérables; les abbés estoient 

< aussi qualifiés vénérables ou révérends. » (La 
Roque, Nobl. p. 363.) 

Venerande. Vénérable : « Les venerandes 
« abbesse et convent de S. Maur de Verdun, pour 

< ce qu'elles possèdent au dit bailliage... les vene- 
« randes dames abbesses et convent de Saincte 
« Haoulde. » (C. G. II, p. 1094.) 

Vénérer. « Si vostre femme scavoit cela, vous 
« vous pouvez bien propaener qu'elle vous veneroit 



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« d'une terrible façon. ^ (Cont. de Chol. f. 243.) — 
t Aucuns oignent la poitrine, les reins et rumbilic 
« où est délectation vénérée. » (Tri. de la Noble 
dame, f. 332.) 

Venereux. Vénérien : • Ainsi que le corps par 
« sa nature désire ses délectations des viandes et 
« choses venereuses et charnelles. » (Triomp. de la 
Noble dame, f. 55.) 

Vénerie. Art de chaâser au chien courant : 

Ce livre cy se nommera 

Par tous lieux où escript sera^ 

De tout trésor de vénerie. (Font, Guér. p. 67 J 

Yenerieux. Vénérien : « En faisant lequel 
« exercice, sanclé corporelle est corroborée et 
« fortifiée, oysiveté mère de tous vices délaissée, 
t plaisirs venerieux oubliés. » (Mod. ep. dedic.) 

En requérant d'eUe vengeance 

A tous les dieux venerieux, (VUlorif p, 2,) 

Yenerres. Chasseur, cas sujet : 

Car pluiseurs en sont grant parleres 

Qui ne sont mye grans venerres, [G. de la Bigne^ f, 85.) 

Yenet. Filet soutenu par un demi cercle de 

Siquets; ayant son ouverture vers la côte, il retient 
la marée descendante les plies et autres menus 
poissons : « Se fust parti de son dist hostel, et aie 
€ en la mer pour tendre un fllé nommé venet pour 
« prendre les poissons. • (JJ. 172, p, 254.) 

Yenetien. Vénitien : « Et du Venetien la trop 
« caute malice. > (Joach. du Bellay, p. 400.) 

Yeneur. Chasseur, cas régime : « La nuyt que 
« le seigneur de la chasce ou le maistre veneur 
« vouldra aler en boys, il doit faire venir devant 
« luy les veneurs, les aydes. » (Gast. Phéb. p. 179.) 

— « Puisque cest enfant a esté bon page et bon 
« varlel de chiens, et ore est bon ayde, qu'il soit 
« bon veneur. » (Id. p. 213.) 

Si ne sommes pas bourdeurs 

TeUement comme sont veneurs, (G, de la Bigne, f. iS5.) 

Yenge. Vengeance : « Venge torçonniere et 

• injuste. • (Ord. 111, p. 347.) 

Yengeance. « Crier vengeance à Dieu. » (Du 
Bellay, VI, p. 310.) 
Yengement. Vengeance : 

Ha, sire, en prenôs vengement, 

Fet ele, se vous Tosez fere. (Ms, 75iS, f, 49,) 

La mère aussi, les frères d'eUe 

Rescfuirent au roy vengement. (V, de Ch, VI/, I, p, i2i,) 

Yenger, ter. 1» Se venger de : 

Et si seront tuit li François, 

S'il ne se venchent des Tyois. (Ma, S. Germ, f, 159.) 

tt9 Guérir, réparer : « Je m'en voys à ung hermite 
« pour moi venger d'une enfermeté que j'ay. • 
(Percefor. II, fol. 42.) — « Tel cuyde bien venger se 

• blasme que l'en croisl. » (Percef. IV, fol. 107.) — 

• Tel pense venger sa honte qui Taccroît. » (Cotgr.) 

— « INos somes à toi venu, de par les hais barons 
« de France qui ont pris le signe de la croix por la 
m honte de Jesu Christ vengier. » (Villeh. p^ 7.) — 
« Se tort ou despit est fet ù son seigneur ou à li, il 
« le doit vengier hastivement. > (Beaum. p. 8.) 



N*a pas soi bien vengié 
Qui maladie en prant ; 
Ainz fait d'un domaige deus. (P. du C** de Bret. f. H4.) 

Tel se cuide vengier qui est moult son contraire ; 

Et tel se fet oïr qui mieus li venist teire. (Rou^ f. 22 i.) 

Yengfson. Vengeance : 

Dieus qui preistes vengison 

Del roi Herode le félon. [Us. 7218, f. 105.) 

1. Yeniaus. Véniels : 

Sire, et si nous delesse 

Nos veniaus péchiez. (Ms. 7218, f. 227.) 

2. Yeniaus. Refrain: « valiaus, que queriaus, 
« dont veniaus, les plus belles femmes sont en 
« Flandres. • (Poët. av. 1300, IV, p. 1652.) 

Yenice. Véniel : « Et disl encor le dit livre une 
« chose que je trouve fort eslrange, qu'en quelque 
« mode que le mary connoisse sa femme, mais 
« qu'elle en puisse concevoir, ce n'est point péché 
« mortel , combien qu*il puisse eslre venice. » 
(Brant. dam. gai. p. 232.) 

Yenlel. Véniel : 

L'un ne Tautre, en ce cas n'aquiert 

Sans plus que pechié véniel. (Desch. f. 560,) 

YeDimement. Poison, venin : 

Mes, en leur cuer repotement 

Leur grant maUce pour pensée 

Estoit en leur venimement. (Geof. de Paris, f. 53,) 

Li riviales norrist el venin longuement ; 

Mes de ce qu'il s'espurge de leur venimement 

U le het. (Ms. 7218, f. 337.) 

Yenimeus. « On les prend aux laz, aux cordes, 
« ...aux fousses, aux aguilles et aux hauscepiez ou 
« à pouldres venimeuses que on leur donne en la 
« cher. » (G. Phéb. p. 73.) 

Comment il se furent portez 

Par leur très venimeus concile. (G. Cruiart, f, 219.) 
^ Dijanira n'ot eUe tort 

Qui le très puissant Hercules 

Envenima ; vices fu les 

Quant la venimeuse chemise 

Luy baUla. (Desch. f. 507.) 

Yenin. « Mourir par le venin. » (Chr. de S. Den. 
I, fol. 64.) — « En moi n'a ne venin ne fiel. » (Ms. 
7615, 1, fol. 60.) — « Laisser du venifi endormi sur 
• l'estomac. » (Le Jour. f. 560.) — « Morts sont de 
« cel derrain venin. » (Mousk. p. 792.) — « En la 
« queue gist le venin. » (Al. Charl. p. 720.) 

Yenir. 

Mesmes la bas, les nymphes escossoises 

Avec grand joye attendent ton venir. (Cl. Marot, p. 251.) 

le plaisir de sentk venir moindre 

Son ame, tant amour heureusement Testrainct. (Baîf, 62.) 

« Quand beau vient sur beau, beau perd sa 

- beauté. » (Cotgrave.) — « Qui vient est beau, qui 
« apporte, encore plus-beau. » (Id.) — « Qui tost 
« vient à son hostel, mieux luy est à souper. » (Id.) 

— « Tant crie on Noël qu'il vient. » (Id.) — « Tout 
« vient à poinct qui peut attendre. » (Id.) — « Fais 
« que doiz, et vieingne que treingne. • (Geoff. de 
Paris, f 50.) — « 11 ne demeure pas trop qui vient, • 
(Cotgrave.) 



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Venise. Louis XI appelait Amiens une petite 
Venise. (Hist. d'Amiens, par le P. Daire.) 

Saint Jaques qui maint en Galice 

Et saint Marc qui maint en Venisce. [Ms, 1218 y f, i07,J 

« Reglisse de Venise. » (Fabl. S. Germ. f. 64.) — 
« Orfèvrerie de Venise. » (D. C. Venisia.) — « An- 
« neau de Venise. » (Devis amoureux, 53.) — « Bleu 
• de Venise. » (D. C. Venetus color.) 

Vénitien, icien. 1" Habitant de Venise: « C'est 
« le secours des Vénitiens ; trois jours après la 
« bataille. » (Colgr.) — 2* Monnaie ae Venise : 

A Londres en Anp^leterre, un esterlin 

A Paris^ un parisi : au Mans, un mansois, 

En Vemse, un venicien. (Fabl. S. Germ. f. 90.J 

Venfance» ge. Vengeance : 

Et se vous m'i veez mesprendre 

Si en prenés vostre venjance. (Ms, 79i8, f. iSS.J 

Dex bon i^erdon vous en rende 

Et de moi tel venjance prende 

Que U siens huis me soit dessers. [Ma. 7^18, f. 62. J 

Mors qui demande plus aporte 

VenjangCf que la descoverte. [Ma. 7615. J, f. 104.J 

Venkerre. Vainqueur, cas sujet : 

Caries remest comme venkerre 

El camp u U combatus ère. (Mousk. p. 132.) 

1. Venne. Veine: « De plaine venn^. » (Froiss. 
II, p. 105.) 

2. Venne. Vanne. (Monet.) 

Vennerie. Vénerie : « Et commenceray à la 
« vennerie des cerfs et comment on les prent à 
« force de chiens. » (Mod. f. 1.) 

Venoage. Peut-être faute pour vendage, droit 
de vente : « Ottroyons que nous, nous hoirs, nous 
« successeurs ne aultre ne fera, imposera aus dits 
« hommes, tailles ne venoage^ ne aussi d'ores en 
« avant pour lever, exiger don, venoag^^, exaction,» 
(Coût, de Berry, p. 436.) 

Venque. • 

On en comètes à mettre enque, 

Ou en chapelés fez de venque, 

Ou de floretes, ou de roses, 

Ou en aucunes autres choses. (Ms. 7218, f. 176.) 

Venredi. Vendredi : « Venredi aouré. » (Desch. 
fol. 576.) 

1. Vent. Van: 

Qui a France en fenune, ce n'est mie merveille, 
Car en bien faire et dire, chascune s'appareiUe, 
Et aussi coye se taist de ce qu'on lui conseiUe 
Com cil qui va tant le vent et la corbeiUe. 

Ms. 7615, 1. 1, f. 100. 

* Le duc truevent ou vent confit, 
Les .n. bras parmi les oreUles ; 
Tuit i acorent à merveiUes 

Dou vent l'ostent isneUement. (Ms. 7996, p. 4.) 

2. Vent. 

Vent au visage 

Rend l'homme sage. (Cotgrave.) 

Le vent, la tempeste et Forage 

Montrent du nocher le courage. (Cotgrave.) 

• Estre enflé du vent de la huche, » devenu gras 
en mangeant du pain. (Oud.) — « Jouster au vent, 
« à la selle dessanglée , à la nappe. > (Mém. de 
Fleuranges, p. 241.) — « Dire des paroles contre le 



« vent. » (Mod. f. 228.) — « Ployer à tous vens. » 
(Mod. f. 216.) — « Muer comme oluie ou venté • 
(G. Guiart, f. 54.J — « Aucun poi ae vent aquerre. » 
(G. Guiart, f. 35é.) — « Appréhender du vent. » 
(N. C. G. I, p. lOM.) — « Avoir plus d'effets que de 
« vents. » (Brant. Cap. fr. III, p. 82.) — • Courir 
« vent de beghinage, • chercher la réputation de 
dévot. (Poët. av. 1300, IV, p. 1321.) — « Avoir le 
« vent à commandement. » (Oudin.) — « Donner 
« voile à tous vetits. » (Cotgrave.) — « Avoir bon 
« vent, » bon nez (Gast. Phéb. p. 55.) — « Avoir 
« trop pou de vent, » de nez. (la. p. 43.) — « N'avoir 
« pas trop grand vent. » (Id. p. 38.) — « L'eaue 
« porte le vent des poissons au loutre. » (Id. p. 298.) 

— « Tirer au vent, » terme de fauconnerie. (Gace 
de la Bigne, f. 120.) — « Autant en emporte le 
« vent. • (Ms. 7615, II, f. 131.) — « Son vent li est 
« torné en bise. » (Hist. de France, à la suite de 
Fauvel, f. 88.) — « Le vent de prospérité est mué 
« en adversité. » (Id. f. 66.} — « Tout ne poise une 
« trespas de vant. » (Ms. 7218, f. 290.) — « Prendre 
« le vent, » prendre Tessor. (Brant. Cap. estr. L 5.) 

— « Estre mis au vent, » être pendu. (J. d'Auton, 
Louis XII, p. 179.) — « Mettre au vent Thonneur et 
« la vie de quelqu'un, » les exposer. (Mell. de 
S. Gelais, p. 269.) — « Concevoir ven^ » se repaître 
de vent. (Chr. de S. Denis, II, f. 60.) — « Le vent 
« lui Ole, » il n'entend pas ce qu'on dit. (Oud.) — 
« Aller comme vent. » (G. de la Bigne, f. 125.) — 
« Fendre le vent, » s'enfuir. (Lett. de Pasquier, II, 
p. 66.) — « Estre battu de mauvais vent, » avoir la 
fortune contraire. (Oud;) — « Estre au dessus du 
« vent, » en prospérité. (Oud.) — « Avoir le vent 
• poupe, » la fortune favorable. (VigiL de Ch. VII, 
I, p. 115.) — « Apporter le vent au visage, » contre- 
carrer les projets de quelqu'un. (Fav. Th. d'honn. 
I, p. 861.) — « Donner le vent à propos, » profiter 
des circonstances. (Charr. Sag. p. 324.) — « Scavoir 
« le vent, » être instruit. (Brant. Cap. fr. III, 428.) 

— « Avoir, sentir le vent d'une chose. » (Oud.) — 
« N'ouir ne vent, ne voix. » (Lancel. III, f. 2.) — 
« Scavoir de quel coslé vient le vent. • (Oudin.) — 
a Avoir l'oreille au vent. » (Cotgr.) — « Levagrans 
« vent de paillars et coquins. » (Desch. f. 128.) — 
« Se garder d'estre assotée par tel vent. » (Desch. 
fol. 353.) 

Uns hom puet tant, entour sa nièce 

U se suer repairier sovent 

Con dist tantost qu'U i a vent. (P. av. 1300, IV, 1317.) 

• Il n'i a nient de vent. » (Poët. av. 1300, IV, 
p. 1323.) — « Quel bon vent vous meine. » (Oud.) 

Si vos dirai coment 

Tonnent 
I a fait venir par leur grant vent. (P. av. 1300, IV, 1326.) 

« Cette eau a bien de la peine à venir, il luy faut 
« donner vent. » (Oudin.) — « J'ai veu de autres 
« vents venter. » (Cotgr.) — • En bref temps venra 
« la pluye dont ce vent cherra. » (Hist. de France, 
à la suite de Fauvel, f. 52.) — « C'est tous vens 
« d'emprendre amours , s'ele n'est poursuivie. » 
(Poët. av. 1300, II, p. 829.) — « Nul vent ne fait 
« pour celuy qui n'a point de port destiné. » (Cotgr.) 



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— • Les malvestus devers le vent, » (Id.) — « Qui 
« est sur la mer ne fait des vente ce qu'il veut. » (Id.) 

Amors n*a chace, ne vent 

Ne ne parole ne si. (Poët. av. iSOO, III, p. 975,) 

« Vent cardinal, d*autom, à la boline, grec, hau- 
« tain, pluau, solaire , de galeroe, de ponent. > 
(Cotgr.) — « Vents de Languedoc. » (Disc, de la 
Noue.) 

Or venoit il ce gentil vent de mer, 

Oui me rendoit le corps et pied léger. (FouilL Vén. 87.) 

Voile ta plume au vent de Tartane. (Crétin^ p. S3d.) 

« Le vent fut anglois, • favorable aux Anglais. » 
(Bassomp. III, p. 456.) — « Vent cueillir, » preildre 
haleine, (Percef. I, f. 50.) 
Yentail, elle, au, olr. Eventail. (Cotgr.) 
Ventallle. [!• Ouverture du capuchon que les 
chevaliers des premiers siècles portaient sous le 
haubert, ce capuchon lui- môme. Voir Tapplication 
du mot vantaille dans les Chansons de geste, par 
M. J. Quicherat.] 

S'ot cascuns lasqué la ventaille 

Pour avoir plus de Uvre alainne. [Moxisk, p. i55,) 

« Monseigneur Gauvain oste son heaulmeetabat 
« sa ventaille et vient au lict où la damoyselle se 
« dormoit et il la commença à baiser moult joyeu* 
« sèment. » (Lancel. I, f. 99.) — « Lors descend 
< Hector à verre, et luy abat la v^n/aiWe jusque sur 
« les espaules^ et fait semblant de lui vouloir la 
« teste couper. » (Id. t 89.) — « Osta son heaulme 

• et abbatit sa ventaille pour mieux cueillir le 
. vent. . (Id. III, p. 18.) 

Très parmi son escu le fiert et vis devant, 
Que ventaille d'auberc ne li fu ainz garant. 

Mft. Sâiot Gemuin, fol. 173. 

« Fendit le heaulme et la ventaille jusques en la 
« teste, si qu'il faict de chascun deux pièces. » 
(Uncel. I, f. 134.) 

Gerbers en fU molt asopUs, 

Ses viestemens a desviestus, 

S'en est al ventaille venus, 

De cuer moult tristre et non joiant. fMouak, p, 403 J 

2» Ecluse: « Que tous ventailles qui sont sur les 
« dittes rivières seront et devront estre mis en telle 
« hauteur et estât qu'il appartient. » (C. G. I, 813.) 

— « Pendant lequel temps, ils seront tenus ouvrir 
« leurs ventailles. » (N. C. G. I, p. 368.) — « Il plut 
« et les ventailles du ciel furent ouvertes pendant 
« l'espace de quarante jours. » (Leç. de P. Messie, 
f. 4.) — « Que d'eux ils fassent un flus et reflus de 
« larmes, et leurs cataractes et ventailles s'ou- 

• vrent. • (Lett. de Pasq. III, p. 219.) 

Ventars. Vantard : « Cela s'entepd de ces jacta- 
« bondz tt4)entars. » (Am. ressusc. p. 297.) 

Ventaulx. Portes : 

Luist le souleU et nuit et jour, 

En sa chaleur, en sa clarté.... 

Il vient aux occidentaulx, 

Et lors va, par autres ventaulx. 

En une autre partie ronde 

Où il enlumine le monde. (Deach. f. 470.) 

Vente. « Proesse est mise à vente. » (Percef. V, 
f. 70.) — « Si toutes vos lances venoient à telvente^ 



« vous y feriez mauvais marché. • (Id. VI, f. 20.) 

— « Si boute tel feur, telle vente. » (Cotgrave.) — 
« C'est de tel vente, tel marchié. » (Ms. 7218, f. 294.) 

— « Jouer à honnestes jeux, comme aux merveil- 
« les, aux estats, aux ventes. » (Printemps d'Yver, 
f. 11.) — « Ventes d'amour, » poésie par demandes 
et par réponses d'un ami et de s'amie ; la même 
que jenx à vendre. (Recréât, des dev. am. p. 29.) 

— « Vostre vente empire » (Poët. av. 1300, III, 
p. 1259), » vous aurez encore plus mauvais iparché 
de moi. — « Le gentil roy l'a mis en vente » 
(Percef. I, f. 153), en parlant d'un cercle d'or, prix 
d'un tournoi. 

Venteler. 1» Voltiger au vent : « La bannière 
« du roy dom Piètre qui venteloit sur les champs. » 
(Froiss. ï, p. 337.) 

Son crin qui d*or estincelle 

S*estoit lasché de son nœud 

Et comme en l'air U vénielle 

De Tançant accroist le feu. f^àtff p. 30.) 

2® Agiter : « Quand vous verrez vostre oiseau, le 
« matin à l'aube du jour^ qui remue la queue et la 
« ventelle. » (Arteloq. Fauconn. f. 93.) — « Dessus 
« le mont apparut ung homme armé de toutes 
« pièces, qui tenoit ung escu reluisant de fin or, 
« qui le venteloit et montroit aux chrestiens qu'ilz 
« retournassent à l'assault. » (Tr. des IX Preux, 
page 486.) 

Ventelet. Petit vent : 

En ce plaisant lieu solitaire 

Où ung doulx ventelet ventoit. [Poès. d'Al. Chart. 597.) 

le mignard ventelet, 

Doucettement froidelet. (Poës. de J. Tahur, p. 279.) 

Ventement. Vent : 

Et quant à mauvais fondement 

Et qu'à suspierre n'est fondée, 

Plustost en sera afondée 

Et par bien pou de ventement 

Tout ce cherra legierement. [Geoff. de Paris, f. 53.) 

Venteor. Qui se vante : 

Poi li gardent U gengleor 

Et li fol vilain venteor. (Ms. 7218, f. 20H.) 

Venter, inventer, souffler: « Tant vente qu'il 
« pleut. » (Cotgr.) — « Tant tonne et vente que 
« pluye descend. » (Cotgr.) — « Vente et pluet à 
« qui est oes. » (Ms. S. Germ. f. 74.) — 2* Jeter au 
vent: « Il fist.... les os ardoir, venter la poure. » 
(Mousk. p. 36.) 

Que vos seroiz arse et brûlée 

Et au vent la poudre ventée. (Fàbl. S. Germ. f. i95.) 

3' Souffler le feu : « Arder en feu et puiz venter 
• en cendre. » (Rou, p. 110.) — 4* Souffler sur: 
« Le vent ventoit sa lenestre. » (Am. rend. cord. 
p. 524.) — « Bien m'avoit Tanemi de son fort vent 
« vente. » (Ms. 7218, f. 245.) — « J'en connois un 
« qui a venté. » (Poët. av. 1300, IV, p. 1362.) — 
50 Frapper dans le vide : « Je luy ai porté un coup 
« sur le temple, et de toute ma force, mais Tespée 
a a venté. » (Pel. d'am. II, p. 723.) 

Venterolles. Droit que devait l'acheteur dans 
les ventes d'héritages censuels: « Il est deub, au 
« dit seigneur, le quint denier dudit franc denier 



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YES 



- 142 — 



YEN 



« que Ton dit venterolles. » (N. C. G. I, p. 408.) — 
« Est deub le droit de francs deniers, que Ton dit 
« venterolles, qui porte le dixième denier pour le 
« fief et le douziesme pour cotlerie. » (Id. p. 361.) 
— « Les venterolles est le seiziesme denier des 
« dittes ventes. • (Id. p. 232.) — « 11 est deu droits 
« seigneuriaux que Ton nomme venterolles de la 
« moitié de ce à quoy lesdits droits seigneuriaux 
« montent. » (Id. p. 358.) 
Ventet. Petit vent : 

Au tans d'aoust que feuille de boschet 
Ghiet et matist, à petit de ventet. 

Pofit. avant 1300. 1, p. 56. 

1. Venteur. Qui se vante : 

ns ne sont pas trop grans venteurs 

Et ont bien de quoi, Dieu mercys. (Villotif p, 88,) 

2. Venteur. Qui tient au vent : « Résiste con- 
« tre tous assauts venteurs, sans qu'aucune tern- 
it peste le puisse ébranler. » (Lettr. de Pasq. Ill, 
p. 272.) 

Venteux. Qui est causé par les vents : 

Quar esmeraude, sa levriere, 

Le saisit au cul par derrière , 

Qui molt est grant et merveilleuse, 

Por noient si tenist venteuse. (Fabl. ma. p. 298.) 

Ventler. Celui qui recevait les droits de vente 
payés aux seigneurs ; il était chargé de la garde de 
rétalon des mesures et de la distribution des mesu- 
res étalonnées que les sujets devaient recevoir de 
leurs seigneurs. (Ord. lll, p. 250 ; Pithou, Coût, de 
Troyes, p. 456.) 

Ventilabre. Van : 

En sa main tient un ventilahre 
Dont sa grange vouldra purgier. 

Hiit. des m Maries, p. 219. 

Ventiler. Plaider. (Bout. Som. rur. f. 50.) 

Ventiller. 1» Flotter au vent : « En rapporte- 
« rent quasi six enseignes et les plantèrent sur 
« leurs remparts à nostre veue ventillantes, pour 
« nous braver. • (Brant. Cap. fr. IV, f. 69.) — « La 
« les bannières du roy ventilloient et estoient 
« arrestées. » (Froiss. I, p. 187.) — « Et vindrent 
« les batailles du roy Artus dont les estandars ven- 
« tutoient contre le vent. » (Lancel. III, f. 155.) — 
2« Agiter, branler : « Ventiller de la teste comme 
« une bellette, » dans le Cheval, de la Tour, instr. 
à ses filles, f. 6.) — 3© Examiner : « Ventiller une 
* question, un procès. » (Bout. Som. rur p. 530.) 
—4' Ebruiter : « La chose pourroit estre ventillée. » 
(Le Jouvencel, p. 122.) 

Ventilions. Volets, vantaux : « Servitude de 
« prendre jour sur Theritage d*autrui ne peut aussi 
« se prescrire par laps de temps, s'il n*y a en la 
« fenestre pattes et assiettes de ventilions, ou 
« grilles, ou arragnées du dehors qui sont marques 
« de la dite servitude. » (N. C. G. II, p. 1167.) - 
« En toutes maisons et autres édifices, verrières, 
« ventilions et aultres meubles de bois y clouez. » 
(N. C. G. II, f. 1132.) - « Il est en la faculté d'un 
« chascun de pouvoir dresser vue en sa maison, 
« pourveu que le regard soit sur soy, et n'y eut il i 



« héritage plus que pour le tour du ventillon 
« entier ou brisé, mais aussi n'est par ce que le 
« voisin empesché de pouvoir baslir sur son heri- 
« tage au préjudice de telle vue laissant la place 
« du dit tour libre. • (N. C. G. Il, f. 1136.) 
Ventip. Vent : 

Jamais nul jour ne seray Jacobin, 

Et si a pis ; car ce ventir souvin 

M'ont tourmenté les deables trop de fois. 

Deschampft, f. 186. 

Ventiseau. Vanne, grille : n Les poissons d'un 
« vivier, incontinent le tampon, ou ventiseau tiré, 
« en saison convenable,... seront reputez meubles, 
« et auparavant ledit tampon, ou ventiseau tiré, 
« tenu pour héritage. » (N. C. G. II, f. 137.) 

Ventoir. Orage : « Les arbres vifs et verdoyants 
« abbattus, par orage ou impétuosité des vents^ 
« qu'on appelle vulgairement ventoirs, appartien- 
« nent aux propriétaires des bois. » (N. C. G. IL 
p. 352.) 

Ventoise. Voir Vendoise : 

Escreveices de Bar, 

Troites d'Andelis, 

Ventoises d'Aise. fPoêt. av, 4300, IV, f. i653.) 

Ventoslté. Amas de vent dans le corps des 
animaux : « Ils ouyrent saillir depuis la greigneur 
« ventoslté du monde, et leur fu bien advis que le 
« bruit en ala jusques au ciel. » (Percef. VI, f. 21.) 

— « Enfleure des yeux de l'oiseau vient pour trois 
« causes ou par ventoslté, ou par coup, ou par 
« playe. » (Fouill. Faucon, f. 76.) 

Ventouse. Dans Rabel. IV, p. 182. 

Ventouser. Appliquer des ventouses : 

Et s'on sent son corps empirer, 

Aler faut aux praticiens. 

Qui sont bons physiciens, 

Pour seignier ou pour ventouser. (Desch. f, 486.) 

« Se faire ventouser entre les deus orteils. » (Oud.) 
Ventouseres. Qui appliquent des ventouses : 

Je sui bons sainieres de chas 

Et bons ventouseres de bues. (Ms. 7Si8, f. 214.) 

Ventral!. Ventre : 

Et n*y a lors costez ne croupe, 

Petit ventrail, ne la vessie 

Oui d*angoisse ne se soussie. (Desch. f. 473,) 

Ventraiiier. Se rouler sur le ventre : 

Sovent s'endort, sovent s*esveille, 

Sovent s'estent, sovent ventraille. (Rou, p. i5.) 

Ventre. [« Les jambes liées par dessoubz les 
« ventres des chevaulx. » (JJ. 90, p. 237.)] — 
« Avoir les yeux plus grands que le ventre. » (fess. 
de Mont. I, 316.) — « Boire à ventre déboutonné. » 
(Rabel. II, p. 199.) — « Aller de ventre rfu de cul. » 
(Rabel. V, p. 129.) — « Remplir trois feuillets en 
« dos et en ventre. » (N. C. G. Ht, p. 282.) — « Faire 
« son Dieu de son ventre. » (6. de la Bigne, f. 26.) 

— « Tout fait ventre. » (Oud.) — « Il semble à mon 
« ventre que le diable ait emporté mes dents. » (Id.) 

— « Mandèrent ce qu'ils pensoient en leur ventre.» 
(G. Guiart, f. 147.) — « Il n'a plus gueres de choses 
« dans le ventre. » (Oud.) — « Li cuers dou ventre 



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VEN 



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VEO 



. li tremble. • (Ms. 7615, II, f, 128.) - « Le ventre 

• estant rompu, » y ayant un second lit. (N. C. G. I, 
p. 493.) — « C'est le ventre de ma mère, je n'y 
« retourne plus. » (Oud.) — « Le ventre emporte la 
« teste. » (Cotgr.)— « En petit ventre grand cœur.» 
(Id.î - « 11 n'est horloge plus juste que le ventre. » 
fld.)— « La verge ennoblit et ieventre affranchit.» 
(Id.) — « Ventre affamé n'a point d'oreilles. » (Rab. 
111, p. 82.) — « Ventre saoul n'a en saveur plai- 
« sauce. » (Jouvenc. f. 9.) — « Petit ventre^ » bas 
ventre. (Mém. de Montluc, 1,37.)— « Faire ventre,^ 
se courber, s'amasser sous forme d'humeurs. (Oud.) 

- « Repasser une femme sous le ventre. » (Branl. 
dam. ill.) — « Jouer à ventre contre ventre. » (Rab. 
I, p. 145.)— • Danser sur le ven/re. » (Oudin.) — 
« Eslre sur son ventre^ » être gourmand. (Oudin.) 

— « Se fascher contre son ventre^ » jeûner par 
dépit. (Oud.) — « Crier au ventre. » (Ess. de Mont, 
m, 1^.) — « Mettre le canon le ventre au soleil. » 
(Sully, 1, 330.) — « Estre espandu à long à ventre. » 
(Am. Jamyn, p. 29.) — « Battre le ventre, » Ôter 
l'excédant du bien. (Froiss. IV, p. 289.) 

Ventrée. V Portée : « Les deux frères Béton et 
« Sauton esloient d'une ventrée, » (Nuits de Strap. 
I, p. 382.) — 2» Repas : « Si riche n'est qui ait que 

• sa ventrée. » (Desch. f. 269.) — « Faire une bonne 

• ventrée. » (Nuits de Strapar. I, 273.) — 3« Gour- 
mandise : « La ventrée, l'orgueil, la lussure. » (Fabl. 
S. Germ. f. 35.) — 4o « Les ventrées d'une tour, » 
l'eDflure d'une tour qui a perdu son talus et se 
rejette en dehors. (G. Guiart, f. 63.) 

Yentreillier. Aller à la selle : 

Et lors U va reborbetant 

Les ventres gue U fu conchiez, 

Sachiez moult en fu corouciez ; 

Tout adès le convint veiUier ; 

n ne finoit de ventreillier. (Ms. 72i8, f. iil.) 

Ventper- Aller à la selle : « Ce qui fit ventrer.* 
(Hém. de la Popelin. I, f. 19.) 

Ventres. Ventre : « Soubzlevoit le pan du haul- 
« bert à Hector, car il luy vouloil l'espée bouter au 
« ventres. » (Lancel. II, f. 48.) . 

Ventresque, Entrailles. (Oud.) 

Ventrière. !• Sage-femme : « ïcelle Perretle 

• declaira lors qu'elle estoit grosse, par quoy fut 
« de rechief différé de l'exécuter ; et fu fait visiter 
« par ventrières et matrosnes, qui rapportèrent à 

• justice qu'elle n'estoit point grosse. » (Chron. 
Scand. de Louis XI, p. 6.) — 2' Pièce de bois qui 
sert à en réunir d'autres ; elle est placée à peu près 
au milieu de leur longueur : « L'héritier et proprie- 
« taire est tenu livrer à ses despens seuilles, esteaux 

• et gros potteaux, enlreloises, tous gitaires, pen- 
> nés, colomnes, pouti'es, et braccons, baux mon- 

• tans, ventrières. • (N. C. G. III, 989.) — 3o Sangle, 
sous-ventrière : « Foureaux de traiz à tout la 
« dossiere et la ventrière. » (Ord. II, p. 371.) 

Us ont jpourpoins, godendars et picona. 

Et ventrières. (Desch. f. SiS.) 

VentrlIIons (à). Sur le ventre : « Puis doit 
■ tourner le sanglier à ventrillons et lever Tes- 



« chine, et doit commencer à lever l'eschine au 
« bout dessus vers le col. » (G. Phéb, p. 203.) 

Ventripotent. Cotgrave. 

Ventrose. Rose des vents : « Je veids ung 
« homme de bonne apparence ressemblant à la 
• ventrose, » (Rabel. IV, p. 181.) 

Ventru. « C'estoit ung petit vieillard tremblant, 
« gras, courbé, ventru à pleins bats. » (Rab. V, 187.) 

Ventueux. Qui agitent comme le vent : 

n donc esté de ses traits vertueux 

Souffle santé aux désirs ventueux. (Loys le Caron, f. 36 J 

Venue. « Geste doulenle venue avenl en Thostel 
« de Sainct Pol à Paris » (Froiss. IV, 172), c'est-à- 
dire aventure. — « Son armée eut ceste grande 
« venue sous la conduitte de M^ de la Tremouille » 
(Brant. Cap. fr. 1, 68), c'est-à-dire défaite. — « Mirent 
« la nuit en embusches, près et loing, autour 
« d'icelie cité de Gabaa sur les chemins et venues 
« par où on y pouvoit issir » (Tois. d'or, 11, f. 138), 
c'est-à-dire route. — « Mal de venue » (Britl. lois 
d'Angl. f. 266), c'est-à-dire d'aventure. — « Venue 
« en court, * droit qu'avaient le maire et les éche- 
vins d'exiger 7 sous des parties plaidantes. (N. C. 
G. I, 397.) — « A la venue du hourt, » du balcon. 
(J. de Saintré, p. 148.) — « N'en prendre qu'une 
« venue, » une fois. » (Rabel. II, 20.) — ^ « Prendre 
« une cité de venue, » du premier assaut, (Tri. des 
IX Preux, p. 17.) — * Faire deux venues, » deux 
courses. (G. de la Bigne, f. 123.) — « Engaigier sa 
« terre de venue • (Desch. f. 12), tout d'une venue. 
-- « Congnoistre un chevalier en venue » (Percef. 
IV, f. 156), au premier abord. — « Estre de basse, 
« de petite venue. • (Froiss. I^ f. 403; II, f. 313.) — 
« Estre de pouvre v^nu^. » (Tri. des IX Preux, 530.) 

— « Faire une venue. » (Du Bellay, IX, f. 276.) — 
« Donner une venue » (Brant. dam. ill. 3i5), jouer 
un tour. — « Faire si dure venue que. » (Gacedela 
Bigne, fol. 45.) — • Donner les traits et la venue. » 
(Brant. dam. ill. p. 226.) — « Faire donner la venue 
« à la vie de quelqu'un. » (Brant. cap. étr. II, 142.) 

— « Donna d'une lance telle venue que plus d uae 
« toise luy mist au travers du corps » (J. d'Auton, 
Louis xn, f, 46), c'est-à-dire attaque. — • Attendre 
« la venue du boiteux. » (Cotgr.) 

Venuste. Beau : 

Et d'autre part est venuste 

Prudent et beau, gorgras et robuste. (Cl. Marot, 524.) 

Venustement. Agréablement. (Oudin.) ' 

Veoir. 1' Voir: « Pour tout veoir. » (Vill. Rep. 
fr. p. 19.) — « A veoir dire. » (Vig. de Charles VII, 
p. 100.) — 2*» Vue: « Le scavoir doit toujours passer 
« le veoir. » (Percef. VI, f. 6.) — 3*» Elévation : « Et 
« en y a maintes amoureuses que, scelles osassent, 
« et oyoient sonner la messe ou à veoir Dieu, et 
« leur amant leur disoit : Venez ça ; ou qu'il les 
« poussent faire chose qu'il leur pleust, elles lais- 
« seroient à veoir Dieu et à ouïr son service pour 
« obéir à leurs amans. » (Chev. de la Tour, instr. 
à ses filles, f. 63.) 



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VER 



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VER 



Yeqaessin. Vexîn : « Da escuier qui est du 
« Vequessin. » (Desch. f. 180.) 

1. Ver. Printemps: « Hais soit en automne, ou 
« en ver. » (G. de la Bigne,- f. 78.) 

Après automne, 

Le temps d*yver, 

Et après ver, 

Uétè qui tonne. [Bios, des faulcea amours, p, 230.) 

« Ou tems de ver qu'on appelle le prinlems. > 
(Tri. de la Noble dame, f. 113.) 

2. Ver. Vers : 

Pour ce un ver dist le saige en latin 

Qui se conclust en disant par telz moS 

Fay sagement et regarde la fin. (Desch, f. i33.) 

Oou lay je ne fis plus avant 

Et (|uant li autre ver vendront 

Qui à ces trois s'accorderont 

Lors sera accomplis et fais, (Froiss. poés, p, i90.) 

3. Ver. Lombric, au propre et au figuré : « Tirer 
« le ver du nez. » (Mont. Ess. V, p. 15.) -— « Vers 

• poignans de terre. » (Mod. f. 320.) 

4. Ver. Vert : « Ver gai, » vert clair. (Oud.) 

5. Ver. Vers, préposition : 

n puent bien aler ensamble, 

Ândui sont si grant et si fort 

Que n'uns n'auroit ver aus effort. (Ms. 76i5, 1, f. H7.J 

6. Ver. Sanglier (rapprochez verrat) : « Il est 

• deffendu que nul ne tienne en lieu ours, ver, san- 
« glier, thor. » (Bouleiller, Som. rur. p. 263.) — 
« Peuvent les demourans sur chef lieu de fief, 
« supposé que leur seigneur féodal n'eust que 
« justice foncière, tenir en leur dit chef lieu cou- 

• lombier, thor, ver. » (C. G. I, p. 675.) 

Verable. Véridique : « il est bien chose seure 
« et verable que mariage ne fut establi pour multi- 
« plier le siècle sans pechié. > (Ass. de Jer. f. 248.) 

Verace. Même sens : « Que il prient nostre 
« seignor que il par sa douce miséricorde condue 
« les avant dis et moi meismes et tous cresliens à 
« verace repentance, » (Assis, de Jérus. f. 187.) 

Verai. Vrai, véritable: - Que il prient N. S. que 
« il par sa douce miséricorde condue à veraie 
« repentance. » (Ass. de Jérus. f. 187.) 

U me délit en Fespoir ke j'en ai 

Si dochement, k'il m'est sovent aais^ 

K*ele me doinst s*amor de cuer verai, 

Poei. ar. 1300. UI, p. 978. 

Sans amour n'a nul ioye veraie. 

Poa. av. 1300, IV, p. 1050. 

Veratre. Ellébore : « Melampus avoit guary les 
« filles de Prœtus folles d*amour, dont le veratre 
« ou helle))ore estoit surnommé melampodium. » 
(Mal d'amour, p. 259.) 

Verayre. Même sens : « Par le conseil d'une 
« vieille sorcière, lui donna à manger d'une herbe 
« nommée de verayre, et si tost qu'elle en eust 
« gousté, commencea à refrongner le visage, 
■ comme s'il eust voulu rire ; mais c'estoille venin 
« de rherbe mortifère qui luy causoit ja la mort. » 
(Du Verdier, Bibi. p. 516.) 

Verbasce. Herbe, bouillon blanc. (Rab. I, 77.) 



Verbaument Verbalement: « Gens aveuglez 
« d'onneurs, seigneurisans verbaument sur les 
« pouvres et vrais subjects, et serfs des iniquilez 
« et vices. • (Al. Charl. Espér. p. 314.) 

1. Verbe. Terme: 

Finiz lesquelz verbes et termes 

Requist au roy et à ses gens. ( Vig. de Ch. VII, I, p. 97. J 

2. Verbe. « Le beurre estant prest, mis en 
« livres, demi livres, quarterons, et n'y restant 
« plus que la petite façon dessus, c'est ce que les 
« bien disans disent le verbe^ le garbe, ou comme 
« vous voudrez. » (Moy. de parv. p, 159.) 

Verbenique. Verveine. (Cotgr ) 

Verberie. Nom de lieu : « Sautereaux, tombe- 
nt reaux de Verberie. • (Cotgr.) 

Verbeux. « J'ai entendu dire plusieurs fois à 
« mon frère que les femmes sont verbeuses ; il avoit 
« fabriqué ce mot du latin et s'en servoit assez 
« souvent lorsqu'il vouloit exprimer le babil des 
« femmes. » (Vales. p. 96.) 

Verboden. « Les dits de Grandmont ne pour- 
« ront despescher sur un jour et en un temps, à la 
« requeste d'un de leurs bourgeois, diverses lettres 
« de défense du verboden. » (N. C. G. 1, p. 1133.) 

Verboler. Exprimer : 

En buyssons oyseaux s'assembloient 

L'ung chantoit ; les autres doubI<Aent 

Leurs gorgettes qui verboioient 

Le chant que nature a apris. (Al. Chart. p. 594,) 

Verclflettr. Versificateur: « Et le vercifieur 
« sur ce dit. » (Saintré, p. 90.) 

Vercolle. Bricole: « Auprès d'eux jouoient 
« tabourins de Suisses, et autres instrumens pen- 
« dant qu'ils tiroient et halloient à la vercolle. » 
(Voyage de Ch. VIU à Naples, p. 157.) 

Vercoopinghe. Mot flamand : « Si bon leur 
« semble, suivant l'ancien usage faire procéder par 
« l'officier à la réelle exécution que l'on dit arbi- 
« traire vercoopinghe. » (N. C. G. I, p. 303.) 

Ver-coquin. Au propre, ver qui se développe 
dans la tête du mouton et amène le tournis ; au 
figuré, caprice: « De quoy elle s'esmerveillaut oom- 
« menca à entrer en son ver-coquin, disant il vous 
« semblepeut eslre que jene scay comme il faut 
« gouverner un ménage.... pauvre idiot. » (Nuits 
de Strapar. Il, p. 144.) — « Mettre en son ver- 
« coquin. » (Rém. Bell. II, p. 115.) 

1. Verd. Vert; tapis vert: « Puis le verd es- 
« tendu, l'on desployoit force caries. » (Rabel. I, 
p. 135.) — Amédee, comte de Savoie, en 1346, fut 
surnommé le comte verd, de la couleur de ses 
armes. (Ménélr. Orig. des arm. p. 98.) — Louis de 
Cbâlons, en 1364, fut aussi appelé le chevalier ver^ 
(Daniel, Hist. de France, p. 109, édition de 1729.) — 
« Courage verd. » (Desch. f. 178.) — Gantois qui 
commirent de graves désordres et se retiraient dans 
les bois : « Messire Jean de Croy tailla en pièces.... 
« une bande de Gantois de la v^rde tente. • (Hist. 
chron.de 1400 à 1467, p. 352, an. 1452.) — • Le 



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« bastard de Blancestrain et ses compaignons qui 
« se Dommoient de la verde tente saillirent de 
« Gand, et allèrent prendre, piller et brûler Hust. » 
(Id. p. 351.) — « Jouer au je vous prends sans 
« verd. » (Voir Rabelais, I, p. 149 ; le journal de 
Verdun, oct. 1750, p. 266.) — « Verd et bleu, » 
juron, dans Rabel. III, p. 91.) — « Il est verd le 
« cresson. » (Oud.) — « Verd pot, » drogue. (Méd. 
des chevaux, p. 13.) — « Le duc de Bretagne, dans 
« le moment qu'il faisoit faire l'assassinat du con- 
« nestable de Clisson, estoit plus verd qu'une 
« feuille. » (Froiss. I, p. 196.) — « Avoir verde la 
« vayne. » (Desch. f. 218.) — « Verd de chèvre. » 
(Cotgr.) — « Le comte de Charolois v estoit en son 
« verd^ et croissoit en jours, et en force de corps. > 
(Mém. d'Ol. de la Marche, L p. 407.) — « Le verd 
« et le sec, » Thiver et Tété. (Gast. Phéb. p. 303.) 

— « Si je me chargeois de lui, je me chargerois de 
« bois verd. » (Oudin.) — « Manger son blé en 
« verd. » (Oud.) 

2. Verd. Vair : « Armines de verd et de gris. » 
(Percef. IV, f. 28.) 

Yerdelai. Nom de lieu : 

Heaume de Poitiers 

Estamine de Yerdelai. (Poêt. av. iSOO, IV, p. i65S.} 

Verdelet. Un peu vert : 

Qu*U soit mangé verdelet. (Gace de la Bigne, f. i2.) 

Cette neige non foulée 

Si uniment égalée, 

Sur deux tertres jumelets 

Et ces boutons verdelets 

Dont Diane est désireuse. (Durant, p. 78.) 

Yerdement. Vertement : « Concluant les dits 
« amis que, pour ce cas très verdement emprins 
« n'aura d'eux aide, confort. » (La Jalle, f. 58.) — 
« Donnèrent un assault qui fut gros et rude, mais 
< ilz furent repoussez verdement. • (Fleuranges, 
Mém. p. 442.) 

Verdere. Verdier, officier forestier. (Cotgr.) 

Verderie. !• Office de verdier. (Ord. I, p. 686.) 

— 2» Département du Verdier. (Gr. Coût, de Fr. I, 
p. 49.) — 3* Droit seigneurial. (Mém. de Sully, X, 
page 229.) 

Verdet. !• Acétate de cuivre : « La plupart de 
« ces gens de lettres sont de vrays racleurs de 
« savates, ratissans de vieilles antiquailles pour en 
« avoir le verdet. » (Moyen de parvenir, p. 96.) — 
• Epistemon raconte qu'aux enfers il a vu Livie 
« racleresse de verdet. » (Rabelais, II, p. 257.) — 
2- Verdet, drogue mêlée de miel. (Gast. Phéb. 100.) 

Verdeur. Vigueur : « Ce qu'il avoit fait en ses 
« premiers ans et verdeurs de folastre jeunesse. > 
(Des Ace. Bigarr. p. 1.) 

Verdeureox. Verdoyant. (Cotgr.) 

Verdgay, 1er. Oiseaux : « Le verdgay^ le pape- 
« gay, le verdier et autres oyseaux noblement 
« coulourez de verd, qui tant gentement leur sied.» 
(Sicil. Blas. des coul. p. 29.) 

Verdier. Crapaud dit aussi graisset. (R. Est.) 

X. 



Verdiere. Oiseau : 

Une rois tendi 

Maintenant, 

Ce tu. voir sans fàiUe 

C'ainques n'y prist quaiUe 

N'aloe cantant, 

Ains prist bel verdiere. (Poèt. av. iSOO, IV, p. iSOS.) 

Verdillon. Raisin vert. (Nicot.) 
Verdir. 

J'ai veu Tunique enflé et craint au monde 
Qui s'estendant grand et haut, verdissait 
Comme un laurier qui en rameaux abonde. 

P8.deMtfot.p.e81. 

« Aus bois toit lor verdir, aus oisiaus lor chant 
« emble. • (Ms. 7218, f. 338.) 

Verdison. Temps où les moissons commencent 
à verdir : < Que nul ne nulle ne cueille sepmaille 
« en verdison sur rherilage d'autruy, sans le gré 
« de rheritier ou fermier. » (C. 6. 1, p. 833.) 

Verdit, iz. Verdict : « Soient les jurours espiés 
« qu'ilz ne garnissent nul par nul signe, encontre 
« qui des parties ils pronu noieront leur verdit. » 
(Britt. lois d'Angl.f. 136.) 

Ja Normanz ne s'i embatist 

Que la vie à honte ne perdist 

Fust par arme ou par guisarme 

Ou par machue, ou par autre arme ; 

Ck)urs haubers ourent et petis 

Et heaulme desouz lour wrdiz. (Rou, p. ÎS3.J 

Verdoier. Attaquer : « Fut ordonné, à tout cinq 
« cens lances pour les verdoier et escarmoucber et 
« voir leur estât et gouvernement. » (Juv. des 
Ursins, Charles VI, p. 30.) — « Ne failloit point au 
« matin et après disner de monter sur un roussin 
« blanc armé et sa lance au poing, à venir verdoyer 
« entour de Paris, et faisoit savoir s'il y avoit per- 
« sonne qui voulust rompre une lance. » (Juv. des 
Drsins, Charles VI, p. 228.) 

Verdon. Oiseau dans le nid duquel le coucou 
va pondre. (Uonet.) Fauvette des Alpes, pégot. 

Verdor. Verdeur : 

James n*amerai autre, de verte le sachiez ; 
Ne jamès seur verdor ne porterai mes piez. 

fis. 7218, fol. 957. 

Verdrisst. « En vertu du droict de parcours 
« que les Allemands appellent verdrisst. » (N. C. 
G. II, p. 351.) 

Verdu. 

En oultre nous est deffendu 

De ne porter manches petites 

Grans oonnetz sur le haut vet*du 

Ne chausses de migraine esUte. (Am. r. Cord. p. 578.) 

Verdugade. Vertugade, bourrelet que les fem- 
mes portaient sous la robe : « Ils apperçoivent ces 
« grandes fraizes eiverdugades des femmes. » (Disc, 
de Lanoue, p. i96.) 

Lorsque voicy des fiUes la brigade 

Aux crins nouez, en simple verdugade. (Baîf, p. S49.) 

Verdun. !• Nom de ville : « Li musars de Ver- 
« dun. » (Poët. av. 1300, IV, p. 1651.) - 2o Epée 
fabriquée à Verdun : « Advise que mon verdun ne 
« soit point plus long que ton espade. • (Rabel. III, 
p. 2îi7.) 

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Car, chaseun jour, au camp sgus leur enseigne, 
Font exercice, et Tun à l'autre enseigne 
 tenir ordre, ou manier la pique 

Ou le Verdun, (Cl. Marot, p. d06,) 

Verdure. V Arbrisseau vert : « Daphné muée 
« fu de Dyane en verdure. » (Poës. de Froiss. 128.) 

— 2* Légumes verls : 

Par Dieu, eUes t*envoieroient paistre 

Ck)mme une beste à la verdure, (R. de Coîîerye, p. 76.J 

CueiUer pourrez parmi les treiUes... 

Pourpier, persil, lectues nouvelles, 

De quoy vous remplir en vos bouges, 

Et d autres verdures iteUes. (Am. r. Cordel, p. 572,) 

« Od ne mangea point de verdure. > (Journ. de 
Paris, sous Charles VI et VII, p. 148.) — 3« Herbe 
verte : « Par lieus séchiez et par verdure. » (Guiart, 
f. 212.) — « Vous vous formalisez de ce qu'il y a 
« mesaccord entre nos docteurs, et ne considérez 
« pas que les contrarietez des humeurs du corps 
« humain nous tiennent en telle verdure. » (Cont. 
de Chol. f. 55.) — • Trop avez fait grant marché de 
• mes compaignons, trop est la verdure chère dont 
« vous oindez la praerie. » (Percef. l, fol. 140.) — 
40 « La verdure d'un homme, • sa vigueur. (Oud.) 

— 5" « Verdure, » tapisserie qui d'ordinaire ne 
représente qu'un dessin de feuillages verts. 

Verdurer. Devenir vert. (Oudin.) 
Verdurerie. Charge du verdurier. (Monet.) 
Verdupier. Officier chargé de fournir de ver- 
dure et d'herbes les maisons des princes ou 4es 
grands seigneurs. (Nicot.) 
Vere. Vair : 

Mors fet valoir et sac et hère, 

Autant de porpre et robe vere. [Mb. 16i5, /, {. iOS.J 

La voyez vous bien ceste noire 

Qui est assise sur le banc ; 

Par ma foy s'eUe a le cul blanc 

On peut bien dire qu'eUe est vere. (Ch. d'am, p. i66.) 

Veré. Vairé, ouvragé : « Les orphevres paieront 
« pour chaseun marc d'argent blanc et veré deux 
« deniers pour marc. » (Ord. II, p. 320.) 

Vereconde. Modeste : 

Elle abhorrant mariage, aussi fort 

Que si ce fut un crime vU et ord, 

Ëntremesloit parmy sa face blonde 

Une rougeur honteuse et vereconde. [Cl, Marot, p. 53S.) 

VerecoDdIe. Modestie : « Qui de l'amour sépare 
« la verecondie, il luy oste, sans point de faute, tout 
« son aornement et toute sa braverie. » (Amant 
ressusc. p. 451.) — « Dès l'enfance de ma première 
« connoissance. Dieu m'a fait ce bien que j'ai tou- 
« jours deffendu mon honneur, ma chasteté, ma 
« verecondie. » (Am. ressusc. p. 391.) 

Yeredicité. Véracité. (D. C. sous Veridictio.) 

Vereglas. Verglas. (Beaum. p. 23.) 

Verele. Pâturage : 

La rose qui roujoie 

M*a bien mis en verele 

Qu*eschapeir n*en pourroie. [PoH. av. iSOO, II, p. 644.) 

Veresqae. Bourrasque^ (Cbtgrave.) 
Veret. Petit ver, sillon, (Oudin.) 
Yerette. Petite vérole, en Anjou. (Ménage.) 



Verenx. « Vouloir faire le véreux. » (Coquil. 87.) 
Vergage. Droit de jaugeage : « Il ne paient 
« travers, passages, pontenaees... barrages, verga^ 
« ges ou autres exactions. » (Ord. I, p. 67.) 

Ver galand. Bon compagnon, vert galant. (Des 
Ace. bigarr. p. 28.) 

Yergant. Qui use de verges : 

Des qu'U sont batus del vergant 

Dont U amors bat son amant. [Poët. av. iSOÛ^ III^ iOSi^ 

« Mout a baer Le vergant qui son ami cbastie. > 
(Rou, p. 54.) 

Yergantin. Brigantin. (D. C. Vergantinus.) 

Vergaye. Danse. (Nicot.) 

1. Verge. Vierge: 

La verge Marie 

Verge fu norrie, 

Veige Dieu porta, 

Veroe l'aleta. 

Verge fut sa vie. (M. 76i5, 1, f. 60,) 

2. Verge. 1« Fouet : « Gouvernoit le chariot, de 
« sa verge louchant les chevaux. » (Cartheny, Voy. 
du Chev. errant, fol. 127.) — 2» Branches : « Print 
« une verge de laurier en sa main. • (Nuits de 
Strapar. I, p. 225.) — « Au sommet avoit ung pom- 
« mel de fin or dont naissoient trois verges d'ar- 
« gent. » (Percef. IV, f. 4.)— 3* Echalas: « Pendant 
« que les cigales ne cessent de chanter, estant 
« perchées sur les verges, des vignes. » (Merl. Coco. 
II, p. 12.) — 4* Barreaux de râtelier : « Ainsi comme 
a au râtelier avons des verges pour deviser les 
« sièges Fung de l'autre. » (Lanc. du Lac, III, 95.) 

— 5*" Lattes, chevrons : « La douairière en tenue 
« d'entretenir les maisons dont elle jouit par 
« douaire, de pel, verge, couverture, fermeture et 
« menues reparacions. » (C. G. I, p. 720.) — « A la 
« charge d'entretenir les dits edifflces de couver- 
« ture, pel et verge. » (Id. p. 610.)— « Une courtine, 
« goutiere et verges de lict. » (N. C. G. II, p. 258.) 

— 6* Anneaux : « Pinthes d'argent de canetille, 
« enchevestrées de verges d'or , avecques force 
« perles. » (Rab. I, p. 43.)— « U m'envoia une verge 
« qu'il portoil au doigt. » (Comm. p. 201.) — « Unes 
« patenostres d'ambre blanc et une verge d'or. • 
(Confession de Voudreton, A. N. J. 5, p. 4, p. 11,) 

Fermaus d'argent et bons et biaus 

Et les verges et les aniaus 

Trois ou quatre en chasoune main. (Ms. 7Si8, f. S9S.) 

Dans les joutes, celui qui avait eu le dessous 
donnoit une verge d'or. (Mém. d'Ol. de la Marche, 
II, f. 537.) — « Une verge d'or mise au doit était le 
« symbole de l'investiture d'un vicomte. » (La 
Salade, f. 54.) — Aux Aresta amorum^ p. 363, U est 
parlé de verges d'or que l'on mettoit à la boucle 
des souliers. Dans l'habillement des chevaliers de 
l'Ordre de l'Etoile : « Porteront continuellement 
« un annel entour la verge auquel sera escrit leur 
« nom et surnom ; ouquel annel aura un esmail 
« plat vermeil, en l'esmail une estoile blanche. > 
(Ord. II, f. 465.) — 7« Pilier : « Ung ouvrage de fin 
« argent, en manière de pillier, gentement ouvré 
< d'orfaverie, dont la verge avoit dix pieds de 



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f haut. » (Perc. IV, f. 4.) — 8* Mesure de surface : 
f Firent mesurer en quarrure .ixv. verges de 
« terre. » (Monstrel. I, p. 232.) — « Les aires.... se 
« mesurent par mine» et ne porte cbascune mine 
« des dites aides que douze verges à vingt quatre 
« pieds pour verges: » (G. G. I, f. 370.) — 9* Juri- 
diction : « Dedans le verge de nostre hostel. » 
(Britt. lois d'Angl. f. 1.) — « De trespas et de felo- 
« nies faites dedans la verge de nostre hostel 

• laquele verge volons que conteyne la rounde 
« entour .xn. lieues. » (Bntt. f. 68.) — Volons que 
« celuy ministre eytdepoeràlaconisaunce de faux 
c peys et fause mesure par tout nostre verge. » 
(Id. f. 75.) — lOo Baguette, fléau : 

Por quoi U soit droituriers rois 

Selonc ce que dient les lois 

Qui il est verge Dieus en terre. [FdbL S. Germ, f. H,) 

« 11 pensa un petit et puis dit que celle deconfi- 
« ture avoit este une verge de Dieu pour donner 
t exemple au comte. » (Froiss. II, f. 185.) -— « Gar 
« depuis il aveugla et fu batu en la fln de ses jours 
« de teles verges; je ne say s'il avoit Dieu cour- 

• roucé. » (Id. Iv, f. 91.) — « Lance ot d'une verge 
« pelée. . (Ms. 7615, n, f. 192.) - 11* « Verge de 
« berger, » herbe. (Oud.) — 12^ « Porter blanche 
« verge^ » signe de paix. (Britt. loisd'Angl, f. 137.) 

— Ceux qui avaient chez eux des pestiférés devaient 
aussi porter une verge blanche. (Ord. II, f. 382.) — 
IS» « Tenir un héritage par sa verge, » (Laur.) — 
14* « Estre sans verges ni baston. » (Oud.) — 15* 
t Cueillir la verge dont on est battu. » (Froiss. IV, 
p. 144.) — 16o « Donner des verges pour estre 
« fouetté. » (Mont. I, p. 538.) — Hugues, évoque de 
Langres, au concile de Reims en 1049, fut convaincu 
de simonie et donna lui même au pape des verges 
pour être fouetté. (Préf. du P. MabiUon, p. 517.) — 
17o « Avoir des verges saint Benoît, » se dit d'une 
nouvelle mariée. (Rog. de CoUerye, p. 87.) — « Des 
« verges S. Benoit il ne faut qu'un brin pour faire 
« une poignée. » (Moyen de parv. p. 49.) — 18» 
« Gardez vous de vous fouler la verge. » (Oud.) — 
19* « De telles verges ils sont tous battus. » (Gotg.) 

— 20* « Estre parent du costé de la verge, » 
(N. G. G. I, p. 994), du côté du père. — 21- « Elles 
« oyrent soubdainement le cor, ainsi comme d'une 
« verge. » (Percef. IV, f. 135.) — 22- « Une bonne 
« verge porte bien aucunes fois ung mauvais 
« sion. » (Percef. IV, f. 66.) — 23* « Maint homme 
« quent la verge dont l'en le bat premier. > (Ms. 
7218, f. 346.) 

C'est par la verge que se donnait l'investiture des 
fiefs. (Ass. de Jérusalem, p. 105.) — Le seigneur la 
donnait à ses vassaux et à ses justiciers comme 
une marque de juridiction quand ils avaient fait 
leur serment. (Britt. lois d'Angl. f. 8.)— Les hérauts 
d'armes la portaient aussi dans les tournois : « U 
« getta sa verge. » (J. de Saintré, f. 275.) — « Se 
« ils trouvoient icelle justice non se avoir acquitté 
« suffisamment de son serment et avoir fait aucune 
« lâcheté en son office, faisant icelle démettre et 
« lui faire mettre sa verge sur le bureau. » (N. C. G. 



I, p. 325.) — « Les huissiers ou sergens royaux 
« exploittans en leur ressort doivent porter en leur 
« main une verge ou baguette pour toucher ceux 
« auxquels ils auront charge de faire exploit ou 
« commandement de justice. » (Laur.) — De là leur 
nom de sergents à verge : « Porter la main à la 
« verge de justice. » (N. G. G. I, 1041.) — « Manier 
« la verge. » (Mod. f. 244.) — « Repondre sous la 
« verge. » (N. G. G. I, p. 486.) — « Pendre à la 
« verge. » (Id. p. 1064.) — « Adjourner à verge. » 
(Id. II, f. 856.) — « Verge de commandise. » (Perc. 
IV, f. 140.) — 240 Gaule poar la pêche: « S'il n'estoit 
« pas subtil de faire guerres ne sièges, car de jeu- 
« nesse il n'y avoit point esté nourry, mais à pes- 
« cher de la verge aux poissons, en la rivière de 
« l'Escaut et du Lys. » (Froissart, II, p. 192.) — 
« Pescheurs à verge. » (Table des Met. de Paris, 
ms. Meinière, f. 48.) 

Vergée (de terre). Etendue de terre. (Cotgr.) 

Vergele. Petite verge : 

Si prenez une descipline 

Chascune nuit, d'une vergele. (Ms. 72i8f f. S.J 

t. Verger. Jardin planté d'arbustes verts : 
« La ville et le chasteau estoient battus de deux 

• vergers. » (Monstrelet, III, p. 14.) 

2. Verger. Appariteur portant la verge devant 
le magistrat. (Oudin.) 

Vergette. !• Diminutif de verge : « On gouverne 

• le noble cheval de l'ombre d'une vergette^ mais 
« le villain se veult mouvoir à Tesperon. » (Hist. 
d'Alexandre, Tr. des IX Preux, p. 176.) — « S'en 
« iroient en leurs pour()oins ou paletoz, chascun 
« une vergette en sa main. » (Monstrel. III, f. 112.) 

— « Et pour le serpent desvoyer de son entre- 
« prinse, il print une vergette. » (Percef. V, f. 85.) 

— « Comme une plante à vergette n'a point encores 
« fleury. » (J. du Bellay, p. 5.) — 2* Anneau : 

Mon cher sei^eur, portez vous loyaument, 

Ne pensez point à l'annel ou vergette^ 

A TOUS donné ; amés vostre subjecte. (Desch. f. 186.) 

< Puis va aux autres dames et damoyselles, à 
« chascune desquelles il donna une vergette d'or 
« toute emmaillée à fleur. » (Saintré, p. 207.) 

Vergetton. Baguette. (Gotgr.) 

Verghe. Verge : 

Quant à l'un meskiet 
A. Tautro bien siet ; 

Tous jalons 
Est cascuns d'esbatre 
Le verghe à luy batre ; 
Nus n*est paourous. (Poêt. av. iSOO, IV, p. 1302.) 

Verglé. Fouetté: 

Fors ecoUer, autre clergiô 

Sont tuit d'avarice vet^ié. (Ma. 7615, /, f. 7S.) 

1. Vergier. Berger : 

Melz aim cel vergier voir 

A qui j'ai donnée 

Ma loial pensée. (Poët. av. 1300, IV, p. 1531.) 

2. Vergier. Qui fabriaue des verges, des an- 
neaux : « De tant bel artifice, que nul vergier ou 



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« topiaîre ouvrier n'en pourroit faire de sembla- 
« blés. » (Alecl. p. 75.) 
3. Vepgier. Verger : 

En alant tant par long que par lé 

De ce vergier. (G. Crétin , p. 99.) 

Vergilies. Pléiades. (Cotgr.) 

Verglne, Mesure pour la terre. (Virga terrœ^ 
col. 1635.) 

Yergisant. Se dit du bois vert couché à terre 
par Touragan : « Leur voulons donner leur usage 
« du bois, en noslre forest de Poucourt, tant pour 
« cbauffage que pour bastir et édifier ; c'est à savoir 
« de bois mort et mort bois , de bois vergisant et 
« assumetlé. » (Thaumass. Coût, de Berry, p. 410.) 

— « En nous humblement requérant qu'attendu 
« que le bois mort et mort bois ne peut servir aux 
« supplians, sinon pour chauffer et ardoir et que 
« le vergisant et assu mette est gros bois vieiU qui 
« ne peut servir en aucunes parties des édifices, 
« sinon seulement à faire poultres, pousteaux et 
« solles. » (Thaumass. p. 411.) 

Yerglasser (se). Se geler : « Ce sont eaux qui 
« se verglassent et ne fertilisent le champ. » (Cont. 
de Chol. f. 212.) 

Yergne. Aune, verne: « Il a les yeulx rouges 
« comme ung jadeau de vergue. » (Rab. I, p. 249.) 

Vepgner. Garnir une rive de vergues. (D. G. 
sous Guerinagium,) 

Yergogneusemeot. Honteusement. (Honet.) 

Vergogneux. l*» Qui inspire de la honte: 
« Artile se mit à considérer 1 estrange et vergo- 
« gneux acte de son compère. » (Strapar. II, p. 13.) 

— 2« Qui ressent de la honte : 

TeUe est honteuse 

Et marmiteuse, 

Qui, de nuit, par Thuys de derrière 

Ne sera pas iropvergogneuse. (Bios, des Faulc. am, 275,) 

Vergoigne. Honte : « Avec une timidité, une 
« vergoigne et honte modeste et honneste. » (Am. 
ressusc. p. 130.) — • Honneste honte et verjoi^ne. » 
(Id. p. 151.) 

La dame qui cremoit vergoigne 

Le fait revenir à Tostel. fMs. 76i5, i/, f. iU.) 

Vergoignier. Inspirer de la honte : 

Cordelier, sont outré boni et vergoignié. 

Mi. 7218. fol. 341. 
PaveiUons drecent, tentes tendent. 
Desiranz du roi vergoignier» (G. Guiartf f, 337,) 

Yergoingne. Honte : « Hieus vaut plain poing 
« d'onor, que plain val de vergoingne. » (Ms. 7218, 
fol. 338.) 

Vergon. Verge de terre: « Pour un vergon de 
■ terre tenant.... à .1. parisis. > (Dénombrement de 
Hontmor, an. 1396.) 

Vergonder. 1* Deshonorer: 

ai qui nos anemis vergonde. (Ms. 7218, f. i79,) 

Tvsbé, foie, veus tu desver^ 

Et ta cnastee violer, 

Et tonUgnaige vergonder. (Pyrame et Tyshé, f. 98,) 

A poi que tu n'as vergondée 

La corone et le roi de France. pis, 72i8, f, i39,) 



• Vous emmenez Tsabel ma fllle, et sans nul 
« seur estât, car si le roy de France ne la veut, elle 
« sera vergondée à tousjours. » (Froiss. Il, 287.) — 
2o Mépriser : 

Les maus parUers fuir et vergonder 

Car bien doivent à tout le monde déplaire. 

Vatioui, 1400. fol. 65. 

Yergondeux. i* Qui cauçe de la honte : « Sci- 
« pion dit que quant on veut aucune chose entre* 
« prendre en guerre, qu'il n'est riens si vergondeux^ 
• après les choses mai advenues , que de dire, je 
« ne le cuidoie pas. » (Le Jouv. p. 600.) — 2« Qui 
ressent de la honte: « Hector, en visage vergon- 
« deux et comme honteux, pour la présence de son 
« père. » (Tri. des IX Preux, p. 233.) — « De ce 
< furent tous ceux de la Table Ronde vergondeux. » 
(Lancel. II, f. 107.) 

Yergongnable. Qui cause de la honte : 

Vicieuse, non viciable, 

OrgueiUable. non orgueilleuse, 

Vergongnabie, non vergongneuse. [Desch. f, i7.) 

Yergongne. Honte: 

n n*a ne honte, ne vergongne, (Ms. 7989 », f. 89.) 

« Lucrèce ne voulut plus vivre affin qu'elle n'eut 
« point de vergongne du fait que elle en avoit esté 
« commis. » (Floridan, p. 724.) 

Yergongneux. Qui restent de la honte: « L'e- 
nigme raconté par Ariane blessa un peu les 
oreilles des auditeurs lesquels se trouvèrent 
aucunement vergongneux. » (Strap. H^ p. 32.) 
Yergue. !<> Baguette: « Ont aussi de tout temps 
eu le pouvoir d'aller es dits bois couper une 
botte ou deux de vergues pour recouvrir et clorre 
leurs bas(timens. » (N. G. G. I, p. 396.) — « Ainsi 
que l'on voit des bois de telles et diverses natures, 
que les uns bruslent tous verts, comme est le 
fresne, le fayan, et aussitost d'autres qui auroient 
beau estre secs, vieux et taillez de longtemps, 
comme est l'hommeau, le vergue et d'autres, ne 
bruslent qu'à toutes les longueurs du monde. » 

(Brant. Dam. gai. II, p. 63.) — 2» [Vergue de navire; 

voir sous Nef : « Trois masts, trois vergues neces- 

« saires pour les barges. » (B. N. fr. 26009, n* 895, 

an. 1370.)] 

Yergueust. Verjus; S** Barbe s'adresse aux 
bourreaux : 

Truant, mengue un petit, 

S'U te semble, au vergtieust ; 

Mes membres souf, sus et jus. 

Voustiz. (Hist. du Th. fr. II, p. 5i.) 

Yergus. Verjus: « F^r^Msdegrainetd'orenge. » 
(Desch. f. 271.) — • Vergus d'osille. » (Id. p. 271.) 

Or escoutez du fel vergus 
Tempter le vent de convoitise. 

Hist det ra lUriflt, en tém. p. 114. 
Gingembre blanc, graine et doux, non 
User vergus, jeune mouton. (Desch. f. 442.) 

1. Yerifier. Orner de verrières : « Eglise croi- 
« sée, vérifiée , et faite de fort gentille façon. » 
(Matlh. de Couci, Ch. VII, p. 667.) 

2. Yerifier. S'assurer de la vérité : « Vérifier 
« lettres dont il se voudroit aidier. » (Ord. IU, 227.) 



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VER 



Verillette. Petite vrille : « Il y a deux espointes 
« qui sont mises sus la branche à une verillette. » 
(Mod. f. 80.) 

1. Vérin. Vis: « Coffrels, chalils, bancs, tables, 
« lambris de maison, et paremens de manteaux de 
« cheminées tenans à crochets ou vérins seule- 
« ment. » (C. G. I, p. 497.) 

2. Vérin. Petit ver: « Encores sera il bon, 
« quand les caguots auront un mois ou plus, leur 
« faire arracher un petit nerf qu'ils ont sous la 
« langue, qui ressemble à un petit vérin. * (Fouill. 
Tén. f. 124.) — « Quand les chiens sont malades, à 
< cause des vérins qu'ils ont dans le corps. » 
(Id. f. 123.) 

Veriné. Orné de verrières: « Maison de bois 
« toute verinée à Tentour. » (Gloss. de THist. de 
Paris, III, p. 356.) 

Verisible. Vraisemblable : 

n ne doit estre verisible 

Puisque chiens ont voix flexible 

Qu'ils ne puissent chanter motetz. (G, de la Bigne^ i34,) 

Verisimilitude. Vraisemblance : « Aristote 
« nous entasse ordinairement un grand nombre 
« d*autres opinions et d'autres créances pour y 
« comparer la sienne, et nous faire voir de combien 
« il est allé plus outre, et combien il approche de 
« plus près la verisimilitude. » (Mont. Ess. II, 315.) 

Véritable. « Son maistre luy respond que c'es- 
« toit tout un de dire cela est raisonnable, ou cela 
« est véritable, et qu*il n'y avoit nulle différence. » 
(Bouchet, Serées, III, p. 253.) 

Vérité. !<> Qualité par laquelle les choses appa- 
raissent telles qu'elles sont : « Tenir vérité^ » tenir 
sa parole. (Commin. p. 165.) — « Ajouter vérité. » 
(Froissart, III, p. 142.) — a II est plus vrai que la 
« même vérité. » (Strapar. II, p. 373.) 

En grant veritez et fables 

Entrasmes en la mestre rue. (Ma, 1615, II, f, 488.) 

« Grande dispute la vérité rebute. » (Cotgr.) — 
« Par trop débattre, la vérité se perd. » (Cotgr.) — 
« Il ne se faut jamais jouer à faire mal, ny se railler 
« de la vérité. » (Strapar. I, p. 231.) 

Vérité n'épargne nuluy. (Fauv. f. 76. J 

Qui de vérité fait son conte, 

n ara du monde assés honte. [Mod. f. S70.) 

2*" Assises : « Afin de préserver le commun des 
« manans, et sujets demeurans dans le plat pays, 
« de toutes pilleries, de vol et dommage faits en 
« cachette et secrètement, le susdit grand bailli ou 
« son lieutenant devra tenir des verite% secrettes 
« dans les paroisses... où chascun qui sera ajourné 
« sera obligé de comparoistre et de dire ce qui sera 
« de sa connoissance. » (N. C. G. I, p. 1161.) — 
« L'on tiendra lest;én^é2^ouenquisi lions générales, 
« au moins de sept ans en sept ans , auxquelles 
« enquisitions on prendra connoissance de tous 
« faits criminels et civils, commis illogiquement,... 
« et non jugez depuis les dernières enquisitions. » 
(Id. p. 837.) — • Il y avoit des vérités d'aoust, que 
« le mayeur et les échevins tenoient tous les ans. > 



(N. C. G. I, p. 453.) — « Iceux hauts justiciers et 
« seigneurs vicontiers, leurs baillifs, ou lieutenans 
« peuvent, parleur justice, faire adjuger veritez 
« générales une fois l'an en leurs terres et seigneu- 
« ries, et de trois ans en trois ans , es terres et 
« seigneuries de leurs vassaux et inférieurs. » 
(C. G. II, p. 899.) 

Veritei. Même sens: « Et sachiez, sire, que de 
« fié oh ne va mie par avoement, selonc l'usage du 
« pais, mais par pure veritei, et par loialenqueste, 
« ne por avouement n'est en saisine de fié, cel de 
« cui on Tavoue, ne n'en va en sa court. • (Du 
Chesne, Généal. de Bar-le-Duc, p. 33, an. 1249.) 

Veriteus. Véritable : 

Nule autre amors n*est mes iteus 

Si fine, ne si veriteus, (Ms. 7218^ f. i$2.) 

Verjus. « Prendre verjus et moutarde. » (Contr. 
de Songecreux, f. 49.) — « Estre mis au verjus. » 
(Cotgrave.) — « Roches qui ne' sont pas bonnes à 
« menger au verjus. • (Froiss. II, p. 294.) 

La court cest fiour, c*est le raisin, 

Le vray verjiis et le vray port 

De tout honneur. (Contred. de Songecr. f, i7i.) 

« Verjus miellé. » (Cotgr.) 

Verm. Ver: « Ce m'est tout ung pourveu que 
« la tranche file n'y engendre les verras. » (Rabel. 
II, p. 129.) 

Vermail. Vermeil: « Deux muys de vin blans 
« et deux de vermail. » (D. C. sous Vermelius.) 

Vermain. Vermine: « Vermain et escurues 
« n'en puis mais point avoir. » (Poët. av. 1300, 
I, p. 176.) 

Vermand. Vermandois : « Larrons de Ver- 
« mand. » (Merc. de France, an. 1735, p. 262.) 

Vermanlx, aus. Vermeil, rouge : « Quant le 
« roy passa devant icelle ville de Neelle, ils avoient 
« leurs murs couverts de couvertoirs la pluspart 
« vermaulx. » (S. Remy, Ch. VI, 86.)—» Les bruns, 
« les vermaus et les pales. » (G. Guiart. f. 312.) 

Vermeal. Verminière, endroit où grouillent 
des vers : 

Le patron fait le timon gouverner... 

Deus mas y a, mainte antene aprestée, 

Becuit véreux, poulx, puces et ras 

Le vermeal f les vers en Teaue à tas. (Desch, f. i9.) 

1. Vermeil. Eodroit où le sanglier a remué la 
terre pour y chercher sa nourriture : « L'autre ma- 
« niere de menjues où le sanglier et les bestes 
« noires vont mengier est appelle vermeil. » (Mod. 
fol. 43.) 

2. Vermeil. !• Adj. « Sanz vermeil. » (Marg. 
de la Marg. f. 62.) — « Escarlatle vermeil. « (Matth. 
de Coucy, p. 732.) — « Veloux vermeil. » (Vig. de 
Charles Vif, II, p. 71.) — « Bonnet vermeil. » (Id. 
p. 72.) — . Vin vermeil. » (Rab. II, 138.) — « vin 
« blanc et vermeil. » (Id. p. 58.) — « Or vermeil. » 
(Oud.) — 2® Subst. Pourpre : « Robbe de vermeil. » 
(Arrest. amor. p. 13.) — « Couvert de vermeil. » 
(Ger. de Nev. I, p. 98.) — « Le vermeil lui cort à la 
« face. » (Fabl. S. Germ. p. 340.) 



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VER 



Vermeilease. « Prenez une herbe qui est 
« appellée par son nom vermeileuse. » (Hod. f. 32.) 
Vermeille. Féminin de vermeil : 

Couleurs jaunes, yndes et rouges. 

Verz, vermeilles et desguisées. (G, Guiart, f. SU,) 

« Devenir vermeille, » rougir. (Slrapar. I, 259.) 
— « Teste y aura vermeille. » (Rou, p. 89.) 
Vermeillement. Adv. De couleur vermeille : 

• Si commencèrent à parler du chevalier vermeil- 
« lement armé. » (Lancel. II, f. 110.) 

Vermeiller. Rendre rose : 

De la terre cueUlit les œiUetz, roses, liz. 

Pour vermeiller et argeuter sa face. (L, le Caron^ f. 69,] 

Pâlir et vermeiller. (Ma. 7218, f. S67.J 

VermelUet. Diminutif de vermeil: 

Doncques bienheureux œUlet, 
Doncques œUlet vermeillet, 
Tu jouiras, sans mérite, 
Du sein de ma pancharite. 

Doraot, à It wiite do Bonnefont, p. 87. 

Votre visage en douceur tout confit 

Semble à la fresche et vermeillette rose. (C. Marot, 407.) 

Faces venneillettes, 

Petites boucettes. (J. Marot, f. i63.J 

VermelUeure. Couleur vermeille : « Vermeil- 
« leure des roses. » (Poés. de L. lei Caron, f. 45.) 

Vermeilleuse. Voir Vermeileuse: « Prenez 
« une herbe qui est apnellée vermeilleuse et en 
« médecine filage. » (Mod. f. 132.) 

Yermeillier. Vermiller.en parlant du sanglier ; 
fouiller la terre avec le boutoir pour y chercher des 
vers, des racines : ^ Autres manières de mengues y 
« a que l'en appelle vermeillier. C'est quant ils (les 

• sangliers) boutent et reversent la terre du groing 
« devant, pour quérir les vers et la vermine de la 
« terre qu'ils menguent. » (Gast. Phéb. p. 161.) — 
« Ils vermeillent et menguent toutes vermines. » 
(Id. p. 60.) 

Yermeillonné. Vermillonnée : « Femme fardée 
« et vermeillonnée. » (Bouchet, Serées, I, p. 151.) 

Vermelaté. Vermeille : « Escallate vermelate.» 
(Compte de 1244, dansD. C. sous Vermelattis.) 

Vermendois. Vermandois : « Pais de Verm^tir 
« dois. » (Chr. de S. Den. II, p. 74.) 

Vermenier. Vermine : « Ces meschans jobe- 
« lins, vermeniers, ennemis de nature et de toutes 
« bonnes choses. » (Desperr. I, p. 100.) — « Toute 
« son intention estoit que le monde ne fut pas 
« infecté de ces meschans et maudits vermeniers et 
t que les hommes, de là en avant, vequissent en 
« paix et en amour. » (Desperr. I, p. 92.) — « Les 
« vermeniers ne leur troubloient point le cerveau.» 
(Id. p. 98.) 

Vermet. Vermine : 

Et oy royseau qui la lumière fuit 

Gomme un vermet, maistre de sa cendre. (Bellay, 437.) 

« L'autre saison fâcheuse... est en juillet et aoust, 
« à causes des véhémentes chaleurs et des mouches, 
« puces et autres vermets qui les tourmentent. « 
(Fouill. Vén. f. 7.) — « Vostre mort envers celle de 



« Sa Majesté est semblable à celle d*un vermet à un 
« éléphant. » (J. d'Auton, Ann. de Louis XII, 222.) 
Yermeus, euz. Vermeil : « Que le bout de la 
« queue soit blanc, et les mers de la queue bien 
« vermeus. » (Mod. f. 109.) 

De gueules estoit ses escus ; 

Plus est vermeuz que nul sinople. [Ma. 7615, II, f. i89.) 

Vermical. 

Trop me fait mal 
Quant je vous laiz, pour aprendre à humer, 
Desormes faut boire à un vermical. (Desch. f. 2i0.) 

Yermieulx. Vermeil : « Et que le bou de la 
« queue ne soit blanc de plain poulce d'elle, et les 
« mers de la queue bien vermieulx. > (Hod. f. 58.) 

VermII. Ver: « Salomon dit que tout aussi 
« comme la tache ou le ver ne nuest à la robe ou 
« le vermil au bois, tout ainsy griefve tristesse le 
« cueur. » (Chev. de la Tour, mstr. à ses filles, 72.) 

VermlIIé. Peint en vermillon: • Et la première 
« lettre dou comancement estoit enluminé d*or et 
« toutes les autres rubrices estoient vermillées. » 
(Assis, de Jérus. ch. IV, p. 15.) 

Vermillet. Diminutif de vermeil : 

Maistre, et quel vin ? Au froit faittes Tassaulx 

Qui soit rayant, gracieus, vert. clu«t, 

Frique, fHant, odorant, vermillet. (Desch. f. 240.) 

Vermilller. Rougir : 
En la forest jadis noble et déserte 
A le sanglier vermillié la fouchiere. (Desch. f. 49.) 

YermlIIis. Sillons tracés par le sanglier qui 
vermille : « Le vermillis en est aussi plus petit que 
« les bestes noires et qui ne se suit pas, traversans 
« les sillons qu'il rencontre ce oui fait que la beste 
« noire qui suit son vermillis très longtemps sans 
« discontinuer, mais le pourceau le fait en un 
« endroit et puis en un autre. » (Sain. Vén. p. 294.) 

Vermillonner. Rendre rouge comme du ver- 
millon : 

C'est trop belle bergère ; épargnez ma pudeur, 
Ou TOUS aUez bientost vermillonner ma joue. 

Le Berg. extrav. de Thom. Gomeille, «et. m, ic. IV. 

Yermin. Vermine : 

Lors te menjuent U mastin 

Et U oisel et li vermin. (Ms. 7218, f. 268.) 

Vermine. « Revers eut la terre du groing 
« devant, pour quérir les vers et la vermine de la 
« terre qu ils menguent. » (Gast. Phéb. p. 161.) 

1(1 marz tout droit en cel termine 

Que desous terre ist la vermine. (Ms. 7218, f. 305.) 

« Ils vivent d'herbes, de fruit, de miel, de chair 
« crue et cuitte, quand ils en peuvent avoir ; de 
« laict, de gland, de febves et de fromis et de toutes 
« autres vermines. • (Fouill. Vén. f. 107.) 

En la saison que la vermine 

Qu'au souz terre tout Fy ver mine, 

Se met en Vair en aparant. (G. Guiart, f. 32.) 

« Il y avoit assemblé entour elle plusieurs cou- 
« leuvres et autre vermine qui la mordoient. » 
(Percef. I, f. 67.) — • Adonc le mordoient serpens, 
« couleuvres, crapaulx, lézardes et toute autre 
« manière de vermine. » (Id. II, f. 91.) — • Mourir 



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VER 



« de vermine. » (Mousk. p. 326.) — « Y avoît grant 
« herpaille et vermine. » (Vig. de €h. VII, 1, 193.) 

Verminer. Lire peut-être vermiller : « Depuis 
« pour parler en paroles couvertes, on a dit baster 
« rasne, pour signifier faire, verminer^ besongner.» 
(Moy. deparv. p. 291.) 

Verminge. « Nous parlions de faire le petit 
« verminge et de voir les pièces. » (Moy. de parv. 
p. 288.) 

Verminier. Vermine : 

N'y demoura ne pois, ne febyes, 
Dont ne tatassent des premiers 
Rats et souris et verminiers, (Uonstr. J, p. 393,) 

Verminiere. Trous de vers. (Marot.) 
Vermoullr. Causer la pourriture. (Cotgr.) 
Vermoulure. Pourriture occasionnée par les 
vers. (Beaum. p. 204.) 
Vernacle. Vin de Garnache. (D. C. Vemachia.) 
Vernacule. Indigène : 

Comme j'ai veu, par le tien opuscule. 

Lequel est faict en langue vernacule. (Gouj, hïbl,XIy348.) 

Et qui mieus est, par tous ces opuscules, 

Qui sont tissuz en termes vemacules. fid. p. 3i4,J 

Yernage. Etat de ce qui est fortifié de baies. 
(D. C. sous Guerignagium.) 

Vernant. Printanier : « Qui esmeut les oysil- 
« Ions des champs à si mélodieusement chanter, 
« fors la vemante saison et le vert gay délectable.» 
(Sicil. blas. des coul. p. 12.) 

Vernedé. « Ayant achevé sa vernedé. » (Bouch. 
Serées, III, p. 74.) 

Yerné. Orné : « Sur son chief portoit un très bel 
« cbappel ou estoient trois belles plumes en façon 
« d'autrusse, faittes de très riche broderie, vemées 

• de petits dyamans , rubis , ballais et aultres 
« pierres. » (J. de Saintré^ p. 266.) 

Vemenx. Filet : « Disans que il ne povoient 

• mettre en rivière... aucuns engins, vrins, lignes, 
« hamessons, vemeux. » (Ord. V, p. 208.) Lire 
Verveux. 

Vernlcer. Vernisser. (Cotgr.) 

Yernillage. Action de baguenauder. (Cotgr.) 

Yemilles. Bagatelles. (Oud.) 

Vernis. « La lyonnesse le va ferir de la dextre 
« pâte sur Tescu qu'il luy geta au devant si roide 
« qu'elle en griffa le tainct et le vernis. » (Percef. 
U, fol. 51.) 

Veroillié. Verrouillé : « Quar il trova l'uis 

• veroillié. » (Ms. 7218, f. 203.) 

Vérole, oUe. « Quand la dite dame espousa le 
« dit duc d'Drbin, elle ne Tespousa pas seule, elle 
« espousa la grosse vérole quant et quant. > (Hém. 
de Rob. de la Mark, p. 339.) ~ « L'admirai demoura 
« en Lorraine pour un mal de teste qu'il avoit qui 
« s'appelle la grosse verolle. » (Id. p. 371.) — Cette 
sorte de maladie a été aussi nommée le mal brun 
françois (Hist. de Thou, I, 6, p. 442) ; le mal fran- 
çois simplement ; elle est née en Amérique. Les 



compagnons de C. Colomb qui découvrirent cette 
partie du monde la gagnèrent dans le pays et l'ap- 
portèrent en Espagne. Les Espagnols, maîtres alors 
de l'Italie, la communiquèrent à cette partie de 
l'Europe. Les armées françaises étaient aussi dans 
l'Italie et disputaient plusieurs provinces aux Espa- 
gnols. Elles ne servirent qu'à la répandre davan- 
tage, et la haine que les Italiens avoient pour les 
François leur fit croire que ce mal venoit d'eux et 
le fit appeler le mal françois. — « Vérole ou rou- 
« geôle. » (Rob. Eslienne.) — « Vérole cardinale. » 
(Sauvai, Amour des rois de France, III, p. 40.) — 
« Grant mortalité estoit, en celluy temps, especial- 
« lement sur petis enfans, de boce ou de verolle 
« platte. » (Jour, de Paris, sous Charles VI, p. 155.) 
— « Vérole de Rouen et crottes de Paris ne s'en 
« vont jamais qu'avec la pièce. » (Rabel. V, p. 98, 
Le Duchat.) — « Une maladie advient aux yeux des 
« oiseaux appellée plus communément la taye en 
« l'œil et par aucuns ditte vérole. » (Fouill. faucon, 
p. 18.) — « Maistre Halopin a laisse par escrit que 
« pour remède prompt et seur à ce mal de la taye 
« en l'œil que lui mesme appelloit verolle^ faut 
« prendre de Tescaille de tortue. » (Id.) 

Veron. Petit poisson : « Il prent une poignée de 
« petits poissons qui sont fort communs en la 
« rivière de Mince... toutes fois les grandes annales 
« de Cipade contiennent que Berthe n'avoit pas 
« pour lors des ables et des verons. » (Merl. Cocc. 
I,p.40.) 

Sa baniere ta d'ua obar 

Bien entr'armée de verons. [Bat. de Quaresme, f. 9S.) 

« Il faut perdre un veron pour pescher un saul- 
« mon. » (Colgrave.) 

Véronique. [D'après la légende, sainte femme 
qui aurait appliqué un suaire sur le visage de Jésus 
Christ ; les traits du Sauveur y seraient restés em- 
preints; cette relique se conserve actuellement à 
S. Pierre de Rome. Mais Véronique n'est pas une 
sainte; c'est le nom du portrait lui-même : vera 
^xœy. Mais M. A. Maury, dans les Croyances et 
légendes de l'antiquité, p. 334, remarque que le mot 
devrait être vericona; pour lui verieona est peçoyixij, 
autre forme de Bérénice ; ce mot fut transporté par 
altération à une TtQovyixny espèce d'éon (émanation 
éternelle sortie du sein de l'Un) dont les gnostiques 
donnèrent le nom à l'hémoroïsse de l'Evangile; 
plus tard la légende du Saint Suaire et de la Sainte 
Face s'y mêlèrent et Ton eut Véronique. Ce mot 
était synonyme de portrait.] — « Icy approche 
« Veronne ung couvrechef surla face de Jésus et la 
« véronique y demeure. » (Hist. du Th. fr. 405.) — 
« Disoit que c'estoit sa vraye semblance, en l'ap- 
« pellant souvent par ce mesme mot la véronique 
« du petit roy Charles VIII. » (Brant. Cap. fr. 1, 22.) 

Veroulllé. Verrouillé : « Virèrent le pont qui 
« n'estoit cliqué ne verouillé. » (Monstr. II, 10.) 

Veroy. « Quod si neque scabînos neque jurâtes 
« testes haberit, par le veroy eu m vocabit, id est 
« solà manuu faciet jusjurandum. » (Thaum. Coût, 
de Berry, p. 233.) 



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VER 



Verrassée. Contenu d'un verre : « La cour le 
« condamne en trois verrassées de caillebottes 
« assimentées. » (Rabel. IL p. 135.) 

Verrat. Sanglier : « Escumant de grande colère 
« comme le verrat mis aux abboys. » (Dom Florès 
de Grèce, f. 157.) — « Paillard comme un verrat. » 
(Cotgrave.) 

1. Verre. Toison, dans S. Bern. Serm. ms. 359. 

2. Verre. « Verre fin, » pierrerie fausse. (Contr. 
de Songecreux, fol. 19.) — « Le remède est : fais 
« poudre d*encens masle , de litarge , de verre 

• Alexandrin. » (Fouill. fauc. f. 84.) — « Regarder 
« à verre dormant. » (Printemps d Yver, f. 56.) — 
« Droit de verre. » (Cotgr.) — « Aussi facilement 
« que d'avaller un verre de vin. » (Oud.) — « Vous 
« lui ferez faire pour un verre de vin. » (Oud.) — 
« A grand homme grand verre. » (Colgr.) 

1. Verre. Garni de vitres: « La mena en sa 
« très gente sallette, ...très bien tendue, tapicée et 
« natée et les fenestres vengées. » (J. de Saintré, 
p. 558.) — « Mena ma dame en sa chambre qui 
« estoit très bien tendue, nette, tapicée et verrée. » 
(J. de Saintré, p. 557.) 

2. Verre. Vairé, ouvragé: • Luy donna,*le jour 
« de ses nopces, .u. taces d'argent à pieds, gau- 
« dronnées,t;err^esaux bords et aux pieds, pesants 
« ensemble 30 marcs. » (Et. des offlc. des ducs de 
Bourg, p. 201.) ~ « Donna six tasses d'argent 
« verrées pesant dix marcs. » (Id. p. 115.) — « Donna 
« six tasses d'argent verrées au bord et martelées 
« au fond, pesant deux marcs la pièce. > (Id. 118.) 

VerrelL Vitrail : 

Nabugodonosor emprendre 

Voult contre Diea ; mais le verreil 

Que nul fors lui ne puet comprandre 

Le cassa en pouldre si dueU. (Desch, f. 309,) 

Verrer. Balayer : 

C'est par defaute de cuer fin, 
Qui ne se veut meUer de guerre^ 
Car avarice si l'en verre. 

Uial. d« France, i U mite de Panrel. f . 70. 

Verrerie. Lieu où se traite le verre. (Cotgr.) 

Verreux. Véreux : « Faire les pois verreux. » 
(Cotgr.) — « Chevrel est de telle nature que il ne 

< demeure pas voulentiers en païsoùil ait fourmis, 
« car il a la chair si sensible qu'il vuide le pays où 

< les fourmis demeurent, et aussi bet à demeurer 
« en pays verreux. » (Modus, f. 39.) 

Donc ne déplaise aux fauconniers verreux 
Leur estât n'est approchant des veneurs. 

FottUl. Véa. f. 93. 

Verri. Diaphane. (Cotgrave.) 

1. Verrier. Qui travaille le verre : « Il court 
« comme un verrier deschargé. » (Oud.) — « Le 

* verrier n'en battra pas sa femme. . » (Oudin.) 

2. Verrier. Voyer : « Aussi compote et appar- 
« tient aus dicts ce Saint-Vaast le droict de flos, 
« flegards, chemins et verrier. » (Nouv. Coût. 
Gén. 1, p. 442.) 



Verrière. Fenêtre garnie de vitres : 

N'i a fenestre ne verrière 

Qui rende clarté ne lumière. (Ms. 7218^ f. SU,) 

« Avoient apperceu à travers leurs verrières et 
« fenestres. » (Et. de la France sous François II, 
par La Planche, p. 578.) 

En la meson a six verrières 

Trois par devant et trois derrières. (Ms. 7Si5, f. Siî.) 

Car en disnant Phebus, par la verrière 

Sans la briser, vendra voir ses supposts. 

Cl. Marot, f. 864. 

« Il voyoit aucunes fois la lueur de la chandelle 
« par les verrières. » (Arest. amor. p. 47.) 

Mais chantoit Ten dedens une logette/ 
Ou es granches, tout le plus et le mieulx ; 
Lors ung curé si servoit en troys lieux : 
Et n*y avoit ne lampe ne verrière. 

Vigfl. de Chwks Vn, n, f. 191. 

Cela est cler comme jour en verrière. (Crétin, p. 90.) 

Est descendus 

Li haus sires del ciel la sus, 

Par si glorieuse manière, 

Com li solaus car sa verrière 

Entre, sans fraindre et sans percier. (Ms. 7218, f. i04.) 

VerrlD. !• De verre. (Cotg.)— 2» Fragile comme 
le verre : 

Et que sert monceaux amaàser 

D*or et d'argent, quand nostre vie 

Fresle et verrine a se casser 

N'en permet jouyr. (Baif, p. 69.) 

3® Transparent : 

Ou nez ot estroltes narrines 

Qu'ele ot gresle et lonc et verrines. (Ms. 72i8, f. 280.) 

Verrine. [!• Verrière : « Pour une verrine 
« blanche à un escuchon de France, achetée de 
« Simonnet le Verrier, pour mettre à une fenestre 
« du compteur où ledit receveur fait la dite recopie 
« pour ce que aucunes foiz que il pleut le vent 
« chace la pluie sur les pappiers et escrips de la 
« dite recepte. » (A. N. KK. 350, f. 78^, 20 janvier 
1372.) — « Et estoit la plus belle verrine que 
« jamais on vit et la moitié de la maison estoit 
« toute de verrine. » (Rob. de la Mark, p. 375.) 

L'aube du jour» de couleur purpurine, 

Qaire et luysant comme beUe verrine. (Crétin, p. 2S7.) 

2» Verre de lunettes : 

Lors on verra sans lunette ou verrine 

Qui est plus digne. (J. Marot, p. 202.) 

Verrot. Verrat : « Un chascun seigneur féodal 
« peut, en son tenement, avoir... colombier^ tenir 
« thoreau et verrot. » (G. G. I, f. 688.) 

Verrouiller^ ouller. « L*huis fut à coup 
« verrouillé. » (Percef. III, f. 156.) — « Il trouva 
« la porte bien fermée et verroulîée. » (Bertr. du 
Guescl. p. 332.) 

Verroalllet. Petit verrou. (Oudin.) 

Verrucaire. Herbe qui guérit les verrues. 
(Cotgrave.) 

Verrueil. Filet. (D. C. sous Vertebolum.) 

Verrueux. Qui a des verrues. (Cotgr.) 

Verraqae. Verrue. (Cotgrave.) 



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VER . 



4. Vers. Sanglier: 

JÀ pourceaulx disoit et li vers 

Que plus nobles estolt que li cers. (Desch, f. 467,) 

2. Vers. Vert : « Mencaudées de bleds vers. » 
(Du Chesne, GénéaU de Bélhune, an. 1247.) — 
« Estre verSy » étourdi. (Deschamps, f. 493.) 

3. Vers; Vair : 

Les elx a vers comme faucons. (Ms. S. Germ. f. 176.) 

J'ay vers yeux, petits sourds, 

Le chief blont. (Desch, f. i73.) 

4. \ ers. Préposition: 

Hé, fiUe, levez la ohiere 

Vers vostre seignors : soiez fiere. (Ms, 76i5, Ily f, d74,) 

5. Vers. !• Assemblage de mots mesurés et' 
cadencés : « Tl trespassa au royaulme de Ghipre et 
« fu porté en Jérusalem, sur laquelle sépulture 
« sont escris ses vers, » (Ass. de Jerus. p. 186.) — 
« Vers rithmés. » (Perceforest, VI, f. 21.) — « Vers 
« rimes. » (Mod. f. 301.) — « G'est assavoir que 
« verelais se font de çluseurs manières , dont le 
« refrain a aucunes fois quatre verSi aucunes fois 
« cinq, aucune fois six. • (Desch. f. 398.) — « Vers 

* alexandrins. » (J. Marol, p. 102^ — « Vers de 
« longue ligne. » (Gr. du Maine, Bibl. p. 414.) ~ 

* Vers accordans. » (Des Ace. Bigarr. p. 131.) — 
« Vers couronnez. » (Id. p. 148.) — « Vers crois- 
« sans. » (Id.) — « Vers decroissans. » (Id. p. 149.) 

— « Vers rétrogradez. » (Pasq. Rech. p. 645.) — 
■ Vers rétrogradez par lettres et par mots. » (Des 
Ace. Bigarr. p. 83.) — « Vers léonins. » (Id. p. 119.) 

— « Fier« letlrisés ou paranomes. » (Id. p. 108.) — 
« Vers rapportez. » (Id. p. 105.) — « Qui ne sçait 
« pas faire un vers est un sot, et qui passe deux est 
« un fou. » (Gouj. Bibl. fr. t. XIV, p. 353.) — 2« Pièce 
de poésie : 

Cil jugleor en piez s'esturent^ 

S'ont vieUes et harpes prises 

Ghançons, laiz, sons, vers et reprises 

Et de geste chanté nos ont. (Ms. 7615, II, f, 188,) 

3* Gouplets : « L'epitre Saint Bernard en chançon 

* royal de cinq vers sur le gouvernement de mai- 
« son. » (Desch. f. 436.) — « Entre .n. vers, la tierce 
« meure. • (Prov. du Vilain, ms. S. Germ. f. 89.) 

— 40 Verset : « Alléguant ce vers du pseaume. » 
(Godefr. Annot. sur Gh. VI, p. 564.) — « Il com- 
te mença à reciter cette docte oraison par les 
« mesmes vers desquels avoit usé Populus. » (Groix 
du Maine, Bibl. p. 183.) 

6. Vers. Verso : « Le vers leur changea. » 
(Percef. III, f. 153.) 

7. Vers, Pluriel dev^r: « L'autre manière de 
« filandres, lesquelles aucuns ont appeliez vers^ 
« viennent aux cuisses des oiseaux. » (Fouilloux, 
Pauc. f. 27.) 

8. Vers. Ghalnes : 

De traiz, comme Saint Soubastiens 

Soit de sajettes en la fin, 

Et mis en vers et en liens. (Desch. f, 2iS.) 

Yersable. Ghangeant : 

Considérons nos grans fragilitez, 
Nostre aage brief, le hault juge esperitable. 
Les cas soudains, la fortune verscîble. (Desch, f. i04.) 
x. 



Versallie. « Aller à Versaille, » renverser. 
(Oudin.) 

Yersaine. Versage ; jachère qui a reçu un pre- 
mier labour : « Vaine pasture s'entend et s'extend 
« es chemins publics, charrieres.... semblablement 
« terres en friches, versaines, soumartz, ou fralis, 
< comme héritages non ensemencez, ouverts et 
« non clos. » (N. G. G. II, p. 1095.) 

Versâtes. « Lettres v^rsaZ^s, » majuscules com- 
mençant les vers. (Rabel. II, p. 129.) 

Versation. Malversation : « Quelque mauvaise 
« versation faite dans les finances. » (Hontluc, 
II, p. 482.) 

Versault. Action de renverser : 



Prudence n'est pas en sault. 
Toute noblesse m'oublie ; 
Loyaulté est endormie.... 
Congnoissance en droit versault. 
Pité, largesce est perîe. 
Mais convoitise est en fault 



(Desch. f. 78,) 



Oui fait de chascun versault. (Desch, f. i75,) 

1. Verse. Forme verbale de verser : « Pleuvoir 
« à la verse. » (Oud.) 

2. Verse. « Feurent ouys du mole dix coups de 
« verses et faulconneaux. » (Rabel. IV, p. 10.) 

Versefierres, VersiQcateur: 

Uns versefierres jadis estoit 

Oui bons vers et jadis faisoit. (Fabl. S. Germ. f. 4.) 

Versenne. Sillon, en saintongeais , d'après 
Ménage. 

Verser. 1* Refouler : « Toutesfois eut Ton veu 
« le plus puissant, se ne fut le tournoy qui versa ' 
« sur eulx, dont il n'eurent espace, sinon de monter 
« sur les chevaulx, car ilz eussent esté défouliez. » 
(Percef. VI, f. 75.) — 2* Etre versé dans : • Ge que 
« j'en ay dit, je n'entends qu'il prejudicie à Thon- 
« neur de ceux qui versent, comme il appartient, 
« en leur art. » (Apolog. pour Hérodote, p. 220.) — 
a*» Pratiquer: « Gombien fidellement il avoit versé 
« en sa charge. » (Ess. de Mont. II, p. 44.) — « Geux 
« qui cheminent droitement en la vocation en 
« laquelle Dieu les a apellez, et qui y versent 
« comme devant luy. » (Apolog. pour Hérodote, 
p. 209.) — 40 Etre versé dans: « Verser es saintes 
« lettres. » (Gontes de la reine de Navarre, p. 63.) 
— 50 Renverser : 

Les nrodomes doit on tenir molt chiers, 
LÀ ou il sont et servir et amer ; 
Mais à paines en puet on nus trover 
Car ils sont mais, si com li faus deniers, 
Qui ne se puet en trebuchet verser. 

Cbans. da comte Thibaut, p. 444. 

Voyez fortune ainsi que aujourd'huy verse, 

G. Crétin, p. 194. 

« Monte en ton bateau et fay tant, avec la rame 
« et ton corps, en le versant du costé que Teau y 
« puisse entrer. » (Nuits de Strapar. I, p. 178.) — 
« J'en veulx avoir le déduit de le chasser et de 
« l'occire quant il sera versé. » (Percef. II, f. 9.) 

Et quant je voy telz estas fortunez 
Versez ainsi et que fortune bat. (Desch. f. 339.) 

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VER 



n amoit Dieu 
Qui Tavoit versé de son lieu 
Pour esprouver sa pacience. (Desch, f, 532,) 

Tant fièrent entre eus sus ses armes 
Que son destrier souz lui verse, (G, Guiariy f. 257,) 
Fait rà terre verser, [Poêt. av. iSOO, III, p, i286.) 
Sanloit une foudre qui de ciel fut versé, 

Poét. av. 1800. IV. p. 1365. 
J'entends céans, en nostre court perverse, 
Où tel repaist qui avant soupper verse, [G, Crétin, 208,) 
Cest cist siècles cur il covient verser. 

Chant, du comte Thibant, p. 8. 
S'aucun mousart venoit qui le voloit horter 
Maquesai ne poroit sans se queval verser, 

Poét. at. 1800, IV, p. 1365. 

« Faire verser de Irait. » (Mén. Du Guescl. p. 263.) 
— « Estre au versant. » (Froissarl, I, p. 99.) — 
« Versez à revers. » (Hisl. de France, à la suite de 
Fauvel, f. 85.) — « 11 n'est si bon chartier qu'il ne 
« verse. » (Colgr.) — 6- Changer : « Voilà comme 
« la fortune verse ses tours. » (Brant. Cap. fr. III, 
p. 66.) — 70 « Se verser, » baltre la campagne. 
(CoquiU. p. 84.) 

Versestat Changement: « Le flux de profusion 
« qui n*est qu'un versestat, » (Lett. de Pasquier, 

m, p. 710.) 

Verset. Prétérit de verser; poussa : 

Tellement que ledit fosset 

AUoit sur l^aue et la rivière 

Ainsi que le vent le verset, 

Adès avant, adès derrière. (Vig, de Ch, Vil, 1, p. i66,) 

Versif leur. Versificateur : 

Ainsi je preuve ma major 

Par ung très bon versifieur, [Gace de la Bigne, f, 78.) 

Versllller. Réciter verset par verset : 

Et Turpin quant l'en vit billier 

Reprist son syaume à versillier. (G. Guiart, f, i45,) 

Yersis. « Bois chablis et versis. • (Hém. de 
Sully, X, p. 229.) 

Versoier. Mêler. (Borel.) 

Versoz. Pluriel de ver; vermine : 

Ouar moult redoute le tonnent 

Qu'il ot eu premièrement 

Des laisardes et des versoz 

Et des coluevres et des boz. (Ms. S. Germ, f. i88,) 

Verssent. Renversent : 

Maisons verssent, flameiches volent 

Tout le païs environ fume. (G, Guiart, f. 27.) 

Versure. Action de verser. (Cotgr.) 
Vert. Expressions: « Locques frittes au vert 
• aillet. » (Récils d'un bourg, de Valenc. p. 58.) — 
« La verte semaine, » le mois de mai. (Sibilet, Art. 
poét. Il, 96.) — « Vert perdu, » feuille morte. (Chasse 
et départ, d'am. p. 289.) — « En faire une verte, » 
(Le Jouv. f. 19.) — « Donner de vertes atteintes. » 
(Oudin.) — « Ils ont beau pratiquer tous ces vieux 
« moyens qu'ils ont ouy dire, ils y perdent leur 
« escrimes, car quand une fois leurs femmes ont 
« mis ce vert coquin dans leurs testes, les envoient 
« à toute heure chez Guillot le Songeur. » (Brant. 
Dam. gai. I, p. 181 ; voir Ver-coquin^ — « Le ciel 
« de lict tout enflé d'or et de perles n'a aucune 
« vertu à rappaiser les tranchées d'une verte coli- 



« que. • (Ess. de Mont. I, p. 447.) — . Acier vert, • 
bien trempé. (Ms. S. Germ. f. 190.) — « Homme 
« verd » (Oud.), fou. — « Honneurs vertz. • (Son- 
gecreux, f. 184.) — « Tesie verte, • folle. (Oud.) — 
« Vert débat. » (Mém. d'Ol. de la Marche. I, p. 329.) 

— « Cuir vert, • frais. (N. C. G. IV, p. 910.) — « El 
« yront leurs mestayers et gens roturiers demeu- 
« rans es lieux et feages nobles, au dit four, moulin 
« et pressoir,.... et ne pourront aucuns d'ores en 
« avant user de vertes moultes • (C. G. II, p. 121), 
moulure du blé mouillé. — • Jeu du vert, • au 
Mercure de juin 1679, p. 329, sorte d'étoffes : 

Blanc peUcon te ferai avoir 

Et bone cote à mon savoir 

De ver/ de Douay tramant. (Fàbl, S, Germ. f. 138,) 

Communément sont mal vestnz ; 

Mes ne se prisent deus festuz ; 

S'il ne se font robes taUUer, 

Le vert d'Ypre peuvent baillier. (G. Guiart, f, i38.) 

« Terre verte, » mouillée. (Toison d'or, I, f. 45.) 

— « Il nous en a donné de bien vertes, • (Oud.) — 
« Il y en a de belles et de bien vertes, » (Id.) — « H 
« s'en passent encore ailleurs de plus vertes, et de 
« plus grandes. » (Sag. deCharr. p. 540.) - « Quant 
« aux peuples les choses prannenl vert. » (Descb. 
f. 340.) — « En bailler de belles, des vertes et des 
« meures. » (XV Joies du mar. p. 163.) — « Entre 
« deux vertes une meure » (Rab. r, 66), entre deux 
mensonges une vérité. — « Les jaunes, biset, ver»,» 
dans G. Guiart, f. 332. — « Qui ne cueult des vertes^ 
« il ne mengera jà des meures. » (Jouvenc. fol. 19.) 

Vertau. Bonde de barrique. (Cotgr.) 
Vertelle. « Les bouts des os sont appelles ver^ 
« telles, parce que par eus les parties du cors et les 
« membres se tournent Tun vers l'autre. » (Les Tri. 
de la Noble dame, f. 107.) 

Vertement. Avec vigueur : • Je vous prie que 
• nous piquions vertement, avant qu'il se fasse 
« plus tard. » (Fleur, p. 376.) 

Vertenelle. 1» [Charnières, penlures qui main- 
tiennent le gouvernail : « Un gouvernail fourni de 
« gons, de vertenelles et cappeslains. » (B. N. 
Chartes roy. IX, 26, an. 1381.)] - 2o Vervelle, an- 
neau rivé au pied du faucon : « Le latz doit estre si 
« longqu'il sedoublede la porte au faulcon,jusque8 
« à terre; la vertenelle du faux latz doit estre de 
« fer. » (Mod. f. 80.) — « Puis parlerons des mesures 
« des choses qui sont nécessaires pour tendre le 
« latz au faulcon premièrement la vertenelle qui 
« est trois laz doit eslre de corne de piège. » (Id.) 

— « Et la vertenelle du faux latz sera a taché en 
« celle manière que quant on tirera le faulx latz, 
« qu'elle s'en viengne aisiement. » (Id.) — 3° Pièce 
fixée dans la porte pour retenir le verrou : 

Reportent gons et vertenelles. 

Verrous et clous. (G. Guiart, f. 334.) 

Vertes. Vérité : « Cou est vertes, si com je cuit.» 
(Poèt. av. 1300, IV, p. 1312.) 

Vertey. Vérité : 
Bien les puet croire de tant 
Sanz soirement de vertey. (Poèt. av. i300, 1, p. 49,) 



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— 455 - 



VER 



Veptiep. Changeant : 

Ne fu mellis, ne mesdisans, 

Ne vertier9f ne despisans. (Ms, 7ôi5, J, f, 58.) 

Vertigine. Vertige : « La teste qui luy tourne, 
« comme s'il avoit une vertigine. » (Bouchot, Ser. 
I, p. 36.) 

YertiUer. « Lorsque les tetins enflent aux filles 
« que les Latins nomment frairare, sororiare, en 
« Lauragon nous disons vertiller. » (Halad. d'am. 
p. HO.) 

VertlUon. Vertel, petit cône en fer ou en laiton, 
surmontant le fuseau dont on se sert pour filer à la 
quenouille : 

Quelque vieiUe va commencer 

À Mer, qui empongnera, 

Sa quenoille de hault tencer, 

Son fuzeau, de tout se dira ; 

Les estoupes de on le scaura, 

Le rouet de j'ai bec ouvert 

Le vertillon de on venra. (Coquill, p, OS,) 

VePtln. Imagination. (Oudin.) 
Vertlneux. Fantasque. (Oudin.) 
VertiP. lo Tourner, diriger vers : 

Quant femme a sen cuer verti 

A un amant. (VaL 1A90, f, iS8J 

« Si que ne saï de nule part vertir. » (Poèt. av. 
1300, IV, fol. 1358.) — « Affln que nous puissions 
« vertir, par dessus le temple de Marcus pour prier 
« aux dieux. » (Percef. I, f. 123.) 

Pour ce tribut vous faut partir 

Et devera Bethléem vertir, [BoreLJ 

Rommain tournèrent le dos, 

Tous descouvers et tous desclos ; 

Aux héberges veurent vertir 

Ne se forent aillieurs garir. [Brut, f. 93,) 

Tu n*as hayneulx qui te oultragê et dye 

Brocars picans, satyre ou traffedye, 

N'as en ce Ueu pour ton vueil divertir 

De servir Dieu, pense donc d*y vertir. (Crétin, p. 216.) 

2* Changer, transformer : 

Rou estoit de liepre tout tainz et tout vertiz, 

En Teve se baingnoit ; si ert sempres garis. [Rou, p, S5,) 

3o Affiner : 

Car tôt ansin corne li ors 

Est li meudres mestauz c'on vertisse. [Ma, 7615, J, 73.) 

4Mnfinitif pris substantivement: « Le mal et dou- 
« leur que tous deux en avons receu puist sur ton 
« vertir. » (Ger. de Nevers, 2* p. p. 11.) 

Vertlz. Colonne vertébrale (?) : 

Avis li est qu'il doit morir, 

Et guant U trait le cuer du piz, 

Le iroit le prant en la vertiz 

Et puis d*Uuec par tout le cors. [Ms. S. Germ. f. 143.) 

Yertoll. Bonde; un mari tient Tamant de sa 
femme enfermé sous un cuvier : 

Qu'el tonel est à grant peine, 
Qu'il en fist le vertoil voler. 

• Youldrois tu faire rétrograder les planettes et 
« démancher toutes les sphères célestes... desarti- 
• culer les vertoils. » (Rab. III, p. 155.) 

Vertoillie. 

Si trait le vit dont une anesse 

Peut bien estre vertoillie. [Ma. 7S18, f. 231.) 



Vertoreaux. Pour verts (jeunes) taureaux (?) : 
« Si c'estoit beste si resveleuse qu'elle regibast aux 
« autres par resvel ou par felonnie, comme font 
« souvent vertoreaux ou poulain. » (Bout. Som. 
rur. p. 861.) 

Vertous. Verlels : 

En lait ou en gruel d'avaine 

Ou en moustarde qui est saine, 

Ou en vertous, ou en fuisiaus, 

Ou en civos, ou en poriaus. [Ma. 7218, f. 176.) 

Vertu. A tous les sens, du latin virtus : 

Ce feut ici qu'apparut la vertus 

De quatre preux et vaillans champions. [Babel. II, 223,) 

Qui, en pou d'ans, a fait tant de verttts, 

Pour son seigneur et à son pays bien 

Doit... estre aimez de tous et cnier tenus. (Desch, 121.) 

Et avions du vin de Vertus 

Qui renvigore les vertuz. [G. de la Blgne, f. 114,) 

« Jouer à honnesles jeux, comme aux merveilles, 
« aux estats, aux ventes, aux vertus. » (Y ver, 11.) 

— « Adonc issirent hors, les vertu% des angles et 
« vindrent devant Adam. » (S** Croix, p. 14.) — « E 
« vindrent adonc deus angels et deux vertu%A\i 
« ciel. » (Id. p. 3.) 

On doit avant purger toute sa conscience ; 
Après doit-on enquerre des v^<uzla poissance. 

Hs. 7615, u. f. 180. 
Denier fet en cest mont vertuz 
Denier fet les vilains âges. (Ma. 7218, f. 167,) 

« Lors lui faillit le cueur de joye et la convint 
« asseoir, tant que sa vertu lui fut revenue. » 
(Percef. I, fol. 114.) — « Vint une doulce pluye du 
« ciel qui tous les raffreschit et remist hommes et 
« bestes en leurs vertm. » (IX Preux, p. 476.) 

De sours oïr, fols radrecier, 

De malades doner santé. 

D'autres vertus à grant plenté. [Ms, 7218, f. 284.) 

Dieus feroit por moi, je croi, vertu, 

Se je James vos pooie aprochier. [Ch, du C»» Thib. 109.) 

« Jurer Dieu et sa vertu. » (Desch. fol. 32.) — 
« F^rïwsd'ung petit poisson. » (Rabel. IV, p. 145.) 

— « Faire ses t;^r/us. » (Rou, p. 86.) — * Assaillir 
« en la vertu de toutes ses forces. » (IX Preux, 273.) 

— « Les vertus surmontent les signes. » (Cotgr.) — 
« Contre péché est vertu médecine. » (Cotgr.) 

De nécessitez font vertus 

Pluseurs qui sont desconfortez. (Desch. f, 53.) 

Vertuable. Vigoureux, ayant pleine force : 

Car en ses faiz fut fort et vertuahle. (Desch. f. 316.) 

Furieuse, non furiable, 

Vertuable non vertueuse. (Desch. f. 11,) 

« Ce nonobstant, à ceste présente paix, traicté et 
« accord, seront et demourront vertuables et en 
« leur plaine force. » (Monstrel. II, 118.) 

Vertueulx. Vigoureux : « Il estoit si vieil et de 
« si grant aage que ceulx qui le regardoient dirent 
« qu'ils n'avoientveu jamais homme si vieil et non 
« pourtant il estoit moult vertueulx di% son aage. » 
(Lancel. III, f. 16.) 

Vertueusement. Vigoureusement: « M'exhor- 
« tant que vertueusement je remuasse mes pieds. » 
(Am. ressusc. p. 25.) 



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Vertugade , aile. Gros bourrelet que les 
femmes portaient sous leurs corps de robe : « S'es- 
« timans, comme dit Platon, assez couvertes de 
« leurs vertus sans vertugade, • (Mont. Ess. III, 
p. 132.) — « Chasser les mouches de dessous la 
« vertugalle. » (Dom Florès de Grèce, f. 130.) 

Vervaille. Anneau qu*on attachait au pied du 
faucon; vervelle : « Un ject, une vervaille, un 
« leurre, un chaperon. » (Goujet, Bibl. p. 217.) 

Vervaln. Verveux, filet : 

MiUe sortes d*appas, miUe façons subUles, 
Pour faire des engins, des bâches, du vervain, 

R. BeU. 1. p. 115. 

Verve. Caprice ; on lit dans Brantôme, Dames 
l^alantes, I, p. 13, d*un mari devenu tout à coup 
jaloux de sa femme : « Verve luy prist. » 

Virge pucele, virge dame. 

Qui es salus de cors et d^ame, 

Secors ton serf, secors ta serve. 

Où ci a périlleuse verve. (Us. 12i8, f. 297. J 

Dame gainte Marie, 

Mon corage varie, 

Ainsi que il te serve, 

Où James n*est tarie 

Ma dolors, ne garie ; 

Âins sera m'ame serve, 

Oi aura dure verve, 

S'ains que la mors ne verve, 

En vous ne se marie. (Ma. 12i8, f. 30i.) 

"Vervelle. 1° Anneau rivé au pied d'un faucon : 
« Vervelles d'argent dorées et esmailliées des 
« armes de France pour les faucons du roi. » (Du 
Cange, Vervilium.) — « Et d'iceulx les ungs por- 
« ter jects aux jambes bien beaulx et précieux, 
« avec inscription aulx vervelles. • (Rabelais, V, 
page 19.) 

N'es ce plaisir de voir ung espervier, 
Longes aux pieds, sonnettes et vervelles. 

Crétin, p. 80. 

2o Charnières : « Osta, à force d'unes tenailles, 
« les vervelles du pelle dudit huis. » (JJ. 172, p. 8.) 
— « Le conseil qu'il luy donna fust qu'il luy fist 
« oster les vervelles qu ilz luy tenoient la visière 
« de son armet. » (Le Jouv. p. 357.) 

Vepvlller. Vermiller : 

Mais les sangliers veulent les forts buissons 
Les glans des bois, bas lieux où vervilloient. 

Desehamps, f. 112. 

"Veruillier. Verrouiller : 

On doit ancois Testable veruillier. 

Vatican. 1480, fol. 180. 

Vervain. Verveux, filet : « Ne doit avoir 

« chascun haquet que six nasses de bars et 

« ne doit mener chascun haquet que huit bouc- 
« tiettes aux anguilles et cinquante vervuins. » 
(Bouteiller, p. 507.) 

Vesceron. Vesce sauvage. (Cotgrave.) 

. Vesdiant. Agissant par ruse : 
Si firent un embuschement. 



Puis pristrent une autre partie... 
Puis s'en restraitent vesduant 
Ck>m s'el allassent fùiant. 



(Rou, p. 228.) 



Vesdie. Ruse : 

Hassainz fu moult de grant veêdie 
Et moult fu plain de felonnie. (Bon, p. i4.) 

Semblant firent de fUir, pour euls faire encauohier, 
Li Normanz, par vesdie, s'en alerent fuiant. 

Rott, p. 102. 
Berengier s'accorda, si fist sens et vesdie. (Id. p. 54.y 

Vese Cornemuse. (Oudin.) 
Vesé. Ventru. (Cotgrave.) 
Vesicaire. Herbe à cautères. (Cotgrave.) 
Veste. Sagesse : 

Cil a moult mieus .m. pois en sa veste 

Qui en doutant a des biens à le fie 

Vatican. 1490. f. 148. 

Vesler. Prévoyance : « J'eutens bien, à vostre 
« vouloir, que tantost vouldriez avoir le pont, la 
« tour et la ville ; se convient à tel proye prendre 
« plus d'un ostouer; et pour ce nous y convient il 
« saigement vesier. » (Mén. du Guescl. f. 89.) 

Famé set mieux promettre 

S'amour, c'est par vesier 

Si con nous dit la lettre. (Ms. 7615, II, f. 140.) 

Veske. Evêque : 

IX traïsons tout partout mence ; 
Ele est à Roume^ ele est à Rains, 
S'est sous les pnnces souverains, 
Sour veskes et sour canceliers, 
Sour bourgois et sour chevaliers. 

Poct avant 1300. IV. p. 1331. 

Veskir. Vivre : « Ensi porrons veskir et bien 
« loiaument amer. » (Cbans. ms. Bouh. f. 344.) 
Veslaie. 

Aine coumanda que cascuns om 

Ewist son droit jusques à som 

K'il n'i perdist une veslaie. (Mousk. p. 97.) 

Vesner. Lâcher des vents : « Mais la fausse 

« vielle vesnoit puant comme cent diables. » 

(Rab. Il, f. 152.) — « S'il vesnoit, c'estoient botines 
« de cordouan. » (Id. IV, f. 137.) 

Vesniere. l*» Fessier : 

Si prendrez la queue d'un lièvre 

Et de la laine d une chievre, 

Amer de miel, douceur de suie, 

De la vemiere d'une truie. (Ms, 7218, f. 243.) 

a** Qui lâche des vents : « C'estoit une vesniere 
« que cette femme là. • (Moy. de parv. f. 149.) 

Vesperle. Dernier acte de Sorbonne pour 
acquérir le doctorat. (D. C. sous Vesperia.) 

Vesperlser. Réprimander : « La response leur 
« fut faite par le comte de Salsbery qui, après les 
« avoir un peu vesperise% sur les remarques de leur 
« légèreté. » (Négoc. de Jeannin, I, f. 249.) — « Les 
« sciences mesmes et docteurs d'icellessemocquent 
« les uns des autres, qu*ils appellent vesperiser. » 
(Contes d'Eu trapel, f. 5Ô5.) 

Vespertilion. Chauve-souris ; ici au figuré , 
homme occupé de maléfices : « Vespertilion , si 
« comme quant aucun est si malfaisant qu'il s'en- 
« tremet de plusieurs maléfices^ si comme de meur« 
« drir gens, d'embler, de desrober... et y chet 
« grandement crime capital de vespertilton^ » 
(Bouteill. Som. rur. p. 173.) 



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Vesprade. Après-dînée : « Puisque je suis privé 
« de vous avoir en ce lieu gouverné une vesprade 
« selon mon attente. » (Lett. de Pasq. III, 231.) 

Vesppe. Après-dinée ; heures île Toffice divin 
dites pendant i'après-dtnée : « Adonc fu le soleil 

• esconse; quant ilz vindrent au monastère, fut 
« près de vespres. » (Percef. I, f. 32.) — « Tous les 
« vespres les Escoçois faisoient, par coutume, grans 
« feus, et faisoient grand bruit. » (Froiss. I, 21.) — 
« Dieu te doint bon vespre. » (Percef. I, fol. 69.) — 
« Sur l'heure de basses vespres. » (Toison d'or, 
f. 184.) — « Vespres siciliennes. » (Pasquier, Rech. 
p. 140.) — « Tl marche comme un chien qui revient 
« de vespres. » (Garasse, Rech. des Rech. p. 684.) — 
« Il n'est si grand jour que ne vienne vespre. » 
(Cotgrave.) 

Le vilains dit en reprovier. 

Qu'au vespre lo on u biau jor. (P. av. iSOO^ II, p. Ti.) 

« Vespres d'un tournoi, » joutes faites la veille 
du tournoi pour s'y essayer. (Percef. IV, f. 59.) — 
« Estre aux vespres de la mort, » sur le point de 
mourir. (Brant. sur les duels.) 

Vesprée. Après-dlner : « Il faisoil, à une vesprée, 
« depuis disner, beau tems, parquoy ils délibérèrent 
« d'aller chasser au bois. » (Juv. des Urs. Charles 
VI, p. 172.) — « Chevaucher par vesprées et par 
« aajournements, » escarmoucher matin et soir. 
(Froiss. I, p. 33.) 

Allant de nuit, sur la vesprée, [Coquill. p. i04,) 

S'en va tout droit à son œuvre renger 

Et au labeur, soit de champ, soit de prée. 

Soit de jardin jusques à lA vesprée, (Cl Marot, p. 688.) 

Yesprer. Tomber, en parlant de la nuit : « Se 
« déduisit la compaignie une grant pièce du jour, 
« tant qu'il commença à vesprer. » (Percef. 1, 123.) 

Vesque. Evoque: 

Et puis fist tenir en maint lieu 

Ârcevesques, vesques, concile. (Mousk. p, il2.) 

Moult fist grant bien Gelpris li rois 

As canones et as bourgois, 

Mais au vesque nomôement. (Ms, 7Si8, f, i07.) 

Bieus, qui soufristes que Judas 

Ala au vesques Cayphas. (Ms. 12i8, f. i05.J 

Errant se croisa d'outremer 

Ou il ala sans retourner, 

Si devint il vesqtœs templier. (Ms. 7Si8, f. ii.J 

Yesquisse. Imparfait du subj. de vivre : 

Se en mon pouvoir estât fusse. 

En bonne grâce le i)reisse, 

Quar le cors et la vie eusse 

Et avoir, dont je me vesquisse 

Et me gardaisse. (Ms. 72i8y f. i38.) 

Yessaille. Mot méprisant fait sxxvvesse: « Toute 
« cette vessaille de déesses. » (Babel. III, 63.) 

1. Yesse. 1** Yent: « Tenir comme vesses en 
« cloitre. » (Moy. de parv. p. 380.) — ^ Femme 
débauchée : « Pourquoy est ce que, quand on 
« nomme un homme sot, il s'estime coqu, et si on 
« appelle une femme vesse, elle pensera estre pu- 
« lain. » (Moy. de parven. 369.) — « La fortune est 

• une bonne vesse et putain. » (Brant. Cap. fr. II, 
p. 37.) 



2. Vesse. Vesce, graine pour la volaille : « Mets 
« en eau d'aloès et de la vesse sauvage, et grand 
« polieu et d*icelles oingt les pieds de l'oiseau. » 
(Fouill. faucon, f. 85.) 

Vessel. [Vaisseau. (B. N. fr. 26009, n* 927, an. 
1370.)] 

Vessie. « Donner d'une vessie par le nés. » 
(Oud.) — « Faire de vessies lanternes. » (Rabel. V, 
p. 104.) 

Vessiere. Endroit planté de vesces : 

Douze vilains en la vessiere 

Sont à vesses cueillir enclin 

Chascun plain poing. (Desch. f. 223.) 

Vessiere. Qui vesse souvent. (Cotgr.) 
Vessiette. Petite vessie. (Cotgr.) 

1 . Vest. Investiture : « Cette possession et saisine 
« qu'ils appelloient autrement vest. • (Pasq. Rech. 
p. 747.) — « De saisine et dessaisine vulgairement 
« appelle v^s^ et devest. » (C. G. I, 481.) — « L'un 
« des parens pourra venir demander le retrait 
« lignager, dans l'an et jour après l'investiture ou 
« le vest. » (N. C. G. I, p. 546.) — « Franc aleu ne 
« doit vest ne devest, censive, ne foy, ne hommage. » 
(N. C. G. I, p. 106.) 

2. Vest. Est : « Car soy embarquant pour faire 
« voile, au vent vest en nord est. • (Rab. I, 301.) 

Vestement. Vêtement : « Vestemens de bois, » 
de chasse. (Percef. I, fol. 21.) — « On croit d'un fol 
< bien souvent qu'il soit clerc par ses vestemens, » 
(Cotgrave.) 

Vesteupe. Investiture : « Item pour ventes et 
« pour vesteures des héritages dessus ditz. » (Dé- 
nombrement de Montmaur, 1396.) 

Vestiaire. Chambre où sont pendus les habits : 

Assis dedens mon vestiaire. (Froiss. poés. p. 206.) 

Vestir. Vêtir : « Il vestoit les nuds. » (Strapar. 
II, p. 448.) — Décoré : « Vestuz de nom. » (G. de la 
Digne, f. 8.) — Garni : » Chambre vestie de beaus 
« paremens. » (Poés. de Froiss. 192.) — « Chambre 
« vestue de tapisserie. » (Id. p. 124.) — Qui a un 
fourreau : « Espée vestue de velours, » (Arest. amor. 
p. 416.) — « Lances vestues de drap d'argent. » 
(Saintré, 238.) — < Bassinet et lances de costes de 
« fer vestis. » (Desch. 173.) — « J'ai fait bon devoir 
« de vous servir vestu et nud, » c'est-à-dire jour et 
nuit. (Dép. d'am. 269.) — « Vestu de son larrecin. » 
(Beaum. 324.) — « Frappa le lyon parmi le col qu'il 
« avoit vestu et armé de poil. » (Percef. II, f. 86.) 

S^nns homme en ermitage liabite. 

Et il en a les dras vestus. (Ms. 1218, f. 329.) 

« Charité vestent à l'envers. » (Mod. fol. 215.) — 
« Vestir la champaigne de l'escu. » (Percef. II, 129.) 

— « Obligation vestue. • (Britt. lois d'Anglet. f. 61.) 

— « Douaire vestu, » garni de la récolte des terres 
de Tannée. (Beaum. p. 121.) — « Court vestue, » 
juges siégeant à leur tribunal. (Id. p. 150.) — « Ne 
« trouve point de court vestue pour fere recorl. » 
(Id. p. 27.) — « Requeste, promesse faicte par court 
« ou vestue. » (Ane. Coût, de Bret. f. 134.) 



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Vestupe. l» Investiture : « Est requis que iceluy 
« en soit vestu et saisi, ou qu'il en ait joui par dix 
« ans entiers, laquelle jouissance de dix ans equi- 
« polie à vesture. » (C. G. I, 477.) — « Vesture et 
« vest est une môme chose. Toutesfois vesture s'en- 
« tend aussi pour ce que Ton paye pour le vest 
« d'héritage acquis de nouvelle, fait par les officiers 
« de la justice où est assis le dict héritage. » (C. G. 
I, p. 514.) — 2^ Plumage : « Des oiseaux les plai- 
« santés vestures. » (Marg. de la Marg. f. 154.) 

"Vesvé. Veuvage : « Meubles et acquêts faits en 
* son vesvé. • (C. G. Il, 854.) 

Teteller. Féconder, en parlant du taureau 
(comparez Vétiller 2) : « Y harassant comme tau- 
« reaux baniers qui vetellent toutes les vaches 
« d'une paroisse à la rangette. » (Moy. de parv. 95.) 

Yetery. « Item deux arpans tenant à... .xii. den. 
« à la S. Remy, item leur vetery à terrage. » (Dé- 
nombrement de Hontmor en 1396.) 

1. Vétiller. Dire des vétilles : « Nous vetillons 
« près le feu. » (Moy. de parv. p. 28.) 

2. VetlUer. Flotter : « Ses beaux cheveux 
« espars, mignons lacets d'amour, vetillant sur ce 
« beau chef d'œuvre de nature poli. » (Moyens de 
parv. p. 21) 

3. Vétiller. « Les bestes chevalines saillent, les 
« ânes baudoient, les chiens couvrent, les pour- 
« ceaux souillent, les taureaux vetillent. > (Moy. de 
parv. p. 171.) 

Vettelée. « Bonjour, mademoiselle ; mon père 
« vous prie de lui prester vostre taureau pour don- 
« ner une vettelée à nostre vasche. > (Moyens de 
parv. p. 114.) 

Vettoine. Plante, bétoine. (Cotgr.) 

VeluelUer. Ravitailler. (D. C. sous Vitellatio.) 

Veturier. Tailleur d'un couvent. (Du Gange, 
Vestiarius.) 

1, Veu. Vu : 

En ce dit Ueu 
Estoit le roy, Juppiter au meillieu, 
Séant en throsne et ainsi que de veu 
Fut la de tous adoré comme un dieu. (Crétin, p. 51,) 

« Scay de certain que je seray mort ou prins en 
« la bataille, mais pour tant que vous en avez ainsi 
« parlé et moy tenu pour recréant, ad ce veu^ elle 
« sera demain. > (Mén. du Guescl. p. 256.) 

Ileques recousoit ses piaus, 

Son mantelet et ses drapiaus 

Qui n'estoient mie molt nuef 

Veu orent maint an renuef. (Ms. 7989 % f. 239.) 

La fain leur avoit si veu 

Que li gorgeron leur croissoient 

En pluseurs Ueus, quant il menjoient, 

Ce jour que desprisonnez furent. (G, Guiart^ f, 75.) 

2. Veu. Voué : « Veu à Dieu. • (Triomp. des IX 
Preux, p. 544.) 

Veue. !• Vue : « Veue de fraunk plege. » (Brilt. 
fol. 27.) — - La estoit le comte de Fribourg et le 
« marquis de Rothelin et furent ceux qui condui- 
« sirent la veue du roy et du duc. » (0. de la Marche, 



p. 166.) — « La veue desdîts princes fut entreprise 
« à grosse difficulté. » (Mém. de Rob. de la Mark, 
p. 376.) — « Veues mortes, » châssis dormant qu'on 
ne ^eut ouvrir. (C. G. p. 790.) — « A veue de païs, » 
d'œil. (Oud.) — « Donner dans la veue, » inspirer 
de Tamour. (Oudin.) — « Avoir la veue plus courte 
« que le nez. » (Id.) — « Il ira à mal veue. » (FabL 
S. Cerm. f. 19.)— « A la veue et à la seue. » (Gloss. 
sur les Coût, de Beauv.) — « Traire à veue. » (Mod. 
f. 76.) — 2» Visière : « Veue descouverte. » (Hist. de 
Bayard, f. 37.) — « Baisser les veues des armetz. » 
(Florès de Grèce, f. 133.) — « Saisir par la veue. » 
(Percef. I, fol. 82.) — « Recevoir un coup de lance 
« dans la veu^. » (Du Bellay, fol. 355.) — Yeux : 
« Avoir tel vis et tele veue. » (Ms. 7218, f. 297.) — 
« Voir en une seule veue. » (Gast. Phéb. p. 34.) — 
3** Enquête, examen : « Diverses veues sont, il y a 
« veus de fief, veus d*homme en langueur, veue de 
• mefTait, veue d'homme occis, et veue de femme 
« despucelée. » (Ane. Goût, de Norm. 87.) — « Veue 
« est quand le plaintif montre par devant la justice 
« la chose qu'il demande. » (Ane. Coût, de Norm. 
fol. 117.) — « Veue et monstrée. » (Ord. II, 267.) — 
« Veue et ostentation de lieu. » (Bouteil. Som. rur. 
p. 207.) — « Veue d'héritage. » (Beaum. p. 192.) — 
— Inspecteur : « Pour visiter les halles, marchanz 
« et marchandises, et pour establir veues suffisans. » 
(Ord. II, 205.)— « De requerre veues et hostencions 
« des lieux. • (D. C. Visvs.) 

Veve. Veuve : 

Veve dame n'a ami 

Ce dit U vilains. (Ms. S. Germ. f. 74.; 

Veuf. Privé de : « Ses serviteurs demeurèrent 
« ainsi veufs d'un si bon maistre. » (Brant. Cap. 
estr. II, p. 98.) 

Veule. Veuve : ■ Droit de veufe, » droit pour 
une veuve de prendre chaque pièce de ménage, la 
meilleure de son choix. (Laur.) 

Veulve. 1° Veuve: « Veufve emporte le valiez.» 
(Laur.) — 2o Privé de : ■ Je suis veufve et orphelin 
« de tous mes parens. » (Chr, S. Den. I, f. 15.) 

Veuglalre, ère. Bouche à feu moins puissante, 
mais plus longue que la bombarde; elle se chargeait 
par la culasse : « Un canonnier de la dite place 
« qu'on disoit estre prestre, tira d'un coup de veu- 
« 9/air^surledi