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Full text of "Dictionnaire historique de l'ancien langage françois, ou, Glossaire de la langue françoise depuis son origine jusqu'au siècle de Louis XIV"

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DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



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HIOBT. — TTPOmAPHB DB L. PAVBB. 



y Google 



DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

DE 

L ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 

ou 

GLOSSAIRE DE LA LANGUE FRANÇOISE 

DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'AU SIÈCLE DE LOUIS XIV 
'Par LA CURNE DE SJINTE-TJLAYE 

UEHBXE DE l'auDÉHIB DES IMSdtDTtOHS ET DS t'ACADÉWE FRANÇOISR 

Pnbli£ par les soins de L. Favre, assodé correspondaat de la Société des Antiquaires de France, auteur 
du Glostairt du Poitou, iâ ht Saintongt tt it rjums, etc., etc., 

avec le concours de M. Pajot, Archiviste-palé(^;rapfae. 
COMEMAMT : 

SIGNIFICATION PRIMITIVE ET SECONDAIRE DES VIEUX MOTS. 

Vieux mots employés dans ies cbants des Trouvères. 
Acceptions métaphoriques ou figurées des vieux mots français. — Mots dont ta signification est inconnuo. 

ETTMOLOGIE DES VIEUX MOTS. 

Orthographe des vieux mots. — Constructions Irràguliëres de tours de phrases de l'ancienne langue. 

Abréviations : études sur les équivoques qu'elles présentent dans les anciens auteurs. 

Ponctuation ; difBcultés qu'elle présente. 

Proverbes qui se trouvent dans nos poètes des xn«, XIII» et XIV* siècles. 

Noms propres et r.oms de lieux corrompus et défigurés par les anciens auteurs. 
Mots empruntés aux langues étrangères 

Usages anciens. 

TOME SIXIÈME 
ESCΗ GUY 

NIORT PARIS 

L. FAVBE, éditeur K. CHAMPION, libraire 

nUB SAINT-IEAN, B. QUAI HAI^QUAIS, 15. 

1879 

TOUS DROITS RÉSERVES 



, Google 



EXPLICATION DES ABRÉVIATIONS 

Employées dans le DICTIONNAIRE DE LA CURNE DE SAINTE-PALAYE 



A. L. Bocus, pour Idans Li Bocua. 
ArteL pour Ârtela^ue. 

i.. p. Hérod. pour Àpologfe pour Hérodote. 

k. C. d'OrL pour Aucieaiiea Coutumes d'Orléana. 

A.. P. pour ÂDcien Poëte. 

Beau. Coût, du B. pour Beannumoir, Coutumaa du Beauvolsia. 

B. N. pour BUdlotoAquA Nalûmale. 
BUncn. pour Usucbardia, BUncardin. 

BL de FMit. un. pour Bluon des Faulcea amoura. 

Bot. D. pour Borel, dictionnaire. 

Bout Som. B. pour BoutaiUer, Somme rorile. 

Brant. pour Brantftme. 

Bntnt. Dam. iU. pour BranUVme, Dunes illuatrea. 

Britt. pour BriUon. 

CeltbeL de L. TrippaiiU pour Cdt-hé&eniame. 

C. de G. de T. H. pour Continuation de G. de Tyr, Martëne. 
Ch. de S* D. poor Chronique dé Saint-Denla. 
C3i. Fr. pour CSiansMi francaiae. 
"^ ■ "- "am. pour Chasse I 



Ghasae et dép. d'am. 
Com. pour Cominea. 
" nf . Su r 



« et dâpartie d'amour. 



Conf. du Renaît pour Confession du Renart. 
Coûtes da Cbol. pour Contea de Ch<dlères. 
Cont. d'Eutr. pour Contea dTatrapel. 
Coquill. pour Coqnillait. 
C(À. pour C<mieille. 

C. pour Corruption. 
Cor. pour Corruption. 

Cotg. pour CotgiATe, dlctiiwnaire. 

D. pour Dictlonualre. 
D. C. pour Du Cange. 

D. de Taburean pour Dialt^nea de Tahuresu. 
Dea A. Big. pour Dec Accorda, ngsmres. 
DiaL de S' G. pour Dialoguea de Saint-Grâgoire. 
Eaa. de Hont. pour Easus de Montaigne. 



_ _ Msoh. poi_ 

F. pour fémioln. 

FsÛ. US. de SI G. 

P. M. du R. pour _ _ 

Falc. pour nlconnat. 

Faro. P. poor Faree de Fathdin. 

F. M. H. pour Fablea, manuacrite du Roi. 

F. R. pour FaUes, manoacrits du Roi. 
Froia. poéa. pour Frolsaart poMes. 

G. de la BIb. pour Gace de u Blgne. 
G. R. pour Gowrd de RoossUlon. 
Oér. de N. pour Gérard de Nevers. 

de D.C. pour Glossaire latin de Du Cange. 



Hiat. de Bret pour Hiatoire de Bretagne. 

Hiat. dePr. enr, klasnitedu R. deF. poui 

en vers & la aulte du Roman de Fauvel. 



Histoire de France 



I, pour H 

nhiatr. dea G. pour illustration dea Gaulas. 

J. de P. pour lournal de Paria. 

J. de P. sona Ch. VI et Ch. VII, pour Journal da Paris sous 

Chariee VI et Chartes VU. 
Join. pour Jolnville, 
Journal de P. ponr Journal de Paris. 

I. d'Aut. An. de L.Xil pour Jean d'Auton, Annales de Louis XII, 
La CoL Th. d'bon. pour La Colombièra, llié&tra d'honneur. 
Lanc du Lac pour Xancelot du Lac. 



Laur. nom Lanriére, Glossaire du Droit tançais. 

Le C. de D. pour La Oerc de DoUf , Glose, du duohé d'Orléans. 

L. Le Csron pour Loyse Le Caron. 

L. des Hachabées pour Livre dea Machabèes. 

L. dea Rois pour Livre des Roia. 

KSS. de B. pour Manuscrit de Bouhler on deBeauvais. 

US. de Ber. pour Manuscrit de Berne. 

MS. des C pour Manuscrit des Cordellara. 

MS. de G. pour Hamucrit de Gsjniet. 

M. de S> G. ponr Mëlin de Saint-Gelaia. 

US. du V. pour Uanuacrit du Vatican. 

Marb. pour Harbodus. 

Marg. de la H. pour Marguerite da la Marguerite. 

Mon, pour Monet, dictionnaire. 

Mon. de Paria, pour Monlos de Paris. 

Monst. pour Honitrelet. 

N. C. G. pour Nonrean cootumfer sénëral. 

01. de Is M. pour Olivier de U Marche. 

Ord. pour Ordonnance dea Rois de France. 

Ont. des R. de F. pour Ordonnance des Rois de France. 

0. S. pour Orthi^raphe aubaiatante. 

Oud. pour Oudin, dictionnaire. 

Ort. Sub. pour Orthc^raphe subsistante. 

Pasq. pour Pasquier. 

Path. pour Pathelin. 

P. pour plorieL 

P. av. 1300 pour Poésloa avant 1300. 

P. B. ponr Psrtonopex de Blois. 

P. usa. pour PoEsiea manuscrites. 

Per. Hist. de B. pour Perard, Histoire de Bourgogne. 

Percer, pour Parcetbrest. 

Poês. de R. Bell, ponr Poâsies de Rémi BeUeau. 

P. du V. pour Poésies du Vatican. 

Print. d'iT. pour Printemes d'Yver. 

R. Alex, pour Roman d'Alexandre. 

R. pour Roman. 

R. Est. pour Robert Estienne. 

R. B. pour Roman de Brut. 

R. Bell, pour Rémi BeUeau. 

Rab. pour Rabelais. 

Recl. de M. poor Reclus de Holiens. 

Reg. JJ. llEt,p. 9B7,ponr ArchlT» natlonalea (section bislori- 

due), registre du trésor des Chartes, coté JJ 115, pièce 987. 

Ce J simple est réservé aux cartooa contenant des pièces 

séperées (Tréaor dea Oiartee}. 
Rou pour Roman de Ron. 
S* B. s. L. pour Saint-Benolt-aur-Loire. 
S. B. pour Saint-Bernard. 
S. F. pour Sennons français. 
S. F. pour substaniit féminin . 
S. G. pour Saint-Germain. 
S» Léoc. pour Histoire de Sainte-Léocadie, manuscrit de Sùnt- 

Cermaln. 
Sag. de Ch. pour Sagesse ds Charron. 
Tenur. de Littl. pour Tenuree de LitUeton. 
Teat. de P. pour Testament de Patelin. 
Très, des Ch. pour Trésor des Chartes. 
Vat. pour Vatican. 

Vig, de a. VI, pour Vigiles de aiarles VI. 
Va. Rep. fr. pour TiUon, Repues Iranches. 
ViU U Vin. pour ViU U Viniers, poët. HSS. avant 1300. 
Les passages qui sont entre deux crochets [ ] sont intercalés 

par l'éditeur. 



, Google 



DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



L'ANCIEJV LANGAGE FRANÇOIS 



ESC 

Esclement, adv. Sciemment. Avec connoia- 
sance de cause. (Oudin, Cotgrave.) 

Esclence, s. f. Savoir. • Quant aucun veuU 

■ moiistrer, et que l'en sache son escietwe, il doit 

■ entendre à tooslrer son opinion es pledeurs, et 

• es sages. • [Ane. Goul. de Bret. fol. 3, .V*.) ^^^^ 

Dans Bernsrdinfl li sauvalges 

Qni connoisBoit tos les langafgee, 

Dm etciences, et des ara. (Bal. de» Vil Art, m*.} 

EIscient, s. m. Savoir*. Vouloir'. Sens, rai- 
son*^. Avis". Information *. 

*[. Maislres ci de grant escicnï. • (Parlondpex, 
V. 4577.a 

Bernard fU pronz conte, et de grant etàent. [Rcm.j 
'Qui moult voit, et n'apraut. 
N'a pas grsnt etcient, 

AiDï contretait le aaige. (Prov. du C" de Bret.) 
"* A tant qu'il soit en escient s'il y doit estre, et 

■ s'il est hors d'escient, comme s'il estoil yvre, 
« roui, ou forcenné. » [Ane. Coût, de Bret. f. ISS*.) 

"[* Men escient (y. 524), par le mien escient 

• (1936) ont ce sens dans Roland. ■] 

Toe m dirai mon etcient. 

Jriwu <■ Bâti, Fait USS. 
Mon eteiant gu'il fut deffait 
Plus par envie, que par laitz. 






hR.if3i 



I. toi. e 



* Et sans mètre nul eicùinf, 
Ont lui etiit par jugement. (Part, de Bl.J 

Uien escient, c'est une Tée, 

Que Dieu vous a ci amenée. (MS. 7StS, f. S54 '.} 
On disoit aussi : 

1* • A escient, à bon escient, ■ volontairement, à 
dessein. » La dame, et la nourrice les laisse crier 
> â escient par despit du bons homs. ■ (Les XV 
Joyes du Mariage, p. 61 .) ■ D'autres encores qui se 

■ sont privés de veue, à escient, pour mieux philo- 

■ soplier. > fS»gesse de Charron, p. 81.) < A son 

■ escient, > (Beauman. p. 9 ; Lanc. du Lac, t. III, 
Toi. 30'; Arr. Amor. p. 127.) —A ««sien/. (Percetor. 
t. V, fol. 51 ".} 

Eté me Tait, ft escient, morir. 

Saimlu. UmM d'Amt, poèL ■*. 1300. 

« Dites TOUS à bon escient ou si vous vous mo- 
« qaez. > (Nuits de Strapar. I, p. 49.) 
▼I. 



ESC 

2° « A mon escient », selon moi. (Gérard de Nev. 
1" part, page 9.) — 3- . A lor essient ., du mieux 
qu'ils Sfavoient. (Ass. de Jerus, p. 15.) — 4° - Quit- 

• tance à non escient • , quittance faite sans 
réilexion, sans consentement volontaire. • Qutt- 

• tance a mal engin, ne quittance à non escient, si 
< comme ilict est, ne vaut, ne se faict à soutenir ; 

• et par le contraire quittance faicte à bonne foy et 

- de propos appense n'est à venir encontre. • 
(Bout. Som. rur. p. 348.) 

Varianfet : ESCIENT. CartuL de la Chambre des comptée 
de Navers, IV, foi. 1 ^ an, lîSl. - Aciant (a). Loix Norm. 
art. 48. - Ascientm (o noëtre droit). Pérard, Hisl. de Bour 
p. 515, au. liWe, - ASSIENTRK. S. B. Serm, fr, MSS. p. 251. 

- EsclANZ. Pérard, Hist. de Bourg, page «3, an. 1229. - 
EsBiENT. Ord, 1, p. 51ï, - EssiENS. Roe. de Collerve, 302. 

- Ensiant. Poét. Bï. 1300. - Ensient. Ord. 1. 1, p. 7*2. - 
Ancient. Chr, S' Magl. impr. par Barbou, p. 175, - Enciens. 
Mah. de Gaot, poÈt, av. 1300. - Entient. Thieb. de Btas. 
poët. av. 1300. - Entiant. Cbana. MSS. du D" Thibaut - 
Etiant. Chron. tr. MS. du R, o» 3320 ', fol. œ. 

Esciente, s. f. Même sens que escient. • Adam, 

• dist Deua, Adam la figure de ton quoer ayme sens 

• esciente, et pur ceo ne sera homme osté de la 

- semence jesqe à la fyn du siècle. • (Hist. de la 
S" Croix, us. p. 5.) 

Escientement, adv. De propos délibéré. 



EsclentleusemeDt. [Intercalez Escientieuse- 
ment : - Lesquels foretiers n'y prendront ne homes, 
• ne famés, ne bestes escienlievsement sans cause 
« raisonnable. • (CarL de Pontigny, 173, an. 1307.)] 

Esclentous, adj. Savant, instruit. [« Oudin, dit 
« le Queux, povre enfant, non mie bien escientieux, 
" de l'aage de quinze ans ou environ. . (JJ. 167. 
p. 85, an. 1413.)] 



(Brut.) 

Escientre. [Men escientre (v. 539), par le men 
escientre (v. 1791), signifie à mon escient, dans 
Roland.] 

Varianta : ESCIENTRE. MS. 7218. f. 118 K - Essiantre. 
Ibid. n' 7«5, 1. 1, fol. 119 ». - Ensiantrb. Ph. Mouelces. - 
SiANTRB. s. B, S. ir. MSS. p. 328, où on lit à non sianire. 



yLaOOgle 



ESC - 

Escientreus, adj. Savapl, babile, adroit. 

Au Conte ocient aon cheval, 
Aocuns, qui l'encloeot entr eus ; 
Mes, comme-bien eitienireus, 
L'eapéa e1 poing, qn'en ne le bleca. 
De là ou it cbiet se redreee. (G. Guiari, f. 98'.J 
Esclmeté. [iQtercalez Esàmeté, écimés. • Il y 

■ a quarante-quatre chesncs escémetez. * (d619. 
Estimation des bois ea Grurie ; Dict. des droits seig. 
du h. d'Orléans de L. G. de D.]] 

Escint, s. m. Lisez escrin, écrin. 

Pour les dames coFres, ou éteint, 
Pour leurs besonsDes harbergiet ; 
HiroiTj pigDe à piguer leur crm. {E. Deieh.) 
Elsclrer. [intercalez Etcirer^ déchirer, d'après 
la ChroQ. des ducs de Ncvmandie.] 

Escirper. [Inlei^^lez EiCirpey, extirper, au 
Roi Guillaume, p. 95.] 

Esclabocher, v. Eclabousser. (Nicot, Oudin et 
Colgr.) - Le clieval eidabouta un escolier. > (Jaq. 
le Bouvier, ChroD. an. 1455.) ■ Floridas flert Nabur 

■ à travers, et luy fait la lesLe voiler si près de 

■ Bruyant qu'il fust esdaboté du sang, ■ [Perceror. 
vol. 1, toi. 89''.} — [■ Hennericq d'un baston qu'il 

• uvoit frappa ea ladite eau, telieuient que la gri- 

• gneur partie des suppliaus furent esciab9te% et 

• mouliez. ' (JJ. 189, p. 513, an. 1461.)] 
Esclabonsseure, s. f. Ëclaboussure. (Percer. 

t. V, f. 10 ''.) [< Ou contempt de la dite moulleure 

■ el esclaboteure. * (JJ. 189, p. 513, an. 1461.)] 
Esclaces. [Intercalez Etclacee, dans Roland, 

V. 1981 : < Encuntre tere en cheent les esclaces. ■ 
Comparez Esclices.l 

Esciaf. [Intercalez Eselaf, esclave, du nom de 
peuple Slavus, Slave, qui a cette sigiiillcation au 
polyptyque d'irminon [1, 283} : ■ L'on se peut clamer 

■ par l'assise de esciaf oo de esclave qui est mesel 

• ou meselle, ou qui ctieit dou mauvais mau. > 
(Assises de Jérusalem, 1, 129.)] 

Esclaffe, s. Tribu, classe ou race. S. Bernard 
(Serm. fr. Btss. p. 54} dit des propliéties sur la tribu 
de Juda : • En Grisl les veons nous aemplies : car 

■ il est li licons de "esclaffe Juda. ■ 
Esclaffer, v. Eclater. C'est un mot du Langue- 
doc (I) et du Daupbiné, selon Duchat sur Rabelais 
(t. l, p. 67] : • &' esclaffaient de rire. ■ Voyez Contes 
d'Ëutrap. p. 189, et Colgrave. 

Esclaldage. [Intercalez Esclaidage, impât sur 
les esclisses, sur les traîneaux: ■ Ordonnance 

• comment la ferme de Vesclaidaye se doit lever. > 
(Statuts de l'échevinage de Méziëres.)] 

Esclair, s. m. Clarté, éclat. • Jà la nuyt estoit 
« si obscure qu'on ne voyoit combalre que à Ves- 

■ ctair du feu de l'aptillerye oui tiroit si très menu 

■ que tonnerre n'eust là este ouy. > (J. d'Aulon, 
Anu. de Louis XIL) > L'esbiouit de sa splendeur, et 

• de son etclair. • (Sag. de Charron, p. 331.) 



ESC 

Esclalrcement, ii^tt. Clairement. ■ Vous me 

• l'orrez dire plus esctaireemertt. > ^Chroniquede 
Nantis.) • Vous le m'orrez cy desaoubz plus escla- 

■ reement Air6. • (Ibid.) 

Esclairclr, v. [On lit dans Roncisvals, p. 174 : 

• Amont au ciel où joie est eselarcie. ■] ■ Eclaircir 

• le cœur, » le réjouir, l'égayer. « Quant le cheva- 

> lier, qui portoitla fleur de lys d'or, vit que le 

■ chevalier, qui près luy seoit, avoit si haultement 

< voué, il fut moult jdyeulx : car maintenant luy 

• estoit advis qu'il pourroit son cueur «c/aircir; 

• car il estoit désirant d'emprendre aucun faict 

> d'armes là où il peust acquerre los, et pris. • 
(PerceL v. I, f. 126'.] > Dame, dictes moy pourquoy 

■ vous piourez, s'il vous piaist, certeSi sire cbeva- 
» lier, se je y cuydoye avoir prouffit je le vous 
•I diroye. Dommage, 'aist 11 n'y avez vous ja, se 

■ Dieu piaist: car se je yods puis ayder, je vous 

• ayderay à esclarcir vostre cuenr, à mon pou- 

• voir. » (Lanc. du Lac, II, fol. 32 '.] — [Esclaxcir 
signifie poindre, en parlant du jour: ■ Tout droit 
- à l'ajourner, quand devra esclarcir. » (Berlc, 
couplet JilII.]] 

1. Esclalre, s. Eclair. [• Seurla terre aparurent 

■ li esclaire de les tonuoirea. » (Psautier, i. 92.)] 

.... Brtiyoient, eeclalloient, tempestoient 
Toanerre, et voix, et pamij se mettoieut 
Force flambeaux Iuvmds comme l'eiclaire. 
Tant que la nue en oiaoSt le uuict claire. 

La Harg. di li Uag. t. ISS. 

2. Esclalre. [Intercalez Esclaire, soupirait de 
cave : • Les boiches ou entrées des celiers et les 
•■ esclaires d'iceus qui à présent sont faites es froz 

• de ladite ville de S. Richier. ■> (Ji. 61, page % 
an. 1324.) Eclaire a encore ce sens en Normandie.] 

Esclalre, part. [Clair: ■ En mer se melteni, 

> quant l'aube est esclarée. ■ (Roncisvals, page 8.)] 
Dans Pérard, llist. de Bourgogne, p. 434, an. 1231, 
il signirie décidé, déclaré. 

Esclairement, s. m. Eclair*. Eclaircissement". 
[Il signifie encore point du jour: -Se demain atten- 

• dés iusaii'à l'esclairement. » (Chans. d'Anlioches, 
VI, 457.]] 

* ■ Furent merveilleux tonnerres, corruscations, 

< et esclairemens. > (Juv. des Urs. Ûist. de Cb. VI, 
page 146.) 

■ Il D'T luit autre etcloiranunt. (MS. 08iS, f. 5S KJ 

Esclairer, v. Reluire, briller*. Faire jour". 
Eclaircir ". Embellir ". Réjouir*. 
' Dame en qui Uaatés esclaire. [Jeh. Bretiau», Val. i490.) 
Dune ou tous Ueos oaist, nolst, «t etcUre. 

Brtia 4e Raka. foU. >v. liW. 

" [• Par main en l'albe si cum li jurz esclairet. > 
(Roland, V. 667.)] 

•= - Très qu'if «Miaira. ■ (Fauchet, Origine des 
dignités de Fr. Itv. II, p. 72.) 

L'oUrant raison, à titre débonnaire, 



I Eêclofaret ei talem ictum 



, Google 



ESC 



> [• De duel morrai et d'ire, se maa cuer n'en 
• esctaire. > (Saxons, str. 31.)] 



G«M Bnilfi. pocl. n. t3O0. 

Li caen m'eaclaire 

D'un eapofr Joli, 

Qui me dit qn'umi tiiw«i. (Bob. don Chiut. id.f 

loie qui coar œlaire, 

Ne puet celw leaos anoia, na taira. (Thi^. de Nav. id.J 

Dieue I quant le puia & lolair «sgerder. 

Tant BQi joians, tous lî Tis m'en eaciaire. (Val. »' 1490.) 

Bien doit poine plaire, 

Qui cuer obscur enlumine, et etclaire. (Gace» Brulii.f 

Esclalreur, s. m. Espion. (Oudin.) 
Esclaireuse, a^. au f. Qui éclaire. 

Lea traictz flembanti du Dieu ofaeTaleuroux 
Qui, par le ciel, la charatte etctaireute 
Guide, Bans fin, de lurolore lustreuse. [L. Caron, f. G '.) 
Esclairl, partie. E^yé, joyeux. On lit dans S' 
Bernard: ■ Bien aureil sunt assi cil kî or mismes 

• sunt liet blesclairiet en lorconscience de justice. ■ 

Sauvette fu muJt etelairie. 

Quant sa dame voit repairie. (Trois Maries, p. S1S.J 

Esclaliiement, adv. Gaiement. Voy. S. Bern. 
p. 382, où il répond au latin hilari vuUu. 

Esclalrler, v. SoDlager, adoucir. [Voir Esclai- 
RER.} Se dédommager, • se revencber >, en parlant 
d'un vassal maltraité. 

ai flat, par mb eneignapiwz, 
Por etcMÎrvr aea marremenE, 
Qne tuit II tenant son s^gnor 
Voisent TeOKier sa ëaekanor. (Pmrlon.l 
Seignora, ca dit U raia, se ne Toutes akUer, 
Du père nos poon auz ses Qx esciarier : 
Mort eel qui mâut soloit moi et tous demangler -, 
Sor les &z «M devons, por le père, vengter. (Roa.j 
.... Dés la première loontée, 
Se Diex sueSre la retournda, ' 
Qu'en France poural r^wiriN, 
Ponr mon maotalent etelairier ; 
Sans loi dira auirea naienoMres, 
Te deffl de nous, «t dw noatres. (G. Gmarl, f. Si ^.) 
Esctamasse. [Intercalez Esclamasse, plainte 
pDbliqoe, accusation : * Icelle Hurée dist â ladite 

■ suppliante que elle avoit les choses dessus dites, 

■ et que elle les lui rendroit, ou elle feroit (elle 

• £sclamaa»e, que elle en auroit bonté et blasme. ■ 
(JJ. 97, p. 462, an. 1367.) — De même dans Froissart 
(XIV, 66) : « 1^ roy voua hait pour Vesclamasse do 

■ poeuple, dont vous este fort accueillie. • (Id.)] 

1. Ësclame,8. Gomme esclamaue, accusation. 
[Comparez Exclame.] 

Çtaarlot, tbi que dot Sainte Jamo, 

Vou* avez ouan Tataa priée : 

Eat ce selon U loi, etelame 

Que Kaibs tous a apriee T (MS. 7S18, f. 3S3 >>.; 

2. Èsclamé, adj. 1° Mince, «lélié. • Eslana lon^ 

■ et eiclames, telle espèce de cerfs sont fort vigou- 
- reux. • (Fouill. Vén. f. 19 *.) * Brisé, éclamé : 

Cele citei, ce dist li vers 

Est fermée de quatre portes, 

Qui ne aont eêciame», ne tortes. (US. 1H8, f. Sti :J 



ESC 

Esclaiiche, adj. au f. Ganche, au propre et au 
figuré. [< Icellui Hanise feust navré ou costé de 

• VeBClanche bras. - (j;. 167, p. 259, an. I«3.) — 

• Le suppliant frappa du railion sur la hanche et 

• sur le neu de la cuisse esclanche. ■ (JJ. 189, 
p. 113.) On lit dans G. Guiart, an. 1297 : ■ A main. 

■ ne sai droite ou eselenehe. •] On a dit delà reine 
Blanche, mère de S. Louis : 

Ne sa mère madame Blanche 

Qui ne tu cbictie, ne eiclattche. (MS. Ggli^f, 85 '.} 
Des siens aider n'est esclanchere. (S^ Làoc. ma. tie S. G.) 
[On lit dans Renart, v. 23279 : > ... Si flert le 

■ hardel, De la hache h la mein esclanche. Si grant 

• cop que le hardel tronche. » — Au v. 14JB1 : 

• Renart se saigne à main esctenge. > — Dans 
l'Evangile des Quenouilles, p. 147 : « Le bras 

> esclenc. > L'origine est rallemands/miUn, s'af- 
faiblir.] 

Esclande, s. m. et f. Scandale*. Rumeur, 
mauvais bruit". Malheur, désastre '^. Offense**. 

'[L'origine est le lalîn scandalum : * Encuntre 
. tuii frère pariowes, e encuntre le HI ta mère 

■ oosov/es escandle. • (Lib. psalmonim, pa«e 67.)} 

■ Pour tascber à retirer le dit comlud'icelle folie, 

• et éviter la dite esctanàe, il envoya plusieurs fois 
« devers luv. > (Math, de Cducy, H. de Charles VU, 
page 730.) 

Il n'y a paiUart, ne gourmande,' 
Qui ne viengne lee gens ucbier 
En l'Eglise ; c'est grand eiclande. 
L'en ne ei puet agenoillier. 
Qu'il n'en ait devant, et denier : 
L'un tent sa main, l'autre s'eacuelle. (E. DeKh.) 

[On lit dans Benoit de S" More (II, 13ii7) : > De 

■ sa mortel ovre haïe E de sa laide félonie, Dunt 
< par le munt fu granl escîandre$. > On trouve 
même escanle, dans Thomas de Cantorberv, 89.] 

° On a dit de Pierre de Craon, qui avoit été favori 
du duc d'Anjou, roi de Sicile, en 1390 : • Si avoit 

■ esclandre sur luy, et commune renommée, 
- parmy le royaume de France, et aussi en autres 

■ terres, et pais, qu'il avoit dérobé le duc d'Anjou. > 
[Froiss. liv. IV, page 111.) • Entendant l'esclandre 
« que faisoit Panurge. • (Rab. t. IV, p. 23i.) 

' * Plusieurs esclandres et grands inconvéniens 
« s'en sont et pourroient s'ensuivre. - (Ord. t. Il, 
p. 532.) ■ Pour ce dit on ung proverbe, tost veons 

■ nous orguilleux surmonter, et s'il advenoit par 

• adventure leurs besongoes viennent à bien, et 

• ilz soient eslevez, et exaulcez en grand estât, 

> neantmoins leur advient-il quelque esclande, à la 

• parfln. • (Le Jouv. fol. 37 ^) 

•■ « Esclandre, offense. » (GIoss. lat. fr. de S. G., 
dans D. G, soa% Scandalum magnalum.) 

Esclande, part. Renommé, célébrité. On a dit 
deDidon : 

Comment elle fut defh^aundée, 
Et en son coursge etelandée. (Borel.) 

[< En manière que la chose ne fusl esclandée. > 
(JJ. 188, p. 50, an. 1458.) Le mot se prenait aussi en 
mauvaise part : ■ Laquelle suppliant soy voyant 



yLaOOgle 



ESC 

• aiasiesclandéeeKàestioaaorée. ■ (JJ. 181, p. 239, 
an. 1452.)] 

E^clandeltser.. [Intercalez Escîaadeliter , 
faire une mauvaise réputation : • Lesquelx frères 

■ distrent â Pierro Audeb^t : Beau sire, vous 
« escandalisez et donnez blasme à nostre ^ur. >] 

Esclandir, v. DiR^mer, déshonorer*. Faire 
édat, divulgner ". 

* On a dit : ■ Qui est la femme si déshonorée qui 

• voulust esclandir son honneur. ■ (La Colomb. 
Tfaeat. d'honn. Il, p. 68.) 

• • Si fu la dite prise sçeue, et esclandrée par 

• tODtlepaïs. ■ (Hisloirede B. duCuesG). pBrMén. 
p. 193.) • La maladie du roy si fut celée, et tenue 

• secrette, tant comme on peut : mais ce ne fui pas 

■ longuement , car telles aventures sont tantost 

• esctandrées et sçeues et s'espandeul partout. ■ 
(Froiss. liv. IV, p. 185.) On a dit de Ferdinand, roi 
de Portugal, qui épousa une femme dont le mari 
étoitvivant : ■ Il lafltsa femme, et la maintinl pour 

• royne de Portugal ; et de ce très deshonneste 

• poinci, esclandrit de plus en plus sa mauvaise 

■ vie, et fortifia la haine que le peuple avoit contre 

• lui. <• (Mém. d'Ol. de la Marche, p. 01.) 

Item TOUS avez fa garder 

De ces deui jeux fretilUns, 

Sur ces dames pour eiclanarer, 

Font eelre toujours assaillons; 

Et dont tes plus forts, et millans 

Si y perdent l'enteDdemeot. {L'Atn. Cordtl p. 518.) 

Voyez Esclahd£e. 

Esclant. [Intercalez Esclant, gauche, comme 
esclanche, au reg. JJ- 162. page 16, au. 1407 : • Le 

■ suppliant frappa icelui Audinet le Noir en 

■ Vetclatit braz, au dessus du coude un cop tant 

■ seulement, dont mort s'ensuyL ■] 
Esclange, s. f. Eclanche : • Lesespaules, les 

« esclanges, les gigots. • [Rab. IV, p. 27.) 

Esclarchier. [Intercalez Esclarchier, expli- 
quer, dans une Charte de 13*23, au Livre rouge de la 
Chambre des Comptes : • Nos gens du franc nous 
« ayent de rechief supplié... les troubles et obscur* 

• tez de leur dit loy etkeurbrief fsc/arc/iier. ■] 
Esclarcir, v. Eclaîrcîr, expliquer*. Mention- 
ner'. Illustrer^. Distiller". [Voyez Esclaibcib. Il 
signifie encore 1° Fourbir : « Commencierent à 

■ fourbir leurs bachines et à fsc/arc/iir espées. ■ 
{Froissart, VIII, 183 ) — 2' Devenir moins serré : 
' Lors hommes se esctarcistoient toutdis et les 
« Englès moutepiioient. « (Id. V,24S.)] 

*■ Couslumes, usemens qui sont contre bonnes 

■ meurs, ne doivent eslre etclardiz, ainczois les 

■ doit justice retraindre, en quanque elle peut. • 
(Ane. Coul. de Bret. fol. 186'.] > Soit la vérité 

■ esclarie. • (Beauman. p. 219.) [Voir Egclaircib.] 
'Les hostaiges ; c'est chose vraie, 

Voult avoir le roj d'Angleterre 

Qui s'ensuivent, avec la tarre. 

Et l'argent dessus actarcy : 

Vous trouverei les noms 107. (E. Dach.) 



ESC 

' Du riche nom d» gMro, et Im fnlar, 
Par sa lousDge a toiujours etclarey. 
Le bien naissant de snbUIle poeaie. ICretin, p. 58./ 
Vostre nom rendre eiclarei. (MS. de S. GelaU, p. 903.) 

"• Une pucele vint — si que nos quidamesque 

• ce fust une fée^qui tos liboisenascîafVt. ■ (FÎmL 
Hss. du R. n* 7989 ', fol. 78 ■.) 

Ami voir com jour etclanii. [MS. 681 f, f. Si K} 

Esclardir. [Intercalez Esclardir, comme esclar- 
cir, au Gloss. lat. 7684. Voyez aussi les exemples 
cités sous l'article précédent.] 
Esclardissement, s. m. Eclaircissement. 

• Confermaht, etapprouvant nos dites constitutions 

• autrefTois sur ce faictes, et en donnant eiclardit- 

• iement à icelles, avons ordonné, et oiïlonnons. > 
(Ord. des ducs de Bret. â la suite des Coût. t. 234 ^.) 
On trouve esclariêseinffnt aux Ord. V, 459, an. 1371. 

Esclarer, v. Eclairer*. Faire voir*. 

*[. Par main en l'albe, Si cum li jurz esclai- 
« ret. » (Roland, v. 007.) On trouve encore esclar- 
gtez (V. 1807) : • Esclargiez est li vespres e li 

• jurs. • Voir EscLAinEH.] 

■■ Oncques mais jeunes chevaliers à cueur garni, 

• et enrichy de valeur, et de prouesse ne penst si 

• bien son désir esclarer. neen appert monstrersa 

• valeur qu'il a dedens la grandenr de son cueur 

■ eacioz, commei) a faitiiuiourdhuy. > [Percelor. 
vol. I, fol. 131 *,) 

Eseluriz, part. Qui est clair; delà, pour sitôt 
qu'il fût jour, on diaoit : 

Si tost com il ru têclarit. {EHrub. m«. 7996, p. 36.) 

Esclars, aàj. 

De l'oniime est tels si esclaf», 

Li vent vendront de toutes pan, 

Et venteront moult durement, 

L'uns vers l'autre moult flerement. {US. 7Î18, f. iiS '.} 

Esclaru, part. Brillant. Voyez ci-dessus le 
verbe eiclairer et ses diverses acceptions. 

Lors à eUe a'apparu, 

Ainsque solaux fust ttdoru. (Eut. des Troie Marîei.J 

Esclarzir (s'), v. S'éclipser. > Auailost come 

■ l'ame issi du corps, it solail s'etelani, e la lune, 

■ e les esieilles perdirent lurolarté, porsaptjors. ■ 
(Hisl. de la S» Croix, us. p. 10.) 

Esclas. [Intercalez Etclm, esclave, comme 
esclaf: • El qui celé rançon ne porroit paer, si 

> seroit esc/os. ■ iHistoire occid. des Croisades,!, 
p. 89.) — De même dans Marlène, Ampl. CoUectio, 
t. V, col. 646 ; • H voidierent le chnstel de famés et 

• d'enfans et de fiebles gens et de tous les esetas 

> qui dedens estoient... Quant le charpentier vist 

• que li Sarrazins furent tuit fors du chastel. il vint 

• à deus esclas crestieas. ■ C'est k la suite des 
guerres d'Olhon-le-Grand que les captifs Slave$ 
furent partagés entre les soldats allemands et 
réduits en servitude.] 

Esclat, s. m. Horeeau, lambeau*. Semence'. 
[Le sens de bruit soudain et violent est dans la 
Cbron. scandaleuse de Louis XI, p. 150 : < Yssit du 



yLaOOgle 



ESC 

« ciel plusieurs grans eaclasie icnaoire, esparlis- 

■ semens et merveilleuse ployé. >] 

' Lors j'enponBm ung etclal, 

Dessns le nn luy en foli nng eacript. (VUlon, p. 76.) 
Encor ara nappe trop mal buée.' 
Craese, et ocde, noire com comltlart; 
Aucune loiz à la table Clouée 

Sani plus oster, tant qu'il en dure eaelai. (E. Desch.) 
* Esclat s'est dît pour semence, dans le livre de 
Sidrac [Edit. de Gaiiot, fol. 157 ».) 

Esclate, s. f. Eclats de bois, pieux bordant uu 
fossé. [> De quodam baculo, Vocato etclate. in 

■ capite solo ictn percussU. • (JI.'M, p. 5, an. 136f .)] 

Ll chevaus contre l'areate 

D'nn Eoasé vint, de tele etcUue, 

QuB li ribaup à terra flata. 

Si qu'a pot qu'U oe se tua. (US. 73i8, f. S36'.! 

[Ezclate sitïDiflait aussi race, exlraction.et venait 
du haut allemand ilahta, race, aujourd'hui 
Getehlecht.l 

Esclatemens, s. m. p. Cris, édats. ■ Au% hauts 

• cris de leurs miséramee veufves, aux esclate- 

• mens de leurs petits enfaiis. • (Mém. Du Bellay, 
t. V, page 382.) 

EIsclatls, t. m. Eclat, bruit. ■ Là peut ou oyr 

■ grand bruit, et gr^Bleselatitàe lances. > (Chron. 
des. Den. t.I, fol.aas*.). 

Esclatter, v. Se briser, crever. ■ D'autres se 

• sauvèrent en d'autres places, lesquels n'estoient 

• pas plus asseure^ les. uns que les autres : au 

■ diable un qui en a esclatté àe regret- ' (Brant. 
Cap. fp. t. II. p. 223.) 

E^clattenre, s. f. Eclat, rupture. (Oud. Cotgr.) 

1. E]sclave. Voyez Escuf, Esclas. [< Qui esloit 

■ tranc est devenu esolave. * (Uachabees, 1, 2.)] 

2. Esidave, s. Comme esclavine, habillement 
propre aux Slaves. ■ Par la cçustume. les manans, 

• et habilans de la paroisse là ou uiM personne 

■ entachée de Icpre, a esté née. et baptisée, sont 

• tenus, si ledit entaché le requiert. )oy délivrer, 

• en la dite paroisse; maison pour sa demeure, un 

■ châlit, liot, manteau, esclave^ table, plateau, et 

■ autres, menues alensiles de bois, et terre. ■ 
(Coût de la Salle et Baill.de Lille, G. G. Il, 922.) 

Enclaver, v. Asservir. ■ Ne nous engageons 

• point en cbose ai émue, et violente qui nous 

• eaelave ft autruy. > (Ess. de Mont. III, p. 189.) 

Bi vos filelfl i'etclove ma )«inetae. 



• (Ess. 



Sêntaut ancœurl 

• Elte esclave notre naturelle franchise, 
deMont. LI, p. 307.) 

An,«ttnvlei,«MtMi«i,etdeBtniie. (E.Deich.} 

Voyez Goujet, Bibl. t. XU, p. 115 ; Contes d'Ëutr. 
p. 32, et Ese. de Mont. t. III. p- &32. 

Esclavine, *. {. Sorte de vêtement- ■ C'est nne 

• façon de manteau long que les pèlerins portoient 

• anciennement, comme se void au Roman de 



ESC 

< Waruieb, aucuns l'appellent eecîvkine. > (Dict. de 
Nicol, au mot Esclame.) [On lit dans D. C. d'après 
le Gloss. lat. ff. 4120, au. 1348 : • Sarrabœ suut 

■ veStimenta Sarracenorum. Gall. Escïatie.'] ■ Le 

• priniîe Perse commande à un sien serviieup de 
1 leur faire tailler deux esclavinei (1), et de rècou- 

• ver deux bouMons, tels que tes pe'erios ont en 

■ couslume d'en portei^. ■ (HIsL de Fior. et Blan- 
cbef. impr. p. 46 ) Les esclavines étolent faites de 
peaux ou d'étoffe à poil. 

Qui molt ert araoureus coTine, 

Et plus velu qu'une eiclavine. {FabL de S. G.) 

[C'étoit aussi une aroie, comme on le voit au reg. 
JJ. 146, page 338, an. 1394 : • Armez de diverses 

■ armeures et garniz, d'ars et saietes ferrées et 

> d,'escUi.viMes viprent de nuit oudit prieuré 

■ icetlui varlel fcry de sa dite esclavine Ric^art 

■ père. •] On trouve Salabarra sous Sarabalta: 
eselavhte pour éloffe grossière faite de poil d'élë- 
phanl.(D.G.j Où a ditde l'église S' Maurice d'Angers: 

■ 11 y a sous le priacipu) autel de celte egli&e une 

■ cave fort antique.... et y a là une ancieune image 

< qui représente |S' Jacques lé grand avec sou bour- 

■ don, esclavine et chapeau. * (Anliq. d'Anjou, par 
JeanSlivet,.p. 295.) 

Esclavltude, a.f. Esclavage. < Ils ne pensoient 

■ qu'à fléchir sous Vesdavitude, eu à s'enfuir du 
« royaume. • [Mém. de Sally, l, p. 75.) On appêloit 

> irait i'esclavitude > le droit que le maître a sur 
son esclave ou sur son prisonnier. (Brant. Dam. 
Gai. I, p. 382.) 

Esclavonasse. Eloffe, comme esclavine. Voici 
le passage où se trouve ce mot : ■ Pelleterie de toute 

■ bonne robe vatre,tlonlla peouresXeselavonassf. ■ 
{Ane. Statuts du péage de Paris, cilés par Du Gange, 
Gtos. lat. au mot Tares.] 

Esclavonne, s. f. Epée slavonne. Esclavine a 
le même sens : 

Belle parolla au grand prïnce est fort honne. 
Lui atet, et duiot comme à une eifclavonne. 
Biche fourreau fCritin.p. H9.) 

Esclavoz. [Intercalez Eaclavo%, Esclavons, dans 
Roland, v. 3225 : • E la quarte est de Bruns e 

• d'Esctoroa. •] 

Esclectaé, adj. Démembré. (Cotgrave.) 
EIscledé, s. m. 

En mainte «melie, dit Bede, 

Que cbascua doit oster ses dois, 

Et SOS oeulx, du dolent esrlede ' 

D'atouchier l'or ; car c'est nn bols. 

Ou les diabtcB tendent leurs roia, 

Pour les convoiteMx, qui au chien 

Sont compares d'orgueil prochien. (Deech. f. Si4 '.) 
Esclenche, aàj. Gauche. (Voy. Esclahe, Escun' 
CRE.) ' A main ne sai droite, ou esclenche. > (G. 
Guiart, fol. 235'.) 
Escler. Slaves , Esclavons. [ ■ Bien estoîeut 

< quinze miliers Sarrazins, Persans et Esclers. ■ 
(Fabliaux, 1,101.)] 



0)<QD'ilviegneimoyanBemeiitcome eapie, S'ait etclavineei bordonde Surïe. t (Roman d'Aubery, D. C. VI, 118 >■.)(». e.) 



yLaOOgle 



ESC 

Je Tolraie qcw U Eicler 
M'eussent en prison dix ans, 
Por si, Bans menctiongne, dix ans, 
Qa'al cbter ds .x. ana tout à moi 
Fuat, par soo gré, det tôt à moi ; 
Car ailiors ne pêne ne ne bé. 

vin àc* 93. US. de Sorb, chlT. Lvu, deni. col. 

Esclere, s. f. Eaclaire, chélidoine. (Dict. de Colg.) 
« La ppopriélë de Therbe appellée chetidoine antre- 

■ ment nommée esclere. ■ (Coules de Cho). f. 53.] 
< Les Paracelsites ont de noaveau ramené en 

• usage... ao cheval d'eaoe la saignée, à l'ai-ondeUc 
« Vesclere, pour le mal des yeux. > (Lett. de Pasq. 
I, p. 595.) — On supposait que celte plante éclair- 
cis.sait)a vne : ■ Au joly mois qne clers ont (Igure 

• jaulne. » (Percerorest, I, fol. 78.)] 
Eselès. 

Si le doi bien servir mieus ^e devant, 

Et se vers 11 «itrait lauve merele. 

Merci l'en pri, de cuer huneliant; 

Na m'irai mais bî eneUi en chantant, 

Pieça que jou sui cuis de l'estiDCeLa. (Vat. n" 1490.) 
Esclesche, $. f. Démembrement d'un ilef. Voy. 
Laur. Glosa, du Dr. fr., (k)tgrave et le Coût. Géa. 
I, 769. On lit en ce sens : > Eclipse, et demembre- 

• menl de la dite terre. • (La Thaumass. Coût, de 
Berri, p. 174.) > Le bailliage de Sens, et domaine 

• du roy en iceluy, estoient anciennement de grande 

■ esteodue, duquel successivement auroienl esté 

■ éclipsés les builliage de Melun, el Nemouz, pour 

■ les ériger en tillre de bailliages : en laquelle 

■ éclipse n'auroieat toutes fois esté comprises les 

• ctiastellenies, et sièges parliculiers de cbasteau 

> Landon, etc. • (Coût, de Meluo, au Coût. Gën. 
" 1. 1, p. iiO.) - On lit escleche. (C. G. 1. 1, p. 690.) — 

Escttsche. (Cotgrave.) — Eclipse. (C. G. 1. 1, p. 140.) 

— [Voyez ESCLICIIEIIENT.] 

Esclice. [Intercalez Esclice, éclisse, éclats de 
bois : < Envers le cel en volent les escUces. ■ 
(Roland, V. 723.) Le manuscrit porte etdcles. De 
niënie dans Partonopex, us. fol. 151 : * lui ert ii 

• rois de Galice, Qui fait de mainte lance esclice. ■ 

— On lit au Gloss. 7692 ; ■ Calamistmm, esclice à 

• crespir les cheveux, •] 

EscUcer v. Rompre en éclats. [> La hanste 

• briset e csc/icc( josqu'as poinz. ■ (Roland, v. 1359.)] 
On lit dans la description de la bataille de Ronce- 
vaux : 

Ogiers et Nanties, et AoUans 
Cl ont les cuera Us, et dolans 
De lor gent k'U voient périr ; 

Êa .vu., ça .X., ça .\x. mortr, 
t non pour quant es Ture sa ficent : 
Faucent aubiers, lances esclicenl. (Pli. ilousk, tOO.J 

[• Requérant en grant instance que ledite vente 

■ je comme sires voutsisse gréer . consentir et 

• accorder, et les onze muys de grain dessus dits 

> esclichier osier et séparer de son dit fief qu'il 

■ tient demy. > (Cari, de Corbie, 2t, folio 206 ^ 
an. 1371.)] 

Esclicbemeot, s. m. Démembrement. ■ Si 



ESC 

• c'csloil en paTs ou la constume souffre que le 

■ flefesclische de autant que le qoiat peut valoir, 

■ scachez que VesclichemeHt sera tenu aoui haul- 

• tement que le propre fief, car s'il a haute justice, 

• aussi l'aura celui qui en sera eaclictaé. • (Bout. 
Som. rur. p. 446.) 

Eacllcher , v. Démombrer. [Le même que 
EscucEB.] • Tout estoit d'un Sef, en un seul corps, 

■ d'un seul tenemeot, d'un seul relief, d'un seul 

■ hommage, et d'un seul seigneur tenu, car par ce 

• ne si pouvoit diviser, ne départir, ne riens n'en 

• pouvoit eslre escliché, pourquoy le sergent exe- 

■ cuteur en peut riens vendre, D'esclicJier quelque 

• partsepareement. > (Bout. Som. rur.) > Le vassal 
- peut éclipser (1), vendre, donner, ou transporter 

■ partie de son fief, sans le consentement de son 

• seigneur. » (Coût, de Monldidler, Péronne et 
Roye, au Coût. Gén. t. II, p. 716.) • Le dit lieu de 

■ BeaugencT, du ressort d'Orléans, le dit cbasteau 

■ Regnaut,au ressortde Touraine, lesquelles avons 

■ éclipsées, et éclipsons, par ces présentes, des dits 

• ressorts. - (Godef. Rem. sur l'Hist. de Charles VII, 
p. 813.) ■ Un llef ne se peut esclicer, ou desmem- 

■ brer, n'est par le consentement exprès du sei- 

• gneur duquel il est tenu. • (Coût, de la Salle et 
Baill, de Lille ; C. G. Il, 90i.) 

Esclifes, s. pi. Instrument de musique, sorte 
de sifflet. 

Pipes, canemeans, et flagos 
Et musetlea fa bourdons gros, 
Tamburs, el escHfe» trawea. (Froia. Poëi. mai.J 
Escllffer, v. Siffler. On a dit de Telephus, dont 
les moutons furent changés en oiseaux : 



Et 



oiseaux l'oanourent, 

.. son de sa vois akeurent ; 
les eictiffe, il les appeUe. fFrù 



ë».} 



EscUgné, partie. Qui a les yeux à demi ouverts. 

Sa femme coitunence k choler, 

Qui unpoi estoit etctignéa : 

Dame, fait il, ne donoex mie. 

Dormir n'ebt pas or de saison (Fablai mit. de S. C.) 
Est^IIgaer, v. Cligner. On a dit des hypocrites : 



EscIId, s. m. Kscarlin, monnoie d'argent. 

Pour contenter le [emenyn. 
Nous ferions plus d'un eactin. 
Que uns anltre de qninie rovanlx. 

VOl. DU.dalldafq*, p. 5S. 

ËscUncer. [Intercalez Esclincer, au reg. 3J, 
162, page 359, an. 1408 : ■ Icellnl Henry sacha son 

■ espée el fery ledit bastart un seul cop sur la teste 

■ en esclinçant sur le coslé destre. >] 
Escllpcle, part, au f. Eclipsée, perdue. 

De vivre toute polUcie 

. , . . Lors estoit trop eselipcie, 

S'Aristote n'y eust ouvré, 

Qui a, par son sens, recouvré 

Le peupla ds vivre a nuaon. (Detch.) 

Escliper, v. Mettre à la voile, « Entrèrent au 



(Xi Les motB eclipter, eclipie, ont été écrits par un rédacteur ignorant qne eteliehe, ecliête, ont U mSme racine. (K. k.) 



yLaOOgle 



ESC. 

■■ dit vaissel : et siogLeraat, et eselipermt eu mer. > 
<Froiss. liv. III, p. 89.) 
Eclipst, part. Eclipsé. 

LuDO, et soleil seront Bouvent eKlijM. (Deich.J 

[On lit dans la ftose, v. 4800 : ■ C'est l'amor qui 
' ■ vient de fortune, Qui s'eecUpse comme la lane. >] 

Eseltqnet, s. m. Canonnière. Sorte de tutau 
dont les enfants se servent pour jeter des balles 
ou boulettes. Le mot ^cliquet est languedocien. 
(Borel.) 

Esclisse. [Intercalez EscUsse, traîneaux faits 
û'éelisses : > Sont tenus tous fermiers dudit esclai- 

■ dage d£ sougnier toutes ferles cordes, charries 

■ esclisses. • (Statuts de Mézières.)] 
Esclissée , adj. f. Faite en forme d'écliase. 

> Cages d'Qzier, et de ronces escarrées, et pertui- 
« sées avec une brocliette rougie au feu, et esclissée 

• de petits barreaux de toiaeUe pelée. ■ (Berger, de 
Rem. Bell. fbl. 74.) 

Elsclisaer, v. [EelUser, jeter de l'eau à un 
faucon avec lé doigi (comparez CliKOlre).^ On a dit 
du faucon: ■ Quand ta le mettras couctier, lui 

• ec/tsie un peu d'eau au visage, alln qu'il frotte 

• ses yeux aux jcàotes de ses ailes. ■ (Fouilloux, 
Faucon, fol. 62^) 

Elsdlssler. [Intercales Escliuier, charrier sur 
eKlisses : > Se aucuns marctians ...vouloient faire 

• rouiller leurs vins, qui seroient près du rivage, 

■ sans porter, esclisaier ou charrier, ils doivent 

■ pour chacnne queue de vin .vu. den. comme s'ils 

■ esloieat esciis»ie%. > (Siat. de Mézières.)] 
Esclissoire, s. f. Seringue. [Cotgrave, Oudin et 

Nicot.) On lit, au sujet de l'attaque d'uu bastion qui 
se fit par manière de divertissement, et dans lequel 
les assiégés se défendoient • avec des bâtons 

■ embourrez, etl'espée tranctiante, sans pointe.... 
« ils avoient la dedans des tonneaux pleins d'eau, 

• et grand nombre d'eicliisoires, et artillerie de 

< papier. ■ (La Colomb. Th. d'bon. 1. 1, page 179.) 

• Faire estditoire > paroit avoir siguiné se servir 
de la seringue : 

n ne li covient pas foire etclitoire, 

Onar, eo toutes saisonB, svdt la foire. (Rom. iVAudiq.) 

E^cltstre. [Intercalez Esclistre, éclair : ■ Uain- 

- tenant fu granz crolles de terre, esclistre et 

< foudres vinrent et chaïreut en tant que pluisour 
« des paiens furent mort. * (hs. de S* Victor, f. 34 '',) 

- ■ Gags tonnoires et ungs esctistres si merveil- 

- leux. - (Proies. IV, 141.)] 

Escllstrer. [Intercalez Esclistrer , faire des 
éclairs : - Il commença à esclistrer et à tonner. • 
(Froiss. V, 51.) 

Escllte, s. f. Paille. 

.... Hienlx Tault lie d'ermite, 

Haavaiae eaue «f, jecoucbe sur YeseHle. (E. Desch.) 

Escloie. [intercalez Escloie, urine ; • La femme 

■ d'ioellui GOTaumin entra en son hostel et y 

« priât un pot de terre garni û'escloie et d'autre 

■ ordure, el icelle ordure getta à la teste dudit 



ESC 

■ Molin, et le gasta très desbonoestement. ■ (JJ. 
UO, p. 302, an. 1377.)] 

Esclolnne. [Intercalez Eseloinne, scandale, au 
reg. JJ. 161, p. 176, an.1406:<CDillauineGhoudin,. 

• qui estoit homme de moult dur langaige, dist par 

■ maniered'£5c/oin?i£, qu'il nes'enpartiroii point.*} 
Esclop, s. m. Sabot *. Traces, vestiges '.. 

* [En Dauphiaé et en Provence. Ira esctoUt sont 
encore des sabots sans bride.] ■ Souliers de bûche, 

• ajios des sabots, qu'ils disent en oe pais là (à 

■ Toulouse) des esclops, si bien m'en souvient, 

• lesquels esc/ojjs ils font pointus par le bout pour 

• la bravelé. > (Contes de Des Periers, 11, p. 188.) 
— [• Giraut Germer se party du village de Fagiole 

■ et s'en tira avec ses esclops ou soulliers de bois 
. chaussés. . (JJ. 187, p. 291, an. 1457.) — . Jehan 

■ Chavet laissa... ses esc^os qu'il avoit en ses piez. > 
(JJ. 201, p. 110, an. 1466.)] 

• ■ En tel dueil chevaucha longuement monsei- 

• gneurCauvain, etveit tousjours devant luy les 

■ eaeloa du chevalier, et bien sceut que c'estoit il. ■ 
(Lanc. du Lac, t. II, fol. 60-.) — < Tant chevaucie- 

■ rent cil coureur et si s'esploilterent par es£/08 et 

• par froyais qu'il vinrent. » (Froissart, 111,126.) — 
« Si sievi li sires de Biaugeu les esclos dès Englès 

> movdt radement. > (Id. V, 296.) — ■ Si entra li 

> rois ou droit esclos des Englès. > (td. V, 369.)] 
Escloppep, V. Estropier. (Oudin.) « [II n'i a 

> borgne aesctopé. * (Renard, v. 4604.) — * Se vos 

■ Pinte vengier peinez Et sa seror dame Copée Que 

■ Renarl a si esclopée. ■ (Id. 10076.)] 
Esclore, i>. [1* Eclore; • L'œuf duquel esclo- 

« rera l'aspic mortel. • (Yver, p. 640.) — 2" Ouvrir : 

■ Trous esc/ous. ■ (Rabelais, Gargantua, I, 13.) — 
3* Manifester, dans Parlonopex, v. 8738], et au us. 
7218, fol. 218'): 

Si vous pri, dame que j'aîm tant. 
Que vous n'eêcloiei, tant, ne quant, 
 nul du moode nostre amor ; 
AiDS la celés et nuit et jor, 
Et jeauillaceteral. 
Esclosures. [Intercalez Esclosures, écluses: 

■ item, garennes d'eau que il a dès le guet feu 

■ monsieur le maire de Heun psnues es esclosures 

■ du moulin de Rigonneau. • (1351. Aveu de Châ- 
teau>Vieu!C. Diot. des droits seig. du D. d'0rléa:i5 
de L. C. de D.) On lit esclousure au reg. JJ. 192, [i. 
25, an. 1461 : • Guillaume Largier vint à ladite 

• esclousure et s'efforça l'ouvrir oultre le gré et 

< volenté du suppliant, lequel déboulant icellui 

■ Largier le flsttumber dans lebesal, ourasedudit 

< molin. •] 

Esclotes, adj. pi- Ce mot semble signifier 
esc/oses dans ce passage: ■ Queroit araignées ,' et 

■ barbelotes escloles. • (Vie d'Isab. a la suite de 
Joinv. p. 177.) 

Esclotouere, s. m. Filet,' traîneau. [< Unengin 

■ nommé escloutoire duquel on prenl les oiseaux 

• à la nuit. '(3i. 128, p.65,an. 1385.)— * Lesqndz 

■ prinrent à un barnois appelle esclotoueres , k 

> prendre oiselles de nuit plusieurs poissons. * 



yLaOOgle 



ESC 

(ii. 1S3, p. 140, ail. l'3970 - • Plus bas à coalé les 

■ lonaeilea. esclotoueres, rets, iiletâ, panlieres, et 

■ autres engins de ctiasse. * (Conlesd Eulr. p. 316.] 
Esclotoure. [Intercalez Esclotoure. On lit au 

€Ios3. 7679: « Anoglotilorium... gailice esclotoure 
- velescluse. •] 

Esclouant, part. Qui éclot. (Rabelais, t. IV, 
p. 11 ; Des Ace. Bigarr. fol. 106.] 

Escloure, v. I* Kclore; • On dit que les poules 

■ esc/ouertHeur poussins. ■ (Bouchât, Serées, liv. 
Il, p. 23i.) — . Castor et Pollux (furent engendrez) 

• de la coque d'un œuf, pont et esclous par Leda. • 
(Rab. I. p. 35.) — [â* Ouvrir ta vanne d'un moulin à 
eau : » Le suppliant dist que le moulin nemoudroit 

■ plus de tout le jour, ainsois Yesclourroit. ■ (JJ. 
165, p. 288, an. 1411.}] 

Esclo;^^, 8. m. Urine. (VoirEscLoiE.jHotdu patois 
picard. (Nicot). 

Esclugnler. [Intercalez Esclvgnier, recher- 
cher, aux Miracles de Coinci (Du Gange, 111, 87"]: 

• Se soulieumenl \esescluignons. Moult trouverons^ 

• en lor affaire D'angles de coi Dex n'aquefaire. »]' 
Escluignement. [Intercalez Escluignement , 

au cari, noir de Corbie (fol. 180*, an. 12G2) : < Avons 

• vendu... toute nostre mairie... en quclesconkes 

< choses que ce fust.... en ajournemens , en cher- 

< quemanemens, en escluignemens. >] 
Esclumez, adj. Estropié. [Voir Esclame.] On a 

dit d'un chien précipité du haut d'un rocher sur la 
grève : 

Treatuit cantrex «teaclumez, 

Me fu puis d'iluec aportez. 

Puis fil meciiieE, et gariz. (Parlon. de Bloia.j 

Escluag. [Intercalez Etclung, perquisition, au 
reg. JJ. 156, p. 389, an. 1401: . Jehan Capon se 

< plaigny de câ vol à justice et requist que esclung 

• fu fait, lequel esclung lui fu adjugié; et par icel- 

• lui esciunc; fu trové en un fumier en la maison 

• de l'exposante grant planté des dites pommes. •] 
Escluse. [Intercalez Esclu&e de Pasques,àimAn- 

che de la Quasimodo: < Données l'an de grâce 

■ Nostre Signer 1350, le jour de Vescluse de Pas- 

• ques. - (Cartulaire d'Aspremont, fol. 4^.1 On lit 
en effet au reg. JJ. 148. p. 324, an. 1395 : ■ Le jour 

■ des closes Pasques, que l'en chante Quasimodo. •] 
Escluser. [Intercalez Escluser, 1° barrer une 

rivière, au can. de S' Jean de Laon (an. 1339): 
« Quant il veulent pescher leur estant d'Escoussanl, 

< il peuent escluser la rivière dessus te pont et 

■ faire rigollas pour ladite rivière escouler. • — 
2* Fermer, obstruer: • En plus de quarante lieux 
> [le fossé] estoit esclusé des mors qui là esloient 
» versés et couchiés. » (Froiss. XI, 315.) De là. au 
figuré, dans la Charité, par le Reclus de Moliens: 

■ Pour chou ma bouche n'esclusai. ■] 
Esclusler. [InLercalez E&clu&ier, éclabousser, 

au reg. JJ. 145, p. 269, an. 1393: > Icellui Sarquin 

• eusl commencié à ferir en l'eaue d'un baston 



ESC 

• qu'il lenoit et eust mouUië ledit Pierre ;... perse- 

• verant de mouillier et esclusier ledit Pierre. >] 
Escobat. [Intercalez Escobat, tmttu d'une e»- 

coufr«, d'un balai de verges: • L'an 1364 le pilori 

■ fust dressé,... et ung homme y fust foeté ou 
« escobat. * (Chr. de Montpellier, B. N. anc. 4656.)] 

Escocber, v. Froisser, écorcher. 

Barthelemien, tiëlAS I 

Fu e»cochiex. (Eutt. Desch.J 

S'aulcnn estoit, par fortuoe. 

Noyé, ou ara ; ou en alcune 

Fosfle cheu, o» a'il tt'etcoehe 

D'arbres, ou de pierre, ou de roche. (Coui, de ^'orm.f 
On lit dans le Gr. Coût, de Norman., au fol. 32 : 

> Separavanture auluun a esté noyé ars, tué, 

■ froissé, ou a^ravanté en une rive. ■ 
Escoerle. [Intercalez Escoerie, cuirs, au cart. 

21 de Corbie, fol. 345 ^ : ■ Chascuns fardeaulx A'et- 

• coerie ou de freperie doil .u. den. ■ On lit encore 
aux Revenus du Comté de Hainanl, an. 1265 (Cham- 
bre des Comptes de Lille] : ■ Se li avoirs est vendus, 
< u acalés en liesle, et on le porte à col , se c'est 

■ escûherie, u cordouans, u crue oevre, li fardiaus 

■ doit deux deniers. >] 

Escoeurer, v. Faire mal au cœur, dégoûler. 
(Oudin, Dict., et Cur. fr.) 

Escoffler, s. m. Cordonnier. Mot du patois 
savoyard. Voyez Cotgrave et Du Cange, sous Escof' 
feriiis. 

Escoffion, s. m. Habillement de tète de femme. 
(Colgrave.) Brantôme dit de Marguerite de Valois, 
première femme de Henri IV : . Cette belle reyne, 

■ en quelque façon qu'elle s'habillast, fust a la 

• françoise, avec son chaperon , fust en simple 

> escûf/ion, fust avec son grand voile, fust avec un 

> bonnet, on ne pouvoitdirequeluyseoit le mieux, 

> ny quelle façon la rendoit plus belle, plus admi- 

> rable, et plus agréable. ■ (Brant. Dam. Gall. p. 
213.) H. de Brissac, dans le butin fait à la prise ae 
Verceil, > eut pour sa belle part,... le beau et riche 

■ ££co/'/ton delà duchesse, tout gsrny de grosses 

■ perles, et pierreries ; mais aucuns disent que ce 
« fut M' de Salvoison. ■ (Id. Cap. fr. Il, p. 334.) — 

• Elle porte en sa leste un bonnet sur un escof- 
' fion. ' (Id. Dam. 111. p. 373.} 

Escotrie, s. f. Escoufle, milan. [D'où le Roman 
de l'Escoufle. On lit dans le Roman de S" Leocadie 
(Du Cange, IV, 402'): « Et comportant desor lor 

■ moffles Lor coetes et lor escoffies. >] Voy. Rom. 
d'Audig. Fabl. hss. de S. G. et Poët. hss. av. 1300.) 

Escoffrale, s. Escofrai*. Terme de faucon- 
nerie". 

* C'est une gro^e table ou madrier qui sert à 
plusieurs artisans pour tailler et préparer leur be- 
sogne. (Cotgrave et Monet.) D'après Du Cange. sous 
Escofferius, VescoUraye est la boutique de l'escoffier. 

* • Se doit entresuir de plumes, de pied, et de 

• bec, il doit avoir l'ouvre grande, et ne doit point 
« avoir en l'ouvre un bout de Veteoffraye d'aguil- 



yLaOOgle 



ESC -î 

« loQ ; c'est nue poincte qui natst de Yescofraye. ■ 

(Hodns et Racio, roi. 59*.) 
Escogriffe, s. f. Escroc, fripon. (Oud., Cotgr.) 
Escobier, s. m. Pelletier, fourreur. [« Le cam- 

• brelenc manda un etcohier pourun sien pelichon 

« rapareiller. ■ (Bauduin d'Avesnes , livre iVII , 

ch. txxvn.)] 

. . . Preudom ta cil diu Rotden 

De Nonnendie, et el n'ot oir, 

Ki u tiers derist a Toir, 

Tant q'nna podele en un» 

& Kum [Caen], ù U aou^ourna ; 

Ki flUa estoit d'an «teohter : 

Par non l'apieloieot Sohier. (Ph. Mouskeê.) 

Cette flile de Sohier fut mère de Guillaume le 
Bastard. Le passage suivant confirme l'acceptioa 

aue nous avons donnée à Mcofiier , Ml y estquesUon 
e Guillaume assiégeant Alençon : 
S'asiat le kaatiet environ. 
Et cU dedena M moult fort erent, 
Le laidenglerent, et clamèrent 
Baatàit ; et pour ftil bire anul, 
SI bâtirait par derant lui. 
Pennée d'algnana, aine l'annlUer, 
Et se r (damèrent pelelier. 

E^coles (à). [Lisez eêcoire, pour rimer avec 
foire ; on lit au cart. de S' Vaast d Arras : • Stallus 

■ escoiTê in sabbato .i. obol. ■ Escoir paraît être 
synonyme i'esceeries.'] 

Draps de Flandres d eieoleg. 
Furent amenai à ea foire. fMS. 6813, fol. 86 >>.; 
Escotllté. [lutercalez Escoi/ffé, eunuque, au 
Ms. de S' Victor, 28, fol. 245- : • Sainz Hatbez l'a- 

■ postres entrez encele cité etherbergiez en riiostel 

■ derescoii/i^deCandaceBoi. ■] 
Escoinçon, s. m. Escoinson. Pierre qui fait 

l'encoignure de l'embrasure d'une porte ou d'une 
fenêtre. (N. C. G. H, p. 1137-.) 
Escoltre, v. S'échapper. 

Selpieors, Esit il, ge vous plevia 

Qu'il n'ont poroir d'enottre vis 

François qui sont Ift eslendui : 

Kui seront les pine grani pendui, 

Ne croi que jade cet jour issenl. (G.Gviart,f. ilS'.J 

Escolage, S. m. Instruction, apprentissage*. 
Pavement du maître '. 

* [On peut continuer à tout temps l'estnde, non 

■ pas \'e$eholage. • (Montaigne, 111, 124.)] — > Le 
> bureau de l'aumosne est journellement chargé 

• de telles persoDues qu'il convient assister pour 
- leur vivre, apprentissage de mestier, ou esco/aje, 

• 00 bien pour les secourir en leurs maladies. > 
(Ord. de Metz, C. G. I. p. 1148] 

* [• Il envoya quérir Aristote, en lui payaut un 

• très honorable salaire pour Vescholage de son 

■ flls. - [Amyol, Alexandre, 10.)] 
Escolarez, s. m. Qui appartient aux écoles. 

■ Haislre es arts crollé, ou autre bourgeon d'esco- 
< tarez. ■ (Dial. de Tabur. fol. 165 ''.) [En anglais, 
le mot scholar a ce sens dédaigneux et plaisant.] 

Escolastre, a. m. Chanoine chargé de la direc- 
tion des écoles. [Voyez la thèse de M. Bourbon , 



- ESC 

élève de l'Ecole des Chartes, publiée dans la Revue 
des Questions Historiqnes.] En quelques cathédra- 
les, c'est un chanoine gui a une prébende qui 
l'oblige d'enseigner gratuitement la philosophie et 
les lettres bumaioes à ses confères et aux pauvres 
écoliers du royaume, et d'en tenir école. • Il n'i 

■ avoit église cathédrale en laquelle y eut prébende 

* affectée pour te salaire de celuy qui enseigneroit 

* les lettres ordinaires, et une autre pourceïuy qui 

■ vacqueroit à l'enseignement de la théologie ; le 

* premier estoit appelle escoUutre, lo second 

■ théologal. • (Pasquier, Recb. liv. IX, p. 767.) 
Escole, $. f. Ecole*. Science*. Nouvelle, rap- 
port *'. 

* [■ Puis ad escole li bons pedre le mist. • (Saint- 
Alexis, VII.) — I Bêle , nous nous entraimions, 

■ Quant à Yetcole aprenions. > (Romancero, p. 62.]] 

— • Hangest (Hierosme de) natif de Gompiegne en 
« Picardie, docteur en théologie à Paris, scholasii- 

* que, ou maistre d'eacole, et chanoine en l'église 
> S' Juhen du Mans, issu de la noble maison de 

* Bangest en Picardie. ■ (La Croix du Maine, Bibl. 
page 169.) 

* C'ainc pour lune enpris & chanter, 
" convenra pleurer, 



Par leur boidie. 
Escole . amis, et seigneurie 
Al perdu par «die hanter. (Adant li Boew, Poêi. e 
*Se TOUS de mm avez parole, 
Ne leur en dites nule eicole. 



0.) 



Neu 






Hoa tanèa pois, ai soiéa qoi. (US. 7Si8, f. S '.f 
On lit escuele, au ms. 7615, 1. f. 109 *. [Il signifie 
encore 1° Remontrance : ■ El le chastie de parole ; 

• Mais il n'a cure de s'escole. > (Fabl. 1, 65.) — 
2* Confrérie, aux Ord. VU, page 686, an. 4391. — 
3° Synagogue chez les juifs d'Avignon.] 

Escole, part. Ecoulé. [Dans la Chronique des 
ducs de Normandie, s'escoler, v. 21589, signifie se 
glisser.] • Escolées et aaienlies. > (Ord. I, p. 770.) 

> Grasse, el couleur en trois jours escollée. ■ 
(Poës. d'Al. Charl.p. 570.) 

Escoleiter, v. Découvrir le cou, décolleter : 
[< Pour ce que icelle Phtlippote estoit habillée en 

■ autre façon que ne sont les filles des laboureurs, 

> fort escolelée et coulerette par dessus, cuidans 

• que cefust la cbamberiere du curé de Borien ou 
- autre fille de Joie. ■ (JJ. 195, page 247, an. 1468.) 
On disait aussi des chaussures : ■ Trois paires de 

■ souliers de corduan escolletez. > (JJ. 130, p. 212, 
an. 1387.)] 

Se ele a blau col , et gorge blanche, 
Gart que cil qui sa robe tranche, 
Si très bien la U e»coleile. 
Que U char pera blanche, et nette, 
Demi pté derrière, et devant. 

nomu <• Il Rnt, D. C. moi Scatatitre. 1. 

1. Escoler, v. Accoler, embrasser. On dit en 
Bourgogne • écouler la vigne, ■ pour l'attacher à 
des échalas; en Touraine, on prononce accoler. 
Souvent & eacolei; et baisiLr, 
El a Bcoler le doulx enhnt. fLeâ 15 alteij. de la Vierge.} 



yLaOOgle 



ESC 



- 10 - 



2. Escoler, v. Eosei^iier, instruire. Froissart, 
parlant de sa jeunesse, dit : 

..._. Quand oa me mlst à l'eacole, 
Où leâ ignoTEDS on eaeole. 
[• Icelli Jeliiia prist et e$cûla Jehan de la Mote et 

> Te mena à Honaidier espier Jehan de Lunllier,... 

> par l'espie duquel enfant icelui Jehan deLuolher 

• tu muraris et trailUés à mort. > (JJ. C6, p. 510, 
an. 1330.)] 

Escoller, s. m. L'acception de ce mol étoit 
autrefois plue étendue. Les chroniques de S. Denis, 
au folio 121 du 2* vol., appellent escalier un prêtre 
de Suède qui étudioit à Paris, en droit canou. Villon, 
Âgé de trente ans, se donne cette épithëte. Casteil, 
religieux de S. Benoist, poète, prend la qualité 

• àescoiier au roy, « dans une réponse qu'il 
adresse à Georges Ctiastellain, chroniqueur du duc 
de Bourgogne. Voyez la Chasse du cerf fragile, en 
vers fr. xs. 8053, et dans les Poës. Gr. lat. et fr. de 
Jacques Thiboust, us. a' 7655. On le trouve qualillé 

■ Aescolier du roy à pension, estudianl a Paris. ■ 
Isamberd de S. L^r. auteurdu Myroerdes dames, 
traduct. du lat. en fr. ms. n° 7402, prend le titre, en 
parlant > à madame Mai^uerite de France, royne 

• de Navarre, duchesse d'Alençon, » de son très 
humble orateur, ■ pauvre escolier, > et très humble 
sujet. François Goracelis Florentin , docteur en 
théologie est dit ■ eseolier de la royne mère du 

■ roy. > Dans Du Verdier, Bihl. p. 400, il se trouve 
avec les mêmes qualifications sous le nom de 
François Goraceus, dans la Croix du liaine, Bibl. 
page 97 ; il résulte de ces différents passages que 
c'eloil des éLudians pensionnés du roi ou de la 
reine, que nous connoissons aujourd'hui sous le 
litre de boursiers. 

Le feu bon roy euoeu de bonne colle, 

Tenoitdesclerce, et boursière àl'escolle, 

Et fu jadiz eon eiaAUer premier 

Le bon eveaque de Paria charetier, 

Qui en son temps flst grant fruit en l'astude. 

vif. d* GtaBlM Vil, I. H, p. «. 

11 semble même qu'on ait désigné Vécolâlre, par 
le terme à'écolier. 

Horu U vesquea Gossuins 

De Tournai, et meaties Watiers 

Fu vecques faio, 11 eecoliert. 

De Tournai (u a Aère ealiuB, 

Coum preudom, et clers eoulini. IMouttie», p. G1*.} 

■ Uessire Jebau bastard de Bourgongne, conseil- 

• 1er de M. le duc, prolbonotaire du S. Siège apos- 

■ tolique, et écoiter demeurant en la ville de 

■ Dole. > (Etal des Ofdc. 'des ducs de Bourgogne, 
p. 262.) On nommoit aussi escalier celui qui appre- 
noit le métier des armes. ■ En tandis le roy Alexan- 

• dre, lloridas, Perdiras, Lionnel, Menelaus son 

■ cousin, et Drogon d'Escosse se combatirent à ung 

■ escollier du lignage de Darmaot qui éU>it nommé 

• Gray, et à Nabur, et à di][ autres chevaliers. > 
(Percef. J, fol. 89 ^) 

Sur ce mot, les façons de parler suivantes : 
i° ■ Le maiatre apprenl en apprenant son escolt^. ■ 
(Percef. 11, fol. 36 °.j — 2* > Cela sent son escalier 

• latin, • un homme grossier. (Faucb. lang. et 



ESC 

Poës. fr. p. 35.) — 3* • De bon maistre se part vou- 
> lentiers bon escalier, et le boo fruict de bonne 

■ ente. > (Perceforest, vol. I, fol. 111, R* coL 2.) — 
4<> ■ Scbolasticus(di3oit Blady))oqueo8cumpueUa, 

• non solel dicere pater noster. > (Contes d'Gutrap. 
p. 337.) — 5* * Eteolliers errans, • injure. > Belis- 

• très que le commun peuple de ce pays là appelle 

• escolters errans. • (Suils de Strap. t. II, p. 391.) 
— 6* [> Pire ne trouverez que eseoutien. > (Leroux 
de Lincy, 11, 128, Proverbe du xv siècle.}] — 
7° Eseoltere (a l'), par ignorance. (Oudin.) 

Ëscollaterle. [Intercalez Escollaterie , éco- 
lâtrie, dans Varin, Archives administr. de la ville 
de Reims (111, 506, an. 1384] : < Ueieoliaterie, en 

• temporel, ne vault pas plus de -xx. livres *.] 
Escolorger, v. Couler, glisser. 

K un Normant en vint tout droit 

Qui armé fu sour Bon destrier 

la hache qui fu d'acier 

El heaulme Ferir le cuid« 

Maille coup entre eteoutorja, 

Par devant l'acier glacea ; 

Et la hache qui bien treacba 

Le col du cheval en travera 

Coupa. (Rou, "!*•} 

[De là, on a dit au figuré : > Après icbes choses 

■ longtemps escculourgté. ■ (Cb. de 1290, D. C. VI, 
130 ".] Voyez EscouLERGEVEnr.] 

Escoloriaat, adj. Glissant. On a dit, au figuré, 

• mémoire escotorianl ■ pour mémoire infidèle, 
sar laquelle les objets ne font que glisser légère- 
ment, sans y faire aucune impression durable. 

■ La mémoire des gens est esiw/oriant et chas- 

• cun n'est pas bien membrant des loingtaines 

■ choses. ■ (Assis, de Jérus. p. 137.) 
Escolter, v. Ecouter. [On lit déjà dans S" Eula- 

lie : • Elle n'ont eskoltet les mais conseillers. >] 
Voy. Rom. de Bon, hs. 

Escolurjable. [Intercalez Escolurjoble, trom- 
peur, dans la Chron. des ducs de Normandie, 
V. 8079 : > Mais li siècle vaio et muable, Faus et à 
< toz escoturjable. >] 

Escombatre, ti. Défendre, empêcher. 

Une maaae encontrai, ei me fis ens embatre, 
Ou je TOUS isse, ou non, ne m'en poi etcambatre, 

¥M. usa. <!■!(.■• TMI, U. SO. 

Un ancien poète dit des vagues qui détraisent les 
falaises de Normandie : 

Sor les liragee, et les port, 

Par où 1; alu^ e'embatant. 

Qui tant souvent vous eteombateni, 

Maintenez bien vostre franchise : 

Se TOUS ostei d'autrui aervise, 

Voua teret moolt làen voetre vueiL fR. du Brut, f. 4S '.J 

Eseombre, i. f. Ordure. (Dict. de Borel au mot 
Descombrer.) 

Escombré, s. m. Tas de terre inutile. Ce mot 
est d'usage eu Languedoc, selon Borel, au mot 
Encombré- 

Escomengement , Escommenie , etc. 
Excommunication. {L'excommunicaUon ne fut 
employée qu'en matière spirituelle jusqu'à la fin 



yLaOOgle 



gni 

LOI 



ESC -1 

du a* siècle. Hais, & cette ëpoque, le clergé n'étant 
I^ns défendu par la royaaté aftiiblie, résista aux 
violences féodales par les censures et peines ecclé- 
siastiques qu'il étendit au temporel. L'excommuni- 
cation était une p^ne redoutaSle & cause delà viva- 
cité de la foi, des cérémonies lafpibres entourantia 
déclaration d'interdit, et de la ri^eur avec laquelle 
ébiient suivies les prescriptions canoniques. On 
fuyait l'excontmoDié comme on lépreux ; le curéde 
la parole rassemblait les fidèles, ftisaîi jeter des 

G 'erres aox fenêtres de sa maison et déposer une 
ère ft la porte, comme si l'excommonié eut été 
retranché qq nombre des vivants. Si les foudres 
saintes atteignaient nn puissant feudataire, le fief 
retournait aax mains du suzerain dans les quarante 
iours. S' Louis, par un édit de 1228, ordonna à ses 
naillis et sénéchaux de confisquer les biens de 
l'excommunié, de l'emprisonner, alln que l'Eglise 
e&t satisfaction dans l'an et jour. Les évoques abu- 
sèrent de ces armes redoutables; on vit le duc de 
Bretagne, excommunié pendant sept ans par les 
évéques de sa province, gagner son procès en cour 
de Borne. S* Louis répondit même à l'évéque 
d'Auxerre qu'il serait contre Dieu et raison de con- 
traindre à se faire absoudre ceux à qui les évéques 
disaient tort. L'excommunication souleva entre le 
diapitre de Chartres et les comtes de Blois un débat 
—li du xm* nèole se prolongea jusque sous 
juia XI. Le roi finit par nommer un tribunal d'ar- 
bitres, composé d'évéques, qui donna gain de cause 
aaxcbaaoioes et obligea les officiers du comte à 
lûre amende honorable ; on exbu ma les morts pour 
célébrer l'offlce des trépassés et on renouvela les 
mariages contractés pendant l'interdit. Lss curés 
excommuniaient les animaux qui ravagent les 
champs, les taupes par exemple, un faisait excom- 
munier les parents de ceux qui mouraient sans 
payer leurs dettes ; on s'opposait àleur inhumation 
enterre sainte. (Arrêt du Parlement de 1364.) UiT 
décret du concile de Bàle, confirmé par Uartin V et 
admis dans la pragmatique sanction de Bourges, 
décida que l'excommonication mineure priverait 
des sacrements sans exclure de l'église. Le Concile 
de Trente atténua encore cette peine toute spiri- 
tuelle.] 

D m» MToit trop grant reproche 

De TOUS lorir «•eomnwiie 

Qui parole. (Eutl. Daeh.) 

Entrvdit, eaamununiemmt 

T sont Uz. (Id. Ibid.) 

De cel e»ntmeniemenl 

GrotkâiUierent Engleix forment : 

De rescomeiiBe ont grant poour. /Rou, m», p. S5S.} 
Vrianle* : ESC0MEN6EHENT. Britton, Loix d'Angl. - 
ExcoMMENGEUNT. Tenur. de LlUl. Toi. U>. - EiccomiSNiE- 
HKNT. Ord. 1, p. 510. — EsCOllMUNXKEIfT. Psrird, Hiit. de 
Boarg. p. 3B9, an. 1355. — Ebcokmunihbnt. Ord. UI, p. 85. 
SxuoMMDNKKXNT. Perard, Hist. de Bourg, p. 486, «n. 1K7. 

— ExcoHMUKiKmNT. Glon. sur les Coût, de Beauroisis. — 
EscoMUMiEiraKr. vm«hard. p. 108. -Escumknkuent. Cotgr. 

— EecOMMBfiB- Easl. Deacb. Poës. — ExcoMMONra, Joinr. 
oMM la - EXCOMMKMATION. CcMitln. de G. de Tyr, Marténe, 
t. V, coL 6G8. - SxcouiuKoi. Bonch. Seréea, liv.lU.p. 190- 

Escommeiiier»i>. Excommunier. Etcuminieie 



ESC 

dans S. Bern. répond au latin exêecrabilis, exse- 
crandta et saurileBia. [■ L'apostolies les leis idunc 

• eteumenia, E celui, qui qu'il seil, qui jamais les 

< tendra. ■ (Thomas de Cantorbery, 58.)]— • Ensi 

■ fu faite la convenance, et asseuree, et eseomtne- 

■ nié tuit cit qui ne le tendroient. ■ (Villehardouin, 
p. 95.) On a dit du mariage de Guitlaume-te>Bâtard 
avec le comte de Flandres : 

Haugier, qni tint rarchevesquid, 
Hiat Normendis tout en ma, 
Sour Guillaume, aour aa moiUier, 
A.n deula lez flst egcumetmer : 
Tant eont, ce dit, preut de lignage. 
Ne dolTant blre mariage. (Bmt, mi.J 

r< On lit dans Beaomanotr, XXIV, 14 : ■ Et aussi 

■ li moustiers est communs à toz por fere ses ori- 

■ sons, en tans et en lien convenable, exceptés les 
•I eiqueminciés. >] — Le duc de Rotaan se sert do 
moi excommunier pour dire séparer de la commu- 
nion des réformés on protestants. (Hém. du duc de 
Rohan, I, p. 179.) —« Excommunier n'assooidre, ■ 
ne faire ni bien ni ma). Eust. Deschamps apostrophe 
ainsi la Mort (fol. 106'): 

pria cesse, laide, et nt^re figura. 
Le monde fault, lors (andra ta prùaure. 
Et ne poorraa a'exeomtmmier, n'oêtouldrt. (E. Detch.) 
[Escomingier signifie aussi recevoir la commu- 
nion : - Il fo confessé et eteomnUngié, et après ala 

■ de vie à Irespassement. > (JJ. 150, page 851, 
an. 13%.) ~ ■ Icelle femme fu confessée et etcom' 

■ michée. ■ (JJ. 165, p. 279, an. 1411.) — ■ Icellui 

■ Jehan se nst confesser «t eteomincher, et dex 

■ Jours après... ala de vie à trespassement. > 
(JJ. 171, p. 359, an. 1421.) — • Le jour de Pasques 

> eicommichant. • (JJ. i53, p. 183, an. 1398.)] 
Conjugaisons : Escomeni (us. 7615, II, fol. 185'.) — 

EBCommeni (hs. 6813, fol. 67 *.} 
Escommlchemeat, x. m. Communion. ■ Pre- 

> noient les aucuns d'iceulx du pain, et leseignoient 

• au nom du saint sacrement, et après ce qu'ilz 

• estoient confessez l'un à lautre de leurs peâiiez, 

■ le usoieiit en lieu û'etcommichement ; après 

• dirent mainte oraison. ■ (Histoire de Bertr. du 
Guescl. par Hén. p. 416.) 

Escomnaouvolr, v. Inciter, exciter. [• Justine 

< empereris etcommovoit le pueple encontre 

■ S. Àmbroise par dons et par bonors. • (hs. de 
S. Victor, 28. folio 92 '.)] * Les escommut et atisa. 

■ et donna conseil a euls esmouvoir. ■ [Chron. de 
Nangis, an. 1302.) ■ 

Quel ndge t'a «teonmue T 

Es-tu si lole, et ai dwrAe. (Bom. de Nar<:i$$e,) 

Esconcerie. [Intercalez Esconcerie, détourne- 
ment des preuves, dans une demande judiciaire 
formée contre le détournant : • De gaige restorée, 

■ .III. solz, se li deble est cogneue, et d'^tconcerie 

• provée, .Lxv. solz. ■ (JJ. 93, p. 291, an. 1246.)] 
Escondlr, V. Econdnire, congédier*. Refuser, 

nier". Rétracter *=. Se justifier", [pu bas-latin ex- 
condicere, s'excuser. Au xv* siècle, il a été confondu 
avec esconduire.'] 



yLaOOgle 



.ESC 



12- 



• K'flle 1 pcH d« •ouTeoMicA 

Ait des dolora que, l'autre jour, Bouibi, 

Au point k'ele m'escondi. (Val, n* iAOO.) 

De jour en jour, son amour multiplie. 

Elle ameroit une communauté : 

Tant ft doulx caer, qu'il n'eat nul, si U prie, 

Qui n'ait s'amour, ns qu'elle en eieondie. (Detch.J 

Si l'ai soveat ot dire, 

Qne c'est cointiae d'eieonduire. (Fabl. de S. Germain.) 

* • Le roy iuy esconduit l'bostei, à luy, et à ses 

• compagnons. • (Apol. pour Hërod. p. 492.] — 

• Quant Lanceloteustcesleadventureouye, si fut 

■ tant esbahy qu'il ne scavoit que dire, car il ne 

■ povoit point ceste chose celer à Booii , ne il ne 

• voaa esconduyre. • (Lanc. du Lac , llf, fol. 37*.] 

— [■ Il n'estoit nuls qui ti osast escondire à près- 

• ter. " (Fpoiasart, II. 4i8r.) — « Vous me pryés 

■ si acertes que je ne le vous ose eicondire. * 
(Id. V, 205.}] 

<' ■ Le dit evesque, considérant que bonnement 

■ il ne se povoit etconduire, n'excuser qu'il ne feit 

■ assistance, et ayde à ceux de son pays. > (llonstr. 
Il, fol. 60"™ 

■ Se uns homs, ou ne femme, appelle un autre 

■ larron, ou larrennesse, ou meurtrier, ou mear- 

• treresse, et ce ne soit devant justice, et il ne 

• pouvoit, ne specifloit de quoy, ne de qui, et cil à 

• qui en aura dit le lait s'en plaigne à justice , et 

■ cilz die ainsis : tout soit ce que je aie dit à H tel 

■ lait, laquelle cbose je ne saye mie, si je suis prest 

■ ieVetamdire ; ar ire, et mautalens le me fit 

■ dire, ne je ne say en li ctiose de mauvaislié, il en 

■ doit passer par l'escondit. •[Pitb.Cout. deTroyes, 
p. 457.5 

" Me Kuc saut, et sui tos fis, 
Ke bien m'en etcondiroie, 
Conques riens ne Qs, ne ue dis, 
Qi a mal me doie eatre conté. (S"' Rkh, Poêl. av. 1300.) 

Le comte de Flandres, accusé de la mort de son 
prédécesseur, mande au roi Louis : 
Glasme li est donnez iu duc qui lu ocis. 
Prés est qu'il a'escondie. {Bau.J 

Non que par une je le di 
De vantlee, aina m'en eteondi. (FroUtarl.) 

■ Nul de ceste faulte se peust esconduyre. • (Per- 
cef. IV, fol. 136v) Voy. Lanc. du Lac, II, fol. 61 ■. 

— > Escondire la semonce, ■ c'est ■ s'excuser de 

■ n'être point venu à la semonce du seigneur, en 

■ jurant sur les évangiles qu'on en a point eu con- 

■ noissance ; auquel cas le sujet sauvoit l'amende : 
. ■ ce qui avoit lieu quand mesme les sergents du 

• seigneur auroient été presens et prests à afilrmer 

■ qu'ils auroient fait la semonce. • (Laur. Gloss. 
du Dr. fr.) 

' Escondlst, Escondlt, s. f. Befus , renvoi *. 

Rétractation, dédit, réparation*. Défense, excuse*'. 

[On trouvera aussi l'infinitif pris substantivement.] 

* [« Lidit fermetteure ne puissent escondire de 

■ faire leur ctiace, quant chacun d'eux venra k son 

■ tour, de ce à faire sans mettre en ce escondit ne 

■ empeschement. • Ch. de 1403, au grand Recort 
deLiége, p. 25.)] 



ESC 

Plus griOTC uns eicondirei. 

Que lonc tass en boin eapolr. (Gontien, Poêl. av. iSûO.J 

Tant redot son ticondii'e. (Guiot de Dijon.} 

Otroi d'amouTB ne pnet tant Ikire rira, 

Conm etcondif puet bire marvoliar. (Vat. n* t49Q.J 

' * Se uns hom», ou une femme appelle une 

• autre femme putein, par derrière justice, (^ui ne 

■ soit pas mariée, et la femme s'en plaint, et il soit 

■ conneu, et prouvé : ou elle dit mauvaise , et ne 

• distdeloy, elle devroit cinq solz d'amende, et 

■ Vetcondilk la Gemme. » (Pithou, Goût, de Troyes, 
page 456.) On lit desdit dans un autre us. Voyez 
Ibid p. 604. 

° Hais quant jugemens est dis, 
Lore n'i vaut riens acondU: 

Si gehist toute sa vie. (»" RUhart, Vat. n* i400.) 
Variante* : EscONDisSKHBm. Lanc. du Lac, II, fbl. 63 •. — 
EBCoNDtsBMBNT. Cbana. du C* Thib. 

E^scondre, part. Retirer, sauver, cacher. 
[■ Pierres qui ne sont pas legieres, (crosses sont 

■ celles des perieres Qui se vont en le ville f^scondre 
< Etfontlescouvertaresfondre. ■(G.Guiart,l,30'.)] 

Cell ont sa gent respondu. 

Où il se sont tult e*eondu, ■ 

Por le secours qui rous venoit, 

Eus s'en sont tuit foui anet. (MS. 68iS, fol. 71 '.} 

Lonc tana me sui eteondi». 

Conques par amours n'amai ; 

Mais or me sui enhardi*. (Riewrt, PoSt. Fol. n' 090.) 

Escondulre. [Ce mot, au xr' siècle, a pris la 
place de escondire ; on en trouvera des exemples 
plus haut.] 

Esconfortcr, v. Réconforter. • Trop me puis 

■ bien esconforter. • (Adans, Vat. n° 1490.) 
Esconnler, s. m. ■ Les grands fagots devront 

■ avoir de loyure, huit paulmes de cloyure, et en 
> chacun deux lancbars de sept pieds de long, et 

■ esconniers, ainsi qu'il appartient, et que les dits 

• fagots, l'on ne puist fourrer de flequiere, ne 

■ d'autre chose, que de la même laigoe. ■ (Coût. 
deHatnaut, Coul. Gén. I, p. 814.) 

Esconsall. [Intercalez Esconsail, abri: ■ Fai 

■ moi de toi un esconsail. Un abri et un repostail, 

• Ou je me puisse aler bouter. ■ (Pèlerinage de 
Gulleville, Ou Gange, 1, 30*.)] 

Esconse. [Intercalez Esconse, lanterne sourde: 

• Item une esconsf d'argent dorée hachiée. • (Inv. 
de la S" Chapelle, an. 1376.) — - Lesquelz compai- 

■ gnons alumerentlachandeilleetla mirentdedens 

■ une esconse ou lanterne. ■ (JJ. 182 , p. 172 , an. 
1451.) DansCouci (v.6332], > un lieu d'^conte ■ est 
un endroit caché.] 

Esconsement, i. m. L'action de se cacher. 
(Cotgr.) « Sur Vesconsement du soleil. > (E. Desch.) 

Esconser. [Intercalez Esconset; et voyez Escon- 
dbe: 1* Cacher, dans Girard de Viane, p. 173* : 

• Ves qu'eseoussée soit la lune. ■ (G. Guiart. v. 
3393.) — « Car de l'oublyer ou esconser ce seroit 
. pechiés. - (Froiss. II, 7.) — 2° Diminuer: - Tant 

■ que ses rentes et revenues ou estoient esconsées 
« et canceloient tous les jours. » (Id. Il, 313.) — 
3* Effacer : > Pour esconser ce blasme et recouvrer 



yLaOOgle 



ESC 



— 13 - 



• tonbonneur. > (Id.XVi, 47.) — *• Se coucher, 
en parlant do soleil : ■ Hès aiDChois qu'ils euissent 
« pris pîëche de terre pour logier, solaux fu escon- 
« sé$. « (Id. n, 147.) — « Soleil levant ou soleil 

• etconumt. ' (Cart. de Corbie, 21 , an. 1325.) On 
dit encore en rouclii : ■ Le soleil est éconcé. >] 

Esconveneace. [Intercalez Eseonvenence , 
dans une charte de Cambrai , de 1338 : • Robiers 

• Rosiaus qui fu flex Jehan Rosiel escuier, qui jadis 

• fut ou iraitiet et eas esconvenences dou mariage 

• de lui et de demoisielle Jeheniie de Herin. ■ (Du 
Cange, 11,580*.)] 

Escoavenlr, V. Etre convenable, nécessaire. 

■ Li conseillèrent en ceste manière, c'est assavoir 
- que il eaconviendroit. • (Ghron. de Nangis, sous 
l'an. 1291.} On lit dans le latin eonsulentei scilicet 
quod oporlet : 

Va beBoing U ai à moaalrtr, 
Si m'etconvient k ïay parler. (Rou.) 

[On lit au cartulaire de La^rny, fol. 163 ^ an. 
1501: ' Item sera tenu ledit prieur de faire à ses 

• dépens sans aucun proufDt tous les arrivaiges et 
« chariages qu'il esconviendra faire pour les repa- 

■ rations dudit hostel et ferme. >] 
EscoDvenae, s. f. Convention. > Lors com- 

• meofâ Laurencien Fougasse à renouveler son 

■ compte, et à parler de la besongne et eteonvenue 

■ deJuberotb. - (Froiss. liv. ni, p. 102.) 
Escopasse. rinlercalez ËscoDOMe, au roe. JJ. 

207, p. 114, an. 1481 : • Bernard Grant vesti une 

■ escopasse de toille. ■] 

Escopel. [Intercalez Eicopel, au reg. il. 195, 
p. 1212, an. 1474: • Icellui Andrieu lui rebouta le 

• cop d'un etcopel ou bastoo qu'il avoil apporté en 

■ menant ses beufz. ■] 

Escopete, s. A Arme à feu. (Monet, Nicot et 
Colgr.) Voy. fbid. — « Et en fuyant , luy donna le 

• coup, par le plus grand hazard qui fut jamais, en 

■ tournant son poictrinal, ou escopetie par der- 

■ riere. ■ (Brant. Cap. te. Il, p. 169.) 
Escopeterle, i. f. Housqueterie. • Suivis de 

■ troupe de cavalerie, et infanterie, les pistolets et 

■ les epées à la main , les piques basses , et les 

■ arqoebuzes en mousquets couchez en joue, tirans 

■ en escoperie, et crians lue, tue. > (Mém. de 
Sully, 1. 1, p. fS3.) De Id, le bruit et le pétillement 
deseiincellesqQi sortentdu bois ou autre matière 
combustible: < Ne pûtes jamais avojr autre bois 

• que des fagots de houx, et de genièvre, tout ^'ais 

• coupez, pour lesquels allumer, vous pensâtes 

■ Inruler toute la paille de votre lit, et si n'en pûtes 

• Urer autre plaisir qu'un nombre infini à'escope- 

■ terîM. • (Mém. de Sully, II, p. 119.) — < Prati- 
> quant mille vétilles d'humilitez, avec une fripone 

• eMOpefertf de langage eourtisaniflé. > [Moyen de 
Parvenir, p. 7.) 

Escople, s. f. 



ESC 

Et en u fin mesaise, et pains 

D'eavenimer, et d'enflomer : 

J& nua bommâ ne t'aura certaine. 

Pins es musbie qua Ift mer. [US. 1318, fol. iS8 >>.; 
Escopir, V. Cracher. Le peuple, en Normandie, 
dit encore ecoper et ecopir. En parlant de Jésus- 
Christ, on dit : 

Par nos ta traii, et desacbiez, 

Itatux, escopiz, dehnchlez. (Hiêt. de S" Leoc. nu. de S. G.f 

Vescopirent, et si te bâtirent mouJt. (Vat. n* 1490.) 

• Crache et escoppit durement, et essaye sa bou- 
« che. • (Lanc. du Lac, 1. 1, fol. 157, R* coL 1.) — 
[■ Icellui Lambin se prist à escrupir ou crachier 

• contre terre en injuriant ledit exposant de pa- 

• rôle. ■ (JJ. 155, p. 71, an. 1400.) De même dans 
une Vie Hs. de Jésus-Christ (Du Cange, 111, 88<]: 

> Il le [J. C.) depinchent. rechinnent li , Enmis le 
« vis l'ont escopi Li fel Juis, li mal ouvert. »] 

Escoplssement. [Intercalez Escopistement , 
crachement, en latin sputamen , au G\osa. lat.>fr. 
7G84.)] 

Escoplé, adj. Ac(M>uplé. * Tous les prisonniers 

■ dessus dits furent bien lenuz, liez, enchesnez, et 

• escoplez lusaaes k ce qu'ils eussent paiez leur 

■ reniions. ■ (itist. deB. DuGuescl.parHén.p. 468.) 
Escorberge. [Intercalez EscorbergCs aux Ord. 

1, p. 600, an. 1315 ; > Lates et escorbergeE. ■ Dans 
une pièce du Trésor des Charles, an. 1470, on lit 
escoperche. L'éuoperche. en maçonnerie, est une 
grande perche pour échafaudage. C'est aussi une 
pièce de la grue ou de la poulie de tête.] 
Escorce, i. f. Ëcorce. [■ Les escus froisse et 

■ font, corn s'il fussent â'escorce. > (Audefr. le Bast. 
au Romancero, p. 19.)] On disoit proverbialement 

■ fust ne eicorce ■, pour rien du tout. 

u rois Eudes France, et sa tierra 

Garda si, par sans, et par force, 

Qu'il Q'i prisent fust, ne escorce. (Jtouêk.) 

S. Bernard, Serm. p. 232, dit que les œuvres de 
Dieu sont belles en dehors, mais encore plus en 
dedans, et que ceux là seront bien heureux qui ont 
le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu, et ajoute : 

> Quant li apostles fut parvenuz al nouvillon [nu- 

• cleum] si ne pressât (reputabat) il mies Vescorce 
•> (testam) ancor fust ele molt bêle. • — • Le noel 

■ et Vescorce >, le noyau etl'écorce, le tout. * (G. 
Guiart, fol. 82 ''.) — . Deasoubz sure escorcke, gist 

• le doulz miel, et la souffrance est bonne, qu.int 

• en la fin elle tourne en joye. • (Percef. 111. f. 39.) 
On nommoit > moulin à escorce o\i à escorche ■,ce 
que nous nommons ■ moulin & tan •. Voy. dénom- 
brement de Hontmor en 1396. Il y a encore des 
cantons où l'on a conservé l'expression de * moulin 
à écorce. » 

Escorcehe. Lisez escorche dans ce passage : 

■ Ainsy à S" Eglise, quant l'ung luy toult, l'autre 

■ Vescorcehe. • On lit dans le latin de Nangis : 
Ita dum miteram Ecclesiam unus lundet, aiter 
excoriât. 

Esâorcement, t. m. Action d'dter l'écorce. 
(Oiid., Cotgr. et Bob. Est.) 



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ESC -» 

Escorccr, v. Dépouiller. 
.... L'emperere d'Alem^ufl, 
Petit apriës à grant compagne, 
ViDl sor Roblert WUkartft larcé, 
Ki la tiere raube, et escorce. (Uoutk. D. C. V, 788 '.} 

Escorchage , $■ m. [Prestation payée pour 
prendre des écorces dans une forêt.] ■ Nous avons 

■ franchi, et francbtssons les devants dits, et leurs 
« hoirs c'est à scavoir de toutes tailles, mor- 

■ tailles, ....feneslra^, cheva^, escorchage, ....et 

■ de toutes autres servitudes, ■ dans des privi- 
lé^es accordés par André de Cbanvigny, seigneur 
de Châlesuroux, en 1343, et rapportées dans Beau- 
manoir, p. 429. 

Escorcbe, s. f. Ecorcherie, action d'écorcfter. 

Quant les Princes ne feront force 

Que du mestiers qu'on dit eteorehe. (III Uari&.j 

Au flguré.c'est l'action de ruiner par des impdts, 
de défigurer une langue; nous employons encore 
le verbe écorcher en ce sens. • L'Escossois voulant 
« représenter nostre langue, par un escorche, ou 

■ pour mieux dire, par un Escoce françois, pour 

■ madame, dire moudam. > (Pasq. Recti. p. 655.) 
Escorchement, s. m. Action d'écorcher. (Oud.) 
Escorcheor, s. m. Couteau de chasse. 

L'en lui amoine eon rouciti, 

Et las, et maigre, et miserln, 

k M sele la desramâe. 

Sa chape a, pluie i est trosaée, 

Et com ft aele a chaceor, 

Le hansart, et l'e»corcheor, 

Le heroois <[ae U «porta. (Parbm. v. SiH.J 

Escorcber, v. Ecorcher *. Entamer ". Examiner 
de près'. 

* [. Faites le traïtor trestout vif eschorcer. ■ 

(Roncisvals, p. 200.)— > Item en tout cas là oili l'en 

- > fait justice, li mounier de la ville (de Beangency) 

• font l'exécution à leur coust, soit pendre, ardoir, 

■ boulir, enfouir, escorcher et fuster. > [Ch. des 
Comptes de Paris, f. 30 ', an. 1328.] — ■ Et si dist 

> on un proverbe, que cil qui à une fois eteorehe, 

• dens ne trois ne tout. • (Beauman. XLV, 37.)] 

' ■ Nul ne peut faire latrines, et retraita, ctoac- 

> ques, four, puits, et esgouts d'eau sur son 

• héritage, contre l'héritage irautrui, sinon que la 

> muraille moyenne demeure entière, et sans estre 

• escoretiée. • (Coût, de S' Mihiel, au Nouv. Coût. 
G-i.t. il, p. 1057.) 

'^ On a dit de la réforme du clergé par Louis le 
Débonnaire : ■ Riens ne laissa (ju'il a'escorehast, et 
. examinast. » (Chroo. S- Denis, t. I, fol. i03.) En 
latin, nihil intactum retiquit. 

Escorcherle, s. f. Filet de pécheur. (Voyez Du 
Cange sour Scorticaria.) [Le sens de boucherie est 
dans Villon (Ballade sur l'appel) : • Se fusse des 
< hoirs Hue Capel Qui fut extraict de boucherie On 

• ne m'eust parmy ce drapel Fait boyre à celle 

• escorcherie. -] 

Escorcheurs, 8. m. pi. [Gens de guerre qui 
ravagèrent la France sous Cnarles Vil, comme 
l'avaient fait les Grandes Compagnies sous Charles V: 






• Lesquels [François] on nommoit en i 

■ langage les escorcheun. Et la cause pourquoy ila 

■ avoient ce nom, si estoit pour tant que toutes 

■ gens qui estoient rencontrez d'eux, tant de leur 
> party comme d'autre, estoient devestuz de leurs 

< nabillemens tout au net jusques à la chemise : et 

■ pour ce quand iceux retournoient ainsi nudset 

< devestuz en leur lieux , on leur disoit qu'ils 

■ avoient esté entre les mains des escorcheun. * 
{Monstrelet, II, an. i437, fol. ISO".)]— Monstrelet, 
rapportant une Ordonn. de Ch. VII, pour lu paie et 
discipline de ses gens d'armes, dit : • Par avant 

■ icelle ordonnance, ceux que l'on nommoit eseor- 

■ elteun (pour ce qu'ils desroboient tout le monde) 

■ deviodrent gnideurs, et gouverneurs des mar> 

■ chans, et autres gens qui vouloient aller par les 

■ champs. ■ (HonsU-elet, III, f. 86 ') 
Escorchlé, partie. Gravé. > Estuiz de cuir 

■ escorchiez aux armes de France. ■ (Inveat. des 
Liv. deCh. V, art. 262.) 

EâcorçD, adj. Qui a une écorce. (Oud.) 
1. Escordement, adv. Cordialement, affoc- 
tueusement. (Voyez Agolant, v. 543 ; Girard de 
Viane, v. t295.) 

Quant U malades l'esgarda. 

Du cueur soupira tenrement, 

Et dist moult acordéement. 

En cest est ma vie, ou ma mort. 

D'antre ne puis avoir confort. (Fabl, de S. G.) 

Pria acord^ement 

Que paix, et trïeves luy teoist. (Brut.) 



Qu'il luy feist di , 

Se son repaire ly plaisoit. (BM.) 

2. Escordement. [Intentiez Eicordemeni , 
accord, dans Girard de Viane, t. 1928 : < Que cil 
• oisel firent escordement Et pais ensemble. ■] 

Escordusement. [Intercalez Escordusement, 
du fond du cœur (Roland, v. 3099) : • Recleimet 

> Deu muU eseorditsement. •] 

Escorée. [Intercalez Etcorée : • Sept escorée* 

> ou costes de pourceaulx. ■ (JJ. 171. 83, an. 1419.}] 
Ëseorfrole, s. f. Affront, dommage. 

Nous en sons bien entra en voie ; 
N'i a si fol qui ne le voie, 
Qnant Constantinable est perdue, 
£t la Morée se revoie, 

K recevoir tele acorfroie. /"«S. 78f8, f. SS6 ^.) 

Escorgle. [Intercalez Eseorgie , escounçée , 

fouet fait de lanières : • Et se batoieot û'escorgies à 

■ bourdons et aguillons de Rer. ■ (Prois. V, 374.) 
De même dans Baudoin de Sebou^ (VI, 96) : ■ Et 

■ s'avoit cascun jor batu d'une eseorgie La blaocbe 

■ char de lui que toute l'ot sillie. ■ 

1. Escorne, a. f. Action d'écorner, atteinte, 
dommage (aujourd'hui écorne), soit dans les biens, 
soit dans l'honneur. (Ménage, Oudin et Cotgrave.) 
< Nonobstant toutes ses escomes, il eu demeura 

■ plus de la moitié. • (Le Lab. Voyage de la Reine 
de Pologne, p. 193.) — « Ceux qui reçoivent escorne 

> en leur mariage, sont appeliez cornards. ■ (Cent. 
deChoI. foL182'.) 



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ESC -i 

2. Eseome. [latercalez Etcome, coin, partie 
d'un domsine, daos Le Clerc de Douy: ■ llem pour 

■ nn« écorne de maison. ■ ^569-1581, Censierde 
CbaQteaa.)] 

Escomé, part. Endommagé *. Moqué, raillé *. 
Confns, honteux *=. 

[Le 3603 propre est dans Alcschans, v. 6538 : < Et 
nos tuions comme buef etcomé, sans corne. ■] 

* Tribonlat bit nn fol, de Ik teste eteome. fHarot, iAS.} 

* • Ce grand personnage, se voiaot ainsi escomé, 

■ par son client. ■ (Pasq. Bech. p. 749.) 

^ ■ Une jour je trouvai Panurge quelcque peu 

■ eêcomé, et taciturne. - (Rab. t. II, p. 166 ; voyez 
Nuits de Strapar. t. u, p. 286.) 

Escomement, s. m. Action d'endommager. 
(Oudin et Cotgrave.) 
Escoraer, v. Endommager*. DifTamer '. 



Qu'ai 



irneroi. 



(Chant, du G" Thibaut.) 



Sea ondea parena, et cousiiia, 

Pour sa porte Csmme etcomer, 

ta affln qu'ils aoiaiit plua enclina 

De conaantir la aeparar. (Coq\ùil. p. G4.) 

Escornlcher, v. Ecorner. (Oud. Cot^.) 
Escomlflé, adj. Rabelais s'en est servi pour 
ëpithète de moines, principalement des cordeliers, 
k cause, dit Le Duchat, qu'ils ont le capuchon 
écorné. (Bah. 1. 1, p. 316.) 

Escorniner, v. ■ E$comi/îer la vache > dans 
Rabelais, t. II, p. 132. 
Escorplon, 8. m. Scorpion *. Fouet '. 
* On dit encore eteorpion dans le Berry. 
XouU fait douce Mecente 
Boine amoura, en aou venir ; 
Maia miax venroit U poiutim 
D'un acorjnon aeotir. (ViU. n° iAOQ.) 

■ D voua bâti dea Tergea moles. 
Et TOUS, par la douces parolee, 
Toat autrement voua flateray ; 
D'e«corpùm« tous boterKf . (III Uarie».) 

[Au vfv siècle, c'était un canon. On lit dans Mar- 
tène, Anecdoles, III, col. 1525: ■ Le prince trouva 
- rarmëe des Venissiens, qui e&toient en nombre 

■ de vingt gailées, et des autres navires Biscains et 
« Espaigneulx, deux naves, deux gallions et deux 
« etcorpiOM. '] 

Escoire, V. (1) 

Mon n à Biaumea lot cmant, 

A. l'ervaque qui m'aime tant. 

Et qui tocjors m'a tenu cherâ, 

Di 11 qu'il a ces contremant,.... 

Et deaormaia ae voie en enut 

Desqui lot k son huis hncher, 

Por sa chière trebuclter, 

Et por e««orre son deTant. (US. 7615, 1, f. 103 >./ 

• Si fist une corde si longe, comme ele put, si le 

• Dua au piler de la fenestre, si s'avala contre val 

• le gardin, et prist sa vesture à l'une main devant, 

■ et a l'antre derrière, si s'escorua par le rous^ 



ESC 

■ qu'ele vit grande sor l'erbe, si s'en ala a val Ile 
. gardin. - (ms. 7989% fol. 71 à.) 

1. Escortas. 

Li rois en fa moult lie, si manda son effort ; 

k ses barons parla, ti lor monstrs i'eacort. 

Les pertes, lea damages, et loi mak grans plais 

Que cil, et si anceatre U oureal sorenl (Ut ; 

Jamez Û fila n'auront o lui troTea, ne paii : 

Si aura d'euls ses pertes, et sea daiaages traiz. (Bou.J 

2. Escort, adj. Prudent, discret, habile. (Cotgr,, 
Oudin.) Voy. Rabelais, 1, p. 44, prologue. 

Escorte, s. A H est considéré comme un mot' 
nouveau, dans les Dialogues de Tahur. fol. 34 '. On 
lit • tenir escorte » pour . faire escorte, > dans les 
Hém. de Hontluc, i, page 157. — Escorte est pour 
escadron, dans J. de S. Gelais (page 212.) Louis XII 
étant à Cassan devant les VéniUens, • fui des pre- 

■ miersqui passa lepassaige et feit passer tou- 

« tes les compaignies en ordonnance, ainsi qu'il 

• appartenoit, et ordonnoit, par escortes, et batail- 

• les les gens d'armes, elles gens de pied. ■ 
Escortenaent, adv. Prudemment, habilement. 

(Brant. Dames galantes, 1. 1, p. 154.) 

Escorter, v. Ecourter la queue ou les crins 
d'un cheval*. Se trouver court". 

'Ainsi la dame a eteorlé 

U choTsI. (Fàbt. ms. de 5. G.) 

Bien ai esté desvez, et yvres. 
Quant t'ai escorté mon cheval. (Idem.) 
•DesIUblée c'est la meschiae ; 
Le mantel li tent la roine. 
Qui moult Tolanliers l'afiuila : 
Li mantiauB plus acorla. 

Qu'a la roine n'avoit Ikit. (MS. 7615, 1, f. US *.) 
Escortiers. {Voyez Escoutebie.) On Ut au Testa- 
ment de Cuy VII, seigneur de Lavai, qu'il laisse 
à Thomasse sa femme, pour raison de son douaire, 
un maaoir, des métaires, un parc et des moulins 

■ prochains de ces dons... Ce est à saver ceu que 

■ nous y avons, son usage en la foresl, o son chau- 

• faige, et a ses édifices de cil manaer, et à ses 

■ bestes, hors nos escortien, si comme la forest a 
« esté accoustumée à deffendre- " [Voy. Duchesne, 
Gén. de Hontœoreacy, pr. p. 388, an. 1265.) 

Escorus. [Intercalez Escoras , écoulé , dans 
Partonopex, v. 695 : < Âins qu'à la mer soit parve- 

• nusEstli jorsdeltot«u:pru<. ■] 

i. Escos. [Intercalez Escos, secoué, dans la 
Cbron. des ducs de Normandie, v. 9202 : ■ Cest maia 

■ tôt escos et balé. > 

2. Escos, s. m. Ecossois. < Le Dauphin s'alia 
aux ■ Espaignols et aux Escos. ■ (Mém. d'Ol. de la 
Marche, liv. I, p. 123.) , 



■ Les Escossois se font tous cousins dn roy. ■ 
(Apo). pour Hérod. p. 17.) Par suite, on a dit • uer 
■ comme un Escossois. * (Rabelais, V, p. 88.) 

Be eont larrons comme Egcotêoii, 

Qui vont pillotans les TiUaigea. (Rog. de CoUerye.) 



(1) Secouer, ùa lit dans Froissart, V, 450: « Et le apoigna (l'espée)... et Vctcoui et laissa aler. * (n. e.) 



, Google 



ESC -1 

[• Colart de Benachin, escuier fscof, familier de 

■ Dostre cliier et bien amé Slewart arcediacre de 
« S. Andrieu, estudianl à Paris, fils de nostre trea 

• cher et très amé frère le TOy d'Escoce. • (JJ. 141, 
p. 148, an. 1391.)] 

Escoseceste, s. f. Pierre précieuse, qui signifie 
que l'amant doit être discret. (Notice des vœux du 
Paon, roi. 160.) 

Escosiere. [On lit au Glossaire )at. fr. 4120, 
an. 1348 : • Storiobella, gallice chevilles; et sunt 

• quidam nodi incloti rotœ ; qui movent fusum 

■ molendini ant dentés auxiliares, qui alio modo 

• dicunturgingivi-cinoglosium, gallice escosieres. 

■ Holares dicuntur magni lapidesrolundi;et nodus 

• est, quod est œqiiivocus ad magnes lapides et ad 

• dentés maxillares , qui alio nomine dicuntur 
. gingivi. •] 



Escosse, s. f. Ecosse. [Escoce est dans Roland 

,. ; .)]. Lipiu - 

(Prov. Poei. av. 1300.) 



(V. 2331.)] . 



plus truant nome sont en Eacotse. 



Escosse-francols, adj. ■ Languaige escotse- 

■ francois, • langage mêle de françois et d'écos- 
sois. (Bab. t. IV, p. 171.) 

Escossemeot (rancols. On lit dans Brant. 
au sujet d'une dame angloise qui parloit mal le 
francois: • Elle disoit en son escossement fran- 

■ cois. > (Brant. Dames gai. t. II, p. 464.) 11 ne faut 

fas croire pour cela que ce soit de là qu'est venue 
expression ■ écorcher le francois; • elle vient 

■ d'ecorcher ■ pris pour endommager, estropier. 

(Voy. ESCORCHEB.) 

Escossé, ad). [Ecosse dans Aleschans [v. 6549] : 

■ Des fèves ont plus d'un mui escossé. ■] ■ Si une 
• femme veuve, ou autre bourgeoise d'icelle ville, 

■ se marioit à un bourgeois, les biens meubles, et 

■ catheux, qu'elle avoit es metz du dit eschevinage 

■ de Pernes, seroient pareillement escossez, et 

■ appartiennent au droit d'icelle ville, le quint 
( denier, en la volonté des dits mayeur, et esche- 
« vins. - (Coût, de Pernes, N. C. G. I, p. 386 ''.) 

Hais, en lieu de monbailliEtige, 

Me fist l'en trésorier sauvaige, 

Qui, fors .VIII. joure, ne me dura : 

Révoquez fti ; avisez ta, 

Comment, et à qui vous sensz, 

El ce moult valoir vous pourra : 

Je sny des premiers eiconez, (E. Deteh.J 

1 . Escot, S. m. Ecot, quote-part *. 
*[■ Canepins a estéfustés... pour conter esguôs 
( etpour mellées, et pour sacremeus trespassâ. > 
(Livre rouge d'Abbeville, fol. 95 % an. 1288.) — 
Conter esquos, c'est faire payer un autre à sa place. 
— . Jecroi, se j'en buvoie et se vous me teniez, 

■ Que mes escot seroit souftlsamment paiez. ■ 
(Cuvelier, v. 3076.) — « Lesquelz compaignons 

■ dinerent en une taverne, et ainsi qu'ils abutoient 
. leur escot. . [JJ. 182, p. 33, an. 1450.)] 

N'avoit pas escot de borgois ; 

Il n'estoit mie tavemorei : 

Ses hostex estoit beax, et liai, 

La tanche au pain n'ert pas fermée, 

A tes eetoit abandonnée. (Fabl. ma. de S. G.) 



ESC 

[• Me adville ge bien, quand jeté doignelenirne 

< appeller à mon escot, • (JJ. 157, p. 250, an. 1402.)] 
1° « Conter A'escoi pour quelqu'un, • payer pour 

lui. (Brant. Cap. fr. 1. 1, p. 21.) — 2- ■ Aller à peril- 

• leus escot, • s'exposer. 

Ql aperitleiu etqttol 

Tail, qui orolt famé qui le cunchle. (Vat. iSH.) 

9> Ge laissai prendre mon deel. 
Avec l'éguille, en ce sercot. 
Dont ge Bui lasse à tel etcot. (Fabl. S. G.} 

4* • Parler par escot, * c'est-à-dire l'un après 
l'antre et fournir également à la conversation. 
(Rab. t. V, p. 64.) — 5* . ^i escot. • 
A acot vivotent andoi 
U trere. (Fabl. m*, de S. G.) 

6* ■ H'eacot, ■ sans balancer. 

Sf doi la donner mon aKalre, 

D'etcol, k son commandement; 

Car il ne doit estre autrement, 

S'a U Boe volenté non. (Fabl. ma. de S. G.) 

7° • Soubs Yescot, ■ en cachette (Cotgrave.) — 
8' • Païer Vescot qu'on n'a pas acreu, • porter la 

fieine qu'on n'a pas méritée. (Doctrio. de Sapience, 
ol. 6 '.) — 9° ■ Escot donné vaut mieux que cil qui 

■ coûte. ■ (Paifeu, p. 15.) 

2. Escot. [Intercalez Escot, comme escout, 
écouter, dans Hartène, V, 687 : ■ Il avenoit que 

< cbascun haut borne faisoit l'eschai^aite une 
> nuit â son tor, tant que celé nuiteschai au cardi- 

■ nal. Celé nuit donnèrent escot, si comme il 

• soloient faire, et se merveillerent que ce pooit 

• estre. •] 

Escote, s. Ecoutille. • Me fit gecter une corde 

< de leur gallée sur Yescot de mon vaissel. ■ 
(Joinv. p. 63.) 

EIscuins ferment, et eseole*. 

Et font tendre les cordes toutes. (Rom. du Brut.) 
Escoté, adj. Ecorcé. • Arbres secs eseotés ■ 
(Les Tri. de la Noble Dame, fol. 186.) 

Escotée, adj. Terme de blason. (La Colomb. 
Théat. d'honn. 1. 1, p. 139.) 

1. Escoter, v. Ecouter*. Accrocher'. 

*.... Cloent après eus la porte, 

DouteuB qu aucun d'entreus n'eicofe. (G. Gukirt, S8G *.f 
' Le prestre est il sentier eaillis, 
llau ses Bouplîa U eicota 
A un pet. (Fabl. nu. de S. G.) 

2. Escoter. [Intercalez £scoter, payer son 
écot, être victime, aux Fabliaux, 11, 24 (éa. Jubinat) : 

■ Sire tant que g*! ai durement escoté Tel foiz 

• avez beu que ge n'en ai gousié. •] 
Escotier, v. Pour son écot (aux lois d'Oléron, 

art. 41.) 

Escotte, 8. f. Ecoute, cordage attaché aux poin- 
tes basses des voiles pour les resserrer et prendre 
plus ou moins le vent. (Oudin.) 
Escotter, v. Lâcher l'écoute. (Oudin.) 
Escotu. [Intercalez Etcotu : * Pierre de Bail- 

■ leul... ayant une baston de pommier escotu en 

■ sa main. > (JJ. 195, p. 713, an. 1472.)] 



yLiOogle 



ESC 

Escouade, s. f. Plus haul, etqnactre sigoiflait 
troape ; ici, escouade signiOe flotte : < Douze vais- 
« aeaoz espigools, l'on ne me mande point si ce 
• sont les Dunkerquols, ou ceux de l'escouade de 

■ Dom Frédéric de Tollede, sont venus descendre 
< aux isles de Sillées. ■ (Ambass. de Bassompierre, 
LI. page 302.) 

E^oube. [Intercalez Eteoube, balai, au reg. 
JJ. 161, p. 130, an. 1406: ■ Cne grant escoube ou 

■ balay, dont l'en nettoyé le blé balu en Tarée. > 
Les marins disent encore éoonpe.] 

Eseonblettes enragées (aox). Jeu qui con- 
sistoit à se heurter de la télé lun contre l'autre, 
comme font les béliers. (Babel. 1, p. 152, note 87.) 

Escoacorgens. 



aeoveorgeut 

e BneDre c'on aime autant cieui 
Qi sont entour les gi 



Que les 
Qi vont 



BS Ksns uniuile, 
«OMigereus, 
ti vont partout qerant lor preus, (MSS. Val. n* 1490.} 

Escoudre, v. Battre, attaquer. [?oir Escourrg.] 

Hea adono assaillir ne Toodrant 

La DMstrafamr, qu'aucuns eacMufrmt. (Guiart, v.iO08.} 

De là , on disoit adverbialement : à l'escotuh-e 
(Ibid.v. 19075): 



De Ui randon s'en Tont Tolant, 

Là où U passeot, k Vetcoudre, 

Qoe reecrois d'eles semUe foudre. 
Escoverture. [Intercalez Eteoverture, couver- 
ture, dans Partonopex, v. 10667.] 
Escoune, I. f. Milan. ■ Cesle.roisestmie bonne 

> pour prendre oyseaux qui menguent cbarognes, 

> comme eggles, corbeaux, escouffles, et tiex 

■ oyseaux, ou 0)'seaux de proye qui vendroient 
. liurterau buet. • (Wodus, foi. 171''.) — [C'était 
aussi une monnaie de Flandre: • Iceluî exposant 

• s'en ala en la ville de Ailly sur Noye(près Amiens) 

■ et print en la bourse dudii Nicolas une pièce de 

■ monnoie d'argent, nommée escouffle du pois de 

• xu déniera. ■ (H. 143, p. 174, an. 1392.) — . Le 

• suppliant presia audit Alexandre jusqnes â la 
« somme et valeur de .iltih. solz parisis, un escouf- 

■ fle monnoie de Flandres pour .xii. deniers par. ■ 
(JJ. 153, p. 483, an. 1398.)] 

Esconlable, adj. Fluide. (Nicot, Oudin, Cotgr.) 
Esconlant, adj. GlissanL ■ Feme est plus es- 

■ eoulunt que n'est darset en Loire. * [Chastie 
Musart) 

Escouler, v. [S'en aller : • Plus attendoient et 

■ plus amendrissoient et etcouloieni leurs gens. > 
(Froiasart, XIII, 231 .)] — • Eseoulé de son sang , * 
qui a perdu son sané: • Celuy qui à Passelion se 

■ comoattoit fut tellement escoulé de son sang, 

■ qu'il ne se peut plus tenir â cbeval. • (Percer. 
V, fol. 26'.) 

EscouIergement.[Intercalez Escoulergement, 
écoulement, au cart. de Corbie, 21 : < Et pour ce 

■ que on ne les oubliast pour escoulergement de 

■ jours et du temps passans. ■] 



7 - ESC 

EscoDller, v. Châtrer. [. Laquelte Perretle 
« s adreçoit tousjonrs & prandre le suppliant uar 
. dessoubz, et disoit que par le sang Dieu elle 
. 1 eseoulleroit. • (JJ. 138, p. 48, an. 1^.)] 

Venei avant, et si m'aidtes. 

Que cis preetres soit eteoiUiex ; 

Par les nons Dieu, s'fl nous eschape. {MS. 7S18, f. i4l Kl 

Escouloarable. [Intercalez Eteoulourable 

méconnaissable : . En Ui et en limon se moulle 

. Et illuec se devoitre et soulle, Pour estre olus 

îu^^Mr"^'^' " ^^^"^''^' **■ ^3ua Du Gange, 

.•aP^'^"P"S®' *■ ''■ Crachat. (Modus et Racio, fol. 
iOl «.) Voyez Escom. On dit encore ecopaeher, en 
ce sens, dans quelques cantons de la Normandie. 
Escoupeller, v. Couper la cime. (Oud., Coter i 

- [• Quand le suppliant eut amassé sa bachete 

• remonta oudit arbre jusque» au coupel d'iceliui' 

- et lui estant audit arbre demanda à ladilte Col- 
. ettesellevouloit que ledit suppliant tranchast 
" r«ii5!?"ft-' .*'," ^ui'^e escoupelast el ladite 

• Collette lui dist fust escoupeté. . (JJ. 181, p. isi, 

Escoupplers, s. m. pi. Arbres maroués dans 
un bois pour être coupés. « Les bourgeois, et sub- 

- jecls de Sedan... ne peuvent prendre bois, chesne 

- esdites forets, et aisances... s'il n'est marqué du 
. marteau de gruyer: les escoup^jim desquels bois 

• seulement, ainsi marquez, ils peuvent, pour leur 
« comodite, convertir en nature d'eschames . 
(Coût, de Sedan, C. G. II, p. 1029.) 

Esconrable, adj. Qui écbappe. « Estimant 

- greigneurea estre les richesses d'amis, que d'avoir 
. des riches choses de ce monde etcourables, ne 

• defluables copie, ne abondance. . (Chron. de 
Nangis.) On lit dans le latin quam rerum îabenîlum 
habere copiant opuientam. 

Esconrc, g. Boiirseen fliel, comme le suivant 
Des nouveaus ans, dou pain, et des herens 
Matous, et bure, oés, et bacon sala 
A en Veicourc de ma dame aporté. (Poésim de Froisêart.J 
Escource, s. f. . Dieux, comme c'est beau 
« desduit de veoir prendre une alouete â Vescource 
■ à ung espervier. - (Modus et Racio, fol. 76 M On 
lit escourse dans Fouilloux, Faucon, (fol. 63 *.) 

Escourehier, t». Retrousser avec la ceinture 
de cuir, dite escourgée. 

Eteorce ttKxAélB 

Un petit, et sla avant, fj. Erart, Poet. av. iSOO.) 

Et celé eseorce ses trumeax. (Fohl. de S. G.) 

Nuz piez, deslcriée, descalnte. 

S'en Tait wporfotK sonbliaul. i-Ate. eMrwi. m». <(e S. G.J 

Ph. Mouskes dit du t'alternent que fit la comtesse 
de Flandres à l'imposteur qui avoit voulu se faire 
passer pour son père : 

Si Tot que SB RiuBetës père. 

Quant il s'oza noiner son père ; 

S'el fist BOUT uns roncin troter. 

Haut es€ourcié, pour le i-n 'ter. 

Pour monstrer tes piâs bi...s ortans. (Motuk.j 

Un autre poëte dit de S' Pierre, qui reconnut 



y Google 



ESC -^ 

Jé8U8-Christ snr la mer de Thibëriade el voulut 
sauter à lui : 

De ak cotte t'ttl tieoMvii» (Lea Troii Uarit».} 
Et effcourcier sa •onabAnie. (Poil. av. ISOO.J 

> Si estoUcemted'uneceiBlure,et«s<»Mirci^ d'une 
« autre; et à toutes deux neodoient bourses, et 

• sachets plains dediversesDesongoes.' (AI. Chart. 
l'Espër. p. 265.) 

Escoorder. [Intercalez Etcourder, accorder, 
an reg. JJ. 161, p. 69, an. 13i8: * Se Dostre bom- 

• mesbabilans... appelloient li uns l'autre de gaige 

■ de diamp de bataille, il pourroient etcouraer li 

■ uns à l'autre, se it leur plaisoit Voulons et 

• escourion*. >] 

Escourgeon, s. m. Orge d'automne ou d'hiver, 
ai^ à six rangs. [' Une pièce de terre semée de 

• nouTîau d'un grain appelé scorjon. > (JJ. iSl , p. 
336, an. 1382.) — • Dix joumeaux chargiés ae 

■ Kourjon. • (Corbie, n<> 13, an. 1513.)] On dit 
tcourgeons en Picardie. «^HessonnerAlû faucille les 

• bleos, et tcorjotu, et autres grains de terre de la 
•I dite abbaye. ■ (N. C. G. I, p. 439 ^) — < Froment. 

• seigle, scourjon, et oi^. ■ (Coût, de Tournehem, 
ibid. p. 151 '.) On trouve Kiwuri^in, dans Du Gange, 
sûus Trentenum.) 

Elscoiirger, t>. Donner des coups A'etcourgée. 
Od a dit de Phaéton conduisant les chevaux du 

Or Im euide U «•menMtriier 

Pu iMn, et par eteorjier, 

Mes U n'en poet i eUtt venir. (Froiu. Poèt.J 

De là %'e»courçer, à propos des flagellations 
Qsilées en Pologne el introduites par Henri Ui en 
France : ■ Ils se couchoient après, le ventre contre 

• terre , el baissoieot aussi leurs croix ; puis se 

■ relevana, ils se decouvroient les épaules nues, et 

• s'eMourgeoient rigoureusement, l'espace d'un 
•• miserere. - [Le Labour, voyage de la reine de 
Pologne, p. 208.) 

4. Escoarre, ti. Secouer, du latin excutere. 
[• Dugerondeson mantelËaaitetcMtlelDma'. • 
[Chrou. Anglo-Normandes, 1, 100.) — ■ Et eapées 

■ nues escourre Sus gansons et sus sommetiera. ■ 
(G. Guiart. v. 15550.) — • Et le apoigna l'espée)... 

• et Vescotti el laissa aler. ■ (Froiasart, V, 450.)] 

Pacele est «rchei à vent 
Toi a Dez son bailler vent ; 
Bien l'ay pro*ey. 

Car aoTOit m'a œoué. (Sich. dtFurmv. Poet. au. ISOO.J 
Date l» poudre à tea dob, 
Pins U •anblarM estie aort^ ; 
Et si n'a riens sor le mantel, 
Escou noient, ai t'en eit beL [Otiâe, m», ia S. GJ 
C'est la traduction de ces vers d'Ovide : 

Utque &t, in eremium, pulvis si forte puelUe 

Deciderit, digitia excunendus erlt; 

Et si nnllus erlt pulTis, tamen excale nnlloin. 

Li cevana entra ena d'an plé : 

L'aiBue fa caude, s'a haaciA 

Le plé, et le pritt à etcoure. 

Fors de l'aieue. (Ph. Moutk.f 

Uoolt Teiseiez en pltuiears sena 

Ener valléa, et chambeUena ; 



ESC 



Ma n tea u x êtcourré tt atëêlier. *" (èrui, foi. 79K} 

[Il signifie encore battre le blé : ■ leelliû Jelian- 

■ not gaignoit sa journée pour batpe et etcoiirre 
' blé. > (JJ. i 14, p. 849. aa. IS79.) — < H seroit boa 

> qu'il2 alassent batre ou eicourre du blé. • (JJ. 
186, p. 45, an. 1386.)] 

2. EscoBrre, v. Secourir, délivrer*. Recou- 
vrer". Retflcbu'*'. [Dérivé de eacttrrere.'] 

* « Tellement fnt en péril, que tantotist eust été 
•• mort, si le connestable de France ne le fust allé 

■ escourre, aveeques pluoieirt gens du roy. • 
(Joinville, p. 38.) 

Travers qui le vololt eteortg, 

S'en vit à lui, plus que le paa. (Fàbl. de S. G.) 

"[On lit escorre la preie. dans la Chron. desducs 
de Normandie (v. 3ÎOl7.)] 

Sue TOUS n'eacoH vos avein, 
rant reprouvier iert à vos era. (Iùm.} 

• Se aucuns est pleiges à un autre, il puet bien 

■ prendre du sien, se il cognoist que il soit ses 

■ pleiges ; et se il les deOënt, il ne doit pas preodre 

■ du sien à force, mes il s'en doit plamdre à 

■ justice, et doit dire en tele maniera, sires, cil m'a 

> eaqueiu ses gages. ■ (Ord. I, p. 206.1 On lit dans 
les Loix Norm., aveir e»eut (art. 6), dans le latin 
averium recuperaverit, et avoil escu% (ibid), reçu- 
peratum fuerit. 

<^ > Nous estans tneo avant en la mer, par grant 

■ fortune de temps, nous convient etcmirre es die- 

■ tes isles. • (La Salade, fol. 30 ■■.) 
Esconrseuil. [Intercalez EscourseuU, au reg. 

JJ. 158, page 342, an. 1404 : ' Un eseouneuit, où 

■ furent enve](^>ez iceulx Ueos. ■] 
Escoorsease. [Inlercatez Escourteuxe, dévi- 

doir; glose au Gloss. lat. tr. 4120, an. 1348, sous 
Gigilla.'] 

Escoura, part. Ecoulé. ■ Le temps eacouru 
< depuis la prophétie dlsaie. > (Des Ace. Bigarr. 
folio 80 M 

Escournes, s. /. p. Courses. ■ Hesgresee fait 
« ainsi ses etcourue*. • (Faifeu, p. 4.) 

EscoiisloD. [lotO'caLes Escoualon, au registre 
JJ. 167, p. 179, au. 1413 : ■ Le suppliant rompit le 

• morraïUas de ladite claveure o l etcou^n d'une 

• paire de fer. >] 

Escousse, s. f. Secousse, effort*, fiésistanoe, 
violence". [Le mol subsiste comme nom propre. 
U*" de Sévigné (lettre 523) écrit encore : ■ Ne pre- 



nez pas de si loin votre escouue pour être en 
« peine. »] 
^ ■ J'ay veu en ma jeunesse, se aucunement 

< eusse belle escousse eue, j'en eusse fait de la 

■ bonne chevalerie • (Percefor. IV, fol. 66 '.) • Les 

■ gens de monseigneur Tvain qui aimoient mleulx 
> mourir que retourner, les recourent, au mieulx 

■ qu'ilz peurant, comme eeulx qui estoient lassez ; 

■ et en celle escoume , fut monseigneur Yvain 

< abbatu à terre. > (Lanc. du Lac, 1. 1)[, f. 156 *.) 
'•11 fet escousse à soa selngniear. ■ (Ord. 1. 1, 



yLiOogle 



ESC 

p. 331.) > Etcouue faiete à ggrcent ■ (D'Argentrë, 
Coût, de Bret. p. 814.) On lit dans le latin vis appa- 
ritori, offidum eaBeretnti, faeia. 

Escoassonr. [Intercalez Escoustour, fléau 
à battre te blé : < Le snppliant estoit en sa grange 

■ oa il escoudoit ou bâtait des gerbes de seigle.. . 

< ayant ung fleaa ou etcoauour, ainsi que 1 on a 

■ accoustnmé de hlre aa pays d'Auvergne. ■ 
(JJ.188,p.â50, an. 1499.) 

Esconssnre. [Intercalez E$cou$$ure, au reg. 
forestier du comté d'Alencon, folio 101 ' : • Item 

■ VescouMure de loups, c'est assavoir quand une 

■ beste est estranglée de loups ; et il les treuvent, 

■ dient qu'il la pevent prendre, ■] 

Escont, s. m. Action d'écouter, d'épier. ■ A tant 

■ l'ouye à Vescout s'appareille. ■ (Crétin, p. 263.) 
— • Chœe bien, ou tard, ou non oye, et digne 

■ d'eKout. » (S. d'Auton, Ann. de iA)ui8 111.) — 
EKout% (Hist. de la Toison d'Or, II, fol. 152 ^) — 
Delà, on disoit ; 1** Enetcout,» pour aux écoutes. 

La gent d'Àrtus, de l'iutre part. 
Sont en aeout, et en e^(an. {Ifom. du Brut.J 

2» « Livrer escout, • prêter l'oreille. ■ Estant 

■ averti que ses ennemis machinoyent contre luy, 

■ et que le roy y Hvroit escout, et mesmement 

• avoit on fait une conspiration secrète contre le 

■ duc. . (Hém. d'OL de la Marche, liv. I, p. 290.) — 
>[> Li mandoit... que li crestiens s'en dévoient la 

■ Duit fuir, et s'il ne le voloit croire, feist faire 

■ escout qui orroit la noise au port. - (Hartëne, 
t. V, col. 623.} — 4* • Il avenoit que ctiascun haut 
> home faisoit l'eschargaite une nuit à son tor, 

• tant que celle nuit eschai au cardinal. Celé nuit 

■ donnèrent escot, si comme ils soloient faire. > 
(Ibîd. col. 687.}] 

EscoDte, s. f. Guichet*. Guérite, cabinet*. 
[Dans Froissart, II, 134, 1, 133, il signifie guet.] 

* ■ Le portier vint lors aux escoute$, et demanda 

< quels gens c'estoient qui demaadoient l'entrée. ■ 
(Pereef. lll, fol. 149 •.) 

"•Saillirent au jaroin puis fermèrent l'buys 

• après eulx, affln que personne ne les suyvist, et 

■ il2 s'arresterent en une e$coute. > (L. du Lac, II.) 
Escoatement, adv. Secrètement, à la manière 

des espions, des escoute». < Les Flamans descendi- 

• reot etcoutement, et cuiderent soosprendre le 
« roy. . (Chron. de S. Den. Il, f. 175.) [- Plusieurs 

■ pelis enfans environ ledit tumberel se jouoient 

■ auxquels il dirent bien etcoutement que il se par- 

• tissent et fouissent d'ilec. • (ii. 105, page 416, 
an. 1374.)] 

1 . Esconter, v. Attendre *. Servir à'escoutet en 
diamp clos ". 

* > Ce fait il commença ieseouter après Estonne 

■ son cousin. >> [Pereef. IV, fol. 23 *.) 

*■ Pois forent ordonnez quatre gentiisbomes, 

■ armez de toutbarnois, cbaacun sa hache on poing, 
« ponr escottter quant l'un, ou l'autre diroit mot, 

■ et pour, taire raison ft cbacan. ■ (Le Jouveocel, 
n. page 367.) 



9- ESC 

a. Esconter, v. Appuyer, dérivé de ooudc. 

■ Se voua avez mestier de repos, aussi ay je, el loe 

■ plaist bien ; adonc ilz se tirèrent arriéré l'uag 

■ l'autre, et eteoutent sur leurs eacus. • [Percafor. 
vol. III, (ol. 17 '.} 

Esconterie (prlnse d'). On lit dans une taxe 
d'amendes pour aélits : ■ De gaige recours, trois 

■ sols, se le debte est cogneue, û'eacouterie pritue, 

• soixente cinq sols. • [Perard, Histoire de Bourg, 
p. 461, an. 1246.) 

Eseoates, s. m. p. Chevaliers ou écuyers d'hon- 
neur, au nombre de quatre, préposés pour éconter 
tout ce oui se disoit,. et pour obsMrer ce qui se Hii- 
soit parles diampiona, dans les combats b outrance 
et en porter témoignage- Leurs fonctions sont 
détaillées dans la JaiUe (du Champ de Batailla, 
fol. 43 '.) « Quatre sages chevaliers, ou escuyere 

< sont nommez escoutet, pour rapporter, et dire ce 

• que les combatans à outrance diront, et feront. ■ 
(La Colomb. Th. d'honn. II. p. 81.) > Le duc deffen- 

■ dit eo son hourd ; et tenoient en sa main le bâton 

■ comme juge : et lantost entrèrent dedans la lice 

■ huict hommes d'armes moût bien armez, chacun 

> le blaoc batloo en la main : car ils estoyeot 

■ ordonnez pour etcoutes, et pour départir les 

■ champions. ■ (Hém. d'Ol. de la Marche, livre I, 
page 245.) [Le plus souvent escoute signifie espion,; 
il a aussi le sens d'espionnage, le même mot ser- 
vant au moyen-âge pour la fonction et la personne 
qui s'en acquitte. * Aussi leur convenoil continuet- 

> lement guetter,... elenvoyer escûu/âi,... parquoy 

• si ces etcoutes oyoient gens émouvoir. > (Froias. 
t. I, 17.)] • Ceulx qui avoient celle nuit fait les 

■ etcoutes, pour l'ost des Romains, les perceurent 

• plainement. • (Pereef. vol. III, fol. 47*.]> Le guet 

• et les etcoutes. ■ (André de la Vigne, voyage de 
Charles VIII à Naples, p. 161.) 

P«ce an senl ctiief, et à c^tty rendra 

Droit d'obalT, anr mot d'occisltm : 

faeouiMf guet estra «n bonne union : 

Bien oiiea mainte victoire donne. (E. Deich.) 

■ Avoit ses explorateurs, et ses etcoutes si adres- 

■ sez, qu'il fut adverty de Tost de ses ennemis. ■ 
(Histoire de la Toison d'Or, vol. I, fol. 51 .) On disoit 

■ asseoir les etcoutes > pour poser les sentinelles. 
{Bout. Som.rur. p. 898.) 

EscoDtet, t. m. [Prévât, en Belgique et en 
Flandre.] ■ Les echevins connoissent, à la semonce 

■ du prevost, ou escoutette, de toutes les exécutions 
. civiles. . (Coût, de Bailleul, au N. G. G. I, p. 974 '.) 

• Dans la ville, le prevost, ou escoutette, a le droit 

• de visite. ■ (Ibid. p. 983*.) Voyez encore les Mém. 
d'Ol. de la Marche, liv. II, page 5'22; Ambassade de 
Bassompierre, t. II, p. 183.) 

Escoateterle. [Intercalez Etcouteterie, office 
à'escoulet : • Renunchons... à nostre manoir de 

< Ardémborch..., à la etcouteterie de la ville de 

■ Ardembourch, eL à toutes les droitures et choses 

■ qui y appartiennent. • (Cartulaire II de Flandre, 
cb. 296, an. 1330; Ghamhre des Comptes de Lille.)] 

Esconteus. [Intercaltiz Etcottteut, espion, an 



yLiOogle 



ESC -i 

Ghltelaio de Coucy, v.567; on diteocore un cheval 
écouteux, d'un cheval qui dresse l'oreille au 
moiodre bruit.] 

Esconvé, adj. Pourvu [!). [On Ut au Châtelain de 
Coucy, V. 41 : • S'il avieat que Caire savoir Le puist 
« uii boni à peu d'avoir. Lors diront cil : a mal 
« trouvé Qui son hostel fait escouvé. *] 

Pot m, s'«n bMU nia fus couvte. 

Et de toi Itou M ueouva, 

CuicUs, porce, geoUI bom estn ; 

Encor l« fiuaent U oncestre, 

Je ne dis pu qua tu la Misa. (US. 73IS, f. «44 :) 

Escouvers. Criblures balayées par l'escouvete. 

- Item les escouvers, et pailles des dimes que ont 

■ en la dite lerre l'abbé, et convent de S. Ouen de 
< Rouen. • (Charte de 1408, citée par D. C. sous 
Scopaticum, d'après le ms. Colbert, 2591 .) 

Escouvete, a. f. Petit balai. [Voir Ëscoube.] 

■ Une eseouvelte, ou escrotoire • est mis comme 
ustensile de ménage, dansia Coût, de Vaientiennes 
(N. C. G. Il, p. '258.) De là on nommoit * cbevau- 

• chears d'escouvelte, • les sorciers que l'on sup- 
posoit aller au sabbat à cheval sur un balai. (Merlin 
Cocaie, t. II, p. 4.) 

Non est, le deust on virbritler, 
Comme un ehevaucheur itetcDuvtUê, {ViUan.} 

[On lit au Gloss. I. fr. 4120, an. 1352 : • Excudia, 
> gallice escouveste. ■] 

Escouvl. [Intercalez Eteouvi, au reg. JJ. 120, 
page '243, an. 1381 : • Icellui Raoul leva un grand 

• baston cornu, el en cuida ferir ledit Robert sur la 
' teste; mais le coup descendi sur le bras si grant, 

■ qu'il en fui tout escouvi, et qu'il ne s'en povoit 

• aidier. •] 

EscouvUlon, s. m. Balai dont se servent les 
boulangers pour nettoyer le four : > Con li etcoveil- 
€ /on à un lornier. • ^Rom. d'Audig.) — [. Sec et 

• noir comme escouvtllon. * (Villon, petit Testa- 
ment.) — • Torsorium, escuvillon de four. ■ (B. N. 
Gloss. lat. fr. 4120, an. 1352.)] — Dans la Coutume 
de Tournehem (N. C. G. I, p. 457), le sens est plutôt 
Iwuleau pour les balais : < Que nul ne couppe les 

■ dits escouvillions, sur trois sols parisis. > lEseou- 
vtl/on étail synonyme de brandon (voir dimanche 
des brandons) i Tournay : • Comme 1 exposant feust 

■ alez par esbalemenl avec plusieurs autres veoir 

■ une assemblée d'enfans, qui faisoient certains 

■ gieux, appeliez les escouvUlotts, qui se font cbas- 

• cun an le dimenche des brandons après vespres 

■ en notre dite ville de Tournay. > (JJ. 99, p. 33i, 
an. 1368 )] 

1. Esconx.paW. Agité, secoué, irrité contre. 
(Voir EscouRRE.) 

Robert le roux, 

Qui au Hediofs fu moult eicoux : 

Griets tourmeos leur nt endurer. (Bat. de Liège, p. S75.J 

Ed sont alei à lor estez 

Lances levées, les Galoa, 

Heaumea te chlës, tuubefB etcox. (Parionopex.) 

[< Cestmais totescos et bâté. ■ (Chron. des ducs 
de Normandie, 1, v. 9202.)] De ia l'expression à 
eteox, avec secousse : 



ESC 



/■foW. de S. G.) 
2. EscoDX. [Intercalez Eaeoux, au Terrier du 
domaine de Nerenx, au hs. anc. 9899, f. 40 ' : < Item 

■ plus quatre deniers et malhe tournois de cens 

■ pour uue eseoux et peasonsatouchans situez aux 

• aysesdudit Gensac... item plus demie geline de 
. cens pour une peason et eaeoux. > Ce doit être 
une aire, une cour, un terrain vague.] 

Escrabouller. [Intercalez Escrabouller, au- 
jourd'hui écrabouiiler, écraser, au registre JJ. 206, 
p. 189, an. 1478.] 

Escragne, s. f. Petite maison *. Chose de peu 
de valeur". 

* En Bourgogne, on appelle eacraigne le lieu où 
les villageoises s'assemblent pour faire ta veillée, et 
c'est ce qui a donné le nom aus escraignes dijon- 
noises. (Voyez Des Accords, prol. folio 2 '*.) Ce mot, 
avec l'usage qu'il exprime, s'étoit conservé à 
Bruxelles jusqu'en 175^1 ; mais la reine de Hongrie 
défendit, par une ordonnance de la même année, 
les assemblées dans les catiarels et les escreignes. 
(Voyez Journ. de Verdun, septembre 1754, p. 234.) 
[Les paysans de la Champagne, dit Du Gange sous 
Sereo, appellent escrennes des caves creusées dans 
le sol, couvertes de fumier, où pendant l'hiver les 
jeunes filles fonl la veillée : • Gomme les exposans 
> environ deux heures de nuit feusseot alez en la 
« ville de Combertrix de costé Chaalons pour eulx 

■ esbatre avec les jeunes filles à marier et femmes 

■ qui nioientèsesft'e^RfS, comme il estaccoostumé 

• à faire en temps d iver, en laditte ville et pays 
. d'environ. - (JJ. 138, p. 130, an. 1389.) - - Wil- 

■ lemet Maillart, sachant que le suppliant estoit de 

■ nuit aux escriennes. > (JJ. 206, p. 189. an. 1478.)] 
' La mors cpii nule rien n'a^targoe. 

Ne me cneot valiant une etcmgne, 

U vient, et il s'est coDâesste. (Ph. Mouêk.) 

Escraillé, adj. Eraillé. 
Dessous un front ridé e^ monstroit l'ouverlure 
D'un grand oeil eêer<ùlU. (Rim. BeU. I, p. iSt.} 
' Escrala. s. m. Petit coffiret*. Cercueil*. [Du 
latin scrinium.] 

* . Rompre huches, et escrains, et occire hom- 

■ mes. ■ (Iroiss. liv. III, p. 2.56.) — ■ Ladamoyselle 

■ print ung escrinfort beau, et fort riche» et le 

■ mist devant elle, sur son pallefroy. ■ (Lanc. du 
Lac. 111, fol. 101 *.) 

Je lease aux ordres nuadiaes 
lion graut eterin, où il n'a riens. (E. Deteh.) 

> En Vescria de son coITt-e. > [Contes d'Eulrap. 
p. 8.) Voy. Grelin, p. 222 ; Ord. III, p. 437. 
" « Clotilde femme d'Amaury roy d'Espagne étant 

■ morle, le roy Childebert. (son frère) qui moult en 

■ fut dolant le corps lit alourner. el mettre en ung 
« eserin. • {Chron. de S. Den. I, fol. 20^) — - Les 

■ ossemeris (du roy Louis) furent mis en ung escrin, 

• moult bien embasmé. ■ (Ibid. Il, fol. 94.) 
Escran. s. Ecran: ■ Faire eseran contre le 

■ vent. • (Rob. Estieone.) On lit au Gloss. lat 521 : 

■ Antypira, escren. ■ 



, Google 



ESC 

Escrasement, s. m. Action d'écraser. (Oudia.) 
Escraseur, s. m. Qui écrase. (Oudio.) 
Escreipe, s. Eteodard. [Lisez escerppe et voyez 
cemoL] • LeroideFraoceliotroia, et atirent lor 

■ muete, en tele manière que le roy de Fr. pren- 

■ doit à la S' Johan Yescreipe, et le bordoo, à 

• S' Denis, et s'ea iroit droit à Geiines sur mer ; 

• d'iluecpasseroit, à l'aide deDieu, en la S** Terre. ■ 
(Conl. de G. de Tyr, Martène, V, col. 629.) 

Escremle, s. f. Escrime, combat. 

Amoun, ta m'a Taie, de nouvel, 
D'un tel regut, une enr&ie. 
Qi le cuerm« Uece en la piel: 
Contre si ruste mangounel, 
FBUboii)n7(^der«>cramie. fVat. n* i490, f. iS8.} 

• Par belles parolles départit l'esearmie, par 

• graad vaillance. ■• (Monstr. vol. II.) 

Tant a duré lenr eteremie. 

Par oi^eil, et par aatie. (Bi-ut.J 

KaiBtres, toiu estes trop soutil. 

Et aoavei trop de Yncremie. (E. Detch.j 



1 - ESC 

Escreventer. [Tntercalez Escreventer^ renver- 
ser, dans Girard de Viane(v. 1752): < Par coi seront 

• li mur escreventé. •] 
Escrever, v. Crever, s'ouvrir. [• Avant ce con- 

■ vient mainte tance Et maint escu faire escrever. ■ 
(Couci, V. 752.)] — • Luy escreva sa playe. ■ (Lanc. 
du Lac, m, fol. 122*. — • Sa playe se escreve à 

• saigner. » (Id. 11, fol. 7L'.) — . Quand la créature 

■ humaine est escrevéâ [I) de sang, et le jetle par 
> divers conduits. ■ (Duclos, Preuves de l'Hist. de 
Louis XI, p. 286.) On lit au sujet de l'assassinat du 
duc d'Orléans dans la rue Barbette, en 1407: > Le 

• sang du corps se «screvfz. > (Juv. des Urs. Hist. 
de Charles VI, p. 190.) — • Escrever de ris. » Cre- 
ver de rire. (Poët. uss. av. 1300.) 

Escrevette, s. f. Crevette. (Oudin.) 

Escrevlce, s. ^. Ecrevisse, poisson*. Cuirasse 
formée d'écaillés, en usagée au iv siècle, en alle- 
mand hallecret '. 

* Les < escrevisses de Bar > étoîenl passées en 
proverbe avant 1300. Voy. lesprov. à la suite des 
Poët. Hss. av. 1300. 

Ti reculer, et tenir les aenliera 

iye»crevi«ae, qui en allant recule. fE. Desch.} 

■[■ Le suppliant frappa icellui Tarraise d'une 
( petite fourcnele ferrée deux ou trois coups: mais 

■ il ne lui fit quelque playe, ne ouverture, â l'occa- 

■ sion que ledit Tarraise estoit armé soubz son 
•I vestement d'une armeure nommée escrevisse. • 
(JJ. 195, p. 461, an. 1470.)] — • lies hommes guer- 

■ riers premièrement se couvrirent de cuir, puis de 

< pièces de fer clouées l'une sus l'autre, appellées 

< escrevisset, pour ce qu'elles imitoienllesescailles 

■ de ces poissons. » {Fauch. des Orig. liv. II, p. il.) 
1° Nous lisons: • Beaulx escarpins deschiaiuetez 

« à barbe iTescrevisse. » (Rab. II, p. 123.) — • Pan- 

• toufles de velours cramoisi, rouge, ou violet, 
- deschicquelées à barbe d'escrevisse. • (Ibid. (, 
p. 323.) — < Découpés en barde d'escrevisse. • 
^raot. Dam. Gai. I, p. 348.i 

2° • Escrevisse ie muraille. • (Oudin.) 

Escrevisser, v. Aller à reculons. (Oudin.) De 
là on nommoit ■ vers escrevissez, ■ des vers rétro- 
grades que l'on pouvoit retourner sans blesser le 
sens. (Def. pour Est. Pasq. p. 591 bis.) 

Esri, a. m. Cri. • Paisibles enfans sans escru. • 
[Villon, p. 7.) 

Escrler, t). Appeler à grands cris". Publier*. 
Proclamer"^. Célébrer", Avertir, prévenir'. Décrier', 

*[• François escric/, Oliver apela t. • (Roland, v. 
1112.) Par suite, 1" défier: . Si tost que les AHe- 
« mans les virent, ils les escryerent fièrement et 

■ se boutèrent de grant randon en yans. • (Froiss. 
III, 251.) — 2* Attaquer avec cris: ■ De tous lez & 
« mort les escrient. ' (G. Guiart, v. 9506.) — . Si 

(1> On lit au reg. JJ. 119, p. 35», aa. 1381 : t Icellui peschaur ee flst oaingnier d'iin broa, après laquoUe saingnie, icellui 
peêcheur «'en ala, U propre nuit du Jour qu'il ta ainsi soiog aie, pesclier en la rivière... pour laquelle saingnie et ir'~~'~~ 
qoB icellui peacbeur ot aur ladite rivière, if bo Mcreva moult Ibrt à uingner de son dit bras. > (n. b.) 



[• Lamt>elin qui tenoit une grosse, et ledit sup- 

■ pliant un badelaire, commencierent àeulz esbatre 

• et jouer du jeu de Vescremié, et en getterl'un h 

• l'autre. - (JJ. 149, p. 100, an. 1395.)] 
Escremlr, v. Défendre*. Combattre*. 

. . . . u autres prant grant délit. 

Qu'il puîst la porte escremier, 

Par bien s'eapée nunaier. {E. Deach.] 

* [■ Oudinet Le Fevre, pauvre varlel fevre tira 

> on badelaire qu'il avoit, et en reculantcommença 

- àescremtr contre eux qui le suivoient en 

> etcremissant. ■ (JJ. 138, p. 150, au. 1390.) De 
même aux Miracles de Coi nci (Du Gange, II, 52'): 
« Ele (la Viei-ge] set tant de l'escremie Que de tous 
« cex m'etcremira Et par toute me garaodira. *] 

* Tant ont féru, et eteremU 

ai qui se combatent ensemble. fUS. 72i8,f. 50'.} 
[On lit déjà an Roman de Roncevaux (p. 6) : -Et 

- escremisaent cil bacheler t^er. Lancent et gie- 

- tenl por lor cor essaier. • De même dans Froissart 
(V, 244) : ■ Et escretnirent de lors espées. •] 

E^cremlsseur, s. m. Qui escrime. • Vous 

■ ovcistes les etcremisseurs. ■ (Lanc. du Lac, 1, 
fOl. 147'.) 

Escressement. [Intercalez Escressement . ac- 
croissement, dans une charle française de Pbilippe- 
le-Bel, pour l'apanage de son frère Louis, comte 
d'Evreux: ■ SicommelachaslelleniedudilHeulIent 

- se deparse dudit etcressetnent. > (An. 1298.)] 
Escreues, nirt. fém. pi. Accru, augmenté. 

(Blaoch. «8. de S. G.) 
Escrenx, part. Accru, augmenté. (Villon.) 



yLiOogle 



ESC -'■ 

■ l^escrie, et fiere d'une bâche qu'il tenoiL ■ 
(Jour, de Paria, sou3 Charles VI et Tlt, p. 131.) 

U aerieroiit WalUi. (Pœt. av. iSOO.) 

Non puet nna, qui alat par amora 

Entendre ûllora qne ver» s'unie : 

Si D'est merTrille ne m'etcrie. 

Ha tnie est li cors de mon cuer. (ParUm. f. i&7 <./ 

Le loQ Tirent, n Vetcrierent. (Fabl. tU S. G.J 

■ • Que ces gens là fussent escriés car ioramies, 

■ recherches, et peines fosses s'ensuivre. > (Hont- 
boun^er, des Gages de Bat, fol 23*.) 

* • Henry fu etcrié de toutes parts. • (Hist. de Du 
Guescl. par Mén. p. 199.) 

° J'en 8vd bien tenus de priier. 

Et ses lârgheces eieriier. (Froi»$aTt.} 

■ • On ne les avoit point advisés , n'écrié» de 

■ nulle {ïuerre. > (Froiss. I, p. 55.) 

' ■ Fut la dite ville si esénée, que tous ceux du 

■ pays taisoient grande difficulté de s'y trouver. ■ 
(Math, de Coucy, Hist. de Charles VII, p. 731.) 

Escrlez. Gens décriés: ■ Les félons, et escrin, 

< et qui sont de maie fatne. > (Cartamagna, f. 28*.] 
Escriller, v. Glisser*. S'échapper'. 

* [< Ainsi que ledit Aubery... s'en ala boire avec 

■ yceulx, feust £30i'i/££ assez près d'une femme... 
€ Il qui estoit courroucié de ce qu'il estoit ainsi 
. escrilez. . (;J. 128, p. isi, an. 1385.) — . Jehan 

■ Boïermouta dessus ladite pièce de bois, et lors 

• il escrilla de dessus pour ce qu'elle estoit moil- 

< lée. ■ (JJ. 185, p. 271, an. 1451.)] On lit d'un sa- 
cristain qui se noya en allant la nuit à un rendez- 
vous: 

A. la planclie vint, si monta : 
Ne sai dire, s'il s'abuiasa. 
Ou eicritla, ou meamarcha ; 
Hais il cbai, et se nea. {Bou, p. 151.) 

' La gent qui de laar mains eicr'UU, 

S'en va toute la cours ruiant. l'Guiort, fol. SU.) 
Escrime. Ce mot, qui subsiste, a fourni les 
expressions suivantes : 

1* ■ A la vieille escrime >, brusquement. (Le 
Duchat, surRab. 1. 1, p. 193.) 

2° < Perdre Veterime, ses eicrimes •, perdre son 
temps, ses peines. • A ce siège. H' de Guise Ht 

■ perdre Ye$crime à ce grand capitaine le duc 
- d'Albe, et au dit marquis, voire à l'empereur leur 
. maistre. • (Brant. Cap. Estr. 1. 1. p. 249.) . Voit 

■ on plus de gens sortir des boutiques avec armes 

■ liast, pour les séparer, qui bien souvent y per- 

■ dolent leurs escrimes; voire la justice. '(Brant. 
sur les Duels, p. 193.) 

3<* • Un tour de son œrime >, un tour de son 
métier. ■ S'il n'eust joué un tour de son escrime, 

■ comme j'ay dit en son lieu, il estoit perdu. ■ 
(Brant. Cap. Estr. t. II, p. 11.) 

Escrimer, v. Lutter avec. ■ Commencèrent à 

• escrimer Ûe la philosophie, et argumentoient. ■ 
(Nuits de Strapar. t. II, p. 238.) < En nous voulant 

■ escrimer, ou disputercontreelle,nous ne faisons 
« qu'aigrir, et irriter le mal. > (Sag. de Char. 570.) 

Escrimeur , s. • J'ayme à dire gladiateur; 



ï- ESC 

■ j'ayme à dire escrimeur k outrance. ...eepMdaot 

■ qui m'asireindroit à quitter l'un des deux, je 

■ retiendrois gladiateur. ■ (Essais de IContaigae, 
1. 1. préf. p. 7.) 

Escrin, s. Histoire. ■ II furent bien trois mil, 
« ce tesraoiene facr/n. • (Poét. usa. av. 1300.) — 

■ Ains sont de bons escuirea, ai con dist tes escrint. ■ 
(Ibid.) 

Escrtnée, Escrinet. [Intercalez Eserinée, an 
reg. JJ. 152, p. 54, an. isgf: > Il fut ordené que 

■ par manière d'esbatemenl seroit donné un joyel 

■ ou presant au jeu de barres avec Vetcriiiée, 

■ ainsi qu'il est accoustnmé à faire au jeu de pris! > 
— ■ La suppliante print un petit escrinet ou forcier 

• fermant à clef,... onquel escrinet ou forcier avoit 
c un escu en or. ■ (JJ. 158, p. 435, an. 1401.)] 

Escrlnerle, s. f. MTenuiserie. « Pour faire Tea- 

■ timation prédite, les emborneurs prendront par 

• écrit tous les matériaux trouvez sur le fond, et 

■ biens ; à scavoir la massonerie, et toits par ver- 

■ ges ; le bois par cents, les pierres de taille, et 
< vitres par pieds, le fer et plomb, par livres, t'es- 

■ crinerie, et serrures par taux. ■ (C. de Bruxelles, 
N.C. G. 1, p. 1273'.) 

EscrlDler , s. m. Layetier , constructeur 
d'écrins, de coffres- (Nicot, Oud. et Cotgr. ; voyez 
aussi la Table des Métiers de Paris, hs. de Mainierç, 
page 23.) 

Escripre, v. Ecrire*. Graver*. Peindre, repré- 
senter ". 

* [« Il est escnt en la geste Francor — Que 

■ vassals ad )i nostre empereur. • (Roi. V, 1448.)] 

■ We&crepre à moy prenez vostre loisir. ■ (Desoh.) 

* .... La plaie n'est pas petite, 

Qui m'est dedens la coer ateripte. {Froi»$. poSt.) 

Ou coer m'est cila fus eierii 

Qui me remort. (Ibid.) 

' Or TOUS ett de fortnne d U vérités dite ; 

Prenes garde entor U comment «le est eterite ; 

Formée d'animé e eus U, U ans en bMit abite, 

L'ons monte, l'aoln «vale. l'IIS. 7Èi8, f. «47 '.; 
[Escrire signifie encore : 1* Mander : • Chil qui 

• furent escript et mandé dou roi. ■ (Froiasart, II, 
74.) — 2* Recommander par écrit : • Je Froissars 

■ fui en Escoce en l'an de grâce 136G, car la bonne 

■ roTne, madame Philippe de Hainnau, m'escri^ 

• deviers le roi David d'Escoca et au comte de 
« Douglas. (Id. Il, 37.) — 3* Inscrire : • Leurs biens 
<■ fais est escrips et registres en livres et en 
« cronikes (Id. 9). »] 

On disoit : 

l- « S'escrtre », s'intituler, se qualifier. • Le duc 

• d'Anjou qui s'escriiwiï roy de Cedle, et de Hieru- 

■ salem. • (Froiss. liv. H, p. 160.) 

2* ■ Se faire escrire >, se faire ébrouer, se mtdre 
en prison. > Boucicaut qui s'en fut allé s'il eust 

■ voulu, ne le voulut laisser là estre prisonnier 
( sans luy, ains pour luy faire compaîgnée, se fist 

■ escrire, et se meit en la prison. • (Hist. de J. 
Boucle, in-4*, Paris, 1620, p. 57.) 

3° • Estre escrit ■ se disoit pour désigner celui k 



yLaOOgle 



ESC -3 

qui on a écrit. < Sacltez goe tous ceux qui furent 
• maDdés, Ji'e$erit», ne vinâreot pas. > [Froissarl, 
liv. m, p. 103.) 

CoHJUGAisoH : Eereciuent. (Ord. t. I, p. 741.] — 
EerittiOM. (Ibid. p. 65^) — Eseriprent. (Petit J. de 
SaiDtré, p. 669.) — Etcriproye. [Faifeu, p. 9.) — 
Etcriptent. {Ord. t. 1, p. 102.) — Ewrtpww. (Al. 
Chart. p. 1183.) — EscriptUt. (ChroD- S' Denis, t. II, 
t 33.) — Eteripst. (Tri. des IX Preux, p. IW.) — 
Eserm^ (Peroef. I, f. 100'.) — Escripvat. (Etat des 
OŒc du duc de Boui%. p. 22J — Etcripvra. (Petit 



J. de SaîDtré, p. 134.) — Étcrijm. (Hist. de I 
Dagaescl. par Hén. p. 486.) — Etcrirent. (Fro'r 
Ut. ly. p. 182.) — Etcrisanê. (Ord. 1. 1, p. 741.) 



Eserite. (Regl. de S. Ben. lat. fr.) — Eseriâoimt. 
{Chr. de Nangis.) — Escrùsoit. (Ph. Mouskes.) — 
Eacrist. (Marb. coi. iGSSA—Eicrittrent. (Villehard. 
p. ii9.]— Etait. [Vie dlsaiielle à la suite de Joiuv. 
p. 170.) — Etcritrent. (ms. 7218, f. 242'.) — Etcri- 
vames. (Letl. de Ch. D. de Boutv- ^u &• Dufay, 
p. 366.) — E$crivet. (S. Bern. p. 350.) — Etcriut. 
(Pb. Nousk. p. 85.) — Escroye. (Bataille de Liège, 
p. 876.) — Etcrute$. (Ph. Mousk.) 

£s(7lps, $. m. Ecrit*. Ecriture sainte". Tablet- 
teB*^. Testameat". Peinture*. 

*■[* Et les McritA que je ayaportez.*(Roncisvals, 
p. 22.)] > il avoit d'eulx son etùHpt, et son bon. ■ 
(Eust Itesch.) 



Que li eiapiis est Uidî 

Et qu'on applique les eierip». 

Au reboura de Tentendement. 



(E. Detch.) 



{Th. de Biai.} 

" Du fds, se plaignant d'avoir dépensé tout l'ar- 
gent que son père ne lui avoit donné qu'à la 
condition de renoncer b son patrimoine, dit : 



' • En après estoit un escbaufEault, sur lequel 

■ fut en eêcrit le personnage de l'empereur Gayus, 

• ou meillieu de douze sénateurs. > [Honslr. t. III, 
f. 76 '.) [On a dit tour iTescript, pour virement de 
fonds, aux Ord. IX, p. 285, an. 1407. Voy. Tourkeb, 

TOURHEMENT.] 

'Elscrlptel, s. m. Ecriteau. ■ L'autre etcriptel 

• ou son nom sera mis, ou fons de la main, qui 

■ sera fait pour elle. • (Uodus et Raoio, t. 236 ^) 
Escriptlons, s. f. pi. [Lettres. (Froissart, éd. 

Kervyn, U, 359 ; III, 96 ; X, 1W.)] 

dscrtptolire, s. f. Ecriloire '. Cabinet, greffe, 
éfnde de notaire ". 

* [- Or me convient, Entroes que j'ai sens et 

■ mémoire, Escale etpapier et escriptoire Canivet 

• et penne laiHiée. ■ (Froisaart ; Buisson de Jonece.)] 
Voyez Faifeu, p. 6; PaUi. Test. p. 111 ; Vill. p. 86; 
Coquil. p. 154. On disoit ■ gens d'écritoire, > pour 
gens déplume. (Voy. Hém. de Sully, t. III, p. 137.) 

* [• Li frères lendemain al saint humme en ala, 

• E en Sun eicritorie, là.u il le trova. Pur la pilé 
« deDea tant li-distepreia. ■ (Thomas de Cantor- 



ESC 

béry, 95.) — - Aujourd'huy environ sept heures au 

■ matin, en Yescriptouere de moy Pierre Bataille, 

■ tabellion de Lagny. > (Cartulaire de Lagny, folio 
212^, an. 1444.) — «Un de oossergens vint adjoui«> 

■ ner Le Boucber à comparoir par devant nostre 

• vjconte de Uoustiervillier ou son lieutenant à 
. son escriptoire. • (JJ. 158, p. 327, an. 1403.) — 

> Le suppliant ala dessus le plancber de Vescrip- 
" îoire audit de Lainques, en laquelle il avoit accous- 

■ tumé de mettre sa flnauce. ■ [JJ. 141. page 139, 
an. 139t.)] — ■ La court deffend aux baillifz , 

■ vicomtes, et autres juges du pays, que au jour 

• de dimanche, ne autres fêtes commandées par 

■ l'Eglise , ilz ne tiennent jurisdiction en leurs 

■ etcriptoires, ne ailleurs. • (Ord. Boyaulx à la 
suite de l'anc. Coût, de Norm. f. 33 '.) 

Escripture, s. /. Office de notaire, greffe *. 
Livres '. [Il signifie aussi caractère d'imprimerie : 

• Michiel Friburgier, Uldaric Quering et Martin 

■ Granetz natifz dupaisd'Aliemaigne, ...sontvenus 

■ demourer en nostre royaume puis aucun temps 

• en ci), pour l'exercice de leurs ars et mestiers de 

• faire livres de pluseurs manières à'escripturei 

■ en mosle et autrement. > (JJ. 195, pièce 1321, 
an. 1474.)] 

*[• Wem VeKripture et li seaulx de la prevoslé 

• de Maaiay le roy, sont prisiés par an soixante et 
< quinze sols tournois. > (JJ. it2, p. 6, an. 1318.)] 

■ - Les roys de France ne voulurent jamais sous- 

■ tenir aucun chisme en l'église, mais trouve l'on 

■ es eicriture qu'ils out tousjours aydé à remettre 

■ sus l'église. ■ (Berry, Chr, depuis 1402, p. 432.) 

MercuriuB, ce di U etcripture, 

Trouv» premier 
La beUe flour que J'aim oultre mesure. [Froiat. poês.J 

Escrlpvaln, s. m. Ecrivain, secrétaire. [« La 

■ meie tangue chalemeals à'escrivang, iguelment 

■ escrivant. • (Liber psatmorum, 59.) — < Aprentif 

■ jugleor et escrivain marri. » (Berle, 1.]] 

■ Escripvain de la nave ■ est le commis chargé 
des écritures sur un vaisseau. (La Salade, f. 31 ■■.] 

L'un est clerc, l'autre eicrypvain. (E, Deich.J 

■ Etcrivains du roy de Jérusalem. • (Ass. de 
Jerus. p. 192.) — [• Et s'il y avoit à amender par le 

■ vice de Vescrivam, il seroit esgardé et amendé 

■ par les auditeurs. ■ (Beaumanoir, XL, 38.)] 
E»crlpvelnle. [Intercalez Escripveinie, grette, 

an reg. JJ. 156, p. 302, an. 1401 : ■ Plusieurs fermes 

■ de ViDeroyal, comme la baillie, l'exécutoire et 

• Vescripveinie. >] 

Escrit. [Intercalez Escrit, peint, dans Agolanl, 
V. 815 : « Met à son col un fort escu pendant ; Trois 

■ lipars ot escrit por devant. > De même dans 
Flore el Blanchefleur, v. 557 : - N'a sous ciel beste 

> ne oisel Ne soit escrit en cel tombel. ■] 
Escrivalller, v. Ecrire mal, barbouiller du 

papier. (Dict. d'Oudin et de Cotgrave.) 

EscrivalUerie, t. f. AcUon d'écrire avec négli- 
gence. ■ h'eserivaillerie semble estre quelque 



yGoog[e 



ESC -î 

■ sympthome d'un siècle déborde. ■ (Essais de 
Montaigne, t. III, p. 288.) 

Escrivallleur, s. m. Méchant écrivain. [■ Jean 

■ Bodin est un bon aucleur de notre temps, et 

■ accompaignë de beaucoup plus de jugement que 
€ la tourbe des eicrivaillevn de son siècle. ■ 
(Montaigne, III. 149.]] 

Escrivalnerie, «. f. Il y avait à Orléans la rue 
des Ecrivains, que l'on nommoit la rue de l'Eicrt- 
vainerie. (Pièces just. Mém. de Du Bell. VI, p. 389.) 

Escrlvenage, s. m. Greffe. [Voyez Assises de 
Jérusalem, ch. 8, do sénéclial.] voyez aussi le 
gloss. sur les coutumes de Beauvoiitis. 

1. Escroe, s. f. Ecrou de vis. 

La clocbe qui point ne se muet, 

CoiD les contrepoia, et les roes, 

Qui toudis vont par leurs eacroet, 

En tournant juxpi'à certaine heure. (Deich.) 

2. Escroe, s. Rôle, registre d'écrou *. Déchels 
d'or eld'argenl". 

* C'est le Drevet, acte et registre de la délivrance 
et décharge d'un prisonnier; Ta déclaration, dénom- 
brement et aveu d'héritages cottiers que le sujet 
donne à son seigneur; l'état de l'argent dépensé 
pour l'entretien de la maison du roi, signé et 
arrêté chaque jour de bureau, par le maitre d'hôtel 
et par le contrôleur de la maison ; les écritures qui 
contiennent les faits et raison? des parties; les 
rôles que les receveurs des tailles ou amendes 
donnent aux sergents, pour en faire le recouvre- 
ment. [I,a racine doit être lelatin scrulum, baillons, 
dans Horace : - Vilia vendentem lunicalo scruta 

■ popello. • Le sens de haillon, lambeau, chilToa 
est au Livre des Métiers (270): « Mettre eêcroe de 
> tele. ■ De mâme dans Derte (XXXIII) : ■ En fuiant 

■ Il ont fait les ronces mainte eicroe. > De là le 
sens de : 1* Bande d'étoffe : « Ne doit aucun drapier 

■ porter... ses draps ou esa'oes tistre, fouler ne 

■ laver hors de la ville de Rouen. > (Ordonn, VI, 
p. .%5, an. 1378.) — 2° Bande de terrain: • Et si 

• n'avoil riens fait que travilliet son corps et ses 

■ gens et courut une petite escroe don roiaume de 
. France. • (t'roissart, lïï, 380.) — 3* Bande de 
parchemin: • Iceluy bailli avoit juré grand serment 

■ que ledit procès seroit scellé et l'avoit reprîns en 

• sa main reniourteillié, et le lie d'une escroe de 

• oarchemin en plaçant et mettant de la cire sur la 
- dite escroe pour icellui procès sceller. • (Cart. de 
Corbie, 23, an. 1399.) — 4° Cédule écrite sur bande 
de parchemin , quittance échue et envoyée aux 
archives de la Chambre des Comptes: ■ Plusieurs 

■ biens, comme blez, vins ei autres choses pris de 

• plusieurs bonnes gens, auxquelz pour ce que 

■ paiez n'estoient, eussent este faites et baillées 

• plusieurs cédulles ou escroes. • [JJ. 97, p. 406, 
an. 1367.)] 

■ Orfèvres sont avers, et chiches, 
Quar quant U Tet ns crois, ne chaase. 
Les cMroet toutes amasse, 
iLu chiet de l'uenre lea refont : 
Ce sont iM biens c'orfeTTes font. (US. IHS, f. f75 '.; 



t- ESC 

Elscroele, s. /. Lanière. 
Ele DB pot tenir a> maiiu 
Eacroele, drapele, ne pleche 
Qu'ele n'i ■ Icense, et asieche : 
En cinq c«na dés n'ot tant de poU», 
Come aTolt en ses draa ponrpâns. |VSS. 79^9, /. U9.f 

Escroelles, s. f. pi. Ecrouelles. [■ En col nuées 

• glandres oui K'hom escrouete numer sout. • (Ed. 
le Confesseur, v. 2608.) — ■ Quand alasmee en 

■ nosire villes et cité de Langres, pour ce que le 

■ suppliant avoit une senr que l'en âisoit eatre 

• malade des escroelles, il la menu devers nous, et 

■ trouva par aucuns de nos gens qu'Ole n'en estoit 

■ aucunement malade. * (JJ. 187, p.3t3, an. I4M.)] 
Au tlguré, les < esorouelUs guorgerines > sont le 
gibet, la hart. (Rab. t. V, prooos. p. âO.) 

Escrois, «. m. Bruit, fracas. 

Tel e*croi* fist, an cbaiement. 

Comme cbesnes qui cUet par vent. (Brut.} 

On lit escroeis, dans le us. de M' de Bombarde. — 

■ En ce lempsfut veoela fouldrequi couroitparmy 

• l'air, et grands escrois furent oys parmi le pays, 

• aussi comme se ce fussent grands arbres qui 
< treabucbassent par force de vent. ■ (Chr. S' Den. 
1. 1, fol. 47 ".} . Escrois de tonnerre • est mis pro- 
verbialement dans des proverbes poët. hss. av. 1300. 

> Fait tel e-scroix au cneoir qu'il sembla que toute 

■ la roche fust fendue. < [Lanc. du Lac, I, f. 116 *.) 

• Gecte son bras en hault par dessus l'espée, et 

• celiuy qui le mail teooit... llert si durement qu'il 

■ le faict voiler en pièces, et an ferir est bien entrée 

> dedans le mur demy pied, et fait un moult grand 
- escrois. • (Lanc. du Lac, 1. 1, f. 99*.) 

1. Escrolssement, i. m. Accroissement, aug- 
mentation. (Coût. Gén., 1. 1, p. 310.) 

2. Escrolssement. s. m. [Intercalez Escrois- 
sement, dans un us. de S' Victor (Sermon 29, irf 
siècle) : • Li rois dist k ses sergenz : liez li les piez 

> et les mains, et si le gitez an ténèbres forenes, où 

■ il aura plors et escraissement de dens. ■] 
Escroitre, v. Accroître, augmenter, s'élever. 

> La Sayne se escrut. > (Chron. fr. us. de Nangis.) 

> Ceulx se escroissent qui cuydoient estre tous 
« forclos. • (Lanc. du Lac, I, f. 107 ^.) . D'une aussi 

■ grande victoire£S(TU( il son nom, et sa louenge. • 
(Chron. de S' Den. 1. 1, fol. 242.) On lit dans Soger, 
famam mbilitavit. Froissart a appliqué singuliè- 
rement ce mot aux rossignols : 

.... Bosegnol a'eKroùtttienI, 
Au chanter d'un assentement. 
[> Esgardaos que iceulx religieux estoient moult 

■ estreins et moult enserrés dedens les fermeté de 

■ nostre chastel de Bruroles, et ne ae povoieat pas 

■ bien largir ne escroistre sans nostre assente- 

• ment. > iCart. de S' Père de Chartres, an. 1322.)] 
Escroquonnerie, s. f. Escroquerie. (Poës. de 

Perrin,p.207.) 

Escrotolr, <. m. Décrottoir, synonyme à'escou- 
vête, balai, dans le Coût. Gén. t. Il, p. 258. 

Escrouet. Diminutif i^escroue, escroe. ■ Soit 



yLaOOgle 



ESC -■ 

■ aolement escript en un pelHegcrouet. ■ (Tenur. 
deLiUl. fol. MM 

Escroupionné, a4}. Qui a le croupion rompu. 
(Oudin, Cot^rave.) 

Escronser. [Intercalez fscrotuer, creuser, dans 
un registre de GnâlesD du Loir, f. 55 : ■ Se les ées 
' sont en croua de ctiesne ou d'antre arbre, l'au- 

• relleor poent eserouser l'arbre où elles seront. ■] 
Escroustemeiit, s. m. Action d'dter la croule. 

(Oudin, Cotgrave.] 
Escroaster, v. Oter la croûte. [Oud. Colgr.} 
EscFQ. [Intercalez Escru, écru, dans le Livre 

des Métiers (89) : • Et qui voudra faire oevre de fil 

■ etcru, si face raie de M teint. ■ De même dans 
Froissart (XIV, 17) : • Une salle toute couverte de 

• draps eterus de Normandie. •] 

Escrae, s. f. Crue, excédent. (La Thaumass. 
Coût, de Berry, p. 453.) 

Eiscrupir. [Intercalez Escrupir, cracher, au reg. 
JJ. 155, p. 71, an. MOO : ■ icellui Lambin se prist 

■ à escrupir ou crachier contre terre en injuriant 

■ ledit exposant de parole. •] 
Escrusserle.- [Intercalez Escruêserie, action 

d*éplucber le lia : • Lesquelz ft-eres alerent au soir 

> à la série pour veoir les jeunes lllles à Yesantse- 

> ne de lin. > (JJ. 189, p. 485, an. 1460.)] 
Escrntener. [Intercalez Escrutener, examiner 

avec soin, de scrutinare (dans S' Jérôme) : • Les 

• seigneurs eicrutenoienl sur cest estât et ces trai- 

■ Ués. . {Froissart, ÏII, 347.)] 

Escn, «. m. Bouclier*. Homme armé d'un bou- 
clier ". Epaule d'un animal •=. Monnaie ". 

* [Vécu est le bouclier chevaleresque ; il se com- 
pose d'une plaque de bois mince ou de planches 
assemblées, cambrées (voulies) au feu. que relient 
des bandes de métal, de cuivre, de tironze, de fer ; 
on recouvre le tout d'une forte toile, puis d'un cuir 
que décorent des peintures à )a gouache ; à l'inté- 
rieur, on relient Vécu par des poignées dites enar- 
mes; au dehors, saillit une bosse, umbo, que l'on 
appelait boucle, de l'allemand bukkel, d'où le nom 
d e$cu boucler. Â partir du it* siècle , celle arme 
défensive est peu employée et ne fait partie que de 
l'équipemeot du tournoi ; il devient alors le tableau 
consacré de ces représentations emblématiques 
dont le système constitue le blason : ■ Tans cops a 

• pris sur son escut bucler. . (Chanson de Roland, 
str. 39.) On a dît au figuré, pour défense, rempart: 
« Sire, tes veies sunl nettes , e tes paroles sunt 
« cume esmerées par fu, et tu es escut, à tus ces 

■ ki espeirent en tei. > (Rois, p. 208.)] On a dit de 
Ph. Auguste ; • Tant comme il vesqui, en lui avQient 

• bon eêcu, et avoit moult essaucie, et accru son 

• royaolme de France. ■ (Chr. fr. m. de Nangis.) 

.... Soiei doDC mes acvs. (Ewl. Death.) 
Que Terité wAX tem eteu*. (Ibid.J 

Contre fl'Dnnflur, ne Mût eacu, ne darâ. (Ibid.J 
Honnenr eat ses droit etcn». (Ibid. fol. 45.) 
■ On nommoit eiou les gens d'armes qui por^ 



>- ESC 

toient des escus, comme on oommoit ■ lances, ■ 
les soldats armés de lances : 

Ses arrierebaiia est venus 

Esniec à deux cent mil eacvx. (Parton. de Bloi» ) 
Quant li boins rois, et a«a eccus, 
Ot les sucmla Dieu veocua. l'PA. Movtktt.) 
** ■ A ce premier coup, le cuidoit de sa dent devo- 

■ rer, et le bachelier qui ne te doubtoit en riens 

• luy addresaa son espieu au dessus de Ve^cu : bien 
« l'attainct le chevalier. • (Percef. VI, fol. 116*.) 

.... Quant le sengler l'a choisi.... 
A. deux mains tient uns fort espie, 
Dont il le flert emmy Vetcu. (G. de la Bigne, fol. i JS *.) 
" ■ 11 est bon de remarquer que partout où il est 

- parlé à.'eicut avant 1641 , il faut toujours l'enten- 

• dredel'MCU d'or. . {Le Blanc, sur les Monn 
p. 376.) — [S' Louis le premier mit au droit d'une 
de ses monnaies d'or Vécu de France semé de fleurs 
de lis.] Celle espèce de monuoie a eu différentes 
dénominations qui lui venoient des représentations 
gravées, il yaeu des « mc« sol . ou . au soleil . 
sous Louis XI, et on les nomnioil ainsi, à cause du 
soleil qui étoit au-dessus de la couronne. Voyez Du 
Cange, sous MonetœAureœ Reg. franc; on y trouve 
la valeur, les dénominations particulières que celle 
monnoie a eues, comme- les etcua à la couronne • 
que Charles VI lit frapper en 1384, . deniers dor 

• fin à l'CKu, deniers d'or à i'escu, e$cus à la petite 

• croix. - Voyez eneore ce qu'étoient les emi» de 
Bretagne, Gmenne, Savoie, Avignon, Toulouse 
Forez, dans la Coût, de Norm. en vers, us. fol 17" 
Pelisson, dans son Hist. de Louis XIV (t. III, liv ix' 
p. 195), mentionne les . écus de Brabant, • nui 
valoientenl669 2'8', et des écua des Provinces 
Unis, fixés à 2 ' 10 •. . Leur dona l'en 6. mille francs 

- à 1 e$cu. . (Chron. S' Den. II, fol. 234. - . L'escu 

• ne valoit autrefois que trente sols, • (Pasq. Rech 
p. 7ôO.) — . Vetcu de Philippe, si comme il clier- 
. ront, pourlS. sols. • (Du Gange, sous Mimeta.) 

- • fiacude Jean au coing du royâl3'4*. .(Ibid.) 

- - Escu d'or il 22, sols six deniers loarnois la 

- pièce. . (Godef. Charles VI, p. 733, an. 1402.) — 

- • Eacai d'or, en 4421, valoient vingt francs 

• royaux, quoiqu'ils n'eussentd'abord valu qu'un • 
;Chron. de 1400 à 1421.) — . Escu d'or, qui avoit 
« couru à neuf francs, fut mis à dix huict sols pari- 

■ sis. 1 (J. Le Fev. de S' Rémi, p. 157.) 
Expressions remarquables: 

1° « Eseus du palais, • jetons. (Oudin.) Voy. Des 
Ace. Bigar. fol. 4\ 

2* . Eêcu de heaume, » l'un des angles du 
heaume. • Le frappe amont, sur le comble de Veaeu, 

- si grant coup que le bras au chevalier n'eust 
« povoir de le soustenir, ainçois convint l'escu 

• fléchir sur l'escu de son heavlme si royde qu'il 

- en fut tout eslonné. » (Percef. H, fol. 127'.) 
3» .... Un boa bauberc vos nrestemi. 

Et un bon vert heaume d'acier ; 

Eapée, et eicu de quartier, 

Cbancea, et espérons dorez : 

Vos seroiz moutt bien ;>'onie2. (Blaneh.J 

Le Dict. de Trévoux le met comme terme de bla- 



4 

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ESC *a* 

son, et dit que c'éloit le méDoe que ■ Vécu en chaii' 
> tel, • c'est'à-direécucouctaésurlecdté, tel qu'on 
le portoit sous le bras gauche. 
40 . Jouer aux escus. « Les chevaliers tous desar- 

■ xnez jouoyent auxescuz, tes unsaux autres, pour 

■ estre plusduitz, elpour aucun tour nouvel ap- 
. prendre. • (Percef. v, fol, 6'.) 

5* • Rendre son e*cu, ■ s'avouer vaincu. (Ctiron. 
fr. du xiii' siècle, Hs. Bout), fol. 251 ''.) 
(i° •£8cuDieu,< l'aide de Dieu:*QuantlesLatiDS 

• orent prise Contiintinople, ils oreot Veecu Dieu, 

• et tantost com il furent ens, il le jetèrent jus , et 

■ embraciereni L'escu au déable. ■ (Cootin. de G. 
de Tyr, Hartène, V, col. 666.) 

7° ■ Eacu ne lance. > On confond escu , arme , 
avec e*eu, monnoye : 

Aine n'i porta escu, ne tance : 

Ne d'utitra avoir une denrée. (MS. 7Si8, fol. 815 K/ 

8° > Estre escua, > servir de défenseur : 

Diex qui adonc 1a délivrantes, 
Et sainte Suianne sauvaitea, 
Oui ert Uvrée & tauz tesmoing, 
Soiez etcuz à non besoiog. (Ibid. fol. 105 ".f 
On disoit proverbialement: ■ Saqueronsjoye, et 

■ paix, il n'est si biaux écus. • (Eust. Desch.] 
Escuage, s, m. Service d'host et cbevauchée 

Au par un fief noble. • Service que l'écuier doit à 

■ son seigneur, qui concisloit à le suivre ù cheval, 

• à la guerre. > [Dict. de Monet, d'Oudin et de Cotgr.] 
— ■ Escuage est appelé en latin scutagium, seu 

■ servilium scuti, et tiel tenant que tient sa lerre 

■ per escuage, tient per service de chîvalcr. > 
(Tenur. de Liltl. foi. 19^) — • Et après tiel voiage 

■ royal en Escosse il est communément dit que par 

• autorilie de parliament Vescuage sera assise et 

• mis en certaine somme d'argent, quant chescun, 

• que tient par entier fée de service de chivaler, 

■ qu'il ne fuit ni per lui-mesme, ne per un autre 

■ pur lui ove le roy, paiera à son sigûior de que il 

■ tient la lerre par escuage. > (Ibid. id. p. 878.}] 
Escucel, s. m. Escabeau pour monter à cbeval*. 

Terme de blason". 

' Diex con li dealrier en sele, 

Que li sarcoD en destrent mainent, 
Orgueilleuaenieni se demaineat ; 
Et con U eieueet des selles, 
Frains seororot, et compeneUes, 
Et eschelettes, et lomins, 
Sur ceux dont je pariai orains. 

G. Giint, dm Du Cn|a, wu* Stala, 10. 

• Mainte movese opinion 
1 orent eretre portrete. 
D'une eeM^once trete 
D'un argument d'iniquilé, 
A un tàus eseueet, listé 
D'avarisce, et d'ipocreele, 
A un loier de simonie. 

Guerre doné de darnîmement. (MS. 7615, II, f. iOi ».} 

Ot une targe de defois, 

Que je tiag a merveille hélo, 

Car trois fronieges en feiaele 

I ot assis sur ricctâ, 

A un faus etcucel listé. 



Escuchcné. [Intercalez Escuchené, écussonné, 



ESC 

dans un Inv. ws. des joyaux d'Edouard I (an. 1297] : 
< Une coupe esmaillie et e$cuchenée desus et desous 

• de France, de Navarre, de PItndra, de Braybant 

• et de Pontiu. »] 

Escuchiers, s. m. p. Fabricans d'étïus, de 
boucliers. • Se li rois mandoit son arrière ban eo 

■ ost, le dit evesque serait tenus d'y aler. ou 
« envoyer pour luy : et lors la coramunalté des 
' paintres, et des etcuchiers d'Amiens seront tenus 

• ne trouver au ditevesquebon.elsufnsantescu; • 
(Registre de la Chambre des Comptes de Paris, dans 
D. G. sous Ho$U8.) 

Escuchon, s. m. Ecusson. (Preuv. sur le meur- 
tre du duc de Bourg, p. 312.) 

Ëscuclau, 8. m. Dans une énumération de 
monnoies, les eêcuciau désignent lés écus ; on 
y mêle les monnoies lesplus usitées à cette époque: 
celles du Mans, d'Angers, de Poitiers. 
L'an mil deus cens soixante trois. 
Furent nbatus li Maneois, 
Li eicucjnu, Il Angevin ; 
Ainsi tbrent li Poitevin. 

Chru. lia 3. UMtiùn, m. ItSI, La Bcal, DlMaMisn, I. p. ita. 

Escude, 8. f, I':scuelle d'eai>, en latin umbilicus 
Veneris. (Colgr. et Oudin.) 

Escueil. [Intercalez Escneil, V Accueil, dans 
une Chanson du roi de Navarre, Wackernagel, 
page 43 : « Sovigne vos, dame, d'un douis escuel 

• Ke jai fut fais par ai grant desirier. • — 2* Insti- 
gation : > Par le promolion et esguoel de lor 
« doyen. . (Froiss. IV, 321.)] 

Eficueillir. [Intercalez £siiu0fI2»',f* Recueillir: 

■ Un lai en escuel C'est dou chievrefuel. • (Lai de 
Tristan, p. 19.) — 2* Lancer : ■ Si s'en encontrerent 

■ de grant randon les deus nefs, car elles estoient 

■ grandes et bien eaquetties [en plein élan]. > (Id. 
t. V, 268.) — De là le participe signille âtreen train 
de : • La nef qui de Namur première s'en va le cours 

■ aus escueiliies. > (G. Guiart, v. 19204.) — De 
même dans Froissart (XVI, 91) : < Etdiatqueoe 

• conte d'Ërby estoit bien eseueillie de bouter ung 
« grant lourhie en Angleterre. ■ — 3" Exciter ; 
> Eiisi fu il plorés des Flamens qui, devant ce, li 

■ avoient esqueUH à faire ceste emprise. ■ (Id. II, 
225.] — Au réfléchi, s'etcueillir signille se lancer : 

■ Si s'effréa et prist leœorsasdeas par tel manière 

■ que il s'esqueiUa et se démena tant que il fnst 

■ maistredou seigneur et l'emporta. -(la. IH, 39.}} 
Escaelle, a. f. 

Retlrei vous, vieille dague à rouelle, 
^ Betirez vous, car voua n'estes plus celle 
Qui jadis sceut aux h(»nines tant complaire : 
Au coing de l'astre il vous convient retraire, 
Qiercher mol lict.etla profonde escuclte. [J.itaroi,S36.J 

• La charretée de peelles, de minas, de cercbes, 

■ à'aceuelles, de auges, de godez, doit un denier. > 
(Ane. Coût. d-Orl. p. 473.) 

1* < Manger à VescuelU' de q^uelqu'nn, manger 
à sa labié. • Si me Hst, des lors jusques icy, man- 
. ger avec les varlelz de la maison, et pour ce, 

• commencay oies à pleurer quantje vous vy man- 



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ESC - " - 



ESC 



■ ger aveoques moy : car grant temps a que le 
•> chevalier ne mangea en mon escuelle. > (Lanc. 
du Lac, n, folio GO ■.) « Il y eutjusqiies à huyt cent 
t chevaliers seans & table, et si n'y eut celuy qui 

■ n'eust une dame, ou une pucelle a son coslé, ou 

• à son escuelle. • (Percef. ï, fol. 21 '.) ■ Ainsi aura 

■ chûscun une mienne niepee à son escuelle. > 
(Tbid. fo].125M 

2" « Escuelle du premier metz, ■ premier service. 

• Vint Lizane fta danaoiselle qui apportoit Vescuelle 
« dii premier metz, el Lyriope en prit en la main 

■ de la damoyselle, et l'assist par devant le roy 

■ Alexandre, et ainsy en suyvant, par devant la 

■ compaignie, servoit Lyriope de t'escuelle tout le 

■ souper, entre elle et Lizane, et deux autres 

• damoiselles. » (Percef. ï, fol. 91 *.) 

3* • A chacune escuelle, • à chaque plat. • Lors 

■ vindrenl les servans, et servirent du dernier metz, 

■ qui eatoit de chevrotz de presse conlitz en espi- 
< ces, et c'estoil le souverain metz que on servist 

• adonc, et le pluft noble, el en avoit à chascune 

• escuelle le quartier d'ung. . (Perc. I, f. 130 *.} 

4* • EtcMlles de twis. ■ On a dit des funérailles 
du duc de Bourgogne : ■ Unze cent vingt cinq 

■ escuelles de bois employez tout autour du dit 

• chœur, comme des chapelles, estansiUec à mettre 

• chandellee de cire. ■ (Preuv. sur la meurtre du 
duc de Bourgogne, p. 311.) 

5* • Une escuelle plaine de feu. ■ (Joînv. p. 85.) 
6« Escuelle signifiait aussi mesure : ■ Le miiy de 

■ grain contient douze seliers, le setier quatre 

■ bichols, le bichot deux moitons, le moitoo deux 

■ boisseaux, el est pareille à celle d'Avalon, quant 
> à l'aveyne : et du froment, et seigle, le moyton 

■ d'Avalon, avec le quatriesme d'une escuelle, de 
•> t'esminage du dit Avalon (dont les six font un 

• moiton, et les trois escuellen un boissean du dit 

■ Avalon) fait le moitoa de Montbart. • (Coût, de 
Bourg. C. G. 1. 1, p. 858.) — [On lit dans un us. de 
Commerci (D. C. III, 90 '] : < Les héritages qui 
« appartiennent à la Holiere, seans ou ban et flnage 

• de Leronville... doivent chascun an six escuelles 
« assis sur plusieurs héritages. >] 

7* Il y avoit un jeu des escuelles qui étoit défendu 
en 1369. (Voyez Choisi, Vie de Charles V, page 222.) 
[• Lesquels jouèrent ensemble toute nuit... à croix 

■ et à pille et entre denx escuelles et f) autre jeu. • 
(il. i05, p. 508, an. 1374.)] 

Escaellée.rialercalez£scu«//é«, contenu d'une 
écuelle : ■ Tandis que ils alloient de leur hoslel à 

■ l'ostel du soudanc, frère Yves vit une femme 

■ vieille qui traversoit parmi la rue, et portoit une 

• escuellée pleine de feu. ■ (Joinville, 258.)] 
ElscBellette, s. f. Petite écuelle. (Oudin, Cotgr.) 

On lit escaelete, au us. 7615, i, 1, 119 '. 

Escuelller, s. m. Fahricant d'écuelles. (Table 
des métiers de Paris, us. Heinière, p. 17.) [> Quicon- 
« queveult estre escuellier à Paris, c'est assavoir 

■ vendierres à'escuelles, de hanaps de fust el de 

• madré, des auges, fourches, pelles, besches, 

• pesteux, et toute autre fustaille, estre le puet. ■ 



(Livre des Uétiera, folio 188 * du us. de la Chambre 
des Comptes.)] 

. Escnerssé. [Intercalez Escuerssé, au registre 
JJ. 160, page 96, an. 1403 : • La suppliante en soy 

• esbatant. ellequie8toitgrogsed'enrant,...3efeust 

• bleciéeet escu^rss^ telleroeni qu'il convint qu'elle 

• parlist dudit hostel. •] 

1. Escuier, 3. m. Ecuver, du latin scutarius. 
Titre inférieur à celui de cnevalier et par lequel il 
fallait passer pour arriver à celui-ci, fut-on de 
haute naissance. [La femme d'un écuyer ne pouvait 
être appelée que demoiselle. Simon, vicomte de 
Thouars et comte de Dreu.<c, ayant été tué dans un 
tournoi le jour de ses noces, en 1365, sa veuve, 
Jeanne d'Artois, quoique princesse du sang, prit 
dans tous les actes qu'elle signa le titre de demoi- 
selle, son mari étant écuyer quand il mourut.] La 
fonction ordinaire des écuyers, que l'on appeloit 
aussi • damoisels, • était de porter l'écu et la lance 
du chevalier auquel il étoit attaché. [Fauch. dos 
Orig. t, p. 83.) ■ Nul ne souloit eetre dit escuyer se 

■ il ne s'esloit trouvé en fait de souveraine 

< prouesse. > (Al. Chart. Quadril. invcct. page 446.) 

— l^s (Scuyers n'étoient iirmés à la guerre, quand 
ils n'avoient pas flefdehauber, que> d'ungambiex, 

< ou gambisson, d'un chapeau de fer, et d un plas- 
. tron d'acier. . (Dan. Mil. Fr. t. I, p. 394.) 

On distinguoit bien des sortes à'écuyers : 
1' > Escuyer banneret, > tils d'un chevalier bane- 
ret ou l'héritier d'une terre h bannière. - Hais ces 

< ecuyers banerets, avant que d'avoir élé faits che- 
'< valiers, cédoiont le pas au\chcvali€rs baclieliers; 

- n'avoient point le litre de messire. ou de monsei- 

■ gneur, quon ne donnoit qu'aux chevaliers, et 

• etoient aux gages, et au service des chevaliers 

> dans les armées. * [Distrib. des ga^es donnez aux 
chevaliers et aux écuyers.) Il est ditdaosun compte 
de 142j, que le chevalier banneret avoit 60 I. ; le 
chevalier bachelier et Vetcuyei' banneret, ^Q I. et 
chacun autre écuyer 15 1. (Daniel, Mil. Fr. I, p. 116.) 

2* < Escuyer à cheval. ■ ■ Regardé fu par juge- 

• ment que li hons de pooste auroit huit deniers 

■ par jour, et \i escuier à cheval deux sols, et li 

• chevalier de un escu, cinq sols par jour ; et si le 

> chevaliers estoitbanneres, selonc son estât, les 

• journées serolent creues. « (Beaum. p. 237.) 

3" ■ Escuyer d'honneur. • Titre qui, parmi les 
officiers de la maison du roi, répondait à celui de 
dame d'honneur parmi les femmes attachées à la 
reine ou aux princesses du sang. (Laur. Glossaire 
du Dr. fr.) • Hais leur fut, ft ce parlement, ordonné 

• que jusques â vingt chevaliers , et quarante 

• escuyers ^honneurs iront en France devers le 

■ roy. • (Frôlas, liv. IV, p. 93.) Les seigneurs parti- 
culiers avoienl aussi des écuyers d'honneur : un 
écuyer d'honneur nommé Jean Du Bois portoit la 
bannière du connétable Du Guesclin. (lustoire de 
Du Guesclin, par Mén. p. 443.) L' escuier tC honneur, 
d'après D. C. sous armigeri honora) tt, dépend de la 
reine. La Roque (sur la iN-'>blesse, p. 425) dit qu'ils 
étoient destinés a porter à l'armée i'écu du roi ; 



, Google 



ESC -! 

dans le passage suivant, il signifie un écuyer de 
mérite et de bonne mine : • Si aucun demandoit 

• s'il convient que les quatre soient chevaliers, je 

■ disqueouy, si trouver se peut; etenleurdefTaut 
« eseuyers ahonneur , de bonne monstre , non 

■ apprentifs d'armes porter. • (La Jaille, du Champ 
de Bat. folio 43 '.) 

4* > Escuyeréu corps. - Ils composoient la garde 
du roi sous Charles VI. (Daniel. Mil. Fr. H, p. 96 ; 
Froiss. I, p. 161 .) > Robert de Glunes étoit escuyer 

■ de corps de H" J. de Baioault en 1345. • (Ibid. 
page 134.) 

5' ■ Escuyer (TescuiHe, • commandant h l'écurie. 

■ Les escayers d'escurie de la maison du roy ont 

< autrefois prétendu jurisdictioQ sur tes officiers 

• de l'esciirie, ce qui leur fust osté, et renvoyé à la 

■ justice ordinaire des maîtres des requestes de 
« Vhostel par édit du 19 septembre 1406. • (Mirau- 
monl. Traité de la chancel. folio 72 *; Froissart, 
livre ni, p. 122.) 

6* • Escuyer tranchant, • officier découpant les 
viandes. Voy.PelitJ.deSaintré, page 131, etHist.de 
Louis 111, duc de Bourbon, p. 18, où ce prince, au 
retourdesaprisoQd'ADgleterre,enl364, • créa Bar- 

• berie pour son escuyer trenchant qui portoit son 

• perinon.i (liaCanse,%.Scutiferiailscindendum.) 
7* > Escuyer servans. > [Valels de chambre : 

< ThomasDamportëscuÏËr de chambre du duc de 
. Bedford. . (JJ. 175, p. 178, an. 1432.)] 

Huisiien d'armes, et eteuiêrt tenant, 

S«rgea8 d'armes, ne soiei plus si nicea, 

Départez vous, quetnt le roy disnera. (E. Desch.) 

8* Palefrenier. [• Ne n'i adeist esquier ne gar(on. • 
(Roland, v. 2437.)] 
Moult T^aiei eteuier» 
Palefrois mener, et deetriars,... 
Cttevaulx mener, chevaulz lier... 
ÂTaiDoe, foerre, herbe porter. [E. Deich.} 

9- ■ Escuyer de Ireffte, > valet de trèfle d'un jeu 
de cartes. (Ess. de Mont, m, p. 506.) 

10* • Escuier (fun cerf, • cerf compagnon d'un 
plus grand. • Auuune foys un granl cerf a bien un 

> autre compagnon avecque tuy que l'en appelle 

> son escuier, car il est h luy et fait ce qu'il veut. > 
(Chasse de Gast. Phéb. p. 14.) 

11* [• Sera tenus ledit fouruier de prendre cascun 

■ samedi le blé des mouteures pour faire blanc 

■ paia de couvent... et pour faire pain ^escaieron 

• lui délivrera blé des greniers. • (Cart. de Corbie. 
folio88', an. 1420.)J 

Remarquons aussi les proverbes suivans : 
1* . Escuier de Bourgoigne. • (Poët. av. 1300.) 
S' Vieil chombeUsin, viel chevalier 

Tlel echanson, viel pannetter, 

Vlel secrétaire, et si dit on 

D'escurie viel eteuyer, 

Alex voua en en va maison. (E. Detck.) 

2. Escuier. [Intercalez EscuieTy mettre à l'écu- 
rie, au reg JJ. 115, page 307, an. 1379 : • La mère 

< dudit B^naul dit a son fllz qu'il se demourast à 

> l'ostel... pour escuier et mettre en loit leurs 
« vaches. •] 



!- ESC 

EscDlerte. ». f. Grade ou fonction d'écuyer. 
Eteuirie de beau gouTemement. {E. Detch.J 

■ De la noble chevalerie , et escuirie qui là 

• estoit. ■ (H. de Louis III, duc de Bourbon, p. 13.) 

• Vrayment Id avoit fleur de chevalerie, et A'escuye- 

< rie : et bien le monstrerent. * (Froiss. lit, p. 105.) 
— [Il signifie aussi écurie : • Escuierie. Item valiez 

■ (festables etchevaucheurs .VIII. qui mangeront à 

> court,... et les quatre seront touzjours à court 

> pour faire l'office de Yescuierie, et les autres 

> quatre seront pour aler hors porter lettres et 

■ leurs chevaus à Yescuierie. '.(Reg. de la Ch. des 
Comptes, an. 1317, fol. 78 ^) 

Escuins, s. m. p. Peut-être écubiers. 

Eicuins ferment, et eseotea. 

Et font tendre les cordes toutes. (Brut, f. 85 '.} 
Esculsser, v. [^Rompre lescuisses: • Laidement 

< t'a ton chapel trait ; Par poi qu'il ne t'a escuitsié. • 
(Renard, V. 1 043t .)] — En termes des eaux et foréls, 
faire écLaler le tronc d'un arbre en l'abattant. 
(Oudin et le N. C. G. II, p. 886 ■.) 

Esculée, s. f. (Tne pleine écuelle. (Oudin.) 

■ Mangeant une esculée de laict. ■ (Rab. IV, p. 77.) 

Lors ai tantost une etculêe 

De margheritas, sans menlir- (Fnritt. P«it.) 

EscuUe, S. f. Elan. (Voir Escueh, Esci'Enj.iR.) 
Du Gange, sous Esculeum, cite la Chron. us. de B. 
Du Guesclin : > Pour monter au destrier, prenoit 

■ sou esculie. > Les Picards appellent esculus l'es- 
pace que parcourt un homme en sautant. On dit en 
Normandie escuitte, dans le sens • d'élan. * [La 
racine est le latin eollioere.'] 

Esculie. [Intercalez Esculie, au reg. JJ. 195, 
p. 58C, an. 1471 : ■ Des toullons ou essuyons à es- 

■ culles. •] 

Escnlter. [Intercalez Esculter, écouter, dans 
Roland, v. 164 : • Messe e matines ad H reis escut- 
' tel. .] 

Esculurez. [Intercalez Esculurez, pâli, dans 
Roland, v. 485 : ■ Marsilîes fut esculareji de l'ire. ■] 

Escunier, v. Exhaler*. Effleurer'. [Le sens 
qu'on rcncoDtre le premier est celui d'écumer les 
pots : Et or m'esiuei la cuisine garder Et le feu 

• fere et la char escumer. > (Bataille d'Aleschans, 
V. 3561.)] 

' Lee flots en eicumant leur rage. 

lUlhHi», dU pv UAufa, itt ■■ obMrr. «ir oM Blmr, p. 309. 

Le Po, quand hors de ses bornes 
Il «Mcume sa fureur. (Ibid.) 

* > Quand le duc d'Albe passa vers Flandres, tout 

■ le bruit commun estoit qu'en faisant semblant 

■ ù'escutner Genève, que tout à plat il l'alloitassie- 
. ger. . [Brant. Cap. fr. IV, p. 190.) 

Au figuré, on a dit: 

1° • Escumer le latin, • affecter la acience : 

Sans trop escumer le latin. 
Je d'y qu'on peult bien défricher 
Uag terrouer, sans denictier 

Le trou, où estoient les oiseauk. (R. de Colterye, p. 8S.} 
2* • Escumans latin, ■ pédants de collège: 



yLaOOgle 



ESC -•■ 

• Haistre Jehaa compaing, ua aiiltre licencié escu- 

• mant latin et maistreTttiier marchanl. > (Chron. 
Bcand. de Louis XI, p. 77.) 

Escumerle. [Intercalez Escumerie , p\rz\erie, 
au reg. JJ. 162, p. 34, an. 1407 : ■ Robin Fosse dist 

■ au suppliant que,ae il le vouloit croire, ilz seroieiit 

■ riches et auraient la finance des compaignons du 

■ pays de Brelaigne, qui estoient venuz d'eicume- 

■ fis et arrivez avec eulx audit lieu de Hareffleu. 

■ A çDOy le suppliant se consenti, et la nuit en- 
< suiant ainsi que ils estoient couchiez près de la 

• chambre ou estoient couchiez lesdiz eseameuvÈ. > J 
Escumear. s. [1* Pirate : ■ l>esquelles denrées 

■ et marchandises... furent prises etrobéesen mer 

• par certains etcumeun de mer de la coste de 

■ Normandie. ■ (Arrêts du Parlement, t. V[, an. 
1871.) Voyez aussi Froissart (éd. Buchon, II, III, 
113): •Etavoienten leur armf'e vaisseaux qu'on 

• dît balleniers, tiu'escumeurs de mer par coutume 

■ ont volontiers. •]— 2* £:gcum£urdelatin. Pédant 
qui mâle le latin au Irani^ais. (Epitbète de l'écolier 
Limousin dans Rabelais, I, 26.] 

E^cumiegé. [Intercalez Escumiegé , excom- 
munié, dans le Roman de Rou: • Qui autri battoit 

• entretant Ou mal eust apparessaut. Et qui riens 

■ de l'autrui prendroit Etcumiegé estre devroit. ■] 
Escumiere, adj. EpiLhète de Vénus. (Cotgr., 

Oiidin.)> Ladéesse£Cumi^Ë.*(Am. Jamin,r. t26>>.) 

Escupir. [Intercalez Escupir, cracher, comme 

eMopir: < Li un le batoient de verges, li autre li 

• eKupitsoîent en la face. • (h^. de S' Victor, 28 , 
fol. 10'.)] 

Escurage, a. m. Action d'écurer. (Oudin.) 
'Escare, adj.au f. Obscure: • Les choses qui 

- sont escure* à entendre trouverez bien , et les 

■ apoticaires les entendront bien. • [Chasse de 
Gast. Pheb. p. 110.) 

Escnré. [Iutercalez£s<:ure',sansdénance: «Les 

■ Aiains trouvèrent escuréi, qui d'euls ne se pre- 
« noient garde. > (Dom Bouquet, 111, p. 156.)] 

Escnrel. [Intercalez Escurel, écureuil, dans 
Renard, v. 23333: ■ Atant es vos Rossel venu, L'es- 

■ curel au peliçon rox. > Au Gloss. tat. 7679 , on 
lit: • Espiriolns, escareul. ■] 

Escurer, v. Nettoyer, dégraisser*. Purifier*. 
Débrouiller^. 
* ■ On ne peut, snr icelle peine, escurer aus 

■ roulons aucuns draps à sain. * (Ord. III, p. 515.) 

— «Eu leurs jardins ne sèment que les trois espe- 

■ ces de anémone ; la rue, et aultres herbes carmi- 
« natives ; ils en eaeurent soiugneusemenl. > (Rab. 
IV, p. iflO.\ — > Que aucuns ne puisse oudoiesoubz 

■ icelle paine eScurer ans foulons aucuns draps à 
' sains. > (Ord. III, p. 416, an. 1359.)] 

■ E'amoorB netie, et aeure 
Le caer k'ele a bien Baiei. 

Pvriii d-AïuJooal, Peu. Vm. h* 1)90. 

' Dont je paie bien conclure, ssnz pechier, 
Par les signes que l'euvangelUte acure, 
Qoe le monde veult aa fin odrescier. (E. Deaeh.J 



ESC 

On lit etcuriisieTi dans les Instructions du Ghev. 
de la Tour à ses filles (fol. 5'). 

Escurete, a. f. Cure-oreille, dans une énumé- 
ration de marchandises : 

BASoere, forces, et guignoeres. 
Eieureiet, et turgoerea. (Fabl. de S, G.) 
Escurez. 

Un lallet vint cl, avant ier, 
Por recodre, et por aTsJlier ; 
Si me bailla vm sien sercot, 
Que rompu ot à un escot : 
Ne aai trois escurei, o quatre : 
Ge le pris, si m'alai esbatre, 
A tôt le eercot recousant. [Fabl. nw. de S. G.} 
Escurleu, a. m. Ecureuil. [Voyez Escuhel. Du 
bas-latin scuno/us, diminutif de sciurus, en grec 
axiov^, de mià, ombre, et oSgà, queue; l'animal qui 
se fait de l'ombre avec sa queue.] 

le passe mon exil parmy de tristes lieux. 

Ou riea da plus courtois qu'un coup ne m'avoïaine ; 

Ou des arbres puants formillent A'ecurieux, 

Ou tout le revenu n'est qu'un peu de résine. 

(Eurr. ia Tbéopti. I" Put. f. 03. 

Variante! - EecutHEua. MS. 7318, loi. 340'. — Escuriaulx. 
lean d'&ut. Ann. de Louis XII , a. 173. — Ebcurieaulx. 
Modus, fol. 55*. - EacuaiBUx. Rsb. I, p. 1^ — Ebcuhiex. 
Cliastie Musart. — Esquirex. Ord. I, p. 600. — Escurubs. 
Gaut. d'Espinais. 
Escurieres, adj. Qui éclaircit. 

Aina est dedens le cuer obscuir. 

Oui estoit clera, et cnriex 

De servir Dieu le gloriex : 

Curer la poisM U curieres, 

Qui des obscurs est ttcarieret. (US. 1Si8, fol. S95 *,} 

Escurs, 8. m, pi. Ciboulette. (Oudin, Coigr.) 

Escnrzir. [Intercalez Escursir(g'), s'obscurcir, 
dans la Chron. des ducs de Normandie, v. 31096.] 

Escus. [Intercalez Escm, excuse, dans la Chron. 
des ducs de Normandie.] 

Escosance. [Intercalez £scusanc«,l' Prétexte: 
• Et avoient pris ombre et escmance de venir à 
« Saint Mor. • {Froissart, 11, 336.) — 2* Justifica- 
tion : ■ Li Jones contes, par semblant, se tint de ces 

■ eicutancei assés à contens. • (Id. V, 158.)] 
Esciisatlon. [Intercalez Eicxtsation . excuse, 

dans Job, p. 462: < Quand Deus parceledemandise 

■ lo rapeloit à penilence, si ajoinst-il parole A'eicur 

■ sation, et si dist. * — 'Ou autrement vous ares 

■ assez belle escu$ation. > {Froissart, III, 350.)] 
Escuselr, v. Excuser. (S. Bern. Serm. fr. p. 25.) 

[> Pour ce, dame, vous loe & escuser Que cil ne 

■ soient atteint de l'heresie Qui désormais ne vous 

■ verront amer. ■ (Quesnes de Béthune, p. 108, au 
Romancero de M. P. Paris.) — « S'il [l'enfant] fesoit 

■ larrechin, il ne seroit pas jugiés, car ses âges 

■ Vescuseroit. * (Beaumanoir, XVI, 10.) Il signifie 
encore : 1° Rendre sans effet : • Li mandement dou 

■ roy son père escMOientel dispensoient son sie- 
. rement. » (Froiss. V, 91.) — 2- Garantir: ■ ik 
< haubergons no armeures que il portent no les 
( poront escuser que nous ne passons toutouUre. • 
Au réfléchi, se tirer d'embarras : • Par autre voye 



, Google 



ESD -: 

■ ne vous povés vous excuser ne passer. • (Id. 
XVI, 185.)] 

Fscusemcnt, s. m. Excuse: • Lora dist qs 
■• noessitges l'empereor que li excusemem qu'il 

■ avoit dit, n'estoit paasurnsanl. • (Contin. de G. 
deTjT, Marlène, V, col. 727.) On lit escusement 
dans Partonopex de Blois. 

Esciisseau, 8. Petitécnsson. (Duchesne, Gën. 
de Montmorency, p. 386, an. 1265.) — [On lit dans 
Joinville, 215 : - Gâtée peinte dedans mer et dehors, 
' à escussiaus de ses armes. > De même uu rag. 
iS. 135, p. 180, ao. 1389: • Icetlui Jehannin priât 

en l'église cathedral d'Auceurre un encencier... 

■ et en vcndi deux chesnez et un escussiau qui 
. esloit audit encencier. »] 

Escusson, s. m. Ecusson. T^e seigneur châte- 
lain peut porter les armes seulement en escusaon, 
à laailîéreocedu comte, vicomte ou baron qui, 
soit en guerre, soil en armoiries, portent leurs 
armes en carré. [CouL. Gén. Il, p. 570, et E>aur. 
Gloss. du Dr. fr.) — • L'escusson de trois tïeurs de 

• lys ■ est celui • que les sergens royaux doivent 

• porter, pour être connus, et obéis en l'exercice 
. de leurs états, et ciiarges. selon l'ordonnance du 

• roy Charles IX de l'an 1560. > (Laurière, Gloas. 
du Dr. fr.) — [« Ouquel osteau [portai! latéral] 

■ seront Taiz les quatre evangelistrés en quatre rons 

• qui seront ou dit osteau, avec huit escuçoTi» qui 
- seront en huit autres rons. • (Bibl. de lEc. aes 
Charles, 5- série, 111, 237.)] 

Escuvillon. [Intercalez EscmilUm, écouvillon, 
au Glosa, lat.-fr. 4120, an. 1M2 : • Toraorium, escu- 

1 Villon de four. »] 

Escnyere, s. f. Femme noble. (Oudin.) 
Escuyple, s. f. Nom collectif de chevaux. [Voir 
Esci-miE.J 

Mais dessus tous qu'ilz fist beau veo[r. 

Le rov srmé, acompitigné des priacea. 

Faire Dondir en l'air \.e\iT escuyrie. (J. Starot, p. 35.} 
Esdcment, adv. Aisément, facilement. 
Nos earron etdement, se vos bien le feson, 
Terrs volons conquerra, et bataiÛe querron ; 
Quant nos l'alon querrant, encontrer la devon. (Rou.J 

Esdemetre. [Intercalez Eidemetre, lancer, 
dans Roland, V. 1567: « Sun bon ceval i ad fait 

■ esdemetre. »] 

F.identé, part. Ehréché: « Une espée, A un 
» ferès, l'a toute esdentée. • (Estrub. us. 7996, p. 66.) 

Esdevcnir. [Intercalez Esdevenir, survenir, 
dans la Chron. des ducs de Normandie , v. 26618 : 

• Ne cum ce pout etdevenir. •] 
Esdire, v. Egarer. 

Esprovez suj, tant que eedire 

Ne me pais en nul endroit. fGaut. d'Espin. av. ISOO.) 

Au8 roensongiers on devroit interdire 

De plus parler i mais chascuos si aidire : 

Le peuple roi de measongehenlé. {La Noble Dame, f. 90.) 

On trouve « lettres eadirées. • (Laur. Glosa, du 
Dr. fr., et Goul. du Labourt, G. G. II, p. 732.) 
Esdordisons. [Intercalez Esdorâisom, étour- 



»- ESF 

dissement, daus Partonoçex, v. 3019: ■ Li rois 

• revint d'earfordisonj; Bien s'«8t radis en ses ar- 

• çons. »] 

Es dos (à), e.xpress. adv. Sur la dos, à poil. 

Or quiert Juno son pastourol, 
Tout à e> doi, sans getaorel. 
Sans selle, sans frain, et sans bride. 
Par le monde clicvauce, et ride, 
EtTelepbus partout demande. {FroU$. Paêa.) 
Esdrecer, v. Dresser, élever. * A tote ire eidre- 

> cte en contre nous. • (Hist. de la S" Croix, p. 8.) 
— 'A'etdrecer contre Dieu. • (Vies des S. S. us. de 
Sorb. chif. xxvii, col. 2.) 

Esdnlre, v. Sortir. 

Si a mandé par le pais 

Genx d'anAes, b erant compaignie. 

Qu'à lui venissent en aie, 

Por lui dedenz Rome conduire ; 

Car de la ne s'osolt e*duii«. 

Que il no fu de Francoi» pris. ()tS. G813, fol. li '.; 

Esdulte. [Intercalez Esduile, fuite, dans la 
Chron. des ducs de Normandie.] 
Ese, s. /. Aise. 

Dedens sa cliambre tôt à eae 

L'enmaine, si l'acole, et tkalse. (Fabl. de S. G.) 

.... Il sont bras à bras, tôt a eae. (Ibid.) 

Esé, adj. Aisé, facile. (Britt. I^ois d'Aogl. f. 141.) 

Esement, s. m. Aisance. On a dit d'une armée 

qui campe : • ....Cil de France.... A Mortemer..,. 

■ Pour \eaement des boslez. Sont une nuit illeuc 

■ remez. > (Rou.) 

Esenqitear. [Intercalez Euwiiteur, exécuteur 
testamentaire, au Cartulaire du Val Notre-Dame, 
an. 1274 : < Je vel que il soit rendu par mes eteu- 

■ qitears, lesquieus je establis et doins plain pooir 

■ de mes deles paier et de mes forfais amender. >] 
Esevé , adj. Epuisé de sève. On u dit de la 

manière de cultiver les arbres : 
Ny le souffrant languir, ny de soirewud 
Ny étouffé d«ns terre, ains ou d'eaux abreuTé 
Par canaux le restaure, ou cerne d'un fossé. (Baàf, 9M8 *./ 
Povres d'esprit ont leur cueur aetiet. (CoUaye, p. 87.) 
Esfolré, partie. Languissant, traînant : ■ Le 

■ patois perigourdin est brode, traisnant et ^/oir^. ■ 
[Esa. de Mont. t. II, p. 564.) , 

Esfondu. [Intercalez Eifondu, amaigri : • Les 

• chevaux estoient si e$fondut de froit et de 

• pleuve. • (Froissart, II, 178.)] 

Esforbi. [Intercalez Esforbi, fourbi, daos Girard 
de Viaae, v. 2774 : ■ Tint Hautecleire tranchant et 

• esforbie. »] 

Esforcement. flniercalez Eêforcement, effort, 
dans la Ctiron. des ducs de Norm.] 
Esf orcer. [Intercalez Esforcer : 1* Faire effort : 

• Tant i'esforça que il fu en estant (debout). » 
{Roncisv. p. 100.) — 2* Renforcer : . Ensi estoient 

> les guerres efforehiés de tous costés ens ou 

• royaume de Franche. » (Frojssart, VII, 331.) — 
3* User de violence : ■ Cbils dus de Bretagne avoït 
< toujours fait doubte que li contes de Hontfort ne 

• vosist, après son dechiës, ejforehier sa cousine 



, Google 



ESG 



- 31 



■ et bouter hors de son héritage. • (Id. IIl, 332.) — 
4* Prendre de Torce : ■ Quaad la vile fu prise et 

■ esforeie dea Hainnuiers. » (Id. III, 281.) — S" Ac- 
cabler : « Elforciet et oppresset. » (Id. lit, 337.) — 
6* Violer: « Et^^orfoiendoutesdamesat pucelles. • 

— 7' Se reaforcer ; • Dont a'elforcha renommée à 
. courir. - (Id. XV, 66.)] 

£sforcet. [Intercalez Esforeet, plus considéra- 
ble: ■ Po t'en durrai mult esforeet eschange. ■ 
(Roland, v. 3714.)] 

Estoi'cleiiietit. pntercalez Esforciement, avec 
effort, vigueur, abondance. Voyez Kroissart, éd. 
Kervyn, II, 18;V, 49;n, 35.] 

Esfors. [Intercalez Esfon, 1° armée : ■ N'asem- 

■ blereit jamais Caries si grant esforz. • (Roland, 
V. 599.)De mé[uedansFroissart(lI,266]'. • Armés 

• vous, car H Escot chevauchent aloutleur e/fort. » 

— 2° Effort: ■ Sun cheval brochet, laiset curre à 

■ etfon. > (Roland, v. 1197.) — De même dans 
Froissarl, ■ à grand effort. > (Froiss. H, 111.)] 

Esfoudré, partie. 

Fu la onerre fort esfoudrée 
Entre le conte et le dauTin. (US. 081S, f. 75 '.} 
Esfous, mij. pi. Fous. 
F«roe si fet simplea, et dons. 
Cela qui moult soot tel, et eafoua. 
Cela qui sont tel, et desdaigneuB. {US. 7Si8, f. iOS'.J 
Esfranger, v. EfRler. (Oudin.) 
Esfreed. [Intercalez Esfreed , eiïrayé , dans 
Roland, v. 438 : ■ Li reis Harsilies en fut mult 
« esfreed. » Benart, v. 631, donne esfraé.^ 

Esfreedement. [Intercalez Esfreedement, dans 
Roland, v. 2767: • A l'amirail en vunt esfreede- 

■ ment. >] 

Ëstret. [Intercalez Eëfrei, effroi : > Dune sunt 

■ venu à lui ; tuit erent en esfrei. • (Thomas de 
Cantorbery, 42.) — ■ Si me puisl Diex aidier, j'en 

• sui en graot es/roif. > [Berte, c 116.)] 
Esfretssement. [ Intercalez Esfrei&sement , 

fSrox, dans la Chron. des ducs de Norm. v. 5870.] 
Esfns, ad}. Répandu. ■ Ne vueillez permettre 

■ que aujourd'hui le sang des Chrestiens soit 

■ cruellement eiftu. ■ (J. d'Aut. An. de Louis XII.) 
Esgaheler (s*), v. Se réjouir. 

Tantost can la poêle bout, 
Li vilains mouU s'en etgahele, 
Diat c'en 11 dreci s'escuelle, 

Eu la parfoude ù seut mangier. lliS. 79S9 ', f. 45 :j 

Esgalter. [Intercalez Ëst^atier, guetter, au reg. 

Si. 165, p. 175, au. 1411 : ■ Icellui Guichart s'en ala 

• à tout un bastOD en les eigaitant et espiant. • 
Esgaldrlne, s. f. Fille de mauvaise vie. 

Lora me Topant par'Bome asses cogneue, 

Pont n'estfa au nnc d'ugaf drine tenue ; 

De denx o» trois A poste je me mis, 

Lesquels estaient lés plus rennes amis. //. du Bell. 488 ".J 

Esgard. [Intercalez Ë'sffard, jugement, sentence, 

arbitrage : ■ A Vesgart des barons du règne Fu 

< penduz Gaulierz et sa femme. • (Benoit de S' More, 

V. 29433 ) — ■ Allons jà au conte Richart, si nous 



ESG 

< melon en son esgart. • (Rou, ms. p. 153.) — < Li 

■ roisettiexi as'acordentAujugementeLàl'fjyarï 
" Qu'Ysengrin a fait sor Renart (V. 17977). » — On 
lit aux Assises de Jérusalem, ch. 23: •OrditfSfffli'i 

■ ou connoissance u est mie une mesme (^ose : 

> car l'on fait d'une paroUe connoissance de court, 

■ lie esgart peut bom faire d'une parolle, poui-quey 

■ il est clere chose que esgart et connoissance ne 

- est mie une mesme chose. » [C'est donc un 
jugement en connaissance de cause.J 

Esgardement. [Intercalez Esgardement, avis, 
jugement, dans la Chron. des ducs de Normandie.] 

Esgardeure. [Intercalez Esgardeure, manière 
de regarder, dans le poëme d'Alexis (f). C. III, 92 *■] : 

• Joeones et avennausetvermeus et rouvens, De 

• simple esgardeure, de biau conlenemens. >] 
Esgardour. [Intercalez Esgarûour , arbitre, 

juge inspecteur, maître juré de différenù corps de 
métiers, des drapiers : Esgardours se disait ù Metz.] 
Esgaré, part. Egaré *. Dépourvu ■. Troublé ^ 
' .... Una hom etviarês 

Est trop plus lies, s'on li preste ,i, mniiolr 
Qe ne soit cil qi bien set u manoir. fVai. n' i490.) 
" • Personne nes'en doit départir âserare d'ayde. ■ 
[Percef. III, X. 65 '.) -- « Esgarée de mary », pour 
qui a perdu son mari. ■ Se recommandoit bien à 

■ elle, comme femme esgarée de mary, et de pays, 

• par les Romains qui sa terre ont destruicte. ■ 
(PerceL IV, L 21 •.) 

'^ • Dame Blanche ot deux fils do son baron, si fu 

< mo\y\t esgarrée aprts sa mort. • (Conlin. de G. de 
Typ, Martèue, t. V, col. 750.) [Par suite, désespéré : 

■ Si demeura moult esgarée sans nul confort comme 

■ celle qui ne savoit que elle peuist faire ne que 

- devenir. . (Froissart, II, 38.) On lit déjà dans 
Roland (v. 1036) : • En lui me'îsme en est muH 
« esguaret. >] 

1" « Ablatif égaré. • (Boureoing de Orig. voc. 
vulg.) — 2° « Esgaré de bouche. • (Colgrave.) — 
3' « Li esgaré de Teroanne. ■ (Poët. wss. av. 1300.) 

Esgareter , v. Couper les jarrets. • U llst 

> esgareter tous les chevaux qui menoienl leurs 

■ charrios. * (Tri. des IX Preux, p. 54'') [* Iceliui 

■ prieur accorda à îceulx supplians certaine somme 

• d'argent pour batre et esjarreter lesdiz Andreaz. • 
(JJ. 146, p. 338, an. 1394.) — > Lequel valeton dist 

■ que s'il Irouvoit le suppliant, il le esgerreteroit 

■ lui et ses bestes. > (JJ. 170, p. 16, an. 1417.) — 

■ Lesquels compaignons alerent en la maison de 

- Tassart Dupays pour les esgarter et affouler. • 
(JJ. 195, p. 1379, an. 1474.) — . Lesquelz dirent 

■ qu'ilz seroient bien contons qu'icellui Fabre 

■ donnast à Pasquier ung cop sur la jambe, et qu'il 

■ reustesjaire d'une jambe seulement. • (JJ. 176, 
p. 182, an. 1412.)] 

Esgargater (s*), v. S'égosiller. 
La mauvis, et l'alouete 
Chante si gay, et a'esgarguele. (HUt. rfw III Maries.} 

Esgarrade. [Intercalez Esgarrade, estafilade, 
en Auvergne, d'après le reg. JJ. 165, page 267, 



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ESG -s 

an. 1411 : ■ Une grani esgarrade par le visage, qui 

• vault autant & dire comme une très grant plaie. >} 
Esgauder, partie. Embuclier la bote, la faire 

rentrer au gîte, au bois. 

I.a venaison qui en est etgaudée 
N'en set esir, qu&nt elle j est entrée. 

Ùmit, d«u Da Cup. nm GVâUHt. 

[Les Picards disent encore s'esgaudir, chasser 
dans les bois; l'origine est le mot gant, fait sor 
l'allemand waM, forêt.} 

Esgeler, v. Geler. > Cil Michel lenoyt une verge 

■ en sa main, de qui il touchoil les eauves entour 

• paradis ; eles esgelerent ausitnst , lors passai 
' desur les eauves. > (Hist. de la S" Croix, p. 5.) 

Esgelonner. [Intercalez Esgetonner, au reg. 
JJ. 128, p. 20G, an, 1385 : ■ Le suppliant veant ainsi 
« estre oestruit et exillié de son estât et chcvance, 

• comme tout désespéré et courciez se etgelonna 
- en la rue. »] 

Esgener, v. Dépouiller, priver *. Léser, frau* 
der", 
* [• Et nous reguardens en pitié et meus de bone 

■ volenlé, ne voulens pasque l'église fut esgenée des 

■ dons que l'on leur avoit fais. > (Cartulaire de 
S' Père de Chartres, an. 1322.)] 

FUs de sang dampné procrtez 

Ne peuvent tenir, c« créez. 

Par droit, l'eritAge qui vienne 

D'aucun ancesseur, qui le liengne ; 

Mais de ce cni'avoient tenu, 

Ains que le tait tut areon, 

Dont est le damp, et cnme ni, 

N'en doivent pas estre egené. {Coût, de Norm. f. S5 V 

On lit dans l'anc. Coût, de Normandie : • Ne les 

■ perdront ils pas. ■ 

' [• Plusieurs gens apporloient du sel en petiz 
« vaisselez et le mussoient pour nous esgetter et 

■ lolir nostre droit. • [JJ. 146, p. 215, au. 1394.) — 

■ En quoy le commun de la dicte ville et du pals 

• d'environ, qui achate sel en ladicte ville a esté 
( moult fraudé et egené par lesdiz vendeurs. ■• 
{Ord. VI, p. 148, an. 1375.)] 

Complainte, ou clamonr t, devise 
Eat mooetrance foitte i Justice 
En coinpUignanl de Ealtte injure, 
Que Vetgené soit bit droittire. [Ibid. f. 54.) 
On lit dans l'anc. Goût, de Norm. : ■ Clameur est 

■ riuand aulcun montre h la justice, en soy corn- 

■ l'Iaigoant, le tort qui luy a été fait. > 
Esgoeler. [Intercalez E$goeler, aux Fabliaux 

\f, 240} : • Et voit une vieille truande Qui s'assoraillo 

• & un buisson... Là s'assoreille et etgoele. >] 
Esgommer, v. Oter la gomme. (Oudin.) 
Esgorgement, s. m. Action d'égorger. (Nicot.) 
Esgorgeter. v. E^^r. (Nicot, Cotgr., Merlin, 

Cocaïe,I,21.) 
Esgosiller, v. Couper le gosier. [• Fort et 

■ puissant comme ong Herode, Pour agostUler 
a grosses oyes. ■ [Coquiilarl, Enquête de la Simple 
et de la Rusée.)] On a dit de l'év^ue de Beauvais, 
qujcombattoit avecPh.-Auguste, a Bouvines : • Il 



ESG 

■ amena de sa main plusieurs des ennemis & raison, 

■ ce jour-là, et les donnoii au premier gentilhomme 

> qu il trouvoit à égosiller, ou prendre prisonnier, 

■ luy en résignant toute l'execulion. > [Essais de 
Mont. t. L p. 441.) 

Esgosser, v. 

Sainne passent, la ville «asieent. 

Qui lors estoit bel atermëe. 

De deua paire ds murs fermée ; 

Tout aaient il ore etgo$»et. 

Et de deux paire de Fosaez 

Souflsanment putoni, et lei. (G. Guiarl, f. 85 *.) 

EsgoL [Intercalez Esgot, au reg. JJ. 124, p. 357, 
an. 1361 : ■ Oudil usaige ^uent prendre la 

• fouchtere et les racines d'icelles erachier et fau- 

> chier à quelconques ferremens qu'il leur plaira, 

■ hors Vesgot des cbesnes. ■] 

Esgoner (s*), v. Se douter de nourriture. 
(Oudin, Cotgrave.) 
Esgousser, v. Ecosser. (Oud.) 
Esgoute, s. m. Goutte. 

Sa char est maint leu desraute ; 

Si sans en chlet, par maint etgovte. [itS. 78i8, f. $ *.) 

Esgontement, *. m. Action d'égoutter. (Cotgr.) 

Esgonter (s*), v. [Dans Ruiebeuf (132), le sens 

est cesser de couler : ■ J'aing mieux fontaine qui 

« soronde, Que celé qu'en estei s'esgoute. • Au 

Ménagier (II, 5), c'est faire écouler goutte â goutte : 

■ Vuidiez l'eaue et après les mettez esgovter. ■] 

Ces soudmera ramenteus 

Sont o les autres esmeus. 

Qui o monsear Thybant a'eagoutentj 

Serrez ver* le moulin a'arontent. (G. Guioit, f. S96 *.} 

Calalaiens, Normanz, Uollandois. 

Dont les .n. nés a« front a'eagouienl. 

En l'orgueilieuse nef se boutent. (Ibid, f. 816 *.} 
EsgoDteur, t. m. Qui égoutte. (Cotgr. Oud.) 
Esgontllle, s. f. Petite gouttière. (Oud. Cotip*.] 
Esgontterfe, s. f. > Droit û'etgoutterie - sur 
un héritage, dans Bout. Som. Rur. notes, p. 118. 
Esgraffer. [Intercalez Etgraffer, égratigner : 

• Le suppliant mist icellui Quenivet soubzTui, et 

■ lors ledit Quenivet Yesgraffa au visage. ■ [JJ. 189, 
p. 41, an. 1455.) 

Esgramler, v. Lamenter. 
Or eat malade, or est saine, 
Or ae siet, or ne veut seoir, 
Or na veut nul home veoir. 
Or vuet, or ne le vaut mie, 
Or ae loe, or n'etgramie. (US. 1615, l, f. 107 *./ 

EsgraplIIIé, part. Egratigné. On a dit de 
Pyrame apercevant les traces dn lion qui avoit 
déchiré le voile de Thisbé : 
EigrapiUiie voit l'areina. 

nnM et nUi, 119. et s. 6. M. 100, R- nL 1. 

Esgrener. [Intercalez Esgrener , ébrécher : 

■ Es deux barons nen ot que corecier; Bien se 

• requièrent li hardi chevalier; De lor espéesfoot 

• etgrener l'acier. Et les vers elmes emnarer et 

■ trenchier. > [Raoul de Cambrai, 176.) Au figuré, 
dans Deschamps : ■ Envie le ronge et esgraine. ■] 



yLaOOgle 



ESH - 33 - 

Esgrenolre , s. /. Cage pour instruire les 
oiseaux. (Oudin.) 

Esgrette. [Intercalez Etgrette, héron blanc k 
aip-etie, au reg. JJ. JM, p. 171, an. 1455.] 

Esgrever, v. Grever, léser. . Renonçons 

■ que noua ne puissions dire, nous, ne la dite 

• ^lise estre pour ce esgrevée » dans un titre de la 
terre de S" Pafaye en 1838, vidimé en 1493. 

Esgriff er. [Intercalez Esgriffer, égraligner, au 
ree. Jj. 97, p. 396, an. 1367 : « Lequel Rifarl bâti, 

■ feri et esgriffa ledit Colin de mains et de poinaen 

• la teste et par le visage. ■] 
Ksgrifure, *. f. Egralignure. [• Lui fisl une 

> esgrifure ou eseratigneure sur le nez. ■ (jj. 199, 

p. i, an. 1463.)] 

Aus dens le depederent, ansi comme un navel: 
Mes alDsois de la teste me treaent maint chevd ; 
Et firent, de lorgnua, mainte ewW'ure laide. 

FM. MS5. M R. B- Ttia, M. 313, R> eol. 9. 

Esgrin. [Intercalez Etgrin , comme egrun , 
I&Hme aigre : • Hulz ne peut eslre regratiers à 

■ Paria de fruit ou à'esgrin, c'est assavoir d'aulx ou 
« d'ongnons, d'eschaillongnes et de toute manière 

• de tel esgrin, s'il n'acheté le mestier du rov. • 
(SUtul de 1412, au liv. I des Statuts, fol. 38 •.)] 

Esgrounir. [Intercalez Etgrounir, murmurer, 
dans Froissart, X, 258 : > Allés tout secrètement, 

• sans sonner mot, ne tousser, ne esgrougnir. ■ 
~ De même dans Renart le Nouvel, v. 7474 : 
« Renardiaus atant s'esgrouni Tous se teureot et il 

• parla. •] 
Esgrnnler. [Intercalez Bsgrunier, ébrécher, 

réduire en grains : < Cruist li acers, ne briset ne 

• s'etgrunie. - (Roland, v. 2303.)— Il est dit de 
l'aimant, dans un bestiaire ms. (U. C. VI, 526 ') : 

■ Nais chil qui depecbier la veulent, maus de fer 
< brisierlaseulenl, Quantensancde bouc est tem- 

■ prée. En itelle guisse est es^run^e. •] 
Esguet. [Intercalez Esguet, embuscade, au res. 

a. 189, page 822, an. 1459 : . Et eulx six armez se 

• misrent en esguet en ung lieu, ou ilz savoient 

■ que le suppliant devoit retourner. »] 
Esgulere, s. f. Aiguière. (Villon, Repues fran- 
ches, p. 20.} 

Esgullhade, Esguilller. [Intercalez Esguil- 
hade, Esguillier, aiguillon : • Donna ung grand 
" coup sur l'espaule de l'esguilhade qu'il tenoit. » 
(JJ. 187, p. 332, an. 1457.) — . Une place.... conte- 

• nant six toises de long en manière d.'esguilUer 

• (c'est-à-dire en forme de pointe)... » (1468, 
Compte du Domaine, Dict. des droits'seig. do duc 
d'Orléans de L. C. de D.l] 

Eshais. On a dit de la S" Viei^e : 

Donce cdd mQs, 
Plus bUncbe que greaina. 
Vos cnere gentiz 
Fins, et dcms, «t Trais, 
Est Uenlrais, 



ËSJ 



Eshanché, part. Déhanché. (Nicot et Oudin.) 
[Un cheval ébaoehé a une hanche plus haute que 
1 autre; « Entre les autres avoit ung escuier dou 
» duch de Rourcongne, desous qui ses chevaulx 

• estoil eahanclie$. » (Froissart, IX, 362.)] 
Eshancher, v. Déhancher. (Monet, Oud. Cotgr.) 
Eshancheure , s. f. Action de débaucher. 

[Oudin, Cotgrave.) 
Eshardlr, v. Enhardir. 
Je ne m'os tant eiltardir. 
Certes, douce dame cbiere. 
Que vona voiae dëscouvrir 

Mon cuer, en nule maniera. (Vat. n' liOO.J 

Eshaucter. [Intercalezi:fiftûMder, dansThomas 
le Martyr, 33 : . Quand vil que il n'aura l'amur al 

• rei Henri, Az piez lui est chaii ; si lui cria merei • 
« Fait l'a e eshaucié, ço conut e gehi, •] ' 

Eshendlr , Eshendissement. [Intercalez 
Ealienàir, Eshendissement, au reg. JJ.-126, p. 38, 
an. 1382 ; . Lui (suppliant) mainlenu desordenée^ 

• ment oudit lieu, ainsi que pour vouloir faire 

■ ethendissement oudit fait. «] 

r.T^^îî®'''*®'^' **■ Empoisonner. (Colgrave, Oudin.) 
[Voir Ekherbeh.] 

Eshichié, adj. Déchiqueté, découpé. On lit aux 
statuts de l'ordre de la Couronne d'Epines (D C 
som Poulainia) : • Ils auront chausses noires, et 

• pourront estresemelées, ou h soulers trenchiés 

• ou eshicfiie'a, mais qu'ils soient de noir cuir. . ' 
Esbider. [Intercalez Eshider, épouvanter 

comme enhider : . Tout ce veirenl li compagnon 
. qui là estojent, dont il furent durement M/itd^ . 
(Froissart, VI, 179.) - . Et sali hors tous eshidés 

• sans ordenance et sans avis. . (Id. IX, 28-)] 
Eshontément, adv. Effrontément. [Oud Coter 1 

■ Lh puissance, disoîl Cœsar, grand docteur en 

■ ceste matière, médiocrement exercée, conserve 

• tout; mais qui commande indifféremment, et 

• eshontément, n'est ny aymé, ni asseuré » (Sae 
de Charron, p. 423.) . Vil on jamais tant d'incesles 

• ehontemenl débordez. . (Pasq. Bech. p. 398.) 
Esfainber. [Intercalez Esjamber, enjamber • 

. Comme le suppliant vouloit esjamber la forme 
« pour y aller. - (JJ. 148, p. 170, an. 1395.)] 

Es|auger, Esjangeur. [Intercalez Esjauaer 
Esjaugeur, au reg. JJ. 209, p. 9, an. 1484 ; . Mor^ 

■ i?^'u r,evisiteur et esjaugeur des mesures et poix 
- es baillaiges de Caen et Constantin;... que c^es- 

• toit son office de revisiter et esjauger noix et 

• mesures es marchez, .] 

Esll. [Intercalez EsU, vinaigre, dans Garin le 
Loherain (D. C. 1. 111, 758') . Mes le sablons, et U 
« vins et Vesil L'eust esteint, si s'en feust entre- 
mis. »] 

_ Esjouir, V. Réjouir*. ÎVljciter, qu'on a dit con- 
jouir ». Secourir'. Ce mot, dans S. Bern.. répond à 
exsuUare, gratuiari. gaudere, lœtificare. 
S 



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ESK -î 

* < Plus m'etjouit, plus me plaist la leclure. > 
(Apol. pour Hérod. p. 452.) 

. . . Quant tel COM dira <â, 

HerveillA aent, et etgoi. (Ph. Uouaket.) 

Ce m'a le cuer eigaui de chanter. {Admit li Boçut.) 

Et de cestiiï, pas ne e'eyoye. (Villon, p. 44.} 

Du maintien de la nourrice, 

Qu'elle ne Goit solte, ne nice, 

Maie ait bon pia, soit lie, et gaie, 

Jeune jolie, et es reigaie : 

Que son lait sur l'ongle se tiengne. (E. DtKh.) 

Cor Ans amans lait vivre, et r«*joir. (Ch. du C" Thibaut.) 
"Oo lit dans S. Bern. Serm. Tr. p. 109, esjoiom 
(sratulemur.) 

<^Oii a dit de l'arrière-garde de Cbarlemagne 
trahie et accablée par les ennemis : 

Ha Dieux 1 qu'or n'es pooii oïr ; 

Li roia, pour aus à reigoir, 

1 fut revenus, tout le cors, 

Si leur euiEt tait gent secors. {Ph. Uouiket.) 

CoNJUGAisop : Esjoiat (S. Bern. Serm. fr. p. 8.) — 
EsjoioHS [Ibid. p. 109.) — Esjoiit (Ibid.' p. 274.) — 
Esjoil{i')([b\à. p. \69.) — Esjoiz-vos [ibid. p. S5.) — 
Etjorat [t') (ibid page 269.) — Esjossiuont pour 
réjouissons-aousflbid. p. 61.) 

Es|oulssance, s. /. Réjouissance, joie. (Nicot, 
Honet, Rob. Est. et Cotgrave.) 

Un grand devin, toat après ta naisaance 

Du nouveau duc, à roracle s'enquit, 

Pourq^uoy le joui qu'entre noua il naaquit. 

De neige il cneust, en tous lieux, abondance : 

Pour voue donner, dil le Dieu, cognoissance, 

Ou'oncques nul jour estre tant ne requit 

Uarquë de blanc, pour devoir et acquit 

D'étemieer si grande eijouiatance. 

IMH* il* 8. GaWi, p. fe. ur 1* luUuace <lu du 1* SnttgB», 

Ëslonissement, s. m. Divertissement, plaisir. 
■ Graod bien me i\t,elresjomssemeHt. >(E. Desch.) 

Variante* .- EsjaissEMEVr. S. Bern. Serm. fr. MS5. p. 46. — 
Ebjovbsseubnt. Ibid. page 900. — Esjouibsbmknt. L'Amant 
rendu Cordel. p. 577. 

Ëskapeler, v. Broyer, bâcher, cbapeler. 



Li premiers na fait fors etkapeli^: {Jeuparli, Val. 1400.) 
Eskardé, part. Regardé. 

En regardant vos beautés, 

Dont naissent mi desirier, 

K'ainc ne vinc mes iex proier. 

Vos gens cors, d'estre eakardéê. {Adant li Gieoenci.J 

Eskekler. [Intercalez Eskekier, marqueterie 

en échiquier, dans Floire et Blancheflor (v. 1179) : 

• La sous-sele est d'un paile cier, Très bien ovre k 
' eskekier. »] 

Eskené. [Intercatez Eskené , vul^irement 
échiné, excède de fatigue : ■ Aval la vile vil un 
< borne... Maigre, remis et eskené. » (Uir. de 
Coinci, D. C. 111, 85 •.}] 

Eskerisseeur. rinlercalez Etkerisseeur, au 
Livre Rouge d'Abbeville (f. 29 ») : ■ Chil qui claime 

• doit premiers venir ad sains devant le visconte 

• et devant le maieur et les eskevins, et en leur 
■ présence doithaillier sa vouerie etsen droit de 

• cliele querelo à sen campion, et li autres au suen. 



< et doit jurer li campions par le dit de VetkerU- 
> seeur, que li vescueus et li maires i mêleront an 

• jour. .] 

Eskiee. [Intercalez EsMec, butin, profit, comme 
e$ch£C : > Son etkiee lor départ li roia. • (Floire et 
Blaocbeflor, v. 131.)] 

Ëskieker. [Intercalez Eskieker, enlever, au 
roi Guillaume, page 152 : ■ De l'aumosniere et des 

< besans Que li geU li marceana Et li aigles li 

■ eikieka. >J 

Ësktelleur. [Intercalez Eskielleur, comme 
eschelleur, habile à l'escalade, dans Froissart, 
t. VII, p. 411.] 

Esklermie. [Intercalez Eskiermie, comme 
escremie, escrime, dans Flore et Jeanne (page 51) : 
« Or sont li doi chevalier venu it l'e$kiermte,... et 

• s'entresacent le sanc de lor cors as esftées 

• trençans. •] 

Eskignler, v. BemuerTéchine. 

Et si ne ûaa.à'etkignicr, 

Car li roigne le lait maagior. {Poil. mtt. av. 1300.J 

Eskipeson, b. f. Vivres : • Et aura aussi ledit 

■ duc pour luy et toutes lesdites gens convenable 

• eskipeson pur leur passage en mer. ■ (Preuves de 
l'Ifist. de Bretagne, II, col. 220, an. 1379.)] 

Eslacer, v, [Lire esfacer, effacer.] 

Quant verdore paaH, 
Et nature faut, 
Et colors eilace. 
Et viellece essaul, 



EslaguoU', s. m. Instrument propre à élaguer. 

(Oudin, Cotgrave.) 

Eslalnde, s. /. Machine à jeter des pierres. 
(Oudin, Cotgrave.) • J'ay vu en l'église de Constance 

< une pièce de bois industrieusement assemblée, - 

< ce que l'on dit avoir servi en bâtissant l'église, 

> laquelle pieceou instrument ilsappellenlencores 

• eslainde, qui semble avoir servi à porter des 
- pierres, de bas en haut, d'autant que la queue de 

> cet instrument est plus large que le bout, où l'on 

> attachoit le couillarl, vuidanl les pierres qui ae 

■ dévoient jelter dans les foileresses assiégées. • 
(Fauch. des Orig. liv. Il, p. 118.) 

Eslais, 8. [L'écuyer armé chevalier faisait • sun 

■ Citais, ■ en lançant au galop son cheval devant 
les spectateurs de son adoubement. Dans Roland, 
le sens est plus général : ■ Laschet la resne, mult 

■ suvent l'esperonet. Fait sun eslais veaut cent 

■ mille humes > (2996.) Eslais est la forme verbale 
de eslaisser. Par suite, il signifie élan.] - Adonc 

■ esperonnerent leurs chevaux de grana randon ; 

< et s'en vindrent l'un sur l'autre, de plein eslais. * 
(Froiss. m, p. 159.) • Se ferirent, de plains eslais, 

• dedans iceux Angiois, et d'un bardy courage, et 

< grand vouienté. • (Monslr. Il, fol. 4t> '.) 

Aucunes amea, àeilai», 

Qui oront fet lor penitance. 

En raradia vont, sana doutonce. (US. 7H8, f. 60 ^.) 

Eslaisser (s'), v. S'élancer. [■ Lesquels deux 



yLaOOgle 



■ mastiDB se eêlaiuierent et courarent à iceulx 

• moutons, et les foudroierent et séparèrent. > 
{JJ. 174, p. 293, an. 1429.)] 

Si »'e*laU*e & la porte droit. (Parlon. de Bt.) 

Vira le chief de aon cheval. 
Contra un clwvaUer a'ealaitra. (Brut.) 

.... Chascnn son chsTaL e*laia»e. (Blaneh.) 

ka seneschal t'eit etbnMii, 

Ferir le quide de l'eapiâ. (Flaire et Blanchef.) 

Vere la Talet a'ut etlaiuii. (Ibid.) 

WiUaame tots lui a'esbMta. {Rou.} 

Eslao (en), express, adv. Dans l'année. [L'ély- 
Biologie donne m tntus ittum annum ; il y a deux 
mots de métoe sens, comme dans aujourd hui.] On 
a dit de Louis VI, roi de France : 
FéUpres U Hue i»«inaralna. 
Fa al vivant son p«re à Ratna 
Entons, et coaronoe porta ; 
.XL. rola ds tëre, 
Ifaîa en ealon H mflAa), 
Quar jua de aon ceval kal. (Pk, ilo-Mk.} 
Hais eii etlrnn a'entr'acordereDt, 
Par les hans clera qui s'en nieslerent. ftbid.J 
Eslancer, v. Lancer*. Elever". 

* < Etlaneer un cerf, ua clieval. > (Colgrave.) 
' Kî B'nnwUe, moalt a'etlance. (Ph. Moutk.) 
Eslangoary, pari. Languissant, langoureux. 

(Oudin, Cotgravâ.) 
Eslftngaetté, adj. Terme de blason. • Les 

■ autres avotent une (aisse eslanguettée de blanc, 
« et de noir. - (froiss. liv. II. p. 219.) 

Eslansansion, s. f. • Eslansansion de tems, * 
laps de temps, prescription. (Hod. et Racio, f.235'.) 

Eslarde. [Intercalez £g/ar(Ic , au reg. JJ. 205, 
p. 163, an. 1478: < Ung gros baston en façon d'un 
. levier ou esUtrde d'une charrette. >] 

Eslargessemeat. llnlacc&l&z Eslargessement, 
délai: > Icellui Guerart et ses diz complices se 

• esloienl mcffaiz... de mil livres à apliguier à nous 

■ pour cause d'un eslargessement à lui fait par 

■ nostre bailli d'Amiens, pour ce qu'il se deusleslre 

■ présentez en l'habit lays, et il se présenta en habit 

■ de clere en déclinant nostre juridiction. ■ {U. 75, 
p. 530, an. 1346.)] 

Eslargir, v. Donner, faire des largesses*. Croî- 
tre, étendre ■. 

* PonrqnoT demenres à eeiair 

Ce que Uea te venlt atlargirf (Bnti.) 

On lit au sujet des lit>éra)ités de François I" pour 
ses maîtresses : • Bien leur donnoit, et élargissait 

■ ses Uberalitez; car toute femme d'amour, soit 

• petite, soit grande, aime Qu'on luy donne. > 
(Brant. Cap. fr. Il, p. 7.) — [• Et ii le pryere le signeur 

■ de Labreth et des Gascons, li avoit li rois eslargi 

• celle grasce. » (Froissart, VII, 5.)] De \k, s'eslar- 
gir s'employoit pour • faire le libéral • ou le deve- 
nir. [■ Si se lisent grans recognissances et s'eslargi 

■ li rois de quanqu'il peut faire pour l'amour de 

• ses frères. » (Froiss. VIII, 240.)] — . Un homme 

• bien riche, et avaricieux fut contraint, bon gré, 
« malgré qu'il en eutcles'e8/arff/v.'(DesAcc.f. II.) 



ESL 

" s. Bern. Sera), ft. Mss. p. ISO, a dit: ■ Estre 

■ alargie, ■ dilatatur. > Quand Le jour fut eilargy 

• environ soleil levant. > (Sfonstr. I, fol. 148 '.) — 

• Offre à presler aux Veniciens cinquante mil de- 

• cals ; en oullre, les Taira ae eslargir jnsquas à 

■ trois cent mil florins. • (Lett.deLouisXII, vol.III, 

E. 3.) — [Et vos devez de la terre eslargir. » (Garia, 
, 90.)] De là, s'eslargir signifie se donner carrière, 
s'émanciper, prendre la liberté. L'auteur recom- 
mande aux femmes de ne point hésiter, devant le 
monde, à faire ce que leurs maris commandent: 

■ Hais je ne dy mie que, quant vous serez privée- 

■ ment seul à seul, vous vous pouvez bien esiargir 

■ de dire, ou faire plus voslre volonté, selon ce que 
« vous saurez sa manière. » (Le Chev. de la Tour, 
Instr. à ses filles, fol. 35 *.] — ■ Le dit ambassadeur 

• scscro((cs/arff( jusquesh dire. • (Mém. de Du 
Bel!, liv. V, fol. 150 ■.) — [Par extension, il signifie 
encore : i* Se mettre à laise, être sufRsamoient 
approvisionné: ■ Leurs deux osls conjoints ne se 
» pourroient pourveoir de vivres ne euls«(iarpir. • 
(Froiss. XII, 125.) — 2* Se donner pleine liberté: 

• Avinlque li cbevaliers ala ^'esiargir de parler 

• audit bourgois. • (Id. VI, 27.)] On a dit aussi 

■ s'eslargir de paroles, • se répandre en discours. 

■ Adonc l'ire extrême, et le despil que le dict Tho- 

< maseusl, le foist esiargir de paroles, selon la 

• vanité de son couraige. • (Uist. de J. Boucic. 
liv. m, p. 353.) Le sens de esiargir, mettre hors de 
prison, est dans Froissart, VI, 67 : • Il leur eslargi 

• leurs prisons et les flst délivrer. • On lit aossi 
dans la Bibl. de l'Ec. des Chartes (4- série , II , fi») : 

■ Le dit Jehao en donnant la caution quand ii fut 

■ eslargi. •] 

Eslarglssement, s. m. [Mise en liberté: 

■ Après ledit eslargissement et la dite caution ainsi 
« donnée. ■ (Bibl. des Chartes, 4* série, II, 89.)] — 

■ Briser le eslargissement de sa prison , > c'est-à- 
dire manquer aux conditions imposées quand on 
obtient son élargissement. (Voy. Gliron. fr. de Nan- 
gis, sous l'an 1344.) 

Eslasement. [Intercalez Eslasement, Faute 
pooT esbasement , oans une charte de Metz, an. 
1243, Du Gange, 111, p, 18 ' : < Nous avons fait paix 

■ dou bestenz, qui estoit entre nous de l'esbuâmen/ 

• des fossez dou cbastel de Gontlans. >] 
Eslatement, s. m. Lisez esbatement, joie. 

.... la dois présentement 
Veoir te contenement, 
De la trèa douce contrée 

De France la renomée, 

Dont luleulx vaulilray gran'JeineQt 

D'onnour et d'esiiiiement. (Eusi. Dach.) 

Eslavasse. [Intercalez Eslavasse, lavasse : • Se 

■ il avenoit que li yauue dudit biés s'encreusseot 
« par es/niiasses , ou en autre manière par quoy 

■ li habitant y fuessentdamagiet, lidis religieux... 

< seront tenus de rompre l'escluse. • (JJ. 53, p. 50, 
an. 1313.)] 

Eslavemeat. [Intercnlez Eslavement, lotion, 
dans la Gbron. des ducs lIo Normandie.] 



, Google 



ESL - 36 - 

Eslaver. [Intercalez Estouer : !• Purifier, dans 
Rutebeuf ; 2° défricher, au reg. JJ. 173, p. 335 , an. 
1425 : • Icellui Perrin dist à 1 exposant que c'estoit 

< grant bonté à lui de se venter qu'il avoit eslavé 
« lejour plusdedemi arpentdeboiSf- que il en 
« copperoit plus en un jour que l'exposant n'en 

■ es/av£roif en deux. *] 

1. Esle. [Intercalez Este, aïeule, dans uu céré- 
monial français, cité par Du Gange, sous Heriotam : 

• Le premier doit avoir les armes de Vesle, le trois 

• de lui et le quart les armes de la suzeste. ■] 

2. Esle. [Intercalez Esle, aile de logis, au caii. 
de Lagoy, fol. 227, an. 1394 : • Quatre pintes de 

■ vin sur un chacun tavernier vendant vin àdestaîl 

■ en ladite foire et es es/as et appartenances d'i- 

• celle. »] 
Eslectemeot, $. m. Cboix, élection. 

Des prodommes anciens, n'A mili cura : 
Reboutez sont ; l'en bit eêteetenuinl 
Des non sacbans. {Euii. Desch.J 

Eslecture, s. Choix, élection , dans Pasquier, 
Lelt. III, p. 667. On lit eslieture (Eust. Desch.] 

Esleechier. [Intercalez Esleechier, se réjouir, 
àan8lePèlerinagedeGulIeville(DuCaoge, IV, il'); 

■ El de quanques sans vous fait ai. Vous deuschies 

■ plus£S/eecfii£r,Cheniesamble,quecourouchier. > 
De même dans Frotssart (V, 461) : • Vous avés granl 

■ cose et bien raison de vous esleechier. >] 
Esleger, [Intercalez Etleger, paier, dans Ro- 
land, V. 1151 : • Hais aseapéesTestuyerates/e^er. <■ 

— * Que as espées ne sett einz eslegiet. ■ (fd. 759.] 
De même dans Flore et Blanchellor [v. 1293] : • Cou 

■ que ces pris de cesl msngier seroit legier à este- 

- gier. »] 
Eslepas. [Intercalez Estepas, en eslepoê, sur le 

champ, dnns Partoiiopex, v. 9217, 9805, etc.] 

Eslese. [Intercalez £s/es£, aleze, drap plié en 
double pour garnir un lit de malade : • Deux draps 

• à Ut et une e$lete de drap linge. > (JI. 175, p. a46, 
an. 1435.)] 

Ëslete. [Intercalez ËaJ^/a, choix, aux Preuves 
de l'Hist. de Bretagne, I, col. 1181, an. 1303: ■ Cinc 

< cens livrées de rente à Yeslete de ladite Katerine. >] 
Ësleu. [Intercalez E»leu: 1* Choisi: [■ Les mes- 

■ sagers] qui bon chevalier sont, prudbome et 
« eskU. - (Saxons, c. XXVni.j-2°Evêqueélu:.Et 

■ ot li elleus de Biauvais la dismedes clers de par 
> l'apostole. • (Chr. de Bains, p. 90.) — 3° Elus: 
[Assistants élus des commissaires royaux pour la 
levée des aides. Ils répartissaient les tailles et 
avaient la garde des deniers qui en provenaient. 
ils avaient été institués, lors des états généraux de 
135C, par une ordonnance du mois de mars. En 
1372, Charles V les transforme en fonctionnaires 
royaux, tout en leur conservant leur nom. Ils for- 
mèrent alors dans des circonscriptions déterminées 
un tribunal chargé de répartir certains impôts et 
déjuger les procès afférents à cette répartition. En 
décembre 1625, leurs offices furent supprimés et 
remplacés par un office de conseiller du roi élu.] 



ESL 

Eslevable, adj. Qui se peut lever. (Oudin.) 
Ëslevace, s. f. Lavasse. [Voir Eslàtasse.] 

.... Puis celle eslevaee 

Se <lepartoit aoudainement. 

Faisant reaue dea flums plus baaae : 

Pou dure chose TÎoleat fÉuêt. Deteh.) 

Eslevé, adj. Fier. 

Hais avoir TueU femme iMnigne, 
Humble, simple, po enpsrtée, 
Bien besongiîant, pou etl^âie ; 
Juene, et cEsate de bouche et mains. {E. Detek.) 
Eslevéement , aiv. Hautement: ■ Afin que 

■ ceux qui surmontoient les autres 30 eslevéement 
' que nul autre mondain ne les peust humilier, 

■ fussent par eux mesmes réprimés en humilité 

■ so^jsDieu, et ramenez à cognoissance de leur 

■ fraelle puissance. * (Al. Chart. l'Espér. p. 323.) 
Eslevemeot, s. m. Elèvement, élévation. (Rob. 

Estienne.) — [Herveillua li etlevement de la mer. >] 
(Lib. psalmorum, fol. 136.) 

Eslevep, t). Enlever, retirer". Soulever'. Ac- 
croître^. 

* Tu es la fontaine, et la S" piscine 
Qui toz péchiez eileve, par la vertu divine. 

US. 7HB, M. I9S. 

Prie A ton fil qu'U noua entende. 

Et nous eileve 
De l'ordure qu'aporla Eve, 

Quant de la pomme osta la sève. {MS. 7Si8, f. 3S8 ".} 

[Par suite, se délivrer, accoucher; > Apriâceque 

« ladite Guillemetle fu cheue la seconde fois, s^ea 

■ ala... et trois jours après ladite Guillemelte se 

■ esleva d'oo enfant, laquelle estoit tout nouvel- 

- iement grosse. • (JJ. 157, p. 151, an. 1401.) — 

■ Icelle femme enfouit son enfant en l'un desbouts 
» de la granche où elle s'en estoit estevée et accou- 

- chée. . (JJ. 197. p. 229, an. 1472.)] 
■ Ce Qst Les Flamens e»leoer. (MS. 6819, fol. 66 '.) 
[Par suite, provoquer: • Robers d'Artois qui tou- 

■ tes ces coses avoit attisées et es/ev£es. ■• (Froiss. 
II, 444.)] 

' Cil etiieve son hontage, 
Qui par force, et par outrase, 
Vuet d'amors joir. (GiUebert de Bemeville.j 
[Ce mot signillc encore : 1* Lever un cerf (FroiM. 
XI, 105) ; 2° Eloigner : ■ C'estoit grant chose à esle- 
« ver le conte d'Erby horsdu royaulme de France. » 
(Id. XVL 162.) - 3* S'élever: . Li cris et li haroa 

• commenta à monter et à eslever moult grans. • 
(in, 140.) — 4° Se soulever dejoie : ■ Quand le conte 

■ d'Erby veî l'arcbevesque de Cantorbie venir de- 

■ vers luy, tout le cœur lui esleva. • (Id., XVI, 163.)] 
Eslevure. [Intercalez Eslevure, relief, dans 

l'Inv. des Joyaux d'Edouard 1" [an. 1297): • Item 

■ un autre petit dorei ouvred d'ymages pourtraites 

• sans eslevure. »] 
Esllçon, [Intercalez Esliçpn : !• Elite, dans Ph. 

Mouskes, V. 25615: • La revinrent cil d'Avignon, 

■ Tout li plus sage à esliçon. ■ De même dans 
Froissart [VIII, 204) : ■ Mes y envoyoittousies jours 
« li rois de France, gens. tousàesKfoa des milleurs 
« de son royaume. • — 2° Election : • Et pour çou 



yLaOOgle 



ESL 

• Cairesans ten^oa I mistti rois à esliçon De ses 
« coote el de ses dus. ■ (Ph. Houskes, v. 3572.)] 

E^lider. [Intercalez Eslider, glisser, au reg. JJ. 
127, p. 26, an. 1385: • Lequel exposant marcha 

• oultresoubz le cop, et ne Tut point atiaint du fer, 

• mais tant seulemeol du manctie par la teste en 
> etlidant. >] 

Esllenné, a4}. Lié, atlactié. > Eu toy se asseu- 

• rentceux que les ceps et les manicles tiennent 

• esliennez e& ténèbres des prisons. • (Al. Chart. 
l'Esp. p.331.] 

Esllesser, v. Se réjouir, s'égayer*. Féliciter". 
S'exalter, se glorifier*. 

* • Quant vit les Prancois regarder Engloiz , et 

■ bessier les lestes, il leur dit haultemeut, pensez 
« de vous eslecier, el vous souvegne de Dieu. > 
(Hist. deB. Du Guesclin, par Hénard, p. 527.) — 

• N'est advis que vous avez grand raison de vous 

• eUesser, combien que la journée ne soit tournée 

■ à vostre gré : car vous avez aujourdtiuy conquis 

■ le haut nom de prouesse. > [Froiss. Ut. 1, p. 197.) 

.... Nostre Dame preMDta 

Sou fll à odranda par non. 

Es mains det Tiellort Simeon, 

Kl formant s'en eataira. (Ph. Uouak.) 

.... Petla biens diseteux ealéece. (Yill. i£ Amiens.) 

* On lit dans S. Bern. p. 23 : • A la oieaioire de 

■ ton babondant suatisme {suavitatis), reuperont 
« (eructabunt) el de la justice s'esleceront. • 

^ S. Bern. p. 24, reproche ii l'homnie qui &'es- 

• lient désormais sor terre pues k'il voit \b Deus 

■ estdevenuîz petiz. • 

EsUgance, s. f. Allégeance, soulagement. 

Fine «mora eo «spArance 

M'a mis, «t donc voloir 

De cbtuiter par eitiganee 

Des maus que me uit avoir 

C^ qui bien i pooir 

D'amequirier ma grevance. (Gill^. de Bern.} 
Esllgement, s. m. Allégement. 

Vo gtmx beautez me gaerroïe ■ 

Si eriebnent, 

Se le a^i eMligement, 

Por TOUS morrai. fPerrin d'Angeeourl.) 

Esllgible, adj. Qui peut ëU-e élu. (Cotgr. Oud.) 
EsUnder, v. Lancer. 

Panraoi aos (Aailios têtinder 
Oa1l font aoQvent entr'ens ctaeoir 
Et àleur quarriauB asseoir. 
Sue visages nm, et sus coa, 

Senent trop miex biser leur cas. [G. Guiarl, f. Si6 *.} 
Esilngoeres, s. f. Longes, courroies : < Aura 

■ cheval ensellé d'une selle soutTesante à doux 

• estriers, et sera garnie de borrelez, couverz de 

• mailles de haubert, et de cendal, et eslingoeres 
' de cuer, et de mailles de haubert, garnies souffe- 

• sammenL • (Preuv. de l'Hist. de Bret. p. 1639, 
an. 1309.) 

Eslingour. [Intercalez Eslingour, frondeur, au 
gloss. 7692.} 

Esllngne , [Intercalez EsHngue , fronde , au 
gloss. 7692.] 



ESL ' 

Esllpper. [Intercalez Eslipper, glisser, dans 
Froissart (IX, 339) : > Lt fiers de glave coula oultre 

■ à l'autre lés et ne se prist point à la plate d'acbier 

■ mais esiippa amont en coulant tout oultre le 

■ camail et l'y entra ou col et l'y coppa la vainne 
• orginal. • Comparez l'anglais <ffp.] 

Esllre, V. Elire, choisir. 

Eu cel fruit a tant de vaiour 

Ke DUS rien n'en porroit eilfgier: 

Cor de tous maus puet alegier. (CkaitM. du O Ilûb.) 
On disoit : > A tout eslire >. comme nous disons 

■ à tout prendre. > 

Or i a moult FÎce ebeie, 

Ki de tous les biens est garnie, 

Et est en grant autorité, 

Et la giise en grant dignité 

Et de cantBT, et de bien Lire, 

1 siert on bien, k tout eslire, 

La mère Dieu, et son cier fil. (Ph.Mouêk.) 

É On lit dans Roland (v. 275): ■ Car m.'esHêe%un 
laron de ma marche. • 11 signifle aussi entendre, 
concevoir : • Or si me proie que je le mete de latin 
< en romans sans rime; par ço que teus set de 

■ lettre qui de latin ne le seust eslire. ■ (Livre de 
Turpin, P. Paris, Catalogue des mss. de la Bibl. du 
Roi, I. 214.)] 

Eslls, part, et adj. Choisi, exquis. 



Amours est de tel pris, 
Nuli n'en doit estre saisis, 
S'il n'est courtois, et gentiex, 

Et de hardement esliex. (Jeu parti.} 

On lit eilieus, dans une autre copie qui est au 
n° 1490. 

En ie terre flst amener, 
Trestous estiez à labourer, 
.C. mil vilains, et chevaliera 
En &st mener .xxx. milliers. (Brut.) 
On lit esliz au us. Bombarde. — Les eslis étaient 
les élus, les saints : 

Doui Diex, qui jugier nous vendras, 
Et ft ciiascun son droit rendras. 
Fais nous, par ta pitiA, toi estre 
Avoec les mU*, à ta destre. l'iifS. ISiS, f. 32S >•.) 
Esltseur, s. m. Electeur. [Froissart, II, 345.] 
• Encetui an mourut le royd'Almaigne; si s'assem- 

■ blerent les eliseurs k Couloigne. ■ (Chr. S' Den. 
t. Il, f. 121 '',) - Les esliseurs de l'empire, et autres 

■ princes. • (Math, de Coucy, Hist. de Ch. Vil, 711.) 
Esltsteres, s. m. Celui qui choisit. [Cas sujet 

du précédent.] 

U menestreus ki est disîeres, 

11 doit, pur droit, estre eilitiere» 

De cascuD, selon cou li'Ll vault. (Poit. ou. ISOO.) 
Esllt Dieu, 8. m. Elu de Dieu, saint. 

Tuit E»tit-Dieu, toutes eslites, 

Qui corones avei atsintes. 

En gloire tuit saint, toutes saintes./JfS.T^fô,/'. 143'.) 
Esllte, 8. 1° Volonté: • Un mois je vousdoins 
- l'ostel trestout à vosLre eslite. • [Berle, coupl. 54.) 
A eslite signifie au choix, dans Eust. Descbamps et 
dansleTestament de Jean de Meung(210): > De ces 
< deux choses sunt homme et femme à esiii£. • — 



yLaOOgle 



ESL 

< Comédien de eslite royale ■ est an comédien de 
la troupe choisie du roi ; Henry le grand farceur 
et comédien, en 1629, > prenoit la qualité de come- 
€ dien de Veslite royale, et fut un de ceux dont le 

< nom parut dans les requesles, et autres pièces 

< du procès intenté par les comédiens de Veslite 

• royale contre les maîtres de la confrairie de la 

■ Passion, au sujet de l'tiostel de Boui^ogne. > 
(Beauch. Rech. des Th. III, p. 342.) 

Eslltément, adv. Distinctement. 

Si l'eagarde ententivement 

CoDgnut le bien eilitement, (Fabl. de S. G.} 

Esliz (arbres). Peut-être ■ arbres d'élève, > 
arbres montans. < Quiconque picque, feue, et hanve 

• sur flegard, il fourfait amende de cinq sols, et si 

• couppe, ou abbat branches d'arbres esliz, sur 

< iceluy Regard, il eschiet en amende de soixante 

■ sols. • (Coût, de Bailleux-ou-Hont, N. C. G. 1. 1, 
page «9 ^) 

Esllze, adj. au f. Aplatie, maigre. 



El toua lanpiis de poTreté. [Monit. I, f. SSi :) 

Comparez eliser, aplanir, en termes de monnoie. 
Eslochement, s. m. Secousse, ébranlement*. 
Dislocation ". 

* Sur le premier sens, voyez Cotgr. Oud. 

" Pour la seconde signification, voyez les Essais 
de Mont. t. II, p. 691. 

Eslocher , v. Secouer , ébranler •. Branler, 
remuer". Déboîter, disloquer *=. 

* Sur le premier sens, voyez Borel, Nicot, Cotgr. 
et Bob. Est. — [■ Pour ce que le suppliant vit que 
* le petit Jehan s'efforçoit de courir sus à icellui 
■ Nicolin, il eslocha ledit espieu et en frapa ledit 
« petit Jehan. . (JJ- 179, p. 60, an. 1447.)] 

Neptune s'en venoit, d'an soafle véhément. 

De w terre elocher le massif fondement, (Baîf, f. Si *.} 



' [■ Les clous de quoy les planches de la nef 
■ esloient attachiez esloient tous esloche%. > (Join.)] 

Sur ces plUiera fut ceste tour eetable. 

Par très longtemps ; or ta Toy eslochxer ; 

Pourauoy, pour c« que J'a; veu clochler 

Le chastelun. (Eutt. Dtach.) 



[■ Icellui Colin feri d'une massue que il tenoit 

■ ledit Jehan si grand co^ sur l'un de ses bras que 
• il en ot ledit bras froissié et eilossié. > (JJ. 150, 
p. 277. an. 1396.)] 

Esloigiiance.s. f. Ëloignement, fuite, délai. 

Partir voel de yostre gent, 

Par vostre eiloignanee. (Ch. du C" Thib.} 
- Soit enquis de alloignaunte de jours, en 

■ arrerissement de droiture. ■ (Brit. L. d'Angl. 38'.) 
Eslolng, Eslonge, Eslongement, etc. 

Délai, retard*. Distance*. Ëloignement^. Prolon- 
gement ". 



î- ESL 

* [N'y querés nulles etUmget. (Froiss. IX, 329.)] 

.... A.upraa d'eulx, comme an travers, 
Tenoient à petittes allongite*. (Vig. de Ch. Vn,JI, iSS) 
A.U bourgofa a dit, sans aloigne. (Fabl. de S. G.) 
Hene son ost, sans point d'alome. (Borel.) 

« Cecy disoient les chevaliers au roy pour donner 
« alonge. • (Hist. de Loys III, d. de Bourbon, 183.) 

■ Toutes ces dissimulations, et ealoing de parler 
« aux ambassadeurs. • [J. d'Aut. An. Louis ilï, 9,) 

" • Voyant Vetlolng de son chemin, et la haste 

■ de son message. • (J. d'Aut. An. de Louis XII, 8.) 

* Tostre prochain, et triste etUmgnement 
Ont de nos pleurs Tersi& al largement, 

Ou'eUee en sont légères ot tama. (M. de S. Gt. 80.) 

" ■ Prouesses qui seroient longues à raconter, et 

• si seroit es/on(7em(3Rî de nostre hystoire. ■ (Tri. 
des IX Preux, p. 73, col. 2.) 

Eslolngner, V. Eloigner, écarter*. Quitter". 
Prolonger, allonger*. Terme de monnoie*. 

* [■ Près est de Deu des règnes del ciel ; Par nule 
- guise ne s'en volt esluiner. • (S* Alexis, 36.) — 

■ Quant li rois de France et se grosse route furent 

• eslongiet le ville d'Abbevilie. • (Froiss. v. 40.) — 
De même aux Miracles de Coinci (D. C. III. 30') : 

■ Moine devint, chen est la soume Par le conseil 

• du bon preudoume; Pour le siècle plus estongier, 

■ Bertauder fist et rouoignier San chief qu'avoit 

• blont et poli. •] 

.... Pour d'enfer l'esperit e»U>ingner, 

Avoir BU coeur terme contrition. (Cl. Marot, p. S80.) 

*[0n disait aussi eslongier une personne, s'en 
éloigner, l'abandonner. (Froissarl, II, 43.)] 
Cette contrainte d'eiloigner votre cour. 

oai. i» TMoph. ni- rfu r. m. 
C'est en ce sens qu'on disoit : • Honnoyes por- 

• tées, en eslongnant la plus prochaine monnoye. ■ 
(Ord. V, p. 251 .) Le passage suivant assure le sens : 

■ Quiconques est trouvé portant telle monnoie dé- 

■ fendue, ou autre métail d'or, ou doré, scachez 

• que, s'il est trouvé ce portant, le dos tourné en 

■ allant contre la prochaine monnoye du seigneur 

■ dessous qui il est trouvé, il chet en la peine, et 

■ amende. > (Bout. Som. rur. p. 2S1.) 

Cordes desmellent, velles tendent, 

A la terre eitingrâer étendent. (Rou.} 

Certes amora 1 pour fol se doit tenir, 

Ki de vous ee part, et est eilonganu : 

Ji faites vous le dolerez joians. (Gaul. d'Arc.} 

« N'orcnf mie eslongié la ville une lîeue et demie, 

■ quant ilencontrerentlachevaucbiedesFraDCcia. > 
(Viilehard. page 168.) ■ Mettre hors, et eslottger de 

■ luy. » (J. Le Fev, de S. Remy, Hist. de Charles VI, 
page 68.) 

' [« Que vous eslortgeroie la matere. • (Froissarl, 
t. II, 60.)] • Se dire et raconter vous voulloye, par 

■ noms, et surnoms, les barons, chevaliers, 

■ escuyers, et nobles qui, a cesle journée, mouru- 

• rent, trop poulroye eslongier la matière. • (J. Le 
Fevre de S. Remy, Hist. de Charles VI, p. »7.) € Le 
« chevalier qui désirant estoil d'accomplir son reu, 
> le va si fort estraindre qu'il luy flst le col etfon- 

• gner deux pousses. » (Percef. I, fol. 153 ■.) 



yLaOOgle 



ESM -3 

Etechiu lors viroit, 
Qui de Judée roia ealoit, 
Qui de -xv. ans via aloigna, 
Fout M qu'amerament plonra. (Brut.) 

[Il signifie anssi priver de : < Elle se veoit eslonr 

• gié de coDsel et ae confors. • (Proissart, V, 176.)] 
1* > On alonge le flef > lorsçju'ua seigneur, qui 

a UQ vassal direct ou immédiat, reçoit un autre 
vassal duquel relève le vassal direct. ' Cornent fief 

> pevent aUnmier, et raprochier les seigneurs, 
< seloDclacoustumedeBiauvoisins. • (Beaumanoir, 
Ch. 47, p. 262.) 

2- Le glaive est eslongné lorsque dans les joules 
le chevalier retire sa lance en arrière, pour porter 
un conp à son adversaire. (Lanc. du Lac, III, f. 8 *.) 

E^loardlr, v. Etourdir. [> Leauel suppliant 

■ cnidant que il ne feust que eslouraé du clieoir. > 
(H. )32, page 37, an. 1387.) — « Le suppliant avoit 

■ esté très-bien batu de tant de cops orbes qu'il en 
« estoil tout etlourdy. * (H. 163. p. 109, an. 1408.)] 

. Lamaladia 
. .. DM teste elot 

In JimiD. (dI. 73. 

Sans que l'abov d'nn chien, ou le cry d'une beste 

Ou le bruit d'un torrent, i'éUiurdUse la teste. (Ibid. 499.) 

Eslourdlssement, t. m. Etourdissement. 
(Oudiu, CoLgrave.) 

Esloyauter, v. Prouver sa loyauté par le com- 
bat singulier : ■ Si vous prie que vous me donnez 

• jour, en vostre court, de le contredire, pour moy 

• esUr\iauter contre celluy qui si osera monslrer, 

■ soit sergent, ou chevalier. ■ (Lancelot du Lac, 
1. 1, folio 9'.) 

Eslulser, v. Perdre. • Esluiser le lems. * 
(ms. 6812, fol. 80 ''.) 

Esmage, s. m. Droit seigneurial, usité en Bre< 
lagne. (Horice, Hist. de Brel. préf. p. 15.) 

Esmagre. ■ Ce c'est beuf ou lièvre soit esmagre 

■ ou poucher dedans t'eaue, et garde que, k celle 

• heure, tuayesprins ton faulcon, et mis sceure- 

• ment sur le poing, et soit trempé la chair en la 

> tierce eaue. ■ (Hodus et Racio, rot. 68, R°.) 
E^mal. [Intercalez Estnai, émoi, dans Couci, 

t. XIV : ■ Car trop m'aura grevé Ire et estnai qui 

• m'est au cuer prochaine. > — De même dans 
Berte (7* couplet) : • Forment lui dueit li cuers, 

• mont fut en grant estnai. ■ C'est le substantif 
verbal de estnaier.'] 

Esmaiance, s. f. Trouble, agitation. Voyez 
Symonsd'ÂuUeet H'* Ândrieus contredis, dans le 
Rec. des Poet. use. av. 1300 ; Partonopex de Bloiset 
la Chron. des ducs de Normandie. [On trouve 
encore dans les anciens textes l'adjectif esmaiable 
et le substantif £sniat«mens.] 

Esmaler. [Intercalez Estnaier^ efit'ayer : ■ Pur 

■ oi^illus veintre et esffiaier. * (Roland, v. 2211.) 
~ ■ Et che estnaia durement diiaux de la ville. * 
(Froissart, 111, 366.)] 

Esmall, 8. tn. Email ". Sorte d'écusson ". 



ESM 

* [■ Et cil vert haume à or et à esmal. ■ (Roncis- 
vals, p. 79.)] 

Tout plein de pierres A etmal. [Ph. iloualte».) 

Epinglei tailliez k etmaulx. (E. Desch.J 

"Espèce d'écusson, avec unedevise OU autre mai^ 
que, qui pendoit à quelque ordre de chevalerie. 

■ Les chevaliers de l'ordre de l'ELoille dévoient por- 

■ ter continuellement un annel entoor la verge, 

■ auquel sera escrit leur nom, et surnom : ouquel 

• annel aura un estnail plat vermeil, en Yesmail, 
« une estoile blanche. » (Ord. II, p. 465.) Voy. Petit 
J. de Saintré, p. 625. Les hérauts d'armes portoienl 
aussi un esmail, comme une marque disUncUve. 

■ Alla le dit grand ecuyer quérir un estnail d'un 
< petitheraut qui estoilàmonseigneur l'admirai. > 
(Hém. de Comines, p. 279.) Les omcierâ de l'écurie 
du roi avoienl la marne marque distinclive et on 
l'appeloit < Vesmail royal. > ■ Un cbevaucheur 
. d'escurie.:.'. feut déposé de son office, et sur un 

• ec^afault, par un des autres chevau^eurs, Iny 

■ fut arrache Vesmail royal, ■ (J. d'Auton, Ann. de 
Louis XII, page 147.) 

Esmalllé, adj. Emaillé. [• Un snnel d'or dont 

■ la verge eftt estnaillée et y a escript en la verge : 

> c'est mon désir. • (Laborde, Emaux, p. 345. )J 

Preste & donner l'eschantillon, 

A quelque grobiseumaidâ, 

Contrelaisant l'esmeriUon. jCoquUl. p. i05.} 

' S'il fiertde baslon ferré comme bourdon, dix 

• livres : d'un baston non ferré, trente sols ; et d'un 

> coup de poing, garni d'un anneau, ou autrement, 

■ sans armures e&tnaillez, dix livres. ■ (Coût, de 
Tournehem, N. C. G. t. L ?■ 454, col. 2.) 

Esmail lerie. [Intercalez Esmaitlerie, ouvrages 
d'émaux, au reg. iJ. 169, p. 526, an. 1417 : > Lequel 

■ de Gennes ne fu oncques de mestier ; maisesLoit 

• tant subtif et imaginalif que il faisoit... orfavre- 

• ries d'or et aident, esmailleries et autres choses 

■ comme se il eust esté maislre. ■] 
Estnance. [Intercalez Esmance, 1* Opinion : 

m Et bien le cuident par esmance. Qu'il ne fu pas 

> d'UelsemblanceLibtaaschevaliersqueil virent. • 
— 2* Simulacre : ■ Le suppliant voulant obvier au 

■ péril... flstesmance d'un espieu qu'il tenoit, sans 
« navrer aucunement icellui Jaquet. » (JJ. 284, 
p. 248, an. 1452.]] 

Esmancher, v. Estropier. 

. . . . Ly Breton lea eaboelent, 
Et eimajichent, et escervelent. (Brut, f. SS '.) 

Or se tient Berengiers por fol. 
Quant il 1 vient sans le craisset ; 
Au retomer arrier se met, 

Au feu en va toi eamanehiet. (liS. 72i8, f. i41 '.} 
Esmanchon. [Intercalez Estnanchoti, manche- 
ron de ta charrue : ■ Icellui Jehannin avoit par plu- 

■ sieurs foiz la charrue du suppliant levéeen hault 
. sur les esmatickons. » (JJ. 130, p. 17, an. 1386.)] 

Esmande. [Intercalez Esmanâe, amende, au 
Cartulaire de è. Michel du Désert, an. 1270 : > Et 

■ en ouslre en aient pris, heu ou recehu esmande 

• de sept solz et sex deniers. •] 



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ESM -' 

Esmaner, v. Tirer, ôter. [Voir Emaseb.] 

Nus, de son bon seignor, 
S'il r«ime par unor, 
Ne doit prarire, ne traira 
Quanque il li doiToit, 
Ne quanque U porroit 
Etmaner, ne fore traira 

N'est amie qui rieai na Uit. (P. du Vit. mi. de S. G.) 
Esmankiés, s. m. p. Manchots. 

Apriès si ot .XXZ. eamanlâi» 

Geria, et des mains, et des pies. (Ph. Mowheê.) 

Esmaragde, s. Emeraude. (Marbod. col. 1646.) 
Esmarbré, ad}. Pétrifié. • De paor, a le cuer 
. esmarbré. - (mb. 7218, fol. 79 ^) 

Esmarmeler, v. Mettre en pièces, comme en 
marmelade. (Oudia, Cotgrave.) 

Esmarri, adj. Uarri, affligé*. Elonné, émer- 
veillé". 

*Si m'ait Diex, Robers Aoria, 
Je crois k'il scHt moût etmaTi*. {Poêl. av. tSOO.) 

Oii a dit de la S'- Vierge assistant à la passion 
de /. Ch. ; 

Peanie, dolente, et «nnarrie. (Nangiê.} 

N'en sont mie liei, 

Ainz sont si etmarriez. (Guil. li Vignere*.} 

Sus Alcmene mal tous prourei, 

Que TOB mari ne rœrez ; 

Laide chose est de son mary 

Lt^asier à l'uis tout etmary. (E. Deieh.) 

' > Et cil le regardent, se le virent si bêle qui en 
. furent tôt «mari. . (us. 7989 ', fol. 77 '.) 

Esmayement. [Intercalez Esmayement, action 
de planter le mai : ■ Lorsque l'une des fliles dudit 
€ exposant nommée Johannette vit ledit Caronchel, 

• elle U dit que la nuit S. Nicolay, il l'avoit esmayée 

■ et mis sur leur maison une branche de seur, en 

■ disant qu'il n'avoit mie bien fait de ce faire, et 

• qu'elle n'estoit mie femme à qui l'on deust faire 

■ telz esmayement ne telz dérisions, et que elle 

■ n'estoit mie puante, ainsin que ledit seur te signi- 
. floit. • (JJ. 99, p. 17, an. 13«7.)] 

Esmayer.v. Donner le mai. [Il se plantait un 
autre jour que le premier de ce mois. Voir l'article 
pr^^édent.] On a dit du siège de Compile : 

■ Entretemps se firent plusieurs escarmouches 

■ le premier jour de may approchant. H" Hector 

■ li^slard de Bourbon mande aux assiégez que, le 

■ jour de may, les iroit esmayer; et pourtant, le 

• dit jour de may monta à cheval. » (Monstr. v. 1, 
folio 204 ''.) Un poète dit à une dame qu'il lui veut 
donner le rameau d'or d'Enée : 

Car onc nul ne tous emaya. (M. de S. Gelais, p. 140.) 
Voyez Emmatoler ci-dessus. 
Esme, G. f. Désir, intention *. Estimation, juge- 
ment'. Sentiment^ [Il signifie aussi poids : 

■ Lraqnelz marchans tiennent secrètement en 
«^lenrs bostelz pluseurs autres granz et greignieurs 

■ poisqu'ilz appellent esmes... pour esmer leurs 

■ denréBS. > (JJ. 169. p. 150, an. 1415.)] 

*n ne leur cbault de foillir àleurs etmM. (Ui Uarg.tSS.J 
A son etme a mqoes Mil. {Pari, de Bloti.J 



ESM 



'En rcirenuit, flrant ienr «tme. 
Où Jhesu Cnst recbut bapteame : 
Ce fut au Seuve de Jourdain. /H. dei Ttvi» Uaria.J 
Toutes mentei, et faiUex i tos e>me«. (Lee Itarg. f. Bi.f 

'J'en dira; ma heenu^. [E. Deech.J 

1* • En tous etmes, • à tout prendre, à font 



Ces troia estoient Teatui de mesmes, 

De jacquettes, et parement 

Comme Dunoia, en tous eemee, 

Sana di&ârence aocnnament. [v, de Charkt VII, II, 1$.} 

3* ■ A belle urne de paîs, • c'est-Jt-dire à vue de 
pavs, à estimation de lieu. ■ La neige se congela 

■ ae sorte que les chevaux avoient une peine inllnie 

■ à en tirer leurs jambes, et il nous fallut tra- 

■ cer le chemin, et aller à belle etme depaU. • 
(Lett. de Pasq. t. III, p. 291.) On dit en Languedoc 
à bel eyme, dans le même sens. (Voy. Borel.) 

3* • Mettre eame, > estimer le nombre, évaluer. 



Esmecher, V. Enlever la mècbe. (Oud. Cotgr.) 
Esmée, s. f. Mouvement, tentation. 

Il estoit présent à l'armée, 

Et a veoir taire les aproucnea. 

On en la première ennée 

1 tut de vaitlans eacarmoucbes. fVig. de Ch. VII, II.) 



' Or vous diray du saint baptesme 

De Jbesu Cilsl, A comme je Veeme; 

L'euvanglUe, qui est bien voire. 

Nous en fait une grant mémoire; (H. de* III Mariée.) 
> Entrèrent en mer, à tout très grand navire el 

■ estoient bien esme% à 24 mille hommes, que de 

■ pié, que de cheval. » (Cbron. ft*. «s. deMangis, 
sous l'an 1340.) 

.... Dex mlst tant de Uens en li. 
Que nus n'en porroit aaamer. (Poêt, av. ISOO.) 
.XX. en 1 eut si com ïœsme. (Ph. Ilouek.) 
' > Elle qui tend à ferir son coup qu'elle a esmé. ■ 
(Les XV Joyes du Mariages, p. 23j [> Le suppliant 

■ qui estoit couroucié el eschaufie, tira son coustel, 

• ...duquel il £<»ui et cuida ferir sa ditte femme. > 
(JJ. 162, p. 191, an. 1408.)] 

" Pour son bien un cbacnn Vetmoit. (E. Deeeh.) 
Esmeraude, s. m. Emeraude. [> Faire pure 

■ esmeralde en plomb encassuner. ■ (Thomas de 
Cantorbery, 138.)] 

Variante* ; ESMERAUDE. Clëm. Harot, p. SiS. - Esiu* 
RAODX. HarlMdus, art 7, col. 1616. — Eshkraugob. Rab. 
1. 1, p. iS. - Esmeraux. Ohron. S. Den. n, f. 19 ^ 

Esmeraadln, ad^. Qui est d'émeraude, qui 
appartient à l'éraeraude. (Cotgr. Oud.J On trouve 
< gemme etmerMiiim, ■ dans les Epith. de Hart. 
de la Porte. 

EsDieré, aà^. Pur, précieux, excellent. ■ Che- 

■ valier esmere. « (Ghroo. fr. us. de Nangis.) • A 

■ louenge , et à gloire de Robert noble comte 

• d'Artois de chevalerie esmerée. • (Ibid.) 



S'il Toit le roge or. et l'argent etmeré. 

Mm l«l>iCln»H| wat, 



, Google 



ESM : - 

L'ainU douant UbâdD, 

Qni Mot d'or e$mtri, et fin. (Parton. de St.} 
Bons WDor One, etmarfe. {Bob. de le Pierg, f. 19 <•.} 

Esmereaulx, s. m. pi. Pièce d'artillerie. 

De canoBB, de Dtorre», «t caiTMulz, 

IVetpiDgalM, du r«u second, 

D'wwins, de tra;*, i'enmreaulx, 

Qatu députant, quant ilx s'en vont. (E. De*ch.} 

Esmeréement, adv. Parfaitement. 

Oscpiea beuites m A«t at aon pooir 
IVeatre en ne lui trds etmiriement 
Coin de a tUt, en «on tria bêle con gêna. (Ià Chaatel.) 

EsmerellOD , s. m. Emerillon , femelle du 
fincMi aesalon. [• Comme l'aloe qui ne puet Devant 

• r«meniton durep. • {La Charrette, v. 2744.)] 

Plos doit redouder Mon, 

Que l'aloe l'etnieretlan. (Roufiiii de Corbie.) 

• L'espervier, ou emierlion. • (Assis, de Jerus. 
p.îl2.)[> Plus désire bataillequeor fin nemangon, 

• Ne déduit de pncele ne vol d'fsmertl/on. > [Chans. 
d'AnUoche, VIll, 272.)] 

Esmerlllonné, adj. Vif, perçant. ■ Comble 

■ tant hautement élevé qu'il sembloit excéder les 

■ cieux, auquel nul œil humain, tant futesmerti- 

• lonnéy ne sçent jamais atteindre. > (Alect. Rom. 
folio 20 •.) 

Doulz TMdx, indea, emnerilion», 
Doulz yenlx empanez de aagettea, 

L'AnMirt >ndn CmM. p. Ml 

Esmerlllonner, v. Rendre vif, éveillé. (Co(^.) 

E]smervelllable, ad^. Merveilleux, admirable. 

(Rob. Est., Cotgr.) • En iceux, nous trouvons des 

■ actes de prouesses plus esmervelllables, sans 
« comparaison. » (Apol. pour Ilérod.préf. p. 22; 
voy. Perccf. vol. IV, fol. lOv) [On lit dans Jean de 
Heong, Testament, v. 192'! : • Toutes les euvi^s 

• Dieu sont trop esmerveillables. >] 
EsmervelUement, a. m. Surprise, étonne- 

ment. (Rob. Est.) ■ De ce fut moult esmerveilié le 

■ chevalier ; mais son émerveillement luy doubla 

• en peu d'heures. ■ (Percef. VI, f. 50'^ [Un lit au 
Testament de J. de Heung, v. 1240 : • voiz comme 

• elles se chaucent bien et faitiscement ; voiz du 
- col en amont grant eamerveillement. »] 

Esmerveiller (s*), v. S'étonner. [. E chascuns 

■ d'eis aveit l'un l'altre reguardé; Dune s'esmer- 

■ veilla multli bers qu'il n'unt parlé. > (Thomas de 
Cantorbery, 138.)] • En émerveillant ■, par élonne- 
ment, par méprise, (irs. 7218, f. 3 '.) 

Esmestrler. [Intercalez EsmestriCT, se rendre 
maître : • Pour etmestrier la mer, les alans et 

■ venans entrant ou havené de l'Escluse. > (Proiss. 
X, 364.) De même à la page 400 : < Pour plus afoî- 

■ blir et eamestrier le demorant des signeurs de 

• France. •] 

Esmeu, partie. Mis en mouvement, en marche, 
acheminé. [Ce participe est déjà dans la Chanson 
ies Saxons (XI): • Qui plus ont etmeu la tanson et 

• l'envie. •] ■ Cil qui eulendoit à aler à Paris : 

■ après che que il est etmeu», oit nouveles par 

■ lesquelles il li coaviengne hastivement passer 



i- ESM 

■ Paris, on tourner autre chemin. > (Beanmanoir, 
page 200.] ( Nuls bouchers, ni antres personnes, 

■ puisque le bestail sera esm^u, amener au marché, 

■ ne pourront aller au devant des denrées meues à 
• venir au marché vendre. • (Ord. t. II, p. 362.) 

Esmeudre. [Intercalez j^smdudre, émoudre, an 
reg. JJ. 190, p. 139, an. 1460: • Le suppliant se 

■ party de sa borde ou habitation pour aller esme»- 
« are sa coignée à la forge de Pey. > De même au 
reg. JJ. 167, p. 402, an. 1414 : • Le suppliant fôisoit 

■ eimoldre une forces. > On lit déjà diins Roncis- 
vais, p. 80 : • Franzois d^treigoirent à leur brans 

■ etmovluz. •} 

Esmeat.5. m. Excrémens des oiseaux de proie. 
[< Comme une arondelle eust jeté de son etmeut 
' sur luy. > (Amyot, Plut. Œuvres mêlées, I, 405.)} 

VariaMee : ESHIULT. Hodus, t. 89^. - Ebnut. Rafa. t. IV, 

bâSS. — Ebmout. CeUraTa. — EsmmssKMSNT. Oudin. — 
muTissEMENT. Fouill. Fauc. I. UK — tauuiK. Id. t. 91 ^, 
ESKEUTB. Id. f. ^>. 

Esmeute. [Intercalez Esmeute, émeute, dans 
Froissart,ni,81: • Li noise et li esmeule de le ville 
> s'esleva. ■ De même dans Vario, arch. de Reims 
(III, 216, an. 1362] : • En li promettant que jamais 

■ telle esmuete ne seroit faite contre li. • 
EsmeDtin. [Intercalez Etmeutin, émeute, dans 

Froissart, Vil, 345: > Si tosl qu'il entendi le buée 
< et Ye*meutin, il desploya sa bannière et disL >] 

Esmeatir, v. Fieuter, en parlant des oiseaux 
de vol *. Cracher ■• 

* L'escoufle prie sa mère d'aller trouver le geai ; 
elle s'en excuse : 

Ne liai comment li proierai, 
Haintea foii a aalli aon nt, 

Et Eior aes olseax etmetii. (Fabl. nt* . de S. G.) 

' Se levé, crache, àmeutit, et ae moocbe. (C.Marol,S79.} 

Esmier, v. Mettre en pièces, proprement en 
mies. 

De la maçue, qui pesa. 

Le flert tel cop en la caboce ; 

Ce ne fu pas por lever boce, 

Ains etmie quant qu'il ataint : 

eu ru mora, la race 11 taint, 

Quar la mort l'angoisse, et sousprent. {MS. 7318, ii.) 
Esnilettement,s.m. Action d'émietter. (Cotg.) 
Esmieure, t. f. Action d'émietler. (Cotgr. Oud.) 
Esinievre, aàj. Mièvre. 

..... Trop me grieve 
Que ma meschione est si etmievre 
De mon argent issi gaster ; 
tiaia ele me puet si basler, 
Qu'ele n'aura, de tont cest mois. 
Au feu c'un petitet de p4^. (US. 7318, f. Si9 •.; 
Ësmlnage, s. m. Droit sur les grains mesurés 
à l'esmine. (Chorier, Hist. de Daupbinë, page 214.) 
[Voyez aussi les Ord. IX, p. 160, an. 1348.] 

Esmlne, s. f. Sorte de mesure. Esminotte est 

le diminutif. (Cotg. ; Coul. Gén. I, 857.] Voir Ehire. 

Ësmlolre. [Intercalez Etmioire, au Gloss. 4120, 

an. 1348: • Micatorium, esmioire vel frazeure, et 

■ derivatui- a mica. ■] 

Esmocheor. [Intercalez Esmocheor, émou- 



yLaOOgle 



ESM -* 

choir, dans Renarl, v. 13520 : ■ Bi&u sire , ce m'a 
< fet Beoarl, El eacore m'a il pis Tel. Mon etmecheer 

■ m'a tolott, Dont m'a maleioeat tempeslé. •] 
Gsmocbier. flnUrcalez Esmechierj éonoacher, 

dans Renart, v. 1X924 : > Ne li laira pas aprochier, 
- Au bastoa se set esmoehier. •] 

Gsmoler. [Intercalez Etmoier, être en peine, 
oomme esmaier: ■ Lepavageur ou coufitomier qui 

■ est comous à recevoir la uoustiitne ou acquit de 

• kl ville de Tremblay dist à ioellui Adam que point 

■ ne se esmoiast de ses vaches. • {St. 145, p. 156, 
an. 1393.)] 

Esmolgnler, v. Couper, mutiler. (Cotgr.) 

Od dercroU l'ame ennoignitr, 
Ki M langue lorm à meidire. (Poëi. av. iSOO.) 
fismollumens, s. m. pi. Emolumeus. Voyez 
Ord. l. V, p. 676. [Froissart, VJII, 266.] 
Esmoln, pari. Usé, épuisé. 

PriDce, bon Tait veoir lu contenance 

De ces joueure, et comme chascuo lanc«, 

QiMDt BOD argent eat un peu esmotu ; 

El nuuigilant, dit oliBMun sa sentence. (EaH. Deich.) 

Esmondement , s. m. Action d'émonder. 
(Coigrave.) 

ËsmoDder, 9. Briser, arracher. [■ Quar )a 
« iDort, qni les twns Mmonde, A or pris l'un des 

• bons du monde. ■ (fiutebeuf, 88.)] 

Husom ardent, vUes crabacent 

Trea et cbevroM p«mi ermondeni, 

F«ates, et couvertures fondent. /G. Gviart, fol. 40K) 

Uaubera lauBsent, bactna» Toodent, 

Escuz luisans à or etmotident. (Id, fol. iSi ^.{ 

Esmondeur, ». m. (Cotgrave.} 
Esmorceler, v. Morceler. (Oud., Colgr.) — 

• Forent les pièces ermorcUléet à divers princes. • 
(Utt. de Pasq. p. &K7.} 

Esmorche, s. f. Amorce, appAt*. AcUon vive*. 

* Voyez Oudin et Colgrave. 

Amour prenA là ses feux, et trouve de Vetmorche, 
Voulant brûler les dieux, pour allumer sa torche. 

Poét. (FAma. JopIb, f. m. 

* Hais i« veux bien congn<dalre les paillards. 

Qui, avec toy , feirent si chaude ennorche. (Itarol, p. S9.) 

Dont bien aouvant ooutnint mis de cboiair 
Cb^FP'p plus long, pour éviter l'MmarcAa. 

C<N.pi,Bfci.i.Xl.p.l«. 

Esmorchement, t. m. Amorce. (Honel.) 
Esmorcber, v. Amorcer. (Contes d'Eutrapel , 
p. 175.) 
Esmorre, v. Emoudre, aiguiser. 

Mu couteax est bien aavolas, 

Ge l' fia bien amarre i la large. (FabL mt. ((e S. G.) 

Esraotaeur. [Intercalez Etmoltttur, au reg. JJ. 
80, p. 444, an. 1851 : ■ Gum une magno baculo, 

■ vocaio ad partes e$aûtaeur, ...iU3usiuit«uii4em 

■ percutere. ■] 

Esmoteler, v. Emotter. Casser les mottes d'un 
champ. (Oud. et Cotgr.) 
Esmotouer. [Intercn'ez Esmotouer: • Tribula, 

• esmotouer^ vel nerse. > (Gloss. 7693.)] 



- ESH 

Esmoachail, s. m. Enoocboir. (Oud., Cotgr.) 
Voy. Rab. 111, p. 98. 
Ésmooché, 04;. Vif, alerte. ■ Gay, alesgre, 

■ bien esmouché. ■ (Coquillart.) — > Jeunes baires 

■ e$mouchete:i. - (Bab. V, p. 90.) 
ËsmoachemeiM, t. «t. pi. Eaibû(d>es, endroit 

où CHi est muisé, caché : • Poih- oe, firent repostail- 

■ les, et esmoueiument ; ■ en latin : in prtedictis 
tatebant insidiis. [Ou Gange, sous Bepoêihu.) 

Esmoucfaer, v. Chasser les mouches*. Se- 
couer, remuer". Elaguera Tuer". 

* Trahis estes, i^ascua le pense ; 
Car vers voue cbascun se devine, 
Par vos cbevaliera de oureiDe, 
Qui sont delez vous au coucter : 
Se iMon seuBsiex anmnicher, 

Hors d'kvec vous les getissiei. (US. 68iS, fol. f^*.} 

* Es tu féru da l'aguillon et mouche, 

Dont Cupi'io vra^ auHMnoxermouehe. (Cnliit,p. SSi.) 

Ainsi, s'mnûucher signifloit se remuer, s'émou- 
voir: 

Puis tout soubdain, sans gMament ifttmoveher. 
Il a diné, et payé m deapeboe. (Id. p. S7./ 
La nuict n'ont tbict qoe penser, et veUlw, 
Par quoy te toHi ai matin «tmouchéti, (Id. p. 79.f 

* Près de loi se trenve une roule,... 
Qui est bien laree, et alignte. 

Et par desaus meo eamouekée. {G. de la Digne, f. 103 \) 

** Nous disons eocuv : être mouché d'un coup de 
tusil: 

Li versé maugré eus s'acouchent, 

Français, Alemans i etmouchant. fG. Gitiarl, fot. 34 1 '.} 

Esmonchete, s. f. Ombelle des herbes, ^onet, 
Oudin et Cotgrave.) 
Esmoucbeter, v. Moucbeter. i FaisoildesUffis 

■ bien valloir sa braguette, et la Teist au dessos 

■ esmoucbeter de broderie, i la romanicque. * 
(Rab. 11. p. 192.) 

Esmoucfaettes, s. f. pi. Moucbettes. (Oudin.) 
Voy. aussi la Coût. deValeoc)ennes,C. G.Il, p. 257. 
Esmouchler, v. Moucher '. Excroquer". 
' ■ Il esmouchoit une bougie. ■ (Bab. IV, p. 149.) 

- > Etnumciùer les cbaudellcs. ■ (Hist. dies Trois 
Maries, p 286.) 

* Allusion au mot ■ moucbe.* 

.... Le roy, cbascun ai la triche ', 
En sa court avoit mouche, et biche. 
Qui durement l'ont entuntehU. fMS. OSiS, fot. 69 '.; 

Esmoulage, S. m. Action d'émoudre. (Oudin.) 
Esmouleur, $. m. > Aller voir Vesmouleur des 

■ balles, • éloit abaodonaer son bien i ses créan- 
ciers. ■ Quitter aujourd'buy la ceinture à ses creaa- 

■ ciers, que nous disons à Paris aller voir fesmou- 

- leur des halles, est la marque de la cession que 
• l'on fait de ses biens à ses créanciers. ■ 

Esmouleure, 8. f. AcilOBd'émaudre.(PucUa.) 

Esmouloires, s. f. Pierres à aiguiser. ■ Une 

« infinité de pauvres diables qui fournissent d'et- 

■ rmuloires aux chambiieres pour caqueter. ■ 
(Moyen de Parvenir, p. 14.) 

Esmoulo, adj. ou part. Emoniu , passé sur la 



yLiOogle 



meale. Ce mot se disoit des tournois, où les armes 
étoient afllMee ai) Heu d'être ëmoussées : ■ Harnoys 

■ «SFiuwius. >(Coquillart, p. 119.) — ■ Sire, il m* 

• reri de ses âmes etmouluet, et me doona coups, 

■ et coléea dont cuir creva. » (Ord. I, p. 257.) — 

■ Bien enteadu que, soubs le nom de tels bâtons 

■ d'armes ^mou/UËS,soDt compris arcq arbaleste, 

■ ircq à ta matii, plomet, malHex de plomb. ■ 
(CoQt. de Haynaut. C. G. IL' p. 60*.) ~ > Sangd'ar- 
< mesesmoiuet, > pour blessure faite avec des 
armes traocbaiitas. [PéruNl, Hist. de Bourg, p. 460, 
ao-iaie.) 

Eïsmoiiter. [Into%a1ez Eamouier, lever le droit 
demOHture, BU re;. JJ. 165, p. 2G8, an. 1411: 
« Leqeel prestre dist an meunier qu'il eamoutast 
■> en prist mouUare de Guillaume de Banquemare 
« qui lors mouloit; auquel 11 respondi qu'il esloit 
« bien tost de Tesmoutar ou moultvrer, et qu'il 
<■ n'avoit à peine moula. *] 

Bsmouvement, s. m. Mouvement , agiiation, 
secousse '. Emeute, soulèvement ". Excitalioa '=. 

* > Si grands crollemens , et si grans esmouve- 

■ ment de terre furent que a peu que le palais , et 

* te trésor ne churent. • (f:iir. de S. Den. I, f. W7 ^) 

* [> Jugiés à mon pour esmouvement de corn- 
■• mun. • (Froissart, X, 198.)] — « Pour ee que 

■ plusieurs riotes sont meues en la marchandise, 
'■ pour Vetmottvement d'aucuns vendeurs. > (Ord. 
?, p. 358, an. 1370.) 

' [• Par YesTnouvemeta et faux enort de ce Haon 

■ le Espensier. » (Froissart, ïl, 30.)] ~ . Che ealoit 

■ droiclement esmouvement de guerre. ■ (fteauma- 
noîr, p. 171.) — [11 signifie aussi expédition mili- 
taire : • A- ceste guerre et esmouvement rendi grant 

■ peine li rois Phelippes. > [Froiss. V, l)9.)j 
Esmouvens. [InteroaleE esmouvens, querel- 

ieor. au reç. JJ. 100, p. 914, au. 1370: ■ Icellui 

■ Bisot, qui esloit homs de grant langage et esmou- 

■ ofiu, parlast au dit marohant plusieurs fois de 
« grosses paroles. •] 

Esmouver, v. Emouvoir, ébranler. Enmaev- 
vre, dans S. Bernard, répond à excitare : 

Par eaconter, 



£smouvenr, s. m. Celui qui excite , qui sou- 
lève, en bonne et en mauvaise part. ■ Pour aug- 

■ menler le service de Dieu, et pour maintenir Ta 

■ foy, desquelles choses mon dit seigneur fut 
• tousjours principal esmouveur. » (Math, de Coucy, 
Hist. de Ch. Vil, p. 677.) — « Les brincipaulx es- 

■ .mouveux d'icelles communes. > (Le Fev. S' Remy, 
Hist. de Charles VI, p. 31.) 

SSmoavolr, v. Provoquer, exiter*. Acheminer, 
mettre en mouvement*. Uétoumer". S'écbaufl'er, 
s'émouvoir °. 



i- ESM 

" [On disait aussi : < il east esmeu la maius pour 

• le frapper. . (Cart. de Lagny, fol. 40, an. 1433.)] 
— ■ Si commença sa lancis a nocher celëement, et 

■ les deux chevaliers qui avoient tourneE leurs 

• visaiges celte part, prindrcnt h cryer, sire cheva- 

• lier, prenez vostre lance, qui me a esmeu, et 

■ vous appareillez de la jouste. - (Percef. VI, foL 
106*.) — . Etmeut grande guerre contre le roy. • 
(Chron.S. Den.I, fol24IM 

* r< Li amfrals qui trestous les e^mut. • (Roland, 
str. i97.)] — • Esmouvoir sa gent, une armée, • et 
simplemeat esmenvoir, pour entrer es gaerre , se 
mettre en campagne ou en marche. ■ Esmouvoirix 

• venaison, • faire lever, faire partir la gibier. 
(Voy. Percef. vol. VI, fol. 46'.) 

*^ Enfin, s'^mouvojr a quelquefois signifié ■ se 
« détourner • : 



[Il aignille encore : 1* Engager : > Et disent que 

• n conseil d'Eagleterre esmeuisserU leur roi !) che 

■ que il passast la mer. > (Froissart, II, 381.) — 
2° Soulever: ■ Comcneat 11 peuist esimuvoir les 

• Londriens contre le roy. • (Id. 1. XVI, 8.) — 
3' Irriter: • Ains ti disent pour lui esmouvoir et 

■ escaufTer. • <Froiss. II, 250.) — Au moyen : 1* Se 
mettre en mouvement: • El vit la hataiile le roy 

■ d'Espaigne un pelit esmovoir. • (Id. 206.) — r 
Partir: « idont s-esmu/ li rois de France. » (v, 369.) 
— 3* S'élev«r : « Par quelle manière les guerres 
« n'esmurent. » (TI, 3 ) — 4* S'ouvrir : • Ses plaies 

■ ^'etrrairent tellemenl et si le ragravereot que jl 

• ne vesqui point depuis longuement. • (Id, IV", 
163.) — 5° S'tnquiéter : • Pour qmri ils vetmoU' 

■ voientQls'en mérencoHoient.>>(Id. Il, 411.)] - 
Esmoy, s. m. Trouble, émotion, agitation, obâ- 

grin. (Voyez EsKAi.) • Socratte .... eust trente jours 

■ 6 -ruminer, et digérer le décret de sa mort, ce 

■ qu'il fit sane e*mov, altération, voirre sans aucun 

• effort. • (8ag. de Charron, p. 877.) 



[< Et estoient en granl emnoi des paroles que le 
• cardinal lor ovoit dit, > (Chr. de Bains, ,p. 117.)] 

Esmoyer, v. Troubler*. Affliger". Effrayer •=. 
Informer". (Voir Esmaier.) 
* Amant Irop ost anemiB, 

Pour c« doivent wtre ernnaii. 

Qu'il n'ait en lor hii, n'en lor dix, 

Rien dont puiaae eatre repris, filonio», iVat. 4490.) 

Plus etmoyer ne me peult nul eamor. 

La lbr|[. da b Kirs. '- IK- 

■ L'ephore qui coupa si rudement les deux cordes 

■ que Phrinys avoit adjoutées à la musique, ne 

■ i'estnoye pas, si elle en vaut mieux, ou si les 

■ accords en sont mieux .remplis. ■ fBss.de llont. 
1. 1, p. 1U3.) 



yLiOogle 



ESN 



Ce me [ait trop __ _ , 

Quant DouB morroDS, It'ftmorB sera floée. (Ch.du O Th.) 
' De dix me fait leul le nombre ^mayer. IMelin. iBl.) 

° 1 II n'y a aucune chose approcbaole des dites 

• calomaies ; je m'eimay&rai diligemmeot d'où 

• elles sont sorlies. • (Hem. deSuUy.t. VIU, p. 5t,) 

• Encores que j'eusse bon droit, et fusse deman- 
< deur, si ne laissois-je pas avoir besoin de conseil, 

■ et de m'eimayer qui esloU l'avocat de Poictiers' 
o qui avoit le plus erant bruit. ■ (Boucliet. Serées, 
liv. I, p. 319.] 

Esmucete. jjlntercalez Etntueete, mouchettes, 
au glossaire lalia fr. 7679 : ■ Hucatorïum, gallice 

■ esmucete. >] 
Esmudle, a4}. 



Trop est fana qui ea tôt m fis : 
' — "—' '-leadetrabison 
e pormeciOD, 



Les liena jnea de trahison, 
Par ta vame pormecioD, 

Dont ame n'eat fora e$mudie. (US. ttiS, f. fOO '.} 
Esmuevre, v. Cheminer. [Voir Eskoutoib.] ■ 
Oicz de haute eatoire fuevre. 
Si comme ele ae doit eimueore 
En droit romans, de vrar latin '. 
Li rois de Cambra y lo deacuene, 
Por le siècle qui toi se cuevre 
De mal, nu aoir, et au matin. (MS. 7Si8, f. 93 K) 

EsDiulr (s'). [Intercaleza'Jî8muir, s'épouvanter 
[litt. devenu mu, muet) : ■ Les bestes sauvaiges 

• ê' esmuioient el luioienl devant ces bannières et 

* ces gens à dneva). ■ [Froissart, II, 144.)] 
Esmurer. [Intercalez Esmtirer, emmurer, met- 
Ire en charte privée. [Froissart, XVI, 7.)] 

Esmutatlon, s. f. Emeute, sédition. ■ Ceux 
> qui faisoient les dites esmtttatioTU, estoient gens 
■ de petit estât, contendant il piller les riches. ■ 
{Monslr. I, f. 270*.) 

Esiuutller. [Inlercalez Esmutiler, dans une 
charle de 1293 (EsLiennot, Antiq. du Poitou, III, 
oifti ■ - Quant au depiés de membre, esmutiler. 



946): 



• espectier, essoreiller, segner, estorpacier. >] 

Esmuys. [Intercalez E$muyi, qui a perdu la pa- 
role: « Il estoitesmwi/a et ne povoit parler. ■ (Joinv.)] 
Esnaser. [Intercalez Esnaser. pi'iver du nez, 
dans la Chron. des ducs de Normannie.] 
Esne, s. f. Borel cite ces vers du R. de la Rose : 
&ns mettre, n'en pressouer, n'en emtet. 
Et le miel decouroit des cheanes.... 
Ne on n'a point le Tia de Ve*ne 
Tant qu'il soit estraint, et pressea. 
Esné, adj. Né. 

Furent de gent hardie ttné, fPh. Moutk.) 
Esneche, s. Vaisseau de mer. 



Galiei, et barsea, et nés, 
Etnequet, et dromoos Hera. 

Esnetoler, v. Nettoyer. 
Bien ses qu'il convendroit m 
Home et lame, se je n'eatoîA 
Je les eavulde, et eanetoli. 



(Ph. Mowk.) 
(Jbid.) 



{US.7Si8,f.184:} 



i- ESP 

Esnaer , t>. [Dépouiller (Ghron. des ducs de 
Normandie, 36995.)] L'acception de ce mot n'est pas 
bien déterminée dans G. Guiart (f. 331 *) : 

Les rues d'ommes mora enpliasent. 
De dara, de pierrea emuéu. 

Esor, adv. A l'heure qu'il esL 

Certea très hiennoureux aeroie, 

S'Amptaitrion etoi- venoie. (Kuêt. Deèch.} 

Espaaier. [Intercalez E$paaler, étaler poids et 
mesures, au Cartnlaire de Royal Lieu (part. 1, cta. 70, 
an. 1314) : ■ El mesmement [auront droit] de penre 

■ les mesures dudit molin, ou faire penre par leurs 

• gens, i'eêpaaler el de juste fier lesdites mesures 

• toutes fois et quantes li cas s'î offerronl. > On 
trouve encore espaeler au Cart. Noir de Corbie, 
fol. 180', an. 1362: < Avons vendu ....toute nostre 
« muiné ....en desgren au moelin. du boistel faire 

• et espaeler au moelin. • Espaier est au Cart, 33, 
au. 1448: ■ Pourveu toutes voyes que lesdites 

■ aunes, pois et mesures eussent préalablement 

■ esté espalée* à l'espal des mesures desdita reli- 
< gieux. •] 

Espace, ê. f. Terme. [■ Jamais de mey se j'ai 

> espace. N'auras bailie, en nule place. • (Gréfotre 
le Grand, p. 81 .)] • L.cur doit donner quarante jours 

• i'espace de vendre. > (Oeauman. p. 97.) ■ Peu de 

■ temps d'espace. • (Giles Dur. à la suite de Bonoef. 
p. 207.) — [> Quant li rois de Navarre eust esté 

• une Bipasse à Paris. • [Froiss. VI, 43.] — • li 

■ Englois n'eurent autre espace de loisir que ce 

■ que li Fnncois misent à venir de Oisemont à la 

> Blanque Taque. • (Id. V, 20.) Le mot est Unldt 
féminin, tantdt masculin.] — Remarquons cette 
façon de parler : > Mettre on espace ■ : 

II eatoit une grant marée 

De fleiuvDS qui flreot maint [dé ; 

Mes trestout Taiaqui l'aingoetet, 

Et les a mis tous en «apoce : 

Et pot bien corner prise chaG«. (HS.681S,f.aS''.} 

Onquea Apostoile ne fuat 

A Romme, ne qui tant enat 

Com lors en aToit, Boniface : 

Hea il en tu mU en etpace. 

En grant temps avoit assemblé ; 

Ce qui fu pris, non pas emblè. (D)id. f. li *,) 

Li povre amis est en etpaee 

S'il Tient à cort, chaacuni l'an chace. 

Par gros moe. (US. 76iS, I, f. 10S bU. '} 

Espade, s. f. Epée. (Oudin, Cotgr. ; voyez Bab. 
t. III, p. 227.) 

Espae. [Dans Roland , espaent signifie qu'il 
s'épouvante : ■ Ne poet muer qu'il ne s'en espaent. ■ 
(R. V. 1599.)] 

Toy requier-je, dame tria chère, 

Que ton douU Sis vers mo; e$pae, 

Qui me garisse de ma plaie. (XV AUeg. de la Vierge. J 

Espafu, [Intercalez Espaftt, au reg. JJ. 100, 
p. 892, an. 1370 : ■ Les aucuns armez de costes de 

■ fer, les autres porLans et aians hachettes, espafus, 

■ espées,boucliersetautres manières d'armeures. ■ 
De même dans Froissart (II, 331 ) : • I) avoieat baces 

• et espa/fiis et gros basions fierés à picket. ■ On 
dit en liégeois spa/fus.'} 



, Google 



ESP -^ 

Espagnenl, s. et adj, Epagneul. [Ces cbieas 
veDaient d'Espagne : • Qae l'espreveteur se garnisse 

• d'espaignoU. • (Ménage, III, 2.) — ■ Le suppliant 

■ menaot un chien ou espeignoUe. • (JJ. 198, p. 439, 
an. 1463.)] — • Retrouvèrent tous leurs chiens, fors 

• une espaignol que Norhot avoit aourry. > (Percef. 

vï, m. 107 «) 

Espagnol, s. Ce mot a donné lieu à différents 
proverbes : f * ■ Couleur û'espagnol malade. • (Mé- 
nage, Dict.) — ^^ < Un Etpagnol sans Jésuite, est 

■ une perdrix sans orange. ■ (Cotgr.) — 3* > Blanc 

• Espagnol. • (Sermons deBarlelte, part. I", 143.) 

— 4* « Aimer à l'espagnole. > (Brant. Dames Gai. 
U, p. 354.) — 5* * Payer k Vespagnole. ■ (Cotgrave.) 

— 6° ■ Partage à Vexpagnate. » (Fav. Offic. delà 
Cour de France, p. 30.) 

Espagnole, adj. < Corps bien espagnole *, 
pour taille menue et élégante. (Cotgr.) ■ Pour faire 

■ un corps bien espagmllé, quelle géhenne se souf- 

• frent elles 7 guindées, et sanglées avec de grosses 

■ loches sur les costez,jusqaes a la chair vive. ■ 
(Mont I, p. 431.) 

Espagnolette, s. f. Sorte de danse. (Oudia.) 
Espagnolisé, adj. Naturalisé esjiagnol. (Oudin, 

Coterave.) ■ Allemand espagnolise. * (Hém. dii 

card. de Retz, p 334.) 
Espalé. [Intercalez Espaié , complètement 

quitte : ■ Lequel fou»ge H princes n'avoit mies 

• intention de tenir lonçement, fors tant seuele- 
« ment cinq ans, tant qu'il fust espaiét dou grand 

• aident qu il devoit. > (Froiss. Vli,258.)} 
Espaléslé, part. Expatrié, dépaysé. 

li wcodiUb bit qatm millours marchié ; 

Toiujonrs Mra u «sotes tnendis ; 

Kea oa yoît t»Bn cerir l'etpaîetié. {Vat. n' 152S.} 

< Lesquelles, au moyen de la dilte chasse, s'es- 

• loient et se seroient espavisées, et allées esdils 

■ bois voisins. • [Coût, de Uesdin, C. G. II, p. 888.] 
Espaigne, Espalgnerle, s. f. Espagne. 

Tota U miaz aotachie 

Ki mU, de «I en Eipaignt. (Thum. Herien.) 

PeUis, UD cUiC d'EêpaignetHe, 

Oui noQlt Mtoit de grant clergie, ' 

Et moult acavoît d'utrooomie. fBrul.) 

Espaigniere. [Intercalez Espaigniere, au reg. 
JJ. 151, p. 458, an. 1399 : > Icellui Doué... pristle 

■ fromage qui estoit appointié pour faire ladite 

• tartre, et le i^tta sur Vespaioniere, la ou icelles 
« femmes faisoient les couvrechiasd'icelle. ■] 

Espallles. [Intercalez Espailles, dans un Cart. 
deCorbie, fol. 23', an. 1457 : • Lesquelles terres 

■ par longue conlinuation de temps et au moyen 

• 06 nos aiz bos se soient abocquiés et peuplés en 

• partie d'aucuns menus bos, qneon dit esboutures 

■ ou espailles. >] 
Espairé, part. 

aalra Muai fu etptUret, 
clera, et nés, et aacurec ; 
ITy oit nnée qui l'empesche, 
Ponrtent 1; soulaux s'earelnche. (TroU Marie».) 



'>" ESP 

Espal6,-s. Epaule. [La forme est espalle», dans 
Roland, v. 1344 , 3160, 3727.] Voyez S. Bern. p.' 68. 

Espaler, v. Jeter avec une pelle. (Nicot, Oudin.) 
Espalleres. [Intercalez Espalieret, épaulière 
d'armure, aux Assises de Jérusalem (us. ch. 95) : 
■ Et doivent avoir lor chauces de fer chaucées, et 
• lor espalieres vestues. • On lit espauliere, dans 
Blanche et Jehan (v.2979): lesensest bande d'étofTa 
passant sur l'épaule.] 
Espalment, adv. Spécialement. 



Espalnerades, adj. au f, p. Espalmé. • L'on 

• trouva nos galères francoises très belles, et les- 

■ tes, et bien espaluerades, et surtout la reale, à 

■ laquelle il n'y avoit rien à redire. • (Brant. D** 
Cal. L II, p. 297.) 

Espame. [Intercalez Espame, pâmoison : < Le 

• suppliant... dudit besoy cuida donner sur la teste 

• d'icellui Fortamer ;... lequel hait jours après 

■ tumba en espame. * (JJ. 195, p. 1244, an. 1474.)] 
Espamprement, >. m. L'action d'épamprer, 

d'erreuiller la vigne. (Cotgrave, Oudin.) 

Espan, s. f. Empan, mesure de longueur, qui 
se fait par l'extension de la main, depuis le pouce 
d'un coté jusqu'à l'extrémité du petit doigt opposé. 
[•> En laquelle maison... il feroit voulentiers faire 
( ou second estaige d'icelle ung pourget de laditte 

■ longueur et d'un grant ««;jan de saillie sur laditle 

• rue. • (1452, Permission de construire, Le Clerc 
de Douy.)j Charlemagne, ■ de tous membres estoit 
< bien taillé; ainesparu avoit de scint [ceinture] 

■ sans ce qui pendoit dehors de la boucle de la 

■ scinlure. > (Chron. S. Denis, t. I.) Monslrelet, 
parlant d'une bombarde dont les Turcs faisoient 
usage au siège de Constantinople, • tirant pierre 

• de douze espans, et quatre doigts de tour, et 

■ pesant mille huit cens livres. • (Monstr. vol. III, 
fol. 59 '.) Ës/mn désJgnoit aussi la mesure que de- 
voient avoir, en large, les écrituresdes notaires qui 
contenoient 70 lettres, pour le moins, suivant l'or- 
donnance de 1302, rapportée au Gr. Coût, de Fr. 
p. 38. (Voy. Bout. Som. rur. p. 770.) [• Les roolles île 

■ copie auront trois espans de long, et un esp^ :i 

• d'escripture en lé. > (Ord. VIII, p. 304, an. 137V.1 
— On trouve aussi espane aux revenus du comte 
de Haiuaut (an. 1565) : > Et si a li quens comme 
•> avou'weis-.. en fenail mois de chandcille déchire, 

■ quan qu'il en puet espaner entre ses deux mains, 

■ et de le longheche d'espane et demie. •] 

Elspanade, s. f. Action de se panader, de faire 
l'agréable. [Faussse acception ; lisez esplanade.} 



Adieu nlans, qui soulies foire Cringnes 
Pumjlee niea, voûtes, et etpanadm, 
SeiUàns en l'air pour prendre lea esplinguea 



, Google 



ESP 



On faisoit vUitation, 

En tilant, fut pris à l'eacart, 

Au pré de recréstion, . „ . „_ , 

Si lUsoit bisD les eapanada. (Am. rendu Cord. p. 5S5.J 

Espancher (s*), v. S'étendre. - Jeoe m'espan- 
^ cheray pas d'avantage a poursuivre ces allusions 

• etétymologies. • (Des Ace. Bigair. fo1.92.) 
Espandable, ar^. Qu'on peut verser. (Oudin, 

Coigrave.) ■ Ce carnage dura jusqu'à la dernière 
. goûte de son sang epondaWe. • (Ess. de Montai- 
gne, 1. 1, p. 8.) 

Espan dément, s. m. Effusion. Ce mot, dans 
S. Bern. (page 179), répond au latin effusio. ' Par 
■ force de coups, de grans playes, et espandement 

• de SCO sang, s'esloit desdit. * (La Jaille, du Champ 
de Bal. p. 66.) 

Espandpe,v.Bépandre,disper3er*. Divulguer". 
[Ce verbe est souvent confondu avec espardre; l'un 
dérive de pandere, l'autre de spargereî] 

*[« Trenchet la teste pur la cervele espandre. » 
(Roland, v. 3617.) — • Adonc s'espandirent nouvel- 

• les par le pays. ■ (Froiss. Il, 73.) — ■ A l'entrée 
< de janvier les matinées sont tantost etpandues. ■ 
(Id. Vil, 453.)] 

Après se rent à eus Baionne : 
Lt bourjois leans les etpandent ; 
Mes François le cbastel deSendent. 
Qui ne le birent mie atelës. {G. Cuiarl, f. 318:} 
■Nus hom ea terne die. 
Qu'elle l'etmnl, et lime, 
Tant que chascun le set : 
Mal se cueuvre qui le cul pert, 
Ce dit li Tilaine. (Prov. du Vil.} 

[Remarquons l'espression à etpandant, en abon- 
dance : ■ Vin aportent à espandalU. • (Floire et 
Blancheflor, v. 1266.)] 

Espandres. Infinitif pris substantivement au 
sens de rumeur publique. 
Icelle meismee année. 
Ce dil du certain il eapandres, 
Fu ti rois Pbclippes en Flandres, 
Et priatla.par les Beigneuragea, 

Des gentis nommes les hommages. (G. Chtiart, f. S43*.} 
Espandu, part. Etendu, vaste*. Perdu, dis- 
sipé •. [Cette forme extensive est dans Roland, 
V. 3928 : - Del'chef li ad le cervel espandut. ■] 
* ■ ifes terres sont ^andes, et eepandues, ne je 

■ n'y pourroye estre si souvent comme j'ay esté. ■ 
(Lane. du Lac, I, fol. 125 ".) 

En exil met son corps, et as vie, 
Et devient serta, lascties, et eapandui. 
Et d'une erreur Mt seconde folie, 
Quand deux fois et par femme confondus. (E. Detch.} 
Espaneir. [Intercalez Espaneir, expier, dans 
un Ms. de S' Victor : • Que l'an esgardast par quel 

• poene il devroit espaneir lopeichié que il auroit 

• fait. ■ On lit « pechié espenné » aux Enfants 
Haymon (v. 597.) — « Par quoy je ne peus mon veu 
- acomplir, ne aler au Saint Sépulcre, ne espanir 

■ mes pecbiés sus les ennemis de Dieu. ■ (Proiss. 
1. 11, 203.) La racine est le latin expœnitere. (Voyez 
Jahrbuch fiir rom. und engl.. Literatur, VUl, 345.)] 



ESP 
Espanter, t>. Se promener. 

Vait «pâmer BOT Loi». (Pmrl. de BloU.} 

1. Espaatr, v. Epanouir, ouvrir, développer, 
découvrir. [Espanir est pour espandir, autre forme 
de espandre ; • Que jà estoit passez yvers. Et l'aube 

• espine florissoit, Et que la rose espanisoit. ■ 
(Renart, v. 9662.)] 

La rose ronge est etparue. {E. Deteh.) 

.... Est boutons, et naist on temps d'esté, 
En mi le jour a'eipaint ; lors dosclosa 
Odonre un pou, et pUist, mais la nuit doso 
Fleur, et bouton, et rose est amatie. (E, Dfch.) 
• Par grands coups recevoir s'endurcira le cuir, 

• et s'&ipanira la fleur de jeunesse. ■ (Perceforestt 
vol. il, fol. 151 *.) 

Tousjours sa &ce languissante, 

Aux rail ds son oeil, fépaniêt. (Gilet Dur. p. i79.} 

■ Si advint ceste chose entour la S' Jehan, que 

■ les blés sont espanoys et floris. ■ (Chron. S. Den. 
t. II, fol. 7 ■.) 

Morte est, et ensapTelie 

La bonne dame. 
Qui en toute honneur, sans blasme. 

Usa SB vie : 
Pur li doit estre «panie 

Ta mainte larme. /Ti-oim. Poi».} 

Le long de la me sainct Denis, 
T aTOit des jeux, et esbas, 
Sur escharCsuls leo etpaniz, 

Et devant chastellet plus bas. 

Vi[. à* ChKta vn, 1. 1, p. 1M. 

CosjuGAisûH ; • Vit la rose espanie. • (us. 7989 •, 
fol. 73 ''.) — « Flor qui s'espant, et feuille qui ver- 
- doie. • (Oud. de Launi, Poët. av. 1300.) — . Diei 
« doinst que s'uevre s'espeneisse. ■ (m. 7il8, 
folio 294*0 

2. Espanir. Sevrer, priver, chasser : [■ De 

• toutes ooulcenrs propices à leurs complections 

■ les Franchois estotent espanù. * (Froissart, XtV, 
239.)] • De l'ostel l'a espaint. • {us. 7989 ', f. 91 ''.) 

■ Ne nous attendons plus a doiilceur de mère, 

• espanys sommes. • [Percef. IV, fol. 152 «.) 

S'il est Tianlx et e$panit, 

AnoOT vault mieux tart que jamaia 

Soy marier, pour avoir boira. (E. Deach-f 

L'on n'eut leana soufhrt boutter. 

Sinon les loyaux doloreux. 

Les desponrveus edventureux 

Les désolez, les etpani*, 

Meamemeol poTrea amonreux, j /. j .,/,« , 

Qui de leurs dames sont banms. (Am. rendu Cord. 106.} 

n y en avoît vingt etpaniz, 

Tels qu'il luyptairoit de nommer, 



Espannlere, s. f. [Voyez Espaighibre.] 
De la vesse qnll prent première 
Fait on majeur allée chiere : 
Celluy qui la portoit enfin 
Est levez aur une etpanniere. (E. Dateh.} 

EspaoTir, v. Epouvanter, (us. 7218, f. 383'.) 
La grant douleur qui or me chace. 
Me fait le cuer eapao»rir. (G. Guùtrl, f, SSl ^.} 



yLaOOgle 



ESP -* 

Baimpfaus, ê. m. [Vplr Espatct.] 

D'arcliegal* fa'oKi getta et lance, 
De bnsean, etpaphia, gulaanneB, 
Poiat Q. kTolJr pMbe aa paoce. (E. DesehJ 

Esptipllloter, V. Mettre en petits morceaux. 
(Oodin.) 
Ei^Hir, adv. A traverB. • Si vit la luae luire 

■ espar une fonestre. * (hs. 7989 ', r. 71 '.) 
E^parcete , s. f. fiou vulgaire du sainfoin. 

(Oudin, Coterave.) 

Espardemeat, s. m. Action de répandre, de 
dissiper. (Cott^. Rob. Estienne.) 

Elspardre, v. Répandre. [Le participe passé est 
«pars («parsus), aujourd'hui expars.']— < Si que 

■ par le monde il t'etparde. ■ (Percer II, fot. 66*.} 
— {* Et dist, or iert Renart gaitiez Sovent ainz que 
1 la guerre esparde. ■ (Renart, v. 532.) De même 
dans Froissart, II, 403 : > Ces nouvelles s'espaV' 
» àirent parmy le ville de Gand. > De même au 
L IV, p. 271 : > Yous venés tout à point pour espar- 
• dre de la bénite iaue sur les mors. > IL signitle 
aussi : i' Di^wrser : ■ Uns grans tourmens se mist 
' sus mer qui,e*pardi tous les vaissiaus. ■ [Froiss. 
IV, 143.J — 2* Finir, en parlant d'une assemblée, 
à'uoe fâte: ■ Avaal que la Teste fu esparse. > [Id. 
III, 334.}] 

Esparé (à I*), exprès, adv. A découvert. [Voyez 

s'EsPU£R.j 

Qnt Tooa mettrolt le cul d l'etpari. 

Pour bien acavoir «a quel point est U lune, 

L'op sçauroit bien, sana laire long narré, 

SI Boubi les drapa voua estes blanche, ou brune. 

CkMM K téf. d'Amova, p. 48S. 

Esparer , v. Eclaircir *. Sécher *. Terme de 
man^ ". 
* • Je voy le ciel du cousté de la traosmoatane 

■ qui commence a'esparer. ■ (Rab. IV, p. 98.) 

' Les oiseaux mouillés doiveal ëlre mis • en lieu 

■ sec, et cbaud, ou l'bumidité par eux accueillie se 

■ puisse esparer, et assécher. > (Fouil. Fauc, 30 *■.] 
^ ■ Aux véritables caprioles le cheval estant ea 

• l'air à la un de sa hauteur, avant que tomber à 

• terre, espare entièrement du derrière faisant 

■ reaooMr la jointure du jarret. C'est à dire qu'il 

■ rue lODt d'un coup, en estendant les jambes en 

■ arrière avec violence : quand il n'etpare qu'à 

• demy,oiidonoelenomâebalotadeàlacapriole. ■ 
(Le P. UeitesLr. des Tournéis, p. 174.} 

Esparge, a. f. Asperge, selon Oudin et Cotgr. 

• Prenez cinq grains, ou sept d'une berbe qui est 
« appelée esparge, et les mouilliez, et destrempez 

• de mesque de cbievre, et donnez au cbien à la 

• quantité de plain un grant verre si garira. • 
(Mod. elRacio.fol. 61.} 

Eapargnaible, adj. Econome, sobre. 

Dea Tcaius qnll BToit ta pare, . 

Et h iwtraindie te eompeie 

A. ceux qui forent eêpargnabie. {E. Desch.J 

Renart (t. 13327) donne espamabie, et la Cbron. 
de Nangis espemable. 
Esparanttbleinent, adv. Avec économie, avec 



ESP 

réserve. ■ Il vit espargnablement. • (Enst. Descb.) 
espargnablement Vivre du sien, et non foie- 

■ ablemeot. ■ (Ibid.) 

Espargne, s. /. Chose qu'on épargne*. Ména- 
gement '.Trésor royal ". 
* [■ Haiot ribaus.... despendent en la taverne 

• Tout lor gaaing et lor espargne Puis revont portier 
- les fardiaus. ■ (Rose, v. 5072.)] 

Le cueur, et l'œil de chascuoe se baigna 

En eaTe de pleurs ; larmes de longue esparge, 

Fault qu'on distille. (Çretin, p. 55.} 

■ « Sans nulle espargne. » (Ordon. 1. 1, p. 607 '.} 

> Senz espargne, etsenz faveur. > (Ib. III.)— ■ Pu- 

■ nitioo sans espargne. > (Ibid. p. 197.) — [■ Duquel 

■ pasté ayant mangé deux ou trois lèches a l'espar- 

• gne , > parcimonieusement , dans Despériers , - 
Contes. XII J 

<^ ■ Quana le Boipie de Foucal escuyer du roy. 

• et garde de sa finance, nommée communément 

• Yesparçne, ouyt dire. • (Monslr. I, f. 92*.) 
Espargae mailles, s. m. Tronc à mettre de 

l'argent. • Firent boetes, ou espargne mailles, où 

■ ils contraingn oient les passans de mettre argent. 

> pour les cierges, et luminaires. • {Etat de la Fr. 
B0U3 François n, par La Planche, p. 124.) 

Espargnement, s. m. Economie, ménagement. 

Variantea : ESPARNIMZNT. BeaumOtt. p. 13. — ESPERNB- 

MKNT. Pofit. ar. 130(1. 
Espargner, v. Epargner. [* Turpins i flert, ki 

• nient ne VespaTignet. • (Roland, v. 1665.) — . La 

■ terriene leis ne deit nul espamier. ■ (Thomas de 
Cantorbcry, 32.)] — On le construisoit avec le datif: 
« Espargner m% neveux. » (Chron. S.Den.I,f. 17.) 

■ 11 espergna aux femmes, et aux simples gens. > 
(Ibid. t. il, fol. 33.) — ■ Deussent avoir bien gardé 
< leur bien, et l'avoir espergné pour s'en secourir 

• en lieu, et en temps. • (Joinv. p. 32.} Voy. Villon, 
p. 52, et Crétin, p. 195. 

Espargoier, s. m. Aspersoir. (Du Cange, sous 
Sparsorivm.) [Le gloss. 7684 donne Espargouer.2 
Esparjur, s. m. Parjure. (Ass. de Jerus., p. 56.) 
Esparjurer (s*), v. Se parjurer. (Id. p. 113.) 
Esparmenter, v. Essayer. On a dit du chien de 
chasse : 

Puis ru il bien aparmentei, 
Et à. grana béates eaprorez. (ParWn.) 

Quant U les ot esparmettlei 
De lor malvaisea lolentes. (Fabl. de S. G.) 

Esparn. [Intercalez Espam, espeme, espaime, 
espaimance, action d'épargner, dans la Chron. des 
ducs de Normandie.] 

Esparnoniste, s. m. Partisan du duc d'Eper- 
non. ■ Commença de marmonner entre ses dents 

■ que j'estois Esparnoniste ; mais si bas qu'il fut 

■ entendu de tous qui etoit pour exciter la haine 
« publi(iue contre moy; car pour vous bien dire, 
« le seigneur d'Ësparnoa est aojourd'huy si peu 

■ aimé aedaos nostre ville, que l'on impute à grand 

• crime de s'eslre meslé de ses affaires. ■ (Lett. de 
Pasq. 1. 1, p. 825.) 



y Google 



ESP 



Esparpetl, i. m. Action d'éparpiller. [Uonet, 
id. el Colgr.) • Là feirent grand effroy, et espa 
p£i/,-pourqi]oy tout l'ost ou dit duc lut esmeu 



Esparpellller, v. Eparpiller. [> Si cum eve 

■ espiindut sui, el eiparpeilet sunt tuit 11 mien os. ■ 
[Lib. ptaltnor. page 26.) Edouard le Confesseur 
[v. 4601) donne AsparpUlie%.'] — • Les François 

■ furent esvarpeiUiez , et reculez jusques à un 

■ aunoy. > (Hist. de Bertr. Ouguescl, par Hén. 335.) 

• Les deux chevaliers se lièrent entre eulx, el en 

■ vont ferir les deun, au premier poindre, de leurs 

• glaives parmy le corps, et les portent à terre 

■ navrez à mort ; lors les vont esparpilier; mais 

■ non pourtant ne vont pas fuïant, ains se vont 

■ deffendanl vigoureusement aux deux chevaliers.* 
(Percef. 1, f. 86 ' ; voyez Rom. du Brul, us., et Britt. 
Loisd'Anglet. fol. 272'.) 

Esparre, s. m. Espar, de l'allemand s/uirrvn, 
chevron. 

Ud eiparre longe, et pesant 
k trovëe lèfl lui, en preBant : 
S'an vait, si Terut un gloton 

One ne It valu un boton. {K dtAUx. D. C, «mm Sparro.^ 
[• Le suppliant s'en retourna cuidant entrer 

• oudit hostel, et trouva ledit huis fermé et barré 
> par dedens à une grant esparre de bois. >• JJ. 129, 
p. 140, an. 1386.) C'est aussi une pièce de la char- 
rue : • Guillaume Ternis phstoudit lieu où estoit 

■ ledit tumbereau, le fer et le coultre de une char- 

■ rue, le vennelier, la maislre, le lirot el Yeiparre 

■ qui se tient au vennelier. â quoy on attelle trois 
« chevaulx, . {JJ. m, p. 35, an. 1377.)] 

Esparse (en 1'), exprès, adv. Çà et là. > Cesle 

■ nuict les dits Angloia furent logez bien en sept, 

• ou huict villages en l'esparse. ■ (Honstr, 1, 227*.) 
Espai-sément, adv. Çà el là. (Oud. Cotg.) ■ Les 

■ seigneurs se logèrent espartement aux champs, 

■ au mieux qu'ils peurenL ■ (Froiss. Il, p. 252.) 
Esparsln. [Intercalez Esparsin , proprement 

dispersion, par suite carnage : * Si en ruèrent par 

■ terre pluiseurs et occirent et decoperent el Usent 
« un grant esparsin. » (Froiss. V, 94.)] 

Espart, 8. m. Regard *. Eclair *. 
* Si estoient U mien etpart, 

ToudiB, tirant de ceUe part 

Vers ma dame, eusi que aoloie. fFrcnst. poëa.) 
" [■ En celle partie ou l'est le roi Clothaires estait 

• logiés, ne venta point, ne ui chai yaue, ne nuz 

■ signes à'espart, ne de tonnoire. • (Dom Bouquet, 

m, 193.)] 

Car j'ay espoir, et main, et tart. 
Que mal temps, tonnoirre, à'espart 
Ne puent longuement durer. {E. Detch.) 

Qui veit en la marine faire tabor Boner, 
Vaut je, et plouvoir, et sani eipart loner. (Ch. Muiart.J 
On lit : !• • Espars de feu, ■ dans Percef. vol. 1, 
fol. 73 ^ — 2* ■ Espars pleins de souffre. ■ Machine 
de guerre employée par des assiégés pour leur 
défense. (Ibid. I, f. 5».) — [• Par tonnoires et par 



- ESP 

> espars. > (Rose, v. 18088.) Vetpan est la lumière 
qui s'espart, se disperse dans le ciel.] 
Espart, adj. Ecarté, séparé *. Vaste, étendu ". 

* Un les regardoit, qui U fut. 

Qui loin du gieu estoit etpart. (E. Deteli.) 



' ■ Puis vint 1,e comte devant la cité de Poicliers 

• qui estoit grande et esparse. ■ (Froiss. I, p. 158.) 
Espartl, partie. Semé cà et là. * Est à noter 

■ que la narration de l'accusateur doit estre inter- 

■ jeclée de suspilions, el espartie de obscures de 

■ defTences, > (Fabri. Art. de Rbétor. I, f. 47^.) 
Espartlgnes. a. pi. Espadrilles. • Les Romains 

> usoient de souliers.... tirants la façon des espar' 

■ tignes, et souliers de cordes dont Von use en 

• Espagne, > (Fav. Th. d'Honn. I, p. 371.) 
Espartlr, v. Répandre*. Disnerser, répartir, 

distribuer'. Pai-tir'^. Faire des éclairs**. [Cest la 
un composé départir.] 

* ■ Le ciel &'espartit en tonnerres, foudres, tem^ 

• pestes, et grosses pluyes. ■ (Alect. Rom. fol. 2*.) 
— • Cependantque il regardoientle temple, elhaut, 

• et bas, et que ilz s'esmerveilloieat dont telle 

■ clarté venoit, et qui s'espartoit partout si uny- 

■ ment, et si n'y avoiL au temple fenestre de nulz 
. coslez. . (Percef. 1, fol. 36, R* col. 2.) 

Princes d'amours, ^'ueillex nous delinnr 

De ce serpent qui «ton venin siport. (Etat. Detch.) 

■ [• Ainsi s'esparty ceste dessus ditte ohevan- 
•> cbie. > (Froiss. XII, 330.)] 

S'f vont, par aultres réglons, 

Querre terres, el mansions, 

Pour la multitude etpartir. 

Que la terre ne peut soufnrlr. (Brul.) 

On lit départir dans le us. Bombarde. 
° < Le prince préside en la chose publique, et de 

■ luy procède et esjiarf le pouvoir, et autorité que 

• ont les autres membres du corps politicque. ■ 
(Htst. delà Tois. d'Or. II, fol. IIO".) 

Car de leo estes e*part 

Le plus prochain, pour ce. le part. 

Estes vous de par de appellei. (Etui. De$eh.) 

[< Par nos espies que nous espartirons sur les 
« champs en plusieurs lieux. ■ (Froiss. XI, 168.) 
De même au reg. JJ. 147, p. 17, an. 13y4: ■ Lequel 

■ de Glaînville haroit son chien aus pourceaus... 

■ pour les effreer et espartir, afin que le suppliant 

> ne les peust avoir ne appréhender. >] 

" > S'éleva ung estourbillon, et commença à 

■ espartir. et à tonner si durement, etàvenlerqne 

• son pavillon fut du tout derompu. ■ (Chron. de 
S, Den.I, fol.209".) 

Quant il eipart, ou tonne, on crie en la. (Eutt. Deteh.) 

* Ce jour de S' Laurent, tonna et esparty le plus 

• terriblement, et le plus longuement que on eust 

■ vu d'aage d'homme. > (Journal de Paris, sous 
« Ch. VI, p. 56, an. 1419.) — [• Le suppliant veant 

■ granlei horrJbleboragedetemp3,...en plouvant, 

> greslant, tonnant, ventant et etparttsiant , tele- 



yLaOOgle 



ESP -' 

« ment que à peine ne poveit homme cognoistre 

■ l'autre. •• (J^ 146, p. 302. an. 13»i.)] 
Esparvage. [Intercalez Esparvage, au reg- JJ. 

173, p. &69, an. 1426 (Libertés de Caen): ■ Item 

• prsêdicli bui^nses poterant conferre... quatuor 

■ persoDîflofnciumdeonerandî sal existensinvasis 

• in riparia, et ofQcium de X'esparvage in riparia 
« d'Outne. ■] 

Esparvler, s. m. Epervier. • Veapervier à 

■ dames > étoit distingué des éperviers ordinaires : 

■ Doit avoir la dame aucun qui paiz son espervier. 

■ Quant il aura prinse l'alouette, qu'il la raporte 
> sur le poing à son maistre, ou à sa dame, ou à 

■ sa maiiresse, et quant il Tant, il revient de nou- 

■ vel, et telzespervierssont appeliez espervien à 

■ dames. • (Hodus, fol. 76 *.> — [■ Plus est isnels 

• qa'esprever ne arunde. • (Roland, v, 1492.)] 
Espas, adj. Epais, dans S. Bern. (Serm. fr. p. 

110) : ■ El mont ombrions et espas, in monte um- 

■ Imiso et condenso. ' ORViieacore, p. 98: » Espas- 

• usleQebres, ■ dans le latin densissimœ tmebrœ. ■ 
[Dans Roland, V. 3529, on lit: ■ El plus espès se 

■ s'nimpenl. • L'origine est le latin spiuufn.] 
Eapasier. [Intercalez Espalier, lontainier, an 

reg. JJ. 167, p. 384, an. 1414: ■ Icellui Talhade 

• envoya un etpasier dudit Montpellier. >] 
Espasse. [Intercalez Espasse , travée , espace 

entre deux enlrails : • Une maison contenant deux 

■ corps d'hostel, chacun de deux espasses. * (Ter- 

• rier de Montlhéry, an. 1548.)] 
Espatement, s. m. Action d'épater, d'élai^r. 

(Cotgrave, Oudin.) 

Espater (s*), v. S'étendre. (Oudin.) [En Hainaut, 
la idle est dite fer espatéJ] 

Espatlns. s. m. pi. Patina, souliers. 

L* boe y Mt toiu las swlliiB, 

Vtè j aj mea upaUns. (Eutt. Deteh.J 

Espanchez, adj. au pt. Vagabonds. > ÂV3ntu- 

• riers plus espanchez ...on ne voit. ■ (Rog. de 
Collerye, p. 110.) 

Espaod. [Intercalez £spati{f, défeos dans une 
forêt : ■ Concessit in eadem foresta ubique, excepte 

■ in defensis, quœ dicuntur espûud, pascua equis 

• fratrum. . (JJ. 104, p. 49.)] 

Espande. [Intercalez Espaude, châlit, au reg. 
JJ. 138, p. 163, an. 1390: • Le suppliant lia sa femme 

• & Vespaude de son lit et la feri d'une oongnée. ■] 
■Espaulart, s. m. Nom vnlgaire de ta phocène 
orque de Cuvier. (Oudin et Cotgrave.) 

Espaaie, s. f. Ligne de parenté*. Sorte de 
droit'. Epaulement''. [£spa/te [Roland, v. 1344) a 
le sens actuel.] 

' . . . Pour Tona conrt la renommée 

Comme d'eslre plui prouchsln. 

Comme vny nepven certain 

Du Hon monselsneur de Ganle, 

Qœ Le lion, qui de Vetpmda 

Haisnée et senestn est Tenu. (Ewtt. Deiek.J 
* Droit accordé au prêtre après la célébration du 



►- ESP 

mariage et qu'il pouvoit exiger sous peine d'excom- 
munication : •■ Bur^nses de Castellione remane- 

• buntet erunt quitti et immunes... de omnibus 

■ redibentiis de omni hospitagio, de fercuUs 

> nuptiarum vocatis espaules. > (Charte de Guil- 
laume, abbé de Fleury, an. 1296.) 

^ < Nous tirâmes une autre ligne, et llsmes deux 

• barricades sur les deux avenues, et une épaule à 

< une traverse. > (Mém. de Bassomp. Il, p. 305.) 
Remarquons ces expressions: 

1" • Faire » ou « prester espatde , » favoriser, 
aider: ■ Pourvu que fortune ne se lasse trop deluy 

■ faire épaule. • (Montaigne, II, p. 684.) 

Peifidea, vona prealei Pepaule k leur retnite, 
Et c'est ce qui voua bit me la tenir se«rete. 

Lt Vam. «m. la P. Cm. IV, •s. t. 

2* ■ Ayo\T espaute , ■ être soutenu. (Mém. Dn 
Belt.liv. X,rol. 345*.) 
3* [• Leur ayant toutes fois fait tourner les es- 

■ paules, ■ c'est-à-dire prendre la fuite. ■ (Lanoue, 
page 429.)] 

1. Espaalé (mal), aâj. Mal conformé des 
épaulef 

H. 

Cl , 

Long col ay, mal suy «tpauUi. (Eutt, Deteh.J 

2. Espaulé. [Intercalez Etpaulé, aux Ord. IX, 
p. 171, aa. 1403: * Nul ne pourra avoir drap 

■ espaulé, c'est assavoir drap duquel la chaenne 
•I ne soit aussi bonne ou meilleur comme les lisie- 

• res. -] 

Espanlée. [Intercalez Espaulée, charge sur 
l'épaule, dans Cuvelier : • BerLran devant portoit 

■ une grande espaulée; Bien sambla bosquillon qui 
« le vit la journée. »] 

Espauler, v. Froisser l'épaule. On a dit d'un 
paillasson qui se mettoit au devant du cheval : 

• Est bon pour garentir le cheval ou destrier, d'M- 

■ panier contre le hourt. • (La Colomb. Th. dllonn. 
I, p. 59.) — [- Mais le cheval qu'il ol s'espaula, ce 
. dist-on. - (Guesclin, 17607.)] 

Espauletée, s. f. Epaulée. ■ Par espauletées, 

• ou par etpauiette, > à différentes reprises, (par 
espaulée se dit d'un mur bftU par redents, à diffé- 
rentes reprises.) * Cette exclamation est seure : 

■ voila qui est beau , ayant ouy une entière page de 

■ Vii^le ; par lu se sauvent les Dns : mais a'entre- 
« prenâre h le suivre par espaulettes , et déjuge- 

■ ment exprès, et trie, poisant les mots. Tes 

■ phrases, les inventions , et ses diverses vertus 

< l'une après l'autre, ostez vous de là. ■ (Mont. 
III, p. 274.) 

Espaiiliere, s. f. Partie de l'armure qui défen- 
doit l'épaule'. Amict'. Chausse de docteur*. Tapis- 
serie". Encolure". 

* [Voyez EspALiGBE. ■ En celui tens nen i avoit 

• bacinet ne espauUeres. ■ (Hist. oocid'* des Croi- 
sades, I^ 197.] 

' Amict dont les prêtres se couvrent les épaules 
pour célébrer la messe. Du Gange, sous Sjùituta- 
ria, cite le Honasticon Anglicanum. 

7 



, Google 



iSP 



-50- 



" [Voy6B &!APEiios.J ■ II le donnera, paar te Ciire 

• docleur, une epopme, ou epauliere d'un coup de 
« barre de îer sur le oollet , en guise de cbausse 
ï d'hypocras, ou de hallebarde de drâp^ • (Moyen 
dé Parvenir, p. .44.) 

° Tapisserie mise sur lefl murs k la taautew des 
épaules, d'après Nicot et Hoaet. 
' On a dit du crocodile: * Il a la teste teUcnent 

■ ointe aux eipauUeret, et de si droit III , qu'on 

• D'ycugnoistaucunedifféreoGe,àcauBequeBature 

■ tient son col eouvcrt, et caché. ■ [Du Vcrd. 
Bibl. p. 8.) 

Espaulloler. [On lit dans ane paraphrase du 
Miserere (Du Cange, 1, 767 ^) : « Orgeus va des bras 

■ brachoiant, Des espaulles espauliotant. >] 
Espaultre, a. m. Epeautre, espèce de fronaent. 

[On lit dans Àlebrant (fol. 42) : • Avoine et etpiau- 

« tre sont froit et seo. «] 
E^aaln, dt^'.Qai a de larges épaules. (Ondin.) 
Espaulure, t. f. Ëpaulement. (Golgr., Ondin.) 
Espaulx, s. m. pi- Peut-être empan. « Ou dit 

■ siège [de Constautinople, en 1453], sy avoit plu- 

■ sieurs bombardeSf et autres instrumens, pour 

■ abalrelemur, et ettb« les autres une grande 
k bombarde de oMUil, tirant pierre de neuf ea/HiHto, 
< >et<tuatredmsd'eBtoar.*(Hart.Anectl.1, c. 1820.) 

Espaater. [Inleraalez fispauter, au reg. JJ. 127, 
;>. 91, an. 1S85 : * L^efcposaat frappa et chassa àl'orl 

■ ses diz chevaulx lesquels se espauterent et 

■ commencèrent à ater fort et le bon trot. -J 
Espantrer, v. Mutiler. ■ Noyez, pendes, empa- 

■ \ez,espauUre%, démembrez, eienterez, decou- 

■ pez ces meschans hérétiques. ■ (Rabel&îs, iV, 

St. 224.) -^ [-> Et «nt la te^ toute etpautrée. > 
Froiss. XVI, 114.) Leronetii a coBservé le mot .au 
sens d'écraser, fraoaaser'.] 

Espauvyers, s. tn. pi. CoTlecllf d'épaves. Du 
Cange cite sous spairœ an dénombrement de l'ab- 
baye de Baigne : ■ Tous etpauvyers sont â la dame 

■ abbesse, et doivent être nevelez k la dite abbesse, 
- en toute la terre, dans .mv. heures, et 4ou8 
't< bournboos, et eyssan, dans huit jours. • 

Ëspave, 8. m. Terme de coutume '. Terme de 
vénerie •. 

* Comme terme de coutume, ce mol a signiflé : 

!• • en droit seigneurial > par lequel les choses 
égarées et non réclamées appartiennent à un sei- 
.gneur haut justicier. 

2° 11 signifie encore la chose perdue et non récla- 
mée, les bâtes garées. [Les épaves étaient tous les 
animaux écliappés des mains de leurs mattres; la 
-loi les attribuait à l'inventeur, à cause de l'incerti- 
tude où restait enveloppé le droit du propriétaire 
primitif. La Coutume de Laon les définissait : ■ Bétes 
"• ^rées qui ne sont avouées d'auoun seigneur. ■ 
On appliquait le môme principe et la même dési- 
-gnalion aux anitnaux sauvages qui se laissaient 
prendre hors de la présence des chasseurs dont ils 
avaient fui les coups. Le terme épave a été ensuite 



transporté à tons les biens meubles dont le mattite 
restait inconnu [Voyez Bms): < L« oozes trouvées 

■ et les etpavei, qui n'ont point de suite... doivent 

• cstre au s^foeur qui a la haute justice. ■ (Beaum. 
liv. VIII, 3.)] 

3* [Etranger, dans un rtf. de 137B (B. N. anc. 
5991 ■] : ■ Espaves sont hommes et femmes nez 

• dehors le royaume de si loingtains lieux, que 
" l'en oe peut ou royaume avoir congnoissaoce de 

> leur uaiivites : et quant ils sont deuiourans au 

■ royaume se pevent estre ditz etpava. ■ De même 
au reg. JJ. 68, p. 269, an. 1347: > Comme Jehan de 

■ Saint Pol se rustalezesbalreavecqnesunefemme 

> espave venue à S. Riquier en Pontieu. •] De là. 
on a dît: ■ Mots espaves, mots auxquels on a donné 

• la chasse comme â ces bétes sauvages, ou à ces 

• animaux domestiques , qui deviennent etpaves, 

• dès le momentque l'épouvante leur a fait aban- 
< donner leurs forets, ou les quarfiers où on pour- 
« roit les reclamer. » (Le Duchal, sur Rab. Il, p. 47.) 

' Comme terme de vénerie, c'est la frayeur que 
les chiens cauaeni an cerf, et c'est la forme verbale 
du verbe espaver, sous eepoanter. < Aucunes foiz, 

• uncerfvondra bien passer par devant celluy qoi 

■ tieBtle8felaiz,£tlorsnedoitUbeugernefbriiner, 

■ pour quant qu'il ait veu, car moult de fcûE , un 
. < cerf quiseniau meismes pars s'en pourra bien 

> aller de r^atw et effreinleoe chiens. > (Chasse 
de Gasl. Pheb. ms. p. 21g ] 

Espavlgnéas, <Ut). Qui a les épArvins. 

GossM de monai art ocvmib. 

Encan loit il espavigtieu*. (Poét. av. iSOO.J 

EspavUé, s.J. Droit d'aubaine. (Oudio, Coter., 
Laur. Gloss. du Dr. fr.) Voy. Coût. Gén. I, o. 457, et 
N. C. G. II, p. 871 '. 

Espec. [Intercalez Eipee, en latin apia&ter, 
d'après le gloss. lat. fr. 7684. C'est un petit oiseau 
qui mange les abeilles, peut-être l'ifp^cne, le pivert 
bigarré.J 

1. Espèce. [Intercalez Espax, épice, du latin 
species, aromates : ■ Qui mist en reuiw odour am- 

> brine. Ni autre eêpece alexandrine: ■ (Reclus de 
Holiens, D. G. VI, S20*.) On Ht eapeice, dans PartQ- 
Jiopex,"v. 4585.] 

2. Espèce. [Intercalez Etpeee. 1' Collection 
d'individus, dans la Rose (v. 7003) : « Force de gene- 

• ration, Por Vespeee avoir tous jours vive Par 

• renouvelance naïve. ■ — 2* Prétexte, motif : 

■ Sur eipèee et convoitise de fort gaignier. ■ (Frois. 
XIV, 198.)] 

Especiflé. Spécifié. (Ordon. des R. de France, 

I. II, p. IW.) 

1. Ejectai, Uêlé d'épioee: ■ Boire apécial, 

• bruvage especial. • (Voy. Percef. vol. V, fol. 38'; 
Tiran le Blanc, 1. 1, p. 37.) 

2. Especlal. [1* Particulier , exprès (forme 
savante spécial) : • Par apecial messagier. < (Frois. 

II, 40.) — 2* Pressant : >■ Un très e^cial mande- 
- ment. » (Id. t. III, p. 247.) — 8" Remarquable : 

■ Jeulaux riches et etpedaax.- (II, 39.)— 4* latime : 



yLiOogle 



ESP -'■ 

• S«s e^daU amis. • (Hl, 469.) On disoit adver- 
bialement : 

Et end bien que IH«x, et nature 

Lee flasnt par etpeetal. {Ffvia». poëa.J 

Espécialité, S. f. Espèce '. Cas particulier". 
Distinction ". 

* • De toutes semblables choses, de quelquecoaque 

■ nature, oa espéciaUU qu'elles soient. > (Ordon. 
t. n, p. 545.) > Amitié e&t l'espèce, ou espéciaiité 

• d'amour. ■ (Hist. de la Tois. d'or, I,f. 16.] 

* ' Diaoieat l'especialit^ devoir desroguier i la 
. «énéralilé. « (Monstr., IH. f. 27 ^) 

^ - Dieu scait si les belles femmes manquent en 
« cette ville, et en abondanoe, sans especiauté. * 
(Brant. Dames Gai. t. U, p. 363.) > Par espéciaiité, > 
ou en grand especiauté, d'une manière spéciale, 
comme par e$pecial. ■ Il luy fut dit, et remonstré, 

■ par grand tpécialité de conseil. ■ (Froissart, 1. 1, 
p. SS>5.) * En grand speciaul^. * (Ibid. IV, p. 829.) 

Elspectaument. Spécialement, aux Preuves de 
l'Qist. d'Auxerre, p. 65, an. 1276 : < Otroions au 

■ devant dites nonnains que cites paisiblement se 

■ puissent acroistre ....au tote nostre sonlise, ou 

■ que ceile soit, et «spMiaummt en ladite sontise 

• de S. Gervais. •} 

Espectacle, s. m. Spectade. (Henry Est. con- 
fonn. du fr. avec le grec.) 
EspéciileracioD, ». f. Spéculation. ■ Si devez 

■ savoir qu'en ee petit livre a monlt belle espeeulé' 

• raeion, et moult sobtieve, car par li congnoist on 

■ les meurs , et les inclinations naturelles des 

• hommes, et des femmes. > (Liv. de Phision. par 
Arist., Bibl. du R. us. 7649.) 

Espée, t. f. Epée. [On lit déjà dans S" Eulalie : 

• Ad une spede li roveret tolir lo chief. • Le mot 
«st anasi dans Rcrfand, v. 9340, 465, 1517.] 

1* ■ Etpée k une main >, ou ■ É main. ■' — ■ Fut 

■ commencée... la tierce emprise k coupe de lance, 
« et à conps û'etpée à une nuUn. > (La Colomb. 
Th. d'Honn. 1 1, p. 186.) • La oombaltoient, les uns 

■ contre les autrêS) de lances, haches, et etpéss à 
M nain. ■ (Monstr. I, f. 205*.) 

9» ■ Espée & deux mains. ■ >- [■ Le suppliant se 

■ fensi transporté à ung Ueu prèsde Baveux, onquet 

■ avoil grand nombre de gens assemblez pour ung 

• jeu pnolique qui y estoit, c'est assavoir de l'apée 
« à deux mains. > (ii. i73, p. 477, an. 1426.) De 
même au reg. U. i76, p. 775, an. 1450 : ■ Le sup- 
> pliant et plusieurs anlres estant assemblez en 
' nostre ville de Paris eu l'ostel de la Pie près 

• S. Gervais, pour «prendre à jouer et eulx ebatre 
■' du jea de l't^e à deux mains. •] — • Monsieur 

« a son pavillon sortit, et ses tenans, et force 
a taboorios devant, et mou dit seigneur en robe, 

■ uoegrandeMp^eà deux mains sur son espaule.» 
(La Colomb. Tfa. d'honn. 1. 1, p. 186.) - Sacquer de 

• Vepée à deux mains ■. Faire le moulinet à droite 
et à gauche. Olucta. sur Rab; 1. 1, ç. 163.) 

3* ■ Eipée bastarde • ou • espee de passot. • Le 
Doehat, sur fiât». 1 1, p. 227, appelle epée bâtarde 



ESP 

celle qni n'avoit point de nom certain, c'est-à-dire 
qui n'eloit ni francoiae, ni espagnole, ni proprement 
lansquenetle, mais plus grande que pas une de ces 
trois sortes d'épées : ■ Les archiers auront les satft< 

• des sans visières, arcs, et trousses et etpéet de 
« passol, assez longuettes, roides, et iranchans, qui 

• s'appellent etpéet bastardes. ■ (Le P. Daniel, MiL 
fr. 1 1, p. 243.) • Armes offensives qui estoient 

■ deux e*péei bastardes, pouvans servir à une 
•I main et & deux, ■ (La Colomb. Th. d'honn. t. II, 
■page 461.) 

3* bi». [■ Perrin Bonnol, qui avoit uns etpée 

■ batue en sa main, de laquelle il avoit jouée le 
' jour dessusdit au jeu du bouclier. » [ii. 126, page 
188, an. 1385.) C'est une épée émousiée dont on i 
abattu le tranchant.] 

8> fer. [«DictusBosodIctumAdemammpsrcasait 

■ cum eM6 à eitoe. > {Oiim, t. 56, an. 1268.)] 

4^ ■ Etpéet gracieuses. > G'étoient des épées dont 
le tranchant et 1s pointe étoient rabattues, et dont 
OQ se swvoit dans les teuraois. (P. Daniel, Mit. tr. 
1. 1, p. 385.1 

5* « Espée d'armes. ■ — ■ n print sn grant espée 

■ d'armes, qui a son owté drâctra pundoit à ung 
« crochet. • (PeUt J. de Saintré, p. 397.) 

6* ■ Espée de Bonrdaanx. • .- ■ s'y oombsUrent 

• monlt vaillamment, de œ qu'ils avoyent, comme 

• haches, et espées de Bordeaux. • (Frois. I, p. 435 ; 
voy. Hist. de B. Duguescl. par Hén., p. 143.) 

7° ■ Espée de corps *. — - • Qui de lances de gect, 

■ de haches d'armes, ^'espées de corps, et de 

■ dagues, nous ayent combatues. > (Petit Jean de 
Saintré. p. 522.) 

8* - Espée de gcct. > (Petit Jean de Saintré, p. 68.) 
Toyei le suivant. 
9° « Espée à geller. » — • Tu peus bien descendre 

■ de ton ebeval loing da oerf, et lui getter des 

< pierres pour le faire partir, et aler de place en 

■ place tant qu'il soit au lieu si couvert que tu 

■ puisses tant aproucier que tu lui oouppes les 

• gérés de ton espée, ou lui donner de ton espée à 

• g^ter, et ainsi le pourras desconfire et tuer. > 
(Mod. etRacio, fol. 27'.) 

9° « Espée de guerre. « — ■ Le coup fut grand, 

■ ....si va descendre sur le senestre, bras si engois- 

< seusement que si l'espée eust été de guwre, il 
( luy eusi le bras coupé. ■ (Pereef., 1, 139'.) 

9° bis. [■ Pierre Regnault bourreau de la ville de 

• S' Orner s'en ala vestir et quérir en la ville une 

■ grant espée que les bourreaux dudit S' Orner ont 

■ accoustumé de porter, que on appelle commune- 
•> ineat1'«sp^dejustice. •(JJ.182,p.316.Bn.l453.)] 

10* < Espée de passot. • voyets ■ espée bastarde. - 
11' > Espée de parement du roy. ■ — «Le sire de 

■ S. Treille grand eseuver d'escoyerie du roy, et 

■ baillif de Derry ....porloitea esenarpe la grande 
( espée de parement du roy. dont le pommMu, la 

■ croix, la Diouque, le moi^nt, et la nnter^le de 

■ la gaine estoient couvertrà de veloux azuré, semé 
> deileiirsdelisd'or debrodure. >(Hoastr.III,22'.) 

12° ■ £8p^£ de provision ou d$res0rv«.> C'^ejit 



y Google 



ESP -! 

les deux espées qui, daos uo combat à outrance, 
étoieut remises entre les maias des juges, afln que 
si celles des comballans veaoienl à se rompre, on 
pût leur en Tournir d'autres. • Ces deux secondes 

• etpées données, ou une seule, à qui en avoit 

■ faute, si elles se venoieot à rompre, ne falloit 
« plus parler d'avoir recours à d'autres troisiesmes, 

■ el falloit mourir, ou vaincre en quelque façon 
< que ce fust, ou se rendre; el telles espées les 

• appelloit on les espées de provision : au^ourd'buy, 

■ en nostre nouveau el friand françois, on les' 

• appelleroit les espées, ou secours de reserve. ■ 
(Brant. sur les duels, p. 155.) 

13* ■ E»péeA'hQna6\a >, épéedu connétable. (Uist. 
de Loys lli, D. de Bourbon, p. 136.) 

14' * Eipée de rencontre. • Le P. Daniel, Mil. fr. 
(I, p. 415) renvoie au S' Mallet qui, dans ses travaux 
de Mars, a donné la représentation de cette épée. 

15' ■ Eipée romaine. ■ Un de nos poël^ a dit 
d'un cheval : 

Poit ctuEtain : astre aa front, aux jambei deux baliana, 
Bonwine «née au ool, de l'aage de sept ana. 

D« Ko. BicKT. loL 140. 

16* • Qui dou vis ressemble eipée. • Qui a l'air 
redoutable. 

Sordoa Pieron m'en met & son Toloir, 
Qui don via reaemUe-ejiife, 



Et voir die & son poolr. (Ch. du P* Thibaui.J 
17* ■ Dessous vostre espée. * En votre puissance. 
Vos tuiua Bui, et vos jiirèe. 
Vos sers desous voatre eapèe. (Gilbert de Berneti.) 

IS* > Payer son heaume à ï'espée, ■ payer sa 
bienvenue aux rois d'armes. ■ La première fois 

• qu'on paroissoit dans un tournoy, tous les che- 

• valiers, et escuyer tournoyeurs, qui jamais n'au- 

■ ront tournoyé que celle fois là, seront tenus 

■ payer pour leurs heaulmes, et bien vernie en 

• armes, au roy d'armes, heraulz, at poursuivans, 

■ à leur plaisir, ou ordonnance des juges ; et, 

■ Deaomoins que autrefois ils l'ayenl payé à la 

■ jouste, si ne s'ensuit il pas qu'ils ne doivent payer 

• une autre fois pour l'espée, car la lance ne peut 

■ affranchir l'espée : mais qui auroit payé son 

• beaulme àres;jée,c'està dire au tournoy, il serait 

■ affranchy de la lance; c'est à dire de la jouste. ■ 
(La Colomb. Th. d'honn. 1, p.8û.] On lit à-la marge: 

■ La lance ne peut affranchir l'espée. • 

19° • Mettre a Yespée, > passer au fil de l'épée. 
[- C'estoit leur entente qued'yaux tous mettre à 

■ Yespée. • (Froiss. II, 119.]j ■ Quanqu'ilsrencoa- 

• trerent de leurs ennemis misrent à l'espée. ■ 
(Chron. S' Denis, II, fol. 83''.) 

20° • Jouer de l'espée à deux pieds, à deux jam- 

■ bes, • s'enfuir. (Oudin, Dicl. et Cur. fr.) 
21* • Espée Charlemaine. > 

Juaticfl biotl'Mpée Ciiarlamaine; 

Si comme elle sudt, ne bit pugnidon. (E, Detch.) 

22* ■ Chevalier sans espée. > Comme nousdisons, 

■ avocat sans sac. ■ — < H ouyt une voix qui luy 

• dist, cjievalier sans esjiée.oà vas-tu si vistementT 



1- ESP 

• car chevalier sans espée, n'est que femme sans 
> quenouille. ■ (Percef. IV, f. 157 ''.} 

S3> Char k etpée ne Tant riea. (E. Detch.} 

Ne preoes pas char à etpée. (Ibid.) 

24* > Espée de Vienne, > faites à Vienne, dans le 
bas Dauphiné. (Le Uuchat, sur Rab. i, p. 286.) 

25* ■ Espée de Cologne. ■ Ces ëpées etoieul 
passées en proverbes av. 1300. 

26* ■ Lui qui est aussi vaillant que son espée. ■ 
(Caquets de 1 Accouchée, p. 137.) 

Espéecer, v. Dépecer, mettre en pièces. On a dit 
des révoltés de Normandie punis par feduc Richard : 

A pluaours flst trmire les deni. 
Là autres dst eipieeer. 
Traire lei ex, lez poini coaper, 
A tiex T «f lec SBiei cuire. (Bou.) 

Espeer. [^Intercalez Espeer, au Glossaire 7684 : 

■ Espeer, qui vent les espées, spatarivs. ■] 
Espéeschement, s. m. Empêchement. Isale, 

dans ses prophéties, 

Dit que monlaigne en valée 

Veudroit, et eu abaissement. 
Si que l'en yroit plaloement 
Partout, aani apêetcltemtnt. {US. 681S, f. SS '.) 

Espeier. [Intercalez Espeier, dans la Cbron. des 
ducs de Normandie, v. 28767 : > Par les ^s des 

■ cors les espeient De& çla'ives d'acer r^uisaoz. ■} 
Espelao, s. m. Eperlan. (Çotgr. el Rab. t. IV, 

p. 254.>Le peuple dit epUin à Paris. et ce poisson se 
pécbe a l'embouchure de la Seine. [■ Espellens, au 

■ poivre aigu fet de gingembre et de caneïe. • 
(Bibl. de l'Ëc. des Chartes, 5* sér. I, p. 223, XIII* s.) 
En allemand Spierling.] 

Espelement, s. m. L'action d'épeler. (Cotgr., 
Hob. Estienoe.) 

Espeier, v. Epeler. (Oudia, Nicot et Honet.) [Il 
signifie encore : 1° Expliquer, dans Roa : ■ Cil espe- 

• loit le songe, si corn il le disoit. ■ — ■ Adont 

■ B'esveilla Pieres , et Diex s'est esconsés ; Au 

■ patriarche en vint; quand il fu apenaés ; Disl li 

• qu'il a songié : sire, or le m'espelés. ■ (Chanson 
d'Antioche, I, 216.)] — 2° Désigner : • Poile vake 

■ enst l'espela. > (Ph. Mouskes.) — 3* Dépeindre : 

Preci«aae dame trèa bsUa, 

Talent ai que vos biana sqMle. (Witl, ti Vin.) 

EspelDCher, v. Eplucher, examiner. (Cotgrave, 

Honstr. vol. I, fol. 274.) On dit encore epluquer en 

Normandie. Balzac (Socrate chrétien, t. II, p. 234) 

condamne le mot espetacher comme étant du 

Jargon à la mode : il s'en sert pourtant lui-môme, 
1 la page 215 et 265. [On lit dans la Fable III de 
Marie de France : • Un jur s'asit desor le sueil, ses 

■ grenonez apareilla [la aonris] E de ses piez i'es- 
' pelucha. • — Dans G. Guiart, v. 11367, 14616, il 
signifie houspiller.] On disoit : ■ Espluelier ses 

■ doigls au soleil, ■ pour uiaiser, perdreson temps. 
(Nuits de Strapar. 1. 11, p. 169.) 

Espelae, t. f. Etincelle. 

Certain jour une etpdue 

Jaillit près de sa chair nue. (Du Aeeord», f. 49 \} 



yLaOOgle 



ESP -î 

EspenaiUé, adj. Ëa désordre, décliiré. (Oudio.) 

Espendonere. [Intercalez Espendouere, au 

ne- ii. 160, page 91, an. 1405 : ■ Le suppliant la 

■ frappa par le costé au travers des flaas d'une 

■ eipendouere de bois dont il cbargeoit le fumier. > 
(JJ. 160, p. 91, an. 1405:]] 

Espendre. v. Répandre. (Ord. 1. 111, p. 243.) 
Espeaeir, v. Expier. [Voir Espakir.] 

Lea pechies, (pw fn ai, Toodrow ttpeiietr. (Bou.) 

CoDTieat eaptnmr 

Aa ans amaue. {Ssmon* iTAutie, Poit. mu. av. iSÛO.) 
Pour apanàr leurs peciés. (Ph. MmukeiJ 

Espener. [Intercalez Eipener, blesser, au reg. 
JJ. 171, p. 513, an. 1421 : ■ Le suppliant trait d'une 

■ fiedie ft icellui Fouquet et le espena en 
• l'espaule. >] 

Espenois, adJ. D'Espagne. 

Plus Bora «tue ws Etpetuns. (Ch, mm. du O* Thib.) 

Plus doré que l'or d'Espagne. 



is, t. m. 

Si convient chucnn endeter. 
Et au cner avoir orant eipen» 
Quel part il prendront leurs despens ; 

Car p; ' ' -' 

Heat 

Espensement. [intercalez Eêpensement, i^ et 
U, dan» un bestiaire (D. C. III, 95 >>) : < Taut fait 

• qa'en la vigne est montés Ou plus a de roisins 

• pleolés; Si le crolle si durement Que il chieut 

■ etpetuement. >] 

Espennier. [Intercalez Etpenuier, au registre 
JJ. 1^, page 361, an. 1459 : > Jehan Le Cat povre 

• bomme apenuier en nostre ville de Tournay. ■] 
Esperable, adj. Qu'on peut espérer. [■ 11 n'est 

• rien moins fs/ierab/e du peuple ainsin agile que 

■ l'humanité et la douceur. ■ (Essais de Hont 1. 1, 
page 185.) 

Espérance, a. f. Attente. [> Qui demoru n'en 

■ orent espérance. > (Roland, v. 1411.)] > Je ne 

■ vous cuydoye jamais veoir, ain^^ys avoie grei- 

■ gneur espérance de vostre mort que de vostre 

■ vie. ■ (Lanc. du Lac, II, fol. 120 '.) [Dans Froiss. 
t. III, 448, il signifie confiance : < El ay si grant 

• espérance el roy nostre seigneur que vous en 

• am joie. ■ — Dans G. Guiart, v. 16412, le sens 
est crainte.] 

On diaoit : 

1" ■ Espérance mauvaise, ■ crainte. ■ Ainsi le 

• pourroienl ilz bien faire, sans espérance mau- 

• vaise de nul homme. > [L. du Lac, 1. 111, f. 56 '.) 
3* • Pignes dorés ft espérance, > qui donnent 

espérance de réussir, de parottre agréable. Nous 
dirions à prétention. Le prieur défend à l'amant 
qui se fait cordelier (p. 577) : 

Houchouer* deliei, 

Qieanettes ii fteurs d'oubliance, 
Go^Ûe trop menus plojeE, 
Pigna doret à etperatice. 



ESP 

Esperdre (s*), v. S'égarer, perdre ta tête. 



Lors Salmaù e'eperd, et bruala le deûr 
De celle besuté nuë, eepeiwit la uisir. (BtUf, f. iiS ^.) 
Tant e'esbatki que tôt a'têpert. (Part, de BUà».} 
Esperduile, s. f. Outil de forgeron. 
Preudom tient toi jors \'e»perdvite. 
Et si cbaufée, et si conduite, 

Ïue honte art, et bo^or alume, 
01 cels qui sont prés do s'encluma.^JfS. lSi8,f. i97 •.} 

Que le las n'oublient mie 

De sens qnl la gent lace, et lie, 

Ne le martel de la proesce, 

Ne Vetperduite de lai^uece. (Ibid. f. i9T *.) 

Espère, s. f. Sphère. [• Parmi l'air obscnrci 

• raiant Qui tournoient en leurs espères Si com 

> l'establi Doa te Père. • (Rose, dans D. C. sous 
Spera, t.)] • Couppe d'or très finement esmaillée 

■ At^'espere du ciel, ou estoit figuré le zodiaque. » 
(Cbron. fr. us. de Nangis, sous l'an 1377.) 

Espérée, adj. au f. • Ha jeune espérée, > terme 
d'amitié el de tendresse, pour ma jeune amie. (Voy. 
Clém. Bfarot, p. S53.) 

Espérer, V. Craindre*. Présumer". Conserver". 
[Dans l'ancienne langue, il signifiait attendre une 
chose bonne ou mauvaise ; dans l'Ouesl, on dit 
encore espérer une personne nour l'attendre.] 

* « J'espère avoir grant douleur. . (Fabri, Art. de 
Rhétor. Il, fol. 57 ''.) • Nous espérions tous qu'on 

■ nous deust faire mourir. ■ (Id. p. 75.) Voyez Ord. 
t. lli, p. 656; Froiss. liv. H, p. 253; Coût. Gén. 1. 1, 
p. 447 ; MoQStrelet. vol. I, fol. 1 \ 

. * < Si l'en espéroit que il se fust tués par aucune 

■ maladie, par laquelle il ne fust pas bien à soi, li 

> hoir n'en doivent pas perdre che qui de lui 

■ vient. > (Beauman, p. 348.) 
'Norrice Dieu le père. 

Soi los Mena ranature, 
e sueffi« pas que compera 
Ce qœ m'^irlst nature ; 
Ne qu*en moi te rapero 
Hauvese norretnre, 
AIds me garde, et etpere. 
Très douce créature. (ItS. 7318, f. iTi '.] 

Esperge, s. f. Sorte de mesure. • Mesure la 

■ place où il perche, de deux esperges de long. > 
[Modus et Rhcio, foL 80 *.) 

Esperger, r. Aspei^er. 

Hais à tort le tenoit por fol. 

Pus r«perge d'iaue benolste, ^ilfS. 76/5, /, f. 167 •./ 

Esperguedelle. • Si vous dirons comment le 
» grant sanglier doit marcher : grant sanglier doit 
< avoir les trasses longues presq'autanl qu'ung 

■ cerf bien marchant, et n'a mie si gros talon, ne 

■ si rond, ne si long ; mais il a solle du pied près 

■ aussi lai^e ; il fait la plgace devant et derrière, il 

■ a l'espinche du pied large, et ronde, les ost^ du 

■ pied a pesaus partout ou il marche; il sont large,. 

■ et loing l'ung de l'autre, de plain esperguedelle : 

■ ilz sont longs, trenchans, et aguz, et si tu les 

* trouve ainsi marchant, tu peulx bien dire qu'il 



yLaOOgle 



ESP -! 

• est sanglier en tiers an et qu'il est sanglier 
■ vieil. ■ (Modus et Racio, fol. 23^.} 
Esperl, adj. pi. Experts. 

Eesont li dul ETesqne là 

Que bien à ce taire e»j>en. 

Et U quena de S. Viuderi, 

Si con ge truie en ma relâche, 

Rengiei contre ceux d'Osteriche. (G. Gviart, f. itS:) 

Espérlr, ti. Eveiller*. Evanouir'. 
*Elea eetoient ondormlea, 

UatB de petit soQt etpériis... 

Les puceles ont esperie*. (Part, d» Blmt.} 

JA ne querrole venir 

Â8 grans biens doDt je U prie. 

Car li soupira, et t'envie, 

tll Font epdormir 

Qui me «odroit etpérir, 

A li me feroit gehlr. [Thieh. de BUum.J 



Espérir des chevaux était les réveiller en les 
étrillant. • Hannoissoient, et grattoieni des pieds, 
« là où l'on les estrilloit , eiperlssoit , et torchoit, 

< pour être plus gaiz et plus parez. - (Perceforest, 
I, fol. 134 V) 

* Au sens de s'évanouir, il étoit Toroié â'eaperit, 
souille, esprit: 

Une enre avint k'il s'etperi : 
Uns angle, par S' Esperi, 
En t'aatre Biecle remena. {Ph. UoutTxs.} 
Petit apriôa a'ecl etperit, 
SI descendit S* EspeHi : 
L'ame Carton ett a ravie, 
Ënal trépassa U de vie. [Ibid.J 

Esperis, S. m. Souffle*. Esprit". 

* [• Fus, {résilie, neif, ^ace, etpiriz de tempea- 

• tez. > (Lib. psalmorum, 229.}] 

" On lit S" Spire dans S' Âtbanase, Symb. flr. 1" 
traduct., et ce mot S* S/iire s'est conservé àCorbeil, 
pour dire l'élise du S' Esprit : 

Or prie Deu, et son saint Efptr. (GilAert de Bemeo.} 

< Je croy que vostre parole est la voye du S' 

• Etperit. • (Le Jouv. us. p. 237.) Voy. Poës. mss. 
de Froissarl. On Ut dans S. Bern. p. fel : < Sainz 

• Pois fut voiremeut blasten^eres, mais ce oe fut 

< mies el saint Espirit; car il non sacbanz Ost cea 
'■ en mescreance. > 

Esperltable, adj. Spirituel*. Clair, transpa- 
rent". 

* Considérons nos grans fragailec. 

Notre sage briel, le baott Juge atpérilable, 

Les cas soadaias, la fortune versabls, 

Faisons raison, et justice A dix dois. 

Au bien commun soiona tuit entandable. {^. Deteh.J 

* La royal ljaalecec«;>iriïue/e. « (Thanmassiere, 
Coût. d'Orléans, p. 465, tit. de 1147.) 

* D'une levé s la crandenr 
Eive semble delà cuhir 
altre Ud cnm cristats 
Huit est la ^erre tpiriUtU. 

On lit dans le latin : 

Uensuram que bbae cresccns cacc«dere nescit 
CMstallo similis vel aqtue, cnm limplda paret. 

Esperitableté, 1. /. Spiritualité. (Bore), Cor- 



i- ESP 

neille.) Esperitualté signifie cas de justice ^Iri- 
tuetle, dans Britt. Loix d'Anglet. fol. Il, V*. Eiptiï- 
tîialité est le spirituel des gens d'église . dans les 
Chron. des. Denis, t. 11, folio 33, où 11 est en 
opposition à ■ temporalité, - qui daigne le tempo- 
rel. (Ibid.) — [• Nous frère Jehan humble abbé de 

■ l'église S. Pierre de Nealptae.... ordenames trois 

■ otnciers,... un prieurs du clouastre ponrgoaver- 

■ ner Vesperituautté. ■ [Cbart. de 1399, au cart. de 
Chartres.]] 

Esperltlex, s. m, pi. Esprits. 
Si grand chose ne puet comprendra 
Se n'ut aucuns mperiiiex. {US. 1»i8, fol. iS»*.} 

Esperlncat, adj. Bien frisé, gai, plaisant. 

■ Imaginons s'il y avoit pas grand plaisir à voir UB 

■ homme ayant la barbe rase, et an demeurant 

■ avec 33 grande perruque, bien etperlucat; car 

■ c'est le mot duquel ils usoyent alors : voire se 

■ trouve mesmement en menol, au lieu . (comme 

■ je croy)deceque le latin dit catamfslrattu; aussy 

■ en la ryme d un bon compagnon, qui a esté 

• longtemps devant luy, nous lisons : 

Plus tHngant, et etperlucat. 

Et cent fôis plus gay que Perot, 

On te valet d'un avocat. (Apot. pour Hénd. p. 436.) 

< Comme jadis conseilla Diogenes à an jeune 

■ muguet eêperuqui, malade d'amour. ■ (Maladie 
d'Amour, p. 239.) 

Esperoit. [Intercalez Eêpenit, an reg JJ. 143, 
p. 131, an. 1391 : ■ Icellui Drouet print un grant 

■ coustel ou eiperoit que ledit Pernnet le savetier 

• avoit à sa sainture. •] 

Gsperon, s. m. Eperon. [On lit e^ormu dans 
Roland (v. 3430), esperuns (v. 845.)] 

Le ceval point des aporon*. (Ph. VoMsfte*./ 



Nous lisons > une paire de spouret doré, ■ dans 
Littl. fol. 36 '. [C'est encore : 1* Due monade d'Al- 
lemagne : ■ Item pour ce que mosseohor du Puy... 

■ avoit... fait décrier et abatre tes petits blancs 
• d'Alemaigne, appelés de la rodete, antrement de 

■ Yesperon. ■ — z* •Ungbastonapwoprié à l'usage 
< de charrette, appelle etpertm. • (JJ. 181 , p. 170, 
an. 1452.)! 

Expressions à remarquer ; 

i' . Esperonê dorez . e$per(ms argentez. ■ Les 
éperons dorés étoient un ornement particulier aux 
chevaliers, et les éperotu argentés un ornement des 
ëcuyers. (Laur. Gloss. du Dr. tt.] Les esperon* dora 
étoient quelquefois un hommage du vassal au sei- 
gneur féodal, pour le droit de relief et de rachat, 
ribid.) Toy. Coût. Gén. I, p. 3tS, et le P. Dan. Hilice 
française, 1. 1, p. 478. 

2* ■ Au fraper des aperon$, ■ d'un plein satft. 

■ Montèrent achevai; et au fraper des etperonSt 
« entrèrent en la ville de Courtray, car il n'y avoit 

■ deffense, ne nul contredit. ■ (Froiss. II, p. 226.) 
3* > Faire etperons, > gagner la chevalerie. • Là 

> estoit le chanoine de RoBersac, qui bîeo avoit 



yLaOOgle 



E5P -î 

• ooorage de cbevalier. et ce jour y flat de belles 
« apperUsMs d'armes, et aussi fit espérons un sien 
« Tsrlet (c'est-à-dire écuyer). > (Froiss. II, p. 156.) 

4* ■ Gaeaw les espérons, • mériter d'élre cbeva- 
lier. Le roi d'Âneleterre. à la bataille de Crecy , dit 
à celui qui vesoit lui demander du secours pour 
son fils qui étoil fort pressé : • Or retournez devers 
« lui, et devers ceux qui cy vous oot envoyé ; et 

■ leur dites , de par moy, qu'ils ne m'envoyent 

■ meshuy quérir, ue requerre, pour adventure qui 

■ leur advienne, tant que mon fils soit eo vie ; et 
« leur dites que je leur mande qu'ils laissent gai- 
« ener k l'enfant ses espérons. Hais je vueil [se 
« Dieu l'a ordonné] que la journée soit sienne, et 
« qnel'hoaneurluy en demoure, et A ceux à qui 

• je l'ay baillé en garde. • (Froiss. liv. I, p. 158.) 

5* « Tenir les espérons de quelqu'un, ■ élre fait 
dWTiIier par quelqu'un et le servir en cet(e qua- 
lité. (Gérard de Nevera, 1" partie, p. 62.) 

6* ■ TrenciiN' les fierons. • — ■ Quand on de- 

■ gradoit oo chevalier, ou un escuyer on lui Iran- 

■ otaoit ses espérons sur do ftimier. > (Laur. Glosa. 
du Droit tmai,) C'est de là que vient le proverbe : 
« Villaio ne scait que valent »peron<.> (LaTbonm. 
CoatdeBerri, p. 50.) 

7* « Venir à espérons, » venir en piquant des 
deux, à toute bnd!e. (Fabl. us. de S. G.) 

8* • Taillant un esperon, ■ c'est-à-dire qui est 
de peu de valeur : ~ 

Li rois U vont donner, et offrir maint t»n don ; 
Hu le doc n'm vout prendre ixUlUint un etperoii. (Bau.) 
« Vous n'y aurez dommaige qui vaille la mon- 
« tance d'ung esperon. > (Lanc. du Lac, III, f. 12*.) 
9* ■ Etre à l'M^ieronà quelqu'un, «le poursuivre: 
.... Roliert le roy de Cesille, 
Ed chunp, at eo plÂin, et en ville, 
Bi U tttmt à Vaperon. (US. 081$, fol. BM'.J 

IQo . Aller avec un esperon de bois, ■ c'est-à-dire 
tans difQculté: ■ Hist en teste au roy de faire une 

• petite armée, et l'envoyer en Italie , et avec les 

■ pars, et intelligences qu'il avoit en la duché de 

• Millau, qu'elle seroit bientost révoltée , et qu'il 
« espéroit aller jusques dedans Hilan , avec un 
« ajWKm de bois. • (Hém. de Rob. de la Harck, 
Beigôeor de Pleuraoges, us. p. 160.) 

E8p«roiilste, adj. On appeloit ainsi les Albi- 
geois, du nom de leur chef Esperon. Toy. De Thon, 
HisUdeFr. T, p.411. 
Esperoonade, s. f. Coup d'éperon. (Oudin.) 
Ësperonne, $. Partie d'une charrue. On lit 

■ esperonns de (diarrue, > dans un litre de Mont- 
bard, de l'an 1600. [■ Icellui Huguenin ala contre 
« le suppliant à tout une esperonne, à quoy trayent 

■ les uievaux à la charrue. ■ (JJ. 173, page 594. 
an. »26.)] 

Elsperoanelle, s. f. Sorte d'hefbe. (Oudin.) 
Esperonnement, s. m. Action d'éperonner. 
(Oudin, Cotgrave et Honet.) 
JSsperoDDer, v. Piquer de l'éperon. ■ Si espe- 

■ ronna tout devant, par grand courage, et quaod 



ESP 

■ messire Gilles de Hauny le veit venir devant luy, 

■ si esperonna aussi devers luy moult roidement, ■ 
(Froiss. liv. I, p. 55.) — [Le mot est dans Roland ,. 
V.2996.] 

Esperriger. [Intercalez Esperriger, réveillefr 
dans les Hir. de Coinci (Du Gange, 111, 160 ') : ■ Tout 

■ li pais esp&rrige et arde, D'anemis voit plus de 
• cent mile. >] 

Espers, adj. Expert, entendu*. Evident*. 

* ■ Conoisans, et espers en fait des monnoyes. ■ 
(Ordonu. t. I, p. 770.) — [• II nous faut le jone 
< Edouwart couronner et raire roi et mettre dalès 

■ li hommes de sens et et de vaillance, par quoi il 

■ soil espers et resvilliés. > (Froiss. U, 91.}] 

* On lit ■ espers larrecins, > dans Beaumanoir. 
p. 164 ; • espertes fraudes. > (Ibid. page 193.) — 
[■ Biau semblant monstroit en espert. ■ (Gouci, 
T. 7100.)] 

Espertement, adv. Ouvertement. [Il signifie 
aussi adroitement: ■ Icellui Beronl appuya telement 

■ son coustel à la poitrine dudit exposant, que s'il 

■ ne se feustescert^mmt reculé, it l'eust tué ou 

■ mis en péril de mort. * (JJ. 135, p. 108, an. 1388.)] 

Diex t'a monstre, de ce n'en doutes, 

En UD songe «ipértement, 

Ce qu'est venu nouvellement. filS. 68iS, fol. SS :} 

Esperrencbe, s. {. Pervenche. 



■ Espervenche, herbe ou fleur >, signifie expé- 
rience dans le Blason des fleurs. (Dev. amour. 59.) 

Esperverle, s. f. Art de dresser l'épervier à la 
chasse: ■ Leur demanda s'ils vonloient oir 

■ comment on doit affaicter, et gouverner esper- 
< vier... les aprentis respondirent que bien voulen- 

■ tiers en vouloient oir, et que le déduit qui esloit 

■ à'esperverie, estoit devisable. • (Hodus, fol. 72.) 

1. Êspes, s. m. Nom de saint. ■ Sainct Espes; 

■ il faut que ce soit saint Espres, martir sous l^m- 
• pereur Adrien. • (Ger. de Nev. l- part, page 30, 
note de l'éditeur.) 

Fouira lier Bacchua à S. Etpèt. (Crétin, p. tfô.} 

2. Espes, adj. Epais, grossier". Nombreux'. 

* [La racine est le latin spissus : ■ AI plus espês 

■ de la mesiée. - (Roland, str. 257.) Spisaa, en latin, 
était souvent l'épithèle de ntu;; de là, dans Frnis- 
sart [V, 64) : «Il estoit toute nuis et faisoit n ouït 

■ brun et moult espés. >] On lit > espoi% gens ■ 
dans la Chr. de Nangls, an 1306 et 1809. 

■ Venus s'en est en U paroisse, 
LA ou ele fu plus «puw, 

Pot aler la croix aorer. (MS. 7818, f. Si7 :} 
Espesche, s. f. [On lit au i^ossaire lalia 4120, 
ao. 1352: • Pastica, espesche. > C'est donc une 
vaine pâture.] 

Empareor, et rd, et comte, 

Amoz plus que je ne vous comta. 

Toi autres ce pis .n. espetcliet 

Envers lui, car ses bones tascliaa 

Font bien p« tôt à reprochier. (US. 7Ôi5, 1, f. 58:) 

Espessan , partie. Epaississant , grossissant. 



yLaOOgle 



ESP 

■ Hoult s'ala par la ville la novelle espeêsant. * 
(Rou.) 

Espessement , adv. Grossièrement, lourde- 
ment. (Rob. Estieiine.) On lit espessement, dans la 
Chr. S. Den. 1. 1, î. 263*. [Il signifie aussi en abon- 
dance (Saxons couplet vlIQ: • Espessement leur 
« jettent maint fust et maint bastoa. > De même 
dans Frof^art (II, iU): * Chil archier frayèrent 
« espessement, »] 

£spesserle. [Intercalez Espesserie, épicerie, 
dans Froisaart, X, 205.] 

Espestre, s. 



La Tri. d* P«Irvq. Ind. àa te. d-Opii. t. IN. 

Espeter, V. Empiéter sur le ctiemin, en tour- 
nant la charrue au bout du sillon. (Laur. Gloss. du 
Dr. fp. ; voy. Pitli. Coût, de Troyes, p. 271, et Coul. 
GéD. 1. 1, p. 421.) 

Espetrer. [ Intercalez Espetrer , enlever les 
pierres d'une démolition : > Item, que ledit prévost 

• a esté et vacqué par plusieurs journées îi démolir 

• et espetrer les dites masures.... > (1409, Censive 
de Jaoville, L. G. de D.) 

Espeurer, v. Effrayer, Taire peur : • Visions 

■ rantosmesqui espeurent de nuict. ■ (Contes de 
Chol. f. 17 ••.) — [• Hz tirèrent leurs espéra.... criant 

■ ii mort, à mort pour les esperir. ■ (JJ. 185, p. 153, 
an. 1451.)] 

Espeus, X. m. Espeuse, s. f. Epoax, épouse, 

tLa forme est etpouse, aux lois de Guiftaume, 14. 
lans Froissari (XV, 218) : > Et avoit pour mooillier 

■ et espeuse la fille au duc Aabert. ■] On a dit de 
Philippe- Auguste : 

.... Ci* rois n'ama tant nulut 
Na nus ttpau*, itant wi'etpeute. 
Tant (u bide, et delitensa, 

Com ciB rola ama sainte sUse. (Ph. Moiuk. nu. p. 636.} 
.... Nlert el monde vrmis MpCTia 
Ki mions amast onqes a'ttpeute. (Ibid.) 

Espeux, [Intercalez Espeux, échalas, pieux. 

■ Ce sont les coustumes de sur sepmaine. Item, 

■ celle [la charreLte) qui porle espeux.... ■ (1577, 
Aveu de Jouy-le-Pothier ; L. C. de D.)] 

Espever , v. Débarrasser , nettoyer. ■ Tous 

■ laboureurs ayant champs, et pièces ae terre con- 

• Ugues, et joignantes Tune l'autre, a charge de 

• bleds, et autres ablaids, sont tenus, en la saison 

■ d'aoust, de les aller espever^ et desranger contre 

• leurs voisins, avant qui des dépouiller. » (Coût. 
de Péronne, N. C. G. 1. II, p. OOf .) 

i. Espi (l'ordre de 1*), fondé vers 144) par 
Francis I, duc de Bretagne- (Voy. dom Lobineau, 
Hist. de Bref. 11^ p. 630.) [L'insigne était un collier 
d'or formé d'épis enlrelacéset annuel pendait une 
hermine avec fa devise : A ma vie.] 

2. Espi, s. m. Epi. [• Ausi cum cil, ceo m'est 

■ avis, Qui vont coillant les bons espis E ce laissent 

• qui n'a valor. . (Benoit, II, 12667.)] — Ce mot 



-56- ESP 



désignait aussi une chose sans valeur: • Joa ne 

• donroieunMpi.» (Gilb.deB.Vat.1490.) — . Je ne 
« vos pri on espi. • (Id. ibid.) — [■ Il ne vous prise 

■ tous la monte d'un espi. > (Guesclin, t. 15740.)] 
Espianate, 8. f. Esplanade. «Disent qu'ilz 

• veulent attendre la batadie, au dit castel Sainct 

■ Pierre et en font semblant, car ils ont fait les 

• espianates tout à l'entour. • (Lett. de Louis XII, 

t. m, p. 211.) 

Espic, s. m. Pointe, éperon. « Le vendredi dix 

• septiesme, je fis commencer un espic à l'embou- 

■ chure du Port neuf qui estoit ouvert, pour em- 

■ pesclier que la dite embouchure ne fut remplie 

■ de sable, au reflus de la mer, ■ [Hém. de Bassomp. 
t. III, p. 382.) 

Espice, s. f. Confitures, dragées*. Parfums, 
beaume ou autres plantes médicinales*. Sorte de 
droits *=. Sorte d'impôt". [Voir EsPBCil.] 

* ■ Le mot i'espices par nos anciens étoit pris 

< pour confitures et dragées. ■ (Pasq. Rech. 56.) Elles 
se servoient communément après le dîner. ■ Quand 

< on eut diné, on leva les tables, et après grâces 
« rendues, on prit autres ébattemens: et furent le 

• roy, et les seigneurs en estant sur leurs pies, en 

■ chambre de parement, près de deux heures: 

■ après tout ce, on apporta vin, et espices. > (Frois. 
IV, p. 27.) — [Les épiccs se servaient ao dessert : 

• Après laver isnellemenl La dame fltdonner le vin 

< Et les espices en le fin. ■] 

" ni avoit roses, et fioursj 

Et apUf de tex odours. (US. 761S, II, f. iÛ9 K) 

Qui mlst en reube odonr atnbtine. 

Ni autre etpete alexandrine. [R. MoUau,D.C. VI,S90K) 

Il est employé pour beaume, dans S. Bem. 148. 

<' Nous lisons au contrat de mariage entre René n 
de Lorraine et madame Phlip. de Gueidre: ■ Don- 
•> Dons, octroyons, hypotequons... ft la dite dame... 
> nostre marquisat, cité, et ville de Pont à Honsson, 

• et le cbasteau du dit Mousson, avec toutes leurs 
■. appartenances, et dépendances, en toutes juria- 

■ diâions, et seigneuries.. ., cens, rentes, reveuus... 

■ cire, poivre, porcs, et espices. ■ (Godebr. Observ. 
sur Ch. VIII, 490.) — De là, on disoit : 1> • E$pUxs 

■ de juges, ■ parce qu'anciennement celni qui 
avoil gagné son procès faisoit présent au juge ou 
au rapporteur de quelques dragées ou conntures 

Sui depuis ont été converties en ai^ut. (Voy. Laur. 
loss. du Dr. fp.) — 2° - Payer les epices », c'est-à- 
dire gagner son procès, suivant H' de FonteaeUe> 
(Hist. du Théât. fr.) 

" Dans le procès de Jacques Cuer, on lui repro- 
cbe, entre autres concussions, des ■ exactions que 

■ l'on nomme vulgairement epices , montans à 

■ grandes , et excessives sommes de deniers. ■ 
(Proc. de Jacq. Cuer, us. p. 15.) 

[Le code JusUnien permettait aux magistrats 
inférieurs de recevoir de légères graliOcalioas sous 
le nom de sportulœ ; la loi des Visigoths prélevait 
pour les frais de justice le vingtième de I objet en 
litige, que S' Louis, en 1254, éleva jusqu'au dixième. 
En 1302, Philippe-le-Bel interdit aux juges d'acœp- 



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ESP -! 

1er aneaa préBeot , mais en 1344 les membres 
oommissaires du parlement purent recevoir 10 sous 
parlas outre les gages du roi. Depuis deux siècles 
les tarées de l'Orient s'étaient répandues en Eu- 
rope. Quand uoe partie avait gagné son procès, 
elle s'empressait de porter & ses juges quelques 
oortieilles de ces épices; bienidt l'usage en fit une 
loi, et les épices se transformèrent en sommes 
d'argent qu'on ne put cependant recevoir sans auto- 
risation particulière Jusqu'à la fin dn iv» siècle.] 

Espicerie , «. f. Epicerie. [Voir Espesserie.] 
[• Devant Yespicerie vendent de lor espices. Ce sont 

• saintes paroles en quoi il n'a nuls vices. • (Rute- 
beof, ISS.H < Espetttssacssont les fines es;}iC£ri^.> 
(Cotgrave.) < Passant par les espiceriet. • (Nuits de 
Strapar. 1, p. 384.] Nous trouvons anssi ce mot, au 
figuré, dans une acception très vague: • Rondeaux, 

• virelais,... et autree telles épiceries, qui corrom- 
- pent le goust de uostre langue. ■ (Joach. du Bell. 
folio 25 M 

Espicier. [Officier qui avait soin des épices : 
< Le roy aora tousjOHrs à court quatre valez de 
> chambre et non plus: le barbier, \'espteier,\e 

■ tailleur et nn aatre mangent à conrt. ■ (Reg. de 
la Ch. des comptes, an. 1317, fol. 71 *.) 

Espldlmye, a. f. Epidémie. [Voyez Epidehie, 
ErmiMiE. On lit dans Cb. d'Orléans (138* ballade) : 

■ Dieu me flere à'esptdimie. ■] 

1. Esple, a. Espion. [■ Li rois d'En^eterre qui 

■ avoit ses expies en Flandres. > (Proiss. V, 365.]] 

■ Le roy avoit plusieurs espiesqui oyoient, et sa- 

• voient souventes fois leurs entreprises, et ce 

■ qo'ilz Touloient faire. ■ (Joinv. p. 51 ; voy. Apol. 
pour Hérod. p. 117 ; Glém. Harot, p. 225.) Espie est 
t^tât masculin et tantâl {éœinin : ■ Il seroit bon 

■ que vous moissiës peine de Mvoir de son estât, 

■ parauennebenDeeMie. ■ (Modus et Racio, 274 ^) 
[- En l'ost le aoreat du prio somme. Par nn etpie, 

■ nog mauvais homnte. ■ (Rom. d*Aibi8, Du Gange, 
t. VI, p. 380*.)] 

2. Esple, <■ Embuscades. • Advint nn jour. 

• comme ils eetoient là en espie, que ils veirent 

■ venir un compaigncMl à cheval. ■ (Hiat.de Jean 
Boncic. p. 864.) 

Espié, adj. Comme garai d'épis*. Terminé en 
épi ■. 

* ■ On Toyoit d'antre part çà et là, les enseignes 

■ voleter au dessus des tours; et les palais, et 

• maisoiis maênifiqués espiées de longues bande- 

• roUes, et guidons de tontes sortes de couleurs. ■ 
(Heri. Coeale, f, p. T.] 

* La queue des ép^euls se terminant en épi, 
OD les appeloit ■ chiens aux queues espiéM. ■ 
(ChasBe de Gast. Pheb. p. 121.] — [> Que cil blez 

• sontcreuenbautEt es/it^ettuit grenu. *(Renarl, 
V. 19890.)] 

Esplement, s. m. Embuscade, action d'épier. 

• Si avez oay comment, par aguets, et espiemem, 

■ ellefatoccise. • (Honstrel.-Iyf.l40^) — [• Iceltui 

• Pierre flsl frtosienra agues et espiemens sur et 



ESP 

• contre ledit Hennequin Pépin pour le cuidier 

• grever et dommagier en corps et en biens, ou 
mettre à mort. • (JJ. 116, p. 47, an. 1379.]] 

Espler, s. m. Droit féodal en usage en Flandres; 
il se perçoit sur les grains et sur tes terres. 
[< CoiAme il fust ensi ka Jebans Reinsins eust 

■ acbatlé à Jehan Gauwart.... le droit qu'il avoit à 

> briés de la recepte de oostre espiét de Fnrnes. > 
(Charte de Marguerite, comtesse de Flandres, an. 
1275, Cbambre des Comptes de Lille.)] ■ Quand aux 

■ biens des baslards, qui nous doivent appartenir, 

• et aussi les procédures, que noslre dit receveur 
« de Vespier doit faire, voir payement de dos renies, 

■ les dits de Grandmont ne pourront, en cela, 

• donner aucun empescbement à nos officiers. ■ 
(Coût. d'Alûst, M. C. G. I, p. 1134".) 

Esplerrement, a. m. Action d'épierrer. (Oud.) 

Espierreur, g. m. Qui 6te les pierres. (Ondia.) 

Esplen, s. m. Epieu. [On trouve dans Roland 

les formes espiet (1043], espie% (3308).] > Lors com- 

■ men^a fl dire it ses hommes qu'ilz lançassent sur 

■ eulx glaives, dars, et espieux tant qu'ils les 
« eussent mis à mort. • (Percef. I, fol. 89*.) ■ Luy 

• va asseoir le fer de sou glaive par dessus la hou- 

• de de rescu,'par telle vertu qu'il luy perça l'escu, 

■ et luy flst passer le fer parmi le bras senestre, et 
t parmy rompist la glayve, a ung pied près de 

> l'escu, et le chevalier cbeut h terre enferré, et 

• très percé de Ve$pieu. > (Ibid. U, f. 124 *:) 

Je teroj d'une maaroe. 

Un etpieu trenchant, et sgu. (Etal. Detch.) 

[• Icellui Josset print en main un baston, 

■ appelé communément eipiet. ■ (JJ. 109, p. 38, 
aii. 1376.]^ — On nommoit ordinairement apié et 
etpiel l'épieu qui servoit à la chasse du sanglier : 

• Excipulum, eëpié sert à bouter contre le porc 

• sanglier. • ^Gloss. latin tf. de S' G. cité par Du 
Gange, sous Excipium.) 

.... Il avoil oit parler, 

Qu'el siècle u'ot n gnnt BengUer ;.... 

Et 11 quena B^be est deacendiu ; 

De son e(fN«J 1% acoré. (Ph.Utnuk.) 

Ll bua ermites ki douta, 

Pour l'arcevesqn» s« tapi, 

Quar il u'ot bourdon, ne ttpi. [Ph, Uoutk.) 

Espleur, i. m. Voleur. < Ezpievr de chemin. > 
(Cotgrave; voyez Ord. IV, 158.) 
RutOen, monrdeor, et larron, 
Expient», iiui Mea MaTes 
Aler es bovs, ou U tut bon 

DearoW. {Ewt. Detch.) 

lEspierres est le cas sujet.] 
Esplgacbler. [Intercalez Espioachier, dans le 
Pèlerinage de Gulleville (D. C. VI, £»?■) : • Tu coin- 

> tement espigachier Le vens tous les jours, et 
< couchier Toutes les nuits moult noblement. •] 

Espiler, t. m. Poteau. 

Uns espée du (lierre a irete. 
Qui ert pendue k un etpiier, 
Et s'en ^ panid la cuer. (US. ISiS, fol. iO '.) 

Espllencle, s. f. Epilepste. (Cotgr.) • Les roys 



yLiOogle 



• âe France, après leur sacre, garissent comme 
« miraculeusement des' escrouellÈs, maladie iacu- 

■ rable ; les roys d'Engleterre de VepilUncie ; les 

■ roys d'Espaigne, comme' l'eu dit, nareilleniept 

■ garisseol des démoniaques. > (Bist. Çi& la Toison 
d'Or, II, fol. Il M 

Je vouldroja 

Qu'il! fusMiit taon de mal û'etpilenâs. (E. DeicK.} 

Esptller, V. Sépooiller. [Oo lit esjit//ier dans 
G. Guiart, f. 96*.] ^ 

Je laisse au pillart eâpUti, 

lA plUade qui va ptfiant. {UoKnet, p. 199.) 
■ Si quelqu'un cueiltolt, ou epHloit les feuillages 

■ d'autruy.ou rooipoil des branches,. ..il 'tomberait 

■ en l'amende de .lu. sois parisis. ■ (Coût, de 
BaîHeul, N. C. G. 1. 1, p.985-.) 

ISspin, s. m. 

Tous n'estes p»s de membres taia, 
Comme eat Jacques rbommelia, 
Qui porte si merveilleux lals. 
Que voua n'y pouvez mettre fin : 
Ce sont deuU tonneaulx d'eapt», 
Cest voir, et la ijueae delei. (E. Detch.) 

Espinace , s. f. Pinasse. ■ Iceux Biscaios, 

■ jusquesau nombre (]£ six cfiot combatans, arri- 

■ verent en douze vaisseaux nommez upinaceê, 

• avec une grande nave. • (Gerry, Chroo. p. 465 ; 
voyez J. Chart. Hist. de Cti. VU, p. 255, et Uoastr. 
vof.m, toi. 39'. Ii5.) 

Esploal, adj. Qui apparUent ii l'épine. <Oad.) 
E^plnarde, s. f. Epibocbe, poisson. (Oudin.) 
Esptaars. [inlercaiez E^pinan, épinard;^ : ■ £s- 

■ pinan sont en fevrlçr et croissent par touffes 

• comme porées. > (IJénagier, II, 2.)] 
Espinajr, »■ v^. Sprle de jeu- • Là jouoit au 

< cent, à Ve&pinav, à la, mallieuj'euse. « {Bab. !• 1, 
page 136.) 

Espinaz. [InlercalM fiifitmu. épines. (Beoart, 
V. 1298.)] 

Esplnce, s. Pince. 
Ont tant gritH de leurs mordam ttpmee». (J. Uarot,63.} 
O mer amere, aux mordant^ e^nçet, (C. Marot, 44.) 

En termes de vénerie, Veêpinch^ est la partie 
antérieure du pied du sanglier: < Granlsanglier 
a doit avoir les trachés longues, presque autant 

• comme un cerf bien, marchant, et n'a aie si gros 

■ talon, ne si reonl, qe Si long, mats il a la solle 

■ du pié près d'aussi.laise : il bit la ptgace devant, 

■ et derrière, il a Vespinaie du pié large, et reonde. ■ 
(HodusetRacio, f.iS^) 

Esplnceaulx, s. m. pi. fioades», agrafes-: 

.... QuantonnieinitàrcBCOla,... 

Il y «voit des pucel«tte>, 

Qui de mon temps ereatjoiwtlefl, 

Et je qui eetoiepuceaaa, 

Je les eervoie detpineeaui. 

Ou d'une pomme oa d'une poire. (FroUê. poët.) 

Esplncer, v. Arracher avec des pinces \ Cou- 
per, tailler ■. 
*[■ Icellui Evrarl pçnr ce qu'il fut,lrouvécoul- 

• pable d'avoir dit les dittes paroles touchans 



■ nostre personne, enst I3 lai^e coppé^ (A eipin* 

• chie par jugement en la ville 4e Usle. ■ (JJ. ii/L 
p. 390, an. 1396.)] 

Net chief, obeveua bien plgniss,^ 
D(Ht U Bds amant vouloir...- 
Riens ne li puet tant vnibir : 
Lea ongles nçi, et denipea, 
Li Dé* Bouvant etpineitt. 
Lors aun de sa miaior*. {M^om^t da Parii.) 
' [C'est supprimer entre d«ux aèveslea bourgeouft 
qui, au priiUemps, ont poi^ssé siat le troncj ■ Lea 

< fagots marchans qui devoot eslre atpineei. 4e 
> trois pieds et demy de long. ■ (Coitt. de Sainaut, 
N. C. G. t. II, p. 149 ■.) — P ^atre, ou espincUr les 

< dits arbres. ■ [Coût de Douay, ibid. p. 373.) D«) 
là, en fauconnerie, > etpincer Içs serres d'un 

■ oiseau >, étoit les lui rognçr. (Artel, faucon. 91''.) 
Espincbé, jwriù;, Pinoé^ «juste. • Plus noble». 

■ et plus eêpinciiéH aua ung ^senehlloa. >. (Peroef. . 
tl, foi. 134'.) 

Esplnchure, s. /. Abatis de bois ébraocbé. 

• Laquelle censé..... 8t>iy\ te^tis entretenir, a4ta 

■ pouvoir... toucher au bois monlans, 4ieubles,9t 

< caiheux estane soir ipeuz héritage», sauf j» et^ih 

• ehuret, et «oppes ordinaires.. » (OouL. de LtU«, 
C. G. t. n, p. 9(tt,) 

Esplnçon, i. m. Dtsainuiird'épip*. 

, CertMBll<rientll(H>ncoailUAr,... 
Et dessus nos drapa lea MHàiànt : 
Madame ai lea ntcoâlloltV^^ 



Emilie, ». f.{l^ sens propre est dans Ronoi»* 

vais. p. 155 : ■ Car Dex les fist e^iiMéa. > De mdnà 
dans Butebcuf, II, 115 : < Vicge, puo6l»nele et pure, 

• Si corn la Dosa iat de ïatptM, Issis {^orienae 

■ roioe, De juîerie qui est poignant ■] ■ Il n'y 

> avoit en Picardie autre e«piM que celle là qui 

> peut picquer , poar les haguenot^. contre les 

• catholiques, - (Brant, G»p. tr. L II, 0. 313.) — 

• Oster les etpinetAe sa teâîp -^ ri^ienlMire dlor 
une épinedu pied, (Voy,.Bech- Pa&q. p- 4^. 440 «t 
494.) ~ [> Et qui avoit bouté Yetpine au pied de.. 

■ son enfant, maioteoanl ne l'en s^voit tirer 6^ 

• hors, ne lui procurer garlsbn. > (Chastelain , 
Cbron. lU, 18.)] 

Ible MjMnc 

NoiiTTiRt, et trait maie fordine. (Ph. ilovtk.) 

Esplaé, a^. Qui a iipe éplfie. (Oiid.) 

Esplnée, 8. f. Echinée, pièce de çlifir gui v^^ 
coupe sur le dos du porc.,(NiGQt, Oiid^] 

E^piner, v. Piquer*. Altaeber, empélrer *. 

* ■ A peine y touêberies vqus. sans tous moinar. * 
(Rab. t. IV, p. 48.) 

' Ton vain souliait, qui de douleur a'covie, 
S'Mptne aux rett de flal«qM poison. . (L^ Coron, f. S3 *•) 

Espiaerecb. [Interoalez Etpinereeh, épioeui^. 
(Frolssarl, t. VI, 414) : • Et misent le pignon dOU 
< captai en ungfortbuii^n^j^inertfcb. «j 



yLaOOgle 



^*9- 



1. Esplaete, 8. /. 1* Dimînulir d'éfiine. (Colgr.) 
Voy. Coqoill. p. 156 ; N. C. G. 1. 1, p. 536'; Clém. 
Harot, p. 442 ; le Lof et* des Folles amours, p. 322 ; 
l'Am. rendu Cordelier, p. 582. — 2* [Associatidn 
oâèbre par ses jodtc», ft Lille, dont le cnef se nom- 
mait Roi de Veipinette- (Voiries Statuts, en L489, dans 
D. C. II, 328'.)! ■ Leur appartient aller â ta procès- 

• sioD portaot DlBDche verge par son dict bailty, ou 
c lieutenant, en sipie de seigneurie, de faire main- 

■ tenir la dédicassë d'icelle Eglise, et paroisse, y' 

• faire danser, et menestrauder, donner espinette, 

• rose, ou joyanx, et à toutes antres aoctorUez, et 

■ prééminences temporelles en icelle Ëgltse. • 
(Coat. de Lille, C. fi. U, 900.) - - Ceux de Valen- 

• eiennes allèrent àla fesie de Yespinette à L'Isle, 

■ au milieu de cette troupe, quatre hommes 

• vêtus de rouge portoient trois cygnes vifs, ...ces 

• cygnes souienoient une ville flanquée de tours, 

• avec des banderolles aux armes de valenciennes, 

■ qu'ils présentèrent au roy de Vespinette. ■ [Le V. 
Msnestr. de la Gbev. p. 342 rt 243.) 

2. Espinette. [Iatei<calez Espinette, cage dans 
laquelle on place une volaille pour l'engraisser : 

• Et quant il plaira à ma dame Que j'aie aussi 
« arant qu'une dragme Ce confort, adont resjoïs 

■ Serai de ce dont ne ioïs, Âins languis en vie 

■ eûreuse Dedens rêspinette amoureuse. ■ [Frois- 
sart, l'Espinette amoureuse.]] 

3. Espinette. floteroaTez Espinette, an registre 
JJ. 148, p. 11, an. IS9S : ■ Le suppliant print sept 
« francs et mx on sept mailles a'^argent de quinze 

• deniers tooroois la pièce, nommée au pays 

< [d'Aanis] etptnettes. ' (JJ. 148, p. H, an. \m.)1 

Espingïtie, «. Espèce de balisle*. Pièce d'ar- 
tillerie *. 

* ■ Les seigneurs de l'ost firent là charier les 
« «ngiAs d'Amiens, et (TAbbeville, et asseoir devant 

■ Sainct Valéry : qui geltoyent grosses pierres, qui 

< moult travaiUoient eeox de dedans , lesquels 

■ avoyent des canons, et espingalles dont ils tra- 

■ vailloient aussi ceux de dehors. > (Froissart, 
livre I. p. 217.) ■ Vindrent à celle saison, au mois 

• de may, mettre le siège les Brabançons devant la 
« Tille de CraHe, ety firent amener, et charier 

■ engins, espriiKalles et tels aornemens d'assijux. * 
(Ibid. m, p. 298.) * Si fit 1â Roy traire toute sa nave 

■ par devers les doues, et bien garnir de bombar- 

• ws, d'arbalestes, d'archers, ô'esprîngalei, et de 

• teles choses par quoy l'ost des François ne peust 

■ pasÂr par là. > (Ibid. livre I, page 166.) [^ Ainsi 

• que là Bertran recordoit-son volotr, Dn carrel 

■ d*e([;rrtn(fa//« vint lez lui asseoir; Hais à lui ne 
( mesfit ne à son dievai noir. > (Cuvelier, v. 3971.]] 

" Dans le 0tctid8n.de Trévoux, M^iifij^ai'l est une 

KUte pièce d'arUllerie portant une demi-livre de 
lie, suivant une relation de la prise du fort 
S" Marguerite, tirée de la lettre d'un officier 
employé sur la galèt'e commandante et rapportée 
dans le Jonrnal de Verdun du mois de juillet 1747, 
page4î. 



Esplngarderie, s. A Collectif d'espiagarde'. 
Gens armés d'espingardes '. 
' ■ Trois mille six cents doubles canons, et d'«a- 

■ pingarderie sans nombre. ■ (Rab. Il, p. 320.) 
" Voyez Oudin et Cotgrave. 

Espinger. [Intercale^ Etptn^er,s»vleT, ad reg. 
Ji. 144, p. 77. an. 1392 : > Jehan Pierart dansa et 

< espinga à la fesle audit Ifontfalcon et gaigna le 
K mouton, eomme te mieulx dansant. > L'étymolo- 
gie étant l'allemand sprinçen, sauter; il vaut lOienx 
lire comme-dans le Pèlerinage de GulleTille : • Je 

■ espringue et si carole. Je treppe, et queur, et 
« danse et baie En alant à la witefale. >1 ■ Esprin- 

■ galler, c'est sauter. • (Faucb. des Orig. livre II, 
page 120.) 

De pastonri&ufl vi dd tropel. 

Chacun lès sa toasea, DoUnt k U musette, 

S'en vont espringant, eo honiUns. (Val. n* 1490.) 

Danser et etprittghier. (Poit. av. ISOO.} 

Ôa lit espringieTf dans J. Erars, Poët. av. 1300. 
Esplngle. s. f. Epingles de parures, argent 
pour les acheter donne aux femmes». Ardillon'. 

* « Tin donné pour les épingles de la reine. ■ 
{Voy. Le Bœuf, Hist. civile d'Auxerre, p. 303.) 
Hambles tarent, cotes, et siroptee. 
Ne «eurent que ce Fat A'etpingl; 
Ne d'oTBoefl ; car bnmflll* 
Estoit en leur simplicité. (E. Hach.) 

[> Que nul mestre ne mestresse ne puisse ache- 

■ ter fll cher pour fere esplngles, se ce n'est à cens 

■ dudit mestier, sus peine de l'amande. ■ (Livre 
des Uét. 36i.)] 

'En une selle « cheranchler. 
Quant elle a couru longoement, 
Paiil tousjours pannel, ou estiier. 
Tasse, bonde, ttpingle ou mordant. (B. Daeh.) 

Esplngler, v. Piquer avec des épingles. (Oud.] 
Esplnglette, s. f. Diminutif d'épingle- Voyez 
Eust. Desctiamps. 
Esplnglenr, s. m. Epingller. • Icellui Barthe- 

■ lemi dist qu'icellui signifiant rendroit lee espin- 

< glesqueil avoitprinsesànnexpfnffleur. «(JJ.OS, 
p. 331, an. 1308.;] 

Esplnglier, t. m. Etui à mettre des épingles. 
[' Ong petit eipingîier à mettre espingîes de 
. drap. • (JJ. 183, p. 113, an. 1456.)] 

.... Baille bourses, ne Joyaux, 

Etpinglien, saintnres, cbapianfac. fE. Beteh.) 

[Espinglier a le sens û'espiiigleur, au Livre des 

Métiers, 162.] 

Ësplnglon, s. m. Petite épingle. (Ouâ-, Cotgr.) 

Espingnerie. [Intercalez Esptngnerie, métier 

d'épinglier : ■ Ils ont regardé que nus du mestier 

« a'etpingnerie ne puisse prendre aprenlis, se 

■ deux des maistres du mestier n'i sont preaens 
• pour les convenances oir. «(Ij. des Métiers, 153.)] 

Espinguerles, 8'. f.p. Danses, divertissemens. 
[Voir EspiKGEB.] 

Cil de Feuchieres, et d'Allés, 
Ont prisée MpingiwHM. 

CuOL u Viiiln. Poi*. HSS. snni t3W. 



yLaOOgle 



ESP -' 

Lors commeoça mâlodiec, 

NoiM, et etpringttêrUt, 

Si que lor mslencoliea 

Tost lor rapaia. (Ilnd.J 

Espinoche, s. /. Epinards*. Poisson". Mon- 
naie ^ Dispute". 

* Voyez Colgrave. Le Ducbal sur Rab., II, p. ^6^, 

observe que le mot e$pinoehe s'est conservé dans 

U) pays Messin. [On lit dans leïtecueil des Fabliaux, 

. t. IV, 42 : > Les etpinoches tout à Tet A semées aval 

• lacort. ■] 

Fleury comme ung champignon. 

Verdelet comme une etpinoeh». {CoquiUarl, p. 105 J 
■Guillird, diat elle, c'est du nwtil, 

Je yueil ayoir des eafnnoche» : 

Hon mari, qui de mâles broches 

Ait crevez les iex de la teste. 

Demande poisson à sreste. {ilS, 7Si8, (. 49 *.J 
" Le Duch. sur Rab. t. II, p. â60, coujecture que 
etpinoche est le mâme que pinos qui chez les mon- 
tagnards du Dauphiné signifie un denier de cuivre. 

H6 déa, s'il ne pleut, il dégoûta ; 
Au moina aura;-je une etpinoche : 
J'auray de Iut, s'il chet eu coche. 
Un escu, on deui, pour ma peine. (Patk. Faree, p. 79.) 
"De fait, U dicte abbaye prindrenl, 
De plaine veoua, et aproche. 
Et par certain temps ik se tiodrent, 
.En attendant quelque «iiritUKht. 

VI(. d* Ctetai VU. t. U, p. W. 

■ Ayant, en la fleur de mon aage, eu ceste bon- : 
« near d'estre employé aux plus grandes causes du 

■ barreau, maintenant, dedans une profonde vieiL- 

■ lesse, je m'amuse en ces etpinoches^ et poin- 

■ tilles. • (LetL de Pasq. t. II, p. 498.) 
Espinochenr, s. m. Pointilleur, cbicanetir. 

« J'estime que t'arrest de séquestre estoit juste, 

■ encore qu'un espinodieur pourroit, par advan- 

• ture, dire qu'il n y avoit nul lieu de sequeab^ es 

■ biens despendans de l'ancien appanage. ■ (Pasq. 
ttech. p. 501.) 

Espinon, s. m. Ardillon de boucle. (Oudin.) 
Esplnoy, s. m. Cldlure faite d'épines; lieu 
plante d'épines. > Elle s'élança en ung Tort palus, 

■ ou il avoit , au meilleu, ung Tort eêpinay qui 

■ contenoit en rondeur bien le traict d'un arc. ■ 
(Percef. VI, fol. 16 <=.) « Se mirent hors, par autre 

■ voye qu'ilz n'estoieot venuz ; mais k grant peine 

• peurent ilz passer, pour le grant etpinou qu'il y 

• avoit. > (Ibid. foL 37 <<.) 
Esptnster. v. 

Leurs vertns, et leora grâces août k esmerreiller. 
Car on les peut aussi reprendre, et cbutier, 
Com poiroit la nker du premier etpin^ar. 

fM. HSS. daR. a* TMt. 1. 1, ItL W, H* «oL 1. 

Espioanement, $. m. Action d'espionner. 
(Oudin, Cotgrave.) 

Esplonnlticqaement, adv. En espionnant. 
(Rab. Ghresme philosophale, t. V, p. ^.) 

Espiot. [Intercalez Espiot, épieu : ■ Ettepoient 
•I daghes, haces et cours espios ae guerre. ■ (Froiss. 
l. V, 47.) — « Le suppliait prinst ung baston ferré 

• appelle espiot. ■ (JJ. i»0, p. 7, an. 1450.)] 



► - ESP 

Espiote. riotercalez E»piote, épeautre, au na. 
(JJ. 168, p. 4fl, an. 141Ii : > Le suppliant prist Sa 

■ blé appelle l'eaynote ougrosblépoursoQcbeval.' 
(JJ. 168, p. 411, an. 1415.)] 

Esplr. [Intercalez Espir, esprit, démon : ■ Car 
« adonc quidierent veir Entreos aucuns maligne 
- eêpir. Qui tous les vausist trebucier, Lor foi tollîr 

■ et desvoier. ■ (Vie hs. de J. C. ; D. G. VI. 331 '.)] 
Esplranlx, s. m. p. Soupiraux. ■ En les plus 

■ extresmes parties du corps de la terre apperent 
> etpiraulx dupuis d'enfer. ■ (La Salade, 6Iio 30, 
R» col. a.) Voy. Ibid. V- col. 1 et 2. 

Espire. (Intercalez Etpire, souffle, dans Reoart, 
T. 1440 : ■ L OD ne savoit vent ox^upire De lut. •] 

Espirement , s. m. Désir*. Inspiration'. 
Charme ". 

'Si voirement que j'ov l'aim, sans bdanr, 

He venUe amours askiaver de tourment; 

Et k'^QS vers U ne quts nul vilain tor, 

Pour avenir à son etpir»m»nt. (Ifartin, Fat. n* iA90.l 
■ Un devin ot en Thebe net, 

De dire voir fu esprovex ; 

Nua ne pooit aperêevoir. 

Ne par etfÀrtmtnt savoir. 

Que onques deist, se voir non ; 

For ce ert il de hait renon. (R. de HareUu, nu. de S. G.) 

" ■ Doivent faire jurer !t chascun des champions, 

< que il ne porte bref, ne charci, ne sorcerie, ne 

■ que il, pour caste bataille, il ne a fait faire, ne 
• autre pour lui, que il sache, ne n'a donné, 

■ ne promis à aucune personne quel qu'elle soit, 

■ en aucune manière, chose pour brief. ou etpira- 

< ment, ne charci, ne sorcene, qui a celle bataille 

■ le puisse aidier, ne a son avNvaire nuire. ■ 
(Assises de Jérus. p. 81.)[> Après aprises^iiremËns, 

■ Nigromance et encantemeas. • (Parton. v. 41)97.)] 
Esplrer, v. Inspirer*. Respirer*. 

* [■ E espire% e pleins de fei. > (Chron. des ducs 
de Normandie, v. 1499-)] 

Panaet, dame, de bien amer. 



Des* 



itde 



Celui qi U foin 

(Paraphrase du psauoie entetavU cor meum, h 
Madame de Champagne us. du B. à la suite de U 
Vie de S' François d'Assise en Ivieux vers francois, 
n* 7956 •.) 

Dieux Vetpira, et benei. fPh. Moiuk.j 

[■ Celle propre nuit que ce devoit avenir etpira 
« et esvill& Dieux aucuns bounnoia de Pans. > 
(Froiss. VI, 74.)] 

■ S'elle sentent mon martire, * 

Je croi que, quant elle eqWrw, 

SI eeuart, ' 
ÏTlroienl je celle part. 
Où il vont poor moi oocire, 

Ains le retrairoit. (Frvi*i. poët.) 

Esplret, partie. Inspiré. On a dit de Charlema- 
gne qui fit baptiser ses ennemis vaincus: 

Or ch6s CDume de grant sens, 
Et e»piret de boin pourpens, 

Ïtti maintenoit ses anemis, 
out autres! com ees amis. (Ph. Moutk.) 



, Google 



ESP -< 

Esplrier, v. Expirer, cesser. 

Je TOUS jur qae, s'»Toir tes poToie, 

Jour de m» vie plus ne souDAideroie, 

Fort tukt que ce duraat, eani etpirier, 

Ea son Mtat, Uni com ]'woie vie. (E. De$eh.) 

Espirltal. (inlercalez Espirital, souffle, dans 
une Vie us. de J. G. (D. G. 111, 331 ■) : > Ni ot oe coule 

• necendal.se n'esl de Dieu \'e8pirital,G»T il voloit 
« povrement oestre. ■] 

Esplrltn. [iQtercalez Eipiritu, spirituel, opposé 
k temporel: ■ Et si avons retenu en nostre main 

• toutes les dismes de cest floage, et les grans 

■ dismes et les menues, et les espiritues clioses. ■ 
(Cart. de Champagne, f. 342', an. 1247.)] 

Sspiritnalité. [Intercalez Espiritualité, affai- 
res spirituelles, dans Froissart, \V, 64; offrandes 
bites aux églises pour les sacrements: > Jehan de 

■ Ifonligny a prU le dit temporel dudil prieuré Me 

■ S' André en Rosenois] et en a levé et receu les 
<r frois et emoluoietia par l'espace d'un an et jus- 

■ ques ad ce que nostre gouverneur dudil Dalpbiné 

■ a rendu audit prieur Vespiritualité de son dit 

• prieuré, qui est moult po de chose. > (JJ. iOI, 
p. 140, an. 1371.)] 

Esplrltaellement. adv. Spiriluellement, en 
esprit. ■ Quant ce vinl que le prebsire montra espir 

• rituellement le corps de nostre Seigneur Jésus 

• Crist, il tendit les mains vers le ciel. ' (Lanc. du 
Uctin, p. 80M 

Ësplsce, 8. f. Espèce, forme, manière. 

Un image bel, et piopisce, 

Fait ou semblant, et en Vetpiëce, 

Que ta droite dame estoiL lors. (Froi». poêi. mu.) 

• Nature vous forma de noble apoisse. ■ (Percef. 
vol. V, fol. I12\; 
Esplt, 8. Les épitres des apdtres. 

. . . Cest taÈâi vrar comme etpit. (Sent, du Uege, STI.) 

On lit espitre, dans une autre copie. 
Esplte, 8. f. Epitre. 

Pasa«r me font de Dieu Venpite. (E. Detch.) 
Esplagani, partie. > Vestu ainay que l'eépta- 

• gant. ■ (Coquill. p. 145.) 
Elsplanader, V. Aplanir. [Colgr. Oud.) 
Esplanaderaye, s. /. Lieu aplani. (Oud. Colg.) 
E^splaqaer, v. 

Amours tent à rois, «t ft traus, 
Pour prendre et pour arrester ^us 

galment loadis surque et naque ; 
cieuB i Tient, (^ sent les maus. 
Car il cuida birâ astre sans. 
Pour estre warîa, si etplaque, 
Et ûen feut, M si enraque ; 
Cascvns 1 t^t plus qne se taaqae. 

vm. d'Ai^m U Pilgam*. VU. a* IWO, M. 130. 

Eïsplectae, s. Ce mot, dans )e patois d'Arles, 
désisoe le droit de faire paître ses bestiaux après 
la récolte. Il signifie aussi, dans quelques coutu- 
mes, outre le droit de pâturer, celui de couper du 
bois, de chasser et de pécher. (D. C, Poitura. 1.) 

E^plâctes, s. Nom collectif d'outils : ■ C'est 

• aiofli qa'ea Bourbonnois, Nivernois et ailleurs. 



ESP 

les ouvriers appellent leurs outils, ou inslru- 
: mens. • (Lsur. Gloss. dn Dr. fr.) — [■ Gomme se 

: (eussent menés certaines paroles pour cause 

: de certains exploi% et coraailles de vaisseaux de 
I mer. - [ii. 113, p. 243, an. 1378.) — • Les sup- 
I plians prindreut leurs esploicte», dont ilz faisoient 
I leur fossé. • (JJ. 200, p. 196. an. 1467.) - . Maislre 
: Jehan (le Tours, exécuteur de nostre liaulle justice 

'. en la ville de Thoulouse tenant Vexploit avec 

t lequel il avoit accoustumé de descapiter gens par 
< justice. > (JJ. 181, p. 225, an. 1452.)] 

Espleurer. v. S'affliger, pleurer. 



Esplez. Action d'exoloiter une terre ou d'en 
jouir, semble distingué ae la tenue qui signifie la 
propriété ou possession. Jean de Ghàtillon ordonne 
la restitution de tous les biens quelconques qu'il 
auroit possédé injustement, à quoi il ajoute: • E 

> voil e commande que tenue, ne esple% ne puissent 

■ nuire as pleintis. Ë voil ausit que Ii domage des 

• arrierages lor soit amaudé et restoiré. <■ (Duch. 
Gén. de Cnastillon, p. 58, an. 1268.) 

Esplolt, s. m. ting. et pi. Revenu, produit '. 
Profil*. Récompense*^. Œuvres". 

SI Bigoifle encore : 1° Effet, action : < El lisent 
ni par Vesploit dou vent que il entrèrent en la 

> rivière de la Tamise. ■ (Froissarl, II, 437.) — 
2* Action d'éclat : ■ Se nous poions ruer jus messire 

■ Lois d'Espagne, nous ferions un bon esploit. > 
{Id. IV, 57.) — S'Arrôl d'exécution : ■ Pour exécuter 
» ces esplois et lui faire payer. » (Id. Il, 396.) — 
4° Poursuite judiciaire : • Quant en vostre hirelaige 

■ il osoit faire tels exploit. >] — Dans le traité fait 
entre leducde Bretagne et les seigneurs de Clisson, 
leducdeBret. dit: < Ege ledit oomte par ceste pez, 

• dois despecier les leltres de tos les erremans e de 

■ tos les exptei e de totes les convenances que ge 
« avoie avant ceste pez sur le dit Olivier le Veill. et 

• contre luy. . (D. Morice, Hiat. de Bret. col. 981.) 
' > Li sires puel se il n'est paies, les héritaiges 

• sesir, et aussml fct il les masures, et fere sien, 

■ toutes les oissues, et tous les esplois des liex, 

■ dusques à tant que il sera paie de tous arrie- 

• rages. > (Beauman. p. 152) 

' ■ En menus esploits, se Ii quens les demani!.? à 

• ses songez, comme demandede cinq sols, àhomne 

• de poosle. > (Beaumanoir, p. 55.) 

■ C31 sa tronil, sans atploit 

Ki se dwert k'BUtres recboit. (Gonl. poës. av. ISOO.f 



Prenei l'onor, et je Yetplùit. (Poei. av. i300.} 
*> On lit au sujet du commerce fait dans les mar- 
chés tenus le dimanche : • Nostre Saint Père le 

■ Pape, qui pou le tempseatoit, n'avoit pasà plaisir 

■ que tieulx esptoiz, mondains feussenl fais, tenus, 
> et exercés, le dit jour de dimanche. > (Ordon. V, 
p. 606.) • La seconde est é'exploit beaucoup plus 

■ difllcille. • (Sagesse de Charron, p. 311.) 



yLaOOgle 



ESP -< 

Remarquons ces façons de parler : 

• A esploit, molt à esploiz. * Portement, beau- 
coup, en grande quantité. 

tes flls U bit cuire à étpkil. (Fabl. «le S. G.J 
Li mei Tiennent molt à caplmi. (Ibid j 

On disoit aussi < à esploit, à moult graot esploit > 

Four en grande hâte, promptement, avec vigueur. 
> Trestnl seil fe! ki n i fierget a espleit. » (Roland, 
V. 3559.)] 

Li rois i Tient, et quant les volt. 

Vers ax se tome, & ttploit. (FtAl. de S. Germain.} 

Vers l'ombre de l'ente, 

Où celé eatoit, 

Cheraucbal ma sente, 

A moult grant erploit. [Poël. an. 1900.) 

Esploitable, aifj. Exploitable. Qui peut être 
saisi. (Ord. 1. 1, p. 177.) — [- Le proprietaipe peut 

• contraindre son hoste de garnir sa maison de 

• meublesorp/oitaft/es, pour sûreté de son louage. » 
(Loysel, 476.)] 

Esploiter, v. Accomplir *. Expédier, dépécber*. 
Employer'', Oser, se servir". 

[L'origine est explicilare , et le sens primitif, 
déployer de l'aclivile, marcher rapidement: • Mult 

• hen espleite qui bamnes Deus aiuet. > [Roland, 
V. 3657,)] 

* • Se ri vous requterreni que, en solution de ce 

■ que, il leur est deo, vous leur bailliez desdiz 

< exploiz, si leur en bailliez, et à les lever, et 

■ ^pjffer leurs bailliez tels commissaires, comnK 

■ ils vous requerront. • (Ord. t. I, p. 8!0.) Dans 
Beauman. p. 386, < ezptoUier des blés, aveiaeset 

■ vins ■, c'est en faire la récolte. 

' Au boucher va, pour Faire son emplecte ; 
Tandis que (ut, Faifeu soubdain explecte 
Bien aulrement, qo'ainsj comme elle entend. (Faifeu.) 
Va donc, (Ont il, uploile toBt. (Fabl. de S. Germain.; 
Sont cee escotiee lavées, 
Etploile tOBt, et nos iron 
Querre btische, ci enTiion. (Ibid.) 

<= . De l'artillerie bien logée, bien munie, et bien 

■ exploitée, dépendra, en grande partie, le gain 

• d'une I]alaille. > (Uém. de Sully, 1. 1, p. 278; voy. 
Hém. de Gomines, p. 104 et 105.) 

" Dans une des 1'" comédies de P. Corneille, en 
parlant de chevaux, on dit : 

Voua en exploitât Uni. (L'ïllueion Connue.)' 

Expressions à remarquer : 
1" « Exploicler son erre, on son herre, exploiter 

< son chemin •, faire promptement sa roule. Clisson, 
commandé pour marcher à une expédition de 
guerre, ■ exploita gentement son herre. » (Guescl. 
par Mén. p. 449.) • Exploicler chemin. » (Cotgr.) 

2" ■ Exploiter finance. > Se procurer de l'aident. 

Nuls ne parle ne d'amer, ne d'amie ; 

Force de exploiter floBDM à toutes fois. (Evt. Deeeh.} 
3° Exploicler le vassal: ■ Lorsque le seigneur de 

■ fief exploite le flef de son vassal, et fait les fruits 

■ siens, en perte du vassal. > (Laur. Glos. du Dr. te.) 
4° < ExploitterKi pays bas. ■ Expression obscène. 

(Oud. Cur. fr.) 



1- ESP 

5* ■ Esploitier est alers > (S. Bern. Serm. fr> 67) ; 
s'acheminer vers la vertu est comme y arriver. 

EsplolturieremeoL [Intercales E$pl0itwie- 
retnent, rapidement, comme & esploit, dans Froiss. 
Vil, 408.] 

Esplonger. v. Plonger, enfoncer. (PereefoTMt, 
IV, fol. 76'.) 

Espiugoebaus, i. m. pi. ■ Paueon genlU est 

■ bon heronnier, des8n% et dessonbs, et à toutes 

■ autres manières d'oiseaux; comme aux roui- 
• seaux , ressemblans au beron ; espluffnebaux , 

■ poches, garsottes, et spécialement anx oiseaux de 
« rivière. » (Foaill. Faucon, f. 56*.) 

Esplumer, ti. Déplumer. (Ondin; Gcr. de Rev. 
Il' part. p. 96 ; Fouill. Faucon, f. 68 ■.) 

Espode. [On lit au Gart. de Lagny, fol. 340*: 
« Espode, .1. den. la livre. »] 

EspoenteIsun.rintercalezËsjjofnffiturt, effroi, 
dans la Chron. des ducs de Hormandle.] 

Espoenter. [Intercalez Eipoenter, effrayer, 
dans la Vie de S' Louis, p. 307 : - Li benoîez rois, 

■ qui de riens ne fu eipoenter. ■] 
Espoenteux, adj. Epouvanté. ■ Sa très laide 

> Qgure me fet espoenteute. ■ (us. 7318, f. 34Ô ) On 
lit espoentta, dans la Ghr. des ducs de NormaDdie. 

Ëspoeris. [Intercalez Es^oerls, dans Girard 4e 
Viane (v. 500) : • Kant Oliviers ctkosi ses anioiis 
« N'est pas mervelle s'il est eiporis. ■] 

Espol, s. m. Epaissear. (Part. deBI. ns.dt S. 6.) 

Espolller (s*), v. S'éponlller. 

.... Devant son moster s'etpoilloit. 

Et à sa destre main son col grateil. fBom. éAudîg.] 

■ Ils mettoient leurs faucons ao soleil pour eulx 

■ espouet/Iter, et semblablement tuent leurs poulz 

■ emprès leurs faucons. • (Hodus et Rado, f. (45*.) 
Espolncte, t. f. Terme de vénerie souvent em- 
ployé en parlant des pièges à bncons. (Hodns et 
Racio, p. fC4.) 

Espoincter, v. Epointer. (Cotgr. Oud.) On lit 
Mpointer,dans Budé (des Ois. f. 122^), et espointier, 
dans Modus et Racio, f. 110 *. 
Espolndre, v. Piquer. 

Jà ne lenal, portes enivcn, 

Qni les coragea ont divers. 

Et qni sont envieus sor cens 

Qui les coers ont vaUlsns, et prena, 

Que ne parrornisse mon poinilre,^ 

Por moi atoser, et eepomdre. fUS. liiS, f. 348*.) 

CoNiuGâisoK: Espoinet. (Colgr. et Régnier, Diai. 
p. 189.) — Espoint. (Eust. DesCb.) 

Espoine, adj. Spontanée. « Etpoine greît, • 
dans S. Bern. (p. 25}, répond au latin- sfonte ; on Ut 

■ eispovge votentei », dans Duchesne (G^d. de 
Gaines, p. 28i, an. 1241.) 

Espointement, 8. m. Action d'époioler: (Ôtttf.) 

1. Espoir; s. m. Attente. [Le sens actuel est 

dans Couci : • Benoit soit li haraemens On j'ai pris 

. si bon espoir. - (Couci, XII.) Dans Froiusârt, il a 



yLiOogle 



le sens d'opiDion : • La cité de Cambrai estoil bien 
« pouFvefle de {eoB d'armes et os^ de tous vivres 

■ aelODeh l^ur e^mir. > (III, 1S.)] Il se disait aussi 
de la crainte : • Il y a plos de folie que de sens, et 
< de dangereux espoir, quede seurele. • (ta Ck)loml). 
Ttaéât. d'iKAB. tl, p. 86.) > Quant le roy ouyt ce, il 

■ fat asseur de ce dont il n'avoit que Yapoir, et 

■ lOTS fut en tel mesobef Que a peu, qu'il ne monr- 

• roiL ■ (Pqrcef. t. V, f. 101 ■.) ■ Mes etpoin vaut 

• d'autnii le jouir. • (idans li Bocue.) — • An mian 
> evfOir *, k oe que j^ewire (Parton. de Bl.) ; ■ an 

■ ^am t^Mir ■, a ce qu'il espère. (Brut.) 

2. Espoir, adv. Peut-être. [C'est la 1" personne 
de Vindicatif présent d'espérer?] (GIoss. de l'HisL de 
Bret.) • Ce que, etpoir, pourroit tourner en ^ant 

■ doinmase, et préjudice. ■ (Ordon. des D..die Bret. 
f. 236^.) ■ Ub àen oncle en lage MipoirdefiO ans. ■ 
{Froiss. liv. IV, p. 65.) — [- Une praerie espoir large 

■ de sis bonniers de terre. > (Froiss. VI, 199.)] 
Es|ioia, a. m. ParUe dn bois du cerf. < Les cors, 

• qui aant à U sommité de ta perche, se doivent 
. Boountf «wotc > (Fouill. Vén. f. 30^.) Ce moteet 
aufisi emplaye pour 1q daiu. (Chasse de Gasl, Pbéb. 
pl^26.) 

K»p<Dlase , «■ /. Epaisseur. • Vetpoiue estoit 

• de trois doicts. ■ (Bab. L i, p. 313.) — [• loetlui 

■ Perrot priât un eovet, et en frappa Jehan 

a Bavault sur la teste, tant que it perça son (Aa^ 

• oeau et son (^apperé« et la teste bien de l'etpoiau 
. S'ain doy. . (H. 160, p. 149* an, 1405.)] 

Variante»: ElsPiUBm. Ctow^dM ducs lia MormancU». — 
ESP«S<..I|S.7ga)%t0l.6?<. - EaFESiB.Uû(l.rol.i8«. 

Espotssi^ttt, Gçaiasir, grossie, augmentée. 

(Brut./ 

[■ Là genl Heraul cbescun jor creîsseni, tote jor 

■ viegnent et Mpeùttent. - (Rou, iâ303.)] 
Bispolt. Epieu. [- Le «avrereat ou corps d'uae 

■ ^tpoit ou,e6pè<i.. ^ (JJ. 135, p. 130, an. 1384.) — 

■ Aâ espéM et as bachca.. as e^ioiè et à da^es. > 
(FroiBS. m, 10«.)] 

Qhw 4b para «d feu rolisioit, 

Eq apoit va ot cuit pKcU», 

Et çarUe wu cbarboos roUe. iSrut.) 

Dans le as. de H' de Bombarde, oa lit :. 

Eb bts em cuist vaa partie. 
B8Dol«t. [Oa liLau Gloas. latin 4120, m.. 1348 : 

• Spola dicitur a spolio, gallice. eapolet, quia sœpe 

• spoliatur a nio. >] 

E^ponoe , «v f._ Dégaen)iïscment , abandïtii , 
(Co^.), du latin spondere. > De quittances, et atsoit- 

• «etalieritages, et de la manière comment ifs se 
« peavent faire. > (CouL Gén. t. Il, p. 554.) ■ Telles 
' éxpêoeiojit iïasi faites, soit au seigneur de Itef, 

• on autrej celuy qui quitte, et expont ne doit plu3> 
« toucher a VheriUige, et chose immeubles quittez,.! 
(Itfid. p. 1^)-Ml>e 1& • faire espowe >, d^uerpir. 



ESP 

[On lit au censier d'Estilly, B. 14. anc. 9493, an. 
1430 : ■ Aucun des farescheurs de la dite farescbe 

• ne pourront faire esponse des choses obligées à 

• ladite farescbe, s'ils ne font esponse de toute la 

■ farescbe. ■] 

Esponcer , v. Quitter , céder , abandonner. 

■ Celuy qui quille, et etpont ne doit plus toucher à 

• l'héritage. ■ (Coût. Gén. t. II. p. 102.) La même 
disposition est répétée (ibid. 158): ■ Aucun deten- 

■ leur doit à son seigneur de llef, ou à autre, 

■ aucune rente, cens, ou couslume, pour raison 

■ des choses, iceluy teneur peut quitter, etexpîÂiser 

■ les dites choses chargéesi, en payant les arrérages 

■ d^ dits cens, ou charges dn temps passé. > (Coût, 
de Poitou, GouL Gén. II, p. !i7&.) [Voyez Espoxdre.] 

Esponde, s. /. ChAlît (eu latin êpotiàa) *. Partie 
dn [ned du cerf*. Rempwt*=. 
' .... Bans T«n la lit s'ea va. 

Tôt coieuMiit deles l'eaponde. (Fabt. de S, G.} 

• Les espondes du lit, et les pilUers estoient d'an 
. beau noir. ■ (Cartheny, Voyage du Chev. Errant, 
fol. 460.) . Esponçe dn iict. - (Percef. III, 13*.) — 
De là le sens général de bord, extrémité. 
Alna parra mea ascus ceste taive raonde, 
Et aurai de mon cors trenchiâ la nuistre «tponda 
Que iasl de ce champ, qpe maint des leors ni tonde. 

Roui. iTAIcaiiJn. 

De là ' mettre aare^nde >, c'est-à-dire mettre 
sur Je bord, rejeter. 

Dame, en cji tas biens abonds, 

N« me mettei, eor Veipmde. (U Vieille Oe Ga^tin.} 

' Nous l'appelons éponge, dans le pied du cheval : 

Par le piÉ, bien eof^oistrss, 
À qœl c«rf eorra tu devras ; 
Grosse eêpotuU, et lanie talon, 
Ca ne doit refuser nans hom, 
S'Uagn»etla^ealM«i. (US. IMS, II, f. US.) 
' Hé I bon FM Loeys. malbaillls eet 11 moodea: 
Hé t Dtn i» ne gart Teure que tu tos nous confondes, 
Cil n'i est mes, iiuieitpticëfiw, et mondes ; 
Sainte TBUs« pert une de ses meiUois etponde». 

' «sTTÎtB, fol. ÎW. 

{Tar Buile, diigne : ■- L'eaue qui de plsin cours 
< devoit deschendre et fluer en ladite vHle, alloit 
. fluer et descendre par dehors la ferUvsehe 
« d'icallfe par ce que lesdils religieux ne retenoient 

• pas les rwieres, cauchiesou Mporut». > (Gart. 23 
dâ Corbie, an. 1448.)] 

E&poiMUIle. 

, . . . DlT* huU, sprâs tous'iis, 

Qu'elle «ust YetpenéUU. oo msnia, 

Trop remplj du vin du buOat. (J. Marot, p. SUS,), 

E^pondre, v. Exposer, expliquer, déotarer. 
Or est drols que se vos espondt^ 
Corn U Isrres hit de baut cuer. (Fabl. tM.d« S. G.J 
.... to)U qw ttponuoiatt 
Les songes, pas ne Ini scavoient 

Fors seuiemeat a daidiuB.. (JButt. Beaeh.) 

k l'onoenr d'eniz, et d'un diBscmi 

Qui^tndaleni oeste beeragm, 

Or feult qtie les traideura etpongne. 

Qui a-en vont, fÈwl. Detch.) 

.... Par vostre fOl respona, 

H'am alnssint mou songe etpon». (R. de la Bote.} 



, Google 



ESP 



D>lda. US. dU pv Dn Cup, SftndàlU. ». 

Etponi la note d'un dorenlot. {Hob. de Rain$.) 
C0BJIT.AISOS : Espoigne. (S. B. S. fr. hss. p. 210.) — 
Egpoingne. {Ibid. p. 302.) — Eapoignet. {Ibid. 184.) 
— Etpon. (Gace de la Bigne, fol. 90*.) 

Ëspondu, 8. m. Partie du pied du cerf. La 
même chose qu'EsposDE ci-dessus. « Voyt on bien 
( souvent que unggrant cerf a bien la folle du pied 
< creuse, eiVespondudu pied tranchant. ■ [Hodus 
etRacio, fol. 3^) 

Esponge. [Promesse, assurance; voyez Espoike. 
On lit au Cart. de Corbie, fol. 124 *, an. 1249 : . Et 
■ cheontilgreë et olriié par leur ËS^njre volonté. >] 
Princes, mentir eet trop grand villenle. 
Et veritei est des loyaulx amie ', 
C'est de douconr, et d'unitie l'eipon^. 
Qui (ait régner les seigneurs en partie, (E. Detch.) 
« Porlep Veiponge, • éire jeune page d'une dame. 
(Oudin, Cup. fr.) 
EspoDgette, s. f. Diminutif d'épongé. (Oudin.) 
Espongleux, adj. Spongieux. (Oudin, Colgr.) 
Espordulte, i. 

Lerevre qui l's Laciez, 

Ne fet «ambiant de nule rien, 

Aies chaufe son ter bel et bien ; 

Quant i'eajMrduiie eet bien cbaufée. 

Et bien boillant el emtinisée, 

SI porte son ter sur l'enclume 

Oui tout estincels al eacume : 

Et cil sache a soi son visage 

Si deioeure U dent en gage. (US. 7Si8, f. i91 *.} 

Esporon. [Intercalez Exporon, éperon, dans 

Pb. Mouskes : > dns esporons ol en ses pies. > De 

même dans Froissart, XIV, 1471. De rallemand 

sporen.^ 

Esporter, v. Se consoler. 

Si etporia 

De l'enui k'il en ot el cuer. fPh. Moutkea.J 

Esportuie. [Intercalez Esportule, épices d'an 
magistrat, dans 1 Hisl. àe Nîmes, Preuves III, 243 ', 
an. 1433 : ■ Salaires, esptrlules des comissaires, 

* adjoints, notaires et autres. •] 

Espot. [Intercalez Espot, dans Benart (v. 698, 
t. IV) : ■ Ne pour coi dis ore cest mot t Jet dis, 

• fait-il, por cet etpot Que lu or me deis iraiel. '] 
Espotolle. [Intercalez Espoloite, pape, comme 

apoitoitle, dans un registre de la Ch. des Comptes, 
an. 1301 : ■ Eteaunce... à toutes grâces, indulgen- 
■ ces et respiz données ou à donner de nostre père 
- Yespotoiie. ■] 
Espoucer, v. 

Vos oOclers, arec lenrs pompes, 

Noua ont souTeut fait eipoueer, 

A «oz mura bous foire garder. (ItMttr.I, f. StS \J 

Espoveatablement, s. nt. Epouvante. 
Gisent Isa taon, à tint mondana, 
Qtie li esgardera seulement 
Est grant eipoiientablemenl. (G. Gviart, f. tlO *./ 

Espoventail, s. m. EpouraDtail. 

Avec maus si divers, et terribles. 

Que aereï conune eipmmtauix borrtbles. (Crétin, SOS.} 



ESP 

U Tflains, a la bce bise. 

Qui reasembloft espoenlail. (Fobl. de S. Germain./ 

Espoventement, 1. ffl. Epouvante. [• Et toutM 

■ paroUes semblables de grans espavenUmeru. ■ 
(Comines, III, 2.)] 

Plus ont durs temps, irius obX û'eipeutentent 

Ceul* dessus que la gnerre est donnée. (E. Deteh.) 
Espoventer, v. Epouvanter. [La forme la {dus 
ancienne est espaenter, du latin expaveniem, 
etpaent, transformé en verbe, qu'on trouve dans 
Roland. Av, au, prononcé 0, a donné espoenter : 
<■ Païen frémissent, l'ost est espoantée. ■ (Roncia- 
vais, page 66.j] 

D huit mourir, ce m'a trop etponté, 

Ponr mon salut ; nul d'euu n est escboppé. (E, Dêtch.} 

Descendre tî celle amour digne, 

En on cbsir de leu, aani courtine,' 
' Tont ardent, qui tort m'etpenta. (E. Deeeh.) 

Norel cbant reooimena. 

Mais di tant m'eipoeru 

Que je ne scsy ù ma cbansons sott oie. 

vu. U VWan. PaH. ms. anal ISOt. 

Uaisli Unsm'xapoent. f'X»- FiUaum. Vat. iA90.) 
EspoulUeresse, ». f. Qui dte les poux. (Cotg.) 

Semiramls gtpwiUertne de baliatres. (Roh. U, p. 250.) 

Espouldrer, v. Consommer. ■ Comme il disoit 

■ avoir espouldré tous les blcd^ de leans, lenr 

• donna à entendre qu'il estoit impossible qu'ils 

■ peussent vivre, ne eux entretenir plus bauUd'nn 

• mois. > (Monstr. vol. II, fol. 148 ^) 
Espoarré. [Intercalez Espovrré, couvert de 

poussière, dans Froissart, XII, 308: ■ Et estoient 

■ leurs cbevaulx espovrrét tellement qne il ne 

■ povoient reprendre leur alaine que leurs boUcbes 
> ne feussent toutes plaines de pouMre. •] 

Espousade, pnrf . Epousée. Terminaison lan- 
guedocienne. 

Pleual à Dieu nostre père. 
Que vos me fussiez donnée 
A terne «spoiwide. (Poit. m. 1900.) 

EspODsage, s. m. Epousailles. > En !a dite 
. oomté de Guisoes, deux conjoints par mariage, 
. ue peuvent vaillablement , depois espousaget, 
m advancer l'un l'autre , par dons enlrevira. • 
(N. C. G. I, p. 237, col. 2.)[< Item du luminaire des 

• espousaiget, ledit tresorrigr n'y prent riens, 

■ mais appartienl totalement au dit curé. ■ {R^. 
de Corbie, 13, an. 1511, fol. 88 ^)] 

Espouse, adj. au f. Mariée. [Voir Espeuse, 
Esposb; on lit aux lois de Guillaume, 14 : • Qai 

■ altri etpouie pnrgist. >] 

l'Arreste conlament ton «monranaa fiamme. 
Au seul objet d'amour de ton etpoute ftmme. 

V«n à \t «Ha in OiAmlaym ta lUrtag^ f. SOi. 

De même dans Ducbesne, Gén. de Montmorency, 
p. 386, an. 1265. 
2° • Jaqucline de Bavière qui estoit «spouae/'ran- 

■ che de Bor&elle alla de vie k trespas. ■ 

(Monstreiet, vol.Ii, fol. 140'.) 

Espoasement, s. Ëpousaille», dans Percefor. 
vol. u, fol. 122 '. On Utespoiement, daop 3. Bera. 
Ms. page 90. 



, Google 



ESP -« 

t. Esponsée, t. f. Femme qa'on vient d'épou- 
ser, qu'on T8époa8er\ Fille de joie'. 
*[> Tendre ot la char comme rosée, Simple fu 

■ come ane apoiuée. Et blancbe comme nor de 

■ lis. > (Rose, V. 1004.]] 

Haro, trop (aictea Vetpouiée, 
Poisque leula tous ay trouvée. (E. Deteh.) 

'Je ne Sney hier toute U Journée, 
De quoT taire ? d'avoir une espoutée : 
Boa aain portoit. (E. Dench.) 

- Parler doux comme une espousée. » Proverbe 
dans les Contes de Des Periers, 1. 1, p. 224. 
2. Esponsée, adj- au f. On disait > femme 

■ eêpotisee, ■ comme femme espouse.. • Ung fllz 

• avoit qui Pépin avoit nom, qui n'estoit pas de 
> femme espousée. > (Chron. de S. Den. 1, f. 175*.) 

Espouser, v. Accorder , promeltre . marier, 
faire épouser*. Attacher, unir'. Investir '=. 

* ■ Ne se partit de là, qu'il n'epousast l'autre fille 

■ à son boa amy, et compagnon. > (Nuits de Strap. 
1. 1, page 364.) ■ Le duc, qui encores n'avoit esté 

• espousé, desiroîl trop avoir hoirs pour sa terre 
. tenir. . (Chron. de S. Den. 1. 1, fol. 216 :) 

• L'archevêque de Reims dit de Louis XI : « Je 

■ l'ay sacré, et espousé à la couronne de France. > 
(Ducfos, Preuv. de Louis XI, p. 285.) < Le menèrent 

• en l'ostel de la dite ville, ou illec Vespouserent à 

• leur duc. ■(Chron. scandai, de Louis XI, p. tt4.) 

■ Pour mon tout seul amy je vous retiens, et 

■ etpouse de cest annel. ■ (Petit J. de Saintré, 
p. 576.) [> Il me mena à un prestre en secré lui qui 

• iD'espousa, et je ne l'ozai veer, qu'il ne m'oce* 

■ sist. > (Beaum. XXX, 98.]] 

^ * Luy fut par l'abbé mis au doigt un riche 

• anneau, et Yespousant du duché de Bourgc^ne, 

• etc. ■ (Mém. d'Ol. de la Marche, liv. Il, p. 589.) 
On disoit : 

1* ■ Le ftl prendre prisonnier, avec M' de Monl- 

■ morency, au tMis de Vincennes, et puis espouser 

• à la Bastille pour seize ou dix sept mois. > 
(Brant. Cap. fr. l. 11, p. 315.) 

2* ■ Epouser pour prison, > prendre pour pri- 
son. • Avoit épousé pouT prison le château de 
- Milan. -(Id. t. IV, p. 231.] 
3*- BspoiMer d'anel, ■ épouser légitimement. 
Puisque femme est mariée, 
Ailleurs oe doit estre vouée. 
Fors seulement k'Jk son mallel 
Qui etpouuée l'a d'anei. (Poêt. au. iSOO.) 

Espouserle. flntercalez Espouserie, épousail- 
les, dans Ruteheuf, I, 6.] 

Espousse, s. f. Pousse, maladie des chevaux. 
(Cotg.} • Un vendeur de chevaux n'est tenu de vices, 
« excepté de morve, espousse, corbe , corbature. ■ 
(Coût. dcBassigoy, au Nouv. Coût. Gén. U, p.4i45'.) 

Esponsser (s*), [intercalez s'Espousser, deve- 
nir poussif, au Roi Guillaume, p. 110: . Vont si 

■ courant que tôt a'espoussent. • De même dans 
G. Guiart (v. 6657] : ■ Ribaus reviennent tuit troussé 
> Dont aucuns sont bien espousse. ■] 

Elspoassete. [Intercalez Espoussele, sac, au 



■'- ESP 

reg. U. 195, p. 1079, an. 1474 : • Ouquel chemin le 

■ suppliant trouva un espoussele en laquelle il 
< bouta les tasses et autres ulenciles par lui prin- 

• ses. »] 

Espoutable, adj. Epouvantable, qui cause de 
l'épouvanle, redoutable. • Aux mauvais esperis 

■ espoutable. > (Ord. 1. 111, p. 364.) ■ 
Espoutre. [Intercalez Espoutre, an reg. JJ. 

170, p. 1, an. 1415: ■ Cn minot de sel des espou- 

■ très, c'est assavoir du fons et nettaieures desdiz 
> nefz et bateaux. >] 

Espouventable, o^;'. ElTrayant, terrible, mer- 
veilleux, extraordinaire. ■ L'ingénieux énigme fut 

■ beaucoup plus agréable, etquasi espouventable. > 
(Nuits de Strapar. I, p. 398.) — [■ Enfers et tres- 

■ tous les deables Moult laiz et moult espoentOr 
« blés. • (Rose, v. 20508.)] On lit eaparenfai/te dans 
S. Bern. p. 379, et espoantaules (la. p. 126). 

Espouvanté, adj. Epouvantable, effrayant. 

• Font cas de ceste vaine et trasonienne . troigne, 

■ de ces es;iouvan(^s vieillaques, qui par un port 

■ hautain, flere contenance, et parole Wave, veu- 

• lent acquérir bruit de vaillance. • (Sag. de Char, 
p. 566.) On lit espoventeus dans G. Guiarl, f. 347 >. 

Espraer, v. 
Qui OTToit cornent elle proie 
Celi qui de son cors flat proie 
Per nos toi detiler à'etpraer 
Conques ne veat le cor despraer, 
AJni lu per noz praez, et pns, 
Dou feu de chanté espria. {US. 7015, 1, fol. 73 K} 

Esprahlr. [Intercalez Esprahir, mettre en pré, 
dans une charte de Langres, an. 12fô (B. N. 1. 5188, 
fol. 200"): ■ Omnea seturœ, quse sunt encensies, 

• ille, cujus seturse sunt, les puet esprahir. >] 
Espraindre, v. [Exprimer en pressant: 

■ Comme... Baudrol Fermelet et Jebanne sa femme 
( eussent bouté un tinei dedens le trou d'un vîez 
« ourmecheu, afin de espraindre vei^uz en an 
. auge. . (JJ. H9, p. 372, an. 1381.]] Par suite, 
presser : ■ Les dieux ont espraint ma chayre, pour 

< moy faire tomber. • (La Salade, fol. 18'.) — 
[• Mettez l'herbe en un sac, ei Vespraignez pour 
« avoir le jus. » (Mén. Il, 5,)} 

Conjugaison: Espraigneit. (Am. Ressusc. p. 331.) 
— Espraing. (Modus et Racio, fol. 127 '.) 

Esprainte, s. ^ Action de presser*. Fiente'. 
[Il signifie aussi empreinte: ■ Ouquel patron de 

■ cire n'y avoit que r£Sj?rain/£ et enseigne du tuel 
. de la serrure. . (JJ. 171, p. 275, an. 1420.)] 

* ■ Les deux parties sont aux champs montez à 
« cheval, la lance sur la cuisse, et jette qu'est le 

• gant, partent comme tempeste, et à la première 

■ espratnte, ciiacan donne à son compagnon tel 

< coup de lance, qu'il Iny passe corps, ei cœur, de 

■ part en part, parquoy tous deux tombent morts. « 
(La Colomb. Théât. d'Honn. Il, p. 106.) 

" ■ Les fientes de» cerfs, rangiers, chevreulx, et 

■ dains se doivcit nommer fumées, et de 

■ toutes bestes vivantes de broust, elles se doivent 



yLaOOgle 



ESP -< 

< aiasy nommer : mais celles âesbealesmordaDtet, 

■ comme saDglierB,oura, et leurs semblables, se 

■ doivent nommer lesses ; ei celles des lièvres , et 

■ connils se nomment crottes; celles des autres 

■ besles puantes, comme laissons, renards, fiante ; 

• celles de la loutre se doivent nommer etprainte». ■ 
(FouiH. Vén. r<d. 86^) 

Esprendre, v. Enflammer*. Prendre, saisir". 
Reprendre ^ 
^ [On lit d^il dans Boland (v. 3917) : . Sait en li 

< fous que l'erlte en fait eiprendre. >] — ■ La ville 

■ (Ckinstantinople) commence à esprendre, et à 

■ alumer mult dureioent. ■ (Villieh. p. 101.) — < Si 
> ot maint cierge ««/?rû de lu. • (Ph. Mouskes.) — 

• Tant avoit sentu le cbault que ses cheveulx e»> 
« toient eiprins. • (Percef. IV, fol. 108*.) — [• Tao- 
« lost li feux s'espriêt graus et vilains. ■ (Froiss. 
IV, SI.)] Au figuré, il signifloit* allumer les désirs. ■ 
[• Ses blanches mains, ses doigts Ions et trelis. Qui 

• font l'amour enflammer et es/rendre. •(Couci«V.]] 

Les mors cuers, pereceus, et vieus, 

Etprendés d'argant eslincele. (Chant. N. D. Val. n* 1400.; 
li doux pensen, et li dous ao*eiura, 
HibitiDOiicuerefpraruA'edfl chanter. /CAarM.dttCMrAïA.y 

On lit etpanre dans une autre copie. 

Lance baiscie, l'escnt pria, 

Uoum cevaliera d'armes esprit. (Ph. Motuktt,) 

S'esprendre est aussi s'irriter : 

Ptui eoubdunement lea innwvnt. 
QtM le flot de U mer ae a'etpreitd. (StUniré, p. 614.) 
" ■ Si leva une tormente par mer qui les esprit. ■ 
(ms. 7989', fol. 79-.) 
*' ■ Avoit ung cbevallw an dehors du tournoy 

• esgardant et eiprenant l'alaine de son pis. • 
(Percef. I, fol. 141 '.) 

Esprès, s. m. pi. Ordres exprès. 



. ^e doit ]i, DeloïDg, neprëa. 

Pot f ien, deconrrlr w couwne 
Dm puis qu'il «art A amor fine. 
Trop nul m'itole dooc Eauasant, 
S'aloie aiUors conaeU quemot. (MS. tiiS, f. iS6 V 

Espresse, adj. Expresse. [Du Bouchetj Gén. de 
Goligny, p. 58, an. 12^.) 

Espressement , adv. Expressément, claire- 
ment; dans S. Bern., il répond au latin etpresiè. 
Oq lit ■ apretséemeat garder » au us. 7318, f. 208'. 
E^preté, t. f.* La rouille de fer incorporée en 
« cire, et en buile de menthe, elle est fort propre 
1 k Vesprelé des paupières, aux rougeoles. • (Contes 
deChol. fol. 18-.) 
Espreu (tout à), adv. Expressément (Oudin.) 
Esprevalos, s. m. pi. Eparvins. (Gotgr.) 
Espreveterie. $. f. Art de la cbasse à l'éper- 
vier. 

Si ferai ma quinte partie, 

Du déduit ùfespreveterie. (Modut et Baeio, f. iSO ".} 

On lit esprivetrie au fol. 133 ''. 

Espreuve, t. ;. Sorte de sonde. [• Lesqueles 

€ [bandes] doivent premièrement eslre séparées du 

■ membre en netjuit une e$preuve ou semblable 



ESP 

■ entre ce qui est sus la plaie et ta çitiù. > (If. de 
Uondeville, fol. 41 ^.)] — • Soit ttài faire un petit tw 

■ en forme à'etpreuve ou sonde, qui soit rond, par 

■ le bout, k la grosseur d'un petit bois : soit oe fer 

■ mis au feu, tant qu'il soit rouge, puis en soit 

■ donné le feu k l'oiseau malade, tout au plus haut 

• de la teste. • (Fouill. Faucon, fol. IS'.} On Ut au 
sens de souffrance (Herlia, fol. 69^]: ■ Et quant 

■ que l'on a en ceste mortel vie suefTre nostre 

• sires h avoir por esprueves de l'autre recovrer. ■] 
Espreuves, s. f. pi. Lieu où fon éprouvoit 

ceux qui étoient attaqua delà lèpre. • Quelqu'un 

• estant renommé â'estre eatacoé de lèpre, les 

■ eschevins, sous lesquels il résidera, seront tenus, 

• pour leurs acquis, le mener aux espreuves , aux 

■ dépens des parrochiens. > (Coût, de Haynaui, K. 
G. G. II, p. 156'.) 

Espriet. [Intercalez Espriet, aviron : ■ Pour ce 

> que le suppliant n'avoit poictd'aviron ou espriet 

• i conduire le balelet. • (il. 176. p. 773, an. 1450.)] 
Esprlmenter. [Intercalez Esprimenter, expé- 
rimenter, dans Parlonopex, v. 1633: ■ Se mes 
« cuers à droit esprimenle. •] 

Esprinffale. [Intercalez Etpringaie, machine 
de guerre ; on lit dans un Gloss. lat.-fr : ■ Balisla, 

■ bricole ou esprmgaie. • — ■ En l'estage ot une 

• espritigalle La ou la bretecbe est haucie- ■ 
(G. Guiart.) Voyez aussi Froissarl, 11, 294.] 

Esprlngeiie. [Intercalez Espringerie, danse, 
aux Miracles de Coioci (Du Gange, 1. 111, p. iâ2 ») : 

■ Qui miex aiment vaia«s parois, Espriageries et 

• caroles. ■] 

Esprin0ter. [Intercalez £sprtiifri0r,sauter, aux 
Miracles déj& cités : < Et de espringier et de baler, 

> Trepes, salir de ce savoit. • Froissart donne 
espringuier (XVI, 3). Voir Esphiuger.] 

Esprlogos. [Intercalez Espringos, espèce d'oi- 
seau, dans Floire et Blauchenor \y. 200'2) : - Et 
( pinçones et etpringos Et autres oisiaus. ■] 

E^prlnse, s. f. Lumière, flamme: * U regarda, 
» et veit au long de luy uoe «sprinte de feu qui 
. moult le rejouit. • (Percelorest, VI, fol. 117 ■.) — 

■ Mettre le feu en espriae > sigailioit commencer à 
allumer le feu. 

En une glîae 

Vorreat Is fu mettra an e»pri»e ; 
Uaia ai oom alumée* tarert, 
Desour la moiiatier apanirent 
Doi vaUet, en blanc veatemeot. fPh. Moutk.) 
Esprisler, v. Priser, apprécier. 
Joie d'amours ne puet nus etpriiier. 

Rl«i, PsM. M3S. Vid. B- liao. 

Voy. Poës. M8S. de Froissart, et J. Erars, Poët. 
avant 1300. 

Esprit, s. m. [Voir Espm. On Kt au Liber psal- 
fflorum, p. 2S6 : > Fus, grésille, neif, glace, esptrts 
< 'de tempestes. ■ — ■ Saioz Thomas returna ; si 

■ s'asstst sur son lit. Devint tels cum s'il fust très 

• tut en esperit. > (Thomas de Cantorbery,i4S.)] 

1° > Point d'eeprit. ■ &spresaioa presifiue et 



yLiOogle 



ESP -< 

lidicale, par allnsion an ■ point d'Espagne. • C'est 
une liagère qui parle : 

Tojlfc àa point d'ecpHl, à» Génee, ou d'Espagne. 

Li Gitar. 4a Friib, Cm. Kt/I, k. 6. 

S* £apr<tsDbtiI,*bMoIag,'n>utdigestee./fai^,p.7«.; 

a* ■ Etoffe oui n'a qad l'fsirri/. ■ Nous disons 
< qui n'a que l'ame. • (Oudin.) 

Af ■ Les e^nriis, • ponr les ■ gens d'esprtt. > 
Louis XII disoit : < Je crains les eêprits. ■ (LoDgue- 
ruaaa, I, p. 156.) 

S* [■ Trop de gens sODt qui honoarent l'abit Et 

• ne tiennent compte de Vesperit. ■ (E. Deacliamps-] 
Esprlté, adj. Spirituel. (Oudin.) 
Esprohon, s. m. [Eloarneau, sansonnet: < Et 

■ ainsi comme se fixent etprohons entre oiselsgen* 

• tils ou coulons. * (Froiss. XII, 71.)] 

Tout ansemant com li brohons 

DeflcoDflroit les etprùhotiM. (Pk, Mmuk.) 

A tant baria des eeporona, 

El U cevauB com tÊprohona 

Parmi l'air vole CMitre tbI. (Id. Ibid.} 

Espronve, s. f. Epreuve, expérience. • Malheur 

• est communément portier et donne entrée à une 
> inSnité d'infortunes, ce que le roy Amadîs sentit 

• assez pour esprouve. ■ (D. Florès de Grèoe, 1^'.) 

■ Le maitre esprouve > étoit l'essai que faisoient 
de leur prouesse ou de leurs armes, la veille du 
grand tournoi, les chevaliers qui dévoient v com- 
latlre. (Percef. V, fol. 104».) 

Espronvement, s. Epreuve. (S' Bernard, Ser-' 
. mon français, p. 333.) 

Espronvenr. [Intercalez EtproHVfiur, au ne. 
ii. i63, p. 278, au. 1409 : ■ Jehan de la Tour povre 

■ jeune nomme vendeur et esprouveur de triade... 

• nst faire à son varlet son espreuve si forte, que 

■ trois ou quatre heures après icelle faite, il ala de 

• vie A trespaasemeot, ■] 

Esprovauns, s. m. Celui qui est tenu de faire 
preuve. ■ Il appent al eiprovaunt de prover sa 

• excepcion. > (Britton, Loix d'Angleterre, f. 251*.) 
Esprover, r. Eprouver*. Prouver". Convaio- 

««^.Approuver". 

* [■ De vasselage est suvent esprovet. » (Roland, 
31S3.) Par suite, se distinguer à la guerre. (Froiss. 
IV, 53.) Ce qu'on a éprouvé vous est connu : ■ Qui 

■ tout saoroit le latin , Ksnk'en seivent Ii lettre!, 

■ François et Greu et Hermin , Et tout laing^ige 

■ esprouvei. • (Wackernagel, 64.)] 



* ■ En ce parlement, fut dénoncé, et etprouvé 
« que Baymond G" de Toulouse estoit bon chre- 
- uea. . (Chron. S. Den. H, fol. 47».) 
' Amors de félonie 

Vous vaurais etprooer; 

Toln m'avei Ift vie. {M»* Quemet.J 

° • Je puis dire, et en ce disant suis esprouve , 
« seloQ les anciens orateurs , et historiens que la 



'- KSP 

■ conduite de la guerre est artificielle. ■ (Le /onv. 
folio 2 ».) 

Espacer, v. Oier les puces. (Uonet, Gotgrave et 
Kicot.) Voir Oudin sous EspoLcni. 
Esputer. [Intercalez Sspuier, appuyer : • Icellui 

■ Boui^oing se assisl emmi le chemin en soy 

■ espuiant du costé à terre. > [JJ. 119, p. 417, an. 
1381.) — «Le suppliant caida tumber à terre et Ini 

■ convint soit etjmyer d'un genoil et d'une main à 

■ terre. > (JJ. 208, p. 66, an. 1466.)] 
Espuisance, s. f. Action de puiser ou d'épuiser. 

Noble aier, prens la congnoissanca 
De ma dure deaplaisanca, 
Fsii en mer eapiâianet, 

P»T puissance 
De pluies de larmes pleines. (Uolinet, p. 184.) 

Espulser, v. Epuiser. [■ Vus eipuGerez ewes 

■ en joie des fontaines de! Salvedur. i (Lib. paalmo- 
rum, page 23-2.)} 

Bichsrt, ns que apuehier 

Puet on la mer d'un tamis, 

Ne YOUB vsuroit mais castis. 

Qu'on ne puet musart castoier. //eu Parti, Vat, i«90.) 
Espuisler est au Trésor de J. de Meung (630). 
Espulsear, a. m. Qui épuise. (Oudin.) 
Espuler. [Intercalez Esputer^ au reg. JJ. 160, 
p. 112, an. 1405 : ■ Laquelle Jehanne demanda a 

• icelle Laurence s'elle seroit à elle pour espuler 

■ es vignes. -] 

Espanter, v. Epointer. (Oudin.) 
Espuratlon, s. f. Action d'épurer. (Oudin.) 
Espurettes, s. f. pi. Lisez etpinette». 

En Languedoc m'en Tois, comme contrains : 

Adieu nris. adieu petits patax, 

Adieu je SUU de sor sur etpuretteê. 

Car & Rebours yersera mes escrains ; 

Je pourray bien perdre mes amonr«ltes, 

S'amour cnange, pour eatre trop loinetains. (Deach.} 

Espurgatoire, t. m. Purgatoire. 

En tel manière tult chantoleot, 
Et lootes les amee ploroienl 
Qui ereot en eapurgaloire. 
Et disolent : Pûes de Bloîre, 
Encor ayez merci de nous. (MS. 7SÎ8, f. 50 *.} 
Espurge, s. /. Excuse, justification. • Or veons 

• se l'en me met sus que je bâti Jehan à Clermonl, 

■ le premier jour de 1 an, et je le nie, et met avant 

■ espurge que je estois chelui jour à Bouloiene. ■ 
(Beauman. p. 213.) — [- Avons pris Yespurge doudil 

■ chevalier par son serment que il neflstlescas 

■ dessusdiz. ■ (JJ. 60, p. 16, an. 1320.)] 
Espurgement, s. m. Excuse *. PuriScation *. 

* «La seconde voye comment le négative se puet 

■ prouver, si est par espurgement. ■ (Beaum. 212.) 

* Pneele nele, sainte, et pure, 
Si me netoie, si m'escur», 
De ton saint pur etpurgemetU, 

tue toi maua aoit en moi purez, 
1 que soie, si espurez, 
Que je te serve purement. [US. 7318, f. 174 Kj 
On nommoil < espurgemensàe mer ■ les coquilles 
que la mer jette sur ses bords. (Tri. des IX Pr. 2li ».) 



, Google 



ESQ 



Espurger, v. Pui^p* 

• Que l'en a'eipur 
Car non garder 



Purifier". Jastifier*'. 

m se tieuRna chMiz, 
. ^ ..partais dalbiilx 
iB lieux causer l'^demie. (E. Dnch.) 



• Puisque vous estes net, et espuroé je ne cuyde 

■ point qu'il vous mesctiesse, aiasi comment se 

■ vous veniez devant lui vil, et ort. • (Laocelotdu 
Lac, 1. 111, fol. 24'.) 

* . Se devroit il expurger par son serment. ■ 
(Ane. Cûut. de Bret. f. 139 *■.) — - Qu'il se soit de 

■ che\a\ espurgiex. . (Beaumanoir, p. 49.) 
Espy. [Intercalez Eapy, épieu : ■ Les suppliants 

■ portants chascun ung baslon ferré, c'est assavoir 

■ .... Hueonin du Plan un espy. ■ (JJ. 187, page 65, 
an. 1457.)] 

Esquachier. [Intercalez E$quaclùer, fouler aux 

Rieds, dans la Chronique des ducs de Normandie 
'. 4588, 9085.) Dans Roland, le sens est mettre en 
pièces (v. 3879) : > Tuz lur escuz i fruissent et 

■ esquasient. •] 
Esquaime. 

Encois que soit li mois passeï. 

Les OQt cinqusnte mil eamei, 

Et ains que past la quareotâino, 

Jà sont cent mile à aquaime. (Parton, de Bl.} 

Esquafsser, v. 

Quant famme ne raspont, 

Que l'en prie, et semont, 

Que onterie otroit ; 

foi est, s'il en a aies. 

Se seaprea ce Xeaauauu. 

81 Hwa ce qu'U doit. 

Treelot son don beatome, 

Tant le torne, et retome, 

Maine, et remaine. 

Ce dit U Tilaine. (Prm. du Vil. mt. da S. G.) 

Esqualler. [Intercalez Ei^ualier, en latin Aot- 

tire, au glossaire 7692.] 
Esqualin, i. m. Escalia. (N. C. G., I. p. 1109*.) 
Esquandalar. [lutercalez Esquandalar, escan- 

dole, chambre de l'argousin dans une galère : ■ Le 

■ prince feist appeller missire Guillaume de Ville- 
- neofre , et l'envoya quérir en soubte dedans 

• Y esquandalar par le patron Mathieu Corse. ■ 
(Hartène, Anecdotes, 1. 111, col. 1530.]] 

Esquartr. [Intercalez Esquarir, équarrir : • Ly 

• caretle de tous bois eiquarij, doit un denier. ■ 
(Tailliar, Recueil, p. 471, xiii* siècle.) — ■ Despense 

■ pourabalreet^sifuarrerleditboys. ■(Bibliothèque 
de l'Ecole des Chartes, 5* série, 111, 240, siv* siècle.] 

Esquarlsseur , s. m. Homme qui équarrit. 

(Dictionnaire de Cotgrave.) 
Esquarissure, s. /. Equarrissage. (Cotgr.) 
Esquarmuncher.rintercalez Ës^uarmuncAer, 

escarmoDcher : > Lequel exposant... tira un couatel 

■ ou l)a3elaire qu'il portoit à sa ceinture, et en feri 

• leditBesanc^nensoy £S3uinnu7U!/uin(. >[JJ. 118, 
page458, an. 1380.)] 

EsquarttS. m. Ecart. « A Vetquart. ■ (Joinville, 
p. 42.) — [> Et Cil qui voit sa femme aler En lieu de 



'- ESQ 

■ gibier k Vaquart, A-Ml cause de grumeler. • 
(Coquillart.)] 

Esquartelement , ». m. Action d'écarteler. 
(Cotgrave.) 

Esquarté, adi. Ecartelé, en parlant del'équipage 
du cheval d'un chevalier du Bain. ■ Il aura une 

■ selle couverte de cuir noir, les arzons de blanc 

■ fust, et esquartez, les estrivieres noires. > (Du 
Caoge, sous Miles.) 

Esquarter, ti. Ecarter. ■ Assemblez ils vont 

■ assaillir quelques haras de chevaux, et s'ils peu- 
< vent les font esquarter, afin de se saiùr de 
* quelqu'un des poullains , pour l'estrangler et 
« manger. • (Fouiiloux, Vénerie, fol. 111 *.) 

Esquater, v. Ecacher, écraser. [■ Ne l'a tre- 

■ blée û'esquachie Ainçois la menjà sanz tribler. ■ 
(Renard, v. 25106.) — • Le flnm est touzjours Iroa- 

■ ble, dont ceulz du paîs qui boire en vuelent, vers 

■ le soir le prennent et eêgvachent quatre amandes 

■ ou quatre fèves. ■ (Joinville.)] 

Je fui. par presse, en lA panance 
"•— '•" al aguati la pance, 
it n'sl pour r-'--" - 



e point n 



EsqiieUiette. [Intercalez Esqueillette, petite 
échelle, dans Froissart, X, 41.] 

Esquelllon, [Intercalez Etqueillon, échelon, 
id.xTil.] 

EsqDel. [Intercalez Esquet, manière : • Par quoi 

■ il ont laissié le val De povreté par tel eaquel. ■ 
(Renart le Nouvel, 7834.) — > Lor custodes à mal 

■ esquel Les en met trop.... • (Id. v. 7442.)] 
Esquelet, s. m. Squelette. (Oudin et Honet.) 

H' La Hotte Le Vayer Ta fait féminin dans la suite 
de ses Homélies académiques. 

Esquembaux. [On lit dans un gloss. lalin fr. : 
• Ocrea, heuse ou estivaux, ou esquembaux, pow 
' chaucier les gembes. > (Du Gange, IV, 739*.)] 

Esquemnestes, s. Dans une ordonnance sur 
les marchandises voiturées par eau à Paris: < £s- 

■ cuirex et esquemnestes le millier huit sols. > 
(Ord. 1, p. 600, an. 1315.) — [Lisez esquevineste ou 
etquevitutehe, fourrure d'écureuil: ■ Item d'une 

■ panne à'esquevinesse, le vendeur doit .ii. den. et 
> l'acheteur .ti. den. > (Reg. des revenus du comté 
de Clermont.}] 

Esquené, partie. Voûté, bossu. ■ Enveloppez 

■ estas de quelque vieille Hécubees^rufTh^ et toute 
€ baudreuse. > (Maladie d'Amour, p. 27.) 

Esquener, v. Rompre l'échiné. (Colgr. Oudin.) 

Esqueppars. [intercalez Esqueppars, comme 

équipart : > Lesquels pionniers ou fossoeurs, qui 

■ ouvroient es fondemens d'une des tours corme- 

■ res,... se mirent à défense de leurs esqueppars et 

■ boyaulx. - [11. 158, p. 418, an. 1404.)] 

Esquerde, s. {. Escharde. (Borel.) 

Esquerir. [Intercalez Esquerir, faire une en- 
quête : ■ Depuis iceltui Vitet entra en l'oalel dudit 



yLaOOgle 



ESQ -« 

■ Robert et eiquiat t'ostel pour savoir se il pourroLt 

■ trouver ledit prestre. • (JJ. 105, p. 22, an. 1373.) 
— * Furent les lieux visités et exquis, tant que ledit 
. file fu trouvé. • (JJ. J07, p. 244, an. 1375.)] 

EsqDermie, s. f. Escrime. 

.... An colëea de VetqvermU, 

lie fiel si chanseler & destre, 

Qn'A pcâ ne chai A «eneatra. (US. 70i5, 1, f. ill :) 
Esqaermir. [Intercalez Esquermir, escrimer, 
an gloss. lat. 4120, an. 1352, sous Dimicare.'] 
Esqaerpe. [Intercalez Etquerpe, écbarpe: < Et 

■ c'est li pains que doivent mettre Li pèlerin en leur 

■ esquerpe. < [GuUeviile, dans Du Cange, III, 82*.] 
Esqnerre, s. f. [■ Li reis cumandad que l'um 

■ prei&t pierres grandes et de gentil çrein e de bone 
• qnariere, et que tuz Tussent taillie à etguire. ■ 
(Rois, 245, sn' siècle.}] — Nous remarquerons les 
expressions suivantes : 

1- « A etquerre », carrément. 

EnTiron a'j a tonr de pl«rre 

Qui ne soit hancée à etqverre. (Eu$t. De*ch,} 

2* - Juger à droite esquerre •, juger l'équerre ft 
la main, exactement, scrupuleusement. 
Hais qui vouldrolt Jugier Adroite etquerrv, 
Ceat {ont naant de* <^ci«m de ca monde. (E. Deich.) 
Esqaerriere, ». f. Sorte d'aflùt pour un canon. 
(OQdin.) 
Esquerrlr, v. Equarrir. (Oudin.) 
Bsqneure. [ Intercalez Etqueure , secouer , 
comme escourre : ■ Âus lames et ans archegaies 

■ Que roidement sus eus eaqueuent. ■ (G. Guiart, 
V. 15340.)] 

Esqneuz, «. m. pi. 
Trop a aon ««[rfé bas porté. 
Si a en U teata aaanti 
Le ctaenl noir deaua les les ; 
Bns d cerrel met les ecvueui ; 
mipot garir la coTOrtnn, 

Tanf eat de Ceapié l'uene dore. {Parlon. de Bl.} 

Esqutche, s. f. Esquisse. (Oudin et Cotgrave.) 

Esqnlelle. [Intercalez Esquielle, comme es- 

ebele : ■ Ainz passe toutes les eiquielles Les dar- 

« raines, les premières. > (Robert le Diable, Du 

Cange, VI, 87-.)] 

Esqntetln, s. m. ■ El tout le brocardent ; cascun 

■ dit etquietin. ■ (Poës. mss. avant 1300.) 
Esqnlequetô. [Intercalez Eiquîequeté , échi- 

quêté: • Une faisse eêquiequetée de blanc et de 
« noir. • (Froisaart, X, 159.)] 
Esqaletter, v. On a dit de la jalousie : 

En U ëOùt tout mal et amer : 
Notent parlei 



Point aireater. 

Bon IbIbH. {Poëi. mit. de Froiuart.J 

Esqq.lt, $. m. Esquif. [Voir Eschiep ] 
Tout aoet, et laiw noise, Set ta gent MBembler, 
Otslana, et eêehM, quan qu'il en pout IrouTer 
Toute naît &>t ses bommes, oaVn Saione, passer. (Ro 



ESQ 

Envoya ses nei, et ses etcheix. (HAd.) 

Née porachierent, et etchoii, (Jbid.} 

Esqulfon, s. m. Petit bateau, diminutif à'esquif. 
(Oudin, Cotgrave.) 
Esqnigli'onné, adj. Gironné. > Noble homme 

■ Jehan de Garanciere dit qu'il avoit laissié le 

■ jour précèdent son seel à un sien serviteur, 

■ auquel avoit empreint deux lyons tenans un 

■ écusson, et trois chevrons : le premier eaqutai- 

> ronné, avec une croisette, pour différence des 

• armes du seigneur de Garencieres son frère. > 
(Pièce de 1401, dans D. C, sous Eêcuctumetus.)] 

Esquigner. [Intercalez Esguiffner, éclater de 
rire, an latin ûochinare, au Gloss. 7692.] 
Esquignon, s. m. Barre de bois. > Les uns 

■ prennent leurs places, ou ilz perchent, sus une 

■ platte pierre, ou sus un esqaigrton ; se il percbe 

• sus une platte pierre, il faut que il ait les pies 

■ esteiidus, se il perche sus un esquingnon, il 

■ empoigne Vesquingnon des pies. • (Hodus et 
Racio, Hs. fol. 167 '.) 

Esqulgnonner, ti. Couper la croûte du pain. 
(Oudin, Cotgrave.) 
Esqullant. Roland comtiat le géant Ferrages : 

Jusqu'à noune se combatirent : 

Andui moult duromeot a'aireoi 

Et Reliant «Toit «porté 

Uns baston, noelieua, qu 

Lonc, et tel)nrt, et etgutU 

Esqullé. [Intercalez Esquilé, annoncé à son de 

cloche : ■ Encor vaut miex coie amor acelée Que ne 

■ fait celé qui tant est etquilée. >] 

Esquille. [Intercalez Esquille, sonnette, au 
nv. JJ. 199, page 598, an. 1464 : ■ Lequel Grasset 

■ priât l'une des brebis qui portoit une esquille 

■ au col. >] 

E^qulllemete. [Intercalez EsquiUemete, ai- 
guillette, au registre JJ. 181, p. 83, an. 1452 : ■ Le 

■ suppliant vit uag buCTet fermé, lequel il ouvrit 

■ d'un fër d'une eaquillemete. ■] 
EsquUIon, s. [Diminutif d'esquitUt clochette.] 

GelBne, petit IretUloo : 

Bauleqpilne de l'etquilion, 

loBsehne de baoqmllon. 

Et dame Bietrix, demonrant 

Ea U rue dn Carillon. (Coquill. p. H9.) 

Esquloe, S. f. Squine; bois pour décoction. 
(Oudin.) 

Esquipart. [Intercalez Esquipart , comme 
eiquepmn, au reg. JJ. 159, p. 249, an. 1404 : < En 

> ce disant le fery, non pas d'un cousteau ne de 

■ baston affecté, mais d'un eêquipart qu'il porloit à 

■ pionnier. ■] 

Esqiilper, V. Equiper*. Appareiller*. Maltrai- 
ter, déchirer *=. 

'Les plus hardis combateonrs 

Fist tous élire, et aiiner. 

Et net, et berges eaehiper. [R. du Brat.} 

" [> A la mer vint li ber, A Sandwiz eschipa. ■ 
(Thomas de Gantorbery, 50.) — ■ Si esquiperent et 



, Google 



ESR 

« se départirent, et avoient vent et marée pour 
< euls, ■ (Froiss. n, 66.) — • Il entrèrent dedens et 

■ ea^uiperent en mer. ■ (M. 374.] — Il signifie 
aussi embarquer : < Ils esquiperent lors chevauls. • 
(Froiss. Il, 95.)] * Adonc fut le voyie levé, et le vent. 

■ qui estoit corne à souhait, Terit dedana, tellement 

■ que la nef a'e$quipa en la haulte mer. • (Percef. 
vol. III, fol. C4'' 



Mes toat aprÈs qu'il e,'e*quiparenl, 
la gent qui & habonda, 
ir nef eu 1s mer afoada. (G. Guiart, f. Sf8 ■./ 



■= [Plus particulièrement i* Eclabousser : • Le sup; 

■ pliant ne scet la cause pourquoy icellui Jehan lui 
€ e$guippa l'ordure du ruisael de la rue encontre 

• li. . (JJ. 175, p. 370, an. 1434.) — 2- Rebondir: . Le 

• suppliant getta un baslon aprèsles pourceaulx,... 

■ en telle manière que en glissant ou etquippant 

< oullre, ledit baaton ala cneoir sur le chtef d'une 
> jeune fille. > (JJ. 195, p. 223, an. 1469.)] On a dit 
do duc de Bourgogne, il la balaillede Hons-en-Vimeu, 
an. 1421 : • Le dit duc, de sa personne, se gou- 

■ verna moult prudenlement : et fut en grand péril 

■ d'avoir occupation, parce qu'il assembla des pre- 

• miers et fui enferré de deux lances, de première 
- venue, dout luy perça la selle de guerre tout 

■ outre l'arçon de devant, et tuy etquipa de costé 

■ son harnois. > (Honstr. vol. I, f. 311 ^] 
Esquipot, 8. m. Tire-lire en terre cuite : ■ Tout 

■ son Donheurest là dessous dans un es^uipot. ■ 
(Dancourt ; la Désolation des joueuses, se. 13.) Voir 
Dici. de Ménage. 

Esqaippe. [Intercalez Esquippe, esquif, au 
Roman d'ithis (D. C. t. VI, 510 ■) : • Ne remest ne 

• batel, ne large, Dromon, galée, ne huissîez. Ne 

■ esquippe n'y irouvia&iez. ■] 

Esquise, g. f. Arme dont le port étoit défendu. 

■ Poignart esquiêes, masses, fourches, pierres, 

• basions, ou bsston accomodé. ■ (Coût. d'Tpre, 
N. C. G. 1. 1, p. 833 K) 

Esqulter (s*), v. S'acquitter. 
J& par la mort ne aeront qaite, 
AÏtiB convient qu« l'ame seiquite 
En poreatoire. (MS. 7615, 7J, f. i46 KJ 

Esquoceresse. [Intercalez Etquoceretse, au 
MS. S. Victor, 28, folio 311 • : . Liquels ournemens 

■ fait les esquoeereêses et les sers amer en peleri- 

• nage, et en les algues defundre. >] 
Ësqnonx. [Intercalez Etquoux {exùutsut), 

tombé en secouant : <■ Et ainsi que icellui suppliant 

• apperceut que tout le 0an dudit ctiesne esloit 

< aoatu, choisi et esquoux. ■ (JJ. 158, page 176, 
an. 1403.)] 

Esracer, v. , Arracher. [■ Icellui Hennequin 

■ empoigna ledit Collln par sa barbe en le tirant et 

■ sachant si fort qu'il en esraga une partie. • 
(JJ. 115, p. 262, an. 1379.}] 

Eiraee l'ente fleurie. 

AdiM U Bot» f Arai, PoS. HSS. V«l. s-lMO. 
..... AncreB ont fore éragiéei. (Ph. Moutlia.) 

Esraciner, v. Déraciner. (Oudin. Cotgrave.) 



[• Tut fol , pur quei 
.)] ■ Loups etragéi pe 



ESR 

Esrafflftde, s. f. Eraflure, égratigaure. (Oodin.) 
EsFafflér, V. Erafler, égratigner. (Oud., Cotgr.] 
Esrageant (rage). < L'autre rage est appeliée 

- rage esrageant, et tient plus à la teste qu'ailleurs, 

• et de là luy descent, en la guele, et es dans, un 

• venin si très visqueux qu'il n'est riens, s'il en est 

• mors, qui ne soit bien envenimé. ■ (ITodns et 
Racio, Ks. fbl. Cl '.) 

Esrager, v. 1 

• Vesraget. * (Roland, 286.)^ 

■ nirent pires. - (Journal de" Paris sôus Charles VI 
et vn, page 153.) 

Frère Garlna le aacant, 

Kl s'aloit de dnd etragtmt. (Ph. Uo**km.) 
CUen «miffii looguea ne vit. (R. ée Boa.) 
Toa Tis m'a*ni>9a. (GtmXUrt, Poil. av. 1300.} 

Esraglement. adv. A la rage. ■ S'il n'asmaal 

■ esragiement. ■ (Vill. Veaas; Vat. n' 1490.) 
Esraigner, v. Régler, arrêter. ■ En esraignant 

• les choses ordonnée, et enjoinctes, sur peine de 

■ pariurement. > (Lett. du dac de Bourgogne, au 
8' Dufay, p. 365.) 

Esraillement, s. m. Eraillure. (Cotgrave.) 
Esralnier. [Intercalez Exramier, raisonner, 

dans Agolant, v. 867.] 
Esrajelce. [Intercalez Esrajeiee, furieuse, 

dans la Chron. des ducs de Normandie, v. 867 : 

• Lur flvre ardanz esrajeiee E lur deslei e lur 

■ malice. >] 

Esrener, v. Ereinter : ■ A icelluy froissoit 
« toDte l'areste du dos, et Vesrenoit comme un 

- chien. . (Rab. 1. 1, p. 194.) [. Il disoit que c'estoit 

■ une éloquence cassée et esrenée. ■> (Montaigne, 
t. II, page 108.)] 

Esrers, s. m. p. Voyageur. [> De che certes ont 

■ grant mestier tout pèlerin et tout esrier Qui pas- 

■ sent par icelle terre. ■ (Gullerille, D. G. III, 70 *.)] 

Quant il ooit nni ceraller 
Nonmer, U btaoit « proisier. 
Si le retenoit à nwsnU. 
Et dounott A M compalgnie, 
Lea grana dona, et aa bacelera 
Qui soaprls a*olt 11 errer». 
Et U tomoi k'il pouraivoient : 

Et pour cou, toutes gens l'amoient. {Ph. Moutkeê.) 
Esrese, adj. au f. Usée, dépouillée. [■ El vies 

■ pan d'une coste esrese. ■ (Roi Guillaume, 98.)] 

■ La terre ont si de biens esrese. • (Guiart, f. 334^.) 
Esreore, s. f. [Temps qui s'écoule pMidant 

qu'on parcourt un espace : • Et furent ensi enira- 

■ choie Vesmre de dix arpens de tiere ansois ke on 

■ les peust desasanbler. ■] Quant il ara ainsi esté 

• à la froidure par l'espace de Yesreure de trois, on 

• de quatre lieues, si tenés vostre lanler près du 
•I feu, et alez prendre le faucon qui est à la froi- 

• dure, et lui mettes le chapperon. > (Modus et 
Racio, MS. fol. 121 *.) 

Esrller. [Intercalez Esriler, cracher, en latin 
excreare, au Gloss. 7692.] 
EaroUer, v. Enrâler. (Coût Gén. 1. 1, p. 815.) 



y Google 



ESS 

Esroiifler, v. Dormir en roanaot. ■ De deuil 
< enflé, aasopi, arenfié. • (Cbasse et Dép. d'am. 
page 42 •.) 

Esronillé, part. Rouillé. (Fabri, Art. de Ithetor. 
livre I, folio 87 '.) 

Esronllfir, v. Rouler. • Quant le Roy l'oy, tout 
■ te sauc lui mua, et esiraint les dents et esroulla 

• les yeux, et par grant haïr deschira sa barbe. ■ 
(Hist. de Bertr. Du Guescl. par Mén. p. 181 .) 

Esmm. 

Nnl povTs clerc, pour sa Bcience, 

Na ponrrait pas MoMce impétrer : 

Aux cvdiiMttlx, bat promeltre ou donner 

Qui veult avoir Reims, Soissaos, ou Veidan. 

Pierrea et Pois, qui bien furent lout un, 

Ifsroleiit pas telle loy eetablle : 

Aujourdtiuy font le eiege eo etrum 

DesloTButé, trahison et envie. (E. Deach. Poét.J 

Esmté, ai}. 

Si sont de plus fbrt nMMTement, 

Et voyent plus agmAient, 

Et sont de chair {dus dîMessiUe, 

Et plus saine, et convertible, 

Et Busei est elle plus acde 

Du vlel sangler tout etruté, 

Dont askoor de chieiiB a parlé. (G. d» la Bigne, f. 1S7 >>.; 

Essade. [loteFealez Euade, boue : ■ Le suppliant 

• avec son leçon ou boè, appellée aittade au pais 

• (Languedoc) s'en alla. - (JJ. 169, p. 410, an. 1416.)] 
Elssat, t. m. f . Epreuves qui se Taisoient la 

veille d'un tournoi : 



Chansons, dances, testes, etbatemens , 

Joustes, ettait, bouhorsj et loumoyemens. (Chart. 506.} 

[Le sens actuel est dans Ruiebeuf, II, 166 : > Dele 

■ sueor, combien peut avoir Que vous poez aper- 

■ cevoir Qu'avoec lui conversé avez ? Dites le nous 
« se TOUS savez, Firent cil qui firent Vessay. ■] 

Essaie. [Intercalez Etsaie, au registre JJ. 161, 
page 183, an. 1406 : < Lesquels se logèrent en un 
• cuignet des bergeries, où il avoit un las à'essaiea 

■ à brebis, ouquel ilz furent. ■] 
Elssaiement, s. m. Essai. ■ Après plusieurs 

I ■ assauts, et essayemens d'avoir la place. ■ (Juven. 

I desUrs. Hist. deCbarlesVI, p. 163.) 

I Essaler, v. Eprouver, en parlant des choses et 

des personnes : [• Li arcevesque prozdom e 
> euaiet. > [Roland, v. 2068.)] 

Amors qui s'i m'a t*»aié. (Gacea Brulét.) 

Je ne 1' cuidal ]a si bien euaier. (Poêi. ou. ISOo'j 

ti Que aucun barbier ne doit faire ofQce de bar- 
ier en la dicte ville et banlieue de Paris, se il 
- n'est essaies par le dit mesire et les quatre 
« jnrez. > (Ord. V, 441, an. 1371.]] 
Essaieres, s. m. Entreprenant. 
Tout antre tel est de l'amant. 
S'a ne ecrile bien «on talsnt. 
Et a'ildict sofl eetre à plueors, 
Ne puet pas bien Jolr d'&mors ; 
Com ne croit pas qu'il soit ameres, 
I Mes «Moieret, et vanteres ; 

I Si ne si ose Fen Qer. {itS. lilS, fol. ISS *.} 

tle cas r^me essaieur a le sens de langeyenr, 



1- ESS 

au reg. JJ. 113, p. 314, an. 1378: ■ Perrin Landry 

> langoieur ou essaieur de pourceaux print 

■ douze deniers du langoiemeot. >] 

Essalgner, v. Ensanglanter. 

Pale le trouve, et eaiùgné 

De cops d'espée, et meshaigné. 

Ram. d'Ami, Da Cuga, miu SM^idnone. I. 

Essalgouere. [Intercalez Essaigouere, rigole, 
au reg. JJ. 155, p. 362, an. 1400 : • Icellul Servatu 

■ saichant lesdiz deux champs... estre moult char- 

■ giez d'eaues,... vint à leurs diz champs aiant une 

> pelle ferrée en sa main, et faisant voie et essai- 
• gouere aux eaues. >] 

Essatné, part. • Aussi les faucons, ou austours, 

■ ou autres oysiaix, au partant de la mue, et du 

> séjours ; ilz ne pourroient voter longuement : car 

■ Hz ne sont pas a point de voler, ne eêsainoi. ■ 
(Chasse de GasL Pheb. p. 144.) 

Essalsonner. [Intercalez Essaisonner, cultiver 
en saison impropre, le contraire d'assaisonner, 
employé en Berry : • Desadnarder et labourer toutes 

■ lesdites terres, et icelles défrichées tes tenir delà 

■ en avant en bon et suffisant labour sans les 
« essaisonner. > (Cart. de Lagny, an. 1455.)] 

Essalené, part. Essoufflé, mis hors d'haleine. 



Essaie. [Intercalez Euale, aisseau, au reg. JJ. 
309, p. 262, an. 1483: > Colin Bobine voult fraper 

■ Jehan Blsndel d'une essaie, laquelle il print en 

■ la couverture de la maison. >] 

Essambllr. [Intercalez Essamblir, défricher: 

■ Le suppliant a prins à défricher et essamblir 

■ pluseurs terresetheritaigesquiesloienlengrans 
« buissons et hatliers. ■ (JJ. 192, p. 3, an. 1460.) 

Essamplaire , $. m. Exemplaire, modèle*. 
Livres ". 

*[< De Henipois tenrai le plus droit essem- 
• plaire. ■ (Saxons, 31.)] — - Celle qui excède 

■ toutes autres en vertu, el beaultez, et la où nature 

■ prend son exemplaire, quant elle veuU former 
« aucune belle figure. ■ (Percef. V, fol. 56'.) Voyez 
Poët. av. 1300, 1, p. 243 ; Eust. Desch. fol. 478% et 
Vigiles de Charles VII, I, p. 30. 

Tantost sur toy prendrolt son eseemplmre. 

l. Him, p. (W. 
Hetenir vueill de ma vie 
Un tel eaïampiaire. (Poët. ma. ae. iSOO.J 

Exemplaire désigne la modèle des sceaux, dans 
les Ord. III, p. 313, et des Monnaies, ibid. p. 345. 
■ Ces rois nommes <pâ s*eDtresivent 

Si con descendant se deertvest, 

Et après hii le ngm Undrent ; 

De la rackie de m vindrent ; 

Ce devisent mes exemplaire, 

Comme.tois li debounaires. (G. Guiart, fol. 146 '.; 

Essaïuple, s. m. Exemple. [Dans Roland , le 
sens est morale en esemptea: > Tant ad oTt e ser- 

■ muns e essamples (v. 3979). >] Voy. Beaumao. 
p. 7, et Ordonnances, I, p. 544. 



yLaOOgle 



Essanglanté, adj. Ensanglanté. 

Crois (le mou fil euattgUattie, 

Je dois bien estre tormentée, 

QUBT tu portée moult cruel Tels : 

Crois de son cors es honorée, 

Et Je eu sui melenrée. filS. 1S18, fol. 94 '.} 

Essaner. [Intercalez Esxaner, perdre son sang, 
dans la Coutume d'Amiens, sur le duel (Du Cange, 
III, 69'] : ■ Mais se le plaie est si crueus qu'il ait 

* péril de mort, ou qu'il se peust eêsaner, on lit 

■ puet bien bender. >] 

Essanne. [Intercalez Essanne, aisseau, au reg. 
JJ, 106, p. 119, an. 1374 : • Icellui Raoulet raons- 

■ troit audit Cuiot une estanne de bois, dont il 

< avoit fait la semblance d'un coustel. ■ Usez 
essaulle.] 

Essarcle. [Intercalez Essarcie, dans une charte 
de 1338 (Reg. de la Cb. des Comptes de Pnris): 

■ Pierres Eaviaz cbevaliers ira quérir vers Nar- 

< bonne et Bediers quatre cens mariniers aviron- 

■ neurs, et les amenra es parties par deçà pour les 

■ mettre en deux galées, que les gens du roy li 

* baudront toutes garnies d'armeures. decordailles 
« et d'au ires apparauls, que l'en appelle essarcie. •] 

Essarciz , part. pi. Lisez essarta et voyez 
Essarter. 

.... Félon mi vont nuisant, 

Qui ont emoria 

Ùon mortel destruiement ; 

Ainz eeroie enarcit. 

Que procheinement 

Ne queisse vensement 

De ces qui m'ont quls 

Porquol de U sui taidis. (Gaul. d'Arg. Poël. w. 1300.J 

Essarder, v. Dessécher. (Oudtn et Cotgr.) 

. . . D'un ennuy sllérKnt, euardé. 

En est mon cueur, et tout deeoUtif. (CollâiTie.p. 165.) 

Va te plonger trois foie dane le fleuve d'Argire, 



i que la visueu 
letre jusqù^au ' 



Et le charme de l'eau pénètre jusqu'i 

Bm^w. de h. Belln, I, p. 111. 

Essart,«. m. Lieu défriché*. Lieu à défricher". 
Destruction, dégaf^. Consommation".. 

* [• Li reisert riches huem, sages et de grant 
> art; Sout bien que chardenal sunt peroant et 
• lumbart; Coveiteussunt d'aveir plus que vilain 
■ i'essart. - (Th. de Cantorbery, 56.)] 

" [> Bertes'en va fuiant par delez un essart. ■ 
(Berte, c. XXII.)] 

Cele s'en entre en un ettart 

Et cU li gete un douz r^art. (Poët. av. iSOO.) 

Tote la gent de la paroisse 

S'acorent de totes pare. 

Et par buissons, et par euarts. (Fabl. mu. de S. G.) 

Un Jour cerauçoit rois Ewars 

Par Engletiere, en uns eitor*. (Ph. Uowk. mt.J 



Dea Booil^egnoDS tont grant aiart. {Brut.} 
Des Sarrasins font grant easarl. (Hitt. de* III Uaria.J 
" Cortois, parlant de mauvais pois qui le dégoû- 
tent, dit ; > Poi en ferai d' essart. • (Cortois d'Artois, 



ESS 

Ns. de Saint-Germain.] On a dit de SMean-Porte- 
Latine, jeté dans t'huille bouillante : 

Lea gens en fremissoient tontes. 

Pour le grant Fen qnl deasonbi art. 

Qui de fnjUe tait grant eiiarl. {HUt. da* III MatUt.) 

Essartement, s. m. Mode d'exploitation des 
bois. (Oudin, Cotgr.) — [On arrache les plantes qui 
couvrent le sol, on écobue pour cultiver pendant 
deux ou trois ans, et essarter après quinze ou dix- 
huit ans.] 

Essarter, v. Arracher*. Défricher". Détruire*. 
Déchirer*. 

* [< S'il y a vignes, il ne les doit pas enarter.w 

■ laissier gaster sansfeture. ■ (Beauman. XV, 13.)] 

Vostr« pechié vos encombra. 

Quant nostre bois nos euartatea. 

Et a mienuit l'emportastea. (Fabl. de S. G.) 

" On a dit d'un mauvais arbre : • Toulesfois , s'il 

* est transplanté, fumé, essargoté, et enté, il chan- 

■ géra sa mauvaise nature en meilleure. ■ (Contes 
d'Eutrap. p. 426).— • Couppant,tranchantetes«ir- 

• gotant mes jeunes arbrisseaux. ■ (Ibid. p. 549.) 

^ Romains destniivent, et easarteat ; 

Coçs, et coléos leur départent. (Brut.) 
° > Luy ayant tout d'un coup essertê ses cale- 

< cous. > (Brant. Dam. Gai. II, p. 354.) 

Essan, s. m. Evier. [On lit dans un cartulaire 
de Corbie: • Congié pour faire... un essau en son 

■ estable. ■] — • Nul ne peut faire route dessous 

< le frocq de la ville, ni avantages de fenestres, ne 

■ pas sur le frocq, soient d'huys, ou de cellier, ou 

■ de maison, essau, ni autre entreprise sur le 

■ frocq, à peine d'amende, et être abbatu. ■ (Coût 
d'Abbeville, N. C. G. l, p. 106 ■.) 

Essaacement, s. m. Exaltation, élévation. Ce 
mot, dans S. Bern. (p. il), répond au latin exalta- 
tio.OaViiexaulcementii exactement, aux Vie 
de Charles vu, 1, p. 63. [Dans Garin le Loherain 
(I, 25),'le sens est prospérité.] 

Essancer, v. 1' Exhausser, relever, exalter, 
élever. On a dit de l'amour : 

. . . PluSMtaucecuerveraî, 
Quant il plus s'umelie. /'Gautier tTEtjnn.} 

[■ De grant outrage faire nuls hom ne moute- 

■ plie; Ainz se monte et essauce qui son cuer 

■ huoiilie. ■ (Saxons, XXXII.)] 

Nus ne se doit aseentir 

A bone emor eeloingnier ; 

Ains la doit on maintenir. 

Honorer et esiaueier. (Perr, d'Ageeourl.J 

Les processions flst Bemart appar^Uier ; 

N'ont chapelle en la TiUe où ITeuat clochier. 

Où li glas n'en sonnast, pour le ro7 e»auct«r. fRoit.] 

En parlant de la croisade entreprise en 1316 et 
des défenses de faire des tournois , en attendant 
cette expédition: ■ Que ils gardent leurs armures, 

■ et chevaux pour le dit voyage exaucier. > (Ord. 
de France, i, p. 643.) 

2* Exaucer: 

Or proi à Dieu le roi celestre, 

Que ma proiere soit oie, 

Et m'oroison soit etsaacie. (US. 7Si8, fol. Si8'.) 



yLaOOgle 



ESS -' 

Essangne, Essaulne, Essanle. [Intercalez 

£tta«irne, etc., aisseau, échandole, bardeau: • ije 
« suppliant fist dd trou eu la couverture d'icelle 

• maison qui estoit couverie d'essel ou à'essaule 
« vieille. > (JJ. 173, p. S99, an. 1426.] — ■ Ëstieone 

• Noqoin diat aux supplians qu'ilz tirassent hardi- 

■ ment, et que s'il avoit une petite etsaulne de 
« boys, qu'il retoumeroyt bien toutes leurs lle- 
« -tibea. ■ (JJ. 195, p. 36, an. 1467.) On lit essaugne, 
achauçtte, au cartulaire de Corbie, an. 1421.)] 

Essauples. [Intercalez £uaup/e8, essart, au 
cartulaire de ChSteau-du-Loir : ■ Nul ne puet ven- 

■ dre boys nepleysseysesviezessuup/esaeBurcoy, 
•• ne es noviaus, sans asenlement au seignor de 

> ceste forest. ■] 

Essaor, a. m. Essor. (Cotgr.) — [• Sans estre 

> mis à Vessor de largesse. ■• (Cbarles d'Orléans, 
Bail. 12?.)] 

Essaaretllé, adj. A qui on a 6\é les oreilles. 
(Nicot.) 

Essaver. [iniercalfs Esiaver : 1* Essaver, épui* 
ser à la pelle l'eau d'un fossé, d'un ruisseau barré. 
En Normandie, la peau est essavée quand elle s'ir- 
rite au contact de certains liquides : ainsi les petits 
enfants »'e*savent dans leurs langes. — 2° Ecouler : 

■ Aura dedans ce mur ou clouture un treillich de 

■ fer par où les yaues de la ville se pourront esaia- 
ver. > (JJ. 53, p. 53, an. 1313.) — • Lequel moelin 

■ ilferontel dit manoir à etsiaver liaue parmi 

■ cedii manoir, en faisant venir l'iaue par dessus et 

■ euiaver par dessous. ■ (JJ. 74, p. 443, an. 1322.)] 
Essay. [Intercalez Essay, quai, dans une cbarte 

de Robert de Vieupont, an. 1330 : • En fesant louz 

■ les pons, easatfs et cliaucées de Dalence, de Che- 

■ vreau et do la Cbauciée. • (Du Cange, 111, 99 '.) 
Essayau. [Intercalez Euayau, comme etsau: 

• Il pouront... eslai^ruirlecoursde l'yaue... pour 

■ avoir mienis l'yaue son etsayau. • (JJ. 72, p. 
309, an. 1308.)] 

f . Esse, a. /. Crochet qui termine cbaçiue extré- 
mité du fléan d'une balance. De là on disoit • être en 

■ esxet, • pour « être en balance. . — [. La cham- 
a beriere estoit en e$êe Del point alendre ne esgar- 
. der. . (Couci, V. 3590.)] 

Et pour c« que to es en cmm, 

A penaer snr ceste matere, 

Je te dirai â« quel mlstere 

Eues sont sdimc l'utnrioge. {Froûfart, Poéi.J 

[C'est aussi une cheville de fer tordue, placée au 
boDt de l'easieu : • L'nne des roes d'icellui chariot 

■ yaai hors de l'esseol, pour ce qu'il n'y avoit point 
. à'eêsel. . (JJ. 132, p. 325, an. 1388.)] 

2. Esse, du verbe Etre. Ëstce. Cette orthographe 
se trouve souvent dans nos anciens poêles. • De ce 

■ propos pour venir & (In este. > (Faifeu , p. 76.) 
Voyez Coqoillart, p. 38; Extrait des Cbron. de 
Flandre, p. 752; J. Marot, p. 226; Pathelin, Test. 
p. 138;DiaI. deHallepaye, à la suite de Villon, 
p. 58; Perceforest, vol. I, fol. &i*. 



Esseaa, a. m. Essette, hache recourbée du 

tonnelier. (Oudin, Cotgrave.) 
Esseaale, s. m. Ais à couvrir les maisons. 

(Voir ESSADGNE.) 

Essegner. [Intercalez Essegner, rouir, au reg. 
JJ. 185, p. 99, an. 1451 : > Ou temps que on met les 

■ chanvres en l'eaoe pour essegner. ■] 
Essegurer. [Intercalez Estegurer, donner cau- 
tion : ■ Icellui Honlfaucon dist audit Grisart qu'il 

■ avoit bien besoing de charroier droit; à quoy 

■ ledit Grisart H respondit que c'esLoient menaces, 

• et qu'il se feroit essegurer de lui. ■> (JJ. 100, 
page 427, an. 1369.)] 

Esselgner. [Intercalez Esieigner, saigner, au 
reç. JJ. 195, p. 42, an. 1467: < Après lesquelz cops 

• icellui Gilot se esseigna tellement, que par ce 

• moyen... il ala de vie à trespas. >]' 
Esselmer, v. Essimer, amaigrir un oiseau pour 

le rendre moins lourd au vol : ■ Ainsi doit on gou- 

■ vemer un faucon, qui bien le veult asseimer; et 

■ saches qu'il est aucune fois près .xt. jours, aincois 

■ que un faucon, çiue l'en esseime, vueille meogier 

• plume, ne aussi qu'il en soit temiis. > [Hoous, 
f. ^27^)< £»sCTïicr un faucon, c'est-à-oire lui bailler 

■ la cure. > (Budé, des Oiseaux, f. 125 ^) 
Esseln, s. m. Essaim : ■ Je avoie es qui s'en- 

« fouirent de mon estein. » (Ord. 1. 1, p. 2*2.) Voir 
Eust. DescU. et Cotgrave. [Les mauvaises femmes, 
dont • sunt essains plus grans que de mouches, 
- Qui se recueillent en lor rouches. • (Rose, 8761.)] 
Esseiner, ti. Essaimer. (Oudin, Monet et Cotgr.J 
[. Les mois d'avril et de mai seulement est le vrai 

• temps pour les abeilles à essoiner. * (Serres, 446.)] 
Esselée. [Intercalez Esselée, clôture d'aisseaux, 

d'échandoles, au Cart. de Royal-Lieu (p. I, ch. 156, 
an. 1347) : • Item une estable tenant à la dite maison 

■ close d'une esselée, et est li combles à apentis. ■] 
Essellete. [Intercalez Essellete, petit aisseau, 

aux Ordonnances, VU, p. 101, an. 1384.] 

Esselleter. [Intercalez Esselteter, presser entre 
des esselletes : ■ Ordinatum fuerat quod non vende- 

< rentur panni tincti mala tinctura neque 

• etiam inter asseres pressurait, quod galiice vocant 

■ esselleta. • (Arrêts du Parlement, vol. VIII, 13 
février 13950 On trouve esseler, aux Suiuts des 
Drapiers : < Quiconque vendra draps qui aient esté 

< ou soient esselle%. >] 

Essemage, s. m. Amaigrissement (v. EssEmea); 
Borel cite ces vers de la Farce de PaUielin : 

Ta me rendras, quoy qu'il advienne. 
Six aunes ; dis~je, Vettemage 
De mas bestes, et le domiuage. 
Essembler, v. Assembler. ■ En li vot Dex tant 

• de biens essembler. ■ (Gaces Brûlées, av. 1300.) 
Essemée. [Intercalez Essemée, manière dont la 

terre est ensemencée, dans une Ordonn. de 1402, 
au us. 9849, IV, fol. 4' : - Maisons ou lieu de petite 

• essemée et de petis édifices. >] 

10 



yLiOogle 



ESS -• 

Essemement, s. m. Action d'essimer un oiseau. 

■ Un faucoa prent essemement en un mois, et 

• d'autres en cioq sepmaine». > (Uodus, f. 137^.) 
Essement, adv. Pareillement, dans Ghileb. de 

Bern. poët.'av. 1300. [< Uns preudon qui eissi pre- 

■ miercment à un matin... essement ust à tierce. ■ 
(«s. de S' Victor.)] 

Essence, s. f. Nature, espèce. [■ Tu iez saluz 

■ de nostre essence, Balaiz de nostre vanité. Cribles 

• de nostre conscience. •' (Rutebeuf, II, 14.)] ■ Que 

■ nuls censiers, louagiers, fermiers de bois, et 

• autres de semblable essence. • (Oout. Cén. 1, 800.) 
Delà, on disoit: 

1° > Sommes en essence, • sommes en espèces, à 
la diffëreace des marchandises. (Mémoires de Sully, 
t.I, pacte -390.) 

2* « En essence d'obligation ■. Aura force d'obli- 
gation, suivant l'éditeur du N. G. G. t. II, p. 60''. 

3* ■ Haute essence. ■ Elévation. ■ Or vueille Dieu 
> t« mettre en taaulte essence. > (C. Uarol, p. 420.) 

Essener, v, (Voyez Eesegnek.) > Noos defTendons 

■ les abteres assener à terre. ■ (Ordon. t. II, p. 12.) 
Essengler, v. Peul-étre échanger. 

Près d'ileuc vient leur ronte entière ; 
Cil d'armes puaent 1» rif iere. 
Ou tnil comnninàuMnt s'en p^gnent ; 
lies U HTJant de pié remaingnent, 
Qui n'ont or Boing d'estre emengiez ; 
Li puaè cbeminent nngiea, 

Qûsenne buûere au Tent mise. (G. Giàart, f, S58 K) 
Quant li rois Pierre* lea aviae, 
Sa gent Tait contre as eiten^er ; 
Lors commencea i dearengier, * 

De dau» bars, cranme gentz relMlle. 
L'un renc en l'autre se acelle. ïlbid. f. 3iS '.; 
Essenne, s. ■ Quiconque possédera héritage de 

• main ferme, d viage, venant de son patrimoine, 

• d'acquest de par sa femme, on par condition, à 

■ tillred'£«sene, ou autrement, doit, et sera tenu 

■ iceluy viager, ou son hoir meublier, succédant 

■ en son lieu, payer, et acquiter tous arrérages. ■ 
(Coot. de Hons, C. G., 1. 1, p. 82S.) 

Ëssent. [On lit dans une ordonnance de mdtel 
(Chambre des Com^rtes, an. 1286) : • Item soufleurs 
« deus.... item eum» quair« pour tout l'oslel, qui 

■ vivront de la court. ■] 

Essentiable, adj. Essentiel. (Voyez Joven. des 
Urs. Hist. de Ch. VI, p. 215, et Gr. Coût, de Fr. 375.) 

Kssentialment. [Intercalez EssentialmenL, au 
Dialoge Grégoire io pape (1876. p. 263) ; > Altre 

■ chose est vivre bieneurousement, et altre chose 

■ est vivre essentialment. ■] 

Esseonere, s. m. Bonde d'étang. (Cotgr.) [On 
lit au Cart. du Mont S' llarlin, an. iS8i : < Consent 

■ que li abbés et li cooveos:.. pussent faire ooviaus 

■ <^ier8, essavien et reueres. ■] — «Un voiùn ne 

■ peut faire aucuspaye, retraits, fosqes de cnisine, 

• ou esseoueres, pour retenir eaues de maison, 

■ fbur, ne forge, près un mur moitoyen, et corn- 

■ mun. > (Coul. d Estampes, C. G. 1. 1, p. 238.) 
Esserber. [Intercalez Esurber, sarcler, au reg. 



ESS 

JJ. 103, p. 324, an. 1373: ■ Lequ^ Renrioa estoit en 
« un jardin, qui esloit son oncle Robert le MoiM 

■ du bourg de Veelle où il esserboit. »] 
Esserder, v. Jeter. 

Le diable par le col m'abarde. 
Si par l'eapéa il ne trespuae. 
On par dedena le fen ne pasaa, 
On dans U mer je ne l'euan^. (Marg. delaU. il6 ».; 

Essermenter, r. Couper le sarment des vignes. 
Voyez une ctiarte eo faveur du collège de Beauvais 
â Paris, en 1357, tirée du Trésor des Chartes, r«iB- 
tre 89, pièce 521 : ■ Item octo corveyas a mulieriDos 

• .... solvere' consuelas pro vineisdomini dicti loci 
- \_^2.n{tvv^'\esserm6ntandisgaUice essermenter. ■] 

Esserpllerle. [Intercalez Esserpilerie, aatioa 
de dépouiller : ■ IceDui Hernault doublant estre mis 

■ en prison pour le cas dessusdlt et estre pugny 

• corporellement, pour ce que autreffoiz il avait 

> este mis es dites prison d'Angers pour plusieurs 

■ esserpillieres. • (JJ. 187, p. 441. an. 1458.) On lit 
dans la Coutume d'Anjou, art. 44 : ■ Quant l'en tout 

■ à home le sien de nuits, ou de jours, en cl^mio, 

■ ou en bois, tel larcin est appelé esserpitlerie. «J 
Esservelé, partie. EcerveM. (Voyez Goquillart, 

p.40; Lett.de Louis XII, 1. 11, p. 282.') ■ Il a la leste 

> esservelée. ■ (Hist. du Théâtre fr. 1. 11^ p. 161.) 
Essever, ». Eloigner*. Terme de coutume*. 

* Dans le Calvados, le lait essevé est le lait écrémé, 
dépouillé ije sa crame, dite sève. 

Li marinier en mer s'esquipent. 

De terre ont lenrs nèa eiieviet. {G, Guittrl, f. SOS*.) 

En droit la yW» d'Andell, 

Droit enmi Soinna, a une illetta 

" ■ cerne, est reondete, 



Celé illete, qui s'en . 

Est ai haute au desua de leva. 

Que Salnne, par noie cretUwy 

hTapOTOir d'j faire ataine, 

Ne jusqu'au plain desus redorr*. (G. Guiorl, f. Gi.) 



an vont aus plaina cbaiM élevant : 

D'eue ordener [ont leur arrol. (Tbid, f. S6i <>./ 

'Pris comme terme de coutume, c'est exiguer, 
se départir du cheptel de bétes ou faire partage 
des bétes données & moitié. ■ Pour ce qu'il est 

■ d'usaige que l'avoir qui est baillé à croys, ou li 

■ métayrie, s'il n'y a autre gré, ou condilions entre 

■ les parties, doit estre gardé trois ans continuez 
( par avant que l'un ne l'antre puisse euever, s'ilz 

■ n'éloient d un gré de le faire autrement. > (Ane. 
Coût, de Bretagne, fol. 170 ^.) 

Essevenr. [Intercalez Bsseveur , même sens 

Sa'essau, essayau, esseau ; dans le département 
'Eure-ei-Loir, on nomme ainsi les prises d'eau sur 
les rivières: • llem l'étang de Tillai... ainsi comme 

■ il se comporte et poursuit de chaussée fosad 

■ et de esseveur. • (1351, Aveu du HonliQ de Le»- 
ploit; L. CdeD.}] 

Essenll, s. m. Esstea*. Seuil". 

* [Voyez l'exemple sous Eses. — ■ Le dit meslre 



yLiOogle 



« Fouqaes Sst jurer au8 diarroos qu'il ne metroient 
« DUS euiaua en cliarele. ■ (Lîv. des Met. 106.) La 
forme aiêil nous reporte au dimiaulif axiculus.} 

Loing de U vcm 

Là oS àthlu tte 

DeMua l'etteul, 

' ■ L'espousée sortant de cbez son père, et entrant 

« en la maison de son mary, ne louche & Vesseuil 

■ des portes, mais est portée, afin qu'elle ne soit 

- offensée par les choses ensorcelées que les magi- 
- • tiens mettent aux entrées des portes. > (Bouchet, 

Serées. liv. I, p. 165.] • Tira aussi de Vesseuil de 

■ c^ascune porte uns cordon de soye cramoisine. ■ 
(Rabelais, t. V, 179.) 

Ësseale. [Intercalez Esseulé, aisseau. On lit au 
gjoss. 7684 : ■ Esseulé, comme de quoy l'on couvre 

• les maisons, scindula. >] 

Essenler, v. Se séparer, rester seul. ■ Le duc 
a (îuyenne fort esseulé du sang royal. ■ (J. le Pev. 
de S' Remy, Hist. de Cb. VI, p. 78.) > Lorsqu'esloie 

■ eeseuses, m'enfermoie. ■ (Adans li Boçus.) — 
[« Un baef ae esseula des aulres et s'égara par 

■ l'espace de six jours. • (JJ. 108, p 136, an. 1375.) 

— ■ Après ce que ledit Jehannot ol soupe aveoques 

■ ledit gardien des moulins se esseula et destourna 

• iusquesàcequeerant partiedela nuitfu passé.* 
{33. 1SE2, p. 67, an. 1382.) 

Essenllé, adj. Mis à un essieu. ■ L'en prent une 

■ roes de charrette neuves, et sont mises eu un 

■ menneres, c'est à dire en deux limons, et qu'ils 

■ soient estrait esseuliées, afin qu'ils braient. > 
(Modos et Ra4^o, fol. 78 ':) 

Esseurance, s. f. Assurance. • Peu à peu 
« reprend eueuran^e. ■ (Joach. du Bellay, f. 322.) 

Essenré, partie. Assuré. (Voyez les Marg. de la 
Mare. 1. 1, fol. 80 ^ ; Contes de Ctiolières, f. 217, et 
les Contes de la reine de Navarre, t. Il, p. 139.) 

Essiance. [On lit au glossaire 7692: ■ Tei^i- 

• versatio, essiance. ■] 

Esslau. [Intercalez Estiau, évier, dans Bean- 
manoir, ch. 24 du us. : ■ Il ne m'a&ert pas à faire 

■ mon yavier ne mon esslau de ma qnizine. ■] 
Esslef, s. m. Mod^e sur lequel on essaye les 

autres mesures : « Ont aussi les dits moyens justî- 

• ciers droict de bailler loesures à bled, et à vin. 

■ du palron, et essiefàa seigneur dont ils tiennent 

■ leur iusUce. ■ (CopL du Haine, C. G. t. II. 122.) 
Esslen. [Intercalez Etsien, essaim, au gl. 7692.] 
Esslent. [Intercalez Essient, comme' escient, 

sens, dans Partonopex (4577) : ■ Haisires oi de 

■ grant essienf . >] 

Essientex. [Intercalez Essientex, avisé, dans 
D. C. (Vl,114*): ■ Qui le manche après la cuignée 

■ Gete, n'est pas e^ientex; Car il fait d'un damage 
> dex. ■} 

Essler. [On lit au gloss. 7692 : ■ Tei^versari, 
« e«*«r. ■] 
Essleuter, tf. Excepter. ■ Noua- en esaUutons 



i - ESS 

• les cas qui louchent le roy. > (Beauman. p. 49.) 

■ Essietés las cas de crieme. ■ (Ibid. p. 42.) 

1. Essil. [Bardeau, dans Guil. Guiart, v. 401, 
V. 85S9: ■ Le suppliant flst un trou en la couver- 

■ tured'icelle maison qui estoit couverte à'fsst/. ■ 
(JJ. 178, p. 599, an. 1426.)] 

2. Essll, s. m. Exil*. Ruine, destruction". 

* [■ Si erent mis En eixiî fors de lur pais. ■ 
(Benoit de S' More, I, 557.)1 — * Dedans une forest 

> en easit s'enfuit. • (Pauch. Laog. et poës. fr. 95.) 
" [■ Ki lei ad mort France ad mis en exilt. • 

(Roland, V. 2935.]] 

Et [eroDt tant lonldra, et greall. 
Qu'il! mattront tout à ewil, 
Ca qui anra esté aemâ : 

, Et ainala aeronl aAunà. fEu»t. Deich.) 

Si corn la lou Qat ilu goupiU, 
Qu'U Tolott motra à grant eùill. /Fabl. de S. G.} 

Nous lisons < destrucion, ou exil de tiex hérila- 

• ges ■ dans Britton, Loix d'Angleterre, fol. 168*. 

Par trois foin m'a mis la teire à exil. (E. Jie*eh.) 
[■ Chest goupil qui tant set barat. Que nous 

> apelonschi renart, Seneflele mal jroupil Qui le 
' peuple met en euiU • (Bestiaire , us. dans Du 
Gange, m, 152-.) 

3. Esstl, ad}. Qui détruit, qui dissout. 
Use porées 

?m aolent taictea au perall, 
our ce qu'il est de pierre ewil. (E. Dmch.) 

Esslleor. [Intercalez Essileur, destructeur, 
dans Beaumanoir : ■ £ssi/eurs de biens par feu. • 
(Chapitre LVIll.)] 

E^silier, V. Ruiner, ravager, dévaster *. Dissi- 
per, dépenser'. Exiler"*. Priver de, mutiler". 

* [• Puis ala vers Peronne ardant ou etsilant 
.. tout le païs. » (Chron. de Flandres, ch. LXXV.) — 

■ Ne remest nulle riens it CKilier fors la cité de 
« Versoi. • (Villehardouin.)] — • Se famé tient 

■ vignes en douaire, il convient que elle les main- 

• tiegne en tele manière que eles ne soient esii- 
« lies. • (Beauman. p. 75.) On a dit de Troie : ■ Dix 

■ ans dura le siège, adonc fut eaiiie. ■ (Notice des 
Vœux du Paon.) — • Forment commença à détruire, 

■ e\ ÊSsiller \a. c\\é. "(Chron. de S' Denis, i, fol. 
201 *.) — ■ Si cbevaucha fort, et grandement fouUi, 

■ en ceste chevauchée, toute la pleine d'Ëscoce, et 

• exila moult de villes, fermées de fossés , et de 

• palis. ■ (Froissart, I, p. 33.) — ■ Nous sommes 

■ tous affamez, et ce pays cy si exilié, que l'en n'y 

■ puet trouver vivres quelconques. ■ (Du Guesdin, 
par Ménard, p. 254.) 

" Le mot n encore ce sens en Picardie. > Toute 

• la finance de son grant père, et du royaume ont 

■ esié prinses, et exilées. * (J. Le Fev. ae S' Remy, 
Hist. de Charles VI, p. 78.) — . N'est finance nulle 

■ (soit grande) que gens d armes at exilent, et met- 

• lent à fin. ■ (Froissart, 11, p. 270.) 
' Lt qneDS du qneu &at la Jo8tic« ; 

Un oeil U toit, puis une oreille. 
Et un poing, et puis si VeatMe 
De sa tnra, qu'il n'i ranuigne. ptS. 76tS, II, f. 175 *.} 



yLaOOgle 



ESS 



■ Si home eopuisauned altre, seit occis u per- 

■ manablement eitstllé. • (Lois de Guill. art. 38.) 

° Ou des membres toa esêiliet. 

Ou du pay tos fors chassez. {Fabl. de S. G.} 

• Le pays est laut exillié des villes , citez et de 

• chasteaux, que moy mesme n'y scauroye retour- 
. ner. . (Perceforest, V, fol. 40 ^.) 

Essillement, s. m. Exil. 

Doit cil eêsillemaii* eavir? 

Nenil, qui a droit jugeroit ; 

Qui droiture, et s'ame ameroit. (US. 7615, 1, f. Gl ".} 
Essimer. v. Amaigrir. [Voir Esseiheh.] > S'esii- 

■ mer avec tes femmes. > (Cotgrave.) — ■ La per- 

■ fectîon de santé trop alaigre, et vigoureuse, il 

■ nous la faut estimer, et rabattre par l'art. > (Ess. 
de Hont. II, p. 638.) — < Estoit il eximé comme un 

• harang soret. • (Bab. Il, p. 138.) 

Essin, s. m. Mesure de blé en usage dans le 
Soissounois. • A Laon deux essins font un jalon. * 
[Du Cange, IV, 458*. d'après le reg. de la Ch. des 
Comptes, signe Nosler.] 

Essoeal, s. m. Comme esseulé , ais, bardeau. 

■ Si aucuu prend, este, ou arrache aucunes bornes, 

■ ou rompt aucun etsœul faisant séparation, entre 

■ aucuns tenanciers, prez, ou terres, il commet, 

• envers les dits maieur, et eschevins, une amende 

• delà somme de soixante sols. > [Goût, de Har- 
quenterre, N. C. G. 1. 1, p. 110''.) 

Essofler. [intercalez Essofler, donner de l'air, 
dans la Bat d Alesclians (v. 4824) : ■ Mais la ven- 

• taille oe li velt pas noer, S'il a mestier, por le 

■ miex esso/ier, Êtquedelivrespeustlibersaler. >] 
Essogne. [Intercalez Esaogne, droit de rachat, 

dans la Coutume de Reims (Du Gange, VI, 297'): 

■ Estoane est un droit ou devoir seigneurial deu 
« par les héritiers ou successeurs des trespassez 

■ aux seigneurs sous la censive desquels ils ont et 

■ possèdent héritage au jour de leurs trépas. Et n'est 

■ pas universel, ne uniforme ; car il est seulement 

■ deu es terres et es seigneuries, esquelles est 

■ accoustumé d'ancienneté d'eswtijn^r. •] 
Essolgne, s. m. Soin, occupation '. Embarras, 

difficulté, danger". Excuse et cause d'excuse^. 

E>ans les Charles Mérovingiennes et les Lois Bar- 
ares, sunnia désigne les excuses que doivent 
fournir les non-comparants devant le ptacitum ou 
le mallum. Ces excuses vous causaient des soucis, 
vous mettaient dans l'embarras, d'où la suite des 
sens.] 

■ [• De vos manaces, culvert, jo n'ai e$$oign. > 
{Roland, V. 1233.)] 

Frère Philippe 

En print e*towe. (BUuon de» Faulei» Amourt, p. i59.} 

■ Si se mist en i'eatour t'espée au poing, querant 

■ le chevalier sauvage, en disant s'il le rencontre, 

■ qu'il vengera sur luy sa honte ; ainsy qu'il estoit 

• en tel etsoyne , il le veit tournoyer a l'un des 

■ preux chevaliers qu'il congneust. • (Perceforest, 
t. III, folio 6 ■•) 

* ■ Prince, a court sont maint, que nommer ne 



ESS 

■ sçay, A qui labeurs ne fait guieres à'euoingne. 
(Eustache Deschamps.) 

Incontinent on le bût moine : 
Mais quof 7 il n'a pas Brand euonta 
A. comprendre les sacnSces : 
Car d'amourettes las asrvicM 
Sont (aicts, en termes si tris clerca, 



[■ Icellui Avril eust tué ledit exposant ou mis en 

■ esioine de mort, se n'eussent esté le maire de la 

< villed'Arville et autres. ■ (JJ. 153, p. 55, an. 
1397.)— • Doublant que icellui Bromon ne tuasl 

■ le suppliant ou mist en exoine de son corps.» 
(JJ. 187,p. Ii8, an. 1455.)] 

" [• Lequel lieutenant avoit dit audit Jehan Cbe- 

• valier que audit jour il seroit s'il n'avoit 

• e$soine. > (Justice de Jaaville, 1408 ; L. C. de D.)] 

Ilu«c ta long tens A sejoT. 

Tant que il avint, à un jor, 

C'au cria un tournoiement 

Par le païs, corounalement. 

Que luit i fenssent, sans euoine. 

Tôt droit à Haie en Torwoe. (FcM. de S. G.) 

■ Se chil qui apele. ou est apelés vient avoir 

• avoué qui se cotnbate pour lui, il doit montrer 
> son essoine, quant le bataille sera jugiée; pluriex 

• etMines sont par lesquiex, o par l'une desquiex, 

■ t'en puet avoir avoue. * (Beaumanoîr, p. 308.) 
Essoinlere, s. m. Celui qui propose excuse 

pour un autre. Du Cange, Glossaire latin, sous 
Euoniator, cite Beaumanoir. 

EssoiDuer, v. Occuper, embarrasser, empê- 
cher*. Excuser, dispenser '. 

* > Tous ceux qui de la guerre a'eitMongtuimt. • 
(Froissart, III, p. 362.) 

Ceste maladie, 

Ïui se mouteplia 
o moi, et me lie 
Dfi meraucolie. 
Ne sera fS^ria, 
Ne sancie. 
Je le roi, 
Jà jour de ma vie, 
Se pitiés n'en prie. 
Et s'en etuonnie. (Fwinart, Poia. mtt.) 

> Les Plamans qui estoient dedans Comines, s'en 

• lenoientbien chargés, et eaongnez: tellement 

< qu'ils ne savoyent auquel enten(&%. ■ [Froissart, 
t. U, page 209.) 

* Haitre Jean de Rueil lieutenant civil de la dite 

■ prevosté de Paris, lors exonié de maladie. ■ (CouL 
Gen. l, p. 13.) — [• Pour excuser et enonner ledit 

■ doyen, maistre Pierre Wautier vint pour lui en 

■ jugement devant icellui prevost, en disant qu'il 

• estoit si malade, que les pies ne pourroient porter 
•> le corps. > (JJ. 14i, p. 1^, an. 1391.)] 

Essoir, aàv. Hier au soir. [Voir ËRsoia.j 
fuoii* me ta mandé 

Que TOUS avez, en fieu, «a duc Hnon, donné 
De toute Normandie la fior, et la bonté. {Bon*, de Rou./ 

Essole. [intercalez Eisole, aisseau, au Gtoss. 
7692, sous Eleborium.^ 



yLiOogle 



ESS -'' 

Bssombre, s. f. Obscurité. 

Dm maus qn'il fet a« soi le nombre, 

La, somme en esi en une eatombrf. 

En DM reooléa olwcnre. (MS. isia. fol. 311 *.) 

EssoDler, s. Terme de blason. Double orle qpi 
couvre reçu, dans le sens de la bordure. Voir i^e 
Laboureur, Ori^ne des Armoiries, p. 189. On a va 
là l'enceinle où les chevaux attendoieat l'ouverture 
du tournoi el prenoieat repos. 

Essonre, s. f. Soucbe, race. [11 vaudrait mieux 
lire etêoure.'} • Gentix Besta ie bone essonre. > 
(Pabl. Kss. da B. a* 7218, fol. 249 :) 

Essor, s. m. Air libre et découvert qui cause la 
sécheresse. [C'est la forme verbale de essorer.'] 
(Nicot, Cotgrave.] 

De là, on a dit : 

1* • Venir à Yes$or, > sortir de la règle : ■ Nous 

■ sommes en un royaume, auquel, pour la facilité 

■ de nos roys, les choses viennent fort aisément 
« à reKor. • (Pasq. Rech. p. 46.) 

^ ■ Se jetter à l'essor, > s'aventurer : > J'appre- 

■ liende bien que nous laissions les choses presen- 

■ tes, et asseurées, pour nous jetter à l'essor. ■ 
[Hém. de Sully, t. VI, p. 432.) 

» ■ Honler en eator, ■ prendre l'essor. • Je por- 

■ loye maintenant uag esprevier, parmy ceste 
• praerie, et tant que je le jectay après une aloe ; 

■ si faillit, et monta en essor, près de cette mai- 
> son. > (Lanc. du Lac, 1. 11, fol. 98 '.) On lit essors 
aoHS. 7218, fol. 67'. 

Essorafge, s. m. Action de s'essorer, en terme 
de fauconneriu. 

Li essores est à.'e»»oraige. 

Et U mniers sert de musôige. (Parlon. de BhU.) 

Essorber, v. Détruire*. Aveugler'. 
* Dans la Règle de S. Benoît, ch. 61, essorbece est 
la traduction de amputet. 



Cnt aumône, et bontei, 

lyttaorber U Mwavese gent : 

Et misK doU cU esin loei. 

Que blMinei, qui Teagaac« en praot. {Vat. w 153S.} 

[■ Pour les malicieus anginz couranz pour panre 
« toute manière de poissons grans et petits, si que 

• liait angin etsorbissoient tous les petits poissons, 
« florins et autres. • (Ord. 11, p. il, au. 1317.) — 
On lit au Gl. 4120, an. 1352 : ■ Execare, essorbir. >] 

*A jiqdeours oit, en m'eSance, chanter 
Que CoUlaume flst jadis Osmont estorber. 
Et «1 C4Mnte RliMif (es deux oUs crever. (Bou./ 
Essoreiller, V. Essoriller; on a dit de Justî- 
niea à qui Léonce fit couper le nez et les oreilles : 

■ Toat assaurillé , et enazé qu'il esloit (il fut) 

■ réintégré en sa couronne. ■ (Pasq. Rech. p. 150.) 
[On lit aax Antiquités Poitevines d'Estiennot, 
lort. III, p. 946, an. 1309 : ■ Item la bayerie quant 

■ au depiés de membre, esmutiler, espectier, esso- 

• riUier, seener, estoupacier. • — - Pouroccasion 

■ desquelz laiz et larrecins Simon Barate a esté 
< coadempnez k estre essorilie'i et banniz du bail- 
« liage d'Orliens. ■ (JJ. 119, p. 190, an. 1381.) - 



ESS 

Il signido aussi couper la lisière des pièces de drap 
défectueuses, aux Ord. IX, 305, an. 1407, et dans 
Le Clerc de Douy ; • Veu le rapport des jurez.... 

■ Nous, ledit drap avons condempné à estie esso- 

• rillè. » (1412, Sentence de la Prévôté.)] [L'esso- 
rillemejit est un supplice fort ancien dans la Gaule; 
Vercingélorix l'appliquait d'après César (de Bello 
Galtico.liv. VII, en. 4j : ■ Leviorede causa, aurtiius 

• desectis , aut singulis efTossis oculis, domum 

■ remittit. * Au moyeo-âge, ce genre de supplice 
fut appliqué aux voleurs des deux sexes pour leur 
premier larcin (Eiablissemenls de S. Louis, I, 
ch. 24] ; en cas de récidive, on leur coupait le pied 
ou on les pendait. Un homme essorillé ne pouvait 
faire pai'tie du clergé : ■ Ifisquelz malfaiteurs cou- 

■ perent ou près une oreille au suppliant, par quoi 

• fui. qui estoit délibéré estre homme' d'église, est 

• inhabile h jamais l'estre. > (JJ. 177, page 135, 
an. 1445.] Aussi lorsqu'on perdait l'oreille par acci- 
dent ou maladie, on demandait au roi ou au juge 
de constater par lettres la cause fortuite de celte 
mutilation. [Voir une charte de la Chambre des 
Comptes, an. 1354) : ■ Guillelmus Roquet, aliter de 
« la Plancha, de testimonio amissionis auris suce 

• sinistrœ, quam quœdam sus seu porca in cunis 

■ avulsit et comedit, non ex culpa veldelicto, sed 
< violenter et fortuito casu. ■} 

Essorer, V. Prendre l'essor". Egoutler, sécher*. 
[C'est là le sens primitif : «xoararc,]mettre à l'air 
pour sécher.] 

*A la coroere il dist, une soirée, 
A.U plus matin que teret euorée. 
Si que trop mîeulx je vous puisse emboucher, 
IJ taull qu aillez parler k ung boucher. (Faifeu, p. 93.J 
Mieli se soit euoret 
Itusart, que esprouver; 
Ce dist U vilains. {Prou, du Vil.} 

'l* Tanlost s'en vont tuit troi à désire. Tant qu'il 

■ vinrent à la fenestre;Orarte esloit pour essors. > 
(Renard, 9181.)] 

Et après qu'elle arm esté 
Un jour, et une nuit d'esté, 
Trampée en celle jaan sna heure. 
On le ûfAt traire, sans demeure. 
Et mettre en tel lieu ettorer. 

Que l'faave n'y puist demoi«r. (Font. Guer. T. V,p. 51.) 
■ Puis après le mettre essorer au feu, ou au 

■ soleil, et lors luy pourrez voir les phlegmes, el 

■ mauvaises humeurs issir, et couler bors de la 

• teste. > (Fouilloux, Faucon, fol. 16 '.] On a dit au 
figuré ; • Il avoit des mœurs si essorées et si vaga- 

■ bondes, qu'il n'estoit cogneu ni de luy ni d'aul- 

■ très, quel homme ce feust. • [Montaigne, IV, 2.'50.) 

a te falloit un esprit poétique. 

Non pas ma plume ettorée, et rustique [C. Uarat, 158,} 

Essonl. [Intercalez Essouî, essieu, au registre 
JJ. 107, p. 12, an. 1375.] 

Essoumetes. [Intercalez Essoumetes^ terme 
forestier, au reg. JJ. 82, p. 51, an. 134C : > Donnons 

■ et octroions... quarente charretées de bois à 

■ prenre par chascun an à touzjours mes en la 

■ îorestdeBievreausentresséset^soumeiés. •] 



yLaOOgle 



ESS 
Essonne, s. f. Dispense. [Voyez Essoinb.] 

Si espouraa, par ettoune, 

La Bile a cet conte Gondoume, ' 

Ki «on frere aTtrit recea. (Ph. llouskt».} 

Essoarder, v. Assourdir une personne, ud 
bruit. 

Si, d'aTentiire. j'arriTe 



Si au bais je me traniporte, 

Soudain je ferme la porte 

Aux doux gosiera des oiseaux. (J. du Bell. f. i99 '•.} 



Essucer, v. Sucer. (Oudin.) 



;, s. f. Issue. ■ A Vessue de la cité. • (Fabl. 
Ms. 7a8a ', f. 47*.) Voyez Essir sous Ismr. 
Essuer, V. Essuyer*. Sécher'. 
*■ [< Jupiter, ce dist, le lavoit. Et Ptiebus la toaille 

■ avoil. Et &e penoit de Vetêuier. ■ (La Rose, 6533.)] 

■ Fort i'a crote, mais pas il ne Vessue. ■ (Faiteu, 
page i03.) 

*• Adonc ae leva du feu comme celuy qui n'es- 

• (oit pas bien eschauffé, oe essué. » (Perceforest, 
vol. II, fol. 33 *.) [< Ters tex iex, estue ta face. ■ 
(Fabl, et Coût. anc. IV, p. 474.)] 

Jamais nul jour D'auray fiance au tamps. 

Neau eouleil, poare«*uerbuëe. (E. Detch.J 

Expressions à remarquer : 

1° > Il eut commandement de H' l'amiral de ne 

■ donner point à l'avant garde qu'il sçavoit conduite 

■ par monsieur de Guise ; mais de Vessuyer, et pas- 

• ser devant, et fondre comme un foudre a la 

■ bataille. • (Brant. Cap. fr., Ill, p. 101.) 

3* • Essuyer le bâton, • recevoir les premiers 
coups. Brantdme dit des retires : * LeroyPbilippes 

■ devoit ainsi bazarder une bataille, parcesguer- 

• riers mercenaires et estrangecs ; car c'est une 

• vraye curée, puisqu'ils se sont mis au mestier 

■ mercenaire : et voila pourquoy il les faut, les 

■ premiers, bazarder, et les premiers perdre, et 

> leur faire essuyer bien le baston. ■ [Brant. Gap. 
fr., t. III, p. 54.) 

Essnyoir de mains, s. m. Linse à essuyer les 
mains. (N. C. G. t. Il, p. 258.) 

Essayon. [Intercalez Essuyon, torchons, au 
reg. JJ. 195, page 586, an. 1471 : • Des toullons ou 

> essuyoTts !i esculles. ■] 

Kssyaver. flatercalez Essyaver, écoulw, au 
reg. JJ. 72, p. 309, an. 4308 : . 11 puissent... faire 

■ gllchoueres une ou plusieurs, se il leur plait, 

■ pour essyaver par un fossé ou l'yaue s'en va der- 

■ riere ledit torgoir. > — • Aura dedans ce mur ou 

■ clûuture un treillicb de fer par où les yaues delà 

■ ville se pourront essîaver. • JJ. 53, page 53, 
an. 1313.}] 

Essytes. * Vous devez entendre qu'on donne 

■ les cures de colton, dequeue de lièvre, estouppes 

• tailles, ou pieds rompuz, ou de plume ; et est à 

■ sçavoir que les cures baignées ne sont pas si for- 

■ tes comme sont les essytes, excepte qu elles fus- 
< sent baignées en choses laxatives. • (Arleloq. 
Faucon, fol. 101 ■■.) 



8- EST 

Establage, s. m. Droit d'étalage : • Par la ditle 

■ coustume, il est deu aux seigneurs hauts justi- 

• ciers et viscootiers, droit d'issue d'herbase, et 

■ eslablages de marchandises, et aolres choses 

• qu'on vend es mêles de leur seigneurie. • (Coul. 
de S. Paul, C. G. 1, p. fôl.) [On lit aux usages de la 
vicomte de Rouen : ■ Chascua vendeur de poiseoD 

■ en la ville doit le jour .vi. den. de soaestauâge. ■ 
— Dans la Coutume de S. Julien du Saut au pays 
de Langres : * Nos volons, que leur esteîeiçe et les 

> freinchises de leur esteleige leur soient gardées 

• et tenues. •] 

1. Estable, s. f. Etable. Estante, dans S. Bern. 
répond au latin stabulum, étable où naquit Notre 
Seigneur. [■ Car à tart comence à fermer S'estable 

■ cil qui a perdu son cheval. • (Lai du trot.)] De 
même dans Perceforest (t. IV, fol. 31 *) : ■ Vous res- 

> semblez.... celle-cy qui ferme Vestable quant le 
« cheval est perdu. » [Le proverbe se retrouve dans 
Froissart (11,111, 91, éd'.Buchon): < Conseil répondit 

■ l'archevêque; beau nepveu c'est trop tard, vous 
< Toulezclore l'esladtequandlecheval est perdu. >] 

Le cler commande à son Talet 

Tirer aon chSTal de l'atable. (Favch. Long. fr. p. i65.) 

On doit altico'* Vét table Teroulllier, 

Que ti ebevans aoit perdus nloement. fVat. r> 1490.) 

[Il signifie garnison, aux Ordonn. VIH, page 375, 

an. 1312 : > Donnons plein povoir et auctorité de 

■ mettre estables de gens d'armes, de dieval et de 

■ pié en nos chasteaux. >] 

2. Estable, adj. Stable, solide, fixe. Estante, 
dans S. Bernard, répond au latin stabilis. [■ Hais 
« segnor prendre est cose estable. • (Parlonopei, 
v. 9026.)] ■ Tenir les choses dessus dites fermes, et 

■ estables. ■ (Ordonnances, t. Ill, p. 295.) 
Establement, adv. D'une f^con stable. < Le 

■ gouvernement du royaulme doit eslre ferme, et 

• assis sur trois pilliers: Le premier est justice, 

■ qui doit eslre fermée si establement dedans le 

■ cueur du roy qu'il doit à ung chaacun rendre son 

■ droit, et ne ployer à dextre, ne à aenestre. > (Le 
Chev. de la Tour, Guidon des guerres, fol. S9*.J — 
On lit establement, dans Rymer, I, p. 50, an. 1259. 

Establer. v. Mettre à l'écurie. (Cotgr.) [■ Les 

• diz muiez fait Charles establer. > (Roland, v. 158.) 
— > Quand li ceval estable sont, Fuerre et avaioe 

• à plenté ont. • (Floire et Blancheflor, 1241.)] 
Establerie, s. ^. »/. Stables : • Pourra l'heri- 

■ tier, si bon luy semble, avoir les dits blancs bois, 

• granges, et estableries, eu payant la juste valeur, 

• et estimation. ■ (Coût, de Boullenois, G. G. 1. 1, 
p. 691 .) — [Establerie aigniGe encore étal : < Sur 

■ les estauls ou establerie» de la corralerie de 
.0 Besiers. - (JJ. 166, p. 365, an. 1412.)] 

1. Establete. [Intercalez Establete, petite éta- 
ble : «Le suppliant ala tout droit à une establete, 

• on sa femme avoit nourry un veau de lait. ■ 
(JJ. 163, p. 47, an. 1408.)] 

2. Establete, s. f. Stabilité, durée. [• Laquelle 

• exposant comme despourvue et sans establete de 



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EST - 79 - 



EST 



• senz se parti de Quit. ■ (JJ. 106, p. 377, an. 1374.) 
On lit eitableté (Percef.1I, 430], eslabilité [Descb.]. 

EstabU. [Intercalez Ettabli, procureur, au 
lÀWTB Bouge de la Chambre des Comptes [an. 1308, 
f. 302 '} : ■ En lel8 condition toutes voies que lidiz 

• Jaques ou son eitabli puisse prendre et arester 

> les blez et les farines des baniers. > — Dans Beau- 
manoir, sous establi est un procureur nommé par 
on autre procureur. (Voyez Ordon. I, 659.)] 

Establle, «. m. Union *. Etabli, bureau ". Or- 
âoonance°. Demenre fixe". Garnison*. 

* ■ Nostre roy Childerich ton nepveu te requiert 

• que la coDcordance, et l'estabtie qui entre vous 

• deux fut [ùeca establie. > (Chr. S' Den. I, f. 52 M 

* [c Nus menesteriers du mestier dessus dit [tail- 

■ leur] ne puet lever etlablie de ci donc que li 

■ meslrequi^rdent lemestieraientveu et regardé 

• s'il est ouvriers souflsant de coudre et de tailiier. • 
(Livre des Métiers, 142.)] 

gui prenait poaaeBûoD, 
HT ce lien, d'aiseat, on de terre, 
Que a'au jour i« venait querre, 
Aidone eatoit cbme eatabUe, 
Qu'om ie laiesoit sur l'eUablie. {F.\M. Detch.) 

^ [• Une ordonnance ou ettablie du mestier des 

■ oaudeliersde ùeu. > (Ord. VIll, 597, an. 1311.]] 

Lf Norroia Uodrent à tolie, 
Et aoQ cornant, et a'esiablie, (Brut.) 

° Au portttl aoit vutre e»tabHe, 
Far debors, but pùne d'amende. 
Ou eerei eu place eatabiie. (Etut. Deaeh.) 

* [On lit dans un Compte du trésorier des guerres 
de 13^: ■ Eêtablies pour la guerre de Gascogne, 

■ premièrement celle de par deçà la rivière de 

■ titronne. > De même aux Ord. I, 539, an. 1314: 

■ Et laissez _porter et mener bleds, vins et toute 

■ autre msmere de vivres pour ladite guerre, par 

■ vos liens, par vos distraits et par vos paiages à 

• BOB ettabue* et à nos bostes de Flandre. >] ~~ 

■ Mesure Lots de Sanxerre meiat de ses gens en 
« eêtcMie à Puyaga, des meilleurs qu'il eust, doat 

■ ceDz de Saincte Severe n'osèrent depuis cbevau- 

■ cher es pays dessus nommez. ■ (Hisl. de Loya III, 
doc de BourooD, p. 26.) — • Devers les portes où 

• estoit le duc de Bourbon, ensemble les esCabiiet 

> des séi^oeura qui avec luy estoient, chacun en 

• son droit, comme estoit oraonné. > [Lbid. p. 303) 
— Oq Dommoit : ■ Bref d'establie * la sentence qui 
met soas la main du roi un héntage*conteslé jusqu'à 
ingement déSnilif. On litdansl'Anc. Coût, de Norm. 
for. 137^: ■ Héritage demandé par establie. ■ 

Ëstablier, s. m. Etalier. ■ Nous avons ordené 

• que nul marchant, ne establier ne vende poissons 

• seumeumez. ■ (Ordon. t. V, p. 253, an. 1369.) 
Establir, v. Etablir, constituer, commettre '. 

Mettre, ranger". Destinera 
** ■ Parlerons en cest chapitre des procureurs, et 

• de ceoi qui sont eitabli$ à plaidier pour aultrui. ■ 
[Beaumanoir, p. 27.) 

nse aawar ett de t«l ftwce e$utublie 

Que BOT tOK tùena moinne droite maiatrie. (Gacet BrûU».} 



■ [• Après les dous establisent la terce. • (Roland- 
V. 3027.)] 

Tous les hommea fl«t assembler. 
Leurs armes prendre, et eulx armer, 
Par conroy lea âst ealablir, 
Et à combattre bora issir. [Brut, iOO *.) 

"■Ne payeront riens peaux qui naaiestablie* 
« pour (ourreures. ■ (Ordon. t. lit, p, 464.) 

Establlssement, s. m. Ordonnance \ Handie- 
pied". 
*[«.Li lai volent l&a\r Xar eitabliuement E lur 

> us, si cum orent devant els lur parent. > (Th. de 
Canlorbéiiy, 29.) — » Leis dreiteres ne jugemenz 

■ Ne autres establissemenz Ne tendront mais. > 
(Benoit de S- Maur, 26683.)] — . Pour ce les fist le 

■ Pape descoler, selon les lois, et e$tabli$sements 

• des empereurs dfe Rome. ■ (Ordon. 1. 1, p. 459.) 

En renuncent à tous les drois 

Que nous y avons, par les loue, 

Et eatabhnement de France. fEuit. Deteh.J 

1* • Querelles à'establissement. • — . Ce sont 

< celles qui sont à ce establies qui sont appellées 
« recognoissant, pour ce que par icelles il est à 

• cognoislre laquelle des parties a droit, ou tort en 

< la chose litigieuse, et descordable, ainsi qu'il est 

• contenu, et déclalré es lettres de brief qui sont 

> mises an dict texte. •(Âne. Coût. deNorm., 112''.) 
2* « Succession par eêtablissement. » — « L'autre 

■ si vient par eêtMlissement, si comme quand un' 

■ fief, ou autre terre vient b estrange personne par 

• faict de douaire, ou par fait de veufveté, si comme 
« les constames de divers lieux l'enseignent moult 

■ diversement en aucuns lieux, et en aucunes sei- 

■ gneuries, et ainsi comme les coustumes y sont 

< establies, tenues, et expressément gardées. • 
(Bout. Som. rur. p. 456.) — [Les establissements de 
S' Louis sont l'œuvre d un jurisconsulte resté in- 
connu, qui, pour donner plus d'autorité i son livre, 
le plaça sous le nom du roi. On y mêle les ordon- 
nances de S' Lt>ui3 au droit canonique et an droit 
romain. La rédaction est étrangère aux habitudes 
de la chancellerie, et S* Louis y est désigné sous le 
titre de borna qui ne s'appliquait qu'aux princes 
défunts. Voyez l'Etude de M. Viollet sur les sources 
de cee établissements ; il en prépare une nouvelle 
édition.] 

' Marchepied qui se metloit devant les lils pour 
en descendre, à cause de leur hauteur. (Cbron. de 
S'Denis, 1. 1, foL15\) 

EstabUsseur, s. m. Celui qui élablil, qui com- 
met. > Iceux jurez seront tenuz de retourner et 

■ eulx traire par devers lesdits establisseun, et 

■ leur présenteront leur dite commission, et lesdits 

■ establisseun seront tenus de scavoir comment 
•I lesdits jurez eatablis seront portez en leur dit 

■ temps. • (Ordonn. 1. 1, p. 361, an. 1350.) 
Estacade, s. f. Duel, combat singulier, combat 

en champ clos. > Ce sont des ennemis trj^ piiissans 

• contre lesquels ayant à s'attacher, il ne faudrait' 

■ (ainsi qu'on dit) rioo oublier au logis : ains faire 

• comme ceux qui doivent entrer en estacade, qui 



yLaOOgle 



EST -ï 

• auparavant regardent d'acroislre leur vigueur, et 

■ disposition, accoiuoder leurs armes défensives, 

■ et rendre bien trencliantes les ofTensives, afin de 

• vaincre, ou mouvir bravement. • [Disc, polit, et 
mil. de la Noue, p. 485.) < Il y en a aucuns qu'on a 

■ co^neu qui ont pourchassé les ordres de noB 

■ rois, pour estre exempts des estaquades, combats 

< et appels. * (Braut. sur les duels, p. 93 et 94.) 

■ Comme deux braves combatlans en une esta- 

• cads(i); après qu'ils ont bien fait leur devoir, 

■ viennent !i estre séparez par les juges, et mares- 

■ chaux de campa, se retirent avec égal honneur. » 
(Brant. Cap. estr., t. 1, page 75.) - Montbabene fut 

> rappelle aussitost qu'il eut tué en estocade un 

• gentilhomme contre le dict des duels qui n'estoit 

■ que publié. • [Lelt. de Pasq. t. llf, p. 668.) 
Estace. [Intercalez Estace, pieu, poteau, co- 
lonne : < Ad une eslache l'un atacbet chil serf. ■• 
(Roland, V. 3737.) • Comme il fJesus-Christ) fu liés 

■ à Testace, batus et escopis. > (Dom Bouquet, III, 
171.) — < Le jour de la festeS. Laurens unchateust 

• esté lié ou estachlé a une estaclie ou estoc estant 

■ en une fosse plaine d'eaue, et eust esté ordené 

> et crié publiquement de par les seigneurs dudit 

■ Montllacon... que qui estrangleroit ledit chat aus 

• dens, les mains liées derrière le dos, il auroit 

■ quarante solz parisis. ■ (JJ. 141, p. 77, an. 1392.) 

— • Ottroyons que les maistres mariniers dudit 

■ royaume de Castelle soient francs de prendre 

• estaches pour leurs nefs et navires en tous les 

■ pors. - (JJ. 124, page 222, an. 1383.) — ■ A dou- 

■ loueras et k basches Vont desrompant piex et 

- estaehes. » (G. Guiarl.)] 
Estacenex. [Intercalez Estacenex, changeurs, 

au péage us. de Dijon : • Li eslaulx des cbangeonrs 

> et des estacenex, chascun paiera .m. solz .en la 

< dite foire. >] 
Estacer, v. Soutenir, étancoaner. 

.... Far tooD stuc tantoi etlaee. (Brut, fol. y/*.) 
.... Pons bMli«, et coDunenciéa, 
Et atomes, et eêiaeiéi. {Ph. Uoutke».} 

■ Salahadin... flst... tant dreder, que perrieres, 

■ que mangouniaus, que lendemain en conta l'en 

■ douze, tous eitachié». ■ (Cont. de G. de Tyr, 
Hartène, t. V, col. GI3.) 

Efitaché (pouce), exprets. Sorte de mesure. 

■ Une des dites espées sera de deux pieds et demy 

■ de longueur avant la main, un poulce estache 

• moins, ou environ; et la tenue et plommée 

• d'icelle espée, d'un pied et poulce on environ ; et 

■ l'autre espée est plus courte de deux pouUxs 

> estache%i ou environ, avant la main. > (Preuv. 
sur l'Histoire de Dretagne, I. Il, p. 674.) 

Estactaeis, s. m. Combat aux palissades d'un 
château {eitaehet}. 

(1) Ceat 1& une faute que relëfe d'ànUgné (Hist. n, 481) : < H laBat armer le pont d'aoe liaison de mast de navires, 
deflenduB encore de pluBieurs panx que les Italiens appellent auehê, et de la cette ceinture fut nomma ttechata; et non 
pas VeaiacguatU qu'ont eacrit les Flamens, par Is meeme erreur qui a fait donner ce nom aux do^. » La tOnne devrait 
être e»teeade; mus on a dit ealacade, par assimilation avec eêlace, eitache. (n. e.) 



EST 

k nos François se vont fièrement asscmblsnt, 

Fier fgst l'eitecAei*, quant se vont encontrant {CuvelierJ 

Là peust on eooir marleleis grant 

El gnut eëtaeheU, et foolels pesanL (Ihid.) 

Estacber, v. Attacher. > Feit escrire lettres , 

• lesquelles il feit «tacher par nuict, par aucuns 

• ses favorisans aux postaux de t'eglise Nostre 

• Dame, du Palais et ailleurs à Paris. ■ (Monstrelel, 
1. 1, fol. 193.) 

Estactaettes, s. ^.p^ Attaches, cordes. > Les 

< joustes estoient des combats d'occasion qui se 

■ faisoient le plus souvent sans dresser des lices, 

■ en étendant des cordes qu'on nommoit estaehet- 

• tes. • (Henestr. de la Chevalerie, p. 233.]— JlC'est 
aussi une espèce de jeu : • Icellui varlet se jouoit 

> d'un coustel as autres compai^ons estans ou 

■ chemin d'entre S' Denis et Pans à un jeu que 

> l'on dit à l'eatachette. • (JJ. 77, p. 22g, an. 1348.)] 
EstaclOD, s. Station. ■ n est en estadon et ne 

- mies en procession. • (S. Bern. Serm. fr. p. 265.) 
Estaçon, s. f. Boutiaoe, maison. [• Nos quatre 

■ estaçons mouvant de 1 eritage de nostre seigneur 

■ le roy, assis en la ville d'Orliens, fesanz le coing 

< de ta chaucerie. • (JJ. 40, p. 31, an. 1308.) — 

■ Icellui Godefroy porta lors ledit mandement en 

■ l'ostel ou estaçon de Pierre Bertaut clerc de ladite 

• prevosté. ■ (JJ. 156, p. 40, an. 1401.)] — < Hes- 

■ tiers de toutes estaçons. > (G. Gniart, fol. SSO**.) 
Estacquer. v. Mettre sa marque , son cachet. 

(Oudin.) 

Estade, I. m. Carrière dans laqnelleon s'exerce 
à la course. ■ Dès lors commenta à dompter die- 

■ vaux, courir le cerf, enferrer le sanglier, rompre 

• bois contre terre, escrimer courir Vestaae, 

« uager. - {Alect. Rom. fol. 72*.) 

Estadie, s. f. Bataillon. • Ceutx de Yettadie do 

■ senestre costé virent que Vettadie du dextre 

> estoit rompue. ■ (Hist. de la Toison d'Or, I, fol. 
58'*.) — ■ Lors commenda, à une stadie de ses 

■ enfansàpied, que ilz rompissent les murs du 

■ jardin. > (La Salade, fol. 42'>.) 

Estafete, s. Courrier, qui court avec deux gui- 
des. Voyez Du Gange, sous Staffeta. On lit stafete, 
en ce même sens, dans les Mém. de Villeroy, VII, 
p. 319, et aux Lettres de Louis XH, IV, p. 374. 

Estalte, 8. f. Etrier, ttapha, staphia, sous Ititta- 
pia, dans Du Gange. • J'y veids la my quaresme ft 

■ cheval, la my aoust, et la my mars luy tenoient 

• Vestaphe. - (Rabelais, V, p. 153.) — . Livrer X'es- 
' taffe» étoit livrer te combat dans un tournois: 

■ Entreprindrenl, decueur hardy, àlivreresbi/Ti!-* 
(Percef. iV, fol. 60'.]0n a dit aussi estaphe pour 
esta/ier : ■ Prescher ses faicts 6 Goaton son etta^ 
« phe. * (Perrio, fol. 4*.) 

Estaffler, s. m. Valet. ■ Les estaf/ten sont 



y Google 



EST 



-8i • 



* ceux qui conduisent les chevaux de main, qui 

• portent les flambeaux allumez , qui se tiennent 

■ auprto des machines, qui en conduisent les che- 

■ vaux, et qui font d'autres ronctions semblables : 

■ on les déguise en Turcs, en Mores, en esclaves, 

■ en sauvages, en Américains, en singes, en ours, 

■ en babouins, et de cent autres manières. > (Le 
P. Menestr. draTourn. p. 195.) — - Estaffier de 
- S' MarUn, - le diable. (Oudin ; Rab. t, IV, p. 102.) 

Estatiacre, i. Drogue mentionnée dans les 
écrits sur la Vénerie. • La décoction de la mente 

■ royale fait mourir les poulz, et pareillement 1'^- 

■ tafisagre. ' (Artel. Faucon, fol. ^0l^) — Onlit 
estafiacre (Salnove, p. 335) ; — estaphitagre [Ibid. 
folio 94 '.) 

Estaftlader, v. Balan«r d'une estafilade. (Oud.) 
Estage, s. m. Habitation*. Etage, échafaud*. 

Situation ", 
* [• Il me siuvrat ad Ais, à mun eitage. (Roland, 

vers 188.) 



Âtorner firent maint ealage ; 

Quar il erent reau de loi^. (Ph. Moutka.} 

■ Le sujet qui acheté le bled hors le bancage de 
-'son seigneur, en l'amenant à son estage, le peut 

■ faire moudre à autre moulin sans offense. ■ 
(Coût du pays de Lodunois, G. G. II, p. 542.) 

Cela dame 

Qui en la ville ot son eitaiife. (FaM. de S* Germain.) 

' • Cliascune e$tage avoit dix couldées de haut. * 
(Perceforest, I, fol. 151 M L'on disoit • la valeur, la 
• hauteur d'un étage. ■ (Percef. II, fol. 140°.) On a 
dit de la mort de Hontaigu : ■ Disposa, et ordonna 
< le dit peuple bien armé en la place Maubert, et 

■ en plusieurs autres lieux, et après ce, en un bault 

■ et^t es halles feist devestifle dit Hontagu jus- 

■ ques i) sa chemise. > (Honstrelet, I, fol. 92 ■.) 

l'aj ven en haoK eataige, 

Dos cordes le Seigneur, 

PoTTe de son portaige. 

Hais puiBBant souverneiir. (Uoliriét, p. iSO.j 

On a dit aussi pour la hauteur d'un homme: 
« Vog bault siège de Vestage d'un homme. ■ (Per- 
ceforest, t. Il, fol. 39°.) 



Expressions remarquables : 

1* ■ Estaige lige. ■ (Beaumanoir.) — ^'estage 
était un des genres du service militaire dû par le 
vassal au suzerain. Il consistait dans la garae du 
manoir ou châleau principal. Les règles variaient 
suivant les localités; la durée du service élait de 
trois k douze mois, aux frais tantôt du vassal, tan- 
lôl du seigneur. Voyez Du Gange, VI, 347* el 348-] 

3* - Estage du rez de chaussée, > le sol. (Colgr.) 
— - Quiconque a le sol appelle Vestage du rez de 

• (haussée d'aucun héritage, il puet, et doit avoir 
' le dessus, et dessouz de son sol , el peut édilier 

• par dessus, et par dessous, et y faire puils, aisan- 



Esr 

■ ces et autres choses licites. ■ (Coût, de Calais, 
Coût. Gén. t. I, p. 1109.) 

3» • Premier estage, • rez-de-chaussée (?) ■ Il est 

■ raison que vous sachez de quelle façon le palais 
> esloit, car sachez que, au premier ettage, il estoit 

■ d'une tour ronde grande à merveilles, car le 

• palays avoit plus de deux cent pieds de long 

■ parmy le travers et si avoit ou meillîeuung moult 

■ merveilleux pillier qui soustenoit la boësure. > 
{Perceforest, II. fol. 120'.) 

4" • Ressentir i'estage, • résider. « Le justicier 

■ foncier peut contraindre son sujet à ressentir 

■ d'esta^Ë au lieu, ou il a esté anciennement, et 

■ d'estager, sinon qu'il vueillequitlerledil£<tfii/e. > 
(Coût, du Haine, Coût. Gén. II, p. 121.) 

50 •< Tenir estage, • tenir place: 

Bons aecoors biit tnen tenir ettage. (Adan» li Boçui.J 

Ne porent mie contraster ; 

Deaai au bois dura la chace, 

Que ne Ij porent tenir ettage. fBnil.) 

6* • En bon estage , ■ en bon état. (Jehans de 
RenU.) 
7* • k estaige, ■ à demeure lixe • Hi oel quant 

• l'esgardent a estaige. • (Gilles li Viuiers.) 
Estager, s. m. Habilant*. Vassal'. 

* [■ Item, quinze livres parisis de menus cens 

■ que doivent el payent plusieurs estagiers > 

(1404. Aveu de Lignerolles, L. C. de D.jl — . Moyen 

< justicier, qui a bourg, et a osé d'ancienneté d'a- 

■ voir four a ban, peut contraindre ses subjects 
« coustumiers, estagers, demeurans en iceluy 

■ bourg, à venir cuire leurs pastes à son four estant 

• au dit bourg. > (Coût, du pays de Lodunois, 
Coût. Gén. t. 11, p. 544.) 

* L'estimer ou estagier était aussi le vassal qui 
doit Vestage à son seigneur: 

Ferei termer le chaatel de Belin : 

Et Testes dire vostre preTost Oudin, 

Les BÊîagera face céans venir, 

Et les serjant por le fié deserrir. (Roman de Garin./ 

Estager, v. Loger, placer. 

.... L'eage trompeur malheureux, 

Qui lient aur l'bomnie se pancher, 

Tourne la roue et la vie. 

Or l'etlojfeanl au plus hault mal, 

Or l'abaissant au profond val, 

De la plus ténébreuse envie. (L. Le Caron, f. 49 *.) 

Estagier. [Intercalez Estagier, où l'on habite: 

• Le suppliant trouva grant nombre de personnes, 

■ qui venoient de la grange et estoient jà plus près 

• de la maison estagiere de son frère que deladitte 
. grange. - [ii. 202, p. 37, an. 1466.)] 

ÊstagtéremeDt, adv. A demeure. > II vous 

• convient venir manoir en celte ville estagiere' 

< ment, vous, vos femme, et vos niesnie, se vos en 
« y estes requis d'eschevins. • [Serment exigé des 
bourg, de Lille; Du Cange,3OUsSfa0tufn, VI,348'.] 

Estagues, s. f. pi. Cordages qui, dans un vais- 

■ seau, tiennent l'antenne à l'arbre. ■ (Oudin.) 
Estaigner, s. m. Poiierd'étain. (Cotg.) [Oudin 

donne Ë£laini£r; on lit estaymier,&^a& une Ord. 
du 16 mars 1486 ; estaîmiet', au reg. JJ. 142, p. 117, 



yLaOOgle 



EST -8 

an. 1391 : '■ Les supplians portèrent vendre ledit 

■ pion à un ettaymier. ■] 

1. Estall, s. m. Terme de marine. ■ Voyez la 

■ roideur des estails, des utaques, et des escoutea. ■ 
(Ral)elaia, t. IV, p. 277.) 

2. Estall. Voir les exemples sous Eetal. 
Estalllage. [latercalez Eslaillage, droit d'éta- 
lage (voir Establige): • Quiconques soit cordouan- 

■ ner... tenant ouvrer et fenestres ouvertes sur rue 
< au dit Laigny, il doit par chacun an pour le droit 

■ 6'estaiilage douze den. tourn. • (Cart. de Lagny, 
f. 242 ''.j De même au Terrier de ChAtillon-sur-Setne 
0. N. anc. 9898 ') : • Ilem que mondit seigneur de 

> Lengres, avec mondit seigneur de Boui^oigne, a 
« droit de prendre,., de toutes personnes foraines 

■ .... qui viennent demeurer audit Chasttlion ung 

• Irehu, qui s'appelle francmarctiief et estellaige, 

• qui est tel que pour eulx affranchir de ventes 

• pei'petuetemeiit en icelle ville ] 

Estallle. [intercalez Estante, éclat de Iwis, 

bûche, au reg. JJ. iU, p. 289, an. 1410 : • Comme 

• le suppliant s'en Teust aie quérir en une eêlailie- 

■ rie, nommé ayse, ....une voiture à'estaille. * On 
trouve aussi estelle: ■ Icellui Jehannot... oy le cop 

■ d'une busclie appellée estelie. ■> (JJ. 114, p. 349, 
aii. 1379.) — • Icellui CharmilloQ pi'inst une ousche 

■ à faire feu, nommée esclat ou ettoille. ■ (JJ. 173, 
page 348, an. 1425.) L'ongine est le latin hatteUa, 
oiminutir de hasta.} 

Estailler, v. Tailler, dans S. Bernard, p. 36 : 

■ Li sapience editlet maison à son ues, et estaitlet 
' ses columbes (excidens septem columnas) * ; et 
page 31 : ■ Les columbes k'ele estaillat à son ues 

■ columnœ qutu excidit in yiia domo quum œdift- 

■ cavit sibi. ■ 

Estaillon. [Intercalez Ettaillon, au reg. JJ. 195, 
p. 1524, an. 1475 : • Icellui prestre levoit uog estait- 

■ Ion d'un chariot pour en Trapper le père du' 

■ suppliant. ■] 

Ëstaimmër, v. Estamer. (Cotgr. Oud.) [• Qui- 

> conques vuet estre lormicrs à Paris, c'est fi savoir 

• feseresde rrainseldelorain3dorés,SGurargenlés, 

■ estâmes et blans, estre le puet. > (Livi'e des 
Métiers, 222.] 

l.Estain, s. Etame'Ouétain.[>AParisj'empor- 

■ toie chaume, busche et estain. > (Berte, coup. 73.) 
De même aux Statuts des drapiers de Commercy 
(Du Gange, VI, aôS**): > Item qui fera drap mar- 

> chantd'esfain traict sanssain et aussi esctiaquetez 

• et royez en xn' Illz et soient à trois pieds sur les 

■ maius. •] — • Hons' d'Ângoulesme, et Uontmo- 

■ rency jouoienL k la grosse boulle, avec le jeune 

■ adveiitureux, et Brion , qui est aussi grosse 

• que le foad d'un touneau plain de vent, el se joue 

■ avecq'un brasselaio i'eslaing bien Teutreux, avec 

■ des corroyés de cuir, el s'estend depuis le coude 

■ ju&qu'a;u bout du bras aing avec une poignée 

• A'estaing qui se lient dedans la main. • (Mëm. de 
Bob. de la Marck, seigneur de Fleur, p. 11.) 



EST 

2. Estain, i. Ifétal. [■ Il lor convint mettre 

• jus()ues as calices, et canterent looc tans en 

■ calisces d'eslain. > (Cbron. de Bains, p. 56.)] 
Estalne. Peut-être le féminin d' estain, étranger, 

dans un gloss. cité par Du Canga bous Porinteet: 

■ Celé est plus estaine Que amours fait chevetalne. ■ 
(Jeu Parti, Vat. 1522.) 

Estaint, s. Atteinte. 
Se n'estait obeiBBsnce, 
Qui le lient eu 1« TaiUiBC*, 
De bonne persévérance. 
Mal tunaint, 

A dur eiiaint, • 

L'aiiudroient d'abondance. (Froiasart, poèt.j 
Estalnte, i. f. Extinction d'héritiers en ligne 
directe. ■ Aussi a droit de prendre, et appliquera 

■ luy les terres dont les seigneurs meurent sans 

> laisser aucuns lignagers, et qu'il y a estainte de 

■ ligne. ■ (Proc. verb. de la Coût, de Bl. Coût. Géfl. 
t. 11, p. 299.) 

Estais. [Intercalez Estais, hésitant (Miracles de 
CoiDcy, D. G. VI, 356'): > Ombragés iert et estait 

> A Dieu servir et à bien faire; Mais à reuber et à 

• mal faire Esloit vistes et rerauans. ■■] 

1. Estai, t. m. Etau. (JHonet, Oudîn ; Ordon- 
nances, t. II, 359, 7C.) 

2. Estai. D^neure, plaoe. [■ Pur vôstre amur 

• ici prendrai estai. ■ (Roland, v. 2139.) De même 
au roi Guillaume (u. 131): ■ Qu'il ne porent estai 

• prendre. •] — > Lors alla les chiens escrier, pour 

• faire partir le porc de son estai. ■ (Percef. 11,9'*.] 



Expressions remarquables : 

1* [■ Nqs remeindrum en estai en .la place > 

(Roland, V. 1108), c'est-à-direnous resterons debout.] 

t* *"*. • Faire estai *, demeurer en place, s'arrétôr. 

Se ce Tient àpasser un pas, 

hé. tant laire pause, et stiai, {Ev*l. Deaeh.) 

2* ■ Tenir ou rendre estail > ; tenir de pied ferme, 

résister. ■ Quant â mes compaignons , il les eut 

■ tantost mis en pièces, de moy je luy iita estai 

> assez longuement. > [Aiector, Rom. folio 98 ".) 

< Ceulx qui n'estoienl pas plus d'environ deux mille 
« combatans, se trouvèrent en cesie bataille tenir 
■> pied, et estail à plus de quinze mille Sarrasins. • 
(Hist. de J. Boucle, p. 2160 ■ ^^ Anglois se retra- 

■ hirentsagementjiisques^ux fossés: et là rendirent 
1 estai à tous combattans chevaliers, jusques à ce 
• que leurs gens fussent retraits à sauveté. ■ (Frors- 
aarl, liv. 1, p. 99.) 

Quant ge, qui plains sui da * ieUaoe, 
Ne puet contre amor rendre mlal, 
Qu'ele ne m'ait mené ma]. (Alexandre et Ari4tole./ 
[> S'estoit li pors lot à estai rendu. > (Girard de 
Viane, v. 3502.)] 

3* < Livrer ■ ou • donner estait >, tenir tête aux 
chiens. [< Unssengler a cheisa le jor, £j{âMoana. • 
(Cbron. des ducs de Normandie, v. 10947.)] > Quant 

< le porc se sentit à la dure terre, il alla Uvrer 

> estai, et tua en pou d'henre quatre chiens. ■ 



yLaOOgle 



EST 

(Percer, t. n. f. 9*.) Par suite, livrer bataille. « Dng 

■ cfae\'stier tivroit ettail à tou? les autres. ■ (Ibid. 
t. T, fol. 57« ) « Livrèrent estai & leurs ennemis. • 
(Cbron. de S> Denis, 1. 1, f. 21 '■.] 

Tons ses hommes mist devant lOf , 

Et il fu denier en conroy ; 

Si donna aax Bretons eêtal. 

Ou» If sien puis ny oreat mal. (Brut.) 

4* < A estai », de pied ferme. 

Lactaievre-adoncresponditàerfait. (Etui. Deuh.J 

Eualeiï A ettal se tenc^nt, 

Et U Nonnans toui temps Tendent. (RouJ 
5* ■ Tet à estai >, sur pied, tout court. 

La jumen hit aler plus Itnt, 

Si a'arrestut tôt à alal. (FM. mu. de S. G.) 

e* « D'un estai >, sans changer de place. 

Dame roerchl U msiii ei^tatumâe 

Qi nuit et jour bais cent Fois, d'un eilal. (Val. iA90.} 

1" > En Mtel, - debout, droit. • L'en les lèvera 

- en «(el. • (Ord. II, p. 12.) — [Le snib A'étal est 

an Livre des Métiers, 16 : > Li talemelier puent au 

■ dimancbe porter leur pain en leurs corbeillons, 

■ et porter >eur «sfai «u bufTez ou tables, portant 
• que li eatBus ne soit plus lonc que cînc pies. ■] 

E^talée. [Intercalez Estalée. étalier, établisse- 
ment de pieux et de percbes pour tendre des fliets 
au bord de la mer; on dit parc, en Normandie: 

■ GuîUot Nogiiet disoit avoir une estalêe de tramaux 

■ ft pescher poissons de mer. ■ (JJ. 147, p. 256, 
an. 1895 ] On tronve aussi ]a forme estalliere : 

■ Outre avons droit de prendre franchement eu 
< icelle forest de Brolhonne soixante baistreaux 

■ pour ficher noâlre ettalliere. ■ (Cart. de Jumiéfies, 
t. f, page 16.)] 

Estaler, v. Ëtaler, déployer ". Se tenir dans ". 
Présenter '. 

* Mes lez ki n'en poeent soufrir le bis. 
Nient plus c'on puet es solel esgarder, 
Pour cne que trop en eslaJiat U rais : 
Quant seur moi tourne A .1. Eais 

Si Tair oeil eter. 
Les miens vient ewimàdt, et avu^ar. (V«i. n* 1490.} 
.... Ont un mantel grant, et bel. 
D'un vennetl samit mtiiiet. [ParUm. de Bt. me. de S. G.] 

* Se vos volei la tors aler 

En cel jardin, por eitaier. (Cort. S Art. nu. de S. G.} 
Trousser ne veult, ne malsr, 
Oiamfare fournir, ne cheval eitaler. 
Car U ae tient pour varlet houourablB. (Eusl. Deeck.J 
■ A Yettaler ■ . en résistant de pied ferme. 
Abatent, et navrent, et tuent, 
A l'eilaler, et au pmirsnivra, 



Estaller. [Intercalez Eslaller, s'asseoir en stalle 
de ctKSur, au cérémonial hs. de S' Srieuc (D. C. VI. 
352 ■) : • Les petits eureaulx ne doivent pas seoir ne 

■ estaller es chaeses haultes ne basses; mes ils 

■ doivent estrc en estant es petitz rdeiz du cueur 
> en manière de station. •] 

Estallier. [Intercalez Estallier, élalier, anx 
Ord. t. V, 358, an. 1370. De même aux Livres des 
Métiers, 139 : > Il ne savent où tronver les vendeurs. 



I- EST 

■ conportenrs, et einsf perdent leur argent, ce qu'il 

< ne pourroient faire ausestaliers. •] 
Estalle, s. Halte. [On dit encore mer étale.'] 

< Conclurent de mettre les estendars dans ung 

> petit villaifre, et là- faire estale. > (Le Jouv. us. 
page 313.) On disoit en ce même sens, « tenir 

■ Vestalle. » (Ibid. p. 317.) [Voir Estal ; c'est lîi uoe 
forme féminine.] 

Chevaliers verssent en la bourbe,... 

Mes U quens d'Artois n'i va mie ; 

AiDZ est, oommeat que l'en l'ass&iile, 

El plus parfont de la bataille. 

Ou entre ceus du franc etiale. [G. Guiarl, fol, 9S6 ^.) 

Estalllns, s. m. Sterling, monnoie de compte, 
espèce de poids. • Eslallins d'Angleterre, et d'Es- 

■ cosse sont à douze deniers d'argent le roy. > 

f(Reg. de la Chambre des Comptes Noster dans Du 
lange, III, 389 ^)] • Exterltns volans, gros tour- 
« nois, tartes exterlins volans, » étoient défendus. 
fOrd. III, p. 165, an. 1357.) — [« Nus orfèvres ne 

• puet ouvrer à Paris d'argent que il ne soit aussi 

■ bons come ettelirts ou miendres. > [Livre des 
Métiers, 38.] C'était la monnaie frappée par les 
Easterling, marchands de la Hani^ de Lubeck , 
marchands de Vest, par rapport à l'Angleterre. C'est 
aussi un poids, aux Ordonn. t. Il, p. 352, an. 1350: 

> Bleds couste trente huit sols le septier. La paste 

< du pain d'un denier de Cbailly pesé cinq onces 

■ et demie; et le pain cuit quatre onces treize 
' ealetlin». >] 

Eslallonage, s. m. Action d'étalonner les poids 
et lee mesures. (Dict. de Colgrave.] C'est un droit 
seigneurial dont parle Laurière (Gloss. du Or. fr. et 
La Thaumassiëre, Coût, de Berri.) 

Estalon, i. [Ménage et le Dict. de l'Académie 
(1694) disent qu'on prononçait ételon. 1* Cheval en- 
tier qu'on lient à l'écurie [ad stallnm) : • Et s'il eyt 

■ nule [jument] qui n'eyt poleiii, soit enquissice 

• soit par malveisegarde ou par deffaute de viande, 

■ ou pardeffauted'CTtfltoun. • (Traité d'agriculture 
du ïiu' siècle; Bibl. de l'Ec. des Chartes, 2* série, lî, 

S. 131.) — 2* Baliveau de l'âge de lu dernière coupe, 
u haut allemand stihil, pieu (comparez eslaillan) : 

• Ils seront tenus esl&tonner lesdits bos de cent 

■ estalons en cbascun journcl. > (CarL. de Corbie, 
Xllï, f. 224, an. 1514.) — 3* Etalon de poids et me- 
sures : ■ Qoe toutes poises aunes et mesures 

■ soient boines justes et loyaux, selon Vestalon de 

• ladicte ville (Abbeville). • (Rec. des Mon. inéd. du 
Tiers-Etat, IV, 'J04, ht- siècle.)] 

Estalonner, v. Comparer à l'étalon '. Faire 
acte d'étalon'. Oter le talon*. [\'oyez EiTAi.ûw2°, au 
sens de planter des estalons.l 

* ■ Eslaloner les poids, et Tes mesures appartient 

> au seigneur haut justicier. ■ (Laur. Gi. du Dr.-fr.) 
'A propos d'un loup et d'une louve, dans les 

Contes de Cholières, fol. 139 <■. 
" Oter le talon d'un soulier. (Cotgrave.) 
Estamchement. riiUercalez Éstamchement, 

étanchement, digue d'un litang: ■ Saicbenttuitque 

• nous de la rolunté et don consentement de Guy 



yLaOOgle 



EST -: 

■ evesques de Leiagres avons Tait un eslamchement 

• dessoz Gevroles. > (Cart. de Langres, B. N. anc. 
5188. fol. 230". )] 

Estame, ». f. Ecaille. [Lisez Escajie.] 

Du poieeoQ de mer prui les soles,... 

Et loiu autres qui ont eâtame. (Euat. Detch.J 

Estamet, s. m. Estamette, petite étoffe de 
laine. • Pour ses cliausses, furentlevéesi unze cents 

• cinq aulnes, et une tiers û'estamet blanc. ■ (Rab. 
t.I, p.41.) 

Estamier, v. Ëtamer. (Oudin, Cotgr.) 
Estamfne, 8. /. Sorte d'étoffe*. Sorte de che- 
mise'. Couverture". 
* C'est un dérivé d'estante, d'estain. > Les eatO' 

■ mines de Verdelai - étoient passées en proverbe 
avant l'an 1300. 

"Chemise de grosse laine que les religieux por- 
toieat, au lieu de cilice et par mortification. [• La 

■ couele e Vestamine ont desus cel li ber. Hais de 

• pans et de manches les ont fait escurter ; Car ne 

• voleilal sie(.''le sa viedemustrer. > (Th. de Can- 
lorbery, 155.)] L'abbé de Jumlège différant de rece- 
voir moine Cuillaume, duc de Normandie, ■ ce 

■ prince flst tant qu'il emporta une goule, et une 

• estamine, et les mist en un escria. • (Chron. de 
S. Denis, 1. 1, fol. 205 "■.) 

On a dit de ce même prince : 
Guillaume lor seignor a Roen apportèrent, 
Du chiet de son braier un clet delTennetent, 
Et cole, et eslamine, et UDfroc en ostarent. (B. de Boa,) 

« VesUr la haire et \'e»tamine. * Nous dirions 

firendre la haire et le cilice. {Le Chev de la Tour ; 
Dstrnct. à ses filles, folio 66 ''.) ■ Il jeusnera ces 

■ jours lu, et portera Vestamine, ou vestira la 
- haire. • [HaUi. de Coucy, Hist. de Charles VII, 
page 676.) 

^ • Une paire A'estamine k couvrir chevaux, ■ 
dans un lavent, d'armures de 1316, cité par Ou 
Cange, sous Armatura, 3. On lit plus bas Ibid : 

• item unes couvertures d'eg(amin«s. ■ 
Estamlner, v. Passer par l'élamine, raffiner. 

(Contes de Cholières, fol. 220.) 

Estamlneux, s. m. Qui passe par l'étamine, 
raffineur. (Oudin, Cotgrave.) 

Ëstamoie, s. f. Sorte de vase. Voyez l'Invent. 
des joyaux et meubles de Charles V, a la suite de 
son Hist. par Choisi, p. 529. 

Estampé, adj. De qui on a fait une estampe, 
une gravure. On a dit, en parlant d'épitaphes: • Ce 

■ suyvant fut trouvé sur une damoiselle 

• estampée nouvellement. • (Des Accords Bigarr. 
folio 178 ^) 

Estampeau, s. m. Appui, étai. (Oudin, Cotgr.) 
Estamper, v. Appuyer, affermir, fixer. ■ Sa 

■ jambe n alla pas demy pied qu'il ne trouvast le 

• pavement dur, et fort comme pierre ; lors print à 

■ eêtamper; mais il se trouva fort, et seur, dont se 

■ pensa qu'il passeroit sus. • (Percet vol. I, f. 63, 
V* col. 2.) • Ils ont huy tout le jour travaillé, et , 

■ toute la Quit estampi en ces murets. • (Froissaiï, ' 



*- EST 

livre II, p. 210.) . Les deux chevaulx demourerenl 

• tou2 droiz ettampis sur leurs quatre nieds • 
(Percef. ], fol. K *.) 

Estampercbe. [Intercalez Eitamperche, au 
reg. JJ. 187, p. 319, an. 1458 : . Un en^n ou estoit 

• lié une estamperche. •] 

Estampes, «. m. Les . escbaloignesM'Eitam- 

• pes • étoient passées en prov. av. 1300. 
Estample, s. f. 

S'U debvolt Derdra U rie, 

Roni|ire bsrreaiilx, crier et braire, 

Saillir en bas par l'ealampi^. 

Si eat il force de le faire. (CoquiUart, p. 8S.; 

Trestot que cessé oreot 

Les Min mois* qu'il batoient. 
Cils et celles qui s'esbatoient 
Au danser, eane gaires attendre, 
Commenciarent leurs mains k tendre. (Froia». poët.) 
Qui du Ubor au ctutlemel 
Lors fet caste ettanpie. (Jean Erart.J 

Estampois, s. m. Pays d'EUmpes *. Monnoie 
d^tampes^. 

'En la terre du Ifalne, en celé d'Belamaiù. 

FM. HSS. ta R. ■■ TtiS, M. IW, V ni. L 

'Du Cange, t. IV, 529 s cite ces vers du Rom. 
dAubery-le-Bourguignou, us. : 

Ervis son trere maintint mult bien sas drois. 
Qu'il n'en perdi vaillant un EttampoU. 

Estan , t. m. Etang. [. En estant d'eves. . 
(Psautier du iiir s., f. I3i.)J . D'estaa sui devenu 
. cislerne. . (Eust. Descb.) On lit estane, aux Ord 
1. 1, p. 12J ; estaunke, dans Britton, Loix d'Anelet. 
folio 109 *. 

Ëstanc, adj. Las, de l'italien ttaneo. 

D'angoisse li bâtent li flanc ; 

8uaul li vilains le rit ettane, 
u'il ne puet mes tirer, ne Iroco. (MS. 7tl8, f-lUQ*,} 
Estance, «. /". Etat, situation. Voir Chron. des 
ducs de Normandie, v. 4639, 6182, et Estagb. 

De cel sui en boin eiionee, 

Keiescal.defl, 

K'ele m'aime. fPoSt. mu. av. iSOO.) 

Or doint «unors, psr sa douce puisaance, 

Que je 8er\-o tosjora en boue stloiiM. (J. Frumiax.} 
Estanceaulx, s. m. p. Petits étangs. 

Sur les cbamps, et là on trouvasmes 

Beaulx marchés, et beaalx eaianceoulç; 

Si volèrent lA nos oiaeaubt. (G. de ta Signe, f. i$8 *.) 
On lit eitenceaux (Ibid. fol. 120 ^) 
Estancele, a. /. Etincelle. 

Son douz regart qui vient d'aiM ettancele 
Hon cuer au cors terir. (li Chat, de Couey.) 

[« Toute ma terre iert miseenM(gncete. . (Raoul 
de Cambrai, 4f .) — Dans Athis, le sens est paillet- 
tes d'or: < Es limoQot assez de belles Florettesd'or 
. elestincelles. ■ (D. C. VI, 116».)] On lit esten- 
selle [Britt. Lois d'Angl. fol. 276 '.) 

Estanceler, v. Voir des étincelles. [Le sens de 

jeter des étincelles est dans la Rose, v. 17007 : 

> Toutes les esloiles o li, estittcOan» et vertueuses 

• sor toutes pierres précieuses. ■] 

Si qu'es testes, su chanceler, 

Lenr font les yex etianeeler. (G. Guiart, f. t44.} 



yLaOOgle 



EST -> 

Estancer, v. [Fermer une plaie, faire cesser 
l'écoulement : • Lor respondi la aame franche Qui 

• del plorer esteit estanclie. • (Grégoire-le-Grand, 
p. 75.) — « Se jà vos plaies se poacroM estancher. » 
[ftOQCisvals, p. 97.)] 

De tout est dame, et damoiselle, 
Celé doDl ici U flourcala, 
Et U source des fontenieue 
Dont U cora a'ethmee n'en jela. {Vat. 1490-! 

• Disant ces paroles, elle fondoit en larmes, de 

• telle sorte qu'on ne la pouvoit estancher. . 
(Pasq. Rech. p. 526.) • Ne trouveroit qui sa faiti luy 

• estanehoêt. • (Lanc- du Lac, t. ill. Toi. OS-'.jDe Ifi, 
au figuré, St'étancher d'un long discours, c'est le 
cesser.' Pour m'enlancher de ce long discours. ■ 
{Pasq. Re(^. p. 724.] [Abattre l'orgueil : • Tant que 

• j'en soie si venchi& que lor orguex soit estan- 
- eMé*. • (Rose, v. 1G086.) — Faire cesser une 
mortalité : • Et joi i lèverai un altel à nostre sei- 

• gnur. si estattcherad a tant la murine e l'oci- 

• sion. ■ (Rois, 'it9.) — Fatiguer un cheval : • Dont 

• li fu ses chevaus devant lui amenés, Grans ert, 

■ fort et isniaus, Baiars fu apelés. Aine ne pot 

■ encore estre estanchiés ne lassés. > (Chanson 
d'Antioche, v. 543.)] 

Remest tous seus emmi tes cans, 

QuMi ses cevauB 11 ettanfa... 

À piet descendi de paour 

El prÎBt la cape d'un postour. {Ph. Uouskes.] 

■ CeuliL especialement qui avec Bertran chevau- 

■ choient, eurent du mal a foison ; car il chevau- 

• cba si fort qu'il ettancha soubz luy deux bons 

■ chevaulx. -(Hist. de Du Guesclin, Ménard, 414.) 
Estanceure, s. /. Action de couper, de tondre. 

Deans a'ame ti dearendi, 
Oâ'n DOS aon conseil ne deist ; 
Ûea ù celëement teiat 
Coper sea belea treces blondes, 
Qne ^ ne le sénat U mondes. 



Et preîst tele veslenre, 

Com & tel homme covendroit ; 

Et qn'en tel guise veniat droit. 

En un lieu dont U est custodes. (MS. 7Si8, f. 830 :) 

Elstanchat. [Intercalez Ettanchat , étanche- 

menl, au reg. JJ. 66, p. 1389, an. 1334 : ■ La mote 

« de Neuzy, les maisons estans en icelle, les fosses 

• avec leurs giés et Yestanchal estanz environ. * 
Estanche, s. f. Batardean. [Il signiHe vivier, 

au reg. JJ. 129. p. 190, an. 138C : • Estanches ou 

■ carpieres à garder et nourrir poisson. »] ■ Ne n'y 
« peut le sujet faire excluse, ne rigole, ne estanche, 

• qne du cours de la rivière elle ne ait tousjours 

■ son droit cours sur l'amende, s'ainsi n'estoit 
« qu'il n'en eust la grâce du seigneur de qui la 

■ rivière seroit tenue. • (Bout. Som. Rur. p. 429.) 
Estanche de vin. [On lit au Cart. de Lagriy, 

fol. 78, an. 1454 : < Ung droit seigneurial nommé 

■ et appelle vulgairement le ban qui est estanche 

■ de vin, que nul des manans et habttans, de quel- 
a que esUl qu'ilz soient, ne pevent, ne doivent en 

• icelle ville vendre vin à destail, ne à feur de 

• taverae. •] 



EST 

Ëstanchlé. [Intercalez Estanchié, au CarL 
d'Apremont, fol. 25*, an. 1348 : • Comme nous 

• aiens entendu qu'il est à présent escheus à rele- 

• veir... uns fiefs tenu dou chastel de Eievraing... 

• et que li hoirs et estanchiés douait fief a refuseit 

• et debatut à délivrer liget pour le cause don dit 
. fies. .] 

Estanchon, s. m. Pcleau ; on prononce encore 
etanchoH en Normandie. ■ Vault mieulx tendre raiz 

< à fourches, que aux estanchons si est que se 

■ le filé se soustient mieux sur les fourches pour 

■ le vent, qu'il ne fait sur les estançotis. > (Modus 
et Bacio, us. fol. 63*.) [■ Ly carotte d'estanciions de 

■ set pieds ou de huit jusques à onze pieds doit un 

■ denier. ■ (Tailliar, xin* s., Recueil, p. 470.)] 
Estaocle, part, au f. Mise en estance (attitude). 

Monlt tu à malaise la in ère, 

(ju'el ne savoit ou sa fille iers... 

En plorant ragrete sa fille; 

Mes cela ne dooe une bille ; 

Ainz pensae de li esloingnier ; 

Comme vallet fu ettande 

Et fu de bons honciaas chaude. 

Et de robe à homme vestue, etc. (MS. 7$18, f. 330 ^.j 
Estançonnement, s. m. Action d'étançonner. 
(Oudin.) 
Estançonner, v. Arrêter. ■ Se ferirenl sur les 

■ larges SI grand horion que les chevaux estancon- 

• nerent. • (Froiss., ÏV, p. 47.) — [Le sens actuel 
est dans Carloix, 11, 16 : • Il donna l'avis à'estancon- 

< lier la grosse tour de quatorze gros chesnes... •] 
Estandars. s. m. pi. Etalons de mesures. [L'an- 
glais standarts ce sens.] ■ Nous votons que nul ne 

• eyt mesure en nostre reaime, fors que nous > mes 

• quechescun preigne ses mesures, etsespeys de 

■ nos estendars; si comme de bussels, galons, 
€ lièvres, aunes, et telles autres mesures. • (Britt. 
Loixd'Angl. fol. 74 '.)Â la page 2 de Britton est 
l'orthographe estandars. 

Estandre, v. Attendre. 

Sanz demorer, et asm eatandre. 
Se voloit toi vestux coudiier. ^J/S, 7615, U, f. 140".} 
.... Gissoit trealot nQe, 
Et si etiendùil la venue 
De son ami. {Ibid.} 

Estandres, s. f. pi. On a dit d'une montagne 
périlleuse sur laquelle étoientallés plusieurs jeunes 
gens dans une navigation : • Quant les aullres 

■ chevaliers, et escuyers, aussi les patrons, et mari- 

■ niers le veirent, lors par belles estandres no fust 
t celuyquin'yvoulsistmonster.* (La Salade, f. 31'.) 

Estanflque, s. Aujourd'hui, hauteur de plu> 
sieurs lits de pierre qui font masse dans une car- 
rière : ■ Le moulin k vent, et tout ce qui se meut, 

■ et tourne à celuy moulin, est meuble, et lout ce 

■ qui ne se tourne, c'est à scavoir l'estache du 

■ moulin, i'estanflgue, et croix qui le porte tout ce 

• est héritage. • (Bout. Som. Rur. p. 43.) 
Estanfort, s. m. Etoffe. 

S'ele Test escarlate vermeille, et paonace, 
EHaafart, ou brunete. (Chattie Mutart.) 

Il avoit ndd» d'eilini/<}rl. (Fabl. m», de S. G.) 



yLaOOgle 



EST 

Estangherre. [lalercaïezEstanpherre, au reg. 
JJ. 174, p. 143, an. 1427 : < Comme iceulx compai- 

■ gnons de la chastellenie de Lille feuaseot alez à 

■ one eêtangherre qui et (àisoil en la maison de 

- Simon Crungoet. ■ (JJ. 174, p. 143, an. 1427.)] 
Estant, 1° part. prés, de ester: • Estant la 

« comtesse sa mere. ■ (Ger. de Nev. !!■ pari. p. 91.) 
~- « Une foolaine estante au milieu de cette prae- 

- rie- - (Les Tri. de la Noble Dame, fol. 186.) Noua 
trouvons est estant pour est habitué, dans Beaum. 
p. 2. — *2* Comme substantir, il signitle arrêt , sus- 
pension , dans cette expression • Taire estant. ■ 
(Voyez ci-dessus Éstakche, subst.) — ■ Nous avons 

• Tait estant, et feissum de vin, et de blé en la ville 

■ deCoignat... et siealoit aventure que nous, ou 
« nozhers, ou doz suocessors asseyaent, ou 

■ asseyaront à faire «s/«nl de vin, ou de blé, ou 

■ en autre manière, que non perceu.toulelagente 

■ de la ville, cliascuns en per sey, ne laissast que 

■ ne peust vendre, et acheter delivrement, sansme- 

■ ferc. et sans mesprendre, ne par ce ne peussent 

• être contrHint, en nulle manière, à gaige, ne à 

• reençon, ne à receure encore aucun autre dom- 

■ mage, etc ■ (Ord. II, p. 342.) — [il n aussi le sens 
d'cslagc: « Thiebaus deLohereine.siredeRomillci, 

> ait recogQu à tenir de nous à touzjours mais et 
< de nos hoirs en Hé receptable, sens faire estant. ■ 
(JJ. Gl, p. 45, an. 1300.)] — 3- Aàv., debout; [■ N'i 

■ ad cheval, ki puisset estre en estant ; Ki nerbe 

■ voelt il la prent en gisant. > (Roland, v. 2522.) — 
Lorsque Baligaud s'assied, ■ Tuitli altre suntremés 

• en estant. • (Id. v. 2055.)] — • Li dux de Venise 

> se drcça en estant, et lor dist. > (Villehard. p. 49.) 

- ■ Bois en esta7it, ■ pour buis sur pied. (Gr. Coût, 
de France, pages 55 et 66.) On disoil aussi « en son 

• estant >■ : 

Suant il se lieve en son niani, 
ien a xiin. plei de piunt. (Blanch. int. de S. G.) 
Et vous tenez le baston en eiiani, 

Cho*. HSS. Al C- ThDiHI. 

En estant s'employait quelquefois pour signifier 

• pendant ce lemps là. ■ (Voy. Chron. de S' Denis, 
t. ï. folio 62.) 

EstantalIIon, s. m. Echantillon, modale. [Lisez 
escantaillon, aux Ord. V, p. 253, an. iSm.l 

Estante, s. f. Elai. (Oudin.) 

Estaater, v. Etayer. (Oudin.) 

Estanterol, ê. m. Pilier proche de la poupe de 
la gîilère. • Icy sur Veslanterol nous sommes, par 

• la vertus Dieu, troussez k ce coup. ■ (Rabelais . 
t. IV, p. 88.) Voyez Cotgrave- 

Estape, s. f. Endroit où un souverain peut faire 
étape, marché. 

I/emperenr venlt retirer de leur trape 

Plusieurs citez d'imperiiJle titane. 

Comme Veronne, et Pado. (J. Jfatvf, p. 64.) 

■ Les orrices des chefs des métiers, et de foulon- 

■ nerie, des maistres de Vestape, des égards, des 

• sergens, des bedeaux, et semblables, sont à la 

> disposition du baitly et de la loy. * (Coût, de 
Gand, Noav. Coût. Gén. 1. 1, p. 993''.) 



i' EST 

Estaplage, s. /. Exposition des vins à vendre 
sur l'eslaple, el le droit sur l'estaple ou marché aux 
vins. < Touchant rMfa;7/a{7e;primo tous marchands 

> forains qui vendront vins à Maisieres et ëa faux- 

■ bourgs, doivent, pour queue, fi. deniers. • (Sta- 
tuts de l'échevinage de Uéziërea; Du Cange, sous 
Estapula.) — ■ La chasse, bien vacans, et délaissez 

• de leurs anciens possesseurs, droits de corvées, 
« s/s/ie/aires, stelages, avec toutes autres advenlu- 
' res scigneurialles. • (Coût, de Bouillon, Nouv. 
Coût. Gén. t. n, p. 857.) 

Estaple, s. Etape, marché public, enirepdt. 
[* D'un tonnel vendu en Yesli^ite sur la charrete, 

■ XII den. par. > (Ch. de 1336, dans Du Cange, sous 
Estapltt.) — * Le maislre de ïestaple des laines de 

■ toute Angleterre. *iFroifts. éd. Bucbon, 11,323.]] 

' Estappe. [Intercalez Estappe, pieu, au reg. JJ. 
205, p. 321, an. 1479: ■ Faire rompre et coupper 

• les paulx et estappes de la pescherie. -] 
Estappeau, s. m. 

Tant tint, à Tours, fanne son eiiappeau. 

Que il gaigna sa femme par appeau. {Faifeu, p. iOi.} 

Estapper, v. Etre appuyé. On lit dans S. Bern. 
p. 17.Ï : > En la boche de dous ou de trois tesmons 

< estappet tote 11 parole ; tdans le latin slat. 
Esta({nc.rintercalezEsIfi?iiË:l* Pieu -.«Aucune 

• fois avient il que un bons tret avecquea autres 

> aus estaques. • (Beaumanoîr, us. ch. LXIX.) — 
2* Pilori ou barre d'un tribunal : > Ainsi que le su^ 

• pliant... se partoit de Yestaque ou auditoire dudit 

< lieu de Corbie. ■ [JJ. 188, p. 16, an. 1458.]] 
Estarge, i. Peut-être le rangdu vainqueurdans 

UD tournois. • Bcnnuci] se tira en l'estarge «ja'il 

• avoit conquis sur Blanor, pour livrer estai à ceulx 

> qui jouster vouldroient. > (Peroef. IV, fol. 149^.) 
— - Si tost que l'une avoilconquisl'ejïafve, l'autre 
. l'en deboutoit. - (Ibid. fol. 58 v) 

Estargié, part. 
Il n'i ot ïiUe, an cité, 
De quoy le pape eust pit£, 
Qni to«l ne feuat devorA ; 
De blez, de vins, chars, et poissons 
Faiaoit le pape ses moissons ; 
S'en priai a tort, et à travers; 
Sus loui le conle d'Ennevers, 
Si en tu lors le plus charglé : 
Ne pas pourtant nul eitargii 
N'en fu lora, l'un plus, l'autro moins. (US. ISIS, 19.) 

Estamuer, v. Eternuer. (Cotgr. et Bob. Est.) 

Estassement. [On lit aux Ord. IV, p. 533, an. 

1364, dans les Libertés de la ville de Gomminea: 

• Et s'il avenist que aucuns bouiTois ou bourgoise 
•I vendist tiere en la franquise de le ville à un 

• forain,... ledit cschevin pour ladiete ville en doi- 
. vent avoir e&ta^ement... Et se un bourgois alasl 

■ de vie à trespassement, et il eust un noirs non 

< bourgois, leail echevin en itQniestaaemeni. •] 
Estât, s. m. Situation". Espèce, qualité". Ela- 

blissemenl, mariage". Maison, gens". Gages, ap- 
pointemens". Parure, ajuslemens''. Dépense". 



yLaOOgle 



EST - 1 

Fête". Réglemanl'- Surséance, trêve''. Becréance, 
en droit canonique'-. Tiorps de ville". 

* [• Lors est U terre en boa estât. > (Edouard le 
CoDiesseur, v. 872.)] — > En ung estât, ■ c'est-à- 
dire en état stable. iOrd. t. III, p. 349.) 

* • De chascun estât de denrée deux sols. • 
(Bout. Som. Rar. p. 897.) 

' ■ Estant b marier ils doivent servir ainsi qu'ils 

• feront servir quant il seront eu estât. • (Percef. 
Il, fol. 97*.)— < Sire, dist la pucelle, il fait bon 

■ acquerre honneur, car par les grans Itoniieurs 

• vient on aux grands estais. > [Ibid. fol. 97 ''.) 

" [• La prieuse, frères et suers de l'oslel Dieu de 

■ Pontoiseaient ladite dame, ses gens et tout son 

• estât et mesnage gracieusement secourue. > (Ch. 
de 1358, Ou Cange, VI, 364*.)] — • S' Dénis, ou 
« estoit le roy , le duc de Bourgogne, et leurs estats. * 
{J. Le Fev. Hist. de Charles VI, p. 135.) 

' ■ Nul n'aura estût, se ne sont les capitaines 
« ordonnez au nombre de cent hommes d'armes. * 
(Ord. t. V, p. 660. an. 1373.) — . Ainsi leur faites 

■ payement, de mois en mois, tant comme ils sont, 
« et demeureront en neutre service, des dits gaiges, 

- testât. - (Le P. Dan. Mil. fr. I, p. 224.) — > Le 
« maistre de l'arlillerie a six mille francs û'estat. ■ 
(Hém. de la Marche, p. 3.) — [Par suite, homme 
d'état, bommc puissaut: < Jehan du Vergier, che- 

- valier, homme d'honneur el A'estat. > (JJ. 161 , 
p. m. an. 1106.1 

'' ■ Quant est a parler... des grans estats, et des 

■ hahillemens dont luy sa femme, la royne, el les 

■ princes de son sang estoient adornez ce jour, ce 

• seroit trop fort à racompter. • (J. Le Fev. de S' 
Rem. Hist. de Charles VI, p. 151.)— • Belles filles, 

■ je vous prie que vous ne soyez pas des premières 

• a prendre les estats nouveaulx. » (Le Chevalier 
de la Tour, Instr. à ses filles, fol. 12 >'.) 

^ ■ Auquel enterrement fut faite, en toutes choses 

■ générallement, plus p'nas estats, et bombant que 

• depuis deux cens ans paravant n'avoit esté fait. > 
[i. Le Fev. Dist. de Charles VI. p. 165.) 

** ■ Pour estre à Coudé à un estai, et à u n tournoy 

• qui là esloil crié. ■ (Froissart, liv. I, p. 12.) 

' ■ Estats pour les rangs d'un chacun. • (Honn. 
de la Cour, me.) 
' [* Pour laquelle chose ledit Tassin el ses amis 

■ se gardèrent, et y ol aucuns estas pries par les 
> amis de l'un de 1 autre. • (JJ. 153, p. 269, an. 
1396.)] — ■ Gens venoient, de loules parts, au roy,... 

■ el voulut, et ordonna que tous ceux qui venoient 

■ à son service, eussent estât en toutes leurs cau- 

■ Bes,jusques k deux mois après leur retour. • 
(Juv. des Ursins, Ilist. de Charles VI, p. 37.) 

*- ■ Estât en matière de regale , est ce que l'on 

■ appellerécréanceauxautrescausesbénéllciales. ■ 
(Laurière, Glossaire du Droit fran(;ais.} 

" Nous nommons encore états les divers ordres 
du royaume ; on donnoit autrefois ce nom aux corps 
particuliers des babilans d'une ville. ■ Les rentes 

• héritiers, sans hypothèque, vendues par abbayes, 

■ collèges, estats, villes, el communautez, s'il n'y a 



EST 

> condition au contraire, seront réputées meublie- 
« res. • (Coût, dellainaul. C. G. II, p. 137 ^) — 
[■ Comme en icelle ville (Paris) de tout temps ait 

■ en confrairie d'arbalestriers, de gens à'estat et 

• mesnagiers. > (JJ. 165, p. 80, an. 1410.)] 

1° • Homme â'estat • signifioit autrefois un bom ma 
decondiiioD. ■ L'homme à'estat , et la racaille du 

■ peuple. • (Boucbet, Sérées, liv. UI, p. 275.) On 
disuit aussi gens il'estat, pour gens de condilion. 

• Acediner, furent seigneurs, dames, et damoi- 

• selles, chevaliers, el gens à'estat. > (Petit Jean 
de Sainlrë, p. 362.) — ■ Femme â'estat, » pour 
femmes de condition. ■ Le roy y adjousia foy, car 

■ elle esloit femme ô^estat. • (Mém. de Comiues, 
p. 25'J.) Voy. Monstrelet, vol. 1, fol. 205 ^ 

2° > Estai de labour, ■ le corps des laboureurs. 

• Commis, et députez spécialement pour le tiers 

< estât, mesmes pour Yestat de labour des dites 

< chatellenies de Chaumont. ■ (Coût, de Senlia, 
Coût. Gén. L I, p. 335.) 

- 3* • Seurs estufs, ■ promesse, parole donnée. 

■ l'Csquels seui's estats, et paix de la ville, enquel- 

■ conques manières qu'ils ayent esté donnez, et 

< accordez, se mettent aussi ît néant, du mutuel 
' consentement des parties principales, comme dit 

■ est des asseurances. ■ (Coût, de Tournay, Coût. 
Gén. t. If, page 946.) 

4* • Esta/ simple, • terme de procédure. ■ Estât 

• simple ne change rien, et qui, après une inter- 

• ruptîon, prendroil estai simplement, il ne renou- 

■ velleroil point la cause. > (Gr. C. de Fr. p. 302.) 
5' < Estât sur jour de garant, > terme de procé- 
dure. ■ Qui diroit estât sur jour de garant , et qui 

• sommeroit autre vray estai de cause, son procès 
. seroit renouvelle. . (Gr. Coût, de Fr. p. 302.) 

6* « Estât " et ■ bon estât d'un compte, • ce qui 
reste, toutes charges payées et acquittées, (Laur. 
Glossaire du Droit français.) 

7* ■ Lever ËSfaf,* se mettre sur un ceriain pied 
de guerre : 

.... Chaaûun s'enhardit 
Ù'es'ai levN, fit de porter brodure, 
Perle*, jo;bu1k. (Eutt. Detchampt.f 

8* . Tenir son estai à quelqu'un, • l'entretenir. 

< Galland & qui elle lient son estât. * (Les Quinze 
Joyes du Mariage, p. 76.) 

d" ■ Tenir ^ta^ * établir domicile. ■ Le roy, 

■ avec les roynes, allèrent tenir leur estât à Cor- 
. boeul. • (J. Le Fev. Hist. de Charles VI, p. 147.) 

— ■ La veille du dit jour de Noël, le roy alla tenir 

< son Ës/al au palais, et demoura là jusques au 
" jour S' Thomus ensuivant. « (Monstr. i, fol. 93''.) 
C'était encore le rang dans une assemblée publique. 
(Honn. de la Cour, xs.) 

10* < Par estai. • réellement, en réalité. • De 

■ quoy tu n'as rien fait dont il puisse apparoir par 
' estât. - (Ord. t. 111, p. 70.) 

11" • Jouer aux estats, » jeu. ■ Jouer îi honnes- 

• les jeux, comme aux merveilles, aux fslafs, aux 

■ ventes, aux vertus, aux rencontres et autres. > 
(Printemps d'Yver, folio U ".) 



, Google 



EST - 1 

Kstnte, s. /. Ce qu'on propose en (échange. 
- Lievenl estate de drapperie. • ;Ord. t. III, p. r>83.) 
t« Cest eschange est voiae, por ceo que les estâtes 
■ ne sont mie égales. • (Tenures de Liltielon.)] 

Estatare, s. f. Stature. (Voir Floire et Blanctie- 
(lor, V. 2891.] 

Guitlaume Longue-Espëe fut de grant ealaltire, (Bmi.J 

L'sBge doré commença au premiei 

k noï pères de belle slatùre. (Eust. Desch.J 

Esgardez con beautez décline ; 

La rose est bêle, el enlumine. 

S'est de moull belle tsiature. (Ovide de Arle Àmoriê.) 

Estatut, s. m. Statut, règlemenl, ordonnance. 
(Ord. des R. de Fr. 1. 1, p. 426 ; C. Guiarl, fol. 14 ■ ; 
Tri. des IX Preux, p. 384 ■ ; Le Jouv. p. 414.) On lit 
estatute dans Littieton, T. 83 ** 



Estau (à), express, adv. On lit au Trésor de 
' edeV. ■ " ' 

. Qiujit ilz en aront mengié, 



vénerie de Fontaine Guérin. p. 52 : 



Ainsf qu'nnvjron la moitié, 

Celuy qui le forhu départ 

Aux chiens, doit estre & une part, 



Estauceure. [Intercalez Estauceure, habille- 
ment, aux Fabliaux, 1, p. 126 : • Et feist faire estau- 
o ceure, Ft preist telle vesteure Come à jone home 

• convanroit. •] 

Estaucter. [Intercalez Estaucier, véLir, aux 
Fabl. 1, 129: ■ Come valiez fu estauciée Et fu de boens 

■ houziaus chauciëe, El de robe à home vestue. >] 
Estaudeaux. [Intercalez Estaudeaux. poulets 

élevés par les paysans. (D. C. sous Haislatdi.)] 

Estaudellles. Lisez plutôt estandeilles, éten- 
dard. • Le roy Philippe-Auguste partant pour la 

• croisade, prinsl de ses propres mains deux estau- 
« deilles, et deux enseignes des croisez, dessus le 

■ coriis des glorieux marlirs, dans l'église de Saint 
. Denjs. - (Chron. S' Den. Il, f. 16.) On lit dans le 
latin de Rigord, duo tlandalia. 

Estaudls, a. m. Palissades. • Feisl le duc dresser 

• un estaudis que de la tour on ne pouvoit blesser 

• ceux qui assailloienl la porte. • (HisL de Loys III, 
duc de Bourbon, p. 66.) 

Estaulaige. [Intercalez Estaulaige, étalage, 
aux Ord. IX, p. 160, an. 1348: « Octroyons qu'ils 

• :toienL.. franc et qnil\e à'estaulaiges, a'eaminaige 
" et de toutes vantes des choses vendues et escbe- 

• tées parleur. >] 

1. Estaule. [Intercalez Estoui^, étable, au Cart. 
21 de Corbie, f. 186 ^ an. 1348 : « Et pour ce que je 
< doibs goir des maisons, granges, estaules et 
- édifices de ledite censse. •] 

2. Estaule. [Intercalez Estaule, stable, comme 
estable, au Cart. 21 de Corbie, fol. 5: • Et pour 

• chou que che soit ferme cose et estante. >] 
EstauUe. [Intercalez EstauHe, établi, au reg. 

JJ. 54. p. 169, an. 1415 : ■ Le suppliant cousturier 

• du lieu de Meset, ....qui cstoit sur son taulier ou 

• estaulie. >] 



EST 

E^tanllr. [Intercalez Estautir, dans une charie 
de 1320 au Cart. 23 de Corbie: - Ont recongnut 

< qu'il ont fait et estaully, font et estaulissent leurs 

• procureurs generaulx et especiaulx. ■] 
EstaulUer. [Intercalez baston eêtaullier , qui 

supporte un éial, au reg. iJ. 206, p. 76, an. 1478,] 
Estault, s. m. Vente à l'encan, faite sur un étal. 

> Telle veute ainsi faite à l'encan, par estault, et a 

■ qui plus, le debteur a encores sept nuits pour 

> racheter ses meubles, ainsi subrogez. • [Coût, de 
Gorze, N. C. G. t. II, p. 1094.) • Par privilt^ usité, 

• quiconque est twurgeois demeurant à Verdun, 

■ peut procéder, par voye à'ettaut, sur les biens de 

• ses delleurs forains trouvez au dit Verdun, et 

■ banlieue, posé qu'il n'y eut obligation, ny ce- 

• dule. • (Coût, de Verdun, ibid. p. 433^.) ■ Pour 
« l'entreteiiement duquel entrecours, ils avoient 

■ entre eulx plaids de marche, -qu'ils appelloient 

■ estaulx, en quelques endroits, comme sur la 

■ frontière de Champagne, entre les hommes et 

■ subjecis de l'église de Toul. • (Pith. Coût, de 
Troyes, p. 586.) • Doivent les dits juges tenir leurs 
1 assises k journées de marché, et estavx d'entre- 

• cours, alternativement, ans dits ars, ou la chaus- 

< sée, et a Gorze deux fois l'an. [Coût, de Gorze, 
N. C. G. t. Il, p. 1078 ^) 

Ëstavauls, Estavenis. [Intercalez Estavauls, 
Estaveuls, flambeaux, dans Roncisvals, page 51 : 

< Crans fu li diaus la nuit en Ronscevaulx ta 

■ chirtez luist, qui part des estavauls. * De même 
dans Partonopex, v. 2831 : < A nuit istrés de vos 

■ osteus Od cierges et od e*tavevs. >] 

Estave, s. • Les estaves .vu. liv. .%. soulz. • 
[Cbarte de 1343, au hs. anc. 8428, 3, t. 67.) [Pieux 
pour faire une eêtatliere.} Au pluriel on a ettavex, 
bâtons : 

A nuit iroii k tob oatex 

cierges, et o eitavex. (rartonopex de BIm».) 

Estavolr. [Provisions, besoin, ce qui est néces- 
saire. On lit dans un bestiaire us. (D. C. lU, K»^]: 

< Tousjours est par coustumement En une place 

< solement; Nule fois ne s'en quiert mouvoir Car 

• tout i a son estavoir.» G. Guiart donne Mtouvter. 
â propos de Thomas Becket : • Hais il trouva tel 

■ recouvrance Et vaillent roy I^ois de France Qui 

• lui bailla son estouvier. > Au Bomau d'Athis, on 
lit : ' Or vout convient moult enseignier De pou 

• parler, de pou mouvoir. Cil nous diront votre 
« estovoir. • Aux Assises de Jérusalem, ch. 122, la 
torme esl estouviers : • Le seignor li doit donner 

■ ses estouviers soufHsament, tant come il sera en 

> cel sien service. •] Oe là l'expression adverbiale, 
à estovoir, par nécessité ; 

Si Bai bien ki k eatovoir 
Mi estuet mor, on savoir 

Se joie m'en iert promiie. (P. de Molini, III. H36./ 
Par ettavoir. 
Doit estre bonis 

Traistres. (Vill. li Viniert, t. //, p. 8S0.) 

Voyez EsTouToœ. 



, Google 



EST - ' 

Es taupe. 

Bien en sont mi soûlas c«n^Qt, 
Quant ele a mes gonst là widiet 
D'un (uneilknu sool eakmpe. fVat. n* 1490.} 

Estaupplneur. [Intercalez E$tauppineur, taa- 
pier : ■ Brancbart nous veult bien tenir pour estaup- 
« ptneiirs de prez. > (il. ]59, p. 180, an. 1404.)] 

Estaiire. [Intercalez Estaure, dans un reg. des 
Ollm, f. 135, an. 1312: * Ts9ues, saillies, huisseries, 

■ buvrelas, appentis, estaures, ou manuels apuys, 
« ne autres manières d'ouvrages ou édifices es froa 

• de la ville de S' Richier. »] 

Estayé. [Intercalez E$layé^ au registre il. 171, 
p. 412, an 1421 : - La char d'un pourcel estayé, 
« qui est à dire, les ossements et coslelettea qui 

- estoient dessus le lart. >] 

Estayer. Etayer. [• Salomon son temple en 

■ ataie Sur sept pilliere. ■ [J. de Meung, Trésor, 
112.)] • En Scelle ville, aucuns se veuillent entre- 
•> mestre boulenger, il sera tenu de Taire le serment 

■ aux muyeur, et eschevins du dit lieu, pour faire 
« deniers raisonnables, et prendre, des ewards sur 

- ce commis, certain prix, et estayer, le long les 
« villes voisines. • (Coût, de Pernes, N. C. G. 1. 1, 
page 387 •.) 

Esté, $. Eté. rOn lit dans Roland, v. 2628 : • Ço 

• est en mai, a V premer jur d'esJ^d. >] 1' • Mois 

- i'esté, ' temps d'été. 

.... Entor BToit artufsaeaz 
Vers, et foillus, de grant beautA, 
Antresi corn ot moU SttU. (Fabl. da S. 6.) 

3* * Amourous à'esté, ■ amoureux frivoles. 

Ql tous amorw» d'etti-, 
Ki m'ont d'amora ocoisonné 

N'aiment, fors quant tâlens lor prent. (Gacet Brùiè».} 
3° ■ Grains d.'e*té, • blé de mars. Opposés à ■ se- 

• mence d'hyver > dans la Coût. d'Alost, N. C. G. I, 
p. 1115 ^ 

4° - Un esté, • une récolle : « Personne ne peut 

• semer la terre d'autruy deux fois pour un esté, 
< ou récolle, ....sous lequel reaoust, ou esté est 

• entendu une nouvelle recolle de mars, debvment, 

• ei d'orge â'esté. • (Coût, de Fumes, N. C. G. 1. 1, 
page 6640 

Esteal, ad}. Qui est d'été. > La saison des cha- 

■ leurs estéales. ■ (Am. Jamin, p. 155.) 
Estée, s. f. Demeure, séjour. 



Estelgnement, t. m. EirtincUon. (Cotgrave.) 
Esteignenr, s. m. Qui éteint. [Cotgrave.) 
Estell. [Intercalez Esteil, jambage d'une porte : 

• Icellui Perrinet bouta sa uacbe entre l'uiselle 

■ postel ou esteit, ou il le devoil clorre. ■ (JJ. 163, 

p. 321, an. 1409.)] 
Estelle. [Intercalez Esteile, étoile, dans Roland, 

T. 3659 : ■ Clere est la lune, les esteilés Qambient. >] 
Esteinct, part. EteiDt\ Effacé*. Etouffé <=. 
* ■ A la chandelle ettaincte. > (Cotgrave.) [Adju- 



EST 

dication qui reste ouverte tant qu'une petite chan- 
delle qui brûle n'est pas consumée.] 
" ■ Ne plorez plus ; car le mal talent de la royne 

• est pardonné, les taches de vosire boucbe... sont 

■ estainctes par V&aae de vdz yeulx. > ^Perceforest, 
vol. n, fol. 10O^) 

" ■ Exoioe d'enfant qui seroit mort par mort 

• accidentalle, comme si l'enfant estoit estaittet, 

• ars, ou noyé. • (Bout. Som. p. 22.) • Un enfant 

■ mon^ueux né a Milan est etteinct. par avis de 

• parents , dés qu'il eut reçeu le naptesme. ■ 
[J. d'Aut. Adu. de Louis XII, p.22l.) • Ainçoys qu'il 

• en fut venu au dessus, son cheval fut esteint. > 
{Perceforest, vol. VI, fol. 32*.) 

Estelndlble, adj. Qui peut s'éteindre. (Cotgr.) 

Esteindre, v. Eteindre*. Etouffer, mourir". 
Détruire*. 

* [■ Esteignin fait lor il, ces cirges alumez. • 
(Thomas de Cantorbery, 52.)] 

■ « Celuy jour fit il grand chaud, et aspre, et de 

■ si grand ardeur d'air, et de souleit que devant, et 

■ depuis pour un jour, n'en fut veu de pareille; et 
a tant que les plus durs,etIesplusjolis,etfrisques, 

• en leurs armeures esloyent si échaul'és qu'a peu 

■ qu'ils a'estaignoyent , par defaute d'air, et de 
« vent. . (Frois. IV, p. 89.) • Là perdoient plusieurs 

■ force, et allaiae, et cheoyent l'un sur 1 autre, et 

■ s'eataigrwient, et mouroient sans coup ferir. ■ 
(Ibid. liv. II, p. 223.) > La fist estaindre entre deux 

■ coyte8, pour eslre roy. • (La Salade, fol. 36'.) 
[■ Quant aucuns a son enfant mors si comme par 

■ fu, ou par yaue, ou parce qu'on i'estaint en 

■ dormant ou par autre malvese garde. > (Beauma- 
noir, LXIX, 5.) 

' En ce temps du roi Pharaon, 

Qui les Jnys vouloit e»taitidre. fMS. 68if, f. 48*.) 

On disoit : 1° ■ Estaindre le coucîle, ■ le dissou- 
dre. (Lettres de Louis XII, t. III, p. 249.) 

2" « Estaindre froment, > être si serrés qu'un 
grain de froment n'y trouveroit pas de place. 
- Estoit nostre ost ai très serré qu'ilz estaignoymt 

■ froment de la foulle de gens du guet qui les tous 

• tenoient si à ung, que cbascun s'entretoucboit 

• sans qu'il y eust une seulle place vuyde. ■ (Join- 
vllle, page 34.) 

Estel, I. m. Hdtel. 



Rica conroi flat atomer. 

Par Le vUe fait demander 

Lea cevaUers malaaisiés. 

Et les prisons, et les croisiés. 

A Ve*tel Graelens les malne. (SS. 7987, f. 67*.} 

Estele, 3. /. Bâton. [< Icellui Jehanaot.... oy 
■ le cop d'une busche appellée estetle. > (JJ. 114, 



p. 349, an. 1379.)] 



For quoi U rois les apèloit. 
Quant 11 yilaUis, les vit venir. 



iB lî commence à frémir ; 

« A crier. (MS. dv R. 7f f 8, f. 140.} 
13 



yLiOogle 



ÇST - 90 - 

Esteler,. v. ^toilei:. • Cheval brun, bay, esteié 
■ inaniuéàla.cui5sç. >, (Le P. Daniel, UrUicefiraD- 
çoise, 1 1, p. 86.) 



EST 



' [• Li ciex fu cler et estelés. * (Beoart, v. 1133.); 
— • ^^e dras de ^ie k fin or sitelé. ■ (Ag. v, 1251.)]! 
Estelle, s. f. Kloila [Voir Ssteilb : ■. Dont an- 
4 cuoes eens cuideoL que ce soit li dragonsv ou qner 
<. ce soit ufiù eHGl&- qui obieL ■ (BraoeUo. Latin. 
Trésor, [j. 120.)] 

Dlia Hul reganl tqon plus layeant tnie miellé. 

i. UinK p. tu. 
Estemant, s. m. Elat, siluatiOB. [Repo», dans 
U Chron. des ducs de Normandie.] >k)yez. OkIodu. 
t. IT, page 37. 

Estempel. [Intercalez Estempel, dans la Con- 
solation de Boèce, liv. IV : ■ Quaut aucuoB court à 

> Vesiempei, Il court pour eaigaer le chapal ; d'est 

■ 1). loiers qu'il doit avofCv >] 
EsteDcelette, s. IMminuUr d'étincelle. ■ Sfeus 

• ajm que ne soloie Or mi point Vesteneelette Qui 
>. le» amans guerroyé. ■ (Honiot de Paris, poète 
avant 1300.) 

Esten|dard« j^ n^. Enseigne militaire*. Partie- 
d'un moulin *. 

^ [• ElVestandart TervagaiU et SCahoffl. ■ (Bol. 
Vr. 3^.)] ■. Au, cammeacemeot , Les. rois seuls . 
f avoient'un£«ten(birtq.u'ilspDrloiâai quelque lois 
1. eu;c. loemes au.bpHt de leurs lances près du fer. ■ 
(Corel, au mot Gonfawn,) • Portait I eitendaxt, du 
1. ?oy i^i estoil de sat^ vermeil cramojsy. ■> (Ai. 
Chart. Bist. de Ch. VU, p. 182.) > fiaoQxe»>e«kw- 

> dart, goatfalloa, p^eiuipn, ou panaouce^v : par 

• aQ».oi9t«génârau:t;oBfljatéad renattgue myale. ■ 
(G«iJl.a«d, Enseig. de Fc. p. 59.) •- Des ools, Véteniard 

■ passa aux partici:^ers. ^ (BQire],.aH motCon^o- 
nm) • Fut le pei^non de mdssjne Euslaça,quiesloit 
4 e^jjiniart, copquis, et. dessiré. * (Froiss. liv. 1, 
nage 2^.) Ou pi?f;loit. ajj>^ obsèq.u6^ du comta de 
veudosme, ■ son e^imdurd, siod gv>^Qn. at son 

• eçseigpe. • (André dç l'^ Vigne, Voy, de Ch. VIII 
à Haples.p.l83.) Pa^qMJer, dans se» Re^bercbea, dit 
que ce mot n'étoiV plus en usage: ■> Esten^t, 

• bannière, ou enseigne, que uou^ disons aujQur- 

■ d'buy drapeau. • [Voir Ohie-flahbb, orifl^miDe, et 
le livre de H. Desjardins sur les drapeaux u-a^cais.] 

'< Le gissaut d'iin moiitiu à veni, aves Vesien- 

■ dart, estant arreslé avaodu mortier^ suit le; fief. ■ 
(Coût- de Termonde, N. G. G. 1. 1; o. 1*80:) 

Expressions remarquable^: 

1° « Demeurera estendart, ■ c^meurer auican^tre 
ov à Ift réserve. On a4it de la bat^lle ^u prince de 
Calles contre Renry roi d'Espagn# : • Le prince 
. estoit demeuré îï Vestendart, mais Chandos as- 
. sailly les Espagnolz, et njonU les. ftst veipser de 

> trait. > (Hist. 4^BerJr. D/t Coeecl. m ii^ ^^•) 
2* • Faire estenâai é do son paoon; > en fôire 

parade. > Celui qui portoit le panon dv sénéâial de 
f Bourclç^v:^ iit^ lè éajrtV de» i^fiiloûi^ esttnt allé 



■ l'asseoir, et ficher ou plus beau lien de Iti ploce, 

■ Thibaut du Pont de. Varotée Qraqcoise, l'aperce- 

■ vaut, qui faisoit esiendMd da son panoui il se 

■ levai et' l'alla neremeni aeuillir. >- (Du Guescl. 
par Uén. p. 534.) 

3* «.Sonoer à: Vétendard, k battra la générale. 

■ Alora lit la sâigoeur da la. Trimouille sonner 

■ à Vestendart, pour rassembler ses. ggae, et ce 
*. faict voulut donner au, travers de la bataille des 
•>, Alemana. ■ (J. d'AuL Ano. de Louia XIL p. 109.) 

. [C'est aussi 16 chariot, (caroccio) qui portait l'éleo- 
dard: > iSoslreemperere Qst i'£«ïendarl venir. Huit 

• l'a bien fait de chevaliers emplir Et deserjans 

• pour le faire soustenir.. * (Garin. dans Du Caoge, 
LVL354*.)] 

EstendeUe,s. f. Action de s'étendre. ■ Il faisoit 

• de son corps en plain pré cslendelle. ■ (Percef. 
r, f. 149*.] [c'est ausiii une nappe. • Ifuil nappes de 

■ hostel, une autre estendelle de fin linge. ■ (LivtiB 
Rouge de l'hôtel de ville d'AbbeviIle,,foI. 162 % an. 
1391). Aujourd'hui sac de crin pour presser les 
plantes oléagineuses.} 

EstendelUer. [lalerca^z; £sJenilË/^i^r, s'éten- 
dre, auK Mir. de Coinoy : • Easevelic ja le voloient 

■ Et mettre en bière, quant le voient Remuer et 
< estendellier. * Le mot est aussi dans Reuart, 

■V. 15771,] 

Estendemeot, s. m. Extension. [B. Estienne.) 
Esteadre, v. Etendrei, s'étendra ei déployer \ 
Estimer, apprécier*. 

* [« N'en ateiut home qu'il ne fende. Que mort à 

■ terre ne Vestende. • [Benoit, II, 5S9.)]' ■ Nous leur 

• vousissions sur ce estenâre nostre enoe. ■ (Ord. 
t. V, p. 497.) Estendre- est verfte. réciproque dans 
Rymer. 1. 1, p. 115'. 

* • Par mésaies les içinours, soient les terres 

• estendues à la very value. • (Britt. Loix d'Anglt^. 
fol. 138 K) 

On didoit adve](4)ialement-: 

l" > A tout estendre^ ■ aii pins. ■ Ilzsont environ 

■ de sept a huit mil hommes, à; tçat estendre. ■ 
(Le Jouvéncel, fol. 50'.) 

}■ * A coV estendu, > à toute bride. 

S'il fuit col estendu, ne as voist regardant. (Part, de Bl.J 

3» .A ohere estendue, • fr visage' ouvert; hardi. 

• Si je me senloye aernéde' telle valeur, je oseroye 
> hardiement, et à cher* e^mdmt tel.honaear^ et 

■ plus grant recevoir, et gaigo^r amliesaia. > (Per- 
ceforesh vol. I, fol. »&'.) 

if,»ik la. bouche etUnux», ^ ^ plein:80»iev. 

En disant, à la b«aç^ etien^n, 

Di moi quel part vous devez prendTA. (G. Cuior'i US K) 

E^enei rintercalez Estene, pièce delà charrue, 
au r^. iî. IW; p. 93, sp. 14S9': • One pièce de bois 
. de Pareyre, icelle pièce de bois nommée estene. •] 

Estenelle, s. f. Peut-être senlineUe. 

Hors du monsliet dsvet seoir, 

Sans dodus Eàira l'eiMmUe. (Biut. Deteh.) 

Estenet. [Intowalez ^tmeti bftton : • Ic^ui 
•t Aatruc d^on' estenet' debeis qu'il avoit en sa 



yLaOOgle 



EST ^' 

• main, fery ledit Vigier d'an eop sur la iMle. > 
(JJ. 151, p. 147, an. 1886.}] 

ElstentërS./. Etendue*. EstimaUoD.évaloaUon*. 
[Eq Normandie, Vétente est un filet tendu à basse 
mer sur des piquets enfoncés dans ia vase.] 

" • Ne patrocment en leurs junsdictions, ne es 
« mettes, povoir, on estentes d iceljes. ■ (Ord. de 
l'Echiq. à la suite de TAnc. Coût, de Norm. f. 35*.) 
On lit dans Rymer, des sommes à recevoir de pln- 
sneura f<erffles: ■ De (a ferme de Kingeston.ovec les 

■ mentes, 29 Ht. 16 sous et 7 den. > (Rymer 1. 1, 
p. ^09^ an. 1268.) 

" ■ 8i ascun parcenersoit qtie se tient nent apape 

■ fle-ccle pai'tison, si feirbiis nons vener le procès, 

■ et le record devannt nos justices de banke, et la 
« èie )a pleyotylb en qlie l'en eyt terre, et illouques 

■ soient les errours redressés, par novele estente, 
« si mester soietrt. • (BHtt. Loiï d'Angl. fol. 186*,) 
< EQOTiioessoitfait laif^nfôdela terre. > (Ibid. 
fol. i9J.) 

Estepes, s. pî. BAches, du latin stipes (1). Borel 
renvoie à ces vers de Gauvaia sous hourdeis : 



a an fb^t un hourdeis. 

'l.-£ster. [Intercalez Ester, étier, petit canal: 

• Comme les suppliants feosseot en un vaisseau 
« nommé {^abarre, estant sur eaue en un lieu 
« nommé l'ester dn port de Gorsse près de ladite 

■ ville de Saint Jeban d'Angely ou dit ester sur 

• l'eaue estoH aussi ono autre gabarre et eatoit 

« en la Hn dudit estera Teutrëe de ladilte rivière. > 
{U. 155, p. 390, an. 1400.)] 

2. Ester, v. Etre, subsister, exister *. Se pré- 
senter". S'arrêter*'. Se tenir debout"*. Se tenir 
fePme". Demeurer'. Cesser". Attendre •*. Hésiter'. 
[Le mot est dans Bûlanfl (v. 2219): ■ Si grantdoel 

• ont qne mais ne pout ester. > Le sens est se tenir 
debout] 

■ Làiaseï e(t«r caitlfltta la folABtre. {Faifeu,p. i.) 
• Se home fait à divers temps divers testamens, 

■ et diverses devises, et uncore le darrein devise 
« et volunt fait par lui estoiera, et l'aulers sont 
. voides. - (Tennr. de Littl. fol. 37 *.) 

* L'ODDe vfd plus anbUllHiieiit 
Bombardes aaMcdr, ne etter; 
Car dedena la mér, prapràmeail, 
T.'oi lea fUsoit traire, et jeUor. /rig. de CA. F//,If, J07.; 

Les praticiens oonooissent encore les expressions 
- ester & droit, ster à droit, on en jugement, ■ y 
comparoltre personnellement. (Laur. Gtos. Dr. tr.) 

"•Se aucuns "hoiis estange vient ester en aucune 

■ fibastellerie de aucun baron. > (Ord. 1. 1, p. 176.) 

Et quanqne il aireatoit, etUmt. (Rou, f. S65.) 

Toy. Eust Deseh. Poës. L 183 ^ 

t, et U flbsrals tiettvrmt. (Rou.J 



Se ta B*tai«, nnr i «I 



[Fàbt. mn. Se S. G.} 



EST 



De'lotDg e'eafut, ai l'asgÉrda. flrvt. f. 88 K} 
Prirt nn enCensier, et huça 

Uns diakene qui a'eatut U. {ItotM.'p. 63.) 

Donc ala arajit si a'eiiut. (Brut. f. 6S V 

Estai, al orraa ma parole. (Ovide de Arte amoriij) 

° ■ il luy dfst qu'ïl se nMMlst, ear il cuydcllt que 

• Ve»ter luy feust mauvais. > (Lano. du Lao, t. II, 

folio 124 '.) 

Partanepdex ■a'eataittn fitm. [Part, de Bl.) 

* Lee ttna ctieir, lëa uns etter. [R. de "Brut.) 

HeiB, pour m'amoar, pensez de fesiOTâr, 
D'asses eœprendre, et de bien ettoyér. (E. BeMch. 199*.} 

Ferirleniti 

Flofre ai raflement t'eatet, 

Conques ne 11 daigne guenrihir. fFMre et Blanchefl.) 

' ■ Elle luy dira, a une fois, par mon Dieu, mon 

• amy je veux dormir, laissez moy ester, attendez 

■ le matin. • (Les Quinze 'Joyes du Mariage, f. 68.) 

■ Quand le duc de Bretagne oolt psrlet- le seigneur 

■ de Laval, qui le suivoit de si près, que toute la 

• nuit, il ne laissa un seul ilié esfet', qu'il ne fnst 

■ toujours près de luy, si çense un petit. > (Froiœ. 
livre ni, page 198.) ■ Aussîtost revient, et ne pout 

■ ester, ne faire contenance. ■ (Les Quinze Joyes 
du Mariage, p. 193.) 

Laisaiex moi etler. fSmoua Caupaltls.} 

" > Laissez en ester vostre dneil. • {Qîr. de 
Nevers, r* part. p. 74.) 

Laissez etler la folle. (Poêt. mt». av. iSOO.) 

Laissex vostre plonrer eeter. (E. Deêch.J 

• Lairài ôr ester lo Ibs. » (S. Bernard, Serra, fr. 
p. 339), en latin mitto /atutet. 
*< • De Lisiart, et d'elle vous lairrons a tant, et 

■ ester; si parlerons de Gérard de Nevers, et de sa 

■ mie la belle Euriant. - (Gérard de Nev., I" paii, 
page 38.) 

Mais mon gniDt duel mener, 

•Et ens merchl etler, 

SoBrir, et aoaplrer, 

D'amora, chacun Jour, 

CroH et doble ma dalor. {Gontier» iTArg.} 

' ■ C'est en ce sens que Cbarles TI fit une devise 

■ en rébus, d'une plante de genôt , avec le mot 

• jamais; pour dire geneste jamais, je n'este 
€ jamais, c'est à dire je n'hésite point ; il en fit un 

■ ordre de chevalerie composé de deux gousses de 

• geoët, l'une blanolie et Vautre verte, dont rnne 

■ etoit 1« symbole de la vieillesse, et l'autre de la 

■ jeunesse. > (Dict. de Trévoux qui cite le P. Me- 
nestr. Art. des devises.) 

Remarquons ces expressions : 
1" - Nous n'avons plus que ester de, • nous 
n'avons plus à faire que de: • N'avons plus que 

• ester de entrer en mer. » (Percef.1l, f. 75 *.} 

2* • £sler mangié, > avoir mangé. > Amer ih'es- 
. tuet ester-mangié. • (us. 7989 *, fol. 69 *.) 

S-* Biaxestera, > belle contenance, paroppaiR- 
tion à • biax alers, ■ belle démarche, (ws. 7988 *, 
fol. 74 ■.} [De mdme dans D. G. II, 794 >> : « Et tes 

• seoirs et tes Mters, Tesdcpartii^,' les deinourers.'-] 



yLaOOgle 



EST -i 

Estere. [On Ut au reg. JJ. 206, p. 461, an. 1480 : 

• Ung surnomnié le Scellier, hoinme fort estere et 

• degrânt couraige. ■] 
Esterle, x. f. 

Prince Benard eo etUrie, 

Querez coupeaulx en remboreMdz. (Viilùn, p. iii.) 

Esternt, part. Jonclié , couvert. ■ La taDte 
« estoit toute estemie de herbe verde de bois qui 

■ soueffleuroit. > (Percefor. vol. II, fol. 111 *.] On a 
dit de chevaliers renversés dans une joule: ■ Atout 

■ ne fut la place estemie de si noble joncheure. ■ 
(Ibid. vol. II, fol. 126 •.) 

Esternier. [Intercalez Estemier, étranger : 

■ Estemiers ou autres doivent. ■ (1453, Compte de 
Soissons, L. C. de D.]] 

Esteroir, v. Jeter. ■ Les autres eitemistan$ 

■ leurs vestemens en la voye. • (Percefor. vol. VI, 
fol. 132 '.) [■ Coname les diz Colin et Simonnet eus- 

■ sent estemy du blé en la grange dudit Raoulio et 
- embatu. > (JJ. 113, p. 216, an. 1378.)] 

Esternissement, s. m. Action d'étendre par 
terre. (Colgrave.) 
Ësteroue (de grant). 

11 n'y ik plus nuls cuideriaulz, 

Ne bomme de grant eaUmue, 

Gr»n8 par leurs teis nouveenlx. 

Petits faiseurs en leur venue; 

Ne moqueurs de U geot chanue. (E. Detck.) 

Esternuer. [Intercalez Esternuer, au registre 
JJ. 157, p. 150, an. 1402 : • Lequel Perrin en oyant 

• vespres, par contrainte de nature, esternua une 

■ fois bien hault, dont il se honloya, et pour ceste 
« cause... s'en yssi hors de l'église. ■] 

Esterpe, s. f. Tige, race. Lancelot, roideSicile, 
prétendoit que le royaume de France, qu'occupoit 
Charles VI ■ luy appartenait et qu'il esloil de la 

• droicte esterpe du roy monseigneur S. Louis. ■ 
(U Salade, fol. 41*0 

Esters, adv. Dehors, différemment. 
Sire Jehans, trop estes esfaotiex. 
Se vous créés qu'U soit ai laitemeut 



C'onik 



puist estre en amours trop tardleiu, 



Ou ne doit pas uns amour meurer. 

Hais Jones doit aon déduit démener. fPoi. 4490,/. i47K] 
On Wlesters dans une autre copie. (Vat. n° 1522.) 
Esteselon, s. nt. Etrésillon : ■ Quant le saa- 

■ glier est pris, tu lui dois faire ouvrir la gueule à 

* force, aincois qu'il soit troc refroidie, et puis 

* mettre un esteselon, qui lui tienne la gueule 

■ ouverte. ' (Hodus et ftacio, fol. 48 >>.) 

Estes les vos. [Intercalez Estes les vos, les 
voilà, dans Partonopex, v. 9679; on lit estes le 
voKC, dans Floire et Blancheflor, v. 333S ; estes von, 
dans Renart, t. 476.] 

Estester, v. Etéter. (Cotgrave.) 



1- EST 

Esté tans, s. m. Temps d'été. 

Comme en etié (aiu 

Est U BoIeU biaus, et luisans. (MS. 7Si8, f. 904 '.; 

Esteu,8. m. Sortedemesure.fOn litaux Statuts 

des Chanoines de S. Quentin : > Débet babere unua 

■ quisque privatus demi esteu de moreto. ■ (D. C. 
t. VI, 365 ■.)] 

Esteuf, s. m. Balle de paume. • Uaistres de 

• jeux de paulme ne peuvent prendre, ne retenir 

> gages, cêdules, obligations, ne brevets, pour les 

■ esloeufs, et autres choses qu'ils auront fournies 

■ en leurs jeux, aux mineurs de vingt ans, vallels, 

< serviteurs, gens mechaniques, et artisans. • 
(Goût, de Meleun, C. G. I, p. 119.) [On Ut aux actes 
du chap. de S. Brieuc : > De ancienne coustume 

• ledit vicaire [lerpetuel est tenu au jour de Pas- 

• ques, inconlinetit après complies, bailler des 

■ esteufs, savoir au prélat de la dite église cinq, 

• et aux dignités et chanoines d'icelie église k cba- 

< cun trois, avecques les cabarets à les frapper. ■] 
Expressions remarquables : 

1* ■ Le ject d'un esteuf, ■ la dislance du jet d'une 
balle. ■ Il picqua son cbeval après; mais il n'eut 

• point couru le ject d'un esteuf, quant ung cbeva- 
« lier arriva. - (Percef. III, f. 38 '■.} « 2* Se donner, 
« se renvoyer, se jetler l'esteuf. • Nous disons 
encore < se renvoyer à la balle. • Voy. Oudin, Dict. 
et Cur. fr. Léon, pape, et Charlemagne < se donnant 

• Cesteuf l'an à I autre, s'enrichirent des dépouilles 

■ de l'empire. • (Pasq. Rech. p. 152.) ^ Le pape, et 

■ leroy fraternisans en conseils, te jettoient Ves- 

• teuf l'un à l'autre, au préjudice du clenré. ■ 
(Ibid. p, 330.) 

3* ■ Courir après son esteuf, ■ poursuivre un 
avantage qu'on a laissé échappa. (Contes d'Eutrap. 
p. 85.] —[«Le duc de Bourgogne se mist encore 

■ après son esteuf. et & remettre le siège devant 
« Nancy. • [Gommines, V, 5.)] 

4° < Aller viste & esteuf, > manger avidement. 
(Oudin.) 
5* ■ Jouer de ces estoeufs, * jouer de ces tours. 

> Lu compagnie s'en mit fort à rire, et la dame & 

• pleurer, ayant opinion que le roy avoit fait jouer 

• ce jeu ; car il estoit coustumin* ae faire jouer ces 

• esteufs. > (Braut. Dames Gai. t. II, p. 59.) 

6* On disoit proverbialement: ■Parfaulx^sfoeu/', 

■ on pert souvent le bon. > (Hist. du Tb. fr. II, p. ^1.) 
Esteule. [Intercalez Esteule, chaume, dans 

Pierre de Fénin, an. 1421 : ■ Ceux de l'isle tirèrent 

> deux ou trois fusées sur les maisons qui estoieat 

■ couvertes à'esteules. ■} 

Esteuler. [Intercalez Esteuler, ramasser du 
chaume, au cart. de S' Vincent de Laon, an. 1343: 

• Que nous avonsaisemenidefs/euierandilterroir 
« de Bucy. •] 

Esteurce, s. f. Détour, ruse. • Un cerf, quant 

■ il va à son demourer, revient voulentîers sur 

• soy, et fait une reuse, ou esteurse, et par avea- 

■ ture plus de ni. avant que on le puisse trouver, 

■ selon qu'il est malicieux. > (Chasse de Gast. Pheb. 



yLaOOgle 



EST 

S. 183.) — [On lit estorse au Poëme de Robert le 
iable : • Car ce esl la fins et l'estorse , A l'iermile 

■ ay prias tel amorse , Dont jamais ne me quîer 

• oster, > Le sens propre est action de tordre , de 
presser: ■ I4 suppliant (Ist tant (|u'ilgan$;na la ditte 
- espée par esteurse de bras sur icellui Régnant. > 
{JJ. 173, p. 431, an. i426.)— - Ce sont les eouslu- 

■ mes des presseors de Ctiarrone: Qui aura au 

■ presseor le marc d'un tonelde vincreuen vigne, 

• qui doit dime et prainle, il doit avoir de la 

■ seconde eêtorie ou de la tierche deus setiers de 

■ vin. ■ (Gart. de S' Uagloire, p. 190.)] 
Elsteurdre. [Intercalez s'^st^urdr^, se dégager : 

■ Icellui Hastenc s'esteurdi pour avoir son baston. • 
(H. 154, p. 16, an. 1398.) — . Quant l'exposant se 
< senti ainsi batu et villenoé, 11 s'esturài d'eulx et 

• leuresctiappa. ■ (JJ. 126, p. 278, an-. 1385.) Voir 
EsTORone.] 

Esteuvre, u. Lisez esceuvre ou desceuvre, 
découvrir : 



Si disoH, pour ce que n 

Ds par Dieu, seigiieur sus tous homes. 

Vers loi noua devona nous etteuvre, 

Et hfdNJr, de bouche et d'auvre. (MS. 6S1S, fol. 49 ■.; 

Estevenans, s. m. Honnoie bourguignonne 
d'Eslienne comte de Boui^ogne en 1147. Esteve- 
wn», monnoie fabriquée sous Eslevenon c" d'Aus- 
sonoe, suivant une note hs. que j'ai vue dans 
Peran), Hist. de Boui^. p. 486, an. 1257, comparé 
avec la copie du terrier usa. de Pontarlier. De là, 
les sols nommés sols estevenans, estevenans, este- 
venonx el ettevenars. • Paieroît chascuns Teux 

■ à\x sols estevenonx. ■ (Ord. IV, p. 294, an. 1354.) 
On lit - livres estevenans, ■ dans Perard, Histoire 
de Bourg, p. 467, an. 1246. 

Estez, ». m. pi. Fossés. (Voir Estebt, Estieb.) — 

■ Pons, ou fossez, dit vulgairement este%. > (Coût. 
Géa. t. H. p. 717.) 

E^thuer, v. Esquiver, éviter. Lisez eschiver: 



De DM pechiei, et peneveramens 

De Elire Ueu soit avec nous de droit, 

Pour ealhuer le ju^meat eetroit 

Du haut jugleur, si qull ne noua conronde. (E. Dateh.) 

Da lOMDgiar aathuez le lanEaige, 

Et en tout temps teoes vosm ami cUer. (HAd.) 

Etihua que ne vous tniisse, 

N'aies BOX menras aana baston. (BAd.) 

Elsticqner, v. Planter des pieux. ■ Nul ne peut 

■ picquer, beuver, ne estiequer en la dite prairie 

• de la garenne. • (Coût, de Hesdin, C. G. Il, p. 888.) 
— rDaos la Cbron. des docs de Normandie, le sens 
est Dâtonner ; au reg. JJ. 105, p. 274, an. 1374, le 
sens est frapper d'estoc : ■ Icellui bastard et ses 

■ complices se avancèrent vers la porie de la ville 

• qae il trouvèrent fermée et y estiquerént de lan- 

■ ces et de piqnes en faisant assaut fourmel. ■ — 

■ Icellui Jehan e$tiqva ou ficha de son planton sur 

• le rondel tant que il le fendi. • (JJ. 170, p. 197, 
an. 1418.)] 

Estleffle, 8. Partie d'un cuissot de sanglier. 



3- EST 

" Tien à ceulx derrière, et quier une jointe qui est 
« en VestiefUe du jambon ; c'est ou devant de la 

■ cuisse, devers le corps du sanglier, et encbise 

■ tout en tour la cuisse, en cel endroit. * (Modus et 
Racio, folio 49''.) 

Ëstler, s. m. Canal, comme ester et estier. 
(Oudin.) — [- Une pièce de terre ainsi comme 

■ elle se levet. le Tons du fossé, qui est et flert ^ 

■ Ve&tier du port dessous le chasteau, ainsi 

< comme ledit £Sft£r et ledit fossé se estandent. • 
[Reg. de la Ch. des Comptes, an. 1312.)] On nomme 
a Vannes estiers le bord de la mer, la plage. (Du 
Cange, sous Asiaria.) 

Estiflet, s. m. Simet. (Les Quinze Joyes du Ua- 
riage, page 120.) 
Estimable, adj. Qu'on peut prévoir. • Si par 

< fortune non estimable estoit perdu. • (Bouteiller, 
Somme Rurale, page 372.) 

Estimation, s. f. Estime. [■ Et tel salere doi- 

• vent eslre paie par l'estimation du juge. > (Beau- 
manoir, XXI. 34.) — * Nous devona la sujétion , et 

• obéissance également à tous rois, car elle regarde 

■ leur office; mais Vestimation, non plus que 

■ l'affection, nous ne la devons qu'à leurs vertus. ■ 
(Essai de Montaigne, 1. 1, p. 15.] 

Estime. [Intercalez d'estime-, par approxima- 
tion : > El y mourut trente ou quarante gentilsbom- 

■ mes d'estime. » (Commines, VIII, 16.)] 
Estimer, «'. [Voir EsMEft ; estimer est la forme 

savante. On Ht au iiv siècle, dans la Bibl. de l'Ec. 
des Chartes, Z' série, I, p. 86-: • Nonobstant que la 
> valeur des choses et dons dessusdiz ne soit extt- 
« ni^eetdéclairéeen ces présentes. ■] Voy. Rab. 
I, p. 49 ; Contes de la R. de Navar. p. 69. On lit 
extimer dans Crétin, p. 20. 
Estlncelans, adj. [Etincelant. • [Le ciel qui 

• porte] Toutes les estoiles o li, Estincelans et 

■ vertueuses Sor toutes pierres précieuses. > (L^ 
Rose, V. 17007.)] 

Estincelé, a(0'- Etincelant. > L'aumoire estoit. 
« toute par dedans, de fin or £8itnce/ee. ■> (Percef. 
I, fol. 63".) — < Coste de soye vermeille, estincelée 
' de roseltes d'or. . (Ibid. fol. 91 ••.) 

Estlnceller, v. Obscurcir par son éclat. Frois- 
sartdit de sa dame: 



Pris substantivement, il signifie l'éclat : 

Vétinceler 

De TOS oeillades namboysaUu. ^/ocg. Tahur. p. lOi.} 
Estlnel, 3. m. Barillet de fauconnier. (Voir 

TlKEL.) 

Uoilla la gfbeciere. 

Et Hert contre son ettinel. 

Pour bailler BU bulconroysel. (G. de la Bigne, f. 35:} 
Estlomene, s. m. Erisipète. (Oudin, Gotgr.) 
EsUomené, adj. Rongé par l'érisipèle. • Ne 

■ m'estimez pas de si peu d'esprit, que pour tous 

■ ces discours, je pense que 1 on apporte quelque 



yLaOOgle 



EST - 1 

• bon règlement aux desordres qui courent par la 

« France. Le mal est esthiomene, et en gangrené. » ' 
(Leltres de Pasquier, III, p. 16i.) — • Ne se trouvoit , 
« autre, et plus prompt remède, que se faire viste- ] 

■ ment couper,... autrement, en douze heures, le' 

• reste du membre esloit esliomené, el perdu. » 
(Contes d'Eutrapel, p. 390.) 

'Estiomener, v. Couper un membre gangrené. 
(Oudin, Cotgrave.) 
Ëstipendié. [Intercalez Esiipendié, gagé.« Trois 

■ sergens lesquels ont esté jusques à présent 

■ assignés et esiipendié... » (1521. Sergenterie du 
Buisson de Briou, L. C. de D.]] 

Estiquete. [Intercalez Estiquete, marque fixée 
à un pieu, le pieu lui-même dans certains jeux: 
€ Comme lesiii>pliant et plusieurs autres compai- 

• gnons de la ville de Neelle... eussent pris jeu aus 

■ grans billes à fenrres/i(ïHe(e. • (JJ. 152, p. 259, 
an. 1397.) — ■ Lesquelx compaignons de leurs arcs 
< trayoient aux bersaulx et à Vestiquette. ■ (JJ. 131. 
p. 109, an. 1387.) — • Jouèrent ensemble aux pla- 

• Unes de fer de clievaulx au plus près de deux 
. esHcguettes. ■ (JJ. 189, p. 213, an. l'457.)] 

Estirement, s. m. Action d'allonger. (Colgr.) 
Estirer, v. Allonger. • Esltranfla peau avec des 

• cordons. • (Sag. de Char., p. 2j0.) Voy. Ess. de 
Mont. I!, p 361 : ■ Estirons, eslevons et grossissons 

■ les qualilez humaines tant qu'il nous plaira. > 
Estlser, v. Embraser, attiser: « 

Ou monda a tant de conToîlise, 
Quo nus n'a riana qui li eotRae : 
la tant, sacbles, n'aura d'avoir, 
La char nos rasaut, et «tûe, 

Sul nos destraint, et nos ioatice, 
or acomplir tôt son voloir. (liS. 1615, II, fol. i45 ».J 
Esttus, S. m. Manière d'être. Un ancien poëte 
détaille les qualités par lesquelles on se fait aimer, 
ei ajoute : 

Cuera d'amie, amours, et dieas. 
Sont conquis, par teus eitiu». {/eu Parti, Yat. n' 1490.) 
Esttvalge. [Intercalez Estivaige, au reg. JJ. 56, 
p. 305, an. 1318 : « Item sur le prin el i'estivaige 

■ piscinm apudCaynonem. ■] 

1. Estival, adj. Qui est d'été. (Cotgrave; voyez 
Œuv. de Jacb. Du Bellay, p. 312.) 

2. Estival, 8. m. Bottines. [> Uns esttvaus 
> forrésd'ermine Chauca li rois. • (Rom. de Percev.)] 

Or fantt dn lin, et de la chanvre. 
Et un cuir, qui ne eolt pas tenre, 
Pour BOlars, et pour ettivauic. (Euat. JJetekampi.) 

On lit £Sfivatis au Ms. 7218, fol. 224'; estiviam 
auHs. 7615, II, fol. 148'. 

Estive, s. Instrument de musique. [On lit au 
Roman de Clëomadès : ■ Plenté d'instruoiens y avoit 

■ Viielles et psalterions, Harpes et rotes et canons, 

• Et estives de Comouailles. » [D. C, VI. 377 ^)] 

Cil de Feucbierea, et d'AUes 
Ont prises eapingueries 
Et moult grana renvoiseries, 
De sons, de notes, et Û'ettives. 

Basa. U Ylgntra, PmI. ItSS. >T. 1300, t, II. p. TU. 



' - EST 

Amis riens, ne me plaist, sons, nota, ne eêtiw; 
Quantne vos puis Teolr, n*al talent que plus Tire. 

Aaâab. È Vtltn. Pool. USB. ■*. lltO. I. A, p. 8H. 

'Esttvclot. [Intercalez Estivelot, an livre rouge 
d'Abbeville, fol. 117^ an. i365: > Un pot de demi 

- lot d'estain , trois ettivelos et deox saosaeroDS 
« d'estain. »] 

Estlver, v. Etouffer, amortir*. Passer Tété*. 

* Voyez leDict. d'Oudin. Ce. mot vient alors de 
l'italien 8tJi;are, de l'espagnol esKvare, et primiU- 
vement du latin itipare, fouler, presser. 

■ Voyez leDict. d'Oudin. • Estiver les bcstes. • 
(Coût. Gén. II, p. 483.) [Dérivé de œstax, œaHrrm.) 

Estivet, s. m. Diminutif d'été. < L'estivet de 
6' Martin, >• le petit été de S' Martin. (Co^r-, Oud.) 

Estloi a ré de monlin. En latin etnoetcloeU' 
torium. [Voir Esclotouerb.] 

Estoc, 8. m. Tronc, souche, tige *. Fondement*. 
Li^ne de parenté '^. Chef-lieu". Arme pointue*. 
Pointe ''. Voyez sur ce mot Du Gange, au mot Stoe. 

* [< Bon ente en bon estoc deil'bien fructîQer. > 
(Thomas le Martyr, 128.) — « Elenart, qui moût 

• estoil soulis Sur un ettoc s'estoit asis. > (Renart, 
V. 1982.) — 1 Puis print tous ses habillemens, et les 

■ porta soubz utig vieil chesne qui là estoit, puis 

■ se coucha au plus près de Vestoc, qui estoit gros 

■ à merveilles. * (Percef. III, fol. 90*.) 

Eitoc d'oneur, et arbres de vaUUnoe, 

Bstoc estes, et arbres de noblesse. (Eutt. Deich.) 

' La devant en estoc oendoit un esou blanc, et ; 

- avoit appuyé deux glaives , et deux espées. > 
(Lancelot du Lac, t. III, fol. 60*.) 

■ « Le ohevalier est sur pelrt estoc fondé. » (Per- 
ceforest, vol. vi, fol. 84'.) 

<= ■ Vous êtes du droit estoc, et génération de 

- S- Edouard. • (Froissart, liv. IV, p. 325.) 

" - Celuy qui possède Vestoc, ou chef-liou de 
K semblables biens est, par la coustume, obligé de 

■ délivrer seul les cens, et rentes h celuy à qui ils 

• sont deuz. - (N. C. G., Coût, de Luxem. H, 342 ■.) 
' Brantôme dit de l'entrée de Charles-Quint dans 

Boulogne : • Les pages après, estoient suivis da 

• grand escuyer de sa Majesté, armé de toutes 

■ pièces d'armes blanches, portant en sa main 

■ droitte Vestoc de sa dite llajesté. • (Brartt. Cap. 
Estr. 1. 1, p. 26.) 

' [On lit dans J. de Meung, Yégêce, I, t2 : ■ Ferir 

• de pointe que les Franczâis appellent ferird'M- 
( toc. •] * Se doist garder ie porter en cest esbate- 

> ment armeure qui puisse frapper i'ettoc. • (Perc. 
vol. I, fol. 23''.) • C'est assavoir haches pareilles ; 
< desquelles ils combatront à'estoc de mail, on de 
I taille. ■ (Petit J. de Saintré, 310.) • Ils debTOieM 

• combattre do bâches, et es ferir chacun quinze 

• coups de la teste, et mart^ sans rien toucher de 

• la pointe ny d'estoc. > (Math, de Goucy, Hist. de 
Cb. VII, p. 555.) ■ Ils dévoient combattre, et asseoir 

■ comme dessus, jusques à onze coups d'espée 

> i'estoc. • (Id. ibid.) 



, Google 



EST - 9 

Estocade, i. f. Sorte d'épée*. Coupde pointe'. 

' • EtteauU on espée de longueur. > (P. Daniel, 
Milice b-ançoiee, 1 1, p. 4.) 

' On dit encore eitoeade, pour coup porté de 
pointe. De là^ au flfruré, ■ tirer ou alloiiger une 

■ ettoeade, ■ pour signifler demander raumôme. 
(Oudio.) 

Estocadcr, v. Demander l'aumâne. (Oudin.) 
Proprement, allonger la main comme lorsqu'on 
pousse une estocade. [Voir Estoqeer.] 

Estocage, «. r». Droit féodal payé au seigneur 
du flef, quand on actiète quelque immeuble, dans 
l'étendue de sa seigneurie. [C'est un droit de relief.] 

• Par la dite coustume, if est dit qu'il n'est deu 

• relief, ne vente, réservé quatre deniers, qui se 

■ dit eitocgaige, pour le;ehef mets, si vendu est. > 
(Coût, de Surèoe, C. G. t. I, p. 699] > En ligne 
« directe,, représentation a lieu m infinitumt tant 

■ de (lef. que de rotures, et viennent les dits repre- 

- sentans à succéder par estocages. ■ (Coût, de 
Clermont.) — [On lit au Compte du domaine de 
Desvre, an. 1396 (D. C. t. VI, 378-) : ■ De la recepte 

■ é^esloquages escbeux à la dite baillie de Jean 

• Cbobame pour Vestocaige de sa maison seans à 
> Desvre à l'eacoste du Hosque il vendit à Jacques... 
« 4 deniers. ■] 

Estocqué, partia. Blessé d'un chicot*. Qui a 
des cbicois, noueux, pointe d'une brancbe coupée 
snr un tronc". 

* « Un cheval estocqué, ou mal marché. - (Voyez 
Uédee. des Chev. p. 27.) 

* - Bâton estogué. • (Le Lab. Orig. des Aj-m. 162.) 
Estocquer, v. Frapper de la pointe, d'estoc *. 

Ficher*. Attaquer, agacer'^. Fâcher". 

* [■ Icellu) Ancel et ses complices ferirent et 

■ estoguerentàeb2sloas ferrez et de coutiaux après 
« ledit exposant. • QJ. 99, page 208, an. 13G7.J — 

• Hannequin de la. 'Wagne cnandrelier cuida et 
■- Toolt estodiier et ferir ledit Jehan d'un coustel. > 
(JJ. 98, an. 1365, p. 671.) — • Iceilui Heuliu eust 
« trait son coustel duquel estoça par trois fois ledit 
« Jehan. - (JJ. 104, p. 96, an. 1372.)] - . Il esto- 
« guoit toujours Piètre parmy le corps de sa 
a dague; mais il le trouva arme d'un bon aubert 
« double, et pour ce n'y pot entrer. < (Du Guescl. 
parHén. p. 375.) 

' • 1! estocque son espieu en terre- • (Perceforest, 
vol. VI, fol. lie*.) 

c ■ Quand il la pouvoU voir, il faisoit tousjours 
« une grande révérence Vestoquant du coin de 

- l'œil. > (ÎNnits de Strapar. t. U. p. 221.) 
" Jacgnet a past tort m'etloçue, 

QjuÛDd d« mj Bibt M aocque. {De* Accord*, p. 56.J 

[Il sigoifle eoGore : i' Boucher, obstruer, au rag. 
de Gorbie 13, an. 1515, f. 247 : • A esté ordonné an 

■ cevdier de le cuisine de faire ettoequier elres- 
« tonpertantparhauU comme par bas unecourouye 

- d'eue. . — î* Au reg. JJ. 98, p. 169, an. 1416, le 
sens est broyer : • Un maillot de boys, duquel l'en 

• attaque les terres des cbamps. *] 



EST 

Estoeuvler , s. m. Fabricans de balles de 
paume, d'estcufs. (Oudin, Cotgrave.) 

Estoferesse. [Intercalez jEsto/'eresse, boursière, 
au reg. JJ. 114, p. 64, an. 1378 : ■ Alipson l'Aigne- 

- lette estofereste de bourses demeurant à la croix 

■ du Tirouer. ■ De même au reg. JJ. 100, p. 429, 
an. 1369: ■ Jehanne la Poulains, estotifferesse de 

■ bourses de soye en la rue de la Harpe à Paris. ■] 
Estoffe, 8. f. Etoiïe au figuré \ Matière, espèce *. 
* • Montre de quelle estoffe estoit sa robe. • 

(Caquets de l'Accouchée, p. 61.] Nous dirions, • de 

> quel bois elle se chaufToit. ■ 

■ [• Nus de mestier devanl dît ne puet no ne doit 

■ ouvrer ymage ne cruceflz, ne nule autre chose 

• -appartenant à sainte Yglise, se il ne le f^il de sa 

■ propre estoffe. > (Liv. des Hét. 156.) — ■ Et se en 

> aucun temps, tant comme ille [manoir} lenront, 

■ gros marien y falloit par enviesissure, livrer leur 

• devons Vestofe au devant dit manoir. • (JJ. 48, 
p. 106, an. 1312.) — • Ne face cauderons, cauderettes 

■ ou pos d'arain de vielle «slo^e sans reffondre. ■ 
(JJ. 162, p. 188, an. 1407.) > Le suppliant devoit 

■ paier le mire et les esto/fes qu'il conviendrait 

• poursaner la playe. > (JJ. 195, p. 260. an. 1469.) 

— D peut même signifier machine : > Et fisl prendre 

■ tontes les garnisons qui en la ville estoient et les 

■ feit mener au chastel, et le fît garnir de perrieres 

■ et de toutes autres estoffes. . (Chron. de Flandre, 
ch. 39.)] ~ n Vous estes les estoffes, et les antes 

■ dont le fruit istra, par lequel Bretaigne sera res- 
« taure. • (Percef. IV, f. ISS"".) • Murs.... de pierre 

> de marbre sur lesquelles y avoit sept tours gran- 

■ des, et haulte de mesme estoffe. • (Cartheny, Voy. 
du Cheval. Err. f. 47'.) • Calées chargées de bons 

• gens d'armes, d'arbalestriers, et de toute telle 

< estoffe, e[ garnison qui en guerre appariienL ■ 
(HJst. de J. Boucic. p. 186.) ■ Pour lesquels canons 

< garnir de pouidre, charbon, et autres- estouffes 

• nécessaires. • (Le Jouven. fol. S»''.) . Quand an 

■ chirurgien, il sera salislait de ses estoffes, peines, 

■ et labeurs, par dit'd'autres cbirui^ens. • (Coût, 
de Haynaut, C. G. 1. 1, p. 787.) 

Expressions remarquables : 

1° Westoffe, de conséquence, d'importance, ■ ma- 

• lieres û'eitoffe. > (Pasq. Rech. p. 147.) > Un jour 

< de nopces solemnelles, et A'estoffe, qui e^' -' fài- 
. soienL - (Branl. Cap. fr. t. II, p. 336.) On diâoit : 

■ Personnage d'eslo/T^i de grande estoffe • (Oud.); 

■ de baulte eilolfe. ■ (Perceforest, IV, fol. 128 ''.) 
2* ■ De bonne estoffe •. ■ Mille hommes d'armes, 

< de bonne estoffe. * (J. Boucicaut, page 324.) • On 

• e&timoit y avoir bien six mille combatans de 

■ bonneestoff'e, et conduite. > (Mathieu de Coucy, 
Hist de Charles Vil, p. 533.) 

8* • En belle estoffe, • en bel équipage. • Quand ils 

■ veireut que si grande compaignée degenseeloit en 

> si belle efJa^fi, ils prirent aveceulx, pourcroistre 

■ leurest, tou» les gensqui estoient en la garnison 

< du dict chastel. • (J. Boucic. p. 127.) On trouve 
en ce sens > en grand étoffe > dans Kroisa. 1, p. 6i. 

4° ■ En grosse estoffe, > en grand nombre. * Ces 



, Google 



EST - î 

• nouvelles vinrecl aax Anglois , et aux barons 

■ de Norltiombelaude, qui estoienl à Warvicb en 

• grosse étoffé; car ils esloyent bien dix mille 

■ bommes. ■ (Froissart, liv. II, p. 14.) 

5* • Eslre de pule ettoffe, • ou de peu d'élolTe. 

■ Lors dist Norgal comme je suis de pute estoffe, 

■ las pourquoy forlune m'est si penxrse. ■ 

(Perceforest, t. V, f. TS*.) On lit ■ de peu i'élolfe, • 
dans Strapar. t. II, p. 189. 

Estofté, partie. Pourvu, garni, muni. • Douze 

■ cent lances bien estoffées de bons gens d'armes. ■ 
(Frois. I, p. 46.) . En peu de temps les murailles, 
« et les deffences garnies, et estoffées de ce qu'il y 

■ laloil. > (Hém. d'Oi. de la Marche, I, p. 34G.] On 
disoit de fagots garnis de pieux: • Esiojfezàe pcls. ■ 
(N. C. G. II, p. 149'.) L'usage de ce mût étoil très 
élendu. !>ioos lisons; • Couronne ....enrichie, et 

■ estoulfée de pierres précieuses sans nombre. ■ 
{Carlheny, Voy. du Cheval. Err. f. 40 ^) . Meltant, 
« dessus la place de chascune déesse, ung plat 

• étoffé de pain, et de vin. • (Percer, t. III, f. Ï55 ■.) 
[■ Et estoient li plus poissans d'amis, et li miez 

■ warnise^Io^ei^deproisnes prochains qui fuissent 

• en tôt Hasbaing. ■ (Guerres de Liège, ch. II. )J 
Estofféement, adv. Avec grand cortège, grand 

équipage. [■ En ce temps fut le comte eschamié 

• hors de Bruges et fui venu à Lille moult estoffe- 

• ment. » (Chron. de Flandre, ch. 110.)] . Quand le 

> roy voyt la damoyselle venir si estofféement-, il 

• dist â la royne. • (Percef. t. VI, f. 97 ^.) ■ Envoya 

> Clovis roy de France querre sa femme moult 

> estoffement, et à grande puissance de gens, et 
- d'avoir. ■ (Hém. d'OI. de la Marche, liv. 1, p. 28.] 

• Leduc de Bretaigne qui avoit esté à ost devant 
. Tournay, avec le roy de France, plus éioffément 

• que nul des autres seigneurs, et princes, s'en 

• retourna. • (Froissart, liv. I, p. 81.) 
Estolfer, V. Garnir, pourvoir, approvisionner*. 

Fonder, bâtir". Fabriquer "=. Mettre en état". Cise- 
ler, graver'. 

* [i Li habitant estoientlenuz et dévoient amener 
« noslre vins à leurs voitures pour estofer noslre 
. hostel. . (ii. 59, p. 150, an. 1318.) — . Je sire de 

• Blanville ay garnies et eaio^ecs les dites capelles 

■ d'un messel et d'un bréviaire pour chascune 

■ capelle, et d'un grael pour les deux capelles. ■ 
(JJ. 70. p. 175, an. 1335.)] . Désirant fust le roy 

■ Gallafar de son chastel estoffei; et de le peupler 
< de bonnes gens, alln qu'il fust hanté. ■ (PerceL 
vol. VI, foL82^) 



> Fit faire grans amas de nefs, et de vaisseaux ; 

• et les fit bien pourveolr, et étoffer de ce qu'il 

• appartenoit. ■ (Froissart, liv. I, p. 112.) 

* • Sire, distPasselion.il est ainsi que mon cousin 

■ Bennucq a depuis ung an esloffé une cité, en ce 

■ pays, ...et est bien peuplée de bonnes gens. ■ 
(Perceforest, vol. IV, fol. 124*.) On a dit au même 
sens de pourvoir : • Le roy d'Ëngtelerre , et les 



EST 

> riches hommes menoyent sur leurs cbars, lentes, 

■ pavillons, moulins et fours, pour cuire, et forges 
< de chevaux, et toutes autres choses nécessaires ; 

■ et pour tout cela étoffer, ils menoyent bien six 

• mille chars, tous atelés, chascun de quatre rous- 

■ sins bons, et fors. > (Froissart, liv. I, p. 240.) 

' • Ces pucellcs disent qu'elles congnoissmeot 

■ bien celle qui estoffa l'aumoniere, ....si demanda 

■ â la plus des bergeretles qui avoit ouvré l'aumo- 

■ niere. > (Percef. t. V, fol. 64v) • Pour lequel en 

• remembrance avoir, J'ay fait étoffer ce noble 

• reliquaire. - (Ibid. vol. IV, fol. 10*.} 

" « Pour voslre grac« accroislre, que vous ayez 

■ mieux pour vous ^/û/TiPr & snivir les guerres, je 

■ vous relien à tousjours mais pour mon cbevalier, 

■ à cinq cens marcs de revenue. > (Frois. 1, 196.) 

' Dans Honet, estoffer signifie ciseler, graver ; de 
estofferie, gravure; estoffeur, graveur. — • Etoffer 

■ l'état de quelqu'un, ' fournir il sa dépense, lui 
faire tenir l'etal qui convient b son rang. • Tenoit 

■ sa fille la duchesse delez elle, et étoffait son estât, 

■ si avant comme elle pouvoît. ■ (Frois. III, 228.) 
Estofture. [Intercalez Eêtoffure , garniture, 

dans un inv. «s. de l'église de Cambrai (1401): < Un 
« cornet d'yvoîre sans estoffure. »] 

Estohiers, s. m. p. Elaliers. [Lisez peut-être 
EsTOLUEP.] - Lesfstohterid'Amiensdoiventàreves- 

• que, à la S. Martin, d'iver une penne grant d'ai- 
. gneaux, appelle le mantel S. Martin. - (D. C. sous 
CapeilaS. Martini.) 

Estol. [Intercalez Estoi, dans l'expression met- 
tre en estoi, mettre dans l'étui, préserver : ■ Grant 

■ plenté de foi Dont en moi défaut As mise en 

■ estoi. ■ (Loenge, N. D. ; Chron. A. Norm. III, 35.) 
Dans Renard (v. 10548), on lit eslui : ■ Dix gelines 

• pris sans faillie ; Les cinc en ai mengies nui, El 

■ les autres mis en estui. *) 

Estoicage. [Intercalez Estoicage, comme esto- 
cage: ■ Avons franchi... Ameline famé feu Gran- 

■ gier... et touz leurs hoirs masies et femeaux... de 

• tailles... vendes, estoicage et de toutes autres 

■ costumes. > (JJ. 65 bis, p. 278, an. 1325.}] 
Estoler, v. Garder pendant l'été. On a dit de la 

planète Jupiter : 

Caste planète ne lait pu 

L'oinme, ancois Vettoie et freme 

Et .XII. ans DU plus le gouverne. (FnÂatart.) 

Qu'altemprance qnartement 

Qui le d^grâ aprëa gouveme 

Te prendre ou eifoie on Trente. fibid.j 

[Par suite garder, dans un récit des noces de 
Cana : ■ Autre gent metent avant lor bon vin el lo 

• meillor... et tu as fais le contraire; car tu as 

■ estorié lo meillor jusc'à hores. ■ On lit dans le 
latin de S. Jean : • Tu autem aervasti bonum 

• vinum. •] 

Estollant, adj. Garni d'étoiles. • Citoyens de 

■ Vestoiiante arche. ■ (R. Bell. t. II, fol. »4 *.) 
Estoile, s. f. [Voir Esteile. On litdansCouci, 

t. m : ■ Enpris ai greignor folie Que li faus enfes 



yLaOOgle 



EST -i 

> qui crie Pour la bele estoile avoir Qu'il voit haut 

• et ciair seoir. >] 

1' • A l'eDseigne de l'ettoile, > à la belle étoile : 
I Eaioieoi \(^se2 à l'enseigne de Festoile. -(J-d'Aut. 
Ann. de Louis XII.) 

S* > La cour de Franeeesloit la fleur de toute lar- 

■ gesse, et Vestoille de tout honneur. > (P. J. de 
Saintré, p. 368.) 

3* t Voir les estoilie», ■ c'est-à-dire être étourdi 
jusqu'à rébloatssemeDt, d'un coup que l'on reçoit. 
Oo a dit d'uD combat k la laace: • De la grande 

■ secousse qu'il reçeut, il en vit tes estoilles. * [La 
Colomb. Th. d'honn. 1, p. 260, et Strapar.l, p. 375.) 

4* ■ Jusqu'à tant que homme pusse véer lese^toi/- 

• l€$ en le firmament, > c'esl-à-direjus(iu'& la nuit. 
(Britt. Loix d'Angl. fol. 42 '.) « Avant que le souleil 

• soit il couché, 00 :. que les ettoiltes paréent 

■ ou ciel. > (Assises de Jérus. p. 45.) 

5* ■ L'heure des eatoillet, ■ le temps où elles 
paraissent au ciel. (Bout. Som. Rur. page 37.) . En 

■ dedans heure d'estoilles, > avant la nuil. [C. G. Il, 
page 930.) • Après heure à.'e$loilles gapdée, • après 
avoir obserN'é le délai fixé à • l'heure des étoilles. . 
(C. G. Il, p. 902.) 

6° ■ Estonie k queue, > comète. (Perc. IV, f. 53 <>.) 

7* ■ Chevaliers de l'estoiUe. • Ordre militaire 
inslituépar Jean-le-Bon, en 1351. (Du Cange, sous 
Stella.) [Voir aussi le livre de M. Pannier déjà cité. 
Cet ordre était dit de la Blanche- Maison ou de 
ifostre Dame. Cet ordre Tut bien vite avili et ne dura 
guère. Son emblème était une étoile avec celte 
devise : - Monslrant regibvs astra viam. •] 

^ • Gros deniers blancs à Vestoiie, ■ monnaie 
valant deux sols six deniers tournois. (Ord. t. III, 
page 378.) 

9* • Ettoille jouroale. - > Lors s'eslant placé au 

• lieu du prevost, le greffier a son costé, et l'au- 

• reille au vent, demanda, en langue incongnue, 

• elboTsVestoillej<mmale;}e ne vous puis dire 

• quoy, ne luy aussi. ■ (Contes d'Eutrap. p. 192.) 
10* [L'Epiphanie est parfois dite fête de l'Etoile.] 
Estoller, v. Briller*. Remplir d'étoiles'. 

'Par la come d'une Untenie, 
Od volt U chandelle atmler. 
Et ses rajoDS MtlDceller. (B. Belt. II, f. 06 •.] 

*[• n vous fust avis que la terre vosist empren- 
< dreeslrif et guerre An ciel d'estremiex estelée; 

• Tant îert par ses flors relevée. • (La Rose , 
T. 8467.)] 

Estollette, s. f. Hermine avec mouchetures, 
comme ■ genette. > • 11 ne voulut plus porter de 
« menu vair, de gris, riy û'estoillettes [c'estoient 

■ genettes) en ses habits les plus vieux pelle- 

■ tiers de cesle ville ne acaveat que c'est à'estoilet- 

■ tes, ni de gariulhes. > [Favin, Theât. d'honn. 1. 1, 
page 519.) 

Eatoilleux, adj. Etoile. (Oudin, Cotgr.) 
EstoilIIn, adj. Brillant comme les étoiles. 

• M'éblouit tout d'une flame estoilline. ■ (J. Tabur. 
page 250.) 



Une etioire w 



ÎST 

EstolIIlns, t. m. p. Moines ainsi nommés. 

Rarce qu'ils portent une étoile sur leur habit. 
>udin, Cotgrave.) 

EstoIUiste, s. m. Qui admet l'influence des 
étoiles : ■ Ainsi que l'a estimé Procle, contre l'opi- 

• nion des estoillistes. • (Dialog. de Tahur. f. 137.) 

1. Estolre, ». f. Histoire. (Poét. av. 1300, t. IV, 
page 1320.) 

. En IxHi Romana peusie mettre 
"'~-» auqufiB ancieDoe. 

I. au\n S^a, dié ptr Pisch. Ung. M PoSt. fr. p. S3. 

[« Cil qui cesl œuvre commence, à tous ceux qui 

■ ceste estoire liront salut en N. S. • (Dom. Bou- 
quet, 111, 152.)] 

2. Estoire, s. f. Flotte, escadre *. Troupes de 
terre". 

'En mer se met, o grant eaU>irt, 
O grant espoir d'avoir Tict<rire. (Pari, de Bloi».) 
Lora vint al dam, k son eatore. (Ph. Uoutka, p. 56S.J 

• En cel termine, mut uns estoires de Flandres 

• par mer. • iVillebard. p. 19.) » Décelé estoire si 

■ m chevetaigne Johan de Neele, chastelains de 

■ Bruges. > (Ibid.) > Il fu envolez en iSurie en mes- 

- sage, en une des nés de Vestoire. » (Ibid. p. 39.) 

• Navire, et estoire. » (Ibid. p. 8.) - Le roy d'Angle- 

- terre avoit fait appareiller une grande estorée de 

• nef, à un sien port. • (Chron. de Flandre, ch. 82.1 
' Dix huict nefs, tant de guerre, que de cour, oti 

■ luy, hardy chevallier, bons chevalliers, et vaillans 

• hommes d'armes, de plusieurs contrées estoieni, 

• et les ligers mariniers, pour aller devant Ves- 

• toure, quand elle seroît menée pour port trouver, 
« et prendre. » (Hist. de Loys III, duc de Bourbon, 
page 286.] 

Il pnet vpoir tôt cler le Irel, 

Et lot i'ettoire de la nef. (Part, de Bl. f. IS6 '.} 

■ - Quant ce vint le matin, leur estoire fut appres- 

• tée, si s'en partirent : itz traversèrent la Gham- 
« paigne. ■ (Ger. de Nevers, 11* partie, p. 98.) Voy. 
la note A ibid. où l'éditeur, d'après Vigenere, 
l'explique mal par > vivres, et autres choses nérâ»- 

■ saires. > Flotta, comme estoire, se prend au sens 
d'armée de mer et de terre. 

Estolremeot. [Intercalez Esloirement, provi- 
sion ; • Comme lesdîz moines aient peu de bois 
« pour leur estoirement de chaufer et ardoir, ne 

• {lOup leurs ediflces faire. ■ (JJ. 81 , page 918 , 
an. 13.51.)] *^* 

Estoite. [Intercalez Estoite, tan (?), dans une 
charle du bailli de Courtenay (JJ. 69, page 61, 
au, 1334): • Comme nous... eussions accenci... à 
. Jehan Bergerole le leu, ouquel le botoer de Cour- 

< teoiiy séant este, aveuc le cours de la rivière du 

■ rerebiez courant parmi l'eslaoc dudit lieu de 

■ Courtenay et les places séant au dessons de la 

■ chauciée dudit estanc, pour faire un botoer à 

< braier estoite, maison pour demorer... et haies 
> et lorges pour mettre ladite estoite. <•] 

Estole, s. f. Echarpe. [Le sens est étole, dans 
Thomas de Cantorbery, 68 : ■ Le pape ou arceves- 
13 



yLiOogle 



m -» 

. que 89 tare suU^imU. ^9? ctfii^ # Kpz «tôle . 

■ Il reia lies assoiUet. >] De mime fl^ins E. Pesch. : 

Princes, preUs, grmiiB, et moyens 
Haistres de la, diviqe eacojfi, 
Cters, conseiUiers, praticisna, 
jCilt qui poi:t« la fiiat eitole, 
Chfscuii A ces Dieux cpurt, et vole. 

• Se rpire â^ hart estoie, > tirer avanlase ^e ses 
malheurs, [hs. 791S, fol. 7S ■>.] On disoit dç U fsar- 
que des croisés : 

La fu le cardinal Nlchote, 

QkI (Te fvoM lor bei«^ Twtote. fJtfS- (Wi?, f. *0 '.; 

Pd lÂ, au figuré : 

Pour ce doibvent hellm vans snr eatalf, 

Et eu leurs cueura, tneltre 1 aTenement 

De Yraye amour. (E. Deich. f. 164 •■.] 

Estolon. • Pour mieulx le savoir descleirée- 

■ meut, il te sera plus a plain declairé ou livrç des 

• Qi^aus, de la rois que se descent de lui mesmes, 

■ qu^nt l'oiseau sauvage prent Xe^tQlqn, qui est en 

■ fourure, lequel se prenf lui megme. • (Modus et 
Racio, HS. fol. 100-.] 

Variantet : ESTOLON. «odus et Racio, MS. folio 100, R». 
— BscDLON. IMd. autre copie. 

Estomach, j. m. Eslomac*. Gorge*. Cœur*. 

'Lm chac\inha b% chanson recortlée, 
D'un atamach, par froid, débilita. (C. }Larot,p. 243.) 
■ D'une voix basse, $1 presqu'à peine sortant de 

■ sQn estomach. > (Tahur. p. US.) 

* ■ Mpnstrant aucunes {ois son gentil estomach, 

■ on il y avoit deux petits tetins qui ^çmbloient 

■ flcyx pompneS; » (Strapar. t. f, p. Srâ4.) < Oucques 

• amour, ne pitié n'çntrerent en leur estomach. • 
(Coptes de la roîRe de Navarre.) [. Quand je voy 

■ fiart>e en habit bien duisant. Qui l'estomac blanc 

■ et poly descceuvre. ■ (j. Harol, III, 126.]] 
'VW^e me dit, d'tm jOTeux etiotmck. (Marvt, S3S.J 

On disoit d'un t)<wn^ dont i« cœur étoil au-des- 
sus de sa fcirtune, qv>l ■ ço^vroit u|i etionuuàt 
« q'or, Àous une t^MMue burelée. > (Meiieatr. Oru. 
4^ Arm- pag« 987.) 

Estomacher, a In<iter. (Oudin, Cur. fr.} On 
Aaoit s'e*tomaguer, pour se mettre çn colère. 
(Oudin.) On lit estomaeiter (Amoure et Lettres 
d'HçDri IV, page 117.)— Estoiweqvfir a)i» Ace. 
Bigarr. p. 18!) [• De quoy plu^eurs grands s'Mto- 

• macquerent nien ^ • (Carldix, VI, 39.)} 
Estombel. [iatercstea EsUm^l : < Le aap- 

■ pliant print son baslon que l'on appelle («1 
f Xi;ivergue) eitombel, duquel \\ twî^it. ses 
< bœpfs. • (JJ. 196, pi, 2$6, an. 1476.)] 
^ Estomlsseor, a.fn. (Cotgrave.) [Lisez peat-éire 

«'on laache l'élomiMêeur, 
ut lantevant par l^air iiafltt 
§ax ç« lailaii ^Tiwew- (J- ^ ^^Vi f- ^ ''■) 

KstoDné, adj. Etourdi, f el est le personnage 
QOVilue. du comte ELonnë daaa le Ronua de Perce- 
loresl. • l^onvé k qui le nom venoit 4b sa nature, 
« sedyi^doitsi^tonnciAent qu'il «e i^iardoit, 
% ^àbien, it«à s<9i)s. *(^erc^orest,vol. ï,f. 34>.) 



^"tc 



EST 

ê Dpw^vn àe cMWié mvs MtOHrdr. ^wuv, et 

■ comme en litargie. > (Al. Chart. Esp^. 9. 364.) 
f * Estonné des quaU» pieds. ■ (Contes de Des 

Parr. 1. 1, p. If».) 
So ■ Estonné du bateau. > (Cl. Uarot, p. 346.) 
8° i> P(tts mtonné que U pr«ioi«r copp de mati- 

« n«s. . (Pepcef. m, fol, *17 *.] 
4* ■ Estonné comme un fondeur de ctoçbes. • 

lOiidin, Cur, fr.) 
&° ' Estonné comme c*n». • (Colgrave.) 
EstonDément, adv. Etourdiment, av«c éton- 

nement. > S'en allèrent tantost tous quatre getter à 

< terre si estonnement qu'ilz ne soeurenl où ilz 

• fbpent, une grant pièce. • (Percef. Il, f. 3fi '•.) 
Estonner (s'), v. S'étonner*. S'efforcer, 

s'évertuer'. Etrefliranlé''. 

* [• Granz fu li colps , li dux en estonat. • 
(Roland, y. 3438.}] 

Ses araines flet haut aonper. 

Peur les FlameDs a aîoimef. (Hthukes, p. 5B6.J 

On a dit proverbialement : 

!• « Il ne faut &'étmner que l'on ne voye sa teste 

• à ses pieds. ■ (Moyen de Parv. p. 75.) 

2° • 'Tout ce qui tonne, ne nous estonné point. > 
(Cotgrave.l 

*• Ilcomoieaça un vent contraire si très grand 
f que, pour seo», et pour puissance que mettre y 

• si^ussent, nepouvoient avant aller, combien que 

■ de tout leur pouvoir s'en elTorcasseat, et etton- 
« nas&ent. - [Hist, de Boucic, p. 209.) On a dit des 
hérauts et meneslriers qui ne célébraient les guer- 
riers qu'à proportion de leurs libéralités : 

Sauf travaux, 

Ceulx qui largement donront. 

Grâce, et louenge au monde aront ; 

Et les puisaana, v>i riens ne dixuMnt, 

Qui BORt vouant, «t qui •'wtonMen*, 

N'aront pas la louense d'qulx. (E, Deteh. f. 553 '.} 

" On dit encore eton^ daw quelques pjrovinces, 
pour UQ ébraaieweul, secousse. [* Tels cop lez 
« l'oreilie, U donc, Tole la teste li «Une. - (Beoarl, 
V. 14902.)J< La cause de ce dommage (bt. que 

< sortant du havre de Honnenen, peur se jetler à 

■ la rade, le dit navire loucba on terre, et de ce 
> heurt la quille, et gaborts s.'estQnnerent de sorte 

■ que les joints des planches s'ouvrirent, etc- ■ 
(Mém. Du Bell. Uv. X. f. 339 •.) 

Estoimeure„ s. f. Engourdissement. > Il se 
'( tira ung peu arrière du tournoy, tant que 1'^- 

■ tonnetire de son pied fust appaisee. > (Percefor. 
vol. I, fol. 1462 M 

EstonnUs^ement, i. m. Ebranlement, bruit. 
[Ljsez EsToimissEiiBeiT et voyez Estoiuiix.] * Quant ilz 

■ ouyrent ceste parolle, ilz cheurenla terre tous 

■ esténdus ; car la voix leur donna si grant clarté, 

■ et si grande estonnissementt qu'il leur fut advis 
( que la chapelle estoit cheute. • (tancelot dn Lte, 
t. III, folio 108 -Oi 

Kstoupa«ler. [Intei»alei£sttmpd«i£r,aorl«de 
supplice, dans une énan^atios cmpmatée à 
Estieunot sous Essoriller.] 



, Google 



EST -' 

Bsto4(tHi0cs. [IntareidCK Ettoquages, red«vanoe 
payée pour enlever les ttocs, les souclMS^ dans une 
lortt : ■ Recepte d'Mrto^ufttfres, de secs bois versez 

• -et esloopôaaea; - (fioblpte ck Dotnain«'d'Bl»ptes.] 
--Bans eehii ÙM Foatitiea, on lit (an. 14-78) : 

• Recepte.deboissetôd'MfoAWRM et dewasUaren 

■ Mite forest...... ne«fiu a'e$tB^u9ges qu'on dît 

■ esetiiMtes, ou plasfteurs martniars soDtoient tnel- 

■ tre leurs rets. ■ [Compte du Domaine' de- Poiv- 
thiéu.)] 

"Estor. pnteroalez Esior, bataillie': • Oliver che- 

• valcbet par l'es/or. ■ (Roland, 13.M.)] 
EstopikcU calamitis J> Drogoa médicinale. 

• Faites bouillir du mastic, et d'encens bien poul- 

• dré en yaue, ^d'une chose- qw. ^apfirtle eslora- 

■ cts calamita ei raitesianir les narinesdu ctaî«n 

■ surlttp«L, an cela boniiliv». >' (Chasse de Gnslbn 
Pbébua, Ms. p. t05.) 

fisCovliaffcii s. Mi. àpftl »ai armes: 

Poora» MtmanatMiatt»,Vatorbagawretll»K. fRiAi, IST.J 
Estorbellon, [Intercalez Eslortfellùn, tbnrbil- 

loo , dans 1» Chr: des-dves de Normandie^ v. ^MSl^.] 
Estttrcc.s./.'Bntbrser*'. Contorsioil ■. Bélour*'. 

Tour d'adresse*. Combat*. [VoirEsisuBsE-l 
''■ Le bourt paillaitfoQ-, ou tlourrelet mis au 

> poilFail-du' crevai; est bon pour gairenUrlecbeval 
■-d'espanler eontrè le burt, quand on- vient de 

> ofaoe.; et préserveainsr la jambe dn- touriiayeur 

• de toutes estones. • (La Col. Tlh. (Vlfon, I. p. 59.} 
* X-oy.' les QuinRftJOyeB du Mariage, p: 36- ef 15V. 

' Si Tons-reqnlecfiMtraïuuiaUl, 
Douces dames, qui tant nvei, 

Des .11. cherains dont, Bans ettorce, 

ICe convient l'un passer pu Foroe, 

Qu'en regardant quel preu.puet eslre,. 

En chascun, et quel mescbiet oestre,' 

Le^oaioB periU«iis-ine loM. {MS. C81S,.foi. i\} 
" Eo langage Tamilier, on dit torquet. Path«lîa 
dit du berger : 

.... Ta parUe est ratinste, 

HAily^phiB-bée, ii n'y, a-faw» ; 

Lur.aj-je baillé bella ai((ïr«e ? 

■pBï^ie point consftitK «iloint? (Patheîin, p. lOf.J 
Eêtoree a le même sens dans Rabelais, IT, p. 226. 
■ Voyez EsToutf, 

Car, comme on dB, aoavotft'en maint eslorce, 

IM boa espritivaufnleuit-qhenuHèrorCB. (Paifèu; p/Si.J 

k'a^laj joar, enUt-BtoilMfe eW^rec, 

ItMii'jpsigaaT.mMcorpHalle force. (C. Haroi, p. 490.) 

Sauve mon glaive, et de mortelle etiorca 

Honame; lielasTgiie de perdre on a'etforce. (Id. p. 647.) 

Il'feut mener' nostre cttarette,.- 

nmr'aaMnèrpayens ^Ibrce, 

Qnî d^bvent momirab fefMrw 

De la Biierre> cnainenoàè. (Uùl. du TA. fr. Il, p. 14.) ■ 

Kstorcbenient, si mi Extorsion. 



AnqMlles veMant-excMar 

Noustre roy, par leur reciter : 

L*l»eMliM«e«^4e<HeN'paier.... 

^•seconde de hanchemut 

Régnier, et sans tàîorehetnent ; 

De servitutes oeter toutes. (MS. 68i2, foi. 40:}' 



BMdFClP. [liif«rcafez Estoreir, lux» : * JUiftî 

■ que Jehan de BMrges 3' efforça de' ftaaptf et ponr< 

■ suH- le supi^iant, se esforctr la jambe Meeet' et 

■ la soy POiBpi ea deux. * (U. 1S7, p. 220, an. 1454.)] 
E^tordelsv Action die toMr» les doigts. 

lUe estott hr vision moie, 

Que «arle llf, ou je dormoM, 

Se seoient trois iones daUies, 

En sonpirs, en'plours, et en larmes 

De cfuôi, pSr lé son de levfrs Vois, 

Et VeHordeU de leufvdofB, 

Vie me ta qUa je tt'esvetnois: 

ËstordplsOA. [Intercalez Êstotdoison, étouV- 
dissement, au Roman de Partonopet' : < Li roiï 
> revint A'estoritoisons Bien' s'est ra^s en ses ar- 
- pons. •] 

Estordre.v. Tordre*. Détourner". Soustraii**'. 
Echapper". Extorquer*. 

* • Voil-je... arroser vos cuét^ d'unes tres' petite 

■ gettes>de l»eelsatieBii«' poseie qui esfone» sont 

■ assi cum d'un liaoeuh • velut exitressû lintea- 
mine tiel'sxigda refnnc&M cœl'esiis sliUic%di»roti&. 

.... La ferï si très Fort, 

OU'sI retraîrff s'espée eatort. (Ph. Moiink. mt. p. 5(Ki.J 
• , . . . Somegur son (JOp estorf. (Partoii. fol. iSS'.J 
Ob fir<rafMnMI«'^Mt«pt' 
De WMer Ib'cdre moitMtoe, 
OU l'en lait, uar lurt aaodaine,. 
Ltuf pu' vouloir, laubre i^r mort. {^. DeacU. fol. 541 *.) 
■ I^ très preuK ofawalier fût tout jweulx, quanf 

■ il se peut estordre de lui. • (Percef. JI, toi. 136 ■.) 
" On disoit des femffiâ'quî dë^rangeni l'ordr» des 

suooesHOffS'en dDaoant-â' leurs' mariB- des etif^ns 
dont ils ne swt- pas-las pèraa : 

S'il acquier terre, et îl''96 rituerf. 

Celle terre aux amis ettuert. (E. Deteh. fol. SSf*.) 



Contre fffniotra, par autre tndt 

Ûu'ilz Oe firent; tuit fussedt mors. 

Btqaenals nelèurfust'e*(*rs; fE. De$ch. fol. 571'.) 

DHtit'mt que ga Tmnle^esirMbe; 

HtquedeTDS m3bi«>lM etl^iYe. fG. Guiart,fbl.40'.) 

Tinrt voient qatfïienfln'en'eflorl. 

Gm» BrilU; Poét. ■'. 13M, 1. 1. p. t». 

Parsnit^ se- débattit) poat' s'éabapper : 

.... Iioejls, 1^ rMS'stMtttAÎ 
Fu-daroiùtiiis par'Ludemari, 
£t par son aisnpur Isenb'art, 
A l^tordre k^flst A sus ; . 
QaaMt i jouata', corne rorsus; 
Moult la fist iHeo à IK^batMlle, 
Et tant i fu bleciéa, sans Faille, 
Qno'xKx jorSnel vesqui pas; (Ph. Mbask. p: iuS.) 
[« Icellui Gieffroy eschapper' s'ealordi escoUt'dè' 
-• loi; efen'soy-esrti'rfâhf et'eseîiappant: i. [ii. iW, 
pLil2( abJ 1876.)— «-POar «f quilz ne le vou- 
• loienl laissiep afer, visant et' sentant les' grans 
•■villeoies-et injures queowlliiifaisoil, se «Worta 
■^ tadt' qu'il s'œcbapp» de' Imrë' mains. • (JJ. 15^' 
pL 74^an. 139703 

**' OfllcfeTs, iifgés qw)i..(: auroient prfnt,'Ou- 

prendront loyer pour iakve- faux j^{etnent^' ou 
eit&mbnni poorfàlre corttre^raîsOrt, argent', ou 



y Google 



EST 



- 100 - EST 



> pris de ceux qui riens n'ont, ou n'auroat mef- 
. fail. . (Coût, de Liège, C. G. t. Il, p. 977.) 

Estoré,;>aW. Fourni, garni. ■ Chambre esto- 

■ rée, • dHng quelques Coutumes, est la chambre 

> gai'oie des meubles donnés par les parens à une 

■ nouvelle'miiriée, en augmentation de dot. • (Du 
Gange, soiJs Serpol.) De même au figuré : • De tous 

■ costez commeni^a l'assault si dur, et si eêtoré que 
• en brief fut ta ville gdignée. > [J. Le Fev. de 
S' Remy, Hisl. de Charles VI, p. 159.) 

Remarquons ces autres expressions : 
1° * Tenir a cour Teste haute, et ettarée, > (Golgr.) 
fête bientréquentée. 

% • Parlement esloré, • suffisamment garni de 
ses' pairs : 
. Blanche, Aile au roy de CastUle. 
,' liera de S' Lova, le roy 

De France, t\a, mettVe on arroy, 
En beau lit richement paré 
Ou droit parlement eetorc ; 

La miat le roy, en iny la couche. (E. Dexh. fol. 558 KJ 

Estore, s. m. Meubles, provisions, comme etto- 

rement. • Volons que lour terre lour soient liverées 

« estorés de carues, oresque autre ^/ore. • (Bhtt. 

Loix d'Angleterre, ch. LXVl, fol. 168*.) 

Estorenient,8. m. i° Vivres, subsistance, sou- 
tien. [• Des blez que ils feront charger pour 

. convertir en vins ou autres vivres et denrées 

- pour lours eslorementz. • (Preuves de l'Histoire 
de Bretagne, I, col. 1603, an. 1365.)] 

Prenait les grains, et les formena, 

Et les autres eatorenteni. 

Et la aubatance de la gent. (HUi. de» III Marie», p. SOO.j 

Ifaia quoj, vinum non habent; c'est maulvais 

Ettorement. (Crehn.p. S35.J 

2° Meubles : 

Veua ardoir les meaons, et ieaettoremeru. (Bou, p. ISff.) 
[< Huches, huchiaus et autres communs estore' 
> meni>d'ostel. ■ (JJ. 89, p. 103, an. 1357.)] 

^' 3* Trousseau d'une mariée: . Voulons que 

• Marie nostre fille soit contente de cent mille 

■ francs, avec tels estorements, et garnisons 

■ comme il appartient à (llle de France. • (Godefr. 
Hist. de Charles VI, p. 572.) On lit, au sujet du 
mariage entre le duc de Bretagne et Jeanne de 
France, en 1405; • Pour Y estorement, et Testât de 
€ laquelle, avons baillé...joyaux d'or, et d'argent;... 

■ vaisselles robbes,.... chambres, tapisseries, 

■ lin^s, chevaux, chars, haraois, etc. • (Preuves 
de l'Histoire de Bretagne, p. 817.) 

Estorer. ti. Créer *. Fonder ■. Instituer*^. Bâtir". 
Etablir'. Doter ^. Orner". 

* Diex primea Htede etiora. (PoSt. av. iSOO. IV, p. 1334.} 
> Puis que li monz fu eitore%. • (Villehard. p. 49.) 

— « Puisque li siècles fii estore%. ■ (Ibid. p. 102.) 

* On a dit de l'église de S' Jacques , fondée par 
Charlemagne : ■ Noblement Veslora, et la garnit de 

■ rentes, et terres: moult d'autres églises et 

€ abbayes estora. • [Chron. de S' Den. 1. 1, p. 136.) 

A la porte saint Hoanonré, 

A lee Quinze Vlna eêioré. (E. Desc/i. f. 359 '.} 



■ Eitora une ville qui depuis fui grande et puis- 
« santé. ■ (Percef. H, fol. 3 '.) 
'^ > Chastet de Winderose (Windsor), ou première- 

• ment fut commencée, et eitorée la table ronde. ' 
(Froiss. liv. I, page 116.) ■ Enquist quelle feste 

• c'estoit, et qui l'ouoi( ettorée. ■ (Perc. V, f. 25 ".) 
° <■ Trois ou qualrt! cens ouvriers qui tous mel- 

■ toient peine & estorer le diastel, • (Perceforest, 
vol. VI, fol. 68'.) 

* Le i-oi d'Angleterre ■ vouloit atorer en Bretai- 

• gne tel estât, comme cy dessus a esté dit. • 

(Froiss. L p. M4.) 

'Assez etiora abeyea. 

De tous, et autres meiiaDUes. fBou, p. S75.} 

De son avoir, et de aa rente, 

Li rois Velmonstiereitora. (Id, p. ¥73.} 

'Lorsque Phebua, an sa chambre 'parée, 

Pbebe s'aioie eut du lustre ai torée. (Crtlin, p. 154.) 

[Il signifie aussi meubler : ■ Le roi ettora la dite 

< meson de liz et d'autres ostillemenz, qui leenz 

■ estoient nécessaires. • (Annales du Règne de 
S. Louis, p. 318.)] 

Estormey. [On lit au registre iS. 163, page 6, 

an. 1408 : < Jehan Courtot maistre d'estormey. >] 

Estornel, s. n^. Etourneau : ■ Estomel, gay, 

- el pie. • (Prev. du C" de Brel. fol. 115 '.) [■ En 

■ nng leu uvott rossigniaus, £n l'autres gais et- 

■ eslorniau». > (Rose, v. 650.) — ■ Merles et calen- 

■ dres et gais Et etlormiaus et ressignos. > (Flore 
et Blaochenor, v. 3000.)] 

Estorsement, s. m. Contorsion. (Cotgrave.) 

Ce motest traduit parconlorsio, daasRob. Estienne.' 

Estort, part, i'estordre : 1* Qui se détourne : 

Or se mire, or ce coUoie, 
Or tait le mignol, or le cote. 
Or guigne, or redrece l'ueU, 
Or resera de bel aeuel, 

Or endroit aéra moult eatourte. (MS. 1615, 1, f. 107 '.} 
2* Tortu : 
Les os esgarde qui aont grant, 
Et la hanche, et la quisse tote 

Qu'il vit si grosse, et si ettorte. [Fabl. de S. G. f. 47 '.} 
3* Issu : •> De mal braon est cist estorx- • 
(Parton. de Bl. us. de S. G. f. 150 '.) 

Estoscemeat. [Intercalez Estoêcement, au 
reg. JJ. 113, p. 233, an. 1378 : < Micbelet de voir a 

• teiemeal menée ladite Simonne, que il a eu com- 

> paignie à elle, et les a ledit Uathé trouvez easem- 

• Die couchiez en sa propre maison estoseetnent 

> enfermez. ■] 

Estonblage. [Intercalez Eitoublage, droit 
payé pour laisser paître les eteuies par les porcs : 

• Le pasnage et Vestoublage des pors aus homes de 

> la vile. .Lx. solz par. ■ (JJ. 13, p. 118, an. 1309.) 

— < Jceulx prevostz et chacun diceulx... doivent 

< avoir sur Vestoblage d'ioelle forest chacun six 

> deniers tournois. > (JJ. 162, p. 341, an. 1401.)] 
Estouble, t. /. Eteule. [• Tu eaveias la tne ire, 

• la quele dévora Si cum extult^e. * [Lib, psalmor. 
page 237.)] 



yLiOogle 



EST - 11 

La ena mat d'anUËs el de nus 
Pai^acnierea. etpBreifoi(Me«,... 
Et grant planté de cbarretoos 
Par «■touUei, et par bruieres. 

fi. CniM, US. du ptf Do Ctnge, GL M. uni SiltuMajia. 

r> Ainsi que lessuppliaas Taisoient pasturer leurs 

• beuTa arans en une estoiible ou gueret. > (JJ. 196, 
p. ^0, an. 1470.) — • Les supptiaus firent mener 

■ leurs beurz et pourceaulx en leurs estrobles ou 
> chaumes dudil champ pour illec les faire pais- 
. tre. . [JJ. 197, p. 107, an. 1469.)] 

Estoachée. [Inachevé : ■ item, une place en 

■ laquelle a par darrière. une maison non estou- 
' chée de bastir... ■ (1460, Droit de ferrage de 
Bau^ncy.) L.G. de D.} 

EstoucqueL [Intercalez Éstoucçuet, au reg. 
JJ. 195, page 3Sâ, an. 1469 : > Icellui PaMiart avoit 

• mis sur les terres deux estoucquet%, comme il lui 

< sembloitque itz se dévoient rigler el vassèr. •] 
E^toupade, s. f. Action de boucher. Voyez 

Oudin, Dict. On lit • esloupade de reins, • dans 
Cotgrave. 

Vorianleê: ESTOUPADE. Colgr. - Estouppade. Oudin. 

Estoupalge, s. Bonde d'un ruisseau : ■ Le. 

■ bailly, hommes, el ofliciers des dits seigneurs 

• vont visiter les dils chemins, estoupaiges, cours 
. d'eaux, etc. ■ (Coul. de Guines, N. C. G. I, p. 237.) 

Estoape, s. f. Bourre du chanvre ou du lin *. 
Chose de mauvaise qualiLé '. 

*'Estoupes est pris flgurément et ironiquement, 
pour prison ou fers de prisonnier, dans les Fabl. 
Ms. de S. G. fol. 78 -. 

Remarquons ces expressions : 

1" « Mettre le feu aux estoupes. • (Ph. .Wouskes, 
Ms. page 671 .) 

2* • Regardez et entendez que monseigneur 

• m'escrist... Si m'aist Dieu et les saints; il n'en 

< fera rien ; il aura en bref lemps autres estotippes 

• en sa quenouille; de ce que fol pense, assez 
- remaint. ■ (Froiss. IV, p. 100.) 

'Dernier enten, ti te remenabres, 
Que ne perde* un de tea oiemlmB ; 
Ta vertus seroit refusée, 
Nt vaudroies mie toslce . ■ 
De pain d'orge, ou de pain d'eatoupei. (US. 1Si8, SG8 '.} 

[Delà, dans les Fabl, II, 218, le sens de trompe- 
rie: • Ha! sire, se Dicx me sequeure, Fet dans 

■ Constant, je n'y ai coupe. Dist li provost : ce 

• sont estoupes Dont vous me voulez estouper. ■] 
Estoupé, part. Bouché *. Empêché". 

*[■ Huit par fu esbaie la gent chaperunée Quanl 

• il virent tur veie tutcs parz eslupée. • [Thomas 
de Cantorbery, 146.)] — - Chemins estopez, euves 

• trestoroez, Dundes brisiez. * (D. C. sous Stopa.) 



Qui, de no poil, ont û gueule etioupée. (Detch. f. i04 *.) 

* > Eitoppé a dire, ettoppé de clarmer, • exclus 
de réclamation. (Tenuresde Littl. f. 449 *.) 
Estoupement, s. m. Clâture : < Le serjent 

* doit faire dépendre t'buys de la maison, sans 

• que personne la puisse remettre , sans autre 



I - EST 

■ closture, ou estoupement. ■ (Coût, de Lille, C. . 
1. 1, page 778.) 

Estouper, u. Boucher, clore *. Cacher, voiler ". 
*[■ Les huis et les fenestres très-bien estoupe- 

• rons. • [Berte, c. 77.) — ■ Son nés estope isnele- 
> ment. • (Benoit, III, 521.) — € Encore pot ou 

■ bien fere demande en cort laie por cause de 

■ dam'ace , si comme contre cix qui estoupent 

• cemins on aucun autre aaisement commun. • 
(Beaumanoir, XLIII, 41.)] 



Estouplilon, I. m. Bouchon. (R. Est. Oudin.) 
[• La suppliant coppa Vestoupiltonâ'aae cane ou 

• cruche qu'il portoit en laquelle avoit de la ser* 
« voise. • (JJ. 173, p. 80, an. 1427.)] 

Estouponné. [On lit dans D. C. VI, 378 - : 

■ Recopte d'estoquaiges , de secs bois versez et 

■ estouponnez. ■} 

Estour, s. m. Combat *. L'action de s'arrêter *. 
Détour'. 
*[0n lit au Roman d'Athis : • Cassidorus et tout 

■ lesien Oultre la frailte ou dur estour Se prouve- 

■ reut moult bien le jour. •] • Fu si gran la mes- 

■ lée que poi i ot des rues, ou il n'eustgrant estorz 

■ d'espées, et de lances, et d'arbalcstes, et de darz : 

■ et mull i ot ^ens navrez, et mors. • (Villehard. 
page 33.) ■ Cil sont en nos eslorz li primerains 

• ferans. • (Rou, p. 88.) « Le vrai vaincre a pour 
> son niolle Vestour, non pas le salut, et consiste 

■ l'honneur de ta vertu à combattre, non à battre. > 
(Ess. de Mont. I, p. 325.) ■ Bajazet, après cet aspre 

■ estour où il fut rompu par Tamberian. > [Id. t. f, 
page 501.) • Quand Vestour fut commencé, les 

• François se comballirent moult aigrement. ■ 
(Chron. S. Denis, [, p. 17.1 * Son jousleur fust tan- 
< tosteu pieds, et alla dire, sire, chevalier, se 

■ vous m'avez abbatu à la jouste, pourtant ne me 

• avez vous pas conquis à l'espée : or allons ensem- 

■ ble un estour, ou deux. « (Percef. vol. V, f. 103 •.) 

■ Sire, montez, et vous gai-dez meshui de cheoir 

■ au mieulx que vous pourrez, car la butaille n'est 
« point lournoyemenl mais csdJKr, et mesiée mor- 
. telle. - [Lanc. du Lac, t. lil, fol. 43, V'.) 

*0r est hors ded bois le tuyant. 
Et va, par un eilour. fuyant : 
Si chiisBeront de forlongoe 

Les cliieas, car d'euLx s'est esloingne. (G. de la B'fjne.j 
Estourber, v. Troubler • Estourbe le 
« royaume. ■ (Froiss. liv. IV, p. 298.) 

Les yex a cbacieus, tout pont cttorbeti (H. d'Alex. 54.) 
EstourblIIon,3.m. Tourbillon: « Estourbillon 

■ de vent. ■ (Ctiron. de S. Denis.) 

On lit estourbillon, dans Eust. Descbamps. — 
Estorbeillon [S" Léocade, fol. 33 ^.) — Etturbuilun 
(Marbodus, col. 1602.) 

Estourderie, s. f. Ce mot étoit assez nouveau 
du temps du P. Bouhours. (Voy. ses Remarques sur 
la langue, p. 354.) 



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EST -i 

E^tourdl, adj. Fatigué : • Qu^nt elle estoit 

■ estourdie de clianter, veiller, et ieusner, elle ae 

• reposoit. • (Lano. du Lac, t. I, fol. 28 '.) On Ht 

■ estropiez, et étourdis de coups, ■ dans Montaigne, 
t. Il, p. 691. • Estourdij corne le premier coup de 

' • matines. • (Pasq. Recti. p. 701.) Le sens actuel 
est dans l'Hist. de la S" Croix, us. : • Certes mère 

■ en vous ad foie veille « estourdie, quidez vuus 

■ donc que jeo n'el conusse bien qant vous dites 
« tielesparoles.* [On litdan3duGue9Clin(v. 14709): 

• La commença bataille û'estourdie façoo. •] 
Estoiirdlemeat. [Inlercalez Estourdiement, 

dans les Bigarrures de Des Accords : « Une popu- 

■ lace qui faisoit tout estourdiement estonnée, 

• barrer les rues avec les chaînes. ■] 
Cstourdir, V. [• Tant l'en donnèrent [du vin], 

. lot le font esttn-iRr. - (Bat. d'Aleschans, v. 4û52.j] 
On lit dans Harbodus, col. iC52, à propos de 
l'amélliyste ; 

Ki l'a sttr Bel n'ennirem 
Ne ja viDS ne Veiumrdira. 

Dans les deux exemples saivans, le sens eel 
détourner : « Le fendit jusq^ues aux dents, puis 
. estourdit son coup: . (Lanc. du Lac. III, f. 160 '.) 

Il me devoit Boufire, 

Se madame, que Dïen gart, 
Avoit vers moy aon regart 

Bonnement, sani ctiourdire. (E.Detck. f. iSÛ *.) 
Remarquons les expressions : 
1" • Etourdir le pied, ■ engourdir le pied d'un 
coup. (Percef. I» f. 145 *.) 

% « Estourdir ses morceaux, ■ manger goulâ- 
ment. (Cotcrave et Contes de Des Perr. II, p. 80.) 

Bstourdls, a. m. p. Nom d'une société buries* 

que. Voyez sur la fâle du prévdt des estourdis à 

Boiichain, le P. Menestr. de la Chevalerie, p. 254. 

Estourdisseur, s. m. Qui étourdil. (Oudin.) 

Estourdisson, I. /'. Etourdissement, verlige. 



A Luy monta une folenr, et un estourdison en la 

• teste, et une tele rage qu'il forcena. > (Lancelot 
du Lac, I, fot. 109 ■.) 

U roia revint d'e^lordoi»on». (Part, de Bl. f. tSS '.} 
Estourgeou, Sw m. Esturgeon. [■ Bresmes en 

• rost, esturgon et gelée, » (Ménagier, II, 4.)] 

• Pescher les esturgeons en l'air. > (Cotgrave'.) 

■ Les esturjons de Blaives. • (Roët. avant 1300, 
t. IV, page 1652.) 

Souple comme un bel estaurjon. (CoquUl. p. 1S6.J 

Bondir en plaine Champaigoe, 

OoD^ma Iffl os 4'aD%ttlouTjon. (Id. Ibid.J 

Qn lit eatorjon, au hs. 7615, 1, f. 104 '. 
Estourmle, s. tn. et f. Cris, bruit d'un combat, 
d'une attaque. [• Qui les sons ot et Yestormie 

■ Noult eâ delaas qu'il n'a s'amie. • (Floir» et 
Blancheflor, v. 2005.)] 

Il en apela chevaliers. 

Et de ses maiatrea conseilUera : 



2— EST 

< A cette beure que Vestowrmie monta, et le 

■ haro, il esloit en son bostel, et se commença à" 

■ découcher : si entendit les nouvelles que l«ur 
> vilte esloit prise. - (Froiss. lir. III, |k 278.) 

Maint cMup 1 oat drlnioo, «t d'eapée Ibrbis : 
A reitorer Gautier, «ot Ikil gnmt tatormie : 
Francheii criant Hootjoie, et Normana : Ûex aie. (Batt.) 

Estowmlr, V. troubler'^ Agiter". Alarmsir''. 

*< Hoult furent nos gens estourmi», ib crile 

• beure, ne n'y demeura tabl* qui na fuitt treaJNi- 

■ chée pour courir à l'assaull. » (Hist. de B. Du 
Guescl. par Mén. p. 494.) 

Riens ne doutent lea Fraacoia ; 

Par le paya lievent U cri, 

Et It François sont atorrrA. (Porto», de BMt.) 

Oo cette m»ttà Noraundls 

H out elfrée, et etloitnit. (Rou,) 

« Quant ceux du dit port le choisirent, si s^ostonr- 

■ mirent, et crièrent aux armes. - (Du Gueeclin, 
page 460.) — • Adonc s'ettourmi le comjuun dfria 

■ ville, et s'arma chacun. > (Dn G^esclin, p. 323.)- 
— > Dames qui avez les oreilles chatouilleuses, d& 

• peu de rire, lisez ceci tout bas, ou de nuit, 

• durant laquelle la honte dort, et ne vous forma- 

■ lisez, scandalisez, ni estomire^ de- chose' qufHcon- 

■ que que trouverez en oes textes. > (Moyen de 
Parvenir, p. 2S.) 

Font encor, et par leur mocions 

Atitrea peuples se veulent ettourmtr ; 

Or n'y a plus fora de lea anvahir, 

Et & batiuU* descendre. {E. Dttch.) 

' On a dit de la douleur de S. Joseph trouvant la . 
S" Vierge enceinte : 

A donc Joseph qui la laaaai. 

Car trop plourè avoit ssaez, 

S^eet'lors coacltiës deasoa son Ut, 

Où U avoit pau de délit : 

Un poUtet s'est Miormw, 

Et puis d'tfunoi s'est endormis. (Ttvit Varie», p. 76.) 

Uns et autres qui a'eilourmuienl, 

Du loocde l'os!, en tMmissant, 

Reront hon des teotea iasant. ^0. Ouiart.f 



Aina qu'ils fuissent eiJoumu, 

O et par les trez maint cop dono^ (Brut, {. 4 '.) 
Estourner, v. Effirayer. 
Ses araioes flst haut sonner. 
Pour les tlamena À ûÊtommir ; 
Car, pour le son tant aMlement, 
Perdirent ila leur hHdeoasDt. (Ph. Moutkee.) 

[> ko pronominal, le-aensest s'effrayer : ■ Après 

■ le trespassemeot d'icellui deffunt, ledit Symon, 

• quant ce vint k sa coBgnoiasance^ s'eslouma 

■ pour double de rigueur de justice. ■ (JJ. 149, 
p.. 329, an. 1396.)] 

BstousBlr,.v.. Toussa- : • Poitr l'osier, de. ses 

• pensées, et le meltr»ett.aubti>es-etlere8ïoi»sif, et 

■ diatj sird chevalier, laiMwvos penéee^ etenten- 
< deza autre chose.- - (Percef: V; fol: 4i'-.):[0D ht 
au Pèlerinage de Uullfville-: ■ITe densaiéB ainsi 

• ' venir Sans piller, ou tous estoiusir. ■] 



Bstout, 0^. Fou, étourdi*. Furieux'. Fier, 



bautirin, bardi' 



, Google 



EST - 1 

'Ne tienc mie & fol 

Goion de saint l'oit ' ' 

NI k etioui. iPoÉL av. iSOO, IV, p. tSOS.) 

lU.M UAa, ne Mioua. , (PoSt. av. iSOO, id.) 

■[On lit aux Miracles de Coinci : . Uneniotqui 

■ desor tous Eatoit crueus fol el estons, El maio tes 

• fois par d'eetoutie, Fisl hoate aaui et félonie Au 

• saint prodome, au saiatprovoire. <•} 

. — bim l'un qu'il est jaloux' 
Et qu'il est (eloii, at etioux. ■ {E. Detch. (. 400 <./ 
Sulseï turent fauinbles, et doux, 
Ha furent, ne tel, ne esioux. (Ibid, f. 548 *.} 

Dures oe lurent, ne etioutes. (Frtntt. f. S67.J 

Vers UDlui, ne doiz eslre Moz, 
Ainz doiz astre simples, et dos. /Ovide de arie, 05.) 
De là, on a dit des choses': > Si li donna' cop si 

■ estoU. > (Perc«val, cité par Borel.) 

'Contre rebel Oers, et eaioi ; 
As sonplions bumblea, et doi. fPari. de Bl. f.161 *.J 

Moult fabudia et eiiou«. (Ph. Moiukes, p. 5iS.) 

JeuDM hom aat hardis, et prai, 

£t si est ton, et e»(oui. /Pari, de Bl. f. 153 '.) 

Dîex I oon il est bons cheraUers ! 

Et o ce qu'il est si atoui : 

Con il parest simples, et doux. 

IHra cou M joigneot en lui bel 

Cuer de lion, et cuer d'aigi-ei. (Fart, de Bl, f. iS5 '.J 

Je ne l'ai mie osé regarder, 

Itop futM ilov*. {aaut. d'Argile, II, p. 551.) 

Les autorités rapportées ci-deasus nous font voir 
que ettout n'était employé que d»ns la poësie et 
qu'il & ceeaé d'être en usage vers l'an 1400, quand 
cessèrent d'écrire Eust. Desctiamps et Froissart, les 
derniers qui s'en soient servis. 

EstODtement. Pollemeul, méchamment. 

Hemot qui mua loi si e*tmitémenl. (Parlon.f. ififl t.J 

Estoutict. f. Folie*. Méchanceté'. Témérité^ 
Fierté". Gaieté, amusement'. 
'Je mets en vostrs baillie, 

CuerSj Rt cors, tout ligament ; 

Et puis qu'wnois mi eotuent 

k nire tel eêtoutie, 

I^lt est que Je vos le die. (Perrind'Angee.p. 578.} 
'Anobises est plein d'MiTie, 

D'ertoiMi, et de félonie. (Part, de Bloù, f. iSS '.} 

"[- Vasselage ad e mult grant eaïuUie. • (Roland, 
V. aBw.) — De même an vers 17% : * Hietz valt 
. mesure que ne fait estullie. >] 

VoatreesfoK fie, alors, vos ■ souvent grevés. (Porto. 171 :) 

Trop « idst Isit grant fi^e, 

Qtd m'ft baisU pm eHoutie. (Blondi . f. 177 '.) 

Ll muaart aè oïdiille 

Souvent éa ea eUie, 

Pluis lui pert s'ettouJte. (Poèt. av. ISOO, p. 305.) 

Mors fil li roia par s'ivlouiie. (Brut, f. J7 K} 

CUai qui, son vueil, 
HetBTa, M Toetre oeil 
- UfcntMieujv. {P»êt. m». 1300, 1. IV.) 

*Ati An GoiUeune viadrent nUai, par eêtoutie 
For joia, eA par «iaduil, et por Teeu cacbiar. (Bmi,p. eo.f 

Estoatoier» v. MalUailer. 

HouH Itarent bien etioutoié. 

Et de leurs bornes domagiè. (Brut, f. as ^./ 

(Rou, p. S06.) 



Si seront tost estoutoiei. 



»- .ESI 

Toustain fut bien erlouteié ; 

Au grant assaut tu eeniaiez. 

Et cfii mur qu'il' vit abatu. 

Et du pueble qu'il a véu. /Bou, p. SiO.) 

[On lit estoutiieri, au roi Guillaume, page 68 La 
Chroniqu* des ducs de Normandie donnfe estoteier 
ettouteier, ettateter.'] 

Estouvé. rinlercalez Eslouvé, bien garni, fourni 
à «s/croir, au Romande la Violette (D.C lil 457n- 
. Qu'il a une lerre trouvée. Qui de tous biens est 

• estotivée. Car il ne y avoit que gaigrtafges El 
■ prés, riviei^s et boscaiges. »] 

1. Estouvoir, V. Convenir, falloir, être néces- 
saire. [Voyez E6TET0IB.] 

S'eeieutTa Mro 

De li une rime contraire. (3iS. 6819, f. 83 K) 

Se deus piez euat, 

Deus Bollersfiieusf, 

A 868 deus plez chaucier. (US. 7318, f. S50 K) 

S'aiteut d'autre port regarder. (MS. 6813, f. 1 ',) 

2. Estouvoir, s. m. Convenance, besoin, néces- 
sité*. Salaire, recompense". Ce qu'on désire*^ 
[Voyez EsTEvom.j. 

•Guillaume Guiart, dit de S. Thomas de Canlor- 
beri fugitif, retiré en France : 

n trouva tel recouvrance, 

El vaillant roi Lois de Fnnce 
Qu'il lui bailla son eatauooir, 
SefJt ans, sans eoi de lui mouvoir. 

• Celui, oaceaus que le seignor semenl, ou fait 

• semondre, et U aquiaut )a semonce, et Tait 

« au service de seignor, le seignor li doil donner 

• ses, estouviei-t suffisameot, tant com il sera en 

• cel sien service. - (Assis, de Jérus. ch. 230.) . El 

• puisdeta valuede renables estovei-s,za aulruy 

• Mil, combien vaillent par an ; si corne de bois 

• pour édifier, pour clore, pour arder, et depescher 
« en autry viver, et de fower en autry soil, et en 

• soil commun, et des autres choses nécessaires » 
(Britl. Loix d'Anglet. ch. 71, f, 183 ^) 

'Amours endormie 

Ne Tant Mené : bacbelerie 

Convient, ki son eitauvoir 

Veut en amour recevoir. ,'V«t. n» U90, f. 154 ^.) 

Orent nommé jonr de mouvoir ; 

Cascuns a qnis son estavoir. (Ph. liousk. p. 517.) 
^On doit lessier sa foie baerie. 

Si on puet aillors avoir son esto^woir. (Val. 15S3, lOi'.) 

Estouyu, s. m. Terme de marine. . Pour lair 
« plus tost, meit la mizenne soubz Vestouyn qui est 
« un voile tenant i un des bouts de l'antenne pen- 

• dani hors sur le bord du navire. • (J. d'Aulon, 
Ann. de Louis Xll, p. 318.) 

Estoyne. [Intercalez Esloyne, pièce de la char- 
rue : « iflhan le Morne gelaà icelluiLaurensladitle 

• esfoifBfi de charr»* ou araire. » fJJ. 187, p. 315, 
ail. 1468.) — . Une pièce de bois de l'areyre, icelle 
- picM de bois nommée estene. • [JJ. 196, p. 93. 
tfB. i«».)] ^ .f . 

Estrabot. [Intercalez Estrabot, dans la Chron. 

des ducs de Normandie, I, '288, v. sOfi : • Vers en 

firent et estraboz u ont assez de viiainz moz. »] 



yLaOOgle 



EST - *' 

Estrabonrg, s. m. Slrasbourp. • Monseip le 

• Daulplijn prinst, et mist ea subjection toul le 

• plain d'Auxays, depuis Basies jusques h Estra- 
> bourg. • (Le Jouvence), us. p. 637.) 

Estrac, «. m. Trace. ■ Se séparent pour 

. aller cliercher de tous costez leur avantage sur 

• les Anglois, et tant chevauchèrent qu'ils trouve- 
. renl leur tfilriu;, et leur pisle. -{Al. Chart. Hisl. 
de Charles VII, p. 195.) 

Ëstrace. [Intercalez Esirace, exlraction, dans 
un bestiaire, us. (D. C. ÏII, 171 ■) : - Que diron dou 
« niticorace D'un oisel de mauvais sslraw .' Fresaie 
- a nom en droit roumans, Cest oisel est ors et 
. puans. . DansRulebeuf II,22!,G. Guiarl(3i47). te 
sens est qualité.] 

Il est fllE à un TilaiD 

De nialettrace, et demal' eraiD. (Parlim.deBl. IGS'.J 
ComnieDieufiBtpoiirsau»erno9lrec»(racc. ^E.OescA.59'.; 

Eslracion. [Intercalez Eitracion, race, dans la 
Chaos. d'Aolioche (VII, 774) : . Une fille en remest 

■ el caste! de Buillon, Li dus Godefrois est de celle 
. eslracion. •] 

Estrade, s. f. Chemin, rue*. Course, escarmou- 
che ". Balcon '. Tapis de pied ". 
'Branidmedildela rue de Tolède & Naples: cette 

• belle estrade de Tolède. • (Cap. Esir. 1. 11, p. 30.),On 
a dit ■ aller à l'estrade » faire ses nécessiles. (Oud.) 

" • Souvent fui-enl à Vestraite les uns, et les au- 

• très, sans eux rencontrer. > [J. d'Auton, Ann. de 
Louis XII, p. 140.) 

Bon |»ed, bom oeil, eus A coup qu'on B'eveîlle ; 
France CMsteUains, soudain toat à ïeslrade. 

Rif . d> Collar;*, ft» lOï. 

!• > Aller à Yestradej - escarmoucher, combat- 
tre. ■ Durant lequel siège [de Fontenay en 1412) 

■ Hector baslard de Bourbon vint à tout trois 

• cens hommes d'armes, sur aucunes compagnies 

■ de gens du roy qui alloient à Vettrade; si en 

• priht, el tua plusieurs. • (Monslr. fol. 140 ".) 
2" « Battre Veslrade. • (Borel.) 

.V > Courir Vestraàe ■ (Oudin); courir â Veatraie 
(.1. Marot, p. 81.) 

4° ' Faire Xeitrade - (J. Marot, p. 159); faire 
enrades. (Vig. de Charles VI, p. 183.) 
5° • Venir à Veslrade. > (J. Uarot, p. 191.) 
fi° . Homme d'cs/rode, • batteur d'estrade. 

De la, si lu le siège mis 

Devant la ville de ReoUe ;... 

Il easire Geoi^ Soliton 

Si en avoit la charge, et garde. 

Avecques un autre Angloia gascon, 

Et quatre 



■Mrade. (V. de Chartes VÏI.j 



Je ne demandoie qu'A Vetlrade 
Sauter, danser, faTre Mngade, 
ETla nulct luf livrer l'afisaut. (Urv dM rvlln ui. p^e 3«. 



1- EST 

Maint amoureox on Toit paaniv. 

Sans faire aacuna tours, ne virodes -. 

Haia le mien, sans le réclamer,... 

Se rend prompt, et près ^ux ettnuU*. (Cotlerye, p. S^.) 
"Tapis de pied. (Oudin.) 
Estrader, v. Courir*. Battre l'eslrade'. 
" • Montée sur un coursier de peule, et a bride 

■ avalée, le fit courir, et estrader, quatre ou 

■ cinq longues courses. > (André de la Vigne, 
voyage de Charles VIII, p. 135.) 

De le taire de nuft veiller. 

Et estrader par dessus tous, 

U estoît l'am; singuber. (CoquilUtrl, p. 73.) 

L'an avoit veu, passé cent ans, 

Ambaaaade ainsi etlrader. 

En UU triomphes, etlwbans. (V, de Charte* VII, 986.) 
Apollon dit i Phaéton : 

Se plus estrade outre bort, ta virade 

Yra tout radde & l'hoslel Proserpine. (Holinei,p. 134.) 
*[•> Ungjour ainsi que le suppliant etsescompai- 

■ gnons aJoieiit estrader par le pa'is, ilz trouvèrent 
' ung homme... chevauchant une jument, laquel 
. ilzluL ûstereot. ' (JJ. 176, p. 206, an. 1444.)] 

Devers le soir, avant courreurs allèrent. 

Pour Ml m do-, el aux champs se ietterent./7.Harol,97./ 

11 vint un Breton esirader, 

Qui Taisoit rage d'une lance. 

enBt acUw ib B«wlM. p^* 43. 

Estradeur, s. m. Batteur d'estrade. ■ Leur 

• avoil mandé qu'ils envoyassent dix hommes 

• légers de harnois, pour tenir, et garder les che- 
( mins, afin que nul ne peust aler en la ville, sans 

■ estre rencontré ; pour ce que on lui a dit qu'il y a 

■ quatre estradeurs sur le chemin. ■ (Jouvencel, 
fol. 27 ''.) • Il est expédient d'envoyer quinze ou 

• vingt estradfurs, courir sur les cbamps. > (Ibid. 
folio 35 "■.) 

L'an quatn cens quarante et deux. 

Le roj flst diligence extresme 

D'osti»' pillards, et e»lradeurt, 

Estans ou pa; s d'Angouleame. {V. de Chartes VII, 195.) 

Entre nous fins ettradeurs. (D. de Mallepaye, p. SB.) 

Estradiot, s. m. Espèce de hussard , qu'on 
nommoit aussi ■ Albanois, ■ parce qu'on le tîroit 
d'Albanie*. On donnoit aussi le nom de stradiot 
au cheval qu'il monioit '. On appeloit eslradiote la 
lance qu'il porloit*^. 

"[L'origine est l'italien stradiotto , du grec 
mçaua,nji.']l4es estradioti étoient des U^upes légè- 
res communément employées à battre l'estrade ; ils 
De faisoient proprement qu'escarmoucher, se reti- 
roient ensuite avec précipitation et se rallioient 
tout à coup pour charger de nouveau. (J. d'Auton, 
Ann. de Louis XII, p. 45.) C'est d'aprèseux que nous 
avons formé notre cavalerie légère. (Brant. Cap. fr.) 
On les employa avant et après Charles VIII (1); 
cependant, ce prince ne s'en servit point dans son 
expédition de Naples; Louis XII leur donna un 
colonel général qui fut H. de FontraUles. Il veu 
avoil souvent dans les partis opposés. Les véni- 



(1) On ut en «fTet dans Coimnines (liv. VUI, ch. 5) : i Esiradiou sont gens comnw genetaires, vestut A pied et à dteval 
conune Turcs, sauf la teste, où ils ne portent cette toile qu'ils appeUent turban ; et sont dura gens et couchent dehors 
tout l'an, et leurs chevaux, ils étoient tous Grecs. > (n. e.) 



yLaOOgle 



tiens appeloienl les lears albanais et corvalt; les 
B&pagnols appelèrent les leurs genetairet. H seio- 
b)e qu'il ne fout pas 1* entendre par corvalg , 
Croates, 2* ni conclure au mot de genetaires, qu'ils 
fussent mont^ snr des genêts ; car 1* ils traitoient 
leurs prisonDiera avec humanité, différents en cela 
des Croates on Cravates, qui les traitoient durement. 
(Lett. de Louis XII, I, p. 346.) S» Et l'on disoit ■ che- 

• vaucher à la stradiote ■ (suivant Nicol, au mot 
Estradiot) ppr opposition à l'expression ■ chevau> 

■ cber & la genetle. ■ La différence consistoit en ce 
que, dans la première méthode, les élriers éloient 
Tort courte et fort longs dans la seconde. Nicot 
assure que les Stradîots étoient tons montés sur de 
bons chevaux de Turquie ; cependant quelques-uns 
leur donnent des genêts pour monture, peut^tre 
étoit-ce l'usage en Espagne. (Voy. Desrey, fol. 99 '>.) 
ns avoient pour armes un bouclier appelé ■ tar- 

■ gue • (S' Jul. Hesl. Hist. p. 579), une lance appelée 

■ zagaye ■ ou • arz^aye • garnie d'une banderole 
(BoulaiQv. Ess. sur la nobl. p. 83), et un poignard 
qu'ils portoient à la ceinture. [Voyez dans Daniel, 
Mil. fr. la description et même la figure des ettra- 
diots et dé leur armure.) Ils étoient couverts de 

■ jaques embourrés, > espèce de pourpoint (d'Aut. 
Ann. de Louis XII, p. M), et par-dessus ils avoient 
une robe longue retroussée. Pb. de Comines, un de 
nos plus anciens auteurs qui en aient parlé, dit 
qu'ils étoient vêtus comme les Turcs, k l'exception 
du turban, au lieu duquel ils portoient un bonnet 
élevé ou un chapeau pointu. Ils vivoient du butin 
qu'ils faisoient. (Lett de Louis XII, p. 218.) Voyez, 
outre les auteurs que j'ai cités, la Dissert, prélîm. 
de la ligue de Cambray, édit. de Paris, 1728. 

* ■ Le capitaine Loys d'Ars, et ses gens, montés 

• sur vîtes estradiott. > (D'Auton, Annales de 
LouisXD, fol. 100.) 

<'0n litâansrHisloiredeBayard, p.â03, au sujet 
des Albanois, les mêmes que les estradiots : - Ils 

• leur coupoient les testes qu'ils picquoient au 

■ bout de leurs e$tradiotes. • 

On a dit proverbialement : ■ plus fiers qu'es/ra- 

• diots. ■ (J. Marot, p. 67.) On disoit de même : 

• fier comme un AlMnois. • 



Estraellnges, s. f. p. Ralingues, cordes cou- 
sues en ourlet autour des voiles, pour en enfoncer 
les bords. 

Pour le vent èa nelfl reciieilUr, 

Fgnl les lîproax avant tenir, 

Et bien termet tttraelitigue*. (Brut, f. 85 :) 

On lit raquelineê, dans le us. Bombarde. 
Estrage, t. (1° Maison : ■ Le suppliant et sa 
« femme allèrent demeurer en ung petit ettrage 

• qu'ils avoient prins à rentes. > (JJ. 194, page 212, 
an. 1466.) — 2* Enclos entourant la maison, servant 
d'aire et nommé cour, en Normandie : < Ainsi q^ue 
■ le suppliant batioit du blé.... en l'aire ou ettratge 

• de l'ostel de lui et de son frère. > (JJ. 198, p. 279, 
an. 1462.)] • Ënlre roturiers, il n'y a aucun advan- 



S- EST 

• tage à l'aisné fors quela principale maison man^- 

• ble, tenue en foy et hommage luy appartient, 

■ avec l'issue d'icelle maison, pour y aller par l'es- 

• trage à pied, à cheval, et par charroy : aussi luy 

■ appartient demy arpent de terre descouverte, a 

■ son choix et option, au plus près de la dite mai- 

• son hors Vestrage. - (Coût, du Grand Perche, 
cet. II, p. 181.) 

1. Estraler, v. Abandonner, délaisser un fief 
par ettraiere. ■ Qui se veaut départir dou païs, ou 

■ en aucune autre manière laisser son fié, il le doit 

■ comander au seignor et il le peut ravoir 

■ aprez un an et un jour, toutes fois que il le 

■ requierra, sans autre amende que le seignor y 

• puisse avoir. Qui extrée son flé, et le seignor le 
- veaut avoir, il le doit faire semondre de son ser- 

■ vice, et se il ne vient à la semonce, le seignor 

■ doit faire venir, en la présence de sa court, ceaus 
< qui la semonce ont fait, et dire la semonce qu'il 

■ a fait, et puisque le jour de la semonce est 

■ passé le seignor s'en clame en sa court, si 

• com il doit, de celui qui a son flé eatrée, et qu'il 

■ en ait la saisine recouvrée ; il aura après le flé, 
> par conoissance de court. > (Ass. deJerus.ch.lâl.) 

2. Estraier, a^. Egaré, errant. 

Koolt en I ot dea Bbatiu, 

Dont 11 cberal sont euraitr. (Floire et Blanchefi.) 

Sanc veiaslK courre à raiMol, 

Et occis gésir « nMneel, 

Et palefrois, et bons destriers, 

Par le cbamp, aler eitraien. {Bnit, f. 99 '.j 

Honlt ocdent cberaua devant, et derrière 

Li tÊtnier emparent, qni panel, qui fulere, 

Qui escns, qui eapée, qui neaume, qui crepiere : 

Ne fti mie la porte & restorer legiere. (Bou, p. 131.) 

• Sitost que le chevalier Sauvasge se voit en ce 

■ point, il regarde s'il verroit point une lance 
« ettraiere pour fournir au chevalier • fPerc. III.) 

■ Je m'en iray vacabond, et ettrayer par les bois et 
« foresls. • (Percef. VI, fol. 41 '.) 

Ifeat pas raison que fille A roi 

Entr'ax soit seule, et Mimiere. (9* Léoe. f. 3S :J 

3. Elstraler. [Intercalez Estraier, chaume, dans 
Benart, V. 15233 : < Les autres trois amis en terre... 

• Covert les a bien d'estraier. »] 

Estralere, t. f. Bien dévolu au fisc, sujet à la 
confiscation, pour crimes et autres causes ; confls- 
cation des successions des étrangers et des bâtards; 
droit d'aubaine, épave. [> Item ils ne signifleront a 

• personne de quelconque estât... les aventures 

• qui escherront en leurs recopies, comme main- 

• mortes, estrajers et autres revenus. « (Edit de 
1820, dans D. C. sous Estrajeriee.) — > Mains mor- 

■ tes fors mariages et autres avantures en ceste 
« baillie ; de Vestrajere de Humbelet justicié à la 

• Ferté sur Aut>e. ■ (Compte de Champagne de 
1318, Ibid.JI ■ Estrahiere cest quant un homme, 

■ par ses démérites, est exécuté par crime de leze 

■ majesté, et vaut autant à dire corne conflscation 

• au souverain. ■ (Reg. de la Ch. des C. à Paris, 
Ibid.) ■ Estrayeres sont les biens des bastards, des 

■ aubains, et espaves demeurans en ce royaume, et 



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EST 



~106r 



■ qui sont décédez sans hoir natarel. > (Laurière, 
Gloss. du Dr. fr. sous Atlraiere.) ■ A touaseigneurs 

■ vicomtiers compete, et appartient le droit o'espa- 
- ves, A'estrayere, et avoir de baslards trouvez, et 
' eslaos es mêles de leurs terres, et seigueuries. ■ 
(Coût, de S. Orner, N. C. G. II, p. 973.) • Estreiuret 

• de baslards. » (Coût. Gén. I, p. 645.) • L'extraye, 

• et avoir des baslards. > (Ibid. p. 437 *.) 
Estraigé. [intercalez Estraigé, aire, au reg. ii. 

198, p. 279, an. 1462 : > Ainsi que le suppliant bat- 

■ toit du blé en l'aire ou estraigé de l'oslel de 

■ lui et de son frère. >] 

Estralgnance, s. f. Presse. • Si c'onqs blés 

■ k'en molin puet quir. Ne fut pour maurt en plus 

■ fort ettraignance Con li car Dieu fu pour no oeli- 

• vrance. ■ (Vat. n- 1490, foi. 127 *.) 

1. Estraigne. [Intercalez £slrat|;n£, élrennes : 

■ Item trente sols tournois de menus cens, portans 

■ los et ventes, à paier chascun an aux atrai- 

• gnei. * (JJ. 263, p. 65, an. 1327.)] 

2. Estraigne. [Intercalez Estraigne, étranger, 
dans D. C. III, 172 ■ : > Volant toutes les gens 
> ettraignes. > (Robert le Diable.)] 

Estraln, s. m. Paille, fourrage, chaume, litière, 
paillasse. [On lit dans Garin : • Tu nevauspasl'es- 
< frein sor coi tu gis. ■] 

Se scai moult bien (aire aniaus 

De ions, qu'on met dedena aes dois. 

Et a'nlrain aussi tels cbapiaan.fFYoiM.poët. f. 318'.} 

• A Paris l'on appelle fourrage Veitrain, c'est 

■ itramen, ou paille battue pour faire litière. ■ 
(Fauch. Orig. des Dign. de Fr. liv.n.p. 72.)< Entre 

• maisons eslans l'une contre l'autre, l'on doit 

• laisser gouttières, de deux pieds et demy à cou- 

■ verlure d'«sfrain, et un pied et demy à couver- 
- ture de tuylle. • (Coût. Gén. 1. 1, p. 697.) On a dit 
de la nécessité de fréquenter le monde, pour en 
apprendre les usages : 



.. Les cbevvQs demaDdoient 



Sur un toit d'etlrain, ou de chaume. (Ibid. f. 408 '.) 
■ Les fumiers pailles et esfratns ne peuvent estre 
• enlevez d'une mestayrie. > (Goût. G. II, p. 274.) 
Esveillè Ta, ai ii a dit, 
Qu'ele li lace tout son lit : 
Cele li fit isnele pas, 
Date la conte, et puis les dras 
Et remue neia l'eslrain. (R. de Karctue, f. ii8 >.; 
Expressions remarquables : 
1° « Estre, estre mis sur, à Yeitrain, ■ élre 
réduit à la misère. 

Science ett mise à l'e*lroin 

Lea non aaichana voit on lever. (E. Detch. f. 266 '.} 
2» - Quérir le feslu et Vettrain , pour avoir la 
■ riotte, et le débat, ■ c'est-à-dire se défier, se pro- 
voquer l'un l'autre afin d'en venir aux mains. Voyez 
ce qui a élé dit, au mot Délivrer, d'un usa^e qui 
subsiste en Gascogne et qui autrefois étoit répandu 
partout. « En ta ville de Bruges murmuroient 



EST 

■ ils, et gueroient le fatu, et l'ettrain, pour avoir 

■ la riotte et le débat ; et avint que la notle i»i tu 

• si près que sur le point, et comence pour garçons 

■ françois qui avoient battus, et navrez les Fla- 

■ mans. > (Froiss. liv. ill, P. 150.) 

3° < De grand train sur Vettram. * (Cotgrave.) 
Ce proverbiB signifie que les grands équipages pré- 
cipitent ceux qui les mènent dans la plus grande 
misère. 

Estrainct, part. Extrait. ■ Je metlray cy une 

• maaieresubtile.... quedesonlivreaes^atncte. > 
(Modus et Bacio, fol. 53 >>.) 

Estratncture, s. f. Nécessité, détresse. (Con- 
treditz de Songecreux, fol. 7i ^) 

Estraindre, v. Serrer avec effort*. Contrain- 
dre*. Excuser*. Dégainer". 

* Chainture eatraindre. (Rou, p. lOi.} 

Li ettraint lea dois, et la main. (E. De»ck. f. 5i8 '.} 

Eitraing, haro, pour Dieu merci. 

Voua serrei trop fort les boulons. (Id. f. 835 *.} 
On lit dans une description de l'amour : 

C'est un trompeur qui, sous le nom d'aimer. 

Tien tout en guerre, et tout reconcilie : 

Scachant guérir enaambla et, entamer : 

C'est un effort qui ettraint, et deslie. [S. Gelai», p. S.j 

■ Lors fit tous ses gens arrester en mi un champ, 

■ et leur fit estraindre leurs armures. ■ [Froiss. I, 
p. 60.) On a dit des champions qui se donnoient la 
main avant que de combattre : ■ Et leur deffendon 

> bien qu'ils n'esîraignent, ni meffacent l'un à 

■ l'aulre. ■ [Oliv. delà Marche, gagede Bat. f. 22 ^] 
<■ Estraindre les dents, ■ les serrer avec effort, tes 
grincer, d'où ■ e&trainture de dents. ■ * Lors les 

• Juifs frémirent, et ettraignirenl leurs dents. > 
(Percef. Vi.f. 123'.} . Quant le roy l'oy.lout lesanc 

• le mua, et estraint les dents, et esroulla les 
< yeux, et par grant aïr descbira sa barlw. > (Hist. 
de Bertr. du Guesclin par Hén. p. 18].) [Par suite 
serrer pour embrasser : ■ La courona sa rame Gui- 

■ teclins li puissanz; Doucement la baisa et ËStrntnt 

■ par les flans. • (Saxons, V.) — ■ Doucement l'a 

• baisiée, estrainle et acolée. > (Berte, coupl. 126.]] 
"* iians qu'ils soient estraints d'en nommer 

■ six. ■ (Uém. du duc de Rohan, t. Il, p. 81.} • l^es 

■ excès par elle commis avoient esté faiz, en estrai' 

■ gnant la sauvegarde d'amours. • (Arrest. amor. 
p. 806.) En ce sens. ■ un cry ettraignant • est un 
cri violent. - S'escrya en cry estraignant. • (Alect, 
Boman, p. 5 ^) 

* > Hessire Othes s'estraingnit, et dissimula long- 

> temps. > (Froiss. liv. Ill, p. 83.) 

"Cea deux mesdums tenoiant dagues M 
lUlaifa 

■ Se serrer contre : 

Une barde de certa trouvèrent ; 

Les perea au Qlz les aceniat, 

Et li llli 11 un fuHt M'eMtrenit ; 

A un cerf trait qu'il viaa. {Brui, f. S '.J 

Remarquons ces expressions : 
1° • Au fort estraindre, ■ à la dernière extré» 



b s. Gddi. p. «t 



, Google 



EST -1 

Et quant m Tint, Mtchss, au tort afraindre, 
k la dame s'en vint tendrement plaindre : 
Dame, diat41, ie ntenra pour vostre amour. 

Pmtxkn*. ToL V, M. tlf , V «ol- 1. 

Voir par estraingnement. 

3> ■ Qui trop embrasse, mal estraint. > On trouve 
ce proverbe dans Coquillart, p. 66. 

S" ■ Trop embrasser, et peu estraigner ■ a le 
même sens dans CotgraTe. 

Elstraines, s. f. pi. Rognons d'un oiseau: 

■ Quand portant au matinTOstreoiseaasurle poing, 

• vous senUrës qu'il vous estraindra plus fort qu'il 

■ n'avoit accoustumé, et il fera semblant de se 

• coucber sur la main, ou se plumer sur le dos, à 

• l'endroitdesreins, ou £jtra^n£s, et lors tenez tous 
a tout asseuréque les filandres, on aiguilles des 

■ reios le tourmentent. ■ t^ouitl. Faucon, fol. 27 ■.) 
— ■ Tous trouverez une glande au dessus de ses 
roignons ou eêtrene*. » (Fouill. Vénerie, fol. 30.} 

Estratnnleres, t. Etendard : ■ Venteloient sur 

■ ettrainnierei trop ^nlementarmoyéesdes armes 

■ des seigneurs, qui resplendissoient contre le 
. soleil. • (Froissarl, liv. m , ch. CXVI.) — « On 
« faisoit bannières, pennons, estrannerei de cen- 

■ daux si belles^ue merveille seroil à penser. ■ 
[Id. diapitre XXTI.) 

Estralnre, v. Tirer la langue; le même qu'««- 
traindre : 

.... Si fu al bien doctrines, 

Et ai sages, et si aachana. 

Et de paroles, et ri tranchans, 

Que nus n'i peuat antremainre, 

Puiaqull Tonaist aa langue eêtraUtrê, 

a ne doutast .n. avocas. flIS. 7989, fol. S39 ».; 

Kstrainte, S. ^ Contrainte*. Accidentfâcheux*. 

Ornement de femmes *=. Poiçnée'*. ¥in exprimé à 

la troi^ème serre du pressoir*. 

*■ [• Sire pour Dieu mercis ; ci n'a nieslier i'es- 

■ trainte, > (Romancero de P. Péris, p. 17.)] — 

■ Si uous nous tenions à Dieu, et& noslre religion, 

■ je ne dis pas, par une grâce , et une ettrainte 

■ divioe mais seulement d'une commune, et 

■ simple, comme nous croyons une histoire. • 
(Sagesse de Gbarron, p. 302.) 

* Qi eest estât Ganes Ealaott ses pUInctes, 
Et croire tanlt qu'elle eut dures ettrainele*. (Xarot, 89,} 
De reoir sangliera, ainal qu'il vient au conra, 
C'est passe temps entremeelë de crainte... 
Fonrrei tous 7, pour avoir telle eatrainte, [Ibid. p. S5.} 



itaJa bientaewenx le plus bardy se tint, 

Eatre escbsopâ, sans avoir autre atteinte : 

kioai Paltsu leur bailla ceste atralnete. (Faifea, p. 69.) 



Non par amour, mais plus tost par contraincte. 
"^ UM.p.«l. 

*= ■ Nos femmes en France ont certaine bague, 
■ ou parure qu'elles appellent estreJnte. • (Oudin, 
Dict. esp. fr. au mot Apreludera.) 

" Bien, et mal est a cbascun balancé, 
Dont franc vouloir lient la qnene, et l'eatminte .■ 



7- EST 

' > Il faudroit donc dire que le vin ne soit point 
« différend du vinaigre , ny l'amertume de l'es- 

• trainete, ny le froment de Tyvraye, ny la mente 
« sauvage de celle qui est culiivée. > (Moral, de 
Plutarq. trad. d'Amyot, II, p. 183.) On dit ettraint 
en Anjou. [C'est aussi une sorte de caleçon : > La 

• suppliante prist... la moitié d'une garnison d'une 

• pièce de rooe garnie de toile, et en flst unes~ 

■ estraintles il son miry. > (JJ. 146, p. 323, an. 
1394.) — > En la chambre le suppliant print unes 

■ estrainttes à homme. > (Ibid. p. 394.)] 
Estralntare, s. f. Action deserrer. [« Slrictio... 

■ eatrainture, au Gloss. 7681. ■] — ■ Ettrainture 

■ de dents, > grincement de dents. 

Grant plour, 

Et eêtrainture de dens. 

Angoisse, et toute trlatonr. (Eutt. DacH. fol. 9i :f 

1. Estralt, adj. Etroit. On disoit ■ au plus 

• estrait > pour > au plus étroit. ■ (Geofr. de Paris, 
Hs. 6812, fol. 48-.) 

2. Estrait, adv. Etroitement. • L'en preut unes 

■ roês de charrette neuves, et sont mises en un 

■ menueres, c'est à dire en deux limons, et qu'ilz 

> soient eêtrait esseullées, aftln qu'ils braient. * 
(Moduset Racio, fol. 78*.) 

Estraltes, s. pi. Draps de laine servant hux lits 
des religieux. On lit dans le titre de 1377, auquel 
renvoie le Gloss. de l'Histoire de Paris : ■ Le dit 

• chambrier doit quérir aux dits religieux (de Saint 

• Germain des Prez), leur giste en dourtoir; c'est 

■ assavoir matras, au lieu de couste, e*traite$, au 

> lieu de draps. > 

Estramasson, s. m. Estramaçon. • [Besme lui 
a passe l'espée au travers du corps, et en la reti- 

■ rant lui met le visage en deux d'un estramaçon. • 
(D'Aubigné, Hist. II, 17.)] Le mot étoit nouveau 
d'aprèsles Contes d'Eutrapel, p. 479. Voyez aussi 
les Contes de Cholières, fol. 221*. 

£strambler, v. Trembler ; ■ De paour estram- ' 

■ ble. > (Fabl. de S. G. fol. 65'.) 
Estrampres, s. pi. < On appelle ainsi à la 

■ Chambre des Comptes les biens délaissez par les 

■ aubains, après leur mort; lesquels sont dévolus 

■ au roy. ■ (Uém. de Mezerai, 1. 1, p. 28,) 
Estraac, 01^'. Las, peut-être de l'italiens/ranco. 



Estrancher, v. Trancher. (Cotgrave.) 
Estrange, Estranger, adj. Etranger*. Ex- 
traordinaire". DitQcile de caractère^. Réservé, 
modeste". [La forme estranger n'apparatt qu'au 

* [• Granz sont les oz de celle gent ettrange. ■ 
(Roland, V. 2911.)] 

Llkenr des François, le confort des esirangei. {ViU. 96.) 

On a dit de la ville de Paris : 

.... La ville du monde 

Qni plus de peuple sonstenoit, 

Et où maints tttrangct abonde. (Bep. Fmnehei, p. 8.) 



yLaOOgle 



EST -I 

Pins aiiiH»! en ulrmne contrée, 
U on ne puet, ne Tenir, no aller, 
Cou ne bit chon c'on puet touBjours trorer. 

PoA. IBS. da Vit. r IWO, M. B. 

NODS lisoos > personnes atranges. ■ (Joinville, 
p. 15.) — ■ Eiirange païs. » (Id. p. 16.1 — ■ Mar- 

■ chands estranget. - (Ord. III, p. 587.) — « Gens 

■ à'estrançe \ii\es. * [llolinet, p. 170.) — «En 

• langue «stranoe, et non en la sienne. > (Apol. 
pour Hérod. préi. p. 6.) — • Nul orfèvre ne peut 

■ avoir qu'un apprentis ettrange ; mais de son lin- 

■ enaee, ou lingnage de sa femme, en puet il avoir, 

■ de chascun un, avec l'ettrange. • (Ord. 111, p. 13.) 
— ■ Vestu de robe ettrange, autre que la sienae. ■ 
(Très, des Ch. reg. 131. p. 52.) — ■ Si commanda à 

• son varlet qu'il print soD escu, et le portast à un 

■ peintre, et leisl faire une congnoissance ettrange ; 

■ car il vouloit nullement estre recoagneu. ■ (Per- 
eeforest, VI, fol. 33'.) — ■ Souspeçon si doit estre 

■ etti'ange k tous preudes hommes. ■ (Ord. t. I, 
p. 128.) On disoit aussi ■ bourgeois externe > pour 
bourgeois étranger, opposé a • iuterne ■ (Nout. 
Coût. Gén. 1, p. 1251), et au figuré < faire estrai- 

■ gne • de quelqu'un, écarter de quelqu'un : ■ Nos 

• Tel de Dieu estraingne. • (ns. 7218, fol. 337 '.) — 
En termes de coutume, les • biens ettrangert , on 

■ de proffltauxenfans, ■ étoient écheus du cdté 
paternel, à la mort du père; du cdié maternel, & la 
mort de la mère. • N'avoit pas le bail des biens de 

■ leurs enfans escheus depuis la mort du père, et 

■ desoncosté, ou de la mère décédée, comme 

■ estant des biens dits vraemgoet, estrangers , ou 

■ de profits aux enfans. • (Coût, de Bergh S' Winox, 
Nouv. Coût. Gén. 1. 1, p. 521.) 

' [■ Aide respunt; Cest mot meiestesfranfr^. • Ro- 
lana, v. 3717.] On a dit du cri des hiboux, chouettes 
et corbeaux: ■ Vae ettrange mélodie. > (E. Uesdi. 
fol. 325 ''.) Il est pris en bonne part dans les passa- 
ges suivans : ■ Elle luy fait si bonne chère , et si 

• ettrange que C'est merveilles. • (LesQuinze Joyes 
da Mariage, p. 72.) 

Chucun « Hn art mechanlque, 
En ce monde, pour en serrir. 
Pour gaingner, et pour deuerrir 
La grâce, Fonneur, et louMiKe, 
Do acaToir taire choaa eêtrttrxge. 
Et d'avoir loier, et salaire. (S. Detch. fol. 557 '.) 
° > Mademoiselle, se croire me voulez , je feray 

• tant que TOUS l'aurez à mary; jamais ne vous 

■ peut eschapper, mais vous gardez sur toutes 
•I riens que trop ne vous babandonnez : de plus lui 

■ serez ettrange, de tant serez plus de luy aimée. • 
{Ger de Nev. Il* part. p. S.) L'éditeur l'explique par 

• difficile. • — ■ Gouvernez vous, fait elle, bien sage- 

■ ment, et luy faites bien Veslrange; toutes fois ne 
> l'estrangez mie trop, tenez te entre deux, en bonne 

■ espérance. ■ (Les Quinze Joyes du Mariage, p. 82.) 



p. ISt8. 



New 



" . . . . Bien i^aniie de doctrine, 
Car elle ealoit à point ettrine, , 

En regart, en parolle, et en lait. (Froiâi. Poêi. p. 94 ^.J 
.... Voua estes si bénigne. 
Douce, et One,.... 



!- EST 

Que s'a point «êtes mtrbtê, 

Cest tout en réconfortant 

La plaisant (Ut d'amoora. (Id. p. 269 *.} 

Diane au bain ayant aperçu Actéon : 

. . . , Fn honteoae, et trte eilrine, 

Ne sot de quoi bire coortine, 

Ed la bntune se letite. fid. p. TJS*.) 

Pairs des voeux si direra, at extroaget. (liant, p. 193.} 

L'expression ■ faire Ve»trange * signifie faire 
refus, oirBcuIté, retard, dans une ballade qui est an 
tableau de la cour : 

Tons dis foui gens de court Vtttrange. (De*eh. f. 06 '.} 

Bailler 

Sans nul engin, comme twrUier, 

Les dix liens, sans (aire Twlranje. (Id. fol. 576 *.} 
Estr&ngé, part, et adj. Peu fréquenté, exilé". 
Aliéné, détourné». Privé*. Déchargé". 

* ■ La plus sacretle voye, et la plus ettrangée de 
• gens que on sache. ■ (Lanc. du Lac, III, f. 135'.) 
■ Hermiiage assez ettrange de loulee gens. ■ (Id. 
fol. 160'.) 



Plusieurs choses avoient esté données , et 

■ ettrangées , au temps passé du domaine du 

• royaume. - (Ord. III, p. 162.) - Plusieurs choses 
« avoient esté ettrangées.... par dons excessifs, et 

> inutilles. > (Ibid. p. 140.) 

. <^ ■ La femme, soit noble, ou roturière, après le 

> décès de son mary, pour estre ettrangée , et 

■ quitte des debtes deues, lors de la dissolution du 

■ mariage, peutdans quarente jours après le décès, 

■ renoncer à la communauté des dits meuMes, et 
« acquêts. - (Coût, de Clerm. N. C. G. t. II, p. 875.) 

• Seront privez, et ettrangiét de tout fait de change, 
« sans le poovoir exercer. » (Ordon. t. III, p. IM.) 

■ Afin que les dits marchands qui amènent 

< leurs denrées... n'en soient delTraudez, ou ettrtai' 

■ giez. ■ (Ord. t. Il, p. 590.) — De là, ■ ettrangez 

■ de sens, ■• insensés : 

Les ungs porrea à l'Bostd Dieu 

Prives deSens, et Sflrangw. (Vig.dtCh. VII, I, p. M.} 

<* ■ Ettrangié de toute suspicion. ■ (Histoire de 
Floridan, p. 724.) 

1. Estrangement, t. m. Aliénation". Strata- 
gème*. 

" ■ Si le vray possesseur de la chose savoit 

■ Yettrangement, et s'en taisoit outre les vingt ans, 
« ft temps n'y viendroit 6 répéter, outre la prescrip- 

• tion acquise. - {Bout.-Som. rur. p. 336.) — De la, 
on a nommé ■ querelles d'^strani/eménf,... c^les 

■ des choses aliénées, et estrangées par cil à qui ils 

■ sont- > (Ane. Coul. de Norm. T. 108 >>.) 

" ■ Frontin en son livre des ettrangement». > 
[La Salade, fol. 13*.) C'est le seul auteur connu qui 
use de ce mot. 

2. Ëstrangemeat, adv. Etrangemeot, dure- 
ment. [■ Ettrangement est grande sa fierté. > 
(Aleschans, t. 1849.)] 

Dame, je sni vostre serf Ugement : 

D'amouc me ptaing, mais de vous bien me loue ; 

Me m*eaciipre> plue li ettnmgiment (E. Dteh. ili *,} 



yLaOOgle 



EST -1 

1. Estranqer, v. Eloigner, écarter, exiler*. 
Aliéaer'. Déguiser, changer ■=. Déranger". 
* [■ PeOB i de bon cuer orendroit Conment nos 

■ missions estrangerReas^rt qui bien quide mengier 

■ Nos Kelines et Doz cbapons. ■ (Renart.v. 16475.}] 
• Da droit des bourgeois, et des droits qui soat 

■ deobs à la dite ville, quand ils &'estrangent de 

■ leur bourgaige. ■ (N. G. G. 1, p. 291.) 

PriniCe, l'en doit tels terrau etiranger; 

Amer les bons, ails Mot doulz, et courtois. (E. Deteh.) 

S U dame etX legare, il faut aatre léger ; 

Sielto bit l'estraiige, il but s'en eêtranga: [A. Jamin.J 

De vo doulconr ne me puis atrangier. (Detch. f. i55 '.] 



Md;« 



■■ ne veut prendra la pi;. 



■ Trop doubloit qu'il ne fusl eslongné, ou es- 
- trangé, pour le hault honneur où la pucelle esloit 

■ soubdainement venue. ■ (Percef. t. VI. fol. 62'.) 

■ Estrangent leurs vieulx amys. ■ (Id. ibid.) 

Puiàqu'^lè a une rois cbangiâ, 

N'en sert nul homme eiirangii. (E. Deich. f. 400 *.} 

[• Savis mon père me het tant Ne me connoist à 

■ son enfant, Ains m'a estrangié de sa terre. De 
• tout son cuer me porte guei>e. > (Rom. d'Albis.)] 

* [■ Item pour ce que les gens desdils trois états 

■ nous ont avisé et montre moult gralieusement, 

■ comment plusieurs choses avoieal été eslrangées 

■ on temps passé par dons escessirs et inutiles. > 
(Ordon. 111, 140, an. 1356.) De même daas Jean de 
Meang(Test. 838): . Contes, dus, rûj;3 et princes 

■ sunt si en leur dangîer (sOus l'empire des Fran- 

■ ciscains) Que qui de leurs bostiex les vouldroit 

■ estrangter. Je cuit qu'il le vouldroient par raison 

■ cbalengier. Et prover par usaige qu'en ne les 

■ puet cbangier, >] 

^ Dans la métamorphose de la pierre appelée 
héliotrope, les dieux. 



Cbevanx qui ■oénates a(ning«r 
Mot de noy mwme, et me changer 
Tellement que je voua accuae. 

De l'etfect Sa ceux de Uedute. (Met. de S. Gelaii, 96.) 
.... S'en T« droit che£ uns Treupler changer 
Toue ses tuJiitz, pour de mieulx t'ettranger. (Faif. 107.) 
" ' Doubles pariais... auxquels nous avons laissé 

• iecanrs,pourungdenierparisi8,...neseraprins... 

■ que pour nng petit tournois, afin A'estrenger 

• le cours, et oster, aux autres faux, et conlrefaiz 

• hors de nostre royaume. ■ (Ordon. t. Il, p. 286.) 
2. Elstranger, i. m. Etranger. [Voy. des exem- 
ples sous EsnANflE ; le mot est dans Deschamps (sur 
les beautés de Paris) : ■ Tuit eslrangier l'ameot et 

• aineront; Car ponr déduit, et pour estre jolis 

■ Jamais cité tele ne trouveront ; Rien ne se puet 

■ comparer à Paris. >] On lit dans le Coût, de Hai- 
naut (G. G. t. II, p. 101) : ■ On entend, sous celte 
> désignation, ceux qui ne sont point domiciliez 

■ dans la province, et non simplement celuy qui 



9- EST 

•I seroit d'une autre jurisdiclion. • Voyez aussi 
quels sont les cas pour lesquels on est réputé 
estranger, c'est-à-dire déchu et privé des drorts et 
privilèges d'une commune ou bourgeoisie, au N. C. 
G. 1. 1, p. 308. rvoyez aussi le présent dictionnaire 
sous AuBAiN.I L'onice de commis au registre des 
estrangers etoit de faire observer les règlemens 
conucrnant les ■ orfebvres, monnoyeurs, mar- 

■ chands, et autres trafDquans d'or et d'argent. > 
(Coût, de Metz.C. G. I, p. 1154.) < Quiconque se 

■ vante, ou arrive pour soy, se baille de qualité 

■ û'éirange, il convient qu'au jour assigné, il fasse 

> apparoir à la partie, de la qualité dont il se vante, 

• ou arrive, auparavant que l'on soit argué, et si 

• ainsi ne le fait, partie peut obtenir congié de 
« cour. . (Coût, de Marquenlerre, N. G. G. !, MO''.) 

Estrangers, n. m. pi. Ce nom fut donné aux 
Vandois qui désolèrent la Picardie, en 1415 : ■ Gens 

• sans pitié, lesquels rançonnoient partout où ils 

■ alloient. sans espargner gentil, ne vilains ; on les 

> appelloit, en plusieurs lieux, tes Waudrois, en 

• autres, les Estrangers. * (P. de Fenin, Hist. de 
Charles VI, p. 462.) 

Estrangeté, s. {. Nouveauté, singularité. Eust. 
Deschamps (fol. 237') a intitulé une piëi:e de vers : 

• Balado sur Veitrangelé de l'atour, et du chief 
« que plusieurs dames font ù présent. » — - La 
« royne s'amusoit à contempler le poil, et Itslran- 

■ geté de deux petits sauvages. > (D. Flor. de Grèce, 
f. Ï4t*.) < Voyans l'estrangeté de cette avanture, 

■ demeurèrent grandement esbnhîs. > (Nuits de 
Strapar. II, p. 171.) < Estimer et recommander les 

• choses, à cause de leur nouvelieté, ou rareté, ou 
- estrangeté. » (Sag. de Charron, p. 37.) 

Estranglere (faire), express. Ecarter, ôte^, 
enlever. 

Or ne peullent plue mes chevaux mangier, 

Si \k De voieat, si perdent la lumière : 

Et lea veut on, de moy faire eilrangiere. (Dcsch. 508*. ) 

Estrangleis, s. m. Espèce de poire. 



Roblna commence A brouster.... 

De ce> poires A grant eaploit. {MS.1ii8,f. iiO*.} 
Estrangler, v. Etrangler*. Dévorer*. 
"[On lit dans Thomas de Cantorbery, 20 : ■ Li 

■ pastre deit... l'oeille malade sur l'espaule porter ; 

■ Ne la deit pas laissier al larrun estrangler. •] 

C^ Fresonde (Predegonde) pourkaca. 
Par son engin, et pourtraca, 
Que Celperu etii-anla WnssoaLhe (Amnlasonthe.) 
pt. Hodikn, us. fp ^. 
■Si aies deschaus un seul an, 
Non ferai, par saint Abrahan : 
Aies en langea, sans chemise; 
Ma char seroit tantost remise, 
Et citrangUe de vermine. (US. ISiS. f. S *.} 

Estrans, s. m. p. Cordages d'un vaisseau. On a 
dît d'un embarquement : 

Veissiei ancres lever, 

E»trant traite, hobens fermer. (Brut.) 

On Ut ires dans mon ns. fol. 85 '. 



, Google 



EST -1 

Estrapade, s. f. Espèce de torlure. Elle n'est 
plus guëres d'usage. [Ce supplice n'ëlait plus appli- 
gué aux troupes de terre depuis le règne de 
Louis XIV ; mais il a été en usage dans la marioe 
jusqu'en 1848 sous le nom de cale. On guindait le 
coupable à l'extrémité de la grande vei^ue et on le 
laissait retomber à la surface de l'eau (cale sèche), 
ou on l'y faisait plonger (cale mouillée). A Paris, 
sur la place de l'Estrapade, était dressée une 
potence; le condamné, lié par les mains et les pieds, 
avait les muscles distendus par le poids de son 
corps ; si c'était un protestant, il tombait dans un 
bûcher: • I! eiistres/raprff/e,c'estfidiretroistraieL9 

■ de corde bien roides ; et estoit si bauUe qu'il en 
f- cuyda mourir. • (Carloix, VI, 3.)] On disoit, au 
figuré, ^ bniller Vestrapade aux vins blancs d'An* 
c jou. o (Rab. t. II, page 132.)'C'est- à-dire, selon Le 
Duchat, • le précipiter le long du gosier jusqu'à ce 

• qu'il s'arrête dans l'estomac, comme s'arrôte à 

■ un ou deux pies du pavé, un malheureux à qui 

■ on ùona& y estrapade. • 

Estrapasser, v. Outrepasser. (Oudin, Cotgr.) 
Estrape, s. Faucille à long manche pour cou- 
per le chaume. La manière de s'en servir a peut- 
être donné lieu aux expressions suivantes : 

1° • Tour d'estrappe, • croc en jambe, coup de 
jarnac, coup donne de biais, de travers. Dans la 
lutte de Damp Abbé et de Saintré, Damp Abbé < au 
- seigneur de Saintré vint, par ung tour d'une 

■ estrappe: à bien peu qu'il ne l'emporta. > (Sain- 
tré. page 635.) C'est un tour de crochel semblable à 
celui qu'on donne en chaumant avec Yestrape. 

2° • En estrappes, > de biais ou en tournant. 

■ De là tirant droit en long de la terre du dit Cour- 

• .son, et en estrappes en dossendant le long de la 
«'vallée. ■ (Titre ms. cité par Le Bœuf, Histoire 
d'Auxerre, t. 11, p. 200.) 

Estraper, v. Scier le chaume; après le sciage 
des blés. 
Estrapper, v. Attraper, accrocher, surprendre : 

• Si aurez vos espices, pour savoir son estât : car, 
« se par un tour le pouyez ettrapper, vous auriez 

■ fait très grantguaigne. > (Histoire de Bertr. du 
Guescl. par Mén. p. 418.) 

Estrasslei-, s. m. Cardeur. (Oudin, Co^rave.) 

Estpaver, v. Oler les entraves. (Oudin, Cotgr.) 

il'lstravers (en), adv. En travers. ■ Quant ilz 

« sont près de luy, il hurle le jeune cerf de sescor- 

■ nés, et le fait aler avant; puis sault un grant 

■ sault en estravers, dedens un fort buisson. » 
(Modus et Racio, us. fol. 26*.] 

Estrayere, s, f. Eustache Deschamps dit de la 
feinte douceur des femmes comparées au serpent : 

Hujnblo se feint... 
Au commeiicier,... 

Hais elle point, quant prias & a'estrayere, 
Dont eat ciltfouu qui deux toie aa marie. fDesch. iH^.} 
Estrays, adj. Egaré. • Si s'en est fouy tout 

• estrays. » (Trad. d'Ovide, citée par Borel.) 
Estrayssant,âii>.Bétesetépaves, sur lesquelles 



0- EST 

on a droit A'ettraiere : • Wrek de mew trové en 
> son soii, et weife et estray trové en son tes. ■ 
(Britton, fol. 85 ■.) ■ Bestes estraystanteê - a le 
même sens (Ibid.) 

1. Estre, V. [La conjugaison est presque latine 
dans les Serments : • In damno sir, ■ ■ non lui 

• ier. ■ Dans Eulalie elle est plus romane ; > Buona 

< pulcella fat Eulalia. ■> ■ CM rex eret à cels dis 

■ sovrc pagiens. • Sur la conjugaison et l'étymolo- 
gie du verbe estre, à ses différents modes, temps et 
personnes, voyez le glossaire de la Chanson de 
Roland par M. L. Gautier (II, 311.) Le parfait a dans 
ce poème le sens d'aller : ■ Li emperere fut ier as 
' pors passer • (v. 2772.)] Ce verbe, dans nos 
anciens écrivains, est quelquefois employé avec 
une construction singulière : 

1° ■ Gestes vous qui, > pour c'est vous qui. 
(Poés. de Gile Durant, p. 143.) 

2* ■ Sera eu, * pour aura été. (Sidrac, Font, de 
toute science.) 

3° > Axo\restê, ■ pour être. > Autrefois ils ont 

■ voulu traitter de la paix ; ils n'en peureat avoir 

- esté ouïs. • (Froiss. III. p. 306.) 

I. ■ Estre bien de quelqu'un, ■ être dans ses 
bonnes grâces. • Hoult se tenoit bienheureux de 

• ce qu'il pouvoit^sfre bien d'icelle. ■ (Percef. I, 
fol. 66 '.) • Se ores estoye si bien de vous. ■ (Ger. 
de Nev. 1" part., p. 129.) 

II. ■ ti'estre en soy, ■ ne pas pouvoir. • En moy 

- D'est. • (Ger. de Nev. l" part. p. 86.) • En moy 

• n'esi de vous dire. • (Ibia.p. 13.) 

Ilf. • Sur' pieds estre, * se soutenir surses pieds. 
(Ger. de Nev. l" part. p. 86.) 

IV. ' Laisser estre, > laisser, abandonner. • Ha, 

• ha, beaulx seigneurs, dit le chevalier, laisse% 

• estre ceste bataille et ceulx dire que non 

■ feront; si delTendirent de la salle, et montèrent 

■ sur leurs chevauk. ■ [Lanc. du Lac, t. Il, f. 28 ''.) 

V. 1^ verbe être se meltoit lantdt avec une 
négation, tantêt avec peu, gaires, moult, plus, 
pour être important: ■ Il ne leur estoit ne la 

• mort il ne leur estoit de mort, ni de vie.' ■ 

{Percefor. IV, fol.81".) — « llavoil le cueursiserré, 

■ qu'il ne luy estoit de chose qu'il veist. ■ (Ibid. 
fol. 25 '.] — > Se devisoieot de maint propos moult 

■ joyeusement, comme ceux qui s'entreplai- 

< soient tellement qu'il ne leur esroit d'autre com- 

• paignée. ■ (Id. 111, fol. 80*.) — > II ne luy eitoit de 
. joustes, et tournois. • (Id. IV, fol. 24v} — « Le 
> cheval est roide et puissant ce luy est peu de 

■ vous et de vostre faix. » {Id. 11, fol. 46'.) 

Et quant vous estea esclupé, 

Et 11 besoin sont trespKsaé 

Dont ne voua e»t gairei de noaa. (Brut, f. 48 K) 

N'en eit gaire» a OamiMit, m il lea pend, on art. (Bon, 8S.) 

Hoult m'Mf de moi, m^s pina m'Ml de ma sent. 

fab. usa. mot 13». t. 1, pvi MO. 

■ Aidez mon cheval, car il m'est plus de luy que 

• moy. • (Percef. 1, fol. 46 *.) 

VI. > Estre tant, > c'est le tanti eue des Latins. 

S'& Roem mourusaiei, ou tous fustea nonix, 
Ne m'en fwil mie tant. /fiou, f. Si.} 



, Google 



EST - n 

vil. ■ Xestre pa$ de, * n'être pas digne de : 

— Jafoit que on chevalier soit riche, sage, et preux 

• de soD corps, il est taché de vices, et en espéciai 

• d'orgueil, par lequel on esctieten touslesautres, 

■ il n'est pa$ d'estre nommé chevalier. ■ (Percefor. 
vol. H, fol. 121 '.) 

VIII. L'usage que font de ce mot les paysans de 
l'Auxerrois et du Horvaa est encore très remarqua- 
ble : • J'ay esté d'un escu, > j'ai été payé d'un écu, 
j'ai eu un écu. En ce sens, le verbe être prend la 
signification du verbe • avoir. > Les exemples n'en 
sont pas rares dans nos anciens auteurs. 

IX. Le verbe estre servoit aussi à marquer les 
futurs comme dans cette phrase: ■ sont a rendre. ■ 
(S. Atbanase, Symbole françois, 2' trad.) 

GonjoGAisoK : EU ested (Loix Norm. art. 17). — 
Er (Harbodus, col. 1674). —Era {us. 7218, f. 142 '). 

— i:W(»is. 7615, 1,^5"). —Ere (Villeh. p. 1). - 
Ere (Gilles de Viniers, Poët. avant 1300). — Ere 
(S" Léocad. «s. de S. G.I. — Erent (Villehard. p. 6), 

— Eret (Villehard. p. 81). — En (Histoire m. de la 
S» Croix, page 16). — Erl (La Thaum. Coût. d'Orl. 
p. 465. an. 1168). — £:rI(Honios, Poët. av. 1300).— 
Ert (Marbodus, col. 1640). — Ert (Poët. avant 1300). 

— Erunl (Lois Norm. art. 18). — Esspra (Parlon. de 
. Blois). — Essont CTesl. du C" d'Alen^fon, à la suite 

de Joinv. p. 186). — Esta < Kî bien esta ne se doit 

■ remuer. ■ (M" Andrieus). — Esta • Bien puet 
•> scavoir, ki amé a, Se bien ou malement la'esta. • 
(Gontiers). — Esta ■ Diva, fait il, comment l'esta 

• Es tu ribaux, traistreou terres. > (Fabl. deS. G.). 

— ■ ... Sadoines li demanda Sire conpains, con vos 

• esta. > (Blanchandin). — Eslaet (D. Horice , 
Hist. de Bret. col. 98S, an. 1262). — Estait • Bien 

■ m'estait Que j'ai ma mie délivrée. > (Ploire et 
Blancheflor.). — Este (Villehard. p. 166). — Ested 
QMis Korm. art. 16). — Estei (Duchesne, Gén. de 
Bar-le-Duc, p. 31). — Esteit (S. Bernard, p. 14). — 
Estel (Duchesne, Gén. deChaataig. p. 27, an. 1220). 

— £sJeiHMarbodus, col. 1660). — Esteient (Duch. 
Gén. des Oiast. p. 27, an. 1220). — Estiemes {E\ist. 
Desch. fol. 463). — Estiens (me. 7218, fol. 142 '). — 
EstiesmesG. Le Fev. de S. Rem. H. de Charles VI, 
p. 81). — Èttœnt (Duch. Gén. des Chastaig. p. 27, 
an. 1^). — Estaie (xs. 7615, t. 11. folio 108 '). — 
Esloet (D. Morice, Hist. de Brel. col. 960, an. 1261). 

— Estoint (Villehard. p. 5). — Estot (us. 7615, 1. 1, 
fol. 113'). - Estroit<iit. 7218, fol. m').~Estués 
(«s. 7989 ', fol. 47 •). — Estuet (Gh. du XIP siècle, 
Hs. de Bouh. f. 371 ''). ~ 1ère (Poët. h&s. av. 1300). 

— lert (Ord. I, p. 311). — Iert(S,. B. S. Fr. p. 239). 

— lert (S. Bern. S. Pr. ms^. p 163). — les ■ Ahi ! 
< amours, con ies desmesurée. Moi, ke te sert, veus 

• ocire tondis. > (Salvages de Bethune, Poét. hss. 
av. 1300). — • Morsvillaineie3;en toi n'a gentil- 

• lece. • (J. Ejcats). — Esterait (Hisl. de Beauvais 
par un Bened. p. 273, an. 1167). — Fu (Carp. Hisl. 
de Cambray, p. 28, an. 1230). — Fud (Loix Norm., 
trt. 39). — Fui (S. Bern. S. Fr. p. 45). — Fuissant 
(Pérard, Hist de Bourg, p. 502, an. 1266). — Fuist 
(Carpentier, Hist. de Cambray, p. 18, an. 1133). — 



EST 

Fuit (Idem). — Fumes (Perard, Histoire de Bouiv. 
p. 466. an. 1246). — fusera/ (Rymer, l, page 13 1», 
an. 1256). — Fussa»( (Marbod. col. 1670). —FiM- 
Siens (S. Bernard, S. Fr. p. 3). — Fust (Loix norm. 
art. 39). — Fust (S. B. S. Fr. p. 3). — Yers (Eust. 
Desch.). — Yes (Brut). — Seent (Ord. I, p. 3l4). — 
Serommes (Rom. d'Audig. fol. 68 ■). — Set (Journal 
de Verdun, 1745, p.257). — Scw (Ord. l,p. 426). — 
Soye (Villon, p. 15). — Suymes (Gloss. de rHisloîre 
de Bret,, Faifeu, p. 4). — Suismes (Arbre des Bal. 
folio 136 '). — Suysmes (Lettres de Louis Xll, t. IV, 
p. 177). — Sûmes Od. I, p. 150). — Summes (Ord. 
t. Ill, p. 657). — Sunt (Ord. I, p. 72). — Sion (Eust. 
Desch. f. 135 '). — Soie (Joinv. p. 79). — Soiiesmes 
(Mouskes, p. 142). — Soint (Ordonn. 1. 1, p. 536). — 
Sommes (Froiss. II, p. 74). — Son (Rab. I, p. 104). 

— Sot (Poët. av. 1300, IV, p. 1363). — Seront (Ord. 
t. V, p. 474). — Sosmes (Chansons de Thibaut, mss. 
page 86). — Soumes (Beaumanoir, page 1). — Saet 
(D. Honce, Histoire de Bret. col. 981, an. 1262). — 
Saienî (La Thaumass. Coût. d'Orl. p. 4G5, an. 1168). 

— Saint (Duchesne. Gén. de Chat. p. 59, an. 1268). 

— Sait (Loix Norm. art. 41). — Sara (Perard, Hisl. 
de Bourg, p. 300, an. 121.3). — saroit (Id. p. 4G0, 
an. 1246). — Saroni (Id. p. 300, an. 1213). —Sauent 
(Duchesne. Gén. de Montmorency, p. 386. an. 1265). 

— Saye (Id.). — Sayent (Id.). — Sayt (Id. p. 386). 

— Seient (Loix norm. arl. 38). — Seint (Per-ard, 
Hist. de Bourg, p. 450, an. 1241). — Seit (S. Athan. 
Symbol, fr. P* trad. ; Loix normandes, art. 24). — 
Seraent (Perard, Hist. de Bourg, p. 502, an. 1261). 

— Serait (Loix norm. art. 29). — Serai (S. Bern. 
Serm. fr. p. 16). — Scre(Perard, Histoire oe Bourg, 
p. 486, an. 1257). — Si(i-«((Harbod. col. 1652). — 
Serein (S. Bern. Serra. Fr. p. 25). — Sereiiï (Rymer, 
1. 1, p. 109). — Seriens (Perard, Histoire de Bourg, 
p. 282, an. 1255). - Smf (S. B, Serm. fr. p. 379). 

— SeroetQi. Morice,H. deBret. coi. 980, an. 1261). 

— Serais vos (S. Bernard, Serm. Fr. p. 58). — Serra 
(Rymer. I, p. 114 ^ an. 1270). — Serroms (Rymer, 
1. 1, p. 109 *, an. 1268). — SerrOTi( (Rymer, I, p 50, 
an. 1259) — Serrant (Rymer, 1, p. 114 S an. 1270). 

— Sejjent (Id.). — Seyt (Id,). — Sient (Carpentier, 
Histoire de Cambray, H, page 18, an. 1133). — Sicrt 
(Loix norm. art. 4). — Sit (Rymer, 1. 1, p. 109 *). — 
soint (Duchesne, Gén. de Bélhune, p. 141, an. 1259). 

— Soit (S. B. S. Fr. MSS. p. 90). — iojnes(S_Athan. 
Symb. fr. 2* trad.). — Sont (S. Alhan. Symb. fr. 
2* Irad.). — Sont (Duchesne, Gén, de ChasLillon, 
page 59, an. 1268). — Sot (Loix norm. art. 16). — 
Soyes(S. B. S. Fr. mss. p. 56). —Suimes (Du Bou- 
chet, Généal. de Coligny, p. 63, an. 1246). — Sûmes 
(S. Athan. Symb. fr.lflraa.).— Summes (Duchesne, 
Gén. de Bar-le-Duc, p. 33). 

2. E^tre, s. m. Etal, situation *. Fapon d'élre, 
maintien". Conduite'. Personne". Lieu*. Ligne, 
race'. Nature". 

* [On lit dans Guiot de Provins (D. C. III, 100*) : 
■ Leur ordre ne btasme ne lor estre. Mes por riens 
• ge n'i voldroie estre, Trop ont estroit et dur cou- 

— vine; Chascua fet pour lui sa cuisine. ■] ■ Pour 



yLaOOgle 



EST -i 

• le bien, et cours âe la marcbandise, Vestre, {aiias 
■ estât) et entretenement des dites villes, et de leur 

• police. ■ (Godefr. Observ. sur Ch. VIÏI, p. 394.) 

• Puisque savoir voulez mon eslre, je vous le 
« diray, . (Ger. de Nev. )" part. p. 125.) • Deman- 

• derent l'ung à l'autre dont ilz estoienl, et quelle 
> advenlure le menoit si seul ; et il luy compte de 

• son eslre une partie. > (L'anc. du Lac, II, f. 34'.] 
— Uue dame donnant un rendez-vous à son galant, 
dans l'absence de son mari : 

14 ot iDOiiiié.... 

Que ses sires fi une vile 

Devoit cil Jor au marcha eslre : 

Bien li ot tôt conté son ettre. (Fabl. de S. G. f. 65 KJ 

Celé li enquist de son etfre,.... 

Si li demaDde qu'il avoit. (Ibid. f. 80 *.) 

Je lui demandii son ettre. (Val. n° ÎA90, f. lit ^.) 

Si loerent Dieu, et son iestre, 

Canisat te Deum laudunua. (Ph. Mousk. p. S9iJ 

Et vit leur convin, et lor ieslre. (Ibid. p. 150.) 

Je ctiantaÏEse voleutiers liement.... 

Et deaisaa, et l'eslre, et l'errement 

De la grant cor de France, au doue renon. 

Ou toute VBlora se baigne. (H. de la Ferlé, III, ii53.) 

• .... D'un ntre sa maintient 

Qui m'a esbaubi. (Adant li Bofut, t. [Y, p. iSIl.J 



^}uant je ses fez, et son estre remir : 
Son vis riant, son beau parler prislè. 

VUIUm d-Arm. t. ni, p. T». 



*" • Il se flst à luy confesser de tous les pécbez 
■ dont il se sentoit coupable vers Dieu; si luy 

• demanda le cliappellain de son es^e: et il luy 

> compta toute sa vie. ■ (Lanc. du Lac, 111, f. 33\) 
■ Queur tost le seignor deschancier 

Je vueuil qu'il se voist baigner, 

Et ge 1 entrerai aprèa. 

Si nos solacerona Uui maie. 

Si m'embelira plue son eslre. (Fabl. de S. G. f. 78'.; 
* On auroit une lieue alâe. 

Avant qu'on soit hors de cel ealre. (E. Deteh. 5iS '.} 

A nant bonour I\t ccnréaz, 

Et 11 grant bonour enterres. 

Le cors de lut, et de son père,... 

Et tries le mestre e»lre porté. (Bi-ul, p. ±96.} 
> Jamais ne sçauray le lieu, ne Vestre ou trouver 

• puisse ma mye. » (Ger. de Kev. 1" partie, p. 89.) 
- Les François estans dedans se combattirent maio 

> à main aux Anglois que, pour mourir, ne se vou- 
« loient parlir de leur efi/r£. ■ (Hist. de Louis II), 
dtic de Bourbon, p. 39.] 

Bêle, fait ele, une semaine 
Porraa al aeurement estre. 
Que js nus ne acaura ton ettre. (Fabl. de S. G. f. 81 '.} 

Des voleurs étant entrés dans une maison de 
gens pauvres : 

Lors a'asaieent, regardent lettre. 

Les angles, et les repostailles. (Fabl. de S. G. f. 53*.j 

A tant est cil entrez en Vestre. (Ibid. 88 *.} 

Quant huis, et feaestre 

Treuve ouvers li amoureus. 

Il est laea entrés en l'être, 

Celj dont 11 est songoieus. (Vat. n° ±490, f. 156 ^.} 

L'empire de Rome, et tôt li eitre 

Donna Coostantins S< Selviestre, 

Et tout quanqu'A Rome apeudml. (Ph. Uouak. 84S.) 



J- EST 

Ne firent rien, ton veoir i» dongon : 

Tnit n'orent, na engien crm Caat bon, 

iraMIleiiieBt, pour assaillir cel estre. (E. Daeti. 108*.) 

Dedendre U tour, et U ettre. (Ph. Uotuk. p. 9i.) ' 

Si vint as ettres de la tour. (Blaneh. f, 186'.} 

Li rois Artus estait w ettreê, 

Apoyea à ones fenestres. fPereeval.} 

[An sens de cour, ettre dérive du bas latin astrum, 
place carrelée, et pourrait s'écrire aiitre: • Guille- 

■ met le Prévost demoura en Vestre ou la court du 

■ dit boslel. ■ (Jj. ii&, p. 513, an. 1393.) — • Une 

• place assis en la ville de Cangi jouste Vestre Noël 

■ Foacier d'iine part et jouste Vettre feu Bemaut 

• Pinart. • (Aveu des nefs du domaine de Buri, 
1366.) Du sens de cour on passe à celui de maison 
bâtie dans la cour ; • Hugues Crestien avoit fait faire 

• un estre sur les murs de lodilte ville de Tienne. • 
(JJ. 153, p. 119. an. 1397.)] 

' • Retraict d'héritage ancien vendu compete, et 

■ appartient aux parens de la ligne, et estre du 

■ vendeur , el chose vendne jusqu'au sixiesme 

• d^ré de consanguinité. > (Coût. Gén. I. p. 896.) 

• Il est du lignage, et estre dont l'héritier procède. ■ 
(Ibid. p. 897.) . Héritages prooédans de Vestre du 
. pM-e. • (Ibid. t. Il, p. 562.) 

Et puia après, l'a eqmusée 

Quens Guillaume de Lieceatrs, 

Pour cou qu'il le sot de bon ettre. (Uoutk. p, 474.} 

Cil Caries, ki rois deroit leatre, 

Desconfi Kapet, et son ieatre. (Ibid. p. 390.} 

Cil fU preudom, et de bon iettre. (Ibid. p. 53.) 

" • Bons mariniers experts... qui sachent Vettrê, 

• et la naissance de tous vents. > (Le Jouv . f . 88 ^) 
" Vous savez toul Vestre de ceste ville, car vous 

• avez esté tout autour, et par dedeos, et par da- 
« hors. ■ (Hist. de Bertr. Du Guescl. par Mén. 323.) 
Louis VIT, assiégeant un château, (Itéfever une tour 
qui le dominoit; ceux qu'il mit dans- cette tour 
> veoient tout Vestre^ et la façon, et coavine du 

• chasteau. . (Chron. S. Denis, 1. 1, f. 233.) 
Remarquons ces autres acceptions : 

1* ■ Bon estre, * bien-être. 

Pbelippe, on doit paradis 

Conquerre par mesaisa avoir ; 

Que vos n'i troveroie ji voir, 

.Bon ettre, ne Jeu, ne tia 

Que vos aviez apris. (Thib. de Nov. I, p. 8.) 

1* bis. . De bon estre, • débonnaire. (Marbodus, 
col. 1638.) 

2* ■ De put estre, > de vilaine race ; on disoit 
aussi de pute aire. 

liai ait qui me maria : 

Tant en ait or li prestre : 

A un vilain me donna, 

Félon, et de put utre. (Uomo», II, p. 64i.) 

3° > En estre^ ■ en effectif. «Si je voulois me 

■ contenter d'enmener ce que je trouverois de 

• trouppes en es»e. • (Bassomp. Mém. IL p. 182.) 
4* •> l'rendre estre, ■ commencer. < Donations 

■ faites, l'eiTet desquelles prend Mfr« de son évene- 

■ ment douteux de la condition y appcMiëe, sont 

• revocables avant l'événement de la dite condi- 
. tion. » (Goul. de Clermont, N. C. G., II, 877 •.) 



yLiOogle 



EST 

5* « Savoir son eêtre, • savoir-vivre : « Gérard 

• sachant son ettre, comme celuy qui à la court 

■ avoit esté nourry, les salua moult courtoisement.» 
(Ger. de Nev. I" partie, p. 125.) 

6' ■ Venir en estre, ■ arriver. * Ne se faut point 

■ émerveillé si nous voyons venir en estre quelque 

• cbose qui paravant n ait point esté. • (Letires de 
Pasqnier, 1. 111, p. 510.) 

7* ■ Mettre k le*tre, ■ mettre à l'ouvrage. 

Deos mesUera ai>i»iB, 

A. l'etlre tai j'A mis : 

Or ne le tleg, ne ne t' tels. 

De c« Buifl gé bien lers : 

Ne eni, m cura ne lais, 

Et sui, et clera et Uie : 

ca qui dena cboae ohace, 

NuUe n'en prent. (Prov. du filain, /. 74 K) 

3. Estre, adv. Outre *. Contre *. 

* Estre ceo, outreceIa.(Rymer,I,114\an. 1270.) 

Rois Somegna a moult grant gent : 

£«lre la aecora qu'il atenl ; 

Ses aniabaos ert Tanos. {ParUm. de Bl. f. ISS ■.; 

Donie mil went cheraliere. 

Elire seijana et, lea aicbiera. (Brut, f. 70'./ 

Entrenlz Tont bien un miUian, 

Et de bons, et de preiu cheTalUers ; 

B$lre BBlde, ettre servans, 

El ettft femmes, et enbna. [Ibid. f. XK) 

' • Estre le gré, • malgré. (Voy. Rom. du Brut, 
M *.) > Ettre mon gré, > malgré moi. (Ibid. f. 8*.] 
On lit ■ estre son gré, ■ dans Alex, et Arist. us. de 
S. G. f. 72'. — Ce mot estre est entré dans la com- 
position de quelques mots, et marque pnvaUon ; 
voyez EsTseuii, etc. 

Estré, s. m. Ce mot se dit, en Languedoc, des 
choses qu'on ne veut ou qu'on ne sauroit nommer, 
crainte de blesser la modestie. ■ Aristote les a 
( déclaré l'eslr^ des femmes estre desoy insatiable. - 
(Rabelais.) 

Estrece, s. f. 1* Etrécissement. Estrece, dans 
S. Bern. répond au latin angustia. — 2* Diminution 
des droits ou profils appartenant au vassal qui des- 
sert un fief; le cb. 259 des Assises de Jérusalem a 
pour titre : * Ci orez coment je, qui ais fait cestui 
« livre, sot certainement ces conjuremcns i'ettreces 

■ dessus dites de hom au seignor. • (p. 174.) 
Estrecer, v. Etrécir, serrer, reslreindre. [■ Et 

> si lu n'as grant richece Qu'avoir les puisse. Si 
« l'eitrece. » (Rose, v. 2168.)] — ■ Puis soit anquis 

> de gors levez en euves communes et des euves et 

■ des chemins esloppez ou estreitet. > (Britt. Lois 
d'Aoglet. 71 *■.) ' Chemins estbupës, et estreehiez. ■ 
(Beaumanolr, ch. IX, p. 52.) 

Corineua se remtraca ; 
Eitreehi aor, si se moilta ; 
' Des pans de aa cote se ceint ; 
Parmi lea flans, aoqnea a'eatrainL (Brut, fol. 9 \) 

Estrecte, s. f. Ecliec '. Tour *. 

* • Je lui écrivis promptement, s'il trouvoit bon 

■ que j'allasse la nuit devant enfermer ceux qui 

■ estoient dans Grenade, voir si nous leur pour- 
' rions donner une estrecte. ■ (Hontluc, II, p. 363.) 

• hës ennemis voulurent donner une estrette a 



18 - EST 

> nostre cavallerie légère. > (Ifém. de Bassomp. H, 
p. 58.) > Possible, si M' do Guise eust esté hors de 

• là, qu'ils nous eussent pu donner une pareille 

> estrette, que d'autres reistres nous donnèrent à 
' la bataille de S' Quentin. ■ (Brantôme, Cap. Fr. 

t. m, p. 38.) 

* On lil au sujet d'Henri III qui, à son retour de 
Pologne, passant sur les terres du Palatin, vit dans 
le cabinet de ce prince le portrait de l'amiral de 
Coligny : > Je tiens de très bon lieu que le roy fut 

• esLonné quant il vit ce portraict,et ouit les paroles 

> de l'autre, et entra en appréhension que ce jeu 

• fust esté fait à poste, pour luy donner quelque 

• estrette. > (Brant. Cap. Fr. 1. 111, p. 195.) 
1. Estrée, s. f. Grand chemin, rue. 

S'en alerent al bos taiant, 
Et II pliiaioiir par lea ettreea 
Ont lor a 



Jus gietées. (Ph. Moutk. f. 193.) 
[> Parmi Ardane accueillirent Vestrée. > (Garin, 
DuCange, VI, 385".)] 

2. Estrée. [Intercalez Estrée, pour entrée, au 
reg. a. 161, p. 135, an. 1406 : • Que nul ne puisse 

■ ...estre ouvrier en la ville de Pnn's, ne es faux- 

■ bourgs d'icelle, se il ne scet faire en un jour au 

• moins cinq cens de graos oublies, trois cens 

■ de supplications et deux cens â'estrées dndit 

> mestier. >] 

3. Estrée. [Intercalez Estrée , héritage snr 
lequel le seigneur a droit A'e&lraiere: • Se aucune 

■ estrée ou espave ou autre forfaiture en cas de 

< haute justice y avient. ■ (JJ. 59, p. 459, an. 1320.)] 

4. Estrée, <^. Afliné, comme l'or tiré du 
creuset. 

Si snî wiréw com U or 

Vers U qui est tous mes trésors. (Ch. du C* TMb. iOS.f 
Estreer. [Intercalez Estreer, abandonner, per- 
mettre au seigneur d'exercer l'estraiere : ■ Qui se 
I veaut départir dou pats, ou en aucune manière 

< laisser son (lé, il le doit comander au seignor : 

■ car la comande est plus seure chose, et mains y 

■ a de perill que Vesh-eer... mais garde se bien en 

• quel point il estraiera ou comaudera son lié. ■] 
Estrelgnement , s. m. Action de serrer , 

d'étrangler. (Oiidin, Cotgrave.) 

Le chevalier de la Tour, parlant d'une nouvelle 
coiffure des femmes, ■ l'atour de gibet •, dit qu'il 
étoit ainsi appelé parce qu'il ■ estoit hitut élevé sur 

■ longues épingles d'ar^nt, plus d'une coudée sur 
<■ la leste, comme un gibet por estraingnement. • 
(Instr. àsesfllles, fol. 27-.) 

Estrelnt, adj. Avare. (Oudin.) 
Estrelntif, adj. et s. Astringent. (Oudin.) 
1. Estrelol, s. m. Injustice. [On lit dans une 
chanson de Guyot de Provins, Wackeraagel, p. 28 : 

> S'en fait granl estreloy Amors, où je me croie. .• 
— De même aux Loenges Notre Dame (Chr. Anglo- 
Normandes, III, préf. p. 35] : ■ Oevre est de ribaut 

• Quant li dés li faut De dire estreloi. ■] — Mot 
composé de l'adverbe estre et de lêi (contre la loi.) 



yLiOogle 



EST -I 

Amon lèra gniit «ttralot 

8« M» gré ne puis deserrir. /.Id. de Gievenet, III, i 186.} 
Cut DiaDS ettreloit 

C'OD faiisBe les lois. /Poet. au. 4500, IV, p. iSOt.} 
RemarquoDs ces expressions : 
1* ■ Dire e&tre loi, > dire une chose injusle, parler 
à tort. (Vat. n» 1490. fol. 175'.) 

2° < jQgier estre loi. • porter un Tqux jugement. 
(Vai.nM490, fol. 139'.) 

S* < Jugier sans etlreloi, > juger sans injustice. 
(Vat-n- 1490, fol. 140*.) 
2. Eatrelol, adj. injuste, inique. 

Or Ki je dit corne bx Mtrafoi ; 

Jà li mettaa, ne m'en soit pordcMies, 

Quant maudite ai ceLi cui plus doL foi. 

Paâ. n. UDO, 1. 1, p. SIS. 

Estrenne, s. ^. Etreanes, premier jour de l'an \ 
Début d'un règne". Succès'^. Présent". 

* [> Mesaire Thomas Chaunenne, chevalier Iren- 

• chant au roy d'Engleterre, lequel est venu appor- 
« ter Veslraine du roy d'Angleterre du jour de 
> l'an. > (DeLaborde, Emaux, p. 307.) — > Item 

■ trente sols toumoisdemenuscens, portaos les 

■ etvMites à paier chascuu an aus estraigne*. > 
(JJ.65, p. 263, an.l327.)] 

Ecoutei les dures noarelles, 

QuoJ'ouito jourde l'eifratne. lAt. Chart. p. S35.< 

■ Le dimanclte après les eêti'ennes. ■ [Ordonnan- 
ces, 1. 111, p. 583.) 

* On Ut au sujet de l'avènement de Charles VII : 

Le ccsBiMnoaiDeut de son regoe 
Si fiit «0 douleur, «mitit, 
EtiKmr sa venue, et ettraine, 

Um dftencas «t depitié. (Vig. de Charh* VII, I, p. 34.) 
[Voir aussi G. Guiart, v. 4029,] 

■ Jà avons noua eue une riche «straine. • (Hist. 
défi. Ou Guescliu.parUénard, p. 256.)Onaditen 
ce sens: ■ Dieu vous doint booae ettreim. • (Palh. 
Testam. p. 122.) 

CUU de dameatant joie, 
Foto est, se d'ftutre se paiaa ; 
K'eutre amors est poile, et bloie ; 
Mais oeste est de boine eitrame. 

PoH. HBs. iT, iMo. I. ni, p. igse. 

* Le lundy premier jour de la semaine, à bonne 

■ eitraine, devant le jour du S' Sacrement. > 
(Froissart, liv. II, p. 134.) Jésus-Christ, trois jours 
«pcès sa résurrecUtm : 

•An tiers Jour, a Iwiuie tttrina, 
'Brisa d'enfer U saisine. [Froiuari, p. 973 •.) 
'^ EUraiimei, bonnes fortunes en amour. (Arr. 
Amor. p. 205.) — ■ Orent mal etirtùne, ■ furent 
maltraités ou tués. (Journal de Paris, >sou8 Charles 
VII, page 191.) 

En nulle ettraine Dieu la mette. (Patk. Teit. p. iS7.J 

Oexlârdotntmaleexrome. {Poét.av.1300,I,p. 13.} 

— Bn pute 'éatraine > signiHe à son malheur. 

* Vsiis'e^es eatré en ceste terre, eii vostre pute 

■ e$traine, car vous y mourrez. > (Perœf. IV, 1. 16.) 

VwiB dolnt Dieu, et saoRUnte airame. 

EM. L>r<.'ll. Poô. IISS. tcÀ. Ht. 

" fiarsuite» redevance: [■ iiifni les ilies du «Aie 



i- EST 

• du pontetlesestr^nMd'Alomme, c'est assavoir 

■ la coppe des souches, l'erbe et autres petites iUet- 

• tes, qui sont eu Loire, prisié vint livres l'an. ■ 
(Registre des dons de Philippe VI, an. 1328, f. 29*'.]] 

Voua m'en aves làit bone «•ItwiBS, 

Dit la dame. & «eldi lundi : 

Se tant en faites le mardi. 

Et tous les autres jors apras, 

Vous teoioii moult le mesUer pr«a. (t^. 7996, p. 94.} 
Expressions remarquables: 
1* ■ A Veitraine, > pour la première fois : 

.... Il fait mal d'acroite. 

Se aarez voua bien, a l'eilranae. (Palh. Fanx, p. tt.) 

Après les dessus ditz, Teoolent 

Los archiera du conte du Maine, 

Qui leur rpnc et ordre tenoient, 

EnfHngant chascuu k lettraine. (Vig. de Ch. Yll, iSS.j 

2* ■ Chascun jour à eslraine, • de nouveau: 

Je ne di pas k'il n'ait puis comparé 

Sa grant kisulé, chasonn jor, k Mlraine. 

Pml HSS. «t. USO. t. », F. UB. 
3° D'un gibet a<ût ton ettraine. (E. Deteh. fol. SSt '.} 

Estrenner, v. Donner*. Commencer'. 

* * [Bapleiez fu li vasietoos; Aveirs trop beaus 

■ e riches dons Li a sis parreins présentez; De lui 

■ ru primes estrenez. • (Denoit, 11, 10769.)} — 

• Elle luy pria qu'il Yeslreniut le jour des estrai- 

• nés. > (Arr. Amor. p. 204.) 

Je ne vous aar d'autre chose etirener. (Detch. fol, 14 '.} 

Je vous eilrin^ 

D'une nouvelle cangon. (Vat. n ' 1490, jol. BO K} 

Il te pouroit bien «i (renée. 

D'une intolérable douleur. '(Marg. dé* Marg. foL USk) 

De mort cruelle, et aale, et orde 

J'«T grand désir de Vmtrener. (Ibid. fol. 13M *.} 



Fausent, en mainz liaus, comme piautres. j'Guiart, SiS*.} 

Estr«pement, s. m. Action d'arracher. > Faire 
• wast, ou estrepemejit du tenement tenu en 
> douaire. ■ (Statuts de Glocesler, 6* année du 
règne d'Edouard I", ch. XIII.) 

Estreper,v. Extirper.£slr^;)e/,dansS. Sera., 
répond au latin exstit^at. ■ Les vignes ettreper. » 
(Ord. 1. 1, p. 127.)— ■ Les vignes fere estreper. > 
(Ibid. fol. 288.) — * Se aucuns meessilte mes blez, 

■ ou estrepre, ou esrache mes vignes vignes 

■ esrachiées, ou estrepées. > (Beauman. p. 3890 — 
- Estrepper vignes. » (Ibid. p. 58.) 

N'i ot remez rieo i gaster, 

Ne cep de Tigne ft esireper. (Brvt, fol. 77 *,} 

Lor TJngnes, etlorboiiflst Uroisesfnper. (Bmi,p. 196.^ 

Ettrepon» maie hetin dampnée. {E. Detch. foi. SW*:/ 

Strit donc tele semence etàvpie. (M. fiÀ. 944 *.} 

Estressisseuse, s. f. Femme à la suite de la 
cour, distribuant des dn^aesÀ l'usage particulier 
des dames. (CDntea<d'EulrR{iel, p. (M.) 

Estret, part. Extrait, ism : 
Dont vaut rolex, qui T(rfr'<TCrum) en retret, 

r'nn anll.il'iin iiAlil 1iAii.<Bbwf 



__naoltd'__ ^ 

Si soit on preu. et de bon es 
Que de boa lieu,. et mauséa 

Estrlbat, 8. Ht. Bftton , 



aatre. (US. 1918, f. MU ".} 

trioot. Un atribot ou 



yLiOogle 



EST -1 

Mtribal est an b&ton d'environ nn pied et demi 

de long. (Modus, fol. se**.] 
Estrlcholr, ». m. Dévidoir. (Oudia, Cotgrave.) 
Estricqne (à 1*)> expreu. adv. On a dil du 

droit de mouture dû au meunier : ■ Faut qu'il ait 

• une coupe, demy couppe , un quarreau , demy 

■ quarreau, et la moitié de demy qu an-eau , et 

> mesore tout à Vestrieque, et doibt... à seizième. ■ 
(Cont. de Blache, N. C. g. I, p. 436'.) — [Au reg. 
JJ. 176, n. 333, an. 1444, c'est le bois de la faux: 

■ Lequel suppliant tnistJDs de son col sa faulx et 

■ prist en sa main Veàtneque d'icelle. -] 
Estrtcter (à 1*), expreu. adv. ■ Margon arme 

■ ne flst fort que router, tant qu'en Bretaigoe ouyt, 

• à l'Mfricïer, que avant hyerroyPerceforealtpaist 

> au Neuf Chaste! , oti l'on devoit iouster : là fut 

■ Uai^n ponr aouster. ■ [Percef. v, fol. 111 *.) 

1. Estrie, s. Magicien, sorcier. [On lit au Gloss. 
7684: 1. Estrie, rée,Tamia. > De même aux Miracles 
de Coinci : ■ Tele est hideuse comme estrie. >] 



2. Estrie. rinlercalez Esti-ie, au reg. 13 de 
Corbie,an. 1 51 f, fol. 93'': -Aestéfait rapport au 

■ buffet de la Visitation fâicto au clocquier de l'e- 

■ glise, là où il est nécessaire de mettre plusieurs 

■ esMes et ancres de fer. ■] 

Estrtef, 8. m. Etrier. [On lit es^u dans la 
Chîinson de Roland, V. 348 et 3820. On litdans Tbo- 
mas-le-Martyr, v. 114 : - Sun estriu li teneit li reis 

• al remunter. » La forme estrief est dans Ph. 
Houskes : ■ Ettrief, ne siel , ne sorcaingle. ■ -~ 

• Maintenant elle dit que elle a un estref trop long 

■ et l'autre trop court, puis dit que le cheval trotte 
« drop dur. « (tes Quinze Joyes du Mariage, p. 80.)] 
G'éloit aussi un anneau â la partie la plus convexe, 
au dos d'une arbalète à pied; il formoit l'étrier 
pour mettre le pied et pour tendre l'arbalète. 

- Arbaleste a un pied qu'il vendra parfaille, bien, 

■ et sufOsemment gai-nie de corde, clef, estrier et 

■ antres choses y nécessaires. ■ (Etat des oHlciers 
du D. de Bourg, p. 150.) De là on disoit * quarreaux 
> à estrif, • que Ton explique mal dansie nou^-eau 
Du Gange, par species sàgitlœ : • Duas arehas qua- 

■ reDorum, uaam ad' estrif et alLeram ad duos 

- pedes. '[Maptène, Ampliss. Colleclio, 1, col. 1114.) 
Les premiers carreaux servaient aux arbalètes à 
un pied ou à estrier qu'on ne tendait qu'avec un 
pied. Les seconds carreaux s'employaient avec les 
arbalètes qu'on tendait à deux pieds. On a aussi dit 

■ estrie d'un coche. -(G. Durand, p. 185.) Nous 
disons l'estriér et plus souvent la ■ botte ■ d'un 
carosse. ■ Bas à estrier • désigne les chaussettes 
dont le pied forme un élrier. Les anciens avoient 
des - chausses de drap à estriet. * (Assis, de Jérus. 
p. 80.) Enfin Veitrié est l'appui de la lance à jouter : 

• Pour entrer en lice, et mettre la lance de ce dis- 

• cours dans Vestrié d'une suitée admirable, où je 
•' paisse courre la carrière de bien dire. > (Caq. de 
l'Accouchée, p. 169.) Dans l'inventaire de Charlotte 



5- EST 

de Savoie, veuve de Louis Xt , on lit: ■ Plusieurs 

■ estreoê d'or, ou il y a des tablettes d'or garnies 
d'images. > (Godefr. Observ. sur Ck. VIII, p. 368.) 

Haubera, et armes afeitiar, 

Etirex, et selles atoomer. - {Rov,p. S05.J 
On disoit : 
1' ■ Partir estreu, > partir. 

PartoDOpez n'en put ettreu, 

Ne velt remner de son leu. (ParUn. de BM$, f. tS5'.} 
2* • Mettre le pied en estrieu - : 

En faict d'amours, beau parler o'a plus lieu, 

Car sans argent, voua parles eu bebrieu ; 

Et hissiez TOUS le plus beau fllB du monde, 

5e ne fonces, je veulx que l'on ma tonde, 

Si voua metteEToatrepledenl'eilrieu, {Coti«rye,p. iS8.} 
S" • Eitrieuê d'Orléans. » Voyez sur ce provert» 
le Mercure de France, mai 1735, p. 908. 

Estrif,!. m. Combat*. Querelle, dispute *. Résis- 
tance '^. Peine, embarras". 
*Maei en paix voslre discorde,... 

Pardonnei au povre chetlT, 

Sa rébellion, et son estrif. (E. De$eh. f. 419 :} 

■ Adooc veissiez commencer dur ettrif contre 

■ ceulx qui les premiers descendoicnt, et contre 

• eulx venoient les Sarrasins; pour deffendre le 

■ port fut le grand estrif. ■ (Hist. de Boucic. 

page 212.) 

N'a ai bon clerc, ne ai poissant, 
El siècle, ne et bien parlant, 
Sales dames voloit Dlaamer,... 
G'en pronroie à lui estrif. (Parlon. f. i44 '.) 

En celui temps, naistra 
La pentbere, le loup simnlatif. 
Le cerf volant, t'oura, le tigre brette, 
Et le cengler ; entre eulx aura estrif. [Desch, f. S70 ^.) 
' ' Pour aucun prisonnier commença estrif, 

< pour leauel osLer, et leurs gens mettre à paix, fu 

< ordonne, par Bertran et Gliçon, que tous les 

■ Engloiz, grans et petiz fussent tuez si n'y auroit 

■ point de discort. ■ (Hist. de Bertr. du Guesdin, 
parMén. p. 410.) 

Or nous melons en loial jugement: 
Si ert la tençon de nos deoa deflnee. 
Car 11 eitrit dure trop li»Kuement. 

LE dui d* BrriHl, PoH. HSS. Ht. 1300, 1- n, p. TIS. 

*= <• Il commenta un vent contraire si très-grand 

■ que, pour sens et puissance que mettre y sceus- 

■ sent, ne pouvoieot avant aller ne leur dura 

* pas peu de temps cet estrif; ainsy furent trois 
« jours entiers. - (Hist. de Boucic, p. 209.) 

Tenei y tost, sans nul estrif, (Repues Franches, p, S,} 

" < En tel estrif, et fascherie s'endormit. • (Rab. 

t. IV, p. 160.) • En cestuy ettrif, et soigneux pMi- 

■ sèment. ■ (Id. 111, page 87.) • Le malade est eft 
« grand estrif. » (Ibid. p. 52.) 

Expressions : 

Prendre eitrif, > on ■ venir en estrif, • en- 



trer en procès. (Nicot.) 
« "Ten' 



a Tour, 



2» « "fenir estrif, » disputer. (Le Ch" de la 1 
Tnstr. è ses (llles, fol. 13^.) 

3° • A ou par estrif, ■ à Yestrivée, à l'envi : 
[■ Elchevalcherent à force et i estrif. ■ (Garin le 
Loherain, p. 69.)] 



, Google 



EST -» 

EstrUle, s. « Quier une joincte qui eat ea Yestri- 

■ fle du jambon. • (Modus, fol. 27 '.) 
Estriker (s"), v. S'agiter, se remuer : 

De tous boins moraiai^B sent il le fusike,... 
OtUDt voit 16 roussols, ilurement A'ettrike. 
^ pin. MSS. T. 1300, 1. IV, p. IIM. 

Estrlllade, s. f. Coup d'élrille. (Dict. d'Oudin.) 
EstrUle, 8. f. Etrille'. Crabe des côtes entre 
Caen elle Havre'. 
*[- Or faut roussin, or faut estrilles. Espèce a 

■ porter par la ville (Choses qui faillent en 
- méiiage^ .] De là, le nom donné à la Iroisième 
compagnie du prince de Plaisance, dans les fêtes 
burlesques de Vàlenciennes ; ies cavaliers qui la 
composoiept avoieiit des housses semées d'étrillés 
en broderie. (Meneslr. de la chevalerie, page 243.) 
[Le malheur fut qu'il s'attaqua à celle [coruellej 

"des valets qui portent Vestrille à leur drapeau. 
(D'Aubigûé, Hisl. lll,6i.)] 

■ Fevre forge de sas mains,... 

Et mans de fer soiis, et gros. 
Et grais a rostir les barens. 
Et fea ains il penre merlena. 
Et les cereua, et les etiritte». 

Et roines dont l'en preot anguilles. (US. 7318, f. i98 '.J 

Estriilé, adj. Grêle, mince, maigre. • En Espa- 

> gne, la beauté eslvuidée, et eslriUée,ea Italie 

■ grosse et massive. > (Sag. de Charron, page 75.) 
• L'Espagnol (la souhaite) gresle, vuidée, et estril- 
. lée, le François molle, délicate, mignarde, et 
< affectée. • (Maladie d'amour, p. ifi9, et Mont. U, 
page 270.) 

Estriller, w. [- Montées sur petites haquenées 
K qui ne sont niliéesni estrilliées. ■> (Froissart, éd. 
Buchon. 1. 1, eh. I, p. M.)] 

Estrilleur, s. m. Qui étrille. (Oudin.) 

Estrilloir, s. m. (Colgrave.) 

Estrlndore, s. Danse : • Danser l'estrindore. ■ 
(Rab. Ll), p. 113.) 

Ëstriiigans, s. m. p. Amoureux, galants. 

11 V a doulx jeiilz, d'autre sorte, 

Qui sont petulans, et gingans. 

Dont rorapaignonB portent la botte, 

Et cbangent aauvent nouveaulx gans ; 

Tels que servent à atringans. 

Ou à raygnona dorelotez. 

Et les font tenir si Wngmns, j ^a. , 

Qu'ils n'ont garde d'estre croie». [Ainanl cord. p. 58l.) 

Ëstriper, v. Eventrer. (Amadis Jamin, p. 263.) 
Estrlque. • Les lévriers d'efricgMC, ■ dans les 
anciens auteurs de vénerie, sont appelés Allans; 
ce sont des métis de dogues et de lévriers que l'on 
forme ainsi : on faitcouvrir une bonle-dogue par 
un fort lévrier , ce qui produit une espèce de 
chien moitié dogue moitié lévrier ; on prend 
ensuite une chienne de celte espèce qui, étant liée 
par un lévrier , fait des petits dans lesquels la 
nature de dogue disparaît, en sorte qu'il ne leur en 
rrate plus que la tête, entée sur le corps d'un grand 
lévrier, fort et membru com:ne l'est un dogue. 
{Voyez Salnove, Véii. p. 253.) 



B - EST 

Estriquer, v- Secouer, remner*. Faire sortir 
du gile '. 

■Certes, «re, n'en saù demie, 
Csr onques de ce riens n'apris : 
Les dei, oins que l'argent, apiis ; 
Si les eatrique, puis U change. (MS. 7U8, f. S3S '.) 

"De là. faire sortir un aoiaial de sou gile ou 
repaire (Oudin.) 
Estrivé, adj. Furienx, opiniâtre à la dispute : 

■ Envie de cour, qui seiche corps, et entrailles, ou 

• avarice, et convoitise insaciabtes, ou ire estrivée, 

• qui tombe tous nos sens. ■ (La Jaille, da Champ 
de Bat. folio 58 ■.) 

Estrivement, s. m. Dispute. [■ A cause de ce 

> sourdy entr'eulx si grand attaynement ou estri- 
. vement. - (JJ. 169, p. 200, an. 1415.)] « On leur 

■ bailla à chacun son glaive et vinrent l'un sur 

> l'autre, mais ils faillirent par Veslrivemetit de 
. leurs chevaux. • (Froiss, liv. 11.) 

Estrlver, v. Combattre*. Contester, disputer'. 
S'efforcer '=. 
*[■ Fols est qui en la mer estrive Qui nagier 

> puet selonc la rive. > (Caton en roman, dans 
D. cm, 110".)] 

Le Tort contre le fort têtrivenl, 
Lî uns meurent, li autres vivent. (Bo», p- S60.) 
■• En telle manière estriverent les deux empe- 

■ reurs, en conlens de charité , et d'amour. > 
(Chron. S. Denis, 1, fol. 130 •.) • Berlran, dit le roi, 

■ je ne le puis emender, je ne suis qu'un seul 

■ nomme, si ne puis pas ettrivei- contre tous ceulx 

• de mon conseil. > (Hén. Hisl. de B. du Guesclin, 
p. 457.) ■ Contre la mort, nul ne peut estriver. » 
(Froiss. liv. m, p. 249.) • La philosophie n'estrive 

> point contre les voluptez naturelles, pourveu que 

■ la mesure y soit jointe, et en-presche la modéra- 
. lion, non la fuite. • (Mont. t. Ifl. p. 190.) 

D'aymer, on ne se peut tenir, 

Quof qu^on etlrioe. (C. Haral, p. 78.) 

■ Si tost comme les huit princes eurent entendu 

■ le langage du meurdrier, ils eurent si granl des- 

■ pit qu'ils se leurent à tant, car ce leur sembloit 
•I grant honte de ainsy estriver sanz ferir ■ (Perc. 
vol. IV, fol. 29 *.) « Etriver contre l'aiguillon. • 
(Froissart, III, p. 246.) 

«Enfin ce mot s'est employé, en général, pour 

■ faire effort, résister. > ■ Si estoit la bataitle là 
< moult grande de ceulx de dehors qui estrivoient 

• a monter sur les murs, et de ceulx de dedansqui 

> leur chalangeoient vigoureusement. > (Histoire 
de Soucie, p. 87.) 

Au aiegle n'a créature, 

Oui de beauté peost, & U, tttriver. 

PaM, IISB. n. 1300, (. I, f ISl. 
Jamais femme a son roy a'**trive, 
Betsabée eitriver, n'osa au roy. (E. Dctch. f. 5SS '.} 
Estriveur, s. m. Lutteur. (Colgrave.) [On lit 
au Gloss. 7684 : • Eêtrivevr, certator. -] 
Estrivenx, adj. Querelleur. (Oudin.) 
Estrivlere , s. f. Sangle qui porte Véli'ier. 

■ Une selle d'armes, ungcbanfrain oe cboval, des 



yLaOOgle 



EST -1 

• pompes, des estrivieres, des espérons. ■ (Bab, 
t II, p. 233.) [> Li chevax veaoit treslot seus; S'ot 

• de sanc tainte Yestriviere. • (Charrelle, 262.)] 
RemarquoDs ces expressions : 

1* * Le tour de Yestriviere, • tour d'adresse Tait 
k cheval. > Feit semblanl de descendre de cheval, 

■ et quand feut pendant du costé de monlouer, feit 

■ souplement le tour de Vestriviere, son espée bas- 

• tarde au costë et par dessoubz passé, se lança en 

> l'acr, et se tint des deux pieds sur la selle, le cul 

■ tourné vers la tesledu cheval. > (Rab. II, 227.) 
2" . Sanglades à'estriviei'es, » action de sangler 

des coups d'étriviëres. (Rab. t. UI, Prolog, p. 19-] 

3" • A Veslriviare, à l'usage i'estrivieres, • c'est- 
à-dire qui s'allonge ou s'accourcit à volonté. (Contes 
de Des Periers, t. il, p. 89.) Cette expression s'est 
appliquée à la poésie sans règle ni mesure. 
Ses vers sont faicts à «((rivière, 
Coitftc devant et longs derrière. {Du Verd. Bibl. fS7.) 
■ Il use des mots, et couppes, divisions, et con- 

■ Iractioas à Vestriviere. • (Quinte! Censeur, 201.) 
Esti'oer, v. Trouer, percer. [« L'escut Rollanl 

- ont Trait et eétroel. ■ [Roland, v. 2157.)] 
Sor son esca feri an Bodoier 

Que il llflstMlrcwret percier.^Gar. X>. C. lOiu Estraero.; 
Et quant mai na porront «offrir le tereiz, 
Qu'aurons Inen ettroez ces escuz, et crolssii. 
N'en honte de fouir. (Parton. de Bt. f. ili '.) 

Ettroe* est, et detnnchiez, (Ibid. f. 159 *.} 

ka lancée pechier, « eacua ettraer. (Bon, p. iS4.J 
Estrogné. [Intercalez Eitrogné, étëté. > Il y a 

« en on endroit dudit climat quarente chesnes tous 

■ estrognés par le baul. ■ (1M2. Mesurage de la 
forêt d'Orléans. L. C. de D.)] 

Estrolclssement, s. m. Etrécissemenl. (Cotg.) 
Estroict, s. m. Détroit. • Vous passerez par 
« YestroU de Sibylle. - (Rab. 1. 1, p. 2U.) L'éditeur 
l'explique par le détroit de Gibraltar, qu'on nom* 
moit aussi détroit de Seville, Siville et Sibille. On 
lit estroict de Gibraltar, au t. IV, p. 112. 

EstroUser, v. Elaguer, ébrancher. On dit en 
Touraine etruisser. Du Cange, sous Apicularii, cite 
un registre de Ctiâteau-du-Loir: • Il peut l'arbre 

• estroissier à doze pieds de haut. * Esti-oissir, 
dans Cotgrave. 

1. Estrolt, s. m. Partie étroite*. Rigueur". 

* ■ Vettroit de la visière, • la fente, l'ouverture 
de la visière. < Attaint le fer de sa lance sur le 

■ Turcq, par Yestroit de la visière, si que il luy 

■ mit le fer dedans. ■ [Saintré, p. 494.) 

' • Par Vestroit de la loy escritte, est à peine de 

■ talion. • (Ront. Som. rur. p. 868.) 

2. Estrolt, adj. Strict *. Triste, en détresse •- 
Pris & la rigueur, pur°. 

* ■ Et s'il n'ont taut de muebles, les depuelles de 

• lor héritages, par desor lor eslroite soustenance, 
< y corroient. ■ (Beauman. p. 97.) 

' ' Il n'y a manière de vie si estroite qui n'aye 

> quelque soûlas, et rafraichissement. ■ [Sag. de 
Cbarr. 326.) ■ Je suis envoyée, de par une pncelle 



ï- EST 

< qui est tant estroicte, et altaiacte, par un désir 

■ qui sousdainement luy est entré au cueur, que 

■ mourir ta convient, ou par vous aucunement 
> aura secours. « [Percef. IV, f. 61 '.) 

*= < Fonds eslrail, ■ c'est-à-dire le fond exacte- 

• ment pris. (Coût, de Poiclou, C. G. t. II, p. 572.) 

• Sentir estroicte merde. > (Hoduset Itacio. f. 78*.) 
Par suite, • an par estroil • signifioit strictement, 
k la rigueur, comme < au fort estraindre ■ et * par 
estraignement. • 

Vos aavei bien de moi, au par ettroii, 
Que vostre sui, ne puet eatre autrement. 

Tblb. de Htnnn. Poil. n. 1300. 1, p. lU. 



. Au par estrof't, ne doit l'on mye son amy mal 
> conseiller. . (Lanc. du Lac, t I, fol. '""' ' 
Expression remarquable : 



n 



En termes de coutume, les dons eslreytes étoient 
lesdonalions faites avec restriction, sous quelque 
condition. > Ascuns autres dons souat pures, et 

■ larges, et ausi ascuns autres sount estreytes, et 

■ en fourme, si corne à ascun certeyn heires nos- 

■ mes en les douns, et ausi si corne de cerleynes 
> gentz forpris en dons. ■ [Britl. Loix d'Angl. 89.) 
[Il signifie encore intime, privé: • Le roy d'Angle- 

• terre et le duc d'Irlande eurent entre eux deux 

■ ung conseil bien estroit. • (Prois. XIl, 2G7.)] 

3. Estrolt, adv. Etioitemenl, fortement. [On 
lit dans Roland, v. 2202: • Encuntre suii piz estreit 

• l'ad enbracet. ■ De môme au v. 1001 : • Si che- 
. valchent estreit. •] 

Esii-oil Buj serrée. {E. DcKh. f. 500 •■) 

Sa chemise qu'ot veetue, 
M'envoia por embracier, 
Ln nuit, quant s'amor m'argae, 
La met ovrc moi couchier 
Mont eitroit, à ma charnue, 

Por mes roaus aasoagier. (Poêt. av. l^îOO, I, p. iH.j 
■ La créature du monde que j'ayme le miculx, et 

• estroict. • (Percef. VI, f. 30'.) « Se bâtirent bien 

■ estrott, tant que d'un cosEé, el d'autre en eut 

■ plusieurs de morts, et blessez, • (J. d'Aut. Ann. 
de Louis Xll, p. 188.) 

Esti'olteiet, adj. Diminutif d'étroit. 
Si com arrière retornsi. 

Par un estroitelet sentier. (Joielin de Dijon.) 
Estroltemeat, adv. 1* Exactement, rigoureu- 
sement. [• Ils ne voloient mies chevalier rançonner 

■ si estroitement qu'il ne se peuiist bien ctievir et 
« gouverner dou sien. > (Frois. V, 465.)] . Fa];o 

• estroitement et juslemeat garder, et tenir une 
I ordonnance. ■ (Ord. I, p. 428.) > Loy que le roy 

■ Amnsis feit en Egypte, par laquelle il vouloil que 

■ cliaacun rendist raison au magistrat de sa beson- 

■ gne. tous les jours, ctiastiant très estroitement 

• les failnéants. > (Lett. de Pasquier, 1. 1, p. 590.) — 
2* Expressément: ■ Commander ou deffenare estroi- 

■ lemettt. > (Du Plessis, Hist. de Meaux, p. 154, tit. 
de 1250.) — [3'Instamment: ■ Et requeroit souvent 

■ Dieu estroitement ea soi meisme. • (Froissarl, II, 
38.) — 4* D'une manière serrée : • Et piez et poins 

• estroitement liés. > [Roncisvals, p. 202.)] 
Estrolteté, s. f. 1° Etroitesse : < Estrotcteté 



y Google 



EST -1 

- d'une robbe. » (Pereef. 1, 143'.) — 2* . Estroîcteté 
« de franchises, » restriclion , rclranchement de 
privilèges. (Hial. de la Toison d*Or, 1. 1, fol. 81.) — 
3* • Estroiteté Ab vivves, > abstinence, sobriété et 
épargne dans la nonrrilure. (Ibid. f. 73 ^) 

Estron, s. m. Elron. • Eslronl de moucbe, > 
cire. (Villon, p. 59.) 

Qui a estront luile, de lotea 

Patz embraca ta merde. 

Ce dit U viloins. fProv. du Vilain, p. T7 :) 

C'esl-à-dire que plus on ■ cha3tie>-un ■ joesne 

■ home mauvais, ■ plus il fait de folies. 
Estronomle, s. f. AslroDomie. 

Mais mai Etre Jehan de Meun. 

Ne BCeut onques d'wd'onooiie 
Tant non, ce croy, la part demie, 
Con co bon conte scout de chnasa. 

tant. Gvtt. Trjt. d« VA), p. IS. 

EstronteDler, v. Remplir d'éLrons. ■ Nous ne 

■ sommes mie pouillehes entre nous fauconniers, 

• mais veneurs sont estrontÊnien: car ou veneurs 
> sont, on ne sent que cstrons de chiens. > (Modus 
et Racio, us. fol. 145 *•.) 

Estrontoier. [intercalez Estrontoiei', pent-^tre 
au sens A'estrontenier, au reg. JJ. 144, p. 74, an. 
1392 : ■ Icellui Bobin respondit à îcellui de Lcsclal 

• villainement, ....auquel icellui de Lesclat enst 
« respondu : Hé, ribaut, me estrontoie%-vo\isî » 
Mieux vaudrait lire esfrontoier.'] 

Estropiât, Estropié, adj. Mutilé. Ce mot 
nous vient des italiens, suivant Fauchel, Lang. et 
Poës. fr. 1. 1, p. 82 : . Estropiai de leurs membres. • 
(Dial. de ïahur. p. 147.) - Estropié de cervelle, ou 

• de caboche. » [Oudin, Cur. fr.) 
Estroplement, s. m. Mutilation de membres. 

(Oudin; Lelt. de Pasquier, t, II.) 
Estropier, v. ■ On a attaché l'honneur à couper 

• bras et jambes, à estropier l'un, ù tuer l'autre. • 
(Lanoue, 2^6.) 

Estros. [Intercalez à estros.à estrox, à estrous, 
à l'inslant, aussitôt, dans Floire et Blanchellor, 
V. 291 ; sans détour, dans Benart, v. 21G53 ; voir 

ESTBOX.] 

Estrotetr. [Intercalez Estroleir, en latin astre- 
pere, au gloss. lai. fr. 4120, an. 1352.] 

Estrousement, adv. A l'abandon. [On lit toi 
estrousement, dans Aucassin et Hicolette, p. 389.1 
. Ci! lor abat .x. chevaliers, et navre .vn. et qu'il 
« se jeté tôt estroséemeiit de la prese, et qu'il s'en 

• revient resgalopiax ariere, s'espée en sa main. ■• 
(ms. 7989', f. 71 '.) On lit estrousement, au f. 71 ■, 

Estrousse, 3. Droit qui, dans quelques pays, 
est dû au seigneur par les habilans qui ont recueilli 
du foin dans sa seigneurie. ■ L'eslronsse et la mal- 

• estrousse, qui est tel qu'un chascun homme ou 

• femme serf et de serve condition audit seigneur, 

■ OH autres manans et demeurans au territoire de 

• Biscoutan, qui ont recueilli foin en l'année en 

■ leur prez ou autres héritages doivent par 

■ chascun an à chascune Teste de Noël, .xt. dcn. 



8- EST 

' tournois rendus , conduits comme dessus. • 
(Charte de la baronne de Linières, 1553, dansDti 
Cange, sous Trossa.) 

Estroussement, s. m. Monet interprèle ainsi 
ce mot: . Délivrance, expédition de chose à vendre, 
« on à louer, à qui otire meilleure condition. > 
Dans la Goût, de Bourbonnois (N. C. G. 1. 111, 1227] 
c'est l'adjudication de biens meubles qui se fait, à 
la seconde huilaine après la prise et à la II' criée 

3ui est suivie d'une troisième, â laquelle se fait la 
élivrance. 

Estrousser, v. - Vendre, et délivrer au dwnier 
- enebënsseur , les biens pris par exécution. . 
(Nicol, Dict.) — . Estrousiée au dernier metteur. • 
(C. C. I, p. 888.) — . EitrouMséea, et délivrées. • 
(Id. ibid.) — . Estrottisez, et livrez. . [Id. p. 898.) 

■ Accenses, et fermes estroussêes. > (Id. II, p. 407.) 
Ce mot est pris en général pour < vendre, ■ dans 
Mont. 1. II, p. G45, il la marge. 

Estrouver. [Intercalez Ettrouver, démunir, 
au roman de la Violette (D, C. 111, 457 <); . Qu'il a 

■ une terre trouvée Qui de tous biens est eitrouvée, 

• Car il ne y avoit que gaignaiges Et prés et rivières 

• et boscaiges. ■] 

Estrox, expr. adv. Tout à fait, infailliblement, 
absolument, > tout h trac. ■ 

Je fusse mors tout à egtrot, 

Se il ne m'eut dépendu. (Perceval dam Borel.J 
En Languedoc, on dit . tout bel estrou, de ce qui 

• est rompu net. ■ 

Qui aima sans tricherie. 
Ne pense n'a Irois, n'a dos ; 
D'une seule est deairoi : 
Cil que ioyei\ amors lie 
Ne Toudroit d'autre avoir mie 
Ses vouloirs, tout & ettroa ; 
Car nus Toloirs n'asasie 
Cuer d'ami, se n'est d'amie. 

JUdoiM A-Knn, poct. n. t3Kl, t. n, p. S64. 

Voyez Vat. n* 1490, fol. 44''. — « A estros venil. • 
(Uist. de S" Léocadie, ws. de S. G. fol. 32 '.) 

Pot vos ma mnir tout à eatrin. {Poil. av. iSOO. III.} 

Belle, sij'«vois 

Pooir, ft Mtroiii, 

Enfin destruirois 

Félons, et jalous. (ItUm. I, p. Si.) 

Sires, je vos di à esttvx. [Fabl. Ae S. G. f. 55 '.) 

QuBT l'en diroit, tôt à tttrox, (Ibid. i* *.} 

Ce est mes conseils à eatrox. (Partonopa:, f. US *.} 

Tolues m'avez mes «mors. 

Perdu m'ave» tôt à ettrox. {Ibid. f. lAS '.) 

.... Jen rnoirai tôt àe»lnw. (Ibid. f- 145 '.; 

Veulent le 3od«n à ettrox 

Doner a madame, a mari. (Ibid. f. Î6S '.J 

Grant mal Tait, A e*trox. 

Convoitise, & ^usors. (Prov. du Wnitt, f. IS <>.} 

Ge le deCTent à estrox. 

Que ne soies pas conToitos- (F^l. de S. G. f. 10:} 

Il est à eatro3; chevaliers, 

Le granz, et pros, et Ion, et fleri. (Parton. f. tet *.) 

Porce qne toutes valors 

S'est dedanz vos herbergle, 

Ai-je mis, tout k estrox, 

Mon cner en votre baillia. (Poei. av. iSQt>, I, p. MS.} 



yLaOOgle 



EST 



£struant, part. act. Répandant, distribuant : 

ton ne flet Dlex, mesel, tigneus, orb, ne Iru&nt, 
fioçu si cODtrabit, ne camus ei puant. 
Pour qneîl ant déniera largement eetrtiani. 
Qu'il m tniist bêle cbiere, et feme remuant, 

ChHlu Wuurt, US. da 8. 0. loi. 100. 

Bstruer, v. Remuer, éparpiller : 
Gians iart le Tertn de lion. 
Quant 41 Mfruoii le aablon 
Par Bou le boa, qui n'iert nient clera, 
En bisoit el sablon voler. (Vies dea SS. ckif. LXS.) 

Ëstruflé, part. Terme de vénerie. ■ Avient aux 

■ chiens qu'iiz heurtent de genoll devant, de la 

• jambe derrière, et leur seiche la cuisse, et s'en 

■ perdent: cteulx chiens appelle l'en estru^Ë%, ou 

■ effanssiez. > [Chasse de Gast. Pheb. p. 111.) 
Estrufleure, s. /. Terme de vénerie. (Voye;: 

EsTRUFLÉ.) < La rage llastrée.... et plusieurs autres 

■ maladie», comme goultes, eslrufleurei. rerroidis- 

■ semenset toutes 'autres maladies engendrées de 

• froides causes, le guarissent par bains, et 

■ estuvea, dont la recepte s'en suit. ■ (Fouilloux, 
Vénerie, fol. 81 '.) 

Estjrulre, v. Inslniipe*-. Détruire". 

* [■ Eacores fu il ordonné que tout seigneur, 

■ baron, chevalier et bounesles hommes de bonnes 

■ villes iBeissent cure et diligence de estruire el 

- aprendre leurs enlans le langlie franpoise. >• 
(Froissart, II, 419.)] 

On p«at mofdt bien pewovr radrecLer, 

Quant on le reut eatruire, et ensigner. ( Val. 1400, f. iSO.) 

Que bien nftpuiMe entrednire. 

Et de bêle science cttitiirc. (Fabt. de S. G. fol. G '.} 

Tant ■ aor moi UDors grant seignorie. 

Qu'été m'Mlmit raison, et abstenanco. 

Poèi. HSS. tt. 1300, 1. 1, fol. MT. 

' On disoit aussi ettruire pour < détruire ■ : 

L'eslARC. qui contreval randonne,... 
. . - . Alwt maisons, et toureles. 
Par l'effort des ondes qni bnjient, 
El les baUE murs par terre etiruient. (G. Guiarl, f. 57 *.) 
.Estrnlt. Garaitures, joyaux. [• Tant ri<Aes 

■ orlreis, tant garnement El tant estruit d'or et 

■ d'argent. ■ (CbroD. des ducs de Norm. v. 387^13.) 

— ■ EtaUches e aumosnieres Et estrttis de plusors 

■ manieras. ■ (Pactonopex, v. 10115.]] 

Ja Die> iM U &tc« pardon 

Qui d'elea dira, fors que bien. 

Ne de lor cons, par nuls rien : 

-dtur il 7 « anoalt In» eati-uit ; 

Mes maint DTMidomme en sont destruit. 

nàl. USS. D- Wa, M. 170. 

Eslraman, s. m. 1* Instrument de musique : 

■ Plus li plaist que nul esturment. • (Pabl. de S. G.) 

Par art, sonent U otrunml 

9tr art, coiwit Im nés «u rent. (Ovule, Art. Amor. 93 •} 

<&* Navire : 



Qui par te mer ni 

Les «afewnoni trouva David. 

fies Mlmmcn* i ot .11. cens, 

"Et .un. cens galles ont, 

QttitMMsimotledromant. (Blanoh. fol, 18QK} 



8- EST 

On lit pen après : 

Les eiirumer siglent. flbid.) 

3- Pilote : 

Eilrumana priet, et maronniera, 
Par promesse, et par lolers : 

En mer se fiât o eulx empaindre. fBruI, fol. iOO '.) 
UarinLers quift, et ettrumana. (Brut, fol. tOS'-.f 
Sens atntmaiu, et mariniers. 
Et estre servans, et arcbiers. (Id. ibîd.) 

Delriers sont li gouverneur, 

Ly raaiatre c«(i/rrnoH Umeillour. (Ibid. fol. 85:} 

i° Lettres de créance : . Le pape li demanda s'il 

« avoil esti-ument par quoi l'en peust croire qu'il 

• leust messaige l'empereor, et qu'il dist, par lui 

- ce qu'il avoit dit: cil respondit, que oïl ; lors 

• Iraist... lettres scelées d'or. • (Cont. deG.deTvr. 
Marlène, t. V, col. 727.) 

Estrumelé, iwrt. Dépouillé de la trumelière, 
du cuissart: 

Or trueve il les gens si embrons. 

Si très crueus, si très félons. 

Force qu'il le voient si nu 

Si grant, si fort, si membru, 

Si fait, si taint, si haUâ, 

Jusquas aux cuisses ettrumeté. 

Si que chascun, n'est mie doute, 

A herbergier moult le redoute. (US. 7S18, fol. S^.J 

• S'en paradis ne vont, fors lex gens con je vous 

• dirai, il i vont et cil... qui sont nu, et decaux, et 

- estrumelé, qui moeurent de faim, et de sei, et de 

■ froit, et de mesaises. > («s. 7989', fol. 73 J.} 
Estrumenteours, 8. tn.p/. Joueurs d'instru- 
ments: 

Moult ot, & la cour, jongleours 

Cbanteours, et ettrumenieours. (Brut, fol. 80 >:J 

Estrusser. [Intercalez Estrusser : i' Arracher, 
dans Roland, v. ?22: . Par tel air l'at estrussée et 

• brandie. • —2° Frotter, au reg. JJ. 155, p. 270, 
an. HOO: • Un prestre dist ces paroles: M'a U 

• doncques ne bois, no baies près de la dille ville 
« où l'en se puisse estrusser? ■] 

Estuard. [Intercalez Estuard, administrateur 
en anglais Steward; . Ce gentil chevalier avoit esté 
« un grand temps souverain es/Mûrd de l'ostel du 

■ roy, ceatà dire eu franchois mestre et senes- 

• chai. 1 (Froissart, XVI, 23.) 

Estude, s. Etude'. Soin, application =. Ecole, 
université'^. Cabinet". 

* Le mot est souvent employé au masculin, da .s 
Montaigne, qui cependant le met quelquefois w 
féminin. Malherbe a fait aussi étude masculin , sur 
quoi Ménage observe qu'il est aujourd'hui féminin; 
nous lisons • 6 le bel esluàe, • dans la Sagesse de 
Charron, p. 5. On disoit: 1° « Labeur à'estude, • 
pour travail sérieux : 

Aulcones fois, après labeur d'esiude, 

Je prons la plume, et sar papier imprima 

Qnelque motel, en prose, puis an nthme. (Crelhi, S5S.} 
2° . Don en étude, * don qui se fait à un jeune 
homme pour les frais de ses éludes. • (Coût, de Fr ) 
■ [. Fièrement mettent lor esluide A faire entors 
eus armer gens. . (La Rose, v. 5288.)] 

Uals ft gatic^ mettoient lour atudye. {Faifeu, p. 19.) 



yLaOOgle 



EST -i 

■ J'ay ma fille à marier, ou j'ay graat estude de 

■ la hien asseurer. • (Percef. vol. V, fol. iOT.) 
'[> Lambert Oudinet estudiant en ïettuàe et 

• universilé d'Orléans. • (JJ. 154, p. 644, an. 1399.]] 
Estude désigne l'universilé de Honipellier, aux 
Ord. t. m, p. 478. Dans une instru^îtion de 1372: 

■ Proposition faille au conseil du roy de France, 

• présents les prélats, chapitres, et estudes du 
' royaume, sur la matière de l'église. > (GodeTr. 
Annot. sur l'Hist. de Charles V, p. 612 et 613.) 

Collèges, n'attendez demain ; 
Eatvde», vous deusaiez aler 
Devers ie roy, pour enhorter 



Vint li dernier, ï grant procession ; 
Le cardiiiBid'Albane, et leâ aubBïz ; 
VExtude auBsi, en grant affliction.... 
\jes coneulas despouilliez. (Id. fol. lH*.) 

" [• Comme maistre Raoul de Praelles a enlen- 

• tîoD de faire aucunes esludes spatieuseset secre- 

> tes pour mettre ses livres, dont il a ptuseurs. ■ 
(;j. 107, p. 35, an. 1375.) De même au reg. JJ. 176, 
p. 566, an. 1447 : ■ La suppliante print furtivement 

• dans Vestude de maistro Jehan Hébert chanoine 

■ de l'église d'Arras. > C'est déjà le sens dans Tho- 
mas de Cantorbery, 581 : ■ En oreisun adès e en 
< esludie ester. ■] Nous disons encore en ce sens 
l'élude d'un procureur, d'un notaire. 

Expression : < Jeûner par élude de vanité, • jeûner 
par vanité (S. Bern. Serm. fr. p. 289), dans le latin 
studio vanitatiê. 

Estudiant, s. m. Celui à qui un prince ou autre 
fournit les frais de ses études. > M* Jean Germain, 

> conseiller et evesque de Nevers, • en 1431 , est 
qualiflé dans un Compte de 1429. ■ Conseiller du 
duc de Bourgogne, • eslvdiant à Paris. Voyez l'Etat 
des Offic. du duc de Bourg, p. 186, note B. On voit 
un • Clément marchant estudiant de la royne de 

• France. • [Bibl. de Du Verd. p. 220.) — ■ C'est ■ 
peul-ëtre le même titre que celui de > François 
. Goracelis Florentin docteur en théologie, escalier 

• de la royne mère du roy. > (Ibid. p. 40.) 
Estudiement, s. Elude, (dans E. Desch. t. 58'.) 
Estudier, v. [On lit dans Pu Guesolin, v. 8960 : 

- Mais j'ai estuiué au livre de Jason. •] Ce mot 
gouvernoit ledalif: « Estudier à la vraye piété. • 
(Sagesse de Charron, p. 296.) ■ Estudier a la loy. » 
(Dial. deTatiur. épit. p. 16.) . Us ont estudié à la 

■ difllcullé, pour couvrir la vanité de leur sujet, et 

• occuper la curiosité des esprits. » (Sag. de Charr. 
0. 236.) On trouve ■ estudier aux langues, > dans 
Honet. [On lit dans Froissart, éd. Buchon, 111, IV, 
10 : - Vous devez savoir que grand' murmuration 

> esloit entre les clercs de l'université da ces non- 

> velles el cessoient de Lire et à'esludier. >] 
Estudieux, aij. Studieux, soigneux, attentif. 

• Estre estttdious, • dans S. Bern. r^ond  Stt^r». 

.... Femme n'a plus gtaat science, 

Fors Tolontë ; par conscience, 

Est eUe tirule, et maliciease, 

Et à mal faire ettuâieute. (E. Deioh. f. 501 >:} 



S- EST 

Estul. [Intercalez Eitui, baquet couvert, Iod; 
et étroit qui sert à renfermer le poisson dans le 
bateau : • Icellui Rondel les passa en un petit batel 

• oullre la rivière de Saine et jusques à Vestui 

> dudit Bachelier, lequel ilz despecerent et eD 

• iceltut prindrent .mu. anguilles. > (JJ. 151, pa^ 
194, an. 1396.] Il signifie aussi fourreau : • E puis 

< les porlad 1 um là oii l'um soleil les armes en 

> esttii guarder. > (Rois, p.29fi,) Les Nouv. Comptes 
de l'argenlerie font souvent mention d'étuis : « On 
■ estuy de cuir boully pour mettre et porter one 

> cagelte d'argent à mettre oyselés de Chippre. ■ 
(page 231.)] 

Estulaus. [lotercalez Estuiau, étui, fourreau, 
dans un Inv. d armures ayant appartenu à Louis X 
le Hulin (1316): • Item uaestuiaut de plates garniz 

> de samit. >] 

Estuire (&), express, adv. Borel cite ces vers, 
de la Rose : 

.... Sa boiche n'est pas Tiloina, 

Aios semble estre fait à estuire, 

Pour soiacier, et ponr déduira. 
Estulré, partie. 

Quant les messiges vit cela part uluiré 

Merci, lait il, seignOT, por In crestienté. {Part. f. ilO*.} 
Estulé, ad}. Qui a des tnyaux. 

La, nv le lono pointu, ny ^ cmiim etMèe, 

Nr le gresle roseau. {Bai(, f. iiSK) 

Estuper, v. Faire ses nécessités, ses ordures. 
(Fabl. des. G. fol. 54'.) 

Estupon (à), express, adv. En s'accronpissant 
comme celui qui fait ses nécessités. (Rom. d Audig. 
■s. de S. G. fol. 66*, fol. 68'.) On lit à estupons, 
dansions. 7218, fol. 145 ^ 

Estnreter. [On lit au Roman de Roncevaux, 
p. 95 : ■ Ne de ma bouche en dou estureter. ■] 

Esturmelé. [Intercalez Esturmelé, sans Imme- 
lières, dans Guiarl, v. 3413: ■ Conoestables atro- 
•> pelez Et ribauz nuz esturmelez s'espandent 

• aval la contrée. >] 

Esturne. [On lit au glossaire 4120, an. 1352: 

> Pirulus, avis, estâmes. ■] 

Esturquer. [On lil au registre JJ. 195, p. 7, an. 
1467 : < Ostellel Guisot esturqua ou bouta aucune- 

< nement contre la mahuire Colin Harchaot, ....et 

• à cette cause dist : pourqnoy m'as tu esturqué ? ■] 
Estutement. rintercatez Estutement, follement, 

dans la Vie de S' Thomas, v. 999. Comparez Estods.] 
Estuve, t. f. Eiuve. Une dame ordonne à sa 
femme de chambre de lui préparer an bain : 

Cele H haste, ne pot plus ; 

Si a mis la paele sus. 

Et l'aive cbauffàe en la cnve, 

Por bire par dedans eatuve. (Fabl. de S. G. f. 18:} 
On appeloil > cbamberieres A'estuva , ■ les 
femmes de chambre qui baignoient leurs n^ '"" 
(Arr. Amor. p. 402.) 



[■ Puis revonl entr' eas as estuves El se baignent 



, Google 



EST -*' 

■ ensemble es cuves. ■ (Rose, v. 10133.) — • Que 

■ DOS ne mule dudit oiestier ne soutiengne, en 

■ leurs mesons, bordJaus de jour ne de nuit. <■ 
(Liv. des Métiers, 189.) Maigre cette ordonnance. 
jes maisonades étuveurs ressemblaient aux maisons 
des baigneurs du ithi* siècle, aux établissements de 
bains de la Russie et de la Hongrie : c'était un lieu 
de débaucbes. (Voyez Ift brochure de H. Gamier, 
les Eluvet dijonnaises, 1867. io-lS.)] 

Estuver, r. Couvrir, envelopper. 

J'ay Uisslé «IX cliampa trop de biens. 

Car je n'en pance «porter nen« 

Cnn linceul, pour moy MfwMF'. (E. Detch. f. 4SS:j 
[Le sens actuel est dans la Rose, v. 12956 : ■ Et 

■ TOUS baingnerés en \'e$tuve Ou Venus les dames 

■ estuve. • — ■ Icelle Harion se transporta en unes 

■ estnves.... avecques une sienne voisine, où ilz se 

■ atttverent, et quand laditle Harion fut estuvée. ■ 
(JJ. 163, p. 289, an. 1409.)] 

EstaTeur,Estaveresse. Elu visles, baigneurs. 

■ item que aucun eatuveur ou esluveresse de la 
€ ville de Paris ne pourra dorénavant faire chauffer 

■ estnves au jour de dimenche. * (Li^. des Métiers, 
dans Du Gange, sous Stuba.) 

Estuveux. Qui fréquente les éluves. 

Jnenea jolis, de toute joya plelna, 

Ciippens, aaillana comme est on ettttveuœ, (Desch. SU *.} 

Estuy, S. m. Etui*. Lit'. Prison*'. Cercueil". 

* • Estuy de malice, le cbapperon d'une femme. > 
(Oudia.) Voir EsTvi. 

' Ou e*est l'ostel d'un escoUer, 

Ou il n'a o'un Ut, on l'atuy. {E. Detrh. f. 554 :) 

'^ • La ville ne leur servoit point û'eatuy. • 
(Contes de Ctioliëres, fol. 217 *>.} 

" Brantôme dit de la sépulture du connétable de 
Bourbon, que l'auteur avoit vue à Gaete : • Estoit 

• élevé sur la main gauche aussi, à la mode d'Italie, 

■ du temps passé; Xeitui estoit couvert d'un fort 

■ bean drap d'or frisé, avec ses armoiries toutes 

■ simples. • (Cap. est. 1. 1, p. 235.) 

1. Estuyer, s. m. Coffre, coffret. • Ces brïgans 

■ brisoient maisons, coffres, estuyen et prenoient 

• tout ce qu'ils trouvoient. ■ (Frois. I, p. 171.) 

2. Estuyer, v. Serrer, conserver. [Il signifie 
aussi remettre au fourreau : > Lequel suppliant dist 

> audit Perrin : me vuelz tu tuer en franchise ; 

■ ettuye ton coustel ou je te le osteray. ■ (JJ. 104, 
p. 365, an. 1373.) ■ Adonc se trahit le duc de Bou^ 

> bon près de luy, et luy dict : Esluyez vostre 

> espée ; si ne le voult le roy. > (Hist. de Loys II!, 
duc de Bourbon, p. 334.)] 

Que je puîaae, en rostre porpris, 

takat tonoeaz jnaques k dix. 

Pot Ituile qu'««(oîâr Tonoie, 

Tant que bien Tendre la porroie. (Fabl. de S. G.} 

Lors le prist, et si Veitoia. (Ibid.) 

D I a cent livres molt bien ; 

Ge n'en mentircrie por rien ; 

Tdoine les yait eatoier. (Bnd.) 

Je ne me loi onquea a mesurer 

D'amer ceU t tous mea cuers s'etfuie. (Vat. n> i49l}.} 



i- ESV 

• Les foibles, dit Socrates, corrompent la dignité 

• de la philosophie, en la maniant ; elle paroist 

• inutile, et vicieuse, quand elle est mal estuyée. ■ 
(Ess. de Mont. III, p. 264.) • Selon le vice du vase 

• qui Vétuyc. > ;ibid. 1. 1, p. 204.) 



r< Icellui Guillaume.... qui en estnyant en son 

• bostel ledit foing avoit très bien beu. • (JJ. 167, 
p. 167, an. 1413.)] 

Esvaler (s') , v. S'évader , s'échapper *. Se 
répandre ■. 

S'iere twtus, et deapia, 

Con sera taitia qui s'enjoie. [Vat. 090, f. 38 •./ 
■ Quar auai comme Loire, et Saine, 
Et autres aiguës que Diex maine. 
Parmi le monde, h son «ololr. 
Sont nommés de plus Taloir, 
Que U aorjon de qol ele isaent, 
Porce que plus loing t'etvaÙMent, 
Et d'autres aiguës ont ceinture. (US. 7S18. f. $57 *.} 

■ Esvaltonner (s*), v. fS'émanciper, agir en 
va/eton, en jeune garçon. BTn Lorraine, il signifle 
évaporé, étourdi, et parfois égaré.] 

Esvanlté. Evanouissement. • De cette esvaHîfé, 

■ et extasie, il revint à soy mesme. > (Chron.,iiE. 
deNangis, an. 1244, p. 1.) 

Esvanotr. [Intercalez Eivanoir, V évanouir: 

• Li duz eivanoï% del sanc Qui li isseit parmi le 
> flanc • (Grégoire le Grand, p. 63.) -~ 2* Disparai- 
tre : ■ U furent tantost avanai, on ne sceut qu'il 

• devinrent. » (Froissart, v. 338.)] 
Esvanaer, V. Saisir. • Laquelle masure dessus 

■ dite édifiée ledit Guillaume et ses heriliers pour- 

• ront juslisier et eêvanuer sans contredit pour la 

■ rente souslenue. • (Charie de S' Wandritle, an. 
1298 ; Du Gange sous Eivann^e.) 

Esvaser, v. Elargir l'ouverture. (Cotgrave.) [On 
lit dans une ordonnance de 1485 : • 11 faut qu'il face 
( contre mur de certaine espesseur, afin que le 

< fondement dudîl mur ne a'esvase par defant de 
» fermeté de terre joignant. »] 

Esvaudles. [On lit au reg. JJ. 16G, p. 240, an. 
1412 : > L'exposant espovenlé d'icelle noise sailli 

• de son hostel, ....et rencontrant Martin Fromont 

• lui dist : < Qui te fait faire ces esvaudies. >] 
Esve-douce. [Intercalez Esve-douce, marc des 

raisins après qu'ils ont été foulés et avant qu'ils 
aient été pressurés. ■ Item, dit aussi qu'il est en 

■ saisine d'avoir toutes les esves de la vendange de 

■ onze arpens de vigne ■ (1393, Droits du con- 

ciei^e du ch&tel de Boiscommuo.) — • Et les etva- 

■ douce» des vignes du roy... > (Ibidem.) L. G. de D.] 
Esveil, 8. m. Avis*. Joie'. 

* On dit encore en quelques provinces • donner 
eveit, • pour donner avis, suggérer. • Le chevalier 
,' qui les veit venir par V,esveU du preudhomme se 

< leva, puis print son cscu, et sa lance. ■ (Perctfo- 
rest, vol. IV, f. 127 ■.) 

16 



y Google 



ESV - *î 

* Sam li, nul bien M recueil;.... 
SouUi, ne joje, na veil ; 

Ains (Uy toudlz etueil. (E. Detch. f. SOi :) 

[< Helior est en graot avel De faire moult rice 

■ apparel. • (Pûrtonopex, v. 10111.) Le sens est 
mouvement joyeux.] 

Esvelller, ti. Réveiller, exciter'. Harceler'. 

* [■ Charles se dort qu'il ne ietveille mie. > 
(Roland, strophe 55.)] 

Sire vaUet, vos avex lort. 
Qui eéveiiUx te chien qui dort. 

t. Enn, poat. it. 1300. t. 1t, f. BN. 

MeBdiaaiu (sIdub, et de put aire 
Font les amans a grant dolor languir 

§ui sont touz jora e»veiUié de mau faire, 
oant on cuide qu'il doient donnir. 

Poct. n. 1300. 1, IV, p. l«a. 

Ce même mol, eu droit» siguifle intenter action ; 
les mineurs ont le droit de rentrer dans les bieus 
aliénés durant leur minorité, ■ moyennant, toutes 

> fois, qu'ils &'esveillent en dedans Van de leur 

■ maioritë, ou de leur mariage. > (Coût, de Cbimay, 
N. C. G. t. Il, p. 274 ^) 

* • Depuis n'issirent point de la Boclielle nuls 

• gens d'armes, pour escarmoucher, n'éveiller leà 

> ADglois. > (Proissarl, liv. 111, p. 315.) 
Ësventall, s. m. Action d'éventer *. Ce qui sert 

à éventer*. Panactie, aigrette". 

' .... Sans le mol emxntail. 

De ce doux veut. (Rem. Bell. II, IGS.) 

* [■ Auprès d'elle de beaux petits enfaas, avec des 

• esventaux en leurs mains, dont ils l'esventoient. ■ 
(Amyol; Antoiae,31.)] 

" <■ Etventail, ou vol d'argent, porté en cimier ■ 
(La Colomb. Th. d'honn. I, p. 87.) Le même auteur 
l'emploie comme synonyme d' • aigreite > (p. 97} et 
de > panache • (p. 98). Brantâme s'en est auss iservi 
en ce dernier sens. (Dames illustres, p. 54.) 

E^sventé, adj. Evaporé, dissipé, étourdi, écer- 
velé. < Esventé de cerveau. ■ (Rab. T, p. 3.) • Qui 
< a la cervelle esventée. • (Des Ace. Bigar. préface, 
page 3.) C'est en ce sens qu'on trouve • la teste à 

■ Ve$vent > dans Oudin. 

HJrrha Tetventée. (Tri. des Mmet, p. 337.J 

Tous les evaniez, tous cupides. (Am. reisittc. p. ilB.j 
C'est peut-Ëtre en ce sens qu'il faut entendre le 

■ ballet des princes... ditsevenfex, > dans les Recb. 
sur les TbéÂt., par Beauchamp, t. III, p. 45. 

Esventement, i. m. Défaut d'un vin éventé. 
(Oudin.) 
Esventer, v. Eventer, rafraîchir'. Lancer*. 
*[> GaudiQS est oissus du tournoi, Partonopex 

■ enmaine o soi Pour ax esbatre et etventer Se 
« vont un poi pourax ester. ■ (Partonopex, dans 
0. C. ni, lt7 ^) — < £1 li seigneur se désarmèrent 
. et esventerent ung petit. > (Froiss. Vtl, 52 ''.)] 

■Quarriaus qui, en descocbanl, volant, 
I navrent maint homme, et afolent : 
Ceux sus qui il sont eevenUt, 
Sont tost de mesaize rentei, 

S'armas, ne les va détenant. (G. Guiart, f. S97 *•.} 
Esventeur, s. m. Celui qui évente, qui fait coB- 
naltre. 



ESV 



Qui pèche plus, loT qui »tet , 

Que j'ar de tof le bien tant souhaitable, 

Ouloy qui fois qu'il est toujours menteur. /tfarot.JSS.y 

Esventenre. [Intercalez Eiventeure, bonde 

d'un toiinean : ■ De laquelle queue de vin le sup- 

■ pliant but par pluseurs foiz à un chalumeau par 
<i te bondoo ou esvenleure. ■ (JJ. 168, page 97, 
an. 1413.)j 

Esventoir. [Intercalez .fsv^fotr. même sens, 
au reg. JJ. 140, page 294, an. 1391 : • Le trou ou 

■ e$ventoir parmi lequel l'on mettoit le vin oudit 

< tonnel. •] 

Esveotour. [Intercalez Etventour, éventail, au 
reg. JJ. 126, p. 43, an. 1384 : ■ Le suppliant trouva 

■ d'aventure un esventour de plumes, duquel il 

■ esventa le feu , oili l'en faisoit' laditte fausse 

< monnoye. ■] 

Esverer, v. Oter les vers ou plutôt un petit 
nerf sous la langue des chiens ; on I a pris pour un 
ver causant la rage. (Oudin, Cotgrave.) 

Esvergogaeux, aà}. Sans bont£, sans pudeur. 
(La Salade, fol. 6 M 

Esvergongner (s*) , v. Avoir honte. • Je 

• m'esvergogne. » (Pereg. d'amour, fol. 90 ».) 
Esvertlii. [Intercalez Esvertin, épilepsie, au 

Boman d'Aucassin , page 27 : « L'autre jour vis un 

• pèlerin Natif de Limousin, Couché dedans son lit 

• Du mal de Vesvertin. • On trouve plus souvent 
atjerliK(JJ. 173, p. 311, an. 1425) : • icellui jeune 

• enfant estoit entachée d'une maladie d'auCT-tin de 

■ teste, nommée goule, dont il cheoit voulentiers 

■ par intervalles. •] 

Esvertuer, v. Evertuer, animer. [« Met sei sur 
<■ puet , quanqu'il pot s'esvertuet. ■ [Roland , 
V. 2298.) A l'actif, le sens est donner du courage, de 
la vertu : • Les paroles dou prince et la présence 

> de lui, esverluoienl grandement toutes manières 

> de gens d'armes. > (Froiss. V, 394.)] 

Le cheval point, et poursailli, 

Toma, et point, et ^-averli. (Bou, f. SU.) 

Et tant sour lui s'enurrua, 

K'il Ost Âurre les ioua crever. (Mouâktê, p. 43$.} 

ai ki vous a mort, et tuâ, 

Ne m'a de rien eeviertué; 

Ains m'a tolu ma viertu. (Uov*liet, p. SS9.} 

Toutes gens en vii ai restituent ; 

Hesmenient pria ces, qui ne les eeertuent. 

vif. <• CbriM VII, iwp I7S. 

Esveux, adj. Aqueux. ■ Le sang du sanglier 

■ est noir, et mordant, à cause de sa chaleur, et 

■ celuy du cerf délié, et eveux. ■ (Hor. de Plutarq. 
trad. d'Amyot, U, p. 461.) 

Esvlere, s. /. Aiguière. (Gl. de l'Hist. de Bret.) 
Esvlgorer, v. Ranimer, fortifier. 

Varianlet : ESVIGORER. Fercef. 1, f. 136^. - EsyiOOUREB. 
Tri. des IX. Preux, p. 1S7 >. — Esvigushkr. PartOD. de Blois, 
foL 157 •. - EeviâuHER. Froiss. Poës. MSS. t. %i. 
Esvlsager, v. Dévisager. (Oudin et Cotgrave.) 
Esvivre, v. S'entretenir, se nourrir. 



, Google 



ETA -1' 

EsToitDrer. [Intercalez Eivoiturer, mener à 
fin: • Ce que TOUS demandés, le ne le puis pasfaire 

• tous seuls, el dur sera à Veivoiturer. • (Proiss. 
t. IX, IW.)] 

Esvonalr, v. Vomir. ■ Le tiers jour passé, la 

■ balaîne eavomit le proobète Jonas. • (Hist. de la 
Tois. d"Or, vol. n, f. 90 V) 

Esvulder, v. Vider, nettoyer; dans S. Bernard 
il répond au latin vacuare, evacuare. • Je les 

■ esvuide. el esnetoie. • (us. 7318, f. 184 '.) [Dans 
Froissart, le sens est dégarnir : > Et a'esvuida 

■ mies son royalme telement qu'il n'y demorast 

■ assésde bonnes gens pour le garder. • (Proiss. 
l. IV, 350.)— De même au t, V, 323 : • Li royaumes 

■ d'ËDglelerre estoit durement esvuidiés de gens 

■ d'armes et d'arciers. •] 

Eswardage. [Intercalez Eswardage, odlce et 
salaire d'inspecteur municipal : • Les fermiers de 

■ Yesioardage des harens en la ville de Maisieres 

■ doivent avoir pour cliacune mande de linrens 

■ deus harens. ■ (Statuts de l'Echevinage de 
Hézières.)] 

Eswarde. [Intercalez Eswarde, inspecteur 
municipal aux statuts déjà cités : • Lequel sergent 

■ au rapport des eswardet... f apposera à ses 

• dépens ledit marc au Teu sur chacune tonne ainsi 

• soutllsament eswardée. ■] 
Bswarder. [Voir le précédent.] 
Esn'ardeur. [Intercalez Eswarf/eur, inspecteur 

municipal. Sur leurs attributions, voyez les lellr^ 
de Charles V, pour la restauration do la commune 
de Tournny. (Ordonn. V,'p. 374, an. 1370.) On lit au 
Cartulaire du mont S. Martin, an. 1298 : • Per 

■ appretialionem inspectorum villœ S. Quintini, 

■ qui galiice nominantur les eiwardeun de le 
. ville. ■] 

Eswart. [Intercalez EswarU règlement, statut, 
aux Ord. Vin,327, an. 1399.] 

1. Et. Syllabe finale pour désigner les diminu- 
Ufe. (Voyez Boorgoin de Orig. voc. vulg. folio 32 "■.) 
On la trouve assez souvent pour terminaison de la 
3* personne singulière de l'imparfait des verbes, au 
lieu de çit ; souvent, dans le dialecte wallon, elle 
est employée au Heu de Ve final des participes pa»- 
aifs. • Gaignet et envoyet, > pour gagné et envoyé. 

SLett. de Louis XII, 1. 1, p. 105.) C'est aussi la finale 
les substantifs en é ■ vuitet et trinilel. ■ (S. Atha- 
nase, I^* trad. p. 733], et celle des participes en é. 
Voyez Ductiesne, Gçn. de Belh. p. 109, an. 1232. 
[Cet et s'est longtemps conservé en picard, à la ter- 
minaison des participes passés.] 

2. Et. On disoit • deux et deux , quatre et 
> quatre, > dans Percef. 1, f. 82 *. [De même dans 
Froissart, II, 91.] 

3. Et dont, aâv. Alors. ■ S^donf venrontcbien 
< etvallet. '(hs. 7615, II, fol. 168 M 

Etablies, X. A ;r. Echafaud, établi. ■ Plusieurs 
* toiles cachent les étaUiet , oq eschafauts aux 



ï- En 

> veux des spectateurs. ■ (Hist. da Théâtre fr. II, 
page 306.) 

Etançot. [Intercalez Etançot, étancon, au reg. 
JJ. 169, page 38, an. 1415 : • Estienne Clément... 

■ chei a terre sur un tronc d'arbre coppé, que l'en 

■ dit au pais [Lyonnois] etançot. >] 
Eternable, adj. Eternel. < De toy aprouchier 

« vie perdorables, de toy esloigner mort étema- 
- ble. • (Gast. Phéb. p. 374.) 

Etemalité. s. f. Elemité, séjour éternel des 
bienheureux. (Chron. S. Denis, I, fol. 123 ■.) 

Eterne, adj. Eternel. (Gotgrave ; Cl. Harot, 
page 517.) 

Etestement, ê. m. Action d'éléter. (Oudin.) 

Ethallers. [intercalez Ethaliers, fascines, dont 
les Mancenux enclosent leurs champs. (Du Cange, 
t. III, 111 ".) 

Ethimologle, s. f. Selon Fiibri, cette figure de 
rhétorique se rait en rendant semblable raison de 
la • chose devant dicte, comme je t'ayme, parce 

• que tu me aymes. > (Pabri, Rhétor. >, fol. 106 '.) 
[OnlitdansGirartdeRMsilIon (v. 531; : ■ Si que 

■ des rossignos puet très-bien estre dis Rossillon li 

■ chastiaus sans aucuns contredis ; 'Cil noms près 

> s'entr'accordent : rossignoz. rossillons; De telz 

• e(fttfmoiOffei pasnenous merveillons. ■] 
Ethimologuer. [Intercalez Elhimologuer , 

homologuer, au Cart. de S. Vincent de Laudin 
(an. 1339, domaine de Cramailles) : • Laquelle 

■ chartre ou sentence arbitrale est rateQée, anprou- 

• vée, et expressément etkimotoguée par lettres 

< infixées en ladite charlre. ■] 

Ethnique, aij. Païen. ■ Infidèles, et ethni- 

> ques. > (C. Harot, p. 637.) Voyez aussi du Tillel, 
Recueil des Rois de Fr. p. 176. C'est le mot latin 
etbnicut. [Ethnique est la traduction grecque du 
latin gentilis.] 

Ethologle, s. f. Discours, traité sur les mœurs. 
(Colgrave.) 
Etique, adj. Maigre, décharné. [• Elle pourroit 

■ faire l'oume devenir «tifte ettesike (phthîsique}. ■ 
(Alebrant, f. 9.) — (L'eau) rend rhommt! etique et 
pâle et morfondu. (Basselin, VIH.)] — « Bourse 
- etique. • (Eust. Deschamps, f- 314 •.)— ■ Etiques 

■ maigres. • [S. Marot, p. 143.) [Le même que hee- 
{t^ue, dérivé du grec ôr«"'i avoir; fièvre qui vous 
tient, qui vous consume.} 

Etiquet, s. m. Billet. • Que nuls ne preignent 

■ logis, sans avoir Vétiquet de monseigneur le ma- 

< rechal, soit en Bourgogne, ne ailleurs, surche- 
( min en allant devers mon dit seigneur. ■ (Ord. 
des ducs de Bourg, à la suite dn Journ. de Paris, 
an. 1468, p. 283.) [C'est la forme masc. d'étiquette.] 

Etiqueter, v. Terme de pratique ; donner par 
écrit les noms des témoins. [Laur. Gloss, du Dr. fr.) 

Etiquette, s. /. [Petit écriteau fixé sur un sac 
de procès, avec les noms du demandeur, du défen- 
deur, du procureur. Voir ëstiqiiette.] ■ L'intendit, 



yLaOOgle 



KU -1 

• OU les estiquettei que les parties délivreront , 

■ pour l'instruction des juges. > (Ck}ut.deNieuport, 
Nouv. Coût. Gén. 1. 1, p. 1S5*:] 

BxpREGsions : 1' ■ Juger sur ïétiguette * (Contes 
- d'Eutrap. p. 455), c'est-à-dire sur 1 étiquette du sac. 
2" « Se réduire à VétigueUe, « u'esl-a-dire à tra- 
vailler et à écrire ('«ntinuelleinent. [Oudin, Cnr. fr.) 
3* ■ Venir à Vestiquete, ■ venir au fait. < Vérité 

■ De quiert tardement , ne deotenre v mais veuU 

■ qu'on vienne tosl à droit k Vestiquete , sans cir- 
« onlocuUons. • (Hist. de laTois. ifOr, n,f. 214 v) 

Et ke vos, adv. Ce mot, sous les différentes 
orUu^apbes employées par S. Bernard, répond au 
latin ecee. ■ Et que vos ^e vig. * (S. Bero. Sem. 
fr. Nss. p. 381], dans le latin ecce venio. 

Variantes : Et que vos. S. Bero. page 14. — El quk vos. 
M. p. 381. - Ekk vos «t Euvoe ». Id. paga 14S et 314. - 
Et que vos. Id. p. 11. 

Etoftemeat, i. m. Qualité d'une maçonnerie, 
d'une charpente. * Doit estre fait Vétqffement que 

■ pour toujours durer. ■ (Bout. Som. Rur. p. 89.) 
£toffure, s. f. Ornement. (Uonet.) 

Etoile (dealers à). Monnaie du roi Jean-le- 
Bon. [Voyez au t. IV de D. G., la planche X, n- 7.] 

Etourdlssepient, s. m. Polie. ■ Ce ne seroit 
' étourditsement , voire forcenerie. ■ (Hém. de 
Villeroy. t. V, fol.1530 

Etremplée. [Intercalez Elremplêe, au reg. JJ. 
191, p. 154, an. 1455: > Estienne Crosier ala à 

■ laditle fille et lui donna une etremplée en la 
« joue. »] 

Etrilles. [Intercalez £friI/« , au r^. JJ. 200, 
p. 183, an. 1467: ■ Le suppliant et certains autres 

• du bourg de Coitrion. ou diocèse de Limoges, 
< menoient paistre devers le malin leurs beufs vers 

■ les étrilles et passages d'Antepessa. ■] 
Etrlquets, s. m. [Filets attachés à une perche 

dite etiguet.'] • Filets, basses, troubleaux, etriquett, 

■ et autres engins. • (Coût. tien. 1. 1, p. 959.) 
Etrlsseure. [Intercalez Etriaewe, rétrécisse- 
ment: ■ Et lui avons permis de faire porjet 

■ pour raison de YétrisieuTe de ladicte maison... ■ 
(1493. Bail d'une maison ; L. C. de D.]] 

Etsé taira. Equivoque ou jeu de mots disant 
allusion à \'et cetera des notaires. Nous lisons d'un 
mari qu'il ■ avoit expressément faictadjousterdans 

■ leur contract de mariage, un et te taira de 

■ notaire. * (53* Arr. d'Amour, p. 485.) 

Ettelé, adj. Etoile. ■ Ciel ettelé que nousappel-. 
-• Ions firmament. • (Div. Lee. de P. Messie, p. 274>.) 

1. Ea, prononcé comme u, est changé en ue 
parles Picards; mis pour odansquelquesouvrages. 
[Les Français, comme les Picards, ont écrit ne 
pour eu, muete pour meute.] 

2. Eu, art. A, au , fréquent dans les auteurs 
. normands: 

Quant eu piâe sonrt une guerre. fBmt, p. iÔS.J 

■ Eu père, eu fils, et eu saint Esperit. > (Ane. 
Coût, de Norm. fol. 89 *:) 



*- EUR 

3. En, I. m. Nom de lieu. ■ Champion de Eu. ■ 

(Prov. à la suite des Poël. av. 1300, t. IV, p. IfôS.) 

Euf. [On lit au reg. JJ. 154, p. 458, an. 1399 : 

■ Lesquelz alerent demander leur potage, que en 
<• appelle euf$ de Pasques. ■] 

Euffrlr, V. Offrir. (Assises de Jérusalem, p. 24.) 

■ Quant le cas s'eu/fre. -■ (Al. Cbart. p. 720.) 
Eallage. [Intercalez Eutiage, vin pour remplir 

une pièce jusqu'à la bonde, au reg. JJ. 61, p. 439, 
an. 1322: ■ Il estoient en saisine pourleroyde 

• faire apporter Yeultage au cellier. ■] 
EuIIIer. [Intercalez Eullier^ remplir jusqu'à la 

bonde : • Quant les deux tonneaux sont dévalez de 

■ la nef dedeus les charrettes et illec aeniplis et 

■ aeuUiés par le marchaant, que il ne le sont depuis 

• tenuz à emplir ne eul/ier en meson ne en celier. ■ 
(JJ. 61, p. 439, an. 1322.)] 

Eullole. • Les cordeaulx si peu amorses éa 

■ oches qu'ilz chéent voulenlïers, si l'espervîer se 

■ Jlert dedans ; puis fay ton pelifion de deux déliées 

■ veines es deux verges aura lié ung peu de 

• mousse, ou une huetle se sera, et aura environ 

■ elle ung peu de plume, et au meilleu de cest 

■ arson, aura lié une ligne, de quoy le bout sera 

■ porté loing, et celuy qui le gectera sera au bout 

• ou cordel, en eullole; et s'il veoit l'espervier, il 

■ tirera tout à soy bellement la ligne ; et au laisser 

> aller, la buvette se bravollera des belles, et quant 

■ l'espervier la verra, il viendra flactir enmy les 

■ dans : ainsi sont prins les espervters à la perche. ■ 
(Modus, foL82'.) 

Euloge, s. m. Eloge. (Otidin, Colgrave.) 
Eunuche, s. m. Eunuque. (Montaigne, I, 205.) 
Eupatic, adf. ■ Aloé eupatic. ■ (Fouilloux, 
Vénerie, fol. 84'.) 
Euphorbe, s. m. Herbe. (Oudin, Cotgrave.) 
Enphralse, $. f. Eufraise. sorte d'herbe. (Oud.) 

1. Eur,8. m. Bord, du lalin wa. (Voir OiiâE.) 

Joignant A l'eur ds la ririàra. {G. Gidart, f. 6S*.} 

Dedans baignoit une pucele. 

Dix damojseles la aerroiant ; 

S'oT Vear de le fontaine estoient. (MS. 7989 \ f, 66 '.} 

[C'est aussi le bord d'un objet : • Hauce l'escu, le 

■ colp revoit. Partonopeusi flert moult droit Haut 

> l'a féru et bien l'asene En ['eur desus parmi la 
. pêne. • (Part. v. 3259.)] 

2. EUr. [Intercalez Eur, heur, bonne fortune, 
chance heureuse, du latin augurium : * Eûrê. ser- 

> virs et talens Uq porront encor valoir. > (Gouci, 
XII.) — • Por ce m'est vis qu'««r« n'est rien,.Grant 

■ ne petit, ne mal ne bien. ■ [Partonopex, v. 4341.) 

1. Eure, s. Nom de rivière. Nous lisons > Pim- 

■ perniax d'Eure, • dans les Prov. à la suite des 
poet. Mss. av. 1300, IV, p. 1653. [Petite anguille 
péchée encore à l'emboucnure de -T'Orne et de la 
Seine ; on en fait grand usage à Caed.j 

2. Eure. [Ce mot est pour heure, dans Couci, 
V. 7558 ; à eure y signifie a propos. (Voy. Hbobe.)] 



yLaOOgle 



EVA -1 

Eurlel. [Intercalez furitf, loriot, du latin au~ 
reolui ; proprement merle doré (en allemand Goid- 
imseA; oa a dit aussi oriol, puis l'article s'est 
agglutiné avec le mot comme daus lierre : ■ EuHel 
' cantedous et bas, Teus l'escoute et ne l'entent 
« pas. • (Partouopex, v. 49.)] 

Eurnel. [On lit au reg. Jl. 61, p. 156, an. 1821: 

■ Pour un petit eurnel séant au dessouz du mostier 
■ . de Cbamoors. ■ Gorr. p. e. ermel, terre en rriche.] 

1. Basse. [Intercalez Euate, esse (voy. ce mot): 

• L'exposant esta Yeutte de l'esseau d'icelle char- 

• rete. ■ (JJ. 129, p. 195. an. 1386.)] 

2. Eusse. [• Le suppliant frappa Jehan Chiroa... 
« d'uD baston sor l'euue de l'ueu. ■ [JJ. 182, p. 7, 
an. 1453.)] 

Eatanle. [Intercalez Eutaule, octave : • Ce Tu 
- fait Van que li miliaires corroit par h. et ce. et 
' u. et xiu. ans, lou lundi après les eutaula de 

• Pentecoste. ■ (Cart. de S' Pierre du Mont.)] 
Eatrapelle, s. f. Nom donné, par les théolo- 
giens modernes, au bon usage que l'on fait du 
relicbement d'esprit. Voyez l'erreur de cette signi- 
fication dans Fleury (Hist. Eccl. t. XS, dise 8, 

p. IS et 19). Du grec iatfcatÊlia. 

Eutrapellser, v. Conter des fables. L'auteur 
des contes d'Butrapel a fait naître ce mot où il a 
pris ce nom d'Eutrapel, du mot grec hirçanHiic, qui 
signifle < amosanl. - 

Eutrope (le mal St-). L'hydropisie, pour 
laquelle on invoqnoit S' Eutrope, par équivoque 
avecson nom qui signifie le bien tourné, tandis que 
l'hydropisie gonfle et déforme. ■ Le mal 5* Eutrope 

■ de Xainte. - (Rab. t. IV, p. 26.) 
Euvangellste. [intercalez Euvançeliste, évan- 

géiiste: ■ Ce fu fait l'an de grâce mil .ccc. vint et 

■ Chine le vendredi jour 'de feste saint Mcholas 

• ettvangelisle.» [II. 64, p. 528, an. 13250 S'Bernard, 
d'après Le Roux de Lincy,p.553,donneËu'an0«Iùte.] 

Euire. [Intercalez Euwe, 1* journal de terre 
ou de viene : • Il coperent les ceps auprez de terre, 

■ bien Veuvre d'un homme ou environ. ■ (JJ. 116, 
page 168, an. 1376 ) — • Six déniera assis sur une 

• euvre de pré. ■ (us. anc. 9493, f. 2', an. 1430.) — 
S- Outil, au reg. Ji. 169, p. 391, an. 14)6. — 3' Bâ- 
timent, construction : > Nous avons ordonné estre 

■ converti en nos euvretia boisde Vincennes. ■ 
(prd. VI, p. 25, an. 1374.) — 4' Emaux de Limoges, 
dans une pièce de la Ch. des Comptes: ■ Item, l'an 

■ 1317 au n.jourdejuilletenvoya monsieur Hugues 

■ d'Angeron au roi par Guiart de Pontoise un 

■ diannuin dgré à lestes de liepars de Veuvre de 

• Limites. ■ On disait aussi de Veuvre de Venise. 
PnCange.VI. 765*.)] 

Envrer. jintercalez Euvrer, fabriquer : ■ En 

• la ville de Caen ou l'on euvre d'ensienneté grant 

■ foison du meslier de drapperie. ■ [Ordonnances, 
V, p. 105, an. 1367.)] 

Evacué, acb. Vide, dénué: • Cors évacuez des 

■ âmes. • (Faiien, p. 17.) 



î- EVA 

Evadant. [Intercalez Euatianf, assaillant, aux 
Ord. V, p. 378, an. 1370: • Que s'aucuns forains 

• couroil sus, on faisoit assautt ou invasion contre 

< les bourgois,.... et les boui^is.... mutiloit ou 

> mettoit à mort l'assaillant ou evactant. *] 
Evader, V. Echapper. •LalovAntecrit; laquelle 

■ loy, il commanda a estre gardée à ceux qui veu- 

■ lent user de sa doctrine ; et par ces commande- 

< mens ; s'ilz sont gardés, seront ils hors de foy 

• d'espérance, et d'amour, pour évader aus biens 

• quipeventensuivir la grâce du Père, du Filz et du 
. S- Esprit. . {Modus, fol. 88''.) — [Il signifie aussi 
trouver une évasion, une échappatoire: • Ainsi 

> appert par ceste exemple que l'enfant, qui estoit 
« jeune, sceutceleretlaire et «lado. »(Mënag.1, 8.)] 

Evagatlon, s. /. Action d'aller çk et là. (Cotgr.) 

1. Evage. [Intercalez Evage, droit pour l'usage 
de l'eau : ■ Des tanneurs de Lorriz qui ont étéz trou- 

■ vez reddevables de .xnn. den. par. pour evage, ■ 
(1468, Compte du domaine d'Orléans ; L. C. de D.)] 

2. Evage. Vert de mer, dans Marbod. (col . 1650), 
à propos de la jacinthe : 

L'une est gnuiBU, l'altre citrine, 
L'altre evage. 

11 y a dans le latin : > Mm sunt granati , sunt 

• citrini, venetique. ■ 

Eva^lner. [Intercalez Evagincr, dégainer : ■ Le 

■ suppliant mist la main à son couteau et le eva- 

< gina. ■ (JJ. 199, p. 362, an. 1464.)] 

Evagué, part. Dépeuplé. • Grans guerres , de 

• quoy moult grans seigneurs, et autres mourront, 

• et moult de royaumes évagués, et parmués. ■ 
(Modus, fol. 317M 

Evaguer, v. Courir, errer. (Oudin, Cotgrave.) 
Evaln, 8. f. Nom propre, Eve. [Nous avons plu- 
sieurs fois relevé ces formes extêosives: Berte, 
Bertain, ante,antaiti.1 Ca mot, dans S' Bernard, 
répond au latin £va(p. 88). 



Evaincu, part. Evincé : ■ Estoit, par sentence, 
• esvaincu de rendre les d.fruictsdepnis le litige.* 
(Goût. Gén. t. II, p. 862.) 

Evanclon, s. f. Evénement: 

Les graoB Mancioru 

De ce inonde, les tribulaciona 

Doirent flair. {Eiiat. Deich. fol. 19 *.} 

Evangeller. [Intercalez Evangelier, évangé- 
liaire, au registre Pater de la Ch. des Comptes, 
fol. 164'*: • L'évangile leue, li graindres des arce- 

■ vesques et des evesques doit prendre Y evangelier 
« et porter au roy et à la royne à besier. •] 

Evangellqnes, a. m. pi. Les huguenots; les 
evangelique» sont opposés aux catholiques, dans le 
Discours de La Noue, p. 428. ■ Les états de l'empire 

■ qui sont sous la confession d'Ausbourg, appeliez 

■ autrement evangeliques. > (Hém. de Yilleroy, 
tome VI, page 7.) 

Evangellser, f. Déclarer authentiques les piè- 



yLaOOgle 



EVA - »! 

ces d'un procès et sutres actes enrermés daos un 
sac, sur lequel cette vérification étoit écrîLe. (Oud.) 
Evangeliste, s. m. [■ Et ceste chose Tust li 
« encomencemenz de ses miracles , si cuto disl li 
. ewangeliêles. » (S' Bernard, p. 553.) ~ - Evafir 
■ gelislre, apostre, martyr et confesseur, PorJtiesu 
> Crit soffrirenl de la morl la presseur. • (Rutebeuf, 

5. i36.)] C'ëtoit le conseiller qui tenoit l'inventaire 
'un procès, pendant nue le rapporteur iisoit les 
pièces (Colgrave.) 11 designoit aussi celui qui, dans 
un scrutin, tirait les billets où estoient écrits les 
noms des élus; dans une sociélé ot chacun, sui- 
vant les lois du sort, devoit fabloyer, conter une 
histoire, les noms sont mis dans uiî vaisseau , puis 
tirés par Vevangelisle. (Nuits de Slrapar. !, p. 261.) 
Celle Tormalité étoit peut-être imitée des élections 
des magistrats d'une ville; ce qui fit donner au 
docte ■ Pierre Bembo chevalier de Rhode, ■ le tilre 

• A'evangeliste des citoyens de Modene. • (Ibid. 

S, 5J On peut expliquer, en ce sens, Vevatideliste 
es Etals de Paris, en l<il4. (Voyez Etats de Quinet, 
pages 222 et 239.) 
Evangellstre, adj. Evangeliste. 
Dieu meame dit A créature, 
Par les docteurs mangeUatret, 
Où il parole des nûoiatrea, 
Faictes ce qu'iti voua diront ; 

Mais ne leicXaa ce qu'ttz feront. (E. Deich. f. 594:} 
[Le mot est au ws. 7615, fol. 59'.] 
Evangile, s. f. Evangile*. Vérité". Promesse, 
parole *^. Protestantisme ". Eliquetle ■. 

* [Ce mot, aujourd'hui masculin , était du fémi- 
nin ; on iivail pris le pluriel neutre pour un fémi- 
nin singulier de la première déclinaison. ]>Evanj7tie 
> dicte sur la teste. > (Fauchet, p. 166.) — ■ Saintes 

• evangille$. • (Saintré, p. 270.) On disait en ce 
sens: 

!■ ■ Je ne me soucie non plus de l'évangile que 

■ de l'epitre, • c'est-à-dire pas plus de l'un que de 
l'autre. (Moyen de Parvenir, p. i1j).) 

2* Evangile de bois, ■ trictrac, damier qui 
ressemble & un évangéliaire, parce qu'il s'ouvre et 
se ferme de même. (Rabelais, 1. 1, p. 156.) 

°[< Sire tout n'est pas évangile Quanque Tendit 
. aval la vile. - (Rose, v. 12481.)] 

i' . Vray comme Vevangile. • (Rab. t. IV, p. 165.) 

2* ■ Secours aussi infaillible que l'évangile, > 
promis par Mansfeld, suivant ses propres paroles, 
à la ville de Gertruydemberg, assiégée. (Histoire de 
M'deThou, liv. CV.) 

3* • Ne pas dire evanfFÎle. • ne pas dire la vérité. 
{Palh. Farce, p. 21 ; Rabelais, t. I, p. 74; Oudin.) 
Le chancelier de France, en 1412, dit • en plein 
« conseil royal, au chancelier d'Acquitai ne, maistre 

■ JeandeNeel, qu'il ne dlsoit ftas. évangile, et 

■ celui-ci luy repondit qu'il menlott par sesdents. ■ 
(Monstrelet, vol. I, fol. 163''.) 

4* < Mentir comme l'evanf/tig, > dans un sens 
ironique ; peut-être dire la vérité : 
Touchant amours qu'il blaeonnoit, 
El des titres que leur donnoit, 
Il meotoit comme Veaanyite. (Fauleei Anuyur», p. S9à.) 



G- EVA 

" Parole, promesse, dans Rabelais, t. IV, p. 8. 

° Les proîestanls se vantant que leur doctrine 
éloilcelte ie Vevangile, le mot évangile sîgnifloit 
le protestantisme, dans le langage des haguenots. 
(Voyez H. Estienne et Apol. pour Hérodote, p. 419.) 

' Etiquette mise sur les sacs contenant les pièces 
d'un procès, et sur lequel estoit inscrile la vérifica- 
tion faite par le commissaire que l'on appelojt 
evangeliste. * La forme d'evangeliser le procez, si 

■ est Vevangile appellée une cedule qui doit estre 

• consignée au dehors du sac. • [Bouteiller, Somme 
Rurale, page 688.) 

Evanoler,v.Disparoltre,a'é]oigner, s'éclipser*. 
S'évanouir, sep&mer". [Voir EstaboÏr.] 
* [■ Quand il urent fini lur diz. De mes oiz suât 

• il evaniz. ■ (Edouard le Confesseur, v. 3777.)] 

Jésus ainsi ananuiê s'est de là. (in MarUM, f. 188.; 

■ Ils s'esvanouirent. ■ (Chron. S' Denis, I. f. 20 *>.) 
On lit, dans le latin de Rigord, evanuerunt. 

De l'oat, par nuit, s'^nunui. [Pk. Votufcea, p. 380.) 

■ Esvanouit de la compagnie. ■ (Rab. IV. p. 281.) 
— «Convoitise est la racine de tous maux, laquelle 

■ aucuns appetans esvanouirent de la foy. •[Mons- 
ti-elct, 1, fol. 55*.) — ■ S' egvanoui/( en telle manière 

■ que onques Galaud ne sceut qu il devînt. • (Lanc. 
du Lac, t. m, fol. 71 '.) 



(PaH.deUt.f. i9t*.) 

On disoit couleur esvamuie^ pour couleur pas- 
sée. (Oudin.) 

■Tant a du vis selgnié que toi est enanii. (Part, 174 '.} 
La resplendeur de ses beautés m'estonoe, 
RsTit mon C<BUr, de sa BT«ce epamée, 
H'ivaniÀaHt de son lustre enflûnâ. (L. Caron, f. 19*.} 
Son doux parler m'«|vanou]f i. {Follet Am. f. M9.J 
Evantall, i. m. [Voir Estantàil.] • Evantail de 
< cave, • soupirail. > Nul ne peut avoir dalles sor- 

■ tantes sur le pavé, en la ville, et forshours, pri- 

• vées*, ne ouvertures, de caves, autres que evantail 

• à droit plomb, sans entrer sur le pavé. ■ (Coût. 
deJSaates, C. G. II, p. 794.) 

EvaDtillon, s. m. Diminutif d'éventail. 

clieveux gredillei en menas crespillona, 
Des icphirs gracieux lea deux evanlUion*. 

B*|. «■ R. Ml. L I. p)«a US. 

Evantrement, s. m. Action d'éventrer. (Honet.) 

Evaporall, s. m. Evaporation. (Oudin, Cotgr.) 

Evaqaellé, adj. Il faut lire enaquellé, !i(iui l'on 

a passé un anneau dans le nez (voyez Eninnelë.) 

■ Pourceaux trouvez es dits maretsetcommu- 

> nautez, ils sont confls<iuez toutes fois que les 

• dits pourceaux ne soient trouvez evaguelle% au 

■ groin. ■ (Goût, de Hesdin, C. G. Il, p. 889.) 
Evasé, adj. Dégingandé. - Un maintien de 

• femme évasée. > (Coquill. p. 28.) 
Evasement, s. m. Ouverture d'un vaisseau 

trop évasé. (Oudin, Cotgr.) 

Evaser, v. Faire écrouler*. S'écrouler'. 
Esquiver ". 



yLaOOgle 



EVE -1! 

'Dérober la base et le fondement à quelque mur, 
tour ou autre bâtiment, pour le saper. (Colerave.) 

* Ce mot B'esl dit aussi pour s'écrouler, s'ébouler. 
■ I) faut qu'il y fasse contremur, de certaine espes- 

• seur, afin que le fondement du dit mur ne s'eva%e, 

• par defaule de fermeté de terre joignante. » {Gr. 
Coût, de Fr. 11,)). 252, d'après une Ord. de 14S&.) 

°0n lit au sujet de plusieurs requêtes que le duc 
de Boui^ogne lit au roi Louis XI, qui ne les voulut 
point accorder : ■ auxquelles requesles le loy évasa, 

< sans respoudre. > (Ùonsir. f. 102 ''.) 
Evasion, s. /. Subterfuge, défaite : 

Je bûa doubles conclusioos. 
Je treuve tant i'ivatiom, 

D'escriptures en porcbemio. fE. De*ch. f. S7S '.} 

Voyez le Blason des Faulces amours, p. 279. 

Evaslver, v. Ce mot, dans le patois de Beaune 

en Bourgogne, signifie ôter les exti'émités des bran* 

ches de Ta vigne qui pousse, ce qu'on appelle daus 

l'Auxerrois esMumacher. 

£ve. [lulercalez Eve, eau; dans Roland la forme 
est ewe (v. 2225, v. 2465) ; dans Parlonopex ou lit 
eve-rose (v. 10600.)] 
Eve, adj. Mouillé. (Oudin, Cotgrave.) 
Evendlquer, v. Bevendiquer. (Oudin, Got^r.) 
Evénement, s. m. Béussite, boa succès : 

Les remèdes que je tante, 

Demeurent sans événement, (italherbe, V, p. Ti3.J 

Ëvenir, v. Avenir. (Bymer, 1. 1, p. 50, an. 1259.) 

On y lit evenoit. 

Everdumer, v.Tirerle suc d'une berbe. (Oud) 

Evergondément, adv. Impudemment, sans 

vergogne. • Evergondément d une haullc voix 

• disoit telles paroltes. • (Al. CharU Ëspér. p. 266.) 
Everole, 5. f. Pustule, butwn. 

Un râteau mal rangé, pour ses dents, paroissoit. 
Où le chancre, et la rouille, en monceaux s'amaasoit : 
Dont pour lors je counus, groddant quelques paroles. 
Qu'expert il en sçavoit crever ses eserolea. 

Itagiiiv,Sit;n,X,|4n'n. 

On dit evrole en Anjou. 
Eversenr, s. m. Destructeor. (Oudin, Cotgr.) 
Everslon, s. f. Renversement, ruine. (Cotgr.) 
[> Elle trouvera, dans les liisLoires, destructions de 

• maisons, eversions de royaumes et deseigneu- 

< ries. ' (Amyot, de la Curiosité, 10.)] 
Evertir, v. Renverser, ruiner. (Cotgrave.) 
Evertaement , adv. Vigoureusement. (Rob. 

Estienne, Cotgrave.) 

Eveschén <. f. Dans Honstrelet, f. 89 ^ : • Fonda 
« l'abbaye de S. Hicbel sur le fleuve de Meuse, et 

< l'evesqtté de Verdun. > (Cbron. S. Denis, t. I, 
fol. 94.) [ta forme est evetqué aux lois de Guil- 
laume, I. Au Testament de Jean de Meung, 597, on 
lit : ■ Tu devroies congnoistre les clers de \'eve$' 

■ chié, Liqueront bon engin, liquel l'ont empes- 

■ cbié. >] 

Evesqne, s. m. Evéque*. Abbé'. Prêtre, pon- 
tife*'. Saint •. 



J- EVI 

*[• Assez' i ad eve$gues et abés • (v. 3C67 de 
Roland.) On disait encore pourcoadjateur ■ evesque 

• compain ■ (Cloas. cité par D. C. sous Coepisco- 
pus) ; dans la Satire Hénippée l'evcsque portatif 
est un evesque iu parlibus.] 

"Il s'est dit aussi des abbés ; ■ Hébert evesqve de 

■ S. Pol, Thibaut evesqve de S" Colombe. » (Chron 
de S. Denis, I. f. 260,) Ou lit dans Suger : . Berber- 

■ tus abbas jS" Petrivivi Seiumensiê, et Theobaldus 

• abbas S" Colombœ Senonensis. » — L'abbé de 
Vezèlai est aussi appelé • l'evesçue de Verselles. » 
(Ibid.) — • L'evesQue de S. Denis en France ' (La 
Salade, fol. 26 '.) Voyez ce qui est dit des abbés qui 
ont eu le titre d évoque. (Préface de D. Mabillon . 
page 106.) 

^Prêtre des Juifs. (Hist. des Trois Maries, p. 59 ) 
Ce nom est donné k Joseph d'Arimathie, dans Perc. 
vol. IV, fol. 128 ''; aux pontifes de tous les païens, 
dans nos anciens mystères. [Dans Joinville, le sens 
est iman : ■ Le soudanc qui estoit joenes et legiers 
« s'enfuit en la tour que il avoit fet faire, avec trois 

- de ses evesques qui avoient mangié avec li. . 
(Joinville, de Wailly, éd. de 1867, 215.)] 

"La S" Vieiçe est désignée par le titre i'avesgue, 
dans l'Hist. des Trois Mar. en vers, us. p. W5. 

ï* * Evesque des champs, donnant la bénédiction 
« avec les pieds aux passans. » (Rab. t. V, Pron 
p. 12 ; Oudin, Dict. et Cur. fr.) C'est-à-dire pendu. 
2" « Devenir d'evesque moine ■ (Pasquier, Rech. 
p. 745) ou - meunier. » (Oudin.) 
s* A.n temps passé du sïeclo'd'or. 
Crosse de Dois, evesque (for. 
Maintenant changent les lois 
Crosse d'or, evetgue de boia. 

am. i» Sntn, daw D. C. I. 539. 

Evesqniet. [Intercalez Evesqniet, évêché, dans 
Froissart, XV, 239 : > Celle evesquiet est la plus 

• noble et la mieuxrevenantde toute Angleterre. >] 
Eveugle, adj. Aveugle. • Son courage loy est 

- eveugle. » (Doctrin. de Sap. fol. 36 v) 
Eviction, s. /. [Dépossession d'une chose 

acquise de bonne foi. • Et ferons quant que loiaul 
> vandeor puent faire ne doivent an toute cause 

• d'evicion. • (Bibl. des Charles, 4* série, II, 466, 
iBi's.}] • Action d'éviction, si comme d'appeller 

■ aucun duquel on auroit acheté l'héritage, que 
< depuis l'achapt seroil empesché, et l'acheteur 

■ demanderoitson garant, avoir le doit, par ce'^e 

■ action, supposé que le vendeur ne l'eust prou-is 

• à garantir. • (Bout. Som. Rur. p. 155.) 
Evldentement, adv. Evidemment. (Rabelais, 

t, IV, Nouv. Prol. p. 30.) 
Evidure, $. f. EchanN-ure. (Oudin.) 
Evlré, at^'. Sans vigueur. ■ Touts éfilez, touls 

■ evirez, touts énervez, et flétris. • (Rabelais, III, 
page 36 ) 

Evlron, adv. Environ, à l'entour. 

.... Droit an lieu il lira l'aviron, 

Ou labourait, n'ba guéres, evitvn. {Cl. Marol, p. 5SS.) 

Eviscerer, v. Arracher les entrailles. (Cotgr.) 



, Google 



EXA - *î 

Evitable, adj. A éviter. ■ Toule estraneeté, et 

■ particularité en nos mœurs, et conditions, est 

■ evitable comme ennemie de société. ■ (Mont. 1. 1, 
page 252.) 

Evitement, s. m. Action d'éviter. (Oud. Gotgr.) 
Eviter, V. Parer*. S'échapper". 

* . Eviter aux inconveniens. > (Closs. de l'Hist. 
de Paris, Honstrelel.SO^.) > Eviter au scandale. ■ 
(Dial.deTahur. f. 24*.)[£vtïw aux inconvénients 
est aussi dans les lettres de Marguerite de Navarre, 
page 141.] 

* ■ Se en aucune chose j'ay évité, touchant les 

■ dites réponses, je m'en rapporte à l'écrit; mais 

• j'en dis au plus près de ce qu'il me peut souve- 
« nir. - (Dudos, Preuv. de Louis 51, p. 237.) 

Evolage, s. m. > C'est, en Bresse, un estang 

■ qui est rempli d'eau, et appoissonné. ■ (Laurière 
Gloss. du Dr. fr.) [C'est plutôt la période pendant 
laquelle les étangs de la bombe sont pleins d'eau ; 
le root dérive de l'adjectif evettx, evol, fait sur eve; 
la période opposée à V evolage est dite ossec] 

Êvous. [Intercalez Evoui, voilà, du latin ecce 
vos (Diez, Dict. 1, 161) : • Evous venus les Englès 

> qui commenchierent à traire as Escûs. > (Frois. 
Il, 270.) il est ailleurs suivi de rintinilif: • Evout 

• venir à frappant Hues de Chastillon. > (Froisssrt, 
t. Vlll, 332.) On le trouve avec que : • Evouè que 

■ nouvelles vinrent. > (Frois. IX, 95.) Le participe 
présent : ■ Evous les Englès venant et esperonnant 

> susyaulx. > (Ibid. 260.)] 

Ewage. [Intercalez Ewage, droit de travers, 
au Cart. des comtes de Flandre(l,cb.263, an.l274): 

• No feuage par tiere et par ewe,... nos Ihrosnes, 

■ nos cambages et nos ewages de Valenchienes. ■] 
Ewette. [Intercalez Ewette, abeille, dans la 

Chron. des ducs de Normandie, I, v. 335.)] 
Exacerbatlon, s. f. Colère, fureur. (Cotgrave.j 
Exacerber (s'), v. S'irriter, se fâcher. (Cotgr.) 
ExacoDtalUe, s. Espèce de pierre. En latin 

exacontalites. (Marbodus, p. 1668.) 
Exacrener, v. • S'il trovoit me bues, ne me 

• vaces, ne mes brebis en eas prés, n'en s'en fro- 

• ment, qu'il fust mie si hardis pour \esexacrener, 
€ cu'il les en ossastcacer. . {«s. 7989", f. TS"*.) 

i^acté , partie. Expulsé. < Les rois furent 

■ chassez, et exactez de Bomme. > (La Salade, 12 ■.) 
Exacter, v. Tirer, recouvrer. (Oudin.) 
E^acteur, a. Collecteur des deniers publics. 

(Oudin.) [Dans Amyot (Paul Emile, 6), le sens est 
exécuteur : • Roide exacteur de la discipline mili- 
« taire. »] 

Exactit. [Intercalez Exactif, qui exige injuste- 
ment : ■ Colin qui est bomme exactif et fort 

■ importun. ■ (Histoire de Nîmes, preuves, 1. III, 
page 325, an. 1474.)] 

Exaction. [On lit au Recueil de Tailliar, 253 : 

■ Affrancissomes la devant dite abeye, et volons 



i- EXA 

■ que ele soit effrancbîe et cuite de toutes exaetiofu, 

• corovées et tailles. ■] 

Exactlonner , v. Commettre des exactions. 

< Le pape Boniface avoit mis en âifficnlté i cano- 

< niser le roy S' Loys, aU^^anl que le dici roy 

• S' Loys avoit griefvement exactiomU son peuple ; 

■ avoit aussi les offices de justice, coiAme preros- 

• lez, et baillages mis & ferme, par quoy le peuple 

• esloit grevé, par les fermiers. • (Hist. de la Tois. 
d'Or, vol. 1, fol. 97 V) 

Exagltation, t. f. Voyez Exagiteb. 
Exaglter, v. Remuer, secouer*. Critiquer, 
censorer ". 
* Voy. OudiD, Nicot, Honet et Colgrave. 
' • Ridicule fruit de la science, que Socrate 

■ exagite si plaisament contre Èulydemus. • (Mon- 
taigne, t. III, page 492.) 

Exaln, Exainer. [Essaim, essaimer, au reg. 
JJ. 194, p. 75, an. 1465 : ■ Le suppliât ala aider... 

■ à mettre â point un exain ou boumay de mou- 

< ches à miel, qui icellui jour estoit exainé au 

■ vergier d'icellui Charretier. ■] 
Exaltation, s. f. Supériorité. [* Et semble 

> monstrer que Vexaltatum et haut règne des 

• François est un heur grand et jocondité aux 

■ Bourguignons. • (Expos, sur Venté mal prise de 
Chaslellain.)] 

Dieu fluis ; J'ay exaltation 

Sur toute terre et nation. (Ct. Marot, p. 069.} 

Examen. [Intercalez Examen, an Tombet de la 

Chartrose, us. d'Avranches du xr* siècle : ■ Il laissa 

■ meuble et héritage Et sesparens sans retomer ; 

• Jhesucrist le face tourner Au jour du dernier 

■ examen De sa désire partie Amen. ■ De même 
dans une Ordon. de février 1485: • Gelluy qui sera 

■ passé maistre sans grâce et par examen sera 

■ tenu paier, avant qu'il levé son ouvroaer la 
' somme de .ti. escus d'or. *] 

Examinateur, s. m. On nommdit aiasi les 
officiers du Châtelet cbai^ de faire les ençiuéies 
des parties ; ils étoient subordonnés aux auditeurs. 

■ Omciaux du Chaslelet soient auditeurs, scelleurs, 

• examinateurs, notaires. • (Ord. 1. 1, p. 467, an. 
1309.) Voyez leurs fonctions aux Ordon. 1. 1, p. 647, 
an. 1317, et au Grand Coût, de France, t. IV, p. 487. 
Supprimés en 1313 (Ord. I, 517), ils furent réublis ; 
on les voit au nombre de huit dans une Ordon. de 
1320, ibid. p. 738. Le duc de Bourgogne, en 1413, 
ayant la garde des prisonniers enfermés au Louvre, 
commet ■ douze commissaires chevaliers, et six 

■ examinateurs, pour congnoistre, et juger, selon 
< l'exigence des crimes, et des prisonniers. ■ (Mona- 
Irelet, I, f. 167'.) Un - examinateur du Chastelet, • 
en 1467, accompagné de trois sergeas, fait la reober- 
die d'un criminel cacJié dans Tbdtel de S. Pol. 
(Chron. scandal.de Louis XI, p. 114.) Ces examù 
natôurs, en 1369, sont distingues en ■ examinateurs 

■ ordinaires, et extraordinaires. ■ (Ibid. p. 154 et 
155.) Dans rassemblée des trois Etats de 1484, ils 
sont qualifiés ■ conseilleurs et examinateurs va 



y Google 



. Qiastalet. • (Godefr. Add. sur l'Hist. de Gb. VlH, 
ji, 411.) Il y a aussi des ■ commissaires enquêteurs, 

■ examinateurs ■ dans divers aulras tribunaux. 
[On lit au liv. des Métiers, 420 : • Les noms des six 
.• jurez examineus. >] 

Examlnatlon, s. f. Examen. [■ Quant aucuns 
< estooQdQmnéscommebougreaparl'exafniruition 
4 de sainte Eglise, sainte Eglise le doit abandonner 
f à la laie justice. > (Beaamaaoir, XI. 2.)] • Après 

• plusieurs examinaeiont de son courage , leur 
« ottroya, tel si que chascuu homme de guerre, et 

■ de deffense perdroit le poing dextre, en exemple 

■ de conlîDuele rébellion dont ilz esloient coustu- 
« miers. • [Tri. des IX Preux, page 368 ■.) On disoit 
aussi ■ examination de tesmoins, > examen des 
«moins, enquête. (Ord. Il, p. 743, an. 1320.) C'étoit 
l'olflce des examinateurs- (Ordon. 1. II, p. 517.) 

Examiné, partie. Eprouvé. • Moult (a fort, et 

■ bien examiiù, au tranchant des espées ce noble 

• tournoy. > (Percer, t IV, f. 51 '.) Dans le langage 
populaire, on a dit ■ habit examiné • pour habit 
fort usé. [Oudin, Cur. fr.} 

Pxamlaement, s. m. Examen. (Brilton, Lois 
d'Angleterre, fol. iO'.} 

Examiner. [Intercalez Examiner, 1° question- 
ner, souvent ;is90cié à enquen-e (Froiss. Il, 173). — 
2* inviter: ■ Se requis et examiné en estoient. ■ 
(id. II, 5.) — 3° Elaborer : • Or puet eslro que cil 

■ livre n est mie e^camiae ne ordonné si justement 

• que lelle<3hose le requiert. • [Id.) — 4* Tourmen- 
ter: • Carvoirement du temps passé [ce pays] avoit 

• esté trop fort examiné et traveille de taillea. > 
(M. L XiV, p. 39.}] 

Evangue, adj. Exsangue. (Colgrave.) 
Exarctae, s. m. Exarque. (Colgrave.) 
Exaspération, $. f. Irritation, aigreur, aiiimo- 
sité. (Cote.) [• Geste nostre «a:aJt;)»'a/toR immodérée 

> et ill^tiiDe. ^ OMontaigne, 111, 338.)] 
Exaspérer, v. Aigrir, fâcher, irriter *. Devenir 

rude'. 

* Voyez Oudin, Colgrave, Clément Marot, p. 718, 
et Mont. 1. 1, p. 168. 

'Voyez les Març. delà Marg. foi. 55S et Mont. 
U UL page 506. 

Exanclonnalre, adj. Exactionnaire, qui aug- 
mente (aufft) les sommes il payer. ■ Prevosls, ou 
« autres ofllciers... déloyaux, tôrtceres, ou exau- 

■ cionnaireÈ, ou suspettenez d'usure. > (Etals des 
Om. du duc de Bourg, p. 300.) 

Exaalcemeat. [Intercalez Exavlcement, action 
d;exaulcier (élever, i-endre.plua puissant}; • To.ulce 

> qu'ils OQt fait é'exauîcement et d'avancliement 
*. à 0* roy Jacques, ce^fut. • (Froissart, XVI, 3fl.) 

Ebtaatbover, v. Priver d'un droit. > Les b«ri- 

■ tiers des condamnez à mort, pour crime de leze 

• majesté au premier degré, doivent estre exautorez 

• du privilège de, noblesse, jugez inlestables, et 

■ reléguez eu un igonastere. > (Coût. G. I, p. 1006.) 
^scalfaetlf, adJ..Q<ii éobauffe. (Oud., Cotgr.) 



t- EXC 

Exeandescenee, t. f. Colère , empâtement. 
(Oudin et Cotgrav*.) 

Excéder, v. Surpasser, outrepasser*. Commet- 
tre des excès *. 

* [■ Un chascun d'eux (des ti'oîs ordres) son droit 
■ estât maintiengne. Car ï'exceàer est monstre et 
« droicte enseigne De pis avoir pour le peuple et 
« l'église. » (E. Deschamps, SouHr. du Peuple.)] 



"• Grandement £:cce(fan^ et délinquant. > (Air. 
Amor. p. 392.) — ■ D'avoir ainsy exploité la mort, 
> avoittrop mespriBet excédé. > (Ibid. p. 311.) 

Excegner. [Intercalez Excegner, au us. aoc. 
9493, fol. lis saigner, dessécher: ■ Foucé qqi 

■ excegne les bas champs. >] 

Excellence. [Titre de dignité dès le xii* siècle: 

• Ta grant proesce e ta science E ta puissance e 

■ i'excellmce Prie et requiert, humles vers tel Que 

■ li tienges amor efei. ' (Benoit, )l, 4295.) Dans 
Froissarl, le sens est qualités supérieures: • L'ar- 

• cbevesque de Cantorbie qui estoit homme d'hoa- 

■ neur, d'axMJMnce et de prudence > (XVI, 1620] 
S' Julien de Balleure ayant parlé des litres de < trSs 

• bau(, attira puissant seigneur, •ajoute: «D'altM. 

• ny ù'exctUenoe, et autres mots nouveaux, de 

• nouvelle fabrique , le langage, n'y la franebise 

■ des François n'en eâtoil jadis... infectée. '(S-Ju), 
Mesl. Uist. p. 595.) Les llaliens et les Espagnols les 
ont prodigués à leurs princes. (Id ) I^ titre eoseel- 
/erice est donné en 1513 par Maximilien Sforza à 
l'arcbiduchease, en lui écrivant. (Lett. de LouiaXIT, 
IV, p. 41.) Les lettres de vérification de la Coût; de 
Clermont, rédigée en 1571 , portent à la fia cas 
mots : ■ Clos et scellé & son excellence. > (H, p. 888;} 
Du Bellay donne le titre à'excellence à M"* Maisne- 
rite, sœur unique du roy. (Joach. Du Bellay, p. n3.} 
La PopeUnière, parlant du duc d'Anjou, frère 
d'HeiinlII, le qualille son excellence. (Liv, XV, 
fol. 73M Monlluc le donnoit aussi à Monsieur, fifère 
deCharlesIX. (Montiuc, II, p. 301.) C'est le titre 
qu'on donne, non celui d'altesse, au doc de Trai>- 
sylvnnie. (Le Labour. Retour de Mad* de Guebrianl, 
iC 56 ) Le titre à'exeeUence étoit doiiné «n 10-M, en 
Espagne, à H. de iBassompierre, comme ambajuii* 
deur. (Hém. de Hassomp. II, p. 247.) M. BouiUaud, 
étant en Poiogee, se fâchoit a» ce qu'on lui donnoit 
le titre d'£:c(;e//eR(;e,* on lui répondit qu'il se don- 
noit, en ce pays, k tout le monde. (Colom. Mbsl. 
Hist. p. 12.) — ■ Cette pafoie s'employe par quel- 

■ ques lins on faveur des'duc3 qui se sont souve- 

• raina. • (Pasq. Recb. liv. Vin, p. 669.) Les. mots 
excellence et éminence s'éloient iulroduilsdu tsyips 
de Balzac, mais non ceux A'excellentissime et émir 
nenfte&tmf. Voyez son Socnte Chrétien, p. 249.; 
voyez aussi les disputes élevëes au sujet des titres 
à'excellettce et autres, au traité de Weslphalie,iËin^ 
Thist. de ce traité, par le P. Bougeant. 

Exceltent» a4f . SUtpérieur, préâBinent^ Titre 
d'honneur ^i 



yLaOOgle 



EXC -li 

* [■ Qui veulx de cinquante hommes si faire 

■ cbaplement Contre trois c«nts ou plus en armes 
« excellent. - (Guescl. 19098.)] — • vers exceUens 

■ en beauté, et en débordement. > (Mont. t. III, 
p. 370.) — «Le roy, par sa souveraineté, peut à ses 

■ offlciers donner nom exc£^/£n/, comme chevalier, 

■ président, maistre des comptes el autres sembla- 

■ oies, coque lesaulresseigneursne peuvent Taire, 

• parce qu il n'est pas convenable qu'ils se demoa- 

• trent pareils à leur souverain seigneur. > (Gr. 
Coût, de France, liv. I, p. 16.) 

" Excellent est une epithëte d'éloge , dans une 
ballade adressée par Eust. Descbamps (fol. 214') à 
un prince qui n'est désigné que par ces mots 
« excellant prince • ; mais il paroU f\n'excetlent 
étoit déjà devenu itn titre d'honneur en f443.Hons- 
trelet, II, fol. 203*, parlant de la trêve entre la 
France el l'Angleterre, traite le roi de France de 

■ Irks excellent prince, ■ et le roi d'Angleterre 
seulement de ■ très haut et très puissant prince. ' 
L'évéque de Liège, dans le .même historien, en 1430 
(fol. 61*), donne au duc de Bourgogne ces titres: 

■ Très noble et très puissant prince vostre très 

• excellente personat. > Haximilien Sforza, duc de 
Milan en 1512, est qnaliûé • excellente personne ' 
(Lett. de Louis Xll, 1. 111, p. 284) > et très illustre 

■ duc et excellence. • (Ibid. p. 305.) Le roi d'Ara- 
gon, qui a le titre de majesté, est aussi nommé 
excellence [Ibiï. p. 293], et leducdeMilan, écrivant 
ft l'archiduchesse, en 1512, l'appelle • très haute , 

■ Irèîi excellente , et très puissante princesse, et 

■ très honorée dame et cousine. • (Ibid. p. 303.) 
Excellentement, adv. Supérieurement. • La 

. fut bon chevalier, et moult excellentement se 
. combattit. . (Froiss. 1, p. 257.) - [On lit au t. III, 
p. 281, de l'édit. Kervyn : « Et briaierent les cloces 

■ qui estoient excellentement bonnes. >] 
Elxcellentline, adj. • Bravime esprit, sur tous 

• excellentime. > (J. Du Bellay, fol. 508 *>.) 
Exceilentissime , adj. L'usage de ce titre 

n'avoit point encore passé en deçà des monts, non 

!>1us que ce\uM' éminentissiine, du temps dé Balzac. 
Socrate ChréUen, t. Il, p. 249.) 

Exceller, v. Surpasser. Sully, parlant à Henri IV 
de plusieurs grands rois: ■ Vou^les avez excellez 

• en plusieurs choses. • (Tome X, p. 248.) 

Soit cette boucha on aonapire une baleine 

Qui les odeurs des Arabes excetU. {Du Bellay, f. 51 KJ 

Excelse, adj. au fém. Haute, sublime : 

VesxeUe magnitude ' 

De théologie. ^Creitn, p. îi.j 

Elxcentrlquer, v. Tirer du centre. (Oudin.) 
Elxcepcion, 8. /. Moyens de défense opposés au 
demandeur. ■ Nous traicterons de deffences que li 

■ deffendieres doit mettre avant contre cbeli qui 
< demande, lesquelles deffences li clerc appellent 

■ exceptions. > (Beaumaa. p. 36.) Voyez le chapitre 
VII qui traite des exceptions. (Ib. p. 44.) — > Excep- 

• fions dilatoires, et exceptions peremptoires. * 
(Id. p. 44.) — ■ Exception de Macédonien. • (Grand 



>- EXC 

Coût, de France, liv. Ill, p. 344.) — ■ Exe^tion au 

■ brefe abalre, • défense opposée à un titre : • Si 

• corne par vice trouvé en la brefe, si corne pu* 

• rasoureen lieu suspecte, ou si le brefe ne fuit 

■ unques enselé de nostre seale. » (Britlon, Loix 
d'Angleterre, fol. 122''.)— • Exception de père 

> vif, ■ proposée par le marchand, le receveur ou 
fermier qui revient contre son marché ou son 
traité, en alléguant qu'il étoit sous la puissance de 
son père. Cet abus fut réformé en 1462. (Ord. des 
ducs de Bretagne, fol. 314*.) 

Excepcioner, v. User de l'exception. (Britton, 
Loix d'Angleterre, fol. 275.) 
Excepté. [Intercalez Excepté , sauf , hormis : 

• Un frère det'ordre de S. Augustin, nommé frère 

> Richart, respondi audit Courdaut. en disant: 

■ Tu es un mauvais ribautde ce que tu dis... Lequel 

• Courdaut courroucié lui respondi telles paroles: 
« Vous y meniez, excepté chappellenie. ■ [il. 155, 
p. 70, an. 1400.) C'est à-dire sauf le respect dft aux 
clercs.] 

Excepter, v. Excéder*. Percevoir". 

* > Clotaire voyant l'injure faite à son fils, se mit 

■ aux champs, et de telle ardeur de courage, ven- 

■ geason fils qu'il ne laissa entre les Saxes homme 

■ vivant qui exceptast le taault de son espée. * 
(Hist. de la Toison d'Or, vol. I, fol. 60''.) 

' • Sans aucune chose excepter sur les habitans 
< de ce pays ci. > (Jouvencel, fol. 31 *.) 

ExcepteoF. [Intercalez Excepleur, dansla Péni- 
tence d'Adam (us. fol. 2*) : • Certes en ce se mons- 
- treroit Dieu, qui est vray juge, excepleur de 

■ personnes. •] 

Exceqatenr, s. m. Exécuteur, au hs. 7615, I, 
fol. 111 '.[Le Livre de Justice, 20, donne «MÊC«(or, 
et Beaumanoir (VI, 4), exe-cuiteres.'] 

Exceqation, s. f. Exécution faite par des be- 
deaux ou sergeiis. (Ord. 1. 1, fol. 71.) VoirEiftctiTios. 

Excerser. [Intercalez Excerser, gouverner, 
dansKroissart, III, 214: ■ Dartevelle a bien parle 

> et par grande expérience et est dignes de gouver^ 

■ oer et excerser le païs de Flandres. •] 
Excersls. [Intercalez Excersis, gonvernenr, 

dans Froiss. XIV, 287 : > Il mandoit le duc comme 

■ duc £XC£rxJE de la duchié d'Aquitaine. ■] 
Excerslté. [Intercalez Excersité, au reg. de 

Gorbie, 13, an. 1511, fol. 112: ■ Parquoy plusieurs 

■ desdits confrères se sont relardez et retardent de 

■ Yexcersité dudit joeu de l'arcq à main. ■] 
Excerter. [Intercalez Exeerter, essarter, au 

reg. JJ. 138, p. 97, an. 1389 : > Jean Poincbon estant 

> allé en un pré qui estoit à Thomas Frapilly 

• père de sa femme, pour lui aider à excerter 

• le dit pré. ■] 

Excès, s. ffl. Violences \ Accès *. 

* [■ On dit que excès n'est corrigé que par excès, 

> c'est à dire que oultrage ne se corrige fors que 

■ par oultrage. > (Uénagier, T, 9.)] — « Exeez ôe 



yLiOogle 



KXC -1 

< inaiD non zarote. * (Gotgr.) -^ > Demande en cas 

■ à'excè*. • (Arrest. Amor. p. 203.) 

* < Excèt de flevrea . ■ pour accès de fièvre. 
(Lellrea de Louis XII, l. IV, p. 181.) — < fiowe» de 

• fiebvre quarle. • (Branl. Duels, p. 39.) On dit 
élire par voie d'accès, de l'élection des papes ; on 
disoit autrerois • voye d'excès. > — • On procede- 

• roit à l'élection par scrutin, eteasuile parla voye 
. i'excès. ' (Mém. de Villeroy, t. VU, p. 257.} 

Excessif, adj. Hiche, somptueux. « N'y avoit ai 

• meschanle morveuse qui ne les (babils) fasse 

■ faire plus excessifs. • (An*. Amor. p. 287.) — 
[On lit dans Deschamps, Administr. de l'hostel du 
prince: ■ Où serviteurs ot en grande habondance, 

■ Qui gaiges ont excessis sanz raison. •] 
Excession, s. f. Excès. > lA char est la grant 

■ convoitise d'aler aux biches; pourquoy il avient 
( que, pour la grant excessianà yexercer les biches 

■ pour la voulenté de la char, il devient si pasme, 

• et si non puissant, que leleu le prent, eldevoure. ■ 
(Modns, fol. 70 \) 

Excessivement, adv. On lit au contrat de 
mariage de Gilbert de Chabannes avec Catherine de 
Bourbon, en 1484 : ■ Ou cas que le dit de Chaban- 

■ nés allast de vie à trespas, sans hoirs mnsles,.... 
« les filles qui viendront du dit mariage iuy succe- 

■ deront en tous ses biens, et seront ses héritières, 

■ e( n'en pourra instituer d'autres, ne autres e^cei- 

■ stoemenf disposer de ses dits biens au préjudice 
. des dites filles. - (Godefr. Observ. sur Ch. VIIl.) 

Excessiveté, s. f. Excès, abus. [• L'exposant 

• avoit confessé avoir prias par excessiveté de vin 

• lesdiles choses. ■ (JJ. 94, p. 472, an. i362.)3 Voy. 
Colgr. etOrd. des ducs de Bret. fol. 205*. Nous 
trouvons ■ excessiveté d'escripture. ■ (Etats des 
Offl. du duc de Bourg, p. 306.) — < L'excessivelé 

• des rançons. • (Hém. deBell.etdeSillery, p. 401.) 
Exchotter. [Intercalez Exchoiter, hériter, au 

reg. JJ. 179, p. 42, an. 1427: •> Item qu'ilz puissent 

< exchoiter et succéder les uogs es autres, et avoir 

• les biens, exchoite et succession quelconque les 

• ungsdes autres par droit de succession et boir- 

■ rerie à eulx appartenans. ■] 
Excision, t. f. Tuerie. (Ondin.) 
Excitateur, adj. Instigateur. (Monel.) 
Excitatlf. (Cotgrave.) 

Excitation, s. /. Action d*exciler{Monet,Cotgr.) 
Exciter. [Intercalez Exciter, dans Deschamps: 

• Et puis querez joustes et les bouhours Et excitez 

• tous excès en nature. • Au xin* sièole, on Lit dans 
Théophilus : • Si l'ont H deable escité. ■] 

Exclamasse, t. f. Cri, clameur publique. (Bout. 
Sora. Rur. p. 627, 765 et 815 ; Froiss. Poes. p. 110.) 

Voir ESCLAHASSB. 

Exclame rintercalei Exclame, rumeur défa- 
Torable, dans Froissar't, XIV, 64 ; • Lé roy avoit 

■ accueilli Bethisach en graos hayne pour \'exclame 

■ crueux et la famé diverse qui couroit sur Iuy. ■ 
On lit esclame dans Eust. Descbamps, fol. 566 '.] 



I- EXD 

Exclamer, v. Crier, s'écrier. Voir Oudin.Cotgr.; 
Babel, t. III, p. 101 ; Des Ace. Bigar. p. 26; Contes 
de Des Perriors, t. Il, p. 181; Hoot. 1. 1, p. 548. 

Excogitation, s. f. Pensée. (Oudin, Cotgrave.) 
[< Le suppliant et feu Guillaume, dit le Flamment 

■ buvoient à un escot.... sans nulle rancuer on 

■ mauvaise excogitation. ' (JJ.%, p.323, an.l364.)] 
Excoglter, v. Penser, imaginer. (Cotg.) ■ Uotz 

■ eonez,du tout iavsilez, excogitej,. • (Des Accords, 
Bigar., préface, p. 4.) 

Excoriation. [lùtërca\ez Excoriation, maladie, 
au reg. JJ. 174, p. 42, an. 1427: • Icellui Jacques 

• fut surprins d'une très griefve maladie, nommée 

• excoriationoa autrement, et pour avoir et trouver 

■ garison d'icelle feust alez en la ville de Bourges. ■] 
Excorlllngallatlnisez , adj. Vers ofi l'on 

écorche la langue latine. > Vers exeoriliiiguilatini- 

• sez. • (Des Accords, Bigar. f. 150 *■.] 
Excrément de la terre. Cette expression a 

été censurée par Balzac. (Socr, Chret. Il, p. 258.) 

Excremental, adj. Qui appartient aux excré- 
ments. (Oudin.) 

Excressance. [Intercalez Excreisance , ex- 
croissance, dans Hondeville, 101 '' : • Excressances, 

■ poireaus, verrues. •] 

BTxcroissant, partie. Croissant. • Fruits 

• excroitsans en leurs héritages. > (Coût. Gén. 

t II, page 471.) 

Excrncler, v. Tourmenter. (Ond., Co^.) 
Excusablement, adv. D'une façon excusable. 

(Hont. 1. 111, p.21.) 
Excasance. [Intercalez Excusance, excuse, 

dans l'Hist. de Liège, II, 447, an 1424 : < Que en 

■ che n'y aet nulle detrianche ne excusanche. • On 
lit escusance, dans Perceforesl, III, f. 52".] 

Excusation, s. f. Excuse, aux Ordon. 111, 671 ; 
aux Chroniques de S' Denis, III, f. 13. 

Excnse. [Intercalez Excuse, dans les Cent Nou- 
velles (96*) : * Le curé en sa défense et excuse parla 

■ en bref et dit. •] 

Excuser,!). Excuser*. Epargner". [V.Escuseh.] 
* ■ Si tel s'excuse qui s'accuse. • (Cotgrave.] 
■ Benx flli, s« tu puez eschapor 

Lêgierement d'un encombriar, 

Haia qu'il te doive auques coBter, 

Délivre t'en, sans demorer : 

Petit docnaige, moult souvent, 

Etaue grant encombrement. (Fabl. de S. G. f. 4:) 
Excuseur, s. m. Qui excuse, qui vous défend 
en justice. [■ Car il n'nvoit nul excuseur Ne bon 

• amy ne procureur Qui pour li dire mot osast De 

■ paour d'avoir eschec et mast. • (Le livre du Bon 
Jehan, v. 2712 )] Voyez Procès verbal de la Coût 
deBourb.,C. G., t. III, p. 1226. 

Ex Dlu (par les). Par les yeux de Dieu. 
Par laa ex Diu, Tait il, tu ganbles 
k comprina ; ce n'est mie fable ; 
Noua avons, pour bacon, deable 
Grant, et hidoz, et contrerait : 
Si m'ait Dix, ci a mal plait. (ISS. 7980', f. 90'.} 



yLaOOgle 



ExécrablUté . «. f. Horreur , exécralion. 

* Vexécrabiliié de soii meffaU. » (Hiat. de la Tois. 
d'Or, vol. il, fol. 25-1 

Exécré, partie. Exécrable. (Baïf, f. 68*.) 
Exécrer, v. Avoir ea exécration, détester. (Cotg.j 
Exécuter, v. Terme de barreau *. Terme d'ar- 
tillerie, servir une pièce'. 
* [Saisir les biens d'un débiteur pour les vendre 

Bar autorité de Justice.] Voyez Oudio, Cur. fr. et 
tonslr. l, f. 102 ^ « Les déclara ....estre cxecw/e« ; 
« et leurs biens confisquez. » » Biens exécutez, » 

Jour biens arrêtés, saisis par l'execuleur. (Gr. Coul. 
e Fr. liv. II, p. 130.) — • Le mort exécute le vif. • 
(Cotgrave.) « Le mort exécute le vif, non è contra ; 
. c'est & dire que les héritiers du créancier peuvent, 

■ de plein vol, faire exécuter le dèbteur du dcffunt 

• ...mais le créancier. Ses héritiers ne peuvent 

« de plein aault faire ejwculcr les héritiers du dit 

■ debleur. ■ (Coût, de Clermont, N. C. N. 11. 885*.} 
■ ■ Que je fisse venir mes Suisses, pour exécuter 

■ les canons. • (Mém. de Bassomp. III, 78.} - J'avois 

• quarante pièces de canon qui faisoient une 

• bellemusique, lesquels furenttort bien ftwcufes." 
(Ibid. p. 450.) 

Ëxecuteresse, s. f. Celle qui exécute. - Ne 
€ tentez Dieu, ne son executereue fortune. • {Mém. 
d'Ol. de la Marche, liv. I, p. '291.) 

Exécuteur, s. m. 1* Sergent exeeuteur^ appelé 
aussi exploiteur, qui exécuteles biens des débiteurs 
pour le créancier. (Laurière, Gloss. du Dr. fr.) — 
2* Bourreau : « Exécuteur des hautes œuvres. » 
(Des Accords, Bigar. liv. IV, f. as.) . Le redouté, et 

■ périlleux exécuteur de sentence criminelle. » 
(La Jaille, Champ de Bat. f. 4i '.) Le roy des ribaulx 

■ si se faict, toutes fois que le roy va d'ost en ost, 
€ ou en chevauchée, a^ieller l'exécuteur des sen- 
» tences, et commandemens des mareschaux, et de 
» leurs prevosts. » (Bout. Som. rur. p. 898.} — 

* En droit canon, • Vexecuteur estoit proprement 
« un commissaire nommé par le pape pour faire 
. mettre à exécution l'expectative, ou survivance 

■ qu'il avoit accordée d'un bénéfice. » (Gloss. à la 
suite des Arr. d'Amour.) — [Le cas sujet était exe- 
cuiteres, dans Beaumanoir, t. VI, fol. 4 : ■ Ou il le 
€ demande comme execuiteres par le reson de 

■ testament. • Au cas régime, on trouve essecutor 
(Livre de Justice, 20) : ■ Enten que les letres doivent 

■ eslre monstres à i'essecutor. »] 
Execution, s. f. [Action d'exécuter : « Ainçois 

■ doivent tout li jugement eslre mis & execusiion 

■ sans délai. > (Beaumanoir, Vil, là.)] 
Expressions remarquables : 

V « Qui est d'exécution, ou de testament. ■ — 

■ Nulle vaisselemenle d'argeat blanehe, qui soit de 

■ exécution, ou testament... ordonpée pour vendre, 

* et pour le dît testament accomplir; ne soit vendue 
. b nnl. . (Ord. t. II, p. 8«.) 

2o t Cas de simple exécution. > — ■ Cas de des- 

■ confiture et quand ancsa n'a nuls antres biens, 

■ fors ceux qui sont mis à extcution; mais cas de 



t- EXB 

* simple exécution est éH, qimd aucnns biftns 

■ restent à celuy qui est exécuté, par dessus les 

■ biens qui sont exécutez, et prins. - (Gi'. Coût, de 
France, liv. H, p. 129.) 

3* . Execution parée. > Exécution de bienS 
solennelle. ■ Des personnes privées qui vendeiôt 

■ leurs biens sub hasta, et par exécution parée, eh 
« vertu d'autorisation de la loy. . (N. C. G. 1. 1, 
page 614 ''.) 

^ ■ Mis à exécution, * exécuté, mis à mort. 

• Quant les huyt chevaliers prisouniers ouyrent ce, 
> ilz curent grant paour d'estro mÎB à exécution. ■ 
(Percef. IV, f. 43 '■.) [> Se par le plaisir et conseil dé 

■ plusieurs alast, ils euissent esté tous mis ïexew 
« tion. • (Froissart, XV, 341.)] 

Exécutoire , adj. Qui emporte exécotien. 
« Actes exécutoire». • (Crétin, p. 133.) 



Exemplalremeot, adv. [■ Et en tirer exem- 

■ plairement la punition de leurs offenses. • (Car- 
Joix, V, 29.)] 

Exemplarité, 8. f. Exemple. ■ Bienheureux tu 

■ seras renommé si, par l'exemplarité d'autruy, ta 
* le remets à plus modestes termes. ■ (Peregr. 
d'Amour, fol. 15 *•.) 

Exemple, s. Exemple, avertissement *. Exem- 
plaire ". 

* [Voir EssAiiPLB.} ■ Exemple toute évideniCF. * 
(Dialogue de Tahareau, p. 90.) < Belles exemples. ■ 
(Monslreïet, I, fol. 4 ^.) Ph. MousVes emploie ce mot 
pour exemple propre à corriger, en parlant du 
soulèvement des peuples d'Acre et de Sur contre 
l'empereur, vers 1242, et du roi qui fut élu â sa 
place : 

Dont revint naviales, at exejnjitéf. 
Que li oapitaux, et U temples, 

Li sovdaier, et U baron, 

Avalent entr' œag bit udb roi. (Mon»het, p. 84d.f 
[■ Pour donner plus grant exemple à ses gens 

■ que point ne s'aherdesissent avoech'16 bastart 
. Henri. - (Froissart, VU, M.) 

• Copie d'un livre, dans le Boman de Godefroy 
d'Alencon, us. du R. n* 7554 ; copie d'un acte, dans 
la Chron. de S' Denis, t. I, p. 138. 

Exempter, V. Donner exempte. Au -proaomitial, 
le sens est prendre exemple : 



Pour exempter tous ses subjeta. (E. Deaeh. f. 3i8*.} 

.... Lm deuasent lessemblet. 

Et par exemples exempier 

A leur KTADt reQDm. etglalrA; 

Hais jeTes voy dissdndMr. (Ibid. f. 77 *.) 

t Justice doit estre loyale, et non pas épargner; 
■ ne foible, ne fort, par quo; Ions ai KBAKpmm. • 



■ ne foible, ne fort, par que 
(Froissart, liv. IV, p. 16î.^ 



[■ Jevoel un pfctit tenir le pourpos d'e^^proflètï 



yLaOOgle 



EXE ~i 

• pour exemplyer les boas et ceuls qui désirent à 

• estre de son aliaïice. ■ (Prois., Korvyn, II, 12.)] 
E^xempllfler, v. 1* Copier. (Gloss. de VHist. dé 

Paris, et Gloss. de l'Hist. de Bretagne.) — î* Propo- 
ser ^ur modèle. • Le libelle, eo cas de propriété, 
« fait, et formé, comme exempli/lé esl ci-dessus. > 
[Bout. Som. rur. page 206.) ■ Rhénan, parlant des 

■ Germains, et Âilemails, exempli/ie des bandes de 
« gens de pied estans en la basse Germanie se 

• raisans appeller les diables. ■ (Du Tillet, Etéc. des 
R. de France, p. 7.) Dans Alain CLarlier, le sens est 
donner exemple, profiter à soi et exemplifier aux 
antres. (Espér. p. 334.) 

Exemplir. [Intercalez ExempUr, défricher, au 
i^. JJ. W3, p. 6f, an. 1477: * En allant icellui sup- 

■ pliant ainsi exevtpltr, essarter et deschaller les 

■ terres de son maistre. ■] 

Exempt, adj. Absent, exilé*. Dispensé °. 
* Au premier sens, on disoit ■ exempt du païs, ■ 
posr absent da pays. (PerceT. t. III, fol. 104*.) [> Et 

■ furent exempts et hors du royaulme d'Angleterre 

• plus de trois ans. » (Froissart, XVI, |,'»8.)} 

" On lit dans Pavin, des vieux soldats romains 
qui étoient dispen&és des fatigues de la guerre: 

■ Ces vieux solaats exemplt du bocqueton, comme 

• nous disons à Paris. » (Th. d'Hon. t. II, p. 188.) 
— • Exempts par appel, > ceux qui, par leur appel, 
étoient soustraits à la jurïsdtctiou municipale. ■ ¥ 

■ 8 un juge des Exempts par appel des dits maieurs, 

■ et escbevins, qui connoist d'eux, et de leurs 

■ causes, pendant l'appel, sous le ressort de la dite 

■ senéscbaussée ; qui est receu h serment par 

■ rofQoe de mon dit sieur le seoeschal. • (Coût. 
d'Abbeville, Nbiiv. Coul. Gén. f, p. 106.) [De mâme 
au livre de Justice, 86 : • Et Joban de Beanmont dit 

■ que cbascuil doit mostrer qu'il soit exans, c'est à 

< dire qu'il n'est pas du poer à celui juge. ■] 
Exempter, v. [■ Très chier fils ep Dieu, comme 

« par ton chevaucheur porteur de cestes tu nous 

• eusses moult affectueusement escrit que l'église 

< de Paris vouleissious exempter de l'archevesque 

■ de Sens, - (Let. de Grégoire XI à Charles V ; Uist. 
Mtt. l. XXIV, page 407.] 

Exemptlble, adj. Qui est à exempter. (Oudia.) 

ELcemptloD, s. f. * Privilège par lequel des 

« pereoaoes, au des terres qui sont dans la justice 

■ a'uii seigneur en sont exemptées, et reasortissent 

■ par devant lés juges royaux. ■ (Laur. Gioss. du 
Dr. fr.) ■ Bailly des ressort et exemption». > (Ord. 
T, p. SIC.) • Prévost des exemptions. • (Ibid. 383.) 

Comment pouiroit U moix pabc 

A Complengne I Je ne scay ; 

Caf dix paires y ■ de pUys 

InOnis, que Je vous mcKj : 

Les plaii du baltty, puis verra; 

Au ptays da prevoBtè roraioa, 

L'MvmpcloR <u OompiengDs. (E. Detah. f. 3S$ K) 
EIxeatereE, ti. Arracher les entrailles. (Coigr.; 
Rab. t. IV, p. 314 ; Contes d'Eutrapel, p. 327.) 

Exeqaes, s. f.p. Obsèques, funérailles. lOudin, 
Colgrav^; dbroD. de S. Denis, t. II, f. 243.) [< Ilem 



S- EXÉ 

• un drap lequel on suet mettre aux exeques des- 

■ mors sur te lusel ou autre représentation du 
« corps. " (Inv. de Cambrai, an. 1371.) — - Et s'il 
« advenoit (jue aucun sergens d'armes trespas- 

■ sast,... qui n'éusl de quoy Ten lui peusE niireson 

■ service et ses exeques. ■ lOrd. Vf, 188, an. 1376.)] 
Exeqnteresse.TOn litdans une Charte de 1^, 

au Cart. de l'évâcbe de Paris : < Acole Marie... 

■ royne de France..., principale exequleresse du 

> testameot. •] 

Exercer, v. [< Dans Jehan deBreae, plaideur de 

• Ponligny, seoit comme juges et tenoit ses plais, 

• et exerçait juridiction. • (Cart. de Ponligny , 
page 231, an. 1315.]] > Guet présentement fait, el 
« exercé. • (Ord. III, p. 361.) « Exercer 1res gran- 
< des marchandises. > (Ibid. p. 138.) On lit dans 
quelques livres de vénerie ■ exercer les bicbes, ■ 
en parlant du cerf en rut. (Hodus, fol. 38 ^.) 

Exerceur, s. m. Qui exerce. (Oudin et Cotgr.) 
Exercice, s. /. [On lit dans la traduction de 

Végècepar Jean de Meung (I,^) : < L'usaige et 

« l exercice des armes. *] * La dite exercice » 

(Gloss. de l'Hist. de Paris.) 
Exercion, s. 1° Exercice : ■ Vexercion dudit 

« office. • (Ord. III, 382.) — 2- Exaction : . Expo- 

■ serent les grans des roys, et exercions que les 

■ gens du roy Charles faisoient par feu, et par 

> espée. > (Monstr. vol. II, fol. 91, R'.) 
Exercltant, part. Qui exerce. (Oudin.) 
Exerctte, s. m. Armée *. Equipage ■. 

* Voyez Matb. de Coucy, Histoire de Chnrles VII, 
p. 722; Vigiles de Charles VII, t. II, p. 179 et 180. 

■ Exersite de guerre » (Lettres de Louis XII, t. II, 
page 299.) 

■ Voyez Percef. VI, f. 109 *. 

Exerclter, v. Exercer, dans Oudin. ■ Exercitev 

• les armes. • (Faud). Langue et Poésie française, 
p. 125.) — ' Exercitei' marchandises. • (Ord. 1. 1, 
p. 584.) — On lit au Cart. de S. Nicaise de Meaux, 
an. 1318 : > Ont esté en bonne saisine paisible 

• exerciter toute manière de justice au lieu con- 
« tentieux. » 

Exercltenr, $. m. Facteur de marchand. 

• Institeurs, et exerciteur$ sont les familiers que 

• les marchands ont fait de leur marchandise, tant 

• par mer, comme par terre, et qui le fait de leiii'ï 
« marchandise gouvernent, sans ce que les mai- 

■ chauds y soient presens. ■> (Bout. Som. Rur. 
page 56.) 

ExercUlon, s. Exercice : ■ L'exeroition du fait 

■ et marcbandise. > (Ord. III, 357.) 
Exercltolre, adj. Terme de droit; action 

e^xrcitûire : ■ C'est quand le varlet d'aucun mar- 

■ chand vent sa marchandise, le maistre est tenu 

• .de ratifier ce estre bien fait. «(Bout. Som. Rur. 
p. 153.) « L'iostitoire • diffère de Vexe7-ciloire, eo 
ce que ■ l'institoire proprement est ta chose qui 
« est, parle marchand, commise à varlet, et exer- 

■ citoire est celte qui seroit commise par la feme 



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EXl 

■ qui seroil marchande. ■ (Ibid. p. 56.) L'action 
exercitoire et inslitoire • si est > encore • le droit 
« que ont contre les maistres les varleU qui font, 

■ et exercent les besongnes de leurs maistres en 

■ marchandise faisant, soit parterre, ou par mer. • 
(Ibid. p. 387.) 

Exfruit. [Intercnlez Exfruit, usufruit, jouis- 
sance : < Ilem les exfruiê des jardins prisiés à qua- 

■ renie solz. > (JJ. 47, p. 98, an. 1310.) — > Jelian 

■ le Harois délaisserait uu suppliant ta propriété 
« d'icelles terres, réservé à lui l'exfruit sa vie 

■ durant seulement. ■ (îî. 161, p. 251, an. 1410.)] 
Exherber, v. Oler l'herbe. (Oudin et Cotgrave.) 
Exherite, «. /. Terre tenue franchement, ne 

devant que l'aide au quatre cas, mise en opposition 
avec la terre qui est assujettie au service. > Se 

• aucuns des bourgeois de la ville (do Verdun 

• en 1^75], et de ta franchise devant dit echan- 

■ geoient, par maringe, ou pnr héritage, aucune 
« exherite par toute ma terre, il la peut tenir, et 

■ porter comme la soue ; mais si la lerre est de sei^ 

■ vice, il en rendra le service que la terre doibt. > 
(La Thaumasa. Coût, de Berry, p. lOi.) 

Exhiber, r. Donner, accorder*. Offrir, présen- 
ter, montrer ■. 
*[■ En lieu d'amours tant de fois exhibées, de 

• tant d'onneurs et d'umbles révérences. • (Chas- 
telain.)] • Amour est une chose facile, qui s'exhibe 

■ à tous, et ne se dénie à personne; hommes, et 

■ femmes, jeunes, et vieuls peuvent avoir, et 

• prendre amour, et n'y a personne qui s'en 
< excuse. ■ tTri- de la N. Dame, fol. 224 *.) 

* * Exhibons nous comme ministres de Dieu en 
« toute chasteté. » (Tn. de la Noble Dame. fol. 45.) 

■ Tous ceux qui s'exibent à longuement .parler 

■ avec jeunes femmes, et à les regarder k peine 

• pourront eviterles péchez de la chair. »(Id. f. 43'*.) 
L'auteur de l'Histoire de la Toison d'Or dit à Médée 
que Jason enlève, après qu'elle lui a livré la toison : 

• le périlleux regard de 1 uy £i toy, et de toy D luy, 

■ qui te fait, non seulement habandonner père et 

• pays, mais te contraint, par l'aveuglement de ta 

■ furieuse concupiscence, de ËX/iiber le royaulme. ■ 
(Fol. 8 '.] De là on disoil exhiber, pour ce qu'on 
appelle aujourd'hui produire le titre de sa préten- 
tion. (Rab. 1. 1, p. 24.) [11 signifie aussise présenter 
en justice : * lIb duc ne pot pas bonnement Soy 
« exiber présentement Contre cil qui nourry J'avoit 

■ El aidé en son bon droit. > [Liv. du Boa Jehan, 
vers 1745,)] 

Exbibear, s. m. Qui montre. (Jacq. Cuer, hs. 

page 227.) 
Exhilarer, v. Béiouir, divertir. (Oudin, Cotgr.) 
Exborrible, adj. Horrible : • Avec ses exhor- 

> rittles piles, et dards, lesquels proprement res- 

■ sembloient aux grosses poutres sur lesquelles 
. sont les ponts de Nantes. > (Rab. t. IV, p. 149.) 

Exigé, part. Tourmenté, persécuté. . Olivier 

■ Clisson connestable emprisonné, et exi;^ par le 



«- EXO 

< duc de Bretagne, espié, blessé, et outragé par 
■ messire Pierre de Craon. > (Du Tillet, Rec. des 
Rois de Fr. p. 278.) 

Exigence. [• Et est à supposer que depuis ils 
• ont esté punis selon Vexiçenee du piteux cas. • 
(Louis XI, 9» nouv.)] 

Exlgende, s. Arrêt, saisie, séquestre. (Brjtton, 
Loix d'Anglet. fol 5 ^) 

Exigeur, t. m. Qui exige : 



Purgiervi 

Exlgaer, v. Faire le partage des bâtes baillées 
à moitié ou à cheptel. (Voyez Laur. Gloss. du Dr. fr. 
et l'éditeur du Nouv. Coût. Gén. 1. 1, p. 849.) 

Exil. [Intercalez Exil, comme essÛ, au registre 
JJ. 160, page 399, an. 1406 : • Demi cent de laile, 

• deux faisseaux A'exil. ■] 

Exilement. s. m. Exil, bannissement. (Oudin.) 
Exiliez, ad]. Captif, prisonnier. (Lanc. du Lac, 

LU, foliofl'.) 
Eximer, v. Exempter. (Oudin et Cotgrave.) 
Exioanltlon, s. f. Evanouissement, inanition. 

(Oudin et Cotgrave.) 
-ExiDete. [On lit an registre JJ. 164, page 356, 

an. 1310 : • Comme le varlet du suppliant feust aie 

■ anz champs... pour couper un poy de branches 

• en une haye ou espine... pour eulx esbatre et 
< ester exinete, afin de faire une haye pour prenre 

■ un lièvre. •] 

Existé, adj. Exercé. On a dit de champions : 

• Moult puissans de corps, et bien existez, et 

• esprouvez aux armes. • (Monstr. 1, f. 15 '.) 
Extstimatlon, s. /. Estimation. • Pour ccn- 

• noislre par existimation ce que avoit cousté. • 
(Joinville, p. 103.) 

Exlstlmé, adj. Estimé. (Co^rave.) 

ExiUal, adj. Ruineux, pernicieux. (Oud. Cotgr.) 

Exitare, s. /. Issue, sortie, ouverture. (Oudin.) 

• Vexilure de la braguette. ■> (Rabelais, 1. 1, p. 43.) 
> L'exilure de t'eaue. ■ (Id. t. V, p. 20.) 

Exolne. [Intercalez Exoine, comme estoine : 

■ Doubtant que icelluiBromon ne tuast le suppliant 

■ ou mist en exoine de son corps. ■ (JJ. 187, 
p. 148, an. 1435.)] 

Exolner. [Intercalez Exoiner, mettre en danger 
de mort : • I^ suppliant voyant et doubtant qu'elle 

■ ne le mehaignast ou ^ainMtducorps. ■ (JJ. 182, 
p. 136, an. 1453,)] 

Exolution , s. /. Acquittement , payement. 
(Oudin et Cotgrave.) 
Exorable, adj. Qu'on peut fléchir. 
Dieux dont lu lois pour nous doivent estre adoraUes, 
Est ce ainsi que j'aycru voua trouTW exorable* 7 

Th. Cdm. GimBi*. MU m, K. 9. 

Exorbitance, s. f. Enormité. (Oudin.) 



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EXP -* 

Exorbitant, part. Qui sort des bornes, des 
règles orUioaires. • Privilège par luy produit , 

■ exhorbitant oeantmoins du sorl commun de la 

■ justice. > (Pasq. Recb. p. 868.) 
Exorcisation, s. /. Exorcisme. 

Ubcts de confesBÏaiie, 

Fera eatrcùationM. (E. JDaeh. f. 568 *.) 

Exordre, v. Sourdre, sortir. On lit dans 
S. Bernard : • Nos savons bien ko les fontaines 

■ suelent âdës ensevrc les ruz des valleis, et fuir 

> les l'Otesces des monUiignes; si cum escrist est 

• que les fontaines fait exordre enz valleies entre- 

• dous les montaignes trespesseront les awes * 
Scimus enim quia foniium natura est rivos sectari 
convatlium, montium ardua declinare, sicut scrip- 
tant Bit : qui emittis fontes in convalHbus, inter 
médium montium pertransibunt aquœ. On lit Ibid. 
p. 133, partant de J. Christ : ■ Om li forât (fode- 

> rnnt) et les piez et les mains, por ceu k'il de lui 

■ mismes fesist exordre quatre fontaines. * 
Exomé., part. Orné. «Des dons de Dieu exom^, 

■ et rempli. > (Goiij. Bibl. fr., t. XIII, p. 29.) 
Exotter, V. 

Uoalt e*t«ra boni qui ven* tel complotte. 
Et partira du champ, ee ainçoïa a'eccoite : 
Je cuit que ce besoing o'eat pas jeu de pelotie. 

Koa, d-Alm. MS. M. O. 

Expatriation, s. A Absence de son pays. (Oudin 
et Cotgrave.)On entend par >eiXpam'afton fcgitime,- 
l'absence pour laquelle on est dispensé juridique- 
ment de comparoir en justice. (Voyez Bout. Som. 
i\ur. p. 360.) il y en avoit de trois espèces. (Voyez 
ibid. p. 500, 51f et512.) 

Expatrié, ^art. Absent de son pays, baani de 
son pays.' • Expatriez s'entendent en deux manie- 

■ res, ou pour les absens du pays, ou pour les 

■ exilez, et bannis. • (Bout. Som. itur. p. 62.) 
Espectant, juW. En attendant. > Quand l'ung 

< des dits conjoints va de vie à trespas , délaissant 

• enfant ou enfans ; aux dits enfans appartiennent 

• les héritages estant au dit eschevinage, en fond, 

< el propriété, expectant ; et au survivant le viage, 

• et usufruict seulement sa vie durant. > (Coût, du 
Pouvoir de Hanix, Nouv. Coût. Gën. L I, p. 442.) 

Expectatlf, adj. Qui donne droit d'attendre. 
(Oudin.) — [* Grâces expectatives générales ou 

• speciales...aesontreceuesenFrance. «(Pllh. 54.)] 
Expectatlon, s. f. Attente, espérance*. Expec- 
tative^. 

* Voyez Nicot et Monet. 

* Droit à un bénéfice vacant. Voyez celles que le 
pape accorda en 1389, non-seulement au roi Char- 
les VI, qui alla le voir à Avignon, mais encore aux 
ducs oe Touraioe, de Berry et de Bourgogne et au 
^re de Couoy. (Froissart, liv. IV, p. 13.) 

Expedience. [Intercalez Expedience, déli- 
vrance, au Tr^orâe Jean de Heung, 321: ■ Puis se 

■ souCTri traïr et vendre, Batre, lier, cloer et pendre, 

■ Pour baster notre expedience. ■] 
Eixpedié. [Intercalez Expédié, participe passif. 



i- EXP 

au sens de qui a reçu réponse : ■ La serés vous 

• expédiés de toutes coses. ■ (Froissart, IV, 10.)J 
Expédition , s. /. Voyage ". Entreprise de 

fuerre". Pouvoir expédié à qui prend un comman- 
ement. 
" • Nul des dits bourgeois ne peut eslre tenu 

> aller en expédition, ou voya^ pour le dit sei- 

— gneur, si bon luy semble, qu'il ne puisse revenir 

• coucber en sa maison. • (La Thaumass. Coût, de 
Berry, p. 168.) 

* • Nul aussi ne sera contraint d'aller en cbe- 

■ vauchée, ne expédition, sinon qu'il puisse retour- 

• ner le même jour en sa maison. • (id. p. 435.) 

' Voir Histoire d'Arthur de Richemont, p. 759, 
[Dans Froissart, il signifie conclusion d'une affaire: 

• Pour adrescbier aux besoingnes W la fin que elles 

> euisseot meilleure expédition. • (Froiss. XVI, 37.)] 
Expeller, v. Expulser, chasser. [Voir Clément 

Marot, p. 279.) - [Au reg. JJ. 180, p. 93, an. 1450, 
il signifie détourner: - Icellui Dupuis tira une 

• dague,... et s'efforça d'en frapper le suppliant, 

■ lequel mist la main au devantet expella le coup. ■] 
Expences, s. f. pi. Dépenses. (Ten. de Lill. 27*.) 
Expérience, s. ^.Epreuve, expérience*. En- 
chantement, sortilège'. 

Qui est maitresse de scieuce. (E. Dach. fol. 479 '.J 

On dit que l'expérience est maîtresse des fols. 
(Contes de Cholières, fol. 47 ■) — [- Ainsinc va des 

■ amis poissaos, Douz est à lor mescongnoissans 

■ Lor servise et lor acointance Par le detauià'expe- 
' rience. > (La Rose, v. 18781.)] 

' • Celle part allèrent les trois obampions, dont 

■ regardèrent à merveilles l'expérience du lieu ou 
« jadis y avoit un édifice. • (Percef. IV, fol. 133'.) 
On lit • la merveille. • (Ibid. fol. lai*.) 

Experlment, s. m. 1* Expérience : . Eprouvé 

• l'ay, par vray experiment. • (E. Descb. foL 367'.) 
-r- ■ Acertenez du grand experiment qu'il a des 

> besoingnes de nostre royaume. ■ (Ord. Vill, 
p. 519, an. 1402.) — 2- Enchantement, sortilèges: 

■ Cassandre qui fut lunne astronomienne, et si 

■ scuvoit merveilles de conjurations, et d'expert- 

• in£n«, et d'enchantemens. • (Percef. I, fol. 65'.) 

— ' Mauvaises conjurations, et experiment, et 

■ enchanlemens dont on faisoit beaucoup de cbo- 

• ses qui esloient contre le créateur. • (Ibid. f. 65^ ; 

— ■ Par astrologie, par gromancie, par nygroman- 

• cie,.... par cyromancie, par expèrtmens, supers- 
« lition d auspices. • (E. Descb. fol. 380''.) 

Expermenter. [Intercalez Expermenter, faire 
des expériœents, des enchantements : • A icest jor 

• solement li mauves crestien, selon la costume 

■ des païens soloient faire sorceries el charmes ; et 
« por ce soient enquerre et expermenter les avan- 

• tures. > (Du Gange, III, 160-.)] 

Experter, v. Exercer. • Voulons que aucun ne 

• fasse, ne experte fait de change, s'il n'erl loiat, 

■ et de bonne renoinée. • (Ord. t. Il, p. 185.) 



yLaOOgle 



ÇXP -i 

Expertise,*./'. Expérience, exercice. (Oudiu 
el Cotgr.) — ■ Expertise d'aroies. » (Brant. Dijels, 
p, 104 et 288.) — [On m dans Montaigoe, II, 87: 

■ Od y re^ueroitaullrefois une expertise bçsllique 

• plus universelle. >] 

Expiable, adj. Qu'on peut expier. (Oudin.) 
kxpllé, adj. Pilé, foulé. (Oudin et Cotgrave.) 
ExpUlatlon, s. f. • Par expillatimi, se distin- 

• gue le malellce ; car expillation est lollir de force 

• à autruy son heritaige : ce crime est plus a pugnir 

■ parlaloy civille, que n'est stmple larrecin. • 
(Hisl. de la Tois. d'Or, vol. Il, fol. 129") 

Expiré, part. Détruit, apéanli, perdu : 
Se ce n'est Eens, ou grant chevalerie, 
Chastel, ou lieu de grsnt auctoritè, 
Le daroourant ne dura Cars à vie, 
Que tout ne Boit àla mort etspiré. (E. Dttch. f. ^8^-J 
Expirer, v. Respirer*. Exhaler'. 
* . La tour fui toute enllarabée, et à cause des 
€ tapisseries, où le feu se mist, la fumée fut si 
( grande, ne pouvant expirer, qu'on fui en double 
i que l'empereur ne fusl étouffé. • (Mém. Du Bell, 
liv. YllI, (ol. 271 ^) 



La grant valour qu'elle exj. 
Car te vray amant fait rire 
Du cuer trâa joyeusement. (Uodtti, fol. S3S K} 
De là • expirer sa vie. • Charles le Bien Aimé , 

> Yi'dn nom, lequel si «xptra savieensontioslelde 
. S. Pol. » (Monstr. II, p. %) — [Le sens figuré esl 
aux Ord. \'ll, 516 : < Li povoir du lieutenant du 

■ builli expirera. ■] 
Explalder, v. Plaider: 

A Sotlnghehen voirai k ftrplaiifer 

Car ne les to«1 uob tralr ; bien lor dit en devaiit. 

Poel. USS. *t. ISOD, 1. IV. p. 1»M. 

Esplanade, i. f. Esplanade. (Oudin et Cotgr.) 
Ex^ilaner, v. Aplanir. (Oudiu el Cotgrave.) 
Explaiidor, v. Bafouer. • Estant leur ruse 

■ découv^te, furent explavdez d'un chascuD. > 
(Pasquier, Recli. liv. III, p. 296.) 

Explettement, s. Exécution juridique: ■ Les 

■ contraignirent senz delay, par retenue de corps, 

> et eàplettemens de leurs biens à faire paix. ■ 
(Ordonnances, t. III, p. 139.) 

Expiez, 8. m. Terme de pratique, aux Ordonn. 
1. 1, 810. Voyez-en les différentes espèces, dans Lau- 
rière, Gloss.' d,u Dr. fr. sous Exploict. 

Expllcablement, adv. En expliquant, en 
détail. ■ Avons occasion, liberté, et science de tout 
" à\re expHcablemerUi • (MoyendeParven.p.îBO.) 

ExpUcateurj s. m. Oui explique , qui expose.. 
(Oudin et Cotgrave.) 

ExpUcIt. Terme de paléographie ; mot indiquant 
que l'ouvrage us. est achevé : ■ Explicit la plaidoi- 
- rie de la rose et de la violette, et de tous auHres 
• trettiesendevantnommés.'(Proiss. Poës. p. 436.) 

Exploit, s. m. Exploilalion , exécution. [Voir 



î - EXP 

EspLoiT.j — > Cependant loujours proced(^ le 

■ prince sur le louage: lequel sU eust ét^ mis k 

• exploit, eust valu, paran,douzeceQtmUlefrancat 

< pourpayer seulenent surdiacnn feu ua franc; 

■ le fort portant le foible. > (Froiss. Uv. I, jf 3^.) 
Exploiteur, s. et adj. Qui exploite. (Oudin.) 

Dans la Coutume d'Anjou, c'est le moissonneur qui 
doit la corvée dite exploit. 

Explolttable, adj. Qui peut élre décote, SAità. 
(Oudin.) 
Explorateur, s. m. Espion*. Découvreur*. 

* Voyez Nicot, Oudiu et Cotgrave. ■ Ses e^ies, et 
- eaiplorateurs. • (Perceforeat, vol. I, ïol. 29^».) 

* • Pour voir Testât de l'ost, et le bien savoir, il 

• envoya .cccç.combattansexp/oro/eurs qui avoienl' 

• délibéré de mettre en un lieu leur embusobe, «t 

• envoyer aucuns courreurs devant, > (Jnven. ds^ 
Ur&ins, Histoire de Charles YI, p. SS^.) 

Exploration, s. f. Examen, Fecherdie. (Oud.) 
Explorer, ti. Observer, reconnaître, découvrir. 
(Oudin et Colgrave.) 
Expollatear, i. m. Qui dépouille. (Oudin.) 
ExpoUer, v. Dépouiller. (Oi)dia el Cplgrave.) 
Exposer, i;. Etablir. > Quant Dieu nostre sire 

■ (Ist homme, il le fist à sa sembl^nce, et à lasimi- 

> litude du monde, car il flst les dielz, es quelz il 

■ créa sept planettés. pour le gouvernement de? 

< choses qui sont dessoubz leurs-cercles, et en ce 

• cours célestiel expo»(\ quatre élémens, chacun de 

■ deux qualitez. > (Modus, fol. 209^ — [Le seo? 
de courir un périt est dans Gerson, Hist. litt. de ta 
France, t. XXIV, p. 377 : > nobles et vaillflns 

■ chevaliers, ne vous oubliez pas en cestë matière, 

■ exposez vous en bataille volentiers et de cuer. ■] 
Exposeur, s. m. Qui expose, qui explit^e. 

(Oudin et Cotgrave.] 

Exposition. [On lit dansBormaos, Homâ^es 
de S' îSrégoire;'>Ladetéeet£ïc;]osUwn dç9 alquan- 

• tes est recontée par lo notarié davaut lo poble. ■ 
D$ même dans la Bose (v. 6638] : > Onques si npplf 

■ vision N'ot si vile expoticion, ■] 
Expostulatlon, s. f. Reprocha plainte^. ^Le 

• seigneur de Granvelle ators, api%s avoir Iftit 
( quelque expostulatiovi.àe ce qui se faisoit contre 

> le duc de Savoye, asseura le d. de Velly, que 

■ l'empereur, non obstant, peirsistoit en sa prOf 

• messe. > (Hém. Du Bell. liv. V,fol. 146V] 

1. Expiées, adj. [Nettement comprimé, préeis: 

• El (Uéloïse) 11 manda par lettre expreae (a, Alwr 
. lard). . (Rose, v, 8854.) — . Bien scavgit le joucr 
. née expresse. » [l;'rois»?rt, VMI, 3JiO.]] 

2. Exprès (par), aiv. Bxpràa. Air ea^rit a «e 
sens daus Sainlfé, p. 496, Yoy. l'Aip, R^^ôse, ^. 

Expressé, part. Oppressé, affligé. > Exprêaté 

■ de corps. ■ (Coût, de fiorai. en vers, hs. fol. 95 V) 
On lit • malade ■ dans la mfime «UnpodiUon du Gr. 
CouJ. de Horm. fol. 197*. 



y Google 



EXQ - « 

Expresser, V. Exprimer, expliquer*. Presser, 
serrer'. 

* [< Dis sous de Paris avecques la rente qui deseur 
> est exprestée. • (Ch. de 1292, au Cart. de S' Jean 
de LouduQ.) 

■ Li Florentin, n Rrant meechié 
Faiient, car il n'orenl repos, 
Et si souffroient les grana copa ; 
Et cil z par dehoia lea expresstnt. 
Et des aaaaus tare ne cessent. (MS. 6812. f. 77 '.) 
Expression. [Intercalez Expression, exaction, 
dans Froissart (VIII, 59) ; « Toutes plaintes, grieHés, 

■ expressions que ses flis ou si ofliscyer avoient 
. fait. •] 

Exprez (à mots), express, adv. Exactement , 
au pied de la lettre: 

Celuy qui donna le aoutBet, 

Fuist bien toat à mots exprèi. (Vill. Bep. Franc, p. il.) 

Elxprinier, v. Déprimer, dégrader. On a dit du 

roi Ctiarles V: • Il na permis à fortune exprimer 

' sa dignité, car, en despit d'elle, il est congneu 

• roy. s'est maintenu roy, et a conservé, en son 

■ adversité, la dignité de roy. • (Hist. de la Toison 
d'Or, vol. I, fol. 117.) 

Exprlsler. [Intercalez Exprîsier, estimer à sa 
juste valeur: < Il uouslerent tant auducd'An^oque 

• on ne le poroil pas nombrer ne exprîsier. > 
(Froissart, X, 304.) De même dans Jean de Condé 
(1. 1, 4) : ■ Ossi ne puet nus esprisier Bon conseil, 

■ tant est de grans pris. ■] 

E^probatton, s. f. Reproche. (ISicot et Colgr.) 
ExpûgDable, adj. Qui peut être forcé. (Oudin.) 
Expognatenr, A m. Vainqueur, conquérant. 

(Cotgrave.) 
Expagnatlon, >. f. Attaque, prise de ville, 

conquête. (.Uonet.) 
Expugaatlve, s. f. Qui défend, qui repousse. 

< Monturgis avoit, de toute ancienneté, baillage 

• royal, et estoit ville principale du pavs, première 

• ei^mgnative des Anglois. > [Coût. Gen. 1, p. 938.) 
Expngner, v. Combattre , prendre de force, 

vaincre. (Oudin, Cotgrave.) 
Expulsé, pnrt. Epuisé. (Rab. t. IIl, proi. p. 16.) 
Expulsement, s. m. Expulsion. (Littl. f 96''.) 
Expulsear, s. m. et aâj. Qui chasse. (Oudin.) 
Expultrlce, adj. au f. Qui pousse, qui chasse. 

■ Les Pythagoriciens n'usoicnt point de poisson, à 

■ cause qu'il excile plus l'acte vénérien, que la 

• cbair; d'autant que la semence qui en provient 

• en est plus aiguë, et piquante, dont elle sollicite 

■ plus la vertu expnltriee. • (Bouchet, Serées, 1, 
page 231.) 

Exqnerre, v. Rechercher. [< Furent les lieux 

■ visitez et exquis, tant que ledit file fu trouvé. > 
(JJ. 107, p. 244, an. 1375.)] 

Or luy fout rertu anquecTS, 
Et grâce de Dieu exquertt. (Al. Chart. p. 386.) 
- Hensongeables couleurs par luy exquises. ■> 
(tfonstrelet, vol. I, fol. 199'.) 



J - EXT 

Tant que partout est la monDoye exquite, IDeteh. 3S9KJ 
[Il signifie encore extorqué : • Et s'aucune chose 

■ en estait, ce seroient sentences particulières, 

■ exquises par iceulx demandeui's par inductions, 

■ manasses et autrement. ■ (Cartutaire de Lagny, 
an. 1471.)] 

Exqulsement, adv. D'une manière recherchée. 
(Oud.. Cotgr.) [• Toutes sortes de viandes exgui- 

■ sèment accoustrées. ■ (Amyot, LucuHus, 82.)] 
Exquisitement, d'une manière exquise. (Ralielaîs, 
t. V, p.181.) 

Exslccatlon, s. f. Dessèchement. (Oudin.) 
Exstenciller. [Intercalez Exstenciller,, meu- 
bler, au registre JJ. 198, page 457, an. 1467: • Le 

■ suppliant avoit mis frayé et despendu de grans et 

■ sumptueux deniers.. .àex8/£nci//ericellui prieuré 

• de linge, lits, vaicelle. ■ On lit aussi au registre 
de Corbie, 13, an. 1512, f. 151 : > A esté accordé à 

■ dampt Robert Dubos qu'il pust faire faire & ses 

■ despens de toutes choses ung molin ù vent,.... et 

• icellui molin exstenciller. >] 

Extensé. [intercalez Extensé, tendu, bandé : 

• Lu estoient chil archier d'Engleterre leurs ara 

■ lotis externes, et ne iraioient point. • (Froissart, 
t. VII, p. 396.)] 

Extension, s. Action d'étendre. Voyez Hist. de 
Beauvais, par un bénédictin, p. 279, an. 1(82 : « A 

■ Yextension adecertes des draps, les pendouers 

• doivent estre fichés k terre par esgal hautaige: 
« et quiconque des pandouers ou des pendans 

■ draps ou des choses appendant aura fait foi-fa- 

■ chon. ■ Dans le lalin: ■ Ad exlensionem quoque 

• pannorum peditoria sequali altiludine in terra 

• affigi debent, etquicumquede penditoriis vet de 

■ pannidcio appendentibus fore factum fecerit. • 
Extensoire, s. m. Protocole de notaire. « Vou- 

• Ions que les prothocoles, extensoires des notaires, 

• ....soudain advenue la mort.... d'iceux, seront.... 

■ retirez par les baîlesdes lieux... desquels voulons 
- que soit fait, par nostre clavaire, inventaire 

■ contenant la description des inslrumens qui se 

• retrouveront dans les d. prothocoles, et exten- 

■ soires; lesquels inventaires voulons eslre remis 
> dans nos archifs, à celle fin qu'on y puisse avoir 
« tousjours recours. ■ (Coût. deBueil, N. G. G. t. H, 
page 1242'.) 

Exterleureté, s. f. Etat de ce qui est extérieur. 
(Oudin, Cotgrave.) 

Exterloré, adj. au f. Extérieure. (Rabelais, I, 
prologue, p. 41.) 

Extermination, s. f. Destruction. • Vaincus k 
I toute e.Ttemiinalion. • (Triomphe des IX Preux, 
p. 162.) [• Ils se desfeirent eulx mesmes, culdans 
. bien pour tout certain que leur pais fut arrivé à 

■ son extermination dernière. >] 
Exterminé, ac^'. AfFligé, consterné. • Revestus 

■ de longz habitz de couleur basannée, en face 

■ triste, et exterminée, ou vray dueii, ou par arti- 

• flce de fumée sepulchrine. • (Alector, p. 7 ■•.) 

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EXT -lî 

Exterminer, ». Perôre, déiruire*. Bannir". 
Exclure *'- 

* [• Eissi atterront les Mormanz Les orgoillo», 

■ les sorquidaiiz, E seient tuit exterminé, Chacié 
< del paîs e oslé. > (Benoit, II. 14468.)] 

• • L'a fait bannir, et exterminer du pays. • 
(Pasq. Rech. iiv. V, p. 405.) 

*= Une femme dit de l'injustice des hommes, à 
l'égard des femmes; ■ La Nature ne nous a 

■ exterminées de tous actes vcriueux, et louables. 
« non plus que les hommes. » (Pasq. Monof. H3.) 

Exterrlr, v. Epouvanter, effi-ayer. (Histoire du 
Tliéâtre fr. l. II, p. 394.) 

Extlngatstainent,«. m. Extinction. (Tenur. de 
LiUIeton. fol. 69 *■.) 

Extirper, v. Ctiasser. 

Son dict maistre aiosi l'avoit pipéc, 
Etfftutemeiit de cbezlui extirpée. (Faifw, 9S.j 
Ëxtiture, «. f. Existence. (Oudin, Cotgrave.) 
Extollable, adj. Digne d'êlre exalté. (Crét. 270.) 
Extollé, partie. Elevé (G. -Marot, p. 448.) 
Extollence, <. f- Hauteur, vanité. • Nous 
. demeurons en la vertu de mngnanimilé, sans 
« cx/o/ienM, el sans orgueil. ■ (Hist. de la Toison 
d'Or, vol. II, fol. 204.) 
ExtoUer, v. Exalter, rehausser. 

Plusieurs fortune exlolie, et après s'esbonoye, 
Lea payer en monnqye. (Cyétin, p. 1B9.} 

Par sa vertu ho la France cxlollie. (C. ilarot, A48.J 
* Toujours doit le prince exloiler son honneur, 

■ sans molester, ne faire lorl à ses subjels, ne à 

■ autre. ■ (Percef. V, fol. ïS*".) « Qui est ce qui ne 

- loue incontinent ce fait, qui ne l'approuve, qui 

■ ae l'ftxfo/Ie à son pouvoir' > (L'Ara, ressuscité, 
page 173.) 

Extorquer, v. Rétorquer. ■ Il appartient aux 

• prélats, et aux princes, corriger et pug[iir tes 

■ malfaicteurs ; car autremenl les melTaits des 
« pécheurs pourroient eslre extorquez es dits prin- 
« ces et prelnls, comme fut le péché des eufans 

• d'Hely, le souverain prestre, rétorqué en leur 

- père. • (Hist. de la Toison d'Or, II, 105 ^) — [l.e 
sens actuel est aux Ord. XII, 521 : * Li dits ouvriers 

■ pour plus extorquer l'aident des privez et des 
« eslranges. »] 

Extorqucur, adj. Qui extorque. (Cotgrave.) 
Extorsion, s. {. Tort, action d'extorquer. 

Mais l'en ne verra ja tant faire 

D'âbuB, d'excès, A'extorciont, 

Comme l'en fait aux cours d'egUses. (E. Deteh. 5SS.) 
> N'est pas deffendu que un subget, et serviteur 

■ ne se puisse complaindre de sa dame ; ains est 

■ permis de droict, quand elle le griefve, ou luy 
. faict extorsion. • (Arr. Amor. p. 141.) 

Extortare, s. f. Extorsion. (Contredits de Son- 
gecreux, fol. 176*.) 

Extraction, s. f. [Voyez Estràcion. Dans Bau- 
doin de Sebonrg (IV, 470). on lit : • Un chevalier de 

• Franche, de haute estration. ■ Dans Hondeville, 



t- EXT 

fbl. 35, on lit: ■ L'extraclio» des choses qui sont 

• entre les leivres des plaies outre nature. ■] 
Extralct, s. m. Registre*. Attrait*. [Il signifie 

encore billet: • Lequel tira de son aloiere ou gipe- 

■ ciere ung extraicl par lequel il lui demandoit é4 

• solz. > (JJ. 176, p. 640, an. 1448.)] 

* Registre abrégé, registre des coutumes, ou 
extrait qu'en donnoit le greffier. L'ancienne forme 
d'éclaircir les questions de droit consistoit à assem- 
bler la communauté ou les anciens, et à demander 
quel avoil été l'usage observé de tout temps, suivant 
la coulunie du lieu; la réponse du plus grand nom- 
bre de cette multitude, qu'on appeloit • tourbe, • 
faisoit la loi. Voyez ce qui est rapporté, dans le 
Coût. Gén., sur celte matière ancienne de faire 
preuve, sur l'abolition qui en a élé ordonnée, et 
sur l'usage qui a succédé, consistant à faire preuve 

• par Vexlrait du livre coustumier du greffe du 

> lieu, >> comme parle Bout. Som. rur. p. 6. > Par 

< exlraict. • (Coût, de Langres, C. G. 1. 1, p. 159.) 

■ L'exlraict des registres des coùstumes. • (Cout. 
de Senlis, ibid. 326.] - L'ëa^/ratcï des coùstumes. ■ 
(Coût, de Monlforl l'Amaury, ibid. p. 283.) . L'ex- 

• traict du cayer, ou registre des coùstumes. • 
(Coût, de Sentis, ibid. p. 355.) 

" - L'exlraict des yeux, ou de parler, ■> regards 
et discours atlrayans des femmes qui séduisent les 
amants. (Contes de Des Perriers, t. II. p. 145.) 

Extraire, v. (Voy. Estraire.) La forme extraire 
est dans Perceforest, au sens de tirer la vérité de 
quelqu'un: > Adonc l'ermite vint bas, et dist ï 

■ l'escuyer ce qu'il avoit peu extraire du chevalier, 

< et que do son fait ne povoit avoir autre chose. • 
(t. m, fol. 7',) 

Extraaetser, v. Aliéner. (Oudin et Cotgrave.) 
Extraordinaire , a^. Terme de pratique. 

■ Autrefois à Kome les peines ont esté légitimes et 

• ordinaires: c'est à dire qu'elles estoient ordon- 

• nées, et cunslituées par les loix, en manière que 

• les juges les dévoient adjuger par leur sentence, 

■ et d'iceiie n'y avoit appel ; mais maintenant elles 

• sont presque toutes arbitraires, aussi les pour- 

• suites des crimes sont appeltées extraordinaires, 

• parce qu'on n'y observe tes anciennes formes qui 

< estoient gardées â Rome. • (Bout. Som. rur. 183.) 
Extravagance, s. f. Di^ession. . Veta la des- 

> criplion de la renommée ville de Orbe qui a esté 

■ icy mise par forme de digression ; après laquelle 
« extravagance, faut retourner à nostre propos. - 
(Rom. d'Alector, fol. 136 ■.) 

Extravagant, adj. Ecarté, détourné. « Par des 
. chemins extravagans que des paisans lui mon- 

< trèrent. • (Uém. de Bassomp. IV, p, 9.) 
Extravagation, s. f. Extravagance. (Oudin.) 
Extrayeur, s. m. Abrévialeur, qui fait des 

extraits. (Oudin.) De là, • extrayeur de procez. » 
(Cotgrave.) 

Extrême, ». m. Extrémité. Bouteiller, dans son 
testament, dit : • Si que eo Vextreme de celte mort. 



yLiOogle 



EXU -1 

■ l'ennemi d'enfer ne puisse avoir pouvoir de moy 

• tenter. • (Som. rur. p. 874.) On disoit de mâmc: 

■ jusqu'à Vextreme de sa vie > (Tri. des IX Preux, 
page 131*); « X Vextreme de \ears instrumens de 
« pierre, » au point d'en manquer. (Ibid. p. 320.) 

Extrême, adj. Excessif. ■ Vinrent au dauphin, 

• qui âvoit passe la première extrême angoisse, et 

■ luy demandèrent coment lise sentoit. ■ (Percef. 

IV, fol. 31 '.) Dans les Vig. de Charles VII . II, 171, 

■ sur six très beaux chevaux exfresmea, * le sens 
est extrêmement beaux. 

Extremiser, v. Administrer les derniers sacre- 
ments. C'est le sens du mot en Picardie. (Du Gange, 
sous Extremizare.) 

Extrémité, è. f. Bout, fin. [> Car ce sunt deus 

■ extrémités Que richece et mendicilé. > (Rose, 

V. il467.)] — ' Vous nous obligerez à toute extre- 
. mité • (Mém. de Sully, t. Il, p. 316). c'est-à-dire 
exlrëmemenl. 

Extrlnsequement , adv. Extërîeuremenl. 
(Oudin et Colgrave.) 

Extamesceoce , s. f. Enflure, gonflement. 
(Oudin et Cotgrave.] 
ExaberaDce, g. f. Excès, surabondance. (Oud.) 
Exubérant, odj. Abondant, snr3bondant.(Oud.) 
Exnbérer, v. At>onder, surabonder. (Oudin.) 
Exaer, v. Dépouiller, ôter : 

Et vueiUea de ton cuer desmettre 

Le mariace temporel. 

Et pense à leepêrituel. 

En exuenê de toy la cars 

De cette tecuUere ordure. /E. Deich.fol. S46'.J 
ExuHructoalre. [Intercalez Exulfructuaire , 
usufruitier, au reg. JJ. 117, p. 85, an. 1380 : > La- 

• quelle terre du Bec de Hortemer dit Crespin. 

• avecques ses appartenances, ledit Jean des Bordes 

< avoit achatée de Jehan de Chaaion comme exuf- 

< fructuaire. •] 

Exulatlon, 5. A Exil, bannissement. (Hist. des 
Trois Maries, p. 385.) 
Gxalceratoire, adj. Qui ulcère. (Oudin, Colgr.) 
Exaler, v. Exiler, bannir*. Etre banni". 

* Voir Oudin et Cotgrave. 

• . Où faim règne, force exule. » (Rab. I, p. 211.) 
Exultacion, s. f. Joie. [On lit dans Girart de 

Roussillon, v. 4152: « Dévotement il chantèrent 
« chansd'&ruWacion. •] 

.... Lors ma bouche, en exultation. 

Chantera bant ta bontA et justice. (C. Marot, p. 67S.) 

Exalter, v. Tressaillir de joie. (Borel.) 



' - EYR 

Exuperamment, a<îii. Abondamment, exces- 
sivement. • Or que les chaslrez soient exuperam- 

• ment humides, entre autres choses, appert par 

■ ce que les miimmelles leurs enflent, tout ainsi 

■ qu'aux femmes. • (Contes de Cholières, f. 112 ''.) 
Exurler, v. Pousser, grossir eiccessivement 

( S'il n'estoil cueilli continuellement, il est de si 

■ grant greffe qu'il exurieroit, et porteroit étranges 

• fruis. • (Pierre des Croissans, prof. rust. II, 1426.) 
Exurper, v. Usurper. ■ Nous, qui devrions 

■ avoir sens, et raison, avons exurpé, et tollu aux 

• dames, elaux damoiseiles, et abusé contre la 

■ franchise que le Dieu de nature leur avoit don- 

• née. • (Peiceforest, vol. I, fol. 6! *.) 

Leur droit (ollîr, exurper leur chevance. (De*eh. f. 65 *.J 
Exastlon, s. f. Action de brûler. (Oudin.) 
Ey. Cette syllabe est souvent mise pouredansle 
dialecte flamand. Voy. Lett. de Louis tli. II, p. 293. 
Eya. Particule employée au refrain d'une chan- 
son, comme notre ayaya : 
A. l'entrade del tans clar, eya, 
Per Joie recomencer, eya. 



iSOO,IV,p. i6S7.) 
Eyndegré, s. m. Terme de pratique. ■ Si le 
■ défendant vouche à garaunt, par eyde de nostre 

• court, et le vouché veigne par le ordeynement de 

• nostre court, et par son eyndegré entre la garuun- 

• tie, a donc cesse le principal piée, et commence 

• le appel de nouvel vers le garaunt. > (Britt. I«ix 
d'Angleterre, fol. 46 ^) 

Eyral. [Inleecalez Eyral, terre en friche, au 
reg. JJ. 189, p. 55, an. 1455: • Se meut débat et 

• question à cause de certains eyraulx assis entre 
< le villaigedelaBastideetlevillaigedeVeyriere. >] 

Eyre, s. /. [Aujourd'hui, en Angleterre, cour 
des Juges ambulants.] Assise générale tenue par le 
roi visitant ses terres, et dans lesquelles tous ses 
vassaux el ses justiciers lui prêtaient serment et 
recevaieuL les verges gui étaient les marques de 
leur dignité. ^Brilt. Loix d'Anglct. fol. 7 ''.) Il en a 
été fait un chapitre exprès. (Ibid. fol. 277 ''.) — « Ne 
<■ autres attournez généralz ne doivent eslre receux, 

• fors que par dedans nos justices en eyre, en 
- pleyn court. » (Britt. Loix d'Anglet. fol 286*.) — 

• Justice en banck, ■ distinguée de ■ justice en 

• eyrc ; justicee[]appel(bancde la reine], distincte 
de la justice ambulatoire (erre, voyage). 

Eyrer, V. [Tenir les assises ambulatoires, fait 
sur eyre, comme le français erre (lier) a donné 
errer. (Britt. Loix d'Angl. fol. 8«.)j 



y Google 



FAB 

F. [■ F nous rendi joie au monde ; l'arquoi nous 

■ fuissiemestuil monde (purs); Se nosire créance 

• fu8t ferme, Qui chaacuu jour devient enferme. » 
{Senefl3nce de l'A B C ; Jubioal, li. p. 377.)] 

Fa. [Noie de musique : ■ De la note du premier 
« montoienl dusqu'en le sol (a. • (Bat. des VU Arts.)] 

Faauté. [Féaulé. lien généi-iil de fidélité qui 
unissait le sujet et le souverain. Elle différait de la 
Ûance, un des services féodaux : ■ Dovenl audit 

■ dux de Bergoigne faire faauté et legée de ces 

• quatre chastiaus. • (Preuves de l'Hist. de Bour- 
gogne, II, p. 15S an. 1242.)J 

Fabal, adj. Qui appartient aux fèves. (Cotgr.) 
Fabe. [Intercalez Fa()e, fève, au re». JJ. 190, 
p. 106, :'.n. 1460: « Certain jeu, nommé à las fabes 
a et à une salliere du fust. ■] 

Fabelet, ». m. Petit conte ; c'est le diminutif de 
fable : 

.... Vous Toel ctii & conter 

Un fabelet. (MS. 7989 ', fol. S39 rj 

Fable, $. f. Fable'. Récit merisonger, men- 
songe". Discours, faconde ''. 
* On lit dans S. Bernard (hs. p. aorl): • Junst li 

• oroille de //aves cl de noveles et de totes celés 

■ choses c'oyseuses sont • ; dans le latin : • Jejunet 

■ auris nequiler pruriens a fabulis et nimoribus et 
« quœcumque oliosa sunt. » On entendoil parfubte 
o\x fabliau, non-seulement les fables, mais aussi 
les contes. Fabliau, dit Fauchet, • est un conte fait 

■ à plaisir, comme une nouvelle mesiée de fables, 

■ ou volontiers à la tin il y a quelqu'interprelation 
« morale. • (Fauch. Lang. etPoës. fr. p. %.) 

■ [On lit dans Thomas de Ganlorbéry, 102: « Et 

■ quant levez estoit ti sainz huem de la table, 
« N'aveil cure à oïr de chançun ne de fable Ne de 
« nule autre chose, s'ele ne fust verable. •] De lii 
les expressions suivantes : 

l" . Tenir à fable, • regarder comme une plai- 
santerie, comme un jeu. [Partonopex, v. 368.] Des 
chevaliers ayant tiré à lalonguc paille fi qui mar- 
^eroit à une expédition, et le sort étant tombé 
sur l'un d'eux, ce qui donna lieu £i de grands éclats 
de rire, ce chevalier • ne le tint à fable, mais s'ap- 



FAB 

■ pareilla, et monta tanlost k cheval, et partit. * 
(Froissart, liv. I, p. 409.) 

2* . Faire fable de quelque chose • : 

Le temps eut quo de la puole 

Du poTre, tant Boit verlUbLe, 

Se moquent maint, et en tùot fable. (Deteh. p, 383 *.} 
3" * Torner à fable lesdils » de quelqu'un , re- 

facder ses discours comme des contes à dormir 
ebout. (us. 6715, 1. 1, fol. ^0D^) 
4' > Une fable attire l'autre, • une histoire, un 
conle, en attire un autre. (Pasq. Honoph. p. 23.) 
5» En grant vérités, et fables. {US. 7615, II, f. iSS:) 
*[• Ne vous tenraijà longue /(iWe Du leu p lésant 
> etdelilable. > (Rose, v. 14ld.)] 
Fableau, Fabliau. [Conle en vers : • Seigneur 

■ ceste chaoQOns ne muet pas de fabtiax. Hais de 

• chevalerie, d'amours et de cembiax. » (S^ixons, II.) 

— ■ Chansonnette, mos, fableaux Pour gaaigoer 
. les bons morceaux. • (Hist. litt. de la France, 
l. XXIV, p. 449.) — ■ Par cest flabel poez savoir, 

■ Molt sont femes de grant savoir. » (Fabl. et Contes 
une. IV, 187,)] 

Fableor, < m. Qui conte ou qui compose des 
fables. Le cas sujet est ^abii£n-«8, aux Fabl. us. de 
S. Germain, fol. 5 °. On y lit encore flaboieres ; Du 
Cange, sous Fabulo, nous donne le cas régime: 

• Un roi un fableor avoit A qui déduire soutoil. • 
Fabler, Fabuler, v. Faire des contes, babil- 
ler* S'entretenir, converser •, 

* [Voyez ia Chron. des ducs de Normandie, l. 1, 
p. 342, V. 7441 ; le Roman de Rou , v. 4988.] — 

• Mes chères cl gracieuses dames, la fable racontée 
< le soir précédent, par nostre sœur Eritrée, m'a 

■ rendu le courage si houleux, qu'elle m'a quasi 

- diverty de fabtoyer ce soir icy. • (Strapar. t. I, 
p. 2e3.) — " A tous ceulx qui dévotement, et t jun 

■ sans /'afiier, ne sans bouler l'ung l'autre, cent 

■ jours de pardon. • (J. de Paris, sous Cb. VI, 138.] 
' • Fabulaient ensemble. ■ [Chron. S. Den. t. I, 

fol. 23.T ^.) On lit dans Suger, confabulareatur. 

Fablenx, adj. Fabuleux. (Fauch. Lang. etpoës. 
fran(;aisc, p. 48.) 

Fabre, s. m. Artisan, du latin fabrum. [Voir 



yLaOOgte 



FAC - * 

Fbtrb. Fabre et Favre sab^stent comme noms de 
famille.] 
*• Arlisan, ouvrier travaillaot avec le marteau. 
Fevre connant. Je n'en doubt mie. 
Pour touB *n, pour cbarpenterïe. 
Pour taira tout mondain ouvrage. (E. Detcb. fol. 19 KJ 
3- Maréchal. 

Or fouit aler aux charrons ; 
Aa fevre Ua chevaux [errsr. (Id. fol. 500 *.J 

> Serrurier. En Flandres, on appelle encore les 
serruriers fevres. (V. gloss. âe Marot, au mol Fethe.) 
4* Coutelier. (Voyez la table des Métiers de Paris, 
Ns. de Hesnière.) 
5* Taillandier. 

Bon fevtv qui bit clou, et ferra. 
Et tous onltieulz pour charpenter. (Id. fol. 356 '■} 
6* Charpenlier. On a dit en parlant de Jésus- 
Christ • qu'il voulul eslre réputé fils de povre, père 

• Joser, un povre fevre. * (Hist. de la Toison d'Or, 
vol. 1, fol. JS.) — [C'est encore l'ouvrier chargé 
d'entretenir la chaudière, dans les satines.] 

Proverbes : 

1" . Marteleits de fevres. • [Prov. à la suite des 
Poët. av. 4300, l. IV, p. 1651.) 

2* • En forgeant devient on fabrice. • (Percef. 
vol. IV, r. 137.) On lit dans Cotgrave : ■ En forgeant 
« on devient febvre. » 

Fabricatenr, «. m. (Cotgrave.) 

Fabrice, a. f. Revenu d'une église. [• La fabrice 
« de la parroisse de Maille. • (JJ. 204, p. 183, an. 
1476.)] Selon Ménage, il faut dire la fabrique: 
c'est comme on parle à Paris; fabrice est de pro- 
vince. C'étoit pourtant autreroîs le véritable mol. 
(Rem. sur la lang. fr. p. 313.) 

Fabrlceur. [Intercalez Fabiiceur, membre de 
l'administration ou fabrique d'une église : < Jehan 
> Mareschal fabrisseur de la paroisse de Maille. > 
(JJ. 204, p. 183, an. 1476) Plus bas: fabriceur de 
ladit paroisse. — Au reg.JJ.1!)8, p. 215, an. 1461, on 
lit: • Jehan Pinart procureur et fabriquettr de la 

■ paroisse de la Revestizon. >] — «Si on ne sçavoit 

■ sur qui faire pourveoir les enfans, comme s'ils 

• avoient esté jectez, et exposez, les gens de la 

• parroisse où ils sont trouvez, leur doivent Taire 

■ pourvoyance, par les tliresoriers, et fabriqueurs 

■ d'icelle, et y doivent eslre contraincts parjuslice. > 
(Coul. deBret. C. G. Il, p. 785.)— « Mesouvient qu'il 

• fut dit, n'y a pus longtemps, au fabriqueur de 
< nostre paroisse qui amassoil pour les ladres: 

■ Monsieur mon amy, je ne veux rien bailler pour 

• les ladres, car on dit que les plus -riches de la 

■ ville le sont. > (Bouchet, Serées, III, p. 292.) 
Fabril, adj. Ce qui appartient au forgeron. 

(Oudinet Cotgrave.) 
Fabuler. Voir Fabler, 2. 
Fabulosité, s. f. Fiction. (Oudin.) 
Façade, adj. Qui a une façade. (Oudin.) 
Façaaté. [Intercalez Façauté. bel air, près- 

tance, dans Froissart(X,2r>4): ■ Tout chil qui le 



i- FAC 

■ veoîent le prisoient et hononroient pour la façauté 

• de lui. »] 

Face, 8. f. Face, visage. [• Aval la face (l'eau) 

• luiestclerecoulée. »{Roncisvals, 48.1 — De même 
dans Couci, XI : • Dame, mar vi le clair vis et la 

■ face Ou rose et lis florisseut cbascun jour. >] Le 

§ eu pie prononce fachef en Normandie. Nous lisons, 
ans Crétin, ■ fâche venuste > pour belle face, beau 
visage (p. 226). 
Expressions : 

1° > Montrer face d'estre joyeulx. ■ (Am. ressusc. 
page 430.) 
2* • Juger selon la face. » Les juges - doivent 

■ loyaument juger les fluls des nommes, et ne 

■ doivent mie jugier selon la face, ains doivent 
« rendre loyal jugement. ■ (Ord. I, p. 263.) 

3* « Dire en face. • (Contin. de la Chron. lat. de 
Nangis, an. 1329, p. 92^) 

4* • Trouver à sa face, > trouver en face. > Uonlt- 
( suis joyeulx de vous avoir trouvée H ma face, en 

• ce pays. » (Perceforest, vol. V, fol. 56'.) 

5* < Sfarier en face de S" Eglise. • (Du Cange, 
sous fades ecclesiœ.) 

&> • Face d'abbé. > Visage enluminé, dans Henry 
Estienne, Apol. d'Hérod. p. 357. 

7° > Face de grand turc, > le derrière. (Oud. Cur. 
fr.; Des Ace. escr. fol, 34''.) 

S- [. De prime face, » de prime abord, dans Frois- 
sart, éd. Kervyn, XI, 44 ; XIll, 38.] 

Facecle. s. f. Plaisanterie, farce, comédie. (CI. 
Marot, p. 242.) 

Facende. [Intercalez Facende , métairie, au 
Roman d'Alexandre (Du Gange, HI, 217 '') : • Riches 
« d'avoir et de facendes. . Comparez l'espagnol 
hacienda. A Marseille on dit fâcherie, d'après Du 
Cange sous Facheria. Voyez aussi le Mercure d'oc- 
tobre 1735, p. 2225.] 

Faceaé. [Façonné, dans Girarl de Rossillon, 
V. 4355: • 11 voil sur le tombiau, imaiges enlevées 
> De parité senestre, moult Ires bien facenées. •] 

Faces, «. pi. Partie du harnois d'un cheval . 
Desor un paletroi norrola. 
Dont les re^es erent d'orfrols : 
l» cheveciere ert hien orrée : 
Un fevre i mist une iomée. 
Qui flat les faeeê, et lea serres. (Blanch. fol. 177 *.; 

Facescleux, adj. Facétieux. (Faifeo, p. 11.) 

Facet, s. m. Alphabet dont on fait usage pour 
les enfans, selon Oudin et Cotgrave. Ils se trompent. 
C'est le titre d'un livre ainsi appelé du nom de son 
auteur, et dont il est parlé dans Rabelais, l, p. 86, 
et dans I:) Bibl. de la Croix du Maine, p. 189. 

1. Facete,E./. Petit visage, aujourd'hui facette. 

Coumo rose par desous lis 

Est sa facele. (Val. W iAOO, f. U5 '.} 

2. Facete , adj. Plaisant , gracieux. < Leur 

• doulce, et facete manière de parler. ■ (Nef des 
Fols, fol. 3'.) 

Facbart. [On Ut au reg. JJ. 206, p. 570, an. 
1480: ' Le suppliant dist à icdlui Gérard qu'il 



, Google 



FAC -1 

« n'eatoit que une tachart. * Crétin, p. 145, donne 
foicharde, pour fâcheuse.] 
Fâche. [Terre en friche : > Le chain[>arL de trois 

■ cent arpeuz ou enviroo de terre, partie en {ache, 
= et partie coulturée. . (JJ. 62. p. 109, an. 1323.)] 

Facheors. flnlercalez Facbeon > faucheurs , 
dans Girard de Viane, v. 2685.] 
Fâcher (se). [> La femme el le suppliant se 

• fâchèrent ; elle l'appela sanglant sourd et lui 

■ l'appella sanglante ordure. > (JJ. 138, page 4, aa. 
1389!)] 

Fâcheux, aij- Fâché, chagrin *. Difficile". 

* I^ citrdinat Mazarin appeloit fâcheux, ceux qui 

> clabaudoient • contre son ministère. (Mém. du 
Card. de BeU, t. II, Uv. III, p. 304.) 

■ - Fasckeux à ferrer, ■ difficile à ferrer. (Cotgr.) 
[t Ils tenoient toujours leurs chevaux entravez, 

■ tant ils esloienl fascheux el farouches. > (Mon- 
taigne, 1,365.)] • OnditaussyqueParacebe médecin 
€ allemand a guery grand nombre de ladres, par le 

■ moyen de l*or potable, combien qu'il soit fâcheux 

■ â croire que l'or soit médicamenteux, et alimen- 

• teux. • (Bouchet, Serées, liv. III, p. 292.) 
Fachon. [Intercalez Fachon, pour ùicon: ' Et 

i le mesaisierent de grant /iïchon. » (Froi. VII, 438.)] 
Fachuel, adj. Brut (?). Voir plus loin bois en 
faschel. 

Une pilote ai ci pendue, 

Groasa, pesant^ et estendue;... 

PiLeroD A gros, et fachuel. (Fabl. de S. G. f. 4S '.} 

Faclade, $. f. Prélude d'un ouvrage : ■ A la 

- faciade el front de ce discours. • (Fav. Th. d'hon. 
t. II, p, 1092.) Cotgrave donne Faciate. 

Faciendaire, s. et adj. Agent, négociateur*. 
Intrigant". • 

" Pasquier parle des intrigues du connétable de 
Bourbon, qui envoya ■ Hurault évoque d'Autun, 

■ l'un des principaux conseillers de son conseil, et 

■ faciendatres, ■ porter des lettres au roi pour 
l'assurer de sa fidélité. (Recherches, p. 495.) ■ M" de 

• Bouillon, de la TrimoiLle, Lesdiguieres, du Piessis, 
t et leurs faeiendaires, lesquels sourdement contre 

■ le roy... faisoient retentir leurs plaintes. ■ (Uém. 
de Sully, t, VI, p. 360.) — [« Je supplie le roi de 
. trouver bon que H. de Noyers envoie dès à pré- 
< 5 -nt de l'argent el un de ses faciendaires â 

> A.dres. > (Lel. de Bichelieu, Vil, 119, an. 1642.) 

' Le pape Pie II étoit > homme grand faciendaire, 

• ainsi qu'il avoit bien fait paroistre auparavant 

• qu'il fust appelle à cette grande, et souveraine 
. prelature. » (Pasq. Rech. liv. VI, p. 555.) 

Faclende, s. f. Affaire*. Expédition militaire". 
Intrigpe, négociation <=. 

* * Remaacher en soy mesme ses fadendea. • 
[Dial. de Tahureau, p. ll6.} ■ Nous, à ceste heure, 
1 n'avons autre faciende que rendre coingoées 

- perdues. • (Rab. t. IV, prologue, p. 43.) 

" Splly dit du siège de Laon : • J'y ai déjà envoyé 

> pour le même effet plusieurs deceux.... qui sont 



2- FAC 

• curieux comme vous de s'instruire en toalas 

< sortes d'expéditions, et /■flcicndes. -(Mém. Il, 218.) 
*= [■ Si bien qu'il scavent tontes vos faciendet et 

. à llome et à Madrid. . (Sat. Hén. p. 91.)] ~ . Les 
<■ pratiques, industries, et faciende» propres à vous 

■ acquérir les plus dociles, et diviser les plus obsli- 

■ nez de vos ennemis. . (Mém. de Sully, t. II, p. 9.) 

— « Il se reaolutde s'aprocher de Paris, â cause de 

■ plusieurs pratiques qui se faisoient de toutes 

< parts, cûmme si les exploits militaires eussent 

■ quittéla placeaux roctârtoes, et debatsde parole.» 
(Id. t. H, p. 16.) 

Facilement, adv. Certainement, sans difficulté. 

■ Estre le premier de la Grèce, c'est facilement 

■ estre le premier du monde. • (Mont. Il, p. 768.) 
Faclliser. r. Rendre facile. On trouve faciliter, 

dans le Prince de Hachiav. p. 32 et 39; faciliter 
est mis par Pasquier au rang des mots nouvelle- 
ment introduits. (Rech. p. 663.) 

Faclllage, g. m. Toute récolte qui se fait à la 
faulx ou à la faucille : > Des debas ki esloient entre 

■ segneur Nicbolon... l'abet et le couvent de 

• Donne Espérance... des deux parties dou/acif/Oj/e 

■ de ces terres. • (D. C. sous Facillatura.) 
FacfDereax, adj. Méchant. • Gens facinereux 

• qui de très legier sont enclins à murmurer coulre 

• lesofflciersdudit comte. » (Godefr. Observ. sur 
Charles Vlll, p. 395] 

Facinier. [Sorcier, au registre JJ. 187, p. 109, 
an. 1455 : ■ Le père des supplians venantdela ville 
t de Riom... commença à crier aux supplians:... 
« tuez ces ribaulx faciniers et facinieres. » — De 
même au registre JJ. 189, p. 87, an. t456 : ■ Elstoit 

> commune renommée ou pals qu'icellui Jehan 

< estoit sorcier et /ÎEu;infer. >j 

Façon. [1* Face, visage : « Oyng, dist-il, ton 

< chief, et La faceon levé. • (S. Bernard, 564.) — 

■ Eslevez de joye vos mains devant la fazon nostre 

• seigneur, car il vient. ■ (Id. .530.) — Bien reco- 

• gnut Oertran, quant il vit sa façon; Adont ianele- 

< mentosia son cbapperon. > (Guesclin, v. 13771.) 

— 2° Manière, moyen, façon : < Escuz ont painz de 

< diverses /ofûRS. > (Roncisvals, p. 132.)— ■ Elle 

— trouva façon envers le dit roy Charles qu'il mit 

• sus une grosse armée. » (Math, de Coucy, His(. 
de Charles VI!, p. 709.) — » Trouva fachon n'entrer 

> dedens le chasteau. > (J. Le Fev. de S. Bemy, 
Hist. de Charles VI, p. 19.) — 3* Levier d'un char : 

■ Icellui Vincent print la façon ou petit levier du 
. char. . (JJ. 176, p. 136, an. 1442.)] 

Remarquons les expressions suivantes : 
1* ■ Façon de l'hommage, ■ action de rendre 
hommage • au seigneur baron, ou chastellaio, à 

■ cause des hommages liges, est due, pour cham- 

• beltage, dix sols, et pour les hommages plains 
' cinq sols, pour chacun hommage; et est comprins 
« en ce le seel de la lettre de la façon du dit nom- 

■ mage. > (Ceut. Gén. II. p. 582.) 

2° * Gens de façon, ■ gens de valeur, d'impor- 
tance. • Au nombre des morts furent trouvez des 



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FAC -* 

- gensde/iifon, etde bonnes maisons. > (Ctiroii. 
scand. de Louis XI, p. i%) • Plasieurs autres sei- 

■ gnears barons, arcbevrâques, evesques, abbez et 

■ autres notables personnes , et geus de graat 
• façon. • (Ibid.) 

3* • Prince de façon. • En parlant de Charles VII : 
Db louarent le teu roj fort, 
l'appeUant prioce de fatmu (Vig. de Ch. VII,p. i07.J 

4* > Robe de façon, peut-être robe à la mode : 



5° ■ Appeler façon, • semble signifier inviter à 
baiser : • Elle avoil les mamelles dures, et poi- 

> goans, et le menton tant bien fait qu'on ne 

■ povoit mieulx ; car au dessoubz, il avoit deus 

• petis plys, muez de ung petit de couleur, qui 

- appetoient la façon. » {Percef. V, f. 44 '.} 
Fft«ond, ad}. Beau parleur, éloquent. (Cotgr.) 

Voir !h]ssi pièces justiucatives des Hém. de Du 
Bellay, VI, 385. 

FacoDde, s. f. Talent de bien parler, élo- 
quence*. Facultés, richesse'. 

* [• Ne quier veoir la biaulé d'Absalon , Ne 

> d'Dlixes le sens et la faconde. • (Macbaut, p. 132.)] 

— On lit: - Faconde, el grâce du parler, • dans 
l'Am. Bessusc. Epil. p. 4. — • Je veux en second lieu 
« qu'il y ait de ! éloquence en mes amans, et de la 

• faconde. <■ (Ibid. p. 9.) 

* Du Cange, sous Facundia, cite ce vers du Rom. 
d'Alexandre : 

Riches d'avoir, et de faconde. 

Facoudement, adv. Eloquemment. (Oudin.) 
FacoDdieux, adj. Plein de faconde, au Tri. des 
IX Preux, p. 228 K 
Facondité, 8. f. Talent de bien parler : 

Aux autres par son visoige 

Plaist, et sa facondité. (E. Deach. f. 5S0 '.) 

Façonnement. Action de façonner. {Cotgrave.' 

Façonaeries, a. f. p. Minauderies, dans une 

pièce imprimée en Hollande en 1694, sous ce titre : 

• La fontange, ou les façonneries. > (Beauch. Rech. 
du Th. t. 11, p. 440.) 

Facteur, s. m. Créateur*. Malfaiteur, inspira- 
teur d'un crime". Poëte*. Historien". 

* On a dit de Dieu à l'âme, sa création : < C'est 

• ton facteur, et tu es son ouvrage. > (Mai^. de la 
Mare. fol. 60 '.} 

"[. Et vous, aussi bouler hors et éloigner de 

■ vous les complices, faiteurs et favorisants dudit 
« duc de Bourgogne. • [Monstrelet, I, 75.) Voyez 
encore Ord. IV, 432, an. 1364.] ~ - Saillirent aux 
« champs pour prendre, et mettre à morl tes fac- 

■ teurs. ' (J. LeFev. Hist. de Charles VI, p. 123.) 
" • Les excelleoles vaillances du roy die là les 

■ monts composées par plusieurs orateurs, et foc- 

• teurs. • (Du Chesne, prcf. des Œuv. d'Al. Chart. 
p. 3.} Voyez encore Vig. de Charles Vil, p. 204. 

"Voyez Rabelais, 1. 1, p. 48. [Il signiflait encore 
négociant : ■ Pour avoir la hantise de leurs mar- 



»- FAC 

• chandises, dont ils sont graos facteurs entre les 

• Sarrasins et ceulx de leur loy. • (Froissart, XVI, 
page 35.)— • Jacques Cuer avoit plusieurs clercs 
- et facteurs sous lui, qui se mesloient desdites 

• marchandises par tous les pays et royaumes 

• chrétiens. - (Matti.deCouci, Charles Vil, p. 691.}] 
Factlensement, adv. En factieux. (Oudio.) 
Factieux, flii/. Factieux •.Efficace". 

"[■ Sailiirentaux champs pour prendre et mettre 

« k mort les /acïietu:. ■.{LeFevrede S.Remy, dans 

Dochez.)] 
" ■ Pour rendre l'entremise d'icelle d'autant plus 

« factieuse. • (Mém. de Villeroy.l. VI, p. 122.) 
Faction, «. f. Action, expédition de guerre*. 

Manœuvre '. Façon, sorte "=. Effet, réalité ". 
* « En dix jours touttes ces factions se firent, à 
savoir la deffailte des Italiens, la mort du comte 
Pedro, et cestecy des Espagnols. » (Mém de 

Montluc, t. ï, p. 165.) — . A la dite faction, fut blessé 



ledit seigneur Jean, d'une arquebousade. » /Mém. 
] Bell. Il, fol. eT'.) — . Diables affamez, diablesde 
factions. . (Rab. IH, p. 124.) 



Par la faction, et prudence de Pompée, loute 
la cité fut remise â moralité. • (Tri. desIX Preux, 
355 ".) ~ - Cependant nos François, et Suisses 
firent leur faction sans empeschement que de 
celuy qu'ils avoient en teste. » (Mém. du Bellay, 
liv. X, fol. 324-.) ' 

* • Divinateurs, nécromanciens, et autres de 
pareille faction. . (Dial. de Tahur. p. 117.) 

"■ Ayant fait resolution d'eslre François de 

/"ac/ion, comme il l'estoit de naissance. ■ (Mém. 

de Sully, t. IV, p. 83.) 
Factotum, s. m. Homme à tout faire. > La 
Croisetle qui esloit là servoit de dominus facto- 
tum. > (Mém. de Monlluc, t. II, p. 437.) 
Facture, s. f. Créature *. Intrigues, entremise'. 

[H signifie encore manière de faire : • Laisser vous 
fautt faire, o nature. Qui scavez l'art de tel 
facture. » (L'Alch. à Nature, 646.)] Voir Faitihh. 

* « C'est vei^oigne à toy que tes ennemis se 
trufent de ta /ûctarf qui est ainsi eschnniie, et 
de très puans vices tachiée, iaquele lu feis si 
honneste. > (Chasse de Gast. Phéb. us. p. 380.) 

* > Tant plut la fille au roy Ban, et luy à elle, 
que en celle nuyt, par la facture de Merlin, il 
engendra en elle Hector. • (Tri. des IX Pi-eux, 

<. 412 '.) — . Paris, par la facture de Heccuba sa 
mère, occist Achiles, et Arctiiloque ou temple 
d'Apolo. . (Tri. des IX Preux, p. 283 ■.) 
Facturerle, s. f. Lieu oii l'on fabrique; office 
de facteur. Voir Oudin. 
Facu, adj. • Ung engin nommé mouton qui est 

< fait en guise d'une maison couverte, par dessus 
- lequel est fait de merrien, et en la couverture, et 
■ à rentour sont clouez cuirs crus, et/'octfs 

< anin que le fer, ne le feu ne s'i puisse prendre. > 
(Le Jouvence], fol. 86'.) 

Faculté. [On lit au sens actuel dans Christ, de 



yLaOOgle 



FAD -1 

Pisan (Charles V, I, 18) : ■ lis estoient richement 

- vesiuz et ealorez de toute chose, selon leur 

• faculté. ■] 

Fade, aàj. [i° Sans saveur : ■ Or s'il avient 

■ qu'il soit malades El truist toutes viandes fades. > 
(Rose, V. 5023.)— S- Insipide et déplaisant : • Li 

■ cil audui à ce malade, Ki erent mal, de culur 
. fade. • (Ed. le Confesseur, v. 2782.)] 

Et gémirez, 

En raisBDt une chiere fude. (Palh. Farce, p. 3S.J 

Je me sens un petit fade. 

Et crains que ne soie malade. (Id. Testam. p. 1i6.j 

Si ^arirent en la chité... 

Troi cens et chiunkante malades, 

KL .xxï!. ans orent ealé fade. fUoutkei, f. S9i.) 

VoBtre coeur Ireflaault tant est fade. (A I. Chart. p. 788. J 

Le coeur me feut, 

Tant suis malade... 

Tout me tressaut, 

Tant je suis fade. (Folles am. p. SSt.) 

• L'expérience journalière nous fait voir 

■ plus grand nombre de Temmes, maniaques, 

• furieuses, et fades d'amour, que qod pas des 

■ hommes. • (Malad. d'Am. p. 162.) 
Fadement, adv. D'une manière Tade. (Cot^.) 
Fadese, s. f. Faiblesse*. Bagatelles fades'. 
"Montaigne a dit des faiblesses inséparables de 

l'humanité: » Nature ayant voulu se reserver ces 
« légères marques de son authorilé inexpugnables 
> à Qostre raison, et à la vertu sloïque, pour luy 

■ apprendre sa mortalité, et nostre /dctese. • (ihlont. 
Ess. t. II, p 25.) 

' On a dit des vaines fictions amoureuses : • Tant 

■ est creue ceste folie entre les hommes, que le 

■ courtisïin du jour d'huy, ou autre tel faisant estât 

• de servir les dames, ne sera estimé bien appris, 

■ s'il ne sçait, en dechifrant par le menu ses fa- 

- (Ic%es, songes et folles passions, se passionner à 
« l'italienne, souspirer à l'espagnolle, fraper à la 

• napolitaine, et prier à la mode de cour. » (Dial. 
deTahur. fol. 12v) 

Fadet, adj. Diminutif de fade. 

Sa bêle bouche tendreté. 
Que je Holoie baisier ; 
Qui plus estoit veimeiltete. 
Que la rose d'un rosier ; 
Soef corn Dor d'esglautier, 
Estoit une savorete ; 
Mes qnant ele ne m'a mestier, 
Trop me semble mes fadeie. (P. av. iSOO, IV, 1479.) 
Fadria, s. m. Mousse. Voy. Oudin et Cotgrave. 
<■ Les fadrins qui sont les pages servans de la nave, 

• saillirent au pallcstarme, et vont k regoylle, oster 

• les trois croix de nos naves. ■(La Salait, f. 31 *.) — 
« Pilols, capitaines, nauchiers, fadrins, hespaliers, 

• et matelots. » (Rab. IV, 2.) — . Nauchiers, fadrins 
' et mousses. » (Ibid. p. 82.) — . Jey, fadrin mon 
« mignon : tiens bien qye je face ung nœud gre- 
« géois: 6 te gentil mousse. » (Ibid. p. 91.) 

Fads, adj. au pi. Sol, ridicule, fat, du lalin 
faluus. [• Fat est un vocable de Languegoth (Lan- 
■ guedoc) et signifie non salle, sans sel, insipide, 
« fade. » (Rabelais, v, prol.)] — ■ De ces temps, les 



14- FAE 

• bonnets estoient fort en usage, non comme au- 

• jourd'huy les grands fade de chapeaux, que l'on 

■ porte garnis plus de plumes en l'air, qu'une 

- austruche ne peut porter. » (Branlôme, Cao 
Estr. t. I, p. 28.) ^ 

Faé, adj. et part. Fait par les fées, par enchan- 
tement*. Enchanté". Enchanteur^ Etrange". 

* • De ceste salle, et de sa beaulté, en a escript 

• Parés le Frigien, qui semble mieulx estre chose 

■ faée, que vérité royale. . (Trîomp. des IX Preoi, 
page 270''.) — - Les autres disoient que c'estoit un 
. homme faé, car il estoit asseuré a toutes lieur- 

• tes. "{Hist.deB. DuGuesclin.parMén. p. 299.) — 
On a nommé « damoiseau faé • un damoiseau qui 
étoit de telle nature qu'il n'y avoit qu'un seul che- 
valier qui pût lui donner la colée. (Perceforest, IV, 
f. 122*.) • Sire chevalier, celluy ne doit point estre 

• de tout prisé qui onques ne trouva son maistre, 
» car on le tient ainsi comme pour faée, ne que de 

■ luy vient sa force, ains par enchantement. » 
(Ibid. vol. V, fol. 62".) 

Ne vaut riens char d'orne, s'el n'est faée. (Augig. 69 *.) 
■ « Epée faée. • (Triomphe des IX Preux, 394" ) 

- [• J"oi le mestre dire qu'il (le cheval) fu faé». - 
(Aiol, V. 1010.)] ^ / / « 

*= r» Atanl es vous-Auberon le faé. • (Hiion 
V. 3855.) De môme au Roman de la Guerre de Troie 
{D. G. III, 184"): . Moût ont Jason entr'auls loé ; 
. Bien dient tos qu'il est fàé. ■ — • Artus rois des 
. faés. • (Brun de la Montagne, v. 3238.)] 

Et si estes chose faée. 

Des l'heure que vous fastes née. (Bigne, fol. 54 ^.] 
" .M. ccc. xm. l'année, 

Avaint mainte chose faée. (US. 6813, f. 83 ^.) 

Celés paiennes gène faiet. [Ibid. f. 75 './ 

[C'est le participe du verbe faer: le substantif 
fée n'en est pas le féminin ; il a âlé fait sur le plu- 
riel neutre fata, pris pour un féminin singulier: 
> El fu si coinle et si tirée ; El resembloit déesse ou 
. fée. • [Rose, v. 3438.)] 

Fael. [Féal : . Nostre amée et nostre faetle 
' Adeline la mareschaude de Nevers. • (Cartulaire 
de S' Etienne d'Auxerre, an. 1250.)] 

Faer, t;. Enchanter, charmer*. Prédire'. 

* Partonopex de Blois, ayant perdu son honneur 
et « s'amie, • ne peut mourir et exprime ainsi son 
désespoir : 

Adans qui perdi Paradis, 
Ne flst tel perte con ge fis ;... 
S'il ta chaciez, par sa folie, 

Il eamena o soi s'amie 

Cheant, levant, remandraï vis. 
Ne sui ^ dignes de motir, 
Ainz doi toi jorz morant languir : 
Hors ne veit paa longues durer, 
Âias sett oa gens lor max faer : 

Qu'onquea ne s'en puisse partir. (fol. i4S'.) 

" On lit, au sujet du nœud gordien coupé par 
Alexandre : • Il avoit été dit. et faé par la réponse 

- des Dieux. . (Tri. des IX Preux, p. 120".) 
Faerle, s. f. Enchantement, œuvre de fée*. 



yLjOogle 



FAG - * 

Merveille'. Contes de fées*'. Pays ou royaume des 
Cées°. «mrsk)*^ 

*r< Tant voit li enfes grans beautés, Que moult 

* cuide estre mesalés, Et caide gue soit faerie. • 
{Parlonopex, T. 807.)] 

Moult M metr^Uent qua pn«t estre ; 

Ce lor samUe estre faEria. (MS. 7918, f. iil >.} 

HA I qv'est-ce cjl Toici ime fatrie. (U. ds la Marg.) 

Quant je tous toI, si soi inns, 

Que ma vigueur seot eslaiodre.... 

Et ma langue m'est loUé, 

Aussi que se faerie 

Hs Teniet entonr. (Adan* H Boçu», IV, p. 19BS.J 

■ Je ne puis veoir yssue, ne entrée ou temple, 

■ fors que ceste cy, et par ci ne peull nul passer 

* qui ayme sa vie, s'il no va en 1 air par faerie. ■ 
(Perceforest, vol. 1, fol. 36 *.) 

Dames portoyeat drap d'or, orftTerle, 

De leura benutnz c'eatolt toute fiterie. (J. Marot, it.) 

Jiàa d'amour fait tant gai 

U cuer, que c'est faerie. (Vat. n* iStS, f. i63 ».; 

Les faicli d'amours sont oeuvres do faerie, 

Uug jour croTssaju, l'autre fois en decours. (Crét. S39.J 

■ Comment l'une l'autre guanaente, 

S'estoit une dnrite faene. (Cogvill. p. iW.) 

' Plu^nre parlent de Goe&art, 
Da kiu, de l'ssne, de renaît. 
De faerie», et d« sentes. 

De tantosmes, et de mensoiqies. (G. OMiari, f. 116 yj 
"•. He scauriez vous mener ou elle demeure? 

■ Par ma foy, sire, dist le menestrier, nenny, car 

■ elle demeure en faerie. * (Percef. Il, fol. 85 '.] — 
[C'est aussi ta réunion des Tees : > Ou bois de Ber- 

* sillant en la forest fueillie Ou il y a souvent 

■ repair de faierie. > (Brun de la Mont. v. 1538.}] 
Fa-et-le-ml (apprendre le). Façon de parlei- 

équivoque, pour faire, dans un sens obscène. 

1 le fa et le mi ; 

li l'escrilure. 



»S 



Fafée, s. /. Grande quantité. (Oudin, Cur. fr. 
add.) On le dit encore dans quelques provinces. 
Fafeln, adj. Gros, ^as. Dajis le style populaire 

• grassouillet. • (Oud. elCotgr,) • 11 estoit si gras, 

• et si fafelu qu'on l'eusl fendu avec une arreste. » 
(Contes de Des Perriers, 1. 1, p. 188.) — * Andouilles 
. farfelueB. - (Rab. t. IV, 154.] On lit, ibid. p. 173 : 

• cervelat farfelu.' [• Cette petite inrante éveillée 

■ et tafelue. • (M— de Sévigoé, lettre du 19 février 
1690.)] 

Faftée, adj. au fém. < Faire la faffée, > pour 
Signifier faire la femme d'importance. 

Qui bit ansoi bien la faifée 

Que femme qui soit au paya. (Coquit. p. iéi.) 

Fagcnce, s. f. Faïence. 

le» vases d'or ne me sont rien, 

Ny le bronze corinthien, 

Nj tous les émaux de fagenee. (R. Bel. 1. 1, f. 5S K) 
Fagne. [Faye. colline plantée de hêtres : ■ Les 

■ hautes fagnes du pays de Liège. >] 

Fagost, t. m. [■ Nus feniers ne puet ne ne doit 

• Gonporter ne faire conporter par la vile de Paris 



i«f- 



1 - FAI 

■ façoz se il ne sont vendus. ■ (Liv. des Met. 243.) 
C'est aussi un bâton du fagot : < Icellui Raulesson, 

• tllz dudit maire qui tenoit en sa main un grant 

■ fagot, dist au suppliant qu'il retourneroit. • (JJ, 
118, p. 74, an. 1380.)] - Il est souvent parlé dans 
nos coutumes des droits appartenant aux échevina 
qui taxoient le prix du vin et de la bière ; ils avoient 

■ un lot de vin ou de bière, un pain btancq, -une 

> trencbe de fromage et un fagot. • (Coût, du Ter- 
roir de Fouchy, N. C. G. 1. 1, p. 445 \) Ce droit étoit 
ap[)elé > droit de bourrée. > et la mesure du fagost 
étoit de neuf paulmes de tour, dans ta Coût, de 
Pernes, ibid. p. 388'. 

Remarquons sur ce mot les expressions suivantes: 

1* ■ Fagot mardiaod, > fagot d'une longueur et 

d'une grosseur déterminée. •■ Item que les cours 

• fagots,, qu'on appelle fagots marchands, devroit 

• avoir neuf paulmes de cloyure, et longueurs de 

• faisceaux, c est trois pieds et demy qu ilz soient 
« espinchez. • (Cont. de Haynault, C. G. 1, p. 814.) 

■ Les /'a^ofa marchands doivent estre espincez 

• de trois pieds et domy de long, et neuf paulmes 

• de cloière au rond. » (Même Coût. N. C. G. t. II. 
re 149'.) 

On disoit : ■ Mettre en parangon un fagot, avec 
un pain de sucre, > meUre en parnllfele deux 
choses non comparables. ■ Je me crains qu'il ne 

■ vous faille dire que vous comparez cum face 

• latemam, et que vous mettez en parangon un 

• fagot avec un pain de sucre, tant il y a peu de 

■ semblance entre Seneque et Alain Cbartier. • 
(Garasse, Rech. des Rech. p. 371.) 

Fagotallle, s. f. On s'en sert dans la Bresse 
pour désigner > la chaussée d'un estang, parce 

■ qu'elle se fsrit avec des fagots. • (Gloss. du Dr. 
tr. et Du Cange. sous Fagia 2.) 

Fagoter. [Mettre en fagots : • Nus marchanz 

> de ^in ne puet ne ne doit porter feia fagotez ne 

> déliez de grange ne de meson k nul des porz de 

• Paris. • (Liv. des Métiers, 245.) — * Etcommeni;a 
. on à fagoter fagos en grant pleulé. > (Froissart, 
t. X, page 72.)] 

Fagoteur. [Terme de mépris, au reg. JJ. 145, 
p. 436, an. 1393 : ■ Le suppliant dist à icellui Tho- 

■ mas qu'il n'estoit mie en sa puissance, ni d'un 

■ tel fagoteur mengeur de soupes, que s'il eustveu 

> icellui Quenetur frapper, qu'il ne lui eust courru 
« sus. ■] 

Fagotler. [Qui fait des fagots, dans un registre 
de Ph. Auguste, fol. 129.] 

Fagottement , s. m. Action de mettre en 
fagots. (Oudin.) 

Fagoule, s. f. Ecrevisse de mer. (Colgrave.) 

Fague (coque). Coquecigrue. 

Bien ressemble! nne coque fague. (E. DeKh. f. iH ■>.,' 
Faguenat, s. m. Odeur de gousse. > Le fague- 

■ nat des Hespaignols par fra Inigo. > (Rab. 

t. I, page 72.) 

Faicter (se), v. Terme de chasse. On lit du 
19 



yLiOogle 



FAI -*' 

faucon, que > ce qui plus Varreste, et Tait batr de 
« prendre oysel de change, c'est pour luy donuer 

■ choses ameres sur la chair des oyseaulx qu'il 

• prendra de change ; mais que ne soit mie chose 
« forte, de quoy faulcon se faicte. - [Modus et 
Racio, fol. 65 '.) 

Faictlce, adj. Factice, artiflrael. Le XII' cb. 
du I" liv. de Rabelais (t. I. p. 69) est intitulé : « Des 
> cbeveux faictiee* de Gargantua. > Nous Iibods, 
dans les Conies d'Eulrapel, qu'un maître des mon- 
noies, avec d'autres orfèvres, jugea une - image 

. a'or après plusieurs examens eslre bon or, 

. mais faetis, et non naturel ■ (p. l34.)[VoirFAms. 
La racine est le latin faetitiuê ; on lit dans Villon 
[Regrets de la belle heaulmiere) : •> Hanches char- 

• nues, Elevées, propres, faicttsiei, A tenir amou- 

■ reuses lysses. ■] 

Faictlclté, s- f. Mignardise ; c'est le sens dans 
Gace de la Signe : 

Pas minû ne tous en yrez, 

Mais viendrai aecourlr luxure ; 

Et beauté; sa mère nature, 

Si lui a donné Bi beau don. 

Qu'elle a graca de tout le moud. 

Et si aan faiclieili, 

Si dla veutt Mre lojmilté; 

Car combien qn'eUe aoit bru 

Si l'a elle taU tailicelte. 

Faictare, ». f. Portrait, ressemblance. Ou lit 

au sujet du faisan : • Il ne doutera jà tant k entrer 

> dans la caige , que s'il voit sa faicture au 

■ mirouer, car il cuide voir ung aultretoi- 

. sant. • {Modus, fol. 86 '.) Toyez Fbturb. On lit 
feiture, dans Ëalrub. us. 7996, p. 7H. 

Falcturerle. [Sorcellerie : • Laquelle Jaquette 

■ et aussi son mary estoieat notoirement et publi- 
« quemenldiittimez et accusez de cas de hérésie et 

■ faicturerie, et avoir donné ou niit avoir pluseurs 

■ maladies k pluseurs personnes par leurs sorce- 
. ries et faicturerie. » yj. 178, p. 46, an. U46.Q 

Falde, i. m. et f. Haine héréditaire, vendetta. 
[Voir Reoart, v. 38J,] 

■ La se sont entredeTSé, ., „dj i 
De mortel /"oWe aiflé. (Uoutktt, f. B8i.) 
Us maies amora «paitss. 

Et les grans faide* aquussa. (Itt. p. 137.J 

.. Loejs s'en courecha, 

(td.p.S6S.) 
Pot ce que il vos a balsiéo. 
Tant devex tob estre plus liée, 
S'il vous eust veue laide, 
la de baiaicT n'eussiei faide. (Bkmeh. f. il$ '.} 

De là ' demander faiûe, ■ demander raison : 
. Saciés bien que, se je en muir, {aide vous en sera 
. demaïidée. » (ms. 7989 % f. 73".) 
J'oï dire d'un mscon, 
Qui estoit en faide moricl. 
TantdemouraenMnosi.l,... 
Que U maçon n'ot que nitugmer. (P. av. iSOO, (. IV.} 
[L'étymologîeestrallemand /"eWc, ennemi privé.] 
Falder, v. Haïr, délester. Houskes, parlant des 



t- FAI 

Poitevins et de leur haine contre Jean-sans- Terre, 
roi d'Angleterre, au temps de Philippe-Auguste : 

Le roi Jean moult faidownt. 

Pour qn'il avoit, fc uns ionr. 

Pendu, fc duel, et a trlsunir, 

.xxT. en&ns uma eeses, 

Ki 11 erent mi* en osfiiges ; „ . , ... . 

Fins de prteoes et de marois. {Vouthm, f. S54.} 
Voyez FAfiTiDiBii et FATraiGR ci-apràs. 
Faldis, part. Haï, rebuté : ■ 

Hi oeil m'ont en grant dcdonraita, 



(Rid. ii :} 
Faicr. [Donner en fief : • Jubel d'Avaugour, 

• chevalier, est homme lige do duc d'Anjou à cause 

• d'une foretterie faiée, sise en la forest de 

■ Uaienno. ■ (Registre de Louis , duc d'Anjou , 
folio 99.)] 

Faignaz, s. Cloaque; dans S. Bcrn. Serm. flr. 
p. 61, ce mot répond au latin lactu : ■ Ne dotteiz 

> miez, car lo matin tssereii fors del faigna% de 

> misère et del bran de la lye. ■ 

Fallhard. [Lieu planté de hêtres, aux OrJ. V, 
p. 682, an. 1373.] 
Falllance, s. f. Faute, erreur \ DéTaillance '. 
■ > Sans faillaneke ■ (us, 7318, fôL 152 '.) [• Car 

> ils cuident bien sans faUlattee Au blanc armé 

■ avoir failli. • (Robert le Diable, dans Du Gange, 
t. Iir, 195 *.)] 

Bien doivent eslre jugiés 
Ni mal à mort, se fatllamx 

Faisoie i vostre unitlé. (P. av. iSOO, IIl, p. i089.) 
■Voir Oudin. 

1. Faille, s. {. Torcbe, [lambeau. [> Ont tous 
. couvera les aleoars Et des murs toutes leseotrail- 

■ les, Portent brandons et mettent faiile^ > {AthJs, 
D. C. V,233*.)] 

Envie le ronge, et eegraine, 
Avarice l'art de sa /aille. (E. Deich. f. 87 K) 

> Quatre autres petits enfans portans (^acun une 

■ faille ardent en signe de feu de joye. * [i. d'Aut. 
Ann. de Louis Xil, p. 243.) 

2. Faille. [Voile de tête. C'est encore le nom 
d'une étoffe de soie noire k gros grains ; on en 
faisait le voile de têtes des bourgeoises flamaadee ; 
tes citations extraites des ooiitumiers du Nord en 
sont la preuve : • Si que la teste iert en la faUle El 

> la queue en la chevecaille. > [Renart, v. iM3.)] 

Puisqu'il me fant ainsi ronger mon train, 
D me convient prendra la bride aux dena ; 
Au râtelier, oil ce qui est dedens ; 
A ces faille*, m'envojes de reatrain j 
^ rongerai tristes, iM, et doUoL (E. De$eb. f. f79 K) 
• Estant detTulée, ou oslée sa faille, ou heucke, 

■ et en de^aindant sa ceinture. ■ (Goût, de Kun. 

. G. G. 1. 1, p. 8G6.) - ■ Elle estoit vestue d'une ootte 



y Google 



FAI - 1 

■ joBt» de danas blanc, Boos une /bJ/totOa manteau 

• de satin bleu, broché d'or. ■ (Les Tri. de la Noble 
Dame, f. 36.) — < Se elle (femme veuve) avoH lors 

• phitieurs cottes simples, robbes, failles, mao- 

■ leanx, chapperons, cbaintures, ou autres habille- 

• meus. -(Coat. deS'Omer,N. C. G. I, p. 293'.)- 

■ La dame, oudamoiselle pourra se vestir de 

■ robe, cotillons, beucque, ou faille. > (Coût, de 
Hainaut,ibid.n, 71 ■.] Un curé allaot eu campagne: 

Ataat KflabU om faUle, 

Pot le ebaat qu'il fait en ealé. {Fabt. ie S. G. 49*.) 
3. Faille. [Faute, défaut, tromperie : « Quant 
« (pi'il vos compte, c'est tout faille. • (Robert le 
Diable, dans D. C. t. III, 196 '.) — > A failles, ■ en 
vain : ■ Ne les attendent mies a faillei. • (G. Guiart, 
V. 2197.) — . Sans faille, ■ sans faute : - Demain 
( ferons une bataille Enml ces chans sans (aille. > 
(D. C. III, 196 ».)] 

Bacore alole à la mumn, 

Oa ma dame av<^t son retour ; 

G'i Ûs mainta Toto, et maint tmir. 

Maint aler, et tamalnte faitU. (FroU. poi*. 136.} 

niez vaut la mort ke trop vilaine faille. (Thib. iiS.} 

.... I AisBier mauraistiez et faille*. (Blanch. iSO'.J 

Moult par fu tasotraoent U fmUe 

Qu'Eve fiât, par U amendée. {MS. 7Si8, ii4 *.) 

■ Attendre à /Tit/Ie > signifloit attendre à faux. 
(G.-Guiart, fol. 46*.) 

Failli, adj. Lâche, homme sans cœur ni hon- 

near*. Fou". Traître *. Consterné". Fini, achevé*. 

*[• Li couars /a/iis. » (Flore et Jeanne, p. 2i.) — 

• Jehan de Boui^auville dist au suppliant qu'il 

• batroit bien un ai Jailli et si foireux chevalier 
« comme il estoit. • (JJ. 132, p. 284, an. 1388.) — 

■ Hielz valt filz à vilain, qui est prouz etsenez, 

• Que ne fait gentilz hum failH% e débutez. > 
(Thomas le Martyr, 63.)] ■ Si peureus, ne si failli. > 
(G. Guiart, ms. fol. IIS *.) 

MauToi» Hibault faiUi. (G. de la Signe, f. 4 •./ 

• Failly de cueur, et de pensée. ■ (Saintré , 
p. 102.) • Failli de courage. • (Amad. Jam. p. 175.) 
. BOy failli. - ;Poët. av. 1300, III, p. 1282.) — . Vous 

• estes le plus [aiiiy roy et le plus recréant qui 

• onques fut. • (Lano. du Lac, II, f. 16^) ~ . Failly 
« escuyer. . [Saintré,23.)— « Failly gentilhomme. . 
(Ibid. p. 16.) — . Couards et /fli«M.. (Gérard de Nev. 
I" part. 103.) — . Failly et recréant. . (La JaiUe du 
Champ de Bat. f. 54*.) — - Lasches et faillis. . [Hiat. 
de Boucic. 1, 94.) - . Coeur failli. . (Saintré, 16.) 

'Ains aul failOt, et îùnenei. fMS. 7X18, f. 358 '.} 
' Hotdt feroit bien k loer... 

8'ele Bavoit eaprourer 

Le cnenr, du krial, falUi. (P. av. 1800, II, p. 681.) 

?oyez Ibid. t. III, p. 982, et Journ. delParis aous 
Charles TU, p. 45. 

*Allâ «'en est, et Je demeure 
Paovre de aens, et de nvoir, 
Triste, faille, plna noir que meure. '(Vill. p. 18.) 

■ • A jour faiUi, • au iour cassant. (Pasquier, 
Redi. p. 246.) 



Prerostea, et baOlia, 
Bt année faUlie, 
Orieve son eompalgoen. 



(Pr. du m. f. 15 :) 



7- FAI 

Faillible, a^. Sujet à manquer : le contraire 

• d'infaillible. - {Peroef. IV, fol. 7 *.) 
Faillie, s. f. Feuillée. 

Dedens baignolt une pncde, 
Dex damoiselles le servoleni : 
Sur l'enr de le fontaine estoient. 
U drap, dont ete ert desponlle, 
Erent dedene m» faillie. {US. 1980 *, f. 6S '.) 

Faillir. v.[l-PreDdrelin: > Ci /ii/f la geste sue 

• Turoldns declinet. • (Rçland, v. 4002.) — . Ci^«r 

• la Ans de mon sermon. » (Partonopex, v. 4416.) 

— • Après jour faUant. • (Froissart, t. V, 64.) — 
2" Faire défaut ; . Il l'ament tant ne li faldrunt 

• nient. . (Roland, str. 20.) - - U ^en. failli (pour 

• ferrer les chevaux), . dans Frolss. II, 182.] 

Furent reaerréee 

En l'arche, de mainte contrées 

Beste, et oysel de choscnn genre. 

Pour aauver leur /bnue, et repranre 

I^ur sexe, afln qu'Ili ne faimêimt. 

Et que de tous pofoB ne périssent. (E. Deteh. f. 481 ',) 

Quant argent fa^a, tout /oui. fCotgr.) 

3* Réussir : ■ Se nous mettons en aventure et 
'faillissions si nous en saroit li roya d'Engleterre 
. bon gré. » (Froiss. IV, 102.) — 4* Ne pas réussir : 

• Adès voit-on le plus vaillant morir El H mavait 

• demorentpor/aiHtr. . (Wackernagel, p. 61.) — 
5* Abandonner, fausser compagnie : > Je lov faut 

> de compagnie; N'i aient nule atendue. > (Id. 
p.ï6.)— 6° Manquer, sous la forme impersonaelle: 

■ Beau frère, quel chose vous fautt f > (Froissart 
t. XIV, 321.) 

CoHJDGAisoN ; Fail (Poët. av. 1300, f. III, p 1244) 

— Faillent {us. 7989 ", f. 54 ■). — Faillet (S. Bern. 
S. fr. «SB. p. 37). — Faillei (Rob. Est. Gram tr ) 

— Failliens (Ord. III, p. 347). — Failliray (Strao. 
t. Il, p. 39). — Faillirent (Joinv. p. 18). —Faillit 
(Id. p. 15). — Foilloit (Cartul. us. de la Ch. des C. 
de Nevers, IV, f. l *; an. IKI). - Fanions (Sag. de 
Charr. p. 499). - Fal (Poët. av. 1300, ill, p. 161) 
~ Fail (Ibid. II, p. 521). — FaUint (Valic. n* HTO, 
fol. 57 '), — Faîlioit (vig. de Charles VII, p 70) — 
Fait (Marbodus. col. 1646). — Farrat (S. B. Serm 
fr. Mss. p. 237). — Fau (Rob. Est. Gram. fr.) — 
Faudroie (us. 7812, f. 58 '). — Faudrait (Mém. du 
Bell. f. 75'). — Faudront (Marbodus, col. 1678) — 
FauWro« (Chasse de Gast. Phéb. p. 327) ~ Fouit 
(Id. p. 262). — Faurre7> (Euslache Desch.). — fau» 
(Rob.Est.Gram.fr.). ' 

Faillite, a. f. Banqueroute. [• Déconfiture est 

• quand le detteur fait rupture et faillite, ou qu'il 

• y a apparence notoire que ses biens, tant meublas 

■ qu'immeubles, ne sufHront pas au paiement de 

• aes dettes. ■ (Loysel, 687.)] . Payer ses créanciers 

> en faillite». ■ (Cotgrave.) 
Falllolez, adj. Feuillu. 

An dcfkartir du t>el esté, 

Sui a gais, et Jolis esté, 
e fleursj de feuilles faiUolet, 
Et d'arbrufliaus enmaiUolez. (G. Machaut, f. Si ^.j 

Faillonel, s. m. Feuillée. • L'on prent les 

• videcos (huppes) en pluseurs manières. En la sai- 
« son que les videcos sont venus ou pals, on les 



yLaOOgle 



FAI -1 

■ prent à la volée, et ea yver quant il gelé, et Tait 

• grant froit; on les ireuve en ces baultes forés, 

■ ou es sourssins de cbaudes fontaines où ilz sont 

■ pour pasturer, si se cuevre l'en d'un cheval à 

• perdris, ou d'un faUlouel qui mieulx vautt. quant 

■ on l'en treuve es bois, et 1 aproce l'en tout cou- 
« vert. - (Modus, fol. 179 ''.) 

Faim, I. f. Faim*. Appétit, désir'. 

* [« Ou je mourrai de faim ou de froit sans 

■ targer. • (Berte, couplet 39.)] De là on disoit: 
!• » Etre à fain, • être affamé. (Modus, fol. IW.) 
2* • Ou faim règne, force exule. » (Bab. I, 211.) 
3* ■ La faim ctiaase le loup hors du bois. ■ (Oud. 

Cur. fr. ; Villon, p. 17 ; l^e Jouvencel, fol. 8 ''.) 

4* • La faim épouse la soif. > Le duc d'Orléans 
donna naissance à ce proverbe et le mit en vogue, 
suivant Ménage, Rem. sur la laug.t. I, p. 21. [Se dit 
de deux personnes pauvres qui se marient,] 



■ Diex tiint m'est tart que la voie, tant en ai 

• grant fain. > (Chans. du ms. de Bouhier, ch. 208, 
f.20l".) — -Avoir /aim de dormir, • dans Budé, des 
Ois. fol. 126 '.) — • Faim de sommeiller. • (Loyer des 
Folles amours, page 319.1 On a dit de la crainte: 

> Souvent elle nous jette dedens les dangers, car 

• elle engendre naBfaim inconsidérée d'en sortir.» 
(Sagesse de Charron, p. 152.) On lit; - Faim d'estre 
€ cbaitis, > dans Eust. Descli. fol. 240 <>. • Faim de 
. rire. • (Mai^. desMarg. f. 210.) — « Faim de s'entre 
t bienfaire. • (Sagesse de Char. p. 485.) — ■ Faim 

> de biscuit ■• (Colgrave.) 

Jbesna, qui fu froli come oloce, 
IHal tUio : I'*r faim de boire. (III Mariés, p. iôi.) 
Faim-valle. Névrose qui oblige les chevaox à 
interrompre leur travail pour manger. On dit aussi 
faim-calle, en Anjou. 

1 . Fatn. [Foin : ■ Environ six chartées de fain. > 
(Inv. de Clémence de Hongrie, aux Nouv. Comptes. 
- 1(K.) — « Ung grant mule de fain. » (Froissarl, 



il 



».)] 



2. Fatn, adj. Affamé. 

Ed cturtre hi mil stool, ou fain, 

ItonitampDé à roau et au paio. (Jean U ChaUU.) 
FiUnage, Falaasse, Fenesse, s. Droit de 
faire paître des bestiaux dans les bois de hêtre, ou 
d'en prendre les fruits appelles /'aines ; dans l'état 
des droits qui composoient les revenus du royaume, 
en 1609, on lit : > Bois de haute futaye, bois abrou- 
> lis, taillis, paissons, glandées, fainages, chnstai- 
« gnps, pommes et poires, pâturages, usages- ■ 
(Mémoire de Sully, t. X, p. 228.) — • Grasse pasiure 

■ consiste en glandée, et fainasse seulement. • 
(Coul. de Metz. N. C. G. II, p. 422".) — - Eslieuxde 

■ vive, et grasse pasture, qui consiste eu glandée, 

■ pasnage, et fenesse, nul ne doit envoyer son bes- 
• lait pasturel, s'il n'y a droit particulier, et spécial 
« de ce faire. - (Goût, de Gorze, N. C. G. I!, 1096'.) 

Falndre, v. Feindre, sous la forme pronomi- 
nale*. Dissimuler '. Ëpar^ ;ierS Hésiter, balancer". 
Botter '. 



8- FAI 

*[■ Il ae feint mort ; si gist entre lesallres. ■ 
(Roland. V. 2275.J] 

Uettei en ■• ■ligaonrie 

Rébellion, la baye. 

Qui d'estre ainie oe faint. 

Par semblaot d'jpocriaie; 

Pourchassant mort par eurie. 

Et ploa qu'escorpion point 

Du venin de telonaie. 

Par la queue outre quidie. (E. Detch. fol. i89 '.) 
' [f^e roi d'Angleterre, jouant aux échecs avec la 
comtesse de Salisbury, • se faindoit (se cachait) 
« dou mieux qu'il jouoit. • (Frois. III, 458.)] — «En 

■ falgnant la très amere douleur qu'il avoit au 

• cueur. ■ (Sainlré, p. 631.) — • Fatgnist de ceste 

■ entreprise. • (Froissarl, !, p. 5.) 

La main duquel ■ donner, ne se feint, (li. de la Murg.) 
' Or estoit encore Lipsan fort maigre, et mal 

■ guary de sa playe, ei de fois îi autre faignoil le 

< mal qu'il sentoit, dont le roy s'upeîi^eut, et lav 

• demanda qu'il avoit. • (U. Ftor. de Grèce, 162^.) 
*= [■ Et moult le prièrent que 11 ne se vouLsisl pas 

' faindre de bien laire la besoigne. • (Froîss. XVI, 
3C.n • Sans se /airwîr^, ny épargner. » (Bab. I, 277.) 

■ ye s'en fainsnirent pas de piller, • (Journal de 
Paris sous Ch. Vi, p. 157.) > Ceux qui vivent main- 

< tenant, quand ils viendront à fuoitleter les oeu- 

• vresdetant d'exceltenls poêles, qui sont venus 

■ depuis le règne du roy François premier de ce 

• nom ; je croy qu'ils ne se faindront non plus de 
> les piller. > (Fauchet, p. 49.) 

De vos amor, et servir, 

Ne me soi anquas jor /'oindra. (Thib. de Nav. p. 8.) 
" • Nus biens ne se faint. > (Poët. hss. av. 1300, 
1. 1, p. 69 ".) 



Sans forfait, envers moi sa veut fendre 

Celé que i'aim. {Poet.av. 1300, t. T, p. SI.} 

< Le dit duc, de prime face, feignit à la bailler, 

> mais h la fin la bailla. * (Comines, page 313.) On 

trouve feindre en ce sens, dans Faucbet, Lang. et 

poës. fp. p. 49. Voyez Marg. de la Mai^. fol. 176 ". 

• îioas feignions de vous aborder, de peur de vous 
■ interrompre. ■ (Mol. Avare, act. I, se, 4.) 

■ C'est encore le sens dans quelques endroits de 
la Normandie. C'est peut-être à cette signiflcation 
que l'on doit rapporter l'expression •■ se feindre au 

• train de derrière, > dans Cotgrave. 
Conjugaison : Faignant (Vat. n" 1490, fol. 76 '"). ~ 

Faigne (Marg. do la Marg. I, fol. 83*1. — Faindant 
fMolinet, 172 ; Vig. de Ch. VU, 2, p. 181). — Faindent 
(Gace de la Blgne. fol. 51 ■>). — Faindoient (Tri. des 
IX Preux, p. 439 ■)■ — Faing (us. 7218, fol. 272 "}. — 
Faingni (se) (xs. G812, f. 80'']. — Faingnit (Faifea. 
p 67). —Faingny (us. 6812. f. SQ'].—Fain$ (us. 
7218, f. 139*). — Faint (Saintré, p. 260). — Fegny 
(ks. 68i2,f. 87»). 
1. Falae, 8. f. Foin. 



2. Faine. [Faine: < Et quant ses maagiers ert 



yLiOogle 



FAI - i 

■ plas granz, Si maneoit faineé oa gl^ns. ■ (Romaa 
de Mabomel, V. 119.]J 

Falaeanee, s. f. Fainéantise. (Cotgr. et Oud.) 
1 Accuse ma fainéance de n'avoir passé outre, a 

• parfaire les commencemens qu'il a laissez eu sa 

■ maison. > (Ess. de Moat. 1. 11), p. 298.) 
Fainer, v. Avoir droit de meacr des bêtes au 

fainage, ft la glandée des hêtres. • Pour néant 

• eaigoe l'en ung cbamp de blé à saison, s'il n'est 

• Dieo traieté, et aussi d'un cheval, ou d'autre 

■ chose pourle laisser ;)érâre, et manger auxioupz, 

■ el aux autres mauvaises bestesi car l'en dit par 

■ proverbe : pour néant faine qui ne maine. ■ (Ane. 
Coot. do Bret. fol. 158 ^) 

Falngnant, t. m. Chiche, avare; c'est le parti- 
tipeda verbe /aifu/re, employé comme substanlif. 
[Aujourdliui feignant est synonyme de paresseux.] 
De vous me guermente, et pl«n, 
Da pins faingnant el [aux et mauTais TiUaio 
Qui oDCquas fu. jDetchamp», {. Si5 :} 

Falnl. [Intercalez Faini, faible, dans Rutebeuf, 
L I, S : ■ Entre chier teus el ma mainie Qui n'est 
« malade Mfainie. >] 

Fatat, partie, et aài. Feint, Taux, artificiel*. 
Dissimulé, discret*. [Fainie, paresseux]''. 

Leut petmcqitBa de cbeTeoX fam$. (CoquUI. p. tlS.J 
Ils ont une permcque fainete. (U. ibid.) 

' Qaant 11 en ot fait son tdleal. 
Merci li prie doic«nient 
Que vers lai ne soit trop irée, ' 

Mais or soit, et fànta, et ■«DM, 
Se li avoit aa dnierje : 

Et il [en de li s'amie. (XS. 1980*, f. m K) 

' [« De soie garir n'est raie fains. * (Partonopex, 

V. 642.) — - Son chaceor forment somonl Et de 

■ vei^e et d'esporon ; Et ne l' Irova faint ne félon. ■ 
(Id. 6«6.) — • Que ja de bien amer ne sera vos cuers 

• faint. > (Brun de la Montagne, v. 2838)] 
Falotement, adv. D'une manière feinte ou 

fausse : 

.... Si TOUS aiO), dame, tant finement. 
Que je ne puis par autre eatre antmir. 



On lit fattsêement, dans la même pièce, sous le 
nom du châtelain de Coucy. (Ibid. t.l, p. 365.) En 
apparence. (Colgrave.)— * Cornent la dame menaça 

• faintement le petit Sainiré, lui disant, devant ses 

■ dames, qu'il ne vaudroil jamais rien. > (Saintré, 
p. 122.) S' Bernard donne fintement (p. 113), fœn- 
tement (p. 164). — [Il signilie encore lâchement, 
avec hésitation : ■ Si en passèrent pluiseur (le pont) 

■ en cel estât, el priés ensi que tout, et depuis au- 

■ cunes gens d'armes faintement. > (Froissart. VI, 
437.) — ■ Liquel se commenchierent à deffendre 

• faintement et & reculer. > (Id. H. 296.)] 
FaiQtes , 8. f. Machines ou décorations du 

théâtre qui faisoient illusion aux spectateurs, < On 
< joua aussi la passion, et résurrection; trois se- 
> maines après ou environ en la ville de jSaulmur, 
- ou je veis d'excellentes fainctet. > (Ane. Chron. 



9- FAI 

dans l'Hisl. du Théât. fr. t. II, p. 294.) On Ht d'une 
pièce qui fut jouée à Lyon devant Henri II : ■ Si la 

■ tragédie, et comédie de ce grand cardinal fut 

• belle, fut aussi très bien représentée.. .. et estoit 

■ accompagnée de force intermèdes, et feintes. ■ 
(Brant. Cap. fr. t. II, p. 2â.) Il signifie aussi paresse, 
comme faint signiHe paresseux : • Sans fainete, ne 
> paresse. • (Villon, p. 46,) 

Falntle, s. Feinte, tromperie. 
Sainte Marie, et tousjours [eounes : 
Femmes à dertre, et a senestre : 
Beau très douU Dieu, et que peut estre T 
Oncques ne vis telles merreUles ; 
Ja ne bqaj si je dora, ou Telles, 
Je ne sçay si c'est songe, on faintie, 
Suis-je au paya de femmente. (BUI. du Th. fr. II, iS7.} 

Falntlf, adj. Trompeur, dissimulé \ Lâche, 
paresseux ". 
' ■ L'eau courroit aval les yeulx, quelque sem- 

• hiant /aîncti/s de ris que ils feissent, • (Saintré, 
page 288.) 

Nul iert ja de bien amer apris. 

S'il est de coer décevant, et fainti*. {Thiéb. de Nav. ti.} 
Quant il ot flné son service, 

D'uerre. et d'orison non faintiee. (Moxuk. p. iOSj 
• • Lasche et faintif. • (Percef. vol. II, fol. 1 *.) 



1, 1300, m, itet.j 



PeIK vautt amis faintU ; 

Li soers, «««s, et }oUa, 

Horâis, d amours votentiex, 

Ett assez plus seigDociex. {Vat. n" 1593, f. i54 './ 

Se l'on aymast auesy bien par amoure 

En ce pais, comme on fait autre part, 

Ja ne nisaions rudes, chatlfa, ne lours, 

Lasches, ^atniif, pai^cenx, ne fetart ; 

Ainçois fussicHi liàrdis com liepart, 

Cointes, jolis, plains de ciievalerie 

Pretix, courageux, et joienx, maint, et tart, 

A.ymonB donc toit, et toutes, je tous prie. /Dcêeh. 153^.J 

FalDtlse, 8. f. Feinte, ruse *. Lâcheté, paresse *. 
" ■ Faintise et simulation. ■ (L'Am. ressusc. 138.) 

Marya aimez d'un coeur lo*al, et sans feintUe 
Vos femmes, comme Christ a dmé sainte Eglise. 

XV iojm da W. p. «8. 

" ■ Fainctiet, ne esmaïance. ■ (Poët. av. 1300, 
t. Il, p. 819, et Vat. n- 1490, fol. 32'.) — • Nous avons 

■ en cestuy chevalier, car il nous monstre plu.^ie- 

■ ment la faintise de nos hras, el la lascheié de nos 

■ courages, quant luy tout seul dompte ainsi nostre 

• partie adverse. * (Percef. Ifl, f, 137 >.) — ■ Quant le 

• chevalier eut ouy Pastonnet, et qu'ils eurent veue 
> la pucelle devant eulx tant belle que dedans leurs 

■ cueurs ne laissoient demeurer /(linfîse, ne couar- 

■ dise en eulx ; ains tant animez que merveilles 
< eurent grant hasEe de eulx armer. » (Id. V, 9'.) 
[• Faute de hardementet faintise de coer le vous 

• fonl faire. > (Froiss. II, 250.)] 

Fainture, a. /. Feinte. [' La quinte color [de 

• rhétorique] est apelée f^nture, por ce que on 



yLaOOgle 



FAI -i 

« faîDt une cbose qui n'a pooir ne nature de par* 
« 1er. • (Branet. Latin. Trésor, p.. 448.)] 

Bien n'aoroU amora donné 

Gnnt bonne avanture 

Se mK flame au cors senne 

Iknfnoit avotr cure 

De moT, qnl sani fainture. 

Et Muu rai»Beté, 

Li ai tôt mon cnenr donné. (Gace» Brulei, p. 465.J 

1. Faire, S. [Innaitif pris substantivement: • Je 

• vueil bien que chacun sache que je saiz ce /aire. > 
(«.165, p. 145, an. 1411.)] 

2. Faire, v. [C'est l'un des plus anciens mots de 
la langue : > In o quid il mi altresi fazet. • (Serment 
de Strasbourg.)— .Voldrentla faire diavle servir. - 
(Gaatilène de S" Ëulalie.) — Ce mot, comme avoir, 
voir, venir, a une signiflcaLion très étendue et par 
suite indéterminée. Il se prend pour : 

l°[Dire: • Bataille aurons, /'ont-il, car esgardes. ■ 
(Roncisvals, p. 96.)] 
3* [Se porter, avec le pronom le : ■ Que fait mes 

• siresTEst-il sains et naitiés ? • (Id.l59.) — . Le 

■ seigneur d'Eslouleville demanda comment le fai- 

■ soient le seigneur et la dame de Montmorencv, 
« coidant que icelluy Robert feust h eux. > (JJ. 136, 
p. 108, an. 1389.) — • Si leur demanda dou roy leur 

• père et de madame ta royne leur mère comment 

■ ils le faitoient. • (Froissart, Vil, 330.) De mâme 
en anglais : • How do you do. »] 

3° [Agir-, avec la conjoncUon que : < Vous ne faites 
< pas que courtois. ■ (Joinville, § 91.) — < 11 firent 

• que sage. - (Id. 621.) — • El /ait que dame et si 

■ fait bien. ■ (Parlonopex, v. 1ï51.) —'* Fait ense- 

• ment, si feras que cortoi. . (Agolant, v. 1216.) — 

> Avez fait que Toi de ce faire ; car vous n'y avez 

• riens gaigné. ■ [JJ. 138, p. 232, an. 1390.) — Celte 
expression est dans ïtoland : • Jo fereie que fols. ■ 
(v. 1053.) — ■ Kaimes ad fait çuo proz. ■ (v. 2423.) 

4° [^Faire à, suivi de l'inflnilir avec à, être digne, 
mériter: ■ Fait asez à prtsier. > (Roland, v. 1516.) 

■ Ces besoignes ne font pas à laissier. • (Proissart, 
XI, 262.) — ■ Faites vous à blasroer. » (Joinville, 

S 36.) — Parfois l'expression indique, non ce qui 
oit, mais ce qui peu l être fait : .> Li chastîaus est 

> fors et ue fait pas à prendre par assaut. • (Frois- 
sart, IV, 32.)] 

5* IFaire se substitue à un verbe précédemment 
exprimé,, et en prend le régime : • Plus curt à pied 

■ que ne fait un cheval. > (Roland, v. 890.) — 
« Uieuls sevent çue à tel afaire afiert que nous ne 

■ faitons. ■ (Froisa. H, 322.) — . Ils chevauchoient 

> sur bats dont on fait sommiers, sans estriers. ■ 
(ïd. XV, 176.)] — Marbodus, à l'article i», p. 1656. 
intitulé Uagnete, dit : 

Fer resembLe e al le trait 
Altraal cum Vaim&nt fMt. 
L'ail. 24, intitulé la Liguriène (col. 1658), dâ>Qte 
ainsi : 

Ugnrtaim oreitt • a'areste 
El date d'une fine bette 
Ki paimi plere attresi Teit 
Oun parmi ttire si ferrM 



> - FAI 

En latin : ■ Vertitor ia lapidem quod aUllAt ab 

• inguine lyncis. > — On lit daas Saint Bernard, 
p. 294 : Holt plus doit om geuner les vices ifun 

ne facet des viandes. ■ — ■ Quels chose nos puet 
estre a plus grant glore ke ceu Aiif... keDeus nos 
tenuit SI chiers. > (S. Bern. S. ifr. vss. p. 180.) — 
foire, accompagné d'un verbe à l'infinitif, est par- 
rois explétif : ■ Les gens dou pays ne coidassent 
jamais que li Francis deuissent passer les boi* 
de Tiérasse, ne chevaucier si avant ouUre les bos 
mais fesissent. > (Froissart, ni, 76.)] 
6* [Faire, avec un participe, a le sens de faire 
i l'infinitif: ■ fere cetsenz. ■ (D. Horice, Histoire de 
Bretagne, col. 980, an. 1261.) — > Faisivet enten- 
dant. ■ [S. Bernard, p. 373.)] 
7- [Former, taire l'éducation : * H est de boane 
Toulenté, et si se désire h faire, et il armer. • 
'Froissart, X, 55.) De li la locution à faire, dont 
l'éducation est à faire : > Lors sires li rois estoit 
Jones et à faire. » (Froisa. II, 259.) — • Il est ainsi 
d'un povre homme à faire qui ne s^et que c'est 
d'honneur, comme d'un loutre. > (U. XII, 235.)] 
8* [Avoir que faire de, avoir besoin : > Nous 
retournerons si riches que nous a'anronK jamais 
que faire de guerroier. > (Froiss. XIV, 298.)] 
9* [Avoir à faire de, a le même sens : • Vous en 
aves bien à faire, avant que vous soies au cor de 
vostre voiage. • (Id. IV, 419.)] 
10* [Avoir a faire, sans régime, être dans le 
besoin : * Et pensoil bien que cil de Tril avoient à 
faire.. . (M. ÏII. 153.)] 

11° [Avoir fait, être prêt : > Qui premiers avoit 
fait, premiers partoit. > [Id. XII, 168.)] 
12° [Faire , employé impersonnellement pour 
exprimer une situation : ■ Si eureut conseil que il 
metteroient la grignour partie de leurs geoB 
d'armes & l'endroit oix il fatioit le plus foible. • 
(Id.V, 113.)] 

13* [Se faire à quelqu'un, se dire le serviteur de 
quelqu'un: • Audriet fut examiné par serment ; il 
repondit qu'il estoit à nostre oncle de Bourgogne ; 
convaincu que non, il se yi<( à nostre très cher et 
très amé oncle le duc de Berry ; et après con- 
vaincu pareillement, il se Jtat a nous. ■ (JJ. 138. 
98, an. 1389.}] 

14* [Se /îiirË, être, devenir: ■ Li empereres le 
fait e halz e liez. • (Roland, v. 96.)] 
I.'i* [■ Le suppliant confessa, pour aoubted'icelle 
gehyne et de rigueur de justice, qu'il avoit fait 
nature en la bouche d'icelle femme. > (JJ. 123, 
,38, an. 1382.)] 

16* [< Icellui de Sasseville d'icellni espie le en- 
ferra et navra en la main entre deox doys, et loi 
teist sang et playe ouverte. > [Cart. de Lagny, 
42*, an. 1445.)] 

17* [> Aucuns de ses amis adviserent icrilni 
Hennequin qu'il se destournast et qu'U ne sefeisf 

• point à veoir devajit ledit Raoul. • (JJ. 144, page 
366, an. 1393.)] 

180 ■ Faire son commandement • s'est dit de 
Dieu qui a disposé de la vie d'un homme : < Si il 



yLaOOgle 



FAI 



■ aventkyDeu fet sud comandement âel rey de 
- Alemaigne. « {Rymer. I, p. ils*. Ut. de 1270.) 

19* ■ Faire sa volante (appareillé à). ■ Terme de 
respect et de soumissioa employé dans les lettres 
par celui qui écrit, pour marquer sa disposition à 
exécuter les ordres de celui à qui il s'adresse. 
BUocbe, duchesse de Bretagne, dit au roy d'Angle- 
terre : > Biance ducbesse de Bretaigae saluz e reve- 

■ rence, e soi appareille a ferre sa volenté. > 
^ymer, 1, p. 10S^ tit. de 1265.) ■ Soe appareille a 
« fere sa volenté en loies cboses. > (71 '', an. ISfiS.) 

W- • Lettres /elM, > lettres écrites. (Hymer, 1. 1, 
p. 13 ^ an. 1256.) 
21* - Faire aiue, • aider. ■ Des cest mal fait tiel 

* aiue. • (Harbod. hs. S. Victoi-, f. 1646.) 
22* ■ Faire adultère , ■ commettre adallère. 

• Paitivel adulteir. > (S. Ber. S. fr. p. 362.) 
23* ■ Faire semblans, ■ comparer : ■ A quel 

> gent ferons nos semblans les homes de ceste 

■ génération. > En latin : > Quibus assimilabimus 

— homines generationis hupis. • (S. Bernard, p. 1.) 

— - Se faire dolant. > (Ibid. p. 387.) 
24* ■ Faire sa grâce et bonne volonté. > On lit 

au préambule du pouvoir donné par le roy de Sicile 
à Edouard, fils aîné du rc4 d'Angleterre, parlant à 
ses divers ofUciers : ■ Nos faitoru nostre grâce e 

— nostre bone volenté. » (Rymer, 1. 1, p. 117 *, an. 
1270.) On lit dans le même titre rapporté en latin 
(ibid.): < Constitulis ftdelihus suis gratiam suam et 

■ bonam voluntatem. > 
25* ■ Fait (toi a), > tous, dans S. Bernard, où ils 

répondent au latin omnes, omnia, et univerta : * Ju 

■ niz tôt ayaitoovel > (p. 87); en latin: • Nova 

■ facio omnia. ■ — < Tôt à (ait ont desverpit • 
(p. 231); en latin : • Omnia reliquerunl. • — < Sos- 

■ tenaoz lot a /lut ■ (p. 77); en latin: • Portans 

■ omnes. • 
CoKJVfiAisoN : [Voir le GIoss. de la Chanson de 

Roland, 11, 343.} — Fae [Carpentier, Hist. de Cam- 
bray, p. 39, an. 1360]. — Face (Ducbesne, Gén. de 
Bar-le-Duc, p. 34). — Faced Tun (Loix Norm. art. 
35 et 41). — Facent (Loix Norm. art. 33). — Faceons 
(lurain, Hist. du uomléd'Aussoone, p. 33,an. 1239). 

— Faccres (Rymer. 1. 1, p. 71, an. riOSV — Facet 
(Loix Norm. art. 33). ~ Faeh (Carpenlier, Hisl. de 
Cambray, p. 27, an. 1230.) — Fâchent [Duchesne, 
Géo. de Guines, p. 284, an. 1241). — Faciens (S. B. 
Serm.fr.p. 133). -Faciès (Id. p. 59). — Faciet 
(Id. p. 09 et 381). — FaçoientlPéraré, Hist. de Bourg. 

S. 282, an. 1255). — Façont (Jurain, Hist. du comté 
'AussoDDe, p. 23, an. 12S9). — Factttts ('Pérard, 
Hial. de Bourg, p. 473, an. 1353). — Faet (Carpen- 
lier, Hiat. de Cambray, p. 18, an. 1133). — Fai 
(Ouchesoe, Gén.deBétbune, p. 47, an. 1348). — 
Faieet (S. B. Senn. £r. p. 366). — Faict (P^ard, 
Hist. de Bourg, p. 486, an. 1357). — Faict , Faiete 
Q>uchesne, Géa. de Béthune, p 138. an. 1249). — 
Faiett (Pérard. Hist. de Bourg, p. 460, an. 1246). ~ 
Faira(Harbodus, col. 1648). ~ FaJ« (Cart. us. delà 
Cb. des Comptes de Nevers, m, foL 16, an. 1247). 

— Fatiia ws (S. Bern. Serm. fr. p. 181). ~ Faiie% 



- *5l - FAI 

(Pérard, Hist. de Bourg, p. 503, an. 1262). — Faiz 
(Pérard, H. de Bourg, p. 481, an. 1256). — Far0i«nl 
Pérard, Hist. de Bourg, p. 514, an.V266). — Fa» 
[Ducbesne, Gén. de Béthune, p. 134, an. 1947). — 
Fas(»ms (Carpentier, Hist. de Cambray, p. 23, an. 
1198). — Fanm (Pérard, Hist. de Bourg, p. 466, 
an. 1246). - Fas(ms{id. p. 474, an. 1253). — Fasoye 
(Id. p. 4.-», an. 12411. —Fast (Marbodus, col. 1642). 

— Fa£(Duplessi8, HisL deHeaux, p. 151, an. 1248 . 

— Fa% [Duchesne, Gén. de Chastill. p. 45, an. 1236). 

— Feimes (Pérard, Hist. de Bourg. p.492, an. 1258). 

— Feitmes (La Ttiaumass. Coût. d'Orléans, p. 466, 
an. 1178), — Feisons (Rymer, I, p. 58, an. 1260). — 
Ffiissc (Loix Norm. art. 38). — Feiuent (Hist. de 
Sablé, par Ménage, p. 230, an. 1365). — Feiat (Du- 
chesne, Gén. de Cbastillon , p. 61, an. 1368). ~ 
Feme» (Hist. de Bret. col. 963, an. 1365). — Ferant 
(Duchesne, Géa. des Cfaasieigoers, p. 28, an. 1246). 

— Ferat {S. Bern. p. 44). — Feray [Pérard, Hist. de 
Bouiï. p. 482, an. 1255). — Feret (Duchesne, Gén. 
des Cbataigners, p. 27. an. 1220). —Feriens [Pérard, 
Hist. de Bourg, p. 514, an. 1366). — Ferit [S. Bern. 
p. 357). — Feroms [Rymer, !, p. 109, an. 1268). — 
Fcrreii (Marbodus, col. 1658). — Ferrons (Rymer, 
I, p. 116, an. 1370). — Fervnt (Marbodus, cûI. 1663). 

— Fes(Du Bouchet, Gén. de Coligny, p. 58, an. 1268). 

— Fe«a« (La Thaumass. Coût, d Orléans, p. 464, 
an. 1137). — Pesant (Bymer, 1, p. 45, an 1254). — 
Faisiuet (S. Bern. p. 362). — Fesaunt [Rymer, 1. 1. 
p. 100). — Fesimes (S. Bern. p. 65). — Fesi$$e 
[S. Bern. p. 253). — Fesitt (S. Bern. Serm. tr. kss, 
p. 17). — Feioms (Rymer, I, p. 105 ^ an. 1266). — 
Fêtons (La Thaumass. Coût. a'Orl. p. 464, an. 1137). 

— Fet [Carpentier. Histoire de Cambray, p. 18, 
an. 1133). — Fête [Rymer, 1. 1, p. 60, an. 1360). — 
Fe(/8ï (Rymer, t. I, p. 114 ^ an. 1370). — Feytet 
(D. Morice, Hist. de Bret. col. 1002). — Fm (La 
Thaumass. Coût. d'Orl. p. 465, an. 1168). — Fièrent 
(Rymer, 1, p. 45, an. 1269). — Fi««it(S. Bern. Serm. 
fr. p. 317). - Fissent (Ibid. p. 183). — Fist ( 
bodus, col. 1638). — Front (Rymer, t. I, p. 
an. 1270). — Frounï (Rymer, ï, p. 13 ^ an. 1256). 

— Frunt (Bymer, I, p. 105). — Fîint (S. B. p. 357). 

— Forrunt (Rymer, 1. 1, p. 114^ an. 1370). 
Fais. [Intercalez Fais, botte : > Il avoit pris nn 

■ fais de foing, c'est assuvoir ce qu'il en p'^voit 
• entrer en un lieo de blé. > (JJ. 155, page 251, 
an. 1400.)] 
Faisable, adj. Qui peut être fait. (Colgrave.) 



t riaar- 
. 114\ 



Anus remède plm faitSile f (Uarg. de la ttarg. 363.) 

Faisablement , adv. Facilement; en latin, 
agibiliter, dans le Catholicon lat.-fr. cilé par Du 
Cange, sous Agibilis. 

FaUableté, s. f. Possibilité de faire, ondt/îlos. 
(IWd.) 

Falsance, s. f. Action, moment de faire*. 
Corvée". 

* « La faisane* de ces lettres. ■ [Voyez Glose, de 
l'Hist de Bretagne.) — [■ Vous faisons savoir que 



yLaOOgle 



FAI -< 

■ à la feiance de cestes, nous estiens tout sains et 

■ en bon point. ■ (Harlène, Amp!. Coll. I, col. 1473, 
an. 13G0.) — ■ Après font mencioa vos dites lettres 

■ de vostre avènement à Rome, et que encore à la 

■ faisance d'icelles vos dites lettres n'avez fait reve- 

• rence à Grégoire. ■ {li. Anecd. II, co). 1331, 
an, 1407.)] Dans Je même sens, on dit en Norman- 
die, en termes de pratique: ■ la faisance d'une 

• rente, • c'est-à-dire la prestation d'une rente, 
l'action de Taire ou de continuer une rente. fLaur. 
Gloss. du Dr. fr.) 

* Le mot service, qui est dans le Gr. Coul. de 
Norm. fol. 139, répond au mot faisance, dans la 
Coût, de Norm. en vers, fol. 88*. — [> Lesquelles 

■ choses dessus diles et devisées oveuc toutes les 

■ appartennnches d'icelles que il soient, en 

( pasturages, en rentes, en faisances, en redevan- 
<■ ces, en franchises, en seignories, en prières, en 

■ corvée. » (Livre Rouge de la Ch. des Comptes, 
fol. 394% an. 1311.) On lit fesance au fol. MI\ 

Falsanneau, i. m. Faisandeau. (Colgrave.) 
Falsannler, s. m. Qui nourrit, vend ou cbasse 
les faisans. (Cotgrave, Oudin.) 

Faisant, s. m. Faisan [Du latin pliasianus, 
l'oiseau du Phase, de la Colchide ; voyez la citation 
80usCo£9-£,iniOj7£S.] On en distinguoit deux espèces: 
!■ • Faisant gentil, ou non bruyant • ; — 2° • Fai- 

• tant bruant, ou bruyant, • le coq de bruyère. — 

■ Faisant gentil • correspond à • faucon gentil, ■ 

au'on oppose à • faucon peregrin. • ("S' lu]. Mel. 
islor. p. 593.) Dans le tarif du prix nés denrées, 
on lit: > Faisant bE'uant, vingt deniers; faisant 

■ non bruant, deux sols six deniers. > (C. 6. il, 467.) 
Expressions: 1° • La queue du faisant se gaste- 

■ roit, ■ la mèche seroit éventée : ■ Hais faites que 
« soyez secret, luy montrant bon visage, autrement 

• laqueuedu /(iJsantsegasleroit. '(Strapar. 1,85.) 
^ ■ Faisandes deviennent beccasses, • les belles 

femmes deviennent laides et vieilles : 
Faitandei devienneiit beccasaes. 
Les culi troussez defiennent peaux, 
Les tetuns devienneiit tétasses. (Coqtiitl. p. 13.} 

Falsaul. [Fascines pour ta pèche: < Item li 

■ faisaul courront en ta manière qu'il a esté accous- 
. tumé. . (JJ. 65, p. 69, an. 1327.)] 

Faiseur, s. m. Créateur. [Le cas sujet était 
faiserres.^ 



" Premiers faiseurs • désignent les premiers 
auteurs d'u ne querelle qui donnoit lieu à une guerre 
privée entre les parents des deux parties : • La 

• quarenlaine (du roy S' Louis) ne s entend point 

■ de premiers faiseurs ; car entre ceux qui de 

■ coustume peuvent faire, et tenir goerre, cespre- 

• miers /ittseurs ne chéent point en quarentaine, 

■ l'un contre l'autre ; si ne feroient leurs autres 

■ cousins et amis que les premiers faiseurs mene- 

• TOient avec eux sur les premiers faiseurs. > 
(Bout. Som. Rur. p. 236.) Il signifie aussi poète : 



FAI 



Noble poète, et faitur n 

Plu» quOTide. fEv». Detch. fol. 150'.; 

EïPBEssioKs: !• . Faiseur d'oeuvre Wancbe. • 
(Colgrave.) 
2° ■ Grands vanteors, petits faiseurs. * (Colgr.) 
FalslI. [Mâchefer : . Que le faisil de leur fer, 

• quant il (les maréchaux et antres ouvriers en fer) 

■ le mettront hors, il le portent hors des portes de 

< le ville et le mettent es fossez, esquelles on a 

• prins le savelon. - (Liv. Rouge d'Abbev, arl. 47.)] 
Falslne. [Fascines pour la pêche: « Et pour ce 

> que desdiz engins (à pescher) les noms sont mes- 

■ cogneuz en plusieurs liex, nous les nommerons 

■ cy dessouz en escripl... ramées, [es&ines, fagos, 

• nasses. • (Ch. des Comptes de Paris, Reg. B', 
an. 1326, fol. 32'.)] 

Falsne, s. Le fruit du hêtre, d'après Borel. 
(Voyez FiviBE.) 

Vananta : FoiSNB. f.«uriâre. — Fatnnx. Uodns, fol. 83 *. 
- Fainnk. Iljld. fol. « k. - Fkinï. Ibid. foL 178 ■. 

Falsnleur. [< Pour garder icelui corps mort 

■ ont esté commis certains faisnieurs etgardiens. > 
(JJ. 168, p. 314, an. 1415.)] 

Falssance, s. /. Exploits. (Voir Faisakce.) 

Donc li diatrent Normonz, assez avei conta 

De Toetregrant^aisKince, de vostre graut bonté. (Rou,S$.J 

Falsse, s. f. Bâton *. Lange d'enfant ■. Fasce, 
terme de blason*^. 
*[■ Lequel suppliant tenoit un petit baston , 

< appelle faiise, aussi comme un petit paisseaîi 

• d une haie. > (JJ. 89, p. 450, an. 1360.)] 

" Dans l'énumération des reliques de N. S. que 
l'empereur de Conslantinople donna â Charlemagoe, 
on trouve : • Moitié de la couronne d'épines, un 

< des doux, le S' suaire, et la {aisse en quoy il 

■ estoit lyé en son enfance. > (Hist. de la Tois. d Or, 
vol. I, fol. 63 ^} 

<= On Wifaisse, dans Saiiitré, p. 378, et dans Froiss. 
liv. H, p. 214. — [- Ot maint escu portrait â fesse. » 
[G. Guiarl, an. 13D4.}] — On lit même Tousse, dans 
Froissart, liv. I, p. 400 : - 11 s'armoit de gueullesà 

< deux fausses noires, et une bordure noire non 

• endentée. > 

Faissé, jwr/. Fascé, divisé en fasces égales de 
largeur et de nombre : • Le seigneur de Cam- 

■ bronne fessé de huit pièces d'or, et de gueulles. ■ 
(Petit J. deSainIré, p. 434.) — On lit ^euué, au 1. 11, 
p. 439. — [* Cottes faiKies de gaune et de bleu. ■ 
(Froiss. X, 159.)] 

Falsseau, s. m. Faisceau, fagot. [On lit aux 
Chartes de D. C. sur l'empire de Constantioople, 
p. 26 : > Quatre vingts milliers de reime et soixante 

• neuf milliers de faisseaua. > — ■ Comme le sup- 

> pliant eust marchandé... de coupper et abatre 

■ certaine quantité de bois et en faire des fagos et 

< faschiei. * (JJ. 176, p. 114, an. 1442.)] — . Bois 
« comme faisceaux, fagots, bourrées. ■ (Coût, de 
Bailleul, N. C. Gén. I, p. 987 «.) — . Prisée de bois 

■ abbatus, à les prendre, et estimer en faisceaux. ■ 
(Coût, de Courtray, N. C. G. I, p. 1041 ^) — ■ Les 



y Google 



FAI - » 

> prendre, et esUtner comme ils estoient en fais- 
« ceaux, ou fasots. • (Ibid. p. 1053 *.) — • Le fais- 

■ seau de tout dois de trois pieds et demy de long, 

■ et autant de ^os au rond. ■(Coût, dé Hainaut, 
C. G. n, p. 149*.] — > Longueur de faisceaux, c'esl 

• trois pieds et demy. ■ (G. G. I, p: 814.] — • Quant 

■ à tous autres arbres croissans, reservez, ballots, 

> ilssepriseatcommeboisen/aschei. > [N. C. G. 
1. 1, p. 4^ •.) 

Falssel, «. m. On lit au Gloss. I. fr. us. de S. G. 
dans Du Gange, sous Fasces : ■ Fascis, faissel, ou 

• enseigne de bonneur. ■ 

Falssele, s /. Chaseret de bois ou d'osier pour 
les fromages : ■ Petits fromages en leurs faiscetles. > 
(Herl. Goc. t. 1. p. 171.) 

J« lui portermj nion formiige, 
Duia cette faitetle de jon. (U. de ta Uarg. f. 83 K) 
Douce craTme le nwtiii en foUalle. [E. Detch. f. 3SS *.) 
Founnage en/otuelitt. (V. dt Charles VU, p. 85.) 

• Un pelit fromage venant de la foiiselle, 6 d. 

■ ' par. en 1418. ■ (Journ. de Paris sous Charles TI, 
page 50.) — [Fiscina. • faistetle & faire fourmage, • 
au Gloss )3t. 7684 ] Le its. da Vatican 1490 donne 
fiMle {t. il3^.) 

Faisser. [Bander, appareiller une blessure : 

■ Emportent del cbamp lur nafrez, Faissiet,, liez et 

■ regardez Furent sempres sans demorance. * 
(Chron. des ducs de Normandie, v. 1300.) — De 
même nu reg. JJ. 17ti, p. 297, an. 1443 : ■ leellui 

■ Toalhon fijt confessé et raceut son crealenr; et 

• après fut faitsé et aparillé. •] 

Falssete. [Horoeau de terre, diminutif de faisse : 

■ Une faissete, qui fu Robin le Grant, qui lient vint 

■ et cinq veines. ■ (JJ. 65, p. S09, an. 1328.)] 
Fatssine, s. f. [Voyez la forme fessine, engin 

pour la pécbe, dans une citation sous fagot. On lit 
fattine, aux Ordonn. VU, p. 779, an. 1388, et au Gr. 
Coût, page.73.] 
Falssotr. [Houe : ■ Icelle femme frappa lé sup- 

■ pliant sur la teste d'an sarceau ou faissoir. > 
(ii. 201, p. 3, an. 1467.)] 

Falste, s. m. Comble, toit, sommet*. Côté op- 
posé à la lisière d'une étoffe, lisière d'un bois*. 

'[La forme la plus andeane est fett : > Dune 
€ vuDt les terres si gaslant Qu'il n'i laissent fat en 

• estant Qui fust del fieu te duc Reinier. > (Benoit 
de S. More, v. 2639.) — • Trois leveures d'un festre 

■ de maison neufre couverte de tuille, séant audit 

• Troyes en la rue de la granl taverne.- (JJ. 199, 
p. 434, an. 1464.]] — • Demeurans sous un faitt de 

> maison. • (La Tbaum., Coût, de Berry, p. 191.' 



• Le baron a droit 



• Gibet hfeit. ■ (Colgrave.) 

• d'avoir fourches patibulaires à quatre piliers,.. 

■ et à fett, et soufest. ■ (Coût, de Blois, C. G. t. II, 
p. 250.) — ■ Peut le dit baron avoir justice patibo- 

■ lairo à quatre piliers, mais il n'y aura point 

■ de [est par dessus. > (Coût, de Lodunois, Ibid. 
p. 545.) — ■ Peut avoir le comte, au merc de sajus- 

• tice, gibet à six piliiers, et le vicomte baron à 
«.qoatre pilUei?; toaleafois le duc d'Anjou peut 



ï- FAI 

■ bien avoir gibet, à fett tel que bon luy semblera, 

■ en signe de suzeraineté. • (Coût. d'Anjou, Ibid. 
page 65.} 

' • Tous vendeurs de drap en détail les aulneront 

• par le fest et s'il est trouvé que lestixiers v 

• lacent fraude, en faisant le drap plus long par lê 

• fest, que par les lizieres, ils en seront punis. - 
(Coût. d'Anjou, Coût. Gén. t. H, p. 75.)— [On lit 
encore dans un Arrêt du Conseil, du 3 oct. 1689 : 

> Permets. H. & tousmarohansetautres.... défaire 

• auner toutes les pièces tant parla lisière (lue par 

> le dos ou faite, et d'en payer le prix sur le pied 

• du moindre aunage. •] — * Qui est trouvé cou- 

• pant ung bois ou faiste de bois qui en procède 

• sans le congé de celu'y à qui il appartient, 

> amende de sept sols parisis. • (Coût, de Peroane, 
N. C. G. t. II, p. 601 ^) — Ou lit feste, au ms. 7615, 
t. U, f. 212 0. 

Falster, v. Poser la charpente du toit d'un bâti- 
ment. (Honet.) 

1. Fait. [Participe passé de faire : 1* Parvenu, 
enrichi : • Geste ordonnance fu moult griefs pour 
- les pluiseurs qui esloient tout amonle et fet de 

(par) ta guerre, et qui, en devant chou, estoient 
povre garchon et varlet. • (Froiss. t. VI, .Î27.) — 
2* Expert, exercé, fait â : « Chevaliers foibleset non 
fait de la guerre. • (Id. V, 227.) — ■ Il n'averont 
nulle durée contre nous, car il ne sont point fait 
de la guerre. ■ (Id. V, 129.) — 3» Tel : • En sifai- 
tei besongnes. - (Id. IV, 409.)] 

2. Fait. [1* Chose faite, action : < Al roi Marsille 
a tous les faix contez. ■ (Roncisvals, p. 69.) — 
Al jour del jugement, quant Dex tiendra ses 
plais, Auronlli pecheorgranlgaaingde \or fais. ■ 

(Saxons, sti-. 15.) — De là les locutions : > Car trop 

• avoient là demoret à pea de fait. ■ (Froiss. t. Ilf, 
p. 272.) — 2* Chose i faire, projet : « Bien voient 

■ qu'ils auront de leur fait la déserte. > (Berte, 
coupl. 94.) — « Li bourgois qui avoient mis avant 

le fait le duch de BratKint n osoienl parler ne con- 
tredire à ceuls qui proposoient le fait le roi d'En- 
gleterre. • (Froiss. V, 154.) — De là venir à son 
fait (II, 144) : on trouve en variante ■ acomplir son 

■ entente ■ ; ■ brisier son fait, • renoncer à ses 
projets. [Id. 111, 131) — 3* Direction : • Si se ordon- 
nèrent li Francbois bien et hardiment par le fait 
de leur souverain. » (Froiss. IV, 379.) — 4» Force, 

résolution : • Gens de fait. - (Id. X, 166.) — < Leur 
enemit estoient quatre contre un et toute gent de 
fait et de mer. > (Id. t. III, 202). - . Vous savés 

3ue je suis une seule femme, a point de fait ne 
e deffense. . (Id. VIII, 236.) — De là (te fait, de 

force : ■ Et l'acroquièrent de fait et de force. > (Id. 

t. V, 270.) — • De fait et à puissance de gens ils le 
vendroient quérir et l'emporteroient ofi que il 
ftist. . (Id. XVI, 18.) - Promptement : . Et 
avoient li Englès espies et meneurs qui menèrent 
tantost et de fet monseigneur Gautier et se roule 
en le tente. > (Id. IV, 104.) — En effet : • Et de 
fait le grant prieur presta au comle de Nevers 
trente mille francs. • (Id. t. XVI, p. 51.) — 4* bis. 



^ 



yLiOogle 



FAI - iJ 

VériUS : • Le duc y pooil bien adjousler foi, fait et 
« créance. • (Froiss. Xlll, M.) — 5» « Faire fait 
de, > prendre parti : ■ Li pHÏ& d'Englelene faisait 

• fait et partie dou calenge et dou procéder avunt. ■ 
{Froiss. t. I^lSl.) — &•• En faire (ait, • en faire 
son alTaire, en répondre : ■ Et en faiiioieiit li Lon- 

• dryen \ot fait. • (Froiss. 11, 39.) — En lireravan- 
tage : * Si fu proposé que li sires de Couci s'aideroit 

■ bien de ces compagnes et en ferait son fait en 
- Oslerice. - (Id. VllI, 368.) — En tenir compte : 

■ On n'en devoit, pour guerre ne disention qui 

• euist esté, jamais faire fait ne montrer sem- 
> blani. * (id. t. X, 440.) — 7" Dit fait de, au sujet 
de : • Si ay tousjours enquis et demandé du fait 

■ des guerres justement et des aventures qui en 

■ sont avenues. ■ (id. Il, 5.) — %• A fait, précisé- 
ment : . Nouvelles vinrent lontâ fait au connesta- 

■ ble. • (Id. t- X, 12j.) — 9* a fait que, à mesure 
que : ■ Et à fet qu'il minoient,il estanchonnoient. ■ 
(Id. VI, 2470 — 10° fûw le fait de, à cause de : 

■ Ceuls de Flandres où il habondé moult de llnan- 

■ ces ;)our te /"oiï de la marchandise, • (Id. t. XVI, 
p. 1)8.) — Dans la locution si fait, fait est verbe et 
non substantif; il remplace le verbeexprimé précé- 
demment : ■ Il n'aperlienl pas qu'en mon hostel 

■ iou aie riens del vosire. ■ — « Si fait, car lijeus 
« le porle ainsi. » (Froiss. 111, 459.) — C'est-à-dire 
il en appartient ainsi, $i apertient.] 

Faltard, adj. Lâche, paresseux, de fait et tard, 
celui qui fait tard. [On lit aux Miracles de Coiaci : 
< Assez puet on trouver de cbeus, Ei felarl sont et 

■ parecbeas. >] 

Losches, bintia, pireaceux, ae felart. (Deieh.f. i5S*.j 

Qu'ilx ne soiaat felart, lour, paieaseux. [Id. fol. MO '.J 

On ne luy sçcul pot, des mains, arracher : 

De bien boire, ne fut oncques faitard. (Vilt. p. 61.) 
Faitart est au^si le nom du mari dont la femme 
porte plainte au tribunal de l'abbé des Cornards, 
dans le 53* des Arr. Amor. Voyez Festardir. 

Faltardement, adv. Uollemenl, lâchement. 
(Oudin, Cotgrave.) 

Fattement, Faiterement, Faltlerement, 
adv. Cet adverbe exprime la façon dont une chose 
eet faite, et se trouve joint aux particules si, enti, 
com, coji. 11 signifie pareillement, tellement, ainsi, 
autant, comment, de quelle façon : ■ issi si /iiiiter«- 
- ment, > dans S. Alhao., Symb. fr. 1" trad. ; daos 
le laljn ita. Les deux Saxons Wilikind et Albion 

Furent cU doi crestleonA 

Pai' CarlemaiuDe U sMà ; 

Mais il turent si faitemiinl. 

Qu'il se mainliorent Tausement. (Movsl(es,p. lOS.j 

Madame en cui toute beauté 

S'est miM emi faiitment, 

Qu'en tous les Imu où vous venei, 

Ausi eon U soleil rasaUM, 

RespCandit la voatie lieauteE. j'en»* BruSet, I, p. 68 j 

Ji ne crerai qu'il soit si faitemenl 

Oae, por bonté, soit dame mr<inE unÉe. 

LI ^ «* Brt. Fai- usa. n. ISDO. t. Il, p. 1)8. 

Dans le fabliau de > celui qui enferma sa femme 

■ dans une tor, • où Molière a pofsé la scène prin- 
cipale de 6eor(f« DaBdiQ, U femme dit ft son mari : 



FAI 



Demain yos pirenB n 
Et bêlement lor monstrerai 
Com faiietnent m'avez honnie, 
El ave/, mené pnte vie. (Fàbl de S. G. f. 7 '.; 

On lit faitrement, dans les Chansons du comte 
Thibaut, p. 32 ; 

Si m'aist Diex, onquea ne Tic nuloi 
Très bien ajner ki n'en peust retraire : 
Et cil est tauB, et fel, et plains d'anoi, 
Ki faitrement veut mener son affaire. 

Falteurs. [On lit faileur, pour facteurs, eom- 
missionuaire, aux Ord. IV, p. 433, an. 1364.] 
Faltlé, adj. Caillé : • Lors print son couatet, et 

• se print à osterlesang/iiiliedeentoursaplaye. • 
(Percer. 1, f. 35 ■.) — ■ Le baignèrent pour laver le 

> sang qui estoit (aitié sur luy. > (Ibid. f. 60 ^.) 

1. Faltis, adj. Fait exprès, fait & plaisir; faiiis, 
dans S. Bejn. répond au latin factilius. Par suite il 
a signifié habite, capable, beau, joli, propre, exquis, 
excellent, parfait, accompli ; il se disoit aussi pour 
lait avec art, arlificiel.fai(is8i«f est usité en Anjou. 

Petits letina, hanches charnues, 
Eslevëes, propre a, faictuie» 
k tenir anourausea lissea. (Vilion, p. 30.) 

> pour esKarder. 

ifBooiu, Poil. HSS. (T. tK». t. IV, p. 1419. 

J'ai chducea de Bruges faitùx*. [Fabl. àeS. G. f. 4S *.) 
Moult est grant pourOs 
D'amer loiaumenti 
" - aprent 

(VU. i400, f. SS :} 

< 11 vesti un bon gippon faiettu, et bifil ouvrée ■ 

(Hist. de B. du Guescl. par Mén. p. 39.) — ■ Habil- 

■ lemens cointes, et faitU. > (Histoire de Bouoic. I, 

p. 29.) — [• Et esloit uns feiii escuyers el de 

• linage. - (Froiss. 11, 406.) — • Barrtaua. de fer 

> forgiéset fais tous faiti» pour lancier eleffoodrer 
« nefs. . (M. V, 259.)] 

\U!s sourcils blonds et Men tretis, 

loa yeu^c doulx et f«ti», • 

' riovant toujours btsiiI 
I la boucbe la plus souvent. (D. C. Ill, i83 1.)} 

Gris escureulx, fines laitissef, 

Afln que plu^ soient faitUte». [E. Detch. A98*:} 

Est-il gais, en parler ft^ti*. flbid. êOB*.) 

Et cil s'en vont isnelement. 

Tout droiUment k un vMm, 

Ou il avoit grans pex faitU 

Chacun a le sien esrachiè. (t'aiil. S. G.) 
■ Jamais ne seroil amez,.ne cofaeuz des dame», 

< pour ce qu'il estoit laiz, et mal faitis. ■ (Hist. de 
B. du Cuesclin, par Mén. p. 13.) 

Geote, cointe, propre, ou /iitUw. (Coguill, p. 7.) 

2. FaiUs, ad}, ou s. Désigne le pain de mënage, 
cuit à la maison ; il servoit à fiiire le potage, d'où 
il étoit aussi appelé ' pain de brode ou de brodM. • 
On trouve ■ bon pain bis faictit, > dans les Contes 
d'Eutrap. p. 313. - • Yivoitdu/ajfisdel'hosiel. • 
(Contes d'Eutrap. p. S16.} — [> Le suppliant dist à 

• sa femme que elle preist un grant pain feti% dit 

< tourte, et en feist des pièces et les doanasi auS" 
povres pour Dieu. > [U. 145, p. 182, an. 139S.) — 
3 même au reg. JJ. ISÔ, p. 837, an: «890 : < L ex« 



Qui riovant 
Que la bouc 



Den 



yLiOOgle 



FAI -1 

• posant Ini dist qu'il venist boire et qu'il apporta 

• uoe pièce de son paia faitis. ■] 

Tu n'as porolr, toi* d'une miche, 
Ou d'un morBÙin de pain faitit. (Dt»eh. 577 ^.j 
Si voloit de vostre vin Uanc, 
Et un hqI de vos pains faiiië. (Fabt. S. G. 80 '.) 
Noix moiuea, pemnaes, et pain fattia. (Deteh. liôyj 
m On fit crier le pain de .a. doubles, à .n. ^arisis 

> pesaDt ; le blanc .iiit. onces et le pain faitiz, à 

• loute la fleur, de .n. deniers pariais, pesant .xxitf. 

■ ooces, tout cuit. • (Jouru. de Paris, sous Charles 
VI et VU, an. 1441. p. 189.) — ■ Cliascunboulaiogier 

■ flat bon pain blaac,pain bourgeois, et pain festiz, 

■ a loute 33 Oeuf, et de certain pri::. ■ (Ibid^^aa. 
1418, page 52.) 

■ Fetis, ce qui se faisoit à la main, de ta maison 

• pour éviter la dépense de l'acheter au marché, 
( pourra chacun pour son estorement, et fetiz, 

■ avoir un four en sa maison. • (Glos. de l'Histoire 
àe Bretagne.) 

3. Faltis.ihJv. Expressément. Le drapier répond 
à Pattielin (p. 13) 

?.T. 

Ainai, des Uinea de mes beatea. 

Faltlssement, adv. Avec art, soin, habileté, 
adresse. [• Voilà cesti gui ordonna cesle bataille si 

■ faiticement et le gouverna ai sagement. * (Froîs. 
11^ 9,)] _ . S'en alla armer bien, et faiticement. < 
(Percer. II, 71*.) — « Bras rompu, mais si faitice- 

< ment accQustré, et relié qu'il n'y avoit rien que 

■ dire. . (Ibid. fol. 7*.)— * Lavèrent leurs corps, 

■ et leurs playes, ...puis les bandèrent bien, et 

• faitissement. » (PerceT. I, 87'.) — • N'oublièrent 

■ pas la finance; mais estoit en trois panniers 

> moult faitissement, sur deux forts chevaux de 

■ sonimiers. » (Froîs. IV, p. 35.) — ■ Ce premier 

> coup, ils se consuyvirent sur les tardes; mais 

■ point ils n'y prirent de dommage : aussi ne firent 

■ ils de mal, car le coup fut bien assis, et faitisse- 

■ ment: ils passèrent outre, en portant leurs glaives 
( diroits, et ûrent leur tour, et puis s'en revint 

< chacun sur son lez. ■ (Froiss. T, p. 52.] — ■ Les 

■ François estoîent si suillsamment, et faitissement 
« ordonnés que c'estoit un moult grand plaisir de 

■ les veoir. et regarder, > (Froiss. llv. I, p. 384.) — 

■ BecueilHrent aux lances, et aux pennars, les 

• Anglois, bien et fatistement. ■ (Id. page 365.) — 
« Chevaliers armez sur leurs chevaux montez bien. 
« et faitissement. • (Percef. I, fol. 56 '.) 

Faitlsset, adf. Diminutif de faitis. [On lit faiti- 
celle, dans nne citation de Gace de la Signe, sous 
fatcticité.^ 

Fault chaucei, et coH« bardie. 

Courte, et leate, rnSa me Van die, 

V« U beau piet, et faitioel. (Dmch. 497 *.) 

Qd Ut fmUsset, au ks. 6812, f. 58'. 

Paltltre, «. m. I>oète, dans nne ballade sur ta 
mort de Guillaume de Machaut : 



i- FAI 

Tons sc^hiatea, toute poeterte, 

Tous ceux qui ont muodieuse voix.... 

Demeneï daeil, car c'est bieo drois. 

La mort Haciiaut le noble rethoiique. (Deach. 38^.) 

Fattres. [Auteur, créateur; cas sujet de factenr 
dans Benoit de .S* More (II, 4): < Reis des anges, 
> faitres det mund, Père des choses qui y sunt. >] 

Si loi dit, o caiLit t>aroa ? 

Guide tu contre Diu tencbier? 

Ne t'i paet force avoir mestier : 

Trop i^iertement te desvoiee, 

Quant vera ton faitre ai guerroies. {Vies det SS. 53.) 

Falture. [1' Créature: • Li uns ert aire, l'autre 

• sers ; Li un faitre, l'autre faiture. » [Wace, Vierge 
Marie, p. 45.) — S° Forme, apparence, dans Saint 
Bernara, us. p. 343, • faiture des ncis • est en latin 
forma navium. — ■ Ce est Alhis le bien amé, Le 

• preux, et le bien renommé Au corps de très 

■ oeUe faiture. > (Alhis.) — 3> Sortilège: ■ Raymon 

■ ...qui publiquenientestoit renomméet dilTaméde 

■ faire charmes, charoiz, sorceries et autres mau- 

■ vestiez,... mis certains sorceries, charoiz et fat* 

■ tures soubz le sueil de l'huys de l'ostel. • (JJ. iQ9, 
p. 39, an. 1376.) — Visage: • Si li trenchat les oilz 
. et la faiture. - (RolaaS, v. 1328.)] 

Faix. [Du latin fascis, faisceau ; le sens de la 
racine est conservé au reg. JJ. 155, p. 251, an. 
1400 : > Il avoit pris un fais de rolog. c'est assavoir 
( ce qu'il en povoit entrer en un lien de blé. • — 
1* Charge, fardeau : ■ Greignur fais portet par giu, 

■ quant qu'il s'enveiset. ■ (Roland, v. 977.) — 
' Quant li baron l'entendent, (Aascun s'est arrière 

■ trais, Tout ainsi oom li asnesqui regarde le fais, ■ 
(Saxons, couplet XV,) — a» Force : • Nature donc a 

■ si grans fais Qu'ele set u bien u mauvais. • (Roi 
Guillaume, p. 94.) — ■ Finablement li Flament ne 

■ peurent porter ne soustenir le faix ne la force 
« des Englois et requièrent. ■ (Froiss. n, 436.)] 

Il est pris au figuré dans Pattielin, p. 61 : 
Comment peut il porter le féi 
De tant parler T 
De là, > grans faiz de chevaux, > grande quantité 
de chevaux ; Froissart écrit de l'armée de Charles VI 
au pont de Comines, en 1382 : > Tous ses gens 

■ passoienl, et le cbarroy, car il y avoit grand peu- 
ple, et grans faiz de chevaux. ■ (Liv. Il, p. 214.) 

Expressions: 1° • Estreen fais, • être accablé. 
S'una rota voua eust à espouse 
Tote ]a torre an lust en pâla : 
El pauvre gent en sont en ftui. (Bianch . 179 :} 
2* • A un fais, • ou . tout à un fais, • ensemble, 
tout d'un coup. [Celte locution, fréquente chez les 
trouvères, ne doit pas être interprétée par tout à 
fait : • Si eurent conseil que il chevauceroient au- 

■ tour de ce bois, et puis, tout à un fais et soudain- 

■ nement, il se bouteroient en l'ost. ■ (Froissart, 
IV, 254.)] 

Charaaigaa, at si parentM 

S'arreslenI, il un fais, aar loi : 

Ji U feiaaent grant annui. {Bal. da Q^ar. 9t:J 

< Reoulterent tont à nn faix desordoonéemeat. > 
(Froissart, liv. I, p. ISl.) — « 8e lanoe tout ik ung 



, Google 



FAL - i 

> faix sur la flesctie àe l'estendart, et l'arrache de 
. la lerre. - (Percef. !, f. 146".) 
3" - S'appuyer sur le faix, • 's'abandonner en 
- portant le coup. • Le roy misl sa lance en arresl, 

< et se afficha du tout sur les estriers, puis a'ap- 

■ pnye sar le coup pour le chevalier tuer, .. quant 

■ luy qui s'appuyoït du tout sur le faix, etc. > 
(Percer. I, f. 28*.) 

4° ■ Pierres de faix. • — • Noua appellions en 

■ rrani;oi& ces pierres (celles qu'on jettoit par le 

• moyen des batistes, ou mangooneaux) pierres de 

• faix, cest-ù-dire de grosseur comme un Tardeau, 

< ou Taisseau qui vient du latin foicis. • (Fauchet, 
Orig. p. 119.) — [• Li enghiensjetterenl pierres de 

■ fais dedens la ville. > (Froissart, 111, 270.)] 
PROTERns : • Â haute montée, le faix encombre. • 

(Cotgrave.) 
Falaise, s. f. Hauteur, montagne. [■ La desro- 

< cbent li Tur à moult grant encombrier ; Qui chiet 

• en la falaise, jà n'en esteut ptaidier. Aussi bien li 
« venroil en entier tresbuchier. ■ (Chans. d'Anlio- 
che. VI, 1037.)] 

Mainte fatiie (rA.ngIeterre) a sur la mer posée, 

Haulte, et blanche, dont mainte reaiou 

La puet veoir. (E.Deseh. 306'.} 

U vaudrait miculx traire falise» 

De quarrieres, qu'enfons porter. (Id. 510 '.j 

Tintanoel est bien derensablea,.... 

De faloiae est close, et de mer. (BnU, 53 '.) 

Qiiiatrent tant valéca, et plaioea, 

Uuistrent faloiiei, et montaignes. (Ibid. 108 ^.} 

Falasses. [Artifices: ■ El menu tellement le 

• pape par ses dons et ses falasses. • (Frais. Il, 40. j] 
Falchelson. [Récolte de foin, dans la Chron. 

des ducs de Normiindie.] 

Fale, s. f. Jabot des oiseaux, en Normandie. 
[En Bretagne, ce mot désigne la pocbe que forme 
la chemise serrée par la ceinlure du pantalon.] 

Falerer, v. Harnacher *. Parer, orner'. [Mot 
tout savant fait sur le latin phalerœ.] 

* - MuUes bien phaterces. • (Rab. V, p. 109.) — 

■ Mulle bien accoustrée, et richement phallerée. • 
{}. d'AuL Ann. de Louis XH, fol. 30 ^) 

' ■ Fennne falerée, et fardée, pleine de villenie, 

• mensonge, et vanité. • (Carlheny, Voyage du Ch" 
Errant, fol. 3i ''.1 — • Maintenant nos masles, et 
« hommes... se mirent, fardent, et (allèrent . afin 

• qu'ils plaisent il eux mesme, et de soy mesme se 

■ font égaux, et semblables aux femmes. * [Nef 
desFûls, fol. 45».; 



Dames blancbes, comme beaux cignea \ 
Plus que déesses phallerées. (Marot, p. 153.) 

D'orrsverie baultement phalleréet. (Id. p. 159.) 

Par toutes pracliquee, 
I^ur corps phallerotent, 
E>ui8, en leurs trafiques, 
Dardoient comme ploques 
Regards Ténériques. (Id. ibid.) 

On disoit aussi ■ adulation ;)Aa/£r^e. > (Cartheny, 
Voyage du Chevalier Errant, fol. 5'.) 



5- FAL 

Falester, v. • Ële ne doit douver avoir, par la 
> reson que son baron fuit félon, et porta jugemeot 

■ de felony de qui il fuit pendu, ou descolé ou 
• faleslé, ou desmembré, ou noyé , ou en ascune 

■ m;iniere à mortdampné. * [Britton, Lois d'Angl. 
fol. 257 ».] Ces mots • descolé, ou faletté ■ marquent 
peut-'étre la distinction des deux manières dont oa 
déeapitoit anciennemeut les criminels: on coupoit 
le col aux uns; à d'autres, comme à S' Denis, ou 
enlevoit seulement le test du crâne, le sommet de 
la léte. 

Fallbourdes, s. f. pi. Fariboles. • Toutes vos 

■ /'a/tbourd£S astrologiques sont sottes, inutiles, et 
» mcommodes. • (Cotitesde Chol. fol. 19i'.) 

1. Fallace, s. f. Tromperie, fausseté: 
... En ce lieu, n'a baret, ne fallaee. (Faifeu, p. 18.) 
Tu as beau corps, et belle tace. 
Mais ton cueur est plein de. fallace. (C. Uarot, p. $90.J 



On lit faiase au hs. 7218, fol. 231 '. 

2. Fallace, adj. Trompeur, faux. « L'auspice... 
•I estoit bien par trop fallace. • (Rab. t. Il, p. 246.) 

Fallacleusement, adv. Faussement. (Honel.) 

Fallange, s. [Araignée, faucheux. Du grec 
foXàyi, bâton, à cause de la longueur de ses pattes.] 

— • Quand les cerfs ont esté mordus des fallanges, 

• ou d'autres bestes venimeuses, ils amassent des 

■ cancres de rivière, et les mai^ent, ce qui fait 
< estimer que leur remède est pareillement bon 

• pour l'homme. • [Charles IX, de la Chasse, p. 28.) 

— . Ceux... qui sont mordus des p?ia/07(ffes,serpen8 

• venimeux, sont guéris par la musique, et par la 

• danse. > [Bouchet, Serées, I, p. 139.] Les phalan- 
0ds sont distinguées des tarentules, dans Rab. fV, 
p. 275. Cependant phalange semble désigner la 
tarentule, dans les vers non imprimés du Mépris 
des fem mes, par Scevole de S" Marthe : 

Hé, n'as tu jamais veu la guarison estrange 
Ou raucneur Tarenlin, piqué de la phalange, 

Eue le venin agite, et seulement le son 
e la musique peut dissiper ce poisAn î 
Telles sont les chansons des scavantes tiucelles. 
Qui estouOent d'amour les vives estinccdles. 

Du VwL ffiU. r. 1141. 

Fallez. [Synonyme de Lombards, au reg.JJ.74, 
p. 428, an. 1342 : < La compaignie des fallez. •>] 

Fallols, s. lin mercier parlanldes marchandises 
de toute espèce qu'il mel en vente, comme • poivre, 

■ saffran, ligues, dates, fils d'argent et d'arcba), 

> dcz ù jouer, > ajoute: 

J'ai fermaux d'archal, et anïeaux. 
Et baudrez, et fatloi* moult beans, 
Dont je doig .m. sols por un oef : 
Il n'a gaires qu'il furent nuef. (Fabl, de S. G. fol. 43 •■) 
Fallon. [Cheville du pied : • Montés sur ua 

> blanc coui-sier, vesti de sambue jusques en es 

• fallons des pies. ■ (Froiss. Il, 100.) — « Chevaux 

> armés et couvert jusqu'au /'a/ion. ■ (Id. III, 43.) 
Ce même mot se présente ailleurs, sous les formes 
feillon, fellon (Chevalier à la Manche, 227 ; Gilles 



y Google 



FAL -* 

do Chin. 3136) ; /tllon filon (Baudouin de Condé, Dit 
du Pel, 2-26; Renausde Montauban. 1-27). Froissart 
donne aussi la forme /eion (XV, 40): • Les pages 

■ chcvaiichoient aux félons de son cheval. >] 
Fallotte, s. /'.Unième. (Bouch.Serdes, il, 207.) 
FaIoise.||Tromperie. au poème de flobert-le- 

Diable: ■ Mais ains ne me vausiates croire, Ainchois 

• teniez tout ù rafoiS£ Et à cscap et A folie, A gas 
« et ô mélancolie. » [Du Cange, III, 196".)] 

Falorder. [Tromper, duper, aux Fabliaux 
(III, 70): « Li cters esraument se porvoit Oui les 

> veut aler falordanl; Ve^ ci, fet il, un besaot. >] 

1. Falot, adj. Folâtre, bouffon: 

Francays, trancz fallott. (Crclin.p. i72.) 

OnadildeDiogène: • Ce vieux cynique estoit 
« un vray falot. > (Garasse, Rech. des Rech. p. 9.) 

— ■ U gentil /(i/otGalien. ■ (Rab. t. Ili , p. 4-2.] 
Jean Serre, dont voici l'épituphe, étoit un excellent 
joueur de farce: 

Cy dessous eist, et loge ea serre 

Ce très genUl falloi Jan Serre. (C. Matvt, p. 4Si.) 

2. Falot [liSnterne : • Oliviers de Clisson renoit 

• moult puissammeulA/fiIos, à brandons, o lui 

■ hommes cinq cent. • (Cnvelier, v. 21749.)] 
Falotement, adv. Follement: 

Et pour mon ennuy compenser, 
Je vous Tins madame embrasser. 
Et la baisë falolemenl, 

Uag pelitet, tant seulement. (R. de CoHen/e, p. 53.) 

Falotterie, s. f. BoufToenerie. (Ûudin.) 

Palourde, s. f. Tromperie. [Comme bourde 

signifie fagot, falourde sigmrie fascine de gros bois. 

Voyez Velourde. C'est le sens ligure qui fournit le 

plus d'exemples : • Je sai bien tjonnoistre tes bordes 

> El les lobes et tes /a/oriteâ. • (Renart, v. 16656.) 

— ■ Une grant Irufe, une falourde , Une fastrnsle, 

■ une bourde. >(HiracksaeCoinci,daiisDu Cange, 

m, 196'.) 

Diex I oil ^a'en a il a Fere 7 

En autre lien les covient Irere, 

Ou il me fet l'oreille sorde. 

Que 11 n'a cure de ma falorde. (Rutebeuf, H, 13.) 

Faiourder.ïi. Abuser, tromper. [Voir FAI.OIIDEB.] 
Ha 1 clous, ce dit li seneecliaus, 
Monseigneur as fet toi les maus ; 
\3Bez sauras de falourder. 
Se de ci te puei eschaper : 
Or en droit te corient morir. (Eitrub.p. 56.) 

Falourdeur. [Imposleur ; • Le roy soustenoit 

■ à lort et sans raison cel antipape d'Avignon Robert 
' de Jeanes, ce falourdeur, orgueilleux et presomp- 

— tueux. • (Froissart, XV, 93.)] 

Falsade. s. f. Terme de guerre. « Nos deux 

> batteries tirèrent, et ue cessèrent jusques à la 

■ nuit, en laquelle, avec quarante gabions qui nous 
« vinrent, nous avançâmes par falsades jusque 
< contre la pièce que nous voullioos attaquer. ■ 
(Bassomp. Mém. t. Ili, p. 47.) — • Avoient desjà 

• commencé quelques traverses qui venoient jus- 

■ ques contre celte pétille rivicrc dont ils avoient 

• détourntilecours, et mis dans son lit quelques 



' - FAM 

• gabions en falsades, pour servir de blindes. • 
(Ibid. p. 81.) 

Falserle. [Uensonge: > N'i remeindrat n sez 

• ne falserie. • (Roland, v. 3605.)] 
Falslflable, adj. Sujet à éire trompé. (Oudin.) 

Honluigne dit de l'homme et de l'incertitude de ses 
connoissances : < Il ne peut fuir que les sens ne 

■ soient les souverains maislres de sa connoissaoce ; 

■ mais ils sont incertains, et falsifiables à toutes 
. circonstances. ■ (11, p. 479.) 

Faite. [Plaques couvrant le jupon de mailles 
attacbé à la cuirasse pour protéger le las-venlre et 
les cuisses. Voir Faude, 2.] 

Falue. [Gomme falourde, dans Partonopex , 
V. 859 : ■ Ne vos vuel plus loer le rue Que nel tenis- 

• sié.s à falue. >] 

FaluDières, s. f. pi. On appelle ainsi dans la 
TouraiueetdanslePoitou des amas considérables de 
coquillages. Voyez Merc. de Fr. mars 17r)6, p. 178; 
on nomme falun la terre composée de ces coquil- 
lages. C'est une soMe de banc de plus de trois toises 
de profondeur et de plus de 30 lieues de long, sur 
plusieurs lieues de large. Je erois'qu'il y a un 
mémoire à ce sujet dans les Mém. de l'Académie 
des Sciences. 

Falve. [Fauve ; un cheval a « la teste lute falve, • 
dans Roland, V. 1656.] 

Fambray. [Fumier : - Pour cuier et nettoyer 

■ icelle maison de fambray. > (JJ. 207 , p. 04 , an, 
1480.}0nlit aureg. JJ. 139, p. 230, an. 1390: 

• Icellui Jeliannin avoit mené aux champs deux 

■ chevaux avec une cbarette ou tumberei chargié 

• de fembroy ou marlays. •] 

Fambroyer. v. Fumer. ■ Aucuns flefz qui sont 
< dételle condition comme valer au fain, feoer, 
1 soyer les biez, fambroyer, ou aller clKirruer, ou 

- charroyerles vins, curer doves, ou biez. . (Ane. 
Coût. deBret. fol. 143.) — [On trouve aussi fambi-er 
et fiatnbrer, au cartulaire de Lagny ; . Seront tenus 

• les dits preneurs de deffriclier pfez et terres 

• fumer et {ambrer prés et loing (fol. 232). > Fiam- 
&r^ est au fol. 162 ''.j 

Famé, s. f. Renommée, rumeur: 

... Si tosl que la (ame, aux ailes etupluméea, 
Eut la France remply de glaives, et d'armées. (Dura>i.) 
[On lit dans Froissart : < Chils famés [II, 243) ■; 

— . ce vilain famé (IV, 1991. >] 

Famé. adj. Renommé: • Maisons bien famée», 

■ et renommées. • (L'Am. Ressusc. .p. 279.) 

L«8 un vieitlart, personne très famée. (J. JHarvt, 1SS:J 
Priseï, cheriz, eslimei, et famet. {Crétin, p. 63.) 
[On lit famé aux Vigiles de Charles VIL (. i, p. 46, 
el femé au hs. 7615, 11, fol. 131*.] 
Fameiller, v.; Avoir faim. 

. . . . n trouva l'uis veroiUiâ, 

Et moult estoit baut 11 mur ; 

N'I pot entrer, aini fameilia. 

Et la bin moult le traveUla. ^JfS. 7?/9, fOS :) 



yLaOOgle 



FAM 

Fameilleus, adj. AfTamé, famélique ; famillous, 
dans S' Bernard, répond à esnriens. 
Kachiere gS prent i 



Ne set U eaouB 

<Jae est au fameilloux. fProv. du VU. nw. de S. G. 74V 

.... Plus plaist mençonge & bricoo, 

Qu'a femeilleui char de puon. [Fabl. S. G. 4 ^.J 

[On lit dans un bestiaire us. cilé par Du Gange, 
m, 200' : • Li goupils est moult arlifleuf, Quant il 

• est auques fameilleus. • — ■ Et se lierl entr'eus 
. comme lions familleus. » (Mén, de Rains.g 28â.)] 

Famellleusement, adv. (Cotgr.) 

Famel. [fer de flèctie: « Laquelle vire estoit 
« ferrée d'un fer nommé [aniel. • (JJ. 169, p. 317, 
an. 1416.)] , 

Famelieres. [Ami, dans une charte de 1274, 
au Ms. fr. anc- 2591 : » Je Miles de Gnlatas chevalier 

• eV famelieres dou très noble empereor de Oons- 

■ tanlinoble. > Dans l'appendice au Villchardouin 
de Du Gange, on lit familiaives.'] 

Famenine. ||Qui tient de la femme : • Trop par 

■ as esté fainemne, Fet il, voirement es-tu foie. ■ 
(Renart, v. 17290.)] 

Famer, v. Acquérir de la réputation *. Publier '. 
Diffamer*^. 

* S'il faut qu'& servir i) s'ordoane 
Pour /'amer. (Contred. de Songecr. i6S *.} 

■ Voir Contredits de Songecrcox, f. 177*. 

' . Accuser, ou famer de reproches vilaines, ou 

> de diffame. > (Bout. Som. Rur. p. 325.) 
Fameusement, adv. D'une manière fameuse. 

(Ouilin.l 
Fanillians, ad}. Vivant en famille. ■ Se home 

> bat, ou llert sa fcme, ou sa feme lui, ou se aucun 

• de eaus se fait à son fis, ou à sa fille, tact com il 

• soit famitians, ce est que il les ait émancipés, et 

> est partis de lui.... il, ne elle n'est pas tenus de 

> paier la peine dessus dite. > (Assis, de Jérusalem, 
p. 90el91.) 

Familiariser, v. Fréquenter, entretenir com- 
merce. • Emilie sçactiant que son mary Scipion 

• familiarisoit avec une sienne esclave, n'en fit 

• point plus mauvais traitement à cette esclave. ■ 
(Contes de Ghotières, f. 183 ^) 

Familiarité , s. f. [On lit déjà au livre de 
Justice, 71 : • Ne saiez pas familiez ù toz. mes aiez 

■ quenoissence à toz, quar po avient que de grant 

• familiarité ne vegne péril dejuriditdion. •] 
1* On disoit proverbialement : 

Trop mnt familûirité 

NiHunst, et engendra oaatemps. (E. Deseh. 396 ^.J 
[De même au Hénagier, I, 9: ■ Comme l'on dit 

■ que trop grant familiarité engendre mespriae- 

■ ment, aussi fait trop grant humilité. ■] — ■ Cil 

■ qui tiendront le parlement ne beuvent, ne ne 

■ mangent, avec les parties qui ont à faire par 

■ devant euls, ne les dites parties avec euls, ne 
- avec les avooais ; car l'en dit pieça que trop 



» - FAM 

■ grande familiarité engendre grand mal. ■ fOrd. 
de Ptiilîppe le Long, 17, nov. 1318 ; Ord. t. 1, 676.) 

2° • Lettres de /VimtfianM. > Elles ont lieu ■ quant 

■ aucun prince, tant séculier, que ecclésiastique. 

■ fait foy que telle personne est son serviteur, 

• familier, parent. ■ (Fabri, Art.de rhélonq. 163''.) 
Louis de France, duc d'Anjou, voulant faire la con- 
quête de la Sicile, fait expédier des lettres de 
familiarité, à la mode d'Italie, à tous ceux qu'il 
enga^eoit à son service. (Le Lab. Histoire de Louis 
d'Anjou, roi de Sicile, p. 71 .) Froissart demande au 
G" de Blois son • bon et souverain maistre, * la 
permission d'aller à la cour du comte de Foix ; le 
comte de Blois la lui accorde, et lui donne ■ des 

• lettres de familiarité, udref^antes au comte de 
. Foix. . (Froiss. liv. 111, p. 1.) 

1. Familier, s. m. Ami, favori*. Domestique". 
Sorte de religieux *=. 
* [• Aucun de ses familiers groussoient de ce 

■ que il fesoit si larges aumosnes. * (Joinville, 
§ 726.)^ — ■ Dn genulhomme qui estoit de me» 

• familiers. • (L'Am. Ressusc. 807.) — ■ Greiviller 

• fut grand amy de Bretel, et fort son familier. ■ 
(Fauch. Lang. et poës. p. 191.) — • Le seigneur de 

> Saintré... est si prochain familier de nostre sire 

• le roy. > (Saintré, 11, p. 639.) 

" [• ils ont fait édifier ung hostel ou maisons à 

• leurs dépens pour mettre eulx et leurs biens, 
« familiers et serviteurs it saiiveté. » (Charte de 
Charles V, an. 1378.)] — • Le familier ne peut 

> accuser son maistre de qui famille il est, ne le 

■ serf son maistre, ne son seigneur. > [Bout. Som. 
Rur. p. 222 ) — « Serviteurs, et familiers. • (Ord. 
III, p. 561.) Il s'est dit des domestiques ou officiers 
du roi, ou des princes. [« Guillaume de Seurpîgny 

• escuyer ou familier de l'abbé de S' Pierre le Vif 

• de Sens. » (JJ. 138, p. 60, an. 1389J] On lit dans 
rOrd. de 1319, pour la Chambre des Comptes: ■ Que 

> en nostre dite chambre n'ait que trois maistres 

■ lais.... Guillaume Courteheuse, nostre chevalier, 

■ Martin des Essarts, et Giraut Guette nos famt- 
« liaits. » (Ordon. 1. 1, p. 704.) — « Chevalier, et 

• familier du comte de Sommerset. > (Sfoostr. I, 
f. 2 *.) — - Familier et menestrier du duc. • (Etat 
des offlc. du duc de Bourgogne, p. 138.) — On a dit 
aussi familiers, des domestiques attachés aux gens 
d'église et aux maisons religieuses: ■ Les familiers 

■ desecclesiasUques, • c'est-à-dire leurs domesti- 
ques participoient aux privilèges de la cléricature. 
[Pleury, Histoire eccles. t. XiX, dise. 1, p. 14.) — 

• Varlets et familiers d'icelle abbaye. » (Monstr. I, 
fol. 144''.)— « Iceulx chartreux, et leurs familiers 

■ mettons en nostre sauvegarde. ■ (Ord. I. II!, 635.) 
j^amfliersdési^ne aussi les fadeurs des marchands, 
les ouvriers: > Instituteurs, et exercitenrs sont les 

■ familiers que les marchans ont fait de leur mar- 

■ chsndise, tant par mer comme par terre, et qui 

> le fait de leur marchandise meinenl, et gouver- 

■ nent, sans ce que les marchands y soient pre- 

■ sens. ■ (Bouteiller, Som. Rur. p. 56.) — > Les dits 

• marchands, voituriers, et familiers. ■ — (Ordon. 



yLaOOgle 



FAM - * 

t. ni, p. !)59.) — « Iceuls marchands, voiluriers, 

■ leurs enfans, et familliers. • [Ibid. p. 405.) 

^ > Les frères au cliapeau, qui sont d'iiislitution 

• moderne, se nomment fumiliers. • (La Roque, 
Orig. des ^oms, p. 251.) 

2. Familier, adj. Qui est de la ramille. • Fils 

• familierf • fils en puissance de père et de mère. 
(Du Gange, d'après un gloss. sous Filius familias.) 
— • Le fils familier, greigtieur de .sx. ans, peut 

< ester en jugement,... sans autorité, ou licence de 
. son père. ■ (Coût. Gén. H, p. iiO.) — • Obligation 

• de pupille, ou do fils familier, ou de furieux. ■ 
(Bout. Som. Rur. p. 83.) 

Famille , t. f. Maison *. Domestique (latin 
familia) •. Ordre religieuT ". 
*■ L'archevesquedcRavenneestoitde \a famille, 

< et maison des Ursins de Rome. > (Al. Ctiart. Hist- 
de Charles VII, an. 1451, page 259.) Voyez la 
raison pour laquelle • parmy la noblesse le nom 

< de maison est plus relevé que celui de famille, • 
dans La Roque, Orlg. des Noms, 24. On disoit en 
proverbe : 

• Famille d'Archambaut ; plus y en a pis vaut. > 
(Colgr. et Oud., Cur.fr.) 

' • Environ trente valets, que pages de la famille 
. du duc de Bourgogne. » (Monslr. 1, fol. 282''.) — 
•I Ceux qui sont de la famille d'aucun, ou selon 

• aucuns de familles, et de robes, ne peuvent, ne 

■ doivent porter témoignage pour leur seigneur, et 
. maistre. » (Bout. Som. Rur. p. 616.) — - Tant y 

■ demoura que ce seigneur le retint de sa famille, 

• pour ce qu'il chevauchoil moult bien, et luy plul 

■ tellement qu'il le fist son escuyer. • (Percef. III, 
f. 94».} Famille et mesgnie sont synonymes, dans 
Percef. I, fol. 139 ''. — > Eslre de sa famille, et des 

• robes • (Bout. Som. Rur. p. 628), cest-it-dire être 
attactufi au service de quelqu'un et recevoir de lui 
des • robes 'diles- livrées. • — Le duede Guyenne, 
frère de Louis XI, dans son testament, dit à l'ariicle 
de ses domestiques: * FiDalJement faut venir en 

< nostre famille, que vulgairement on dit nostre 

• maison, > (Hermite de soliers. cabinet de Louis 
XI, à]asuitedeCûmines,l.lV, p.221.)— • Maistre 

• Geoffroy de Bouillon, secrétaire du duc d'Aqui- 

< taine, et de la famille du seigneur de Boissay, 

• décollé avec deux escuyers, en la présence du 

• dit seigneur de Boissuy. • (Monslr. I, f. 151 ■.) 

' I François George de la famille des frères 

• mineurs. > (Do Verd. Bibl. p. 523.) 
FamlUlant, parf te. Aidant. • Les dits membres 

< ont diverses actions, et offices, par la divine pro- 

■ vidence, si bien conduictes, et ordonnées que 

■ l'an membre ne puet bien exercer son oUlce, si 

■ non par tant que les autres membres luy soient 

• en aide, et tamilliers, famillian». ■ (Le Jouv. ms. 
page 314.) 

Famine, t. f. [• Puis fu en Egipte aset plus 

• qu'emperere, E gnardi ses parens de la famine 
. amtre. » (Th. le Martyr, 65.)] — • Famine de 

• povres clercs. • (Poët. av. laoo, IV, p. 16M.) 



»- FAN 

Famls, adj. Affamé. 
Plus aigres est li oisiaus 
^amû, que 1i i»ou)ez. [Vixt. n'iiOO, f70>.y 

On lit fameis aux Poêt. av. 1300, ÎI, 829. 
Famulaires, s. m.'Calecons, dérivé de fémur: 

• De robes se vestoit ù la manière de France, em- 

■ près la char usoit de chemises et ie famulaires 

• de lin. ■ (Dom Bouquet, t. V, p. '266.) 

Fane, s. m. Fange, limon. On Ut, sur l'arrogance 
des gens d'église : 

Tez est issuz et nei de fane, 

Tant psr est flers, bien le puia dire, 

Qu'il ne daigne chanter, Ditire. (Sf Léoe. m». S. G. S9-.J 

E. Deschamps donne fang, f. 18''. [• Un vivier 

• emprès les Tontennes de Desierrée, qui est aterriz 

• et plainz de fane. > (JJ. 72, p. 403, an. 1343.]] 
Fandace. [Fente : ■ Par une fandace de l'uys 

■ virent les faulx marchanz dessusdiz couchiez 
. devant le feu. • (JJ. 108, p. 96, an. 1375.) — 

• Icellui Jehan en soy jouant frappa de son dit 

• badelaire...à l'endroit d'une ^endOM qui estoiten 

- laditte cotte de fer. . (JJ. 129, p. 218, an. 138«.)j 
Fandofles. [Machine de guerre: * Forment 

• commeneierent [les Wandes) a assaillir la ville de 

< javeloz et de fondes et de fandofles et de liex 

• eslrumens comme il avoient. • (Chron. de Saint 
Denis, liv. V, ch. 26.)] 

Fanfare, s. f. Son des trompettes; Pasquier 
(Rech. liv. VIII, p. 671) le croit une onomatopée. ~- 

■ Phifres, tambours, guidons, fanfares de trom- 

• nettes, enseignes, esteadars. • (Mém. de Montluc, 
t. Il, p. 5Û).) — • Babioles et fanfares, niaiseries, 

< bealilles , et baguenauderies , • â propos des 
réjouissances publiques que firent les catholiques 
pour la conversion d'Henry IV. (Mém. de Sully, 11, 
page 62.) — • Favorables accueils, et fanfares, ■ à 
propos de la réception que fit le roy Sigebert à 
Brunehaut. (Pasquier, Bech. liv. V, ch. 15, p. 418.) 

— • Les fanfares de Rome. > (Rab. t. Il, p. 56.) — 
H. Estienne appelle ainsi les pompeusescérémonies 
de l'office divin dans l'église romaine. 

Fanfarer, v. Sonner de la trompette , soit pour 
annoncer le combat, soit pour célébrer la vlctoir* : 
« Ne faisant que s'entreregarder, faire fanfarer 

• leurs trompettes, et bruire leurs tambours. • 
(Sully, II, p, '241.) — De là ■ fanfarer les signaux. • 
avertir par la trompette. (Id. I, p. 108.) — « Phaui- 
« pharer la victoire. » (Peler, d'am. II, p. 590.) 

Fanfarenx, adj. Fanfaron. (Monet.) 
Fanfaronner, v. Se vanter. (Monet et Oudin.) 
Fanfeluche, Fanfelues, s. f. Fanfreluche, 
proprement étincelle d'un feu de feuilles sèches, de 
paille, de papier, d'où au propre et au figuré éclat 
vain et passager. [C'est une altération du grec 
no/iifiXu(, bulle.] 

EUe U dlst tant de bellou 
De trufea, et da fafeiuei, 

8u'elle U bit à [orce entendra, 
ue li ciex sera demain cendre. (US. 76f3, /, f. $i *.) 

On a dit des artifices des > beraux, meneatriers» • 



yLaOOgle 



FAN -1 

pour s'enrichir aux dépens de ceux qui les 
employoient aux noces : 

L'un par corner, l'autre par bourdes, 

Leur dient tant de fafelourde»... 

Que le mnntel de l'espousée . 

&n l'uD, tant sera rusé ; 

L'autre L'ara de l'espousé. (E. Dtteh. f. 498 *.J 

Et ne cuit pas emplir mes pages 

De trufee, oe de fanfelue*. 

(Mvt, d» D. C. MM Tmfa. 

Ne TOB Tueil plus loer Is rue. 
Que ne l' tcnoiz à fanfelue : 
Mais nus ne sait tant de fable. 
Qui pu deist con ele est bêle. 
Fanfrelucher. [Orner des fanfreluches : • La 

• vanité qu'elles font paroistre en leurs patins 

■ perluisés./'an/'re/t'ch^s et haut montés. ' (Jacques 
Olivier, Alphabet de l'imperfection des femmes, 
dans Pougens.)] 

Fangeas, s. m. Bourbier, mare; faignes et 
fagoes, dans le Luxembourg : 
Une mare, un fongeat qui n'a rive, ny fond. (Belleau, 87.J 
ranger. [Couvrir de fange : • Lç manteau ou 

• cappe que le suppliant portoiL furent louz fangez 

■ el brouUez de la boue qui estoit là où il cbeut. > 
(JJ. 206, p. H. au. 1478.)] 

Fangler. [Bourbier : ■ Quant li Juif ont la 

• croix faite Qu'il eurent de) fattgier traite. ■ (Vie 
àei. C. dans D. C. m, 303 -.) 

Fangis. [Bourbier : ■ Lequel Harot courut 

• hastivement à un fangis , ouquel avoit grant 

> quantité de pierres. • (JJ. 140, p. 22, an. 1800.)] 
FaDt, part. Fané, desséché. 

Mon coeur seichs d'ennur connie un pré tout fani. 

Pan. fimai. imàa, là. 140. ' 

* Un corps /a»!/ esprit foible, et decadaot. • 

(Bratit. D" Gall. t. Il, p. 422.) 

Fanir (se), v. Se faner, se flétrir. (Cotgrave.) 
Les bommes sont comme des fleure. 
Qui naissent, et virent en pleurs ; 
Et d'tieure en beure se fanUtent. {Regn. p. SOO.J 

« Fanir de vieillesse. > (Mont. ÏI, p. 678.) 
Fanissant, part. Qui se fiine. • Herbe fani»- 
. sanle. » Voyez Epilh. de M. de la Porte. 
Fanaolerj ti. Faire illusion. 

Fantôme nous va fannolanl. (Fabt. 7S18, f. S97.} 

Fanon, s. m. Bannière *. Enseigne, étendard *. 
Le manipule sacerdotal'. Peau sous la gorge des 
bœufs". Sorte d'ornement*. [De I allemand 
fohncn.] 

* • Les croix, et fanons de toutes les églises de 

< la ville. • (J. Le revre de S. Bemy, Histoire de 
•Oiarles Vi, p.96.) 

"L'enseigne ou bannière principale étoit appelée 

■ gonfanon ■ et la moindre s'appelloit /'anon ou 
phanon, suivant du Tillet, Rec. desR.deFr. p. 246, 
et Fauch. des Orig. H, p. 211. Ces deux mots, ■ pris 

■ autrefois pour Tes roys, ont esté usurpez par les 

> particuliers : les roys ont eu des fanon» au haut 

■ de leurs lances, et les particuliers mettoientdes 

< pennons, et fanons à leurs heaumes, et k leurs 

> laoces. > (Galland. Ens. de Fr. p. 63.) — • Le 



9 _ FAN 

• fanion, c&tendard de serge, de la livrée du briga- 

• dier est porté par un valet de la brigade de 

« cavalerie, ou d'infanterie pour leur faire observer 

> l'ordre dans la miirchc. ■ (Le P. Daniel, Mil. tr. 
t. II, page 84.) 

"i* Des armes ti trait defension, Amit, alb. stol 

• et fanon, si se fit armer; Car bom que est de 

■ religion Ne deivet iiver allres par treîsOQ. ■ 
(S. Thomas de Cantorbery, d'après les Chron. de 
Normandie, Itl, 479.)] 

On a dit de Jupiter métamorphosé en taureau : 

"Son blanc /'aiion est plus que neige blancs. /Soi/, ?3S*./ 

'Ornement de tête ù l'usage des femmes, aigrette. 
La princesse du Piémont, recevant à Turin le roi 
Charles VIIl, < avoit sur sa teste un tas de gros 

> aniquels remplis d'escarboucles, de balais, et 

■ d'yacinthes, av^c des houppes dorées, gros 
" fanons, et bouquets d'orfeverie. » (P. Desrey, 
voyage de Charles VIIl ù Naples, p. 19G.) 

Fanoul. [Fenouil : • Maratrum, semence de 
« fanoul. • (filoss. 7679.)] 
Fantasie, s. f. Imagination. [< Et ainsi petit à 

■ petit, ou temps de celle croissance nature 

■ appreste la /ant(ui6 el entendement. ■ (Chr. de 
Pisan, Cbarles V, I, U.)] — Les fantaisies sont aussi 
lesairsde musique, que nous nommons • caprices. ■ 
(Verdier, Bibl. p. 499.) 

Fantasier, V. Imaginer. Voyez Percef. V, f. 18'. 
Fantasme, t. m. Fantdme, vision*. Illusion ". 
• Voyez Oudin, Bob. Eslienne, Cotgrave. 
' ' Fantasme, ou diablerie. » (Ger. de Nevers, 
II' part. p. 43.) — • Chose poétique, fantasme, ou 

■ chose merveillable. ■ (01. de la Marche, Hém. 
page 21.) 

Or enlendCE, roy&e, et tout cbll qni sont ctia ; 
Ne tenez k fantiume tout cbe c'OB vous dira. 

BuMndaSdi.ra,m. 

Fantassine, aàj. au f. On lit dans Cotgrave, 

• forces fantassines, * troupes d'infanterie. 
Fantastic, adj. Fantasque. [> Esttenne Marcou, 

• home lunatic, ou par aucuns intervalles ou de 

> cour ainsi que fantastic ou insensible. • (JJ. 144, 
p. 128. an. 1392.) — < Je parle â toy sot fantastique, 

• Qui te tis et nomme la pratique alchimiste et non 
. philosophe. » (La Nature à l'Alchim. ev. 11.)] 

Fantastiquement , adv. . Fantasquement. 
(G. Durant, p. 188.) 

Fanterle, s. f. Infanterie. Le mol de fanterie 
étoit nouveau, suivant l'auteur des Contes d'Eutra- 

Êel, p. 479. Il se trouve employé dans le Prince de 
[achiuv. p. 170, dans le th. d'honn. par Favin, 
1. 1, page 26. 

. Fantesqoe , s. f. Servante. Voir Brantôme, 
D" Gai. t. i, p. 338 ; Joach. du Bellay, f. 489 ■> ; Rab. 
1. 111, p. 191. 
Fantlau, s. m. > Ficarius, cuelleur de Qgue, 

• ou dieus sauvages folot, /'nntiau. ■ (Glos8.lat.fr. 
de S. G., dans Du Gange, sous Ficarius.) 

Fantosme. [Chose controuvée, bourde , fable : 



yLaOOgle 



FAO -1 

• Tant leur a dit fantoana que decbeus les a. > 
(Rou, Ns. p. 75.) — • Le duc de Glocester et le conte 

• d'Aroaael n'ea fàisoienl nul compte et dirent que 
' ce n'esloieot' tbrs fantasme et toutes paroles 

• emitrouvéeê. • (Froiss. ÏV, lî©.)] Voyez Percef. 11, 
fol. 93'; t'outaine Guério donne fendosme, au 
Trésor de Vénerie,- p. 15. 

Fantosmé, part. Plein de visions: 

CresUen l'ont eosorcerée, 
Car tu ies loule fanlonnée. 

VIh d« S3. bo(b Sari>. thU. M, coL M. 

Fantosmerle, e. f. Vision. (Oudin et Cotgrave ; 
Brut, fol. 57'.) 

Fantaeox, Hdj. Fécond, abondant; épitlièle' 
d'un pays oh les animaux font beaucoup de petits, 
nommés fans ou faon» : - La plus grande ysle du 

■ monde, nommée Tbapobrane, moult fruiteuse de 

■ perles, de pierres précieuses, d'espicerles; sussi 

> est moult /anlueuae, et plaine de lyons. et lyep- 

> pards, de tygres, et de licornes . et de serpens 

• sans nombre. ■ (LaSal. fol. 28'.) 

Faon, s. m. Petit d'un animal : [■ Ils m'ont laissé 
« si comme la beste, fait au bois son faon. ■ (Bon- 
cisvals, 169.)] Feonetfoon, dans S. Bernard, répond 
à fmitt». • Nul faon de l'année, ne porc, ne truye 
« ne doit point d'assise, fors des doramaiges. ■ 
(Anc.Conl.deBret. fol. 154".) 

. . . Bestea qui faon* n'sToient. fE. Detch. fol. 4(;5 '.J 

1* Petit d'une brebis: < Aiusi comme la brebis 

• congnoit par nature entre les auti-es aigneaulx 
. son faon au braire. • (Percef. V, fol. 66».") 

2° Petit d'un lièvre, d'un lapin : ■ Les connins, 

■ les lièvres, leurs faont. > (E. Descti. fol. 112'.} 
3* Petit d'un lion : < Comme un lyon a qui on a 

• esté ses faons. > (Hisl. du Chev Bayard, p. 15t.) 
Voyez anssi Percef. II, fol. 51 ' ; Chroo: de S.'Den. 
1. 1. fol. 142i>. 

4° Petit du tigre : 

SI fait U tigrn au miroser, quant pria 
Sont ii faont; (Adam ti Boçui, IV, p. 1418.} 
5* Petit de l'aigle :' • Comment il fut porté en ung 

• nid d'aigle, entre les faons. ■ (Percef. IV, f. 125 '.) 
ft* Petits d'autres oiseaux. (Perceforesl, f. 127 ■:) 

On lit foon dans S' Bernard, Serm. fr. p. 217, aux 
Fabliaux, hss. de S. Germ. fol. 23°. 

FaoDQemeDt, a. m. Action de mettre bas ses 
petits. (Oud. et Cotgr.) Ce mot s'est dit de la vipère : 

■ 11 y eii a beaucoup qui.... nient que la vipère 

• meure en son faonnement. ■ (Div. Leci. de P. 
Uessie, fol. 261 ^) 

Faoni^er, v. ïtettre bas : [« Tuit faonnent à lor 

• usages. Et font boDor à lor lignages, Ne ne les 

• laissent decheoir. » (Bose, v. 19195.) — « Là ot 

■ une orse faonné de noveL ■ (Agolunt, v. 555.)] — 

■ Si les bestes qui sont vendues à livrer à jour, si 

■ avant que livrées soient, elles faonnoient, les 

> faons seroient à l'acbepteur, parmy te premier 

■ acbapt, ■ (Bout. Som. Rur. p. 420.) — ' • Loys 

• Celle escrit avoir leu, en un auteur approuvé, 

• qu'une brebis conceut, et faonna un lyon. • (Div. 



il - FA» 

Lect. de P. Messie, fcA. 124 *.) — > Les bestes sau- 

• vages, et les oyseanU qui phaonnent en l'air, 

• c'est à dire aux cbamps communs, et aussi 

• phaonnent en terre commune, par le droit aux 

■ gens, sont à celuyqui prendre ies peut. • (Bout. 
Som. Bur. p. KO.) 

Faonniz, adj. m. pi. Lâche comme des faons: 

• El pour ce qu'il les fuit de loing, et aussi qu'ilz 

• sont laz, el alaschiz, et faonni%, ils n'en povcirt 

■ tant avoir, nu assentir qu'ilz puissent crier, ne 
» dire mot ; en ce cas les doit le veneur resbaudir 
« de huer, et de corner. » (Gast. Pheb. p. 226.) 

Faque, s. /*. Poebe, bourse. (Oudin, Cotgr.) — 

• Poudre de diamerdis qu'il poitoit tousjours en 

• une de ses /'orgues ■ [Rabelais. Il, p. 246); de 
l'allemand fach, ooëte, étui. Au lieu de > poctie • 
et - pochette, « dans les Contes de Des Perriers, II, 
p. 24 et 115 (édition d'Amsterdam, 1711), on lit dans 
une édition antérieure facque et faque. • Avoit 

• plusde vingt et six petites bougelies, et fasguès 

■ lou^ors pleines, etc. ■ (Rab. 1. 11, p. 159.) 
FaqueDcIIe, i. A • Le prevostcependanlayant 

> enquis les soldats de Ricbelieu, et qi'elques faque- 
« nettes de court, en lit rapport au roy. • (Eslat de 
la France sous François 11, par La Planche, p. 334.) 

Faquin, s. m. Porte-fais, crocheleur *. Homme ' 
vit". Terme de manège^. [Ce peut élre un dérivé 
de faque.] 

* [• A Paris, en la rosUsserie du Petit Chastelet, 

• au devant de l'ouvroir d'un roslisseur, un faquin 

• mangcoit son pain à la fumée du rost. • (Raclais, 
111,36.)] 

Gomma un faquin porte &lz. 

Aillai le bastoD la paix. (Prov. Colgrave.) 

■Tahureau met le mot de faquin au rang des 
mots de nouvelle fabrique, affectés par ceux qui se 
pîquoient de parler mieux que les autres. (Voyez 
ses dialogues, fol. 34''.) H se trouve dans Nicol, 
Monel et Cotgr.; Rab. t. III,, p. 201; l'Apo!. pour 
Hérodote, p. 156. FascQutn es\ employé comme 
synonyme de taquin, avare, mesquin, vitaiii. (LeU- 
de Pasquier, t. II, p. 469.) 

" C'est le nom d'un mannequin représentant un 
faquin, pour servir de but aux courses de la lance, 
d'où • courrir au faquin * ou • courrir le faquin » 
et < courses au faquin. ■ (Nicot, Oudin et Ménage; 
Regn. Sat. V; La Colomb. Th. d'Honn. 1. 1, p. 234.) 

Faquinage, s. m. Action de faquin. (Oudin.) 

Paqnis, s. m. pi. Fakirs, prêtres des Sarrasins: 

■ Ne Yoloient mie sofRir que la cilé de Jérusalem 

■ fust en mains des Crestiens, ne qu'il eussent pooir 
« d'entrer u temple Ajmmi, qui esloit la maison 

> de Dieu, et faisoient semblant que ce faisoient il 

• sans la volenté du Soudan, et que on ce les 

• avoient mis \(ivfaquis : ce sont lor prestres. » 
<Contin. de G. de tyr, t. V, col. 704.) 

Far, 8. m. Détroit. [Voir Agolant, V. 559, 570.] 
I Le /(ir de Messine. > (Rab. IV, p. 112.)Onappeloit 
« terre deçà le far, . le royaume de Naples. (Godefr. 
Observ. sur Charles VUl, p. 678.) 

31 



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FAR 



Farains. Animaux. Oa lit dans Marbodiis, col. 
J642, à propos des dessius que fonoe l'agalhe : 



E(i latin : Nunc nemorum frondtê, nunc dantem 
signa ferarum. 
Faramine, s. f. Vermine qui se multiplie: 

> Ceulx qui oat les chiens, et les engins ù prendre 

> les mauvaises besles, et sa faramine, nui des- 

■ Iruient 1rs besLes, et les Dourrilurea que les boa- 

• nés gens nourrissent. • (Ane. Coût. deBret. 158^.) 

Farasche. [Faroucbe : • Cuer farasche. • (Rose, 
V. 1468) On dit en Berry fourâehe.} 

Farat. [Troupeau, an reg- II. 142, p. 216 , an. 
1391 : ■ En Taisant le partage des ditles besles à 

• laine. Blicbiel Bascer s'efforça de prendre... l'une 

■ des plus belles qui feust ou monceau et farat des 

■ ditlez brebis. >] 

Farce, ». f. Viande hacbée etéptcée*. Garniture 
de lit". Bouffonnerie <^. 
* [■ Si que la crouste en est faussée. Et la farce 

■ s'en est volée. > (Barbazan, Fabliaux, IV, 95.)J0n 
lit • farce magistrale • dans Rabelais, t. IV, p. 211. 

" > Que nul ne face coisins de sept quartiers, ne 
■ ■ de plus, qui ne soit d'aussi bonne farce comme 

> la couste. • (Ord. t. V, p. 548, an. 1341.) 

^ [Petiles comédies , à l'intrigue grossière; c'é' 
taient des contes ou fabliaux mis en action : l'une 
des plus célèbres est la farce de l'avocat Pathelin. 
Les Picards, dans leurs sociétés littéraires diles 
sttys, en furent peut-éti'e les auteurs. Les clercs de 
la Basoche, qui sous le titre d'Enfants Sans Souci, 
avaient le droit de jouer des farce» et soties, se les 
virent interdire au temps ds Harol, par arrêt du 
Parlement.} • Farce joyeuse, hiatrionique, fabu- 

■ leuse, ou farinée, morale, récréative, facecieuse, 

■ badine, françoise. •> (HisL du Th. ft-. t. Il, p. 91.) 
— - Nos fareei sont vrayemenl ce que les Latins 

> ont appelle mimes ou priapées, la (In et l'effect 

■ desquelseslûit un ris dissolu; et pour ce toute 
« licence et lascivie y estoil admise, comme elleest 

■ aujourd'hui en aoa farce». > (Sibilet, Art Poétique, 
liv. II, p. 124.) 

Farcer, v. Plaisanter, railler, moquer. (Nicot, 
Oudin etCotgr.) On diaoit aussi se farcer. [Sainlré, 
p. 69} Voyez Percef. III, fol. 25-. — ];> He il ne rest 

> à enseignier ; De tout se fanait de legier. • (che- 
valier as deuxespées, v. 11189.) — > Que tu es 
< bien taiUiés de bien farser une telle bourde. ■ 
(Froiss. II, p. 252.)] — ■ Farsante ou mocqueresse • 
seaf synoBymes, dans les Hém. d'Oliv. de la Hardie 
(U, p. 552). — [L'étymoloçie est le fréquentatif /lar- 
sarCt fait sur farsum, supin de farcire.} 

Farcerean, s. m. Diminutif de farceur, bouf- 
fon. (Cotgrave.) 

Farcerie, 8. f. Plaisanterie, moquwie. ntob. 
Est., Colgr., Nicot, Honet; ApoL pour Hérodote, 
p. 556 ; Hont. )II, p. 5«l, et Hist. du Tb. II, p. 822.) 



(- FAR 

Farcesqae, a4i. Burlesque. (Cotgr. et Oudin.) 
Voyez aussi Montaigne, Ht, 408. 
Farceur. [■ Ils sont si grands /ijrcetirsqoe s'ils 

• savent que j ai esté malade, il ne me feront que 
« farcer. . (Louis XI, es* Nonv.)] 

Farcholez. [• En soy ingérant icellui AnQioiae 

> de vouloir fi-apper le suppliant parmi le visage 

■ d'un baston de/ai'cAofesqu'iltenoiteosamain. ■ 
{H. 195, p. 827, an. 1473.)] ■ 

Farci, part. Rempli *. Glosé, commenté *. Garni 
de farce, de ouate*^. 

* [■ Si li doit feindre noviaus songes. Tout fareét 

• de ple&ans mensonges. - (Rose, v. 9916.) Uontluc, 
après avoir parlé (p. 442) do canons chargés de 
chaînes, de clous et de pièces de fer, dit : > D autres 

■ canons farcit de meame. • (Nonttuc, Hém. 1, 449.) 
■ [« A tant, a RenartenvaïUn benedicarous/iifsî. 

< A orgue, à (reble et à deschant. > (Renart, vers 
21374.)] — Voir . la patenostre farcie, » au us. 
7218, fol. 274". 

" • Que nulz, ne nulle ne mette en tayes farctet, 

■ nereclutéesprèsdelB plome, pour ee ^ue les 

■ coustes où eHes sont mites en semblent estre 

• plas plaines, laquelle chose est fauceté de tout le 

< peuple. ■ (Ord. I. V. p. 547.) 

Farcin. [Maladie des bestiaux , pris an figuré, 
dans Thomas de Cantorbéry, p. 44 : > Deus vus ad 

■ komandé son berbil à guarder; Et ai est vostre 

■ oeille, vus le devec mener ; Li pastur deit lus dis 

■ le farein returur Et l'oeille malade sur sun col 

■ deit porter. >] 

Farciner. v. Farcir. • De tout malheur m'n en 

> naissant fareiné. > (Uarg. de U Marg. fol. 209 1*.) 
Farcineux, âdj. Malade du farein. (Oudin et 

Cotgrave.) — [• Mon cheval frecineux est dedans 

■ le ventre. • (Uachaut, p. 80.)] 

Farcir. [Garnir, remplir : ■ Dune rova que um 

■ fesisl les povreii enz venir ; Les tables ea nst l'um 

■ del reft'ictur emiriir : Jo creî qu'il pens» del que 

■ del ventre farsii: > (Th. de Cantorbéry. 47.) — 

— « Et se batoieat d'escorgies ii neus durs de quîr 

■ Amia de petites pointelettes de fier. ■ (FroissarL 
t. V, 275,)] *^ "^ 

Farcisseure, t. f. Action de farcir. (Cotgrave.) 

— > Il y paroist à la farctMture de mes exemplei. ■ 
(Montaigne, 1,81.) 

Fard, s. m. Peinture ^ur embellir te visage *. 
Déguisement, fonrbme'. 

* Fard est penlu doMUS raine da singa. {J. Mont, 90.) 

[• Et d'eau de fard son visage ne lave^ ■ (MÔrot, 
t. IV, 148.)] 

En ce temps rint Ia Butien 

D* se peiMre nec des fan. (C. Mont, p. tlO.} 

* Renart, le veua tu c onl Oss er T 
fM. se pensse trorer 

Oui te penituice m'enjoiaaae. 

Dist Q viteins, Renut ne nngoe, 

Tu ses tiop de auUe, M de fort ; 

Bien set : tu me tiens por muMrt. (US. 79*8, fol. 47 *.J 

Fardage. [Bagage, fardeau : ■ Icellui HoOin el 



yLiOOgle 



FAR - < 

« ledit Olivier priadreot une jument pour porter 
« leur fardaige. ■ (JJ. 143, p. 1S5 , an. 1393L) — De 
même au reg. JJ. 169^ p. 84 , an. 1415; • Un des 
■ chevaulx qui portoit bouges einotres^rdaires. ■] 
— « Quelques man*aos de Montpellier soeU la 
< dehors toattassés.et mouillés, et leurs /"aniafrss. > 
(rroissart, liv. 111, p. 2S4.) 



Fardel. Fardeau. [■ Lors se sont andui eRveil- 

• lié ; Si ont moult Bien apareillié. Comme mar- 

■ dieanz. lor fardet. • {Renart, v. 3601.)] — < Il 

■ lait fardel de l'avoir et l'emporte. • (Beauman. 
page 16t.) — > Adonc les (lettres) lui reudit telles 

• qu'dlesestoient liéesen au fardeau. > [Hist. de 
Doncic. t. Il, p. 234.) — • Fardeau de robbes, ou 

■ trosseau , ■ trousseau des nouvelles mariées. 
(Coût, de Bueil. N. C. 6. Il, p. 1337.) 

Remarquons ces expressions : 

1' ■ Fardel de S. Cbristophle, > Jésos-CtirisL, que 
ce saint porta sur ses épaules. On dit d'un joueur 
qui jure en perdant son argent : 



2* ■ Faire fardel, > charger. On lit dans un jeu 
parti où l'on donne le choix de deux femmes, (vat. 
DM522, fol. 160 •): 

Des deux doot vous m« faites fardel. 

Fardeler, v. Empaqueter , emballer. Voyez 
Monet, Cotgrave, Oudin ; Juv. des Urs. Histoire de 
Charles VI. p. 296 ; Perceforest, III, f. 65 '. 

Fardelet, s. m. Petit paquet, au propre, au 
figuré. (Honet, Oudin, Colgrave.) Voyez Villoo. 

L99; Al. Charl. Hist. de Charles VI el Vil, p. 193: 
rrv, Chron.de 1402-1461, p. 448; Monstre). III, 
fol. 23 >>. — - Chacun porteroitson fardelet. > (Bout. 
Som. Rur. p. 16.) 

Fardelier, s. m. Crocheteur. [On lit fardeteur, 
au reg. il. 105, p. 275, an. 1374.1 ■ Hemars Guiars 

> Li fardetiers. ■ (Raoul De Houdanc, dans Fauchet, 
page 97.) 

Fardement, e, m. Action de farder, de parer. 
On lit : < Fardement de vieilles choses, pour les 

■ mieulx vendre, mangonium. > (Dict. de Rob. Est.) 

1. Farder, jj. Charger. « Se farder de biens. » 
(Eust. Deseh. Poës. foi. 501 ".) — - Des biens Dieu 

• »e farder. > (Id. f. 7 *.) — • Pécheur qui se farde 

■ de grans péchiez, • (lu. f. 279 °.) 

De gens d'honneur, et prodomes ta farde. (Id. f, 50 *.,' 

Da Bouapira, et de Urmes te farde. [Id. f. iOS ^.J 

De plonrer tout ëou vit farde. (Trm* Marie*, iSl.J 

2. Farder, v. Peindre, déguiser*. Donner un 
faux lustre '. 

*[■ Toutes font à Venus hommage. Sans regar- 

> der preu ne dommage Et se coiotoient et se far- 

• dent Pour ceus tnnler qui les regardent. • [La 
Rose, V. 9064.]] • Fardaient d'émail vostre cou- 
- leur. > (Strapar. Il, p. 182.]— On n dit d'une fille 
qui a voit peint tout son corps pour déguiser son 
sexe et parollre un homme : ■ Elle avoit le visaige 



ï- FAR 

■ lainct. el fardé tout le corps. ■ (PerceTorest, HT, 
folio 114 ■.) 

Elles puMDt U jour àae peindre, et farder. {Jamin,8S4.} 

De toute femme qui se farde, 

Donne toi BOigneusement garde. (Colgr., Dict./ 

De ptuieim choses Dkn nous garda, 

De toute feoune qui te farde. 

De personne double et fangarae. 

U Dik£. nr R^tWi, t. V, f. U. 

' On lit au sujet d'artifices pour faire paroitredes 
draps plus beaux ou meilleurs qo'ils n'éloieiit : 

• Deffense d'esUrerles draps avec des poulies, ou 

• aulreseogeins, n'iceux draps farder de bourre, 

■ D'autre chose qui s'y puisse appliquer. > (Goût. 
dePoictou, C. G. 11, p. 571.) 

Fardeur, s. m. Qui farde. (Oudin.) ■ Fardear 

« de chevaux, > celui qui les maquiguonne. (Cotgr.) 

Fardoille. [Palourde, dans G. Guiarl,an.l304 : 

■ Sans conter truftles et /ardoi/jes. ••] 

Fare, 8. /. [Sorte de filet, dans une Charte de 
Philippe<le-Bel, an. 1289, auCoutumierdeS" Gene- 
viève, Ms. fol. 35^ : ■ Sunt tamen duo alia ingénia, 

• qufe sic vocantur, la (are et le qnide), qiiibus 

• piscari permiUimusper lotumannum. exceptis... 

■ Mayo et Aprili. »] — • Faire la fare, » c'est 
pécher avec ce filet. Lesbateliers delà Seinedevoient 
se rendre à l'abbaye de S. Ouen, avec leurs bateaux 
et leurs filets un jour de l'année, et pécher pour les 
religieux. Ménage dit que c'était une < feste de 

• peschcurs qui se faisoit autrefois, vers le mois de 

■ may, oti les peschcurs s'assembloient. et quelque- 

■ fois les officiers des eaux et forêts, pour faire une 

• pesche solemnelle, et de rejouissance ; > elle a 
été défendue par rordonnaoce de 1679. 

Farfadet, %. m. Lutin, esprit follet. (Oudin, 
Colgrave.) • Farfadets et lutins. ■ (Rab. V, p. 188.) 
— ■ Petits démons, et farfadets qui ont la charge 

• de faire sentinelle au ciel. • (Printemps d'Yver, 
fol. 63 >>.) — ■ Si le diable ne le jette par la chemi- 

• née, comme le farfadet de Poissi. * [Moyen de 
Parveiiir, p. 102.) — Un voit parmi les Œuvres de 
H. Pierquin, Paris 1744, in-12, une dissertation sur 
les fantômes et farfadets. Brantâme a fait de ce 
mot le nom particulier d'un démon : ■ Son petit • 
. farfadet, ou asterot. • [Cap. fr. 111, p. 383.) 

Farge, s. f. Forge en Lyonnais. [Lemot subsiste 
comme nom de famille (La Farge] et comme nom 
de lieu dans la Loire el la Haute-Vienne.] 

Fargeage, s. m. Terme de coutume. > C'est 

■ dans le pays de Bresse, quatre ou cinq mesures 
' de bled que le granger, ou le métayer se retient 

■ pour payer le maréchal qui forgera, et raccom- 

■ modéra, pendant l'année, les socs, et lés fers de 
< sa charrue. > ^Laur. Gloss. du Dr, fr.) 

Farger, v. Forger, en Lyonnais. 

Fariboles. [> Toichant du purgatoire, de l'in- 

■ tercession des saints, de la confession secrette, et 
« de toutes telles fariboles, on n'en trouvera point 
•■' une seule syllabe en l'Escriture. ■ (Calvin, InsL 



, Google 



FAR -1 

943.n On lit fariboles aux Chron. de S. Denis, t II, 
fol. ^5, et dans Rubelais, II, S5. 
Farinage, [Droit de moutare : • Je mainlenoie 

■ tout le farinage du inuelin de Conchy et tout 

■ l'erbage des Los de Conchy appartenir h mi. » 
(Cari, noir de Corbie, fol. 67 ^ an. 13t5.) — - ta 

■ moilic^ du /ierniafre que cil qui ladite ferme lient, 

■ prenl au moulin de Founichon. • [us. anc. 9607, 
p. 97, an. 13J0 )] 

Farine, s. f.yoas citerons le proverbe sui- 
vant-: < Chascun avoir Votildroit de l'autre pesche, 

• et farine {T) ■ Cette Ta^on de pai'Ier semble être 
empruntée des propriétaires des moulins qui, non 
contents de tirer la farine de leurs meuniers, se 
faisoient encore donner du poisson. 

Fariné-, aij. Barbouillé de farine, comme les 
farceurs dans leurs comédies : ■ Je ne suis badin, 

• ni fariné. ■ (Bouch. Serées, III, p. 133.) 
Farlnlere. [Coffre où tombe la Farine après 

avoir passé sous les meules : < La fariniere ou 

• cbiet la farine en moulant. ■ (JJ. 18*i, page 153, 
an. 1453.)] 

Farinotte, s. f. Diminutif de farine. [Hùlinet à 
la suite de Grelin, p. 967.) 

Fariraran. s. m. Mot factice, imitant le son de 
la trompette. • Le fariraran des trompettes, le poo- 

■ pon des tambours. > (Merlin Cocaie, I, p. 13.) 
Fariseus, s. m. p. Pharisiens : 

, Diex qui deistea rus Giena, 

A,U8 lyraoi, bub faritetu, 

J'd Erent piecà, et faln, et eoi ; 

Et il distrent coin [er a roi 

Que vous aurei «sseï A boivre, (US. ISiB, f. iOb *.) 
Farlouse. Nom vulgaire de l'antbe des prés : 

• Leshobercauxadvisansleftchasseiirs aux champs, 

■ acco m patinent les chasseurs en vol;int pardessus 

■ leurs testes espérant trouver rencontre de quel- 

• que petit oyseau que les cbiens feront lever ': 
« mais comme advient que les ^arlouses, provers, 

■ couchevis, et allouetles, ne se branchent en 
« arbres, etc. ■ (Budé, desOis.fol. 117 '.) 

Farnement, s. m. 
, Veslus iert de moult uovres dros; 
Hiex aima il se povretâ, 

g ne nus quens n'aime sa conté : 
D le torest par [ondement 
Se mist, o povre farnement. (Fondt Sorbonne 6i, c. 19.J 

Farnese. [Fournaise, dans Agolanl, p. 178 '>.] 

Farouche, adj. Diftlcile. [> La dame ne fu pas 

« farouche. • (Ren. v. 22176.}] ■ Fera vostre bon 

• plaisir, et selon la charge qu'avez baillée au dit 

■ gouverneur, combien que de prime face, il la 

■ trouve bien farouche. ■ (Godeiroy, Observ. sur 
Charles VllI, p. 320.) 

Faroucber, v. Rendre farouche. 

Home penser, qui farouche ma vie, 

La devoiant du sentier de raiBoa. (L. Caron, f. 23 \} 

Faroucheté, s. f. Férocité. (Cotgr. et Oudin.) 

Farrage, i. Mélange de fourrage ou de grains, 

en latin farrago. [■ Le farrage est une composition 



»- FAS 

'de plusieurs grains francs et sauvages. Qu'on tire 

> des cribleures de bleds, fromeos, seigles et 

• orges. ■ [0. de Serres, 277.)] 
Farragere, s. f. Champ semé de divers grains 

mêlés ensemble. (Oudin, Colgrave.) 
Farramas. [■ Icelle Katerine dist â la suppliiint 

> telles ou semblables paroles : farramat, putain, 

• pannanesse. cabatz rabatu. > (JJ. 199, page 144, 
an. 1463.)] "^ 

Farrée. [Soufflet : > Du col li donnent grans 

> eolées Et en le fâche grans farrée». ■ (Vie ms. de 
J. C.dansD. C. 111,208'.)] 

Farsli, g. m. Tromperie, moquerie. 

Par art ]>rant le cblen le sorpil, 

Celai qui t&nt let de fartil. 

Qui leB autres be»tes enfrigne. fOvidt de S. G. f. OS *.J 
Fascherle. [« Pourvu qu'il ne vende rien De 

> son bien. S'il ooilj'en suisresjouie; .Car ai toot 
■ au long du jour son amour; Et sommes sans 
. fa$ekeriB. • ^01. Basselin, XXXVI.)] 

Fascltiateur, *. m. Sorcier, magicien. (Oudin.) 
Fascon. [Flammèche : • Kl voloient lesflames- 
« ces et li fascon en la ville de Valeiichiennes. • 
(Froissarl, t. ill, 152.) En rouchi façon est ce qui 
reste de la paille brAlée, non entièrement réduite 
en cendres.] 
Faseaux, s. m. p. Peut-être ralingues : • A nos 

• faseaux, et lentes de navires pervicnt la tourbe, 

• et compaignie des fols. ■ (Nef des Fols, f. 20 >.) 
Faseole, s. f. Espèce de haricot : [> Faiêoles 

< sont cbaulds et moistes presque au second 
- degré. ■ (ms. de Turin, liv. IV, 35, fol. 64 sur les 
Urines.) 

Fasse, s. f. Nasse. (Cotgrave.) 

Fasselon. Botte d'herbe. 

Puis manda un faatelon d'ierbe. 

Si lia renbuiçoa dedans. /A>u, f. 375.) 

Fasser, v. Bander, Emmailloter. Du mot Faisse 
ci-dessus, pour • bande. • Voyez Le Lab. Orig. des 
Arm. p. 169. 

Fassonner, v. Favoiiaer. (Rob. Est. Gramm. fr. 
p. 116; Coquin, p. 104.) 

Fastidier, v. Ennuyer, importuner, incommo- 
der : * Je ne l'avois niillement/'a<tidie. > (Hém. de 
Sully, t. VI, p. 168.) — Sully (Ibid) remarque que le 
roi d'Angleterre, Jacques 1", usoit fréquemment de 
ce mot; il n'étoit donc pas d'un usage commun, 
non p\a& que fastidieux. 



Non trop, ne peu, et non fatêdianl. (ChaMte SAm. 37 K) 

Fastidieux . aàj. Ennuyeux. Sully craignait 

d'avoir ennuyé le roi d'Angleterre par de trop 

longs discours ; ce prince lui ré^ioadit : ■ Je vous 

■ jure M' de Rosny, que je n'ay jamais rien trouvé 

■ de trop long, ni de fastidieux (car il use souvent 

■ du mesme moL). en vostre entretien. ■ (Hém. de 
Sully, t. VI, p. 212.) 

Fastidiosité. (Cotgrave.) 



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FAT -i 

Fastrasle. [Pièce de vers amptu^urique et 
sans raison, fntrusie : voyez une cilation exti'aite 
des Miracles de Coinci, sous Faloubde.] 

FastrouUe. [Balourdise : ■ Je ne tien compte 
> de vo prime e\ de vo tierclie; ce ne sont que fai- 

■ iroulles. • (JJ. 172, p. 322, an. 1423.)] 

1. Fat, s. m. Sorl, destinée. Borel cite un vers 
du miroir de l'Eternité : ■ Qui eut en soy le fat, el 

■ destinée. • 

2. Fnt, atlj. Fol, niais, badaud. > Pat est un 
. vocable de Lan^uegoth, et signifie noa sallé, sans 

• sel, insipide, fade : par métaphore signifie fol, 
•I niays, despourveu de sens, esvcnté de cerveau. ■ 
(Rabelais, Pantagruel, V, ProloKue.)Ce motétoit nou- 
vellement inti-oduit suivant Tahureau, Dialogues, 
p. 31. Il avoit cependant été employé dans l'Apol. 
pour Kérod. p. 10; Kab. t IV, p. 32. — • Le Badin 
<■ fat Diogene. > (BranL Dames gai. I, p. 30'2.) 

Fatal, a(^'. Ccmot,quinesedit plus qu'en mau- 
vaise pari, se prenait en bonne part ; it est employé 
pour > qui doit être, • qui doit nécessairement 
arriver, dans Rab. V, p. A. On a dit (alaux au plu- 
riel : • Quand les ans climatériques seroient 

■ (ataux, etc. » (Pootusde Thyard, Disc, du temps, 
folio 32'.)— > Le jour de la Pentecoste fut deux 

■ fois fatal au roy Henri III : eleu roi de Polog^ne 

■ ce jour là en 1573, et devenu roi de France le 

• même jour. > [Lett. de Pasq. I, p. 371.) 
FatlgattoD. [Fatigue : • Icellui Cuarmel Hsl 

• convenir ledit escuier en la court de l'église à 

■ Tournayen casd'asseurementjuratoire, pour lui 

• donner plus de peine cl de fatigation. • (JJ. 107, 
p. 302, an. 1375.}] 

Fatras. [1° Fracas : - Fanlt-il tant faire de fat- 
€ tras de ce mouton?...' W n'en f^iult point tant 
. parler. - (JJ. 171, p. 221, an. 1420.) — 2* Amas 
de choses précieuses : • El estoit cela (des sirènes 

• qui Jelaient vin et Init) très-bien fait, et le rcgai-da 

■ le roy, et coustercnt ces mirelifiquei et fatras 

• beaucoup d'argent. • (Chron. normande sur 
Charles Vil, dans Vallel de Viriville, p. 58.)] 

Fatrasser, v. S'occuper de fatras. [Monel et 

Oudin.) Un trouve le participe fatrassé dans Co^r. 

Fatrasserie, s. f. Fatras. • Dequoy diable 

• servent tant de (ratrasseries de papiei's, etcopies 
- ■ que me baillez. • (Rab. t. Il, p. 108.) 

Fatrasseur, s. m. Qui ne s'occupe que de 
fatras. (Uonet.) Cotgrave donne fatrassier. 

Fatroalller, v. S'occuper de fatras *. Tracas- 
ser'. Brouiller, mêler **. ChifTonner ". Bredouiller'. 
Murmurer, gronder'. 

* Voir Nieol el Borel. 

* • Ces animaulx divers en sûreté venoieat boire 

< après elle ; ainsi sArement on nouvoit après lui 

< fatroHiller. - (Hab. V, p. mi.) 

*Ja treare l'un tout verouillé, 

Serré, bandé et fairouiUi. fHUc. du Th. fr. T, p. 450.} 
'Apre* baiser, et falitniilter. 

Dire adteu par l'nuys de derrière ; 

En effet, velu la maDière. (Coquill, p. 140.} 



i- FAU 

BaiseE, fultwùttet, trie trac. fR. de Colleri/e, p. 45.} 
Taeter, saisir, bouter, et fatroiller. [Chaise d'air!, p. T7.} 
'ïl resre, il cliante, il falrouille 
Tant de loDgaiees, el bredoatlLe. (Path. Farce, p. S5. } 

On a dit d'un Aoglots qui prononce mal te 
f ra n!;ois : 

Quant li preudom qui hamachoU, 
"' qui fatroUl-" 
us il va dei . . 

■tu, fait-il, fatli-oiltant. (Faibl. S. G. f. 47 *.} 
'L'une crie, et l'autro fatrouMe. fCoquill. p. US.) 

Fatroulle, Fatroulieur. [Comme fattrouile : 

> Icellui Berthelemîeu dtsl au suppliant que c6 

■ n'estoient que fatrouUes de sou fait : ■ Lequel 

• lui respondi que il n'cstoit point fatroulieur. ■ 
(JJ. 174, p. 326, an. 1429.) — . Icellui Perrin dist 

■ au suppliant que il n'cstoit que un fatroulieur 

• et le cuidoit ainsi esbaboyner, ■ (JJ. 158, p. 224, 
an. 1403.)] 

Fatuel, adj. Qui tient au destin {fatum). 
Feu fatuel, catlnceUet ardnns. 
Dragons mordana, maint enHamé buisson. (Molin. iS8.} 

Fatuité. [Stupidité : • On demanda à icellui 

• Jehan pourquoi il s'esloit ainsi 'aissé cheoir en 
« la rivière; lequel plein de /"alui/e ou de maladie 
. qu'il avoit, respoiidit que ilz avoienl fait grant 

• pechiédo l'en tirer hors. • (JJ. J46. page 12», 
an. 1394.)] 

f . Fan, 5. tn.Dans l'expression (aux-du-corps. 
On disait aussi ' fau, fo\} du corps. <■ (Merlin Cocaye, 
1. 1, p. 85.) — « Prendre à foy de corps. - (Slém. du 
cardm. de Retz, II!, liv. IV, p. 318.) — Un supplice 
cruel que praliquoit l'empereur itiechmcd étott • de 

■ faire trancher les hommes en deux parts, par le 

• faim du corps, ^ l'endroit du diaphragme, et d'un 

• seul coup de stmeterre; d'où il arrivoit qu'ils 

■ mourussent comme de deux morts à la fois. • 
(Ess. de Mont, li, p. 668.) — On disoit aussi faits ou 

• faux du barnois, • pour » le défaut de la cui- 

■ rasse. » iMonet et Cotgrave.) — On lit faulx, 
dans Ë. Deschamps, f. 173 '', et /'aux, dans Percefor. 
t. ill, fol. 102^ 

2. Fau. [ilêlre: • Demain pendrai Aiol nkfaui} 
' à Icaine. > (Aiol, v. 8813.)] 

Faaçaqe. [Droit de faucher : • Et avcuc ce 

• demouroil et debvoit demeurer l'erbage et fau- 
' pa^e au droit desdits complaingnans. • (Cart. 23 
de Corbie, an. 1416.)] 

Faucelles, s. f. p. Maladie du cheval. < ^u- 

• celtes sont maladies, comme vessietles qui vien- 
•I nenl ù la gueulle du cheval, ou es lèvres, ou 
. autour des dents, et viennent quand le cheval ne 

■ peut, manger aucune chose; la cure est telle; 

> prenez un fer chaut agu, et trenchant, comme 
< une lancette, et enfeadez chascune faticelle en 

■ telle manière qu'il y ait petit pertuvs, si sera le 
- cheval guéri en bref tcmp?. « (Médecine des 
Gttevaux, page 30.) 



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FAU - 1 

FaucemeDt, s. m. Tromperie. 

Las ! guel tourment I 

Quel faucemenl. 

Vous me buttei ! (PoUes amours, p. SIS.) 

Faucer, t». Falsifier, Iromper*. Percer'. For- 
cer, briser, rompre'. Appeler d'un jugement, dé- 
mentir °. 

* Faw/ccr, dans S. Bbto., répond au lalin /"rus- 
trare : [■ Ja fu tex jors que les dames amoienl De 

• leal cuer, sans feindre et sans fausser. * (Quesne 
de Bethune, Roman anc. p. 87.)] — • Del seal son 
« seignioup /'aucher. ■ (Brilt. Lois d'Angl. f. 39 '.) 

— ■ Tel a tellement appréhendé que sa Temnie luy 
''faussait ta foy, qu'il en est séché de langueur. • 
(Sa?. deCharr. p. 131.) 

GhU qui sert eans fauiei: (Poëi. ao. tSOO. II, 1060.) 

•[On lit au Roman de Roncevaus : • Faussent 

■ ces broingnes, où li ors est bntus * — • Bacinez 

■ foudre, embarrer hyaumes, Haubers fausser et 
. espaulieres. ■ (Guiart.an. 1267.)] — « Prestement 

• recommencèrent leurs armes, et de celle rencon- 
' tre le seigneur de Ternant donna si ^rant coup h 

■ son compaigaon, qu'il fauça le bacineL à jour. • 
{Mém. d'OI. de la Marche, liv. 1, p. 2i8 ) - . Aroo- 

■ tes le voit venir, qui pareillement de hault, et lier 

■ couraige, coucbe sa lance, et tellement ensemble 

< se vinifrent rencontrer que tous deux se /'uu/ce- 

■ rent parmy le corps l'ung l'aulrc, eL tombèrent 

• morts. < (Hist. de la Toison d'Or, II, f. 41 *.) — 
Pbinécs ayant trouvé Zambry couché avec une 
femme Hoabile, • lira son espée, et par graiit zèle 

■ et amour de justice, tous deux les enferra, et 

■ faulça tout parmy le corps, et par les membres 
. dont ils péchoient. » (Ibid. t. Il, folio 136 ^} — 
. Fausser un harnois. ■ (Pasq. Rech. VllI, p. 754.) 

'[< Et vinrent là où li palis estoient /"aaMCf. • 
(Froissart, t. IV, p. 182.) 
Partenopex est sans espëe. 
Quant la soe li est fauxâe ; 
Les autres v sont es oscui, 
SU est iriei n'est epparilHi. (Part, de Bl. f. 136 '.) 

On lit de Don Juan d'Autriche qui remporte 
une victoire complète sur le prince de Casimir; 

- N'ayant avec luy que quatre mille Espagnols, luy 
« â ta teste, fausse tous leurs retrenchemens, et 

< barricades. <• [Brant. Cap. Esir. t. Il, p. 139.) — 

• P'orgia /"aussa et prit la place. > [Id. Dames gai. 
t. :', page 386.) — Robert de la Mark < fut un très 

■ vaillant, et bardy homme ; il le montra ù ^'ovare, 

• lorsqu'il faussa six ou sept rangs des Suisses, 

• pour sauver ses enfans presls à rendre le dernier 

■ soupir. > (Brant. Cap. fr.l, p. 355.) — Nousdiscns 
encore • fausser compagnie, • pour rompre la 
compagnie, la quitter. Fausser élait synonyme de 
congédier : 

Trois jours dura la feste ainsi ; 
Quant vint au quart, au mercredy, 
Ly rois ses bacelera fauua {B<-ui, f. 80 '•■} 

° [Dans Pierre de Fontaine, fausser un jugement, 
c'est en appeler. Lorsque l'accusé s'était adressé à 
une cour plus élevée par l'appel à défaute de droit, 
il ne pouvait plus attaquer le jugement que par le 



'- FAU 

défi et soutenir le mal jugé en chtmp clos contre 
chacun des juges. — De là, dans Rofand, le vers 
suivant (3811) : • Jo si li fais, od lui m'en cumba- 

• Irai. >] — ' Che que les loix font par appel, cbe 

■ fait nosire le sage par fausser, qu'est par gage de 
. bataille prouver que le jugement est faux, etinju- 

• rieux, età cet effet appeller en champ clos cetuy 

■ qui l'a randu. > (Savar. contre les Duels, p. 41.) 
De lu les expressions suivantes : 

1* < Fatisser la cour, on le jugement. • ■ C'est 

• soutenir que le jugement b été reada mécham- 

■ ment, par des juges corrompusou par liaine.que 

• le jugement est faux , et déloyaumeat fait. ■ 
(Laur. Gloss. du Dr. fr.) Voyez Ord. 1. 1, p. 91. f. Si 

■ un home viaut ta court fausser et dit que le juge- 

■ ment où l'écart ou la conoissance ou le recort 

• que la cors a fait est fans. • (Assises de Jénisa- 
lem, 1, 179.)] 

â° ■ Fausser le jugemeol de son baron. ■ (Loisel, 
Inst. Coût. Il, p. 315.) 

3° • Fausser kHtres, ■ attaquer des lettrescomme 
fausses. (Beaum. ch. XXXIX, p. "îOâ.] 

4° ■ Fausser testament, ■ attaquer la validité 
d'un testament. (Beaum. ch. XII, p. C7.) 

Remarquons l'expression suivante : [■ Sans 

■ faucer, • sans interruption : ■ Et se dormirent 

■ sans faucer. Tant que li biaus jours parut 
« cier. - (Renard, v.22t>31.)] 

1. Faucot. [Voix fausse, voix de l'homaM 
reproduisant les notes aiguës d'une voix de femme 
oud'enfanL: • Et dant Benart chante en /'atuje^ ■ 
{Renarl, v. 13303.) — . N'aurai voisin en sus de 

• moi Qui bien n'entende mon fauset. > (Kenart, 
v. 1583.)] — Geronnel de Handurant veut intro- 
duire Perrot le Bearnois et ses troupes dans la ville 
de Hontfcrrat : • IL reganla tout bas, et veit (ce lui 
« fut avisi ombres d'hommes qui alloyent sur les 
« fosses, il commençu à siffler en faucet. • [Froiss. 
liv. m, y. 281.) 

2. Fancet. [GheviRe de bois pour boucher le 
Irou de foret d'un tonneau : ■ Il ne se prinl garde 
< qu'en tirant le via le faucet lui échappa dedans 

• le pot. • (Desperiers, Contes, 47 '.) — « A six el 

■ fi sept, tout passe par un fosset, f c'est-à-dire le 
lavernier n'a qu'un vin qu'il fait payer plus ou 
moins cher. (Oudin.)] 

Fauchart. [Serpe ù deux tranchants, garnie 
d'un long mancne : ■ Eu laquelle forge le suppliant 

> print un baston, nommé fauchart. • (JJ. 145, 
p. 370, an. 1393.)] 

Fauche, t- f. Fauchaison : ■ Si, devant le dit 

• jour sninct Pierre, iceux prez sont faucliez, la 

• ditte fauche faille, et les foins charriez, et emme- 

■ nez, pourra semblablement, qui voudra, faire 

• pasturer son dit bestail dedans les dits prez. ■ 
(Coût. Gén. t. 1, p. 695.) — > Iceux de Bouvain 

> peuvent faire tourbes, pesehes, fauajues, et tous 

> aultres aisemens vers la rivière de Heurchio. • 
(N. C. G. I, p. 441 *.) 

Fauchée. [Ce qu'un homme en un jour peut 



yLaOOgle 



FAU 



fauclierdaas un pré : < Cne fauchée de prey. > 
(Recensenneat des biens de l'hospice de Commercy, 
passim.)— • Fauchiêe àe vrey. » (Ord. t. IV, 371, 
ao. 1357.) — • Un prey contenant douze fauicyeg 
- ou enviran, séant uu ban de Gelocourt. > (Charte 
d6l566, dansD.C.lIl, 190*.)] 

Panchement, s. m. Action, saison de faucher. 
Od lil au 61099. )at. fr. 7684 : ■ Faucberie, fauche- 

• ment, falcalio. > 
Faueheor. [Faucheur : • 11 chaïl jus, quant la 

• leaieolcopée; Fors de son fuere colatlabone 

■ espée ; L'erbe fu drue ke dessuz fu versée ; Après 

• Ions tans l'ont faucheur trovée. > (Girard de 
Viane, v. 2671, dans Decker.)} 

Paachet. [1* Faucille : • Un fauchet de fer à 

• taillant. - [ii. 111, page 345, an. 1377.) — On lit 
encore au reg. JJ. 189, p. 363, an. 1459 : < Va bas- 

■ ton que ou appelle /awçu^t,... du taillant du dit 

■ faulcquet. ■ -^ « Ung fauguet ou raverlon en 

■ façon de serpe eomanché en un long baston. > 
[ii. 300, page 71, an. 1467.) — 2* Bateau il dents de 
bois : • Les faueheta ou boignelz, desqaelz icelles 

• femmes amassoient les avoynes... Le suppliant 

• frappa de son fauchet qui n'esloil que ui>g baston 

■ de bois saus ferrement. ' [JJ. 306, page .'i67, 
an. 1480.) — De là • faire 1e fauchet, > donner le 
croc en jambe: ■ Le suppliant flst du pié le fau- 

■ ehet par derrière, tant qu'îcellui Gobin chey à 

■ l'envers. > (JJ. 170, p. 164, an. 1418.)] 
Faachile. [Faucille : < Soyer hei-be à la /iiti- 

■ chile. <(Cart.deCorbie,23,an. 1321.)] 
FauchoD. [Large cimeterre tranchant d'un cdté, 

à l'usage des piétons : • Plommées fermement 

■ tenues, Fauchona, juisarmes esmoulues. ■ (G. 
GuiarL) — < Aus fauchons tranchans et aus bas- 

■ ches,Pourfairirauaematnfjiles. •(Id.an.l'i96.)] 
Faocil, s. m. Faucille. 

Dant Jac ai saut à un /aucif, 

Et Daniel priât na greu, 

Si fiert Ttoq d'un viez eatril. 

Parmi la Jo, 
St qu'U rebâti en l'aUo. {MS. 7È18, f. iOi \) 

FaDclle, S. ffl. [Focile, nom du radius, du 
cubitus, du tibia, ou pérové.] •. Desgondoit les 
- ischies, débéoitloit les faucilles. • (Rab. 1, p. 193.) 

Faaclllage. [On lit au censier du comté de 
Chartres, f . 57 : ■ Le fauciUage et le ftinage d'ilec, 

■ c'est assavoif pour l'herbage, que ceux de Senon- 

■ cheaontenla fore>t,etpourestre quille des prés 
t fenei dont eliascDnhosiel doit .it. den.] 

Faacllle, s. f. [t* Faucille : • Il mist sa faucille 

• en autrui blé. ■ [Livre de jastiee, p. 43.)] 

Hais on attent diasimulation 

CM leur fera dMtt, comma ana faveiUe. (Deteh. 17 *.) 
3* Temps de la moisson : • Le fermier ne peut, 

• dans I année qu'il déloge , et de la dernière 

■ récolle, couper, ny abaU^e, après la faucille, 
< c'est ft dire après 1 aoust, à peine de payer les 

■ dommages, et inlérests qu'il auroit fait par là. ■ 
(N. C. G. I. p. 1035 *.) 



- Ï67 - FAU 

Paucilier. [Faucheur : ■ Compaignons fauci' 

> tiers pour fauciller les biefs. > (JJ. 139, page 68, 
an. IS90.)] 

FaucilUer , v. Moissonner à la faucille. 
r< Quant l'en les blez faucille, • (Rutebeuf, n, 
183.) — ■ Comme le suppliant... eust envoie faus- 

■ silleors, pour faussuller son bief. ' (JJ. 168, 
p. 385, an. 1415.)] 

Povrea qui ne ^e. fatKilUer, 

Ne se poiTOit plus avilller, 

S'U est tels que fauciUier puisse ; 

Quar il n'est nus qui or seua ne tnilae 

Lon clerc ne sai, ne escuier. fMS. 19i8, f. 388 Kj 
Fauclllon, S. m. Instrument en forme de fau- 
cille pour couper le bois : • Ait serpe, et faueil- 
. lon. . (Hs. 7615, t. Il, fol. 213 ■.) ~ [« Ung grant 

■ faueillon duquel on aacoustuméde chaumer. ■ 
(JJ. 204, p. 67. an. 1475.)] 

FaaclD , 8. m. Espèce de mauvaise plume. 

■ Que nulz, ne nulle ne mette en euvfe plume 

• pourrie, que l'en appelle coudrier, ne faucin. ■ 
{Ord. pour les cousturiers do Paris, dans les Ord. 
t. V. p. 547.) 

1. Faucon, s. m. [Le cas sujet était fauc.'] 

> Suidas dit que /'a/co est un nom général a tout 

• oiseau de proye, et de rapine, comme a été aeci- 

• j}jl£r en latin ; Festus pense qu'on le nommoit 

• falco, à cause de ses ongles tournez en faux, il 

• semble qu'Arislote n'a point usé de telle diction ; 

• mais semble que pour nostre faucon il ait 

> entendu nommer accipiter palumbariut; et de 

■ fait les oiseleurs n'ont meilleur moyen pour 

> prendre les faucons que des ramiers. > [Budé, 
des Ois. f. 114 ^.] — [On lit dans Roland, v. 1529 : 

• Plus est isnels que nen est uns falcuns. • — -Or 

> soit cascuus de nous faucons, et nostre adver- 

■ saire soient bruhiers (oiseaux vivants de ver- 

■ mine), dans H. de Valencienaes , § 520.] En 
jouant sur ce mot, d'une façon obscène, on a dit : 

nuiANDB : 
Respondei moy, dame au cler ris, 
Qui Bvei de voler le nom 
Lequel vanlt mieulx, ou deux mauvis 
Pour cbanter, ou «voir/aucon 

hAfonsb : 
Je reapoDs qu'avoir en geole 
Deux mauvsia, ili sont trop petit ; 
Et que l'en pranl plus d'appeiit 
Ou faucon, combien qn'il ne voie. [E. Deach, f. 438 *.) 

En langage de fauconnerie, on dtsoit : 
1' • Faucon gentil. > (S. Jul. Hesl. Hist. p. 592.) 
2- > Faucon gerfïiult. • (Gr. Coutum. 1. 1, p. 33.) 
[• La quinte lignie (des faucons) dit Brunetti Latino 

• est girfalc, qui sormonlo touz oinaus de son 

> grant • (page 203.) L'élymologie est l'altemand 
Ceier, vautour, Falke, faucoa.l 

3* * Faucon au beron, et & la rivière, > propre à 
la chasse du héron. (Pet. J. de Saintré, p. 643.) 

4* • Faulcon lanier. > Voir Imueb. (Cotgrave et 
Budé, des Oiseaux, f. 115^.) 

5* [■ Faucon mué, ■ qui ont un an, qui ont maé : 

■ Faucons muée pour aler rivoier. ■ (Ronc. p. 2.)] 



yLaOOgle 



FAU - 1 

5' bis. • Faucon niais, <• pris dans le nid. (Brant. 
Dames t;a1antes, 1. 1, p. 3C1.] 

6° " Faucon de passage, hagard. » (Br. D* gai. 
1. 1, p. 361.] [Faucon pris nprès une mue et qui ne 
s'apprivoise pas aisément.] 

7*. Fau/con pèlerin. -(Froiss. liv. III, p. 131.) 

8° ■ fûu/cûJi sacre. ■ {Cotgpave.) VoirSACBE. 

9° ■ Faucon sor. > (Brant. Dames galanles, t. I, 

§. 361.) Faucon qui, ayant volé avant de muer, est 
e couleur saur. 

10° « Faulcon tunicien. » {Cotgrave.) 
H» . Faucon montaigner. • (Fouill. Fauc. f. 50'.) 
2. Faucon. Petit canon ayant trois pouces de 
diamètre ; ie boulet pesait une livre : « Ils ont prins 
« en plusieurs villes de Friole tout plein de provi- 
. dateurs de Venise et ont gaigné deux canons et 
. quinze /iiHCons. . (Lettre de Louis Xll, an. 1511, 
t. m, p. 10.) — On disoil > trect de faucon ■ aux 
Méni. de Fleurangcs, p. 103. Les plus firosses de ces 
pièces se nommaient • faucons doubles. ■ {Pièces 
justif. des Mém. du Bell. I. Vi, p. 378.) 

Fauconeau.[l*Ciiiion plus pelil que le faucon ; 
il avait deux pouces de diamètre ; le boulet pesait 
treize ou quatorze onces : « Couleuvrines, faucons, 

• fauconneaux, noms pris des animaux les plus 

• ravissans. • (Paré, IX, préf.j — '2" Allusion indé- 
cente : ■ Se faisant penser nonnestement de ce 

■ coup de /auconn^OH. • (Boucbel. Serées, liv. III, 
page 87.) 

Faaconiere, $. f. Gibecière, carnassière*. 
Mot obscène'. 
* • S'accommode entièrement en forme de cour- 

• rier, prend un chapeau sur sa teste, un fouet k la 

■ main, et met sur ses espaules un petit gaban 

■ bordé de crotte, à son coslé droit pend uq cor- 

• net, el au gauche, a une escarcelle, ou faulcon- 

• niere. (Herl. Cocaie, 1. 1, p. 114.) 

"Ce mol a un sens obscène dans les Fabl. de 
S. tJ.fol.M'. 

Fauconnage. [On lit au registre JJ. 60, p. 69, 
an. 1319 : - Item super le fauconnage tnginta 

• modia. > Est-ce une redevance payée d'abord en 
faucons dénichés, puis en blé, en argent ?] 

Fauconnier, s. m. Celui qui dresse et gou- 
vi>rne des oiseaux de proie. ■ Or chct le bon 
V lioiume en vieillesse, el sera moins prisé que 

• devant, et sera reboutté comme vieil fauconnier 

• qui ne vaut plus à nul mestier. > (Les Quinze 
Joyes du Mariage, p. 167.) — [. Le faulconnier est 

• tousiours prest De fuyr après son faulcon. • 
(Modus, fol. 104.)] 

Faudage. Droit de mettre des brebis en faudes. 
(Houast. Anglic. t. 1, p. 903.) 

Faude. 1* [Parc il moutons, fait de claies, en 
anglais /b/d: • Faldesâe berbiz. > [Liv. des Rots, 
1. 1, ch. XXIV, v. 4.) — . Une (auâe veit de berbiz 

■ F. un grand parc, lez uncoslis. • (Chron.desdùcs 
de Normandie, v. 28945.)] 

TotcB les berbiï su Tilein 

Furent en la faude trouvées. (Fabl. de S. G. f. Si •:} 



«- FAU 

2* Plaque couvrant lejupon de mailles attaché à 
la cuirasse pour protéger le bas-ventre et le haut 
des cuisses : • L'un lleit et l'autre se revenge , N'y 

• ol haubert, faude, ne menge. Ou deraourast snel 

- ne maille. » (Doèce, cité par Du Cange, 111, 214 O 
Voyez plus haut Falte. - . Pierre Bayard... entra 

• eu lice armé de toutes pièces, les faultet 

« allachéesenire lesjanibes, en œanierede braves. • 
(J. d'Aut. Annales dcLouis.XII, p. 152.) 

S- Jupon de berger; 
En une faude l'afubU, 

Si que pastour moult bien sembla, (Momke», p. Wl.) 
4° Charbonnière (voyez Fauldée) : • Une fau^ de 
" charbon. ■ (JJ. 189, p. 331, an. l459.)C'e8tencore 
le nom des fosses ii faire le charbon en Belgique. 

Fauder. 1" Plisser un jupon en faude: * Ma 
. cote faudée. • (l'oél. av. 1300, 11, 605.) — • Se 

■ fauder. » (Monet.) — [2* Creuser une faude à 
charbon : ■ Porront braser, fauder el cauSburer, 

■ sanz empirier lesdiz boz, et ne porout riens 
« copper du gros mairieng. . (Cartulaire de Corbie, 
fol. 74*, an. ma.)] 

Faudesteuil. s. m. Fauteuil. [. Un faMestoed 

• i ont, fait lut d'or mier. • (Roland, v. 115.) — 
< Cl palais montent, jà iert li rois requis; Loeys 

■ trueventel /aut/eslue/' assis. > (Raoul de Cam- 
brai, 34.) La racine est l'allemand /a/ten, plier, et 
stuol. siège. Le fauteuil fut d'abord un siège pliant.] 

— ■ Le roy assis sur ung faudesteuil. » (Ger. de 
Nev. Il" part. p. 113.) — -Le roy seoilen son haut 

■ siège,... en un faudesteul. • (Lanc. du Lac, t; I, 
fol. 15*.) — • Le roy si fut assis en ung fauixde$- 

• triefa'ivire. • (Lanc. du Lac. l. II, fol. 36'.) 
Faufileure, s. f. Couture tâche et à longs 

points. (Oudin.) 

Fangibe. [Faucille: • Jehan Passarreu dist au 

• lils du suppliant qu'il lui avoit desrobé ung daux 
. ou faugibe. » (JJ. 195, p. 1002, an. 1473.)] 

Faulcé, j»i)'r Faux, contrefait, au propre et au 
figuré*. Percé, blessé'. 
* • L'en a contrefait en plusieurs lieus nos mon- 

■ noyés d'or, et faussées. • (Ord. t. I, p. 450.) — 
[• Ont l'histoire /'<iiuss^e, onques mais ne vi si. > 
(Berte, 1. 1.)] 

' ' Navreamorl/'au/f;^ d'une lance par le corps. » 
(Hist. de la Tois. d'Or, fol. 25 ^) Voyez Fauceb. 

Fauictile. [Les blés du seigneur se coupant 
par corvée, on rachetait ce droit en argent ou en 
nature: • Item chascuns feux paieroit la faucille 

• en messons de blez. • (JJ. 82, p. 338, an. 1354.] 
Ailleurs, u'est un droit de vente: <i Que chil qui i 

• soient pour vendre un denier en doivent par aa 
.< de cascune /aucif/e. • (Tailliar, Recueil, p. 79, 
xiii" siècle.)] 

Fauldëe. [Charbonnière (voyez Faude): « Le 
•> suppliant venoil du bois couvrir et mettre ft point 
. une fauldêe de charbon qu'il y avoil fait. • 
(JJ. 189, p. 229, an. 1457.)] 



y Google 



doit 
Viel( 



FAU - « 

Faulose, s. f. Fable, fausseté : 

.... Ce n*est mie faulote. 

Go connma tant lui, et ses mors, 

Qu'ele »oa nimo par aniora. {Cortoia d'Arras, f. 83 '.) 

Fanls, aàj. 1* Non réel, mauvais. [On lit dans 
Roland, V. 307: • Sur mei avez turnet fais juge- 

■ ment. ■ — ■ l)e/iiiiselei([nalioniétiSTne)queDeii3 

■ n*en amalunkes. * — ■ A la faune rayne vont 
€ ensemble là sus. - (Berte, couplet XXIV'.fl — 
2* Méchant: « [Empris ai greignor folie Que 1i faus 
« enfes qui crie Por la bêle esloile avoir. ■ (Couci, 
t. lli.)j En ce sens, il est adjeclir ou substantif. 

. . La tcora Diex «on Juiso, 
li noutt een, d'eatrange \g\iua : 
. _3l et jouene la renestroot. 
Et fourme de ssx ans auront ; 
S'auront inOer li fau* tondis, 
Et li boin auront poradia. (Stoualmi, fol S85.J 

i' . Donner, • ou ■ bailler fautx à enlepdre , • 

tromper. (Le Jouvenc. fol. 14"; Percer. VI, fol. 32".) 

2° • Faulx attouchement, ■ attouchement impur : 

Et ae le fait, qui t'alalente, 

Avient, par fatilx BtouchetMnl ; 

Lor« pecbea lu boiriblement 

Conire lof, et contre nature. (Eiut. Detck. fol. 5G0 'J 

2° bi$. • Faux Chemins, > chemins faits dans les 
héritages en temps défendu. [Pérard, Histoire de 
Bourg- p- '460, an. 1246.) 

2* ter. IFanx-conseitlié , mal conseillé, dans 
Froissart, t. Xir, P.272.J 

3° < Faulx escussoQ , ■ peut-être écusson non 
armorié. • IjC veirent yssir du chaslel, l'escu au 

• col qui cstoit escartellé de verd, et de blanc, et 

■ au millieu avoit ung faulx escusson vermeil. ■ 
(Percef. VI, fol. 27'.} — . Salphar porloit ung escu 

■ escartellé de verd, et de blanc, k utig faulx escns- 

• son vermeil, à la morienne; >• (Foi: SU''.) 

4* • Faulx gaiges , ■ gage de bataille entrepris 
pour une querelle injuste. ■ Comment peut ce donc 

■ estre, dist Lancelot, qu'ilz soufrent que madame 

• la royoe eust honte devant eulx, qu'il n'y en eut 

■ aucun qui la deffendist. Par ma foy, dist te cheva- 
« lier, il n'y entoncqueshommesquis'en efforçast; 

- ■ car ilz ne s'en vouloient pas encoulper pour elle, 

• pour ce qu'ilz scavoieut bien que elle »voit le 

• chevalier occis ; si eussent esté desloyaux, se ilz 
> se fussent mis ec faulx gaiges ii leur escient. ■ 
(Une. du Lac, t. III, fol. isi-.) 

5* ■ Entrer en faus gages, ■ pour vouloir obtenir 
des gages en accusant â faux. [Beauroan. p. 162.) 
5* bis. > Faus jugement, > jugement inique. ■ Oui 

■ /aus jugement rait • (Loix Norm. art. 15); en 
latin : oui falsum judicium fecerit. 

6* ■ Faulx murs. > On lit dans Honstrelet , au 
sojet du siège de Conslaotinople par Uahomet II, 
en 1453: < Lesmhrsde devers la terre sont très 

■ gros, et haulx ; et dessus y a barbaquennes , et 

■ macicoliz, et dehors faulx murs, et foasez. ■ 
(Honstr. vol. lli, p. 59.) Le même passage et les 
mêmes expressions se trouvent dans J. Charl. Hisl. 
de Charles Vil, p. 272. [Faux murs est synonymede 
fauase* braies.^ 



>- FAU 

G' bis. • Faulce mesure, > — « Pour les délits 
« commis en vendant jk /"ause mesure et l'amende 

■ des /ïtuae^ roesnres. ■ [Voy. Duchesne, Gén. de 
Chaslillon, p. 14. an. 1231 ; Pérard, Hist. de Bourg, 
p. 488, an. 1257.) 

7* • Faulx ouvrages, > ouvrages faits conire les 
règles d'un mélier. ■ Que Quiz sueres ne meslent 

■ nulle pièce de mouton avec uorduan (cuir], ne 

> facent faulx ouvrages. - (Ord. t. V, p. tig2.) 

8" ■ Fau/j: présent, > plaideur qui se présente à 
Caux, mal k propos. (Ord. t. !ll, p. 650.) 

9* • Faulx s'imm, ■ un des jeux qui amusèrent 
Gai^ntua dans son enfance. (Rab. 1. 1, p. 144.) 

40" . Faus drap, > pièce de drap plus large par 
le chef que par les lisières. (Ord. des Rois de France, 
1. 1, p. 2ti8.) 

11° > Fnus sentier, ■ chemin défendu. (Beaum. I!j2.) 

12* • Faire faulce pointe, » trahir, en parlant de 
troupes qui ne veulent pas donner lorsqu'on charge 
l'ennemi. (Brant. Cap. Ésir. t. I, p. 105; Leit. de 
Louis XII, t. IV, p. 147.) On a dit aussi de femmes 
Infidèles à leurs maris : ■ 11 ne faut poiut que les 

< marys pensent autrement réduire leurs femmes, 

> aprèsqu'ellesont fait la première fauise pointe 

■ de leur honneur, si non de leur lascher la bride 
-< etieur recommander seulement la discrétion, et 

< tout guariraent de scandale. ■ (Brant. Dames 
Galantes, 1. 1, p. 168.) 

13» • Faulce porte, faulse posterne, ■ porte 
secrète. > liy a nul qui n'y soit mort, fors moy 

• seullement qui m'en suis yssu par une faulce 

> porte. - fl.nnc. du Lac. t. lit. fol. 39'.) — «Quand 

■ Lyriope les veit près d'elle elle dist: Sire cheva- 

■ lier, allez tantost à l'autre costé de ce chastel. 

> par devers la faultc poslerne. >(Percef 1, f.48'.} 
14° ■ Fausse porte de la fausse braye, • terme de 

fortification. (Voyez Montluc, t. Il, p. 193, et Fai'Ssb 

15* ■ Faïuse art, > tromperie. < Li sires set tant 
« àe fausse art: • (Poët. av. 1300, t. IV, p. 1337.) 

16* ■ Fausse apoplexie. ■ On lit de ceux qui 
étranglèrent le duc de Glocester, oncle du roi 
d'Angleterre: • Toutmortie porlérentsur unlict,... 

> et puis issirent de la diambre. et vindrcnt en la 

■ salle tous pourveua de ce qu'ils dévoient dire, et 

■ faire, en disant... qu'une fausse maladie d'apo- 
« plexieestolt priseauducdeGlocestre, en lavant 

■ ses mains, et qu'fi grand peine on l'avoit peu 
« coucher. - (Kroissarl, liv. iV, p. 292.) 

17* > Fauss«barbc,> espèce de masque. •Madame 

■ la duchesse de Chaulneétanlaltée aux Carmélites 

< de S' Denis dans un carosse a six chevaux... fut à 

• son retour attaquée par cinq cavaliers, portana 

• cinq fausses barbes... un d'eux vint lui jetter une 

■ bouteille pleine d'eau forte au visage. Llle.... mit 

■ son manchon... devant son visage qui fut cause 

• qu'elle ne fut point offensée. > (Hém. deBassomp. 
ao.l639, p. 319.) 

18° [« Fausse braye. > Les braies étaient un ou- 
vrage de défense entourant le pied des murailles; 
OD y disposait un chemin de ronde pour surveiller 



, Google 



FAU - 1' 

les teotalives des mineurs: des palissades prot^ 
geaient le pins souvent le» senlinvlles. Lorsque 
l'artillerie à feu servit à Vallaque des places fortes, 
on éleva au-dessous des courtines et des boulevards 
ou bastions, des murs peu élevés ou des parapets 

2ui prirent le nomde/iiiMSft braies. Elles abritaient 
es arquebusiers qui défendaient les approches et 
empêchaient Tescalade.] Au sit^tïe do (Jauro, en 
1373, « le duc de Bourbon Hst l.int que ses gens 

< prinreot une/iQUoebraye par devers une porte 
> au dessoubz du chnstcl, ou il logea cent hommes 

■ d'armes. > (Hist.deLouislll.ducdeBourb. p. 79.) 
Voyez aussi Motitluc, t. Il, p. 455. 

19* • Fausse cbarge, ■ fausse aliaque, attaque 
feinte. (Voy. Mém. de Sully, I. Il, p. 40C.)On trouve 
souvent, dans cet (écrivain , la même expression 
prise dans le même sens. 

!!>> bit. [• Et la clamor au prevostvanra à 4 den. 

• de tournois, et ne paiera l'en riens de fauite 

< clamor ■ (Coutumes de S' Jean du Sault à Lan- 
grès), c'est-a-dire fausse réciamatioo.] 

i9- ter. l' Fauste coustume, • esacUon, impôt 
extraordinaire : > Toute fausse coustume vous sera 

■ abaissée. > (Cuvelier.) — ■ C'est le temps que la 

■ /(luMe coustume commença à Itouen, c'est assa-» 

■ voir depuis l'an 1397 jusques à l'un 1312. > (Du 
Cange, ToUa.) Nous sommes là sous le règne de 
Philippe- le-Bel, qui fit de ces charges extraordi- 
naires des impûLs annuels.] 

20* • Jouer /dustf compagnie, ou jouer ù la /iiuisd 

• compagnie. ■ (Oudin, Dict.) — 1' Une sorte de 
jeu : < Il lit baisser le curé, comme quand on joue 

■ au frappe-main, ou à la fausse compagnie. ■ 
(Moyen os Parvenir, p. 360.) ~ 2° Abandonner, 
trahir quelqu'un : • Toutes fois... n'esloient point . 

< bien asseur, qu'on ne leur jouasl Îl la faulce 

■ compagnie. • (Uonslr. 1. 11, p. 122.) — < Durant 

• ces guerres de la Ligue, plusieurs se sont aydfz 

■ des places que le roy dernier leur avoit donncSes 

■ en garde, et de ses moyens, et finances pour luy 

■ faire la guerre, et jouer fausse compagnie. • 
(Braut. Cap. fr. t. Il, p. 359.) 

21° ■ Fausses denrées, ■ c'est-à-dire ni bonnes 
ni marchandes. (Ord. t. III, p. 313.) 
22* -FouMesutigestion, «calomnie. (Ord. 111. 348.) 
23* • Fausses traymes, * fausse trame. < Dès la 

• saint Remy jusques à caresme- prenant puisscnl, 
« et doivent, après ce qu'il ont laissié i'euvre, 

> plo'ier, et nouer draps, et pièces bouter avant, 

■ tixlrc les estoupes et /«lusses Iraynes à la chan- 

> délie, e[ li maislre pour qui il euvrenl, leurs sont 

■ lenuz à délivrer feu et chandelle. ■ •— > A une 

■ fesle puissent ploîer, et nouer, bouter avant, et 

■ tixlre lesesloupes, et les /'ausscitraimes; excepté 

• festes d'apostres, ou de commandemens exprès. > 
iRéglem. pour les Tisser, de Troyes; Ord. V, 596.) 

24° • Fausse trape, > chausse-trape. (Mém. de 
Monlluc, 1. 1, p. 417.) 
35* «fausse vente, ■ vente faite avec lï'aude. 

> Celui qui vend quelque terre, ou l'engage, et ne 

■ déclare point toute la charge qui estdessus,aupa- 



- FAU 

< ravant, ou qui charge le fonds d'un autre contre 

■ le gré du propriétaire encourt 60 livres parisis, 

■ au cas que quelqu'un le dénonçât; et de 

< demeurer en prison jusqu'ft ce qu'il ait satisfait 

■ à la partie de la fausse vente. > (Coût. d'Ypre, 
Nouv. Coût. Géo. t. I, p. 830''.) 

20* - Faux adveu. » — • Quand le sujet, pour 

■ avoir son renvoy, s'avoue d'autre que de scfn 

■ seigneur justicier; ou qtiand le vassal avoQe un 

> autre seigneur feudal que celiiy de fief duquel il 

• doit tenir. > [Laurière.) 

27' ■ Faux assaut. • assaut donné sans effet. 
(Disc, de la Noue, p. 604.) 

38* ■ Jouer faux bond • se dit d'une femme qui 
manque à ses devoirs : • Si tels m.iry voient leurs 

< femmes leur jouer un /'oux bond, qu'ils ne les 

• punissent point, puis>|ue ce ont esté eux qui leur 

■ ont ouvert le chemin. ■ (Bratit. ll~** Cal. I, 68.) 
S9* • Fau<r-bourdou, ■ terme de musique. [■ Uu- 

< sique notée par faintc, Aveciues faulx bourdon 

• de mateur. » [Rondeau de Ch:irles d'Orléans.)] 

— t Rire en faux bourdon, ■ rire perfide. (Contes 
d'Eutrapel, p. 203.) 

30* « Fflux-bourg. • IFauxlicurg ne ae lit pas 
avant Charles d'Orldans : ■ Prenez les champs on les 

> (aulbûurgs. ■ Aupyruvaal. on di.soit forbourg.'] 
31* « Faux-bourgeois, • serfiiuisefaisoitinscrire 

au nombre des bourgeois dans les villes hors de la 
dépendance de son seigneur; r«v«iui sur les terres 
dépendantes de son premier seigneur, il vouloit 
jouir des droits et libertés acquises ailleurs. 
33> • Fau;B changeurs. • (mb. 7615, 1. II, f. 146'.) 
33* ■ Faua; dlsmagfl. • — < sont 

■ les porteurs de paulx desdismescreus : sauC pour 

■ la peine extraordinaire do faux dismages, & 

■ laquelle est besoin lerapporl du porteur de paulx 

• eslre accompugué du témoigna^ de deux per- 

■ sonnes non suspectes avec luy, ou autre preuve 

> plusgrandequedo son seul rapporlquidoitestre 

• fait dans quinzaine. * (Coot. d'Espin. Nouv. Coût. 
Gén. t. II, p. 1135^) 

34° ■ Faux diune, ■ dlme mal payée, non payte. 

■ A ce qu'un soit condamné à l'amende de faux 

• dixme, il est reauis que le dénonciateur, ou 

■ rapporteur soit suivi d'un record, ou plusieurs 

< témoins, ou qu'autrement il fasse paroislre dcue- 
. ment. - (Coût, de Corze, N, C, G. t. II, p. 1096 *,) 

35° • Faus drapiers, > vendeurs de mauvais 
draps, (us. 7615, t. 11, fo). 146'.) 
86° ■ Fa((;c engin, • guet-apens. ■ Plusieurs mal- 

• faicleurs sesont advancez car la force de leurs 

> corps, et /"aux engins h faire homicides, trahi- 
. sons. - (Ord. 1. 1, p. 486.) 

37° . Ffl«j:feicls, et demy faits proposés. » — 

< S'il y a appoinctement entre les parties, premier 

• qu'en soit ensuivie sentence deffinitive, lesquels 

• dits faux faicts et demy faicls proposez, se pren- 

■ ncnt sur les demandeurs, sauf !i les recouvrer 

■ sur le défendeur s'il paye aucune chose du prin- 

< cipal. > (Coul. Qéa. t. II. p. 892.) 

38° ■ Faire faux feu, • faire long feu. (Mém. du 



y Google 



FAU - 1' 

ducdeGuise,p.500; Co.tgrave.)Delii< faire favx 

■ feu à quelqu'un, ■ le tromper. > Les Hugueiiols 

■ ne failiireot à faire leurs practiques, et menées, 

• et me faisoienl faux-tcn, sous main ; car k des- 

> couvert ils n'osoient le faire. • (Hém.deMonLluc, 
I, II. p. 170.} 

Sir ' Faux (lanc, • twme de fbrliiication. (Qrant. 
Cap. fr. t. m. p. 90.1 

40° • Faux fuyant, • petit sentier dans les bois 
pour les geas de pied. ■ La principale chose que 

■ doit apprendre un chien pour bien se rabattra , 

> c'est de ne laisser passer, ni couler faux Toyanls, 

■ ny nulles sentes, sans y mettre le nez. ■ (Charles 
IX.delaChasse, p. 133.) 

41* • Faire faux guet. • (Voy. Lett. de Charles, 

duc de Normandie, plus tard Charles V, aux Ord. 

1. 111, p. 171.) C'est abandonner son poste et se 

retirer avant l'heore marquée. 
» > Faux las, faux latz, • piège. (Modus, t. 80'.) 
43* • Faux manchons, > dusses manches , sorte 

d'ajustement : 

Elle n'avoit, an lieu de favx maocbons, 
Qu'un linue bUnc sur a«i petits bras ronda. 

FmIUmi, Vterlo. M. 88. 

44» . Fana: marcher. . (Fouill. Tén. fol. 24*,) 
Cotgrave donne • faux marchure. > [Se dit de la 
biche qui biaise en marchant et du cerf qui a mis 
bas son bois.] 

45' < Faux monnoveur, > surnom donné ù Ptii- 
lippe-le-Bel, suivant le Journ. de Trev. janv. 1757, 
p. 21. [M. de Saulcy a combaltu celte opinion dans 
un Hém. présenté, à r.^cadémie des Inscriptions.] 

46- > Faux montant, > terme d'escrime.. On dit 
d'un champion qui combat un monsire: • Alector 

■ luy mist ao devant l'escu que bien avoit co^eu 

■ luy estre redoutable, et pour ce qu'il senloit bien 

• les coups de taille ne pouvoir mordresur sa dure 

• peau, sinon bien peu; il luy mist la poincte 

• acérée delà bonne espee à un coup d'un faux 

• moulant entre les escaitles: poussant si ferme 

• que l'espée entra fort profondement dedans l'es- 

■ pine. ■ (A1ector« Itoman, p. 140'.] 

47* ■ Favx pont, * ponts de service, ponts provi- 
soires ; en iOOii, on en fit construire un h Mantes, 
en attendant l'achèvement du pont de pierre. [Uém. 
deSully, t. X, p. 157.) 

48* - Faux procureur, ■ procureur qui n'est pas 
suffisamment fondé. ^Bout. Som. Rur. p. 44.) 

49* ■ Faux proposez, et demy faux proposez , ■ 
terme de droit. * Quand aucunes personnes font 

< poursuitte l'un contre l'autre, et si avant est 

• procédé es dites causes qu'ils sont ordonnez en 

■ faicta contraires escrire, celuy qui deschet doit 

■ amendede vingt sols parisis, k cause des faux 

• proposez au dit procès ; et si es dites causes n'y 

■ a, du costédu deffendeuTique simple dénégation, 

< iln'estdeu, pour la dite amende, que dix sols 
1 parisis, que Von appelle demy faux proposé. > 
(Coût. Gén. t. II, p. 892.) 

50* > Faux, ou faulx semblant. • Dans les ouvra- 
ges de galanterie, Danger et Faux Semblant dési- 
gnent le mari. [AaRomao de la Rose , Faux Sem- 



l- FAU 

blant est un faux mendiant.] Un amant plaint sa 
maîtresse, une femme mariée; elle lui répond 
qu'elle • avoit sa part de la peine comme luy, en 

■ tant qu'il luy falloit trouver excusatioo légitime 

< pour araug:ler dangi^*, et faulx semblant que 

■ l'on ne peut pas de legier appaiser, quand ilz ont 

• telle chose au coeur. » (Arr. Amor. p. 389.) 

51° 'Faulx ou faux visage. ■ — * Unsqnes, 

■ c'est-ii-dlre/aufccvisaiBes. . (Nef des Fols, f. 90".) 
On a dit des brigandages des Anglois en Franoe , 
malgré la trêve en 1449 : > Alloient de nuicl par le 

• plat pavs prendi-e les gentils hommes de l'obels- 

• sanccdu roy, lesquels ils tooieot, et meurtris- 

• soient Se nommoient et faisoieat appeller 

■ ces mairaicteurs les faulx visages, pour ce 

■ qu'en ce faisant ces choses, ils se vestoient et 

< deguisoient d'habita dissolus et espouvenlables 

< afin que on ne les cogneust. > (Uonstrelet, t. IH, 
^ 10*.) — [* Hem baillie et délivre... xu cotes desa- 
c mil longutâ pour daines et pour chevaliers,... et 
« pour XII faux visages avec les cheveleuresde soye 
« deflilôes pour chascunc cote avec les faux visa- 
« ges. > (JJ. 5, fol. 3^ an. 1332, au Compte de 
Boberl de Seres.)] — • Faux visages de papier. > 
(Arr. Amor. p. 422.) — > Habillez de faux visages 

> d'or. < (Ifath. de Coud)', Uist.deCharle3VIL678.) 
52* > Denier fax, > deniers de mauvais aloi : 

Chargiei .vu. dmmftdolres granz 

De déniera fax, et do beaBDH ; 

Mil pQlcfroIx, et mil chevaux, 

Et inil escui iades, et blans ; 

Et .H. haubcrs meaua aanrez, 

El .V. beaune iHen néelex. (Btanek. fol. iSS'.} 

HoatiMl donast .un. chentui, 

C'uns aatree hom un denier fax. (Ibid. fol. 100 '.} 

53* • Se faus an séjour n'ai, > si je ne me trompe. 
(G.Guiart.fol. 275".) 

54* ■ Se par fans ne mars, • si je ne marche par 
le faux, si je ne me trompe. (Ibid. fol. 33''.] 

55* < Que faui n'eschiece, > si le faux n'écheoît, 
si je ne me trompe: 

L'an mil deux cens, que faut n'eschiece, 

Donna li roya Jouban sa nièce 

Blanche, fllle au roy de Caelene, 

Au fil an rov François. iG. Gulort, fol. 53 K) 

Faulser. [Commettre un faux : ■ Lequel com- 

■ paignon avoityau/s^ou fait faulser à un jeune 

• clerc certaines lettres royaux. » (JJ. 1C7, p. 178, 
an. 1413.) Voyez des faux commis par un receveur 
de la ville d'Auxerre, en 1390 ; par un pauvre labou- 
reur, en 1416, aux pièces inédites sur Charles VI, 
t. II, p. 252 et 257.J 

Faiilseté, s. f. Impudicité. • Un frère Thomas 

■ qui alloit prêchant dans toute la Flandre, faisoit 

■ mettre les hommes d'un costé, et les femmes de 

• l'autre, et tendre une corde entre deux, pour ce 

> qu'il disoit avoir vcu entre eux aucune fauUeté . 

< en faisant les prédications. - (Honstr. II, p. 40'*.) 
i Faulseur, «. m. Qui fausse. ■ Faulseur de 

. foy. « (Mém. Du Bell. liv. IV, fol. 95".) — [. Pour- 
. > quoi la terre ne s'ouvrit-elld pour engloutir ce 
I <i fatisseur de foi T ■ (Marguerite, Nernv. 70*.)] 



yLiOogle 



FAU -ï 

Fanlsonnerie.[l*Fauxea écritures publiques: 
« Icellui Gullemetle, faignant nvoir à nom Ptielipot 

• Chausses, eust au suppliant passe audil nom 

■ quiltancedesdiltes choses. LanaéWe faulsonnerie 

■ ainsi commise et perpétrée. > (JJ. 181, p. 37, 
an. 1451.) — 2" Fausse monnaie: ■ Sur les faucon- 

> NËi'iËs qui se fonl dans lesdiles monnoyes. ■ 
(Ord. VII, p. 24^, an. 1388.)] Le sens est plus géné- 
ral dans l'exemple suivant: ■ Crime de fnux que 

> lej clercs appellent crimen falsi, si est crime de 

■ fauisenerie, si comme de lettres fausses, de 
a sceaux contrefiiils, de tanx procureurs, et de tels 

■ cas semblables. • (Bout. Som. Rur. p. 173.) 
Faulsure, s. f. Endroit où une tour commence 

à s'épater. • A l'eiiviron de l'esta^e qui estoit 

■ comme ung palais lout rond, avoit Tencslres, et 

■ autour y avoit ung cercle de Ter de merveilleuse 

• grandeur, car il environnoit toutes les reneslres, 

■ et pendûit, à tout des tlllets de fer qui lenoient fi 
. la faulsure do la tour. • (Percer, l. Ill, fol. G9 ^) 

Faultrage. [Droit de parquer des brcliis, de les 

mettre en faudcs. (Coût, ae Tours, uil.iOO et 101.)] 

Faulx, I. m. Trompeur. > Encontre ung fauUe, 

■ ung et demy. ■ (A. Chart. p. 719.) On dit • & trom- 

■ peur, trompeur et demi. • (Voyez Pauls.) 
Faumenterle. [Mensonge, hypocrisie, foi 

mentie : ■ Vous sarâ bien precier ou jewer de 
« /aam««(eri«,sevousm'e3capé3. • [Kroiss. V,309.)] 
Faumonement, s. m. Crime de fausse mon- 
noie : 

D'autre mntere voa dirai, 

îie ja de rien a'en mentirai 

Li eslcevin devant i'abê, 

Coateat le' il nos aient gabé, 

K« mené pBi faumonement. (Poët. av. ÎSOO,1V, 1314.) 

Faunier. [On lit au Gloss.lat.-fr. 4120, an. 1348: 

■ Focile, gallice fauniers, ubi ligna dessiccantur. >] 
Fauperdrieii, s. m. [Busard des marais, qui 

prend les perdrix: fau, fauc, faucon, perdrieitx, à 
peMi-ix.] — • Le fauperdricux est quelque peu de 
' moi nare corpulence qu'un milan ; toutes fois plus 

• haut enjambé, ayant le bec, et les ongles moins 
< crochues que tous autres oiseaux de rapine. ■ 
(Budé, des Ois. fol. 118>'.]0n lit de H. de Biron, 
accusé d'avoir attiré les principaux des Huguenots 
pour les faire périr ^ la S' Barthélémy : ■ Ceux qui 

• en esubaperent, blasmerent mon dit sieur de 

• Biron, et luy en donnèrent toute la coulpc... les 

■ uns l'appetloient tunneleur,... les autres l'appel- 

• lereai fauxperdrieux. * (Brant. Cap. fr. III, 335.) 

Quand l'autwreau 

Asauit la race de Nias 

L'empiétant, le faupenireau 

Survient, fait laàcher prise : 

Scylleéciuppe, et poor tout gain 

A tous deux reste u faim. (Balf,p. 83 ^.} 

Fanquer, v. Faucher : > Cueillir, tomrJauquer, 

• lever, et emporter tous les foins. ■ (N. C. G. 1. 1, 
page 426 •.) 

Faurë, part. Fourré : « Solere fanréit, • au us. 
7615, 1. 1, f, 09 ". 



2- FAU 

Fansay, s. m. Fausseté. 

Gascoi:, qui tant a araé, 

Amera tout son tA ; 

Dciircment ai pry ijey, 

Qu'en droit li ai ai faïamj. {P. av. 1500, 1, p. 370.} 

Fauslné. s. f. Fausseté, dans Britton, lois 
d'Angleterre, f. 10 ^ fol. 66 *. 
Fausaler, v. Refuser, dénier* Tromper*. 
*Vo doue saniblant dcmoustre, fit scnefio 

Qtic OIS doiiès, en la fin, otroiier. 

El se tout jours me voies fauitûier, 

Jou no s(U qi les coupes dtinuuider. 

Fors cou que j'ai mesclieaiice acensie. ( Vat. ^^90, 76 \i 

Se ses regars me fatunoie (P. av. 1300, TH. p. iùQS.f 
• S'espoir ati mo fuusnie. (P. ao. 1300, Itl, lOSS.) 

S'une dame me veut s'amour tloun«r 

Au premier caup, sons cou que ne la prol 

Jou croi que le me fiiiuniit : 

Poi vaut amours, s'ela n'est deservio. (Vai. 1490, 141 KJ 

Faussaire, s. m. Faussaire, qui manque à ses 
engagements *. Faiix-monnnyeur' 

^Falseires, dans S. B. repond an latin falsariut. 
— [• il metson aversaîre en pci'il d'cstre faussaire. * 
(Beaum. XXXV, 4.) — • Lcsiiduvelles vinrentcom- 

• ment li bonhomme de Pois estoient/'aiMsaifCS. * 
(Froiss. iV. 4ai )] 

" • La contrefaçon des monnoyes que les mali- 

■ cieux faussaires ont fNîtes, un temps paâsé, en 
> coings semblables aux no&lres. > (Ordono. t. II, 
page 429.) 

Faussart, s. m. Coutelas, comme Cauchon : 

■ Si se defTendoient les Sarrazins, en assaillana les 

■ chresiiens, de lances et de faussars esmouliiz. ■ 
(Hist. de B. du Guescl. par Hén. p. 328.) — Tantôt 
c'étoit une arme de jet : ■ Si coururent après eux, 

■ et les assaillirent en gettant dars, et faussars, 

■ dont moult en tuèrent. • (Ibid. p. 363.) 

Ung graiitgectdo dart, d'une lance assérée. 
D'un grant /aiucart, d'une grosse massue, 
D'tme gaiaanne, d'une fiéclieferrio. (Ckate^am. 183*.} 
[Demémeau Roman deRoncevaux : ■ Et grans 

• juisarmes et faussars acerez. > (D. G. III, 197 '>.)] 
Faussée, a. f. Action de fausser, dans l'expres- 
sion : • Faire la faussée. * Au propre, c'est trou- 
ver le défaut de la cuirasse : • Si quelqu'un se 

■ défie de ne pouvoir faire faussée, c'est à dire de 

■ trouver le défaut de la cuirasse, qu'il donne à 
. l'épaule du cheval. - (Mil. fr. du P. Daniel, t. il, 
p. 609.) Voyez au«i Mont. III, p. 273. — Au figuré, 
elle signifie avancer, pénélrer. On a dit des ambi- 
tieux qui essayent de vivre dans la retraite : ■ Ils 

• se sont seulement reculez pour mieux sauter, et 
. pour d'un plus fort mouvement /aire une plus 

■ vive faussée dans la troupe. * (Essais de Mont. 
1. 1. p. 390.) 

1. Faussement, 8. m. Appel d'un jugement. 

■ Se aucuns veut fausser jugement en pals. là ou 

• /Viussetnenf de jugement aliert, il n'i aura point 
. de bataille. ■ (Ordonn. I, p. 113.) Voyez Beaum. 
ch. 67, p. 341. [Voy. aussi les additions sous Faulceb.] 

2. Faussement. [Avec perQdie : < (La vieille) 



yLiOOgle 



FAU - " 

« Qui tel dame trahil fauttemmt eo recolle. > 
(Barte, couplet 136.)] 

Fiinsse-perdrlx, s. f. OIr&iu compté comme 
menu g:ibier par Fouilloux. ■ Ansâî le pourrez vous 

■ oiseler, et aduirc pour les champs, à Toye sau- 
- vajte, aux ouslarJes, aux olims, aux ftitisses- 
' perdris, et à toutes manières d"oiseaux de menu 

■ gibier. » [Pauc. f. 2'.) 
Fausser. Voir Faucrb. 

Fausserei'le. [Acte d'un faussaire : • Guiart 

■ de Uesiiil propos» fausserei-ie de rasure de ladite 

> somme contre ledit exposant, et que l'en avoit 

• fait de sept livres, soixante livres es dites lettres 
. obligatoires. ■ {JJ. 93. p. 122, an. 1302.}] 

Fausses, s. f. p. FalsiRcatioa : ■ Fausset.àe 

■ seal , > falsillcation de sceaux. ^Britlon , Loix 
d-Aogl. ch. 22, f. 43 v) 

Fausset (la confi-alrie de S') ■ Rstrc dé la 

• confrairie deS. Fausset, • être fourlie. (Hoduset 
Racio, Ns. f. 95 *.) 

Fausseté. [1* Mensonge : - Vous dites fausU' 

> tes. • [Roncisvals, 14.) — 2° Aclede faussaire, ati 
propre et an llguré : ■ Cil qui fait aucune (atlseU 

> en amistié est deus tens pires que cil qui fanse or 

• ou argent. ■ [Orunetto Latini, Trésor, p. 318.) ~ 
3* ■ II confessa la dite faufseté de rasure. > (JJ. 03, 
p. 122, iin. il«î2.)] 

FaussIUeur. [Faucheur: • Comme lo suppliant 
« eust envoyé faussiUefira pour faussillier son 
< bief. ' (JJ. 168, p. 385, an. 1415.)] 

Faassonler, s. m. Faussaire, faux>monnayeur: 

■ Faussonier de monnoies, ou de fausse» mon- 

• noies. • (Ord. I, p. 288, 52f.) 
FaussouBé. [Falsifié : ■ Monnoies d'or et d'ai^ 

• gent/(tu»onne'«A. ■ (Ord. IV, 5%, an. 1365.)] 
Faussouiierle. Voir FACLsoMfFJiie, 
Fautable. [Auquel on peut donner créance : 

■ Un des sergcna faulables du ban S. Kemy. ■ 
[JJ. 60, p. 202, an. 1321.) — ■ Lesquels escheviiis 

■ faulables de vanderesse... se transportèrent au 

■ conseil h leurs maiali'es et cschevins de Vei'vin. • 
(JJ. 145, p. 493, an. 1393.)] 

Faute. [I. Ifanque, besoin, privation, défaut: 

■ ■ Li messaige aus amiraus d'Egypte prièrent le roy 

• que il leur donnast une journée par quoy il 

■ peussent venir vers le roy cl ils y venroieiit sans 

• faute. ' (Joinv. § 520.)] — « ïl avoienl grant faute 

■ et grant mcsaisc de leurs tentes qu'il avoienl fës 

■ en devant. • (Froiss. II, 169.) De là, les expres- 
sions et proverbes suivants : 

1- « Par/auïede. - (Froiss. VIII, 206.) 

2* ■ Chercher à faute, * chercher en vain. • C'est 

■ un trésor ou je ne efierche jamais à faute. > 
(Vém. de Viller. t. III, p. 46.) 

3* ■ Il n'est fatilte que de pain, > il n'y a que du 
pain : ( Les nopces ne furent point tropoi^ueil- 

• leases de boire, ne de manger. car loul pré- 

■ mlèrement aux nopces n'y eut faillie que de pain. 



i- FAU 

■ ne d'autre breuvage que d'eaue. ■ (Percef. IV, 
fol. 125 V) 

A' ■ Tirer â faute, * manquer. On a dit de 
l'amour : • 1) n'a tiré dessus mon cœur à faute. ■ 
(Am. Jam. p. i''.) 

PBOTEBBE : - Faute d'argent, c'est douleur non 

* pareille. • (Rab. H, p. 155.) 

II. Lacune, inlervalle : • Li murs qui à ces fossez 

* joingnent Ne sont mie garniz de fautes, nez de 

■ bêles tours forz et hautes. • (G. Guiart, v. 3229.) 

— « Les reogeiit à petit de fautes. » (Id. v. l.^(î*9.) 

— ■ Sans monslrei' retraiie ne faute. • [là. 16691.) 
m. Extrémité : > A la faute du graiid pont. ■ 

(Ord. ni,3|.%an.l358.) 

IV. Défaillance : • Ils le porlerenl sur ung lit et 

* le couchèrent et couvrirent et cuidierentque il 

■ euisteu seulement une faute. ■ (Froiss., t. XIV, 
page 320.)] 

V. Faulle fia corps , comme fau du corps : 
Rabelais dit du frère Jean des Entommeures qui 
sauva le ctos de l'abbaye de SéviHe : ■ Il leur trans- 

■ perlait la poiclrine par le mediasiin, et par le 

■ cueur; à d'aullres, donnant sus la faulle des cos- 

■ tes, leur subvertissoit l'estomacb, et mouroient 

■ sotibdainement. • [Rabelais, t. I, p. 194.) Voyez 
ci-devant, sous le mot Fau , l'expression < fau du 

■ corps ' prise en ce même sens. 
Pautelette, s. ^. Petit défaut. On lit d'un tail- 
leur m.ithonnéte homme : • Il avoit celle petite 
« fautelette. • (Contes de Des Perr. p. 275 ) 

Fautler, s. m. 1' Fautif : ■ Fautiers et delin- 

* quans. ■ (Sag. de Charr. p. 576.) — < Il n'est rien 

■ si lourdement, et largement fautier que les 

■ loix. • (Ess. de Mont. t. III, p. 522.) —2° Mauvais 
tireur : < Entr'iceulx, ung estoit tant fautier, impe- 

■ rit, et mal adroicl, que, lorsqu'il estoit en rang 
< de tirer, loul lo peuple spectalcur s'escurloit de 
> paour d'esire par luy féru. • [Rab. t. IV, p. 2-^.) 

Faotrage, s. m. Droit de ■ préJgc, • droit de 
faire patlre ses troupeaux dans un pré : • Qui a 

■ droit de fautrage, ou préage, le tiendra en sa 

■ main, sans l'affermer. ■• [Coût, de Tours, -C. G..11, 
pages.)* 

Fautre, s. m. Herbe*. Coussin*. Appui en feu- 
tre pour la lance'. 

'Le doue air qui vcnoit sur /iiuf iv. (Froiti. p. S51 \} 
*Li vallei s'iusist sor un banc, 
Sar un fautre de poUe blanc. (FliÀre et Dl. f. SOI •.} 

"[• II se aresia tons quels et mist l'esipée en 

— faulre. » (Froiss. V, 419.)] 

Suant il orent lea escuz pris, 
t les eapez el /outre mia. (Flaire et Bl. f. i90*.) 
Et il ont autrea lancea priaea. 
Ses ODt moult loat el feUre misée. (Parlon. f. iS3 >.) 

Fapons de parler : 

1* • Lance sor faultre, sur feutre, » s'apprôler a 
combattre, la lance appuyée sur le feutre. 

Si Tieuueut iea Galoi ment». 

Lance iùr fautiv, et eacu )jm, 

Comme pour ]oster k demi*. (Parlon. f. 160 '.) 

• Lorsqu'il le ve3il venir, le cueur luy engrossa. 



yLaOOgle 



FAU -i 

« el dist h soy mesmes qu'il Jousiera à ce cbevalier 

• venant; aussi avoit il la tauce sur le feutre. > 
(Percef. VI, f. 75 ^) 

Brocîerentli ans vers l'autre, 

Ir^emcnt, tance tor (autre : 

Moult aBpremeal se combatirenl. (Mouikeâ, f. SU.) 
2* ■ Délivrer, ou payer lance sur {autre, • expres- 
sion empruntée des montres ou revues des gens 
d'armes ayant la lance en arrêt, avec toutes leurs 
armes complètes. De là pour payer comptant : 

Et me délivra n Fornre,... 

Quarante duciwVun sus l'oulre. ' (FroUt. p. 3^3 :) 
Pautrer, v. 1° Frapper : < Ils fautrent premier, 

■ comme un cheval, du pié, el puis se vautrent 

■ comme un clieva), el lorsbrunissenL-ils leurs les- 

■ (es, leurs anloilliera et suranloiilicrs. * (tlhaase 
de Gast. Phéb. us. p. 17.) — [2° Pousser : • (^ascuii 
. i «en, ehascun i fautre. • (G. Guiurt, v. 19337.) 

— 2° Chasser : ■ (lar en leurs cours (des cardinaux) 

• ne peut entrer Uns povres cicrs ; mais est (autres 

• Quant du portier est encontrés * (Jx; Itictie 
homme et le Indre, dans D. C. III, 2IC *.)] 

FauvaIn, adj. Fauve : ■ Un moult bon cheval 

■ /'auvatn, ù courte queue. • (Monslrelel, 1, 263*.) 

— Dans Renart, le mot csl pris substantivement : 

■ Partout es cuers ^auvam elghille A mis Renan • 
{v. 1257). c'esl-fi-diro la rourberie Tauve comme te 
renard et sa queue fauvcl.} 

Fauve, adj. Fauve. [• Petite oreille, la leste 
< toute falve. • (Roland, v. 1656.) — • Avant ez vos 

• parmi la lande Une pucele l'ambleiire Venir sur 

• une fauve mure. • (La Char. v. 2780.)] — On a 
dit d'une femme aux cheveux roux : ■ Kle estoit 

• /auve, et tordue. • {Rom. d'Audig. fol. 67 '.] — 

■ Destes tant fauoes que noires. • (Straparole, II, 
p. 208.) — - Oiarle VUl estoit monte sur une 

■ mule fauve. ■ (André de la Vigne, Voyage de 
Charles YUI, an. Ii04. p. 135.) 

FauveI.[l''Diminalirde/'a«i'c : • Jument fau- 
. vêle. » (Rose, v. I426i.)] 

Cil prent ferrant, el cil moriel, 

Et cil vairon, el cil sorje], . 

Et cil liait, et cilbaucant : 

Cil fuit, el cil le va kacant : 

Et ci) outre* fauvUl amalue. {Mouikei, f. iSH.] 

2- FourtMsrie du renard : [< Fauvel atrait à sa 

■ part Par son engin le regnart... Fauve/ le sert au 

■ mengier Au levier et au couchier. ■ (Jubin. Fabl. 
1. Il, 91.)] — De là le Roman de Fauvel et ce pro- 
verbe de Gotgrave : •> Tel estrille fauveau que puis 

■ te mord. ■ 

Fauvette, s. f. [> De roxiognoz et de fauve- 

• tes. • (Fabliaux, Barbazan, IV, 91.)] 

1* ■ Courir longlems fauvette, • avoir de la 
peine. • Je connois une grande, et habile dame, 

■ qui fist bailler l'ordre à son mary, el l'eustluy 

■ seul, avec les deux plus grands princes de la 

• cbrestienté : elle lui disoit souvent lia mon 

■ amy, que tu eusses couru longtems fauvette, 

• avant que lu eusses eu ce diable que tu portes au 

• col. > (Branl. Dames gai. I, p. 133.) 



i- FAU 

2* • PiuniOT la fauvette. •> Nous disons plumer la 
poule. ■ Nous serions bien soltes, dit fa remme 

■ d'un petit advocat du Chaslelet, de porter de 

■ moindres eslofTes que cela; ce que nous en fai- 

■ sons, donne d'avantage de courage h nos maris 

■ de travailler, et plumer la fauvette sur le manant 

■ pour nous entretenir. • (Caquets de l'Accouchée, 
page 11.) 

1 . Faux, t. f. Fau.x *. Temps où l'on faoche tes 
prcs'. Ce qu'un homme fauche en un jour '^. Espèce 
d'arme", 

*[> L'espée qui plus estoit trancbans que AlK£. - 
(La Charrclle, v. 3100.)] De Ib on a dit : 

1' • En aulrui bief inetli^ favlx. ■ C'est In tra- 
duction de fatcem mllterc in messem alienam. 

Chaocuns n ni joriilioioa. 

Son de^, sa hubji^ction. 

Et oedont ae doitentrvniieUre, 

Sans sa fuulx en autrui bief mettre : 

C'est A liire, aanz ontrqir«ndre 

Sur r«alat do l'autre, ne tendro. 

Et oler où pu ne lui loist. (E. Dach. f. 55C.J 

2* • La faxilx paye le prcz. » (Colgr.) C'est-à-dire 

l'herbe qu on tire du pré paye les frais de fauchage. 

"■ Les prez estnns en prairies non liouschez, 

■ sont dcffensables, depuis laNoslre Dame de Mars, 

• jus(]ues après la faux ; et les prez porlans 

■ reviures, sont defTensnbles, depuis laNostre Dame 

■ jusqaes b la S" Marlin dhyver. • (Cool. Gën. l. II, 
p. JO(î.) — De là - première • et ■ seconde faux, • 
première el seconde fauchaison d'un pré : • Prai- 

• ries dépouillées, nprès la première, ou seconde 

> faux, terres en friches, bois, chemins, et aulres 

■ Héritages non en3enencez,ctcultivez, sont sujets 

> à vains pâturages. ■ (Cout. de l'Evâché de Metz, 
N. C. G. Il, 422 «.) 

"l* Fatixdopré, • au Cari, de S. JeandeLou* 
dun, an. 1375.J 

"Je ne qiiie paa ke sorpcna 
Ou nuira béate poigne plaa 
Ke tait aiDors au deau* : 
Trop par sont ai cop peasnt ; . 
Plus triût sovent que Tura, ne Jkmbls, 
N'onquea encara Salemeos, ne Dana, 
Ne ae tirent, im c'wm ftiw d'Alemalgna. fO Th. i5i.} 
De broches, d'es|4es tcds qn'Us sont. 
De fautx trenchona, gana e^oranca 
De guérir, soit mort, ou en iWnce 
Cilz, ou tu, queU sfriei qui t'armes. [E. Deteh. f. 350.} 
Voyez la figure et l'usage de cette arme, dans la 
Mil. fr. du P. Daniel, 1. 1, p. 619. 

2. Faux. [Faussare, l'endroit de la taille où le 
corps s'élai^t : • Du faux du corps en aval. > (Ord. 
t. VllI, 388, an. 1399.) — > Depuis le faux en bas, 

■ comme les pieds et les jambes d'un griffon velu 

■ et à grans ongles; el depuis le faux en amont en 

> forme d'homme. > (Ualn. de Coucy, Charles VII, 
page 670.)] 

Fanx-à-coDDlIs, a. m. p. Terriers de lapins. 

■ Noble homme peut faire en sa terre, ou fief 

■ noble, faux-à-connils, au cas qu'il n'v auroit 

> garenne à autre seigneur es lieux prochains. •• 
(C. G. II, p. 778.) , 



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FAV - 1 

Fauxbonrg, 8. m. Pauboure. Fauxbourg,<ioe 
l'on a dit fonbourg, c&i un mot composé de {ori 
pour * dehors » el de bourg. [Valois, nolice, 
p. S42'».)— • Fauxbourgi sont toutes les mai- 

■ sons hors l'encci nie de lu ville. > (Pasquier, Rcch. 
p. 658.) — be Ifi celle expression llgnrée: • faux- 
« bourg de l'hyver, > pour entrée, commencement 
de riiivcr. ■ Se vint lienrler contre la ville, presque 
« aux fauxbotirg de l'hyvert. » (Lett. dePasquier, 
1 1, p. 42} 

rnoTEKDË : ■ Jardin aux fauxbovrgs vaut cent sols 

• au rebours. » (Colgr. DicU) 

Faaxille. [Faucille : ■ Chacun fevrc qui vent 

■ fauxilles, doibl une fauxille. • (Cari. 23 de Cor- 
bie. an. 1321.)] 

Faux-pierreux, 8. m. Nom d'un arbre. 

■ Celuy qui dans la ville veut planter des arbres 

■ sur un fond, comme chcsnes monlnrjlos, ceri- 

■ siers noirs, faux-pierreux, pomîers, poiriers, et 
< semblables, qui passeni les dix piuds, les doit 

■ plunter sept pieds du fond voisin. ■ (Coût, de 
Bruxelles, N. C. G. I, p. 1273 ■.) 

Fnvade, s. f. Cosse de pois. (Colgr. et Oudio.} 
Faval, 1. m. FÈve. (Nicot.) On lit favas, dans 

Cotgravc et Oudin. 
Favars. rSorle d'arme, dans un Re{r. de la Cli. 

des Comptes do Paria, fol. 187 ^ an. 1337 :-. El doit 

• livrer et mcttit; en djascune galee .vi. .m. vire- 

• tons, .in. .c. lances, .y. .g. dars, favart, lances 

• longues ferrées. .] 

Fuvele. Flatterie, paroles trompeuses. [■ Gales- 

■ trot, bêle douce amie, Je te cornant deseur ta via 
- Que tu soies preus el isnele. Et si saches de la 

■ favele, Tant que nostre preu en traion. > (Fab). 
t. Il, p, 225.)] 

Araors me lait assener 

A la i^»s bete de Fraace ; 

Si l'en doit moût mercier, 

Etdi, Bwazfavete, 

Si j'ai aiiaé, i'sv choisi 

D'amors lu plus bêle. (PoSt. av. iSOO, J, p. 448.} 

Siens nui ou que je soie. 

Ce nest mie fiu-ete. {Ibid. Il, fol. G4A.) 

Ki *<Mis sert de cutr sans faveU. {Ibid. II, fol. 805.} 

.... Tu Bcez bien que flst l'ancelle 

A saint Pore ; par fa faveUe, 

Lui fidl Jehu Crist renoier. (Etitt. Deich. fol. 419 '.; 

.... Nus ne Fait tant de favete. 

Qui pas deist con ele est bêle. /'Ptirioii. deBl.f.iS7*.} 

Favcler. Tromper, dire des douceurs. [■ J'ai oi 
> maint Flamengcl Ki trop nos faveUe, Et sont de 

• vanter isnel. ■ (Thibaut de Nav. t. il, p. 183.)] 

Îant dist Bemsrt au roy el tant li favela, 
Biit loa Normandie, et Huon tant blseme. fBou, 89.J 
Et preschcra de revansille, 
Qui point ne ment, ne Javeitla. (III llariet, p. 365.J 

Fsveot, adj. Favorable. > Les clairs rayons 

■ à' iatiuances faveiites. • (J. Marol, p. 47.) 
Faverosse, adj. au fém. Celle <|ui forge. ■ Nous 

• sommes venus à la fontaine faveresse, ou ceux 

■ de ce pays apportent au soir leurs instrumens de 

■ fer rompus, soyent cousteaux , poinssons».... et 



•- FAV 

> les (reuvent lendemain au matin, bien rappoiuc- 

. tez. . (Perceforcsl, t. IV, fol. 150'.) 
Faverots, «. m. pi. Espèce de légume. (Cotgr.) 
Faverotte, 3. f. Faverolles. (Cotgrave.) 
Faveur. [1* Bienveillance, bonne fortune: • Ki 

■ csgardent com li blaudiemcnt de cest siècle sunt 
« decivable, ki ses favors tienent à persécutions. . 
(Job, 4C2.)— . Ne soit... amours, ne faveur, ne 
" haîne, Ne chose au monde qui t'enciine A faire 
« riens de desloial. . (Jlacbaut, p. 107.)] 

fay Biir forlune entrepris une queste. 

Et si voslre aide, et fareiiyn s'y accorde, 

J'attends la voir A ma miséricorde. (S. Gelai», p. 77./ 

2* Rubans, gants, boucles, nœuds d'épée donnés 
par une dame: • Pour une faveur de diverses 
« branches données à monsieur le duc d'Anjou. • 
(Œuv. de Desp. p. 582.) C'est le sujr^t el le litre 
d'une pièce de vers. Bassompièrc dit d'un bal: 
- Je comparus avec une belle faveur d'une dame. » 
(«ém. t. !, p. 366.) — [. Desquels (preux) chacune 

• (dame) a voulu recevoir line faveur qu'elle fait 
< apparoislre, Ailn que mieux on la puisse con- 

• (tnoistre. - [S' Gelais, 17.)] 
Expressions : 

1° • \.a faveur des Kilaillons, > protection des 
bataillons. ■ Aller reconnoitre l'armée de l'ennemi, 

• leur contenance, ordre de balailie, et forme de 

• marcher, voii-e essayer d'entamer quelqu'un de 

• ses escadrons, si quelqu'un de sa portée s'éman* 

■ cipoil de quitter la faveur des bataillons. • (Hém. 
de Sully, t. I, p. 418.) 

2* ■ Lettres de faveur, > lettres de recommanda- 
tion. (Brant. Dames galantes t. Il, p. 308.) 
3" . En faveur, » & la faveur. « En faveur du 

■ bols. * (Hétn. de Fleur, p. 182.) 
Favlere, s. f. Champ semé de fiivea ; 



Favlne. [Faine, dans Partonopcx , v. 529: 
• Après la foste sainte Crois Que saingler encrois- 

■ sent de nois. De glans et de favine. >] 
Favorable. [On lit dans Girard de Bossillon 

(v. 2700): • Moult le fil bien Girars qui se rendit 

■ amableA trestous sessubgezet !i lous favorable. >] 
Favorible, 8. ni. Faribole. ■ Ce pape disoit, 

■ quand on le reprenoit de si petite épargne , qu'il 

■ n'y avoit point de plus grana monceau que celui 

■ qui se faisoit peu a peu, el souvent, et que ce 
< n'estoitque /iiiioribie, de ce qui se dil, qu'aulant 

■ chie un boeuf que mille moucherons ; parce qu'il 

■ y a plus de moucherons que de boeu)^. > (Boucb. 
Seréee, p. 192.) 

Favorlr, v. Favoriser : « Pour favorir à tous 

■ esprits studieux. > (Enig, d'Alex. Sylv. Epit. dodic. 
p. 2.) C'est Dieu qui parte dans les vers suivans, où 
li s'agit de la chute de l'homme : 



Moy qui l'ay fi 

Pour contemp._ _..,_.. 

Du soleil ladietu. (Ren 



X l'ay favoru d'esprit, de sens, et d 
mtempler du jour l'incoiiunrable E 
Ùliadietu. (Rem, Belleaii, I, 



', p. li^-l 



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FEA - 1 

Favorisiible, adj. Favorable: 

S'il advient que torlune 

Leur eoit fatoriiable. (/. Marot, p. Iffï.} 

■ Ceux de Bouen qui es\oiet][favorisablc.saaà\ic 
' de Bourgogne. • (Le Fevre de S' Remy, Hist. de 
CharlesVll, p. 119.) 

Favorisât. Terme familier aux joueurs de 
sobelels faisant leurs tours. Brantôme dit au sujet 
des pilleries du mnréclial de Blatignon , dans son 
gouvernement de Cuienne: ■ Aiant manié les de- 

■ niers du roy, il les a ménagez si bien , cl les a 

< fait passer si bien par invisiliilium, avec la faveur 

■ de son petit esprit farfadet, ou aslarot, que très 

■ subtilement, en disant favorisât, carouzal, comme 

< dit maistre Gonin en son passe passe, il les a fait 

■ sauter dans ses cûfTres, au lieu de sauter dans 
. ceux du roy. • (Branl. Cap. fr. t. lU, p. 383.) 

Favorisé. [On lit dans une lettre de conHsca- 
lion, de 1411 (Clir.de la Pncelle, p. p. Vallet de 
Yiriville, p. 74) : ■ 11 a tenu el lient le parly des 

> dicts d'Orléans et leurs complices, les a aidiez, 

• conseilliez, soustenuz el/iivorJs«&. ■] 
Fayart, s. m. Hôtre, aux Oïd. V, CS2. On lit 

fayan, dans Colgravc. Voyez Fau ; la racine est le 
lalin fagus. 
Faye, s. m. Foie. ■ Infirmités du faye se con- 

< noissent. ■ (Artel. Faucon, f. 98 *.) — [On lit 
dans Roland, v. 1278 : > Le cuer trcnchet, le feie et 

• le pulmun. • — Le mot ne se trouve pas au 
filoss. des éditions Gautier; Baudoin de SéLKîurg 
(VIII, 562) donne fie : • Ou'entre fie el poumon en 

• vont li fer passant. • — Dans l'Eltiique d'Oresme, 
ottliifée.'] 

Fayml drolct (Jurlsdtctlon de), express. 

■ C'est la basse justice foncière, el de semi âroicl, 

• qui apartient aux seigneurs de tief, caviers, et 

> .fonciers, sur leurs iivatiers, et sujets qui leur 

■ doivent eens, rente, ou autre devoir. > (Laurière. 
Gloss. du Dr. fr.} Voyez Colgrave. 

Fayne. [Fouine, animal : > Une houppelande k 

• tiommcâ fburréede /<ju?if8. • (JJ. lEiO, page 321, 
an. 1396.)] 

Fayreux, adj. Furieux : 

Teleinent l'ayra. 

Qu'à soo retour tu presque fayretix. (B. Deach. f. SiS '.) 

Fayssonner, v. Fai^onner : ■ Du gentil duc ne 
. peust avoir pardon, ne de sa terre à luy ne veult 

• donner : Belle, dist il, riens ne vous donnera par 

< don le gentil duc du Viser ; ne tardons comment 

■ puissions nostre estât /avsonner; il me convient 

■ mon corps habandonner, > (Percef. V, fol 111 ■.] 
Fé, s. {. Foi. • Fé Uieu. > (Colgrave.) C'est une 

sorte de bague, selon Oudin. Voir Fei et Foi. 

Féable. adj. [Autre forme de fiaUe, Adèle, 
loyal, dans Froissart, II, 96.] — * Manda aucuns de 

■ ses plus feables capitaines. * (J. Le Fev. de S' 
Bemy, fiist. de Charles VU. p. 135.)— • Pur le plus 

■ feable de son armée (c'est a dire par celui en qui 

■ plus se floil), Tut il trahi. > (Comin. p. 357.) — 



i- FEA 

■ L'honneur /"raft/c est digne d'avoir son loyer. • 
(Percefoi-esl, vol. III, fol. 1I8«.) 

Féablement, adv. 1* Fidèlement : • En parla 

• féablement à son frère, eu luy monstranl que 
« féablement il ponvoil aller, et feroil mal de le 

■ refuser. . (J. Le Lèvre, Hist. de Charles VI, p. 137.) 

— [< Que les informations que faicle en auront , et 
< tout ce que par eux en sera trouvé, il rapporlent 
« féablement par devers nozdis baillif, prevost. ■ 
(Ord. V. p. 454», an. 1371 .) — 2* Confideirliellement : 

■ Et en murmuroient les aucuns souvent et feable- 

■ ment ensemble. » (Froissart, XVI, 90.)] 
Feage, s. m. Contrat d'inféodalion *. Fief, fonds 

de terre donné en Ilef ■. 

* • Feage est pris improiirenient pour une chose 

• inféodée, on pour un héritage lenti en fief; car 

• ce mo.tsignilie proprement un contrat d'inféoda- 

• lion. " (Lawr. Gloss. du Dr. fr. — Voyez Coût. 
Cén. t. Il, p. 61 ; d'Argenlré, Coût, de Bret. p. 246.) 
De là ■ bailler à feage. > (Laur. Gloss. du Dr \r.\ 

■■ Lieu et/sflff« noble. » fVoy. Laur. Gloss. du 
Dr. fr.) — ■ Pur feage de noble fief. (Id. ibid.) — 
[•Comme feu Guillaume Guermont en son vivant 

• fust seigneur d'un petit feaige,... et parce que ne 

■ leur parut aucun héritier, nous eussions recueilli 

• ledit feaige par puissance de fié el mis en nosire 

• main. . (Cart. de Notre-Dame du l'arc, an. 4456.) 

— • Ung petit feage nommé le fief de Villiers. - 
(JJ.205, p. 97. an.l478.)] 

Féal, adj. Loyal, sincère *. Digne de foi '. Vas- 
sal ^ Chrétien. Ildèle". 

* Se croire volez moo conseil. 

Que ge TOUS doing bon, et féal. (Blanch. fol. iSO'.} 

* > Gens de l'ost féalles-, et connoissans le païs. • 
(LeJouv. fol. 86.) ~ ■ Fortune qui n'est à nullni 
> feuve amye , luy monsira de son mesUer. • 
(Journal de Paris, sous Charles V), p. 117.) 

.... El n'est pas /^niitfs 
Vers son *mt. (l-Gêt. av. iSOO, 1, p. €6.) 

[On lit feel, dans Parlonopex, v. 47C; feaus, dans 
leChastchiin de Coucy, v. 3169; et dans Laborde, 
p. 231 : « Je vous seroie feus. »] 

" [Dans Roland, nous sommes plus près du fidèle 
mérovingien ijue du vassal féodal : < Jo 1' sivrai od 

• mil de mes fedeilz (v. 84). ■ — > Se lidiz feiaul 

• ou lour avancer non avent fait autrefois dus 

■ homaiges. * (Hist. de Boui^ogne, Preuves, II, 
p. 37, an. 1273.) — • Fidel, et féal, traduit du mot 

• fidelis, ne veut pas dire que celuy dont le sei- 

• gneur parle soit fidèle, mais qu'il est vassal, et 

• par conséquent obligé de l'être (d'être fidèle.) • 
(Le Labour, de la Pairie, p. 256.) 

" On dil de Jésus-Christ : 
DÎQX, et bom 



Expressions remai'quables : 

1* ■ Amez, et féaux. • Ces termes sont usités 
dans les lettres patentes: amez désigne les sujets 
du roi, et féaux désigne les vassaux. (Chantreau Lo 
Fevre, Orig. des Fiefs, p. 62.) Le maréchal de Bou- 



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FEA -i 

cicaut, gouverneur de Gènes en 1407, envoyant 
Jean de vienne, chevalier reli^enx. de l'ordre de 
S' Jean, commandeur de Betleville, et son écuyer, 
en ambassade auprès du roy de Chypre, leur donne 
des instructions dans lesquelles ils sont qualifiés 
< feaux,'6t Ûen aimez. > (Hist. de Boucic. 111, 318.) 

!2* < Choses feaus, elrefeaus, • bien possédés en 
Qef et en arrière-tief, (Beaumanoir, Notes, p. 428.) 

3* ■ Feel homage, ■ hommage sincère. (Poet. 
av. 1300, t. Il, p. 832.) 

4* • Sei^ns feeus. > (Ord. des R. de Fr. I, 208.) 

roWante* .- Foui.. Tea. ds LiUl. fol. 18*. - Fkiu.. Bmt, 
UL40K ~ Fnm.. Parton. fol. iK*. - Fbaulk. S. Bero. 
p. 40. - Feaus. Rjmor, I, p. 106, an. 1966. - Feols. S. Bwd. 
p. 4». - FOÏAUI.S. S. Boni. p. VO. 

Fealté, S./. Fidélité, bonne foi*. Hommage, 
serment de fldélité'. 



Commence à vivre, at nrvlent k Hnté ;.... 

Car nMintanaDt i'appereov loyauU, 

Je r<A à l'oeil amoor, et feaulé : 

Je voy vertu, je «oy trente Ueeae, 

Tout cela voy : voire ea qui est-ce T 

C'est es roua eetdfl, on giat tonte beauté. (C. Mmvt, 999.) 

■ Renoncera le roy à toutes afilnitez, alliances 

■ qu'il a promises, et feautez faites, tant avec l'em- 

■ pereur, qu'avec autres. • (J. Charticr, Histoire de 
CharlesVlI, p. 80.) 

* [Les Tenures de Littlelon (cbap. XCl et XGll) 
indiquent la différence entre la feauté et l'hom- 
mage : « Et quant franc tenant fera fealt