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Full text of "Dictionnaire historique des personnages célèbres de l'antiquité, princes, généraux, philosophes, poëtes, artistes, etc.;"

SO 



DICTIONNAIRE 

HISTORIQUE 

ISONNAGES CÉLÈBRES DE L'ANTIOUITÉ. 



J,E NOKMANT F1I,S, IMPRIMKUft Ï)V HOI , 

KUK nK SEINK, k" 8. 



Ù 




DICTIONNAIRE 

HISTORIQUE 

DES PERSONNAGES CÉLÈBRES DE L'ANTIQUITÉ, 

Pr.l^CES, GÉNÉRAUX, PHILOSOPHES, POETES, ARTISTES, ETC.; 

DRS Dieux , BKROS DE LA FAIILS ; DES VILLES , rLECVKS, ETC. ; 

AVEC 

L'ÉTYMOLOGIE ET LA VALEUR 

DE LEURS NOMS ET SURNOMS ; 
PRÉCÉDÉ 

D UN ESSAI SUR LES NOMS PROPRES 

CHEZ LtJ PEIPLM ANCIENS ET MODERNES; 

r .Ti F. NOËL, 

leur-t^rn'Tj' 4ii .in les, membre de la Légion-d'Honneur 
iTS Sociétés savantes. 



SECONDE EDITION, 

REVUE , CORRIGÉE ET AUGMENTEE. 
Ktv(îvv£V£; apa tiyai û «pav/ov v t5 ôvofxaro; âéui<; , i^s tpaû/o» 

àv^pôjy , «^£ TOV ECTITV^OVTUV. PLATOK , Ùl Cfat/lo. 

" L'imposition des noms n'est point une chose indifiërentc, 
» ni qui doive déiicndrc du hasard. » 



A PARIS, 



CHEZ LE iNOR MAINT PERE, LIBRAIRE. 

RUE DE SEINE, N" 8 

MDCCCXXIV. 

\'V'. 




'DE 
s 

.A/6 



PREFACE. 



J'ai souvent entendu , dans la conversation , 
demander le sens d\m nom propre , surtout des 
grands hommes de la Grèce ou de Piome , et 
exprimer le désir de voir paraître un ouvrage où 
l'on pût au besoin satisfaire cette curiosité, désir 
d'autant mieux fondé , que la plupart de nos pré- 
noms ou noms de baptême sont tirés des langues 
grecque et latine. Un savant italien avait jugé ce 
sujet assez intéressant pour lui consacrer ses 
veilles, lorsque la mort le prévint. Cette anecdote , 
qui m'a été racontée par M. de Villoison , m'a 
confirmé dans le projet que j'avais de m'en occu- 
per. En effet , je ne connais pas d'ouvrage où 
cette matière ait été traitée ex professa. On trouve 
bien çà et là, dans les philologues, des traces de 
cette sorte d'érudition; mais elles sont éparses , 
sans ordre et sans méthode, et coûtent des re- 
cherches longues, pénibles, et souvent infruc- 
tueuses. 

D'ailleurs , c'est rarement sous le point de vue 
de l'étymologie que ces auteurs ont envisagé les 
noms propres; ce qui réduit à peu de chose les 
secours qu'on cherche dans leurs écrits. 

Je me suis fortifié dans mes idées en remar- 
quant qu'il n'y avait aucune étymologie de nom 
propre dans l'ouvrage estimable publié par M. Mo- 
rin , sous le titre de Dictionnaire étymologique 
des Mots Jrançais déricés de la Langue grecque ; 
j'ai pensé que ce nouveau lexique réparerait cette 
omission , et ferait en quelque sorte le complément 
du premier; et sans me flatter du même succès , je 



2 PREFACE. 

me suis proposé le même but, l'utilité publique. 

Je n'avais d'abord le projet que de donner les 
noms grecs ; mais les noms romains n'ayant pas 
une valeur moins déterminée, j'ai cru qu'on me 
saurait gré de les joindre aux autres, et j'ai con- 
sulté avec le même soin les sources que j'espérais 
trouver les plus sûres et les plus abondantes (i). 

Les historiens sont ceux qui doivent présenter 
une plus riche nomenclature ; je les ai parcourus, 
sans oublier les écrivains qui , comme Elien , 
Diogène Laërce, Athénée, etc., offrent un grand 
nombre de noms propres. 

On a dit des étymologies qu'elles étaient comme 
les bons mots : plus on les recherche , moins on 
en trouve ; aussi plusieurs personnes sont-elles 
prévenues contre les étymologistes , qui ne sont 
pas, il faut en convenir, toujours heureux dans 
leurs découvertes. Ménage , dont les étymologies 
sont souvent tirées, avouait qu'il était difficile 
d'assigner avec certitude l'origine de tous les 
mots. En cela il était de l'opinion de Cicéron , 
qui disait de Chrysippe : Magnam molestlam 
suscepit Chiysippus ^ reddere rationem omnium 
vocabulorum ; « Chrysippe a formé une pénible 
entreprise , celle de rendre raison de tous les 
termes » ; et Cicéron lui-même s'est souvent égaré 
sur les pas de Platon. Cependant l'exercice n'en 
est pas à négliger. Les stoïciens en faisaient une 
des bases de leur philosophie ; les jurisconsultes 
romains y trouvaient quelquefois la solution des 
difficultés les plus importantes et l'explication des 
antiquités de leur jurisprudence. C'est sur leur 



(i) On a cru devoir joindre à celte nouvelle édition les 
noms des personnages les plus importons de l'Histoire sainte 



PRÉKACE. 3 

autorité que Ciccron adopte l'étymologie de^tles, 
qui venait, selon eux, de l'exactitude à faire ce 
qu'on promet: Credamus ^ quia Jiat quod dictiim 
e$i, oppellatam fidem. Quintilien combattait les 
détracteurs de cette science utile, et par l'^tuto- 
rité de César, qui ne dédaigna pas ^''écrire un 
ouvrage sur l'analogie, et par des "aisons non 
moins solides que des autorités, concluant ainsi : 
Minus igifuj' ferendi sunt qui hanc arfem ut 
ienuem et jcjunam caçillantur ^ quœ nisifunda- 
rnenta jideliier jccerit ^ quidquid super siruoceris 
corruet; « N'écoutez donc pas les détracteurs de 
cet art (ju'ils rabaissent comme frivole et stérile ; 
c'est un fondement nécessaire sans le secours 
duquel tout s'écroule. » Tel était aussi le senti- 
ment de Locke, qui regarde l'étymologie comme 
si utile , qu'il n'a pas craint d'y consacrer une 
partie considérable de son Traité de VEntende- 
ment. « Il est constant , dit le président Des- 
» brosses , que cette matière , considérée avec des 
» vues métaphysiques , devient une partie essen- 
» tielle de l'histoire de l'esprit humain. » Diderot 
trouve aussi dans le résultat de la science étymo- 
logique une partie importante de l'analyse d'une 
langue , c'est-à-dire la connaissance complète du 
système de cette langue , de ses élémens radi- 
caux , de la combinaison dont ils sont suscep- 
tibles : selon lui, le fruit de cette analyse est la 
facilité de comparer les langues entre elles sous 
toutes sortes de rapports , grammatical , philo- 
sophique, historique, etc. (i) 



(i) C'est ce qu'a bien «enli l'auteur d'un Dictionnaire des 
Sciences et des Arts, M. Lunier; et c'est avec justice qu'on 
lui a fait un mérite de ne laisser aucun mot sans une étyrao- 
logie, qui souvent est une véritable définition. 

1. 



4 PRÉFACE. 

Si ces réflexions peuvent avec justesse s'appli- 
quer à l'étymologie des mois en général, qui, 
dans les langues primitives , ont été formés , 
tantôt d'après le sentiment que font éprouver les 
objets qu'ils désignent, tantôt d'après la sensa- 
tion qu'ils excitent, quelquefois par onomatopée 
ou imitation de son , combien plus ne trouvent- 
elles pas leur application dans l'étymologie des 
noms propres , qui pour la plupart ne sont dans 
l'origine que des noms appellatifs, soit simples, 
soit composés, et combien l'élymologiste a moins 
à craindre de se perdre ! A-t-il remonté au nom 
appellatif , sa tache est finie ; il s'abstient de faire 
un pas de plus, parce que ce pas l'engagerait dans 
les routes de l'arbitraire. 

Voilà le principe que j'ai suivi; je me suis atta- 
ché en général à des explications simples et natu- 
relles. Ce n'a été que par respect pour Platon et 
pour Cicéron que j'ai rapporté les étymologies 
forcées qui étaient tant du goût du platonisme ; et 
lorsque j'ai essayé de remonter aux radicaux de 
noms moins ordinaires, je ne l'ai fait qu'avec la 
plus grande circonspection. 

Mais tous ces soins n'auraient abouti qu'à pro- 
duire une nomenclature sèche et fastidieuse. Quoi- 
que l'étymologie fût l'objet principal de l'ouvrage , 
j'ai cherché le moyen d'y remédier : pour y parve- 
nir, j'ai présenté dans des esquisses rapides, les 
traits caractéristiques des personnages célèbres, 
tels que les victoires d'un conquérant, les prin- 
cipes politiques d'un prince, les dogmes d'un phi- 
losophe , les chefs-d'œuvre d'un artiste , les dits et 
faits mémorables, les anecdotes peu connues, etc. » 
enfin tojit ce qui pouvait rendre cet ouvrage plus 
attraya'nt pour les jeunes gens , auxquels il est 
surtout destiné. 



PREFACE. J 

Sans doute , quelques soins que j'aie mis à mes 
recherches, des noms me seront échappés; mais 
ce ne seront vraisemblablement que des noms 
obscurs, et d'ailleurs, l'habitude de décomposer 
les termes et de remonter aux radicaux, contractée 
par l'usage de ce Dictionnaire , suffira pour mettre 
sur la voie, et donnera le secret des autres dé- 
compositions. 

La manie qu'ont eue les savans depuis la renais- 
sance des lettres, de se masquer d'un nom grec 
ou romain, m'a fait penser qu'il me serait permis 
de lever ce masque et d'emprunter ainsi quelques 
personnages à l'histoire moderne; mais ils sont en 
petit nombre , et c'est l'histoire ancienne qui est 
la base et le fond de l'ouvrage. 

Je l'ai fait précéder d'un Essai his/ori^iur sur' 
les JSoms propres, dont les articles du Lea;i(jiie 
sont pour ainsi dire les pièces justificatives. Ce 
sujet n'a jamais été traité , du mioins comme je 
l'ai conçu , et donnera peut-être l'idée d'un travail 
plus régulier et plus complet. 

C'est dans cette vue que j'y ai joint une Notice 
analytique des sources où j'ai puisé , méthode qui 
était celle des anciens érudits, et que bien des per- 
sonnes désireraient voir renaître comme un garant 
de la bonne foi, du scrupule et de l'exactitude des 
auteurs. 

Un autre but non moins important que je me 
suis proposé dans la publication de ce Diction- 
naire , c'est de contribuer pour ma part à ressus- 
citer le goût des solides études , et surtout celui 
de la langue grecque , qui renaissent de toutes 
part^ , et qui nous promettent pour le siècle oij 
nous sommes une révolution heureuse dans les 
lettres et dans les mœurs, lesquelles ont entre 
elles un rapport beaucoup plus intime qu'on ne le 



n PRÉFACE. 

pense. Si ce but est rempli, je ne regretterai ni 
mon temps ni mes peines; et à ce prix, je souf- 
frirai qu'on m'applique cet ingénieux apologue : 

» L'horizon s'empourprait des derniers rayons 
du soleil , lorsqu'un pèlerin se trouva égaré dans 
le fond d'un bois , théâtre de meurtre et de bri- 
gandage. Il errait depuis long-temps, le cœur 
palpitant d'épouvante, lorsqu'il arrive en un en- 
droit où la route se partageait en deux. Plein d'un 
nouveau trouble , il s'arrête , et s'écrie en soupi- 
rant : '< Ah ! qui me remettra dans mon chemin i* » 
Son œil effaré se porte de tous côtés, et découvre 
enfin , à droite , une colonne élevée dont le bras 
étendu indiquait la route. Il y lit ces mots : « Dans 
<f un mille d'ici , je te mets en sûreté. » Le pauvre 
pèlerin baise la colonne tutélaire qui bannissait 
l'effroi de son âme. Mais quelques pas après 
un nouveau doute le saisit : « Guide bienfaisant, 
» crie-t-il , il m'est encore facile de me perdre ; oh ! 
» situ pouvais m'accompagner! — Ami, répond 
» le conseiller, c'est trop exiger de moi ; je montre 
» le chemin , mais je ne marche pas (i). » 

(i) Gel apologue est traduit de l'allemand, de M. P^fÎpJ 



V, 



ESSAI HISTORIQUE 

SUR 

LES NOMS PROPRES. 



ESSAI HISTORIQUE 

SUR 

LES NOMS PROPRES 

CHEZ LES PEUPLES ANCIENS ET MODERNES. 



RÉFLEXIONS PRELIMINAIRES. 

JLe nom , en général , suivant la définition la plus ordinairc- 
naent reçue, est le terme dont on a coutume de se servir pour 
désigner une chose ou une personne. Cette définition est fon- 
dée sur la valeur du mot nomen, que les étymologistes dé- 
rivent, ou du verbe nosco (i), parce que, dit Cicéron (2), il 
est la marque caractéristique qui fait connaître chaque chose, 
ou du mot grec ovof^a, où Platon, par une décomposition un 
peu subtile, trouve ov paîs^ôat , rechercher l'origine de l'être (3). 

Pythagore rapportait l'imposition des noms à une souve- 
raine sagesse , et c'est en ce sens que Platon disait que c'était 
aux sages de les imposer aux choses. 

Epicure, qui ne remonte pas si haut, convient au moins 
que les noms sont l'effet de la première idée que les hommes 
se sont faite des objets qu'ils désignent; et, quant à la diver- 
sité des langues, il l'explique par la diversité des impressions 
reçues en divers climats. 

Nigidius, dans Aulugelle, en examinant cette question fa- 
meuse dans les écoles de la philosophie ancienne, si les noms 
sont naturels et fondés en raison , ou positifs et arbitraires, se 
déclare pour la première assertion (4). 



(i) Noscime?i , nouimen, notameii, notiinen. 
,(2) Qndd vei nota est. Cic. 

(3) Une troisième étymologie est ôv/ofiat , être utile, parce que son 
usage sert à faire connaître les choses; et une quatrième véfj.tiv, dis- 
tribuer, vofjto;, loi, le nom donnant à chaque chose sa valeur, comme 
la loi à chacun ce qui lui appartient. 

(4) *u(T£« rot ovo^^ara si'iit , v) Oîce: , lib. X, cap. 4- Le passage de Nigi- 
dius ressemble un peu à la scène du Bourgeois Gentilhomme prenant 
aa Icfon de grammaire. 



'O ESSAI HISTOUIQIP. 

C'était aussi l'idée des stoïciens, lesquels, aussi bien 
qu'Aristote, cherchaient dans la propriété des noms la vérité 
des choses. 

Il est en effet assez probable que, lors de l'existence d'une 
nation et d'une langue primitive, les noms ont été imposés, 
non arbitrairement et par un effet du hasard, mais naturelle- 
ment et avec connaissance de cause; et lorsqu'Adam donna 
le nom à tontes les créatures sublunaires, on en doit conclure 
qu'il possédait au plus haut degré la connaissance intime de 
tous les objets de la nature , de leurs propriétés et de leurs 
effets (i), connaissance que l'homme ne perdit pas tout-à- 
fait après sa chule, comme semblent le prouver les noms des 
premiers patriarches. 

On peut donc supposer qu'il a existé un temps où les noms 
étaient imposés avec assez de raison pour que chacun d'eux 
exprimât la nature de chaque chose • et cela avec autant de 
précision que de justesse. 

Mais la confusion des langues et la dispersion des premières 
familles, multipliées au point de former diverses peuplades, 
qui bientôt se subdivisèrent elles-mêmes en une infinité de 
rameaux; la naissance de nouveaux besoins et de nouveaux 
rapports, produits nécessaires d'une société plus nombreuse 
ou plus avancée, toutes ces causes, et une foule d'autres, 
durent, en donnant lieu à la création de signes nouveaux, 
altérer la valeur des anciens , en faire perdre de vue les no- 
tions primitives , et introduire dans le langage le peu de con- 
venance qui se trouve souvent entre le signe et la chose signi- 
fiée. De là vient qu'il y a peu de noms qui manifestent la 
nature des choses , que la plupart expriment rarement les 
propriétés du sujet; et au lieu que dans l'origine ils furent 
adoptés par les chefs de famille conformément à une tradi- 
tion établie, ou donnés par les sages d'après une analogie bien 
reconnue, ils ont fini par être soumis au caprice du peuple , 
qui les a assignés fortuitement et sans réflexion, et à mesure 
que le besoin s'en est fait sentir dans l'usage de la vie : de là 

( 1 ) Les rabbins ont travesti à leur manière cet endroit de la Genèse : 
« Sammaël , distiit-ils , le prince des anges, et quelques autres de 
son parti, étonnés que Dieu prît tant de soin de ce premier Iiommc, 
lui demandèrent de quel usage ce soin pourrait ctrc, et quelle en 
serait l'utilité. Dieu répondit que l'excellence d'Adam surpassait celle 
des auges, fit \cmr des quadrupèdes et des oiseaux, pour voir s'ils 
pourraient les nommer. Sur quoi ils avouèrent leur ignorance. Adam , 
au contraire, ne fut pasplus tôt interrogé sur leurs noms, qu'il répon- 
dit : « Celui-ci csl un bœuf, celui là un lion, cet autre un aigle, etc. » 



SVn LES NOMS P&OPRES. > > 

la diflicultc d'ap|)rofoiidir comment s'est faite l'imposition des 
noms, accidenlellciiitnt ou d'une manière judicieuse. 

Ce que je viens de dire des noms en général peut s'appli- 
quer aux noms propres, dont l'objet est, pour l'ordinaire, de 
distinguer les individus, ou de présentera l'esprit des êtres 
déterminés par l'idée d'ime nature individuelle. Mais outre 
cette première fonction, sans doute que, dans le principe, 
ils eurent encore une autre destination. Chez les Hébreux, 
par exemple , les noms s'imposaient , ou d'après un ordre divin, 
ou conformément aux avantages désirés à la personne nommée , 
ou d'après les circonstances de la naissance des enfans. Platon 
n'a donc pas tort de soutenir, dans son Cratylus, qu'il y a sou- 
vent un rapport certain entre le nom propre et le personnage 
qui le porte; et, partant de ce principe, de supposer qu'en 
général les noms n'ont pas été donnés au hasard et au gré d'un 
caprice aveugle, inais qu'ils eurent d'abord une analogie réelle 
avec le caractère , les vices et les vertus , la profession , etc. des 
individus qui les reçurent. Mais il va trop loin aussi, lorsqu'il 
leur reconnaît une sorte de vertu prophétique, une espèce de 
fatalité entraînante qui détermine la manière d'exister, comme 
Agis, Agésilas, etc. « qui, dit-il, annonçaient d'avance le 
commandement, l'autorité dont ces princes ont été revêtus. » 
r~ Une opinion plus probable , c'est que les noms propres n'ac- 
L,quièrent une signification individuelle qu'en vertu d'un usage 
postérieur; car on peut regarder comme un principe général, 
que le sens étymologique de ces mole est constamment appella- 
tif. Peut-être en trouverait- on plusieurs sur lesquels on ne pour- 
rait vérifier ce principe, parce qu'il serait impossible d'en assi- 
gner la première origine; mais, par la même raison, l'on ne 
saurait prouver le contraire : au lieu qu'il n'y a pas un nom 
propre dont on puisse assigner l'origine, dans quelque langue 
que ce soit, que l'on n'y retrouve une signification appellative 
et générale. 

En hébreu , tous les noms propres de l'Ancien Testament 
sont dans ce cas : il en est de même chez les Grecs; témoin 
Alexandros, 'brave défenseur; Aristoteles, 'but excellent; 
Philippos, qui aime tes chevaux, etc. , et chez les Latins, 
Lucius, né au -point du jour ; Servius, né esclave, etc. : 
observation qui peut se faire avec le même succès sur les noms 
propres des langues modernes (i). 

Ce serait, au reste, une conclusion fausse que celle par 
laquelle on inférerait de ces réflexions préliminaires que ce 

(i) Voyez It' rh;ipilrt dcn Noms propres chez lis Natictis modernes. 



•2 ESSAI HISTORIQUE 

rapport entre les noms el Jes individus a toujours quelque 
chose de réel. Si l'on en trouve comme Alexandre , Démos 
thène (i) , etc. , où ce rapport ne peut se méconnaître , com- 
bien en est-il d'autres qui , pour avoir une valeur déterminée , 
n'ont pas pour cela plus d'analogie avec les personnes? Mais 
cette difficulté cesse d'en être une, lorsqu'on réfléchit que tel 
nom a convenu au premier qui l'a porté, et n'a pu convenir à 
ceux de ses descendans chez lesquels il s'est perpétué , soit p;ir 
une suite de l'usage qui a dû s'introduire de bonne heure parmi 
les hommes de faire porter au fils le nom de son père, soit afin 
que ce fils trouvât dans le nom glorieux d'un de ses ancêtres un 
motif d'émulation. Ainsi, pour ne pas sortir de l'exemple allé- 
gué ci-dessiis, supposons que, suivant la coutume des Athé- 
niens, le fils de Démosthène eût donné au sien le nom de son 
aïeul, n'eût-il pas été extrêmement possible que la valeur de 
ce nom {for ce du peuple), tellement propre à cet illustre ora- 
teur qu'elle semble avoir été imaginée après coup, n'eût eu 
aucime convenance avec la vie, les inclinations et les talens du 
petit-fils ? C'est sans doule ce qui est arrivé plus d'une fois , et 
voilà pourquoi les noms, de précis et de significatifs qu'ils ont 
été d'abord, sont devenus par la suite vagues, arbitrairi;S et 
indéterminés , malgré les efforts de tous les peuples pour les 
rapprocher de leur destination première. 
1- Kn effet, si l'on consulte l'histoire, on remarquera que 
I toutes les nations ont attaché une grande importance à l'impo- 
sition des noms ; et peut-être est-il assez piquant d'observer 
que, dans les temps même où l'on faisait un crime aux enfuns 
de s'appeler comme leurs pères, on n'a pas manqué d'aller 
chercher dans tuie antiquité très-reculée des appellations plus 
ou moins pompeuses, preuve que la vanité des noms peut 
fort bien s'allier avec les prétentions de la philosophie; si tou- 
tefois ce n'est pas profaner ce terme auguste que de l'appliquer 
au délire et à la déraison. 

Il est vrai que cette importance a pu quelquefois paraître 
ridicule aux yeux du bon sens; mais il ne faut pas confondre 
l'abus avec la chose, et il n'est pas possible qu'un usage qui se 
retrouve chez tous les peuples ne repose pas sur des fondemens 
solides. 

Au reste , mon objet n'est pas d'en rechercher les causes; il 
ne s'agit ici que d'érudition , et non de raisonnement. J'ai pro- 
mis des recherches et non pas des discussions. C'est à l'homme 

(i) Voye7 dans ce Dictionnaire les articles j4(/raste , Ai:amemtwn , 
Priam , etc. 



SUR LEd NOMS PaOFRtS. l3 

d'Etat i\ méditer sur une question qui intéresse plus qu'on ne 
croit peut-être la reconstruction du corps social. L'érudit se 
borne à recueillir les faits; le philosophe tire les conséquences. 
Contentons-nous donc de tracer d'une manière rapide l'his- 
torique des noms propres chez les peuples anciens et modernes , 
objet exclusif de ce modeste essai. 



» •www %%v\^ 



CHAPITRE PREMIER. 

Des Noms propres chez les Hébjxux. 

Ce n'est pas sans raison que je mets cette nation à la tête 
des autres ; presque tous les noms hébreux ont une valeur ana- 
logue aux qualités des personnes, ou aux circonstances dans 
lesquelles elles naissent, soit qu'ils soient le fruit d'une révéla- 
tion particulière , soit qu'ils soient dus au choix libre des 
parens : c'est ce qu'on verra dans le cours de ce chapitre. 

Dieu même, au rapport de saint Jérôme (i), a dix noms qui 
ont été manifestés dans l'Ecriture. 

Le premier est El, que les Septante interprètent, Etre- 
Dieu. 

Le second, Elohim, qui a la même signification. 

Le troisième, Elod, qui dérive de El. 

Le quatrième, Sabaoth, des armées; titre que prend Dieu 
dans les prophètes Isaïe, Jérémie, Amos, Aggée et Mala- 
chie (2). 

Le cinquième , Hélion 3 qui signifie Très-Haut (3). 

Le sixième a été révélé à Moïse par une faveur spéciale : 
Ego sum qui sum (4)- 

Le septième, Adonaï, qui signifie ie Seigneur , et que Dieu 
défendit à Moïse de révéler au peuple hébreu (5), 

Le huitième, La, pris de la dernière syllabe du mot allé- 
luia, qui veut àite louez le Seigneur. 

Le neuvième, Tetragrammaton, qui est écrit de quatre 
lettres, est ineffable. Philon remarque qu'il n'était pas permis 



S 



Epist. ad Marcell. i36. 

Isaïe, cap. 54, Jerem, i , Amos , 5 , Agg. i , IHalach. 1. 
f 3) Ps. 90. 
'4) Exod.y cap. i3. 
(5) Exod., cap. 6. 



l4 ESSAI HISTORIQUE 

de proférer ce nom hors du temple. Depuis la mort de Siméon 
le juste, on ne le prononça même plus dans le sanctuaire, de 
peur qu'une oreille profane ne le recueillît ; et les anciens ne le 
dirent à leurs enfans et à leurs disciples qu'une fois en sept 
ans, et partout on lui substitua le nom d'Adonaï. Quand on 
prononce ce nom, dit le Talmud^ il faut que ce soit avec la 
plus grande précaution et dans un cas de nécessité urgente; 
car celui qui le prononce met dans sa bouche le monde entier 
et toutes les créatures qui le composent. 

Le dixième, Sidaï, c'est-à-dire, qui abonde en toutes 
choses. 

David, parlant du nom de Dieu, l'appelle grand, saint 
et terrihie (i). 

Dans Zacharic , le Seigneur Dieu des armées donne la qua- 
lité ^''Orient au Messie son fils (2). 

Isaïe lui applique le nom d'Emmanuel , qui veut dire 
Dieu avec nous; et ailleurs il le traite d'admiraéie (3). 

Aux yeux des Hébreux , ces noms étaient pleins de mystères ; 
aussi avaient-ils en telle vénération la science des noms, qu'ils 
la mettaient même au-dessus de la loi écrite. C'est ce qu'ils 
appelaient la Cai?aie. A les entendre. Dieu avait donné la con- 
naissance de ces noms sacrés aux patriarches et à Moïse; elle 
n'a point été écrite, mais gravée dans l'esprit des saints, et con- 
tinuée, par une tradition non interrompue, entre les prophètes 
venus depuis eux. Les grands hommes d'Israël n'ont rien fait 
de merveilleux que par la force des noms divins ; et si l'on pou- 
vait les assembler et les prononcer avec le respect et la pureté 
requis , on produirait des prodiges aussi admirables que dans les 
siècles passés. Aussi les Juifs contemporains de Jésus-Christ pré- 
tendaient-ils qu'il ne faisait des miracles que par la vertu puis- 
sante du nom ineffable Jehovah (Jaoa), dont il connaissait la 
véritable prononciation. C'est pour cela, disent les rabbins, 
que le nom d'Osée , fils de Nun , fut changé en Josuah, à cause 
de la lettre initiale du ïetragrammalon , chaque personnage 
distingué du vulgaire désirant insérer dans son nom un de ces 
divins caractères pour se rendre plus respectable ; c'est pour 
cela que Josué, gnlce à cette addition, fut mis par Moïse à la 
tête des explorateurs qui allèrent reconnaître la terre pro- 
mise. 

Cette opinion des Juifs semble avoir été partagée par les 



(i) Psalm. y8 et no. 

(2) Cap. 6. 

(3) Cap. 7 et g. 



SUR LES NOMS l'HÛPRES. tj 

Pères de la primitive Eglise. Origène (i) remarque qu'il y a 
une puissance secrète et miraculeuse dans quelques noms 
sacrés , et Eusèbe (2) observe que , par un mystère merveil- 
leux , le nom ineffable de Dieu comprend les sept voyelles dans 
les quatre élémens de grammaire dont il est composé. 

Au commencement du monde, les individus n'eurent chez 
les Hébreux qu'un seul nom propre, qui exprimait ce que les 
parens désiraient à l'enfant, ou qui procédait de quelque occa- 
sion ou de quelque événement. Ainsi, Adam signifie homme 
de terre rouge, parce qu'il fut formé du limon de la terre; 
Abel, rien ou vanité, parce qu'il n'eut pas de lignée; Seth, 
résurrection, car il fut choisi pour réparer la perte d'Abcl; 
Mathusaël, dieu de mort, toute sa génération étant dévouée 
au déluge; Lameth, frappant, parce qu'il tua Caïn; Noach, 
repos, etc. 

Edom, qui veut dire sanguin et rouge, était un des noms 
d'Esau , qui était roux. Jacob signifie qui supplante, ou tient 
par ie taion, parce qu'il voulut ravir à son frère le droit 
d'aînesse; Israël, autve nom de ce patriarche, voyant Dieu, 
pour avoir combattu toute une nuit contre l'Ange du Seigneur. 

Dans le seizième chapitre de la Genèse , Ismaël s'interprète 
l'homme ayant entendu , parce que Dieu avait ouï les 
plaintes d'Agar dans le désert. 

Ruben, premier fils de Jacob et de Lia, est interpiété, fils 
de vision; Siméon, leur second fils, audition; Levi, troi- 
sième, addition; Juda, quatrième, louange; Lia, sa mère 
ayant rendu grâces è Dieu au moment de sa naissance (3); Dan, 
cinquième fils de hi\d\A, jugement, comme chef de la tribu 
des Juges; Nephthalim , sixième, il m'a converti; Jacob 
prophétisa de lui qu'il aurait un beau^langage; Gad, septième 
fils, issu de Zelpha, heureux; Aser, huitième, gras, parce 
que son père prédit qu'il serait un pain gras, et les délices 
des rois; Issachar, neuvième, issu de Lia, mon loyer: son 
père le nomma Ane fort, parce qu'il eut beaucoup de peine 
à cultiver la terre qui lui échut en partage, et qui s'étendait 
près du Jourdain et du mont Carmel; Zabulon, dixième, 
hahitation, son père ayant annoncé qu'il habiterait le rivage 
de la mer et le port des navires; Joseph, onzième, fils de 
Rachel, accroissement; et Benjamin, douzième, son frère 
de père et de mère, fds de la droite et de vertu : inlerpréta- 



(1) Homil. 5, contra Celsiim. 

{■i) Prœpar. evangel., l. XI , cap. 6. 

{s) Gènes. , c. 9. 



l6 ESSAI HISTOBIQCE 

lions qui ont donné lieu aux devises en forme d'armoiries, 
attribuées à ces douze patriarches. 

Ces noms des douze enfans de Jacob, chefs des tribus 
d'Israël, étaient gravés, selon l'ordre de leur naissance, sur 
les douze pierres précieuses qui ornaient le ralional (i), et qui 
accompagnaient la pierre nommée Dabir (oracle), sur laquelle 
était gravé le nom de Dieu. Josephe nous apprend que ces 
douze pierres étaient appelées sardoine, topaze, émeraude, 
escarboucle, jaspe , saphir, lyncure, améthyste, agate, onyx, 
chrysolilhe et béryl. 

Aaron s'explique par montagne; Salomon par pacifique, 
à cause de la paix de son règne; Phares, dont les Pharisiens 
descendirent, par division; Daniel, ^iv.r jugement , en mé- 
moire du jugement célèbre qu'il rendit en faveur de l'inno- 
cence de Suzanne, contre les deux vieillards ; Elie, par Dieu 
Seigneur , pour exprimer son zèle contre l'idolâtrie. Job, 
après son rétablissement, appela la première de ses filles Jemi- 
mah, jour , etc. 

Cependant, si tous les noms hébreux ont une valeur, on 
n'en peut conclure que cette valeur a toujours été analogue 
à quelque circonstance de la vie des individus. Il est arrivé 
sans doute chez ce peuple, comme chez tous les autres, que 
les noms, convenables peut-être aux chefs des familles, n'ont 
plus eu aucun sens , ou du moins aucun rapport avec leurs des- 
cendans. 

En effet, si h nom de tribu se prenait d'un des douze fils de 
Jacob, celui de la famille tirait son origine de quelque neveu 
ou descendant célèbre de ces patriarches. Ainsi, les Nazaréens, 
descendus de Jonadab, fils de Rechab , porlèreot le nom de 
Réchabites , qu'ils rendirent illustre par leur sobriété. Ainsi , 
tout Juif du nom de Jean n'est pas pour cela plein de la grâce 
divine s et Absalon, inquiet, ambitieux, rebelle, ne fut rien 
moins que père de la paix. 

On ne voit pas dans l'Ecriture que les Hébreux aient connu 
l'usage des surnoms. En général , il n'y avait chez eux , comme 
de tout temps chez les Arabes, qu'un moyen pour distinguer 
les familles , et ce moyen consistait à exprimer à la suite de 
son nom de qui on était fils. On disait : Saiii , fiis de Cis; 
David, fils d'Isaï, etc. 

Si dans la suite, comme le veulent quelques écrivains, 
entre autres Philon , ils en prirent jusqu'à trois, ce ne fut 

(i) Ornement en forme carrée, que portait sur sa poitrine le grand- 
prètre de la loi ancienue. 



SrE LES NOMS PROPRES. IJ 

probablement qu'après leur couimerce avec les iiiUions étran- 
gères, après la disp;fîrsion des tribus, et surtout lorsque la 
Judée devint une p;'ovince romaine , comme le prouvent les 
noms de .Tude Thsfdée, Simon Barjone, Judas Barsabas : en- 
core le ralibin Abravanel remnrque-t-il que celle multiplicité 
de noms n'avait lieu qu'en faveur de ceux qui excellaient par 
leurs vertus ou leurs talens, et ne date-t-i! cet usage que de- 
puis la construction du second temple. 

Les femmes ne paraissent également avoir porté qu'un nom 
propre ; mais il n'est pas toujours aisé de décider si ce nom a 
quelque rapport avec la personne nommée. En effet , si Agar 
(étranfjcre) , par exemple, a une valeur propre, puisqu'elle 
était égyptienne, on ne peut apprécier également la conve- 
nance du mot Dalila (pauvre) avec la courtisane de ce nom; 
de Débora [abeille) , avec la prophétesse ainsi nommée, etc. 

On peut appliquer aux noms de femmes les réflexions que 
nous avons faites sur les noms des hommes. 

Chez les anciens Hébreux le nom se donnait à l'enfant lors 
de la circoncision , laquelle se faisait le huitième jour de la 
naissance : cette époque est choisie de préférence, disent les 
commentateurs qui ont le bonheur de tout expliquer , parce 
que cette opération mettant l'enfant en péril, et les parens 
n'ayant pas encore eu le temps de s'attacher à lui , la perte leur 
en serait moins sensible, s'il venait à mourir en ce moment. 

Il paraît, par l'exemple de Zacharie (i), que l'on imposait 
aux enfans le nom de leurs pères. Aussi voulait-il que son fils 
portât son nom , et non pas celui de Jeah. La réflexion des 
parens : « Il n'y a personne dans votre famille qui soit ainsi 
nommé », prouve aussi qu'on prenait quelquefois le nom d'une 
personne de la parenté. 

L'addition d'une ou de plusieurs syllabes était regardée 
comme une preuve de noblesse. C'est ainsi que le père d'Isaac, 
qui s'appelait d'abord Abram [père d'une grande élévation), 
reçut de Dieu même le nom d'Abraham ( père d'une grande 
multitude) 3 lorsqu'il lui fut promis que sa race égalerait le 
nombre des étoiles et celui des grains de sable âur les rivages 
de la mer. 

On retrouve chez les Hébreux la même idée de l'importance 
des noms qu'on peut observer chez les peuples. Il leur était 
défendu de se marier hors de leur tribu , de peur que les biens 
affectés à une lignée ne passassent par alliance dans une autre. 



{i) S. Cuc, cap. 



in f.ssAi nJSTORioiiir 

et que les noms ne fussent confondus cl changés; et le? fille* 
ne pouvaient entrer par mariage dans une autre lignée qu'au- 
tant qu'elles n'étaient pas héritières. C'est ainsi que Michol 
(parfait), fille de Saii! , de la Irihu de Benjamin, épousa 
David, issu de la tribu de Juda. Aussi l'Ecriture bl5me-t-elle 
ceux qui laissent leur nom se perdre dans la mémoire des 
hommes, au lieu de se faire un bonheur de le voir perpétué 
par des enfans. C'est pour celte raison qu'il était ordonné à un 
frère de susciter semence à son frère mort, pour lui donner 
un successeur qui conservât son nom et sa gloire (r). C'est à 
cet esprit qu'on peut attribuer la constance avec laquelle les 
enfans d'Israël conservèrent dans leur intégrité les noms des 
familles, de même que leur langue et leurs vêtemens, pour 
êlre distingués des autres nations. 

Chez les Juifs.modernes, l'imposition des noms se fait, pour 
les mrdes, le jour de la circoncision, c'est-à-dire le huitième 
jour de la naissance , par celui qui préside à la cérémonie , ou 
parrain , entre la première et seconde bénédiction , en présence 
de dix témoins, dont le moins âgé doit avoir plus de treize 
ans. 

A la naissance d'une fille, les cérémonies sont beaucoup 
moins importantes; ce n'est que six semaines après qu'on lui 
donne un noin. Le berceau de l'enfant est orné autant que le 
permettent les facultés de ses parons. De jeunes vierges 
prennent place autour, et le soulèvent de temps en temps ; 
celle qui se trouve à la tête remplit les fonctions de marraine : 
après quoi il se donne un grand repas , et tout le monde se livre 
à la joie. 

Ces formalité* varient selon les pays. En Italie , suivant 
Léon de Modène , il ne se pratique aucune cérémonie. Au bout 
d'un mois, la mère relevée de ses couches se rend à la syna- 
gogue, et présente sa fille au chassan, ou chantre, qui récite 
sur sa tête une formule de bénédiction , et lui donne le nom 
que la mère désire. 

En Allemagne, c'est le chassan qui se rend à la maison de 
l'accouchée, et qui bénit la fille et lui donne un nom en levant 
en l'air une coupe remplie de vin. 

Depuis la dispersion des Juifs, les principaux ont souvent 
aflecté de faire précéder leurs noms de titres honorifiques , tels 
que Rab, Rabbi, Uibbi , Rabban {maître) , Hacam {sage), 
Nasi {prince), Mar, Marcnu, Gaon {écrivain), Theo- 



(i) JDeuLcron., 2,5, 5. 



SUR LES NOM» HRuPUtS. |() 

iiim, etc. Ils se sont distingués nussi par des surnoms tirés fie 
l'ûge, de l'office ou de la profession. Exemple : Ral)I)an , T.a- 
maliel {Senior) ; R. Clianina {chef des -prêtres) ; R. Joha- 
nan { cord&titiier ) ; Naluun {Scribe); A. Siméon {tisse- 
rand), etc. 

Maimonide assigne trois rangs aux docteurs cités dans la 
Misna : les premiers ne sont précédés d'aucun titre, tels que 
Hillel , Schammaï, Abtalion , parce que les prophètes n'ont ni 
titre ni surnom, et parce qu'aucun no pourrait ex})riraer l'ex- 
cellence de leur génie. Les sages d'un rang inférieur s'appellent 
Rahban ; et ceux du dernier ordre, Rathi ou A^ha. 



L ^-» ^-W* %/V^/W% X/% */WV ^ 



CHAPITRE II. 

Des Noms chez les Grrcs. 

Aristote nous apprend que le nom se donnait le septième 
jour de la naissance, parce que c'était à celte époque seule- 
ment qu'on se flattait de conserver l'enfant, ou parce que le 
nombre septénaire était mystérieux et sacré. Suivant d'autres, 
les noms étaient imposés le dixième jour. C'était une fête de 
famille appelée Onomasteria , à laquelle étaient invités les 
parens et les amis en grand nombre. On la célébrait par des 
repas et des sacrifices, afin de consacrer en quelque sorte cette 
imposition des noms par l'intervention de la Divinité. Cette 
fête s'appelait aussi Àmphidromie, delà principale cérémo- 
nie qui s'y pratiquait Les femmes qui avaient aidé la mère si 
se délivrer, se purifiaient, et prenant l'enfant entre leurs bras, 
le portaient en courant autour du foyer; et à l'occasion de 
cette fête, les parens et les amis de la maison faisaient de petits 
présens au nouveau-né. 

Saint Chrysostûme attaque une sorte de divination qui paraît 
avoir été un reste de paganisme : on allumait un certain 
nombre de cierges auxquels étaient attachés autant de noms • 
celui qui brûlait le plus long-temps déterminait le choix, et le 
nom préféré semblait promettre une longue vie à l'enfant qui 
venait de naître. 

A Athènes, une loi donnait au père le droit d'imposer le 
nom à son enfant : c'était assez souvent celui du grand-père 
que l'on choisissait, surtout s'il avait été illustre. Ce choix ^ 
tenait à l'opinion des anciens, que les qualités, soit physiqi*es, 



ao ESSAI HISTOP.IQDE 

soit morales, passaient ordinairement de l'aïeul au petit-fils (i). 
Ils avaient observé que souvent le fils d'un athlète vigoureux 
et robuste était remarquable par sa mollesse, et que la goutte 
franchissait également la première génération pour s'attacher 
à la seconde. On donnait au fils aîné le nom de l'aïeul pater- 
nel ; au second, celui de l'aïeul maternel, et ceux qui les sui- 
vaient portaient le nom de l'agnation et de la cognation. 

Quelquefois on choisissait le plus illustre des ancêtres ; 
d'autres fois l'amour-propre des parens aimait à retrouver dans 
le nom des enfims des faits honorables à la famille. On em- 
pruntait aussi le nom des divinités locales, persuadés appa- 
remment que c'était un moyen de participer au courage, à la 
force ou à la beauté de celle dont on prenait le nom , ou d'avoir 
un titre spécial à sa protection. Assez souvent enfin les noms 
iuîposés marquaient les heureuses espérances que les pères et 
mères avaient conçues de leurs enfans, ou exprimaient les 
vœux faits pour leur bonheur. 

Les femmes n'étaient pas admises à l'honneur de donner le 
nom (2) ; une loi d'Athènes le leur défendait même formelle- 
ment : usage qui fut depuis imité par les Romains. C'était le 
contraire chez les Lyciens ; le fils y prenait le nom de sa mère , 
parce que la succession passait aux filles. Le nom d'Athénée 
était interdit aux femmes, parce que c'était celui de Pallas, et 
que c'eût été manquer de respect à la déesse. Souvent les nou- 
velles mariées en prenaient un nouveau avant d'entrer dans la 
maison de leur époux. 

On désignait aussi les individus par un nom patronymique, 
c'est-i-dire par le nom de leur père, comme Petides, Achille, 
fils de Pelée; de leur aïeul ou bisaïeul, comme J crisiades , 
Persée , petit-fils d'Acrisius, etc. : usage qui s'est reproduit 
chez les nations modernes, comme on le verra au chapitre 
des Noms patronymiques. 

Au reste , la terminaison en ides ou odes n'est pas toujours 
patronymique chez les Grecs ; elle a servi quelquefois à expri- 



(1) La marne opinion avait peut-être lieu chez les Carthaginois : 
Annibal portait le nom de son aïeul, tandis que son père s'appelait 
Amilcar. 

Brantôme remarque que ceux qui portent le nom de leur aïeul lui 
ressemblent volontiers , et cela à l'occasion de l'empereur Ferdinand , 
qui ressemblait en tout à son grand-père. 

(2) Cet usage n'avait pas toujours existé en Grèce. On voit dans 
Homère que les enfans reccvaieut leur nom de leur mère au moment 
de leur naissance. 



Sl'R LES NOarS PROPRES. al 

nier une giandciir ou une qualité plus élevée que celle qui 
sérail désignée par le nom prinutif. C'est à cet usage que 
Lucien iait allusion , lorsqu'il introduit dans son dialogue du 
Coq, un savetier qui, devenu riche, se fait appeler iSmiomt/e, 
de Simon qu'il était avant d'être enrichi, et qui se plaint 
amèrement de ceux qui ne l'appelaient que Simon, comme si 
ce n'eût été qu'une mutilation du nom de Siinonide, faite à 
dessein de l'insulter; en quoi il n'avait pas tout-à-fait tort. Il 
savait que l'on avait affecté , presque de tout temps , de ne 
donner que des noms d'une ou deux syllabes aux esclaves et 
aux autres personnes viles, et que ceux de quatre ou cinq syl- 
labes n'étaient que pour les personnes d'un rang plus relevé. 
Aussi, dit Lucien, de dissyllabe qu'il avait été dans la bas- 
sesse de sa première condition , il devint quadrisyUahe après 
le changement de sa fortune (i). 

En effet, il paraît que cette abréviation de noms n'avait lieu 
qu'à l'égard des valets et des petits enfans. C'est au mépris 
pour les uns et à la familiarité caressante envers les autres, 
qu'Eustathe attribue la liberté que les Grecs se donnaient de 
raccourcir la plupart des noms propres. Ainsi, Démas n'est 
qu'un diminutif de Démétrius ; Menas, de Ménélaûs ; Bacchon, 
de Bacchylide; Amphis, d'Amphiaraiis ; Artéraon, d'Artémi- 
dore ; Alexas , d'Alexandre ; Theudas , de Théodore ; Antipas, 
d'Antipater ; Cléophas, de Cléophile, etc. 

La plupart des diminutifs grecs paraissent confirmer ce 
qu'on vient de dire; car ils s'emploient, ou à l'égard des 
femmes publiques, comme Gymnasium, Glycerium, Phile- 
matium , etc., ou à l'égard des esclaves, comme Syriscos pour 
Syros ; ou des enfans et autres personnes que l'on traite avec 
familiarité , comme Parménisque pour Parmenon. , Cyrille 
pour Cyrus, etc. Dans ce dernier cas, ils s'appellent A-^;;ocw- 
ristica, flatteui-s. 

Les terminaisons en idion, asion, avion, iitos , iskos , 
iilos , uUos, iUa, inna, uila, ion, etc., paraissent affectées 
à ces sortes de diminutifs. On en verra plusieurs exemples 
dans ce Dictionnaire. 

Les grammairiens distinguent encore les dénominatifs, qui 
sont dérivés des noms appellatifs, comme Philon, de philos, 

(i) Démosthène rcproclit; à Eschine d'avoir métamorphosé en 
Atromite le nom de son père Tromès. 

On voit dans V Anthologie une épigramme contre un homme mii, 
<\c pauvre devenu riche, vouhit s'eimoblir par la même voie et de 
Slcphanus se transforma tout d'un coup en Philostéphanus. 



32 ESSAI HISTORIQUE 

ami; Leaena , de leo , Uon ; Stoinylus {hahiiiard) , de 
ffTOf^a, houche, etc.; et les verbaux, qui viennent des verbes, 
tels qu'Ida, Idaeus, Idicus, qui se forment du verbe ùSdv , 
voir. 

L'usage déporter deux noms (i) remontait à la plus haute 
antiquité; on en trouve divers exemples dans //mnère, et 
entre autres celui du fils d'Hector, dont le nom ordinaire était 
Scamandrius, et que son père avait appelé Astyanax, comme 
destiné au trône; de Pûris qui s'appelait Alexandre; d'Andro- 
iiiaque, qui ne prit ce nom qu'après être devenue l'épouse 
d'Hector, etc. 

Les surnoms se divisaient en surnoms proprement dits , et 
en sobriquets. 

Les premiers se tiraient pour l'ordinaire d'une action mémo- 
rable, de l'éclat des victoires, de la supériorité de courage ou 
de lumières, de quelque avantage corporel, d'une prospérité 
marquée, etc., comme Soter, Eudémus, Eucnémus, Ever- 
gètes , Nicanor, Polycrale , Aquila , Polyhistor , Aristo- 
bule, etc. 

Quant aux seconds, on sent que chez un peuple aussi spi- 
rituel et aussi railleur que l'étaient les Grecs , ils durent être 
extrêmement prodigués : c'est ce qu'on aura lieu d'observer 
presqu'c\ chaque page de ce Dictionnaire (2). 

On peut ranger dans la classe des surnoms, les noms que 
les grammairiens appellent </eîi«i<i<ia, et qui se tirent, tantôt 
du lieu natal, tantôt de la ville où l'on a repu le droit de cité. 
Vossius cite pour exemple Phérécyde , qu'on appelait à la 
fois Lérien et Athénien; Denys , surnommé le Thrace, natif 
d'Alexandrie, et connu sous le nom de Denys le Rhodien ; 
Apollonius d'Alexandrie, qui tirait également sou surnom de 
Rhodes, où il avait établi sa résidence. 

Enfin, les Grecs employèrent jusqu'aux lettres de leur 
alphabet pour désigner divers personnages. En voici quelques 
exemples : Eratosthène , de Cyrène, disciple du poêle Calli- 
maque, contemporain des Ptolémée, Evergète et Philopalor, 
jouissait d'une grande réputation comme grammairien, phi- 
losophe, poëte et géomètre; mais comme il n'était pas du 
premier ordre des littérateurs de son temps i\ qui l'on avait 
donné le nom d'A , Alpha, il fut appelé B, Bêla, de la 



(i) Ménage j)rétend que les noms propres parmi les Grecs sont 
presque tous composés. (Menagiaiia , t. I. ) 



(2) Voyez le cliapllie XI r/es Sobriquets. 



SIR LE)i NOUS PROPRES. 20 

deuxième lettre tle l'alphabet, l'vlhagore fut surnoiimié T, 
Gamtna ; Anténor, historien de Crète, A, Delta, du dorique 
Cretois Deitos , brave homme- bon citoyen. On nomma E, 
EfsUon, Apollonius, célèbre astronome , qui vivait du temps 
de Ptolémée Philopator, pour avoir fait des recherches cu- 
rieuses sur la figure de la .'ettre E, qui tourne avec la lune. 
Satyre, ami d'Aristarque, fut appelé Z, Zêta, des soins qu'il 
prit d'approfondir la nature des choses; Ç/;-£2v, chercher. 
Esope fut dit 0, T/uta, par son maître Idmon , parce qu'il 
réunissait les qualités d'un serviteur adroit et fidèle; jr,ç , 
3ktqç , serviteur à gages. La mère de Cypsèle fut nommée 
A, Larti'bdaj par Apollon, parce qu'elle avait les pied^ tour- 
nés en dehors. Saint Pacôme, dit Sozomène , distribua ses 
religieux en vicgt-quatre classes, et donna à chacun le nom 
d'une lettre grecque, selon qu'il la jugeait convenable à leur 
humeur et à lear caractère. 

Chez une nation aussi féconde en grands hommes que le 
fut long-temps la Grèce, il dut y avoir des noms qui furent 
plus particulièrement l'objet de la vénération publique. De ce 
nombre furent, chez les Athéniens, ceux d'Harmodius et 
d'Aristogiton , meurtriers du tyran Hippias, un des fils de 
Pisistrate. Ces noms étaient tellement respectés, qu'ime loi 
défendait expressément de les donner aux esclaves. A cet 
exemple, Domitien, par une imitation aussi ridicule que bar- 
bare, punit de mort Métius Pomposianus, pour avoir avili les 
ncms de JMagon etd'Annibal, en les faisant portei- par deux 
de ses esclaves; excès de sévérité qui n'eût été excusable qu'à 
Carthage. 

Cyrus, Alexandre, étaient aussi des noms Irès-révérés, et 
qui, par celte raison, devaient souvent être donnés par les 
pères à leurs enfans. Mais pour obvier à la confusion qui 
aurait pu résulter de cet emploi fréquent des mêmes noms ou 
de la généralité de la signification primitive des noms propres, 
et pour conserver la distinction individuelle, objet principal 
de cette espèce de nomenclature, les Grecs individualisaient 
Je nom propre par le génitif de celui du père. Ainsi, ils di- 
saient : À).c|âv<?poî ô ^O.tTTTTO'j , en sous-entendant utô;, fils; 
Alexandre, fils de Philippe. 

Les noms des athlètes vainqueurs étaient insérés dans les 
fastes publics, accompagnés de l'épithète honorable ISicé' 
phore, qui a remporté la victoire. 



24 ESSAI HISTORIQUE 

CHAPITRE III. 

Des Noms propres chei les Romains. , 

Les Romains, comme tous les autres peuples, n'eurent 
vraisemblablement dans le principe, q>ï'un seul nom propre. 
Ils ne commencèrent, suivant Eulrope > à en prendre deux 
qu'après leur mélange avec les Sabins; époque où le traité de 
paix entre les deux nations porta que, pour ne faire qu'un 
même peuple, ils emprunteraient réciproquement les noms 
les uns des autres, que le Romain ajouterait au sien celui 
d'un Sabin, et le Sabin celui d'un Romain. 

Appien prétend que l'usage de porter deux noms fut d'abord 
particulier aux Romains, et qu'ils en donnèreat le premier 
exemple. Cette assertion n'est pas fondée; il est constant qu'a- 
vant la fondation de Rome, les Albains portaient deux noms. 
La mère de Romulus s'appelait Rhea Sylvia; son aïeul, Nu- 
mitor Sylvius; son oncle, Amulius Sylvius. Les chefs des 
SabÎQS qui vivaient à peu près dans le même temps, en avaient 
aussi deux , tels que Titus Tatius , Metius Suffetius. Romulus 
et Remus qui semblent n'en avoir eu qu'un, en avaient deux 
en effet : Romulus et Remus étaient des prénoms , et leur notn 
propre était Sylvius. 

La multiplicité des noms, dit Varron, fut établie pour dis- 
tinn-uer les familles qui tiraient leur origine d'une même 
souche, et pour ne point confondre les personnes d'une même 
famille. Les Cornélius, par exemple, étaient une race il- 
lustre, d'où plusieurs familles étaient sorties, comme autant 
de branches d'une même tige; savoir : les Scipions , les Len- 
tulus, les Cethegus, les Dolabella, les Cinna, les Sylla. 

Mais quoiqu'on se contentât d'abord du nom de sa famille 
particulière, sans y joindre celui de sa race, ou parce qu'on 
était le premier qui fît souche, ou parce qu'on n'était point 
d'une origine qui fît honneur, les Romains ne laissèrent pas 
dans la suite de porter trois noms, et quelquefois quatre. 

1°. Le nom de famille, qui s'appelait proprement le nom, 
nomen, était commun à tous les descendans d'une même 
maison, gentis, et à toutes ses branches, comme Julius. 
C'était probablement le nom propre du premier auteur de la 
maison, puisque les Jules descendaient, ou prétendaient des- 
cendre d'Iulus, fils d'Enée. 



SUR LES NOM» PROPRES. 3 5 

a°. Le prénom, qui distinguait les personnes d'une même 
famille, ■prœnomen. 

3°. Le surnom, cognomen , était pour quelques uns un 
titre honorable, ou un terme significatif des vices ou des per- 
fections propres i ceux qui le portaient. 

4°- Le quatrième nom, quand il y en avait, s'appelait agno- 
inen, autre espèce de surnom. 

Les prénoms, qui distinf;;uaient les personnes d'une même 
famille, tiraient leur signification de quelques circonstances 
particulières. Varron fait une longue nomenclature des pré- 
noms en usage parmi les Romains , et en rapporte l'élymo- 
logie. On les trouvera répandus dans ce Dictionnaire. 

Le cognomen, surnom, était fondé, i°. sur les qualités 
de l'âme , qui comprenaient les vertus , les mœurs , les 
sciences , les belles actions. Ainsi Sophus marquait la sagesse ; 
Pius , la piété ; Frugi, les bonnes mœurs ; Gurges, Nepos, 
les mauvaises; Puhlicola , l'amour du peuple; Lepidus , 
Atticus, les agrémens de la parole; Corioianus > la prise de 
Coriole, etc. 2°. Sur les différentes parties du corps, dont les 
imperfections donnaient matière aux surnoms. Cr'aMMS expri- 
mait l'embonpoint; Macer, la maigreur; Cicero, PisOj le 
signe en forme de pois chiche qu'on portait sur le visage. 
Voyez tous ces noms à leur article respectif. 

Il y avait deux sortes de surnoms : le cognomen distin- 
guait une branche d'une autre branche parallèle de la même 
maison, familiam; Vagnomen caractérisait une subdivision 
d'une branche : l'un et l'autre étaient pris ordinairement de 
quelque événement remarquable , qui distinguait le chef de la 
division ou de la subdivision. ^S'c^p^o,.^/V'î*ca^n,était un surnom, 
agnom,en, du vainqueur de Carthage, et serait devenu l'a^- 
nom.en de sa descendance, qui aurait été distinguée ainsi de 
celle de son frère , laquelle aurait porté le nom à Asiaticus. 

Ces surnoms ne furent pas en usage dans les premiers temps 
de Rome; aucun des rois n'en eut de son vivant. Celui de 
Superbus que porta le dernier Tarquin , ne lui fut donné que 
par le peuple , mécontent de son gouvernement. 

Le surnom de Coriolan fut donné à Caius Marcius, comme 
un témoignage de la reconnaissance publique , pour le service 
qu'il avait rendu à l'Etat; témoignage d'autant plus glorieux, 
qu'il fut le premier qui en fut honoré. On ne trouve point 
qu'on l'ait accordé depuis à d'autres qu'à Scipion, surnommé 
l'Africain , à cause de ses conquêtes en Afrique. Ce fut à l'imi- 
tation de ce dernier que l'usage en devint moins rare dans la 
suite, et cette distinction fut fort ambitionnée. Rien, en effet, 



2<5 ESSAI HISTORIQUE 

ne pouvait cire plus flatteur pour un Jiomuie qui avait com- 
mandé les armées, que d'être surnommé du nom de la pro- 
vince qu'il avait conquise. Mais on ne le pouvait pas prendre 
de son chef; il fallait l'aveu du sénat ou du peuple. Les em- 
pereurs même ne furent pas moins sensibles à cet honneur, 
que leur prodigua souvent la flatterie. C'est ainsi que Claude 
se fit donner le surnom de Britannicui , tandis que tous ses 
exploits contre les Bretons se réduisaient à avoir ramassé des 
cailloux sur le rivage. 

Les frères étaient souvent distingués par le prénom, comme 
Publias Scipion, et Lucius Scipion, dont le premier fut 
surnommé l'Africain, et le second l'Asiatique. Le lils de l'Afri- 
cain ayant une santé fort délicate, et se voyant sans enfans , 
adopta son cousin germain, le fils de L. JEmilius Paulus, vain- 
queur de Persée, roi de Macédoine. Celui-ci fut appelé dans la 
suite P. Cornélius, S cipio À fricanus JEmilianus , et Afri- 
canus ininor par la plupart des historiens. Cependant ce nom 
ne lui fut point donné de son vivant, mais après sa mort, pour 
le distinguer de l'ancien Scipion l'Africain. Nous avons un 
autre exemple des trois surnoms dans Q. Fabius Maximus , 
nommé dans son enfance Ovicula, ù cause de sa douceur ; 
puis VerrucostLS, d'une verrue qui lui survint à la lèvre; et 
enfin Cunctator , à cause de sa conduite prudente à l'égard 
d'Annibal. 

Il arriva quelquefois aux Romains de les transposer, de les 
abréger, ou d'y ajouter plusieurs autres désignations, pour 
mieux déterminer leurs familles et leurs personnes. 

1". Ils joignaient à leurs noms celui de leur père, de leur 
aïeul, et même de leur bisaïeul, et quelquefois ils mettaient 
le surnom du père au lieu du nom propre, surtout lorsque 
ce surnom était honorable. Exemple : Q. Fabius Maximi 
F. L. Quintius Capitolini. 

2°. Ils se désignaient par leurs emplois, leurs dignités elles 
autres titres qui pouvaient les distinguer. 

3°. Parles noms de leur tribu, féminins, placés entre leur 
nom propre et leur surnom. Exemple : Sergius Suipitius , 
hemonia , Rufas. 

Quoique l'usage fût de mettre d'abord le prénom, puis le 
nom, et enfin le surnom, quelquefois on a mis le nom avant le 
prénom, et d'autres fois le surnom avant les deux autres. Pour 
ne pas se tromper à ces transpositions , il faut observer qu'en 
général, et à un très- petit nombre d'exceptions près, telles 
(jue Poppeus et Peduceus, les noms de famille se terminaient 
en ius. 



Sl'B LIS NOMS l'ROPRES. 3^ 

Tel fui le syslèine suiri du temps de la république : tant 
qu'elle subsista, le prénom occupa presque toujours la pre- 
mière place; mais depuis les empereurs, à Rome et dans les 
provinces, les frères ne furent plus distingués par le premier 
nom, mais par le dernier. Des deux frères Vespasien. l'un 
s'appelait Flavius Vespasianus, et l'autre Flavius Sabinus. De 
même, des trois fils de M. Annaeus Seneca le rhéteur , le pre- 
mier se nommait M. Annaeus Novatus; le second, L. Annaeus 
Seneca ( Senèque le philosophe); et le troisième, L. Annaeus 
Mêla , père du poêle Lucain. 

Du temps de la république, en imposant le prénom , l'usage 
était de donnera l'aîné un prénom emprunté du père ; au second 
et au troisième, un prénom pris des oncles ou des aïeux. Mais 
les noms des maisons, yentium, et des familles, faitiitia- 
rum, étaient tellement déterminés, qu'ils étaient communs 
aux frères et passaient aux descendans , et surtout depuis 
qu'une loi de Caracalla eut permis indistinctement à tous les 
sujets de l'Empire de prendre le nom de citoyen romain. Depuis 
la chute de la république, soit par le caprice des particuliers, 
soit par l'arbitraire du maître, la plus grande confusion s'intro- 
duisit insensiblement dans les noms. Celui des maisons ne fut 
plus déterminé ; les fils furent distingués de leurs pères, et les 
frères entre eux par une différence totale de noms. En voici 
deux exemples, qui suffiront pour donner une idée du reste. 
Sous le règne de Théodose , on trouve deux frères, dont l'un 
s'appelait Q. Clodius Hennogenianus Olyhrius, et l'autre 
Faitonitts Probus Atypius; et quelque temps après on voit 
un Flavius Avitus Marinianus , qui eut pour ù\s Rufus 
Prœtexlatus Postumianus. 

Cette confusion dut s'augmenter à mesure que les diverses 
armées élevèrent à l'Empire des Francs , des Germains, des 
Africains, des Gaulois; et le mélange des nomsjrecset des noms 
romains a fini par faire de celte nomenclature un chaos inex- 
tricable. 

Pendant quelque temps, les femmes portèrent aussi un nom 
propre particulier, qui s'exprimait par des lettres renversées. 
Par exemple, C et M renversées signifiaient Caia et Marcia : 
c'était une manière de désigner le genre féminin ; mais celle 
coulume se perdit dans la suite. Si les filles étaient uniques, 
on se contentait de leur donner le nom de leurs maisons, Te-, 
rentius, Terentia; quelquefois on l'adoucissait parun dimi- 
nutif, TuUiat Tuliiola. Etaient-elles deux, on les distin- 
guait par les noms d'aînée et de cadelte. Si elles étaient en 
plus grand nombre, on disait la première, la seconde, latroi- 



a8 ESSAI HISTORIQUE 

sièino. Par exemple : l'aînée des sœurs de Brulus s'appeiuit 
Junia major, la seconde Junia tninor , cl la troisième 
Junia tertia. On faisait aussi de ces noms un diminutif, Se- 
cundiila , deuxième; Quartiiia, quatrième, etc. 

Plutarque prétend queles Romaines n'avaientque deux noms, 
savoir : le nom de la maison, comme Licinia , Cornelia , Sempro- 
nia ; et le surnom , comme Metella , Lepida ; et qu'on les désignait 
ou par l'un ou par l'autre. Festus leur donne des prénoms , et 
leprouve par l'exemple de Cécilia, femme de ïarquinl'Ancien, 
et de Tarrutia , qui toutes deux s'appelaient Caia ; et par celui 
de Lucia et de Titia. Valère Maxime, qui est de même opi- 
nion, compte, parmi les anciens prénoms des femmes, Rutilla, 
Cxsella, Rodocella, IMarcula, Burra, noms tirés de la couleur; 
Caia, Lucia, Publia, Maria, Numeria, etc., noms tirés des 
hommes, Caius, Lucius, Publius, Marins, Numerius, etc. 
Suivant d'autres , les femmes n'avaient ni cognomen, ni 
agnomen (i). 

Dans le principe, c'était au moment de la naissance que les 
Romains donnaient à leurs enfans le nom de leur famille, afin 
qu'ils fussent vus et reconnus par tous ceux qui étaient de 
même nom et de même race (2). Dans la suite, on irr posait 
le nom aux enfans le jour de leur purification : c'était le hui- 
tième après leur naissance pour les filles, et le neuvième pour 
les garçons. Cette cérémonie, appelée iVowiina/ia , se faisait 
sous les auspices de la déesse [Nondina, qui prenait son nom 
de nonuSf neuvième, et en pi'ésence des amis de la famille, 
pour qui c'était un devoir de s'y rendre; mais l'empereur An- 
tonin ordonna de nommer les enfans le troisième jour, et de 
faire inscrire le même jour ce nom dans les registres publics; 
ordonnance renouvelée par François I" , roi de France , 
en 1 549. On donnait le prénom aux garçons lorsqu'ils quit- 
taient la prétexte pour prendre la robe virile, et aux filles 
quand elles se mariaient (3). 

Plutarque, dans ses ProMêmes , examine pourquoi le nom 
se donnait le huitième jour aux filles , et le neuvième aux gar- 
çons : c'est, dit-il, parce qu'on pensait que les unes arrivaient 
plutôt à la puberté que les autres. - 

Les noms passaient des pères aux enfans, le plus souvent 



(1 ) ^lex. ah Alex. , liv. i , c. 9 ; liv. 5, c. 4' 

(2) Deiifs (l'Halicajiiasse , liv. 3. 

(3) Cette opinion est combattue par le jurisconsulte Joseph Casla- 
lion ., qui prétend prouver, par les inscriptions, que le prénom se don- 
nait de bonne heure aux enfans-. 



SUR LES NOMS l'ROrRF.S. iQ 

tout entiers, quelquefois avec un léger cliangement. Ainsi, 
l'historien C. Suetonius TratKjuiUus avait pour père Sueto- 
nius Lents. 

D'autres fois il arrivait de réunir le nom du père et de la 
mère, comme M. Aurelius Antoninus. 

Les Romains avaient quelquefois deux noms de famille', ou 
du moins le nom d'ime famille et le surnom héréditaire d'une 
autre. Cet usage avait lieu en trois occasions : i". lorsqu'un 
citoyen passait d'une famille dans une autre par l'adoption'; 
2°. lorsqu'un esclare était affranchi par son maître ; 3°. lorsqu'un 
étranger obtenait le droit de bourgeoisie romaine , par le crédit 
de quelque citoyen. 

Dans le premier cas, celui qui étoit adopté prenait le nom, 
et même le prénom et le surnom de la famille où il entrait; 
mais, pour conserver quelque trace de son origine, il ajoutait 
aux noms de la famille dont il était devenu membre par l'adop- 
tion, le nom de la famille dont il sortait, ou un des surnoms 
qui servaient à en distinguer les branches ; car l'usage varia à cet 
égard. Les uns se contentèrent de joindre à leurs noms celui 
de leur première famille, en lui donnant la forme de surnom. 
Auguste, par exemple, qui se nommait avant son adoption 
C. Octavius, se fit appeler C. Julius Cœsar Octavianus. 
D'autres voulurent conserver le nom de leur famille sans aucun 
changement. C. Cœcilius , que C Plinius Secundus adopta, 
se nomma depuis C. P linius Cœcilius Secundus , et non pas 
C. Plinius Secundus Cœcilianus. D'autres , enfin , ne 
retinrent de leur première famille que le surnom de la branche 
dont ils sortaient; témoin P. Cornélius Scipio , adopté par 
Q. Caecilius Metellus Plus, qui se nomma Q. Metellus Scipio. 

A l'égard des esclaves, ils n'eurent d'abord d'autre nom que 
le prénom de leur maître , un peu changé, comme Lucipor , 
Marcipor , pour Lucii, Marcî puer. Dans la suite, on leur 
donna des noms grecs ou latins, suivant la volonté de leur 
maître, comme Earinus, printanier, dans Martial, ou bien 
un nom tiré de leur pays, surtout d'une nation vaincue, comme 
dansTérence, Dave, Syrus, Géta, etc. ; Dardanus,dans Cicé- 
ron, ou enfin un nom tiré de quelqu'événcment. Mais ils 
étaient restreints à un nom seul, unité qui même était une 
preuve d'esclavage. 

Lorsqu'on les affranchissait, ils augmentaient leur nom du 
nom et du prénom de leur maître, mais jamais de son surnom, 
les gardaient avec le nom propre ou sobriquet qu'ils avaient 
étant esclaves, et le transmettaient à leur postérité , qui pouK 
l'ordinaire ne conservait que le premier. Ainsi , le poëte Andro- 



3o ESSAI IIISTORIQUB 

niciis, affranchi de M. Livins Salinator, fut appelé M. Livius 
Àndronicus. Les deux fameux affranchis de Cicéron s'appe- 
laient M. Tuliius Tiro , et M. TuUius Laurea. Les affran- 
chis des villes municipales prenaient le nom des villes où ils 
avaient reçu la liberté. Lorsqu'ils avaient été affranchis à la 
sollicitation de quelqu'un, ils joignaient quelquefois au nom 
de famille de leur maître , le prénom de celui qui leur procurait 
la liberté : témoin le M. Pomponius Dionysius , affranchi d'Alti- 
cus, dont il est parlé dans les Lettres de Cicéron à cet illustre 
Romain. 

Les étrangers, honorés du droit de cité, prenaient le prénom 
et le nom du patron auquel ils se croyaient redevables de celte 
faveur. Théophane, qui la devait à Pon)pée , prit le nom de 
M. Pompeius Theophancs. Demetrius Mégas, dont parle 
Cicéron, prit le nom et le prénom de Dolabella , et s'appela 
P. Cornélius. 

Chez les Romains comme chez les Grecs , il n'était permis, 
ni de donner aux esclaves des noms d'hommes illustres, ni 
des noms d'esclaves aux enfiins de condition libre. 

Quant aux enfans naturels , on les appelait du nom de ceux 
que la voix publique donnait pour amant à leur mère. 



W'WA'%, VV \. V* % VV-V-V-WX-VX-^/WX ■XX'VWXVVW-V» VX-WVX VX'X'VX'WX.^VXX.'XVX %%'VX.XXX'».V%.'VX 

CHAPITRE IV. 

Des Noms chez diverses nations de l'antiquité. 

HÛRODOTE (i) nous apprend que, de son temps, les enfans 
en Syrie prenaient le nom de leur mère. 

Pline et Solin assurent que les Atlantes de Libye n'avaient 
point de nom propre , et c'est pour cela qu'Hérodote les appelle 
anonymes. Ils les prenaient à l'aventure des linéamens ou des 
dimensions de leurs corps, de la taille, etc. 

Les Troglodytes donnaient à leurs enfans les noms de Bélier, 
Mouton, etc., regardant comme de véritables parens ces ani- 
n)aux auxquels ils devaient leur subsistance. 

Chez les Daces, les noms se changeaient avant le mariage; 
le fiancé en donnait un nouveau ù la fiancée, et en recevait 
d'elle ; et cette appellation , ratifiée par les deux parties, tenait 
lieu d'engagement et de contrat. 

(i) ZfV. Clio. 



SUR I.tS NOMS PROl'KES. 01 

Chczlo» anciens Germains, les noms n'avaient rien de for- 
tuit, et avaient tous une signification fixe et déterminée. Aux 
exemples qu'on citera plus bas , peuvent se joindre les siiivans : 
Alaric , immer von tag zu tag reicher , riche de plus en 
plus; \ercingclor\x, versinnreich, riche de sens ; Ricimer,. 
rcichcr tncyer, maire riche; Adolphe, gottcs, ou vatters, 
ou yidci hculff', secours de Dieu, du père, ou noble; Gri- 
moi\\â,grinvm wait , puissance de la colère ; Adelbcrl, depuis 
Albert, adciwcrt, digne de sa naissance; Conrad, gut rath, 
bon conseil; Berthold, werthund hold , précieux, aimable ; 
Baudouin, hald winning , qui gagne ou surmonte vite, etc. 

Chez les Carthaginois, les noms les plus usités étaient Ham- 
mon, Magon, Annibal, Asdrubal, Amilcar, Hiempsal, Bomil- 
car, Himiice , Barce, etc. 

CHAPITRE V. 

Des Noms chez les peuples modernes. 

Il est difficile de rien dire de positif sur l'origine des noms 
chez les Français. Les guerres entre les Romains et les Gaulois j 
les irruptions des Francs, des Sicambres , des Goths , des Lom- 
bards et des Danois, ont nécessairement altéré l'ancien idiome; 
de sorte qu'il reste bien peu de mots dont on puisse donner 
une interprétation qui ne prête pas à plus d'une objection. 

Il paraît cependant qu'originairement les Francs n'avaient 
qu'un nom en langue vulgaire, propre à exprimer la charge 
dont on était revêtu, la vertu dont on était doué, ou la chose 
que l'on désirait. C'est ainsi que Marcomir signifiait gouver- 
neur d'un pays; Pharamond, homme véritaMe ; Clovis el 
Louis, fort, valeureux ; Clolilde, hien aimée; Dagobert, 
renommé aux armes ; Chilpéric , qui a puissance d'aider; 
Henry, digne d'honneur; Childebert, homme entre les 
guerriers; Frédéric, qui aie pouvoir de donner ta paix, etc. 
Chez les Français d'au-delà de la Loire, du moins dans les 
temps voisins de leur établissement dans les Gaules, on re- 
trouve bien l'usage de porter plusieurs noms, à la manière des 
Romains, mais communément, les Français d'en-deçà la Loire 
n'en avaient qu'un. Charlemagne introduisit en quelque sorte 
la coutume d'en prendre deux, par les noms qu'il donna aux 
grands hommes de son temps avec lesquels il était en relation : 



52 E!*SAI HISTORIQl'E. 

c'est peut-être la première origine des surnoms français qui se 
multiplièrent sur la fin du dixième siècle et au commencement 
du onzième. 

Les noms n'étaient pas toujours héréditaires pour les grands 
seigneurs, mais seulement attachés à leurs fiefs; ils se confon- 
dirent ensuite avec les surnoms, dont l'usage commença vers 
la fin de la seconde race des rois.de France. Lorsque la noblesse 
française prit les siens de ses principaux fiefs, on leur donna 
le nom qu'elle portait. Il y a même des écrivains qui prétendent 
qu'aucun nom n'était héréditaire : il n'y avait, selon eux, que 
les grands seigneurs qui ajoutassent à leur nom de baptême 
celui de leur terre et de leur apanage, ce qui insensiblement 
est devenu le nom de famille ; en sorte que les cadets qui pre- 
naient le nom de la terre qu'on leur donnait pour apanage , 
sont devenus insensiblement chefs de différentes maisons , et 
ont oublié la tige dont ils étaient sortis. 

Si l'on en croit d'anciens historiens, tels qu'André Duchesne 
et Pierre Mathieu, les familles nobles n'avaient aucun surnom 
avant les rois Hugues Capet et Robert son fils (en 987 et 997) ; 
et ce fut de leur temps qu'elles commencèrent à les prendre 
des terres principales qui étaient en leur possession; mais cet 
usage ne fut ni constant ni régulier. Aussi ces mêmes histo- 
riens remarquent-ils que les plus grandes familles de l'Europe 
ont oublié leurs premiers noms ou surnoms, pour continuer 
ceux qui étaient attachés à leurs partages, apanages et succes- 
sions. 

a Ce ne fut guère, dit Mezeray, que vers la fin du règne de 
Philippe-Auguste, que les familles commencèrent à avoir des 
noms fixes et héréditaires. Les seigneurs et gentilshommes les 
prirent le plus souvent de leurs terres, et les gens de lettres 
du lieu de leur naissance. Les Juifs convertis en firent autant, 
et les l'iches négocians empruntèrent les leurs des villes où ils 
faisaient leur résidence. » 

La Rocque,"dans son Traité des Noms, expose fort au long 
comment les noms des familles nobles se sont composés de 
leurs noms primitifs et de leurs principaux fiefs ; j'y renvoie le 
lecteur curieux de celte sorte d'érudition (»). 

(i) Les Français, dit-il, ont tiré leurs noms propres en forme de 
nominatif, des villages ou des terres qu'ils possédaient, ajoutant la 
terminaison selon la diversité des pays, et mettant devant ou après le 
nom propre , ce qui était fort honorable , puisque c'était un témoignage 
qu'une terre était de toute ancienneté dans une famille, et même 
q^u'elie avait été édifiée par ceux qui en portaient le rjom. De ce nombre 



SVB LES NOM» PROPI.CS. 33 

Quant aux roturiers, leurs noms, dans l'origine, paraissent 
avoir été tirés, les uns de la couleur, les autres des défauts du 
corps; ceux-là des habits, ceux-ci de l'âge, de la profession 
ou de l'office; quelques uns des meubles, des instrumens, des 
habits, des degrés de consanguinité , des mois et des jours de 
la semaine , d'autres, enfin, de leurs bonnes ou mauvaises qua- 
lités. Voilà pourquoi nous retrouvons dans la roture les noms 
suivans : le Bel, le Bègue, Prud'homme, Sauvage, Ménager, 
Petit, Têtu, le Doux, le Prieur, le Moine, Châtelain, Vavas- 
seur, Champion, Prévôt, le Riche, le Fèvre, le Charpentier, 
le Brun, le Bhsnc, l'Ami, le Gendre, le Normand, Lombard, 
Martel, Lachaise , Chaudron, Panier, Mortier, Bonnet, 
Béguin, Soulier, l'Enfant, le Jeune, le Vieux, Neveu, Cousin, 
Beauûls, Filleul. Janvier, Février, Jeudi, etc. 

Plusieurs noms ont été dus aux événemens; tels qu'Apel- 
voisin , Crevecœur, Eveillechien , etc. 

Un grand nombre est provenu de l'agriculture ; tels que 
Rozier, des Noyers, de Lorme, du Fresne , du Pin, Buiéson, 
Hautefeuille ; sans compter les bourgeois qui , possesseurs d'un 
petit quartier de terre, ont quitté leur nom de iamille pour 
prendre ceux de la Saussaye, de Ducoudray, de la Haye, du 
Rouvray, etc. ; vanité que Molière a ridiculisée dans ces vers 
dé VEcole des Femmes : 

Quel abus de quitter le vrai uom do ses jjères , 

Pour en voiilou' prendre un Lâli sur des chimères ! 

De la plupart des gens c'est la démangeaison ; 

Ht, sans vous embrasser d;ins la comparaison. 

Je sais un paysan qu'on appelait Gros- Pierre, 

Qui , n'ayant pour tnul bien qu'un seul quartier de terre , 

Y fit tout à l'entour faire un fossé bourbeux, 

Et de monsieur de l'isle en prit le nom pompeux. 

Dans les titres au-dessus de l'an looo, on ne trouve guère 
les personnes désignées autrement que par leur nom propre ou 
de baptême; c'est de là peut-être que les prélats ont retenu 
l'usage de ne signer que leur nom propre avec celui de leur 
évêché , parce que , durant les siècles précédens , on ne voyait 
point d'autres souscriptions dans les conciles. 

Dans les actes publics, pour mieux désigner une personne, 
on écrivait au-dessus de son nom, en interligne, le sobriquet 

sont les maisons de Montmorency en France, de Mendoça en Es- 
pagne, de Sanseverino en Italie, de Mansfeld en AlJcmague , de 
Batliiauy en Hongrie, de Neuhauss en Bohême, de Rariwil en Li- 
thuanie , d'Ossoiiuski en Pologne , de Lumely en Angleterre ,' de 
Gordon en Ecosse , etc. 

3 



54 ESSAI HISTORIQtJE 

qu'elle portait, et là se trouve l'ét^'mologie du mot suniom' 

Souvent des noms de baptême sont devenus des noms de 
famille, et ceux-ci des noms de baptême. 11 y en a une mul- 
titude d'exemples depuis le quatorzième siècle. Mais combien 
ces noms ont été défigurés par une prononciation vicieuse ?Qui 
dirait que Senneterre vient de saint Nectaire? D'où ce nom 
dérive-t-il lui-même ? de nictare, clignoter. Ce nom est par 
conséquent du genre de ceux qu'on a tirés d'une habitude cor- 
porelle. 

Des écrivains rapportent l'origine des surnoms à la coutume 
qui s'établit d'en donnera nos rois. Les Mérovingiens ne con- 
naissaient point cet usage; mais depuis Pépin-le-Bref, il 
devint ordinaire : il était général au treizième siècle, même à 
l'égard des particuliers. , 

11 a environ cent ans, dit Baluse, qu'à Tulle on n'avait que 
des noms propres, et point de surnoms (i). 

Sous Henri II, les gens qui n'avaient pas de seigneurie, e 
qui voulaient se distinguer, eurent recours à un moyen for* 
simple. « Les fréquens rapports avec l'Italie , dit M. de Mayer , 
Gâterie philosophique du seizième siècle, nous en avaient 
fait adopter beaucoup d'usages, et, à la manière de l'Italie, 
nos hôtelleries avaient des enseignes de saints et de saintes. Les 
petites gens prirent de ces noms dont ils se firent des noms de 
famille; c'est pour cela que nous avons tant de Sainte-Croix, 
de Saint-Paul, de Sainte-Maure, de Sainte-Marthe, etc. » 

Dans les pays du Nord, les surnoms remontent plus haut^ 
et ils étaient déjà communs au neuvième siècle; mais les sur- 
noms ne s'y transformèrent en noms de famille , d'une manière 
fixe, que depuis l'institution des armoiries. Pour le même 
peuple, il n'avait point de nom de famille, ou de surnom 
avant le l'ègne d'Edouard l", qui monta sur le trône en 975. 
Plusieurs familles n'en ont point encore dans le Holstein et dans 
quelques autres pays, où l'on n'est distingue que par le nom 
de baptême et par celui de son père, fils de Jean, fils de Pierre, 
Johnson, Péterson , etc. Ce dernier mode est familier aux 
Ecossais. 

En Angleterre, le mot de fitz se met quelquefois devant 
le nom , comme Fitz-William , Fitz-Gerald, etc. Ancienne- 
ment, les pères donnaient un nom distinct à leur premier né : 
c'était un titre d'aînesse. 

En Irlande, où, vers le milieu du dix-septième siècle. 



(i) Me na^iana , tom. L 



STB LES NOMS PROPRES. 35 

presque personne ne portait de nom de terre , on employait 
la nom du père avec le nom de fils, comme Maodonall ; et 
dans le pays de Galles, on sous-entendait le nom de fils. 

En Pologne, vers la fin du dix-septième siècle, les paysans 
n'avaient point de nom, et le même peuple, lout-à-fait dans la 
dépendance des seigneurs, était si obscur, qu'il était égale- 
ment nuliius nominis. Il n'y avait que les nobles qui fussent 
connus par leurs noms et par leurs seigneuries. 

Les surnoms ont commencé en Hongrie depuis 1120. 

Leur usage en Dalmatie, Croatie, Esclavonie , est d'ime 
antiquité beaucoup moins reculée. 

En Transylvanie, le nom se met après le surnom; au Heu 
de dire Gabriel Bethléem, on dil Bethléem Gabor. 

En Danomarck , les noms ont commencé à être fixes seule- 
ment depuis Frédéric I". 

En INorwège, ils n'ont été établis que fort lard. 

Chez les anciens Suédois , les noms des pères n'étaient point 
transférés à leurs enfans : s'il arrivait quelque chose de notable, 
ils prenaient d'autres noms; quelquefois ils empruntaient, 
comme les Brahé , celui de leur mère. D'autres ont préféré le 
nom de consanguinité à leur nom propre. Il paraît que la Suède 
est le pays où les surnoms ont été établis les derniers pour 
toutes sortes de conditions; autrefois, beaucoup de bonnes 
familles n'en avaient pas. Quelques unes même ont pris des 
nonii propres de leurs pères seulement depuis i5i4, mais 
aucune ne sembiait avoir de surnoms. Dans les temps plus 
l'écens , il y a eu des surnoms d'honneur usités dans les fa- 
milles, et considérés autant que les noms des parens ou pré- 
décesseurs , mais qui n'étaient pas proprement des surnoms. 
Ainsi, les noms Dicterici , J acobi , Mathice, Gerhardl, etc. 
ont été pris par des familles entières. L'opinion la plus géné- 
rale est que c'est seulement depuis deux cents ans que les mai- 
sons de Suède portent des surnoms fixes et réglés, la plupart 
tirés de leurs armes. Par exemple, Oxemtlern [front de bœuf) 
a son écu d'or avec une tête de bœuf ou de buffle de gueule, 
les cornes de même couleur. Sparr [chevron) a des armes 
d'azur au chevron de deux pièces d'or. Horii [cor) , porte d'or 
au cor de cliasse de sable. Dans celle de Bannier, le nom et 
les armes ont tant de rapport, qu'elles sont de gueule à la 
bannière d'argent. Aussi, quand on^anoblit quelqu'un , est-on 
dans l'usage de lui donner un nom qui a du rapport aux armes. 

En Hollande, en Zélande et en Frise, les habilans chan- 
geaient leurs noms à tous les degrés, ajoutant celui de leur 
père au leur propre. 

3.. 



3t) ESSAI HlSTUaiQI'E 

En Allemagne, les surnoms de famille furent communs au 
douzième siècle. La mode de prendre deux prénoms fut incon- 
nue aux Allemands avant la fin du quinzième. Les écrivains 
prolestans de cette nation attribuent à l'influence de la cour 
romaine à l'époque de la fameuse querelle des investitures, la 
désuétude des noms d'origine vraiment germanique , et la 
préférence donnée , vers la fin du règne de l'empereur Henri V, 
aux noms étrangers, latins, grecs, et même hébreux. Cet 
événement peut avoir été une des causes; mais mille autres 
ont pu concourir au même effet, tels que les émigrations, les 
mnriages , les guerres , etc. 

Les surnoms paraissent dans quelques chartes d'Espagne du 
onzième siècle; mais en Italie, comme en Fram;e, on les voit 
dès le commencement du dixième. Les Vénitiens en donnèrent 
l'exemple aux autres villes d'Itdie; mais l'usage en fut long- 
temps réservé aux grands de l'Etat. 11 ne commença guère 
qu'au quatorzième siècle dans le pays de V;iud. 

A Pérouse , les paysans ne faisaient point usage de leurs 
noms. 

Jusqu'au commencement du douzième siècle, les surnoms 
avaient été réels, et tirés de la seigneurie, de la dignité ou de 
l'office; alors ils devinrent génériques, et les signes distinctifs 
de famille : ce qui fit que chaque chef de famille adopta un nom 
certain, permanent et successif. 

Les femmes n'avaient autrefois que des noms propres. En 
Angleterre, elles n'avaient point de surnoms, conformément 
au droit romain, mais prenaient ceux de leurs maris, comme 
en France et ailleurs, au commencement du treizième siècle, 
les veuves de la haute noblesse retenaient le nom de leurs 
maris. Ce n'est que dans le dix-septième siècle, vers l'an 1620, 
que l'on a commencé à mettre le nom de famille des femmes 
dans les actes : ainsi, dans tout le cours du seizième, elles ne 
portaient encore que le nom de baptême. 

On voit, par. les souscriptions des évêques des sixième 
et septième siècles, qu'à l'exemple des Romains ils prenaient 
plusieurs noms; mais c'est une singularité remarquable de 
trouver plusieurs prélats et seigneurs appelés diversement dans 
les titres, surtout vers les commenceuiens du onzième siècle. 
De là l'embarras des généalogistes, qui trouvent une personne 
désignée sous un nom dans un acte, et sous im autre dans 
une pièce différente. 

Les noms propres varièrent même dans l'orthographe, dans 
les impriujés et dans les chartes. La négligence des notaires à 
marquer les surnoms depuis qu'ils furent en usage, et la cou- 



SUR LES NOMS PROPRES. 5^ 

tuine de ne marquer les noms rriiornines que p:>r la lettre ini- 
tiale , qui commença vers la fin du onzième , ont jeté beau- 
coup de ténèbres dans l'histoire. 

SUITE DU CHAPITRE V. 

L'histoire des nations orientales et celle des pays inconnus 
aux anciens , offrent une grande variété d'usages relatifs au nom 
propre. J'ai cru à propos d'en fiiire un article parlicidier. 

Les Turcs donnent le nom à leurs enfans au moment de 
leur naissance; ils ne les circoncisent que la sixième ou sep- 
tième année , lorsqu'ils sont assez avancés pour lire ou pro- 
noncer la profession de foi de l'islamisme : « Il n'y a (ju'un 
Dieu, et Mahomet est son prophète. » C'est alors seulement 
qu'on lui donne le titre de musulman. Quant aux femmes, 
quoique la circoncision n'ait pas lieu pour elles, elles ne sont 
également musulmanes qu'après qu'elles ont articulé leur 
profession de foi. 
I Ils prennent les surnoms de croyans, d'orthodoxes, etc. 
Mahomet s'appelle VJpâtre, le Lieutenant, le Serviteur 
de Dieu, titre que prit aussi Omar. Le fameux Saladin, qui 
chassa les chrétiens de la Palestine, est nommé par lus Arabes, 
Joseph te restaurateur de la religion. Le calife Moaffa , 
après s'être défait d'Habib, se donna le surnom de défenseur 
1 de la religion de Dieu, etc. 

Chez les Macassarois, le nom se donne à quatre ou cinq 
mois ; c'est toujours un nom de quelque saint de l'Alcoran. 

Du temps d'Oléarius, les Persans vouaient leurs enfans dès 
le sein de leur mère, et tiraient de là leurs dénominations. 

Aux Indes, les dieux pénates de chaque maison ont les 
mêmes noms que les chefs de la famille. Les Bramines ne 
nomment leurs enfans que huit jours après leur naissance , en 
leur perçant les oreilles. 

Au Japon, les princes, outre leurs noms propres, sont 
appelés de celui de leur principauté, qui est aussi celui de 
leur principale résidence. Dans le reste de la nation, tous les 
mâles changent trois fois de nom : celui de l'enfance n'appar- 
tient ni à la jeunesse, ni à l'âge viril; les vieillards même en 
ont un différent. Avant ce nom, les Japonais mettent comme 
prénom celui de la famille. 

Une autre nation, lesTapuges, ne le élisaient qu'à l'âge de 
huit ans, lorsqu'ils perçaient à leurs enfans les oreilles et la 
lèvre inférieure. 



38 ESfAI HISTORIQUE 

A la Chine, au rapport d'Herrera , les hommes changoiil 
plusieurs fois de nom; et, selon le P. Triganlt, Jes filles n'en 
ont pas, et sont désignées par l'ordre de leur naissance dans la 
maison de leurs pères. An dire du premier , ils nomment 
Pinçon et Pinçonne les parens de l'espèce hinnaine que les 
livres saints appellent Adam et Eve. 

Les Tartares Czérémisses, qui sont idolâtres , attendent au 
bout de six mois à nommer leurs enfans. Ce terme arrivé, on 
détermine un jour, et le premier qui s'approche ou qui passe à 
côté de l'enfant, lui donne le nom qu'il porte. 

En certains endroits de Guinée, les mères donnent le nom 
i^i leurs enfans dès le moment de leur naissance, après avoir 
consulté leurs féliclies : ailleurs, aussitôt qu'un enfant vient 
de naître, le père invite tous ses voisins. Le nouveau-né est 
placé sur une feuille de palmier^ les conviés boivent sur son 
corps, de manière que des gouttes de la boisson tombent sur 
son visage. Au premier cri qu'il pousse, on lui donne un nom 
(]ui approche du son qu'il a fait entendre , comme Coranquin, 
Quaku, Àpedaée, Jafury. Ils appliquent quelquefois aux 
mâles le nom de Bangala, qui est en grand honneur parmi 
eux. 0"^'<l"t^ff^is aussi, lorsque les chrétiens les vont voir, ils 
prennent leurs noms, qu'ils croient porter bonheur à leurs 
enfans. 

Les Abyssins attendaient quarante jours, et l'imposition des 
noms était accompagnée d'un sacrifice. 

En Amérique, les noms avaient souvent une signification 
déterminée. Ainsi, parmi les rois mexicains, on trouve les 
noms de Vizilo Vitli, qui porte une aigrette; Chimalpo- 
■poca^ bouclier qui jette de la fumée; Montezuina, maître 
.sévère. Un cacique du Brésil fut surnommé Yagnarguagne, 
qui sue du sang, parce qu'il eut une sueur de cette nature 
lorsqu'il fut pris par ses ennemis. Un roi de Floride s'appelait 
Holata Utina, roi des rois. 

En Virginie, les femmes et les enfans recevaient celui qu'il 
plaisait au chef de la famille de leur donner. Arrivés à l'âge 
viril, les jeunes gens changeaient de noms, et s'en donnaient 
de nouveaux, tirés de leurs exploits. Souvent ils empruntaient 
le nom d'un animal féroce, qu'ils gardaient jusqu'à ce que la 
guerre vînt à éclater, et alors ils prenaient autant de noms 
qu'ils avaient tué d'ennemis. Les jeunes filles empruntaient les 
leurs des oiseaux, des poissons et des plantes; une fois ma- 
riées, elles en prenaient autant que leur mari avait immolé de 
guerriers. 

Chez les habitans du Chili, le nom de PiUan se donnait 



SUR LES NOMS PROPRE?. 30 

,»uX hommes sages et courageux . parce qu'ils adoraient sous 
celui de Pilla une divinité de l'air. 

Les Mexicains s'en rapportaient au sort pour donner un nom 
n leurs enfans, et tiraient pour l'avenir des présages de celui 
que le hasard avait amené. Ils donnaient le nom de leurs dieux 
à ceux de leurs princes qu'ils élevaient de leur vivant aux 
honneurs de l'apothéose. 

Dans une autre partie de l'Amérique, le cacique, ou chef 
des Sauvages, recevait comme un titre d'honneur tous les noms 
qui nous paraissent le plus injurieux, pourvu qu'on y ajoutât 
le mot de grand. Ainsi , pour le louer on disait : c'est un grand 
cheval , un grand voleur, un grand sorcier. Ce titre était celui 
dont il était le plus jaloux. 

Ailleurs, les pères reçoivent leurs noms de leurs enfans. 

k -K^y^ V W VV\ -V-k/X X'V» VX^ V W%X-WXW VW-» fc-VW*. w».\ x vx vxx-w». 



CHAPITRE VI. 

Des Noms patronymiques. 

L'usage de ce qu'on appelle nom jyatronymùj U6 , n'a pas 
été restreint aux Grecs; on le l'etrouve chez presque tous les 
peuples. En Grèce , ce terme n'exprimait d'abord que les noms 
formés sur le nom propre d'un père ou d'un grand-père, tels 
que ceux d'y^^c/rfes, AeTydides , à'JEacides ; mais depuis, 
les. grammairiens sont convenus de rassembler sous cette dé- 
nomination les noms que les enfans ou les autres descendans 
ont pris de ceux dont ils tenaient la vie immédiatement ou mé- 
diatement, quelque inflexion et quelque terminaison qu'il ait 
plu à ceux qui les ont portés de leur donner dans leur langue. 

La terminaison en ides, ades , ou les cas obliques des an- 
ciens Grecs ; celle en ius des anciens Romains, pour les noms 
qui marquaient la maison , n'ont apporté aucun embarras dans 
les noms patronymiques. Mais après la décadence de la répu- 
blique, et surtout depuis le siècle des Antonins , l'altération 
de celle méthode a, comme on l'a déjà vu , mis dans ces sortes 
de noms la plus grande confusion. Les prénoms devinrent 
inutiles pour distinguer les individus. Les surnoms, qui 
avaient servi à discerner les familles d'une même maison , 
vinrent à se confondre. Les noms propres même des maisons, 
quoique communs à plusieurs familles, vinrent à se dissiper, 



^O ESSAI HISTOBIQUB 

0»'. du moins à se disperser dans des races d'étranger», d'affran- 
chis ou de clients. 

Dans les siècles suivans , et surtout du temps des empereurs 
chrétiens , on fut plus curieux de noms patronymiques ; mais 
la coutume qui s'introduisit d'en porter plusieurs à la fois, 
sans en changer la terminaison ni l'inflexion, donna lieu à de 
nouvelles didicultés. Les uns se contentaient de celui du père 
et de celui de l'aïeul; comme saint Fulgence,évêque de Ruspe, 
dont le nom propre était Fahiiis, et qui s'appelait Ctaudius, 
du nom de son père, et Gordianus , de celui de son grand- 
père. Les autres ont porté celui de l'oncle paternel et de l'aïeul 
maternel, comm« le jeune Symmaque, fils du célèbre Sym- 
maque, dont nous avons les ouvrages. Il s'appelait Quintus , 
du nom qui lui était propre; Flavianus , du nom de son 
oncle, et M emmius , de celui de son grand-père. D'autres 
ont eu des noms pris de parens encore plus éloignés, et, de 
nos jours , il n'est plus possible de démêler des différences 
dont la connaissance s'est perdue de bonne heure. 
[]^Après les Grecs et les Romains , i! n'est presque point de 
nation qui ait fait un emploi de noms patronymiques aussi fré- 
quent que les Arabes. Llne grande partie de leurs auteurs nous 
sont beaucoup plus connus sous les noms de leurs pères, de 
leurs aïeux, ou de quelque autre de leurs ancêtres, que sous 
leurs noms propres. Avicenne et Averroës , si fameux dans 
l'Ecole, ne sont que des patronymiques altérés, à dessein peut- 
être d'en faciliter la prononciation. Le premier ne marque 
autre chose que le fils de Sina; le second ne veut dire que le 
l fils de Rtish'd. 

Les Juifs modernes, et surtout leurs rabbins, ont fait grand 
usage de noms patronymiques. Ils s'expriment chez eux par 
^en ou aben, suivi du nom de celui de leurs ancêtres qu'ils 
ont choisi de préférence. Il, s'en trouve aussi quelquefois faits 
à l'instijr des Grecs, tels que celui de Maimonide y sous lequel 
on connaît le rabbin Moïse-Ben Maimon. 

Les Espagnols et les Italiens semblent avoir introduit, ou 
du moins pratiqué plus qu'aucune autre nation , l'usage d'une 
autre espèce de noms qu'on pourrait appeler mêlronymiques. 
Il n'est rien de plus ordinaire parmi les Espagnols que de por- 
ter le nom de la mère, et quelquefois celui de l'aïeule avec 
celui de leur père, c'est ce qui produit souvent une suite de 
quatre ou cinq noms. Quelquefois même les enfans prennent 
le surnom de leur mère à l'exclusion de celui de leur père. 

C'est un usage que nous trouvons pareillement établi en 
Italie et en Allemagne. 



SUR LES nOMS PROPBBS. ^ I 

11 n'a pas été inconnu en France; et l'on voit, dans la gé- 
néalof^ie des grandes maisons, que la noblesse du sang, o\\ 
les richesses provenues des alliances ont été les motifs ordi- 
naires qui ont fait prendre aux enfans le nom de leurs mères , 
et aux maris celui de leurs femmes. 

Dans le cours du dix-septième siècle, le grand usage de-* 
Pays-Bas était de prendre le nom de baptême ou le prénon- 
du père, et de s'en faire un surnom au cas oblique, comme 
autrefois chez les Grecs Jiexander PhiHppi, Ptoiemœus 
Lagi. Ainsi , au lieu de porter le surnom du père ou de la fa- 
mille, ils se faisaient nommer Henricus Jdriani, Guiitei- 
mus Bernardi, etc. 

D'autres fois le fils a repris le prénom de sou aïeul dont son 
père s'était fait un surnom, et a mis le prénom de son père en 
cas oblique , pour lui servir de surnom. On en voit un exemple 
en deux magistrats célèbres, tous deux présidens du conseil 
souverain de Brubant à Malines. Le père s'appela NicolaHs 
Everardi , comme fils d'Evrard ; et le fils, Everardus Nicotai. 

Les Italiens ont introduit un autre raffinement dans l'art des 
patronymiques. Au lieu de tourner le prénom du père en 
surnom , ils se sont fait du surnom du père un prénom , et un 
surnom pour eux-mêmes, comme on le voit dans les noms de 
Latino Latini, GalHeo Gaiitei, Sperone Speroni, Vi- 
viano Viviani, Batdo Baidi, tous noms connus dans la 
république des lettres. Et lorsqu'il a été question de s'exprimer 
en latin, ils se sont contentés de la terminaison des anciens 
Romains pour les patronymiques, en s'appelant Latinus La- 
tinius , Spero Speronius ; comme ont fait aussi un grand 
nombre de Flamands, Adrianius, Nicolaius, Guilelmius, etc. 

D'autres ont fait levivre la terminaison des anciens Grecs, 
et se sont fait appeler Stephanides pour Fitz-Steven, ou fils 
d'Etienne; Simonides, Johannides, Andreades , Nicolaides, 
Anionides, etc., pour fils de Simon, de Jean, d'André, de 
Nicolas, d'Antoine, etc. 



V tjX/VV^/WX/X 



CHAPll IIE VIL 

De l'Imposition des Noms chtz les chrétiens. 

Daks les temps de la primitive Eglise, les prénoms pa- 
raissent avoir varié, suivant les usages locaux, c'est-à-dire 



^l^ ESSAI HISTORIQUE 

chez les Romains seulement; car on a vu que les Grecs n'en 
connaissaient pas l'usage : ce ne fut que long-temps après que 
la piété des chrétiens les porta à donner à leurs enlans des 
prénoms tirés de l'Histoire des Saints, dont la vie devait leur 
servir de modèle, et la récompense d'aiguillon ; comme autre- 
ibis les Grecs prenaient le nom de leurs dieux. Cette coutume 
subsista jusqu'aux schismes de Luther et de Calvin. A cette 
époque , les protestans, dont la critique hardie confondit quel- 
quefois les légendes fabuleuses avec les biographies authen- 
tiques , plus H vrés d'ailleurs à l'étude delà Bible , y cherchèrent , 
comme les Juifs, les noms de baptême de leurs enfans, usage 
qui s'est perpétué dans leur communion , comme celui de don- 
ner des noms de saints est resté dans l'Eglise catholique. 

C'est ordinairement au baptême que l'on impose les noms; 
l'usage est de s'attachera celui de l'aïeul paternel ou maternel, 
en quoi les chrétiens se rapprochent des Athéniens. Souvent 
aussi l'enfant reçoit le sien de ses parrain et marraine. Quel- 
quefois on prend le nom du saint sous l'invocation duquel est 
le jour de la naissance de l'enfant. 

Le nombre des parrains n'a pas été toujours le même. Les 
Allemands en ont eu autrefois à l'infini, d'où a résulté, pour 
les familles de ce pays, un grand nombre et souvent une con- 
fusion de noms. Dans le seizième siècle , ils en prir;ent encore 
trois, et dans le dix-septième, ainsi que dans les siècles sui- 
vans, ils se bornèrent à deux, comnie chez la plupart des na- 
tions chrétiennes. Ce nombre était pour quelques uns une spé- 
culation, comme le prouve cette anecdote racontée dans les 
Mémoires de M. du Thuit , qui avait résidé auprès de toutes les 
cours de l'Empire, pour les affaires de France, avec M. de 
Bongars : « Un particulier pauvre , dit-il, qui n'avait point 
d'enfans de son mariage, en acheta un d'une pauvre femme, 
et le fit nommer par plusieurs princes , dont il reçut en présens 
la valeur de plus de dix mille écus. » 

Autrefois, en France , l'usage était aussi d'avoir quatre par- 
rains; il fut réduit à deux et à une marraine pour les mâles, 
t!t '^ un parrain et à une marraine pour les filles : aujourd'hui , 
d'après l'ordonnance du concile de Trente, on n'a plus qu'un 
parrain et une marraine. 

Lorsque le baplêmc n'avait pas lieu aussitôt après la nais- 
sance, il n'était pas rare que les adultes changeassent de nom, 
lorsqu'on les baptisait, et alors on leur donnait des noms de 
saints. 

L'usage des noms doubles au baj)lêmc fut long-temps parti- 
culier aux Allemands, pour se mieux distinguer, parce que 



SUR LES NOMS PROPRES. l\'3 

,uvcnt deux frères avaient le même nom. Depuis, celle cou- 
tume a passé chez les autres nations. 

Les noms de saints varient suivant les pays : ceux des An- 
glais sont ordinairement saxons, comme Guillaume, Robert, 
Kichard, Henri , Edouard , Edmon , Edwiu, Gilbert, Gautier, 
Léonard, qui tous sont significatifs. 

En Espagne, on employait les noms de Lopez, Ruis, Alva- 
rez, Suarez et Ximènes, qui ont enfin été convertis en sur- 
noms dans certaines familles, et d'autres les ont continués 
comme Ferdinand et Alphonse. 

Certains noms sont aflectés à certaines provinces. Les Bre- 
tons prennent les noms d'Alain, Josselin, Rolland, Samson , 
Herald, Ives ; les Normands, ceux de Guillaume, Richard, 
Robert , Raoul ; les Gascons , ceux de Guillaimie , Raymond , 
Bernard, Bertrand, Roger. Et Thistoire d'Aquitaine remarque 
que grand nombre de seigneurs de cette nation, se trouvant 
dans un festin, tous portaient le nom de Guillaume. 

Les Provençaux ont eu en recommandation les noms de Bé- 
renger et de Raymond; les Angevins, ceux de Maurice et de 
René ; les Bourguignons, ceux d'Eudes, d'Esme et de Bénigne ; 
les Champenois, ceux de Thibaut et d'Eustache. En Flandres, 
les noms usités ont été ceux de Baudouin et de Sohier; en 
Picardie, ceux de Hugues et d'Enguerrand ; en Bourbonnais, 
celui de Gilbert. 

Des maisons nobles ont affecté certains noms propres et 
quelquefois même ont changé ceux du baptême pour conserver 
les autres, comme des noms attachés aux successions. Les 
comtes et ducs de Savoie préféraient le nom d'Amédée; les 
sires de Lusignan , le nom de Geoffroi ; les barons de Mont- 
morency, Bouchard; Guy était adopté par les maisons de 
Laval et de Laroche-Guyon ; Gaucher, parcelle de Chatillon- 
sur-Marne; Simon et Amaury, par celles de Montfort, etc. 

Par un contraste assez singulier, et qui cependant se conçoit 
aisément, de tous les peuples de la chrétienté, les Italiens 
sont peut-être les moins curieux de porter des noms de saints , 
ou d'un usage comuxin dans le christianisme. C'est en Italie 
que naquit la manie de prendre des prénoms de l'ancienne 
Rome. Les descendans des Fabius, des Paul-Emile ne se firent 
pas scrupule d'emprunter les noms de leurs ancêtres, seule 
portion de leur héritage qui fût restée en leur pouvoir. Les 
prénoms de César (i), d'Annibal, de Scipion , devinrent com- 



(i) Anniijal Caro, Hercule d'Est, Scipion Maffci , Torquato Tasso. 



44 ESSAI HISTORIQUE 

inuns en Italie, d'où ils passèrent dans le reste de l'Eu- 
rope (i). Des cai;dinaux (a) consacrèrent, par leur exemple, 
ce reste de paganisme, et l'on vit reposer sur la même tête les 
noms de Caton et de Pantaléon. 

On trouve assez souvent cependant le nom de Marie 
donné à des hommes : en France, nous avons eu Anne de 
Montmorency, nom qu'il avait reçu au baptême de Anne de 
Bretagne , femme de Louis. 

Les AlleiTiands poussèrent encore plus loin la même affecta- 
tion, et Paul Jovc parle d'un Vuicain^ fils du comte de 
Furstemberg. 

Cet usage, ou, si l'on veut, cet abus excitait, il y a un siècle, 
la bile du sévère La Bruyère qui s'en expliquait en ces termes : 
« C'est déjà trop d'avoir avec le peuple une même religion et 
un même Dieu; quel moyen encore de s'appeler Pierre, Jean, 
Jacques (3), comme le marchand ou le laboureur ? Evitons 
d'avoir rien de commun avec la multitude ; affectons au con- 
traire toutes les distinctions qui nous en séparent : qu'elle s'ap- 
proprie les douze apôtres, leurs disciples, les premiers martyrs 
(telles gens, tels patrons); qu'elle voie avec plaisir revenir 
toutes les années ce jour particulier que chacun célèbre comme 
sa fête; pour nous autres grands, ayons recours aux noms 
profanes; faisons-nous baptiser sous ceux d'Annibal , de César 
ou de Pompée, c'étaient des grands hommes; sous celui de 
Lucrèce, c'était une illustre Romaine; sous ceux de Renaud, 
de Roger, d'Olivier, de Tancrède, c'étaient des paladins , et le 
roman n'a point de héros plus merveilleux; sous ceux d Hec- 
tor, d'Achille, d'Hercule , tous demi-dieux; sous ceux même 



(i) César de Vendôme, Diane de Poitiers. 

(2) Le cardinal Gorrcvod s'appelait Caton. 

(3) Jadis , on appelait nos pères 

Jean, François, André, Nicolas, 
Robert, Jacques, Simon, Thomas. 

Tous ces noms aujourd'hui semblent tr.op ordinaires ; 
Le vulgaire même en est las. 
Les noms qu'aux champs comme à la ville 
Les purrains donnent maintenant. 
Sont César, Alexandre, Achille, 
Hector, Alphonse, Ferdinand. 
Quelles chimères sont les nôtres! 

Funeste ambition , trop soumis à tes lois, 

Nous quittons les noms des apôtres, 
Pour nous parer de ceux des rois! 

PAN^AKn. 



SUR LES NOMS PRUPRES. 4^ 

de l'hcbus et de Diane. Et qui cjous empêchera de nous faire 
nommer Ju|)iter, Mercure, Vénus ou Adonis? » 

Chez les Grecs modernes, le huitième jour après la nais- 
sance , la sage-femme porte le nouveau-né à l'église, et le 
présente à la porte. Le prêtre y vient, le bénit, fait le signe de 
la croix sur le front, la bouche et la poitrine de l'enfant, et le 
nomme en le baptisant. 

C'est aussi au baptême que les Russes donnent le nom aux 
enfans. Oléarius rapporte que , lorsqu'un catholique passe 
dans leur communion, ils le rebaptisent et lui donnent un 
autre nom. 

On n'impose les noms aux enfans des princes que long- 
temps après leur naissance, ce qui a fait dire que la goutte 
leur ressemble, d'après la peine qu'on se fait de convenir 
qu'on est goutteux. 

Chez les anabaptistes , cette cérémonie a lieu au moment 
de la naissance des enfans , ou bien à l'époque qui plaît aux 
parens ; mais celle du baptême se fait beaucoup plus tard. 



CHAPITRE VIIÏ. 

Du Cliangcmcnt de Noms. 

Les noms propres ont été soumis aux lois de la vicissitude, 
à laquelle il semble que toutes les choses de ce monde ont âté 
assujetties. Les révolutions des Empires, les émigrations, le 
mélange des peuples, les guerres, les conquêtes, etc., voilà 
en général les grandes causes des mutations qu'ils ont éprou- 
vées; mais il y en a eu aussi de bien moins importantes : un 
simple changement de condition, de demeure, d'habitude, 
d'occupation, un accident, un caprice , a paru suffisant aux 
hommes pour les porter à changer de nom. 

Ce n'a pas toujours été l'inconstance et l'instabilité de l'es- 
prit humain qui ont produit cette variation : ce sont quelquefois 
les notions différentes sous lesquelles on se représente l'indi- 
vidu sans sa participation; de sorte qu'une môme personne, 
sans changer d'état, d'habitude, de lieu et de profession, ne 
laisse pas d'être nommée fort différemment, je ne dis pas seu- 
lement par des peuples différens, qui sont obligés de s'expri- 
mer suivant la diversité de leur idiome, mais encore par des 
gens d'un même pays, vivant sous le même gouvernement et 



40 USSAI HISTOBIQL'E 

les mêmes lois , et quclguefois demeurant ensemble. Nous 
en avons un exemple dans la personne de Moïse, appelé 
Sheniaja par les Israélites, Cfiaùar par son père Arnram, 
Jechotiei par sa mère Jochabed, Jared pnv sa sœur Marie, 
Ahizannach par son frère Aaron, Ahigedur par son aïeul 
Caath, et Ahizuc par sa nourrice. 

Dieu lui-même, suivant les Ecritures, est le premier auteur 
du changement de nom parmi les humains , témoin celui 
d'Abram , de Saraï et de Jacob en Abraham , Sara et Israël. 
Si l'on voulait chercher encore une origine plus reculée, on 
pourrait remonter peut-être jusqu'à la fameuse entreprise de 
la Tour de Babel, pour y fixer l'époque de cette altération. Il 
n'est pas probable qu'il se soit fait alors une révolution géné- 
rale dans la dénomination des créatures et des choses desti- 
nées à l'usage des hommes, et que leurs noms n'y aient pas 
été compris. 

L'homme usa donc pleinement et sans restriction du droit 
d'imposer les noms et de les changer à son gré ; et pour com- 
mencer par les Hébreux, on ne voit pas que, toutes les fois 
qu'ils l'ont exercé, ils en aient été repiis comme des usurpa- 
teurs , par les prêtres ou par les prophètes , ni qu'ils s'en soient 
fait scrupule , surtout lorsqu'il n'a point été queslion de dé- 
guisement ou d'imposlure. Mais rarement ont-ils usé de cette 
liberté sans quelque raison honnête ou légitime, ou du moins 
sans autorité; souvent aussi la raison et l'autorité se sont réu- 
nies pour opérer ces changemens, comme il est aisé de le 
remarquer dans la personne de Benjamin, et comme on peut 
raisonnablement le conclure de la variété des noms de V An- 
cien Testament f jusqu'au tensps des Machabées. Gédéon 
(exterminateur) changea son nom en celui de J eruhbahai 
( que Bahal défende lui- même sa cavse). 

La pratique de ces changemens était encore assez commune 
parmi les Juifs, du temps de J. C. Quelques uns de ses apôtres 
avaient déjà changé de nom avant de se mettre à sa suite, et 
lui-même vou'ui bien ajouter son autorité à la raison , lorsqu'il 
changea les noms de Simon en Piore, et des enfans de Zé- 
bédée en Boanergès [enfans dit Tonnerre). Saijl {inquié- 
tude 3 tentation ) , de persécuteur des chrétiens devenu 
apôtre, prit le nom de Paul [vase d' élection) , et le nom de 
Barnabe [consolation) fut imposé à Judas. 

Chez les Egyptiens, Pharaon lit prendre à Joseph [accrois- 
sement) le nom de Sophompanéa [sauveur du moiule), 
allusion au service important que ce patriarche avait rendu à 
l'Egypte, r.saij [parfait) n'était connu des Philistins cl des 



SUR LES NOMS PROPRES. 4/ 

Chananéens que sous le nom d'Edoni (rouge). La diversité 
des noms du beau-père de Moïse semble témoigner qu'il en 
était de même chez les Arabes. 

Les Assyriens elles Babyloniens n'affectionnaient pas moins 
cet usage, comme il paraît parles noms de plusieurs de leurs 
rois. Ils rétendaient même jusqu'aux étrangers, soit pardroit 
de conquête, comme lorsque Nabuchodonozor, roi de Baby- 
lone , substitua au nom du roi i>Jathanias ( don de Dieu), 
celui de Sédécias {justice de Dieu), parce que, disent les 
commentateurs, Dieu punit, sous le règne de ce prince, l'in- 
gratitude des Hébreux, qu'il avait comblés de bienfaits; soit 
pour leur bon plaisir, autant qu'on peut le conjecturer par le 
changement des noms de Daniel, d'Ananie, d'Azarias et de 
Misaël. Nabuchodonozor, qui fi t élever ces jeunes gens à sa cour, 
fut porté à cette nmtation, peut-être par la crainte que des 
noms hébreux ne choquassent les oreilles babyloniennes, ou 
par la vanité assez ordinaire aux conquérans , de multiplier 
autour d'eux les monumens de leurs victoires. 

Le changement des noms n'était pas moins fréquent parmi 
les Phéniciens, les Arcadiens et les Perses , et s'étendait 
jusqu'aux femmes, s'il est vrai V^u'Edissa, Elisa, Csecilia et 
Carmenta soient les mêmes qu'Esther, Didon, Tanaquil et 
Nicoslrale. Quant aux Perses, ils faisaient changer de noui 
aux personnes qu'ils élevaient à la royauté, et le nom qu'on leur 
donnait ne passait pas moins pour une marque de leur nouvelle 
dignité que le sceptre et le diadème. 

Cet usage s'était perpétué en Ethiopie, dont les rois, 
suivant la Relation de François d'Alvarez^ changeaient de 
nom à leur avènement au trône : il s'est soutenu dans l'Orient 
où , de tout temps, les maîtres ont changé les noms de leurs 
esclaves nouvellement acquis, ( t fait ainsi acte de propriété, 
ce qui a lieu aussi chez les Turcs. 

Cette pratique a été également connue des Grecs et des 
B.omains ; chez les premiers, on voit la fille de Protée , 
lorsqu'elle fut crue en âge et en sagesse, prendre le nom de 
Théonoé ; Leucippe, vendue, celui de Lactena ; Isménie, 
celui d'Atracé, etc. Ils changent aussi le nom de leurs esclaves, 
eltirentces nouvelles dénominations, ou de la nation, comme 
Syrus; ou de la couleur, comme Xanthias , Pyrrhus; 
ou des qualités, comme Pi5ii«, fidèle; Dromon, oourcui'; 
ou du temps de l'acquisition, comme Néoménias, nouvelle 
lune. En général, il est assez rare de trouver parmi eux aucun 
changement de nom qui n'ait été la preuve ou l'effet d'un chan- 
gement précédent dans la personne, soit pour la condition, soit 



48 c^sAi HisroBiguE 

pour le lieu d'un nouvel établissement. L'apothéose, le pas- 
sage dans une autre t'aniille par l'adoption, l'affranchissement, 
l'admission au droit de cité ou aux charges, une transmigra- 
tion , un testament t'ait en faveur de quelqu'un , une succes- 
sion pure et simple, étaient les prétextes ordinaires pour ces 
sortes de changemcns (i). 

Des raisons [dus fortes en ont quelquefois fait une loi : c'est 
ainsi qu'Ulysse, menacé de la mort chez un tyran que la fable 
nous a représenté sous le nom et sous la forme d'un Cyclope, 
prit le nom d'Utis (personne) (q), et s'échappa de ses mains 
à la faveur de l'équivoque (3). 

Les jeunes Romains qui briguaient les charges, prenaient 
en qualité d'aspirans , les noms des familles patriciennes, 
pour tâcher de se les rendre plus favorables, pour y trouver 
des patrons , et pour s'insinuer plus agréablement dans l'esprit 
du peuple. 

Le droit romain n'interdisait pas cette liberté aux citoyens ; 
mais il fallait que ce fût sans dessein de se supposer d'une 
famille étrangère; car s'il y avait de la fraude, ce change- 
ment devenait punissable, en vertu de la loi Cornelia De 
Faisis. h> 

Lorsque la puissance impériale récompensa les services ou 
l'adulation de quelques affranchis en les faisant entrer dans 
l'ordre des chevaliers, ceux-ci n'eurent rien de plus pressé 
que de faire perdre de vue la trace de leur origine , en emprun- 
tant des noms d'hommes libres et d'anciens Romains. 

Il y avait même des circonstances où le changement de 
nom était ordonné par la loi. Un règlement de police obligeait 
toute femme de condition libre qui avait résolu d'embrasser 
la profession de courtisane, de se faire inscrire chez l'édile et 
de changer de nom. Un passage d'une comédie de Plante, 
prouve que celte ordonnance était très-ancienne. JSamque, 
dit ce poète, hodiè earuni mutarentur noinina, facerenU 
que indignuni génère quœstum corpore. • Car aujourd'hui 
elles ch.uigeraient de nom , et feraient de leurs charmes un 
trafic indigne de leur naissance. » Mais lorsqu'il s'agissait de 
faire une autre figure dans le monde, au milieu des intervalles 
de leurs honteuses habitudes, ou de renoncer entièrement à 



(i) Voyez dans le Dictiounaire les arliclcs Homère, ArisLoclès , 
Platon , Théiiphraste. 

(2) Où'ti;, iienio. 

C6) Charles II se déguisa sous le nom de Guillaume Jouas, pour 
échapper aux meurtriers de son père. 



SCR LES K0M5 PROPRES. ^g 

leur infiiine commerce, elles reprenaient leur véritable nctns 
et rentraient, pour ainsi dire, clans leur famille et dans la 
suite généalogique de leurs ancêtres, qu'elles étaient censées 
avoir interrompue. Il est probable que \es noms de Myrachné, 
Borhoropis, Jnasyr topo lis, Pandosia, Léophoris , Ma- 
niocépus, liipus, et d'autres qu'on trouvera dans ce Dic- 
tionnaire, ne sont que des masques sous lesquels ces sortes 
de femmes se sont déguisées tout le temps de leur prostitu- 
tion. 

Les soldats romains n'avaient point la liberté de changer de 
nom. Végèce nous assure qu'il leur était défendu de le faire, 
et qu'ils étaient même obligés de les faire graver sur leurs 
boucliers avec le numéro de la cohorte et de la centurie, afin 
qu'ils fussent déshonorés s'ils les abandonnaient (i). Ce règle- 
ment fut renouvelé du Jemps de Domitien , par un général 
nommé Julianus , dans une guerre contre les Daces. 

Sous le règne de Dioclétien, qui lui-même changea de nom 
en parvenant à l'empire (il s'appelait Dioclès), le change- 
ment de nom parut un article assez important pour être réglé 
par l'autorité impériale. Cette considération donna lieu à la 
loi portée par les empereurs Dioclétien et iVlaximiu, dont voici 
la teneur : « Comme l'imposition des noms est libre aux parti- 
culiers, lorsqu'il s'agit de nommer quelqu'un pour la première 
fois, de même le changement de ces noms n'a rien de dange- 
reux ni de fâcheux à craindre lorsqu'il se fait innocemment, 
c'est-ii-dire de bonne foi. » La loi ajoute qu'il est permis ù 
un homme libre et maître de lui-même de changer de nom 
lorsqu'il lui plaît, pourvu que cela se fasse sans fraude. 

Les peuples soumis aux Romains se portèrent d'autant plus 
facilement à suivre leur exemple, qu'on connaît leur affecta- 
tion à emprunter les noms de leurs vainqueurs, à peu près 
comme les aifranchis prenaient ceux de leurs maîtres. Cette 
manie fut même poussée si loin, que l'empereur Claude se 
crut obligé de défendre aux étrangers, par Ux^ie loi formelle, 
d'emprunter les noms de la noblesse romaine , qu'un grand 
nombre tâchaient de s'attribuer. Les inscriptions trouvées 
dans les ruines de Palmyre offrent plusieurs fois le nom de 
Septimius, et c'est peut-être par une suite de cet abus qu'on 
lit le prénom de Septimia sur les médailles de la célèbre 
Zènobie. 

Les Francs et les Germains pratiquèrent la même méthode. 



(i) Los noms des chefs ('•talent inscrits sur les diapeanx. 



50 E^HKl HISTORIQUE 

Ainsi la fille d'Ataiiagilda se nommait Bruna , av;tnt son ma- 
riage avec Sigeijert , roi d'Austrasie : pour l'honorer , on 
l'appela Brunehaulou Biunecliilde. 

L'usage ancien de la France fait assez connaître qu'à cet 
égard la liberté n'y était pas moins entière que dans l'Empire 
romain. Les chartes et les titres généalogiques des familles 
sont pleins de noms nouveaux substitués aux anciens, et l'on 
y trouve aussi des noms anciens restitués par la suppression 
des nouveaux. 

Les surnoms se changeaient tantôt par adoption, tantôt 
parce qu'un des ancêtres avait clé dans un parti ennemi, ou 
bien en héritant d'une terre érigée en un plus haut titre de 
dignité , ou par l'acquisition d'une terre. 

Durant les deux premières races, ces changemens se fai- 
saient sans aucune formalité. Nous en voyons des exemples 
même sous des rois de la troisième ; dans le chancelier de 
Marie, tué parles Bourguignons en i4i8, et qui s'appelait 
d'abord Henry le Carne; dans Guillaume .Juvenal, en 144' > 
qui prit le nom des Ursins , sans y avoir été autorisé par des 
lettres du prince, etc. 

Les abus qui résultèrent de ce changement arbitraire de 
noms et d'armes devinrent enfin si graves et si multipliés, 
qu'ils excitèrent l'attention de l'autorité, et l'on vit paraître, 
sous le roi Henry JL, l'ordonnance d'Amboise (aGmars i555), 
qui porte exprcsséuicnl : « Que pour éviter 1 1 supposition des 
» noms et des armes , deffenses sont faictes à toutes personnes 
» de changer leurs noms et leurs armes sans avoir obtenu des 
» lettres de dispense et permissitin, à peine de mille livres 
» d'amende, d'estie punis comme faussaires, et estre exauc- 
n torez et privez de tout degré et privilège de noblesse. » 

Ce fut apparemment dans les mêmes vues que les Etats- 
Généraux de iGi4 et i6i5 prop')sérent, dans le 162'' article de 
leurs cahiers, qu'il fût enjoint à tous gentilshommes « de signer 
» en tous actes et contrats du nom de leurs familles et non de 
» leurs seigneuries , sous peine de faux et d'amende arbi- 
3 traire. » 

Cependant les Français conservèrent l'ancien usage de chan- 
ger de noms et d'armes, eu vertu de testamens, de contrats 
de mariage, d'adoption et d'institution d'héritier; mais ces 
changemens, quoique légitimes, durent toujiMws être fondés 
sur des lettres enregistrées à la Chambre des comptes , et 
publiées au j>ailement, pour les rendre publics et solennels. 

S'il était défendu de changer de nom sans l'intervention de 
l'autorité , cette défense s'étendit aussi sur l'addition d'une.par- 



SI a U,s XiiMS PROPRES. 5l 

ticiilo l'aile au nom pour l'ennoblir; cl la perujission de le l'aire 
précéder par rfc ou du^ ne fut accordée que couiuic une faveur, 
et toujours par l(;ltrcs patentes. D'un autre côté , il arriva sou- 
vent que les nol)ies d'ancienne race rejetèrent ces particules 
comme injurieuses à leur noblesse , et s'en indignèrent comme 
d'une fausse couleur qui , loin de lui donner de l'éclat , en ter- 
nissait en quelque sorle la vénérable antiquité. 

Un de nos anciens poêles, .Jean Vauquelin, dans un de ses 
ouvrages imprimé à Caen, en ifioS, parle ainsi de cette manie 
d'ajouter des articles à son nom : 

L'an neuf cent, 0!i ilevimt , les surnoms commeiu'èieiit, 

Et du nom de leur lief lors bc;jiicoup s'appelèrent : 

Comme plusieurs aussi prenaient des seigneuries, 

Et de nouveaux surjinms, nouvelles armoiries; 

Et Capet et i\lartel di-s sobriquets étaient. 

Qui des hommes du temps les effets rapportaient. 

Le DE, le no n'étaient point encore en usage. 

Et le fameux Bertrand, si vaillant et si sage. 

Baron de Briquebec , qui conquit l'Aragon , 

De DE ne mit jamais à Bertrand sur son nom. 

Les roturiers aussi, ués de famiUes basses. 

Le DK comme le noble usurpent en leurs ra es; 

Mais ce de sans propos ne doit être ajouté, 

Afin que nouveau noble on ne soit point noté. 

Ces détails paraîtront peut-être offrir peu d'intérêt, et sans 
doute an premier coup il'reil, il n'y a rien qui soutienne moins 
l'examen de la raison. On regarde avec pitié l'homme qui rougit 
d'être le fils de son père, et qui, ne pouvant honorer son nom 
par ses vertus, croit le relever par la vanité ; et la sévérité phi- 
losophique a plus d'une fois fait le procès à l'autorité, pour 
s'être rendue compli(;e de cette faiblesse. Mais peut-être est- il 
nécessaire que ces petitesses de l'humanilé entrent dans la 
composition du corps politique, comme les hum urs dans 
l'équilibre du corps humain. Peut-être n'a-t-on pas assez réflé- 
chi à l'inconvénient de n'avoir d'autre tarif des vertus et des 
services que les récompenses pécimiaires, d'accoutumer les 
hommes à tout évaluer en argent; et, outre qu'il n'i-st pa 
d'Etat assez riche pour acquitter ainsi la dette qu'il contracte 
envers chaque citoyen, et qu'il a besoin d'une monnaie idéale 
pour suppléer au défaut de la réelle, c'est aux houimcs d'Etat 
à examiner si l'honneur, cette richesse d'opinion qui s'allie 
avec la pauvreté, peut se mettre en équilibre avec l'or; et si, 
dans le choix des passions, l'amour-propre n'est pas encore 
préférable à la cupidité. 

Quoique l'ordonnance de 1 555 semble, au premier coup 

4 



52 ESSAI niSTOBlQTJE 

d'œil, ne regarJer que la noblesse, les autres conditions ne 
furent pas plus libres, louchant la fraude et la supposition des 
noms; et si l'on trouve des exemples du contraire, ils sont 
rares, et n'ont pu être que l'effet de la tolérance ou d'une auto- 
rité particulière. 

Olivier le Diahlc, barbier de Louis XI, ayant demandé à 
changer la partie injurieuse de son nom, obtint du roi la per- 
mission de s'appeler Olivier le Malin; mais cette altération 
n'ayant pas répondu à ses vues , une ordonnance royale 
ordonna de l'appeler Olivier le Daim; changement qu'il avait 
sollicité, parce qu'il était grand coureur à pied. 

Le médecin de François I" s'appelait Sans-Malice ; et 
trouvant ce nom ridicule, il le traduisit en grec , et se fit appe- 
ler Akakia. Le P. Canard , jésuite, traduisit le sien en latin , 
et se fit appeler Anat [anas). Le P. Comère déguisa le sien 
en changeant seulement une lettre, et se fit nommer Comire, 
parce que cette réunion des mots père et comère lui semblait 
avoir quelque chose de grotesque. 

Lorsque Barbier fut choisi pour être le précepteur des fils 
de Colbert, il trouva son nom si peu assorti à sa nouvelle pro- 
fession, qu'il y ajouta le surnom ded'Aucour , devenu insé- 
parable de Barbier. 

M°" de Gomez ne voulut jamais renoncer à son nom espa- 
gnol pour prendre celui de son époux nommé Bonhomme. 

Cependant comme les meilleures lois ne sont pas toujours 
les mieux observées, on s'est plaint sans cesse en France de la 
vanité qui porte à multiplier et à changer les noms. « Certaines 
gens, dit La Bruyère avec son bon sens ordinaire, portent trois 
noms de peur d'en manquer ; d'autres ont un seul nom dissyU 
labe qu'ils ennoblissent par des particules, dès que leur for- 
tune devient meilleure. Celui-ci, par la suppression d'une 
lettre, fait de son nom obscur un noui illustre; celui-là, par 
le changement d'une lettre en une autre, se travestit, et de 
Syrus devient Cyrus. Plusieurs suppriment leur nom qu'ils 
pourraient conserver sans honte , pour en adopter de plus 
beaux où ils n'ont qu'à perdre, par la comparaison qu'on fait 
toujours d'eux qui les portent, avec les grands hommes qui les 
ont portés. Il s'en trouve enfin qui , nés à l'ombre des clochers 
de Paris, veulent être flamands ou italiens; comme si la roture 
n'était pas de tous les pays : ils allongent leurs noms français 
d'une terminaison étrangère, et pensent que venir de bon lieu 
c'est venir de loin. 

'■ Cette manie, au reste, dont on a vu des exemples chez les- 
Grecs, a subsisté de tout temps avec plus ou moins de modi- 



SUR LES NOMS PROPRES. 55 

ficalions, et n'a pas manqué frexercer la veine des auteurs 
satiriques et comiques; témoin ces vers de Boursault, dans la 
Comédie sans titre : 

Croyez-vous qu'à la cour chacun ait son vrai nom? 

De tant de grands seigneurs dont le niérile brille. 

Combien ont abjuré le nom de leur famille ! 

Si les morts revenaient ou d'en haut ou d'en bas. 

Les pères et les fils ne se connattraieiit pas. 

Le seigneur d'une terre un peu considérable 

En préfère le nom à son nom véritable. 

Ce nom de pèr« en fils se perpétue à tort, 

Et cinquante ans après on ne sait d'où l'on sort, 

A la différence des autres nations modernes, et, si l'on veut, 
par une autre espèce de vanité , mais au moins mieux enten- 
due, les Vénitiens n'ont jamais pris de nom de terres ni de 
dignité, et les enfans ne se sont jamais appelés autrement que 
leurs pères. 

Les empereurs grecs étalent aussi dans l'habitude de chan- 
ger les noms des princesses qui passaient par une alliance d'une 
cour de l'Occident dans la leur. Une fille de Ladislas, roi de 
Hongrie , appelée Pyrisca , reçut le nom d'Irène , lorsqu'elle 
épousa Jean Comnène, ainsi que Berthe, fille de l'empereur 
Conrad, lorsqu'elle devint l'épouse de Manuel, fils de Jean; 
et Agnès, fille de Louis VII, roi de France , prit celui d'Anne, 
lorsqu'elle se maria avec Alexis Comnène. 

La coutume de changer l^s noms des évêques à leur ordina- 
tion est fort ancienne. D. Martène en donne des exemples, 
depuis l'an 696 jusqu'^ la fin du onzième siècle. Cet usage n'a 
plus lieu qu'à l'égard des papes. Les historiens sont fort par- 
tagés sur la cause de ce changement. Fra Paolo l'attribue aux 
Allemands élevés au pontificat, dont les noms étaient rudes 
et mal sonnans aux oreilles italiennes. « Coutume, ajoute-t-il, 
que les papes ont gardée depuis, pour marquer qu'ils chan- 
geaient leurs affections privées en pensées publiques et di- 
vines. » 

Platine se trompe lorsqu'il rapporte que Sergius « a le 
premier changé de nom, parce qu'il s'appelait Grouin de 
Porc. C'est le pape Sergius IV, élu en loog, et nommé aupa- 
ravant Pierre d'Albano, dont le nom, avant qu'il parvînt à 
i'épiscopat, avait été Bucca Porci , suivant le témoignage de 
Ditmare, lih. (i,iH fine. » Baronius, qui ne conteste pas ù 
Ditmare le nom porté par Sergius IV, nie que c'ait été la cause 
de ce changement de nom , et il ne doute p: . que le véritable 
motif n'eu ait été le respect de ce pape pour ce prince des 



54 ESSAI HlSTORigiE 

apôtres dont il ne voulut pas porter le nom eu devenant son 
successeur. II est constant par ce vers de son épitaphe : 

Sn'i^in<i ex Petro : sic yucilatus erai , 

«ju'il changea son nom ; mais il n'est pas dit qu'il ait été le 
jiremierqui ait fait ce changement. Onufre l'attribue à Jean XII 
ou XIII, qui, s'appelant Octavien , trouva que ce nom tenait 
trop des grandeurs mondaines et profanes, et donna l'exemple 
d'en changer. Cette nnitation a lieu , ajoute cet auleur , à l'imi- 
tation de saint Pierre, qui se nommait Simon, avant sa voca- 
tion à l'apostolat, et de saint Paul qui s'appelait Saiil. jusqu'à 
sa conversion. Suivant quelques auteurs, Jean XII fut porté 
à changer de nom par la flatterie de ses couitisans, qui lui 
appliquaient ce que l'Evangéliste dil de saint Jean-Baptiste : 
Non surrexit inter natos mulieram major Joanne Bap- 
tislâ.'kn onzième siècle, ce changement passa en coutume, 
du moins après le pontificat de Benoît IX. Depuis ce temps , à 
l'exception de Marcel II, fous les papes ont suivi cet usagt;. 

On rapporte à ce sujet que le successeiu- d'Adrien VI vou- 
lait conserver son nom lorsqu'il fut élu pape, mais que, sur la 
représentati'in qu'on lui fit que tous les papes qui avaient 
retenu leurs noms étaient morts avant la fin de l'année, il prit 
le nom de Clément. Le cardinal Marcel Cervin, qui garda le 
nom de Marcel, mourut le vingtième jour de son pontificat, 
et confirma par cette mort prompte celte opinion supersti- 
tieuse. 

Les chr tiens prennent une pareille liberté lors de la confir- 
mation, ainsi que les religieux, lorsqu'ils font profession. 

Dans l'Eglise grecque, le patriarche des Maronites se nomme 
toujours Pierre, et ceJui des Jacobites, qui dispute à l'autre la 
qualité de patriarche d'Antioche, s'appelle toujours Ignace. 

De toutes les classes de citoyens, relie des gens de lettres est 
celle peut-être qui, par divers motifs, a le [)lus usé ou abusé de 
la liberté de changer de nom (i), ou d'altérer ceux qu'ils por- 
taient. Le plus excusable de ces motifs est sans d(jute le zèle 
pour l'antiquité , et c'est le seul dont je veux parler ici. 

Lorsque l'amour des lettres se réveilla dans l'Occident, 
après plusieurs siècles d'assoupissement, et que les Grecs 
fuyant la domination ottomane, vinrent en Italie et en France 
faire revivre la mémoire des anciens et l'étude de leurs ouvrages, 
i'ardeur de les imiter alla jusqu'à prendre leurs noms , comme 

■ » 
(t) Voyez Haillet, yiuteun de^iiiséf. 



SUR lES KOMS PROPRES. 55 

si c'eûtétf': un iDoyen de se pénétrer de leur esprit ; et ces savans 
l'estimèrent si efTicaee pour exciter en eux une louable émula- 
tion , qu'ils en introduisirent la mode dans leurs académies 
nouvelles, premièrement à Rome, sons le pontificat de Paul II, 
puis dans quelques autres villes de l'Italie- 

Quelques uns d'entre e.ux prétendirent justifier cette nou- 
veauté par l'usage des réguliers qui déposaient à la porte du 
cloître le nom qu'ils avaient eu dans le monde, pour prendre 
celui de quelque saint de l'Eglise , qu'ils se proposaient d'imi- 
ter plus particulièrement. De même ces zélés amateurs de 
l'antiquité se permettaient de changer le nom de leurs disciples 
ou de leurs confrères , lorsqu'ils les admettaient dans leurs 
écoles ou dans leurs assemblées , après leur avoir b s premiers 
donné l'exemple de cette mutation , fantaisie qui pensa leur 
être funeste. Paul II, qui n'avait aucun goût pour les lettres, 
et à la cour duquel les savans ne trouvaient ni protection, ni 
faveur, prit ombrage de cette manie qui n'était que pédan- 
tcsque. Les savans de Rome, soit admiration excessive pour 
l'antiquité, soit désir de se distinguer du reste des hommes, 
avaient formé' une espèce d'académie dont tous les membres 
portaient des nonis grecs ou romains. Le pape vit dans ce 
caprice le voile d'une conjuration contre sa personne, et dans 
ces écrivains métamorphosés autant de conspirateurs, à peu 
près comme depuis en France la populace de Paris s'imagina 
que l'Académie française était une bande de monopoleurs. 
Plein de ces noirs soupçons , il ne tarda pas à sévir. Plusieurs 
d'entre eux furent mis en prison, et quelques uns même per- 
dirent la vie. Les plus connus de ceux qui survécurent à la 
rigueur des tourmens, furent Pomponius Laetus , Platine, 
c nnu par une Histoire des Papes , et qui s'appelait Baptiste 
Saccus, et Philippus Callimachus Experiens, dont on a perdu 
le véritable nom. 

Ces violences ne furent pas capables de détruire cette ruéto- 
iwinasie, comme l'appelaient les Grecs deConslantinople. Les 
savans échappés îles mains du pape portèrent en Lombardie, 
en France, en Allemagne , la fantaisie de tourner leurs noms de 
langue vulgaire en langue savante, et la communiquèrent à 
tous leurs disciples. Elle se répandit en peu de temps dans 
toutes les écoles, et se soutint jusqu'à la fin du dix-septième 
siècle. 

Peut-être cette manie a-t-elle donné lieu aux bizarres qua- 
lifications des académies d'Italie, dont on trouvera ici quelques 
exemples. Celle de Pérouse s'est appelée l'Académie des Insen- 
sés; celle de Pise , des Extravagans; celle de Pesaro , des Hété- 



56 ESSAI HISTORIQUE 

r. dites; celle de Florence, des Humides, et ses premiers 
membres étaient surnommés le Gelé, le Trempé, le Trouble, le 
Brochet, le Bourbeux, le Cygne, etc. L'Académie de Gênes a 
pris le nom des Endormis; celle d'Alexandrie, des Immobiles; 
Viterbe a vu les Opiniâtres; Sienne, les Lourdauds: Citadi 
Castello, les Absurdes; Fabriano, les Désunis; Rossano , les 
Sans-Souci; Naples, les Furieux; Macerata, les Enchaînés. A 
leur exemple, les académiciens de Toulouse avaient pris le nom 
de Lanternistes , parce que leurs premières assemblées furent 
secrètes, et qu'ils se rendaient à leurs conférences la nuit, 
n'ayant pour s'éclairer que des lanternes. 

La précaution de changer de nom pour attaquer impuné- 
ment la puissance ecclésiastique ou séculière, n'a pas toujours 
réussi aux écrivains satiriques. Nous en avons un triste exemple 
dans Fallavicini , que les déguisemens d'Alcinio Lupa et de 
Ginifacio Spironcini n'empêchèrent pas d'être décapité à Avi- 
gnon. 

S'il s'est trouvé des gens de lettres, comme Flaminius et 
Manuce, qui se sont donné des noms illuslres pour cacher 
l'obscurité de leur naissance ou la bassesse de leur condition , 
il s'en est vu aussi qui sont parvenus à faire oublier l'un et 
l'autre par un changement qui n'a rien que d'estimable. De 
ce nombre est un Barthélémy Ferrinus, ministre de Ferrare, 
dans le seizième siècle. Issu d'un sang obscur, mais distingué 
parla beauté de son génie et son ardeur pour l'étude, il par- 
vint à se faire connaître au prince Hercule Atesle, duc de Fer- 
rare, qui le fit son secrétaire. Ce prince, content de ses ser- 
vices, et voulant les récompenser sans se gêner pour l'enri- 
chir, lui fit épouser la fille d'un marchand de fer qui était 
très-riche. Barthélémy, par reconnaissance pour son beau- 
père, porta toujours depuis le surnom de Ferrinus, après la 
suppression entière du sien, et l'éclat du nom de Ferrini effaça 
en peu de temps celui des plus illustres familles de Ferrare. 

Ce bizarre travestissement a eu la vogue durant le cours de 
la révolution française. Je me garderai bien d'exhumer ceux 
qui s'étaient affublés de noms grecs et romains. Je me conten- 
terai d'observer que cette manie a peut-être eu plus d'influence 
sur certains faits de ces temps désastreux qu'on ne le pense 
communément, et de renvoyer aux judicieuses réflexions de 
M. Volney, sur le danger des fausses applications de l'histoire 
grecque et romaine, avec lesquelles nos mœurs et nos usages 
n'ont aucun rapport. Au reste, c'était au ridicule à combattre 
cette manie, et le ridicule en a fait justice. On me pardonnera 
sans doute d'insérer ici , pour égayer la sécheresse de ces 



Sl'R LES NOMS PROPRES. ^7 

recherches, quelques vers agréables auxquels elle a donné 

lieu : 

Allons , bravo ! point de scrupule, 

Débaptisons-nous, mes amis ; 

S'appeler Jean , Pierre ou Denis, 

Tenez, rien n'est plus ridicule... 

Fi donc des saints du Paradis! 

Cela sent trop le vieux régime : 

Ils furent trop prônés jadis 

Pour avoir droit à notre estime. 

Qu'étaient-ils, après tout ? Oh! rien. 

Tout uniment des gens de bien ; 

Et chacun d'eux, dans sa manie. 

Poussait même la bonhomie 

Jusqu'à daigner être chrétien. 

Vive la moderne méthode. 

Les noms romains , les noms en us ! 

AppeloTîs-nous Quintus , Sextus. 

Pour mieux encore être à la mode, 

Prenons pour patron saint Biutus. 

Arrangeons-nous, je suis commode : 

Aimez-vous mieux finir en is? 

Il en est tant que l'on renomme , 

De tout siècle, de tout pays. 

Héros, Dieu sait! n'importe comme; 

11 est clair, près d'Anacharsis , 

Que Jean-Baptiste est un pauvre homme. 

Armand CHAnLESiACMî. 



fcVVX'V%/\ v*/x -w* -v^/». % ^ 



CHAPITRE IX. 

Des Pseudonymes. 

On en distingue de deux sortes, ceux qui ont pris de faux 
noms pour s'emparer des biens d'autrui , et usurper impuné- 
ment les plus précieux avantages des familles. De ce nombre 
sont ceux qui ont porté la témérité et l'ambition jusqu'à vou- 
loir s'ériger en souverains. Chaque siècle en fournit plusieurs 
exemples; j'en rappellerai quelques uns. 

Le plus ancien, dont parle l'histoire, est le Mage Smcrdis 
qui prit le nom de Smerdis , frère de Cambyse , tué par 
Prexaspe , sur l'ordre de son frère , et qui fut reconnu par Phé- 
dime, fille d'Otane, parce qu'il avait les oreilles coupées. 

Prompale, jeune homme de la lie du peuple, se dit fils d'An- 
tiochus Epiphane, se fit appeler Antiochus Bala, priva Démé- 
trius Soler du royaume et de la vie; légna cinq an?, perdit 



^^ ESSAI HISIORK^H'E 

une grande bataille contre Ploiémée Philoinélor et Déniélrins 
son gendre, et se réfugia en Arabie , où il fut tué par un prince 
arabe nommé Zabdiel. 

Andri^cus, esclave , plus connu sous le nom de Pseudo-Phi- 
lippe, soutint, avec un courage digne d'une meilleure fortune, 
le nom et la ressemblance de Philippe, roi de Macédoine, 
mort trente ans auparavant; battit le préleur Juventius, fut à 
son tour battu par le consul Metellus, et eut au moins l'hon- 
neur de fournir aux Romains la matière d'un triomphe, comme 
s'il eût été véritablement roi. 

Un Juif, élevé à Sidon chez im affranchi romain, fit accroire 
à plusieurs qu'il était Alexandre , fils d'flérodc, parce qu'il lui 
ressemblait beaucoup, et fut reconnu comme roi. Sa royauté 
finit à Rome. Auguste avait trop bien connu le véritable 
Alexandre qu'Hérode avait accusé devant lui , et envoya l'im- 
posteur régner aux galères. 

Un esclave, venu du Pont en Asie, profita de la ressemblance 
de traits et de voix qu'il avait avec Néron , pour rassembler des 
va2;abonds et des esclaves fugitifs, voulut se rendre maître des 
galères romaines, fut attaqué lui-même , se défendit avec cou- 
rage , et périt dans le combat. 

Un homme d'armes se dit fils de Clotaire I. 

On aposia un prétendu fils de Clotaire III, pour disputer 1.» 
couronne à Thierry I du nom. 

En 1224, "1 homme de Reims voulut se faire passer pour 
Raudouin, comte de Flandres, empereur de Constantinople. 

Hei rera parle d'un eruu'te qui voulut s'attribuer le nom de 
don Sébastien et la qualité de roi de Portugal. Il finit ses jours 
sur les galères de Naples. 

En Angleterre , Perkin voulut passer pour Richard , duc 
tl'Yorck, fils d'Edouard IV ; eut quelques succès, finit par tom- 
ber dans les mains de Henri VII, et par être pendu. 

Sous le règne de Henri IV, François de la Ramée se dit fils 
de Charles IX et d'Elisabeth d'Autriche, et fut pendu à Paris 
en i5q6. 

De nos jours un Cosaque, nommé Pugatschew, prit le nom 
de Pierre III, causa de sérieuses inquiétudes à Catherine II, 
fut enfin pris et conduit à la capitale , où il subit le supplice le 
plus cruel. 

On a lu, dans les Causes célèbres, l'histoire de ce Martin 
Cuerre, dont le retour fit condamner à mort, dans Toulouse, 
Arnaud de Tilh , qui avait pris le nom de Martin pour vivre 
avec sa femme comme un mari. 

La seconde espèce de pseudonymes, beaucoup moins dan- 



SUR LES NOMS PnOPIlES. 5() 

gereiise, est celle des auteurs qui, par divers niolils , em- 
pruntent de faux noms pour dérober au public la connaissance 
du leur. Ce sujet est amplement traité par Baillct dans ses 
Auteurs déguisés, et j'y renvoie le lecteur. 



CHAPlTRFi X. 

Des Noms attacliés à la dignité souNcrainc. 

On retrouve, chez presque toutes les nations, l'usage d'affec- 
ter des noms particuliers A la souveraineté, ou à la personne 
de l'héritier présomptif. Entre les premiers, on peut mettre, 
chez les anciens, les Pharaons et les Ptolémées d'Eg_ypte, les 
Abimelechs de Palestine, les Candaces d'Ethiopie ; les Darius, 
les Achemènes, les Cjrus , les Xerxès et les Artaxerxès de 
Perse, les Arsacides de Parthie, et les Sassanides chez les 
Persans ; les Palibothres , les Taxiles et les Sandracotes de 
l'Inde; les Nicomèdes de Bithynie, les Philomènes de Paphla- 
gonie, les ïigranes d'Assyrie, les Antiochus de Syrie, les 
Eumènes et les Attales de Pergame, les Cécropides d'Athènes, 
les Abantiades d'Argos , les Cypsélides de Corinthe , les 
Aleuades et les Hellènes de ïbessalie, les Pyrrhus d'Epire , 
les Murrans du Latium, les Sylvius d'Albe, les Augustes de 
Rome, les Cagans des ïluns, etc. Chez les modernes, les Mi- 
ramolins d'Afrique, les David Meleck de Géorgie, les Prêlres- 
Jan de Nubie, etc. ; les Sophi et les Schack de Perse, les 
Grand-Mogol de l'Inde, les Lazares de Servie; les Oiscinga, 
rois saxons de l'Angleterre ; les Vuffînga , rois des Anglais 
orientaux, etc. 

Ataulphe , roi des Goths, vainqueur des Romains, or- 
donna que désormais tous les princes romains s'appelleraient 
Ataulphe, appellation qui n'eut d'autre durée que celle de son 
règne. 

Cette coutume était en vigueur dans les premiers temps de 
la monarchie française. Aimoin (i) observe que Daniel, tiré 
du cloître pour être élevé sur le trône, se fit nommer Chil- 
péric III , pour avoir un nom conforme à sa dignité. 

Les noms de Clovis, de Henri , de Louis, ont été communs 
à plusieurs princes. Ainsi Henri III prit ce nom en parvenant 

(i) Lw. ir,c. .5i. 



f>0 ESSAI HISTORIQUE 

à la couronne de France, après la mort de Charlc^i IX son 
frère, parce que c'était celui du roi leur père. 

Les rois de France n'ont guère annoncé leur rang parmi 
leurs prédécesseurs de même nom avant le quatorzième siècle ; 
et Clovis I, Clovis II signaient simplement Clovis. Ce ne fut 
que vers les neuvième et dixième siècles que l'on s'aperçut de 
la confusion que cet usage pouvait amener; et les rois des 
autres nations de l'Europe sont désignés ainsi dans teurs 
diplômes, surtout depuis le dixième siècle. 

Quant aux successeurs des grands Etats, les dauphins ont 
été en France ce qu'ont été les Césars dans l'Empire romain, 
et les rois des Romains en Allemagne. Avant la réunion des 
Espagnes sous une môme puissance, les fils aînés des rois de 
Navari'e se nommaient princes de Viane; ceux des rois d'Ara- 
gon, ducs de Girone; ceux des rois de Castille, princes des 
Àsturies, titre qu'a conservé l'héritier présomptif de la monar- 
chie espagnole; ceux des rois de Naples , ducs de Calabre ; 
ceux des ducs de Bourgogne, comtes de Charolais; ceux des 
rois d'Ecosse, ducs deRothesay; ceux des rois d'Angleterre, 
princes de Galles; ceux des rois de Portugal, princes du Bré- 
sil, etc. Dans d'autres cours, les successeurs sont désignés par 
le seul titre de prince royal. 

Outre ces titres, les rois ont eu des qualifications affectées à 
leur couronne. Je ne parle pas de Domitien qui , seul de tous 
les empereurs, se fit appeler Doniinus Deus , et de Justinien 
qui allègue sa pérennité, et même sa divinité. Ces titres n'ont 
pas été communs à plusieurs souverains. Les empereurs du 
temps du pape Libérius n'étaient traités que de Votre Tran- 
quillité. Les rois de France de la première race se contentaient 
du titre de Viri Illustres. Dans la suite, ceux des autres 
races prirent le titre de roi Très-Chrétien et de Fils aîné de 
l'Eglise. Les rois d'Espagne ont encore celui de Très-Catho- 
iique, et les rois de Portugal celui de Très-Fidèle ; plusieurs 
princes d'Allemagne, celui de Très-Gracieux. Le surnom de 
France n'appartenait autrefois qu'aux filles de France ; et si 
elles étaient nées avant que leur père fût roi, elles ne pre- 
naient ce nom qu'après son avènement à la couronne. 

Les rois de Loango prennent le prénom de Manna, qui ré- 
pond au Don des Espagnols ; Manna Gangala, Seigneur 
Bouclier; Manna Belle, Seigneur Couteau. 

A leurs titres quelques souverains ont joint une profusion 
d'épithètes. Cette vaine pompe de mots, souvent vides de 
sens, a surtout été en vogue dans les derniers temps de l'Em- 
pire grec, où les empereurs semblaient prendre à tâche d'en- 



SliR LES NOMS PROPRES. 1 

flcr celte nomenclature d'autant de noms que les conquêtes des 
Sarrazins et des Turcs leur i'aisaient perdre de |irovinces. Telle 
est celle que 3Ianuel , contemporain de l'empereur Frédéric 
Barberousse, prend dans Nicéphore : Manuel Fidèle datis 
ie Christ, roi ne dans la pourpre, empereur des Ro- 
mains , très-distingué par sa piété, toujours respectable, 
Auguste, Isauriquc , Cilicien, Arméniaque, Dalma- 
tique. Hongrois , Bohémien, Crabatique , Lazique , 
Ibérique, Bulgarique , Servique , Zéchique, Chaza- 
rique. Gothique, héritier de la couronne de Constantin, 
qui tient sa puissance de Dieu , et qui accomplit de cœur 
tous tes préceptes de sa loi. 

Il en a toujours été de mC-me en Orient, où le caractère des 
habitans , et celui même des langues, mènent à l'emphase et 
à l'exagération. Il n'est personne qui ne connaisse la kirielle 
de titres que prend le Grand-Seigneur. 

Voici ceux que présente le protocole d'une lettre de l'empe- 
reur Mahomet III , au Sha Séfi Abas I, roi de Perse: 

« A réminent en dignité, le sublime en majesté, l'égal de 
Houchenk en sagesse, et de Darius en perspicacité; nouveau 
Siavech , émule de Kéïkiaous en prévoyance, des Gosroës en 
vélocité; non moins intrépide que Sandjar, magnifique comme 
Féridoun , et aussi judicieux qu'At'rasiab ; le paisible posses- 
seur du siège des Darius, l'ornement du trône qu'il occupe, 
la perle inappréciable de la mer de Primatie , la huppe pana- 
chée du parterre des vertus, le diadème de la botanique des 
têtes couronnées , le roi de l'échiquier de la science du 
gouvernement , le principal distique de l'ode de la gloire , 
le premier fleuron de la couronne du bonheur, le très-glo- 
rieux Sha Abas puisse-t-il être en permanence dans la voie de 
la direction vers la foi ! » 

L'empereur de la Chine se fait appeler Tiençu , Fils du Ciel. 

Un gouverneur de Schiras, après le dénombrement de ses 

qualités et de ses seigneuries, ajoutait dans ses litres, au rapport 

d'Herbert, « Fleur de courtoisie, Muscade de consolation, 

et Rose de plaisir. » 

Charles V et Philippe II, rois d'Espagne, imitèrent celle 
vanité , que nos rois confondirentpar une simplicité ingénieuse. 
Le premier, dans une lettre qu'il écrivit à François I", se 
donna plus de litres qu'il n'en avait , quoiqu'il en eût beaucoup ; 
et son rival se contenta de mettre au bas de sa réponse : 
François, premier gentilhomme de son rogaume, et 
seigneur suzerain de Gentilly et de l^augirard. Henri IV, 
dans la réponse qu'il fit, en 1097, à Philippe II , dont la lettre 



^2 ESSAI IllSTORIQfE 

était remplie par une longue suite de litres, se contenta de 
signer : Henri , bourgeois de Paris. 



CHAPITRE XI. 

Des Sol)ri(jiicts, Noms de guerre , Epilhùtcs , etc. 

Le sobriquet est une sorte de surnom ou d'épithèle bur- 
lesque donnée à quelqu'un, le plus souvent pour le lendre 
ri.lieule. 

Ce ridicule, dit M. de 5 aucoiwt (Encijctopédie , tom. 5i, 
Ijaçf. 21 1 ) , ne naît pas seulement d'un choix affecté d'expres- 
sions triviales propres à rendre ces épithètes plus significa- 
tives ou plus piquantes, mais de l'application qui s'en fait 
souvent à des personnes considérables d'ailleurs, et qui pro- 
duit un contraste singulier d'idées sérieuses et plaisantes, 
nobles et viles, bizarrement opposées, telles que peuvent 
l'être dans un même sujet celles d'une haute naissance avec 
des inclinations basses; de la majesté royale avec des diffor- 
mités corporelles, réputées honteuses par le vulgaire; d'une 
dignité respectable avec des mœurs corrompues , ou d'un 
titre l'astneux avec la paresse et la pusillanimité. 

L'origine de ces surnoms se trouve dans la malignité de 
ceux qui les donnent, et dans les défauts réels ou apparens 
de ceux à qui on les impose : elle éclate surtout à l'égard des 
personnes dont la prospérité ou les richesses excitent l'envie, 
ou dont l'autorité, quelque légitime qu'elle soit, paraît uu 
joug insupportable. Elle ne respecte ni la tiare ni la pourpre \ 
c'est une ressource qui nemanque jamaisà un peuple opprimé; 
et ces marques de sa. vengeance sont d'autant plus à craindre, 
que, non seulement il est impossible d'eu découvrir l'auteur, 
mais que ni l'autorité, ni la force, ni le laps de temps ne sont 
capables de les effacer. On peut se rappeler, pour preuve de 
ce caractère indélébile, les efforts inutiles que fit un archiduc 
nommé Frédéric, pour faire oublier le surnom de Bourse 
videàoni il se trouvait offensé. Dans un pays où il était relé- 
gué, le peuple le lui donna, à l'occasion d'une disgrâce (jui 
l'avait réduit à une extrême disette. Lorsque la fortune l'eut 
rétabli dans «es Etats, il eut beau, pour manifester son opu- 
lence, faire dorer jusqu'à la couveilure de son palais , le sur- 
nom lui resta toujours. H faut pourtant convenir que s'il eût 



5TIR LES NOMS PROl'KKS. O.J 

mis à SDiiliigcr son peuple l'or qu'il mit à dorer son puluis, 
son sobriquet eût vraisemblablement fait place à un surnom 
honorable. 

Il arriva quelque chose de semblable à Charles de Sicile, 
surnommé Sans-Terre; sobriquet qui ne lui avait été donné 
que parce qu'effectivement il l'ut long-temps sans Etats : il ne 
le perdit point lors même que Robert son père lui eut cédé ht 
Calabrc. 

Les sources (îommunes des sobriquets sont donc les imper- 
fections du corps, tous les défauts de l'esprit, les mœurs, les 
passions, les mauvaises habitudes, les vices, les actions, de 
quelque nature qu'elles soient. 

11 y a des sobriquets qui ne sont que des jeux de mots, 
comme celui de Bihcrius Mcro donné à Tibère, pour Tiùc- 
rius Nero , à cause de sa passion pour le vin; celui de 
Cacoerijctc appliqué à l'tolémée VII, roi d'Egypte, pour le 
qualifier de mauvais prince, par imitation d'Everfjète, qui 
désigne un prince bienfaisant; celui d'Epimane, donné à 
Antiochus IV, et qui, au lieu d'Epiphane on roi illustre, 
dont il usurpait le titre, ne signifie qu'un furieux. 

D'autres sont ironiques et tournés en contre-vérités , connrie 
celui de poètes lauréats , que les Anglais donnent aux mau- 
vais poètes. 

Il y en a souvent dont la malignité consiste dans l'emprunt 
du nom de quelque animal, comme celui de Grijpus que les 
Syriens tirèrent de la ressemblance du nez crochu d'Antio- 
chus VIII au bec d'un griflbn ; ou de quelques personnes 
célèbres notées dans l'histoire par leur extérieur ou leurs 
vices, comme on donne aujourd'hui les noms de Silène, 
d'Esope , de Sardanapale, de iMessaline aux personnes qui leur 
ressemblent par la figure ou par les mœurs. 

Mais de toutes les expressions figurées, celle qui forme les 
plus ingénieux sobriquets, c'est l'allusion fondée sur une con- 
naissance de faits singuliers, dont l'idée prête unesoile d'agré- 
ment au ridicule. 

RI. de Jaucourl réduit ces différentes formes à quatre, qui 
font autant de genres de surnoms burlesques : i° ceux dont la 
note est indift'érente ; 2" ceux qui n'en impriment qu'une 
légère; 5° ceux qui sont injurieux ; 4° ceux qui sont hono- 
rables. 

Pour donner lieu à ceux du premier genre, il n'a fallu 
que quelque mode singulière de coiffure ou d'habillement, 
quelque coutume particulière, quelque action peu importante. 
Ainsi les sobriquets de Pogonate ou Barbe longue y donnés 



G4 tSSAI HISTORIQUE 

h Constantin V, empereur de Constantinopic ; de Crépu, à 
IJoleslas, roi de Pologne; de GrisegoneUe , à Geoffroi, comte 
d'Anjou; de Courte-Mantet, à Henri II, roi d'Angleterre; 
de Longuc-Epéc, à Guillaume, duc de Normandie; et de 
Hache, à Baudouin VII, comte de Flandre, n'ont jamais pu 
blesser la réputation de ces princes. 

Les Romains appelaient signum ce genre de surnoms, et 
l'action de le donner, significare. 

Ceux du second genre ont pour objet quelque légère im- 
perfection du corps ou de l'esprit ; certains événemens et cer- 
taines actions qui, toutes innocentes qu'elles sont, présentent 
une espèce de ridicule. C'est ce que Cicéron a entendu par 
turpicuta, suhturpia qI quasi deformia. Si Socrate, par 
exemple, se montrait peu sensible au surnom de Caniard , 
beaucoup s'en trouveraient offensés. Celui de Cracheur 
n'était point honorable à Uladislas, roi de Bohême; et Ray- 
mond, comte de Barcclonne, pouvait s'offenser de celui de 
Tête d'Etoupes; ainsi qu'un Raoul II, seigneur de Vassy, 
de celui de Tête d'Ane, tiré de la grosseur de sa tête et de 
l'épaisseur de sa chevelure. 

Ceux du troisième genre sont beaucoup plus piqu.ins, en ce 
qu'ils ont pour objet les difformités du corps les plus consi- 
dérables, ou les plus grandes disgrâces de la fortune, et dont 
la honte est souvent plus difficile à supporter que la douleur 
qui les accompagne. On pourrait ranger dans cette classe celui 
de Pochi Dcnari, que les Vénitiens avaient donné à l'em- 
pereur IVIaximilien ; et de Main Percée, que les Castillans 
donnèrent à leur roi Alphonse. 

Ceux du quatrième genre n'ont pour (.bjet que ce qu'il y a 
de plus rare dans les qualités du corps, de plus noble dans 
celles de l'esprit et du cœur, déplus admirable dans les mœurs 
et de plus grand dans les actions. Le propre de (es surnoms 
est d'être caractérisés d'une manière plaisante, et qui, même 
en tenant de la raillerie, ne laisse jamais qu'une idée honorable. 

Ainsi, les surnoms de Bras de Fer et de Cotte de Fer, 
imposés l'un à Baudouin I, comte de Flandre, et l'autre à 
Edmond II , roi d'Angleterre , sont de vrais éloges de la force 
du corps dont ces princes étaient doués. Tel est aussi celui de 
Temporiseur , presque toujours choquant, et qui fait pour 
Fabius l'apologie de sa conduite militaire , comme ceux de 
Cœur-de-Lion donnés à Richard , roi d'Angleterre ; de SanS' 
Peur A Richard, duc de Normandie, et à Jean, duc de 
Bourgogne , marquent leur intrépidité. Tels sont encore les 
surnoms de Marfc/ pour Charles, vainqueur des Sarrazins; 



SUK LES HOMS PROPRES. 65 

de Sans-Peur et Sans- Reproche pour Bayard; du Père de 
(a Pensée, donné au maréchal de Catinal par ses soldats, etc. 

Des caractères accidentels en établissent encore des genres 
particuliers. Les uns peuvent convenir à plusieurs personnes, 
comme les surnoms de Bûrgne, de Bègue ^ de BOssU) de 
Boiteux, de Hutin, de Mauvais. D'autres, qui résultenl 
d'un fait particulier, ne sont guère appliqués qu'à une seule, 
comme les surnoms de Caracaita, imposés au quatrième 
des Antonins; de Co-pronymeh Constantin IV; Aa' Chapeau- 
Venteux à Eric, roi de Suède, dont la prétention était de 
faire croire que les vents soufflaient de tous les côtés ver» 
lesquels il tournait son chapeau. 

D'autres sobriquets sont devenus héréditaires, et d'abord 
attribués à un seul individu, ont ensuite passé à ses descen-* 
dans, et lui ont tenu lieu de nom propre. Tels sont la plupart 
des surnoms des Romains illustres du temps de la république, 
que les auteurs grecs de l'Histoire rotnaine ont cru leur être 
tellement propres, qu'ils ne leur ont ôté que la terminaison 
latine, ainsi que Denys d'Halicarnasse l'a fait de ceux de 
Poûyoî, Rufus, et de Kopvovroç, Cornutus ; comme Aheno- 
harhuSi ISa^o» Crassipes, Bihuius, etc. Il y a même eu 
des familles romaines qui n'ont tiré leur nom que d'une de ces 
sortes de sobriquets qu'a porté le premier de la famille : ainsi 
la Claudia a tiré le sien d'un boiteux, Claudus. La même 
chose est arrivée dans tous les pays. 

Dans l'histoire moderne, il y a pourtant cette différence 
entre les sobriquets donnés aux roturiers et aux grands, qu'ils 
se sont presque toujours perpétués comme noms propres dans 
les familles des premiers, au lieu que dans les maisons nobles 
ils n'ont servi qu'à distinguer les individus, et sont rarement 
devenus héréditaires. 

Au reste, ces surnoms ont été d'un grand secours dans la 
chronologie et dans l'histoire. C'est le défaut de ces épilhètes 
qui jette tant d'obscurité dans la généalogie des Pharaons, 
dont Josephe et Eusèbe ont dit que les noms étaient de dignité 
plutôt que de famille. Combien, au contraire, la précaution 
de les avoir ajoutés aux siunoms tirés de l'ordre numéral , 
sauve-t-elle de méprises et d'erreurs dans l'histoire des 
Alexandres de Macédoine, des Ptolémées d'Egypte , des An- 
tiochus de Syrie, des Mithridates du Pont, des Nicomèdes de 
Bithynie,des Antonins et des Constantins des Empires romain 
et grec, des Louis, des Henris et des Charles de France, etc. î 
Si les épithètes de riche, de grande de sage, de conserva- 
teur , de restaurateur des lettres , etc. , dont furent honorés 

5 



66 ESSAI HISTORIQUE 

quelques uns de ces princes, laissent dans la mémoire une 
plus îbrte impression que les épith«;tes tirées de l'ordre numé- 
rique de premier, second, troisième, etc., les surnom» 
burlesques de Nez de (friffon, de Ventru, de Joueur de 
flûte, ù' Efféminé, de Martel, de Fainéant, de Balafré , 
n'en f(int-ils pas une dont les traces sont d'autant plus pro- 
fondes, que le plaisant fait plus d'effet que le sérieux sur l'ima- 
gination du commun des hommes (i)? 

Combien même est-il de familles illustres dans les anciennes 
monarchies et dans celles du moyen âge, dont les branches 
ne sont distinguées que par les sobriquets des chefs qui y ont 
fait des souches différentes? On le voit dans les familles ro- 
maines ; la Domitia, dont les deux branches ont chacune pour 
auteur un homme i surnom burlesque, Calvinus et Aheno- 
barbus ; et la Cornelia, de laquelle étaient les Scipions, où le 
premier, connu par le surnom de Nasiea, a donné son nom 
à une branche qui ne doit pas être confondue avec celle de 
l'Africain. 

Uiie autre partie essentielle de l'histoire est la représentation 
des caractères des différens personnages qu'elle introduit sur la 
scène : c'est ce que font les sobriquets par des expressions qui 
sont comme des portraits en raccourci des hummes les plus 
célèbres; mais il faut avouer que, par rapport à la ressem- 
blance qui doit faire le mérite de ces portraits, les surnoms 
plaisans l'emportent de beaucoup sur ceux du genre sérieux. 

Les premiers trompent rarement, parce qu'ils expriment 
presque toujours les caractères dans le vrai ; ce sont des dé- 
cisions prononcées par la voix du peuple, des coups de pin- 
ceau hardis qui ne rendent pas seulement la forme extérieure, 
mais qui représentent d'une manière vive ce qu'il y a en eux 
de plus caché. 

Ainsi, l'empressement de l'empereur Léon pour détruite le 
culte des images , est bien marqué dans le terme d'' Iconoclaste. 

L'opprobre de l'ancienne profession de l'empereur Maximien 
nous est rappelée par son surnom A'' Armentarius ; l'obscu- 
rité de l'origine de Michel V, empereur grec, dont les parens 
calfataient des vaisseaux, par son surnom de Ca{aphate,,et 
la basse naissance du pape Benoît XTI, fils d'un boulanger 



(i) DiscÏL enini citiUs memiiiitque libeniius illucl 

Quod quis de ride t , quàin quod probat et veneratur, 

HoR. 
« L'homme appreiiil et relient plus tut cl plus volontiers la satire que 
» l'éloge, le Llàme que l'approbation. » 



Sin LES NOMS PROPRES. 67 

tianrais, ftiM- cv\u\ de Jac(jues du Four, qui lui lut donni'; 
lorsqu'il n'élait encore que cardinal. 

L'événement heureux pour le fils d'Otlion, duc de Saxe, 
qui, lorsqu'il s'y attendait le moins, apprit au milieu d'une 
partie de chasse la nouvelle de son élévation à l'empire, est 
signalé par le surnom de fOiseieur , qui le dislingue de tous 
les flenris. 

La captivité dans laquelle Frédéric l". duc de Saxe, fut 
tenu par son père, est devenue mimorable par le surnom de 
Mordu, qui lui est re^^té. 

Il en est aussi de tortuits dus à quelque rencontre particu- 
lière. Jean de France, comte de Nevers, reçut le nom de 
Tristan, conjointement avec celui de Jean, parce que la 
reine Marguerite de Provence, sa mère, accoucha de lui à 
Damiette , en Egypte , lors de la triste captivité de saint 
Louis son époux (en laSo). Et ce comte prend lui-même le 
surnom de Damitlte dans un titre du n)ois de décembre 
1266, contenant l'honnuage qu'il rendit à Renaud, évêque de 
Paris, à cause de la baronnie de Mont-Jay. 

Les sobriquets que se donnent réciproquenjent les habitans 
d'une ville, d'un bourg ou d'un hameau, ne consistent ordi- 
nairement qu'en quelques épithètes triviales, et dont personne 
ne doit s'ottenser. On ne voit point de Normand se fâcher de 
l'ancienne épithète donnée à cette province. Les Picards ne se 
mettent point eu colère quand on dit qu'ils ont la tête chaude. 
Ducange, qui était Picard, n'a pas craint d'assigner à ce mot 
une origine qui n'est pas des plus honorables. L'n bon curé 
champenois du quatorzième siècle inséra dans son livre d'église 
ces deux vers sur les Picards : 

I ti PiciiVili non xunt ad pvnlia larcli : 

J riinn uni hurdi , se,d sunt in Jiiie cohardi (cr)u;ir(l.s ^. 

Dans la ville d'Angers il y avait autrefois tant de chapitres 
et de communautés, qu'on y entendait perpétuellement sonner 
les cloches; de là le sobriquet Li sonneor d' Angers. Celui ii 
usuriers de Metz n'avait en vue que les Juifs de cette ville. 
Si les Gascons sont appelés J</r/^or, c'est qu'il y a plus de 
quatre cents ans qu'ils passaient pour les meilleurs jongleurs. 

Au sujet des Bossus d'Orléans, La Fontaine a dit que la 
nature ayant ôté les montagnes de la Beauce, les avait trans- 
portées sur le dos des habitans; mais c'est une plaisanterie. 
On lit dans un vieux Hituel d'Orléans, que le curé demandait 
à Dieu de préserver ses paroissiens des bosses. Celait une 
espèce de mal épidémique qui consistait en feux, clous, ôtc. 

5. 



C8 ESSAI HlSTORIQrE 

On donnaitaux habitons de Chauny le sobriquet de Singes, 
parce que les arquebusiers de cette ville avaient un singe fort 
laid dans leurs étendards. 

Si l'on dit tes sots de Ham , c'est qu'il y avait dans cette ville 
une compagnie de fous ou de sots. Leur chef était nommé le 
prince des sots. Ces fous montaient sur un âne, tenant la 
queue au lieu de la bride ; on ne pouvait faire de folies sans la 
permission de ce prince, sous peine d'amende. Pour le dire 
en pas^'ant, il est vraisemblable que c'est l'usage de créer des 
royautés , soit pour le repas du 6 janvier, soit pour la joute aux 
coqs , soit pour d'autres objets différens , qui a rendu les noms 
de ie prince et te roi si communs en France. 

Les sobriquets nés dans l'enceinte des camps sont marqués 
à un coin de vivacitéet de liberté particulières aux militaires. 
Autrefois les soldats français prenaient leurs noms de guerre 
du lieu de la naissance. Basque, Picard, Poitevin, ou de 
quelque fleur, ta Rose, la Tulipe; ou de quelque trait de 
bravoure , la Terreur , Sans-Quartier ; ou de quelque 
chose d'arbitraire, sans les passer à leurs descendans, puis- 
qu'ils pouvaient les quitter lorsqu'ils n'étaient plus au ser- 
vice. Aujourd'hui que la carrière militaire est ouverte à tous, 
chaque soldat garde avec soin le nom qu'il peut illustrer, et 
dont la gloire doit rejaillir sur sa famille. 

Les sobriquets militaires sont aussi quelquefois des contre- 
vérités. C'est ce qu'a rendu gaîment l'auteur que j'ai déjà cité 
à l'occasion des noms puisés dans les Annales grecques et 
romaines : 

De Mars j'ai suivi la carrière : 

On sait que là , sans contredit, 

Chacun porte le nom de guerre 

Que le caprice lui fournit. 

C'était très-plaisant, je vous jure ; 

Le sobriquet et la tournure 

Avaient tout l'air d'un quiproquo : 

La Douceur était intraitable ; 

L'Amour, certes, n'était pas beauj' 

Charmant était laid comme un diable; 

Celui qu'on surnommait l'Enfant, 

Caduc, se soutenait à peine; 

Et vous auriez vu dans Turenne ' 

Le plus poltron du régiment. 

Cette chute rappelle le mot d'un soldat de Turenne, qui 
avait pris le nom de son général. Le vicomte le fit venir, et 
lui témoigna que cette liberté lui déplaisait : « Morbleu ! mon 
général, répondit le soldat, j'ai la folie des noms. Si j'en avais 



SUR LES NOMS PROPRES. 85 

connu un plus bciiu , je n'aurais pus manqué de le prciidie. » 
Il est permis de douter que ce soldat-là fût un poltron. 

Il est une dernière espèce de sobriquet; ce sont les noms 
d'amitié que les parens donnent à leurs enfans, et qui passent 
quelquefois en surnoms, quelquefois aussi deviennent l'origine 
des armoiries. Selon les mémoires de la chambre des comptes, 
Louis-le- Jeune prit des fleurs pour sa devise, allusion à l'épi- 
thète de Florus ou Fleuri, que son père Louis-le-Gros lui 
donnait par amitié, et c'est là, dit-on, l'origine des fleurs de 
lis; opinion qui n'est pourtant pas généralement adoptée. 



CHAPITRE XII. 

De la Superstition des Noms. 

L'importance que les anciens attachaient aux noms propres, 
fondée d'abord sur des motifs raisonnables, dégénéra bientôt 
en idée superstitieuse. Persuadés que ces noms avaient une 
influence directe sur ceux qui les portaient, ils mettaient un 
grand soin à en choisir dont les signiflcations fussent d'un heu- 
reux augure. 

On a déjà vu (chapitre I") quelle idée les Hébreux se fai- 
saient des noms. Cette superstition s'est perpétuée chez leurs 
descendans, qui ne faisaient point usage des noms d'Abel et 
de Benjamin, parce qu'ils n'annoncent que deuil et (|ue tris- 
tesse. Le Thatmud est rempli d'allusions mystérieuses aux 
mots, aux lettres et aux nombres. Tantôt on raconte que les 
lettres de l'alphabet demandent à Dieu d'être employées 
comme instrument de la création du monde. Tantôt on re- 
marque que les lettres qui forment le nom de Salan font le 
nombre de 564, pour marquer le pouvoir qu'a Satan d'exercer 
son ministère trois cent soixante-quatre jours de l'année , 
n'ayant les mains liées que le jour de l'expiation. Ici, le nom 
de Dieu est gravé sur des chaînes dont on veut lier Asmodée; 
là, ce même nom est écrit sur un test qui doit fermer un 
abiroe. 

Les rabbins ajoutent à ces contes d'autres qui ne sont pas 
Koins imperlinens. Selon eux, Adam ne commandait aux 
animaux qu'en vertu des noms qu'il leur avait donnés. Moïse 
ne reçut point la loi sur le mont Sinaï, mais arrivé au sommet 
de celte montagne, une nue l'enleva et le porta dans le ciel. 



7<^ ESSAI HISTORIQUE 

][ trouva sur sa route un ange nommé Remuel , chef de 
douze mille anges ; mais en prononçant le nom de douze lettres 
que Dieu lui avait appris lors(|u'il lui parla dans le buisson 
ardent, l'ange s'enfuit à douze mille stades de là. 

Moïse continuant son chemin , trouva un autre ange nommé 
Iladarniel, qui lui fit grand'peur ; car cet ange a une voix 
terrible, il la fait retentir dans deux cent mille sphères envi- 
ronnées d'un feu blanc, et il a sous son commandement un 
grand nombre d'anges. 

La frayeur de IMoïse fut si grande, qu'il serait sorti de la 
nue, si Dieu ne lui avait représenté qu'il était honteux pour 
lui de trembler à la vue d'un ange, après avoir eu le courage 
de soutenir la présence de Dieu dans le buisson ardent. Moïse 
se rassura , et en prononçant le nnm de soixante-douze lettres, 
il épouvanta t» son tour l'ange, qui fut obligé de s'enfuir. 

Judas, fds de Mathathias, vainquit Antiochus par la vertu 
des quatre lettres qu'im ange lui montra, et qu'il fit peindre 
dans son drapeau , et son surnom de Machabée fut tiré du son 
de ces quatre lettres (i). 

Il n'y a pas une seule des houris qui n'ait le noble nom du 
grand Dieu et celui de son époux gravés sur son estomac et 
au milieu des épaules. 

Le nom d'un esprit impur, écrit sur une lame d'or et mis 
sous la langue de la tète d'un premier né, était une partie 
essentielle de la divination appelée Téraphini. 

C'est sur de pareilles rêveries qu'est l'ondée (a Nomantie, 
ou plutôt i'Onoinatomantie, sorte de divination qui se fait 
-par le moyen des lettres du nom de la personne dont on veut 
savoir la destinée , et dont on rapporte l'origine à Enoch. Par 
elle, Joseph prédit les sept années de la famine d'Egypte , et 
Pythagore forma la roue de fortune sur laquelle les lettres 
séparées en douze parties répondent aux douze maisons du 
zodiaque. La Nomantie a quelque rapport avec ia Gématrie, 
une des divisions de la cabale chez les Juifs. Celle-ci consiste 
;\ prendre les lettres d'un mot hébreu pour des chiffres ou 
nombres arithmétiques, et à expliquer chaque mot par la 
valeur arithmétique de ceux qui le composent. Selon d'autres, 
c'est une interprétation qui se fait par la transposition des 
lettres. 



(i) Ces lettres sont nieiii , capli , leih , lod , qui sont les premières 
de ces mots : Qui est setnhlahle à toi parmi If s dieux, ôJéliova! Or, 
selon un iis;ige ordinaire hux Juifs, on forma des quatre lettres M. C. 
13. I. le mot artin«iel de Machabi ou Machahec. 



SIJR LES NOMS PROPRES. ^ I 

Seli>n l«'S i>rii)cipL'S de celte DOmanlie, les lettres sont sou- 
mises à certaines planètes on constellations, et lenr valenr nu- 
iiiéraire leur confère, à chacune en particulier, une vertu 
significative. La méthode n'en est pas uniforme. On calcule 
ordinairement ensemble les noms du père, de la mère, de celui 
qui consulte, du mois, du jour, du lieu, du signe, de la pla- 
nète, et l'on se sert de la langue latine. On divise la somme 
totale par trente, et l'on prend pour base de la prédiction îe 
nombre qui est au quotient de la division. A tient sa vertu du 
Soleil et se rapporte au Bélier. L'A vaut i3, le Bélier 94 et le 
Soleil 55. Le B vaut 9,leC27;A,E,H,I, sont des lettres 
heureuses ; B, C , D, F, «ont infortunées, etc. 

L'arithmomancie des Chakléens consistait à partager leur 
alphabet en trois décades , en répétant quelques lettres , à 
changer en lettres numérales les lettres des noms de ceux qui 
les consultaient, et à rapporter chaque nombre à une planète 
de 1 iquelle ils tiraient des présages. 

Cette vaine opinion ne s'était pas renfermée parmi les rab- 
bins, elle s'était répandue jusque chez les philosophes. La secte 
rïe Pythagore se montra surtout curieuse de beaux noms. Elle 
assurait que chaque lettre a son nombre certain, qui désigné 
l'avenir; qu'ainsi on peut deviner ce qui doit arriver aux 
hommes , en calculant les nombres contenus aux lettres de 
leur nom propre; que celui dont les lettres additionnées pro- 
duisent une plus grosse somme, doit être supérieur au combat, 
au jt!U , en procès. Suivant ces règles , il était clair que Fatrocle 
serait tué par Hector, et Hector par Achille, parce que le nom 
de Patrocle ne montait qu'à 861, celui d'Hector à 1226, au 
lieu que celui d'Achille allait jusqu'à i5oi. 

On a attribué aux méditations de Pythagore cette prétendue 
découverte, que le nombre impair de voyelles dans un nom 
propre désigne la perte de la vue, la fracture d'une jambe ou 
quelque autre accident. 

Cette f(jlie a eu des prosélytes jusque dans le sein du chris- 
tianisme. La supputation de Duplessis-Mornay , qui trouva 
dans le nom du pape Paul V, le nombre de 666, qui est celui de 
la bête de l'Apocalypse , fut regardée, dans le temps, par ceux 
de son parti, comme une découverte de la plus haute impor- 
tance ; et l'on a cru que, de deux personnes mariées ensemble, 
celle-là mourrait la première, du nom et du surnom de la- 
quelle les lettres se tiouveraient en noujbre pair. 

Hérodote nous apprend que les rois d'Egypte Chéops et 
Cephrènes, cpii avaient fait bâtii' les pyramides, lurent si dé- 
testés de leurs peuples, que, pour ne les nommer jamais et 



na ESSAI HISTORiytJE 

pour effacer Jusqu'à leur mémoire , ils attribuaient ces pjtH" 
mides à un pasteur nommé Philition. 

Les Grecs n'ont pas été moins asservis à cette sorte de su- 
perstition. Ils excluaient les noms d'Ariane, de Déjanire, de 
Polyxène, de Cassandre, d'Hippolyte , de Paris et d'Hector, 
de Tantale et de Penthée, comme des noms malheureux. Il en 
était même, comme celui d'Hécube, qu'ils ne voulaient pas 
prononcer- 

Les Romains adoptèrent les idées des Grecs à cet égard, et 
poussèrent la recherche jusqu'à consulter des oracles et à faire 
des sacrifices pour obtenir par révélation des noixis d'une Signio 
fication agréable. 

A Rome, comme en Grèce, on employait avec soin, dans 
les cérémonies de la religion et dans les affaires publiques et 
particulières, des noms d'un heureux augure. On voulait que 
les enfans qui aidaient dans ces sacrifices, que ceux qui con-i 
duisaient la victime , que les ministres qui faisaient la dédicace 
d'un temple, que les soldats qu'on enrôlait les premiers, 
eussent des noms favorables. On détestait au contraire les 
noms qui signifiaient des choses tristes et désagréables. Ainsi , 
dans les dénombremens, dans l'appel des citoyens destinés à 
former une colonie, et dans les enrôlemens (i), les noms par 
lesquels on commençait étaient Vaierius, Saivius, Stato- 
rius , etc.; et on eût regardé comme un sinistre présage de 
commencer par les noms de Vesfellion^ de Nœvius et d'£- 
gerius. Ce dernier était consacré à la mendicité. 

La tribu Faucia était célèbre par ses malheurs. C'était 
on mauvais augure quand elle opinnit la première; ce qui 
était arrivé ù l'époque de la prise de la ville, après la journée 
d'AUia. 

Quand on procédait à l'adjudication des fermes publiques» 
oû nommait le lac Lucrin le premier, à cause de la conformité 
de ce nom propre avec lucrwn , gain. 

Dans un procès criminel entre plusieurs accusés , on s'en 
prenait d'abord à celui qui avait le nom le moins heureux. 

Le seul noiw de Regiiiianus le fit saluer empereur, et Jo-, 
vien ne le fut qu'à cause qu'il n'y avait qu'une légère diffé-r 
rence entre son nem et celui de Julien, dont la mémoire 
était chère aux gens de guerre, qui disposaient souvent d^ 
l'empire. 

César allant faire la guerre à Scipion , en Afrique , menî^ 



(i) Cic. de Diyinat., liv. I. 



SUR JLES NOMS PROPRES. ^7> 

avec lui un officier de ce nom, surnommé Salatton , d'une 
branche assez obscure de cette famille, et lui donna du com- 
mandement à cause de l'opinion populaire que les Scipions 
étaient invincibles en Afrique. F. Aper. 

Cette attention s'étendait jusqu'aux noms des villes que l'on 
changeait lorsqu'ils paraissaient de mauvais augure : ainsi 
Maieventuni fut changé en Benevent , Epidamnum en 
Dyrrachium, etc. 

Des prénoms furent quittés par des familles , parce qu'ils 
avaient été déshonorés par quelques uns de leurs membres , et 
qu'on les crut propres à porter malheur. Tels furent celui de 
Marcus, interdit par un sénatus-consulte à tous les Manlius, 
depuis la fin tragique de M. Manlius Capitolinus; celui de Lu- 
cius , auquel la famille Claudius renonça , comme dégradé 
par deux condamnations portées contre des Lucius , l'une pour 
meurtre et l'autre pour vol, etc. 

On tirait aussi des présages de la rencontre fortuite de cer- 
tains noms. Une députation de Samiens est introduite auprès 
du roi Léotychide : « Etranger, lui dit le prince, quel est 
votre nom ? — Hégésistrate. — J'accepte l'augure. » Et en 
effet, il congédia les autres députés, pour ne traiter qu'avec 
celui-là. 

Paul Emile , sur le point de quitter Rome pour aller prendre 
le commandement de l'armée en Macédoine, contre le roi 
Periée, trouve sa petite fille en larmes, et lui demande la 
cause de son chagrin : « C'est la mort de notre petite chienne 
Persée , répond l'enfant. » J'accepte l'augure , reprend le 
guerrier en embrassant sa fille , et Persée ne tarda pas à passer 
du trône de Macédoine dans les prisons de Rome, où il trouva 
la mort (i). 

Après la bataille de Pharsale, Pompée fugitif aperçut, près 
l'île de Chypre, un très-beau palais dont il demanda le nom. 
On lui dit qu'il s'appelait Kakohasiieus , méchant roi; ce 
qui lui donna un pressentiment du sort que lui réservait en 
Egypte la perfidie du roi Ptolémée. 

Auguste, en guerre avec les deux triumvirs Lepide et An- 
toine, tira un augure favorable de la rencontre d'un ânier 
nommé Eutychès, fortuné, et de son âne appelé Nikôn , 
vainqueur; et Vespasien, consultant les dieux sur sa destinée, 
conçut d'heureuses idées de sa grandeur future, parce qu'en 
se retournant il aperçut derrière lui, dans le temple, un de 



(i) On le fit mourir d'insomnie. 



7^ E*SAI lllSTORIorE 

ses servileiirs qu'il avait laissé malade chez lui, et qui se nom- 
mait Basiliile, royal. 

Le nom de Conrad [fort) était aussi odieux aux Vandales 
qu'il était en grande recommandation parmi les Allemands. 

Les modernes n'ont point eu à se prévaloir de leur supério- 
rité de raison sur les anciens. On lit dans l'histoire d'Espagne, 
que des ambassadeurs de France, venus pour demander une 
des filles du roi Alphonse IX, promise ù leur maître, choi- 
sirent la moins belle parce qu'elle s'appelait Blanche , et que 
l'autre portait le nom d'Urraca qui leur parut barbare. Herrera 
rapporte que Philippe II refusa une grâce que lui demandait 
un prêtre de Galice, offensé de ce qu'il se nommait 31artin 
Luther. 

On remarqua que le marquis de Marignan défit les troupes 
françaises, commandées par Strozzi, dans un lieu appelé 
Gatiicide. 

La paix conclue à Chartres ne passa jamais pour durable, et 
fut appelée Paix hoiteuse et mal assise, parce qu'elle avait 
été négociée par Biron , boiteux, et par de Mesmes, surnommé 
Mal-assis. 

C'est de tout temps aussi que l'on a tenu certains noms pour 
malencontreux. Les Perses écrivaient à rebours le nom de 
leur Arimane. Suétone observe, dans la Vie de Caligula, qu<; 
tous ceux de la famille des Césars qui avaient eu le prénom de 
Caïus, avaient péri de mort violente. 

L'empereur Sévère se consolait des débauches de sa femme, 
par la fatalité attachée au nom de Julie; et Brantôme prétend 
que les dames qui portent certains non)s, qu'il ne veut pas dire 
par respect, sont plus livrées aux plaisirs des sens*. 

Le même ob?trve que tous ceux qui ont porté le nom de 
JNemours ont été de grands capitaines. 

L'infortune a toujours accompagné les reines Jeanues de 
Naples , et les rois Jacques d'Ecosse ont tous fini malheureu- 
sement; et tel était l'empire de cette opinion superstitieuse, 
que le pape Paul voulant se donner le nom de Formose, en 
fut détourné par des cardinaux ses intimes amis, à cause du 
pape Formose, qu'Etienne VII avait fait déterrer. 

Le nom de Philippe-Auguste fut heureux, en ce que ce 
prince réunit à la couronne la Normandie, l'Aquilaine, l'An- 
jou, la Touraine, le Maine et le Poitou, qu'il prit sur Jean 
Sans-Terre. Le nom du roi Jean passa pour désastreux , parce 
qu'il perdit la bataille de Poitiers avec la liberté, et fut mené 
prisonnier en Angleterre. 

Enfin, pour élayer encore ce système de fatalité, on va 



«rn I.Ef NOMS IMlOI>RK«. ^^ 

jusqu'à citer deux firros nés à Côme en Italie r.l iiominés tous 
«leux Jeiin Torin, f|ui. servant clans le camp île l'empereur 
Maxiinilien , prirent querelle au jeu , se battirent et moururent 
(le leurs blessures. 

On pourrait alléguer aussi le sort funeste des Stuart, que la 
fortune a poursuivis avec un acbarnement remarquable. 

Pour détruire cette rêverie, on peut objecter d'abord que 
les mêmes noms ont été tour à tour heureux et malheureux. 
Les Romains eurent de grands succès contre les Carthaginois 
sous la conduite de Scipion l'Africain, et sous un autre Sci- 
pion perdirent tout ce qu'ils avaient gagné. 

En Occident, l'Empire romain commença sous un Auguste, 
et finit sous un Augustule. 

En Orient, si Constantin-le-Grand , fils d'Hélène, a été le 
fondateur de l'Empire grec et de la ville de Conslantinople , 
un autre Constantin Paléologue, surnommé Dracosès. aussi 
fils d'une Hélène , a perdu la vie avec cet empire, et cette ville 
prise d'assaut par Mahomet II. 

Rome fut prise et saccagée par un Alaric ; un autre Alaric la 
prit , mais y périt avec toute son armée. 

La race de Charles Martel reçut sous lui son premier accrois- 
sement, s'éleva au plus haut degré sous Charlemagne , son 
petit-fils, et sous Charles-le-Simple commença à décroître. 

Jérusalem fut conquise par les Français, à la sollicitation 
du pa[)c Urbain II, et reconquise par les Sarrazins durant le 
pontificat d'Urbain III. Baudouin fut le premier qui en porta 
la couronne, sur le refus de son frère Godefroy , et Baudouin 
le Lépreux éprouva les premiers revers de fortune dont ce 
trône fut ébranlé. 

Boulogne , fortifiée par l'hilippe de France , comte de 
Boulogne , fut perdue par Philippe de Valois ; assiégée de- 
j)uis inulilement par Philippe II , duc de Bofirgogne , et 
reprise l'an iSo^, par Philippe d'Autriche , roi d'Espagne, 
époux de Marie, reine d'Angleterre, au nom de laquelle il la 
tenait. 

Enfin, si Jean, duc de Bourgogne, fit assassiner, en i4o7> 
Louis de France, duc d'Orléans, ce qui mit le royaume à 
deux doigts de sa perte, Jean d'Orléans, conile de Dnnois, 
réduisit la Normandie et la Guyenne, et vengea la mort de son 
père en sauvant son pays. 

Que conclure donc de tous ces jeux du hasard ? Rien sans 
doute dont la superstition puisse faire son profil. Ce n'est 
point par une fatalité attachée aux noms qu'arrivent les révo- 
lutions des empires ; c'est par la faiblesse de ceux qui gou- 



7^ ESSAI HISTORIQUE 

vernent, parles vices d'administration, par l'inquiétude ou le 
mécontentement des peuples, et par une multitude de causes 
qui, pour n'être pas toujours aperçues, n'en sont pas moins 
naturelles et prépondérantes. 

Mais tel est, d'une part, l'orgueil de l'homme, qu'il croit 
le ciel et la terre occupés de ses destinées; et de l'autre, telle 
est sa faiblesse et tel est son penchant pour le merveilleux , 
qu'il en voit dans les événemens les plus simples , du moment 
qu'ils intéressent sa vanité ou son repos. Ne soyons donc pas 
étonnés de retrouver partout le genre de superstition dont je 
parle ici. 

Ainsi les Livoniens, au rapport d'OIéarius, imposaient de 
nouveaux noms à leurs enfans, lorsqu'après les six premières 
semaines de leur naissance ils les voyaient malades , dans la 
persuasion que leur maladie venait de ce qu'on leur avait 
donné un nom qui ne leur était pas propre. 

Ainsi La Motbe le Vayer prétend que les Irlandais n'osent 
donner aux enfans le nom de leurs parens encore vivans, de 
crainte d'abréger les jours de ces derniers. 

C'est peut-être par cette raison que les Hurnns 'du Canada, 
ne portaient jamais le nom de leurs parens, chacun en ayant 
un particulier, mais qu'il ne prenait qu'après la mort de son 
père. 

Les noms figuraient aussi dans les cérémonies magiques. 
Tacite , en parlant de la mort de Germanicus , dit que le nom 
de ce prince, gravé sur des plaques de cuivre, fut trouvé 
parmi des maléfices que l'on crut employés par Pison pour 
dévouer ce jeune héros aux divinités infernales. 

Les conciles et les lettres pastorales des évêques sont rem- 
plis d'exemples qui prouvent que cette superstition s'était re- 
produite sous toutes les formes, Thiers , dans son Traité des 
Superstitions , en cite de curieux : 

1°. Empêcher que les scorpions ne fassent du mal aux 
pigeons d'un colombier, en écrivant aux quatre coins le nom 
d'Adam. 

2°. Ecrire de son sang, sur son front, la nuit des Rois, les 
noms des trois rois, Gaspard, Melchior et Balthazar, se regar- 
der ensuite dans un miroir, et croire que l'on s'y voit tel 
qu'on sera à l'heure de sa mort, de quelque genre de mort 
et de quelque manière qu'on meure. 

3°. Prendre douze grains de blé le jour de Noël, donner à 
chacun le nom des douze mois, les mettre l'un après l'autre 
sur une pelle chaude, en commençant par Janvier, et en 
ïuivant l'ordre des mois, et prédire, suivant que ces graius 



SUR LES ROMS PROPRES. JJ? 

sautent ou non , les mois où le blé sera cher ou à bon marché, 

4*. Pour trouver entre trois ou quatre personnes, celle qui 
nous airac le plus, prendre trois ou quatre têtes de chardons, 
en couper les pointes, donner à chaque chardon le nom de 
chacune de ces trois ou quatre personnes, les mettre ensuite 
sous le chevet du lit, et croire que celui des chardons qui 
indiquera la personne dont nous sommes le plus chéris, pous- 
sera un nouveau jet et de nouvelles pointes. 

5°. Enfin , un des traits les plus singuliers est celui qui con- 
cernait l'élection des papes, et dont parle un livre imprimé à 
Paris en i655. Certains Romains , qui tiennent encore de 
l'esprit augurai de leurs ancêtres, cherchent par une espèce 
d'onomantie, dans les noms mêmes des cardinaux, le pro- 
nostic de leur élévation. Le cardinal qui n'a point d'il dans 
le nom de sa maison, non plus que le pape défunt, ou qui 
en a une lorsque ce pape en avait également, ne peut se flatter 
d'être élevé sur le siège de Saint-Pierre, et cela en vertu d'une 
succession alternative de noms de famille avec et sans ladite 
lettre; remarque faite sans interruption depuis environ qua- 
torze pontificats. Quoiqu'une pareille folie ne vaille pas la 
peine qu'on la réfute sérieusement, il est bon pourtant d'ob- 
server qu'Innocent X, de la maison dePamphiie, ne laissa 
pas d'avoir pour successeur Alexandre VII, de la famille de 
C'higi; et que Clément X, qui était en son nom Aitieri, 
succéda immédiatement à Clément IX, qui était Rospigliosi , 
et qui par conséqu»înt avait aussi un R dans son nom de 
famille. 

Les magiciens, ou les fripons qui s'arrogent ce titre pour 
faire des dupes , ont tiré grand parti de ce travers de l'huma- 
nité ; ils ont persuadé souvent à des esprits faibles ou préve- 
nus, que leurs maladies, leurs malheurs tenaient à leur nom , 
ou que ce nom ayant perdu son efficacité, l'imposition d'un 
autre, surtout étranger ou bizarre, ferait d'eux des hommes 
nouveaux, et les soustrairait en quelque sorte à l'empire du 
destin. Il n'y a pas là de quoi s'étonner, l'infortune et la ma- 
ladie disposent à la crédulité, et l'homme que l'espérance 
n'abandonne jamais, en saisit avidement la moindre lueur que 
lut offre le charlatanisme ou l'empirisme, qui souvent lui 
vendent la mort en lui promettant la vie. 

C'est apparemment par une suite de cette idée supersti- 
tieuse, que les Juifs changeaient de nom après une grande 
maladie. 

Je ne puis mieux finir cet article que par un passage curieux 
de la Mothe le Vayer, ù l'occasion des superstitions populaires- 



j8 ESSA» HISTOUIQUE 

qui attribuent à quelques saints préférablemcnt à d'autres, hi 
vertu de guérir les maux (jiii ont du rapport à leurs noms : 

« Un peintre ignorant ayant écrit sous son tableau saint 
» Crampace au lieu de saint Pancnice , ceux qui étaient in- 
» commodes de quelques crampes allaient aussitôt vénérer ce 
» saint de nouvelle fabrique. Les femmes enceintes sacrifiaient 
» à la déesse Egérie [quod cain putarôiit, dit Festus, facile 
» fœtuin alvo egerere ). Le mot de matto et de mataretlo 
» des Italiens est cause apparemment de ce qu'on condamne 
» les fous aux neu vaines de saint Matliurin : de même que 
» la couleur verte qui leur est propre, fait qu'ailleurs on les 
» envoie à saint Hildevert. On recommande sur un pareil 
» fondement, les personnes sujettes au vertigo, à saint Aven- 
» tin; d'autres, à qui la tête tourne, à saint Aturni, qui est 
» sans doute saint Saturnin, et les acariâtres à saint Acaire, 
» au rapport même de Nicot. Ceux qui ont des écrouelles , se 
» vouent à saint Marcou, parce qu'ils ont mal au cou; les 
» hydropiques, à saint Eutrope; les goutteux, à saint Genou 
)) ou à saint 31ain ; les galeux pleins de clous, à saint Clou ; les 
» boiteux, à saint Claude, à claudicaiido ; les femmes qui 
» ont mal aux mamelles, à saint Mammard; ceux qui ont la 
» teigne, à saint Aignan; les entrepris de leiirs membres, à 
» saint Prix; ceux qui ont la toux, à la Toussaint; les aveugles, 
» à sainte Luce et à saint Clair, qui est aussi le patron des 
» verriers et des faiseurs de lanternes; les enfans tombés en 
» chartre se portent aux Chartreux ou à saint Mandé, afin 
» qu'il les amende; comme en Normandie, on porte à saint 
» Fenin, qui est saint Félix, ceux qu'on nomme Fenés, pour 
» ne prendre plus de nourriture. Les sourds vont à saint Ouen ; 
» ceiix qui sont en langueur s'adressent à saint Langueur, 
» prés Bar-sur-Aube; ceux qui ont été volés, à saint Nicolas 
» deTolentin, à tottendo , parce que les voleurs eiriportent 
» tout ce qu'ils peuvent ; d'autres, pour recouvrer des choses 
» égarées, qu'on nomme épaves, à saint Antoine de l'ade i»u 
« de Padoue. Ceux qui sont en peine d'étancher le sang, vont 
» à Saiut-Etanche , à cinq lieues de Troyes. Saint Servais 
» préserve de la mort, et a son nom à servando , ce qui 
» obligea Louis XI de lui faire bâtir une belle chapelle qu'on 
» voit à Liège. Les cordonniers , ainsi nommés des cors qu'ils 
» donnent aux pieds , ont choisi [)Our patron saint Crépin, à 
n crepidis ; les libraires et imprimeur» que le latin surtout 
» occupe, saint Jean Porte-Latine, qui est aussi le patron des 
» tonneliers en Provence, à cause qu'on y nomme une line, 
» ce que nous appelons ici une cuve. Les uiaquignons ont 



5DR LES NOMS l'ftOl'UliS. J"C) 

» .'^itinl Louis, désirant bien de louer ieiiis inontiir(!s de louage ; 
« les rôtisseurs, rAssompliou , ab assaiido ; les cabareliers, 
laiseurs de grillades, saint I-aurent, mis sur le gril; les pri- 
» sonniers , (|iie les liens importunent si fort, saint Liénard , 
» ce qui porta le comte d'Auvergne, en 1616, à l'aire allumer, 
» le jour de celte fête, des feux d'artifice })rès la porte Saint- 
» Antoine, à cause de sa liberté , comme l'a fort bien observé 
)) le [Mercure Français ; les tailleurs , qui prennent souvent 
» autant d'étoffe pour un habit seul qu'il en faudrait pour trois, 
1) la Trinité; les natliers, la Nativité; les cuisiniers, obligés à 
» goûter c\ tant de jus différens , saint Just; les cardeurs, à 
» cause de leurs amas de laine , la Madelaine ; les boulangers, 
» qui font cuire les miches, saint Michel; les joueurs de vio- 
» Ion, saint Génies, leur métier ne servant qu'à ceux ^wi 
» geiiio indulgent , outie la considération de sa profession 
» de ménestrier ; les vignerons, saint Vincent, qu'on dit qui 
» fait monter le vin au sarment; les paveurs, saint Roch, 
I) parce qu'ils taillent les rochers; les lavandiers , qui blan- 
» chissent le linge, saint Blanchard; les meuniers, à qui il 
» importe que leur moulin aille toujours, saint Vaast; et les 
» éperonniers, saint Gille, d'autant qu'il faut avoir de bons 
» éperons pour bien courir et faire Gille, etc. « 



CHAPITRE XÏIT. 

Des Noms de roman, de comédie, de poésie, l'tc. 

La lecture des poëtes comiques grecs et latins nous apprend 
qu'ils avaient soin de donner à leurs personnages des noms 
supposés qui fussent d'accord avec l'esprit de leur rôle. Tels 
sont, par exemple, dans V Eunuque de Térence, Lâchés, 
qui intente une action 'pour cause d'injure; Phédrias, 
dont ie caractère est gai; Chèvim , jog eux ; Parmenon, 
esclave, attentif aux ordres de son maître; Thaïs , cour- 
tisane, dont la beauté attire les regards; Dorus, qu'on 
envoie en "présent; Dorias, esclave, faite captive à la 
guerre; Pythias , curieuse; Thrason , insolent; Sanga, 
esclave, toujours prêt à faire son paquet ; Gnathon, para- 
site, hahUe à tourner la mâchoire, etc. Aristophane et 
Plante ont eu la même attention. 

Nos auteurs comiques ont beaucoup moins usé de cette 



80 ESSAI HISTOEÎQtfi 

ressource, qu'ils ont trouvée froide et peu comique. Rare- 
ment ils s'en sont servis pour désigner leur principal personnage^ 
excepté Molière, qui caractérise à merveille son Avare parle 
mot d'Harpagon, et son Imposteur par celui de Tartuffe, 
lequel de nom propre est devenu appellatif, mais dont l'ori-' 
gine n'est pas déterminée (i). Il a également eu recours aa 
grec pour nommer les médecins qu'il met sur la scène, tels 
que MMo Macroton et Desfonandrès , et d'autres fois s'est 
contenté de les appeler Purgon et Diafoîrus. Mais en général 
cette caricature a été restreinte aux acteurs peu importans 
dont on rendait le nom risible, parce que leur rôle ne l'était 
pas ; et alors, ou les noms offraient à la malignité un contraste 
avec la profession de l'individu, comme S crupuie , Bonne" 
foi, Loyai,o\i une imputation directe , commeSangsue , Bri- 
gandeau , ou une expression de mœurs, comme Tout-à-has, 
la Ressource , tic. Depuis, ce choix de noms burlesques a été 
renvoyé avec raison ai}x tréteaux de la foire et des boulevards. 
On a remarqué judicieusement que de tous les moyens d'ex- 
citer le rire, c'est bien là le plus aisé. On le surprend aisément 
au peuple ; mais le chef-d'œuvre de l'art est de faire rire les 
connaisseurs, et de faire dire, comme l'ingénieux Piron, 
même à la critique, par une bonne et franche gaieté, par un 
vrai comique de situation, par une peinture fidèle des mœurs : 
« J'ai ri, me voilà désarmé. » 

Il est d'autres noms dont nos anciens poètes comiques ont 
fait un usage constant et fondé en raison. 

Tels sont ceux de Vaière , presque toujours donnés aux 
amoureux; de Géronte, aux vieillards, aux oncles, aux tu-^ 
teurs; d'^Hsfc, aux raisonneurs, etc. 

Quant à la tragédie, dont les sujets sont tirés pour l'ordi- 
naire de la Fable ou de l'Histoire, les noms sont donnés 
d'avance, et il n'est pas possible de les changer; d'autant plus 
que, comme le dit Boile4iu : 

Là , tous les noms heureux semblent nés pour les vers. 

Seulement, si l'on ajoute des personnages secondaires néces-* 
saires à la marche de la pièce, on a l'attention de les appro- 
prier au temps et au pays, comme Exupère dans Héractius, 
Œnone dans Phèdre, Fatime dans Zaïre, etc. Mais dans les 



(i) Bret l'attribue nu mot italien tartiiffoli , truffes, que répétait 
avec la complaisance d'une dévote gourmandise un béat à la table du 
nonce. 



SUB LES NOMS PROPBES. 8l 

sujets d'invention, i! n'en coûte rien aux auteurs pour com- 
poser des noms qui ne blessent ni l'oreille ni l'harmonie poé- 
tique. On observe à ce sujet qu'Homère , pour rendre les vers 
plus coulans, a donné le premier l'exemple d'abréger, d'étendre 
ot de changer les noms propres, et Pline, dans une de ses lettres 
à Caninius, dit que ce n'est pas un polit embarras de faire 
entrer dans les vers grecs des noms barbares ; mais qu'il n'est 
rien que le travail et l'art ne viennent à bout de surmonter, ou 
du moins d'adoucir. Contentons-nous de redire avec Boileau : 

D'un seul nom quelquefois le son dur ou bizarre 
Rend un poëmc entier ou burlesque ou barbare. 
Oh! le plaisant projet d'un poète ignorant 
Qui de tant de Léros va choisir Childebrand! 

et plaignons l'erreur de ceux qui ont pris des noms comme 
ceux de Mancocapac , de Scaiulerberg , etc. , pour sujet de 
poëme ou de tragédie. 

Les premiers romanciers écrivaient dans une langue riche, 
flexible, harmonieuse. Les noms de leurs héros durent être 
nobles et sonores. C'est Leucippe, Clitophon, Rhodanthe, 
Ismène, Théagène , Chariclée, A ùrocome , Àntliia, etc. 
Ils ont imposé la loi à leurs successeurs, qui jusqu'ici l'ont 
fidèlement suivie, témoin Ciéiie, Jstrée, Artamène, Ciéo- 
pâtre, etc. , et tous les personnages des romans à grande char- 
pente du règne de Louis XIV. 

On en peut dire autant des romans de chevalerie : comme 
ils nous sont venus d'Italie et d'Espagne, leurs noms se res- 
sentent de l'harmonie de ces deux langues , comme le prouvent 
Ortando, Rinaldo, Bradain<i.nte , Marfisa, Rodomonte, 
Ferrau , etc. 

Il y a eu une époque où, dans les romans et les pièces de 
théâtre, les noms commençaient exclusivement, par un Z, 
peut-être d'après le succès de Zaïre et d'Aizire. Clément, 
de Genève, se moque de cette manie dans ses Nouvelles Lit- 
téraires. « On ne voit plus, dit-il , que noms qui commencent 
» par un Z; Zéphis , Zulma, Zirphile , Aza, Zilia, Zénéide , 
» Zaïs, Zélidie, etc. C'est le de des gens de qualité de la nou- 
» velle Fable; le prend qui veut être à la mode, en attendant 
» l'histoire du prince ZZZZZZ , que nous prépare un bel 
» esprit, etc. » 



82 



ESSAI HISTORIQl'E 



CHAPITRE XIV. 

Des Noms donnés aux Animaux, et aux choses inanimées , Villes , 
Etats, etc. 

Il est question dans Homère d'un oiseau nocturne, que 
Tes dieux, dit-il , appellent Chalcis , et les hommes Cymindis. 
Ce passage , et d'autres semblables , attestent l'existence d'une 
langue sacrée chez les Grecs , dont les prêtres se réservaient la 
connaissance exclusive, comme les hiéroglyphes en Egypte, le 
sanscrit chez les Indous, et la langue balie chez les Siamois. 

Pline et Solin (i) prétendent que les dauphins accourent 
quand on les nomme Situons. 

Les singes avaient des noms si pompeux en Libye, que les 
habitans de ces trois villes Pilhécuses, dont parle Diodore (2), 
les faisaient porter par honneur à leurs enfans. « Ainsi qu'en 
Grèce, dit-il, nous sommes bien aises de donner aux nôtres 
le nom des dieux que nous adorons. •> 

Homère et Yiigile donnent aux chevaux des noms qui 
expriment l'ardeur , la vitesse, etc. Ils ont usé en cela des pri- 
vilèges de la poésie, ainsi qu'Ovide, en caractérisant les 
chiens d'Actéon par des noms significatifs. Mais c'était sérieu- 
sement que les Grecs et les Romains imposaient de beaux noms 
aux chevaux qu'ils dressaient pour disputer le prix de la course. 
On compte jusqu'à cent vingt de ces noms, dans un fragment 
d'inscription qui se lit sur une table de marbre, à Rome. Le 
cheval à qui Caligula destin-iit les honneurs du consulat, s'ap- 
pelait Incitalus (3). On trouve dans les recueils d'anciennes 
inscriptions, cette épitaphe d'un cheval à qui il ne manquait 
que la parole. 

DUS BELLUARUM. 

Martino. nomine. patrUi. Illyvico. epliippijc.ro. ac. clilellifero. dorsigero. 
ac. cluniirero. currenti. salianli. ac. velociiei: ainbulanti, dextrorsum. 



(1) Liv. IX, ch. Set 12. 

(2) Liv. XX. 

(3j Celte extravagance a donné lieu à ce jeu de mots de Marbeuf^ 
en 1628 : 

if)um per le fit consul Eqiius , inalè consulis œc/uu : 
Non hicj'asce i/uidetu , sed Jace dïgnus erat.. 



SliR LES NOMS PROPRES. 8.) 

rt. sùu'strorsùm. Jacillùnè. se. volvenli. Equaviun. ac. Asinariun. 
admissario.forlissimo. qui. nunqiutni. uUihi. pedem. incussit. Cui. ut. 
esset. ralionalis. pvœlcr. vevboruin. ex/n-essionem. nihiL de fuit. 
j4rteinoii-Suasius. malè. mœrens. Equo. optiino. B. M. Pos. r<irit. 
annos. tindetrigintu . meus. VI. dies. y III. 

Elicn nous a conservé les noms des chiens de chasse dn J)er- 
gcr Daphnis , qui ne purent survivie à leurniaître, et qui, 
depuis sa mort, refusèrent constaninient de prendre aucune 
nourrilure. C'étaient le Coureur, l'Eclair, le Rapide, le Flat- 
teur et le Robuste. 

Alexandre fit bâtir une ville en l'honneur de son chien Péri tas, 
mort dans les Indes , et l'égala ainsi à son cheval , à la mémoire 
duquel l'ut élevée Bucéphalie. 

Dans la guerre des Espagnols contre les Sauvages de l'île de 
Saint-Domingue, il y eut un chien nommé Bérézillo, qui 
rendit plus de services qu'aucun soldat, et avait plus grosse 
paye. 

Le cheval qui a donné lieu au proverbe Equus Seianus, 
s'appelait ainsi de Cn, Seius son maître. D'une beauté remar- 
quable, il devint luneste à tous ceux qui le possédèient. Seius, 
son premier maître, fut condamné à mort; Dolabella qui l'eut 
ensuite, fut tué dans les guerres civiles; Cassius, à qui il 
passa, se fit ôter la vie par un esclave; et Marc-Antoine, son 
dernier maître, périt après la bataille d'Actium. 

Cet usage s'est transmis aux modernes ; et sans parler des 
Alfane, des Bayard, des Bridedor et des Frontin, immortali- 
sés parles vers de l'Ari.iste, le cheval de Turenne s'appelait la 
Pie. Après la mort de ce grand capitaine, les généraux tenant 
conseil et paraissant indécis, les soldats s'écriaient : « Eh bien ! 
qu'on laisse aller la Pie, qui nous a si souvent conduits à la 
victoire. » 

Plutarque parle d'un éléphant de Pyrrhus, nommé Nicon, 
victorieux, qui, voyant son maître renversé, culbuta tout 
ce qui se trouvait sur son passage, jusqu'à ce qu'il eût trouvé 
le corps, le releva avec sa trompe, et le portant sur ses deux 
défenses , retourna vers la porte de la ville (Argos) , terrassant 
et foulant aux pieds amis et ennemis. 

Ménage remarque que nous avons donné des noms d'hommes 
aux animaux. C'est ainsi que nous avons appelé un étourneau 
un Sansonnet, c'est-à-dire pelil Samson ; un perroquet, 
Perrol, petit Pierre; une pie, Margot; un corbeau. Colas; 
un geai, Richard ou Jacques; un âne, Martin; un singe, 
Rovert ou Bertrand ; nn écureuil , Fouquet, de Foulque: 

G. 



84 ESSAI HISTORIQUE 

nom propre; une chèvre, Guianne, et en Basse-Norman- 
tlie, Jeanne; un pluvier, GuiUemot, diminutif de Guil- 
laume, elc. 

Les choses inanimées ont aussi eu leurs appellations propres 
et caractéristiques, tant dans les dialectes sacrés que dans la 
bouche du vulgaire. Dans Homère, les dieux nomment une 
colonne voisine de Troie d'un nom différent de celui qu'elle 
recevait des hommes. Le fleuve appelé Xanthe par ceux-ci , 
était le Scamandre pour ceux-là. Le nom propre des villes était 
tenu secret, de peur que les ennemis ne pussent en évoquer les 
divinités tutélaires. Rome avait un nom mystérieux qui fit 
mettre eu croix Valerius Soranus, pour l'avoir révélé : c'était 
Valentia. 

Le P. ïrigault assure que les Chinois changent celui de leur 
empire à chaque mutation de dynastie. A l'époque où il écri- 
vait, ce nom était Taimin, c'est-à-dire, de grande clarté. 

Comme les noms des hommes, les noms imposés à certains 
lieux ont été dans l'origine des noms appellalifs. Ainsi, les 
habitations des anciens Germains ayant été placées dans des 
plaines, dans des lurêls, sur le bord des fontaines, de là tant 
de bourgs qui, dans l'allemand moderne, se terminent en /è/</, 
champ; tvatd, forêt; itrunn, source; haim ou hausse, 
demeure , etc. 

Quant aux terres, elles liraient leurs noms du chef de la 
famille : on disait fvndus Corneiianus , Sempronianus , 
Catutianus , etc. 

11 en est de même des noms français, qui , pour la plupart , 
ont une valeur déterminée, comme les noms grecs et romains. 
Tancarville, villa ^ signifie la métairie de Tancrède; la Ferté- 
Milon , finnitas, la forteresse de Milon ; Hébertot , la demeure 
de Hébert; lieaumesnil, tnanere, belle habitation ; Montigny, 
mons ignis, montagne de feu ; Clerbec, eau claire ; Dunois , 
colline ; Estrée, stratum, chemin ; Saulx, saxiini, rocher, etc. 

D'autres ont dû leurs noms à des événemens particuliers. 
Tels sont, chez les anciens, le TigiUiuin sororium, et les 
autres exemples qu'on trouvera dans le Dictionnaire. Chez les 
modernes, le mot de Prémontré donnera une idée de la for- 
mation de ces sortes de noms. Un lion , dit-on ,. faisant de 
grands ravages dans la forêt de Coucy, Enguerrand de Couc}'^, 
sur les plaintes qu'on lui fit, résolut de délivrer son pays de ce 
terrible animal. Il se fit conduire dans l'endroit où celte bête 
furieuse se rendait ordinairement, et l'ayant rencontrée plus 
tôt qu'il ne pensait, il dit à son guide : « Tu me l'as de près 
montré. » En disant ces mots, il chargea courageusement le 



Sl'R LES NOMS PROPRES. 85 

lion, et après l'avoir combattu , pour ainsi dire corps à corps, 
il le vainquit et le tua. En mémoire de cette action, Enguer- 
rand fonda et bâtit au même lieu un monastère, et le nomma 
Prémontré y par allusion au mol qu'il avait dit. La figure du 
lion fut taillée en pierre, de sa grandeur naturelle, avec un 
collier où furent attachées les armes du vainqueur, qui se 
voyaient encore en 1767, dans le château de Coucy. 

Oulre leurs noms propres, les villes , bourgs, etc. se distin- 
guaient quelquefois encore par des épilhètes satiriques ou louan- 
geuses, et cet usage est de tous les pays. 

Les rois d'Espagne donnaient à leurs villes des titres hono- 
rables , en récompense de leurs services ou de leur fidélité. 

On connaît en Italie les qualifications de P«.ome , ia Sainte; 
Gênes, ta Superbe; Bologne, /a Grasse; Naples, la Gen- 
tiite; Florence, ia Beile; Venise, ta Riche; Padoue, la 
Docte; Milan, ta Grande; Ravenne, l' Antique ; Livourne, 
ta Marchande; Vérone, ia Charmante; Lucques, ta 
Polie; et l'on disait en France, Noyon, la Sainte; Saint- 
Quentin , ta Grande; Péronne , la Dévote ; Chauny , la 
Bien- Aimée ; Ham , /a Bien-Placée; Nesle, ta Noble; 
Athie, ta Désolée. Ces exemples tirés d'une seule province 
(la Picardie) suffisent pour faire juger du reste. 



%^\/% \J%/%f\/%/% X'W VV%W%VW VX/^ V%/X VX/V WXX'V%'WX'\ 



CHAPITRE XV. 

De rAn;igramme et de l'Acrostiche. 

L'anagramme, chez les Juifs, est fille delà superstition. La 
troisième partie de la cabale , qu'ils nomment Thémurar 
(changement), n'est que Part de faire des anagrammes et de 
trouver par là dans les noms des sens cachés et mystérieux; 
ce qu'ils exécutent en changeant, transposant ou combinant 
différemment les lettres de ces noms. Ainsi , en altérant le nom 
de Noë, ils y trouvent grâce , et dans celui du Messie, il se 
réjouira. 

Les cabalistcs soutiennent que l'âme d'Esaii a passé dans 
celle de Jésus-Christ, par la métempsycose, et ils croient le 
prouver par le moyen de l'anagramme; car dans les lettres 
hébraïques du nom de Jésus, ils trouvent le nom d'Esaù. 

Sur ce fondement ruineux ils appuient ce jaisonnement 
rabbinique : Les Chrétiens et les Juifs ont un même père qui 



m 



ESSAI HISTORIQUE 



est Dieu, comme EsaQ et Jacob, qui étaient les enf;ms d'Isaac. 
Esaii tâcha de ravir à Jacob le droit d'aînesse qui lui avait été 
donné par Isaac. De même les Chrétiens veulent ravir aux 
Juifs leur droit d'aînesse, qu'ils tiennent de Dieu même. 

On croit que les anciens s'appliquaient peu à ces bajj^atelles; 
cependant on a prétendu qu'elles n'étaient pas inconnues i\ 
Homère, autant qu'on en peut juger p;ir quelques allusions. 
Lycophron, qui vivait du temps de Ptolémée Philadelphe, 
environ 280 ans avant Jésus-Christ, avait tait preuve de ses 
talens à cet égard , en trouvant dans le nom de Ptolémée, 
Uroléiioiioç , ces mots : aTi-ô fAeitroç, du miel, pour marquer 
la douceur du caractère de ce prince; et dans celui de la reine 
Arsinoé, k^nivori, ceux-ci : tov, lîpâç, violette de Junon : 
découvertes bien dignes de l'auteur le plus obscur et le plus 
entortillé de l'antiquité. 

Artémidore, dans son livre de ^Interprétation des Songes, 
prétend (|ue les anagrammes aident singulièrement à cette 
interprétation. Ainsi Alexandre , prê<: à lever le siège de ïyr, 
vit en songe un satyre bondir autour de lui, et parvint, non 
sans peine, à le saisir. A son léveil, il consulta ses devins, 
qui, décomposant le mot, y trouvèrent sa Turos, ïyr est à 
toi; ce qui le détermina à s'opiniâtrer, et dès le lendemain la 
prédiction fut accomplie. Constantin , fils d'Hèraclius, la veille 
d'une bataille , songea qu'il prenait le chemin de ïhessalo- 
nique , en Macéd(jine. Un de ses courtisans, auquel il raconta 
ce rêve, vint, sans le vouloir, à répéler ce mot syllabe à syl- 
labe, ce qui faisait thés allô nikén, laisse à un autre la vic- 
toire. Zonare observe qu'il ne se rendit point à cette prédic- 
tion, et qu'il fut battu. Qu'eût dit Artémidore, si, avec ces 
anecdotes, il avait eu à citer, à l'appui de son oj)iuion, le trait 
de cet André Pujom, qui rêve trouver dans son nom pendu à 
Rioni, passe par cette ville, y prend querelle, tue son homme, 
et y est effectivement pendu ? C'est dommage que cette anec- 
dote, dont le récit est partout, mais dont la preuve n'est nulle 
part, ait bien l'air d'avoir été, comme tant d'autres, ajustée 
après coup sur l'événement; ce qu'on peut, sans un pyrrho- 
nisrae condamnable, penser aussi des deux autresévénemens. 

Quoiqu'on n'aperçoive rien de semblable chez les Romains, 
il est dillicile de croire que cette foule de Grecs, Grœculus 
esuriens , dont fourmillait Rome, n'ait amusé leurs vain- 
queurs de ces jeux puérils, analogues à la subtilité de leur na- 
tion, et dont Platon, comme on l'a vu plus haut, a donné en 
quelque sorte l'exemple. C'est peut-être ce que Martial appelle 
nti^œ difficiles. 



SUR LF.S NOMS PROPHES. 8? 

En revanche, cette manie devint plus universelle après la 
décadence de l'Einpirc et dos deux langues savantes, surtout 
parmi les versificateurs qui succédèrent aux vrais poètes depuis 
les inondations des barbares. C'est surtout en Allemagne et 
dans le nord de l'Europe, qu'on vit un débordement d'Ana- 
grammes, de Tautogrammes, de Chronogrammes, etc., dont 
la mode est heureusement passée. Dans la foule, il s'en trouve 
pourtant d'ingénieuses. Sulczer cite cet exemple d'anagramme, 
qui lui paraît mériter d'être conservé. 

Le jeune Stanislas , depuis roi de Pologne , étant revenu 
de ses voyages , toute la maison de Lescinski se rassembla à 
Lissa pour le complimenter sur son retour. Le célèbre Ja- 
blonski, alors recteur du collège de Lissa, fit à cette occasion 
un discours académique, suivi de ballets exécutés par treize 
danseurs, qui représentaient autant de héros. Chaque danseur 
tenait à la main un bouclier, sur lequel était gravée en or 
l'une des treize lettres des deux mots Domus Lesciivia. A la 
fm de chaque ballet, les danseurs se trouvaient rangés de 
manière que leurs boucliers formaient autant d'anagrammes 
différons. 

Le premier ballet offrait l'ordre naturel 
des mots : Domus Lescinia. 

Le second , Ailes incolumis. 

Le troisième , Omnis es Lucida. 

Le quatrième , Mane sidus cœli. 

Le cinquième, Sis coiiiinna Dei. 

Et le dernier, /, scande solium. 

Cette dernière anagramme est d'autant plus remarquable 
qu'elle fut une espèce de prophétie. 

N'en déplaise à 31. Sulczer, ce ballet collégial est encore 
plus bizarre qu'ingénieux. 

On a prétendu que Daurat, poëte français, du temps de 
•Charles IX, fut en France l'inventeur de l'anagramme : mais 
Calvin l'avait précédé; car à la tête de ses Institutions , im- 
primées à Strasbourg en 1659, il prit le nom d'Alcuinus, qui 
tout à la fois est l'anagramme de Calvin, et le nom d'Alcuin , 
cet Anglais qui se rendit célèbre en France par son savoir, 
sous le règne de Charlemagne, et l'on en trouve plusieurs dans 
Rabelais, qui écrivait sous François 1", et sous Henri II, 

Il y a deux manières principales de faire des anagrammes : 
la première consiste à diviser un simple mot en plusieurs, 
ainsi , sustincamus contient sus-tinea-mus , ce qu'on appelle 
autrement rébus et {ogoyriphe. 

Ls seconde s'obtient en changeant l'ordre et la situation 



86 ESSAI HISTOEIQl'K 

des lettres. Roma anagrauimatisé offre amor, mora et maro- 

On ne peut nier qu'il n'y ait des anagrammes aussi justes 
qu'heureuses; telle est celle qu'on a mise en réponse à la ques- 
tion que fit Pilate à Jésus-Christ , guicl est veritas, rendue lettre 
pour lettre par cette anagramme , est vir gui adest , qui con- 
venait parfaitement à celui qui avait dit de lui-même : ego suin 
via, veritas, etc. Telle est encore celle qu'on a imaginée 
sur le meurtrier de Henri III, Frère Jacques Clément, et qui 
porte : c'est l'enfer qui m'a créé ; Caiigo pour Logica, etc. 

Alérion est l'anagramme de Lorraine ; et c'est pour cela, 
dit-on , que la maison de Lorraine porte des alérions dans ses 
armes. 

On a trouvé dans Pierre de Ronsard, Rose de Pindare; 
dans Vabhé MioUan , Ballon abîmé; dans Voltaire, o Alte 
vir ! 

Un ami du-P. Ménétrier tira de son nom , Claude Ménétrier t 
miracle de nature; ce qui lui fit répondre par ce Jésuite : 

Je ne prends pas pour un oracle 
Ce que mon nom vous a fait prononcer, 
Puisque pour en faire un miracle 
Il a fallu le renverser. 

Ce que j'ai vu de plus curieux en ce genre , est un ouvrage 
intitulé : Les Blazons Anagrammatiques du Hiérapoii- 
tain d' Amiens , C. D. M. sur diverses fleurs -personnelles 
de piété, de noblesse, de justice et de littérature , signa- 
ians en Dieu la contrée. Ce livre, composé de vers latins et 
français à la louange des princes et des grands de cette époque, 
porte la date de 1662 , et paraîtrait plutôt par sa bizarrerie 
digne du treizième ou quatorzième siècle. Voici ce que j'y ai 
vu de plus supportable : 

Anne d'Autriclie, reine de haut rang, 
Paulus Apostolus , tu salvas populos. 

Outre les anciennes espèces d'anagrammes, on en a inventé 
de nouvelles , comme l'anagramme mathématique imaginée 
en 1680, par laquelle un abbé Catelan trouva que les huit 
lettres de Louis XIV faisaient vrai héros. 

Cette pénible bagatelle n'est plus accueillie aujourd'hui. Ce 
qui était une occupation sérieuse, est devenu tout au plus un 
badinage, et il y a long-temps que les esprits sensés ont ap- 
plaudi à ces vers de Coïletet, plutôt pour le sens que pour la 
tournure et l'expression : 

Ménage, sans comparaison. 
J'aimerais mieux tirer l'oison. 



SUR LES NOMS PROPRE!-. ^0 

Et même tir«'r à la rame, 
Que d'aller chercher la raison 
Dans les replis d'une anagramme. 
Cet exercice monacal 
Ne trouve son point vertical 
Que dans une tête blessée ; 
Car sur Parnasse nous tenons 
Que tous CCS renvcrseurs de noms 
Ont la cervelle renversée. 

Les gens de lettres ont usé de l'anagramme pour déguiser 
leurs noms; mais ils ne doivent pas être enveloppés dans la 
censure que les gens de goût ont faite de ces subtilités. On 
peut assurer, pour leur justification , qu'ils n'ont point de part 
à ce qu'elles peuvent avoir de faux, de puéril, de ridicule et 
de superstitieux, puisqu'ils ne les ont employées que pour se 
dérober à la connaissance du public. 

Les anagrammes les plus simples dont les écrivains aient 
usé pour se déguiser, sont celles où il ne se trouve que la 
transposition et le dérangement d'une seule lettre , comme 
DaceiUy pour Decaitly , etc. 

Sans avoir le projet de donner ici des exemples des formes 
diverses qu'ils ont fait prendre à l'anagramme, je me conten- 
terai de citer celles qui sont tout à la fois anagrammes et de- 
vises , comme cher repos, qui caclie le nom de Porchères ; 
divi Leschi genus amo , qui renferme assez ingénieusement 
le nom d'un Polonais ami de son pays , Michel Sendivogius ; 
crainte de Dieu vaut zèle, devise mise à la tête d'un ou- 
vrage évangélique , composé par Jean de Vauzelles ; et d'autres 
qui se forment du nom décomposé, et passent ainsi dans une 
autre langue. Exemple : ovOh ô pîo; , qui n'exprime pas mal 
le surnom d'Utenhovius , auteur flamand, et i-Aoôg oo^og 
fihoq , qui marque le nom entier d'André Ortélius. 

L'acrostiche a été connu des Juifs aussi bien que l'ana- 
gramme. On se servait dans la cabale des lettres d'un mot pour 
en faire les initiales d'autant de mots différens , et saint Jérôme 
dit que David employa contre Séméi un terme dont chaque 
lettre signifiait un nouveau terme injurieux. 

Quant aux Grecs , cette puérilité ne dut pas sans doute 
être oubliée parmi celles qui sont connues sous le nom d'œuf, 
d'autel, de hache, d'ailes, etc. L'acrostiche remonte à une 
antiquité plus reculée, s'il est vrai qu'Epicharme , au rapport 
de Diogène Laerce, avait, dans la plupart de ses écrits, cou- 
tume de mettre à la tête de chaque section ou chapitre les 
lettres de son nom, afin de laisser par ce moyen des preuves 
convaincantes que ces écrits étaient de lui. L'empereur Basile, 



<)0 ESSAI HISTORIOrE 

dans les instiuclions qu'il rédige;) pour sou fils, eul soin de 
commencer chaque chapitre par une lettre du titre de son livre, 
dont son nom fait le premier mot (i). 

Chez les Romains, ce n'est guère que depuis la décadence 
de l'Empire qu'on peut trouver quelques traces de ce mauvais 
goût. Les argumens des pièces de Plante renferment en acros- 
tiches les noms ou les titres de ces comédies ; mais il y a toute 
apparence que c'est l'ouvrage des commentateurs et des gram- 
mairiens des âges postérieurs. Il nous est resté un chef-d'œuvre 
de ridicule en ce genre; c'est le panégyrique en vers de Cons- 
tantin-le-Grand, fait par un Puhiius Optatianus Porphy- 
rius , à qui cette belle conception valut son rappel de l'exil. 
Rien de plus bizarre que les entraves que le poi^.te s'est impo- 
sées dans cet ouvrage. Ce sont des acrostiches au commence- 
ment et au milieu des vers , des chiffres entrelacés , des figures 
mathématiques, etc. sur chaque page. 

Il y a apparence qu'à la renaissance des lettres, sous Fran- 
çois I", nos poètes, qui se piquaient beaucoup d'imiter les an- 
ciens, prirent dans les recherches puériles du siècle des Ptolé- 
mées , le goût des acrostiches qu'on trouve si répandus dans 
leurs écrits, et dans ceux des rlmcurs qui les ont suivis jus- 
qu'au règne de Louis XIV. Ils en furent si entêtés , qu'ils 
tentèrent tous les moyens imaginables d'en multiplier les diflTi- 
cultés. On en trouve dont les vers, non seulement commencent, 
mais encore finissent par la lettre donnée; d'autres où l'acros- 
tiche est marqué au commencement des vers et à l'hémistiche. 
Quelques uns vont à rebours, commençant parla première 
lettre du dernier vers, et remontant ainsi de suite jusqu'au 
premier. On a même vu des sonnets pentacrostichts , c'est-à- 
dire où le même acrostiche, répété jusqu'à cinq fois, formait 
lîomme cinq différentes colonnes. 

L'acrostiche suivant suiïira pour servir d'exemple : 

>>-ssez de poètes frivoles, 

Ssimant sans l'aveu d'Apollon , 

— ront te fiitiguer de leurs vaines paroles , 

V3ans que j'aille grossir l'ennuyeux escadron. 

Hu verras mon respect l'honorer du silence 

Où l'on se tient devant les rois. \ 

Hon mérite en dit plus que toute l'éloquence, 

Kt ton nom seul plus que ma voix. 

Le bon sens a fait disparaître ces laborieuses bagatelles , 



(i^ Voyez Niccphore , Calliste , Philos (nr^f. 



SVU LES NOMS PROPRES. <)l 

et leur mérilc im.iginaire n'a pu tenir contre l'cnjpirc de la 



fc-X^ ^v**/*.** x-vxx-v* -X/V^ vvxx^x *-\.xx 



CHAPITRE XVI. 

Des Allusions aux Noms propres. 

O5 voyait autrefois à la porte du Charnier de.« Innocens, 
l'épitaphe d'un des ancêtres du fameux Guy Patin : elle avait 
pour timbre un arbre gravé dans la pierre , et de petits oiseaux 
qui s'envolaient. Autour était cette devise , ou plutôt ce 7'^i&M« 
de Picardie : Ils ne s'y sont pas teint , allusion à Patin. 

Un curé de Saint-Barthélemi, Pierre Roulé, Picard de na- 
tion, avait fait peindre sur sa cheminée la Madelaine et les 
autres femmes auprès du tombeau de Notre Seigneur, avec 
ces mots de l'Evangile : Viderunt revolutuni iapidem , 
elles ont vu Pierre Routé. 

Autrefois les plaidoyers de nos avocats étaient hériôsés de 
citations grecques et latines. On en cite quelques unes d'heu- 
reuses : L'hérilière de la maison de Rohan ay;int épousé le 
comte de Chabot (c'est le nom d'un poisson), M. Pucelle, 
avocat célèbre, plaidant pour les parens de cette princesse, 
qui voulaient faire casser son mariage, parce que celte alliance 
leur paraissait au-dessous d'une si grande dame , lui appliqua 
ce vers d'Horace : 

De,init in piscem mulier forniosa supernè ; 

ce qui fut applaudi de tout le barreau. 

Sous le règne de Charles VI, la plupart des chevaliers, qui 
paraissaient dans les tournois, portaient des lettres brodées 
sur leurs habits et sur leurs cottes d'armes : l'un avait des 4> et 
des A, pour exprimer fedeltà , fidélité; un autre, dont la 
dame avait nom Diane, déesse qui s'appelle aussi Hécate, 
avait semé ses caparaçons d'E, de R et de T. 

Le cardinal Crescentio portait pour devise un croissant tiré 
de ses armes, et un soleil tiré des armes du pape Sixte V, 
avec ces mots : Aspice , crescam ; vos regards me font 
croître. 

CaraCFe, noble et ancienne famille du royaume de Naples, 
tire, selon quelques auteurs, son nom de ces mots italiens : 
M'è la vostra cora fè, votre fidélité m'est chère; paroles 



ga ESSAI HISTORIQUE 

diles par un euipereiir, A un des ancêtres de celle faiTiille , 
qui avait donné des marques de sa fidélité et de son courage 
dans plusieurs occasions. 

Il y a des devises qui font allusion aux noms des maisons 
qui les portent; par exemple, celle qui était sur les drapeaux 
du régiment de Beaujeu : A tout vtnant , beau jeu. 



/^/VV^^/V-W *.'*,'*/V%/» X/%,VWX VV*.'X/V» v%."%/w% *-» vw» -vw 



CHAPITRE XVII. 

De l'Art de tourner les Noms grecs et latins en français , et les français 

en latin. 

Les historiens sont les dépositaires des noms des personnes 
dont ils ont à parler, et ne sont pas moins obligés de garantir 
l'exactitude de ces noms que la vérité des faits qu'ils rap- 
portent. A la vérité , les anciens n'ont pas fait scrupule d'ex- 
primer en grec ou en latin certains noms propres syriens, 
persans, égyptiens; mais il paraît que la plupart de ces noms 
étaient moins des noms propres que des noms de lieux ou 
d'offices militaires ou politiques, et l'on a toujours eu plus 
d'égard pour les noms des hommes que pour les noms des 
choses. Hérodote et les autres qui ont exprimé en leur langue 
divers noms appellatifs de charges et de dignités, ont eu le 
scrupule de ne point altérer les noms des hommes, si ce n'est 
pour leur donner une terminaison propre à la langue dans 
laquelle ils écrivaient; ce qui est indispensable pour éviter une 
bigarrure aussi choquante aux yeux que l'âpreté des sons l'est 
à l'oreille. 

Mais il faut comme eux avoir l'attenlion que ces terminai- 
sons soient simples et incapables de changer entièrement la 
prononciation et l'orthographe des noms propres. Il se trouve 
même des occasions où l'on peut se permettre le changement 
de la lettre caractéristique ou figurative, pourvu que l'altéra- 
tion causée dans l'orthographe ou dans la prononciation n'ap- 
porte pas de changement essentiel dans le nom original. 

C'est ce qui a été pratiqué par les historiens et les autres 
écrivains de tous les temps, dans presque toutes sortes de 
langues. Dans les ouvrages grecs ou latins, les noms égyptiens, 
phéniciens, persans, africains, etc., sont conservés en leur 
entier autant qu'il a été possible , mais terminés seulement par 
une inflexion grecque ou latine. César a usé de la même 



SUR LES ^OMS PROPRES. QÙ 

liberté, mais aussi de la même réserve, à l'égard des noms 
gaulois ou celtiques, auxquels il a tâché de donner des termi- 
naisons convenables. Dans ses Commentaires ^ la plupart des 
noms en ic/i se trouvent terminés en ix plutôt qu'en us, 
comnie Dumnorix, Amhiorix, etc., parce que Dumno- 
ricus, Ambioricus, lui paraissaient un peu trop éloignés des 
originaux. 

On ne peut contester à la langue française l'avantage d'être 
une des langues les plus commodes en terminaison?. Il n'y a 
point de noms grecs, latins, barbares, que l'on ne puisse ter- 
miner, selon les désinences tant masculines que féminines 
qui lui sont propres, sans jamais changer ou détruire une ca- 
ractéristique; et lorsqu'après avoir consulté l'oreille, elle ren- 
contre quelques sons qui la choquent , elle aime mieux laisser 
les noms tels qu'elle les trouve en original. Elle a eu cette 
circonspection pour la plupart des noms hébreux. Elle a traité 
avec les mêmes méragemens quelques uns des grecs terminés 
en as , comme Bias , Pausanias , Suidas , Ctésias , 
Pallas, en es, comme Thaïes, Eutychès , Darès , et 
même pour les étrangers qui n'avaient que la terminaison 
grecque, comme A priés, Xerxès ; en is, comme Panyasis, 
Anacharsis ; en os, comme Eros , Minos ; en ys , comme 
Dictys, etc. Le scrupule est allé si loin, que plusieurs noms 
de femmes qui pouvaient avoir une terminaison féminine en 
notre langue, sans changer même l'orthographe de la dési- 
nence grecque, gardent parmi nous presque la même pro- 
nonciation qu'ils avaient chez les Grecs, comme Daphné au 
lieu de Daphne , Niobé au lieu de JNiobe, Arachné au lieu 
dArachne, etc. 

Notre langue n'est pas moins circonspecte envers les ter- 
minaisons latines, soit des noms latins, comme Ennius^ 
Duillius, Crassusi Cornélius, Germanicus , qu'elle n'a 
point tournés par Ennie , Duille , Crasse, Corneille, 
Germanique; soit dco noms grecs ou barbares terminés à 
la romaine, comme Apollonius, Hermolaûs , Cyrus, 
Cresus, Darius, etc., qu'elle n'a point changés eu Apol- 
ionie, Hermolas , Cyre, Crise, Darie, etc. Elle n'a point 
touché aux noms en os, comme Nepos; elle a laissé même 
en leur entier beaucoup de leurs noms en a, comme Agrippa, 
Sylla, Juha; quelques uns en is , comme Cereaiis; et 
tous ceux en or, ex, ix, ox, ux, dont on peut produire 
beaucoup d'exemples. 

L'usage général est que les noms latins en us se changent 



94 ESSAI HISTORIQUE 

rarement lorsqu'ils ne sont que de deux syllabes ; on dit 
Pyrrhus, Parus, Brutus. Corneille a dit : 

Il est des assassins, mais il n'osi point de Brutes. 

Mais l'autorité de son exemple n'a pu donner à celte dési- 
nence le droit de bourgeoisie, non plus qu'à Marcel , Fahie; 
il en faut excepter les noms de saints, Pautus , Petrus. Il 
faut, au reste, consulter l'usage qui est bizarre à cet égard 
comme à tout autre, qui dit Tacite, Plularque, Végèce, et 
qui ne permet pas de dire Lent u le , C et liège ; qui dit l^atère 
Maxime, quand il est question de l'écrivain, et Valerius , 
quand il s'agit du consul. 

Il est difficile de trouver la même réserve dans les langues 
italienne et espagnole, surtout dans la première qui supprime 
partout les lettres doubles ou aspirées pour y substituer les 
simples et les tenues, comme Teodoro pour Theodoro , 
Fiiotimo pour Pliilotitno , Ercole i)ouv H ercole , etc. ; 
mais il n'en faut pas chercher de vestiges dans la langue 
grecque du moyen et du bas âge, dont les écrivains ne se 
sont pas contentés de terminer à leur manière les noms des 
Occidentaux, des Sarrazins et des Turcs, mais les ont ren- 
dus méconnaissables par les changemens , les additions et 
les retranchemens de lettres qu'ils ont faits à presque tous 
les noms propres. Qui reconnaîtrait , par exemple , Carotus 
ou Charles {Kart, vaillant) dans Charilaiis (qui réjouit le 
peuple) ? 

C'est un reproche qu'on est fondé à faire aux latinistes 
modernes, qui ont latinisé les noms propres à leur fantaisie, 
sans se prescrire de règles fixes et sans s'asservir à une sage 
uniformité. Aussi Montaigne a-t-il loué Amyot d'avoir laissé 
les noms latins tout entiers sans les l)igarrer et sans leur don- 
ner une désinence française. « J'aurais souhaité de même, 
dit-il, que ceux qui écrivent en latin l'histoire moderne, nous 
laissassent nos noms tels qu'ils sont; car, en les métamor- 
phosant pour les garder à la romaine, nous ne savons plus où 
nous en sommes, n 

Cette réflexion de Montaigne n'est pas sans fondement. 
Qu'eût-il dit de M. deThou, qui a tellement défiguré les noms 
français , qu'il est impossible de les reconnaître sous le 
masque dont il les a affublés (i); travertissement qui rend 
pénible la lecture de son histoire, si intéressante d'ailleurs? 

(i) Par exemple, qui reconnaîtrait dans Xeinua le iliancclier de 
l'Hnspital? 



SUR LES NOMS PKOl'HF.S. Ç)5 

On peut prendre une idée dos liceiu^es qu'il sVst données à 
cet égard dans les Auteurs déguisés de Baillet (i), et dans 
une plaisanterie qui a pour litre : Révolte des Noms propres 
latinisés (2). 

Descartes trouvait dans cette manie, quoique invétérée et 
déjà Tort établie de son temps, je ne sais quoi de bizarre dont 
il ne pouvait s'accommoder (5). On voit, dans une de ses 
lettres, qu'il n'était pas trop content du nom de Cartesius , 
que les Flamands, les Hollandais, les Allemands et les lati- 
nistes français lui donnaient. Il finit pourtant par s'y accou- 
tumer, et les latinistes sont restés en possession de l'appeler 
Cartesius. 

La défense la plus plausible de ceux qui sont obligés d'écrire 
en latin, est celle-ci. On ne peut nier que la construction de 
la langue latine ne demande que les noms propres soient ré- 
duits sous la règle commune, et il n'est pas possible de faire 
sentir la difFérence des cas obliques dans un nom propre de 
langue vulgaire qu'on laisse sans inflexion. 

Et en effet, il parait qu'il n'y aurait rien de si bizarre 
qu'une histoire latine bigarrée de noms français. Ce serait 
s'exposer au ridicule de ce savant, qui, dans un poëme latin 
adressé à un premier président du parlement de Normandie, 
nommé Groulard, s'exprimait ainsi : 

In pubtica conunoda pecceni , 
Si longo serinone inoi'Cr tua leiupara, Groulard. 

Ménage, qui cite cette anecdote, observe, à l'appui de son 
opinion, que tous ceux qui ont écrit en latin ont latinisé les 
noms propres des personnages , à la réserve de Cambden , 
historien anglais, et qu'une histoire écrite en latin de la ma- 
nière que Montaigne le souhaitait, ne serait pas lisible; en 
quoi il est difficile de ne pas être de son avis. Il avoue néan- 
moins qu'il y a quelque tempérament à garder dans ces sortes 
de traductions, et qu'il suffît de leur donner des terminaisons 
latines. Par exemple, il propose de dire Carterius et Entra- 
gus, pour Chartier et Entragucs , et non pas avec M. de 
Thou, Quadrigarius et Interamnas. 

Tout le mal vient de ce qu'on n'a point commencé par con- 
venir de quelques règles certaines et d'une fiicile application, 
ou de ce qu'on ne s'en est avisé que fort tard. Vers le com- 



(1) Piirt. lll,ch. i3et i4, pag. 355. 
'2) MéUtiiges de Vii^neul-IUuivile , t. III, p. 78. 
3) Lett., t. I, p. 38;. 



qG essai historique 

uiencement du siècle dernier, M. Dupont a composé sur ce 
sujet un ouvrage assez judicieux. Malheureusement le règne 
de la langue latine n'avait pas long-temps à durer. Il était 
plus court et plus facile de la décrier que d'apprendre à la lire 
et à l'écrire. C'est aujourd'hui une mode passée, et passée à 
peu près partout. II est très-bien sans doute de chercher à 
perfectionner sa langue naturelle; mais l'usage du latin sera 
toujours regretté par les amis des bonnes études, n'eût-il eu 
que l'avantage d'être l'idiome commun de la république des 
lettres et le lien de communication entre les membres qui la 
composent. On a beaucoup déclamé contre l'abus de passer 
sa vie à remplir sa tête de mots, tandis que cette vie est si 
courte pour apprendre des choses; et voilà précisément à quoi 
le latin étoit l)on pour les savans , auxquels il épargnait la 
peine d'étudier trois ou quatre langues modernes, langues 
qu'on ne sait jamais qu'imparfaitement, et qui coûtent beau- 
coup de temps et de veilles; et, pour le dire en passant, on 
ne voit pas trop ce que la littérature française y a gagné. 



CHAPITRE XYIII. 

Mélanges, etc. 

J'ai rangé sous ce titre quelques traits isolés qui m'ont paru 
assez curieux pour être recueillis, et qui d'ailleurs ont tous 
rapport aux noms propres. 

Les anciens, pour ne donner de préférence à personne, ni 
aux dieux, ni à leurs amis, ni à leurs serviteurs, écrivaient 
leurs noms sur un cercle, de sorte que nul rang ne leur étant 
assi"-né, on ne pouvait dire qui était le premier, le second ou 
le dernier dans leur estime : tout était égal entre eux, et l'hon- 
neur était également partagé. Ainsi , les Grecs écrivirent les 
noms des sept Sages sur un cercle, ne voulant pas déterminer 
quel était le plus sage des sept. Les Romains écrivaient de 
même sur un cercle les noms de leurs esclaves, afin qu'on ne 
sût point ceux auxquels ils se proposaient de donner la liberté , 
et pour qui ils avaient plus d'inclination. Un pape ayant com- 
mandé auxcordeliers de lui nommer trois de leurs religieux, 
dans le dessein d'élever l'un d'eux à la pourpre, les moines 
écrivirent sur un cercle les noms des trois plus habiles de leur 
ordre, aûn que Sa Sainteté ne jugeant pas qu'ils eussent plus 



Sin LES N()MS PROPRES. Qn 

de penchant pour l'un que pour l'autre , elle choisît qui lui 
plairait. 

Cicéron observe que les philosophes qui écrivaient sur le 
mépris de la gloire, avaient pourtant soin de mettre leur nom 
à la tête de leurs ouvrages. Le désir d'imH)ortaliser son nom , 
qui porta Krostrate à brûler le temple d'Ephèse , comme 
Alexandre à entreprendre la conquête du monde, est com- 
mun aux héros et aux philosophes, et les anciens tenaient à 
grand honneur de voir le leur figurer dans les monumens 
publics. Alexandre-Ie-Grand offrit des sommes immenses aux 
Ephésiens, pour que le sien fût placé dans l'inscription du 
temple de Diane qu'ils rebâtissaient, et ne put pourtant obte- 
nir qu'ils lui cédassent cette gloire. ïrajan poussait ce dé- 
sir jusqu'à la manie (i). Des courtisanes môme ont souhaité 
d'immortaliser leur nom par quelque monument illustre , et 
ont offert beaucoup d'argent pour y parvenir. Phrjné proposa 
de rebâtir à ses frais la ville de Thèbes , à condition qu'on 
éterniserait sa générosité par cette inscription : « Alexandre 
» a renversé les murailles de Thèbes, et Phrjné les a rele- 
» vées. » 

On faisait des inscriptions même Tpour les cuisiniers et pour 
les plus vils artisans, à plus forte raison pour les artistes. On 
a trouvé à Florence celle d'un sculpteur qui savait remettre 
des yeux aux statues, ce qui les faisait paraître en quelque 
sorte plus animéjes. 

Du temps de la république, c'était une marque d'estime de 
nommer chacun par son nom en le saluant. C'est pour cela 
que les -candidats , dans l'impossibilité de savoir le nom de 
tous les Romains qui donnaient leurs suffrages, menaient avec 
eux des esclaves qui, n'ayant eu toute leur vie d'autre occu- 
pation que d'apprendre les noms des citoyens, les connais- 
saient parfaitement, et les disaient à voix basse aux candidats. 
Ces esclaves étaient appelés Nomenciateurs. 

Cependant il y avait une espèce de gloire à se passer de no- 
menclateurs. C'est ce qui donna lieu à la belle réponse que fit 
Scipion l'Africain à Appius Claudius son collègue dans la 
censure, qui se vantait de n'avoir pas besoin de ce secours : 
« J'ai pris plus de soin, dit-il, de faire connaître mon nom, 
» que d'apprendre les noms des autres. » 

Cet- usage changea sous les empereurs. On voit par plusieurs 
épigrammes de Martial (a) , qu'on se servait souvent des mots 

(i) Voy. Pariétaire. 

(3) Liv. I, cpig. II 3; liv. V, epig. Sy ; liv. VI , epig. 58. 



qS essai historique 

dotninus, rex , pour saluer ou pour adresser la parole à 
quelqu'un de considérable, comme chez nous du mot monr' 
sieur. Dans la suite, l'usage prévalut de nommer les supé- 
rieurs du nom de leur dignité, comme on disait en France, 
monsieur le duc, monsieur le 'président, et de n'appeler 
par leur nom que ses inférieurs ou ses intimes amis. 

Les Romains avaient encore d'autres nomenclateurs ; c'é- 
taient des esclaves chargés de faire placer à table les convives. 

Dans les festins , on buvait autant de coups qu'il y avait de 
lettres dans le nom du prince, d'un ami, de la femme qu'on 
aimait; c'est ce que prouve l'épigramme de Martial (i). 

Nœvia sex cyathis , sepietn Jiistina bibatur^ etc. 

Les Grecs et les Romains se nommaient toujours les pre- 
miers dans les lettres qu'ils écrivaient, de quelque condition 
que fussent les personnes auxquelles ils écrivaient. Cet usage 
subsistait encore du temps d'Ausone. Ce poute s'étant nommé 
après Paulin au commencement d'une lettre, s'en excuse sur 
lu nécessité du vers. 

Les anciens Romains, dans leurs lettres , appelaient par 
leurs noms les personnes les plus éminentes. Qui fit, Mae- 
cenas , non quià, Mœcenas. Novum crimen, Cai Caesar; 
patres coiiscrlpti, et tu, Caesar. Chez les modernes, un 
évêque se voulant délivrer de la cérémonie des titres, prit le 
parti d'écrire au cardinal de Richelieu en latin : Latine ad te 
scribo , Armande Cardinaiis , ut majestate iingua'Ai/ie- 
rem me à formulis scrvitutis. 

On a fait honneur à Cyrus et à Mithridate de connaître de 
nom tous les soldats de leur armée, exagération qui doit, je 
crois, souffrir quelques réductions. Il n'est pas douteux que 
ce ne soit y\n mérite dans un général , et c'est une connaissance 
qui n'est pas inutile à un prince. Lucius Scipion connaissait 
tout le peuple romain par son nom. Cynéas , ambassadeur de 
Pyrrhus, salua tout le sénat, et les chevaliers romains par 
leur nom. Cléopatre, au rapport de Plulaïque, savait la langue 
de presque tous les peuples de l'Orient. Voyez Pline. L'em- 
pereur Adrien avait une telle mémoire, qu'il redressaït sou- 
vent les erreurs de ses nomenclateurs. Brantôme assure qu'il n'y 
avait grande maison dans le royaume que Catherine de Médicis 
ne connût, à l'exemple de François I", qui savait les généa- 
logies de toutes les familles illustres de France; et de Henri II 



(i) Liv. I, epig. ji. 



SUB LES NOMS PROPRES. gQ 

son mnri , à qui il suffisait de voir une fois un honiiiie pour ne 
plus oublier ni ses traits ni sa réputation. 

Les Espagnols ont eu de tout temps la manie de porter 
beaucoup de nouis ; ce qui fait dire à Arlequin, en parlant 
d'un homme de cette nation qui en avait une litanie : « Il faut 
que cet homme-là ait eu bien des pères, puisqu'il porte tant 
de noms. » 

On conte à ce sujet qu'un Espagnol, surpris par la nuit, se 
présenta à la porte d'une hôtellerie de village. L'hôte met la 
tête à la fenêtre et demande qui frappe à cette heure. « Ouvrez, 
dit l'Espagnol, à dom Alonzo, etc. » et il se mit à défiler 
une kirielle de noms. «Oh ! dit l'hôte, en refermant brusque- 
ment la fenêtre, je n'ai pas assez de lits pour tant de monde , » 
et l'Espagnol resta à la porte avec tous ses noI>les aïeux. 









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NOTICE ANALYTIQUE 
DES AUTEURS 

QUI ONT ÉCRIT SUR LES NOMS PROPRKS. 



NOTICE ANALYTIQUE 
DES AUTEURS 

OUI ONT ÉCRIT SUR LES NOMS PROPRES. 



Ji:< quelque discivclit que soit l'érudition , j'ai cru faire plaisir 
aux pcrsoriHcs qui ont conservé du goût pour les recherches 
philologiques, de leur indiquer les sources où l'on peut pui- 
ser, en les caractérisant d'une manière rapide, autant qu'elles 
en seront susceptibles. Je saisis celte occasion de faire hom- 
mage de ma reconnaissance à MM. les conservateurs des 
mandscrits et des imprimés de la Bibliothèque royale, dont 
l'obligeance égale les lumières. 



AcRESpnoN, écrivain grec, avjiit, 
au rapport de Suidas, écrit un 
Traité sur les Homonymes , c'est- 
à-dire, sur les personnages il- 
Justicsdu même nom. 

Alexakdeu ab Alesakdro. Ge- 
nialium dierum Lib. I, cap. 2; 
Lib. V, cap. 4- — Ouvrage savant, 
auquel il ne manque que plus d'or- 
dre et de métliode. 

Akchangelo da Bo^,Go^uovo. 
Specchio cabalisticn di sainte , ov- 
vero dcl nome di Giesu. In Fer- 
rara, i557, in- 8°. fig. (rare). 8fr. 

Artigny (l'abbé d'). Nouveaux 
Mémoires d'histoire, de critique 
et de littérature. Art. XCIV. Des 
Noms propres français que plu- 
sieurs poêles latins ont employés 
sans leur donner une terminaison 
latine. Tom. VI, pag. 291. i^SS. 

Athénée. On trouve dans son 
vaste Répertoire une foule de so- 



briquets donnés aux personnages 
fameux ou célèbres de l'antiquilé 
AïJGUsTiNus (Antonius). De 
Familiis Romanorum. Antiq Ro- 
man.: iii-fol. T. VII. 



B 



Baillet (Adrien). Auteurs dé- 
guisés sous des noms étrangers , 
empruntés., supposés , feints à plai- 
sir, chiffrés , renversés, retournes 
ou changés d'une langue en une 
autre. 1690, — Il y a dans ce livre 
des recherches et des faits curieu.x. 

Barral (Pierre). Dictionnaire 
des antiquités grecques et romai- 
nes , abrégé du grand Diction- 
naire de Samuel Pitiscus. Art. 
Nom, pag. 184. Tom. II. Au V 

('797)- 

Becmam. De proprui signiji- 
catione vocum. 

Beltrami (Fabrice), professeur 
de Rhétorique à Padoue, vers la 



^ 



io4 



(in du seizième siècle , combattit 
clans un ouvrage l'usage des écri- 
vains du temps de prendre des 
noms supposés, et de répandre, 
sous le voile de l'anonyme, des in- 
jures et des inutilités. 

Bkkchoux. Poésies fugitives , à 
la suite de la Gastronomie. E/.iiie 
politique et galante à Euphiosine, 
de y...., écrite eu 1793, etc.; 
4° édit., p. 184. 

Bo^^Dl^. Dissertation sur les 
noms des Bomaiiis. Histoire de 
l'Académie des Belles- Lettres. 
Vol. I. 

Brissomus. De signifie atioue 
verborum. 

Bdrigny. Second Mémoire sur 
les Esclaifes iximains , dans lequel 
on traite de l'affranchissement et 
de l'état des affranchis. Mémoires 
de l'Académie des Inscriptions et 
Belles- Lettres. Tom. XXXVII, 
p. SaS. 

Bpxtorfi ( Joliannis ) Patris, 



NOTICE ANALYTIQUE. 

Chaklemagne ( poésies d'Ar- 
mand). Les Débaptisés. «792. 
P. i3. AnIX. 

Chaddok. Les Imposteurs de- 
masqués et les Usurpateurs pu- 
nis , etc. 1776. 

CicÉRor». De Diinnatione. Tus- 
culan. passira. 



D 



DiCEMBRii (Angeli) Mediola- 
nensis , de PoLiticà Litterariâ , 
libri VII, etc. Basilcae. 1662. 

DÉM0PH0^. Voy. ce nom dans- 
le Dictionnaire. 

Desmeukiers. Dictionnaijv des 
origines, découvertes, inventions 
et élallisseinens , etc. Articles 
Noms et Surkoms. Tom. III, 
p. 128. 1777. Quelques additions 
à l'article Noms propres de l'Un- 
cyclopédie. 

D^cTlO^^AIUE des proverbes 



Synagoga judaica , etc. , cap. 4- français. Articles Noms et Sobri- 
De Judœnj-um naiiviiate. Basileœ. quets. 1821. 



1680, 
Dei. 



Disscrtatio de nominibus 



C«LU Rhod-igim Leciionum ati- 



DiOGÈNE Laerce , dans ses f^ies 
des Philosophes de l'antiquité , 
rapporte lidèlement les sobriquets 
donnés à ses héros. 

DuPo^T, avocat en Parlement. 
Mssai sur la manière de traduire 



tiquarum Libri triginta. Cet ou- les Noms propres en latin. Paris , 



vrage est un puits d'e'rudition; c'est 
dommage qu'il manque d'ordre 
et de méthode, les matières y sont 
confuses et les recherches pénibles : 
mais c'est un répertoire utile. 

Calagii (Andreoe) Duo epithe- 
torunt Tumif ille propriis nomini- 
bus, hic appellativis adjiciendo- 
rum. Uratislav. , 1690. In-fol. 

Caktel. De Homanâ Republicâ. 
Editio sexta. 1726, Pars II. De 
re civili homanorum Dissertaiio 
prima. Homanorum nomina , etc. 
Cap. 1, 2, 3 et 4. P- 22. 

Castaliokis ( Joseph i ) adver- 
siis fœminarum prœnominum as- 
sertores Disputatio. Idem : De 
antiquis pueivrum nominibus. 
Antiquitatum Komanarum, in-fol. 
Tom. 11. 



1 710. . — Cet ouvrage est divisé en 
trois parties : la piemière contient 
des obscr^ations géuérales sur la 
manière d'écrire les noms français, 
sur les lettres qui les composent , 
et sur les changemens que l'auteur 
a cru devoir y apporter, afin de les 
conformer à l'orthographe latine. 
La seconde propose les règles qu'il 
juge nécessaires pour les bien dis- 
tinguer les uns d'avec les aut res , et 
fait voir en môme temps les fautes 
considérables faites par ceux qui 
les ont latinisés de fantaisie, et 
sans aucuns principes. L'auteur 
n'emploie que quatre terminaisons 
différentes pour latiniser tous nos 
noms simples ou sans articles. La 
troisième partie prescrit des règles 
pour traduire régulièrement les 



NOTICE ANALYllQDE. 



lUJ 



noms coniposcs, et pour les dis- 
tin"uer d'avec les noms simples , 
sans craindre d'erreur. Après quoi 
l'auteur propose le m'"_y_u de don- 
ner le genre féminiu aux uns et 
aux autres, aussi bien que la ma- 
nière d'en former des adjectifs. — 
Cet essai est rare et n'est pas sans 
mérite; mais il eût dii paraître un 
siècle plus tôt. Il peut cependant 
4?tre utile pour ceux qui seraient 
obligés d'écrire en latin. L'auteur, 
dans .sa préface, annonce un Dic- 
tionnaire des iVoms propres , dans 
lequel il se propose de rapporter 
tous ceux des écrivains et des 
grands hommes qui avaient été la- 
tinisés ju^j,'u'à lui , avec ces mt?mes 
noms Tc-!' « en français et traduits 
de nouveau s.ir ses règles; mais je 
ne sais pas s'il a tenu sa promesse. 



FtsTUs. Voy. ce nom dans le 
Dictionnaire. 



Gesn ER) (Conradi) Onomoblicon 
Nominum propriorum. In-fol. Ba- 
sile». 1549. 

GiRALDi ( Lilii ) Dialogismus 
de recld Nominum impositione. 
Thesauri critici , p. 386. 

Gt.avvorpii OnomasticonFami- 
liarum Bomanarum. 



H 



HoFFMA^^ ( Joh.-Jacq. ) Lexi- 
con universale , Historiam sacrant 
etprof'anam omnis cevi , omnium- 
que genlium , Chronologiam, etc., 
Geographiam , etc. , Myiholo- 
giam , etc , omnemque i^eterum 
ylntiquilalem , etc. , explanans. 
Editio absolutissima. Lugduni 
Batavorum. Apud Jac. Hactium. 
Quatre vol. in-fol. 1698. Cet ou- 
vrage m'a été fort utile pour cette 
nouvelle édition. 



Jau COURT. Encyclopédie de 
Neufchàtel, édit. in-4° de «779, 
articles Nom (Gramin.), §. 2, 
p. G8; Nom (fJist. Gén.), p. 70 ; 
Noms des RoMAI^s, p. 72; Noms 
DE Baptême, p. 74; Sobriquets , 
tom. XXXIII, môme édition. 

Jérôme (saint), dans sa Lettre 
à Marcella , a expliqué les dix 
noms de Dieu. 



LaRocque (Gilles-André). 
Traité de l'origine des Noms et 
des Surnoms , de leurs propriétés , 
de leurs changemens , tant chez 
les anciens peuples que chez les 
Français , les Espagnols , les An- 
glais ', les Allemands , les Polo- 
nais , etc.; par mcssire Gilles- 
André de la Rocque, chevalier, 
sieur de la Lontière. Paris, 1681 , 
in-12. — Idée lieurcuse , mal exé- 
cutée; nulle méthode, nulle vue; 
le chaos des noms n'y est point dé- 
brouillé par des exemples précis, 
tirés de l'histoire. Ce livre est d'ail- 
leurs d'une sécheresse r<;butante. 

LAUBE^TlUs ( Jos. ). De pro- 
fessoribus , oratoribus , nomen— 
clatoribus et litteris. Antiquitatum 
Grrecarum. In-fol. Tom. X. 

Le Vayer ( la Mothe ). Des 
Noms. Lettre XXXIII, p. 365. 
Petits Traités enjornie de lettres 
écrites à diverses personnes stu- 
dieuses. 1648. — Curieux, mais 
rien de méthodique. 

M 

Magiri ( Tobiae ) Eponymolo- 
gium criticum , complectens co- 
gnomina , descriptioues, elogia et 
censuras personarum ac rerum 
cùm veterum tùm receutium , 
bello aut pace insignium, nunc 
duplù quàm olim auctiùs editum 
curàCbristiauiWilhelmiEybenii. 
Francofurti et Lipsiae. Sumptibus 



loG 

Fridiiic 

llelmstadieiidis. ln-4«. 1697. — Ce 
Dictionnaire n'est qu'un essai que 
d'autres ouvrages de ce genre ont 
dû faire oul)lier. 

MAjoRAGH]s(MarcusAutonius). 
Oratio de Muiatione nominis 
quain pvo se habuit in Seiiatu 
Mediolanensi, quâ variù ratio- 
nibii^ probalur unicuique licere 
sibi iiDmeiii, iniinutare. 1547. — 
Ce s.'iviinl Italien s'appelait Anto- 
nio Maria Cornes; et suivant l'u- 
sage des écrivains de son temps , 
après avoir porté vingt ans ses 
noms de famille, prit ceux de 
Marcus Antonius Majoragius. Ac- 
cusé juridiquement pour ce chan- 
gement tardif, et cité au criminel, 
soit que ce fût une feinte, soit 
que l'accusation fût sérieuse, il 
entreprit de se défendre par un 
grand plaidoyer latin qui passa 
pour une des belles pièces de son 
temps. 11 essaya d'abord de se pur- 
ger de ce crime prétendu par un 
détail de ses actions, ce qui ne 
tendait qu'à porter les juges à faire 
une exception en sa faveur, ou à 
ne juger que du fait. Mais il entre- 
prit ensuite de traiter la chose par 
le droit, et de faire voir qu'il n'y 
a rien dans le changement de noms 
qui soit contraire ni aux lois di- 
vines ou humaines, ni à l'usage 
ordinaire, surtout des gens de 
lettres , ni enfin à l'honnôteté ou 
à la bienséance. 

Mékage. Obseri>ations sur la 
langue française. Dissertation sur 
les Noms propres latinisés. 

Mercures de France. Septein- 
hre 1733, Mars 1 734» Fé\^rier 1 785. 
— On y trouve des listes de sobri- 
quets , tirés d'un ancien manus- 
crit de 4 ou 5oo ans , donnés à plu- 
sieurs provinces, villes et habitans 
de ces mêmes villes de provinces. 

Méthode latine de Port-Royal , 
chap. 7. Des Observations parti- 
culières. 

MlG^0T (l'abbé). Dixième Mé- 
moire sur les Phéniciens. Des 
Dieux mortels adorés en Ph.énicie. 



NOTICE AWALYTIQl'E. 

Liiderwald , bibliopohT 1768. Mémoires de l'Académie des 
Inscriptions et Belles - Lettres. 
Tome XXXVI, p. 5i, 56 et 58. 

N 

Nakmi (Pétri), Alcmariani, in 
coUegio Buslidiano apud Lova— 
nienses latini 2ufjLfAixl(ov, sive Mis- 
cellatieorum decas una. Lovanii. 
i548. 

NicAKOR. Voy. ce nom dans le 
Dictionnaire. 

NiEWPORT (S. H.) . Cumpeiulium 
anliquita/uni Romanarum. Sec- 
tionis VI. De vitâ priuutâ Rorna- 
norum ; cap. 5, de gentibus ,Jàini- 
liis et nominibus Roiiianorum , 
p. 572, editio tertia. i'/ "• 

NiGiDius, contemporain de 
Varron et de Cicéron , avait écrit 
sur les étyniologies de la langue 
latiikc , un ouvrage dont quelques 
fragmens cités par Aulugelle doi- 
vent faire regretter la perte. 

NoMEIsCLATOR ClCERONI ANUS. 



o 



Ottius (Jean-Henri ). Onoma- 
tologia , seu de nominibus homi- 
num propriis, édita à Joh. Hen- 
rico Ottio. Tiguri, typis et impcn- 
sis Davidis Gessneri. 167 1. — Cet 
ouvrage est en forme de diction- 
naire. Il est précédé d'ime disser- 
tation qui contient beaucoup de 
recherches; mais ou y désirerait 
plus d'ordre, plus de méthode, 
et surtout plus de clarté. 



PANVïNics(Onuphrius). De an- 
tiquis Romanarum nominibus, 
Antiquit. Roman. In-fol. Tom. (I. 

Philon, Juif, a laissé nn Traité 
sur les changemens de noms parmi 
ceux de sa nation. 

Platok. Dialogue qui a pour 
litre : Cratyltjs. — L'objet de ce 
dialogue est d'établir que l'impo- 
sition des noms n'a rien d'arbi- 



NRTICE AN 

Iraire, et qu'il y a un rajutort coi-- 
tain entre le sois du nom cl la vie 
lie celui qui le iKute. Philon y 
donne les étymologies de quelques 
noms propres, mais elles ne sont 
pas toutes heureuses. On les trou- 
vera dans le Dictionnaire, lovez 
aussi les Réjlexions préliminaires. 

Pli>e (l'Ancien). Liv. VII, 
chap. 9. Liv. XIV, chap. 22. Liv. 
XVIII , chap. 3. — Des recher- 
ches analogues à celles de Vari-oii. 

Plutarc^ue. Vies de Coriolan 
et de Marias. Questions Romai- 
nes. — Cet auteur a indiqué, dans 
CC& endroits de ses ouvrages, les 
principales sources d'où les noms 
et prénoms romains ont été tirés. 

PoPTCS DE TvARD. De rectd 
nominum impositione ; à Pouto 
Tyardiïo , Byssiano , Cabilonensi 
episcopo. Lugdnni , apud Jacobum 
Koussin , ad Dominicanos. i6o3. 
— Ce traité est court, mais n'est 
pas sans intérêt. 

PoTTERi (Ludovic]) JEtymolo- 
j^ia nominum propriovum. — Cet 
ouvrage n'est que pour les noms 
allemands, et pourrait donner 
l'idée l'uii ouvrage du même 
genre en français. On pourrait s'en 
servir utilement, un grand nom- 
bre de noms français étant alle- 
mands d'origine. 



QL•l^TILIE». Institutions ora- 
toires, liv. I, chap. 3. — Ce ju- 
dicieux écrivain fait un devoir au 
maître d'exph'quer aux jeunes 
gens l'origine des noms. Scruta- 
liilur mille prœceptor acer atqiie 
subtilis origines nominum. — Le 
même, liv. IX. 



R 



Raimokdo , Véronèse. Opéra 
dell' antiqua et honorata Scienza 
di Nomantia. — On voit, dans cet 
ouvrage , par les lettres de son nom 
si on doit vivre long-temps; qui 
doit survivre, le mari ou la fem- 



ALYïlQUE. 107 

me; quelles dignités on doit pos- 
séder ; de quelle mort on doit 
mourir, etc. 

RoBORTELLCS. De vcctâ nomi- 
num impositione. Thesauri critici 
Tom. 

RocoLEs (Jean) , historiographe 
de France. Les Imposteurs in- 
sit^nes , etc. , édition de 1728. 

RoLi,iK. Hist. Rom., t. II, 
p. 545. Observations sur les noms 
des Romains. 



Sabbatier ( de Chàlons ). i?/'c- 
tioniiaire pour V intelligence des 
Auteurs classiques. Article Nom , 
vol. XXX, p. 453. 1783. Emprunté 
de VUncy dopé die. 

Serkii ( Pétri ) Miscellaneo- 
rum cap. 5,6,7,8, quibus len- 
tenlia Casiellioni^ de nominibus 
fœminarum refellitur. Antiq. Ro- 
man, iw-fol. Tom. II. 

SiGONius (Carolus). De Nomi- 
nibus Romanorum. Autiquitalum 
Romanarum. In-fol. Tom. II. — 
Ce traité m'a paru le plus métho- 
dique de tous ceux sur ce sujck que 
contient cet utile répertoire. 

SouciET (le P.), Jésuite. Dis- 
seriation sur les trois noms de 
Dieu , El, Schaddai et Jeliovah , 
Paris , 1715. 

S p A N H E I M . De usu veterum 
numismatum. Tom. II. — L'au- 
teur s'y est étendu sur l'origine 
des sobriquets des Romains, en 
les considérant par le rapport 
qu'ont aux médailles consulaires 
ceux des principales familles de la 
république romaine. 

Spathafora (le P. Placide), de 
Parlerme. Soc. Jés. Patronymica 
GraecaetLatina, ex utriusque lin- 
guae scriptoribus summo studio ex- 
cerpta (addità quantitatc metricâ). 
Panormi, 1668, in-4°. 

Stephari ( Caroii ) Lexicoii 
hiitoricum , geographicum , poe- 
ticum , gentium , hominum , deo- 
rum, etc. — Cette édition a été 
revue par un anrien professeur du 



io8 



NOTICE ANALYTIQUE. 



collège Royal, nommé Morel. Je 
crois qu'on a fait depuis du même 
ouvrage des éditions plus amples 
et plus correctes. 

S.TERKE, Tristram Shandy. 
Tom. I , chap. 19, p. 104, édit. 
de 1782. — Sterne, dans ce cha- 
pitre , traite gaiement l'opinion 
de l'influence des noms sur la vie 
entière, qu'il attribue au père de 
son héros. Il divise les noms en 
classes, les heureux, les indiffé- 
rens, les malencontreux, Dans cette 
dernière classe se trouve Trisirain, 
imposé à son héros, en dépit de 
toutes les précautions de son père. 

Streinius. De gentibus etj'a- 
niiliis Romanorum. Antiq. Roman. 
In-fol. Tom. VII. 



Textor. Offlcina. Part. I, p. i.5o. 

Trévoux ( Dictionnaire de ) , 
article Nom. Tom. VI, p. 217 , 
cdit.de i^^i.PRÉKOM.MômeTom. 
p. 972. Sobriquet, Tom. Vil. 

Trippault (Léon), sieur de 
Bardis. Le Celthellénisme , ou éty- 
mologie des mots français dérivés 
du grec. Orléans, i58o. 



u 



URSI^uâ ( Fulvius ). Familice 
Romance nohilioi'es. — Anliq. 
Roman. In-fol. Tom. VII. 



Valere Maxime. Livre X. — Ce 
chapitre roule sur les noms ro- 
mains; maison croit que c'est une 
addition de quelque moderne. 

Varron. De Analogiâ linguce 
Latinœ. Lib. 11. — Des recherches 
curieuses sur les prénoms romains. 

Vaugelas. Observations sur la 
langue française. Article des 
Noms propres. Tom. I. 

Verdier ( Antoine du ). De 
VImposition des Noms , et qui 
a meu L'auteur de nommer une 
sienne Jîtle Dorothée. Chap. IV du 
livre V des Diverses Zeçon5,p.367, 
édition de 1610. — Peu de chose. 

Vic>Eui, DE Marville ( Ba- 
nier ). Réi^olte des Noms propres 
latinisés. Tom. III, p. 78. 171 3. — 
Cette plaisanterie , plus froide que 
piquante, a été depuis réimprimée 
dans le Mercure de France, mai 
1741. 



DICTIONNAIRE 

ÉTYMOLOGIQUE 

DES 

NOMS PROPRES ET SURNOMS 

HÉBREUX, ARABES, GRECS ET ROMAINS. 



DICTIONNAIRE 

ÉTYMOLOGIQUE 



DES 



NOMS PROPRES ET SURNOMS 

HÉBREUX, ARABES, GRECS ET ROMAINS. 



Aaron, montagne forte, frère 
aine de Moïse, et premier grand 
pontife des Juifs. 

A B A T o s , inaccessible , tic 
d'Egypte, apparemment de dif- 
ficile accès, à l'extrémité de cette 
contrée , dans le lac de Mempliis , 
célèbni par le tombeau et le temple 
d'Osiiis, par le Gnlin qui y ciois- 
sail, et l'arbrisseau nommé Pa- 
pyrus , dont on faisait des tablettes 
pour écrire, 

ABDÉ^AGO, seiviteur de Nago , 
c. à d. du Soleil et de l'Etoile du 
matin, un des trois compagnons 
de Daniel 

AsDEnoLOGUS , quidit desclioses 
dignes d'un Abdéritain, c. à d. des 
sottises; sobriquet injurieux don- 
né au philosophe Démocrite, na- 
tif d'Abdèrc. Elym. À^o-np'x ( Ai- 
dera ) , Abdère ; liyoç ( logos ) , dis- 
cours. R. /.r/c'.v (legein), parler. 

Abdias, sejviteur du Seigneur, 
quatrième des douze petits pro- 
pliètcs. 

Abel , aviation , frère de Gain . 

ABÉo^A , dée.sse qui présidait 
aux départs. H. ubeo, je m'en 
vais. 

A EGARE (arabe, puissant). 



nom commun à tous les rois d"E- 
desse. 

Abib, premier mois de l'année 
sainte des Hébreux. On prétend 
que ce mot veut dire des épisverts. 
Saint Jérrtme l'a rendu par des 
Jruits nouveaux . 

ABIE^s , peuple de Scythie ,- 
qu'Homère appelle les plus justes 
de tous les hommes. D'après cette 
épithète, l'étymologie la plus na- 
turelle de leur nom est celle qui le 
dérive d'à priv. , et de Ç,ia. ( bia ) , 
violence, parce qu'ils n'avaient 
jamais fait la guerre , à moins 
qu'on ne voulut attenter à leur 
liberté. 

Abigail , y'oié du père, femme 
de^abal, qu'épousa David après 
la mort de son mari. 

Abii«o> , père murmurant, un 
des trois Hébreux qui murmu- 
rèrent contre Moïse. 

AB^ER, lumière du père, géné- 
ral des armées de Saiil , fut tué 
par Joab. 

Aboeocritus, chef des Béotiens. 
Elym. a priv. ; /Î5;( buus) , bœuf; 
xpÎTo; [kritos), jugé, de xpcveiv 
(krinein), juger; qu'on juge n'être 
pas rich«. 



112 ABR 

ABO^OTIQUE ( mur cVAbonus , 
TtTxoç ASovs), ville de l'Asie mi- 
neure dans la Galatie, patrie du 
fameux imposteur Alexandre. 

Aborigènes , peuple qui se 
prétendait le plus ancien de l'Ita- 
lie, i""-^ étym. ab ])riv . , origo , 
ùiii , sans origine , dont l'origine 
n'est pas connue ; 2^, abhorrenda 
gens, nation abominable ; 3«, quasi 
'Aberrigenes , nation errante et 
vagabonde; 4'=> op"? {oros), mon- 
tagne; yivEaOac (ginestai) , naître \ 
yivoc, (genos) , naissance; nés dans 
les montagnes. 

Abra, nom de suivante. R. 
(xÇpo; (abros), beau , délicat , mou , 
lâche. 

Abram, père élevé, nomme en- 
suite Abraham , c. à d. père d'une 
grande multitude, parce qu'il de- 
vait devenir la tige d'une nom- 
breuse postérité. 

Abrochaitès, dont la chevelure 
annonce la mollesse ,• surnom 
d'Apollon. Etym. âSpo; ; x^"'"^ 
(chaité), chevelure flottante, 
crinière. 

Abrocomès, qui soigne sa che- 
velure en efféminé. — Seigneur 
persan qui prit les armes pour 
Artaxcrxès Mnémon, contre Cy- 
rus sou frère. — Nom d'homme 
AinnsArislenète. Etym. àÇpo? '■> *°i^''> 
( )tome), chevelure. ■ 

Abrodi^tus, qui mène une vie 
molle, sensuelle; surnom que le 
peintre Parrhasius se donna à lui- 
même. Etym. à&poç, SlaiTo.Çdiaita'), 
manière de vivre. 

Abroea, nom de femme. R. 

ABR0^, homme ellemine , qui 
dut vraisemblablement son nom à 
SCS mœurs. Delà vint le proverbe, 
Jbronis vilam agere, mener une 
vie molle et voluptueuse. R. âÇpo?. 

ABRO^YCHrs , qui a les ongles 
délicats, Athénien, fils de Lysi- 
clès, un des plus braves officiers 
ae Thémislotle , dans la guerre 
(le Perse. Etym. àÇpoç ; ovuÇ, ux^Ç 
( onu.r , uchos ) , ongle. 

Abkotei.ia , Pythagoricienne. 



ABY 

Etym. âÇpôj; tAo; (lelos), bu{. 
Abrotonum, courtisane de 
Thrace, mère de Thcuiistocle. 
Etym. àSpoTovov ( abrotonon ) , 
herbe nommée aurone , qui est 
toujours verte. R. « priv.; jSpoToç 
(b rotas ) , mortel. 

A B R o T o s , immortel; surnom 

d'Apollon. Etym. a priv. ; (îpoTo;. 

Absalok , père de la paix , lils 

de David, se révolta contre son 

père, et fut tué par Joab. 

Abstémius, buveur d'eau ; 
nom sous lequel s'est masque l'Ita- 
lien Bévilacqua , fabuliste latin 
du quinzième siècle , qui a la gloire 
d'avoir fourni quelques sujets de 
fables à La Fontaine, entre autres, 
le Fou qui vend la Sagese -T^ttym. 
abstinere à mero, s'abstenirdu vin. 
Absyrte, frère de Médée, qu'elle 
déchira , etdontelle sema lesmem- 
bres pour favoriser sa fuite. Etym. 
«TroTupEiv ( aposurein), distraire, 
tirer de côté et d'autre. R. aTro 
( apo ) , ai , de ; uvpetv ( surein ) , 
tirer. 

Aesyrtides , îles de l'Adria- 
tique, situées vis-à-vis de la Dal- 
matie. Elles tirèrent ce nom du 
meurtre d'Absyrte. 

Abukdaktius , consul romain 
accusé par Eutrope, et exilé par 
Arcadius. Etym. abundare. 

Abvdocome, surnom qu'on don- 
nait aux Sycophantcs ou calom- 
niateurs, parce que les habitans 
d'Abydos avaient une grande ré- 
putation en ce genre, ce qui avait 
donné lieu au proverbe en forme 
d'avis aux voyageurs , ne temerè 
yibydum. Etym . A Su(îo; {Âbudos), 
Abudos; xo/xàv (komdn), se com- 
porter avec insolence. R. xof;.yi 
( koiné), chevelure. 

1. Abydos, ville maritime de 
l'Asie, ainsi nommée, parce que la 
mer était profonde en cet endroit. 
Etym. a priv.; /3u<îc5 (budos), 
fond. 

2. — Surnom donné à la cour- 
ti.sane Sinopc dans sa vieillesse, 
parce que personne ne la venail 
plus voir. MOm. étym. 



ACE 

I. AcACE, AcACÉTUs, qui ne 
fait point de mal; suruom de 
Mercure. 

a. — Nom d'homme. Elym. a 
priv, ; xaxo; ( kukos ) , mal. 

1. Académie, champ d'un par- 
ticulier nommé ylcadénius , qui le 
donna à Platon , pour y rassem- 
bler ses disciples. Selon Dicéar— 
que, cité par Plutarque, il fut 
d'abord appelé Echedemie , d'un 
Arcadien nommé Echédémus. 

2. — Cicéron donna ce nom à 
une de ses maisons de campagne 
située au bord de la mer , sur le 
chemin du lac d'Averue à Pouz- 
zol , parce qu'il s'y retirait pour 
philosopher. C'est là qu'il com- 
posa , entre autres ouvrages , ses 
Questions Académiques. 

I. AcALA^THIs , tranquille et 
dans la Jleur de l'di^e; une des 
neuf Piérides qui disputèrent aux 
Muses le prix du chant. Etym. 
âxaro; ( akalos ), tranquille. R. 
lôxa ( éka ) , tranquillement ; av9o; 
(^anihos ), fleur. 

*2. — Nom de femme. 

AcABiAS, inJatii^aOle i héros 
grec au s J'ge de Troie. Etym. a 
priv. ; xà/Aveiv ( kamnein ) , être 
las , abattu. 

AcA^THE , ville de Thrace , 
ainsi nommée parce qu'elle était , 
dit-on, entourée d'une haie d'é- 
pines. 

AcA>THio, nom d'esclave dans 
Plaute. R. axavQa (akotil/ia), 
ronce, épine. 

AcARNAME>s. Strabon prétend 
que ceux qui habitaient au-delà 
de l'Achéloiis n'avaient été ainsi 
nommés, que parce qu'ils ne se ra- 
saient point. R. a priv. 5 xEi'pstv , 
raser, toiidre. 

AcASTE , chasseur habile à lan- 
cer des traits. Etym. àzaÇav (aka- 
zeiii), aiguiser; 'à' pers. du prêt, 
passé, rixoLçoLi (tkastai). 

Acéphales, sans léie; peuples 
fabuleux. Etym. a priv.; xEcpaXvi 
{kephaU) , tCtc. 

AcBiiACMA, une des femmes 
d'Agrippine, mère de Néron, se 



ACH 



ii3 



jeta dans l'eau après elle, lors(|ue 
son fils voulut la faire périr par le 
jeu de la galère qui devait s'cn- 
tr'ouvrir. Acéraunia , pour obtenir 
de plus prompts secours , cria 
qu'elle était l'impératrice , et fut 
assommée à coups de rames. Etym. 
a pr. ; xEpauvlç (kerannos), foudre. 

AcERSECOMES , AciROCOMES , 

surnoms d'Apollon qui répondent 
à Vinlonsus des Latins. Etym. a 
priv. ; xeipetv (keirein) , tondre; 
xofty) {komé) , chevelure. 

AcÉs^^DER , historien de Cy- 
rène. K. âxtrcrôce (akeisthai), gué- 
rir; âvTjp (ant'r) , homme. 

AcÉsiAS , i^cESTi AS , qui ^ue'rit ; 
nom d'homme. R. âxsro-Ôai (aAe«- 
thai) , guérir. Le premier est le 
nom d'un mauvais médecin, ap- 
paremment ainsi nommé par anti- 
phrase ; il avait donné lieu au 
proverbe , Acesias medicatus est. 

AcÉsiLAS, qui guérit le peuple ; 
nom de médecin dans les Lettres 
du rhéteur Alciphron. Etym. 
àxc~<7Gai ; Xao5 (/aoi), peuple. 

AcÉsiMBROTrs, qui guérit les 
mortels; nom d'un médi.cin cité 
par Platon, dans son dialogue in- 
titulé : Cratylus. Etym. kxCi-z^-j.\. ; 
/3poTo; {hrotos), mortel. 

AcÉsics, guérisseur; surnom 
d'Apollon, dieu de la médecine, 
R. âxEÎdGat. 

AcHAB , frère du père ; roi 
d'Israël, surpassa en impiété tous 
ses prédécesseurs. 

AcHAïcus, surnom de L. Mum- 
mius , tiré de la conquête de 
l'Achaïe. 

AcHAÏE, contrée de la Grèce. 
R. â'xoç, eo? ( achos , eos ) , dou- 
leur , ou alyidlo- ( aighialos ) , 
rivage de la mer , cette contrée 
étant , pour la plus grande partie, 
maritime. 

AcHATE , fidèle compagnon d'E- 
née. Etym. «x"? {achos) ^ soin, 
inquiétude. Dans ce sens assez 
philosophique , Achat.e , suivant 
Servius , ne serait qu'un person- 
nage allégorique , qui exprime les 

8 



114 



AGI 



inquiétudes , compagnes insépa- 
rables des rois. 

AcHÉE, surnom de Cérès V. 

AcHTHElA. 

AcHÉLGiJs , nom de fleuve , tiré 
de sa rapidité, qui lui avait fait 
donner aussi le nom de Thoas. 
R. âCit {thein), courir. Etym. 
a priv. ; X'^^5 ( clielus ) , tortue ; 
comme , suivant la fable , c'était le 
premier fleuve qui fût sorti de 
terre , d'autres le dérivent d'à 
priv. et de x^~^o? ( cheilos ) ^ lèvre , 
rive. 

AcKÉMÈsE , nom d'homme. 
Etym. â^oç, douleur; fj.£voç {ine- 
iios ) , esprit. 

AcHÉRO^ , fleuve d'Enfer. R. 
â'xoç, poo; ( rhoos ), courant d'eau ; 
ou a priv. et -/cr/ipin (chairein) , 
se réjouir. 

1. Achille, héros grec, l'^étym. 
a priv.; y(^('t\oi (cheilos) , lèvre; 
e. à d. (jui n'a point pris le sein. 
2' étym. a^o; j3a),)o)v {achos bal- 
lon), doloveni illuLuvus hosiibtis. 
3e etym. a^o; Auwv ( achos lieon ) , 
fléau des Troyens. 4° étym. à'vsu 
^tis ( aneu chilou } , sans l)ouiilie. 

2. — Le surnom d'Achille fut 
donné à L. Sicinius Dentatus , à 
cause de son courage. Aulug. 

Achilleos Deomos , course 
d'Achille , île du Pont-Euxin. 
Achille , étant entré dans le Pont- 
Euxin avec sa flotte , débarqua en 
cet endroit, y célébra sa victoire 
par des jeux publics, entre autres 
par celui de la course , ce qui 
donna le nom à l'ile. Pompon. 
Mêla. R. <îp£/ji£7v , courir. 

AcaiTOPHEL, frère de mon, 
conseiller de David , quitta son 
parti pour celui d'Absalon révolté 
contre son père , et se pendit de 
dépit que ses conseils ne fussent 
pas suivis. 

AcHTHEiA, nom mystérieux de 
Cérès, dans les fêtes d'Eleusis, 
qui faisait allusion à la douleur 
que l'enlèvement de Proserpine 
avait causée à la déesse. K. ôix^oç 
(achthos) , douleur. 

AeiBALi:;, Vénus considérée 



ACR 

comme la déesse qui donne des- 
soucis. R. àx-^'iΣev ( akédein ) , 
causer des inquiétudes. Etym. a 
augm. ; xTiiîoç (hédos), soin. 

AciDTis, sobriquet que Quinti- 
lien dit avoir été donné à un cer- 
tain Placidus qui avait l'humeur 
fort aigre. /'/aczJu5 veut dire doux, 
et acidiis le contraii'e. Ce judi- 
cieu.x écrivain observe avec raison 
que ces sortes d'allusions sont 
très-froides. 

Aci>DYNUS, nom d'homme. 
Etym. a priv.; xcvJwo; (hindu- 
ncs ) , danger. 

Acis , nom de fille de chambre, 
dans Alciphron. R. àx/i (aké)y 
pointe , aiguille. 

AciscULBS , un des surnoms de 
la famille Valeria. II a le même 
sens que Dolabclla. q. v. 

Acmé , nom de jeune fille dans 
Catulle. R. âxfi») ( acmé) , fleur 
d'âge. 

AcTWOKiDÈs , nom d'un cyclopc. 
R. axfiûjv , enclume. 

AcoEMTus , nom d'un avare qui 
serait f;lché de partager une chose 
avec un autre. Jin>en. S'at. f-'II -, 
V. 2i8. R. a priv.; xoiîo; , com- 
miui. 

AcoETÈs , qui n'a pas même de 
lit; pêcheur pauvre dans Ovide. 
Etym. a priv. ; xoiV/j {koilê) , lit. 

Acolytes , surnom des Stoï- 
ciens à cause de leur attachement 
opiniâtre à leur doctrine. R. a 
priv. et xûiAvfcv (koluein), empê- 
cher. 

AcoNTÉE , habile archer dans 
Slace. R. âx<ov (akûn), trait. 

AcousMATiQDES , ccux dcs dis- 
ciples de Pythagore auxquels il 
était permis de l'entendre , mais 
non de le voir. R. àxoue-.v, écouter. 

AcRSOs, AcRjEA, surnoms com- 
muns aux dieu.\ et aux déesses^ 
honorés dans les lieux élevés, tels 
que promontoires, citadelles, etc. 
R. axpsç ( aAnw ) , haut, élevé. 

AcRATOLYsiE , fléau du vin pur ^ 
nom de parasite dans Alciphron. 
Efym. axpaTov ( akraton) , vin pur. 
R. ot priv.; xpo(o) (kraâ), pour 



ACR 

xtpîv , mêler ; iuftm ( Inmé), fléau. 

AcRATOPHORF, qui porte ou sou- 
tient le vin pur ; surnom de Bac- 
chiis. Etym. axparov , (psptiv (pke- 
rein ) , porter; parf. m. nt-fia^. 

AcRATfiPoTE, qui boit le vin 
pur; surnom du mi*mc dieu. Etym . 
otïparov; -TTOd) {pf6), boire. 

AcRiDOTHAGES , peuple (l'Ethio- 
pie , qui Vivait de sauterelles. 
Etym. àxpt;, t'do; { akris , idos ) , 
sauterelle; fiyta (pkaghein), man- 
ger. 

AcRiON , philosophe pythagori- 
cien cité par Cicéron. yicer, aigre. 

AcRisics, sans jugement j roi 
d'Argos, père de Danaé. Etym. a 
priv. ; xpir::- (krisis), jugement. 
îi. y.pt'veiv ( krineiu j, juger. 

AcRCiTHO , ville de Thrace , 
située, comme l'indique son nom, 
sur le sommet du mont Athos. 

AcROCBRACKiEiNS , montagnes 
d'Epire , que leur élévation expose 
à êlre fr.ippées plus souvent de la 
foudre. Etym. ôéxpoç ( akros ) , 
haut, élevé; xspauvo; (keraunos ) , 
foudre. 

AcROCHERSTTE , suruom donné 
à l'alhlèle Sostrate , qui dans la 
lutte .saisissait les doigts de sou 
adversaire et les brisait, jusqu'à 
ce qu'il s'avouât vaincu. Etym. 
axpo; ( akros ) , exirôme ; ;(£Îp 
(cheir), main. 

AcROCOMES, surnom donné à 
des peuples de Tlirace qui rame- 
naient sur le front les cheveux 
nommés antiœ , ce qui n'était en 
usage que parmi les femmes. Etym. 
âxpo; ; xofivj (komé), ciicvelure. 
y. Opisthocomes. 

AcRocoRiNTHE, citadelle située, 
ainsi qu'il est marqué par le nom 
mâme , au haut d'une montagne 
qui commandait cette ville. 

AcROLiTHOS , statue colossale 
que le roi Maiisole fit placer au 
haut du temple de Mars dans la 
ville d'Halicaruasse. C'était l'ou- 
vrage de Télocharès , habile ar- 
tiste, ou selon d'autres, de Tiino- 
tbée. Etym. âxao; ( akros ) , haut ; 
\lBo- (lithos), pierre. 



ACU iif) 

AcROPOLis , vil/e haut.' ; nom 
delà citadelle d'Athènes. Etym. 
oîxpo; ( akros ), élevé ; ttoÀ'.ç ( polis ) 
ville. 

AcROTATE , fils d'Aréus, roi de 
Sparte. B. «xpo-raro;, superl. d'à- 
xoor. ' 

AcROTELECTccM , nom de cour- 
tisane il.ins Plante. Etym.â'xooç; 
Tt'/.tjr'n (teleute.) l\. t£/.o;, fin, 
but. 

AcTÉE, nom de nymphe. R. 
àxTï) ( akté ) , rivage. 

1. AcTÉOK , fils de Cadmus , fut 
changé en cerf par Diane qu'il 
surprit au baiu. Dévoré par ses 
propres chiens , il est devenu chez 
les modernes l'emblème de ceux 
qui se minent par leur passion 
pour la chasse. M. R. 

2. — Cheval du soleil. « Il pre- 
nait , dit le P. de Mont faucon , 
son nom de la clarté du soleil , 
lorsque cet astre a fourni une 
partie de sa course, vers les neuf 
ou dix heures , et que , n'ayant 
plus une atmosphère si épaisse à 
percer, il répand une lumière 
plus pure. » 

AcTis , nom de femme. R. âxTiv 
[actin) , rayon At lumière. 

AcTiuM , promontoire d'Epire 
célèbre par la victoire qui donna 
à l'heureux Octave l'empire du 
monde. R. à-Âl-n. 

AccLÉo, nom romain. Etym. 
aculeus , aiguillon. Un de ces 
Aculéon fut accusé par un L.iniia 
fort laid , au sujet duquel Cicérou 
conte cette anecdote : « Crassus, 
célèbre orateur, défendait l'ac- 
cusé. Fatigué des interruptions 
fréquentes de Lamia : « Allons, 
» dit-il , écoutons ce joli jeune 
» homme. » L'auditoire se mit à 
rire. Lamia , piqué , répondit ^ 
« Si je n'ai pas été le maître de 
» former les traits de mon visage , 
Il j'ai du moins su former mou 
» esprit. — Hé bien , répliqua 
» Crassus, écoutons cet éloquent 
M orateur » On rit encore plus 
fort. » Le latin a beaucoup plus 
de précision et de grâce : Audia- 

8. 



ii6 



ADE 



mus pulcheUum pueruni. Cuin es- 
set arvisum , non potui mihi , 
inquit Lamia, formain ipse fîn- 
gei'e , ingenium polui. Nunc hic , 
auiliamus , inquit , diseruiin : 
inullo eùain arrisum est vehe- 
ineniiiis. Cic. , Orat., lib. II. 

i. AcusiLAS , qui écoute le 
peuple j philosophe grec. Etym. 
àxouEtv {akouein) , écouter; Xabç 
(laos ), peuple. 

2. — Khéleur athénien , vint à 
Rome sous le règne de l'empereur 
Galba, ouvrit une école, et en- 
seigna avec tant de succès, qu'il 
légua en mourant, aux Athéniens, 
dix mille pièces d'or. 

3. — Argicn , avait publié des 
tableaux chronologiques d'après 
quelques tablettes d'airain que 
son père découvrit eu fouillant un 
champ qui lui appartenait. 

AcuTiLius , nom romain, R. 
acutus, aigu. 

AcUTics, famille romaine. Une 
dame de ce nom fut condamnée à 
mort sous Tibère , accusée du 
ci'ime de lèse-majesté. M. R. 

AcvL.vs , philosophe grec qui 
avait écrit sur les syllogismes. R. 
axvXo; (dkulos), gland de chône. 
Adam, lo père des humains. 
Ce mot veut dire roux , rouge , 
terre rouge, parce qu'il fut tire 
de la terre. 

Adamantics. Les travaux ex- 
trêmes et les contentions d'esprit 
continuelles firent donner ce sur- 
nom à Origène. 

Adamasïe, indomptable; nom 
d'un guerrier d'Ithaque. Etym, a 
priv.; (Jocpàv {damdn), dompter. 

Addor, témoin; un des pro- 
phètes du royaume de Juda, avait 
écrit l'histoire des règnes de Ro- 
boam et d'Abiu. 

Adelpiiasium, nom d'une cour- 
tisane, dans Plaute. R. oiStltfioi; 
( adelphos ) , frère. 

Adéodat, nom d'homme qui 
répond au nom français Dieu- 
donnè et au grec Tliéodote. Etym, 
rt Deodatu , donné jwr Dieu. 



ADV 

Adéoka, déesse qui présidait tt 
l'arrivée. K. adeo , j'arrive. 

Adéphagie, déesse de la gour- 
mandise. Etym. «'îyiv ( adên ) , 
abondamment; (fdyeiv (phaghein), 
manger. 

Adéphagus , vorace ; surnom 
d'Hercule , renommé pour sa vo- 
racité. Mèm. étym. 

Adês , perte, mort; nom des 
Enfers. 

Adicos, injuste; surnom de 
Vénus. Etym. a pr.; SUn {dikê) , 
justice. 

Admète, roi de Thessalie pour 
lequel se dévoua son épouse. Etym . 
a. pr. ; Sa.fj.S.v (daman), dompter. 

Adoms , favori de Vénus. R. 
à'îetv (adeiji) , vouloir plaire, ou 
àtiSûv (aeidein), chanter, ou yjSovv 
{hédoné), volupté. 

Adraste , nom de guerrier. 
Etym. a pr. ; SpS.v {drdn), fuir; 
qui ne fuit pas. Suivant d'autres, 
ce nom fut donné à Adraste , roi 
d'Argos, parce qu'ayant entrepris 
la guerre contre les Thébains , 
pour les intérêts de Polynice, son 
gendre , il revint sans avoir achevé 
son entreprise. Etym. a priv. ; et 
lîpav {drdn) , faire. 

Adrastée , déesse, ministre de 
la vengeance divine. Etym. à.ù 
êp^v ( aei drdn ) , toujours agir , 
ou a priv. ; «îpâv, fuir : celle dont 
on ne peut éviter les coups. 

Adiuanothère , chasse d'A- 
drien ; ville que cet empereur fit 
bâtir dans la Mysie, parce qu'il 
avait fait dans ce cantpn une 
chasse heureuse où il avait tué 
un OUÏS. 

Aduliton, ville bâtie par des 
esclaves fugitifs. Etym. a priv.; 
<îoûXo; ( doulos ) , esclave. 

Adultus , Adulta , surnoms 
sous lesquels les Romains invo- 
quaient Jupiter et Junon dans les 
mariages. R. adolescere , adolevi, 
aduhuni j croître, arrivera l'ado- 
lescence. 

Advektus, préfet du prétoire 
sous Caracalla. R. adventus , ar- 
rivée. 



iEMO 

/Eakticm, ville de la Tioiidc, 
ainsi nommée du lombcau d'Ajax. 
R. A"»; (Jias). 

yEcuMALOTAucucs , cfiff dcs 
caplijs; clief lies Juifs de B;iby- 
lono. R. ai'x.ui''/ (aichiuc) , pointe 
de lance; càocit (uloû), prendre; 
ùi.pxi'ïv (aivheiii), commander. 

jÈcHMis, roi d'Arcadie. R. aî;(fi/) 
(aichnié), lance. 

iEnESiA, qui a de la pudeur; 
EgypliPune dont Suidas vante la 
probité et la chasteté. R. alSw; 
{aidûs) y pudeur. 

tEdesius , lespectable j philo- 
sophe , disciple de Jambliquc. 
M. R. 

Aedokium, gosier de rossignol f 
nom de cantalricedans Alciphron. 
Etym. (x-/)Sù>v (aédôn), rossignol. 

yEcicoRES, pasteurs dechèi'ies; 
tribu athénienne qui avait soin 
d'élever des troupeaux. R. aï? 
(rti'x), chèvre; xopav (korein), 
avoir soiu. 

./Egidics , nom d'homme. R. 
a't5> «'^oç C'^'à'o*) , chèvre. 

AElGÉ^ÉTÈs , qui renaît sans 
cesse; surnom d'Apollon, consi- 
déré 'comme le soleil. Etym. àù 
{aei), toujours; yi'/v£(76at {gignes- 
thai), naître. 

yEtius, nom romain. Eustathe 

prétend qu'on le donnait à ceux 

qui avaient épousé les deux sœurs. 

Aello . une des Harpies. R. 

ûcêUa {aella) , tempête. 

AelIjOPVs, au pied l'apide comme 
la tempête; surnom d'iris. Etym. 
âsUa > TTovi; (pous), pied. 

I. /Elukcs , surnom donné à 
Timothée, patriarche d'Alexan- 
drie, à cause de son génie rusé. 

2. — Un savant allemand, qui 
s'appelait apparemment Kaize , 
chat , a pris aussi le nom d'/Elu- 
rus. R. afAspo; (ailouros), chat. 

iEMKESTUS, tyran d'Enna , 
tlétruit par le premier des Denys 
tyrans de Syracuse. R. à-î (aei), 
toujours; fiivriîjQat ( mnêslhai ) , se 
souvenir. 

^mochauès , qui aime le sang ; 
surnom de Mars. Etymol. yJfj.-/. 



MSI 117 

(<(///irt) , sang ; ;(0<i'(iec» {chaire ii t) , 
se réjouir. 

.j'.NACTES, magistrats de Milel 
qui délibéraient sur les ailaircs 
de l'Etat à bord d'un vaisseau, et 
ne revenaient à terre qu'après 
avoir pris leur résolution, li. àsî , 
va-jTat (nautai), matelots. 

/E^ÉsiDÊME , qui exhorte le 
peuple ; général argien , assiégé 
dans Argos et ne pouvant plus 
opposer de résistance, obtint pour 
ses soldats la liberté de se retirer , 
et mourut au poste que sa patrie 
lui avait confié. Etym. aîvav {ai- 
nein } , exhorter ; §ri\>-o<; {démos) , 
peuple. 

^OLUS, roi d'une partie de l'I- 
talie , fourbe et rusé. R. aïolo; 
(aiolos), divers, double. 

/Equibieliuii, endroit de Rome 
où était la maison de Sji. Melius , 
tué pour avoir aspiré à la royauté. 
Sa maison fut rasée. R. œquus , 
égal , uni. 

.^RARius Mergus , surnom 
donné par Lucilius à un usurier 
qui coulait à fond ses débiteurs, 
et depuis appliqué à l'empereur 
Pertiuax. 

^RÈs, divinité qui présidait à 
la fabrique des monnaies de cui- 
vre R. œs , œris , airain. 

Aeria, aérienne; ancien nom 
de l'île de Crète , tiré de ses hautes 
montagnes. R. à/jp {aér), air. 

^Erosa, ancien nom de l'île de 
Chypre , tiré de ses mines de 
cuivre. R. œs , ceris. 

yEscHRiOR, poète grec cilé par 
Athénée , comme auteur d'iam- 
bes , dimin. d'aî<7;(poç. R. aTjyo; 
( aischos ) , tache , opprobre. • 

yEscHRODORA , Dom de femme 
dans Plante. Etym. a.lt^yphc, (ais- 
chros), honteux; (îwpoy (dûron) 
don. 

yEscuLAKUs, dieu de la monnaie 
d'airain. R. <cs , œris. 

JEsERVïîivs , surnom que M. 
Marcellus dut à la prise d'.'Esernia. 

JEsitivs yj'atal , ou qui fait son 
de\>oir ; nom d'homme. Efjm.acTda 
{nisa) , sort , devoir. 



ii8 



AGA 



iExERMUs , nom d'un consul 
romnin. R. ceiernus , éternel. 

/Etelet^ , vij'comine l'air ; nom 
d'un cViien de chasse dans Xéno- 
pbon. 

Akthlids, écrivain grec cité par 
Athénée. K. aeôÀo? ( aethlos ) , 
combat. 

tEthon, brûlant; un des quatre 
chevaux, du soleil, dont le nom 
répond à son midi. R. ctî^nt (ai- 
theiii), brûler, enflammer. 

AÉTius, général romain, vain- 
queur d'Attila, tué par ordre de 
l'empereur Valentinien III, ja- 
loux de sa gloire; ce qui fit dire 
à ce prince , par un courtisan : 
<f Vous vous êtes coupé la main 
droite avec le glaive que vous te- 
niez de la gauche. » R. à.troç(aetos'), 
aigle. 

JEroîi, rapide; un des chevaux 
du soleil. M. R. 

yEtus, ancien nom du Nil , tiré 
de la rapidité de sou cours. M. R. 

/EviTEiv>Es, éternels; surnom 
des dieux. Etym. œi/um , i, vie; 
œternus. 

Ae.xokes, peuples de l'Attique 
dont la causticité avait fait créer 
le verbe aîÇovEwfaôai ( aixoneues- 
thai)^ pour signifier avoir une 
langue mordante. 

Afer, Africain; surnom d'un 
Domitius , orateur romain. 

Afrakia, surnom que les Ro- 
mains donnaient aux femmes har- 
dies et sans pudeur, peut-être de 
a priv. , et de «ppviv , evo; ( phrén , 
enos ) , sens. Une Romaine de ce 
nom plaidait elle-même, et étour- 
dissait les juges de ses clameurs. 

Afbicahcs, surnom des deux 
Scipions, tiré de la conquête de 
l'Afrique. 

Africus , vent qui soufflait de 
l'Afrique, entre l'Auster et le Zé- 
phyr us. 

Afriqce, une des quatre par- 
ties du monde. R. a priv.; <f,ol?, 
exo; ( phrix , i/ios), saisissement 
de froid, parce qu'on y éprouve la 
sensation contraire. 

Agaclès , héros grec. Etym. 



AGA 

ayav (aiian) , trop ou beaucoup ; 
x/e'û; ( iileos ) , gloire. R. x).£Îîiy 
{kleiein), glorifier. 

AcACLvTrs , affranchi de Marc- 
Aurèle. Etym. ayav, xÎivto; 'Mutos), 
célèbre. R. xÀvtiv {k/uein), être eu 
renom. 

Agallis, courtisane grecque, 
dans Athénée. R. àyi^hiv {agal- 
leiii), parer. 

Agamemkok , courageux. R. 
ayav , ^.i-nvt ( menein ) , endurer , 
demeurer, parce qu'il resta long- 
temps devant Troie ; ou fx/voç 
i^menos), conseil, sens : deux éty- 
mologies également convenables 
h ce chef des rois de la Grèce. 
La première est de Platon, dans 
son Cratylus. 

Agamn£stor , qui se souvient , 
ou qui recherche beaucoup en 
mariage ; ancien roi d'Athènes. 
Etym. àyav , fjLvà^Sai (mnaslhai) , 
se souvenir; fj.vr)çejtr/(mnésieuein), 
rechercher une fille en mariage. 

Agamce, femme thessalienne 
qui discrédita sa science astrono- 
mique , en se vantant de faire des- 
cendre la lune à son gré. Etym. 
ôtyav , vc'xY) ( /i/Av) , victoire. 

Aganippe , fontaine consacrée 
aux Muses, que les poètes font 
naître d'un coup de pied du che- 
val Pégase. Elym. àyavo; (aganos), 
doux; a augm. ; yxvoç {ganos), 
joie; "tt-cto; {hippos)y c\niVi\[. 

Agapénor, qui aime les vail- 
lans ; un des prétendans d'Hé- 
lène. Etym. àyatjâv ( agapdn ) , 
aimer; àvhf {anér), vir , homme 
de cœur. 

Agapet, Agapit, nom d'homme; 
cher, aimable, à-/a7ry)T05 (agapélos). 
R. àyaTtàv. 

Agapie, nom de femme. M. R. 
Agapius, philosophe d'Alexan- 
drie qui enseignait à Byzance avec 
une grande réputation. M. R. 

Agaptolémcs , très -guerrier; 
un des fils d'Egyptus , tué par sou 
épouse. Etym. d.y'jiv,'!tlô\e^oi(pto- 
lemos) pour -7To),efAoç (polemos) , 
guerre. 

Agar, étrangère; Egyptienne, 



AGÂ 

servanle de Sara et mère <l'ls- 
maël. 

Agarista, deSicyone, Glle de 
Clisthèiie, aïcHl de Périclès , fut 
recherciiée par Sinyndirido . ce 
Sybarite dont le sommeil fut une 
nuit troublé pjir le pli d'une feuille 
<le rose. Lorsqu'il partit pour l'aller 
demander eu mariage, il se 6t 
accompagner de mille cuisiniers, 
d'autant d'oiseleurs et de pê- 
cheurs , pour le repas de noces. 
Agarista était en effet d'une beauté 
si rare, que les jeunes gens de la 
Grèce les mieux faits célébraient 
à l'envi des jeux publics pour la 
mériter. Etym. a-/av, apiço; {aris- 
tos), le meilleur. 

Agasici,ès, qui admire la gloire; 
roi de Lacédémone, sut maintenir 
ses sujets en paix , jiar sa sagesse 
et sa prudence. On lui demandait 
comment un roi pouvait ^iv^e 
tranquille : u C'est, répondit-il , 
en traitant ses sujets comme un 
père traite ses enfans. » Etym. 
à'/àv (a^dn), admirer; xuo- {kleos) , 
gloire. 

Agastuè>e , très -fort; béros 
grec au siège de Troie. Etym. oLyxv, 
cQc'voi {slhenos), force; oQty.ty 
(sthenein) , être fort. 

Agastrophe, qui renverse les 
rallias ennemis ; héros tro)'cn. 
Etym. a.yoi.v , rptfnv (strephein) , 
renverser. 

Agathalyus , c/ui met fin a tous 
les biens; surnom de Pluton.Etym. 
âyaSô; ( agalhos ) , bon, brave j 
)Û£iv (luein), dissoudre. 

Agatharchidès , historien de 
Samos, et le premier qui attribua 
la crue des eaux du Nil aux pluies 
de l'Ethiopie. 

Agatharqce , peintre de Sa- 
mos , le premier qui appliqua la 
perspective aux décorations du 
théâtre. Il se vantait devant Zeu- 
xis de peindre ^ite. « Et moi, 
dit Zeuxis, je me vante de peindre 
long-temps. » R. à/aGo; , àpxh 
{ arche ) , principe , commande- 
ment. 



AG.\ 1 19 

Agathe , nom de femme. K. 
àyaGoç. 

AGATHÉ^oR , brave homme ; nom 
de guerrier. Etym. âyaôo; , àvÀp 
{aiiér), homme de cœur. 

AgathiM's, àyaôivo;, diminutif 
d'àyaGô; ; mot de caresse. 

Agathius , nom sous lequel s'est 
déguisé un auteur italien , nommé 
Bonacci. R, âyaSoj. 

Agathobule , (Je bon conseil ; 
nom d'homnie. Etym. àyaûb;, 
/is),/) {botiliî), conseil. 

agathochromcs , nom sous le- 
quel s'est masqué un écrivain fran- 
çais no .imc £oiilemps.F,tym. â-/a- 
6û;, j(povoç {chronos) , temps. 

« . Agathocle , quia la gloire de 
la bravoure; tyran de Syracuse, 
qui vainquit les Carthaginois. Fils 
d'un potier, il faisait scr\ir des 
Vases de terre sur .sa table , en mé- 
moire de son humble origine. 
Athénée dit qu'eu montrant a ses 
courtisans des vases d'or, il ajou- 
tait : « Voyez-vous ces vases! ils 
ont été fabriqués du temps que 
j'étais potier. » Etym. àyaMç , 
x/e'o; (kleos), gloire. 

2. — Philosophe péripaléticien, 
se vantant un jour délie le ])re- 
mier et le seul dialecticien, Dé- 
monax lui répondit : « Si tu es le 
seul , comment pcux-tu être le 
premier? Si tu es le premier, tu 
n'es donc pas le seul. » 

Agathoclée, maîtresse de Pto- 
lémée Philopator, fit de ce prince 
son esclave plutôt que son amant, 
et bouleversa tout l'empire. Etym. 
àyaôoç, x).£0; (kleos), gloire. 

Agathod>î:mokes, génies bien- 
faisans ; serpens ailés que les 
païens révéraient comme des di- 
vinités. Etym.àya9ôçj dai^Atov (dai- 
môn), génie. 

Agathodore, nom d'homme. 

Etym. àyaôb^, owpov (dôron), don. 

i.Agathon, bon on brave; poète 

comique, cité par Athénée. R. 

àyaôoç. 

2. — Athénien fameux par sa 
force et sa taille de huit pieds, qui 
combattait les monstres des bois, 



lao AGE 

allHil couvert d'une peau de loup, 
et ne vivait que de lait d'ânesse. 

3. — Philosophe Pythagoricien, 
grand faiseur d'antithèses. Le roi 
ÀrchelaiJs hii demandait si, à son 
âge de quatre-vingts ans , il se sen- 
tait encore quelque force. — <• Sans 
doute, répondit-il j l'automne a 
son mérite aussi bien que le prin- 
temps . » 

4. — Joueur de flûte d'un grand 
talent, mais décrié pour ses mœurs, 
a donné lieu au proverbe : « Chan- 
son d'Agathon » , pour exprimer 
un discours plus agréable qu'utile. 
On lui attribue l'invention de la 
mélopée des chœurs de tragédie. 

AGATHO^^c, nom d'homme. 
Etym. àyaGoç , vcxav (tiikâii), vain- 
cre. 

Agathokyme avait écrit une his- 
toire de Perse. R. àya&oç , ovvfAoi 
(onuma), nom. 

AcATnoPcs , nom d'homme. 
Etym. âyaôoç, -bjSç {poiis),j>ïeA. 

Agathosthèn«, écrivain grec. 
R. cQs'vo; {stheiios), force. 

AGATHOSTBATE.aniiral rhodien, 
remporta une virtoire signalée sur 
la flotte de Ploléméc. 

Agathyllijs , diinin. poëte élé- 
giaque. 

AcATHrBSEs, peuples voisins 
des Scythes, ainsi nommes à^o 
Tcïv ,&vpa<ov t5 Acovvu» (a/'o ton 
thursôii toit Dionysou), des thyrses 
de Bacchus. 

Agéakax, nom d'homme, dans 
Théocrite. Etym. ayttv {ai^eùi), 
conduire; ava^ (tmax), roi. 

Agélarchidjes, qui a des trou- 
peaux sous ici garde } nom de vil- 
lageois dans Alciphron. Etymol. 
à.yi\-f\ {agelé), troupeau de bœufs ; 
âp;cÀ (rt/r/ie), commandement. 

Agélas, statuaire célèbre, mat- 
tre de Polyclète. R. ây/zr, (age/é). 

1. AoÉtASTE, qui ne rit point ; 
surnom de Plutoii. 

2. — de Crasstis, aïeul de Cras- 
sus le triumvir, qui ne rit, dit-on, 
qu'une fois en sa vie , en voyant 
un âne manger des chardons, ajou- 
tant : " Tcilcs lèvres, telles !ai- 



AGE 

tiies. » Etym. a priv. yt\^-j {geîàn)^ 
rire. 

Agéléa, surnom de la guerrière 
Pallas, déesse du butin. R. kyil-n 
(agelé), troupeau de bœufs. 

Agéléis, qui conduit te peuple ; 
surnom de Minerve Etym. Hytiv 
(agein), conduire; >aoç (laos), 
peuple. 

Agellus, Ageliius , noms ro- 
mains. R. ager, champ. 

Agélochus , riche en trou- 
peaux ; nom d'homme. Etym. 
àtyé'kri ; tytiv {echein), avoir. 

Agéjiabque , nom d'homme. 
Etym . oiyciv ou YjytTcQat (hégeisthai), 
conduire; àp^ri (aiché), principe, 
dignité. 

Agés OR, roi de Phénicie , père 
de Cadmus et d'Europe, Etym. 
âyav, beaucoup, ou âytiv, conduire; 
àvïjp (aucr), homme de cœur. 

Age>oria ou Agekoma, déesse 
de l'Industrie chez les Romains. 
R. agere, agir. 

1 . Agésandre , qui pousse les 
hommes ; sxiruom de Pluton. 

2. — Un des auteurs du groupe 
de Laocoon , fit ce chef-d'œuvre 
de concert avec Polydore et Athé- 
nodore, dans le palais de l'empe- 
reur Vespasien. Etym. âyiiv, con- 
duire; âvÀp, àvSpb;, homme. 

Agésarque , nom d'homme. 
Etym. ay£tv; àpxh {arche'), dignité. 

Agésidame, vainqueur aux jeux 
Olympiques , chanté par Pindaro. 
Elym. aytiv ; ^^fxo; (Jenjos), peuple. 

I. AGÉsfLKS , c/ui pousse le peu- 
ple ; roi de Sparte , petit , boiteux, 
mais plein de courage, vainquit 
les Perses, les Athéniens, les Béo- 
tiens , et contribua beaucoup j)ar 
ses exploits à donner aux Lacédé- 
moniens la primauté de la Grèce. 
On a de lui une foule de mots d'un 
grand sens. — On parlait rlevant 
lui d'un scélérat qui avait sup- 
porté la torture a\ec courage : 
« Que de vertu perdue ! » s'écria- 
t-il. — On lui vantait un rhéteur 
qui avait l'art de relever les petites 
choses : « Mauvais cordonnier, dit- 
il, que celui qtii fait de grands 



AGL 

souliers pour de pclils pi<;<ls ! » 
mot qui n'a que trop souvent son 
application. 

2. — Surnom de Pluton Etym. 
a/tiv; Xaoç (/rtOi), peuple. 

Agés i polis, qui conduit la ville ; 
roi de Sparte. Etym. âyctv; -Eroicç 
{polis), ville. 

AcÉsisTRATA , qui conduil l'ai^ 
mée ; mère d'Agis, roi do S[)arte, 
le dernier de ce nom, périt avec 
son fils qui avait voulu rétablir la 
sévérité des lois de Lycurgue, et 
dit en passant son cou dans le fatal 
lacet : « Voilà le seul service que 
jepuisreiîdre à ma patrie. » Etym. 
ayttv ; çpaxoç (stralos), armée. 

AcÉsiSTnATE , avait écrit sur les 
machines, au rapport de Vitruve. 
M. R. 

Agétor , qui conduit ; nom 
d'homme. H. aysiv. 

Aggz^, Joie, un des douze petits 
prophètes , vivait du temps de 
Darius, fils d'Hystaspe. 

Agis. Il y a eu plusieurs rois de 
Sparte de ce nom. Je me conten- 
terai de citer un mot du premier. 
On lui demandait ce qu'on appre- 
nait le mieux à Sparte : « A com- 
mander, dit-il , et à obéir. » R. 
Siytiv. 

AcLAÉ, une des trois Grâces. 
R. âyXao; (aglaos), beau , brillant. 
Aglaojiorphos , brillant de 
heauté ; épith. d'Apollon et de 
Baccbus. Etym. àyXaoç; ^op^ri 
{morphé) , forme, beauté. 

Aglaomce, ayant acquis quel- 
ques connaissances astronomiques, 
se vantait de faire descendre la 
lune à son gré. Les malheurs aux- 
quels cette jactance l'exposa , don- 
jièrent naissance au proverbe : 
Lunam delraliit, appliqué à ceux 
que leur vanité rend malheureux. 
K. ày).ao;; y.xvi (nikt) , victoire. 

Aglaope, à la voix brillante; 
une des Sirènes. Etym. âyXaoç ; 

l^ , Ôtoo; (o/»5, OfJOs) , voix. R. 

tTrtiv (l'pein), parler. 

Aglaopiiane, une des Sirènes. 
Etym. àj-A'/o; ; tpaivciv (phaineiii ), 
montrer. 



ACR 121 

Aglaophon, iH'intregrcc. Etym. 
àyÀaoç; (pwvY) (pf-niu'^ voix, OU 
<pa'o (phaô), briller. 

Agi.ADRE, saison brillante; fille 
de Cécrops, changée par Mercure 
en pierre. Etym. ây).aoî ; tïpa 
(lidra), saison. 

Aglavs, vieillard que l'oracle 
de Delphes jugea plusheureux que 
Gygès, parce qu'il n'avait jamais 
passé les limites de son champ. R. 
àylaoç, joyCUX. 

Agkès , nom de femme, de àyvo; 
{hagnos), chaste. R. ayo; (Jiagos), 
pur. 

Agkomde, Athénien, décrié 
par ses calomnies, accusa Pho- 
cion , dont la mort fut vengée par 
celle de son accusateur. Etym. 
àyvoîiv (agnoein ), ignorer. R. a 
priv. ; yvoe-.y (giioein), savoir. 

AGO^•IE^s , dieux qui prési- 
daient à l'action. R. agere , agir. 

Agoracrite, arbitre de la place 
publique, ou, suivant l'interpré- 
tation de l'auteur, e/ei^e dans la 
place aux jugemens ; vendeur de 
saucisses qu'Aristophane , dans 
SCS Chevaliers , mélamorphose en 
homme d'Etat. Etym. à.yopk(ago- 
7'a), marché, place publique; xpi- 
vEiv (Armei/j), juger; xpirr,<;{k rites), 
juge. 

Agoraste , marchand , négo- 
ciant f nom d'homme. R. ùyop'x. 

Agohastoci.ès , la gloire du mar- 
ché , des transactions commer- 
ciales ; nom d'un négociant dans 
Plaute. Etym. àyopà; àyopaÇtcv 
(agorazein), vendre; x/e'o; (kléos), 
gloire. 

Agoratus, dénonciateur sous la 
tyrannie des Trente, attaqué par 
l'orateur Lysias. R. àyop'l. 

Agoréeks, surnom commun aux 
dieux honorés dans les places pu- 
bliques. M. R. 

AGRESPHo^, avait écrit sur les 
personnages illustres qui portaient 
le même nom. R. ci.ypoi; (agivs) , 
champ; tfi<j>vo (plioné), voix. 

Agricola , général romain , 
beau-père de Tacite. Etym. ager, 
champ; colcrr , cultiver. 



ia2 AIU 

Agriodos, à la dent cruelle; 
nn des cl)icns d'Actéon , dans 
Ovide. R. oSoxii; (odous), dent. 

Agriophages, peuples d'Ethio- 
pie , qui vivaient de la chair des 
lions et des panthères. Etym. Hypioq 
(a^^/'ibi), sauvage. R. àypoi(agi-os), 
champ ; (fyiynv (fj/iaghein), manger. 

Agrippa, prénom romnin; celui 
qui vient au inonde par les pieds , 
non par la lèit , quasi ah œgro pai'- 
lu , accouchement dif(îcile.i^e5/M5. 
Dérive: A^'rippitia, nom de femme. 

Agrius, fils d'Ulysse et de Circé. 
Etyra. otypcoç. 

ÀoYiÉus, surnom d'Apollon, 
sous la protection duquel étaient 
les rues. R. àyvtà («gu/'a), rue. 

Agymnêsies, surnom grec des 
iles Baléares , dont les premiers 
habitaus vivaient dans une nudité 
absolue. Etym. a augm.; yupvoç 
(guinnos^, nu. 

Agyrius, (jui aime la Joule ; 
nom d'homme. Elym. v.yupn; {agu- 
ris), peuple rassemblé. 

Agyrtès, charlaian ; nom 
d'homme. M. R. 

Ahala , AxiLLA , aisselle; sur- 
nom de Scrviluis. 

Ahenobarbcs , barbe d'airain; 
surnom des Domitius, dont voici 
l'origine : L. Domitius, tige de 
cette famille , revenant un jour 
des champs, vit tout à coup deux 
jeunes hommes d'une taille plus 
qu'humaine , qui lui ordonnèrent 
de certifier au sénat et au peuple 
romain une victoire encore dou- 
teuse , et , pour garantir la vérité 
dé la nouvelle, lui effleurèrent les 
joues , et changèrent tout à coup 
sa barbe, qui de noire devint 
rousse , couleur qui lui valut ce 
surnom, qui fut conservé dans sa 
famille. 

AicHMÈ , chien de chasse, dans 
Xétiophon. R. a.ly(pM , pointe, 
lame , long trait. 

AlM^ESTUS , dont la mémoire 
dure toujours. Elym. àst (aei), 
toujours; piv5tr9ai (mnasthai), se 
souvenir. 

Aies LocuTii's, dieu de la pa- 



AL6 

ro!e , che* les Romains. Etym. 
aio, j'affirme; loquor, je jmrle. 

Ajax, héros grec, qui disputa 
les armes d'Achille et se tua lui- 
même. Etym. aîaÇîtv {aiazein) , 
déplorer, gémir. R. aî(«/), cri 
de douleur, que les poêles pré- 
tendent être tracé sur la fleur eu 
laquelle Ajax fut métamorphosé. 

Akakia, nom d'une famille de 
Paris, ainsi nommée d'Akakia, mé- 
decin de François !'"■, qui changea 
ainsi son nom français , Sans- 
Malice. Etym. «xaxîa (akakia) , 
esprit éloigné de toute malice. R. 
a. priv. ; xaxbç [kakos) , méchant. 

Alabanda , ville de Carie. Dans 
la langue de ces peuples, alam 
signifiait cheval, et banda, vic- 
toire. 

Alala , surnom de Bellone. R. 
àla^Y) ( alalê), cri de guerre. 

Alamcus, un des surnoms de 
l'empereur Justinien , vainqueur 
des Alains. 

Alaric , tout-puissant ; nom 
de dcu.x rois goths, qui prirent 
Rome. 

Albame, dut son nom à la cou- 
leur des peuples qui l'habitaient. 

Albimjs , surnom romain, di- 
minutif d'Albus; c'est un de ces 
surnoms dérivés des surnoms pri- 
mitifs. Ce diminutif est quelque- 
fois aussi le signe de l'adoption. — 
Un empereur romain , rival de 
Sei)tiine Sévère , reçut ce nom 
en naissant, parce qu'il vint au 
monde tout blanc , contre la cou- 
tume. 

Albius, nom romain; prénom 
de Tibulle. 

Albdcilla , Romaine décriée 
par la licence de ses mœurs. Tac. 
M. R. 

Albucics, Romain fameux par 
son avarice. Lorsqu'il donnait un 
repas, il assignait sa tâche à cha- 
cun des esclaves, et les faisait fus- 
tiger d'avance pour les fautes 
qu'ils pourraient commettre, de 
peur , disait-il , de n'en pas avoir le 
temps après. M. R. 

Albula , le même que le Tibre; 



ALC 

nom tiré de la Llaiiclicur du s<'.s 
eaux. 

j%LB€>A, déesse romaine, que 
l'on croit répondre à la Leucothée 
des Grecs. R. alhus , blanc. 

Aldus , blanc ; surnom des 
Posthtimius. Dériv. Albanus, Al- 
hinovanus. 

Alcandre , homme courageux ; 

fuerrier troyen , tué par Turniis. 
Itym. akxri (alké), force; âvôp, 
àvêpoç Çaiiér, andros), bomme de 
cœur. 

Alcé, nom d'un cliien, dans 
Xénophon. K. àlx-n- 

Alcénor, nom de guerrier. R. 
akxr:; à.-jr,^ (anér), vir. 

Alcésimabchus , qui a la force 
et le commandement. Etym. à/,xT) ; 
"PX^ (.oTvJié), commandement. 

Alcésimus, robuste; nom 
d'homme. R. 'Ax-n. 

Alceste, femme d^Admète , se 
dévoua pour son mari; mais Her- 
cule la ramena des Enfers. M. R. 

Alcétas , écrivain grec, avait 
écrit sur les offrandes faitts an 
temple de Delphes. M. R. 

Alcibude, fils de Ciiuias, 
Athénien, descendu d'Ajax par 
son père , fut élevé par Socrate. La 
nature lui avait prodigué tous les 
agrémens du corps et de l'esprit : 
son caractère se pliait à tout; phi- 
losophe, voluptueux, guerrier; 
galant à Athènes , sobre à Sparte , 
fastueuji à la cour de Tissapherne, 
buveur et sauvage en Thrace, sage 
à l'école de Socrate, aimable au- 
près d'Aspasie. Après de brillans 
exploits, il éprouva le sort de tous 
les Athéniens illustres, se réfugia 
chez les Spartiates, leur rendit de 
grands scr\ices, leur devint sus- 
pect, j)assa de Sparte auprès de 
Tissapherne, puis obtint son re- 
tour dans sa patrie ; élu généralis- 
sime et déposé de nouveau, cher- 
cha un asile auprès de Pharuabaze, 
qui le fit périr à l'instigation des 
Lacédémoniens. On cite un trait 
de son enfance qui dut annoncer 
ce qu'il serait un jour. Comme il 
jouait aux osselets dans la rue, un 



ALC ia3 

chariot vint à ])asser; il prie le 
conducteur d'arrOler un moment; 
le charretier brutal presse plus vi- 
vementseschevaux; tons les enfans 
se dispersent, Alcibiadc resté seul, 
se couche devant la roue; en di- 
sant : « Malheureux! passe, si tu 
l'oses. » On sait qu'il donna un 
soufflet à un maître d'école qui ne 
lisait point Homère à ses élèves. 
Son nom semble exprimer le mé- 
lange de générosité et de violence 
qui le caractérisent. \\ est composé 
d'à).x-/) et de Ç>iy. ; comme ces deux 
mots, ainsi que xpâro;, (76/voç , 
p-tvo;, entrent souvent dans la 
composition des noms propres 
grecs , il est à propos fl'en établir 
de bonne heure les différences : 
àlxTi exprime une force, une valeur 
généreuse, telle que celle d'Her- 
cule et de Thésée, qui secourt 
l'infortune et la i'aibicssc ; /3îa 
(bia), une force accompagnée de 
violence; xparo; {kratos), la force 
morale que donne le pouvoir , 
l'autorité; aftcvo; {sthenos), la 
force physique qui résulte de la 
taille et de la santé , et u.evoç ( me- 
nas), la force d'ànie, le courage. 

Alcidasias, sophi.stegrec, avait 
composé un éloge de la mort. R. 
à/.zy]; (Jaitàv (daman), dompter. 

Alcide, surnom d'Hercule. R. 
àlxr] , force, aide, secours. 

Alcidème, défense du peuple; 
surnom de Minerve. Etym. â/xy;; 
St/io; (démos), peuple. 

ALciDiCE,yc>7'ce et justice ; hé- 
roïne grecque. Etym. à).xïi; Sîxn 
(dikê), justice. 

1. Alcimaque, brave combat- 
tant; surnom de Pallas. 

2. — Nom de guerrier. Etym. 
à),xyi ; it-i-^tij^a.'. (jiiachesthai) , com- 
battre. 

1. ÂLcniE, fort, robuste, secou- 
rable; surnom de Saturne. 

2. — Nom d'homme. R. lùx-t\. 
Alcimède , poëte tragique de 

Mégare. Etym. à),xy) ; u-i-io^, {menos\ 
courage. 

Alcimédon, que la force fait 
régner; héros grec. Etym. à).xYi ; 



ia4 



ALE 



\i.i^uii ( tncdcin ) , commatiilci , 
îivoir soin. 

Alcibièke. Suidas cite deux 
poëtes de ce nom , l'un Mcgarien, 
et poète tragique; l'autre Athé- 
nien , et poète comique. Athénée 
nous a conservé le titre de deux 
comédies de ce dernier, le Trésor, 
et les Délinquans. R. àXxri (alké) ; 
(j./vo; ( menas ). 

Alcikoijs , esprit vigoureux; 
roi des Phéaciens , dont Homère 
a célébré les jardins, et qui depuis 
passa pour le dieu du jardinage. 
Etym. èi.\xh', vovç (nous), esprit, 
sens. 

Alciphrok, esprit fort, sensé. 
Etym. àlxh '} fp^''t £voç (^ phrén , 
t'/jos), esprit, sens. 

1. Alcippb, nom de bergère, 
dans les poètes bucoliques. 

a. — Nom de guerrier. Etym. 
àAxïij l'irTfo; (Jiippos), cheval. 

Alcisthèke, force secourable ; 
Sybarite fameux par la somptuo- 
sité de ses habits. Etym. àXxyj; 
cOivuv ( sl/ienein ) , pouvoir. Ces 
étymologies n'ont pas beaucoup 
de rapport avec le caractère du 
personnage. 

Algitiioé , défense prompte ; 
nom d'une des filles cle Minée. 
Etym. âXxYi ; âéoi; (thoos), prompt. 

ÀlcmÈne, /èwzm€_/b/te ou sen- 
sée; mère d'Hercule. Etym. à\xn', 
(jt/vctv (menein), soutenir, ou fx/voç 
(menas'), esprit, sens. 

Alcora, déesse qui donnait la 
force aux voyageurs. R. àXxn- 

Alcteh, (jui chasse (les mala- 
dies) ; surnom d'Esculape. R. 
à)x£~v (alkein), défendre. 

Alecto, une des trois Furies. 
R. a priv. ; X-^yztv (légein), cesser; 
jiarce qu'elle tourmente les pervers 
sans relâche. 

1. Alectryon , jeune homme 
changé en coq. R. àhxzpvùiv (alec- 
truon), coq. 

2. — Surnom d'un Athénien 
qui portait une crOte sur la tête. 

Alemoka, dées.se tutélaire des 
<;nfans avant leur naissance. R. 
ttlcre , nourrir. 



ALE 

Alko, dieu des jeux de hasard ; 
surnom do Mercure l\. aléa, 
jeux de hasard. 

Alétiiès , véritable ; nn des 
compagnons d'Enéc. R. à)iy)6»jç 
(aléthês), certain, véritable. 

Aléthopiiile , ami de la vérité; 
nom qu'ont pris souvent les écri- 
vains modernes , et surtout les 
satiriques qui ont craint d'être 
connus. Etym. àXnG-Jjç; (pîXtiv (phi 
lein), aimer. 

Aleuromantis, surnom d'Apol- 
lon, présidant à la divination par 
la farine. Etym. ahvpov (aleuron) , 
farine. R. àhTv (^alein), moudre; 
fj.ocvTi; ( maniis), i\e\ in. 

Alexamène, Etolien, tua Nabis, 
tyran de Lacédémone, et fut tué 
à son tour par les Lacédémoniens , 
au milieu du palais. Etym. àk'^ttv 
(alexein), repousser, défendre. 

Alexardre-le-Grard, fils de 
Philippe, roi de Macédoine, élève 
d'Aristotc, admirateur de Pindare 
et d'Homère , vainqueur des Per- 
ses, protecteur généreux de la 
mère et de l'épouse de Darius, 
fondateur d'Alexandrie et de plus 
de villes qu'il n'en détruisit, ami 
éclairé du commerce et des arts, 
aussi habile à conserver ses con- 
quêtes qu'heureux à les faire ; mais 
meurtrier de Clitus , de Parmé- 
nion et de Philotas, enivré par la 
victoire , égaré par l'orgueil au 
point de se croire nn dieu , gâté 
par la llatterie , amolli par le luxe , 
livré à la débauche, aliéna les 
cœurs des Macédoniens , en adop- 
tant l'habit et les mœurs des Per- 
ses , devint jaloux lui-môme des 
grands capitaines qui avaient par- 
tagé ses exploits : de Perdiccas , 
parce qu'il était belliqueux ; de 
Lysimaque, parce qu'il était bon 
général ; de Séleucus , parce qu'il 
était courageux ; d'Antigone , à 
cause de son humeur libérale; 
d'Attalc, à cause de la dignité de 
son extérieur; de Ptolémée, parce 
qu'il était heureux, et mourut à 
Babylone, 'd'un excès de vin, à 
trente- deux ans. « Je laisse, dit- 



ALE 

il en mourant, mon empire au 
plus digne; mais je vois que mes 
meilleurs amis célébreront mes 
funérailles les armes à la main. » 
Trois artistes seuls eurent la per- 
mission de travailler à son por- 
trait : Praxitèle, en sculpture; 
Lysippe, en fonte , et A[)elle,en 
peinture. Un savant jésuite, André 
Schott, a recueilli les noms des 
rois qui ont eu la manie d'avoir 
quelque ressemblance avec Alexan- 
dre, et a détaillé les extrava- 
gances que cette folie leur a fait 
faire. Etym. à).£?£tv {ulexein) , 
protéger; âv/ip, y.-i5fj\- (aiu'r, an- 
dros), guerrier. Ainsi Alexandre 
veut dire : Guerrier protecleur. 

Alexa>drocoi,ac-ï; , flatteurs 
d'Alexandre. R. xô/a| ( holax ) , 
llatteur. 

ALKXA^ÉM1AS , surnom donné 
au philosophe Empédocle , qui 
avait la prétention de maîtriser 
les vents. Elyra. à/t^eev; âvEfxo; 
( anenws ), vent. 

Alex A.SOR , i^uerricr secourablc; 
héros grec, fils de IVIachaon. Etym. 
?ù.éi,tL-/ ; àv/ip (anér), vir. 

ALEXAnQCE , qui défend l'auto- 
rité ; nom d'Iiomnje. Athénée 
parle d'un Alexarque , frère de 
Cassandre , roi de Macédoine , qui 
portait jusqu'au ridicule l'airecta- 
tion de ne pas parler comme un 
autre. Ainsi il appelait un coq, 
ôpQoÇoàv {orLlioboaii) , qui a la voix 
aiguë; tui barbier, ^poxixtofiv (^bro- 
tokerên), qui rase les mortels, etc. 
Ce genre d'affectation s'est renou- 
velé plusieurs foi.s depuis. Etym. 
à).£?£iï ; àp;^/) {arche), commande- 
ment. 

Alexicacxjs , qui chasse les 
maux; surnom d'Apollon , de Nep- 
tune et d'Hercule. Etym. ùli^ny ; 
xaxô; {kakos), méchant; xaxôy (Aa- 
kon), mal. 

Alexiclès, quidéferulla gl >ire / 
nom d'homme. Etym. k).iî,tiv; 
x),/o; {kleos)y gloire. 

Ale.xikds, philosophe grec, 
granil dispuleur, zoïle d'Aristote, 
périt d'une piqûre de roseau , eu 



ALL ij5 

se baignant dans l'Alphée. R- 

Alexios, médecin , ami de Ci- 
céron. M. R. 

Alexippk , médecin d'Alexan- 
dre-le-Grand. Etym. àli^ziv; 1-k- 
cjo; (/h)3/^o.s), cheval. 

Alexis, nom commun à divers 
personnages , poètes , philosophes, 
savaus, empereurs. Athénée parle 
d'un poëte de ce nom, grand gour- 
mand. De mauvais plaisans lui 
demandaient un jour quel mets il 
aimaitle mieux. Il répondit •.S/jer- 
moli^os tjstos. Ce jeu de mots 
n'est pas traduisible : rrntpaoAÔyoi; 
veut dire à la fois une sorte d'oi- 
seau et un bavard , blaiero. Etym. 
îiTEe'pEcv (speirein), semer; io/oj 
(logos), discours. R. à/£?£!v. 

ALGincM , ville d'Italie, voisine 
de Tusculum , ainsi nommée d'«/- 
gor, froid , algidus , a , um , glacé , 
parce que l'air y était d'une exces- 
sive fratciieur. 

AtiGER, ALES, ailé; surnoms de 
l'Amour, que les poëies peignent 
avec des ailes. Etym. ala , aile; 
gerere , porter. Phurnutus l'ap- 
pelle TrIspuTo; (pieroios) , alatus. 
R. 'nlipov ipleron), aile. 

ALlME^TICs, préteur romain , 
avait écrit des Annales. Etym. 
alimenium. R. alere , nourrir. 

Alitebius, ia, surnoms de 
Jupiter et de Cérès, protecteurs 
des moulins à blé. R. àXiïv (alein), 
moudre. 

Allaktas , nom de cuisinier 
dans les comiques grecs. R. àUàç 
Udlai), saucisse, boudin, farce, 
hachis. 

ALLiÉ>ns, préteur de Sicile, 
contemporain de J. César, peut- 
être de l'Allia, fleuve d'Italie. 

Allivs Fl'scus, consulaire, une 
des victimes de la cruauté de Com- 
mode. D'allium, ail, ou à'Allium, 
ville voisine d'Ostie. 

Allobrogicus , surnom que 
O. Fabius tira de la défaite des 
Allobrnges, peuples gaulois. 

Alloprosallos , inconstant ; 
surnom de Mars. Etym. â'//.&; 



rj(> 



ALT 



Trpo; Hlov (allos fjros alloii) , alitis 
adalium.R. aXXo; , autre; Trpo; , 
ad, vers. 

Aij-yi A., nourricière. Vénus avait 
sous ce surnom un autel à Rome. 
R. alej'e, nourrir. 

Alochus , (épouse) de Jupiter ; 
surnom de Thémis. Etym. a pour 
au.a (Jiatna), lix°'^ (lechos), lit. R. 
lcytGBa.1. (legesthai) , se coucher. 

Alogos, sans raison; nom que 
les Egyptiens donnaientà Typhon, 
comme représentant les passions 
ennemies de la raison, tandis 
qu'Osiris était dans ce monde ce 
que la raison et la pensée sont 
dans l'homme. Etym. a priv. ; 
Xoyoç (logos), raison. 

Alopécius , nom sous lequel 
s'est déguisé Vossius. R. àltinrif , 
Yjxoç (alopéx , écos), renard. 

Alopecoisesi's, ile ainsi nommée 
parce que les Athéniens avaient 
reçu de l'oi'acle ordre d'y bâtir 
une ville à l'endroit où ils trouve- 
raient des petits de renard. Etym. 
à.\é-rz-n^ ; v^'toç (nésos), île. 

Alpes, montagnes qui séparent 
la France de l'Italie. On dérive 
ce nom des neiges éternelles qui en 
couvrent le sommet. R. àXcpo; (al- 
ph s), blancheur. 

Alpiiésibée , qui reçoit des 
bœiif's ; nom de femme. Avant l'u- 
sage de l'argent, les amans of- 
fraient aux (illes qu'ils voulaient 
épou.ser , "les troupeaux, etc. , et 
les plus belles recevaient plus de 
présens que les autres. Etym. 
ià^ntv (alpliein) , Iroaver. R. àXtpa 
(alpha); ^îi^(Lous), bœuf. 

Alpimis, poëèe romain , avait 
chanté les exploits de Memnon 
dans un style qui lui vaut dans 
Horace l'épithéte de turgidus , 
boursouflé. Etym. Alpes. 

Altelltjs , surnom de Rorau- 
lus , quasi in terra altus. R. alere, 
nourrir, ou alius , é[e\é. 

Altinos, Romain, soupçonné 
d'avoir trempé dans la conjura- 
tion de Pison , fut relégué dans 
les iles de la mer Eg<''e. Dérivé 
d'a'tus. 



A MA 

Altor , nourricier ; surnom de 
Pluton , parce que tout ce qui a 
vie .sur la terre se nourrit de la 
terre. R. alere , nourrir. 

Alum»us, Alumka, nourricier , 
'Cière ; surnoms de Jupiter et de 
Cérès. M. R. 

Alype, joyeux; ami de saint 
Augustin , qui aimait beaucoup les 
spectacles. Etym. a priv.; l-ivm 
(lupé) , douleur. 

Àlvsi us , qui chasse les soucis ; 
surnom de Bacchus. Etym.aaugm.; 
\\itiv (luein) , dissoudre. 

Alyssa , fontaine d'Arcadie qui 
avait la propriété de guérir les 
morsures des chiens enragés. Etym. 
a priv. ; \\iG'jOi ( lussa ) , rage. 

Amable, aniabilis ; nom d'hom- 
me. R. atnare , aimer. 

Amalec , qui lèche, ou plutôt 
qui frappe les peuples ; petit-Gls 
d'Esaii , père des Amalécites, qui 
habitaient l'Arabie déserte. 

Amaltiiée, chèvre qui nourrit 
Jupiter. Etym. àaaXôî'Uîiv (ainal- 
theuein) , nourrir, enrichir. R. 
a(xa (hama), ensemble; aXGstv 
( althein ) , augmenter. 

Amaltheum , nom qu'Atticus 
avait donné au musée d'une de ses 
maisons de campagne. 

Aman , qui l'afflige ; Amalécite , 
favori d'Àssuérus, jura la perte 
des Juifs; mais le roi, détrompé 
par Estiier, le fit attaclier au gibet 
haut de cinquante coudées , qu'il 
avait préparé pour Mardochée. 

Amand, aimable; nom d'iiomme, 
de aniandus , partie, futur passif 
du verbe a mare , aimer. 

Amaktius , valet de chambre 
de l'empereur Arcadius. Môm. 
étym. 

AMARA^THE, nomdeflcuretde 
femme. Etym. a priv.; p.apziv£tv 
( maraineiti ) , (létrir. 

Amaryllis, nom de bergère 
dans les poètes bucoliques. R. à,u.a- 
pt; ( anuiris) , can^l d'arroseraent. 
D'autres le dérivent de p.api7/) (ina- 
rilê) , suie; et alors ce mot com- 
posé d'à priv. ou augm., et de 



Ai\IB 

maille , signifierait blanche ou 
lidlée . 

Amasètb , qui n'a pas maiu;é ; 
nom tle p;irasite dans Alcipliron. 
Ejym. a priv. ; mas-àî-Gac (nimas- 
thai) , manger goulûment. 

Amat, nom d'homme. K.aniare. 
Ainata , femme du roi Lntinus , 
se pt-ndit de dcsespoir de ce 
qu'Enée , vainqueur de Turnus , 
épousa sa fille Lavinie. M. R. On 
donnait aussi ce nom à une nou- 
velle vestale , lors de sa consécra- 
tion , parce qu'il avait été celui de 
la première de toutes. 

A.MAZO>ES . femmes belliqueuses 
qui se brûlaient la mamelle gauche 
pour mieux tirer de l'arc. R. apr. ; 
fAa^b; ( r/iazos ) , mamelle. 

Amazonia. Commode avait 
donné ce nom à Marcia , sa mai- 
tresse , qu'il avait fait peindre en 
amazone. 

Amazomus. Les flatteurs de ce 
jirince avaient donné ce nom au 
mois de décembre , parce qu'il 
aimait lui-môme à porter ce sur- 
nom. 

Amboise, ville de Touraine, 
en latin j4mbacia, ab ambientibiis 
acquis, 

Ambologera, qui chasse la ca- 
ducité ; surnom de Vénus. Etym. 
àvaÇaÀ/£!v { anaballein) , rejeter; 
y/puv (geràii), vieillard. 

Ambbacie, ville maritime d'E- 
pire. Etym. àu,tpî ( amphi ) , au- 
tour; ^pax^'v (^rac/ie//i), retentir. 

Ambboise, immortel; nom d'un 
des Pères de l'Eglise latine. R. a. 
priv. ; jSpoTo; ( brotos ) , mortel. 

Ambroisie , mets des dieux. 
M. R. 

Ambryo>, nom d'homme. Etym. 
àvà (aiia) , préposit. qui a force ré- 
duplicative ; fip-Jtiv (bruein), pous- 
ser, rejaillir. 

Ambcstcs , surnom des Fabius , 
tiré d'un Romain de cette famille 
qui avait été endommagé par la 
foudre sans perdre la vie ; ce qui 
lui fit donner avec le surnom 
d'eburiius , d'ivoire, celui de pul- 
lus Jovis , chéri de Jupiter, d'où 



AMO 127 

vient liullus. Ainburere, brûler 
autour. Fest. 

AmeIb^e, musicien célèbre chez 
les Grecs. R. àu.z'Çav [ameibein) , 
chanter tour à four. 

Amélie, nom de femme ; a priv. 
ouaugm.; utlîXv (meleî/i), avoir 
soin; c'est-à-dire négligente, ou 
plutôt soigneuse. 

AsiÉLitJs, philosophe d'Apamée, 
disciple de Plotin et maître de 
Porphyre. Mt'm. étym. 

Amétor, sans mère ; musicien 
grec qui le premier, au rajiport 
d'Athénée, chanta sur la lyre des 
chansoiisamoureuses. Etym. a pr.; 
fjiY)Tï)p (méter), mère. 

Amicds ac Dexter , surnom 
d'Hercule, regardé comme dieu 
du gain. 

Amie>s , en latin A mbianum. V. 
Amboise. 

Aminadab , généreux ; pieux 
lévite ciiez lequel on déposa l'ar- 
che ramenée du pays des Philis- 
tins. 

AMi»ON, archonte d'Athènes. R. 
â/xEivuv (ameinôn) , meilleur. 

Amipsias, poète comique grec 
cité par Athénée. R. àun'Çêiv, al- 
terner; fut. I àu.itd'ai (ameipsô). 

A3iM0> , le fils de mon peuple ; 
fils incestueux de Lolh, fut père 
des Ammonites. 

i.Ammomcs, philosophe d'A- 
lexandrie, forma le projet de con- 
cilier toutes les religions et toutes 
les écoles des philosophes. Etym. 
âu.p.0; (ammos), sable. 

2. — Nom que s'est donné un 
savant nommé Vandermr.ucle. 

Ammothée , qui court sur le 
sable j nom de Néréide. Etym . 
«fifio; ; ât~y (thein) , courir. 

Ammok , nom d'un villageois 
dans Alciphron. Etym. àiAvo; {am- 
nos ), agneau. 

Am>on , fidèle ; fils aitié de Da- 
vid , dcshoiioia Tharaar, sa sœur, 
et fut assassiné par Absalon, son 
frère. 

Amométhcs , historien grec. R. 
a priv.; fj.otu.t'.'jQy.i ( mdmeislhai ) , 
se moquer. 



ia8 



AMP 



Amor , nom propre qui se lit 
dans une inscription de Kome : 

Conditus hic Amor est dictus de nomine 
patris ; 
Heu ! miseri patris conditus hîc Amor est. 

Amos , fer ; le quatrième des 
douze petits prophètes. 

Ampelis , nom de courtisane 
dans Lucien. R. a^t-vitloi {ampe- 
los), vigne. 

Ampelisca, l'élite vigne; nom 
de jeune fille dans Plante. M. Fi. 
f^u'jémpelis. 

Amphicléa, célèbre; nom de 
femme. Etym. à/jcpc (amphi), au- 
tour; xh'oç {kleos), gloire. 

Amphichate, dont le pouvoir 
s'étend de tous côtés. Un écrivain 
grec de ce nom avait fait une his- 
toire des hommes illustres. Etym. 
àfxtfit , xpotTo; {kratos ) , force. 

ÀMPHichiTE , nom d'homme. 
Etyta. àf^tpi , xptTyj; {kriti's), juge. 
R. xçiivci.v{krinein), juger. 

Amphidamas, qui dompte de 
tous côtés; nom de guerrier. 
Etym. à.i/.tf>\ , <îaf/.^v (daman), 
dompter. 

AwPHiDEXius, qui se sert des 
deux main- ; surnom qu'Homère 
donne à un de ses héros , Asléro- 
pée. Etym. ù/xtpt , de tous cotés; 
(îe^ca (dcxia) , main droite ; (îf^to; 
{dexios) , adroit. 

Amphiétks, anniversaire; sur- 
nom de Bacchus, pris du retour 
annuel des ft'tes en son honneur. 
Etym. àutpî , EToç (etos), an. 

Amphigyeis, boiteux des deux 
côtés; surnoin de Vulcain. Etym. 
àatfl , yvlov (i^uion) , pied. 

Amphilie , fille d'Ariston et 
femme du fils de Jamblique , fit 
profession de lu philosophie pla- 
tonicienne. Etym. àvoifihiv (ana- 
philein), composé d'âvà , prépos. 
qui marque réciprocité , et de 
(pi'Xctv , aimer. 

AïiPHir.oQUE , qui place des 
embuicades de tout côté; héros 
grec au siège de Troie. Efym. âfitpî, 
16)(o; (locltos) , embûche. 

AîiPHiLvTts , devin d'Acarna- 



AMP 

nie, détermina Pisislrate à s'em- 
parer du souverain pouvoir. R. 
AvEtv (lucin), délier. 

Amphimaque, qui combat de 
tous côtés ; héros grec au siège de 
Troie. Etym. àiJ.<fl, fAa;^£(70ai (ma- 
cheslhai) , combattre. 

Amphimédok, qui commande au 
loin; nom de roi ou de général. 
Etym. à/i<p« , fu'iîetv (medein), com- 
mander. 

AMPHIMÈ^E , nom d'homme. 
Etym. âu.(pi , fX£voç (menos), esprit, 
ou ft.£vny (meneiii), soutenir. 

Amph I ^OME , qui pail ses trou- 
peaux de tous côtés ; nom de nym- 
phe. Etym. à/x(pi , vi'fiEiv {nemein), 
faire paître; vofAsùç {nomeus), pas- 
teur; voavi(iiomé), pâture. 

Amphikomus. Ce héros de la 
pieté filiale doit trouver son rang 
partout. Dans une éruption du 
mont Etna, Anapius son frère et 
lui , se chargèrent , pour toute 
richesse , de leurs parens âgés , et 
curent le bonheur de les sauver. 
M. R. 

Amphion, héros grec. Etym. 
ocficfo^ov ( amphodon ) , chemin 
fourchu , parce qu'il y était né. R. 
à/i(pt , iSo; (odos) , ciiemin. 

AjiPHiPOLis, au]. £mboli, ville 
située entre la Macédoine et la 
Thrace , était ainsi non^mée parce 
qu'elle est environnée d'eau. 

Amvhipyros , qui tient une 
flamme dans chaque main ; sur- 
nom de Diane. Etym. à.\i.<f\ , irûp, 
TTupo; {pur,puros), feu. 

AwpHiRRoÉ , qui coule de tous 
côtés ; nom de Néréide. Etym. 
àfiip} , p£?v (l'iiein), couler. 

AwpHisTHÈKE , Lacèdémonien 
qui devint furieux en sacrifiant à 
Diane. Etym, àatp} , (tÔevoç {slhe- 
nos), force. 

Amphistrate, conducteur du 
char d'Hercule. Etym. âptpj , çpa- 
rlç (straios) , troupes. 

Amphithalès , surnom de Cupi- 
don , c£ui exprime la réciprocité né- 
cessaire pour entretenir l'amour. 
Etym. à/j.<f)c , ââlUiv (thallein), 
germer, fleurir. 



AMY 

Akifhithémis, chef tliébnifi. R. 
Ç>iu.ii(T/iemis), Justice. 

Amphithéus, qui est dieu des 
deux côtes ^ personnage qu'Aris- 
tophane introduit dans ses Acluir- 
iiieus, cl (iii'il suppose aussip.-avrc 

3UC noble. Etyni. à.o.yî} 5/oç (l/ieos), 
icu. 

Amphithoé, f/ui court de toits 
côtés; nom de Néréide. Etyn:ol. 
àoitpl ; âéo; (thoos), prompt; on 
2tXv (theiit), courir. 

Amphitrite, déesse de la mer. 
Etym. àp-f t ; xpîStiv {tribein, te- 
rere , trii'i , iritiim) , user {)ar le 
frott^'ment , parce que la mer en- 
%'ironiiaiit la terre, la ronge tout 
autonr; ou rpûv {tvein), épou- 
vanter. 

Amphitryok, qui brise tout au- 
tour de lui: héros grec. R- ày-'f t ; 
Tpviiv ( truein ) , briser. Ariiobe 
nous apprend que la comédie de 
Plante dont ce prince est le sujet , 
était si estimée des Romains, que 
sous le règne de Dioclétien on la 
faisait encore jouer dans les cala- 
mités publiques , pour apaiser le 
courroux de Jupiter. 

Amphitus , cocher de Castor et 
de Pollux. Etym. àfj.<f\; sTfA! (eiini), 
aller. 

Amphora , bouteille ; surnom 
donné à Bonose , empereur ro- 
main, un des trente tyrans, grand 
buveur, qui se pendit , et dont on 
dit alors ; Amphora pendet , non 
hoino. Etym. âvaepEpEtv (anaphe- 
rein), ou plutôt àjjiificpepEcv (am- 
phipherein ) , porter des deux 
côtés, parce que l'amphore avait 
deux anses. 

AiivcTUS , qui n'est pas consa- 
cre; surnom sous lequel Mercvire 
était honoré dans la citadelle 
d'Athènes. Etym. a priv. ; (aveiv 
( rnuein ) , consacrer. 

AMY^ A>-nRE , guerrier vengeur; 
nom de guerrier. Etym. àuijvE'.v 
(aniunein) , secourir, venger; 
âv»ip(ane»'), àvôpoç (andros), vir. 

Amynias, frère putné d'Eschyle. 
Le poëte , condamné pour avoir 
blessé la religion du pays dans im 



ANA 



I-2(J 



de ses drames , était sur le jioiut 
d'être lapidé, lorsqu' Amynias re- 
jetant sa rohc , montra an peuple 
qu'il était manchot. Il avait perdu 
la main au combat de Salamine , 
où il avait remporté le prix de la 
bravoure. Cette vue toucha les 
Athéniens , qui firent grâce au 
condamne. \\. àu/j-mv. 

AMv^OMAC^lUs, guerrier défen- 
seur; nom de guerrier. Etym. 
àaiîvEiv; uoiyvi (mac/ié) , Combat. 

Amyntas, nom commun à plu- 
sieurs rois de IMacédoine. R. âu.v- 

V£tV. 

Amyntickus, vengeur; nom de 
guerrier. R. âfA-Jvstv- 

A^AB/E^o^ , qui i-ei'ient sur ses 
pas; premier nom du Méandre, 
tiré des sinuosités de son cours. 
Etym. àvaSatvstv {anabainein) , 
revenir. R. àvà (ana), prépos. 
ayant force rédupliiative ; fiy.rjsi-j 
(bainein), marcher. 

A^ACHARSIs, philosophe scytiie, 
contemporain deSolon. C'était lui 
qui comparait les lois au.x toiles 
d'araignée. Les moucherons s'y 
prennent , mais les guêpes passent 
à travers , etc. ; idée que ce vers de 
La Fontaine rend avec précision : 
Où la guêpe a passé, le moucberondemeare. 

Il inventa , dit-on, la roue de po- 
tier, fut très-sobre , et périt de la 
main de son frère , pour avoir 
voulu introduire les usages de la 
Grèce dans son pays. Etym. àva- 
/atpsiv {anachairein) , se réjouir 
de nouveau. R. ya-i^^^v. 

Akacréos , poète grec qui a 
chanté les ris , les jeux et les 
amours. R. âvà; xpsEiv {hreein) , 
commander. 

A^ADïOMÈ^■E , surnom de la 
Vénus qu'Apclle peignit sortant 
des flots. Ce célèbre tahlcau , con- 
sacré à Vénus par Auguste, périt 
de vétusté du temps de Néron , qui 
en fit refaire un autre par le peintre 
Dorothée. Etym. àva<îv£iv ( ti/ia- 
duein), sortir de l'ean. R. àvà , 
préposit. ayant force réduplica- 
tive, et S-jtiv (duein) , plonger. 



i5o 



ANA 



AvuE-it^i A, impudence; divinité 
des At.liéiiiens. Etym. oc priv. ; 
alSèii; (atWôs), pudeur. 

A>AGKOSTES, lecteur; surnom 
que Platon donnait à Aristote , 
tiré de la variété immense des 
connaissances qu'il devait à ses 
lectures. Etym. àvaycvwo-xuv (a/îa- 
giiwskein), lire. R. yivaxrxtiv (gi- 
nôskein ) , connaître ; de yvou 
[gnoé), même sens. 

Analphabettjs, surnom donne' 
à l'empereur Justin , pour expri- 
mer sa profonde ignorance. Etym. 
a priV.; a.\tfa.{alpha) ; (STira (bêta), 
les deux premières lettres de l'al- 
phabet grec. 

Akalyticophilus , qui aime 
Canal/se / surnom sous lequel 
s'est caclié Placcius , jurisconsulte. 
Etym.àvaXuEiv {aiialuein) , décom- 
poser. R. àvàcj Xvttv (Zae»i) , dis- 
soudre; cpcXo; (philos) , ami. 

AnaNias, grâce de Dieu; un 
des compagnons de Daniel. 

Anamius, poêle grec, qui avait 
écrit envers iambes. Etym. «priv.; 
mla. ( ania ) , tristesse. 

Anapauomène , interinitlente / 
fontaine de Dodone, con.sacrée à 
Jupiter,aiDsi nommée parce qu'elle 
tarissait à midi , se remplissait le 
soir , débordait à minuit et décrois- 
sait jusqu'au lendemain. Etym. 
àvar;TaiJO|j.6Vo; , part. pr. ; àvaCTavîtr- 
Gac ( anapauesthai ) , cesser de 
nouveau. R. •cravEiv ( pauein ) , 
faire cesser. 

An APHJEUS, surnom d'Apollon; 
d'Anaphé, ilc ainsi nommée par 
les Argonautes, parce qu'elle leur 
apparut tout à coup après une 
violente tempête. Etyra. àva'.paû) 
(anaphcK)), reparaître. R. âvà; 
(poco) ( phad ), luire. 

Akastase , empereur d'Orient. 
Etyra. àvauToto-i; ( anastasis ), ré- 
surrection ; taxavat (islanai), être 
debout; àvccravai {anistiuiai) , se 
relever. 

Anastasie , nom de femme. 

M. R. 

Anasyrtopolis , nom ou sur- 
nom d'une courtisane de l'anfi- 



ANA 

quité!Etym.àva(jvpnv(aMaj«m/i), 
se montrer d'une manière indé- 
cente. R. âvà ( ana), en haut;. 
ffvpEiv ( surein ) , tirer. 

1. Anatole, une des lieuiesdu 
matin. 

2. — Nom d'homme. R. àva- 
To^/) { anatolê) , lever du soleil, 
orient; -ztWny (telleiii); àvaTt).- 
Xsiv ( anatellein), faire lever, se 
lever ; parf. moy. xtrôXa. 

Anatolie, partie de l'Asie mi- 
neure^ P^ys du Levant. Mâra. 
étym. 

Anauhus . fleuve deThessalie. 
Etym. a priv.; avpa (aura), air. 
Lucain rend raison de ce nom dans 
ces vers : 
Quitjue nec humentes neiulas, nec rare ma- 

dentem 
Aéra , nec tenues venlos aspirât Anaurus. 

« L'Anaurus , d'où ne s'élèvent ni 
rosées, ni brouillards. » 

Anaxagouas, cAe/' du bari'eau 
ou de la place publique; philo- 
sophe célèbre, né à Clazomène, eut 
pour maître Anaximène, et pour 
disciple Périclès ; voyagea en Egyp- 
te, eut des idées saines sur la na- 
ture de l'Etre-Suprôme; étudiait 
les ouvrages de la Divinité sans se 
môler des affaires des hommes ; 
fut fort désintéressé , et si sé- 
rieux, qu'on ne le vit jamais 
rire. Condamné par contumace à 
Athènes , il répondit avec calme : 
« Il y a long temps que la nature 
a prononcé le raCme arrêt contre 
mes juges. « Ses amis lui deman- 
dèrent, dans sa dernière maladie, 
s'il souhaitait qu'on transportât 
son corps dans son pays? « Non, 
répondit-il , le chemin qui mène 
aux Enfers est aussi long d'un lieu 
que de l'autre. » On mit sur son 
tombeau deux autels , l'un dédié 
au Bous Sens , l'autre à la P'erité. 
Socrate n'estimait pas beaucoup 
les ouvrages de ce philosophe , 
et lui reprochait d'avoir préféré 
l'étude de la physique à celle de la 
morale. Etym. aval ( anax ) , roi ; 
àyopà ( agora ) , barreau , marché. 
K Noï's'. 



ANA 

A^•AXA^DRE, roi de Sparte. On 
lui ilcniandait pourquoi les Lacé- 
démoiiiens n'avaient point de tré- 
sor : « C'est , dit-il , afin qu'on ne 
corrompe pas ceux qui en auraient 
les clefs. » Etym. avaÇ; àvyjp , àv— 
êph^ ( ancr, andro. ) , homme de 
cœur. 

Anaxakdride, poëte comique 
de Rhodes , contemporain de 
Philippe, roi de Macédoine, fit 
jouer soixante-cinq pièces, et rem- 
porta dix fois le prix. Il fut le pre- 
mier qui introduisit sur la scène 
les intrigues amoureuses. Suidas. 
Mém. étym. 

Akax ARÊTE, jeune fille de 
Salarainc, que Vénus changea en 
pierre , en punition de son insen- 
sibilité. Etyra. ava? j âpe-r/i ( areté), 
vertu . 

A^AXARQ^E, qui commande 
aux roisj philosophe sceptique, 
favori d'Alexandre-le-Grand , iui 
parlait avec liberté. Ce prince, qui 
avait la manie de se dire fils de J u- 
piter , s'étant blessé , Anaxarque 
lui dit, eu voyant le sang qui cou- 
lait de sa blessure : « Voilà du sang 
humain, et non pas de celui qui 
anime les dieux. >» Etym. ava? » 
âpx^ (firchc) , principe , comman- 
dement. 

A>AxiBiE , sœur d'Agamemnon. 
Etyra. à'vaÇ ; jSta ( hia), force. 

Ànaxiclès, t^loire du prince; 
nom d'homme. Etym. ava|; xÀ£oç 
( kleos ) , gloire. 

Akaxicrate , pouvoir du 
prince ; archonte athénien. Etym. 
ava$ ; xpxTo; ( kratos ), puissance. 
A^AXIDA^IE, (juidompteles rois ; 
roi de Sparte. On lui demandait 
qui avait l'autorité dans Sparte? 
— « Les lois , répondit-il. » Etym. 
«va? ; (îafxàv ( daman ) , dompter. 
Anaxilas , tyran des Rhégi- 
niens , régna avec autant d'équité 
que de sagesse. Etym, «va?; Xaoç 
( Laos ) , peuple. 

An AXi M A >" DR E , philosophe 
grec, disciple de Thaïes, établit 
Vinjîni pour principe de tous les 
ôtres, observa le premier i'obli- 



ANC 



101 



quité de l'écliptique, enseigna que 
la lune recevait sa lumière du 
soleil , soutint que la terre est 
ronde, inventa les cartes géogra- 
phiques , les sphères, etc. Etym. 
avaÇ; fi-oivSpa. ( mandra ) , parc, 
communauté. 

Anaximène , philosoplie grec, 
disciple d'Anaximandre , ensei- 
gnait que l'air était le principe de 
toutes choses. Pline lui attribue 
l'invention du cadran solaire. 
Etym. avaÇ; fxEvoç { inenos ) , es- 
prit, sens. 

Akaxipolis, poète comique. R, 
CToXi; ( polis ) , ville. 

Akaxippe , poète comique grec 
de la nouvelle comédie, contem- 
porain de Démctrius Poliorcète, 
disait que les philosophes n'étaient 
sages que dans leurs discours et 
dans leurs écrits. Etym avaÇ ; 
iTTrjoç {hippos), cheval. 

Ainaxirhoé , héroïne grecque. 
R. pe~y ( rhein ) , couler. 

A^•AKIS, historien de Béotie, 
avait conduit son histoire jusqu'au 
règne de Philippe, (ilsd'Amyntas, 
roi de Macédoine. R. âvoc? (a/?ax). 
Anaxithée, une des Danaïdes. 
Etym. avaÇ; âth. { thea ) , déesse. 
Anaxo , reine; nom de femme, 
R. avaÇ. 

Ancharia, nom d'une famille 
romaine , le même qu'Asellia. 
Etym. ancharius , âne, ou bête 
de somme 

Anchimolus, qui ne i'ienl pas 
de loin; sophiste d'Elis , qui vi- 
vait d'eau et de figues. Etym. a.yvi. 
( agchi ) , près ; ^6\tvi ( molein ; , 
venir. 

A^culSE , prince froyen, qui eut 
Enée de Vénus. Etym. ày/j-K^'-'* 
( agchizein) , forcer. 

Ancules, dieux et déesses tu- 
télaires des esclaves ; du vieux 
mot latin anculari, servir; an- 
cilla, servante. 

Ancus, prénom romain, tiré 
d'une infirmité ou d'une confor- 
mation vicieuse du bras , de àyxùv 
( aakôn ) ; cubitus , coude. 

Ancylomktès, rusé; surnom de 

9- 



i3a AND 

Saturne, soit à cause de ses ruses 
envers les Titans, soit parce que le 
temps rend avisé. Etym. àyxiXoç 
( agkulos) , tortu; f^rinç (métis), 
prudence. 

Akdama , qui plaît} nom de 
femme. R. âv<îàv£cv ( andanein ) , 
plaire. 

A>DRAGATHtJ3, traître à sa pa- 
trie, récompensé d'abord, puis 
puni de mort par Lj^simaque. R. 
àvYip , âv<îpo; ( aller, andios), vir, 
homme de cœur. AyaQoç (agathos), 
bon , brave. 

Akdragokas , nom d'homme. 
Etym. àvvip 5 àyopà (agora ) , place 
publique. 

A^DRÉ. généreux, courageux. 
R. àvïip, àv^poç, homme de cœur. 

1 . Andriscus , petit homme ; im- 
posteur qui se dit fils de l^ersée , 
roi de Macédoine, et fut battu par 
les Romains; âviîptaxo;, diminut. 
d'àvï7p. 

•2. — Avait écrit en grec l'his- 
toire de Naxos. M. R . 

Androbius, peintre célèbre , 
cité par Pline. Il avait peint le 
trait héroïque d'un plongeur grec, 
nommé Scylli», qui avait été sous 
l«s ondes couper les ancres de la 
flotte des Perses. Etym. âvrip; jSi'o? 
( hios ) , vie , ou jSi'a ( ùia ) , force , 
effort. 

A^DHOCLÉE, gloire des hommes 
de cœur; Athénienne qui se dévoua 
pour sa patrie. R. àv/jp ; xXt'o; 
( hleO'i ) , gloire, 

A^■DRoGLIDE, Spartiate, dont on 
cite cette réponse bien digne de 
son nom. Il était mutilé, et on 
voulait l'éloigner du combat. Il 
répondit qu'on n'y devait appeler 
que ceux qui ne pouvaient penser 
à fuir. M. R. 

Akdrocrate , force' d'homme 
decœurj héros grec honoré comme 
un dieu. Etym. àvrip ; xpâro; ( kra- 
tos), force. 

AtiDKOc\OE , gloire duguerrierf 
nom de peintre. Etym. àv/jp j 
xviîoç ( kudos ) , honneur. 

A>DRODAMUs , (fui dompte les 
guerriers ; législateur de Chalcis. 



AND 

Etym. àvJjp ; <îa;ji5v ( damcîn ) ,. 
dompter. 

A^DROGÉE, fils de Minos , tué 
par les Athéniens, et dont la mort 
devint la cause du tribut que cette 
ville paya depuis au Minotaure. 
Ety m . àv))p ; yaîa , fh ( guia , gê ) , 
terre. 

A^DI«0GYKE,_/èA/2ff^e virile; sur- 
nom donné à une dame romaine, 
nommée Amaesia Sentia , qui plai- 
da elle-même sa cause en plein Fo- 
rum avec autant d'assurance que 
d'ordre et de netteté, et fut ren- 
voyée absoute. Etym. àvYip, vir j 
yuvï) (giiné) , femme. 

AivDROMACHUS, flatteur de 
Crassus , le livra lui-même aux 
Parthes. J^. le mot suivant. 

A^nROMAQCE,/é/«/He d'un cou- 
rage viril i épouse d'Hector, ne 
prit ce nom que depuis son mariage 
avec ce héros. R. àv/ip ; pa/vi ( wa- 
cAe) , combat. 

A>nROMÈDE , quidonne des lois 
aux hommes ; héroïne grecque 
exposée à un monstre marin , et 
délivrée par Persée qui la disputa 
à Phinée et l'épousa. Etym. àvvip ; 
fj-éSeiv ( medein ), commander. 
D'autres dérivent ce nom de 
fAYj(îo; ( mêdos ) , soin , conseil. 

Ardron , Ephésien, avait écrit 
sur les sept sages. R. âvw. 

A K D R o N I c , vainqueur des 
guerriers j prince grec du Bas-Em- 
pire. R. àvYip ; vîxYi (nikê) , vic- 
toire. 

Ardrom-oe , délateur de ses 
compat notes auprès des Romains^ 
devint odieux à toute la Grèce. 
R. àvop ; tlSoi; ( eidos) , forme. 

Ardrorique, affranchi de 
C. Livius Salinator , fit jouer la 
première pièce de théâtre à Rome, 
quatre cent dix ans après sa fonda- 
tion. M. R. 

Ardrophonos, homicide; sur- 
nom donné à Véuus pour avoir 
fait périr par la peste les Thessa- 
licnnes qui avaient tué Laïs dans 
son temple à coups d'aiguilles. 
Etym. âvïip ; <povo; ( phonos ), 
meurtre. 



ANG 

Andropompe, guerrier thcbain. 
Etyni. àvrip; izi}t.i^tit {pempein) , 
c'uvoyer ; itoy-rm (fjoinjjc) , pompe, 
écLt. 

Androsthètie, force d'homme 
lie cceur ; partisan de Pompée , 
battu par César. Etym. àvvip ; 
ffôfvoç ( stlienos ) , force, 

A ^■ECTUS , tolérahle / uom 
d'homme. Etym. àv£;(£C79ai ( ane- 
chesthai ) , soutenir. R. î'x*'"'' 
( echeiii ) , avoir. 

A » É M o T I s , qui préside aux 
vents j surnom de Pallas. Il lui fut 
donué en mémoire de ce que sa 
statue , élevée par l'ordre de Dio- 
mède , fit cesser les vents, qui 
jusque-là avaient désolé Mothone , 
ville du Peloponèse. R. avsao; 
( anemos ) , vent. 

A>EMPODisrus, çwi n est point 
dans les fers, ou. dans les entraides ; 
nom d'homme. Etym. a priv. ; 
tfiOTOiîiÇccv ( cmpodizein ) , gêner, 
entraver. R. iv(eu), dans;'7rs;, 
■jto^o; ( pous, pndos ) , pied. 

A^ÉMYR.\s. LesTarenlins appe- 
laient ainsi un âne qu'ils sacrifiaient 
aux vents. M. R. 

AjÉsiDORE, source de tous les 
dons j surnom de Cérès. Etym. 
àv(Ti(ji.( ( aniémi) , emiltere , relâ- 
cher , donner ; aivcai; {anesis ), 
émission 5w^o-i ( dôran ), don. 

A^ÉsICS, nom d'homme. Etym. 
av£(jt;, relâchement} àviy)p.t , .re- 
lâcher. R. àvà ( ana )j tu ( eo ) , 
envoyer. 

A> gél I « a. , messagère du Soleil j 
surnom de l'Aurore. Etyni.â'yfE).!); 
(aggelos ), messager , ange. R. à/- 
fcD.ttv ( aggellein ) , annoncer 
nouvelle. 

A.\gÉlion, sculpteur , avait f;iit 
la statue d'Apollon à Délos. 
M. R. 

A^GÉLlQUi; , nom d« femme. 
M. R. 

A^GÉLOcRATGB , uom sous le- 
quel s'est déguisé un savant alle- 
mand , Engelhart , force d'ange. 
Etym. oyrtÀo; ; xoxtoç ( kratos ) , 
force. 

A^GIi^o^E, déesse invoquée par 



ANN 



i33 



les Romains contre l'esquinancie. 
R. an gère , serrer. 

AiNGUiFERj A^GtJlTE^E^s, noms 
latins de la constellation appelée 
le Serpentaire. Etymol. anguis , 
serpent; ferre, porter; tenere , 
tenir. V. Ophitichcs. 

Ai>GUiGEK£, les Thébains, nés 
des deuts d'un dragon , semées par 
Cadnius. Etym. unguis ; gignere, 
genui , genitum, engendrer, pro- 
duire. 

AhGCiPÈDEs, aux pieds de ser- 
pent ; surnom des géants qui vou- 
lurent détrôner Jupiter. Etym. 
anguis ; pes, pedis , pied. 

I. Amcet, invincible ; fils d'Her- 
cule. R. a priv. ; vcîcyi (^niké), vic- 
toire. 

2. — Affranchi de Néron, in- 
venteur du vaisseau que montait 
Agrippine, et qui devait s'ouvrir 
en mer. 

Akicia, famille illustre dès le 
temps de la république romaine, 
et dont l'illustration se soutint 
jusqu'au temps de Cassiodore. 
M. R. 

AmdRytos, qui n'a point d'as- 
siettejîxe ; surnom donné à Timon 
le misanthrope , qui menait une 
vie errante et vagabonde. Etym. a 
priv. ; Êtîpa ( hedra ) , siège ; éipueiy 
( hidruein ) , placer. 

AsiMA.LKs Dii. On appelait ainsi 
les héros qui, après leur mort, 
avaient été mis au rang des dieux. 
R. anima , âme. 

Aisn«;bs, prénom des Sénèques. 
Etym. anna ou annus. 

À>>Ai.is, surnom deVillius,qai 
avait porté une loi qui ne dura 
qu'un an. Tit. Liv., lib. \o. 

AR^E, nom de femme. R. ^voç 
( enos ) , année. Hébr. agréable. 

A>M A, prénom de l'impératrice 
Faustin , femme de l'empereur 
Marc-Autonin. Mém. étym. Dé- 
rivé : Annianus, poêle qui vivait 
sous Adrien. 

Akkibal , généra! carthaginois , 
célèbre par sa haine contre les Ro- 
mains , mit Rome à deux doigts de 
sa perte , lai chercha des ennemis 



i34 



ANÏ 



tlans le monde entier , souleva 
toute l'Asie contre elle , et s'em- 
poisonna pour ne pas tomber entre 
les mains de ces ciuels ennemis. 
Etym. à.v/i6ai(annibas) , gracieux. 
Si cette étymologie grecque d'un 
nom carthaginois,({ueCicéron écrit 
par un H, est fondée, elle donne 
un démenti au portrait odieux où 
Tite-Live a plus consulté les sen- 
timens d'un ami de son pays que 
le devoir d'un historien. 

Atjmbaliakus, dérivé, un des 
grands capitaines formés par l'em- 
pereur Probus. 

AkiMCS , prénom romain. R. 
anntis. 

A>NO>A , déesse de l'abondance. 
Etym. aiinona, provisions de l'an- 
née. R. aimiis, an. 

A^oslA, impie , cruelle; surnom 
de Vénus. Etym. a priv. ; oueo; 
(hosios), saint. ^. Androphonos. 

A^SER, oie; poëte latin, jaloux 
de Virgile, qui l'a immortalisé 
dans sa neuvième églogue, par ce 
vers : 

Sed argutos inter strepere anser olores. 

«. Mêler les cris aigus de Yoison 
aux chants mélodieux des cygnes.» 

Aktagoras, poëte grec, de la 
cour d'Antigone. Ce prince, fai- 
sant un soir la visite de son camp, 
surprit le poète occupé à faire frire 
un poisson. " Crois-tu , lui dit-il, 
Antagoras , que lorsqu'Homère 
songeait à chanter Agamemnon , 
il pensait à quelle sauce le poisson 
était|meilleur ? — Et vous , prince , 
croyez-vous qu'Agameranon , au 
milieu des soins impoitans de sa 
place , se soit avisé de s'informer 
s'il y avait quelqu'un dans son 
armée occupé à faiix; frire du pois- 
son ? » Etym. âvTÎ (anti), contre, 
ou pour ; àyopoi (agora) , barreau , 
place pidjlique. 

A^-rALcID AS, Spartiate, envoyé 
à la cour de Perse , pour l'animer 
contre les Athéniens- On cite plu- 
sieurs mots de lui. Un Athénien 
traita' t en sa présence les Lacédé- 
monien.'i d'ignorans : — «Vous avez 



ANÏ 

raison, dit-il; nous sommes les seul.s 
à qui vous n'ayez rien appris de 
mal. » Un autre se vantait de co 
que les Athéniens avaient souvent 
repoussé les Spartiates des bords 
duCéphise : — «Il est vrai que nous 
ne vous avons jamais repoussés des 
bords de l'Eurotas. » Un rhéteur 
s'apprêtait à lire devant lui Péloge 
d'Hercule : « Qui le blâme ? » dit 
Antalcidas.Etym. àvrî ; à^xvj {alké), 
force. 

AIJTA^DER, guerrier messénien. 
R. àvTt ; àvYip (anér), vir. 

A^TÉA, surnom de la Fortune , 
d'Antium. où elle était honorée. 

A^TÉE , géant de Libye, qui tint 
tête à Hercule. R. àv-rf. 

AKTÉ^OR, héros troyen , fonda- 
teur de Padoue. R. àvrî ; àvrip 
( anér ) , vir. 

A^TERASTVLIS, umour mutuel; 
nom de femme dans Plante. Etym. 
âvTi , de son côté; àvTs'po;, amour 
correspondant; tpàv , aimer. 

A N T É R o s , fils de Mars et de 
Vénus. C'est l'amour léciproque, 
ou amour pour amour. Etym.iivTÎ ; 
tçtwç, (eiôs), amour R. tpàv {cran), 
aimer. Je ne puis mieux le faire 
connaître que par cette jolie fable 
de Bocchius. poète italien : 

CuPlDO ET AntKBOS. 

Olim Cupidinem edilum Venus dédit 
Blondis alendum Gratiis : mater dolens 
Quûd nuUâ earum diligenliâ puer , 
Ipsa ut volcbal, cresceret , moxUeIplUcum 
Oraculum consuluit : inde rettulit 
Hœc verba responsi : .Knl eroii gigneret 
Necesse prorsùs esse. Sic enim fore ut 
Certatim uierque ad usque magnitudinem 
ylccresceret justam. Proindi cum dea 
Kthunc procrcâsset, educundum cl Grains 
Item dedisset ,/actum in ipso tempore est 
Quod Delius cecinerat — Hoc quid yull sibi 
Aliud^ quum oportere esse amorem mutuum* 
In corde amantis nascitur quidem ipse amor; 
Non crescit is tamen, ni amelur invicem. 

Artevorta, divinité romaine , 
qui présidait au.x événemens pas- 
sés. Etym. aiiti, devant; verlere, 
tourner. 

Anthéas, poète de Lydie, fut 
le premier qui employa dans ses 
vers des mots composés. R- âv6o; 
( anthos ) , llelir. 



ANT 

A ^ T H É E , fleurie y nom de 
■fenime. R. âvQo^. 

A^TlIÉLIE^■s , tournés vers le 
Soleil i dieux dont on meltait le si- 
mulacre au - dessus des portes. 
Etym. <xvtî , vis-à-vis ; yj^to; [ht- 
lios ) , soleil. 

A^T^l EMi us , yZeur/,' empereur 
romain. R. av6o;. 

A^TÉMocR!TE, jugB (le ce qui 
estjleurij nom de parasite. Etym. 
av6o; , fleur; xpirriç {krilês), juge. 
R. xpi'vEcv ( krinein) , juger. 

Anthersius , statuaire qui avait 
fait une statue de Diane , placée 
dans un temple de l'île de Ciiio. 
Elle paraissait sévère et presque 
irritée à ceux qui entraient, pro- 
pice et favorable à ceux qui sor- 
taieut.Etym. âvTi ( anti) , contre ; 
Epfxïiç {Hennés ) , Mercure. 

1. k^T ai k. , fleurie ; surnom de 
Vénus et de Junon. 

2. • — Nom de femme, y. Aphia. 
K. àvOoç , fleur. 

A^THl^us, surnom d'un juris- 
consulte romain , nommé P. Fu- 
rius. M. R. 

Ahtuippe, nom d'homme. 
Etym. avGo; ; T-ittoo; ( hipfjos ) , 
cheval. 

AHTHis,nomde femme. R. avBoç. 

A^THlus, Jleuri j surnom de 
Bacchus , auquel on offrait les pré- 
mices des fleurs. M. R. 

Akthocomès , nom d'homme. 
Etym. avOo; ; xô/xrj (koihé), che- 
veux. 

Anthopiiocion , tjui porte des 
/leurs ; nom d'homme. Etym. av- 
Oo; ; (pEpttv [pherein ) , porter. 

Anthracia, nom de nymphe. 
R. âv6pa^ ( anthrax) , cscarboucle. 

Akthkax, nom d'un cuisinier 
daus Plaute. R. ciivQ(>ci^(ant/irax) , 
charbon. 

A^THnoPI^us , périt avec ses 
complices dans une conspiration 
contre Agalhocle, tyran de Syra- 
cuse. Dim. d'av9p(i)T3 0ç. 

Aktuuopographus, surnom de 
Sérapion , peintre gicc , qui excel- 
lait à peindre les figures humai- 
nes. Efyni. OLtOp(j)T;jo<;( an thrnpos), 



ANT 135 

hnmn, homme, en général ; ypot<p£cv 
( ^raphein ) , peindre. 

Amhusa , nom de femme. R. 
âv9o5 , fleur. 

A^TlA , prénom d'une famille 
ronurine, vraisemblablement d'An- 
tium. 

A^TIA^ÉIRA, qui fait tête aux 
guen'iers ; reine des Amazones. 
Etym. àvT( , contre ; àvrip (anér) , 
homme de cœur. 

A^TIAS , surnom de Valenus , 
de la ville d'Antiiim. — de la For- 
tune, honorée dans cette ville. 

Artichthorks. Par ce mol, les 
anciens entendaient , non , comme 
nous, leurs antipodes , mais les 
peuples qui habitaient l'iiémis- 
phère austral. R. àvrl ; yOàv 
{clithôn) , terre. 

Amiclée, mère d'Ulysse, 
qu'elle eut de Sisypiie , qui l'avait 
enlevée. Etym. àv-rî ; xh'oçÇkleos), 
gloire. 

Anticlès, nom d'homme, 
Mêm. étym. 

Akti crate, force opposée ,• 
Spartiate qui blessa Epaminondas 
d'un coup mortel , à la bataille de 
Mantinée. Etym. àvTt ; xpoixo^ 
( kratos ) , force. 

Amicyra, surnom d'une cour- 
tisane grecque qui tournait la tôte 
à ses amans, au point de les obli- 
ger de faire un voyage dans l'ilc 
a'Anticyre, pour s'y guérir avec 
de l'ellébore. D'autres dérivent ce 
surnom du legs dérisoire que lui 
fit le médecin Nicostrate , son an- 
cien amaut. Ce legs consistait eu 
une provision considérable d'ellé- 
bore. Etym. AvTixvpa ( Antikura), 
Anticyrc. 

Artidamas, un des historiens 
d'Alexaiidre-le-Grand. R. àïri ; 
Sxfi-w {danidii) , dompter. 

Asti DORE, philosophe qu'Epi- 
cure appelait Sannidore, eu jouant 
sur son nom ; mot que le traduc- 
teur français de Diogène Lacrce 
rend par en ôleur. Etym. aawo; 
( sannos) , Jatiius , sot ; d'où vient 
Sannion ; Sôipov ( dôron ) , don. 

Amioote, peintre célèbre , dis 



i7)(> 



ANT 



ci[)lt; d'Eiipliranor , eut pour dis- 
ci})lc l'Athéiiicn Nicias , qui excel- 
lait à peindre les femmes. Etym. 
àv-c ; ^t^ovac (didonai), donner. 

A^TIGÈ^E , un des plus braves 
capitaineg d'Alexandre, eut la lâ- 
cheté de livrer Eumène à Anli- 
gone ; et, pour prix de sa perfidie, 
fut brûlé vif dans une cage de fer. 
Etym. àvTÎ ; yî'voç (genos), nais- 
sance. 

A>TiGÉMnE , célèbre musicien 
de Thèbes, exécutant un iour sur 
sa flûte l'air guerrier du Chai-, en 
présence d'Alexandre-le-Graud , 
jeta ce prince dans un tel accès de 
fureur , qu'il saisit ses armes et 
fut sur le point de charger les con- 
vives. Môm. étym. J^. IsMÉMAs. 

1. A^TIGO^Jî, princesse grecque, 
fille d'Œdipe et de Jocastc , cé- 
lèbre par sa piété filiale et par ses 
malheurs. 

2. Ce nom est aussi celui d'un 
des plus célèbres capitaines d'A- 
lexandre , qui se fit couronner roi 
d'Asie. Il disait que la royauté est 
une honorable servitude. Etym. 
àv-\ , à l'opposite; -/jivscjôctc (gei- 
nestkai), naître; parf. moy. yé- 
yovcA ( gegona ) , d'où yovri ( goné ) , 
race, géniture , naissance. 

Aktiloque, héros grec, fils de 
Nestor, tué par Memnou au siège 
de Troie. R. àvri ; I6x°i {lochos ) , 
embuscade, coLorle. 

1. Aktimaque, (}ui combat 
contre ^ nom de guerrier. H. àvTt ; 
fjixx£<76ai ( macliesihai), combattre. 

2. — Poëte grec , qui lisait un 
jour un poëme en présence d'une 
nombreuse assemblée. Comme 
l'obicurité de l'ouvryge mettait en 
défaut la pénétration de l'audi- 
toire, chacun défila, à la réserve 
de Platon. L'amour -propre du 
poète lui suggéra un motif de con- 
solation. " Phi ton, dit-il, me tient 
lieu du public. " Le philosophe eût 
pu dire, comme Léandre dans les 
Plaideurs : « Moi je suis l'assem- 
blée » ; et sa patience paraîtra en- 
core plus philosophique, s'il est 
vrai qu'Anlimaquc , chantant la 



ANT 

guerre de Thèbes , fût parvenu au 
XXI V^ livre de son poëme, avant 
d'avoir fait arriver les sept chefs 
devant cette ville. C'était là vrai- 
ment remplir ce que pcoraettait 
sou nom , c'est-à-dire , combattre 
contre tout le monde. 

Aktimène , qui est d'un senti- 
/we/2io/j/i>o4e'; nom d'homme. Etym. 
àvTÎ ; y.ivoz (menos), esprit. Dé- 
rivé : Antiménide , un des bannis de 
Lesbos qui conspirèrent avec Al- 
cée contre le tyran Piltacus. 

A^Tl^ous, jeune Bifhynien cher 
à l'empereur Adrien qui, pour se 
consoler de sa mort , le mit au 
rang des dieux. Etym. àvrt ; vooç , 
vâ'ç ( noos , nous ) , esprit , sens. 

Aktiochus, qui tient contre ou 
pour; nom commun à plusieurs 
rois de Syrie, distingués par des 
surnoms caractéristiques qu'on 
trouvera dans l'ordre alphabé- 
tique. Le plus célèbre est Antio- 
chus-le-Grand qui, aidé d'Auni- 
bal , lutta quelque temps contre 
le génie des Romains. Ennemi du 
pouvoir arbitraire , il défendit , 
par un édit , de lui obéir toutes 
les fois qu'il ordonnerait quelque 
chose de contraire à la loi, assu- 
rant qu'il ne voulait régner que 
par elle. Etyjn.àïTt; e^eiv (echein), 
avoir , tenir ; parf. nioy. o/a 
( ocha ). 

A^TIPAS, qui tient tête à tous ; 
surnom d'un des Hérodes. R. àv-î ; 
Trà; (pas j , tout. 

Anti PATER , qui est contre son 
père, ou qui tient lieu de père; 
disciple d'Anstote , et un des gé- 
néraux d'Alexandre , fut soiip- 
çouué d'avoir empoisonné son 
maître, auquel il succéda sur le 
trône de Macédoine. Ce fut lui qui 
fit périr Dcmosthèue. Resté gou- 
verneur de Macédoine durant l'ab- 
sence d'Alexandre , il lui portait 
sou\ eut des plaintes contre Olym- 
pias sa mère. Alexandre , en re- 
cevant ses lettres , disait : « Anti- 
pater ne sait pas qu'une seule 
larme d'ime mère efl'ace les plus 
graves accusations. » En apprenant 



ANT 

la mort de Parménion : >> S'il était 
coupable, dit-il, à qui les rois se 
fieront-ils? s'il ne l'était pas, qui 
se fiera au\ rois? » — Un autre 
Antipatcr, poète grec , est un des 
plus anciens improvisateurs que 
l'on connaisse. Elym. àvTi ; 7ra-/)p 
(patér), père. 

A^TIPHANE, statuaire célèbre. 
Etyin. âvTc ; (pai'vav (phaùiein) , 
paraître. 

Antiphéme , qui contredit ; fon- 
dateur de Gela , ville de .Sicile. 
Etyni. àvTÎ ; ep/Jac {/jJu'ini), par- 
ler. 

A^T1PHÉR0^', antagoniste ; nom 
d'homme. Etym. àvnaépttv (anli- 
pherein ) , répugner , s'opposer. 
Les écrivains grecs parlent d'un 
Antiphcron dont les yeux malades 
voyaient sans cesse son image se 
mouvoir devant soi. R. àvr! ; (p/psiv 
(pherein), porter. 

Aktiphila, qui paie de retour; 
nom d'une courtisane dans Té- 
rence. Etym. àvTÎ ; yîXo; (phil s) , 
ami. 

AsTiPHiLE , peintre égyptien , 
rival tt contemporain d'Ajielle , 
avait peint un jeune garçon souf- 
flant le feu , dont la lueur éclairait 
durant la nuit un appartement 
magnifique , et faisait briller la 
beauté du jeune homme, au rap- 
port de Pline, admirateur de ce 
tableau. ]\Iéjii. étym. 

Aktipho>- , orateur athénien , 
maitre de Thucydide , fut, dit-ou, 
le premier qui fit un art de l'élo- 
quence , et qui enseigna et plaida 
pour de l'argent. Etym. àvrî 
(aiiti), contre; tptovYi (phoné), 
voix ; étym. plus convenable à 
sa profession que celle de <paa) 
(phao), liîire. Les anciens citent 
treize personnages de ce nom. 

A^T1PHUS , fils de Priam et 
d'Hécube , tué par Agamenjnou. 
Pi. àvri ; cpwî'.v ( pliuein ) , naître. 

A>TiPOD£s, les peuples qui ont 
les pieds opposés aux nôtres. Dans 
les premiers siècles de l'Eglise, ou 
excommuniait ceux qui croyaient 
aux antipodes. Elym. àvrt , à l'op- 



ANT 



.3; 



posite ; ma; , •jto'îo; ( pous , podos ) , 
pied. 

A^TlPOE^us, Thébain dont les 
filles se dévouèrent pour le salut 
de la patrie. R. àvri ; -rroiv)), peine, 
châtiment. 

Antisthène, philosophe grec. 
Etym. àvTi ; aOévuv ( sthenein) , 
êtve fort ; cjQ/vo; ( slhenos ) , force ; 
étym. assez convenable au fonda- 
teur de la secte cynique. Socrate, 
dont il fut d'abord le disciple , 
voyant qu'il mettait trop d'osten- 
tation dans le mépris des choses 
extérieures, lui dit un jour : « An- 
tistbène, je vois ta vanité à tra- 
vers les trous de ton manteau. » 
On a conservé quelques unes de 
ses sentences : « Les biens, dit-il, 
sont moins à ceux qui les pos- 
sèdent qu'à ceux qui savent s'en 
passer.»... « Il vaut mieux tomber 
entre les griffes des corbeaux , 
qu'entre les mains des flatteurs ; 
ceux-là ne font du mal qu'aux 
morts , ceux-ci dévorent les vi- 
vans. »... (/ L'envie consume l'en- 
vieux, comme la rouille consume 
le fer, etc. » 

AsTisTius TuRPlo^, soldat du 
parti de Pompée , qui , à lui seul , 
défia en Espagne tous les guerriers 
de César; suivant la force de son 
nom, stare antè., se tenir avant, 
ou contre tous. Un autre Antis- 
tius répudia sa femme parce qu'il 
l'avait vue causer avec un affran- 
chi. 

AiNTiTHÉES , opposés aux dieux ; 
génies malfaisans qu'on s'imagi- 
nait occupés à tromper les hommes 
par des illusions, y^rnoù. Etym. 
âvTt ; ^£oç ( theos ) , dieu. 

At.TOiKE. Les Antoniens fai- 
saient remonter leur origine jus- 
qu'à Anton, fils d'Hercule. Le 
plus connu est Marc-Antoine le 
triumvir ; mais il en est un autre , 
tils d'un célèbre orateur de ce 
nom , qui fut dans le parti de Sylla, 
et que Cicéron , dans ses Verrines , 
appelle In exercilu SfUuno prœ- 
donem , in introitu i^ladialonm , 
in Victoria quudrii^ariuin ,• c'est- 



j38 



AN Y 



:\-diie : « lîiigand sous ks ilia- 
ptniix d(> Sylla, <,'ladiateur à son 
iTtoiir, cocher dans son triomphe. » 

Antoma, (ille de Marc-Antoine 
il d'Or lavie , épouse de Drusus , 
nicre de Germaniciis , aieuJe de 
Caligula et de Claude , fut d'au- 
tant plus célèbre par sa chasteté 
et son amour pour son mari , 
qu'elle avait eu pour père le plus 
débauché des Romains , et qu'elle 
eut pour (ille Livie , fameuse par 
la licence de ses mœurs. Mèm. 
ctym. 

A N T o R I N , empereur romain , 
bien digne du surnom de Puis , 
qui lui fut décerné par le sénat, 
fut juste, sage , modéré, diminua 
les impots , évita la guerre , secou- 
rut les pauvres, choisit avec soin 
ses délégués, et les maintint dans 
leurs places avec cette constance 
qui prouve et qui assure la stabilité 
du gouvernement, bannit les dé- 
lateurs , défendit les persécutions , 
et mérita d'être à jamais le modèle 
des bons princes et les délices du 
genre humain. Son dernier mot 
fut : ^c/uanitnùas , égalité d'âme. 
Mâm. étym. C'était le surnom de 
la famille Arria. 

Aktonihianus. Le sénat voulut 
donner ce nom au mois de sep- 
tembre, en l'honneur de Marc-An- 
tonin ; mais ce sage prince se re- 
fusa h cette misérable flatterie. 

A^■TRO^IA.^■us, surnom d'un 
Flavius. Etym. àvrpov { aniroii ) , 
aiilriiiu , antre. 

A^TAo^■lÉ , ville de Messénie, 
au antris , des carrières où l'on 
taillait des pierres içeulières. 

ANxuiijUom sous lecpielJupiter 
sans barbe était adoré à Anxur , 
ville de Campanie. Etym. aveu ts 
Çupà (uneu luu xurou ) , sans ra- 
soir. H. |v£[v {xueiii), racler; 
4vp£cv (xure.n) , raser. 

Anyo, qui per/éciionne ; une 
dus Grâces, suivant les Athéniens, 
qui d'abord n'en reconnaissaient 
que deux. R. âyu£(v (anuein ), ])er- 
Icilionner, accomplir; nom qui 
convient bien à une Grâce. 



APE 

Aon , i^torieux ; un dc.i juges 
d'Israël, délivra les Israélites du 
joug d'Eglon , roi des Moabiles. 

AoiDiMos, qu'on chante sou- 
uent ; épithète commune à Bac- 
ehus et à la Fortune, lesquels, 
avec l'Amour , sont en effet les 
deu.x divinités qui ont inspiré le 
plus de vers bons ou mauvais. R. 
àsi^Eiv (aeidein) , chanter 

AoiLius, ûls de Komulus et 
d'Hersilie , ainsi nommé du grand 
nombre d'habitans rassemblés 
dans sa ville. R. àollriç ( aollcs ) , 
pressé. Plut. 

AoRKE , lac d'Italie entre Pouz- 
zole et Bayes., d'où s'exhalaient 
des vapeurs maligms qui en éloi- 
gnaient les oiseaux ; c'est le même 
?ue l'Averne. R. a priv. ; opvi; 
omis ), oiseau. 

ApA^cHOlMÈ^■E, étranglée ; sur- 
nom de Diane , dû à ces événc- 
mens : Des eiifans jouant autour 
du temple de la déesse, passèrent 
une corde autour du cou de sa 
slatue, et la traînèrent. Ce badi- 
nage fut pris au sérieux ; les enfans 
furent lapidés : cette cruauté fut 
punie par une maladie qui faisait 
avorter les femmes , et qui ne 
cessa qu'après qu'on eut, par ordre 
delà Pythie, rendu les derniers 
honneurs au.x enfans assommés. 
Etym. àtrâyxîty { apauchein) , 
étrangler; àcio (apo), de; âyxs'"-' 
( agchein ) , suffoquer. 

APARCTIAS, vent qui souille du 
nord. R. àwo ; àpxToç, septentrion. 

Apatukie, trompeuse; un des 
surnoms de Vénus , parce qu'elle 
avait trompé les géants en les fai- 
sant tuer l'un après l'autre par 
Hercule, qu'on avait, à cet effet, 
caché dans un antre. R. àwaràv 
( apatdn), tromper. 

Apeirésies, illimités ; nom 
donné aux Parc^ues, parce (ju'elles 
filent les destinées des hommes de 
tous les pays. Etym. a priv.; -Treipa; 
(peiras), pour -nipx; { peras ) , 
terme. 

ApiLioTÈs, le mûme f[ue l'Eu- 



Al'Ji 

rus , vent d'Est. R. lîito; ( hélios ) , 
soleil. 

Apelle, peintre ct-lôbre , dis- 
ciple de Pampliiie , de l'ile de Cos, 
est de tous les peintres de l'an- 
tiquité celui qui a laissé la plus 
grande réputation. Son application 
au travail a donné lieu au pro- 
verbe : Nulla clies sine lineâ , 
point de jour sans coup de pin- 
ceau. Sa conversation était aussi 
aimable que son talent ét;iit supé- 
rieur, et Alexandre , qui ne vou- 
lut être peint que par lui , ne dé- 
daignait pas d'aller souvent dans 
son atelier. Pline cite son fameux 
tableau de la CaUminie , cbef- 
d'œuvre de poésie et d'invention ; 
le portrait d'Antigone , fait de 
profil, pour cacher un côté du 
visage de ce prince qui n'avait 
qu'un œil ; celui de Vénus sortant 
de la mer; ceux d'Alexandre, de 
la Victoire et de la Fortune ; et 
celui d'un cheval , si bien imité , 
qu'à sa vue des cavales hennirent. 
Etym. a priv. ; itEXo; , rctlloq 
(pelos , pell s ) , noir. 

Ap£MA^TE , qui ne fait point 
de mal; Grec célèbre par sa mi- 
santhropie, bien excusable , si elle 
ne démentit pas son nom; il figure 
ordinairement avec Timon. Etym. 
a priv.; ■reyjp.ac'yf cv { pémuinein) , 
blesser. R^ Tr/j/xa (pêma), perte, 
malheur, tout ce qui nuit. 

Apemius, bienfaisant; un de* 
surnoms de Jupiter. Etym. a 
priv. ; TTyjfAa. 

Aper , général romain, tua Nu- 
merianus son gendre , pour s'éle- 
ver à l'empire, et fut tué à son 
tour par Diocléticn , à qui une 
magicienne avait prédit qu'il y 
parviendrait après avoir tué un 
sanglier , apruni. 

Apertus , surnom d'Apollon , 
qui rendait ses oracles sur un tré- 
pied découvert. R. aperire , ou- 
vrir. 

Apeutuès, inconnue; surnom 
de la Fortune qui échappe en effet 
bien souvent aux enquêtes des hn- 



API 



i.n 



mains. Etym. a priv. ; -rtuvOavîcOai 
{punthancsihai ) , s'enquérir. 

Apuédas, mont de Cilicie d'où 
Persée prit son vol pour aller vu 
Libye combattre la Gorgone. R. 
àrao (apo); ïb> (eô), envoyer. 

APHÉslE^s, surnom de Castor 
et de Poliux, qui présidaient au\ 
barrières d'où l'on partait dans les 
jeux publics. Etym. àtpc'nfAc (ap/iii- 
mi , eniiltere ), faire partir. M. R. 

Aphétor, surnom d'Apollon, 
comme rendant des oracles. M. R. 

A F H 1 iE , éperlans ,- sobriquet 
donné à deux courtisanes grec- 
ques , Anthis et Stagonium , parce; 
qu'elles étaient petites et blanches 
avec de grands yeux. 

Aphnétjs, riche; surnom de 
Mars, en Arcadie. Erope, fille de 
Céphée , étant morte en couche , 
l'enfant dont le dieu était le père, 
s'attacha aux mamelles de sa 
mère qui , par les soins de Mars , 
se trouvèrent pleines de lait, ori- 
gine de ce surnom : ««pvtoç (aph- 
neos ) , riche ; à'-f evoç ( aphenos ) , 
riciiesse. 

Aphobus , intrépide ; Athénien 
contre lequel Démosthène plaida. 
Etym. a priv. ; yo'Soç { phobos ) , 
peur. 

Aphrodite , surnom de Ve'nus , 
née de récunie de la mer. Suivant 
d'autres, elle a été nommée ainsi 
Ttapà To àSpov TV); Sialz-ni; (para (a 
abron tés diaités ) , de sa vie molle 
et voluptueuse. R. àfp'bi; (aphros), 
écume. 

A p H R o G É ^' I A , surnom de la 
môme déesse dans Hésiode. Elvm. 
acppoç ; ytvoç ( genos ) , naissance. 

Aphthomcs, à qui on ne porte 
point ent^ie , ou qui n'est pas en- 
ifieux ; nom plus digne d'un 
homme de lettres ; rhéteur grec 
qui a laissé une rhétorique et des 
fables. Etym. a priv. ; <f^ôvo<; 
(phthonos ) , envie. 

Apia , ancien nom du Pélopo- 
nèse , tiré des j)oirier.s sauvages 
qt;'il produisait en abondance. Pi 
aTcio; ( apios ) , poire sauvage. 

Ari( les, Romain fameux paria 



1/|0 



APO 



{•ouimandise , après avoir dévoré 
iine grande partie d'une immense 
fortune, se tua parce qu'il trouva 
qu'il ne lui restait plus que quel- 
ques cent mille sesterces. R. apex, 
icis. 

Apio> , grammairien célèbre du 
temps de Tibère. Etyni. Jpis, dieu 

^^'^gyP'^C- ^- CvMBALUM MURDI. 

A p L o c Y o K , surnom d'Antis- 
tbènc, fondateur de la secte cy- 
nique, qu'on appelait tout bon- 
nement un chien. Etym. ÎttXooî 
{ajduos), simple j xva>y (kuôn) , 
chien. 

Apoeci DE, co/oH,- nom d'un per- 
sonnage (le Plaute, d'àrto et de 
oixoç (oikos), maison. 

Apolaustus, histrion égyptien 
nommé Agrippus , à qui l'empe- 
reur Verus avait donné ce sur- 
nom , à cause de leurs infâmes 
liaisons : il fut tué depuis par 
ordre de l'empereur Commode, 
-htym. «woAaviçoç { apolaustos) , 
livré au.\ voluptés. Rac. Aavjtv 
{lauein), jouir. 

Apollocrate ,/o;ce d'Apollon ; 
un des fils de Denys-le-Tyran. 
Etym. A-rroncov {Apollon), Apol- 
lon ; xpàroç (kratos) , force. 

Apollodoke , (Ion d'Apollon; 
nom commun à plusieurs artistes 
illustres qui l'ont justifié par ieurs 
talens. i. — Peintre d'Athènes, 
fut le premier qui orna des grâces 
du coloris les plus belles parties 
du corps humain, et qui peignit 
la nature avec ses agrémens. 
Zeuxis , son disciple , l'éclipsa. 
2. — Architecte célèbre, employé 
par Trajan, périt par l'ordre d'A- 
drien , pour avoir critiqué le 
temple de Vénus , un des ouvrages 
de ce prince. « Le temple est trop 
bas , dit-il , et les statues des 
déesses sont si hautes, que, si 
elles veulent se lever pour sortir , 
elles se heurteront la tète contre 
la voûte. » Etym. a'tjoXAuv ; Swpov 
(u'ôivn ), don. 

ApoLLOGÈNE , ne d'Apollon ; 
nom d'homme. Etym. AtaoUtov ; 
yi-jo- ' i^enos ) , race. 



APO 

Al'OLLo^ , dieu de la médecine , 
de la poésie, de la guerre et de la 
musique. Platon trouve dans le 
nom de ce dieu ces quatre jiro- 
priétés. Considéré i". comme mé- 
decin, àizolsti (apolouei), il lave. 
R. Asîtv {louein) , laver; àt^oXucc 
( apoluei) , il dissout les maladies ; 
Xvîcv (luein), délier, dissoudre. 
On pou. rait ajouter àT^oW-oii (apol- 
luci). R. oD.^fx: {olluini), tuer, 
perdre; il détruit; car il avait la 
faculté de nuire autant que celle 
de guérir, et l'on sait qu'on le re- 
gai'dait comme l'auteur des mala- 
dies contagieuses. 2". Comme 
poëte, vaies , il est simple et vé- 
ridique, à-rulSç; étymologie dont 
la justesse n'est pas tout-à-fait 
aussi prouvée , à moins qu'on ne 
l'entende de la vérité de scsoracles. 
Rac. â^Xco; ( aploos ) , simple. 
S". Comme guerrier, àzjoSoiWtt 
(apoballei), il lance des traits 
redoutables. 4°- Comme musi- 
cien , à-rzolti ( apolei) , il fait tour- 
ner ensemble les corps célestes , 
d'où résulte l'harmonie des sphè- 
res. R. a , simul , ensemble ; TroAfrv 
(;yo/e/';i) , tourner. D'autres le dé- 
rivent de ';ra),).£iv (pallein'), lancer 
les rayons. Plutarque le tire d'à 
priv. et de Tro'n&iv {pollen ) , gén. 
pi. de TToylù; (polus) , beaucoup , 
c'est-à-dire de l'élément du feu , 
qui est particulier au soleil , qui 
ne lui est pas commun avec d'au- 
tres. Saint Clément d'Alexandrie, 
qui admet la même étymologie, 
nous apprend que le sens mys- 
tique d'Apollon est : « Un seul 
dieu. M 

Apollonius, nom commun à 
plusieurs personnages illustres , 
tous vraiment enfans d'Apollon. 
— I. Un mathématicien qui donna 
le premier la théorie des sections 
coniques. 2. — Un poète grec, 
dont nous avons un poëme sur 
l'expédition des Argonautes. 3. — 
Un maitrede rhétorique qui avait 
la bonne foi d'indiquer à ceu.x. de 
ses élèves qu'il jugeait peu propres 
à l'éloquence , à que! art ils pou- 



APP 

vaieiit s'ajjpiiqucr avec succès, 
ij. — Le fameux Apollonius «le 
Tyanc qui joua le rt'le de pro- 
phète. 5. — Enfin un sophiste 
d'Alexandrie, auteur du Lexicon 
grœcum lUaclis et Odysseœ , cet 
ouvrage si utile pour l'inlelli- 
gence d'Homèi'e, doi.-t nous de- 
vons la première édition aux 
veilles du savant M. de Villoisoii. 
Etym. Atto/J.cov. 

Apol,LOPlIA^E , médecin d'An- 
tiochus-le-Grand , habile dans son 
ait, eut le courage de découvrir 
au roi le mécontentement général 
causé parles violences d'Hermias , 
son premier ministre, et apprit 
ainsi aux médecins l'usage qu'ils 
doivent faire du libre accès que 
leur profession leur donne aufirès 
des princes. Etym. ktsiWta-j ; <pat- 
vEiï ( phaineiii ) , montrer. 

Apoïiyivs , chw se - mouches • 
surnom de Jupiter qui avait déli- 
vré Hercule des mouches qui l'in- 
c/mimodaient. Etym. àrao ( apo ), 
de ; fAvta (inuia), mouche. 

Aponcs, bourg voisin de Pa- 
doue , célèbre par la vertu médi- 
cale de ses eaux sulfureuses. Etym. 
âviovoi (apoiios ) , qui guérit sans 
douleur. Etym. a priv. ; ttovo; 
i^ponos), travail; Tr/vcs-Goet { p^— 
nesthai ) , se travailler. 

Apopompéens, génies bierjfai- 
sans qui détournaient les maux. 
Etym. ài7norjéiJ.-riiv ( apopempein), 
détourner. R. ■ntfi.ntiv (pempein ), 
envoyer; d'où izou-iz^i (pornpé), 
envoi. 

ApoSTROPÉE^s , dieux qui dé- 
tournaient les mau.x. Etym. àrab ; 
Tps'iTEiv ( trepein ) , tourner. 

ApostroPhIa, Vénus qui pré- 
serve des désirs déréglés. Etym. 
à.Taoçpt'piiv {apostrephein) , dé- 
tourner. R. àtjo; ç-p£-.psiv (iwe- 
phein ) , tourner. 

Apostrophos , dont le regard 
est détourné ; surnom des Eumé- 
nides. Mêm. étym. 

Appius. Les étymologistes dé- 
rivent ce nom , les uns ab apibus ^ 
l-^s autres ai appulis , et d'autres 



ARA 



' I' 



<lc la couronne d'ache , ah apii 
corond , que L. Appius remporta 
en A.-haïe dans les jeux Aéméeus. 
Dérivé : Appianus, historien grec, 
qui vécut sous Trajan , Adrien et 
Antonin. 

Apromus, surnom romain, 
d'aper, sanglier. Dérivé : Apro- 
nianus. 

Apséphion, lucide; archonte 
athénien. R « priv. ; (|-£(po; (pse- 
phos ) , ténèbres. 

ApsEBDiÈs , exempte de men- 
songe ; nom de Néréide. Etym. 
a priv. ; i|/cu<Σ(v (pseudein), ti-om- 
per, mentir. 

Aptère, sans ailes ; nom de la 
Victoire chez les Athéniens , qui 
la représentaient sans ailes. Etym. 
a priv.; -Rlcpov [pteron) , aile. 

AquatiLes , dieux subalternes 
qui présidaient aux eaux. R. aqua, 
eau. 

Aqdila , Aqdilircs, noir, cou- 
leur d'aigle ; AouiLnus, le mc'me; 
surnoms romain.s. D'autres les dé- 
rivent de la forme du uez , que 
les auteurs de ces familles avaient 
aquilin. 

Aquilée, ville d'Italie, (ira ce 
nom d'un aigle , dit Julien , qui 
vola à droite, lors de sa fonda- 
tion. 

1. AguiLON, vent du Nord qui 
souffle avec une extrême violence. 
R. acjuila , aigle. 

2. — Cheval fameu.x par sa vi- 
tesse. 

AQuiMus.nom romain. Cicéron 
parle d'un mauvais poëte de ce 
nom, dont les vers n'avaient pas 
l'enthousiasme bacchique. Rac. 
aqua , eau. 

Aquitaine , troisième partie de 
la Gaule , devait ce nom à la quan- 
tité des eaux thermales qu'elle 
contenait. R. aqua. 

AraearchEs, sobriquet donné 
par Cicéron au triumvir M. An- 
toine. C'était le titre du préposé 
à la perception de l'impôt sur les 
animaux qu'on transportait d'Ara- 
bie en Egypte. On pense que cetic 
espèce d'injure équivaut à doua- 



14.» 



ARC 



nier tii^ptieii, et «juo par ià Cicé- 
ron a voulu peindre l'avidité 
d'Antoine et la cruauté de ses 
exactions. Etyni. ApcuSç {^raùs), 
Arabe; àp^^ (aivhé), comnian- 
dement. 

Arabie, Hébr. qui dresse des 
piéf^es ^ interprétation assez con- 
venable aux babitans de cette con- 
trée. 

Ar.ABiHUs , juge vénal, chassé 
du sénat, par l'empereur Alexan- 
dre-Sévère. Etym. Arahs. 

Ar«us , surnom de Jupiter , à 
qui tous les mortels adressent leurs 
prières. R. àpà {ara), vœux. 

Ararat , malédiction ; mon- 
tagne d'Arménie sur laquelle l'ar- 
che s'arrêta , dit-on , après le 
dékige. 

Aratériok , lieu de malédic- 
tion ; endroit du bourg de Sar- 
geltc . où Thésée , avant de s'em- 
barque r pour l'ile de Scyros , 
maudit les Albéniens, révoltés 
contre lui. R. àpà, vœux, impré- 
cations ; ctpàcrGai {arasthai), mau- 
dire. 

Arbitrator, surnom sous le- 
quel Jupiter avait à Rome un por- 
tique à cinq colonnes. K. arbiter , 
arbitre , juge. 

Arbl'scula, dimin. A'arbor , 
arbre ; actrice de mimes , du temps 
d'Horace. Un jour étant siHIéc , 
elle dit qu'il lui suffisait d'être 
applaudie par les chevaliers , et 
qu'elle méprisait le jugement de 
la multitude. 

1. Arcésilas . philosophe grec , 
disciple de Théopbrasle , puis de 
Cranlor, fondateur de la secte 
appelée la seconde Académie, éta- 
blit le principe du doute univer- 
sel , abusa de la subtilité de son 
esprit, et mérita, par ses so- 
phisme», le surnom peu honorable 
de ca^iilator , chicaneur. Il mou- 
rut d'un excès de vin , fln assiz 
peu philosophique. 

2. — .Sculpteur célèbre ,qui d'un 
seul bloc de marbre fit une lionne 
jouant avec de petits Amours , 
dont les uns la> tenaient avec des 



ARC 

liens, hïs autres lui présentaient 
à boire dans un vase, et d'autres 
lui chaus.viient des brodequins. 
Etym. àpxEÎv {arkeîn), aider ou 
repousser ; Xaoç ( laos ) , peuple. 

Archagathe , qui commande 
aux braves ; nom du médecin qui 
le premier vint exercer sa profes- 
sionàRome; les Romainss'étaient 
passés de médecins durant6oo ans. 
Il fut d'abord bien accueilli, et dut 
le surnom de P'idnerarius à son 
habileté à guérir les plaies; mais 
il fit un tel abus du fer et du feu, 
qu'il ne tarda pas à mériter le 
surnom de Carnifex , bourreau. 
Etym. àpxh (arche), commande- 
ment ; àyaôo; ( agathos ) , bon , 
brave. 

Archagoras , qui domine dans 
le barreau ; nom d'homme. Etym. 
à-pxh; àyopà (agora), place pu- 
blique. 

Ârchapdre , qui commande 
aux guem-iers ; héros grec, gendre 
de Danaiis. Elj'm. à-px^l àvrip , 
âviîpoç (anér, andî'os), vir. 

Archéapactide, nom de la pre- 
mière dynastie des rois du Bos- 
phore cimmérien. Etym. ô.p-£n , 
principe; à'va? (anax), roi. JJiod. 
de Sicile. 

Archéarasse, espèce de Ninon 
grecque , aimée, dans un âge 
avancé , du philosophe Platon , 
qui fit pour elle des vers galans, 
traduits par Fontenclle. On a 
donné à la pensée de Platon un 
tour plus piquant dans cette imi- 
tation : 

D'une femme galanle et d^j» surannée, 

Le divin Platon fut épris; 
On le vil adorer celle béante fanée; 

Et loiil le monde étant surpris 
Qu'il trouvât quelque goûl à des appas 

arides , 
•• Ce petit dieu , dit-il, des dieux même 
vainqueur , 

Amour s'est caché dans ses rides 

Pour y tendre un piège à mon cœur. " 

Etym. àp^aî'oç (archaios), ancien. 
R. àpx''' ^'''-'■^'^'^ (anus a) , reine, 
li. à'vaÇ , roi. 

ARCHEBATf;s, qui marche à la 



ARC 

tf'/n; liéros i;i"»"c, Etym. à^x'' ' 
/îai'ytiv (/jainein), marcher. 

Archébibs , dut une %ictoir(: 
navale à un stratagème. R. âp^'») j 
/îc'oç (A»o«), vie, ou |3ca (^i'a), vio- 
lence. 

AncnÉDÉMOs, prince du peu- 
ple; nom il'iiommc. Etym. àp)(;r, ; 
lîflfio; (di'nios), peuple. 

AncHÉDicDs, clief des tribu- 
naux , ou qui injhie sur les juge- 
mens ; poëte comique. Une de ses 
pièces de tbéàtre avait pour titre 
le T'résor. Etym. «px''i» ^'"l'î {diké), 
procès, justice. 

Archébule , chef du sénat ; 
nom d'homme. Etym. àp^À; (3«Ày) 
(boule), sénat, conseil. 

1. Archélavs, prince du peu- 
ple; nom commun à plusieurs 
princes. 

2. — Philosophe , disciple d'A- 
naxagore , eut le surnom de physi- 
cien , parce qu'il apporta le pre- 
mier la physique de l'Ionie à 
Athènes. K. àpx'i ; ).aoç (laos), 
peuple. 

Archésiachus, qui commence le 
combat; avait écrit l'Histoire de 
i'ile d'Eubée. Etym. àpxo', p-^x^ 
(machi-), combat. 

Archephok , nom d'homme. 
Etym. àpxh; <fùfjri(p/iôné), voix. 

Àrchepolis, qui commande la 
ville. Etym. àpxni raoXt; (polis ) , 
ville. 

1. Archeptolème , conducteur 
du char d'Hector. 

2. — Citoyen d'Athènes, con- 
temporain de l'orateur Lysias. 
Etym. à.pyh; ■nléhp.oç (ptolemos) , 
pour tsôltpoi(polemos) , la guerre. 

Archeptolis, fils de Ihémis- 
tocle. A. Archepolis. 

Archlsimolpos , qui entonne les 
chants; nom commun aux Muses. 
Elym. àpxn; p.i\-Ktiv (melpein) , 
chanter; p.o/7ry) (molpé), chant. 

Archkstrate, commandant 
d'armée. Ce nom, qui convien- 
drait à un guerrier, a été celui 
d'un poète voluptueux, qui avait 
décidé que des convives ne de- 
vaient pas être plus de Iroi.s, de 



.ARC 



i/,3 



(|ii.itrc ou de cinq, srtiis quoi le 
repas dégénérait en vraie co- 
hue. Je ne sais si ce fut cet Ar- 
chcstrate que l'on peint comme 
tellement mince, que, lait pri- 
sonnier et suspendu à une ba- 
lance, il se trouva peser à peine 
une obole. P(.'ut-ètre n'a-t-on vou lu 
parler que de ses écrits. Etym. 
âpx^; çpaxo; (stratos), armée. 

Archétime, le premier qui ait 
écrit l'histoire de la Philosophie. 
H. àpyri; rlp.-/) (limé), honneur. 

1. Ahchias, qui commande; 
nom d'un riche Thébain, chef de 
la faction oligarchique, contraire 
à celle d'Epaminondas et de Pé- 
lopidas. 

2. — Poëte à qui l'on refusait le 
titre de citoyen romain , et qui 
fut défendu par Cicéron. R. àoyn. 

Aechibiade, ami d'Alciliiade. 
Etym. àp/ri; jSîa (bia), force. 

Archibics, chef o\i arbitre de 
la vie; nom d'un médecin, dans 
Lucien. Etym. àpyri; (ilo^ (bios ) , 
vie. 

Archibccoles , chefs des bou- 
liers; prêtres de Bacchus. Etym. 
^pxn 'i jSsxoio; ( boiicolos ) , bubul- 
cus, bouvier, K. fis; (bous); xo>oç , 
(kolosj, nourriture, pâture. 

Archidabie, qui commande au 
peuple; roi de Sparte, écrivait à 
Philippe , de Macédoine, fier 
du succès de ses armes : « Que 
s'il regardait son ombre au soleil, 
il ne la trouverait pas plus grande 
qu'elle n'était avant la victoire. » 
Etym. âpx'')j <î5p.o; ( f/(//nos ) pour 
<5'^u.o; (démos) , peuple, ou Scip.àv 
(daman), dompter. 

Archidamie, Lacédémonienno, 
sachant qu'on délibérait dans le 
sénat si Ion enverrait les femmes 
dans I'ile de Crète, durant la 
guerre du Péloponèse, entra l'é 
pée à la main , et demanda fière- 
ment aux sénateurs s'ils croyaient 
que les Lacédémoniennes pussent 
survivre à la ruine de leur patrie, 
Môm. étym. 

Abchidème , philosophe stoï- 
cien , s'exila volonlairenieiit chcx 



i44 



ARC 



les PartllCS. R. à.ç>yri; êriaoç {(Ic- 
mos), peuple. 

Archiéreus, f^rand-préire j so- 
briquet que les Alexandrins don- 
nèrent à l'empereur Alexandre- 
Sévère. R. tepoç {hieros), sacré. 

ARcnicivE, qui naît le premier, 
ou qui préside à la naissance ; 
médecin que Galien traite fort 
mal. Ce nom était devenu 1 apel- 
lation des demi-savans, qui n'ont 

Eour tout mérite que beaucoup de 
abil et de suffisance. R. âp^/i } 
ycîvicBat (geinesthai), naître. 

ARCHIGK^ETHLOs, Origine des 
naissances; surnom commun à 
Jupiter et à Rhée , père et mère » 
de tous les dieux. Etym. àpy^ ; 
yé^/o; (geiios), naissance. 

Abchilaïdas, capitaine Spar- 
tiate, renommé pour sa prudence. 
R. ).aoç (/ao5), peuple. 

Ar.cHiLÉONis, lionne; Lacéde- 
monienne, mère du célèbre Bra- 
sidas, apprit avec calme la mort 
de son fils tné au siège d'Araphi- 
polis, demanda s'il était mort en 
Spartiate, et répondit à ceux qui 
vantaient son fils comme le plus 
brave des Lacédémoniens : « Mon 
fils était un brave bomme, mais 
Lacédémone en a beaucoup encore 
qui valent mieux que lui » Ré- 
ponse qui passa depuis en pro- 
verbe. Etym. àpy/if ''£û)v (leôn), 
lion. 

Archiloquk , poète grec, in- 
venteur de l'iambe, vers consacré 
au genre satirique, et qu'on dé- 
rive d'î&v (ion), trait , était si mor- 
dant que ses satires forcèrent à se 
pendre Lycambe qui lui avait pro- 
mis sa fille et lui avait manqué de 
parole, et sa fiile Néobulè. Les 
Lacédémoniens probibèrent ses 
ccrits.Cicéron appel le y/rc/i/7o<7«<ia 
edicta le? placards injurieux affi- 
chés contre César. Le fer vengea 
les victimes de ce méchant 
homme, du poignard que ses 
jambes enfonçaient dans les 
cœurs. Le satirique fut assassiné. 
On mit sur son tombeau : « Pas- 
.sanl , n'agite point les cendres 



AUC 

d'Archiioque, un essaim de guim- 
pes en sortirait. Etym. àpyrr, )io;(oç 
(lochos), embûche, cohorte. 

AiicniMÈDE, géomètre et méca- 
nicien grec , célèbre par la dé- 
fense de Syracuse , portait la pas^ 
sion pour l'étude au point. que, 
lorsqu'on le menait au bain mal- 
gré lui , il traçait sur son corps 
des figures de géométrie, à la fa- 
veur des pâtes parfumées dont sa 
peau était enduite , et dont les an- 
ciens faisaient usage. Tschirnaiis 
et Buffou ont prouvé la possibilité 
des miroirs ardens dont il se ser- 
vit pour brûler les vaisseaux et 
les machines des Romains. Un or- 
fèvre ayant mêlé du cuivre dans 
une couronne d'or pour le roi 
Hiéron, il trouva le secret, alors 
inconnu, de découvrir la fraude; 
cette découverte lui causa une telle 
joie qu'il sortit tout nu du bain 
en s'écriant : « Je l'ai trouvé. » 
Après la prise de Syracuse, un 
soldat romain le trouva occupé 
de la solution d'un problème, prit 
son silence pour une marque de 
mépris, et le tua d'un coup d'épée. 
Cicéron , durant sa questure en 
Sicile, découvritle monumentque 
Marccllus avait élevé à ce grand 
homme, .'^on nom a quelque rap- 
port avec le genre de ses connais- 
sances. Etym. âp;(yj,prééminei'ce; 
fiYjoEc-Sat (mêdeslhai) , machiner, 
méditer. 

A R (. H I M È L E , qui commence 
ou (jui mené la mélodie; nom 
d'homme. Etym. àpx'! j fi«>^oi {me- 
los), mélodie, musique. 

ÀBCHl^0ME , nom d'homme. 
Etym. àp;cÀ; vou.oç [nomos), loi. 

1. Archippe, qui commande la 
cavalerie , ou qui a l'inspection 
des chei'aux; poète de l'ancienne 
comédie. R. âpx^ ; "t^cjoc (hippos'), 
cheval. 

2. — • C'est aussi le nom d'une 
courtisane que Sophocle fit son 
héritière. 

ARciiiRHOb, qui jiréside à une 
source; tiom de nymphe. Etym. 
àp/Yi : p£Îv {rhein), couler. 



ARE 

A Bc H I T È I, E , nom irhomine. 
Ktyro. àpx*);T£)oç(/c/o.s), fin, but, 
impôt. 

Archithrémos , nom sous le- 
quel s'est déguisé Haiitville , (|iii 
a composé un poëmc sur les désor- 
dres «'t les misères de co monde. 
Ktym. àpx'î; ^privoi; (threiios), i.i- 
mcntation ; àp;;(;i6pïîvio; [archithn ■ 
iiios), excessivement pleureur. 

AncHONiDE , nom d'Iionimr. 
Etym. àpyàv (rirc/inii), <{ui com- 
mande. R. à^yti. 

Archntas , philosophe pytha- 
goricien, géomètre , capitaine , 
homme d'Etat, trouva un des 
premiers l'application des mathé- 
matiques aux besoins de la société, 
véritable destination des sciences 
exactes; inventa la vis et la pou- 
lie, la duplication du cube, et 
jusqu'au hochet dont les nourrices 
se servent pour apaiser les enfans. 
Il croyait le monde et le genre 
humain éternels. R. cr.p/v) , pri- 
mauté. 

Arcipotens, Apollon, l'archer 
par excellence. Etym. arciis , are ; 
posse , pouvoir. 

Abcitf,>ens, qui lient un ave ; 
surnom d'Apollon. Etym. arcus ; 
tenere , eo, es, tenir. 

ARcTI^us de Milet , un des 
poëtes cycliques , disciple d'Ho- 
mère , dimin. d'apxTo; {arktos) , 
ours. 

Arctoph^ la.x, qui gai de 
r ourse ; constellation placée près 
de la grande Ourse, et qui parait 
suivre le Chariot. Etym. otpx'/o;; 
!i-j).a^ (/y/twfcx), gardien. H. <pu)a7- 
Ti'.-i {phulassein) , garder. 

Arculus, dieu romain qui pré- 
sidait aux citadelles et au.'c ar- 
moires. Etym. arx , ci^ , citadelle ; 
arca , œ , coffre. 

Arcure, étoile qu'on voit à la 
queue de la grande Ourse. R. apx- 
lo;; Bpa [oura), queue. 

Ardektius, nom iriiomme. M. 
ardefc , brûler. 

AtiZA. , courageuse ; surnom de 
Minerve à Platée qui lui avait 
élevé un temple avec le butin de 



ARE 



145 



la bataille de Marathon. R. Apr,? 
{Jrés), Mars. 

Arégon , peintre corinthien. 
Pline parle avec éloge d'un ta- 
bleau de cet artiste, qui repré- 
sentait Diane au berceau. R. âpvj- 
ytiv (aregeiii), aider, protéger. 

Aru-.ii.Yci's, iou/? i^uen-ier; capi- 
taine troycn. Etym. i'pjio; (areios), 
martial ; Ixixoq (luciis), loup. 

A RE I us , Martial : un des Argo- 
nautes. R. A pyj;. 

Aréopage, cour déjuges, célè- 
bre à Athènes. Etym. Apyjç; irayo; 
(paf^os), colline, parce que ce tri- 
bunal était situé dans un lieu 
appelé la Colline de Mars. R. 
vs-^ytiv {pégein), as em\)\er. 

Ares , nom grec de Mars. Pre- 
mière étym. a"p£iv [aire'n), pren- 
dre, tuer; seconde étym. kp-ff/tv/ 
(an'gein), porter secours; troi- 
sième étym. àpà (ara), impréca- 
tion ; quatrième étym. appy,-/ (ar- 
rhén), mâle. f^. Mars. 

ARi.TA,rillcd'Arislippe, formée 
par les leçons »lc sou père, devint 
un prodige de vertu et de beauté ; 
suivant d'autjcs, elle plaça le sou- 
verain bien dans les plaisirs des 
sens P> . àptzri (areié), vertu. Di- 
min Aretulla. Mart. 

Arétaphile ,qiii aune la venu ; 
femme de Cyrènc, renommée par 
sa beauté, fut enlevée par iNico- 
crate, souverain de Chypre, qui 
l'épousa après avoir fait périr son 
mari. Surprise dans le dessein 
d'empoisonner le tyran , et mise à 
la torture, elle se tira d'affaire en 
disant <(u'à la vérité elle avait pré- 
paré un breuvage , mais quecc n'é- 
tait qu'un philtre propre à la ren- 
dre encore plus chère aux yeux de 
son époux, .^'ans se rebuter de ce 
mauvais succès, elle con.spiraavec 
Léandre. frère du tyran, qui le 
tua , s'empara de l'autorité, et fut 
tué à son tour par une nouvelle 
conspiration d'Arétapliile. Le 
peuple, reconnaissant de ce 
qu'elle avait lait pour la liberté 
de sa patrie, lui offrit la souve- 
raine puissance, qu'elle refusa. 



46 



ARG 



Eiyni. ôpETY»; tpihTv (philein), 
aimer. 

ArÉtas, beau-père d'Hérode le 
tétrarque. M. R. 

Arétée, raédecinde Cappadoce. 

M. R. 

ARETICsFELI^us. Martin Bucer. 

Argektincs, fils dVEsculanus, 
dieu de la monnaie d'argent. R. 
dcpyupoç {arguros ), argentum , ar- 
gent. 

Argés, serpent; surnom de 
Démostliène, tiré de la sévérité de 
son caractère. Etym. à.pyôi;(argas) , 
ou ùçjyh', (aT^'f's) , sorte de serpent. 
R. àpyoi (a/'i,'05), méchant. 

AbgiboeioS; nom poétique de 
rUe d'Eubée, où presque tous les 
bœufs naissaient blancs. R. àp/o; 
(argos), blanc: Ç-Sç (bous), bœuf. 
EÛen, de Jniinal. , l. I2, c. 36. 

Argicéraunus, dont la foudre 
est rapide ; surnom de Jupiter. 
Etym. a iuigm. ; tç>yo-j (erç^on), ou- 
vrage , ou àp>o; Çari^os), blanc, 
brillant 

Argicida , surnom latin de 
Mercure, qui tua Argus. Etym. 
Argus ; cœdere , o , is , tuer. 

ARGlPHO^TE, meurtrier d'Ar- 
gus; surnom grec de Mercure. 
Elym. Apyoç (Ar^os), Argus; 
<povoç (phonos), meurtre. R. <pcveiv 
(phenein), tuer. Voici l'interpré- 
tation que donne Macrobe de ce 
mythe purement astronomique. 
Argus est la sphère céleste dont 
les étoiles sont autant d'yeux; lo 
est la terre, exprimée dans les 
hiéroglyphes égyptien.s sous l'em- 
blème d'un bœuf ou d'une vache. 
Argus, ou le ciel, semble la nuit 
observ er la terre. Mercure , qui est 
le soleil, tue Argus, c'est-à-dire, 
obscurcit les étoiles par la vivacité 
de ses lumières, et en dérobe la 
vue aux mortels. 

AroïRe, nymphe aimée de 
Séliuinus . qui , trahi par elle, sé- 
cha de douleur, et fut changé en 
un fleuve doat les eaux avaient la 
vertu d'éteindre l'amour de ceux 
qui en buvaiept ou qui s'y bai- 



ARI 

gnaient. Celte fable a donné lieu 
à ce joli madrigal de Ferrand : 

D'amour et de mélancolie 
Sélimnus enfin consuma. 
En fontaine lut Iransfornië, 
Et qui boit de ses eaux oulilie 
Jusqu'au nom de l'objet aimé. 
Pour mieux oublier Egcrie, 
J'y courus tiicr vainement ; 
A force de changer d'amaut, 
L'iniidMe l'avait tarie. 

R. ap/upo; (arguros), argent. Cette 
nymphe aurait-elle trouvé l'éty- 
mologie de son nom dans le motif 
de son inconstance ? 

Argyruis , Atiiénicn dont la 
richesse répondait à son nom , et 
qu'elle avait rendu des plus gros- 
siers. M. R. 

Argyropkza, aux pieds d'ar- 
gent ' épithète de Vénus et de Thé- 
tis, qui exprime poétiquement l'é- 
curao qu'excitent ces deux déesses 
en sortant des flots. Etym.apyw- 
po?; tteÇot. (peza), pied. 

1 . Argyropvlk, porte d'ari^ent ; 
un des savans grecs qui portèrent 
en Italie le goiitdcs lettres. Etym. 
apyupoç ; -7rv),Y) (pulp) , porte. 

2. — Fatibdin-g de Byzance. 
Argyrotoxos , à l'arc d'argent; 

surnom du soleil levant, dont les 
rayons semblent former une es- 
pèce d'arc au-dessus de sa tète. 
Etym ap>upo; ; toÇov (toxon), arc. 

ARIA^E, héroïne grecque, que 
Thésée abandonna dans l'tle de 
Naxos. Etym. à'pi (ari), particule 
inséparable, qui, mise au com- 
mencementdes mots, en augmente 
la signification , et qui se prend 
en bonne comme en mauvaise 
part; àSe~v (adein), chanter. On 
dit en grec JipiaSvn (Ariadné). 

Aridéiî, très-habile, ou irès- 
belliqueux ; fils de Philippe, roi 
de Macédoine, succéda à son frère 
Alexandre, et parut sur le trône, 
aussi peu digne de son prédéces- 
seur que (le son nom. Etym. «pi; 
f(3rt , beaucoup; 5aio; (daios) , 
habile, hostih; , rapace , belli- 
qtieiix. R. i<xUiv (daiein), appren- 
dre , être en festin. 

Aridklus, très-illustre : nom 



ART 

d'homme. Elyra. âpi; d^/o; (dé- 
los), manifeste. 

Àbidice, très-juste; nom d'un 
philosophe dont Macrobe nous a 
conservé cette anecdote. Un af- 
franchi parvenu avait invité des 
philosophes. Pendant le repas, le 
nouveau fiehe, pour tourner en 
ridicule les questions oiseuses et 
puériles qu'agitait la philosophie 
de ce temps-là , demanda à ses 
convives pourquoi les fèves noire.s 
et les fèves blanches faisaient de la 
bouillie de la même couleur. Ari- 
dice piqué répondit : « Et vous, 
«laignerez- vous nous apprendre 
comment des courroies noires et 
des courroies blanches produisent 
des taches de la même couleur sur 
la peau d'un esclave ?» Etyra. «pc ; 
•ît'xï) (diké), justice. 

Abigée, nom d'homme. Etym. 
ipi; yoùoL (gaia), terre. 

1. AR^o^oTE, très-connue ; fille 
de Pythagore. 

2. — Une femme savante de ce 
nom avait fait une histoire de 
Deiiys-le-Tyran. Etym. api; yvto- 
T05(g«ô<o>), connu; y/éti-i '^i^noein), 
connaître. 

AEiM>i;sTCS , Gis de Pythagore, 
et maître de Démocrite. Etym. 
ctpi; ftvâorSat ( mnàsthai), se sou- 
venir. 

Abio> , musicien grec , précipité 
dans la mer par des matelots avi- 
des de ses richesses , fut sauvé par 
un dau]>hin qu'avait attiré la dou- 
ceur de ses accords. Etym. àpsiuv 
{areiôn), meilleur ou plus brave. 
R. Ap-w; (jdrésy, Mars. 

Ariphradès , insigne ; nom 
d'homme. Etym. apt J «ppaÇtty 
{/ihrazein) , parler. 

ARIPHRo^•, très-sensé ; nom 
d'homme. Etym âpi; <ppr,v {phn'n), 
esprit. 

Abistacridas , guerrier Spar- 
tiate, après la défaite des Lactdé- 
moniens par Aniipaler, lieutenant 
d'Alexandre, répondit à quel- 
qu'un <jui les plaignait comme 
asservis au.\ Macédoniens : <■ Hé 
quoi ! le vainqueur pourra-t-il 



ARI ,',7 

nous empêcher d'échapper à l'es- 
clavage, en mourant pour noire 
patrie les arnies à la main ? » 
Etym. âp:çoç (aj'istos), le meil- 
leur, ou le plus brave; à)cpo;(aÂ;os), 
haut, ])arfait , sublime. 

Arist.cchxius, habile archer; 
héros fabuleux. Etym. apcço; (aris- 
tos), le meilleur. K. Ap-/j; [Àre's), 
Mars; alyiiM f aichmé), javelot. 

Aristagore , philosophe, de 
3Iilet. Etym. «oîç-o; ; à.yoph.{a^ora), 
place publique. 

Aristardre, devin habile, atta- 
ché à Philippe et à AJexandre-le- 
Grand, et courtisan plus habile 
encore. Daus un combat contre les 
Perses, il fit remarquer aux trou- 
pes un aigle qui planait sur la fête 
d'Ale.\aiidre ; remarque aussi utile 
pour le héros que fructueuse pour 

le devin. R. âpeçoç, âv/ip, àvîpb; 

(aner, anc/ros), homme de cœur. 
Aristahète, fille de INéarque, 
eut une grande réputation parmi 
les peintres de son temps. Etym. 
apiro: ; àptxr, (areté), vertu. 

1. Aristarquë, qui commande 
aux i^rands ; surnom que le poète 
Simonide donne à Jupiter. 

2. — Célèbre critique grec, à 
qui l'on doit une révision des 
poèmes d'Homère , et dont le nom 
est devenu l'appellation d'un bon 
critique. On dit un Aristarque. 

3. — Un philosophe de ce nom, 
antérieur n Archimède, imenta 
une horloge solaire. Son système 
de la rotation du globe qu'il sou- 
tint un des premiers, pensa lui 
coûter la vie. Les prêtres laccu- 
sèrent d'irréligion , pour avoir 
troublé le repos des dieux Lares 
de la terre. Etym. ap!<7o; ; kpyrr, {ar^ 
che), principe, commandement. 

Ariste, on (les historiens d'A- 
lexandre. — Ce nom , dans la co- 
médie moderne , désigne presque 
toujours ce qu'on appelle les rai- 
sonneurs. R. apiç-oç. 

Aristék, fils d'Apollon et de 
Cyrène , inventa , dit on , l'art de 
railler le lait , de cultiver les oli- 
viers, de préparer les ruches à 

JO. 



i48 ARI 

miel et de les conserver ; mais il 
est mieux conmi par le bel épi- 
sode du IV« livre des Géorgiques. 
R. aptço;. 

AristékÈte, loué comme le 
meilleur. Un écrivain grec de ce 
nom a laissé des lettres galantes, 
quelquefois ingénieuses, quelque- 
fois passionnées , mais qui sou- 
vent ne sont que des ceiitons de 
Platon , Lucien , etc. Etyni. apeço; ; 
aîv£~v (aiiiein), louer, exhorter. 

AniSTEiioi, hérétiques, qui 
avaient pris la main gauche telle- 
ment en horreur, qu'ils ne rece- 
vaient jamais rien que de la droite, 
R. àpictpaç (avisieros), gauche. 

AristhÈne , nom d'homme. 
Etym. otpt ; aG/voç (sthenos), force. 
I. Aristide , Athénien célèbre 
par sa justice et son désintéresse- 
ment. Le surnom de Juste lui fut 
confirmé plusieurs fois de son vi- 
vant. Thémistocle, Cimon, Péri- 
clès, dit Platon, remplirent 
Athènes de superbes bâtimens, 
de vastes portiques , de belles 
statues; Aristide la remplit de 
vertus. 

2. — Un autre Aristide , peintre 
de Thèbes, contemporain d'A- 
pelle , fut le premier , dit Pline , 
qui fit passer sur la toile les mou- 
vemens de l'âme et les passions 
qui l'agitent. Attale offrit jusqu'à 
6,000 sesterces d'un de ses ta- 
bleaux. Etym. apcçoç; tT^îo; (ei- 
</o5). Peut-être n'est-ce aussi qu'un 
nom patronymique. Ces noms, 
chez les Grecs , se terminent sou- 
vent en i^Yii (idi's)- 

Aristius, Romain auquel Ho- 
race adressa l'ode 22« du I" liv. 
Integer vitœ, etc. M. R. ou plu- 
tôt arisla , épi. 

Aristippe, philosophe grec, 
disciple de Socrate, fondateur de 
la secte Cyrénaïque, prit pour 
base de sa doctrine , que la vo- 
lupté est le souverain bien , et ne 
distingua point les plaisirs de l'âme 
de ceux des sens. Fidèle à ses prin- 
cipes, il ne se refusait rien de ce 
gai pouvait r«ndre la vie agréable. 



ARI 

sans cependant être al>attii par 
la pauvreté ou par l'infortune. 
Agréable aux gr;inds par son es- 
prit et ses bons mots, il savait 
quelquefois mêler la hardiesse à 
la complaisance. Denys-le-Tyran 
lui demandait pourquoi les philo- 
sophes assiégeaient les portes des 
princes, tandis que ceux ci n'al- 
laient jamais chez les philosophes. 
« C'est, répondit- il, que c'est aux 
médecins d'aller chez les mala- 
des. » Etym. apiço;; Inzjoi {hip- 
pos ), cheval. 

Aristobole , habile à lancer 
fies traits; nom d'homme. Etym. 
âpiçoç; ^(ilhiv (ballein), lancer. 

AnisTOBULA, excellent conseil; 
surnom sous lequel Thémistocle 
éleva un temple à Diane, en mé- 
moire des avis salutaires qu'elle 
lui inspira lors de l'invasion des 
Perses, et auxquels la Grèce dut 
son salut. Etym. à'ptçoç ; jSov)-?» 
(boulé), conseil. 

Aristobule; ce nom est com- 
mim à diverses personnes, rois, 
princes, etc. Un historien de ce 
nom accompagna Alexandre dans 
ses expéditions. Un jour qu'il pas- 
sait l'Hydaspe avec lui , le roi eut 
fantaisie d'entendre quelques mor- 
ceaux de son histoire. L'écrivain 
obéit, et lutle combat d'Alexandre 
contre Porus , où il lui faisait 
pourfendre des éléphans. Alexan- 
dre indigné saisit le manuscrit, et 
le jeta dans le fleuve , en disant 
qu'un pareil traitement devrait 
être fait a l'auteur pour payer 
d'aussi grossiers mensonges. M.R. 
Aristoclée , gloire parfaite ; 
nom d'une femme d'une rare 
beauté , que ses deux amans mi- 
rent en pièces en se la disputant. 
Et)m ocpiço; ; xk'05 (A/^oi), gloire. 
Aristoci-ès , premier nom de 
Platon , qui était celui de son aïeul. 
Ce fut, ditDiogène Laërce , Aris- 
lon , son maître d'escrime, qui, 
admirant sa forle stature , lui 
donna celui sous lequel il est 
connu. M. R. /^^. Platon. 

Aristoclide , tyran d'Orcho- 



ARI 

•nièuc, tua .111 pied des aiilels di" 
Diane la jeune Styraphalis , ([u'il 
ne pouvait séduire , et souleva 
l'Arcadie, qui vengea par sa mort 
celle de sa victime. M. K. 

Akistoclite , musicien célèbre, 
llorissait eu Grèce du temps de 
la guerre des Perses. K. x).£eTo; 
(kleitos), célèbre. 

Aristocorax , le corbeau des 
dîners ; nom de parasite dans 
Alciphron. Etym. âpiço-j (ariston), 
dîner; xopa? (Âorar), corbeau. 

Aristocrate , force, pouuoir 
du meilleur ; roi des Spartiates, 
•corrompait ses ennemis par des 
présens. Etym. apiç-o; (arùtos)) , 
x(!>âTo; (kratos) , force, puissance. 

Aristocréo» , géographe cité 
par Pline. Etym. ôtpsço; ; xpî'u 
{krcô), je règne, je commande. 

Aristochite , excellent juge; 
historien grec. Etym. âpi^oç ; xpt- 
rî); (krilc'sj, juge. li. xpc'vjiv {kri- 
nein), juger. 

Aristodéme , le meilleur du 
peuple ; instituteur des fils du 
grand Pompée. Etym. apiç-o; ; Srt- 
/io; (démos), peuple. 

Aristodique , benne justice ; 
nom d'homme. Etym. apiç-oç ; Sixri 
{diki), justice. 

ARlsTOGÈ^E , médecin qui se 
l'endit célèbre par la cure d'Anti- 
gonc Gonalas , roi de Macédoine. 
Etym. apiço; ; yt'.vfjOcc: {geines- 
thai), naître. 

Aristogitos , excellent voisin; 
Athénien, conspira avec Harmo- 
dius , son ami, contre les enfans 
de Pisistrate. Athènes libre éleva 
à ses libérateurs une statue dans 
la place publique. Le nom d'Aris- 
togiton devint tellement respec- 
table , qu'il fut défendu aux es- 
claves de le porter. Etym. apiço; ; 
ytcTMv (ge/fonj, voisin. 

Aristolaus, peintre grec, élève 
et fils de Pausias, fit les portraits 
de Périclès et d'Epaminondas. 
Etym. apir-oç; /ao; {laos) , peuple. 
Aristolochts, Athénien, vain- 
queur dans le5 jeux Olympiques. 
Ji . li)^oi;(fojhos), embuscade. 



A Kl 14.) 

I. Ani.sTOMAQL'1-: , le meilleur 
combattant; nom d'homme. Etym. 
apiçoç ; fAxj(y) (/wrtc/iej , combat. 

2. — Femme de Dion, que Denys 
le jeune , tyran de Syracuse , força 
d'épouser un de ses favoris, après 
l'exil de Dion , et qui revint avec 
son mari , lorsque le tyran eut été 
détrôné. 

3. — Nomde parasite dans Alci- 
phron , c'est-à-dire, brave à table. 
R. âpcçov (ariston), diner. 

Aristomède, d'excellent con- 
seil; nom d'homme. Etym. api^ro; , 
le meilleur; p.o^o; (médos) , soin, 
conseil. 

Aristomè>e , esprit ou courai^e 
excellent; Messénien fameux par 
son courage , et dont on trouva le 
cœur velu après sa mort. Etym. 
aptçoç ; piEvoç (menos), esprit, cou- 
rage. 

I. Aristok, philosophe grec, 
natif de Chio, de la secte stoï- 
cienne, surnommé la Sirène, à 
cause de son éloquence itjsinuante 
et victorieuse. .Satyrus, musicien 
célèbre, l'ayant un jour entendu, 
saisit ses flûtes , et, dans son en- 
thousiasme, s'écria, en parodiant 
un vers d'Homère : 

Jetons au feu celle arme inutile en mes mains 

Il comparait les argumens des lo- 
giciens aux toiles d'araignées, tis- 
sues avec beaucoup d'art, mais 
parfaitement inutiles; comparai- 
son applicable à plus d'un ou- 
vrage métaphysique. P.. aptçoç. 

2. — Un roi de Lacédémone de 
ce nom est connu par ses répar- 
ties. On disait devant lui que le 
devoir d'un roi était de faire du 
bien à ses amis et du mal à ses 
ennemis : « Il lui con%ient bien 
davantage, dit-il, de conserver ses 
anciens amis, et de s'en faire de 
nouveaux de ses pluj cruels enne- 
mis. » M. R. 

ARISTo^A^ITES, port des Pellé- 
néens. Ce nom %enait, disaient- 
ils, de ce que les Argonautes 
avaient mouillé à ce port. Efyni. 
àp'.ço;; yavTY)? (nautii), pilole. 



1 5o AiVl 

Aristomo, fils naturel d'Eu- 
mène, roi de Pergame, disputa la 
succession d'Attale HT aux Ro- 
mains, fut battu par Perpenna , 
et conduit à Kome, où il eut la 
tôte tranchée. Etym. ôcpiçoç; vtxn 
{nikr), victoire. 

Aristomde , très-belle forme ; 
statuaire célèbre, voulant expri- 
mer le repentir d'Athamas, lors- 
qu'après avoir précipité son fils 
Léarque sa fureur commence à se 
calmer, mêla le fer et le cuivre, 
pour exprimer, à la faveur de ce 
mélange, la rougeur de la honte. 
Etym. à'piç-oç, excellent ; tlèo^ 
(eidos) , beauté. 

Aristomque, Olynthien ; cé- 
lèbre joueur de lyre. Etym. api- 
çoç; vi'xï) {nikê), victoire. 

Aristo>otJs , très-bon esprit , 
ou esprit supérieur ; un des gardes 
du corps d'Alexandre-le-Grand. 
Etym. apcço; ; voo;, voû; (naos, 
noM5 ), esprit , conseil, sens. 

ARIST0^YM!i; , poè'te comique, 
directeur de la bibliothèque d'A- 
lexandrie, sous Ptolémée Phila- 
delphe. Etym. à'piço; ; ovop.a(o«o- 
rna ) , nom. 

Aristûpatra, mère de Cratère, 
un des généraux d'Alexandre-le- 
Grand. Etym. dtptço; ; tzchtyip , ■Jra- 
«poç , irarpoç ( pate'r , paieros , 
patron), père. 

AR1ST0PHA^E , qui paraît le 
meilleur ; poète comique grec , 
avait fait cinquante-quatre comé- 
dies, dont il ne nous l'esté plus 
que onze, se fit redouter par le 
sel de ses bons mots et l'amertume 
de ses sarcasmes, attaqua le vice, 
mais ridiculisa la vertu ; s'acharna 
contre Euripide, et prépara de 
loin , par sa comédie des Nuées , 
l'arrêt prononcé depuis contre 
l'hounne le plus respectable de la 
Grèce. 11 reunit à un tel degré 
l'élégauce, la finesse, la pureté de 
style, la plaisanterie légère qui 
formaient le sel attique, que, sur 
Ja demande de Denys-le-Tyran , 
qui désirait savoir en quoi ce sel 
consistait, les Athéniens lui dési- 



ARI 

gnèrent Aristophane comme le 
meilleur modèle qu'il pût con- 
sulter. Plutartjue , plus à portée 
de le juger, le met au-dessous de 
Ménandre. Les Plaideurs de Ra- 
cine sont une imitation assez 
exacte de ses Guêpes. Etym. «pt- 
çoç ; tp<xîvtiv {phaineiit) , paraître j 
aor. 2 pass. lyav/iv (ephanen). 

Abistophile , qui aime le meil- 
leur; nom d'homme. Etym. à'pc- 
çoç 5 epilttv (phileiii), aimer. 

1. Aristophok, peintre célèbre, 
peignit un grand tableiu à plu- 
sieurs personnages, oij l'on voyait 
Priam , Hélène , Ulysse , Déi- 
phobe, Dolon , la Crédulité, etc. 
Etym. i'pcço; ; tpocto (phaô), je luis , 
je parle ou j'écris. 

2. — Un Athénien de ce nom 
se vantait d'avoir été mis en juge- 
ment quatre-vingt-quinze fois , 
et d'avoir presque toujours été 
absous. 

3. — Poëte comique, avait joué 
sur la scène les pythagoriciens. 

4^ARISTOPHO^TE , dans Plaute , 
s'interprète par celui qui tue les 
plus puissans, optimati'cida Etym. 
apiçoç ; cpovoi; (phonos), meurtre j 
(p/vctv ( pheneiii), tuer. 

Aristoti; , qui a ou qui se pro- 
pose un but très-utile ; célèbre jihi- 
losophe grec, surnommé /e/»n'/;ce 
des philosophes , et fondateur de 
la secte péripatéticienne , ■mpi-cjo.- 
zùv {pevipatein ) , se promener , 
parce qu'il donnait des leçons dans 
le Lycée , eu se promenant. Etym. 
ûtpiço;; te'Ioç [lelos], la fin, le but 
qu'on se propose. Ici, la valeur 
du mot a un rapport bien sen- 
sible avec les talens de ce grand 
homme et avec les services qu'il a 
rendus aux sciences. Fils d'un 
médecin , il perdit son père fort 
jeune, dissipa son bien en débau- 
ches, et prit le parti des armes. 
Sur la ftù de l'oracle de Delphes , 
il revint à Athènes, entra dans 
l'école de Platon , dont il devint 
la gloire , se brouilla avec son 
maître, entreprit de longs voya- 
ges , fut chargé par Philippe de 



AlU 

J'éducatiou d'Alexandrc-le- Grand, 
qui disait ùlrv, redevable à son 
j)t're de vivre, et à Aristote de 
bien vivre, se relira à Athènes, 
]i()iir se livrer à l'étude loin du 
liiinulto des armes , y fut d'abord 
reçu avec eiitliousiasme , mais 
finit par éprou\er le sort commun 
à tous les grands hommes; accusé 
d'impiété , et se aon\enaut de la 
mort de Socrate , il se relira à 
(..lialcis pour épargner, dit-il, aux 
Athéniens une seconde injustice 
contre la philosophie. Ou lui doit 
le premier établissement d'une 
bibliothèque publique. Voici quel- 
ques unes de ses sentences , con- 
servées par Diogène Laërce : « Les 
sciences ont des raciues amères , 
mais les fruits eu sont doux... 
L'amitié est comme une àme dans 
deux corps... Il n'y a rien qui 
vieillisse aussitôt qu'un bienfait... 
L'espérance e.-,t le songe d'un 
homme éveillé... Amis de Socrate 
et de Platon , soyons-le encore 
plus de la vérité... Les lettres ser- 
vent d'ornement dans la prospé- 
rité et de consolation dans l'ad- 
versité... La philosophie apprend 
à faire voloutairement ce que les 
autres font par contrainte.. Tcule 
vertu est placée dans un milieu .. » 
On lui demandait pourquoi on 
trouvait tant de plaisir à voir une 
belle femme : « C'est là , répondit- 
il, la demande d'un aveugle. » 

Aristotime , tyran d'Elide , 
contemporain de Pyrrhus , roi 
d'Epire, fut tué dans un temple 
de Jupiter. Etym. ipeç-o; ; TtfXTj 
{limé), honneur. 

t. Aristoxè>e, nom commun à 
plusieurs personnages. Etym. aoi- 
çoç ; Ç/vo; (xenos), hôte. 

2. — Un philosophe dont nous 
avons le plus ancien traite de 
musique qui soit parvenu jusqu'à 
nous. Selon lui, l'âme est une 
harmonie. Elicn observe qu'où ne 
le vit jamais rire. 

3. — Un amateur de jardinage 
qui arrosait ses laitues le soir avec 



AKN i5i 

du miel et du vin doux, pour 
qu'elles fussent plus délicates. 

AiusTiiATj;, tyran de Sicyone. 
Etym. api (at'i), fort ou beaucoup; 
çpaTo; (s<ra<o5), troupes, armée. 

Arithmiadas , Spartiate, aida 
Lycurgueà établir ses lois. Etym. 
âpc6,u^o; (arithnios)f nombre. 

Aematds, Romain du Bas -Em- 
pire. R. annare , armer. 

ArmémacUS , surnom donné 
aux empereurs Marc-Antonin et 
Verus après la .soumission de 
l'Arménie. 

Arme>tarii:s, surnom donné à 
l'empereur Galerius, qui dans sa 
jeunesse avait gardé les troupeaux. 
Etym. arnieiitum , troupeau d« 
bœufs ou de chevaux. R. arare , 
labourer. 

Arïiifera, la déesse qui porte 
des armes. Minerve. Elym. arma 
J'erre. 

Armigera, mi'me sens. Etym. 
arma gerere. 

Armipoteî;s, qui préside aux 
armes, ou qui a la puissance des 
armes ; surnom de la même déesse. 
Etym. arma; posse, pouvoir. 

Armiso>a, qui se p lait au bruit 
des armes; surnom de la môme 
déesse. Etym. arma ; sonarc , 
retentir. 

ArradeS, nom de cultivateur 
dans AlciphroD. R. Spj, àpvo; [aj^s, 
ariinsj , agneau. 

Arivalïa , titre donné à Mi- 
nerve dans une inscription trou- 
vée entre Dijon et Langres. Ceux 
qui ont cherché dans les étymo- 
logies grecques le sens de ce sur- 
nom, y ont vu une déité cham- 
pêtre faisant quelque bien aux 
agneaux. R. ap; , àpvoç {ars, ariios), 
agneau ; liai (luo), puriticr. Le 
P. Oudin l'interprète par Minerve 
la conseillt re , en dérivant arnalya 
du celtique arii, honneur; Iv ■, 
sénat. 

AR^0BE, rhéteur africain, si- 
gnala son entrée dans la religion 
par ses livres entre les Gentils 
Véhément, énergique, il est sou- 
vent dur , emphatique , oboC ur 



i52 Aivr 

Etym. ap5 ; /5ioç {ùius), \\k , mi 
homme. 

Arogos, qui aide; surnom de 
la Justice. R. àprîytiv ( aréghein ) , 
aider, protéger. 

Akotritjs Zeus. Jupiier labou- 
reur. (?est celui que les Phéni- 
ciens appelaient Dagon. On lui 
attribuait la découverte du blé et 
l'invention de la charrue. R. àpoco 
(aivo) , labourer. 

Arrhémde, archonte athénien. 
R. appvjv , Evo; {anhi'ii, enos), 
mâle, généreux. 

Arsèke, précepteur d'Arcadius, 
lils aîné de Théodose. R. otppyjv , 
apcjYiv (arrJién ou arsâi), mâle. 

Arsénothelée s. Les dieux 
étaient ainsi nommés parce qu'ils 
avaient les deux sexes. Etym. 
appyjv ou «p(TT)v, mâle ; 39iiuç, ^■nkti.a. 
( thêlus , théleia ) , femelle. 

ABSl^oÉ, esprit mâle, ou plutôt 
êlévaiion d'esprit; nom commun 
à phisieurs princesses d'Egypte et 
de Syrie. Etym. âpanv ; vooç , voûç 
(/ioos , nous), conseil , esprit, ou 
plutôt àpaîç («/•«'*), élévation. R. 
aî'pEiv (aù'em), élever. 

1 . Artémi DORE, don de Mineive. 
Etym. ApTEfAt; [Arteinis), Diane j 
âSpov(^d(jri>n)j don. 

2. — Mattre de langue grecque 
à Rome, et ami deRnitus, remit 
à César un mémoire sur la conju- 
ration dont il fut la victime, au 
moment qu'il entrait dans le sé- 
nat ; il ne le lut pas , et périt. 

3. — Un autre a fait un Traite' 
des Songes , qui nous est parvenu. 

Artémis , nom grec de Diane. 
i>'« étym. àpTEpivi; (artcniés) , inte- 
ger, parce qu'elle avait conservé 
sa virginité ; 2=, av(îpa piidovo-a 
(a//c/ra/ni'soU5a), qui liait l'homme; 
S', selon saint Clément d'Alexan- 
drie, oLî^oréfi-oç (aeroioinos) , qui 
coupe l'air. R. à/)p {aer), air; rep.- 
vttv (temnein), couper, parce que 
la lumière de la lune pénètre les 
airs ; 4'? °'^° '''°'^ àpTEp-Ei'a; itoiùv 
{apo ton artemeiu< poiein), parce 
qu'elle donne des accouchemens à 
terme, r. Diam;. 



ART 

1. Am ÉMISE, l'cine d'Halicar- 
nasse, auxiliaire; de Xerxès dans 
la guerre contre les Grecs, mon- 
tra beaucoup de courage et de jiré- 
sence d'esprit à la bataille de Sa- 
lamine , dont elle n'échappa que 
par un coup hardi, y, Damasi- 
THYME. Méprisée par un homme 
d'Abydos qu'elle aimait passionné- 
ment, elle lui creva les yeux pen- 
dant qu'il dormait, et dans son 
désespoir se j)récipita du rocher 
de Leucade, dernier refuge des 
amans malheureux. 

2. — Artémise II, autre reine 
de Carie , moins célèbre par ses 
qualités guerrières, s'est immor- 
tali.sée par la fidélité avec laquelle 
elle honora la mémoire de son 
mari Mausole ; but ses cendres 
mêlées dans du vin , appela les 
premiers orateurs de la Grèce pour 
faire son oraison funèbre , et con- 
sacra des sommes immenses à lui 
faire élever un tombeau magni- 
fique , qui a donné son nom aux 
mausolées. Ce nom peut venir ou 
d' Artémis, nom grec de Diane, 
ou d'àpT£p.-ôç ( artemés ) , parfait ; 
deux étymologies convenables au 
caractère que l'histoire donne à 
cette princesse. 

I. Abtémon , peintre célèbre 
dont Pline vante les ouvrages , 
entre autres une Danaé, admirée 
par les pirates qui l'enlèvent. 

2. — Ingénieur de Clazomène, 
qui suivit Périclès au siège de 
Samos, et qui y inventa le bélier, 
la tortue , et autres machines de 
guerre. Etym. àpT£p.Yi;, sain, en- 
tier. 

3. — Forgeron enrichi, qui par 
mollesse se faisait porter dans un 
lit suspendu. R. àpràv (arlân), 
suspendre; apr-opa (arté/na ) , ce 
qui est suspendu. D'autres lui 
donnent le surnom de Tttpitfop-nroç 
( periphoivtos ) ■ Etym. TTEpKpE'pstv 
{ peripherein) , porter de i côté et 
d'autre. 

ARTÉMO^A, personnage de 
Plante ; femme que sa riche dot 
met en état de faire toutes ses 



ASB 

volontés. R. àpTio; (artios), par- 
lait; àoTc^Eiv {arlizein) , achever, 
accomplir. 

Artépibule , qui guette le pain; 
nom d'un rat dans la Balracho- 
invomachie . Etym. âpro; {artos), 
pain; èttcÇou/evecv (epiiouleueiii), 
tcmlrc des pièges. R. Itti (e/ji) , 
in; j3'3v).:!79ac (boulesthai) , vou- 
loir. 

Artépithymos , avide de pain ; 
nom de parasite dans Alciphron. 
Etyin. apTo;; èir;6vu.o; [epithuinoi), 
désireux. R. ^^^^^(^thumos) , es- 
prit , passion. 

Ahticuleius, consul sous Tra- 
jan. Etyin. ariiculus. 

Artipocs. Homère appelle ainsi 
le dieu Mars, pour dire qu'il a le 
pied fort et léger. Etym. aprto; 
(artios), entier, parfait; irovs 
(pous) , pied. 

A.RrovaA.oE, qui mange le pain ; 
nom d'un rat dans la liatracho- 
niyomachie. Etym. apToç ; ipâyav 
{ phaghein) , manger. 

Artopoeus, nom de savans mo- 
dernes qui n'ont point jugé le 
nom de / aker, ou de Boulanger , 
assez relevé. Etym. apxoç ; ttoisîv 
( poiein ) , faire. 

Artotbogcs, nom d'un parasite 
dans Plaute. Etym. apTo;; rpuyeiv 
( tnjgheiii ) , ronger. 

Abvina, gras ; un des surnoms 
des Cornélius. Ar\>ina est propre- 
ment l'espèce de graisse solide qui 
est entre la peau et les viscères. 
Serviu^. 

Arxippe, vingt-unième archonte 
d'Athènes. Etym. ap?£tv [arxein), 
devoir commander ; fut. i d'ap;(£cv 
( archein ) ; lit-asoc, ( hippos ), che- 
val. 

AsBOLOMÎ:>ES , les barbouillés de 
suie ; descendans d'un certain 
Damon , en mémoire de la suie , 
dont il se couvrit le visage , quand 
il couru*; sur un capitaine romain 
pour le tuer. Etym. à^Ço^yj ( «5- 
bolé) , suie. 

I . AsBOLUs , centaure , mis en 
croix par Hercule. Mêm. éfym. 



ASK i55 

■i. — Chieu de chasse d'Acléon. 
Ofid. M. R. 

AsciENS, peuples de l'Inde, 
chcx qui le soleil à midi ne fait 
pas d'ombre. R. a priv. ; uxià 
( skia ) , ombre. 

AsciTES , Arabes, ainsi nommés 
des radeaux composés d'outrés en- 
flées dont ils se servaient pour pi- 
rater. R. à^xoç (askos), outre. 

1. AscLÉpiADE. — Un poète, 
inventeur du mètre de son nom : 
Mœcenas atai>is édite regibus. 
2. — Un médecin, ami de Pom- 
pée , qui réduisait les préceptes de 
l'hygiène à l'usage mofléré du 
boire et du manger, à la prome- 
nade, aux frictions , etc. 

3. — Un philosophe qui , devenu 
aveugle, répondit à ceux qui lui de- 
mandaient quelle incommodité il 
éprouvait de la perte de ses yeux : 
« C'est d'avoir un esclave pour 
m'accompagner. » Etym. Aaxl-n- 
TTio; (^ Asklepios) , Esculapc. 

AscLÉUGÉNiE, fille de Plu- 
tarque , philosophe platonicien , 
enseigna la magie à Proclus. R. 
Atix/'/îTrcoç ; y/vî^Ga- , naître. 

AscLÉPioDORE , don d'Escu— 
lape ; peintre, contemporain d'A- 
pelle qui l'estimait. Un prince 
grec , nommé Mnason , acheta 
douze portraits des dieux , de cet 
altiste, 3oo mines chacun. Etym. 
Ac7x).r;7rto; ; êSpov ( dôron ) , don. 

AscLi.vioT>oT:E , donné par Sscu- 
lape ; un des généraux de Mithri- 
date , conspira contre ce prince, 
et obtint sa grâce en dénonçant 
ses complices. Etym. Ao-xÀt^-ttcoi; ; 
i?oToç (dotos) . donné. R. Si^Sévcni. 
(didonai) , donner. 

AscoMus, grammairien célèbre 
sous Néron. R. àjxeTv [askein), 
exercer. 

AsELGHÈs , ville ainsi nommée 
des mœurs licencieuses de ses ha- 
bitans. R. à'jtlyrt; (aselghés), 
lascif. 

AsELLA , vierge romaine , pieuse 
et savante, disciple de saint Jé- 
rôme. Etym. asellus , dim. d'as/- 
nus. 



i54 A SI 

AsELI,^o^ , tribun des soldats 
sous Scipion-Emilien, avait écrit 
l'iiistoire du siése de îiumaiice. 
M. R. 

AsELHUs , chevalier romain , 
distingué par son courage. M. R. 

AsaLiiUS , tribun du peuple , 
accusa Scipion l'Africain, et se 
vanta dans son discours d'avoir 
dans sa carrière militaire parcouru 
toutes les provinces de l'Empire. 
Scipion répondit par un proverbe 
usité alors, qu'un âne, pour être 
conduit dans toutes les parties du 
monde , n'en apprend pas mieux 
à courir. 

AsiiKETH , péril ou infortune; 
épouse de Joseph. 

AsiAGÈTE , surnom donné par 
les Grecs à L. Scipion, frère de 
Scipion l'Africain , et qui répond 
à celui d'Asiaticus que lui don- 
nèrent les Romains. Etym. Ao-ia 
(Asia)^ Asie; ayuv { agein) , 
conduire ou briser. 

AsiATicDS , surnom de L. Sci- 
pion, tiré de la conquête de l'Asie, 
expédition dans laquelle Scipion 
l'Africain , son frère, ne dédaigna 
pas de lui servir de lieutenant. 

Asi>A, surnom de C. Scipion, 
dû à cette anecdote : comme on 
lui demandait des cautions , il 
amena dans la place publique une 
ânesse chargée d'argent, comme 
la meilleure garantie qu'on piit 
donner. Macrob. 

I. AsiNius, nom romain : ab 
yisinis. Plutarque observe, avec 
beaucoup de raison , que les ri- 
chesses des premiers Romains 
consistant surtout en troupeaux, 
un grand nombre de surnoms ont 
dû être tirés des différentes es- 
pèces de bestiaux. Le plus célèbre 
fie fous les Asinius est l'Asinius 
Pollion , contemporain d'Horace 
et favori d'Auguste, orateur cé- 
lèbre, et, à ce titre, jaloux de la 
réputation de Cicéron. C'est lui 
qui lépondit à ses amis qui le 
pressaient de répondre aux satires 
d Auguste : « II n'est pas aisé 
d'écrire contre celui qui peut /^rc»5- 



ASP 

crire. » Quintilien .i dit do lui , 
qu'il était également propre au 
sérieux et à la plaisanterie, et 
qu'il était l'homme de toutes les 
heures. Il fut le premier qui lut 
son ouvrage devant une assemblée 
choisie , et qui ouvrit à Rome une 
liibliothèque publique , où il fit 
placer les portraits des grands 
hommes. 

a. — Un Asinius Celer acheta 
un mulet ( poisson ) 7000 ses- 
terces. 

3. — Ce sobriquet fut donné à 
Plante de l'obligation de tourner 
la meule à laquelle la nécessité le 
réduisit. Le sobriquet et l'anec- 
dote pourraient bien être imagi- 
nés à plaisir. 

AsKÈNos , titre donné au dieu 
Lunus , c'est-à-dire à l'intelligence 
qui présidait au cours de la lune , 
qui ne s'arrête jamais. Etym. a 
priv. ; !7x/)yy) (skéné), tente. 

AsMODÉE , destructeur: démon 
qui obsédait Sara , fille de Raguel. 

AsPASiE , aimable , caressante ; 
courtisane de Milet, et sophiste 
célèbre par son éloquence et ses 
talens pour la politique. Socrate 
quitta son école pour l'écouter, 
et Périclès sa femme, pour s'atta- 
cher à elle. Elle prit sur lui le 
plus grand ascendant, et décida 
la guerre du Péloponèse , parce 
que deux filles de sa suite avaient 
été enlevées par des liabitans de 
Mcgare. R. àiTrâÇscrOac [aspazes- 
thai), embrasser, caresser, f^. 

MiLTO. 

AsPASius , de Tyr , avait écrit 
l'histoire de l'Epire. 

AspBNDius , qui ne do'ine ni 
aux dieux ni aux honjmes ,• joueur 
de lyre, touchait la sienne si légè- 
rement qu'à peine le son en était 
entendu de lui seul ; rie là son 
nom était passé en proverbe pour 
désigner les égoïstes. Etym. a 
priv.; o-rtîvîscv ( spendein), faire 
une libation. 

I. AsPER. C. Trébonius dut ce 
surnom à ses violentes sorties 
contre les Patriciens. Tile-Live. 



ASS 

a. — Msnlius, a la discipline 
sévère qu'il fit observer .i .>on ar- 
mée, et au supplice de Tilus Man- 
lius son fils. R. asper , âpre, 
rude. 

AsPÉTCs , qu'on ne peut attein- 
dre, inimitable ; surnom sous le- 
quel les Epirotes rendaient les 
honneurs divins à Achille. Elyni. 
a priv. ; ea-rtuSxt ( espeslhai ) , ou 
fiTEcv (epein), suivre. 

AsPHAHo^ , qui ajf'evinit ; sur- 
nom de Neptune chez les Grecs , 
opposé à Enosichtl'Ô.i , qui ébran- 
le ; surnom du même dieu. Ma- 
crobe remarque à ce sujet que les 
dieux avaient sou\eiit des titres 
opposés sur une môme chose de 
leur dépendance. Strahon en at- 
tribue l'origine à l'apparition su- 
bite d'une tle de douze stades de 
circuit dans la mer Egée. On lui 
sacrifiait sous le premier surnom , 
(jui répond au stabiliior des La- 
tins , pour obtenir que la terre 
demeurât inébranlable dans ses 
fondemens. Elym. âj«pa),/)ç ( as- 
phalés), ferme, stable, immobile, 
R. a priv.; atpxylXEiv (sphallein) , 
abattre , heurter. 

A?PHALioK, à qui le pied ne 
gli se pas ; nom de pécheur dans 
'i'héocrite. Môm. étym. 

AsPHALTiTE , lac de Judée dans 
la Pentapole, dont le bitume sort 
à gros bouillons. R. a7'fa),To; (^as- 
phaltas ) , bitume. 

AsPiDiA , nom de femme. R. 
â^-jTj;, ('(Jo; (aspis , idos), bou- 
clier. 

AspoRÉKDs, montagne voisine 
de Pergame, célèbre par un tem- 
ple de (iybèle, mais qui était très- 
aride. Etym. a priv. ; (j-aiîptiy 
(speirein) , semer Parf. moy. i'ty- 
■BTopa (espora). 

ÀsPRrAHns, surnom d'un Fnl- 
vms, historien de l'empereur Ca- 
rinus. Etym. aper, àprc , rude. 

AssivÉHtsS , justes j secte juive 
qui affectait une sainteté plus émi- 
nente que celle qui était prescrite 
par la loi. 

AssuÉRus, prince et cfufj roi 



AST iJJ 

de Perse, épousa Esther, et per- 
mit au.x Juifs de retourner dans 
leur )iays. On le croit le même 
que Xerxès. 

Assoh, qui tend des embûches ; 
fils de Kemrod , fondateur de 
Ninivo. 

AsTAPHiuM, nom de soubrette 
dans Piaule, Etym. àiça.tp\(; (asta- 
phis ) , raisin sec. 

AsTAROTH , brebis; déesse des 
Phéniciens , dont Salomon intro- 
duisit le culte dans Israël. 

Astérie, brillante comme un 
astre; nom de femme dans Ho- 
race. H. à^p (a5f ('/•), astre. 

AsTÉRioN, un des Argonautes. 
M. K. 

AsTÉHius, nom sous lequel des 
savans anglais ou français ont 
masqué leur vrai nom de Stem ou 
de \ Etoile. M. R. 

AsTÉROPÉE, Lacédémonien qui 
concourut avec Lycurgne à la ré- 
forme du gouvernement à Sparte. 
Etym. àçcpo-mi (asteropê), éclair. 
R. âçpa-BTTtiv (^astraptein) 1 éclai- 
rer. 

AsroMES , peuples fabuleux qui 
n'avaient point de bouche. Des 
peuples qui habitent en-deçà du 
Sénégal , se font un point de reli- 
gion de ne pas laisser voir leur 
bouche. Peut-être est-ce là l'ori- 
gine de cette fable. Etym. a priv. ; 
ozi^.'j. (stoma), bouche. 

AsTKA , nom de femme. R. âçrîp. 

AsTRAP«us , nom poétique de 
Jupiter. R. â<rpa-7rT£iv ( astraptein ), 
lancer des éclairs. 

AsTRATÉE, surnom de Diane, 
honorée par les Lacédémoniens, 
eu mémoire de ce que l'armée des 
Amazones s'était arrêtée, et avait 
cessé de faire la guerre. Etym. a 
priv.; CTTpaTo; (stratos), armée j 
i7TpaT£~v (strateiii), combattre. 

AsTROARCHÈ, reine des astres ; 
nom de la Vénus céleste, ou Ura- 
nie chez les Pliéniciens. Etym. 
açpov ; ôipy^etv ( arcl.ein) , com- 
mander. 

AsTRODiAiTos, qui passe sa vie 
à l'air; surnom du dieu Pan 



i5ô Asr 

Etym. àçpov ; ■Jiac'm (diaùé), ma- 
nière de vivre. 

AsTROLOGUs, surnom donne à 
Hercide, parce qu'il se brûla le 
jour même oii il devait y avoir 
une éclipse de soleil. Etym. oiçpov ; 
\6yo^ (logos), discours. 

AsTVAGy, roi des Perses. Etym. 
oiçM (astu), ville; ayeiv (agein') , 
conduire. 

AsTYAKAx , f/ui i-ègne sur la 
ville j (ils d'Hector et d'Andro- 
maque, nommé par son père Sca- 
mandrius. Il était né depuis le 
commencement de la guerre , et 
dut son nom à sa qualité d'héritier 
de l'Empiic. Ulysse le précijiita 
du haut d'une tour. Racine sup- 
pose que sa mère était venue à 
bout de le sauver et de l'emmener 
en Epire , et l'on sait quel parti il 
a tiré de cette supposition. R. àçu. 
Ce nom désignait spécialement 
Athènes , ainsi que -ttoXiç Alexan- 
drie, comme les deux villes par 
excellence. Etyin.avaÇ(«/)ax), loi, 
chef. Villeroi est la traduction 
littérale de ce nom. 

Astycraték, force de la ville ; 
fille d'Eole. Etym. açv; xpàroç 
(kratos), force. 

AsTYCRÉOK , roi de la ville ; 
nom d'homme. Etym. açu j xp£a> 
(kreà), je commande. 

AsTYDAMAS , ffui domple lavUle ; 
poëte tragique athénien , disciple 
de Socrate, dont il quitta l'école , 
pour se livrer à la poésie drama- 
tique , composa quarante- deux 
tragédies , et fut couronné cinq 
l'ois. Etym. açw ; (îafjiàv (daman), 
dompter. 

AsTYGONUs , né à la ville , un 
des lils de Priam. Etym. àçu ; 
y£iv£(j9ai (geinesthai), nattre. 

1. AsTYMÈDK, qui règne sur la 
ville f deuxième femme d'OEdipe , 
qui calomnia les enfans du pre- 
mier lit auprès de son mari. Etym. 
açu ; p-éStiv (medein), comman- 
der. 

2. — Ambassadeur de Rhodes 
à Rome après la défaite de Persée. 

AsTY^oME , foi de la ville ; autre 



ATA 

nom de Cln yséis. Etym. «7» ; vo'fxo; 
( noinos ) , loi. Les Astynomes 
étaient fies magistrats d'Athènes, 
qui avaient l'inspection des joueu- 
ses d'instrumens. 

AsTY^o^;s , conseil de la ville ; 
fils de Priam. Etym. açu; vo'oç, vô; 
(noos,nous), esprit, conseil. 

AsTYOCH A , qui contient la ville f 
une des femmes d'Hercule. Etym. 
ûtçu; É'xE'v (echein), avoir, con- 
tenir. 

Astypalée , ville ancienne ; 
une des Cyclades. Etym. âazv ; 
Tra^aioç, làc (palaios , ia) , an- 
cienne. R. Ttàlai (palai), autre- 
fois. 

AsTYPHiLE , qui aime la ville ; 
nom d'homme. Etym. açv ; cpiXoç 
(philos) , ami. 

AsYLÉus, dieu qui présidait au 
refuge que Romulus ouvrit à 
Rome. Etym. a priv. ; crvXvi (suit'), 
dépouille; cîi<jvloi (asulos), qui 
est à couvert du pillage ; ôccru^ov 
( asulon ) , asyle. 

AsYKCRiTDs, incomparable ; 
nom d'homme. Etym. a priv. ; 
(juyxpc'vtev (sugkrinein), comparer. 
R. xpivEcv (krinein) , juger ; xpirriç 
(krités), juge. 

Ata ou Atè, déesse malfai- 
sante , ennemie des mortels , et 
dont l'unique occupation était de 
leur troubler l'esprit pour les li- 
vrer au malheur. Il y a grande 
apparence que c'est une déité de 
la création d'Homère. R. àTÔcv 
( atdn ) , blesser ; aTyj ( aie) , peine , 
dommage. 

Atabulus , vent pernicieux qui 
soufflait dans la Fouille , et qu'on 
appelait pour cette raison yippu- 
lus. Porphyre le dérive d'àrso ri 
otTTjv /SâUtiv ( apo tou atén ballein), 
causer du dommage. 1 

Atalante , nom de plusieurs 
héroïnes grecques , dont la plus 
célèbre est celle qu'Hippomène 
vainquit à la course, au moyen 
des trois pommes d'or qu'il avait 
reçues de Vénus , et qu'il jeta 
l'une après l'autre. Etym. a priv. ; 
ta)av , TXàv ( lalân, tlan) , souffrir» 



ATH 

ou zi\a.vTov (tttlaiiloii ), poids; 
àrxîiavTo; [atalantos), égal. 

Atéhius, consul , l'A. de R. 
399, fut auteur de la loi qui don- 
nait à tous les magistrats le droit , 
réservé jusque là aux consuls, 
d'infliger une amende. R. atc}', 
noir. 

Athalie, reine des Juifs. S'il 
était permis de cliercher dans le 
grec la racine d'un mot hébreu , 
on pourrait dire que celui-ci vient 
d'à priv. et de Siâ.\\iiv ( thallein) , 
fleurir. Les Hébraisans l'interprè- 
tent par hora, ou lempus Doinini, 
ou ijui jtèche contre le Seigneur. 

ATHA^ASE,^/««/o/7e// patriarche 
d'Alexandrie, célèbre par sa fer- 
meté et par les persécutions qu'il es- 
suya. Alhauase avait l'esprit juste, 
vif et pénétrant ; le cœur généreux 
et désintéressé; une foi vive ; une 
charité sans bornes ; un christia- 
nisme mâle , simple et noble 
comme l'Evangile; une éloquence 
naturelle , forte de choses , allant 
au but , et d'une précision rare 
dans les Grecs de ce temps-là. 
R. a priv.; ^âvaro; [ihanatos ) , 
mort. 

ATHA^ASIE , nom de femme. 
Mâm. étym. 

ATHA^Ès, iininortel ; avait écrit 
une histoire de Sicile. Etym. a 
priv.; r^avetv (ihanein) , mourir. 

Athénagore , philosophe chré- 
tien d'Athènes , a fait une apologie 
du christianisme adi'esaée à M.irc- 
Aurèle et à son fils. Commode, 
associé à l'Empire. Etym. AO-nvy) 
(yithénc) , Minerve; àyopà (ago- 
ra), place aux jugemens, bar- 
reau. 

Ath EN AÏS , dite Eudoxie, déshé- 
ritée par son père, le sophiste 
Léonce , comme as'^cz riche de 
science et de beauté, et exclue par 
ses frères de la succession pater- 
nelle ; menée à Constantinople 
par une tante, pour y faire valoir 
ses droits, implora la protection 
de la princesse Pulchérie qui , 
frappée de sori mérite et de sa 
beauté, la fit épouser à sou frère 



ATH i57 

J'héddosc II , empereur d'Orient, 
se brouilla avec sa bienfaitrice, et 
gouverna sous le nom de son mari. 
Une pomme d'une grosseur extra- 
ordinaire, envoyée par l'empereur 
à Eudoxie, et renvoyée par elle à 
Paulin son ami , et par celui-ci au 
prince, anecdote tout-à-fait sem- 
blable à un conte des Mille et 
une Nuits ( voyez les Trois 
Pommes , dans la c)Of Nuit et 
suivantes), lui fit perdre la con- 
fiance de son mari , qui se sépara 
d'elle avec éclat, et bientôt après 
la priva de toutes les marques de 
sa dignité. Elle se retira à Jéru- 
salem, oi!i elle composa ses princi- 
paux ouvrages, et y mourut le 
20 octobre 460. Mèm. étym. 

Athèké, nom grec de Minerve, 
dont Platon donne ces deux éty- 
raologies, \°. ri âto'iô-n (e theonoé), 
celle qui connaît les choses di- 
vines. R. ©toç (Tlieos) , Dieu; v&oç, 
vs; (hoos, nous), esprit, intelli- 
gence. -2°. -hBovôri {êihonoc), mœurs 
et intelligences D'autres dérivent 
ce nom à-cro ts rj)(jù-i ( apo lou 
alhrein), voir, discerner. Des 
mythologues prétendent qu'étant 
née tout armée, elle n'avait pas 
eu besoin de nourrice, et qu'elle 
a été appelée ASovy) pour A0ï)>ï) 
{ Athêlè). R. a priv.; ^/ilàÇîtv 
{thélazein) , allaiter. 

Athérée, grammairien, appelé 
le / arron des Greci , vivait sous 
Marc-Aurèle. 11 est auteur des 
Deipi.o ophistes , ouvrage rempli 
de citations et de faits curieux , et 
intéressant pour tous ceu.x qui 
aiment à se rappeler les mœurs 
de l'antiquité. M. R. 

ATHÈ^Es , ville de la Grèce , 
distinguée par le goût, l'esprit 
vif, la légèreté , l'ingratitude , les 
taleiis, et les vices brillans de ses 
concitoyens. L'oracle de Delphes 
empêcha les Lacédémoniens de la 
détruii'e , en disant que ce serait 
arracher un des yeux de la Grèce. 
Le mot atticisme fut créé par elle 
et pour file. Isocrate la comparait 
à une courtisane séduisante dont 



i58 



ATH 



tout le momie voiulfait avoir ies 
faveurs , mais dont personne ne 
voudrait faire sa femme. En un 
mot , c'était le Paris de l'ancieune 
Grèce. R. ÀQ/iv-n , Minerve , sous 
la protection de laquelle elle était. 

ATHÉMo^ , chef des esclaves 
fugitifs qui se révoltèrent en Si- 
cile. Mêm. étym. 

Athékopics, ambassadeur d'An- 
tiochus, roi de Syrie, vers Simon 
M.Tchabée. fut chargé de lui de- 
mander la restitution des villes 
de Joppé , de Gaza et de la forte- 
resse de Jérusalem. Etym. AQ-nv-n ; 
j3io5 (ùios), vie. 

Athé>oclès , avait écrit une 
histoire des Mèdes et des Assy- 
riens Etym. aGïjvï); xk'o; ( /c/eos ) , 
gloire. 

AthÉkodoue, philosophe stoï- 
cien, natif de Tarse , en Cilicie ; 
précepteur et ami d'Auguste , avait 
clé choisi par César pour veiller cà 
l'éducation de ce prince. Le phi- 
losophe lui donna souvent de bons 
avis , et quelquefois des leçons 
dont le prince profita. On cite, 
entre autres, celle-ci : Il se dé- 
guisa en femme , et se plaça dans 
une litière qu'Auguste envoyait 
pour chercher la femme d'un sé- 
nateur. Au moment qu'on ouvrait 
la litière, Athénodore en sortit 
armé d'un poignard, et dit au 
prince : " A quoi vous exposez- 
vous, seigneur? Un mari au dé- 
sespoir ne peut- il pas , sous ce dé- 
guisement, laver dans votre sang 
la honte que vous lui prépariez? >■ 
Le philosophe ayant obtenu la 
permission de se retirer à Tarse , 
conseilla en partant a son élcA e 
de compter les vingt-quatre lettres 
de l'alphabet grec, avant de suivre 
les mouvemens de sa colère. 
Etym. AG^vvi; SZpov (cléron), don. 

ATHÉ^0GÈ^E (saint), martyr. 
Etym. Aôwvi; y/vo; (i;enos), nais- 
sance. 

ATHÉ^oPHA^E , valet de cham- 
bre baigneur d'Alexandre -le - 
Graiwl. Etym. ABnvn ; cpatvo,u.ai 
(pJiainotitai) , paraître. 



ATR 

Athéos , surnom donné à Dia- 
goras et à Théodore, qui niaient 
l'existence de la Divinité. Etym. 
a priv.; ©eoç (Theos) , Dieu. 

Atimarquk , sobriquet injurieux 
donné par les Athéniens à un cer- 
tain Timarque. Ce mot pouvant 
signifier qui est au premier rang 
des hontieurs , le sobriquet signi- 
fiait qui est au premier rang de 
l'infamie. Les anciens, comme on 
le veria plus d'une fois dans cette 
nomenchiture, aimaient ;\ jouer 
sur les mots , au moins autant que 
les modernes. Etym. a j)riv. j nay) 
{limé), honneur; àp/vj (arche), 
commandement. 

Atius, nom d'une famille ro- 
maine , que Virgile fait descendre 
d'Atis, Troycn, pour faire sa cour 
à Auguste, dont la mère était une 
Atia. dette famille était plé- 
béienne , et aucim de ses membres 
ne s'éleva plus haut que la pré- 
ture. 

Atlas , roi d'Afrique , que les 
poètes ont supposé porter le ciel 
sur ses épaules, et qui fut , dit-on , 
l'inventeur de la sphère. R. tASv 
(lldn), soutenir, porter. 

Atratinus, consul, l'an de 
Rome aSy. Etym. atratus , vêtu 
de deuil 

Atrée , qui ne craint rien; roi 
d'Argos, servit à Thyeste , son 
frère, les membres de son propre 
fils. Le soleil recula d'horreur, 
pour ne pas ûtrc témoin de cet 
afFreu.v repas. R. a priv.; tpùv 
(irein), trembler. Platon, dans 
son Crutrlus , le dérive de arripoç 
{aitrns), nuisible, funeste. R. 
à-aoj (atao), blesser. 

Atricius , nom romain, d'ater, 
atva , alruin , noir. 

Atrides , Agamemnon et Méné- 
las , fils de Plisthène, mais frères 
d'Atrée. Homère leur a donné le 
nom d'Atrides, pour honorer leur 
mémoire. R. Alreus , Atréc. 

Atromès, intrépide ; héros , fils 
d'Hercule. Elym. a priv. ; Tpe'uecv, 
TpeTv {treinein , irein), trembler. 

Atropos , injlexible ; celle des 



AUG 

1 mis Parques qui lient 1rs L'iscaux. 
Pi. a priv. ; rpc'itttv ( trepeùi), tour- 
ner j pai-f. moy. tt-cpôna. ( Ivlropa ), 
(l'oîi Toocjo; (iio/jos), tour, COIi- 
\ ersion. 

Atta, boiteux ; qui attin^il po- 
liîts lei-ram quàni anibulat. Fest. : 
surnom île Qninctitis , pcëte co- 
mique , qui mourut douze ou 
treize ans avai.t la naissance de 
V^irgiie. C'est un de ces surnoms 
qui sont tirés de quelque diffor- 
mité ou infirmité corporelle. 

Att I coPERDix , surnom que 
l'empereur Adrien donnait à un 
«le ses affranchis nommé Aristo- 
mène , acteur de l'ancienne comé- 
die. Etym. Attîxoç {.iitiios). 
Athénien , Attique ; -rzipSii, {per- 
dix), perdri.\. 

1. Atticus , surnom donné à 
T. Pomponius, soit parce qu'il 
aimait le séjour d'Athènes , soit 
parce qu'il parlait purement le 
grec d'Athènes , atlicè. 

2. — Hérode , descendant de 
MiUiade, préfet de toute l'Asie, 
sousNerva , répondit dans sa vieil- 
lesse à un homme puissant qui le 
menaçait : « JVe juis-tu pas qu'à 
mon âge on ne craint plus ? » 
Dim. , Atticilla , nom de femme. 
Mari. 

AucHMÉEis, sec, malpropre; 
épitli. du dieu Pan. Etym. av;^- 
(ji»!£i; { alichinteis ). R. ai;(uo; 

( auchmos ) , sécheresse , haie. 

AcDE, nom de femme. R. av^ïj 
(aude), voix. 

AuDE>Tius, éviîque espagnol, 
a écrit contre les Manichéens. R. 
aiidere , oser. 

AuFiDics BASSus,avaitécrit une 
histoire de Germauicus , et une 
de la guerre Civile entre Antoine 
et Auguste. R. Aufidus ,L' OJanio , 
fleuve de la Fouille. 

AuGÉ, mère de Télèphe, qu'elle 
eut d'Hercule. R. avyyi (auge'), 
rayon, éclat, point du jour. 

AuGUKiNus, surnom des Minu- 
cius , du à quelque augure remar- 
quable. 



AUG 



» V 



Arcisrii , dis ndoptif de ( és.n , 
au.ssi estimable sous ce nom 
qu'odieux sous celui <rOcfave, a 
fait dire de lui qu'il ne devait 
jamais naître, ou ne devait jamais 
mourir. Après avoir répandu des 
flots de sang, et >acrifié à la ven- 
geance d'Antoine, Clicéron qu'il 
appelait son père, délivre de ses 
concurrens et souverain sans rival 
et sajis partage , il parut humain , 
clément, et, comme l'a fort bien 
dit Montesquieu, conduisit dou- 
cement les Romains à la servi- 
tude : il eut im bonheur bien rare 
dans un si haut rang, deux amis 
habiles, dévoués, fidèles. Agi-ippa 
et Mécène, auxquels il eut le 
malheur de Survivre, et dont il 
sentit plus d'une fois la perle. La 
politique eut autant de part que 
le penchant à la protection qu'il 
accorda aux letli'es , et la posté- 
rité a justifié la sagesse de ses 
calculs. Virgile et Hor;;ce lui «int 
lionne l'immortalité en échange 
de ses bieufliits , et leuis beaux 
vers ont jeté un vnile sur ses 
ciuautés. Sur le point de mourir , 
il dit qu'il avait trouvé Rome bâ- 
tie de briques , et qu'il la laissait 
b.Uie de marbre. Après quoi il se 
lit raser , arranger les cheveux , et 
demanda à ses amis , rangés au- 
tour de son lit , s'il avait bien joué 
son rôle. « Oui, répondirent-ils. » 
— « Bâtiez donc des mains , la 
pièce est unie », et il expira. On 
assigne à son nom différentes éty- 
mologies. Suétone nous apprend 
qu'il lui fut donné, honoris et ain~ 
plitudinis causa , et le dérive ab 
augendo, verbe latin qui a pu être 
formé du grec avi^tv (auxein) , 
augmenter. Si l'on en croit Dion, 
lui-môme, dans son discours aux 
Célibataires,dil Ta voir pris, quasi 
auctus tiberis Romai.orum. D'au- 
tres le dérivent des augures qui 
lui furent favorables. 

AcGDSTi> (saint), un des Pères 
de l'Eglise latine , célèbre par sa 
piété , son éloquence et son érudi- 
tion. Dérivé d'^^ui^uscus. 



iGo 



AUR 



AuGiJSTtJLE, dernier empereur 
des Romains qu'Odoacre força 
d'abdiquer. Ditnin, d'^ugustus. 

AvLVLTÈs , joueur de Jlùte ; sur- 
nom d'un des Ptolémées qui dans 
sa propre cour disputait le prix 
de la flûte. Sa mollesse, son in- 
capacité , ses débauches le firent 
détrôner par les Egyptiens. On a 
remarqué que presque tous les 
surnoms des Ptolémées doivent 
être plis en mauvaise part. R. ai- 
Xoç ( aulos), flûte. 

AuLorsiADES , nymphes dss val- 
lons. Ety m. aùASv (au/d/i), vallon. 
R. aû),oç (aulos), canal, vallée. 

Au LUS, prénom rora. , du verbe 
alere , o,is , nourrir, ^M2 Diisalen- 
tibus nasceretur. f^aler. Max. 
Dérivé : AuLidius , Âulius. 

I. Au RE, nom d'une desservantes 
de Pompéia , femme de César. R. 
oiZpix(aura), air doux, souffle du 
zéphir ou l'air personnifié. 

2. — Espèce de sylphes que les 
anciens mythologues nommaient 
yiurœ. 

AuREA, surnom de Vénus, tiré, 
ou de la richesse de ses temples, 
ou de la préférence donnée par 
les anciens à la chevelure blonde. 
R. auruin , or. 

Al)RKLlE^, empereur romain, 
vainqueur de Zénobic, qui honora 
son triomphe, habile, mais cruel , 
fît dire de lui qu'il était bon mé- 
decin , mais qu'il tirait tiop de 
sang , et fut tué près de Byzance , 
lorsqu'il était sur le point de mar- 
cher contre les Perses. Dérivé 
A' Aurelius. 

AuRELius. Cette famille, d'ori- 
gine Sabine , étant venue s'établir 
à Rome, l'Etat lui assigna un em- 
placement où elle devait sacrifier 
au Soleil. De là elle prit le nom 
à\Auselia , dont se fit Aurélia, 
lorsque Vr fut inventée par un 
Claudius Centinianus ou Centi- 
manus , jurisconsulte. C'est ainsi 
que les Valesius , les Fusius- les 
Pdpysius devinrent les Valtrius, 
les Furlus, les Papyrius. 



A UT 

AuRÉoLus, tyran d'illyrie , 
vaincu et tué près de Milan , sous 
le règne de l'empereur Gallien. 
A. C 370. R auriim. 

AuRiGKKA, surnom de Persée , 
né de Danaé et de Jupiter, changé 
en pluie d'or. Etym. auruni , or ; 
gignere , parf. genui , produire, 
engendrer. 

Auso^E , poëte latin , précepteur 
de l'empereur Gratien. Etym. 
Ausnnia , l'Italie. 

AusTER , vent du Midi , chaud 
et humide. R. avtiv (auein), sé- 
cher, brûler, f^. Notus. 

AuTANDER, nom d'homme. 
R. «ûto; (aulos), lui-même; 
àvÀp (ancr), vir. 

AuTARCTUs, prince persan, 
beau-frère de Xerxès, tomba entre 
les mains des Grecs , et fut im- 
molé à Bacchus Oinestès par Tlié- 
mistocle , que forcèrent à cette 
barbarie la frénésie d'un devin et 
les clameurs des soldats. Etym. 
avToç ; apxToç (arklos), ours, ou 
apxicv (arkein), se contenter. Il y 
a apparence que ce nom est altéré 
par les écrivains grecs. 

AuTOBL'LE , r^ui prend conseil 
de lui-même ; peintre grec. Etym. 
avTo; (autos), lui-même; jSovVÀ 
(doulé), conseil. 

AuTocHARiDAS, qui SB léjouit 
lui-même ; nom d'homme. Etym. 
aÛToç ; j(acp£iv (chairein), se ré- 
jouir. 

AuTOCHTHON , le terrestre, ou 
celui qui est ne dans le pays y un 
des dieux phéniciens cités par 
Sanchoniathon , le même qu'Epi- 
geius ou Uranus. Etym. aùrb; ; 
■/^dwv (chlhôli), terre. 

AuT0cuTH0^ES , nom que les 
Athéniens se donnaient à eux- 
mômes, comme nés de la terre qui 
les portait. C'est dans cette idée 
qu'ils ornaient leurs cheveux de 
cigales d'or, persuadés que cet in- 
secte était ne de la terre. Etym. 
aÛTo; ; ^Gùv (chthon) , ttrve . 

Adtoclès , qui tire sa gloire 
de lui-même. Un parasite de ce 
nom , après avoir ,iidé un certain 



A UT 

Epiclès à dissiper le patrimoine 
de deux hommes riches , prit de 
la ciguë avec son camarade, déses- 
pérant apparemment de trouver 
de nouvelles dupes. Etym. aùro;; 
xi/oç (kleos), gloire. 

AuTOGLÈTE, qui s' im>iie lui- 
mcnie ; nom de parasite dans Al- 
ciphron. Etym. «Ùtoç ; xa^eîv 
(kalein), appeler, inviter. 

Autocrate , c/ui tient son pou- 
iroir de lui-même j avait écrit une 
histoire d'Achaïe. Elym. avTo? ; 
xpatTo; (Avrtîos), force. 

AcTûcRATKiRAi , puissantes par 
elles-mêmes ; surnom des Furies. 
Mêm. étym. 

AuTOLAiJs , héros fabuleux. 
Etym. aùro;; >ao; (laos), peuple. 

AuTOLÉON , général des Croto- 
niates, blessé par le spectre d'Ajax, 
ne fut guéri qu'après avoir apaisé 
les mânes de ce héros. Etym. aù- 
To;; h'uv (leôn), lion. 

AuTOLYcrs , aïeul maternel 
d'Ulysse , voleur comme Mercure 
son père. Etym. av-05 ; Xuxoç 
(lukos), loup. 

AuTOMATiA, déesse du hasard , 
à qui Tinioléon , général corin- 
thien, fit bâtir un temple, croyant 
lui devoir une partie de sa gloire. 
Etym. avToç ; fiàu (maô), désirer ; 
ou fxaTYiv (matén) , facilement; 
avrou-arloi (automatia) , événement 
fortuit. 

AuTOMÉDOR, qui conduit lui- 
même ; conducteur du char d'A- 
chille. R. auTo;; fxtêtiy (medein) , 
commander. 

AuTODORE , fameux athlète , mâ- 
chait une sorte de laurier qui don- 
nait une passion violente pour le 
ceste. Treize fois il fut vainqueur; 
la quatorzième fois, le charme se 
dissipa. Etym. avro;; SSpov ( dô- 
fon), don. 

AcTOMÈKE, Héraclide, dernier 
roi des Corinthiens. R. aù-roç; 
pt'vo; {menas), courage. 

Autonome , qui sert de loi ; 
nom de Néréide. Etym. aùroc; 
vojLio; (nomos), loi. 

AuTOKOUs, capitaine grec. Etym. 



AVE 



i(Ji 



otvT^ç ; vooç, v«; (noos , nous), es- 
prit, intelligence. 

AuTOPHOROs , qui se tue lui- 
même ; guerrier thébain. Etym. 
auToç; (fiovoç (/;/?o/i os), meurtre. 

Autosthère, r/iii tient sa 
force de lui-même ; nom d'un 
archonte athénien. Etym. aùxoç ; 
(tOe'vo; (sthencs), force. 

Autriche , yiusti-ia ,a\\. Oost , 
Orient. 

AuxERTius, rival de saint Am- 
broise. R. ai'Itev (auxein), aug- 
menter. 

AuxÉTÈs , qui fait croître ; sur- 
nom de Jupiter et de Pan. Etym. 
av^ftv (auxein) , augmenter. R. 
â£?£tv {aexein ) , prendie accrois- 
sement. 

AuxiLius , secourahle ; nom 
d'homme, formé d'auxilium. 

AuxiTHALÈs, (jui augmente la 
végétation ; surnom de la Terre et 
de Cérès. Etym. aî^stv; ââllttv 
(tJiallein), fleurir, 

Auxitrophes , surnom des 
nymphes que les bergers invo- 
quaient pour la prospérité de leurs 
troupeaux. Etym. avÇstv; rp/tpttv 
(trephein), nourrir. 

AuxoMÈRE, qui croit; surnom 
de la Lune. Etym. av^civ. 

AvELLA, ville de Campanie, 
a conservé son nom. On le fait 
venir du grec âA>a (aella), tem- 
pête , des tourbillons de vent fré- 
quens dans cette contrée. 

AvERAKius, nom que prit un 
théologien allemand , nommé Ha- 
bermann. R. avena, avoine. 

Avertir, une des sept collines 
de Rome. Varron dérive son nom 
ab avihus , dont le charme du lieu 
attirait une grande quantité ; 
d'autres, 1" d'Aventin, fils d'Her- 
cule, qui y avait sa sépulture; 
2° ab adventu hominum , qu'y 
attirait le temple de Diane ; 3» ab 
aduectu, parce qu'on ne pouvait 
y aborder que par eau , puisque 
des marais la séparaient des autres 
collines. 

11 



l62 



AXI 



AvEKTl^A, surnom de Diane, 
honorée sur le mont Aventiu. 

AvEKTiKEKsis, surnoni des Gé- 
uucius , qui habitaient le mont 
Avenlin. 

Averse. / '. AoR^E. 
AvERRD^cus , dieu romain, in- 
voqué surtout dans les temps de 
calamité , pour qu'il détournât les 
maux. Etym. av^eiruncare , vieux 
mot latin qui signifie, détourner. 
AviDiÉRt's, riche avare, sur- 
nommé /e c/tj'e/i, surnom mérité, 
à ce que nous apprend Horace , 
1. II, Sat. 2. h. avidus. 

AviDUis Cassius, un des géné- 
raux de Marc-Aurèle, habile, 
mais sanguinaire, mérita le sur- 
nom de Second CatiL na, fut élevé 
à l'Empire par l'armée d'Orient, 
et tué après trois mois de règne. 
M. R. 

AvisTUPOR , nom de Priape , 
dieu tutélairc des jardins contre 
les attaques des oiseaux. Etym. 
avis , oiseau; sttipor, étonnement, 
épouvante. 

AxÉKXJs, iidiospita'ier j ancien 
nom du Pont-Euxin. Etym. a 
priv.; Ç/voç {xeiios), hôte. 

Axl^È, hache; surnom que la 
courtisane Lais, dit Elien , dut à 
l'avidité avec laquelle elle rançon- 
nait les étrangers. Hospites tan- 
quam ascid dolabat. R. à^tv?) 
{axiné), hache. Je serais tenté 
de lire, avec un des commenta- 
teurs d'Elien , àXiî--'-n {axeiné) , 
iuhospitalièrc , dans le mâme 
sens que le Pont-Euxin fut sur- 
nommé axenus , du nombre des 
pirates qui infestaient cette mer, 
et de la barbarie des peuples qui 
en habitaient les côtes- Etym. a 
priv.; Uvoi (xenos), hôte; étran- 
ger. 

AxiocHTJS, ami d'Alcibiade, et 
de mœurs aussi déréglées que lui. 



AZO 

Etym. aÇioç {axios), digne; t'xfiv- 
{echein), avoir. 

AxioNiQUh, digne de la vic- 
toire ; ]w'éle comique. Etym.aÇioç; 
vi'xyj (niké), victoire. 

AxioPisTE , digne de foi ; auteur 
grec, avait écrit des sentences sur 
la divination. Etym. ôc^io; ; ittîQciv 
(peithein) , conseiller, animer. 

AxiopoENA, vengeresse; sur- 
nom sous lequel Hercule, vain- 
queur d'Hippocoon , bâtit un 
temple à Minerve dans la ville de 
Sparte. Etym. àÇioç ; -cjotvà, ou 
-ctoivï; [poiiia oupoiné), châtiment. 
AxioTHÉE, re pectahle ; femme 
grecque, disciple de Platon ; elle 
se déguisa en homme avec Lasthé- 
uie et Mantinée, pour assister à 
ses leçons. R. a^to;; 0£o; {Tlieos),, 
Dieu. 

Axius, un des fils de M. Cras- 
sus , ressemblait parfaitement â 
un Romain de ce n )m , et cette 
ressemblance avait fait soupçon- 
ner la vertu de sa mère. Un jour 
que ce jeune Crassus avait été fort 
applaudi dans le sénat , on de- 
manda à Cicéron comment il trou- 
vait son discours. « AÇio; tov 
Kpa<7(j8 {axios tou Krassou) . » 
Ce qui pouvait signifier également , 
ou digne de Crassus, Vu4xiiis de 
Crassus , calembour assez froid. 
R. 0.1.101; {axios), <ligne, illustre. 

AxYLOs , sans bois; canton de 
Galatie, qui ne produisait aucune 
matière comljustible , et dont les 
habitans brûlaient de la fiente de 
bœuf. Etym. a priv. ; ÇvXov {xulon), 
bois. 

AxvLXJs, fils de Teuthras, tué 
par Dioraède. M. étym. 

Azo^Es , dieux qui n'élaient pas 
fixés à un pays particulier, mais 
dont le cidte était généralement 
adopté. Etym. « priv.; Çwvvi 
(sd/je), ceinture, zone. R. Çuv- 
vvEtv {zôimuein), ceindre. 



BAC 



UAL 



\()j 



B 



1JAA.L, si'iijiteuf : nom du Jupiter 
lies Assyriens. 

Babactès, causeur^ surnom de 
Bncclius, tiré des ]inrlemens des 
Bacchantes , ou plutôt de ce que le 
\iii délie la langue. Etjm. jSa^a- 
Çesv {huhazein), parler d'une ma- 
nière non articulée. R. ^i^it-j 
{bazein), p;irler. 

Babkl, confusion ; ainsi nom- 
mée de la confusion des langues 
survennc entre ceux qui élevaient 
celte tour. 

Bacchidès, fils de Bacclius : 
général de Déraétrius Soter , fut 
battu par Judas Machabée, qui 
périt dans cette action. 

1. Bacchis. adonnée au vin; 
nom de courtisane dans Térence. 

2. — Athénée parle d'une Bac- 
chis , courtisane de Samos, qui se 
ilistingua de celles de sa profes- 
sion par son ilésintéressemetit et 
sa modestie. Sa voix enchante- 
resse était comparée au chant 
séducteur des sirènes. On l'appe- 
lait l'honneur des courtisanes, et 
l'apologie vivante de leur profes- 
sion. On eût mieux fait de l'en ap-' 
peler la censure : car ses compa- 
gnes , humiliées par le contraste 
do sa conduite avec la leur, ver- 
saient à pleines mains le ridicule 
sur ses qualités estimables. K. 
Baxxo; {Bacchos) , Bacchus. 

Bacchics et BiTHi's, deux gla- 
iliateurs célèbres, du même âge et 
rivaux d'audace, avaient donné 
lieu au proverbe .• JJithus contra 
Bacchium . 

HAccHCs,dieu du vin. Diodore 
dérive son nom des femmes qui le 
.suivirent dans l'Inde; ^■xy.y^i\tovrtii 
( baccheuonles ) , qui agissent 
comme des furieuses. Etym. (îax- 
■^ijiiv (baccheuein) , faire le fou. 
Selon Eustatbc , ce mot vient de 



^cix-x_ùv { 6 ace lie in) , hurler. B. 
i3aǣtv (bazein), parler. 

Bacch YLi DE , poète lyrique grec, 
dont il n'est rien resté , et dont 
les poésies faisaient les délices de 
l'empereur Julien. Etym. Bx'x;^©; 
(Bacchos); Z).n (ule), matière. 

Bacis , devin de Béotie. K. 
|3otÇE!v (bazein), prophétiser. 

BAcThOPÉniTts, sobriquet donné 
au.x philosophes, surtout aux cy- 
niques , qui n'avaient que leur 
bâton et leur besace. Etym. j3ax- 
Too'j (baklron ) , bâton ; ■n-ôpv. (ptra), 
besace. 

Bjetis, Béthis, fleuve d'Espa- 
gne, qui flonna son nom à la Bé- 
tique. Suivant d'autres, c'est un 
mot de la langue punique, qui si- 
gnifie passer la nuit, d'où vient 
que Siiius Italiens dit : Solisque 
cubilia Gantées. Etym. j3a6o; (ba- 
ihos), fond. 

B;eton, un des historiens d'A- 
lexandre. R. /Sa'oj (baô), marcher. 

Bagrada, fleuve d'Afrique, sur 
les bords duquel les Romains 
furent obligés d'employer les ba- 
listes. R. Çipdyoq (brugos), marais. 

Balaam, vieillesse du peuple f 
prophète que son anesse empêcha 
de maudire les Israélites, périt 
avec les Madianites vaincus par 
Josué. 

Balakophages, surnom donné 
par l'oracle de Delphes aux Arca- 
diens , qui avaieut long-temps vécu 
de gland. Etym. jSzÀavo; (balanos), 
gland ;(pa-/£iv (phagliein), manger. 

Balaatium, nom du mont Pa- 
latin, où paissaient de nombreuA 
troupeaux dont on entendait les 
bôlemens. ï\. balare, bêler; grec, 
^7i, ^ri (bê, bé), cri des brebis. 

1. BALB£^cs, diminutif de Bal- 
bus, f^ . ALBl^us. 

•2. — Empereur romain, succéda 



i64 



BAL 



aux Gordiens . et fut tué par ses 
soldats. Dérivé de Balbus. 

Balbus , bègue; surnom des 
Sempronius, qui leur venait de 
l'auteur de leur origine. L'histoire 
nous a conservé un trait touchant 
d'un Octavius Balbus : proscrit par 
les triumvirs , il s'échappa par 
une secrète issue, pendant que les 
meurtriers le cherchaient dans 
sa maison. A peine est-il dehors, 
que le murmure confus des voi- 
sins lui donne à penser qu'on as- 
sassine son fils à cause de lui. La 
tendresse paternelle le rappelle ; 
le bruit était faux, il retombe 
entre les mains de ses assassins, 
qui lui ôtent la vie. 

Baléares , îles dont les habi- 
tans s'exerçaient dès l'enfance à 
lancer la fronde. l>. jSâUêcv [bal- 
lein), lancer. D'autres dérivent ce 
nom de Baléus, un des compagnons 
d'Hercule. 

Balearicus, surnom du second 
Quintus Metellus, tiré de la con- 
quête des îles Baléares. 

Balius , un des chevaux d'A- 
chille. Etym. /Sa^co; {balios) , 
moucheté. R. ^acUav [ballein), 
lancer. 

Ballachrades, nom que les 
enfans des Argiens se donnaient 
dans une fôte, en mémoire de ce 
que la colonie qu'Inachus avait 
amenée des montagnes dans la 
plaine, avait tiré sa .subsistance 
des poires sauvages qu'elle y ren- 
contra. Etym. pé.\\nv , jeter; 
â;(paç, aiÎY); (achras , aclês) , poire 
sauvage. 

Balliok, ruse coquin; nom 
d'un marchand d'esclaves dans 
Plante, de fialihç (balios), versi- 
pellis , souple, madré. R. jSaUtiv 
(ballein), jeter. 

Balsamon , patriarche d'Orient, 
sous le règne d'Emmanuel Com- 
nène, vers la fin du douzième 
siècle. Etym. balsamum , baume. 

Balthasar, maître du trésor; 
roi de Babylone, tué par les Per- 
ses , qui pénétrèrent dans sa capi- 
tale la nuit même du fflstin où iJ 



BAR 

profana les vases d'or ilu temple 
de Jérusalem. 

Bambacorax , sobriquet donné 
à l'empereur Alexis Comncne , 
dont la voix bégayante avait quel- 
que rapport avec le croassement 
d'un corbeau. Etym. bambulio , 
q. v. ; xo'paÇ (kora.r), corbeau. 

Bambalio , surnom outrageant, 
qui , selon Cicéron , fut donné au 
beau-père d'Antoine , bègue et 
stupide. Ce mot paraît formé par 
onomatopée. R. ^(Xfi.S<xîviiii ( bam- 
bainein), bégayer. 

Bapta , la môme que Cotytto , 
déesse de l'impudicité. R. /îaurtiu 
{baplein), plonger. 

Baptes, prêtres de Cotytto, 
très-efféminés , et qui, avant de 
commencer leurs infâmes cérémo- 
nies , se baignaient dans l'eau 
chaude. M. R. 

BAPTisTE,nom d'homme. Etym. 
^(xizlt^ttv (baptizein) , baptiser. 
R. (HtcIciv (baplein), plonger. 

Barabbas ,///•? de la honte; bri- 
gand dont les Juifs obtinrent la 
grâce de Pilatc , préférableraent 
à Jésus-Christ. 

Barbata, Vénus, représentée 
chez les Romains avec un peigne 
et une barbe. R. barba. 

I. Barbatus, surnom du Bac- 
chus indien. 

2 — Barbu; surnom des Ho- 
races et des Scipions. 

Baebii.lius, nom romain. M. R. 

Barbius Proculds, souleva les 
prétoriens en faveur d'Othon, 
contre Galba. M. R. 

Barbdla, peu barbu; surnom 
des ^milius. M. R. 

BARI^A, courtisane romaine 
dont parle Horace. Des commen- 
tateurs veulent que ce ne soit pas 
là la véritable leçon, et lisent 
ÉapivoL ( Aarina ) , printanière , 
d'Éap (ewr), printemps. Peut-être 
pourrail-on faire venir ce nom de 
jSapv; (barus), pesant, à charge. 

BARJ0^As,y?/5 de Jonas , ou de 
/a co/owie; surnom de saint Pierre. 

BAR^ ABÉ ,fils de la consolation ; 
disciple de Jésus-Christ, et com- 



BAS 

{lagnon des travaux apostoliques 
de saint Paul. 

Baro, sobriquet qu'on donnait 
aux philosophes peu dignes de ce 
•nom, tiré d'une femme appelée 
Baro, qui s'était adonnée à la phi- 
losophie, apparemment sans suc- 
cès. 

BARTHÉLEîii,y/Z5 de Ptolémèe ; 
un des douze apôtres. 

Barbch , béni; disciple et secré- 
taire de Jérémie , prophète. 

1. Basile, nom commun à des 
princes, à des prélats. Un Basile II, 
empereur d'Orient , ayant fait 
i5ooo prisonniers bulgares, les 
traita avec une inhumanité sans 
exemple. Les ayant partagés par 
bandes de loo, il fit crever les 
yeux aux 99 de chacune, et n'en 
laissa qu'un au centième pour con- 
duire les autres à leur roi, qui ne 
survécut que deux jours à la vue 
de tant d'inibrtunés. K. /SautXsvç 
(ùasileus), roi. 

2. — C'est le nom d'un Père de 
l'Eglise , surnommé le Grand, qui 
fut évéque de Césarée, et défendit 
la pureté de la foi contre les Ariens. 
Son style est pur, élégant, majes- 
tueux, sa dialectique serrée, et 
son érudition vaste. M. R. 

I. Basilea, sœur de Rhéa , et 
peut-être la même que Cybèle. 

2. — Surnom de Vénus, comme 
reine des coeurs. R. /3aa-ikvç. 

Basiléus, épithète de Neptune 
et d'Apollon. Anlhol. M. R. 

Basilike, mère de l'empereur 
Julien; dimin. de (Sadtkia ( basi- 
leia), reine. 

I. Basilis , nom sous lequel 
Vénus était honorée par les Taren- 
tins. 

3. — Nom de femme. R. /3aae),£Ù;, 
roi. 

Basiliscus , dimin. , usurpa 
l'empire sous Zenon l'Isaurien, 
fut vaincu deux ans après, n'eut 
d'autre asile qu'une église de ces 
mûmes catholiques qu'il avait per- 
sécutés, fut livré à Zenon, et en- 
fermé dans un château de Cappa- 
Ifxp, où il mourut de faim et de 



BAT i65 

froid avec sa femme et se.s enfans. 
Etym. |3aji).caxo5 {ba ULcos), roi- 
telet. 

Basilopotamos, roi desjlcin^es; 
suniom de l'Eurolas , fleuve de La- 
conie. Etym. jSaccXîvç ; •nroTau.o; 
(potamos), fleuve. 

Bassabeus , surnom de Bacchus. 
!'■« étym. BaTuapa {Bassara), nom 
de sa nourrice; 2« étym Ba(7(japo; 
(Bassaros), bourg de Lydie, où il 
avait un temple ; 3^ étym . /Sa^o-apv) 
(bassaiv) , sorte de chaussure; 
4^ étym. ^ct.<ya%pt;(bassaris), robe 
de voyage , faite de peaux de re- 
nard. R. (iaaaoipo^ (bassaros) , re- 
nard ; 5« étym. jSaTlapt'Çtiv {batta- 
rizein), bégayer comme un ivrogne. 

Bassarids , nom qu'a pris quel- 
quefois le célèbre Vossius Foss 
en allemand, et]3ac7i2tpo;(ia55aro5) 
en gi'ec, signifient également re- 
nard. 

Bastiek, -e>ke. V. Sébastien. 

Batali's, sobriquet injurieux 
donné à Démosthène par son ri- 
val Eschine et ses ennemis, qui le 
taxaient de mollesse; tiré d'un 
Batalus , joueur de fltUc efféminé, 
et dont les mœurs étaient décriées. 

Bathippe, un de ceux qui s'op- 
posèrent à la loi de Leptine contre 
l'exemption des charges publiques, 
se désista de son opposition . Etym . 
/3a6vç (bathus) profond; tWoç 
{hippos), cheval. F. Leptike. 

Batiiyclès , Arcadicn , qui 
laissa par testament une coupe 
d'or pour être donnée au plus sage 
de la Grèce. C'est peut-être le 
môme qui, de son vivant , ne fai- 
sait part à personne de son bien , 
et qui a donné lieu au proverbe : 
Bathycleos calix , la coupe de Ba- 
thycles , qu'on emploie pour dési- 
gner les riches qui ne sont bons 
que pour eux. Etym. |3a9ùç ; x\io<; 
{kleos), gloire. 

1. Bathycolpos, fleive d'Eu- 
rope , voisin du Bosphore de 
Thrace. Etym. /5a9'j; ; xo/rooç 
(kolpos), sein. 

2. — C'est aus.si une épithète 
qu'Homère dnnm- h ses héroïnes. 



i6G 



BAT 



Bat H YI)I^ Es, surnom de l'Océan, 
tiré de hi profondeur de ses abîmes. 
Etyni. |3a6u;. K. j3à9o; {huthos), 
fond; cît'vY) (f///2"), gouHre. 

Bathylis, Cretois, devenu phti- 
sique, eut ordre de Sërapis de 
manger de la chair d'un âne , le fit 
et fut guéri. Etym. |3aGo; {balhos), 
fand ; Z\fi (Jiulê), matière 

1. Bathylle, dimin. de /SaGùç ; 
jeune Samien , chanté par Ana- 
créon. 

2. — Poète tragique 

3. — Mime d'Alexandrie, af- 
franchi de Mécène, parut à Rome 
sous Auguste, s'associa avec Py- 
lade, et inventa, de concert avec 
lui, la danse connue sous le nom 
de pantomime. Pylade excellait 
dans le tragique, et Bathylle dans 
le comique. 

Bathypëplos , qui porte un 
grand voile ; épithète commune 
aux déesses et aux héroïnes. Etym. 
j3a6v; ; -TTETT/oî {peplos) , voile par- 
ticulier aux i'emmes. 

Batpachio> , cuisinier au sujet 
tiuquel Lucien raconte cette his- 
toriette : Pyrrlius avait la préten- 
tion de ressembler à Alexandre- 
le-Grand , et la llatterie n'avait 
pas manqué de se récrier sur la 
j)rodigieuse ressemblance. Une 
vieille femme de Larisse, chez la- 
(|uelle il était logé, le détrompa 
par un mot naïf. Il avait mis sous 
ses yeux les portraits de Philippe , 
d'Alexandre , de Perdiccas , de 
Cassandre et d autres rois de Ma- 
cédoine , et loi demanda à (jui de 
tous ces princes il lui paraissait 
ressembler , s'atlendant Lien que, 
<lu premier coup d'œil, elle choi- 
sirait Alexandre. La bonne vieille, 
après un long examen , lui dit : 
« Vous ressemblez an cuisinier 
Batrachion », et c'était la véiité. 
lî. jSaTpaxo; {batrachos) , gre- 
nouille. 

Batrachomyomachie , combat 
fies Grennuilles et des liais ; titre 
d'un poëme grec attribué à Ho- 
mère, et par d'autres à Pigrès, 
dont un poêle hitin nioderni- , EU- 



BEL 

sius Calentins, a donné une tra- 
duction estimée, et que M. Boi - 
vin le jeune a traduit eu vers fran- 
çais. Etym. j3aT!3a)(0; ; fJiûç, vbç 
(/nus, U'js), rat; p.scx''), combat. 

Batrachos , sculpteur et ar- 
chitecte célèbre , éleva un temple 
à Rome , avec un autre artiste 
nommé Saurus.Tous deux riches, 
dit Pline, et plus avides de gloire 
que «l'argent, construisirent ce 
monument à leurs frais, espérant 
qu'il leur serait permis d'y graver 
leur nom. Trompés dans cette at- 
tente , ils y suppléèrent en gra- 
vant dans les cannelures des co- 
lonnes des grenouilles , (ix-p'xj^oijc , 
et des lézards, ara\3p«ç. 

Battus, mauvais poëte , dont 
les répétitions vicieuses ontdonné 
lien au mot baltologie , redon- 
dance, pléonasme. Etym. BarTo; 
(Jjcittos); ),oyo; (/ogos), discours. 
R. Çxx^ivi (bazeiii), bégayer. 

Bâti atus , ou mieux Hatuatus , 
surnom d'un Lentulus, qui entre- 
tenait des gladiateurs. R. batuere, 
s'escrimer. Plut- 

Baucis, nom de vieille femme 
dans Ovide. R. jîaiÇsiv {bauzein), 
aboyer. Cette étymologie est du 
jésuite Hertling , qui la trouve 
digne d'une viedle. 

Bdelycléo», qui huit Clèoii ; 
personnage des Guêpes d'Ai'isto- 
phane , o|)posé à son père , que le 
poëte nomme Philocléon, et qui 
est le modèle du juge Pcrrin Dan- 
din dans les Plaideurs de Racine. 
Etym. /SdîAjas-Eiv {bdelusseiii) , 
<lélester. Cléon, personnage très- 
vicieux et très-méchant, était alor.s 
à la tête du gouvernement d'A- 
thènes. 

Béatrix , nom de femme. R. 
Z><;a7-e, rendre heureux. 

Belessichaeès , qui se pluit à 
lancer des traits ; épithète d'Apol- 
lon, yinthol. Etym. fiéloi; (belos) , 
trait; dut. plur. Béleu'jt (belessi); 
X«i'p5iv (chairein), se réjouir. 

Béi.kstica , surnom sous lequel 
Vénus avait un temple à Alexan 
drie , de Bélestia , esclave d'utu- 



BEL 

graiulc Ijcaulc, aimée d'un roi 
d'Egypte, qui la divinisa. 

Bélisaire, général des années 
de l'empereur Justinicu , ])attit 
Gilimer, usurpateur du trône des 
Vandales en Africjue, détruisit le 
royaume des Gollis en Italie, re- 
poussa Cliosroés et les Hnus , re- 
passa en Italie, vainquit Totila , 
ft répai'a Rome, que ce nouveau 
roi iiei Gotlis venait de détruire. 
Ses suecès étaient trop éclatans 
pour ne pas exciter l'envie. Jus- 
tiiiien, prince faible, ombrageuv, 
écouta les dénonciations îles 
grands, jaloux de sa gloire, I'kc- 
cabla de mauvais traitemens, lui 
Gt crever les yeux et le réduisit à 
mendier son pain , en disant : 
«■ Donnez une obole à Bélisaire , à 
qui l'envie a crevé les yeux. » Ce 
trait d'histoire, que quelques 
écrivains révoquent en tioute , a 
fourni a M. Gérard le sujet d'un 
beau tal>leau. Elym.pAiÇEtv (/>eli- 
zein), lancer un trait. R. /ÎeXoç. 

Bellatoh, guerrier j surnom 
d'Apollon et de Murs. R. bellum , 
guerre, dont la racine grecque est 
peut-être la même, p/j.o;. 

Bellérophon , meurtrier de 
Bellêrus ; héros fabuleux qui 
monta le cheval Pégase et vain- 
quit la Chimère. Il s'appelait d'a- 
bord Hipjionomus , nom qu'il dut 
peut-être -t l'invention du mors 
et de la bride. Etym T-tt^o; ijnp- 
pos), cheval j vop.o; [iwinos ) , loi. 
Le premier lui fut donné parce 
qu'il tua par mégarde son frère 
Bellêrus. Etym. wovo; {pliono^i) , 
meurtre. 

Belliémis, Romain dont la mai- 
son fut bridée à l'occasion des fu- 
nérailles de Jules César. R. hetlus , 
beau, ou bellum, guerre. 

Bellipotens, qui préside à la 
guerre; surnom de Mars et de 
l^allas. Etym. hiilum , guerre ; 
potens , puissant. 
. BELLo^E, sœur de Mars, déesse 
de la guerre. R. bellum. V. Duet.- 

?.ONA. 

Bellittcs, !.emhlal<le à une héle 



BEIV 



lO' 



Jericr ; belluœ similis , Feil. ; sur- 
nom de L. Sicinius , premier tri- 
bun du peuple, dû à la véhé- 
mence avec laquelle il attaqua 
les patriciens. 

BÉL0^ , d'abord simple soldat, 
un des généraux d'Alexandre, 
s'était élevé par son courage aux 
premiers honneurs militaires. R. 
(ÎD.o; {belos), trait. 

Bélonopole , vendeur d'ai- 
guilles ou de poisson ; nom 
d'homme , dans Arislophaiie. 
Etym. /Se^ovy) {belonè), aiguille, 
espèce de poisson. R. (Sïioç; -BJwkTv 
(polein), vendre. 

liÉMARCHius , qui préside au 
triliunal o\\ à la chaire; sophiste 
grec, historien de Constantin. 
Êtyin. iSriiUa {berna), tribune, 
chaire. R. jSacu (baô), faire mon- 
ter; àpxv) {arche), commande- 
ment. 

Bénévent, ville d'Italie, qui 
s'appelait auparavant Muleven- 
lum , et dont on changea le nom , 
parce qu'd était d'un sinistre pré- 
sage. 

1. BÉNÉvoLus, bienvedlant; sur- 
nom de Neptune . d'Apollon et 
de Meicure. Etym. henè velle , 
vouloir du bien. 

2. — Secrétaire de l'empereur 
Valentinien, aima mieux (jiiilter 
sa place que de signer un édit 
contre les orthodoxes. 

Bekjamin, le douzième des 
enfans de Jacob. Rachel ,qui mou- 
rut en lui donnant le jour , l'avait 
nommé Bénoni , enj'aiit de ma 
douleur. Son père lui donna le 
nom de Benjamin , fils de ma 
droite. 

Béotie, Beolia; contrée de la 
Grèce. Etym. j3«ç {bous), bœuf; 
ouç, ùto; {oils , ôlos) j oreille. La 
stupidité reprochée à ce peuple 
était attribuée à l'air épais qu'il 
respirait. D'autres dérivent ce nom 
de ce que Cadmus trouva un bœiit 
qui le conduisit dans l'endroit oî; 
depuis il liâtil Thèbes. 

I. BÉRÉNICE, nom commun à 
plusieurs princesses d'Egypte et 



i68 



BES 



de Syrie. La plus connue est Bc- 
réiiicc, femme de Ptolémée Ever- 
gète, roi d'Egypte, dont la che- 
velure, placée dans le temple de 
Vénus, et enlevée lanuitsuivante, 
devint une constellation qui porte 
encore le môme nom. 

2. — Un trait d'une autre Béré- 
nice, également femme d'un Pto- 
lémée , mérite d'être cité. Le roi 
jouait aux dés pendant qu'on lui 
lisait les noms dos condamnés et 
les charges contre eux, et, tout 
en jouant , déterminait le genre de 
peines qu'ils méritaient. La reine 
survient , arrache le rôle des mains 
du liseur, et dit qu'il fallait un peu 
plus d'attention quand il s'agissait 
de la vie des hommes. L'observa- 
tion fit effet ; Ptoléjnée sut gré à sa 
femme de son humanité, et il ne 
lui arriva plus de faire tomber du 
même coup des dés et des tôtes. 
Etym. (pîotiv ( pherein ), porter ; 
v'tx-n (niké), victoire. 

I. Bestia , surnom de la famille 
Calpurnia, apparemment dérivé de 
l'éducation des bestiaux. Baillet , 
dans son traité des Auteur dégui- 
sés , observe que les anciens n'é- 
taient point choqués des noms de 
Brutus , Belltitus , Bestia , au lieu 
que s'il se trouve parmi nous un 
nommé la Beste ou la Eéte , il de- 
vient honteuxde son nom , dès que 
la science le rend un peu curieu.x 
de gloire. Il cite à ce sujet des au- 
teurs français ou qui ont pris le 
nom de la Bile, ou qui se sont 
donné le nom latin de Labitus. 

2. — Une dame de Capoue, de 
ce nom, se distingna pendant la 
guerre d'Annibal contre les Ro- 
mains , en exerçant, suivant que 
Capoue changea de parti , l'hospi- 
talité envers les blessés , et la libé- 
ralité la plus noble envers les pri- 
sonniers de guerre. 

BESA^ço^■. Des étymologistes 
tirent le nom de cette ville des 
besans , monnaie d'or qu'on y frap- 
pait, en latin byzantini , parce 
qu'on les frappa dabord à By- 
zauce. 



Blli 

Bessantinous , nom d'une ville 
d'Egypte, composé de Bésa, son 
ancien nom , et d'Antinoiis , q. v. 
Béta , surnom donné à Eratos- 
thème, par les intendans du Mu- 
sée de Ptolémée Evergète , parce 
qu'il était le second bibliothécaire. 
Béthanie, tnaison d affliction; 
bourg de Judée, où Jésus-Christ 
ressuscita Lazare. 

Bethléem , maison du pain , 
nommée aussi cité de David , 
parce que ce prince y prit nais- 
sance , fut consacrée par la nais- 
sance de Jésus-Christ. 

Bétusabée ,jille du jugement ,• 
femme d'Uri , devint celle de Da- 
vid et la mère de Salomon. 

Béthulie, vierge du Seigneur; 
ville célèbre par l'action de Ju- 
dith. 

Bialcon, auteur grec cité par 
Pline, qui parait avoir écrit sur la 
médecine. Etym. j3io; (bios), vie; 
àXx/î ( alké) , force secourable. 

BlA^o, fondateur de Mantoue , 
homme robuste et courageux. 
Etym. jSi'a (bia ) , force ducoi'ps ; 
àv^ ( an r ) , homme de cœur. 

Éi fLV.civ s , qui procure ce qui 
est nécessaire à la vie; surnom 
du dieu Pan. Etym. /3e'oç, vie; 
àpxsTv ( arkein ) , aider. 

Bias, de Priène, ville de Carie, 
un des sept sages de la Grèce ; après 
la prise de sa patrie, on lui deman- 
dait pourquoi il ne rapportait rien 
de ses richesses. « Je porte tout 
avec moi. » — Ce qu'il y avait de 
plus difficile à faire ? — « C'est de 
supporter un revers de fortune. » 
— Ne serait-il pas plus vrai dédire : 
C'est de supporter la prospérité? 
— Quel était l'animal le plus nui- 
sible ? — « Parmi les bC'les féroces , 
c'est le tyran, et parmi les animaux 
domestiques, c'est le flatteur. »R. 
j3ca (bia ) , force , effort. 

Bibaculds, biberon ; surnom ro- 
main : i°d'un poète que Quint - 
lien cite comme iambographe ; 
2" d'un prêteur de ce nom. R. 
bibcre , boire. 

B I B F, R 1 U s , C A L D V s , M E R O , 



BIC 

noms outrageans donnes à l'empe- 
reur Tibère, qui s';ippelait Clan- 
dius Nevo , parce qu'il aimait à 
boire , bibere calidum merum. 

BiBÉsiE et Edésie, déesses ro- 
maines , présidaient, l'une au vin , 
et l'autre à la bonne clicrc. R. bi- 
bere , boire; edeiT , manger. 

BlBLIA^D£R, nom sous lequel 
s'est déguisé un savant allemand, 
nommé Bucbman. Etym. /5iS),o; 
(biblos) , livre ; àvrip , âviîf/o; {anér, 
andfos ), homme. 

BiBLiOLATHAS , sumom d'un 
grammairien, nommé Didyme, 
qui avait composé trois mille vo- 
lumes , et oublié dans les dei iiiers 
ce qu'il avait inséré dans les pre- 
miers. Etym. /ii'Ç/.iov ( biblion ) , 
livre; X^'ônv {léthein), oublier. 

1. BiBMSTicHÉ , une des maî- 
tresses de Ptolémée Philadelphe. 

2. — Autre courtisane d'Argos, 
qui, dit-on, descendaitdesAtrides. 
Etym. /îîS^oç ; a-iyri {sliché) , ligne, 
vers, ordre. R. (jtt'.yjty (sleicheiii), 
marcher en ordre. 

BiBLics, surnom d'un sophiste 
d'Alexandrie , qui avait fait un 
Traité sur le papyrus, nzp\ ^îS\h 
( péri ùtbiou ). R. /3îao5. 

BiBOs , bu\'eur ; sobriquet de 
Michel III, empereur "de Cons- 
tantinople. 

i.BiBULCS, qui boil ; surnom 
de Bacchus. 

2. — Surnom romain. Un géné- 
ral de ce nom , ayant perdu en 
Ej^ypte deux 61s d'une grande es- 
pérance , tués par les soldats de 
Gabinius , Cléopâtre lui envoya les 
meurtriers ; mais Bibulus les ren- 
voya, en disant que sa vengeance 
appartenait au sénat. R. bibere , 
boire. 

Biceps, BlFBO^s,nomsde Janus 
dans les poètes, qui lui donnent 
deux visages, pour exprimer sa 
connaissance du passé et de l'ave- 
nir ; ou parce que Janus est em- 
blème du monde, et que ses deux 
faces regardent les directions op- 
posées de l'Est et de l'Ouest. 



BIO 169 

Etym. bis, deux fois; caput , itis , 
tête \ frons , omis , front, face- 

Bico>Gius, surnom du (ils de 
Cicéron , qui buvait deux mesures 
de vin appelées cw?£re.î. Etym. bis; 
congius , mesure qui tenait près 
de cinq pintes, f^. CYPELLOJiAQUii. 

BicoHhiGER, surnom de Bac- 
chus , représenté avecdeux cornes, 
symbole de force et d'audace. 
Etym. bis f cornu, corne ; gerere, 
porter. 

1 . BIcoR^ is, surnom de Bacchus, 
et de la Lune dans son croissant. 
Etym. bis; cornu, corne. 

2. — Surnom que les Arabes 
donnent à Alexandre-le-Grand , 
des deux rayons qui partent de sa 
tête sur ses médailles. 

BiFORMis , surnom de Bacchus , 
qu'on représefitait tantôt jeune, 
tantôt vieux, avec ou sans barbe. 
Etym. bis; forma, forme. 

BiFRO>s , surnom de Janus , 
tiré de son double visage. 

BiMATER, surnom de Bacchus, 
à qui Jupiter, après Sémélé, ser- 
vit de mère. Etym. bis; mater, 
mère. 

BiwEMBRis. Ce mot se prend 
substantivement dans les poètes , 
pour exprimer les Centaures , de- 
mi-hommes et demi -chevaux. 
Etym. bis ; membrum , membre. 

BioDOTos , qui donne la vie aux 
productions de la teiTe; épithète 
d'Apollon. Etym. j5ioç (bios), vie; 
(Jfîovat (didonai) , donner. 

1. BiOK , philosophe de Borys- 
thène , fils d'un charcutier et 
d'une courli.sane. On cite de lui 
plusieurs mots. Il disait à un pro- 
digue : « La terre a englouti Am- 
phiai'aïis , mais toi, tu as englouti 
la terre. » Au sujet des Danaïdes , 
condamnées à porter de l'eau dans 
des vases percés pour remplir un 
tonneau sans fond, il observait 
que le supplice serait plus rude, 
si les vases n'étaient pas percés, 
parce qu'ils seiaient pins lourds. 

2. — Un autre Bion , mathéma- 
ticien d'Abdère, conjectura le pre- 
mier qu'il existait ries régions où 



170 BLA 

les jours cl les nuits duraicul six 
mois. 

3. — Poète grec , connu par des 
idylles dont les idées sont déli- 
cates, la poésie douce et facile, le 
style pur et élégant. R. jSi'o;. 

BIOTHA^ATES, iiom de ceux qui 
avaient péri de mort violente , et 
qui étaient arrêtés aux poi'tcs des 
Enfers, jusqu'à ce qu'ils eussent 
rempli la durée naturelle de leur 
vie. Etym. jSîoç ; .S'avaroç ( thaiia- i 
tos ), mort ; âa.vt~v ( thaneùi ) , 
mourir. 

BiPEMSiFER, surnom de Lycur- 
gue , roi de Tlirace , pris de la 
liache dont il se coupa la jambe. 
Etym. bipennis , hache à deux 
tranchans. R. bis; jjiiina , vieux 
mot latin , qui signifie tranchant ; 
ferre , porter. 

Bir.KOPHORKS , vêtement com- 
mun au peuple athénien, et qui 
s'appelait birros. R. tp/pw , porter. 
f^. Tribokophores. 

BisuLTOR, quivcnge deux fois j 
surnom de Mars, sous lequel Au- 
guste lui consacra un temple, en 
mémoire , i» de ce qu'il avait aidé 
à punir les meurtriers de César; 
2° de ce qu'il avait vengé la honte 
du nom romain, en se faisant rendre 
par les Parthes les aigles enlevées 
à Crassus. Etym. Ins ; nllor, ven- 
geur. 

BiTHVMOUs , surnom de Pom- 
pée , qui emporta de Bithynie tout 
le mobilier du roi Nicomède. Fesl. 

BiviA, déesse qui présidait aux 
lieux où deux chemins aboutis- 
saient. Etym. bis; via, chemin 

Blacenromion , contribution 
que les astrologues d'Alexandrie 
étaient obligés de payer , en 
échange de celles que les dupes 
leur payaient.Etym. |5Xaxo;(6/a/roi), 
sot ; ou /3).à? ( bla.x ) , poisson sans 
valeur; vofjitov ( noniioii ), tribut. 
R. vs'/jiEtv (nemein ) , imposer. 

Bl^esds , qui grasseyé , qui sur- 
tout ne peut prononcer l'r; snr- 
iiom des Acilius et des Sempro- 
'■♦ius. 

BiAisK , nom d'homme. Un ély- 



Bo i: 

niologisle allemand, le P. Ilerl- 
ling, jésuite, le dérive dejSAoîÇitv 
( blaze/ii ) , être insensé. 

BLA^ DitoQuus, au langaife 
Jlatteur y surnom de Mercure , 
dieu de l'éloquence. Etym. blan- 
clus , caressant; loqui , parler. 

Blasius, surnom des Cornélius 
et des Helvius, dont le sens est 
peut-être le même que celui de 
blœsus. 

Blastus, nom d'homme. Etym. 
(3XaaT0; ( blastos) , rejeton. R. |3Àaa- 
TocvEtv ( blaslaiiein) , germer. 

Blépharok , vigilant; nom d'un 
patron de vaisseau dans Piaule, 
de j3).£tpàpov {blephaio'i) , paupière. 
R. Çiki-Ktiv ( blepein ) , voir. 

Blepsias , Blepsidème , noms 
d'homme. Etym. /SX/tteiv (blepein), 
regarder ; ■Jvîuo; ( dèntos ) , peuple. 

Blysok , nom d'homme. R.jS^v- 
Çeiv (biuzein ), couler, jaillir. 

Boa . courtisane papblago- 
uicnne, célèbre joueuse de flûte , 
qui devint mère de Philétère , roi 
de Pergame Etym. j5o/) (boe') , cla- 
meur, combat. K. (ioinv (boaein) , 
crier. 

BoANERGÈs , yï/j (lu Tonnerre; 
surnom que Jésus-Christ donna à 
Jacques et à Jean , fils de Zébé- 
dée. 

BoARMiA , surnom de Pallas en 
Béotie, pour avoir enseigné aux 
hommes l'art d'atteler les bœufs et 
de labourer. Etym. ^Sç(bous), 
bœuf ; apfxa ( arma ) , char. H . 
apo) ( are ) , adapter. 

Bgediois , nom d'une courtisane 
avide, à qui Simonide reproche 
d'avoir ruiné un certain Antago- 
ras , et qu'il peintcomme plus dan- 
gereuse qu'une sirène , ainsi que 
ses coiïipagnes Euphro et Thaïs. 
Etym. j3oi'Î!ov ( boidion ) , génisse. 
R. j3sç. 

BoÉDUOîiius , surnom d'Apol- 
lon , dont les fêtes , appelées Boé- 
dromies , instituées en mémoire 
d'une victoire de Thésée sur les 
Amazones, se célcliraietil par des 
courses accompagnées de cri;-', 
Etym. |3o}) , clameiN-. R. /5o5v 



BOO 

{ botiii ) , crier ; Jpofjio; ( ilroinos ) , 
course; (îp/fiLttv ( dremtin), cou- 
rir. 

HoÉTUt's , qui porte secours ; 
philosophe stoïcien , qui entreprit 
de rendre raison de tous les phé- 
nomènes célestes et niaritiines 
R. /SoTiOjîv (boéthein), aider, dé- 
fendre. 

Bohème. Ce royaume a tiré son 
nom des Boiens , qui , \aiijcus par 
J. César, quittèrent la Gaule, 
passèrent en Italie , d'où ils lurent 
chassés par les Romains, et al- 
lèrent s'établir en Germanie. 

BoMBo.MACHiDES, nom forgé par 
Plautc dans le Soldat, pour ex- 
jirimer un fanfaron. Etym ^ou.Ço; 
( Loinbos) , bourdonnement ,'f.ax») 
( mâché ) , comliat. 

BoïiBYCÉ ,noni deraoisson?eu:fe 
dansTliéocrite.Etyin.,'5of;^êu§, vxo; 
{ iombiix , ukos j , ver. K. (iiu.^o^ 
{ ioAH^o^j, bourdonnement. 

BoMOMQDES, jeunes .Spartiates 
qui, dans les fûtes de Diane Or- 
thia, di«pntaie!:t .i qui endurerait 
le plus de coups de veiges devant 
l'autel de la déesse. Etym. /5a>(j.oç 
(bômos), autel; vix-n (iiiké ) , vic- 
toire. 

BososE, empereur romain, 
grand ivrogne, dont AuréJien «li- 
sait : Non ut vivat natvs est , s:d 
Htbibat. \ aincu par Probus, il se 
pendit, ce qui fit dire ■.Amphorain 
pendere , non hontinem. Etymol. 
bonus. On disait alors bonosus , 
pour bonus , comme canosus , 
au lieu de canus. 

BoM's , surnom de Piiocion. 
C'<'st par ce mot que Corn. jNépos 
rend le ^^o^tto; des Grecs. 

BooPis, aux grands yeux j épi- 
thète qu'Homère donne à Junon, 
pour caractériser la beauté de ses 
yeux. Etym. j3s (bon), partie, 
augment. ; ïi/, ô-ttoç (ops , opos ) , 
<eil R. ô't3T£sOat ( optesthai ), 
voir. 

Hoosi'iiA, queue, duhceuf; ville 
de Chypre. R./35; ; ovp'-t ( oura ) , 
ïpieue. 

BooTiiS. Ir EoH,'ier ■ constelli- 



BO(J 171 

tion voisine de la grande Ourse, le 
môme i\\x AixiopJiyLax. 

Booz , fart ,■ époux de Ruth , un 
des aïcu.K de Jésus-Christ, selon 
la chair. 

BoRBORiAM, sobriquet que Théo- 
doret donne aux Gnostiques, tiré 
de leurs mœurs licencieuses, f^. le 
mot suivant. 

BoRBOROcoETE , qui couchc dans 
la bourbe j nom d'une grenouille 
dans la Bati-achomyomachie.Etym . 
(iépÇorjO!; (borboros) , bourbe; xo'.- 
Tv) ( koitê) , lit. 

BoRBOROPis, au visage fan - 
geux j nom, ou plutôt surnom de 
courli.sane. Etym. j3opÇopoç ; ûJ- , 
(iTToç ( ôps , opns J, visage, li. 
oCTTEcjQai {optesthai ) , voir. 

Borée, vent du ]Nord, bruyant 
et violent. Elym. /3oày ( bocin ) , 
crier; peïv(rhein) , couler. Suivant 
d'autres, jSopoe ( bora ) , esca, nour- 
riture, parce qu'il donne de l'ap- 
pétit. 

1. Borysthè>e, fleuve de Scy- 
thie, aujourd'hui le Dnieper. Etym . 
^op-jc; ( borues ' , bétes féroces; 
aQévoi {sthenos), force. 

2. — Nom d'un cheval de chasse 
auquel l'enipereur Adrien éleva 
un tombeau. 

Bosphore, détroit par lequel la 
mer de Marmara communique à 
la mer Noire. Etym. jSsç ; -yropo; 
(poros ) , passage. l\. ireipEiv (pci- 
rein ) , trav^erser ; trajet de mer 
qu'un bœuf peut faire à la nage , 
ou bien, que fit lo changée en 
vache. 

Botids, qui crie , ou qui nour- 
rit; surnom de Jupiter. R. ^oîv 
{bodii), crier; ou /Sou (boo), 
nourrir. 

BoTRYOCHAiTÈs , dont la che- 
velure est ornée de raisi.i? j épi- 
thète de Bacchus. Etym. ^-jrpxi^ 
( botrus ) , grappe ; ya/iT^ ( chailé) , 
chevelure. 

BouKR.v.>os, à ti'le de bœu/f 
surnom du fleuve Acliéloiis dans 
.Sophocle. Elym. jSs; ; xpavovfAra 
non ) , tête. R. x%pn-^o\i { karérion ) , 
Icfe. 



1^2 



BRI 



BouRGUlo^o^s. Etym, bnrgus , 
sorte de fort. Grec -rrupyoç ( /jur- 
gos ) , tour. 

BoviLLES, bourg proche de 
Rome, dans la voie Appierine, re- 
marquable par la mort de Clodius ; 
n'était ainsi appelé , parce qu'un 
bœuf blessé était parvenu jusque 
là tratuant ses entrailles. 

Bkachyllas , premiermagistrat 
des Béoliens, tué par les partisans 
des Romains, comme étant dans 
les intérêts de Philippe, roi de 
Macédoine. Dimin. de ^pa/yq. 

Brachylogues , surnom que les 
Grecs donnaient aux Spartiates, 
à cause de la brièveté de leurs dis- 
cours. Etym. j^pa^ùç ( brachus ) , 
bref; ^oyo; (/ogo }, discours, f^. 
Macrologxjes. 

Brachybioi, surnom donné à 
un peuple d'Ethiopie, dont la vie 
n'excédait pas quarante ans. Etym. 
/3paxvç; l3ioç(/^/os) , vie. 

Bradéas, beau-frère d'Hérode 
Atticus, portait sur ses souliers 
une boucle d'ivoire, comme mar- 
que de sa noblesse. De là le pro- 
verbe nobililatem in astragalis 
gestare , contre les gens fiers 
d'une naissance qui fait tout leur 
mérite. R. jSpatîù; ( bradas ), tar- 
dif, pesant. 

Brème , une des villes Ansca- 
tiques. Etym. prame, sorte d'em- 
barcatiou dont les habitans fai- 
saient usage avant d'avoir jeté un 
pont sur le Weser. 

Bkadira, surnom donné à 
Vénus par Sapho; éolien , pour 
paiîiva ( rliadina) , molle , tendre , 
facile. 

BraARÉE , géant , fils du Ciel et 
de la Terre, qui avait cent bras 
et cinquante ventres. Etym.jSpiapo; 
(bfiaros), fort. R. /3ptàv {briân), 
être fort, rendre fort. 

Brimo, terreur; un des noms 
de Proscrpine ou d'Hécate. On 
croyait que les teneurs nocturnes 
venaient de ces deux divinités. R. 
/3p/fA£tv ( bremein ) , frémir. 

Bbirdes, ville du royaume de 
Kaples, Brundiisium , de (ipivrc- 



BRU 

ciov ( brentésivit ) , tôte de cerf. H. 
(iptvxri (brentê), qui, en langage 
Cretois, signifiait ce//! 

Bris«us , surnom de Bacchus. 
l '^ éty m. Brisa , nourrice du dieu ; 
2«, Brisa, promontoire de Lesbos; 
3^, (ipjsiv (bruein), sourdre, jail- 
lir , parce qu'il enseigna le premier 
aux mortels à exprimer le jus de 
la vigne, ou à extraire le miel des 
ruches. 

Britanmcds, surnom donné au 
fils de l'empereur Claude et de 
Messaline, à cause de la victoire 
rempoi'tée sur les Bretons, £ri- 
taniios. Ce prince est assez connu 
par la belle tragédie de Racine. 

Britynoos , d'un esprit grave, 
sensé; épithète d'Apollon. Etym. 
jSpiÔEiv (brithein), être plein ou 
pesant; voo;, v5; (uoos , nous), 
esprit, sens. 

Beizo, déesse qui présidait à la 
divination par les songes. Etym. 
jSpiÇetv ( brizeiii ) , dormir. 

1. Bromia, dévote à Bacchus; 
nom d'une servante dans Plaute. 

2. ■ — Nom de joueuse de flûte. 
Ces sortes de femmes étaient ap- 
pelées dans les parties de débau- 
ches. Etym. /3poaco; (bromios), 
surnom de Bacchus. R. |5p/p.£iv 
(bremein) , faire du bruit; parf. 
m. jSeffpoaa ( bebroma ). 

Brochcs, ou Bro>cds, surnom 
romain ; celui qui a la bouche 
saillante, proéminente, ou à qui 
les dents sortent de la bouche. 

Bro>t^us , tonnant ; surnom de 
Jupiter. R. Ppovr») ( brouté) , ton- 
nerre. 

Broktès , un des Cyclopes qui 
forgeaient la foudre- R. ^povcn- 

BRo^Tl^us, poète grec fort an- 
cien. R. Ppovm 

Brotéas, athlète fameux dans 
lo combat du ceste. R. j3poToç 
( btxitos ) , mortel. 

Bruges, ville des Pays-Bas, 
doit ce nom à la multitude de ses 
ponts. AH. Bruck, pont. 

Brctidiusmgek, rhéteur, ora- 
teur historien. Dimin. de Brulus. 

Brutu's, consul sous Marc-Ait^ 



BUB 

Icmin , et dont Ja lîllc épousa 
Commode. M. K. 

Bri'TI'i.v's, Samnitc, fit rompre 
la trêve avec les Romains, et se 
donna la mort avant de leur être 
livré. Autre dimin. 

Brctl's , surnom de L. Juriius, 
qui contrefit l'insensé pour échap- 
pera la tyrannie des Tarqnins. La 
mort de Lucrèce lui fit lever le 
masque. Il chassa les rois, fut le 
premier magistrat d'un peuple 
libre, immola ses fils au salut de 
son pays , et périt lui-même les 
armes à la main pour la défense 
(le la liberté. Le plus célèbre de 
ses descendans conspira contre 
César, fut un de ses meurtriers, 
fut défait à la bataille de Philippe, 
et se précipita sur la pointe de 
l'épée du rhéteur Straton son ami, 
qui la lui présenta en détournant 
la tÉte. On l'appela le dernier des 
Romains. R. ôrutus , brut, privé 
de sens. Isidore dit que ce mot est 
l'épithètc caractéristique de la 
terre : quasi obruta. Le nom de 
Juniiis JSrutus a servi de masque 
à l'auteur de l'ouvrage intitulé : 
Vindiciœ contra tyrannos , Hu- 
ber't Laiiguet, parce qu'il s'y est 
rc%êtu du caractère républicain. 
Les fameuses Lettres Anglaises de 
Junius Brutus , attribuées à des 
personnages de la plus haute dis- 
tinction , ont une grande réputa- 
tion chez nos voisins. Des Soci- 
niens ont voulu transporter ce 
même nom dans des ouvrages de 
controverse, dont l'objet était d'é- 
tablir la liberté des consciences. 

Brychia. , surnom de Vénus , 
tiré du frémissement des vagues. 
\\. (içi-'j-^civ [bruchein), rugir. 

Rbysok, philosophe grec. R. 
Ç>p\itiv (bruein), rejaillir, bour- 
geonner. 

BuBASTE , ville d'Egypte. R./35ç; 
Paiveiv (bainein) , marcher; ou, 
selon d'autres, ôiaxv (astu) , ville; 
la ville du bœuf, parce que ce fut 
là que parurent d'abord les bœufs 
Apis et Mnévis, pour apprendre 
aux hommes l'agriculture. 



BUC i;5 

Bt'BONA , déesse romaine, invo- 
quée pour la conservation des 
bœufs. R. bas , bœuf. Dat. plur. 
bobus. 

BcBULcBs , boin>icr y surnom 
des Junius , tiré apparemment de 
quelqu'un de cette famille, qui 
avait excellé dans le labourage. 
Qui bobus , dit Pline, optiinè uti- 
tur. Baillet,à l'occasion de ce sur- 
nom, reproche à un savant fran- 
çais d'avoir changé son nom de 
Touvntbœuf en celui de Tunié- 
bus , ou Tuinèbe , sous lequel il 
est plus connu, et même d'avoir 
cherché à s'enter sur une famille 
noble et ancienne de Normandie , 
nommée Tournèbu , dont il a fait 
passer le nom à ses eufans et à sa 
postérité. 

Bucco, surnom romain que 
Festus dérive de la grandeur de la 
bouche, bucca. J)éri\. Bucculéius. 

Bucéphale, cheval d'Alcxandrc- 
le Grand. Etym. jSs^; xEtpaW ( Ae- 
phalé),tê[.e : parce qu'il avait, 
dit-on , la tête semblable à celle 
d'un bœuf, ou, comme les che- 
vaux de Thessalie qui portaient le 
môme nom , une tête de taureau 
imprimée sur l'épaule. Jamais il 
ne se laissa monter que par son 
maître, et lui sauva la vie dans 
plus d'un combat. Alexandre lui 
fit des funérailles magnifiques, et 
enferma son tombeau dans l'en- 
ceinte d'une ville qu'il bâtit ex- 
près , et à laquelle il donna le 
nom de son cheval. 

Bucekos , BucoRJis , surnom de 
Bacchus, représenté avec une corne 
de taureau à la main, image an- 
cienne du vase à boire. Etym. jSàç; 
x/paç ( keras ) , cornu , corne. 

BucOLUS, bubulcus , bouvier; 
surnom donné au poëteThéocrite, 
comme ayant traité des sujets pas- 
toraux ou bucoliques. Etym. /Ss; ; 
xoXov ( kolon ) , nourriture. 

BucopMCTÈs , èlrangle-bœuf ; 
nom de parasite dans Alciphron. 
Etym. jS»; ; T:viyti-i (nnighein), 
étrangler , ou xottiÇeiv (kopizein ) , 
être en festin ; xotci; (knpis) , cou- 



•74 



BUR 



leau de table. K. xo'irrfiv ( koptein) , 
couper. 

BuGÉNÈs. sunioiii de Bacclius , 
|)eint avec des cornes, comme in- 
venteur du labourage. Etyin. jSs,- ; 
ytivtaQa.t { geùiesihai ) , naître. 

Ijvi^jevS, a , conseiller , -ère ; 
surnoms de Jupiter et de Minerve, 
fi. ^hVi) ( boulé) , conseil , sénat. 

BuLARQUE, peintre célèbre- Le 
roi Candaule couvrit d'or un de 
ses tableaux, qui représentait la 
ruine de Magnésie. Etym. j3h/-^ ; 
âpxv) ( arche ) , commandement. 

BuLBUS , nom d'un juge romain 
que Cicéron , dans son discours 
pour Cluentius, dit être un juge 
vénal, ainsi qu'un nommé Tib. 
Carpincius Gutta , ce qui lui four- 
nit ce jeu de mots intraduisible 
sur les deux noms : Guttam «5- 
persù huic Bulbo. Bulhus veut 
dire oignon. 

BcLGARocTONUs , suruom donné 
à l'empereur Basile , vainqueur des 
Bulgares. B.xTjivctv (kteineiii),ti\Gr. 

BuLis, iwisé j nom d'homme. 
R. /SsAy) , conseil. 

BupALus, peintre célèbre, qui 
peignit le poète Hipponax avec 
toute sa difformité , et exposa ce 
tableau. Celui-ci s'en vengea par 
des vers si piquans , que le peintre 
se pendit de désespoir. Etym. jSâ; ; 
■Tira^v) {paie), lutte. 

BupHAous, mangeur (le hœuj ; 
suruom d'Hercule, digne de sa 
voracité. Etym. /3sç ; «paysiv {pha- 
gliein, manger. 

Vi V K VI o , mulet j surnom d'un 
commandant romaiti que Vitellius 
déroba à la fureur des soldats. 

BuRRA , nom de femme chez les 
Romains, tiré de la couleur. Etym. 
burrus , rou.v, qui paraît venir du 
grec TTuppo^ {purrhos ) , qui a le 
même sens. 



liYZ 

BusiRis , roi d'Egypte, fameux 
par sa cruauté. Etym. j3«ç ; Tpcç 
(iris) , l'iris de I'umI. Ainsi, Bu 
siris voudrait dire teil Je bœuf, 
suivant le jésuite Hertiing, à qui 
cette étymologie paraît digne d'un 
tyran. Maximin dut à sa cruauté 
le surnom de Busiris alter. 

BuTEO , busard / surnom de 
Fabius, sur le vaisseau duquel un 
busard vint se percher, ce qui fut 
pour lui un présage favorable , 
parce que cet oiseau tenait le pre- 
mier rang dans les augures. 

But Es, nom de héros dans 
Homère et dans Virgile. Etym. 
jSaTYîç {boutés), bouvier. R. [iHç,. 

Buthds, athlète qui mangeait 
un bœuf en un jour. Sa voracité 
avait donné lieu au proverbe ap- 
pliqué aux gourmands , Buthus 
obambulal. K. j3Sç ; â-jnv {thuein) , 
immoler. 

BuTHYRÉus , habile statuaire, 
élève de Myron , avait fait, entre 
autres ouvrages remarquîibles, un 
enfant qui ranime le feu d.e son 
souille. R. (38;; ^upa ( thura) , 
porte , on âvptoi; ( thureos ) , bou- 
clier 

BuxE^TUM , ville de Lucanie , 
avait pris son nom a buxo , du 
buis, qui croissait en abondance 
dans son territoire. 

BuzioÈs , héros athénien , qui le 
premier , dit-on , attela des bœufs 
pour labourer la terre. Etym. /3îf;; 
Çcuji£cv {zeughein) , joindre. 

BvRRHiA , rubicond ; nom d'es- 
clave dansTérence. K. ttZp, Tzvpbi 
( pur , pwos ) , feu. 

Byrrhus, brigand, dont parle 
Horace. Etym. burrus , roux. 

Byzakce, aujourd'hui Constan- 
tinople. B. jSjÇecv ( buzein) , rem- 
plir; avôo; ( unthos ), (leur. 



CAD 



CiEN 



c 



I. VJABALLINUS. ?^. H|PP0CRÈ^E 

■2. — Surnom donne ;i l'empe- 
reur Constantin Copronyme , qui 
fréquentait volontiers ses écuries. 
H. caùaltus , cheval. 

Caeallus. Le mont Quirinnl 
prit ce nom de dcu.\ statues de 
marbre qui représentaient Alexan- 
dre dompt;int Bucéplialc , et que 
Con.st.mtiii fit transporter d'A- 
Ipxandi ie à lîome. 

CAcEr.GÈTE, sobriquet que les 
Alexandrins donnèrent à Ptolé- 
méc E vergeté H. li. xaxoç ; spyov 
{ergon), ouvrage. 

(Jacizotechkos , qui détériore 
l'art / surnom de Callimaque , 
sculpteur célèbre, qui retouchait 
sans cesse ses ouvrages et n'étiiit 
jamais content de lui; écueil qui, 
pour les écrivains et les artistes, 
n'est pas moins à craindre que 
l'autre extrôme. Dérivé : xaxiÇ«cv 
{kaliizein), détériorer. Etym. xa- 
xoç ( kakos ) , mauvais ; t/;(;vï) 
(techiié) , art. 

Cacus, nom d'un insigne vo- 
leur, qui vola les bœufs d'flercule 
et fut tué par ce héros. Son aven- 
turc forme un des épisodes les 
plus poétiques de VEnéide. R. 
xaxo; , méchant. 

Cadius, condamné sous Claude 
pour crime de concussion , fut 
réintégré dans le sénat par Olbon. 
H. cadus , sorte de barrique. 

Cadmus , fils d'Agénor , frère 
d'Europe , inventeur des lettres , 
fondateur de Thèbes en Béotie^ 
Etyni. xîcÇeiv {kazein), orner, dé- 
corer ; étymologie qui n'est pas 
indigne d'une invention à laquelle 
la société humaine doit ses plus 
beaux ornemcns. 

Caduciflr, (fui porte le cadu- 
cée ; surnom de Mercure. Etym. 
caJutcus , que l'on dériA'e de ca- 



dere , parce que Mercure , comme 
dieu de l'éloquence, termine (/ait 
Loiulier) les guerres et les que- 
relles ;yt/Té' , porter. 

Ceca, nom de la Fortune , la- 
quelle, aveugle elle-même, aveugle? 
encore ses favoris. R. cœcus , a, 
uni , aveugle. 

CvEciLius, nom romain, dérivé 
de la petitesse des yeux, à cœcu- 
tienlihus oculis. R. cœcus ; ou de 
Cneculus, fondateur de Préneste; 
ainsi nommé, ou parce qu'il avait 
de petits yeux, ou parce que la 
fumée les avait fort endommagés. 
Une troisième opinion dérive ce 
nom de Crecas , un des compa- 
gnons d'Enée. ^. Pompeius le fait 
venir de cacula , valet d'armée. 
Dérivé : Cœeilianus. 

C*:ciNA, famille romaine. Les 
uns dérivent son nom de cœcus , 
et d'autres de Caecina , fleuve de 
Vollerre. 

1. C^cus, aveugle; surnom de 
Mars. 

2. — Surnom romain , tiré d'uu 
défaut corporel , et donné à un 
Appius. 

C«Dicius, nom romain. R. cœ- 
des , meurtre. 

C^Lius, nom romain. Cette 
famille tirait son origine d'un 
Caelius Vibennus , qui vint au 
secours de Romulus dans la guerre 
contre Tatius , et à qui ce prince 
donna , pour lui et les siens , la 
partie de Rome qui fut depuis le 
mont Cxlius. 

C^Ris , affranchie , aimée de 
Vespasien. R. xaivo; (kainos), 
nouveau. 

CiESOTiMON , nouveau Timon ; 
surnom donné à un censeur de 
Platon , nommé George de Trébi- 
/.oude. Etym. xxfvo; ; Tto.wv ( 7^i- 



iy6 



CiES 



mon) , Athénien fameux par l'ex- 
cès de sa misanthropie. 

C^NOTROPES, qui changent les 
formes anciennes en nouvelles ; 
surnom des trois filles d'Anius , à 
qui Bacchus avait donné le privi- 
lège de changer tout ce qu'elles 
touchaient en blé , en vin et en 
huile. Etym. xai'vo;; rpéizttv (^tre- 
pein ), tourner. 

C^RDLEUs FRATER, Neptune, 
ainsi nomme de la couleur des 
eaux de la mer R. cœruleus, a , 
um , bleu de mer, de couleur 
d'azur. 

CffiSAR, nom romain, de cœdere, 
couper. On appelait ainsi ceux 
dont la naissance ne pouvait être 
obtenue qu'en fiiisant subir à leur 
mère l'opération césarienne. Sui- 
vant d'autres auteurs , ce nom 
vient, non ah utero, sed ab ele- 
plianto cœso , parce que Cœsar , 
en langue punique , veut dire élé- 
phant. 

Le plus illustre des Romains 
qui ont porté ce nom est Gains 
Julius Cresar, qui conçut dès son 
extrême jeunesse le projet d'assu- 
jétir sa patrie, et qui en vint à 
bout par le double tident de l'élo- 
quence et des armes, conquérant 
tantôt les Gaules avec le fer des 
Romains, tantôt Rome a^cc l'or 
dos Gaulois. On sait par quelle 
suite d'exploits et de fautes de son 
rival il parvint à la souveraine 
puissance. On a beaucoiq» parlé 
de sa fortune ; mais cet homme 
extraordinaire avait tant de belles 
qualités, sans pas un défaut, quoi- 
qu'il eût bien des vices , qu'il au- 
rait été bien difficile, quelque ar- 
mée qu'il eût commandée, qu'il 
n'eût été vainqueur , et qu'en 
quelque république qu'il fùt né, 
il ne l'eût gouvernée. Ses avan- 
tages étaient une figure noble et 
gracieuse; un esprit brillant et 
solide; une éloquence tour à tour 
agréable et mâle, également propre 
à gagner le cœur d'une femme et 
à ranimer le courage des soldats ; 
une hardiesse surprenante pour 



CiES 

enfanter les projets les plus vastes, 
une activité merveilleuse pour les 
suivre dans tous les détails, et un 
talent supérieur pour les faire 
réussir; une valeur qui subjuguait 
tout , et une clémence qui capti- 
vait le cœur de ses ennemis môme. 
Lucain l'a bien caractérisé par ce 
beau vers : 

Nil actum reputans , cum quid superesset 
agendum. 

« Il ne croit avoir rien fait , 
» lorsqu'il lui reste quelque chose 
» à faire » 

Son usurpation n'est sans doute 
pas aisée à justifier; mais on a 
remarqué avec raison que Rome 
ne pouvait plus être libre ; qu'au 
défaut de César, elle eût été op- 
primée par Pompée, qui depuis 
long-temps s'était élevé au-dessus 
du rang des simples citoyens; et, 
puisqu'elle devait âtre soumise à 
la domination d'un seul. César, 
par l'éclat de ses victoires, par la 
hauteur de sf)n caractère, par la 
supériorité de ses talens , méri- 
tait peut-être qu'on préférât son 
joug à celui des autres ambitieux 
de Rome , et à cette foule de fac- 
tieux médiocres , entre les mains 
desquels l'autorité , vaine et passa- 
gère, n'est qu'une anarchie pro- 
longée. 

C^SARioK , fils de César et de 
Cléopâtre, tué par ordre d'Au- 
guste. M. R. 

C«SELLA, nom de femme ro- 
maine, tiré de la couleur. R. ca*— 
sius , qui a les yeux bleus, ou de 
cœdere. V. C^sar. 

Ca;sia , aux yeux pers ou bleus ; 
épithète de Minerve. R. cœsius , 
a , um , bleu de ciel. 

C«sms Bassus , poëte lyrique , 
vivait sous Néron , et périt dans 
une éruption du Vésuve. R. c<p- 
sius , bleu, ou ceedere, couper. 

Cjeso. V. Cjesar. Dérivé : Cœ- 
soniuus. 

CiESOKiA , dernière femme de 
Caligula. Mêm. étym. Elle était 
effrontée , hardie et altièrc. Sa 



CAI 

lubricité et sa cruauté allaient de 
pair avec celles de Caius, et elle 
ne contribua pas peu aux san- 
glantes exécutions qui remplirent 
Rome de sang et de larmes. Cali- 
gula disait souvent, en la cares- 
sant : « Cette belle tôte sera cou- 
pée aussitôt qu'il m'en prendra 
fantaisie. » Il avait quelquefois 
envie de lui faii'e donner la ques- 
tion , afin d'apprendre d'elle pour- 
quoi il l'aimait si passionnément ; 
elle lui aurait avoué qu'elle lui 
avait fait prendre un pbiltre qui 
le rendit encore plus fuiieux. Elle 
fut tuée par Julius Lupus, auprès 
du corps de Caligula, et avant de 
mourir , présenta la gorge aux 
conjurés avec beaucoup de fer- 
meté. 

Cjesomcs, nom romain. M. R. 
Un chevalier romain de ce nom , 
T. Caesonius Priscus , fut fait par 
Tibère intendant des plaisirs ; 
charge de nouvelle création , ob- 
serve Suétone. 

Cjestivs , zoïle de Cicéron. 

y. CiCÉROK 2. 

Caiète , ville d'Italie , ainsi 
nommée de la nourrice d'Ascagne, 
ou plutôt de xai'îiv (kaiein), brû- 
ler, parce que ce fut là que les 
dames troyennes, lasses d'une 
longue navigation, miient le feu 
aux vaisseaux. Une troisième in- 
terprétation le dérive de caiare , 
donner le fouet à un enfant. 

Caïs , acquisition ; premier né 
d'Adam et d'Eve, tua son frère 
Abel , et fut maudit de Dieu qui 
le condamna à errer sur la terre. 
Caïphe, pénétrant; grand- 
prôtre des Juifs , jugea Jésus- 
Christ digne de mort. Ce fut lui 
qui dans un conseil ouvrit l'avis 
politique, dont on a tant abusé 
depuis : Expedit unum kominem 
mori pro populo. 

Caius, prénom romain. Valère 
Maxime fait venir ce mot de la 
joie des parens, quasi à yra/ioin 
{chairein), se réjouir. D'autres, 
qui interprètent ce mot par rusti- 
que , le dérivent de yaTo; { gaios) , 



CAL i;; 

terrestris. II. yaûx ( gaia ) , Ja 
terre. 

Calabre , partie fertile de l'Ita- 
lie. R. xa/.o; (kalos) , beau, bon, 
àÇpo5 (^abros), orné, cultivé, ou 
j3pi6£îv (brithein) , être plein, 
surchargé. 

Cal£Carpus, qui produit de 
beaux fruits ; nom d'homme. 
Etym. xaXo; ; xapwbç ( catpos ) , 
fruit. 

CaljeschruSjI Za^V/cMr aimable; 
nom d'homme. Etym. xaXo;; ala— 
;(ûo; (aischros) , laid. R. «To-p^oç 
\aischos), tache. 

Calamis . graveur et statuaire 
d'Athènes. Ses ouvrages furent 
fort estimés. Mais Cicéron le met- 
tait bien au-dessous de Praxitèle 
et de Myron. R. xâlap.os (kala- 
mos ) , roseau. 

Calamoboas, qui crie avec la 
plume j surnom d'un philosophe 
nommé Antipater(^\x\ , ne pouvant 
lutter de vive voix contre Car- 
néade et les Stoïciens , écrivit con- 
tre eux d'une manière aussi ab- 
surde qu'emportée. Etym. xàXau.oç, 
plume; /3oàv {boân^, crier. 

Calamus, tils du Méandre, in- 
consolable de la mort de Carpo, 
qui s'était noyée dans les eaux de 
ce fleuve, prit son père en aver- 
sion, abandonna ses rives et sup- 
plia Jupiter de le réunir à son 
amante. Le père des dieux , tou- 
ché de compassion, le changea en 
roseau; en grec, y.il'xu.o-. 

Calathus , fils de Jupiter et 
d'Antiope. R. xâ/aGo? {kalalltos) , 
corbeille. 

Calazophylaces, prêtres grecs, 
chargés de détourner les grêles et 
les orages par le sacrifice d'un 
agneau ou d'un poulet, ou, à dé- 
faut de ces victimes , en se piquant 
le doigt pour en tirer du sang. 
Etym. ;(oc),aÇa (cAalaza) , grôle ; 
<pu).a3-(7ciy (phulasseili ), observer. 
Calchas, augure et devin célè- 
bre , qui accompagna les Grecs au 
siège de Troie, fut souvent soup- 
çonné d'arranger les oracles au 
gré de l'ambition d'Agamemnon, 



178 



CAL 



on des artifices d'Ulysso, et finit 
par mourir de dépit d'avoir trouvé 
un rival supérieur dans Mopsus. 
Etyin. y.ÔL>,yrt (kalché) , fleur ou 
poisson dont on teint la pourpre. 
R. xaivÇ , uxoç ( kalux , ukos ) , 
rose. 

Caleb , cliieti ; un des Hébreux 
que Josué envoya reconnaître la 
Terre promise. 

Calédome, partie septentrio- 
nale de l'Ecosse. Cambden déri\e 
ce nom du breton kaled, dur, 
parce que cette contrée est très- 
mon tueuse. 

Calèke, ville de Campanie , 
dont le vin avait de la réputation , 
a été chantée par Horace. Etym. 
xoJoç; oTvoç (oinos), vin. 

Calépouics , nom d'iioaime. 
Etym. xotro; ; -nSç , ttocÎo; (pous , 
podos), pied. 

Calidius, orateur dont l'élo- 
quence avait bien peu de rapport 
avec son nom. Ciccron lui re- 
proche de la froideur, et RoUin 
le compare à Fléchier. Etym. 
calidiis , chaud. 

Caugdla , surnom de Caius 
César, fils de Germanicu.s et d'A- 
grippine , empereur romain , de 
ca//^a , bottine ou chaussure mi- 
litaire , que ses parens lui faisaient 
porter dans son enfance , pour le 
rendre agréable aux troupes. Après 
huit mois d'un règne sage qui 
promettait au\ Romains d'hen- 
Jeux jours, il nv. tarda pas à déve- 
lopper un caractère de démence , 
de débauche et de férocité , qui 
justifia la prédiction de Tibère , et 
fit piesque regretter son prédé- 
cesseur. Vrai sophiste dans sa bar- 
barie, il punissait de mort ceu.\ 
qui pleuraient sa sœur Drusille , 
parce qu'acné était déesse, et ceux 
qui ne la pleuraient pas , parce 
qu'elle était sa sœur. Implacable 
dans se» vengeances , et bizarre 
dans ses cruautés , son nom pré- 
sente l'idée du plus abominable 
des hommes. On a dit de lui : 
« Qu'il n'y «vait jamais eu un 
meilleur tsclnve , ui uu plus mé- 



CAL 

chant maître. >> Un tribun des 
gardes prétoriennes l'assas.sina en 
sortant du spectacle, après un 
règne de près de quatre années, à 
l'âge de vingt-neuf ans , et mit 
fin, par sa mort, à ses extrava- 
gances, mais non pas aux malheurs 
de l'Empire romain. 

Caliste , Calixte , Calliste , 
noms d'homme et de femme ; de 
xaDiç-o? ( kallistos ) , superlatif de 
xaXoç. 

Calljecus, surnom de D. Ju- 
nius Brutus, vainqueur delà Cal- 
laecie , province de Lusitanie , au- 
jourd'hui la Galice. 

CALLIA^■ASSA, quî régit bien; 
nymphe qui inspirait une bonne 
conduite. Etym. xa),c)5 ; avaoo-tev 
( anasseiii ) , régir. 

Callianire , qui inspire aux 
hommes des mœurs honnêtes ; 
autre nymphe qui présidait à la 
décence des mœurs. Etym. xaXoç j 
âvvîp ( anév), homme 

1. Cal LIAS, poète comique, 
surnommé Scheenion , parce qu'il 
faisait des cordes pour subsister. 
Etym. xâXÀo; (kallos), beauté; 
(T;(otvoç (schoinos)i jonc. 

2. — Général athénien , eJivoyé 
contre Artaxerxe , et surnommé 
Laccoplulus, qui enfouit ses ri- 
chesses, ou qui a des puits com- 
blés de richesses. Etym. J.a'xxoç 
( lakkos ) , fosse , puits ; -TrXoviToç 
(ploutos), richesse. Etym. xa>.Àoç. 

Callibius, Spartiate, gouver- 
neur d'Athènes , leva le bâton sur 
un athlète qui le saisit et le ter- 
rassa , et que les trente tyrans 
firent mourir. Etym. xocUo? ; /îtoî 
{bios) , vie. 

Callicqete, nom de femme m 

dans Aristénète. Etym. xéXkac, ; *« 
xotTY) (Aoùef) , lit. ^ 

Callichore, lieu de l'Attique 
où se célébraient «les danses sa- 
crées en l'honneur de Bacchus et 
de Cérès. Etym. xa7ioç ; x°P°î 
(choros ) , danse. 

Calliclès, statuaire de Mégare, 
fit une statue de Diagoras, qui 
avait reinporté la palme au combat 



CAL 

du ceste , ouvrage qui excitait l'ad- 
tniration. Etym. xâXXo; j x)/o; 
( kleos), gloire , ou x>t)to£ ( kle'tos ), 
illustre , de x/eucv {kleiein ), glo- 
rifier. 

Callicrate, sculpteur célèbre 
dans l'antiquité par des ouvrages 
d'une délicatesse surprenante. 11 
grava des vers d'Homère sur un 
grain de millet; fit en ivoire un 
chariot que l'on cachait sous l'aile 
d'une mouche , et des fourmis dont 
on distinguait les membres : Nugœ 
difficile.';.' K. xaUor; xpa'ro; (kra- 
tos ) , force . 

Callida.mas, vainqueur de la 
Ifeauié. Etym. xaÀÀo; ; (îa/iàv (^da- 
man), dompter. 

Callidême, nom d'homme. 
Etym. xaUo; ; <î^,iaos {démos), 
peuple. 

Callidice, une des Danaïdes. 
Etym. xâHoç ; Sîm (diké), procès, 
justice. 

Callidobe, don de la beauté ; 
nom d'un jeune homme dans 
Piaule. Etym. xânoç ; Jwpov ( do- 
ron ) , don . 

Callicénik, mère de la beauté ; 
surnom yous lequel les courtisanes 
sacrifiaient à Cérès. Etym. xâ),).o;; 
yeivET^ai (geinesthai) , naitre. 

Calliglute, surnom de Vénus, 
le môme que Callipyge. Etym. 
xalÀoç; />8T0î (gloutos), naies , 
coxa. 

Calligkote, connu par sa 
beauté; nom d'homme. Etym. 
xi\\oi\ yvltù (gnoâ), connaître. 

Calligraphe, surnom d'un écri- 
vain grec , qui avait une belle 
main. Etym. xxD.oç ; yp-Ji^fav {gra- 
phein ) , écrire , peindre. 

i Callimaque, bon combat- 
tant ; guerrier athénien bien digne 
de ce nom, qui, à la bataille de 
Marathon , fut percé de tant de 
traits qu'il resta debout quoique 
mort. Plut. R. xa/o; , beau , bon ; 
ftot^fr, (^maché) , combat. 

2. — Poète grec , de Cyrène . 
garde de la bibliothèque de Ptolé- 
mée Philadelphe. La délicatesse, 
l'élégance et Ja noblesse de son 



CAL 1^9 

style Tout fait regarder comme le 
prince des poètes élégiaques. On 
doit à M. de la Porte du Tlieil 
une nouvelle édition et une tra- 
duction estimée des ouvrages qui 
nous restent de lui. C'est à ce 
poëte qu'on attribue ce mot si 
vrai : « Un grand livre est un 
grand mal. » 

3. — Architecte, peintre et 
sculpteur de Corinthe, inventeur, 
à ce qu'on croit, du chapifeuu 
corinthien, prit cette idée d'une 
plante d'acanthe qui environnait 
un p;inier placé sur le tombeau 
d'une jeune Corinthienne. Ce pa- 
nier était couvert d'une tuile qui , 
recourbant les feuilles, leur faisait 
prendre le contour des volutes. 

Callibiède, général athénien. 
Etym. xâXoç; fu'Setv (medein), 
commander. 

CALLIMÉDo^ , f/ui a soin de sa 
beauté; nom d'homme. Etym. 
xat).).o;, beauté; p.s'^îeiv (mcdein) , 
avoir soin. 

Callimèke, jeune homme qu'A- 
pollodore , tyran de Cassandrée , 
fit mettre à mort , et dont il fit 
servir les entrailles aux conjurés 
ses complices. R. xâ>.).e; ; fjxvo^ 
(menas), force. 

Callimorphus, nom d'un histo- 
rien ridicide dans Lucien. Etym. 
xatHo;; p.op(py) (morphé) , forme. 

i. Câllimque , beau vain- 
queur; surnom de Séleucus, roi 
de Syrie. R. xa).o; ; yi'xyj (nikê) , 
victoire. 

2. — Auteur de la découverte 
du feu grégeois. 

Callinol's ou Callims, poète, 
inventeur du poème élégiaque, aa 
rapport de Térentianus. Etym. 
xa'À).o; ; voo;, va; (noos , nous), 
esprit, sens. 

Calliope , qui a une belle voix; 
une des neuf Muses; celle qui pré- 
side à l'éloquence et à la poésie 
héroïque : elle a ordinairement 
dans sa main droite une trom- 
pette ; dans sa gauche un livre, et 
trois autres auprès d'elle, l'Iliade, 

12. 



i8o 



CAL 



rOdyssée et l'Enéide. Etyra.xaXôç; 
o>|/, ôotoç {ops, opos), voix. 

Callipatiba , mère d'allilètc , 
se déguisa en maître d'exercice , 
pour accompagner son fils aux 
jeux Olympiques ; se trahit par 
les transports de sa joie, envoyant 
son fils vainqueur, et donna lieu 
à la loi qui ordonnait aux maîtres 
d'exercices d'assister nus à ces 
jeux, comme les athlètes leurs 
élèves. Elym. xâWo^ ; Trarvip, Tta- 
T£f/oç (patcr, paieras), père. 

Callipepios, qui a un beau 
voile ; épithète commune aux 
déesses. Etym. xaiioç ; -riicloç, (pe- 
j>los ) , voile. 

Callipha^e, qui paraît beau. 
Athénée parle d'un prétendu poëte 
de ce nom qui avait une singu- 
lière manie ; il composait des dé- 
buts de poëmes jusqu'à cinq ou six 
vers, et les débitait dans les cer- 
cles pour se faire la réputation 
d'un poëte fécond. Ce manège ne 
fut pas long-temps à se découvrir, 
et le nom du poète charlatan passa 
en proverbe. Etym. xoft),o; ; (pouvttv 
( phainein ) , montrer. 

Calliphon , qui a une belle 
voix ; nom d'homme. Etym. xâA- 
io; ; <puvï) {phoitc), voix. 

Callipurok , nom d'homme. 
Etym. xotHo; ; fp'hy, tvo(;(phn'n, 
enos) , esprit, sens. 

Callippe , disciple de Platon , 
tué pa*' les Syracusains, parce 
qu'il voulait succéder à Denys-le- 
Tyran. Etym. xctWoç ; "tt^oç ( hip- 
pos ), cheval. 

Callippide, bel homme de che- 
val ; acteur tragique qui s'en fai- 
sait un peu accroiie , et que le roi 
Agésilas remit à sa place. Etym. 
xâ>),o; ; cTTTOo; (hi'pos), cheval; 
£T(îo; (eidns), beauté. 

CALLipyoK , surnom de Vénus, 
qui répond au Pulchriclunia des 
Latins. Etym.xa^o; ; -Truyyj (pughé) , 
clunes. 

Callirhoé, nom de femme, ou 
de fontaine. Etym. xa),).o; ; pt~v 
( rhein) , couler : poo; ( rhons ) , 
cours d'eau. 



CAL 

Callistagoras, héros fabuleux» 
Etym. xàUiçoç {kallistos), très- 
bon ou très-beau ; àyopà {agora), 
place aux jngemens. 

CALLISTEPHA^E , qui a une belle 
couronne ; nom de nymphe. Etym. 
xâWoç ; ç-£<pavoç ( siephanos) , cou- 
ronne. R. zi(ptiv (stephein), cou- 
ronner. 

CALLisTnÈRE , philosophe grec , 
discij)le d'Aristote , accompagna 
Alexandre dans ses expéditions. 
Ce prince , fatigué de sa sévérité , 
à la suite d'une conspiration dont 
Callisthène fut accusé d'ôtre com- 
plice, lui fit couper le nez, les 
lèvres et les oreilles, et le fit 
mettre avec un chien dans une 
cage de fer que l'on traînait à la 
suite de l'arniée. Lysimaque , 
disciple de ce philosophe , lui 
donna du poison pour mettre fin 
à sa misère. Alexandre fit graver, 
dit-on , sur son tombeau : Odi so— 
phistam , qui sibi non sapit. « Je 
hais un sophiste qui n'est pas sage 
pour lui-mâme. » R. xxkloç \ aôt'voç 
( sthenos)^ force. 

Callisticm , courtisane grec- 
que , qu'on appelait Ptochhélène , 
pauvre Hélène , à cause de sa 
beauté. Etj'm. xaXoç ; itlaxoi; (piô^ 
chos), mendiant; Éie'vy) {Helenè), 
Hélène. 

Callisto, nom de femme. 
Môni. étym. 

Callistolas, qui a de beaux 
ajuslemens ; nom d'homme. Etym. 
xaXXo; ; ço).y) (stolé) , robe , appa- 
reil. R. (jTE'Utiv (stellein), équi- 
per. 

CALLIST0^E, courtisane, con- 
temporaine de Socrate, lui repro- 
chait que ses disciples le quittaient 
pour elle, tandis qu'elle ne comp- 
tait aucun déserteur. « Rien d'é- 
tonnant, répondit le sage; vous 
les menez sur une pente facile à 
suivre , au lieu qu'avec moi ils ont 
à gravir ime route escarpée , celle 
de la vertu. » Etym. xoilliço; 
(kallistos), très-belle, superl. de 
xaloç. 

Cai.i.istrate , bon guerrier; 



CAL 

orateur grec dont la réputation 
détermina Dcmostliène à quitter 
la pliilosophie pour l'éloquence. 
Sou éloquence lui devint funeste. 
Los Atliénieni , qui en prirent om- 
l)rage , le bannirent à perpétuité, 
litym. xaro;; çpa.i:o!i(stratos), armée. 

Callistcs, avait écrit en vers 
liéroïques les campagnes de l'em- 
pereur Julien. R. xaX^tçoç. 

CALLrrÉLÈs, père de Polycrate. 
M. te'/o; ( telos ) , 6n , but. 

i.Callixène, nom d'iiomme. 
Etym. xa.To<; ; $£vo; ( xeiios ) , hôte , 
étrauger. 

2. — Célèbre courtisane de 
Thessalic qui , soit froideur, soit 
vertu, sortit des bras d'Alexandre , 
encore jeune, comme elle y était 
entrée. Cette anecdote se répandit 
dans la Grèce, et les Athéniens 
lui donnèrent le sobriquet de 
Margitès {iinbécille) , héros d'un 
poème comique attribué à Homère. 

3. — Avait fait un livre sur les 
peintres et les statuaires. 

Callynéus , qui sépare: sur- 
nom grec. Etyin. xy.Àlvvnv (kallu- 
iieiii ) , rendre beau ; xtxUoç. 

Calocer , conducteur de cha- 
meaux, chef de voleurs, roi de 
Chypre; battu et pris par Dalma- 
tius, neveu de Constantin -1p- 
Grand, fut puni du supplice des 
esclaves. Etym. xaVoç ; x/pa; (ke- 
ras ) , corne. 

Calocissus, nom d'esclave- 
échanson dans Martial , très-con- 
venable à son emploi. Etym. xaloç; 
xi'cra-oç {kissos) , lierre dont les 
buveurs se coui'onnaient. 

Calotechsus, qui réussit dans 
•o/i ari; surnom du sculpteurCal- 
limaque , qui avait poussé très loin 
l'étude des beautés de son art. 
Etym. xaro; ; zé)(yn ( techiiè) , art. 
Calphtjukius , nom d'une fa- 
mille plébéienne , mais très-il- 
lustre. Dérivé de Calphus , un des 
quatre (ils de N uma , ou de xiltz-ri 
{kalptj , calpar , vase à mettre du 
vin. 

C^LVA. Vénus était honorée 
saus ce surnom à Rome, depuis 



CAM 



181 



que les femmes avaient donné 
leurs cheveux pour faire les cordes 
nécessaires au jeu des machines , 
lorsque les Gaulois vinrent assié- 
ger leur ville. R. cahus, a, um 
chauve. 

Calv I A Cri spiLiK A, fut maîtresse 
de voluptés (,1e Néron. M. R. 

Calvinus , Calvisius, dimin. 
de Cahus. /•'. Albirus. 

Calvus, chaui'c ; surnom des 
Licinius. 

Calybiïe , surnom d'un saii't 
qui vivait par humilité dans un<; 
cave. Etyin. xa),v§y) {kaltibê), i^ui- 
iy'ustium , cave ou loge. R. xa/.ijTr- 
T£iv [kalupieiii') , cacher. 

Calyca , boulon ou calice de 
rose , ou de loule auire fleur ; 
jeune fille qui, dédaignée d'Eva- 
Ihlus son amant, se précipita de 
désespoir. Son aventure était cé- 
lébrée dans une chanson amou- 
reuse de Stésichore , dont le titre 
était : Calyca. R. xx),-jÇ, vxoç {ka 
lux, ukos). 

Calycopis, au visage de rose ; 
fille d'Otrée, roi de Phrygie, que 
l'on croit la mère de Vénus. Etym. 
xa).v?, vxoç ; wij/ , ùraoj (dps, ôpos) , 
vue , aspect. 

Calvpso, nymphe, habitait l'ile 
d'Oggic Elle y reçut Ulysse, l'y 
retint sept ans, et eut de lui de's 
enfans. Mais enfin le héros pré- 
féra à l'immortalité Ithaque et 
Pénélope. R. xczWtttciv iluduptein), 
cacher, couvrir; étymologie assez 
convenable au car;ielère de dissi- 
mulation que l'auteur de Télému- 
que donne .î cette déesse. 

Caméluts, médecin d'Auguste, 
lui interdit l'usage des laitues. 
Musa lui rendit la santé en les lui 
prescrivant, et remplaça Camé- 
iius. R. camelus , chameau. 

Camellius, ancien nom romain 
qui se trouve dans les inscrip- 
tions. M. R. 

Camérinus, poète qui, au ra]>- 
port d'Ovide, chanta la prise de 
Troie : 

Quiijuc ctinit domitam Cumeiinus ab Hcctoïc 
J'fojam- 



l82 



CAN 



Camérius, autre nom romain. 
R. caméra, voi;te. 

Camillus , jeune s^arçon de 
condition libre; surnom des Fu- 
rius. Fest. 

Camoeka, une des divinités qui 
présidaientaux personne!) adultes, 
et qui leur inspirait le goût du 
chant. H. canere , chanter. 

CAMoBtijE, nom latin des Muses , 
tiré de la douceur de leurs chants. 
Etym. caillas amœnilas. 

Cawpaspjs, maîtresse d'Alexan- 
die, que ce prince fit peindre par 
Apclle , et qu'il céda à cet artiste. 
Etym. xaf/.-TTY) (kampé), courbure. 
K. xafAitTciv {kam/jlein), courber; 
à<j7riç {as/)is), bouclier. 

Campestrinus , surnom d'un 
L. Flavius. Etym. camp es tris , 
champûfre. R. campus, champ. 

Camulus. Mars était invoqué 
sous ce nom par les Sabins. Etym. 
camus , frein de cheval. 

Camurius , soldat de la quin- 
zième légion , meurtrier de Galba. 
R. camurus , cambré 

Ca>a , zèle ; ville de Galilée, où 

Jésus-Christ changea l'eau en vin. 

Cakaries, iles ainsi nommées 

de la maltitudo des chiens qui s'y 

trouvaient. R. canis. 

Cakdidus , ùlanc , candide; 
surnom d'un Fhivius. Etym. can- 
deo , être blanc. Dériv. Candidia- 
nus. 

Camcida. Hécate était adorée 
sous ce surnom dans l'île de Samo- 
thrace , où on lui immolait un 
grand nombre de chiens. Etym. 
canis , chien; cœdere, tuer. 

Camkius PiEBiLius mourut le 
même jour qu'il avait été nommé 
consul. De là cette plaisanterie de 
Cicéron : Mira fuit Caninii cousu- 
lis vigilia , qui loto suo consulatu 
somnum non vidit. M. R. 

Canius, chevalier romain, dont 
Cicéron raconte si agréablement 
l'aventure avec Pylhius. M. R. 

Canthara , nom de nourrice 
dans Térence; de xavSapo; (kan- 
iharos), vase à boire. 

Cantuaroleturos , surnom 



CAP 

d'une région voisine d'Olyulhe, 
en Thrace, où les cscarbots ne 
pouvaient vivre. Etym. xâv9«poç 
(kanlharos), cscarbot ; o'kiBpaq 
\olelhros), mort. R. oll\i)t.i(ollumi), 
tuer, perdre. 

Ca>tharus , Athénien , poêle 
comique. M. R. ou xavGapoç, sorte 
de vase. 

CA^us^us , famille romaine. 
Etym. canis, chien, ou canus , 
blanc. Un tribun de ce nom se 
déclara contre Antoine avec une 
violence qui lui coûta la vie. 

Capella , surnom romain, dé- 
rivé des cheveux hérissés , caput , 
ou de capra , chèvre , capella , 
dimin. Les flatteurs de Constance 
donnaient ce surnom à Julien , à 
cause de son extérieur négligé. 
Ils y joignoient les titres injurieux 
de taupe babillarde , de singe re- 
vêtu de pourpre, et de pédant 
grec. 

CAPELLIA^us , préfet de Mau- 
ritanie, sous Maximin, vainquit 
les deux Gordiens. Dérivé 

Caper, nom d'un grammairien. 
R. caper, bouc. 

Capharée, phénic. ecueil, bri- 
sant, promontoire de l'Eubée, où 
Nauplius, pour venger la mort de 
son fils Palamède, plaça un fanal 
qui causa le naufrage d'une partie 
de la fiolte grecque. 

Capharkaum, ville de consola- 
tion: ville maritime de la tribu 
de Nephtali , sur le rivage de la 
mer de Tibériade , nommée aussi 
ville de Jésus-Christ, parce qu'il 
y fit sa principale demeure pen- 
dant les trois années de sa prédi- 
cation. 

Capito , qui a une tarasse tête. 
Un Rontain de ce nom avait écrit 
la mort des personnages illustres. 
R. caput, tôle. 

1. Capitolirus, surnom des 
Manlius, du Capitole qu'ils habi- 
taient. 

2. — Des Quinctius et des Scx- 
tius, par la même raison. 

3. — De Petit lius, qui, charge 
du soin du Capitole, s'appropria 



CAP 

la couroiiiio il'or de. Jupiter. Il fut 
acciisédesacrilége. La faveur d'Au- 
guste le fit absoudre; mais le pu- 
blic, malin, lui donna le sobriquet 
de (lapitoliiius. 

Capmas, poète médiocre dont 
parle Suidas , et dont on ne doit 
pas regretter que les écrits aient 
été en fïnnée. K. xairvo; {kapnos), 
fumée. 

Capmon, nom d'un savant alle- 
mand qui (lorissait dans le quin- 
zième siècle. Son nom était Rauch , 
fumée, qu'il changea en un nom 
grec dont le sens est correspon- 
dant , suivant l'usage des savans 
de son temps M. R. 

Capnobatks , quijbnl monter la 
fumée; surnom d un peuple de 
Mysie, qui faisait une profession 
particulière d'honorer les dieu.x. 
Etym. xaitvo?, fumée des sacri- 
fices; j3aty£tv {baineiii), marcher, 
faiie monter. 

CAP^os, surnom d'un certain 
Théagène , qui, tout pauvre qu'il 
était , voulait passer pour un 
homme riche et magnifique. R. 

XaTTVOÇ. 

CAP^osPHRA^TÈs , qui flaire la 
fumée (des mets) ; nom de para- 
siledans Alciphron.Etym. xa-cjvo;; 
ôo-ippai'vttv (osplirainein), flairer. 

Cappautas, roche située en 
Laconie, sur laquelle Oreste s'as- 
sit et fut gué i de sa frénésie. En 
mémoire de cet événement, elle 
fut appelée, en langue dorienne, 
Jupiter Cappautas. Etym. xarr- 
tjaveey (kafjpauein) , pour xara- 
irauEiv (katapauein) , faire cesser, 
composé de xaxà et de TtavEiv. 

Capra , chèiTe ; surnom donné 
à la courtisane INico, pour avoir 
ruiné un marchand nommé Thal- 
lus. 0a^Xo5 (thallos) veut dire les 
jeunes bourgeons dont les chèvres 
sont fort friandes. R. âoi\lnv {ihal- 
lein), germer, pousser. 

Caprarius, surnom outrageant 
donné à Metellus, à cause de la 
rusticité de ses manières et de la 
pesanteur de son esprit. 

Caprée , tic fameuse pour avoir 



CAR 



i83 



servi de retraite aux débauches de 
Tibère. Elle avait dû sou nom à la 
midlitude de chèvres sauvages 
qu'on y voyait. 

Caprihus, surnom romain, de 
capra, chèvre. C'était le surnom 
dcsAnnius. M.étym. ^. Asimus. 

Capripèdes, nom commun aux 
Pans , aux Sylvains et aux Saty- 
res , qui tous étaient représentés 
avec des pieds de bouc. M. R. 

Capkius, nom romain. M. R. 

C.tPROMA, vestale qui fut con- 
damnée à mort, pour avoir violé 
son vœu de chasteté. MOm. élyrn, 

CAPYROSPHKA^TÈs , (jui flaire le 
gâteau tout cliaud; nom de para- 
site dans Alciphron. Etym. xoc-ttu- 
pov (kapuron) , croûte. R. xotittv 
(kaiein), brûler; Ttûp, -nvpoq (pur, 
puros) , feu; ocjtppaiveiv {uspfirai- 
neiii) , flairer. 

Caracalla, surnom de Rassia- 
nns Antonius , empereur romain , 
fils de Sévère, tiré d'un vêlement 
de ce nom , qu'il força les Romains 
de prendre à son exemple. Le 
meurtre de sou frère Géta, mas- 
sacré par lui dans les bras de sa 
mère, fut le prélude des cruautés 
qui signalèrent son règne. 11 avait 
la manie d'imiter Alexandre , et 
portait la tôte penchée comme lui. 
Il fit brûler les écrits d'Aristote, 
qu'il accusait d'avoir trempé dans 
la conspiration d'Aiitipater , et 
défendit à ceux qui enseignaient 
sa doctrine de paraître en public. 
Après avoir fait égorger le peuple 
d'Alexandrie, il interdit les as- 
semblées des savans, fit murer 
tous les quartiers de la ville, fut 
tue peu de temps après par un 
centenier des prétoriens, et laissa 
une mémoire aussi odieuse que 
celle des Néron et des Caligula. 

Carbon , nom d'une famille ro- 
maine. Etym. carbo , onis , char- 
bon. Cicéron cite avec éloge un 
orateur de ce nom, à qui il donne 
de la noblesse dans le style , «t de 
la dignité dans le débit. 11 fut tué 
par ses soldats daii.s les guerres 
civiles , parce qu'il av.iit voulu 



i84 CAR 

faire revivre la sévérité de l'au- 
cienne discipline. 

Carcikus, d'Agrigenle, poëte 
dramatique, avaitconiposéquatre- 
vi)!gl-dix-Iiuit pièces. L'obscurité 
ciiigniatique de son style donna 
lieu au proverbe : Les poèmes de 
Carcinus, pour exprimer quelque 
chose d'obscur. R. xapxivoç {karki- 
Tios), écrevisse. 

Carda, Cardia, déesse romaine 
qui présidait aux parties nobles de 
l'homme, au cœur, etc. R. xapSia 
{^kardià), cœur. 

Cardea, Cardikea, nymphe à 
qui Janus avait donné l'inten- 
dance des gonds et des portes. R. 
cardo , inù , gond. 

Carinus, empereur romain, fils 
de Cariis, que les historiens s'ac- 
cordent à peindre comme aussi 
féroce que débauché. Dérivé de 
Carus. 

CARIO^■ , nom d'esclave, dans 
Aristophane, comme Dave et Sy rus 
dans Térence, Picard, Champa- 
gne, etc., etc., dans les comiques 
français. Les Cariens étaient d'un 
caractère servile , et disposes à 
tout souffrir pour de l'argent. 

Carite, nom de femme, qui 
devrait s'écrire Charité. R. x^p'? 
{charis), grâce. 

Carwekte , mère d'Evandre ; 
prophétesse d'Arcadie , divinité 
romaine. R. carmen, vers, parce 
qu'elle rendait ses oracles eu vers. 

Carmimds , historien latin , 
avait écrit sur les antiquités d'Ita- 
lie. M. R. 

Carpiccs, surnom que le sénat 
romain donna à l'empereur Auré- 
lien , vainqueur des Carpiens , ou 
à cause de son habitude à manier 
les armes, ob proinptiludinem ina- 
iiuuin in tractandis annis. Cette 
flatterie ne réussit pas « Il ne vous 
reste plus, dit le prince, qu'à 
m'appeler Carpisculus. » C'était le 
nom d'une chaussure de ce temps- 
là. R. xoptao; (karpos), poignet. 

Carpion, historien grec, cité 
par Vitruve. M. R. 

CaupocFxATE, he'rétique du 



CAR 

deuxième siècle, soutenait qu'il 
n'y a aucun mal dans la nature , 
et que tout dépend de l'opinion. 
R. xapwoç (karpos), fruit; xparoç 
(kratos), force. 

Carpogenethlos , qui produit 
les fruits ; épithète d'Apollon , 
considéré comme soleil. Etym. 
xaproo;; y/vo; {genos), naissance. 

Carpophore , qui porte des 
fruits; favori de Domitien. Etym. 
xapTjo;; <p{pei)/ (pherein) , porter. 

Carpus , disciple de saint Paul . 
R. xaptiroç. 

Carteromachus, écrivain mo- 
derne à qui J. Pierius Valerianus 
a donné une place dans son Traité 
de Litteratorum inf'elicilate. Etym. 
xapTEpo; (karteros), pour xparspoç 
(krateros), courageux; fAx^^o {mâ- 
ché), combat. 

Carterus, historien grec, avait 
recueilli les décrets des Athéniens. 
M. R. 

Carcs, empereur romain, suc- 
cesseur de Probus , marcha contre 
les Perses , pénétra jusqu'à Ctési- 
phon , et périt dans un ouragan. 
A. C. 283. R. carus , cher. 

Caryatides. Ce sont des figures 
de femmes captives, vôtues, dont 
la tête sert d'appui à un entable- 
ment, et qu'on emploie à la place 
des colonnes et des pilastres. On 
rapporte que les Gi'ecs, ayant 
remporté une victoire sur les 
peuples de Carie qui s'étaient ré- 
voltés, passèrent les hommes au 
lil de l'épée, et réduisirent les 
femmes en captivité; mais, pour 
eu conserver la mémoire, on re- 
présenta dans les édifices publics, 
au lieu de colonnes , ces misérables 
captives , chargées d'un pesant 
fardeau , image de leur misère. 
Etym. KotpuaxciÎE; (Â'arualides). 
R. Kxpua {Karua) , Carie. 

Carycopées, surnom que les 
autres Grecs donnaient aux habi- 
tans de Delphes, qui prélevaient 
leur portion des victimes, et sem- 
blaient remplir les fonctions de 
cuisiniers. Etym. xapuxa (karuka), 
espèce de boudin ou de saucisse 



CAS 

en usage chez les Lydiens; iTotîtv 
(poiein), faire. 

Casca , surnom romain; \ieux 
mot latin qui répond à seiiex , 
vieillard. C'était le nom d'un des 
meurtriers de César. 

Casellus ViKDEx, célèbrc j uris- 
consiiite ; dimin. de casa, cabane, 
ou de caseus , fromage. 

C-issA^DKE , fille de Priam, ainsi 
nommée, parce qu'elle avait xâo-i; 
àvYip {kasis anêr) , un frère coura- 
geux. 

Cassiodore, ministre liabile du 
roi Théodoric , quitta le monde 
après la cliute de Vitigès, bâtit un 
monastère, et s'y retira à l'âge de 
soixante-dix ans. Etym. xoto-Tca 
{hassia), cannelle, arbre aroma- 
tique; (Jôïpov {duron), don. 

Cassiopée , reine d'Etbiopie. 
Etym. xaffsea ; <à^ , «Î)-E70; ( (jps , 
o/jos), aspect, visage. R. o-ctIso- 
Gac (optestkai), voir. 

Cassitérides, îles de l'Océan 
occidental, qui produisait l'étain. 
Pline regarde leur existence 
comme fabuleuse. R. xaa^tTspoç 
{kassiieros) , élain. 

Cassiusde Parme ,poëte fécond 
et républicain rigide. Auguste of- 
fensé de sa liberté , le fit tuer. 
Qnintilius Varus, qui s'était em- 
paré de ses papiers , fut soupçonné 
de lui avoir dérobé la tragédie de 
Thyeste , qu'il publia sous son 
nom. R. Cassia. 

I. Castor , fils de Jupiter et de 
Léda, frère de Pollnx. R. xaÇecv 
{kazein), vaincre. 

2. — Sobriquet donné à Drusus, 
fils de Tibère , prince que la colère 
possédait quelquefois au point de 
donner des coups de poing en pu- 
blic à un chevalier romain distin- 
gué. Castor avait été un athlète re- 
doutable dans le pugilat. 

Castratius, nom latin, dérivé 
de caAriim ou de castra. Un ma- 
gistrat de Plaisance, de ce nom, 
fit une belle réponse au consul 
M. Carbon , qui , sur son refus 
de lui livrer des otages, lui disait : 
« Ne sais-tu pas combien j'ai d'é- 



CAT 



i85 



pées autour de moi ? » — « Et 
moi, répondit Castratius, j'ai 
beaucoup d'années. » 

Castricius , nom romain. R. 
castrum , t, château, fort. 

Catabatès , surnom de Jupiter 
et d'Apollon , qui descendaient 
quelquefois sur la terre. Etym. 
xaraÇaiveev ( kaiahainein ) , des- 
cendre. R. xarà (kata), de haut 
en bas; jSacveiv {bainein), des- 
cendre. 

Catachthonien, surnom d'un 
souverain pontife d'Opuntie, ville 
des Locricns, qui piésidait au 
culte des dieux infernaux. Etym. 
xarà ; xQwv, x9ov'&; (chthàn, chtho- 
nos), terre. 

Catad€Pes, endroits où le Nil 
précipite ses eaux avec un horrible 
fracas. Etym. r.rj.-zaSs'KÛv (kauidou- 
peut), faire un grand bruit en se 
précipitant du haut en bas. R. 
SSrsog (doiipos), chute accompa- 
gnée de bruit. 

Catakécauwène , iriilée ; con- 
trée voisine d'Ephèse , où il ne 
croissait d'autre arbre que la vi- 
gne, stérilité qu'on attribuait au 
feu du ciel. Etyin.xaraxaûiv Çkaïu- 
kaiein ), brûler de liaut en bas. R. 
xaûiv {kaiein) , brûler. 

Cataractes, chutes du Nil. R. 
xaTap-i^'c-cr&) [katavêssô), briser, d'où 
Cataractes , surnom du Nil. 

Catarrhytum, surnom grec do 
la ville d'Hippone, en Afrique, 
tiré de la quantité d'eau dont elle 
était arrosée. Etym. xarxppuro» 
{ kaUirrhuioJi), lieu bas, baigné 
d'eaux. R. puv (rliein), couler. 

Catascopi a, surnom sous lequel 
on avait élevé un temple à Vénus , 
dans l'endroit d'où Phèdre admi- 
rait l'adresse d'Hippolyte à con- 
duire un char. Etym. xaTauxo-njEÎ'v 
(kataskopeùi) , despicere , regarder 
du haut en bas. R. o-x/irTEo-Gat 
[ skepteslhai), considérer. Parf. 
m. icyt-Q-usa. [escopa). 

Cateka , surnom qu'un certain 
Paul, qui vivait sous l'empereur 
Constance, dut à la malheureusie 



iS6 



CAT 



habileté qu'il avait j^our eiicAttùier, 
prolonger les affaires. 

Cathauthès, qui purge ; sur- 
nom donné à Mélampe, comme 
au premier qui ait fait usage de 
purgatifs. R. xaOaipav (kaihairein) , 
purifier, purger, nettoyer. 

Cathari , purs; dieux que los 
Arcadiens prenaient à témoin de 
leurs serraens , et dont Pausanias 
dit ii^norer le viai nom. Etym. 
xaGapbç {kalharo,), pur. R. xaOaî- 
p£tv (kaihairein), rendre pur. 

Catharsios , expiateur ; sur- 
nom de Jupiter. R. xa6atp£(v. 

Catheiuke, nom de femme; 
de xaQapà (kathara), pure, nette, 
sincère. R. xaôatpetv. 

Catin , dimin. de Catherine. 
f^o/. ce mot. 

Catius, ou Cautics, dieu ro- 
main qu'on invoquait pour qu'il 
rendît les jeunes gens prudens ou 
rusés. R. catus , a, uni, sage, 
avisé, ou cautus , ' a um, flii , 
rusé. 

Caton, sage, habile; surnom 
de M. Porcius (Caton l'ancien ). 
R. catus , sage , avisé. C'était 
aussi le surnom des Hostilius. 
Plut. Deux Catons sont célèbres 
dans l'histoire, Caton le censeur, 
et Caton d'Utique. Le premier, 
né d'une famille plébéienne, s'é- 
leva par son mérite à toutes les 
charges , sans avoir jamais éprouvé 
de refus. Il montra beaucoup de 
sévérité dans sa censure, et s'op- 
posa à l'introduction des arts de 
la Grèce , dans la crainte qu'ils ne 
corrompissent les Romains. Ce 
censeur rigide des mœurs fut 
pourtant, si l'on en croit Plu- 
tarque, un vieillard incontinent ; 
ce qui n'a pas empêché Virgile de 
le mettre dans les Champs-Ely- 
sées, à la tête des hommes ver- 
tueux : his danteinjura Catonem. 
Il se vantait d'avoir" été accusé 
quarante fois sans avoir jamais 
succombé. Il se repentait, di- 
sait-il ordinairement, de trois 
choses : d'avoir passé un jour sans 



CEI 

rien apprendre, d'avoir confié son 
secret à sa femme , et d'avoir été 
par eau lorsqu'il pouvait voyager 
par terre. V . UTICE^SIS. 

Catulaire , porte de Rome , 
ainsi nommée des chiennes rousses 
qu'on y immolait pour apaiser les 
ardeurs de la canicule. 

Catuliana, surnom deMinerve, 
pris d'un étendard qui lui avait 
été consacré par L. Catulus. 

CATULI^us , nom romain. R. 
catulus, petit chien. 

Caucase , montagne très-éle- 
vée, qui séparait les Indes de la 
Scythie. Etym. xauxt'Çscv [kauki- 
zein), s'enorgueillir (de sa hauteur 
au-dessus des autres montagnes). 
R. xaMxôi<jOixi(kauchdsthai), se glo- 
rifier. 

Caudex, surnom d'Appius 
Claudius , qui le premier s'embar- 
qua dans la première guerre Puni- 
que. Caudex , qui signifie tronc 
d'arbre , ou ais assemblés , est ici 
pour navis. Senec. 

Caudimus, surnom de L. Len- 
tulus , qui , enveloppé avec les 
consuls aux fourches Caudines , 
leur conseilla de faire une conven- 
tion ignominieuse. Fest. 

Caurus, vent d'Ouest , dont le 
souffle est très-rude. R. xaupc>> 
(kaurd), je sèche. 

Cécile, nom de femme. Cœci- 
lia. V. C«;ciLius. 

Cédbéatis, épithète de Diane 
parmi les Orchoméniens, qui sus- 
pendaient ses images sur les cèdres 
les plus élevés. R. xéSpoi^Çkedros), 
cèdre. 

Cébron, obscurité; torrent qui 
coule dans une vallée à l'orient 
de Jérusalem , et qui va se dégor- 
ger dans la mer Morte. 

Céiris, x£~ptç , alouette, oiseau 
qui fut auparavant Scylla , fille 
deNisus, punie par cette méta- 
morphose d'avoir coupé à son père 
le cheveu fatal auquel était atta- 
chée la destinée de son royaimie. 
R. xEc'pjcv {keirein), coupei- les che- 



CEL 

veux. Ovide confirme rclte ély- 
moJogie dans ces vers : 

.... PItmis in aftm mutata yocalur 
Ciris, et h lonso est hoc nomtn adepla capillo. 
Métam , liv. 8. 

Oiseau léger, rapide; 

Son nom rappelle encor son larcin parricide. 
DE Saint-Anck. 

Cf.lado> , nom d'homme et de 
fleuve. R. xi\a.So^{kelaclos) , bruit, 
son. 

CÉi.«»o , une des Harpyies. 
Etym. x£),atvoç (kelaùios), unir; 
le môme que (j.t^actvo; {melaiiios) . 
R. pt'/.a; (/ne/as), noir. 

Celée, père de Triptolème. R. 
xéliiv ( ke/ein) , commander, ex- 
horter. 

1. Celer, surnom d'uii Melel- 
lus, tiré de la célérité qu'il mit à 
préparer les funérailles de son 
père. 

2. — Architecte qui construisit 
pour Néron un palais qui fut appelé 
la Maison dorée. On y voyait, 
entre autres singularités , une salle 
à manger circulaire, dont la voûte 
représentait le firmament, et tour- 
nait jour et nuit, pour imiter le 
mouvement des astres. 

Celeres Deje , les déesses ra- 
pides; les Heures, qui ne mé- 
ritent que trop bien ce titre. 

Céléri>"CS , nom romain dans 
les inscriptions. Etym. celer , 
prompt, rapide. 

Céleri os , chevalier romain. 
M. K. 

Célecthéa , surnom sous le- 
quel Ulysse crut devoir consacrer 
une statue à Minerve , comme un 
inonument de la victoire qu'elle 
lui fit remporter sur les amans de 
Pénélope , dans la rue des Bar- 
rières. R. zf'Xtuâo; (keleuthos), rue. 

Celsimjs, conseiller de Dio- 
clétien. Dimin. de Celsus. 

Celsus , nom de famille ro- 
maine. R. celsus, a, uni, haut, 
élevé. Un médecin célèbre de ce 
nom florissait à Rome sous le règne 
de Tibère. Ses huit livres sur la 
Médecine, ouvrage estimable par 
la pureté rUi langage autant qur 



CEP 187 

jiar Va jush-.-sir des préceptes, sont 
parvenus jusqu'à nous, et sont 
regardés comme le meilleur com- 
mentaire d'Hippocrate. 

CELTiBÉRiEr>s , peuplade celte 
ou gauloise qui, arrivée sur les 
bords de l'Elire , joignit à son nom 
celui de ce fleuve. 

CE^soRI^os, surnom de Mar- 
cius , qui fut deux fois censeur. 
R. censnr, censeur. 

CF,^soRlTJs, surnom de Caton , 
dû à la sévéri é avec laquelle il se 
conduisit dans sa censure. M. R. 

CE^TA^JREs , monstres demi- 
hommes et demi- chevaux , nés 
d'Ixion et de la nue que Jupiter 
substitua à Junon. Etym. xevteîv 
(kentein), piquer; ravpoç (tauros), 
taureau, parce que les Thessa- 
liens , distingués des Grecs par 
leur adresse dans l'équitation, l'ac- 
quéraient en combattant des tau- 
reaux. 

CE^TÉMUS Pemjla , centurion 
romain, ainsi nommé parce qu'il 
portait un mante;iu formé de dif- 
férentes pièces. Etym. x/vrpwv 
(k( niro/i), cento, cenlon , assem- 
blagedepièces. R. xevtïTv (kentein), 
piquer; -jrjvvXa [peiiula), manteau. 

Centiceps, aux cent têtes; le 
chien Cerbère, ainsi nommé de la 
multitude de serpens dont sa tête 
était hérissée. Etym. ccntum , 
cent; caput , tôte. 

1. CE^TIMA^us, h cent mains: 
épithète latine du géant Briarée. 

2. — Surnom que ses machines 
merveilleuses firent donner au cé- 
lèbre Archimède. Etym. ceiitum ; 
manus , main. 

CE^TUMGEMl^^JS, cent J'ois dou- 
ble ; épith. de Briarée. Etym. 
centum ; t^eminus , a , uni , double. 

CÉ^Ds, affranchi de Néron , re- 
vint à Rome annoncer la défaite 
des troupes de Vitellius , et ce 
mensonge lui coûta la vie. R. 
xt'vo; (kenos), vain, \ide. 

I. Céphale, mari de Procris, 
enlevé par l'Aurore, lua sa femme 
d'un coup de javelot, en croyant 
percer une bêle fauve cachée sous 



i88 



CER 



le fcuill.igc. R. xifOi\r) { kephalé ) , 
léte. 

2. — Orateur athénien qui le 
premier inlrotluisit l'usage des 
exordes et des péroraisons ; il se 
vantait d'avoir fait passer plus de 
décrets qu'aucun orateur de son 
temps , sans que jamais on eût pu 
trouver dans un seul de ses décrets 
matière à l'accuser d'infraction des 
lois. M. R. 

Céphalégérèke , surnom que 
Cratius, poêle comique, donne à 
Périclès , dont la tôte était d'une 
dimension un peu forte. Etyni. 
x£cpa)//) ; àytlptiv {ageirein) , ras- 
sembler, f^. SCHINOCÉPIIALE. 

Céphaléok, historien grec qu'A- 
drien relégua en Sicile. R. xecpaA^'. 

CÉPHALfs, nom qu'un savant 
moderne a préféré à celui de Ca- 
piton , qui était le sien. R. x£<pa),T). 

Céphas, pierre; nom que Jésus- 
Christ donne à saint Pierre. 

Cépion, nom d'une famille ro- 
maine. Serait-il déraisounabic de 
le tirer de cèpe , is, ognon, comme 
d'autres noms romains ont été 
dérivés de diverses sortes de cul- 
tures ? 

Un proconsul de ce nom pilla 
un temple de Toulouse où étaient 
en dépôt de grandes sommes d'or 
et d'argent , et périt misérable- 
ment avec tous ceux qui avaient 
eu part à ce sacrilège ; ce qui 
donna lieu au proverbe aurum 
Tolosanum, en parlant de quelque 
chose qui porte malheur. 

Céramique, tuilerie; quartier 
d'Alhèncs. R. x/paao; {keramos), 
tuile. 

Céramiusi , quartier de Rome 
où Cicéron et Milon avaient une 
maison. M. R. 

CÉRAMYftTHE , surnom d'Her- 
cule , qui a' le miîme sens qu'^- 
lexicacus , qui détourne les maux. 
Etym. xop (A't'/'), destin; â,u.uyetv 
(amuiiein) , protéger. 

Céran, nom d'homme, r. x»5pèç 
(kéros), cire. 

Cérassus, celui qui iu\enta de 



CER 

mêler l'eau au vin. R. xEpa'vvvp.» 
(keraiinumi), faire ce mélange. 

Cérastes , cornues ; les Furies 
étaient ainsi nommées des serpcns 
dont se formait leur chevelure. 
Etym. xEpâçTf); (keraslés), reptile 
qui porte sur la tâte de petites 
cornes. R. xspa; (keras), corne. 

Cérastis, cornue; ancien nom 
de l'ile de Chypre, environnée de 
pointes de rochers qui de loin ont 
une apparence de cornes. R. xe'pa;. 

CÉRAUKIAS , CÉRACMUS , Jul- 

minant; surnom de Jupiter. R. 
xtpavvo; ikeraunos), foudre. 

1. Céraunobolos , J'ulminant ; 
nom donné à un tableau d'Apelle 
où ce peintre avait exprimé la 
foudre et les éclairs. 

2. — Titre donné à la légiou 
romaine composée de chrétiens, 
dont les prières Grent tomber du 
ciel une pluie fort utile à l'armée 
de M. Antonin, dans le pays des 
Quades ; secours qui fut suivi d'é- 
clairs et de tonnerres. Etym. x£- 
pavvo; ; /3oc).).£cv {ballein^, lancer. 

Céraomjs , surnom d'un des 
Ptolémées. R. xîpauvoç. 

Cerbère , qui dévore les chairs; 
chien des Enfers. R. xpf'aç (kreas), 
chair; j3opo; (ùoros), dévorant; 
(iopa. {bora), nourriture. 

Cercéis, fille de Télhys et de 
l'Océan, habile à faire de la toile. 
Etym. x£pxî; , l'iîo; {kerkis, idos), 
navette de tisserand. 

Cercidas, Arcadien , législa- 
teur de Mégalopolis, disait à ses 
amis qu'il mourait sans regret, 
dans l'espérance d'aller rejoindre 
le philosophe Pythagore, l'histo- 
rien Hécatée, le musicien Olympe 
et le poëtc Homère. Etym. xtpxî:, 
(lîoç. 

Cercopithèque , singe iiqueuc ; 
sorte de singe à qui les Egyp- 
tiens rendaient les honneurs di- 
vins. Etym. xe'pxo; {kerkosj, queue : 
TTcôïixoç (pilhékos), singe. 

Cerdkwporus , mai chand avide 
de gain; surnom de Mercure, dieu 
du trafic. Etym. yitpSoq {kerdos), 
gain ; épciopoç ( emporos ) , mai- 



CEZ 

(band. R. irs/ptiv (peirein) , percer 
(l'outre en outre j iropoç (poros), 
voie, trajet. 

CfinooN, hérésiarque du deuxiè- 
me siècle, admettait deux prin- 
cipes, l'un bon et créateur du 
ciel, l'autre mauvais et créateur 
de la teire. lî. xioSoc. 

1. Ci:ruous, intéressé. 

2. — Mercure, dieu du trafic. 

3. — Apollon , à cause de la vé- 
nalité de ses oracles. R. yJaSo^. 

CÉRÉALis, consul l'an de Home 
858. Rome lui dut des thermes 
d'une construction admii H ble pour 
le temps. Etyni. Ceres , Cerès , 
déesse des moissons. 

Cérès , déesse de l'agriculture. 
Festus dérive ce nom du verbe 
gerere , porter , à gerendo f'vu- 
inento , quasi gcrcs. D'autres le 
tirent à creando. 

Cérics Sévércs , tribun des 
soldats sous Galba. R.xy)po;(/ceVos), 
cire. 

Cérodétos , lié avec de la cire ; 
chalumeau du dieu Pan, formé 
anciennement de plusieurs tuyaux 
joints avec de la cire. Etym. xr,pbc, ; 
S(.~v (dein), lier. 

Cerromus Basscs, vivait sous 
l'empereur Aurélien. R. cerrus , 
arbre à gland. 

Cérus , dieu de l'occasion favo- 
rable. R. xaîpoç (kairos), occasion , 
temps opportun. 

Cervarius ProctjluSj dénonça 
la conjuration de Pison contre 
Néron , dont il était complice , et 
dut sa grâce à cette délation. R. 
cervus , cerf. 

Cervidius , jurisconsulte ro- 
main , mattre de Papinien , dont 
on a des fragmens dans les Pan- 
decies. M. R. 

CÉRYBiON , nom de parasite. 
Etym. xïj'ov^ (kérux), crieur pu- 
blic ; ^îoi;{bios), vie. 

Cétromus, fut envoyé par Ti- 
bère pour l'informer de la révolte 
des légions de la Basse-Germanie. 
R. ceira , bouclier à l'usage des 
Maures. 

CÉZK^E , ville de la Romaguc , 



CH^ 189 

qu'on croit avoir tiré son nom du 
verbe cœde e , couper, soit parce 
qu'elle est partagée par une petite 
rivière, soit parce que son terri- 
toire était divisé par le Sapi et le 
Rubicon. 

Charrias , général athénien. Il 
disait qu'une armée de cerfs com- 
mandée par un lion , était plus 
redoutable qu'une armée de lions 
conduite par un cerf. R. y^aiptiv 
[chairein) , se réjouir. Le (i , sui- 
vant les étymologistcs, n'est ajouté 
que pour rendre le mot plus so- 
nore , euphoniœ causa. 

Ch.ï:réccate , cjui aime le pou- 
i>oir ; nom d'homme. Etym. yy.i- 
ptiv ; xpocTjç {kralos), pouvoir. 

ChjErédème , nom d'homme. 
Etym. -jçoilptrj ] Sriao- (dtmos), 
peuple. 

Ch^rédémus , frère d'Epicure. 
R. xatpsiv 5 ^yju.o; (démos], peuple. 

Ch^rée, tribun des gardes pré- 
toriennes qui tua Caligula, et qui 
fut tué lui même peu de temps 
après, par l'ordre de Claude. R. 
Xcâoiiy. Ce nom répondrait en la- 
tin à Gaudentius. 

Ch^rémocrate, architecte qui 
construisit le temple de Diane à 
Ephèse. Ce fut lui, dit-on, qui 
proposa à Alexandre de tailler le 
mont Athos à son image. Etym. 
^(aepîtv ; xpocTo; (kratos) , pouvoir. 

Chkré.mon , Joyeux; tragique 
grec. R. Yo.ipti.-i. Aristote cite sa 
tragédie de Penlhée. 

Ch^réphile , qui aime la joie ; 
nom d'hom.mc. Etym.;^at'p£!v; tpQo; 
(philos), ami. 

Ch;eréphon, disciple de So- 
crate , si maigre , que sa maigreur 
était passée en proverbe. Elle four- 
nit beaucoup de traits plaisans à 
Aristophane. R. ;(atpecv ; <pâw 
(phao), luire. 

CniERESTRATA , mère d'Epicure. 
Etym. yr/.lptvi \ ç-paro; ( stratos ) , 
armée. 

Chsribijle, qui aime les con- 
seils ; nom d'un personnage de 
Plaute. Etym. yy.içtii; /3ow),y) (Aof<- 
/(■') , conseil. 



igo 



CHA 



Ch«;rimacht3s , que le conihat 
réjouit ; lieros fabuleux. Etym. 
Xatoîiv ; \^<^xf> (niachiî), coiiil)at. 

Ch^ekippe , Charippe , qui aime 
les chevaux; nom d'homme. Etym. 
^(otrpcîv; iTimoi (hipfjos), cheval. 

Chal/epode , qui a le piedjai- 
hle ; surnom de Vulcain. Etym. 
XaXotv (c//a/«/i), amollir, relâcher; 
TTov; , iroao; Çpnus , podos) , pied. 

Chalckokardios, aucœuv d'ai- 
rain ; suinom d'Hercule. Etym. 
/aXxo; ( chalkos ) , airain .; xapSicr. 
(kardia)y cœur. 

Chalcébs, surnom de Vulcain, 
qui présidait aux travaux en ai- 
lain. R. yculxo^. 

Chalcidics, philosophe plato- 
nicien , a laissé un commentaire 
estimé sur le Tintée de Platon. 
Etym. j^aXxoç; eï^oçifidos ),ima^e. 

Chalcioecos , surnom sous le- 
quel Minerve était honorée à La- 
cédénione , où son temple et sa 
statue étaient d'airain Etym. x"^" 
xoç ; oTxoç (oikos), mi'.isov . 

Chalciopk, sœur de Médée. R. 
^a/lxîç ( chalkis ) , sorte d'oiseau ; 
o\f (ops), œil, vue. 

Chalcis , ville d'Eubée , dut 
son nom à la découverte de l'ai- 
rain. R- yculxéç. 

Chalcochitokes , qui portent 
des cuirasses d'airain; épith. des 
Grecs dans Homère. Etym. ^a^- 
xo; ; ^nùv , ûîvoç ( chitôii , Oiios ) , 
tunique intérieure, et par exten- 
sion , cuirasse. 

CHALC0C0^DYLA8 , a écrit en 
£[rec riiistoire ottomane. R. ^a^xo; ; 
Xov(îu/loç (condulos), nœud; join- 
ture. 

Chalcomedtjsa, mère de Laërte, 
aïeule d'U lysse. R.fjiEiîsîv (jnedeiii), 
commander. 

Chalcopcs , au pied d'airain : 
épith. de la furie Erinnys, c. à d. 
infatigable. Etym. x*^"»? > irov; , 
iTo^oç {p<ius , podos), pied. 

Chalcosthène , artiste athé- 
nien, qui modelait en terre avec 
un grand succès. L'endroit d'A- 
thènes où était son atelier prit de 
là le nom de Céramique. Pline. 



CHA 

Etym. )(ai.\xof ; o-Gtvo; ( sthenos ) , 
force ; xEpafxoç ( keramos ) , terre à 
pots. 

Chald£e , connue des brigands; 
empire fondé par Nemrod , dont 
la capitale étaif Rabylone. 

Chalimtis. Minerve était ado- 
rée sous ce surnom à Corinthe, en 
mémoire de la bride qu'elle avait 
mise à Pégase eu faveur de Bellé- 
rophon. K. ^a^'yo; ( chalinos ) , 
frein. 

Chalimjs, esclave dans Plante. 
R. xo'-^'voç. 

Chaliphron, surnom de Di- 
dyme le grammairien. Etym. ^a- 
),àv (chaldn), relâcher; «pp^iv , tvoç 
(phre'n , enos), esprit, sens. 

Chalkentehos, aux entrailles 
d'airain; surnom du môme Di- 
dyme, tiré de sa vie laborieuse. Il 
avait composé , dit Suidas , plus 
de trois mille ouvrages. Etym. 
XaAxoç; fvripov {enteinn) , intestin. 
R. ÈvTo; (entos) , dedans. 

Cham , chaud ; fils de Noé, frère 
de .'^em et de Japhet. 

Cham.s;léok, écrivain et philo- 
sophe grec. Etym. ya.}i.a.i.\tiMV (chô- 
ma ileôn) , petit lion, caméléon 
R. x^P*' (chamai) , par terre; 
\t<av (leôn), lion. 

Cham;etvpé , nom d'une cour- 
tisane célèbre par sa beauté. Etym. 
Xaf/otî ; T-uirlctv (tuptein) , frapper. 

Chanaak , majvhand ; iils do 
Cham , sur qui tomba la malédic- 
tion prononcée par Noé son père , 
parce qu'ayant découvert le pre- 
mier la nudité de son aïeul , il en 
donna avis à Cham. 

Chaos , confusion de toutes 
choses , de yçâoc, (chaos). R. x«tv£iv 
(chainein), s'eotr 'ouvrir , se fen- 
dre , ou x^'v ( chein ) , fundere , 
confondre. 

Charaxds, frère de Sapho , se 
ruina pour la courtisane Rho- 
dope, et fut réduit à se faire pi- 
rate. Etym.xopa? (c/ia7'ar), sillon, 
fosse, haie. R. -/oLpv.Tanv (charas- 
sein) , imprimer, graver, fouir. 

Charès , général athénien, dut 
ce nom, dit-on , à la magnificence 



CHA 

de ses promesses, qui i-ejouissaieiit 
ceux qui en ét;ucnt robjet. Etym. 
;<;atpt(v , OU x^?'' (charis) , bien- 
fait. Ces promesses brillantes , 
mais sans effet , avaient donné 
lieu an pro%erbe grec : Zes pro- 
messes de Charès. 

Chxbicène, sans grâce; nom 
d'homme. Etym. x^P'i i^^'-^'"'^^) ^ 
grâce ; xtvo; (kenos), vide. 

Chariclée, nom de rbéroïne 
du roman grec d'Héliodore. Etym. 
X'^P'-i ; "^£0; (kleos), gloire. 

Chariclès, médecin de Tibère, 
sous prétexte de prendre congé 
de lui , lui prit la main pour lui 
tàter le pouls, et annonça à Ma- 
cron qu'il n'avait pas plus de deux 
jours à vivre. M. H, 

Charidème, illustre Athénien, 
exilé de sa patrie par l'ordre d'A- 
thènes , se réfugia à la cour de 
Darius , qui le fit mourir pour lui 
avoir ilit avec trop de franchise 
ce qu'il pensait de l'armée des 
Perses et de celle des Macédo- 
niens. R. x^'? ' ^^P-°i {démos ), 
peuple. 

Charidotès , qui accorde des 
ifràcet ; surnom de Mercure dans 
i'iledeSamos. Etym.xap'çj ot&ovae 
(didonai) , donner. 

Chabiëis , (gracieux: surnom 
ou épithète de Bacchus. Etym. 

:<«?'«• .. . .. . , 

Charilal's , qui réjouit le peu- 
ple ; roi de Lacédémone. On lui 
demandait pourquoi Lycurgue 
avait donné si peu de lois au.x 
Spartiates : « Parce que , répon- 
dit-il, il faut peu de lois a un 
peuple qui parle peu. » Pu x^''p^''' 
i^cliairein) , réjouir; )aoç {laos), 
peuple. 

Charimè>e , <jui réjouit l'es- 
piit ; devin d'Argos , révéla au 
tyran Arislomaque une conspira- 
tion contre lui. Etym. x^'P^'"' » 
fitvo; ( menos ) , esprit. 

I. Charimjs , poëte de Syra- 
cuse, saluait d'un proverbe cha- 
cun des mets que l'on servait .sur 
la table. R. x^'p^'"- 



CHA 



'9' 



2. — Nom d'homme. R. x^P'î 
( cf taris ) , grâce. 

Charis , grâce ; femme de Vul- 
cain. M. R. 

1. Charisius , surnom de Jupi- 
ter , comme étant le dieu par l'in- 
fluence duquel les hommes ob- 
tiennent la bienveillance les uns 
des autres. Môm. étym. 

2. — Orateur athéuien. 

1. Charitoblépharos , qui a 
de beaux sourcils ; nom de femme. 
Etym. x^p'? ) /5>.t!papov (blepharou ) , 
sourcil. 

2. — C'est aussi un surnom de 
Démétrius de Phulère , qui était 
trop beau pour un homme. 

Charitok , gracieux ; auteur 
auquel on attribue le roman grec 
qui a pour titre : Zes Amours de 
Chèreas et de Callirhoé. R. x^pcç. 

('harixè>'e , qui aime les élran- 
gers , hospitalier^ nom d'homme. 
Etym. x^lptr, ; ^i-joç(xejios) , hôte, 
étranger. 

ChaRMASDER, CHARMA^DRIDE, 

noms d'homme. Etym. x«'P"* » 
àvvip , âv^poç ( aiifr, andros ) , 
homme. 

Charmidès, nom d'un parasite 
dans Plaute. R. yjxîpi'.y. 

Ch AEMioN , une des suivantes de 
Cléopâtre. Klym.x^pixa {charma ) , 
joie. R. x«''p£'v- 

Chaemis, médecin de Rome, 
au temps de Néron , ordonnait le 
contraire de ce que prescrivaient 
les autres, se faisait payer cher, 
et n'en était que plus couru. Sé- 
nèque avoue avoir eu la faiblesse 
de suivre ses ordonnances. R.xai- 
p£!v , se réjouir. 

Charmolécs, qui c^mrme le 
peuple j personnage efféminé dont 
Lucien vante la beauté. Etym. 
xacpetv ; Xao; ( Laos ) , peuple. 

Charmos , surnom sous lequel 
Jupiter avait un culte établi en 
Arcadie. R. x*'?""- 

Chabok , portier des Enfers. R . 
Xaipsiv , par antiphrase. 

Charondas , législateur de Thu- 
rium. Oncile, entre autres lois, 
celle où il défendait de nommer les 



tga 



CHE 



citoyens sur le théâtre , hors les 
ailultères et les nouvcllisles, qu'il 
abandonna à toute la licence des 
auteursct des acteurs. Môm.étyra. 
Charonée, porte d'Athènes, 
par où l'on conduisait ceux cjni 
étaient condamnés au dernier sup- 
plice. Etym. Chawii. 

Chauops, qui rejoua la vue ; 
père de Nirée, le plus beau des 
Grecs. Etym. xa'tptiv ; S^l> , Ùttoç 
( ôps , opos ) , œil , vue. 

Chahybde , gouffre dangereux 
dans le détroit de Messine, ainsi 
nommé, disent, les étymologistes, 
parce que è; ;(ao$ pàov S\iv£i ( es 
chaos rhaon dunei) , il plonge, il 
engloutit facilement dans Tabime. 
Chascobtjkès, bouche béante; 
nom de panisile dans Alciphron. 
Etym. ytx-jxf.-j (chuskein), pour 
^(xîvtiv (chainein), avoir la bouche 
ouverte; j3a; ( èofzs ), bœuf ; ou 
hucca, bouche. On trouve souvent 
dans les auteurs grecs qui ne sont 
pas d'une grande antiquité, des 
mots empruntes du latin. 

Chélidoms, maîtresse de 
Verres, avait un grand pouvoir 
sur son esprit. Les avocats cou- 
sultans , dit Cicéron , n'avaient 
plus rien à faire. On n'allait plus 
que chez Chélidonis. C'était elle 
qui dictait les jugemens. Le pré- 
teur cassait ses propres sentences, 
et en prononçait de toutes con- 
traires les unes aux autres, sui- 
vant qu'elle les lui suggérait. Ce 
qu'il y a d'étonnant, et ce qui , 
dans aucun temjjs , ne paraîtra 
croyable , c'est que Chélidonis 
institua par son testament Verres 
son héritier. R. ytli.^'^v (cheliddn) , 
hirondelle. 

Chélidomum , nom de courti- 
sane dans Lucien. R. x£^"î"v. 

Chélidomus, nom que les 
Grecs donnaient au vent nommé 
par les Latins Fauonius depuis 
le 6 des ides de février , jusqu'au 7 
des calendes de mars, parce que 
c'était à pareil jour que l'on com- 
mençait à revoir les hirondelles. 
M. R. 



CHE 

ChÉloms, fille de Ltonidas, 
roi de Sparte , suivit son père 
chassé par Cléombrote sou époux , 
et ensuite son époux , chassé à 
son tour par son père. R. xî^*^"" 
( chelonc ) , tortue. 

Chélokophages , peuple de la 
Carmanie , qui vivait de chair de 
tortue , et qui se servait des 
écailles pour abriter ses cabanes. 
Etym. )(^tl<ivn ', tpdyeiv ( phaghein ) , 
manger. 

CHli^OBOÇclUM, ville d'Egypte, 
où l'on nourrissait beaucoup d'oies. 
R. x/iv ( ke'n ) , oie; jSoo-xsiv ( bos- 
kein) , faire paître. 

Chéra, veuve; surnom donné 
à Junon , soit à cause de ses fré- 
quentes brouilleries avec Jupiter, 
soit parce que ce dieu la délaissait 
fort souvent. R. x"^,°°? ( chéros ) , 
veuf. 

Chérémocrate , un des archi- 
tectes à qui l'on attribue la cons- 
truction du temple de Diane. K. 
Xïîp (clieir), main; xparo; ( kra- 
tus ) , force. 

Chérestrate ; qui s'assujeitit 
l'armée ,• nom d'homme. Etym. 
Xêtpsv (cheiroun), assujettir. R. 
Xeip, main; a-rparoi; ( stratus), 
armée. 

C H E R I A s , athète qu'Hercule 
tua d'un coup de poing. R. x^'P- 

Chérisophus, un des chefs grecs 
dans la retraite des Dix-Mille. R. 
Xeip ; cocp'o; ( sophos ) , sage. 

Chérophok , poëte tragique , 
contemporain de Philippe, roi de 
Macédoine. R. xf'pj 'f^yh (phoné), 
voix. 

Chersibius, aux mains vio- 
lentes y un des fils qu'Hercule tua 
dans sa fureur. Etym. x^îp (cheir) , 
main ; j3ia ( bia ) , violence ; ou 
XEpcroç (chersos) , terre ; |3îo^ {^ios) , 
vie. 

Chersidamas , guerrier troycu 
tué par Achille. Etym. ^tprio^Çcher- 
5195), terre; ou x^'P' '^•'*^* P'- X^P"^' 
Çchersi); êap-^v (^damdn) , domp- 
ter. 

Chersiphrok, qui a du goût , 
de l'habileté dans la main j c'est 



t 



CHI 

ainsi que Strabon appelle l'archi- 
tecte du temple «e Diane, que 
Vitruve nomme Ctcsiphon. Etym. 
Xtîp {cheir) , main , dat. pi. yj.?'^'- 
(chersi) ; yp^v , evoç (phréu , enos), 
esprit , sens. 

Chersoèse, ou presqu'île. 11 
y en avait cinq chez les anciens. 
I. Le Péloponèse ; 2. la Cherso- 
nèse de Thrace ; 3. la Chersonèse 
Cimbrique , aujourd'hui le Danc- 
marck; 4- la Chersonèse Taurique; 
5. la Chersonèse d'Or, dans l'Inde. 
Etym. x^'p'°? ( chersos), terre; 
•/riaoi ( ncsos ) , île. 

CHÉRt!Bi>s, comme des enfans ; 
anges du second ordre de la pre- 
mièrehiérarchie. Les peintres mo- 
dernes les représentent par de 
jeunes têtes ailées, de couleur de 
feu, symbole de l'amour divin 
dont ils sont embrasés. 

Chésippe , sobriquet que Zenon 
donnait à Chrysippe , en jouant 
sur le mot. R. x^Ç^''-* ( chezein) , 
cacare. 

Chidrolépisos, gui e'corce les 
grains de bl^ , ou qui fait mairie 
chère j nom de parasite dans Àl- 
ciphron. Etym. x^^P°<i ( chidros ), 
grain de blé, peut-être; pâte; de 
Xt~J {chein ) , verser, etZiwp (hii- 
dôr), eau ; It-nti.-/ {lepein), écorcer. 

Chilius, Arcadien, détourna 
les Lacédémoniens de se séparer 
de la cause commune, lors de l'in- 
vasion de Xerxès. R, x'^"' ( chi- 
lioi ) , mille , ou Xf~'°Ç {cheilos ) , 
lèvre. 

Chilo , qui a de grosses lèvres ; 
surnom romain. R. yù\o<;. ^oy. 
Labeo. Pline. 

Chii.o>, lippu , Lacédémonien, 
un des sept sages de la Grèce , 
ainsi nommé parce qu'il avait de 
grosses lèvres. On avait gravé 
dans le temple d'Apollon ces trois 
mots de ce philosophe : « Connais- 
toi toi-même ; rien de trop ; la mi- 
sère est la fille des dettes et des 
procès. L'or , disait-il , est à 
l'homme ce que la pierre de tou- 
che est à l'or. » Il répondit à quel- 
qu'un qui voulait .«voir de lui ce 



CHL 



193 



qu'il y avait de plus difficile? 
" Garder le secret , savoir em- 
ployer le temps , et souffrir les 
injures sans murmurer » On dit 
qu'il mourut de joie en embras- 
sant son fils, qui avait remporté le 
prix du ceste aux jeux Olym- 
piques. R. x^~^o;- 

C H 1 M É R 1 MT s , hiemalis ; nom 
d'esclave dans Martial. R. ye-,ii.iiv 
( cheimnn ) , hiver, 

Chion, surnom donné à un 
Théognis, poète tragique, dont 
les ouvrages étaient à la glace. R. 
Xtùv (chion) , neige. 

C H I o > É , Jniiclie comme la 
neii^e ; nom de femme dans Mar- 
tial. MR. 

Chioms, célèbre athlète, vain- 
queur aux jeu.x Olympiques. On 
prétend qu'il sautait cinquante- 
deux semelles. M. R. 

Chirogome. surnom de Pro- 
serpine , coiisidér''e comme Lu- 
cine , r/uôd parturientihus ma- 
num admoveat. R. ytvnr;%ai ( ghei- 
nesthai) , naître. . 

Chiron , Centaure à qui la fable 
donne des connaissances en mé- 
decine et en chirurgie. R. x^'P» 
main. 

Chirosophus, sage de la main , 
c'est-à-dire , habile danseur , ou 
gesticulaieur / parasite de Denys- 
le-Tyran. Etym. x^'pj'^'voç { so- 
phos ) , sage. 

Chitoma , surnom de Diane , 
tiré de Chitone, ville deJ'Attique, 
où elle était honorée ; ou de xitwv 
(chitnn ), tunique, parce qu'on 
lui consacrait les premiers vête- 
mens des enfans. 

Chloé, nom de femme. R. x^'" 
(chloa) , herbe. 

1. Chloris, déesse des fleurs, 
de x}.ii)po(; ( chlôros) , verdoyant. 
R. x^°*' 

2. — Mère d'Aristophon l'ora- 
teur. Il fit rendre une loi contre 
les enfans naturels, et fut lui-même 
traduit comme tel sur la scène par 
le poëte comique Callias. Mêm. 
étym. 

Chlortjs, surnom de Constance. 



J94 



CHO 



père de Constantin , tire de sa pâ- 
leur. Ce prince mérita le titre de 
César par ses victoires dans la 
Grande-Bretagne et dans lu Ger- 
manie. Devenu empereur, il fut 
modeste et doux. Maître absolu , 
il donna par ses vertus des bornes 
à un pouvoir qui n'en avait pas, 
et fut humain en religion comme 
en politique. Etym. x^^topoi; [clo- 
ros), vert, pâle. 

Choemcomètres, surnom que la 
Pythie avait donné aux babitans 
de Corinthe, à cause de leur opu- 
lence et du nombre prodigieux 
d'esclaves qu'ils nourrissaient, et 
qu'Athénée porte à 4^0 mille. 
Etym. x»^^'? > '"oç {choinix , l'kos) , 
mesure de ce qu'un homme peut 
consumer en un jour pour sa nour- 
riture; fxETpov [melron), mesure. 

1. Choerilus, nom d'un mau- 
vais poète. On conte qu'Alexandre 
fit un jour avec lui la convention 
de lui donner un philippe par bon 
vers, et un souillet par mauvais, 
et qu'i' ne s'en trouva que sept de 
passables. Ce malheureux, enfer- 
mé dans une cage, y mourut de 
faim. Etym. xo'p'^o? {choirilos ), 
diminut, de x°'^P°? ( ejioiros ) , 
porc. 

2. — Poète tragique athénien , 
fit jouer cent soixante tragédies, 
et fut couronné treize fois. 

3. — Poêle grec, né dans la 
petite ile de Jase, près la Carie , 
composa im poëme sur la victoire 
que les Athéniens remportèrent 
contre Xerxès ; et cet ouvrage pa- 
rut si beau, qu'on fit donner au 
poète une pièce d'or pour chaque 
vers. Chérilea fait plusieurs auti'es 
poëmes dont il ne reste que quel- 
ques légers fragmens. 

Choeroboscds, qui noUrrit des 
porcs} nom d'homme. Etym. xoTpo;; 
^oaxETv {boskein) ; faire paître. Un 
savant moderne, nommé 7'or<7Ui'e/' 
ou Porcher, a substitué ce mol 
^recà son nom , qu^il ne trouvait 
pas assez noble. 

Cholé, surnom d'un poète grec 
comme' Philoclès, bilieux et sati- 



CHR 

rique. K. x°^^ ( cholé), bile. /'. 
Halmom.\. 

CHO^É, entonnoir} surnom 
donné à un Athénien nommé Dio- 
time, qui, ditElien , buvait, sans 
prendre haleine, le vin qu'on lui 
versait dans un entonnoir. R.xeÎv 
{chein ), verser. 

Chomcrate , puissant enton- 
noir} nom d'un parasite dans Al- 
ci}ihron. Etym. y^âv-n ( choné ) , 
entonnoir; xpâro? (kratos), pou- 
voir. 

Choopotès , surnom de Bacchus. 
Etym. x°°î (c/too5), congé, mesure 
pour les liquides. R. ycXv (chein) , 
verser; -ttotov {potoii) , boisson, 
■jtéu ( poo) , boire. 

Choréas, épithète que les 
Troyens doiiuaicut à Vénus, en 
lui immolant un porc. R. x^^po?- 

Choris, nom de danseuse. R. 
Xopo; ( choros ) , chœur ou danse. 

Choeoebus , Athénien , inven- 
teur de l'art du potier. Etym. xopyj 
(koré) , prunelle de l'œil, ou jeune 
fille ; oitpttv ( oiphein ) , gâter , cor- 
rompre. 

Chrêmes, nom de vieillard 
dans les comédies de Térence. 
Les commentateurs le dérivent de 
Xpeff^IttrOai ( chremptesthai) , cra- 
cher avec effort. 

Chremylus , personnage de co- 
médie que sa pauvreté force à 
nier ses dettes. R. xP"s ichréos) , 
dette ; aî^xvîiitiv ( aimuUein ) ^ 
tromper. 

Chréocopides , surnom donné 
aux amis de Soion, qui, instruits 
du projet de ce législateur, de 
faire aux débiteurs une remise gé- 
nérale de leurs dettes , s'empres- 
sèrent d'emprunter de fortes som- 
mes à gros intérêts, pour profiter 
du bénéfice de la loi, exemple qui 
s'est reproduit plus d'une fois sous 
d'autres noms. Etym. xp^°'i > xoir- 
Tttv ( kopiein) , couper. 

Chrésima, utile } nom dé 
femme. Etym. xpi^s'i^'-o; ( chrési- 
mos ) , utile. R. xf^'<ï9«' ( chrés- 
thai ) , se servir. 

Chresmagore ,. qui rend des 



CHU 

oracles ; épithète ou surnom d'A- 
pollon. Etym. XP'>."^* ( chrêma) , 
oracle; àyopà (ai^ora ) , harangue. 

Chrestili.a , nom de femme 
dans Martiiil ; dimin. de xp^î^'foi 
( chrésloi ) , bon . 

Chrestodémk, un de ceux qui 
ont écrit l'histoire de Thèbes. K. 
^pt<rro(;; S7,fi.oi (^démos), peuple. 

Chrestologl's, surnom donné 
à l'empereur Pertinax , qui parlait 
bienetagissaitmal. Etym.;(pï)TTo; ; 
ioyoç (logos) , discours, yul. Capit. 

Chrestcs , surnom de Phocion , 
dû à la frugalité de sa vie. R. 

XpiVTTOÇ. 

Christodore , nom d'un poëte 
égyptien, natif Je Copte. Etym. 
XP'ctÔç ( christos ), oint , christ; 
(îùoov ( dôron ), don. 

C HRisTODCLE, scrviteur du 
christ; nom pris par un écrivain 
ascétique. Etym. y^pi^y-ô^. R. ^pi<i) 
( cftr/o ), oindre; èà\oq ( doulos ) , 
serviteur. 

Christophe , saint qu'on repré- 
sente ordinairement d'une taille 
colossale; usage qui vient, dit-on, 
de l'opinion superstitieuse qu'a- 
près avoir vu son image on ne 
mourait point de mort subite. 
Etym. xP'-^^^i- ^- XP'" (c/>rj"o), 
oindre; (piptiv ( pherein), porter. 
Parf. m. ■jrfyopa {peplwra). 

Chromatios , coloriste y nom 
d'un peintre dans Aristenète.Ety m. 
jçpwfia , aro; ( chj-oma , atos ), cou- 
leur. R. xp?* (chrdn), colorer. 

Chbomatius, évéque d'Aquilée 
au quatrième siècle , ami de S. Am- 
l>roise et de S. Jérôme. Etym. 
Xp5fi«. 

Chrohatopéus , surnom d'un 
Diorion, musicien. Etym. xpû>f-a> 
To;, partie de la musique nommée 
chromatique, c'est-à-dire, qui 
peint par la variété des modula- 
tions; itoceTv {poiein) , faire. 

Chromits, Argien , échappa 
seul avec Alcénor d'un combat 
livré entre trois cents Spartiates 
et autant d'Argiens. R. xpSpjt. 

Chbonicm, nom de vieille 



CHR 



IÇ)Ô 



femme. R. xps'vo; ( clnnnos ) , 
temps, âge, durée. 

Chronocrator, maure des 
temps ; surnom ou épithète du So- 
leil. Etym. xpovoç; %^itoz{kralos) , 
pouvoir. 

Chronophilk, qui aime le 
temps ; nom de nymphe. Etym. 
Xpovo; ; <pr>o; ( philos ), ami. 

CHRONos,nom que les Phéni- 
ciens et les Egyptiens donnaient 
à leur Saturne, fils d'Uranus et de 
Ght*, ou du Ciel et de la Terre. R. 
Xpovo;. 

Chbtsalcs , nom d'esclave dans 
Plante. R. XP'^^°Ç {chrusos ), or; 
àXî<7XEcv {aliskeiii), prendre. 

Chrysamacos, vainqueur à la 
course.. R- xp^^o? j cnixcu^aÇamaxa), 
char. 

Chrtsakdre, homme d'or; 
nom d'homme. Etym. xp^^°?j 
âv-rip , âv^pôç ( anér , anaros ) , 
homme. 

CHRYSA^THE , JleuT d'or ; nom 
d'homme. Etym. xp"''^? 5 âvOoç 
( anthos ) , fleur. 

CHRYSA^THIus , fleur d'or ; phi- 
losophe grec. Etym. xp'>>=yo? j avQoç 
( anthos ) , fleur. 

Chrvsaphius, eunuque, abusa 
de sa faveur auprès de Tbéodose 
le jeune , et fut banni et tué après 
le retour de Pulchérie, qu'il avait 
fait éloigner de la cour. R. aTrltiv 
(aplein), allumer, attacher. 

Chrysaricm , nom de coui 
sane. R. xP'J^o;- 

Chryséis, nom de femme dana 
Homère. R. xpvo-oç. 

Chrvsérics , aux rênes ci yr ^ 
surnom de Pluton dans Pin' irr 
Etym. xP'w'os 5 19V la ( hct 
rêne. 

Chryséomitbès , qui par 
mitigé d'or j épithète ou surnom 
Bacchus. Etym. xP"^°s » fJ'''fp^ 
( mitra ) , mitre. 

Chrysermus, historien grec. 
Etym. xp-^'o; : Epa^; ( Hermès ) , 
Mercure. 

C H RTS Es, prêtre d'Apollon. 
M. R. 

Chrysiila , de Corinthe , mai- 



196 



CHK 



liesse du poète Jon et du célèbre 
Périclès. Dimin. de xP'^'^°i- 

Chrysippe, disciple de Zenon, 
et un des premiers philosophes 
stoïciens , distingué par un talent 
pour la dialectique, qui a fait dire 
que si les dieux en font usage, ee 
doit être celle de Chrysippe. Il 
avait, di>-on , composé sept cents 
traités. On lui reproche de la va- 
nité et de la licence. Il mourut 
d'un» excès de vin avec ses disci- 
ples , ou , selon d'autres , d'un 
♦■xcès de rire en voyant un âne 
manger des figues dans un bassin 
(l'argent, h. ypviijo;; îtt'cto; {hippos), 
cheval, f''. Chésippe et Crypsippe. 
Chhysis , nom de femme dans 
Térence. M. R. 

CHKYSOBÉLEM^os , ciux /lèclie.x 
il'or; cpithète d'Apollon. Efym. 
ypvffoç ; /SAtfjivov ( belemiwn ), 
trait. R. ^élot; ( bnlos ) , flèche. 

Ghrysocébas , promontoire de 
Thrace, sur le l'osphore. R. x/pa; 
(Aéras), corne. 

Ghrvsochroos, de couleur d'or; 
épithète d'Apollon. Etym. xp^<^°<; i 
5(p&oç (chi^oos), peau ; x.p°o^ {cliroa), 
couleur. 

Chrysocomos, surnom d'Apol- 
lon , tiré de sa chevelure d'un 
blond doré. Etym. j(pvao; ; xo/a?), 
{home), cheveu.x.. 

Chrysogo^e , nom d'homme. 
R. j(pvaoç; yEiïîcâat (gheùiesthai), 
naître ; part. m. yiyéva {ghegona), 
'•1 ynvu (gonii), genou. 

v'vini^oi./iiis , un des fils de 
Priam. Etym. xp'^'"'i i ^«°? {laos) , 
peuple. 

CHBTStiLOGUE, qui parle d'or; 
nom d'hcmme. Etym. xP"<^°î » 

icyc; (/.(<'<s), discours. R. Xéytiv 

(/ei^'/v" I, parler. 

( J1ALLON, nom grec du 

dur.. )élier à la toison d'or. 

Etyiiw ^puo-oç; fjiaXAôç (niallos ) , 
laine, long poil. 

CnRYSo^oÉ, héroïne fabuleuse. 
Etym. ;(pu(joç ; vooi^ , va; ( noos , 
nous), esprit. 

i. Chrtsophore , qui porte de 



CIC 

l'or; nom d'homme. Etym. xp"^' 
(Toç; (fs'ptiv (pherein), porter. 

2. — Nom que portaient les fem- 
mes qui se présentaient pour dis- 
puter le pri.x de la beauté à la joïite 
fondée par Cypsélus, et qui avait 
lieu dans un bois consacré à Gérés 
d'Eleusis. Mêm. étym. 

Ch'rvsov\le , porte d'or ; un des 
faubourgs de Constantinople. 

CHRYsoBRHAPis,<7M/a wieverge 
d'or; surnom de Mercure, pris 
de son caducée. Etym. xp^°'°? 5 
paraî; {rkapis ), verge. 

Chrvsorrhémon , autre surnom 
de saint Jean Chrysostônie. Etym. 
;i(pu<To;; ptTv {rhein), couler. 

Chrysostôme , bouche d'or ; 
Père de l'Eglise, renomme par son 
éloquence. Etym. j^puao; j çôjxa. 
( sloma), bouche. 

Ghrysothémis, fille de Glytem- 
neslre. Etym. ;(pu<ro;; Séft-tç {the- 
mis ), ce qui est juste. 

Chtokia. , surnom de Cérès , 
divinité tutélaire de la terrç. R. 
^Oùv , ovoç {chlhôii , ouos), terre. 

Chthomeks , terrestres. On ap- 
peJaitainsi tontes les divinitésaux- 
quellcs on attribuait quelque puis- 
sance sur toute l'étendue de la 
terre, jusqu'aux Enfers inclusive- 
ment. M. R. 

Chtho>opyle , une des maî- 
tresses de Bacchus. R. nvjVn (pulé), 
porte. 

Chytrkcs, savant moderne, 
dont le nom allemand répondait 
apparemment an sens de x^'^P* 
(chutra), marmite. R. x^~v (chei/i), 
verser. 

Chytrolictès, lèche- ma rmile ; 
nom de parasite dans Alciphron. 
Etym. x'^'^P"-') ^E'X^'* {leichein), 
lécher. 

Gicéreius, vainquit les Corses, 
l'an de Rome 58 1. R. cicer, pois 
chiche. 

CicÉROK. Plutarque, qui fait 
descendre la famille Tullia de 
Tiillus Attius, roi des Voisques ^ 
prétend que ce surnom fut donné 
à l'oiatciir romain , parce qu'il 
avait sur le nez ime verrue de la 



CIC 

loruie du pois chiche , appelé 
•icir; étymologie contredite par 
Cicéroii lui-même, qui nous ap- 
prend que ce surnom était com- 
mun à son père el à son aïeul, 
Varron , qui le tire à ciceriùus 
ierendi^ , parce que quelqu'un de 
celte famille avait excellé dans 
cette culture, parait avoir trouvé 
la véritable raison de cette espèce 
de sobriquet, f^. Fabics , Lentu- 
ius, Piso, etc. Quoi qu'il en soit , 
ce surnom n'avait rien de bril- 
lant, et les amis du jeune candi- 
dat lui en objectaient l'obscurité : 
« Eh bien ! reprit Cicéron , je le 
rendrai plus illustre que celui des 
Scaurus et des Catulus. » Lui- 
même montra combien il craignait 
peu les mauvais plaisans. Dans la 
dédicace qu'il fît d'une coupe d'ar- 
gent aux dieux, il y fit graver 
son nom et sou prénom , et au lieu 
du surnom , un pois chiche. Je 
«'entreprendrai pas d'esquisser le 
caractère de ce grand homme, ni 
celui de sou éloquence: l'une et 
l'autre entreprise seraient au- 
dessus de mes forces. J^'essaierai 
encore moins de répondre à ceu.x 

3 ni ne voient dans le libérateur 
c Rome, dans l'homme d'Etat, 
dans l'orateur, dans le philosophe, 
qu'un parleur verbeux, un poli- 
ticjue timide, un citoyen vaniteux. 
Cette opinion, qui est loin d'être 
partagée par le grand nombre, ne 
peut ôtre adoptée que par ceux qui 
n'ont étudié ni sa vie ni ses ou- 
vrages. Je me borne à citer de lui 
quelques mots moins connus. Pub. 
Cotti , qui se donnait pour un pro- 
fond jurisconsulte , quoiqu'il fût 
fort ignorant, étant cité en témoi- 
gnage, répondit qu'il n'avait au- 
cune connaissance du fait. « Vous 
croyez peut-être, dit Cicéron, 
qu'il est ici question du droit? » 
Metellus Nepos , dont la mère 
était une femme de mœurs assez 
décriées, pour lui reprocher qu'il 
était un homme nouv-eau, lui fai- 
sait souvent cette question : Quis 
eitpalcriuus? « Votre mère, ré- 



CIC 



'97 



pondit Cicéron fatigué de ces 
redites, a rendu pour vous cette 
question difficile à résoudre. » U« 
jour que Cicéron plaidait , uu 
Octavius , jadis esclave en Afri- 
que , où l'usage était de percer les 
oreilles aux esclaves, s'avisa de 
dire qu'il ne l'entendait pas. « Tu 
as pourtant l'oreille bien percée », 
lui dit l'orateur. Après la bataille 
de Pharsale, un Nnnius disait qu'il 
restait encore à Pompée sept aigles : 
« Ce serait bon, dit Cicéron, si 
nous avions à guerroyer contre les 
pies. » César , parvenu au pouvoir 
suprême, avait fait relever les sta- 
tues de son rival. <i César, dit 
Cicéron, eu relevant les statues 
de Pompée, affermit les siennes. » 
Lorsqu'il arriva dans le camp de 
Pompée , ou lui reprocha qu'il 
venait bien tard. « Point du tout , 
répondit-il, car je ne vois rien de 
prêt » ; allusion tirée des prépara- 
tifs d'un festin , et qui reprochait 
aux partisans de Pompée leur état 
de dé miment. 

2. — Q. Cicéron , frère de l'ora- 
teur romain . a eu le sort des 
cadets dont les aînés ont eu urve 
trop brillante réputation- Il rem- 
plit cependant avec honneur des 
charges importantes. César le prit 
pour son lieutenant dans la guerr« 
des Gaules, et n'eut pas à se re- 
pentir de son choix. Après la 
guerre civile, où il avait embrassé 
le parti de Pompée , il fut compris 
dans la proscription des triumvirs, 
et tué avec son fils. 

3. — Marcus Cicéron, fils de 
l'orateur et de Térentia , ne sou- 
tint pas la réputation de son père. 
Il était adonné au vin , débauché 
et oublieux. On conte à ce sujet 
cette anecdote : Un satirique , 
nommé Cestius, qui avait pris 
Cicéron pour objet de ses cen- 
sures, mangeait uu jour chez son 
fils , alors gouverneur de l'Asie. 
Tullus demanda plusieurs fois à 
uu de ses domestiques, quel était 
celui qui mangeait au bout de la 
table. Comme il oubliait toujour.> 



198 ('IN 

le nom de Cestiiis , le domestique 
lui dit enfin : « C'est ce misérable 
censeur qui soutenait que votre 
père était un ignorant. » — Tullius 
indigné fit apporter des ver^s , 
et rudement fouetter le zoïle en 
sa présence. 

CicÉROMASTix, titre d'un écrit 
de Largus Licinius , qui avait pour 
objet de rabaisser le mérite de Ci- 
céron. Etym. Ciceir) , Cicéron ; 
f/.xçi? (mastix), lleau. 

Cl CDRiK us, surnom de la famille 
Véturia , tiré de la simplicité de 
SCS mœurs. R. cicur, apprivoisé. 

CiDARiA, qui avait la tête ornée 
d'une mitre; surnom de Cérès, 
en Arcadie. R. xi'tJapi? (^kiduris) , 
tiare, milre persane. 

CiLo , qui a la t te pointue ; 
surnom des Flaminius. 

CiNCiMRATUSj bouclé; surnom 
des Quinctius. R. cincinnus , 
boucle de cheveux. Les anciens 
astrologues prétendaient que les 
eiifans qui naissaient au lever des 
Pléiades avaient des cheveux ainsi 
disposes, 

I. ClKCTA, CiNGULA, ClNXlA, 

noms de Junon, qui était censée 
délier la ceinture des nouvelles 
mariées. 

3. — Déesse particulière , qui 
présidait aux noces. R. cingere , 
ceindre. 

CiRCTius Sbvebds , proconsul 
d'Afrique, tué par ordre de l'em- 
pereur Sévère. M. R. 

CiNETHON , poète de Lacédé- 
mone , avait écrit en vers des gé- 
néalogies. Etym. xivEÎv (kinein), 
mouvoir ; «"Gttw (aithein) , brûler. 

Ci>ÉAs , auteur grec, qui avait 
écrit sur la tactique. R. xiveTv. 

1. CiKÉsiAS , remuant; poëte 
dithyrambique , si mince et si 
faible , qu'il était obligé de se sou- 
tenir en s'appliquant des planches 
de tilleul autour du corps. R. 
xiv£~y. 

2. — Surnom de Pyrrhus, fils 
d'Achille, tiré de sa vitesse à la 
course. M R. 

CiRGOMDS, consul désigné, tué 



CLA 

par ordre de Galba. R. cingere , 
ceindre. 

CiKYRAS , homme dont les im- 
menses richesses avaient passé en 
proverbe. R. xtvupa (kinura) , ins- 
trument de musique. 

CiRCÉ, célèbre magicienne. Le 
P. Hcrtiing dérive son nom de 
xipxo; (kirkos), cercle magique qui 
joue un grand rôle dans les opé- 
rations de sorcellerie. 

CiRf lus, vent violenttjui souffle 
surtout en Languedoc. R. circiim, 
autour, eà quodin orbem cùcum- 
yagaiur. 

CiRBHiPPUS, surnom grec.Etym. 
xippo; (kirrhos), roux, jaunâtre, 
couleur de feu. R. xauiv (kaiein), 
brûler; '■TTOToç (hippos), cheval. 

1 . Cl ssÉus , roi a e Thrace , père 
d'Hécube. 

2. — Nom grec sous lequel s'é- 
taient cachés un écrivain aile- ■ 
mand, nommé Schislem , et un M 
français appelé Du Lierre. R. xi<t- 

ubç (kissos), lierre. 

CissosTÉPHAKOs , couvonue de 
lierre ; épithète de Bacchus. Etym. 
xiuao; ; çîtfxxvot; (stephanos) , cou- 
ronne. R. çttffiv (stephein), cein- 
dre. 

Cissus. Ce jeune homme, en 
dansant devant l'autel de Bacchus , 
se laissa tomber, et mourut de sa 
chute. Soudain la terre produisit 
une nouvelle plante , le lierre , 
xt<7«)ç, qui se souvenant de son 
origine, dès sa naissance, em- 
brasse la vigne. 

CivicA , oncle de l'empereur 
Verus. R. cjVw, citoyen. 

CiviLis, un des premiers guer- 
riers bataves, se comparait à Ser- 
torius et à Annibal , parce qu'il 
était borgne comme eux. M. R. 

Cl«;or , source de Phrygie. R. 
xXattiv {klaiein), pleurer. Une 
source voisine s'appelait Géloti. 
R. yilSiv (gheldn), rire. 

Clair, Claire, clarus, clara ; 
noms d'homme et de femme. 

CLARissiMus,nom d'un guerrier 
romain dans Spartien. 

Claros, ville d'Ionie, célèbre 



CLE 

par un oracle d'Apollon , d'où ce 
dieu tirait son surnom de Clariiis. 
Etyni. xJivipo; (A7i'"no.s), sort, héri- 
tage, parce qu'Apollon avait eu 
cetle ville dans son partage. 

Clathra , déesse des grilles et 
«les serrures chez les Romains. 
Etym. XA£î9pov {klehhron) , ou xXïi- 
6pov (klei/uoii), clathrus , grille. 

Clausi GÉLos , qui excite à la J'ois 
les larmes et le rire, ou dont les 
larmes sont feintes ; surnom d'une 
des deux Phrynés. Etym. xXauEtv 
(klauein) , ou x^aieiv [klaiein) , 
pleurer; ytX^v (gheldn), rire. 

Clacsius . Clausts, Clusius, 
Clusivids, Janus, ainsi surnommé 
des portes de la guerre, qu'il tient 
ouvertes ou fermées; ou de celles 
de l'année, qu'il ouvre el forme. 
R. claudere , fermer. 

I. Claviger, surnom donné à 
l'Amour, lorsqu'il tient un paquet 
de clefs à la main. 

2. — Janus, que l'on représente 
avec une clef. Etym. c/«i^i'5 , clef ; 
gerere, porter. 

3. — Epithèted'Hercule. R.claua, 
massue . 

CLAZOMÈ^E, ville d'ionie. R. 
xXotÇetv (klazein), faire bruit ; peut- 
Otre à cause du bruit des flots de 
la mer Egée dont elle est voisine. 
ClÉjEchma, pythagoricienne, de 
Lacédémone. Etym. xlco^ {kleos), 
gloire; aîxP'^ (aichmc), pointe. 

Clé^kkètje, qui loue la gloire; 
poëte grec. Etym. xlio;; a'îviiv 
(ainein), louer. 

Cléagoras, gloire des assem- 
blées ; ambassadeur de Rhodes à 
Rome. R. xXtoj; àyopa {agora), 
place publique. 

Cléai^dre, Phrygien d'origine, 
favori de Commode , vendit les 
charges de l'Empire, cassa les |uge- 
mens des tribunaux , et enfin, à 
force d'insolence et de cruauté, 
fut sur le point de soulever le 
peuple romain. L'empereur, pour 
calmer l'indignation pu' ■' <".>' ' • 
fil couper la tèle. Ètj 
àvrp , âvipo; {anér, > ■•' i , 
homme de cœur. 



CLE 190 

Ci-ÉANOR, nom d'homme. M(}m. 
étym. 

CLÉA^THE , philosophe stoïcien , 
disciple et successeur do Zenon , 
était si pauvre que , faute d'argent 
pour acheter du papier, il retra- 
çait les leçons de son maître sur 
des os de bœuf et sur des lèt.s de 
pots cassés. Il gagnait sa vie à 
tirer de l'eau pendant la nuit, 
afin de pouvoir étudier le jour. 
Il se laissa mourir de faim à 
90 ans. Il comparait les Pcripaté- 
ticiens aux instrum€nsfio musique 
qui font beaucoup de bruit et ne 
s'entendent pas eux-mi^mes; com- 
paraison ingénieuse qui à plus 
d'une fois trouvé son application. 
Elym. xX/oç ; av6oç ( anihos ), 
fl.ur. 

Cléariste , nom de femme. 
Etym. xX/oç ; apico; {aristos), 
très-bon. 

Cléarqtje. capitaine Spartiate 
et tyran de Byzance, fui livré au 
roi Artaxerxe par le satrape Tissa- 
pherne, et exécuté. Persuadé de 
la nécessité d'une sévère discipline, 
il répétait souvent qu'un soldat 
doit plus craindre son général que 
les ennemis. Etym. xJtoç; àpx'^ 
{arche) , commandement. 

C1.ÉEMP0RE, médocin cité par 
Pline. Etym. xX/o;; f'p.tjopoç ( c ;w- 
poros), marchand. 

CiÉiNÉ, célèbre; mattresse de 
Ptolémée Philadelplie, à qui elle 
avait servi d'échanson. Ce prince 
voluptueux avait multiplié les sta- 
tues de cette courtisane; elle était 
représentée couverte d'une tuni- 
que légère, teuant à la main la 
coupe royale nommée rhyton , 
faite en corne d'abondance , qui 
tenait environ deux congés , ou 
six pintes. R. xXeceiv {klciei/i), glo- 
rifier. 

Chinvs, illustre; novad'hommc. 
Etym. x),£iToç {kleitos), célèbre. R . 

xlttllV. 

CLEME^s , esclave de Posthu- 
mius ."> . 'ippa , après la mort de 
son m,'f'rc, déroba .se.s cendres, 
it <î. i. ma pour Agrippa. Mais 



aoo CLE 

trahi par deux soldats , il tut re- 
mis cutrc les mains de Tibère qui 
le fit tuer secrètement. R. démens, 
clément. 

Clémentirus, consul, collègue 
de l'empereur Probus, l'an de 
Rome 1267. Dimin. de clemeiis. 

Ci-ÉOBiiiiB , un des sept Sages de 
la Grèce, contemporain et ami de 
Solon , voyagea en Egypte pour 
apprendre la philosophie de ce 
peuple. On cite de lui cette maxime 
sur l'amitié : Qu'il faut obliger ses 
amis pour se les attacher davan- 
tage , et ses ennemis pour s'en 
faire des amis. Maxime bien plus 
estimable que celle de Bias , qui 
disait qu'on doit aimer un ami 
comme s'il devait un jour être 
notre ennemi. Etym. xk'o;, gloire; 
jSsA-/) {boule), conseil. 

Cleobuline , fille de Cléobule , 
célèbre par sa beauté et par son 
esprit, composa des énigmes en 
vers hexamètres. On cite celle-ci : 
« Un père a douze fils , et chacun 
d'eux trente filles de forme iné- 
gale , les unes blanches , les 
autres noires , qui tous meurent , 
et pourtant sont immortels. » 

Cléocrite , urbitre de la gloire ; 
nom d'homme. Efym. xX/o?; xpî- 
v£iy (krinein), juger ; xpcrriç (kfitês), 

Cléodamas , géomètre grec , 
contemporain de Platon. Etym. 
xk'oç; iJafxàv ((/«wrt'/i), dompter. 

Cléodême , gloire du peuple , 
nom d'homme. Etym. xX/o? ; iJvîjioç 
(démos), peuple. 

Cléodice , fille de Priam et 
d'Hécube. Etym. xXc'oç ; Sîxn (diké), 
justice. 

Ci^ioDORk, don de la gloii-e ; nom 
de nymphe. Etym. x).£o;; (îœpov 
(doron), don. 

Cléodoxe , une dos filles de 
Niobc. Etym. xléoç; (îo'Ça (doxa) , 
sentence. 

CLÉOGÈ^E, fils de la gloire; 
Qls de Silène! Etym. <^«o«; ytvoî 
(ghenos), naissance. 

Cléolaus, gloire du peuple j 



CLE 

nom d'homme. Etym. xi/oç ; Xao^ 
(laos), peuple. 

CLÉ0MA^TIs , qui présage la 
gloire ; nom très-convenable à un 
devin d'Alexandre. Etym. x\io<; j 
fj.avTiç (mantis), devin. 

Cléomaque, - <jfwt combat glo- 
rieusement; athlète de Magnésie , 
à qui son amour pour une esclave 
fit perdre «toute sa réputation. 
Etym. x)ê'oç ; ft-dxn (mâché), combat. 

1. Cléombrote, qui illustre les 
mortels ; roi de Lacédémone. 
Etym. xh'oç ; /Sporoç (brotos), mor- 
tel. 

2. — Un jeune homme d'Am- 
Lracie, qui, sans avoir éprouvé 
aucun malheur, se précipita dans 
la mer , après avoir lu le Dialogue 
de Platon sur l'immortalité de 
l'âme. Mém.étym. 

Cléomède, qui aime la gloire, 
ou qui commande auec gloire y 
athlète d'une force prodigieuse , 
qui, injustement privé de la vic- 
toire, devint furieux , et finit par 
faire périr une multitude d'enfans 
dans une école, en ébranlant la 
colonne qui soutenait l'édifice. 
Comme les parens de ses malheu- 
reuses victimes venaient le saisir, 
il s'enferma dans un tombeau où 
il disparut. L'oracle de Delphes, 
consulté, dit que c'était le dernier 
des héros. Etym. xk'oçj ^.rtSta^a.!. 
(médeslhai), avoir soin ; ou ft-iSnv 
(medein), commander. 

C1.É0MÈRE, roi de Sparte. Un 
sophiste pariait devant lui de lu 
valeur. Le prince se mit à rire. 
On lui demanda pourquoi : « J'en 
ferais autant, répondit-il, en en- 
tendant une hirondelle parler de 
courage ; si c'était un aigie, je l'é- 
couterais. Etym. xlto^; /«'voç ( /we- 
zios), esprit, sens. 

Cléok , fils d'un corroyeur , de- 
vint général des Athéniens, et fut 
tué au siège d'Amphipolis. R.xXt'o;. 
Cléomce , ieiinç fille de By- 
' as, général des 
L. irès avoir sous- 

tr .' oug des Perses, 

Dfça $*s part(ii!i de lui livrer. 



CLE 

Rendue au logis du roi, elle pria 
ses gens d'éteindre les lampes. 
Mais comme elle s'avançait dans 
l'obscurité, elle eu renversa une; 
à ce bruit Pausanias se réveille eu 
sursaut, croit qu'un assassin me- 
nace sa vie , se lève furieux , et 
tue l'infortunée Cléonice, dont le 
fantôme , dit-on , le poursuivit 
jusqu'à la mort, et ne cessa de 
troubler son repos. Etym. xlto;; 
yi'xY) ( niké ) , victoire 

Cléonyme, nom glorieux } nom 
de capitaine. Etym. xX/o; ; ovoaa 
( onoina ) , nom. 

Cléopàtre, gloire du père, ou 
de la patrie j nom commun à plu- 
sieurs reines d'Egypte et de Syrie. 
La plus célèbre est cette Cléopàtre 
qui mit successivement dans ses 
fers César et Antoine. Elle eut du 
premier un fils nommé Césarion , 
(ju'Auguste fit périr, et causa la 
perte du second par sa fuite préci- 
pitée à la bataille d'Actium. Crai- 
gnant ensuite de tomber entre les 
mains d'Auguste , et d'être desti- 
née à servir d'ornement à son 
triomphe, elle se fit piquer d'un 
aspic, et mourut de cette blessure 
à l'âge de 89 ans. Etym. xi/o; ; 
-rta-rÀp ( patér ), père j ou -nd-oLa. 
( pairiu ) , patrie. 

Cléophaiste , fils de Thémisto- 
cle , était le plus habile cavalier 
des jeunes gens de son âge, cou- 
rait et lançait des traits en se te- 
nant debout sur son cheval : c'é- 
tait le Franconi de son temps. 
Etym. x>£o; ; <pxco (phaô), parler. 

Cléo p H I L E , (jui aime la gloire ; 
nom de femme. Etym. x)/o; jtpiXîTv 
(^philein) , aimer. 

1. Cléophon, éclat de la gloire; 
Athénien brouillon , mis à mort 
par les ennemis de la démocratie. 
Etym. xléoq ; <paaj (phaô) , briller j 
et mieux, (puvyj (phoné) , voix. 

2. — Poëte tragique athénien. 
Cléophylacics, cfui garde la 

gloire ; nom d'homme. Etym. x),/o;; 
^uXoctTeiv (phulaitein), observer j 
yviaÇ, «xoî {phulax , akos ) , gar- 
dieu. 



CLI 30I 

Cléopompe, qui conduit la 
gloire; général athénien. Etym. 
xAto; ; ■Kofj.irh (pompé) , pompe. 

Cléoptolème , nom d'homme. 
Etym. xX/o; ; TrToÀefxoç , pour TTO/le- 
fxoi; ( polemos) , guerre. 

Cléostrate , astronome grec, 
est dit avoir découvert le premier 
les signes du Zodiaque, et avoir 
réformé le calendrier des Grecs. 
Etym. x/£o; ; c-Tparo; (straios), 
armée. 

Cléotime, nom propi'C. K. 
xkioi; j Ti'av) ( timé ) , honneur. 

Cléoxèke, historien grec, qui» 
avait entrepris l'histoire de Perse. 
Etym. x^/o; ; Ç£vo;( xenos), étran- 
ger. 

Clepsydre, horloge d'eau; so- 
briquet d'une courtisane , mai- 
tresse du poëte comique Eubule. 
R. xAt-TrTtcv (kleplein), dérober; 
ûtJcop (hudôr) , eau. 

Clérids, surnom de Jupiter 
près de Tégée , parce que ce fut en 
ce lieu que les fils d'Arcas tirèrent 
au sort leurs héritages. R. x^^poç 
( kléros ), sort, partage. 

Cléside , peintre de l'antiquité , 
blessé du froid accueil qu'il avait 
reçu de la reine Stratonice, femme 
d'Antiochus , la peignit nue dans 
les bras d'un pécheur que le bruit 
public lui donnait pour amant, 
exposa son tableau , et s'embaïqua 
pour se dérober à sa vengeance. 
Mais la reine s'y trouva si belle, 
que la vanité fit taire le ressenti- 
ment de la pudeur. Etym. x/.~iGic,, 
t<>ii; ( klesis , eos ) , vocation, de- 
voir. R. xa/£tv (kalein ) , appeler. 

Clet, illustre; nom d'homme. 
R. x\eîtiv(kleiein) , glorifier; xX/)- 
To; ( kléios ) , illustre. 

Clidèmus , avait fait un ouvrage 
sur les plantes , cité par Thëo- 
phraste. Etym. x).£o;, gloire ; Snao^ 
( démos ) , pe uple . 

Cliducus , titre de d^ux statues , 
dont l'une était de ftiidias , et 
l'autre d'Euphranor , qui tenaient 
des clefs , et représentaient Plulon. 
Etym. x),£(;, e^65 (kleis, idos). 



202 CLl 

cM; tx<j> (icho), tenir. Fliii. l. 34, 
cap. 8. 

Cligère, de naissance illu Ire; 
nom d'homme. Etym. xX/oç ; yévoi 
(ghenos), race. 

Climacides , surnom donné à 
des Cyprieniios , distinguées par 
un genre singulier de flatterie. 
Transplantées en Asie , elles for- 
maient de leurs corps autant de 
degrés à l'aide desquels les prin- 
cesses montaient sur leur char, 
fi. xit'fxaÇ, axo; ( klimax , akos ) , 
degrés. 

Clin ARÊTE, célèbre par sa 
vertu ; nom de femme. Etym. xhi- 
vo; {kltinos ) , illustre. H. xltliiv 
(Jiheiein) , célébrer ; âpETyj (arelé), 
vertu. 

Clihas, médecin de Marseille, 
alla exercer son art à Rome , et y 
sut amasser tant de richesses , qu'il 
légua par sou testament six mil- 
lions de sesterces pour les fortifi- 
cations de sa patrie. R. xXivtiv 
{klinein) , incliner, faire pencher. 

I. Climas, musicien et philo- 
sophe pythagoricien , d'un naturel 
prompt et bouillant, calmait les 
mouveraens de la colère par les 
accords de sa lyre. Etym. xYivut. 

3. — Père d'Alcibiade, fut tué 
à la bataille de Coronée , après 
s'être signalé dans la guerre contre 
Xerxès. M. fi. 

Clikicus , chirurgien-oculiste , 
légua trois cent neuf mille sester- 
ces, pour être employés au pavé des 
chemins. F. Decimius et Lacer. 
M. fi. 

Cliromaqde, guerrier célèbre ; 
nom d'homme. Etym. xAeivoç (klei- 
nos), illustre. R.xkiUiv^kteiein), 
glorifier ; /xocx'/) ( mâché) , combat. 

C L I o , la Muse qui préside à 
l'Histoire. R, x).£o; , renom , gloire. 

Clisophos, Athénien , flatteur 
de Philippe , roi de Macédoine, 
et bien peu digne de son nom. 
Entre autres exemples de flatterie, 
on cite le» suivans : Lorsque Phi- 
lippe perdit l'œil , Clisophus parut 
en public avec le même œil cou- 
vert d'un emplâtre. Une autre 



CLI 

fois le roi ayant reçu «ine bles- 
sure à la jambe, le parasite fut tu 
boiter à côté de lui. Enfin, Phi- 
lippe venait-il à trouver un mets 
trop acre , soudain le flatteur fai- 
sait la grimace et fronçait le sour- 
cil , comme s'il eût éprouvé la 
môme sensation. On reconnaît là 
le génie adulateur des Grecs , que 
Cicéron caractérise si bien par 
cette phrase : Grœci longâ servi- 
tute ad nimiani assentationem eru- 
diii. « Les Grecs ont fait appren- 
tissage de flatterie à l'école de la 
servitude. » Etym. xXt'oç ; oroipo; 
( sophos ) , sage. 

Clisthèke, Athénien , aïeul de 
Périclès, divisa le peuple en dix 
tribus , donna une constitution à 
la république d'Athènes , fut le 
premier qui introduisit la peine 
de l'ostracisme, et la subit le pre- 
mier. Etym. xXi'uif ( kleiein) , 
glorifier; aôevoç ( sthenos), force. 

Clitagoba, Thessalienne, qui 
s'était fait une grande réputation 
par ses vers et par ses amours. 
Etym. xXtuiv ; xXeitoç ( kleitos ) , il- 
lustre ; âyopà ( agora ) , place pu- 
blique. 

Clitakqtjb, écrivain grec, sui- 
vit Alexandre dans ses expédi- 
tions, et écrivit son histoire avec 
plus d'art que de fidélité. Etym. 
xXttToç ( kleitos ), illu>tre ; ôcp^v) 
(arche), principe, commande- 
ment. 

Clitiphok, nom d'homme. 
Elym. xXeitoç; (pu; ( phâs ), lu- 
mière. 

Clitodême, le plus ancien des 
auteurs grecs qui avaient écrit 
sur l'Attique. Elyni. xXtiTo; ; dvifto; 
( démos ), peuple. 

Clitod iQDK , justice célèbre ; 
nom d'homme. Etym. xIeito;; Slx-n 
( diké ) , procès , justice. 

I. Clitomaque, illustre guer- 
rier; philosophe grec , vint à Athè- 
nes, à 40 ans , étudier la philoso- 
phie sous Carnéade, le remplaça 
et laissa plus de quarante écrits 
sur des matières philosophiqu^'s. 



CLΠ

Etym. xitiTo; ; i>.ix', (mâché), 
combat. 

a. — Athlète ctlèbrc par sa chas- 
teté, et par conséquent bien digne 
«le son nom. 

CLlTo^YME, nom illustre; au- 
teur grec, qui avait écrit sur les 
affaires d'Italie. Etym. xXeito; ; 
ovouiot ( ononia ) , nom. 

Clitopho» , ancien historien de 
Rhodes, ou Rhoda, colonie des 
Rhodiens près du Rhône. Etym. 
xXtiToç ; tfbivri(phoiié), voix 

Clitus , un des princi])aux ofli 
ciers d'Alexandre, lui sauva la vie 
au passage du Granique. Dans un 
festin où l'ivresse égarait et le mo- 
narque et les convives , Clitus , in- 
digné d'entendre Alexandre ra- 
bais.'^cr les exploits de Philippe , 
les releva aux dépens de son fils, 
et alla jusqu'à lui reprocher le 
meurtre de Parménion et de Phi- 
lota.s. Alexandre outré, saisit la 
javeline d'un soldat et l'en perça. 
Quand son ivresse fut calmée et 
qu'il vit le corps sanglant de Cli- 
tus , il voulut s'arracher la vie, et 
fut long-temps inconsolable. Etym . 

X^tlTOÇ. 

1. Cloacink, déesse des ëgouts 
h Rome. Titus Tatiiis ayant trouvé 
par hasard uuestatuedaiisun cloa- 
que , l'érigea en divinité et la con- 
sacra sous ce nom. 

2. — Surnom de Vénus, pris 
d'un temple qu'elle avait près de 
Rome, dans un lieu marécageux. 
R, cloaca, cloaque, égout. 

Clodius , CLrE^TlDS. Ces deux 
familles avaient la prétention de 
descendre de Cloanthe , compa- 
gnon d'Enée. La première pre'ten- 
dait aussi descendre de Claudus, 
roi des .^abins , qui donna des se- 
cours contre Enée. Peut-être Cluen- 
tius venait-il du vieux mot latin 
duo, entendre. 

CLODOhES , ci'iai-des ; surnom 
des Racchantes. R. xliâ^tiv ( hlo- 
zein) , crier comme les geais. 

Cloelius , nom d'une faniille 
romaine qui descendaitdeClœlius, 
compagnon d'Enée. 



C LY 20Ô 

Ci.OT' Kt^wis. , pttit rameau; nom 
de courtisane dans Lucien. Etym. 
xiùv , ovoç (klôn , ôno<; ), rameau. 
R . xXàv ( kldn ) , briser. 

Cloivas, poëte élégiaquc, qui , 
le premier, enseigna la théorie 
de la flûte, comme Terpandre , 
celle de la lyre. M. R. 

Closter, fils d'Arachné, l'in- 
venteur des fuseaux. Elym. x).û)5- 
TYip (k/ôiier) , fuseau. R. xlwBnv 
{kloihein ), filer. 

Clotho , une des trois Parques , 
celle qui tient la quenouille et file 
les destinées des liomnies. R. xXw- 
6{tv. 

Cldaci>a , surnom de Vénus ; 
de cluo . écouter ou combaltre.Son 
image était élevée à l'endroit où la 
paix fut conclue entre les Romains 
et les Sabins. 

Cl'cki>staridisarchides, nom 
ridicule forgé par Plante, dans son 
Soldat fanfaron. Etym. clunis , 
fesse ; instar, comme; v?<îuç (hédus), 
doux; ou Sln; (dus) , avec peine; 
apyoujxi ( archnmai ) , commander. 

C.LYMÈ> E , illustre ; nom de fem- 
me. R. x\yi{v [ kluein) , être esti- 
mé. 

Ci,YMÉMJS , surnom de Pluton , 
ainsi nommé parce qu'il appelle à 
lui tous les hommes , ou parce 
qu'il se fait entendre de tout le 
monde. R. xXu£iv (^kluein), écou- 
ter, entendre. 

Clysma, fort bâti par ordre île 
Ptolémée Philadelplie, à l'endroit 
oii le canal qu'il avait fait rétablir 
comrauniqujiit avec la mer Rouge. 
Ce fort e'tait ainsi nommé des 
écluses et des barrières qui étaient 
dans son voisinage . pour s'oppo- 
ser à l'irruption des eaux de l'O- 
céan Arabique dans la Méditer- 
ranée. R. xXyÇïtï (kluzein) , laver. 

Clytemrestre , épouse illustre ; 
femme d'Agamemnon. Etym. x>-j— 
Toç ( klulos ), illustre. R x),v£iv 
(kluein), être célèbre, en estime; 
jj.-jYKjrpoL^mnéstra), fiancée, épouse. 
R. fxvàjUat {mnasthai) , promettre. 
— C'est aussi le surnom d'une 
sieur de Clodius, qui passait pour 



304 



coc 



avoir empoisonné son mari. Foj. 

QuADHARS. 

Clytiuppe, une des cinquante 
Thestiades , dont Hercule eut 
Eurycrate. Etym. xXuto? (klutos ), 
illustre j ïntaoç ( hippos ) , cheval. 

Clytotechrès , habile ouvrier ; 
surnom de Vulcain. Etym.xXuToç; 
T£)(yn {techné) , art. 

Ck.«;u.s, prénom l'omaiu, de'rivé 
An ticevus , tache, signe, défaut 
corporel. Faler. Max. D'autres 
le l'ont venir de yviîcrio; (gnésios ) , 
noble, ou de ytvtà. {ghenea), race, 
ou de yEvvaîoç (gheiinaius), remar- 
quable en quelque chose. R. yi~ 
yvEo-Gac { gkignestfuii), naître. 

C^ÉM0^, nom d'homme. R.'xvïj- 
y.oi ( knémos ) , hauteur. 

Cmssodiocte , qui prend pour 
guide laj'umée de la cuisine ; nom 
d'un rat dans la Batrachomyoïna- 
chie. Etym. xvt!7a-a( knissa), fumée 
de graisse rôtie ; ■Jioîxsiv {diokein), 
poursuivre. 

Cmzozomos, à qui l'odeur du 
potage fait venir l'eau à la bou- 
che; nom de parasite dans Alci- 
phron. Elym.'xvt'Çeiv {knizeiii), ex- 
citer le prurit du désir. R. xyàv 
( knân ) , flotter ; ÇwfAoç ( zômos ) , 
potage. 

CoALÉMUS , divinité de l'impu- 
dence. R. xooile.ij.oq (koalemos) , in- 
sensé. Etym. XtiJ^UtOV TOV dcVEfXOV 

( kuluâu ton aneinon) , qui veut 
reteuir le vent ; ou xou (/coti'), pour 
voû) (noé), comprendre, et àXojfXEvoç 
(aloinenos), errans , qui se trompe 
dans son jugement. 

CoBALES , génies malins et trom- 
peurs de la suite de Bacchus , dont 
ils étaient à la f(iis les gardes et les 
bouffons. R. xo'SaÀo; ( kobalos ) , 
fourbe, malicieux, esprit malin. 

CoccÉius Nerva , jurisconsulte, 
accompagna Tibère dans sa retraite 
de Caprée. M. R. 

Coccus, rhéteur athénien, dis- 
ciple d'isocrate. R- xo'xxo; ( kok- 
kos ), grain, baie , pourpie. 

CoCJiLis , nom d'une courtisane 
dans Lucien. Efyni. xo'x^oj (koch~ 



COE 

los), cochlea , limaçon. R. xôp^Xu» 
( koclo) , tournoyer. 

CocLÈs . qui n'a qu'un œil, ou 
qui naît avec un seul œil; sur- 
nom du guerrier qui, seul , arrêta 
les Etrusques sur un pont. Il y re- 
çut à la cuisse, une blessure qui le 
fit boiter j et comme un jour qu'il 
briguait une charge, on lui repro- 
chait cette incommodité, il repon- 
dit qu'il s'en faisait gloire, puis- 
qu'il ne pouvait faire un pas qui 
ne le fît ressouvenir du service 
qu'il avait vendu à sa patrie. 

CocYTE , un des quatre fleuves 
des Enftrs ; mot tiré des gémisse- 
mens des infortunés qui y sont 
tourmentés. R.xcoxusiv ( kôkuein), 
se lamenter. 

CoECYLlo^ , imbécille, dont parle 
Elien , qui s'efforçait de compter 
les ilôts de la mer. Etym. xocxûX- 
>eiv ( koikullein ) , regarder de tous 
côtés. 

CoELESTl^us , historien latin , 
avait écrit l'histoire des empereurs 
Valérien et Gallien , dont il était 
contemporain. R. cœlum, ciel. 

CoELtsvRiE, Syrie 6as5e; partie 
de la Syrie ancienne. R. xo~)oç 
(koilos ) , creux ; 2upia ( Suria ) , 
Syrie. 

CoetioERA ,fîlle du Ciel; surnom 
de la Victoire. Etym. cœlum , ciel ; 
gigneje , genui , geiiitum , donner 
la naissance. 

CŒLlMO^TA^us , surnom des 
Verginius , qni habitaient le mont 
Cœlius , une des sept collines com- 
prises dans l'enceinte de Rome. 
Tit. Liv. 

CoELisPEx , surnom d'Apollon, 
tiré de la statue que ce dieu avait 
dans la onzième région de Rome , 
et qui regardait le ciel. Etym. cœ- 
lum ; aspicere , regarder. 

CoELitJS , nom romain R. xoTio; 
( koilos ) , creux. 

CoELUS , fils de la Terre et de 
l'Air , le Ciel personnifié. R. xoîioç, 
creux. Ceux qui l'écrivent par un 
aï, le font venir de cœlum, burin, 
quasi ccelaium. 

CoÉPHORES , tragédie d'Eschyle, 



COL 

dont le cliœiir est composé de filles 
élrangères qui portent des liba- 
tions sur le tomljeau d'Againcni» 
non ; de x°'^ ( choé ) , libation. R. 
■j^iri {cheîn) , verser ; et de <p/p£iv 
(phnvin) , porter. 

CoERA.M's . nom d'homme. R. 
xo'pavoç (koiranos) , prince , sou- 
verain. 

CoÉTÈs , affranchi de Verns, 
que Marc-Anrèle éloigna de lui. 
R. xoiTY) ( koitê) , lit. 
Colas, f'. Nicolas. 
CoLiAS, danseuse ; surnom de 
Vénus , tiré d'un promontoire de 
l'Attique , ainsi nommé parce qu'il 
avait la forme de la plante du pied. 
R. xo^iàv ( koliâii) , danser. 

CoLLASTRiA, dcessc dcs mon- 
tagnes R. C')Z//'s , colline. 

CoLLATiA , ville d'Italie, bâtie 
par les Albains, et restaurée par 
Tarquin-le-Superbe aux frais du 
peuple romain , qui se cotisa pour 
subvenir à cette dépense ; circons- 
tance dont elle lira son nom. Etym . 
collala pecunia , argent donné par 
forme de cotisation. R. conf'erre , 
apporter en commun. 

CoLLATi>E , déesse qui présidait 
aux collines. R. collis. 

CoLLATi>rs; le Tarquin , mari 
de Lucrèce , avait dû ce surnom à 
la ville de Collatia, dont il avait 
eu long-temps le gouvernement. II 
fut en partie cause du malheur de 
sa femme, par les éloges indiscrets 
qu'il fit d'elle à Sextus Tarquin. 

F. COLLATIA. 

CoLLiKA, porte de Rome située 
sur le mont Quirinal, et qu'on 
appelait aussi Salaria. V. ce mot. 
R. collis , colline. 

CoLOBius, surnom d'un Lici- 
iiius Valerius. Etym. xoXoSbç (/co- 
loâos), mutilé. 

CoLOSsÉRus, surnom d'un Pro- 
cullus, tiré de sa taille et de sa 
beauté. Etym. xo^oaaoç (kolossos) , 
colosse; «pu; [erôs) , amour. 
Sué t. 

CoLOTÈs , peintre , élève de Phi- 
dias. R. xti))uT"/); (^koldtés ),]v7.ard. 
CoLUMELLA , surnom romain , 



CON 2o5 

dérivé de la hantenr de la taille » 
c'est celui d'un auteur lafin qui a 
écrit sur l'agriculture. Etym. co~ 
lumna , dimin. columella. 

CoLURKS , deux cercles de la 
sphère qui se coupent à angles 
égaux. R. xoAovcïv i^kotoueiii) , cou- 
per ; o'jpa (oufa ) , queue. 

CoLYMBAs , une des neuf Pié- 
rides , changée en plongeon. R. 
xoXufxê'àv (koùn)ibàn), plonger. 

Com;eus, surnom d'Apollon , à 
qui l'on donne ordinairement une 
belle chevelure. R. xo/av) {komê) , 
chevelure. 

CoMASiA, une des trois Grâces 
sur un ancien monument. C'était 
apparemment celle qui présidait 
au soin de la coiffure. M. R. 

CoMATAS , villageois ; nom de 
berger dans les poètes bucoliques. 
R. xMf/.yj (komé), bourg. 

CoMAZOK, danseur; surnom 
d'un Fulvius sous Héiiogabalc. 
Etym. xwuaÇ'Etv {komazein) , dan- 
ser. R. xMfj.oç (komns), orgie. 

CoMiMus, oflicier romain dis- 
tingué par son courage. R. coini- 
niis , de près. 

CoMMiKCS , qui se bat de près ; 
surnom de Mars chez les Ro- 
mains. R. cominiis, adv.,de près. 
Etym. manus. 

CoMMODUs. Les flatteurs de 
Commode avaient donné ce nom 
au mois d'août. 

CoMMOTiES, nymphes d'un lac 
où se trouvait une ile flottante , 
d'où elles prirent leur nom. Rac. 
commovere, commoui, coniinoiuin. 
CoMMUKis Deus, surnom de 
Mercure. 

CoMPosTELLE , ville de Ga- 
lice, en Espagne, consacrée à 
saint Jacques, d'où elle a tiré sou 
nom Giacomo Postolo , et par con- 
traction Comopostolo. 

CoMus , dieu de la joie, de la 
bonne chère, des danses nocturnes 
et de la toilette. R. xcSpo; (kônios), 
luxe, festin. 

CoKciLjATOR, surnom resté .î 
Pierre d'Alhann , qui ne l'avait 
pris que pour son livre des DiJJc- 



2oG 



CON 



rens entre les Philosophes et les 
Wi'decins. Etym. coiiciliare , con- 
cilier. 

Co^DlTOR, dieu chanipétie, le- 
quel , après les moissous, veilhiit 
à la récoite des graius. R. condere , 
serrer. 

Co^DïL^s, nom d'esclave dans 
Martial. R %6vSm\o<; {kondulos) , 
poing, jointure. 

CoKGRio, nom de cuisinier dans 
Plaute, deyoyfpo; {goifgros); con- 
ger, conjure, poisson. 

CoMUGALis, surnom de Vénus, 
présidant aux. mariages d'inclina- 
tion. Etym. conjugiuin , mariage; 
de cum, avec , et de jugum , joug. 

Co^opAS,nom d'un nain , haut 
de deux pieds, qui faisait les dé- 
lices de Julie, petite-fille d'Au- 
guste. R. xwvo)'!' , uia-oç {^kôtiôps , 
opos), mouclieron. 

Co^oPIO^, fossoyeur athénien , 
transporta hors d'Athènes le corps 
de Phocion , auquel on refusait la 
sépulture , et le brùla dans un feu 
emprunté du territoire de Mégare. 
Dimin. de xtovcoxf». 

Co>oPOSPHRA&TE, moiicheroii 
qui vajlairant ; nom de parasite 
dans Alciphron. Etyni. xtivai^ ; 
OTtpptxivuv (osphrainein) , llairer. 

Co>SLNTES, nom que les Ro- 
mains rlonnaient à leurs^ douze 
grands dieu.x , quasi consenlientes , 
c'est à-dire qui délibéraient avec 
Jupiter. Etym. cum, n\ec; sen- 
tire , sentir, penser. 

Co^SERVATOR , sumoni sous le- 
quel Domitieu éleva une chapelle 
à Jupiter par la protection duquel 
il croyait avoir échappé à la fureur 
des partisans de Vitellius. 

CoKSEVius, divinité romaine, 
présidait à la conception des 
hommes. R. conseiere, consevi , 
consilum , semer. 

Co^SIDIUS, nom romain. Etym. 
considère, être assis avec un ou 
plusieurs autres. 

CoKsivA, surnom d'Ops, en s» 
qualité de divinité protectrice des 
semailles. R. conserere, coiiseui y 
consilum , semer. 



CON 

Co^■STA^'s,Co^sTA^fl^l's, Cons- 
TAKTius , noms romains. Etym. 
constai'e , »?tre constant, ferme, 
conséquent. On a remarqué que ce 
nom avait quelque chose d'augu- 
ral. t^e fut un Constantin qui 
fonda l'empire d'Orient; ce fut 
sous un Constantin que cet empire 
périt. On a remarqué encore que 
la mère de ces deux empereurs 
s'appelait Hélène. Le plus célèbre 
de tous ceux qui ont porté ce nom 
est Constantin-le-Graud, surnom 
que la postérité n'a pas tout-à-fait 
confirmé : on a dit de lui qu'il 
mérilii le titre de grand dans les 
dix premières années de son règne, 
celui de brigand dans les dix sui- 
vantes , et celui de pupille dans les 
dix dernières . à cause de ses pro- 
fusions excessives. Le meurtre de 
son fils Cfispus , de son beau- 
frère, et de son neveu Licinius, a 
imprimé une tache ineffaçable à sa 
mémoire. Moutesqu>ieu a remar- 
qué avec raison que la tran.slation 
du siège impérial de Rome à Con.s- 
tantinople était une des premières 
causes de la décadence de l'Em- 
pire. 

Coi^ST A^jmoPi^'E, ville de Cons- 
tatiliu. R. Constantinus, Constan- 
tin ; iroliç (polis), ville. F. Stam- 
boul. 

Co^sos, divinité révérée par les 
anciens Romains, comme le dieu 
du Cofiseil. Son temple , d;ins le 
grand Cirque , était enfoncé à moi- 
tié en terre, pour montrer que les 
desseins doivent éîre teuiis secrets. 
R. coiisulere , délibérer. 

Co^TÉnoB»OMIA, mot forgé par 
Plaute pour exprimer le pays par- 
couru par Bacchus, ou un riche 
vig[noble , où l'on consomme beau- 
coup de vin. Etym. cum, avec; 
tero , user ; Bromius , un des noms 
de ce dieu. 

CoKTUBERPALES , divinités qu'on 
adorait dans le même temple. 
Etym. contubernium , société de 
gens qui logent ensemble ; de cu»i , 
avec, et de taberna , boutique. 

Co^VECïOR, dieu des Romains 



COR 

qui présidait au transport des h!és 
dans la grange. Etym. cuni , en- 
semble j veho,vexi, vectum , voi- 
turer. 

Co^^■Glt• s , nom de guerre, qu'a 
pris le P. Fabri à la ttîtc d'un 
traité en favtur du quinquina. 
Elym. xo'vi; (koiiù), poudre ; v/tô; 
(hughiês), sain. 

Copia, déesse de l'abondance 
chez les Romains. Flor. Etym. 
cuni , et ops , secours. 

CopoMUS , Romain partisan de 
Pom])ée. R. coya, tavernière. 

1. CoPRIA^us, sobriquet iriju- 
rieux que les païens, en jouant sur 
le mot, donnaient à saint Cyprien, 
évoque de CartLage , à cause de 
son mauvais style , dit l'abbé de 
Longueruc. 

2. — A cet exemple, le fameux 
Saumaise , qui, comme on sait, 
excellait à dire des injures , a 
désigné par ce surnom un profes- 
seur d'Utrecht nommé Cf pria- 
nus. 11 ne s'en tient pas là, et 
dans toutes les pages où il parle 
de cet auteur , il ne lui donne 
d'cpithètes que celles qui peuvent 
se dériver , â-njo t5 xérsps Çapo (ou 
hoprou). R. xôzjpoi (kopros), ex- 
crément. 

CopRONYME, surnom d'un em- 
pereur grec qui, au moment de 
l'immersion baptismale, salit les 
fonts de son ordure. R, xo'wpo; ; 
ovoaa (ono/na), nom. 

CoPTOs , ville d'Egypte , ainsi 
nommée ])arce qu'Iris , ayant ap- 
pris la mort d'Osiris, coupa une 
boucle de ses cheveux en signe de 
deuil. R. xô-kIciv (koptein), cou- 
per. 

CoRA , surnom de Proserpine. 
Etym. xopa (kora), jeune et belle 
lilie , ou xopoî ( korvs ) , satiété. 
Cérès produit les alimens dont les 
hommes se rassasient. R. xopstv 
(koi-ein), rassasier. 

CoRAX, rhéteur sicilien, fut le 
premier , dit Cicéron , qui traça 
par écrit les préceptes de son art, 
et qui mit ses leçons à prix. Un de 
SCS élèves, nommé Tisias , étiiit 



COR 20; 

convenu avec lui de lui donner 
comptant une partie de la somme , 
et de ne lui payer l'autre qu'après 
avoir gagné im procès. Comme il 
ne se pressait pas de se charger 
d'une affaire , son maître, croyant 
qu'il n'en agissait ainsi que pour 
éluder le paiement, le cita en jus- 
tice , et ramassa toute sa cause 
dans ce dilemme : « Ingrat! ap- 
prends que j'obtiendrai ce que je 
demande , soit que tu gagnes , soit 
que tu perdes. Vainqueur, tu me 
dois la somme , aux termes de 
notre convention ; vaincu , la sen- 
tence du tribunal te condamnera 
à payer. Sage maître , répondit 
Tisias, qui avait bien proGté à 
pareille école , il n'en sera pas 
ainsi. Car , si vous gagnez, d'api es 
notre accord , je ne vous devrai 
rien; si vous perdez, je ne vous 
dois rien non plus , le suffrage des 
juges m'aura acquitté. » Cette ré- 
ponse fut très-applaudie , et les 
juges de se récrier : xy.xS xooaxo; 
xaxov coov (kakou korakos kakon 
don), " d'un mauvais corbeau ne 
peut venir qu'un mauvais œuf», 
faisant allusion au nom du maître, 
xépaS, ( korax ) , corbeau ; et peut- 
être à celui de l'élève, Tisias, qui 
paie ou qui punit. R. tûiv (tieiii), 
payer , punir. 

2. — Surnom d'Ulysse dans 
Lycophron , à cause de sa longé- 
vité. Môm. étym. 

CoRcuLus, avisé, sensé ; surnom 
de P. Cornélius Scipion Nasica. 
R. cor, cœur; dimin. corculuni. 
Fest. 

CoRDCS, dont la naissance est 
tardif/e ; surnom de C. Mucius, 
que Plutarque , par cette raison , 
appelle ô\|<i'/ovoy (opsigonon) , sera 
genitum. Quintil. 

CoRIA^^o, coriandre; nom de 
femme. R. xipi^Çkoris), punaise, 
parce que l'odeur de cette plante 
est utile contre cet insecte. Ce 
nom , qui appartenait à une cour- 
tisane , était le titre d'une comédie 
de Phérécrate. 

Corinne, nom de femme. Etym. 



2o8 



COR 



■xôpri (^Jioré) , jeune fille. R. xoptîv 
( korrin ) , parer. 

Conl^^HE. On pourrait dériver 
le nom de cette ville de xopsTv , or- 
ner, à raison des cliefs-d'œuvre 
des arts dont elle était embellie. 

CoRiNTHiABius, siirnom donné 
à Auguste, parce qu'il avait une 
passion violente pour les vases de 
métal de Corinthe , que Virgile 
appelle Ephyreia ara. 

CoBioLAMJS, surnom que 
C. Marcius dut à la prise de Co- 
rioles , et qu'il rendit si fameux. 
Tite-Lwe. 

Cor iP PUS, grammairien afri- 
cain , mauvais poète et flatteur 
outré, vivait sous l'empereur Jus- 
tin le jeune. Etym. xopvi {kor") , 
prunelle de l'œil, ou jeune fille. 
R. xop€~v (koretn), orner; Invroç 
(Jiippos) , cheval. 

CoRiscA , nom de fille. Etym. 
xopfaxa ( Aïo/V.fca ), dimin. de xopa 
{kora), jeune fille. 

CoRiTHAT>MA, surnom queDianc 
avait pris d'un laurier né devant 
son temple. Etym. xopoç {koros) , 
rameau; âilhiv ( thallein) , ger- 
mer. 

CoR^ElLI,E. F". Cornélius. Le 
père de la tragédie française et 
même de la comédie ; car le Jffen- 
f fi/7' est une conception aussi éton- 
nante que le (.'id. Personne n'a 
mieux peint los Romains et n'a 
manié avec plus d'habileté le res- 
sort de l'admiration. Les événe- 
' mens dont nous avons été les té- 
moins, nous ont mis à portée de 
mieux apprécier la vérité de ses 
portraits et la profondeur de sa 
politique; aussi ses ouvrages dra- 
matiques ont-ils éprouvé une sorte 
de résurrection. 

C0BRE1.1A, une des tribus de la 
Campagne , dont l'origine remon- 
tait jusqu'à Servius Tullus, tirait 
son nom des Cornélius, une des 
pins illustres familles patriciennes. 

CoR^ÉLlE, fille de .'^cipion l'A- 
fricai)) et mère des Gracques , pos- 
séda toutes les vertus de son sexe, 
et se cons.icia à l'éducation de ses 



COR 

onfans. On lui érigea, de son vi- 
vant, une statue de bron/e, sur 
laquelle on mit cette inscription : 
Cornélie , mère des Gracques . 
Physcon , roi de Libye , lui fit pro- 
poser de l'épouser ; mais elle pré- 
féra le rang de dame romaine à 
celui de reine de Libj^e. 

CoRKELius, nom romain. R. 
xopwvY) ( korôiié ) , corneille , ou 
cornu , corne. 

CoRMCEFjCoRMciM'S, surnoms 
dos Oppius, de cornu, clairon, 
instrument militaire. Tu. Liv 
Cic. 

Cork IF ICTUS, poëte, ami et con- 
temporain de Cicéron. Etymol. 
cornu ; Jacere , faire. 

CoRMGER , Bacchus représenté 
avec des cornes à la tôte , pour 
faire entendre que l'insolence et la 
témérité accompagnent ordinaire- 
ment l'ivresse. Etym. cornu ; ge- 
rere , porter. 

CoRNOPio> , surnom sous lequel 
Hercule était bonoré par les habi- 
tans voisins du mont OEta, en 
mémoire de ce qu'il avait mis en 
fuite les sautcrellesqui désolaient 
le pays. Etym. xépvo^, owoç (kor- 
nops , opos) , sauterelle. 

Cor.KUTA, statue de Vénus , ar- 
mée de cornes de bœuf . adorée 
chez les Egyptiens. On lui imnio 
lait une génisse. R. cornu. 

i.CoRKUTUs, surnom des fa- 
milles Sulpicia et C.xcilia. 

2. — Habile grammairien de 
Leptis en Afrique , contemporain 
de Néron. Gell. M.èm. orig. 

C o R o K È , corneille ; nom de 
femme. R. xopuvyi {korôaé). 

CoRRAGUs, qui rassemble sa 
che\'elure ; Macédonien tué par 
l'athlète Dioxippe. Etym. xoppa 
(korrha) , Dor. , pour xoppn {kor— 
rhê), cheveu j ayctv (a^qhein), con- 
duire. ^ . J3ioxiPPE. 

Corsa, femmede Liguric, ayant 
souvent obsei'vé qu'un taureau 
passait à la nage dans l'ile opposée 
{de Corse), et en revenait beau- 
coup plus gras, eut la curiosité de 
le suivre dans un petit «-«quif, et 



COR 

découvrit ainsi cette ile , dont la 
beauté et la fertilité frappèrent ses 
regards. Alors les Liguriens y en- 
voyèrent une colonie , et don- 
nèrent à l'ile le nom île Corsica , 
de la femme qui en avait fait la 
découverte. Isidor. , orig. l. XIII , 
cap. 6- 

CoRTiMPOTE>s, le dieu maître 
du trépied; surnom d'Apollon. 
Etym. cortina , trépied sur lequel 
la prétresse s'asseyait pour rendre 
les oracles ; mot que Servius dé- 
rive àtzro TTiï xopyjv TSi'viev (^apo tén 
kort'n teinein), faire paraître la 
priîtresse plus grande; passe , pou- 
voir. 

1. CoRviM's, dimin. de Coivus. 
F. ALBI^us. 

2. — Surnom de Mathias, roi 
de Hongrie, tiré d'un corbeau qui 
enleva l'anneau nuptial de sa 
mère, et le laissa retomber. En 
mémoire de ce fait, Mathi;is prit 
le surnom de Corvin , et fit frap- 
per une monnaie d'or qui repré- 
sentait un corbeau tenant un an- 
neau dans son bec. Une tradition 
superstitieuse attribue une grande 
vertu à ces ducats de Hongrie que 
l'on applique aux jambes ues 
femmes dans les accouchemcns 
difllciles , ou dont on leur fait 
avaler la raclure juêlée avec du 
vin. 

CoRvus, surnom de Valcrius , 
parce que , dans un combat singu- 
lier contre un Gaulois, nn cor- 
beau vint se percher sur son cas- 
que , et deviut le présage de sa 
victoire. Tit. Liv. 

i.CoRYBAS , surnom de Proser- 
pine. Etym. xop-zj (koré), jeune 
fille; ^atv&> (bainô), marcher, ou 
xop-juÇo; ( koriimbos ) , rameau , 
cheveux boucles. 

2. — Peintre, élève de Nico- 
maque. M. R. 

CoEYDo^ , nom do berger dans 
Théocrite et dans Virgile. Etym. 
xoo'^îoç (korudus ) , alouette hup- 
pée. R. xôp-j^ , \tBo<; (knrus , utiios), 
casque. 

CoBYMBivt:R, épith. de Bacchus, 



COT iuij 

prise des petites baies que produit 
le lierre dont est formée sa cou- 
ronne. Etym. xofivyÇo- (korum- 
bus) , corymbus , baie, petite 
graine de Werre , ferre , porter. 

CoRY>ÈTE, fils de Vulcain, fu- 
meux brigand dont Thésée purgea 
la terre, tirait ce nom de la mas- 
sue avec laquelle il assommait ses 
hôtes. R. xopvvr, (koj'uné) , massue. 

CoRvPHAGÈNE, épithète de Mi- 
nerve, née du cerveau de Jupiter. 
EJym. xopxitfih ( koruphé) , sommet; 
-/£voç (e^henos), nais-^ance. 

CoRTPH ASIA, surnom de Mi- 
n'-rve. Môm. étym. 

CoEYTHAÏx, Ui^itant son casque; 
épith. du dieu Mars. Etym. xop^^, 
xjOo:; ( korus , uthos ) , casque ; kir;- 
c7£!v (aissein) , se jeter avec impé- 
tuosité , fut. I à''?û). 

Cosaques , kosa, chèvre. 

CossiE , nom d'homme. R. xotrixo; 
(kosmosj, ordi'ff, ornement. 

CosiiÏTE, ordonnateur; surnom 
sous lequelJupiter avait une cha- 
pelle à Lacédémone. R. xo<Tp:oj ; 
xoTp.Et'v (kosmein ), ordonner, dis- 
poser. 

CossioPi ocos , (fui unit les par- 
ties du monde; épith. d'Apollon. 
Etym. xoVo.0;, monde; irïéxtf» 
(plekein) , entrelacer , joindre. 

1. CoSMtrs, surnom d'un T. Fla- 
vius. Etym. xoypoç- 

2. — Fameux parfumeur du 
temps de Martial. M. R. Le Scho- 
liaste de Jiivénal nous apprend 
qu'il portait la recherche jusqu'à 
faire placer un mélange d'essences 
dans son bain avant d'y entrer. 

Cossus, ridé ; un des surnoms 
des Cornélius. R. cossus, ver de 
bois. Fest. Dérivé ; Cossutiaiius. 

Cota , Cotta. Cette famille ro- 
maine , dont Je nom était Aure- 
lius, avait pris ce surnom de l'air 
farouche et du penchant à la CO'.- 
lère , qui la distinguaient. Etym. 
cotes, roc ; ou mieux, y.i-o- (ko- 
tos) , coléie. C Aurelius Cotta 
florissait dans le barreau avec Ci- 
céron, qui loue son clocution pure 

«4 



aro CRA 

el coulante, sa pénétration et s.t 
justesse d'esprit, y. PoMicus. 

CoTHURMJS, surnom de Nicias , 
général albénien , dont l'hiimeiir 
facile se pliait à tout, comme un 
- cothurne, une chaussure, se prèle 
à tout pied. R. xoOopvoç ( kothor- 
/joi), cothurne, chaussure élevée 

CoTTl^A, courtisane grecque, 
offrit dans le temple de Minerve , 
à Lacédémone, un hœuf d'airain. 
Elym. xoTtvoç ( hoiinos), couronne 
faite d'olivier sauvage, ou xottv) 
(kotté), tôte, ou xoTTo; (kottos), 
jeu de hasard, et coq : alors col- 
tina voudrait dire poulette. 

CoTYLOBROCHTiSE , qiii ovale de 
faraudes mesures (de vin); nom 
de parasite dans Alciphron.Etym. 
xoTu).v) (kotulé), hémine, mesure 
de liquide qui répondait au demi- 
litre; ^pô^Ooi ( ùrochthos ) , le 
mâme que (ipôyxoi; {brogchos) , 
gosier. 

CoTYLOR , surnom d'un Varius, 
compagnon des débauches bachi- 
ques d'Ajiloine. R. xoTÛ).yj. 

Crambophage, qui mange les 
choux ; nom d'une grenouille dans 
la Batraclioinyoniachie. Elym. 
xfja,u.ffoç {ki-ambos), chou; tpdytiv 
{phaghein), manger. 

Cra» I ok , xpavi'ov ( kranion ), tête 
de mort ; nom forgé par Lucien , 
qui suppose qu'un décret est rendu 
en faveur des pauvres par cet ha- 
bitant des Enfers, qu'il dit fils de 
Skelelioii, axt^trov {skelelon), sque- 
lette, natif de Necysie, Nexvaia 
(iVekusia), région des Morts. R. 
v/xvç (nekus), mort; de la tribu 
jilibaiitiade , c't»l-à-dire du Styx, 
qu'on ne passe qu'une fois. Etym.^ 
Slii; [hulis), c'est assez, /3aiv€ev 
{^bainein), marcheF. 

CRA^TOR, disciple de Platon, 
condisciple de Xénocrale, écrivit 
un ouvrage de ta Consolation, que 
Cicérou appelle un livre d'or, et 
qu'il imita. Etym. xpavrup {kran- 
tôr) , roi ; xpa('v£iv (Ara»/e//0, per- 
fectionner, avoir l'empire. 

Crassi MIS, diminutif de Crassus. 
y. Albimjs. 



CRA 

Crassipes, au pied épais ; sur- 
nom d'un Fiirius , qu'épousa en 
secondes noces Tulliola, fille de 
Cicéron. 

1. Crasstjs, épais, gros; surnom 
des Licinius. Un orateur romain 
de cette famille , L. Licinius Cras- 
sus, dont Cicéron fait souvent 
l'éloge, se distingua par son élo- 
quence autant que par la fermeté 
de son caractère. Cicéron nous a 
conservé un exemple de son élo- 
quence , qui est un des plus beaux 
mouveinens oratoires que l'on 
connaisse. 11 plaidait contre un 
Brutus, jeune homme peu digne 
du nom qu'il portait. Le convoi de 
Junie , dame de sa famille, tra- 
verse la place publique , et passe 
par hasard devant le tribunal. 
Crassus arrête le convoi , et apos- 
trophant vivement son adver- 
saire : « Dis, Ihntus , lui dit-il, 
quel compte veux-tu que Junie 
rende de toi à tes aïeux? » Sa 
mort a inspiré à Cicéron ce mor- 
ceau d'une expression si toucliante,^ 
qui ouvre le 3"^ livre du Traité de 
l'Orateur, ou .sont peints à grands 
traits les malheurs de Rome du- 
rant les proscriptions , et que 
Tacite a imité avec tant de bon- 
heur à la fin de la /'7e d'Agricola. 
2. — Romain , fameux par ses 
richesses , qu'il devait au com- 
merce des esclaves, disait qu'un 
homme ne devait pas passer pour 
riche s'il n'avait de quoi entrete- 
nir une armée. Durant les jiros- 
criptions de Marins, il resta en 
Espagne huit mois caché dans une 
caverne. Vainqueur de Spartacus, 
qui avait fait trembler les Ro- 
mains, triumvir avec Pomjiée et 
César, son avidité lui inspira la 
pensée de porter la guerre chez 
lesParthes, dont il dévorait en 
espérance les richesses. Il fut battu 
par leur général, forcé à une con- 
férence avec lui par la mutinerie 
de ses soldats , et tué les armes à 
la main en voulant se mettre en 
défense. Sa lôle fut portée à Oro- 
dès, roi des Parthes, qui fit cou- 



CRA 

1er de l'or fondu dans s:i boiiclic , 
en lui dis.int : « K:issiisie-toi de ce 
mt'tijl, dont ton cœur a été insa- 
tiiible. » Plularque nous a con- 
servé un trait singulier de sa lési- 
neric , qui rappelle l'histoire <lu 
chapeau de Marlborougli *. Il 
avait un maître nommé Alexan- 
dre , qui lui expliquait les livres 
d'Aristote , et c'était le seul de ses 
amis qu'il menait à la campagne. 
Dans le chemin , il lui donnait 
un chapeau pour le garantir de 
l'ardeur du soleil, et ne man- 
quait pas de le lui redemander au 
retour. Le disciple , tout riche 
qu'il était , ne fit jamais rien pour 
son maitre , et , observe Plu- 
tarque, il est difficile de dire si 
celui-ci était plus pauvre quand 
il entra chez Crassus que quand 
il en sortit. Dérivé : Crassitius , 
grammairien et philosophe. 

CRA8TI^us, guerrier romain tué 
à la bataille de Pharsale. R. crûs , 
demain. 

1. Cratère, un des principaux 
officiers d'Alexandre, sur lequel 
ce prince portait lui-môme ce ju- 
gement : « Héphestion aime plus 
Alexandre, et Cralère aime plus 
le roi. » Courtisan vertueux , il 
avait conservé les mœurs sévères 
des Macédoniens, et parlait à son 
maître avec une franchise bien 
rare dans les cours. On ne sait si 
c'est le' môme qui avait écrit l'his- 
toire d'Alexandre Etyra. xpartoô; 
(kraieros), fort, puissant. R. xpa- 
T05 (kratos), pouvoir. 

2. — On cite du môme nom un 
médecin d'Atticus , un peintre et 
un habile statuaire. 

Cratès , de Thèbes , philosophe 
cynique , disciple de Diogène , 
réalisa tout son bien , et le déposa 

• Apres une glorieuse rampagns , uii 
membre des Elals-Gcnéraux lui ola son 
vieux chapeau, cl lui on mil un neuf, doni 
le bouinn éiail un diainani d'un grand prix 
Le héros en lésine aulanl qu'en guerre, 
repril le »'ieiix chapeau des mains du Hol- 
landais, le donna a son valel de chambre , 
el lui recommanda de le' lui garder avec 
soin. 



CRA ail 

chez un b;inquier . sous la condi- 
tion , SI ses fils étaient philo- 
sophes, de le distribuer aux fi- 
milles indigentes de la ^ille, et, 
s'ils étaient sans talens et sans 
esprit, de le leur rendre, connue 
ivne ressource dont ils ne pour- 
raient se passer. D'antres préten- 
dent qu'il jeta tout son argent 
dans la mer, afin de philosopher 
sans distraction. Contemporain de 
Démétrius Poliorcète, il le déter- 
mina à lever le siège de Thèbes, 
sa patrie. C'est à lui qu'on attri- 
bue <e tarif: «Il faut donner à 
un cuisinier dix mines; à un mé- 
decin , une dragme; à un llatteur, 
cinq talens; de la fumée à nn 
homme à conseils ; un talent à une 
courtisane , et trois oboles à un 
philosophe. » Etym. xpdroç. l^. 

NlCODROSIE. 

CfiATÉsiLÉE, mère de CJéomènr", 
roi de Sparte, tuée avec la femme 
et les enfaus de ce prince, par 
ordre de Ptolémée-Philopator. R. 
xpotTO; ; ^ao; {laos), peuple. 

Cratésipolis, reine de Sicyone, 
digne de son nom, marcha'contre 
ses sujets révoltés après la mort 
de son mari, les fit rentrer dans 
le de\oir, et sut gouverner son 
royaume après l'avoir reconquis. 
Etym. xpartêv {kraieili) , comman- 
der ; Tronic (polis), ville. 

Cbateuas , auteur grec , qui 
)iaraît avoir écrit sur l'agriculture. 
Etym. xpartutcv (krateueiu), avoir 
la puissance. R. xpy.zo;. 

Cratikus , poëte comique, qui 
introduisit le premier à Alhènes, 
dans les fôtes de Bacchus , les 
pièces ^satiriques, dont Emipide 
nous a laissé un exempif dans son 
Cycloue. Il n'épargnait pas les 
grands, et ses satires étaient har- 
dies et spirituelles. Il avait su 
donner de l'âme et du brillant à 
ses caractères. Suidas dit qu'il 
avait composé vingt et une comé- 
dies Il était fort débauché, rt 
avait fait disposer dt-.s miroirs au- 
tour de sa chambre pour multi- 
plier les images de ses voluptés , 

14. 



2J2 CRE 

raffineinent renouvelé depuis, ilit- 
on , pnr le poète Horace. Fort 
adoimëauvin, il mourut, dit-on, 
en voyant répandre un vnse plein 
de cette liqueur. Etym. xpoi^oi;. 

Cratippe, })hilosoplie , à qui 
Cicéron confia l'instruction de son 
fils , pendant qu'il enseignait à 
Athènes, et dont ce grand homme 
donne une idée fort avantageuse 
au commencement de son Traité 
des De^ioirs. Relire à Mitylène, sa 
patrie , il y reçut la visite de Pom- 
pée, battu à Pharsale et fugitif, 
et le consola de son mieux. B. 
xpocTo; ; "■TT-cjo; (Juppos), cheval. 

Cratisthèke , nom d'homme. 
Etym. xpotToç ; o-ô/vîty (sthenein) , . 
avoir de la force. 

Cratistotélos, nom d'homme. 
Etym. xpaTtçoç (hraltstos), très- 
puissant; TE^oç (telos), fin, but. 

Cratylus , titre et interlocu- 
teur d'un Traité de Platon sur la 
valeur des noms. Etym. xparoç ; 
vyiYj (Jiulé), matière. 

Craugaside , criarde ; nom 
d'une grenouille dans la Batra- 
chomyomuchie. Etym. xpavy-») (krau- 
g/te), cri. R. xpocÇtiv (krazein), crier. 

Crémctius Cordus , fut con- 
damné à jnort sous Tibère, pour 
avoir , dans ses Annales , loué 
Brutus, et appelé Cassius le der- 
nier des Romains. R. creinare , 
brûler. 

CnÉNÉES , nymphes des fontai- 
nes. R. xpYîvï) (kréné) , source. 

Créms, nom de nymphe. M. R. 

Créoboros, surnom de Cerbère. 
yoy. ce mot. 

Créon , roi de Thèbes. R. xp/w 
(kred), je commande. 

Créophaoos , qui marge les 
chairs f épith. du chien Cerbère. 
Etym. xpf«; (kreas), chair; ipxytiv 
(phaghein), manger. 

Créophile, qui aime la chair, 
ou à régner; Samien qui donna 
l'hospitalité à Homère, qui l'en 
paya en monnaie poétique, en lui 
dédiant un de ses poèmes. Etym. 
xpeaç; ou xpt(a (kreo), je règne. 

Créophylïs, qui commairde à 



CRI 

sa tribu; écrivain grec, cité p;ir 
Athénée. Etym. xpcu , je com- 
mande; tpuXy) {phulé), tribu. 

Crepereius , nom de famille 
romaine. Un Romain de ce nora 
accompagnait Agrippine dans son 
voyage par mer de Bayes à Baules, 
et fut écrasé par la chute du toit, 
préparée pour tuer l'impératrice. 
R. crepare f faire du bruit. 

Crépi, surnom des Luperques, 
tiré du bruit que faisaient les cour- 
roies dont ils frappaient les pas- 
sans dans les Lupercales. M. R. 

Crepuscus , surnom romain 
donné à celui qui était né durant 
le crépuscule du soir ou du matin. 
Etym. creperus, douteux ; crepus- 
culum , quasi crêpera , dubia lux. 

1. Cresce>s, qui croit ; épithète 
de Jupiter enfant. 

2. — Surnom de Diane, consi- 
dérée comme la lune. 

3. — Croissant ; nom romain. 
Un cynique de ce nom se rendit 
infâme par ses débauches. La 2« apo- 
logie de saint Justin est une ré- 
ponse à ses calomnies contre les 
chrétiens. R. crescere , croître ; 
dérivé : Crescentius. 

Cresconius, prénom de FI. Co- 
rijjpus , poëte africain , qui a com- 
posé un poëme en quatre livres en 
l'honneur de Justin le jeune. Etym. 
cresco, croitre. 

Crésilas, peintre dont Pline 
vante un tableau qui représentait 
un homme blessé et mourant, de 
manière à faire juger combien il 
lui restait encore de vie. Etym. 
xpeo) , je commande; ).aoç (^laos"), 
peuple. 

1. Creticus, surnom de Q.Me- 
tellus , tiré de la conquête de l'île 
de Crète. 

2. — Surnom de Marc-Antoine, 
père du triumvir, mort en Crète. 

Crexus , ancien poëte grec , cité 
par Plutarque dans son Traité de 
la Musique. Etym. xpsÇ , xpexoç 
(krex , krekos), oiseau ou cheveu- 

Crimppcs, un des généraux de 
Denys-le-Tyran. R.xpi'vov (krinon). 



7i(fi 



lys ; Ttttoo; (hippos), cheval. 



CRI 

CniMsus, é^al aux lis par la 
hlancheur de ses eaux; (leinc de 
Sicile. Etym. xpivov ; Ttyoç (isos) , 
■égal. 

Cbimitus, chevelu j surnom de 
l'empereur Tmjan. R. criiiis, che- 
veu. 

Criophage, qui dfvore les bé- 
liers ; idole ainsi appelée du grand 
nombre de béliers qu'on lui im- 
molait. Etyni, xpio; (krios), bélier j 
tpxyiiy iphagheiii), manger. 

Criophore , porte-belier. Mer- 
cure était honoré sous ce surnom 
à Thèbes, en reconnaissance de 
ce qu'il avait éloigné la peste •de 
cette ville, en portiiut un bélier 
autour des murailles. Etym. xpioç; 
<fépiiv (fjhereiii), porter. 

CRISPI^us, surnom romain. F". 
Crispus. 

1 . Crispus , dont les cheveux 
sont crépus , frisent naturelle- 
ment; surnom de l'historien Sal- 
lusie. 

2. — Fils de l'empereur Cons- 
tantin , eût peut-être acquis une 
réputation égale à celle des plus 
grands capitaines , s'il n'eût été 
empoisonne par ordre de son père. 
/^. Fausta. 

Crista, surnom d'un Q. Nae- 
vius. Etym. crista, crête ou pa- 
naclie. 

Crithophage, surnom d'un er- 
mite qui pendant quarante ans ne 
vécut qire d'orge. R. xpe'Go; (krilkos), 
orge; tfiytiv {phaghein), manger. 

Critias, un des trente tyrans 
d'Athènes, avait composé des élé- 
gies qui avaient de la réputation, 
Etym. xptT/iç (krités), juge. R. xp/- 
vtiv (krinein), juger. 

Cbitobule, médecin, qui se (it 
honneur par l'iiabileté avec la- 
quelle il tira une flèche de l'œil 
de Philippe, et le guérit sans lui 
laisser de difformité. Etym. xo'.tr,; ; 
(io-Ah {boulé), conseil. 

Critodème , juge du peuple ; 
guerrier athénien , mort dans une 
bataille navale. Etym. xoit/î; ; tîri- 
fio; {démos), peuple. 

J. CRiTOLAÏJs, philosophe péri- 



CKO 



2J.> 



palcticii'n . fut nn des trois ambas- 
sadeurs envoyés à Rome par les 
Athéniens. Cicéron parle d'une 
balance morale de ce philosophe. 
Dans un des bassins, il mettait 
les biens du corps; dans l'autre, 
tous les biens de l'âme , et don- 
nait à cette dernière un poids suf- 
fisant pour contre-balancer les 
terres et les mers. Etym. xpiTvî;. 
R. xpi'vEiv (krinein) , juger; ):ao; 
(lacs), peuple. 

2. — On conte d'un autre Cri- 
tolaiis une histoire pareille à celle 
des Horaces et des Curiaces. 

Crito> , juge, arbitre; ami de 
Socrate, l'aida de ses biens, et ne 
le quitta que lorsqu'il eut rendu 
le dernier soupir. Etym. xpirÀj 
(krités), juge. R. xpt'vEtv {krinein)^ 
juger. 

Critopyle.R. xpiTYji; ; xpiv£tv (kri- 
tiein), juger; nu),-/) {pulé), porte. 

CfiiTYLLA , criarde ; nom de 
femme dans Aristophane. Etym. 
xpiÇttï {krizeiii), criailler. 

1. Crobïlos, ennemi de Socrate 
et de Platon. 

2. — Homme d'une profession 
infâme, et si décrié, qu'il donna 
lieu au proverbe : Crobyli jugum , 
par lequel on exprime l'empire 
que pi*nd un mentor corrompu 
ou une femme dangereuse sur un 
jeune homme sans expérience. R. 
xp(d§u),o; {krôhulos), réseau à ren- 
fermer les cheveux. Etym. xapa 
(kara), tête, ou xé^a.(; ^Sittvfkerax 
ballein), cornua jacio. 

Crocale , nom de courtisane 
dans Lucien. Etym. xpoxa//i {kro- 
kalé) , sable. R. xpôx/) {kroké), 
rivage; ou xpoxn (kroké), trahie 
d'une étoffe. 

Crocopéplos , au voile couleur 
de saj'ran; épithète de l'Aurore. 
Etym. xpoxo; (krokos) , safran; 
'ntnt'koi;(peplos), voile. 

Crocotil'm , couleur de safran ; 
nom de servante dans Piaute. R. 
xpoxo;. 

Crocotophori.'s, surnom d'Her- 
cule , revêtu de la robe transpa- 
rente et de couleur de safran de 



al/l 



cuu 



la reine Omphale, lorsqu'il filait 
auprès d'elle. Etym. xpox'Dro; (kro- 
hôtn.i), habit précieux et de cou- 
leur «le safran, dont l'usage était 
léservé aux femmes riches. R. 
xpoxoç ; tfspuy (phereiii) , porter. 

Croesus, roi de Lydie, fameux 
par ses richesses. Etym. KpoTcroç 
(A^rnisos). R. xpstEiv (A'/r/ej'/i), com- 
mander ; fut. I Tiçtlcjnv (kreisein). 

Cromïs, philosophe cité par 
Porphyre , avait écrit sur la Palin- 
génésie. R. xpovoç (Avo/ios), temps. 

Cronos, nom grec de Saturne, 
quasi xôpoc, Sv v8 (kofos oi nou) , 
satuv mentis, doué d'une exces- 
sive prudence. C'est là l'étymologie 
des Grecs ; car les Phéniciens , 
qui revendiquent ce dieu , don- 
nent à son nom une origine phé- 
nicienne et un tout autre sens. 
Suivant eux, il signifie roi, et 
vient de keren,q\ii dans son ac- 
ception propre désigne une corne, 
et dans le langage métaphysiqut^ 
de l'Orient, la force, la puissance, 
l'autorité royale, celui qui en est 
revâtu , et l'Etat sur lequel il 
l'exerce. Les Carthaginois avaient 
pour ee dieu un si grand respect , 
qu'ils n'osaient prononcer sou nom, 
auquel ils substituaient celui de 
Yancien ou du vieillard- Ils le 
représeutaioTil sous une figure hu- 
maine, dont les mains étaient éten- 
dues et inclinées vers la terre. 

Cro>os, temps; sobriquet donné 
par Ptolémée-Soter au philosophe 
Jaséus, parce que, dans un dtucr, 
il ne put résoudre sur-le-champ 
les diilicultés de Stilpon, autre 
philosophe. H en mourut de cha- 
grin , et celte mort fut célébrée 
dans des vers où on lui dit qu'il 
s'est vraiment trouvé xpovoç, mais 
sansp(r) et sans x(A), 'est-à-dire, 
ovoç (o/io.'i), âne. 

Crotopus , roi d'Argos , per- 
sonnage fabuleux. R. xporoç (kro- 
tos)-., 'nHi(pous), pied. 

Crccicoles, nom de mépris que 
les païens donnaient aux chré- 
tiens. R. critx , croix; coleie, ho- 
norer. 



CTE 

CitDci oA , surnom d'Alexandre , 
roi des Juifs , qui fit crucifier plus 
de huit cents hommes. R.crujr , 
cis , croix. 

Cruciger , porte-croix ; nom 
d'un théologien allemand. Etym. 
criix , croix; i^erere , porter. 

Crucisat.us, qui ne fait qu'un 
sautjusqu'au gihet; surnom d'es- 
clave dans Plaute. Etym. crux , 
cis , croix; salio , sauter. 

Crunos , port de Thrace. R. 
xpouvo; (krounos), source jaillis- 
sante. 

•Cruricrepida , qui a eu les fers 
aux pieds ; surnom d'esclave dans 
Plaute. Etym. crus, ris, jambe; 
crêpa, craquer, faire du bruit. 

Crusius , qui frappe ,• nom 
d'homme. R. xpouEcv (krouein), 
frapper. 

Cryphius, surnom de Mithra, 
tiré de l'antre obscur où se prati- 
quaient les mystères de ce dieu. 
Etym. xpjTrlu ; parf. act. x/xpv(pa 
{kekrupha). 

Cryphon , envoyé chargé par 
Persée d'engager Eumènc dans son 
parti. Nom assez convenable à un 
diplomate. M. R. 

Crypsippe, sobriquet que Car- 
néade donnait à Chrysippe, phi- 
losophe stoïcien , parce qu'il était 
si petit , qu'il disparaissait der- 
rière la tête de sou cheval , ou 
plutôt parce que sa statue était 
masquée par une statue éqi-estre. 
Etym. xç>\in']îiv(kruptein), cacher; 
fut. I xpui|/a) {krupsô); îtcctoç (hip- 
pos) , cheval. 

Ctésarqde , qui possède le com- 
mandement; nom d'homme. Etym, 
xlàTQac (^ktâstliai) , posséder, ac- 
quérir; àpx^ (arche), commande- 
ment. 

Ctésialochcs , peintre, dis- 
ciple d'Apclle. J'iin. 35. Etym. 
xlîio-eç (kte'sis) , acquisition; à)io;(oç 
(alochos), épouse. 

Ctésias , médecin grec et his- 
torien , grand menteur. R. xTi^Oat, 
posséder, acquérir. 

1. Ctésibius , niathématicieir 
d'Alexandrie, inventa la pompe 



CTE 

cl lit clepsydre , ou liorlocc d'eau. 
Etym. xlà^ôat ; /3io; ( bios) , vie. 

2. — Pnrasitt; alhcMiicn On lui 
<l»'inandait un jour ce qui lui ros- 
tail de sa philosophie? « De dîner 
liratis. » C'est r|u il payait son écot 
en bons mots. 

Ctésiclès, historien grec, avait 
■écrit des chroniques. Etym. xlrtatq 
( hlesis ), acquisition ; xltoq (kleos), 
gloire, 

Ctésilochtjs , peintre célèbre 
«lont Pline vante un tableau qui 
représentait Jupiter au milieu 
<l'une troupe de sages -femmes , 
donnant le jour à liacchus, et 
criant comme une femme en cou- 
ches. R. xlrio-t; ; Xo;(o; ( lochos ) , 
embûche, troupe armée, et aussi 
nne accouchée. 

Ctzsiochvs y qui a des posses- 
sions. Elym. xlàcrGai {ktdslhai), 
posséder, acquérir; ex^tv (eckeiii), 
avoir, 

1. Ctésipuon , Athénien , pro- 
posa à ses concitoyens de décerner 
à Démoslhène une couronne d'or, 
■en récompense de ses services, fut 
attaqué par Eschine , et défendu 
par son rival dans ces deux 
harangues célèbres que Cicéron 
avait traduites. Eschine succomba, 
alla à Rhodes ou\rir une école 
d'éloquence, et ne crut pas pou- 
voir olTi-ir des modèles plus par- 
faits que ces deux harangues. La 
lecture de la sienne fut sui^ie 
de vifs applaudissemcns ; mais 
(juand il eut en la bonne foi de 
lire celle de son rival, les ap- 
plaudissemcns redoublèrent, (^e 
fut alors qu'Eschine laissa échap- 
per ce mot fameux qui honore 
autant le talent du \ainqueur que 
la sincérité du vaincu : •< Que 
serait-ce si vous eussiez entendu 
Déniosthène lui-mômc? » Le grec 
dit j3&ojvTa {boôiiià), vociferaiitemj 
expression qui donne une idée du 
<lébil et de la voix tonnante du 
prince des orateurs grecs. Etym. 
xlàjflat ; «pocEcv (pliaein), parler, ou 
tuer. 

2. — Célèbre architecte de l'an- 



CLM 2 15 

ti<piilé, donna les dessiii5 du fa- 
nioiix temple tl'Eplièse, q.ui furent 
exécutés sous sa cr)ndiiite et sous 
celle de son fils Métagène et de 
plusieurs autres architectes. On 
rapporte que Ctésiphon inventa 
nne machine pour transporter les 
colonnes qui devaient servir à ce 
temple. 

1. Ctésippk, fils de Cliabrias, 
que Pbocion accueillit après la 
mort de son père , mais dont il ne 
put jamais tirer parti. Etym. xlào- 
6ai; 'î-n:7soi(hip/jos), cheval. 

2 — Ecrivain grec, avait laissé 
une histoire de Scylhie. 

r. Ctésius, qui fa>^oriseV indus- 
trie ; surnom de Jupiter chez les 
Atiiéniens. 

2. — Surnom de Mercure. R. 
xTàcrQat. 

Ctésok , qui a ou aura des pos- 
sessions j nom d'homme, R. xlàa- 

Ctesylla, nom de femniie ; di- 
min. de xl^Ttç (ktesis), acquisition. 

Ctistès , fondateur ; surnom 
d'unMithridale, roi de Pont, con- 
temporain d'Antigonc le Borgne. 
R. xTîÇeiv (ktizein), hÀtii-, fonder, 

Cuba , divinité romaine, avait 
soin des enfaiis couchés ; on l'in- 
voquait pour les faire bien dormir. 
R. cubare, être couché. 

CccuLUS, surnom de Jupiter. 
Elym. cuculus , coucou, oiseau 
qui va pond^^c dans le nid des 
autres. 

CuLÉo, surnom d'un Q. Tcren- 
ti^is. Etym. culeus , la plus grande 
mesure des Romains pour les li- 
quides; elle contenait 480 pintes, 
mesure de Paris (litres 4-+7- 33). 

CuMES, ville de-Campanie, tirait 
son nom de Cumes, ville de l'Eo- 
lide dont elle était une colonie , ou 
des flots de la mer, xvpia (kuma), 
on du verbe xJîtv (^kuein), être en- 
ceinte ; xuYifia (kuéma), fétus , parce 
que cette colonie rencontrant près 
de Bayes une femme grosse , re- 
garda cette rencontre comme un 
augure de fécondité , et se décida 
à s'y établir. 



•J I () 



CLR 



CukctalisLar, surnom de Nep- 
tune dans Martianus Capella , 
fondé sur l'opinion de quelques 
philosophes, que l'eau était le prin- 
cipe de toutes choses : Oceanurn- 
que patremrerutn. Etym. cuncius, 
tout. 

CuNCTATOR, temporiseur ; sur- 
nom de Q. Fabius, dont les sages 
délais sauvèrent Rome, en arrêtant 
le cours des prospérités d'Annibal, 
H. cunctari, tempori.seï". 

CcMA, CuMKA, déesse romaine, 
avait soin des enfans au berceau. 
R. cunce , arum, berceau. 

CuPiDirs , sénateur romain , 
proposa l'apothéose des Gordiens: 
K. cupidus , désireux. 

CcpiDON, (ils de la Nuit et de 
l'Erèbe. Les Grecs et les Romains 
le distinguaient de l'Amour, fils 
de Jupiter et de Vénus. Ils étaient 
l'un et l'autre de la cour de Vénus, 
et la suivirent aussitôt qu'elle 
se joignit à l'assemblée des dieux. 
Etym. cupidus , qui désire. R. cu- 
pere , désirer. 

CcPRA, nom étrusque de Junon, 
qui répondait dans cette langue au 
moi boiia. 

CcPROS. L'ile de Chypre a été 
ainsi nommée d'un angle e.xtré- 
niement long et pointu qu'elle fait 
du côté de l'est. C'est un synonyme 
de K/paiji; ( Keiasis ) , tic cornue , 
qui était son autre nom. 

CurjE , soucis j divinités venge- 
resses , que Virgile place à l'entrée 
des Enfers. R. cura, soin, souci, 
inquiétude. 

Cup.ATics , nom romain dans 
les inscriptions. Mêm. étym. 

Ctjrculio , nom d'un parasite 
dans Plante j de cuivulio, gosier, 
ou charançon, insecte qui mange 
le blé. 

CuRÈTES, anciens habitans de 
Chalois. Ayant dans un combat 
été pris par le toupet, ils contrac- 
tèrent l'habitude de ne laisser 
croître leurs cheveux que sur le 
derrière de la tête. R. xapsiv (kou- 
rein ) , tondre. C'est pour ( ela 
qu'Homère les appelle oTr'.aôcv xo- 



cus 

txô(ù-j-<x^ (opislhen komoôntas) , che "" 
velus par derrière. 

CuRiATius, surnom de Janus , 
tiré du petit temple, cèdes Jani 
Curiadi, élevé par Horace après 
sa victoire. 

Curie, subdivision de la tribu 
chez les Grecs et les Romains; de 
xupéa {kuria ) , lieu où le magistrat 
d'Athènes convoquait le peuple. 
R. xûpo; (kuros), autorité, pou- 
voir. 

CuRiON, surnom des Scribonius, 
parce que le premier de cette race 
avait été Curio Maximus. Le cu- 
rion était le prêtre et le fnagislrat 
de la curie. D'autres dérivent ce 
nom des soucis , qui les avaient 
rendus maigres , h curis. On a re- 
marqué comme un fait peu com- 
mun, que celte famille eut trois 
orateurs qui se distinguèrent par 
leur éloquence. 

Curis, Junon armée d'une lance j 
cui'is en langue des Sabins. 

CuRics, vainqueur de Pyrrhus, 
refusa l'or des Samniles, et répon- 
dit qu'il aimait mieux comman- 
der a s'enrichir que d'être riche 
lui-même. K.cura, soin, ou xupto; 
(^kurios ), maître. 

CuROTHALLiE, sumoin de 
Diane, en l'honneur de laquelle on 
célébrait une fête particulière pour 
obtenir l'heureuse croissance des 
enfans. Etym. xspo; (Aom»'o5), jeune 
homme ; ^otUtcv {ihallein), croître. 

CuROTROPHUS, qui prend soin 
de la jeunesse; surnom d'Apollon. 
Etym. xspo;; rptcpsiv (^trephein) , 
nourrir. 

CcRsoR, coureur; surnom que 
L. Papirius dut à la vitesse de sa 
course. Til. Li\>. 

CcRTiDS, surnom de l'historien 
d'Alexandre, plus estimable par 
l'élégance de son style que par la 
véracité de son récit. Dérivé de 
curius , tronqué, mutilé. 

CuRvus, courbé; surnom d'un 
M. Titinius. ZjV. , /. ^,c. 59. 

CusTos, gardien, conseivaieur; 
surnom de Jupiter et d'Apollon . 
R. cuslos , garde. 



CYD 

CïAMiTÈs, dieu (jui jivait liii 
U-*iple particulier dans l'Auique. 
On lui attribuait l'art de planter 
des fèves. Etyra. xvauo; (fmamos), 
fève. 

Cyanée, nymphe de la suite de 
Proserpiiie. Pluton , irrité de la 
résistance qu'elle lui opposait, la 
changea en une source dout les 
eaux étaient bleuâtres. Etym. xva- 
vo; (/iuatios), bleu de mer. 

Cyamppe, nom d'homme. R. 
xiiavo;; Îtt-bio; (hippos), cheval. 

Cybèle , déesse de la terre. 
Festus dérive son nom de xjë:çà.v 
{kubistdn) , danser sur la tête, 
l)arce que ses prêtres faisaient des 
bonds et des danses convulsives ; 
d'autres de xvÇo; ( kubos ) , cube , 
attribut de cette déesse , et Stra- 
J>on, du mont Cybélus , en Phry- 
gie. 

Cybiosactès , surnom que les 
Egyptiens avaient donné à un 
de leurs rois qu'ils chassèrent 
depuis , à cause de sa basse t>ri- 
giue, et qui poussait la lésine 
jusqu'à faire lui-même les parts 
de poi.sson .i ses gens. Les Alexan- 
drins , naturellement railleurs, 
appliquèi'ent depuis ce surnom à 
Vespasien, .n cause de son avarice. 
Etym. xJScov (kuùion), jeune thon , 
que l'on coupait par tranches 
pour le faire mariner. R. x-jSoç 
{kubos), cube; &/ta (ai^é), rompre. 

Cyclades , îles de l'Archipel 
grec, rangées en cercle autour de 
'celle de Délos, d'où vient leur 
nom. R. xjx/o; {kuklos), cercle. 
C'étaient primitivement , selon la 
Fable , des nymphes qui furent 
ainsi n>étamorphosées pour n'avoir 
pas sacriKe à Neptune. 

Cyclope. On appelait ainsi les 
lorgerons de Vulcain , parce qu'ils 
n'avaient qu'un œil rond au milieu 
du front. R. x-jx/.o; ; o^ , ô-jnbç (ops , 
opos), œil. 

CvtN^rs , nom qu'un écrivain 
flamand, nommé Swaen.s, a pré- 
féré au sien. R. xjxvo; {kuhnos) , 
cygTie. 

Cydias, peiiilie qui florissait 



CYM 317 

dans la i(>4'= olympiade. Pline 
parle d'un tableau où cet artiste 
avait peint les Argonautes, que 
l'orateur Hortensius avait acheté 
164 taiens. R. xû(îo; {kudos), gloire. 

CydimaQue, combattant illus- 
tre; nom d'homme. Etym. xù^Jo; ; 
^i-iy^f\ (inaché), combat. 

CvDiPPE, nymphe de Délos, 
aimée d'Aconce, s'engagea involon- 
tairement avec lui, en lisant ces 
mots : « Je jure d'être à Aconce », 
sur une pomme que son amant 
avait jetée dans le temple. Etym. 
xZêoi; ; T-jr-CTo; (hippos), cheval. 

CvLLÉNics, suriicm de Mer- 
cure , pris de la montagne d'Arca- 
die sur laquelle il était né, ou 
parce que ce mot veut dire sans 
mains, tels qu'élaient ces bustes 
appelés Hennœ. R. xuÀToç {kullos), 
boiteux, mutilé. 

Cyllopode, au pied boiteux; 
épithète ou surnom de Vulcain. 
Etym. xv>l),o; ; -Ejà; , tooiÎo- ( pous , 
podos), pied. 

Cyllos , épithète de Mercure 
mutile, adoré par les Athéniens. 

R. xv/./,oç. 

CvLiKDRtis, nom de cuisinier 
dans Plaute. R. xv/tvdày {kulin- 
ddn), rouler. 

Cymadcse, qui plonge dans les 
fiots; nom de Néréide, Etym. 
xju.a {kuma) , flot; îujcv (duein), 
plonger. 

Cymatoleghé, qui apaise les 
fiais; nom de Néréide, Etym. 
xvfx.a; ).-/)-/stv [leghein), faire cesseï'. 

Cywbalicm , nom de courtisane. 
Etym. xûfiÇaÀov (kiinibalon), cym- 
bale. R. xvfiÇo; {kumbos) , cavité. 

-Ctmbaldm MU^DI, surnom que 
Tibère donnait au grammairien 
Apion, vrai déclamateur , qui ne 
s'attachait qu'aux minuties , et qui 
les soutenait avec autant de fracas 
que les choses les plus importantes. 

Â^. MoCHTHOS, PLlSTENIQUE.Etym. 
xvjjL5a).ov. 

Cymbarium, nom de courtisane 
dans Lucien. Etym. %'jy.^ri {kumbé}, 
cymba , barque, ou coupe. R. 
vj[iSoz{ kumbos), cavité. 



2l8 



CYN 



CïMiNOPRisTÈs, cym:nosecloi' ; 
soljviquet que les Romains don- 
luiienl à Marc-Antonin , à cause 
de l'exactilude quelquefois pous- 
sée trop loin , des soins excessifs 
donnés aux plus petits dét;iils. 
Cette locution, qui peut s'entendre 
aussi de l'avarice, répond à l'ex- 
pression proverbiale , fendre un 
che^'eu en quatre. Etym. xufAcvov 
(kiimùion), cumin ; irpiçY); (pris- 
tès), qui coupe. R. TtptEtv {pr.-ei'n), 
couper. 

Cymo , nom de nymphe marine. 
Etym. xufxa, flot. 

Cymodoce , nom de Néréide. 
Etym. xu/j-a; êixeoQai {dechcsthai), 
recevoir. 

CvMOPOLiE , blanche de l'écume 
des Jlols ; fille de Neptune. Etym. 
xvfAa; TôroXio; (polios), blanc. 

Cymothoé, nom de Néréide. 
Etym. xvfxa; .&005 (iJioos), vite. 

CY^^«;THEDS, surnom de Jupiter 
eu Arcadie, comme présidant à 
la chasse , qui avait fait long-tenijis 
la seule occupation des habitans 
du pays. Etym.xutov(A«d/2), chien ; 
tx"Btiv {atihein), enflammer. 

I. CY^iETHUS, de Chio, poëte 
ancien , qu'on dit avoir fuit le pre- 
mier une lecture publique des 
écrits d'Homère à Syracuse. On 
prétend même qu'il y avait mêlé 
plusieurs vers de sa façon. Des 
philologues grecs lui attribuaient 
l'hymne à Apollon , qu'on croit 
plus communément être d'Ho- 
mère. 

a. — Chien caustique , flatteur 
de Démétrius Poliorcète, qui, après 
avoir épuisé toutes les ressouices 
de l'adulation , louait son patron , 
fort enrhumé, de ce qu'il expec- 
torait avec grâce. Molière , qui 
sans doute avait lu Lucien, a-t-il 
pris là sa réponse de Phrosine à 
Harpagon ? « Ce n'est rien. Vous 
avez bonne grâce à tousser. » Etym . 
xucov ; «c'ôtiv (ailhein), brûler. Ce 
nom eût, ce semble, mieux con- 
venu à un cynique qu'à un flatteur. 
CY^A.MOLGUES , peuples d'Afri- 
rjue,quc Pline place en Ethiopie , 



CYN 

et aiixqut Is il donne ufie tiîle de 
chien ; d'autres disent qu'ils vi- 
vaient de lait de chienne. Etym. 
xvtov ; àfi.Ay(o (^ameli;6), traire. 

Cynamya, surnom de femme 
débauchée. Etym. xÛmv ; fjLuîa 
(muta) , mouche; épithète carac- 
téristique de l'impudence. 

CY^ÉAs , disciple de Démos- 
thène , philosophe , orateur et 
ministre de Pyrrhus, avait, disait 
ce roi, pris plus de villes par son 
éloquence que lui-même par ses 
armes. C'est lui qui appelait le 
sénat une assemblée de rois, et le 
peuple romain une hydre dont les 
tôtes renaissaient à mesure qu'on 
les coupait. R. xvwv. 

Cynégire, Athénien célèbre par 
son courage, lequel, à la bataille 
de Marathon , retint un navire 
ennemi a\ec ses deux mains qui 
furent coupées l'une après l'autre, 
et enfin s'efforça encore de l'arrê- 
ter avec ses dents. Etym. xiîuv ; 
iye'iptiv {egheirein), exciter. 

CY^ÉGUS, surnom que l'amour 
de la chasse fit donner à Prusias. 
R. xvuv; aytiv (aghein), conduire. 
Cyréum , lieu d'où Hécube , 
changée en chienne , fut jetée dans 
la mer. R. xvuv. 

Cynisca, fille d'Archidame, roi 
de Sparte , remporta la première 
le prix de la course des chars aux 
jeux Olympiques. Etym. xuvt«c« 
(kuniska), diminutif de xvuv. 

CYN^■A, courtisane fameuse à 
Athènes , du temps d'Aristophane. 
L'étymologie vraisemblable de ce 
nom est xuwv. 

Cynobalanes, nation imaginaire 
que Lucien représente avec des 
museaux de chien, et montés 
s«r des glands ailés. Etym. xvojv ; 
^ix\avo(; (balanos) , gland. 

1 . Cy>océph ALE , le môme qu'A- 
nubis, dieu égyptien, x'eprésenté 
avec une tête de chien. 

2. — Mercure, à qui le chien 
était consacré. 

3. — Surnom que les poëtcs 
comiques donnaient à Périclès, et 



i 



CYP 

par li:qiiel ils préteinlairnt le tiixir 
d'impudence. 

^. — Tète de chien ; sobriquet 
que se donnait à sc>i-niéiue un 
certain Cléon , dont l'impudence 
était extrême. Etym. xvuv; xitfxiM 
(kenhalé) , tète. 

CYNCiDO^TES, peuples fabuleux. 
R. xuû)v ; ô^s; {odous), dent. 

Cyaophanes , hommes à tête 
de chien, dont parle ïertullien. 
Etym. xvû)v; tpai'voj {phaiiiô), pa- 
raître. 

Cy>opolis, inile des cf tiens ; 
ville d'Egypte consacrée à Anubis, 
où les chiens étaient honorés, et 
trouvaient des aiimcns préparés. 
Etym. xvûjv ; -CTo/c; (/w/«), ville. 

Cy>ops, œil de chien; surnom 
qu'Achille donne à Agamemnon 
dans l'Iliade . et qu'Aristogiton , 
orateur athénien, mérita par son 
excès d'impudence. Etym. xwuv; 
ûi|< , ùwoç (0/^5, ôpos), œil. R. 
ônrîtsOac {optestliai) , voir. 

Cynosargès, surnom donné à 
Hercule à Athènes, eu mémoire 
d'un chien blanc, qui, dans un 
sacrifice, enleva la victime desti- 
née au dieu. Etym. x-Jtov ; àp/oç 
{^argos), blanc. 

Cyi>osséma, promontoire de îa 
Chersonèse de Thrace, où Hécube 
changée en chienne, fut enterrée. 
Etym.xûcjv; svjaa (sema), signe, 
monument. 

CY^osuRE, nymphe du mont 
Ida , nourrice de Jupiter, qui, pour 
la récompenser, la transporta dans 
le ciel, et la plaça vers le pôle. 
Etym. xjû>v ; àpà (oura), queue. 

Cyparisse, jeune homme changé 
en cyprès. R. xvirâptCTaoç (Jkuparis- 
sos)j cyprès. 

Cypelliste , grand bin>eur ; 
nom de parasite dans Alciphron. 
Etym. %\)-ni\\oi {kupellon), sorte de 
vase. 

Cypellomaque, surnom donné 
au Bis deCicéron, parce que dans 
une orgie, il avait brisé tous les 
vases de cristal. Etym. xvtccUov ; 
f^«Xi (mac/té), combat. F. BIco^- 
cifs. 



CYR 



"9 



Cïi'i.iEN (s.iitit), Afiicain, un 
des Pères de l'Eglise. R. xwirpoi 
(kupros), cuivre. 

Cyprigéna, surnom de Vénu.s, 
née de la mer qui baigne les ri- 
vages de Chypre. Etym. Kvwpo; 
(A"M/;7-oi), Chypre j yévfcQcti {ghe- 
nesihai). naître. 

Cypeis, surnom de Vénus, de 
l'jlc de Chypre qui lui était con- 
sacrée. R. K-Jirpoç. 

CvpsÉLDS, tyran de Corinthc , 
ainsi nommé de xv<|'£/.yj (kupselé) , 
ruche à miel, sous laquelle sa nière 
le cacha lorsqu'il tlait enfant, 
pour le soustraire à la fureur des 
assassins. 

Cyr, chez les modernes, et 
Cyrus chez les anciens ; nom 
d'homme. R. xvpog {kuros}, chef, 
seigneur. 

Cyra, surnom de Cérès, consi- 
dérée comme arbitre de la vie. 
Etym. xupt'a t5 Çvjy {kuria inu zén). 
R. x-jpto; (A«r/os), souverain. 

CvRZACDS, le juif qui, devenu 
chrétien, indiqua à l'impératrice 
Hélène l'endroit où était la vraie 
tioix. M. R. 

Cyriade, un des trente tyrans 
qui envahirent l'Empire romain , 
sous les règnes de Valérien et de 
Gallien, futtuépar .ses propres sol- 
dats. M. R. 

Cyrille , patriarche d'Alexan- 
drie, qui, dans les querelles de 
religion , montra peut-être trop 
de hauteur et un zèle trop vif, 
mais que sa piété et l'innocence de 
ses mœurs ont rendu rpconimaii- 
dable. Etym. x-jpùj.o; (kur-illos) , 
dimin. de xjpio; , seigneur. 

C\ Riî> &., petite niaitresse j nom 
de femme grecque. R. xîipoç (ku- 
ros ) , pleine autorité ; xvpio; , sou- 
verain. 

CïRDS , fils deCambyse, roi de 
Perse etdeMandanc, réunit sous 
son sceptre les Perses et lesMèdcs, 
soumit l'Asie et tout l'Orient, 
mais finit par être vaincu et pr;s 
par Tomyris, reine des Scythes , 
quilui fitconper la télé, et la jeta 
dans une outre remplie de sang , 



aao CYT 

en disant : « Rassasie-toi du sang 
dont tii as été si altéré. » On a vu , 
à l'article Crassus 2 , la même 
anecdote, et de cette conformité 
on pourrait conclure que l'une 
n'est pas plus vraie que l'autre. R. 
xupoç (kuros), maître, seigneur, 
Plutarque nous apprend que ce 
mot , en persan, signifie soleil. 

Cythère , KyQyj'pa , île de l'Ar- 
chipel grec, vis-à-vis la Crète. Vé- 
nus , née de l'écume de la mer , 
fut d'abord portée à cette île sur 
une conque marine. Aussi Cythère 
lui fut particulièrement consacrée, 
et le temple qu'elle y avait, pas- 
sait pour le plus ancien de tous 
ceux que la Grèce avait élevés à 
cette déesse. C'est aujourd'hui Cé- 
rigo , île pierreuse et stérile. Peut- 



CYT 

cire pourrait-on supposer qui; son 
premier nom lui avait été donné 
postérieurement aux idées des 
poètes, et dériver alors assez na- 
turellement Kv9^pa ( Kuthéra ) , 
Cythère, île consacrée à la déesse 
de la Fécondité, du verbe xvetv 
(kuein ), (ître enceinte, in utero 
gestare. 

Cythérée, nom de Vénus, pris 
de Cythère , île qui lui était con- 
sacrée. R. Kv9y)pa. 

Cythéris , comédienne , cour- 
tisane , contemporaine de Cicéron, 
de Virgile et d'Horace , devint 
la maîtresse d'Antoine. Mêm. 
étym. 

Cythérius , sobriquet que Cicé- 
ron donne à Antoine , tire de cette 
Cythéris. 



DAI 



DAL 



D 



Uaces, peuple belliqueux, voi- 
sin des Tliraces et des Sarmates. 
Etym. Sâ-n (daé), combat, en 
insérant le digamma. R Saîttv 
( dfllet'n), brûler. 

Daciccs, surnom pris par les 
empereurs romains , vainqueurs 
des Daccs. 

DACRIA^IIs, pleureur ; nom 
emprunté p;ir Louis de lilois, dit 
Blosius. R. S<xy.a\) (dakru), larmes. 

Dactylis , sculpteur célèbre , 
dont Pline vante les ouvrages , qui 
faisaient l'ornement des jardins de 
la maison Servilius. R. (îaxruJo; 
( daktulos ) , doigt. 

Dadvches , prôlres de Cérès 
qui portaient un flambeau dans la 
célébration des mystères de cette 
déesse, en mémoire de ce que Gé- 
rés , clierchant sa fille , alluma 
une torche au feu du mont Etna , 
et courut le monde cette torche 
à la main. Etym. (îà; {das ) , bois 
résineux. R. ê-xtctv (daieïn), brû- 
ler ; 'x^tv (echein ), tenir. 

DiEMONARCHÈs , prince des Dé- 
mons ; nom que Lactance donne à 
Réelzebuth , et que Porphyre 
donnait à Sérapis et à Proserpine. 
Etym. êv.iu.t}v ( daimôn ) , génie ; 
«PX'' ( '^''cf'-é ) , commandement. 

Daès , écrivain grec. R. Soluiv 
(daiein ) , apprendre. 

DiESics , qui apprête un repas : 
nom d'homme. Etym. lîaî; (dais), 
festin. R. daîtiv , donner un repas. 

Djeta , surnom de Proserpine , 
tiré du festin que l'on servait sur 
les tombes. Etym. (îaiT/i (daité) , 
festin. R. Sain-j , festiner. 

Djetès, dieu bienfaisant que les 
Troyens regardaient comme l'in- 
venteur des festins parmi les 
hommes. Etym. Sa.i-:-n (daité), 
festin. 

Daïci. ES, héros mcsséuien. 



Etym. SoAi (dais), combat; Asoi 
( hleos ). 

DAÏMACHtJS , qui anime le com- 
bat j aaltur grec, avait écrit uu 
Traité intitulé Poliorcetica , ou 
l'art de prendre les villes. Etym. 
<îac£(v (daiein), brûler; fjioi^n (mâ- 
che'), combat. 

D A ÏM È ^ E , chef des Achéens. 
R. Sa'itiv ; fxEvo; (menos), sens, 
courage. 

DAÏPHA^TE, qui fait briller le 
combat ; générai thébain , qu'E- 
parainondas mourant désigna pour 
son successeur, mais qui fut tué 
dans la môme bataille. Epaminon- 
das apprenant que ce capitaine, 
et un autre nommé Jolaiis , n'é- 
taient plus , conseilla aux Thé- 
bains de songer à la paix. Etym. 
Souç (dais), combat; (pau (phaô), 
luire. Ou pourrait aussi l'inter- 
préter par : qui parle de combats. 
tf-jM (pliaô), ou <fnu.t ( phémi ) , 
veut dire aussi parler; sens qu'il 
a dans Hiérophante. 

DAÏPHR0^ , prudent à la guerre, 
ou belliqueux; un des quarante 
fils d'Egyptus. Etym. «îauiv, brû- 
ler ; tppyiv , £v oç ( phrên , enos ) , es- 
prit, sens. 

Daïppcs , habile écuyer ; sta- 
tuaire dont Pline vante les chefs- 
d'œuvre. Etym. (Jai'ôiv , apprendre; 
'îm-no^ (hippos), cheval. 

Dalila, pau^/re ; courtisane , 
livra Samson aux Philistins. 

Dalmatictjs, surnom deL.Me- 
tellus, vainqueur de la Dalmatie. 

Dalmatie, partie de l'Illyrie , 
voisine de la Macédoine , région 
autrefois riante et fertile. Etym. 
<îai(îa^fAa ( daidalma ) , ornemeut 
varié. R. <îai^ai),civ (daidallein) , 
orner. Hébreu, lampe trompeuse. 

DAL.MAfius, fils de Constance 
Chlore. 



aijt DAM 

Dam «us . surnom grec de Nep- 
tune, sous la protection duquel 
étaient les chevaux. B. Saftav ( da- 
man), dompter. /^. Hippius. 

Damœthus , qui enjlamme le 
peuple j nom d'un roi de Carie. 
Etym. (îTIfAoç ; ac'Gav {aithein), 
brCller. 

Damagète , cfui conduit le peu- 
ple; nom d'homme. Etym. (jàpo; 
( dàmos) , pour Srtu.oc, ( démos ) , 
peuple; v^yEÎaOai [hégheist/i ai), con- 
duire. Comme les mots (îy)f/.o; ( dé- 
mos) et )iao; ( laos) entrent sou- 
vent dans la composition des noms 
propres grecs , il est bon de remar- 
quer la nuance qui les différencie ; 
Srifi-oç , qui correspond au populus 
des Latins , exprime la réunion 
des citoyens pris collectivement , 
surtout dans les Etats libres ; >aoç, 
qui répond à plebs , ne signifie que 
le petit peuple ; o^Xo; ( ochlos ) , 
qui est un degré plus bas, veut 
dire , plebecula , jœx plebis , la lie 
du peuple ; d'oîi vient ochlucratie , 
gouvernement de la tourbe la plus 
abjecte. 

Damaris , femme convertie par 
saint Paul. Etym. (îaf/.ap ( damar) , 
ou <îa;xapo; ( damaros ) , femme 
mariée. K. Sajj.à.v (daman), domp- 
ter. Hébreu , petite femme. 

Damas , ville de Syrie. Etym. 
(îap.otÇ£cv (damazein), dompter. 
R. ^apàv {daman ), dompter. Hé- 
breu , outre de sang. 

Damasa>dra , qui dompte les 
hommes ; courtisane grecque qui 
vivait avec Alcibiade, et qui lui 
rendit les derniers devoirs. Elle 
était la mère de la jeuTie Lais. 
Etym. êctfi.S.v , dompter; àvvip, âv- 
^poç ( anêr, andros ) , homme. 

Damascius , philosophe stoï- 
cien , vivait sous le règne de Ju- 
lien. F. Damas. 

Damase, pape dont saint Jé- 
rôme fut le secrétaire. On dit que 
ce fut lui qui introduisit la cou- 
tume de chanter X Alléluia pen- 
dant le temps de Pâques. H. -îa- 
f/.àv . 



DAM 

Damasias, archonte atiicnien. 
R. Satj.S.v. 

Damasichthon, qui dompte la 
terre; un des fils de Niobé. Etym. 
(îafAàv ; yjïiiv ( chthôn ) , terre. 

1. Dam ASIPPE, partisan fougueux 
de Marius , massacra la no])lesse 
attachée au parti de Sylla, qui le 
fit périr à s6n tour. R, Sa^S.v ; îic- 
TJoç ( hippns ) , cheval. 

2. — Curieux, mauvais connais- 
seur, dont se moque Horace. Il 
achetait fort cher et revendait à 
bon marché. 

Dama^istrate, qui dompte 
V armée; héros fabuleux. Etym. 
^afxSv ; (jTparoi; (strates), armée. 

Damasithymus, qui dompte la 
fierté, le cœur; prince auxiliaire 
de Xerxès , dont Artérnise, reine 
de Carie , coula à fond le vaisseau 
à la bataille de Salamine , pour 
échapper, à la faveur de ce stra- 
tagème , à la poursuite d'un vais- 
seau athénien qui la crut du parti 
des Grecs. Etym. S'Xfj.a.v ; 3ùfioç 
( thumos ) , grand cœur. 

Damaste, un des surnoms de 
Procruste, tiré de l'espèce de tor- 
ture qu'il faisait subir à ses hôtes. 
R. Sa.fx3.v. 

Damastor , un des géants qui 
escaladèrent le ciel. R. (Japàv. 

Damatrior , Lacédémonienne , 
qui tua son fils de sa propre main, 
parce qu'il s'était comporté lâche- 
ment dans la guerre entre .Sparte 
et Messène. Etym. A-nu--nr-np ( Dé- 
méler) , Cérès. 

Daméas, statuaire céléhre. Plin. 
l. 34, c. 8. R. (îflfxo;, peuple. 

Damia , surnom de Cybèle, pris 
d'un sacrifice qu'on offrait à Cybèle 
pour le peuple, le premier jour de 
mai, qui en prenait le nom deDa- 
moin. Elym. (îauoç ( damios ) , 
pour (Jyjfjitoi; ( démios ) , public. R. 

Dam I anus , sophiste d'Ephèse. 

R. oyjaoç. 

Damippi; , pai'asite redouté , que 
le poète comique Anaxilas appelle 
la foudre , fulmen , des dhiers 



DAM 

Etyiii . (îaf*5v , dompter j 1-ntjoc 
{liinpos ), du val. 

Damithalf.s, Grec qui donna 
l'hospitaliti'; à Grès. Elym. (î^fxoç, 
peuple ; .SacUttv ( thalleùi) , ger- 
mer. 

1. DA»l^AMÉ^Éus , un des trois 
principaux Dactyles Idéens. 

2. — C'est aussi un surnom du 
soleil , dont la puissance dompte 
tout. ttym. (JâfiVYjfAi (^damiiémi) , 
je dompte. 

DAM^^PPE , nom d'homme. 
Etym. Soi.tJ.S.v , dompler ; îirraoç 
{hippos) , cheval. 

Damo, fille de Pythagore. .'>ou 
père lui confia eu mourant ses se- 
crets et ses txrits, avec défense de 
jamais les divulguer. Damo se 
trouva dans la dernière misère , 
et pouvant tirer une grosse somme 
des livres de Pythagore , elle aima 
mieux supporter l'indigence que 
•le manquer aux promesses qu'elle 
avait laites à son père. Pythagore 
avait voulu qu'elle se vouât au 
célibat; un grand nombre de filles, 
à son exemple , embrassèrent le 
môme état, et se miient sous sa 
conduite. Ainsi le premi»?r fonda- 
teur des couvens est un philo- 
lophe. Ûamo mourut laissant une 
grande réputation d'esprit , de 
sagesse et d*; vertu K. <Jt)/jloç , 
peuple. 

Damoclès , gloire du peuple; 
parasite de Denys , tyran de Syra- 
cuse. Tout le monde connaît l'idée 
que ce prince lui donna de la féli- 
cité des tyrans, c'est-à-dire une 
épée nue suspendue à un crin de 
cheval. R. xk'o; (kleos), gloire ; 
Siiioi ( damos ) , dorique , pour 

Damocrate , puissant auprès 
du peuple , ou force , pouvoir du 
peuple. Un Rhodien de ce nom est 
vanté par Athénée, comme un ar- 
tiste qui excellait à faire des cou- 
pes. Etym. iJà^u-o;, pour (J^j/o;. 

Damocrita, femme d'un grand 
courage, qui, voyant son mari 
exilé, sans qu'il lui fût possible do 
le suivre, et ses filles privées pai' 



DAM Î157) 

un décret de tout espoir d'établis- 
sement, mit le feu à un édifice 
où les dames les plus distinguées 
de l'Etat s'étaient renfermées pour 
un sacrifice, poignarda ses filles 
et se tua sur leurs corps. Etym. 
-îyjfxoç ; xpiTOi (hilês), juge. H. 
xpevfiv (kri/ieiii) , juger. 

Damocrite, historien grec. 
Môm. étym. 

Damoetas, nom de berger dans 
Virgile. H. «îyiy.o;. 

I. Dasion, pliilosophe pythago- 
ricien, connu parle rare exemple 
d'amitié qu'il donna à Phinlias, 
à la place duquel il se mit en la 
puissance de Denys -le-Tyran. 
Phinlias fut digne de son ami. Il 
revint au jour marqué, dégagea 
son ami, et ce trait touchant dé- 
sarma la colère de Denys, qui par- 
donna à Damon , et les pria l'un 
et l'autre de le recevoir en tiers 
dans leur amitié. R. (J-flf^oç. 

2. — Poète-musicien , précepteur 
de Périclès, joignait à l'étude de 
l'éloquence celle de la philosophie, 
et surtout de la politique. Cet ar- 
tiste, qui. sous les dehors agréa- 
bles de la musique, voulait cacher 
à la multitude sa profonde saga- 
cité, voyant un jour des jeunes 
gens que les vapeurs du vin et un 
air de flûte joué sur le ton phry- 
gien avaient rendus extravagans, 
ramena tout à coup le calme daris 
leur âme, en faisant jouer un air 
sur le ton doux. 

Damophila , compagne de 
Sapho, avait composé des poésies 
amoureuse.^ et des hymnes en l'Iion- 
neur de Diane. Etym. (îàu.o; , peu- 
ple ; (filnv (philein), aimer. 

1. Damophile, sophiste grec. 

2. — Peintre célèbre. 

3. — Sicilien dont l'insolence 
donna lieu à une révolte d'esclaves 
qui le massacrèrent avec toute sa 
famille. Mêra etym. 

Damosthate, avait écrit sur les 
poissons un Traité divisé eu vingt 
livres. Etym. (Jàiioç ; çp^cro; (^stra- 
to*), armée. , 

D.iMoxÈNE, poète comique athé- 



224 DAP 

nien. Athénée nous a conservé le 
titre d'une de ses pièces, qui parait 
piquant. On peut le traduire 
par « riiomine qui se pleure lui- 
mÔHie », ou « qui est en deuil de 
lui-même. » Eavrov UtvQwv ( Eau- 
ton Penthôn). Elym. (îàfio<;, pour 
Jv)/xoç; Ç/voî (xenos), étranger. 

Dak , Juqenieiit ; cinquième fils 
de Jacob, et le premier de Bala , 
servante de Rachel qui lui donna 
ce nom , parce que le Seigneur 
aya'ii juge en sa faveur. 

1. Danaé, fille d'Acrisius , roi 
d'Argos, que Jupiter rendit mère 
de Persée , en s introduisant en 
pluie d'or dans la tour où elle était 
gardée. R. ^ava/i {danat), laurier 
d'Alexandrie. 

2. — Fille de la célèbre Léon- 
tium ; elle avait été l'amante de 
Sophron , gouverneur d'Ephèse , 
et devint ensuite l'amie de Laodi- 
cée sa femme. Elle découvrit alors 
les pièges que celle-ci tendait à 
son époux, et sut l'en prévenir à 
temps. Sophron prit la fuite. Da- 
naé, arrêtée, fut condamnée par 
sa rivale à être précipitée du haut 
d'une tour; nouvelle qu'elle reçut 
sans effroi. Elle s'avança en si- 
lence sur le bord du précipice , 
s'exprima sur le compte des dieux 
avec assez de liberté , et se laissa 
précipiter ensuite. M. R. 

Dkviel, Jugement de Dieu; un 
des grands prophètes. 

Damjbe, grand fleuve d Alle- 
magne. Les savans se sont évertués 
à trouver l'étymologie de ce nom. 
Une des plus plausibles est l'opi- 
uion qui la tire du mont Abnoba , 
dont , suivant quelques uns , il 
prend sa source, quasi Âbno- 
bium. 

Dapalis , surnom de Jupiter , 
tiré des grands festins faits en son 
honneur. R. dapes , mets. Mot qui 
vient peut-être du verbe grec , 
^a-rrltiv (dapleiii) , manger avide- 
nieat. 

Daphitas, grammairien qui fut 
mis en croix sur le mont Thorax 
en Magnésie , en punition de ses 



DAR 

vers satiriques. R. SxTzTetv (dap- 
tein) , déchirer j parf. act. 5eiîâ<pa 
( dedapha). 

DAPH^JEA, Daphnjeus, Daph- 
NiTÈs, surnoms de Diane et d'A- 
pollon. R. (îa<pvï) ( daphné) , lau- 
rier. 

1. DAPH^É, nymphe métamor- 
phosée en laurier. 

2. — Femme contemporaine du 
siège de Troie. On dit qu'Homère 
avait tiré des poésies de cette 
Daphné, les plus grandes beautés 
de V Iliade et de Y Odyssée , et 
qu'il avait ensuite supprimé les 
originaux, pour faire perdre la 
trace de ses larcins. Etym. <îatpv/). 

DAPH^ÉPHAGES , inangeui's de 
laurier; devins qui mangeaient 
des feuilles de cet arbrisseau, avant 
de rendre leurs réponses, pour 
faire croire qu'Apollon les inspi- 
rait. Etym. êix(fvn; tpâyeiv (plia— 
ghein) , manger. 

DAPH^ÉPHORE, jeune homme 
d'une famille distinguée qui, dans 
les Daphnéphories , fêles d'Apol- 
lon, portait une branche d'olivier, 
ornée de guirlandes de laurier. 
Elym. (îzcpvï) ; tféptiv [phereiii) , 
porter. 

Daphms, berger de Sicile, fils 
de Mercure , à qui les Muses elles- 
mêmes inspirèrent le goût de la 
poésie. On le regardait comme 
l'inventeur de la poésie bucolique. 
R. (îa-f v/) , laurier; parce qu'après 
sa naissance il avait été exposé 
sous un arbre de cette espèce. 

Daphnoghetès , doul le laurier 
fait la joie; surnom d'Apollon. 
Etym. Sixfvt)j ynOùv (ghéthein) , 
donner de la joie. 

DAPHft OM ÈLE, gouverneur 
d'Acre, sous le règne de l'empe- 
reur Basile. Elym. Soi-fv-/); fi/Xoç 
( nielos ), noiwhie , mesure. 

D A RI) A ^ us, fondateur de Troie. 
Etym. Scf-pScAivin ( dardainei/i) , 
chercher. 

Darès , Phrygien, historien de 
la guerre de Troie. Etym. (îatptiv 
((/a /m'/j), couper. \\.^vUiv (daiein), 
briller. 



DEC 

Dabi us, nom commun à plu- 
sicms roi.s de Perse. Etym. Sûf.-/) 
[dai-é], dor. pour (î>)pv) { dt'ré ) , 
ou ivpt; {(ii'ris), combat. Hébr. 
qui s'informe. 

D ASius , nom d'homme. R. S^.tj- 
(dasus), velu. 

DAS'ïPOD\vs,aupied velu ; nom 
grec d'un savnnt allemand. Etym. 
Saavç j «oOç , iroiîoç (^poiis , podos ) , 
pied. 

Dathan , loi; un de ceux qui 
conspirèrent contre Moïse et Aa- 
ron. 

David, aimable; roi de Judée 
et prophète, grand capitaine, eut 
de hrillans succès et de cruels re- 
vers, et laissa à son fils Salomon 
la gloire d'élever le temple de Je- 
rusalcm. 

Davus , nom d'esclave dans Té- 
lence. Etym. de Dacie. Les es- 
claves étaient désignés par le nom 
de leur pays j ou par syncope pour 
dalivus , rusé. 

Deboea , abeille ; prophétesse et 
juge d'Israël. 

Décammchtjs, courtisan d'Ar- 
chélaùs, ayant reproché à Euri- 
pide qu'il avait l'haleine mauvaise, 
le poëte s'en plaignit au roi, qui 
livra le courtisan à sa discrétion. 
Apparemment qu'Euripide porta 
un peu trop loin la vengeance ; car 
Décamnichus , outré , conspira 
contre Archélaijs, et causa la mort 
de ce prince. Etym. êéx% (deka) , 
dix; (j.v5i (mna), mine; i'x^'-v 
(echein), avoir. 

Décapolis, contrée de Syrie, 
ainsi nommée de dix villes qu'elle 
contenait. Etyjn. êéxoi ; -rtiXi^ (po- 
lis), ville. 

Décatéphore , surnom d'Apol- 
lon, sous lequel Mégare lui avait 
éle\ é une statue faite de la dixième 
partie des dépouilles remportées 
Sur les ennemis. Etym. o/xaro; 
(dehatos), dixième, li. lî/xa: tp/oscv 
(pherein), porter. 

Dkck>tius, frère de Magnence, 
se pendit après la défaite de ce 
tyran. Etym. decere, con\enir, 
6tre décent. 



DKI 225 

Deci.ma, divinité romaine, dont 
la fonction était de préserver le 
fœtus de tout accident, lorsqu'il 
allait jusqu'au dixième mois. R. 
decem , dix. 

1. Decimics, nom romain, dé 
decimus , dixième. Dérivé : Deci- 
mianus. 

2. — Un médecin de ce nom , 
de basse condition, mais né avec 
des sentimens élevés, donna trois 
cent cinquante mille sesterces 
pour paver les chemins. 

Decimus, prénom romain; de 
decem. Celui qui naissait le dixiè- 
me. Farixtii. 

Decics, nom romain , à decem , 
ou bien h decere , beauté. Dérivé ; 
Decianus. 

Decokosus, nom d'homme. 
Etym. decus , honneur, gloire. 

Dectadas, DECTIo^, nom.s 
d'auteurs grecs peu connus. Le 
dernier avait fait un commentaire 
sur Lycophron. R. Ssxs<yOai (de- 
ckesthai), recevoir; (Îextoj (dek- 
tos ) , reçu. 

Dédale, inqénieux ; artiste ha- 
bile, architecte et statuaire distin- 
gué, inventeur de la cognée, du 
niveau , du vilebrequin , construi- 
sit, en Crète, le fameux labyrin- 
the, y fut renfermé, et se mit en 
liberté au moyen d'ailes artifi- 
cielles qu'il fabriqua avec de la 
cire. Etym. Sal^'Aoq (daidalos) , 
plein d'art. R. oas'îaÀ/.Eiv (daidal- 
lein), orner, élaborer, varier. 

Dédale, nourrice de Minerve, 
habile dans les travaux de femme, 
qu'elle enseigna à cette déesse. 
R. dat(îa).).££V. 

DEFE^soR, surnom sous lequel 
Hercule avait à Rome un temple 
où les gladiateurs licenciés ve- 
naient supsenclre leurs armes. R. 
defendere , défendre, protéger. 

Deichorcs , danse guerrière ; 
nom d'un auteur grec peu connu. 
Etym. S-riio- (déios), belliqueux; 
pfopo; (choi'os), chœur, danse. 

Déidamie, épouse d'Achille et 
mère de Pyrrhus. Etjm. ê-n'io^ ; 
S<xiJ.Zv (daman), dompter. 

i5 



2 20 



DEI 



Dkimashus, liéios fabuleux. 
Etym- Sa-Uiv (daiein), brûler; 
jjiax^ ( machc) , combat, ou (SetfAoç 
{^deiinos), terreur; Ix"" {echein), 
avoir. 

Deimos , fil» lie Mars cl de Vé- 
nus, conducteur du char de Bel- 
]one. Etyin. étepoç. R. Stl'^c(.v 
(cleidein), craindre. 

Deilochcs, fils d'Hercule et de 
Mégare. Etym. ^ainv (daieùi), 
Ki-ùler ; (îaiç ( dais ) , bataille ; ),oxoç 
(lochos), embuscade. 

Deiochus, Grec tué par Paris. 
Etym. SaUiv ; i'xtiv ( echein ) , 
avoir. 

Deiopée, dont le regard brûle ; 
belle nymphe de la suite de Junon, 
Etym. ^at'siv ; ov|/ , ôtoo; ( ops , opos), 
œil. R. oïrltiOa; (uf/lesthai) , voir. 
DÉiPHiLE, qui aime les com- 
bats ; héroïne grecque , fille d'A- 
draste et femme dcTydée. Etym. 
^aiç (dais), combat; (pi),£~v {phi- 
leiii), aimer. 

DÉiPHOBiî, qui craint le com- 
bat; fils de Priam, époux d'Hé- 
lène qui le livra, dans son som- 
meil , à .sou premier époux Méné- 
las, par lequel il fut mutilé, 
Etym. (îac^ç ; <poÇo; (pJiobos), yeitr. 
Déipfion , voix belliqueuse ou 
brillante; fils de Triptolèine, que 
Cérès laissa brûler dans les flam- 
mes , à travers lesquelles elle le 
faisait passer pour le purifier et le 
rendre immortel , parce que Mé- 
ganire sa mère , alarmée de ce 
.spectacle , troubla par ses cris les 
mystères de celte déesse. Etym. 
(îaï; (dais), combat, ou <îai£(v, 
brûler; tpcovï) {phànê) , voix. 

DÉiPHONTE , chef des Doricns, 
s'étant rendu par un stratagème 
maître des parens, des femmes et 
des enfans des Argiens, les força 
de lui livrer leurs villes. R. <îai? ; 
tpcvEcv (phenein), tuer. 

DÉiPiiYLL'S, fils de Sthénélus , 
héros grec. Etym. <îaiç ; tp-ulii 
(phulé) , tribu. 

Déipnolochus, qui épie les di- 
ners ; nom de parajite. Etym. 



DEL 

'îtÎTrvov (deipnon), dîner; Xo^oç 
(lochos), embuscade. 

DÉIP^0PH0BES , femmes qui ap- 
portaieutà dîner dans une fCte des 
Rameaux , instituée par Thésée à 
son retour de l'île de Crète. Efym. 
Sùnvov ; tf£[jiiv ipherein) , porter. 
Déipnosophistes , c'est-à-dire 
les sophistes à table ; titre d'un 
ouvrage d'Athénée. Etym. êiTnvov ; 
aoyo; (sophos) , sage. 

Oéipmîs, dieu auquel les Achéens 
attribuaient l'institution bienfai- 
sante des festins. R. StT-rtvov. 

DéirvRus, feu brillant; capi- 
taine grec tué au siège de 'l'roie par 
Hé I en u .s'. Ety m . <îai £ i v ( da iein ) , 
briller; Trvp , ■nxjpoi; (pur, puros) , 
feu. 

Déjamre, f/ui triomphe des hé- 
ros ou qui brille son mari ; épouse 
d'Hercule, qui causa sa mort en 
lui envoyant la robe trempée dans 
le sang «lu centaure Nessus. Etym. 
ê-nitiv (deiein), vaincre, ou ^rjiôiv^ 
(deidn), brûler. R. SolUiv (daiein), 
mém. sens; àvop (anér), vir, 
époux. Ce nom , chez les anciens , 
était au rang des noms malheu- 
reux. 

DÉJOTARUS, roi dcGalalie ,que 
Cicéron défendit auprès de César. 
Lorsque Crassus, marchant contre 
les Parthes, traversait la Galatie» 
il trouva ce prince octogénaire 
"occupé à b.-itir une ville, et lui dit 
qu'il s'y prenait un peu tard pour 
bâtir. « Mais vous-même , sei- 
gneur, répondit Déjotarus , vous 
ne vous y eles pas pris trop matin 
pour faire la guerre aux Parlhes. » 
Crassus avait alors soixante ans, 
et paraissait en avoir davantage. 
Etym. (îyjVoTo; (di:iotés), combat, 
hostilité; ovt'iôta (déioô), vaincre. 
Délia, brillante; nom d'une 
Romaine que Tibulle a célébrée 
dans ses vers , et dont le vrai nom 
était Plan la. R. ê7,loi; (délos), 
clair , brillant. 

1. Délits, surnom d'Apollon. 
M. R. 

2. — Un des officiers de Marc- 
Antoine, mérita le titre de dcser- 



DEM 

teiir, ou VI hi'iicur cl'S ;^uinTs ci- 
x'iles {de^uUor) , parce (ju'il avait 
fjuillé Dol.iljolla pour Cassius , 
Tnssius pour Antoine, et oiifiii 
.Antoine pour César. 

Délos, i!e de l'Archipel grec , 
<(ue Neptune fit sortir d'un coup 
de son trident en faveur de Latoiso 
R.Jyj/oç, visible, apparent. 

Delphes , ville de la Pliocidc , 
célèbre par l'oracle d'Apollon 

Dki,piiIcoi.a , qui halÀte Del- 
phes ; surnom d Apollon. Elym. 
Delphi , Delphes ; cnlo , j'habite. 

Di LFHiDirs , rhéleur de Bor- 
deaux , dont Au.sonc vante l'élo- 
f(uencc et l'amabilité. 

Delphioce, surnom d'Apollon , 
que Macrobe dérive de êilfoç 
{del/>hos) , vieux mot grec qui 
signifie seul; parce que sa lumière 
efTacc celle de tous les astres et 
brille seule durant le jour. 

Delta , contrée supérieure de 
l'Egypte , dont la forme triangu- 
laire représente un A ( flelia ). 

Deltoto> , constellation placée 
au-dessus de la tête du Bélier, et 
compo.sée de trois étoiles , dispo- 
sées en tr.iangle,en A (delta). 

T)llue>tihcs , dieu que les ha- 
bitans de Cnistumies invoquaient 
dans les temps de guerre , pour 
être préservés de tous ravages de 
la part des ennemis. Etj'm. de- 
luere , laver. 

Démadk, orateur athénien, de 
marinier dc\int homme d'Etat. 
Fait pri.sonnit'r à la bataille de 
Chéronéepar Philippe, pi'rc d'A- 
lexandre-le-Grand , il eut le cou- 
rage de faire rentrer en lui-même 
ce prince, que la victoire avait 
enivré. Comme il insultait aux 
prisonnici"s : « Je m"éfonne, lui 
dit Démade, que la fortune vous 
ayantdonnélerôled'Againemnon, 
vous vous abaissiez à faiie celui de 
'I hersifc. » t^et orateur fut mis à 
mort comme suspect de trahison. 
Etym-. ôvjyo; ( dt'mns ) , peuple j 
iiirj (adein), plaire. 

I. DKM;^;^ÈTE , f/iii exhovie le 



DEM 



22; 



peuple ; surnom d'Esculjpc Sur les 
bonis de l'AIpliée. 

2. — Nom de femme. Etym. 
S-njJo^; aî'vttv (aiiiein), louer, 
exhorter. 

Demagète, nom d'auteur grec. 
F. Daïiagète. 

DiLm AGORAS , orateur athénien , 
proposa un jour au peuple de faire 
d'Alexandre un treizième dieu ; 
flatterie qui le fit condamner à 
une amende de cent lalens. Etjm. 
ôriy.c;, peuple; cr.yofjy. (agora), 
place aux jugemens. 

1. Désiauatk, demande par les 
t'œux du peu/lie ; nom d'homme. 
Etym. (ÎTifioç, et àpâojj.ai (araomai), 
je fais des vœii.x ou des impréca- 
tions. R. àoà ('ara), vœux. Ce 
nom fut donné au fils d'Ariston , 
roi de Lacédémone, parce qu'a- 
vant sa naissance tout le peuple 
avait fait des vœux pour que leur 
roi eflt un fils. Exilé par les in- 
trigues de Clénmène , il se retira 
à la cour de Darius. On lui de- 
mandait un jour pourquoi, étant 
roi, il s'était laissé exiler : « C'est, 
répondit-il, qu'à Sparte la loi est 
plus puissante que les rois. » 

2. — Corinthien , père de Lucu- 
mon , qui fut depuis roi de Rome, 
sous le nom de Tarquin l'Ancien. 

1 . DÉS1AEÈTK, venu du peuple, 
ou vertu populaire ; nom d'homme. 

2. — C'était aussi le nom de la 
femme de Gélon , roi de Syracuse . 
qui l'avait donné à la monnaie 
ayant cours dans ses Etats, la- 
quelle s'appelait demareiiuin. 
Etym. 0/jfi.oç ; àpsTv) ( arelé ) , 
vertu. 

DÉMAKisTE, mère de Timoléon. 
Etym. ijyjf/o; ; ôiotça (arisla), épi 
«le blé, on apiro; (aristos) , le 
meilleur. 

DÉMARQcn , gui commande au 
peuple; médecin célèbre. Etym. 
àp^ô (arche), commandement; 

o-/)f(.o;. 

DÉMAs, nom d'homme. R. 

I. Déméas , orateur athénien, 
fils de Démade, second du nom , 

»5, 



21% 



DEM 



qu'avait adopté Démade l'^'. R. 

2. — Le premier qui donna des 
leçons d'escrime. 

DémÉe, vieillard dans Térence, 
qui vit à la campagne d'une ma- 
nière plébéienne. R. êrtiioç. 

Demeteh , nom grec de Cérès. 
I" étym. AïifAvÎTvjp (Démêler') , 
quasi êiSS'ja. (Avirvip {didousa mê- 
ler), mère libérale, oh frumenli 
largilionem. Plai. R. «îicJovai {di- 
donai), donner. 2"^ étym, ^yijjiojliï)- 
Tïjp {démométér), nourrice des 
peuples. R. <î/i/xoç. 3* étym. yri fi-n- 
TYip (^hé mêler), terre mère. 

t. UÉMzym'cs, consacré à Cérès ; 
nom commun à plusieurs princes, 
dont le plus célèbre est Démétrius 
Poliorcète, fils d'Antigone, un 
des successeurs d'Alexandre-le- 
Grand, dont le caractère offre de 
grands rapports avec celui d'Alci- 
biade. R. Avifxvîr/ip (Démêler), 
Cérès. 

2. — Philosophe cynique, dis- 
ciple d'Apollonius de Tyane , 
e.\ilé par Vespasien , vanté par 
Sénèque , paraît a^ oir plus mérité 
l'animadversion du prince, que 
les éloges de l'écrivain. M. R. 

DÉMiPHiLE; écrivain grec cité 
par l'empereur Julien dans son 
Misopogon. Etym. ^^fxoç; <fCki~v 
{philein), aimer. 

Démiphok , lumière ou voix du 
peuple; nom d'un vieillard dans 
Térence. R. ^vi.uioç; tfwq (phôs) , 
liimièi'e, ou (puvvi {phôiié), voix. 
Démiurge, nom que les plato- 
niciens donnaient au créateur de 
l'univers. Etym. ^Tip-oç ; Ipyov ( er- 
gon), ouvrage.. 

DÉMO, courtisane grecque, sin- 
nommée Mania , folie , chèie à 
Antigone et à Détnélrius son fils, 
fut rivale de Laraia. R- «yripto;. 

Démocède .quia soin du peuple , 
plebicola ; fameux médecin grec. 
Etym. SriiLot; ; rSfièoc, ( kêdos), soin. 
Démocharès, qui réjouil le 
peuple ; orateur athénien , neveu 
de Démosthène. On connaît sa 
réponse peu polie à Philippe. Ce 



DEM 

prince, vers lequel il avait été en- 
voyé en ambassade, lui ayant de- 
mandé ce qu'il pouvait faire d'a- 
gréable aux Athéniens : « C'est . 
répondit-il , de te pendre. » Phi- 
lippe reçut cette insulte sans s'é- 
mouvoir, et le roi se montra su- 
périeur au républicain. Il avait 
écrit l'histoire, mais, dit Cicéron, 
plus en orateur qu'en historien. 
R. (îrifiioç ; ^aipEtv ( chaire in ) , ré- 
jouir. 

Démoclès , gloiie du peuple ; 
jeune garçon d une rare beauté, 
qui, pour se soustraire aux infâ- 
mes poursuites de Démétrius Po- 
liorcète, se jeta dans une chau- 
dière d'eau bouillante, et y périt. 
Etym. èri'j.0!; ; x)i£oç ( kleos ) , gloire. 
Cémoclide, médecin, guérit 
Polycrate , tyran de Samos, qui 
paya sa cure deux talens. M. R. 

Démoclite , auteur grec, avait 
écrit sur l'histoire de Perse. Etym. 
Sriy-oc, ; xXeito; ( kleitos ) , illustre. 

Démocoon, héros grec. Etym. 
^^fiioç ; X06) (hoo) , je sais. 

I. Démocrate, pouvoir du 
peuple; architecte d'Alexandre, 
qui bâtit Alexandrie. 

■2. — Athlète d'une telle force , 

que personne ne pouvait le faire 

sortir du cercle où il s'était placé. 

3. — Médecin. Etym. Sri^oi^y 

xpûcToç ( kralos ) , pouvoir. 

DÉMocRiTE, qui juge le peuple ; 
philosophe grec , natif d'Abdère,. 
disciple de Leucippe, voyagea dans 
tous les pays où il crut pouvoir 
acquérir des connaissances. C'est 
dans un ilc ces voyages ([ue , se 
trouvant à la cour de Darius 
Ochus , inconsolable de la perte 
d'une de ses femmes, il promit de 
la faire revivre, pouvu qu'on lui 
trouvât le nom de trois personnes 
dont la vie se fût écoulée dans une 
félicité constante, pour les graver 
sur le tombeau de la princesse ; la- 
recherche fut vaine, et Darius se 
consola. Sa sagesse, traitée de folie 
par ses concitoyens , mérita les 
éloges et l'admiration du célèbre 
Hippocrate. Il regardait les ato- 



OEM 

•mes comme le- (iiincipe <lo louU-s 
«-■ho.scs, et croyait que de leurcon- 
cours forluit s'claient formés les 
qiiiitre élcmeiis. Suivant lui , ràmc 
nieurl a\ec le corps. Etjra. (Jyjfioç ; 
xpt'veiv ( krincin ) , juger; xpirvi? 
ykrilcs), jngc; étymologie assez 
coii\ciial>leà un philosophe, dont 
le rire habituel décèle uu juge 
pénétrant de la vanité des choses 
humaines. 

D É M o D A SI A s , qui dompte le 
peuple ,-écrivain grec.Etyn].(î^fjL05 ; 
^ofAàv ( damdn ) , dompter. 

Désiodice, femme grecque, sur 
laquelle on fait la in»ime liistoire 
que sur la sœur des Horaces,tuée 
par son frère , vainqueur des Cu- 
riaces. Etym. iÎy)u.oç ; ^îxv) [dikè), 
justice. 

DÉsioDicus , justice du peuple. 
R. (îrif/o; ; Sixf] ( diké), justice. 

Démodocus , un des disciples 
de Socralc. Etym. (ÎYifjioç ; Sôxeiv 
( dokein ) , estimer. 

DÉBior.oRGON, divinité ou génie 
de la TerrCj tellement révérée en 
Arcadie, qu'il n'était pas permis 
de prononcer son nom. Elym.(îat- 
fi<i)v ( daiinon ) , génie ; yuapycx; 
(i;heorgos) , qui travaille la terre. 
K . yaîbc , yTi ( gaia , ghé ) , terre ; 
î'pyov (ergoit) , ouvrage. 

DÉsiOLÉoK,/e lion du peuple^ 
héros grec. Etym. (î/ip.oç ; J/uv 
(lion ) , lion. 

Démologus, écrivain grec. 
Etym. (îyjfjioç ; léyoç ( logos ) , dis- 
cours. 

DÉMON, neveu de Démosthène, 
gouverna la république durant 
l'absence de son oncle, et Gt pas- 
ser le décret de son rappel. P>. 

DÉM0^AssE , reine du peuple; 
héroïne grecque, fille d'Amphia- 
raiis et d'EripLile. Etym. <î/)fj.oç ; 
avacia ( anassa), reine. 

DÉM0^AX, philosophe Cre- 
tois , contemporain de l'empereur 
Adrien , n'était attaché à aucune 
secte , mais empruntait de chacune 
ce qu'elle avait de bon. Il se rap- 
prochait de Socratc pour les prin- 



DEM 



229 



cipes , et de niogéne pour la vie. 
A l'âge de cent ans il se laissa 
mourir de faim sans rien perdre 
de sa gaîté ; lut respecté durant sa 
vie , et loué par Lucien même 
après sa mort. Etym. iJyî/aoç ; ava^ 
( aitax ), roi. 

1. Démomce, fille d'Agénor. 
Etym. (îyip.O(; ; vi'xyi (niké), victoire. 

2. — Fille grecque , qui livra 
Ephèse à Erennus, chef des Gau- 
lois, à condition qu'on lui don- 
nerait les joyaux des dames de la 
ville. Brennus acquitta sa pro- 
messe, en la faisant étoufl'er sous 
la quantité des joyaux d'or que ses 
soldats a\ aient pillés. Etym. (î^fto;; 
vtxn (/itke'), \ictoire. 

Djémokiqce , vainqueur du 
peuple; nom d'homme. R.iî%.05; 
vixàv ( /j/Art/i) , vaincre. 

DÉMOPHASE, nom d'homme. 
Etym. (J^jAoç ; <fa.aiv/ (phaiiiein), 
paraître. 

Démophila , qui aime le peuple; 
nom de courtisane. Etym. ^y);/.oç ; 
filoç ( philos ) , ami. 

DÉRioPHiLE , fils de l'hislorieu 
Ephorus, avait écrit V Histoire de 
la Guerre sacrée , c^est-à-dire, de 
celle à laquelle donna lieu le pil- 
lage du temple de Delphes par 
Philomèle le Phocéen. 

Démophon, </wf' éclaire le peu- 
ple ; auteur grec , avait écrit sur 
les étymologies. Etym. <îyi|7.oç; tpau 
{phaô ), briller ; ou voix du peu- 
ple. K . tpcovY) ( phoné ) , voi.K. 

Démophoon, nom d'un roi 
d'Athènes, personnage qui appar- 
tient aux temps héroïques. Etym. 
<îr);j.O(; ; <fâi; ( phos ) , lumière. Fi. 
tpâtù (phaô ) , luire. 

Démopolis, fils de Thémislocle, 
fut lapidé avec son frère Néoclès , 
par les Athéniens , pour être re- 
venus à Athènes malgré les lois 
faites contre les exilés. Etym. Sii- 
fio; ; Tsôlii; (polis), ville. 

DÉ1M0STHÈ^ E,Jorct; du peuple ; 
célèbre orateur athénien , dont le 
nom a un grand rapport avec ses 
services et ses taiens. Les ciicons' 
tances de sa mort sont en général 



2JO 



DEN 



mniiis coiiriircs que les détails de 
sa vie. Il s'était retire à Calauric 
dans un asile inviolable consacré 
à Neptune j mais à peine y fut-il 
arrive , qu'Antipater envoya un 
comédien nommé Archias pour 
se saisir de lui. Celui-ci voulut 
d'abord lui persuader de le suivre ; 
mais Démostliène lui disant qu'il 
jouait mal son rôle, il se disposa 
à employer la force. Alors Démos- 
tliène feignit de céder à ses ins- 
tances, et portant la main à la 
boucbe, comme pour adorer Nep- 
tune, il prit du poison qu'il par- 
tait depuis long-temps dans une 
plume , et se donna courageuse- 
ment la moi t , qu'il avait redoutée 
sur le champ de bataille. Les Athé- 
niens lui érigèrent une statue de 
bronze , avec cette inscription : 
a Démosthène, si tu avais eu au- 
tant de force que d'éloquence, ja- 
mais Mars le Macédonien n'aurait 
triomphé de la Grèce. » Etym. 
cîïî/xoç ; aQtvoi; ( sthenos ), force. 

Démostrate , auteur grec, avait 
écrit sur les fleuves. Etym. (îï7u.o; ; 
çparo; ( stralos ) , armée. 

1. DÉMOTELts , qui agit au nom 
du public ; auteur cité par Pline. 
Etj mt (î^^mo; ; Ts).o; ( lelos ) , oflicc , 
magistrat. 

•2. — Danseur, célèbre par une 
sorte de danse ()ui se faisait en 
lançant une balle en l'air et la 
retenant. 

DémOTImb, qui honore le 
peuple ; nom d'homme. Etym. Srt- 
p.oç ; TifAV) ( timé), honneur. 

D É M o T I o K , nom d'homme ; 
dimin. de Sri^.oc. 

Dé m o .X è w e , hôte du peuple ; 
pncte grec cité par Athénée. Etym. 
êrtij-oq ; ?£voç ( xenos) , hôte , étran- 
ger. 

DÉMYLE, parasite et gourmand 
vanté dans Athénée. Etym. Sofioç ; 
v\-f){hulê], bois, matière. 

Dendkinus, nom grec d'un 
écrivain nommé Boom, et d'un 
;iutre nommé Hlacuw. R. SîvSpov 
(dendron) , arbre. 

DtNnniTis , nom sous lequel 



DEN 

Hélène, pendue à un arbre par 
ordre de Polyxo, fut honorée après 
sa mort. R. ê/v^pov , arbre. 

Dfi^DROPHORE, épithètc ou sur- 
nom de Sylvain, qui était repré- 
senté portant un cyprès. Etym. 
SivSpov ; tpepîiv {pherein ) , porter. 

DE^sus, surnom d'un Sempro- 
nius. R. densus , épais. 

DE^TAT^s , né ai^ec des dents ; 
surnom de Curius et de Sicinius , 
Pline; ou qui n'ont, au lieu de 
dents , qu'un seules saiis fraction , 
comme Nicomède fils de Prusias , 
roi de Bitliynie. R. dens , tis. 

1. DiiKYS , contemporain d'A- 
lexandro-le-Grand et de Perdic- 
cas, et un de ses successeurs. Il 
était devenu si gros , qu'il donnait 
audience dans une armoire , et si 
assoupi , qu'on ne pouvait l'éveiller 
qu'en lui enfonçant des aiguilles 
dans la chair. L'histoire remarque 
qu'il fut regretté , parce que son 
gouvernement fut dou\ et mo- 
déré. 

2. — Denys l'Ancien, tyran de 
Syracuse ; ambitieux et guerrier , 
sanguinaire et politique, soupçon- 
neux et vindicatif, il eut tous les 
vices d'un usurpateur, et expia, 
comme Cromwel , son usurpation , 
par une vie inquiète et une cons- 
cience bourrelée. Mauvais poète , 
il envoyait en prison ceux de ses 
courtisans qui n'applaudissaient 
pas ses vers. Un succès dramatique 
lui coîita la vie. Une de ses tragé- 
dies ayant été couronnée à Athènes, 
il en conçut une si vive joie , qu'il 
lit rendre aux dieux de solennelles 
actions de grâces. Syracuse vit des 
fOtes pompeuses qui durèrent plu- 
sieurs jours, et le poëte couronné 
mourut d'une indigestion dans sa 
soi.xaute-troisième année 

3. — Denys le Jeune , plus cruel 
et moins adroit que son père , fut 
détrrtné , d'abord par Dion , puis 
par Timoléon, et se réfugia à Co- 
rinthc , où il ouvrit une école, 
pour se ménager encore, dit Cicé- 
ron, une espèce d'empire. Celte 
chute a paru une fable à un Allé- 



DEV 

«liiiiil, «jui a fiiil iingro8 111-4" pom 
■prouvtT que Denys n'a jamais clé 
in.'iih'c d'ccolc. Etym. Aeévuco; 
{ Dionusos) , Dioiiysus. P'ojezce 
-111 o t. 

Deo, ou Dio, Dom grue de 
Cérès , lire <!i- Sr,w(diô), trouver; 
alliisiori à la recherche qu'elle fit 
do sa fille. 

Dtois , siiruom de Proseipinc. 
Mêm. étym. 

Dkpulsor, (jui repousse on 
dèjeiid; surnom jle Jupiter. R. 
depcllere , repousser ou défendre. 
Debcylus , qui a L'œil perçant ; 
nom d'homme. R. rît'pxciv ( der- 
keiu), avoir l'œil vif, bieu voir. 

Der.masius , nom qu'a emprunté 
du grec un écrivain nommé Feller. 
£tyra. (J/pfn.a (derma) , cuir, peau. 
a. Scpaq {deras), cuir. 

Désidérius, nom d'un vice-roi 
d'Asie sous l'empereur Valenti- 
nicn. Didier en est la traduction 
française. R. desiderare, rc^ettcr. 
Des M oK TES, héros fabuleux. 
Etym. ^t<7fi£îv ( desmeiii) , lier. R. 
Stït ( deiii ) , lier. 

Despoika, souveraine ; surnom 
de Vénus dans la Grèce, de Cérès 
en Arcadic , et de Proserpiue , 
comme reine des morts. R. Siaité- 
Çjîv ( despozciii ) , avoir l'empire. 
Deccilion, roi de Tbessalie , 
sous le règne duquel les poètes pla- 
cent un déluge, et qui, avec Pyr- 
rha sa femme, fit renaître des 
hommes en jetant des pierres der- 
rière lui. Etym. SivtGf^c/.i (deues- 
thai) , èlve ariosc ; à>ia (halia), 
la mer; ou êt^xtiv (deukein), 
avoir soin; ou ttiyfti'j {leuchein) , 
fabriquer ; xa)ià ( kcdia ) , un coffre 
de bois. Le P. HerUing. 

Deutérie , nom de femme. R. 
^tvTspo; {deuteros ), second. 

Dlverra , déesse qui présidait 
à la propreté des maisons. R. vei^ 
rere , balayer. 

DEVERBo^A , la môme que De- 
verra, présidait sous ce nom à la 
récolte des fruits. M. R. 

DEVIA^A, surnom donné à 
Diane , parce que les chasseurs 



DEX 2J1 

sont sujets à «s'égarer. Etym. de 
via, sous-entendu cederc , se dé- 
voyer , s'égarer. 

Dexamèke, Néréide. R. êéxt<^- 
6ae ( dechestliai) , prendre, rece- 
voir. Part. I aor. m. <Σ$a(j.£vô (c?e- 
xamcné), qui, pris substantive- 
ment , vent dire : citerne. 

T)exicra.te , f/ui prend le pou- 
voir, ou qui en fait un usage 
adroit ; poêle comique, n'avait fait 
qu'une comédie, intitulée : « Ceux 
qui s'abusent eux-niénns. »Et\ni. 
és^iç ( dexis ) , action de prendre. 
R. SéxsuOa.1 , ou rhïio- { dexios) , 
adrcMt; ypâro; (kratos), pouvoir. 

Dexi créok, nom d'homme. 
El) m. (îs^io; ( dexios ), adroit; 
xpt'w ( kreô) , je règne. 

Deximaque , <pii combat avec 
adresse j nom d'homme. Etym. 
(îcÇioç ; f^a^/j (machi') , combat. 

Dexis icus. nom d'homme. 
Etym. ^e'Çtç {dexis), l'action de 
prendre ou de recevoir. R. Scytr:- 
Qtxi , recevoir ou prendre ; vcxyj 
( niké) , victoire. 

DEX*t'HA^E , qui montre son 
habileté; nom d'homme. Etym. 
Si'ii7.{dexia), main droite ; SeE,i<)<; ; 
tpaûtiv (pliainein ), montrer. 

1. Dexippe , adroit à cheval ; 
disciple d'Hippocrafc , dontSuidas 
nous a conservé ce trait qui mérite 
bien d'être connu. Hécatomnus , 
roi de Carie, l'ayant appelé pour 
le guérir, cet estimable médecin 
ne voulut y aller qu'à condition 
qu'Hécatomnus cesserait de faire 
la guerre à sa patrie. Etym. lîjqto; ; 
ou iΣ$i5 ( dexis), prise. R. ^é/_iGGai 
( dechesthai ) , prendre ; i'tt-wo; 
[hippos ), cheval. 

2. — Du des historiens d'A- 
lexandre, dont Eunape vante l'é- 
rudition universelle, et la raison 
supérieure. 

Dexithée , nom d'homme ou 
de femme. R. SzxcoQctt, recevoir; 
.^£0; (iheos) , dieu. 

D k xt i: k , adroit ; nom d'une 
famille romaine. Il y eut un con- 
sul de ce nom, coliègue de Fus- 



232 



DIA 



CHS 1 l'an de Rome 977- R- dexler , 
droit, adroit. 

DiAcTORCSjSuniom de Mercure, 
qui s'exprime sa fonction princi- 
pale, celle d'ôtre le messager des 
dieux. Etym. lîtâyav (diaghein ) , 
faire passer. R. oiytiv ( agkein ) , 
conduire. 

DiADEMATUs, surnom d'un 
Melelius, tiré d'un bandeau qu'il 
avait porté pour couvrir un ulcère 
à la tête. Etym. êiâS-fift-oi- R. <ΣÎ'v 
{dein ) , lier. 

DiADOCHUS , successeur j sur- 
nom que prit Produs , lorsqu'il 
prit la cbaire de philosophie de 
son maître Syrianus ; de <îtà , et 
de SzyiQ%a.i , recevoir. Parf. m. §i- 
Soya. ( dedocha ). 

1. DiADUMÉMJS, surnom du fils 
de Macrin , empereur romain , 
venu au monde avec une sorte de 
diadème autour de la tête. Mém. 
etym. 

2. — Figure d'un jeune homme 
couronné d'un diadème, ouvrage 
de Polyclète , estimé plus de 
ï 0,000 écus. Mém. élym. 

1. DiAGORAs, disse/tateur , 
haraiii^ueuv: philosophe al hénien, 
devint athée parce qu'on lui avait 
volés SCS vers, et que le plagiaire en 
recueillit les fruits et la gloire. 
Manquant un jour de bois, il jeta 
au feu une statue d'Hercule, en di- 
.sant : « Il faut que tu fasses aiijoui- 
d'hui bouillir notre marmite; ce 
sera le dernier de tes travaux. » 
Etym. (îiayopEvstv {diagoreuein ), 
disserter , haranguer. H. àyoçtit 
( agora) , marché, barreau. 

2. — De Rhodes, vit couronner 
ses trois enfans, le môme jour, aux 
jeux Olympiques. Ces jeunes gens 
vinrent se jeter dans ses bras , lui 
3niient leurs couronnes sur la tête 
pendant que le peuple les couvrait 
de fleurs , et le trop heureux père, 
incapable de soutenir l'excès de sa 
joie, mourut au milieu des félici- 
tations de ses enfans et de ses con- 
citoyens. 

DiALECTiCTJS , dialecticien ; sur- 
nom donné à un philosophe nom- 



DIC 

mé Diodore, inventeur d'uuesorle 
de raisonnement très -enveloppé. 
Etym. êtaliyîuQai (dialeghesthai) , 
raisonner. K. êià. (dia); Uyciv 
( leghein ) , parler. 

DiALOGisTA , sobriquet inju- 
rieux qu'Avidius Cassius donnait 
à l'empereur Marc- Antoine. Etym. 
èicflôyo^ ( dialogos) , dialogue. 

DiAKASTE, nom de nymphe. 
Etym. (îiavauTocto ou (Jtavc<TTYip,t \dia- 
nisttmi), se lever, ou élever. 

Diane , déesse , fille de Jupiter. 
R. Aib; ( Bios ), gén. de Ztùç 
( Zeus ) , Jupiter ; ou (îcatvEtv 
( diainein ) , la^er , humecter. 
D'autres le dérivent de dies, jour. 
f^. Artemis. 

Diaphanes, fleuve de Ciiicie, 
ainsi nommé de la limpidité de ses 
eaux. Etym. (îiatpavyi; (diaphanes), 
transparent. R. (îià (dia) , à tra- 
vers; (poLÎviiv {pliainein), paraître. 
D1APH0RCS, nom d'un Grec qui 
remplissait devant Troie les fonc- 
tions de juge. Etym. (îiatpopoç {dia- 
phoros), divers, ou excellent. R. 
cîià {dia) ; fépti-/ (pherein) , porter. 
D I A p Y R u s , enjlammé ; nom 
d'homme. Etym. lîtà {dià)^ per, à 
travers ; -Trùp , -TTvpo; [pur^ puros) , 
feu. 

DiARÉTÈs , nom grec sous lequel 
s'est caché Léon Alberti. Etym. 
Sio. {dia), par; âpt-tï) (areté), 
vertu. 

DiAULUs, nom d'un médecin 
qui, dans Martial, est réduit à 
enterrer les morts. Etym. (JtauXo; 
(diaulos), course jusqu'à l'extré- 
mité de la carrière, et retour au 
point de départ. Roileau a imité 
i'épigramnie latine. 

Dic«us , juste; Apollon dut 
ce surnom à la fidélité avec la- 
quelle il garda l'or qui lui avait été 
confié par im fugitif, lors de la 
prise de Thèbes par Alexandre. 
Etym. Slxctio^ (dikaios), juste. R. 
êlx-n (dikê), justice. 

DicÉ , fille de Jupiter et de 
Thémis, une des déesses qui pré- 
sidaient à la justice. R. SU-n. 

I. DicÉAR<^)UE , philosophe grec. 



i 



DID 

croyait le ifcnre hiiiiiaiii ctcriicl. 
II pcnSciit que l'àme étail insépa- 
rable du corps, et périssait avec 
lui. K. Stxn ; àpxh (arche), prin- 
cipe, comniaiidenient. 

2. — Autre philosophe, orateur 
et géomètre , avait composé un 
Traité r/e la République de Sparte, 
qu'il était ordonné de lire tous les 
ans en public, eu présence de la 
jeunesse. 

DicÉE,DicÉARCHiE,noins grecs 
de Poiizzol, ville du royaume de 
JNaples , ainsi nommée , ou de 
Dicéarque son fondateur , ou de 
la justice avec laquelle elle était 
gouvernée. Mâm. étym. 

Djcénée, philosophe égyptien, 
t;ontemporaiu d'Auguste, voyagea 
en Scythie , civilisa ce peuple en- 
core sauvage , et opéra sur les 
Scythes un tel changement, qu'ils 
arrachèrent leurs vignes pour tarir 
la source de l'intempérance à la- 
quelle ils étaient adonnés. Etym. 
«îtxavo; (^dikanos), avocat. R. Sîx-n. 

DicÉocLÈs, gloire juste; écri- 
vain grec, cité par Athénée. Etym. 
(îixaco;; x/.£o; (A/eo5), gloire. 

DicÉoGÈNE , poëte grec, avait 
cojnposé des tragédies et des dithy- 
rambes. Etym. ^ixaioç ; yfîvtc-Ôac 
[gheinesthai), naître. 

DicÉopoLis , personnage des 
^charniens , comédie d'Aristo- 
phane, qui l'y représente comme 
un bon citoyen. Etym. (îixato;. K. 
§lxn ; -Bjo^iç (polis), ville. 

DicoRUS , surnom qu'eut Anas- 
tase , empereur grec, parce qu'il 
avait les deux prunelles de diffé- 
rentes couleurs , l'une noire et 
l'autre bleue. Etym. §]q ( dis ) , 
deux ; xopyj {korc), prunelle. 

DlCTï^^A, nom de Diane, à 
laquelle on attribuait l'invention 
des filets. R. Ji'xluoy ( dictuon), 
rets. Festus le dérive de (Jeixvvu 
(deicnuô), montrer, jjarce que, 
dit-il, sa lumière éclaire tout 
durant la nuit. 

DiDAscAUcus , habile à ensei- 
i^ner ; nom sous lequel s'est dé- 
guisé un savant moderne, nommé 



DIE 



aoo 



Jean Rhodius. Etym. SiSoLuxaXo:; 
(didascalos) , maître. R. (îicya(Tx£ty 
(didaskein), enseigner. 

DiDOK , reine de Carthage. Ser- 
vius nous apprend que ce nom , en 
langue punique , répondait à in- 
l'ago j femme d'un courage mâle; 
d'autres l'interprètent par errante, 
vagabonde. 

DiDRACHMÉ, surnom d'une cour- 
tisane grecque. Etym. S\i ( dis ) , 
deux fois ; ipcf.^i) ( drachme' ) , 
dragme , pièce de monnaie. R. 
Spiiativ [drassein), prendre. 

DiDYMA, surnom que Pindarc 
donne à Diane, sœur jumelle d'A- 
pollon. R. 5i(îvpioç {(lidumos) , ju- 
meau. 

1. DiDYM^cs, surnom sous le- 
quel Apollon était honoré comme 
le dispensateur de la lumière du 
jour, et la source de celle de la 
lune pendant la luiit. 

2. — Surnom de Janus, peint 
avec deux visages. R. SlS-j^i-o^. 

DiDYMARCHUs , ccrivaiu grec, 
avait composé des métamorphoses. 
Etym. (îi'iîvjj.o;; àpxn (arche), com- 
mandement. 

I. DiDYME, grammairien d'A- 
le.xandrie, fils d'un charcutier, 
avait composé trois mille cinq 
cents volumes. Foy. Chalkerte- 

ROS. 

2. — Poëte, avait fait des Géor- 
giques. 

3. — Philosophe académicien. 

R. OlOUfXOÇ. 

DiDYMÉ, courtisane célèbre par 
sa beauté , maîtresse de Ptolémée 
Philadelphe. R. <î[(îyfjioç. 

DiÉ»ÉCHUs , historien grec , 
avait écrit sur l'histoire de l^crse. 
Etym. of/)vs;c/i; (diéiiechcs) , conti- 
nuel. R. Sik (dia), qui répond au 
per des Latins; vivsxv); (tnechés) ., 
long, durable. 

DiESpiTER, surnom de Jupiter, 
considéré comme père du jour, 
diei pater. D'autres le dérivent de 
Aïoç (Bios), gén. de Ze-j; (Zeus), 
Jupiter , et de TraT/ip (patcr) , père. 

DiEUcnÈs, médecin ilont Pline 
liaric souvent. Elym. <ît«vp(e(j6(3(i 



u54 



DIN 



{flieucheslhai). R. Eu;(£<rOat , prier, 

DiEUciiiDAs , écrivain grec, 
avait fait une histoire de Mégare. 
M. R. _ 

DiGiTitjs, nom d'une famille 
romaine. Un Romain de ce nom 
fut honoré par Scipion l'Africain, 
d'une couronne murale, pour être 
monté le premier sur les murailles 
<lc Cartilage la Neuve, en Espagne. 
i\.. digitus , doigt. 

DiGNA , habitante d'Aquilée. 
Après la prise de la ville , cette 
héroïne , voyant qu'Attila , roi des 
Huns, voulait lui faire violence, 
prit un air riant, et l'invita à mon- 
ter dans les appartemens supérieurs 
de la maison. Pervenue à un en- 
lUoit qui donnait sur la rivière , 
elle s'y précipita en criant au 
prince barbare : « Suis-moi , si tu 
veux me posséder. » R. dignus , a , 
xim , digne. 

DiGONOs , né deux foin ; épithète 
de Bacchus. Etym. Sic, {dis), deux 
fois ; yitvtaOoLi. (gheinesthai), naître; 
parf. m. ytyô'/oi. (ghegona). 

Dijovis, surnom de Jupiter , 
quasi dieni ju\>ans , comme aidant 
la lumière à se répandre , ou die 
jUi^aiis , favorisant les mortels du 
don inestimable de la lumière. 
Etym. dies , jour ; yui^are, aider. 
f^qy. Zeus. 

DiM\QCE, nom d'homme. R. 
^t; (dii), deux foisj f^'^xn ('"«c/ie), 
combat. 

DiMiKiA, bourg de Béotie, du 
grec âift.-ôvov [diménon), bimestre , 
parce que la semence n'y reste que 
«Icux mois sous terre. R. ^î; ; fjyjv 
{inén), mois. 

Di MORPHOs , qui a deux forâmes ,• 
surnom de Bacchus. Etym. (îl; ; 
f).op!f}) (rnorphè) , forme. 

DiKA , qui Juge ,• fille de Jacob et 
de Lia, fut enlevée par Sichem , 
iils d'Hémor , roi du pays. Siméon 
et Lévi , ses frères, vengèrent ce 
rapt par le massacre de tous les 
«laies. 

D|^ACIUM , remuant ; jeune 
valet d;ins Piaule, de Sîvnv (di- 
.nein), faire mouvoir; tourner en 



DIN 

tout sens. R. Sîvn (diite), gouHie 
où l'eau tournoie. 

I. DiKARQWE, élève de Théo- 
phraste , orateur athénien , a laissé 
entre autres discours , une haran- 
gue contre Démosthène. Etym. 
Stivoi;(deinos'), véhément, terrible; 
àp-)(i) {arche), commandement. 
! — Poète de quehjue réputa- 

t ion, avait chanté les exploits de 
Bacchus dans l'Inde. 

DiMAS , historien grec. R. ^tivoç 
(deinos) , habile, effrayant, ou 
èivY) (diné), gouffre. 

Dl^ocHABÈs, architecte célèbre, 
le même que le suivant. Son nom 
a rapport à la grandeur de ses con- 
ceptions. Elym. ^£(voç, grand, ha- 
bile ; y_(x[ptii (cliairô), se réjouir , 
aimer. 

1. Di KOCRATE , /o/'ce tcifible ; 
architecte macédonien , proposa à 
Alexandre de tailler le mont 
Athos dans la forme d'un homme 
qui eût tenu dans sa main droite 
une ville , et dans la gauche une 
coupe, laquelle recevrait foutes 
les rivières, pour les ^erser dans 
la mer. Ce fut lui qui fut charge 
de bâtir Alexandrie. Ptolémce 
Philadelphe lui ordonna d'élever 
un temple à la mémoire de son 
épouse Àrsinoé. L'artiste, toujours 
ami du niervcilleux, se proposait 
d'y placer en fer la statue de cette 
princesse, suspendue entre deux 
pierres d'aimant. R. lîtcvo;; xparo; 
{kralos), force. 

2. — Mathématicien, contem- 
porain de Platon , inventa la (jua- 
dratrice, ainsi nommée, parce que, 
si on la décrivait en entier, on au- 
rait la quadrature du cercle. 

i.DiNOLOQDE,poëte comique, de 
Syracuse , ou d'Agrigente , avait 
composé quatorze comédies en dia- 
lecte dorique. 

2. — Coureur dont Pausanias 
vante la \itesse. Etym. (Jtivô;; 
Xo/oç (lochos), embuscade. 

I)l^OMAQUE, hahile ou vaillant 
guerrier j philosophe grec ,cifé par 
saint Clément d'Alexandrie. C'était 
aussi le nom de la mère d'Alcibiadc, 



DIO 

riuc Plalou nomme DiiioinciU'. 
Ktyin. ^ttïoç; ".Ji'xio {tnachè), com- 
l.at. 

1. Dl^■o»lÈ^E, esprit véhément 
nu hahUe ; tyran de Syracuse. 
Etym. oeivo;; fi.£vo; {nienos), cs- 
Ijrit, couriige. 

2. — Sculpteur distingué. Pline 
cite de lui le Protésilas , et un 
lutteur nommé Pytliodcme. 

Di>ON , historien grec , avait fait 
une histoire de Perse. K. (îtivô;. 

DI^os , le vchémeul , le ier- 
ril/le ; surnom par lequel les au- 
teurs grecs désignent Démos- 
ihèue. K. St'.yô:. 

Dl^osTIIt^E , foi ce véhe'mente ; 
statuaire célèbre. Etyin. S^tvoç; 
(tG/veiv ( sthcnein ) , avoir de la 
force. 

DiNOSTRATE, géomètrc, con- 
temporain de Platon, contribua 
avec son frère Méncchmc , aux pro- 
grès de la géométrie. Etym. otrjoç ; 
CpaTo; [stralos), troupes. 

DiocHAiTiÈs, chevelure divine j 
nom d'homme. Etym. (î~o; {eiios) , 
divin ; yjx'.-rrt (chailé), crinière. 

DiocHiRÈs , alfranehi de Jules 
César. K. (îro;; x«'(>"* (chaii-eiii), 
se réjouir. 

1. DiocLÈs, gloire dii'inc , ou 
ile Jupiter ; poëte comique. 
Etym. ^o; ou Aïo; {Dios), gén. 
de Zîv; (Zeus)^ Jupiter; x/c'o; 
{kleos), gloire. 

2. — Médecin grec, le plus cé- 
lèbre , dit Pline, après Hippocrate. 

3. — Philosophe épicurien et 
géomètre, imagina , dit-on , la cy- 
cloïde pour la solution du pro- 
blème des deux moyennes pro- 
portionnelles. On attribue cepen- 
dant la découverle de cette courbe 
moderne au P. Mersenne. 

DiocLETiARUS. Cet empereur ne 
prit ce nom qu'après son élévation 
à l'empire ; car avant il s'appelait 
Dioclès. f^of. ce mot. Né eu Dal- 
matie de parens obscurs , il s'éleva 
du dernier degré de la milice , jus- 
qu'au rang sujyrème. Prince d'un 
génie élevé et étendu , ferme, actif, 
ami du mérite , ennemi des vices, 



l'histoire lui reproche tir la lian- 
leur, du faste, de l'arrogance, une 
prudence trop voisine delà finesse, 
et la persécution des chrétiens. 
Après une maladie qui l'avait af- 
faibli , il abdiqua, et se retira à 
Salone, occupé à cultiver ses ver- 
gers. Après avoirgoiité les ch.irmes 
de la retraite, il dut finir par les 
regrets, comme tous lesprincesqiii 
ont fait cette démarche éclatante, 
lorsque les menaces de Constantin 
le déterminèrent à se laisser mou- 
rir de l'aim, 

DiocLiDÈs, nom d'homme, dé- 
rivé de Dioclès. 

DiocoRïSTÈs, un des fils d'Egyp- 
ttis. Etym. (îîoç; xopxiç-h; (horuslés), 
guerrier armé d'un casque. K. 
xôpv; (/iorus) , casfjue. 

1. DioDORE, fl<i/i dii'iii; philo- 
sophe de l'école de Socrate, avait 
cinq filles aussi pudiques qu'ha- 
biles logiciennes.Étym.(Î!'oç; Stjpov 
(dôron), don. 

2. — Philosophe stoïcien , maî- 
tre de dialectique de Cicéron. 

3. — Poëte comique. 

4- — Historien grec , qui a laissé , 
sous le titre de Bibliothèque , un 
ouvrage en quar;inle livres, con- 
sacré en grande partie à l'histoire 
romaine. 

DiODOTK, donné par Jupiter; 
R. Zcv; (Zeus^, gén. Aïoç (Dios), 
Jupiter j SiSii/u.i (didonai) , don- 
ner. Un rhéteur grec de ce nom 
avait donné des leçons d'éloquence 
à Metellus, homme léger et in- 
constant. Ce Romain ayant placé 
un corbeau sur le tombeau de son 
maître , Cicéron observa que l'em- 
blème était juste , parce que Metel- 
lus avait appris de Diodotc; l'art 
de voltiger plutôt que celui de 
bien dire. 

2. — Ecrivain grec, avait fait 
un j(juriial des campagnes d'A- 
lexandre. 

DioGÈNB. Le plus fameux des 
personnages qui ont porté ce nom 
est Diogène le cynique, disciple 
d'Antisthène. Il joignit aux pra- 
tiques rigoureuses du cynisme de 



s5C) DIO 

iioiivcllfs auslérilés. Né avec uu 
esprit plaisant, vif, ingénieux, il 
se joua de toutes les folies, et 
brava toutes les terreurs , mais 
aussi viola toutes les lois de la 
décence et de l'honnêteté. Ce fut 
dans le tonneau qui lui servait de 
demeure, et au fond duquel il ne 
finit pas trop regarder , qu'il répon- 
dit à Alexandre qu'il le priait pour 
tonte grâce de ne pas lui ôter son 
soleil. Son tombeau fut orné d'une 
colonne sur laquelle on mit un 
chien de marbre. L'histoire nous 
a conservé plusieurs de ses saillies, 
qui ne sont pas toutes également 
heureuses, et quelques unes de ses 
maximes, plus propres à justifier 
le titre de Socrate en délire, que 
lui donnait Platon. « Il y a un 
exercice de l'àme et un exercice 

du corps L'habitude répand de 

la douceur jusque dans le mépris 

de la volupté Ce qu'on appelle 

gloire est i'appat de la sottise, et 
ce qu'on appelle noblesse en est 

le masque Le triomphe de soi 

est la consommation de toute phi- 
losophie L'amour est l'occupa- 
tion des désœuvrés Traite les 

grands comme le feu, et n'en sois 
jamais ni trop éloigné , ni trop 
près.... Les musiciens savent mieux 
accorder leurs instrumens que 
leurs passions, etc. » Etym. Zeùj 
(Zfus), Aïoç, Jupiter ; yeîvccQixi 
(ifheùtesthai) , n ai tre . 

DlOGÉ^Ès, Jils de Jupiter; 
épithète de Bacchus et d'Apollon. 
Etym. Aïo;, gén. de ZeÙç; Jupi- 
ter; ytivEo-Qat (i^heiueslhai), naître. 

DiOGbMA, nom d'héroïne grec- 
que. Etym. Aïoç, gén. de Zev;; 
7/vo; (ifhenos)j naissance. R. yti- 
vctjBoLi {gheiiieslhai), naitre. 

DiOGÉiMEN , grammairien, vivait 
sous le règne d' Adiien, avait com- 
pose , entre autres ouvrages, un 
recueil de proverbes que Scot a 
publiés. M. R. 

DioGiTON, voisin de Jupiter; 
nom d'homme. Etym. Aïoç, gén. 
de Ztù;; ytÎTtdv (i^hciiôa) , voisin. 

I. Dloc^ÈïJi , archonte athénien. 



DIO 

2. -7 Peintre célèbie. 

3. — Philosophe , maître de 
Marc-Aurèle. Mém.étym. 

4. — Avait écrit un itinéraire 
de l'armée d'Alexandre , et la géo- 
graphie de la Perse et de l'Inde. 
Etym. Aeoç, gén. de ZîÙç ; yv-nuioç 
(gnêsios), légitime. R. yec'veaOat 
(gheinesihai), naître. 

DiOMÈDE , cher à Jupiter; héros 
grec. R. Atoç, gén. de Zsw;; fi.-nét<j- 
6at (jnédesthai) , avoir soin. 

Djomédon , géne'ral athénien , 
condamné à mort pour s'être laissé 
battre aux îles Arginuscs. M. R. 
oup.£tΣcv {inédeiii), commander. 

DiOMÈisE, esprit diuin; nom 
d'homme, Etym. (ÎÎ05, divin ; /jl/voç 
(menos), esprit. 

DioMNESTE , voué à Dieu,' nom 
d'homme. Etym. STo^ ; f^.vnaloç 
(iniiéstos), promis, fiancé; //.vàsâixt 
(mndsthai), se souvenir. 

DiONiQUE, nom d'homme. 
Etym. SToç; vU-n (niké), victoire. 

DiONYSiA , célèbre danseuse 
romaine , dont les ennemis d'Hor- 
tensius, orateur romain, et entre 
autres , L. Torquatus , lui donnè- 
rent ce nom par dérision , à cause 
d'un peu d'affectation dans son 
geste. Elym. Aiovuuoç {J)ioiiusos)f 
Racchus, 

DiONYSiocLÈs, 'gloire de £ac- 
c/iMi.Etym. Acovuo-o;; xX/o; (kleos), 
gloire. 

DiONYSiocoLARES , /laUeuis de 
Denys; appellation générale des 
courtisans de Denys -le -Tyran. 
Etym. Atovvaoç ; xoXa? , axoç (holax , 
akos) , flatteur. Athénée nous a 
conservé cet exemple de leur adu- 
lation, Denys avait la vue fort 
courte; les parasites à table affec- 
taient de voir encore moins que 
lui. Ils avançaient la main en tâ- 
tonnant, pour rencontrer les plats 
qu'ils faisaient semblant de ne pas 
apercevoir, au point que Denys, 
les croyant embarrassés , poussait 
lui-même les plais sous leurs 
mains. 

Dlo^Ys^oDO^,E , don de Bac— 



DIO 

chus; joueur île flûte distingué. 
Etym. Aiovuio^; êùpo-j (^ciôron), 
tion. 

Dio>"YSioDOTE , donne par Bac- 
chus ; surnom d'Apollon dans une 
bourgade de l'Attique. Etjni. Ato- 
vuoo; ; 'îoTo; {(lotos), donBe. R. 
<ît(îôvai {di(lonai), donner. 

DioM'srs , nom grecdcBacehus. 
ire étyin. lî»; al-A>v (dous oinon), 
quasi (^((îtv<(To;), qui a donné le 
vin. 2' étym. Aïo;, gén, de Zcj; , 
et vj<75E!v (nussein'), creuser, parce 
que Jupiter le porta dans sa cuisse , 
ou Nv;7a (JVusa), ville d'Arahie, 
où il avait été élevé. 3<' étym. Aio; 
et àvv£!v (anuern"), fut. I, àvwcrtiv 
(anusein), à Jove perfecUis. Ce 
surnom lïit aussi donné au fameux 
Mithridate, qui aimait un peu 
le vin. 

DiopÈTES, statues de Diane, 
qu'on croyait tombées du ciel. 
Etym. A(o;, gén. de Zev;; ttcVIecv 
(pipten), tomber ; ■nl-zcjQoa (peies- 
tliai), Aoler. 

Dl0PHA^E , éclat divin; rbéteur 
de Mitylèoe , maître de Gracchus. 
R. Ato; , gén. de Zev; ; «paivEiv 
(/;/«rt/«cm), paraître, briller. 

DroP HANTE , mathématicien 
grec, à qui l'on attribue l'inven- 
tion de l'algèbre; du moins est-ce 
le premier et le seul des écrits 
grecs où l'on en trouve quelques 
traces. M. R. 

DiopiTHK, animé, inspiré par 
Jupiter; nom d'homme. Etym. 
Zevç; A'.o;. Jupiter; izt'.Bt'.y (pei- 
thein), animer. 

DioT.TON, musicien grec, dont 
Athénée conte cette historiette : 
Dans un voyage en Egypie , il 
était venu à Mylos, et n'ayant pu 
y trouver d'hôtellerie, il se repo- 
sait dans un bois sacré qui était 
voisin de la ville. « A qui est 
dédié ce temple? demanda-t-il à 
un prêtre qu'il aperçut. — Etran- 
ger, c'est à Jupiter et à Neptune. 
— Comment trouvera it-on à se 
loger en \otre ville, puisque les 
dieux même y sont logés deux à 
deux?" Etym. oio-iiot [dioria ) , 



DIP 207 

diiïérence. R. ^:)x (dia); Spo;{oros), 
ternie. 

DiosconE, nom d'homme. Etym. 
Aioaxovpot (Diosknui-ni), les Dios- 
cures. Castor et PoUux. 

Dioscor.iDE, médecin grec, que 
Fon croit contemporain de Néron, 
a laissé un ouvrage sur les simples. 
R. AiéiTxo-jpoi. Dimin. xo\jrjîSio-j 
(houridion). 

DioscrRES , /?/s de Jupiter ; 
nom de Castor et de Pollux. Etym . 
Zev;, Ato;; î!8oo; (kouj'os). fils. 

DiOTÈLE , nom d'homme. Etym. 
<îroç (rf/b5), divin ; te'ào; (telos), fin, 
but. 

1. DiOTiME, qui honore la di- 
vinité ; nom d'homme. R. <îîo; 
(dios); TCfir/ intimé), honneur. 

2. — Savante athénienne dont 
Socrate avait pris les leçons. 

DiOTRÉPHÈs, nourri par Jupi- 
ter; nom d'homme. Efym. Zevç , 
Ato;, Jupiter; TpEoEiy (trephein), 
nourrir. 

I. Dio.^ippE , qui pousse ses 
chevaux; athlète athénien, pour 
faire raonti-e de sa force en pré- 
sence d'Alexandre , armé seule- 
ment d'une massue, défia Corra- 
gtis tout armé, le.saisit, le ter- 
rassa, et le tua de sa propre épée.^ 
Alexandre , blessé de l'idée que 
les Barbares présens au combat 
pourraient prendre des Macédo- 
niens, Ait ce succès de très-mau- 
vais œil, et Dioxippe mourut de 
chagrin. Etym. S'.t^Y.tn {diôkein), 
poursuivre, chasser; Tttcto; {hip- 
pos), cheval. 

2. — Poëte comique. 

I. DiPniLE, arcliitectc si long 
à terminer les bâtiraens qu'il en- 
treprenait, que sa lenteur donna 
lieu au proverbe : Diphito tardior, 
plus lent que Diphile. R. <?!;(</«),. 
deux fois ; tpi/.EÎv (phileiu), aimer. 

a. — Poète comique grec que 
saint Clément d'Alexandrie ap- 
pelle xojfjLtxwTa-o; (kô/nikôtatos ) , 
xat {kai\ , yvtyu.ixùrctro; (j^nomiAô^ 
tatos), très-comique et très-sen- 
tencieux. 

DiPHRON , sobriquet qu'Isocralt: 



5Ô8 



DIT 



avait donné à un de ses disciples 
nommé éplioro de Ctimrs, parce 
.ju'ayant, qu'iUé son école sans y 
avoir fait aucun progrès, il y fut 
renvoyé par son père Dcmophilc , 
avec une nouvelle somme pour 
payer son instruction. Elym. Sl^ 
(tfis), deux foisj ^éptiv (pherein), 
porter. 

DiPHTHEitA, la peau de la chè- 
vre Amallhée, sur laquelle Jupiter 
avait écrit toutes les destinées 
humaines. R. (î/tptcv {diphein) , 
écorcher; ,3y)p ; ^vipo; (thcv, thc- 
ros ), bête sauvage. 

DiPHvps, qui a les deux na- 
tures; surnom de Bacchus. Etym. 
ôiç , deiL-i fois; <p«£iv (phueiii) , 
naître. 

DiPOLis, nom de l'île de Lem- 
nos, comme contenant deux villes, 
Heplwcstie et Myrnie. R. (?!?(//«), 
deux; tto^cç (polis), ville. 

DiPSA, nom d'une vieille dans 
Ovide. R. (îtxf'a [dipsa), soif. 

DiPSAPAUsiLYPE, qui se lour- 
inente pour faire cesser sa soif: 
nom de parasite dans Alcipliron. 
Etym. (îi^'a; iravsiv (pauein), faire 
cesser; IvTro(iupé), douleur. 

Dirsoî>, lieux arides et nion- 
tucux de l'Arabie. M. R. 

DiPYLE , porte d'Athènes qui 
conduisait à l'Académie , ainsi 
nommée parce qu'elle était plus 
grande que les autres. Etym. <îiç , 
deux fois; ■K\il-fi (pulé), porle. 

Dires, nom divin des Furies, 
selon Virgile ; quasi deorum irœ, 
colères, vengeances des dieux. 

Dis , nom que les anciens don- 
nèrent. t Phiton. comme un dimi- 
nutif de rh\'es, riche. 

DiTu\ RAMBOGÈMi , nédeuxjoîs; 
surnom do Bacchus. Etym. (îî; , 
deux fois; â-jpy. (ihura), porte. 

DiTHVRAMBDs, sumom de Bac- 
chus , àtjo Ts 'îîç et; .^voav àvaSac- 
vîiv {apo inu dis eis thurau ana- 
ùaiiieiii), parce qu'il était né deux 
fois : Quàd bis per portam asceii- 
disset ; ou né dans un antre à deux 
j)ortes ; SiGvpoc (diUiuros), biforis. 
D\-t:i\iv\\k'i , nourri par Jupiter; 



DOD 

nom d'un parvenu dans les Oi~ 
seaux , comédie d'Aristophane. 
Etym. Ze-j; , Aïo:;, Jupiter; rps- 
<pEtv (trepheiii) , nourrir. 

DivES, riche; surnom des Cras- 
sus, renommés ])nr leurs immenses 
richesses. Tit. Li\>. 

DiviANA, surnom de Diane ou 
de la Lune, considérée, suivant 
Varron, dans ses deux dimensions 
de hauleur et de largeur. Etym. 
^]i(dis), deux fois; via, chemin. 

Divio, nom latin de Dijon. 
Saint-Jidien de Bnleurre , dans 
son Histoire de Bourgogne, donne 
au nom de cette ville cette origine 
fabuleuse : l'empereur Aurélien, 
persécuté par des songes effrayans 
pour avoir détruit les temples des 
faux dieux dans le Bonrg-Dogne, 
fut conseillé par sa femme d'en 
bâtir un dan.s l'emplacement de 
cette ville. Do là le nom de Dijon, 
Diuio , à Dii>is. 

Di VI POTES , dieux puissan<i : 
surnom des Cabyres. Etym. di^'i , 
orum, dieux; poiens , puissant, 

y. THÉÉnv>ATES. 

DivisoB, surnom donné à nn 
Nummius, qui s'était chargé de 
répandre de l'argent pour acheter 
des suffrages. Ce lAle était infâme 
chez les Romains. Elym. diviser, 
celui qui fait ces distributions ma- 
nuelles; divido, distribuer. 

DiYALUs. transparent ; histo- 
rien athénien. Etym. Sih. {dia),h 
travers; va).o; (biudos) , crystal , 
verre. 

DociMus, Tarentin , que Phi- 
lippe, (ils d'Amyiitas, chassa de 
son camp pour avoir fait usage de 
bains chauds. R. -îoxcTv ( dokein) , 
croire; Sox.tu});(diihjnos), estimé. 

DocTus, docte; épilhèle donnée 
h Catulle par Ovide, «;t dont les 
commentateurs ne sont pas par- 
venus jusqu'à présent à bien dé- 
terminer le sens. R. docere , en- 
seigner. 

DoDECAMSus, ilouze îles; nom 
que les Grecs donnaient aux Cy- 
clades et aux .'^porades réunies. R. 



OOM 

•îw'î/xa ((/ofcka), douze; v^aoç 
(^iiesos) , Uc. 

DoDKCAM£criA>È , sumom de 
Cyrènc , courtisane consommée 
dans son art. 11. (Joxî/xa ; fiïjj^avyj 
(inc Italie), machine. 

DoDONE , ville et forêt de Chao- 
nie, où Jupiter rendait des oracles. 
R. SiSô-jai {(li(lonai), donner. 

DoLABEi.LA , surnom du gendre 
lie Cicéron. Dimin. de doLahra , 
hache. 

DoLicHOS , gladiateur célèbre 
du temps d'Horace. R. ^oitp^o; 
{(lolichos) , qui s'étend en long ; 
ou (îo),i;^o5 {dolichos), espace à 
parcourir. 

DoLius , s'.irnorn de Mercure, 
tiré des fraudes qui ont ([uelque- 
fois lieu dans le commerce, dont 
il est le cfieu. R. iîo>o; {dolos), dol , 
fraude. 

DoLON , espion Iroyen , très- 
rnpide à la course, qu'Ulysse et 
Oiomède tuèrent , après l'avoir 
forcé de leur révéler tous les des- 
seins des ennemis, et surtout l'ar- 
rivée de Rhésus. 11. Sôlai;. 

DoLOPES, peuple de Grèce qui 
suivit Achille au siège de Troie. 
Etym.^ôXo;; tà^, ùcto; (o/a«, ô/jos), 
visage. 

Domatitès , surnom sous le- 
quel Neptune avait un temple à 
Sparte, comme le dieu qui dompte 
les vents et les tempêtes. R. «îa^uiàv 
{ilaindn), dompter. 

DoMicius, dieu que les Romains 
invoquaient dans le temps des 
noces, ])our que la femme restât 
sédentaire dans la maison de son 
mari. R. domus, us, maison. 

DoMiDUCA et DoMiDUcus, divi- 
nités que les Romains invoquaient 
quand on conduisait la nouvelle 
mariée dans la maison de son mari. 
Etym. domus; ducere , coruUiire. 

Domina, maîtresse ; surnom de 
Proserpine dans les poètes. 

DosiiMCA, femme de l'empe- 
reur Valens, Arienne, engagea 
son mari à persécuter les ortho- 
doxes. Dérivé de domina. 

I. DoMiTiA , fille du célèhre 



DON 



•JJÇ) 



Corhulon, fournie de Domitien, 
se signala |»ar ses débauches, cons- 
pira contre son mari, s'affranchit 
par sa mort de la craiulc conti- 
nuelle où elle était de se voir sa- 
crifiée à sa jalousie, et mourut 
sous Trajan. Dérivé : Domàd/a. 
V. Domitien. 

a. — Sobriquet donné à Domi- 
tien, A cause de ses débauches et 
de sa mollesse. 

DoMiTiAr.us, grammairien ro- 
main , ainsi nommé parce qu'il 
était acariâtre et intraitable. 

Domitien , empereur romain , 
frère de Titus, qu'il fut soupçonné 
d'a\oir empoisonné, eut, comme 
Néron et Caligula , d'heureux 
commencemens, qui firent bien- 
tôt place aux plus affreux excès 
de Inbricité , d'arrogance et de 
cruauté. Il ne lisait que les mé- 
moires de Tibère pour y étudier 
les maximes de la tyrannie. In- 
vesti de terreurs comme tous les 
tyrans, ses alarmes lui firent ima- 
giner d'cnvivonniM- la galerie de 
son palais de pierres polies, afin 
que la réilexion de la lumière lui 
découvrit si personne ne le sui- 
vait. Juvénnl le désigne par les 
mots de Nè.voii-le-Chain>e , parce 
qu'il perdit ses ch<;veux de bonne 
heure, et qu'il en était très-mor- 
tifié. Il fut assassiné par un af- 
franchi de sa femme Domitia , à 
l'âge de quarante-cinq ans. Etym. 
dotniuis, dompté ; c/o»zcf;-e , domp- 
ter. 

r. DoMiTios, nom d'une illustre 
famille romaine divisée en deu.x 
branches , celle de Calvinus et 
celle d'Ahcnobarbus. M. R. 

2. — Grammairien vertueux, 
mais chagrin , florissait sous le 
règne d'Adrien. Il souhaitait que 
les hommes perdissent le don de 
la parole, afin <|ue leuis vices ne 
pussent passe communiquer.M. R. 

DoMTiULUs, auteur africain cité 
par Sidonius Apollinaris. Dimiu. 
de doininus. 

Do^ATA, nom de femme, celle 
dont la naissance est regardée 



2\o DOR 

comme lin don du ciel. R. (hiiare , 
faire un présent. 

Do^ATIUs, centurion, tué par 
les soldats au commencement du 
règne de Vitellius, M, R. 

Do>ATPS, grammairien latin, 
im des précepteurs de saint Jérôme. 
M. R. 

Do^Ax, nom d'esclave. R. Sôva.^ 
(doiiax), roseau. 

Dor.cAs, nom de suivante. Etym. 
Sopxki; {dorkas), chevreuil. R. 
(îopÇ , xoç (dorx , kos); ou êépxm 
{derkô), avoir l'œil vif et perçant. 

DoRCATius , poëte latin , cité 
par Isidore. M. R. 

DoKCETJS, un des chiens d'Ac- 
téon. M. R. 

DoRio», joueur de flûte, pour 
tourner en ridicule une tempête 
décrite par le poète Timothéc dans 
sa pièce du Matelot, dit qu'il en 
avait vu une plus terrible dans une 
marmite bouillante. Elym. êSpiov 
(dôrion), dimin.de Sdpov {dôron), 
don. 

DoRTPPK, nom de femme dans 
Plante. R. iùpov ; î-rraoç {hippos), 
cheval. 

DoRis, divinité de la mer; nom 
de femme. R. (îwpov ; ou Aopoç 
{Doros), Dorus, fils de Neptune. 

DoRMiTAKTius , sohrlquet que 
saint Jérôme donnait à Vigilan- 
tius, préfet d'Espagne. 

OoROTHÉE, don dwin; nom de 
femme. R. Swpov, Qto^ (Theos), 
Dieu. 

DoRPALUS, nom de marchand 
dVscla\es dans Plaute. R. Sâpnoi; 
(dovpos), festin. 

DonsEKNUs, surnom de Q. Fa- 
hius, poète comique dont parle 
Horace. Etym. dorsum, i , dos. 

DoRSO , surnom des Fabius. R. 
dorsum, i , dos. 

DoRUs, nom d'esclave dans /'ii«- 
««<7Me de Térence. R. «îôilpov, parce 
qu'il est envoj'é en présenta Thaïs. 

DoRYAS,nom d'une esclave dans 
Térence. R. 3op\) (doru), pique, 
javeline, parce qu'elle pou^ait 
avoir été prise à la guerre. 



DRA 

DoR Y CL Ks, héros fabuleux. Etyii». 
^6p\j ; Aioç (klcos), gloire. 

DoRYLAS, nom d'homrae.Etym. 
Sôp-j; Xaoç (/rtOi), peuple. 

DoRYMÉDO^, nom d'un guerrier. 
Etym. âépv; fiéStiv {medein) , ré- 
gner. 

DoRYMÈRE , nom de femme, 
Etym. <îopg; (jie'voç (menos), cou- 
rage. 

Doryphore, un des principaux 
affranchis de Néron. Ce prince le 
fit empoisonner , comme s'étant 
opposé à son mariage avec Pop- 
pée. R. §6p\> ; ftptiv (pherein), 
porter 

DosiADE , qui est en état de 
donner; nom d'un parvenu dans 
Alciphron. R. SiS6-jo.i {didonai) , 
donner; ^ocjt; (c?osj5), don. 

DosiTHiÎE, un des plus braves 
officiers de Judas Machabée. Etym . 
Sôutç, dose ou don, et de ©co; 
(Theos), Dieu. 

DosoR, surnom d'Antiochus, roi 
de Macédoine , qui promettait 
beaucoup et donnait peu. R. S6u> 
{doo), je donne ; part. f. , (Jûduv 
(dôson), qui donnera. 

DoTATA , la dotée par excel- 
lence ; surnom d'une Romaine 
nommée Megiillia , qui avait eu 
5ooo as (4ooo fr.) en dot, tandis 
que la plus riche dot de ces temps- 
là ne passait pas i loo as (880 fr,). 
Etym. dos, dot. R. âé<a (doô), 
donner. 

Dox ARDRE , mécontent de n'a- 
voir pu obtenir pour 3cs fils les 
filles de Tlmophane, riche Mity- 
léniciijSuscita les Athéniens contre 
sa patrie. R. êi^(x(doxa), opinion; 
àvïip (ane'r), vir. 

Dracès, qui a l'œil perçant; 
nom d'homme. Etym. Sépxnv Çder- 
kein), voir clair. 

I. Dracor , nom du berger à 
qui l'on avait confié la garde des 
troupeaux des Hespérides. M. R. 

2. — Législateur athénien, connu 
par son extrême sévérité. On di- 
sait de lui que ses lois étaient 
écrites avec du sang. Des auteurs 
croient que ce nom venait d'an 



DRO 

ilragon , dont le simulacre était 
au bas du tribunal. Sa fin futsin- 

Îîulièie : ayant paru sur le théâtre, 
e peuple lui jeta , selon la cou- 
tume de ce temps-là, tant de robes 
et de bonnets , qu'il fut étoufTé 
sous ces marques d'estime aussi 
funestes que glorieuses. M. R. 

Dbacomgena Urbs, ville née 
des dents d'un dragon , Thèbcs. 
Etym. draco , onis. dragon; î^ii^- 
iiere , geiiiium, enfanter. 

DnAco>Tirs , poëte chrétien , 
auteur d'un Hexanieron , ou ou- 
vrage des six jours. Etym. draco, 
dragon. 

DRAC0^T0LTÈs , meurtrier du 
serpent Python; surnom de Jupi- 
ter. Etym. Jpaxùjv (drakon), dra- 
gon; ôXivfxt (ollumi), tuer. 

Dbacosès , surnom du dernier 
Constantin , qui périt en défen- 
dant sa capitale contre Maho- 
met II. Etym. op^tx'jjv. 

Drépamcs LATi>ts Pacatus , 
panégyriste de Théodose. 

Drépa>cs, un des surnoms de 
Saturne. Etym. ^pt-nravoç (drepa- 
nos), faux. K. Spérstiv (drepein) , 
cueillir, moissonner. 

Drimarque, chef de fugitifs, 
honoré comme un dieu dans l'ile 
deChio. R. (Jpifiùç; âpj(Ety {archeùi), 
commander. 

Drimylus, nom d'homme. R. 
iptfjXi^ (drimus^, aigre, fin, sage. 

Droméus, nom d'un athlète fa- 
meux à la course, passe pour le 
premier qui commença à se nour- 
rir de viandes. Avant lui , les 
athlètes ne mangeaient que des 
fromages que l'on faisait égoutter 
dans des paniers. R. <îp«,a£iv (dre- 
mein), courir. 

Dromoclide , rhéteur dont 
parle Plutarque. Etym. (îpoLto; 
(dromos), course; x).st£iv {kleiein), 
fermer à clef, ou glorifier; x)y)Î5, 
(So<;(kleis, idos),c\ef; x)toç(kleos), 
gloire. 

T) Royiov ,fuj^itif; nom d'esclave 
dans les comédies latines. M. R. 

Dbomos, ile ainsi nommée parce 
qu'Achille avait suivi jusque là 



DUE ii4i 

Iphigénie, pour IVnipdcher d'(?tre 
sacrifiée à Diane. Etym. ijpofio; , 
course; op/ficiv (dremein), courir. 

Dropidas, frère de Solon , et 
poëte. R. ipttjitv (drepein'j , fau- 
cher, vendanger. 

Drosé, nom de fille. II. «îpcao; 
(drosos), rosée. 

DRVsrs-Livics fut ainsi sur- 
nommé après avoir tué de sa main 
Dransus, roi enneini. Suetoiir. 
Dérivé : Drusilla , nom de femme. 

Dryades, nymphes des bois. R. 
ôpv; , vo; {dru , uos), cliCue. 

Dryalps, nom d'homme. Etym. 
(îpvç ; S./;, â).o; (pliais, halos), 
mer. 

Deya>der, nom grec de savans 
français qui s'appelaient JOu- 
chesne ; d'un écrivain espagnol 
nommé Eiiziiia , et d'un médecin 
et mathématicien allemand à qui 
l'on doit des découvertes en astro- 
nomie et des instrumens de ma- 
thématiques inventés et perfec- 
tionnés. Etym. opûç; «'•'■'!?» àvtJpc; 
{anér, andros), homme. 

Dryaktidas, nom de villageois 
dans Alciphrou. R. SpZç , uoç. 

Drymo, nom de nymphe. Etym. 
(îpvfio; (drumos), chesnaye, bois 
planté de chênes. 

Drymodie, ancien nom de l'Ar- 
cadie, qui était une véritable forêt. 
Etym. SrjwoçÇdrumos) , chesnaje. 

Dryope , nymplie changée eu 
lotos. Etym. opvç ; eif» , ô-noç (ops , 
opos), vue, aspect. 

Drysok, nom d'homme. R. lîpvç. 

Drycsa, nom de l'ile de Samos, 
où croissaient beaucoup de chênes. 
Etym. (îpûg. 

DuBiA, douteuse; surnom de 
la Fortune chez les Romains. R. 
dubius , a, um , douteux. 

DucE^^IUs , intendant des con- 
tributions publiques sous Néron. 
Etym. ducenli, deux cents. 

DcELLiL's, consul romain, qui 
rcmporW la première victoire na- 
vale sur les Carthaginois. Ce noîn 
fut par la suite changé en Bellius. 
R. duellum pour belluni, guerre. 

D0KL1.OSA, la même que Bel- 

iG 



242 DYN 

lone. R. duelliim , vieux mot latin 
qui a le même sens que bellum. 

DuiTEs, hérétiques, sectateurs 
de Marcion , qui admettaient deux 
dieux, principes, l'un du bien, 
l'autre du mal. Etym. Siw {duo), 
deux. 

DcLCio , DuLciTius, nom de 
familles romaines. R. dulcis, doux. 

DuLciORELOQi'us, beau parleur^ 
surnom de Neslor dans N;evius. 
Etym. cluîcis , doux; os, ofis , 
Jjouche; loqiior, parler. 

DuLicHiuM , île de la mer Io- 
nienne dont Ulysse était roi. R. 
Savliyoç, (donlielws) , pour ijo^i-j^oç 
{dolîchos), en long étendu. 

DuLopoLis , ville de Candie. 
Etym. Siloc, ( doulos ) , esclave ; 
itô\iti (polis), ville. 

DcRis, un des hi.storiens d'A- 
lexandre-Ie Grand , gâta de belles 
qualités par son so'^t pour les 
prodiges. R. S6p-j (doiu), jave- 
line. 

DuBius, DuRONius, noms de 
famille romaine. R. durus , dur. 

Dyname, rhéteur du quatrième 
siècle, né à Boi'deaux. Etym. Sv- 
vap.iç ( duiiamis ) , puissance. R. 
S\jva<70'xi. {dunasthai ) , pouvoir, 
être puissant. 

\i\^kvii:^^ , puissante ; nom de 
nymphe. R. <?uvSaGai. 

DynastÈs , puissant } fils d'Her- 
cule. R. (JvvàaQct. 

DY^ATÉR^JS, nom grec sous le- 
quel s'est caché un écrivain nommé 
Rodolphus Gualthcrus. R. .JuvàT- 



DYS 

Dyrrhachium, aujourd'hui Dii-^ 
razzo, ville située sur la mer Adria- 
tique. Etym. (îvç {dus ) , particule 
qui marque difliculté, peine, effort ;. 
pa)(ia ( rhachia ) , rocher on se 
brisent les flots de la mer, ou le 
bruit môme que font les flots en se 
brisant. R. p.-na<ytiv { rhêssein ) , 
briser ; parf. act. l'ppaxa ( errha- 
cha ). 

DysANiAs, nom d'homme. Etym. 
lîù; , particule qui, dans la com- 
position , emporte toujours une 
idée de privation , de peine et de 
mal-aise ; àvia ( ania) , tristesse. 

Dyscolus , difficile / surnom 
d'Apollonius , grammairien d'A- 
lexandrie, tiré ou de son humeur, 
ou des difficultés de ses ouvrages. 
Etym. rJv; , partie. ; xoXov {kolon), 
nourriture. Proprement , qui est 
difficile à nourrir. 

Dysid^ds, nom grec sous lequeF 
s'est caché Fauste Socin. Etym. 
<îù; {dus), partie. tî<Σ~v (eidein) , 
voir. 

Dysis, une des Heures, appa- 
remment une de celles du soir. R. 
Svvtiv { duncin ) , plonger. 

DïSNOMiA , déesse de l'anarchie; 
fille d'Eris, ou de la Discorde. 
Etym, Svuvojj.îcn { dusnomia ) , li- 
cence, absence des lois. Etym. 
(Jùç ( ilus ) , particule qui , dans 
la composition , se prend en mau- 
vaise part. R. vofjoç ( nomos ) , loi. 

Dysori-'m , montagne de Thrace, 
fort escarpée. Etym. «îùç {dus); 
ppoç ( oros), nrontagnc. 



1 



ÇCH 



ECH 



345 



E 



JCjAncs, un des noms de Janus, 
pris pour le monde , ab eiindo , 
parce qu'il va toujours. 

Eaque , dont le sort est déplo- 
rable ; uom d'homine. Etym. «îa- 
Çttv ( aiazein) , pleurer. R. aï {ai), 
hélas. 

Eaeimjs, prinianier, t^racieux 
comme le prinicuips ,• nom d'un 
jeune esclavedc Domition , célébré 
par Martial. K. lap {eav), prin- 
temps. 

EiiUR>cs, blanc, couleur d'i- 
voire; surnom romain. Voy. Am- 

PUSTUS. 

EcBASiTJS, surnom sous lequel 
les Grecs offraient des sacrifices à 
Apollon , après une navigation 
heureuse. Etym. èxSat'vEtv ( ekbai- 
nein) , débarquer. R. l^ (ex), 
hors de. .. ^ixrmv (bainein ) , mar- 
cher, f^. Embasics. 

E G DÉ M us, philosophe grec. 
Etym. è^[ex); ^vîpio; (démos), 
peuple. 

E c H É A N A X , d'Ephèse , père 
d'Anaxagoras. R. É/siv ( echein) , 
avoir ; ava? ( anax) , roi. 

EcHÉCHiRiA, déesse des trêves 
ou suspensions d'armes. Etym. 
t^ttv, avoir, tenir, retenir ; x^'p > 
po; ( cheir, ras) , main. 

EchéclÈs , héros troyen.Etym. 
fp^siv ; x>£o; (kleos ) , gloire. 

EcHÉCRATE , jeune Thessalien , 
enleva une prêtresse de Delphes , 
dont la jeunesse égalait la beauté. 
f^'oy. le mot suivant. 

EcHÉCRATiA , pythagoricienne. 
Etym. Ex^tv ; xpâroç ( kratos ) , 
force , pouvoir. 

EcHÉcRATiDAs , sophi.stc grec. 
On peut juger de son mérite par 
ce que nous raconte Elieii ; savoir, 
qu'il futun des prisonniers détenus 
dans la citadelle de Sardes, dont 



Phocion demanda la liberté à 
Alexandre. Mém. étym. 

EcHÉDÉMUs , qui contient le 
peuple ; Acarnanien qui entraîna 
son pays dans le parti de Philippe, 
roi (le Macédoine , en guerre avec 
les Romains. R. î'xciv ; (J/i.oLoç , 
peuple. 

E c H É M È N E , prudent , sage ; 
auteur grec, qui avait écrit sur 
l'histoire de Crète. Etym. k'xsiv ; 
fj.cvoq ( menas ) , courage. 

E G H É R É E , noble Phéacien . 
Odyss. 7. Etym. echenéis , petit 
poisson qu'on croyait s'attacheF 
aux vaisseaux et en retarder la 
marclie. E^nv va^iv , retarder le 
vaisseau; lat. rémora. 

EcHÉPOLUs , nom d'un maqui- 
gnon dans Arislénètc. Etym. t'^scv; 
TTÔi^o; (polos ) , poulain. 

EcHÉTiMiDÈs , Lacédémonien 
envoyé à Athènes traiter de la 
paix , la huitième année de la 
guerre du Péloponèse. R. txtiv ,• 
Ttfj.ï) ( limé) , honneur. 

EcHÉTUs, tyran des temps fu- 
buleux. Etym. Ix^'^^'ï (echetés) , 
riche. R. é'x^iv. 

Eghikalopex, nom d'une région 
d'Arcadie appelée avant Azanie, 
dont un berger , nomméEupliorbe, 
avait fait cesser la stérilité, par le 
sacrifice d'un hérisson et d'un re- 
nard. Etym. £/~vo; ( ecliinos ) , hé- 
risson ; àlw-n-rii, ( aldpèx ) , renard. 

EpHiRUS, nom sous lequel s'est 
caché un écrivain vénitien nommé 
Erizzo. R. e'x'vo;. 

Eghion , un des compagnons de 
Cadmus , nés des dents du dra- 
gon. Etym. t'^iç ( echis ) , vipère. 

Eghmagoras , fils d'Hercule, 
exposé avec sa mère, fut délivré , 
ainsi qu'elle, par ce héros. Etym. 
ac^fAY) (aichmé), pointe; àyopà 
(agora), place publique. 

16. 



244 



EGE 



Echo , nymphe changée en voix, 
fable fondée sur le rapport des 
mots. Etym. y)x°i ( échos ), son. 

EcHYRÉos, roi de Sicyone. 
R. èx^p^i ( echuros), défendu , en 
sûreté. 

EcLEcTUs, un des affranchis de 
l'empereur Vérus , tua Commode. 
Etym. lx\tx\oc,{eclectos) , d'ÉxXtyo- 
fiat ), choisir. 

EcPHAKTiDB , poëte grec. Etym. 
fxipavTo; ( ekphantos ) , découvert. 
R. <paiv£cv ( phainein) , montrer. 

EcvHAHTUs, philosophe grec, 
natif de Syracuse, enseignait que 
Dieu était une intelligence. Mêm. 
étym. 

Edem , délices} nom du paradis 
terrestre. 

Edésia, déesse qui présidait au 
manger, R. edere, manger. Foy. 

BiBÉSIE. 

Edom, rour; surnom d'Esaii, de 
la couleur des lentilles, dit Josephe, 
pour lequel il céda son droit d'ai- 
nesse. L'Idumée est souvent appe- 
lée dans l'Ecriture , pajsd'Edom. 
Eddca , Edulia , Edulica , 
Edusia , déesse protectrice des 
cnfans, qu'on invoquait au mo- 
ment du sevrage. R. edticere , 
éVever. 

Eétion, nom d'homme, dimin. 
de àsTo; ( aetos), aigle. 

Ega, nymphe, nourrice de Ju- 
piter , qui la plaça dans le ciel sous 
le nom d'une constellation nom- 
mée la Chèvre. R. aî? , o."yo<;{aix , 
aigos ) , chèvre. 

Eg«a, surnom de Vénus, par- 
ticulièrement honorée dans les 
îles de la mer Egée. M. R. 

Egée , mer ainsi nommée de ce 
(jue ses flots imitent les bonds de 
la chèvre. M. R. 

Egéoh, géant à cent bras, le 
même que Briarée. R. tai<a{gaiô), 
s'enorgueillir. 

Egérie , surnom sous lequel les 
femmes grosses invoquaient Ju- 
non , pour obtenir une heureuse 
délivrance. R. e^e/ere , porter de- 
hors. 

Egérii's, .surnom d'une des 



EGO 

branches de la famille des Tar- 
quins. Le frère de Tarquin l'An- 
cien , étant né après la mort de 
son père Aruns, avait été oublié 
par Démarate son aïeul, dans son 
testament. Son état d'indigence 
lui fit donner le surnom d'Egérius. 
R. egere , être dans le besoin. 

Egiochus , Egidchus , porte- 
chèvre ; surnom de Jupiter , nourri 
par une chèvre , ou qui avait pris 
la peau de cet animal pour couvrir 
son bouclier. Etym. a'tÇ , afyoç ; 
£j(tiv , avoir. 

Egipa«s , divinités champêtres , 
représentées comme de petits hom- 
mes velus, avec des cornes et des 
pieds de chèvre. Etym. a'tÇ, afyo; ; 
nàv ( Pâli ) , le dieu Pan. 

Egisthe , prince grec, meurtrier 
d'Agamemuon , épousa Clytem- 
nestre, et fut tue avec elle par 
Orestc. Il fut ainsi nommé, parce 
qu'il avait été nourri par une chè- 
vre. R. atÇ, «"yo;. 

Eglé, une des Grâces. R. aiy\rt 
( aigle), lumière , splendeur. 

Egléis , héroïne athénienne , 
sacrifiée pour apaiser le courroux 
des dieux. M. R. 

Eglétès , surnom d'Apollon , 
dans l'ile d'Anaphé, une des Spo- 
rades. M. R. 

Egobole , surnom donné à Bac- 
chus pour avoir ordonné de 
substituer une chèvre aux victimes 
humaines. Etym. «"$, a.iyo;', jSàX- 
Xtiv (ballein), lancer. 

Egobore, mangeur de chèvre; 
surnom de Bacchus. Etym. aî^, 
atyoç ; j3opà ( ùora ) , nourriture. 

Egocéros , surnom de Pan , 
transformé en chèvre ou en bouc, 
lorsque les dieux fuyaient devan t 
Typhon. Etym. aï|, afyoj; xepaç 
( keras ) , corne. 

EGO^ , berger dans Théocritc 
et Virgile. R. aïÇ, atyoç. 

Egophage, surnom de Junon à 
Lacédémone. Etym. aïÇ , atyo; ; 
wâyeiv (phagkeiii), manger. 

Egophore , surnom de Junon à 
Lacédémone. Etym. a'i? , aTyo: ; 
yt'pttv {pherein ) , porter. 



EIR 

Egos Potamos , Jleu\'e de la 
^hc^nx ; ville de la Chersoncse tic 
Thr.ice, auprès de laquelle la (lotte 
nthénicnne fut prise par Lysan- 
«Irc. K. TtoTajLio; (potamos), fleuve. 

Egosthém e , force de la chèvre ; 
ville de Phocido. R. aG/vo; ( sthc- 
iios ) , force. 

Egresicomos , qui excite aux 
festins et aux querelles ; épithète 
«le Bacchus. Etym. iytîptiv { eghei- 
rein ), exciter ; xùfjio; ( kôinos ) , 
luxe , festiu. 

Egypius, Tliessalicn changé en 
épervier. R. aiyvTtco; (^aii^upios ) , 
vautour. 

EiDOTHÉE , air, beauté dii'ine ; 
fille de Protée. Etym. tiSoi(eidns), 
forme , heauté ; 3tioç ( theios ) , di- 
-\'in. R. .^eo; ( theos ), dieu. 

EILAP^^ASTÈs, dieu des festins j 
surnom de Jupiter. Etym. £Î)a-njt- 
va<TT/); ( eilapinaslés ) , convive ; 
t'iXï) (eilé), compagnie. R. illdv 
{eilein ) , rassembler; -ciivav ( pi^ 
nein ) , boire. 

EiMARMÉKÉ , nom grec de la 
Destinée , révérée comme une 
de'esse. R. fxiipuv (meii-ein), dis- 
tribuer. Parf. passe , tî'fjiapfjiai ( ei- 
inarmai) ; partie. , tlii.ixpfj.îyoi (ei- 
marmenos); féni. -fi/vv) {mené). 

EiRAPHioTÈs , cousu dans la 
cuisse; surnom de Bacchus. R. 
pâwTtiv (rhaptein ) , coudre, f^. 
Merorraphès. 

1. EiRÈNE , nom grec de la Paix, 
personnifiée chez les anciens. R. 
£Îpy)vy) {eirènê), paix. 

2. — Fille de Laïs et de Ptolé- 
mée , épousa Solon Eunoste , roi 
de Chypre. 

EiRÉMS , pacifique j noua de 
femme. R. {cpyjvy). 

ElRÉ^0PH0RE , quiporte lapaix ; 
surnom de Minerve. Etym. tlpnvn ; 
ifépttv ( pharein) , porter. 

Eir6> , celui qui dissimule , qui 
se joue ; surnom de Socrate , qui 
caractérise son genre de philo- 
sophie. Etym. l'îpiav ( eiron), qui 
parle ironiquement. On sait que 
l'ironie élnif l'arme famdière dt; 
.Socrate. 



ELE 



2^3 



ELK0^ , mont des Oliviers, qui 
commande Jérusalem. R. c\a.i<x 
( elaia ) , olivier. 

Elaïs , une des filles d'Anius , 
qui changeait en huile tout ce 

Qu'elle touchait. Etym. Diaièv 
elaion ) , huile. R. sXai'a ( elaia ) , 
olivier. 

Elaphébolia , qui lue des cerfs; 
surnom de Diane. Etym. élatpoç 
( elaphos) , cerf ; jSàUeiv {ballein), 
darder. 

Elaphiéa , surnom de Diane. 
R. É'Aatpoç. 

ElaphioN , léi^ère comme un 
cerf; nom de fille dans Aristo- 
phane. R. îAatpoç. 

Elaphokèse, l'ile aux cerfs; 
une des Sporades. Etym. £'ia<po5 ; 
v^cTo; ( nésos), ile. 

Elaphostictk , moucheté comme 
une biche; nom d'homme. Etym. 
Haipo; ; çtÇttv (stizein), piquer, 
stigmatiser. 

Ëlation, i-ameur ; nom de ma- 
rin dans Alcipliron. R. £Aa^îv££v 
( elaunein) , pousser. 

Elatcs, le premier Lacédémo- 
nien nommé éphore. M. R. 

ELCA^A , dieu Jaloux ; père de 
Samuel. 

Eléazar, secours de Dieu; troi- 
sième fils d'Aaron , et son succes- 
seur dans la dignité de grand- 
prétre. 

Electk, élue; nom de femme j 
une des premièies qui se conver- 
tirent au christianisme. Etym. 
electa , iVeligere , choisir. 

Electre. Les commentateurs 
qui prétendent que le nom réel 
de cette princesse était Laodice, 
dérivent ce nom de a priv. et de 
Xf'xTpov (leklron) , lit, parce qu'elle 
ne se maria que fort lard. R. ),£- 
y£tv {leghein) , faire coucher. 
D'autres le font venir de la couleur 
blonde de ses cheveux. R.i^AfxTpov 
(éleklron) , ambre jaune. 

Elector , lîi/xTùjp ( Elchtôr) , 
nom du soleil, d'où vient yj'As*- 
Tpov , l'ambre, qui brille, comme 
le soleil. M. elyni. 

ELKCTRiDfcs , îles que les anciens 



à46 



ELE 



plaçaient à l'embouchure du Pô , 
et où l'on trouva beaucoup d'ambre 
api'ès la chute de Phaéton, formé 
des larmes de ses sœurs. R. rilcx— 
Tpov (éleklroii), ambre. 

ELEEMosyNARius , aunwiiier j 
surnom d'un prélat de l'Eglise 
grecque , bien digne d'un évCque. 
Étym. i\tri(t.o>v (élèémrjii) , miséri- 
cordieux ; Ihnfj.oTvvv) (eleemosuné), 
aumône. R. lUtiv ( eleein), avoir 
compassion. 

Eléga , nom d'une des Prœtides. 
Étym. eltyo; (elegos), deuil ^ la- 
mentation. 

Eléléek , qui exJiorte au corn— 
bat; surnom de Bacchus. R. iU- 
lt\t (eleleu ), cri militaire. 

ElÉléidëS , surnom dos Bac- 
chantes, tiré des cris avec les- 
quels elles célébraient les mystères 
de Bacchus. M. R. 

Eléléus , surnom du Soleil , 
à-TTO T« èlizll^jQa-i -TTEpc TYjv yriv ( Opo 
tou helittesthai péri Ccn gfién ) , de 
la révolution annuelle qu'il dé- 
crit autour de la terre. Etym. éXtV 
<j£cv ( helissein ) , ou rlav ( Hein ) , 
toux-ner. R. tlhïv (heilein) , tour- 
ner. 

Elekxiuijs , surnom donné au 
philosophe Alexinus , très-subtil 
ergoteur. R. lliyx^i-v ( elegchein ) , 
convaincre par la subtilité de l'ar- 
gumentation. F. ALExI^us. 

Eléodyte, nom générique sous 
lequel on comprenait tous les su- 
balternes des deux sexes dont le 
service était employé dans les fes- 
tins. Etym. iltoc, ( eleos ) , table de 
cuisine; «Ji^nv (duein) , plonger, 
entrer, fréquenter. 

ELÉPHA^TAKQ^JE, nom que les 
flatteui-s de Démétrius donnaient 
à Scleucus, un des successeurs 
d'Alexandre, pour éviter de lui 
donner le nom de roi, comme si 
ce litre n'eût appartenu qu'à leur 
prince. Plutarque. Etym. «/.t'cpa? 
C elephas ) , avro; ( autos ) ; ào/yi 
( arche) , commandement. 

Eléphantis, nom d'une femme 
à laquelle on attribue des poésies 
lascives. Etym. ilî'-faç , éléphant. 



ELL 

Eléus , surnom de Bacclius ' 
qui inspire des sentimcns d'huma- 
nité, et de Jupiter, honoré dans 
l'Elide. R. IOeoç ( eleos), compas- 
sion. 

Elecjsippe, nom d'homme. 
Etym. clt-j^tç ( eleusis), arrivée. 
Etym. ï'oyîcQat (er°hesthai), venir, 
arriver ; f. i . èlt-iao^ai ( eleuso- 
mai); Tttctoç ( hippos ) , cheval. 

Eleusics , évèque de l'Eglise 
grecque. R. titvôu (eieutho) , ve- 
nir ; fut. I. m. i).£vao,nae. 

Eleuthère, exarque d'Italie, 
se révolta contre l'empereur Ho- 
norius , et fut assassiné par ses 
soldats. R. IXtvGtpo; {eleutheros), 
libre. 

Eleuthéri e , déesse de la liberté 
chez les Grecs. M. R. 

1. Eleuthéribs, surnom donné 
à Jupiter, en mémoire de la vic- 
toire remportée par les Grecs sur 
Mardonius , laquelle assui'a la li- 
berté de la Grèce. M. R. 

2. — Surnom grec de Bacchus, 
qui répond au Liber Pater des La- 
tins. M. R 

Eli;uthéropolis , ville de la 
Palestine. Etym. JXtvStpoç; ttoàiç 
(polis ) , ville. 

Elexjtho , nom que Pindaré 
donne à la déesse qui préside aux 
accouchemens. R. èltjQtiv {eleu- 
thein ) , venir. 

Elicius , surnom de Jupiter > 
que les Romains croyaient pou- 
voir faire descendre du ciel, par 
la vertu magique de certains vers. 
R. elicere , faire sortir. 

Ei.it: , le Seigneur fort ; célèbre 
prophète , contfmj)orain d'Achab. 

Eligius, £loi;ùoxa d'uuévéque 
de Noyon, très -charitable. Etym. 
eligere , choisir. 

Elisée, salut de Dieu; dis- 
ciple et successeur d'Elie qui lui 
laissa avec son manteau l'esprit de 
prophétie et le don des miracles. 

Ellopidas, un des courtisans 
de Dcnys-lc-Tyi'an. Ce prince 
était serré de près par les Cartha- 
ginois , et ne voyait de ressource 
que dans une fuite honteuse. « O 



EMA 

Denys! lui dil Ellopiilas, il n'y a 
jioint de plus bel ornement pour 
vue tombe que le titre de roi ! «• 
Ce peu de mois lui rendit le cou- 
rage ; il tenta des sorties qui 
furent heureuses, battit, avec une 
poignée d'hommes , des troupes 
nombreuses, et recula les bornes 
de ses Etats. Etym. lUo-Bji'tunv 
( ellopieueiii), pécher j i'ilo^, otto; 
( el/ops , opos), muet, poisson. 
R. ï'I' , ôtToç ( ops, opos ) , voix. 

Ellychmus , nom sous lequel 
s'est caché un savant allemand , 
nommé Dachller. Etym. £Uv;(V'.ov 
{elluchiiion) , mèche. R. ).y;(vo; 
(^luchnos) , lampe. 

Elpagoras , espoir de la place 
publique ; nom d'homme. Etym 
£}i7rt; , t'oo; (elpis, iclos ) , espé- 
rance ; àyopàc (agora) , marché. 

Elpékor , compagnon d'Ulysse. 
Etym. IXitÎ; } àvyjp (a/ier), guer- 
rier. 

Elpidius, médecin de Théodo- 
ric , roi des Goths , avait mis en 
vers hexamètres l'ancien et le 
nouveau Testament. R. IXirc; , Woj 
(elpis , iclos ) , espérance. 

Èlpidodotès, qui donne l'espé- 
rance ; surnom d'Apollon. Etym. 
iX-r:);; SJôyjLi. (didonai) , donner. 

Elpidophore , qui porte l'espé- 
rance. Etym. ÈX-Tît;; fiput {phe- 
rein ) , porter. 

Elpimce , espérance de vicLoire ; 
nom de femme. Etym. ilitt; ; vt'xv) 
(niké) , victoire. 

Elpis, nom sous lequel les Grecs 
honoraient l'Espérance. R. ilttîç. 

Elysée. Etym. Xvai; ( lusis ) , 
action de délier; ^(e"), certes. 
R. Xvïcv (luein), délier, purifier; 
parce que c'était le lieu ou se ren- 
daient les âmes dégagées des liens 
du corps, ou purifiées de leurs 
souillures ; ou àtjo ts lû<j'.v fx-ô s^^"' 
( apo tou lusin mê echein ) , parce 
qu'on ne pouvait en sortir. 

Emamjel , Dieu auec nous. Ce 
nom, donné par Isaïe au Messie 
qu'il annonce au roi Acliaz , a été 
celui de plusieurs princes. 

EMATHiE,pays qui depuis fut 



EMr 



247 



appelé Macédoine. Etym. vîj/xOottç 
{l'iiialhoeis ) , ion. pour âjiiaôosiç 
{aniatfweis), sablonneux. R. aixa- 
Go; (amatkos), pour >|/afAaGoç (psa- 
nialhos ) , le môme que v|/x'fj.fjioç 
{psaminos), sable. 

Emathion, brigand" thessalien^ 
tué par Hercule. R. \|/aj!xa6oç. 

EmbArus , Athénien , immola 
sa fille à Diane, pour faire cesser 
la famine qui désolait l'Attique, 
à condition que le sacerdoce de la 
déesse serait affecté à ses descen - 
dans. Cet acte de démence donna 
lieu au proverbe, Embarus surn , 
qu'oii^ appliquait à ceux qui se 
signalaient par quelque trait de 
folie. Etym. Iv (en), dans; |3apo; 
(fjaros), poids. 

Embasichytke, qui pénètre dans 
les marmites j nom d'un rat dans 
la B alrachomyomuchie. Etym. i^- 
Sctativ (embainein), entrer ; p^ijrpa 
(chutra), marmite. 

Embasius, surnom sous lequel 
les Grecs sacrifiaient à Apollon, 
avant de s'embarquer. Etym. i^.- 
ê'j.'ivtiv (embainein), s'embarquer. 
R. £v (e/i),dans; Pat'vcv (bainein), 
marcher. V. Ecbasius. 

Emeritcs , qui a rempli son 
temps ; nom d'une famille romaine 
sous le règne des Gordiens. Etym. 
emereri. 

Emilie , gracieuse ; nom de 
femme. Etym. aîf^uÀia (aimulia), 
grâce. R. aîfAuXoç (aimulos), doux, 
aimable. 

EmmatJs, chaleur^ bourgade à 
soixante stades de Jérusalem, où 
Jésus-Chri.st se manifesta à deu.x 
de ses disciples. 

Emméli K, nom de femme. Etym. 
£v (en), dans; ^î\oç(melos) , mé- 
lodie. 

Empanda, déesse romaine qui 
présidait aux choses ouverici , 
rébus paienlibus , ou aux villages 
ouverts. W. pandere , ouvrir. Var- 
ron confond cette déesse avrc Gé- 
rés, et dérive son nom, à pane 
dando. 

EwpÉDocLE , gloire stable ; d'A- 
grigente en Sicile, poè'tc et phi- 



248 EN A 

losophe, soutint la doctrine de la 
méteni psychose, refusa la souve- 
raineté de sa patrie, appela la mu- 
sique au secours de la pliilosophie 
pour guérir les passions, se pré- 
cipita dans le grand cratère de 
l'Etna , et laissa ses sandales au 
pied (le la montagne , pour faire 
croire qu'il avait été enlevé au 
ciel; ou, selon d'autres, se noya 
dans la mer à un âge fort avancé. 
Il reprochait aux Agrigentins, ses 
compatriotes, « de courir aux plai- 
sirs, comme s'ils eussent dû mou- 
rir le même jour, et de se bâtir 
des maisons , comme s'ils eussent 
cru toujours vivre. » Avistote. 
Etym. t^rsiSai (empedos), stable 
K. -rr/^ov ( peaon ) , terre; xi/oç 
{kleos), gloire. F", RoLYSA^EMIA.s. 

Empodus, qui /ait obstacle, ou 
qui vient à la rencontre j auteur 
grec , avait écrit des commentaires 
sur la vie des philosophes. Etym. 
£v (en), dans; iroûç, tto^oç (pous , 
poclos), pied. 

Empoléus, surnom de Mercure, 
protecteur des marchands et des 
cabaretiers. Etym. IfAnoXEÙç {em- 
poléus), marchand. R. tv {en), 
dans; -TrukTv (polein), vendre. 

Emporuts , nom d'un rhéteur 
dont il reste quelques écrits. Etym. 
lp.t3-opiov {emporion), marché, 

Empresmus , /'/ice/ic?i*e; surnom 
de Basiiiscus, empereur grec, sous 
le règne duquel un incendie con- 
suma une grande partie de Cons- 
tantinople. Etym. rfxtarp^'ÔEiv {em- 
préthein), enflammer. R. 'Kprfitit 
{préthein), brûler. 

Empusa , spectre féminin qui 
n'avait qu'un pied de haut , et 
qu'Hécate envoyait aux hommes 
pour les effrayer. Etym efç , p.ia , 
£v {eis, mia, en), unus, a, um, 
un; Trâç , -noS^iç {pous, podos), 
pied. 

Empylus, rhéteur, ami de Bru- 
tus , avait fait sous ce titre un 
écrit sur la mort de César. R. èv; 
■K-jAfi (pulé), porte. 

E^AC1M, porteurs de colliers; 
géants ainsi nommés dans la Bible, 



END 

parce que, pour se distinguer, iU 
portaient au cou des chaînes d'ar- 
gent. Des savans font venir de ce 
nom les anaces des Grecs. 

E^AGO^Ius , surnom de Mer- 
cure, honoré a Olympie comme 
dieu des athlètes. Etym. èv ; âyuv 
{a^ôn), combats, jeux. 

É>Ai,Lus, héros des temps fa- 
buleux. Etym. t'vaXAoç {enallos), 
varié, divers. R. «X).©; (allos), 
autre. 

E>ALUS , enfant sauvé par un 
dauphin. Etym. êv ; Sic, âïbi (hais, 
halos), la mer. 

EKAnÈTK, vertueuse i nom d'hé- 
roïne des temps fabuleux. Etym. 
tv ; àpt-ch (arête), vertu. 

Enarsphouus, guerrier des 
temps héroïques , voulut enlever 
Hélène encore enfant. Etym. êv ; 
ApYi; (y^res). Mars; (pt'peiv {phe- 
rein), porter. 

EivcÉLADE , géant. R. iv ; xt\aêoç 
(kelados), bruit. 

Ekchélée, ville d'Illyrie, près 
de laquelle , selon les poètes, Cad- 
mus et Hermione furent changés 
en serpens. Etym. iyy(t\t'ia.(egche- 
leia), pour lyy(iia.(egcheia'), repaire 
de serpens. R. èv; x^'^^^'' (*^heiein), 
ou x^Tv (chein) , verser , prendre , 
contenir. 

E^coLPIus, auteur grec qui avait 
écrit l'histoire d'Alexandre-Sé- 
vère, /^o/ le mot suivant. 

ErcolPus , qu'on porte dans 
son sein; nom d'un aflranchi cher 
à son mattre, dans Martial. Etym. 
tv ; xoWoî (koljjos), sein. 

Erdaïthyia, suinom sous le- 
quel les Mégariens adoraient Mi- 
nerve, parce qu'elle s'était chan- 
gée en plongeon , pour porter sous 
ses ailes Cécrops à Mégare. Etym. 
£v ; at'6uio( (aithuia), plongeon. 

Ekdekdras, surnom de Jupiter. 
Etym. èv ; Sc'vSpov ( dendren ) , 
arbre. 

Erdymion , berger que la Lune 
venait visiter sur le mont Latmos, 
en Carie, ou plutôt astronome qui 
le premier observa le cours de la 
lune. Etym. èvtîwfAt (endumi), 



ENO 

ineo, subeo , descendre, entier, 
se coucher. R. lîvtiv (duet'ii), 
plonger. 

E^ÉE, aîvî'ia; (fl/»eia*), louable. 
R. aîvcTv (ainein), louer. 

E^GAsTRlMvTHES , prêlres.ses 
d'Apollon qui rendaient de.s ora- 
cles sans remuer les lèvres. Etym. 
îv ; yaçyjp, rpoç, rp\ {gastef, tl'os , 
tri), ventre; javGoç (muthos), dis- 
cours. 

E^GO^•ASl, agenouillée. Lucine 
était adorée sous ce surnom à 
Tégée, en mémoire de ce qu'Augée 
tomba sur ses genoux, et accoucha 
dans l'endroit mtîme où l'on bâtit 
depuis le temple de cette déesse. 
Etym. £v ; yow, yovaroç { gonu , 
gonatos), dat. plur. yévaai (go- 
nasi) , genou. 

EnHiPPE, roid'Argos, célèbre 
par le bonheur qui avait accom- 
pagné toutes ses entreprises. Ceux 
qui avaient eu quelque succès ou 
qui s'étaient distingués par quel- 
que belle action , portaient son 
bouclier dans les cérémonies pu- 
bliques. Elym. £v ; TTr-oo; (Jiippos), 
cheval. 

Ekholmus, surnom d'Apollon. 
R. o),ftoç {kolmos) , trépied pro- 
phétique sur lequel était assise la 
prêtresse , appelée alors Enholmis. 

E^^EACBu^■us, fontaine à neuf 
tuyaux, qu'Athènes dut à Pisis- 
trate. R. cvvta. ( ennea ) , neuf; 
xpoûvoç [krouiios) , jtt d'eau. 

E^^oMus, savant augure, tué 
par Achille. Etym. Èwofio; {enno- 
mos), légitime, ou sujet à la loi. 
R. Iv ; vofxo; (nomos), loi 

EisKosiG^us , qui ébranle la 
tene ; surnom de Weptuiie. Etym. 
ivitvj [enoeiii), ébranler; yaTa , yrt 
{gaia , ghé) , terre. F. AsPHALlO^. 

E^ODlA , E>oDius , surnoms 
d'Hécate et de Mercure, pris de 
l'usage où l'on était de placer des 
bustes de ces divinités sur des 
pierres carrées où l'on trouvait 
l'indication des chemins et des 
rues. Suivant d'autres, Hécate fut 
ainsi nommée parce qu'elle avait 
été trouvée en chemin par Ina- 



lil'A -2^;) 

chus. Etym. Iv, h^\ (lioclos), che- 
min. 

E^ORCHUs, surnom de Hacthus. 
tiré des danses célébrées en son 
honneur. Etym. Iv ; opyînQoti. (or- 
cheslhai), danser. 

E^osJCHTHO^ , qui é/rante la 
terre; surnom de Neptune. Etym. 
ivôuv { enoein ) , ébranler; ^Qùv 
(chtlôn), terre. 

E^OTocoETEs, peuples fabuleux 
qui avaient des oreilles si longues , 
qu'elles leur pendaient jusqu'aux 
talons et leur servaientdc m;itclas. 
Strabon , qui en parle , ajoute 
qu'ils étaient a.sst"/. vigoureux pour 
arracher les arbres et rompre les 
cordes les plus fortes. Etym. êv ; 
sçjÙtoç (oW5, oto*), oreille ; xotTV) 
(koilé), lit. 

E^sIFER, qui poi'te une éppe • 
la constellation d'Orion , formée 
de trois étoiles dont la disposi- 
tion ressemble à une épée. Etym. 
ensis , épée;Jèrre, porter. 

E>THEA , la di\'ine,o\\ la déesse 
aux enthousiasmes ; nom de Cy— 
lièle. Etym. îv; Geoî (^Theos), 
Dieu. 

E^TIME, en honneur; nom d'un 
Lacédémonien qui reçut de glands 
honneurs et de grands présens de 
la part d'un roi de Perse. Etym. 
£v; Tji.-h (limé), honneur. 

EhYALius , surnom de Mars. 
Quasi Evvài; vio; { Enuous uhios), 
lils d'Enyo. R. Evvw (£nu6), nom 
grec de Bellone. 

Ekyo , nom grec de Bellone. 
Etym. tv\i(a (enuô) , ou cvo) (enô) , 
pour <f£Vb> (phei.ô), tuer. 13'autres 
le dérivent d'tvcsaa ( eniousa ) , 
subaud. animuni et vim pugnan- 
tibus, celle qui inspire du courage 
et de la force aux combattans. lî. 
£v; £0) (hecl) , envoyer. 

EoLE, dieu des vents. R. âtllix 
(rte//a), tempête, grand vent. 

1. Eous, oriental; surnom du 
soleil (levant). 

2. — Un de ses (juatrc chevaux. 
R. ■«<!)? (éâs), l'aurore, le point du 
jour. 

EpACRit's , qui réside sur les 



a5d EI'À 

9iiuieurs; surnom de Jupiter, au- 
quel on érigeait souvent aes autels 
sur les hauteurs. Etytn. lit\ (epi), 
sur ; cit.xpo(; [akros), haut, élevé. 

Epact;eus, surnoui de Neptune, 
pris d'un temple qu'il avait sur le 
rivage de Samos. Etym. IttI ; àxT^ 
(aklé), rivage. 

Epactiùs, suiTïom de Neptune , 
dieu des promontoires. Etym. e^î ; 
àxl-h (akté), rivage. 

Epagathe, ofiiciersous Alexan- 
dre Sévère, assassina le célèbre ju- 
risconsulte Ulpien. L'empereur, 
irrité contre le meurtrier, mais 
intimidé par l'alTection que les 
soldats lui portaient , l'envoya 
gouverner l'Espagne, et de là le 
fit passer en Crète, où des gens 
affidés l'en délivrèrent. Etym.ÉTrî ; 
préposition qui a force augmenta- 
tive ; àyaôo; (agaifios), bon, brave. 

Ev^RÉTUS, poète samien, ami 
tle saint Paul. Etym. Itci ; «îveTv 
(ainein), louer. 

Epalids, héros des temps fabu- 
leux. Etym. ê-TTÎ ; 'à\ç, iToç (hais, 
halos ), mer. 

Epaltès , héros troyen. Etym. 
£irî ; aUîiGac [hallesthai) , sauter. 

EpAMl^o^DAs , capitaine thé- 
bain , descendait des anciens rois 
de Bcotie, mais ne dut son éléva- 
tion qu'à ses qualités pei-sonnelles. 
Lié avec Pélopidas , il délivra , de 
concert avec son ami, Thèbes du 
joug de Lacédémone , battit les 
Lacédémoniens à Leuctres , et 
périt sur le champ de bataille, 
après avoir remporté la victoire 
de Mantinée. On a dit de lui que 
personne ne savait plus et ne par- 
lait moins. On cite de lui une re- 
partie assez gaie. Les Lacédémo- 
niens accusaient les Thébains de 
leur avoir fait de grands maux, 
et ils avaient été fort longs dans 
leurs plaintes. « On voit au moins, 
dit Epamiuondas, qu'ils vous ont 
fait perdre votre belle coutume 
de parler laconiquement. » Etym. 
£7rî, par-dessus ; âfj.£t'vojv(a/we«/io/i), 
meilleur. 

Epaphf.as, nom d'homme, coni- 



Et>iï 

paguon de saint Paul dans le mi- 
nistère de l'Evangile. Elyin. l-m; 
à<ppo; (aphros), écume. 

I . Epaphrodite , veiiustus , bien 
fait, de bonne mine; secrétaire 
de Néron , fut condamné à mort 
sous Domilien, pour avoir aidé 
Néron à se tuer. n. IttJ ; Aif^oSim 
( Aphrodît . ■' ) , Vénus. 

2. — Grammairien grec, élève 
d'Archias , avait rassemblé , dit- 
on , une bibliothèque composée de 
3o,ooo volumes choisis. M. étym. 

Epaphus, fils de Jupiter etd'Id. 
Etym. £tara(()Y) {epaplié) , attouche- 
ment. R. awltiv (hapteiii) , tou- 
cher ; parf. act. v?«pa (Jn'pha). 

Eparchide, auteur grec. Etym. 
ECTxpxo; (eparchus), préfet. R. lit\ ; 
àp)(ri {arche), commandement. 

Eparchius, nom d'homme. 
M. étym. 

Ephai-logytra , qui saute sur 
les marmites ; nom de parasite 
dans Alciphron. Etym. è^aÀÀïiTQac 
(ephallesthai) , sauter dessus. R. 
âX).£a6at (hallesthai), bondir; xv- 
Tpot {kutra), dor. pour x'^^P» {chu- 
Ira) , marmite. R. yilv (chein), 
verser, 

Ephkctiques , tempoi'iseurs ; 
secte de philosophes sceptiques. 
Etym. iTTt'xnv (epechein) , arrêter , 
suspendre. 

Ephestiers, nom grec des dieux 
Pénates. Etym. Inl ; kçîa. (hestia), 
foyer. 

Ephèse , ville d'Ionie , célèbre 
par son temple de Diane. Etym. 
l'cpEat; { ephesis ) , désir; couvât 
(ephienai), désirer. Selon d'au- 
tres , elle tire son nom de la con- 
cession faite par Hercule du ter- 
rain ou les Amazones bâtirent 
cette ville. EtpETi; veut dire aussi 
permission. 

1. Ephialtès , géant , fils de 
Neptune. 

2. — Orateur athénien. Etym. 
£•711, sur, contre; iD.taOai (halles- 
thai), sauter. 

3. — Fils de Sophonidas, fort 
pauvre, montra qu'il était vérita- 



hfcmeut philosophe, eu ne rou- 
gissant pas de sa pauvreté. 

Ephiai.Tes, nom grec dos divi- 
nités malfaisantes que les Latins 
appelaient Incubes. M. lî. 

Ephippa, équestre ; surnom sous 
lequel Enée avait ordonhé d'ho- 
tiorer Vénus, parce que, fatigué 
de la mer, il a^ait pris terre et 
s'était embarqué. Elym. i-r:\ ; "ttwo; 
{liippos), cheval. 

Ephippe. poète comique. Etym. 
£Tt( ; Îtctûo; {Jiippos), cheval. 

Ephore , qui inspecte ; historien 
grec, disciple d'isocrale, avait 
écrit , par les cons(;ils de son 
mattre, une histoire dont les an- 
ciens font l'éloge. Etym. È'fopàv 
(ephoràn), inspecter. K. ôoav {oràti), 
voir, considérer. 

Epheaïm, qui porte du fruit j 
second fils de Joseph et d'Aseneth. 

Ephïdatie, naïade qui enleva 
Hylas. Etym. ItiI, sur ou dans; 
voû)p (Jiudor), eau. 

Ephydriades , nymphes qui pré- 
sidaient aux eaux. K. cTtî ; v'îop 
{liudôr), eau. 

EpiBATÉRit's, surnom d'Apol- 
ion. Diomède lui avait élevé un 
temple sous ce nom , p;irce qu'à 
son l'etour de Troie ce dieu l'avait 
sauvé de la tempête. Etym. Itti- 
^a.'i-ni-/{epibainein), conduire ; ctt; ; 
jSaivEiv (baineiii^, marcher. 

Epib£Mii:s, conducteur ; surnom 
de Jupiter. Etym. i-rà ; ^OLinn 
{bainein), marcher. 

Epicadius, affranchi de Sylla, 
avait achevé les annales commen- 
cées par son maître. R. £Trl; £'.'/.«; 
(eikas), image. 

Epjcarpil's , qui fait fructifier ; 
surnom de Jupiter. Et} m. Éirc ; 
xap-CTû; (karpos), fruit. 

Epiceridès, Cyrénéen dont les 
Athéniens reconnurent la libéra- 
lité à leur égard par de grands 
honneurs. Etym. lizixnp'.o; (epiké- 
•rios), passager. W. t-n\; xYip \k r) , 
destin. 

Epichalccs , tout d'airain ; 
■nom de guerrier dans The'ocrite. 
•Etym. cttî ; •/'x)x'Ji(chaikos), airain. 



EPI 



25i 



Epichaiuue , di.ssipateur qui , 
suivant l'expression d'un poëte 
comique, ne fit du patrimoine de 
son père qu'une bouchée (qu'une 
pilule). Etym. lr:\ , prépo.s. aug-- 
ment.j /ai.oetv (chaii'ein), se ré- 
jouir. 

E P i c H A R I s , V ès-gracieuse ; 
femme célèbre par la part qu'elle 
prit à la conspiration contre 
Néron , et par le courage avec 
lequel elle soiitinl la torture sans 
rien déclarer. .Sur le point d'y 
t-tre appliquée une seconde fois, 
craignant de manquer de force , 
elle Ji'étrangla avec sa ceinture. 
Etym è-jT! , prépos. qui a force 
augmentative, comme 1'/» des 
Latins; yap^i (charis), grâce. 

Epuharme , disciple de Pytha- 
gore, poêle comique et philoso- 
phe, avait écrit sur la nature des 
choses et sur la médecine. Des 
auteurs lui attribuent l'invention 
de la comédie , addition de jilai- 
sir pour la société , qui répondrait 
à son nom. Aristote et Pline le 
font auteur des lettres grecques 
et X. Il disait que « les dieux 
nous vendent tous les biens par 
le travail. « Etym. Iirt , par-des- 
sus; ;^aif,nv (chaii'fiii^, réjouir; 
;(a'p^a (chaj'ina) , joie. 

I. Epiclès, illustre; héros 
troyen. Etym. Iwl, préposition qui 
a force augmentative ; x/c'o; (kleo.^), 
gloire. 

2. — Célèbre musicien d'Athènes. 

3. — Parasite qui s'empoisonna , 
après avoir ruiné un riche Athé- 
nien. 

EpicœMTS, commun à tous; 
surnom de Jupiter. Etym. i-ri; 
xoivo; (koino,), commun. 

EïicoMLs, qui fréquente les 
parties de débauche ; comessaLor; 
nom d'homme. Etym. l-reî , ad; 
xù|ji.o; (komos), festin, débauche. 

1. Epicrate, archonte athénien. 

2. — Poëte comique. 

3. — Plus puissant qu'il ne 
faut; surnom piir lequel Cicéron 

désigne Pompée dans ses lettres à 



•2-0'i EPI 

Atticus. Etym . ê-rrî ; xpotro; {kratos), 
force. 

Epictètb, philosophe stoïcien , 
d'Hiérapolis en Phrygie , esclave 
d'Epaphrodite , affranchi de Né- 
ron, fut plus libre au sein de l'es- 
clavage que son maître; logea, 
dans un corps petit et contrefait, 
une âme grande et forte ; soutint 
le dogme de l'immoitalité de 
l'àme; fut chassé de Rome par 
Domitien , et estimé d'Adrien et 
de Mai'c-Aurèle, sous le règne 
duquel il mourut dans un âge 
avancé. Sa morale se réduisait 
à ces deux mots : absline et sus- 
tj'/ie; s'abstenir et souffrir. Il com- 
parait la fortune à une femme de 
bonne maison qui se prostitue à 
des valets. La lampe de terre qui 
éclairait ses veilles philosophiques 
fut vendue 3,ooo drachmes quel- 
que temps après sa mort. Etym. 
tirî ; xlàiSat {ktasthai), posséder, 
acquérir. 

Êpictjre, ■ ecouraùle ; philo- 
sophe grec, né dans l'Attique, éta- 
blit son école dans un beau jardin, 
où il philosophait tranquillement 
avec ses amis ou ses disciples, que 
ses manières gracieuses et sa dou- 
ceur mêlée de gravité attiraient en 
foule de toutes parts. Le fond de 
sa doctrine était que le bonheur 
est dans la volupté , non dans celle 
des sens et du vice, mais dans 
celle de l'esprit et de la vertu. 11 
faisait de la Divinité un être oisif, 
plongé dans un éternel repos, et 
indifférent à tout ce qui se pas- 
sait au dehors de lui. Les consé- 
quences de ce système pouvaient 
devenir dangereuses. Les stoï- 
ciens les exagérèrent, et lui im- 
putèrent, suivant l'usage de tous 
les temps, des maximes auxquelles 
ils n'avaient peut-être jamais 
songé. Leur injustice a porté coup 
à sa réputation , et c'est une des 
preuves si multipliées que la ca- 
lomnie a toujours son effet, et que, 
comme le charbon , si elle ne 
brrtie pas, elle noircit. Ce qui 
prouve de plus en sa faveur, c'est 



£P1 

l'union fraternelle de son école , 
qui ne se divisa jamais, tandis 
que les autres sectes philosophi- 
ques étourdissaient le monde de 
leurs querelles scandaleuses. Ses 
ouvrages , selon Diogène Laërce, 
montaient à plus de 3oo volumes. 
R. fTrtxtipoç {epikouj'os), qui donne 
du secours. 

Epicurius, secourable ; surnom 
d'Apollon. M. R. 

Epid^tia, surnom de Vénus, 
fondé sur ce conte, rapporté par 
Servius. Alexis et Mélibée s'ai- 
maient; les parens de la jeune 
fille la fiancèrent à un autre. 
Ale.\is, pour ne pas être témoin 
du bonheur d'un rival , s'exila. 
Son amante, le jour même des 
noces, se précipita du haut du 
toit, tomba sans se blesser, gagna 
le rivage, y trouva une barque dont 
l'ancre se détacha elle-môme , et 
guidée par les dieux, ariiva à 
l'endroit même où son amant était 
à table a\ec ses compagnons. 
Etym. ettÎ ; ^at;, ^atToç (dais y 
dailos), festin. 

Ep|DAM^OM , ville d'Italie, dont 
les Romains changèrent le nom 
CM celui de Dyrrachium , ominis 
causa , ne in damnuni venire 
iiai>es diceveniur. Le P. Hertling 
le dérive de êdirltiv (dapiein), dé- 
vorer, ou de (Ja-Travàv {dapanàn), 
dépenser. Plaute fait allusion à 
cette idée superstitieuse des Ro- 
mains dans ce passage des Ménech- 
mes ; Ne rnihi daninurn in Epi- 
damno duas; tanqitàm nomen in- 
ditum sit Epidamno , quàd illiic 
nemo sine damno di\/ertaL 

EpiDAÏJs, héros des temps fabu- 
leux. Etym. ÉTtt ; <îaè5 (dais), com- 
bat. 

EpiDÉnus, manifeste; surnom 
d'Apollon Etym.eTti; Sl^\o<;(détos) , 
clair, Paiéphate assigne à ce sur- 
nom l'oriçjine suivante : Après la 
prise de Délos, un barbare ayant 
jeté par mépris une statue d'Apol- 
lon dans la mer, elle arri%a sur 
les côtes du Péloponèse. Les La- 
coniens la recueillircut avec les- 



EPI 

pt'<-t ; el lui donnèrent le surnom 
tl'Apolloii Epiiléliiis, conin«e ar- 
rivé de Dclos. 

Epidicus, processif; nom d'es- 
clave dans Piaule , sur lequel roule 
toute l'inti'igue de la pièce de ce 
nom. Etyiu. ItrlSixo^ {epidikos) , 
oui aime les procès. R. tTri ; •îix/) 
((Itké), procès. 

Epidire, surnom d'une colonie 
égyptienne du nom de Bérénice, 
parce qu'elle était placée dans la 
partie la plus resserrée du détroit 
qui unit le golfe Arabique avec la 
mer Rouge, auprès du cap Dire, 
qui commandait la sortie de ce 
détroit. 

Epidius, précipité dans les eaux 
du Sarnus , reparut avec des cor- 
nes, dispiirut un moment après, 
et fut depuis honoré comme un 
dieu. Etym. cir!, prépos. augm. ; 
IStoj [idiô), je transpire. R. "Joç 
{idos), sueur. 

Epidote , surnom de Jupiter, 
dont les hommes tirent tous leurs 
biens. Etym. é-ttÎ ; èiSi-j%i {didonai). 
donner. 

Epidotes, dieux qui présidaient 
à la croissance des enfans. Etym. 
tjTiSiSôvxt {epididonafj, ajouter. 

Epigéius, un des noms d'Ura- 
nus, dieu phénicien. Etym. {Vi- 
yat'o; (epigaius), qui est au-dessus 
de la terre. R. ctcî ; yata, yri (gaia, 
ghe), terre. 

1. Epigèae, philosophe de By- 
zance. Etym. t-Tr: ; -/evo; (ghenos), 
naissance. R. ytivcaS^i (gheines- 
ihai), naître. 

2. Poëte dramatique. 
Epigies , nymphes terrestres. 

R. cttÎ ; yî) {ghe}, la terre. 

E.P iGt'OUV s , prudent ; nom d'un 
personnage de Plaute Etym. cttI, 
prép. augm.j yyâ^n {gnome), cou- 
seil. 

1. EplG0^ES, nés après; enfans 
des neuf capitaines qui assiégèrent 
Thèbes. Etym. iTz:;tiHiQa.t {epi- 
gheineslhai) , naître après. 

2. — Enfans aue les soldats 
d'Alexandre eurent des femmes 
d'Asie. 



EPI a 55 

1. Epigomjs , nom d'homme. 

M. R. 

2. — d'Ambracic, musicien cé- 
lèbre. M. h. 

Epii.aïs, héroïne grecque. Etym. 
c-rti ; )iao; {laos), peuple, 

Epilyccs, poëte épique; ou, 
selon d'autres , comique , frère 
de Cratès, autre poëte comique. 
Etym. e'tiî ; àvxoç (lukos'), loup. 

£pIMA^E, insensé; surnom que 
quelques personnes donnèrent à 
Antiochus IV. roi de Syrie, au 
lieu de celui d'Epiphane, illustre , 
qu'il avait pris. Etym. iiri, in, 
partie, qui ajoute à la force du 
sens; y.oirmjOcit { inainesthai) , être 
furieux. 

Epimaque , nom d'homme. 
Etym. t'-Ttî ; fiiâ;(Y) {mâché), combat, 

Epimède , nom d'homme. Etym. 
É'jrt(j.Tj^£a6ai {epimédesihai) , pen- 
ser , méditer. Etym. iiù. ; fxvi'ÎEffOat 
{médesihai), méditer. 

Epimélètes, ministres de Cérès, 
qui servaient le roi des sacri6ces 
dans ses fonctions. Etym. l-Tnfxs/yi- 
•m; {epimelécés) , qui a soin. R. 
É-jrî ; ij.slz~v {melein), aAoir soin. 

EpiBtÉLiA, nom ou surnom de 
femmes dans les inscriptions ro- 
maines. Etym. i-TTi^é'/iia. {epime— 
teia) , soin, diligeîice R. 1-k\\ 
fj.t).ùv (melein), a\oir soni. 

Epimélius, surnom de Mercure, 
en sa qualité d<- dieu protecteur 
des troupeaux. Etym. èttÎ ; pyj/ov 
(/Me7o/j), brebis. 

EplMÈ^ES, un des pages d'A- 
lexandre-le Grand, entra dans la 
conspiration contre ce prince , et 
dénonça ses complices. A', le mot 
suivant. 

Epimémde , philosophe et poëte 
Cretois, contemporain de Solon , 
dormit centans, indiquaaux Allié- 
uiens les moyens de faire cesser 
une peste qui désolait leur ville, 
et fut depuis ce temps révéré par 
eux comme un dieu. Etym. èit\ ; 
fuvEcv {menein), soutenir, atten- 
dre, ou fAî'vo; (menos), esprit, con- 
seil, sens. 

Epiméthée, f/ui apprend aprca 



2 5a 



EPI 



coup; frère de Prométlicc, forma 
lès impriulens ot les stnpides , 
eorame son frère avaih formé les 
hommes pnidens et ingénieux. Ce 
fut lui qui ouvrit la fatale botte de 
Pandore. Etym. ètti ; ,u.ï)9£tv , p,avOa'- 
v£[v {méthein, manthanein), ap- 
prendre; nom qui paraît calqué 
sur l'événement. F". Puomjîthée. 

Epimcus, poëte comique. Etym. 
Êirt ; vixo [iliké), victoire. 

EprocHUs, héros grec. R. imj 
oj^a (ocha), parf. moy. du verbe 

i. LPIPHA^E, illustre; surnom 
d'Antiochiîs. f^ov. Epimake. R. 
(palvtiv (phaùiein), briller, paraître. 

2. — Un des Pères de l'Eglise, 
plutôt compilateur qu'écrivain , et 
dont le style est fort inférieur à 
celuides Chrysostômeetdes Basile. 

Epiphawès , qui est présent, 
qui apparaît ; surnom de Jupiter , 
faisant souvent sentir .sa présence 
sur la terre, ou par le bruit du 
tonnerre et des éclairs, ou par 
de véritables apparitions. M. H. 

Epiphron, nom d'homme. Etym. 
i-Ki<fpo)v {epiphrôii) , prudent. R. 
£irt ; fçiri-i , £vo; (p/ire'n , enos) , 
esprit, sens. 

Epipola , nom de femme. R. 
£ircCTo),7)ç (epipolés), qui est en su- 
perficie. 

Epipoutia, surnom de Vénus, 
née de la mer. Etym. inï; ■r^o-jTo<; 
(ponios), mer. 

1. Epipvrgide, qui pjv'side aux 
tours; surnom de Minerve. 

2. — Statue semblable à une 
tour, c't consacrée par les Athé- 
niens à Hécate. f>tym. ÈttÎ ; Ttypyq; 
(piirgos)^ lour. 

Epi RE, ancienne i-égion de la 
Grèce, aujourd'hni l'Albanie. R. 
lÎTtîtpo; (hc'peiros), continent. 

Episcopos , suiveiilante; sur- 
nom de Diane à Elise. Etym. I-k) ; 
<Tx£7r7£aGac(.?A-p/Jte5//irt/), considérer. 

Epistatérius , qui préside ; sur- 
nom de Jupiter en Crète. Etym. 
i<pl<jlavai. (ephisthanai), présider. 

Epistius, snrnom de Jupiter, 
pré.sidant aux foyers. Etym. Èttcct- 



EPI 

tÎo: (epistios) , ion. pour i'^éçi»^ 
(ephestios). R. Éttî ; éçi'a (heslia)^ 
foyer. 

Epistrophia, vecticordia , qui 
engage les hommes au bien; sur- 
nom de Vénus à Mégare. Etym. 
Èirtçp/'fEtv (epistrephein) , tourner. 
R. ItX , vers; çpéiptiv, tourner. 

Epistropre, roi de Phocide, 
un des chefs grecs au siège de 
Troie, Etym. £7rc'ç?°?o; {epistro- 
phos) , souple, qui se replie. R. 
Itti ; çpicpttv 

Epithalamitès, surnom de Mer- 
cure honoré en Eubée, ou comme 
un des dieux de l'hymen. Etym. 
lrc\ ; ^a^afjioi; (ihalamos^, lit nup- 
tial ; ou comme le protecteur de 
la navigation. Etym. âaloLfj.îimi 
(tlialamiiés), rameur. R. 3âiafi.o; 
(thalamos) , partie inférieure du 
vaisseau. 

Epithéras , pour la chasse; sur- 
nom d'une ville du nom de Ptolé- 
raaïs , bâtie au milieu mâme du 
pays où se faisait la chasse au.x 
éléphans H. cTri ; .^yjp (^thér), bote 
farouche. 

Epithymbia, surnom de Vénus, 
qu'on croyait présider au commen- 
cement et au terme de la vie. C'é- 
tait auprès de la statue qu'elle 
avait sous ce nom dans le temple 
de Delphes , qu'on évoquait les 
mânes par des libations et des 
dons funèbres. Etym. Ènî ; â-âfj-Soi; 
{ihumLos), tombe. 

Epitiim«us , médi.ant ; nom 
d'homme. Surnom donné à l'his- 
torien Timée , dont la plume inju- 
rieuse ne respectait personne. 
Etym. ETrt ; tijj.yi (timc), honneur, 
et aussi , reproche , punition. 

Epitimède , piiilosophe de la 
secte Cyrénaïque. Mêm. étym. 

Epituacia, surnom de Vénus , 
assise sur un bouc , ou métamor- 
phosée en chèvre, pour servir de 
guide à Thésée, lorsqu'il partait 
pour aller en Crète, combattre le 
Minotaure. Etym. I-ttÎ ; rpayog (tra 
gos), bouc. 

Epitropius, tutélaire ; surnom 
.sous lequel les Doriens avaient 



ERA 

t'ievé à Apollon un tvmule où ils 
s'asserolilaieiil pour délibérer sur 
les affaires publiques. Etym. iiti- 
Tpovro^ (epïirnp(is), tuteur. R. c-n); 
tpiitiiv (ircpeiii), tourner. 

Epitbopcs , tuteur ; surnom 
d'Aïitigone, tuteur de Philippe, 
fils de Déniétrius. Etym. è-nîzpt- 
ireiv (epilfe/ieïii), confier. R. éttï ; 
Tp/iritv. 

EplTY^CHA^cs, nom qui se 
trouve dans quelques inscriptions. 
R. iirî ; Ttjvyûvcfj ( tunchaiiein ) , 
obtenir du sort. 

Epizlhjs, soldat athénien, fut 
frappé d'un aveuglement subit à 
la journée de IVIarathon, parce 
que , dit Hérodote , il parut devant 
lui un grand homme avec une 
longue barbe noire. Etym. èir! ; 
Ço).o; (zélos), zèle ou jalousie. 

Epopte , contemplateur ; sur- 
nom sous lequel Neptune avait un 
temple près deMégalopolis.Etym. 
Èrri; ozJ^t^Qai (optesthai), voir. 

Epcloî. , guerrier latin, tué par 
Achate. R. epulœ , arum, festin. 

Epci.o>s, prêtres romains, ins- 
titués pour préparer les festins sa- 
crés dans les jours solennels. R. 
epuUe , festin. 

Equa Jcsta, surnom d" Phar- 
sale, en Thessalie,où les poulains 
naissaient tout pareils aux étalons. 
R. equa, c<\\ aie; j'ustus , juste. 

I Equestre, surnom de Junon, 
de Minerve, de Mars, de Neptune 
et de la Fortune. R. equus , che- 
val. 

2. — Surnom de Vénus. Voy. 
Ephippa. 

Equicoll's, quia soin des che- 
vaux; nom de guerrier dans Vir- 
gile. Etym. equus; colère, culti- 
ver , avoir soin. 

Equitics, nom romain, tiré 
ah equis , des chevaux, f^oy. Asi- 

NICS. 

Eramïre , nom sous lequel s'est 
caché un auteur français nommé 
Porchères Laugier , pour publier 
de* lettres galantes. Etym. Éow; 
{tios ), amour; àv/jj) ( anûr ), 
aomoie. 



ER.4 255 

ERAPHioTÎis, querelleur; sur- 
nom de Racchus. Elym. cpi;(eris), 
querelle ; àys/vai (aphienai) , cn^ 
voyer. R. â^o (apo), de ; lu (eô), 
envoyer. 

Erasic LÉE, gloire aimable ; 
nom de femme. Etym. Ipocjt; ( era- 
sis), amour. R. Èpàv f e/'a/j) , ai- 
mer ; x)/oç (fileos ), gloire. 

Eeasie, aimable ; nom de fem- 
me. R. Èpàv. 

ERASI^ADÈs, général athénien 
qui échoua dans une expédition , 
d'où vint le proverbe militavit 
cum Erasinade , contre ceux qui 
échouaient dans toutes leurs en- 
treprises. Etym. Ip5v ; y.i-ni (adés) , 
poét. pour àî(ÎT); ( aidés), enfer. 

Ebasims , aimable ; nom de 
femme. R. tpàv. 

ERASI^cs , nom d'un fleuve 
d'Arcadie. M. R. 

Erasiphon , voix aimable ; nom 
d'homme. Etym. Ipàv; ffwrn.{phô- 
né), voix. 

Erasippe , fjui aime les che- 
vaux ; fils d'Hercule. Etym. ê'pa- 
Gi- ( erasis ), amour. R. Ipàv; Tœ- 
TToç ( hippos ) , cheval. 

Erasistrate, médecin célèbre, 
petit-fils d'Aristûtc, reconnut , au 
pouls agité d'Antiochiis Soter, la 
passion de ce jeune prince pour sa 
belle-mère. Ou lui attribue la dé- 
couverte des vaisseaux lactés. Hé- 
rophile et lui passent pour les pre- 
miers qui aient di.sséqué des cada- 
vres humains. I! réduisait la mé- 
decine à ses moyens les plus sim- 
ples , à la diète, aux tisanes , aux 
purgatifs doux, et n'approuvait ni 
Ja saignée, ni les remèdes violens. 
Etym. Èpàv ; <rrjxzo- ( siratos ) , ar- 
mée. 

Erasixè>e , nom de grand bu- 
veur , cité par Elien. Etym. îpàv ; 
^e'vo; {^xenos ) , étranger. 

Erasmf. , désir, amour ; nali( 
de Roterdam , un des savans qui 
ont le plus mérité de.s lettres, me- 
na une vie eiTunte qui ne l'em- 
pécha pas de produire un grand 
nombre d'ouvrages, et préféra la 
liberté et la culture des lettres à 



25G 



ERA 



l<i faveur des rois et à la con- 
trainte des cours. Lorsque les 
princes lui faisaient les offres les 
j)lus brillantes pour se l'attacher, 
il répondait que « les gens de 
lettres étaient comme les tapisse- 
ries de Flandre à grands person- 
nages, qui ne font leur effet que 
loi'squ 'elles sont vues de loin. » Il 
fut le plus bel esprit et le savajit le 
plus universel de son siècle. C'est 
à lui qu'on doit la renaissance des 
belles-lettres ctde la saine critique. 
Ennemi du luxe , sobre , libre dans 
ses sentimens , sincère , bon ami et 
constant d ms ses amitiés, il ne fut 
pas moins aimable homme que 
grand homme. Ses deux produc- 
tions les plus connues sont /'/?foçe 
de la Folie et ses Colloques. R. 
îpoiv , parf. pass. ■}]^i<j^a.i (érasmai). 
Eraste, aimable, fpaaro;; nom 
d'homme. M. R. 

ERASTHÈ^E , nom d'homme. 
Etym. tpàv ; aQ/vo; ( sthenos ) , 
force. 

Eraté, aimée; nom de nym- 
phe, fille deTéthys et de l'Océan. 
R, Ipôtv ; t'pcD; ( erôs ) , amour. 

Erato, une des Muses , celle 
qui préside aux poésies amou- 
reuses. U. Èpôcv , fpti)ç (erdi), amour. 
Eratoclée, gloire de l'amour; 
nom de femme. Etym. «pôiv; xie'oç 
( klens ) , gloire. 

F.RATosTHÈr.K, natif de Cyrène, 
disciple du poète Callimaque , phi- 
losophe, historien, astronome, 
cosmographe , appelé le second 
Platon à cause de ses connais- 
sances variées et étendues , prit le 
premier le nom de philologue , fut 
bibliothécaire d'Alexandrie , et 
trouva la manière de mesurer la 
grandeur delà circonférence de la 
terre, ce qui lui fit donner le sur- 
nom A' Arpenteur de la terre. Il 
forma le premier observatoire, et 
observa l'obliquité de l'écliptique. 
Parvenu à l'âge de quatre-vingts 
ans, et accablé d'infirmités, il se 
laissa mourir de faim. R. îpà.v j 
oGevo; (stheiios), force. 

K r.AïOSTBATi:, ou Eeostrate , 



£RG 

fou d'Ephès(ï, qui , pour donner à 
«on nom une funeste immortalité, 
mit le feu au temple de Diane la 
nuit môme de la naissance d'A- 
lexandre-le-Grand. La défense de 
prononcer son nom ne fit que le 
rendre plus fameux. Etym. tparo; 
{ej'atos) , aimé, ou êpwq (erds) , 
amour; ctG/vo; ( sthenos ) , force. 

Erèbe , enfer. R. epeÇo; ( ere- 
bos ) , nuit , ténèbre , de fpa {era), 
terre j ou de e'p/tpoj ( erephô ), cou- 
vrir. 

ERÉBE^N1S, surnom de la Nuit, 
épouse de l'Erèbe. R. eptffoç. 

ERÉBI^THl^us, surnom de Bac- 
chus, inventeur de la vigne et 
des légumes, tels que pois, etc. 
R. Èp/ÇivGo; ( erebinihos ), pois 
chiche. 

ERliBI^THOLÉo^ , le lion , ta tei" 
reur des pois chiches ; nom de 
parasite dans Alciphron. Etym. 
Êpc'SivGoç ; Kw/ ( leôn ) , lion. 

Erémicola , nom sous lequel 
s'est caché un savant moderne. 
Etym. t'pyju.o; ( erémos ) désert ; 
colère, habiter. 

Eretriaqdes, division de l'é- 
cole de Socrate , qui avait pour 
son chef Ménédême d'Erétrie. 

Erecthalioî» , héros des temps 
fabuleux , tué par Nestor. Etym. 
tp£v9oç ( ereuthos ), rougeur. 

ERGA^È , ouvrière; surnom de 
Minerve, lorsqu'on lui attribue 
surtout l'invention de faire des 
étoffes de laine. R. êpyov {ergon) , 
ouvrage. 

Ergakès , roi d'Ethiopie , affran- 
chit les rois de l'assujettissement 
où les tenaient les- prêtres de Ju- 
piter , de Méroc , qui , suivant 
leur caprice , leur ordonnaient 
quelquefois de se tuer , sans être 
désobéis. Erganès , indigné de 
celte ser\ilude, les fit tous mettre 
à mort , et abolit leur sacerdoce. 
Etym. tpyov. 

Ergasilcs, ùon ouvrier; nom 
de parasite dans Plaute. B. tpyov. 

Ergastines, ouvrières ; jeunes 
filles chargées du soin de tisser le 
péplos ou I obe de Minerve , que 



( 



ERI 

l'on portait en pompe clans les Pa- 
nathénées. R. tpyov. 

Ehgatis, oui>riève j surnora de 
Minone. R. ipyo^i. V. £RGA^É. 

Ebgéas , historien de Rhodes. 
R. fpyov. 

Ergécs , héros des temps fabu- 
leux. K. £f>-/OV. 

Ergias, nom d'homme, r. Ipyoï. 

F.RGiM's , o-clif, industrieux j 
personnage des temps héroïques 
dont Pindare fait un éloge magni- 
fique. R. tpyov. 

ERGOCLÈs,nomd'honimc. I.tym. 
î'pyov ; x)c'o(; ( k/eos ) , gloire. 

Krgotèle, dont l'oUi>rai^e a un 
/////; nom d'homme. Etym. cçtyoV, 
t/),o; ( «e/'jA ), but, fin. 

Erïbée, surnom qu'Homère 
donne à Junon , comme ennemie 
d'Io , changée en vache. Etym. 
ïoïc ( eris ) , querelle ; /3b; [bous ) , 
bœuf. 

Ertbotès , médecin des Argo- 
nautes. Etym. £pt ( eri ) , partie, 
augmcnt. ; |3oo) (boô), nourrir. 

Éribromts, très-bvufant ; sur- 
nom de Bacchus. Etym. Eps : fioô- 
po; { bromos) , frémissemenl. B. 
^ptauv ( bremein), frémir. 

Eru.hthok , fils de Vulcain , 
<(ui le fit naître de la terre , lors- 
que Minerve refusa de l'épouser; 
d'où vint son nom. Etym. epi(; 
( eris ), dispute ; )(OÙ}-j ( chthâii ) , 
terre. 

Eri DAM, le Pd, fleuve d'Italie. 
Elym. rip (er), le point du jour; 
<îavo; (danos), aride, parce qu'il 
traverse des pays arides , ou Ipc- 
êciîvia ( eridainô) , s'efforcer, à 
cause de la rapidité de son cours. 

1. Erigdcpos, tonnant; sur- 
nom de Jupiter , pour èptêu-moi; 
[^ eridoupos ) , retentissant. L'in- 
sertion du i^ se fait euphoniœ cau- 
sa ; 'îsTro; ( doupos ) , bruit. 

2. — Nom de centaure. 
^^RIGO^E , qui est née le matin / 

fille d'Icarius, se pendit de dou- 
leur après la mort de son père, 
tné par des paysans qu'il avait eni- 
vrés, et fut transportée au ciel, 
où elle occupe le signe de la 



ERÏ 25- 

Vierge. R. Zpi (éri) , le malin ; 
ytt'vEtrGat (gheiiiesthai) , naître. 

E R I G o ^ u s , peintre célèbre. 
Mém. étym. 

EniMANTDS, nom -supposé d'un 
Grec adulateur dans Ju vénal, qui, 
apparemment , jouait le rôle de 
devin. Etym. Ipt ( eri) , fort ; fj./v- 
Tt; ( /nantis ), devin. 

ERI^■^vs , une des Furies. îî. 
Éptvvvç ( ei-innus ) , colère, ou Ipiç 
(a/*), discorde. D'autres dérivent 
ce nom àTro rS l'pptiv tov vsv ( apo 
tou errein ton noun) , parce qu'elle 
égare l'esprit. Une 3' étymologie 
trouve dans êpiwvç ( erinnus ) , 
èçîvvnrstpix (ei-eune/eira) , celle qui 
va à la recherche des méchans. 
R. iptvviv ( ereuiiân ) , chercher 
la trace ; 4^ étym. kpkc avjti.v {aras 
aniiein) , exaucer les impréca lions; 
j' etym. t'y -zr, epx yy.'.trj (en le' era 
naiein ), demeurer sous la terre. 

Eriphake , très-illustre; noni 
d'homme, Etym. i'pi (eri), parti- 
cule inséparable, qui augmente la 
signification. Etym. (pdvm ( pba- 
nes) , clair. R. cpae'vscv (phainein) , 
montrer. 

Eriphams, jeune Grecque, éper- 
dument éprise d'un chasseur nom- 
mé Ménaique, composa des chan- 
sons, oh elle se plaignait tcndre- 
mentde sa froideur, lesuivit en les 
chantant dans les bois et sur les 
montagnes, et mourut de déses- 
poir. La Grèce répéta ces chan- 
sons, et sur ces chants on repré- 
senta ces aventures par des danses 
figurées. Etym. e'oi ; <pot:'v£ty (phai- 
nein) , paraître. 

Eriphée, nourrice de Bacchus. 
R. Éptipoç ( eriphos ), chevreau. 

Eriphie, empoisonneuse et ma- 
gicienne, dont les regards étaient 
malfaisans. M. R. 

Eriphyle , étrangère ; femme 
d'Amphiaraiis , trahit son mari 
pour un collier d'or, et fut tuée 
par son fils Alcméon. Etym. fpi , 
partie, augm. ; tpvÀï) (phulê), tribu. 
Eris, nom grec de la Discorde. 
R. e'pi!; , «îoç (eris, idos), dis- 
corde. 



258 



ERY 



Erisichtho> , personnage dont 
Cérès punit l'impiélc par une faim 
dévorante. Etyni. Èpi'Çttv (erizeiii), 
disputer ; x^ùv (chtkôii ) , terre. 

ERISIXÈ^E, fameux buveur. 
Etym. Epi; ; 5/vo; ( xenos ) , étran- 
ger. 

En^sTHÈ^E , fut tué par sa mère , 
i)Our n'avoir pas .souten-u dans un 
combat l'obligation que semblait 
lui imposer son nom. Etym. epi , 
partie augment. ; ctGeveiv ( sthe- 
iiein) , pouvoir , être fort. 

£risthé>Éi.; , irès - puissante ; 
nom (le femme. Etym. Épi ; (jÔs'voç 
( siheiios ) , force. 

Eristiques, surnom donné aux 
sopbistes qui disputaient avec les 
armes delà dialectique plutrttqu'a- 
vec celles de la rhétorique. Etym. 
Ipt'Çïiv ( en'zei'n ) , disputer. R. 
Eptç, discorde. 

ÉriuMUS , tris-utile ; surnom 
de Mercure. Etym. i'pi , valdè , 
beaucoup ; ovYffjii {onémi ) , je suis 
utile. 

ERonius, personnage des temps 
fabuleux, ciiangé en héron. R. 
cpô'îioç ( ertjclios), héron , oiseau 
de proie. 

EiROPOiuisTiDE ,t'enclu pourcause 
d'amour; nom de femme dans 
Plaute. Etym. sp&)ç(eros) , amour j 
irtùitiv (pokin ) , vendre. 

Eros , esclave d'Antoine. Ce 
Romain , vaincu par Auguste , lui 
ayant demandé une épée pour se 
soustraire au vainqueur, le (idèle 
esclave la prit, s'en perça lui- 
niémc, et tomba aux pieds de son 
maiti-e. Etym. é'pox; , amour. 

Erotia, nom d'une maîtresse 
tl'Epicure. R. i'pwç , amour. 

E ROT lu M, anwrcutus , petit 
amour; nom de femme dans les 
poètes comiques.. R. «pw;, wtoç , 
amour. 

Erucids, nom romain. Etym. 
eruca, rocjnette , plante. 

Erxias, auteur grec, avait pu- 
blié des recherches sur l'histoire de 
Colophon. R. upyttv {eii-gheiii), 
réprimer. 

Erïcika , surnom de Vénus, du 



ERY 

mont Eryx en Sicile, au sommet 
duquel Enée lui bâtit un tempk- 
qui devint célèbre. A'. Eryx. 

Eryma^the , mont d'Arcadie , 
dans les forêts ducp.iel Hercule 
chassa, et prit un sanglier mons- 
trueux. Etym. é'pvpiat {erumai), 
je garde, je délivre; àv6o; {au- 
thos ) , fleur. 

Erymas , boulevard ; guerrier 
troyen tué par Patrocle. R. tpueiv 
(eruein ) , garder , défendre. 

ERvslcHTHO^ , gardien, de/èn- 
seiir de la terre ; héros des temjis 
fabuleux. Etym. Épuecv {eruein); 
x6&>v ( chihôn ) , la terre. 

Erythibius, nom sou.s lequel 
les Rhodiens invoquaient Apol- 
lon contre la nielle. R. èpxja'iSf) 
( erusiùi' ) , rouille, nielle. 

Eryturabôlos, promontoire de 
Libye. R. èp\jOpo(;(eruthrus), longc; 
^wloq ( htilos ) , motte de terre. 

Erythe^us (Nicics) , nom sous 
lequel s'est caché un auteur italien 
nomnié J^ ittorio Rossi. On a de lui 
uu roman latin , intitulé.£'/<(/e//2i>, 
qui est une critique de Rome et des 
mœursdeson temps. Etym.tpvGpô;; 
v!x-/) ( nikc) , victoire. 

Erythras, Erythrds, rouge; 
nom de divers héi'os fabuleux , à 
l'un desquels Pline attribue la dé- 
couverte de la navigation. Elym. 
cpyjQpé:;. R. tptvOoç ( creut/ws ) , 
rougeur. 

Erythréos , ixtuge ; nom d'un 
des chevaux du Soleil. R. ÉpsuQo; 
( ereulhos ) , rongeur. 

Eryturophile , (fui aime le 
rouge ; théologien du dix-.se(itièroe 
siècle. Etyiu. èpuGpoç ; <fiXiXv(phi- 
lein ) , aimer. 

Eryx , nom d'un héros fabuleux, 
d'une ville et d'une montagne <le 
Sicile, célèbre par un temple de 
Vénus. R. ipiitv (eruein), con- 
server, défendre. 

Eryxias. archonte athénien. It. 
tpûxEtv ( erukein ) , repousser ; 
fut. \. 'ep\i^bi [eruxô). 

Eryxima^ue , nom d'homme. 
Elym. tpvxEiv (erukein) , repous- 
ser: p.y-xn (iitacluf), combat. 



ESO 

Eryxis, nom d'homme. R. ipj- 

XC'.V. 

Erïxo, lit tuer par son frère 
Polyarque , le tyran Laarque, qui 
voulait i'éj)ouser. M. R. 

Esàu , parfait} fils d'Isaac et de 
Rébecca . 

EsDRAS , secours ; de la race sa- 
cerdotale d'Aaroii , ramena les 
Hébreux de Babyloue en Judée ; 
recueillit tous les livres canoni- 
ques , les purgea des corruptions 
qui s'y étaient glissées, et les di- 
visa en vingt-deux livres , selon le 
nombre des lettres de Talpliabet 
hrbrcu. 

Ests, dieux adorés parles Tyr- 
rbéniens, et qui présidaient au 
bon destin. R. a'iW (aisa ), sort. 
\. Esope , fabuliste célèbre. 
Elym. aïOtiv (aithein), brider j 
oij/, inoç {ops, opos ) , visage. R. 
oTTTïcjôae (opiestliai) , voir. Esope 
fut ainsi nommé, dit-on, jiarce 
qu'il était noir et basané. Peut- 
fitre aussi Esope n'est-il qu'un 
nom de joys , au lieu d'être un 
nom propre. Plusieurs sa vans le 
confondent avec Lokman. On 
rapporte une réponse fort sensée 
d'Esope à Chilon, l'un des sept 
sages de la Grèce. Ce pbilosophe 
demandait au fabuliste à quoi 
s'occupait Jupiter. " A rabaisser 
les choses élevées , répondit Esope, 
et à élever les choses basses. » Ré- 
ponse qui est l'abrégé de la vie 
humaine , et le tableau en rac- 
courci des révolulionsdes hommes 
et des empires. 

2. — Célèbre ;ictenr tragique , 
dont Cicéron prit di-s leçons de 
déclamation. Cet E.ope fit servir 
dans un repas un plat de dix mille 
francs, tout rempli d'f>iseuu.x qui 
avaient appris à chanter et à par- 
ler, et dont chacun coûtait environ 
600 liv. Malgré ses prodigalilés, il 
laissa près de deux millions à son 
HIs, qui rivalisa avec lui , non de 
talent, m;ci.s d'extravagnncc. On 
assure qu'il lit boire une fois à 
ses convives des perles distillées. 
Mém. ctyni. 



ETH 



25y 



EsOTHÉRiQCKs, nom que pre- 
naient les disciples de Pythagore 
dès qu'ils étaient admis a contem- 
pler leur maître, h. d^ ^ i- , dans. 
EsyuiLiEs, montagne de Rome 
réunie à la ville par Servius Tul- 
lius , qui y fixa sa demeure. Elym. 
excubiœ , <j,xrdes , sentinelles; ou 
exciiltus , cultivé. 

EsTHER , étoile; nom qu'une 
juive prit après son mariage avec 
Assuérus. Elle s'appelait avant 
Hadessa on Edissa , beauté. R. acr- 
Tpov ( astron ), astre. Il y a une 
Esther de Durier, (juo celle de 
Racine a fait oublier. 

EsvM>ÈTL , quiprésiile au c com- 
bats ; surnom de Bacchu.s. il. al- 
<ruo.vyîr/;; {aisumnétês) , qui a soin 
du combat; Trapà to c/X-yiiiov vlixim 
{para to aisitnon nemeiii ) , parce 
qu'il distribue le sort j ou Trœpà 
TQ af^iov vp.vîTv ( para to aision 
humnein) , parce qu'il prédit des 
choses heureuses. 

Etéaeqqe , roi d'une partie de 
la Crète , personnage des temps 
fabuleux. Etym. frca ( etea) , ar- 
mes; àppfï) (arche), commande- 
ment. 

Etéocle, gloiie des armes ; 6Is 
d'OEdipe et frère de Polynice. 
Elym. frea ; x).£o; (kleos), gloire. 

Etéoriccs, général lacédémo- 
nien. R. frea ; vi/.n (niké), victoire. 
ETÉSlE^s , annuels ; vents qui 
soufflent tous les ans durant qua- 
rante jours. Etym. lzri::io<;(eiesios'), 
annuel; ou aÎTc'w («ùedj , deman- 
der, parce qu'Arisiée , instruit par 
Apollon son père, voyant l'Attique 
désolée par la canicule , pria Ju- 
piter et obtint de lui, fjue tous 
les ans , à l'épocjue de Ih canicule, 
souffleraient dts venis qui dure- 
raient quarante jours. R. eto; 
(etos), aimée. 

Etualion, matelot changé en 
{)oissr>n. R. atôœ/eîv ( aithaleia) , 
être brûlant ; d'aîS-j (^/j//.d), brû- 
ler. 

EthémOx , accoutumé ; nom de 
guerrier dans Virgile. 1!. r,^o:; 
{éthos), coutume. 

'7- 



200 



ETY 



EthiopaÏs, surnom de Bacchus, 
tiré de la couleur du vin, ou de la 
chaleur qu'il produit. R. at'0û> 
(aù/io), je brûle. 

Ethiopie. R. at'Gu ; o<l> , hvsbi 
{ops , opos), visage. 

Ethlétèkes, lutteurs; surnom 
de Castor et de Pollux. R. «tSXoç 
(aethlos), combat. 

Ethlius , nom de plusieurs hé- 
ros des temps fabuleux. M. R. 

Ethka, montagne de Sicile , qui 
lançait des feux. ^. aïOtiv (aàJtein), 
brûler. 

Ethoclès , gloire des mœurs ; 
nom d'homme. Ety m. ^'605, mœurs; 
x^£oç (kleos) , gloire. 

1. Ethok , surnom ]qu*Erisich- 
Ehou dut à son insatiable voracité. 

2. — Cheval du Soleil, de Plu- 
ton , de Pallas et d'Hector. R. 
aïBo). 

Ethra, femme d'Egée et mère 
de Thésée, futdepuis esclave d'Hé- 
tène ; menée à Troie , et reconnue 
par ses petits-fils Acamas et Dé- 
mophoon. R. ouQpa. (aithra), ciel 
serein. 

Ethritis, qui rend le ciel clair; 
surnom de Jupiter. M. R. 

Eth\a , surnom de Minerve , 
pris d'im rocher sur le bord de la 
mer dans le territoire de Mégare , 
nommé le rocher de Minerve aux 
plongeons. R. aî'Svia ( ailhuia ) , 
plongeon. 

ETIEH^E, nom d'homme, de 
(rreipâvoç (siephanos ) , couronne. 
R. aT£iptiv (siephein), ceindre. On 
écrivait autrefois Estieniie. 

Etoemariste, prêt à dîner; nom 
de parasite dans Alciphron . Etym . 
tTotfxo; (hetoimos), prêt; «peatov 
{ariston) , diner. 

Etcssioclès , nom d'homme. 
Etym. tToifxoç ; x>/o; {kleos), gloire. 

Ètoemocokus, toujours prêt à se 
rassasier ; nom de parasite dans 
Alciphron. Etym. etoi/aoç; xopo; 
(Ao/'Oi), satiété. R. xopuv {korein), 
rassasier. 

T!,jYj.wcLks, vraie gloire ; nom 
d'un Spartiate. Etym. £tu(^.o; (e</- 
mos, vrai ; xitoç (kleos) , gloire. 



EUB 

EuB^us, poète grec, qui pensa 
payer de sa tête ses satires violen- 
tes contre la ville d'Athènes. Etym. 
£u;/3ato; (baios) , petit. 

E u B A T E , qui marche bien ,' 
atViIcte de Cyrène, fort bel homme 
que Lais voulut épouser. L'athlète 
qui craignait ses pièges, engagea sa 
parole , mais remit la cérémonie 
après les jeux. Vainqueur dans ces 
combats, pour ne pas manquer à sa 
promesse, il emporta avec lui un 
portrait de Lais. Sa continence fut 
récompensée par une statue que sa 
femme lui fit élever à Cyrène. 
Etym. eu ; jSaîvEiv (bainein) , mar- 
cher. 

EuBATiDAs , abordable ; nom 
d'homme. Etym. su; ^aîveiv (bai- 
nein) , marcher. 

EcBÉE , fertile ; ile de la mer 
Egée , aujourd'hui Négrepont. 
Etym. su; |3îf; (bous) , bœuf. 

EuBioTOs, riche, heureux ; nom 
d'homme. Etym. tZ ; ^l'o; ( bios ) , 
vie. 

EcBius, qui vit bien, ou heu- 
reux ; écrivain dont parle Ovide. 
Etym. £j; jSc'o; (Jbios), vie. 

EuBOEUs, riche en troupeaux de 
bœufs ; nom d'homme. Etym. ev ; 
jSàç (bous), bœuf. 

EuBOTÉ, bien nourrie; héroïne 
des temps fabuleux. Etym. |3oco 
(boo), nourrir. 

EuBOTÈs , fils d'Hercule. M. 
étyra. 

1. EuBULA , de bon conseil; 
Danaïde. 

2. — Athénienne, que son père, 
sur la foi d'un oracle de Delphes, 
immola avec Pasithée et Théope, 
ses deu.\ sœurs, pour mettre fin à 
une famine qui désolait Athènes. 
Etym. tZ ; ^alh (boidé) ; conseil. 

EuBULE , de bon conseil; héros 
des temps fabuleux. R. tZ ; ^uln 
(boulé) , conseil. 

EuBULÉcs, frère de Triptolème , 
apprit de Cérès , avec son frère, 
l'art de cultiver le blé. M. étym. 

1. EuBULiDE, de Milet, philo- 
sophe et poète dramatique, maître 



EUC 

de Déinoslhènu, avait écrit coiilrc 
Aristote. 

3. — Philosophe cynique ethis- 
toricii. Ce nom a la terminaison 
patronymique. M. élym. 

Elbulik, déesse du bon conseil. 
Elle avait un temple à Rome. M. 
étym. 

1. EuBULius , consolateur ; sur- 
nom de Pluton, parce que le tré- 
pas termine les peines. 

2. — Surnom de Bacchus, dont 
Ja liqueur porte conseil. M. étym. 

1. EuBULus , orateur, adversaire 
<ie Démosthène. 

2. — Poëte de la moyenne co- 
jnédie. 

3. — Historien qui avait écrit 
l'histoire de Myrriia en plusieurs 
volumes. M. étym. 

Edckrus , surnom de Démé- 
trius III, fils d'Antiochus Gri- 
phus. Etym. iZxaipo- (eukairos), 
opportun; composé de tZ (eu), 
bien ; et de xai'poç (kairos ) , occa- 
sion ; ou îvx/pojç { eukerôs) , attiq. 
pour EÙxc'pao; ( eukeraos), qui a de 
belles cornes. R. eu ; xt'pa; (keras), 
corne. 

EucARPE,/ém/e; nom d'hom- 
me. R. £Ù ; xapCTo; ( karjjos), fruit. 

EccARPiE, bourg de Phrygie. 
La fertilité de son territoire était 
telle, qu'on disait que Jupiter en 
avait fait présent à Céi'ès età Bac- 
chus. Etym. eSj icapTroç (Art//>05), 
fruit. 

EucÉRUs, joueur de flûte, mi- 
sérable aposté par Néron, s'accusa 
d'adultère avec Octavie,pour don- 
ner au prince un prétexte de ré- 
pudier son épouse. R. iS ; xEpa; 
{keras) , corne. 

Euchadia , nom de femme. 
Etym. £Ù ; x*?"" {chazeùi), conte- 
nir. 

Ei'cHAiTÈs, bien chevelu; sur- 
nom de Bacciius. Etym. eu ; j^aiV/i 
{chailé), crinière. 

EucHARiE, réjouissante; nom 
de femme. Etym. eu ; x<^îpt-i-v {chai- 
rein), réjouir. 

^v en KRis, gracieuse ; nom de 



EUC 



iQi 



nymphe. R. tù; p^apîç (cfutn's)^ 
grâce. 

Edchariste , très - isracieux ; 
surnom de Ptolémée Epiphanc. 
M. R. 

EucHARius, nom d'homme. M. 
étvm. 

J1.TJCHE , déesse qu on pouvait 
invoquer pour tout ce qu'on dési- 
rait obtenir. Etym. tvyr, (euché), 
prière. R. tu^^saSat ( ewc/tesia/ ) , 
prier. 

EucHÉiR , habile de la main •; 
artiste qui, avec un antre nommé 
Eu gramme (cjui trace bien les li- 
gnes , les contours), porta le pre- 
mier à Rome l'art de modeler. 
/'//■». Etym. eu (eu), bien; ^ùp 
(cheii-)\ main ; ypa'p.p.a (gramma) , 
ligne. R. ypoi<feiv [graphein), pein- 
dre, décrire. Ces noms ont bien 
l'air d'avoirété donnés après coup. 

EucHÉNOR , guerrier corinthien 
tué au siège de Troie. Etym. ivy}t 
(euché), prière; àv/jp (unér) , 
homme de cœur. 

EucHÉRius , adroit de la main ; 
fils de Stilicon , fut étranglé à 
Rome , après la découverte des 
liaisons de son père avec les bar- 
bares. R. eu; X£''P) X"P°5 (cheir, 
cheiros ) , main. 

EucHics, qui remplit son verre 
jusqu'au bord; sinnom de Bac- 
chus. Etym. eu; ^tlv (chein), 
verser. 

j. EucLÉA , Ei'CLiA, glorieuse ; 
surnom sous lequel Diane avait 
une statue en Béotie, it une autre 
chez les Locriens. Etym. eu ; xk'o; 
(kleos), gloire. 

2. — ]Nom de femme. Etym. eu; 
x^e'oç (kleos), gloire. 

EucLÈs, il/u'itre ; athlète célè- 
bre. Etym. eu ; x),£'oç (kleos), gloire. 

I. EucLiDE, le mathématicien} 
établit à Alexandrie une école de 
mathématiques, dont la gloire se 
soutint durant plusieurs siècles. 
Ptolémée voulut être son disciple; 
mais, rebuté par les premières dif- 
ficultés, il demanda s'il n'y avait 
pas de méthode plus aisée pour 
apprendre la géométrie. « Non, ré- 



<Z62 



liUC 



pondit Euclidc , elle est la même 
pour les rois que pour le reste des 
hommes. » Les Elêniens de Géo- 
métrie qu'il a laissés, ont été long- 
temps le seul livre dans lequel les 
modernes ont puisé les connaissan- 
ces mathématiques. Euclide était 
doux et modeste, et ne demandait 
point, en parlant de V Iliade : 
« Qu'est-ce que cela prouve ? » 

2. • — de Mégare, venait la nuit, 
déguisé en femme, prendre les le- 
çons de Socrate, durant la guerre 
entre sa patrie et les Athéniens. Il 
s'écarta de la doctrine de son maî- 
tre, et fonda une secte qui fut ap- 
pelée Mégarienne et Contentieuse, 
et qui mérita ce nom , s'il est vrai 
que plusieursdisciples d'Eubulide, 
un de ses successeurs, moururent 
du dépit de n'avoir pu résoudre les 
arguties captieuses et les vaines 
cavillations de leur maître. 

3. — Martial joue sur le mot 
d'une manière ingénieuse, au sujet 
d'un Euclide qui se donne pour 
chevalier, et qui par malheur laisse 
tomber de sa ceinture une clef qui 
le fait reconnaître ou pour un es- 
clave, ou tout au moins pour un 
liomme pauvre. Etym.x)viî;(A7eM), 
clef. K. xXcc'tiv (kleiein) , fermer 
à clef. Ainsi, au lieu d'être Euclide 
{illustre) , il était Euclide {porte- 
^lef). 

EucLiON , qui a bonne rei.oin- 
mée,qui benè audit; nom d'hom- 
me. R. £w ; %l\>t:v (klueiii) , être 
estimé. 

EucLius, surnom de Bacchus. 
Etym. îZ; xltoç {hleos), gloire. 

Ecc^ÉM^JS,(jfWl (2 de bonnes jam- 
bes ; surnom. Etym. eu ; xv-^fj.-/) 
{knémé) , cuisse, jambe. 

EccOLYMBCS , qui nage bien; 
nom de marin. Etym. eù; xoAvfj.Çàv 
{kolumbâii) , nager. 

I. EucBATE , qui fait un bon 
usage du poui'oir; nom de Né- 
réide. Etym. eu ; x^âzoï; (kratos) , 
pouvoir; ou bien constitué. Etym. 
tZ ; xpi<j> {kraô) , je mêle. 

2. — Homme de mauvaise foi, 
qui trouvait toujours quelque sub- 



EUD 

terfuge pour se dispenser de tenib 
pai'olc.Ue là le proverbe : « Il paie 
de la monnaie d'Eucrate. » 

EucniTE , qui jui^e bien; nonl 
d'homme. Etym. tZ etxpiTvi; {kri- 
ies),juge. R. xpiv£cv(A/ï/je/Vi), juger* 

ErcT^cs , dt'sirable : auteur 
grec, .-i qui l'on attribue une des- 
cription de l'Asie. Etym. tZ^ti^Ocut 
( euchestai) , prier; ou eu; x-rSiaBoit 
(ktasthai), posséder, acquérir. 

EucTUS , gouverneur de Pella, y 
reçut Persée vaincu. ]VL étym. 

EuDAMiDAs, Grec dont Lucien 
nous a fait counaHre la vertu. 11 
légua sa mère et sa fille à son ami. 
Cette confiance touchante a fourni 
le sujet du beau tableau du Poussin, 
connu sous le nom du Testament 
d'Eudamida'i, qu'on voit aujour- 
d'hui dans le Musée Erançais; 
Etym. tZ ; «î^pio; (démos) , peuple. 
Ce nom parait être patronymique. 

Eddamippe, habile à dompter 
les ckeuaux ; nom d'homme. Etym. 
eu; io!.(j.S.v {daman), dompter; 
CTrrn-o; {luppos) , cheval. 

EvDAMcs.nom d'homme. Etym. 
eu; ^afxSv (daman) , dompter. 

1. EuDÉME , populaire ; orateur 
de Me'galopolis, maître du célèbre 
Philopœmen. Etym. tù ; «î^fioç (dé- 
mos) , peuple. 

2. — Athénien, avait écrit sur 
les légumes. 

3. — Amid'Aristotc, qui, après 
sa mort, avait écrit un dialogue en 
son honneur. 

EuDÉMOR, heureux; poète grec, 
contemporain de Libanius. R. tZ ; 
i<xiiJ.ù>v (daiiiidn) , sort, génie. 

EcDÉMOMCUS , pliilosopbe qui 
déshonorait sa profession , par 
la bassesse avec laquelle il (lattait 
Alexandre. On en jugera par ce 
trait. Un jour qu'il faisait un vio- 
lent orage et qu'il tonnait à faire 
trembler , le bas courtisan dit au 
prince : « Fils de Jupiter , pour- 
quoi ne réponds tu pas à ce ton- 
nerre? » Alexandre se moqua du 
flatteur; mais vraisembablemeut 
il disait ilans son âme , comme ce 
cardinal italien et comme tous les 



j-ons puissaiis •. n Tu in'aduli , iti;i 
tu ini piaci. » 31. étym. 

EiT.ÉMOMDAs , capitaine Spar- 
tiate. On raconte de lui qu'nj-ant 
un jour eiitendn un philosophe qui 
j)rf tendait (juc le sage seul était un 
e.\cidlent général , il répondit en 
riant : « Cette maxime est bonne et 
belle; mais je gagerais bien que 
celui (jui la donne n'a jamais en- 
tendu le son de la trompette;. Il de- 
mandait ce que t'était qu'un Zéno- 
crate , déj.i vieux , qui disputait 
dans l'Académie. — C'est un sage 
qui cherche la vertu. — .S'il la 
cherche encore, quand donc comp- 
te-f-il en faire usage? » Ou voulait 
bavoir pourquoi les Spartiates , 
avant le combat , sacriGaicnt aux 
Muses : " C'est, dit-il, afin d'assurer 
à leurs exploits une glorieuse im- 
mortalité. » M. étym. 

Eddémome, déesse de la félicité 
chez les Grecs. M. étym. 

EuDÉMOMQUEs, philosophes qui 
disputaient sui' ce qui ctmstituait 
le bonheur de la vie. Etym. îùoxi- 
povi'x (eudaimoiiia) , félicité. 

EcDÉsirs , populaire; orateur 
grec. Etym. iZ ; S-oixo; {démos), 
peuple. 

Et D icus, qui fait bonne justice ; 
houd'on grec, qu'on faisait venir 
dan.s/ les rei)as pour amuser les 
cf)nvive>, en contrefaisant les lut- 
teurs et les athlètes. Etym. eZ ; 
Sîxr, (c/ikc) , justice. 

Eddiélos, surnom d'As[)lédon, 
ville d'Achaïe, dont le climat était 
assez doux pour qu'on pût y passer 
l'hiver. R. tlèlr». {eudia) , temps 
calme et serein. 

EcDii's, serein; nom d'homme. 
M. R. 

EuDOciE , qui pêne bien; nom 
de femme. H. eS ; èaxiïv {dokein)^ 
croije , penser. 

El'docimcs , estimable; calma 
une sédition militaire en faisant 
donner par des courriers apostés 
une faii.ssc alarme à ses soldats. 
M. R. 

I. EuDORR, nom de Néréide. 



EUG 



•iO: 



2. — Héros des temps fabuleux. 
Etym. £J; Swpav (dôron) , <lon. 

3. — Philosophe d'Alexandrie, 
sectateur d'Aristotc. 

I. EuDOXE, glorieux; Cuidien 
de nation , élève de Socrate et de 
Platon, géomètre et médecin , fut 
le premier qui détermina la me- 
sure de l'année, et perfectionna la 
théorie des sections coniques. K. 
£v ; Sô-,<x (do.raj, gloire. 
0.. — Historien de Rhodes. 
3. — Poëte corair{ue de Sicile. 
i.EuDoxii:, fille de riiéodose II, 
et femme de Valentinien III. fut 
forcée d'épouser Pétrone-î\laxinie 
lue-irtricr de son premier mari , 
appela Genséiic à son secours, fut 
emmenée prisonnière en Afiiquc 
par le conquérant Vandale, et ne 
revint qu'au bout de sept ans à 
Rome, où elle finit sa vie dans les 
exercices de la piété. Les médailles 
de cette princesse sont très- rares. 

2. — Veuve de l'empereur Cons- 
tantin - Ducas , épousa Didgène , 
commandant des troupes de l'Em- 
pire, qu'elle avait d'abord fait con- 
damner à mort comme rebelle et 
conspirateur . fut reléguée par sou 
fils dans un couvent, et s'y occupa 
à écrire sur la mythologie. Son 
manuscritse conserve à Paris, dan.s 
la Hibliothèque royale. M. R. 

EcDROMUs, bon coureur. litym, 
£ij ; ôf>ojxo; (droiuos), course; ôpé- 
fi.t:v {dremein) , courir. 

EuGAMO>, de Cyrène, historien 
grec, avait écrit sur la I hcsprotie. 
R. yctu.îTv (gaini'in), se marier. 

EuGA^■ÉE^s, peuple de la Gaule 
transpadane, quipréteudaient être 
descendus des compagnons d'Her- 
cule. Etym. êiyEvÀ; {eughenés) , no- 
ble. f^. le mot suivant. 

1. Eugène , bien né ; homme 
obscur, de simple rhéteur fut pro- 
clamé empereur 2>arArl)ogaste; se 
déclara en faveur du paganisme, 
passa les Alpes, prit Milan, et finit 
par ôlre défait et tué par l'empe- 
reur Théodose le-Graiid. Etym. 
£u : 7£(v£7Ga! ( ghc'nesiluti) ,ui\\lre.. 

2. — Pape a .|ui l'on attriliuc 



264 



EUM 



l'invention de l'épreuve par l'eau 
froide , usage malheureux qui fit 
périr beaucoup d'innocens et sauva 
beaucoup de crirainels. 

Eugénie, nom grec de la no- 
blesse divinisée ; nom de femme. 
M. B. 

I. EuGÉRiE, déesse à laquelle 
les dames romaines sacrifiaient 
pour <ître préservées d'accidens 
durant leur grossesse. Etym. tZ; 
gerere , porter. 

1. — Femme célèbre par son 
talent pour la poésie. 

EiJGiPPiDS. nom d'homme. 
Etym. tvytioc, (eugheios), gras, 
fertile. R. eZ ; ycCux (gaia), terre; 
Tttwo; {hippos), cheval. 

EuGRAMME, nom d'homme. 
Etym. tZ ; yoi\t-\>-(>- {grainmaj, lettre. 
R. ypd-ftiv (graphein), écrire, f^. 
EccnÉiR. 

Eugraphics, ancien grammai- 
rien de peu de mérite , commen- 
tateur de Térencc. Etym. t-i ; ypd- 
«;w (grapho), peindre, écrire. 

Etjl^us , régent d'Egypte pen- 
dant la minorité de Ptolémée Phi- 
lométor. R. eZ ; Xao; , peuple. 

EuLALiE, qui cause bien; nom 
de femme. Etym. tî; lalùv {la- 
lein), parler. 

EuLALius, nom d'un anti-pape. 
M. B. 

EuLALOS, éloquent, ou qui rend 
des oracles favorables ; épithète 
d'Apollon. M. étym. 

EuLOGiE, quipcirleow raisonne 
bien. Etym. tZ; Xo'yo; {logos), dis- 
cours, raisonnement. R. Uyuv (le- 
ghein), parler. 

EuLOcius, patriarche d'Alexan- 
drie, ami et contemporain du 
pape Grégoire-le-Grand. Etym. 
tZ;\âyoç {logos), \:>»v\(ir. 

EuMACHics, Napolitain, avait 
écrit l'histoire d'Annibal. Etym. 
ev ; }iv.yri {inaclu') , combat. 

EuMACHUS, vaillant guerrier; 
de Corfou , auteur grec. Etym. iZ; 
pâ/i (inaché), combat. 

EuMARÈs , habile de la main ; 
peintre grec, fit prendre un grand 
csior à l'art, en osant peindre 



EUM 

toutes les figures. Etym. iZ; fixpn 
{mare), main. 

Edmathitjs, auteur du roman 
grec des amours d'Ismène et Is- 
me'nias. Etym. eu ; ij.oi0t7v(matheiii), 
apprendre. 

EuMÈDE, nom commun à plu- 
sieurs héros des temps fabuleux. 
Etym. tZ ; ij.rtSoi (mi'dos), soin. 

EcMÉDON , argonaute , fils de 
Bacchus.Etym.su jpt£(Σ(v(me^e///), 
commander. 

EuMÉE, qui désire vit^ement (le 
retour de son maître); fidèle ser- 
viteur d'Ulysse, lui donna l'hos- 
pitalité sans le reconnaître , et 
l'aida à se défaire de ses ennemis. 
Etym. tZ ; pau Çmaô) , désirer. 

1. EuMÉLUS, qui aime la mélo- 
die ; nom commun à plusieurs 
héros des temps fabuleux. Etym. 
eZj fjiAo; (melos), chant, nombi'e; 
ou qui est riche en troupeaux. 
Etym. fj.Y)Xov {melon), brebis. 

2. — Poêle grec. 

1. ^VMÈ^E, doux, facile, agréa- 
ble ; héros honoré comme un dieu 
par les habitans de Chio. Etym. 
iZ ; ii.tvoç (inenos), esprit. 

2. — Capitaine grec , un des 
plus dignes successeurs d'Alexan- 
dre-le-Grand , fut aussi estimable 
dans la paix que redoutable dans 
la guerre , défi t- Cratère et ]\éop- 
tolème , et fit la guerre à Anti- 
gone , qui ne dut qu'à la trahison 
l'avantage d'être défait d'un rival 
aussi dangereux, et qui le sacrifia 
à sa sûreté, quoi(jue le souvenir 
de leur anciei»ne amitié parlât 
encore en sa faveur. On lui attri- 
bue la fable du Lion amoureux , 
qu'il raconta à ses officiers, dont 
Antigone avait voulu corrompre 
la fidélité par des présens magni- 
fiques. Avant la bataille où sa 
fortune céda à celle de ce prince, 
Eumène avait eu l'attention de 
briàler toutes ses lettres, ne vou- 
lant pas qu'après sa mort ceux qui 
lui avaient donné des avis secrets 
fussent exposés à des recherches 
dangereuses; délicatesse dontPoro- 
pée donna depuis un second cxem- 



EUN 

))lc après la mort de Sorlorius. 
Eumène avait écrit un journal des 
campagnes d'Alexandre, dont la 
j)orte est à regretter. 

EuMÉMDES, bienveillantes ^ les 
Furies, ainsi nommées par anti- 
phrase. M. R. 

Edméms , nom d'une f.miille 
romaine sous le règne des Gor- 
diens. M. étym. 

i.EcMÉMrs, un des capitaines 
d'Enée. Etym. evj pe'vo; (/nenos), 
esprit, courage. 

2. — Orateur latin dont on a 
un panégyrique. M. étym. 

Ec MÉTIS , prudente ; nom de 
femme. Etym. tv; fj.riTi: (métis), 
prudence. 

EuMOLVÉ, Kéréide. ^oy. le mot 
suivant. 

EuMOi-pus , qui chante bien ; 
poète qui vivait dans les temps 
héroïques. Etym. vj ; fiù.rxciv (mel- 
pein), chanter; f/.o).-cjri {mo/pé'), 
chant. 

ErMOLCs, fils d'Atrée. Et} m. 
£v; fAoÀt'.v (ntolein), venir. 

EtiMOKHJS , rhéteur, richement 
récompensé par l'empereur Cons- 
tance. R. fiévîiv {menein), demeu- 
rer. 

EcML'SE , favori des Muses ; 
élégant. Etym. tZ j p-ica. (mousa), 
muse. 

EuMïLiJS, héros grec au siège 
de Troie. Etym. tZ; fxviyj {mule), 
meule de moulin. 

Elsapics , qui a beaucoup de 
bois; auteur grec, a écrit la Vie 
des Philosophes et des Sophistes. 
Etym. tZ ; vâtro; (jiapos), bois. 

Eukée, fils de Jason et d'Hyp- 
sipyle. R, tWn (euné) , lit. 

1. EuNicA, nom de nymphe. 

2. -=— Nom de courtisane dans 
Théocrite. R. tWn{euné), lit. 

EcNicus , statuaire grec dont 
parle Pline. Etym. «v; vt'xy) (niké), 
victoire. 

EuMPPE, Danaïde, Elym. evv/) 
(euné), lit; 'iTvao; (hippos), cheval. 

I. EuNOME , (jui chante bien; 
musicien grec. Comme il disputait 
le prix de son art à un autre mu- 



ELP 



a()û 



sicien , une cigale vint se poser 
sur son luth , pour suppléer an 
défaut d'une corde qui s'était 
rompue. 

2. — Pèrede Lycurgue. M. étym. 

1. EL"^OMIE , qui a de bonnes 
mœurs, ou qui chante bien; une 
des Heures. 

2. — Mère des Grâces. Etym. 
sv ; voixiç (i(omos) , coutume, air, 
chant. 

1. EuNOSTrs , divinité des ha- 
bilans de Tanaragra. 

2. — Surnom donné .i Solon , 
roi de Chypre, et tiré du bon- 
heur qui a^ait accompagné son 
retour dans sa patrie. Elym. £v ; 
vô:ro; (noslos) , retour. R. vôçnv 
(noslein), retourner. 

Eu>rs , Evvaç , bienveillant ; es- 
clave qui se mit à la tête des fugi- 
tifs en Sicile, défit les préteurs 
romains, et fut enfin vaincu par 
Pcrpenna, qui réduisit les rebelles 
par la faim , et fit mettre en croix 
tous ceux qui tombèrent entre ses 
mains. On lui attribue un trait de 
charlatanisme digne des tréteaux. 
Pour frapper les sens des peuples, 
sur qui le merveilleux a toujours 
du pouvoir , il mettait dans sa 
bouche une noix remplie de soufre 
pulvérisé, y glissait du feu, et en 
soufflant dessus , paraissait vomir 
des flammes. Elym. tZ ; vo'o; , vb- 
(noos , nous), esprit. 

EuPALAMUS, adroit oa robuste; 
nom de plusieurs héros des temps 
fabuleux. Etym. £v ; -Tra/céfii-/) {pa- 
lamè), palma, la paume de la 
main. 

EuPALÈs , aisé a vaincre à la 
lutte, ou leste à la lutte ; nom d'un 
roi d'Assyrie. Etym. tZ ; T.rDn 
[paie), lutte. 

EuPATOR , né d'un bon père ou 
d'un père illustre; surnom d'uu 
des Anliocluis. Etym. eu; Trarr/j) 
(paiér) , père. 

EuPHAËs, roi de Messénic. 
Etym. cv ; <pâù) (phaô), briller oi^ 
parler. 

EvpnA»E, poctf grec cité par 



2GCy 



EUl» 



Athénée. Etym. tZ ; (pac'vEiv (phai- 
neiii), montrer., 

EuPHAKTE, historien grec. Etym. 
£v ; yyifit (plcéini), parler. 

EuPHA^Tus, historien et tra- 
gique grec , avait écrit l'histoire de 
Ptolémée. Etym. ev ; <ftxîveiv (phai- 
neiii), briller. 

EuPHÉMÉ, nourrice des Muses. 
f'oj. le mot suivant. 

EuPHÉMiE , bJnédiclion ou re- 
nommée ; maîtresse d'abord , et 
l)uis femme de Justin \" , se 
montra digne par ses vertus du 
haut rang où son époux l'avait 
élevée. Etym. tZ ; <f^^f, (phêmé) , 
réputation. R. tpàa) (phaâ); (pyjpit 
(p/iémi"), je paile. 

EuPHEMius, gouverneur d'Aqui- 
Jée, sous Dioclétien. M. étym. 

1.E0PHÉMUS, d'un bon augure; 
fils de Neptune, pilote des Argo- 
nautes, après la mort de Typbis. 
2. — Un Athénien peu digne de 
ce nom , qui faisait profession de 
satirique, mais qui ne se le faisait 
pas pardonner par le talent. M. 
étym. 

EuPHiLÈTE, bien aimé; Athé- 
nien défendu par l'orateur Lysias, 
dans une cause de meurtre. Étym. 
£w; <f.i).Yi-o; (philêtos) , aimé; tpi- 
Àtîv (philcin), aimer. 

Euphorbe, riche enpâiurages; 
Troyen célèbre par sa force et son 
courage, dont Pythagore préten- 
dait que l'âme était passée dans 
son corps. Etym. tZ ; <ftpSeiv (pher- 
ùein), faire paître ; parf. m. izé- 
<popôa (pephorba); d'où <popÇ/) (phor- 
it;'), fourrage. 

1. EuPHORIO^, fertile^; fils d'A- 
chille et d'Hélène , né avec des 
•ailes d.insle.s iles Fortunées. Etym. 
l'j; tfipiiv (/^/lere/'/j), porter; parf. 
m. TTE-^opa (pephora). 

2. — Ecrivain grec de Chalcisen 
Enbée, s'attacha à Antiochus-le- 
Grand, roi de Syrie, qui lui donna 
ia garde de sa bibliothèque. On lui 
reproche de l'obscurité et un style 
«uigmaticjue Tibère l'avait pris 
fiour modèle dans la composition 
'de ses poé>>ie5 grecques. 



ËUl» 

3. — Athénien, poète tragicjue. 

4- — Athénien, poëte comique. 

EuPHORUs , auteur grec, avait 
écrit sur les origines. M. étym. 

EtiPHRADE , éloquent; surnom 
de l'orateur Thémistius. Etym. iZ ; 
(ppoii^tiv { phrazein), palier. 

ErPHRADÈs, génie qui présidait 
aux festins , et dont on mettait la 
statue sur la table, lorsqu'on vou- 
lait se livrer à lajoie et aux plaisirs. 
M. étym. 

Edphramus , Athénien , auteur 
d'ouvrages sur ragricidturc.Etym. 
tu; fp-h-j, Evoç (phrén, enos), esprit. 

1. EuPHRANOR, peintre et sta- 
tuaire célèbre de Corinthe, floris- 
sait dans la io4' olympiade. Ses 
principales statues étaient en bron- 
ze. 11 axait écrit sur la symétrie et 
sur les couleurs. Etym. tu-^patvttv 
{euphrainein) , réjouir; ou evtppcay 
( euphrén ) , sage , et àv-ôp ( anér ) , 
homme. 

2. — Pythagoricien , avait écrit 
sur la musique. 

EuPHRA^TIDÈs, devin fanatique, 
força Tliéraistocle à imm<der à 
Bacchus des prisonniers persans. 
Etym. £ij ; <ppaivecv. 

EuPHRASiE , gaieté honnête ; 
parente de Théodose-le-Grand , 
religieuse de la Thébaïde. Etym. 
£Ù ; cpphv {phrén) , esprit , sens ; ou 
bien éloquente. R. ypcx^Ety (phra- 
zein) , parler. 

ÏLVPHRÀ.STE, qui parle bien; nom 
d'homme. Etym tZ ; «ppxÇîtv. 

1. EuPHRATE, nom de fleuve, 
de Evtppacveiv ( euyhrainein ) , ré- 
jouir , parce qu'il rend les terres 
fécondes. K. <op^fi■^ , evo; (phrén, 
enos ). 

2. — L'un des disciples de Pla- 
ton , gouverna la Macédoine sous 
le règne de Perdiccas. Il n'admet- 
tait à la table du roi que ceux qui 
avaient étudié, comme; lui, les ma- 
thématiques. C'était là de la pé- 
danterie, et non pas de la philoso^- 
phie. 

3. — Philosophe grec, accablé 
d'années et de maladies, obtint de 
l'empereur Adrien, la permission 



EUP 

tie metlre , avec dr l.i tiiçiië, un 
terme à sa vie et .i ses douleurs. 

Edphratrès ^ nom du traître 
Trachiiiien qui enseigna aux Per- 
ses le sentier secret par lequel ils 
vinrent surprendre Léonidas et sa 
poignée de soldats au passage des 
Thermopyles. Etym. tZ ; yparpia 
{phralria) , tribu. 

EuPHRON, sensé; Alliénien. Colu- 
nielle le cite parmi les auteurs qui 
ont écrit sur l'agriculture. Etvtn. 
ev ; 'fprtv {plirjiij, esprit, t^ens. 

2. — Poëtc comique. 
EuPHROMi, bon conseil; déesse 

de la Nuit, la niîîme qu'EubuIic; 
d'"oii vient peut-Ctre le proverbe : 
« La nuit porte conseil. » Etvni. 
cv ; <ppïiv [plirtji) , conseil , sens. 

EcPHRAKOR, Khodien à qui Cé- 
sar dut la victoire sur la flotte de 
Ganymède, com ma n 'la II t égyptien. 
R £Ù ; (pv/)v (jjhréii), esprit, sens. 

EnPHROMUs, (pii pense bien, qui 
a de bons seiitimens j poète grec 
de la ville d'Ornée. Etym. iZ; 
tf^-nl-i ( phronein) , avoir tel ou tel 
sentiment. 

I. EL■PHKosv^E, joie, gaieté; 
une des trois Grâces. 

3. — Femme d'Alexis II I , em- 
pereur d'Orient, perdit le mérite 
de ses bonnes qualités par l'excès 
de son orgueil et par la dissolution 
de ses mœurs. 

1 . EcpiTUE, père d'un des pour- 
suivans de Pénélope , tué par 
Ulys.ieà son letour, voulut soule- 
ver le peuple, et fut tué par Laërte. 
Etym. iZ; Tvei'iifj (peithein) , ani- 
mer. 

2. — Poète grec. 

EuPLÉE, île voisine de Naples, 
aujourd'hui Gaiola.R.TtXtrvQ^Ze/ii), 
naviguer. 

EcPLOEA, Vénus, invoquée pour 
oi)tenir une heureuse navigation. 
Etym. £v ; TzltTv, 

EuPLoiîs , qui a une heureuse 
nctcigaiion ; nom de marin dans. 
Alciphron. Etym. eS ; ■n\i'îv (plein), 
liavigner. 

EupoLÈME , bon {guerrier ; nom 
An l'ambassadeur que Judas-Ma- 



EtP 



aOr 



ehabéc, envoya aux Romains. 
Etym. ev ; ^ôiîo.o; ( poleiiios ) , 
guerre. 

EuPOLis , bon citoyen ; poète 
comique, aussi mordant qu'Aris- 
tophane, avait composé dix-sept 
comédies, dont neuf furent cou- 
ronnées. Alcibiade le fit jeter dans 
la mer en fillant à l'expédition de 
Sicile, parce que le poète l'avait 
joué dans sa comédie des Baptes. 
Selon d'autres , il périt dans un 
combat naval entre les Lacédémn- 
niens et les Aliiénieus; et le peu- 
ple d'Alliènes fut si sensible à sa 
mort, qu'on fit à cette occasion un 
décret qui di-fetidail aux poët<'S 
d'aller à la guerre. L'Iii.-ïtoire ne 
nous apprend pas si le décret fut 
modifié en faveur des mauvais. 
Etym, IV ; iz6):ç ( polis ) , ville. 

ErpoLUS, athlète thessalien, fut 
condamné à payer une amende, 
pour avoir été le premier à stagner, 
à prix d'argent, ses ant;igoiiistes, 
afin qu'ils ne lui opposassent pas 
une forte rési.stance. Etym. eu; 
■kCï'/o; (poloi) , jioiilain. 

EcPOMPA, nom de Néréide. 

EcPOMPE, peintre célèbre, don- 
na des leçons à Paraphile , maître 
d' Apeile. Etym. eZ ; Treu.T^^eiv (pem- 
pein ) , envoyer; parf. m., tts- 
tûou.-cjx (pepjinpa) , d'où ■nofi.vrh 
(po npê) , pompe, envoi. 

EuPORiA, ville de Macédoine, 
fondée par Aluxandre-le-Grand , 
et qui devait ce nom à la fertilité 
de son territoire. Efj'm. tviropoç 
(eupoj'os) , riche, abondant , dont 
les communications sontfaciles.R. 
ev ; -Tzépo- {poros), voie, passage. 

EtTPORiE , abondance ; une des 
heures ou saisons. Etym. tZ ; tzipoç 
(poros), trajet, passage, i». -rtlonv 
(prirein ), percer, faire un jjassage. 

EcpoRCs , esclave de C. Grac- 
chus, défendit son maître, dans sa 
fuite, aussi long-temps qu'il lui fut 
possible, et après que ce Romain 
eut succombé, ne \i)iilut pas lui 
survivre, et se poign.irda sur son 
corps. M. étym. 

Ei'PRÉPiE, nom de femme. 



268 



EUR 



Eui'RÉPius , bienséant; nom 
d'Iiomme. K . eÎi ; •npévtnv {prepein), 
cire sôant , décent, convenable. 

EupRosoPON , promontoire de 
Plicnicie, dont le nom grec répond 
à jRellevue , devait ce nom à la 
beauté des sites qu'on découvrait 
de son sommet. Etym. eu; Trpoo-tj- 
TTov (pj'osnpon)^ vue. 

Eu RÉ AS , ambassadeur des 
Achéens , à Rome. R. evpûv (eu- 
reiii ) , trouver. 

EiiRiPE , où l'eau se précipite ; 
détroit de mer. R. eu ; piVrciv {rhip- 
lein), précipiter. 

Euripide , célèbre poëte tragi- 
que; disciple de Prodicus pour 
l'éloquence , de Socrate pour la 
morale , et d'Anaxagore pour la 
physique ; contemporain et rival 
de Sophocle, s'enfermait dans une 
caverne pour comjioser ses tragé- 
dies, qui firent l'admiration de la 
Grèce. Après la défaite de Nicias 
en Sicile , les Athéniens vaincus 
rachetèrent leur liberté en récitant 
dès vers du poëte grec. Son An- 
clromaque fit une impression si 
vive sur les Abdéritains, qu'ils fu- 
rent tous atteints d'une espèce de 
folie. Ce qui intéresse surtout l'hu- 
manité dans ses ouvrages , c'est 
qu'ils respirent la plus belle mo- 
rale. Aussi Socrate n'allait au 
théâtre que pour entendre les piè- 
ces de son disciple. On lui reproche 
pourtant de n'avoir pas toujours 
placé sessentcnccs avec assez d'art. 
Etym. EuptTTO; (Euripos), Eu ripe, 
et peut-être sTiîoç (eiclos), forme. 

ÈuRiPisTOS , surnom que les 
Grecs donnaient aux. hommes peu 
conslans dans leurs résolutions. 
Etym. E'jpiCTo; {Euripos), Euripe. 

EuRiPOPHKON,c/trt/i^'ea/iï co»2/ne 
l' Euripe ; sar nom donné à Cons- 
tance, fils de Constantin, empe- 
reur il'Orient, à cause du peu de 
stabilité de ses résolutions. Etym. 
Eup'.CTo; ; <ppw, tvb; { phrâi, enos) , 
esprit. 

Eu ROM us , vigoureux ; nom 
d'homme et de ville. Elym. tu; 
pwfj.yj {rhô/né), force. 



EUR 

EuRONOTUS, vent ainsi nommé 
parce qu'il tient de l'Eurus (vent 
d'Est), et du Notus (vent du Midi). 
f^oy. ces mots. 

Europe, grand œil; fille d'Agé- 
nor, et sœur de Cadmus, fut en- 
levée par Jupiter, sous la forme 
d'un taur<îau, et transportée en 
Crète, donna son nom à une des 

?[uatre parties du monde. R. sùpvç 
eurus), large; wij/ , àvibç, (ops , 
ôpos), œil. Suivant d'autres, c'est 
un mot j)hcnicien qui signifie 
« homme blanc. » 

EuBus, ventd'Est.Etym. lupooç, 
Eups; {curoos , eurous), composé 
d'fù , bien, ou fort, et de pttv 
(rhein), couler. 

EuRVALE , le premier qui cons- 
truisit h Athènes des maisons de 
brique. Etym. tùpù;; a),u; (halos), 
aire , grange. 

EuRYALÉ , nom commun à plu- 
sieurs héroïnes grecques. MCme 
éfym. 

EuRYAK AssA , qui ji'gne au loin ; 
femme 'de Tantale et mère de 
Pélops. Etym. EÙpù; ; avaaaa 
(anas a), reine. R. av«Ç (anax), 
roi. 

EuRYRATE, qui marche à grands 
pas ; nom du héraut d'Agamem- 
non , assez convenable à ses fonc- 
tions. R, £Ùpù;; ^oûveiv (bainein), 
marcher. 

EuRYBiADEi, très-violent ; roi de 
Sparte , qui leva le bâton sur 
ïhémistocle , et à qui ce général 
athénien répondit : « Frappe, 
mais écoute. » Etym. tipl^; /î('a 
(bia), violence. 

EuKYBiE , nom de nymphe et 
d'héroïne grecque. Etym. fvpùç, 
large; /3io^ [bios), vie. 

EuRYBiÈs, dont la puissance 
s'étend au loin; épithète d'Apol- 
lon. Etym. Evpù;; /3ia {bia), force, 
violence. 

EuRYBius, fils d'Euristhce, tué 
par Hercule. Etym. tùpù; ; /Stoç 
(bios), vie. 

EuRYCLÉii, nourrice d'Ulysse, 
fut la première qui le reconnut 
à son retour, f^oy. le mot suivant. 



EUR 

EuRYCLKS , l(ir-ge i^loi'ir^ devin 
fameux d'Allièiies. Elym. tipv^ ; 
xA/o; (kleos) , gU)iro. 

EuRvcRATK ,roi de Lacédémoiic. 
for. le mot suivant. 

ÈuRYCRATiDAS, Spartiate. Etym. 
tvpvî ; xparo; (kraios), force. 

F.v R\ CRioii ,^ui règne au loin: 
nom d'homme. Etym. svpùçj xptbi 
{liveô), je commande. 

I. Eur.YDAMAS, qui dompte au 
loin; nom commun à plusieurs 
héios des temps fabuleux. Etym. 
tvpù;; (îafxàv (danidn), dompter. 

2. — Un athlète de ce nom ayant 
eu la mâchoire cassée au combat 
du ceste , avala ses dents pour que 
son adversaire ne s'aperçût pas de 
l'avantage qu'il venait d'obtenir. 
Mém. etym. 

EcRYDAME , femme de Léoty- 
cliide , roi de Sparte. Mèm. étym. 

1. Eurydice, femme d'Orphée, 
fuyant les poursuites d'Aristée , 
fut piquée au talon par un serpent, 
et ])erdit la vie peu de jours après 
son mariage. Etym. £Ùpv;; SUri 
{diké), justice , procès. 

2. — Dame illyrienne que Plu- 
tarque propose comme un modèle, 
parce que, dans un âge avancé, 
elle se livra à l'étude , pour être 
en état d'instruire elle-même ses 
enfans. 

1. EcnïLOQDE, le seul des com- 
pagnons d'Ulysse qui ne but point 
de la liqueur préparée par Circé. 
R. eùpù?; ).ox°5 (lochos), cohorte. 

2. — Chef tliessalicn, sur- 
nommé le second Achille, qui 
eut la gloire de rétablir les jeux 
Pythieiis , interrompus par les 
l)rigandages des Cirrhéens- 

EuRVLYTE, mère de Médée. 
Etym. Evpvçj ^uTo; (lutos), délié. 
R. AV£!V (luein), dissoudre. 

1. EtJRYMAQUE, <7Zi/ coinbut au 
loin; nom de guerrier. 

2. — Un des poursuivans de 
Pénélope, qui gagnait presque tou- 
jours aux échecs. R. fvplç ; f^a^v) 
{inachè), combat. 

Edrymède , femme de Glaucus 
et mère de Hellérophon. Etym. 



EUR 



aG») 



t\jp^<;^ fitcftiv (niedein), comman- 
der. 

1 . EuRYMÛDOK , qui commande 
au loin; nom de gueriier. Etym. 
evpv; ; fiéSiiv (jnedeiii), comman- 
der. 

2. — Celui qui accusa Aristole 
d'impiété. Mém. étym 

EuRYwÉDUSE , la mer des Grâ- 
ces. Môm. étym. 

Edrymèke, nom de nymphe. 
Etym. svpvç ; f^./vo; (menas), esprit, 
courage. 

EuRYMÉ^Ès , héros des temps 
fabuleux. Mém. étym. 

Eu^,YM^us , personnage de la 
fable, qui voulut brouiller Castor 
et Pollux, et dont la méchanceté 
fut sévèrement punie. Son nom 
passa en proverbe. Etym. tvp-j; ; 
vfxvoç (hiimnos), hymne. 

EuRY^OME, qui donne des lois 
au loin, ou qui possède de grandes 
terres; nom de femme, commun 
à plusieurs héroïnes des temps fa- 
buleux. R. Eupùç; yctij.oi;{llomos) , 
loi, ou VOJJ.V) {iiomé), pâture. 

EcRYROMTJS , un des poursui- 
vans de Pénélope. Etym. svpvçj 
vop.o; {nomos), loi. 

EcRvoKE , d'une vaste utilité; 
nom de femme. R. îvpv;; ovYipt 
(onémi), être utile. 

EuRYOPÈs, qui s'entend au loin; 
surnom de Jupiter tjnnant. Etym. 
îvpvî ; c^ , ô-CTci; (ops , (ipos), voix. 
R. É'TTïtv (epein), parier. 

Euryops , perspicace ; héros des 
temps fabuleux. E)ym. EÙpvç ; io^ , 

(I)TOO; {OJJS, ôpO'i), œil. R. 'ô-u/leijOai 
{optesthai), voir. 

Euryphaessa, qui porte la lu- 
mière au loin; mère d'Hélios, 
de Séléné et d'Eos, c'est-à-dire , 
du Soleil, de la Lune et de l'Au- 
rore. Etym. txjçvç ( eurus ) , large ; 
(poto) (pJiao), luire. 

EuR^PTOLÈME , qui porte la 
guerre au loin; Athénien en fa- 
veur duquel Périclès renonça à la 
loi qu'il s'était faite de ne jamais 
assister à aucun festin hors de 
chez lui. Il se trouva à son repas 
(h- noce, mais se retira après les 



270 



EUS 



libations. Etym. tlpy;;-, -rvlôltiJ.O; 

(ptolemos) , guerre. 

EcRYPifLE, nom commun à plii- 
.sieiivs liéros des ICMips fabuleux. 
Etym. fùpvç; ttvXv! [pulé), porte. 

EuRYPYLÉ , héroïne grecque. 
Mèni. étym. 

EuBYSACE, porteur d'un large 
bouclier; fils d'Ajax , à qui les 
Athéniens décernèrent les hon- 
neurs divins. Etym. eipù; 5 c-âxo; 
Çiakos), bouclier. 

EuRYSTE, nom d'homnie. Etym. 
ivpuvEtv ( eurunein ), dilater. R. 

EcRYSTÈLE, héroïne des temps 
fabuleux. Etym . sûpù; ; tAoç {lelos), 
but , impôt. 

EuRYSTEENOK , statuc dc la 
Terre, ainsi nommée, à cause de 
sa large poitrine. Etym. tùpv; ; 
çéçivov {steriion), poitiinc. 

EuRYSTHÉE, roi de Mycènos , 
par l'ordre duquel Hercule mit à 
fin les douze entreprises connues 
sons le nom des douze travaux. 
Etym. £Ùpv;;3eoç (iheos), dieu. 

1. EoRYSTHÈKE , dont la force 
s'éiend au loin ; héros des temps 
fabuleux. Etym. evpù; ; (tÔc'vo; (sthe- 
nos)-, force. 

2. — Frère de Proclès , roi de 
Sparte. 

EuRYSTRATE,nom d'homme. R. 
tvpv; ; çparoç (straios), troupe. 

EuRYTB, nom de nymphe. 
Etym. cvpvTYj; ( euruiés ) , vaste 
espace , ampleur. R. sipûç. 

EuRYTHÉwiSj héroïne des temps 
fabuleux. Etym. sùpvç ; ^i[t.i(;{lJie- 
inis), justice. 

EuEYTOMÈ^E, nom donné à la 
mère des Grâces. Etym, Evpvç ; fAs- 
V05 (nieiios), esprit, courage. 

EuRYTUS , nom commun à plu- 
sieurs héros des temps fabuleux. 
Etym. EjpuTr)5 ( eurute's ) , largeur. 

R. txipvç. 

EusagÈp>e , habile pécheur ; 
nom de marin dans Alciphron. 
Etym. £v; uo'.ynvf) (iai^he'né), filet. 

ErscHLHirs , décent ; autear 
comique. Etym. ej; ^x~P" {^ché- 
iiui "1, extérieur. 



EUS 

EusÈEE , pieux; évêquc de 
Césarée , historien ecclésiastique , 
contemporain de l'empereur Cons- 
tantin-le-Grand, qui avait pour 
lui une estime particulière. Etym. 
£Ù ; ut'Setv (sebein), respecter. 

1 EusÉBiE, nom de la Piété 
chez les Grecs. M. R. 

2. — (Aurélia), femme de l'em- 
pereur Constance. M. R. 

EcsTACHE, riche en blé; nom 
d'iiomme. R. cZ ; e;xyyç, (slachus), 
épi. 

EcsTAPHYLE , qui a beaucoup 
de raisins ; nom de villageois dans 
Alciphron. Etym. eZ ; çayviyj {sta- 
phulé), grappe dc raisin. 

ErsTASE , qui benè stat ; qui est 
dans une bonne attitude , au 
propre ou au figuré; nom 
d'homme. R. sZ ; tç-/)fxi (histémi) , 
sto ; c<x<7i; (stasis), position. 

ErsTATHE, mis en ordre; ar- 
chev(?que de Thessalonique, com- 
mentateur d'Homère. Etym. tO ; 
îçru.t {histémi), je pose, j'établis; 
part. aor. i pass. çaGîi; (stalheis). 
ErsTÉPHius, sophiste grec, qui 
avait écrit des déclamations. Etym. 
tu; çî'tpjtv [stephein), couronner. 

EcsTHÈNE, irès-JoH; nom 
d'homme. Etym. iZ ; orô/vo; ( sthe- 
nos), force. ■ 

EusTocHiE, (jui atteint son but ; 
fille de Paula , dame romaine dis- 
tinguée par sa naissance, fut dis- 
ciple (le saint Jérôme, et se fit 
remarquer par ses profondes con- 
naissances dans les langues grecque 
et hébraïque. Etym. ev ; çôy^oç 
(^stachns), but. R. çoxocÇsaGai (st/u)- 
chuzesthai), vi.ser. 

EusTocHies, sophiste de Cap- 
padoce , avait écrit sur les anti- 
quités de son pays. Môm. étym. 

EusTOLUS, nom de marin dans 
Alciphron. Etym. iZ ; çéWttv 
(stellein), équiper un vaisseau ; 
parf. m. èt^ély. (estula). 

EcsTORGUE, qui chérit; nom 

d'homme. R. çipytiv ( -teighein), 

aimer; parf. m. içopyd (estorga) ; 

d'où çopyri (st>T-ghc), affection 

EtiSTRATE , guerrier; arche- 



EUT 

\êc[iic (le Nicée, célèbre p;ir ses 
fcrits fliéologiqucs et pliiloso- 
pliiqnes. Etym. cZ ; (rparo; ( stra- 
los), armée. 

I. EuTERPE , qui charme; 
nne des Muses ; celle qui préside 
aux iiKsIrunicns On lui attribue 
l'invention de la fli"lte,et c'est un 
des attributs qu'on lui ilonne. 
Etym. iZ ; r/p-TTêiv (lerpein) , cbar- 
nier. 

2. — Mère de Thémistocle, se- 
lon quelques auteurs. 

Ei'THALius , nom d'un Grec qui 
trompait les percepteurs des con- 
tributions, en escamotant la bourse 
d'argent destinée à les payer, et 
en mettant à sa place une bourse 
d'étain. ^on nom était passé en 
proverbe. Etym. cZ ; â-JUcy (ihal- 
leiii), fleurir. 

EcTHÉsiE, nom de l'Abondance 
chez les Grecs, qui ne lui éri- 
geaient ni temple ni autel. Etym. 
evj 37)v (thén), ou au , ivoç {ikin , 
ittus), amas. 

EcTiiÉRicus , heureux à la 
chasse ; nom dhorame. Etym. tZ , 
ârif, 3v)po; (thér , théros) , bOtc 
féroce. 

EuTHYAS , orateur athénien , dé- 
pité d'avoir échoué dans sou accu- 
sation contre Phryné, défendue 
par Hypéride , et dérobée à la 
mort par son adresse, quitta le 
barreau, et ne plaila plus jamais 
aucune cause. R. îvGvç , svôsîa 
{euihus , eutheia), prompt, droit. 

EuTHYBULE, Conseiller sage; 
nom d'homme. Etym. £Ù9v;; Çisln 
(^ùnule), conseil. 

EcTHvcLÈs , poète comique grec. 
Etym. EvGù; ; x/./o; (kkos), gloire. 

EuTHvcRATE , sculptcur grec , 
fils et disciple de Lysippe. Enlre 
autres l)eaux ouvrages dus à son 
ciseau, Pline cite les statues d'Her- 
cule, d'Alexandre et de Médée , 
dans un char tiré à quatre che- 
vaux. Etym. £v6v; ; xparo; {kratos), 
force. 

EuTHYCRiTE, jugc intègre ; nom 
d'homme. Etym. ev6ù; j xptTvj;(A77- 
tès), juge; xpivïcv (kriuein), juger. 



KLT 2;. 

EcTinnAMi: , rhéteur célèbre. 
Etym. tùOv; ;êri'xo;((li'inos),pvii\'>\r. 

I. Ei'THVDÊME, philosophe mar- 
.seillais, m.ittre d'Apollonius de 
Tyane. R. siOù; ; •Sriu.o; (démos), 
peuple. 

2. — Athlète célèbre, surnommé 
Pammacbus, parce qu'il excellait 
dans tous les genres de combat. 
Etym. TTÔt; (pas), tout ; c-oix'i ('"«" 
cité), combat. 

EuTHVDicns,yw^e intègre ; nom 
d'hom.rae. Etym. £v6ù;; SUtt(dike), 
justice. 

EuTHVWAyuE, qui vu dri it au 
combat; nom de guerrier. Etym. 
eÙGvç; pa'xy) (mâché), combat. 

ExJTHYME, qui a bon cou- 
rage; athlète fameux. Etym. tZ ; 
5up.o; (thumos), courage. 

E^ITHYMÉDo^, philosophe. Etym. 
eÙGÙ;; fi.éStiv (medein), comman- 
der. 

Etjthymète, esprit droit ; nom 
d'homme. R. £-û6ùç; p,£vo5 (menos), 
esprit , conseil. 

EcTHVMiA, déesse de la joie et 
de la trancjuillité de l'àme, qui ré- 
pondait chez les Grecs à la déesse 
Filula des Romains. Etym. zZ ; 
.S^vu.0; (thumos), espi'it, courage. 

EuTHYMius, moine grec , auteur 
de divers écrits, entre autres, 
d'une histoire des Sarrazins. 
M. R. 

EuTHYKoiis, esprit droit; nom 
d'homme. Etym. £v6li; 5 vooç , va; 
(iioos , nous), esprit, sens. 

1. EuTHYM's, gourmand célèbre 
dans Athénée. Etym. eùOvvsiv (e//- 
ihuneiii), diriger, corriger. R. 

2. — Cuisinier fameux, inven- 
teur des saucisses, et qui avait 
acquis nne grande fortune, yilhéii. 

EuTiiYPHRON , écrivain grec. 

Etym. £vOv; ; epprjv, £V0; (phvéll, 

enos), sens; <ppov£Îv (phroitein) , 
avoir tel ou tel sentiment 

EcTocius, mathématicien grec. 
Etym. £u ; toxo; (tokos) , usure, 
enfantement. R. tixIeiv (tiktein) , 
enfanter. 

EuTRACHèLCs , nom sous lequel 



2^2 EUT 

s'est caché tin autour allemand, 
nomme Goelhals. Etym. $Z • rp-x- 
Xn^°i {trachêlos) , cou. 

El'trapklus, EvTpàTTsÀoç , reni~ 
pli d'urbanité; surnom des Vo- 
Itimnius , à dicendi urbaniiaie. 
Etym. tv ; rpETrciv {irepein), tour- 
ner ; aor. 2 ÈTpaCTav (etrapon). 

EcTRÉsiTÈs, surnom d'Apollon, 
adoré dans Eutrésis , bourg situé 
entre Thespies et Platée, et ainsi 
ronimé parce qu'il était percé de 
plusieurs rues. Etym. tvrpyjTo; 
(eiiirélos)^ bien percé. R. Terpàa) 
(liirao)^ percer; fut. 1 Tpnvw 
(trésô). 

EuTROPE, de bonnes mœurs; 
historien romain , secrétaire de 
Constantin-le-Grand , servit sous 
Julien , dans l'expédition contre 
les Perses. R. tZ; Tpénuv (li-epein), 
tourner; parf. m. nrpâncu (leiropa), 
d'où TpoCTo; {tropos) , mœurs. 

EuTROPiE, sœur de Constantin. 
M. R. 

EuTYCHE , heureuse ; femme de 
Tralle , ville d'Asie , donna le 
jour à trente enfiins, dont vini^t 
étaient vivans à son décès, et la 
placèrent sur le bûcher. Etym. tZ ; 
Tux^ ( tuchê) , fortune. 

ÈuTïCHÈs, bienheureux; poëte 
comique. Etym. iZ ; tJ;^») ( tuché), 
fortune. 

Ei'TïCHiANCS , nom d'un pape , 
dérivé d'Eutychès. M. R. 

EuTYCHiDES , statuaire grec, 
florissait dans la i2o« olympiade. 
Il avait fait une statue de l'Euro- 
tas d'ime grande perfection, à en 
juger par l'expression de Pline : 
Fecit Eurotam , in quo anein 
ipso aiiine liquidiorem plurimi di- 
xêre. Ce nom a une terminaison 
patronymique. Mêni. étym. 

EuTrcHiDS, grammairien, pré- 
cepteur de l'empereur Marc-An- 
tonin. M. R. 

Etjtychobcle, nom d'homme. 
Etym. thr>j-^c, ( euiuchs ); /Sb/.yj 
{boulé), conseil. 

1. EtJTYCHDs, jeune homme 
ressuscité par saint Paul. Mém. 
étym. 



pays. Dans un de ses ,oyages, il 
trouva ce prince occupé cfes prépa 



EUX 

2. — Patriarche d'Alexandrie. 

EuxÈftE , hospitalier , ou bien 
venu chez son hôte. Ce dernier 
sens aurait plus de rapport avec 
l'aventure qu'Aristote raconte 
d'Euxène. C'était un négociant 
ionien qui venait commercer sur 
la côte des Gaules, où depuis fut 
bâtie Marseille, et qui avait été 
reçu à la cour de Nanus , roi du 
ses ,oyages , il 
cupé cfes prépa- 
ratifs du mariage de sa fille. Or, 
voici comment se choisissait l'é- 
poux Après le repas , la princesse 
entrait, et présentait une coupe 
remplie d'eau et de vin à l'un des 
prétendans. Cette action déclaiait 
son choix. Euxène était un des 
convives. Soit hasard , soit autre- 
ment , Pctta , c'était le nom de la 
princesse, offrit la coupe au négo- 
ciant. Son père crut voir, dans 
cette préférence, la volonté des 
dieux , et lui donna sa fille en 
mariage. L'heureux étranger , en 
mémoire de cette hospitalité gé- 
néreu.se , changea le nom de sa 
femme en celui d'Aristoxena. 
Etym. tZ; apicrro; ( aristos ) , ex- 
cellent; Ç/vo; (xenos) , hôte. 

EtJxÉMDAs , peintre célèbre , 
maitre d'Aristide , autre peintre 
d'une grande réputation. Etym. 
tZ; |£vo; ( xenos), hôte, étranger. 

Et;xl^ ( le Pont) , ho<ipitalier ; 
mer ainsi appelée par antiphrase; 
car les peuples qui habitaient sur 
ses côtes immolaient ceux qui 
avaient le malheur d'y aborder, se 
nourrissaient de leur chair, et 
se faisaient des coupes de leurs 
crânes. Dans la^sulte les Ioniens y 
bâtirent des villes , dont le voisi- 
nage apporta quelque changement 
dans ces mœurs barbares, et la 
mer prit le nom à'Euxin , hospi- 
talier, au lieu de celui à'yixenos , 
inhospitalier, qu'elle avait d'abord . 
R. tZ; Çî'vo; {xenos), hôte. 

EuxipPE , nom de femme. Etym. 
£v;(£(76at (euchesthai); tVrTO; (h'p- 
pos ) , cheval. 

EuxiTHÉE ffjui prie Dieu ; phi- 



l'VA 

Icisophe pythagoricien. Etym. euÇ:; 
( fiixis ) , [irièrc ; t'jyirrO'xi \euches- 
thai), prier ; 0£o; ( Tlieos), Dieu. 

Ei'zÉii's , tlnni le zèle est éclairé, 
ou heureux imitateur ; nom d'hom- 
me. Efym. tZ ; Çviio; {zt'los ) , zèle , 
émulation. 

EuzoïL's , évoque d'Antiochc. 
Etym. £J ; Çùov ( zoon), animal. 
R . Ç5v f zdii ) , vivre. 

EvAD.^É, héroïne grecque des 
temp.s fabuleu.x , se jeta dans le 
bûcher de .son mari Capanée , tué 
d'un coup de tonnerre. Etym. tZ, 
a-jîiv (u(leiii), chanter. Suivant 
d'antres, ce nom vient il'àTr'i t'ov 
i'dv -jv ( apo loiiednou ), des riclies 
présens de noces qu'elle reçut en 
se mariant. R. s'^va ( edna ) , ce 
que dcinne l'époux. 

Ev«MON, de bonne race ; héros 
des temps fabuleu.x. Etym. ev ; cT- 
fia (aima ) , rang. 

Ev4;^ÈTE, bien loué; roi de 
.Sparte , qui défendit l'entrée de la 
Thessalie contre Xerxès , conjoin- 
tement avec Thémistocle. Etym. 
Ev ; aîvtîv ( ainein ) , louer. 

Ev«o^ , qui u bon temps ; nom 
d'homme. Etym. iZ ; aîwv ( aidt ), 
le temps. 

EvAGÈs , pur, sncère; poète 
grec sans réputation. Etym. tZ ] 
S./o^ { hai^os ), saint; ou agile, 
Etym. î'j (eu), bien ; oiyetv {ai^hein), 
condin're. 

EvAGON , qui a vaincu dans les 
jeux ; disciple de Platon , fut mis 
à l'amende par les habitans de 
Lanipsaqiie, scsconcitoyens , pour 
avoir prêté à usure. Etym ev ; à/wv 
( agân ) , jeux , combats. 

r. Ev AGORAS , roi de Chypre, 
auquel Isocrate adressa une exhor- 
tation, en profita sipen :\u\\ fut haï 
de ses sujets, détrôné par son oncle 
Protagoras, obligé de se réfugier 
en Perso , et mis à mort par ordre 
d'Artaxerxe Ochus. qui lui avait 
donné im gonvernenieni où il se 
conduisit tout aussi mal. Etym. 
£y ; àyopà ( agora j , marché , place 
publique. 

-i. — Ambassadeur en Perse , 



EVA 



273 



que les Athéniens condamnèrent 
à mort pour s'être prosterné de- 
vant le grand roi. 

3. — Historien grec du temps 
d'Auguste. Mèm. etym. 

EvAGor.cs, nom d'homme. 
Etym. £v ; àyorA (aqoi'a), place 
publique. 

I. EvAGRK , riche en fonds de 
terre; patriarche d'Antiochc. K . 
ty ; àypoi ( agros ) , terre. 

3. — Ancien historien ecclésias- 
tique. 

E v A L c È s , courageux , secou- 
rable ; auteur grec, av.iit écrit 
u)ie histoire d'Ephèse. Etym. tZ 
(eu) , bien ; àixô ( alké), force. 

EvAMPÉLos, à qui la vigne sied 
bien , ou qui est fa%>orable a la 
vigne; surnom de Bacehus. Etym. 
su ; à|j:îsri),o; ( ampelos^ , vigne. 

EvA^DRE , braire ; roi d'Arcadie, 
chassé de son pays pour avoir tué 
son père par u)égai"dc , vint en Ita- 
lie, et .^'établit dans les lieux mômes 
où depuis Rome fut bâtie. Etym. 
cù ; <iv7)p , àviîpo; ( anér , andros) , 
vir , homme de cœur. 

ï^vANDRiis, disci[dc de Lacyde , 
philosophe de la secte académique. 
Mém. étyni. 

£vA>ÉMUs, qui donne un vent 
favorable ; surnom de Jupiter à 
Sparte. Etym. vj; -À-nixo^ ( ane— 
tnos ) , vent. 

1. EvARoÉLUs, qui annonce une 
bonne nouvelle; mauvais musicien 
dont Lucien décrit agréablement 
la déconvenue au.x jeu.x Pyfhiens. 
Etym. tZ ; â'y^s^o; ( augelos ) , mes- 
sager. R. àyfjl/Etv {agghellein) , 
mnoucer nouvelle. 

2. — Historiographe, cjui avait 
écrit sur l'art militaire. 

3. — Poète comique. 

4. — Nom que prit Beatus Rhe- 
nanus à la léle d'un ouvrage écrit 
contre quelques entreprises de la 
cour de Rome, sous prétexte de 
parler en fa\eur de la liberté évan- 
gélifjue. 

E V A ^ o u , courageux ; nom 
d'homme. Etym. eu ; àv?ip ( anér) , 
homme de cœur. 

i8 



374 EVE 

1. EvANTHE , /7e«/'/e; mère des 
Grâces, suivant quelques auteurs. 
Elym. iZ ; av9o; ( antlios), fleur. 

2. — Poète grec. 

EvA^T^lus, grand-prêtre d'A- 
pollon. H. tv) àvOoç ( anlhos) , 
fleur. 

EvARDis, nom lie femme. Ety m. 
tu \ oïp'ÎK; ( ardu ) , pointe de jave- 
lot. 

EvABQUK , nom d'homme. Etym. 
£v : àpx'i {arche.) , commandement. 
EvAiusTiii , le meilleur; pape , 
contemporain de l'empereur Tra- 
ian, Etym. tùjapto-Toç (aristos) , 
le meilleur. 

EvARNÉ, j'iche en troupeaux ^ 
nom de Néréide. Etym. tZ ; âpvo; 
( ariios), agneau. 

Ev ATFU. li , l^on combattant ; nom 
d'homme. Etym. tu; aQio<;{athlos), 
combat. 

EvEi.Pis , qui a bonne espérance; 
nom d'homme. Etym. tii ; èlts^i 
( elfjis ) , espérance. 

EvEi.pisTE, nom d'homme. 
Etym. tZ : Attiçoç ( elpisios ) , es- 
ju'ré; £),7n'Ç£iv ( elpizein) , espé- 
rer. H. ilzs'ic, ( elpis ) , espérance. 

Evisi.THOjf , bien arri\>é ; roi 
de Salamine. Elym llBùv , qui e.st 
arrivé; d'tkuôttv ( eleuthein ), 
venir. 

RvÉMÈRE , heureux ; philosophe 
grec. Eiym. tZ ; ^p/pa {hemera) , 
jour. 

EvÉMÉRiÔT. , qui fait passer 
d'heii eux Jours; héros ou demi- 
dieu , à qui les Sicyoniens ren- 
daient tous les jours, après le cou- 
clier du soleil, des honneurs di- 
vins. Mêm étym. 

EvE>Tius , nom d'homme. Etym. 
Ci^entus , événement ; d'es/enio , 
arriver. 

EvÉMJS , poëte élégiaque de 
Paros. Etym. tu; aivo; (ainos), 
louange. 

EvÉRÈs , propre à ramer; Ois 
dHercule. Etym. tu ; lp£(r<T£(v( eres- 
seùi ) , ramer. 

Evi.RGÈTE, bienfaisant ; surnom 
d'un des Ptolémées, dû aux ser- 



EVO 

vices qu'il rendit aux Grecs. R. tu ; 
"(tyo-j ( ergon ) , ouvrage. 

EvÉTÈs, bonne année ; poëte co- 
mique athénien. Etym. tu; froç 
(eios), année. 

EvExipPK, fille de Scédasus , 
violée, avec ses sœurs, par d<' 
jeunes Lacédénioniens , qui les 
tuèrent ensuite, et jetèrent leurs 
corps dans des puits. Le père, 
n'ayant pu obtenir justice des 
éphores, revint à Lcuctres sa pa- 
trie, dévoua Sparte aux Furies, et 
se tua sur le tomb(;au de .ses filles. 
Un oracle avertit Lacédémone de 
se défier des monumens de Leue- 
très. Ce fut, en effet, auprès de 
Lcuctres qu'Epaminondas rem- 
porta sur les Spartiates une vic- 
toire mémorable, et porta à leur 
puissance un coup dont elle ne 
put jamais .se relever. Etym. tu; 
fÇû) ( exô) , fut. I , d'f'x" ( echô) , 
j'ai ; "iTOToç {hippos ) , cheval. 

EviLMÉRODACH , l'amertume du- 
fou y fils et successeur de PJabu- 
chodouosor, et père de Balthasar. 
EviNTÉGRi , épithète communeà 
fous les dieux , et par laquelle les 
Latins exprimaient leur immorta- 
lité. Etym. iv^um , âge, temps; 
integer, gru , grum , entier. 

EviPPE , bonne cavalière; hé- 
roïne des temps fabuleux. Etym. 
tZ ; "tt-cto; ( hippos ) , cheval. 

EviPrus , fut condamné à mort 
avec Phocion. Mûm. étym. 

EviTERKE.Les anciens adoraient 
sous ce nom un dieu , dont ils se 
formaientiuie grande idée, et <|u*ils 
mettaient au - ilessus de Jupiter. 
Etym. a'i'um , temps; œternus , 
a , um , éternel. 

1. EviDs , surnom de Bacchus, 
ainsi nommé parce que s'étant 
changé en lion dans la guerre 
contre les géants, Jupiter l'avait 
excité par ces paroles : £u , uTt 
j3axx' (eu, uie Bakche) , cou- 
rage, mon fils Bacchus. 

2. — Un des premiers musiciens 
qui chantèrent le combat d'Apol- 
lon contre le serpent Python. 

EvoDiK, qui marche dans la 



EXO 

ttomie voie ; femme pieuse, avait 
aidé saint Paul clans rétablisse- 
ment de l'Evangile. R. tZ ; ôiîoç 
f liodos ) , cliemiii, on qui est en 
bonne odeur. Ktym. tlaîîa. ( ei'o- 
dia ). H. £Ù ; ôÇkv ( ozein) , sentir. 

1. EvoDius, surnom de Mer- 
cure, dont les statues étaient pla- 
cées sur les grands chemins , et 
qui était invoqué par les voya- 
geurs. Etym. tZ; ISo- ( hodos ), 
chemin. 

2. — Nom d'homme. MCme 
étym. 

Evo^YMï , quia lui nom célèbre, 
une donne repuialion ," amante de 
Sdttirue , dont il eut les Parques 
et les Furies. Etym. tZ ; ow/jia 
( onuma ) , nom. 

Evo>YMtis, fils de Cœlus et de 
la Terre , donna son nom à une 
des tribus d'Athènes. Mêm. étym. 

ExcÉTRA , l'Hydre de Lerne , 
qu'Hercule vainquit ; ainsi nom- 
mée quàdcœso capite uno tria ex- 
crescerent. 

ExÉNÉTCS , philosophe grec. 
Etym. {Çat'vîtv ( exainein) , ex- 
horter. 

ExiGL'Us , petit ; surnom d'un 
écrivain ecclésiastique, qui vivait 
sous le roi Théodoric. 

ExiTics, nom d'homme. Etym. 
t?iTov ( ezilon ) , faculté de sortir. 
Etym. e?£t|U.t (exeimi). R. i? (ex) , 
hors ; ru ( eo J, aller. 

Exode, livie de Moïse , qui con- 
tient la sortie d'Egypte. Etym. 
t^oSoi; ( exodos), sortie. R. Il; 
èio; (hodos) , chemin. 

ExopoLis, surnom de Vénus, 
dont la statue était placée hors des 



EZE 



275 



remparts d'Athènes. Etym. t'I ; 
•JTO/.e; (polis j , ville. 

ExoTÉRiQUEs , ceux des disciples 
de PytlKigore qui restaient pen- 
dant cinq ans derrière le voile 
qui leur dérobait la vue de leur 
mattre. f^ . Acocsmatk^ces. 

ExPALPOMDES, nom forgé par 
Plaute, pour e.tprimer nn enjô- 
leur qui se sert de belles paroles , 
de flatteries, pour escroquer de 
l'argent. Elym. ex, hors de; pat- 
pari, caresser de la main ; propre- 
ment , flatter un cheval. 

ExPEDiTus , dégage'} nom d'une 
famille romaine. Etj'm. erpedire , 
délivrer, dégager. 

£xSDPÉRA^TIT7s , Dom d'une fa- 
mille romaine, du temps de saint 
Jérôme. R. exsuperare , surpasser. 

ExsuPÉRATORius , triomphant ; 
nom que les flatteurs de Commode 
donnaient au mois de novembre. 
Etym. exsupern , vaincre , sur- 
passer. 

E.xs€PÈHE, nom d'évêque et 
d'un rhéteur loué par Ausone. 
Môm. étym. 

ExTisPiCES, devins qui tiraient 
des entrailles des victimes des pré- 
sages bons ou mauvais. Etym . extû, 
entrailles; inspicere , examiner. 

ExTRicATtJS , nom d'une famille 
rbmaine. Etym. extricare , débar- 
rasser. 

EzÉCHiAS, force du Seigneur; 
roi de Juda, qui prit constam- 
ment la loi divine pour sa règle j 
David pour son modèle , Isaïe 
pour son conseil. 

EzÉCHiEL, qui voit Dieu; un 
des grandsprophètes, fut transféré 
à Babylone par Nabuchodonosor. 



18. 



a;6 



FAB 



FAL 



Tabatus, surnom romain. V. 
Fabius. 

Faber, forgeron ; nom d'homme. 

Faberius, nom romain, /'oy. 
Ve mot suivant 

Fabilics, poëtegrec, précep- 
teur du jeune Maxirain. K.Jari, 
parler. 

Fabiola, dimin. de Fahia, Ro- 
maine pieuse et savante, à qui 
saint Jérôme dédia son livre de 
l'Habit sacerdotal. 

1. Fabius, nom romain qui, 
comme les Lentulus, les Cicéron, 
les Pison , venait peut -être de 

Jaba, fève, légume que quelqu'un 
de cette famille avait cultivé de 
préférence. D'autr.-s dérivent ce 
nom d'un Fabius, lîls d'Hercule 
et d'une fille d'Evandre ; d'autres 
à fossione agroruin , ijuasi Fodii. 
B.foderey fouir. Dér i\. Faùiaiius, 
Fabiola, nom de femme. 

2. — Un des plus célèbres Ro- 
mains qui aient porté ce nom, est 
le Quinlus Maximus qui, nomn.é 
dictateur après la bataille de Tra- 
symène , arrlHa le premier les pro- 
grès d'Annibal. Après avoir re- 
pris Tarente par une ruse qui (it 
«lire au général carthaginois que 
les Romains avaient aussi leur 
Annibal , il fit une convention 
avec l'ennemi pour la rançon des 
prisonniers.Cette transaction n'eut 
pas l'agrément du sénat, et Fabius 
vendit noblement ses domaines 
pour dégager sa parole. 

Fabriciancs , jeune Romain , 
dont Plularque, dans ses Paral- 
lèles, raconte une histoire sem- 
blable à cel!e d'Oreste , c'est-à- 
dire qu'jl fut sauvé, encore en- 
fant, par sa sœur Fabia, et que 
dans la suite il vengea sur sa mère 
le meurtre de son père. Le sénat 



le l'envoya absou.s. Elyni. faber, 
Itri , qui fabrique. 

Fabricius, consul romain, cé- 
lèbre par ses victoires et son dés- 
intéressement , dédaigna les jiré- 
sens et les offres brillantes de Pyr- 
rhus, se nourrit des herbes qu'il 
cultivait lui-même, ne voulut ja- 
mais se servir de vaisselle d'ar- 
gent, vécut et mourut pauvre. Le 
sénat maria ses filles aux dépens 
du trésor public. M. étym. 

Fabulinus , dieu auquel les 
Romains offraient des sacrifices 
lorsque les- enfans commençaient 
à parler. VAym. fabula , ce qu'on 
dit. Ji./àri , parler ; fui. Jiibor. 

Facifer , porie-Jlambeau ; épi- 
thèle de Mercure considéré comme 
le soleil. E,ty m. fax, Jacis , flam- 
beau; /è/ve, porter. 

Y kcvhovs, éloquent ; nom d'un 
consul romain , l'an de la fonda- 
tion lie Rome 1088. h.Jàri. 

Fad«, Fat«, devineresses gau- 
loises et germaines, que l'on croit 
être l'original de nos fées. Eîym. 
fatum, destin. ï\. fàri. 

Fagotalis, surnom de Jupiter 
adoré au milieu d'un bois de hê- 
tres. R. J'ugus, hêtre ; ipoiytiv (//ha- 
i^heii: ) , manger, parce qui- les 
faines de cet arlire servirent à la 
nourriture des premiers humains. 

Fai.acer , dieu des Romains. 
Turnèbe croit que c'était la divi- 
nité qui présidait aux colonnes du 
Cirque , nommées Fala. 

Falcarius Vicus , quartier de 
Rome où demeuraient les ouvriers 
qui faisaient les faulx. 

Falcidius, nom de deux Ro- 
mains contemporains de Cicéron, 
qui parle du premier avec estime, 
et de l'autre comme d'un débau- 
ché. Etym.yà/x, cis , faulx. Un 
tribun Aa peuple, de ce nom, fut 



FAU 

airteiir tic la loi Falciilia , qui f)r- 
tioniiait ijue h- quart des biens de 
tout testateur demeurerait à ses 
légitimes héritiers. On pouvait 
disposer du reste, 

Falcifep. , Falcigbr, surnom 
do Saturne, dont une faulx est 
l'attribut. Etym. falx^ Jérre , 
gerete , porter. 

Falco. qui a les orteils recour- 
bés en dedans , comme les serres 
d'un faucon ; nom d'une famille 
romaine. Dér. Falconius. Elyni. 
o<fi\\ti.v (^ sphallein ) , ou (pa'/,/.ity 
{phaltein), renverser; parf act. 
■Kt'folxa ( pephalku ) . 

Falcl'la, surnom romain. Dini. 
dejàlx , cis. V. Fidu.ulanus. 

Fa>ma, famille romaine, peut- 
être de fànuni, temple. 

Farnus , dieu des Romains , 
présidait à la parole. R. fari , 
parler. 

Fas , di\inilé qu'on legardait 
la plus ancienne de toutes; c'était 
la même que Tliémis ou la Jus- 
tice. K. fus , ce qui est juste ou 
permis. 

Fascelis, surnom de la Diane 
d'ArJoic , pris du faisceau de bois 
dans lequel Oreste et Iphigériie 
avaient caché sa statue , lorsqu'ils 
l'apportèrent de la Cliersonèsc- 
Taurique en Italie. P\.J'ascis , fais- 
ceau. 

FASCi>'t"s, divinité obscène dont 
on suspendait l'image au cou des 
enfans, pour les prémunir contre 
les enchantemens. Etym. /îa^xai- 
»£iv (ùaskaiiiein), ensorceler. 

Fatales DejE , les Parques con- 
sidérées comme les ministres ou 
les inter^jrètes du destin. R. /«- 
lum, i , destin. 

Fatidica , celle qui annonce 
les arrêts du Destin; surnom de 
Fauna. 

Fatidicus, qui rend des ora- 
cles; surnom d'A|iollon. Etym. 
fatum, i; dicere, dire, parler. 

Fatuelis, Fatcelus, surnom 
de Faune, comme rendant des 
oracles. ^. fatum. 

Faccia , tribu romaine dont le 



F AL' 277 

nom était regardé comme de mau- 
vais augure quand elle opinait la 
première. Voy. paif. 72 </e l'Essai 
historique. 

Faucdla , courtisane de Ca- 
pone, qui nourrit en secret les 
prisonniers romains , pendant 
qu'Annibal était mattre de cette 
ville. R. faux , faucis , gosier, 
gorge. Etym. yaûÇtiv (phauzein), 
aboyer. 

Fac>a, surnom de Cybèle , 
comme favorisant tous les hu- 
mains. R.yi/pere, favoi'iser. 

FAC^IGÉ^A, Latiniis, fils de 
Faunus, roi d'une partie de l'Ita- 
lie, qui donna Lavinie sa fille en 
mariage à Enée , au mépris de ses 
eiiuagemens avec Turnus. Etj'm. 
Faunus, Faunus; i;rgnere , geniii, 
donner la naissance. 

FAC^■Ir,^;^A; , les Romains des- 
cendans de Faunus. M. étym. 

FAU^cs, roi du Latium. Etym. 
fiiit et (pauoj ( phaô et jdiauô ) , 
dire; ou cp-Jo {phuo) , naître. 

Fausta , belle mère de Crispus, 
n'ayant pu le séduire, l'accusa au- 
près de Constantin d'a\oir voulu 
souiller le lit de son père. Le cré- 
dule Constantin fit empoisonner 
son fils, dont l'innocence ne tarda 
pas à être reconnue, el la calom- 
nialrice fut punie, mais trop tard : 
Constantin la fit étouffer dans un 
bain chaud. ^. f avère , favi , fau- 
tuui. V. Favstus. 

1. Fausti>-e, femme de l'em- 
pereur Antonin , belle et spiri- 
tuelle, fameuse par des déréglc- 
mens qui n'empêchèrent pas son 
mari de lui «lever, après sa mort, 
des temples et des autels. 

2. — Fille de la précédente et 
femme de Marc-Auréle, ressem- 
bla à j6a mère par sa beauté, ses 
grâces, son l'sprit, et encore plus 
par ses débauches. V. Faustus. 

FAUSTlMA^•us. En l'honneur de 
Faustine, le sénat voulut donner 
ce nom au mois d'octobre; mais 
Marc-Anlonin eut le bon sens de 
s'y opposer. 

Facstiris, nom de famille 10- 



a^8 



FEB 



raaine ; dimiu. ilc Faustus. V. ce 
mot. 

Faustitas, divinité romaine qui 
présidait à la fécondité des trou- 
peaux. I^lym. Jauslus , heureux. 
n. J'auere, favoriser. 

Faustultjs, berger qui recueillit 
Rénius et Romulus. Dimin. de 
Faustus. Faustulus porceLlus , 
dans Festus , veut dire, « un co- 
chon de lait qui profite bien. » Ce 
nom n'aurait-il pas été donnéaprès 
coup ? 

Faustus, prénom romain, heu- 
reux, de f avère ; supin fàutum. 
Etym. (pavEtv {phaueiti), éol. pour 
(p«(i> (/jhaô), briller, f^al. Max. 

Favektius , centurion cassé 
ignominifuscjnent par Galba, s en 
vengea en faisant révolter la flotte 
deMisène, au moyen de fausses 
lettres de Vcspasieii. 

Favonius , nom romain R. 
fa\>ere, être favorable. 

Favonius, nom latin du Zéphyr 
des Grecs. R. favere, ou, selon 
d'autres, fwere , entretenir, quod 
cunctajàweat. 

Favor , mime, imita les gestes 
et les propos de Vespasien dans la 
pompe funèbre de ce prince. 

Favohin, sophiste, natif d'Ar- 
les , qui vi\ait à Athènes sous le 
règne de l'empereur Adrien. Il 
s'étonnait de trois choses : i». de 
ce qu'étant né dans les Gaules, il 
pariait grec; 2». de ce qu'étant 
eunuque, on le soupçonnait d'a- 
dultère ; 3°. de ce qu'étant connu 
pour être l'ennemi de l'empereur, 
on le laissait vivre. Elien rapporte 
de lui qu'un jour, dans une dis- 
pute contre ce prince, il céda, et 
que sur l'étonnement qu'on lui 
en témoignait, il répondit : «Com- 
ment ne pas céder à un homme 
qui a vingt légions? » \\ était lié 
avec Hérodç Atticus , qui l'appe- 
lait son père et lui légua sa biblio- 
thèque. R. fa\'ere. 

Februa, Februata, dées.se des 
purifications chez les Romains. R. 
fkbruare, purifier. 

j. Februalis, dieu particulier, 



FEU 

père de Piuton, présidait aux pu-^ 
rifications. 

2. — Piuton lui-même. M. R. 

Februarius, nom latin du mois 
de février, tiré, ou de Jèbris , 
fièvre, ou de Februa, sacrifices 
expiatoires qui se faisaient pour 
les morts. 

Féliciek , Arien , réfuté par 
saint Augustin. 

Félicissime , prêtre de Car- 
thage, auteur d'un schisme contre 
saint Cyprien. 

Félicité, nom de femme. Etym. 
félicitas, bonheur, félicité, pros- 
périté. R. felix , heureux, pro- 
pice. 

Fçi-icuLA, nom de femme. 
Dimin. de Félix. 

FÉLIX , surnom de Vénus , con- 
sidérée comme le principe de la 
fécondité universelle. R.J'elix. 

1. Félix, surnom deSylla, tiré 
du bonheur constant qui suivit 
toutes ses entreprises et jusqu'à 
son abdication. 

2. — Proconsul et gouverneur 
de Judée sous Néron , fut rappelé 
de cette province, qu'il pillait et 
tyrannisait. Etym. ^Xi? (hélix), 
fleur de l'âge. 

l.FÉ^ESTELLA, surnom romain, 
dérivé de la nudité de la tête , à 
calvitie. Les iloraaiiis appelaient 
ainsi ceux qui étaient chauves au 
milieu de la tête. Feneslella est 
le diminutif de fenestra. Un his- 
torien de ce nom, qui mourut à 
Cumes sous le règne d'Auguste, 
est souvent cité par Pline. 

2. — Porte de Rome ainsi nom- 
mée parce que, suivant ime tradi- 
tion fabuleuse, c'était là que la 
Fortune était entrée par la fenêtre 
chez Servius Tullius, pour s'unir 
à lui. 

Febalis DeuSjIc dieu funèbre., 
TAym. Jeralis, funèbre, àferiis, 
des offrandes qu'on portait sur les 
tombeaux. R.Jèrre, porter. 

FÉnEIiTI^A , déesse adorée des 
Romains , tirait son nom de Fe- 
ivntinuni , ville du Lalium , près. 



FID 

■de liiquelle elle avait un liinjile et 
tiu bois sarré. TU. Liv. Dei'. i. 

FÉRÉTKiLS, surnom de Jiipilor, 
ou pni'ce qu'il avait secouru les 
Romains ilnns un combat, ferre 
opein , poiter secours; ou pHrcc 
qu'on portait dans son temple les 
«Icponilles des '^ ixincus , ferelriini , 
brancard, à ferendo ; ou parce 
(jn'il frappait leurs ennemis de 
terreur , en faisant gronder la 
foudre ;y('/7rt' , frapper. 

Fbrome , déesse des bois et des 
vergers, i^' élym. Jero , je' pro- 
duis, c'est-à-dire , que c'était la 
force végétative qui fait pousser 
les arbres, qu'on avait ainsi per- 
sonninée; 2'= t'iy m . l'héron ia , ville 
située au pied du mont Sorac-te , 
où elle avait un temple. 

Fessidius , avocat qui avait une 
voix de Stentor, cité par Jiivénal. 
^.fessus, a, uni, las, fatigué. 

Fkssome , Fessokie , déesse des 
voyageurs fatigues. Les gens de 
guerre surtout l'invoquaient dans 
les travaux et dans les fatigues de 
leur métier. i\.J'essus. 

Festivus , un des écrivains de 
i'bistoire d'Auguste, f^o/. le mot 
suivant. 

1. Festus , nom romain. Etyni. 
feslus , a, uni, joyeux, solennel, 
qui a un appareil de fête. 

2. — Proconsul et gou7erueur 
»le Judée , au tribunal duquel 
saint Paul fut traduit. 

3. — ( Pompeius ), ancien gram- 
mairien qui a défiguré l'ouvrage de 
Valerius Flaccus , JJe verborum 
significatione. 

FicARii , nom romain des Fau- 
nes, lire des excroissances qu'ils 
avaient aux paupières et en d'au- 
tres endroits du corps. ^. ficus , 
ci , sorte d'ulcère qui ressemble à 
une figure. 

FicTOB , potier de terre ; surnom 
de M. Volscius. Tit. Liv. ^.fin- 
gere , façonner. 

Fidéli A, nom de dame romaine. 
Etym . fidelis , fidèle , ou Jîdelia , 
vase de terre blanche. 

FlDICL'L.v^us , sénateur romain 



FLA 



579 



dont Cicéron peint l'avarice dans 
son discours pour (21 uentius.Ktj'm. 
fîdicida, dimin. du fides , lyre ou 
corde à lyre. 

FioÉNAS, surnom que la prise, 
de Fidènes valut à L. Sei-gius et 
à sa postérité. J'il. Liv. 

Fi D lus, dieu de la bonne feri , 
présidait chez les Romains à la 
religion des sermens et des con- 
trats. On jurait par lui en disant ; 
Me diwi l'^ii/ius , sous-entendant 
adjuvet ! '■ Aiii.-ii le dieu Fidius 
me soit-il favorable ! » Les uns le 
confondent avec Jupiter, les au- 
tres avec un fils de ce dieu, (Jcoî 
( dius ) , filins. 

FiGiTLUS , potier ; surnr)m de 
Nigidius , parce ((u'il comparait 
les vicissitudes humaines aux 
tours que décrit la roue d'uu 
potier. S. ^iiti^. 

FiMBRiA, Homaiu audacieux et 
factieux. Il fit un procès à Scé- 
vola , qu'il avait voulu tuer pour 
avoir , en s'efl'açaiit , été blessé 
moins grièvement. YAym. fimbria , 
frange. 

Fi R MUS , /èrwr , solide; nom 
romain dont les dérixé; sont Fir- 
micus , Firmidiiis , Firmiliaiius, 
Firminus, Firmius. Un empereur 
romain nommé Firmus , est ap- 
pelé par Aurelius Victor, le bri- 
f^and dEi^ypie. Il était d'une taille 
colossale, avait des yeux saillans, 
des cheveux crépus, le front re- 
frogné, le visage noir et tout le 
corps velu ; ce qui lui avait fait 
donner le surnom île Cyclope. Sa 
force répondait à son nom. Des 
forgerons battaient le fer sur une 
enclume placée sur son estomac, 
pendant que tout le poids de son 
corjis portait sur ses mains , et 
dans cette attitude il paraissait 
plutôt suspendu (|ue couché à la 
renverse. Etym. é'pp'jc ( lierma) ., 
appui. 

FLACCl^us, surnom d'un Vale- 
rius. f^oy. le mot sniv.int. 

Flacci's, fjiii a le. oreilles pen- 
dantes ; à la différence dts hom- 
mes, qui en générai les ont droites 



28o 



FLA 



et immobiles ; surnom d'Horace et 
de Valerius, auteur du poëmesur 
les Argonautes. Pliii. Dérivés : 
Flaccilla, femme de Théodosc-lc- 
Grand, qui joignit à un caractère 
doux une piété solide et une pru- 
dence consommée ; Flacconilla , 
nom de femme; Fiaccinator. 

Flamikes, prêtres romains ins- 
titués par Romulus ou Numa , 
consacrés au service de Jupiter, 
de Mars et de Qiiirinus. Leurs 
bonnets étaient surmontés d'une 
grosse houppe de fil ou de laine; 
ce qui les tit nommer Filamiue^ 
ou Flamines. }\.Jîlum , fil. 

1. Flabiimus, qui avait servi le 
Flainen dialis , ou prêtre de Jupi- 
ter; surnom des Quinctius et des 
Cllaudius. 

2. — Un consul de ce nom, tur- 
bulent et emporté , perdit la ba- 
taille de Trasymène. 

3. — Un autre, élevé au con- 
sulat avant trente ans, vainquit 
l'hilippe, roi de Macédoine, ren- 
dit la liberté aux Grecs, alla vers 
Prusias marchander Annibal , 
comme l'a si bien dit Corneille, 
et réduisit cet implacable ennemi 
des Romains à s'empoisonner. 

Flamma , affranchi de Tibère. 
Flammiger Ales, l'oiseau qui 
porte dujeu^ c'est-.à-dire , l'aigle, 

ÏLii portait la foudre de Jupiter, 
tym. flamma, flamme; gerere , 
porter. 

FlAmmipoteks , le dieu qui a la 
puissance du feu à sesordrcs ; c'est- 
à-dire, Vulcain. JLlym. Jlamma ; 
poteiis , qui peut. 

Flava Dea , la blonde déesse; 
c'est-à-dire, Cérès. Ce surnom fai- 
.sait allusion .î la couleur des blés 
dans leur maturité, ^.flavus, a, 
um , jaune , blond. 

Flavl'S, blond; surnom romain. 
Le premier qui porta ce surnom 
avait apparemment les cheveux 
blonds, couleur qui dut paraître 
plus frappante dans un pays où 
elle est rare. Dérivés; Flavoleius, 
Flavius, Flavianns ; surnom de 
la famille dont sortaient les cm- 



FLO 

pereurs Vespasien , Titns et Do- 
mitien. Elym. «pXau (phlaô), bouil- 
lonner. 

Flexammes, nom qu'on don- 
nait aux chevaliers romains , en 
leur qualité de juges, dont il fal- 
lait par conséquent fléchir, tou- 
clier l'âme. Y^lym. Jleciere , Jlexi , 
fléchir; animus , cœur. D'autres 
le dérivent à flectcndis equis. 

Flore , nom de déesse et de 
femme. Les Latins, selon Ovide, 
ont formé Flora, par corruption, 
de Chloris. Voy. ce mot. 

FLORE^TIKCS , jurisconsulte , 
conseiller de l'empereur Alexan- 
dre Sévère. 

FLor.E^T^us, consul sous l'em- 
pereur Constance. YXyxa. Jlorere, 
fleurir. 

Floriakus, nom d'un empe- 
reur romain, successeur de Tacite, 
qui se coupa les veines en appre- 
nant que presque toute l'armée 
s'était déclarée en faveur de Pro- 
bus. h.flos, o;7s, fleur. 

V i.ov.ni A, fleurie ; surnom de Ju- 
nom R./7o5. 

FLor.intJS , nom d'un Romain 
dont on rapporte celte épitaphe : 

Quod vixi, flos est : serval lapis hoe mihi 
nomen. 
Nolo Deos mânes , flos salis est titulo. 

M. étym. 

F hOhiT^R A., qui porte des fleurs; 
épithète de Cérès. Etym. //os; 
ferre , porter. 

Florilegus , nom qu'a pris 
Mathieu de Westminster à la tête 
des recueils historiques qu'il a in- 
titulés •. Fleur.; de. Histoires. 
FJym./los ; légère, recueillir. 

Florikus , hérésiarque. M. R. 

F'lororia, vestale, qui, convain- 
cue d'avoir violé sa chasteté, fut 
condamnée et se donna la mort. 
M. étym. 

Florus , nom romain dont les 
dérivés sont Morciis , Floridus , 
Florianus. M. R. Un écrivain la- 
tin de ce nom, de la môme famille 
que Sénèque et Lucaiu,a compo.sé 
un précis élégant de l'histoire ro- 
maine. 



FOR 

FlPentia , anciin riton ilc Flo- 
ii-nce, parce qu'elle ;ivail élé Iwlie 
ad Arnijluenla , sur les bords de 
l'Arno. R. /luere , couler ; /ÎXvEtv 
(Muein), sourdre, jaillir. 

Flîjmentana, une des portes de 
Rome,, que le Tibre laissait à ç;au- 
che à son entrée dans cette ville , 
ainsi nommée parce que ce fleuve 
y entrait quel((uefois. C'a été de- 
puis la porta dtl' l'opolo. Etym. 
flumen , fleuve. 

Fluoma , surriom sous lequel 
les dames romaines invoquaient 
Junon , dans les mahidies ordinai- 
res à leur sexe. R. /lucre. 

Fluviales, nymplies des fleu- 
\es. Etym. fluvius , fleuve. R. 
Jluere. 

FoLiA,empoisonneuseet femme 
perdue dans Horace. B. /bliiim , 
feuille. 

Fo>TEits , nom d'une famille 
romainr.Etym. /bus , (w, fontaine. 

Fo^TlA^DS, poète latin, avait 
décrit en vers les provinces de 
l'Empire romain. R. fons , lis , 
source. 

For.TicoLJE . Fo^■TlGL^^ï;, sur- 
noms des Muses et des Nympbes 
qui présidaient à quelques fontai- 
nes. Htym. Jons ; gignerr, geiiui, 
produire, doi.-ner l'Otre. 

1. Fo^Tl^ALIS ou Capera, au- 
jourd'hui porta di Santu-Sebas- 
tiano , porte de Rome où l'on cé- 
lébrait la fClé des Fontina.'es en 
l'honneur des Nymphes. 

2. — Dieu de la création de 
Plaute, lequel a imaginé un dieu 
qui ne donne que de l'eau à boire, 
pour ro])poser à Baccliiis , qui 
donne du vin. R fons, fontaine. 

FoRcuLUs, FoRicULUs, un des 
trois dieux qui avaient sous leur 
protection les portes d'une maison. 
Etym. /(>;•« , buttans de porte. /'. 

CarBEA , LlMS;>TlM'S. 

FoRERSis, surnom latin de Ju- 
piter, présidant aux jugemcns, le- 
quel répond i l'Ayoparo; {At^o- 
i-aios) des Grecs. W. Jbnini, place 
aux jugemcus; itopoç (poivs), tra- 
jet. 



FJ\A 



tSi 



FoRiNA, déesse des égouls. H' 
forinœ, tuyaux pour la conduite 
des eaux. 

FoRMiES, ville de Campanie, 
ainsi nommée, parce qu'elle était 
voisine d'une rade sùrc pour les 
vaisseaux. Etym. Zpu.oç (horinos) , 
rade. 

FoRMOSUs , l>rau ; nom d'un 
pape. ^. Jbrnia, forme, beauté. 

FoR^AX , déesse des fours. R. 
fornix, voûte. 

FoFTURATHYTE, qui Sacrifie à la 
Jhrtiine ; nom d'une secte juive. 
Etym. fortuna , fortune ; Z-jni 
{ihnein) , sacrifier. 

FoRTUNATUs, /o77«7!e; nom ro- 
main, ^iy m. fortuna. R. Jors , 
hasard. Dér. Fortunatiàiuis , his- 
torien latin. 

Fossiiis, prénom rominn.fossa. 

FossoR, surnom d'Hercule , en 
mémoire de ce qu'il ouvrit aux 
eaux du fleuve Olbins, en Arcadie, 
un canal qui en procura l'écoule- 
ment, et rendit à l'agriculture les 
champs qu'elles a\;iient submer- 
gés, il. /odere,Jossuiii, fouir jjus- 
Aor, qui creuse. 

FoAics, ancien nom donné à 
Fabius, fils d'Hercule, parce que, 
le premier, il enseigna aux hommes 
l'art de prendre dans des fosses les 
ours et les loups. Etym. yot^ea, 
fosse . 

FfiflîRALlS ou Fr!EK A.TRIX , fjlli 

met un frein ; surnom de Minerve 
chez les Latins , ([iii répond à ce- 
lui de chalinitis chez les Grecs. 
t^. ce mot. ^.J'rœniim^ frein. 

Franciccs, surnom de l'empe- 
reur Probus, vainqueur des Francs. 

FRA^cos , surnom que l'empe- 
reur Valentinien se fit donner, 
comme plein de courage et d'au- 
dac(\ Etym. (ppdyfoç {/jhraggos) , 
de ifi-J.p(xyyfjq ( ]>haragchos), son qui 
part du gosier. K. {ipiyxo<; {hrog- 
chos ) , la trachée-artère. 

Frakcus, nom d'A-,tyanax, lige 
faljuleiise de la jialion francai.se. 
Etym. ipépcùv e/x°i (plieron egcfios), 
qui porte une pique. K. ifîptiv 



aSa 



FllU 



(pherein), porter; tVxo? (egchos), 
javeline. 

Fno^D^TIus, surnom donné à un 
soldat romain , qui, couronné de 
fouilles, s'était, distingué par de 
brillans exploits. R. fions , dis , 
feuille. 

Froktikus, personnage consu- 
laire, auteur des Stralagémes , vi- 
vait sous Triijan. Dériv. Fronti- 
nius. ^.J'rofis, lis, front. 

1. FRO^To, (juia le front large ^ 
surnom romain. Dcriv. Frontonius. 
^.J'rons , lis j (ppovrî; (p/uontis), 
souci, dont le front est le siège, 
disent les étymologistes. 

2. Un consul sous Nerva , à qui 
il échappa en plein sénat cette re- 
flexion : « Il est dangereux d'être 
gouverné par un prince sous qui 
tout est défendu, et encore plus de 
l'être par un prince sous qui tout 
est permis. » 

3. — Mattre d'éloquence et de 
pliilosopliie de Marc-Aurèle , qui 
fit ériger une statue à son maître 
et le nomma consul. Son éloquence 
était noble et majestueuse. 

Fructésa , Frdctesca , Fruc- 
TKSEA. , déesse qui présidait aux 
fruits de la terre : on l'invoquait 
pour la conservation des fruits. 
l£.tym./iuctus , fruit. 

FhuctuosuSj nom romain. M. R. 

Frugi, honiiêce ou frugale ; sur- 
nom de Vénus, à laquelle on don- 
nait aussi celui de Friita. Elle 
avait un temple appelé, pour celte 
raison, i*'rwi; /Via/ ou Fruiinal, ap- 
paremment du verbe/)'///, jouir. 

Frugi , surnom de L. Calpur- 
nius Pison . dû à son économie. 
Homo frugi , homme économe , 
frugal. R. Jruges , is, productions 
de la terre, ip-jytiv (phrughein), 
briller, parce que ces productions 
doivent être ou mûries par le so- 
leil , ou cuites au feu. 

Frugi fer, divinité que les Per- 
ses représentaient avec une tête 
de lion , ornée de la tiare. On la 
croit la même (jiie Mithra , ou le 
soleil , dont la chaleur mûrit les 
fruits dans le sein de la terre , et 



FUL 

en hâte le dévelopjjcnient. Etym. 
fruges ; Jerre , porter. 

Frugifera Dea , déesse qui fait 
croître les moissons M. étym. 

Frugius, commandant de la iS-^ 
légion sous Titus, au siégcdeJéru- 
salem. Etym. frugi. 

FRUME^TIUs, nom romain. Etym. 
frumeiituin , froment. 

Frutis , surnom de Vénus, qui 
procure la jouissance. Salin. R. 
f'rui , or, jouir. 

Fdcin, lac d'Italie. Etym. (j»vxo; 
{phukos) . algue marine. 

FuGiA, déesse de la joie causée 
par la fuite des ennemis. R. fu- 
gere ; cptvynv (pheughein), fuir. 

Fi'LciNius, consul sous Tibère, 
fameux par ses délations. M. étym. 

FuLcius, accusateur véhément 
dont parle Horace. t,tyta.fulcire, 
étayer. 

FuLGEiscE , brillant ; auteur de 
trois livres de Mythologie. Dériv. 
Fulgosius. R. fulgere , briller; 
(pXvÇciv (phluzein), bouillonner. 

FuLGE^s , FuLGon , Fi'lgur , 
FuLGUUAKS , surnoms de Jupiter 
qui présidait aux éclairs du jour. 
Etym. fulgere ffulgur, éclair. 

FuLGiNius, un des plus braves 
officiels de César, tué en Espagne, 
à l'attaijue d'Ilerda (Lérida). M. R. 

FuLGORA, FuLGURA, surnoms de 
Junon, qui présidait aux éclairs. 
M. étym. 

FuLLO , foulon j ' surnom des 
Apustiiis, Tit. Li\>., apparemment 
de quelqu'un de cette famille qui 
avait exercé cette profession. 

FuLLOMUS, habitant de Bolo- 
gne, qui, dans le dénombrement 
fait sous Tempereur Claude , se 
trouva avoir i5o ans. Etym.-jriXtrv 
{pilein), presser la laine, f^ . G^■A- 

PHJEUS. 

FuLMl^A^s, Fulmimator, sur- 
noms de Jupiter, du dieu qui lance 
la foudre. }Ltym.f,lme>i, foudre. 

FuLViA, femme de Marc- An- 
toine; hardie, entreprenante, vin- 
dicative, perça la langue de Cicé- 
ron avec un stylet d'or, et eut part 
à toutes les cruautés du triumvirat. 



FUR 

i. Fulvius , nom d'une fjiniilu 
romaine. 

2. — Un Romain de et; nom ad- 
mis dans l'intiniilé d'Auguste, ré- 
véla à sa femme, un secret que 
l'empereur lui avait cmifié. Celle- 
ci mitses amies dans la confidence. 
Auguste, irrité de leur indiscvé- 
tion, les traita si durement, que le 
mari et la femme se donnèrent la 
mort. 

3. — Un autre Fulvius fut iléte- 
nu en prison jusqu'à la fin de la 
seconde guerre punique, pour avoir 
paru avec une couronne de roses 
pendant le fort de cette guerre. 
Ety m. Juli'U'i, a, um, fauve , rous- 
sâtre. 

FuKARiL's , cordier j surnom 
donné à l'empereur Gratien, parce 
que, lorsqu'il tenait une corde, 
cinq robustes soldats ne pouvaient 
la lui arraclier. R. /unis , corde. 
<!)(^zr/ai (scfioiiios) , jonc. On écri- 
vait autrefois sj'unis. 

Fu^DA^^us , surnom romain, de 
funilus , fonds de terre. Etym. 
/îwOo; (bulhos), fond. Un édile de 
ce nom mit a l'amende Claudia , 
fille d'Appius Claudius, pour avoir 
dit en sortant du spectacle, au mi- 
lieu de la foule : « Pliit aux dieux 
que mon second frère revint au 
monde, pour mener en Sicile cette 
foule qui me presse, et pour l'é- 
claircir par une défaite sur mer! » 

Fll^DA^cs, nom d'une famille 
romaine, àejunda, fronde. Etym. 
a'-fVjSoTn {sphendone) . On écrivait 
autrefois sj'uiula. C'est un homme 
de ce nom que Cicéron appelle 
Bamlalion, parce qu'il était bègue 
et stupide. 

Fd^dilius, nom romain. Etym. 
fundiis , i , fonds de terre. 

Fu»di;lus, surnom d'un consul 
romain, nommé C. Fundanius, an 
de Rome 90. M. étym. 

Fur, nom romain. On trouve un 
consul de ce nom , l'an de Rome 
784. R.yi*/', voleur. 

FL'ncl^A., nom d'une sœur de 
saint Avilus , archevêque de 



FUT 



jK.-j 



Vienne , neveu tle l'empereur 
Avitus. FAym. /'urca, fourche. 

FuitiA, famille romaine d'une 
grande antiquité. Saint Jérôme 
nous ap])rend que depuis Camille 
jusqu'à une dame de ce nom qui 
vivait de son temps, presqu'uu- 
cune femme de cette famille ne 
s'était remariée. ï.iy m. Jïiveie , 
être en fureur. 

FuniNA, divinité romaine. C'est, 
ou la première des Furies, ou la 
déesse des voleurs. ^.J'uvere ,Q\.rti 
furieux ; fur^ voleur. 

FuEiPPDs. Ausonc , dans une 
épigramme contre un homme de 
ce nom, joue sur le mot, (ju'il 
dérive dejur, voleur, ou de /'«- 
rere , être en fureur, et lui donne 
le choix d'ôlie un larron ou un 
furieii.\. Etym. "-Kmaç {hi/jpos), 
cheval. 

FuRiTUs , poëte latin ancien. 
Pi. fil rere. 

FuRMUS, tribun du peuple, sui- 
vit tjifférens partis dans les guerres 
civiles , fit enfin sa j)aix avec Au- 
guste , et lui dit en habile courti- 
san, que ses bienfaits le forçaient 
à vi^re et à mourir ingrat. Etym. 
J'urnus , i, four. 

Fun^us, nom romain. On trouvo 
im Furuus, consul avec Domitieii, 
l'an de Rome 837. M. R. 

FcscDS, ne "il romain. On trouve 
un consul de ce nom l'an de Rome 
977. Dérivés :Fuscianus, consul, 
l'an de Rome 94o ; Fusciculcnu.s. 
Etym. y//5CM5, rt , um, brun, noi- 
râtre. 

Fusils, consul sous Tibère, se 
fit redouter par ses bons mots, 
dont il fut à la fin la victime. Il 
fut tué par ordre de Tibère. Sa 
mère, Vitia, fut mise à mort pour 
n\oir pleuré son fils. Dérivés : 
Ftisidius , usurier dans Horace j 
Fusitius. Etym. fundere , Judi , 
fusum, verser, répHudrc, mettre 
en déroute. 

FuTURUS , intendant des vivres 
sous Constantin. Ely m. Jitturus, 
a, um, part. fut. du verbe sum. 



28.', 



C.Ah 



G AL 



vTabia, Gabina, surnoms de Jii- 
non , adorée à Gabie , ville des 
Voisques. 

Gabiénus, officier de marine du 
parli d'Auguste, tué par ordre de 
Sextns Pompée, lui fit dire avant 
de mourir que sa cause avait la fa- 
veur des dieux ; ce que 1 événe- 
ment ne confirma pas. M. R. 

Gabimus , personnage consu- 
laire. M. R. 

Gabius Bassus, historien, vi- 
vait sous Trajan. 

Gabriel , force de Dieu ; nom 
d'un archange. 

Gad , belliqueux j fils de Jacob 
et de Zolpha, servante de Lia. 

Gaditanus , surnom d'Hercule 
le Phénicien, pris de son temple à 
Gades, aujourd'liui Cadix. 

Ga;tuleius, Gjstulicus , sur- 
nom de Cn. Corn. Lcnlulus Cos- 
sus, vainqueur des Gétules. 

Gai us, nom romain. Ety m. ya~o; 
{i^aios), terrestre. R. yaTa (gaia), 
terre. 

Galactophages, jVupIes qui vi- 
vaient de lait. R. ;/;«la, -/aXax-o; 
(gala, gén. galactos), lait; (fiynv 
{ffhaghei/i) , manger. 

Galactopotes, peuples noma- 
des, qui vivaient de lait. Etym. 
ydla. : irow (pco) , boire ; iïotov 
(poto/i), boisson. 

GALA^T^Is, servante d'Alcmè- 
ïie, que Junoii changea en belette. 
Etym. yaXvj (gale), belette; ou 
peut-être yâ^a ; avGo; (antkos), 
fleur ; lacie Jlorida , qui a beau- 
coup de lait 

1. Galatée , blanche cotnnie le 
lait j nom dejiymphe ou de ber- 
gère. R. yila., axTO;. 

2. — Maitresse de Denys-le-Ty- 
ran,qui, jaloux, à sou occasion, 
du poète Philoxéne, le fit périr 
^'omjne un rival favorise. 



3. — Nom allégoritfue de Man- 
toue dans Virgile , peut-être de 
yi\a, parce que le Mantouan était 
un pays de laitage. 

Galatie, région de l'Asie mi- 
neure , ainsi nommée des Gaulois 
qui s'y établirent , et qui ont tiré 
leur nom de la blancheur de leur 
teint. M. R. ; ou de Galatès, fils 
d'Hercule et de Galatée. 

Galato> , peintre grec , a fait 
sentir la supériorité d'Homère 
d'une manière un peu basse. II a 
peint Homère qui vomit, et les 
autres poêles qui ne laissent rien 
perdre. Etym. yiïoi. 

Galatus , fils de Polyphème. 
M. U. 

Galaxaure , nom d'Océanide. 
Etym. yaXa ; avpa {aura). 

Galaxie, nom de cette tache 
blanche et lumineuse qu'on aper- 
çoit dans un ciel sans nuages, et 
qui, de sa blancheur, a pris le nom 
de voie lactée. Etym. yilif.. 

Galaxius, surnom d'Apollon. 
R. yâloL. 

Galba , surnom des Sulpicius. 
Suétone donne différentes expli- 
tions de ce surnom , qu'il tire ou 
de galbeuin, espèce de topique en- 
veloppé de laine , qui se portait 
autour du bras . tt dont usait uu 
des ancêtres de Galba, empereur ; 
ou de galba, mot gaulois qui signi- 
fie très-gras ; ou de galba, insecte 
tenu qui nait dans les chênes , 
sens fort opposé au précédent. 
Dériv. Galbinus. On cite de l'em- 
jicreur Galba uu jugement qui se 
rapproclie de celui de Saiomon. 
Deux hommes se disputant la pro- 
priété d'un cheval, sur laquelle les 
témoins mômes n'étaient pas d'ac- 
cord, ce prince ordonna que l'ani- 
mal serait conduit, les yeux ban- 
dés , à son abreuvoir ordinaire ; 



GAL 

qiiVnsuiJe on lui itérait son l>an- 
tlojiii , et qu'il appartiendrait à ce- 
lui de ses deux maîtres chez qui il 
se rendrait lui-ni<?ine. Parvenu au 
trône, Galba parut au-dessous de 
ce haut rang, où ses vertus iiiâme 
devinrent des défauts. Il se livra à 
trois hommes obscurs, que les Ro- 
mains appelaient ses pédagogues, 
et qui, le gouvernant tour à tour, 
le lirent passer d'un vice à un au- 
tre. C'est d'eux que Corneille a dit 
avec tant d'énergie , qu'ils aspi- 
raient hardiment 

A qui dcvorerail ce règne d'un moment 

Une réponse digne des premiers 
temps de la république, mais qui 
avait le tort d'élre déplacée dans 
le temps où il vivait, hàla sa 
chute. Les prétoriens exigeaient 
les sommes d'argent qu'il leur 
avait promises lorsqu'il aspirait au 
trône. « Un empereur, leur dit-il 
fièrement , doit choisir ses sol- 
dats, et non les acheter. » Les 
troupes irritées proclamèrent 
Othon , et Galba périt avec Pison, 
qu'il venait d'adopter. 

GALÉA^co^■ , surnom de Mer- 
cure. Elyin. ya).ri (gale), belette ; 
âyxùv Çagko/i), coude. 

GALfc^E , nom de femme. H. 
yaknvn (galéiié), temps seiem. 

1. Gai.éria, tribu romaine, une 
de celles de la Campagne. Comme 
les Romains n'ont connu l'r que 
fort tard, on croit que celte tribu 
s'aj)pelait d'abord Galesia , et ti- 
rait son nom du fleuve Galése. 

2. Femme de l'empereur Vitel- 
lius. 

1. Galérids, orateur célèbre./^. 
Tbachalus. 

2. — Ayant épousé Valérie , fille 
de Diociétien, fut associé par lui 
à l'Empire, le partagea après l'ab- 
dication de son beau-pere , avec 
Constance-Chlore , persécuta les 
chrétiens, et se tua lui-même. 

Galie.n , Galenus , médecin 
grec, né à Pergatne, dans l'-Asie 
mineure , reçut une éducation soi- 
gnée. Voyagea en Egypte , et se fit 



GAL 



■.i85 



un nom par son habileté dans sa 
profession. Il trouva une méthode 
de guérir les blessures des traits, 
inconnue jusqu'alors. Il alla à 
Rome , où Marc-Aurèle l'appela 
auprès de lui. Mais la jalousie des 
médecins, qui attribuèrent ses suc- 
cès à la magie, l'obligea à quitter 
cette ville. Sa maxime était de sor- 
tir de table avec un reste d'appé- 
tit. Il avait écrit, dit-on , 3oo vo- 
lumes sur la médecine, et i5o sur 
d'autres matières. Il étaitgénéreux, 
infatigable au tiavail. On lui re- 
pioche un peu de vanité. R. yal-n-m, 
calme. 

1. Gall-a, nom de femme dans 
Martial. R. Gallus , Gaulois. 

2. — Fille de l'empereur Valen- 
tinien , épouse de ïhéodose. MCni. 
étym. 

Galliakax, médecin de l'anti- 
quité, qui ne se piquait pas de 
donner des espérances à ses ma- 
lades. Un homme lui ayant un 
jourdemandés'ilétait en dangerde 
mourir, en obtint cette consolante 
réporse : « Patroele est bien mort. » 
Etym. rôiioç ( Gallos) , Gaulois ; 
avaÇ (anax), roi. 

I. GALLlcA^cs, giterrier célèbre 
sous Constantin. 

2. — (Suipicius), le premier des 
Romains qui observa les éclipses 
de soleil et de lune. 

Gallicus, préfet de Rome, 
dont Stare célébra la convales- 
cence. 

Galliek , empereur romain . 
dont le règne fut marqué p.ir 
l'existence des trente tyrans. En 
apprenant que FEgyptc est révol- 
tée : « Eh bien! dit-il, ne pouvons- 
nous exister sans le lin tl'Egyple ? » 
Il perd la Gaule , et dit en riant : 
« Les casaques gauloises sont-elles 
donc nécessaires au salut de l'Em- 
pire ? » On lui apprend que l'Asie 
est ravagée par les incursions des 
Allemands et des Scj'thes : « 11 
faudra, répondit-d froidement, 
nous passer de salpêtre. » Ce ty- 
ran , lâche et ciuel , fut tué sous 
les murs de Milan. 



ftSC 



G Ali 



GalmMccs, troisième exarque 
d'Italie. R. gallina, poule. 

GALLIO^ , fière de Séiii^qne , 
proconsul d'Achaïe , refusa de con- 
damner saint Paul, que les Juifs 
lui livraient, fut condamné à mort 
par Néron, et se tua lui-mCme. 

Galliûs Vibius, Romain qui, 
en jouant la folie , devint vérita- 
blement fou. 

Gallomus, personnage fameux 
par SOI) luxe, dont Lucilius dit 
qu'il n'avait jamais fait un bon 
repas, parce qu'il n'avait jamais 
eu faim en se mettant à table. 

1. Gallûs, sobriquet que les 
Alexandrins donnèrent à Ptolémée 
Pbilopator, parce que, livré à la 
déhanche, et couronné de lierre , 
il célébrait les mystères deCybèle, 
à la manière des galles, prêtres 
de celte déesse. 

2. — Cf^f] i nom d'un savant 
allemand, nommé Hahn. 

Gamelia , lus, surnoms de Ju- 
lien et de Jupiter, présidant aux 
noces. R. 7af/.o; (gamos), mariage. 

GA^VMÈDE, prince ti'oyen d'une 
extrême beauté, enlevé par Jupi- 
ter pour lui servir d'échanson. 
Etym. yâvuŒÔai ( ganiisthai ) , se 
réjouir; ^.ri^oi; (inedos), conseil, 
esprit. R. yavoç (ganos), joie. 

GARO^^E , fleuve de France. 
Celt. garum, rapide. 

GASiiPTO>, temple de la Terre, 
à Sparte. Etym. yaTa (gain), terre ; 
cETtToç (scpios), adoré. R. o-eSu 
(se/'o), bonorer, rendre les hon- 
neurs divins. 

Gastéhoplex , qui a l'aiguillon 
dans le ventre j surnom d'un pa- 
ï-a.site dans Eustathe. Etym. yoLu- 
T-/)p, yaç/po; { gastér , gastcyos), 
ventre ; itlri^ (plex), aiguillon. R. 
Ttlriaotiv {plésseili), frapper. 

Gasthis, ventrio , adonné à 
son ventre ; nom d'un para.site. R. 

GAUDE^Tlus, nom de famille 
romaine. Etym. gaudere, .se ré- 



jou 



Gaudianus , GArDiosns, Gac- 



GEL 

Dius, noms de familles romairiCB.- 
Mém.étym. 

GAuniMÉLUs , musicien qui mit 
en musique les Psaumes de David , 
traduits en vers français par Cl. 
Marot, et Théod. Bèze. Etym. 
gaudere; fxéXo^ (melos), nombre, 
mélodie. Son vrai nom est Gou- 
dimel. Il fut tué à Lyon , pour 
avoir mis ces Psaumes en mu- 
sique. 

Gai'lois. R. ydXoi. (gala), lait^ 
F. Galatie. 

Gazophylax , garde de trésor; 
titre par lequel les flatteurs de 
Démétriusde'signaierilLysimaque, 
réservant celui de roi pour leur 
maître. Etym. yaÇa (gaza), trésor j 
(pvXa? (phulax), gardien. R. (fulir 
o-Eiv {phulass:'in), garder. 

Gê ou Géa, la Terre, fille 
d'Hélion, et femme d'Uranus. R. 
ya.~a, yri^gaia, glié), terre. 

dixocws, qui aJJ'ermitlaterre ; 
surnom de Neptune. Etym. yaTa; 
£';(eiv {echein), avoir, contenir. 

GÉnÉo^, quibrisej juge d'Israël, 
brisa l'autel de Baal, vainquit les 
Madiauites, et gouvei'ua les Hé- 
breux pendant neuf ans. 

Géganids , famille qui passa 
d'Albe à Rome, sous le règne de 
Tullus Hostilius. Servius nous ap- 
prend qu'elle avait la prétention 
de descendre de Gyas , un des com- 
pagnons d'Enée. 

Gela, fleuve de Sicile, dut ce 
nom à l'espèce de givre que pro- 
duisait la fraîcheur de ses eaux. R. 
7£),a (i;hela), givre, dans le dia- 
lecte sicilien. 

Géla>or, héros des temps fa- 
buleux , qui disputa la couronne 
d'Argos à Danaiis. Elym. ye>àv 
(glielàii), rire. 

Gélask, riant ; évoque de Cé- 
sarée, auteur d'ujie histoire du 
concile de Nicée. M. R. 

Gélasie , riante ; une des trois 
Grâces qui se trouvent peintes au 
fond d'un ancien verre, avec leur 
nom. M. R. 

Gélasimus, qui fait rire; noiu 
de parasilf dans Plaute. M. R. 



G EN 

Gélasinus, r/'eitv; surnom 
donné ail philosnplic Démociilc. 
M. R. 

Gélasius , dieu du rire, M. R. 

Gélon , s'éfant emparé de l'au- 
torité à Syracuse , montra sur lo 
trône les ({ualités d'un héros et les 
vertus d'un roi. La fortune le ren- 
dit plus doux et plus humain. 11 
mourjit après sept ans de règne, fut 
pleuré comme un père , et mis au 
rang des dieux. K. yelâv , ou peut- 
être plutôt. Gela, ville de Sicile, 
sa patrie. 

Gemellipara Diva, Latone , 
mère d'Apollon et de Diane. Etym. 
gcmellus , gémeau ; parère , pario , 
engendrer. 

Gémellds , nom de parasite 
dans Alciphron. R. -/eV-eiv {ghe- 
meiii), remplir. 

Gémilla , nom de femme. R. 
gemèlUis , a, uni, jumeau. 

Gemimtjs Varus , déclamateur 
qui vivait sous Auguste, à qui il 
disait : « César , ceux qui osent 
parler devant vous ignorent votre 
grandeur ; ceux qui ne l'osent pas, 
votre humanité. » Saint Jérôme 
nous a conservé ce mot de lui : 
Qui non litigat , cœlebi est. « A^ou- 
_lez-vous vivre sans querelle ? 
Soyez célibataire. » 

1. Gemimjs, gémeau: surnom 
tle Janus, pris de ses deux faces. 

2. — Surnom de Scrvilius, que 
portèrent d'abord P. et (^. Servi- 
lius, frères. Cic. 

Gémistus, géographe grec , qui 
vivait sous les derniers empereurs 
de Constantinople. Après la prise 
de cette ville, il se retira à la 
cour de Florence, où ses talens le 
firent accueillir. Etym. yifj.l^ttv 
(gheniizein), remplir. R. yffjiîiv 
être plein. 

GÉ^ÉA , fille des fondateurs de 
la race humaine. Etym. y/voç [ghe- 
nos) , naissance, production. 

Gè^es, Genua, ville d'Italie. 
On attribue son nom à sa cour- 
bure. R. /ovv (goiiu), genou. 

Gerèse , premier livre de la 
Bible , qui contient la création du 



G EN 2i^; 

monde. Etym. ytvtcic, (ghenesis), 
naissance, génération. R. ytl-ncOai 
(gheinesthai) , naît re . 

1. GÉ^ÉsI^s , surnom de Nep- 
tune , auteur de la génération , en 
sa qualité de dieu des eaux. R. 
yetvttjQai. 

2. — Historien grec, sous les 
règnes de Léon et de Constantin 
Porphyrogéiiète. Môm. étym. 

1. GÉ^ÉTHLlus , surnom de 
Jupiter et de Neptune, honorés à 
Sparte, comme dieux de la géné- 
ration ou de la fécondité. 

2. — Surnom d'un T. Flavius. 
Etym. ytiiiOho; (ghenethlios) , qui 
concerne la naissance. R. y£'tv£<jQa.i. 

3. — Sophiste de Palestine. 
M. R. 

Geretrix , surnom sous lequel 
Jules-César bâtit un temple magni- 
fique à Vénus, dont il prétendait 
descendre, ^.gignere , genui , en- 
gendrer, produire. 

Geretyllide , surnom de Vé- 
nus, f^. le mot suivant. 

GE^ETVLL^DES,GEN^AIDES, nom 
que les Grecs donnèrent aux dées- 
ses mères , que l'on croit avoir été 
les trois femmes de Cronos; savoir : 
Astarté , Rhéa et Dio, et qui étaient 
représentées debout ou assises, te- 
nant en leurs mains des cornes 
d'abondance, ou des fruits qu'elles 
portent quelquefois sur leurs ge- 
noux, ou dans leurs robes retrous- 
sées. R.y£tv£<r9at. 

Gekiales, dieux qui présidaient 
à la génération, et, selon d'autres, 
aux plaisirs, ^lyvo. gignere . genui , 
produire, ou ge/izV/5 ,• génie , dieu 
qu'on adorait comme donnant ;> 
tout l'ôtre et le mouvement. 

Gemalis, surnom d'un Flavius, 
préfet du prétoire sous Didius Ju- 
lianus. R. i^enius. 

GENiAMus,nom d'homme. R. 
genius. 

Genita Ma>a, déesse qui j)ré- 
sidaità tout ce qui venait à naître. 
Etym. gignere , genui, genilum ; 
manus , vieux mot, pour ionus , 
bon. 

Gemtales Dii,ceuxquiavaient 



aSS 



GEK 



pi'Otliiit h's hommes, ou qui pré- 
sidaient à la génération. Elyin. 
gignerc , geiiui, genilum. 

Genitou, qui donne la nais- 
sance; surnom de Jupiter. M. H. 

Gekkadios , patriarclie de Cons- 
laiilinople. Elym. yEwa^aç (ghen- 
iiadas), de bonne race, vaillant; 
ytMviw (ghennaô) , produire. R. 
j'jtvEcoai. 

GwftTiAMJS, surnom d'un Te- 
rentius , odieux à l'empereur 
Adrien, parce qu'il était agréable 
au sénat. R. gens, tis , race, 
famille. 

Gekutius , nom romain. R. 
genii , genou. 

George, cnUivateuv; de Tré- 
bizondc, philosophe aristotélicien, 
qui, dans une extrême vieillesse, 
oublia jusqu'à son nom. li. yrt 
(ghé), terre j i'pyov { ergon j , oa- 
vrage. 

Géorgie, surnom donne a la 
Chcrsonèsc-Taurique, à cause de 
l'abondance de blé qu'elle produi- 
sait. Etym. yri; i'pyov {ergon), ou- 
vrage. 

GÉORGIE^s, peuple d'Asie, qui 
avaient dû ce nom à leur habileté 
dans l'agriculture. Etym. yvj ; Ipyov 
(ergon) t ouvrage. 

Gephyri. Ëustathe parle d'une 
famille illustre ainsi nommée parce 
que leur mère , honteuse de sa fé- 
condité, était sur le point de les 
faire précipiter du haut d'un pont, 
lorsque l'arrivée de leur père les 
sauva. Etym. y/<pvpa {ghephura), 
pont. 

Gephyrus, héros des temps fa- 
buleux. R. yitfxtpa.. 

GÉRA.DAS , Spartiate , dont on 
raconte cette anecdote. Un étran- 
ger lui demandait de « quel sup- 
plice on punissait à Lacédémone 
ceux qui étaient surpris en adul- 
tère. — On les condamne à payer 
un taureau de grandeur à pouvoir, 
du haut du mont Taygète, boire 
dans l'Eurotas. — Mais serait-il 
possible de trouver un taureau de 
cette taille i*. — Autant que de 
trouver un adultère à Sparte. » 



GER 

Cette historiette a tout l'air d'un 
conte grec ; car l'adultère se com- 
mettait à Sparte sous la protection 
des lois , et depuis , les aventures 
du fameux Alcibiade nous appren- 
nent à quoi l'on peut s'en tenir sur 
la prétendue rigidité de moeurs des 
Spartiates, que M. de Paw , dans 
ses Jiecherches sur la Grèce , me 
paraît avoir mieux jugés que per- 
sonne. Etym. ^EpaÇîiv igherazein), 
récompenser, R. yépa.^ ^gheras) , 
récompense. 

Géhai.ée, ville de Thrace, dont 
les hahitans , d'une coudée de haut, 
furent chassés par les grues. R. 
yép(xvo<; (gheranos), grue. 

GÉRAsiMus , nom d'homme , 
f/uasi ytpy.'7}).toi; (gherasmios), ho- 
noré. Etym. yîpaÇecv (glierazein), 
honorer. R. yt'paç (gheras) , ré- 
compense. 

Géréor, nom d'homme. R. yi- 
piùv (gheron), vieillard. 

Germai», nom d'homme. Etym. 
Gernianus , Allemand, ou germa- 
nus , sincère. 

Germairs, peuples de la Ger- 
m.mic. Etym. germanus , frère, 
soit parce qu'ils se traitaient de 
frères , soit à cause de la res.seni- 
blancc que les Romains leur trou- 
vèrent avec les Gaulois. D'autres 
dérivent ce nom i\c garmen , tout- 
à-fait homme, et, en effil, Tacite 
prétend que le nom de Germains 
était de leur invention. 

Germanicus (César) , fils de 
Drusiis et de la vertueuse Antonia, 
nièce d'Auguste, mérita ce surnom 
par ses victoires sur les Germains, 
refusa l'Empire, calma les troupes 
révoltées , devint l'espérance des 
Romains , et mourut , non sans 
soupçon d'autre em])oisonné, près 
rrAntioehe. Il se délassait des fa- 
tigues de la guerre par la cultui'e 
des lettres. Sa mort est un des 
plus beaux morceaux dca Annales 
de l'acite. 

Gérorce, général des troupes 
du tyran Constantin dans le 
quatrième siècle, attaqué dans sa 
propre maison, poignarda un de 



GLA 

6CS amis , sa femme , et se perça 
lui-même de son cpée. R. yt'pov 
(ijhei-ôn) , vieillard. 

GÉRO^TE , vieillard f nom d'un 
personnage de comédie , ordinai- 
nMiient vieux et dupe. R. ytptav. 

GÉROKTius, nom d'un évâquc 
de l'Eglise grecque. Môm. étym. 

GERVAis,nom d'homme. Etym. 
yEpaÇtiv (gherazein), honorer, en 
insérant le digamma éolique, ou 
yEps'jto; (gherousios), de virill;ird. 
R. yipwv. 

Géryok , roi d'Espagne, qui fut 
vhincu parHorcu'e. Le P. Hertling 
dérive ce mot de ynryjeiv (gheruciti), 
crier. R. >^pvç(^7ieV«i), voix , parce 
que , dit-il , Gérion, avec les trois 
lorps et îe chien à deux tâtes que 
la fable lui donne , était en état dp 
mieux crier qu'un autre. 

Gethsemam , vallée de l'huile; 
vallée au pied du niont de.s Oli- 
viers. 

Géticus , sobriquet donné .à 
Caracalla, meurtrier de son frère 
Géta. 

Getsistrate , goût miliiaire ; 
fournie de cabaretier dans Aristo- 
phane. Etym. ycùatç {gheusis) , 
goût ; y£v£tv (gheuein), goCiter ; çpa- 
Toç (siratos), armée. 

GiBBA , surnom d'un M. Tcren- 
tius Varron. 6'/'Ziirt , bosse. Etym. 
ûSèç (liuùos)y bossu. 

Gilles, nom d'homme, .^gi- 
dius. Etym . al'i, , alyo^ (aix , aigos), 
chèvre. 

Glabrio, de glaber, va, rum, 
sans poil; surnom des Acilius. 
Etym. y),atf)upo; [gla/jJiuros), poli. 

Glaphyra , élégante; Cappado- 
cienne,femme(l'Archélaiis,grand- 
prOtre de Bellone, célèbre par sa 
beauté et ses amours avec Marc- 
Antoine. Etym. ylacfjpoi; , pà, pov, 
(gla/jhtiros , va , ro/;), parc , ajusté ; 
y/afpvpoT'/j; {glaphuroiés ) , grâce; 
élégance. K. y/âœsiv {qlaphein), 
tailler, polir, embellir. 

Glaphyras, débauché fameux , 
stigmatisé par Jnvénal. Mém. 
étym. 

GtAi'cÉ , nom de jf)uense de 



GLY 



289 



flùtc. Etym. yWxbç (glaukos) , 
azuré. 

G LA uc CAS, médecin dont Celse 
vante l'habileté en anatomie. R. 
yXauxo;. 

I. Glaucippe, archonte athé- 
nien. Etym. yXauxo^; "r.vsoc, {liip- 
pos), cheval. 

'i- — Fils de l'orateur Hypéride. 

iGlaucok, Athénien, philo- 
sophe, avait composé des dialogues. 

2. — Poète comique. 11. yXauxoç. 

Gladcopis , qui a des yeux 
bleus; surnom de Pallas. Etym. 
yXauxo;; S>'\/ . Ùcto; ('V^*, o/;o5), œil, 

Glaucothée, nom de nymphe 
marine, que Démosthène accuse 
l'orateur Eschine de donner à sa 
mère, dont le vrai nom était Em- 
pnse. Voy. ce mot. Etym. ylmiCoc, ; 
âth. {ihea)^ déesse. 

I. Gladcus , dien marin. R. 
yXauxo; , vert de mci". 

2 — Héros troyen, qui changea 
ses armes d'or contre celles deYer 
de Diomède, d'où vient le pro- 
VKrhiiGlaucipprmutatio,Véc\ïAX\ge 
de Glaucus, pour exprimer les 
échanges désavantageux. Môme 
étym. 

Globulus, surnom d'un P. Ser- 
vilius , citoyen l'omain. Etym. 
globulus, dimin. de globu , globe. 

Glossotrapèse, t/ui ne parle 
que de tables; nom d'un parasite 
dans Alciphron. Etym. yÀùo-irz 
(glossa), langue ; rpâîTsÇa {trapeza), 
table. 

Glottocrisio (Fidentio), nom 
sous lequel s'est caché un Italien 
(Camille Scrofi). Etym. yAÙTra ; 
xpt<j(ç (krisis), jugement. 

Glyca, douce; nom de femme. 
Foy. le mot suivant. 

Glycas , nom d'homme. R, 
ylx)x\i<; (gluliUs), doux. 

1. GlyCère, courtisane d'Athè- 
nes , qn'Harpalus de Pcrgame 
acheta aux Athéniens dix mille 
mesures de blé. Il la ht venir d'A- 
thènes , voulut être l'iiuroMué avec 
elle , et lui érigea une statue. 

2. — Courtisane de Sicyone, 
habile à assortir les nuances des 



ago GNA 

fleurs. On lui attribue l'invcnliou 
des guirlandes et le talent de Paii- 
sias. L'aitisle peignit les (leurs 
embellies sous les doigts de sa 
maîtresse, et rendit l'art rival de 
la nature. 

3. _ Maîtresse du poêle Mé- 
nandre. Athénée nous a cnnservc 
plusieurs de ses bons mots, qui ne 
sont pour la plupart que de vrais 
calembours. Le philosophe Stil- 
pon lui reprochait de corrompre 
la jeunesse. — « El toi, sophiste , 
tu la corromps , et tu l'ennuies. » 
Etym.yXuxcpoç {^^lukeros) , aimable. 
R. ji^vxuç. 

1. GLYcÉRirM , courli.sane de 
Thespie, lit présent à ses con- 
citoyens d'un Cupidon qu'elle de- 
vait à l'amour de Praxitèle. M. R. 

2. — INoin de lemme dans Té- 
rence. Môm. étym. 

Glycéruis, se fit nommer Au- 
guste à Uavenne , l'ut sur[)ris à 
Ko 



pe 



me par le général de Léon , em- 
^,^jeur d'Orient, et forcé de re- 
noncera l'empire pour i'épiscopat, 
où il montra les vertus d'un évcque. 
Mêm. étym. 

GLu:o^ , médecin du consul 
Pansa, fut soupçonné d'avoir em- 
poisonné son matlre. M. R 

Glvcythymos , </id adoucit le 
cœiiri épithèle d'Apollon. Etym. 
yXuxvç ; .SvfAoç {i/iumos), esprit, 
cœur. 

G^AVHÉus, nom qu'a prisun 
.Tuteur contemporain de Turnèbc , 
qui trouvait son nom de Foulon 
trop peu noble. Etym. yvayevw 
(gnapheué) , faire le métier de 
foulon. 

GLVcY7.o^ÉTÈs , béios des temps 
fabuleux. Etym. yl-j-AXiq ; Çûv/) 
( zôné ), ceinture. R. Çcovvutiv 
{zoniiucin), ceindre. 

G^ATH.ï:^A, nom d'une cotirli 
.«iane fameuse par sa \oracilé et ses 
bons mots, élégante dans sa pa- 
rure et dans ses manières. En 
voici quelques uns. « Quelle fraî- 
cheur! disait le poêle Diphile, en 
vidant une coupe. L'eau de ton 
puits est merveilleusement froide-. 



GOL 

de le porter sur les épaules. » Un 
homme , autrefois esclave , avait 
sur le dos des cicatrices profondes : 
« D'où vient cette plaie ? — De la 
brûlure que me fit, dans mon en- 
fance, un bouilloii en me tombant 
sur le dos. — J'entends : un bouil- 
lon de \eaii. » Lanière de peau de 
ve.in. Quelqu'un lui présentait du 
vin (le seize ans : « qu'il est petit 
pour son âge ! » R. yvxOoi; ( ifuu- 
thos ), mâchoire. 

G^ATIIÉMUM, nièce de la pré- 
cédente, aussi spirituelle que sa- 
lante. M. H. 

1. G^ATHOR, Sicilien, gâtait les 
mets servis sur la table, pour(?tre 
seul à en manger. 

2. — Nom d'un autre parasite. 
R. yv-xOoç. 

Gmîsippe, nom d'homme. Etym. 
yvviTioç ( gHCsïos ) , légitime. K. 
yei'vecOai ( i^heiiieslhui) , naitre } 
Ttioto; {liippos), cheval. 
'"G^lPHO^, nom d'usurier dans 
Lucien. Peul-ôtre ce mol vient-il 
de xvocTtTstv (knaj.tein), racler; 
d'où xvtrabç {kitipos ), avare. 

GisoMÈ, senst'e; nom de femme. 
R. yvw,y.ï) ( i^iiômiî ) , sentence ; 
yvoo) (^'//oo), connaître, penser. 

G^(>M0TYPE , qui exprime des 
senWiicvs d'une iniinière vit>e ,' 
surnom d'Euripide, jioële tiès- 
sentencieux. Etym. yvâ[XYi ; Tursltiv 
( tuptriii ) , frapper. 

Gnosidicus , aïeul du célèbre 
Ilippocrate. Etym. yv(.i^i;{gn6is) -^ 
connaissance; èîrn {dikê) , justice. 

Gnosippus , glouton si décrié 
par sa voracité, que les Athe'niens 
avaient défendu à leurs enfans de 
manger a\ec lui. Etym. yvoJs-t; ; 
"■KTso(i (hip/ins), cheval. 

Goi.coTiiA , crâne ; mont vqisin 
de Jéru.salem, où Jésus-Chrisl fut 
crucifié. 

— Oui , depuis que nous y jetons 
les prologues de tes comédies. » 
Le même, après la chute d'une 
de ses pièces, demande à Gna - 
Ihène qu'on lui lave les piçds. 
(( Tu n'en as nul besoin ; on vient 



GOR 

Goliath , passade; géant fa- 
meux, tué par David. 

GohATOs, surnom d'un Anti- 
gone . roi de Macédoine , tiré de la 
grandeur de ses genoux. R. -/ov-j , 
yovaTo; (-,'01111 , gonatos ) , genou. 

Go^GYI,us, nom d'homme. 
Etym. yéyfv'i.oq (gnggulos), pour 
çpoyfvi/o; (sirnggulos) , arrondi, 
rond, plein, cylindrique. 

GoRniER, nom commun à plu- 
sieurs empereurs romains. Lepre- 
inier cpii parvint à cette dignité 
descendait des Gracques par son 
père, et de Trajaii j)ar sa mèr<'. 
f ny. GoRDiL's 

Gonn/rs, roi de Piirygic , sus- 
pendit dans im temple la cliarnic 
qu'il conduisait , avant de monter 
sur le trône. Le P. Hcrtliug dé- 
rive ce nom de yt'o^c-; ( ghevdns ) , 
tisserand; yiç^[rj.{ ghevdia) , lisse- 
rande , apparemment à cause du 
fameu.x nœud Jjordien, auquel 
il donna son nom. 

GoRGiAs, sophiste grec, appe- 
lait le sommeil le frère de la mort. 
C'est l'idée exprimée par Virgile : 

Tuni consan^uiiieus let/ii fnijor 

Les Athéniens faisaient un tel cas 
de son éloquence . qu'il."; regar- 
daient les jours où il devait parler 
en puhlie comme de.s jours de 
fjStes , et nommaient ses discours 
la.fj.nix.'ioizflain/mc/as ) , des lampes. 
C'est lui qui, pour exercer ses 
auditeurs , étahlit celte espèce de 
(léclamution improvisée queQuin- 
tilieii appelle exLempovalis uratio. 
R. -/op/o; (ijO-;^">.ç) , vif, prnm[)t, 
«nrdent 

GoRGiPPE,nomd'liommi;.Elyni. 
79p-/oç ; l-izTsoz ( hippos ) , cheval. 

GoRGiPPiDE , nom d'homme ; 
nom patrnnymicjue. M. K. 

Gor.Go , femme de héonidas , roi 
de Sparte, disait que les femmes 
de Sparte étaient les seides qui 
missent des homme.s au monde. 
Ryop7o;. 

GoRGO>E, nom d'une femme 
galante, dont Lucien fait un por- 
trait analogue à son nom. Elym. 
yop/o; , farouche, terril)le. 



GRA 



291 



Gorgones, sœurs de Médu.sc, 
monsti-e.s fahuleux dont l'a.spect 
était redouta hie. Mém. élym. 

GoRGOME, sœur de .<aiiit Gré - 
goire de Nazimze , avait de la 
heauté, de l'esprit, des lumières 
et de la piété. Môm. étym. 

GoRGOMOs, surnom de la lune, 
de la prétendue face qu'on y dé- 
couvre, et qu'on prenait pour 
celle d'une Gorgone. S. C'/ém, 
d'Alex. 

GoRGOMCS, grammairien, d'une 
voix enrouée, ce qui lui fit dire 
un jour par un histrion : « Tu as 
à toi seul la voix île cent enroués. » 
Etym. -/opyùv (gnv^f'm), gorgone. 

GoRooPAS, à l'air rfdoutuhle; 
nom d'un capitaine grec vaincu 
par Chabrias, général athénien. 
Etym. yopyo;; ci-i/ , Ùtto; ( o/»5 , 
npns ) , air, vue. 

GoRGOPHORK, fille de Persée et 
<rAniiromède. C'est la premièie 
femme que l'histoire profane re- 
marque s'être engagée en secondes 
noces. Etym. yopyùv [ gorgoii) , 
gorgone; tpovoç ( phonos), meur- 
tre. 

GoRGOPHORE , surnom de Pitllas, 
portant gravée sur son bouclier la 
télé de Méduse. Etym. yooyœv ; 
tfép'.iM (phereiii) , porter'. 

Gracchamjs , surnom qu'un 
ancien historien latin , nommé Jn- 
nius,dut.i son amitié pour C.Grac» 
chus, tribun du peuple. jPù'ii. 

Gracchcs , grêle; surnom des 
Sempronius. Charisius. Varron , 
qui écrit Graccns , le dérive à 
gerendo , porter , parce que la 
mère du premier Gracchus , ^,'«5- 
aerai uieruni , avait eu une gros- 
sesse de douze mois. Les Romains 
les plus célèbres qui ont porté ce 
nom sont les deux Gracques, fils 
de la célèbre Coiiiélie, qui tous 
deux périrent en défendant les 
intérêts <lu peuple contre les 
grands, ou peut-être en .«iiivaut 
leur ambition particulière. On 
soupçonne le plus jeune, Caïus 
Gracclius, d'avoir trempé dans Its 

»9- 



292 



GRA 



complot qui fit périr le jeune Sci- 
pion l'Africain. 

GnADivus , surnom de Mars. 
Elym. gradiri , marcher; ou xpa- 
«îacvEiv {kradaineiii) ,\&ïïcev le ja- 
velot. 

Gb^cikus, sénateur coud-amné 
à mort par Caligula, pour avoir 
refusé d'accuser Silanus; dimin. 
de Grœciis. 

Gn«cio , sobriquet injurieux 
donné à l'empereur Julien , à cause 
de son attacliemcnt jiour les so- 
phistes grecs. Elym. Gvœcus , 
Grec. 

Gescius, un des meurtriers de 
César. Etyra. Crcecus, Grec; dér. 
Grœcinius. 

GRfficosTAsis , .fiai/o/z des Grecs, 
lieu à Rome voisin de la tribune aux 
harangu(!s, où s'arrêtaient les dé- 
putés des peuples de la Grèce avant 
d'avoir audience du sénat. Etym. 
Tpaixoç ( Graïkos ) , Grec , çào-iç 
( stasis ) , l'action de s'arrêter. R. 
"(jTYifjic (^htstt'mi) , poser, établir. 

Gr^eculus , surnom injurieux 
donné à l'empereur Adrien à cause 
de son goCit pour la langue grec- 
que. R. Crœcus , Giec. 

Ghaésyllectri A , vieille com- 
pilatvice j surnom injurieux donné 
â l'historien Timée , à cause de la 
futilité de ses ouvrages. Etym. 
ypoiTa (graia), vieille; (rjlh'yciv 
( suUeghein ) , ramasser. 

G R A M M .s: A , nom de femme. 
Etym. ypâ^fj-a. (grnmina) , lettre. 
R. ypiftiv (i;ra//heiit) , écrire. 

Grammatocyphon , surnom mé- 
prisant donné par Démosthèue à 
l'orateur Eschine , qui, fils d'un 
maître d'école , avait , jeune encore, 
aidé sou père dans ses fonctions. 
Etym. ypafjip.a; xvytuv ( ku/jhôii ) , 
verge ou bâton courbé. R. xu-ttIeiv 
( kuptein ) , se courber. 

Gramits, surnom romain, tiré 
de l'agriculture. W.gtanum, grain ; 
dériv. Granianns. Cicéron , dans 
le second livre de Y Orateur , rap- 
porte avec complaisance les plai- 
santeries d'an Granius. Un mau- 
vais avocat s'était enroué à l'au- 



GRU 

dience. « Bois du vin doux refroi- 
di. — Je perdrais ma voix. — Il 
vaut mieux perdre la voix que de 
perdre ta partie. » 

Graph^ecs , nom d'un poëte 
belge , qui s'appelait Schrit'er , 
écrivain. R. ypi^ftiv {grapliein) , 
écrire , peindre. 

Graphds, affranchi de Néron. 
M. K. 

Gratia , nom de femme. l\.gra- 
tus , agréable. 

Gratien , empereur romain , joi- 
gnit à une figure imposante un 
maintien modeste, un caractère 
modéré, un cœur humain et sen- 
sible. Brave capitaine, sage em- 
pereur, philosophe sur le trône, 
il fit de bonnes lois , protégea les 
lettres et sauva l'Etat. Il s'associa 
Tliéodose , montra pour le chris- 
tianisme un zèle plus ardent qu'é- 
clairé, vit l'Empire se révolter 
contre lui, et périt par les mains 
des rebelles. Etym. gratus. 

Gratius, poëte qui vivait sous 
Auguste. Il a écrit sur la chasse. 
Mêm. étym. 

Gratus , agréable ou reconnais- 
sant; nom romain ; dériv. Gi-a- 
tilla , nom de femme. 

Gravius, nom romain, ^.gra- 
vis , pesant , grave. 

Gréa, nom donné à Tana|;ra , 
fille d'Eole, à cause de sa longue 
vie. R. ypa~a [ graia ), vieille. 

Grées , sœurs des Gorgones , 
ainsi nommées parce qu'elles vin- 
rent au monde les cheveux blancs. 
R. ypc/.Ta.. 

G R É G o I RE, vigilant ; nom 
d'homme. R. ypriyo^tiv {gré go rein) , 
veiller. 

Grégoras , un des liistoriens de 
la Byzantine. Etym. yp-fl'yopELv {grê- 
gorein ) , veiller. 

Grégorie, nom de femme. 
M. R. 

Groealand, terre verte. 

Grunrovius , sobriquet inju- 
rieux, par lequel un Italien, Ra- 
phaël Fabretti , a voulu désigner 
le savant Gronovius. Etym. grun- 
iiire , grogner. 



GYM 

GB^J^DILES , espèces de dieux 
Lares établis par Romulus , en 
l'honneur d'une truie qui avait 
porté trente petits. K. i^rumiire , 
grogner. 

Gryllus, fils de Xénoplion , 
tua F.paminondas , et fut lue lui- 
inâme à la bataille de Maiitiuée. 
Xénoplion offrait un sacrifice , 
quand oh lui annonça cette mort; 
il ôta sa couronne, mais la remit 
en apprenant que son fils avait 
tué le général ennemi. Etym. ypv^- 
Toç (i^rullns ) , porc. 

Grïr^us, ami de Luther et de 
Mélanchton Etyni. ypvvo! ( gfu- 
noi ) , troncs de vieux chênes. 

Gryphibs, nom d'homme. R. 
yçtM-usoi {grupos) , nez aquilin ; ou 
yp^, vOTOî (gt-ups, upos), gry- 
pboD. 

Grypcs, surnom d'un. Antio- 
cbus, à cause de son nez aquilin. 
R. yçi'jTsic. 

GcrgÈs, gouffre; surnom que 
valut à Q. Fabius la dissipation de 
son patrimoine , mais qu'il effaça 
dans la suite par une vie utilement 
et honorablement occupée. Ma- 
crob. 

Gyas, guerrier des temps hé- 
roïques. R. y\tia. (guia )., champ. 

Gygès , roi de Lydie, qui tua 
Candaulepour régner. Son anneau, 
qui le rendait invisible à volonté, 
est célèbre dans l'histoire. Il a 
fourni l'idée d'un roman latin au 
P. Zacharie, deLisieux, capucin, 
qui l'a publié sous le nom de Pe- 
trus Firraianus. Etyra. 7 j-/a~o; (gu- 
gaios ), obscur. 

Gymnasium , nom de courti- 
sane dans Plante. Etyni. yyjii.vy.mov 
(gumnasium) j lieu d'exercice. R. 
ywfAvô; (guinnos) , nu. 

Gvmnésies, nom des iles Ba- 
lé.ires , dont les peuples nus 
n'avaient d'autres armes que la 
fronde , d'où Gymnètes , nom qui 
leur fut donné. 

Gymnètes, étaient dans Argos 
ce que les Uolcs étaient à Sparte. 
M. R. 



GYR 393 

GYMriocuA;noK, dont la nullité 
rejouit j nom d'un parasite à qui, 
dans Alciphron, nu barbier joue 
le tour de lui laisser le menton 
alternativement rasé et barbu. 
Etym. 7«p.yo; ; j(°"'p^'* ( chairein ), 
réjouir. 

Gymnosophistes , philosophes 
indiens, ainsi appelés parce qu'ils 
se promenaient tout nus en regar- 
dant fixement le soleil durant tout 
le jour. Alexandre, qui les était 
aile visiter, les invita à lui de- 
mander ce qu'ils jugeraient à pro- 
pos. L'un d'eux demanda l'immor- 
talité. — Mortel, jene puis donner 
l'immortalité. — Pourquoi donc, 
si vous êtes mortel, ne restez- 
vous pas dans le royaume de vos 
pères, et venez-vous ravager l'u- 
nivers comme rcnn-mi du genre 
humain? Etym. yup.vbç, nu; aoyoç 
( sophos ), sage. 

Gykécie , nom grec de la divi- 
nité que les Romains révéraient 
sous le nom de la Bonne Déesse. 
Etym. yuv/) , yjv'Mxoq(gunê , gunai- 
kos), femme. 

GYRÉcocRATttMÈ>Es , ancieus 
peuples de la Scythic d'Europe , 
ainsi nommés parce que, vaincus 
parles Amazones sur les bords du 
Thermodon, ils s'unirent avec 
elles, à condition que des enfans 
qui proviendraient de ces liaisons, 
les mâles seraient aux pères , et 
les filles à leurs mères. Etym. 
7VV/) ; xçiSLri7v{kratein), vaincre. 

Gyrécothoas , surnom de Mars 
à Tégée, depuis que les femmes 
de cette ville avaient contribué à 
une victoire éclatante remportée 
par leurs maris sur les Lacédémo- 
niens. Etym. yuvJj ; 3ooç ( ihoos ) , 
prompt. 

G'iROPX.vs , faiseur de portes; 
surnom donné à un poëte comique 
d'Athènes, nommé Aristomène. 
Etyra. yujjoç (guros), porte ; t.'oÛû» 
(poieô) , faire ; d'autres lisent Tï- 
Rop^ius. /'. ce mot. 

GïRTiAS , nom d'homme. Etym. 
yûpo; , cercle , ou yvpoj, courbe. 



%Vi 



HAG 



HAL 



H 



riABAct;c, tulieur; le huitième 
des douze petits prophètes. 

HABlJ:^TlUS , nom romain. R. 
habere, axoir. 

Habuomcus, nom d'homme. R. 
âi?po; (habros), mon, beau; vu-/) 
(nike), victoire. 

Haceldama, champ du sang; 
champ acheté des trente deniers 
que JucIjis reçut pour livrer Jésus- 
Christ, et qu'il rendit aux prâtres. 
Ceux-ci en achetèrent le champ 
d'un potier pour la sépulture des 
étrangers. On voit encore dans ce 
champ un endroit fort petit et cou- 
vert d'une voûte sous laquelle les 
corps se consument en peu de 
temps, sans exhaler de mauvaise 
odeur. 

II;emon , fils de Créoii , roi de 
Thèhes, et aiTwant d'Antigone. R. 
atfi.a {haima), sang. 

H^RERMCs , nom d'homme. 
Et^im. hcerere , s'attacher. 

H^RES, déesse à laquelle les 
Romains sacrifiaient, après avoir 
obtenu un héritage. Etym. hœres , 
héritier. 

HaoÈs , un des flatteurs d'A- 
lexandre, et le premier ([in, de 
concert avec un Cléon , Sicilien, 
lui rendit les honneurs divins. 
Etym. âyo; {hagos), saint, pur, 
impur. . 

Hagmta, surnom sous lequel 
Esculape était adoré à Lacédé- 
)none , parce que sa statue était 
faite du bois de l'arbrisseau appelé 
agiius caslus. R. ay""? ('^à''"'*)» 
vitex, espèce d'osier. 

Hagnoclès , ciHèbre par sa pu- 
reté , ou doht la gloire est pure; 
nom d'homme. Etym. âyvoç {hag- 
rtos), chaste, pur; x^£o; (klcos). 
(gloire. 

HAG^ODORE , (lo/i pur; nom 



d'homme Etym. â/vo; ; .îâjpov 
(ddron), don. 

HAG^oN , nom d'homme. Etym. 
â'/voç. 

Hala, surnom romain, tiré de 
la mauvaise haleine , à fœdo on's 
Jialiiu. 

Halkus, surnom sous lequel 
Philoctète éleva un temple à 
Apollon, après avoir mis fin à 
toutes ses courses. Etym. à.\t~v. 

Halésius, moût d'Àrcadie, voi-" 
sin de Mantinéc , où Rhéa avait 
erré long-temps. R. àli~-i (hatein), 
fuir. 

HALCYo^E, surnom donné à ime 
princesse des temps fabuleux, nom- 
mée Cléopâtre , parce que , dit 
Eustathe, lorsqu'elle fut eidevée 
par Apollon , sa mère n'eut pas 
moins de douleur que l'alcyon 
quand on lui ravit ses petits. 

Halia, nom de Néréide. R, 
al; , àïo<; (hais , halos), la mer. 

Halictvpds , qui frappe la mer; 
nom de marin dans les lettres 
d'Alcipiiron. Etym. a).ç , à),o;; 
xTûiTïiv {klupeiii), faire du bruit. R, 
Tuir7£cv {ttipleiit), frapper. 

HALiGÎiKE, née de la mer; sur- 
nom de Vénus. Etym. aXç , âroç , 
sel ; yec'vEuSai (gheiiiesthai), naître. 

HALiBiiiDE, qui a soin de la 
mer, qui aime la mer: nom de 
Néréide Etym. a),ç , âXoç; fj.ô'îo; 
(mi'dos), soin. 

Haliphron, père de Deucaiion. 
Etj^m. ôtXç, iVoq ; tpp/iv , £vo; (phrénf 
enos), esprit. 

Halirkhoé , femme fie Neptune 
et mère d'Isis. Etym. «).?, à).o; ; 
psTv (rheiii), couler. 

Halius, marin; nom commun 
à plusieurs guerriers des temps 
fabuleux. Etym. 'il;, âXo'ç 

llALizoMis, |>eu[iles de la Pa- 
phiagonie, ainsi nommés, parce 



Il Ail 

.nie 1.1 incv Ifs eiivironn.iif- île tou- 
tes p.-irts. Kt3'in. SX;, à).o; ; Çor/o 
(zôiic), ceinliire. D'îiutrcs déri- 
vent leur nom d'àylâÇ'ov!; {iilnzo- 
iit's), v;iiiis, parce qu'ils étaient 
<'iinrgucillis de leurs richesses. 

IIAI,Mlo^ , Halmonia , siiinoms 

de Pliiliiclès, pocle cuniiqiie grec, 

amer et mordant. Etym. ôîÀfiiv) 

halin') salure, amertume. R. 

SA;, sel, 011 la mer. 

Haloa>'der, nom emprunté par 
lin Allemand appelé Hofl'manii. 
Etym. S),; , àTo; ; àvJip , àvîpo; 
(rt/icV, aiich'os)j homme. 

Halocrate, puissa/ict; mari- 
time; fille d'Hercule. Etym. S).;, 
âXô; ; xpxTo; (^krato.t), pai.ssance. 

HalonÈse , ile de la iner Egée. 

Etym. al;, â).o;; v^3-o; (iiesos), ile. 

Halyétus, Nisus chargé en aigle 

■de mer. Etym. aXç, â),o;; à/ro; 

{aeto<) , aigle- 

Hamadrvades , nymphes des 
Lois qui naissaient et mouraient 
■avec les arhres. R. âaa (hama), 
ensemble; ^pv; (drus), cheiie. 

Hasiartoi-e, nom sous lequel 
s'est caché George Syncelle , écri- 
vain grec, d(mt nous avons une 
chronique. Etym. àu.apT&>ro; [Aa- 
inariôlos), pôchciir. R. âttapTxvjiv 
(hamariaiicin), errer. 

Hamaxa, nom i;rec de la coiis- 
iellation nommée le Chariot. Etym. 
Sijxa^y. (huiiiaxa) , char. 

HAMAX0BlE^s, peuples de Scy- 
thie, dont les chariots leur ser- 
vaient d'hahitalions. Etym. ap.a^a ; 
|3toç (f>ios), vie. 

Hamaxurgus , nom sous lequel 
s'est cache un savant Allemand, 
appelé Wirstelin. Etj'in. àu.a^a ; 
cp-/o-j {ergon^, ouvrage. 

HAMKO^, surnom de Jupiter, 
adoré au milieu des sables de la 
Lihj-e. Etym. aap.o; {aminos), sable. 
Harma, ville de Béotie, où une 
tradition portait qu'Amphiaraiis 
•avait été englouti avec son char. 
Elym. âpfj.a (hai-nia), char. 

Hakmatidics, nom d'homnic. 

R. içfj.a. , TO;. 

Harménopvle , porte commode ; 



HAR 



393 



jurisconsulte grec. Etym. apu.cvo; 
(«/7//e/joi), ajusté, accommodé. R. 
ap'j) {arô), ajuster; itu^Yi (pulé) , 
poile. 

IIarmodius, Athénien qui mit 
fin à la tyrannie des l'isistratides, 
en tuant Hippias, (ils du tyran. 
Etym. âpfjLoÇîiv (harmnzein), ajus- 
ter , allier ou convenir. R. apa» , 
concerter. 

Harmoma, fille (le Gélon. F.tym. 
iptj.ovîx {harmonia), suite, join- 
ture, harmonie. R. xpro (arô), 
.it tacher, adapter. 

1. HarsiomdÈs, nom île musi- 
cit:n. Etym. à.pu.ovl'x {har.no/iia), 
harmonie. Pi. apco. 

2. — Celui qui construisit les 
vaisscau.x de Paris , qui b(;rvireut à 
l'enlèvement d'Hélène, et qu'Ho- 
mère appelle pnr cette raison vyju; 
àp;(txax8; (neus arcfiikukous), vais- 
seaux, priuci}ies de tous maux. 

Harpadès , nom de parasite dans 
Alciphron , qui, non content de 
bien br)ire et de bien m;u]ger , em- 
2)ortc encore àp-nâ^n ( luirpazei) , 
tout ce qu'il peut. R. âpTrxÇtiv 
(harpazciii), prendre, [>iller. 

Harpagitjm, ville de Phrygie , 
où la tradition portait que Gany- 
mède avait été enlevé'. R. àp-nx^a-j. 

Harpagon, nom générique et 
appellatif d'un avare. R.àpTTtxÇEiv; 
part', m. -npTsy.yy. (Iiérj/aga) ; a(>r. 2 
yip-noiyov {liérpagon). 

Harpaccs, lieutenant de Cyrus, 
qui soumit l'Asie intérieure. Mém 
étym. 

i. flARPALCS, nom d'un brigaml 
qui bravait la puissance des dieux, 
parce que rien n'arrêtait le cours 
de ses prospérités. 

2. — Astronome grec, corrigea 
le cycle de huit ans, qu'avait in- 
venté Cléostrate , et en substitua 
un lie neuf ans. Mêm. étym. 

Harpalyce, héroïne fabuleuse, 
méprisée par son amant, sécha de 
douleur, et devint h- sujet d'une 
chanson qui portait son nom, et 
que chantaient les jeunes filles. 
Etym. •xpTc-fl (harpe), épée recour- 



296 



HEC 



bée. R. àp'ttotÇEiv; ),vxo5 (luhos), 
loup. 

Hakpalycus , maître d'escrime 
d'Hercule. Mém. étyra. 

Harpasus, nom d'homme. R. 

Kki^pax, pillard; nom d'un gou- 
jat dans le Pseudolus de Plaute. 
Mém. étym. 

Habpé, nom d'amazone. Voj. le 
mot suivant. 

Harpédophore, surnom de Mer- 
cure, porteur d'un coutelas re- 
courbé. Etym. àpTTï), cpée recour- 
bée; (ps'pEiv {phevein), porter. 

Harpocrate, dieu du 'silence. 
Etym. âpTT/i ; xpxTo; (kraios), force, 
pouvoir. 

Harpocratiok , rhéteur d'A- 
lexandrie. Mcm. etym. 

Harpyies , démons aile's qui 
souillaient et ravissaient tout. 
M. R. 

HÉAUTOWTIMORUMEKOS , laUTOv 

Tipi(op8fA£vo; ( hcaulon tùnôrouinc^ 
nos ) , qui se punit lui-même ; 
titre d'une comédie de Térence , 
dont le personnage principal s'est 
condamné à une vie dure et péni- 
ble, pour se punir de la dureté qui 
a forcé son iils à s'enrôler. Etym. 
éavT8 {hcaulon), de soi-miime ; 
Til}Mploi.{tim6riu), punition. R. Tt'u 
(tié), punir. 

Hebdomagkke, surnom d'Apol- 
lon, que les Del iihien.s prétendaient 
être né le septième jour du mois 
Busion. Etym.tff'îop.oç {hebdomos), 
septième. R. k-ufia. {Jiepta), sept ; 
yEi'vccjOat (gheinesthai) , naître. 

Hébé, déesse de la jeunesse. R. 
■flSr) {hébt), jeunesse. 

HiiBius, nom emprunté par un 
savant appelé Rarthius. R. yj'Ç/i. 

Hébo», Bacchus ou le soleil; 
dieu adoré dans la Gampanie. R. 

lliiBRK, fleuve de Thrace , cé- 
lèbre chez les poètes. R. iiStiv 
(eibeiii), af loser, couler. 

Hébreux. R. Iléber, dont le bis- 
aïeul fut Sem , (ils de Noé. 

Hécaergos, ga , surnoms 
d'Apollon et de Diane, qui lancent 



HEC 

au loin leurs traits , ou dont les 
rayons opèrent à une grande dis- 
tance. Etym. £xà; (Jiekas), loin ; 
tpyo'i (ergoii), ouvrage. 

Hécamède, héroïne des temps 
fabuleux, Etym. Ixàçj pyj^oç [mé- 
dos), soin. 

Hécate , déesse infernale ; de 
txaro; (Jiekatos), soleil. R. txàç, 
parce que cet astre lance ses rayons 
de loin. Dans ce cas Hécate aurait 
été formée d'Hecatos , comme 
Phébé de Phébus , et Cynthia de 
Cynthius ; 2*' étym. Éxarov , cent , 
soit à cause du erand nombre de 
ses prérogatives, soit parce qu il 
fallait cent victimes pour l'apaiser, 
ou parce qu'elle retenait cent ans 
sur les bords du Styx les ombres 
de ceu.x qui n'avaient pas reçu la 
sépulture; S^ étym. tta (heo), en- 
voyer, darder. 

Hécatébélétés, qui lance ses 
traits de loin; surnom d'Apollon. 
Etym. £xà;; /3/),o; (belos), trait. 

Hécatée , historien de Milet, le 
premier Grec qui écrivit l'histoire 
en prose. Etym. éxaç. 

Hécaterike, dimin. d'Hécate; 
c'est ainsi que le Martyrologe grec 
écrit le nom de la sainte que l'Eglise 
romaine célèbre sous celui de Ca- 
therine. 

HecatoboleS, surnom d'Apol- 
lon et de Diane , pris des rayons 
de lumière qu'ils dardent. Etym. 
£xà?; /3âÀ),£tv (balleiii), lancer. 

HÉGATOMBiECs, surnom de Jupi- 
ter et d'Apollon, pris des héca- 
tombes qu'on leur offrait. R ixa- 
Tov (hecaion), cent; ^5? (boiis), 
bœuf. 

HÉcATOMPOLis, à cent villes ; 
nom de l'tle de (h-ètc. Etyra. éxa- 
Tov ; môhi; (polis), ville. 

1. Hécatompylk, à cent portes; 
surnom de l'ancienne Thèbes. R. 
ixarov ; •n-iX-n (pule), porte. 

2. — Capitale des Parthes. 
llÉCATORCHiREs, géauts .i cent 

mains. R. Éxarov ; x^'P (cfieir) , 
luain.' 

HECATOMSiisi , ile.s semées en 
grand nombie entre Lesbos et le 



IIED 

conlinrntfU'l'Asie-Mineiirc.Elyin. 
Ixarov ; v9)7o; (it<;^os), fie. 

Hécatos , surnom du Snlcil. R. 
ixà; (hekas), loin. f^oj-. HÉcato- 
BOLES, ou txarov , ccnt , parce cfue, 
suivant une tradition particulière, 
il avait tué le serpent Python de 
cent coups de flèches, ce qui ren- 
dait à ce dieu le nom d'Hécatos 
plus agréable que celui de Py tliius. 

Hécébole, sophiste de Constan- 
tinople, maître de rhétorique de 
l'cuipcreur Julien , fut toujours de 
la religion du souverain, c'est-à- 
dire , chrétien fanatique sous 
Constance , et idolâtre enthou- 
siaste sous son successeur. Etym, 
IxyjÇo^oç [hekèbolos), habile à lan- 
cer des traits. R. Ixà; ; /SaUîcv 
{baUein), ou /So^Tv {bolein) , lan- 
cer. 

Hectobioctos, bon à chasser; 
nom de parasite dans Alciphron. 
Etym. txTo- (heklos), dehors; 
Sidytiv (cliôkein) , poursuivre. 

Hector^, défenseur: héros 
troycn. R. ?x^rf (echein), avoir; 
tenir bien ce qu'on a : Quia Jiabe- 
bat nrcein sub tutelâ, ou urbem 
tenebut contra hostium impelum. 
En effet Troie ne pouvait âlre 
prise tant qu'il vivait encore. 

Hécyra , titre d'une comédie 
de Téreucc. R. ixvpà (hekura) , 
belle -m ère. 

HjÉDiA, agréable; nom de cour- 
tisane, amie d'Epicurc, selon Plu- 
tarque. R. v^vç {héclus) ; viStia. 
(hccleia), doux, agréable. 

H£DYDIP^E , à qui les dîners 
sont doux ; nom de parasite dans 
Alci[)liron. Etym. ^^v; ; (ÎEt'-jrvov 
{■dei/jnon), diner. 

HÉpvÉPÈs , au parler doux ; 
Ânthol. Epitli. d'Apollon. Etym. 
r/îvç ; cVeiv (("/jcài), parler. 

Héuylali-s, qui caue cFune 
manière agréable; nom d'im éco- 
nome dans les inscriptions recueil- 
lies par Gruter, pac. 333, vol. 5. 
Etym. ^'îvç; Xa^tîv (lalein), jaser. 

Hédylé, nom de femme. R- 



Il KG 29; 

Mf.d V LL us, rfoM.r; nom d homme. 
R. ■hôvç. 

Hedylogcs, qui dit des choses 
agréables ; écrivain grec , cité dans 
Athénée. Etym. -h^xx; ; \6yQi;(logos), 
discours. 

HÉDYLOS, poète épigrammati- 
que , cité par Athénée. R. i^'îv;, 
doux. 

Hédy MELES , doux comme 
miel ; nom de joueur de lyre dans 
Juvénal. Etym. ■^«îù;; fj.ih (meli), 
miel ; ou fjAo; (melos) , nombre , 
mesure. 

Hédyphon, qui coule avec un 
doux murmure; nom de fleuve 
dans Strabon. Etym. ■Â'Îv; ; «puvJ) 
(phoné), voix. 

Hédypnus , dont le murmure 
cause un doux sommeil; rivière 
de la Susiaiie. R. -^^l; ; vitvo; (hup- 
nos), sommeil. 

Hédypotès , qui se plaît au doux 
breuvage; épithète de Bacchus. 
Anlhol. Etym. vï<îùç ; •ctotov (poton), 
boisson. 

Hédyptjs, au cours tranquille ; 
fleuve dans Pline. Etym. -^lîùçj 
-TTs; (poùs), pied. 

Hédythroos , qui répand des 
bruits agréables , ou qui fait en- 
tendre Une douce harmonie. Aur- 
thol. Epithète de Bacchus et d'Apol- 
lon. Etym. iiîîùç ; 3pEÎv {threin'), 
crier. 

Hégéloqde, général de Ptolé- 
mée Physcon. Etym. ■hyt'ïa^y.i 
(Jiégheisthai), conduire ; 'kô^'^'^ ( ^'^~ 
chos), embuscade. 

Hégémaque , qui mène nu com- 
bat ; surnom de Diane à Sparte. 
Etym. yiyùnQoii ; fJ^xx^ ( mâché) , 
combat. 

I. HÉGÉMOR , conducteur ; poêle 
comique et acteur de parodies, 
était telleraei).* en possession de 
plaire aux Athéniens, que le jour 
où l'on reçu! la nouvelle de l'échec 
éprouvé en Sicile ,il sut, par l'agré- 
ment de s,jn jeu , distraire un mo- 
ment les spectateurs du sentiment 
de leurs malheurs. R. riyùaBai. 

•2. — Auteur d'un poème sur la 
guerre entre Thèbes et Lacédc- 



u<)8 



lllîG 



moiic , et en parliculier sur lu 
bataille de Lciictres. 

Hi;GÉMo^E , conductrice j Diane, 
honorée sons ce norn en Arcadic , 
portait des flauibeanx. Mâm. 
étym. 

Hégémomus, nom qu'a pris 
un savant moderne, qui s'appelait 
Guide. Mâm. étym. 

Hfgésagoras, historien grec, 
cité comme auteur d'une histoire 
de Mégarc. R, 'nyt'ia^ixi] àyop^ 
(ai^ora), place publique. 

HÉGÉSA^DRE, qui conduit l:'s 
guerriers; écrivain grec, cité par 
Athénée. Etym. riyûctQai ; âvviP , 
âv(îpoç (anêr , andros), homme de 
cœur. 

Hécésia>ax , prince conduc- 
teur, ou guide du prince ; hi.sto- 
rien et acteur trafique. Etym. 
YiytTiOai ; oc'va^ (^anax), roi. 

1. Hécésias , chef, conducteur ; 
acteur comique, qui récita l'his- 
toire d'Hérodote sur le théâtre 
d'Alexandrie. R. -nyiTaOai. 

2. — Flatteur d'Alexandre. Une 
mouche venait de piquer le roi qui 
se mettait en devoir de chasser les 
autres : « Sei;^iieur, dit le com- 
plaisant , celles qui ont bu de Ion 
sang seront plus coumgcuses que 
les autres. » 

3. — Un des historiens d'Alexan- 
dre , écrivain asiatique, dont le 
style était froid , recherché , ma- 
niéré, et qui avait rempli ses ou- 
vrages de fables et d'aventures 
merveilleuses. 

4- — Philosophe de Cy rêne, pei- 
gnait les maux de la vie avec tant 
de i'orce, que plusieurs de ses au- 
diteurs se donnèrent la mort. Pto ■ 
lémée lui lit défense de prendre 
désormais cette thèse pour sujet de 
ses discours. 

HÉGÉsiBULE, chef du conseil; 
nom d'iiomme. Etym. -^..tTs-Oac ; 
(iulv) {boulé), sénat. 

Hkgésigonr , écrivain grec. R. 
■fly£Î!7Qa[ j yovYi (gond), géniture. 

HÉGÉsir.oguE , qui conduit une 
vinbuscade ou des t oupes; un des 
premiers magistrats de l'Ile de 



HI£L 

Rlioiies, usa si insolemment de son 
autorité, qu'il fut dégradé et noté 
d'infamie. Ses collègues , à son 
exemple, jouaient des femmes aux 
dés. Le perdant était obligé d'em- 
ployer l'artifice, et jnême la vio- 
lence, pour faire tomber la femme 
jouée au pouvoir de celui qui l'a- 
vait gagnée. R. iiysta-Gai ; ^o'^oi; (/o- 
chos), emljuscade, troupes armées. 

Hégésimus , nom' d'homme. 
M. R. 

HÉGÉs^^oiis, poëte grec. R.^ytii- 
6x(;vs5 (nous), esprit. 

1. HÉGÉsiPPK, histoi-ien de Pal- 
lène. R. viyùaQai ; ('ttoto; {hippos) , 
cheval. 

2. — Poëte comique, auteur de 
deux pièces, dont l'une avaitpour 
titre : lis Coinpai^nons , et l'autre , 
les Fi ères. M. étym. 

Hégésipvle, fille d'un Holorus, 
roi de Ibrace, femme de Miltiade. 
Etym. -hyil^s^-xi ; -K-jl-ri {pidê), porte. 

Hégésis , descendant d'iierculc. 
M. R. 

Hégestrate, nom d'homme. R. 
•^yecTOac ; cparo; (stratos), armée. 

Hégétor , nom d'homme. R. 
•ôytî'trGai. 

Hégion, nom d'homme. M. R. 

Héius, célèbre graveur, dont il 
nous est parvenu une Diane chas- 
seresse. R. £'aj (/?ed), envoyer, vêtir. 

HÉI,È^K, beauté célèbre. Etym. 
£yl£~v (^liflein), attirer; ou F/yj (helê), 
éclat du soleil. 

HélÉpole , machine de guerre; 
qui servait au siège des places ; on 
donnait plaisamment ce nom à la 
courtisane Lamia , maîtresse de 
Démctrins, parce que ce prince, 
pour fournir aux dépenses de cette 
femme, écrasait les villes de con- 
tributions. Etym. £À£rv {helein), 
prendre; ■nô'kK; (polis), ville. 

Héli, oJf)-ande ; grand - prêtre 
des juifs , apprenant la pri.<;e de 
l'arciie d'alliance par les Philis- 
tins, tomba de sa chaise, et mou- 
rut de sa chute. 

Héliades, filles du Soleil, .sœurs 
de Phacton. Etym. /iho^ (hélios) , 
soleil. 



iHÉi.ii".!!: , nom '^v.c i\v l.i <;i;iiulu 
Ourse, lin- (lu la révoliilion qu'elle 
décrit autour tlii pôle Ar(li(|ue. 
Etym. tXtÇ, txo? {fuUi.r , ikns), 
lour, circuit. R tlWîv (heiiein) , 
rouler. 

HÉLicHivYSA, nymphe qui donna 
son nom à la plante appelée héli- 
crysus, parce qu'elle fut la pre-' 
mière à la cueillir. Etym. cloq ijie- 
los), marais; ■)(_p\)'jQ!; (chnixos) , or. 

[^Ér.lC0BLÉPHAR0S, dont li's jtau- 
p'ères sont itinbiles : épitlicte de 
Vénus. Etym. i\iy!o-(]ieUkos) , qui 
tourne ; jSA/tpapov {lilepharon) . pau- 
pière. 

Hélicomades, siirunin des Mu- 
ses, tiré de l'Hélicon, montagne 
où elles faisaient leur séjour; ou 
de îiélicnn , lyre à neuf cordes. 
Etym. î\Îggiiv (heù'ssein), rouler. 
R. tlle'ïv {heiieiii) , môme sens. 

Héhcomi's, sophiste de Byzan- 
ce, avait écrit (ies annales depuis 
la création du monde, jus(|u'au 
vègnede Théodose-le-Grarid.M. R. 

HÉL10CA^TH ABUS, nom em[)run- 
té par un Michel Seiulivogins . 
Etym. iî)ito; ( h lias ) , soleil ; xâv- 
6apo; {kaiilharos) , vase à boire. 

Héliocop/s , nom de nymphe. 
Etym. ■>5'/!o; ; xénltiv (kopti'in), 
couper. 

I. Héliodore, clou fin soleil; 
auteur du roman grée intitulé : 
Ttiéai^ène ei Chariclée. 

2. — Rhéteur, favori de l'empe- 
reur Adrien, qui le comlila de 
hiens et d'iionneurs. Ce qui fit 
dire à un autre sophiste : « César 
peut tout donner , hors l'élo- 
quence. » 

3. — Poëtc tragi([ue d'Athènes. 
R. i?/coç; iJupov {(loivn), don. 

H EL I OGAB A f.E, empereur romain, 
ainsi nommé parce qu'il avait été 
prêtre du Soleil , monta sur le 
trône à quatorze ans, fit son che- 
val consul, et se porta à mille au- 
tres extravagances, révolta le peu- 
jile par sa folie et ses débauches , 
«t fut assassiné avec sa mère, qui 
Je tenait embrassé. Etym. ôOto; , 



m: M 



••if)!) 



et liUt^alial , nom phénicien du 
ïoh'il. 

HèLIoc.^osrlyufis , secte juive 
qui rendait un culte divin au soleil. 
Etym. it'Aio; ; yv&'o) (gnoô), C()n- 
naftre. 

Héliopolis, vU/e du soleil; 
nom commun à plusieurs villes 
d'Egypte et de Syrie. R. vj'Aio; ; 
Tronic (/jolis) , ville. 

HÉLios, nom grec du soleil. R. 
eEae~v {heilein), rouler, parce qu'il 
décrit sa révoliitioii autour de la 
terre. Platon, de qui est cette éty- 
mologie , en admet encore deux 
autres, i"à^c'Ç£iv (halizein), ras- 
semjjler, parce tju'à son lever il 
rassemble tous les hommes. Les 
Doriens disent aXio; ( lialios ) , 
pourioAco; {hèlios) ; i° atolErv {aio- 
lein ) , divcrsifi<'r , parce que la 
chaleur du soleil modifie tout ce 
qui sort du sein de la terre. ^.So- 

LKIL. 

HÉLioTROPiDM, ville deTlicssa- 
lie. R. vj^ioç; TpfVîiv [irepein), tour- 
ner. 

HÉLis , tiom de courtisane dan.i 
Martial. R. stÀerv [eilein) , attirer. 

Hélius, alTianchi tie l'empereur 
(.laude, ac(juit un grand crédit sur 
l'i sprit deNéroii, en abusa suivant 
l'usage, et fut puni par Galba. R. 
■'ôlio- , soleil. 

Hellamcs, nourrice d'Alexan- 
dre-le-Grand , sœur de Clitus. 
Etym. EUàç {Hellcis), la Grèce j 
vtxàv (/Jz'A-rt//) , vaincre. 

Hellamcos, historien grec de 
Milylène, né ili.v ans avant Héro- 
dote, avait écrit la vie des an- 
ciens rois et des Jundatiuirs des 
villes. M. étyui. 

ÎIELLA^ocRAT!•: , nom grec. R. 
Ê),À-/)v (/fcUen), Grec ; xpaizo- [kia- 
los ) , force. 

^ELLESP0^T, mer d'Hcllé, dont 
la cluile lui donna ce nom. R. EA/v? 
( Hclle) , Hellé ; ircv-o; (pontes ) , 
mer. 

Hémébépès , nom de l'éphoro 
qui coupa deux cordes de la lyre 
du musicien Phiynichus, en luire- 
prorbaut de eoi rompre la musique. 



7)Oo II EN 

Ef_ym. ^fAEpa (hémera), jour; Éttciv 
(epein), parler. 

Hémékésia , propice ; surnom 
donné à Diane, en mémoire de la 
guérison des Prœtides par Melam- 
pus. Etym. ■h\t.tpri<jiQ(;{htineresii)s). 
R. lonvipoç (Jiémcvos), doux. 

Hémérésius , titre d'un tableau, 
que Paraphile, maître d'Apellc, ne 
mit qu'un jour .î peindre. R. -h^t-ipoi.. 

Hémérobaptisîes, sectaires 
juifs, ainsi nommés parce qu'ils se 
baignaient tous les jours. Etym. 
j9/j:£pa; (iaTz-cii^iiv (baptizein), laver. 
R. jSâTriîtv {haptein), plonger. 

HÉMÉROBios, surnom donné au 
cynique Diogène , qui vivait au 
jour la journée, sans s'embarrasser 
du lendemain. Etym. r,p./pa; /3ioç 
Çbios), vie. 

HÉMiÎRoscoPiON , guénte de 
joui-; ville de Celtihérie , colonie 
des Phocéens. R. -hy-tpix ; (jxo-ntïv 
(skopeiii) , observer. 

Hemicynes, demi-chiens; peu- 
ples voisins des Massagètes, qu'A- 
pollonius { Argoiiaut.) dit aboyer 
comme des chiens. R. xuuv {kuôn), 
chien. 

HÉMiNA, certaine mesure de li- 
quides; surnom romain. 

Hémithée , demi-déesse / Mar- 
seillaise célèbre par son amour 
pour la chasteté, à laquelle elle sa- 
crifia sa vie. Etym. ■/îfx!(7u;, (jsta , 
c\i {licmisus, seia, su) , demi ; âta 
{thea), déesse. 

IIÉMITHÉON , poëte sybarite , 
avait composé des poésies libres 
dignes de sa patrie. Etym. lîfjiKTvç, 
âih^ {Cheos\, dieu. 

Héniocha, qui lient les 7'énes. 
Avant de consulter l'antre de 
Trophonius, on sacrifiait à Junon 
fious cette dénomination, Etym. 
■hv'ia. (henia) , rêne, bride; tx"^ 
(echein), avoir. 

HÉMOcuÉ, nourrice de Médée. 
M. étym. 

1. Hémochus, qui lient les re- 
;tç.îj nom grec de la constellation 
qu'on appelle le Cocher. Etym. 
rfnailî'x^iv (echein) , avoir. 

2. — Poëte comique ; parmi les 



HEP 

titres de ses pièces on eu dislingue 
deux qui semblent indiquer deux 
comédies de caractère, l Affaire et 
VHomme colère , et une d'intri- 
gue , la Double dupe. 

Héwiopée, écuyer d'Hector, tué 
par Diomède. Etym. lôvi'a; -ttocîîv 
(poiein), faire. 

1. HÉPH.«STiOM, plein de feu, 
ou consacré à Fulcain ; favori 
d'Alexandre. 

2. — Nom qu'a emprunté un 
savant moderne appelé Smidt. R. 
Htpatçoç {Héphaistos), Vulcain, ou 
le feu, auquel ce dieu préside. 

HÉPH^sTi us, surnom de Jujnter 
dans Sophocle. M. étym. 

HÉPH/ESTus, nom grec de Vul- 
cain , Htpaiç-o;. Etym. «poîsuç tç-opa 
{phaeôs histora), qui préside à la 
lumière. R. tpât» {phao), luire; içup 
(Jtisior) , arbitre. Plat. 

HÉPiocHEiR , qui a la main 
douce , ou dont la main adoucit. 
Anthol. Epitb. d'Apollon. Etym. 
•^'■Ttto; (Jiépios) ,Aouii.-, yiiçt (chcir) , 
main. 

Heptachorde, surnom d'un L. 
Valérius, qui désignait sa passion 
ou celle d'un de ses ancêtres, pour 
la musique , et le fréquent usage 
que l'un ou l'autre avait fait d'un 
instrument à sept cordes. Etym. 
ÉTcrà (kepla), sept ; x°P^^ {chordé), 
corde. 

Heptacomet^;, barbares qui ha- 
bitaient sept villages du mont Cy- 
sique. R. xtofAï) (komé), bourg. 

Heptagom.*". , les sept ant^les ; 
lieu voisin de Sparte. Tiie-Li\^e , 
liv. 34, p. 38. R. yovi'a {i^onia), 
angle. 

Heptagrammatos , surnom de 
Sérapis , dieu égyptien. R.ypa,u.pL« 
(gramma) , lettre. 

Heptamérok, ouvrage qui con- 
tient sept journées. R. i-mk; -n^ûpoi 
( hémera) , jour. 

HEPTAPHO^os, nom d'un porti- 
que d'Olympie qui renvoyait sept 
fois la voix. Etym. ÊTtrà; <p<i)v»> 
(phoné ),\oix. 

Heptaphore , nom d'homme. 



IIER 

Etym. éirti; <p/p£iy {pherein), por- 
ter. 

Heptapole , contrée d'Eçîypte 
qui contenait sept villes. R. stctùc; 
•TToii; (polis) , ville. 

IIepta-I'Orus, qu'on peut passer 
à gué en sept endroits; nom du 
fleuve Aléjns. Etyni. ETiTa; -nopoç, 
Çpoivs), passage. 

Heptapylk, surnom de Tlièlics 
en Béotie. F.tym.ln-:k;T:\il-n(pulc'), 
porte. 

Heptastade , levée de sept sta- 
des de long, faite en sept jours, 
pour joindre l'ile du Pliare au con- 
tinent. ytininieii-Mavcellin. Etym. 
ïwTà ; ç-a^îiov (siadinn) , stade. 

HEPTATEcu^us , qui possède les 
sept ans libi-.raux; surnom d'un 
savant. Etym. £7r-à; te'xvï) (lech- 
/ie),art. Cette fastueuse enseigne 
rappelle naturellement cette épi- 
granirae pleine de sens de Mellin 
de Saint-Gelais : 

Un maître ès-aris mal chaussé, mal velu, 
CLei un paysan demandait k repaîlre, 
Disant qu'un doit honorer sa verlu, 
El les sept arts dont il est passe maître : 
Comment sept arts ! répond l'homme cham- 
pêtre ; 
Je n'en sais nul, hormis mon labourage; 
Mai.; je suis saoul quand il me plaîl derêlre, 
Et si nourris ma femme et mon ménage, 

Heptateuque, les sept premiers 
livres de l'Ancien-Testament. K. 
éirrà ; t£v;(o; (teuchos) , livre. 

Hêra, nom grec de Junon. Les 
uns interprètent ce nom par soti- 
veraine, /j'pava (liêrana) ; les autres 
le dérivent du mot à<ip [aér) , air, 
dont elle est la déesse. Platon 
ajoute ÉpaTY) [eralé), aimable; de 
l'amour, dit-il , que Jupiter a pour 
elle. 

Héraclammon , statue représen- 
tant h la fois Hercule et Jupiter 
Aramon , avec leurs attributs res- 
pectifs. Etym. HpaxX-T;; {Héraclès), 
Hercule; A^t-iJ-iav {y4mmon), Jupi- 
ter Ammou. 

Héraclée, nom commun à plu- 
sieurs villes. Celle qtii est plus 
connue sous le nom d'Herculanum, 
fut engloutie lors de l'értiption du 



H£R 



3oi 



Vésuve, l'an 471, et n'a été décou- 
vcrto qu'en i^SG. 

Heracléobucole , bourg d'E- 
gypte, qui n'était lial)ité qtie par 
des bouviers. Etym. jSsxoio- (ùou- 
kolos). 

HÉRACLÉODORE, substitua la dé- 
mocratie à l'aristocratie dans la 
ville d'Orée. K. Sàpov (ddron), 
don. 

Héracléon, grammairien, avait 
écrit des commentaires sur Ho- 
mère et sur les poètes lyriques. 
Etym. HpaxÀ-^;. 

HÉRA.CLÉovohis,ville d'Hercule; 
nom commun à plusieurs ville.';. 
Etym. HpaxXviç; ■koXi^ (polis), ville. 

1. Héraclide, du Pont, disciple 
d'Aristote, voulut faire croire qu'il 
était monté au ciel au moment de 
sa mort; opinion que devait éta- 
blir un serpent placé dans son lit 
par un de ses amis. Mais le ser- 
pent qui n'était pas dans la confi- 
dence, alarmé par quelque bruit, 
sortit avant que le dieu rendit le 
dernier soupir,^ et lit manquer l'a- 
pothéose. H. Hpaxilï;?. 

a. — Peintre célèbre de Macé- 
doine , contemporain de Paul 
Emile , qui excellait à peindre les 
vaisseaux. M. étym. 

Héraclides, descendans d'Her- 
cule. R. Rpaxlrn;. 

Héeaclikn, envoyé par Gallien, 
pour venger la mort d'Odenat, fut 
battu par les PaImyriens.M. étym. 

Hlrachte, philosophe d'Ephè- 
se, fut surnommé le Pleureur, par- 
ce qu'il pleurait sans cesse sur les 
sottises humaines La société des 
hommes ne faisant qu'irriter son 
humeur chagrine, il se retira sur 
une montagne pour y vivre avec les 
hôtes sauvages, y gagna uneliydro- 
pisie , s'enferma dans du fumier 
pour la guérir, n'y réussit pas, et 
se laissa mourir à soixante ans. 
Etym. Hpa (liera), Junon; xAîito; 
(kleiios) , illustre. 

2. — Poëte lyrique. 

3. — de Lesbos , avait écrit une 
histoire de Macédoine. 

Héraclius, empereur grec, dé- 



5(.2 HER 

tiôniJ le tyran Pliocas , sr fît cjn\- 
l'OTjncr à sa place, l'elcva la i^loire 
«les armes romaines, et défit Clios- 
roès ; mais sur la fin de sa vie Je 
controversiste prit la place du mo- 
narque, cl les querelles des Neslo- 
riens et des Eutychéens parurent 
plus importantes au prince ipie les 
ravages des Sarrazins, qui, durant 
Jes dernières années de son règne, 
s'emparèrent <le l'Egypte , de la 
Syrie et des plus belles parties de 
eel empire. 11. Hpc<xX7iç. 

Heubifer*, qui produit des her- 
bes ; snrnora de Cércs. Etym. 
herhuy lierbe. R gr. {p/pSstv {pher- 
bein), mener paitrc; jerre, porter. 

Heuciscs , Hi;i(Cius , surnom de 
Jupiter, invoqué pour la garde des 
murailles. Etym. ï^ixoc, [herkos) , 
mur, enceinte. R.£t'py£iv(e?/7v^/je//;), 
enceindre. 

Hkuculk, demi-dieu. 11. v^pw; 
(héros), héros; ou Hpa (Ue'ra) , 
Junon ; xUo<; ( klc.os ) , gloire ; 
comme s'il ii'ei'it du la sienne 
qu'aux peisécutinns de celte déesse. 
Diodore de Sicile observe, liv. 4> 
}jue ce héros qui se nommait Alcée 
'auparavant, fut le premier à qui la 
vertu imposa un nouveau nom qui 
lui fit perdre celui qu'il tenait de 
ses parens. Cefut par la bonchc de 
la Pythie qu'il le reçut , si l'on en 
croit Apollo.tore Liv. 2 de Deor. 
orig. 

HERCULiiius, Romain du parti de 
Marins. R //trcw/es, Heicuie ; dé- 
riv. Hereulianus. 

llÉmSiPPE, gui choisit les che- 
vaux; .Spartiate adroit, insinuant, 
mais deci'ié par ses flatteries. C'é- 
tait le comjilaisant des gens riches, 
mais il se faisait bien payer. Etym. 
«t'pEtv (aiieiii), choisir; î'itcto; 
( hippos), cheval. 

Hkrmachus, disciple d'Epicure. 
Etym. Ep|M.vi; (Herin s), Mercure; 
«^oç (achos), ennui. 

I. HiiKMACORAS , rhéteui' célè- 
hre , contemporain d'Auguste. R. 
:^pjj:v;; ; àyopoL (tiifo/'a) , [>lace pu- 
blique. 

■i, — l'hilosophe d'Ainphipolis. 



HER 

lInRMAPHRODiTK, jcunc liomnte 
qui, dans Ja Fable, réunit le.s deu,\ 
se.xes. R. EpfXïi;; AtpootîiV/) {Aphro- 
dite ) , Vénus- 

Hkrmathèke , statue qui réu- 
nissait les bustes et les attiibuts de 
Mercnrt! et de Minerve. Etym. 
Epfi^ç; A9-/)v/) (y///ie«e). Minerve. 

Herjikas , de Milylène , avait 
écrit ime histoire de .Sicile. 

Herméuaclos , statue qui rén- 
nissait les images de Mercure et 
d'Hercule. Etym. Epp.?!;, Hpax/.vir. 

HermÉros, statiH! qui avait la 
tête de l'Amour et le buste de Mer- 
cure ; allégorie charmante qui ex- 
primait tous les moyens de plaire. 
Etym. Èpii-n; ; Eptoç {Erâs) , l'A- 
mour. 

Hermès, nom grec de Mercure. 
Platon le dérive de Ipp.Evtv; {lier- 
méiieus) , interprète, parce qu'il 
est le messager des dieux , dont la 
\éritable racine estEt'pîtv {eiri'iu)^ 
parlei- , Mercure étant l'inventeur 
(lu langage. /'. MkRcure. 

HERMi;slA^AX , poète de Colo- 
phon, aima Léontinm, femme cé- 
lèbre pars<'s galai'teries. et fit pour 
elle trois livres d'élégies, dont le 
troisième renfermait une énumé- 
ration de tous ceux qui axaient 
aimé jusqu'à l'excès. Etym. EppiYjç ; 
avaÇ (aiiax) , roi. 

IIerjuas, hérétique de Galatie, 
dans le deuxième siècle, soutenait 
que le momie était éternel, et Dieu 
matérii;!. Suivant lui . l'âme était 
composée de feu et d'esprit. R. 
Epp.^ç. 

Hermippe, poète de l'ancienne 
comédie, avait composé quarante 
pièces de théât e. R. Hpf/.yi? ; "tt-bjo; 
(hippos) , cheval. 

Hermobius , vie de Mercure , 
s'attira la haine du poète Mimner- 
mc, qui lit contre lui des vers sa- 
tiriques. Etym. Epp.^; ; /5to; (hios), 
vie. 

Hermoclès , nom d'homme. 
Etym. Êpari; ; xiï'oç (kleos), gloire. 

Hermoi.opides, nom qu'on don- 
nait en Grèce h ceux qui muti- 
laient les hernies , ou bustes de 



MER 

IMcrciirc, placrs dans les carre- 
fours. Etym. Eopyj; ; xÔttIciv {knp- 
teiii) , couper. 

Hkiîmocrate, sopljiste , vivait 
sous Septime-S^'vère. R. Eppvi;; 
xpotToç (kritlos) , force. 

IlenMonAMAs, nom d'Iionimc. 
Efyiii. Epp.y); ^ (îafxôtv {danidii) , 
«lompler. 

1. Hkrmodork , don de Mercure ; 
Sicilien, riisciplo de Platon, (it tr-it- 
(i_c des leçons de son inaille. R. 
EpfiYj; ; (îôîpov (dnron) , don. 

2. — Philosophe d'Ephèse, fut 
banni par ses concitoyens, auxquels 
sa probité l'avait rendu odieux, 
et qui dirent naïvemint .i cette 
occasion: '(Pointdl)oniit>te liomme 
parmi nous. » Aussileplenrear He- 
raclite les jugeait tous dignes du 
gibet. On dit que ce philosriphe , 
qui avait cherché un asile en Italie , 
donna au.\ décemvirs l'idée des 
lois des Douze-Tables. 

Hermodote , donne' par Mer- 
cure ; nom d'homme. l\. Eo.uTiç ; 
SiSôvai (dùlonai ) , donner j joro; 
( dotas ) , donné. 

I. Hermogè>e, fî/s de Mercure ; 
rhéteur célèbre , qui perdit de 
bonne heure la mémoire, cl oublia 
tout ce qu'il .sa^ait. On dit de lui 
qu'il avait été vieillard dans sa jeu- 
nesse et enfant dans sa vieillesse. 
Marc-Anlonin avait pris de lui des 
leçon -fl'éloquence. R. E'pp.yî; : yei- 
vtTÔa-. (i^heinesthai) , naitre. 

2 — Architecte, à qui Vitruvc 
attribue tout ce qu'il y avait de 
beau en architecture. 

Hermoglyphe , statnaire célè- 
bre. Etym. E'pu.yî;; yl-i-^tiv ( ^'lu- 
jihein ) , pour y).y.^>tvi (gla/jheùi j , 
ciseler. 

Hermoi.aiJs, statuaire célèbre. 
R. Ëp|U.^;; iaoç (^laos) , peuple. 

HEiiMON,mot hébreu, qui signi- 
fie bois élewé ; montagne séparée 
de Jéru.salem pu." le Jourdain. 

IIeumonax, nom d'homme 
Etym. Epy./);; avaï (anax ), roi. 

HERMOPHA^TE , acteur qui ré- 
cita les poésies d'Homère sur le 



HER 



3o5 



théâtre d'Alexandrie. Elyni.^pj/iyj; ; 
f>db) {phaé ) , parler. 

Hekmopoi.is, nom d'une ville 
d'Egypte. R. Épp.?)ç ; -nroO.eç ( polis), 
ville. 

Hermotime , qui honore Mer- 
cure j nom d'homme. R. E'puLîjç • 
Ti/JLV) (limé) , honneur. 

Hermuch l's , cjui ajail un gain 
inespéré. Etym. epjj.atov ( hcr- 
mairn ) , gain inopiné ; e'/eiv 
(ecfiein ) , avoir. 

HiiRMguES, peuples de Campa- 
nie , ainsi appelés des rochers 
qu'ils habitaient, //f?;vte dans .'cur 
langue, ou du grec Jlernus , leur 
fondateur. 

Héro , jeune fille de Sestos, 
prétresse de Vénus , aimée d'un 
jeune homme d'Abydos , nommé 
Léandre, qui se noya en traver- 
sant l'Helle.spont. lléro voyant 
flotter son cadavi'c, se précipita 
de désespoir. On trouve à ce sujet 
dans Y Anthologie , nn joli qua- 
train , aiîisi rendu par un de nos 
vieux ^joëtes : 

Ondes, souffrez, disait l'araanl Le'andre, 
Que vers Hcro j'aborde sûremeni ; 
El si je puis en Ire ses liras me rendre, 
A'i revenir me noyez seulement. 

Etym. vîpa { Itéra) ,j{ir. 

HÉRODii , prince juif, courageux, 
habile, mais cruel et sanguinaire , 
fit périr ses fils ,sa femme et l'aïenl 
de celte princesse ; rebâtit 'e tenj- 
ple, donna un moment d'éclat à 
sa nation, et périt mangé de vers. 
R. Yjpûj; {héros), héros. Les Hé- 
braizans l'inlerpi-ètent par dra- 
gon en J'en. 

Hérodias, nom de femme, 
M. R. 

HiïiODTCvs , justice de Jurion ; 
nom d'homme. Etym. Hpa {liera), 
Jur)on ; ^[xt\ {diké) ,\\\^i\ct. 

Hérodiek, historien grec dont le 
style est élégant , mais qui ne réu- 
nit pas à ce mérite les antres qua- 
lités d'un historien. Il vivait sous 
Marc-Antonin. Mém. etym. 

Hérodizès, nom d'homme. 
Etym . Tj^pû;; ( héros ) , héros ; (îi'Çeiy 
{dizein), cherche)'. 



3o4 



HES 



IJÉnoDORE, tle Mégare , trom- 
pette , renommé par sa voracité. 
i\. êmpov ( dôix>n ) , don. 

Hékodote, célèbre historien 
grec, que Cicéron appelle le père 
de l'histoire. On a oit de lui qu'il 
était entre les historiens ce quHo- 
mcre était entre les poètes, et Dé- 
niosthènc entre les orateurs. Son 
style est plein de grâce, de dou- 
ceur et de noblesse ; miiis il man- 
que de critique , et rapporte des 
fables. Il faut pourtant convenir 
que quelques unes se sont trouvées 
être des vérités. R. Hpa ( Hêra) , 
Junon; <îi^ovat ( didonai) , don- 
ner. 

Héron, orateur athénien, avait 
écrit des commentaires sur Héro- 
dote, Thucydide et Xénophon. 
Rac. Hpa ( Uéra), Junon. 

I. HÉROPHiLE , célèbre méde- 
cin grec, obtint la liberté de dis- 
séquer les corps , encore vivans , 
des criminels condamnés à mort. 
Etym- Hpa; ept'Xoç {philos ), ami. 

2. — Warcchalferrant ,qui se dit 
petit-fils de Marins , se fit chasser 
de Rome par César, y revint après 
la mort de cet empereur , conspira 
contre le sénat, et fut puni de 
mort. 

Hérostrate , nom du fou, qui, 
par une singulière manie de cé- 
lébrité, brilla le temple d'Ephèsc. 
Etym. Hpa ; ou vjpwç ( héros ), hé- 
ros ; ç-paxoç ( stratos), troupes. 

Herpyllis, femme aimée d'A- 
rislotc, eut de lui un fils noinmé 
Nicomaque. Le philosophe pour- 
vut à ses besoins par son testa- 
ment, en lui laissant un talent 
d'argent et une maison de cam- 
pagne. Etym. EpirvÀ/oy ( herpul- 
Ion), serpolet j tp-nnv ( herpeiii ) , 
rauiper. 

Hersé , fille de Jupiter et de 
Diane ; c'est-à-dire , de l'Air et de 
la Lune. R. 'ipcrt ( hersé), rosée. 

HerulEs, peuples ainsi nom- 
més parce qu'ils habitaient un pays 
marécageux. R. e/o; {helos ), ma- 
rais. 

Hésiode , poêle grec, contem- 



HEÏ 

porain d'IIomèie, fut le premier 
qui écrivit en vers sur l'agricul- 
ture. LcsGrecs faisaientappremlrc 
à leurs enfans sa J'/ieoijowiC. Etym. 
vîtTEtv (hésein ), fut. i du verbe 
irjpii (hiemi), j'envoie; ckÎoç ( ho~ 
dos ), chemin. 

Hespérides, filles d'Hcspérus , 
dont on plaçait les fameux jardins 
au couchant. Etym. êcnrîpoç (Jiespe- 
vos) , étoile du soir. R. eaTrcty (es- 
pein ) , suivre ; ou api ( aj-i ), beau- 
coup; ^p ( eV) , matin. 

Hespérie nom ancien de l'Es- 
pagne et de l'Italie, parce que la 
première était au couchant des 
Romains, et la deuxième au cou- 
chant de la Grèce. Môm. étym. 

Hespérius, proconsul sous l'em- 
perein Valentinien. Mém. étym. 

Hestiée, grammairien du Pont, 
était tellement passionné pour l'é- 
tude, qu'en toute sa vie il disait 
n'avoir jamais vu le soleil se lever 
ni se coucher. C'est ce dont se van- 
tait, par d'autres causes, le fa- 
meux sybarite Smindyride. R. 
£{7Tia {hestia ), feu, banquet, au- 
tel , asile. 

1. Hésychius. r. -^rjMyoz ( hésu- 
c/io5), paisible; grammairien grec, 
dont nons avons un dictionnaire. 

2. — Les jésuites Mambrun et 
Vavasseur ont emprunté ce nom. 

HÉTiERA. , courtisane ■ surnom 
de la Vénus Pandémos. R. tTaTpor. 
( het liras ), ami, compagnon. 

Hét^ridius, surnom de Jupi- 
ter, invoqué par les Argonautes . 
comme guide et protecteur de leur 
entreprise. Etym. kroùpoç. 

HÉTiEREius , nom romain. R. 
£Taîpo^. 

Hi.TfiRics, surnom sous lequel 
Jupiter était adoré par les citoyens 
de la mûme décurie. R. ÉTatpo;. 

Hétkrlocea , surnom qu'Ho- 
mère donne à la Victoire , qui fa- 
vorise tantôt un parti , tantôt un 
autre. Etym. î^-.çoç ( heteros ), 
autre; Xoj(o; (lochos) , troupe ar- 
mée. 

Hétérogkathos , qui travaille 
de l'une et de l'autre mâcîvoire / 



HIE 

nom de parasite. Etym. êrepoç : 
7va6o; (gnaihos ) , mâchoire. 

HÉTRrr.iE, nom grec de cette 
partie de l'ilalif qui est entourée 
presque de tous côtés parles Apen- 
nins. ï\.lSp\t;(olhrus) , montagne; 
on £T£po; opo; ( etei-os oros) , autre 
limite , parce qu'après avoir en le 
Tibre pour limite, elle eut d'an- 
tres sources par la suite ; 3. ^Ethria, 
depuis Atria , ville fondée par l)io- 
mède ; 4- aî'Gpa (uiihra), sérénité 
do l'air ; le ciel y est exempt de 
brouillards. 

HiiiTREs, filles de Jupiter et de 
Thémis. Elles pié.'sidaient aux di- 
visions du temps, c'est-à-dire, à 
celles de l'année et du jour. R. 
tSpa (/lo'ra), saison. 

Hedrippa , surnom sous lequel 
Ulysse éleva un temple à Diane, 
en mémoire de ce qu'elle lui avait 
fait retrouver ses cavales. Etym. 
tjpeiv ( heurein) , trouver en cher- 
chant ; Îtttoo; ( hippo< ) , cheval. 

Hève , inere des viuans j la pre- 
mière femme que Dieu forma 
d'une des côtes d'Adam. 

HExAGO^us, député des Ophio- 
gènes , député des Ophioniens , 
peuples de Chypre ; otpiç (ophis ) , 
serpent ; fut à Rome enfermé dans 
un tonneau rempli de serpens , qui 
se mirent à le lécher, et justifia 
ainsi la prétention de ses compa- 
triotes, qui disaient charmer les 
serpens. Etym i? ( lier ) , si.\ ; yâ- 
via (i^dnia), angle, coin. 

HtxAMÉROR , ouvrage qui con- 
tient si.t journées. R. É^ ; lôp/pa 
( hc'mera ) , jour. 

Hexaplks , ouvrage à six colon- 
nes. R. £? ,• àiryloo; {aploos) , simple. 

Hlxapvlk, lieu élevé de Syra- 
cuse. R. £?; -itvÀ-ô ( pulê) , porte. 

HicÉsius , surnom sous lequel 
les siij)plians adoraient Jupiter. R. 
Îxe't/-,; ( hiketés), suppliant. 

HicÉTAS, suppliant j philosophe 
syracusain , à qui Copernic doit la 
première idée de son système. R. 

txtV/i;. 

I. HiERA, sacrée j une des îles 
de Lipari, que l'on croyait consa- 



HIE 



5o5 



crée à Vulcain. R. ûpoç (hieros), 
sacré. 

2. — Femme de Télèphe , roi 
de Mysie, célèbre par sa beauté. 
M. R. 

Hier ACOBOscoi, prêtres d'Egypte 
chargés de nourrir les éperviers 
consacrés au Soleil. Etym. L-paÇ 
( hierax ) ; /5o<7X£iv [boskein) , me- 
ner paître, nourrir. 

IIiÉRAcoMÉ , village de Carie. 
R. x«,u.y) ( kônié) , boui'g. 

HiÉRAPOLis, ville sacré''- ; nom 
d'une ville d'Asie , et commun à 
plusieurs autres villes. R. Upoç ; 
■ai), i ; ( polis ) , Aille. 

1. HiÉRAX , épervier ; surnom 
d'un Antigone, snrnnmmé ausfi 
Gonaios , qui le dut à sa rapacité. 
R. uprx^ {hierax ). 

2. — Un Antiochus, roi de Sy- 
rie , dut ce surnom à son caractère 
audacieux et turbulent. 

HiERi , pcupbs de Sarmatie , 
ainsi nommés parce qu'ils étaient 
justes et avaient la guerre en hor- 
reur. R. Upoç. 

HiÉRirs , professeur de rhéto- 
rique à Rome : saint Augustin lui 
dédia son Traité du Beau, lors- 
qu'il professait lui-môme la rhé- 
torique à Carthage. M. R. 

HiÉROCLÈs , gloire sacrée ; phi- 
losophe platonicien du cinquième 
siècle , enseigna avec beaucoup de 
réputation à Alexandrie. R. lcpo(; ; 
x),/oç (kleos ) , gloire. 

HiÉROMNÉME , fille du Simoïs , 
mère d'Assaracus. Etym. hrioc : 
li.vrtu.-n { nini'ine ) , mémoire; p.vàfr- 
Oai {mnasihai) , se souvenir. 

HlÉROM^ÉMO^s , gardiens des 
archives sacrées ; députés que les 
villes de la Grèce envoyaient aux 
Thermopyles )iour prendre séance 
dans l'assemblée des Amphictyons, 
et pour y faire la fonction de gref- 
fiers sacrés. Mt*m. étym. 

i.HiÉROK l'^'', tyran de Syra- 
cuse. Pindare a chante ses vic- 
toires aux jeux Olympiques et aux 
jeux Pythiens. Il fut avare et vio- 
lent; mais sur la fin de ses jours 
son goût pour les arts , et ses en- 

20 



3oG 



HIL 



Ircliens avec Simonide, Pindaix- , 
Baccliylide, Epicliarnie, et quel- 
ques autres savans qu'il avait ap ■ 
jjciés à sa cour , adoucirent ses 
moeurs, et prouvèrent que les gens 
(le lettres, quand ils ne sont ni 
Las (latleurs , ni frondeurs injustes 
et chagrins , piuvent être, plus 
utiles qu'on ne pense. R. upoç. 

1. — irK?ron II .effaça les honnes 
qualiu's et n'eut pas un des dé- 
la uts de Hiéron I". Ami fidèle 
des Romains durant cinquante ans, 
eliéri de ses sujets, qu'il regardait 
ronimo ses enfa.ns, il fut pleuré 
comme un père. Ses vertus, son 
goût pour les sciences et les arts 
utiles , l'emploi qu'il fit des talens 
du célèbre A rchimède, son parent, 
le placent au rang des grands 
hommes. 11 avait écrit sur l'agri- 
culture. 

HiÉRoNiQiiE , vainqueur clans 
les jeux sacrés; nom d'homme. 
R. îspoç ; vixri ( niké) , victoire. 

1. HiÉRONYME , fils d'Hiéron , 
tyran do Syr.icuse, quitta le parti 
des Romains pour celui d'Annibal, 
et fut tué par ses .-sujets, fatigués 
de sa tyiannie. R. !«po; ; oyup.a 
( onumu ), nom. 

2. — Philosophe de Rhodes , 
qui plaçait le souverain bien dans 
l'exemption de la douleur. 

3. — Un des historiens d'A- 
lexandre, dont l'impartialité n'a- 
vait pas fait oïdilier le mauvais 
style. 

1. HiÉROPHii.E, un des noms de 
Ifl sibylle de Cumes. Etym. Upoç 
yhieros): <pi),£~v (pliilcùi), aimer. 

2. — Médecin grec. 
HiÉRosoLYMAïuus , surnom de 

Pompée, vainqueur de Jérusalem. 
F.lym. îtpoç; Soif ma , oruni, Jéru- 
salem. Cic. ad Alt., 1. rt. 

HiÉROTiiÉE, nom d'homme. 
Etym. îspoç; ^«o; (i/?eo«), dieu. 

Hr LAiRE , nom de pape et d'évo- 
qué , d'hi/aris. R. îAapoç (hilaros), 
gai , joyeux. 

HiLARA , nom de femme. M. R. 

HiLARiA? us, préfet deCarthage, 



HIP 

contemporain deTertullien. Ménr. 
étym. 

HiLARio.N , fondateur de la vie 
monastique en Palestine. Mêm. 
étym. 

HiLARus, affranchi de Cieéron. 
Mèm. étym. 

HiMALis, déesse de la favini ; 
surnom de Cérès, et titre d'une 
chanson de meunière. Etym. ép.aa> 
( hitr.ao }, puiser. R. îf^à; (liimas) , 
courroie, corde à puits. 

H lMA^ TOP ODES, peuples fabuleux 
d'Ethiopie, dont les jambes étaient 
courbes et toi'tueuses. Etym. !u.àç, 
ocvTo; {ima<, antos), courroie ; -tt»?, 
■noSo^ {pous, podos') , pied. 

HiwÉRius, aimable, (/ui se fait 
désirer ; sophiste grec sous les 
règnes de Constance et de Julien, 
tenait son école à Athènes. Etym. 
ifi-ipoi; (lu'meros ) , désir. R. tfiec— 
pei'j {himeirein) , désirer. 

1 . H I M É R u s , désir ; héros des 
temps fabuleux. 

2. — Tyran de Babylone. Mém. 
élym. 

HiMERTos, déiirable ; épithète 
de Bacchus cl d'Aj)ollon. ^/nthol. 
Etym. taspoç. R. Ifxtîpnv. 

HiPi'A, nymphe qui éleva Bac- 
chus. R. "ttoto; (^hippos) , cheval. 

HipPACoRAS , nom d'homme. 
Etym . c'tttoo; , cheval ; âyopà ( ago- 
ra ), marché. 

lIipPALcus , Argonaute. Etym. 
Tttcto;, cheval ; àùx-h (alké) , force 
secourable. 

HiPPAPHÉsis, nom de femme. 
l.itwj.ifîGKi (hippaphesis), barrière 
d'où partaient les chevaux dans 
les courses. Etym. îitcroç , clieval j 
à'^[-/if«t ( aphiémi) , faire partir.. R 
£û> (licô) , envoyer. 

HippARMonoR, nom d'horame. 
Etym.. "iTOTo; ; ôtpfja ( harma ) , 
char; Swpov ( doron ) , don. 

HiPPARCHiE, épousa par amour 
le cynique Cratès, pauvre, bossu 
et laid; le suivit partout, et porta 
la manie du cynisme jusqu'à bles- 
ser la pudeur. Elle avait fait des 
ouvrages. Etym. "irCTOç, cheval; 
ào;ifri [aixhé), commandement. 



HIP 

1. HiPPARQUE, (ils tlu tyran Pi- 
si^tratc, aima les gens Je lettres, 
combla de prcsens Anacréon et 
Simonide, fit ricueillireniincorps 
d'ouvrage les poésies d'Homère, et 
les rendit publiques. R. Ii^rsoç , 
clicval ; àip-)çn ( a/-c/jé"), commande- 
ment. 

2. — Astronome de jVicéo sous 
Ptolémée Philométor. On piélend 
que c'est le premier qui ait rc<luit 
l'astronomie en système régulier. 
Pline dit qu'il fit dey tables du 
cours du soleil et de la Unie pour 
six cents ans, calculées sur la po- 
sition diverse de différentes na- 
tions; qu'il imagina l'astrolabe, et 
empiéta en quelque soile sur les 
droits de la Divinité, en déter- 
minant le nombre des étoiles. 

3. — Poêle comique , auteur 
d'une comédie intitulée , les Noces. 

1. HipPAsus , béros des temps 
fabuleux. WA-n-ao^, clieval. 

2. — Pbilosoplie , disciple de 
Pytliagore , regardait le feu comme 
l'origine de tous les êtres. 

j. Wivvi. , ca^iule ; iille du cen- 
taure Cliiron. R. "n-CTo; , cheval. 

2. — Femme de Thésée. 

HippÉA, courtisane admise au.v 
orgies du roi Ptolémée. Elle vivait 
aux dépens de Théodote, chargé 
de la provision des fourrages. Un 
jour qu'elle buvait beaucoup , Pto- 
lémée s'écria en riant : .< La ju- 
ment a mangé trop de foin. »> R. 
twTToç, cheval, 

1. HippiA, équestre ; Surnom de 
Minerve, en mémoire de ce que, 
dans le combat des dieux contre 
les géants, elle avait poussé son 
cheval contre Eiicelade. 

2. — Juvénal jiarle d'une Hip- 
pia , femme du sénateur Fabriciiis 
V eienlon, qui abandonna son mari 
pour fuir en Egypte, avec un gla- 
diateur nommé Sergius. M. H. 

HippiAS, philosophe d'Elée , se 
vanta aux jeux Olyinpi()ues non 
seulement de connaître la philoso- 
phie, la poésie, la géométrie, la 
innsique et tous les arts libéraux, 
mais encore d'avoir fait lui-même 



HIP 5o7 

le manteau dont il ét;»it revûtu , 
la chaussure qu'il avait aux pii'ds , 
et jusqu'à l'anneau qu'il portait au 
iloigt. R. t'TT-cjo;, cheval. 

HlPPlo^ , surnoni d'Argos, tiré 
des haras célèbres qui étaient près 
de cette ville. R. Tittto;, cheval. 

HiPPis . de Rhèges, historien 
et poète, contemporain de Darius 
et de Xerxès, auteur d'une his- 
toire de Sicile. M. R. 

1. Hippies, équestre; surnom 
de Nep*tune, à qui l'on attribuait 
l'art de dompter les chevaux. 

2. — Nom de fimillc romaine. 
Mîîin. étyui 

HiPPOBOTOs , qui nourrit des 
chu/aux ; vaste prairie voisine des 
porlcs Caspiennes, où étaient les 
haras des rois de Perse. Strabon 
porte le nombre des chevaux à 
cinquante mille. Etym. "-iztso^ ; 
(3o(o b 6), faire paitre. 

HiPPOBOTus , auteur grec qui 
avait écrit .<:ur les sectes des phi- 
losoplies M. étym. 

Hippocampes, chevau.x marins 
à deux pieds et à queue de poisson. 
Etym. ?iT-njoç ; xa'fATrTstv (kampteiii), 
courber. 

HiPPocLÈsE , nom d'homme. 
Etym. tTT-CTo; ; xiso; (kleos), gloire. 

HippocLiDE, jeune Athénien, 
aimable, riche et beau. Clisthène 
de Sicyone voulut lui donner sa 
fille en mariage , et lui fit une fête 
magnifique avant le contrat. Hip- 
poclide, fort content de sa figure, 
dansa d'un air dégagé la danse 
grave nommée Jintinélie. » Fils de 
'fisandre, lui dit le prince, tu as 
dansé ton mariage hors de ca- 
dence, c'est-à-dirc , ton mariage 
est rompu. — (^iie m'importe .' » 
riposta le petit-mailn; athénien ; 
et sa l'éponse passa en proverbe. 
Ce nom paraît être patronymique, 
par rapport au précédent. 

HiPPOCOON , liabile cavalier: 
nom commun à plusieurs héros 
des temps fabuleux. Etym. tirrao; ; 
xoM (Acô), savoir. 

HippocoBYSTÈs , ca\>alit:r ; sur- 



3oB 



HIP 



nom de Mars. Etym. "irmoi;; xopvç, 
v9o; (koi'us , uthos), casque. 

HiPPOcauRios, surnom do Nep- 
tune. Elym. é'TTîTo; ; xspoç [koums), 
ion. jioiir xipo^ {koros) , jeune 
homme. 

HiPPOcRATE , le plus célèbre 
médecin de r;intic)uilé. Arrièi'c- 
petit (ils de niédcciiis, ce grand 
liomnic, instruit par des exemples 
domcsti<|ues , par l'étude de la 
nature, et surtout par celle du 
corps humain, délivra les Athé- 
niens de l'affreuse peste qui dé- 
sola l'Attiquc au commencement 
de la guerre du Péloponèse. Il 
refusa les prcsens considérables et 
les honneurs décernés aux princes, 
que lui offrait Artaxerxc-Longue- 
inain , en répondant qu'il devait 
tout à sa patrie : sujet traité a^cc 
un grand succès par M. Girodet. 
Ses vertus, son désintéressement , 
sa modestie , sa candeur , éga- 
laient son habileté. Les médecins 
lui donnent le titre de divin. Il 
est pour eux ce qu'Euclide est 
pour les géomètres. Hippocrate 
prolongea sa vie jusqu'.i cent neuf 
ans, et mourut à Larisse , en 
Thcssalie, après avoir vécu plus 
d'un siècle, sain de corps et d'es- 
prit. R. "ttwo;; xpâ-o; {kratos) , 
ibrcc. 

■ HiPPOCRÈNK, fontaine en Béo- 
tie , que Pégase lit jaillir d'un 
coup de pied. R. t'irTOo? ; xpvî»») 
(An'iu'), source. 

IJ1PP0DAMA.S , qui doinpie les 
ehe^aiix ^ nom de guerrier. R. ïtt- 
•CTû; ; <îap.av (dainân), dompt(-r. 

1 . HiPPODAMiE, nom de femme. 
M. R. 

2. — Surnom du marché voisin 
dii Pirée, tiré du nom suivant. 

1. HiPPODAMUS, architecte de 
Milet , qui construisit le Pirée. 

2. — de Milet, le premier qui 
écrivit sur la politique, sans être 
dans les affaires publiques. Sa ré- 
publique était divisée en trois 
castes : les artisans, les cultiva- 
leurs et les soldats; et le terri- 
toire également en trois parties : 



HIP 

sacrée, publique et privée. Mém. 
étym. 

ITippoDÈTi; , surnom d'Hercule 
àThèbes, en mémoire de ce que 
les chevaux de la cavalerie enne- 
mie Si; trouvèrent liés à la queue 
les' uns fies autres; ce qui fut at- 
tribué à Hercule , et assura la vic- 
toire aux Thébains. Etym. "ttuto; ; 
(îav (clein), lier. 

HiPPOuicE , une des Danaïdes. 
Etym. "tt-cto; ; (J'txv) {diké), justice. 

HiPPODOBE, im des descendans 
de Codrus,, fit attacher à un cha- 
riot sa fille, surprise en adultère , 
et la fit mettre en pièces. Etym. 
ï.irra-oç; ^wpov (doron), don. 

1. HipPODROMus , surnom de 
Neptune présidant à la course 
des chevaux. 

2. — Nom d'nn .sophiste dont 
Philostratc admire la modestie ; 
vertu rare , dit-il , dans un homme 
de sa profession. Ce rhéteur appe- 
lait Homère /a voix des sophistes^ 
et Archiloque ieiir esprit, parce 
que le premier pouvait leur four- 
nir abondance de mots pompeux 
et sonores, et le second leur don- 
ner de la véhémence et de la cha- 
leur. Etym. "tt-ctoç ; (îpofxo; (dro- 
rnos) , course. R. êpéfxnv {^dremein^^ 
courir. 

HippoLOCHUS , nom d'homme, 
Etym. 'Invsoc,; léxo^ (lochos), em- 
buscadi'S, troupes rangées. 

Hi PPOLVTE , déchire par les c/ie- 
uaux. R. î'tt-ctoç; Ivtiv (luein), dé- 
lier, nxcttre en pièces. C'était un 
des noms que les anciens regar- 
daient comme malheureux. 

HlPP0MA^Ès, qui a la passion 
des chei'aux ; nom d'un aiciionte 
d'Athènes. R. fxavc'a (/«a/zjV/), folie, 
nianie. 

HiPP0MA\)UE , maître de mu- 
sique. Un de ses élèves, donnant 
un jour en public une preuve de 
son habileté , fut fort applaudi ; 
mais son maître le reprit et le 
frappa de sa baguette, en lui di- 
sant : n Si tu avais bien fait , ces 
gens-là ne t'auraient pas applaudi.» 



HIP 

Elyni. TiTBjo; ; li.y-X'n {inachc), com- 
bat. 

HIPPO»lÉDO^ , qui coDimaiidc 
aux chei>aux ; un des sept capi- 
t.iincs devant Thèbes. Etyra. "it- 
CTo;; ixtSttv (meclein), commander. 

HipPOMÈNK, nom de femme. R. 
îtttjo; ; fAEvoç (nieiios), force, cha- 
leur. 

HiPPOMicÈs, surnom d'un nom- 
mé Maris, qui, suivant une tra- 
dition latine, avait trouvé le pre- 
mier l'art de dompter les che- 
vaux. Etym. ÎTTïTOr; puyyjyae {'Uli^- 
nunai) , mêler. 

HippoMOLGUiiS, peuple de Scy- 
thie qui vivait du lait de ses ca- 
vales. Etym. "itvjo-; u.s'/yîiv {mel- 
ijheiii) , traire: parf. m. aspo/^a 
(memo/f^a). 

HiPPOMOKE, héroïne des temps 
fabuleu.\. Etym. "ttoto; ; fju'vsiv (/ne- 
neiii), durera parf. m. ^ijj.6vx (me- 
mona) : acvô [moné) , retard. 

HipPON, maître d'Esculape. 
Etym. Îtttoo;. 

HippoA, déesse dont le simu- 
lacre était placé dans les écuries. 
M. R. 

HlPPo^A\, poëted'Ephcse d'une 
laideur excessive. Des sculpteurs 
ayant exposé son busie aux raille- 
ries du public , le poêle fit contre 
eux des vers si mordans , (ju'ils 
voulure::t se pendre île désespoir. 
Son humeur satirique le fit chas- 
ser de sa patrie. 11 passe pour 
l'auteur du vers scazuit. Etym. 
"tt-cto; ; ava; (unax), rc>i. 

HiPPONÈsis , nom de villes de 
Carie et de Libye. Etym. "irtio; ; 
vYi^o; (iiésos), île. 

HiPPoMyOE , vainqueur clans 
un combat de cai>alerie j fils d'Hip- 
pias, Athénien, désirant consa- 
crer une statue à sa patrie , ne 
voulut pas en charger le statuaire 
Polyclète, de peur qu'en la ^oyant 
ou ne pensât plus h l'artiste qu'au 
bienfaiteur. R. Ïttcto;; vt'xy) {niké), 
victoire. 

Hn>po>oÉ, Néréide. Etym. tTr- 
■cio;; voo;, va; {noos , nous) , es- 
prit, sens. 



iiir 3t)f) 

lIlPPONOME. y. BELLÉnOPHOK. 

HippoPUAo^ S, inans;ciirs deche- 
i-aux ; sobriquet que les Grecs 
donnaient aux Scythes. Etym. 
"ttcto; ; ifdytiv (pha^hein), miiii^KV. 

HiPPOPODES , peuple fabuleux 
qui avait des pieds de cheval. 
Etym. TTT-nro; ; Ts;, ttoîÎo; Çfjous, 
podos ) , pied. 

t. HippoPOR.NOS , surnom de 
Cérès surprise par Neptune, sous 
la forme d'un cheval, lorsrju'elle 
était chanijéc en jument. 

2. — De Philyra et de î^îéduse , 
à qui il arriva a\ ec le mi?me dieu 
la môme aventure. 

3. — Equiscortum , nom plai- 
samment forgé par le cynique 
Diogène , à l'imitation du mot 
Hippocentaure , en voyant un 
jeune efféminé à ciicvai. « Je n'a- 
vais point (Micore vu , dit -il , 
d'Hippopornos; enfin, en voilà 
un. » Etym.Zitrro; j 7ro'pvï3(/;o7V/(;'j, 
courtisane. 

Hippostrate , écrivain ^rec. 
Fj:ym. Tttcto; ; ç-paro; (stratoi), 
armée. 

HiPPOsTROPHUs , qui leuutrse 
les cliei>aux , ou qui aime les che- 
vaux ; qui in equis versatur ; nom 
d'homme. R. iVrao; ; cpi-^ay (sti-e- 
plieiii), renverser. 

HippoTECTON, surnom d'Epéus, 
à qui la fable .ttribue la construc- 
tion du cheval de bois que le traî- 
tie Sinon fit introduire dans les 
murs de Troie. Etyju. ('ttcto; ; 
T£xla)v (te/ilô/i), charpentier. R. 
rz-J-/_irj {ir.uchein) , fabriquer, tra- 
vailler en bois. 

HiPPOTUAi.Ès,y?ormrt/^; en che- 
vaux ; nom d'homme. Etym. "tt- 
CTo;; âa/.AZiv (ihallein), fleurir. 

HiPPOTHOiJS , HlPPOTHOÉ, qui 

a la viicsse du cheval; noms 
d'homme et de femme. R. "tzvso-; 
3oo; (thoos), prompt. 

HippoTROciius, quicourtà che~ 
val; un des fils de Priam. Etym. 
T-rrrio;; zpîye'.v (ticchein), courir. 

Hi ppozYGDS , qui uliellc ses che- 
vaux ; fils d'Hcrculc.Elym.i'Trwo; ; 



3io HOM 

Çu/o; ( ZUifOs) , joug. R. Çîvytiv 

{zeiii^heiii), joindre. 

HippURis, queue de cheA'al ; île 
de la Méditerranée. R. o-jpa {oura), 
queue. 

Hip.siDES, se flt fuer cti défen- 
dant son ami Ménédtîme. R. [-nltlv 
(hifJiei'n) , blesser. 

Hjram, hauteur de l'âme; roi 
de Tyr, ami de David et de Sa- 
lomon. 

HiiiciPES, qui a des piedx de 
bouc; surnom de Sylvain dans 
Martianus Capella. Etym. hiixus , 
bouc ; pes , pied. 

HiRcit'S, surnom romain, ab 
hircis, des boucs. 

HiRTics, nom romain , ab Itirto, 
velu. Un des lieutenans de César, 
ami et disciple de Cicéron , servit 
leprcmicr avec courage, et a laissé 
une Relation des guerres d'Egypte 
ut d'Afrique. Elu consul avec 
Pansa, il fut tué en combattant 
contre Antoine. 

HisPAMCs , nom d'une famille 
romaine sous l'empereur M. An- 
tonin. R. Hispania , Espagne. 

i.HiSTiÉE, femme savante d'A- 
lexandrie, avait fait une disserta- 
tion sur les cbamps de bataille 
qu'Homère a décrits dans ses 
poëmes. Etym. Îçi't) {hisiié), pour 
ie;ia.(Jiestia), Vesta , foyer, maison. 

2. — de Colophon , musicien , 
ajouta une dixième corde à la lyre. 

3. — de Milet , auteur d'une 
histoire de Phéiiicie. 

HiSTORis,filledeTirésias.Etym, 
tçup (histôr), habile. 

HoDios, pixttecteur des routes ; 
surnom de Mercure dans l'ile de 
Paros. R. ô<îo; (//oû?os), chemin. 

HoLOPHERNE , Capitaine fort; 
général de Nabuchodonosor , tué 
par Judith, 

HoMADDS , nom de centaure. 
Etym. ofxa(îo; (homados), multi- 
tude. R. éfjLo; {Jioinos), pareil. 

HoMAOYRius, surnom de Jupiter 
à Egium , ville maritime c)ii la 
tradition portait qu'Agamemuon 
avait rassemblé ses troupes Etym. 



HON 

h^a (homou), ensemble; ayvpiç 
(^aguris), foule. 

Homère, le prince de» poètes 
grecs, appelé d'abord Mëlésigènc, 
dut le nom sous lequel il est si 
connu, ou à la perte de sa vue, 
R. o;-»./)pc; (homcros) , aveugle; ou 
à l'aventure qui le fit prendre en 
otage dans la guerre qui se fit de 
son temps entre les habitans de 
Smyrue et de Colophon , R. Z^-o- 
po; , ot'ge ; on enfin à la confiance 
avec laquelle il fit le prophète et 
se rendit caution de l'oracle pour 
le succès de cette guerre. R. ofx^'- 
pov (/wmm)n), gage, ^. Mélési- 

GÈ^B. 

HoMKRicus, surnom d'un phi- 
lologue qui vivait sous Ptolémée 
Pliilométor , auteur de commen- 
taires sur l'Iliade et l'Odyssée. On 
le surnommait aussi Criticus. 

HoMÉROMASTi x,y7e«/< d' Homère; 
surnom de Zoïle. Etym. OfiTjpo;; 
|u.ocçiÇ (ma^itix), fouet. P'. Zoïle. 

HoMisTÈs, qu'on n'apaise que 
pardes victimes humaines. An hol. 
Surnom de Bacclais. R. ô(xoç (0/W05), 
cruel. 

HoMOCHÈTEs , dieux qui étaient 
adorés dans le même temple. Etym. 
ôp.8 (homou), ensemble; «xs'" 
(echein), avoir. 

HoMOGMOS, surnom sousiequti 
Jupiter était adoré par les frères. 
Etym. ôfio; (Au/Mos), pareil; ycvoç 
(ghenos), naissance. 

HoMOGYRi's , cultivateur qui in- 
venta l'art d'atteler les bœufs. 
Etym. ô;^.oç; yvpo; (^«roi), rond. 

HoMOKOEA , nom d'une femme 
romaine qui vécut dans une par- 
faite concorde avec son mari. 
Etym.ôfxo;; vooç, va; {naos, nous), 
esprit, sens. 

HouoRius , surnom grec de Ju- 
piter présidant , sous la forme 
d'un terme, aux bornes des pro- 
priétés. V. Termikai-is, Etym. 
ôfxo;; ôpo; (Jiows), borne, limite. 

HoMULLDs , surnom d'u)i Ful- 
vius, affranchi. R. homo , homme. 

Ho^oRATUs, honoré; surnom 
d'un Q. Fabius, sous le règne de 



H OR 

Constanfiii-lc-Giaiid. R. hoiior , 
]ionneur. 

HoNoniA , fille de Constaiirc 
Césiir , se laissa déhanciii-r :par 
une espèce d'aventurier iKimmc 
Eugène. M. t'tyin. 

HoNor.i Acss , HoaoRiAS , noms 
patronymiques du fils de la fille 
d'Honorius, dans Claudien. 

Ho>ORi>us, divinité à laquelle 
sacrifiaient les femmes des vo3'a- 
geurs , pour qu'ils reçussent un 
accueil honorable dans les pays 
-qu'ils devaient parcourir. M. R. 

Ho>ORiDs , fils de Théodose-le- 
Grand , partagea l'empire avec son 
frère Aroadius On a dit de lui ce 
que Tacite a dit de G>iib;i , mugis 
extra vitia quàin cuni viriutibus, 
qu'il étiiit plutôt exempt de vies 
que doué de vertus. Timide , sans 
caractère, mené par ses ministres, 
et par conséquent tnimpé, faible, 
irrésolu, il laissa crouler l'empire, 
et vit tranquillement les ravages 
d'Alaric. M. étym. 

HoPLOMACHtJS, qui comhat tout 
armé; surnom d'un C. Licinius , 
qui , après avoir fait interdire son 
père comme dissipateur, dissipa 
lui-même son patrimoine en fort 
peu de temps. Etym. Scr/ov {ho- 
pion), arme; fj-àxn (mâché), com- 
bat. 

HoPLOSMiA , surnom de Palias , 
armée de pied en cap, à Elis. Elym. 
ZrsXov. 

HoPLOsjiics, armé; surnom de 
Jupiter. M. étyra. 

HoBA , déesse de la beauté. R. 
«pa 'hora), fleur de l'âge. 

Horace , digne d^être vu ; le 
poète des grâces et de la raisoiyest 
trop connu pom- qu'on s'attende 
h le Noir apprécier ici. Je me con- 
tenterai de citer une anecdote qui 
honore autant le souver.iin que le 
poète -. Auguste lui offrit la place 
de secrétaire du cabinet; Horace, 
qui préférait le calme de la re- 
traite au tumidte i\&s cours, refusa 
un emploi qui lui aurait ôté son 
indépendance , et l'empereur n'en 
fut point offensé. C'est ce que 



M OR 5ii 

prouve ce hill.l d'Auguste, écrit 
quelque temps ;,près : « Septimitis 
vous dira de quelle manière j'ai 
parlé de vous; car si vous aver 
élé assez fier pour dédaigner mon 
amitié, ne croyez pas que je vou.s 
rende fierté pour fierté.» Cepoëte, 
philosophe , ami solide, courtisan 
délicat, d'un commerce aussi ai- 
mable que sur , mourut â cin- 
quante-sept ans , ajires .ivoir fait 
Auguste son héritier. Les pen- 
seurs se plaisent, conuric l'.i dit 
un de nos poètes, 

\ lire ses écrils pleins de grârc el de sens. 
Comme on boit d*un vin vieux qui ra'ciiiiit 

les sens. 
Avec lui Ton apprend s souffrir l'indigence, 
A jouir sagcmenl d'une lionnêle npulenre, 
A sortir d'une vie ou Irisie, un forlnne'e. 
En rendant grâce auï dieux de nous l'avoir 

donnée. 

R. ôpa-o; (hoiaios), ôj,à» {hordn), 
voir. 

HoRciAs, capitaine grec. R. 
opxoç (horkos), serinent. 

HoRCirs, surnom de Jupiter, 
qui préside aux seriiun<. R. 00x05. 

HoRDÉONius, nom d'un Romain 
contemporain tIeCicéron. R. hor- 
deum , orge. 

HoRius , surnom d'Apollon , 
présidant aux limites. R. loo^ [ho- 
ros), limite. 

H OR I es, qui présidp aux sai- 
sons. AnthoL Epitli . de Hacclius. 
R. «pa {hora), saison. 

HoRMÉ, déesse qu'invoquaient 
ceux qui mettaient de l'activité 
dans la conduite de leurs affaires. 
R. wpiivi (hôrmé^, iiiij)éluosité. 

HoRMÉMrs , emporté ; héros 
des temps fabuleux. Etym. opfiEvsç 
( ormenos), éoliq. , pour ùpp/yo; 
(ôrmenos), qui se porte imj)étucu- 
sement. H. Spa> (oryy), pousser, 
animer. 

HoROLOGios , dont l'estomac 
calcule les heures, sert d'horloge ; 
nom de parasite dans Alciphron. 
Etym. tj'pa, heure; Uytt-Aleghein), 
parler, supputer. 

HoRTA , déesse qui portait les 
jeunes gens à la vertu. l\.horlari, 
exhorter. 



^13 



HOS 



HoRTALus, nom d'un Romain, 
petit-fils de l'oratear Hortensias. 
Etyra. hortari, exhorter, ou plu- 
tôt hortus , jardin. 

HoRTATOK , qui exhorte ; surnom 
d'une branche dans la famille de 
Claudia. ZiV. , liô. viii, cap. i5. 
Etym. hoj'loi', exhorter. 

Hortensia , Hortense , fille de 
l'orateur Hortensius, hérita de l'é- 
loquence de son père. Les dames 
de Rome avaient été taxées par les 
triumvirs ; elles choisirent Hor- 
tensia pour leur avocat. Cette 
dame se (irésenta devant le tri- 
bunal avec une contenance mo- 
deste , mais assurée , et portant la 
})arole pour ses compagnes , fit 
valoir leurs intérêts avec tant de 
force et d'éloquence , qu'elle ob- 
tint la remise d'une bonne partie 
de la taxe. R; horlus , jardin. 

HoRTEKSis, surnom de Vénus, 
présidant à la naissance des plan- 
tes. M. R. 

Hortersius, surnom d'un ora- 
teur romain, tiré du goùt ou de la 
culture des jardins, à studio hor— 
torum. Cicéron, son émule, parle 
de son éloquence avec éloge, et de 
sa mémoire comme d'un prodige. 
On avait de lui, outre ses plai- 
doyers, qui, selon Quintilien, ne 
soutenaient pas leur réputation , 
des poésies g;dantes et des annales. 
Il mourut avec la réputation d'un 
bon citoyen, d'un sage sénateur et 
d'un homme magnifique. Ou dit 
qu'à sa mort on trouva 1 0,000 m uids 
de vin dans ses caves. 

HoETlBO^us, faux nom d'Isaac 
Casaubon. Etym. hor lus ; bonus , 
bon. 

HoRus, fils d'Isis, et surnom 
d'Apollon. R. wpa (Jwra), jour. 

HosiKS, prêtres de Delphes, 
préposés aux sacrifices qu'on of- 
frait avant de consulter l'oracle. 
R. oaio; (Jiosios), saint. 

Hosius, saint; nom d'homme. 
Etym. oatoç, vénérable. 

HoSPES, lIoSPITA, lloSPITALIS, 

surnoms de Jupiter et de Minerve, 



HYB 

dieux protecteurs de l'hospitalité. 
R. hospes , hâte. Voy. Xemus. 

HospiTALius, nom emprunté de 
G:ispar Scioppius. M. R. 

Hossi MUS, surnom romain ; celui 
qui est né sans narines , quasi os 
siinuni. 

HosTiA. C'est le vrai nom , à ce 
que nous apprend Apulée , de la 
Cynthia de Properce. R. hoslire , 
égaler. 

HosTiLiA, femme de Gallus, 
empereur romain, succes.seur de 
Dèce. R. hostis , ennemi, on hos- 
lire. 

HosTiLiNA, déesse que les Ro- 
mains invoquaient pour que les épis 
fussent égaux , ou quand l'épi et la 
barbe de l'épi étaient de niveau. 
R. hostire ; hosti/ncnlum , égalité. 

HosTiLics, nom de famille ro- 
maine. Mém. étym. 

HosTis , prénom romain, celui 
qui est né dans une terre étran- 
gère, chez un hôte; d'hospes. f^al. 
Max. 

HosTius, HosTus, noms de fa- 
milles romaines. Mêm. étym. 

HosTius,nom d'un Romain dont 
Séiîèquca décrit les goûts bizarres 
avec un peu trop de détail et de 
complaisance. Mèm. étym. 

Hyaci M'HE , nom d'homme et de 
femme, i». ûc.xtvôo; {huakinihos) , 
herbe et pierre précieuses. 

HvADiiS , constellations qui pro- 
nostiquent la pluie. R. v£tv (huein), 
pleuvoir. 

Hyalé , nj'mphe de Diane. R. 
uaÀo; (hualos), verre, crystal. 

Hyantks, surnom donné aux 
Béotiens , que les autres Grecs ac- 
cusaient d'avoir l'esprit épais. R. 
v; (hus), porc 

Hyberma , l'Irlande, aiî/t/ier/jo 
teinpore , à cause de la durée de 
l'hiver. 

Hybla, montagne et ville de 
Sicile. Etym. SSXio; (huùlios), 
bossu , montagneux. 

Hybrias, nom d'homme. R. 
vÇptç (huf'ris), injure. Le nom 
d'Hjbris fut donné à un Q. Va- 
rius, dont le droit de citoyen ro- 



HYE 

main étnit équivoque. [.iCS Grecs 
appelaient In bris un liomine né 
d'un père scytlie et d'une mère 
grecque. 

1. Hydaspes , roi de Média. 

2. — Fleuve de l'Inde. Etym. 
v^up ( hudôr) , eau ; (nràv ( spdn ) , 
tirer. 

Hydria, vase percé de tous côtés, 
■qui représentait le dieu de l'eau en 
Egypte. R. v^up. 

HvDROCHARis, qui aime l'eau; 
nom d'une t^renouille dans la lia- 
trachomyoïnachie. Etym. i/(îtop ; 
;(ac'p£tv (chairein), se réjouir. 

Hydrochcs, nom grec du Ver- 
seau , en latin Aquanus , que les 
poètes ont feint être Ganymède. 
Etym. vtî<op ; ;^stv (chein), verser. 

Hydroméi/use , qui commande à 
l'eau; nom de la reine des gre- 
nouilles dans la Batrachomyoma- 
chie. Yjlym. ZStat^; [i-éSeiv {medeiii), 
commaiider. 

Hyorophore, petite statue de 
bronze que Thémistocle avait fait 
faire des amendes auxquelles il 
avait condamné ceux qui, par des 
canaux particuliers, détournaient 
les eaux publiques à leur profit. 
Etym. Siîup ; tptpEiy (^i)hereiii), por- 
ter. 

Hydrospurakte, qui flaire 
l'eau ; nom de parasite dans Alci- 
phron , sur lequel on avait ré- 
pandu un plat de sauce. Etym. 
C(îûjp; OCT(f)paîv£cj0ac (osphrainesthai), 
flairer. 

Hydrurtum , ville maritime 
d'Italie, aujourd'hui Otrante. R. 
votop. 

Hydruse, une des Cyclades , 
ainsi nommée de l'abondance de 
ses eaux. M. R. 

Hyès, surnom de Bacclius, dont 
la fôtc arrivaitdans une saison plu- 
vieuse. R. vsiv (Jiuein), pleuvoir. 

Hyktils, surnom de Jupiter à 
Athènes. F. Pluvius. R. Znv. 

1. Hyettcs, le premier qui ait 
porté des lois contre l'adultcie. R. 

U£CV. 

2. — Village de Béotie, où le 
climat était pluvieux. M. R. 



IIYP 



5i5 



IlvGiA^A , surnom de Minerve, 
pris lie l'art de guérir , auquel elle 
présidait. R. v>i/)ç (hui^hics), sain. 

Hygie, déesse de la santé. R. 

Hygin , irtiVi ; affranchi d'Au- 
guste, mythologue M. R. 

Hygiémok , surnommé Mono- 
chromade, parce qu'il ne faisait 
usage que d'une couleur, fut le pre- 
mier peintre qui fit senlir dans ses 
tableaux la différence des sexes. 
Etym. vyiviç; jj.ovoç {monos), seulj 
;(po)fjia {chroma) , coideur. 

Hylactor, nom d'un des chiens 
d'Actéon. Etym. iÀào) {hulaô) ^ 
aboyer. 

HYLÉK,nom de centaure. Etym. 
vïoJioç, {hulaio ), sauvage, bocager. 

Hyléessa, boisée; ancien nom 
del'iledeParos. R. \j):r){hulê),hrt\s. 

Hyl(jbieks, philosophes indiens 
qui vivaient dans les bois. R. -iAï), 
matière, bois; j3ioç (bios), vie. 

Hvlogores , nés dans les forêts ; 
chasseurs d'Etiiiopie, voisins des 
Hylophages. R. vl-h ; ye'LvtGOoi.i (ghei- 
nesûiai), nixilre -jiKU'f. moy. ytyôva 
{gliegona). 

Hylorome, femme du centaure 
Cyllarus, se tua pour ne pas sur- 
vivre a son mari. R. vttj.eiv(nemein), 
habiter. 

Hylophages, peuple de l'anti- 
quité, qui vivait dans les bois. R. 
v)-/); tpdiytiv (phaghein^, manger. 

Hymette, montagne de l'Atli- 
que, fertile en miel. Etym. vp.irÎT- 
7ioy (JiuméUion), miel ; vp-a {huma), 
pluie ; Tjciv {huein), pleuvoir. 

Hymragores , qu'on célèbre 
dans les places publiques. Anthol. 
Surnom d'Apollon et de Bacchus. 
Etym. 3p.voç {humnos) , hymne; 
OLyoçjk {agora), place publique. 

Hymms , cantatrice : nom de 
courtisane clans Lucien. R. 3p.v£ty 
{humnein), chanter. 

Hypacie, femme célèbre par la 
variété de ses connaissances, oc- 
cupa la chaire de professeur que 
Pholin avait remplie à Alexandrie. 
Douée d'une rare beauté , jamais la 
calomnie môme n'attaqua ses 



5i4 



HYP 



mœurs. Elle était païenne. Le fa- 
natisme religieux lui fit un crime 
de ses liaisons avec Oreste, préfet 
(l'Egypte, et la rendit victime de 
ses fureurs. Elle fut tuée à coups 
«le pots cassés, mise en pièces, et 
brûlée par la populace d'Alexan- 
drie. Elym. uTraTo; (hupatos), 
grand. R. -j-nl^ (huper), dessus. 

HypjEpa, ville de Lydie, con- 
sacrée à Vénus , à cause de la 
beauté de ses femmes. Elle e'tait 
aiasi nommée , parce qu'elle était 
située au pied du mont Tmolus , 
v-ao TO aT-CTo; {Jiupo to aipos). 

Hyparète, vertu soumise; une 
des Danaïdes. Elym. xrao (hupo), 
sous ; àpeTY) {areté). vertu. 

i.Hypatius, surnom de Jupiter. 
2. — Neveu d'Anastase, empe- 
reur d'Orient, fut couronné par 
des séditieux, condamné par Jus- 
tinien , et souffrit la mort avec fer- 
meté. Mém. étym. 

HYPATUs,50M»'e;m'/i; surnom de 
Jupiter en Béotie. Etym. vTcaxoç 
Uiupatos) pour ÙTrEpraTo; ( huper- 
taios). R. ÛTtrp (Jiuper) , sur. 

Hypéror , gueiTier inférieur; 
prince troyen tué par Diomèdc. 
Etym. vrîTo , sous; àvvip Çaiiér) , 
liomnie. 

Hyperakthus, trlts-Jleuri , ou 
d'une beauié supérieure ; un des 
fils d'Egyptus. Etym. uTrÈp, sur; 
avOo;(anthos), fleur. 

Hyperbius, violent, superbe; 
fils de Mars, fut le premier , dit- 
on , qui tua des animaux. Ejyn». 
•ûirÈp; j3ta (bia), violence. 

Hyper BOLOS, exagéra' eur ; 
oratcuratliénicn ; méchanthomme 
qu'Aristophane et les autres poëtes 
comiques prirent pour objet de 
leurs satires. Etym. virEpSo),-}) {hu- 
perbolé), exagération; û-TrtpSa'nEiv 
(huperballein ), exagérer. R.vTrÈp; 
/SaUttv (ballein) , jeter. C'était en 
effet un homine excessivement 
méchant et décrié, 

Hyperboréeks , peuples septen- 
trionaux. Etym. vTttp; Bopc'a; (£o- 
reas), Boiée. 

llvPERcHiRiA , surnom sous le- 



HYP 

quel Junon -Vénus avait un lemplc 
à Lacédémone. Toutes les femmes 
qui avaient des filles à marier lui 
offraient des sacrifices. Etym. 
uTrÈp; x^'P> X"P''5 (cheir , cheiros), 
main. 

Hyperdexics, ia , surnoms de 
Jupiteret de Minerve. Etym.vnrÈp ; 
(îfÇco; (dexios), favorable. 

I. HïPiiRÉcHius, cuisinier cé- 
lèbre dans Athénée, et fier de son 
talent , ce que semble désigner 
son nom. Efym. inepéx^iv {hupere- 
cliein), exceller. R. wTrèp ; «^jf*'" 
(echein), avoir. 

:>. — Grammairien d'Alexan- 
drie, avait écrit sur les noms, les 
verbes et l'orthographe. 

HYPÉRÉ^ OR , guerrier supérieur; 
prince troyen, tué par Ménélas. 
Etym. vTièp; àvYip (anér), homme. 
I. Hypérétès, fils de Neptune- 
Etym . vTT/jpî'ryiî ( hupéretés ) , ra- 
meur , ministre , serviteur. R. 
cpcaGtiv (eressein), servir. 

a. — Nom emprunté de Samuel 
Puffendorf. 

Hypérètes, dieux du deuxième 
ordre, que les Chaliiéens admet- 
taient comme miiii.itres du grand 
dieu. Môm. etym. 

HvPÉRiDE, célèbre or;itcur athé- 
nien. R. ÛTtÈp ; eiiîo; (eidos^ beauté, 
forme. 

'Hypébiok , surnom du soleil , 
dont l'éclat surpasse celui de tous 
les astres. Etym, ûirèp , au-dessus; 
tùv {ion), qui maicho. 

Hyperippe, femme d'Endymion. 
Etym. vTTEp; tirwo; {hippos), che- 
val. 

HYPERMKESTRE,_/e/«/ne au-des- 
sus de son sexe; une des Da- 
naïdes, la seule qui épargna son 
mari. Etym. ÛTrsp ; fxvvjçpa (mnés- 
tra)y femme. R. fxvàoôai {mnâs- 
thai), demander en mariage. 

Hypérochus. qui excelle ; "nom 
d'homme. Etym. ûirEpéx^'v {hupe- 
r)chein), exceller. R. vntÈp, au- 
dessus; f'x£'v (echein), être, avoir. 
Hyperphialus , très-puissant ; 
superle ; fils d'ixioii et de la Nue. 



HYP 

Elym. ùwtp ; <piil-n (f'hiati), pbioic, 
pour fiiire les libations. 

Hvp^oPHOBÎ.s , f/iii cause des 
songes i^'ravatis. ÂnthoL. £pith. 
de Baccluis. Etytn. u-rrvo; (liupnos), 
sommeil ; cpoffo; (phoùos), peur. 

HYP^OPHORB()S, c/ui proi>oque le 
sommeil. u4nthol. Epilhète de Bac- 
chus. Etym. utcvoç; (ptpSfiv {pher- 
bei'n), noiinir. 

HYP^os , nom d'esclave dans 
Martial. M. R. 

Hvp,\oTRAPiiZE ,quidi>j't àtable; 
nom de parasite dans Akiphron. 
Etym. «TOvoç ; rpxTtEÇa (irapeza), 
table. 

Hypomélathra , surnom de 
Diane, dont la statue était placée 
sous une voûte. Etym. ûrao, sous ; 
IxtloSpov (melathivii), \oiite. 

HïPophètes, sous-interprètes ; 
second ordre des ministres qui 
présidaient aux oracles de Jupi- 
ter. Etym. ût30 ; tpTjfjic (phémi), 
parler. 

Hypsauchénos , qui porte la 
te'te haute. yiiUhol. Epilhète d'A- 
pollon. Etym. v\|'oç (Jiupsos), liau- 



HYP 3i5 

teur; aw;^;T)y, e'voç {auchèii-, cnos), 
cou. 

Hypsénor , nom commun à pln- 
sieurs guerriers des temps fabu- 
leux. Etym. vii/oç; àvvip (ane'r), 
homme. 

Hy'psiboas , qui croasse très- 
haut; nom d'une grenouille dans 
la Batrachomyoïnachie. Etym. 
ûil-o; ; j3oàv {boâii), crier. 

Hypsiclès, mathématicien d'A- 
lexandrie , vivait sous Marc-Ati- 
rèle. Etyrd. v>{/oç5 x^/oç (kleos ) , 
gloire. 

Hypsicratb, qui est au comble 
du pouvoir; nom d'homme. Etym. 
Si^/o; ; xpotTo; (kratus), force , pou- 
voir. 

IIypsicratée, femme de Mithri- 
date, héroïne dont le courage ré- 
pond assez au sens de son nom. 
Elle suivit son mari dans toutes 
ses guerres et se coupa les cheveux, 
afin de porter sans peine le casque. 
Mêm. étym. 

HïPsiPYLE , héroïne grecque. R. 
3\|/oç; -TTuXv) (pulé), porte. 

H\p.siSTUs, surnom de Jupiter. 
vTtçcçûç (hupsistos), très- élevé. 



5tG 



lAÏ 



ICA 



J k , sœur de Maïa , mère d'Her- 
cule. R. c'ov (ion), violette ; ou Toç 
(ios) , trait. 

Iacchus. R. cax;^£tv (iakchein) , 
crier. 

Ialémds, fils de Calliope, prési- 
dait à tous les devoirs funèbres 
que l'on rend aux morts. R. lailt- 
ftoç (ialemos), lamentation funè- 
bre. 

Iakassa , qui gouverne douce- 
ment } nom de nymphe. Etjm. 
îa:v£iv (iaiiiein) , adoucir- àvatjua 
(anassa) , reine. 

Iamra, nom de nymphe. Etym. 
îat'vav , adoucir; àvyjp (anér), 
homme. 

Iakthis, femme du poëte Stella, 
chantée par Stace et par Martial. 
Etym. c'oy (ion), violette; ôiyQoç 
(anthos), fleur. K Viola. 

Iaphétès , qui lance des traits; 
épithète d'Apollon, yinthol. Etym. 
to; (/os), trait ; à^Uvai (aphcenai) , 
envoyer ; ou U-Trltiv {iapiein), bles- 
ser. 

Iapis , nom de médecin dans 
Virgile. Etym. ISl<jQm (iasthai), 
guérir. 

lAPifx,vent qui soufflait de la 
Fouille, et était favorab e à ceux 
qui voulaient aller d'Italie en 
Grèce. R. îxttTeiv, envoyer. 

IasiThÈs , remède di\>in; nom 
sous lequel s'est caché Raphaël 
Fabretti.Etym. IWi; («as«),cure, 
remède ; .^eoç {theos) , dieu. 

Ia.troci,ès, gloii-e de l'art de gué- 
rir; nom d'homme. Etym. l'arpo; 
(iatros), médecin. R. (àcrôat , gué- 
rir; xX/o; (kleus), gloire. 

IatrodÈs, nom de médecin pré- 
destiné à exercer cette profession, 
si l'on en croit Platon, qui attri- 
bue aux noms une sorte d'influence 
sur la destinée de ceux qui les por- 



tent. Etym. éarpoç ( iatros) , mé- 
decin. 

Iatromqce, vainqueur des mé- 
decins ; surnom qu'un médecin 
nommé Thessahis eut l'imperti- 
nence de faire mettre sur sa tom- 
be. Etym. îaTpo;; vixàv (nikdn) , 
vaincre. 

Iatrosophista, sophiste méde- 
cin; médecin nommé Cassius, qui 
avait écrit en grec quatre-vingt- 
trois problèmes de médecine. 
Etym. corpo; ; (jotpo; (sophos), sage. 

Ibycus , poëte grec, fut tué par 
des voleurs; et en mourant prit à 
témoin une troupe de grues qu'il 
vit en l'air. Quelque temps après, 
un des assassins voyant des grues, 
dit à ses compagnons : « Voilà les 
témoin du poëte Ihycus. » Ce mot 
éveilla les soupçons ; ils furent ar- 
rêtés , avouèrent leur crime et fu- 
rent pendus. De là vint le pro- 
verbe : Les grues d' Ibycus. Ausone 
a resserré cette anecdote en ce vers : 

Ibycus ut pcriit, vini'-ex fuit altifolans grus. 

Etym. î'ÇuJ, îÇuxoç (/'iwx, ibukos), 
oiseau criard , et méiaph. trom- 
pette. R. îévsiv {ibuein) , crier. 

IcADisTE , nom donné aux épi- 
curiens , qui célébraie»it tous les 
mois, en l'honneur de leur maitre, 
le 20= de la lune, jour de sa nais- 
sance. Ces fôtes s'appelaient Icades. 
R. £Îxà; (eikas) , vingtaine. 

Icare , fils de Dédale , tomba 
dans la mer Egée, pour avoir ex- 
posé de trop près au sole'l les ailes 
de cire que son père lui avait atta- 
chées. R. Txlap, "xap (iktar, ikar), 
près (du soleil). 

IcAsiE, fille savante, dont l'es- 
prit nuisit à la fortune. L'empereur 
Théophile ayant fait rassembler les 
plus belles filles de sou empire, 
pour choisir entre elles une épouse, 



ICH 

pcncliait pour Icasie et paraissait 
prèl;'i In coiuonner; mais iiiien'-- 
pdnso trop fine hii (it craiiidrctré- 
poiiscr une femme trop spiritiicUc. 
Icasie se retii'adansiiii monastère, 
où clic composa plusieurs ouvra- 
ges. Etym. êîxàÇEiv ( eikazein ) , 
conjecturer. K. ctxa (eikv), res- 
sembler. 

IcÈLE , songe; un des fils du 
Sommeil, de 'ixt).o^(ihelos), sem- 
blable ; parce qu'il prenait la re- 
présentation des. personnes. R. 
cîxùv (eikôii) , image. 

IcÉLirs, nom d'homme. Etym. 

t<£/.o;. 

IcÉLtJs (Marcianus), le premier 
et le plus orgueilleux des affran- 
chis de Galba, et l'im de ceux qui 
s'empressaient ardemment à qui 
«lévorerait. ce règne d'un moment. 

IcH^ÉE , surnom de Thémis et 
de Némésis, qui suivent les traces 
des coupables. R. t';(vo; (ichnos), 
vestige. 

Ic^^OBATE, qui marche sui' les 
traces ; nom d'un des chiens d'Ac- 
téon. Etym. Tp^vo;; jSai'vt» {baiicô), 
marcher. 

IcH>DSA, nom ancien donné à la 
Sardai^ne par les premiers navi- 
gateurs, qui comparaient la figure 
de celte ile à la plante du pied de 
l'homme. R. !X*'°î» plante du pied, 
vestige. 

IcHTHVAS, philosophe grec. R. 
t'xOv; (icfuhus), poisson. 

IcHTHvocENTAURE , suruom de 
Triton, fils deJXeptune, demi-dieu 
marin , moitié homme , moitié 
poisson. Elj'm. Ix^^-'i', x/vraupoç 
{keniauros) , centaure. 

ici\jnsoi.ssK, poissonneuse ; sur- 
nom de l'île de Nicarie dans la 
mer Egée , tiré de la quantité de 
poissons qu'on poche sur ses côtes. 
Etym. î;(6vo£i5, é^Tia , o:v {ich- 
tkuoeis, t.essa, oen), poissonneux. 
il. îj(9û;. 

IcHTHYOPH AGES, peuples d'Ethio- 
pie qui vivaient de poissons. Etym. 
tX^y;; ffxyuv {phaghein), manger. 

IcHTHVS , mot mystique qu'em- 
ployaient les premiers chrétiens 



IDA 



3i7 



pour désigner Jésus-Christ. Cha- 
cune des lettres dont ce mot se 
compose est l'initiale de ceu.\-ci : 

I'/IC78; Xpicoç, 0£« ûiôç, auTY/pfyéisoWS 
Christos , Theou uios , sôcer), Jé- 
sus-Christ, fils de Dieu, sauveur. 

IciDiEK , nom grec des dieux 
Lares. Etym. oixi-îto? (oikidios), 
domestique. R. olxoç [oikos), mai- 
son. 

IciLirs, nom romain. R. îxùoç, 
semblable. 

IcMÉus, surnom sous lequel Ju 
piter avait un temple dans l'ile de 
Cos. Etym. Ixu.diïoç [ikmaios) , qui 
donne la pluie ou l'humidité à la 
terre. R. Ix^tkc, â^o; (ikmas,ados), 
humidité. 

lco>ocLASTE, surnom d'un em- 
pereur grec qui se déclara contre 
le culte des images. Etym. sîxàv 
(eikân), image. R. ît'xciv (eikein), 
ressembler ; x),^v (klân) , briser. 

IcoiNOMAQUE , cjui cotubat les 
images ; surnom de l'empereur 
Léon l'Isaurien, ennemi du culte 
des images. Etym. tlxmv ; jj.oix^aQa.1 
{machestlitii) , combattre. 

Icosiuji, ville de Mauritanie, 
fondée par vingt compagnons 
d'Hercule , qui , pour qu'aucun 
d'eux n'eût l'honneur exclusif de 
lui donner son nom, convinrent 
de lui donner celui de leur nom- 
bre. R. st'xo(7t (eikosi) , vingt. 

IcTiistis, célèbre architecte grec, 
avait bâti le temple d'Apollon se- 
courable dans le Péloponèse , qui 
passait pour un des plus beaux 
édifices (le l'antiquité. Etym. îx- 
Ttv, Tvoç {iklin, inos) , milan. 

Ida , nom commun à plusieurs 
montagnes très-élevées. R. tlSuv 
(eiclein), voir ; aor. 2. "Sov (iclon) ; 
c'est-à-dire, montagne d'oii l'on 
voit, d'où l'on découvre au loin. 

Idalie, ville de l'ile de Chypre, 
consacrée .àVénus. Etym. : L'oracle 
ayant ordonné ,i Chalcénor de bâ- 
tir une ville dans l'endroit où il 
verrait se lever le soleil, un de ses 
compagnons l'ayant aperçu du 
pied d'une haute montagne, on y 
bàlit une ville nommée Idalioii , 



5i8 



IGN 



lie deux mots grecs , î'cîov vîXtov 
(iiloii hi'lioii) , « j'ai vu le soleil.» 

Idia, fille de l'Océan. R. î'(îio; 
(Jdios) , propre. 

Idouanus, sobriquet donné à 
l'empereur Julien par quelques au- 
teurs chrétiens, parce qu'il avait 
rétabli le culte des idoles. Etym. 
t'(S<Aov (eic/ôton) , idole. R. tlSoi; 
(eiV/os), forme, figure. 

Idmoi; , suivant ; fameux devin 
parmi les Argonautes. R. l'a-nui 
(isémi), savoir. 

Idoménée , es rit clairi'oyant ; 
roi de Crète, au retour du siéjje 
de Troie , fit vœu à Neptune de 
sacrifier la première chose qui se 
présenterait devant lui. Ce fut son 
fil-s qui parut La superstition l'im- 
mola^ la peste (ut l'effet de ce sa- 
fice barbare. Les peuples se ré- 
voltèrent et chassèrent leur roi , 
qui alla fonder un empire dans la 
Calabrc. Cette aventure a fourni 
un bel épisode à Féuélon dans son 
Tétémaque. Elyra. "«îtiv {idein), 
voir; fAt'vo; (menas), esprit, ou 
ISoixtvoi; {idoinenos ) , ])a.it. m. de 

î'<Σty, 

InoTHÉE.yb/'TOe divine; fille de 
Protée , en.seigna à Ménélas le 
moyen d'obliger son père à lui dé- 
couvrir l'avenir. Etyra. tïèoc, , for- 
me, beauté; .^efo; (iheio ), divin. 

Idris, sui'anle ; déesse d'Egypte, 
que quelques uns confondent avec 
Isis. R. i<Tfiii.i {isâni) , savoir. 

Ieïus, guérisseur ; surnom d'A- 
pollon, considéré comme dieu de 
la médecine. Aniliol. il. cào-6ai 
(iasthai), guérir. 

ItRA, viife, impétueuse ; nom de 
nymphe. R. ufjLat (iemai) , semer, 
courir sus. 

Ilithvia , déesse qui présidait 
aux accouchcmens. Phuruutus , 
qui confond cette déesse avec la 
Lune, interprète ce nom quasi 
tlluasvYiv xa\ 3eni7ix.v [eiloumeiié/i kai 
fAeousan), faisant sa révolution et 
courant vers la terre. 

IG^IGE^A, né du feu ; surnom 
de Vulcain. Etym ignis , feu ; gi- 
giiere, gniui, produire, engendrer. 



INC 

Igmpotkns, maître du feu ; sur- 
nom de Vulcain. Etym. tgiiis ; pa- 
ïens , qui peut. 

Ilipe , nom ou sobriquet de 
courtisane grecque. Etym. Et'Xtitaç 
(eilipous) , qui a le pied tourné. 
R. cltiv (helein) , lléchir ; -ttS; , 
-TTOiîoç (pous, podos) , pied. 

Ilium , nom de Troie , dérivé 
d'Ilus , un de ses premiers rois. 
Etym. î).o; {lias), boue. 

Ilètes , peuples de Laconie , 
dont la ville s'appelait Hélos, parce 
qu'elle était située dans un ma- 
rais. R. eÀoç (helos), marais. Vaincus 
par Sparte, ils furent condamnés 
à une servitude perpétuelle. 

Imbrex, tuile; surnom d'un G. 
Licinius , ancien poète comique. 
On le croit le môme qu'un C. Li- 
cinius Tegula dont parle Tite-' 
Live, comme auteur d'un poëmo 
qui devait être chanté par un 
chœur de jeunes filles. Imbrex et 
Tegula ont le même sens. 

Im PERI oses, surnom deManlius, 
tiré de la sévérité avec laquelle il 
faisait les levées. Tiie-Live. 

Imporcitor, dieu de la campa- 
gne chez les Romains. 11 prési- 
dait au labour qu'on donnait aux 
champs après les avoir ensemen- 
cés. Etym. /:;orca, sillon élevé. 

Importumjs , nom d'un consul 
romain, l'an de Rome i2()3. Etym. 
importunus , cruel , tyrannique ; 
in priv. ; portus , port. 

1>ACHUS, premier roi d'Argos. 
Etym. tvào-aeiv (inasstin), dé- 
j)loyer sa force. R. "v£ç {ines) , 
forces . 

1. I^CITATL'S, vif, animé, rapi- 
de; cacher du Cirque dans Mar- 
tial , ((ni brille de pourpre et d'or, 
pendant que le poëte mis en oppo- 
sition avec lui porte l'habit noir , 
qui parait avoir été l'uniforme des 
poètes de tous les temps. 

2. — C'est aussi le nom du che- 
val que Caligula voulait faire con- 
sul, et il convient à l'un et à l'au- 
tre. R. incitare , a, as, pousser, 
exciter. 

l>ci.vTA , nom de femme chei 



INJ 

li-s RomaiiJS. K. indytus , a , uni , 
illustre; t'/xÀu-è; (e^^klutos). 

Ikccbcs, Imus, noms de Pnn 
cl de Faune, pris de leur exlrémc 
lul>ricilé, et qui ne faisaient qu'ex- 
primer la fécondité de la nature. 
Etym. incubare y /Vj/Vf, féconder. 

I^DIC0PLEI•TÈ5, surnom de Cos- 
mas, moine du sixième siècle, qui 
voyagea en Ethiopie. Etym. Iv^îexo; 
(Inaikos), Indien ; -rh'iv [plein), 
naviguer. 

Imdicètes , mortels divinisés, 
qui devenaient les protecteurs des 
lieux où ils recevaient leur aj)0- 
tliéose, tels que Roniulus chez les 
Romains , Winerse à Athènes , et 
Didoii à Cartilage, i'' étym. in 
diis ago, je vis parmi les dieux. 
1' étym. indt genilus , né dans le 
pays. 3« étym. in loco degens , qui 
y demeure. 

I>dolétès, vainqueur de l'In- 
de; surnom de lîacchus. Anlliol. 
Etym. Ivoo; [Indos), Inde; c.'/./vfAt 
(otlunii) , tuer, perdre. 

I>FA>Tius, comte d'Orient sous 
Théodose-le-Giaiid. Etym. in/ans, 
qui ne parle pas; in priv. ; Jari , 
parler. 

I^GÉ^ICCLA, surnom d'Ilithyie à 
Tégéc, en Arcadie, en mémoire de 
ce qu'Auge était tombée sur ses 
genoux, en mettant un enfant an 
monde. Etym. iu geiiua, sur les 
genoux. 

Ikcemcults, constellation qu'on 
représente comme un homme à 
genoux. M. étym. 

l^CE^cus , gouverneur de la 
Pannonie, distingué par ses tal; ns 
militaires, .-e fit di'clarer Auguste, 
fut battu par Gallien, et se tua ou 
fut tué par ses soldats. Etym. in- 
genuus , de condition libre. 

1. Injcriosus, é^êque de Tours, 
en 549, s'opposa seul à ce que les 
éviîques des Etats de Clotaire lui 
accordassent le tiers de leurs reve- 
nus. 

2. — Surnom donné par forme 
de jeu de mots à Jurieu , ministre 
calviniste, et tiré de son inclina- 



lOC 519 

tion à dire des injures. R. injuria, 
injure. 

l^o, fille de Cadmiis, changée 
en divinité marine. Etym. ïvvb; 
(innos) , vain. 

I^SA^^:s, intraitable; surnom 
d'une famille romaine. 

I^slTOR, dieu qui, chez les Ro- 
mains, présidait à la greffe et aux 
autres opérations du jardinage, 
t.lym. inserere , insevi, insilum , 
enter, greffer. 

I^STA>TltJS, nom romain. Etym. 
insto , insister, presser vivement. 

I^TEBAM^A , nom latin de la 
ville de Nanti , située dans une île 
d'environ quatre milles de circon- 
férence, formée par les deux bras 
de la rivière Néra. R. inter, entre ; 
aninis, fleuve. 

1^TERCID0S, I>TEr.ciDONA, dieux 
qui présidaient à la coupe des bois. 
Ils étaient surtout réve'rés par les 
bûcherons et les charpentiers. 
Etym. inter, entre ; ccedere, cou- 
per. 

I>TERDUCA, Iteedcca, nom sous 
lequel on invoquait Junon , lors- 
qu'on menait la mariée dans la 
maison de son mari. Etym. iter, 
chemin; ducere , conduire. 

I^VE^TOB, qui trouve; surnom 
sous lequel Hercule éleva un autel 
à Jupiter, après avoir retrouvé ses 
bœufs , volés par Cacus . R. im'enire, 
trouver. 

I^VE^lECU^DTJsDEus , le dieu ef- 
fronté ; Bacchus. Etym. iu priv. ; 
verecundus , qui a de la pudeur, 
de la modestie. 

lo. Cette divinité était ainsi 
nommée, dit saint Clément d'A- 
lexandrie, du verbe "ivon (ienai) , 
aller, parce qu'elle avait erré dans 
une partie de la terre. D'autres dé- 
rivent son nom de "oy(ion), vio- 
lette; ou de îbç (ios), trait. 

locHATRA , qui aime à lancer 
des traits ; surnom de Diane. 
Etym. c'o;; ^^atpetv {chairein), se 
réjouir. 

locRiTE, filsdeLycurgue. Etym. 
îo;; xptT»)5 (krités), juge. R. xpîvïiv 
(krinein) , juger. 



320 



IPH 



ÏOKSSx, brune; nom do courti- 
sane daiis Lucien. JEtyni. c'oei; 
{ioeis), de couleur de violette. Pi. 
fov , violette. 

loLAS , nom d'homme. Etym. 
îo; ; ^aoç (/aos), peuple. 

Io^ , poëte comique fort adonné 
au vin et fort licencieux. Athénée 
nous apprend que, rival de Péri- 
clès près d'ime femme nommée 
Chrésilla , qui préféra au poète 
l'homme riche et puissant, il s'en 
vengea par des vers satiriques. 
Etym, Poç, trait. 

loKE , ville de Palestine ainsi 
nommée de ce que Io, après ses 
longues courses, y aborda. On l'y 
honorait sous la figure d'une gé- 
nisse : c'estla même que Gazn. 

lop.^s , nom de joueur de lyre 
dans Virgile. Etym. ïîvat (hienai'), 
envoyer ; oJ/ ; otoo; ( ofjs , o/jos j , 
voix, chant. R. s'-nnv (epeiii), par- 
ler. 

i.IoPHOK, fils de Sophoclequi 
voulut faire interdire son père, 
Etym. Poç, î«, trait; ou c'ov , vio- 
lette; (pacvEiv {phuinein), montrer; 
ou Tmv, fiiiv-fiv (hion, phônén), qui 
fait entendre sa \oix. 

2. — Poète tragique. 

loPLOROS, quijàit ou poitedes 
guirlandes de violettes ; épithète 
de Bacchus. ydnthol. Etym. "«ov, 
violette; tt/oxy) (/j/o/t(i), guirlande; 
-TrXtxEiv (plekein), entrelacer. 

Iphiakasse , reine courageuse; 
une des Frœtides , insult.i Junon 
avec ses sœurs, et partagea leur 
punition. Etym. Ttpi; (^iphis),cciura- 
eeux; avaÇ {anax), roi; avao-ca 
(anassa), reine 

Iphiclus , gloire due au cou- 
rage ; nom commun à plusicui's 
héros grecs. Etym. itptç;x/£oç(A/eoi), 
gloire. 

Iphicrate, foice et courage; 
capitaine athénien, fils d'un cor- 
donnier, digne de son nom,s'éle^a 
du rang de simple soldai au com- 
mandement des armées, opéra des 
réformes utiles dans l'armure et 
dans la tactique , et se fit un nojn 
par ses exploits. Un noble lui re- 



prochait la bassesse de sa naissance^ 
etfaisait valoir l'éclat de la sienne : 
" Je serai le premier de ma race, 
répondit Iphicrate , et toi tu seras 
le dernier de la tienne. » R. iiptç; 
xpocTo; ( kratos) , force. 

Iphiceéolabe , cnnqiiérant à 
table ; nom de parasite dans Alci- 
phron, qui a l'air de jouer sur le 
nom d'Ipliicrate, célèbre général 
athénien. Etym. Ttpe {iphi), forte- 
ment; xpca; (kreas), chair; Xotfi- 
Sxvtiv (lambaneiii), prendre ; aor. 2 
lloiSov (elaboii). 

Iphidamas, nom d'homme. R. 
Tcpi;, courageux; «Jaaàv (daman), 
dompter. 

Tphigénie , race courageuse ; 
fille d'Agamemnon. Etym. T<etç ; 
y/voç (ghenos), race. R. ysivso-ôat 
[gheinesthai), naître. 

Iphimédie, nom de femme. 
Etym. Tcpcç, courageuse; p.£(îeiv 
(medein), commander. 

Iphinomé, nom d'une Amazone. 
Etym. Ttfi;; vo(j.h(noiné), pâturage. 

IpHI^o^js , esprit courageux ; 
nom d'homme. R. îtpi;; voo;, va; 
(/loos , /J0M5), esprit. 

Iphis, nom d'homme. R. Ttpiç, 
courageux. 

IpHiTHÉii, mère d'Orphée. R. 
lift ; âéix (thea), déesse. 

IpniTUs , un des Argonautes. 
M. R. 

Iphkée, nom d'homme. M. R. 

Iphthime , sœur de Pénélope , 
dont Minerve prit les traits pour 
rassurer en songe cette princesse, 
inquiète du départ de son fils Té- 
\éniaqiie.Ktjm.i(fiQilj.oq{iphthimos), 
robuste, courageux. R. Ttpi (iphi) , 
courageusement. 

IpofTO>os, surnom donné à Her- 
cule , pour avoir tiétruit les vers 
qui rongeaient les vignes. Etym, 
"'l' , Îtto; (ips , ipos), ver. R. firltiv 
(iptein) , nuire; xIe'vecv (ktencin), 
tuer. 

Ipséa, mère de Médée. R. "<^0(; 
(ipsos) , liège, ou l^'o^ (ipsos), 
lierre. 

1. Irèxe, impératrice de Cons- 
tantinople, célèbre par sa beauté^ 



ISA 

son esprit et ses forfaits. Son his- 
toire a été écrite par M. l'abbé 
Mignot. R. tîoYÎvT) (eù-êiié), la paix. 

2. — Favorite de Ptoléméc, (ils 
du roi Ptolémée Pbiladelphc , qui 
la conduisit à Ephèse , dont il était 
"ouverncur. La garnison conspire 
contre çc prince ; il se réfugie avec 
Irène dans le temple de Diane. Il 
est tué ; Irène, deljout sur les por- 
tes du temple, demande et reçoit la 
mort. M. R. 

IRÉ^ÉE , nom d'homme. M. h. 

Ire>eus, pacifique; nom qu'a 
emprunté le célèbre Pierre Nicole. 
M. R. 

Irekicus, pacijicus / nom sous 
lequel s'est caché un Allemand 
nommé Philippe-André Oldeu- 
burger. M. R. 

Iréhis, nom de femme. M. R. 

Iris. R. eî'pav (eirein), parler , 
annoncer. Cette étymologie con- 
vient à l'Iris, météore, et à l'Iris, 
divinité. La première est un phé- 
nomène qui annonce la pluie , et la 
seconde , la messagère qui annonce 
les volontés de Juuon. 

Irus, nom d'un mendiant dans 
r Oclysrée. Etym. Tpoç , a , ov , {iros, 
a, on), pauvre. D'autres le déri- 
vent d't'îptiv (etrein), parler, parce 
qu'il faisait les messages des amans 
de Pénélope. 

IsAAC, ris; fils d'Abraham et 
de Sara, qui lui donna ce nom, 
parce qu'elle se mit à rire, quand 
i'angc lui annonça qu'elle auroit 
un fils. 

IsADiS, jeune homme de Lacé- 
(lémone, que ses compatriotes ho- 
norèrent d'ime couronne , pour 
avoir couru au combat, au sortir 
du gymnase, et niulclèrcnl d'une 
amende, pour s'y être présenté 
avant l'âge , sans être revêtu des 
armes de son pays. Elym. îa-âÇetv 
(isazein), égaler. R. T70; (isos), 
égal. 

ISAGORAS, poëte tragique, sous 
le règne de Marc-Antonin. R.T^o;; 
i/opà (agora), place publique. 
IsAGRi's, nom d'archonte athé- 



ISË 



521 



nien. Etym. ÎVo;; Hypoç (agros), 
champ. 

IsAiE, saint (lu Seigneur; le 
premier des quatre grands pro- 
phètes , et le plus éloq uent de tous. 

IsA^DRK, guerrier qui va de 
pair; frère de Bellérophon, tué 
par le dieu Mars. Etym. Taoç; àvïjp, 
àv^poç (ane'r, andrns), gueriicr. 

IsAivTHÈs ,nomd'honime.Etym. 
T(jo;; av9o; (anihos), fleur. 

IsARCHUS, égal en puissance; 
archonte athénien. R. Tgoç; ùpx'n 
(aj'chè), commandement. 

IsAURE , ville de Cilicie. Etym. 
îo-oç ; ctvpa {aura), souffle, ou avpoç 
(auros), riche. 

1. IsAURicL's, .surnom de P. Ser- 
vilius, tiré de la prise d'Isaure, 
ville de Cilicie. Velleius. 

2. — De l'empereur Léon, ori- 
ginaire de cette ville. 

1 SBOSETH , homme de confusion ; 
fils de Saùl, détrôné par Abner, 
fut assassiné par deux scélérats que 
David fit mettre à mort. 

\sc\Lk% , figue .'^cche ; nom de 
femme. R. îo-X"'"? (ischnos), maigre. 

IscH0LAi5s, fjénérai lacédémo- 
nien. Etym. luyyi; (ischus), force ; 
îiaoç (laos), peuple. 

IscHOLiMos , Jaim vigoureuse ; 
nom de parasite dans Alciphron. 
Etym. î(7/j;; huo^ (limos), faim. 

IscHOMAQUE , guerrier vigou- 
reux ; acteur célèbre par ses talens 
et ses bons mots, f.tym. lij/lx; ; 
f/a/-/! (mâché), combat. 

IscHYR^o^, nom d'homme. R. 

IscHYRius, nom sous lequel s'est 
caché un écrivain allemand nommé 
Sterk. Etym. î^x^pb; (ischuros), 
fort. 

IscHYS , père d'Esculape. R. 

IsÉE, orateur grec, disciple de 
Lysias, et maître de Démosthène. 
Le caractère de son éloquence était 
la force et la véhémence. Etym. 
to-atoç (isaios), égal , on contem- 
porain. R. Taoç. 

IsÉLASTiQUES, jeux de la Grèce, 
dont les vainqueurs rentraient 



522 ISO 

dans leur patrie eu triomphe. 
£tym. eîdtiavvtiv (eiselaunein), 
porter en triomphe. R. eî; (eis ), 
dans; ÈAawvtiv {elaunein), pousser, 
porter. 

Isidore , présent d'Isis ; évéque 
de Séville , a hiissé vingt livres 
des Origines ou kiymologies , qui 
manquent quelquefois de justesse. 
H. lacç (Isis), Isis; lîôïpov (do- 
roii), don. 

IsiDOTE, nom d'homme. M. R. 

IsiGOKE , ne d'Isis • liistorieti 
d'Alexandre , dont le mauvais style 
n'avait pas fait oublier l'impartia- 
lité. Etym. lo"?; yovn {gone'), nais- 
sance , race. 

IsiPHYiiK , père de Protésilas. 
Etym i'o-iç; «fvXyi {phulé), tribu. 

Isis, déesse égyptienne. Etym. 
"(jyifAt (iscini), je sais. 

IsMAËL, /)icu qui exauce; fils 
d'Abrahan» et d'Agar, père des 
douze tribus arabes. 

IsMÈ^E , insiruit, qui sait} nom 
d'homme et de femme. R. c'<jYifj.t 
(isénii), savoir. 

1 . IsMÉNïAS , musicien célèbre , 
disciple d'Antigénide, ayant un 
jour chante en publicsans recevoir 
le moindre applaudissement, en 
témoignait du dépit. Son maitre, 
pour lui apprendre à mépriser le 
jugement de la multitude, lui dit : 
<i Chante pour les Muses et pour 
moi. » 

2. — Chef des Béotiens, ambas- 
sadeur en Perse, servit utilement 
son pays par son adresse. Averti 
qu'il ne pouvait parler au grand 
roi , s'il ne l'adorait , il se fit pré- 
senter, et, en entrant dans la salle 
du trône, laissa tomber sa bague. 
Ce mouvement fut pris pour un 
acte d'adoration , et Isménias ob- 
tint tout ce qu'il voulait. Môm. 
étym. 

IsoBALLiOFi , surnom d'un dé- 
bauché nommé Pythodélus. Etym. 
l'ao;, égal; (iaXio; (ôalios), tacheté, 
ou [idho;{balios), prompt. R./3âXX(o 
[ballô), jeter. 

IsocRAT£ , J'oixe égale ; célèbre 
orateur gjec , détourne de parler en 



ISS 

public, par sa timidité et la fai- 
blesse de sa voix , ouvrit à Athè- 
nes une école d'éloquence , qui 
devint une pépinière d'orateurs 
pour toutes les parties de la Grèce. 
Cicéron compare le nombre de 
ceux qui en sortirent à celui dos 
guerriers grecs qui sortirent du 
cheval de Troie. Sa fortune égala 
sa réputation. Le fils d'un roi paya 
60,000 écus un discours où Isocrate 
prouvait qu'il faut obéir au prince. 
Bi(!nlôt après il en composa un 
autre où il prouvait au prince 
qu'il doit faire le bonheur de ses 
sujets. On ne dit point combien ni 
comment celui-ci fut payé. Il 
n'était pas moins bon ami , ni 
moins bon citoyen, qu'excellent 
orateur. Après la mort de So- 
crate, il eut le courage de paraître 
en public, vêtu de deuil, et la dé- 
faite des Athéniens par Philippe , 
à la bataille de Chéronée, le fit 
mourir de douleurà l'âge de gSans, 
après avoir passé quatre jours sanS' 
manger. On plaça sur son mausolée 
nue sirène, image et symbole de 
sou éloquence. R. Tcroç ; xpoî-o; {kra- 
los), force. 

IsocEATiA , puissance égale ; 
une des principales Amazones tuées 
par Hercule. Etym. Tuoç; xpotroç 
[kraios), force, pouvoir. 

IsocYivE , femme de Cimon 
l'Athénien. Etym. r<Toç j xvtîoç {ku- 
dos), gloire. 

IsoLOCHus, général athénien y 
remplaça Lâchés, dans l'expédi- 
tion de Sicile. Tliucyd. , lif. 3. 
Etym. Tao;: Xôxoç (lochos), embus- 
cade. 

IsopALÈs, égal à la lutte; uu 
des centaures tués par Hercule. 
Etym. Tao; ; -K/xl-n (paie), lutte. 

IsoTHÉE, égale aux dieux; 
nom de femme. Etym. Taoç; 0£o; 
(Tlieos), Dieu. 

Israël, qui voit Dieu; nom 
que l'ange donna à Jacob, après 
avoir lutté contre lui . 

IssACHAR , récompense ; cin- 
quième fils de Jacob, qu'il eut de 
Lia. 



ITH 

IsTEK , partie dti Danube, voi- 
sine (lu Ponl-Euxiii. I.e P. Hert- 
ling tiérive ce nom de Iç'of (his- 
tos), mât, peul-t'tre parce qu'on 
peut la remonter à la voile jus- 
que-là. 

JsTHMius, roi de Messénie. R. 
îaSijio; (isthmos). 

IsTOMAcHUs , nom d'homme. R. 
îçoç, mat; p.ax'^ > combat. 

Isus, fils de Priam. R. r<Toç, 
égal. 

Italus, prince qui donna son 
nom à l'Italie. Elym. îtc/o; (ita- 
los), taureau. R. irr,i; [ites) , auda- 
cieux , courageux. 

Itéa, nom d'une des Danaïdes. 
R. ÎTî'a (l'tea), saule j ou "tyjçj cou- 
rageux. 

Ithémèke , héros des temps fa- 
buleux. Etym. Î6ùç (ithus), droit, 
JHSte ; fjiEvo; (menos), esprit. 

Ithyclès, archonte d'i^thènes. 
îGj; {ithus), droit ; x/£o; ( kleos ) , 
gloire. 

Ithvréeks, peuples de la Cœlé- 
syrie, habiles à lancer des traits. 
Etym. îQJvû) (ithui.ô), diriger. R. 
tôv;, droit. 



IXI 



325 



Itys . fils de Térée et de Progné. 
R. ivrt^, courageux. 

IxEUTERiA , remplie de f^lu ; 
surnom de la Fortune, qui répond 
au viscata des Latins. R. î^oç 
(l'xos), glu. 

I. lxlo^,roi de Thcssalie, attaché 
dans les Enfers à une roue qui 
tourne toujours. Elym. îÇoç [ixos), 
sordide , parce que , dit le P. Hert- 
ling , il tua son beau-père , pour 
se dispenser de tenir sa parole. 

1. — Surnom donné à un gram- 
mairien nommé Déniélrius, soit 
parce qu'il avait soustrait et repro- 
duit sous son nom une tragédie 
d'Euripide qui avait ce titre, soit 
parce qu'à l'exemple d'Ixion, il 
avait détaché des ornemens d'ar- 
gent d'une statue de Junon, dans 
un temple d'Alexandrie ; soit pour 
avoir payé d'ingratitude les leçons 
de son maître Aristarque, comme 
Ixion les boutés de Jupiter. 

IxiONii AMici , nom qu'Hélioga- 
bale donnait à ses parasites qu'il 
faisait attacher à une roue de mou- 
lin, plonger dans l'eau et tourner 
comme Ixion. Lofriprid. 



3a4 



JAP 



K)A 



Jacob, patriarche. Son nom, en 
hébreu, veul dire, qui supplante. 
Jaddo> , sa\>ant; grand-prôtie 
des Juifs, contemporain d'Alexan- 
dre-]e-Grand. 

JA^IGE^A , Canente , fille de 
Janus. Etym . Janus, Janus \ gi- 
gnere , genui , donner la naissance. 
Jaritor , portier; surnom de 
Janus , comme présidant aux por- 
tes et à tout ce qui en dépend. 
Etym. janua , porte. 

Janualis, nom donné à nnedes 
portes de Rome , à l'occasion d'un 
miracle arrivé parla protection de 
Janus. Rome était assiégée par les 
Sabins ; cette porte, quoique bien 
fermée aux approches de l'ennemi, 
s'ouvrit jusqu'à trois fois, parce 
que, dit Ovide, la jalouse Junon 
en avait emporté les serrures. Déjà 
les Sabins accouraient en foule, 
lorsque le dieu protecteur fit sortir 
à l'instant de son temple des tor- 
rens d'eau bouillante qui englouti- 
rent ou brûlèrent un grand nom- 
bre d'ennemis, et mirent le reste 
en fuite. 

Jaruarius , Jansner, ou por- 
tier; surnom d'un Flavius. R. 
janua. 

Jakus, dieu romain, qui prési- 
dait aux portes , ajanuâ. D'autres 
le dérivent du mot îùv {ion), par- 
ticipe du verbe sTfxt {eimi), aller. 
Ceux qui le confondent avec Noé 
tirent son nom du verbe îaiveiv 
(iainei/i), réjouir, parce que la 
découverte du vin devait consoler 
le genre humain du déluge. 

Japet, archer ou chasseur; 
nom d'homme, d'iVîTo,; (ipetos), 
dériv. de îVTeiv {iptein) , lancer, 
formé lui-même d'îo; (ios), tiait. 
D'autres qui voient dans Japet le 
symbole de la sphère céleste , le 
dérivent àcj'o tS î'eaQac xm 7r£'-£o-6o(t 



(apo tou iesthai kai petesthai), de 
la démarche et du vol. 

Japhet , qui dilate ; fils de Noé. 

Jasécs , philosophe grec. R. îaa> 
(ian), guérir. 

Jaso, fille d'Esculape. R. îàu- 
6at ( iasthai), guérir. 

1. Jason, héros grec, disciple 
de Chiron, époux de Médée, chef 
des Argonautes, célèbre par la 
conquête de la toison d'or. R. lia, 
tôpjb}, fut. i; îao-ùjv (iasôn), qui gué- 
rira. 

2. — Un des historiens d'Alexan- 
dre, abréviateur décharné, avait 
fait une nomenclature plutôt 
qu'une histoire. 

Jého , qui excite ; sacré roi 
d'Israël par le prophète Elisée , 
extermina la race d'Achab. 

Jephté , qui ouiTe ; un des juges 
du peuple de Dieu , immola sa fille 
unique. 

Jérémie , grandeur du Sei- 
gneur ; ^rophî^le , prédit les mal- 
heurs de Jérusalem. 

Jéroboam, qui combat le peu- 
ple ; auteur du schisme et de l'ido- 
lâtrie des dix tribus. 

jÉiioME, nom d'homme. J^oy. 
HiÉRONVMfi. On a dit autrefois 
Hiérosme. 

Jérusalem , vision de la paix ; 
capitale de la Terre-Sainte. 

Jésus , saui>eur ; nom du fils de 
Dieu , fait homme. 

Jéthro , son excellence ; hca.u- 
pèrc de Moïse. 

Jézabet, , lie du fumier; épouse 
d'Achab , fut jetée aux chiens par 
ordre de Jéhu,et sa mort accom- 
plit la prédiction d'Elie. 

JoAB, paternité ; un des meil- 
lein-s généraux de David. 

JoAS , le Jeu du Seigneur; sauvé 
par Josabeth des fureurs d'Athalie, 
yionta sur le trône, et gouverna 



JUC 

avec justice ; mais séduit nar les 
Hattcurs, il adora les idoles, et 
lit lapider Zacliarie, ûls du grand- 
priître auquel il devait la cou- 
ronne. 

Job, qui gémit; ce'lèbre par sa 
patience et par sa vertu. 

JocASTE , mère d'Œdipc ; peut- 
être Ivoif ofnP.e. pour son malheur. 
Etym. l'ù (iô), exclamation de 
douleur ; xxÇ^'.v (kazeiii), orner. 

Jocc^DA , nom de femme. Etyra. 
jucundus , a , um , agréable. 

JoDOCTJS, nom d'homme. Etym. 
to; (/05) , trait; âé/^tiBoii {deches- 
ihai), recevoir. 

Joël , gui veut; le 2« des douze 
petits prophètes. 

JoNAS , colombe ; le 5' des petits 
prophètes. 

Jo> ATHAS , Dieu donné ; fils de 
Saiil, ami de David, quia célé- 
Lré sa mort. 

JosABETH , serment du Seigneur. 
Voy. les beaux vers que Racine 
met dans sa bouche : 

Hélas! l'clat horrible........ 

JosAPHAT , serment du Seigneur ; 
roi de Juda, prince que sa piété 
rendit agréable à Dieu, 

Joseph , accroissement ; fils de 
Jacob, dont l'histoire est un des 
traits les pins touchans des Livres 
saints. 

JosuÉ, sauveur; un des juges 
d'Israël, successeur de Moïse. 

JoviEN , empereur romain , suc- 
cesseur de Julien , fit une paix de- 
savantageuse avec la Perse , ferma 
les temples des faux dieux, rap- 
pela le clergé de l'exil , et mourut 
au bout de sept mois , de la vapeur 
du charbon allumé dans sa cham- 
bre pour la sécher. Etym. Jouis, 
gén. de Jupiter. 

JoviME>, nom d'un hérétique. 
Môm. étym. 

JoviMîs, nom romain. Etym. 
Jouis, gén. de Jupiter. 

I. Jovics, surnom d'Hercule, 
fils de Jupiter. 

2. — De Dioclélien. Y.{\jm. Jouis. 

Jccu^DlAIsus , nom romain. 



JUL 



5a5 



Etym. jucundus , a , um, agréable. 

Juda , louange du Seigneur; 
quatrième fils de Jacob et de Lia, 
donna son nom au peuple du Sei- 
gneur et à la Judée. 

JcTDiTH, qui loue Dieu; Juive 
devenue célèbf'^ar la délivrance 
de Béthulie et par la mort d'Holo- 
plicrne. 

JUGA , JrcALIS , JCGATIKA , SUr- 

noms de Junon , présidant aux 
mariages, par allusion au joug que 
l'on mettait sur les deux époux , 
dans la cérémonie des noces. R. 
/ugum , joug. 

JuGATi>us. l^s Romains avaient; 
deux dieux de ce nom, dont l'uu 
présidait aux mariages, et l'autre 
au sommet des montagnes, /w^a. 
Saint August. 

JuGATius , quartier de Rome où 
était un temple de Junon- Juga. 

Jugula, nom de la constella- 
tion d'Orion. Festus le dérive de 
ce qu'elle est plus grande que les 
autres , çuasi nux juglandis • 
2e étym., la tête de ce signe est 
de quatre étoiles au-dessous des- 
quelles deux autres très-brillantes 
en forment poi;r ainsi dire le cou, 
jugulum ; 3' étym. , Orion est 
eupposé armé d'une épée, quo ju- 
gulum petit; ^o étym. , j'agis, per- 
pétuel. Orion est une coiistella- 
tion pluvieuse, quœjugem aquam 
portendit. 

Julie , nom commun à plu- 
sieurs princesses romaines. La plus 
vertueuse de celles qui portèrent 
ce nom fut la fille de César et de 
Cornélie, femme de Pompée , qui 
l'aima tendrement ; et la plus fa- 
meuse est cette Julie, fille d'Au- 
guste , chérie de son père pour ses 
talens et sa beauté, mais qui per- 
dit cette tendresse par la licence 
de ses mœurs , et fut reléguée par 
Auguste dans l'ile de Pandatarie, 
où Til-ièie son mari la laissa mou- 
rir de faim. Sa fille, nommée 
Julie comme elle , n'eut pas des 
mœurs plus régulières, et en gé- 
néral ce nom ne fut pas lieureux, 

V. JULIUS. 



5-26 



JUN 



JoME> , empereur romain , fils 
pijtné de Constance, frère de Cons- 
tantin-le-Grand, reçut une édu- 
cation soignée, fit, dès qu'il fut 
monté sur le trône, profession pu- 
blique du paganisme , renouvela 
les persécutionrt^'wtre les chré- 
tiens , mais avec beaucoup plus 
d'adresse que de cruauté , se livra 
trop aux sophistes , et céda un peu 
à la vanité de montrer un philo- 
sophe sur le Irône. Mais il fut 
sobre, tempérant, ami des lettres, 
laborieux, habile, releva l'éclat 
des armes romaines, donna l'exem- 
ple des vertus les plus rares sous 
la pourpre, contint les barl)ares , 
et périt, après des succès brillans, 
dans son expédition contre les 
Perses. Les écrivains chrétiens , 
qui n'ont vu en lui que l'apostat 
et le persécuteur, n'ont pas mé- 
nagé sa mémoire. On a de lui des 
ouvrages agréables , entre autres 
les Césars , satire assez fine de 
tous ses prédécesseurs. L'abbé de 
la Bletterie a écrit sa vie , et a su 
se défendre , dans ce morceau 
d'histoire très-estimable, de l'ex- 
cès du dénigrement d'une part, 
et de l'autre, de l'enthousiasme 
qu'il est assez naturel aux bio- 
graphes de concevoir pour leurs 
héros. Ce prince y est jugé avec 
la plus parfaite impartialité, f^oy. 
Juncs. 

JcLius. La famille Julia pré- 
tendait descendre de Jule , fils 
d'Enée , qui prit ce nom , dit Ca- 
ton dans ses Origines, après avoir 
tué Mézence , parce qu'à l'époque 
de ce combat il avait encore le 
poil follet que les Grecs appelaient 
'îovXo^ (ioulos). 

Ju^cus, surnom d'une branche 
de la famille Emilia. R. Juncus, 
jonc. 

JuMUs, prénom romain. J'u- 
nior , plus jeune. 

Ju^o^. Ce nom a la même éty- 
mologie que celui de Jupiter. 

Ju^o^lGE^A, Vulcain, fils de 
Junou. Etym. yuno ; gignere , 
genui, mettre au monde. 



JUV 

Jc^OMus, un des surnoms de 
Janus, parce qu'il introduisit en 
Italie le culte de Junon, et parce 
qu'il présidait au commencement 
de chaque mois, dont toutes les 
kalendes étaient dédiées à Junon. 

Jr.'PiTER,/>è;'e secourable; quasi 
juvans pater. 

I. JusTI^, empereur d'Orient, 
fils d'un laboureur. R. j'ustus , 
juste. 

2. — Historien latin , abréviateur 
de Trogue Pompée. 

JusTiKE , nom d'impératrice 
grecque R. j'ustus, a, um , juste. 

JusTiMER , s'éleva à l'empire 
par un assassinat, gouverna d'a- 
bord sagement, et vit son règne 
honoré par de grands succès ; mais 
la disgrâce de Bélisaire, et le pou- 
voir que prit sur son esprit Théo- 
dora , qu'il avait élevée du théâtre 
sur le trône, ont terui sa réputa- 
tion. Un de ses plus beaux titres 
à la reconnaissance de la posté- 
rité , est la rédaction des lois ro- 
maines. C'est par lui que fut aboli 
le consulat. M. R. 

JcsTCS, surnom d'un Fabius à 
qui Pline Je jeune a adres.sé des 
lettres. K.j'usius , a , um , juste. 

JL'TCR^E , déesse romaine que 
révéraient particulièrement les 
filles et les femmes : les unes pour 
obtenir un heureux hymen , et les 
autres un heureux accouchement. 
\\. juvare , juvatuin ,jutiim , aider. 

JcvE^AI, , célèbre poëte sati- 
rique. Domitien le relégua en 
Egypte pour avoir blessé l'amour- 
propre d'im affranchi. Etym. ju- 
x'enis , jeune. 

JuvKKCus, prêtre espagnol qui 
a mis l'Evangile en vers hexa- 
mètres. On en cite un remar- 
quable par sa précision. Les 
mages, dit-il, 

Aurum , thus , myrrham , Regi<]ue Homini- 

çue JJeoque, 
Dona ferunt. 

Fily m. jtwencus , jeune bœuf qui 
n'e»t plus veau , mais qui n'est pas 
encore taureau. R.juvaiis, qui 



JUV JLV 527 

tile. Ou juvenh. Ce mot, JuvE^TIUs, nom romain, hju- 

; dans les poètes, signifie veiitd, jeunesse. Un consul de ce 

une homme. nom mourut de joie en apprenant 

TK , jeunesse; déesse que en Corse, au milieu d'un sacri- 

! lains invoquaient quand ficc, que le sénat avait décerné 

lis taisaient quitter la robe pré- des actions de grâces aux dieux, 

Icxtc à leurs enfans. "R.juuenis. en réjouissance de ses victoires. 



3a8 



REP 



KOS 



K 



Kala.mi»thiijs, nom d'une gre- 
nouille dans la B atrachomyoma- 
chie. R. xaXaf/.t'v9vi {kalaminthê) , 
espèce de menthe sauvage ; ou 
xocAafAo; (kalainos), roseau. 

Kalasiris, nom de prêtre chez 
les anciens. Etym xr).\i<jiçi<; {kala- 
siris), habit de lin qui va jusqu'aux 
talons, tel que les prêtres en por- 
taient. R. x<^H^(^^^^^'^)' lâcher, 
laisser tomber ; ou xarov a-jpîiv (ka- 
lon surein), le traîner beau , à cause 
de la frange qui était au bas de 
cette espèce de robe. 

Kalerdaris, Junon, à qui les 
kalendes de chaque mois étaient 
consacrées. Etym. halendœ , arum, 
kalendes, premier jour de chaque 
mois. R. xaXtîv {kalein); calare, 
appeler, parce que ce jour-là un 
pontife annonçait la nouvelle lune 
au peuple assemblé. 

Kalomce, nom de femme dans 
Lysistrata , comédie d'Aristo- 
phane. Etym. xaro; (kalos), beau 
ou brave; vîx/i (nihé), victoire. 

Kalyca, calice de/leur, bouton 
de rose ; nom de femme dans 
Aristophane. Etym. xc/l-j-rfltiv (ka- 
lupiein ) , couvrir; xâXuÇ, uxoç {ka- 
lux , ukos), i-ose, bouton de rose. 

KeiTUkeITOs, sobriquet donné 
à Ulpien , jurisconsulte romain , 
avide de connaissances , parce 
qu'avant de toucher à un mets 

Suelconque , il avait coutume de 
emander : xtTrat; ■« â x£~Tat ; xaî 
-TTs x£~Tai; {keitai, ê ou keitai, kai 
poukeitai?) est-il d'ici? n'en est- 
il point? d'où est-il? R- xcrjuat 
(keiniai) , être couché , rester. 

Keladeiros, qui aime l'harmo- 
nie ; épith. de Bacchus. R. xÙolSoi; 
(kelados), son. yinlhol. 

KÉpoTVRARROs, roi de son jar- 
din ; surnom d'Apollodore . nu 
Ans plus célèbres disciples d'Epi- 



cure, dont l'ambition avait, à ce 
qu'il parait, pour limites celles de 
son jardin. Etym. xTIcto; (képos), 
jardin; Tvpoi.vvoi;(lurannos), roi. 

KÉRAO^, dieu que les Spartiates 
honoraient comme l'inventeur des 
festins. Etym. xEpavwfjit ( keran— 
numi) , mêler l'eau au vin. 

Réras, tour voisine de Sala- 
mine, du haut de laquelle Xerxès 
contempla son armée, et ne put 
retenir ses larmes en réfléchissant 
que de cette multitude innom- 
brable il n'en resterait pas un seul 
dans un certain nombre d'années. 
R. xt'pai (keras) , corne. 

Kerroëtius, nom sous lequel 
s'était déguisé le P. Pétau (peto), 
par allusion italienne et grecque à 
son nom. Cerco, je cherche ; aîr/oj 
{aiteô) , je demande. Saumaise , 
en le démasquant, l'appela Cerco- 
peLavius , par une allusion indé- 
cente au mot xepxowiQ/ixoç {kerko- 
pithékos) , singe à longue queue. 
Etym. x/fixoç (A:e/'A:o5), queue; th'Qv)- 
xo; (pithéko), singe. 

Rmssolechos, tjui lèche , qui 
respire la fumée des viandes^ nom 
de parasite. Etym.xvtVcra {knissa), 
nidor, fumée de viande rôtie ; 
Itiytiv {leichein), lécher. 

KoiLiOD^MOK, qui met sa féli- 
cité dans son ventre ; surnom d'un 
parasite dans Athénée. Etym.xot- 
Acov {koilion) , ventre. R. xoliloc, 
{koilos), creux ; <îat/jiû)v {daimôn), 
bonheur. 

KoLYSA^ÉMIAS , qui Contient les 
vents; surnom d'Erapedocle.Etym. 
xw/luav (kôluein), empêclier; av£p.o; 
(anemos), vent. f^. Alexakémias. 

KoPis, surnom d'un philosophe 
péripatéticicn, dont la dialectique 
était serrée. R. xoctIeiv (kopiein), 
couper; xovAi (kopis) , huche. 

KosoTRAPEzos, le ver rongeur 



KUR 

lies tables^ cpitliùtecnr:iclciistique 
(le parasite dans Suicl;is. Etyni. 
xiaoç (kosos), charançon; Toa-CTtÇ'a 
(irapeza), table. 

KoRADEs (Kaiai), les bonnes 
dames; c'est-à-dire, les Fées, qui 
sont les Nymphes des Grecs mo- 
dernes. Le savant Villoison a sou- 
vent observé dans ses voyages que 
ce sont elles que les Grecques sa- 
luent respectueusement dans l'tle 
de Mycone et ailleurs, lorsqu'a- 
vant de tirer de l'eau d'un puits, 
elles répètent trois fois : Je te salue. 



RYL 



329 



6 puits ! et ta compagnie ; c'est-à- 
dire, les Fées. R. xjptoç (kurios), 
seigneur, que les Grecs modernes 
disent xvpt; (kuris). 

}i.YK.ÉiÈs , biweur, ou trouble- 
fcte ; sobriquet qu'Epicure don- 
nait au philosophe Heraclite. R. 
xvxotû) (kakaô), mêler (préparer à 
boire), troubler. 

Kyli,opodio> , épithète donnée 
à Vulcain par ceux qui ne le font 
boiteux que d'un pied. Etym. jcvX).oç 
(_kuUos). mutilé j tzs-, tto^o; (pous, 
podos) , pied. 



53o 



LAB 



LAC 



J^AA, ville de Laconic , ainsi 
nommée parce qu'elle était située 
sur des hauteurs. R. H2C(;(/a«s), 
pierre. 

Laban, blanc; père de Rébecca, 
beau-père de Jacob. 

1. Labeo , lip u , quia de i^rns es 
lettres; surnom romain. R labium, 
lèvre ; peut-être formé de AaÇîTv 
{labein), prendre, recevoir. Plin. 
V. Chilo. 

2. — Consul romain , homme 
de guerre et homme de lettres , 
passe pour avoir aidé Tércncc 
dans ses comédies. 

3. — Un jurisconsulte romain 
de ce nom , fils d'un des meur- 
triers de César , contemporain 
d'Auguste , avait fait un ouvrage 
sur les étymologies de la langue 
latine. 

Labérics, raimographe, cheva- 
lier romain. César l'obligea de 
parattre sur le théâtre Les cheva- 
liers , lorsqu'il voulut reprendre 
sa place, se serrèrent tellement, 
qu'il ne put s'asseoir parmi eux. 
R. labium, lèvre, ou bord d'un 
bassin. 

L.VBIÉ^us, nom d'un lieutenant 
de César qui passa dans le parti 
de Pompée , et à qui César fit 
renvoyer ses équipages. R. labium , 
lèvre. 

Labiqcbs, peuples d'Italie , ti- 
raient leur origine d'un Glaucus , 
fils de Minos, surnommé Labi- 
cus , d'un bouclier dans l'intérieur 
duquel on pouvait passer le bras, 
et dont il porta le premier l'usage 
en Italie. Etym. ^aÇyj (labé), anse, 
manche. R. ÂafjiSavEtv (lainbanein), 
prendre. 

Labour (Terre de), partie de 
l'ancienne Campanie, ainsi nom- 
mée parce que c'est une terre 



grasse dont la culture est très- 
pénible. 

Labradéus , surnom de Jupiter 
en Carie, en mémoire de ce qu'Ar- 
salis, roi du pays, vainqueur de 
Candaule, roi des Lydiens , avait 
rapporté la hache d'armes des rois 
de Lydie , qui s'appelait labvys. 

Laccoplutus , surnom donné 
aux descendans d'un Callias, qui 
s'était enrichi duraut la guerre 
des Perses, parce qu'il s'était ap- 
proprié un trésor enfoui dans les 
plaines de Marathon , après avoir 
tué celui qui le lui avait indiqué. 
Etym. Xxxxo; {lakkos) , fosse j tt).»- 
ro% {ploutos) , richesse. 

LACÉDÉMO^ , fils de Jupiter , 
donna son nom .i la ville de La 
cédémone. Les étymologies de ce 
nom sont purement conjectui'ales. 
Le P. Hertling y trouve iaxo; 
( lakos ) , bruit , et Xâ;)jo; ( lâchas ) , 
sort; Sci.~if.oi (daimos) , pour •îyjfAoç 
(démos), peuple, cl S'xî.^.wv (dai- 
môii), heureux. Dans le partage 
que les Héraclides firent de ce 
territoire , l'emplacement de cette 
ville échut à l'un d'eux , qui , 
contentde son lot, l'appela \«xt(îat- 
fi.ova, quasi Jortunœ sortem. 

LACb:R, Romain, affectionné à 
l'empereur Trajan , fit bâtir à ses 
frais un pont considérable dans la 
ville d'Alicante, en l'honneur de ce 
prince. Etym. lacer, a, um, dé- 
chiré. 

Lacérids, tribun du peuple, 
l'an de Rome 355. M. étym. 

LACHA^■OTHAUMASE, qui admire 
les légumes : nom de parasite dans 
Alciphron. Etym. H^^avov (lacha- 
nun), légume. R. ).axaiv£cv (/ac7ta/'- 
iieiii)^ fouir, bâcher; .^avfAxÇtiv 
( ihaumazein), admirer. 

Lacharès, Athénien, échappa 
trois fois, par un stratagème, aux 



LAC 

ennemis qui l'etivcloi)]) lioiit. R. 
Xao; (laos), peuple; yaîoav (<ihai- 
reiii), se réjouir. 

Lâches, nom de vieillard dans 
Térencc. Etym. l).ù.xov [elachmi); 
aor. a du vrrbe /.■xy^y-vtr/ {la^cha- 
nein), obtenir par héritage. 

Lachésis , une des Parques , 
celle qui tient la quenouille, ou 
qui mettait le fil sur le fuseau. R. 
\<xy)(i'' '-'■'' , tirer au sr»rt. 

Lacinil'M , promontoire de l'A- 
bruzzp , aujourd'hui Capo ileile 
Colonne , ain.si nommé de Laciiius, 
brigand tué par Hercule. Le demi- 
dieu y éleva un temple à Junon, 
qui en prit le nom je Lacinia. 

Lackatès, sculpteur grec. Etym. 
iàaç (laas), pierre ; ou Àà (fa), par- 
ticule augment. ; xpaxo; (kraios) , 
pouvoir. 

Lacri>ès, Lacédémonien en- 
voyé en Chypre. R. Icuoç, peuple ; 
xpt'vEtv {kriiiein), juger. 

LAcTA^cE , orateur et. père de 
l'Eglise , disciple d'Arnobe , et 
précepteur de Crispe, fils de l'em- 
pereur Constantin, a réfuté les 
païens avec autant d'éloquence 
que de solidité. Il avait formé son 
style sur celui de Cicéron. Aussi 
les étymologisles dériveut-ils son 
nom de lac, lactis , lait ; qua i 
lacté Ciceroniano imbutus. 

Lacte>s, LACTUR^us, dieu des 
Romains. /^. Lacturcika. 

Lactccimis, surnom des Vale- 
rius , tiré de la culture des laitues. 
Jl. tactuca. 

Lacturcina, Lacturtia, déesse 
des Romains, qui présidait à la 
conservation des blés encore jeu- 
nes. R. lac, tis , lait. 

Lacyde, philosophe grec, dis- 
ciple d'Arcésilaiis , et fondateur 
de la nouvelle secte académique. 
Attale , roi de Pergame , lui donna 
un jardin, où il faisait ses leçons. 
Une oie avait toute son affection ; 
il lui fit de magnifiques funé- 
railles , et , ce qui est encore moins 
philosophique , il mourut d'un 
excès de vin. Etym. )iao; {laos) , 



LÂG 



33 1 



peuple, xO-îo; (fiU(lt)s), honneur. 
I.ADAS , courrier d'Alexandre , 
renommé par son extrême vitesse. 
R. ^acîa; (lad as), cerf. 

La;laps , un des chiens d'Ac- 
téon. R. Xai'/la>{/ (lailaps), tour- 
billon. 

L«^As , surnom de Popilius , 
parce qu'étant occupé à faire un 
sacrifice en qualité Ae. Jlmnen , il 
parut en public, cum lœiid , et 
apaisa la sédition par un discours 
éloquent. Etym. ^>aîva (chlaina), 
sorte de chape que portaient les 
augures. R. yy-^'^^'^ (chlainein), 
échauffer, parce que ce vêtement 
était doublé. 

Laërte, père d'Ulysse. Etym. 
)iao;, peuple; l'îpw , £pS(eir6, en!), 
dire , annoncer, nouer. 

Lff.T0Rics. Un Romain de co 
nom porta une loi qui ne permet- 
tait de faire aucime transaction 
avant l'âge de vingt-cinq ans , 
nommait des curateurs pour l'in- 
conduite comme pour la démence, 
etc. Etym. lœius , joyeux; peut- 
être de \xu>(^la6j, vouloir. 

LiETUS, joyeux ; nom d'une fa- 
mille romaine. Laela, nom d'une 
dame romaine, contemporaine de 
saint Jérôme, qui lui a adressé 
une lettredans laquelle il lui donne 
des instructions pour l'éducation 
de sa fille. Dérivé : Ltstiliiis. 

LffviRUs, gaucher; surnom des 
Valerius. \\.lce\^us, gauche. 

L«vius, poêle romain, anté- 
rieur à Cicéron, dont Aulugelle 
et Apulée nous ont conservé quel- 
ques vers. M. R. 

Lagétas, qui conduit, ou amène 
les peuples dans sou empire; sur- 
nom de Plu ton dans Pindare. 
Etym. Icto- , peuple ; ayiiv(^aghein), 
conduire. 

Lagide, courtisane aimée de 
l'orateur Lysias, et dont le rhéteur 
Céphale fit l'éloge. Etym. ^ayi-îtov 
{ laghidinn) , diminutif de ia/o; 
(lagos), ion. pour À'/.ytooç (la^ôos), 
lièvre. 

Laginitis , surnom sous lequel 
les Carieiis avaient éle\c un tcm- 



552 LA I 

pic à Hécate, d;ins Hécatcsie, ville 
tic Carie, depuis qu'un lièvre s'y 
était réfugié. R. laywoi (lagôos), 
lièvre. 

Lagisqce , courtisane aimée 
d'Isocrate. Etym. layitjxoç {laghi's- 
fcos), (lim. de layoi; , lièvre. 

Lagus , père de Ptoléinée , un 
des capitaines d'Alexandre, roi 
d'Egypte après sa mort. R. ^a/oç, 
lièvre. 

Lagymok , pff'éininé ; surnom 
d'un parasite nommé Damoclès. 
Etym. IS. {la), particule insépar. 
qui augmente ia signification ; yuvY) 
(gunê) , femme. 

Laïs , courtisane célèbre de l'an- 
tiquité. Plusieurs villes se dispu- 
tèrent l'honneur de luiavoir donné 
le jour. Le général Nicias l'em- 
mena de Sicile captive en Grèce , 
à l'âge de sept ans. Elle s'établit 
à Corinthe, où elle se rendit cé- 
lèbre par son esprit et par sa 
beauté. On compte parmi ses 
amans Aristippe et Diogène. Le 
haut prix de ses faveurs donna 
lieu au proverbe : Non licel omni- 
bus adiré Corinthuin. « Il n'est 
pas permis à tout le monde d'aller 
à Corinthe » ; et au mot de Dé- 
niosthène, qui fait plus d'honneur 
à sa parcimonie qu'à sa conti- 
nence : « Je n'achète pas si cher 
un repentir. » Enfin, s'étant prise 
d'amour pour un jeune homme 
appelé Hippolochus , elle le suivit 
en Thessalie, où l'on dit que, 
jalouses de sa beauté, les femmes 
la lapidèrent dans le temple de 
Vénus. Selon d'autres, elle par- 
vint à un âge fort avancé, et dédia 
son miroir à Vénus , avec cette 
inscription, attribuée à Platon, 
mise en vers latins par Ausone , et 
ainsi rendue par Voltaire : 

Je le donne n V^nus, puisqu'elle esl toujours 
belle; 
Il redouble trop mes ennuis: 
Je ne saurais me voir, dans ce miroir fidèle , 
Ni lelle que j'étais, ni telle que je suis. 

Ou voyait sur les bords du Pénée 
son tombeau , supportaut une 
lionne qui tenait un bélier dans 



LA M 

ses pattes de devanl, avec celle 
épilaphe : 

« 'La Grèce invincible fut asser- 
vie à la beauté de Lais ; l'Amour 
lui donna le jour; Corinthe l'é- 
leva et la nourrit dans ses murs 
superbes ; elle repose dans les cam- 
pagnes fleuries de la Thessalie. » 
R. Xaoç (laos), peuple. 

Laïus , roi de Tbèbes , père 
d'Œdipe, tué par son fils. Etym. 
y.aTot; (laius'), populaire. R. Xao;. 

Lala, artiste native de Cyzique, 
ville de l'Asie mineure, vint s'éta- 
blir à Rome Tan 670 de cette ville, 
et s'y fit une grande réputation,par 
la délicatesse de sou pinceau, et 
par le talent qu'elle avait de pein- 
dre sur l'ivoire. Elle excellait dans 
le portrait, surtout dans celui des 
femmes. Etym. ^aXeîv (ialein), 
parler, jaser, causer. 

Lalagé , nom de femme dans 
Horace. Etym. Xa^a^Y) ( lalaghé) , 
clameur; ou plutôt causerie, ce 
que semble prouver l'épilhète dulcè 
loqueniein. R. XaXsîv. 

Lalaria, fille du fleuve Almon, 
punie par la perte de sa langue 
d'une indiscrétion commise contre 
les desseins de Jupiter. R. \<»liXv. 

Lallus , dieu invoqué par les 
nourrices pour empêcher lesenfans 
de crier; ou, selon d'autres, prési- 
dant au balbutiement des enfans. 
Etym. ).aX£~v. 

Lamachus , général athénien. 
R. ),ao; (laos) , peuple ; jj-oi/y) (mâ- 
ché), combat. 

Lambda , surnom donné à la 
femme d'Eétion, mère de Cypsélus, 
dont les jambes tournées en dehors 
avaient la forme d'un A (Z) grec. 

Lamech, pauvre; le premier au- 
teur de la polygamie. 

I. LAMiA,filledcCléanor, Athé- 
nien, célèbre courtisane et musi- 
cienne, fut aimée de Ptolémée !'=■■, 
roi d'Egypte. Prise dans la bataille 
navale que Démétrius Poliorcète 
gagna sur ce priucc , elle parut si 
aimable au vainqueur, qu'il s'atta- 
cha à elle plus qu'à toute autre 
femme. Elle excellait en bons 



LAM 

mots et en réparties agréables. Elle 
mourut pendant le temps des pros- 
pérités tic Démétrius. Atlièncs et 
'l'hèbes firent leur cour au prince, 
et flattèrent sa douleur en élevant 
un temple et des autels à Vénus 
Lamin. R. ),at(/oç (laimos) , gosier. 
y. Hélépole. 

2. — Surnom d'/Elius , dériv. 
de Lamus, fondateur de Formies, 
Hor. , ou qui répond à Forace. 
Etym. ).aefji.O(; {laimos), gosier j d'où 
s'est formé lamiœ. 

Laîiies, femmes fabuleuses, qui 
dévoraient les enfans. R. Aacp.bç 
(laimos), gosier, faim. 

Lamocyclos , (jui promène sa 
faim j nom de parasite dans Alci- 
phron. Elym. ^acu.o;; xvx^o; ( Am- 
Ulos) , cercle. 

Lasipadius, deux consuls de ce 
nom, l'un sous Valentinien , l'au- 
tre sous Honorius. R. XafiTràç [lam- 
pas) , flambeau. 

Lampas, nom de femme. M. R. 

Lampédo, Lacédémonienne, 
fille , femme et mère de roi. R. 
li^L-mx-) {lampein) , briller. 

Lampésicm , brillante ; nom de 
courtisane. M. R. 

1. Lampéto, reine des Amazo- 
nes. R. >âu.-CTeToti), je brille. 

2. — Courtisane chère à Démé- 
trius de Pbalère , qui aimait à se 
faire donner le nom de cette cour- 
tisane. M. R. 

LampetoÔn, resplendissant; 
épithètc d'Apollon. Antivol. Etym. 
iajxTtEToco ilampcioô) , resplendir. 

LAiiPiCHUS,r/wj a de l'éclat^ly- 
rau, personnage d'un des dialo- 
gues de Lucien. Etym. ^ajA'rrï) (lam- 
pe), éclat; £X£;v {echein) , avoir. 

Lampito, nom de femme dans 
Aristophane. Etym. XâjunrETOco, bril- 
ler. 

Lampon , prôtre et devin , jurait 
par l'oie, comme oiseau augurai. 
M. R. 

Lampkémok , magnifiquement 
velu; nom d'homme. Etym. Xap- 
•jrpo; (lampros), éclatant ; ecjjh (hei- 
mi) , \âtir. 

Lampf.ias , fils de Plutarque , 



LAO 555 

avait fait une table raisonnée des 
ouvrages de son père. Etym. \aft- 
irpoç. R. XafATTEtv, briller. 

Lamphidius, historien latin, vi- 
vait sous Constantin. Etym. iau.- 
Tcpoç. R. Xau-Trtiv. 

Lamproclée , gloire brillante ; 
fils de Socrate et de Xantippc. 
Etym. Xapirpo;. R. ).a'jj.7rf IV. 

Lamprus , musicien , buveur 
d'eau, contre l'usage, que le poëte 
comique Phrynichus appelait le 
squelette des Muses. Etym. \^u.- 

TCpOÇ. 

Lampsaque, ville sur les bords 
de l'HellesjJont. R. \<x\j.-nn-) briller; 
fut. I Xaf;.<^iiv [lampsein). 

LampteR , surnom de Racchus, 
pris du grand nombre de lampes 
qu'on allumait à une de ses fôtes. 
R. ^.au.TTEcv. 

Lampcris , surnom d'Ulysse , 
tiré de Xap.TrspJç (lampouris) , sorte 
de queue blanche. Etym. lixii.izo> ; 
ohçik (ciwra), queue. On sait combien 
Ulysse était ruse. 

Lampyris , moucheron qui se 
brûic^ la chandelle ; nom de 
courtisane grecque. Etym. lixp.it\j- 
plç (lampuris); J.ap.Trvpi'Çftv (lam- 
purizein) , briller. 

Lamyrus, surnom d'un des Pto- 
lémées , mordant et railleur. R. 
},a,u.vpoç (lamuros) , plaisant ba- 
billard. 

Lanarius, Surnom d'un Calpur- 
nius , qui devint proverbe , pour 
désigner un stupide, un vrai mou- 
ton , laniger. 

LA^ATI , surnom de la branche 
patricienne des Ménénius , soit 
parce qu'ils avaient le poil hérissé, 
soit parce que leur peau était blan- 
che et délicate. R. lana , laine. 

Lamgera , surnom de Cérès, 
représentée précédée d'un bélier, 
ou assise sur lui. Etym. lana ;gero, 
je porte. 

Laobotas , qui nourrit le peu- 
ple ; nom très-digne d'un roi, roi 
de Lacédémoue. R. ).aoç (laos), 
peuple); /3oo) (boô) , je nourris. 

LAOCOON,Troyen qui voulut dis- 
suader ses concitoyens d'iniru- 



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duire dans leurs murs le falnl 
cheval de bois. Etym. >«©;; xsu 
(keo) , couper. 

Laodamas , qui dompte le peu- 
ple ^ héros des temps fabuleux. 
Etym. (îafjiàv {damdn) , dompter. 

Laodamie, princesse grecque, 
mère deSarpédon. M. R. 

Laodice, nom commun à plu- 
sieurs héroïnes des temps fabu- 
leux et à des princesses de Syrie. 
R. Xao;; Slx-n {diké), justice, pro- 
cès. 

Lacdigée , ville de l'Asie mi- 
neure. M. R. 

LAonoccs, qui prend lepeuple ; 
guerrier troyen , fils d'Anténor. 
R. Xao; ; iΣ;(£o-6at (dechestliai ), re- 
cevoir, prendre. 

Là A.(x.T jls , p/ébéien ; surnom de 
Jupiter et de Neptune. R. Àao;. 

LAOGO^TJS, liéros des temps fa- 
buleux. Etym. iaoç ; yovvi (goiiê), 
naissance. 

LA0MÉD0^, roi troyen. R. Xaoç ; 
fi/^Eiv (medeiii) , commander. 

LA0^0ME , loi du peuple; iié- 
roïne des temps fabuleux. Etym. 
).aoç ; vopto; Çiiomos) , loi. 

LAOPHo^T£, meurtrière du peu- 
ple ; héroïne des temps fabuleux. 
Etym. ).aoç; tfivciv (phenein), tuer j 
<povo; (phonos), meurtre. 

Laosthè>e, nom d'homme. R. 
Xao; ; crOi'vo; (slhenos) , force. 

Laosthéme , nom de femme. 
M. R. 

Laothoé , héroïne dv.-^ temps fa- 
buleux. Etym. ).aoç;