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Full text of "Dictionnaire historique de l'ancien langage françois, ou Glossaire de la langue franxoise depuis son origine jusqu'au siecle de Louis XIV. Pub. par les soins de L. Favre"

^m 



I 



DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



DE 



L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



NIORT. — TYPOGRAPHIE DE L. FAVRE. 



DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



DE 



L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 

ou 

GLOSSAIRE DE LA LANGUE FRANÇOISE 

DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'AU SIÈCLE DE LOUIS XIV 
Par LA CURNE DE SAINTE-PALAYE 

MEMBRE DE l'aCADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET DE l' ACADÉMIE FRANÇOISE 

Publié par les soins de L. FAVRE, membre de la Société de l'Histoire de France, 

avec le concours de M. PAJOT, Archiviste-paléographe, 

CONTENANT : 

SIGNIFICATION PRIMITIVE ET SECONDAIRE DES VIEUX MOTS 

Vieux mots employés dans les chants des Trouvères, 
Acceptions métaphoriques ou figurées des vieux mots français. — Mots dont la signification est inconnue. 

ETYMOLOGIE DES VIEUX MOTS 

Orthographe des vieux mots. — Constructions irrégulières de tours de phrases de l'ancienne langue. 

Abréviations ; études sur les équivoques qu'elles présentent dans les anciens auteurs. 

Ponctuation ; difficultés qu'elle présente. 

Proverbes qui se trouvent dans nos poètes des XII**, XIII» et XIV^ siècles. 

Noms propres et noms de lieux corrompus et défigurés par les anciens auteurs. 
Mots empruntés aux langues étrangères 

Usages anciens. 



SUIVI DES 



CURIOSITEZ FRAiÇOlSES, pour sopplément aux Dictionnaires 

Ou Rectieil de plusieurs belles propriété^, avec une infinité de proverbes et quolibets pour l'application de toutes 

sortes de livres, par Antonin OUDIN. 



TOME QUATRIÈME 



NIORT 

L. FAVRE, éditeur- du. GLOSSARIUM de Du Gange, 

Rue Saint-Jean, 6. 



DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



DE 



L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



CH 

Chiedent, verbe. [Intercalez cinedent, tombent, 
de cadunt. 

Chieent i fuildres e menut e suvent. 

Chanson de Roland, publiée par L. Gautier, vers liSfi.) Tn.eJ 

Chie en fons. « Ces mois fainéant, proconi- 
« meou (lisez copronyme), chie en fons, le court, 
i> grisegonnelle, barbe torte, mauclerc, gippon, et 
>• grand nombre d'autres , ne sont qu'adjectifs 
« moqueurs , altacbez aux noms des princes. » 
(Conles d'Eulrap. p. 505.) 

Chiefroidure , suhst. Terme d'injure. Il 
répond à notre mot trivial pisse-froid. « Celui qui 
« avoit achepté le poisson bien cber demanda cette 
" chicheface qu'on appelloit f/(/e/roîV/in'e. •> (Bouch. 
Serées, p. 181.) 

Chien, subst. masc. Ce mot, qui subsiste sous 
la première orlliograplie , se prononce encore 
aujourd'iiui fjnien, parmi le peuple, en Normandie. 
Nous nous contenterons, sans en faire une acsep- 
tion particulière, de remarquer que ce nom fut 
donné, à Orléans, à une pièce d'artillerie. (Voyez 
Mercure de May 1735, p. !)08.) 

On employoit aussi ce mol comme terme généri- 
que, en parlant des pelils de dilîérens animaux, 
comme ceux de la loutre, du blaireau, du loup, etc. 
« Aucunes gens dient que la loupve ne porte point 
« de rhicns, tant comme sa meiv ce,t vive. » ^Cliasse 
de Gast. Pbéb. ms. p. 09.) « Les blaireaux fout une 
« fois l'an leurs chiens, comme renards, et les fonl 
>. dans les fosses. » (Ibid. fol. 80.) On lit (Ib. f° Si], 
i< que les loutres font leurs chiens es fosses, 
« dessoubz les racines des arbres, près des 
« rivières. » 

Restreint à sa signification subsistante de chien 
animal, ce mot servoit à distinguer les diverses 
espèces de cbiens, en y ajoutant quelques termes 
propres à les déterminer. 

On appeloit cliien maatin, un chien de basse- 
cour. Nous disons simplement mâtin. Il esl employé 
comme terme d'injure, dans le passage suivant; 



CH 

ceux qui entendoient les apôtres parler diverses 
langues, disoient : 

Ils sont yvres, li chieyi maatin. 

Hist. des Trois \hries, en vers, MS. p. 202. 

Les diables apostrophent Ilérode de celte épithète, 
en le recevant dans les enfers. (Hist du Th. fr. 
T. II, p. 440.) On a dit simplement chiens, en par- 
lant des Turcs ; chiens ennemis de notre foy. (Mém. 
du Bellay, T. VI, p. 282.) 

Le franc chien semble être le chien de chasse. 
« L'or et l'argent en quelque espèce qu'il soit, en 
" vaisseaux, monnoyé, ou en masse, pourveu qu'il 
« vaille plus de vingt livres, chevaux de service, 
« francs chiens, oyseliux, apparlienl au roy. « (Coût. 
de Norm. Coût. Gén. T. I, p. 1030.) 

Les chiens d'oiseau sont une espèce de cbiens 
propres à faire partir le gibier, pour le cliasser à 
l'oiseau. « Leur droit inestier si est de la perdriz, 
« et de la caille. » (Chasse de Gast. Phéb. >is. p. 130.) 
On lit (Ibid) : « C'est moult bonne chose à un 
« homme qui a un bon austour, ou faucon lanier, 
« ou sacre pour la perdriz, que de tielz chiens. >> 
Ils diffèrent des chiens courants, en ce qu'il faut 
que ceux-ci, « pour bien chasser, se tiennent 
« ensemble; et au contraire les chiens d'oijseau, 
» tant plus ils s'escartenl, pour batre pais, ils en 
« sonlestimez meilleurs. ■■ (Charles IX, de la chasse, 
page 24.) 

Les cliiensde terre (1), qu'on nomme bassets, en- 
trent dans les tanières des renards et laissons. On 
distingue deux sortes de laissons, \es,po7'chiiis et les 
clienins. ■■ Les chiens de terre craignent bien plus 
« les chenins, que les porchins, car ils sont plus 
« mauvais, et plus puants. » (Fouill. Vén, f"73.) 

Comme il seroit inutile de rapporter ici les autres 
espèces de cbiens qui sont connues et désignées 
par des termes encoi'e eu usage, nous jiasserons 
aux façons de parler, la plupart proverbiales, aux- 
quelles le mot chien a donné lieu (2). On disoil : 

1° Aller aux chiens, d^ns le sens propre, pour 
aller à la chasse : 



(1) On les nommait aussi cullots : « Nostre amé UichaiJ lies Costes, escuier, bourgeois et citoyen de Lion 
i1e lui ung sien chic» cullot assez rioteux et malicieux. » (JJ. 195, p. -1126, an. -1474.) (N. E.) 
{i) Comparez Lerotix de Lincy (I, 105 à 171) et V.Vncien Théâtre franc., t. IX, Glossaire, (n. e.) 
IV. 



ayant prés 



CH 



o 



CH 



Rjchart ert bel, et bon, et bien se contcnoit 
D'oyseaux duire, et de chiens, tous lens s'entremettoit 
Un jour ala as chiens, si corne aler souloit. 

Rom. de liou, MS. p. 78. 

2" Le past de chien éloit « la charge que les sei- 
« gneurs imposoieiil à leurs tenanciers de nourrir 
« leurs ciiiens de cluisse ». (Laurière, Gloss. du Dr. 
fr. — Voyez ci-après Chie.nage.) 

3° On à dit, en parlant de l'avidité du soldat pour 
le butin : 

— Courent soudoiersà maies... 
Ausi comme chiens à charoingnes. 

G. Guiai't, MS. fol. 2(Î3, R-. 

i" Avoir condition de chien (1). (Eust. Descli. Poës. 

MSS. fol. 2'i'(.) 

5° Montrer del]e)tse comme [ait le chien sur son 
fumier est mis pour se défendre vigoureusement 
et de pied ferme, dans Percef. Vol. 111, fol. 47 (2). 

G" On a dit proverbialement : abai de chien, pour 
aboi de chien. (Prov. à la suite des Poës. mss. avant 
4300, T. IV, p. 1G.51.) 

7° Cliiens de Flandres. (Prov. îi la suite des Poës. 
MSS. avant 1300, T. IV, p. 1653.) 

8° Chiens d'Orléans. (Voyez l'origine de cette 
expression dans le Moyen de Parvenir, p. 213.) Son 
obscénité ne permet guère de la rapporter. 

9° Cliiens d'Aitbidon. On disoit de certaines gens, 
mal reçus partout, qu'ils s'en alloient comme les 
chiens d'Aubidon. (Contes d'Eutrap. p. 230.) 

10° Chien d'Esope. Charron, parlant de quelqu'un 
qui feint de ne pas désirer une chose parce qu'il ne 
peut pas l'avoir, dit qu'il est comme le cliieu 
d'Esope. (Sagesse, p. 158.) 

11° Ciiien de l'hortolan avoit la même signification 
que notre expression : chien de jardinier, en par- 
lant de celui qui, ne pouvant pas se servir d'une 
chose, ne veut point que d'autres s'en servent. 
« Retint moitié du naturel du chien de l'hortolan, 
« d'autant qu'il ne mange jamais des choux du 
« jardin de son maistre, et n'en laissoit manger 
« aux autres. » (Brantôme, D" Gall. T. I, p. 181.) 
Barelete, dans son sermon de la 3" semaine de 
Caresme, fol. 110, V" col. 1, a mis en latin ce pro- 
verbe qu'il appli(iue à l'avare : « Est sicut canis 
« hortulani qui porros non comedit, nec alios sinit 
«comedcre. » 

12° Chien qui garde le niulon. Le même que le 
précédent. 

13° Paix de chien signifie coups de bâton, ou 
simplement coups. (Merlin Cocaie, T. I, p. 154.) 

14" Amourettes au chien. Un ancien poëte a dit, 
en parlant des inclinations qui ne sont pas fondées 
sur l'estime et la vertu : 

Ce sont amourettes au chien 
Et puis la fin si n'en vault rien. 

ContreJ. de Songecreu-x, fol. 01, V*. 



15° On trouve l'expression entre cliieu et leu 
dans Percef. Vol I, fol. 67(3). Garasse, dans ses Rech. 
des Rech. a critiqué l'étymologie que Pasquier 
donne ù ce proverbe. On l'exprimoit en latin par 
inter canem el lupum. (Du Cange, Gloss. lat. T. II. 
col. 164.) 

16° On disoit : 

Esveiller le clnen qui dort. 

M" Gaulicrs d'Argies, Poës. MSS. av. 1300, T. Ill, p. J15I. 

Dans le sens où nous disons encore éveiller le 
chat qui dort. 

17° S'entr'aimer comme chiens et leux. Nous 
disons comme chiens et chats (4). (Voyez Poës. mss. 
d'Eust. Desch. fol. 444.) 

18» Battre le chien devant le lion ou près du lion 
signifie châtier les petits, pour corriger les grands (5). 
On faisoit vraisemblablement allusion à ce pro- 
verbe parmi les différentes représentations que 
l'on vit au fameux banquet de la cour du duc de 
Bourgogne, à Lille. « Ou moyen de la salle esloit 
« un lybn vif, devant lequel' on batloit un chien- 
« net."» (Monstr. Vol. III, fol. 55, an 1453.) << .le 
« m'apperçus que son mal procédoit d'ailleurs que 
<■ de moi, et qu'il ne s'altachoit à moy que pour 
« /;ft»r(^, et gourmander le d//VH devant lelyon. ■• 
(Mém. de Viller. T. I. p 42.) On a dit dans le même 
sens : battre le chien ilevant le loup. (Estât de la 
France sous François second, par la Planche, 
p. 126.) Celte dernière expression subsiste encore, 

19° La facilité des chiens et laquais à faire con- 
noissance entre eux a passé en proverbe. (Vovez 
Rom. Buurg. Liv. 1, p. It)!).) 

20° On lit, au sujet de l'inceste, que « le proverbe 
« françois ne réputé pour un bon chien celuy qui 
« guarde cesle bonnesteté ». (Apol. pour Hérodote, 
p.>2.) 

21° Pendanl ce temps, les chiens mangent le 
lièvre. Cette expression répond à la nôtre, le rot 
brûle, c'est-à-dire le temps se perd. (.Mém. de 
Bassomp. T. III, p. 196.) 

rlSOVERDES : 

1. Mauvais chiens enconbrez (médade) 
Envoise (réjouit) les amis nez. 

iMarc el Salom, MS. de S. G. fol. Hfi, V col. 1. 

2. Li chiens se lieve de son soef dormir. 
Et va el bore volée (lippée) recuillir. 

rrov. du vil. MSS. de S. G. fol. "C, \', col. 1 et 2. 

3. On a dit d'un fils de bourgeois qui veut avoir 
une meute, comme un seigneur, dont il joue le 
rôle en se ruinant : 

Jlieldres (meilleur) est mestiers 
Que chiens, ne esperviers. 

ProT. du Vil. MS. de S. G. fol. 7G, R-. 

4. Par chiens, et oiseaulx 

Sont venus aux gens mains travaulx. 

Gace de la Big;ne, des Déduirts, MS. fol. 143, V'. 



rt) Voici la citation plus complète : « Qui à nul bien de présent ne s'applique, Fors à avoir condition de chien. » (n. e.) 

(2) « Ils nous sont venus assaillir sur nostre fumier, monstrons défense comme fait le chien. » (N. e.) 

(3) « Il estoit jà moult annuyté ; car il estoit ainsi que entre chien et leu. » Mais on lit déjà au xill» siècle , dans 
bataille des Sept Arts ; « En \\n carrefour fist un feu Lez \m cerne entre chien et leu. » (N. E.) 

(4) On lit aussi dans la Chron. du siège d'Orléans (Bibl. de l'Ec. des Chartes, t. III, 1" série, p. 509) : « Par avant iiz 
entre hayoient comme chiens et chas. » (n. e.) 

(5) Le proverbe daterait du xiii* siècle, d'après Leroux de Lincy (1, 170.) (n. e.) 



la 



se 



CH 



- 3 



CH 



5. De ch>e»s, d'oyseaux, d'armes, et d'amours, 
Pour une joie cent donlours. 

Gacc de la Bigne, des Déduits, MS. fol. lOG, R". 

<i. Folye fait envahir le chien sur son fumier 
s'est dit pour signifier le danger qu'il y a d'attaquer 
un ennemi chez lui. (Percef. Vol. V, fol. GO.) 

7. Deux chiens sont mauvais à un os. 

Eusl. Desch. Pol's. MSS. fol. 307, col. 4. 

8. On fiert chien, qui roine engigne. 

Parton. de Blois, MS. de S' Gerni. fol. 149, V' col. 3. 

9. Chien esragié (enragé) longues ne vit. 

Rom. de Rou, MS. p. 174. 

10. Chien en cuisine ne demande point son com- 
paignon. (Percef. Vol. III, fol. 129.) 

Chiens en quisine 
Son per n'y désire. 

Prov. du Vil. MS. de S. G. fol. 75, R- col. 3. 

11. On sert le chien por le seignor ; 
Et por l'amor le chevalier. 
Baise la dame l'escuyer. 

Hebers cité par Fauch. Lang. et Poës. fr. p. 106. 

12. Quand on veut tuer son chien, on luij fait 
croire qu'il est enragé. (Salnov. Vénerie, p. 326.) 

Qui son cliien het, on luy met sus (impute) la raige. 
Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 289. 

Celuii qui son chien veult tuer pour couleur de 
son faict, luij met sus (impute) /« rage. (Al. Cliartier, 
Quadril. Invect. p. 430.) 

13. De là, cet autre proverbe, avec le même sens : 
Faulee occasion celuy trouva qui son chien battit. 
(Percef. Vol. IV, fol. 454.) 

14. Envie court comme entre chien et chienne. 

Eust. Descli. Poës. MSS. fol. 364, col. 2. 

15. Qui m'aijme, à mon chien s'esbanoxje (se plaît 
ou se joue.) (Percef. Vol. VI, fol. 88.) 

Bien doit amer mon chien, qui moi mesismes aime. 
Fabl. MSS. du R. n' 7218, fol. 273, V col. 1. 

Nous disons encore : qui m'aime, aime mon 
chien. 

16. Marchans, bourgois, ne facent comme chiens 
Qui tout mangue, et ne veut donner riens. 

Eusl. Desch. Poës. MSS. fol. 338, col. 2. 

17 Qui prent les chiens par les oreilles, aucunes 
fois le chien le mort. (Le chev.de la Tour (1), Instr. à 
ses filles, fol. 81.) 

18» Si dist on : souvent avient, 

Que d'aire (de bonne race) est le ciens ki devient 
Vénères, sans aprendeour (maistre qui le dresse). 

Ph. Mouskes, MS. p. 449 et 450. 

Nous disons : bon chien chasse de race. 

19" Clrien couart abaijeplus fort (2) qu'il ne mort. 
(Tri. des IX Preux, p. 170.) Ce proverbe revient au 
nôtre: tous les chiens qui aboyent ne mordent pas. 

20. Avoir à clers, toison à chien, 
Ne doivent pas venir à bien. 

Fabl. MSS. du R. n- 7615, T. I, fol. 70, V col. 2. 



21. Bon chien se deffend de ses dens. 

Al. Chartier Poës. p. 719. 

22. Homme, cheval, oysel, et chien, 
S'il ne travaille, il ne vault rien. 

Gace de la Bigiie, des Déduits, MS. fol. 10, R*. 

23. On a dit de Thomme qu'il doit estre maistre 
de son cheval et de sa jenime par précipul, et sans 
comparaison, compagnon de son chien et valet de 
son oyseau. (Favin, Th. d'honn. T. Il, p. 1807.) 

VARIANTES (3) : 

CHIEN. Orth. subsistante. 

GiENS. H. Eslienne, Conf. du Fr. avec le Grec, p. 132. 

KiEN'. Poës. MSS. av. 1300, p. 1029. 

QUIEN. 

Chienage , subst. masc. Droit seigneurial. 
C'étoit la charge imposée aux vassaux de nourrir 
et de loger les chiens de leur seigneur. (Du Gange, 
aux mois Canagiu7n (i)eiCanaria. —Voyez Past de 
chien, sous l'article Chien ci-dessus.) 

Cliienes. [Intercalez Chienes, monnaie d'Alle- 
magne ou de Liège: « Le suppliant avec les diz 
« compagnons fust ou pais d'Alemagne; et la en 
« une certaine ville achetèrent à une fois vi" mars 
« de menue monnoie, nommée cliienes, qui à eulx 
« trois ensemble coustcrent la somme do xv francs. » 
(JJ. 117, p. 204, an. 1.380.) Au reg. JJ. 121, p. 299, 
an. 1382, on lit kiennes: « En l'éveschie et ou pais 
« du Liège achetèrent d'un accort et d'une volonté 
« certaine monnoie que on appelle kiennes;... 
" ladite monnoie de kiennes montans à la somme 
« de deux cent cinquante mars ou environ.»] (n. e.) 

Chienesse, subst. fém. Meute de chiens. (Du 
Gange, Gloss. lat. au mot Canaria.) « Nulles chien- 
« nesses, en nostre dit pays de Hainault, ne pour- 
« ront venir en iceluy nostre pays faire quelques 
« despenses, ne dommage aux laboureurs, ne 
« manans nourissans blanches bestes. » (Coût, de 
Hainaut, Goût. Gén. T. I, p. 811.) 

Chien-marin, subst. masc. Sorte de poisson. 
Le chien marin ou chien de mer est bon à manger (5). 
« Nul ne soil si hardi qu'il mesie les rayes, ne 
•< chiens de mer (6), avec autre poisson en mesme 
" panier. » (Ord. T. II, p. 359.) Il en est mention 
dans la Bat. de Quaresme. ms. de S. G. fol. 92, et 
dans les Poës. mss. d'Eust. Desch. fol. 18."). On trouve 
« des chiens marins tous noirs, et sans poil, dans 
« la mer Blanche et dans les lacs de Moscovie et de 
« Sibérie ». (Helat. de Tart. p. 86.) 

Chiennaille, subst. fém. Canaille. Terme d'in- 
jure. « Les Juifs s'en furent, et France fut vuidé de 
« la corruption de celle chiennaille. » (Ghron. S' 
Denis, T. II, fol. IV) 



(1) On lit aussi au Ménagier (I, 9) : « Cellui qui s'entremet des noises d'autruy est semblable à cellui qui prent le chien 
par les oreilles. » On disait en iatiu : « Teneo lupiim auribits. » (n. e.) 

(2) Les sorciers donnaient aux voleurs le moyen de faire taire les chiens bavards : « Auquel papier estoient contenus 
plusieurs choses, que l'en disoit estre experimens de Virgiles, entre lesquelx y estoit escript que on presist la laingue 
d'un f/iie)! noir avecques le maistre dent d'icellui f/iie»?, et que le dent fust boutez dedens ladite tangue, et que ce fait, 
chien ne pouroit abaïer ceulx qui porteroient ledit dent et langue. » (.1.1. lôO, p. 162, an. 1396.) (n. e.) 

^3) I.e mot est dans la Chanson de Roland (v. 1751) sous la forme chen. (n. e.) 

(4) Voyez t. 11, p. 75, col. 2. On dit plus souvent bcennage. (N. E.) 

(5) C'est la grande roussette, scyllium caincuUi. (N. E.) 

(6) On lit dans un Fabliau du xuv siècle (t. IV, 85, de l'éd. Barbazan) : « Si l'en envoie sanz targier As chiens de mer et 
as balaines Conter les noveles certaines. » (n. e.) 



CH 



CH 



Nous disons canaille (1). Le peuple prononce 

encore i]U(' nui lie en quelques provinces. <■ En Beiirn, 

» el en Navarre c'«/irt///^, etquenaille sont gens de 

« néant, des va^'abonds. » (Laur. GIoss. du Dr. fr.) 

Va en France, où vivra le jour d'une i:aiiaille. 

Rom. de Rou, IIS. p. il. 

C'est-iVdire où tu mèneras la vie que mène la 
canaille ("2). 

VARIANTES : 

CHIENNAILLE. Chron. S. Denis, T. II, fol. 4, V". 

KiENAiLLE. Ph. Mouskes, MS. 

Chenaille. Journ. de Paris sous Charles VI et VII, p. 39. 

QuENAiLLE. Cotgrave, Dict. 

Canaillk. On i. subsistante. 

QUANAILI-IC. Uial. de Tahur. p. 177. 

Chienne, subst. fém. Terme d'injure. Comme 
qui diroit maudite. 

Encor est ceste gent si chienne. 

Fabl. MSS. du R. n- T2i8, fol. MJ, V- col. 1. 

Chienuerie, subst. fém. Vilenie (3). Il semble 
que ce soit le sens de ce mot pris figurément en ce 
passage : « De cestuy monde, rien ne prestant, ne 
« sera qu'une citiomerie, qu'une brique plus ano- 
« maie que celle du recteur de Paris. » (Rabelais, 
T. m, p. 2!.) 

Chienneter, verbe. Cbienner. (Dict. de Cotgr. 
et d'Oudin.) ■< La joune lyce qui n'a jamais chien- 
a neté. » (Salnov. Vénerie, p. 33.) (i) 

Chiennons, subst. niasc. plur. C'est une faute, 
dans Froissart, au lieu de chevrons d'armoirie. (Le 
JLabour. Orig. des Arm. p. 191.) 

Chieor, subst. masc. Chieur. On a dit prover- 
bialement il chier de Borges (5). (Prov. à la suite des 
Poës M.<s. avant 1300, T. IV, p. J652.) 

Chier, verbe. Ce mot, qui subsiste, nous four- 
nira quelques anciennes façons de parler (C) : 

1° Cliier sur la Bible s'est dit pour abandonner 
la religion des Huguenots : « 11 le mena à la Cour, 
<< qui iors estoit à Fontainebleau ; mais ayant parlé à 
« monsieur le cardinal de Lorraine, ledit David 
« chia sur la Bible, el le ministre, et tout. » (Brant. 
Cap. Fr. T. III, p. 237.) 

2° Chier au jianier. Nous disons trivialement, 
chier dans la malle, àims le sens de cette expres- 
sion. M. de Villars dit à M. de Rosni : « Vous estes 
" bien loin de vostre compte, et vostre roy de 
« Navarre aussy; car, par le corps bleu, il a chié 
« au panier pour moy, et s'il n'a pas d'autre valet 
« que de Villars, croyez qu'il sera mal serw /). » 
(Mém. de Sully, T. II, p. 143.) 

Nous citons le proverbe suivant : 



Et en dit bien en reprovier (proverbe), 
Que trop estraindre fait chier. 

FobL MSS. du R. n- 7(U5, T. I, fol. 50. R» col. I. 

On disoit trivialement, et dans un sens ironique. 
bien cilié pour mal fait, mal tourné : 

Alez vous en tost hioi chié,... 
Vous estes mal antillié (outillé.) 

Eusl. Desdi. Poos. MSS. fol. 208, col. I . 

Chiere, subst. fém. On a dit, du faucon pèlerin, 
que « la couleur du pié, et la chirc du bec soit 
« une. » (Modus et Racio, m.=.. fol. 109.) <■ Se tu tens 
« les latz pour les bestes noires, garde que la chiere 
'< ne soit mie trop liaulte. » (Modus et Racio, f^ 35.) 

variantes : 
CUIRE. Modus et Racio, MS. fol. 109, Y". 
Chiere, Ciere. Modus et Racio, fol. 35, R». 

Chifetier, Si('/s/. masc. ChilTonnier(8j.Crieurde 
vieux drapeaux. iDicl. de Nicot, Cotgrave et Oudin.) 

Chiffonie. [Intercalez Chiffonie, tambourin 
porté comme une grosse caisse, mais frappé à la 
fois sur ses deux faces: « Symphonia vulgo appel- 
le latur lignum cavum ex ulraque parte, pelle 
« extensa, (|uam virgulis liinc et inde musici 
" feriunt. » (Isidore, 11, c. 21.1 On lit au Lnsidaire 
(Du Gange, VI, îG9, col. 1) : 

Psalleres, harpes et vieles, 
Giges, et chifonies bêles. 

On lit aussi dans Cuvelier (Id., id.) : 

Et s'avoit chascun d'eu.K après luy un sergent 

Qui une cliiffonie va à son col portant, 

Et 11 deus menestrers se vont appareillant 

Tous deus devant le roy se vont cltipliotiiant. 

Et Mahieu de Gournay les va apperchevant, 

Et les chifonieux aloy priser tant. 

Et en son cœur alloit moult durement gabant; 

Et li rois lui a dit après le geu laissant ; 

Et que vous samble, dit-il, sont-il bien soufQsant? 

Dist Mahieu de Gournay ; ne vous iray celant ; 

Eus ou pays de France^ et ou pays Normant, 

Ne vont tels instrumens fors aveugles portant ; 

Ainsi vont les avugles et li povres truant. 

De si fais instrumens li bourgois esbatant ; 

En l'appella de là un instrument truant. 

Car il vont d'huis en huis leur instrument portant, 

Et demandent leur pain, rien ne vont refusant... 

Au xiv siècle, les chiffonies, comme les orgues 
de Barbarie, servaient à forcer l'auditeur à la 
charité ; on n'aurait plus écrit, comme Isidore de 
Séville: « Fitque ex ea concordia gravis et aculi 
« suavissinius cantus. ■•] (n. e.) 

Chiffre, subst. fém. Chiffre *. Engin à pécher ^. 

*Ce mot, aujourd'hui masculin, étoit féminin 
autrefois. On l'employoit, non-seulement pour 
désigner les caractères qui expriment les nombres, 



Çl) C'est là une forme italienne qui a dépossédé la forme française ckienaille (comparez chenille) : « Entre moi et ceste 
chienaille. » (Renart, v. 1903.) On l'emploie encore dans le Berry. (n. e.) 

(2) Il a aussi le sens de chenil au Roman de Robert le Diable (Du Cange, II, 324, col. 2) : « Et commande c'on li voist A 
porter fuerre, estraia et paille Dessoubz le vaute ou le chienaille, Là, face là le lit au fol. » Comparez plus haut chenail. (n. e.) 

(3) C'est encore un synonyme de chienaye, brennage : « Si a li cuens à le S' Rémi rente c'on apele chienerie, de chascun 
feu .1. dosin d'avaine et .1. poille. » (Ch. des Comptes de Lille, 1289, dans Du Cange, II, 324, col. 1.) (n. e.) 

(4) On lit aussi dans 0. de Serres (341) ; « Apres que la chienne aura chienneté, on la logera chaudement. » (n. e.) 

(5) Lisez « li lichieor de Bourges », les gourmands, (n. e.) 

(6) On lit aussi au Moyen de Parvenir (p. 50) : « Pleurez donc et chiez bien des yeux. » (n. e.) 

(7) On lit encore au.\ Mémoires de d'Aubigné (éd. Lalanne, j). 36) : « Ci gist un roy [Henri IV], par grant merveille , Qui 
mourut, comme Dieu permet, D'un coup de serpe et d'une vieille, Comme il chioit dans un met. » (n. B.) 

(8) Marchand de chiffes. (N. E.) 



CH 



CH 



mais aussi pour l'éciilure mysLérleuse. On lil cette 
chilfre, parlant des cliitlVes employés dans les négo- 
ciations secrètes. (Lelt. de Louis Xll, T. I, p. "270.) 

Le mol chilfre esi pris au ligure pour caractères 
qui expiimenl les nombres, dans cette ancienne 
expression : « Quelques sots et glorieux Italiens 
« se sont venus affubler de tel honneur par dessus 
« nous, qu'ils semblent, par leurs escrils, nous 
« reputer comme chiffres. « (Lett. de Pasq. T. J, 
p. 45.) Nous disons mieux comme zéro. (Du Gange. 
au mol Cifrœ {[).) L'orthographe sifre est celle qui 
seroit plus conforme à son origine hébraïque ("i). 
C'est cependant celle qui est le moins en usage. 

°0n a aussi appelé chiffre, cliiphre, ou cifre une 
sorte d'engin à pécher (3). (Gr. Coût, de Fr. p. 31.) 

VARIANTES : 
CHIFFRE. Orth. subsist. 
Chifre. Nicot, Oiidin, etc. 
Chiphue. Gr. Coût, de Fr. p. 31. 
Cifre. Grand Coût, de Fr. p. 28. 
Cyffbe Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 208, V" col. 2. 
Sifre. Oudin, Cotgrave. — Lettres de Louis XII, p. 2ii. 
ZiFRE. Lett. de Louis XII, T. Ili, p. 257. 

Chiffrement, siibst. musc. Chiffre. Proprement 
l'action d'écrire en chiffres. « .Mes lettres, mais 
« principalement celles en chiffres, sont souvent 
«' pleines de redites, étant bien difficile d'user de 
" chiffrement, sans plusieurs erreui-s. » (Mém. de 
Sully, T. VI, p. 20-2.) 

Chiffi'eneau, subst. )uasc. Oudin l'explique 
par morve qui bouche le nez (4). 

Chiffrez, part, aupliir. Notés. Suivant le Gloss. 
des Arr. d'Amour, p. 406, c'est peut-être une faute 
pour cliiflez, du verbe cldfler. (Voy. Sifler ci-après.) 

Chifolignie, subst. fcm. Nom d'une île. Les 
anciens l'appeloienl Cephallénie. (Froissart, liv. IV, 
page 284.) 

Chifonieux, subst. masc. Musicien. Propre- 
ment joueur de chifonie, instrument de musique. 
(Voy. ci-après Sifoine.) 

Et les chifonieux (5) aloy priser tant, 
Et en son cœur alloit moult durement gabarit. 
Du Gange, Gloss. lat. .iu mot Sym]ihonia. 



Chileiire, s»/vs^ fém. Terme de fauconnerie; 
l'action de cliiller, de coudre les paupières d'un 
épervier, vers le bec, alin qu'il ne voie que par der- 
rière. De lii : » laschier sa chileure, adtin qu'il voie 
>' mieulx. » (Modus et Racio, ms. fol. 139.) 

VARIA.NTES : 
CHILEURE. iMoQus et Racio, MS. fol. 139, R». 
Chilleuhe. Fouilloux, Fauconnerie, loi. (i2, V". 
Chillure. Budé, des Oiseaux, fol. 122, Y». 

Chilifier, verbe. Digérer. Proprement tourner 
en eliijle. On a dit, au figuré : « Ce n'est pus ici le 
•' rudiment des appreulifs, c'est l'alcoran des mais- 
•< très, œuvi'c non ù gousler par une attenlioii 
« superficielle; mais à digérer, etchilifwr avec une 
« applicalion 
préf. p. 15.) 

Chiinent, 



profonde. -^ (Essais de Montaigne, 
subst. masc. Ciment (G). ^Cout. Cén. 



T. II, p. i)49.) 

Chimentiere, subst. masc. Cimetière, saljre. 
On lit dans Philip. Mouskes, en parlant de la sépul- 
ture des guerriers de Charlemagne, tués à la bataille 
de Koncevaux : 

A cel tans estoient conté 

Doi cimentera en dignité : 

En ces deus ciinenleres (7) furent 

Une grant partie enfoui. 

Ph. Mouskes. MS. p. 2:13 et 23i. 

On disoit le cyntetiere de t'église, en parlant des 
sépultures dan s l'intérieur de l'église, par opposition 
au cimetière extérieur. (Bout. Somme f^ur. p. 735.) 

Cymets, pour cimetières, mot employé par Britt. 
Loix d'Anglet. fol. Si, \\ paroit une abréviation, 
car il écrit ailleurs cijmysters. (Voy. Ibid. fol. 11.) 

On a dit aussi cijmcliere, pour sabre. Nous nous 
contenterons de remarquer ici que, selon Alain 
Chai'tier, Hist. de Charles VII, p. 272(8), l'épée turque 
fut vraisemblablement ainsi nommée, parce qu'on 
la jugeoit plus propi'e qu'une autre à peupler les 
cimetières (9). Elle est désignée par l'épithète de ter- 
rible, dans les Mém. de Coniines, p. 663 (10). 

VARIANTES (II) : 
CHIMENTIERE. Hist. des Trois Maries, MS. p. 322. 
Chimetiere. J. Le Fevre de S. Rem. Hist. de Cliarles VI. 



(1) Ce sens est aux vers du Monde (xiii« siècle) : « Tu es li cyffres d'angorisme Qui ne fait fors toler le lieu D autre 
iSgure. » Du Gange cite les Miracles de la Vierge (II, 348, col. 3) : « Or ai tant fait par moi meisme , Que chiffres sui en 
angorisme, moult m'ont deable cmpechié Quant jou ne rechui l'euveskié. » On lit encore dans Chastellain (II, 26) : « Aussi 
bien n'y suis fors que une offre donnant ombre et encombre. » (N. E.) 

(2) L'origine est l'arabe cafar, vide, le zéro étant un cercle évidé ; le sens numérique s'est étendu à tous les caractères 
représentant les nombres ; la preuve en est un comput du xiiF siècle (fol. 15) : « La darraine [figure] est appelée cyfre... 
cijfre ne fait riens, mais aie fait les autres figures multeplier. » (n. e.) 

(3) Voyez aussi Ordon., t. VUI, an. 1402, p. 535, art. 72. (N. E.) 

(4) C'est plutôt un coup sur le nez. « Autrefois ils combattoient à l'espée d'armes , en sorte qu'il y en avoit tousjours 
quelqu'un qui avoit quelque chenfreneau. » (Paré, III, C93.) 

(5) Voyez plus haut cUiffonie. (N. E.) 

(6; On a la forme chime au reg. JJ. 56, p. 507, an. 1318 : « Meubles et catels, qui seroient audit jour en ladite maison, qui 
ne tenroient à clou ou à keville, à chime ou à rechime. » (N. E.) 

(7) Une charte de 1232 (Du Cange, II, 414, col. 1) donne aussi chimentiere : « Adechertes li homes manans dedens le 
f7iîmen(iece ou l'enclos de Biagni, iront en men despéeschement, si comme il ont accoustumé. >• Le sens est un peu 
différent : c'est l'aitre, l'enceinte entourant l'église. (N. E.) 

(8) Sanneterres ou cimeterres, qui sont manières d'espées à la Turque. « (N. e.) 

(9) L'étymologie est le persan chimchir. (n. e.) 

(10) « Six mille cinq cens chevaux légers se fussent meslaz parmy nous, avec leurs cimeterres au poing, qui sont terribles 
espées ; veu le petit nombre que nous estions, nous estions desconfits sans remède. » (N. E.) 

(11) On lit dans la Chanson des Saxons (X) : « Li dux Miles se tint devers un cismetirc. » Thomas de Cantorbery (62) donne : 
« Ne fust en cimetere sis aveirs retenuz. » L'étymologie est le latin cœmeterium (^xotfitjztjQtoy) de xoi^uào), dormir, (n. e.) 



CH 



— (i — 



CH 



CYMETirnE. Bout. Somme Rurale, p. 735. 

CiMETKRE. Olli. 1. l, p. 596. 

CiiiETlEnE. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 326, R> col. 2. 

Chimitier. 

Çy.mistierk. Vig. de Charles VII, T. I, p. 72. 

Cl.ME.NTERE (1). Ph. MouskbS, MS. p. 233. 

Ce.metiere. Riib. Est. Moiiet, Oudin, Dict. 

Semantiere. Colgrave, Dict. 

Cymvters. Britt. Loi.K d'Angl. fol 11, V». 

(;y.mets. Britt. Loix d'Angl. fol. 84, V». 

Cliiniere, siibst. 7nasc. Cemot, qui nes'emploie 
plus qu'au féminin, est masculin dans ce passage : 
" Je suis plus monlrueux qu'un chimère. » 
Bouchât, Serées, liv. i, p. 17.) 

Chimcriser, verbe. Former des chimères. 
(Dict. d'Oudin.) 

Chinceliei", siibst inase. [Intercalez Chincelier, 
rideau, tour de lit, baldaquin: 

Un esprevier ot par dessus, 
Qui moult riches et biaulx estoit, 
Qui trestout le lit pourprenoit, 
Del chincelier que je vous dy. 
Selon ce que jou ay oy. 

Roman do GléoiiiadOs (Du Gange, II, 352, col. 1). 

On lit encore dans la Bible llisloriaux (Id. id.): 
" Quand Judith vit Holofernes gésir en son lit, 
'< dessous un cincelier, qui estoit' de saphir, d'es- 
« meraudes, etc., ouvrée d'or et de soye. »] (n. e.) 

Cliincepiier, subst. masc. Cochevis. On l'ap- 
pelle autrement alouette huppée, en latin galerita. 

Quant li cliincepuer s'escrie. 

Que févriers va desinant (finissant) ; 

Ke l'aloete jolie, 
Vait contremont Tair montant ; 
Lors est raison que jou chant 
Quant celé que j'aim m'en prie. 

l'oôs. MSS. Val. n- 1490, fol. 96, Vv 

On lit cincevis, au lieu de cliincepuer, dans la 
même pièce qui se trouve répétée parmi les Poës. 
MSS. av. 1300, T. II, p. .^TS. 

On a dit proverbialement : « Comme tout coclievy 
<• à la houppe sur la teste, ainsy il faut que tout 
« vray amour aye un peu de la jalousie. » (Malad. 
d'amour, p. 143!) 

VARIANTES : 

CHINCEPUER. Poës. MSS. du Vat. n" 1490, fol. 96, V». 
Cincevis. Poës. MSS. av. 1300, T. II, p. 578. 
CoNCHEVis. Budé, des Oiseaux, fol. 117, V». 
KoKEViEUs. î'ioissarl, poës. MSS. p. 279, col. 1. 
Cochevis. Orth. subsist. 
CocHEVY. Mal. d'amour, p. 143. 

Chincherie, subst. féni. Friperie. On dit 
encore à Rouen recinncliers, pour fripiers. Dans la 
Coutume de la Vicomte de Rouen, on trouve : cliin- 
ches, chiffons ; et Ménage, au mot chiffon, ajoute : 
« chinchere, qui achette des chiffons. » On lit : 
« Chincherie, une fois par an, 2 den. », dans une 



citation de Du Gange, au mot Clieincerie, sous 
Cainpsilis (2). (Voy. ci-dessus le mot Cinces.) 

Cliine, subst. fém. Nom d'une racine. C'est la 
niciuc d'uiiu ijlante orientale, en latin china offici- 
nnntm, que nous appelons aujourd'hui esquine, et 
qui est nommée chine, dans le Dict. d'Oudin. 

Cliinée. [Intercalez Chinée, nuque, dans Aubrv 
(p. 159, col. 2): 

Mais ains que jors traie à la vesprée, 
Ara abris peur de sa chinée.'] (n. e.) 

Chinon, subst. Nom de ville. Elle est « assise 
« sur pierre ancienne, au hault le bois, au pied 
» la Vienne. » (Hab. T. V, p. 171.) On disoit prover- 
bialement : Cliinon petite ville, grand renom (31. (Id. 
Ibid.) Brantôme nous donne l'originede ce proverbe, 
lorsqu'il dit : Chinon petite ville, et chasteau de 
grant renom. (Cap. Fr. T. II, p. 213.) (4) 

Chinonneins, sulM. masc. pliir. Habitans de 
Chinon. (Voy. les autorités ci-dessus rapportées.) 

VARIANTES : 
CHINONNEINS. Rom. de Brut, MS. fol. 9i, V" col. 1. 
Chinonnes. Ibid. MS. de M. de Bombarde. 

Chinquaii. [Intercalez Chinquau, cinq gerbes 
réunies (JJ. 187, p. 317, an. 1458) : « Une pièce de 
« terre où il avoil encores plusieurs gerbes d'avoine 
« en cliinquaus. »] (n. e.) 

Chinquenaude, siilist. fém. Chiquenaude. 
« Ne luy faisoit mal en plus que feriez baillant une 
" chinquenaulde sus ung enclume de forgeron. » 
(Rab. T. II, p. 243.) 

VARIANTES : 

CHINQUENAUDE. Rab. T. I, p. 153. 
Chinquenaulde. Id. T. II, p. 243. 

Chinquer, verbe. Trinquer, boire. (Cotgrave et 
Ménage, Oudin, Dict. et Cur. fr.) « Voyant qu'elles 
« prenoient grand plaisir à chinquer (5) du vin 
« d'Arbois. » (Mém. de Sully, T. IV, p. 195.) 

Chintre, subst. masc. Levée de terre. En Anjou, 
suivant le Dict. Etym. de Ménage, c'est le petit che- 
min qui est autour des pièces de terre; mais il faut 
dire que c'est proprement une levée de terre, en 
forme de ceinture, autour des pièces de terre qu'on 
veut ienfeiiiioi. On dïso'û cliaindre, pour ceindre, 
enveloppé comme nous l'avons marqué. C'est de là 
que vient le mot chintre : c'est en ce sens qu'on le 
dit encore eu Touraine, et qu'il le faut entendre 
dans le passage suivant de la Coutume de Berri : 
« Il loisl (est permis) ù toutes personnes de la dicte 
« terre de Mehung, mener, ou faire son bestail, 
» par toute la dicte terre de Mehung, pasturer, si 
« ce n'est en garenne d'ancienneté deffendue, et 



(1) Froissart donne In cymenliere (XV, 4) et la chymentiere ÇLV , 24.) (N. E.) 

(2) Ed. Henschel, II, 58, col. 1. (n. e.) 

(3) « Et ne fais double aulcun que Chinon ne soit une ville anticque ; son blason l'atteste auquel est dict deux ou troys 
foys... » (N. E.) 

(4) Je ne sçay qui en est à ceste heure gouverneur, c'est le moindre de mes soucis ; mais c'est un bel estât et belle 
marque de chasteau de qui on dict : la ville de Chinon, petite..., quand ce ne seroit que pour nostre bon maistre Rabelais 
qui a esté natif de là. » (N e.) 

(5) L'étymologie est l'allemand sclwnken, verser à boire, (n. e.) 



CH 



CH 



« garclable, se les dites terres ne sont labourées, 
« emblavées, ou bouchées, sans y faire nulles prin- 
« ses, toutes fois ceux à qui sont les béritages, 
« pourront chasser les dictes bestes hors de leurs 
« dits héritages, et aussi nul ne pourra faire chiiitrc 
« en ses terres, pour la garde d'icelles. » (La Thaum . 
Coût, de Berry, p. 379.) 

Chiplioeue. [Intercalez Chiphoene : « Elleborus, 
« qutedani herba. gall. chiphoene, » (Gloss. lat.-fr. 

B. N. 521.)] (n.e.) 

Chipoter, wr^^É". Vétiller. (Dict.d'Oudin(l).)Pro- 
premenl découper en petits morceaux, le même 
que cliicoter qui est la vraie orthographe (selon 
Falconnet), car d'autres tirent Tétymologie de chi- 
poter de la monnoie appelée chipotois ou cliats de 
Poitou. (Voy. ci-dessus chats de Poitou à l'art. Chat.) 

Chipoterie, subst. fém. Niaiserie, vétillerie. 
(Dict. d'Oudin.) 

Chipotois, siib&t. masc. Sorte de monnoie. 
Elle étoit de peu de valeur, comme le prouve ce 
passage : « Ouinque arnaldi, et chipotois valent 
« quatre den. turon. », dans une citation de Du 
Cange, sous le mot Moneta (2). (Voyez ibid. au mot 
Chapotensis moneta.) 

Chippe, subst. Bateau*. Guenille, chiffon °. 

*Sur le premier sens de bateau, voyez LeDuchat, 
sur Babelais, T. IV, p. 100, note 13. C'est propre- 
ment ce que nous nommons esquif. 

^ On a dit, au second sens, cliippes (3), poi iif- 
fons, guenilles. 

Ses filz le nom de comte port 
Qui n'iert mie vestuz de c/nppes. 

G. Guiart, MS. fol. 12, R" (éd. I, p. 2S, 74). 

Chiprois, subst. masc. plur. Ceux de Chypre. 
>■ S'en relorna en Acre, et laissa le roi o (avec) les 
" Chiprois. « (Contin. de G. de Tyr, Martène, T. V, 
« col. 3.) 

Chiquart, subst. masc. On a dit proverbiale- 
ment : brave comme chiquart. (Bouchet, Serées, 
Liv. III, p. 6.) 

Chique, subst. fém. Petite boule de marbre ou 
d'ivoire, selon Oudin (4). Chique au masculin étoit le 
même que chiche. (Voyez ce mot ci-dessus.) 

Chiqueter, verbe. Couper, découper (5). (Nicot, 
Cotgrave, Oudin, Monet et Ménage, Dict.) 

Chiqueteur, subst. masc. Découpeur. (Dict. 
d'Oudin.) 



Cliirat, subst. masc. Monceau de pierres. Ce 
mot se dit, dans le Lyonnois, des pierres ramassées 
en tas dans les champs nouvellement cultivés. (Du 
Cange, au mot Chirat.) Peut-être faut-il l'expliquer 
par charretée. (Falconnet.) 

VARIANTES : 
CHIRAT. Du Cange, C.ioss. lat. au mol CItirat (6). 
Chierrat. Id. ibid. (7) 

Chirceambei", sulist. masc. Sorte de rede- 
vance. « Chirseed, cJiirccomer ou cliirceamber fut 
» un certein rent de bled batu, que chescun home 
« devoit al temps des Brytons et des Englez porter 
» à lour église le jour seint Martin. » (Du Cange, 
sous le mol Ciricsetum.) (8) 

VARIANTES : 
CHIRCEAMBER. Du Cange, Gloss. lat. au mot Cincsetum. 
Chirceomer, Chirseed. Id. ibid. 

Chirei". [Intcicalez durer, dont ie sens est 
douteux dans une charte de 12!» 1 (Petit livre rouge 
de la municipalité d'Abbeville, fol. 20, r") : « Un 
« chirer de le vile de .vi. livres et .xvn. sols de 
« chens. » (Du Cange, 11, 328, col. 3.)] (n. e.) 

Chii'on, subst. masc. [Intercalez Chiron, mon- 
ceau de pierres, comme plus haut cliirat: « Jehan 
» Loys estant en ung chiron de pierres, desquelles 
« il prenoit et metloit en son saing. « (.IJ. 188, 
p. 204, an. 1459.)] (n. e.) 

Chirurgien, subst. masc. Ce mot, qui subsiste 
sous cette orthographe, s'écrivoit autrefois plus 
ordinairement (•/riM'ff/CH(0). Les médecins, du temps 
de Pasquier, prétendoient que ce mot, à remonter 
à son origine, ne signifioit que manœuvre. Voy. 
Pasquier, Rech. p.825,chap. xxxi, où il traite expres- 
sément de la querelle entre les médecins et les 
chirurgiens avec les barbiers. 11 paroit pourtant 
qu'ils étoient distingués, du temps du chevalier 
Bayard. On lit, dans son Histoire, p. 286, que « le 
« chirurgien qui avoit longtems pansé sa playe, 
« montra au barbier de Bayard, comment il pansoit 
« le malade, et lui donna ensuite un onguent pour 
« faire un emplastre qu'il falloit appliquer tous les 
« jours sur la playe. » 

Les barbiers ayant voulu prendre le titre de 
chirurgiens barbiers, « la cour, par arrest du 
» 25 avril 1625, leur defîendit de ce faire, mais 
« qu'il se nommassent barbiers clùrurgiens, sui- 
« vaut l'arrest de 1003. » Pasquier, Rech. Liv. IX, 
p. 833.) Marie de Bourgogne qualifloit cependant 
Olivier le Dain. favori de Louis XI, cliirurgicn bar- 
bier. (Hist. de Marie de Bourg, par Gaillard, p. 150.) 



(1) On lit dans Tabouret, d'après Dochez : h Ce ne sera jamais fait pour qui voudra chipoter tous les mots. » Le radical 
est citiffc ou chippe. (Voyez plus bas.) (n. e.) 

(2) Voyez éd. Henschel, ariialdensis, t. I, p. 404, col. 3. (N. E.) 

(3) On lit encore dans la Passion de N. S. 71. C. (xv« siècle) : « Bandez lui les yeulx de la teste , Et pour le loier de ses 
truffes Ly portez de grosses buffes, Et sy en jouez à la chipe. » (n. e.) 

(4) C'est la bille des petits Parisiens, la canette de l'Ouest, (n. e.) 

(5) Ce mot a été fait sur cliiquet. (Voyez chic.) (N. E.) 

(6) Ed. Henschel, II, 328, col. 3. (n. e.) 

(■?) Dans une charte de 1454 on lit : « juxta vineam dicti confitentis, quodam cliierrut intermedio. o (N. E.) 

(8) Ed. Henschel, II, 364, col. 3. (n. e.) 

(9) Consultez les Etudiants de l'Ecole de Médecine de Montpellier, au xvi« siècle, par A. Germain, de l'Institut. (Revue 
historique, 1877, p. 31-71.) (n. e.) 



CH 



CH 



Le serorfjicii on chirurgien est distingué du ;j/i2/s?- 
cioi ou miiegcyl], médecin, danf, les. Assis. de,I(5rus. 
p. 153 (Voyez Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis.) 
On éciivoil aussi sirurgie, pour chirurgie. (Voyez 
ci-après Sincniin;.) 

VAIIIAM'ES (2) : 

CHIRURGIEN. Oilh. subsistante. 

CiRURGiEN. Joinv. p. 5, etc. (3) 

CiCHGiEN. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 443, col. 3. 

Cyrurgien. Lanc. du Lac, T. III, fol. 122, V». 

SiRRURGIEN. Ord. ï. III, p. 603. 

Serurgien. Le Fevre de S. Rémi, Ch. vi, p. 70. 

Serorgien. Gloss. sur les Coût, de Beauv. 

SuRRiGiEN. Britt. Loix d'Anglet. fol. 14, R». 

Surgien. Monstr. Vol. I, fol. 178, V", etc. (4) 

Serourge. Chron. S. Denis, T. II, fol. 65, V» (5). 

Chiriirgienne, snbst. fém. Pasquier, après 
avoir cité les ordonnances de nos rois (6), en vertu 
desquelles les femmes exenjoient la cliirurgie, 
ajoute que c'est une cliose de prime face estrange, 
" et toutefois excusable, si par nos anciens romans 
>' (images de nos couslumes anciennes) nous 
« trouvons que nos ciievaliers ayan» esté casuel- 
« lement blessez par la campagne, ils avoient 
>' recours aux plus proches chasleaux, dans les- 
« quels ils trouvoienl leur guerison par le ministère 
" des preudes dames, el damoiselles. » (t^asq. Recli. 
Liv. IX, p. 820.) 

VARL\NTES (7) : 

CHIRURGIENNE. Orth. subsistante. 
Cirurgien-ne. Percef. Vol. II, fol. 10, R», etc. 
Cyrurgienne. Ibid. fol. 39, R», etc. 

Chisel. [Intercalez CJiisel, ciseaux au reg. J.J. 
1G5, p. 53, aîi. J410 : » Le suppliant print en Toslel 
i' .lehan le INoir escuier demourant à Noyon un 
» instrument, nommé chisel. »] (n. e.) 

Cliissure, stilist. fém. Filet. Il semble que ce 
soit le sens de ce mot, qui n'est peut-être qu'une 
faute pour Ihissure, dans le passage suivant, où l'on 
dit, en parlant de la trahison : 

Tant est faincle, simulée, et légiére, 

Qu'envers celiuy ou elle veult contendre (s'attaquer; 

En luy riant va sa c/iîssKre tendre 

Poiu- irnpréveu le séduire, ei surprendre. 

Cliabic et dcparliL' d'Amours, p. 33, col. t. 

Chitoiial. [Intercalez Chitoiial, zodoaire, espèce 
de gingembi'c. On lit uuxMiraclesdela Vierge(t. II): 
» faut 1 mêlent à la fois De gingembre et de 
" chHoiial, De gerotle el de garingal. » Ou lit encore 
dans un regisire de la Ch. des Comptes: » Pour la 



« balle de citoual, n s. vi den. » Au Cartulaire de 
Lagny (fol. 240): « Cytoa!, un denier la livre. » 
Voir Du Gange, VI, 932, col. 2.] (n. e.) 

Cliiunkante, Nomb. indécl. Cinquante. 

Troi cens et chiuiikante malade. 

Pli. Mouskes, MS. p. 291. 

VARIA.NTES : 
CHIUNK.^NTE. Ph. Mouskes, MS. p. 291. 

ClUNC.\NTE. Id. p. 151. 

Chivande, siibst. fétu. Partie d'une église. Il 
seroit difficile de juger quelle partie d'une église 
porloit ce nom. Dans une déclaration donnée par le 
trésorier de l'église de Guibray des charges du 
trésor, on lit : » Paye le dit trésor, pour les répa- 
i< rations de l'église, tant de la nef, cliivainde, que 
» chapelles qui composent les ailes d'icelle, etc. » 
Peut-être est-ce la même chose que ce qu'on nomme 
en quelques cantons chivande, petit endroit près de 
la sacristie desliné à mettre les burettes, les plats 
pour l'offrande, etc., et dont le chefecier a la clef; 
mais il me paioit plus probable que le mot de chi- 
vande ou chivainde désigne une portion de l'église 
beaucoup plus considérable (8). 

VARIANTES : 
CHIVANDE. Cout. de Hainaut, Cout. Gén. T. I, p. 1012. 
Chivainde. Déclar. MS. du Très, de l'église de Guibray. 

Chive. [Intercalez Chive, oignon. On lit dans 
Aubri, p. 155, col. 2 : 

11 vit porter les cJiivcs enpevrés. 

Au Roman du Renart (II, 2(52, v. 16G92): 

Ne pris pas deus foilles de cives 
Ton menacier ne ton vanter. 

Comparez le Roman de la Rose, v. 5350 et 198. 
En Picardie et en Bretagne, la ciboule se nomme 
encoi e civé, du latin cœpa. Comparez Raynouard, 
II, 370, col. 1, sous ceba.] (n. e.) 

Gliiver, subst. Dans le Gloss. de Labbe, p. 473. 

c'est chines qu'il faut lire. 11 dil que ce sont vais- 
siaux à nelloier bief, en lalin capisleriitin. Ce mot 
latin ne se trouve que dans Columelle. C'est un 
van. (Voyez Du Gange (9).) 

Chivon, subst. masc. Cve, oignon. On se ser- 
voit de ce mol pour exprimer le peu de cas qu'on 
faisoit de quelqu'un. « De tous nous ne donnerions 
« (|uatre c/in'0»s (10). » (Froissart, Liv. III, p. 130.) 

Chnapaii, subst. masc. Bandit. De l'allemand 



(1) Miege vient de medicus ; ^iiire vient de javqoi', onguent. (N. E.> 

(2) On lit encore au Livra des Méiiius (419) ; » Pour ce que il puet avenir que, quant murtrier ou larron sunt bleciez ou 
blecent autrui, viennent celéement aus cyriayiens de Paris, et se font guérir celéement. » (,n. e.) 

(3) M. de Wailly donne cyrurgieiis (!$ 175). (N. E.) 

(4) Comparez la forme anglaise surgeon. C'est aussi la forme que donne Froissart, III, 85 ; II, 161 ; VU, 296. (N. E.) 

(5) Serourge de sorori\is sic;nifie beau-frère. Comparez Froissart, II, 26, 248 ; III, 377. (N. E.) 

(0) Voici le début de cette'ordoimance : « Nous défendons et inhébons par tous les trois edits (porte le langage latin) 
que, dans la ville el vicomte de Paris, nuls (7ii)'i/r(/ic);6- et chirunjieiines ne puissent e.\ercer Tart de la chirurgie, soit 
publiquement ou en privé, s'ils n'ont esté préalablement examinez et approuxez par les autres maistres chirurgiens jurez 
demeuranz à Paris, à ce expressément appeliez. Chose de prime face estrange et toute fois... » (n. e.) 

(7) On Ut déjà dans Rntebeuf (37) : « .le sai une fisicienne (anglais physician) Qui à Lions ne à Viane, Ne tant comme li 
siècles dure. N'a si bonne serurgienne. » (N. E.) 

(S) Ne serait-ce pas le clievel. {N. E.) 

(!)) Ed. Ilenschel, II, 13'-\ col. 2. (n. e.) 

(10) Voyez chice. (N. E."» 



CH 



- 9 — 



CH 



sch7iapphahn{l). On a donné ce nom à des paysans 
révoltés contre la noblesse, qui furent dél'aits, aux 
environs de Strasbourg, vers 1525, suivant M. de 
Thou . Liv. X, p. 232 "(2). Voy. Ménage, qui croit 
donner l'origine de ce mol. On en trouvera la vraie 
étymologie dans Wachter, Gloss. Germ.(Falconnet.) 

VARIANTES : 
CHNAPAN. 
ScHNAPHAN. Wachter, Gloss. Germ. Dict. univ. 

Choaisie. [Intercalez Choaisie , choix, aux 
preuves de THist. de Bretagne, II, col. 504, an. 
1385 : « Et la teneur de la ce'dule de ladite choaisie 
" et élection d'armes est cy-aprez. >>] (n. e.) 

Chocailler, verbe. Trinquer. Boire fréquem- 
ment. (Dict. de Cotgraveet d'Oudin.) 
vARiAPiTEs : 

CHOCAILLER. Oudin, Dict. 
Chocqu.ailler. Cotgrave, Dict. 

Chocaillon, subst. fém. Femme qui s'enivre. 
Une chocaillon est une femme qui boit habituelle- 
ment, selon Oudin. (Dict. et Curios. fr.) 

Chocas, subst. masc. Corneille. Nous nommons 
encore choucas une espèce de corneilles. Voyez le 
Dict. univ. qui en décrit les différentes espèces. 
Quelques-uns ont semblé confondre les choucas 
avec le chat-huant ; mais il me semble qu'ils se 
trompent. Du Gange donne au mot languedocien 
c}iot la signification de chat-huant. (Gloss. lat. au 
vc\o\.Cavanna.)^'\co\. dit que c'est unechouette. Voici 
quelques passages oîi ce mot peut se prendre pour 
corneille. Il faut observer que le Dictionn. univ. a 
remarqué, au mot choucas, que cet animal de l'es- 
pèce des corneilles a aussi porté le nom de chouette. 
« Pline dit que prenant quantité de vin meslé en 
« des œufs de chucas, puis en faire boire, par deux 
« ou trois jours, celuy qui en boira, hayra telle- 
« ment le vin que jamais il n'en voudra boire. » 
(Div. Leç. de P. Messie, fol. 273.) 

Ce sont chucas et corbeaux qui croassent. 

Œuv. de Baif, fol. 218, V. 

VARIANTES : 
CHOCAS. Monet, Ménage, Dict. et™. 
Choucas. MerL Cocaie, T. Il, p. 19 (3). 
Chucas. Div. Leç de P. Messie, fol. 273, R» et V» (4). 
Chouca. Nicot, Dict. 

Chouquars. R. Belleau, Berg. fol. 122, V». 
Chot. Gloss. lat. de Du Cange, au mot Cavatma. 
Chor. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 488. 

Choche, subst. fém. Nous trouvons ce mot dans 



l'Hist. des Trois Maries, en vers ms. p. 283, pour la 
bière dans laquelle étoit porté le corns de la Sainte 
Vierge. Un lit chace dans un autre ms. Il y a bien de 
l'apparence qu'il faut en effet lire chace, la même 
chose que châsse oîi l'on enferme les reliques des 
saints. 

Choche a signifié aussi Cloche. (Voyez Chron. fr. 
MS. de Nangis, sous l'an 1379.) Ce ne peut êlre une 
faute, car cette orthographe se lit plusieurs fois 
dans le même ms. On touve d'ailleurs, dans Blan- 
chardin, c/ioc/îf f/éîjO/OH (5), qui semi)le signifier cloche 
de plomb, la même chose vraisemblablement que 
chape de plomb c\-àess\\s, pour loge, prison. 

La tor fu fermée (/ii-inala) en la roche; 
De pion y avoit mainte choche, 
Dont 11 quarrel sont seelé. 

Blanch. MSS. de S. G. fol. m, V col. 3. 

On a dit de même clief pour clef et choses pour 
closes. 

On écrivoit aussi quelquefois c/jof/^;? pour cloche. 
C'est en ce sens qu'on lit: « Prendre les aloes et 
" les pertris à la choque (G). » (Modus et Bacio, ms. 
fol. ICI.) On sonne cette cloche poar effrayer les 
oiseaux et les faire pnrlir, afin de leur brûler les 
ailes. Alors on les prend à la main. 

VARIANTES : 
CHOCHE. Blanch. MS. de S. G. fol. 177. 
Choque. Modus et Racio, MS. fol. 161, V". 

Chocmeaulx, subst. masc. (7) 

.4donc découvrent leurs faulcons, 
Et leurs monstrent les deux hairons : 
Si bastirent si fort d'esles, 
Ou'ilz traient droit à leurs hairons. 
Ainsi comme deux esmerillons, 
Quant volent par les cliocincanlx. 

Gacc de la Bigne, Des Déduits, MS. fol. 128. Rv 

VARIANTES : 
CHOCMEAULX. Gace de la Bigne, des Déd. MS. fol. 128, R». 
Choquemeaux. Id. ibid. 

Chocq, subst. masc. Souche. C'est un mot 
picard, de l'allemand stock (8). Il est pris au figuré 
pour souche généalogique, dans le passage suivant: 
« S'il y a plusieurs enfans represenlans un décédé, 
« iceux font une teste, et choc(i (9), contre chacun de 
« leurs oncles, ou autres avec lesquels ils doivent 
« succéder. » (Coût, de Lilers, Coui. Gcii. T. Il, 
p. 897. — Voyez Ciiouqie et Chouquet.) 

Choe, subst. fém. Corneille. Autrement petit 
choucas. (Voy. le Dict. Univ, au mot Choucas.) On a 
aussi donné à cet animal le nom de chouette, 



(1) De schnuppeii , attraper, et HaJin, coq. (N. E.) 

(2) Les Boures (Baiier) ou Rustauds d'Alsace avaient voulu piller la France qu'ils croyaient sans défense depuis la 
bataille de Pavie ; ils furent écrasés près de Saverne par Antoine, duc de Lorraine, et par son frère Claude de Guise, 
gouverneur de Champagne ; 20,000 périrent au cri de « vive Luther ! » (n. e.) 

(3) « Il est seulement accompagne de corneilles chantant quaqua , et des corbeaux avec leur crocro , et aussy des 
choucas. » (N. E.) 

(4) On lit aussi dans Paré -Animaux, 20-: « Les linottes, cochevis, pies, corneilles, chucas, corbeaux parlent et 
chantent. » (N. E.) 

(5) Choche est là pour coche, joint, rainure, comme dans ce passage de Montaigne : « Quelle géhenne ne soufîrent-eUes, 
guindées et sanglées, à tout de grosses coclies sur les costez. » (I, à)8.) En Berry, choche est dit pour souche, (n. e.) 

(6) Lisez cloque, comme dans Baudouin de Sebourc (X, 76) : « Quant li bourgois oireut la clioze deviser, La cloque de la 
ville ont fait tantost sonner. » (N. E.) 

(7) Ce doit être un dérivé de clioiiue, souche. Voyez le suivant, (n. e.) 

(8) Cette étymologie est admise par Scheler ; Diez préfère soccus. (N. E.) 

(9) Le picard a la forme clioke ou choque. (Du Cange, II, 332, col. 3.) (n. e.) 

IV. 2 



m 



- 10 



Œ 



chuetle ou cliouchelle ; mais ce n'est point la 
chouette proprement dite, qui n'est pas un oiseau 
noir, comme celui à qui on donne le nom de choe, 
dans les [lassages suivans. Le P. Labbe, dans son 
Gloss. lai. p. 514, nomme cet oiseau Monedula. 
C'est la corneille de l'espèce des chucas (1). (Du 
Gange, au mot Caccitla.) 

D'un vilain conte qui avoit 

Une choe qu'i norri, qu'ele parla. 

Fabl. MSS. de S. Germ. fol. 8. V' col. 2 (2J. 

Grosse de corps, blonde comme une pomme, 
Yeux de corbaut, noire comme une riioe (3). 

Eust. Desch. Pops. MSS. fol. 211, col. 3. 

On disoil proverbialement : 

Il aiment plus deniers 
Que ne fet une choe. 

Fall. MSS. du R. n- 7615, T. 1\. fol. Ul, V col. 1. 

VARIANTES (4) : 
CHOE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 211, col. 3. 
Choue. Modus et Racio, MS. fol. 134, V°. 
Chaue. 

Choene, subst. fém. (5) Sorte de mesure, du latin 
choenix, selon Léon Trippault, qui ailleurs dit 
que ce mot a aussi signifié chaîne. Aussi l'avons- 
nous employé comme orlhographe du mot cadene. 

Choi, particule. Quoi. 

Diex ! que grande signerie, 
Oui tant est douche et plaisans, 
Par clioi je sui moult engrans (enclin) 
De siervir, sanz vilenie. 

Chaiis. fr. du xiii" siècle, MS. de Doubler, fol. 330, V° col. 2. 

Choiement, subst. masc. Chute. En latin casns. 
(Gloss. de Labbe, p. 494.) 

Choile. [Intercalez Choile, impératif du verbe 
celer : 

Qu'en feroies ? Ne Vchoile pas. 

Renan le Nouvel (IV, v. 1539). 

Coile est dans Flore et Blanceflor, v. 3015.] (n. e.) 

Choin, subst. masc. Pierre dure et de vive 
roche; c'est le silex. Elle peut être polie comme le 
marbre. (Dict. de Monet.) 

Choine, subst. masc. Pain blanc et délicat. 
De là, celle espèce de proverbe ou dicton en usage 
dans quelques provinces: « 11 amangésonc/iome((j) 
« le premier. » (Dict. Etym. de Ménage. — Voyez 
Rab. T. IV, p. 248.) 



Chois, sxibst. masc. Choix. 

De ces deu.x a s'amie le c/iiea:; 

Conseilliez l'en, qu'elle en prengrie le miex. 

l'OL-s. MSS. Valican, n- 1,=>22, fol. 153, R' col. 2. 

Mais c'est trop plus grant esplois (proPfit) 
D'avoir sa mie à son cois. 

Pocs. MSS. Vïlican, n- 1490, fol. 164. R'. 

De trestot le monde a son ketis. 

Ph. Mouskes, MS. p. 211. 

Puisque j'en ai le yieus, 

Avoir veU l'otroiement (consentement). 

Poes. MSS. Val. n- 1490, fol. 173, V. 

Mort prent à son rjiiiex ; 

Amour ausi à son chois chascun prent. 

Poes. MSS. Val. n* 1522, fol. lr,5, V col. 2. 

Ce mot nous fournit diverses expressions à 
recueillir : 

1" Mettre à choais (7) de lay signifie donner le choix 
de faire le serment, ou de le déférer. (Ane. Coût, 
de Bret. fol. 81.) Le chapitre est intitulé : « Des cas 
1 dont l'en peut mettre à choais de lay. « 

20 Avoir trois chois, c'est avoir la liberté de choi- 
sir de trois choses l'une, ou d'opter entre trois 
partis à prendre. (Gr. Coût, de Fr. liv. Il, p. 194.) 

3° A choix (8) est mis pour indistinctement dans 
ces vers : 

Feme prant tôt à chois, ou courtois, ou vilain 
Borgois, ou chevalier ; mais qu'il emplela main. 

Chastie-Musail. MS. de S. Germ. fol. lOfi, V' col. 3. 

4° Aller à chois pour choisir. 

Chevex ot si blons, et si blois, 
Con s'il en fust aie: à chois. 

Parlonopei de Blois, MS. de S. G. fol. 126, R- col. 1. 

5" Faire son chois parti, pour choisir entre deux 
partis proposés. (Mém. de Sully, T. Xll, page 224.) 
On avoit dit plus anciennement jeu parti. 

Proverbe. 
Cil qui a chois de prandre, et départir. 
N'est pas saiges, s'il ne prant le meilleur (9). 

Eusl. Uesch. Poés. MSS. fol. 1, col. 3 

VARIANTES (10) : 
CHOIS. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 1, col. 3. 
Cheoys. Mém. du Bellay, T. VI, p. 306. 
Choais, Choays. Korel, Dict. 
Cois. Poës. MSS. Vat. n" 1490, fol. 164, V». 
Qois. Phil. Mouskes, MS. p. 177. 
Quois. Beauman. p. 228. 

QuiEX. Poës. MSS. Valican, n» 1522, fol. 165, V» col. 2. 
KiEX. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 147, R». 
Chiex. Poës. MSS. Vat. n° 1522, fol. 153, R» col. 2. 
Chuez. Coût, de Fr. p. 434. 



(1) En Savoie, f/iuc désigne le chucas; mais c/mioe en wallon, chauxcc en namurois, choue en français, désignent la 
chouette. (N. e.) 

(2) C'est une fable de Marie de France : « D'un vilein dist, ki nurrisseit Une ka\(we que mult ameit », édit. Roquefort 

(p. 48.) (N. E.) 

(3) On lit dans Berthe (XXXIII) : a Sa colors n'estoit pas en semblance de choe. » Voyez Raynouard, II, 392, col. 2, sous 
chava.na. (N. E.) 

(4) Choe vient encore de cohuu et désigne une halle : « Et est acordé entre le duc et nous que nous aurons la moitié des 
choes de Dinant. » (Preuves de l'Hist. de Bretagne, I, col. 1069, an. 1283.) (N. E.) 

(5) C'est le pain choine, le pain des chanoines : « Et devent estre serviz honestement du rost et boest [bouilli] et leur 
sauxe appartenante avesques eulx, du paen de fouace, du paen choene, du vin blanc. » (Bibl. de l'Ec. des Chartes, 4« série, 
t. IV, p. 373.) (N. E.) 

(6) On lit encore au reg. JJ. 128, p. 84, an. 1385 : a Lequel suppliant... print trois pams blans, appeliez choesnes. » (N. e.» 

(7) Mettre à chois se retrouve dans Froissart (XVI, 96) ; « Et tnist à chois ung chevalier que le conte d'Erby avoit là 
envoie, de toutes ses armures pour servir le dit conte. » (n. e.) 

(8) On lit déjà dans Wace, Rou (v. 5975) ; « Ainsi pourons aler as bois, Abres tranchier et prendre à chois. » (n. e.) 

(9) Bruyant cité au Ménagier (II, 27), écrit ; « Or fay le quel que tu vouldras. Et y pense tout à loisir ; Quant o. chois es, 
tu pues choisir. » (n. e.) 

(10) On trouve dans Froissart coes et eues, formes verbales de coesir : « Je vous mech à coes (IX, 336). — Vous estes 
à eues don partir ou dou demeurer (X, 441). » (N. E.) 



CH 



— H - 



CH 



Kjeus. Pb. Mouskes, MS. p. 211. 

OUEUS. Ph. Mouskes, MS. p. 226. 

QlEVS. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 173, V». 

KiEus. Poés. MSS. Vat. n» 1490, f» 147, R°, et 177, R». 

Kius. Poës. MSS. av. 1300, T. Il, p. 806. 

Choisie, subst. fém. Choix, option. On dit, en 
termes de procédure, choisie de lots (1). (Voy. style 
de procéd. au Parlem. de Norm. fol. 7'2.) 

Choisir, verbe. Voir, apercevoir, reconnoître*. 
Paire choix °. 

*Le premier de ces deux sens est le plus commun, 
dans nos anciens auteurs (2). J'en pourrois citer un 
nombre prodigieux d'exemples. Il me suffira d'en 
avertir, et je me contenterai d'en rapporter quel- 
ques-uns, soit en prose, soit en vers : « Ung Sarrazin 
« c/jo«'s('i, qui estoil plus grand que nul des autres. » 
fChron. S. Denis, T. I, fol. 14G.) On lit dans le latin 
de Turpin : « Vidit quemdam Saracenum, etc. » 
« Clovis se ferit eu la bataille, là où il choisit, et 
» avisa le roy Alarich. Il se combattit à luy. » 
(Chron. S. Den. T. I, fol. 14.) 

Le Roy Othon a resaisi; 
Piertres Mavoisins Va ceusi. 

Ph. Mouskes. MS. p 593. 

Ains de si loing de moi ne fu clioisie. 

Adans li Bocus, Poës. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1422. 

Un poi vueil amors blasmer. 

Car je ai souvent choisi 

Ceu.x grant joie recouvrer. 

Qui se faisoient gas (se jouoient) de 11, etc. 

J.icq. de Chison, Pots. MSS. av. 1300, T. H, p. fiSl. 

De là, on disoit, en termes de guerre : cltoisir un 
parti pour le reconnoitre. (Le .Fouvenc. ms. p. 132.) 

Choisir un cerf, en termes de chasse, signilloit 
l'examiner assez pour être en état de dire « quel 
« cerf c'est, et quelle teste il porte. « (Fouilloux, 
Vénerie, fol. 37.) 

^Les anciens employoient aussi le mot choisir, 
dans le sens où nous le prenons encore, pour faire 
choix. 

Qui est a choix de deux choses avoir, 
Eslire doit, et choisir la meillour. 

Eusl. Desch. Poes. MSS. fol. 202, col. 2. 
Si les bons voulés causir. 

Pops. .MSS. av. 1300. 

Quant il pot s'aisse (son aise) quoisir. 

Ph. Mouskes. MS. p. 80. 

C'est-à-dire quand il fut le maître d'être à son 
aise. 

Une voye ceusirent autre. 

Ibid. page 819. 

Vous kieusissiés le pieur. 

Jeu Parli, Pops. MSS. du Val. n" (490. 

C'est-à-dire vous choisiriez le pire. Il seroit 
superflu d'accumuler d'autres exemples. 



VARIANTES : 

CHOISIR. Orth. subsistante. 

Choisyr. Gace de la Bigne, des Ded. MS. fol. 118, R». 

Choysir. Percef. Vol. IV, fol. 25, P," col. 1. 

CoisiR. Duchesne, Gén. do Guines, p. 283. 

QuûissiR. Ph. Mouskes, MS. p. 80. 

CUESIR. Froissart, Poës. MSS. p. 65, col. 1. 

Ceusir. Ph. Mouskes, MS. p. 819. 

Chausir, Causir, Kausir. Poës. MSS. avant 1300, T. II, 
page 903. 

Kieusir. Poës. MSS. Vat. n» 1490. 

Keunsir. d'ofi Keunsiscons ; lisez peut-être Kunsiseons, 
pour choisissons, dans Carpentier, Hist. de Cambray, p. 18 ; 
titre de 1133. 

Keusir. Ph. Mouskes, MS. p. 593. 

CoisiER. Poës. MSS. av. 1300, T. III, p. 1105. 

Choisisseor. [Intercalez Choisisseor, voyant : 

Dunt de la tierce part menor 
N'erent ti oïl choisisseor. 

Chr. des ducs de Norm., I. v. 1551.] (N. E.) 

Choison, subst. fém. Borel s'est trompé, ainsi 
que le Dict. de Corneille. Il faut lire l'achoison, le 
prétexte, au lieu de la clioison. Il en est de même 
du vers suivant : 

Par quoy à toy en laisse la choison. 

Cl. Marol, p. 494. 

Il faut corriger l'achoison. 

Choison, subst. niasc Quantité. (Dict.d'Oudin.) 
,Ie n'ai vu ce mot nulle part ailleurs, en ce sens; 
c'est peut être le même que foison. 

Chol, subst. mase. Chou, légume. On trouve 
dans les Mém. de Sully, T. I, page 124 : faire chou, 
pour chou, rendre la pareille, expression qui sub- 
siste encore, ainsi que cette orthographe de ce inot(3). 
On lit dans le Roman de Hou, .ms. p. 28, feuille de 
col, pour feuille de chou. 

Tout ne vault un cliol. 

Eus(. Desch. Pues. MSS. fol. 106, col. 3. 

C'est-à-dire ne vaut rien. On disoit au pluriel 
chos, chox. 

Mieulx vault raangier du potaige, et des chos 
Estre vestus d'un gros drap de villaige, etc. 

Eust. Desch. Poi-s. MSS. fol. 286, col. 2. 

Nous avons char, querés des chox. 

Fabl. MSS. de S. Germ. fol. 38, R- col. 2. 

A mes beaux chouls gelés, étoit un cri des rues 
de Paris, du tems de Bouchet (Serées, liv. III, p. 37.) 

Je ne sais ce qu'on entendoil autrefois p-àv cotton 
de chou. Voici le passage où nous trouvons cette 
expression : « Prens un gros tronc, ou cotton de 
» chou, puis le fend au long, etc. » (Fouilloux, 
Faucon, fol. 64.) 

On disoit proverbialement : 

S'il veult des pois, on luy donra du chol. 

Eusl. Desthamps, Poës. MSS. fol, 227. 



(1) Voyez plus haut choaisie. (N. E.) 

(2) Ce sens est déjà dans Roncisvals (p. 25) : « A la letre choisie. » Il se retrouve dans .Toinville (§ 162), dans Froissart : 
(t. Car se il se fuissent embattu en ycehii port qu'il avoient chiœsi, ou auques priés, ils estoient perdu d'avantaige (II, 67). 
— Cils faucons montoit si haut que à peines le pooit il cuesir en l'air (X, 69). » Dans d'Aubigné (Hist., III , 175) , il signifie 
prendre : « Ses gardes n'avoient pas eu le loisir de coucher une mesche , volant la chambre pleine et sa personne 
choisie. » (N. E.) 

(3) A la surprise de la RéoUe par d'Ussac, Henri IV , roi de Navarre , répondit par la surprise de Fieurence à portes 
ouvrantes. La reine mère, qui estoit à .\uch et qui croyoit que le roy de Navarre y avoit couché, l'aynut appris n'en fit 
que rire et en branlant la teste, dit ; « Je voy bien que c'est la revanche de la RéoUe et que le roy de Navarre a voulu faire 
chou pour chou, mais le mien est mieu.x pommé. » (Mém. de Sully, 1. 1, p. 124, an. 1578.) (N. E.) 



CH 



15 



CH 



Ou comme il dit ailleurs, p. 424, col. 3 : 

S'il veut (lu dur, il a du nioul, 
S'il veut des pois, il a du choul. 

On écrivoil aussi coule. (Voyez ce mot.) 

VARIANTES : 
CHOL. Eust. Descli. Poës. MSS. fol. 106, col. 3 (1). 
ChoI'L. Eust. Drsch. Poës. MSS. fol. t29, col. 3. 
Chou. Orih. subsistante. 
Col. Rom. de Hou, MS. p. 2S. 

Cols, plui: FiiLl. .\iSS du R. n° 7218, fol. 228, R» col. 2. 
Chols, plur. Falil MSS. du R. n" 7218. fol. 227, V» col. 2. 
Choleiz, plni: Fabl. MSS. du R. n° 7615, T. II, fol. 212. 
Chaulx, plur. Horel, Dict. 
Chox, phir. Kabl. MSS. de S. G. f' 38, R». 
Chos, plur. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 286, col. 2. 

Choie, subst. fém. Passion violente*. Coup de 
vent^. 

*Cc mot s'est appliqué en particulier à la colère (2). 
(Dict. de Mcot, Monel, Cotgrave, Borel, Corneille et 
Ménage.) « T;int fut indigné que de son espée le 
« tua^ en sa choie. « (Rab. T. I, p. 297.) 

Gourous, dépit, ou chaude cote. 

Les Marg. de la Marg. fol. 230, R°. 

Chaude colle se pread souvent dans ce sens. 
(Quinze Joies du Mariage, p. 63.) Mais il se dit aussi 
pour viêlée chaude, poursuite vive. (Laur. Gloss. 
du Dr. fr. — Du Cange, au mot Caiida Melleia.) De 
là, ou disoit : à la chaude colle, pour exprimer 
tout à coup, à l'improvisle. (Pasq. Rech. livre III, 
p. 2V)8.) Colle se prenoil, quelquefois, pour passion 
violente en général, comme en ce passage : 

Or vois-je bien que, pour paroUe, 

Ne pour rien qu'on vous sceust presoher, 

Ne vous osteriez de la colle. 

Ou vostre cueur se veult ficher. 

L'Aniaiil ren m Cordelier, page 651. 

Noire cote signifie mélancolie, dans Gace de la 
Bigne, des Déduits, ms. fol. 78. 

^De là, on a applii^ué, dans un sens figuré, le 
mol colc à tempête, coup de vent. Il est interprété 
ainsi par Oudin, et employé selon cette acception 
par Rabelais, T. IV, p. 83, où nous lisons un 
cote effréné, un rude cole (3). 

VARIANTES : 
CHOLE. Nicot, Dict. - Rab. T. I, p. 297. 
Cole. Nicot, O-idin. - Rab. T. IV. p. 83. 
Colle. L'Amant rendu Cordelier, p. 510, etc. 

Cholere, adj. Colère. Sujet à la colère, impé- 



tueux. (Dict. de Rob. Estienne, Id. Gramm. fran^. 
p. 42.) « Voilù que c'est que d'estre si cholere. » 
(Des Ace. Escr. Dijon, p. 56.) 

VARIANTES : 
CHOLERE. Nicot, Oudin, Dict. 
CiiOLEBic. Oudin, Dict. 
CnoLERig. Nicot, qui cite Ronsart. 
Cholerkjqe. Nicol, Dict. 

Cholet, subst. masc. C'est le surnom de Hugues, 
comte de Roucy (ij. On le lui donna à cause de i'im- 
pei feclion de son corps. (Voyez la Roque, Orig. des 
Noms, p. 12'i.) 

Chois, subst. masc. plur. Il semble qu'on ail 
voulu désigner sous le titre d'exécuteurs cliols cea\ 
qui faisoienl exécuter les jugeinens pour cause de 
demande. Du Cange, au mot Executores chalenli, 
cite ce passage : •■ De ce, rendra nostre 1res cliier 
'< frère Loys comte d'Evreux, aux exécuteurs chois, 
« et aultres fiefs, etc. (5) » Il croit que ehalentum esl 
le même que chalengum, ou chalenga, chalenge, 
suivant notre ancien langage. 

Chômage. [Intercalez Chômage, cessation dans 
la fabrication : « Nous avons entendu... que noslre 
« monnoye de Touruax... est en chômage. •< 
(Ordonnances, t. V, p. 422.)] (n. e.) 

Chômas, adj. Paresseux. Qui ne fait rien, pro- 
prement qui chôme. 

L'en peut bien clamer frère ('.limitas; 
Onques mais homs n'ot, si foible merrien. 

Eusl. Desch. Po.s. MSS. fol. 332, col. i. 

Chômer, verbe. S'abstenir de travail (6). Ce mot 
subsiste. On diroit encore, comme autrefois (7): 
« Vous connoistrez que je n'ai pas chômé, tant que 
« j'y ai demeuré, etc. » (Duclos, Preuves de l'Hist. de 
Louis XI, p. 399.) Mais ou ne diroit pas également: 
il n'avoit que çhommer, pour il n'avôit pas de 
temps à perdre (8j. (Percef. Vol. 6, fol. 93.) Ce mot a 
la même signification dans ce vers : 

Fay le venir sans bruit, et sans chommer. 

Clém. Marol, p. 585. 

Chemer, s'abstenir de travail, se disoit quelque- 
fois pour s'abstenir en général. On lit, en ce sens, 
chômer de peschier, pour s'abstenir, discontinuer 
de pécher. (Ord. T. V, p. 208.) 

Proverbe : >< Il vaut mieux perdre que chômer. « 
(Div. Leç. de P. Messie, fol. 89.) (9) 



(1) Comparez Raynouard, II, 358, col. 1, sous caul. (n. e.) 

(2) De là colieux dans Froissart (VI, 222) : « Car il s'estoient parti dou roy très colieux. » (N. E.) 

(3) Choie a eu aussi le sens de soûle (voir cheoller). « Comme les supplians et plusieurs d'autres gens du pais fussent 
alez esbatre à un geu. appelle c7i()/e. » (JJ. 89, p. 126, an. 1357.) — « Estans en icelle choie ou soûle, ainsi que l'eu 
emportoit l'estouef ou cholet. » (J.I. 176, p. 683, an. 1448.) « Enfin, au cartulaire d'Amiens, en 1323, est un accord entre 
l'évêque et le maire « de ce que li maires prist l'estuef à la choie le jour de quaresmel en la terre de l'Evesque et de 
l'EgUse. » (Du Cange, II, 325, col. 1.) (n. e.) 

(4) C'est aussi le nom de la boule au jeu de la soûle. « Estant en icelle choie ou soûle, ainsi que l'en emportoit l'estouef 
ou cholet. » (JJ. 176, p. 683, an. 1448.) (N. E.) 

(5) Preuves de l'Hist. d'Evreux, par Lebrasseur, an. 1298, p. 25. (Du Cange, III, 143, col. 3.) (N. E.) 

(6) Il a même le sens de dormir au xm" siècle, dans les Miracles de la Vierge : « A grans trais boivent vin d'Auchuerre, 
Pour miex clioiner desor le fuerre. » (Du Cange, II, 333, col. 2.) (N. E.) 

(7) Voici la citation plus complète : « .le vous prie, vous qui estes par delà, avisier à fraper un beau coup sur le duc de 
Bourgogne... et j'espère faire si bonne diligence par deçà que vous connoissiez... » (N. E.) 

(8) Voici ce qui précède ces mots : « El si lui dirent les maistres [maçons] que le demourant estoit legier, mais qu'i 
flst finance de la couverture, car... « (n. e.) 

(9) On lit encore dans les Choses qui faillenten Ménage (xni« siècle) : « Ménage fait prendre mal somme , Ménage hait 
celui qui chôme Et rien ne fait. » (N. E.) 



CH 



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CH 



VARIANTES : 
CHOMER. Duclos, Preuv. de Louis XI, p. 399. 
Chommer. Cléiii. Marot, p. 524. 

Clioineter, sitbst. masc. Qui chôme souvent. 
Qui aime à chômer. (Dicl. de Monet.) 

Chommemant, subst. masc. Chômage. (Dict. 
de Moiiel.) 

Chonnine, subst. fém. Thonnine (1). Peut-être 
esl-ce une faute. Thonnine est la chair de thon 
salée : ■> J'empescheray que robe ne manque à la 
« chonnine, ou cotle aux olives « (Essais de Mon- 
« taigne, T. Il, p. 009.) C'est la traduction de ce 
vers de .Martial : 

Ne toga cordylis, ne penula tlesit olivis. 

Cordijla signifie thon. 

Chopade, subst. fém. Faux-pas. L'action de 
broncher. 

Mal robotez lieux 
Passay, à cloz yeux, 
Sans faire chopade. 

Clcm. Marol, p. 424. 

VARIANTES : 
CHOPADE. Clém. Marot, p. 424. 
Choppement, subst. masc. Cotgr. Dict. 
Chopement, subsl. nuise. Oudin. Dict. 

Chope. [Intercalez Chope: 1° Houppelande: 
« Et un vallet avec lui armé de haubergeon, de 
« bacinet à camail, de gorgerelte, de gantellez et 
« chope par dessus le haubergeon. » (Ord. IV, p. 67, 
an. 1351.) -i» Gobelet ou son contenu : « Prestre, dy. 
« — Voulez que je dye ? — A la guise de rsormandiê, 
« Je bef à vous de chipe en chope. » (Mir. de 
S" Geneviève.)] (n. e.) 

Choper, verbe. Broncher (2). 

Li destrier Orgeil si sovent 
Choup'it que ce n'estoit pas fins. 

Fabl. MSS du R. n- 7615, T. U, fol. 189, V' col. 2. 

Proverbe : « Qui chope, et ne tombe pas, adjouste 
« à son pas. » (Dict. de Cotgrave.) 

VARIANTES (3) : 
CHOPER. Dict. de Cotgrave. 
Chouper. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 189. 

Chopination, subst. fém. L'action de boire. 
De là, on a dit niale chopination, pour ivrognerie : 

S'en a soif, c'est estorement 
De maie chopination ; 
Fuyez donc tel abusement. 

Contred. de Songecreux, fol. 27, V". 



Chopine, subst. fém. Mesure. (Du Gange, aux 
mots, Cho/)iiia et Copina ; Ménage, Orig. franc, et 
Dict. de Borel.)(4)Ce mol s'est dit nou-seulementen 
parlant de boissons, mais encore d'autres denrées. 
» La chair et sain doux valoit quatre blancs la 
» chopine. « (Journ. de Paris sous Charles VI et VII, 
an 1435, p. 163.) On lit chopine de trippes, dans 
Rabelais T. VI, p. 223.) 

Chopineur, subst. masc. Buveur, ivrogne. 
(Path. Testam. p. l-il.) 

Choppet. [Intercalez Choppet, croc en jambe: 
« Lequel Jehan priiil ledit Symon parla potrine et 
« lui fist le choppet du pié, tant que ledit Symon 
« cheusl à terre. » (JJ. 152, p. 278, an. 1397.) Il en 
est de même au reg. JJ. 189, p. 27, an. 1454: 
« Lequel Jacotin, ainsi que icellui Morel dansoit, 
<> lui bailla le ("/iO/jpe< de la jambe, en soycuidant 
» jouer à lui, et tant que dudit choppet il chey à 
« terre. » (n. e.) 

Clioppeur, subst. masc. Qui bronche. (Essais 
de Montaigne, T. I, préf. p. 6.) 

Chorage, subst. masc. Coryphée. Le principal 

personnage des chœurs. C'est le Xooayiç des Grecs. 

Nostre vie est ainsi comme un ample théâtre. 
Où les dieux sont assis, au plus haut spectateurs; 
Nous masquez, la pluspart, y sommes les acteurs, 
Nostre chorage. c'est la fortune marastre. 

Pocs. de Perrii), fol. 16, R*. 

Cliorde, subst. fém. Corde. (Rob. Estienne, 
Oudin et Cotgrave, Dict.) 

Chore, suhst. masc. Chœur. (Cotgrave et Oudin, 
Dicl.) On a dit enfants île chore, pour enfants de 
chœur. (Favin, Th. d'honn. T. I, p. 90.) 

Choreal, subst. masc. Chantre, choriste. Pro- 
prement, ce qui est du chœur. (Diclionn. de Nicot, 
Oudin, Cotgrave, Monel.) >• 11 y a des églises ou les 
« chanoines ont des vicaires (|ui font pour eux, et 
« sont dits clioriaux (5). » (Moyen de Parvenir, 
p. 167.) On distinguoit les chanoines, chapelains, et 
choraux. (Mém. d'Ol. de la Marche, Liv. I, p. 258.) 

VARIANTES : 
CHOBEAL. Oudin, Dict. 
Chorial (6). 
Choriau. Moyen de Parvenir, p. 67. 

Choriger, verbe. Corriger. (Celthell. de Léon 
Trippault.) 



(1) On lit au ms. fr. anc. 10197. 2. 2. fol. 71, v», an. 1312 : « Nous Florens Berthaut sire de Matines faisons savoir... que 
nous tenons... en fief... de M. Jehan duc de Lothrike, de Brabant et de Lembourck... la voerie et la seignerie de Matines,... 
le marchiet du seil, du poisson et des bestes, les choniits. les Lombards et les Juys. » (N. E.) 

(2) C/ioper veut dire aussi couper : « La dame... avoit fait choper ses bielles traices, et fut autres! atirés com uns 
eskuiiers. « (Flore et Jeanne, p. 29.) (N. E.) 

(3) Au Roman de la Rose ( v. 6171), on lit : « Lors va soupant et jus se boute, Ausinc cum vel ne veïst goûte. » L'étymologie 
est alors l'allemand schupfeii, heurter, (n. e.) 

(4) On lit au Roman de la Rose (v. 6813) : « N'est nus qui chascun jor ne pinte De ces tonneaus ou quarte ou pinte , Ou 
mui ou setier ou chopitie. » Aux Emaux de De Laborde (xiV siècle, p. 213), on lit aussi : « Une grand chopine d'argent dorée, 
et est le biberon d'une teste qui baille, et l'autre d'une femme, et est le fruitelet d'une seraine. » (N. E.) 

(5) Curiuux se lit dans une charte bretonne de 1433 (Spicilége, V, 632) : « Voulons qu'il y ait quatre curiaux pour ayder 
au divin office, qui pareillement seront subgiz et obéiront audit doyen. » Dans le Cérémonial de S' Brieuc, es mot désigne 
les enfants de chœur ; « Item les petits entïens, c'est assavoir les petits cureaulx , ne doivent pas seoir ne estaller es 
chaeses haultes ne basses, mes ils doivent estre en estant es petiz reteiz du cueur en manière de station. » (N. E.) 

(6) Ung nommé Chapponay <?/iocia/ de l'église S. Jehan de Lyon. » (JJ. 181 , p. 163, an. 1452.) Au reg. 189, p. 176, an. 
■14o7 : « Jehan Aies, que on dist estre cariai et teneur en l'église de N. D. de Chartres. » (n. e.) 



CH 



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CH 



Chorme. Chiourme. (Dict. tl'Oudin el de Colgr. 
— Voyez Kabelais, T. IV, p. 74 et 109 (1).) 

Choron, siibst. ?Hasc. Inslrument de musique. 
Probablement le même dont pai'le Tlioinot Arlaan, 
dans son Urcliésographie, et dont il dit avoir vu la 
figure dans un ancien livre. 

Timpanne aussi mettez en eiivre dois (digili) 
Et le citoron, n'y ait nul qui réplique, 
Faictes devoir, plourez gentils Galois. 

Eusl. Desch. Poês. MSS. fol. 28, col. 3 et 4. 

Simphonies, salterions, 
Monacordes, timbres, corrotis. 

Rom de Brut. MSS. add. fol. 80, R- col. 2. 

De harpe sot, et de chorum ; 
De lire, et de psalterium. 

Rom. de Brut. MS. fol. 28, V col. 2 (2). 

Terpsicore soubdain habandonna 
Psalterion, et chnron. 

Crelin, p. 62. 

Delà, cette espèce de corde appelée co?'rfo}i-c/io?'Oft, 
proprement cordon ou corde à choron, dont on se 
servoit pour toucher de cet instrument; elle étoit 
faite de boyau, comme semble l'indiquer le passage 
suivant, où le cordon choron se trouve employé par 
opposition à corde de fouet. Après la mort du duc 
de Bourbon, e^n 1419, « on lui trouva deux cordes 
a ceintes en sa chair nue, l'une de fouet, nouant 
« de nœud, et l'autre à&cordon-choroni^à). « (llist. de 
fiOys III, duc de Bourbon, p. 400. — Voyez ci-après 

CORDEAN.) (4) 

VARIANTES : 

CHORON. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 28, col. 3 et 4. 
Chorum. Rom. de Brut, MS. fol. 28. V» col. 2. 
CORRON. Rom. de Brut, MS. add. au fol. 80, R» col. 2. 
Coron. Falconnet. 

Chose, subst. fém. et masc. Mot indéterminé 
qui tient la place de plusieurs autres. Il subsiste 
encore sous sa première orthographe. Nous ne nous 
arrêterons qu'à l'ancien usage qu'on en faisoit. On 
peut consulter Du Gange, aux mots Cai<sa (5), Cansa- 
mentuni, Chaucia, Cosa, lies, et Pasquier, Rech. 
p. 735. En patois languedocien, cause (6) se prend 
pour chose. (Voyez Cause.) Ce mot s'est dit plus 
souvent des personnes. » Li Pères, el li P'ils, el li 
o sains Esperiz, lesqueies trois très saintes, el très 
(I précieuses choses sont un seul Dieu en Trinité. » 



(Beauman. Prolog, p. 1.) » Quant il entendit le 
« bossu, il s'appareilla de jouster à luy, puis il luy 
<■ e.scric, chose contrefaicte, tourne toy, si auras le 
« jousle, etc. » (Percef. Vol. 1, fol. 85.) (7) 

Cose el chose se disoient pour biens de toutes 
espèces, comme terre ou autre héritage. 

" Sa chose de Athées qu'il a vendu. » (Perard, 
Hist. de Bourg, p. 4G7, titre de 1216.) 

Coses signiiioil biens (8). (Duchesne, Gén.deBgfh. 
p. 104, til. de 1240.) 

Nostres choses se disoit pour nos biens. (Perard, 
Ilist. de Bourg, p. 518, lit. de l'i69.) 

« Mettre ses coses en droit el en loy. » (Duchesae, 
Gén. de Béth. p. 164, Ut. de 1240.) 

Trop seroit foie, et legiere. 

Se ge haoie (je haïssois) à escient, 

Chose qui m'aim veraiement. 

Blanchardin, MS. de S. G. fol. 178, V- col. 2. 

Les deux chnses vi vis-à-vis; 
L'une fu grande, et bien taillée. 
D'un banc samit (0) appareillée 

Fabl. MSS. du R, n- 7218, fol. 280, V col. 1 . 

Dame, qui est si douce chose, 
Que cortoisie en li repose. 
Comment puet ele refuser? 
Cehii que voit vers li plorer. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 350, R* col. 1. 

On disoit chose fée, pour fée. (Perc. Vol. II, f"35.) 
Chose servoit aussi à exprimer ce qui n'a point de 
nom, ou suppléoit à l'expression propre de ce qu'on 
ne peut définir, faute de mémoire, ou de connois- 
sance ou par pudeur. « LorsescoutaLancelot,etouyt 
« au chasteau sonner une chose moult hautement ; 
« il regarda vers les murs, et veit tout plain de 
« dames, etc. » (Lanc. du Lac, T. III, fol. 8.; » Voit 
« au milieu ung arbre vestu de merveilleuse 
« escorce, et esloient les feuilles dec/wsesverdes. » 
(Percef. Vol. IV, fol. 139.) (10) 

Alez veoir à vostre chose, 

Li chevaliers veoir i va, 

Ne trueve qu'il ait rien perdu. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 298, R' col. \. 

Chose est pris dans un sens obscène, en plusieurs 
expressions, et alors on le fait quelquefois mascu- 
lin. (Voyez Vaseliana, p. 71 el 121 ; Clém. Marot, 
p. 390; Rabelais, T. I, p. 68, el Nuicls de Strapar. 
T. II, p. 445 (11).) Il étoit féminin lorsqu'on disoit: 



(1) « Ce pendant que les chnrmcs des naufs faisoyent aiguade (IV, 2). — Toute uostre chorme grandement se contristoit 
(V, 18). >) Jal tire ce mot du turc tcheurmè. (N. E.) 

(2) Cette citation est plutôt extraite des poésies de Thibaut (t. I, p. 2i4): « De vieles sot et de rote. De harpe sot , et de 
chorum ; De lire et de psalterium. i> (N. E.) 

(3) M. Chazaud (p. 316) imprime ; « Et au trés-preudhomme prince, on trouva deux cordes ceinctes à sa chair nue, l'une 
de fouet, nouée de neuds, et l'autre de curde de cheron. » (N. E.) 

(4) Dans Froissart (XIV, 71), choron, comme coron, signifie coin : « Sur ung des chorons à l'entrée de Thoulouse. » 
Cette forme se retrouve dans une charte de 1254 (Cartulariura Fidemiense, Du Gange, II, 614, col. 3). C'est alors un dérivé 
de cor. (N. E.) 

(5) Causa a le sens de chose, dans le bas-latin de la Loi Salique, de Grégoire de Tours, et des Capitulaires. Pline l'Ancien 
disait déjà quatn ob causayn, au lieu de quam ob rem. (n. e.) 

(0) En provençal, au ne se transforme j)as en o, comme en français, (n. e.) 

(■7) Ce sens remonte au xiii* siècle : « Onque si douce chose [que Berte] ne vi ni n'acointai. » (Berte, 57.) Voyez plus bas 
les citations en vers, qu'on pourrait placer ici. (n. e ) 

(8) Ce sens remonte au xv siècle : « Et pour acheter chevaux, armures et ce qu'à guerre appartient , souvent advient 
qu'ils vendent leurs choses. » (Monslrelet, I, 25.) (n. e.) 

(9) Samcl signifie velours en allemand. (N. E.) 

(10) Beaumanoir (XXV, 17) écrit en ce sens indéterminé : « Plus sont rices, et plus grans mestiers lor est que li quemins 
et les cozes communes soient amendées. » (n. e.) 

(11) Ajoutez Renart (t. II, p. 103, v. 12365 ; p. 105, v. 12410.) (n. e.) 



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— 15 — 



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faire la chose à une femme. (Tri. des IX Preux, 
p. 144.) 

Rapportons les expressions les plus remarqua- 
bles, dans lesquelles on a employé le mot chose : 

l" Chose aromatique désigne les parfums que la 
reine de Saba donna à Salomon, dans l'Hist. de la 
Toison d'Or, T. II, fol. 198. 

2° Cliose villaine s'est dit pour roture, par oppo- 
sition à la noblesse : 

Veons dont noblesse jadis 

Vint, des vertus; eltose villaine, 

Des vices, dont est laidis (blâmé) 

Qui villenie en tous cas admaine (amène). 

Eust. Desch. Pocs. HSS. fol. 302, col. 2. 

3» Choses de bestes, pour bétail ou bestiaux. 
« Coviendra especifier quant cenz des acres, choses 
« de besles, etc. » (Britl. Loix d'Anglet. fol. 151.) 
Peut-être faut-il lire chejf de bestes. 

4* Chose publique, pour république (1). (Gloss. de 
l'Hist. de Paris ; Essais de Montaigne, T. I, p. 523.) 

5° Droit à la chose et droit en la chose ont des 
significations différentes en termes de coutume. 
« Tel a droit à la chose qui ne l'a pas en la chose, 
« et pour ce dit on jus ad rem, eljus in re ; jus ad 
' rem est usufruicts, comme douaire, rente et 
« talia : jus in re, est avoir la propriété de telle 
« chose. » (Gr. Coût, de Fr. Liv. I, p. 105.) Voyez la 
« même définition dans Bout. Som. Rur. p. 3 et 4. 

6° Mettre en nature de chose. « Estoit tenu de 
« mettre le dit molin de Berry en nature de chose, 
>i en dedans trois ans. » (Procès de Jacq. Cuer, ms. 
p. 158.) 

7» Chose faire est mis pour travailler, en ce pas- 
sage : « Iceux ouvriers, et monoiers sont si abstrains, 
« et obligez à ce faire, que à nul autre mestier, 
« office, ne estât ne se peuvent ordonner, et ainsi 
« sont serfs îi y chose faire. » (Ord. T. II. p. 340.) 

8" Faire une grosse chose (2) semble répondre à 
notre fafon de parler, faire un grand coup, dans ce 
passage : « Eust peu faire le ducBaudoin nnegrosse 
" chose, celle muyt ; mais les coureurs adviserent 
« le Jouvencel, tellement qu'il fust sur sa garde, et 
« ne peut le duc Baudoin riens faire. » (Le Jouvenc. 
Ms. p. 347.) 

9° Avoir autre chose que bien signifioit n'avoir 
pas de bien, être dans la peine, n'avoir rien. « Ce 
« poise moy, se Passelion a autre chose que bien. 
« Sire, disl Marones, ce sont amours qui ainsy le 
« demainent. » (Percef. Vol. I, fol. 85.) On trouve 
cette expression répétée fort souvent dans ce 
roman. 

10^ On disoit chose que, pour que. « S'il avenoit 
" chose que les chiens laissassent, etc. » (Chasse de 



Gast. Pheb. iis. p. 227.) Le mot chose est explétif 
dans ce passage ; il est mis pour ce dans le suivant : 

Ja por chose que j'aie à vivre, 
Ne me deussés pas faillir. 

Fabl. MSS. duR. n- "218, fol. 151, R- ool. 2. 

De même, on lit chose que, pour ce que, dans les 
Assis, de Jérus. p. 214, pour chose que, c'est-à-dire 
pour ce que, à cause que (3),dansPercefor. Vol. VI, 
fol. 41. 

11» Chose qui signifie pour quelque chose que. 
« Mais, chose qui puisse avenir, ne finira ma 
» loyauté. » (Mel. de S. Gelais, p. 119.) >< Se cou- 
« vroit si sagement de son escu qu'ilz ne l'avoient 
« navré c//ose çHJlegrevast. ■> (Percef. Vol. I, fol. 56.) 

12° Se chose est, pour s'il arrive. (Ger. de Nevers. 
2' part. p. 79.) Se chose estoit, s'il arrivoit. (Ibid. 
1 " part. p. 34.) On lit, au même sens, se chose avient. 
(Fahl. Mss. du R. ir 7218, fol. 135.) 

13' Chose 7i' en sera pas, pour il n'en sera rien. 
(Fabl. MSS. du R. n" 7015, T. II, fol. 150.) 

14° La chose tourna sur le chose, pour il en 
arriva tout au rebours. (Contes d'Eutrap. p. 185.) 

On trouvera d'autres façons de parler empruntées 
h ce mot, dans Oudin, Curios. franc. 

VARIANTES (4) : 
CHOSE. Orth. subsistante. 
Chiose. Marb. col 1646, passim et 1654. 
Chouze. Joinv. p. 4; Faifeu, p. 51. 
Chosse. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 150, V". 
Co.SE. Duchesne, Gén. de Guines, p. 286. 
QuosE. Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis. 
Couse. G. Guiart, MS. fol. 151. V». 
JosE at Chose. L. Norm. art. 7, où on lit dans le lat. res (5). 

SOSE. 

Chose, partie, au féni. Close, fermée. On pour- 
roit soupçonner que c'est une faute, si on ne lisoit 
ailleurs chef pour clef, clioche pour cloche : ainsi 
il faut regarder comme constant que Vh a pris quel- 
quefois la place de 1'/. 

Jusqu'au fenestres de l'ostel, 
Clwses furent de ce costel. 

Eust. Desch. Poès. MSS. p. 534, col. 2. 

Choser. [Intercalez Clioser, désapprouver, 
blâmer : 

Moult de sa gent, parler n'en osent, 
Mais par derrière moult l'en chosent. 

Fabliaux, t. I, p. 160. 

Au reg. JJ. 142, p. 138, an. 1377: « Pour lequel 
» fait et omicide li dis procureur est causé et 
« calengiet ledit Jaquemars. » Dans une vie ms. de 
Jésus-Christ, on trouve aussi : 

Sa famé l'ot, moult fort le cose 
Car ele estoii moult saine cose. 

Du Gange, II, 257, col. 2. 

On s'écrie encore: « Il m'a ditdesc/foses.' »] (n. i:. 



(1) On lit dans Bercheure (xiv siècle, fol. 1, verso) : « Chose publique, ce n'est autre chose mes que Testât publique ou 
commun, et est nom gênerai à touz estaz de terre, pais, roiaumes et citez. » Montaigne restreint le sens pour l'appliquer 
à une république (I, 288) : « Magistrats de la chot.e publicqite emperiere du monde. » (N. E.) 

(2) On disait chose, où nous emploirions affaire : « Je ne voi que ma chose à nés sun bien s'afi'uite. » (Berte, 37.) — 
« C'est grand chose de voir ses enfants alliés [mariés], en la pleine vie. » (Louis XI, 44" Nouv.) » (N. E.) 

(3) Dans Froissart, le sens est quoique : « Li yawe entra à grant randon dedens , ne pour cose que on entendesist à 
l'espuisier, point ne demoroit que elle [la nef] n'appesandesist toutdis. » (V, 2(33.) (N. E.) 

(4) On lit déjà aux Serments de Strasbourg : « Et in cadhuna cosa. » Dans S" Eulalie : « Ni ule cose non la pouret omque 
pleier. » La Chanson de Roland donne choses (v. 2377) : « De plusurs choses à remembrer li prist. » (n. e.) 

(5) « Si alquens vienge à pref pur clamer [ajose. « (n. e.) 



CH 



16 — 



CH 



Choscttc, suUst. fém. Diminutif Ue chose. On 
disoit : 

Noisettes, et teles menues vIioscIIks. 

Eust. Descli. Poi-s. MSS. fol. »13, col. 3. 

Faire la chosette est pris dans un sens obscène, 
en ce passai;e : 

Pourtant que je suis jeunette, 
Amy, n'en prenez esmoy (crainte) : 
Je fei-ois mieux la chosetle 
Qu'une plus vieille que moy. 

Cymbal. Muniii, p. 113. 

(Voyez Rabelais, T. III, p. 98; Oudiii, Diclionn.et 
Curies, franc;.) (1) 

Cliosier, subst. masc. Arbre qui porte des 

choses. (Voyez Oudin, Cur. fr.) M"' de La Sablière 

disoil de même de La Fontaine, qu'il étoit un 
fabli(r (2). 

Chotier. [Intercalez Chotier, évier d'une cui- 
sine: " Le valleton soiilart do laditte cuisine sonna 
« une paeile... Le inaistre dhoslel leur dist, est-il 
« maintenant temps d'eslre en cuisine, et print 
« laditte paeile et la frôla sur un chotier ou eschau 
« de laditte cuisine, ainsi comme on acoustumé ;) 
« faire, et après ce le ressua. » (.IJ. 116, p. 51, 
an. 1379.)] (N. E.) 

Chotoii, suhst. masc. Coton. 

Cordes, courtines (rideaux), belle toye 
De cendal, et de blan cholon. 

Eust. Uesch. Poi-s. MSS. fol. 530, col. -i. 

Chou. [Intercalez Vexçression Chou ptnir chou, 
but à but, échange pur : » Par juste et loïal escange 
« cliou pour clwii. » (Cart. de Corbie, 21, fol. 304, 
an. 1346.) Voyez encore p. 11, note 3.] (n. e.) 

Chouan, subst. masc. Chat-buant. On prononce 
ainsi dans l'Anjou (3). (Dict. étym. de Ménage.) 

Chouai't, subst. masc. On lit : Maître Jtan- 
Chouart, en un sens obscène. (Rabel. T. II, p. 199.) 

Choucage. [Intercalez Choucage , droit payé 
pour prendre des choques ou souches dans un 
bois- « Est tenu faire et assemblei' ù la receptede 
" Beaumont sept solz, cinq deniers maille pniltevine 
« tournois chacun an pour le c/)owcfl5f^. ■■ (.1.1. 162, 
p. 341, an. 1401.)] (n. e.) 

Choucher, verbe. Coucher. (Percef. Vol. III, 
fol. 6.) 

Choué, partie. Tombé. (Dict. de Borel. au mot 
Chaus) 



Chouette, s?/^s/. féin. Espèce de hibou*. Parure 
de tèie^. 

*Ce mol subsiste au premier sens de hibou. Les 
latins l'uppeloient la chouette, monedula, parce 
qu'elle vole l'argent. De lu, peut-être, le jeu de la 
eliouetle (4), pour tour d'escroc, jeu de dupe. C'est à 
qui plumera son compagnon. (Dict. d'Oudin.) 

^Chouette, suivant l'éditeur des Lettres de M°"de 
Sévigné, désigne une esiièce de coiffure, dans ce 
passage : » Vous avez donc eu peur de ces pauvres 
" petites diablesses de chouettes noires... elles 
" font la beauté... de la coitîure » (Lett. p. 39 et 40, 
2 févr. 1689.) 

Chouflier, subst. masc. Visage jouflu. On lit, 
dans le Dialogue de la Cuisine et de la Paneterie, 
qui parle en ce passage : 

Orde loudiere (lourdaude), et qui es tu'? 

A tout ton pot, et ta cuillier, 

Qui portes un si gros chouflier 

Que ce semble estre une buisiiie (trompette). 

Eusl. Desch. Po5s. MSS. fol. 3"8, col. 3. 

Choula, pronom. Cela. 

Clioula me fait mainte fois requigner (rechigner). 

Eusl. Desch. Poés. MSS. fol. â-28, col. *. 

Chouloil, sulist. masc. Lampe. Mot breton. 
(DuCange,au mot/>;^Cîù7'Hw(5).)ALyon, cette lampe 
s'appelle chelu. (Falconnet.) 

Chouque, subst. fém. et masc. Souche*. Partie 
du pied d'un oiseau^ 

*0n dit encore chouque, au premier sens, en 
Non^iandie, de l'allemand stocli. (Voyez Ménage, 
au i.;ut Souche.) C'est la signification propre de ce 
mut, masculin quelquefois, mais plus souvent fémi- 
nin. Il est employé dans les deux genres, en ce 
passage, où l'on trouve « une manière d'oster les 
« pouels, sans orpiner un oisel ; prenez eaue que 
« vous Irouverés dessus un chousque de chesne 
« vert, qui ara esté dedans le creux de la coupe de 
« celle chouque. » (Modus et Racio, ms. fol. 130.) On 
écrivoit aussi choque. (Du Cange, aux mots Cheocu, 
Choca, diocactum, Coeagium et Cocha. 

^Delà, ce mot, au figuré signifioit le gros du 
pied d'un oiseau. « Aussi doitl'en oindre le fons du 
« pié, comme \acli0uque. « (Modus et Racio, fol. 130. 
— Voyez ci-dessus Cnocy et Ciiouquet ci-après.) 

VARIANTES : 
CHOUQUE. Modus et Racio, MS. fol. 130, R». 
Choque. Modus et Racio, fol. 70, R°. 

Chouquet, suhst. masc. Souche*. — Drogue 
médicinale °. 



(1) On lit dans la Rose : « Fèves et poix et texes chosetes Cum fruis, racines et herbetes. » (La Rose, 8414.) Au xv« siècle, 
Coquillart (Enquête de la simple et de la Rusée) écrit: « Corne font marchant â marchant, Touchant leurs petites 
chnseiles. » Voyez aussi Villon, la Repue du Pelletier. (N. E,) 

(2) On dit encore aux enfants : « Va, va, quand tu seras grand, tu verras qu'il y a bien des choses dans un cho.ner. (n. e.) 

(3) Ronsard (815) écrit aussi : « Si nous oyons crier de nuit quelque chouan. Nous hiTissons d'esfroy. i> Le mot (levini 
célèbre pendant la Révolution et désigna les Vendéens, qui se réunissaient de nuit comme tous les conspirateurs et les 
chats-hiiants. On veut parfois que le nom propre de Jean Chouayt, tué en 1794, soit devenu un nom commun , mais ce 
n'était qu'un sobriquet ; il s'appelait Cottereau. (N. E.) 

(4) Faire la chouutte, c'est jouer seul contre plusieurs personnes, pour être battue comme la chouette quand elle vole en 
plein midi. — Rabelais donne p. e. l'origine de l'expression populaire être chouette, parfait : « Ma femme sera coincte et 
jolye comme une belle petite chouette. » (Pantagruel, III, 14.) (N. E.) 

(5) On lit au Catholicon Armoricum :« Lumière ou chandelle à veiller de nuit, ou chouloil, ou engasse , britannice 
creuseul. » Chouloil est donc un mot français à rapprocher de chateil. (N. E.) 



CH 



17 — 



CH 



* On dit encore chouquet. en Normandie. (Voyez 

ci-dessus Ceioco.) 11 est pris dans le sens propre, en 

ce pussiige : 

Comme il convient faire bon feu en somme ; 
Comme de hois, et gros chouquet: (1) en busche. 
Fabri, Art. de Rhct. Liv. II, f.il. 19, V'. 

°I1 sembleroit, par le passage suivant, qu'on ait 
appelé chouquet une espèce de drogue médicinale : 
« Prenez eaue de chievrefeul, et eaue de lieibe 
« Robert meslés ensemble, et soit lavé le mal, puis 
>. soit mis dessus de la poudre de chouquet bien 
« déliée. » (Modus et Racio, ms. fol. 130 ) 

Chouser, verbe. Ce mot s'est pris dans un 
sens obscène, qu'il tire, ainsi que son origine, du 
mot chouse ou chose, employé quelquefois en ce 
sens. (Voy. Moyen de Parv. p. 197.) 

Cliouserie, subst. fém. (De Chouser ci-dessus.) 
Sa siiniilicalion est obscène, dans le Moyeu de 
Parvenir, p. TiO. 

Choyer, verbe. Esquiver *. Ménager ^. 

* La signification propre de ce mot est prendre 
garde, du laliri cavere. De là, on a dit chotjer une 
chose, pour l'esquiver. (Monet, Dict.) Choyé:, moy. 
(Testam. de Path. p. 119.) On l'emploie encore en 
ce sens, en Normandie, où le peuple prononce 
couyer. 

° Dans le second sens, choyer le teins signifie le 
ménager, n'en pas perdre. « H l'avoit prié de haster 
« sa marche, et de choyer le temps qu'il consumoit 
" ù son préjudice, à de longs entretiens. » (Le 
Labour, trad. de l'Ilist. de Ch. VI par un moine de 
S' Denis, p. 124.) On dit, à Lyon, se chouer, pour se 
ménager. (Falconnet. — Voyez ci-après Chuer.) (2) 

VARIAIS TES : 
CHOYER. Orth. subsistante. 
Choier. Nicot, Dict. 
Chouer. Montaigne, Essais, T. I, p. 199 (3). 

Chre, abrév. Chartre. (Voyez Carta magna, 
fol. 44.) 

Clirenone, subst. fém. Ce mot est employé 
dans une ordonnance de nos rois. L'éditeur croit 
qu'il signifie une sorte d'herbe, ou quelque chose 



d'une nature à peu près semblable. Sa note porte 
sur une disposition par laquelle il est défendu de 
mcllre avec les poissons, dans les paniers de marée, 
chrcnone... feurre, etc., pour empêcher que les 
herbes ne les gâtassent. (Voy. Oïd. T. V, p. 253.) 

Chresmé, subst. masc. Nous disons au même 
sens chresmeau (4). C'est ce qu'on met surla tête de 
l'enfant baptisé, après qu'on lui a donné le saint 
chrême. (Celthell. de L. Trippault.) 

Chrestieiî, subst. masc. aclj. et adv. Homme *. 
Humain ^. Intelligiblement"^. La singularité de ce 
mot est remarquable. Il est à la fois substantif, 
adjectif et adverbe. Je ne parlerois point de sa 
signification propre qui subsistera toujours. 

* Comme substantif, chrestien a signifié, en géné- 
ral, un liomme(.5). « Ung des plus crueulx t'/rres^^ens 
« du monde. » (Journ. de Paris sous Ch. VI et Vif, 
p 1G6, an. 1436.) Le peuple le dit encore. 

^ Comme adjectif, ce mot a signifié bumain. 
« Très solempnel exemple de non désirier les choses 
« crestiennes » (Eust. De.sch. Mss.fol. 401.) 11 s'agit 
de la vanité, de la gloire d'Alexandre-lc-Grand. 

*= Comme adverbe, on a dit parler chrcstieit, pour 
parler intelligiblement (6). (Path. Farce, page 64. — 
Hab T. II, p.'^99.) 

Balzac l'a employé aussi comme adverbe, mais 
dans le sens propre, pour chrétiennement, en chré- 
tien. « Si nous étions au tems des sacrifices, je 
" devrois sacrifier à Esculape; mais il faut parler 
« chrétien, et je loue Dieu. » (7) 

iVjoutons cette expression particulière, rendre 
bon chrétien, pour convertir au bon parti, sans 
qu'il soit question de religion. On lit dans une lettre 
de .Jacques d'Aubusson, a Pierre de Beaujeu tenant 
le parti de Charles VIII : « Monsieur de Metz amené, 
» de Gascogne, jusques au nombre de six à sept 
" cens honimes, et sommes délibérez. Gressin et 
« moy, de voir si nous les pourrons faire bons 
» chrestiens, comme les autres. » (Godefr. Observ. 
sur Charles VIII, p, 501.) (8) 

VARIANTES (9) : 
CHRESTIEN. Journ. de Paris sous Ch. VI et VII, p. 166. 
Crestien. Eust. Desch. Poës. MSS. p. 401, col. 2. 



(1) Voyez aussi le reg. .TJ. 120, p. 126, an. 1381 : « Pour cause d'une certaine bûche ou chouquet. » Les tréfileurs et les 
marins emploient encore ce mot. (n. e.) 

(2) On trouve même suer (anglais to suc, supplier) : « Quant ele est seule et enserrée, Cort tenue d'un vilainastre , Vos 
alez joer et esbatre ; Mais el ne se puet remuer, Tant sache son mari suer. » (Roman de la Poire.) (N. E.) 

(3) « .le disois, en mes jours, de quelqu'un en gaussant, qu'il avoit choué la justice divine » (Essais, I, 310), c'est-à-dire 
esquivé. (N. E.) 

(4) On lit à la 69» Nouv. de Marguerite ; « La chambrière ayant son surcot sur la teste à la mode du pays , qui est fait 
comme un clireineau, mais il couvre tout le corps et les espaules par derrière. » (n. e.) 

(5) On disait encore d'une femme : « Loys Daulphin, duc de Guyenne , En bastissant oeste besogne , Print une belle 
chrestienne Fille du duc de Bourgogne. » (Mart. d'.Vuvergne, dans Richelet.) (N. E.) 

(6) Molière a conservé cette expression dans les Précieuses Ridicules (se. vu) ; « Il faut parler chrétien, si vous voulez 
que je vous entende. » (N. e.) 

(7) Le titre de roi Ircs-chrétieit, donné aux souverains de la France , ne remonte pas à François \" ni à Louis XI ; 
Charles V l'a porté, comme l'indique le prologue de la Cité de Dieu, par Raoul de Prestes : « Et ces choses , mon très 
redoublé seigneur, dénotent et demonstrent par vray raison , que par ce vous estes et devez estre le seul principal 
protecteur, champion et deffenseur de l'église, connue ont esté vos devanciers. Et ce tient le saint siège de Rome , qui a 
accoutumé à escripre à vos devanciers et à vous singulièrement à l'entitulation des lettres : .-1» très chrestien des priiwes. » 
Ce titre est donné à S' Louis, en 1256, à Philippe-Auguste (1101). (Voir Du Gange, II, 3il, col. 2 et 3.) (N. E.) 

(8) .\joutons un proverbe du xvF siècle, relevé par Lerou.x de Lincy dans Gaigniéres (I, 290) : « Juifs en pasques , Mores 
en nopces, Chrestiens en plaidoyers Despendent leur deniers. » (N. E.) 

(9) Aux Serments de Strasbourg, on lit : « Pro Christian poblo. » Dans Eulalie, on it avec abréviation « /pii^n », qu'on 
peut résoudre en christiien. (x. E.) 

rv. 3 



CH 



- 18 — 



CH 



Chetien. Hist. de Fr. à la suite du Rom. de Fauv. fol. 49. 

Cbestian. Ord. des R. de Fr. T. III, p. r42. 

Chiustian. Rab. T. II, p. 59, et T. I, p. 37. 

Christien. Loix Norm. art. 41. 

CnisTiEXE et Cristienne. S. bern. Serm. fr. MSS. p. 254. 

Chrestienei", verbe. Faire chrétien, baptiser*. 
Tenir sur les fonts baptismaux ^. 

* Voyez sur le premier sens de baptiser, les Dict. 
de Monet, Cotgravc et Du Gange, au mot Cliristia- 
nare. « Les prescha tant qu'ilz se firent chrestien- 
« ner. >• (Percef. Vol. V, fol. 38 (1).) On disoit aussi 
se cristianner, pour se faire chrétien. (Conlin. de 
G. de Tvr, Martène, T. V, col. 639.) 

^ Cre'stienner un enfant, a signifié, au second 
sens, tenir un enfant sur les fonts baptismaux. 
(Hist. de la Popel. T. I, liv. II, fol. 56.) 

VARIANTES : 
CHRESTIENER. 

Chrestienner. Lanc. du Lac, T. II, fol. 45, R° col. 2. 
Crestienner. Hist. de la Popel. T. I, liv. II, fol. 56, V». 
CRtSTiENNER. Chroii. S. Den. T. III, fol. 10. 
Cristianner. Contin. de G. deTyr Martene, T. V, col. 639. 
Christianer. Journ. de Paris, sous Charles VI et VU, 
pages m et 136. 
Chripstianer. Fabl. MSS. du R. n" 7218, f» 127, V» col. 1. 
Christianizer. Cotgrave, Dict. 

Chrestienté, subat. fém.Les gens d'église*. 
Les hommes ^. Le corps humain •=. 

*0n a dit eresHenté, cort ere&tianté et cour de 
chrestienté, pour la juridiction des gens d'église, 
l'ofOcialité. la justice ecclésiastique, opposée i\ la 
justice laïque. iDu Gange, auxmotsC//ris/«aju/as(2), 
Chrislianare, et Gloss. sur les Goût, de Beauvoisis.) 
De lu, plait de chrestienté, dans Du Gange, au mot 
Placitiim (3), col. 524. 11 est mention de « maistre 
« Aubery, doyen de \a.chrcstie7ilé de Dijon »,dans 
un titre de 1269, cité par le Labour., de la Pairie, 
p. 254. 11 y avoit « un doyen de la chrestienté de 
<■ Lille », titre de 1616, cité par Goujet (Bibl. fr. 
T. XIY, p. 2G6.) 

^Chrestienté (4) désigne, en général, les hommes, 
par opposition aux animaux, dans cette expression 
qui subsiste parmi le peuple : Dieu bénisse la chres- 
tienté. (Dict. Univ.) 

•^On dit encore, parmi le peuple, en parlant d'un 
homme sans souliers, qu'il marcfie sur la chres- 
tienté, c'est-à-dire sur sa chair nue. (Longuer. T. I, 
page 64.) 



VARIANTES : 
CHRESTIENTÉ. Du Cange, Gloss. lat. au mot Placitum. 
Chre.stianté. Perard, 11. de Bourg, p. 1614, tit. de 1266. 
Crestiicnté. Contin. de G. de Tyr, Martene,T. V, col. 614. 
CiiHETiANTÉ. Ord. T. III, p. 471. 
CiiRiPSTiENTEZ. Fabl. MSS. du R. n» 7218, f» 186, V» col. 2. 

Chrisopras, subst. fém. Pierre précieuse. Les 
différentes orlhographes de ce mot, qui se trouvent 
confondues dans nos Diclionn. modernes, sont dis- 
tinguées dans nos anciens auteurs. A l'article XI, du 
livre de Marbodus de Gemmis, on lit sur la chriso- 
lite (5), que nous appelons aiguë marine (Falc): 

Cbrisolile fait a amer. 

Si a semblant d'eve de mer 

Enz (dedans) a un grain d'or, el milou, 

Si estencele cume fou. 

Marbodus de Gemm. p. 1(U8. 

On Irouvela définition de lachrysopraze, art. XV : 
CHsopnis vent d'Inde majur (6) 
De jus de purret en a culur 
Gutte est d'or éteinte purpurie. 

Ibid. page 1B5. 

Cette distinction se remarque aussi dans cette 
description d'un palais enchanté, « dont le pre- 
« mier fondement est jaspe, le second saphir, le 
« cinquième sardonix , le sixiesme sardonie, le 
« sepliesme chrysolite : le huitiesme berille, 
a le neufiesme topaze, le dixiesme ehrysopraze. » 
(Garthen. voyage du Gh" Err. fol. \:m.) 

On appelle chrijsoprasus{l) toute pierre verte qui 
a l'éclat de l'or. (Boos. de Gem.liv. II, cap. 59.) 

VARIANTES : 
CHRISOPRAS. Marbod. de Gemm. p. 1652. 
Chrisopraze. Marb. col. 1652 et 1685. 
Chryscpraze. Carthen. voy. du Chev. Err. fol. 156, V». 
Crisopace. Marbodus, col. 1678, en latin Crisopacioii. 
Crisopbase. Marb. col. 1652 et 1685. 
Criselectre. Marbod de Gemm. art 59, col. 1676. 
Crisolectre. Marb. art 59, col. 1676, en lat. Cnseleclvus. 
Crisolite. Marbodus, col. 1648 et 1686. 
Chkysolite. Carth. voy. du Chev. Err. fol. 156, V». 
Chrisolite. Marbod. de Gemm. p. 1648. 
Grisolite. Marb. col. 1685, en latin GrxsoUtus. 

Cliristaudin, subst. masc. On s'est servi de ce 
mot pour désigner les Huguenots. Beze disoit : 
« Christaudin, n'étant encore en usage le mot de 
« Huguenot. » (Hist. des Egl. Réf. liv. II.) Pasquier, 
dans ses Rech. p. 738, s'exprime ainsi ; <> Telles 
« manières de gens avoient esté appeliez , dès 
« nostre jeunesse, Luthériens, à cause de Martin 



(1) On lit déjà dans Partonopex (Du Cange, II, 340, col. 2) : « Li quens s'est mainte fois penez Qu'il fust par lui 
crcsiienez. » Dans Renard, on lit aussi (id. 342, col. 2) ; « Drouin, fait-il, par S. Orner, Tu le feras chrestienner. Si tost con 
Ijaptisiez seront. Jamais de ce mal ne cherront. « Enfin, Froissart dit aussi (II, 341) : « Et pris le roy qui s'estoit de son 
temps crestiennés. » (N. e.) 

(2) Il cite les mss. de Corhie : « El le tere dehors le pont de Thanes dusques as Maillieres , ensi come les bonnes le 
demonstrent, sauve le clireslienlé de l'église devant dite, et che ki appartient à le chrestienté. » (n. e.) 

(3) Ed. Henschel, V, 279, col. 1. (n. e.) 

(4) C/iresrîe)i(é signifie aussi baptême ;« Icelle Marguerite enfanta d'un filz, vif, qui ot chrestienneté. » (JJ. 153, p. 397, 
an. 1398.) — « Les exposans mirent l'enfant sur un estai au devant de la maison Dieu d'Amiens,... et assez près dudit 
enfant misdrent du sel, en signe de ce qu'il n'estoit pas baptisié... lequel enfant receut crestienneté et batesme. » (JJ. 162, 
p. 236, an. 1408.) Il signifie aussi autorité spirituelle (Chr. de Rains, 244) ; « Sire, vous restés hors de la main l'arcevesque 
quant à laie justice ; vous n'avés riens fait, se vous n'iestes hors de sa crestienté. » (n. e.) 

(5) C/(»yso/i(/ie est le terme générique désignant les pierres précieuses d'un jaune verdâtre : « Et bons coraus, et 
crisoliles, Et diamans, et ametistes. » (xiii« siècle, Romancero, p. 59.) On lit encore dans Yver (xvi' siècle , 604) : « La 
poignée estoit d'un chrijsolitlie, et le pommeau d'un fin rubis. » (n. e.) 

(6) On lit aux Emaux de De Laborde (xiv« siècle, p. 213) : « Crisupacc est une pierre d'Antioche. Il est une aultre espèce 
de crisopace en Vnde, qui est verde comme ung porret. » (n. e.) 

(7) L'étymologie est/çixrèf, or, et nçàaos, poireau. C'est une agate teinte par l'oxyde de nickel, (n. e.) 



CH 



19 



CH 



« Luther, depuis Calvinistes, et d'un mot général 
« sacramentaires. Le peuple, n'estant plus si effa- 
« rouelle encontre eux, commenta de leur donner 
« certains noms, par forme de sobriquets : je les 
» ay veus vers ce temps, les appeller, par quelques 
» uns, christodins. parce que, ne parlant que de 
« Christ, ils se puhlioient chanter particulièrement 
« hymnes, et pseaumes à Dieu. " On disoit : » Crier 
« au Luthérien, et au christaudin. « (Voyez La 
Planche, Estât de la Fr. p. l'iS, et Dial. de Tahur. 
page 99.) 

VARIANTES : 
CHRISTAUDIN. La Planche, Estât de la Fr. p. 125. 
Christodin. Pasq. Rech. p. 738. 
Christhaudin. La Planche, Estât de la Fr. p. 125. 

Clu-istifere, &uhst. masc. Porte-Christ. JNom 
donné à Gerson, pour exprimer son zèle. On l'appe- 
loit docteur christifere, irrépréhensible. (Les Tri. 
de la Noble Dame, fol. 334.) 

Christofle, subst. masc. Nom propre. On a dit : 
par le fardeau de S. Christofle, c'est-à-dire par 
.fésus- Christ. (Rab. T. lU, p. 19.-).) 

Saint Christophe de Pâques fleuries, se disoit 
comme une espèce d'injure (1): « Pour ce je me moc- 
« que de toy, va te faire penser par mon barbier, 
« et il ne t'en coûtera rien à te faire déclarer vray 
« S. Crislophe de Pâques fleuries. » (Moyen de 
Parvenir, p. 106.) 

VARI.\NTES : 

CHRISTOFLE. Rab. T. III, p. 195. 
Cristophe. Moyen de Parv. p. 106. 

Chroniqueur, subst. masc. Chronologiste (2). 
(Nicol, Oudin, Cotgrave, et les Epith. de M. de la 
Porte.) 

VARIANTES : 
CHRONIQUEUR. Nicot, Oudin, Dict. 
Chronicleur. 
Chroniste. Oudin, Dict. 

CIh's. Cette abréviation nous paroit difficile à 
expliquer. Nous citerons le passage entier où on la 
trouve. On lit, dans « la Balade du Caresme M"" et 
« deux, qui fut très grevable h mainte gent <> : 

J'ay XL ans, passé la quarantaine, 
Maint dur karesme avec les un temps, 
Qui ne me firent onques le qnart de paine 
Que cilz ci fait, pour ces mauvais harens, 
Caques, et sors, jaunes, noirs, et puens, 
Mal en sausses, viez merlans, hors de saison, 



Poys, fèves, clirs (3) sont, et tuit U poisson . 
De rivière, d'estans, et de la mer. 
Riens ne valent ; nulz ne les doit amer: 
De tout mon temps ne vi si dur caresme. 

Eust. Deschamps, Pofs, MSS. fol. 324, col. \ et 2. 

Chucades, subst. fém. plur. Sucreries. 

J'ay veu deux ou trois isles. 
Trouvées en mon temps. 
De chucades fertiles. 

Molinet, p. n.^. 

C'est-à-dire fertiles en sucre, que le Picard pro- 
nonce chuque, d'oii chucade, comme limonade de 
limon. (Falconnet.) 

Chuchoter, verbe. Chucheter. Parler bas à 
l'oreille. (Dict. de Cotgrave. — Voy. Mém. de Sully, 
T. I, p. 405 (4).) 

Chuchottement, subst. masc. L'action de 
chucheter. Discours à voix basse. (Essais de Mont. 
T. I, p. 550.) (5) 

Chucre, subst. masc. Sucre. On disoit prover- 
bialement : 

Plus doux que chucre. 

Hîst. des Trois Maries, en vers, MS. p. 316. 

Plus doux assez que ne soit chucres ((\). 

Ibid. p. :.îi. 

On lit cucre, dans les Ord. T. II, p. 320 (7). « La baie 
« de cucre brisié, trois sols ; la baie de cucre de 
« Chypre, la baie de cucre entier, siz soûls. » On 
écrivbit aussi entre; c'est une faute. « La balle de 
a entre entière vi s. » (Gloss. de l'IIist. de Paris.) 

VARIANTES : 
CHUCRE. Hist. des Trois Maries, p. 130. 
Cucre. Hist. de S" Léoc. xMS. de S. G. fol. 30, V» col. 2. 
CuTRE. Gloss. de Paris. 

Chuel, subst. masc. Voyez le Gloss, de Labbe, 
p, 494, qui ivAùmichuel, par le mot latin cerinda (8) 
qu'il explique ainsi : « Le bois sur lequel est 
« démené le chuel. » 

Chuenel, subst. masc. Crâne. L'os coronal, 
selon Borel, 1'" add. Il ne cite aucune autorité. 
Peut-être a-t-il mal lu chuenel, pour chuevel, la 
partie de la tête couverte par les cheveux. 

Chuev, verbe. Flatter (9). DuCauge, Gloss. lat. au 
mot Mitificare, cite un vers du Rom. delà Rose : 

Il se set bien amoloier. 
Par cliner, et par souploier. 

Ghuette, subst. fém. Chouette, hibou. Il est 



(1) « On appelle ainsi un âne, parce que Christophe (Chrisloptiorus) signifie Porte-Christ, et que .Tésus était monté sur une 
âuesse lorsqu'il fit son entrée à .Jérusalem, le jour des Rameaux ou de Pasques fleuries. » (Ducatiana.) (N, E,) 

(•2) « Et pour advenir de ceste affaire tous ceulx qui prennent plaisir à lire et escouter les faitz de la guerre , moy, 
cliriDiiquenr, ay oy dire et raconter. » (.>cv« siècle, bibl. de l'Ec. des Chartes, 4« série, t. I, p. 430.) (n. e.) 

(3) Il faut lire chers. (N. E.) 

(4) Voici le passage de Sully : « Messieurs... qui chuchottent l,à vers la cheminée aux oreilles les uns des autres. » On lit 
aussi dans la Sat. Menippée (p. 95) : « Furent veus les princes et princesses cliuchetcr en l'oreille l'un de l'autre. » (n. e.) 

(5) On lit dans Montaigne, d'après Dochez : « Il y a des choses qu'on ne dit encore qu'en chuchotement. » (n. e.) 

(6) On lit aussi aux Péages de Péronne (Cart. de Corbie, Du Gange, II, 343, col. 3) : « Item ungz homs qui porte chucre, 
doit .vj. den. » Dans Bauduin de Sebourc (XI, 516) on Ut de même : « Gingembres et canele, st chucre, et asur bis. » (n. e.) 

(7) Cucre est la forme du xir siècle: «Et destrampe suie de miel, et mesle cucre avoeques fiel. » (Cliev. au Lyon, 
V. 1403.) (N. E.) 

(8) On lit au Glossaire lat. fr. 7613 ; « Cerintha, ital. cerinta. gall. paquette. » (n. e.) 

(9) Comparez plus haut choyer ; on lit dans la Rose (v. 7425) : « Maie Bouche et tous ses parens, A. qui ja Diex ne soit 
garans. Par barat estuet barater. Servir, chucr, blandir, flaler, » De même au v. 7430 : « Il fait trop bon le chien chuer, 
■Tant qu'on ait la voie passée. » — Dans Renard (v. 21897) il signifie hujr : « Li est venuz Renart devant En sa voie parfont 
chuant : Ahi, fait il !... » (n. e.) 



CH 



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CI 



aisé de reconnoilre notre mot chouette dans la 
plupart des orthoiira plies ci-dessous. Nous ne cite- 
rons d'exemples que pour celles qui sont moins 
reconiioissables. On peut d'ailleurs consulter 
aïonet, Mcot, Cotgrave, Ménage, Oudin, Gloss. de 
Marol, etc. (Voyez Ceiouktte ci-dessus.) Monet, après 
le mot chouette, avertit que, dans le Lyonnois, on 
dit civette; et Nicol, après le mot chuca, nous 
avertit aussi que les Picards disent cauëtte(\). 

On lit dans S' .lulien « que la chevesche estoit le 
" signal, et enseigne ordinaire des Athéniens. » 
(Mesl. hist. p. 542.) 

VARIANTES (2) : 
CHUETTE. Molinet, p. 143. 
Chevêche. Oud. Dict. 
Chevesche. Civette. Monet, Dict. 
CA.UETTE. Nicot, Dict. 
Coete. Hist. de S'« Léocade, MS. de S. G. foi. 29. 

Chueur. suhst. masc. Complaisant. On a dit : 
« L'escuyer chueur, ou flateur se descorde de roffice 
« de clievalier. Car l'homme chueur, ou flatteur a 
« corrompu intention, par laquelle corruption est 
« destruite, et corrompue la noblesse qui affiert au 
« couraige de chevalier. » (Ordrede Cheval., fol. 11.) 

Chuinc, nomb. indecl. Nous remarquerons, 
sur ce mot, cette expression singulière : cinq cinq 
ans pour vingt cinq ans. (Lanc. du Lac, T. I, i" 137.) 

variantes : 
CHUL\C. Carpentier, Ilist. de Cambray, p. 31 . 
Chunc. 

Chuinck. Carpentier, Hist. de Cambray, T. II, p. 29. 
CiUNC. Duchesne, Gén. de Beth. p. 47, tit. de 1248. 
Chiunc. Titre rapporté par Heauman. p. 418. 
Chinq. Ane Reg. cités par La Colomb. Th. d'honn. p. 61. 
CiNC. Pérard, Hist. de Bourg, p. 449, tit. de 1241. 
CiNK. Ryraer, T. I. p. 114, col. 2, tit. de 1270. 
Cinq. Orth. subsist. 

Chuite, subst. fém. Pot, baril. « La chuite 
« d'huile d'olive, 18 deniers; le tonncl d'huile 
• d'olive, xii sous. « (Gloss. de l'Hist. de Bret.) 

Chukaut, partie. Peut-être couchant, ou tou- 
chant, voisin. (Carp.,Hist. de Cambray, T. Il, p. 28.) 

Chupier. [Intercalez Cltupier, ouvrier en 
chupperie, corroyeur, aux Ordonnances, t. VI, 
p. 120, art. 13, an. 1372,] (n. e.) 

Chuquer. [Intercalez Chuquer, jouer au billard 
en Languedoc : « Comme iceulx jouassent à un jeu 
« nommé au pays chuquer. » (.1.1. 162, p. 233, 
an. 1408.)] (n. e.) 

Churles, subst. [ém. (3) Ciboule blanche. (Dict. 
d'Oudin.) 



Churlupcr, verbe. Trinquer, boire avec excès. 
C'est le sens de ce mot, selon Oudin, Dict. et Curies, 
franc. 

variantes : 

CHURLUPER, Chculupper. 

Churquette, subst. fém. Ratière, souricière. 
Mot picard. (Nicot, Dict.) 

Churriaus. [Intercalez C/uoTirtKS, draps en 
loques, dans (Juigneville (Du Cange, V, 00, col. 2) : 

D'un ort et viel burel vestue 

Rattasselé de cluslriaus 

De vies panifies et churnaus.} (n. e.) 

Chy, adv. Ci, ici. Ctn commence le premier cha- 
pitre. (Beauman. p. 7.) On disoit : de cye en avant, 
pour d'ici en avant, dorénavant. (Carta Magna, 
fol. 139.) Chi iluec, pour ici. C'est un pléonasme 
dans ces vers : 

Je voi bien que Diex vos amis 
Ci illuec, pour parler ensemble. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 320, V» col. 1 . 

On écrivoil aussi ci, pour si tellement. (Voyez 
l'art. Si.) 

variantes : 

CHY. Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1374. 

Chi. La Thaumass. Coût. d'Orl. p. 14465. 

Ci. ViUehardouin, p. 55. 

Cy. Orth. subsistante. 

Cye. Carta Magna, fol. 139, V». 

Kl. Borel, Dict. Ph. Mouskes, MS. p. 5. 

Qui. 

Cliyboille, subst. fém. Boîte aux saintes huiles. 
Cotgrave rend la signilication de ce mot par ciboire; 
mais elle est déterminée pour la boite aux saintes 
huiles, dans le passage suivant : 

Ly donne cil communion... 

Et puiz ly donne la sainte oille, 

Qu'illec tenoit en sa clnjhoilli:. 

Hist. des Trois Maries, en vers, MS. ji. 423 (4). 

VARIANTES : 
CHYBOILLE. Hist. des Trois Maries, en vers,MS. p. 423. 

CiBOILLE. 

Ci, adv. de lieu et de temps. Ici. Le mot ci, dans 
S. Bernard, répond dans le lat. aux molshicelhuc. 
" Entre ci e ke Pakes «, pour d'ici à Pâques. (Rymer, 
T. I, p. 109, tit. de 1268.) 

Cibaire, adj. Alimentaire. « Deffendons à nos 
>< dits officiers de demander, ne se faire payer 
« aucuns despens, non pas mesme cibaires, aux 
« communautez. » (Nouv. Coût. Gén. T. II, p. 1241.) 

Ciboire, subst. masc. .\rmoire (5). (Dict. de Borel, 
qui dérive ce mot du grec mSùygioy, arcula.) 



(1) La forme wa'lone est chawète ; la forme normande est caiiveltc, au sens de petite corneille, (n. e.) 

(2) Christine de Pisan (.Charles V, III, ch. 4) donne une variante : « De tant, dist-il, comme les yeuls des suetes ou des 
chauve-souris sont inhabiles à recepvoir la clarté du souleil. » (N. E.) 

(3) Cltnrleau est encore le nom vulgaire du panais sauvage. (N. E.) 

(4) Cette citation est reproduite aux Emaux de De Laborde (p. 214) ; chyboiUe suppose cibucula, comme quenouille vient 
de canucida. (n. e.) 

fS) On lit au reg. .IJ. 176, p. 278, an 14i3: « Le suppliant print dedans le ciboire ung calixe avec lequel estoit enveloppée 
une petite boite dedens laquelle estoit le corps de Nostrc Seigneur. » Dans une charte de 1526 (Du Cange, 11, 346, col. 2) on 
a une forme différente ; « Lequel Cocquet a prié et requis audit Adam Briffant que son plaisir feust lui permettre de pouvoir 
mettre... une lampe devant le ciboingne de Péglise dudit Senuc. » On lit encore aux Miracles de la Vierge (Du Cange, id. 
&i5, col. 3) ; « Li fiex au bon roy Charlemaine... Nous donna sainte Leochade, Là fu grant tans en no chiboire Leis saint 
Maart, leis saint Grégoire. » (n. e ) 



CI 



— 21 — 



CI 



Cibole, subst. fém. Ciboule*. Partie d'une 
massue^. 

*Ce mot se disoil, au premier sens, avec une 
légère diflerence dans la layon de l'écrire (I) : 

En civos, ou en poriaus, 

En poi novel, ou en t-ito/es, 
En ni de chanvre, etc. 

Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 176, V- col. 1. 

*0n s'est aussi servi de ce mot pour signifier 
la partie la plus grosse d'une massue, la crosse, 
par allusion vraisemblablement à la forme d"une 
ciboule. 

Jehans qui tint la maçue, 

Oui moult ot grosse la cihole, 

Felonessement (rudement) le rebole (repousse). 

Fabl. MSS. du R. ii- 7-218, fol. 12, R- col. 1. 

Ciborées, subst. fém. plur. Espèce de ragoiits. 
Peut-être a-t-on entendu par ce mot des ragoûts ù 
la ciboule. Voici le passage : 

Après viennent ces ciborées, 

Et de porions (poireaux) oez porées (ragoûts de poireaux) ; 

Oitres, et hennons au civé. 

Viennent enprès (après) tuit abrivé (tout à la hâte). 

Bat. de Quaresm. MS. de S. Germ. fol. '.)2, R" col. 3. 

Cibory, subst. masc. Charnier. Dans le patois 
d'Auvergne, lieu oii l'on conserve les ossemensdes 
morts. (Voyez Du Gange, au motCibori'tm.) (2) 

Cicad, subst. Espèce de tleur ou d'herbe. Pris 
allégoriquement, ce mot désigne un amour durable, 
dans Recr. des Dev. amoureux, p. 39. 

Cicamus, subst. masc. Sorte d'étotîe. (Borel, 
qui cite Perceval.) 

Cicaut, subst. masc. Nom propre. On juroit 
par saint Cicaut. 

Foi qui doi Deu, et saint Cicaut 
Il pert trestot, au derrien. 

Fabl. MSS. du R. n' 7015, T. H, fol. 153, V', col. 1. 

Cicbarou. [Intercalez Cicliarou, poisson ^B. N. 1. 
6838. c) : « Saurus, a nostris saurai vel sieurel 
« dicitur, ab aliquibus nostrorum gascon, a santoni- 
« huscicliarou, aGal!is?Hrtgife?"m(t baslard. '>](n. e.) 

Cichei'ée, subst. fém. Chicorée. (Dictionn. de 
Monet. — Voyez les Epith. de M. de La Porte.) 

VARl.OTES : 
aCHERÉE Dict. d'Oudin. 
CicoKÈE. Id. ibid. 

Ciclatuns. [Intercalez Ciclatuns (Roland, vei's 
846) , étoffe de soie. Les plus beaux ciclatons 
venaient de l'Espagne musulmane (V. Fr. Michel, 
Recherches sur lesétoffes de soie, d'or et d'argent, 
1,220). L'arabe a la forme siklatoun, mais le 



bas-latin employait cijclas. On lit encore au Roman 
de Garin : 

Si a vestu un hermin peliçon, 

Et par deseure un vermeil ciglalo», 

Mantel a riche, qui n'est raie trop Ion. 

Du Gange, II, 73), col. 3.] (N. E.) 

Cicogne, subst. fém. Cigogne. On disoit autre- 
fois : Contes de la Cigogne, dans le sens où nous 
disons : Contes de ma mère l'Oye. (Gotgr. Oudin, 
Dict.) Remoitrances de la cicongne (3). Cette façon de 
parler proverbiale se trouve employée dans la 
Défense pour Est. Pasq. p. 402. 

VARIANTES : 
CIGOGNE. Oudin, Dict. 
CicoiGNE. Nicot, Dict. 
Sycoigne. Eust. Desch. Poës. MSS. 
CiGOiGNE. Nicot, Dict. 

Cyngongne. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 290, col. -2. 
CiGON'GNE. Défense pour Est. Pasq. p. 402. 

Cicoigneaux, subst masc. plur. Les petits de 
la cigogne. 

VARIANTES : 

CICOIGNEAUX. Sag. de Charron, p. 547. 
CiGOGNEAULX. Rabelais, T. IV, p. 252. 

Cicii taire, subst. masc. Sorte de ciguë (4). (Dict. 
d'Oudin.) 

Cid (le), subst. masc. Ce tilre d'une tragédie de 
P. Corneille donna lieu à cette façon de parler pro- 
verbiale ; Cela est beau comme le Cid. Elle étoit en 
usage du temps de Pelisson, suivant son llist. de 
l'Acad. fr. in--i", p. 04; mais elle tomba quelque 
temps après, suivant l'Hist. de la même Acad. par 
l'abbé d'Olivet, T. II, p. 18i. 

Ci-demain, adv. Le lendemain. 

Ci-demain vont la messe oïr. 
Puis s'en voloient départir. 

Fabl. MSS. du R. n- 7089, fol. 17, V- col. 1. 

Cief. [Intercalez Cief, suif : ■■ Chandelles de 
« cief. » (JJ. 87, p. 226, an. 1359.)] (n. e.) 

Ciel, subst. masc. Ciel, dais, poêle* (5). Palais^. 

Le pluriel ciels et cieulx est employé pour les 
cieux dans S' Athan. Symb. fr. 20 traduct. 

* Outre les acceptions subsistantes du mot ciel, ce 
mot s'est pris souvent pour dais, poêle ou autre 
chose semblable. On le trouve, dans les anciens 
auteurs, synonyme à dais, poêle, h dosseret:^. On 
voit himmelz dans le même sens, au Gloss. lat. de 
Du Cange. Le mot allemand hiinmel signifie ciel. 
>' Le roV entra en la ville; sur lequel quatre gentils 
i. hommes, et chevaliers demeurans en icelle por- 
» terent un ciel, ou dais et estoient toutes les 



(1) Au Martyr de S' Etienne (xv= siècle) on lit encore : « Meschant, tu as puante aleine, Avale moy caste ciboule. » 
onne ciboulles (XVIII, 43) ; enfin 0. de Serres écrit (510) : « Les cibouilles ou civots|participent de l'oignon et du pour 



Paré 
donne ciboulles (XVIII, 43) ; enfin 0. de Serres écrit (510) : « Les cibouilles ou civots|participent de l'oignon et du pourreau, 
tenans de l'un la figure, et de l'autre la saveur. » (N. E.) 

(2) Ci6ori»)/i a d'abord désigné l'une des quatre enveloppes de l'autel dans les basiliques (t. III, p. 351, note 3); il a 
désigné ensuite le jubé (ms. de 1301, cité par Du Cange, II, 346, col. 2) ; enfin, ajoute-t-il : « In pluribus Arverniae locis 
ciboni lingua patria locus est concameratus, in quo reponuntur ossa defunctorum. » (N. E.) 

(3) On lit dans Rabelais (Pantagruel, II, 19) ; « Cependant Panurge leur contoit les fables de Turpin, les exemples de 
S' Nicolas et contes de la ciguoi>iijiie. » On Ut aussi dans la Comédie des Proverbes (act. II, se. II) : « Seigneur docteur, ce 
que je vous dis ne sont point des contes de la cicoigne. » (N. E.) 

(4) Cicata virosa de Linné. (N. E.) 

(5) Ciel désignait encore le lambris remplaçant la voiite d'une chapelle : « Dix huit ais de blanc bois, dont on fist le chiel 
de la dite chapelle. » (Bulletin du comité de langue, t. II, n" I , p. 54, xiv» siècle.) (n. e.) 



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« rues par où ils passoient tendues à ciel. » 
(.f. Chail. Hist. de Charles Vil, p. 209.) « Avoit sur 
" le chef du dit duc, uu drap de soye, de couleur 
" Inde, et qualire clochettes d'or sounautes, et 
» porloyenl le dit ciel quatre bourgeois de Dou- 
« vres. " (Kroissart, liv. IV.) 

On lit: ciel, aulroneiit poésie, dans Pasq. Rech. 
p. 753. Ciels, ou dossercts, dans les Ilonn. de la 
Cour, Mss. p. 74. ('iel d'autel, pour dais, dans le 
Gloss. de l'Hist. de Bret. (1) 

On nommoil ciel entier le dais qui couvroil la 
table tout entière : 

De sùye et d'or le courtinet opèrent, 
Et ly coyssins sont richement ouvré 
Dessus les liz, le liault doys apresté, 
Un ciel entier, sur la table ordonnèrent. 

Eusl. [lesch. Poi's. MSS. fol, 7G, col. 2. 

Aux obsèques de FranyoisI", il y avoit un grand 
ciel porté par les princes (2). (Mém.du Bellay, T. VI, 
p. 154.) 

On tendoit les rues à ciel, dans certaines fêtes ou 
réjoui-ssances publiques, pour garantir du soleil ou 
de la pluie. 

Toutes les rues estoienl parées, 
Et tendues à ciel richement. 

Visil. de Charles VU, T. II, p. 77. 

« Ils firent tendre les rues à ciel. » (Hist. de la 
Pucelle d'Orléans, p. 519.) On disoil aussi couvrir 
à ciel. (J. Ghart. Hist. de Charles VII, p. 209.) Cette 
tenture se faisoit avec des toiles, etc., qui formoient 
une espèce de dais le long des rues. 

"Ciel est employé pour palais dans le passage 
suivant : « Les Bretons, et autres avoienl entrepris 
« d'entrer à Rouen par dedans le ciel, ou palais de 
« la dicte ville. » (Cluon. de Louis XI, p. 76.) 

L'expression : // n'ij a personne sous le ciel, est 
d'usage ; mais nous remarquerons son ancienneté, 
puisqu'elle n'est cjuc la traduction de l'expression 
latine homini sitb ccelo, qu'on trouve dans Du Cange, 
au mot Dicoj'rit (3). 

On disoil aussi : 

Sos dès n'eut plus gente beste. 

Fabl. MSS. du R. n- 79S9, fol. 57, V- col. 2. 

VARIANTES : 
CIEL. Orth. subsistante. 

SiEL. Fabl. MSS. du R n» 7D89, fol. 57, V', col. 2. 
Chiel. ViUehard. p. 189, Beaumanoir, p. 2. 
Ciels, phir. pour cieux. S \thnn. Symb. fr. 1' frad. 
Chieus, plur. Modus et Racio, MS. fol. 190, V». 



CiEULx, plur. S. Athan. Symb. fr. 2» trad. 
Cius, plur. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 244, R» col. 1. 
CiÉs, plur. Fabl. MSS. du R. n" 7982, fol. 57, V» col. 2. 
CiEX, plur. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 173, V". 

Ciclin, adj. Céleste. (Dict. de Cotgrave. — Voy. 
Epith. de M. de La Porte.) 

Cierce, subst. masc. Nord-nord-ouest (4). Vent 
d'occident. (Du Cange, au mot Circius.) On lit : 
" Vent de Languedoc, que l'on nomme cierce >>, 
dans Rabelais, 'ï. IV, p. 181. Mais plus communé- 
ment vent de cers, dans les auteurs des pays méri- 
dionaux. (Falconnet.) 

Borel explique cers par vent du nord, et Gon- 
douli, cité par Du Cange, l'oppose aux vents du 
midi. (Dict. Etym. de Ménage, et Astruc, Hist. nat. 
du Languedoc, p. 338.) 

VARIANTES ', 
CIERCE. Rabelais, T. IV, p. ISl. 
Cebs. Dict. de Borel. 

Ciercele, siihst. fém. On a dit en parlant des 
Sarrasins fuyant à la vue de Roland, à la bataille de 
Roncevaux : 

Tôt ansement (ainsi que) coume la ciercele (5), 

S'enfuit par devant l'esprivier, 

U (ou) par rivière, et par gravier. 

Si s'enfuient, par devant lui ; 

Des Sarrasins n'i a celui 

Qu'il n'osent atendre son cop. 

Ph. Mouskes, MS. p. 200 cl 201. 

VARIANTES : 
CIERCELE, Ph. Mouskes, MS. p. 200 et 201. 
Sarcelle. 

Ciercer, verbe. Parcourir, tourner autour. Ce 
mot vieiiL du latin circumire. « Li fins du Marchis 
« ciei'ça la cité, pour voir se ele estoil bien garnie 
« de vitaille, et si comme il cerchoit, il trouva les 
« bannières de Salehadi. » (Du Cange, Gloss. lat. 
au mot Circare (6).) 

Si ot cierkiés, et mons, et vaus. 

Ph. Mouskes, MS. p. 204. 

VARIANTES (7) : 
CIERCER. Du Cange, Gloss. lat. au mot Circare. 
CiERKiER. Ph. Mousk. MS. p. 196. 

Ciercheverie, subst. fém. Ce mot est vraisem- 
blablement une faute, pour tierchenerie ci-dessus, 
qu'on trouve dans une citation françoise du Gloss. 
lat. de Du Gange, au mot Tertiaria, 3 (8). C'est l'amo- 
diation d'un bien ou des fruits au tiers. 



(1) On lit encore au reg. .1,1. 84, p. 153, an. 1355 : « Un ciel d'une chambre de sarge vert, prisé .xvni. escus. » (n. e.) 

(2) On lit aiibsi dans C;irloi.\ (III, 17): « Et firent ester de dessus son berceau les ciels, poisles et daix qui y estoient, avec 
les rideaux et tour du liet. n (n. e.) 

(3) « Trado tibi... villam... sitani in pago Venedia... sine rendo, sine opère dicofrit, difosot, et sine uUa re homini sub 
ccelo. » (Dom Lobineau, Hist. de Bret.ngne. Il, col. 24.) (n. e.) 

(4) C'est le mish-nl, qui, d'après Diodore de Sicile (V, 27), soulève les rochers et démonte les Gaulois en les dépouillant de 
leurs manteaux. Strabon parle du Mélamborée (IV, I, 7), du Borée noir de la Narbonnaise, que Pline (II, 46, 4) nomme 
Circius : « In Narbonensi provincia clarissimus ventorum est Circius, nec uUo violenlia inferior ;... non modo in reliquis cœ li 
partibus ignotus est, sed ne Viennara quidem, ejusdem provinciœ attingens. » Comparez Aulu-Gelle, II, XXII, 20 et 22 ; 
Sénéque, Quest. Natur. V, 17 ; Lucain, Pharsale, I, v. 408; « Solus sua littora turbat Circius. » (N. E.) 

(5) On trouve dans les Etudes d'agriculture normande de M. Delisle (p. 58) la forme cercetle; c'est la sarcelle, en latin 
querqucdula. (N. E.) 

(6) Ed. Henschel, II, 359, col. 1. (N. E.) 

(7) Froissart donne la forme cierqaier : « Et cierindérenl tout le jour les camps et tous les mors (V, 74). » (N. E.) 

(8) On lit au Cartulaire de S' WandriUe (t. I, p. 161, an. 1296); « .le, Guillaume,., sui tenu à rendre et à paier d'an en an... 
à hommes religieux... de S. Vendrille dix sols et sept deniers t. d'annuelle rente pour la raison de la ciercheverie des frus 
crosans en une acre et .xxix. pieches de terre, que lesdits religieux ont franchi de ladite ciercheverie à moi... à tenir et à 
avoir ladite rente pour ladite tierchenerie. » (n. e.) 



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Cierge, subst. fém. Biche. On reconnoît aisé- 
ineiU le mot latin cerva dans le mol cerve, et 
l'allération est légère dans cierve. De là, on a fait 
cierge, par la transformation de l'r» consonne en g. 
Nous en avons d'autres exemples. On a fait gaine 
de vagina, guêpede iifsyvrt, etc. {l)Borel cite ces vers 
d'Ovide, ms.'Lb poëte dit, en parlant du sacrilice 
d'Iphigénie : 

En leu de la belle, fu mise, 

Une cierge et sacrefiée ; 

Si fu la déesse apayée (satisfaite.) 

VABUXTES : 
CIERGE. Borel, Dict. 
Cierve. Corneille, Dict. 
Cerve. Percef. Vol. V, fol. 56, V» col. 1. 

Cierge, subst. masc. Flambeau, torche*. Chan- 
delier^. Bâtons d'un dais'^. 

* Nous disons encore cierge, pour les chandelles 
de cire dont on se sert dans les églises. On le disoit, 
autrefois, non-seulement dans ce sens , mais pour 
toute espèce de chandelles et flambeaux. « Les 
« gardes, qui faisoient sentinelle aux portes du 
« palais de Charlemagne, avoient une espée nue à 
« la main droite , et en la senestre un cierge 
« ardant. » (Chron. S. Denis, T. I, fol. 144.) 

On lit charge ardant, dans les Tri. des IX Preux, 
p. 452. Les cierges de cire, dont il est parlé dans 
les Ord. T. 111, p. GG6, donnent lieu de conclure que 
tout cierge n'étoit pas de cire, et que cierge étoit un 
mot générique. Le mot chandelle se trouve cepen- 
dant quelquefois opposé îi cierge ; par exemple 
dans Lauc. du Lac, T. 11, fol. 13. » II n'y avoit ne 
« cierge, ne chandelle. » 

^Cierge pour chandelier a été moins usité. H est 
pris en ce sens, dans les vers suivans : 

De sor la nape ot (il y eut) deitx broussins, 
Où il avoit cierges d'argent. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 65, V col. i. 

Ce mot s'est dit pour un bouchon de paille qu'un 
moine lient à la main, comme un cierge, en faisant 
ses nécessités, et qui devoit lui tenir lieu de la 
pierre de ponce employée par les Grecs au même 
usage, suivant Aristophane : 

Si s'est assis à un pertuis (trou), 
Et tenoit un cierge en sa main, 
S'a conneu le secretain. 

Fabl. MSS. du R. n- 7989, fol. 89, V col. 2. 

•= On a nommé cierges les bâtons à porter un dais 
ou poêle. " Quatre varlelz tiennent un paille à 
u quatre cierges, et dessoubz ce paille, chevauche 
« une damoyselle moult richement aornée. » (Lanc. 
du Lac, T. 1, fol. 44.) 

VARIANTES (2) : 
CIERGE. Orth. subsistante. 
SiERGE. Hist. des Trois Maries, en vers, MS. 



Chierge. Mém. d'Ol. de la Marche, liv. II, p. 497. 
Cerge. Parlon. de Blois, MS. de S. G. fol. 127, R» col. 3 (3). 
Charge. Tri. des IX Preux, p. 452 et 453, col. 1. 

Ciergier,S!(?*s/. masc. Cirier. Ouvrieren cierges, 
selon Monel, Dict. On donne encore à Tours ce nom 
aux épiciers, parce qu'ils vendent des cierges (4). 

Giers. [Intercalez Ciers, cas sujet fait sur certtis : 

Puis r'ot plevie cis Robiers 

La fille à Lascre ; j'en suis ciers. 

Ph. Mouske? (Du Cange, II, 29i, col. 3)]. (N. E.) 

Cietile, subst. Peut-être faut-il lire cieuté, qui 
pourroil avoir été dit pour cité, ville capitale. Du 
Gange, au mol Hetropolitanns, c\le]e Gloss. lat. fr. 
de S. G. où l'on trouve que « Metropolitanus c'est 
« sires, ou archevesque de Cieule (5). » 

Cieus. [Intercalez Cicus, ciuz, aveugles [cœci): 

Les cieus véeir, et o'ir cher 
Les sorz, e si parler les muz. 

ChroD. des ducs de Norm., v. 24080. 
Les surz oïr, les muz parler 
Et ciu: veanz. 

Thomas le Martyr, v. 1289. 
Car ainz fut dus e ore veit. 
La Résurreclion fTb. Franc, au m. -à., p. 15, v. 145).] (N. E.) 

Ci fait, affirm. Oui. Le peuple dil encore si fait 
en ce sens : « Je dis que ci fait, par les raisons que 
« je ai autrefois dites. » (Assis, de Jérus. p. 199.) 

Cigale, subst. fém. Ce mot subsiste. On disoit 
autrefois ferrer les cigales, pour travailler en vain, 
en pure perte. (Dict. d'Oud. Cur. fr.) 

Ciglaton, subst. masc. (6) Etoffe précieuse*. Or- 
nement de chevalier °. 

* Nous trouvons ce mot souvent employé dans 
nos anciens auteurs, pour désigner une étoffe pré- 
cieuse. Il y en avoit de plusieurs couleurs : 

Pailes ciglalODS, et cendax 
Dras riches, et amperiax. 

Parlon. de Blois, MS. de S. G. fol. 129, V cul. 1. 
Ilarçons couvert d'un vermoil sijgîaton. 

Rom. de Roncevaux, cité par Du Cange, au mot Cyclas. 

S'ele est vestue de houdel (espèce de robe), 
D'esquallate, ou de siglaton, etc. 

Ovide de Arte, MS. de S. G. fol. 96. V" col. 3. 

Le siglaton éloil une éloife moelleuse et très 
chaude, comme l'indique le passage suivant : 

J'ai de bon loutre à pehçons, 
J'ai hermines, els>r,glato>is. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 42, V" col. 2. 

On distinguoit le chigaton de Lucques. Du Gange, 
au mot Cijclas, rapporte l'article d'un compte de 
i352 d'El. de La Fonlaine, où on lit : « Pour une 
<i pièce de chigaton de Luques achetée, etc. » 

^On appeloil siglelon, une espèce d'ornement de 

chevalier. L'ordonnance concernant la manière de 

1 créer un chevalier du Bain porte que « quant il 



par 



(1) Il ne faut pas confondre le v initial avec le v placé entre deux voyelles (en hiatus). La forme cierge 
ir cervia, prononcé ceruja, avec u bref, puis cerja, d'où cierge; de même abrcviare a fait abréger, (n. e.) 



doit s'explique . 



(2) Th. de Cantorbéry (52) donne cirge : « Esteigniez, fait lur il, ces cirges alumez. » (n. e.) 

(3) On lit aussi dans Roncisvals (p. 118) : « Où n'eust cerge ou lanterne enfichée. » (n. e.) 

(4) On lit au Gloss. lat.-fr. 7(384 ; « Ciergier, cirier, qui fait, vent ou euvre de cire, cerarius. » (n. e.) 

(5) La citation n'est pas complète ; Henschel (IV, 301, col. 1) imprime : « Metropolitanus, c'est sires ou arcevesques de 
cieule viUe. » Cieule est alors adjectif démonstratif, (n. e.) 

(6) Voyez plus hant Cickituiis. (n. e.) 



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CI 



u sera en son lit, pendant le temps de son reveil- 
« lier, il sera amendé (recouvert ou réctiaulfé) 
« c'est assavoir avec une; couverton d'or, appelle 
« sigleton. >■ (Du Gange, au mo[Miles)[\). On lilflbid. 
col. 7;58i : c. Ensemble le lit en qui il coucha pré- 
« mièreuienl après le baing, aussi bien avec le 
« singleton, que des autres nécessitez. » 

VAIUANTKS : 
CIGLATOX. Part, de Bl. MS. de S. G. fol. 129, V» col. 1. 
SiGLATON. Floire et Blanch. MS. de S. G. f» 196, V° col. I. 
Sigleton. Du Gange, Gloss. lat. au mot Miles. 
SvGLETON. Du Gange, Gloss. lat. au mot Cyclas. 
SiNGLETON. Du Gange, Gloss. lat. au mot Mites. 
SiNGLATON. Vah[. MSS. de S. G. fol 42, V» col. 2. 
Chigaton. Du Gange, Gloss. lat. au mot Cyclas. 

Cigne, subst. masc. Ce mot subsiste sous cette 
orthographe. Les cygnes ont la peau noire ; de 
là, cette expression proverbiale ("i) : 

Char ot noire com pel de cigne. 

Fabl. MSS. du H. n''7218, fol. 318, V" col. 2. 

On donnoit quelquefois un cygne pour prix d'un 
tournoi : 

C'est celé qui le pris en a; 

Vraiement a trestout vaincu. 

Hien i parut à son escu, 

Et au cisue (3) que li donnèrent 

Le hiraut, qui s'abandonnèrent (s'accordèrent) 

A ce qu'il l'en douent l'onor. 

Fahl. MSS. du R. n- 7218, fol. 76, V col. 2. 

VARIA.NTES : 
CIGNE. Orth. subsistante. 

Chyne. Gace de la Digne, des Déd. MS. fol. 134, V»(4). 
Cyne. Gace de la Bigne, des Déd. MS. fol. 112, R». 
CiNE. Modns et Racio, fol. 58, V" (5). 
CiSNE. Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 76, V» col. 2. 

Cignean, (idj. De la nature du cygne. On a dit : 
Cygneane blancheitr. (Epith. de la Porte.) 

VARIANTES : 
CIGNEAN. Cotgrave, Dict. 
Cygnean. Epith. de la Porte. 

Cignis, subst. masc. Le mont Cenis. 

Puis aiguë belle, au mont Ciijnis ; 
Faut entre roches chevauchier. 
Quatre, ou si.x jours, très dur pais, etc. 

Eust. Desch. Poés. MSS. fol. 2i0. 

Cil, pronom. Celui, ce, cet, ceux, etc. Nous ne 
compilerons point de passages, pour donner des 
exemples sur la variété prodigieuse des orthogra- 
phes de ce pronom, tant au singulier qu'au plu- 



riel Qu'il suffise de les avoir citées, avecles endroits 
de nos auteurs anciens où l'on pourra les trouver. 

Nous rapporterons cependant quelques construc- 
tions particulières: 

1" Cil ne cil, ni celui-ci, ni celui-lù. (Rom. de 
Brut, MS. fol. 7.) 

'•1° Cil cel, celui-là. (Gautier d'Argies, Poës. mss. 
av. 1300. T. Il, p. ÔÔG.) 

3° Cil ell, celui-là. (Ernous Caupains, Poës. mss. 
av. 1300, T. III, p. 1257.) 

i" dits ki, celui qui. (Andrieus li contred. Poës. 
MSS. av. 1300, T. III, p. •illt). — Voyez ci-dessus les 
articles Ce, Cest et Cesti.) 

vahiantes : 

CIL. VUlehard. p. 1. - Joinv. p. 72 (6). 

Ceil. 

SiL. Floire et Blanch. MS. de S. G. 

SiLZ, CiLZ. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 236, col. 4. 

Ciz. rhib. de Navarre, Poës. av. 1300, MSS. T. I, p. 126. 

Cis. Notice des Vœux du Paon, fol. 140. 

Ci. Beauman. p. 9. 

Chi. Villehard. p. 36. 

Chil. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 89. 

Chis. Andrieus, Poës. JISS. av. l'30O, T. III, p. 978. 

Chiex. Hist. des Trois Maries, MS. p. 227. 

Chu.s. Le Livre du Reclus de Morliens, fol. 199. 

CiEUS. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 122. 

ClEULS. Froissart, Poës. MSS. p. 156 ^7). 

CiELE, fém. Beaum. p. 7. 

Cele. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 76, V» col. 2. 

Celle, fém. Villehard. p. 9. — Arr. Amor. p. 100. 

Selle, Seelluy. 

Gel. Crétin, p. 110. - Paës. MSS. av. 1300, T. IV. 

Celei. Villehard. p. 92 (8). 

Cheli. îieaiiman. p. 8. 

Cely Ord. des R. de Fr. T. III, p. 16. 

Celi. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 524, T. VII, p. 311. 

Celle, fém. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 8, col. 3. 

CiLi. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 524. 

Ceuls, plur. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 282, col. 3. 

CiEULS, CiEUs, Sellx, Chiauls, ClAUX, Ch.^uz, plur. 

Salz, Ciauls, Cie.k, Celz, plur. 

Coeuls, plur. Rom. de Rou, MS. p. 283. 

Cheus, plur. Borel, Dict. 1"' add. 

Chieuls, plur. Ord. des R. de Fr. T. III, p. 293. 

Chiux, plur. Ord. des R. de Fr. T. III, p. 3. 

Chiaulx, plur. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 57, col. 2. 

Chiaus, plur. Beaumanoir, Coutumes de Beauvois. p. 11. 

CHAU.S, Chaux, plur. Beauman. Coût, de Beauv. p. 1 et 12. 

Cax, plur. Fabl. MSS. de S. G. fol. 15, R» col. 3. 

Cj^us, plur. Ph. Mouskes, MS. p. 695. 

Ceaux, p. M" Quesne, Poës. MSS. av. 1300, T. III, p. 981. 

Cex,;j. Hue de la Ferté, Poës. MSS. av. 1300, T. III, p. 1157. 

Se.x, plur Beaumanoir, Cout. de Beauv. p. 155. 

Ces, plur. Villehard. p. 189. 

Cels, plur. Villehard. p. 20. 



(1) Edition Henschel, II, 731, col. 3, et IV, 398, col 3. (n. e.) 

(2) On lit encore au t. VII de l'Ane. Th. français, p. 256 : « Vous y serez cogneu comme un oyson parmy les cygnes, je 
voulois dire comme un cyijue parmy les oysons. » (N. E ) 

(3) Cette forme est dans Raoul de Cambrai (62) ; « Paons rotiz et bons cisnes pevres Et venoison à molt riche plenté. » (N. E.) 

(4) Dans George Chastelain (Chr. I" part ch. 20) on lit : « Au roi fut présenté uu cherf-volant, au duc d'Orliens un blanc 
chisne, au duc de ISourgoigne un lyon. » (N. E.) 

(.5) On lit aussi dans la Rose (v. 8746) ; « C'est oisel cler semé en terre. Si legierement congnoissable. Qu'il est au cine 
noir semblable. » Dans l'IIist. des Croisades (t. II, p. 293) on lit aussi : « Et contrefaisoient le cir»ie qui chante quand il doit 
morir. » (N. E.) 

(6) Dans .loinviUe, le sujet singulier est cil (éd. de Wailly, § 494) ; on trouve aussi celi, S (i05; cilz § 322 ; le régime singulier 
est cel, § 74, ou celi, § 69, celui, ^ 822 ; le sujet pluriel est cil, § 59; le régime pluriel ceus, au ms. ceulz, § 434; le féminin 
singulier est celle, § 14, eele, % 95. (N. E.) 

(7) Dans Froissart au nomin. masc. smg. la forme correcte est cil ou cils {chil ou chils), au cas régime cel ou celui. Au 
plur. le mot fait : au cas sujet masc. cil, au cas régime masc. ciaus, chiaus. L'emploi de celui au nomm. sing. (XI. 254) est 
contraire à la règle et caractérise la décadence grammaticale. Cel est une forme écourtée de icel {ecce ille) qui se rencontre 
aussi dans Froissart. (n. e.) 

(8) Pour ViUehardouin, voyez l'édition de Wailly: les variantes sont indiquées à la page 440, ce'. 1. (N. e.) 



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— 25 



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Cilcun, pron. Quelqu'un. 

S'orrent (si eurent) fait espiier cilcun 
Qne li Rois iert (estoit) à Meleun ; 
Armé sont, vinrent à Paris, etc. 

Ph. Mouskes, MS. p. 484. 

Cillement, subst. masc. Clignement. Mouve- 
ment des paupières. (Dictionn. de Cotgrave, Oudin. 
Nieot, etc.) 

Ciller, verbe. Remuer les paupières*. Coudre 
les paupières^. 

*Ce mot subsiste, au premier sens, sous la pre- 
mière orthographe; mais on ne dit plus, comme 
autrefois, se ciller, pour baisser les yeux par con- 
fusion : 

S'il a dame riche, il la pille, 
Et fault qu'el le veste et habille ; 
S'il s'en mocque, et elle se cille. 

Al. Charl. Toi^s. [). C6S. 

^ Sous l'ortliographe de chiUer,\\ subsiste comme 
terme de fauconnerie. On dit encore chiller (1) un 
épervier, pour lui coudre les paupières vers le bec, 
afin qu'il ne puisse voir que par derrière. (Dict. 
univ. — Voyez Fouilloux, Faucon, fol. Gl.) 

V.\RI.\NTES : 
CILLER. Oudin, Nieot, Dict. 
SiLLER. Modus et Racio, MS. fol. 112, R". 

SCILLER. 

CiLLiER. Gace de la Digne, des Déd. MS. fol. 89, Y". 
SiLLiER. Modus et Racio, MS. fol. 110, R". 

SiLIR, SCILIR, SCILLIR. 

r.iLLEK. Modus et Racio, MS. fol. 107, V". 
(".MILLIER. Hist. des Trois Maries, MS. p. 305. 
Cuiller. Oudin, Dict. - Modus et Racio, fol. 73, V". 

Ciniau, subst. féni. Cime. « Ce est à savoir à 
« prendre à l'usage de la maison devant dite; tant 
« cum un chevaux, o uns asnes, lor en porra 
« apporter daus cimaus, et daus branches, qui 
» remandront au servant qui de ma fourest devant 
« dite tranchera, et mettra son chauffage au signer 
« de Fonlenay. Et si les branches, et la cimau 
Cl devant dit ne suffisent au devant dit frères au 
« chauffage de os et dau pauvres de la maison 
.. devant dite, je lor ay donné congé et pouer de 
Il prendre lor bois sec. » (Citât, de Du Cange, au 
mot Cheniinagium (2).) 

Cimbaler, verbe. P.elentir. Proprement, f-^ire 
du bruit comme celui d'un tambour. (Gloss. de 
Marot.) De là, on a dit au figuré : 

Fuyez l'iiifame inhumaine personne. 

De qui le nom si mal ciinbalc, et sonne, etc. 

Cléin. Marol, p. 3;)8. 

Cimboul, subst. masc. Grelot, sonnette (3). (Voy. 
Du Cange, au mot Cimbolum, et le Dict. de Borel, 
au mot Cembel.) 



Cimet, subst. mase. Sommet. 

VARIANTES : 
CIMET. Oudin, Dict. 
SiMET. Chron. S. Denis, T. I, fol. 238. 
Symet. Chron. S. Denis, T. I, fol. 263. 
SiMETTE. Les Marg. de la Marg. fol. 237, R". 

Cimier, subst. masc. Panache. Ce mot, sous la 
première orthographe, conserve encore plusieurs 
acceptions. \\ désigne, en termes de blason, la 
partie la plusélevée'des ornemensde l'écu, celle qui 
surmonte le casque. No.is ne l'employons ici que 
pour observer qu'il a aussi signifié les ornemens 
que l'on mettoitsur la tète des chevaux. <■ On mit 
« en files toutes ces chelites peintes, et différentes 
« l'une de l'autre, par les divers oyseaux qu'elles 
« représentoient, dont la variété estôit encore plus 
« agréable que celle desharnois, et des cimiers des 
« chevaux qui lestiroient. » (La Colomb. Tii.d'Hon. 
T. I, p. 305.) 

VARIANTES : 
CIMIER. Orth. subsistante. 
Cymier. Fouilloux, Vénerie, fol. 54- (4). 

SiMIER. 

Ciniositez, subst. fém. Ce mol, qui semble 
formé de cime, peut signifier ici axiome, ou peut- 
être extraits, si ce n'est une faute pour curiosités. 
« M. le rapporteur, ornant son discours de quel- 
« ques cimositez tirées des anciens, et principa- 
" lement des Grecs, etc. » (Mém. de Montrés. 
T. II, p. 28.) 

Cinabre, subst. masc. Terme de blason. Ces 
mots cinabre, belic, gueules et riche couleur hirent 
les noms que les hérauts donnèrent à la couleur 
rouge (5) dans les armoiries. (Favin, Th. d'Honn. 
T. i; p. 12.) 

VARIANTES : 

CINADRE. Oudin, Dict. 
Cinnabre. Nieot, Dict. 

Cinabrin, adj. Rouge, vermeil. (Voy. Cotgrave, 
Dict. et les Epilh. de M. de La Porte.) « Quand je 
Il vois deux fraisettes meures à demy rouges, et à 
« demy vermeilles... se jouans dessus la cresme... 
« un peu distantes l'une de l'autre, je me repre- 
« sente les bouts de ces telins cinabrins. ■> (Le 
Peler, d'amour, p. 102. — Voyez Poës. de .Jacq. 
Tahur. p. 274.) 

Cinade. [Intercalez Cinade, crevette, au ms. 
lat. 6838 c. de la B. N., c. 138: « Squilla parva, 
« quam noslri cinade appellant. »] (n. e.) 

Ciiicelier, subst. masc. Dais (6). C'est en ce sens 
que le Dict. de Borel, copié par Corneille, explique 



(1) « Le faucon ne doit point estre chiUé trop estroict, ne le fil de qaoy il est chilHé ne doit estre trop délié, ny ne doit 
estre noué sur la teste, ains doit estre tors. » tModus, fol. 78.) (n. e.) 

(2) Sous chcminus (II, 323, col. 3). La citation est extraite d'une charte de Geoffroy de Lusignan, accordant à l'aumônerie 
de S' Thomas de Fontenay son chauffage dans la forêt de Mervent (1233). (n. e.) 

(3) C'est une forme provençale. (N. E.) 

(4) On lit dans l'édition Favre (fol. 42, verso) : « Et après faut lever le cymier [du cerf abattu] depuis le commencement 
des costez et de longueur jusques au bout de la queue... Les nombles, cuisses et cymier appartiennent au roy. » (N. E.) 

(ô) Cet le sulfure rouge de mercure ; Pline et G.ilien nommaient ainsi le minium ou o.'cyde de plomb rouge : « Comme 
au ciiiahie ou sublimé. » (Traité d'Alchimie, xiv« siècle, [). 2'.l7.) (N. E.) 
(6) Voyez ckincclier. (x. E.) 

IV. -î 



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26 - 



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ce mol dans ce passage de la Bible hisloriaux : 
« Quand Jmlitli vil Ilolofernes gésir en son lil, des- 
« sous un cincelier (jiii éloit de saphir, d'esmerau- 
1 des, elc ouvrées dor et de soye. " Du Gange, au 
mot Cincinerhnn. adopte celle explication. Cepen- 
dant conune le mol cuicerelle ci-après a signifié une 
espèce de mouche, appelée en latin culex, cela 
pourroit faire coiVjecimx'i que cincelier désigne une 
cousinière, gaze ou réseau servant à défendre des 
cousins. Cuicelier, qui se trouve aussi dans Borel. 
est une faute pour ciiicelier. 

VARIANTES * 
CINCELIER. Dict. de Borel. 
CL'iciii.iER. Id ibid. 

tlliiicenelle, subst. fém. Sorte de mouche (1). Il 
faut écrire cijniphes, du singulier cijnips, en latin 
cinifes, selon le Gloss. du P. Labbe, p. 495. Oudin 
dit que c'est une espèce de sauterelle. (Dict. fr. esp.) 

Cincerelle, subU. fém Petite mouche. Mou- 
cheron, cousin, en latin ùnxala, dans le Gloss. lat. 
fr. de S. G. cilé par Du Gange, au molzinzala, d"où 
vient x-in~<alarium, pavillon, voile pour se garantir 
des mouches ('2). 1\ y a beaucoup d'apparence que 
cincerelle est la même chose que le mot cincenelle 
du P. Labbe et d'Oudin. 

Cinces, subst. fém. plur. Chiffons, guenilles. Le 
roy Agolant, voyant à la table de Charlemagne beau- 
coup ûe seigneurs bien mis et brillants, s'informe. 

Et puis de comtes, et des ducs, 
K'U vit seoir si bien vestus ; 
Puis des castelains, et des princes, 
. Kl n'ierent (n'étoient) pas vestus de cinces. 

Ph. Mouskes, MS. p. Ui. 

. . . Coumanda, et si fist dire, 

A ses vallais qu'il 11 feisent 

Treslout le honte qu'il puisent ; 

Et quant li quens s'en dut aler, 

Cil li vinrent à rencontrer, 

Si fu gietés (couvert) de palestiaux, 

Et de cinces et de boiaux. 

IJ. p. -fli. 
VARIANTES (3) : 
CINCES. Ph. Mouskes, MSS. p. 144. 
Chinches. Ane. Coût, de la Vie. de Rouen. 

Cinceuse, adj. au fém. Nous trouvons ce mot 
employé dans les vers suivans : 

Se li convient sa robe vendre. 

Et changier, quoique nus vous die, 

Pour une poure hiraudie (méchant habit), 



p. WI 



Qui moult estoit poure, et honteuse, 
Et à tel home moult rinccusi'. 

Fabl. MSi. du R. n- 721R, fol. 3, Y- col. S. 

Cinclie. [Intercalez Cinclie, massue (JJ. 173, 
•'<-4'i, an. 1436) : » Un baston gros devant, nommé 
au pais cinclie, en façon d'une massue. »] (n. e.) 
Cindrer, verbe. Ceintrer. (Dict. de Cotgrave.) 

De clapiers mal cindrez attendons les ruines. 

Contes de Choliere, fol. 0, R". 

Ciiigariste (4), subst. masc. Charlatan, bateleur. 
(Voyez Naudé, Coups d'Etal, T. II, p. 361.) 

Cinge, subst. masc. Singe (5). Rabelais s'est servi 
de l'expression : dire la patenoslre du cinge, pour 
marmotter entre ses dents. iT. I, p. 162.) On lit (Ibid. 
T. IV, p. 283) : a Remuant les babines comme un 
" c/Hère qui cherche pou Iz en léte(6). » 

Cinge verd, que Le Duchat explique par singe de 
couleur verte, pourroit aussi s'entendre d'un 
arbuste dont les feuilles sont piquantes comme 
celles du houx, et qu'on appelle singes verds, dans 
la forêt de Fontainebleau, oii ces arbustes sont fort 
communs ; mais il est plus probable qu'il s'agit, eu 
effet, de singes verts, ainsi nommés, non à cause 
de leur coiileur, comme le suppose Le Duchat, 
mais parce qu'ils viennent du cap Vert, comme des 
navigateurs me l'ont assuré. (Voyez Rabelais, T. T, 
p. 162.) 

Le vin de cinge (7) semble pris aliegoriquement, en 
ce passage, pour une espèce de vin dont voici les 
effets : 

Encoire y a ung autre vin, 
Que, combien qu'il soit cler, et tin, 
(Jui par gloutunnye le boit. 
C'est à dire plus qu'il ne doit, 
Il luy eschauffe le cervel; 
Combien qu'il desplaise à l'oysel. 
U jangle, et chante, et parle, et rit. 
Il quiert des femmes de desduyt ; 
Il dance, il baie, il tuinbe, il sault 
Il cuide que nul ne le vault ; 
Vin de cinge se fait nommer. 

Gace de la Bigoc, des Déduits, MS. fol. 23, V". 

VARIANTES : 
CINGE. Cotgrave, Percef. Vol. IV, fol. 9. 
Cynge. Percef. Vol. VI, fol. 189. 

Cingerie, subst. fém. Singerie. Le passage 
suivant {lourroit ;ivoir introduit et mis à la moile 
l'usage de ce mot (8). « Le Lay a ramentu au roy une 



(1) C'est aussi un cordage pour haler les bateaux sur les rivières : on dit aussi cintjnenclle. (n. e.) 

(2) Au Gloss. lat.-fr. 7674, on Ut ; « Cincenelle. Cincenaude , une petite mouche ainsi appellée, ziiizala. Cincenaudief, 
:in:alariuin. m (N. E.) 

(3) On lit encore aux Miracles de la Vierge (Du Cange, II, 352, col. I) : « Cil U rejeté une vies cincc. » (n. e.) 

(4) L'origine est Zingai-i ou Tsenr/aris. (N. E.) 

(5) L'orthographe singe est plus conforme au latin siinitis (sinuis, camus). (N. E.) 

(6) Rabelais (f'oHfayjKc/, IV, 2) écrit encore : « Frère Jean achapta deux rares et pretieux tableaux, et les paya en 
monnaie de cinge. » Le Livre des Métiers (287) explique cette expression : « Li singes au marchant doit quatre deniers , se 
pour vendre le porte ; et se li singes est au joueur, jouer en doit devant le peagier, et pour son jeu doit estre quites. » (n. e.) 

(7) On distinguait les vins par leurs effets (Oudin, Curios., p. 574) ; le vin de singe faisait sauter et rire ; -le vin d'iinK 
endormait ; le vin de cerf faisait pleurer ; le vin de lijon rendait furieux ; le vin de pie faisait cajoler ; le vin de porc vous 
faisait rendre gorge ; le vin de renard poussait à la malice ; le vin de Nazarelli passait par le nez. De là ce passage d'une 
pièce insérée par M. Vallet de Viriville (t. I, p. 313 de la llibl. de l'Ecole des Chartes) , oii sont énumèrées les marques 
municipales de la magistrature de Langres ;«... Plus quatre gondoUes d'argent qui ont esté données à l'hostel de ville 
par feu M. de Charmoulue, lesquelles gondoUes représentent les quatre vins, sçavoir : « Vin de singe, vin de lyon, vin de 
mouton, vin de cochon, d (n. e.) 

(8) Le mot est en elTet du xv« siècle ; au .\lii= siècle, on employait simjoiement : s Et che n'est que singoiement. De faire 
ainsi muser le gent ; Singes li Pharisiens fu. >) (GtùgneviUe, dans Du Cange, VI, 259, col. 1.) (n. e.) 



Cï 



- 27 — 



CI 



« chose qui le nieisl en merencolie, tellement qne 
<i la royne manda ses deux fils Olofer, el Galafar, 
« pour sa mélancolie osier ; adonc les convoya le 
« roy l'ung après l'autre, puis leur bailla un petit 
" singeot, pour leur esbanoyer; si ne pourriez 
« croire les joyeuses cingeries qui furent entre les 
« enfans el le cynge. » (Percef. Vol. VI, fol. 109.) 
Cingesse, subst. fém. Guenon. (Dict. de Cotgr.) 

Cinier, subst. masc. Signe. II pareil que c'est 
le sens de ce mot dans ces vers : 

Piez poudreus, et pensée vole (volage), 
Et cil qui par cinier (i) parole 
Sont trois choses, tout sans doutance, 
Dont je n'ai pas bone espérance. 

Fabl. MSS. du R. n" 721S, fol. 280, R» col. 1 . 

Cinil. [Intercalez Cinil, sorte de légume dans 
une charte de 1416 (Du Gange, II, 355, col. 1): 
<' Cinilz, panilz, naveaux, et autres choses des- 
« niables. "] (n. e.) 

Cinique, adj. Sinistre (2). 

Où est le corps du sens (s^ge) de Salomon, 
Ne d'Iîypocras le bon physicien? 
Ils sont tous mors; si fu leur mort cinique 
Tuit y mourront, et li fol et li saige (3). 

Eust. Desch. Poes. MSS. fol. 13Ci, col. 3. 

(Unnelier, subst masc En latin cuius, suivant 
ie Gloss. du P. Labbe, p. 495 (4). 

Cinnes, subst. fém. plur. C'est une faute pour 
einnes, aines, dans les Div. Leç. de Du Verd. p. 263. 
On lit, ibid. : « Les aines, ou basses parties du ven- 
« Ira. » (Page 312. — Voyez Einne ci-après.) 

Cinq et ([uatre. Ces mots, en termes de 
vénerie, désignoient une parlie du cerf: « Faut 
" osier du bout de devers les coslez, trois neuds 
« qu'on appelle les cinq et quatre qui apparlien- 
« nent au grand Veneur. » (Fouilloux, Vénerie, 
fol. 54.) 

Cinq pas (les). C'étoit une sorte de danse. 
Les dames de la reine de Navarre, allant en Gas- 
cogne, s'expriment ainsi dans leurs adieux à M"" la 
princesse de Xavarre : 

Que dens ton cœur, tu ne m'oublies pas; 
Mais qu'au retour nous dancions les cinq pas. 

Les Marg. de la Marg. fol. 396, V'. 

Régnier, comparant la vertu des anciens avec 
celle de nos jours, dit : 

... la nostre aujourdhuy qu'on révère icy bas, 
Va la nuict dans le bal, et danse les cinq pas, 
Se parfume, se frise, etc. 

lïegnier. Satyre V, p. 46. 

Cette danse avoit passé de mode du temps de 
laulcur du Roman Bourgeois. On lit ;Ibid. liv. I, 



p. 147) : On lui fit venir un maître i\ danser, pour 
« la façonner. Sa mère voulut qu'il lui apprît prin- 
« cipaiement les cinq pas, et les trois visages ; 
" danses qui avoient été dansées à sa noce, et qu'elle 
« disoit être les plus belles de toutes. » 

Cinquain,SM?)Sf. masc. Pièce de vers*. Nombre 
de cinq^. 

*En poésie, cinqiiain étoit une pièce de cinq 
vers, soit épigramme, couplet ou stances (5). (Dicl. 
d'Oudin.) 

^ En arithmétique, cinquam désignoit le nombre 
de cinq. Le cinquain ou cinqnein de chandelle 
désigne un paquet composé de cinq chandelles. 
Nous disons aujourd'hui de cinq à la livre. On lit, 
en parlant des droits attribués aux portiers de la 
chambre du Parlement, dans le temps qu'il n'était 
pas résidant à Paris : « Aura la porte 9 cinquains, 
« 9 quayers (paquet de quatre) et 12 chandelles 
« courtes, et aura, partoul, demie moule de bus- 
« ches. >' (Pasq. Rech. p. 723.) On accordoit aussi 
au chancelier » livraison de chandelles, un cin- 
« quain, deux quaiers, et une poignée de menues 
« chandelles. » (Miraum. des Cours souver. p. 545, 
an 1317.) Voy. Id. Traité de la Chanc. fui. -14, où le 
mot septain,(\m vraisemhlablementétoit un paquet 
de sept chandelles, et le mot quaier un paquet 
de quatre, se trouvent employés avant et après 
cinquain. 

VAR1.\NTES : 

CINQUAIN. Monet, Oudin, Dict. 

CiNQUEiN. Du Gange, Gloss. lat. au mot Paginala. 

Cinquain ou Cinquains. Perard, p. 412. 

Cinquain, adj. Cinquième. On lit le cinque 
dcqrée, pour le cinquième degré, dans les Tenur. 
de Littl. fol. 5. 

Des granz beautez dont nus bons n'a pooir 
Qu'il en deist la rimiuuine partie. 

Thiéb. do Navarre, Pofs. MSS. av. 1300. T. I, p. 206. 

VARIANTES : 
CINQUAIN. Poës. MS. av. 1300, T. I, p. 260. 
Cinque. Littleton, Tenur. fol. 5. 

CinquaniHS, subst. Nous trouvons ce mot 
employé dans le passage suivant : >■ Incontinant 
« est yssue une damoyselle, d'une chambre, qui 
« porloit sur son col ung manteau d'escaiiate à 
« penne de cinquamus. (Lancelot du Lac, T. I, 
fol. 140.) 

Cinquantaine, subst. fém. On lit : selon la 
constitution des cinquantaines (6), dans les Ord. des 
R. de Fr. T. III, p. 362. L'éditeur (note D) conjecture 
qu'on avoit établi un nouveau guet de cinquante 
personnes. 



(1) Lisez cinjer, pour sinrjer. (N. E.) 

(2) La lecture et la traduction sont fort douteuses, (n. e.) 

(3) Cette strophe rappelle la ballade de Villon sur tes « Dames du Temps Jadis », ou son Charnier des Innocents. On lit 
aussi dans Jean Meschinot (1509) : « Se tu vas à Saint Innocent, Où il y a d'ossemens grand tas , Jà ne connoistras e«tre 
cent Les os de.s gens de grans estas D'avec ceulx qu'au monde notas En leur vivant pauvres et nus ; Tous s'en vont d'ond 
ilz sont venus. » (N. E.) 

(i) La ceneUe est le fruit de l'aubépine el du houx : « Framboises, freses et cenelles. » (La Rose, v. 8416.) On ht encore 
au (jloss. latin-français 7684 : « Cinunt, cenelle. » (N. E.) 
(5) On dit plus souvent quintil. (N. E.) 
\\) Voyez plus bas cinquantenier, et Du Cange, sous cinquanlina. (N. E.) 



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— 28 



CI 



Cinquante, nom numérique ou ordinal. 

VABIANTES : 
CINQUANTE. Orih. subsistante. 
Cinquante. 

Cint|iiante ou Cinquantième. On a dit 

cynclunUjme pour cinquantième. (D. Morice, llist. 
de Bret. Pr. col. lOO'i et 1003, dans deux litres, l'un 
de l'iCG et l'autre de 12G8.) 

Cinquinte deusième, comme nous disons cin- 
quante-deux, dans les dates des années. (Perard, 
Hist. de Bourg, p. MA, lit. de 1252.) 

Cinquante secund, dans le même sens que le 
précédent. (Rymer, T. I, p. 109, col. 1 et 2, lit. 
de 1208.) 

Cinquante quatrième. Terme de monnoie. 
« Avons, n'a gueres, ordonné, et avons mandé par 
« noz lettres ouvertes, que vous fassiez ouvrer, et 
« monnoyer, en blanc (argent), et en noir (cuivre) 
•> sui- le pié de monnoye cinquante quatrième. » 
(Ord. des R. de Fr. T. II, p. iW.) 

Cinquantenier, subst. masc. Titre d'officier 
militaire*. Nombre de cinquante^. 

*Ce mot, dans le premier sens, avoit vieilli dès le 
temps de l'auteur des Contes d'Eutrapel et avoit été 
remplacé par celui de cap d'escouade (1). JContes 
d'Eu Ira p. p. 479.) 

°0n a dit un cinquantenier, pour le nombre de 
cinquante, ou comme nous disons une cinquan- 
taine : 

Et pour ce, allez, 
Si tant valiez, 
Voir au psautier 

Ciit'juiDilenicr, etc. 

Le Blason des Faulces Amours, p. 226. 

VARIANTES (2) : 

CINQUANTENIER. Contes d'Eutrap. p. 479. 
CiNQUANTiNiER. Mém. du Eellay, T. VI, p. 426. 

Cinquantin, adj. Du nombre de cinquante. 
« Merrien assigné le cent, cinq sols; rocs, le cent, 
« quarante deniers ; eschalas, le cent de bottes cin- 
« quanti ns, dix deniers », c'est-à-dire de bottes 
composées chacune de cinquante échalas. (Ord. 
T. I, p. 000.) 

Cins, mhst. masc. Sein. 

Enchainle sui d'.\gan, 
Si k'en lieve mes cins, etc. 
. Andefr. li Basiars, Pocs. MS. avant 1300. T. Il, p. 855. 

Cinsneor. [Intercalez Cinstieor, brigand : 

Si a gaires des enableors 
Des larrons ne des clusneors. 

Chr. des ducs de Norm., v. 4700.) (a. E.) 

Cintetée. Il semble que ce soit un mot cor- 



rompu, peut-être pour civetée, qui pourroil signi- 
tier un ragoût de cives, oignons : 

Audigier dit ; Rainberge, rois, t'espousée 
lier soir menja navez. et cinteéc: 
Si huma plain vaissel d'une brouée. 

Rom. d'Audip. MS. de S. G. fol. 69, R- col. 3. 

Cintraige. [Intercalez Cintraige , sorte de 
redevance, au reg. JJ. 01, p. 290, an. 1321: 
« Disons que les avoueries, li fumaige, les cin- 
" traiges, li tourtel, les garbes, li herbage mort et 
« vif.... »] (n. e.) 

Cintré, adj. Trompé, attrapé. (Dict. d'Oudin 
franc, esp.) 

Cinture, subst. fém. Ce mol, dans le passage 
suivant, semble désigner une opération que les 
maréchaux faisoient aux chevaux. >■ Qui acheste 
« beste, et il la fait mareschausser, ou cinture de 
<■ cinture, ou traire dens, ou decoitler (châtrer) la 
« et il après la treuve restive, il ne la peut rendre 
« par l'assise. » (Assis, de Jérus. p. 89.) (3) 

Cion , subst. masc. Bourrasque, tourbillon*. 
Rejeton, jet d'arbre ^. 

*0n lit, au premier sens : « Alors, il se fait un 
« tourbillon, ou sion. " (Amyot, Iraduct. de Plut, 
chap. m des Opin. des Philos.) Ce mot est employé 
dans le même sens au 4' T. de Rabelais, p. 83. 

^Mous disons encore sion ou scion pour les 
menus jets que poussent les arbres. Le Dicl. univ. 
l'écrit, non-seulement de ces deux façons, mais 
aussi c«ora (-1). On le trouve écrit syon. (Arr. Amor. 
cités par Du Cange, au mol Sium. — Voyez les Orig. 
de Ménage, qui écrit sion.) 

VARIANTES : 
CION. Monet, Oudin, Dict. 
Cyon. Nicot, Dict. 

Sion. Rabelais, T. IV, p. 83, et la note. 
Scion. Dict. Univ. 
Chion. Modus et Racio, .MS. fol. 320. 

Cionner, verbe. Pousser des scions. Ce mot est 
employé figurément dans ces vers : 

Ce qu'Ysayas dit, tieng-ge (je tiens) à vérité ; 
Or oez que il dist de la Nativité. 
Que dist de Gesse dont la virge cionnier, 
Et de lui doit la Hors escroitre, et borjonner 
Jusque li Esperite doit de Dieu reposer. 

Disp. du Juif et du Cliresl. MS. de S. Germ. fol. 110. V' col. 1 . 

Cipaue, subst. (cm. 

Li pors qui estoit fiers, li fet une cipaue 
Il tost le haterel du pié à terre haue. 

Fabl, MSS. du R. o' 72I«, fol.3ii, R- coi. 1. 

Cippiau, subst. masc. Terme de monnoie. 
(Voyez Ord. des R. de Fr. T. II, p. 317.) L'éditeur 
(note E) donne une fausse interprétation de ce mot. 
Ce n'est point le coing sur lequel sont les armes du 



(1) Voyez Ordonnances (t. V, p. 686, an. 1368 ) (n. e.I 

(2) Froissart donne la forme cliienquantenier (IX, 195) : « Li doyen des mestiers et li chicmiuanlcnier des paroches. » (N. E.) 

(3) Cinture signifie qiteue au reg. .1,1. 19"), p. 78, an. 14C8 : « Gilet Gaude avoit une cinture en la main ou la queue d'une 
raye, et cingla d'icelle cinlvre ou queue le varlet. » (N. E.) 

(4) Et battu par les carrefours de cion de vert olivier. » (Du Gange, VI, 269, col. \.) C'est aussi une baguette creuse de 
métal ; « Praipositus qui legit opistolam et portât si/oh loco manipuli. — Vinuin per sion in calicem mittitur. » (Martène, 
I, 568, 5(59.) Voyez encore Mabillon, Analect., III, 354. (n. e.) 



CI 



— '2',) — 



CI 



prince, c'est le billot appelé pile dans lequel on 
enfonce la queue de l'un des deux poinçons, ou 
coings, el dont le vrai nom est eippenu, formé du 
latin cippus. (Boizard, Traité dos Monnoies, p. ICI.) 
Gipricimi. Ce mot est composé de quatre mots, 
ci pris, ci mis, >• comme qui diroit en ce lieu pris, 
" et en ce lieu pendu. » (R. Estien. Gram. fr. p.87 ) 

Ciquelle, siibst. fém. Espèce d'insecte. Peut- 
être la ciirale. « Ils entrèrent en une grotte rus- 
•< tique si bien, et naifvement élaborée que nature 
« se confessoit vaincue par l'artifice humain ; car 
« les limasses, lesards, taupes, grenouilles, saule- 
« relies, ciquelles, etc. » (Prlnt. d'Yver, fol. !37.) 

Circarie, subst. fém. District. « Les monastères 
« de l'ordre des Prémontrés étoient autrefois divisés 
<• en27 circaries ou disctricts,pour chacun desquels 
« il y avoil un visiteur. >• (Extr. des An. dès Prémon- 
trés dans le Journ. des Sçavans, juin i"3."). p. 1058.) 

Circoncire, verbe. Circoncire (1). Orthographe 
subsistante. 

CONJUGAISON : 

Circoncis, pour circoncises. (S. Bern. Serra, fr. 
Mss. p. 181. Dans le lalin circiancidetis.) 

CirconceftstetCircoiiciest, pour fit ou éprouvât la 
circoncision. (S. Bern. Serm. fr. .mss. p. 174 et 2(35.) 

Circoncis, subst. masc. Prépuce. On lit dans le 
.lournal de Paris, p. 108, sous Charles VI et VII, an 
1444 : « Qu'en celluy temps fut apporté le circoncis 
>< de nostre Seigneur à Paris. » 

Circonder, verbe. Environner, envelopper. Du 
latin circumdare. « Combien que aucunes fois que 
'< vérité soit circondée, ou environnée de toutes 
« pars de fousselez, etc. » (Hist. de la Toison d'Or, 
Vol. H, fol. 213.) 

Circonjacent, adj. Adjacent. (Dict. de Colgrave 
et d'Oudin.) 

Circonspectenient, adv. Avec circonspec- 
tion. (Mém. de Sully, T. YI, p. 172.) 

Circonstance, suhst. fém. Ce qui est à l'en- 
tour. C'est le sens propre de ce mot, qui ne subsiste 
plus que dans le sens figuré, pour les particularités 
qui accompagnent un fait. On l'eraployoit autrefois 
dans sa signification propre. « Dame, dit- il, il me 
« semble que .je voy tout le monde. 11 est vray, 
« dit-elle, que tu le vois, ne il n'y a pas grant 
" pays dont tu n'ayes esté seigneur jusques cy, et 
« de toute la circonslnnce que tu vois (2). » (Lanc. 
du Lac, T. m, fol. 15'i.) 



Circonstant, adj. Adjacent (3). « Il me conseil- 
a loit que je me tenisse en ces lieux circonstant 
« d'icy à Trente. » (Lett. de Louis XII, T. III, p. 322.) 

Circonstantionner, verbe. Circonstancier, 
détailler les circonstances : 

Cil qui vie à tous donna.... 
Par prophètes, sermonna 
Jadis, et loy ordonna, 
Qu'il leur proportionna. 
Et cirroustantiou'ia, 
Et couvrit, et environna. 
Lia, acconditionna 
De cerimonies maintes. 

Al. Chart. Tocs. p. 3U et 3i5. 

Circonvaler, verbe. Environner. Faire des 
circonvallations. (Dict. d'Oudin.) 

Circonvolant, part. prés. Volant autour. Du 
latin circumvolare. [Closs. de Marot. — Voy. Clém. 
Marot, p. i.'.8.) 

Circue. [Intercalez Circue. cordes retenant le 
bœuf au timon : « Les liens ou cordes, nommez 
« circues, ausiiuelz estoient alachiez lesdiz buefs 
« au tymon de bois de ladittebarrote ou charrete. « 
(JJ. 140, p. 279, an. 1391.)] (n. e.) 

Circuir, verbe. Faire le tour. 

(Voyez .Monet, Oudin, Cotgrave et Glossaire de 
Marot.) « Le promontoire deMallée, très dangereux 
« à circuir, pour ses destroicts » (.1. d'Auton, Ann. 
de Louis XII. i « Lors yssirent du porche, et s'en 
« vont circulant le temple, tant qu'ilz veirent un 
« moult bel manoir. •■ (Percef. Vol. I, fol. 72.) 

VARIANTES : 
CIRCUIl^. Nicol, Oudin, etc. Dict. 
CiRCUYiî. Percef. Vol. I, fol. 72, V' col. I. 

Circuit, partie. Entouré. On lit, dans le sens 
propre : « La maison d'un gentilhomme circuite de 
« grands fossez. » (Mém. du Bellay, liv. Il, fol. 39.) 
Dans le sens figuré, on disoit : « Affaires tellement 
« circuies i'i), environnées, el enveloppées de per- 
« plexitez, etc. » (Mém. de Sully, T. X. p. 323 ) (.5) 

VARIANTES : 
CIRCUIT. Mém. du Bellay, liv. II, fol. 39, V». 
CiRCUiE, féiH. Mém. de Sùlly, T. X, p. 323. 

(livcuxiG, subst. masc. Cl fém. Circuit, enceinte, 
contour. Circuite est masculin dans le passage sui- 
vant : « L'empereur étant à Vincennes en 1377, 
» regarda par les fenestres le civcuiteAn chastel {(>). » 
(Chron. fr. ms. de Nangis, an 1377.) Ce même mot 
est féminin dans cet auire passage: « .l'ay envi- 
" ronné le monde, mais en toute celle circuijte, 
« n'ay pu trouver une femme bonne. >■ (Lanc. du 
Lac, t. m, fol. 105.) 



(1) On lit dans ,Iean de .\leung (Trésor, 11) : « Car circottcU fus à la lettre, Et baptisié pour nous démettre Du pechié que 
tu maudeïs. x (N. E.) 

(2) On lit aussi dans Froissart (XII, 22.5) : « Lequel roy estoit de Bougie et de Carbarie à l'opposite d'Espaigne et des 
circonstances. » (N. E.) 

(3) Dans Froissart, il signifie présent, assistant : « Li contes volt que il fuissent oys des circonslans qui là estoient 
(X, 29). — Adont respondirent les prélats et les princes circonstans (XIII, 28). * (N. E.) 

(4) D'Aubigné (Hist., II, 54) écrit aussi : « La ville est comme en ovale, circuie dune mauvaise muraille. » (N. E.) 

(5) On lit déjà dans G. Chastellaiii (Expos, sur vérité mal prise) ; « Te prie que tu veuilles faire revivre aussi mon esperit 
tout cirera de ténèbres. » (N. E.) 

(6) On lit aussi dans une charte de 1330 (Du Gange, H, 361 , col. 3) : « Touz les murs et forteresses du prieuré de 
S. Nicolas de CourbeviUe, sont et appartiennent audit prieuré, c'est assavoir la circuite de la porte à la quiète. » (N. E.) 



Cl 



— 30 — 



CI 



VARIANTES : 
CIRCUITE. Ord. T. II, p. 208; Froiss. < 1) Monstr. etc. 
CiRCUYTE. LiUic. du Lac, T. III, fol. 10.5, V» col. 2. 
CiRcuiTTE. Chron. S. Denis, T. II, fol. 42, R». 
CiRCUiTUDE. Ibid. fol. VI; Gr. Coût, de Fr. liv. I, p. 10 (2). 

Circuition, stihst fém. Circuit, détour. On adit: 
eircnition île parolea, en latin verhorum ambitus. 
(l)ict. de Rob. Estienne. — Voy. Dict. de Cotgr.) (3) 

Circularité, subst. fém. Rondeur. (Oudin, 
Dicl. franc, esp.) 

Circulateiir, siibsl. jHrtsc. Partisan de la circu- 
lation du sans (4). Thomas Diafoirus, jeunemëdecin, 
tirant une thèse de sa poche qu'il présente à Angé- 
lique, ajoute ; « J'ay contre les circulateurs sous- 
« tenu une lliese, etc. » (Malade imag. Comédie de 
Molière, acte H, scène V.) 

Circuler, verbe. Calculer. Ce mot subsiste avec 
d'autres significations. Celle que nous citons n'est 
plus en usage : « Regardoient aux estoiles et les 
« considéroient. Et comptoient les moys, et circu- 
>■ (oient. Et gettoyent poiii' sçavoir le temps. » (Eust. 
Desch. Poës. mss. fol. 382.) 

Circuinbilivafjiner , verbe. Tourner. On 
disoit : eircuinbUivaginer autour du pot. (Rabe- 
lais, T. m, p. 1G3.) 

VARIANTES : 
CIRCUMBILIVAGINER, Circombilivaginer. 

Circumvenu, partie. Entouré*. Trompé, 

séduit^. 
*0n a dit, au premier sens d'entouré : 

D'angoisseul.x deuil me veiz circonvenu. 

Crétin, p. '.îft. 

°Ce mot, au figuré, signifioil aussi trompé, 
séduit, suivant le Gloss. des Arr. d'Amour, pro- 
prement environné de pièges. 

VARIANTES : 
CIRCUMVENU. Gloss. des Arr. d'Amour. 
Circonvenu. Crétin, p. 38. 

Circunvalver, verbe. Tromper, séduire. Pro- 
prement, envelopper. (Voyez Contred. de Songe- 
creux, fol. 13.) 

Circunvoler, verbe. Voler autour. Ce mot 
signifie parcourir en conquérant, dans ces vers : 



Luy suadant que, sans plus arrester, 
Circunvolast les nations itales. 

J. M.irot, p. 7. 

Cire, subst. fém. Chandelle de cire. Il semble 
que ce soit le sens de ce mol, dans le vers suivant : 

Torches, cires, cierges, flambeatix (5). 

Eust. Descli. Po6s. MSS fol. 442, col. 3. 

Le mot cire se trouve souvent répété dans l'énu- 
méralion des provisions les plus nécessaires dans 
les places assiégées, comme en ce passage : « Chairs, 
« farines, cires, vin, sel, fer, et acier » (Froissart, 
an 139(1, liv. IV, p. 60 (6).) 

On disoit, en style figuré : -> Autresfois ay esté 
" bruslé de pareille cire, dont à présent vous ardez : 
« je ne doute pas que vous n'aimez. » (Percefor. 
Vol. m, fol. 74, R"col. 1.) 

Changer cire pour suie s'est dit aussi proverbiale- 
ment pour passer d'une fortune brillante à un état 
médiocre. (Fabl. mss. du R. ir 7218., fol. 61.) 

Ce mot paroît désigner une partie du bec d'un 
faisan, dans ces vers. Pour être parfaitement beau, 
il faut qu'il ait : 

Gros beoq, dont la cire ressemble, 
De couleur, à la dicte sangle. 

Gace de la Bigne, des Déduits, MS. fol. IW, V" (7)- 

Cireau. [Intercalez Cireau, coup donné sous le 
menton par Insulte ou par dédain : » Icellui Jehan... 
« fisl au suppliant le cireau ou le visage par 
» plusieurs foiz. » (JJ. 101, p. 31, an. lioi.) On 
trouve encore les formes ciriau (.IJ. 160, p. li, an. 
1406), sireau, sisiau, six.eau.] (n. e.) 

Cirement, subst. masc. Cirage. (Rob. Estienne, 
Oudia et Cotgrave, Dict.) 

Cireus, adj. 11 sernbleroit qu'Eust. Deschamps 
ait voulu, sous ces mots fons cireus, désigner l'Hip- 
pocrène qui coule au pied du mont Parnasse, 
voisin de Cirrha, ville de la Phocide : 
Et le jardin que jadis laboura 
Fons cireus, où Calliope ouvra. 

Eust. Desch. Poùs. MSS. fol. 258, col. t. 

Cireux, adj. M. de La Porte s'est servi de ce 
mot pour épithète de liqueur. 

VARIANTES : 
CIREUX, CiRiER. 

Ciriinanage, subst. masc. Terme de coutume. 
C'est un cens ou droit qui éloit payé aux seigneurs 



(U « Une telle cliité que Paris est et de si graut cifruiie. » (VI, 53.) Froissart écrit encore ciniiii!'- : « Ensi estoit la 
chité de Tournai, qui est de grant cirquitc. » (III, 223) Il lui donne le sens de région : « De toutes les circuites et changles 
de Francp. » (X, lOi.) (N. E.) 

(2) On lit aussi au reg. .IJ. 127, p. 91 bis, an. 1385 : « Icellui Grimet voulsist icelle Perrote mener au bols d'emprés 
laditte maison, hors du l'ircuiliii^e d'icelle. » (N. E.) 

(3) On lit dans Montaigne (II, 248), au sens de contour : « Democritus dict que les images et leurs circuitio^is sont deux. » 
(II, 248.) Amyot (Caton, 25) écrit aussi : « Longue circuition et grande traînée de langage. « (n. e.) 

(4) La découverte d'Harwey était encore récente, (n. e.) 

(5) Ce sens est déjà dans la Chr. des ducs de Normandie (v. 1531) : « Là sunt alumé li grant cire. » On lit encore aux 
Emaux de De Laborde (xv siècle, p. 215) : « Pour payer un vœu de cire pesant 45 livres de la représentation de M"» Anne 
de France, sa fille, qu'il a fait olTrir en juin devant l'image N. D de Cléry. » (n. e.) 

(6) Il est question du siège de Vendat. M. Kervyn (XIV, 167) omet le mot cire : « Pourveir leur fort de chars , de vin , de 
sel, de fer et d'achier et de toutes choses qui leur povoient besongnier. » (n e.) 

(7) On disait encore au xv siècle : « Si l'on me fait la courtoisie comme à vous, parjieu ! j'accuserai le ménage ; je ne 
sui pas ici venue pour eschauffer la cire. » (Louis XI, 92' Nouv.) On disait au sens de fait au moule: « Je ne vous sai du 
nés que dire ; L'en ne feïst pas miex de cire. » (La Rose, v. 852.) Par suite, Desperiers a pu écrire en raillant l'expressiûo 
(25= Conte) : « La botte de la jambe droite lui estoit faite comme un gant ou comme de cire, ou comme vous voudrez ; car 
les bottes ne seroient pas bonnes de cire. » (n. e.) 



CI 



-. 31 



CI 



par leurs vassaux, dans le pays de Béarn. (Laur. 
Gloss. du Dr. fr. — Voyez Du Gange, au mol Cir- 
manayium. où les nouveaux éditeurs conjecturent 
que ce pourroit être la même chose que cerque- 
manage. — Voyez ci-dessus ce mot (4).) 



VARIANTES : 

CIRIilANAGE, Cihmenage, Sirimenage. 



Cirisette, suhst. 
l'Hist. de Paris.) 



fém. Petite cerise. (Gloss. de 



Cironner, verbe. Pétiller. On a dit, en parlant 
du vin : « Qu'il soit frisque. c'est à dire qu'en le 
« versant eu la tasse, il cironne, et aie petites 
« atomes, quand il est mis en la tasse. » (Tri. de la 
Noble Dame, fol. 120.) 



(Dict. de Cotgrave 



Cirop, subst. masc. Sirop. 

et d'Oudin.) 

N'il n'est cirop, n'elethiaire, etc. 

Eust. Desch. Pc»'S. MSS. fol. 430, col. 1 (î). 

Cirroys, subst. masc. Nom propre. Peut-être 
celui de quelque héros de roman : 

... En un moment ay veu recevoir 
Guerdon d'autruy, et j'ay, plus de Cirroys, 
Amour servi, qui me t'ait assavoir, 
Au main lever, ne gist pas 11 esplois. 

Eust. Pesch. Pois. MSS. fol. 154, col. 3. 

Cis. [Intercalez Cis, cité dans Partonopex de 
Blois(v. 10r>94): 

Tote la cis en tramble et frime.] (n. e.) 

Cisaille, subst. fém. Gros ciseau. Ce mot sub- 
siste pour exprimer soit les gros ciseaux dont se 
servent les ouvriers en métal, soit les rognures du 
métal, particulièrement à la monnoie(3). Il signifioit 
autrefois gros ciseau, en général, et les rognures 
de ce qui'avoit été coupé. (Voyez Oudin, Monet, 
Rabelais, T. V, p. 41, etDuCange,au motfor7;e.i";4).) 

VARIANTES : 
CISAILLE. Orth. subsistante. 
CizAiLLE. Oudin, Dict. 

SiSAILLE. 

Sis.\LLE. Cotgrave, Dict. 

Cisailler, verbe. Couper avec les cisailles. 
(Dict. d'Oudin, Cotgrave et Monet.) Ce mol se dit 
particulièrement du métal (5). Habelais, cependant, 
l'emploie pour couper avec des ciseaux en général. 
>> Brûlés, tenaillés, cisaillés ces hérétiques. » fT. IV, 
p. 234.) 



VARIANTES : 
CISAILLER. Oudin, Dict. 
CiZAiLLER. Rabelais, T. IV, p. 224. 

Ciseau, suhst. masc. Outil *, Arme^. 

*Nous disons encore ciseau pour outil, el on 
disoit aussic«Sé'/(G).ll paroilquecemotest un outil, 
dans le passage suivant, où il est joint avec 
tenailles : ■• .Jeferay aussi habiller mes tenailles, 
« mes ciseaulx, el toutes mes chevilles, et s'il y a 
« aucune haie à passer, etc. « (Le.louvenc. fol.. 55.) 
« Si yrons ouvrir la porte des champs, en despil 
« de tous , garnis de nos turquoises (Iricoises), 
« tenailles et ciseaul.r. >■ (Ibid. fol. 25.) Ciseau, pris 
en ce sens, fournissoit l'expression faire ciseau, 
pour couper, tondre, rogner. « Ceste subversion 
« dont fortune nous fait ciseau àe si près. » (.\1. 
Charlier, Quadril. invect. p. 412.) 

^Pris pour arme, ciscuu éloit une espèce de trait. 
« On destacha, d'une part et d'autre, plus de trois 
» cens volées d'arquebuses, et lascherent plus de 
. mil garrots, el ciseaux (7). » (Merl. Cocaie, T. II, 
p. 41.) 

VARIANTES : 
CISEAU. Orth. subsistante. 
CisEL. Du Cange, aux mots Cellis (8) et Sciselvui. 
Chisel, Chisias, pinr. 

Ciselet, subst. masc. Diminutif de ciseau. 
(Dict. de Rob. Estienne. — Voy. Epith. de M. de La 
Porte.) 

Cisgnez, subst. masc. plur. Signets. « Livre à 
« fermoir d'aigenl, et cisgne::, blans. » (Invent, des 
liv. de Ch. V, art. 150. — Voy. ibid. art. 2.30.) 

CisniG, subst. fém. Cime. On a dit : dès la cisme 
en la raiz-, pour du haut jusques en bas ; au figuré, 
d'un bouta l'autre. 

Si li a conté de son fils, 

Dès la cisme en la raiz, 

Con une fée le soztrait. 

Parlou. de Blois, MS. de S. G. fol. 140, R" col. ;;. 

Cisme, subst. masc. Schisme. On lit : le cisnw 
de l'Eglise, dans la Salade, fol. 39, V col. 2 (9). 

Le cisme grant fait contre l'Evangile. 

Eust. Descli. Po.'S. IISS fol. 389, col. 4. 

Cismes. Il faut peut-être lire cis mes, dans le 
passage suivant. Cis y seroit mis pour escis, rude, 
contraire, el mes pour m'esl. Celle conjecture nous 
paroil d'autant plus vraisemblable que cismes y est 
employé comme synonyme de recuis, qui semble 



(1) 'Voyez aussi éd. Henscliel, t. Il, p. 3(35, col. I. (N. E.) 

(2) Dans le Miroir du Mariage qui a été publié, on lit encore (p. 41) : « Cijrop leur fault ou lectuaire. » (N. E.) 

(3) On a ce sens dans un registre de la Ch. des Comptes (an. 1330 ; Du Cange, II, 36(5, col. 1) : « Que li ouvrier puissent 
faire demi marc de cizaille. » (N. E.) 

(4) Dans un Gloss. lat. du f. S. Germ., on lit ; « Forpex, cisailles ; forpicula, petite cisaille. » (n. e.) 

(5) « Le suppliant scisailla lesdittes pièces de monnoye. » (JJ. 180, p. 153, an. 1450.) N. E.) 

(6) ic Tant ont minez souz terre, chascuns à son cisel , Que des murs de Coloigne ont trait maint grant carrel. » 
(Sax., IX.) (N. E.) 

(7) On nommait ainsi les traits d'arbalète ; « L'arbaleste bandée et ung traict dessus ferré d'un fer, appelle ciseau. » 
(JJ. 190, p. 116, an. 1460.) — « Le suppliant print ung cyseau ou raiUon, et le mist sur son arbalestre. » (JJ. 205, p. 192, 
an. 1478.) — « Lequel arbalestrier lascha son trait, qui estoit ung sizeaul, et tellement qu'il blessa le suppliant. » (,tj. 199, 
p. 557, an. 1464.) (N. E.) 

(8) » Celtis, instruraentum ferrerum aptura ad scalpendum, cisel gallice. » (Du Cange, II. 269, col. 3.) (n. e.) 

(9) Cette forme est dans la Chron, des ducs de Normandie et aussi dans Froissart (XIV, 82) ; « Et eurent entre eulx 
très-grant espérance que le cisme de l'Eglise se concluroit et fauldroit. » (N. e.) 



CI 



— 32 - 



CI 



signifier revèdie, endurci. Il s'agitd'une femme qui 
dit. en se plaignant de la jalousie de son mari : 

Compaigne, je ne puis ; 

Il ne siet toz jois à l'uis. 

Si je vois à la fenestre, 

Tant cisnws, et recuis (1), 

Que je ni ose mes (jamais) être. 

Jehan Erars, Poés. MSS. av. 1300, T. II, p. 670. 

(Voyez Escis et Reclis ci-après.) 

Cisneaus, subsl. masc. jilur. Petits du cygne. 
I)iminulif de cy2:ne, qu'on écrit cisne, dans les 
Ciians. MSS. du C" de Tliibaut, p. 83. 

Cisoire, subut. fém. Gros ciseau. On l'a dit 
particulièrement des ciseaux dont se servent les 
ouvriers de monnoie. (Ord. T. II, p. 317.) Ou disoit 
aussi cisailles. (Voyez ce mot.) 

variantes : 
CISOIRE. Oudin, Dict. 
CizoïRE. Ord. des R. de Fr. T. II, p. 317. 

Cistals, subst. Cristal. ;Marbodus, col. 1642. — 
Lisez cristals.) 

Cisterne, subst. fém. Réservoir d'eau, souter- 
rain. Ce mot subsiste, même sous les deux ortho- 
graphes. Il semble qu'on l'ait pris quelquefois pour 
simple souterrain, caverne. 

N'i aura bois si fort ramé, 

Roce, montagne, ne citerne. 

Ne lieu qui conforte et ecouverne Besie... 

Froiss'Jrl, Pocs. MSS. p. 1"8. col. 1. 

(Voy. aussi Ibid. p. 179.) « Garder puis ne cis- 
« terne » semble signifier ne rien réserver, dans 
G. Guiarl, ms. fol. 1 '■A. 

On a dit proverbialement : 

D'estan sui devenus cisterne. 

Eusl. Desch. MSS. fol. i46, col. 2. 

Nous disons dans le même sens, d'évêque devenir 
meunier. 

VARIANTES : 

CISTERNE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 446, col. 2 (2). 
Citerne. Orthographe subsistante. 

Cisternin, aclj. De citerne. (Voyez Cotgrave, 
Dict.) Ou a dit enu cisternine, en ce sens. (Voyez 
Epith. de M. delà Porte.) 

Cistiaux, )iom rie lieu. Cisteaux. >■ L'ordene de 
« cistiaus. » On disoit aussi : « L'ordre de Citial. » 

VARIANTES : 
CISTI.\US. Duchesne, Gén de Bélh. Préf. p. 109. 
CiTiAL. Pérard, Hist. de Bourg, p. 474. 

CJstitîiires. ' Paix, et concorde fut faite entre 



« l'empereur Zabulon, un roy des .Sarrazins, el 
« Grimouai t, le duc de Bonnivent, par telle condic- 
" lion , que les cistitaires fussent en sa subjec- 
tion (3). » (Chron. S' Denis, T. I.) 

Cistre. [Intercalez Cistre, cidre : « Ung gallon, 
" qui sont deux potz de cistre. » (JJ. 180, p. 136, 
an. I ÎÔO.)] (n. e.) 

Citable, arij. Probable. On disoit faire une chose 
citable, pour la prouver. 

Droiz dit, et je 1' ferai citable 
Que. puis c'on est assis à table, 
C'on ne doit mie trop parler, 
S'en dit chose qui n'est metable. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, T. 1, fol. 100, H- col. 2. 

Citacion, subst. fém. Citation, assignation. 

Paisibles soit, sanz mouvoir guerre, 
Citacion (4), contempt, riote. 

Eu3t. Desch. Po.'s. MSS. fol. 557, col. 4. 

Citadelle, subst. fém. Ce mot subsiste. Nous 
i-eniarquerons que Brantôme l'a confondu avec 
ceux de bastille, de forteresse et de blocus (5). (Cap. 
Fr. T. IV, p. 317.) 

Citadin, subst. masc. Habitant d'une cité*. 
Habitant^. Citain,Cn\ns S. Bernard, répond au latin 
cives. 

* Sur le premier sens, qui est le sens propre, et 
celui dont on s'est servi d'ordinaire, voyez r.\mant 
ressusc. p. 12 et p. 31 ; Percef. Vol. IV, fol. 3 (6), et 
J. Cbarl. Hist. de Charles VII, p. 273(7). « Duc est la 
» p.'cniiere dignité, puis comte, puis vicomte, puis 
» bnoii, puis chastelain , puis vavasseur, puis 
« fL'rt^'H(8),elpuis villain. « (Citation rapportée par 
l'éditeur des Ord. T. I, p. 271.) 

°0n a pris le mot de citadin, dans un sens plus 
vague, lorsqu'on l'a employé pour habitant en 
général ; mais c'est seulement en langage poétique 
et figuré, comme en ce passage : 

Aussi tost il revole 

Devers les demi Dieux citadins de son pôle. 

Giles Dur. à la suite de Bounef. p. 214. 

VARIANTES : 
CITADIN. Mém. du Bell. \\v. X, fol. 308, V». 
CiTAiEN. Contin. de G. de Tyr, .Martène, T. V, col. 004. 
CiTAEN. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 271. 
CiTAiN (9). S. Bern. Serin, fr. MSS. p. 05. 

Citadinage, subst. masc. Droit de bourgeoisie. 
<> De l'habitanage. Qui vouldra estre receu habi- 
» tant de la ville d'Arles, sera tenu employer en 
" fonds et possessions la tierce parte de ses 
« biens meubles dans six mois, et y demeurer et 



(Ij Lisez ; « Tant cil en est recuis » (.fin, madré), (n. e.) 

(2) Cette orthographe est déjà dans les Rois, 42 : « Et 11 alquant se musclèrent en fosses , e en rochiers , e en 
risternes.  (n. e.) 

(3) M. Paulin Paris (t. II, p. 150) imprime : « Paix et concorde fut faitte entre l'empereur et Abulas roy des Sarrasins , et 
entre lui et Grimoart le duc de Bunivent ; par telle condition que lui el au terre feussent en sa subjection. » (n. e.) 

(4) On lit aussi dans Bercheure (fol. 54. verso) : « Un tribun a cité Ceson devant le peuple ; laquelle citation... » (N. E.) 
(.5) On lit dans Leroux de Lincy (.II, 163): « C'est par la pioche et par la pelle qu'on bastit et qu'on renverse les 

citudetics. » On cita ce proverbe, lorsqu'en 1578 don Juan d'Autriche fit saper les murailles de Philippeville. (N. E.) 

(0) Voici le passage de Perceforest : « Les nobles hommes, citadin.i, mechaniques , gens de labeur et de toute 
condition. » (N. E.) 

(7) «. En ceste gallée estoient entre autres des citadins vénitiens de C. P. » (n. e.) 

(8) Citadin vient de l'italien cUtadino ; ci'aen, comme citoyen, a été f.iit sur cinladantis et remonte au xii" siècle : « Des 
cilehains de Lundres fui nés en cel estage. » (Thomas de Cantorbéry, 87.) Il en est de même pour citaitt. (N. E.) 

(Ot On lit citaain, cttecin dans la Chr. des ducs de Normandie, (x." E.) 



CI 



33 — 



CI 



« faire séjour durant cinquante ans, aultremenent 
» sera ci'en, et réputé pour citoyen, nonobstant son 
« act, et lettres de citadinage. » (Citai, de Du Gange, 
au mot Cltadanagium (1).) 

Cité, subst. fém Cileit, dans S. Bernard, répond 
au latin civifas. Ce mot, qui subsiste, désigne 
« une ville où il aévéché, à la différence des autres 
« villes qui étoient appellées castra , dans la 
« moyenne latinité. » (Laur. Gloss. du Dr. fr. — 
Voy. Ord. T. II, p. 170.) Nous trouvons les mots de 
ville et cité, mis en opposition comme villa et 
civitas. (Voy. les Preuv. de l'Hisl. de Beau vais, par 
un Bénédictin, p. 279, tit. de \ 182.) 

On distinguoit cité, de bonne ville. « Assaillit le 
« roy d'Angleterre, tant en une saison, et un jour, 
« tant ses gens, comme luy, trois cités en Brelaigne, 
" et une bonne ville. » (Froissart, livre I, page 113.) 
On opposoit aussi le mot cité, à platle ville et à 
ville champêtre, {\m semblent signifier bourg, vil- 
lage. L'empereur, quiétoit venu en France en 1377, 
reçut t'i son passage, lorsqu'il s'en retourna, " des 
« presens en cbascun lieu, aussy bien es plates 
« villes, comme es cite%. » (Chron. Fr. ms. de N'an- 
gis, sous l'an 1377.) 

Pou veulent estre en une ville 
Champestre, paslestillp ; 
Elles désirent les cile~, 
Les doulz mos a eulx recitez, 
Festes, marchiez et le théâtre. 

Eust. Desch. Pocs. IISS. fol. 528, col. 4. 

Le nom de cité s'est conservé, dans plusieurs 
villes, pour désigner l'emplacement d'une ville, 
dans sa première origne (2). (Voyez Valois, Notice, 
préf. p. 1 i, et Valesiana, p. 57.) « Ceulx de la ville 
« reçoivent l'aygoutde la cité. » (Tbaum. Coût, de 
Berry, p. 278.) Ou Wi commissaires de la cité, dans 
le Coût. Gén. T. Il, p. 978. (Vov. Mém. deComines, 
T. I, p. 394.) (3) 

On a dit cit pour cité. 

De la cit de Jherusalem (4). 

Ph. Mouskes. MS. p. 2C3. 

VARIANTES '. 
CITÉ. Orth. subsist. 
Chité. Borel, Dict., U" add. 
Cit. Ph. Mouskes, MS. p. 263. 
CiTEiT. S. Bern. S. fr. MSS. p. 18, et passim (5). 

Citeinent, Si</)S^ viasc. Assignation, ajourne- 
ment. (Voyez Style de procéder, au Parlement de 
Normandie, fol. 82.) 

Citer, verbe. Ce mot subsiste, mais on ne dit 



plus, au figuré, citer de la vie, pour faire quitter 
la vie, tuer. (Voyez Rom. de Brut.) On y lit, cita (6) 
de vie, au lieu de laissa de vie qu'on trouve dans 
ces vers : 

Au temps cestui fist Romulus 
La cité de Rome, et Remus ; 
Frères furent, mais par envie, 
Laissa li uns l'autre de vie. 

Rom. do Brut. MS. fol. 10, V" col. t. 

Cithare (7), sabst. fem. Guitare. 

VARIANTES : 
CITHARE. Strapar. Nuits, T. I, p. 228. 
Cytarre. L'Amant ressusc. p. 203. 

Cithariser, verbe, .louer de la guitare. Du mot 
cithare ci-dessus. 

Vous Orpheus, tant bien cilliarizaut, 
Que les enfers endormez par vos sons. 

J. d'Aulon, Annal, de Louis XII, fol. i31, V". 

VARIANTES : 
CITHARISER. .T. d'Aut. Ann. de Louis .\II, fol. 131, V». 
Cytharizer. Fouilloux, Vénerie, fol. 87, R». 
Cythariser. Cotgrave, Dict. 

Citoal, snbst. masc. Racine aromatique. 

Si i croissoit espic.es chières, 
Petre, et gingenbie, et garingal, 
Clos de girofle, et ciloal (8). 

Blanch. MS. de S. Genn. fol. 184, R" col. 3. 

On trouve « fleur de canelle, citonal, garingal, 
« etc. » (Ord. T. II, p. 320.) Citonal, en ce 'passage, 
ellittoval, dans le Gloss. de l'IIist. de Paris, sem- 
blent deux fautes. Je crois qu'on doit lire citonal. 

Cette même racine est aussi nommée zédoaire. 
(Voy. ce mot et ses orthographes.) 

VARIANTES : 
CITOAL. Blanch. MS. de S. G. f» 184, R» col. 2 
CiTOAX. Fabl. MSS. de S. G. f» 49, V» col. 2. 
CiTOUART. Du Cange, Gloss. lat. au mot Zedoaria. 
KiTou.\L. Poës. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1367. 
CiTOAUT. Fabl. MSS. du R. n» 7218, foi. 141, IV> col. 2. 
Citonal. Ord. T. II, p. 320. 
LiTTOVAL. Gloss de l'Hist. de Paris. 
Citouade, s. f. Estrub. Fabl. MSS. du R. n» 7996, p. 05. 

Cito, Cito, Clto. Ce mol latin répété trois fois 
étoit un cri usité pour demander du secours. Nous 
le trouvons dans les Mém. de Villeroy, T. VII, p. 3i8. 
On diroit aujourd'hui : vite, vite, vite. 

Citole, subst. musc. Joueur de harpe. Joueur 
de citole ou d'orgues, suivant le Gl. du P. Labbe (9). 

VARIANTES : 
CITOLE. Gloss. du P. Labbe. 
CiTOLER. Rester, du Paon. 



(1) Traduction abrégée de l'art. 89 des statuts d'Arles (1616). (N. E.) 

(2) La cité de Carcassonne ; Paris se divisait autrefois en cité (l'île où est Notre-Dame), ville et université, (n. e.) 

(3) (I Requist au dit ambassadeur qu'ilz lui fissent faire ouverture par le dit de Cordes de la cité d'Arras ; car lors il y 
avoit murailles entre la ville et la cité, et portes fermans contre la dite cité ; et maintenant on a l'opposite, car la cité ferme 
contre la ville. » (N. E.) 

(4) On lit dans Roncisvals (p. 165) : « Il fu Normant, de la cit de Costance. » (N. E.) 

(5) On lit dans la Chanson de Roland (v. 5) : « Murs ne citez n'i est remés à fraindre. » (N. E.) 

(6) Ce doit être une faute de lecture, car citer ne se trouve pas avant Bercheure (fol. 63, verso) : « Quand il veirent que 
li père citez ne venoient pas en sénat. » Auparavant on aurait plutôt employé clamer, (n. e.) 

(7) Cithare, dist Oresme, ce est cythole. (N. e.) 

(8) Voyez cliitoual. On a le pluriel dans Flore et Blanchefleur (v. 381) : « Et tant doucement li flalroit Qu'encens ne boins 
cilonaiis Ne girofles, ne garingaus, A celé odour rien ne prisoit. » (N. e.) 

(9) On disait plutôt cijtliolour(D\i Cange, II, 368, col. 1) : « Nérons en chanz s'entendoit, si que touz les eiit/iolours et les 
autres jugleours par chanter sourmontast. » (N. e.) 

IV. 5 



Cl 



— 3.i 



CI 



Citole, siibst. fém- Instrument de musique. 
Borel, que le Dict. de Corneille a copié, croit que 
ce mol vient de Ciihara. 

Le poëte de Thiace, o sa cistoUe, 

Fisl ceulx d'enfer mouvoir à la caroUe. 

Thcodolus, MS. do la Bibl. de S' Gerra. n' 2287, fol. 1.".3. 

Oui le roy de France à celé erre 

Envelopa si de paroles, 

Plus douces que sons de citoles. 

G. Guiart, un. 1214. cilé par Du Canf^e, au mot Citola. 

Un hourdeur faisant des reproches à un autre, 
sur son ignorance, lui dit : 

Sez tu nule riens de cilole, 
Ne de viele, ne de gigue : 
Tu ne sez vaillant une figue. 

Fabl. MSS de S. G. fol. 70, P." col. 1. 

VARIANTES : 
CITOLE. Rom. de la Rose. 
CisTOLE. Du Cange, au mot Citola. 

Citoler, verbe. Jouer delà cilole. 

Si comens à citoler. 
Et lis l'oiselet chanter. 

Poës. MSS. avant 4300, T. IV, p. 1505. 

Citoyen, siihst. masc. Citoyen, bourgeois. Ce 
nom subsiste sous sa première orthographe. Borel 
écrit // citiens (1). 

On appeloil autrefois, proprement citoyen, les 
bourgeois ou habilans des villes, par opposition 
aux gentilshommes et aux paysans. « Il tlst une 
« convocation, par acoid des genlilz, des cytoyens, 
•< el des viUains. » (Percef. Vol. Il, fol. 148.) Nous 
disons encore bourgeois en ce sens. On nomme 
aussi les bourgeois de Lyon, ceux qui y ont droit 
de bourgeoisie, citoyens, par opposition à ceux qui 
ne sont qu'habitans. (Bout. Som. Rur. note, p. 797. 
— Voy. Citadin el ses orthographes.) 

VARIANTES : 
CITOYEN. Orth. subsist. 
Cytoyen. Percef. Vol. II, fol. 143, R» col. 2. 
CiTicEN. Borel, Dict. 

Citoyen, adj. Civil. On disoit autrefois, droit 
citoyen, citayon, citeian (2), par opposition au droit 
canon, comme nous disons droit civil. (Voyez les 
cilations sur les orthographes de ce mol.) 

VARIANTES : 
CITOYEN. Gloss. sur les Coût, de Beauv. 
Citayon. Chron. fr. MS. deNangis, an 1301. 
Cyteian. Ibid. an 1-297. 

Citre, sitbst. masc. Cidre (3). .< Froment, vin, 
" citre, ou pommade (pommé), etc. » (Coût. Gén. 
T. II, p. 703 (4). — Voy. Des Ace. Escr. Dijon, prolog. 
p. 3.) On lit, dans le Testament de Palhelin, p. 121 : 

Je ne vueil citre, ne peré : 
Bien au vin je me passeray. 



Citrin, udj. De citron. (Diclionn. de Nicot et de 
Cotgrave.) •> Ceste couleur est de trois genres, la 
" première est jaune, moyenne couleur; la seconde 
« est plusclere, el est covûeur citrineÇ}), que nous 
« disons jaune pale ; la tierce punicée, et Iroict sur 
« le rouge, est ce que nous disons jaune orangé. » 
(Sicile, Blas. des couleurs, p. 2G.) 
variantes : 

CITRI.N'. 

CiTiuNE. Epitliète de la pierre appelée jacinthe (Marbodus 
colonne 1650.) 

Citi'inité, suljst. fém. Couleur de citron. « La 
" blancheur de l'esmeul (fiente ou vomisseiuentj 
.< qui tire à citrinilé, et la multiplication d'humidité 
u signifie indigestion. (Artel. de Faucon, fol. 94.; 

Citrulle, subst. /"em. (6) Citrouille. (Dict. de Cot- 
grave el de Nicol.) 

Ciutad, subst. fém. Cité. Mot provençal (7). (Dict. 
étym. de Ménage ) 

Civade, subst. fém Avoine (8). (Voyez Cellhell. 
de L. Trippaull. — Du Cange, au mot Cevata, et le 
Dict. de Ménage.) Civada, Cibado, Sibado sont du 
patois toulousain. 

VARIANTES : 
CIVADE. Cotgrave, Du Cange, au mot Cevata. 
Cyvade. 

SiVADE. Du Cange, au mot Sivada. 
CiVADA, Ciu.^DE, CiBADo, SiBADO. Id. ibid. au mot Cevata. 

Civadiei", subst. masc. Sorte de mesure. On 
dislinguoit la charge, le cestier, la cartiere et le 
civadier. (Tilre de 15(34, cité par Du Cange, au mot 
Quarteria'2.) 

Ci va la la dureté. C'étoit le refrain d'une 
chanson, dont les vers suivans nous fournisseni un 
exemple : 

aveuc sa musete, 

! se voit notant par copiaus, 
Ci va la la duri douriaus, 
Ci va la la dureté. 

Poês. MSS. Vat. n- U90, fol. 110, R'. 

Civare. [Intercalez Civare dans l'expression 
faire de civdre, se vanter. « Faut-il tant faire de 
« fattras de ce mouton [monnaie]'^ .J'en ai autres... 
« qui sont aussi bons comme le vostre... A que tu 
« en faiz de civare de ton or ! il n'en fault point 
« tant parler. » (JJ. 171, p. 224, an. 1420.)] (n. e.) 

Civaiix, subst. masc. plur. Nous trouvons ce 
mot employé dans les vers suivans : 

Grant joie font borjoiz, et autre gent menue; 
Niez lez légieres famés, les vieilles, les chanues : 
bastons, o ciraïuc, o barres, o machues 
Toutes eschevelées vont cherchant par les rues. 

Rom. de Rou, MS. p. 73 et 74. 



(1) On lit au Livre de Justice et de Plait (65) : a Li cilien des villes ne deivent issir hors de la cité par aUors que par les 
portes. » (N. E.) 

(2) « Renonçons... à toutes deffenses de fait et de droit canon ou (.'idiiyfifi , qui porroient estre dittes (p. de 1301, Du 
Cange, II, 309, col. 3). On lit encore cisteijaux au t. V des Ord. (p. 381, a'n. 1324). (n. e.) 

(3) Dans 0. de Serres, c'est une espèce de citrouille : « Le citre est une autre espèce de citrouille qu'on esleve 
principalement pour la graine servant en médecine, et sa chair pour viande aux pourceaux... elle est noire (547. » (N. e.) 

(4) Dans la Coutume de Labourd (tit. 7, art. 9) ; « Cilrc vulgairement dit pomade. » (N. E.) 

(5) Un traité d'Alchimie, du xiv= siècle (424), écrit : « Que l'or meurisse en couleur citrine. » (N. e.) 

(6) On lit dans Alebrant (.fol. 57) ; « Citroles sont froides plus que concombre. » (n. e.) 

(7) Le provençal et le catalan ont ciutat (La Ciotat); l'Espagnol a ciudad. (n. e.) 

(8) L'élymologie est le latin cibare, alimenter, (n. e.) 



Cl 



35 



CI 



Civé, subst. masc. (1) C'étoil une sorte de ragoût 
fait avec des cives ou ciboules, selon Oudin. Selon 
Monet, c'étoit « une sausse de pain rùli sur la 
« braise, trempé au vin et à l'eau, assaisonné 
« d'épices, et autres ingrediens. » (Dict. de Monet.) 
11 est mention de c/t't; dans Bat. de Guar. ms. de S. 
G. fol. Gt ; Poës. mss. d'Eust.Descli. fol. 483 (2). Nous 
disons encore un civé de lièvre, pour un ragoût de 
lièvre. 

On disoit : sans faire long civé, pour sans faire 
de longs discours : 

Or y avoit un gros seigneur notable... 
Faifeu Talloit bien fort souvent esbattre, 
Et pour certain, sans faire long civé, 
A la maison il éloit fort privé. 

Légendf de maistre Pierre, Faifou, eh. XXII, page 58. 

On désignoit une chose de peu de conséquence 
par cette expression vulgaire : voila un gros civé. 
(Oudin, Curios. franc..) 

VARIANTES (3) 1 
CIVÉ. Orth. subsistante. 
Cyvê. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 214, col. 2. 
SivÉ. Oudin, Nicot, Dict. 

Civelle, subst féni. Lescivelles de cuir, suivant 
le Gloss. de l'IIist. de Bretagne, servoieni « à faire la 
« contresangie, ou surfais de la selle » . 11 indique ce 
passage: « Sera ma dite selle garaiedecontrecengle, 
« de civelles de cuir, cousus de fil, et aiguille, et de 
« cuir, etattacliez oclouds,garnisde anneaux, etc. » 
(Preuv. de rilist. de Bretagne, T. II, p. 075.) 

Civerage, subst. masc. Droit seigneurial. « En 
« Dauphiiié, c'est un droit d'avenage, ou payable 
« en avoines, qui est dû communément aux sei- 
« gneurs, pour les usages qu'ils ont concédez aux 
'■• îiabilans de leurs terres. » (Laur. Gloss. du Dr. fr. 
— Voyez Du Gange, au mol Civeragiuin.) Le Dict. 
univ. dit que quelques auteurs écv'weni cinérage ; 
c'est une faute : civerage vient de civade, avoine. 

Civette, subst. fém. Nom propre de ville. On a 
donné ce nom à la ville que les Italiens nomment 
Civita Vecchia. ■■ Vinrent arriver près de P.ome, à 
" un port de mer nommé Civilta Vecchia, autrement 
<■ Civette, ou cité la vieille. » ^Berry, Ghron. 1402.) 

Civette, adj. Parfumé. Proprement, qui a 
l'odeur de la civelle. C'est en ce sens que ce mot 
est employé comme épithèle de gands, dans les 
Epith. de M. de La Porte. 

Civettien, adj. De civette. Oui tient de la civette. 
(Dict. de Cotgrave.) Ce mol est mis pour épithèle 
d'odeur, dans les Epith. de M. de La Porte. 



Civeiis, adj. Ce mot est dérivé du substantif 
cive, oignon. Brouet civeus est un bouillon à l'oi- 
gnon. (Epith. de M. de La Porte.) 

Civière, subst. fém. Brancard pour porter ou 
rouler des fardeaux. Nous sommes obligés de nous 
servir de cette périphrase pour désigner la double 
signification que nos pères donnoient au mol 
civière. Us entendoienl par ce mot non-seulement 
l'espèce de brancard que nous appelons encore 
civière (i), mais celui que nous nommons brouette. 
Ainsi, dit-on civière rouleresse, ou à bras, dans le 
Moyen de Parvenir,, p. 338. Labbe, dans son Gloss. 
explique le mot civière par brochete, qu'il faut lire 
brouette, en latin traha (5). (Voyez Du Gange, aux 
mots Tragula, Ccenovclium, Cehovexia et Cenovec- 
torium.) 

Comme la civièi'e étoit employée au plus bas 
usage el par les gens du plus bas état, on disoit : 
Cerit ans bannière, cent ans civière, pour exprimer 
les révolutions que les plus nohles familles éprou- 
vent. (Menestr. Orn. des ."Vrm. p. 420.) (G) 

C'est à ce proverbe que Grelin fait allusion dans 
les vers suivans, oîi il parle des di'^astres de la 
France el oppose la civière à la bannière : 

nobles efCeminez 

Qui porteront, par estranges manières, 
En leurs manoirs, civières pour ba»ieres (7), 
Dégénérans des insignes vertus 
Dont leurs ayeulx jadis furent vestuz. 

Crétin, page 144. 

On a dit dans le même sens : lignaige à civière, 
pour basse extraction. On lit dans le fabliau du 
Mercier : 

J'ai fil d'argent à raazelin. 

Et d'archal à ceux de manières, 

Oui sont de lignaige à civières. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 43, R- col. 1. 

C'est au mol civière, pris dans ce dernier sens, 
que Du Gange croit qu'il faut rapporter le miles 
civeralis, que l'on trouve dans l'IIist. des Arche- 
vêques de Brème : 

Erat Dacus nobilis, sanguine regalis 
Ex niatre ; sed genitor miles civeralis. 

C'est-à-dire chevalier du dernier ordre. (Du Gange, 
Dissert, sur .loinv. p. 19i.) (8) 
11 y avoit un jeu qu'on i)ommo\\,jeii de la civière : 

Dy moy comment s'en va le monde : 
II' se tourne en figure ronde, 
Tout environ ensi se tourne, 
Et plus encor qui se beslourne. 
Et qui va ce devant derrière ; 
Comme le Jeu de la civière (9). 

Rom. de Fauvel, MSS. du R. fol. 52. 



(1) L'étymologie est cœpatum, de c(rpu, cive, mot à mot, plat h l'oignon. (N. E.) 

(2) « Fortes sausses, oingnons ne aulx, Civés aguz, poivre ne graigne Ne usez, Car trop font mal et paivre. » (n. e.) 

(3) On lit aux Fabliaux du xiii' siècle (Barbazan, IV, 88) : « Lièvres et connins au civé. » (N. E.) 

(4) « Et buvons tant de vins, parmi no cherveliere, Qu'il nous convient porter dormir à la chiviere. » (Baud. de Seb., 
I, 897.) (N. E.) 

(5) « Un laquais, qui roulle une civière et une malle verte dessus. » (D'Aubigné, Fcencste, IV, 13.) (N. E.) 

(6) Ce proverbe était fort usité en Bourgogne. (Glossaire des Noëls Bourguignons, p. Lamonnoye, p. 44.) (N. E.) 

(7) « Il y a un vieil proverbe françois qui dit. eu cent ans bannière, en cent ans civière : qui a esté inventé pour signifier, 
chacune chose avoir son accroissement et sa déclinaison. » (Lanoue, 225.) (n. e.) 

(8) Edition Henschel, t. VII, partie II, p. 40, col. 2. (N. E.) 

(9) On Ut encore aux Choses qui taillent en Ménage cxiii* siècle) : « C'est coin le jeu de la civière, L'un va devant, l'autre 
derrière, C'en est l'usage. » (n. e.) 



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- 36 — 



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VAFIIA.NTKS : 
CIVIERE. Orth. subsistante. 

Cyviehe. Hist. de b'r. à la suite du Rom. de Fauv. fol. 69. 
CiiiviERE. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 191, V» col. 2. 

Civil, rt(/j..hisle*. Direct ^(1). Nous ne rapportons 
que les acceptions inusitées de ce mot, qui est en 
usage : 

*0n lit au premier sens : ■< S'estoit tiré à la 
'■ chancelerie d'amours, et en avoit tout eutiere- 
« ment obtenu lettres de remission, qui estoyent 
« bien (;à'/7cs, et raisonnables. » (Arr.xVnior. p. 304.) 

° On a dit possession civile, pour possession 
directe. « J^e seigneur qui voudroit troubler la 
« justice de son vassal, peut inlenter complainte de 
" nouvelleté, et user d'iceile, non mie pour la 
«' possession naturelle, id est, profitable, qu'à son 
« dit vassal ; mais pour la possession civile, id est, 
« directe; en laquelle il se void trouble. » (Gr. Coût, 
de Fr. liv. II, p. 144.) 

Nous ne tenterons point d'assigner un sens au 
mot civil, employé dans le passage suivant. Il 
paroit qu'il y a faute ou transposition dans le 
texte : « Toutes retraites lignageres faites constant 
" le mai'iage, tiendront nature de patrimoine, cote, 
■« et civil du chef qu'elles seront faites. " (Coût, de 
Langle, Nouv. Coût. Gén. T. 1, p. 306.) On disoit 
autrefois civile bataille, pour guerre civile : 

Eurent lors civile bataille. 
C'est, a dire procez et plais. 
Es sièges, et es grands palais. 

Eust. Desch. Poes. MSS. fol. ilH, col. 3. 

Civilité, subst. fém. Droit civil (2). 

En civilités, 

Et droit canon estoit habilité. 

Recli. des Théâires, T. I, p. 316. 

Civois, subst. 7nasc. Oignon, ciboule. Qu'il 
nous suffise d'avoir indiqué les endroits oh se 
trouvent employées les diverses orthographes de 
ce mot. (Voyez Chivon ci-dessus, diminutif de c/(ù'^, 
et ci-dessous Siboule, Sivette et leurs autres ortho- 
graphes, diminutifs de sive et sivot.) 

JNous l'emarquerons cependant l'usage de ce mot 
pour exprimer le peu de cas qu'on faisoit d'une 
chose ; on disoit : 

Car il ne dout une chive, 

La pais du Pape, ou le courroux. 

Hist. de Fr. à la suiie du Rom. de Fauv. fol. 73. 

VARIANTES : 
CIVOIS. Cotgrave, Dict. 

CivoT. Oud. Nie. Fabl. MSS du R. n» 7218, f» 176, V» col. 1. 
Sivot. Cotgrave, et Oudin, Dict. 
Cyvot. Vig. de Charles VII, T. I, p. 33. 
CiBOT. Rabelais, T. II, p. 23. 
SiEU. Eust. Desch. Poës. MSS. 
Sive, suhst. fém. Oud. MS. du Vat. n» 1490, etc. 
Cive, subst. fém. Orth. subsistante. 
Chive, subst. fém. Borel, Dict. 
Ceve, subst fém. Oudin, Nicot, Dict. 



Cizc, sitijsl. Espèce d'impôt. Voyez le chapitre 
intitule : » Du péage, et cîTcB en la ville du Mont de 
- Marsan % dans le Nouv. Coût. Gén. T. IV, p 911. 
Ce mot vient, par aphérèse, d'accise (3), impôt dans 
les Pays-Bas. ; Voyez Dict. univ. et Du Cange, au 
mol Assisia.) 

Clabau, subst. niasc. Chien courant à longues 
oreilles. Ce mot ne subsiste plus guère aujourtî'hui 
qu'au figuré. 

Clabaiix de village, dans Des Perr. Contes T. II, 
p. 6, signifie gros chiens élevés pour lâchasse, dans 
les villages, par les fermiers. 

Clabau.r, de coliue est un terme d'injure, dans 
les Leit. de Pasquier, T. II, p. 796. 

Il semble qu'on ait dit proverbialement : 

Clubuult abaye bien au.x fauUes : 

De chiens, d'oiseaulx, d'armes, d'amours, 

De behours, de jousleSj de vaultes, 

Faut il payer les raalletaultes ? 

Pour ung plaisir, mille douleurs ; 

Après des cbans viennent les plours, 

Et risée du bout du dent. 

Moliiiet, p. 127 et 128. 

VARIANTES : 
CLAB.\U. Nicot, Dict. 
Cl.\iîaud. Orth. subsistante. 
Cl.\bault. Molinet, p. 127. 
Clab.\ux, plur. Contes de Desperr. T. II, p. 6. 
Clabots, phir. Salnov. Vénerie, p. 81 et 217. 
Laubaut. Dict. de Cotgrave. 

Giabaudenient, sh(>s/. masc. Aboiement. 'Dict. 
d'Oudin (4).) 

Clabauder, verbe. Ce mot subsiste, mais on 
ne diroil pas comme autrefois : clabauder ses 
rentes, pour se ruiner à entretenir des chiens de 
chasse : 

C'est un vertueux office. 
Avoir pour son exercice 
Force oiseaux, et force abbois, 
Et en meutes bien courantes, 
Clabauder toules ses rentes. 
Par les champs, et par les bois. 

Œuv. de Joach. Du Bellay, p. 207. 

Clac. Son imilatif de quelque bruit. De là, on 
disoit : faire grant clac, pour faire grand bruit. On 
lit, au sujet de quatre sièges faits à la fois : 

Le tiers fut mis devant Fronsac, 
Qui regiba de l'éguillon ; 
Le quart, qui ne fist pas grand clac. 
Fut mis devant Sainct Melyon. 

Vigiles de Charles VU, T. Il, p. H8 et HO. 

On a dil, pou;' exprimer une chose <iui ne dure 
qu'un instant : 

Aussitost muert homs qu'on puet dire clac. 

Eust. Desch. Pocs. MSS. fol. 26, col. 2. 

Claceller, subst. masc. Celui qui porte les 
clefs ou qui les fait. Du Cange, au mot Clavicula- 
rius, rapporte ce passage duii ancien Gloss. lat. 



(1) Il pignifiait aussi adroit : « Les supplians ont advisé par plusieurs fois à trouver la manière de savoir où Julien Malet, 
qui estoit civil et subtil homme, mettoit... ladite finance ; et tant ont subtillé et mis garde sur ledit .Julien Malet, qu'ilz ont 
sceu... » (JJ. 189, p. 164, an. 1457.) (N. e.) 

(2) II signifie encore adresse : « Pour la subtilité et civilité dudit Tulien Malet. » (.1,1. 189, p. 104, an. 1457.) (n. e.) 

(3) L'occise, en Angleterre, est un impôt de consommation, (n. e.) 

(4) On lit dans la Sat. Ménippée (p. 80) : « Aussi n'oyez-vous plus aux classes ce clabandemeiit latin des regens. » Dans 
Paré (Animaux, 12) on lit aussi : « Et ce clalaiidement et abbayement est un pleur pour Pimpatience de leur ire. » (N. E.) 



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franc. : « Clavicularius, claeelier, ou celui i\m les 
« fait. » Dans une autre citation, ibid. clavicularius 
est employé comme épilliète de S' Pierre. 

Ce mol est expliqué aussi par geôlier, et c'est en 
particulier la sigiiiticalion que Boi'el donne au mot 
clercelier. On verra ci-dessous clerceliere, pour 
clavier. L:.bl)e, dans son Gloss. traduit en latin 
clacelier par clavicularius, p. 4'J5. 

Clacclier paroil avoir été quelquefois employé 
pour sommelier, sans doute à cause des clefs dont 
il étoit chargé. 

souffrir 

Le doivent les maistres d'ostel, 
Les queux, et clacelicrt: (1) autel, 
Sans y mettre aucun contredit. 

Eusl. Desch. Pots. MSS. fol. 410, col. 2. 

On lit, dans une pièce de vers qui a pour titre : 
" Des charges qui sont en mariage, pour le mes- 
•' naige soustenir, avec les pompes, et grans 
« bobans des femmes •• : 

Et si fault, quant je m'en remembre, 
Maistre d'ostel, et clacelief. 

Eusl. Desch. Poi-s. MSS. fol. 407, col. i. 

VABI.\NTES : 
CLACELIER. Du Cange, Gloss. lat. à ClaviculaiHus. 
Cl.\sselier. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. .519, col. 3. 
Clercelier. Gloss. du P. Labbe, p. 495. 

Claceriere. [Intercalez Claceriere, portière, 
au reg. 100, p. Gi4, an. 1370: « Toutes les gens de 
« l'ostel fuient coucliiés, excepté la clacheriere, 
« qui s'en esloil alée en sa chambre. »] (n. e.) 

Claciele, subst. féin. Petite clef. On disoit cla- 
ciele de clavicula, comme on disoit clacclier de 
clavicularius. La dérivaison de clavette et clau- 
welle est plus naturelle : 

Quant li Dus fu despouilliés, 

Vies cevaliers, ki fu ses niés. 
En son braioel, une chuiwete 

Trouva d'argent, moult petite 

Et celé claciele guardoit 

En lui escrignet (petit escrin) k'il avoit. 

Ph. Mouskes. MS. p. 311. 

vAni.\XTES : 
CLACIELE. Ph. Mouskes, MS. p. 371. 
Clavette. Oudin, Dict. 
Clauwette. Ph. Mouskes, .MS. p. 371. 

Claie. [Intercalez Claie, revers de la main : ■■ Le 
<■ cop chei sur elle, tellement que il lui fist une 
« plaie à sanc sur la claie de la main. » (JJ. 111), 
p. 83, an. 1381.) Au reg. ir.l, p. 332, an. 13<J7, on a 
claye: « Le suppliant lui donna de la f/rtye de la 
• main par le visage » ; au reg. 152, p. 57, cloye: 
•' Ledit D'Auceurre navra ledit Dubourc de son dit 
« espie sur la cloue de la main, ainsi que icellui 
» Dubourc lui tendoit la main. » Enfin dans Modus 
Ratio {fol. 78, v"), on a encore: « Que le faulcon 
" siée droictement sur le poing, non pas sur la 



« cloie de la main, ne dedens sur les dois. ■> On 
trouve aussi dans la Rose la cloie de l'eschine 

(V. 10210).] (N. E.) 

Claim, subst. masc. Cri*. Plainte en justice^. 

Droit pour cette plainte'^ (2). Récit, mention °. 

*Le sens propre de ce mot est cri. du latin cla- 
mor. Nos anciens ne le prenoient guère en ce 
sens. C'est celui que nous lui donnons communé- 
ment sous rorthogra[ihe clameur qui subsiste. On 
trouve, dans Oudin, claim interprété par cri 
plaintif. 

° L'acception la plus ordinaire de ce mot, est 
complainte.! udiciaire. réclamation en justice (3). C'est 
en particulier l'interprétation que Mcot donne à ce 
même mot claim. (On peut voir sur les autres 
orthographes Laur. Gloss. du Dr. fr., le Gloss. sur 
les Coût, de Beauv. et Du (.ange, Gloss. lat. aux 
mots Clama, Clamare, Clamu)n,Clameum,Clamor, 
elles autorités citées sur chaque orthographe ci- 
dessous.) C'est dans ce sens qu'Eustache Deschamps 
a employé ce mot : 

De Suzanne as mal perçu le daim. 
Des faulx prestres l'accusans par envie, 

Poi'!-. MSS. fol. 435, col. 2. 

On trouvera un chapitre, dans les Tenur. de 
Littleton, intitulé de Conthiuall claim, fol. 97, R°. 

Le mot de clameur est encore en usage en Nor- 
mandie, non-seulement dans l'expression particu- 
lière à cette province : clameur de haro, mais aussi 
pour signifier reirait, soit lignager, soit féodal. 
Nous ne parlerons point des dilférenles espèces de 
clameurs dont les détails appartiennent aux juris- 
consultes : clameur de lettres lues; clameur de 
bourse, etc. Nous remaniuerons seulement qu'on 
disoit autrefois /"a»ss<' clameur, pour désigner une 
plainte en justice portée à tort et sans raison. (Voy. 
Laur. Gloss. du Dr. fr. et du Cange, au mot Clamor 
falsus. Clame est employé pour droit réclamé ou à 
réclamer, dans D. Morice, Ilist. de Biet. col 1012. 
lit. de 1208. 

'^11 nous reste à prouver l'acception du mot f/fl?w, 
clameur, etc. pour un droit dû par celui qui fournit 
une plainte en justice: " Se aucun faisoil adjourner 
.- un autre à lui respondre devant le juge, et cellui 
« qui adjourné soit venist chevir à sa partie, le 
« prevost y auroitunc/rt/mqui vaultsix blans. ■ (La 
Thaum. Coul. de Berri, p. 33(5.) Dans les Lettres de 
Charles V, de 1372, on lit, à propos de droits qui se 
payent au roi, dans la ville de Toulouse, pour 
chaque demande qui se fait en justice : « Certi 
« clamores per litigantes fieri consueverunt, ex 
" (juibus clamoribus debentur nobis quinque 
« solidi. '■■ (Ord. des R. de Fr. T. V, p. 5(>2.) 

On appeloit, en quelques lieux, ce droit forle 



(1) On lit encore au reg. JJ. 96, p. 109, an. l,36i : « Comme Jehan Boully clerc fust claccUiec du prieur de Puisiaux. » Il en 
est de même au reg. JJ. 139, p. 100, an. 1390 : « Le suppliant qui lors estoit clachellier dudit chastel de Basoches. » (n. e.) 

(2) C/((i)i signifiait encore saisie : clain réel fait sur les biens, clain personnel fait sur la personne. Le claiit de 
rétablissement mettait le bailleur de fonds d'une rente foncière en possession de l'héritage, parce que le preneur n'avait 
pas payé la rente. (N. E.) 

(3) « Plainte ou clameur est quant aucun monstre à la justice en plaignant soy, le tort qui luy a esté fait , afin qu'il en 
puisse avoir droit en court. (Coût, de Normandie, ch. LVII.) (n. e.) 



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clameur. C'est, selon Laurière, une amende de 
2 s. 6 d" due au roi, pour un adjournemenl en 
action personnelle, en supposant que les parties 
s'accordent, sans en venir à raudience; s'ils per- 
sistent, l'amende est de 7 s. d". On lit, dans la 
Coût, de Meaux, que l'amende de celui qui suc- 
combe, appelée foiie clameur, et due au seigneur, 
est de 2 s. (j d" tournois (Coul. Gén. T. I, p. 89) ; 
mais ces matières ne sont point de notre res.sort. 
C'étoit en parlant des clameurs judiciaires que l'on 
disoit maitre des clameurs. 

"L'acception de ce mot pour récit, mention, ne 
me paroit avoir appartenu qu'à la seule ortho- 
graphe clameur, comme dans ce passage : 

Dame, dist-il, vous me faictes honneur, 
Au preux Margon en feray la cla)neiir, 
Quant devers lui retourneray ma voie. 

l'ercef. Vol. V, fol. 411. R- col. 1. 

Nous verrons que le verbe clamer s'est pris dans 
le même sens. 

VARIANTES : 
CLAIM. Oudin, Dict. 
Clainte. Voyez Plainte. 
Cleim. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 113. 
Clain. Ibid. p. 87. 

Clin. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 467, col. 4. 
Claime. ïenur de Littl. fol. 97, R". 
Clam. Assis, de Jérus. J. Molinet, p. 126 (1). 
Clame. D. Morice, Hist. de Bret. col. 1012. 
Clameur. Ord. T. I, p. 89 ; Thaum. Coût, de Berri, p. 220. 
Clamor. Poës. MsS. avant 1300, T. I, p. 70. 
Clamour Ord. de R. de Fr. T. 1, p. 590. 
Clamur. Loix Norni. art. 4. 

Claimer, verbe. Crier*. Publier^. Appeler*^. Se 
plaindre °. Réclamer ^. Relraire ''. 

* Ce mot signifie crier. C'est le sens propre. Merci 
damans, pourcriant merci. (Li chastelain de Concy, 
Poës. MSS. avant 1300, T. I, p. 308.) 11 tire cette 
acception du verbe clamare, dont il dérive (2). 

^ De là, ce mol a été employé pour publier à haute 
voix : 

Votre grand famé 
Partout se clame. 

Le Loyer des Folles Amours, p. 316. 

'^De là encore, on a mis ce mot pour appeler, 
nommer. <■ Une forte ville qu'on c/ftme Ilarfleu (3). » 
(Froissart, liv. I, p. 141.) 

° Se plaindre, c'est crier ; de là, pour exprimer 
qu'une mère se plaint d'un llls ingrat, on a dit : 

si se claime 

De son fils, qui noient l'aime. 

Fabl. MSS. de S. Gerra. fol. 57, R" col. 3. 

^ C'est encore crier que de réclamer. De là, on a 
dit : ï N'y peuvent clamer droit », pour n'y peuvent 



réclamer de droits, n'y peuvent prétendre. (Coul. 
Gén. T. I, p. 365.) Dans Froissart, liv. lll, p. 46 (4), on 
trouve : « 11 v clamoit part », pour il y réclamoit 
part. 

■^ Retraire, exercer le droit de retrait est récla- 
mer; de là, ce mot de clamer, consacré dans la 
coutume de .Normandie, et encore en usage pour 
désigner l'exercice de ce droit. 

Nous avons dit que clamer signifioit publier ; de 
là, l'expression clamer quitte, pour publier quitte, 
ou, comme nous disons, tenir quitte (5), même dans 
le sens de pardonner et d'abandonner : 

Elle cuidera que tu, 

Por s'amor, l'aies clamé quite. 

Ovide de Arle, MS. de S G. fol. OC, V col. 3. 

S'il en mon martir se mire, 
Oui ne doit, de bon cuer, dire, 
,Te te daim quitte. 

Fabl. MSS. du R. n* 7615, T. II, fol. 130, R- col. 2. 

« Jla conté de Nevers vous donne, et clame 
» quicte. » (Ger. de Nevers, 1" partie, p. 9.) A la 
page 47 de Villehardouin, on lit : « Je vos clame 
' tuite ce qui remaint en la nef (6). » Le traducteur a 
interprété je réclame tout, etc. 11 falloitdire : je vous 
abandonne, je vous clame quite, comme on iit dans 
l'édition de l'Angelier, Paris. 1585, et conformé- 
ment à la traduction de Vigénère, p. 40. 

On donnoit encore à cette expression la signifi- 
cation de garantir, dans les vers suivans : 

Et Brutus li jure, et afie, 

A clamer quite membre, et vie. 

Rom. de Brut, MS. fol. i. R'. 

Clamer merci signifioit crier merci. De la : faire 
clamer las, pour faire demander grâce. 

ainz un an le fera si quoi, 

S'ele le tient entre ses bras, 
Qu'ele le fera clamer las. 

Fabl. MSS. du R. n- 7615. T. II, fol. 180, V col. 2. 

Se clamer las s'est dit aussi pour se plaindre, se 
dire malheureux. 

Biaus niez, ains me puis clamer las. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 13, R* col. 2. 

CONJUGAISON : 

Claim. Indic. prés. Je publie. (Fabl. mss. du R. 
n» 7G15, T. II, fol. 130, P.° col. 2.) 

Claimt. Indic. prés. Il publie. (Vie des Saints, ms. 
de Sorb. chif xxvii, col. 16.) 

Clain. Indic. prés. Je publie. ^Fabl. mss. du R. 
n''76l5, T.I, fol. 60, V° col. 2.) 

Claing. Ind. prés. Je publie » Je ne li claing mie 
« quite. » (Fabl. mss. de S. G. fol. 53, V»col. 3.) 

Clams. Indic. prés. Je crie. « Malheureuse peche- 



(1) Au ch. XXVIII : « Qui se veaut clamer d'ome, qui n'est présent en la court, celui qui veaut le clam faire. » (n. e.) 
(21 On lit aussi dans la Clianson de Roland (v. 2239) : « Cleimet sa culpe, si reguardet amunt. » De même dans Partonopex 
(v. 4066) : « Sospire et plore tenrenient, Claime sa coupe et s'en repent. » (N. E.) 

(3) On lit dans Gérard de Vienne (v. 4027) ; « Mon fort de Rome ke l'on clame ma chambre. » On lit encore dans Froissart 
(II, 132j : « A l'entrée d'un pays que on cinimine Northorabrelande. » (N. E.) 

(4) On lit encore au t. lll, p. 59 de Téd. Kervyn : ce Casquns i clama part. » Par suite , clamer seul signifie prétendre : 
« Ains dit que elle n'y clammoU riens. » (III, 461.) — « Pour la cause de la duchesse de Brabant et de son pays où il 
clamoit avoir calenge et droit en l'eritage. » (XllI, 261.) Il signifie par suite plaider : « Et tantost là en droit fut clammet et 
respondut entre parties. » (II, 473 ) (N. E.) 

(5) « Chils roys [Edouard III] les avoit absols et clammés quittes [les Flamands] d'une grande somme de florins dont 
obligiet s'estoient... au roy de Franche. » L'expression est dans Roland (v. 2787): « Quite vus cleimet d'Espeigne le 
regnet. » (n. e.) 

(6) M. de WaïUy édite (§ 122) : « Je vos ctai)n cuite ce qui remaint en la nef dou mien. » ^N. E.) 



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" resse me clams. •» (Eust. Descli. Poës. mss. 
fol. 130, col. 4.) 

VARIANTES : 

CLAMER, pour réclamer^ demander. Loix Norm. art. 7 
et 25, dans le latin postulare. 

Claimer (Se), pour se plaindre. Loix Norm. art. t. Se 
claime. dans le latin se clamât. 

Clamer (domages), pour demander indemnité ou dédom- 
magement. Duch. Gén. de Bar-le-Duc, p. 33, tit. vers 1249. 

Clamer, pour appeler, nommer. Perard, Hist. de Bourg, 
tit. de 1-24tj. 

Clamer quitte, pour déclarer quitte, laisser, céder, 
quitter. Duch. Gén. de Béth. p. 373, tit. de 1226. 

Clamons quite au roy d'Anglerre si, etc. Rymer, T. I, 
p. 50, tit. de 1259, dans le latin clamamiis (iiiittimi retjem 
.Anglio' si, etc. 

Claimer. Chans. MSS. du 0« Thib. p. 17. 

Clamer. Oudin, Nicot, Dict. 

Clair, adj. Pur, net. C'est dans ce sens qu'on a 
dit claire de feu, peut-être pour la flamme, la partie 
la plus claire du feu. (Marb. col. 1664) Le clair 
d'un œuf, pour le blanc d'un œuf. (Oudin, Cur. fr.) 

On a dit aussi adverbialement à clair, pour 
ouvertement, clairement. (Ibid. Voyez Cler.) (1) 

Clairain , subst. masc. Clairon *. Sonnette , 
clochette ^. 
*Au premier sens, c'est une sorte de trompette : 

Çà et là sonnent li clarain. 

G. Guiart, MS. fol. 312, V. 

Loués ses clarins, et trompettes. 

Vig. deCh. VU. T. II. p. 202. 

^C'étoit aussi une sonnette qu'on attachoit ai 
des besles qui vont pestre es bocages. (Cliro 
Denis, T. I, fol. 65.) 



ni 



J'ay beax clareins à mettre à vaches. 

Fabl. .MSS. de S' Gerra. fol. 42, Y- 



col. 



Elles servoient aussi d'ornement au.\ chevaux : 
« Au col de son cheval pendit un c/araûi tel(21,etc. « 
'Chron. S' Denis, ubi supra.) 

VARIANTES : 
CLAIRAIN. Cotgrave, Dict. 
Clairin. Du Canee au mot Quadrilli. 
Clarin. Vig. de Charles VII, T. Il, p. 202. 
Clarein. Fabl. MSS. de S. G. fol, 42, V" col. 2. 
Clarain. Chron. S. Denis, T. I, fol. 65, V». 
Clerix. \ig, de Charles VII, T. I, p. 31. 
Cléron. Du Cange, Gloss. latin, au mot Clario (3). 
Claron, Borel, Dict. 

Claire, subst. masc. Sorle de liqueur. Elle est 
composée de vin et de miel. « Si aucun a fait aucune 
« chose partie de sa matière, partie d'autre, si 



'■ comme si aucun avoil fait claré de son vin, el 
« d'autre miel, sachez (|ue celui qui a fait la chose 
« en doit être sire. » (Bout. Som. Rur. p. 253.) 
Suivant quelques passages rapportés par Du Cange, 
au mot Claretum, le piment étoit la même chose 
que le clare ou claire. On les trouve cependant 
distingués dans le passage suivant : » Donnoitceste 
« fontaine par ses conduits claire et piemeiit très 
» bon (4). .. (Froissart, livre IV, p. 3. — Voyez Ph. 
Mouskes, .MS. p. 145, et Parton. de Bl. ms. de S. G. 
fol. l'iT.) 

Et au concilier, pour mieul.\ dormir, 

Espices, clairet, et rocelle; 

En toutes les choses veir, 

Mon esperit se renouvelle. 

Froissarl, Pocs. MSS. p. 315, col. 2. 

Après il print les esguieres, 
Le vin, le claire, l'ypocras (5). 

VilloD, Rep. franches, p. 20. 

On a dit aussi clairete, dans le sens où nous 
disons eau clairette. 

VARIANTES (6) : 
CLAIRE. Froissart, Uv. IV, p. 3. 
CLAIRET. Froissart, Poës. MSS. p. 315. 
Claret. Oudin, Dict,; Dict univ. au mot Clairet. 
Claré. Bout. Som. Rur. p. 253. 
Clarez. Fabl. MSS. du R. n- 7615, T. II, f« 174, R» col. 1 (7). 

Clairelette, adj. au fém. Diminutif de claire. 

.le vous vens une goutette. 
Une goûte clairelette. 

Des Ace. Big.irr. fol. 137, V'. 

Clairer, verbe. Eclairer. (Dict. de Monet.) (8) 

Clairiers, subst. masc. plur. Clairières. « Les 
« layes pleines sortent peu à la campagne, ne vou- 
« tant pas donner connoissance d'elles; se con- 
« tentent de verouiller dans les clairiers, et chemins 
» de leur buissons. » (Salnov. Vénerie, p. 296.1 

VARIANTES : 
CLAIRIERS. Salnov. Vénerie, p. 296. 
Clariaux. Chasse de Gast. Phéb. MS. p. 70. 
Clarriaus. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 168, R». 

Claironner, verbe. Trompeter. Sonner du 
clairon. (.Nicot et Cotgrave, Dict.) 

Clairvoyant, adj. Ce mot, qui est en usage, 
ne se seroit-il pas formé par la rencontr(3 fortuite 
des mots clercs voijaus, employés dans l'examen 
des procédures. On lit, dans celle d'un itrocès fait 
à un financier : « 11 fut questionné, par aucuns du 



(1) L'orthographe clair ne se trouve pas avant le xv« siècle ; Cuvelier fait rimer cler avec enserrer {v. 13405). Le wallon 
prononce encore cler. (n. e.) 

(2) Voici la citation d'après D. Bouquet (III, 256) ; « Landris li connestables... au col de son cheval pendi nn clarain , 
autel com l'en atache an coulx de ces bestes, qui vont en pastures em boscages. » .Au reg. .1,1, 187, p. 230, an. 1458, on lit : 
« Ung c/a)-n)î( qu'on pend au col des beufz [en Périgord]. » Au reg. JJ. 124, p. (38, an. 1383 ; « Guillemin chastellain a 
acouslumé mener un sien chien, au col duquel par esbattemenl il pandi une sonnette ou clare, que ont acoustumé de 
porter vaches, brebis ou moutons. » Au reg. JJ. 153, p. 28, an. 1397 : « Dessoubs un des seps de la vingne , ledit Robin 
trouva un clarin de vaches. » (N. E.) 

(3) Du Cange cite là Joinville, qui parle d'une trompette, non d'une sonnette. (N. E.) 

(4) M. Kervyn imprime (XIV, p. 8) : « Et donnoit ceste fontaine par ses conduits claret et pieument très-bon et par grans 
rieux. » (n. e.) 

(5) Eust. Deschamps (fol. 485» écrit aussi : « De boire vous vueillez garder ypocras, claré et garnache. » (n. e.) 

(6) On lit déjà dans Raoul de Cambrai (xii" siècle, 16) : « Li rois l'acointe dèl plus riche barné ; Puis le servi del vin et 
del claré. » (n. e.) 

(7) On a encore la forme clarei dans la Chr. de Flandre (c. 69) : « Si fut une nuit avec ses dames en son déduit , et leur 
prit talent de boire clarei en un pot d'argent, » (n. e.) 

(8) On lit au reg, JJ. 138, an. 138'J : i< Apportèrent et clairerent tous les aquets par eux faiz. « (n. e.) 



CL 



- 40 - 



CL 



.« î^rand conseil et autres clercs voyctna 'l). et bien 
« coanoissans es matières de finances. >■ (Monstre!. 
Vol. m, fol. 33.) 

Clais, subst. masc. Palissades*. Espèce de 
cage^. Haie'^. 

* Ce mot, (lui désigne clôture en général, sest 
IJi'is pour palissades, en ce passage : 

Vers chevaiiçon droit au pont enemeiz, 
Si dépeçons trestoz les fuz, et <iei:. 

Parlonopex de Blois. MS. deS. G. fol. 17i, V col. 1. 

° Clais paroit avoir été employé dans une signifi- 
cation pai liculière pour cette sorte de cage oii l'on 
met encore, dans les villes de garnison, les filles de 
mauvaise vie, pour les punir de leurs débauches. 
« L'une des plus mauvaises, et affetées garses qui 
« fusten clais. » (Contes d'Rutrap. p. 288.) 

*= Quelquefois ce mot désignoit une baie, comme 
en ce passage : « Si cbevauscberent tout le jour 
« jusques sur le vespre, car le soleil estoit entré en 
" son dernier quartier; maisadoncilz s'embalirent 
« sur un (7a':ide boutonniers, etde plantiers, etc. « 
(Perceforest, Vol. II, fol. 30.) 

VARIANTES : 
CLAIS. Contes d Eutrap. p. 288. 
Claiz. Percef. Vol. II, fol. 36, V» coi. 1. 
Cloiz. Parton. de Bl. MS. de S. G. fol. -174, V» col 1. 

Clamacion, subsl. fém. Exclamation. « Sur ce 
« fit Viilere une grande clamacion, disant qu'on 
<' ne peut dire plus noble cbose. » (Hist. de la Tois. 
d'Or, fol. 20.) 

Clamancer, verbe. Réclamer. 

Merci covient qui soit maire, 
Que justice ne clamunce. 

Thiéb. de Navarre, Poos. MSS. avant 1300, T. t, p. «S. 

Clame, subst. masc. Manteau de pèlerin. Du 
latin clilanius. 

VARIANTES : 

CLAME. Monet, Corel et Dict. univ. 
Clamme. Oudin, Nicot, Dict. 

Clame (Sainte). C'étoit le jour où » ceux de 
« Bruges faisoient leurs processions par cous- 
.■ tunfe (2). « (Froissarl, liv. II, p. 178 ) L'éditeur 
observe que la Chroni(|ue de Flandre dit: S" Croix 
du ni' maij. Il ajoute : et mieux à mon avis. 

On pourroil souprouner que ce mol vient de 
clamer, crier, d'où l'on auroil formé le moi clame, 
S" Clame, substitué ti celui de S" Croix, soit à cause 
des rogations qui se font dans ce temps-là, soit à 
cause des cris des chasseurs qui recommen(;.oient 
alors. La S" Croix de may étoit l'époque du renou- 



vellement de la chasse du cerf qui duroit jusqu'à la 
S" Croix (l'hiver. 

Clameu.x, adj. Criard. L'auteur de l'IIisl. de la 
Toison d'Or, 1. 1, fol. 14, définit l'homme vraiment 
magnanime, en ces termes : » Son mouvement, 
« son aller, et son maintien doit être lent, et 
« pesant : sa voye grave : sa parolle ferme, non 
« clame use. » 

Clanche, adj. au fém. On lit, au sujet des 
moines : 

Dismes ont, et maladeries, 
Si sont pleines lors abaies, 
Et ont granges, et prierez, 
Où Diex est moult pou aourez : 
Si convient qne l'en les retranche, 
Pour ce qu'il ont vers vous main clanclir. (3). 
Hist. de Fr. en vers, à la suite du Rom. de Fauv., nis. (i812, fol. 67. 

Clapet. [Inteicalez Clapet, crécelle, d'après 
Du Cange (II, 377, col. 1): « Clapetum, a vulgari 
« clapet, crepitaculum, gall. cresselle. »](n. e.) 

Clapete, subst. fém. Claquet de moulin. Nous 
lisons, dans une pièce de vers d'un de nos anciens 
poètes, où ilcompare un vantard à un moulin à vent: 

Or m'estuet faire une clapete. 
De celui qui tous tans papete, 
C'est Englebers li papetere. 

Poês. MSS. avant 1300, T. IV, p. 13.'i«. 

. . . Engelbers a le clapete, 
Cou est cil qui tous tans papete. 

Ibid. p. 1370. 

(Voyez ci-dessous Clapeter.) 

Clapeter, verbe. Babiller. Proprement faire 
un bruit semblable à celui de la clapete. « A grant 
« esbanos (joie, plaisir) ot leur revel (divertisse- 
« ment) : Quand il hoquelent, Plustost clapelent 
« que frestel. » (Chans. Kr. du xii^' siècle, ms. de 
Bouch. ch. 448, fol. 280, V° col. 1.) 

Clapoire, subst. fém. Espèce de maladie. Peut- 
être la dyssenterie. Un charlatan, vantant la bonté 
de son onguent, s'exprime ainsi : « Si est bons por 
« fi (le fie, espèce de maladiej, por clapoire, por 
« rudoreille, porencombrementde piz(pour fluxion 
« ou oppression de poitrine), por everlin (vertige) 
« de chiet. •> (Erber. ms. de S. G. fol. 89, V° col. 3.) 
« Toute leste ne vos pranra, toute migraine ne vos 
« tenra, ne fis, ne clox, ne clopaire, etc. » (Ibid. 
fol. 1»0.) On pourra juger de cette maladie par les 
passages suivans : 

S'est plus merdeus d'une clapoivc. 

Poès. MSS. avant 1300, T. IV, p. 13-20. 

Ore est li clapoire (4) effondrée, 
Dont Arras est en le cendrée. 

Ibid. p. 1375. 



(1) 11 faut lire clers voijans, comme dans la Rose (v. 6320): « Et qui seroit bien clers vians, Il verroit que maus est neans, 
Car ainsinc le dit l'Escripture. » (n. e.) 

(2) M. Kervyn (X, 24) imprime : « Car che fu le jour Sainte Elawe et le tierch jour dou mois de may, et che propre jour 
siet la feste et la proucession de Bruges, et à che jouravoit plus de peuple à Bruges estragniers et autres. » Il donne en 
variante ; « Et le jour Sainte Croix, m» jour de may... » On sait que la vraie Croix fut retrouvée (inventa) par Hélène, mère 
de Constantin ; S'' Hélène et S" Croix sont donc synonymes, (n. e.) 

(3) Au fol. 85 du même ouvrage, on lit : « Ne sa mère Blanche, Qui ne fu chiche ne esclanche. » Dans Renart (v. 23279), 
on lit encore : « Si fiert le hnrdel, De la hache à la mein esclanche. » Enfin , dans l'Evangile des quenouilles (xv« siècle, 
p. I47\ le bras gauche est dit esclenc. C'est le wallon clinche, le flamand slink , de l'allemand shicken , devenir faible et 
mince, (n. e.) 

(4) Il a ici le sens de lupanar : « Le dit Ogier aiant pendu un bazelaire à sa sainture et un planchon en sa main,... disant 
qu'il estoit temps que le clapoir feust effondrée. » (JJ. 153, p. 222, an. 1398.) (n. e.) 



CL 



41 



CL 



Il paraiIroK, par ce dernier passage, que celle 
maladie éloit quelquefois ppidémique. 

VARIANTES : 
CLÀPOiRE. Erberic, MS. de S. G. fol. 89, V» col. 3. 
Glopaire. Ibid. fol. 90, V» col. 3. 

Clapon, subst. inasc. Coclion. C'est le sens de 
ce mot dans le patois de Bombes. (Voyez Du Gange, 
au mot Ckipo (1).) 

Il semble aussi que ce mol se soil pris pour signi- 
fier une partie du cheval ou de son équipage, dans 
Des Ace. Bigarr. (Liv. IV, p. 2o.) 

Claponnier, adj. On appeloit cheval clapon- 
nier onclanijmimkr l'I) un cheval qui avoil les patu- 
rons longs, effilés et trop pliants. (Dictionn. de 
Corneille.) 

Clappe, subst. fém. Latte. Peut-être une autre 
pièce de menu bois. Voici le passage où nous trou- 
vons ce mot cité : « S'ils veulent avoir chesnes, 
« esdites forests, pour faire paillis, clappes, et 
» eschalats, sont tenus les achepler du gruyer du 
« dit seigneur. » (Coût, de Sedan, Coût. Gén. T. II, 
p. i'02<f.) 

Clappier. [Intercalez Clappler: 1° Monceau de 
pierres : " Les supplians misrent le corps d'icelluy 
" Briganl soubz un clappier et monceau de 
. pierres. » (.IJ. 180, p. 110, an. 1156.) I" Mauvais 
lieu: " Clappier e[ bordel publique. » (JJ. 173, 
p. 130, an. l.i'24.) Voyez ci- dessus clapoire. Ce sens 
a été conservé parSainte-Foix, Essais sur Paris 
(III, 73), et par P.-L. Courier, n° i de la Gazelle 
du Village. 3° Refuge pour les lapins et autres 
animaux: 

S'une fois vous trouvez en mue. 
C'est assavoir en leur clapier, 
Fussiez-vous cent fois esprevier. 
Us vous feront devenir grue. 

XII' Blason des Faulces amours, p. 2^)2.] (N. E.) 

Claquade, subst. fém. Claque. (Brant. D"Gall. 
T. I, p. 370 (3).) 

Claque. [Intercalez Claque, soufflet: « Ledit 
» Jacque avoil mis à Audrieu Poslel... sus qu'il en 
• lenqjs p;issé avoit donné une claque à une 
" certaiiie personne à Monchy. » (Cart. 21 de 
Corbie, an. 1333.)] (n. e.) 

Clitiiuedeàit, subst. musc. Un gueux *. Un 
gourmand ^. Nom propre*^. 

* Ce mot subsiste au premier sens de gueux, 
mais dans le langage bas et populaire. 

° r.abelais a employé ce mot pour désigner un 
goulu, un gourmand. (T. I, p. 70.) Le claquedent 
des maroufles est un litre de livre qu'il imagine. 



'^ C'est aussi le nom d'undessatellilesdePilate(4), 
dans le Mystère de la Passion, en vers fr. ms. de 
laBibl. du R. n" 7200, fol. 173. 

On disoit, au figuré : le pais de claquedent, pour 
l'endroit oîi l'on traite les maladies vénériennes. 
(Dict. d'Oudin.) 

VARIANTES : 
CLA.QUEDENT. Oudin, Dict. 
Claquedant. Nicot, Dict. 
Clacquedent. 

Claqueimir, subst masc. Jeu d'enfant. (Dict. 
d'Oudin (5).) 

Claquer, verbe. Faire claquer. En se prome- 
« nant en l'église où elle est, il ne doit claquer son 
« patin. » (Arr. Amor. p. M.) Selon Oudin, claquer 
de la langue étoil animer un cheval. (Dict.) 

VARIANTES : 
CLAQUER. Oudin, Nicot, Dict. 
Clacquer. Oudin, Dict. 

Claquet, subst. masc. Instrumenl qui fait du 
bruit*. Bruit ^. 

* Ce mot subsiste encore sous l'orlhographe de 
claquet pour signifier r.ne pièce de moalfii qui fait 
un bruit continuel. Dans le sens général d'un ins- 
trument à faire du bruit, on l'a'appliqué à celui 
que portoient les ladres pour empêcher de les 
approcher. 

Que ton importun caquet 

Soit fait compagnon du claquet, 
Du Imril et de la besace. 
D'un ladre verd. 

Œuv. de Rera. Belleau, T. II, p. CO (fi). 

^ De là, ce mot a signifié lu bruit de cet instru- 
ment et même bruit en général. C'est dans cette 
dernière signification qu'il a désigné celui qu'on 
fait avec un chaudron, dans le passage suivant : 
■' A cette exhortation, le peuple s'avance, et se 
« presse comme, quand les porcs courent au cla- 
« quel du chaudron, et tiennent leurs groings 
« dedans l'auge, pnur humer le lavage. » (Merlin 
Cocaie, T. I, p. 245.) 

VARIANTES : 
CLAQUET. Merlin Cocaie, T. I, 245. 
Clacquet. Cret. p. 269. 

Claqueter, verbe. Claquer (7). Faire du bruil, 
dans un sens générique. Selon Oudin, Dict. fr. esp. 
claqueter est faire du bruit avec les dents, quel- 
quefois avec la main, comme dans ce passage : 
■' Les claquetoit, et fouetloit sur les fesses. » (Brant. 
D" Gall. T. I, p. 370.) 

Faire claqueter la fronde s'est dit pour exciter 



(1) Ed. Henschel, II, ;î77, col. 1. (n. e.) 

(2) M. Littre relève la forme clamponniev. (N. E.) 

(3) « La fouetter de cJaquades. » (N. E.) 

(4) C'est un faux mendiant qui, de concert avec Babin, trompe la charitable épouse de .Toachin. Babin, comme Agnelet 
dans Patelin, prend au piège le faux possédé : « Adieu , Claquedent , dans la fosse , t'y demeurras jusqu'à demain. » 
(V. 0. Leroy, Etude sur les .Mystères, p. "178.) (N. E.) 

(5) D'Oudin le traduit par abattinniro. En Italien, ahattimento est un combat simulé. (N. E.) 

(C) A la page IIW on lil : « Elle claquelte toute seule , C'est un moulin , c'est une meule D'un moulin qui tourne 
tousjours. B (N. E. ) 

(7) On lit encore dans Ronsard (852) : « Et de coups redoublez l'un sur l'autre abondons , Font craquer leur maschoire 
et claqueter leurs dents, s (N'. F..) 

IV. 



CL 



42 — 



CL 



des rumeurs contre le cardinal Mazarin et lui faire 
craindre de nouveaux troubles semblables à ceux 
de la Fronde. (Voyez Mém. de Nemours, p. 137.) 

VARIANTES : 
CLAQUETER. Oudin, Nicot, Dict. 
Clacqueter Brant. D" Gall. T. I, p. 370. 

Claquetis, sitbst. masc. Claquement. On lit, 
en ce sens : claquetis des dénis. (Pasq. Rech. p. 671.) 

Claqiiette, subst. fém. Instrument propre à 
faire du bruit*. Loquet d'une porte °. 

* On vient de voir ([ue t'/r(ry!<f/ se disoit aussi dans le 
premier sens. Oudin et Nicot appliquent, dans cette 
acception générale, cliiiuette et claquelte. On disoit 
sonnera la cliquette, [lour publier. (Bouch.Serées, 
liv. III, p. 290. - .\Iolinel, p. 196.— Crétin, p. 185.) 
On disoit aussi cliquettes et cliquottes de ladres (1). 
« Faisoit son tel que font les ladies en Bretagne, 
« avec leurs cliquettes. •• (Rabelais, T. II, p. 185.) 
« S'il est trouvé entacbé de la dite maladie, on 
« devra lui bailler pour une fois, s'il n'est du lieu, 
» un chapeau, manteau gris, cliquottes etbesasse. » 
(Coût, de Ilainaut, Nouv. Coût. Gén. T. II, p. 150.) 

^ Dans le second sens, on disoit plus communé- 
ment cliquettes. (Voyez ce mot.) On trouve cepen- 
dant (luelquefois cliquettes, avec celte signification : 

Doulx yeulx, indes, esmeriUons... 
Qui font marcher sur espineltes, 
Et galans aller a mussettes; 
Soit à geler à pierre fendant ; 
Baiser les huis, et les cliqnellcs, 
Pour les dames qui sont dedans. 

L'Amant rendu cordeiier, p. 582. 

(Voyez Œuv. de Rog. de Collerye, p. 88, et Loisel, 
Instil. Coût. T. II, p. U7.) 

variantes : 
CLAQUETTE, Oudin, Nicot, Rabelais, T. II, p. 185. 
Cliquette. Id. ibid. 
Clicquette. Oudin, Dict. 
Cliquotte. Coût. Gén. T. II, p. 150. 

Claquin. [Intercalez Claquin, monnaie des 
comtes de Flandre et des ducs de Bourgogne : 
-< Deniers blans, appeliez claquins. » (JJ. 111, 
p. 195, an. 1377.) Au reg. 132, p. 157, an. 1387, on lit 
encore: « Hennequin dist à icellui François que se 
« li se vouloit partir, qu'il seroit quittes pour un 
'< claquin. » Enfin au reg. 157, p. 257, an. 1402: 
« Icellui Courbet reiuist derecliief audit Paille que 
« il voulsist encores jouer pour un gros claquin de 
« Flandres. » Voyez plus bas Cliquart.] (n. e.) 

Clar. [Intercalez Clar, glas en Auvergne, d'après 
Du Gange (II, 378, col. 3.)] (n. e.) 

Clarence, subst. fém. Il semble que ce mot 



désigne l'épée de quelque ancien héros qui l'avoit 

rendue célèbre par ses exploits : 

Vien, Attropos et me couppe la teste, 

iJe Durandal, Joyeuse, ou Clarence 

Ou de Courtain, ou llamberge qu'est preste: 

Ainsy aurai de mes maulx alegeauce. 

Départie d'Amours, p. 242, col. 3. 

Clarer, verbe. S'éclaircir. On a dit, au figuré : 

Paien lor abat et ocit. 
Et chace, et tue et desconfit : 
Li renc claroient en droit li, 
Moult lor a lait, ce jor, anui. 

l'aiton. de Bl. MS. de S. G. fol. 132. R- col. 3. 

Clarifier, Vf rfce.Eclaircir (2). On ne se sert plus 
de ce mot qu'en chimie. On disoit autrefois clarifier 
droit, pour éclaircir la vérité d'un fait, ou la justice 
d'une cause. En parlant des gages de bataille, ou 
lit : « Quand le deft'endeur a sur ses périls baisé 
« la croix et le te igitur (canon de la messe), pour 
« plus clarifier droit à celui qui l'a, le mareschal 
« les prend par les mains droites, et les fait entie- 
« tenir (tenir l'un l'autre par la main). » (Ord. T. I, 
p. 440.) 

Clarine, subst. fém. Terme de blason. La 
rnéme chose que clarin, suivant le Dict. d'Oudin. 
Ce mot subsiste, au.ssi bien que clarine. (Palliot, 
Science des Arm. p. 174.) 

Clarisses, subst. fém. plur. On appeloit ainsi 
les religieuses de Sainte Glaire (3). (Voyez la Roque, 
Orig. des Noms, p. 253.) 

Claroier. [Intercalez Claroier, s'éclaircir, 

comme plus haut clarer : 

Quant Garins point, les rens fait claroier. 

Garin le Loherain, t. I, p. 242. 

Par devant lui fait les rens claroier. 

Id.,p. 2(j4.1 (n. e.) 

Claronceau, subst. masc. Diminutif de clairon. 
On écrivoit quelquefois claron. (Voy. l'art. Clairain.; 
On lit, en parlant de l'armée des chrétiens eu 
Afrique : « Moult grant beauté, et plaisance fut 
« d'ouir les trompettes, elles, claronceaux (4) retea- 
« tir, et bondir, etc. » (Froissart, liv. IV, p. 57.) 

Clarté, subst. Clarté (5), dans le sens de lumière, 
vue. Marbodus (art. 32), en parlant de l'ema- 
thite, y dit : « Des palpebres t.olt l'aspreté e as ui!/. 
« d'une clareté. « 

VARIANTES : 
CLARTÉ. Orth. subsistante. 
Clareté al. Clarece. 

Clartée, subst. fém. Clarté *. Célébrité ^. 

* L'acception propre de ce mot et son ortho- 



(1) On la nommait aussi (ac(ai'ene ou ia>-(ei'e»e. (N. E.) ,,...,. ,. ..,^ 

(2) Il a le sens d'expliquer au reg. JJ. 189, p. 460, an. 1460 : « Le suppliant contendent de clanfficr et justiffier son excuse 
et descharge. » On lit déjà dans S' Bernard (551) : « Geste apparicions nostre Signer clarifiet m cest jor. » (N. e.) 

(3) EUe est née à Assise, en IIM. (N. E.) , , ,. . •.. „ „ 

(4) On lit encore au t. II, p. 436 : « Il i et grant noise de trompâtes et de claronchiaus. » Au passage cite , M. Kervjn 
(XIV, 157) imprime ; «Trompetes et ctefons. » (N. E.) . •,.,,. ,t,t An-,, r, ,. 

(5) Froissart écrit ; « Et sachiés que très grans trésors v fu gaegnies qui oncques ne vmt a clareté. » (IV, 107). On lit 
encore dans Ch. d'Orléans {Bal., 67) : « CeUe clarté qu'il avoit apportée, Si m'esveiUa du somme de soussy Ou j'avoye 
toute la nuit dormy. » Marguerite (18'' Nouvelle) écrit aussi : « La dame laissa la porte ouverte , et alluma de la ctarlii 
là dedans... » (N. e.) 



CL 



- 43 



CL 



graphe subsistante se trouvent dans un de nos 
anciens poètes : 

Clartés, et lumières 

Est de tous biens, nus n'en i puet falir, 
Fors que pités, dont ne m'os aatir. 

Poês. MSS. Valican. n' 1490. fol. 101, R'. 

^ Au figuré, ce mot signifioit célébrité, noblesse 
de guerre, en latin clarigatio, suivant le Gloss. du 
P. Labbe, p. 495 (1). 

VARIANTES (2) : 
CLA.RTÉE, Clarteit et Clarteiz. S. Bern. Serai, fr. MSS. 
p. 10. Dans le latin claritas. 
Clairté. Apol. pour Hérodote, p. 229. 
Glerté. Dict. de Rob. Estienne et Cotgrave. 

Claruise. [Intercalez Claruise, dans l'expres- 
sion mettre à claruise un fossé: « Nous volons... 
« que lidil religieus soient tenu dudit fossé nyer et 
« mettre à claruise, tele que on ne puist venir à 
« ledite forteresche. » (JJ. 53. p. 53, an. 1313.)] (n.e.) 

Clas, subst. masc. Tintement de cloches. Celui 
(lui se fait pour les morts jusqu'à ce qu'ils soient 
enterrés. (Voyez Borel, Cotgrave, Corneille, Ménage, 
Celthell. de L. Tripp.) Les orthographes clar, cliar, 
clias sont du patois d'Auvergne. On dit fif/as (3) à 
(irléans, selon Nicot. 

* variantes : 
GLAS. Orlh. subsistante. Dict. univ. (4) 
Glachs. Du Gange, Gloss. au mot Classicum 
Clias, Cliar, Clar, Id. ibid. 
Classes. Glais (p), Glai. 
(iLAS. Oudin, Nicot, Dict. 

Classent. Il faut peut-être lire cslecent, ou 
rsleessent, du verbe eslecer. (Voyez ce mot.) 

Classiaire, subsL masc. Amiral. Celui qui 
commande une année navale. (Dict. d'Oudin.) 

Glau, subst. masc. Clou. Nous rapporterons, 
sous l'orthographe clou qui subsiste, diverses 
expressions hors d'usage sur ce mot. Nous sommes 
obligé d'en faire un article particulier, parce que 
clou avoil autrefois d'autres significations que clau. 
La même raison nous a obligé de faire aussi un 
article particulier de clos, amjuel nous renvoyons 
pareillement (6). Voici quelques passages sur les 
autres orthographes ; 

Sous covreture, ou ait, ne clau, ne late. 

Kievre de Rains, Poês. MSS. avant 1300, T. III, p. Il('i7. 

Un ancien poëte, en parlant de J.-C, a dit : 

Sa digne car percierent li clau trois. 

Poes. MSS. Val. 11° 1490, fol. 126, V". 

« Le flatteur est ennemi de toute vérité. Il liche, 



« ainsi que un cloug&n l'œil droit de son Seigneur, 
« quand il fécoute, etc. » (Petit Jean de Saintré, 
p. 95.) Nous trouvons clo, dans le Gloss. du P. 
Labbe, p. 495. On disoit proverbialement : 

Ne li reraaint vaillant un clo. 

Fabl. MSS. du R. n- 7615, T. I, fol. 109, V col. 2. 

Remarquons cette autre expression : mettre à 
clox, pour afficher : 

. . . Excommeniement fet. 
Par les grans portes des citez. 
Eu mis à clox, c'est veritez. 
Que chascun le pouist savoir. 

Hist. de France, à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 70. 

VARIANTES I 
CLAU. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 126, V». 
Cleu. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 116, V» col. 1. 
Cleus, plu)-. Vies des SS. MS. de Sorb. chif. lvii, d" col. 
Clex, piur. Ibid. chap. LX, col. 50. 
Clo. Gloss. du P. Labbe, p. 495. 
Clox. Hist. de Fr. à la suite du Rom. de Fauv. fol. 70. 
Gloug. Petit Jean de Saintré, p. 95. 
Clou. Orth. subsistante. 

Claiidin, subst. masc. plur. C'étoit le nom 
qu'on donnoit aux pèlerins de Saint-Claude. (Voyez 
"Apol. pour Hérodote, p. 594.) 

Claiisatge. [Intercalez Clausatge , clos dans 
Stephanot, tome III des Antiquités Poitevines, 
p. 69G du ms. (Du Gange, II, 385, col. 3) : « Dat 
" B. Juniàno duas borderias terre... et medietafem 
« clausatge de vineis. »] (n. e.) 

Clause, partie, fém. Close. On lit clauses et 
fermées, dans les Mém. du Bellay, T. VI, p. 144. 

Clause, subst. fém. Couplet*. Clôture ^. Pois- 
son '^. Ce mot, dont l'usage est encore fréquent, a 
perdu ses trois anciennes significations. 

* En termes de poésie, clause est un couplet, une 
strophe. « Nota que je ne mets point de différence 
« entre clause, couplet, et baston, pour ce que 
« clause, et couplet se appellent baston en Puy 
(composition pour les prix desPuysNostre-Dame). » 
(Fabri. Art. de rhélor. liv. II, fol. 30.) (7) 

^ Clause est pris pour clôture, dans une Ord. 
T. V, du Recueil, p. 704, puisque féditeur avertit 
qu'il faut entendre clos, enclos; il conjecture même 
qu'il faadroit restituer euclos. 

"^ Clause éloil aussi une sorte de poisson, qu'en 
gascon on nomme cola, suivant Du Gange, au mot 
Colacus. Alors, c'est une faute pour alause, alose (8). 

Clausele. [Intercalez Clausele , réserve, ex- 
ception : « Desqueies choses les loys du franc 



( l) Il signifie encore résultat : « Oncques li rois de Cipre ne peult aultre cose impétrer dou roy d'Engleterre ne plus 
grant clarté de son voiage, fors tant que tout dis fu il liement festijés. » ("Froissart, VI, 385.) (N. E.) 

(2) Le mnt est dans la Chanson de Roland (v. 1432) : « N'i ad clartet se li ciels nen i fent. » (N. E.) 

(3) Cette forme se trouve dés le xii' siècle dans R. Wace : « N'out chapelle en la ville où il eust clochier, Ou li glas n'en 
sonnast pour le roy essaucier. » (Du Gange, II, 379, col. 3.) 

(4) Cette forme ne se trouve qu'au xiv siècle dans Bercheure (fol. 44, recto) : i Le consul a fet fere silence en sonnant 
le clas à ce acoustumé. » (n. e.) 

(5) On prononçait tjlais au xvil« siècle, que Richelet préfère à ojas. (N. E.) 

(6) On lit au reg. 138, p. 115, an. 1389 : « Cultellus magnus, gallice à clau. » (N. E.) 

(7) On lit dans Thomas de Cantorbery (166) ; « Li vers est d'une rime en cinc clauses cuplez : Mis langages est bons , car 
en France fui nez. » (n. e.) 

(3) Maigret, dans son traité de grammaire (xvi« sièclet, appelle clause la proposition , comme renfermant une pensée 
parfaitement terminée ; clause signifiait déjà sentence au xw siècle (Girart de Rossillon, v. 536) : « Tant chief, tantes 
sentences : chascun en dist sa clause. » (N. E.) 



CL 



— 44 - 



CL 



« maiiileiioit tondis le contraire par unu clausele 
« générale, contenue oudil keurbrief, laquelle dist 
« que de luule chose, dont mention n'est faite 
« audit keuibiief, doit eslre droits eclievinages : 
« par hKiuelle c/rtHs<'/e... » (Ch. de 1323, Du Gange, 
11,388, col. 1.)](n.e.)- 

Claiisenieiit, adv. Expressément. >' Estoyent 
« nommés eslioictement, et clauwment en la dicte 
« charte aliii que de nul cas préjudiciable ne se 
« peussent excuser. » (Froissart, liv. IV, foi. 58.) (1) 

Clausiou, Ruhsl. féin. ïeime de procédure. 
Appoinlenient de cause. (Laur. (iloss. du Dr. fr.) 

Clausporte, snbst. Jem. Cloporte. Sorte d'in- 
secte, (Dict. de Borei.)(2) 

VARIANTES : 
CLAUSPORTE. Dict. de Borel. 
Clolporte. 

Claustier, adj. Claustral. 

VAIUANTES : 
CLAUSTIER. Cotgrave, Dict. 
Claustrieu. Rabelais, T. I, p. 189. 

Claiistr, subst. inasc. Gage. Mot du patois 
breton (3). 

VARIANTES : 
CLAUSTR. Du Cange, au mot Claitstrum. 
Claustre. Id. ibid. 

Claustreux, adj. Claustral. 

Ja devine qu'il fut clntistrciix, 
Chief de martel d'orfaverie. 

Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 247, col. 2. 

Clausuler, verbe. Comprendre dans un traité. 
Dans les clauses d'un traité. C'est en ce sens qu'on 
lit, au sujet du libre exercice de religion demandé 
par les catholiques: « Au lait de libres, puisque 
« vous scavez ce qu'avons consenty, vous ne serez 
<> scrupuleux à leur chaitsukr, à leur contente- 
" ment. » (Négotiations de ,Ieann. T. 1, p. 53.) 

Clausure, subsl. fém. Exclusion, prohibition. 
En latin clansum, dans la Règle de S' Bern. lai. fr. 
Ms. de Beauvais, ch. G (4). 

Claux, subst. masc. Claude. Nom propre. 

David le roy loyal, 

Ne Salemon, Alixandre, ne Claux (5), 
JuUes Cezar, etc. 

Eust. Desch. Tocs. MSS. fol. 1-87, col. 3. 

Clavain. [Intercalez Clavain, haubert : 

Car desmaillié et desrompu 
Sont lor escu et lor clavain. 

Henart le Nouvel, t. IV, y. 668. 



Clavains, broines fors e massices. 

Chr. dus Jucs de Norm., v. 37.*!, 

Veslus ont los clavains et les obiers coterels. 

Koniaii de l'Escouftle. fol. 83, V'. 

C'est un dérivé de clavet, anse, anneau.] (n. e.) 

Clavaire, subst. masc. Gardien des clefs*. 
Officiel' public ^. Concierge, pjrtier •=. Nom de 
famille °. 

* Le premier sens est la signification propre de 
ce mot formé du latin clavis, clef, et celle que lui 
donne Oudin. 

Au figuré, on a employé indistinctement ce mol, 
pour tous officiers, receveurs du domaine (0), Iréso- 
riers de France et autres qui sontchargés de la garde 
de titres, archives, etc., ou autre dépôt ; même'pour 
gardien d'une maison, le concierare, le portier, etc. 

^ Clavaire semble désigner un officier public ou 
de justice, dans ce passage : « Nous ordonnons, et 
'' voulons que les prothocoles, et extensoires (pour 
« ostensoires) des notaires de nos terres, et juri- 
« dictions, soudain advenue la mort, et décès 
« d'iceux, seront respectivement reliiez par les 
« bayles (baillisl des lieux de noslre diele jurisdic- 
« lion, desquels voulons que soit faict, par notre 
« clavaire, inventaire contenant, elc. " (Coût, de 
Bueil, Nouv. Coût. Gén. T. II, p. r242.) 

'^ On a aussi nommé clavier non-seulement des 
officiers chargés du dépôt de litres et d'archives, 
mais même de simples concierges ; « Entra en une 
<• garderobe ou sa femme éloit, le clavier, et deux 
« varlels, et mangeoient, et rigoloienl, etc. » (La 
Tour, Inslruct. à ses filles, fol. 4.) Ce mol paroit 
employé dans un sens plus noble, en ce passage : 
« Le comte de Provence l'avoil conslilué clavcre 
« de son chasleau, ayant la garde des clefs de la 
" ville. >' (J. de Notre-Dame des Poët. prov. p. l'29.) 

On a même donné à saint Pierre le titre de très 
glorieuLic clavier de paradijs. (J. d'Aulon, Ann.de 
Louis XII, fol. 56.) Dans les Epilhèles de M. de La 
Porte, on nomme le mois de janvier, par une figure 
hardie, le clavier de l'an, parce qu'il ouvre l'année. 

° Enfin, clavaire, ctavel ou clavier, qui, dans 
leur origine, désignoient une charge de la chambre 
des comptes, devinrent des noms de famille. 
(Menestr. Orn. des Arm. p. 476.) 

variantes ; 
CLAVAIRE. Nouv. Coul. Gén. T. II, p. 1233. 
Clavere. j. de N. Dames des Poëtes prov. p. 129. 
Cl.weri. Id. ibid. 

Cl.wier. Le Chev. de la Tour, Instr. à ses filles, fol. 4. 
Clavel. Ménest. Ord. des Arm. p. 476. 



(1) M. Kervyn (XIV, 160') imprime : « Et par espéclal Perrot le Bernois,... estoient nommés estroittement et closement en 
la dilte chartre. » Il signifie encore dans la retraite : « Saint Silvestre ne chevaucha pas à deuz ou trois cens chevaux , 
mais setcnoit moult simplement et closement à Rome. » (XI, 256.) (N. E.) 

(2) On lit dans Paré (XIX, 16) ; « Une beste semblable à un cloupoi-te, que les Italiens appellent porccleti. v Dans 0. de 
Serres (012) : « Cloopovles, autrements pouroelets de Saint Antoine. » (N. e.) ' 

(3) Ed. Honschel, t. II, 387, col. 3 : « Armoricanis claustr vel claustre est pignus. » (N. E.) 

(4) Calvin donne la forme clausule (56) ; « Par quoy l'apostre, disent-ils, comprend tout ceci par une clatisttle , qu'il faut 
que tous comparoissent devant le siège judicial du fils de Dieu. » (N. E.) 

(5) Pourquoi mettre Claude en compagnie de héros, quand il est synonyme de Jeannot ? (N. E.) 

(6) Il était surtout employé au-delà de la Loire. On fit aux statuts du Dauphiné (Du Canye, II, 382, col. 1) : « Quantes fois 
que ung clucaive greffier, fermier et autre créditeur voudra faire compellir ung ou plusieurs débiteurs. » C'est un receveur 
au reg JJ. 197, p."41, an. 1463 ; « Item commettent et ordonnent les diz conseillers ung receveur ou clavaire, qui est tenu 
lever l'argent que les diz conseillers mettent sus, tant pour nous que pour les affaires de la dite ville. » (N. E.) 



CL 



45 



CL 



Clavairie. rinierc;ilez Clavairie , recette, 
comme clavaire^esl un receveur: « Tout ce que 
'< trouvères par nous ou nos prédécesseurs avoir 
.' été baillé, transporté et aliéné, faites-le réunir et 
'■ remettre aux leceples et clavairies ordinaires, 
" en cliargeant les clavaires d'en l'aire recepte et 
• entrée doresnavant comme par le passé a esté 
" accoustumé de faire. » ^^Charte d'Aix, an. 1462, 
Du Gange sous clavaria.)] [s. e.) 

Clave. [Intercalez Clave, massue: « Item se 
« auscuiis a esté férus de clave mortel, se il ne 
« meurt du cop doit estre fait amende. >• (Libertés 
de Màcon, JJ. 77, p. 111, an. 1346.)] (n. e.) 

Clavé, adj. On appeloit tornois clave:. une 
espèce de monnoie : 

Trop auroie petit conquest 
A jouer à vous, ce me semble; 
Qar andui n'avez mie ensamble 
Qui vaille dix tornois clavez (1). 

Fabl. MSS. du R. n» 1-218, fol. 235, R° col. 2. 

Clavel, snbst. nuise. Clou (2). 

VARIANTES : 
CLAVEL. Borel, Labbe, Gloss. 
Clave.\u. Borel, Dict. 
Cl.weaulx, plut: Rabelais, T. II, p. 160. 

Claveler, adj. Cloué *. Orné de clous °. 

* Dans le premier sens, qui est le sens propre, 
on a dit des pieds de J.-C. (|u'ils étoient clavelés en 
la croix. (Mandevie.) 

^ Au figuré, on a dit d'une épée que « le dessus 
« du pommeau étoit clavclé d'une grosse poiuie de 
« diamant. » (Alector, Roman, fol. 11.) 

Claveler, verbe. Clouer*. Orner de clous ^. 

* On trouve ce mot employé, dans le premier 
sens, par Rabelais, T. Ill, prol. p. ix. 

^ Dans le second sens, voyez Oudin, Dict. 

Clavelle, siibst. fém. Petite clef. 

Que XV ans n'ay, je vous dis : 
Moult est mes trésors jolis; 
S'en garderai la clavelle : 
Sui-je, sui-je, sui-je belle. 

Eusl. Desch. Toës. MSS. fol. 174, col. 1. 

Claver. [Intercalez Claver, faire une levée, 
d'aprèsDu Cange,ll,o8y, col. 2: « C/awr Dombenses 
« dicunt terrain subigere, quà ager aquis oppositus 
" conficitur. » Dans une charte de 1335 (Hist. de 
Leyde, II, 421), on lit: ■ Item que toutefois que ly 
« voir jurez d'eauwe planteront staiches, que on 
'< dist clawiers. >'] (n. e.) 



Clavereleux. [Intercalez Clavereleux, clavelé, 
dans une charte du Ilainaut de 1265 (Du Cange, II, 
383, col. 1): >■ Le brebis, mais k'ille ne soition- 
« gneuse ne clavereleuse, ne tourniche. »] (n. e.) 

Claveler. [Intercalez Claveler, frapper à une 
porte (JJ. 158, p. 133, an. 1403): .< Iceulx frères 
>' revindrent audit huis que ilz trouvèrent fermé, 
« et commencèrent à claveler fort;... et ne ces- 
« serenl point de claveler et hucher. ■■] (.n. e.) 

Claveuche. [Intercalez Claveuche, clou d'or- 
nement: " Un ayneau d'or, quatre frans d'or, 
« environ trente ou quarenle cluveuches de deux 
" deniers la pièce. •• (JJ. 129, p. 25, an. 1380. )](n. e.) 

Claveure, subst. fém. Serrure. Oudin, dans 
ses Dict. ital. et esp donne mal le sens de ce mot. 
11 traduit inchiodatura en italien, enclavadura en 
espagnol, encloueure. Les passages suivans prou- 
vent que la vraie signification de claveure est 
serrure. « Clefs desquelles il ouvroit à trente et 
« deux claveures {^), et quatorze cathenatz, une 
« fenestre de fer bien barrée. >- (Rabelais, T. IV, 
p. 206.) On lit, ibid. T. III, p. 130 : « Plus rouillé 
que la claveure d'un vieil charnier. » (Voy. Faifeu, 
p. 30, et le Dict. de Cotgrave.) 

Claveurier. [Intercalez Claveurier, serrurier 
an leg. JJ. 142, p."^13G, an. 1391 : « Ledit Perrotin 
« et un autre, par l'aide d'un claveurier ou ser- 
« rurier, ont desrobé ledit Jacques de la somme de 
<' neuf cents escuz. » Au reg. JJ. 188, p. 91, an. 
1459 : « Et se print icellui claveurier à besongner 
« ù la façon desdiz mai teaulx. »] (n. e.) 

Clavier. [Intercalez Clavier, portier au reg. 
92, p. 225, an. 1363: « Lesquels boutèrent hors 
« ledit chastel le clavier ou portier qui en icellui 
» estoil. " Voyez plus haut Clavaire ] (n. e.) 

Claviere, adj. au fém. Qui est à clef. (Voyez 
Epitli. de M. de La Porte.) 

Clavilliere, subst. fém. Le claveau. Maladie 
des moutons. Claviliere est du langage genevois. 
On trouve dans Ronsard, Hymne à S' Biaise : tac 
et clavelée. 

variantes : 

CLAVILIERE. Journ. des Sçav. may 1745, p. 912. 

Cl.welée. Oudin, Dict.; Pathelin, p. 73 (4). 

Clavèe. Nicot, Dict. 

Clavin (5), subst. masc. Partie d'une armure. 
C'etoit celle qui se mettoit sous le haubert et par 



(1) Dérivé de clavus, clou ; nous dirions « dix liards percés. » Dans Robert le Diable (Du Cange, I, 795, col. 1), il a le sens 
de ferré ; « Ses escus qui bien est clavcs Ne fust il mie mieulx froés. » (N. E.) 

(2) Ce sont aussi les anneaux du c/ai'tu/i, du liaubei-t ; « N'i a broine si fort clavel Qui vers sa lance ait garantise. » 
(Chr. des ducs de Normandie, v. 1258.) On lit encore au Roman de Vespasien, fol. 83, recto : » Et très qu'il est armés del 
hauberc à clavel. » On di^ait même hanap à c-/cii'e/ ; « Li variés, qui tenoit un hanap à clavel. » (.Brun de la Montaigne, 
v. 188(). p. p. P. Meyer pour la Société des Anciens Textes Français.) M. Meyer, au vocabulaire, renvoie au vers 3053 et non 
au vers 1886, puis écrit : Hanap à anse, « a claspe, hook, or buckle, » Cotgrave, sous claveau. Un hanap d'or à claveau, 
sans pied, est mentionné dans le Gloss. des Emaux de M. De Laborde, sous hanap. » (n. e.) 

(3) « Avec ce rompistes la c/auc'îo-e de ma huche et emportastes nostre argent... Le suppliant avecques une doelle de 
pippe rompit le morillon de la claveure de la huche. » (JJ. 163, p. 36, an 1408.) On lit encore au reg. 167, p. 179, an. 1413 ; 
« Le suppliant rompit le moraiUes de ladite claveure e l'escrousson d'une pince de fer. » (n. e.) 

(4) Au v. 1096; « Et puis je lui fesoie entendre, .\ffni qu'il ne m'en peust reprendre, Qu'ils mouroient de clavelée. » (n. e.) 

(5) Voyez plus haut ctavam. (n. e.) 



CL 



— m 



CL 



dessus le pourpoint. On lit, en parlant de Roland, 
;"\ la bataille de Roncevaux : 

Et puis apriès tant si s'efforce, 
Qu'il le desmaille le haubiere, 
Et puis li fait un autre raiera 
Que le clavins, et le pourpoint, 
Li a transpercié, et despoint, etc. 

Ph. Mouskes, p. 190. 

Dans Du Gange, Gloss. latin, au mot Coterelli, 
col- 1129, on lit cette citation du Roman de la prise 
de Jérusalem par Titus : 

Vestu ont les clavains, et les longs coteriaux. 

VARIANTES (1) : 
CLA.VIN. Ph. Mouskes, MS. p. i'JO. 
Clavain. Du Cange, au mot ColerelU. 

Clavonné, partie. Cloué. Il semble que ce soit 
le sens de ce mot, dans ce passage : « Mettes vostre 
« huon sur une bute assés haultes, et doit estre 
« sur ung baston fourché, clavonné, qu'elle se 
•• puisse seoir. « (Modus et Racio, fol. 84.) 

Clavure, suhst. fihn. <• Tout se mesure par 
« nombre de pieds, à rapporter à la verge ; à 
« laquelle verge on doit tant adjouster de pieds, 
» qu'elle contienne vingt pieds de clavure. « (Bout. 
Som. Rur. p. 367.) 

Clawier. [Intercalez Clawier, pieu (voir la 
citation sous claver).] (n. e.) 

Clayel, subst. niasc. Clôture. Peut-être le gril- 
lage qui renferme une pêcherie. On lit : « Closuram 
« piscarie vocatam claijel », dans le Très, des Chart. 
(Reg. 81, Pièce 1, octobre 1351.) 

Glayer, subst. masc. Claye. « S'il y a bourbe 
« qui nuise à passer, en ce cas il fauldroit porter 
« des claiers, ou des fagotz. » (Le Jouvenc. fol. 28.) (2) 

Cledat, subst. 7nasc. Enclos (3). Ce mot, dans le 
patois de Béarn, signifie proprement une étendue 
de terrain entouré de fossés ou de pieux, où l'on 
fait paître des bestiaux. (Laur. Gloss. du Dr. fr.) 

Clede, subst. Claye. Mol gascon (4) ou languedo- 
cien, sur lequel il faut voir Du Cange, Gloss. lat. 
aux mots Clcdal, Cleida, et Gaseneuve, Orig. de la 
langue fr. 

VARIANTES : 
CLEDE, Cledo. 



Clée, subst. féru. Claye *. Le dessus de la 
main °. 

* On a dit, au premier sens : 

11 me faut couchier sur l'estrain, 
Et faire couste d'une cloie. 

Eust. Desch. Poês. MSS. fol. 238, col. 4. 

Traisné sur cloijes noires (5) désigne une peine 
ignominieuse, dans la Jaille, du Champ de Bat. 
fol. G5, R°. Le P. Labbe, Gloss. p. 496, dit : Cloie, 
ou creil, crûtes. 

On lit, en parlant des boucliers que l'on tenoit 
serrés les uns contre les autres, comme des clayes : 

Devant euls les ourent levez 
Come cleez, joint, et serrez. 

Rom. ie Rou, MS. p. 323. 

^ Comme le dessus de la main ressemble, en 
quelque sorte, à une claye, par les nerfs et mus- 
cles, on s'est servi du mot cloije (6), pour le dessus de 
la main. « Elle vous donne à baiser la cloye de sa 
« main. » (Percef. Vol. V, fol. 75.) On écrivoit aussi 
cloe, et nous lisons, en parlant de la manière de 
porter le faucon sur le poing, qu'il ne faut pas 
qu'il soit sur la cloe de la main, ne dedens. (Modus 
et Racio, ms. fol. 111.) 

VARIANTES (7) : 
CLÉË. Nicot, Borel, Dict. 
Clés, plur. Chasse de Gast. Phéb. MS. p. 311. 
Clie. Cotgr. Mém. de Montluc, T. I, p. 26 (8). 
Cr.YE (9). 

Cloue. Modus et Racio, fol. 69. R». 
Cloe. Modus et Racio, MS. fol. 111, R°. 
Cloie. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 238, col. 4. 
Cloye. Nicot et Du Cange, aux mots Cleia et Clncn. 

Clei, subst. fém. Clavicule*. Jeu^. Instrument 
pour monter une arbalète '^. Instrument pour ouvrir 
une porte". Secret, moyen ^. 

* Clef{\0) a signifié autrefois cetos que nous nom- 
mons clavicule. « Un roy ayant eu un os de l'es- 
» paule, nommé la clef rompu, dit au chirurgien 
« qui ne cessait de lui demander grand salaire ; 
<• prends en autant que tu voudras, puisque tu as 
« la clef; le raillant par ce mot omonide (syno- 
« nyme) clef. « (Div. Ley. de Du Verd. p. 506.) 

^ Il y avoit le jeu des clefs, ou les clefs, jeu 
encore en usage parmi les écoliers (11). (Voy. Le 
Duchat, sur Rabelais, T. I, p. 141.) 

'^ On disoit clef de la détente d'une arbalesle, 
pour désigner la clef qui servoit à la monter. (Percef. 



(1) Dans Agolant, on lit clauen ou claven (p. 181, col. 1); « Claven ot bon et hiaume peint à Hors. » (.v. E.) 

(2) Nous avons la forme féminine clayère, parc à huitres. (N. E.) 

(3) Le mot subsiste comme nom de famille. (N. K.) 

(4) C'est un nom de heu dan.'; le département du Gard, commune de la Grand'Combe. On lit aussi au reg. JJ. 194, p. 
an. 1466 : « Le suppliant portoit une clede ou claye qu'il avoit faitte. » (n. e.) 

(5) On traînait sur la clcne les cadavres des duellistes, des suicidés et des condamnés à mort. (n. e.) 

(6) Voyez rlaie. (N. e.) 



217, 



(7) On'lit encore au reg. .1J. 196, p. 276, an. 1470 : « La clnije ou clide du champ de myl. » (N. E.) 

le employée par d'Aubigné (Hist., m, 226): « Les commissaires de l'artillerie, 



(8) C'est aussi la forme 
chemins, eurent quelquefois "la peine de faire cheniiner demie lieue l'artillerie sur des clies. » (n. e.) 

(9) « Le suppliant s'enfouit audit villaige jusques au dedans d'une clye près et au rez des maisons, 
an. 1464.) (n. e.) 

(10) Il vaudrait mieux écrire claie ou cloie: « El n'a, ce semble, point de ventre , Que tout le pis., 
l'eschine. » (La Rose, 10210.) (n. e.) 

(11) On lit aux Contes de Cholières (fol. 174) : « Ils passeront deux ou trois heures à jouer au flus , 
condemnade, au trou madame, à la clef, à remue ménage. » (N. E.) 



à cause des mauvais 



» (JJ. 199, p. 519, 
. Pent à la cloie de 
à la séquence , à la 



CL 



- 47 — 



CL 



Vol. IV, fol. 2'2.) (1) On en trouve la figure dans le 
P. Daniel. (Mil. Fr. T. p. ÂA2.) 

Tendent, et encochent errant ; 
En haste vent les clés serrant. 
Cordes font leur quarriaus baler. 

G.Guiart,MS. fol.SOI, R'. 

° Clef, pour instrument à ouvrir une serrure, se 
dit encore ; mais jadis il s"est quelquefois écrit 
clerf. « Les clerfs des chaisnes qui sont derrière les 
" portes, et guidiez de la ditte ville. » (Ord. T. III, 
p. 664.) 

^ C'est de cette acception propre que dérive celle 
de clef, pour secret, moyen. On disoit figurément 
en termes de chasse : « C'est la clefûu mestier que 
« d'avoir pingons bien appellans en la ligne, et es 
« caagettes. » (Modus et liacio, ms. fol. 186.) (2) 

Il nous reste à citer les principales façons de 
parler anciennes et hors d'usage, oîi le mot clef est, 
employé dans l'acception subsistante : 

1° Clef des cloches. Les consuls de Montpellier, 
qui s'étoienl révoltés en 1.370, apportèrent au duc 
d'Anjou, pour marque de leur repentir, » les clefs 
" (les cloclies, et le bataict ibattant) de la cloche, 
" desquieulx ils avoient sonné le triquenehan (toc- 
sin). » (Chron. S' Denis, T. lU, fol. 46.) 

J'aurois pu omettre celte expression, qui certai- 
nement est une faute; car on lit dans le même 
passage de la Chron. fr. ms. de Nangis : « Les clefs 
>• des portes, et le balel de la cloche dont l'en avoit 
« fait le touquesin. » 

2° Clef mailresse, autrement clef de confiance. 
Peut-être la clef de la cassette ou du trésor ' ; roi 
Philippe II (3). Touchant ;'i son dernier moment, le 
prince héréditaire « dit t'i Christophle de Mira, qui 
" est-ce qui tient la clef mailresse? C'est moy, 
'< monseigneur, respondit-il ; donnez la moy, dist 
>' le prince. Voslie Altesse me pardonnera, dit 
■ Christophle de Mira ; c'est la clef de confiance. » 
(^Brant. Cap. Eslr. T. II, p. 108.) 

3» Avoir la clef des cliaiiips. Façon de parler 
encore usitée parmi le peuple, pour signifier être 
mis en liberté, On la trouve dans J. Chart. Hist de 
Charles VII, p. 266 (4). (Ess. de Mont. T. I, p. 168, etc.) 

4° Avoir la clef signilioit gouverner. 



la clef de France avoit ; 

N'estoit, ne dus, ne conte, se l'encontraisse en voie, 
Se je le saluaisse, qui n'en eust grant joie. 

Fabl. MSS. Ju P.. n- 7218, fol. 2i5, R- col. », 

5° Etre clef et serrure, pouvoir tout, être tout- 
puissant. 

Il estoit clef el serreurc : 

De tout le réaume avoit la cure. 

Hist. de Fr. à la suite du Rom. de Fauvd, fol. 82. 

6° Prester lesclefs. C'étoit prêtera un prisonnier, 
relâché sur sa parole, de quoi recouvrer entière- 
ment sa liberté, en payant sa rançon. Bertrand 
Duguesclin, ayant été fait prisonnier, dit, en par- 
lant de lui-même : « J'auray tost payé, si je suis 
« délivré, et tel espargne le sien," et fa bien 
« enfermé qui, pour moy aidier, m'en prestera les 
« clefs. « (Hist. de B. Duguescl. par Mén. p. 299.) 

7° Pimir avec la clef semble mis pour punir en 
marquant d'un fer rouge : » Si quelque sentence 
" estoit reformée, cl mise au néant, pour cause de 
« faux tesmoignage des hommes, des eschevins, 
« d'arbitre, et d'autres, les moins particuliers, ils 
« seroient punis avec la clef. » (Coût, de Cassel, 
au Nouv. Coût. Gén. T. I, p. 708.) On trouve un 
exemple de cette punition dans la Coût, du Pais du 
Franc, p. 605. 

S" Lesclefs le roy{:>). C'est le droit de faire enfoncer 
une porte par la voie de la justice, lorsqu'on refuse 
de l'ouvrir. « Toutes les fois que l'en va penre 
« (prendre) pour dele, par jusliche; etchil, ou chele 
« seur (sur) qui l'en va penre, ne vient debonnaire- 
« ment monstrer ses choses, ainçois (mais au con- 
« traire) tient ses huis clos contre la volenté de 
« justiche, les clefs le ro)/ doivent estre fêtes; ch 'est 
« îi dire li serjans puet, et doit biisier che que l'en 
« ferme. » (Beauiminoir, p. 28.5.) 

9" Jet ter ou mettre les clefs sur la fosse (6) se 
disoit pour renoncer à la succession d'une per- 
sonne morte. (Oudin, Cur. fr.) Cette renonciation 
se faisoit en jetant effectivement les clefs sur la 
fosse du mort : ^ En commun langage, quand nous 
« voulons dire qu'une femme a renoncé à la com- 
« munauté de son mary et elle nous disons qu'elle 
« a jnis les clefs sur la fosse : qui me fait dire 
« qu'avec la renonciation judiciaire, il falloit encore 



(1) « Il n'y failloit ne corde ne clef pour la descocher. » Cette clef devoit servir aux arbalètes à cric , où la tension est 
produite par un petit cric fixé à larbrier. (n. e.) 

(2) On a dit aussi au sens de passage qui permet d'envahir un pays : « Se vous laissiés caste bonne chité de Berwich et 
ce bel castel de Rosebourch, qui sont sus marche et clef^ de vostre pays à rencontre del royaume d'Escoche. » (Froissart. 
II, 250.) Ce sens est dans la Chronique de Rains (89) ; « tiamiette... li clés de la terre. » (N. E.) 

(3) En Espagne, on nomme gentilshommes de la clef d'or, les grands officiers qui ont droit d'entrer dans la chambre du 
prince et portent une clef d'or à la ceinture, (n. e.) 

(4) 'Voici la citation . « Quant aux autres qui ne se peurenl sauver assez à temps dans iceUe ville, ils prirent les clefs des 
champs àl'adventure, les uns par eaue et les autres par terre. » Machaut (p. 113) avait déjà dit : « Se tu pues sentir ou 
veoir Que tes ennemis asseoir En bourc, en chastel ou en ville Te veillent, aie tant de guille, Qu'adès aies la clef des 
chans. « (n. E.) 

(5) On lit dans Joinville, au moment où il demande aux Templiers de l'argent pour la rançon de S' Louis (§ 384) : « Et je 
regardai une coignie qui gisoit illec ; si la levai et dis que je feroie la clef le roy. » (n. e.) 

(6) Après la mort de Philippe-le-Hardi « renonça la duchesse Marguerite sa femme de ses biens meubles pour la double 
qu'elle ne trouvast trop grands debtes, niettant sur sa représentation sa ceinture, avec sa bourse et les clefs, comme il est 
de coustume. » (Monslrelet, I, 17.) On lit dans Du Cange , II , 385 , col. 1 : « Apud nostros soient viduas claves et 
cingulum supra mariti defuncti corpus projicere , in signum quod bonorum communioni nuntium dant , ne debitis 
exsolvendis teneantur. » (Voyez Coutumes de lleaux (art. 53 et 54), de Lorraine (t. II, art. 3), MaUnes (art. 8), Melun 
(art. 187), Chaiimont (art. 7), Vitry (art. 9i) , Laon (art. 16) , Châlons (art. 30). Voyez aussi Grimm , Antiq. du droit 
germanique, p. 176. (n. e.) 



CL 



48 - 



CL 



« la cérômoi ic extérieure fies clefs. ■■ (Pasq. Heoli. 
p. 3/ir. - Voyez Favin, Th. d'honn. T. II, p. 1807, 
et le Dict de Cotgrave.) 

VARIANTES : 
CLEF. Orth. subsistante. 

Cleis. s. Bern. Sprm. fr. MS. p. 4; en latin clavis. 
Clebf. Ont. T. III, p. 664. 
Clés. G. Guiart, MS. fol. 297, R». 

Clementiii, siilist. masc. On désigiioit sous ce 
nom ceux (|ui éloient de la famille ou du parti du 
pape Clément : 

Et pour le pape Clément, 
De ses amis mi?t si très largement. 
Et avança par devers court de Rome, 
Que Clementin y seront longuement. 

Eu8l. Uesch. Tofs. MSS. fol. 153, col. t. 

Froissart, parlant du sciiisme entre Urbain \l et 
Clément Vil (I), sous l'an 138:2, ajoute: ■> Appelloyent 
« les François les Urbanistes, tant qu'en "foy, 
■ chiens; et aussi les Urbanistes, les Clemen- 
lins (t>). » (Froissart, liv. H, p. 235.) 

Rabelais parle d'un vin qu'il nomme clementin 
(T. IV, p. •i-28), soit que Cd fût le vin d'une vigne 
]irès de Bordeaux, plantée par Clément V, et qui, 
selon Duchesne, des Antiq. des Villes, liv. 111, ch. 2, 
porte encore le nom de Vigne Clémentine, soit que 
ce fût un vin supposé donné à l'Eglise par une clé- 
mentine, comme le croit Le Duchat. (Voyez sa note 
au lieu cité.) 

démentis. [Intercalez démentis, chapelains 
de l'église de Rouen, londés par Clément VI (JJ. 111, 
p. 3-26. an. 1372) ; au testament de Charles V (1374), 
on lit encore: >■ [les messes] doivent estre... dites... 
i< par douze chapellains de laditte église, appelles 
« les Ckmentis. »] (n. e.) 

Clenche, suhst. fém. Loquet. 

En le cambre, sans plus atendre, 
"Vint à s'ostesse congié prendre : 
Le clenke sache; lui ouvri 
La bele dame, etc. 

Fabl. MSS. du R. n' 1989, fol. 211. V col. 1. 

On dit encore clenche, en Normandie, et les 
Champenois disent clencher une porte, pour l'ou- 
vrir en lournanl le loquet. (Falc.) (3) 

VARIANTES : 
CLENCHE, r.orel. Dict. 

Clenke. Fabl. MSS. du R. n" 7989, fol. 211, V» col. 1. 
Clinche. Dict. Univ. 

Cler, siibsf. Espèce de fleur jaune. Peut-être 
réclaire ou chélidoine. 

Au joly may que clers ont figure jaune. 

Perccf. Vol. I, fol. "S, R'col. 5. 

VARIANTES : 
CLER. Arr. Amor. p. 140. 

Clere. Chasse de Gast. Phéb. MS. p. 103. 



t:!er. [Intercalez Cler, sorte d'étoffe : <■ La mère 
« de laditte Meline bailla une cote de cler qu'elle 
» avoit à sa dlle. » (JJ. 107, p. '217, an. 1375.)] (n. e.) 

ClerCO, adj. Illustre*. Clair ^. Certain "=. Pur, 
net". Absous^. Liquide^. 

* Ce mot, formé du latin clnrus, en a autrefois 
retenu la signification, que nous ne lui avons con- 
servée qu'au superlatif c/flr?ssim(?. On disoii autre- 
fois, en ce sens : » Ellinde digne de venir avec les 
« femmes très clcres en cognoissance publicque. » 
(Hist. de Floridan, p. 691.) On a aussi écrit clerc, 
en ce sens. (Petit J. de Saiiitré. p. 43.) 

^ C/cr,dans le sens de clair (5), brillant, lumineux, 
s'est dit souvent. (Voyez Beauman. p. 1 ; Ord. T. 1, 
p. 44,").) De là, l'expression faire cler, pour éclair- 
cir. « Tout ce qui obscur luy est, je face cler, et le 
« mette au net. » (Froissart, liv. III, p. 262.) Comme 
on a souvent confondu les deux orthographes eler 
et clerc, on a écrit : aussi clerc que le Jour (Arr. 
Amor. p. 140\ pour aussi clair que le jour. De même 
on a dit arme an clerc, au cler, ou au clair, d'une 
armure de fer poli, sans aucun oi-nement, ce que 
l'on appeloit aussi armé à blanc. Froissart, liv. IV, 
p. 108, dit : « S'arma tout au cler et à l'estioit, de 
" toutes pièce, et lit son pennon développer tant 
« seulement, dans le journal de Paris » (page 75). 
" 400 hommes armés au clerc (G). » (Voyez Armés à 
blanc, au mot Blanc.) 

'^ Voir clairement, c'est être certain. Cler a signifié 
certain. « Tout autre tel est, l'autre print. Si'dient 
« aucunes gens ; mais je ne suis mie si cler corne 
» de l'.iutre. » (Assis, de Jérus. p. 33.) 

° Cler s'est dit aussi pour pur, net. Ainsi, on lit 
clere eau, dans Percef. (Vol. ill, fol. 74.) Nous 
disons encore, en ce sens, eau claire; mais il faut 
remarquer que, dans le passage indiqué, traire 
clere eau signitle tirer des éclaircissemens, expres- 
sion figurée alors en usage. C'est en ce même sens 
qu'on à dit le cler d'un testament, pour le montant 
net, le total des charges et legs. (Coût, de Meaux, 
Coul. Gén.T. I, p. 77.J 

^ L'idée de net emporte avec elle l'idée d'absous. 
On a dit cler, en ce sens. On lit, au sujet de Pierre 
Craon : « (Ju'il couvenoil qu'a lusi cler eu France, 
« et lui fussent pardonnes tous ses méfaits. » (Frois- 
sart, liv. IV, p.22i,) (7) 

■^ Enfin cler signilioit liquide. 11 a même encore 
cette signilicnliou dans quelques endroits de la 
Normandie. Alors on l'emploie substantivement, 
comme en ce passage: « Pourrez arroser les pieds, 
« du cler, au bouillon de la dicte composition. » 
(Fouilloux, Fauconnerie, fol. 43.) 



(I) On nomme Clémentines les décrétales de Clément V, publiées par Jean XXII. (n. e.) 
(2; Comparez édition Kervyn, X, 205. (n. e.) 

(3) En wallon, on a cliché et clichette, de l'allemand klinkc, loquet, (n. e.) 

(4) Voyez plus haut clair, (n. e.) ,,.,.,. 

(5) Clair est souvent l'épilhete de visage dans les Chansons de Geste; « Le front poli et cler, les oils vairs et nans. » 
(Saxons, V.) — « La fille Rlanchellor, la royne au cler vis. » (Berte, XXX ) (N. e.) 

(6) On lit encore au t. III, IJS : « Et là ordonnèrent trois batailles tout armé au cler. » Voyez ausii t. IX, p. 19.5. (x. e.) 

(7) Comparez Kervyn, XV, 235. (n. e.) 



CL 



49 - 



CL 



Nous ne pouvons déterminer son acception dans 
les vers suivans : 

Amans doit estre loiaus, 

El deboneres comme aigniaus ; 

Et dous, et simples, que coulons (pigeon), 

El hardiz de cuer, que lyons : 

Ne doit estre, de chose clere (1), 

Ne boubencier. ne menlere. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218. fol. 250, R* col. 2. 

Fiemarquons quelques expressions hors d'usage : 
1° On disoit cltr du tems. pour la matière fluide 

qui environne la terre ; ce que nous appelons le 

ciel. >' Tu le verras entre toy, et le cler du temps. « 

iModus etRacio, ms. fol. 163.) 
2° Cler de leu, pour crépuscule, ou, comme nous 

disons, l'entre chien et loup. 

La gent qui estoit en cel leu, 
Bien seul voir cler de leu. 

Kabl. MSS. du R. n- "218, fol. 295, R'col. 2. 

3° Cler nemé, pour rare. Expression figurée en 
usage parmi le peuple, en quelques provinces. On 
la trouve dans ces vers : 

Ceus doi on bien mostrer au doi, 
Qu'il sont au siegle clef semé. 

Fabl. MSS. du R. n- 7M5, fol. 78. R- col. 2. 

4° Cler pays signifioit, en termes de chasse, une 
étendue de terrain, une campagne sans bois. » S'il 
« a aucun cler paijs ou lu puisses tendre les rais, 
« si les y tens. » (Modus et Racio, fol. <)3.) 11 est 
opposé ù fort i/aijs, bois, forêt, dans la Chasse de 
Gasl. Pheb. .mss. p. 326. (Voyez pays couvert opposé 
à clerc fustaye, comme le taillis opposé au bois de 
fuitaie, dans Modus et Racio, ms. p. 73'2.) 

VARIANTES : 
CLER. Modus el Racio, MS. fol: 82, R». 
Clerc. Arr. Amor. p. "140. 

Clerc, subst. masc. Pris pour chanoine. On lit 
dans ruist. de Tournus, par.Iuinin, p. 133 et 134, 
que Guillaume, archevêque de Vienne, écrivit aux 
moines de Tournus ; il les remercia » de ce qu'ils se 
« sont employés de tout leur pouvoir, jusqu'à s'éta- 
■ blir cautions pour la délivrance des clercs de 
» Vienne « ; et on lit en marge : » c'est à dire des 
« chanoines que Humberl de Beaujeu avoit faits 
■I prisonniers. » 

Clerc, subst. masc. Ecclésiastique *• Homme 
lettré °. Commis '^. Garçon de boutique, valet °. 
Pédant ^ 

Nous avons déjà remarqué, sous le mot cler, 
qu'on avoit confondu les deux orthographes cler et 
clerc, qu'il étoit essentiel de distinguer, puisqu'elles 
annoncent des élvmologies très-différentes. 11 faut 



donc rejeter cette confusion sur l'ignorance des 
copistes. Nous avons employé, sous le mot cler, les 
significations de l'orthographe c/«r, qui appartien- 
nent au mot cler, dérivé du latin clarus. De même 
nous placerons ici les significations de l'ortho- 
graphe cler, qui appartiennent au mot dérivé du 
latin clericus. Cette attention nous a paru néces- 
saire pour tirer, autant qu'il est possiljle, la vraie 
valeur des mots de l'obscurité qui naît souvent de 
la confusion de leurs orthographes. Cette méthode 
nous a souvent obligé de répéter la même ortho- 
graphe dans divers articles, tantôt comme source 
des autres, tantôt comme corruption. Cler est ici 
corruption de la vraie orthographe clerc, qui, dans 
l'article précédent, étoit lui-même corruption de 
l'orthographe cler. Qu'on nous passe cette petite 
digression. Nous avons cru pouvoir saisir cette 
occasion d'expliquer la méthode que nous suivons 
d'ordinaire et de la justifier. 

* Le mot clerc, sous ses diverses orthographes, 
pris dans le sens propre et conformément à sa 
dérivation du ]al'm clericus, a signifié ecclésiastique 
constitué dans les ordres el dans les dignités. Il s'est 
dit aussi pour simple clerc, dans le sens oii nous le 
disons encore aujourd'hui (2). 

Parmi les derniers, il y en avoit qui étoient 
mariés et d'autres iiui ne l'éloient pas (3). (Voy Coût, 
de Gorze, Nouv. Coût. Gén. T. 11, p. 107'i, et Jnven. 
des Ursins, Hist. de Charles VI, p. 160.) Ceux qui 
épousoient des femmes de condition serve lesaffran- 
chissoient de la servitude, el elles jouissoienl des 
privilèges de l'Etat libre, même pendant leur veu- 
vage ; mais les clercs mariés perdoient leurs privi- 
lèges, sitôt qu'ils quitloient la tonsure et l'habit 
clérical, et qu'ils cessoient de servir l'Eglise ou les 
hôpitaux. 

Les passages suivans confirment cette explication, 
et l'on y verra encore qu'il n'était pas permis aux 
gens de condition (c'est-à-dire de condition serve, 
servile) de faire leurs enfans clercs sans le consen- 
tement de leur seigneur. « Des franches personnes, 
« aucuns sont clercs, les autres sont laiz : les clercs 
" sont personnes ecclésiastiiiues en ordre el dignité 
« sei'vans à l'Eglise; et les autres sont simples 
" clercs tonsurez, dont les uns sont mariez, et les 
« aulres non. » (Coût, de Aleaux, Coût. Gén. T. I, 
p. 75.) « Si un clcir a épousé une femme de serve 
" condition, tel clerc affranchist sa femme de toute 
« servitude qu'elle peut devoir à son seigneur; 
» leur mariage, et son veufvage durant. » (Coût, de 
Vitry, ibid. p. 456.) 



(1) Entendez ; « c'est chose claire » ; c'est la rime qui amène cet hémistiche, (n. e.) 

(2) La classe des clercs avait en propre nn costume el des privilèges ; tonsurés et même habillés d'une robe rayée, 
d'après certains jurisconsultes du xiiF siècle, ils n'étaient justiciables que des tribunaux ecclésiastiques et ne payaient 
point le droit de travers, lorsqu'ils transportaient des objets de consommation à leur usage, (n. e.) 

(3) Le titre de clerc était aussi recherché que facile à obtenir ; il suffisait de prendre la tonsure et le premier des ordres 
mineurs, tout en gardant sa place dans la famille et dans la société. De là ce passage du reg. J.T. 199, p. 403, an. 1464: 
(f Après ce icellui Pierre Marchant se porta et advoua clerc, afin de ne faire aucunes réparations honoiables au suppliant. )i 
On lit encore au t. V des Ordonnances (p. 377, an. 1370) : « Que clercs de bon nom" et de bonne renommée, soient receus à 
estre bourgois de Tournay, et à joir des franchises de bourgoisies , et estre en tous offices , comme les autres ; mais 
qu'ils aident à soustenir les charges et les fraiz de la ville, si comme les .lutres ; et en cas où il se mefTeroient , dont les 
laiz seroient tenuz de perdre leurs bourgoisies, les ditz clers les perdroient aussi. » Le Monasticon Anglic. (,111, 244) nomme 
ces clerici seculares, clercs viscars (vicarii). (n. e.) 

IV. 7 



CL 



- 50 — 



CL 



Les termes de Juvénal des l'rsins (Hisl. de Charles 
VI, p. '201), cU'v marié cviin unica virgine, que 
Bouleillur (Soin. lUir. p. 717) appelle une non 
l'orroiiipiii', compreiineiii les deux conditions sous 
lesquelles les ("/«'/rs jouissoienl du privilégie de la 
cléhealure, (luoique mariés : l'une exiçceoil qu'ils 
ne fussent mariés qu'une fois, et l'autre (lu'ils 
n'épousassent [las de veuves, à moins (ju'ils ne fût 
prouvé iiu'elles étoient vierges. Les privilèges des 
clers mariés étoienl moins étendus ijue les privi- 
lèges de ceux qui ne l'éloienl pas (Voyez (ir. Coût. 
de Fr. p. 18.) « Entre les clercs, aucuns sont 
« mariez, aucuns non; les maryez jouyssenl de 
" leurs privilèges si longuement ([u'ils portent la 
« tonsure et l'habit clérical, et servent à une église, 
« hospital, ou séminaire, et à faute de ce. ils les 
<> perdent. » (Coul. de Lorraine, Coût. Gén. T. Il, 
p. ior.7.) 

Suivant la Coût, de Nivernois, « les gens de 
» condition (c'est à dire d'étal servile) ne peuvent 
« faire leurs enfans clercs, sans l'exprès consente- 
" ment de leur seigneur : et s'ils le font, les dits 
« clercs demeurent serfs, sauf quant aux corvées ; 
>' et à son recours le seigneur, pour son inléiest, h 
« rencontre des dites gens de condilions, clercs, ou 
« prestres, et autres qu'il appartiendra. » (Coul. 
Gén. T. I, p. 880.) 

Le nom de clerc ou de moine s'est donné indiffé- 
remment à ceux qui piofessi ient la vie monastique. 
(Voyez l'clihien, Ilist. de la Vie de S' Denis, p. 14.) 
Cependant le c/ereetoitdistingué du moine, suivant 
la règle de S' Benoit, dans l'Apologie de l'abbé de 
Rancé, p. 80. 

^ Comme autrefois les ecclésiastiques étoient les 
seuls lettrés, ainsi qu'il paroit par ce passage de la 
préface de MabiUon, p. 284 : « Soli fere clerici 
« litteris mstrucli erant », le nom de clerc (1) a été 
donné à tout homme savant. (Voyez Dicl. deMonet, 
Borel, Corneille, Gloss. de Marot et le Closs. des 
Coût de Beauv. où il est dit que les mots il clerc, 
li lai se prennent pour les personnes de lettres et 
pour les ignorans.) 

Le roi de iNorrois(2) ayant envoyé au roi de France 
un brief, c'est-à-dire un billet ou lettre : 

Li rois a le séel brisié, 

Il lut le brief, quar il ert cJera. 

Parlon. de BUiis, MS. de S. C.arm. fol. 134, R* col. 3. 

Car chevaliers ont honte d'estre cters. 

Eusl. Descdi. Pocs. MSS. fol. 137, col. 2. 

Le même auteur, parlant delà nécessité d'étudier 
l'histoire, pour devenir bon général ou chevalier 
parfait, et comparant le chevalier non cler au clie- 
valier cler, ajoute : 

L'espée n'a que trois tranchans, 
Des non clers chevaliers errans; 



Les deux taillans, et puis la pointe; 
Mais chevaliers clers l'a plus cointe, 
Plus puissant, plus fort et plus belle : 
Quatre taillans .t s'alenielle. 

Eusl. Deacli. Poës. MSS. fol. 549, col. 4. 

On lit dans Babelais. livre I, page 252 : « Magis 
" magnos clericos non sunt magis magnos s;ipieTi- 
« tes.' « Le proverbe est répété dans les Essais de 
Montaigne, T. I, p. 189, et on le trouve expliqué en 
marge : les plus grands clercs ne sont pas les plus 
sages. 

On appelle clercs, ceux mêmes qui sedestinoient 
aux lettres, les écoliers : 

mon niaitre vous annonce, 

Par moi, qui suis un de ses clers nouveaux, etc. 
Cléra. Marol, p. 2f.8. 

Miraumont, parlant des conseillers clers [S] au Par- 
lement, croit qu'à cause de leur savoir ils ont retenu 
le nom de clerc, « qui disoit anciennement homme 
scavanl elde lettres {'t) ». (Cours souver. p. 20.) 

Ce litre de clerc étoit aussi donné aux officiers 
du conseil. Le seigneur de Goux, f.iit chevalier en 
1453, à l'attaque des Gantois, et depuis chancelier 
du duc de Bourgogne, comme il est dit p. 399, est 
appelé le principal du conseil pour les clercs, dans 
01. de la Marche. Liv. 1, p. 404.) 

On conserva aussi ce titre aux officiers militaires, 
comme on peut le voir dans un compte de 1485 de 
l'Etat des Officiers du D. de Bourg, p. 31, où l'on 
assigne 120 francs à messire Baudoin de la Nieppe, 
amiral de Flandres, qualifié, dans ce même compte, 
clerc licentié en loi.r, précepteur de M^' le comte de 
Nevers 

Clerc, pour secrétaire d'un seigneur. (Voyez 
Duchesne, Gén. de Guines, p. 283, til. de 1241.) "Uii 
seigneur dit : Mon clerc trésorier de Vitré, dans 
Duchesne, Gén. de Montmorency, p. 386, titre 
de 12G5. 

Le mot de cZerc étoit aussi commun à tous ceux 
qui tenoient la plume. 11 s'est dit des écrivains en 
général, des commis, des secrétaires, tant du roi 
que des particuliers, et le Gloss. de l'IIist. de Paris 
l'emploie dans le sens de greffier : « Tout ainsi que 
« les secrétaires du roy estoient appeliez clercs. 
» aussi les seigneurs appellerent leurs clercs, ceux 
« qui avoient en leurs maisons la charge d'escrirc 
>' sous eux, jusques à ce que ce mot est finalemeni 
" demeuré à ceux qui escrivent sous les advocals. 
« greffiers, notaires et procureurs. » (Pasq. Rech. 
p. 681.) 

Fauehet, dans ses Orig. des Dignités de Fr. (liv. I. 
p. 21), remarque que le nom de clerc devroit èlie 
donné à tous ceux qui écrivent sous des seigneurs, 
au lieu de celui de secrétaire, qui ne convient qu'à 
ceux qui écrivent sous le roi : <> Paix, ce dit M. de 



(1) De là dans Froissart « clerc de droit », pour légiste. » (II, 367.) (n. e.) 

(2) Norwége. (n. e.) 

(3) C'étaient les conseillers ecclésiastiques, (n. e.) 

(4) Au moyen-àge, les clercs possédaient seuls la science , car seuls ils apprenaient à écrire ; ils étaient scribes tt 
donnèrent leur nom aux greffiers de la basoche, c'est-à-dire des huissiers procureurs et notaires. Do là cette phrase île 
Robert Bourron (Du Cange, II, 393, col. 3) : « Li clerc sevent moût par force de clergie, Que autre gent ne sauroient mie •■ 
On lit encore dans Jean de Condé(id., 394, col. 1) : « A Nonneguin le fil Martin Le singe, qui bien sot latin , Et qui estoit 
clercs couronnez, D'escrire à court et de conter Que li frait pooient monter. » (N. e.) 



CL 



— 51 — 



CL 



« Lusson, voilà qui a esté mon deir. ^fes succes- 
 senrs usentde secrétaires, d'autant qu'ils sont du 
« monde, et nous n'en sommes pas. " (Moyen de 
Parven. p. 69.) « Adonc furent mis clercs en euvre, 
■( et lettres esci'illes ù puissance ^en quantité] et 
« messagers envoyés. " (Kroiss., liv. III. p. ISO.) 

*= La dégradation de l'acception du mol clerc se fit 
insensiblement. Des ecclésiastiques, il avoit passé 
aux gens de lettres; de là, aux secrétaires, puis aux 
commis, aux simples écrivains. Bassompierre, par- 
lant d'un jeune garçon nommé Ducros, dit qu'il 
l'avoit pris pour clerc de ses secrétaires. (Mém. 
T. IV, p. 327.) 

Uns prince.s pliiseurs prelas fait, 

A ses despens d'u'i secrétaire. 

Ou d'un simple clerc, le fait faire. 

Eusl. Descli. Poês. MSS. fol. 523. col. l. 

A la fin de l'Hist. de l'Invention du corps de 
S" Antoine, ms. du président Bouhier, on lit : 
« Cirard Goguye clerc demeurant à Beaune, l'a fait 
<■ escrire eirsôn hoslel, par l'un de ses clercs. » (ms. 
du P. Bouhier, ^N" col. G3.) 

Il s'est dit en parlant d'un commis d'un receveur 
général des finances, en HoO. dans J. Charl. Hist. 
de Charles VII, p. '220. On lit dans une Ord. de 1320, 
louchant les receveurs : « Us ne prendront dons. 
<■ pensions nulles, ne soufîeront (souffriront, per- 
« mellronl) à prendre à leurs clercs, ou escuiers. ■> 
(Ord. T. I, p. 713.) Après le nom de plusieurs offi- 
ciers de l'hôtel de ville de Paris, on trouve Piobert 
Lamet, clerc, dans .Uivénal des Ursins. (Hist. de 
Charles VI, p. 239.) L'éditeur explique clerc par 
greffier. 

Il s'est dit encore des commis ou facteurs d'un 
mai'chaiul. « Jaques Cceur avoit plusieurs clercs, el 
facteurs sous luy, qui se mesloient des dites 
« marchandises. » (Math.de Coucy, IIisl.de Ch. VII, 
p. 691.) « Audit mestier n'aura que dix vendeurs, 
-< tant seulement lesquels vendront les dits pois- 
» sons en leurs personnes, sans ce qu'ils les 
« puissent fait vendre par leurs femmes , par 
» leurs c/<?;'t's mesmes, ne par aucune autre per- 
« sonne. ■■ (Ord. T. II, p. 358.) 

° L'acception du mol clerc passa encore à des con- 
dili(uis moins considérables. Ce mol fut employé 
pour garçon de cabaret. L'auteur, après avoir 
employé le mot de valet, .s'exprime ainsi : 

Mais il fallut, ains que partir, 
.\voir ung morceau de fromage : 
Adonc, dist le clerc, mon amy, 
Il fault compter, etc. 

Villon, page 2S. 

On verra ci-après qu'on appeloit les garçons de 
cabarel clercs de taverne (1). 
Clerc désigne un garçon tapissier, dans ces vers : 



Mais une autre noise sailli, 
Tantost, entre me.ssire Oijier 
Et conlre .Vrnault le tapicier. 
Après vint un autre debas. 
De Robinet le cler Arnault. 

Eust. Descii. Pues. 



MSS. fol. iO*S, col. 4. 



Il s'est dit aussi d'un homme qui est au service 
d'un ermite, dans Lanc. du Lac, T. II, fol. 89. 

^ De terme d'éloge, le mot clerc (2) devint terme 
d'injure. « PédaiiC clerc, magister, sont mots de 
« reproche : faire sottement quelque chose, c'est le 
■■ faire en clerc. « (Sag. de Charron, p. 44.) 

Apiès avoir exposé les diverses significations de 
ce mol comme substantif, rapportons les façons de 
parler dans lesquelles on femployoit : 

1° On nommoit clers des comptes et maîtres 
clercs les maîtres des comptes. " Quant aux audi- 
« leurs, ils sont d'institution fort ancienne, et 
« presque établis de même temps que les maistres 
« clers, depuis appeliez maistres des comptes. » 
(Miraum. des Cours souver. p. 441.) « Les conseil- 
« 1ers de la chambre des comptes, les seigneurs, et 
<• les clercs. » (Math, de Coucy, Hisl. de Charles VII, 
an 1461, p. 734.) On lit : conseillers, et clers des 
comptes. (Chron. Scand. de Louis XI, an 1461, p. 21. 
— Voyez La Roque, Orig. des Noms, p. 274.) 

2" On nommoil,au contraire, petits clercs 3 , clers 
d'aval :4: ou d'en bas [ô], compagnons d'aval et d'en 
bas, les auditeurs de la chambre des comptes. « Les 
.■ auditeurs furent du commencement appeliez 
« petits clercs, à la différence des maistres clercs, 
" ecclésiastiques, et fort souvent clercs d'en bas, ou 
« d'aval, parce que les maistres faiseoient leur 
•• séance au bureau d'en haut, et les autres en ceux 
« d'embas. >- (Pasq. Rech. p. 67.) « Les auditeurs 
« éloienl lors appelles clers, petits clers el compa- 
« gnons d'aval, parce que de la chambre, el burel 
« des maistres c ercs, on descendoit, par dégrés, 
« en leur chambre où ils travailloient aux écris 
<■' faire de la chambre. » (Miraum. des Cours souv. 
p. 415 — Voyez Ord. T. II, p. 98 — Du Cange, au 
mot Cler ici.)' 

3" Il y avoit des clers des arbalestriers. On lit 
dans une ordonnance du 27 févr. 1359 (1360): 
« Portant règlement sur tous les officiers du 
» royaume, etc. En l'office de la clergie des arba- 
« lestriers, sera à présent, et dores en avant un 
« clerc tant seulement. « tOrd. T. III, p. 385.) 

C'éloit une espèce de major, suivant l'abbé Des 
Fontaines (Observ. T. I, Lett. 460, fol. 219), ou 
plutôt cet office répondoit à celui de commissaire 
des guerres, attaché au corps des arbalétriers. 11 
avoit peut-être dans ce corps les mêmes fonctions 
que le clerc du guet ci-après, officier militaire dans 
une place (6). 



(1) Dans les statuts de l'Hôtel de Philippe-le-Long (1317), il est parlé de clerc saucier. Au reg. JJ. 15S. p. 433, an. 140i , on 
Ut aussi : « Et lors tantost baillèrent icellui argent au clerc de ladite taverne. » (.\. E ) 

(2) « Maint sont clers oii n'a que folie, Car sans savoir sont hors du sens ; Si se puet l'en bien chevir sans Tels clers ou 
scien-^e n'est mie. » (E. Desch. , fol. 282.) (.v. E.) 

(3) Dans un édit de 1359. (n. e ) 

(4) Dans une Ord. de 1378 (t. VI, p. 382. t. X, p. 100). (N. E.) 
(5i) Dans un édit de 1407, 7 janvier, au reg. Pater, (n. e.) 

(6) On nommait clerc des arrêts, le greffier du parlement, i Edit pour le parlement, le lendemain de l'Epiphanie, 1277.) ('^f . E.) 



CL 



— 52 



CL 



4* Clerc de capitaine d'une j'^Z/f semble mis il ms 
le pass:i£;e suivant (joursiginlier ce que nouséiileii- 
dons aujourd'luii par major d'une place: ■' Nul ne 
« doit mettre son prisonnier sans congé. Mais en ce 
« faisant, il est tenus, (|uand il a mis le piisonnier 
« dedens la ville, d'en envoyer les noms au clerc 
« du capitaine. » (Le Jouvenc. ms. p. i."i6.) 

n» Les clercs d'armes étoient ceux qui étoient 
attachés au service des rois et hérauts d'armes et 
qui aspiroicnt ti ce grade. On les appeloit aussi 
poursuivans d'armes. (Voyez le P. .Menestr. de la 
Chev. p. 208. où l'on trouvera les cérémonies qui se 
pratiquoient à leur création.) 

6° Clerc de l'aumosne. Du Gange traduit ainsi les 
mots clerici eleemosiiiœ d'un statut de l'Hôtel de 
1317. 

7° Clerc de boire. Dans la société des buveurs, 
c'éloit le dernier reçu, celui qui servuil les autres. 
« 11 fut décrété que la prochaine serée du lende- 
« main se feroil en sa maison, et comme le dernier 
« venu, on le créa cler de boire. » (Bouch. Serées, 
liv. II, p. 157.) 

8° Clerc des cas roijaux semble mis pour greffier, 
en ce passage: « Est à scavoir que, tout officier 
« général du roy, si comme baillif, ou lieutenant, 
« procureur du roy, ou substitué, advocat du roy, 
« sergent du roy à pied, ou fi cheval, clers des cas 
« royaux, garde de prison royalle, etc. » (Bout. 
Som. Rur. p. 8U8.) 

9° Le clerc de la chambre aux deniers étoit une 
espèce d'oflicier de la maison du roi. On lit dans 
Petit J. de Saintré, p. 293 et 294 : « Que le roy le 
« fisl tout deffrayer, en tant que (dans toute l'es- 
'■ tendue de son royaume) son royaulme dura, par 
« ung maistre d'hostel, et clerc de chambre aux 
« deniers. » 

10° Clercs de la chapelle du roy. Du Gange traduit 
ainsi les mots clerici capelle régie, du testament 
de Louis-le-Hutin, en 1316. 

M° Clers du conseil. Ges mots répondent à ceux 
de clerici consilii, d'un statut de 1285, rapporté par 
Du Gange, T. II, col. 090. Ils furent institués au 
nombre de douze, par Philippe-le-Hardi, en 1285, 
suivant Miraumont, qui les regarde comme des 
maîtres des requêtes. (Voyez Traité de la Ghancel- 
lerie, fol. 49.) 

12° Clers de droit. C'étoient des officiers du Par- 
lement, peut-être les conseillers. Les ducs de Bour- 
gogne et de Berri demandent à Gharles VI, pour le 
comte d'Eu, la dignité de connétable, dont Clisson 
avoit été dégradé par arrêt du Parlement, en lui 
disant : « Clisson par jugement, et arrest des clercs 
" de droit et de vostre chambre du Parlement l'a 
« forfait. " (Froissart, liv. IV, p. 175, an 1392.) (1) 

13» Clercs de V échançonnerie . Du Gange explique 
ainsi ces mots clerici scantionariœ, qu'on trouve 
dans le testament de Gharles-le-Bel de l'an 1321. 
(Voyez Du Gange, T. II, col. 690.) 

14' Clercs de l'escurie. C'est la traduction des 



mots clerici scutiferia\ du testament deCharles-lc- 
Bel. de l'an 1324, donnée pur Du Gange. iGloss. lai. 
T. 11, col. 690.) 

15" Clerc des euvres du palais. On lit dans une 
ordonnance: •< Que ]ti clerc des euvres du dit palais, 
« doit chacun an payer, une fois seulement, au dit 
concierge, pour son valet qui nettoyé, ou fait 
" nettoyerla courtdu dit palais, trente solz parisis. « 
(Ord. T. 111, p. 313.) 

16" Clerc familier dn duc. C'étoil, suivant la 
conjecture de l'éditeur, le sécrétai; e du cabinet du 
duc : il avoit cent francs de gages. (Voyez Etat des 
Officiers du D. de Bourgogne, p. 20.) 

17° Clercs de finances. Ils sont employés comme 
synonymes à trésoriers, dans les Ann. de .). d'Aulon 
de 1499, p. 112. 

18° Clercs de la fourrière du roy. Du Gange tra- 
duit ainsi les mots de clerici forrariœ, du tesiameut 
du roi Louis-le-IIutin, de fan 1316, et du testament 
de Gharles-le-Bel, an 1324. (Voyez Du Gange, Gloss. 
lat. T. II, p. 690.) 

19° Clerc de la geolle du Chastelet semble un 
officier particulier du Ghàtelet. peut-être le greffier, 
qui, d'après le passage suivant, étoit tonsuré. 
Après avoir parlé du nommé Perrain des Fresnes, 
clerc de la geolle du Chatelet de Paris, qui épousa 
une veuve, il est dit qu'il fit ajourner le procu- 
reur de Saint-Magloire, « en la terre duquel il 
« demouroit, et le procureur du roy, par devant 
« i'oflicial, pourouyr une certaine "requeste qu'il 
<' entendoit faire contre eux, et chascun d'eux, pour 
« le privilège de sa tonsure, et à la journée fist sa 
" requeste, que comme sa femme, nonobstant 
« qu'elle eust esté autiefois mariée, fust encore 
« pucelle, si comme il offroit prouver, tant par tes- 
« moings, comme par l'inspection de son corps, 
« lequel il vouloit exhiber, que le privilège de sa 
o tonsure luy fust sauvé, et réservé. » (Gr^Gout. de 
Fr. p. 518.) 

19" bis. Clerc du grenier. [Intercalez Clerc du 
grenier: « L'on commettra et ordonnera un homme 
« sage, loyal et diligent pour estre grenetier illec ; 
« et un autre preudhomme loial et expert, qui 
» scache bien écrire, lequel sera clerc dudil 
" grenier, et controUeur dudit grenetier. » (Ord. 
T. IV, ann. 1366, p. 695.)] (n. e.) 

20° Les clercs du guet étoient des officiers qui 
avoient le détail et la police du guet. On peut voii 
quelles étoient leurs fonctions, dans les Ord. T. lll, 
p. 668 et 669, an. 1363. (Voyez Gr. Goût, de Fr. 
p. 9.) Clerc du guet est employé, dans la même 
acception, comme officier militaiie, dans le passage 
suivant, où il est parlé d'une ville prise sur les 
ennemis: « Au regard de Gervaise, il aura l'office 
« de maistre portier, et Jehan l'Archer sera clerc 
« du guet, vous mareschal, etc. " (Le Jouv. fol. 30.) 

21° On appeloit clers de halle les greffiers dé 
l'hôtel de ville, suivant l'éditeur des Ordonn. T. V, 
p. 133. 



(i) Comparez éd. Kervyn, t. XV, p. 99. (n. e.) 



CL 



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CL 



22' Vlers d'honneur (1). Ondonnoit pouvoir à un 
lieutenant de faire des clercs d'honneur, en Vii'l. 
(Ord. l. VIll. p. 376.) 

23" Grand &[ petit clerc. On enlendoit peut-être 
par le grand clerc le chantre, et par le petit clerc 
celui (jui servoit la messe. « Au venir querre mon 
« dit corps pour enterrer, soit le curé, deux capel- 
« laius, le grand clerc et \e petit, reveslus de sur- 
u plis onde chappes, selon la saison, moy enterré, 
" je veux et ordonne que mon obseque soit faite 
I' par le dit curé, deux chappelains, diacre, et soubs- 
'< diacre, le grand clerc el le petit clerc Je donne 
<• au curé vingt sols tournois, je laisse au grand 
« Cle7'c dix sols tournois, par condiction dicte du 
« curé; au jjetit clerc, trois sols tournois. " (Bout. 
Som. Rur. p. 874 ) 

24" Clerc juré paroît signifier greffier, en ce pas- 
sage : « Le corps de la justice du dit marsal est 
« composé d'un prevost maistre eschevin, six esche- 
« vins, un cler juré, et un doyen. » (Coût, de .Marsal. 
— Nouv. Goul. Gén. T. II, p. 1163.) 

25" Clercs libraires. On nommoit ainsi les vingt- 
quatre libraii es reçus anciennement dans l'Univer- 
sité de Paris, (|ui étoient destinés à copier les livres 
avant l'invention de l'imprimerie. (Voyez La Roque, 
Orig. des Noms, p. 287.) 

25" bis. Clerc de la loige. [Intercalez Cler de la 
loige : « Item que li maires et eschevins ne 
•' puissent riens lever, recevoir ne tourner devers 
« euls des emolumens de la ville, ainçois y soit 
" establi un preudomme, qui seraelerc de la loige, 
» pour recevoir de par le maïeur et les esclievins. » 
(Statuts pour la ville de Provins, JJ. 56. n. 599, 
an. 1319.)] (n. e.) 

26° Clerc de la marchandise de Paris. Peut-être 
le clerc du prévôt des marchands. (Chron. de Paris, 
T. H, fol. 254, an 1358.) 

26° bis. Clercs des mareschaux. [Intercalez Clercs 
des mareschaux : « Les, clercs des mareschaux ne 
'• recevront aucune chose, se n'est des monstres 
« des capitaines, qui auront le nombre de cent 
« hommes dessoubz eulx, ou de plus. » (Ord. V, 
p 660, an. 1373.1] (n. e.) 

27" Maîtres clercs généraux des monnaies. 
» Esloient, en l'an 1347 ; pour officiers quatre 
" généraux appeliez maistres clercs généraux des 
« monnoies. « (Miraum. des Cours souver. p. 629.) 
« Ces conseillers généraux estoient anciennement 
" appelles maistres clercs généraux des monnoijes, 
« parce qu'ils dévoient être experts au faitd'icelles, 
« et lors, le mot de clerc estoit entendu en cette 
« signification, pour celuy qui estoit fort expert en 
» son art, non qu'il fust d'église ou de robbe lon- 
« gue. » (Ibid. p. 643.) L'ordonnance de 1359 porte 
qu'il n'y aura que huit généraux maîtres des mon- 
noies, et un seul clerc, avec deux gardes dans 
chaque hôtel des monnoies. (Ord. T. III, p. 387.) 

28° Cler de table étoit un officier à la cour. 
(Gontred. de Songecreu.\, fol. 129.) 



29» Clerc de nappes. Du Cange traduit ainsi le 
clericus mapparum du testamenl de Charles-le-Bel, 
de l'an 1324. (Voyez du Gange, Gloss. lat. T. II, 
col. 690.) 

30" Clercs notaires. Ils étoient distingués des 
secrétaires du roi et des secrétaires des finances. 
Ces secrétaires pouvoient faire la fonction des 
clercs notaires; mais ceux-ci ne pouvoient faire 
celles des secrétaires. (Voy. La Roque, de la Noblesse, 
p. 202.) Pasquier qualifie les secrétaires du roi de 
clers et notaires (Pasq. Rech. p. 349.) 

30° bis. Clerc des œuvres. [Intercalez Clerc des 
œuvres au Mémorial D, de la Ghr. des Comptes, 
fol. 97, recto.] (n. e.) 

31° Clerc d'office semble ici pour clerc servant à 
l'église, et portant la tonsure. » Item encore s'éman- 
« cipe le fils, quand il devient preslre, ou clerc 
« d'office, qui en soy faict, et porte seigne. » (Bout. 
Som. Rur. p. 572.) C'étoit aussi des espèces d'offi- 
ciers de maison, chargés d'écrire la dépense. Ils 
étoient subordonnés au contrôleur. (Voyez Etat des 
Offic. du D. de Bourg, p. 46.) On trouve : « Michel 
« Rote clerc d'office de ti-ès illustre princesse Renée 
» de France, duchesse de Ferraie, etc. » (Du Ver- 
dier, Bibl. p. 860.) 

32" Clerc du papier. Eustache Deschamps a fait 
une ballade surîe Liber generacionis, allusion pro- 
fane de la généalogie de Jésus-Christ aux officiers 
des finances et autres du temps de Charles VI. On 
y lit : 

Arphaxat fut fouagear : 

Qui fut Ragam ? exécuteur. 
Et Jacob ? le clerc du papier. 

Eust. Desch. Poès. MSS. fol. 310. col. i. 

33° Clerc parochial ou clercq parrossial signifie 
clerc servant dans une paroisse. On pourroit 
l'expliquer par sacristain, dans ce passage : « Le 
« dicl seigneur doit, par trois dimanches et quin- 
« zaines continuelles, faire faire cry à haute voix, 
« en la fin de la grande messe parochial de la 
« dite ville, par le clerc parroch'iat A&V ég\\?,&, etc. » 
(Goul d'Etampes, Goût. Gén. T. I, p. 701.) " .\a sei- 
« gneur justicier, son bailly, de l'avis du curé, et 
" pariochiens, appartient créer et instituer clerc 
« parrochial, ministres, margliseurs (marguillers), 
•' et charitables des pauvres. » (Coût, de Lille, ibid. 
T. II, p. 900. — Voyez Coût, de Douay, Nouv. Coût. 
Gén. T. II, p. 972.) 

34» Clerc du partage. On disoit aussi clerc an 
partage, greffiers du partage. Ils étoient préposés 
à faire les partages entre les cohéritiers d'une suc- 
cession. (Voyez "Cout. Gén. T. 1, p. 560, et Partage 
ci-après.) 

35» Clerc de la prévôté de Paris. « Ce clerc fai- 
» soit tous les acles, escritures, et app'dnctemenfs 
« des cas des prisonniers, civils et criminels. » 

36" Clercs des requêtes. Maitre des requêtes, titre 
que conservent aujourd'hui ces officiers, « aupa- 
1 ravant appelles gens du conseil, clercs des 



(i) 9 Donnons plain povoir et auctorité... de créer et faire clers d'honneur, et de mettre et ester ou remuer de lieu en 
autre seneschauLx, viguiers et juges. » (n. e.) 



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— 54 — 



CL 



« rcquesfes, suivans et poursnivans le roy ; et 
« esloit lors le nom do ponrsiiivans commun h Ions 
« ceux qui suivoienl la cour, el fort honorable ^i 
« ceux qui portoient qualité de clerc de conseil et 
» des requêtes. •> Miraum des Cours souv. p. 1"2!». 
— Voyez Id. Traité de la Chaneell. fol. 55.) 

37" Clerc de rhetoriciem. Peut-être celui qui 
lenoit la plume dans un société de poètes, (|u'on 
nommoit autrefois rliétoriciens. C'est ainsi que se 
qualifie Eloy d'Amernal, dans un ouvrage intitulé : 
la Grande heablerie, imprimé en l."i08 : 

Eloy des enfans de Bethune, 

Disciple, voire bien petit, 

Des chantres, et musiciens ; 

Et clerc des rhetnriciens : 

Prestre indigne, et pouvres pescheur. 

Hisl. du Th. Fr. T. II, ii. ■2lf.. 

38° Clerc du roti, et de la reine. On trouve <• Jean 
« de Saubigny clerc du roy, et de la reine, c'est a 
« dire secrétaire », dans l'Etat des Officiels du duc 
de Bourgogne, p. 7(>. 

39° Clerc snuleier. Espèce d'officier de la maison 
du roi, suivant Du Gange, au mot Salsarius. C'étoit 
peut-être celui qui écrivoil l'étal de la dépense pour 
ce qu'on appeloit la saulcerie. 

'iO° Clerc du secré ou du secret. Sous Philippe-le- 
BeI,on appeloit ainsi les secrétaires du roi (1). « Ils 
n étoient les dépositaires des plus secrètes, et des 
a plus importantes délibérations de nos rois. Ils 
« signoienl, et expédioient toutes les lettres closes, 
« et les lettres patentes, toutes les dépêches, et 
« expéditions qui contenoient l'état de la maison 
" royale, et toutes les autres dépendantes de la 
« grâce et volonté du prince ; lesquelles leur 
« étoient commandées par les rois mêmes. « (La 
Roque, sur la Nobl. p. 20'2.) lis étoient au nombre 
de trois (2) et étoient distingués des clercs notaires, 
qui étoient au nombre de vingt-sept. (Voy. Miraum. 
Traité de la Chaneell. fol. 89.) On voit, ibid, fol. 91, 
que le notaire ordinaire, suivant la personne du 
roi, étoit appelé clerc du secré. 

41" Clerc solut signifioit clerc libre, qui n'éloit 
pas marié. " Ne peuvent les clercs soluts estre pro- 
« cureurs en cour séculière, sinon qu'ils fussent 
» procuieurs par autres clercs, ou pour l'église. » 
(Froc. verb. de la Coût, de Bretagne, Goût. Gén. 
T. II, p. 809.) 

4-z- Ou appeloit clerc de successions onéreuses 
un officier particulier chargé d'inventorier tous les 
effets de ceux qui faisoient banqueroute, ou qui 
mouroieiit surchargés de dettes. Il vérilioil aussi et 
enregistroit les droits de chacun des créanciers, et 
vendoit publiquement les biens et effets de la suc- 
cession, en présence de deux échevins. (Voyez Goût. 
de Bruges. - Nouv. Goût. Gén. T. l, p. 579.) 

43° Cle7-cs de taverne. G'étoient les garçons des 
cabarets. « Tous jongleurs, basieleurs, et joueurs de 
« cordes, et tous autres jeux dilTamez : escorcheurs. 



« bouchiers, couratiers, fauconniers, clercs de 
■< taverne, et moult d'autres sont personnes diffa- 
■' niées. » (Gr. Coût de Fr. p. 513.) 

'd° Clercs du temple ou du trésor. Les clercs du 
temple, siiivaut Du Gange, étoient les clercs du tré- 
sor. (Voyez Gloss. lat au mol Clerici templi, seu the- 
sauri regii (3) } Les clercs ou clairs du trésor étoient 
les contrôleurs, suivant Pasquier. « Le receveur 
" général, assisté d'un contrôleur, que l'on nom- 
« moil clair du thresor. » (Pasq. Rech. p. 85. — 
Voy. La Roque, sur la Noblesse, p. 365.) 

4,5° Clerc de la ville. C'étoit un officier municipal. 
« Que li maires, ou celuy qui sera en lieu de iuy, 
" ne puisse amener avec li fors d'eux de ses com- 
« paignons, et le clerc de la ville, et un, pour 
■> parler, se métier en aura. » (Ord. des R. de Fr. 
T. I, p. 8-2.) 

46' Clercs viseurs. Vicaires, chantres, selon Du 
Gange, au mot Clerici secuïares, d'après le Mo- 
nasticon Angiicaniim. 

47° Clerc des vivres. Du Perron, depuis maréchal 
de France, sous le nom de maréchal de Retz, avoit 
été commissaire, et clerc des vivres, sous Henri II; 
après quoi il prit l'épée, et vint par degrés h être 
maréchal. (Voyez Brant. Gap. Fr. T. III, p. 3'i7.) 

48" Roij des clercs. On lit : « Henry filz .(ehannin 
« Treillette roij des clercs à Nantes. « (Hist. de Bre- 
tagne, T. II, col. 1184.) 

49° Clercq cleriquant, ou clercq marlier (mar- 
guiller). Clerc laie, faisant l'office de clerc. « Les 
« gens d'église, et tous autres beneficiers ne pour- 
>■ ront estre punis, ne corrigez par les juges secu- 
" liers, pour leurs excès, et délicts par eux commis, 
« et perpétuez, ne condamnez en aucune lois, ne 
<" amendes, si iceux n'avoient auparavant esté 
" déclarés incorrigibles, et rendus eu la main secu- 
« liere, en forme de droit; et quant aux clercqs 
« cleriquans, non constituez es saincls ordres, 
« seront sujects aux lois, et amendés selon la 
« coustume. >■ (Coût, de Hainaut, Nouv. Goût. Gén. 
T. H. p. 159.1 Ils sont appelés aussi c/erc(/s marliers. 

50° On employoït clers et paisan:, pour signifier 
tout le monde, tous en général. (G.Guiart, sis. f°2l5.) 

51° Ménestrel, el cler, et prestre s'est dit dans le 
même seus (jue ci-dessus. (G. Guiart, ms. fol. 220.) 

52° Cleie, ne lai est mis pour personne dans ce 
vers : 

Il n'i a cleie, ne lai enz. 

Fahl. MSS. du R. n- 7015, T. I, fol. 08, V col. 1. 

53° Parler comme un clerc d'armes (4). C'étoit une 
expression adverbiile pour signifier parler en igno- 
rant, juger d'une cliose sans la connaître. (Oudin, 
Gur. fr.) « Ne parlons plus de la guerre, de crainte 
« qu'on ne nous reproche en parler comme clercs 
d'armes. « (Bouchot, Serées, p. 39.) « Je ne parle 
« point en clerc d'armes, je l'ai vu. » (Gontes de 
Cholières, fol. 220. — Voyez ibid. fol, 105.) 



(t) Leur confrérie ne fut créée qu'en mars 1350. En 1370, ils eurent une chambre au palais du roi. (^N. e.) 

(2) Sept en 1343. {s. e.) 

(3) Dans un compte de 1322. (n. e.) 

(4) Henri IV appelait .Tacques I" d'Angleterre « capitaine es arts et clerc et; armes. » (n. e.) 



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Proverbes : 

1. Famine (le povres clers (1). (Prov. à la suite des 
Poës. Mss. ;ivaiil 1300, T. IV, p. 1651.) 

2. t'ompcKjnte de clers. (Ibid.) 

3. Li cler iiostre Dame de Cliarlres. (Ibid.) 

i. Tous ceux ne sont pas clercs qui en portent le 
semblant, ni chevaliers qui portent espérons {'£). 
(Perceforest, Vol. IV, fol. i'2.) 

5. Avoir à clers, toison à chiens, 

Ne doivent pas venir à bien. 

Fabl. MSS. du R. n' 'iGli, T. I, fol. "-2, V' col. î. 

Voyez d'aulres proverbes dans le Dict. de Colgr. (3) 

VABI.iNTES (4) : 
CLERC. Orlli. subsistante. 
Cler. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 378, col. 1. 
Clers Parton. de Bl. iMS. de S. G. fol. 134, R» col. 3. 
Clercq. Nouv. Coût. Gén. T. II, p. 972. 
Clier. Villehardouin, p. 120. 
Clés, plur. Poës. MSS. av. 1300, T. III, p. 1157. 
Cleie Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. I, fol. 68, V» col. i. 

Clei'cé, partie. Reçu clerc. (Voyez Statu Is de 
la Bazoche, p. 111.) 

Clei'celiere, subst. fém. Clavier. Espèce d'an- 
neau qui sert à joindre des clefs ensemble. 

J'ayrae mieux voir sa clerreliere, 
Ses cousteaux, sa jaune jartiere. 
L'or clinquant de son demy ceinct, etc. 

Des Accords. Bigarrures, fol. 31, V°. 

Clerçon, subst. masc. Diminutif de clerc. (Voy. 
Cotgrave et Oudin, Uicl.) 

Tant k'il n'i ot clerc, ne clerçon (5). 

Ph. Mouskes, MS. p. 70.7 

VARIANTES (6) : 
CLERÇON. Poës. MSS. Vat. n» 1522, fol. 164, V" col. 1. 
Cleriçon. Du Cange, Gloss. lat. au mot Clericio. 
Clereton. Gace de la Bigne, des Déd. MS. fol. 43, R°. 
Clerion. Borel, Dict. 

Clerjon. Du Cange, Gloss. lat. au mol Clericio (7). 
Clergeon. Fauch. Lang. et Poës. fr. p. 170. 
Clergeau. Pasquier, Rech. p. 517. 
Clergaut. Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 164. 

Clerdoiis, subst. masc. Officier particulier. 
Peut-être le grefrier. « Nouviaus bouchiers qui tail- 
" leul cb;ir, doit 3'i. deniers au clerdous, et une 
" père de cliauces, à la value de lt> deniers ; et au 
■ prevost, un muy d'orge. » (Ane. Coût. d'Orléans, 
p. 47i.) « Quiconque entre as oances, 32. deniers 
•< au clerdous. » (Ibid.) 

Clere. [Intercalez Clere : 1° Blanc d'œufs: 



.< Icellui lîernart print des estouppes et de la clere 
« des oefs, et au mieulx qu'il seut appareilla les 
" playes, qui fort seignoyent. " Ji. 1G5, p. 3Î)0, 
an. 14)1.) 2° Clairière :'>■ Et d'illec [Lamberville] se 
" parti et s'en vint par costes et par clere. tant que 
« il vint à 1^'ontaines le Sourf. » (JJ. 152, p. 282, 
an. 1397.)] (.N. e.) 

Cleremeut, ndv. Clairement, ouvertement i8\ 
(Voyez Ord. T. I, p. r,62.) On a dit, au ligure : 

.... après ceste besoingne 

Emprise ateneusement. 

Ne s'entr'amerent clerement. 

G. Guiart, MS. fol. 32, R". 

Cleres, subst. fém. plur. Barreaux. (Dict. de 
Nicol.) 

Cleres voyes, subst. fém. plur. Nous écrivons 
claires voyes, ouvertures des murs l'eimées seule- 
ment de barreaux, de sorte qu'elles laissent la 
liberté de jouir de la vue. » En la quatriesrae tour 
« se tenoit Avarice, en celle tour esloient huit 
« chambreltes : en la première ordinairement fre- 
« quentoit Larrecin ; en la ii' Rapine, en la ui' Usure, 
" en la iv Sacrilège, en la v Simonie, en la vi' Chi- 
« cheté ; en la vu Fraude ou Tromperie ; en la 
« VIII' Parjurement, et par dessus ces chambreltes, 
« aux cleres voyes (1»), se pourmenoit, desguisé en 
« forme d'homme, et rictiement vestu, un diable 
» que Jésus Christ appelle en l'Evangile Main- 
<■ mone. » (Cartheny, Voyage du Chev. Err. fol. 47.) 

Clergairenient. adv. Cléricalement. D'une 
manière convenable à un clerc, à un ecclésiastique. 
(Voy. Ord. T. Ill, p.. (iOC. — Bout. Som. Rur. p. 50«. 
- Ord. T. V, p. 536.) 

VARIANTES : 
CLERGAIREMENT. 
Clergement, Clergeument, Clergiaument. 

Clergastre, subst. musc. Diminutif de clerc. Ce 
mot emporte une idée de mépris : 

Ce sont clergastre (10) qui mesdient ; 
Qui les meschines contralient. 

Parton, de Dlois. .MS. de S' Gcnii. fol. iU, V" col. -2. 

Cleiastre semble avoir la même signification dans 
le passage suivant : 

songieres fii. 

Et cleiastre, et faux pecheor. 

Fabl. MSS. du R. n- 1218, fol. 77, R" col. 1 . 



(1) On peut voir dans r/4/v/ii/rf/(!i(s ou Grande lamentation de Jean d'Anlville, les misères des étudiantsauxiF siècle, (x. Y..) 

(2) Les nègres des colonies françaises disent encore : « Tout ça qui porlè zèperons, pas maquignon. » (N. E.) 

(3) Voyez aussi Leroux de Lincy (II, 121 et 122.) (N. E.) 

(4) On lit déjà dans Roland (str. 256) : « Ensemble od lui si clerc et si chanoine. » (N. E.) 

(5) On lit encore dans Renarl (20029) ; « Sarez rien de celui afere Que li maistres fait as clerçons, Quant il lor ajprent les 
leçons. » (N. E.) 

(6) On lit encore clergon au reg. JJ. 140, p. 20, an. 1390 : « Comme Audry Michelet eust prins un des enfans de son frère, 
et l'eust tenu à ses despens à l'escole, et tant que à son pourchaz il l'avoit fait faire des clergous de l'èglise de Lyon. » (x. E.) 

Cl) Il cite le Roman de Rou : « Et tant estoient exploitiés, Que ne sai laquelle léchons Est alez lire un des clerjons. t 
Ailleurs : « Chantent li maistre clerc, et chantent li clerjon. » (n. e.) 

(8) Il signifie aussi en petit nombre: « Des apelés 1 a gramment, Mais li eslit sont clerement. » (Bestiaire, ms. Du Cange, 
II, 370, col. 1.) (N. E.) 

(9) On lit aux Emaux de De Laborde (xvi' siècle, p. 216) : « Une couppe plate, d'argent doré, à tout son couvercle , dont 
le pyé est faict à ciervoises et à lettres. » (N. E.) 

(10) On lit au 9- Miracle de Notre-Dame (t. II) : « Cil clergastre sermonéeur Sont tout si fort tribouléeur, Qu'erbe fout 
paistre à simple gent : As plusours tolent lor argent... Li un préeche à haute vois Que le dent porte Sainte Crois, Et li autre 
jure cum a Des sains jours que Dex jeûna Enseelé en un cristal ; Li autres r'a en un cendal la jointe de lAssention ; De la 
Purification R'a li autres plaiue fiole ; Li autres dist c'une canole Et une coste a de Tous Sains. » (D. C, V, 691, col. 3.) (m. s.) 



CL 



r.G - 



CL 



VAHIANTIÎS : 
CLEUGASTRE. Vies des SS. MS. de Sorb. chif. Lx, col. H. 
Cleiastbe. Fabl. MSS, du R n» 7218, fol. 77, R" col. 1, 

Clergé, sithst. masc. Droit canon. « Le seigneur 
« de Corasse avoit un plaid en Avignon à rencontre 
« d'un clerc de Catelongne, lequel clerc estoit en 
« clergé {\) fondé 1res grandement, et clamoit avoir 
.1 grand droit en cesdismes de Corasse. » (Froissart, 
liv. 111, |). 05.) 

Clergeamnent. [Intercalez Clergeaument : 
1° Doctement; en latin H If crali ter {Gloss. lat -fr. 
769'2); '•2° Clcricalemenl : « Tous clers non mariez. 
« tant nierclians comme vivans clergiaument. » 
(Ord. III, 54, an. 1356.) Au t. V, 536, an. 1372: « Les 
dittes gens d'église vivant clergeumens. »] (n. e.) 

Ciergeresse, subst. fétu. Femme savante*, 
iteligieuse^. Femme de grefder'^. 

*.Sur la première significalion de femme savante, 
gui est la plus commune dans nos anciens auteurs, 
voyez les Dicl. de Corel, Corneille, Oudin, Gloss. 
des Arr. d'Amour, et Du Gange, au mol Clerici (2). 

Escoutés donc ce qu'on dira, 
Aprenez, soyez ciergeresses. 

Coquillart, p. 3. 

« Femmes qui déclinent aussi pour se montrer 
« grandes clergesscs. ■■ (Des Ace. Bigarr. p. 16. — 
Voyez Chron. ms. de Nangis, sous l'aiî 1310.) On lit, 
dans une satyre de Régnier intilulée la Macette: 

Clerijesse, elle fait j,T la leçon aux prêcheurs, 
Elle lit Saint Dernard, la guide des pécheurs. 

Satyre xiii. 

^ On a dit clergesse pour religieuse, selon le 
Gloss. de rilist. de Paris. 

•^On appeloit aussi c/f?'r/essc, une femme de clerc, 
de greffier. 

Une simple huissière, ou clergesse 
Aujourd'huy se présentera 
Autant, ou plus, qu'une duchesse. 

Coquillart, p. 26. 

VARIANTES : 
CLERGERESSE. Coquillart, p. 3. 
Clergesse. Oudin, Dict. et Des Ace. Bigar. p. 16. 

Clergei'ie, subst. fém. Greffe. <• Nous avons 
« ordené et ordenons que nous prevostez, lahei- 
« lionages, clcrgeries tant de nous senescliauciées, 
« balliages, etc. » (Ord T. ÎII, [lage 439.) On verra 
ci-après clergie dans le même sens. 



Clergez, subst. inasc. plur. Ofliciers de justice. 
(Voy. rOrdonn de Charles V, de l'an 1356, citée par 
Laur. Gloss. du Dr. fr.) 

C\er(}ie, subst. fém. Science, savoir*. Langue 
savante*^. Clergé "=. Greffe" (3). 

* Sur la première acceplion de science, voy. Dict. 
de Borel, Corneille, Ménage, Gloss. sur les Coût, de 
Beauvoisis, el Du Gange, au mot Clerici. On lit, en 
parlant des ecclésiastiques : « Comme ainsi fust 
« qu'il n'y eut qu'eux qui fissent profession de 
» bonnes lettres, aussi par une métaphore, nous 
« appellàmes grand clerc l'homme scavanl, mau- 
« clerc celui qu'on lenoit pour beste, clergie pour 
« science. « (Pasq. Hech. p. 680.) Le même auteur, 
p. 681, dit, en parlant de Boëce : « L'art de dialec- 
" tique, arithmétique, géométrie, et musique qu'il 
« translata, monstrent bien la grande clergie. » 

Et letrez fut de grant clergie (4'). 

Rom. de Brut, MS. fol. 29. V col. 2. 

Or parlerai de le clergie ; 
Ele est de vent trop aengie. 

Poës. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1313. 

° De ce que clergie signifioit science, on a nommé 
clergie le latin connu des seuls savans. Cist 
« (ce) livres est traiz (traduit) de clergie (5) en 
« Romanz el est apelez li image du monde, et con- 
« tient por lot lv chapitres et .\xxvin figures, sans 
« lesquelx li livre ne poroit estre fegièrement 
« entendus, qui est divisé par 3 parties', livre de 
" clergie ou image du monde. » (ms. de la Bibl. du 
R. n° 7991, fol. I. — Voy. Ci.erkois ci-après.) 

•^ On a dil aussi clergie, pour clergé (6;, le corps des 
ecclésiastiques ; « MessireGuillaume de Tigouville, 
« prevosl de Paris feit exécuter deux des clercs de 
« l'Université, non obstant qu'ils feussenl clercs, 
« et qu'en les menant à la justice criassent haull et 
« clair, clergie (7), affin d'esire recoux (délivrez) ». 
(Monslrel. Vol. 1, fol. 14.) 

° Enfin, comme on nommoit clerc un greffier, on 
a nommé clergie un greffe. ■ Les clergies des bail- 
« liages, et nos prevostez soient baillées en garde, 
» el\es clergies (les prevostez âà\ou&[éQS auy. pre- 
« voslez, el baillées, el laissées aux prevotz, en 
" diminution de leurs gages. » (Rec. des Ord. 
T. II, p. 262.) « Les sceau'x, et clergies des baillies, 
« et prevoste:::, ?>evon{ bailliées à ferme, dores-eu- 
" avant, par cris, et subaslations accoustumées. » 



(1) M. Kervyn (XI, 192) imprime clergie. (N. E.) 

(2) 11 cite les Arresia Ainurum (II, 393, col. 3) : « Apres avoit les déesses. Toutes légistes et clergesses, Qui sçavoient le 
décret par cœur. » (N. E.) 

(3) Il signifie encore 1" dignité cléricale (Gart. 23 de Corbie, an. 1320) : « Clerc ou lay , de quelconque condition qu'il 
soient,... paient selon le quantité et qualité des biens ou héritages qu'il aront en nodite ville... exceptés prestres et clercs, 
qui se vivent de leur clergie, sans mestier ou marchandise. )i 2° Bénéfice clérical (id., an. 147t)) : « Ils avoient disposition et 
collation de toutes les cures et clergies de toutes les églises parochiales d'icelle [ville de Corbie]. » (N. E.) 

(4) « Corne l'on ne peut saveir totes clergies, ne me seinble il pas que l'on puisse saveir toz les plais. » (Assises de 
Jérusalem, 51.) Froissart écrit aussi (VI, 264) : « Et en fist pluiseurs livres bien dettes et bien fondés de grant science de 
clergie. » (N. E.) 

(5) On lit dans les analyses des ms. de M. P. Paris (III, 195) : « Ne fut plus sages de clergie , Mais des autors savoit la 
vie. Moult mostre selon sa mémoire. » (N. e.) 

(6) « Toutes gens de religion, tote clergie, tout chevaUer et tout gentilhomme. » {[.ivre des Métiers, 309.) (N. E.) 

(7) Il faut l'entendre au sens de bénéfice de clergie : « Se clers est marceans, il ne pot pas affranchir sa marceandise par 
le privilège de sa r/err/it'. » iBeaumanoir, XI, 3C). L'usage subsiste encore en Angleterre; le meurtrier, dans les cas 
grâciables, est sauvé du dernier supplice, lorsqu'il peut lire quelques lignes de vieux caractères saxons; un juge s'écrie 
alors : « Legit cleiiois » ; et le coupable obtient grâce de la vie. (N. E.) 



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— 57 



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(Ibid. p. 302.) Lnclergie(lesesc1ievins{\) étoit l'office 
jle greffier de l'ëcheviiiage. (Ord. T. V, p. 375. — 
Voy. ci-dessus Clergerie.) 

VARIANTES (2) : 
CLERCrIE. Pasq. Rech. p. 680. 
Clergise. Path. Farce, p. 4. 

Clergie, adj. au fém. Ecclésiastique. On disoit 
l;i gcnt. elergie, le cleroé, par opposilion à la geiit 
laie; laïques dans les Fabl. mss. du R. ii° 7615, T. I, 
fol. 72. 

Clergié, subst. masc. Clergé*. Docteurs juifs". 
Ecclésiastique'^. 

*Au premier sens de clergé, c'est le corps des 
ccclésiasliques. 

Gens d'église, clergié, noblesse. 

Vigil. de Charles VII, T. I, p. 2. 

(Voyez Villeliard. p. 58. — Ord. T. I, p. 389.) 
^Ce mot a signifié aussi les corps des docteurs 
de la loi des Juifs. Alors il tire sa signification de 
clerc, pris dans le sensd'liomme de lettres. 
Diex, quant Jherusalem venistes. 
Et ceux de la loi deffendistes 
La pécheresse à désir. 
Que il voloient lapider; 
pjt demonslrates au clergié 
Que cil qui estoit sans pechié 
Devoit de li prendre venjance. 

Fabl. MSS. lin R. n- 7-218, fol. 211, V col. I. 

•^Dans le dernier sens, clergié se disoit pour 
ecclésiaslique en particulier. « Les gens d'église, 
" religieux, chapelains, et autres personnes, soient 
.. clergiez,, ou lais. .• (Ord. T. II, p. 300.) 

Oeriaux, adj. Clérical '3). En lalin clericalis, 
suivant le Gloss. du P. Labbe, p. .i!>5. 

Clericiis, subst. masc. Savant. Mot purement 
latin employé comme franyois, en ce passage oii 
l'on parle du poêle Accius : « 11 s'esloit, dès le 
<• temps de leurescolle, tousjours réputé le meilleur 
'• clericits, et plusgrand poette que César. » (Ilist. 
de la Toisou d'Or, Vol. 1, fol. 17.) 

Clerique, adj. Clérical. On a dit vie cleriguc, 
vie de clerc, elericatiire. (Voy. Gouj. Bibl. fr. T. XIII, 
page 196.) 

Clerkois, subst. masc. Langue savante. Langue 
latine. » Li quars pechié de pereche, c'on apellc 
•i en clcrkois accide. •• (Ane. m.s. intitulé le Miroir, 
« cité parDuCange.auxmots.lrerfirt &\.Clericus{\). 
— Voyez ci-dessus Clergié, dans le même sens.) 

Clermont, subst. masc- Nom de lieu. 11 étoit 
renommé pour la fabrique des épées. 



De maies dagues de Bourdeaulx, 
Et d'espées de Clermiml (5), 
Puist il avoir plaine sa pance. 

Eusl. Desch. i'oés. MSS. fol. 3.'j0. 

Clermontins, subst. masc. plur. Nom donné 
aux jésuites, ainsi appelés do celui de leur nouveau 
collège de Clermont (G) à Paris, « ce qui lit oublier, 
« pendant quelque temps, le nom de jésuites, titre 
« qui paroissoit à plusieurs vain et orgueilleux. » 
(Hist. de Thou, T. V, liv. XXXVIl, p. 230 

Clertés, subst. fém. En latin carilas, selon le 
Closs. du P. Labbe, page 521,danslesensde c/aires 

voyes. 

Cler voir, subst. masc. Discernement. On adit, 
en ce sens : « De ce point, le tout en est à la haute 
« discrétion, c/cr voir, et bon vouloir du ditseigneur 
« juge, etc. » (La Jaille, du Champ de Bat. f" 62.) 

Clesclié. adj. Percé à jour (7). Seditd'unecroix, 
en termes d'armoiries, suivant Le Laboureur, Orig. 
desArm. p. 187, où l'on peut voir ses conjectures 
sur l'élyniologie de ce mot. 

Clescljes, subst. fém. Clefs. Il semble qu'on ait 
dit proverbialement, en ce sens: clesc::es[S] de Cou- 
tances. (Prov. à la suite des Poës. mss. avant 1300, 
T. IV, p. 1653.) 

Clestre. Lisez désire, subst. fém. Ce mot sem- 
ble une faute pour désire, dans les vers suivans : 

Vous morrois o ceste glestre, 

Dont je ai maint bon cop donné. 

Rom. de Rrut, MS. fol. 7. V col. 1. 

On lit plus haut hache, en parlant du même fait, 
et le .MS. de Bombarde écrit désire. On a dit autre- 
fois destral pour cognée. On remarque aussi que 
les copistes ont souvent écrit cl pour d. 

Cleiificher. [Intercalez Cleuficher, aux Miracles 
de Notre-Dame (t. I): 

Il te cleupchcnt mains et pies. 

Du Cingc, II, 383, col. 1. 

Un Juif s'écrie au t. II : 

Je ne crois mie 

Que .Tesus Cris li fix Marie 
Que clcujicliicrent en un fust 
Nostre ancliissor, se Dex ne fust. 

Du Gange, id. 

Enfin, une vie ms. de Jésus-Christ donne une 
variante : 

Il en fièrent [clous] parmi les pies, 
Or est Jhesus bien clo/ichiés.] (n. e.) 

Clevois, subst. masc. Habitant de Clèves. Qui 
est de Clèves. ■■ Le capitaine Marlin du Bellay fail- 
« lit à estre tué, deux ou trois fois, des Clevois. » 
(Mém. Du Bell. liv. VIII, fol. 255.) 



(1) « Que li^s jurés et eschevins et les eswardeurs donront les offices de la ville en la forme qu'ils faisoient anciennement, 
excepté la clergié des eschevins. » (N. E.) 

(2) Clergié est dés le XU' siècle dans Thomas de Cantorbery («)) ; « E les leis qui vus dites, à quel li reis s'alie, Ne sunt 
de bauté, ainz sunt de felunie. Contre Dea et raisun, pour destruire clergié [les clercs]. » (N. E.) 

(;!) Or. trouve aussi clergil dans Thomas de Cantorbery (75) : « Ne laie leis ne deit la clergil davancir. » (n. e.) 

(i) Ed. (iPiischel, t. II, 394, col. 1. (N. E.) 

<ô) C'est Clermont-Ferrand, car on disait de Clermont-de-1'Oise: « Clermont clair vin. Grandes moisons, rien dedin. » (N. E.) 

(0) C'est aujourd'hui le lycée Louis-le-Grand ; Voltaire y fut élevé, (n. e.) 

(7) On écrit aussi cléché, en anneau de clé, de la forme fictive claviculalus. (n. e.) 

(R) Usez seichef! [pieuvres] de Constanches, d'après le Dit de l'Apostoile. (N. E.) 

IV. 8 



CL 



— 58 



CL 



Clicart. [Intercalez Clicart, sorte de bâton : 
« Un l■;l^loM, apiiellé clicarl. « (JJ. 120, p. IGl, 
an. l;iS5.) Ou lit encore aux Miracles de Notre- 
Dame (t. li): 

Kt d'un baston et d'un clicart 
ïobt li ilonroil de lés l'orpillc. 

Du Cange, II. 306, col. 2.| (N. E.) 

Clichouere. [Intercalez Clichoucre , évier: 
« Ils pui>seiit... faire dicliouercs ou (jUchoueres, 
« une ou plusieurs, se il leur plait, pour essyauer 
<■ par un fossé ou l'yane s'en va derrière" ledit 
» lorgoir. » (JJ. 7-2, p. 309, an. 1308.;] (>-. e.) 

Clicorgae, adv. De côté, de travers. 

L'un œil a lousque, et l'autre borgne : 
To7. dis regarde clicon/ne (1); 
L'un pié ot droit, et l'autre tort. 

Fabl. JISS. du R. n' 7218, fol. U", R col. 1. 

Clicqans, subst. masc. Cliquelis. Bruit des 
armes. 11 semble que ce soit le sens de ce mot, 
dans ces vers : 

Je laisse au bourreau, s'il est près, 
Ung cent de chausses bigarrées... 
Et aux bardeaux porlans espées. 
Comme terribles applicquans, 
De nuyct trois ou quatre creppées, 
S'on lès trouve parles clic(iur<»i. 

Molinet, page 19^1. 

Clidel'iijSi/isf. /'m. Macliinede guerre. La r//rf^, 
selon Faucliet, « est un long bois lequel retenu 
« par un contrepoids, quand il desserre, lasche un 
« grand fais de pierre, dans les forteresses assié- 
« gées. » (Orig. liv. II, p. 118. — Voy. Boullainv. 
Ess. sur la iS'obl. p. 115.) 

VARIANTES : 
CLIDE. borel, Corneille, Colgrave, Dict. 

LlDE. 

Cliers, subst. inasc. plur. Partie d'un moulin. 
" Est icelle veuve, par la dite coustume, tenue de 
« contribuer a rencontre des héritiers, aux repara- 
'< lions, réfections, et entreteneinens des moulins, 
« rayeres, cliers (3), pressoirs et de tous engins, et 
« charnals mouvants, et travaillants, etc. »"(Cout. 
de Péronue. — Nouv. Coût. Gén. T. II, page 618. 
— Du Caiige, au mot Raeria.) (4) 

Cliez. participe. Salué. Clier, en ce sens, sem- 
ble une altération de l'orthographe incliner (5), qui 
s'est dit autrefois pour safuer en se courbant; 
de là, au figuré, pour remercier. 

Toussains, fiz Rou le Diane, ont non; 
Au Bec, aux ch.^ns avoit maison ; 
Le goii fanon li a liirez 
Et cil l'en a sçu bon grez ; 



■Volentiers l",-i, et bel, et bien, portez; 
Parfondement l'en a riiez. 

Rom. de Rou, MS. p. 315. 

On trouve le verbe clier, dans Borel, qui renvoie 
ù lier. (Voy. Lier ci-après.) 

Clifoire, subst. féjn. Calonière, ou canonnière, 
espèce de sarbacane de sureau à l'usage des enfans. 
(Dict. de Cotgr. et Ménage.) 

VARIANTES : 
CLIFOIRE. Le Duchat, sur Rab. T. IV, p. 130. 
Glifoirée. 
Glyphuuere. Rabelais, T. IV, p. 130. 

Cligne musset, subst. Jeu d'enfans. Nous 
disons encore cliijne musette. (Dict. Univ. — Voyez 
aussi Dict. de Colgrave. Nicot, Monet, Oudin, Cur. 
fr., etc.) Ce dernier, dans son Dict. fr. esp., dit 
adverbialement, à cligne musetle, pour les yeux 
fermés. 

variantes (6) : 

CLIGNE-MUSSET. Nicot, Oudin, Cur. Fr. etc. 
Cline muche. Hist. du Th. fr. T. III. p. 78. 
Cline-mucette. Rabelais, T. I, p. I'i6, note. 
Climusette. Journ. de Verdun, 1756, avril, p. 344. 
Clignemussette. Oudin, Dict. 
Cligne-musette. 

Cligner, verbe. Baisser les yeux*. Lorgner^. 
Faire signe de l'œil '^. faire signe de la tète". 

Ce mot, sous l"orlhograjiliec//He/', a eu beaucoup 
d'autres significations qui lui sont particulières, et 
qu'on trouvera à son article ci-après. Celles que 
nous rapportons ici sont des extensions naturelles 
de l'acception subsistante du verbe cligner, qu'on 
écrivoit cluingner, au même sens : 

Ici ne cluiiignc (7) de l'ueil. 
Que la borse ne soit copée. 

Fabl. MSS. du R. «• 7218, fol. G7, V col. 2. 

*De là, ci^'^ner signifioit, au premier sens, baisser 
les yeux : 

Devant l'Ampereor céans 
Ert smiples con nn innocenz, 
Et huuibles, et si souploianz. 
Et si aigneax, et si cluptanz, etc. 

Parîonopex de Blois, MS. de S. G. fol. 165, V' col. 3. 

^ Ce mot est mis pour lorgner, en ce passage : 

Je iroie, tout en cluignaiit, 
A ceste qui mieuls à manière. 

Froissarl, Pois. MSS. p 206, col. 2. 

'^ Cligner signifie faire signe de l'œil, dans ces vers : 

Lors regarde ; sa mère voit 
Qui lui cligne, c'oulre passast. 
De nule riens ne l'araisnast. 

Fabl. MSS. de S. Germ. fol. 57, V' col. 3. 

Moult li a ris, et moult cligmé, 
Et maint semblant fait d'amitié. 

Rom. de Brut, MS. fol. 65, V. 



(1) On lit au Pèlerin de Guigneville (Du Cange, II, 398, col. 1) : « Et de travers et de clicorgne Me regardoit ; car esloit 
borgne. » (n. e.) 
(2j « La claye ou clide du champ de myl. » (JJ. 196, p. 276, an. 1470.) (n. e.) 

(3) C'est une écluse faite de claies pour retenir le poisscm ; « Pourront avoir lidiz religieus [du mont S. Martin] dessouz 
ledit molin un clier et unf keste pour retenir le poisson, qui là pourroit kair. u (JJ. 72, p. 309, an. -1308.) (N. E.) 

(4) On trouve comme variantes cliier (l'.i8n. chlùer (1-282), au cartulaire du mont S' Martin. (N. E.) 

(5) Ou plulôt de ctiûef. qui est déjà dans Roland (v. 3727) : « [Aude] Sur les espalles ad la teste clinéi:. » (N. E.) 

(6) On ht dans Jlachaut (p. 115) : « Mais viez péchiez et vielles debtes Font à Dieu compter à cligneltcs, C'est-à-dire qu'il 
n'i voit goutte. » A la 87« Nonv. de I ouis XI : « M'avez vous fait jouer à cligne-musette pour me faire ce desplaistr? » 
L'étymologie est : cligne, feime 1 œil. et tnut,sclte, cachette, de musser. (n. e.) 

(7) On lit encore dans Blanche et Jehan (v. 5634) : « Adonc il clocha forment d'un pié, L'un oel ouvert, l'autre clingnic, La 
teste basse et les reins haut. » (n. e.) 



CL 



- 59 



CL 



" Enfin, cliner, comme orlhosrraphe de cligner, 
signifioit rider fil, en faisant si?:ne de la tête. Nicot, 
sur celle signification, cite ces paroles de Ronsard : 
a Dont le grand front se clinant pour faii-e signe. " 
(Voyez ci-aprt's Clin.) 

VARIANTES : 

CLIGNER. Nicot, Oudin, Dict. 

Cleigner. 

Gligmer. Rom. de Brut. MS. fol. lOS, V». 

Gliner. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 2'25, col. 4. 

Gligxeter. Eust. Desch. Poës. ilSS. fol. 157. col. 3. 

Gldigner. Fabl. .MSS. de S. G. f' 19, R« col. 32. 

Cluingner. Fabl .MSS. du R. n° 7218. fol. 67, V» col. 2. 

Cluingnieh. Fabl. .MSS. du R. n» 7218, fol. 217, R° col. 2. 

Clignette, snbst. fém. Sorte de jeu. Le même 
(jue clirjne musette. 

Item, et si ne jouerez 
.\u siron, ne à rlignetlcs. 

L'Aînanl rendu Cordelicr, p. 501. 

Froissartdil, en parlant des jeux de son enfance: 

Juiens nous au roy qui ne ment, 
Aux bares. et à l'agnelet, 
Au chace lièvre, à la cliiiijnelle : 
Aussi à la sotte buisette, 

Froissarl. Poos. MSS. fol. 8fi, col. 2, et 81, col. 1. 

VARIANTES : 
CLIGNETTE. L'Amant rendu Cordelier, p. 591. 
Cluignutte. Froissart, Poës. MSS. p. B6, c. 2, et 87, c. 1. 

Clignottement, f^ubst. masc. Clignement {'2,. 
Monvemeiil de la paupière. (Dict. de Cotgr. et d'Oud.) 

Climat, siihst. masc. Terrain, canton, terri- 
toire. " Attendu ciue le dit climat est notoirement, 

• et de toute ancienneté, ressort, et bailliage de 
» Sens. » (Coût. dWuxerre, Coût. Gén. T. I, p>2-22.) 
<i Au dit comté, et bailliage d'Au.xerre, il y a plusieurs 
« climats, et territoire, noloirement allodiaux » 
(Ibid. p. 2-25. — Voy. Clima, employé au même 
sens, dans Du Cange.; 

Cliniatere, adj. Climatérique. « Guillaume du 
» Bellay mo irut ledixiesme de janvier, l'an de son 

• eagele climatere, et de nosire supputation l'an 
<' 1543, en compte Romanicque. « (Rabelais, T. III, 
p. 115.) 

VARIANTES (3) : 

CLIMATFRE. Rabelais, T. III, p. 115. 
Clilateric. Oudin. Dict. 

Clin, subst. masc Clin d'u.'il*. Mouvement de 
lête^ (4). 

* Ce mot, qui vient d'incliner, baisser, avoit 
autrefois celle double signification. Nous écrivons 
encore clin; miis nous ne le disons plus seul, et il 
n'est en usage que dans l'expression clin d'wil : 

Voz clim plus gratieux, vos paupières doucettes. 
Du Verdier, Bibl. p. S3 et »». 



(Voyez Poës. de Loys-le-Caron, fol. 20, et Poës. 
de Perrin, p. 129.) 

^ On disoit aussi clin de tête, pour mouvement, 
signe de tête. « L'apela d'un clin de teste, branle- 
" "ment du doigt. » .Xuicts deSlrapar. T. 11, p. 253.) 

VARIANTES : 
CLIX. Orth. subsistante. 
Clein. Oudin, Dict. 

Clincas, subst. masc. Espèce de monnoie. « Le 
» clincas de Guillau.mes, pour xxvm grans blans, 
« valent xxii s. nu d. tournois. » (Urd. de 1470, pour 
les monnoyes; Coût, de Norm. en vers, mss. fol. 17. 
— Voyez CuQiANTs ci-après et Clinquart.) 

Cline (5), subst. Partie d'une armure. Il faut peut- 
être lire chivin, partie de l'armure du corps, celle 
qui se mettoit par dessus le pourpoint, sous le 
haubert, cuirasse. « Elle a ordonné que tous che- 
■> valiers et escuyers qui seront à celle journée 
« défaillans de baulbertz et de clines seront de 
« celle feste. » fPercef. Vol. IV, fol. 159.) 

Clineis, subst. masc. plur. Salut. Proprement, 
inclination du corps, l'action de s'incliner : 

.\ Roem fu li roiz à joie recheuz, 
croiz, o encensiers, et o clers revestns : 
En la sale le conte, est le jour descendus, 
Assez out de Normanz clineis et sains. 

Rom. de Rou, .MS. p. »6. 

Clinel, subst. masc. Crible. En latin cribrum, 
suivant le Gloss. de Labbe, p. 497. 

Cliner, verbe. IncVmer, pencher*. Tourner ses 
pas^. Cribler "=. 

Nous avons déjà parlé de cliner comme ortho- 
graphe de clignier. Nous emploierons ici ses signi- 
iicalions propres. Ce mot paroit avoir eu deux 
étymologies : l'une latine, inclinare, d'où sa signi- 
lication commune incliner; l'autre françoise, clinel, 
crible, d'où sa signification cribler. 

* Dans le premier sens d'incliner, on a dit : 

Cil mes cuers cline, et a eure (6). 

.M" Muerise de Creon, Poes. MSS. av. 1300, T. 111, p. 905. 

Morir cuit, tant 3ui vers vos cUnê. 

Poès. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1«5. 

Quant li roiz out assez ouré, et conseillié, 
Vers l'autel a clinié, et au saint prist congié. 

Rom. de Rou, MS. p. 109. 

« Lors cline envers en l'eaue, et fut noyé en peu 
« d'heure. ■> Percef. Vol. I, fol. 56. i «Haa royaume 
« d'Eseoce, vous iiinere:i d'ung costé, à cause de 
« celte irrécupërableperte. » {Percef., Vol. IV, f" 23.) 

Justice et loy signifient qu'en brief 
Avec raison tiiidi eut les roys ; or clinent : 
Mains et dois sont des juges le chief : 
Toutes vertus aujourdhuv se déclinent. 

Eu.l. Descli. Pocs. MSS. fol. iX, col. 3. 



(1) Cliner est !à pour incliner : « L'appela d'un clin de teste, n (Nuits de Slraparole, II, 253.) (N. K.) 

(2) Clitjiieier, fréquentatif de cligner, est au t. 11 de l'Histoire des Croisades (p. 582 , xiii' siècle) : « Celui qui clingnete 
de l'eil. » (n. e ) 

(3) On lit dans d'Aubiané (Tlist. II, 175) : « Les causes de ce mal ne sont point celles que les astrologues et philosophes 
n'>niarqnent ou sur les constellations ou sur les ans climacleriels. » (s. E.) 

(t) Faire clin, dans Gérard de Vienne (,p. 174. col. I), signifie s'inchner : « Si oom Girars descendi el chemin Encontre 
Karle, et com il li fiai clin. Com li tendi son chapel sebelin. » (N. E.) 

{'t) On lit ilans un Gloss. ms. fonrls S' Germain : « Taratantarum, cline.i ou le batoil du moulin. i> .Mlleurs on lit : i Saî à 
passer ou sasser la farine. » Voir cti'ier. (N. E.) 

(G) Ce sens est dans Roland : « [Aude] Desur les esp.iUes, ad la teste clinée (v. 3727). i> Voyez aussi t. 2008. (n. e.) 



CL 



60 



CL 



Cliner avoit aussi une signification active, comme 
dans CCS vers : 

Mon cliief que j'avoie clinc 
Veis terre, contre mont levai. 

Fabl. AISS. d.i R. ii" "218, fol. 35S, K- col. 1. 

On disoil cliner savant pour se pencher en avant : 

Clbie s'ai'uiit, si a veu 
De loing venir le jovencel. 

FaW. MSS. (In R. n- lOSll, fol. CO, V- col. i. 

Celle transposilion ila pi'onom peisonne! après le 
verbe esl Irès-t'réquente daiis nos anciens auteurs. 

^ Au figuré, cliner a signifié tourner ses pas vers 
un endroit: 

Passa de nniz les guez de Vire, 
Et au inoustier clina S' Clément, 

Rom. de Rou, p. 233. 

^ Quant à cliner, pour cribler, nous ne le trou- 
vons que dans le Gloss. du P. Labbe, p. i!»?, ainsi 
que clinet, pour crible. 

VARIANTES : 
CLINER. Poës. MSS. avant 1300. T. III, p. 995. 
Clinier. Hom. de Rou, MS. p. 109. 

Clines, subst. Labbe, dans son Gloss. p. 528, 
traduit ce mol en latin tarateutarum. •• Le batoel 
« du moulin, ou son des trompes. ■ Eiinius a dit 
taratantara, pour exprimer le son des trompettes, 
mot formé par oiiomalopée, comme tarrabafx-, pour 
bruit de l'artillerie. (Verg. d"Honn. p. -239.) 

Clinquaille, subst. fém. Menue marchandise 
de ter ou de cuivre *. Chose de peu de valeur °. 
Terme obs; ène*^. 

* Sur le premier sens, qui est le sens propre, 
voyez les Dicl. d'Oudin et de Cotgrave. 

^ Ce mot, au figuré, s'est employé pour choses 
de peu de valeur : 

Il semble advis qu'on ne vous veuille rendre 
Ce qu'on vous doibt : beau sire, ne vous chaille. 
Quand je seray plus garny de cliquuille, 
Vous en aurez. 

Clém. Marot, p. 268. 

On trouve, au même sens : seigneurs riches, 
pleins de eliquaille, dans les Contred. de Songe- 
creux, fol. ï'-J.Vi. 

^ Ce mot s"e3t pris en un sens obscène, dans les 
Contes de Cliol., fol. 12-2, où il est écrit eliquaille. 

VARIANTES : 
CLINQUAILLE. Apol. pour Hérodote, p. 460. 
CuNc.iiLLE. Oudin, Diet. 
Cliquaille. Contes de Cholieres, fol. 122, R». 
QuiNQL'AiLLE. Contes de Des Perriers, T. I, p. 138 (1). 

CRIC.4ILLE. 



(Clinquant, subst. masc. Sorte de monnoie. 
(Voyez Le Blanc, sur les Monnoyes, p, 309, et 
Clincas ci-dessus. I Quant à sa signilic.dion subsis- 
tante. Du Hadier remarque que ce mot pourroit 
venir de elueclmirus 'ï), dans Forlunal, cité par Du 
Caiige, Closs. lai. 

Clinquanter. [Inlercalez Cllnquanter, charger 
de clinquant: « .\ous vismes approcher quelques 
« cinquante cheviiux des nostres, clinquantes et 
« empanachés comme princes. » (D'Aubigné, I^'œn.. 

IV, 15. j] (x. E.) 

Clinquai't. Monnoie*. Pierre^. 

* Au premier sens, c'est une sorte de monnoie, 
dans une Ordonn. de L453, citée pai' Du Cange, an 
mot /.^OJU'S. Guy lit: « ...premier clinquartûedawd 
» de 68. et demy... 5. s. g. den: ob: 3-i.gr. 3. miles 
<i Clinquart à point dessous le D. 68. et demy 6 s. 
" 1. den.33.gr: Clinquars à le droite croiselte 68. et 
" demy 6 s. g. den. 31 gr. 3. mites. Clinquars a 
" 3 agnelets de 08 et demy 7 s. 1 d. 30. grains 
« 6 mite.s. » Il y a des moniioies appelées en Flan- 
dres l'hilippes clincliart ou cUnkarl. (Ord. du 
Change d'Anvers, 1633, p. 103.) f:^.) 

^ On a nommé pierre de elinqiiarl, ou, selon 
Corneille, pierre de cliquart, une espèce de pierre 
propre à bàlir, qui se liroil des cari'ières du fau- 
bourg Saint-Jacques, îi Paris. Cette carrière est 
épuisée. (Voy. Gloss. de l'IIisl. de Paris.) •• Parapet 
« de pierre de clinquart, de trois pieds de hault. '• 
(Hist.de Paris, T. lit, p. 111. — Voyez ci-dessus 

CUXCAS.) 

VARIANTES : 
CLINQUART, Clinchart, Clinkart. 

Clinsser, verbe. Glisser. « La lance clinssa 
« entre la pièce et la rondelle. « (Petit. Jean de 
Saintré, p. 250.) On dit encore glincher (4), pour 
glisser, parmi le peuple, en Normandie. 

Clipce, subst. fém. Clisse. Claie d'osier. 

. . . fondement qui est fondé sur clipce 
Ne puet souffrir, ne pierre, ne mortier. 

Eusl. Uesch. Poos. MSS. fol. 132, col. 2. 

Clipée, subst. fém. Coup. Proprement, coup 
sur le bouclier, du latin clypeus, d'où ce mot 
semble tirer son étymologie. 

Or sont li dui content ensamble 
Venu au chaple des espées ; 
Si tendonent «rans cUjuJcf:. 

Fai)l. MSS. du K. n- 71)15, T. Il, fol. !G4, R' col. 2. 



(1) « Il ne chantoil plus ; il ne songeoit qu'en ce pot de quincaille. b (Conte, 21.) Au conte 85 : « Et alloit toujours levant 
le museau, comme un vendeur de ci'nquailles. » Quinquaille est dans les Dialogues de Tahureau (p. 12) : « Triolets, virelais, 
rondeaux, balades, et autres telles espèces de vieilles quinquaillcs rouillées. » (n. e.) 

(2) On lit en effet au liv. VI, p. 12: « Nunc cape parva cate, et pollens chiectancc IJynami, Clare décore tuo, clare favore 
meo. » Le mot est à deuil-latin, à demi germain ; cluere, Klanq. (N. E.) 

(3) On Ut au reg. J.I. 174, p 53, an. 1427 : « Le suppliant leur demanda combien iU lui donneroient de la ditte monnoie 
pour ung cliquart de Flandres ; lesquelz lui distrent qu'llz baillerolent trente solz tournois pour cliquart. » Au reg. JJ. 18j>. 
p. 84, an. 1459 : « Icelle femme se print à rongner et copper aucunes pièces d'or comme cliquart , que on dist florins 
guillernies et autres pièces d'or, aians cours ou pais de BouUenoys u .\u pluriel , on disait « cliquars Guillermins. ;> 
(JJ. 176, p. (545. an. Ii49.) Enlin, dans une charte de Charles-le-Téméraire (1469;: « Icelle isle, nommée Schellnge [Ter 
Schelling]. fut baillée à ferme à ung des habitans dudit pays [Ostfrise] pour le pri.x et somme de seize clinquars 
par an. » (n. e ) 

(4) On a qVuuher au reg. JJ. 162, p. 359, an. 1408 : « Icellui Godart rua un estoc de son espée,... mais le cop glinsa jusques 
au visage... » .\u reg. JJ. 128, p. l'76, an. 1385 : « Icellui Henry sacha son espée et fery ledit bastart un seul cop sur la leste 
en esclitiçant sur le côté désire. » (n. e.) 



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61 — 



CL 



Clipet. [iiilercalez CUpet, ballant de cloche, 
d'après Du Cuiige, II, 402, col. 3.] (n. e.) 

Clipon. [Intei'catez C/?7jo«, bâton: « Cuillaiinie 
•■ Hobert tenant unt;- bastoii au ciipon de bois en sa 
» main. » (.!,(. 170, p. .55(3, an. H47.)] (n. f,.; 

Cliquant, adj. et partie. Uni fait du bruit, 
résonnant*. Briliant, éclatant ". 

*Sur le premier sens, voyez le Gloss. de Marot et 
des Arr. .\nior. 

Et de sa voix clinquante, doulce, et claire, 
Va prononçant, etc. 

Grelin, p. 62. 

On lit : voix cliquanle et sonore, dans Carlheny, 
(Voy. du Chev. errant, fol. 45.) Ce mot s'est même 
employé pour épilhôle de fouet. (Epilh. de M. de 
La Porte.) 

On appii(|uoit aussi ce mot au bruit, au cliquetis 
des armes : 

. . . Casse, et rompt, de main sanguinolente, 
.\rmes ctiquans sous force violente. 

CIcni. Marot, p. 515. 

ne là , sept vingt hommes d'armes cliquens , 
taisant du bruit avec leurs armes. (G. Guiart, ms. 
fol. 58.) 

^ Dans le second sens de brillant, nous disons 
encore clinquant, en parlant de l'or et de l'ai'gent. 
On disoit autrefois or cliquant. (Diel. de Monet.) 
Dans les Mém. de la Marche, liv. ï, p. Ui'i, on lit : 
'■ Certes les pompes et parures de lors n'estoyent 
'■ pas telles que celles du présent; car les princes 
•• jouxloient en parures de drap de laine, de 
" bougran , et de toile, garnis et ajolivez d"or 
■ cliquant, ou de peinture seulement. » 

VARIAXTES : 
CLIQUANT. Cartheny, Voy. du Chev. errant, fol. 45. 
Cr.iCQUANT. L'Amant rendu Cordelier, p. 503. 
Cl.iQUEN.s, pltii: G. Guiart, MS. fol. 58, R» (1). 
Clinquant. Crétin, p 02. 

Clicquettant. Poës. de Loys le Caron, fol. 6-1, R". 
Criquetant. Epith. de M. de La Porte. 
Ckinquant. Id. ibid. 

Clique, sul/st. fchn. Cliquette*. IMorceau, frag- 
ment^. Chose de nulle valeur'^. 

* Comme terme d'horlogerie, clique a signifié ce 
que nous nommons aujourd'hui cliquette, celte 
jietite languelle que l'on met sur le balancier, pour 
en rendre le mouvement plus régulier. 

Tousjours est le martiaux tout prest, 
Qui fiert sur la cloche, et desclique 
Si fort, en mi la droitle clique, 
Que lors convient l'eure sonner. 

Eusl. Dcsdi. Puos. MSS, fol. 125, col. 2. 

^On a dit clique d'une tuile, pour un moiceau, 
un fragment de luile. 

D'aler aussy, quant il venle par rue. 
Afin qu on n'ait sur sa teste une clique 
D'une luile qui est tost descendue. 
Ou cheminée ou pierre qui desclique. 

Eusl. Desch. Pocs. MSS. fol. 3M, col. 2. 



'^De là, on a employé le mol clique, qui a aussi 
éié écv'û crique, pour signiiier une chose de nulle 
valeur. 

Biens, ne sens, n'est pri.sie'/, une crique. 

Eiisl. Desch. l'ois. MSS. fol. S."»!, col. 1. 

C'est en ce même sens qu'il faut prendre clique ('2) 
dans les vers suivans du même poêle : 

Nul n'aura d'culz mousliers, baston, ne clique. : 
Car, s'il est clerc sans or, mourra de faim. 

Eusl. Desch. Pocs. MSS. fol. 2.i7, col. 1. 

Mousliers, basions, ne clique, nous paroit évi- 
demment signifier; abbayes, dignités ecclésiastiques, 
la plus pelite chose du monde. 

VAIIIANTES : 
CLIQUE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 425, col. 2. 
Crique. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 257, col. l. 

Cliqué, adj. Fermé. Proprement fei'mé au cli- 
quet, loquet. " Vindreiit au cliastel, et tirèrent le 
« pont qui n'estoil (;//V/i/(^ ne vci'oiiillé. » (Monstr. 
Vol. II, fol. 10.) 

Cliquenlibus. iTest le mot cliquant, (\ui fait 
du bruit, latinisé. r]ust. Doschamps s'est servi de 
l'expression cliquenlibus cymbalis, dans un sens 
obscène. (Poës. mss. fol. 33'i.) 

Clique pâte, subst. masc. Nom factice. C'est le 
nom d'un pauvre mendiant (;>), dans le mystère de 
S" Barbe. (Hisl. du Th. fr. T. Il, p. 3!).) 

Clique patins, subst. rnase.plur. Nom factice. 
Proprement, qui fait claquer ses palins. Ce mot, 
dans les vers suivans, semble faire allusion aux 
amoureux qui, pour attirer les regards de leurs 
dames, faisoientcla(iuerleurs/yfl//HS, leurs souliers. 

A musars, et clique patins, 
Servantes et filles mignottos. 
Portant surcotz et justes cottes ; 
A. cuidereaul.x d'amours transis. 
Chaussans, sans meshaing, fauves bottes. 
Je crye à toutes gens nierciz. 

Villon, page 90. 

Cliquer, verbe. Faire du bruit (4). Proprement, 
ce mol signifie faire du liriiil. , à la manière d'un 
cliquet de moulin. On l'a appliqué au son de l'or et 
de l'argent. 

Gros usurier qui avez l'or qui clique. 

Qiluv de Ptoger lie Collerye, pa^e lOli. 

Et de mes yeulx veoir l'or, et argent cliquer, 
Sans en avoir, il n'y auroil raison. 

Ibid. fol. 162. 

Il sembleroit que cliquer, en cet endroit, sigiii- 
fieroit briller plutôt quesonncr, car, à parler exac- 
tement, on ne pourroit dire voir le son de l'or; 
mais nos anciens n'étoienl pas esclaves de cette 
exaclitude ; ils disoieut voir sonner les cloches, 
voir cliquer l'or, pour voir les cloches sounanles, 
voir l'or cliquant. 



(-1) T. I, V. 2952 (334i) de l'édition. (N. E.) 

(2) C'est le substantif verbal de t/i'/iter, dont G. Guiart nous a donné le part, présent cliquent, au sens de bruyant; 
clijjue est dune synonyme de claque. (N. E.) 
Ki) Ce mendiant portait un bâton, sa troisième pa(/e, qu'il cliquait en marchant. (N. E.) 
(,4) En anglais tu click. (n. e.) 



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— 02 — 



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De là, au bruit des pierres ou des traits lancés 
avec force et roideur : 

Li quarrel (1), qui en l'air rliquunt. 

G. Guiart, MS. fol. 09, R*. 

On appliquoil encercle mot cliquer, foit commu- 
nément, i>our exprimer le cliquetis des armes. 
« Vous eussiez ouy les espées clicqucr sur les 
« heaumes et morions. » (Merlin Cocaie, T. II, 
p. 110.) .. Les armes ne doiveul cli<iiicter sans 
« légitime occasion ; qu'avant qu'on les bouge, on 
« envoyé deffier l'ennemi. >> (Du Verd. Bibl. p. 5i.) 
Cliqueter s'est dit aussi de tout autre petit bruit. 
« Nous vous avons oui de bien loin elicqnrter. 
" Escouleurs ne doivent avoir riens qui cliqueté. » 
(Le Jouvenc. fol. 62.) 

CUciiiielii'z vous point du patin, 
Afin que l'œil voulsist tourner. 
Pour entendre vostre Intin (2). 

L'Amant rendu Cordelier. p. 530. 

Cliquer et cliqueter signifloient aussi claquer (3), 
en parlant des dents, (t'ercef. Vol. I, fol. 130.) 

Clicotter s'est plus particulièrement appliqué au 
son des cloclies. On a dit une messe clicoltée, pour 
une messe sonnée, peut être tintée : « Cette messe 
« sera clicoltée, dite et chantée par un prêtre, ne 
« vicieux, ne scandaleux, ne concubinaire. «(Titre 
de fond, du .\iv° siècle, dans les Epliém. Troyes, 
page 32, an 1757.) 

VAni.\NTES : 

CLIQUER. Nicot, Oudin, Mo.iet, Dict. 

Clicquer. Merlin Cocaie, T. II, p. 410. 

Criquer, Cliquet fer. 

Clicotter, Criqueteu, 

Clicqueter, Cliqueter. Le Jouvenc. fol. 62, R». 

Cliquet, subst. masc. Engin à pécher*. Loquet^. 
Détente*^. Son de la cloche". 

*Sur le premier sens d'engin îi pécher, voyez 
Oïd. T. I, p. 794 (4), et (ir. Cout.de Fr. p. 28 et 31, où 
(in lit cliquet ou eschiquier. C'est peut-être l'éti- 
quette. (Voyez Ci.iNiiuKT ci-dessus.) 

° Sur la seconde significalion de loquet, voyez 
Gloss. des Arr. Amor. Dicl. de Mcot, Monet. Oudin, 
et Cotgrave. » Si doit on toucher à l'huys; et le son 
" rendre par le clicliet, etc. » (Dont. Som. Rurale, 
page 207.) 

•= De l'acception de loquet, ce mol a passé à la 
signification de détente. « Illec doit tendre sa dar- 
« diere, c'est une perche qui soit tendue, bien 
" tirant, et un fer d'epieu bien taillant, et bien agu, 



" une petite cordelelte qui soit sur le perluis ou la 
« beste vendra, et un cliquet, tout ainsi que un 
« ralier (souricière) et quant la beste cuidera 
« entier, la desteiidra , etc. » (Chasse de Gast. 
Phéb. MS. p. 31 i.) 

"Enlin on a dit cliquet, pour le son d'une 
cloche (5), qu'on sonnoit à minuit. 

Prince, mon corps, par boire, se refet 
Dés le matin ; et jusques au clKpipt 
De la mienuit me fait vins reconfort. 

Kusl. Desch. Pocs. MSS. f iîiO, col. 4 (fi). 

VARIANTES : 
CLIQUET. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 240, col. 4. 
Clicquet, Cunquet. 
Clighet. Som. Rurale, p. 207. 

Cliqiietage, siihst. masc. Détente d'une arque- 
buse. (Dict. d'Oudin.) 

Cliquetis, suljsl. masc. Ce mot, sous la pre- 
mière orthographe, se dit encore du bruit des armes. 
Il s'est dit aussi autrefois du bruit du canon (7). 
A la bataille de Castillon, gagnée par les François 
en 1453, « avoit lors, dedans le dit champ, tel cli- 
» quelis de couleuvrines, et de ribaudequins, que 
« iceux Anglois furent contraints d'eux enfuir. » 
(Monstr. Vol. III, fol. 57.) 

VARIANTES : 
CLIQUETIS. Orth. subsist. 
Cliqueteiz. g. Guiart, MS. fol. 269, V». 

Cliquettement, subst. masc. Bruit. (Dict. de 
Colgr. et d'Oudin.) 

Clissus, subst. masc. Terme de chimie. Ce fut 
un terme inventé par Paracelse, pour exprimer la 
quintessence des choses. (Dict. Chym.) » Que les 
« alchimistes ne veulent plus leurs secrets, leur 
" elixir, et leur clissus. « (Mém. de Sully, T. IV, 
page 314.) 

Clistré. [Intercalez Clistré, couvert de haillons, 
de clustriaus, dans le Pèlerin, de Guigneville ; 

D'un ort et viel burel vestue 
Ratasselé de clusiriaus... 
Ch'est celle qui ratasselée 
M'a ainsi, con vois, et clisirèe. 

Du Gange, II, i04, col. 3.] (N. e.) 

Clitelles, suhst. fém. Paniers. Du latin clilellœ. 
« Comme un baudet sautille, et brave avec son 
>' bast, panniers, et clitelles. » (Lett. de Pasquier, 
ï. II, p. 7!)7.) 



(1) C'est un carreau lancé par un mangonneau ; le maître engigneur se nommait parfois maître drcHqueur. (Voyez V. Le 
Duc, Dict. il'Archit. sous E»gi».)(N. E.) 
(2i Voyez ci dessus cHijne-pali)/. (n. e.) 

(3) « Et n'a dente qui ne lui cli(juetli:. » (Villon, Repues franches.) (n. e.) 
t4) Voyez aussi t. VU, p. 779 ; t. VIII, p. 535. (n. e.) 

(5) « Les portes d'icellui collège seront fermées au coup du queuvrefeu... S' Benoist, et ouvertes au matin au cliquet et 
son de la cloche des Jacobins. » (.\rrêt du Pari., 21 déc. 1481.) (N. E.) 

(6) Ou lit dans Marot (t. Il, ,")3) : « Mais les langues qui sonnent Comme un cliquet toujours le bruit me donnent De totis 
escrits, tant soient lourdemr'nt faits. » (n. e.) 

(7) Froissart, dans un récit de la bataille de Rosebeck, écrit avec plus de justesse et d'harmonie imitative : « La estoit li 
cliquetis sus ces bacliinés si grans et si haus d'espées et de haces, de plommées et de maillés de fier et de planchons, que 
on n'y ooit goutte pour la noi.fe ; et oy dire, que se tout li hyaumier de Paris et de Brouxelles fussent ensamble , leur 
meslier fnissant, il n'euissent point mené, ne fait si grant noise, comme li combatant et li férant sur ces bachinés faissoienl. » 
(Ed. Ki^rvyn, X, 171.) La corapiiraison se retrouve dans Cuvelier ; « Et quand dessu.s François vont les tlesches cheant, 
Dessus ces bacinés qui sont clair et luisant, Firent tel cliguetis: en noise démenant, Que ce ssmbloient fevres sur enclumes 
forgeant (v. 22341). (n. e.) 



CL 



- 63 



CL 



Cloaisti*e,s«/>,s<. ?HflSf.Cloitre. On ilisoil moines 
decloislres, poiirmoinesclauslraux. (Percef. Vol. VI, 
f' 8.) Estât (le cluistre. pourelal monastique. (Eust. 
Desch. l'uës. Mss. fol. 46.) Foitrmenl de cloislre, pour 
l'romenl de choix, ou pareil à celui que mangent les 
moines. (Ord.deMelz,dansleCouLGén. T. I, p. 1150.) 

VARIANTES : 
CLOAISTHE. .loinv, p. 117. 
Cloisthe. Percel. Vol. VI, fol. 8, V» col. 2. 

Cloant, partie. Fermant (1). 

Les fenestres devers miiiy 
Bien clouiilcs, pour veoir ledy, 
S'en fui la s.iUe trop |iliis chaude. 

Gace de la B.gne, d^s UOJuils, MS. p. 3i, R*. 

Cloaque, subst. fém. Egout. Ce mot subsiste ; 
mais il est aujourd'hui masculin. On disoit autre- 
fois la cloaque. (Sag. de Charron, p. 47.) (2) 

Cloareguiez, subst. maae. Clergé. Mot breton 
rendu par cler(jie,&M\i, le Catholicon de 1499. (Voy. 
Du Cauge, au mot Cterimonia, et le mot Clergir.) 

Cloche, s;//>si. /'t'?n. Cloche*. Grelot^. Cachot, 
prison •=. Sorte d'habillement °. 

* Ce mot subsiste encoie, dans le premier sens, et 
selon l'orthographe cloche {3). Onécrivoil autrefois 
cloque. (Voyez Du Gange, au mot Vadccloque.) On 
trouve cleiike, dans les vers d'Adan li Bocus 
d'Arras, parmi les Poës .mss. ii" 1490; des mss. du 
Vat. fol. 128. Les cleukes sakant, c'est-à-dire son- 
nant (tirant) les cloches. 

On prend les alouettes « au feu, à la cloche, et au 
>• resol (reseau). » (Voyez Modus et P>acio, f° 92.) 
Lorsque celui qui porte la cloche ou cloelielte aper- 
çoit l'alouette, il sonne plus fort, « afin que les 
« deux autres qui sont à ces deux costez, qui tien- 
" nent les converloirs, puissent voir et apercevoir 
« l'oisel. » (Ibid. fol. 92.) 

^Cloche et clochette s'employoienl autrefois 
indistinctement l'un pour l'autre. De là, cloche s'est 
employé pour grelot. 

On a dit, en termes de fauconnerie : 

Cloches de Milan lui mectray, 
Et gi('ls de leu, si je les ay ; 
Sur un gan blanc fait à Paris 
Sera le gentil faucon mis. 

Gace de la Bi|;ne, des DéJuits, ilS. fol. 93, Vv 

Cil qui le chaige à oultraige 

De cloches, ne fait pas que saige. 

Gace de la Bigne, des Déduils, MS. fol. 89, R". 



"^Ce mot signifioit une espèce de cachot, peut- 
être ainsi nommé à cause de sa forme. Quelqu'un 
m'a dit avoir vu, dans un ancien château, un cachot 
composé de deux grandes pierres concaves posées 
l'une sur l'autre, représentantia figured'un a'uf(4). 
Celle de dessous étoit immobile, et on levoit l'autre 
pai' le moyen de deux anneaux, pour y enfermer le 
prisonnier. Au reste, quelle que fût la forme de ces 
prisons qu'on appeloit cloches, voici le passage oii 
ce mot paroil avoir cette signification : 

Por ce commandé r'a esté 
Que pendu fu, et remonté, 
Et si fu il en une cloche. 

Hisl. de Fr. à la suite du Rora. de Fauv. MS. du R. n- 6812, f' 8S. 

"Enfin on a nommé cloche et cloque, une espèce 
d'habillement arrondi comme une cloche, à l'usage 
des hommes et des femmes (5). G'étoit un manteau ou 
une cape. On le voit quelquefois employé comme 
habillement de cérémonie, quelquefois pour dési- 
gner un habillement commun, quelquefois pour 
îhabil d'un ermite. Dans les Ordonn. des R. de Fr. 
T. 11, p. 372, an titre descouluriers, sous l'an 1350, 
on lit : « Pour la façon d'une cloche double, trois 
" sols, et la sangle à l'adveuant, ■ et au titre des 
pelletiers et fourreurs de lobes: « Pour fourer une 
« housse, ou cloche, et chaperon, trois sols. » Dans 
les Annot. de Godefr. sur 1 Histoire de Charles VI, 
p. 779 : « A Monseigneur l'archevesque de Bourges, 
« nommé Guillaume Boisratier, chancelier de feu 
« mon dit sieur, pour faire robbe, mantel, cloche, 
« et chaperon vingt aulnes au dit prix. ■> 

Le chien de Froissart, parlant au cheval de son 
maître, comme jaloux de la préférence que Frois- 
sart lui donne, s'exprime ainsi : 

Quant nous venrons jà à l'ostel, 
Nos mestres, sans penser à el, 
Il t'aportera de Vavainue, 
Et s'il voit qu'aies eu painne, 
Sus ton dos jettra sa cloijue, etc. 

Froisôarl, Poës. MSS. p. SJ, col. i 

Ailleurs, le même poète emploie ce mot pour 
désigner une cape de berger (p. 282, col. 2). 

Cloque est un habillement pour monter à cheval, 
dans les vers suivans : 

Et si me fault bien, s'il vous plest, 
Quant je chevoucheray par rïie, 
Que j aye, ou cloque, ou sambrue. 

Eusl. Desch. Pocs. MSS. fol. 4!)ii. col. 3. 

C'est un habit de cérémonie, dans le passage qui 



(1') On le prend substantivement au sens de fermoir : « Unes heures à deux petits cloans d'argent. » (JJ. 153, p. %%, 
an. 13y8.) — « Le suppliant prinst unes heures, esquelles avoit un cloant d'argent. » (J.I. 109, p. 'àii, an. 1416.) (n. e.) 

(2) « li est ici bas logé au dernier et pire estage de ce monde, plus esloigné de la voûte céleste en la cloai/uc et sentine 
de l'univers. » On lit déjà dans Bercheure (fol. 20, recto) : « Il fist fere cloaques, ce sont conduiz souz terre pour ceUes yaues 
fere descendre ou Tybre. n (n. e.) 

(3) Sur les cloches fondues, voir VioUet-le-Duc , Diction. d'.Vrchitecture . t. III , p. 282 et suiv. Dans les basiliques 
primitives, comme dans l'intérieur de nos cathédrales, les exercices étaient réglés par le son des clochettes , employées 
déjà dans les bains publics. (Voyez Catnpane, t. III, p. 204, col. et note I.) Aux temps mérovingiens, ces cloches prirent une 
grande dimension et eurent prés de 1 métré de hauteur : elles n'étaient pas fondues, mais battues, assemblées et rivées 
comme les chaudières à vapeur. Grégoire de Tours les nomme sirjn-iim, d'où le français se'mt : « Sonnent les cloclies et 
seint parmi la cit, Procession ont fait au fil Garin. » (Du Gange, VI, 252, col. 3 ) On les nommait aussi campanes, ce sont les 
deux mots d'origine latine ; cloche, au contraire, est d'origine germanique. (N. E.) 

(4) C'est ce que d'Aubigné nommait chausses d'hypocrus. (T. III, p. 429, note 3.) (N. E.) 

(5) Ce sens se trouve au XIII* siècle dans Blanche et Jehan (v. 5i36) ; « De camelin, pour la pouriére , Avoient clohcs 
paringaus Fourées de vermens cendaus. » Lin reg. de la Ch. des Comptes, de 1321, nous en montre la forme : « Item une 
cUike, ou fonds de cuve de deus dras, c'est assavoir marbré camelin et pers. » Elle ressemblait aussi à la calobe. (T. ÎII, 
p. 194, note 5.) (N. e.) 



CL 



— 6i - 



CL 



snil : " Or vous prie que vous viieillioz veslir mon 
•■■ liahil lie révérence, el celuy hubit esloil en 
» mameve d'une cloche fourrée d'iieraiines (1). » 
iPercef. Vol. I, fui. Jo'J.) La Colombit're, qui elle 
les mêmes aulorités. dit que la cloche eloit un pclil 
uianleau, ou roquet, appelé cloche, parce qu'il en 
avoit la forme el qu'il éloit garni de sounuUes. 
(Voyez La Colomb. Tb. d'bonn. T. I, p. 288, et Du 
(lange, au mol Clocca 5.) 

C/w/(^ est l'babit d'ermite, dans Perceforesl. « H 
n regarde par devant luy, et voit ung bomme, se 
" luy fut advis, vestu d'une cloche de noir bureau ; 
« Si avoit deu.x Iroux par devant, par où il avoit 
« ses bras mis bors : Lors Estonne dist. Dieu ! quel 
" bern)ite! Zepbir luy dist, l'habit le monstre. « 
(Percef. Vol. Il, fol. 3'i.) 

Rapportons les diverses façons de parler ancien- 
nes, où le mot cloche étoit employé dans le sens 
que nous lui donnons encore (2) : 

1" On disoil la cloche du vigneron sonné, pour 
désigner une certaine heure du jour. » Par la cous- 
« tume de la dite ville, et eschevinage, les bour- 
" geois d'icelle ville sont tenus, chacu'n an, le jour 
■■ des Rois, après la cloche du vuigneron sonné, 
« bailler, et délivrer, etc. » ^Cout. d'Evreux, Coût. 
Cén. T. II, p. 924.) 

2" Cloche bouchée ou fermée, pour cloche où l'on 
a mis un tampon pour empêcher qu'elle ne fasse 
du bruit. Cloche s'entend ici des clochetles que l'on 
attache au cou des bêtes: « Si esdites vignes, ver- 
" giers, jardins, et prés clos, est trouvé gros bestail 
« mis à garde faite, ou avec cloche fermée, ou 
» bnuschée, en temps de fruits, de nuit, le seigneur 
« (maistre possesseur; du bestail encourt l'amende 
" de vingt sols tournois, par chacun chef. » (Coût. 
d'Acs, Coût. Cén. T. IL p G8I.) 

3^ Cacher à son de cloche, façon judiciaire d'agir 
contre quelqu'un. Nous l'avons expliqué au mot 

CACHER (3). 

On disoit proverbialement : Sonner les cloches, et 
ffssisterà laprocession. On trouve l'application de ce 
pioverbedans le .lourn. de Trev., avril 1735, p. 161. 

VARIANTES (4) : 
CLOCHE. Orth. subsist. 
Ci.oiCHE. Ilisl. de B. du Guesol. p. 202. 
Cloque. Gloss. sur les Coul. de Beauv. 
Cleuke. Poës. MSS. Vatican, n» 1490, fol. 128. 

Cloclieman, subst. masc. Ce mot désignoit le 
mouton qui conduit les autres, par le son d'une 



clochette qu'il a pendue au col. (Borel, Nicot, Monet. 
Cotgrave et Oudin, Dict.) On a dit cloqueman, pour 
sonneur de cloches (■'>). (Voyez ce mot ci-après. i 

Cloclienient, subst. masc. L'action de clocher. 
(Cotgrave et Oudin, Dict.) 

Clocher, suhsl. musc. Faiseur de cloches. 

VARIANTES : 
CLOCHER. Oudin, Dict. 
Clogheïier. Oud. Cotgrave, Dict. 

Clocherie, subst. fém. Sonnerie. (Dictionn. 
d'Oudin et de Cotgrave.) 

Clocheter, verbe. Sonner. On a dit cloeheter 
la cloche, pour la sonner. (Fabl. mss. du R. n" 7218, 
« fol. 311.) Tient une clochete en sa main, dequoy 
<■ il va clochetunt. » (.Modusel Racio, fol. 1)2.) 

Clochette, subst. fém. Sonnette*. Grelot °. 

*Nous disons encore c/oc/iPff(? (G), dans le premier 
sens; mais nous avons ù remarquer sur ce mot, 
pris dans celte signification, qu'on faisoit autrefois, 
au son de la clochette (7), les proclamations pour les 
ventes el les curatelles, dans la Coût, de Gand et 
dans celle d'Oudenarde. (Voyez iNouv. Coût. Gén. 
T. I, p. 998, col. 1, p. 1091.) 

On se servoit du mot clochette, en un sens 
obscène, dans cette expression clochette de Callien, 
qui se trouve dans les Poës. mss. d'Eust. Desch. ^440. 

On prononce encore clokete ou cloquette, au lieu 
de clochette, dans les provinces septentrionales de 
la France. 

^ On nommoit cloquette et clokete ce que nous 
nommons aujourd'hui grelot. On disoit, en parlant 
du fils d'un roi d'Angleterre : 

. . . Moult cointeraent atomes, 
A clokeles, et à lorains. 

Ph. Mouskes, MS. p 508. 

Pour pendre le grelot au cou du chat : 

Mais il convient, comme dist la souris, 
Voir qui paudra la i-loqiietle au myuon. 

Eust. Ucsch. Poi'S. MSS. p. 286, col. i. 

Les bergers porloient des grelots qu'on nommoit 
cloquettes de S. liemi. Froissart, en parlant de 
leurs meubles, dit : 

Aloierere, bourse, et coutel 
Escargies, boites aussi, 
Et cloquettes (S) de S. Remy ; 
Pipes, canemeaus. et tiagos. 

Poes. MSS. p. 282, col. 1. 

VAniA.NTES (9) : 
CLOCHETTE. Orth. subsistante. 
Clocheite. Estrub. Fabl. MSS. du R. n= 7996, p. 90. 



(1) On lit encore au fol. Wï : « Adonc a la dire Lydore la royne : venez à moi, Lyriope , belle fille; si vous osteray la 
rlochc que vous avez vestue, et si nous servirez. » (n. e.) 

(2) Voyez aussi Leroux de Lincy (Proverbes, t. I, p. 6) ; Rabelais (II, 29) a écrit aussi : « Dont il feut plus estonné qu'ung 
fondeur de ckxlies ; et s'escria : « Ha ! Panurge, où es-tu ? » (N. E.) 

&) T. III, p. 173, col. 1. (N. E.) 

('!•) On trouve aussi rtoice dans Froissart (X, 188), et les Bourguignons prononcent encore cloiche. (n. e.) 

(5) « Al.irs Remons clochenumt de l'église de S. Quentin en Vermandois et Gérard Casse aussi clochemant de la dite 
église. » (.IJ. 158, p. 25. an. 1403.) (n. e.) 

(6) On lit dans la Bataille des Sept Ars : a Madame Musique aus clochettes. Et si clerc plein de chansonnettes. » (N. E.) 

(7) On lit en ce sens dans un rondeau de Charles d'Orléans : « Crié soit à la clochette Par les rues, sus et jus : Fredet, on 
ne le voit plus ; Est-il mis en oublicte? i> (n. e.) 

(8) C'était peut-être une pièce héraldique ; « Tabar semet de cloquettes (Froissart, II, 87) », ou un ornement : « Son jaque, 
qui esloit de clochettes garnis. » (Du Guescl., v. 19360.) (N. E.) 

(9) On lit dans l'apologie d'Hérodote d'H. Estienne : «t II est de la petite t-^oc/ief/i; », c'est-à-dire il est huguenot, (n. e.) 



CL 



65 



CL 



Cloquette. Froissait, Poës. MSS p. 282, col. 1. 
Clokete. Ph. llouskes, MS. p. 508. 

Clocliier, verbe. Boiter, clocliei'(l).Ce mot sub- 
sioli; 5.oLisla seciMideorlliùgraplie; mais oiinediroit 
plus que la fortune cloche pour signifier qu'elle se 
lasse. 

fortune clochoil; 

Et river ausint aprouchoit. 

Hisl de Fr. à la suile du I^om. de Fauvel, fol. iM^. 

Onécrivoit^/Of/(/£'r, dans l'acception sul)sislante : 

Une heure commence à clochier. 
Pour gouttes qui le vont tenant : 
Autre fois la teste Iny fent, 
De doleur. 

Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 252. col. 2. 

On lit dans les Ord. des R. de Fr. T. I, p. 270, le 
passage suivant : ^ Eu ces cas où il auroit detTen- 
« dant, et demandant, li sires feroit querre letres ; 
« si ne seroit pas la cort ygax (cour égale\ car 
" jugement, si ne doit pas écligier, selon l'usage de 
« coVt laie. » (Ord. T. 1, p. 275. — Yoy. l;i noté (E), 
où on lit que, dans le ms. de M. Joubert, il y a 
éligier, et clochier dans celui de M. le Chancelier et 
de M. BaUize.) On a mal lu guerres letres, pour 
queretleres, qui signifie demandeur; et il y a tout 
lieu de croire qu'il ne faut pas lire clocliier, mais 
esliyier, bâtir, dresser. M. Ealconnet. d'après les 
Elabl. de S' Louis, liv. H, ch. ii, entend, par ce pas- 
sage, que, dans le cas où le seigneur seroit deman- 
deur, querelleres, il ne pourroit élre juge, esligier, 
dresser le jugement. 

On a dit proverbialement : 

1° Se moque, quicloque. (Rabelais, T. III, p. 133.) 
Selon Cotgiave, ce proverbe désigne ceux qui, plus 
imparfaits que ceux dont ils critiquent les actions, 
n'en ont pas plus d'indulgence. 

2" On voit bien de quel pied il cloche, c'est-à-dire 
on devine aiséracul ce qui le séné. (Langlet, Hist. 
de la Pucelie, T. Il, p. 83.) 

VARIANTES (2) : 
CLOCHIER. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 243, R" col. i. 
Clocher. Orth. subsistante. 
Cloquer. Dict. de Cotgrave. 

Clocqtier. verbe. Glousser. On a dit. en par- 
lant ilii chaut de la poule : « La poule cacquette, et 
« clocque, en gardant, et promenant ses poulets. » 

a 'V I r. Ilil \ 



(Merl. i.ocaie, T. I. p. 161 ) 



Ciodis, subst. masc. Enclos. « Les prez, et 
'< ciodis bouchez d'anciennelé, ils sont de garde 
« toute 1 année. » (Proc. verb. de la Coût. deRour- 
bonnois, Nouv. Coul. C.én. T. III, p. 1217.) On disoit 
ciodis portens revivres, pour prés portant regain. 
(Ibid. p. 1216. — Voyez ci-après Clotiz.) 

Clodoe, subst. masc. Clovis. Nom propre du 
premier roi de France, dans l'Hist. de S" Léocade, 
MS. de S. G. fol. 32. 



Cloé, partie. Cloué*. Garni de clous °. 
*0n lit, dans le sens propre de cloué, en parlant 
de Jésus-Christ : 

. . . Vos tuit que li dit oez, 
Quant Diex se mostrera cloe:. 

Fabl. MSS. du R. n- 7615, T. I, fol. 67, V cqI. 1. 

^ A.\i figuré, cloé signifioit garni de clous, comme 
dans ces vers : 

. . . Blanche espée, 
Maçue doée. 

Rob. dou Chaslel. Po5s. MSS. avant 1300, 1. 1, p. 57. 

On appliquoit aussi ce mot aux choses qui 
n'éloient que de pur ornement : 

Cote Iraiïiant, et corroia 
Cloée de soye, 
Ou^Tée d'argent. 

Li Dux de Brcbanl. ibil. T. II, p. 717. 

Du Gange, au mot Armatura 2, cite cet article 
d'un inventaire d'armure, en 1316, où on lit: 
» Item, une couverture de mailles rondes, demy 
•' cloées. Item une testière de haute cloueure de 
" maille ronde. » 

VARIANTES : 

CLOÉ. Poës. MSS. avant 1300. T. II, p. 717 
Cloez. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 324, V" col. 2. 

Cloer, verbe. Clouer (3). C'est le sens propre de ce 
mot; de là, il semble s'être employé, dans un sens 
plus général, pour attacher, afficher, comme dans 
ce passare : « Vous mandons que ces présentes 
« letres vous fassiez faire copies, et mettre, et cloer 
« en plusieurs lieux. •• (Ord. T. I, p. 773, notes, 
col. 2.) 

Cloere. [Intercalez Cloere , pile à fouler les 
draps : « Il lui dist que ilz trouveroient grant 
" quantité de draps èsc/oe?rsou poulies du pontoir 
« de l'Espau,... que les foulons n'en diront ja 
" riens. •■ (J.I. 155, p. 90, an. 1400.) Cloiere est au 
t. VI des Ord., p. 366, an. 1378; clonyere au t. IX, 
p. 172, an. 1403.] (n. e.) 

Cloeur. [Intercalez Cloeur, ouvrier chargé de 
clore un champ: <■ Encore doit cascuns..'. un 
« vendengeur es vingnes le conte vendengier, et 
« un cloeur as vingnes enclore. » (Ch. des C. de 
Lille, an. 12C5; Du Gange, II, 385, col. 2.)] (n. e.) 

Clofichei', verbe. Clouer*. Percer^. Ce mot, 
dans S' Bernard, répond au latin af/jgere et infirjere. 
(Voyez Dict. de Borel.) On écrivoit autrefois clo, 
clan, elc, pour clou; de là, cette variété d'ortho- 
graphes du verbe clo ficher. 

*0n lit, au premier sens déclouer, qui est le sens 
propre : 

Douz Die.x I el cuer sovent te boutent, 
Et lor lances, et lor espiez 
Il le clojich'^Ht meins et piez. 

Hist. de S" Léoc. MS. de S. G. fol. 27, V- col. 2. 



tl) Ce mot signifie encore sonner la cloche : « L'abeasse qui cloclw La cloiche dou cloichier Fist devant li venir, qui la 
veisl ihchier. » (Rutebeuf, 182.) (N. e.) 

(2) On lit déjà au iib. psalm. (xu" siècle, p. 21) : « Li fil estrange mentirent à mei, li fil eslrange sutit env'.egi, et clocerent 
de lur sentes. » (N. E.) 

(.3) On lit déjà dans Berle (43) : « Ah ! sire Dieu, fait-ele, qui te laissas clncr. » (N. E.) 

IV. 9 



CL 



- 66 



CL 



Chascune créature doit 
Cpste dolor plorer, et plaindre : 
En toi voi ctaufir et destaindre 
Mon cher fils (lui lumière esloit. 

Fal.l. MSS. du R. n- 1218, fol. M, V col. 1. 

° De là, ce mol signifioil percer avec quelque 
cliose (|ue ce fût, avec une lance, comme en ce 
passage : 

Et la fu Dieux crucefiés, 
Et de la lance clojicics. 

Ph. Mouskes, MS. p. 27tl. 

VARIANTES (1) : 

CLOFICHER. s. Bern. Serni. fr. MSS. p. 122. 
Clofichier. s. Bern Serm. fr. MSS p. 91. 
Claufichier. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 90, V°. 
Clauficer. Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 94, V» col. 2. 
Cloficikr. l'h. Mouskes, MS. p. 279. 
Clofikier. Vi^!S des SS. MS. de Sorb. ch lxi, col. 39. 
Claufir. Fabl. MSS. du R. n« 7218, fol. 94, V" col. \. 

Cloficlieure. [Intercalez Cloficheure, cicatrice 
faite par un clou: » Sire, saint Thomas dist, se je 
■< ne voi Va cloficlieure de ses mains elde ses piez,... 
« je ne créerai ja. » (Du Gange, 11. 383, col. 1, 
d'après un ms. du fonds S' Victor.)] (n. e.) 

Clofis, partie. Cloué, percé. Parmi les reliques 
que Charlemagne apporta, de la terre sainte à Aix, 
il y avoit : 

L'un des claus dont Diez fut clo/h. 

Ph. Mouskes, MS. p. 205, ihid. p. 327. 

Cloiere, sMfc.sf./'t'm. Tour, circonférence (2). L'é- 
diteur s'explique ainsi dans ce passage : « Les fagots 
« marchans qui devront estre espincez (taillez) de 
" trois pieds, et demy de long, et neuf paulmes de 
« cloiere au rond. » (Coût, de Hainaut, Nouv. Coût. 
Gén. T. 11, p. 149.) " Les velourdes (falourdes) deb- 
» vi'ont avoir sept paulmes de cloijure. » (Idem, 
T. I, p. 814.) 

VAIUANTES : 

CLOIERE. Nouv. Coût. Gén. T. II, p. 149, col. 1. 
Cloyure (3). Coût. Gén. T. 1, p. 814. 

Cloire, verbe. Clore, terminer, enfermer. Ce 
mot subsiste sous cette orthographe. On disoit 
autrefois cloii-e (4). 

S'est bien heure de ce temps cloire. 

Froissart, Pocs. MSS. p. 343, col. 2. 

L'orthographe clore ne me paroit pas bien 
prouvée, car, dans le ms. que j'ai cité, on lit : 

Adon dorera chérubin. 
Et SI tranblera serafin. 

Sign. du Jugera. MS. de S. Germ. fol. 25, R" col. 3. 

Or, il ne paroit guère douteux que dorera signifie 
en cet endroit plorera, pleurera. Soit que ce soit 
une faute de copiste, soit que l'on ait effective- 
ment (lit dorer, pour pleurer, ce que je n'oserois 
affirmer, n'en pouvant citer d'autre exemple. 
Quant aux orthographes doer et clouer, pour bou- 



cher, fermer, elles paroissenl suffisamment prou- 
vées par les passages suivons : 

Li oeul li cloenl, si s'endort, 

Fabl. MSS. du R. n' "089, fol. 60, V- col. 1. 

" Si lu ne le peux oiiir, mets ton front contre 
'< terre, en clouant une oreille, et après l'autre, et 
" de quelque cosléenleudras, où doit eslre oiseau. » 
(Fouilloux, Faucon, fol. 71.) 

CONJUGAISON : 

La conjugaison ancienne du verbe clorre fournit 
quelques mots que nous devons marquer: 

Clieut, ind. prés. Enferme. Dans unGloss. lat.fr. 
cité par Du Gange, Gloss. lat. au mot Inclusor, on 
trouve inclusor, qui enclost, ou clieut. 

Cloex, part. Fermer. fFabl. mss. du R. n" 7218, 
fol. 243.) 

Cloiens, ind. prés. Fermons. (S. Bern. Serm. fr. 
MSS. p. 298.) 

Cloist, ind. prés. Ferme. (Fabl. mss. du H. n^TOir), 
T. I, fol. 118.) 

Clostrent, au prélér. Fermèrent. (Fabl. mss. duU. 
ir7218, fol. 211.) 

Clôt, ind. prés. Ferme et se ferme. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 4.) 

Cloux, partie. Fermé. (Le Jouvenc. ms. p. 198.) 

Clouijt, prêter. Ferma. 

Et là querant palme victorieuse, 
Clomjt le pas de .<a mort glorieuse. 

Grelin, p. 69. 

Cloyst OU cloist, i^rétér. Ferma. On disoit : <• Il 
« cloist, ou clorjst la porte à ses derniers jours », 
pour il mourut. (La Salade, fol. 32.) 

Clouet, impart. Fermoit. Borel cite ce vers du 
Roman de la Rose : 

Ains clouel un cil, par dédain. 

C/Oî/«s^ impart, suhj. Fermât. Quoiqu'on ait dit 
clouist, pour fermât, Cotgrave pourroit bien n'être 
pas fondé à supposer qu'il y ait eu un verbe douir. 
Rien n'empêche de croire que c'est un des temps de 
la conjugaison irrégulière du verbe cloire. Cette 
observation peut s'aiipliquer au mot t/oî/cf ci-dessus 
et généralement à toutes les anomalies qui sem- 
blent justifier les infinitifs douer et doer. On lit 
clouist, dans l'Hist. de Floridan, p. 719. « Elle 
« requist à ce Ribaull que il clouist les feneslres. » 

Ciouoies. Impart. Tu fermois. 

La porte ouvroies 

A ton vouloir, et la ciouoies. 

Eust. Deschamps, Poês. MSS. fol. +63, col. 1. 

Clous, partie! Fermé. (Rabelais, T. III, p. 49.) 
Clouze, partie, fém. Fermée. (Borel, Dict.) 
Cloz, partie. Fermé, clos. Dans la Coût, de Boul- 
lenoys. Le tems dos est le temps oîi les prés doivent 
être fermés, qui est depuis la mi-mai jusqu'au jour 
S- Pierre. (Coût. Gén. T. l, p, 695.) 



(1) Voir cleapcher. (N. E) 

(2) Voyez plus haut cloerc. (N. E.) 

(3) Nous disons encore une cloyère d'huîtres, (n. e.) ... 

(4) C/aiirffîre, avec le premier e bref, a donné c/ore ,- si cet e s'allonge, 011 a <looir, puis cloir. qui, par confusion avec 

clore, devient cloire. (N. E.) 



CL 



67 — 



CL 



Cluse, pa; tic. féin. Close, fermée (1). On disoilPas- 
ques etuses. pour Pâques closes. (Du Gange, au mot 
Pascha.) Cluse de pasche (ibid.), dans le même sens. 
(Voyez Carta magna, fol. 24.) (2) 

VARIANTES : 
GLOIRE. Froissart, Poës. MSS. p. 343, col. 2. 
Cloue. Sign. du Jugem. MS. de S. G. fol. 25 R° col. 3. 
Clorre. Orth. subsistante. 
Cloure. Joinville, p. 34'. 
Clouir. Korel, Dict. 
Clouer. Cotgrave, Dict. (3) 
Cloer. Modus et Racio, MS. fol. 64, R". 
Gloser Hist. de la Sainte-Croix, MS. p. 9. 

Cloiser, verbe. Ouvrir et fermer alternative- 
meni, (Brant. D" Gall. T. I, p. 345.) 

Cloison, suhst'. fém. Clôture*. Impôt °. 

* Nous disons encoi'e cloison, dans le premier 
sens, .loinville écrit cloaisoii, p. 89 (i) ; mais nous ne 
disons plus cloison, pour clôture d'acte, et on le 
disoit autrefois. « Avons procédé à la clôture, et 
« cloison des dits articles. » (Coût. deClermont. — 
.Nouv Coul. Gén. T. II, p. 887.) 

° Les fortificalions sont les clôtures des villes, 
les cloisons; de lu, l'impôt octroyé par les anciens 
ducs d'Anjou aux maires et eschevins d'Angers, 
pour enti etcnir les fortifications de leur ville, a été 
nommé cloison ou clonaison[o). 

VARIANTES : 
CLOISON. Orlh. subsistante. 
Clouaison. Lauriére, Ménage. 
Cloaison. .loinville, p. 89. 

Cloisonneiise, adj, au fém. On trouve paroy 
cloisonnense, dans les Èpitli. de M. de La Porte. 

Cloistral, adj. Claustral. ;Dict. de Cotgrave.) 

Cloisti'és, suhst. masc. plur. Moines cloîtrés. 
On a dit, [tar opposition : 

Séculiers, et ctoistrés ensemble. 

Eusl. Deschanips, Poés. MSS fol. 541. 

Les cloistrés sont distingués des religieu.x, dans la 
Coût, de Luxembourg. (Nouv. Coût. Gén. T. II, p. 340.) 

Cloistrier. adj. Qui habite le cloître. On enten- 
doit par moine cloistrier un religieux qui habite le 
cloitic, par opposition à celui qui est dans la mai- 
son en qualité d'hôte, ou qui est pourvu d'un béné- 
l],.f. .,,.; re'npêche d'y demeurer. (Voyez Monet ; I 



Epith. de M. de La Porte.) Cloistrier {6) est rendu par 
le mot lalin monasterialis, dans la Règle de S' Ben. 

On disoit chanoine cloistrier, pou!- chanoine 
régulier. « Estienne de Sainct Julien fut chanoine 
» régulier (ils disent cloistrier) de S" Antoine en 
« Viennois, commendeur de Charni en l'Auxois. » 
(S- Jul. Mesl. Historiq. p. 435.) 

On a dit aussi, au féminin, cloislrière, pour 
désigner une religieuse enfermée dans un cloître. 

Nule riens tant religieuse, 

Ne abesse, ne prieuse. 

Ne cloistncre, sage, ne foie, 

Se on la velt melre i escole, etc. 

Ovide de Arle, .MSS. de S. G. fol. 95, R* col. 2. 

Dans une pièce intitulée : C'est chartre des bons 
cnfans de Vertus en Cltanipaigne, on lit : 

Et si vous devez exciter 

.4 poursuir femmes cloistrieres (7), 

Ou communes, ou vilotieres. 

Eust. Desch. Pops. MSS. fol. 408, col. i. 

On trouve // cloistrier de Sans (Sens), parmi 
les Proverbes à la suite des Poës. mss. avant 1300, 
T. IV, p. 1651 (8). 

Cloke, suhst. fém. Instrument de musique à 
l'usage des bergers. 

De la clokc, et du frestel, 

Et de sa muse au grans forrel, 

Fera la rebardie. 

Jean Erars, Poës. MSS. avant 1300, T. II, p. 1133. 
A la clokete, et à la muse, 
Aloit chantant une cancon. 

Ern. Caupains. Poi s. MSS. avant 1300. T. II, p. 91?. 

VARIANTES : 
CLOKE. Poës. MSS. av. 1300, T. II, p. 935. 
Clokete. Ibid. p. 919. 

Clooners, suhst. masc. Glovis. Nom propre du 
premier roi de France. 

. . . Clooners fu pius rois (9), 
Riches, et saiges, et cortois : 
Celui converti saint Remis. 

Parlon de Blois, MS. de S. G. fol. 125, V col. 8. 

Clop, adj. Boiteux. 

Et li commanda que tout cil 
Ne franc, ne sierf, ne bon, ne vil 
Ne clop, ne rous, ne blanc, ne noir. 
Oui vourroient à Ais manoir, 
De tous usages fusent frans. 

Ph. Mouskcs, .VIS. p. 70. 



(1) Cluse, dans le ,Tura ; dus, dans les .\lpes de Provence, se dit des défilés qui traversent la chaîne ; les rivières y sont 
comnio enfermées ou plutôt il n'y a pas place pour les sentiers. On nomme encore clissura ^clausura) les Portes de Fer 
d'Orsowa sur le Danube. Au Mexique, ce serait des canons, (n. e.) 

(2) C'est le dimanche de la Quasimodo. Cluse se trouve dans les textes anglais : <c Lendemain de la cluse de Pasche. — 
Le m-Tijn^dy après Pasques cluses l'an de grâce 1326. » (Du Gange, V, 115, col. 2.) On lit encore dans Partonopex (v. 2143 ; 
« Mîiis il atent l'arriére ban Qui vient à feste Saint .lohan. Dont estoit close Pentecou.'îte, » (n. e.) 

(3) C'est encore la forme du Berry ; elle a a.^lené la confusion avec clouer (de clavus). (N. E.) 

(4) Le mot ne se trouve pas au vocabulaire de l'édition de M. de Wailly ; il a été employé au xn« siècle par Benoit de 
S' More ; « Les fossez virent, la cloison Qu'il aveient fait d'environ. » (II, 3i6ô ) (N. e.) 

(5> On lit au reg. JJ. :!I5, p. 1145, an. 1474: « Le suppliant pour aider à .lehan Krmenier .à cueillir et lever certaine 
coustiunf rie ou cloi-on, qui est de la baronnie de Craon, et laquelle icelui Ermenier tient à ferme. » (n. e.) 

(6) On lit dans Renart (v. 20996) ; « Il ne ressemble chevaUer, Voir por le cuer beu, mes cloistrier. De livres porte grant 
plenté. » E. Deschainps (fol. 253) écrit aussi : « Plus vit en paix un poure chapelain Aux frais d'autrui ou par sa pourveànce, 
Ou un cloistrier, ne fait son souverain. » (s. E.) 

(7) On lit encore au ms. fr. de la B. N. anc. 8312. 5, an. 1396: « Item que toutes filles de vie cloislrieres ou femmes 
communes diffamées voisenl tenir, tiennent et facent leurs bouticles es lieux ad ce ordonnés d'ancienneté en la dite ville 
[de Troyes], » De même au reg. JJ. 1.55, p. 178, an. 1400 : « Ledit Jehan estoit en la m.iison d'une femme de vie cloistricre, 
appelée .\nielot Lestarce, demourant pour lors à Paris en la rue Jehan Gencien. » (n. e.") 

(8) D'après Leroux de Liiicy (l, 303), on le trouve au Dit de l'.Vpostoile. (N. E.) 
(9; Lisez plutôt Cloovers. (N. E.) 



CL 



G8 



CL 



<i Jeanne de Drelagne, dicte !a dope, c'est a dire 
« la boiteuse. » (l'avin, Th. d'hunn. T. I, p. 806.) 
On lit, en parlant de malades guéris miraculeuse- 
ment: >. 670/x. y fuient drecés(l). » (Cliron. S'Denis, 
T. 1, fol. 133.) 

VARIANTES : 

CLOP. Ph. Mouskes, MS. p. 70. 

Clops. Somme des Vices el des Vertus, MS. de S. Victor. 

Cloup [lu Cange, GIcss. lat. au mot Cloppus (2). 

Clos. Ph. Mousk. IIS. p. 294 et CM. 

Cloïz, plur. Cliron. S. Denis, T. 1, fol. 133. 

Glop. Du t;ange, Gloss. lat. au mot Cloppus (3). 

Cloper, verbe. Boiter*. Marcher^. 
* Le (ireniier sens de boiter est le sens propre et 
le plus ordinaire. 

La jambe tant ly eslocha, 

Que désormais touz temps clocha : 

Depuis dosa toute sa vie. 

Hisl. des Trois Maries, en vers, MS. p. 331. 

^ On a dit aussi clopper, pour cheminer, marcher 
beaucoup et avec fatigue. •< Lancelol eut ja tant 
« cloppé, entre luy (ensemble) et le roy, etc. » 
(Lanc. du Lac, T. III, fol. 17.) 

VARIANTES (4) : 
CLOPER. Oudin, Dict. 

Clopper. Du Cange, Gloss. au mot Cloppus. 
Clopineu. Oudin, Dict. 
Gloser. Hist. des Trois Maries, en vers, MS. p. 331. 

Clopin, ailj. Doiteux. « En vieux mot frangois 
clopin (.")), c'est-à-dire boiteux. » (Fav. Th. d'honn. 
T. 1, p. 808.) " 67o/)irtC/, c'est-à-dire boiteux, et dont 
« vient esclopé, celuy quien allant tiainesa jambe.» 
(,Fauch. Lang. et Poës. fr. p 200.) 

Ce mot est encore en usage, comme le surnom 
de Jean de Meung, l'un des plus célèbres de nos 
anciens poètes. 

VARIANTES : 
CLOPIN. Favin, Th. dhonn. T. I, p. 808. 
Clopinel. Fauch. Lang. et Poës. fr. p. 200. 

Clopyei*. [Intercalez Clopijer, clocher, boiter, 
au tig. biaiser, user de finesse: « On ne poet à 
» présent clopyer devant les signeurs ne leurs 
« consaulx, ils y voient trop cler. " (Froissart, 
IX, 372.)] (n. e.) 

Cloquante, adj. au fém. Qui glousse. C'est en 
ce sens que ce mot est mis pour épilhète de poule, 
dans les Epithètes de 51. de La Porte. 

Cloqueman, subst. viasc. Sonneur de clo- 



ches (G). (Voyez Ménage, Dict. Etym. et Ou Cange, au 
mot Cloqueiiiatuins.) 

i'Aos, subst. masc. Enceinte*. Partie d'armure^. 
Clou, flou de girolle '^. Clou, maladie". Terme de 
fauconnerie^. Terme de poétique''. 

* Nous disons encore t'/os, pour enceinte fermée 
de muis ou autrement. Delà est venue l'e.vpression 
ancienne de clos liru)ieuit ou clou Rruneau (7j, qui 
désignoit un clos ou terrain leul'ermé, planté de 
vignes, dont le proprielau'e se nommoil Bruneau. 
Frère Odon, p. 40i de l'ilist. de Melnn, prétend (|ue 
c'est tout le quartier de l'Lniversilé de Paris. Feli- 
bien, Hist. de Paris, p. iti8, dit que la rue S'-Jean- 
de-Beauvais étoit autrefois appelée la rue du (;/(;.s 
Bruneau; d'autres diseiit que c'est aujourd'hui le 
quartier de S' Hilaire 18). (Voyez Le Ducliat, sur liab. 
T. IV, p. 215.) Rabelais, par allusion à l'usag.; où 
l'on étoit de faire ses ordures dans ce quartier, 
a dit clous Bruneau, pour le derrière. (Ibid.) 

C'est le sens d'un certain teirain renfermé, 
nommé dans Froissart le clos de Constanlin (ft). 
(Liv.ll, p. 116.) 

^ Le mot clos désigne une partie du casque, dans 
cet autre endroit de Froissart (liv. I, p. A&2\ : « Et 
<• avoient avalé (baissé) le clos (10), et visières de 
« leurs bacinets. " 

Clox^ est une partie du bouclier, peut-être l'anse, 
la boucle, dans Percef. (Vol. 1, fol. 25.) « 11 arra- 
« choit les escus des cloz el ostoit heaulmes des 
« testes, etc. » 

Peut-être ce qu'on appeloil f/os, dans l'armure, 
étoit-il des espèces de clous; car ce même mot 
clos signitioit clou, comme nous l'avons déjà dit, 
au mot clau. De là, on lit dans S. Bern. Serm. fr. 
Mss. p. 209, clos pour clous, dans le latin clavi. On 
disoit clos, doux, pour désigner les clous de 
girofle. 

Safran, canelle, espicerie, 
Gingembre blanc, graine, et doux non 
User verjus, jeune mou.'ons. 

Easl. Desch. Pocs. MSS. fol. 442, col. i. 

Et ailleurs: 

Clos, saphran, graine, etc. 

Ibid. fol. 20li, col. 3. 

Dans les Tenures de Littlelon. fol. 49 , on parle 
de llefs assujettis à la redevance d'un clou d'e 
girofle. 



(1) Au t. V de D. Bouquet, p. 279, on lit : « xiiii clop i furent redrecié. » (n. e.) 

(2) Dans l'Hist. de la princ. de Deols, par J. Le Gogue : « De son espée tellement le frappa au pié devers le talon, que tout 
le temps de sa vie en va clocher, et pour ce fust appelle le cloup de Chauvigni. » (n. e) 

(3) « Li avugle ont recouvré le veoir, li sort l'oyr, 11 glop l'aler. » (Ms. fr. S. Victor, 28, fol. 17.) (n. e.) 

(4) De' là le participe dopant, dans la Chr. de Rains (p. 107) : « Et chemina dusques al hospital tout dopant, et pria pour 
Dieu qu'on le hebregast. » (n. e.) 

(.5) « Mes gens s'en vont à trois pies Clopin-dopanl comme ils peuvent. » (La Fontaine, Fables, V, 2.) (n. e.) 

(6) Voiv dodiemant. (n. e.) 

(7) a Les escoliers de Dormans, fondez en Cloz Bruncl à Paris par feu seigneur de bonne mémoire monsieur le cardinal 
de liefiuvez. » (,1J. 106, p. 308, an. 1374.) Comparez une pièce latine de l:iG6, JJ. 97, p. 54. (N. e.) 

(8) Voyez en ce cas le plan du collège S" Barbe el de ses environs, vers 1480, par M. Berty. (J. Quicherat , Hist. de 
S'" Barbe, t. l. (N. E.) 

(9) On lit encore au t. XVI de l'éd. Kervyn, p. 191 : « Ils se trouvoient bien du dos de Londres 24O00 hommes armés de 
piet en cape de toutes pièces. » On lit souvent aux chartes du xiv siècle, dos des rjalées : « Comme parnos autres lettres... 
ayons oltroyé à nostre très chier et féal cousm et connestable le sire de Gliçon une de nez barges laquelle vouldra choisir 
et prenre eu nostre doux des galées à Rouen. » (B. N., Chartes royiiles, t. IX, n. 20, 31 décembre 1381.) (n. e.) 

(10) Lisez « avalé et dos les visières ». (N. e.) 



CL 



69 — 



CL 



° De là encore, on donuoil le nom de c!o:i (1), îi ces 
petits boulons qui viennent à suppuration, cl que 
nous appelons clous. 

Bosses, cloz, roignes, et tranchoisons. 

Eusl. Desch. Pocs. MSS. fol. 206, col. :i. 

^Eii terme de fauconnerie, ce mot désignoil une 
maladie des oiseaux, aulreinenl appelée podagre. 
« Pour bien cognoislre les signes de podagre, ou 
« autrenieiiî nommée doux, ou galles, que les 
« oiseaux ont es pieds, etc. » (Fouilloux, Faucon.) 

■^ Enfin clos étoil un terme de versilication. Dans 
le recueil, ms. des Poës. d'Eust. Desch. fol. '2!)8, on 
lit ce passage : « Est à savoir que virelais se font 
« de plusieurs manières, dont le refrain a, aucunes 
« fois, quatre vers, aucune fois, cinq, aucune fois, 
<■ sept; et c'est la plus longue forme qu'il doye 
« avoir, et les deux vers après le clos, et l'ouvert, 
« doivent élre de trois vers, ou de deux et demi. » 

Il est évident que f/os, opposé ici à ouvert, est 
plutôt le participe du mot clorrc, qu'un substantif. 

Les italiens et les troubadours disoient rima 
clatisa, rima cara, d'où s'est fDrmée l'expression 
rimer en clos, ou en cliarelle, jeu de mots d'une 
espèce froide et misérable, mais de laquelle nos 
anciens auteurs faisoient usage souvent. 

Pour rimer en clos uu en chnrette, 

N'est aujouril'huy, bien le puis soutenir, 
Si grand fai.seur, ne si noble poêle. 

Eusl. Desch. Poës. JISS. fol. 22.'), col. ■%. 

VARIA.NTKS : 
CLOS. Eust. Desch. Poës. MSS fol. 206, col. 3. 
Cloz. Percef. Vol. I, fol. 2,î, R» col. 2. 
Clous. Felibien, llist. de Paris, p. 1(38. 
Cloux. Fouilloux, Fauconnerie, toi. 84, V". 

Closage. [Intercalez dosage, sorte de tenure: 
« Uns espérons dorez de deus solz suz verge et 
« demie de terre en closage, que tient Sevestre 
« Morel. » [V.h. de 1293, Du Cange, 11, 'i02, 

col. 2.)] (N. E.) 

Closcu, subst. masc. Le dernier poussin (21. En 
Anjou, c'est le poulet qui est le dernier éclos de la 
couvée. (Dict. Etyni. de Ménage.) 

Closelet. [Intercalez Closelet, petit clos, au 
reg. .M. lOG, p^ 83, an 137'i; « Comme .Jehan de 
•< Biuxeres... eust fait un petit closelet ou jardin. » 
On trouve aussi closet dans une pièce de 1-308: 
« La pièce de Carvillealesaparteiiances,... aveques 



« un closet, prisié à vint soulz tournois de rente. » 
(Du Gange, II, -502, col. 2.)] (n. e.) 

Closemeiit, adv. Complètement *. Secrètement, 
élroilement ^. 

* Ce mot est pris dans le premier sens de com- 
plètement, en l'Ordonnance de 13.^9 (t. III, p. 362), 
concernani les arbalétriers de Paris. " Ils seront 
« lenuz de faire, comme à leur tour pourra escheoir, 
« et a cba.scun d'eulx, selon la eonslitulion des 
>' cinquantaines, et autres subsides, closemeiit, et 
« entièrement (3). » 

^ Closement signifie .secrètement, d'une façon 
retirée, étroitement, dans le passage suivant, où 
frère Jean de llochetaillc dit, en parlant du faste 
du clergé de son temps ; » Saint Silvestre ne che- 
« vauclioil point ii deux cens, n'a trois cens che- 
■> vaux, parmy le monde: mais se tenoit simplement 
« et closement h Homme ; et vivoit sobrement 
" avecquesceux de l'Eglise. » (Froissart, liv. Ili, 
page 85.) ('i) 

Or voelt amours, pour dames exaucier. 
Qu'elle soit trop plus chsemeut gardée. 

Froissart, Pocs. MSS. p. 299, col. 2. 

Closerie, subst. fém Enclos. Ce mot se dit 
encore en Anjou et en Touraine, et s'entend parti- 
culièrement des enclos plantés de vignes (5). (Voy. 
Du Gange, au mot Clausaria.) 

Closiev, subsl . masc. Clos*. Gardien, cultiva- 
teur du clos^. 

On se sert encore de ce mot, en ce sens, en Anjou 
et en Touraine (6). L'on prononce closier, et le 
paysan clousier. 

*Dans le premier sens de clos, voyez Du Gange, 
Gloss. lat. au mot Closarius. 

Car riens ne croissoii au closier. 
Oui n'endourast trop mieulz qu'osier, 
Foeille, et flourette. 

Froissai-I, Pots. SISS. p. 4.5, col. 2. 

^ Dans le secondsensde gnrdieii;"), cultivateurdu 
clos, voyez Du Gange, Ibid. et les Dict. de Borel et 
de Colgrave. On a nommé closier, le fermier du 
clos. « Pierre l'apostrevendist son héritage à mais- 
" tre Hugues de Gaignant, qui se mit en saisine, et 
« en possession: le c/os/O' (S) quiavoit encore quatre 
« ans à tenir la terre, s'en complaignit, en cas de 
« saisine et de nouvelleté. » (Grand Coût, de Fr. 
livre II, p. 152.) « Le portrait de ma cour est telle- 



(1) Mais alors cloz dérive de clo.vus, non de claudei-e. « Les vulgaires appellent les charbons clouds, parce que la matière 
d'iceux cause douleur semblable comme si un cloii estoit fiché à la partie. » (Paré, XXIV, 3G.) (n. e.) 
(2» On dit plutôt cuint. (N. E.) 

(3) On lit dans une charte de 1317, au cartulaire 21 de Corbie :« Avons vendu... toute la terre que nous aviemes et 
poiesraes avoir à Belle,... soit en cens, en rentes, en terres araules,... etcloséinent et entièrement sans rien excepter. » (n. e.) 

(4) Comparez édition Kervyn (t. XI, 256). Il a aussi le sens de expressément: « Et par espécial Perrot le Bernois... 
estoient nommé-i estroitement et closcinenl, en la ditte chartre. » (XIV, 260.) (N. E.) 

(5) Il Ils n'avoieiil point de terres ni de seigneuries, methairies, ciozeriet-, borderies. « (.Carloix, II, 17.) (n. e.) 

(6) Cet emploi remonte au moins au xiv siècle : « Lequel Bertier avoit certaines vignes et un pressoir en Vaux les 
Orliens. et comme il eust entendu que son c/osier ou mettoier avoit vendu certaine quantité de vin. » (.IJ 97. n 385 
an. 1367.) (N. e.^ i v . f > 

(7) Ce n'est parfois qu'un concierge qui dot la porte : « Hz se boutèrent en un hostel de l'abbaye de S' Vast d'.\rras en 
la dite ville de BaïUeval et fermèrent la porte dudil hostel,... et vint .laquemart Picq closier dudit hostel. » (JJ. 150, d 367 
an. 1396.) (N. e.) \ , v • 

(8) On lit dans la Rose (v. 2839) ; « Mes uns vilains qui giant honte ait. Près d'ileques repost s'estoit : Dangiers ol nom ; 
si fu closiers Et garde de tous les rosiers. » De même au dit de Poissy de Christine de Pisan ; « Du lieu où lavande Croist 
et rosiers, A grant foison, sans façon de ctoisiers. » (x. E.) 



CL 



— 70 - 



CL 



« ment baillé à mon clon&icr. qu'il m'en doit une 
« bonne vache. » (Moyen de Parvenir, p. 'il'i;Ibid. 
page 173.) 

On a aussi nommé closier, le propriétaire du clos, 
et c'est en ce sens qu'il doit s'entendre, dans les 
vers suivans : 

Par tout ce temps, ay servi au closier, 
De mon povoir, tant que suis enviellis, 
Sanz riens avoir, et sanz prendre loier. 

Eusl. Desch. Poos. MSS. fol. 1'.), col. +, et fol. U, col. 1. 

On disoil au féminin cKrMre. Voy. Crétin, p. 16, 
où il nomme Adam et Eve clouer et clnziere du 
" terrestre vergier»,c'est-à diredu paradis terrestre. 

VABIANTES : 
CLOSIER. Froissart, Poës. MSS. p. 45, col. 2, 71. 
Clozier. Crétin, p. 16. 
Clousier. Faifeu, p. 41 et 42. 

Closin, sitbst. )nnsc. Clôture. Suivant l'éditeur, 
c'est le sens de ce mot, dans ce passage : « Qui est 
« trouvé lion avoir renclos les lieux qui doivent 
« closîn dedans le temps commandé , chet en 
•• amende de soixante sols parisis. » (Bout. Som. 
Mur. page 800.) L'éditeur assure qu'on ïû cloison, 
dans le ms. 

V.ARIANTES : 
CLOSIN. 
Ct^csoN. Jurain, Hist. du comté d'Aussonne, p. 25. 

Closser, verbe. Ce mot subsiste encore pour 
exprimer le cri de la poule qui couve et mène ses 
poussins. 

VARIANTES : 

CLOSSER, Clousser (1). Oud. Dict. 

Cluchkr. 

Glocer, Glosser. Oudin, Dict. 

Glousser. Nicot et Oudin, Dict. 

Clostre, subst. masc. Clos, enclos. 

Puisqu'il demeure en si beau clontre (2) 
Com veci, c'est un grant seignour. 

Froissart, Poos. MSS. page 0, col. \. 

(Posture, s^t/>s^ fém. Clôture*. Préciput^. 

*A"ous disons encore clôture, dans le premier 
sens ; mais nous remarquerons qu'on appeloit, 
autrefois, droit de closture[^] un droit que percevoit 
le roi sur la vente des bestiaux. « Recopie du droit 
<t de closlure que lo Hoy a accoustuiné de prendre, 
» cliascun an, à Mous'tiers ; néani, pour ce que 
« durant l'année de ce présent compte, n'a eu 
« aucunes besles vendues au dit lieu. ■■ (Compte de 



lôiO, cité par Du Cange, au mot<;/ai<s/!<m)(4). Quant 
;i l'orthographe closure , on lit, dans la vie de 
Louis 111, duc de Bourbon, p. ^O? ■ « I! me .semble 
« qu'il est bon que nostre logis soit clos d'aucune 
Il matière légère, car Sarrazins ne combatlenl fors 
« (hormis que) a cheval ; dont dirent les seigneurs : 
« Monseigneur, vous dictes bien, et suffira de peu de 
.< closure, et fut dit, par les Genevois, qu'il siiflisoit 
.< la closure de cordes que l'en saisit li'une mer à 
« l'autre, à enclorre le siège {."i). » On a dit: « Après 
« la dile closure et ligature du dit sac. ■> (Bout. 
Som. Kur. p. 671).) 

° Clôture, dans quelques coutumes (6;i, signifioit le 
préciput. l'enceinte, l'enclos du principal manoir, 
préclôture, en d'autres pays (7). (Voy. Du Cange, au 
mot l'rœcipuitas.) 

VARIANTES 1 

CLOSTURE. Du Cange, au mot Clostnra. 
Clou-STURe. Crétin, p. 27. 
Clôture. Orth. subsistante. 
Closure. GIoss. de l'Hist. de Paris. 

Clot, subst. înasc. Trou *. Fosse ^. 

*En Anjou (8), ce mot signifie trou en général. 
(Mén. Dict. Etym.) 

^ En Languedoc, c'est une fosse à enterrer les 
morts. (Dict. Etym. de Ménage.) 

Clote. [Intercalez Clote , chambre voûtée : 
" Jehan Hardi commença fi quérir par ledit hostel 
« lailitte Thomasse, tenent en sa main un baslon, 
■■ el en la querant par les paroiz et dotes dudit 
« hoslel, où il faisoit j;i bien oscur. » (,IJ. 131, 
p. 37, an. 1387.)] (x. e.) 

Clotir, verbe. Blottir. On disoit autrefois se 
clotir, pour se cacher dans un trou. (Dict. Etym. 
de Ménage.) 

C\otiz, subst. masc. C[ôU}re, enceinte, barrière. 

Ouaiit mais ne perrons soffrir le fereis 

Qu'aurons bien estroez cez escuz et croissiz 
N'ert honte de fouir ça, très qu'an cest clnth 

Part, de Bl. MS. de S. G. fol. Hi, V col. 1. 

(Voyez ci-dessus Clodis.) 

Clou, subst. viasc. Clou *. Gouvernail °. 

* Ce mot subsiste sous celle orthographe. Nous 
ne l'employo.iû ici que par rapport ..u.v unoicmes 
expressions dans lesquelles il entroil. 

^ .Nous reniarquurous cependant, auparavant, 



(1) « Ils cloussenl comme les poulies. » (Paré , Animaux , 25.) C'est encore la forme genevoise ; en Berry, on dit 
irousser. (N. E.) 

(2) On lit aussi dans les Chroniques (II, 259) : « Il alèrent petyer le parvis et le clnstve tant qu'il fuissent rappelé. » De là 
le dérivé closiré : « Il ardi un grant monastère de Frères -Preceours clostré. » (VIII, 20.) (N. E.) 

(3) Cloison a le même sens. (N. E.) 

(■i) « In compiUo domanii comitatus Pontivi. » (Du Cange, II, 388, col. 1.) (N. E ) 

(.5) M. Chazaud (p. 233) édite : « Messeigneurs, vous dites bien : il mi' semble qu'il est bon que nostre lougeis soit clos 
d'aucune ligiére cloisui-c, car Sarrazins ne combatent fors à cheval. » Dont dirent les seigneurs : « Monseigneur, vous dites 
bien, et aussi le voulions nous dire, et souffira de pou de cloisitre. » Et fut dit des Gennois qu'il souffisoit Vencloisure faire 
de cordes que l'on chainsist (var, qui ençaindroyent) d'une mer à autre, à enclourre le siège [d'Auffricque]. » (N. E.) 

(6) Coutume de Troyes (art. 4) ; Coutume de Vitry (art. 55). (n. e.) 

(7) On lit à l'art. 95 de la Coutume de S' Jean d'Angely : « Es préclotures sont compris les domaines joints, contigus , et 
adjacens à l'hôtel ou manoir pris ou élu par le fils aîné, ou qui le représente, sans évidente séparation, soit de murailles, 
fossez, chemins ou cours d'eau, sauf et réservé les moulins détreignables et fours à ban, les revenus desquels , supposé 
qu'il soient assis en et au dedans des prérloli<ri's. se préeomte comme l'autre revenu des successions ; et au r;-gard des 
fuies et garennes, si elles sont au dedans des préclutures, le flis aine les a par préciput et advantags. » (n. e.) 

(8) En Poitou, on dit cliol. (Favre, Glossaire, p. 90.) 'Voyez aussi Du Cange, II, 402, col. 3. (n. e.) 



CL 



CL 



que ce mol a élé pris pour le gouvernail d'un 
navire, comme le mol lalin clavus dont il dérive, 
et qui signifie à la fois un clou et un gouvernail. 
On lit dans l'ilisl. de la Toison d'Or, Vol. Il, f° 171 : 
« Le gouverneur de la nef qui as perdu le clou (1), 
« et le compas, el la conduite de ta nef. » 

Passons aux anciennes expressions remarqua- 
bles (-2) : 

1° On disoit In Saint Clou, pour la fête d'un des 
clous qui percèrent les pieds de N. S. (Chronique 
S. Den. T. II, fol. Û5.) 

2° Nous disons encore, cela ne vaut pas un clou, 
pour exprimer que cela vaut peu de chose : cette 
acception du mol clou se trouve dans le Blason des 
Faulces amours, p. 364. 

Dieu plus offense. 
Moins il y pense ; 
N'en donne un clou. 

3° Ficher clou en soleil. Il faut lire en l'œil, 
comme dans un passage à peu près semblable de 
P. J. de Saintré, rap()orlé sous le mot clau. Cette 
expression, prise au ligure, signiTioit offusquer, 
aveugler. « Flatterie est ennemye de toute vertu, 
'< et tant est périlleuse qu'elle fiche le clou eu soleil 
>• de celuy à qui elle parle. " (Histoire de la Tois. 
d'Or, Vol. I, fol. 17.) 

4° On disoit d'un brave chevalier : « Ce fut le 
" clou à qui tout honneur, toute prouesse, toute 
« largesse, et toute gentillesse pend. » (Percefor. 
Vol. I, fol. 157.) 

5" Cloud alt'ecté éloit une espèce d'arme pointue, 
aiguisée, mise au nombre de celles qu'il étoit 
défendu de porter : •■ Toutes armes appointées, 
« clouds allecten (aiguisez) arbalesles, barquebuses 
« soient detTendues, sur l'amende de vingt sols 
>' parisis. » (Coût. Géu. T. I, p. 456.) 

6" A clou et à cheville, expression adverbiale, 
pour signifier solidement (3). (Voyez Contredits de 
Songecreux, fol. 146.) 

V.\IU.4NTES : 
CLOU. Orth. subsist. 
Cloud. Oudin, Dict. 

Clouage, subst. masc. Collectif de clous. (Voy. 
Cotgrave el Oudin.) » Le dit louagier est tenu d'en- 
» Irctenir les bastimens de chntage et placcage, 
« etc. » (Coul. de Langie. — Nouveau Coul. Gén. 
T. 1, p. 308.) 

Clouatier, subst. inasc. Cloutier. (Voyez Rab. 
T. II, p. '243.) 

Clouchier, subst. masc. Clocher. On a dit 
proverbialement : « Cloucliier deRhodez ; campano 



« de Mande, egleyse d'Alby ; comme aujourd'hui en 
" France chœur de Beau vais, nef d'Amiens, portail 
« de Rheims. » (Favin, Th. dHonn. T. I, p. 426.) 

VARIANTES : 
CLOUCHIER. Favin, Th. dhonn. T. I, p. 426. 
Clochier. Coquillart, p. 150. 
Clochez, plw\ Mém. de Ou BeUay, T. VI, p. 391. 

Clouenient, subst. masc. L'action de clouer. 
(Cotgrave et Oudin, Dicl.) 

Clouer. [Intercalez Clouer, au sens de fermer: 
" Environ l'eure de jour c/Oi/an/. » (JJ. 208, p. 194, 
an. 1481.) Voyez aussi Raynouard, lexique Roman, 
11, 409, col. 2.)] (N. E.) 

Clouet, subst. masc. Petit clou, (ilonet, Coigr. 
Dict. — Epilh. de M. de la Porte.) 

Clouettière. [Intercalez Clouettière, charge de 
clous : • La somme qui porte clouettière, nn. d'en. - 
(Cart. de Corbie, Du Cange, II, 382, col. 1.)] (n. e.) 

Cloueure, subst. fém. Ornement de clous. 

On disoit liaute cloueure, pour désigner les gros 
clous dont on armoil quebiiies armures, à la diffé- 
rence de celles qui n'étoientque demi-cloées. On lit, 
dans un inventaire d'armures, cité par Du Cange, 
au mot Armatura: » Uns pans et uns bras de 
« roondes mailles de haute cloueure... Item une 
» barbiere de tiaute cloueure de chambli. . Item 
« une teslièrede/(rtH/ct'/0i<é'(O'f de mailles rondes. » 
Et plus bas; « Item une couverture de mailles 
« rondes demy cloées (4). « 

VARIANTES : 
CLOUEURE, Cleure. Modus et Racio, MS. fol. 289, V». 

Cloiiqiie, subsl. fém Poule qui couve. Mol du 
patois gascon (Dict. de Borel, T" add. — Voyez ci- 
dessus le mol Clossek et ses orthographes.) 

Clousure. [Intercalez Clousure, clos: « Je 
« Jehanné de Tiavazay... advoulie à tenir... mon 
« lieu, courtillaige, vergiers, clousnres. » (Ch. de 
1405, Rea. des fiefs du comté de Poictiers; Du 
Cange, 11,' 385, col. 2.)] (n. e.) 

Clousseuse, adj. au fém. Qui glousse. C'est le 
sens pi'opi'e. De là on a dit : poule clousseuse, pour 
une poule qui couve. (Oudin et Cotgrave. — Voyez 
ci-dessus Closser, Glousser.) 

Cloiizeau, stibst. masc. Diminutif de clos. •< Il 
« estdeffendu mener pasturer bœufs, vaches, etc. 

« esvignes,gaignages,c/0i/j«»/.r\5j, vergers, plan Is 
■< d'arbres, etc. •• ;Cout. d'Orléans, Coût. Gén. T. I, 
p. 957.) 



(1) « Dieu lient le doit du gouvernail, pour tourner leurs efforts à exécuter ses jugemens. d (Calvin, Lislit , 160.) (N. e.) 

(2) Coquillart (Droits nouveaux) ; « On le met à un sac à part, et le laisse-t-on pendre au elon. » D'Aubigné (Hist., i, 261) : 
« Les kalholiques se plaignoient de ce que Slontauban, Sancerre, etc., faisoient compter les eloux de leurs pot les au.x 
garnisons qu'on leur envoyoit » (N. E.) 

(3) Pasquier écrit en ce sens : « Il sembloit que cette ordonnance, tant de fois réitérée, eut esté, comme l'on dit , fichée 
à clou.T de diamans. » (Liv. III, p. 237.) G. Chastelain écrit aussi (Chr., II, ch. XXXI) : « Le comte de Charolois qui estoit 
jeune et vert, et dur malement â ployer, les [villes de la Somme] eust pu tenir à fer et à doux, en non lost les restituant 
à la première demande. » (N. E.) 

(4) Edition Henschel, II, 398, col. 3. (N. E.) 

(5) Ce mot subsiste comme nom de lieu : Les Clouzenux (Vendée). (N. E.) 



co 



72 



CO 



Cliid. [Intercalez faire clud, conclure: 

Il argue, saut et concliuJ, 
Et lie tel drap fail souvent clud, 
Que qui li diroit que pas n'est 
De tel couleur, lost seroit prest 
De tenchier et de fulminer. 

Guigne\iUc, Pèlerin (Du Cioge, H, 403, col. 2). 

Rapprochez la deuxième citaliou sous c/i/s.] (n. e.) 



Cl us 

ce mot 



(1). Voici deux passages où nous trouvons 

Qui belle femme a, je conclus 
Qu'il soit jaloux, ou s'il n'est sage 
Car, comme on dit, les vis sont liiis, 
De culz qui portent beau visage. 

Conlretl. de Songccroux, fol. 47, R*. 

soit conclus, 

Affin que tu n'en parles plus, 
Qu'au sac soys mis pour faire dus. 

Ibid. fol. 101. R'. 

Clustriaus. [Inlercaiez Clustriaus, haillons: 

D'un ort et viel burel vestue 
Ratasselé de clunlriaus... 
Ch'est celle qui ratasselée 
N'a ainsi, con vois, et clistrée. 

Guigneville Du Cange, II, 404, col. 3).] (N. E.) 

Clypsedrie, subst. fém. Clepsydre. C'est une 
horloge d'eau. (Dicl. de Colgrave.) 

Coac, subst. 7nasc. Coassement. Cri des gre- 
nouilles. (Colgrave et Oiidin, Dict.) On a employé 
ce mot comme terme burlesiiue, pour signifier c'en 
est fait, suivant le Gloss. de Marot(2). (Voy. ci-après 

COAXER.) 

Coacquereui", subst. masc. Terme de pra- 
tique. Celui ou celle qui acquiert conjointement 
avec un autre. (Voyez Nouv. Coul. Gén. T. I, p 510.) 
<' La femme de l'acquéreur est entendue coacque- 
" resse, ou fnire Facquesl pour la moitié, quoiqu'elle 
" ne paroisse point au halm, ou transport, etc. » 
(Coul. de Bergh. S. Winox, au Nouv. Coût. Gén. 
T. 1, p. 514.) 

Coacqiiisitioii, subst. fém. Ternie de cou- 
tumes. Acquisition faile conjointement avec quel- 
qu'un. (Voyez Coul. de Cassel, Kouv. Coût. Gén. 
T. I, p. 71 .-j.) 

Coaction, subst. (3) Contrainte. (Duchesne, Gén. 
de Chatillon, p. 'iG, tit. de i^.'Al.) 

Coadjuteur, subst masc Ce mot subsiste; 
mais les applications suivantes sont remarqua- 
bles (4) : 

1° Enguerrand de Marigny est appelé coadjuteur 
el gouverneur du royaume, dans la Chroniq. de 



S- Denis, T. II, fol. 1 54, V^ Dans la Contin. de la 
Chron. fr. ms. de Nangis, an 131.'J, on lit cogileur, au 
lieu de coadjuteur. 

!2" Coadjuteur de la cour étoit autrefois un iiire 
d'une signification très-générale, comme aujour- 
d'hui celui de conseiller du roi. 11 étoil en usage à 
la cour des anciens ducs de Bourgogne: « Voulons, 
« constilaons, ordonnons que tous nos notaires, 
« tabellions et ^oflf/)(;/nn's de noslre cour, soient 
« francs de noslre scel, et registre. » (Etal des 
Offic. des D. de Bourg, p. 30,"i.) 

o" Coadjuteur des ambassadeurs. Espèce d'office 
auprès des ambassadeurs. Bassompieire, en 1026, 
écrivit à M. le maïquis d'Effial, pour le remercier 
de ce qu'à sa considération, il avoit fail donner une 
pension de deux mille livres à monsieur coadju- 
teur des ambassadeurs. (Ambass. de Bassompierre, 
T. 1, p. 148 ) 

4" Coadjutor est employé comme terme féodal, 
dans ce passage, où ce mot est mis en opposition à 
joinlena.it. Selon Lillleton, on appelle ./o/h/^j/ah/s, 
ceux qui possèdent en commun un héritagequi leur 
a été inféodé à vie seulement : « Joinlenaiits sont, 
« si conie home seisie de certain lenements, el 
confeosse deux, trois, ou quater tenement à eux 
« pur terme de lour viez. ou a terme d'ans vie, 
« force de quer feossemenl, ou ley, ils sont seisies; 
« tielx sont jointes. " (Tenur. fol. 01.) Ce mol dési- 
gnoil aussi ceux qui, après avoir été à un autre la 
possession d'un héritage dans lequel ils avoienl 
chae Hi un droit réel, s'acconloicnt pour en jouir 
par indivis. Ceux qui étoient sans droit réel el qui 
n'avoient qu'une action personnelle s'appeloient 
coadjutors. Voici le passage : » Item, si deux, ou 
« trois, etc., desseisonl un auler d'ascnn terres, ou 
« lenements à loui' use demesne (usage propre) 
« donques le disseisors sont jointenants; mais s'ils 
« disseisont un auler. à l'use d'un de eux, donques 
<i ils ne sont jointenanis Mes celuy a que use le 
" diss : (dessaisissement) est fait, est sole (tenant), 
« et les autres n'ont riens en le lenancie; mais 
" sont appelles coadjutors (.■>) ù le diss: etc. » (Ibid. 
fol. 02.) 

VARIANTES (0) : 

COAD,IUTEUR. Orth. subsistante. 
CoGiTEUR. C.liron. fr. MS. de Nangis, an 1313. 

Coadunation, subst. fém. Assemblée. (Dicl. de 
Colgrave el d'Oudin.) 

Coage, sul>st. masc. Ealretien des quais et 
pavés*. Droit pour cet entrelien ^. 
* Le premier sens de ce mot est déterminé par le 



(1) De clattsiif: : comparez iiichts. On lit au Glossaire 7692 : « Frustum, clul. » (n. e.) 

(2) Si c'est une imitation d'.^rislopliane, coax serait mieux. L'onomatopée française est couac : « Le renard d'une vistesse 
soudaine empogiie la grole, la quelle ne seut tenir aucune contenance que de faire cnun. » (Palissy, 88.) (N. E.) 

(3) Ou lit dans Oresine (Ethique, 50) : « Et est contraire à volenté, c'est assavoir nrccssité de conctio/i. » (N. E.) 

(4) Dans Froissart, il a le sens de complice (t. IX, p. 182) : « Tel ribaudail'e que il estoient n'euissent jamais osé 
entreprendre avoir occis si bault homme, se il n'euissent des coadjoiisleurs et soutenteurs en leur emprise. » (N. E.) 

(5) C'est le sens du mot dans une charte de 1292 (Du Gange, II, 406, col. 2) : u .\von3 especiaumentestabli, oblec es toutes 
nas possessions... audit Wiart ou à ces coadjuteurs, en tel manière que se nous defailliens ou paiement de ladite 
rente. » i,n. e.) 

(6) On trouve au testament de J. de Meung (v. 829) : « Puisqu'il sunt as prelaz per et coadjutors, Des princes et du pueple 
père et executors. » n. e.) 



co 



co 



passage suivanl : « Pour cause que l'on remarque 
.< la fausseté des congés des rues, suivant l'ancien 
« usage, qu'elles vont ù rien, et enfin deviendroient 
<i inaccessibles, etc. » (Coût, de Lant^le, Nouv.Cout. 
Gén. T. I,p. 311.) 

^ Le second sens est déterminé par cet autre pas- 
sage : » ÎS'ous avons octioyé que le pavement et les 
« quais de la dite ville, et les issues soient mises 
en tel état par quoi euls, et leurs gens puissent 
• bonnement leurs marchandises chargier, et 
« décharçier, sans paver aucun caage, etc. » (Ord. 
T. V, p. 243.) On lit côage[\\ au T. 111, p. 570. (Voy. 
la note sur ce! endroit, et J'u Gange, au mot Platà- 
giuni.) On lit cniage dans une citation, ibid. au mot 
Kaagiuin, et quaiage, dans les Mém. de Sully, ï. X, 
p. 228. 

De ce mot se sont formés ceux d'écouage et 
escouage, dont nous parlerons en leur lieu. 
vARi.\NTF,s : 

COAGE. Nouv. Coût. Gén. T. I, p. 311. 
Caage. Ord. des R. de Kr. T. V, p. 343. 
Caiage. Du Cange, Gloss. lat. au mot Kaagiiiiit. 
QuAiAGE. Mém. de Sully, X. X, p. 228. 

QUAYAGE. 

Coagiers, subst. masc. pinr. Commission- 
naires. « Ce sont les commissionnaires au.v Echelles 
« du Levant, sous les consuls des nations. » (Dicl. 
Elym. de Ménage.) On lit coagis, dans le Dicl. du 
Commerce. 

Coaille, subst. fém. Grosse laine. Borel le dé- 
rive de qHouël^J.), queue, parce que la plus mauvaise 
laine est celle de la queue des moulons. (Voy. Dict. 
de Corneille.) Léon Trippault, dans son Gelthell. dit 
que c'est un mot du lîerri. 

VARIANTES : 
COAILLE, QuOAiLLE. Borel, Dict. 

Coaine, subst. fém. Couenne. (Oudin, Gur. fr. 
et Dict. de Cotgrave.) 

Le bacon sent, si s'esbahi,... 
La coaiine vit nerçoier. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 38, R- col. 2. 

De là, couaine, pris pour peau en général, a 
donné lieu à celle expression : être de plaine 
couaine, pour cire en embonpoinl. 

Si sont de plaine couaine. 

Fabl. MSS. du R. n' 7615, T. I. fol. Oïl, V col. i. 

VARIANTES : 
CoAiNE. Cotgrave, Dict. 
CoANNE. Fabl. MSS. de S. G. fol. 38, R» col. 2. 
Couaine. Oudin, Dict. 

CouANE. Fabl. MSS. du R. n» 7218, foL 4, R» col. 2. 
CouANNE. Oudin, Dict. 
QuANE. Parlon. de Hl. MS. de S. G. fol. 126. 

Coar, adj. Lâche, poltron, timide (3). Ce mot sub- 



siste sous l'orthographe couard ; mais il est du bas 
usage. Le duc de Bretagne, ennemi de Louis XI, 
l'appeloit/e roy conartd). (Hist. de Marie de Bourg, 
p. 130.) 

Mauvai.s couarz, ce dit la letre, 
Ne se doit d'amors entremetre. 

Ovide lie Arle, ,MS. de S. G. fol. 97, R" col. 3. 

« Qu'y a t'il plus monstrueux que d'estre couard 
« à l'endroict des hommes, et brave à l'endroict de 
« Dieu. » (Sag. de Charron, p. 4!)0.) « Le chevalier 
« doubtoit formenl d'approcher le lict, comme 
« fait le vrai amy qui doit eslre hardy eu ses pen- 
'■ sées, et couard en ses failz. » (Percef. Vol. III, 
fol. -131.) On trouve dans le Mercure de septembre 
1733, p. 1978, ces deux vers léonins, qu'un curé 
champenois du xiv siècle inséra dans son livre 
d'église. Il parle des Picards : 

Isti Picardi non sunt ad proîlia tardi ; 
Primo sunt hardi, sed sunt in fine coanli. 

On disoit connrt, et hardi, pour signifier tous, 
tout le monde. 

Ces sage, hardi, ou couart. 

G. Guiarl, MS. fol. 21C, R° (5). 

Voici quelques proverbes sur ce mol : 

1. Auprès du feu couards tiennent gros termes. 

J. Marol, p. 38. 

C'est-ù-dire qu'ils parlent haut, qu'ils font les 
braves, tant qu'ils ne courent aucun danger, et que 
personne ne les peut entendre. 

2. Mieux vaut couard que trop hardy. 

Dict. de Cotgrave. 

3. Trop courageux, troc couardi 
Ne sont mie fort, ne hardi. 

Geofr. de Pans, à la suite du Rom. de Fauv. fol. iO. 

4. Amant doivent être, tant vous en di, 
Couart de fet, et de penser hardi. 

Pofs. MSS. Vatican, n- IITO, fol. I;li., R- col. J. 

5. Amors fet hardis mains couars. 

Fabl. MSS. du R. n" 7!>18, fol. 131, R» col. 2. 

6. De ce qu'on dist, oublié ne l'ai mie 
Que couars homs n'aura jà belle amie. 

Kroissarl, Pocs. MSS. p. 50, col. 2. 

On lit court, dans le Bom. de Rou, ms. p. (iO, et 
nous avons employé ci-dessous celle orthographe. 
Nous pensons cependant que c'est une faute de 
copiste, et qu'il faut lire coard. L'auteur de ce 
roman dit ailleurs coarder. (Voyez ce mot; voyez 
aussi Ai;oARDi ci -dessus.) 

VARIANTES (6) : 
COAR. 
Coard. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 177, V» col. 1. 

COARZ. 

Coars. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 34i, V" col. 2. 
COART. Fabl. MSS. du R. n" 7015, T. I, {' 102 bis, V» col. 1. 
Couard. Le .loiivenc. MSS. p. '15i (7). 
CoHASTRE. Contred. de Songecreux, fol. 104. V». 
Choarz, p/ur. Poës. MS. av. 1300, ï. I, p. 490. 



(1) « Leurs gens puissent bonnement leurs biens et marchandises charger et descharger de nuit et de jour sans payer 
aucune cooge, ne platnge, ne autre chose quelle qu'elle soit. » (N. E.) 

(2) Ou plutôt de la forme coe. On dit aussi écouaillcs. (N. E.) 

(3) C'est un dérivé de cauda : le chien peureux marche la queue basse, (n. e.) 

(4) Couart est le nom du lièvre au Roman de Renatt. (N. E.) 

(ô) C'était encore une sorte de tenanciers : « Les hommes, que l'en appelle les couarz. » (Recogn. feud. de Veleri-ponlo, 
an. 13!'^, Du Cange, II, 252, col. 1.) (N. E.) 
((')) On lit dans la Chanson de Roland (.v. 888) : « Pur tut Tor Deu ne volt estre cuard. » (n. e.) 
(7) On lit duns Roncisvals (p. 71) : « Mais li cohart n'i auront jà pardon. » (N. e.) 

IV. 10 



co 



— 74 



CO 



CouwART. Froissarl, Poës. MSS. fol. 1K8, col. 2 (1). 

CouAiiT. Hij^t. de Marie de Bonig. p i;iO. 

Cou.vus. Chans. fr. du 13" siècle, MS. de Bouh. fol. 361. 

COUAH. 

CoUAUD. Orlh. subsistante. 

CoUAHDi, plur. G. de Paris, à la suite du Rom. de Tauvel. 

Court. Kom. de Rou, .MS. p. 60 (2). 

Coarcter, verbe. Conlrainflfc, iiêiier. (Voyez 
Dict. de C.rilgrave.) " Le siirviv;inl est tellement lié 
« e[coarcté, (]u\\ ni', peut vendis, clinciier ne ;ilie- 
« ner, elc. » (Coiit dArias, Coût. Gén. T. II, p. 871.) 

Coarder, verbe. Faire le poliron. Proprement, 
rester à la queue, du mot coe ou coue ci-dessus, 
d'où dérive aussi coar ou couard. 

Plusieurs d'eus d'aller là s'atirent, 
Qui n'ont talent de cimarder. 

G. Guiarl, MS. fol. 298, R'. 
Ja n'en verrez un coarder; 
Nul n'a de mourir poour. 
Se mestier est, pour voslre amour. 

Rom. de Hou, MS. p. 307. 
Sa liere tint bien, et garda, 
Conques de rien n'i couarda. 

Ph. Mouskcs, MS. p 314. 
La quarte prist H^el en garde, 
Avec Valvin, qui ne couarde. 

Rom de Brut. MSS. fol. 94, V col. 1. 

On a dit : « Ne couardes de crainte, mais soyez 
« sourds aux dangers. » (Letl. de Pasquier, T. III, 
p. 589. — Voyez Accouardir ci-dessus.) (3) 

VARIANTES : 
CO.^RDER. Dict. d'Oudin et de Cotgrave. 
CoAUDEn. Rom. de Rou, p. 367 ; lUanch. fol. ITO. 

CoaiHlie. [Intercalez Coardie, couardise: 

Que par lui soit coardie pensée. 

Roncisvals, p. t32. 

On avait déjà dans la Chanson de Roland 
(v. K»'!?) : 

LInkes n'amai cuard ne cuardie. 

Au xm' siècle, on a couardie (Berte, HA): 

Et fu mère Rolant, qui fu sans couardie.] (N. E.) 

Coaxante, adj. an fém. Qui coasse. On a dit 
grenouille coaxante. (Epilh. de M. de La Porte.) 

Coaxer, verbe. Coasser. <i Une vallée disie où 
« les t^Tcnouilles ne couacquent point. » (Merlin 
Cocaie', T. I, p. 170.) 

variantes : 

COAXER. Cotgrave, Dict. 

CouACQUEK. Merlin Cocaie, T. I, p. 170. 

Cobbir, verbe. Ecraser, écacher. » Elle luy 
« cobbit toute la teste, si que la cervelle en tumba. » 



(Rabelais, T. IV, p. 58.) En Anjou et en Touraine, 
on dit d'un fruit meuilri ou pourri (|u'il esleobbi. 
La Uuiiitinie dit cotli. et Ménatre cile ro/'/i. (Orig.) 
Borel el Corneille, (|ui le co|)ieiU, tléliiiissenl mal 
cobir par conlire. Proprement, cotir ou cottir 
signilie heurter de la léle comme les moutons. 

VARIANTES : 
COBIilR. Rabelais. T. IV, p. 58. 
CoiuR. Dict. de Borel et de Corneille. 
CoTTiu. Tahur. Poës p. 88; Nicot, Oudin, Dict. 
CoTin. Labbo, Gloss. p. 487. 
CoFFUi, Ménage, Orig. 

Cobe, subst. Coup (4). (La Thaumass. Coût, de 
Derry, p. 102.) 

Cobct, subst. nuise. Petit coup. Ce mot a été 
appliqué au coup de cloche, pour le linteraentde 
la première messe. De l;\ on dit, dans (luclqiies 
lieux, messe coupetée pour messe tinlée. « Si le 
" juge donne delïaiill contre aucun, avant le cobet 
" sonné, le dict delTault sera révoqué. » (LaTliaum. 
Coût, de Berry, p. 330. — Voyez CoiiicTF.K, Coi-it-teh.) 

VARIANTES : 
COBET. La Tliaum. Coût, de Berry, p. 336. 
GOBET (5). 

Cobeter, verbe. Heurter, frapper à petits coups, 
tinter (.6). Ce mot, qui vient du grec xotjtw, frapper, 
s'est dit particulièment des cloches, pour les sonner 
à petits coups, tinter. Louis, duc d'Oiléans. frère (le 
Charles VI, ordonna, par son testamenl, qu'on diroit 
une « messe copetée, par 30 coups », en l'honneur 
des trente deniers, pour lesquels fut vendu N.-S. 
(GodeL Annot. sur l'Hist. de Ch. VI, p. 034 (7)), et 
une « messe coppelée de 15 coups, en riionneur 
<• des Quinze .loyes de N. Dame. » (Ibid. p. 035.; 

VARIANTES : 

COBETER, CoBTER, Coppoter, Coupeter. 

CoPTER. Oudin, Nicot, Dict. 

COPPETER. Godefr. Annot. sur Ch. VI, p. 634. 

Cobillon. [Intercalez Cobillon, nasse : « Aux 
.1 fosses aux poissons trouvés... ung tramaire, ung 
>. cobillon, ungabliere. » (Inv. de fsn aux mmss. 
de Corbie, Du Cange, il, 407, col. '2.)] (n. e ) 

Cobles, subsl. viasc. plur. Jeu. A Bourges, le 
jeu des osselets, suivant Le Duchat, sur Rab. T. 1, 
p. 142, note 31 (8). 

Cobourgeois, subU. masc. Conbourgeois (Il . 
(Voyez Coût, du pays de Franc. i\ouv. Coul. Gén. 
T. I, p. 611.) 



(1) On lit dans O'iesnes de Bethune (Romancero, p. 100) ; « En cbantant veuil prier le roi de France Que ne croie cuioo.irl 
ne losengier. » (N. e.) 

(2) Enfin on lit dans Thomas de Cantorbery (156) : « Tost funt del buen malvais e del hardi citart. » (n. e.) 

(3) Le mot est dans la Chanson de Roland "(V. 1107) :« Mal seit de 1' coer ki el piz se cuardet. » Et dans Roncisvals 
(p. 17) : « Tel sort li cuers puisqu'il weut coarder. » (n. e.) 

(4) C'est un bout de corde joint à la ralingue de la voile. (N. E.) 

(5) On lit au t. 111 des Preuves de l'Hist. de Bretagne (col. 426, an. 1482) : « Au son delà grosse cloche par douze appeaulx 
el yiilicis. » Au leslament de Erançois, duc de Bretagne (1449), on a un dérivé ; « Le plus gros sain ou clochj dudit nioustier 
estre sonné par douze coups et gobelcix, l'un coup distant de l'autre. » (N. E.) 

(6) Le battant ne frappe alors qu'un côté de la cloche. (N. E.) 

(■7) La citation est de 1403. Au testament de Louis, duc d'Orléans, on lit au t. XII du Gallia Chrisiiana (col. 204, an. 1472): 
« Laquelle messe se coppclera, chascun jour trente coups par long traict à la grosse cloche. » (N. E.) 

(8) 6'ofi/e est une solive : « Tigna magna et grossa... ut indè fièrent postes et trabes vocatas cobles. » (JJ. It38, p. 324, 
an. 141.'5 ) (N. E.) 

(9) C'est aujourd'hui un armateur associé. (N. E.) 



co 



co 



Cobre, subst. tnasc. Acquisition. Mot du patois 
d'Auvergne. (Du Cange au mot Cohrancia.) 

Cocage, suhst. masr. Terme de forêts. « Her- 
« bage, pâturage, bois mort, cocage (1), septimage, 
« faiîage, droit du forestier de Bretagne. » (Morice, 
llist. de Bretagne, préf. p. xn.) 

Cocaingne. [Intercalez 6'oc«m^ne, dispute, 
combat de ro(/s, d'aprèsDu Cange: « Letraversiers... 
" jurra seurs Saintes Evangiles... que il, ne se 
» commans, n'arrcstera ne ne fera arrester ledit 
« naviel ou naviax de l'église dou Gart pour cause 
>■ ùe cocaingne . ne pour faire anui ou domage à 
. esciant. » {.M. 50, p. A[, an. 1313.)] (n. e.) 

Cocancheux. Ce mot, employé dans les ordon- 
nances de police, est une corruption de l'expression 
imcieune coqs en jeu, dont on se servoit autrefois 
pour signilier ceux qui fout métier de soutenir des 
jeux défendus et d'y primer. C'est en ce sens qu'on 
dit encore le co<j d'une jinroisse, pour le premier 
d'un lieu. 

Cocantiii, subst. manc. Volant. Dans le patois 
du Maine (Dict. étym. de Ménage.) Le Ducliat, sur 
Mabelais, T. I, p. 150, le dérive de cocq, parce que 
autrefois on se servoit de plumes de co(i pour 
faire des volans. 

V.\RIANTES : 
COCANTIN. Le Duchal, sur Rab. T. I, p. 150. 
CocC!U.\NTiN. Rabelais, T. I, p. 150. 

Cocard, suhst. masc. et adj. Fou*. Sot, imbé- 
cile^. Vain, fiei', présomptueux, étourdi*^. Coquin, 
lâche". Galand, coquet^ 

Ce mot, dans le sens propre, signifie vieux coq. 
On l'emplovoil, au figuré, quelquefois en bonne 
part, mais plus ordinairement comme injure. 

* Cocard semble avoir signifié originairement un 
fou, parce (jne les fous porloieut une plume de coq 
à leur b )unet. De là, sage coquart, pour fou sage, 
dans Coquillart, page 92. On disoit au féminin 
coquarde, pour folle, comme il paroit par ce 
passage : 

Et se tu prens à ces poiiis gnrde, 

Combien que je soie cnquai-de. 

Je sçay bien que mieul.x t'en seras. 

Eust. Descli. Poi's. W5S. fui. 513, cul. 3. 

^Ce mot s'est pris aussi pour sot, imbécile, dans 
les vers su i vans : 

Mais s'un homme a trois cens livres de rente, 
Tant soit cocart, chascun sera parez 

En dissimulacion. 
De li faire grant inclinalinn. 

Eusl. De.ich. Pops. MSS. fol. 213. col. 4. 

*= Ce mot a été employé pour vain, fier, étourdi, 
présomptueux. On a dit, en parlant des Romains, 



que « leur gloire, ou plutost sottise a esté si 
« coquarde, qu'i leur a semblé que leur république 
« avoit une majesté si luisante, etc. » (S* Jul. Mesl. 
Hist. p. 1!)1.) Le même auteur, après avoir parlé de 
l'ambition démesurée du comte de Bason, ajoute 
qu'Ermengarde, sa femme, « étoit aussi coquarde 
« que lui •'. (Ibid. p. 48.) Ou voit, par ces passages, 
([ue eoquard, au féminin, avoit les mêmes sens 
qu'au masculin. 

Coquart semble mis pour étourdi, dans ces vers, 
où l'auteur dit, en parlant des amoureux : 

. . . i'ay veu qu'il faut qu'on actende, 
Qu'on supplie, qu'on y despende. 
Qu'on se contente d'un regard 
Et puis après, quelque coquart 
Me vient oster ma prébende. 

Chasse et Départie d'amuiirs. p. 163, col. 1 . 

° On a mis ce mot pour coquin, lâche, dans cet 
autre passage : 

El s'il en dit que je soye loqxmrs, 
Et que je deusse estre preux, et hardis, 
Je voy assez plus vivre les couars 
Que ceu.K qui vont contre les annemis. 

Eusl. Dcsch. Poês. MSS fol. 215, col. ^. 

^ Enfin, ce mot se prenoit en bonne part pour 
galand, coquet. 

Bénéfices, 

Et tous séculiers offices 

Esloient donnez au.\ bons, 

Non pas aux coquars, et niées (2). 

Eusl. Desch. Poës. MSS. fol. 68, col. 3. 

1" Remarquons celle expression veau coquart {S), 
pour signifier un jeune sot, dans Rabelais, T. IV, 
page i>7. 

2" On a nommé bonnets à la coquarde « un ancien 
« bonnet fort lourd, ou il y avoit derrière un rebras 
« doublé de frise, dans lequel rebras, il enlroit jus- 
« qu'à une demie aune de drap. Louis Guyon qui 
« donne cette description des anciens bonnets à la 
« coquarde i'i)ajoûlequ'il vit, un jour, à Paris, un de 
" ces bonnets qui pesoit quatre livres dix onces. » 
(Le Duchat, sur Rabelais, T. IV, p. 129, note 8.) 
S' Julien, après avoir dit que Charles de Bourbon, 
« pour couvrir sa calvitie, avoit usé de faulses per- 
« ruques ", ajoute : « Depuis le mesmes sieur, et 
« avec luy le capitaine Bayard laissèrent les faulses 
« perruques, et usèrent de coifîes, avec des borre- 
« letz, comme en usent les filles des villes : chacun 
« se meit à les suivre, au port des coiffes : sinon 
<< ceux qui aimoieut mieux porter des bonnets à 
•■ l'arbaleste, ne différant quasi que du ruban de 
" ceux à la coquarde. » (S' Jul. Mesl. Ilist. p. -188.) 

3" Maistre coquart semble s'être employé comme 
un terme de l'amiliarilé. peut-être d'ironie, par le 
duc de Nemours, qui commandoit à la bataille de 
Ravennes. ■■ Le dit sieur de Nemours vint au bas- 



(1) Il vaudrait mieux écrire socage. (N. E.) 

(2) Coquillart a écrit dans ce sens : « Plusieurs coquarls sont bien en point, Et ne sauroient hner de quoy Payer la façon 
d'un pourpoint ; Ils n'ont d'argent ne peu ne point. » (n. e.) 

(2) De là ce proverbe dans C itgi'ave: « Mieux vaut l'ombre d'un sage vieillard que les armes d'un jeune roquard. » (N. E.) 

(4) On lit déjà dans le Spécule des pécheurs, écrit eu H68 : « L'accouchée est dans son lit, plus parée qu'une espousée, 

coiffée à 11 cnquardc, tant que diriez que c'est la teste d'une marotte ou d'une idole. » Au xvi» siècle , c'était un bonnet 

masculin dérivé du chaperon et nommé cogruoirfe, de la patte découpée en crête de C05 qui le garnissait jadis. Ce fut la 

coiffure des Sganarelle au xvi« siècle, (n. e.) 



co 



7(j — 



co 



■' lard iile Chimay), et lui dit: et, puis niaistrc 
" coquart y suis-jc demeuré, comme vous disiez? 
« me voici eiicoies. » (Mém. de Rob. de la Mark, 
Seig"" de Fleur, ms. p. 134.) 

VARIANTES (1) ; 
COCARD. 

CocART. Eiist. Desch. Poës. MSS. fol. 211, col. 4. 
CoCQUART Fabri. .\rt. de Rhétor. fol. 152, R». 
CoQART. Coiitreil. lie Songecr. fol. 172, R». 
CocQUAnu. Oudin, Dict. 
CoQUAUD. Coiitied. de Songecr. fol. 170, V». 
COQUARDE, fé)n. s. .lui. Mesl. Hist. p. 48. 
CoQCARS. Eust. Desch. Poës MSS. fol. 21,5. 
KOKAHT Troissart, l'oës. MSS p. 134, col. 1. 
OuocART. Rabelais, T. IV, p. 1)7; Ror. 1'" add. 
CouCARD. Loyer des Kolles iVmours, fol. 319. 
CoQUU.LARD.'Cotgrave, Dict., et Villon, p. 106. 
COQUILLAHT. Id. ibid. 

Cocardeau, subst. masc. Diminutif de cocard. 
Ce mol est employé dans les mêmes acceptions que 
le mol coquart, dont il est formé. 

VAKIANTKS : 
COCARDEAU. 

CoQUAiiDEAU. Contred. de Songecreux, fol. 152, R". 
COQLIARDEAULX, phtr. Ibid. fol. 127, R». 

Cocardei'ie, suhst. fém. Folie, sollise. Ce mot 
vient de cucarcl ci-dessus. 

Et pour ce est granl cnrarderic, 
A ceuls qui teles !-.opces font. 

Eusl. Dtsch. PuLS. MSS. f.jl. 408, col. 2. 

« C'est à luy extrême coquardise de juger de ce 
» qui se passe son scavoir. » ;S' .lui. Mesl. Hist. 
p. 2G6.) 

VARIANTES : 
COCARDERIE Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 498, col. 2. 

COCAHDIE, COQU.ARDIE. 

Coquardise. Path. Farce, p. 59. 

Cocasse, subst. masc. Coquille*. Ustensile de 
cuisine^ ('i) 

* On a dit, au premier sens, cocasses de limas (3), 
pour coquilles de lima(,>ons. ;llem. Belleau, fol. l'i.) 

^ Coquasse est un ustensile de cuisine, dans 
Rabelais. « Les paëlles., paëllons, cbauldrons, 
« coqiia.'iscs, liclie frittes, elc. « (T. IV, p. 75.) Peut- 
être cet ustensile avoitil la forme d'une coquille. 
C'est vraisemblablement le même que la casse ou 
quasse à longue queue, dont le nom est connu 
dans quelques cantons de la Bourgogne. 

variantes : 
COCASSE. Remy Belleau, fol. 74, R». 
Cocquasse. 
COQUASSE. Rabelais, T. IV, p. 75. 



Cocatrix. [Intercalez Cocalrix, crocodile: 

Li cocalrix est beste fiere. 
Et maint ades en la rivière 
De ce fleuve que Nil a non. 

Bestiaire (Du Gange, II. Wl, col. 3). 

Voyez aussi la description singulière qu'en donne 
Brunetli Latini dans son Trésor de Sapience. 
Joinville a traversé l'Egypte sans voir les croco- 
diles ou sans penser à les décrire. Furetière en fait 
un basilique fantaslique, habitant les puits et les 
cavernes. En Poitou, c'est un œuf gâté à la ponte 
(Favre, Gloss., p. 9!).](n. e.) 

Cocautier, subst. masc. Héritier. C'est ainsi 
que ce mot est expliqué dans un ancien titre de 
fondation. (Voyez titres de Touraine, Rec. C. p. 200.i 

Il seroit peut-élre plus naturel de l'inlerpréter 
dans le sens que présente le mot cocaulion ci-des- 
sous, en ce que les héritiers, en acceptant une 
succession, deviennent garants solidaires des dettes 
contractées par celui à qui ils succèdent. 

Cocaiition, subst. fém. Terme de pratique. 

Celui qui est caution avec un auli'e. « L'une des 
« cautions qui est obligée in soiidum avec un autre 
« peutavoirson recourssur sesfOt'fl////oH.s, cliascini 
» pour son contingent. » (Nouv, Coût. Gén. T. 1, 
p. 520.) 

Coc en pieu. [Intercalez Coc en pieu, aux 
Miracles de Notre-Dame (Du Cange, III, 4G7, col. 2) : 

A grant peines l'avons eu. 

Moult faisoit le coc en pieu, 

Li papelars, li ypocrites.] (N. E.) 

Coche, subst. fém. (4) Entaillure*. Truie ^. Ce 
mot se dit encore, en ces deux sens, en plusieurs 
provinces. 

* Pris dans la première signification, on l'appli- 
quoil autrefois à l'entaillure qui éloit faite dans un 
arc pour y recevoir la flèche, d'où l'on a dit enco- 
cher, et sujette encoucliée, pour une llèche mise 
dans la coche. (Laiic. du Lac, T. II, fol. 12i. — Voy. 
Ménage, Orig.) 

On lit figurément, en [jarlant des flèches de 
l'Amour : 

Li penons font les apparois, 
La couche ajosle le conseil (5). 

Piraiiie et Tliisbé, MS. de S. G. fol. 08, U" col. 1. 

Une coc]>e en Touraine et en .\njou, lioche en 
Normandie, îi I.yon est rcntaillure qu'on fait sur 
les morceaux de bois qu'on nomme à Paris taille 
de bouclier. 

Coche,û-àns les Essais de Montaigne, T. I, p. 422 (6;, 



(1) On lit au xiiP siècle, dans Girart de Rossillon (v. 3177) ; « Bien me tiens pour quaquacl , quant à moi veulx partir ; 
Es-tu donc mes paroilz? » (N. E.) 

(2» .\ujourd'hui cocasse est adjectif et désigne les gens étranges et ridicules. (N. E.) 

(3) « De louges limaces Et d'autres dans les creux de leurs tendres cocasses. » (N. E.) 

(4) Il vaudrait mieux distinguer pour coche quatre sens dilTérents : 1» Voil ure ou bateau ; 2» femelle du porc ; 3" entaille ; 
4» outil de chapelier ou barre de bois. On lit dans Renart (v. 14088) : « Un petit, vers terre , s'approche , En sa main tint 
une grande coche ; Tel me donna delez l'oreille, La leste en oi toute vermeille. » (n. e.) 

(5) <i Mes moult orent ices cinq floiches Les penons bien fais et les coichcs. » (La Rose, v. 92S.) — « Et Joit-on tenir la 
coclie de la sayette entre le doit qui est emprés le paulx et l'autre doit d'empres, » (.Vlodus, fol. 53.) Au figuré, on écrivait : 
« Lequel a mis maintz molz en toc/ie et mainte parole glosée, Et fait souidre mainte reproche entre la simple e* /» 
rusée. » (n. e.) 

(6) n Quelle géhenne ne souffrent elles, guindées et sanglées, a tout de grosses coches sur les costez ? » (x. e.) 



co 



— / / — 



co 



désigne tes marques que laisse sur la chair un corps 
de jupe trop serré. 

Ou a dit, en prenant coche dans la signification 
d'entaillure, mais en l'étendant an figuré: 

1° Ferme en coche, pour invarialjle, immuable : 

L'ordonaiice rie Dieu qui esl parfaite 
Doit demourer estable, nt ferme en cache. 

Geofr. do Paris à V.\ suile du Rom. Ai Faiiv. fol. 55. 

2° fJieoir en coche, pour lomijer dans le piège. 

J'auray de luy, s'il chel en coche, 
Un escu, ou deux pour ma peine. 

Palli. Farce, p. 70. 

3° Retourner en coche, dans un sens à peu près 
semblable, pour retomber dans rentaillure, retour- 
ner à ses liahitudes. (Eusl. Desch. Poës. .mss. loi. '208.: 

4" Coche s'est aussi pris dans un sens obscène, 
par Faifeu, p. 02, mais toujours relativement à sa 
signification d'entaillure. 

^ En .'\uveri;ne, eu A'onnandio, ou appelle encore 
coche [\) la femelle du cochon, la truie. On peut voir 
sur cette acception Du Cange au mot Cocha 3. 

V.\(UANTES : 
COCHE. Oudin, Nicot, Dict 
CoioiiE. Uorel, Cotsrave, Dict. 

Couche. Pirarne et Thisbé, jMSS. de S. G. fui. 98, R« col. 1. 
CouscHE. Mod\is Racio, foi. IS'J, R". 

Coche, snbst. maac. et férn. Voiture (2). Ce mot, 
(lui est aujourd'hui masculin, ne signifie plus que 
les grandes voitures publiques. .\ulret'ois, c'éloit le 
nom de celles que nous aijpeluus carosses. Aniyol, 
dans sa traduction des Morales de Plularque, T. 11, 
p. Soi), appelle fof/k! le char d'IIippolyto. (Ia eut 
voir, sur l'élymologie de ce niot, La Porte, iI.mis ses 
Epi diètes, et Ménage, Orig. 

Coche, dans nos anciens auteurs, est indistincte- 
ment féuiiniu ou masculin. Nicot le suppose mas- 
culin et Oudin féminin. (Voyez les Marg. de la 
Marg, fol. 3(j5, V"; Mém. de Monlluc, T. 1, p. 512; 
Du Cange, au mot Coclia) 

Coche à lu ferraroiae éloit une espèce de voilui'o 
dont parle Rabelais, T. V, p. 109. » i.ictieie, je ne 
« sais comliien, et quelques coches à la ferraroisc, 
•• pour ceulx qui vouldroienl aller hors à l'eslat. " 

Cocher, verbe. Faire une eiUaille*. Encocher^. 
* Le premier sens de faire une entaille est le sens 
propre de ce mot : 



Arbalestiers vont qnarriaus prendre... 
Aucuns d'eus, pleins d'enging ou d'art 
Près des fers à coutiaus les cochent. 

G. Guiai-1, MS. fol. 279, V- (3). 

^ De là, cocher s'est dit pour encocher, mettre la 
llèche dans l'entaillnie d'un arc. 

Arbalestriers leurs quarriaus cochent. 

G. Giiiart, .MS. fol. 223, Vv 

Cochet, sitbst. masc. .leune coq *. Coq d'un 
clocher ^ (4). 

* Voyez sur la première signification de jeu ne coq, 
les Dict. de Nicot, Rob. Eslienne, .Monet, Oudin, etc. 
Nous disons encore coehel ('->], dans ce sens. 

° Nous citerons quelques exemples du mol cachet 
et des orthographes dans le sens de coq d'un clo- 
cher : " Abbatil la croix, et le cochet. » (Journ. de 
Paris sous Charles VI et VII, en 1 443, p. 195.) 

Oui son convent 

Ne tient, mais le torne souvent. 
Ainsi que le coichcl au vent. 

Al. Cliarl Poi'S., Le liv. des 4 Dames, p. fi38. 

Froissart. parlant de la fortune, dit: 

Plus tost est tournée 
Ou'nn koiiuct au vont. 

l'û.s. MSS. p. 2il. col. 1 (6|. 

Eust. Desch.'imps suml)le distinguer coché et 
cochelet. Il emploie le premier pour jeune coq 
Poës. MSS. fol. 4iO (7)), el le second pour coq d'un 
clocher. (Ibid. fol. 314, col. 2.) 

■= Ce mot, sous l'orthographe cochet, paroil diffi- 
cile à expliquer dans ce passage (8) : 

« En février, et en mars, ils vont aux viundis, 
» aux chatons des saules, et courdes, aux bleds 
" vei'ds, et dedans les prez au cochet, el aux bou- 
« tons du mort bois, comme chevrefueil, bouleau, 
« et leurs semblables. •' (Fouilloux, Vén., fol.28.)(9;i 
vAniANTiis : 

COCHIÎT. Joiirn. de Paris sous Cli. VI et VII, p. 195. 

Coché. Eust. Desoh. Poës. MSS. l'ol. iW, col. 2. 

CoiCHET. Du Cange, Gloss. lat. au mot VentUogium. 

Coquet. Des Perriers, Contes, T. II. p. 118. 

KooUET. Froissart, Poës. .VHS. p. -tl, col. \. 

KûKÈs. Poës. MSS. avant l3fX), T. 111, p. 97,'5. 

CociiELET. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. '314, col. 2. 

KoKELET. Poës. MSS. du \at. n' 1«K), fol. 175, R». 

Cochois. [Intercalez Cflc/iois. filet : ■• Certaines 
" nasses ou cochoi:i posir prendre les poissons. » 
iJJ. 158, p. 52, an. Ii03.)j (n. k.) 



(1) « Or est en cest fossé chei'i, Tôt mort aussi comme vme coche. » (Renart, v. 300SI.) - « ïousjours troussé comme une 
coche. » (Archer ds Basinolel.) (N. E.) 

(2) On lit dans ilAvila, qui écrivait en 155;^ : « Un chariot couvert qui se nomme en Ilovigne coche ; le nom et 1 mvonlion 
sont de ce pays. » L'.irigine serait aiors le hongrois kolezy. Le mot nous vint par l'Italie el. s'appliqua aux bat.eavix : « Tant 
qu'à rontour du monde''Sa coche vagabonda Neptune conduira. » (Du liellay, VIII. Il, recto.) Jusque là on avait en c; sens 
dit coiiiie, du latin coucha : « Quand on apperceut la manière des dits Anglois, les François vaillamment allèrent à euk, les 
uns à bateaux et les a\itres à petits coijnes. » (.1. des Ursins, ch. VI, 1405.) (N. E.) 

(3) T. Il, p. 292, v. 7572 (16553) de l'édition. (,N. E.) 

(4) Au Lii've dea Méliei-s (244), c'est un coche d'eau : « Se il avoit sa navée ou son cochet. » (N. E.) 

(5) « N'a pas grant sapieuco enclose En moi, quand si petite chose Con est un cochet, m'a boulé. » (Rena' t. v. 5557.) (n. k.) 

(6) Comparez De Laborde, Emaux, II. 217 (N. E.) 

(7) « Et la cresle de deus cochéa. » Au fil. 4, on lit aussi : « Vieille poule à jeune cochet. » (n. e.) 

(8) Ed. Favre, fol. 21, verso (n. e.) 

(9) Enfin le cochet était un présent en argent, en viande ou en vin, f.iit par les nouveaux mânes a leurs compagnons le 
soir de leurs noces : « .lehan Griyois estant en la ville de .\zy sur Marne ou bailliage de Vitry,... eu laquelle avûil une.? 
noces ; et quant vint vers la nuit, ycellui exposant et lesdiz compaignons d'un acort se mir..Mit ensemble pour aller iiuerir 
le foc/i(?; de l'espousée, si comme il est accoustiimé à faire en plusieurs lieux ou pais. » (.1.1. 121, p. 14i, an. 13S2.) On ht 
encore au reg. J,I. 163, p. 203, an. 1409: « Icelhii Oudin demandûit un r.)(•/it'^ qui parla coustume du lieu est deu en tel 
cas aux compf^ignons d > l.i ville j-ii k~i'.i; à ni.TriT. n (x r..) 



co 



78 



CO 



(".oc'lion, subst. vinsc. Pourceau*. Insecte °. 

* Ce mol, qui subsiste dans le premier sens de 
pourceau, ne peut nous fournir, par rapport à cette 
acception, que quelques anciennes façons de parler. 
On disoit : 

1" Mnnrjer le cocliou ensemble, pour tramer, 
méditer quel(|iie ciiose ensemble. (Oudin, Dict. et 
Curios. fr.) Henri IV, écrivant à M. de Rosny et 
parlant de huit personnes qui étoient dans les 
finances, semble faire allusion à cette façon de 
parler. « (les messieurs là et cette effrénée quantité 
« d'iiitendans qui se sont fourrez avec eux, par 
« compère et par commère, ont bien augmenté les 
« grivelées, elmauijeans leeoclionensemble(i), ont 
« consommé plus de (juinze cens mille écus. » 
(.Mém. de Sully, T. III, page 8. — Voyez ci-après 
Grivelée.) 

2° Rapeller le cochon, pour retourner à son pre- 
mier pro|)Os. (Oudin, Cur. fr. et Dict. de Cotgrave.) 
« Puisque cliascun a fait son compte, et que je suis 
• la dernière, par faute de compagnons, je vais 
« rapeller le cochon. •■^ (DesAcc.Escr.dijonn. fol. 56.) 

3" Les cochons de Xori/es, village auprès de Dijon, 
sont passés en proverbe dans la Bourgogne, comme 
les ânes de Bruges. (Voyez Journ. de Verd. février 
nr.6, p. 120.) 

^ Dans quelques éditions de Rabelais, au ch. xni 
du livreV, on ïilcochon {i), pour la calandre, insecte 
qui mange le froment. C'est encore le nom qu'on 
lui donne en Bourgogne. Dans les anciennes édi- 
tions de Pantagruel, on lit cosson. (Voyez Le Duchat, 
sur Rabelais, T. V, p. 57, note 3.) On dit gusano en 
espagnol. 

Coclionner, verbe. Faire bonne chère, bien 
traiter. « L'hosle nespargna rien pour cochonner 
" et ti'aiter friandement son monsieur. » (Contes 
d'Eutrap. p. 234.) 

Cochonnet, subst. masc. Sorte de jeu. Le 
cochonnet va devant. Le Duchat, sur Rabelais, T. I, 
p. 1 52, dit que c'est un « jeu de boule (3), ou de palet, 
< auquel Tendroit où s'arrête la boule, ouïe palet de 
" celui qui joue le premier, sert de but pour lui- 
« même, cl pour les autres. » 

Coclionnière, subst. féin Truie. fDict. d'Oudin 
et de Cotgrave. y 

Cocilla. Un charlatan, après avoir vendu ses 
drogues, fait une conjuration en ces termes : 
« Cocillacn aussia quetabeneia que natalicia volus 
« polus Laudate prime meure ni a tel con le pain 
« m sols m pez l'abaie est riche et plentissimus 
. haranc. » (Erber. ms. de S. G fol. 9î).) 

Coeodril, subst. inasc. Crocodile. 

VARIANTES : 
COCODRIL. Cotgrave, Dict. 
COCODRILLE. Oudin, Dict. 



Cocontractant, subst. vinsc. Terme de cou- 
tume. Celui avec qui on contracte. (Nnuv. Coût. 
Gén. T. I, p. 514.) 

Cocouz. [Intercalez Cocoux,, rendu par Sale- 
brosus, au Gloss. lat.-fr. 521.] (n. e.) 

Cocq. [Intercalez Cocq. Les cocqs servaient aux 
jeux des écoliers au xiv et au xy« siècle, au nord 
comme au midi de la France: <■ En ce karesme 
" entrant... à une feste ou dance ([ue l'en faisoit 
« lors d'enfans pour la jouste des cocqs, ainsi qu'il 
« est acoustumé [en Dauphiné]. " (.1.1. 134, p. 37, 
an. 1383 ) On lit aussi au Livre rouge d'Abbeville, 
fol. 21 i, V», an. 1458 : « Sur le descord et dilîérend 
« meu... entre le maire et eschevins d'.Vbbeville et 
« les doyçuet le cappitlede l'églisede S. Vulfi'am,... 
« lesdites parties sont d'accord en la manière qui 
« s'enssuit: c'est assavoir que lesdiz doyen et 
" cajjpitle accordent que doresenavant ilz soofîre- 
« ront et consentiront, que cellui qui demourra 
« roy de l'escolle, le nuit des Quaresmiaulx , 
" apporte ou faclie apporter devers le maieur de 
•' ladille ville ou camp S. George, le cocq, qui 
« demourra ledit jour ou autre victorieux , ou 
« autre cocq; et que ledit roy presenle au dit 
" maieur, pour d'icellui faire le cholle en la ma- 
« niere accoustumée. » Le reg. JJ. 81, p. 278, 
an. 1355, nous explique ces derniers mots: 
« Pelierunt a magistro Erardo .Maquail magistro 
« scolarum ejusdem vilkv de lîanieru, quaienus 
« liberaret et Iraderet eis unum tjallum, quem, 
« sicut dicebant, idem magisler scolarum debebat 
■< eis die ipsa [carniprivii] ut jacerent baculos ad 
■< gallum ipsum, more solito, pro eorum exhilla- 
« ratione et ludo. » En Alsace, on conserve encore 
le gullertani; la danse du coq.] (n. e.) 

Cocq-linioges. [Intercalez Cocq-limoges, fai- 
sans: « Le suppliant et Jehan Baudelot dirent qu'ilz 
« iroient veoir dedans le bois des Sars du lieu de 
« Sorel, se l'on y trouveroit aucuns ijui chassaissent 
« aux cocq-limoges, autrement nommez faisans. » 
(JJ.184, p, 180, an.l451.)];N. E.) 

Cocqiie, subst. [ém. Souche. Ce mot est employé 

plusieurs l'ois en ce sens, dans la Coût, de Landre- 
chies. « Pour avoir fait faire plusieurs laignes de 
« coques [i], et de Iaignes(piecesde bois)de quesne, 
« devant la forest. Pour avoir encore fait faire, par 
» Jean Heut frère de Beaurepair, et autres plusieurs 
« laignes de brances de eocques de quesne, sur la 

« carrière de Valeuciennes entour du parcque 

« condamné le dit Germain en amende arbitraire de 
« six vingt livres blancs. ■■ (Nouv. Coût. Gén. T. II, 
p. 209.) 

Le mot coque est encore en usage en Bourgogne 
pour désigner les souches qui sont restées dans un 



(1) Les soldats ont aujourd'hui le parler moins crû ; ils disent « manger la grenouille. » (n. e.) 

(2) C'est aussi un insecte qu'on trouve dans les lentilles, (n. e.) 

(3) C'est la petite boule qui sert de but. (n. e.) 
ii) Ou disait aussi flioquc. (Voir ce mot.) (n. e.) 



co 



79 — 



CO 



bois mal coupé. Le Picard prononce choque, pour 
souche, et le Normand chouque. 

VARIANTES (4) : 
COCQUE. Oiulin, Dict. 
CoQUK. Nicct, Dict. 
Choque. Mot picard. 
CnouQi'E. Mol normand. 

Cocqueciyrucs, s(;/;sL féin. C'est ainsi qu'on 
appelle les coijnillcs des liérissons de mer. Cor- 
neille, l>ict., donne ce nom à un poisson nommé 
clyster qui n'existe point. Il y a une plante iippelée 
coccigrya, en François fiistet, dont la graine est 
fort |ictite, relativement à l'arbrisseau (2). (Falcon.) 

VARr\NTES : 
COCQUECIGRUES. Rabelais, T. IV, p. 137. 
CoccYGRUE. Le Duchut, T. I, p. 197, note 4. 

Cocqueron, subst. nuise. Sorte d'insecte. 



Je voudrois bien qu'il fut remplis 
De coc(jiiefoiif-, et de fourmis. 

Ruer, des Dev. amour. 



p. 9i. 



Cocquet. [Intercalez Cocquet, caque: « Ung 
« tonnelet ou cocquet d'allés, .vm". loyens pour le 
« cocquet, doit .1111. den. » ^Péage de Peronne, 
an. lt>%. Du Cange, II, 167, col. a.)] (n. e.) 

Codé, partie. On a dit un livre « escript de 
« lellres de noie bien codé ». (Invent, des livr. de 
Charles V, art. 317.) 

Cocu, subst. masc. Mari dont la femme est 
infidèle*. Celui qui rend la l'enime inlidèle^. Che- 
val maigre '^. Coucou, oiseau ". La primevère, 
plante ^.' Jeu "". 

* Nous n'avons plus conservé ce mot qi e sous 
l'orthographe de cocu et dans sa première signili- 
calion, qui n'est pas la signification propre cl que 
nous ne plaçons ici avant les .'ui très que pai-ee qu'elle 
subsisle. Ou peut voir, sur l'clymologie de ce mot. 
Ménage, Speluian, Du Cange, les Serées deBouchet, 
liv. I,"p. 78; lesDiv. Leç.delJu Verd. p. 4{>8, etc.; soit 
qu'il vienne de coucou, comme le veut Ménage ; de 
cucurhit.a, comme le prétend Spelman; ou du mot 
cous redoublé, comme l'indique Du Cange. 11 y a 
longtemps qu'il sert dans notre langue pour dési- 
gner les maris malheureux On en trouvera d'an- 
ciens exemples dans nos vieux dictionnaires, dans 
des Ace. Contes de Gaulaid, fol. 35, V"; dans la Nef 
des Fols, fol. 3tl, R°, etc., etc. On lit dans une cita- 
tion de Du Cange, au mol Cugus : 

Ce fu li liuyus de pute aire. 
° Ce mot servoit aussi pour désigner celui (|ui 
rendoit une femme inlidèle à son mari; et l'accep- 



tion étoit plus juste, en dérivant le mot cocu de 
co!/co«; car le coucou va pondre dans le nid des 
autres oiseaux (3). On prenoitaulrefois ce mot dans 
ce double sens. » Non seulement ceux qui abusent 
« des femmes d'autruy, mais aussi les maris abu- 
« sez, sont appeliez cocus, de sorle que ce nom 
'• élant actif, et passif, et commun à tous les deux, 
« nous pouvons dire roc» t'Ot'HflJi/, et cot-'w C06'i/c. » 
(Div. Leçons de Du Verd. p. 500.) 

'^ Un cheval qui n'a point de croupe, s'est aussi 
appelé C06V/, par un miséiable jeu de mots, qui n'a, 
qu'os au cû {■'>). 

° Le mol cocu et ses orthographes ont aussi 
désigné l'oiseau que nous nommons coucou. (Voy. 
Nicot, Oudin. — Du Cange, au mot Cugus, etc.) 

D'oysel n'ay chanson, ne glay, 

Seulement que le chant du cucu. 

Eusl. Desdl. Pors. MSS. fol. 157, col. 1. 

^ Le nom de cocu a été donné à la plante que 
nous appelons primevère, ou braijesdecocu. De là, 
cette allusion qu'Eust. Deschamps fait à cette 
plante, lorsqu'il fait dire à une femme résolue de 
se venger des inlidélilésde son mari : 

.Te luy feray, sans jardiner, 
Avoir cucll.^i en son mesnaige, 
Si j'en puis nullement liner. 

l'u. s. MSS. fol. 334, col. '3. 

''Jouer au cocu, est jouer au hère, selon Le 
Ducliat, sur Rabelais, T. I, p. 137, note 8 (5). 

VARIANTES : 
COCU. Orth. subsist. Du Cange, au mot Cugus. 
COQUU. Cudé, des Oiseau.x, fol. tl9, R». 
Coque hus. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 515, col. 3. 
Cucu. Ebaternent de Géomancie, MS. du R. n» 7651. 
QuQU. Gloss. du P. Labbe. 
KuQUS. Du Cange, Gloss. lai. au mot Cuç/us. 

Cocu, adj. Cornu. C'est en ce sens que l'.abe- 
lais, T. III, page 78, donne à Diane l'épithèle de 
coquuc. 

Longue teste, et cocue, 

Yeulx de perdriz, et nez iJe chahuant 
Groin de pourcel, long coi'd, comme une grue. 
Eusl. Dc^jch. rots. .MSS. fol. 221, col. i. 

Cocn signifie cornu, dans le proverbe suivant : 
« A l'enfourner on l'ait les pains cocus. » (Dicl. do 
Colgrave.) 

VARIANTES : 

COCU. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 221. 
COQU. Rabelais, T. III, p. 78. 

Cocualique, adj. Qui tient du cocu. ■> Se lient 
« en la niaise, et vraymeiil eocualique bonlé de 
« leurs maris. « (Apol. pour Hérodote, p. iSfi ) 



(1) Dans Froissart, cocijiie a le sens de coquille et vient de conclia : « Ils lui firent présens de sis lux que l'on avoit mis 
en deu.K coci/ncs. » (X, -449.) (n. e.) 

(2) En Normandie et en Herry, c'est le nom de la bugrane gluante. Voyez plus bas coqucfarjue et corjueluirie , que donne 
E. Drschamps ; inijurficdouilic, relevé par Cotgrave. (N. E,) 

(3) On lit dans Bonihet (Serées, I, 7S) : « Il fut dit qu'on appelloit un homme marié cocu, qui avoit une femme impudique, 
d'un bel oiseau qu'on appelle le cocu, les autres l'appellerit couquon, ainsi nommé de son chant ; et pour ce que ce bel 
oiseau va pondiv au nul îles autres oiseaux, estant si sot qu'il n'en sauroit faire un pour luy, par antithèse et contrariété 
on appelle celui-là cnc\i. au nid duquel on vient pondre, c'est-à-dire faire des petits. » (n. e.) 

(4) Notons encore ce jeu de mots de Brantôme (Uam. Gai., I, 135) : « Encore faut-il estimer ces dames qui élèvent ainsy 
leurs maris en biens, et ne les rendent coquins et cocus tout ensemble. » (N. E.) 

(5) La forme primitive fst i-r/Ms ; « Sui-je mis en la confrérie Saint-Ernol, le seignor des cous Dont nus ne puet estre 
rescous, Qui famé ait... » (La Rose, 9167.) Elle répond à cucus, pour cuculus, coucou, dans Isidore de Séville. (n. e.) 



co 



— 80 — 



co 



Cocuce,sî(fts^ Nom faclice d'un pays imaginaire. 

Tel conte ii'Audigier, qui t'ii sel pou : 
Mais je vos en dirai trusqu'à Ilarou : 
Ses pères tint Cocitte, un pais mou 
Ou les gens sont en merds jusques au cou. 

Iloin. il'AMiliï. MSS. dc> S. G. fol. 115. V- col. 2 et 3. 

Cocue, suhsi. fnn. Femme dont le mari est 
infidôle*. Ciguë °. 

* Ce mot, dans sa premii'i'e acception, paroît 
avoir Ole forgé par Doiieau, auteur de !a comédie 
intitulée /a f(;t'H(! imaginaire. \[ dit à la lin delà 
préface de celle [ùèce : » Je pourrois ici vous par- 
" 1er du mol cocue, dont je me suis servi : mais je 
" crois qu'il n'en es! pas besoin, d'autant que nous 
» sommes dans un temps où chacun parle à sa 
.' mode. .. (llist. du Th. fr. ï. VIII, p. 39 i.) 

^On disoil aussi cocue, pour ciguë. " Les prêtres 
" d'.Mheues se servoient de la ciguë, ou cocue, en 
« tels affaires, etc. ■> (Malad. d'amours, p. 199.) 

Cociil (l\ snbst. riiasc. Coucou. En latin tucus. 
Vn oiscl, cocui, suivant le Closs. lat. fr. de S. G., 
cité par Du Cange, au mot 'fucus. 

Cocusse, subst. fém. Capuce, capuchon. 

Or ont prins habiz de charretons. 
Un temps fut, se leur apparusse, 
Que j'eusse un coup sur ma cociis.ie. 

Eust. Dcsch. Pops. HSS. fol. 23r>, col. 3. 

" Item le chief S. Syméon en façon d'omme 
« ancien; et à une coqusse d'argent sur la tête 
" fermant à une riz esmailiiée, etc. >■ (Du Cange, 
au mot Verula (2).) 

VARIANTES : 
COCUSSE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 235, col. 3. 
CoQUSSE. Du Cange, Gloss. lat. au mot Verula. 

Gode. [Intercalez Code, mesure, au reg. JJ. 10.3, 
p. o!G, an. 13i2: » Deux costerez de vin, neuf 
» chandoille de cire codaux... Trois codes de 
« cliandoille de cire sur le seigncurde Richebourc. » 
Ce mot doit avoir le sens de coudée; aujourd'hui, 
en Berry, coude se dit code.] (n. e.) 

Codébiteur, subst. niasc. Débiteur solidaire. 
Celui qui s'oblige conjointement avec un autre. 
(Nouv. Coût. Cén. T. 1, p. 737.) 

Codiynac. subst. masc. Colignac. La confection 
de codignac, etc., est une confiture de coins. Codi- 
onal de jour, c'est pâtisseries, en espagnol paslche- 
rias. ;Oudin.) 

VARIANTES (3) : 

CODIGNAC. Estât et Relig. par la Place, fol. 100. 
CODIGNAT. Nicot, Ouilin, Dict. 
CouDiGNAC. Rabelais, ï. I, p. -108 (i). 



CoTONiAT. Rabelais, T. I, p. -IGO (i 



'^^ 



Codinecil, subst. Semble une faute pour codi- 
cile. (Cnrpentier, llist. de Cambray, p. 18.) 

Codre, subst. masc. Coudre. (Du Cange, au mot 
Codra.) Ce mot est tiré d'un passage de fa coutume 
de Bergerac. Poquet, add. mss. ;\ Laurière, dit que 
codre et cèdre est un cerceau de tonneau. (Falconn.) 

Codre, verbe. Coudre. D'où le prétérit cosist, 
dans S. Bein. p. 220, qui répond au latin consuere. 

Coe, subst. fêm. Queue. Ce mot se disoit de la 
queue des animaux. 

De sa cnc bat ses costez. 
C'est la coustume du lion. 

Parlon. de Blois. MS. de S. G. fol. U5, V' col 3. 

Trestuit cih qui l'escharnirent, 

Et qui sor luy keims pendirent, 
Furent koué, et keues orent. 

r.ora. de Brui, MS. fol. 104, V col. 2. 

(1n lit coe:i et coes, dans le ms. de M. de Bombarde. 

Dans le chapitre intitulé des Trouveures. on lit : 
« De balenes trovés eu nostre poi'r (domaine) 
« volons (lue la teste soit nostre, et la couve à nos- 
« tie compayne, selon l'ancien usage. >• (Britton, 
Loix d'.\nglel. fol. 27.) On lit cueurs dliermines, 
faute pour cueues d'hciiuiues, dans P. .1. de Saintré, 
p. 239. « Luy, et son destrier housses d'ung satin 
» cramoisy, !out semé à cueurs d'hermines. » On 
disoit aussi la queue, ou coe d'un acte, d'une charte. 

De parchemin prist un petit, 
Qu'il n'y ont leitre, ne escript : 
Tout uni l'a sécllé en chire, 
Et en la cnc (Ci) fit escrire 
Que d'Engleterre tant auroit. 
Comme le brief dedens diroit. 

Rom. de Rou, MS. page 288. 

1" On a dit cueue à cueue, pour à la queue les 
uns des autres. (Chasse de G ast. Phéb. sis. p. 220.) 

2° L'expression familière : Il n'y en a pas la queue, 
pour signifier qu'il ne reste rien d'une chose, 
subsiste encore. Ou lit, à peu près en ce sens : 

N'en merront au partir coe de lour aver. 

Rom. de Rou, MS. page 109. 

3° Un ancien poêle, parlant des hypocrites qu'il 
compare aux chiens, dit que : « Lor eues (nagent) 
« en sain. » Dans le sens propre, que leurs queues 
nagent dans le saindoux ; au figuré, qu'Us ont de 
la Joie, qu'ils se délectent. 

Quant d'un home oenl mesdire, 
Grant samblant font, con un mescire, 
Plus traistre sont que chain. 
Et lor eues noent en sain. 

lli*l. de S" LMcade, MS. de S. G. fol. 31, R- col. 1. 

Coe (en) est une faute, dans Marhodus, col. 1644. 
On lit dans le mss. de S. Victor en Eve il). 



0) La forme provençale est coijul. (N. E.) 

(•2) Ed. Henschel, sou.^ coqucia (II, 592, col. 2). La citation est répétée au t. VI, 784, col. 1. (n. e.) 

(3) On lit au Ménagicr (II, 5) : « Pour faire coudoiijnac, prenez des coings. » L'étyninlogie est coing , par l'intermédiaire 
colniieahiiH. (N. E.) 

(4) i< S'il toussoyt, c'estoient boytes de coxidirinac. ji (n. e.) 

(5) « Le coiiijiial pris devant le past asiraint le ventre. » (N. E.) 

(6; On appelle d'ordinaire queue d'un acte la bande de parchemin sur laqtielle est appliquée le sceau pendant: on la dit 
•simple, si elle tient encore au parchemin dont elle a été séparée ; on la dit double, si elle se replie sur une fente pratiquée 
dans racte. (n. e.) 

(7) On lit aussi au Nouv. Recueil de fabliaux et contes (I, 317) : « De ma fable faz tel defin, Que chascuns se garde de la 
soe [femme] Qu'elle ne li face la coe. » (n. e.) 



co 



81 



co 



VARIANTES (1^ : 
COE. Parton. de Bl. MS. de S. G. fol. 140, V« col. 3 (2). 
COUE. Oudin, Dict. 
QuouE 

Cou. Coût, de G. de Tyr, Marteiie, T. V, col. 591. 
Couve. Britt. Loix d'Anglet. fol. 27. R". 
OuEHUE. Lelt. du duc de Bourg, au s' Dufay, p. 361. 
CuE. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 268, V» col. 2. 
Keue. Rom. de Brut, fol. 104, V° col 2. 
CUEUE. Chasse de Gast. Phéb. MS p. 81. 
CuEURS, lisez Cueues. P. J. de Saintré, p. 239. 

Coé, arlj. Qui a une queue*. Entier, non châ- 
tré^. Déchiré, qui est en lambeaux'^. 

* Le premier sens, qui a une queue, est le sens 
propre. 

Par toz sainz, se vos i alez, 
Vos en revenroiz toz coez. 

Parton. de Bl. MS. de S. G. fol. IfiS, R» col. 3. 

On appelle : " Commette une estoiile qui com- 
« mée et quouée est. « ^Cliron. S. Denis. T. 11, 
fol. \'l.) On lit dans le latin de Rigord crinita, sive 
eau (la ta. 

On croyoit autrefois que les comètes annon(,>oieiit 
des malheurs : « J'ay cogneii plusieurs courages 
« esbahis, à l'occasion (Tune étoille coiiée , ou 
« (;hevelue. » 

Nous trouvons coiiés. pour épithète d'Anglois, 
dans les Epith. de M. de la Porte. 

^ Dans le sens d'entier, Marbodus, col. lGi2, dit 
que la pierre appelée alecloire, se trouve dans le 
ventre du chapon qui 

Treis anz vit mes, pois est chiastrez; 
Tan vit ke set ans a passez ; 
En son ventre trovent la piere. 

•^De Iti ce mot s'est dit, au figuré, pour déchiré, 
qui est en lambeaux : 

Si vit lor chemises coiiées. 
Oui tout entor erent nouées : 
Devant, et derrière, et en coste. 
En maint leu lor paroit la coste. 

Fabl. MSS du R. n- >21S, fol. 2:!5. R- col. 2. 

VARIANTES : 
COÉ. Parton. de Bl. MS. de S. G. fol. 108, R» col. .i. 
CoES. Marbodus, col. 1642. 
CouÉ. Nicot, Oudin, Dict. 
KouÉ. Rom de Brut, MS. fol. 104. 
QuouÉ. Chron. S. Den. T. Il, fol. 12, V». 

Coerateiir. [^r^\e.m\]f^.7.C,necateur,àe coliecave, 
pour eoœquare, répartir la taille, au t. 111, p. 'i, de 
l'Ilist. de Nîmes, an. 1476.] (n. e.) 

Coegaux, adj. au jilur. Egaux. (Dict. de Borel.) 

Coeillir, verbe. Cueillir. (Voy. Molinet, p. 178.) 

Coeins, subst.masc. plur.Ç,o\\Q\.?,[Z). Les marins 
appellent ainsi certains cordages. On lit coeins, 
dans le .ms. de Bombarde, au lieu à'escuins. ([uoii 
trouve dans ce passage : 



Esciiiiix (4) ferment, et escotes 
El font tendre les cordes toutes; 
Vitages laschent, trez avalent. 

Rom. de Brul, MS. fol. 85, V- col. I. 

VARIANTES : 
COEINS. Rom. de Brut, MS. de Bombarde. 
EscuiNS. Rom. de Brut, MS. fol. 85, V» col. 1. 

Coèa, abréviation. Commun ou commune. On 
la trouve fréquemment employée dans le Caria 
Magnu. 

Coëiie, subst. masc. Ce nom, dans Villehar- 
douiii, est pris par Vigénère, pour Antoine, ce que 
Borel approuve au mot Coëne (5). Du Cange, dans son 
commentaire sur Villehardnuin, explique Coënes, 
par Canon. Cornes de liethune, Conon de Bethune. 
(Villehard. p. 55.) Du Cange a raison. Coïion étoitle 
vrai prénom de Bélluine. (Palconnet.i 

Coepelle, subst. fém. Coupelle. On lit dans le 
texte de Villon crepelie, mais la marge corrige 
coepelle. On disoit : Fin comme argent de crepelie, 
fin comme argent purifié à la coupelle, au creuset. 

Je croy qu'homme n'est si rusé, 
Fust fin comme argent de crepelie (61, 
Oui n'y laissast linge, et drapelle. 

Villon, p. 39. 

Coëpeller, verbe. Coupeller. Faire passer l'or 
et l'argent par la coupelle. (Dict. de Cotgrave.) 

Coéquation, subst. fém. Egalité, parité. Ce 
mot, aussi bien que péréquation, selon Pocquel, 
add. MSS. à Laurière, est le régalement de rente 
entre des frères, c'est-iVdire partition qui règle ce 
que chacun des contribuables doit payer. (Voyez le 
passage cité à l'article suivant.) 

Coéqiiés, adj. auplnr. Associés. Entre lesquels 
les contributions ont été réparties. « Si le seigneur 
« censier, rentier, ou leur receveur nient avoir 
« reçeu ce qu'ils ont reçeu des coequez-, ou pere- 
" quez,et il se trouve, après le contraire, ils seront 
« tenus en tous les intérests, pertes et dommages 
" de celuy contre lequel ils auront fait la dite 
» négation de réception de la ditte coéquation, et 
« en'amende envers justice. » (Coût. Gén. T. II, 
p. 399.) 

Coer, verbe. Avoir une queue. 

Il avoit robe d'estanfort 
Taint en graine, de vert partie; 
Si a fait chascune partie 
A longues qiieues coer. 

Fabl. MSS. de S. Germ. fol. SCI, V col. 2. 

C'est-à-dire il a fait faire une longue queue, etc. 
(Voyez ci-dessus Coe. qui a une queue.) 

Coer. [lnter(;alez Coer, cuer, cœur dans les 
deux locutions suivantes: 1° Kn cuer, cordiale- 
ment : « Ossi li plus grant partie de tous ses 



(N. E.) 

l'avant, (n. e.) 



(1) On lit dans Roland (v. 165,5) : « Rlanche la cvc e la crignete jalne. » (N. E.) 

(2) On lit dans Benoît de S" More (v. 15239) : « Bien m'a le nu fait en la coe ; Juglé m'a et envilani. » (n 

(3) On nomme couette ou bers les deux poutres qui glissaient avec le navire quand on le lançiit parVï 

(4) Escuins, comme e.tcuer, signifie auvent, panneau, (n. e.) 

(5) Cuennes (% 377) est le cas sujet ; Coenon (§ 496) est le cas régime, comme si l'on disait C/iêne. Chênon. En picard, 
chêne se prononce cjuêne, caine. (n. e.) 

(6) Au Dict. de Doohez, on lit coupelle. (N. E.) 

IV. 11 



co 



82 — 



CO 



« clievaliers estoieHl en coer englès. » (Froissart, 
II, 481.) -2° Prendre en cuer, prendre à cœur: ■< Li 
« Jones conles de Huynau avoit si ;;ns en cuer 
« cesle guerre. » (Id., IH, 255.)] (.n. e.) 

Coerie, subst. fém. 

Quar li prélat Irestuit ensaiilile 
Ont bien juré, riens ne dorront. 
S'a ceus non qui l'avoir porront 
Petit donne, ne doutez mie 
N'i ait aucune coerie (1). 

Hist. de S" Léoc. MS. de S. Germ. fol. 30, R* col. 3. 

Coernic, subst. fém. Injure, honte, opprobre. 
De l'italien scorno. 

Je vous ain, sans traison, 
A tort m'en portez coernie. 

Adans li Bocns, Pocs. .MS. a-vanl 1300. T. IV, p. Uli. 

Coers, subst. masc. plur. Cour. Espace enfermé 
de murs faisant partie d'une habitation. 

Mes elle ne s'aresta point 

A nuls des coers, ne à l'entrée ; 

Ançois est par dedens entrée. 

Froissarl, Poës. MSS. p. 359. 

Coes. [Intercalez Coes, eues, choix : « Vous 
« estes ;\ à eues dou partir ou dou demorer. » 
(Froissart, X, 441.) C'est le substantif verbal de 
eoesir, choisir ; il est de formation romane, bien 
que le verbe soit d'origine germanique.] (.n. e.) 

Coesre, subst. masc. Mot de l'argot. Le roi 
nommé le grand coesre étoit le nom qu'on donnoit 
au chef des gueux ou mendians, qui faisoient sem- 
blant d'eslre estropiés ou malades (2). (Voy. Sauvai, 
Hist. de Paris, liv. V, p. 511.) 

Coestron. [Intercalez Coestron, bâtard, au reg. 
JJ. 125, p. 174, an. 1384: « Que icelle ou son 
« coestron ou bastard de filz le comparroient. »] (n. e.) 

Coëtes. Il faut lire crettes. (Voyez le texte de 
Villon, p. 50.) 

Coetice, subst. fém. Fourrure. 11 semble que 
ce soit une faute pour létice, dans le passage sui- 
vant. A l'entrée de Charles VIII à Paris, en 1434, le 
Premier Président « avoit des lambeaux sur son man- 
« teau, à trois bandes d'or, garnies de coetices (3). « 
(Godefr. Observ. sur Charles VIII, p. 433. — Voyez 
Letice, Laitice.) 

Coetie, subst. fém. Espèce de devination. 
« INegromantie , coetie , ydromantie , aeromen- 
« tie, etc. » (Pèlerin d'amour, T. II, p. 458.) Il 
faudroit écrire goëtie, mot tiré du grec yoyTeia. 
magie. 

Coetivement, subst. masc. Entretien de cha- 
leur. (Voyez Dict. de Rob. Estienne et de Cotgrave.) 



Ce mot paroit venir de couette (4), lit de plumequi 
entrelien la chaleur. 

Coetiver, verbe. Echauffer. Cette signification 
vient de couette ou coite, comme le mot précédent. 

VAHIA.NTES : 
COETIVER. Oudin. Nicot. Dict. 
CoiTivER. Monet, Colgrave, Ûob. Est. Dict. 

Coeiiil, subst. masc. Cens (5). Ce mot est formé 
de cœuillir ci-après. Cœuil est le cens; eeuilloir 
est le registre sur lequel on écrit les noms des vas- 
saux et les cens qu'ils doivent. C'est selon cette signi- 
lication qu'il faut entendre cet endroit de la coutume 
de Pernes, où, en parlant des divers devoirs des 
vassaux, on dit : « Bailler déclaration, payer leur 
« coeuil, selon la valeur d'iceux (iefs, et faire toutes 
<■ autres services, droits, et devoirs à tels fiels 
« appartenants. » (Coût. Gén. T. I, p. 383. — Voyez 
ci-après Cueil.) 

Coeuvrechef, subst. masc. Habillement de 
tète *. Pièce de soie, de drap, etc.". Ceinture, voile, 
mouchoir'^. 

* Nous disons encore couvrechef, dans le sens 
d'habillement de tête des femmes de la campagne, 
et c'est sa signification propre. On lit dans Percef. 
Vol. m, fol. 15, en parlant d'un malade : « Il alla 
» prendre le cocuvrechief dont'd avoit la teste affi;- 
" blée, et le lire sus ses yeux, etc. » ; et dans les 
Ann. de Louis XII, pard'Aulon, fol. 27, V°: «J'ayme 
>' mieulx mourir l'espée au poing à la delTense de 
« la muraille pour le service du roy, que languir 
« en mon lict, le cuvrechief en la teste pour na- 
« turelle mort attendre. » (Petit. J. de Saintré, 
p. 577.) « Pour mieux couvrir sa face, fit mettre 
« son grand cuvrechief. » On nommoit aussi 
certaines coiffures de femmes des coeuvrecliicrs. 
Elles servoient à se mettre à l'abri du soleil. 

Levés les cueuvrechiers plus haut, 
Qui trop coeuvrent ces beaux visaiges. 

Chasse et Départie d'amours, p. iij, col. 1. 

C'étoit une partie de la coiffure des femmes en 
deuil. « Item, pour aultres frères et sœurs, on ne 
« porte que la barbette, et le couvrechef {&) dessus. •• 
(Honn. de la Cour, ms. p. 58.) 

^ On a étendu beaucoup plus loin autrefois ce 
nom de couvrechef. On l'a appliqué, en général, à 
des pièces entières de soie, de drap, de gaze, de 
toile, probablement de l'espèce dont on se servoii 
pour faire des coHV/v'c/u'/s proprement dits. On lit 
dans les Honn. de la Cour, ms. p. 34 : >■ Drap (pièce 
d'étoffe) de fin couvrechef, de crespe empesé. » Ou 
en mettoii deux sur les couvertures du lit. 

Dans des lettres de 1350, « le roy défend de fabri- 



(1) Voici le sens des trois derniers vers ; Si vous ne donnez la moindre chose à ceux qui le peuvent avoir, n'en douiez 
pas, il n'y a là nule honte. Coerie est synonyme de coernie. (n. e.^ 

(2) Voyez chestiz, t. III, p. 4!52. (N. E.) 

(3) Collicé se dit du champ ou de l'écu rempli de dix bandes de couleurs alternées. Cottice est une bande diminuée des 
deux tiers, (n. e.) 

(4) C'est un dérivé du latin cortus, cuit. (n. e.) 

(5) Ou taille ; c'est la forme verbale de cueillir, coUigere (collecteur). (N. E.) 

(6) Voyez la veuve de Jean Jouvenel des Ursins (Quicherat, Costume, "289). S' Simon écrit aussi : « Elle était sur son lit 
en robe de veuve bordée et doublée d'hermine , pareille à celle des duchesses veuves , et comme elles ayant le 
couvre clief {W2, 7). » (N. E.) 



co 



83 — 



CO 



« quer, dans la ville de Troyes, des toiles appellées 
couvreclief. » (Ord. T. "il, p. 3ii.) Froissart, 
liv. IV, p. 7, parle d'une litière « couverte d'un 
■> délié couvreclief de soye[\) » ; et dans la Table des 
Métiers de Paris, ms. de Meinière, p. If), on lit : 
i< Tixerandiers de coeiivrecliefs de soye (2). » 

•^ Enfin tout ce qui, sans doute, éloit fait de ces 
toiles ou élolTes appelées coitvrecJiefs, prenoit aussi 
le même nom ; de là, nous voyons ce mol désigner 
le voile de soie qui couvroit les enfans des grands 
seigneurs, depuis la tête jusqu'aux pieds, à la céré- 
monie de leur baptême. (Ilonn. de la Cour, ws. 
p. 58.) Pour le voile de gaze qui couvroit le visage 
de Jeanne, femme de Charles V, lorsqu'elle fut 
portée, après sa mort, à Notre-Dame : « Ùng queu- 
" vrechiefs\ délié que tout plainementon veoitson 
>< visage parmi. » (Chron. S' Denis, T. 111, fol. 37.) 
Pour une espèce de mouchoir, dans ce passage de 
Gérard de iNevers, ï'' part. p. 83: « La pucelle d'ung 
i< délié coitvrechicf luy essuya le visage et la 
« bouche " ; et dans cette citation, qui se trouve au 
T. I, p. lOi, de la Milice fr. du P. Daniel, et dans 
Du Cange, au mot Miles : « Et ce fait, ung de ces 
« gouverneurs aura un cuervcrchcr en sa main, 
« qu'il tendra par devant le visage, quant il sera 
« besoin, pour le craisier (pour cracher). ■• (3) On 
interprète à la marge cuervercher, mouchoir. 

Enfin le mot couvreclief a servi à désigner une 
espèce d'écbarpe ou ceinture. Al. Chartier, l'Esper. 
p. 352, pariant de la Mecque, dit : ^ Se dépouillent 
« nudz, excepté d'un petit queuviechief aaiour de 
« leurs rains. - 

On trouve encore ce mot pour linge à barbe, dans 
Oudin et Des Accord, Contes de Gaulard, fol. 37, \°. 

VARIAMES : 

COEUVRECHEF. Froiss. L. IV, p. 7 ; Du Cange, à Capitegium. 
CoEUVRECiuEF. Percef. Vol. VI, fol. 124, V" col. 'i. 
CuEVRE CHIEF. Fabl. MSS. du R. n° 7-218, fol. 261, R" col. 2. 
QuEVRE ciUEF. Chron. S' Denis, T. III, fol. 37, V. 
CuEVRE CHEF. Hist. du Tli. fr. T. I, p. 408. 
QuEVRECHEF. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 427, col. 2. 
CUVRE CHIEF. D'Auton, Hist. de Louis XII, iMS. fol. 27, V». 
CouvRECHEF. Ortli. subsistante; Ord. T. II, p. 344. 
CouvRECHiEF. Honn. de la Cour, MS. p. 34. 
CUEVRECHIEZ. Fabi. MSS. du R. n° 7218, loi. 59, V» col. 1. 
CuEiA'RECHiES. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 456. col. 4. 
CoEUVRECHiER. Chasse et Départie d'amour, p. 225, col. \. 
CUERVERCHER. Du Cange, au mot Mites. 

Cofel. [Intercalez Cofel, mesure pour les grains: 
<■ Ténor costumarum villa^ Marologii [Mareuil]... De 
« chascun cariai, un cofel ; et d'un dimieg cartal, un 
a dimieg cofel. » (JJ. 82, p. loi, an. 1352.)] (n. e.) 

Cofle. [Intercalez Coffe, baquet, comme coffin 



et coffineau, ses dérivés : « Lesquelles femmes et 
« filles traveillans en ladite mare ou lavaicbe pour 
« la nettoier,... survint sus eulx un chappellain 
" qui print la coffe, laquelle estoit toute plaine 
« d'eaue et la getta suslesdittes femmes. » (JJ. 197, 
p. 218, an. 14'72.)] (n. e.) 

Coffin, subst. masc. Panier*. Coffre, cercueil ^. 
Hune'^. Etui". Carquois^. 

* Les dictionnaires interprètent ordinairement ce 
mot par panier d'osier. 

On nommoit quelquefois coiffes les paniers qu'on 
mettoit sur le dos d'un cheval. » Li somiers qui 
« porte coiffe doit 4. deniers, cil qui chevauche ti 
« trousses deux deniers, etc. » (Ane. Coût. d'Orléans, 
« à la suite de Beaunian. p. 474.) 

Il y avoit aussi des coffius de paille, lémoin ce 
passage : » Autres faisoient de petites tresses de 
« paille, de seiale battu et mouillé, pour faire des 
« coffins. » (Berg. de Rem. Belleau, T. I, p. 29.) 

Il y en avoit aussi de cuir bouilli, et ce n'étoit 
pas toujours un panier ; c'étoit une espèce de 
portefeuille, comme dans Froissart : 

Un coffin 

De cuir bouilli, et fin. 
Avec lettres belles, et sages. 

Froissart, Poës. MSS. p. 190, col. 2, et 191, col. 1. 

Coffin porter, et le cabas 
Des supplications. 

Eust. Dnsch. Pocs. MSS. fol. 35i. col. 1. 

^Coffin s'est employé figurément pour désigner 
un cercueil. « Mettre un corps en son coffin. « 
(Guilleville, liv. IV.) 

'= C'étoit comme panier ou coffre que coffin dési- 
gnoit la hune du mât d'un vaisseau. On lit : « Li 
X cofins du mast », dans Jacquemar Cillée, Rom. du 
Renart. (Falconnet.) 

° Souvent cofftn étoit un étui. Cofin, cophin, dans 
le Cambresis, se dit pour étui à aiguilles, à cure- 
dents. (Falconnet.) 

^ Enfin, dans un sens moins figuré que celui de 
coffre, on disoit coffïs, pour carquois, l'étui des flè- 
ches. « Fareitres qui sont coffis h mettre les flèches. » 
(Hist. de la Tois. d'or. Vol. I, f"27.) Je ne sais ce que 
veut dire le nom de mange coffin donné à S. J. B. 
dans l'add. au Poës. mss. de Froissart, p. 438. (Voyez 
ci-après Coffinet.) (4) 

VARIANTES : 
COFFIN. R. Belleau, T. I, p. 29. 
CoFiN, CoPHiN. Oadin, Nicot, Dict. 
Coiffe. .Ane. Coût. d'Orl. à la suite de Beaum. p. 474. 
Coffis, phir. Hist. de la Tois. d'or. Vol. 1, fol. 27, V. 

Coffineau, subst. masc. (5) Petit coffre. (Gloss. de 
l'Hist. de Bretagne.) 



(1) M. Kervyn imprime (t. XIV, p. 20) ; « Estoit la littière belle et riche et couverte d'un délié cocurre-cinef de soye. » (n. e.) 
(1) On lit dans l'édition (p. 99) : « Quiconques veut estre teisserandes de queuvreciners de soie à Paris. » Le couvrechef 

était un voile de tête ; le nom s'étendit bientôt à l'étoffe , dont il était tissé. Ceux de Reims étaient fort renommés : 

(i Touailles de Reims. » (Leroux de Lincy, I, 388.) 

(3) Ed. Henschel, t. IV, p. 399, col. 1. 

(4) C'était aussi \m terme injurieux : « Icellui Hardelet dist au suppliant ces parolles : « Coffin , à pou que tu ne m'as 
tue. » (,1J. 164, p. 356, an. 1410 ) (N. E.) 

(5) Ce mot est employé au sens de baquet, en Saintonge et en Poitou. (Favre, Glossaire, p. 91.) On lit au reg. 161, p. 154, 
an. 1406 : « Icelle femme mist laditte monnoye en un coffineau à mettre chandelle. » Au reg. 183, p. 41, an. 1455, c'est plutôt 
une corbeille :« Le suppliant osta à icellui Grangier les pommes et le co/'/(»?ea« où elles estoient. » Un ms. cité par Du 
CsDge assure ce dernier sens (II, 417, col. 1) : « De caures ouvra et d'osieres, Coffiniax ouvra et panières. » (n. e.) 



co 



— 84 - 



CO 



Ci»l'fiiiet, subst. masc. Petit panier*. Petit 
coffre^. Poilefeuille'^. 

* Voyez, sur le premier sens de petit panier, les 
Dicl. d'Oudin, de Cutgrave, et les EpilhètesdeM. de 
La Porte. 

^ De là, ce mol désignoil un petit coffre, dansées 

vers : 

La dame a pris un cajhict, 
A son chuvel, ou li joel 
Esloienl, etc. 

Eslrul). Fdbl. MSS. du R. n' 7996, p. 8. 

■^ Ce mot est mis pour portefeuille, dans le pas- 
sage suivant : 

.Vavoic, adout, de cuil bouli, 
Un cvfji»el bel, et poli. 
Qui esloit longes, et estrois, 
Ou les balades toutes trois 
Mis etc. 

Froissart, Poès. MSS. p. 189, col. 1 et 2. 

(Voyez ei-dessus Coffi.n.) 

VARL-iNTES : 
COFFINET. Froissart, Poës. MSS. p. 189, col. 1 et 2. 
CoFiNET. Estrub. Fabl. MSS. du R. n" 7996, p. 8. 

Coffre, subst. masc. Cassette du roi, le trésor 
royal*. Terme de vénerie'^. l'orlific;ilion '^. Bière". 
Ce mol subsiste et même on le dit encore dans tous 
ces sens, mais avec quelques dilTé.ences dans la 
construction des phrases. 

* On dit encore les cofifves du roi, pour le trésor 
du roi; mais on ne dit plus, comme autrefois, sim- 
plement les eolf'res. 

Promis avez, sur le mois de février, 
Que vous serez sa besongue ordonnaos, 
Et le ferez sur les coffres payer. 

Eust. Desch. Pois. MSS fol. 208, col. 2. 

^ En lermes de vénerie, ce mot désigne le corps 
d'une bêle fauve dont on fait la curée. •> C'est de la 
« sorte qu'il la faut préparer, pour leur en donner 
» la curée, et pour cela la couper par quartiers, 
« levant les épaules, et les gigots, et laissant le 
« coflre entier. » (Salnov. Vénerie, p. 285.) 

'^ Colfre signifie encoie, en termes de guerre, un 
logement blindé et garni d'embrasures, construit 
dans un fossé sec (l).Bassompierre parle d'un ('0/J>(^ 
qui défendoit le passage du fossé d'une place assié- 
gée. (T. 11 de ses Mém. p. 308.) Mais il paroit 
qu'alors ces cojfres éloient de longues caisses rem- 
plies de poudre et de résinesi'i). (Ibid. T. ill, p. ."jri.) 

° L'acception de coffye, pour bière, vieillit. L'au- 
teur du poëme des Trois Maries s'en sert souvent 
dans ce sens. (Hist. des Trois Maries, en vers, jiss. 
p. 429.) 

Nous citerons, outre cela, l'expression suivante : 
tomber sur les coffres de quelqu'un signifioil lui 
imputer une faute, la lui reprocher. On dit encore 
en ce sens tomber sur le dos de quelqu'un, dans le 
langage vulgaire. « Je dis à Barbant (lue je ne 
« pouvois retourner arrière que je n'eusse mande- 



" ment de monsieur de Barie, et que si la ville se 
" perdoil, tout cela tomberoit sur mes coffres. » 
(Mém. de .Montluc, T. H, p. 73.) 

Voici quelques proverbes : 

1° Kn coffre ouvert, le juste peehe. (Dictionn. de 
Cotgi'ave.) 

2" Carde le coffre semble s'être dit proverbiale- 
ment, par allusion au coule d'une femme qui avoil 
enfermé son maii dans un coflre pour le coiriger 
de sa jalousie. « Aussilost (lue l'on voyoit un mary 
" fascheux qui faisoil semblant de se courroucer, 
« l'on ne faisoit que dire, garde le coffre; qui ser- 
« voit autant que le fouet entre les Suisses. » (Des 
Ace. Escr. dijon. fol. 41.) 

Coffrer, verbe. Kmprisouner. (Oudin, Curios. 
franc. ; Apol. i)Our Hérodote, p. 204 ; Du Gange, au 
mot .4 n'a.) 

Cofiné, partie. Courber. (Dict. d'Oudin.) Du 
verbe cofiner, se voùler. se courber, encore en 
usage en termes de menuisiers et de fleuristes (3). 

Cogeiit. rinlercalez Cogent , nécessaire, aux 
Ord. (VI, 403," an. 1372): <. Icellui fait et mesiier 
" [de draperie] qui est cogent à tout l'universel 
" monde, et plus est chos3 proffilable. "j (.n. e.) 

Cogié, partie. Forcé, obligé. Du latin cogère. 
(Voyex ^'ef des Daaies, fol. 83.) Ou dit, en Anjou, 
coger pour contraindre. 

Cogitacion, subst. fém. Pensée. 

Toute sa cogitacion 
Atorne en sa vision. 

Fabl. MSS. du K. u" lilS, fol. -203. R- coi, -2. 

VARIANTES : 
COGITACION. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 505, col. 3 (4). 
Cogitation. Oudin, Nicot, Dict. 

Cogiter, verbe. Penser. En latin cogilare. 
(Voyez A'icot, Cotgrave, Oudin, Dict.) 

Cognacion, subst. fém.. Parenté. « il esloit le 
« plus proche masle de ceste race et coguation. » 
(L'Amant ressusc. p. 23.) 

Parmi le peuple d'Israël s'en ala, 
Parmi la mer, et leur coqnacion. 

Eust. Desch. Poës. MSS. fol. i-29, col. ;i. 

VARIANTES : 
GOGNATION. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 129, col, 3. 
COGN'ATION. Oudin, Dict. 
CoNissANCE. S. Bern. S. fr. MSS. p. 207. En lat. cogiialio. 

Coguefestu, subst. masc. Cardeur de laine. 
" C'est comme si je disois, avec plus de cui'iosilé 
» que vous, que les cognefestus et cardeurs de 
H laine s'appelloienl jadis, 'a««ri/,/)>''rt/H«f//, main- 
« tenant nousles appelions cardeurs à carduis, etc. » 
(Garasse, Recb. des Rech. p. 239.) » Chausseliers, 
« cordonniers, lunetiers, cognefestus, papetiers. » 
(Deiïense d'Est. Pasquier, p. 543.) 



(1) C'est alors une sorte de caponnière. (n. e.) 

(2) C'est la charpente qui soutient les terres dans une mine. (n. e.) 

(3) On a^ipelle coffiiie une ardoise convexe. (N. E.) 

(4) « Le lUix des cogiuuions. » Le mot se trouve dans les traductions du xii« siècle : « Deus de science est sire , e à lui 
sunt aprestedes coyiiaciuiis (Lib. psalm., p. 235) ; i> mais la forme populaire est cuizunçoii, correspondant à cuider. (n. e.) 



co 



85 — 



CO 



Coignefestu se disoil nulrefois proverbialement. 
« Il seinbloil un coignefestu, el qu'il ne vouloit 
« rien faire ny laisser l'aire les autres. » (Mém. de 
Monlluc, T. 1, p. 72. — Yoy. Curios. fr. d'Oudin.Jil) 

vAniANTF.s : 
COGNEFESTU. Défense pour Est. Pasq. p. 543. 
Coignefestu. Mém. de .Monlluc, T. 1, p. 72. 

Cogiiissable, adj. On disoit faire cognissable, 
pour taire connoitre. « Si iu mis ens et recueilli 
» des sardes, car il s'en lit cong aoi&mble . » 
(Proissart (-2), liv. II, p. 29.) 

Tirez vous un peu sus fenestre. 
Et je vous ferai coynissable. 
De lui, et de ceuls de la table. 

Fruissail, Poos. MSS. p. 11, coi. 2. 

VARIANTES : 
CÛG.\ISS.\BLE. Froissart, Poës. MSS. p. 17, col. 2. 
CONGNOISSABLE. Froissart, Hist. Liv. II, p. 29. 

Cogniteui", SMôsf. îk«.sc;. Qui connoît. On disoit 
en ce sens : « Dieu cognilcur de toutes clioses. •• 
(Tri. de la iNoble Dame, fol. 30.) 

Cogiiition, subst. fém. Connoissance. (I)icl. de 
Borel et de Corneille.) 

Cognoissamment, adv. .-Vvec connoissance 
de cause. (iWoss. sur les Coul. de Beauvtiisis.) 

Cognom, subsl. mase. Surnom. 

\ARIANTES : 
COGNOM. Oudin, Nicot, Dict. 

COGNON. 

Cognomer. [Intercalez Cognomer, surnomn er, 
au reg. JJ. 181, p. 21 i, an. l'(.'')2 : « Lequel com; li- 
" gnon, comme l'en dit, se nommoit ou cognoinoit 
>> Motin Famuer. »] (n. e.) 

C.ogoule, subst. fém. C'est une faute (3). H faut 
Vira cagoule, de cuculla, poiM eucullus. tVoyez Le 
Ducbal, sur liabelais, T. I, p. 2ij5.) On irouve 
cuculla dans le Catholicoa Joun de Jaiuia. 

Collection, subst. fém. Coclion, cuisson. On a 
dit, en parlant des trulfes: 

C'est racine d'orrible vision, 
Que l'en puet bien à fondre contrefaire : 
Noire est dehors, mais de collection 
Eschaufe trop; le goust eu put et flaire. 

Evisl. Liuscli. Pofs. liSS. fol. IC, col. 2. 

Gohercer, verbe. Hetenir, arrêter. Du latin 
coercere. » Nature, pour cohcrcer\a pétulance de la 
« langue, nous a donné les dents, et les gencives, 
" couie pour remparts, etc. » (L'Amant ressu.scité, 
p. IK.) 

Cohercif, adj. Coercitif. nui relient dans le 
devoir. De là, on disoil : discipline cohercive, pour 



correction et punition. (Hist. delaTois. d'Or, Vol. 11, 
fol. 154.) Titre de discipline el de correction. 

Gohercion, subst. fém. Coercilion. En termes 
de palais, c'est le pouvoir de connoilre d'une cause 
el punir. (Closs. de l'Hist. de Paris. — Du Cange, au 
mot l'oliercio (i), et le Dict. de Cotgrave.) 

Vérité ne puet nullement 
Avoir de fait cohercton. 

Eust. Desch. Poës. MSS. fol. Sii, col. 4. 

Nous lisons dans le traité de Bretigny. en 13G0, 
entre les rois de France et d'Angleterre : « Soub- 
a mettront les dits roys, et royaumes, et leurs 
" hoirs, à la colierlion de nostre Saint Père le Pape, 
« alin qu'il puisse contraindre, par sentences, cen- 
« sures d'église, et aultres voyes deues, celuy qui 
« sera rebelle. » (Chron, S. Denis, T. I, fol. 26Ô.) 

VAIilANTES : 
GOHERCION. Eust. Desch. Poés. MSS. fol. 322, col. 4. 
CoHERTiox. Ord. des fi. de Fr. T. III, p. .5.50. 
CoERTioN. Froissart (5>. 
CoEUCTioN. Comines. 

Colierition, sulist. fém. Adhésion. ■< Un heri- 
« lier d'aucun lres[)assé, en suivant la coustume 
« générale du royaume de France, par laquelle le 
« mort saisit le vif, son plus prochain héritier 
■' habile à Iny succéder, est saisi des héritages de 
<■ son prédécesseur, par la eohérition de l'hoirie, 
" et des dits héritaaes. » (Coul. de Peronne, Nouv. 
Coul. Gén. T. II, p.'606.) ' 

Coliert, partie. « .Ne serronl my cohert le suer 
« bi'iefe de formedon, en reverler. » (Tenur. de 
Littleton, fol. 85.) 

Coherté , subst. Héritage. (Dict. de B.;rel. 
!"• add.) 

Cohorte, subst. fém. Troupe. C'est la signifi- 
cation générale. (Faifeu, p. (H.; Ce mot désignoil 
plus particulièrement une troupe de soldais. (Gloss. 
de Marot.) 

Cohuage, s.\-6s/. niasc. Sorte d'impôt. C'est un 
droit qui se lève et se prend sur tes cohues, mar- 
chés. (Voyez Laur. Gloss. du Dr. fr. et Du Cange, au 
mot Cohuagium.) (6) 

Cohue, subst. fém. Auditoire*. Halle, marché^. 

* Au premier sens, ce mot a sigiùlié auditoire, le 
lieu où se tient la juridiction. C'est ainsi qu'il faul 
l'entendre, dans les passages suivans : « Baillifs et 
« vicnutes soient diligeiis d'aller en cohue, dedens 
« prime, le premier jour de leur auditoire, cl aux 
•< aultres jours suhse(iuens, etc. » (Ord. de rEchi([. 
h la suite de l'Ane. Coul. deNorm. fol. 2(j, an. 1383.: 
Dans une autre Ordonn. de l'Echiquier (ibid. fo'. 33), 



(1) « Il ressemble coignefe.'iln, il se tue et ne fait rien. » Voyez aussi Leroux .le Lincy (II, 33.) (x. E.) 

(2) Il parle là de Jacques Lamb, assassin d'Yvain de Galles. Kervyn, IX, 75, imprime conijiiissable. (N. E.) 

(3) On lit cependant cogole aux vers 11367, 25855 de la Chr. des ducs de Normandie, ms. de Tours. (N. E.) 

(4) Il cite d'Achery, Sp'icilése. t. IX, p. 300. (N. E.) 

(5) On lit dans l'édition Kervyn (l. VI, p. 30i) en note : « Et soumettons nous, nos hoirs et successeurs à la juridiction et 
coliertwit de Rome. » L'anglais a la l'oruie cuhcccinu. (n. e ) 

(6) On Ut dans une pièce de 1473 (Du Cange, II, 422, col. 1) : « Item somme de beurre venant de Bretagne doit deux 
deniers d'entrée, maille (le coutume, et un denier de cohuarje ; et si elle n'est toute vendue à icelul jour, et il arrive que le 
marchand la rappoile à huitaine, il ne paiera que le cnhuarjc. » (N. E.) 



co 



— 86 - 



CO 



se trouve un arlic'.e qui coiitieut la même disposi- 
tion, où on lit auditoire, au lieu rie cohue. « Il n'y a 
• pas lanidecliiquaneriesauxt^o/if/cs, eommeonen 
« trouve entre les courtizans, pour destourner un 
.< démentir. « (Lett. de Pasq. T. I, p. Gl'2.) 

^ Ce mot se prenoit aussi pour halle, marché, 
comme dans les citations qui suivent : 

Je n'yrai plus à la cohue (1), 

Ou chascun jour, on brait, et hue. 

Path. Test. [i. 119. 

Voyez Contes d'Eutrapel, p. 180. On écrivoit 
aussi cltoiies. On trouve les choueadeDinan (2) dans 
les Preuv. de l'Hist. de Bretagne, liv. VllI, p. 431. 
Ce qu'on explique à la marge par halles. 

Remarquons cette exiiression : clahaud de cohue 
étoit un terme d'injure. <• Un grate papier, un cau- 
« seur, un babillard, une grenouille du palais, un 
" clabaud de cohue, qui ne mérita jamais le noble 
" titre d'advocat. » (Lett. de Pasq. T. II, p. 790.) On 
sent que cohue est pris ici dans sa première signi- 
lication. Nous ne disons plus cohue que pour dési- 
gner les assemblées tumultuaires et sans ordre. 

VARIANTES : 
COHUE. Cout. de Norra. fol. 33, V» col. 1. 
Choue. Hist. de liret. Preuv. liv. 8, p. 431. 
Coui. Du Gange, Gloss. lat. au mot Cohuugiurn (3;. 

Coi, adj. Doux*. Tranquille, sans bruit, sans 
mouvement^. Triste'^. Secret". 

On emploie encore ce mot, au singulier et au 
masculin seulement, sous l'orthographe de coy, 
comme dans ces expressions : se tenir coij, demeurer 
coij, pour rester tranquille. Autiefois, l'usage en 
étoit plus fréquent et plus étendu. 

* Ce mot est employé, dans le premier sens de 
doux, pour désigner la douceur du caractère ou du 
maintien, dans les passages suivans : 

La grant, et gente, et la simple, et la coie. 

Gace de la Bigne. Poës. MSS. avant 1300, T. Il, p. 324. 

Elle est, et simple, et coic ; 

Mais elle a cuer félon, ki trop m'effroie. 

M" Gautier d'Argles. ibid. T. 111, p. 1145. 

Bonne damp, sage, de maintien coi. 

Adans li Bocus, Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1380. 

On a même dit inslrumens coys, pour instrumens 
doux. 

Rtibebes, leuths, vielles, syphonie, 
Psaltérions, trestous hif!lnii)W7is ruyx. 

Eusl. bescli. Poës. MSS. fol. 28, col. 3. 

^Dans le sens de tranquille, qui ne remue point, 
ce mot s'appliqiioit, non-seulement aux personnes, 
mais même aux choses inanimées : « Et ensi se 
c< tindrent quoi devant leurs lices. » (Villebard. 
p. 69.) » Si vous prie que vous soyez quoyes, et 
. paisibles. ■■ (Percef. Vol. II, fol. 3.) 

On disoit. dans cette signification, attendre l'en- 
nemi de pié coy, c'est-à-dire de pied ferme, sans 
remuer. (Le .louvenc, ms. p. 376.) 

De là, on a appliqué ce mot aux fenêtres dor- 



mantes, qui n'ouvrent point. On les nomme fenê- 
tres coyes, dans la Cout. de Bar. (Cout. Gén. T. Il, 
page lOil.) 

l'unie s'est dit aussi d'une fontaine dont on arrête 
le cours. « Celé fontaine ne cort mie le samedi ; 
« ains est tote coie. « (Contin. de G. de Tyr, Mar- 
tene, T. V, col. r)87.) On lit : « Eaux coyes, et crou- 
« pies », dans l'ouilloux. Fauconnerie, fol. 21. 

•^De celte signification qui est propre, naissent 
les deux autres qui suivent : au figuré coy, s'est pris 
pour triste, rêveur , que la tristesse rend sans 
action. 

Or a le cuer coi, or l'a haut. 

Fal.l. MSS. du R. n» 7615, T. I, fol. 107, V col. 1. 

° De là, ce mot a été employé pour secret, discret. 

Coye se taist de ce qu'on li conseille. 

Fabl. MSS. du R. n- 7B15, T. I, fol. 100, Rv 

Que Dieu pardoint tous mautalents 
Entre lui, et fa douce amie : 
Et quant li Dame est esclémie. 
Dont doit faire si coie noise 
Que nus ni caute, ne n'envoise. 

Poès. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1339. 

On a dit : Chambre coye, fosse coye, pour lieux 
secrets, latrines. « Aucun ne peull faire chambres 
« aisées, nommées fosses coyes, ou latrines, etc. » 
(La Thaum. Cout. de Berry, page 458.) On lit fosses 
couées au Cout. Gén. T. I,"p. 921. 

Passons aux façons de parler suivantes : 

1" Faire coy, ne faire aucun bruit. « Il faisoit 
« aussi coy, en celte place, comme s'il n'y avoil 
« personne, tant ententifs esloienl à regarder celle 
.. besongne. » (Percef. Vol. 111, fol. 66.) 

2° Se tenir coy, en parlant d'argent, signifioil ne 
pas circuler. « Maudit soit l'argent qui se tient 
» ainsi coy. « (Vie de Duguescl. par Mén. p. 456.) 

3° Attendre de pied coy, c'est-à-dire de pied 
ferme, sans remuer. (Pasq. Leltr. p. 456.) 

4" En coy, en silence, sans bruit. « La parole 
« finée, et le conseil déterminé, alla le duc de 
" Bourbon en son costé, le conétable au sien, et 
« comme en î/w coy s'entendissent (i), commença 
>' l'assaut. » (Hist. de Loys III, duc de Bourbon, 
page 37 ) 

5° .4 coy, paisiblement, tranquillemenl. (Lett. de 
Pasq. T. ill, p. ii39.) 

On dit en un proverbe : 

Et si l'accorde drois, 

Cuiseouse est moult nuiseuse, et ce dit li Englois, 
Que poi vaut sans repus, ne avoir enfouis. 
Donc qui set le bien, ne doit mie estre cois. 

Notice des vœux do Paon, fol. 140. 

VARIANTES (5) : 
COI. Du Gange, au mot Coëtus. 
Coy. Orth. subsistante. 
Cois. Fabl. MSS. du R. n» 7218. fol. 354, V*. 
Quoi. Adans li Docus, Poës. MSS. av. 1300, T. VI, p. 1380. 
QuoY. Oudin, Dict. 
CuOY. Modus et Racio, MS. fol. 298, V». 



(1) Les enfants, dans l'Ouest, chantent : « Je suis allé à la cohue, J'ai acheté queue de morue. » (N. E.) 

(2) Voir plus haut ce mot. (n. e.) 

(3) Henschel. II, 4-22, col. 1. (N. E.) 

(4) M. Chazaud édite (p. 32) ; « Et comme à ung cri s'entendissent... » (N. e.) 
(51 Dans Roland (v. 37'J7) quci. (N. E.) 



co 



87 — 



CO 



QoY. Poës. MSS. avant 1300, T. I, p. 2')0. 

CouAY. Percef. Vol. II, fol. 67, V» col. 1. 

CoiE, fém. Poës. MSS. avant 1300, T. IV. p. 1339. 

CoYE, fcin. Juvén. dês Ursins, Hist. de Charles VI, p. 161. 

QuoYE, frtn. Eust. Desch. Poës. MSS. fol, 131, col. 2. 

CoisE, fém. Fabl. MSS. du R. n« 7989, fol. 48, V» col. 2. 

Coi, adverbe. Quoi. (Voyez Duchesne, Hén. de 
Béthune, p. 1G4.J On lit de coi, pour de quoi, dont, 
dans les Poës. .mss. av. 1300, T. IV, p. 13C0. Por coi, 
signilie pourquoi, dans les Ord. T. 1, p. 7G3. 

Co/,dans le passage suivant, n'a rien de commun 
avec coi adjectif ou adverbe. Ce sont deux mots 
réunis ce oi, cela entendu, comme je l'ai entendu. 

Pieres li Pisans coi retraire. 
Cil li apprit l'art de gramaire. 

Ph. Mouskes. XIS. p. 82. 

Coians. Peut-être ce mot est-il participe d'un 
verbe, comme coier qu'on pourroit regarder comme 
une orthographe de coiier, formé de l'adjectif coi 
ci-dessus"? Alors é'/re co?a«s signilieroit rester coi, 
sans mouvement, ou sans rien dire. Voici le pas- 
sage oij nous trouvons ce mot; il s'agit d'un mari 
qui, à son retour de la campagne, trouve chez lui le 
cheval de l'amant de sa femme : 

La dame destroint et angoisse 
Et dist : daine qui est coians 
Il a un palefroi céans. 

Fal>l. MSS. du R. n' 7&15, T. II, fol. 149, V- col. 1. 

Coiclies. [Intercalez Coiches, broussailles au 
Roman du Renart, v. 19788 : 

Firent un grant essart ensanble, 
Brichemer as cornes agues 
En a les coiclics esméues. 
Et Ysengrin as forg eschinem 
En a gité les coiches hors.] (.\. E.) 

Coiement, adverbe. Doucement, sans bruit. 
Quoyemenl, dans S' Bernard, répond à ladv. latin 
clandestine. (Voy. (iloss. du P. Martene, Borel, 
Cotgrave et Oudin, Dict.) ■ Li sergent quierent les 
'< malfaiteurs des forez, le plus coiement que il 
» pevent. •• (Ord. T. I, p. 710. i - Lors Saintré se 
" paît, et après luy, madame tout coyernent ferma 
" la porte. » (P. .). de Saintré, p. 133."^ 

Qui peut, à un trépas, 
Une fois seul a li parler, 
Trestout coiement, ou en bas. 
Ou gésir entre ses deux bras, etc. 

Pois. MSS. avant 1300, T. IV, p. U39. 

V.4R1ANTES : 
COIEMENT. Ord. T. I, p. 710. - Villehard. p. 126. 
COYEMENT. P. J. de Saintré, p. !3:!. 
Coi. MENT. 

CoYMENT. Faifeu, p. 40 et 51. 
QuoYEMENT. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 3.jI. 
CuoiEMENT. Modus et Racio, MS. fol. 84, V». 

Coife, subst. fém. Couverture de tète, bonnet*., 
Armure^. Membrane'^. Coup sur la tète". La tète, 
le visage^ (1). 

Nous disons encore coiffe et coejfe, pour désigner 



quelques-unes des choses qui servent à couvrir la 
tête. 

* Autrefois, ce mot désignoit souvent un bonnet 
de nuit. Dans les Contes de la Reine de Navarre, 
T. Il, p. '286, en parlant d'un homme qu'on soupçon- 
noit d'être prêtre, on dit : « .\insi qu'il sera dans 
« le lit, vous lui arracherez sa coé/J'e, et nous ver- 
« rons s'il a telle couronne que celui qui a dit la 
« messe. " 11 semble pris pour un ornement de 
tête, dans l'inventaire des joyaux et meubles de 
Charles V, à la suite de son Hist. par Choisy, p. 55'i. 

°Plus ordinairement ce mol coeffe, avec ses 
diverses orthographes, est pris pour ai'mure de 
tête, calotte de fer, capuchon de maille qui lenoit 
au haubert(2j. (Du Gange, au mot Coifa sous, Cuphi a.) 

L'un, en allant, so coife lace. 
L'autre met son hyaume en teste. 

G. GuLirl, MS. fol. 357, V. 

- Cerard tira l'espée hors du fourrel, si assena 
« celui sur la coeffe d'acier iing cop si grant, que 
« une oreille, et la moitié du menton luy abbalit 
" sur la poitrine. » (Gérard de Nevers, 2' P. p. 6.) 

Grant cop li done, en l'eaume agu. 
Jusqu'à la coife l'a fendu. 

Floire el ISlancliellnr. MS. de S. G. fol. 197, R- col. I el 2. 

Il tint l'espée tote nue, 
Vait le ferir, moult s'esvertue : 
Amont et heaume qui llamboie 
.Jusqu'à la coive li envoie. 

Ibid. fol. 197. R- col. 2. 

. El fut l'atteinte si grande que la dicte coijfe fut 
« enfoncée jusques a la teste, et si le coup fut des- 
>■ cendu aussi bien qu'il monta , certainement 
" l'escuycr eust eu la teste faussée (enfoncée) m;tis 
« la pointe glissa en amont. » (Mém. d'Ol. de La 
Marche, liv. 1, p. 3!2'2.) « Et luy transporta son coup 
« tellement qui le ferit sur le chappel : le coup 
•< descendit dessoubz sa coiijfe, et luy faict maintes 
« mailles entrer au col, et la teste. » (Lancelot du 
Lac, T. I, fol. 20.) 

Le heaume fendi, et quassa : 
La coiffe du haubert caussa. 

Rom. de Brul, MS. fol. 9", F,' col. 1. 

'^En généralisant l'acception particulière de ce 
mot, pris pour couverture de têle, coiffe a pu signi- 
fier couverture en général ; c'est de là que l'on s'en 
est servi pour désigner une membrane fjui couvre 
les boyaux du cerfrElle étoit distinguée de Ucoelfe 
de ijresse, que l'on nomme en termes d'anatoinie 
membrane graisseuse. " Oste une coi/fe de gressc, 
• quiestappcllée fouUie, et l'oste avec l'autre gresse 
» que tu troiiverasesljouiaux,si les mesle. » (Modus 
et Racio, ms. fol. "-I-l, \°.) 

°0n a dit quelquefois eoifj\', pour coup sur hi 
tête, dans le même sens que le mot vulgaire taloche. 

Test ont un homme esbahy. 
Et donné coiffe, ou bulïel (3). 

Poi-s. MSS. d'Eust. Desch. fol. 210, col. 4. 



(1) Coiffe devait aussi désigner une sorte de peignoir : « Il m'ala maintenant querre voifes blanches, et me pingna moût 
bien. » (joinv., § 408.) L'expression coiffe à picjner se retrouve souvent aux Comptes de l'Argenterie, au XIV siècle, (n. e.) 

(2) Cette coiffe se relevait au moment du combat, et le heaume se laçait par-dessus. On Ut déjà dans Roland (v. 3436) : 
« Trenchet la coife entres que la char. » (N. E.) 

(3) On lit au reg. JJ. lli, p. 93, an. 1378: « Les assistans dirent que ledit Jehan gaignoit bien à avoir deux bulTes ou 
coiffes. » (N. E.) 



co 



— 88 



CO 



(Voyez CoïKFnx et Coiffai. ci-après.1 

^v'o.'/A'-'Ctnble mis pour la tôle inème, le visno-e, 
dans le passng-e suivant : « i,e roy Charles V. ayant 
» été dans la chambre de l'empereur, qui étoil venu 
« luy rendre visite fi Pai'is, osta tout arrière jus 
« (à'basison chaperon, et ditqiiil le venoit veoir, et 
" lui montrer sa coiHe (lique encores n'avoil point 
» veue. » Chi'on. Fr. ms. de Nangis, sons Fan 1377.) 
On a dit coiffe au cul, pour cuio'lle, dans les Fabl. 
jiss. du Roy, n° 7-218, fol C8. R"col. I. 

Co/fj'cs (il' Compigne ('2) est un des pi'overbes à la 
suite des Poës. fi-. mss, av. 1300, T. IV, p. 1G52. 

VAHIANTES : 
COIFE. Floire et Blancti. MS. de S. G. f» 157, R«. 
COEFFE. Froissart, liv. III, p. 3ri3. 
Coiffe. Rom. de Brut, MS. fol. 97, R" col. 1. 
CoiVE. Floire et Blanchefl. Ibid. 
CouEFFE. Perceforest. Ibid. 
CoVFFE. Bertr. du Guescl. par Ménard, p. 237. 
Cl'iffe. Poës. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1366. 

Coiffer, verbe. Ce mot subsiste et s'écrit coiffer. 
On disoit autref lis ; 

1° Coiffé de fil d'or, couvert de fil d'or. « Pardessus 
" icelle bieire. y avoil un grand ciel de veloux 
" noir, enrichi de gros cordons d"or, frangé de soye 
" noire, coiffée de fil d'or. » (Mém. de Du Bellay, 
T. VI, p. KVi.) 

-• Coëff'er quelqu'un, pour le battre sur la tète (3). 
(Dict. de Borel, au mot Horion.) 

3" Coiffer une table, la couvrir, l,i servir. ^ Icy, 
« messieurs, di-je, ce sera s'il vous plaist le plandite 
<■ (pour fin, conclusion): c'est assez pour unelraitte 
» d'avoir fait une si longue course, i.a table est 
« deJa coeff'ée. » iContos de Cholières, fol. CO ) 

4" Coelfer un marij de ses braies, pour le maîtri- 
ser, le subjuguer. « Les hommes sages, et bien 
<■ avisez doivent tenir leurs femmes eîi crainte, et 
« ne souffrir «lu'elles les coeffent de leurs brayes. » 
; Nuits de Strapar. T. II, p. 367.) 

~y Se coueffer devin, pour s'enivrer. (Mém. de 
Montluc, T. I, p. (190.) On dit encore, en Anjou, en 
parlant d'une femme qui s'enivre, i\u'elle se coiffe 
sans épingle. 

VARIANTES : 
COIFFER. Oudin, Dict. 

Cf"""'FH. Nicot, Dict. 

CouEFFER. Mém. de Montluc, T. I, p. 6%. 

Coiffette, subst. fém. Petite coiffe. Diminutif 
de coife ci-dessus. La coiffetle d'acier étoil une 
armure de tète. [Un Gange, au mol Coplia.) » 11 avoil 
" escrit au concierge qu'il luy acheplasl des armeu- 
■■ res, colles de fer, gantelets, coiffettes d'acier, et 



'■ telles choses pour armer quarante bons conipai- 
« gnons. » (Froissart, liv. IV, p. 140.) 

Coiifieres. [lulercalez Coiffieres, fabricant de 
coiffes de toile: « Des estaux de coiffieres, uns 
" cbascuu paiera .ni. deniers. » (Péages de Dijon, 
Du Gange, 422, col. 2.)] (n. e.) 

Coigean, subst. musc Tas, monceau. Du latin 
colligere. ramasser. « Les paysans laboureurs de 
" chacun lieu seront tfnus. et chacun d'eux faire 
" leurs jaibes égales, lier, et mettre en diseaux (4), 
« ou coiseanx aussy égaux , et d'une même sorte, 
<■ partout le champ." » (Goût, de Hainaul, an Nouv. 
Goût. Gén. T. Il, p. ÔO.) 

VARIANTES : 
COIGEA.U. Ccut. de S. Paul.; N. Coul. Gén. T. II, p. 362. 
CoitfEAU. Cout. de Hainaut ; Ibid. p. 50 et 51. 

Coigiiée, subst. fém. Ce mol subsiste sous cette 
orthographe. Nous indiquerons les autres (5). An- 
ciennement la coingnie étoil une arme offensive. 

Les godendarz, et les coii)gnies (6) 
Metent a mort es herbsriages, 
Chevaliers, escuiers, et pages. 

G. Guiart, MS. fol. 251, R*. 

Hemarquons cette ancienne expression : Fait à 
une coignée, comme nous disons fait à coup de serpe. 

Qui regarde bien vo phillosomie 
Et vo geiit corps, fait a une coignée. 
De tout amour, et damer s'entroublie. 
Car plus l.iide ne fut de mère née. 

Po^'S. MSS. d'Eiisl Desch. fol. 32'.1, col. i. 

Nous observerons aussi que Rabelais emploie ce 
mot, en un sens obscène, T. IV, Nouv. Prolog, 
p. 44, et qu'il écrit coingnée. 

VAHIANTE-^ (7) : 
COIGNÉE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 329, col. 4. 
Coingnée. Rabelais, T. IV, prol. p. 44. 
CoNGNÉE. Joinville, p. 76. 
Coingnie. G. Guiart, MS. fol. 219, R°. 

Coigner, verbe. Sceller*. Frapper une mon- 
noie^. Rencoigner '^. Terme obscène". 

Je ne parle point des aulres acceptions de ce mol, 
telles ([ue ballre, heurter, que ce mot a conservées, 
*mais on ne lui donne plus comme autrefois la 
signihcation de sceller. On disoit en ce sens : 
« Et le privilège qui en sera fait doit eslre ceigne 
« des coins du Seigneur. » (Assises de Jérusalem, 
p. 137.) 

'' C'est a peu près dans le même sens qu'on 
disoit coignicr les rnonnoyes (8), pour les frapper, y 
appliquer le coin. (Ord. des R. de Fr. T. I, p. 389, 
an. 1303.) 



(1) Il est question en ce passage de coiffes semblables à des béguins d'enfants, en toile pour les bonnes gens, en linon ou 
en gaze pour les élégants ; des pattes les attachaient sous le menton. Leur plus beau moment tut sous le règne de 
Philippe-le-Bel. (N. E.) 

(2) C'est-à-dire de Corapiégne. (Dit. de IWpostoile, xiir siècle.) D'après Crapelet (Prov. et Dictons populaires, p. 100), 
elles étaient en dentelle noire ; les paysans du 'Vexin normand en font encore de semblables, (n. e.) 

(3) Voir coiffe D. (N. E.) 

(4) Dizoau.x se dit d'un tas de dix gerbes ; iiiiseni' doit être aus«i un nom de nombre. (N. E.) 

(5) La cofivêe se disait aussi la clef le i-ni. Voir plus haut cette expression employée oar Joinville. (n. e.) 

(6) C'est "la forme dans Froissart (XIII, 68-71). (N. E.) 

(7) Le mot est dans Roland (v. SUlî?,) sous la forme cuign.'-es. (n. e.) 

(8) Et desores nous aions commandé à battre, potfyiiî'rr et faii-e hastivement et conlinueletnent les noz dites monnoies 
bonnes et anciennes. » (N. e.^ 



co 



- 89 



CO 



•^On disoil, dans un aulre sens, coignrr, pour 
rencoigner. « Qui fut bien aise'' Ce fut André Doria 
« lequel l'ayant la acculié et coigiié qu'il n'en pou- 
.< voit jamais sortir, sans sa miséricorde, veu qu'il 
u n'y avoit nulle porte derrière, etc. » (Brant. Cap. 
Estrang. T. II, p. 67.) 

° Le mol congner a été employé en sens obscène 
par Eust. Descham|is. Cet auteur s'en est servi 
substantivement, selon le génie de notre langue 
qui emploie quelquefois substantivement les infi- 
nitifs des verbes ; Minsi, cet ancien poêle a dit le 
congner. (Poës. us. fol. 4G0, col. 2.) 

Remarquons cette expression : Se coingner en 
mer, pour se mettre en mer. 

Li marignier en yner se cMngnent, 
Voiles di'Pciees, terre esloingnent. 

G. Guiarl.iMS. fol. 22;!, I\- (1). 

VAlilAMES : 

COIGNER. .\ssises de .lénis. p. 137, ch. -192. 
CoiGNiER. Ord. T. I, p. 389. 

CONGNER. Eust. Desch. Poës. MS. fol. 460, col. 3. 
Coingner. G. Guiart, MS. fol. 223, R'. 

Coifliieus, adj. On a dit maillet coigneus. 
(Epith de M. de La Porte.) 

Coignier, subst. masc. Coignassier. Espèce 
d'arbre. (Dict. de Cotgrave et de Monet.) (2) 

Coilart, adj. Dissimulé, taciturne. Du verbe 
Con.ER ci-après. 

Bien savez fere le coilart. 
Le béguin, et le papelart. 

Fabl. MSS. du R. n' 7218, fol. 200, R- col, 2. 

A un cuer plain de veulie, 

Pour mains de mal q'en un coilart m'a poi. 

Po.'s. MSS. Valicin. n' «90. fol. 179, V-. 



VARIANTES : 
COIL.^RT. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 179, 
CoiLL.\RT. Rom. de Gérard et Guy. 



V°. 



Coller, verbe. Celer, cacher, taire. On peut 
dériver plusieurs orthographes de ce verbe, comme 
coller, etc., du mol coi, secret. Les autres, comme 
citeler, etc., semblent venir du latin celarc. On a 
dit, au figuré : 

Se ge 1' vos di, ne 1' tenés à outrage. 

Se ge r vos coil (3), g'i cuit avoir domage. 

Rob. .Mauvoisin, T. II, p. 72i. 

On lit, au sujet de Hue de Bove, fuyant à la 
bataille de Bovines : 

Et quant il a veut l'enspgne 

S' Denis, as Flamens l'ensegnp, 

Sa grand paour point ne leur coile (4). 

Ph. Mouskes, MS. p. 580. 

« .Je ne le choile que pour sauver leur honneur. » 
(Monslrel. Vol. III, fol. î)9.) 

Ne tout ne coil mon cuer, ne tout ne 1' di. 

Ropor d'AnJelis, Poos. MSS. av laOO. T. III. p. 12H;. 



Dans le sens propre, on disolt se coueiller, pour 
se tenir coi, se cacher, se blottir, se tapir. 

En tiere rouge .se concilie. 
Le mort fit, et la sorde oreille. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 325, R- col. 1. • 

CONJUGAISON : 

Cnloi, subj. prés. Je cèle. (Poës. mss. avant 1300, 
T. II, p. 893.) 

VARIANTES : 
COILER. Rob Mauvoisin, Poës. MSS. av. 1300, T. I, p. 124. 
CoiLLER. Merlin Cocaie. 

Coueiller. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 2a5. R» col. 2. 
Choiler. Monstrelet, Vol. III, fol. 99, V». 
Choiller. Trad. de Boëce, par J. de Meung. 
Cheler. Poës. MSS. du Vat. n» 1490, fol. 93, V». 
Ceiller. .\nc. Coût. d'Orl. à la s. de Beauman. p. 469 (5). 
Seler. 

Coilivei', verbe. Cultiver. « Nuls agines nine 
« acham (on lit plus bas à Gimeigni, à Chaan) mos- 
<< tonage ne fretinage ne vende, s'il ne eoilive (6) 
« nostre terre. » (Auc. Coût, d'Orléans, à la suite 
de Beaumanoir, p. 466.) 

Coillage. [Intercalez Coillage, don fait par le 
nouveau marié à ses compagnons pour passer 
tranquille la première nuit de noces: « Lesquelzse 
" partirent touz ensemble du lieu de la Grève 
« après heure de cuevrefeu, pour venir au lieu de 
« Monslierender en espérance de alcr demander à 
" Jehan Thibaut vigneron son coillage, pour ce 
« que ce jour il avait espousé une fille diidit lieu 
« de la Grève... Lequel Jehan Thibaut ne leur voull 
« donner aucune chose, fors... que son pain et de 
« son vin et des biens de son hostel. » (JJ. 149, 
p. 245, an. 1396.) Au reg. JJ. 108, p. 172, an. 1375, 
on lit : » Comme en la ville de Jallon sur Marne et 
« on pais d'environ , il soit accoustumé et de 
« long temps, que un chascun varlet, mais qu'il 
« ne soit clerc ou nobles, quant il se marie soit 
« tenuz de i)aier aus autres compaignons et variez 
« à marier son becjaune , appelle oudit pais 
« conllage. "] (n. e.) 

Coillut. [Intercalez Co///i(/, animal entier : < A 
•' Marech si a li cueus... de chascun hostel, oîi il 
" aroit nourechon de brebis, un mouton cornul u 
« coillut de ceste meisme noureynu. " (Chambre 
des Comptes de Lille, 1265.)] (n. e.) 

Coin, subsl. masc. Sceau*. Poin(;on de mon- 
noie^. Semence'^. Race°. Extrémité^. Chignon''. 
Coin à fendre du bois °. Ouaitier". Ce mot subsiste 
sous cette orthographe; mais le nombre de ses 
acceptions a considéiablement diminué. 

* Ce mot signifioit autrefois le sceau des sei- 
gneurs. Il est souvent mention, dans les Assis, de 
Jérusalem, de seigneurs ([ui ont ■• cours et coins et 



(1) Vers 4161 (13147) de l'édition, (n. e.) 

(2) 1 Les supptians furent darriere l'esglise de S. Victeur, où il avoit des coignlers, prindrent certaine quantité de coings. » 
(.?J. 16i, p. 57, an. 1409.) En P.erry, on dit encore couignier. (n. e.) 

(3) On lit aussi dans Couci (VU) : « Ne tout ne coil mon cuer, ne sont ne 1' di. » (N. E.) 

Ci) Cette forme se retrouve au v. 3(115 de Flore et Blanchetleur : « Mais que Floires ne 1' coile mie, Que tôt son engien ne 
lui die. » (N. E.) 
(5) On Ut aux Rois (170) : « Respundi li reis : ne me celle pas ço que je te demanderai. » (n. e.) 
(fi) C'est un dérivé de colère, (n. e.) 

IV. 12 



co 



— 90 — 



co 



«• juslice(l) »,c'est-;Vdireledroit d'avoirsceau,oule 
droit de battre iiioiuioie. La première explication, 
qui pareil à La Tliaumassière plus vraisemblable 
([ue la seconde, est justiliée parle passage suivant: 
« Le privilège qui en sera fait, doit être coigné des 
« coi)is dou seignor. » (Voyez Noies el Observ. sur 
les Assis, de Jérus. p. 240.) 

On a dit au llguré, pour exprimer je suis au 
comble de mes maux : 

Là sui où li maus met li cohiy. 

Fabl. MSS. du R. n- 7615, T. II,/ol. 131, V- col. 1. 

° Ou prenoil coing el quinq pour le poinçon 
des monnoies ; nous nous servons encore de ce 
mot en ce sens. Je ne le rapporte qu'à cause de la 
varialion de l'orlliographe : 

Li faus deniers 

Qu'on ne puet ou trabuchet verser, 

Ainz le giete on sanz coing et sanz balance. 

Thicb. de Navarre, Poês. MSS. av. r.iOO, T. I, p. U2. 

Dans cette même pièce, parmi les Chans. mss. du 
C" Tliibaul, p. lii, on lit quinq au lieu de coitig. 

*= On a dit coin pour semence, coin de chenille, 
de poisson, etc. (Cellell. de L. Trippault.) 

° De là, sans doute, on a employé le mol coing 
pour signifier race, lignage : 

Puisque baras règne entre ceulx 
Qui sont d'un coing, et venus d'un, 
Soient clercs, ou chevaleureux. etc. 

Eust. Desch. Poës. MSS. fol. Mi, col. 3. 

^ Coin signifie encore quehiuefois extrémité ; en 
ce sens, on disoit le coin du heauline, dans Lanc. 
du Lac, T. L fol. 111. « Paroissoit ainsi parmi toute 
« labatailleleco/«g'desonheaulme(-2) », c'est-à-dire 
le sommet de son heaume. On a dit, dans ce même 
sens, le coing de taille, pour l'encoignure d'un 
mur. (Grand. Coût, de Fr. p. 255.) 

■^ Mais nous n'osons assurer que ce soit comme 
extrémité du col qu'on ait dit coing, pour cfiignon. 
« Le prit aux cheveux et au coing. » (Lanc. du Lac, 
T. III, fol. 55.) Peut-être coing (3) n'est-il ici qu'une 
corruption ou une contraction du mot chignon. 

° " ,1e ne rappellerai les significations subsistantes 
de coin, à fendre du bois et de coin- [A), quartier, que 
pour marquer que JNicot et Oudin écrivent cnin, 
dans la première de ces deux acceptions, et que 
dans la seconde, on trouve cuing, dans le Rec. des 
Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1359. 

VARIANTES : 
COIN. Orth. subsistante. 
CoiNT. Borel, Dict. 

Coing. Thiéb. de Nav. Poës. MSS. av. 1300, T. 1, p. 142. 
CoiG. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 130, V» col. 1. 
CuiN .Oudin, Nicot, Dict. 
Cuing. Poës. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1359. 

QUING. 

Quinq. Thib. Chans. MS. p. 316 et 317. 



Coincidance. suhst. féni. Agrément, beauté, 
charme. On lit, en parlant du chant royal, propre à 
célébrer les sujets héroïques : 

L'on peut noter que pour faire cronique, 
Ou pour avoir autre forme héroïque, 
Ou d'oraison bonne convénience. 
Geste forme a très grant coincidunce. 

Fabri. Art. de Rhcl. liv. Il, fol. 4U, R'. 

Coine, subst. masc. Nom de ville. Autrefois 
Iconium, aujourd'hui Cogni (5). 

. . . Li soudans de P.abilone, 
Et l'amiraus ki tint li Cune. 

PL. Mouskes, MS. p. "08. 

VARIANTES : 
COINE. Clanch. MSS. de S. G. fol. 185, R» col. 2. 
CoNE. Ph. Mouskes, MS. p. 708. 

Coingnet, subst. masc. Diminutif de coin. On 
a dit: en un certain coingnet {iJ), pour en un certain 
petit coin. (Rabelais, T. IV, p. 211 i Quennigncii est 
une faute pour quingnet, dans le Journal de Paris 
sous Charles VI et YII, p. 4i. 

VARIANTRS : 
COINGNET. Chron. S' Denis, T. I, p. 171. 
QuiGNET. Roger de Collerye, p, 45. 
QuiNGNET. Chasse et Départie d'amours, p. 41, col. 1. 
QuEMUGNEz. Journal de Paris, sous Ch. VI et "VU, p. 4i. 

Coint, adj. Beau, joli*. Galant^. Aleste "=. 
Entreprenant". Content de soi.^. Ajusté "". Voyez 
la plupart des dictionnaires que nous citons oïdi- 
nairement : Gloss. lat. de Du Gange, au mot Coin- 
tises,co\. 747(7); Gloss. de Marot eldel'Hisl. de Bret. 
Dans ce dernier, on dérive le mot coint du breton 
coen, qui signifie beau, mais coen, comme coi]it et 
ses orthographes viennent du latin complus. (Fal- 
connet.) 

* On a dit, au premier sens de beau, joli : 

Si suis coint, et jolis. 

Poes. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1510. 

Cil oiselon coinle, et gai. 

Ibld. page 1481. 

Cointes semblans, pour beaux semblans. CThib. 
de Navarre, Poës. mss. avant 1300, T. I, p. 00.) 

Nous trouvons sa cointe employé substantive- 
ment, dans le sens où nous dirions sa belle, sa 
maîtresse. « Vindrent à César lettres de par la 
" royne Cleopatra sa cointe. « (Tri. des IX Preux, 
p. 381.) 

^ Ce mot est quelquefois pris pour galant, en 
parlant soit des personnes, soit des choses. Perce- 
foiesl. Vol. IV, fol. 56, dit: « Pour se tenir coi«/, 
« joyeulx, el gay. « Et en parlant d'un manteau. 
» d'un samit (étoffe de soie) de fieurs semencées 
" (parfumée) d'oyselets, etc. », il dit « que oncques 
« n'en eut de plus coint. » (Vol. I, fol. 148.) De là. 



(1) « Et il et les autres seignors et roys dou roiaume, qui après lui furent , donnèrent à aucuns haus homes el dit 
roiaume, baronies, seignories, cours et coins et justise. » (Assis, de Jérusalem, I, 24.) (n. e.) 

(2) Au v. 828 de Gérard de Vienne : « Le coiiuj dou hiaume en terre li feri. » (N. E.) 

(3) A.U xvii" siècle, on appela coins, les faux cheveux qu'on ajoutait sur les côtés de la tête. (n. e.") 

(4) « Deux coins de chiesne toz entiers Y avoit mis U forestiers. » (Renart, v. 10288.) On a aussi le diminutif coinr/net 
au V. 22050. (N. e.) 

(5) Ou plutôt Konieh. fN. E.) 

(6) On lit dans Renart "(22056) : « Ne coingnet nul à reverchier, Que li gorpiz ni fust cachiez. » (n. e.) 

(7) Voyez aussi consutitii. (N. E.) 



co 



91 



co 



cette expression coint de parler, pour galant dans 
le propos, élégant. 

Langue tant soit de parler cointe, 
Ne vous diroit raie denrée, 
De la biauté que celés ont. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol 58, R' col. 2. 

•^Ce mot est mis pour alerte dans ce passage : « Il 
« n'y a si coincl qui ne doive eslre plus d'une fois 
« démonté. » (Percef. Vol. II, fol. 126.) » Au plus 
" coinct alloit le cueur faillant de chault, et de 
« travail. » (Ibid.) 

° Cointe signifie entreprenant, dans la plainte 
que fait une dame d'un jeune écuyer qui lui avoit 
fait des propositions d'amour : 

Il est trop cointe devenuz. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. C2, R" col. 2. 

^ Il signifie content de soi, dans l'Hist. de S" Léo- 
cade (ms. de S. G. fol. (j'i). En parlant des gens 
d'église sortis de la lie du peuple, on les peint : 

Si fiers, si roides, et si comtes. 

C'est-ù-dire si contens d'eux-mêmes. Ainsi toutes 
les significations différenles de ce mot ont entre 
elles de l'analogie et rappellent des idées toujours 
relatives à la galanterie. 

"^ On ne peut cependant y rapporter l'acception 
suivante qu'en supposant qu'elle soit figurée. On 
dit d'une épée qui a quatre taillans, qu'elle est plus 
cointe qu'une autre qui n'en a que trois. (Eust. 
Desch. Poës. mss. fol. 5i9.i C'est le mot ajusté, tra- 
duction du latin complu», i\\\\ se dit proprement de 
la parure, et qui est appliqué au soin avec lequel 
cette épée avoit été travaillée. 

Des acceptions que nous avons exposées, il est 
aisé de tirer le sens de cette expression : se faire 
cointe, faire parade, tirer vanité. 

Ne cointe ne se doit nul faire 
De ce dont ne sait à chief traire. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 3, V- col. 2. 

Faire le cointe, dans le sens de galant, c'est être 
réservé, honnête dans ses procédés. De là, ne pas 
faire le cointe a signifié brusquer, en parlant d'un 
homme à qui le plaisir f.iit tout entreprendre : 

. . . Trubert ne fet pas le cointe. 

Esliub. MSS. du R. n- 7i19fi, p, S5. 

VARIANTES : 

COINT. Percef. Vol. I. fol. 148, A'» col. 1. 

CoiNCT. Percef. Vol. II, fol. 120, V" col. 2. 

Cointe. Colin Muset, Poës. MSS. avant 1300, T. II, p. 709. 

COANT. Du Gange, Gloss. lat. au mot Cointises. 

Choint. 

Cointelet, adj. Diminutif de coint, signifie joli, 
galant, petit maître. 

La damoiselle au chiet blondet, 
Me tient tout gay, et cointelet i 
En tel joie le cuer met, 
Qu'il ne me sovient de mon det. 

Colin Musel, Pojs. MSS. avant 1300, T. I, p. 202. 



On a dit, en parlant des ménestriers : 

Qui bien sordit, et qui bient ment, 
C'il est sires des chevaliers ; 
Plus donent ils as menteors. 
As cointerax, as mal parliers 
Qu'ils ne font as bons trouveors. 

Fabl. MS. do S. G. fol. 70, R- col. 3. 

On a dit en proverbe: Li cointerelde Traies (1). 
(Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1651.) 

VARIANTES : 

COINTELET. Poës. MSS. avant 1300, T. I, p. 202. 
CoiNTEREL. Poës. MSS. Vatican, n» 1490, fol. ill, R». 
CoiNTERAX, plur. Fabl. MSS. de S. G. fol. 70, R» col. 3. 

Coiutemant, adv. Proprement, galamment. 
(Cotgrave et Oudin, Dict.) 

Moût mi sot bien espanre, et alumer. 
Au beau semblant, au cointemnnt rire. 

Chans. MSS. du comte Thib. p. IW et 150. 

Amors se veut détenir, par chascun bien cointement ; 
lîiau chaucier, et biau vestir, et aller mignotement. 

Monios de Paris, Poês. MSS. av. 1300, T. II. p. 6*5. 

VARIANTES : 

COINTEMANT. Chans. MSS. du C'« Thibaut, p. 149. 
Cointement. Poës. MSS. avant 1300, T. II, p. 645. 

Cointer, verbe. Parer, ajuster *. Briller ^. 
S'égayer"^. Faire parade, s'applaudir °. Voy Borel 
et Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis. On trouve 
l'orthographe cointrier (2) dans une citation du 
Roman du dit du Chevalier, ms. cité par Du Gange, 
au mot Baccalarii. C'est peut-être une faute pour 
contoier. (Voyez ibid. au mot Cointises.) (3) 

* La signification propre de ce mot est parer, 
ajuster. « Fist cointir, et parer ces folles filles. » 
(Le Chev" de La Tour, Instr. à ses filles, fol. 31.) 

Moult par set bien son cors cointir, 
Et moult li siet bien ses mantiaus. 

Pofs. MSS. du Vatican, n" 1490, fol. 30, V. 

Dans une Ordonnance de 1270, qui a pour titre : 
« De gentilshons qui perd ses meubles par son 
« meffet », nous lisons : « Se il est bons qui porte 
« armes, si li remaindra (restera) sommier que il 
« mené par la terre, et son lit, et sa robe à coin- 
" toier, et un fermait (boucle ou agrafe) et un 
« anel, etc. » (Ord. des R. de Fr. T I, p. 148 (-1).) 

On employoit même le mot fo/H//r lorsqu'il étoit 
question des ornemens royaux, dans les grandes 
cérémonies; pour dire que Ilarold fut couronné 
roi d'Angleterre, on a dit : 

Herars qui fut mananz, et fors, 
Dez que li rois Ewart fu mors, 
Se fist oindre et cointer. 

Rora. deRou, MS. p. 282. 

On lit, au sujet de B.Duguesclin, qu'il entra dans 
Paris » vestu d'un gros bureau, à guise de louvier 
« (louvetier), car onques ne lui priust voulenté de 



(i) Voyez Leroux de Lincy, I, 401. (n. e.) 

(,2) Ed. Henschel, t. II, 525, col. 2 : « Li dit : Dame, fêtes me sage. Pourquoi c'est que li escuier.? Ne s'ossent pas cointrier 
De droit que li chevaliers font, f (N. E.) 

(3) Il cite Guigneville (II, 423, col. 1) ; « Au lignolet le veus cauchier, Et neuve robe U ballier, Li cointoier de joieUes , De 
tableles, de coutelles. » (N. E.) 

(4) Voir Du Cange, II, 422, col. 3. (N. E.) 



co 



— 02 



co 



« soy cointoyer {\). » (Hist. de B. Duguescliii, \y.\r 
Menai d, p. 45G.) 

Mais faiis est qui se contoie 
De biau joiel emprunté. 

Poès. iMSS. du Vatican, n- 1490, fol. 8T. V-. 

^Daiis un sens figuré, on a prèle à cointer l'ac- 
ceplion de s'égayer, se réjouir, et on l'a même 
appliqué avec celte signilication ix la voix du ros- 
signol : 

Plus sui dolens, plus oi cointnier 

La douce vois dous rossignol sauvage. 

.lacq. Hédiii, Poès. MSS. avaiil d3UO, T. II, p. 713. 

Ces vers sont répétés dans une pièce attribuée à 
(iiles de Vies Maisons. (T. 111, ibid. p. 1070.) 

La douce voiz dou rossignol sauvage 
Q'oï nuit, et jor, ronloicr (2), et tentir. 

LiCha3lclainsdeCouci,Pocs. MSS. avant 1300, T. I, p. 281. 

'^ Coiitoyer est pris, dans ce passage, pour s'é- 
gayer : 

Or va sa femme oîi elle veult, 
Or se contoye, et or se deult. 

Eust. Dcsch. l'oés. MSS. fol. 513, col. 4. 

° Ce mot est mis pour s'applaudir, faire parade, 
dans cet autre passage : 

Li musart se coinlie (3), 
Sovent, de sa sotie, 

Poès. MSS av. 1300, T. IV, p. 1305. 

On écrivoil aussi comployer, mais beaucoup plus 
rarement. On y retrouve l'étymologie de coint, que 
nous avons dérivée du lalin complus. On ne peut 
douter que comptoyer ne signifie 1;( même chose 
que contoyer, cointoyer, etc.'.)e trouve cette ortho- 
graphe dans le passage suivant d'Alain Chartier, 
p. 626. 11 est question des amans dont les maîtresses 
partagent les peines et les plaisirs, quand elles les 
voyent : 

' se comptoyer. 

Par infortune, ou guerroyer, etc. 

C'est-à-dire quand elles les voyenl se parer, 
s'égayer, ou qu'elles les voyent par infortune dans 
l'infortune, ou qu'elles les voyent dans les hasards, 
à la guerre, etc. 

VARIANTES : 
COINTER. Roman de Rou, MS. p. 282. 
CoiNTiER. Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1305. 
CoiNTRiER. Du Cange, Gloss. lai. au mot Baccaiarii. 
CoiNTiR. Poës. MSS. avant 1300, T. I, p. 73. 
CoiNTOiER. Poës. MSS. avant 1300, T. III, p. 1070. 
Cointoyer. Vie de B. Duguescl. par Ménard, p. 456. 
CoNTOiER. Poës. MSS. avant 1300, T. II, p. 646. 
Contoyer. Percef. Vol. V, fol. 88, R» col. 2. 
C0.MT0IER. Poës. MSS. avant 1300, T. II, p. 642. 
Comptoyer. Alain Chartier, p. 626. 

Cointeste, adj. au fém. Rusée, subtile, ingé- 
nieuse. 

Moult ert la vieillotte cointeste; 
Norri avoit une licette : 



Trois jors la Tist si geuener 
Que rien ne li lessa gouster. 

Fabl. MSS. de s. G. fol. 6, R- col. 3. 

Cointise, siibat. fém. Contenance*. Parure, 
ornement^. Ajuslemeiil, apprêt '^. 

* Ce mot est employé pour contenance, dans les 
deux passages qui suivent : 

Vers la touse (prov. to:d) m'avance, 
Por voir sa cointance; 
Je la vi belle, et blanche, 
De simple contenance. 

Pois. MSS. av. (300, T. IV, p. U33. 
. . . Elle, qui m'estoit raoïilt près, 
Me dist, afuble ton mantel : 
Et si le me met, en cUantel, 
Par manière de cointerie. 

Froissart. Pots. MSS. p. 355, col. 1 . 

^ Ce mot est mis pour parure, ornement, dans 
les citations suivantes : Lors de la captivité du roi 
Jean, les Etats du Languedoc, assemblés en 135G, 
ordonnèrent que « d'un an, homme, ny femme ne 
« porteroit or, argent, ne perles, ne vert (vair, 
« espèce de fourrure), ne gris, robes, ne chaperons 
» découpez, ne autres coiniises quelconques. » 
(Chron. S'Denis,T.ll,fol. 233.) « Nulle saige femme 
" ne doit pas estre hastive de prandre les'esiats, et 
« habits nouveaulx, ne les premières coiniises. » 
(Le Chev" de La Tour, Inslr. à ses filles, fol. 2.j.) On 
lit cointerie. dans le même sons. (Ibid. fol. 13.) 

On appliquuit cette acception générique aux 
ornemens d'archileclure. 

. . . fait en l'eure devenue 
Le feu mettre en chascune rue, 
Sanz esgarder moustier n'y glise, 
liiauté de maison, ne cohilise. 

G. Guiart, MS. fol. 40, If (4). 

Quelquefois on l'appliquoit aux ornemens des 
armoiries : 

Cil escuier ot, le jour, mise 
Sus ses armes, une rinnlise 
De gueules sans euvres tremées 
Fors moleltes d'argent semées. 

G. Guiart, MS. fol. 200, V", an. 1304. 

Garniz d'armes, et de cointises. 

G. Guiarl, MS. fol. 266, V*. 

'^Cointise s'est pris aussi pour ajustement, 
apprêt; mais dans un sens figuré, en ce passage, 
où il est appliqué au discours : 

. . . Bien se doit contregarder, 
Se parler doit devant justice. 
Qu'an sa parole ait tel cointise (5), 
Parmi tote sa mesproison, 
Que soit semblance de raison. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 17, V ccl. 3. 

V.\RIANTES : 
COINTISE. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 255. 

COINTIE. 

CoiNTEBiE. Froissant, Poës. MSS. p. 355, col. 1. 
Cointance. Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1433. 



(1) Froissart emploie cette forme (XI, 367) : « Tous s'efforçoient à jolyer et cointoier leurs nefs. » On lit encore au sens 
de la citation (XV, 225) ; « Tous s'efîorchoient de eulx jolier et cointier. » (n. e.) 

(2) Dans Laborde, p. 294, on lit coinloiec. (n. e.) 

(3; On lit aux Miracles de Notre-Dame (Du Cange, II, 423, col. 1): « Tex chante bas et rudement Que Dex escoute 
doucement, Plus que celui qui se cointoic, Qui haut organe et haut pointoie. » (n. e.) 

(4) Voyez les nombreuses citations extraites par Du Cange, de Guillaume Guiart (II, 422, 423). (n. e.) 

(5) Cointise, au Livre des Moralitez, est une vertu : « Honesté est départie en .iv. choses , en cointise , en forche , en 
droiture, en atempranche. Cointise est une vertu qui fait connoistre les bonnes choses des mauvaises, et enseigne à 
depairtir les unes des autres. » (Du Cange, II, 422, col. 3.) 



co 



93 - 



CO 



Cointricice, partie, au fém. Ornée. Peul-étre 
faul-il lire contrlciéc, en ce passage : 

L'escu au miroir de houle, 
A une bande de faiiitie. 
Coiiilricire d'ennernistie, 
A un lambel de fausseté. 

Fabl. Mf-S. du K. n- 71U5. T. II, fol. Kl. R' col. ). 

Cointure, siihsl. fém. Je crois que ce mol 
sit;iiifie ceinture. 
Voici le passage où nous le trouvons employé : 

Drois te condamne, par droiture, 
Et je te conlerme la sentence ; 
Mes sachiez que ce n'est coititure 
De terriene penitanoe ; 
Mes la mort vient diverse, et dure. 
Là où Diex vendra sans doutanoe. 

fabl. MSS. du R. n» TJIS. fol. 139, U' cul. 2. 

Coïons, siibsl. iiiasc. plur. Nom factice. " Le 
« maréchal d'Ancre avoil une garde de cent geu- 
« lilshomraes ù mille francs de gages, chascun, d"où 
« le duc d'Epernoii les appella coïoiis de mille 
" livres. » (Longueruana, T. 1, p. 34.) 

Coipeaux, sithst. vinsc. plur. Coupeaux. 'Dict. 
d'Oudin et de Colgrave.) On dit encore, en Nor- 
mandie, coipeaux (1), pour coupeau.\. 

Dieu d'amours ! je vous remercy : 
De quoi ? des corpiaux de vos trouée. 

Eust. Desch. Po.s. 5ISS. fol. 270, col. 4. 

(Voyez ci-après CourEAU.) 

VARIANTES : 
COIPEAUX. Oudin, Cotgrave, Dict. 
Corpiaux. 

Coïraux, .vibst. mase.plur. Boeufs en; .1; -ses. 
(Borel, Corneille, Cotgrave, Dict.) 

VARIANTES : 
COIRAUX. Rabelais, T. I, p. 18. 

COIREAOX. 

Coirs, subst. masc. Course, voyage. 

Amis veraiz ne se puet resortir, 
Car ne font pas bonne amor amenrir 
Ne coirs loignlains, ne de longue durée. 

Simon d'Autié, Pocs. MSS. a^anl 1300, T. Il, p. 686. 

Cois. [Intercalez Cois , dans l'expression aler à 
cois, avoir la faculté de choisir : 

Cevels ot si beaus et si Mois 
Com il en Tust aies à cois. 

Partouopex, v. 553. 

Voyez encore les vers 4829, G5-22.] (n. e.) 

Coiser, verbe. Se tenir coi*. S'adoucir, s'apai- 
ser^. Se taire '^. Ce mot, dans S. Bern. (Serm. fr. 
MSS.), répond au latin silere et tacere. On y lit 
encore, p. 375 : « Ne se volost quoisicr, » dans le 
latin non dabat silentium. 

*Le premier sens, se tenir coi, est le sens propre. 

Molt ma semont amors ke j'en m'envoise, 
Quant je plus doi de chanter estre cois ; 
Mais j'ai plus praut talent ke je me cnise, 
Por çou j'ai mis mon chanter en defois. 

M" Quenes, Po. s. MSS. avant 1300, T. lll, p. Vi80. 



^ De là, se coisier s'est pris ligurément pour 
s'adoucir, s'apaiser. On lit, en parlant des devoirs 
d'un confesseur : 

Por si'ignor ne se doit, ne por ami coisier; 
Dire lor doit ; ce faites, ce devés vous laissier : 
Puis kirs doit penitance, si com drois est, encaruer. 

Vies des SS. MS. de Sorb. chif. xxvii, col. 22. 

'^Coiser, dans le sens de se taire, se trouve dans 
S. Bernard cité ci-dessus. 

CUN.IUGAISON : 

Se coiset, pour se tait. Ind. prés. (S. Bern. Serm. 
fr. MSS. p. 144 et 249. Dans le latin siLet.) 

Coisiet (fas), pour tu t'es tu. Passé indéfini. 
(S. Bern. Serm. fr. .mss. p. 203. Dans le latin tacuisti.) 

Coijsievet . pour se taisoit. Imparf. de l'ind. 
(S. Bern. Serm. fr. mss. p. 203.) 

VARIANTES : 
COISER. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 44. 
Cdisikr. S. IJern. Serm. fr MSS. p. 203, etc. 
CovsER. S. Item. Serra, fr. MSS. p. 6, et passim. 
CoYsiER. S. Bern. Serm. fr. MSS p. 20.^. 
Coiser (Se). Poës. .MSS. avant 1300, T. 111, p. 980. 

Coisier. [Intercalez Cvisier, coinsier, presser, 
pousser: « Li suppliant. . en getlani ledit b.iston en 
" frappa de cas daventur,.' ledit Guillaume, qui 
» dislau suppliant: Casin, tu m'as t'o/sù'f. » (JJ.145, 
p. 521, an. 1393.) Au reg. 125, p. 23G. an. 1384, on 
lit encore: ■< Le suppliant mis sa main sur l'espaule 
« de la meschine dudit hostel, latiuelle lui dist : 
« Vous me colssie:.,, osiez vostre main. >■ Le mot 
est aussi au Homan de Robert le Diable (Du Gange, 
II, 423, col. 3) : 

Che fait, li plaie qui l'angoisse 
Qui l'apétice et qui le caisse. 

U. Guiart, à l'an. 1209, écrit encore : 

Menestreus leurs tons debroissent, 

Trompes bondonnent, labours coissent.] (N. E.) 

Coisonner. rintercalez Coisonner, reprocher 
dans Villehardouîn (éd. de M. de Wailly, § 285) : 
" Joffrois li mareschaus, qui mult ère bien de lui, 
" li coisona mult durement ; comment ne eu quel 
■' guise, il avoil prise la terre l'empereor. «] (n. e.) 

Coispel, subst. mase. Gobelet*. Partie (pour le 
bout de l'épée qui a la forme d'un petit godet) d'une 
épée°. Ajustement de femme '^. 

*Ce mot signifie gobelet, comme diminutif de 
coupe, du mot latin cupa ; les Bretons disent coji. 
(Palconnet.) 

Toupioit o le coispel. 

Poês. MSS. du Val. n- 1490, fol. 111, R-. 

^ La partie de la poignée de l'épée qui est faite 
en forme de petite coupe (la coquille ou la garde) a 
aussi été nommée coispel. « Pour faire et forger 
« le coispel d'une espée, rebrunir la croix, le 
« pomeau, etc. •, dans une citation du Gloss. laliii 
de Du Cange, au mot Ringu, sous Hincn (2). 



(1) Au singulier on avait copc! .■ « Le suppliant prinst une atele ou coipel à terre devant lui et le geta vers sa dite 



femme. « (J.I. 97, p. 161, an. 13(J6.) (n. e.) 

(2) Ed. Henschel, V, 77:3, col. 2. Dans la Ghron. des ducs de Normandie, v. 7736 : 
tôt à neel. » (n. e.) 



'( De la gaine ert li cnijipel Et li membre 



co 



94 



CO 



"^ Ce mot, nu pluriel, semble mis po'ir un ajuste- 
ment de femme, dans ce passage : 

I,a çainture, dont ele est cainte, 
Est d'une fausse note painte : 
Ferrptée de faus seaus ; 
Et la boucle est, et li coispinus, 
De propres mençonges polies. 

Fabl. MSS. (lu R. n- T2i8, fol. 224, V- col. 2. 

Nous observerons que les paysans disent, en 
Normandie, coipel, pour coupeau, éclat de bois, au 
pluriel coipias. 

VARIANTES : 

COISPEL. Poës. MSS. Vat. n» liai, fol. 111, R». 
CoiSPiAUS, i>iur. Fabl. MSS. du U. n» 7'ilS, fol. 224. 

Coisse, Sî/T^sL Droit seigneurial. En Provence (I\ 
c'est le droit de mesurage. (Du Gange, Gloss. au 
mot Cossa 1 .) 

Coisse, subst. Cuisse. Ce mot répond au latin 
fémur. 

Coissonner, verbe. Réprimanderai). On lit, en 
ce sens: « Li coissonnai muU durement », dans Vil- 
leliard. p. 117. Au lieu de eoissonna, on lit ailleurs 
roisonna, pour reprit, suivant le commentaire de 
Du Cahge. 

VARIANTES : 

COISSE. s. Bern. Serm. fr. MSS. p 54 et passim. 
CoiXE. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 111. 

Coissonnois, subst. mase. plur. Saxons. (Voy. 
Cliron. S' Denis, T. I, fol. 108.) On a dit autrefois 
Soissongne, pour la Saxe. (Falconnet.) 

VARIANTES : 
COISSONNOIS, SoissoNGNOis, Sesnes. 

Coistre, Sî(/)S/. 7)iasc. Champ. Peut-être le même 
que coulure, champ cultivé. Coistre signille champ 
de bataille de Roncevaux. 

Si ot de mors si grand plenté, 
Des paiens qui furent en coistre 
C'en n'i pot crestiien connoistre. 

Ph. Mouskes, MS. p. 224. 

Coit, adj. ou partie. Tranquille. Ce mot, dans 
S. Bern. Serm. fr. mss. p. 120, répond au latin 
quieUts. 

Coite, suhst. fém. Lit de plume, matelas, lit, 
couverture. Ce mot vient évidemment du latin 
culcitra. (Voyez, sur ses signidcations, tous les 
dictionnaires que nous citons .ordinairement, les 
glossaires, et surtout le Closs. lat. de Du Gange aux 
mots Coilta, Cottum, Coûta. Culcit.a.\On peut aussi 
recourir aux endroits indiqués sur les diverses 
orthographes. Nous remarquerons seulement que 
l'orthographe cou, dont la terminaison paroît mas- 
culine, se trouve employée au féminin dans le pas- 
sage suivant : 



si li a dit 

Que li reface tout son lit, 
Oste la cou, etc. 

Fabl. MSS. du R. n- 79S0, fol. 5P, V col. 2. 

(Voyez ci-après Coulte.) 

VARIANTES (3) : 
COITE (4). 

GoiTTE. Oudin, Nicot, Dict. 
CoESTE. Froissarl. livre I, p. 3:?0. 
Couette. Xicot, Dict. au mot Coutil. 
CoYLTE. La Salade, fol. 36, V" col. 1. 
CoiTRE. Oudin, Dict. 

CosTE. Fabl. MSS. deS. G. f' 81, R« col. i. 
CouLTE. Chron. S. Denis, T. II, fol. 137, V". 
CousTE Gace de la Bigne, des Déd. MS. fol. 146, V*. 
CouLTRE. Oudin, Dict. 
CoUTRE. Du Verdier, Div. Leçons, p. 283. 
Coûte. Du Cange sur .toinville, p. 255 (5). 
Goutte. Chron. S. Denis, T. I, fol. 257. 
Couyte. L'Amant rendu Cordelier, p. 544. 
KIOUTE. Ph. Mouskes, MS. p. 571. et SS. 
Cou. Fabl. MSS. du R. n» 7989, fol. 59, V» col. 2. 
CoiTl, suhst )nasc. Nicot, Dict. 
CoiTiL, CoiTis, CouTis, subst. masc. Oudin, Dict. 
Coutil, subst. masc. Oudin, Nicot, Dict. 
COUSTIL, subsl. masc. 

Coite, subst. fém. Hâte*. Fuite ^. 

Les quatre orthographes de ce mot font partie de 
celles que nous avons rapportées à l'article précé- 
dent. Nous les répétons ici séparément pour mar- 
quer leurs significations particulières. 

* Ce mot est pris ordinairement pour hâte, 
empressement : 

Les lettres lisi en grant qtioite ; 
Car à scavoir forment convoite, 
De ma dame, l'intention. 

Froissarl, Poos. MSS. p. 90fi. col. 2. 

On disoit aussi à coite, pour à la hâte ; à grant 
coite est employé en ce sens, dans une citation 
rapportée par Du Cange, au mot Pastorelli. « S'en 
» alla à Nyort à grant eoijte. « (Ilist. de Loys duc 
de Bourbon, p. iOii (6).) 

A coifte rf't'/^erojfssignifioit en hâtant de l'éperon. 

Hernol lait corre aval, à coite d'csperoris. 

Paiton deBl.MS.deS.G.fol. 171,R'col.l. 

« Le suivoit à coitte cref^peronsl » (Chron. fr. ms. 
de Nangis, an 1346.) >• Il broicha à coite d'esperons. « 
(Hist. de B. Duguescl. par Mén. p. 202.) 

° Quelquefois quoite s'est dit pour fuite, déroute, 
où l'on a hâte de se sauver. C'est en cesensqu'uulit : 

.\ cele quùite, sans esploit, 
Fu mors Gariiiers li alemans. 

l'h. Mouskes, MS. p. 80t. 

Peut-être faut-il aussi expliquer coite, dans le 
sens de fuite, en ce passage : 

A Dieu commant le monnoier. 
Celui qui Diex puist envoler 
Pooir de porsuir la coite; 
Quar, s'il ne pert pas desvoyer. 
Bien se commence à desploier. 

Fabl. MSS. du R. n- 721S. fol. r.2, V col. 1. 



(1) D'après l'Hist. du Monastère de S" Barbe de Lyon, eh. XL, n» 4. (n. e.) 

(2) 'Voir coisonner. (N. E.) 

(3) On trouve ceule dans Froissarl pC, 35) : « Une povre ceute de viele toille enfumée. » (n. e.) 

(4) « Et quant par nuit dormir voloient. En leu de coites aportoient, En lor casiaus monceaus de gerbes. » (La Rose, 
T. 8438.) (N. E.) 

(j) On lit aussi dans la Charrette (1198) :« N'estoit pas de fuerre esmié La couche ne de couli's aspres. n C'est aussi la 
forme employée par Froissarl ; « Li contes de Flandre se boute entre la coufe et l'estrain de ce povre literon. » (X, 37.)(n. e.) 
(fi) M. Chazaud imprime coite (p. 88). (N. e.) 



co 



— 95 



CO 



Sol- 



VARIANTES : 
COITE. Poës. MSS. Vatican, sv 1490, loi. 159, R». 
CoYTE. Hist. de Loys, duc de Bourbon, p. 106. 
CoiTTE. Chron. fr. MS. de Nangis, an 1346. 
QuoiTE. Froissarl, Poës. MSS. p. 206, col. 2. 

Coiter, verbe. Courir*. Hâter, presser °. 
liciter'^ (1). 

* Au premier sens, ce verbe ii une signification 
neutre. 

Si ne finerent d'esploitier, 
Parmi les Pors, et de quoitier, 
Jusqiies là u h Estours fu. 

Ph. Mouskes, MS. p. 218. 

^ Sa signification est active dans le sens de hâter, 
presser : 

Le ceval esperonne, et coite (2). 

Ph. Mouskes, MS. p. 1(1 i. 

On disoit se coiter, pour se liàler, s'empresser. 

Qui plus a, plus d'avoir se mile (3). 

Hist. de France, à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 75. 

*= De là, coiter s'est pris figurément pour solliciter. 

Prie ton fils, et coite, m'ame ne soit perdue. 

Fabl. MSS. du R. n" 7i!18, fol. ilG, V- col. 2. 

VARIANTES : 
COITER. Ph. Mouskes, MS. p. 194. 
CoiTiER. Fabl. MS. de S. G. fol. 51, V" col. 3. 
QoiTiER. Ph. Mouskes, MS. p. 391. 
Quoitier. Poës. MSS. Vatican, n» 1522, fol. 164, V° col. 2. 

Coiteus, flf//. Impatient. Vient de coiter (4) ci- 
dessus. 

Piétons meuvent, cil d'armes montent, 
Coiteus (5) que leur vueil acomplissent. 

G. Guiart, MS. fol. lOi;. r,-. 

Coitié, partie. Hâté, empressé. 

Merciers, tu es moult tôt coitié, 
Dist li sires, de gages prendre. 

FabL MSS. du R. n- lljlô, fol. 152, T. II, R' col. 2. 

Coitiver. [Intercalez Coiliver, cultiver, au 
Gloss. 7G8'i du fonds latin. Dans Benoit de S" More 
(Chr., V. 7ÔU9). on lit: 

Sunt lur ententes totes mises 
A la terre de lung gaslie, 
Povre déserte et enermie, 
Cum coiltivée funt à dreit. 

De là coitiveur, pour cultivateur, au même glos- 
saire, et coitiveitre pour culture (Du Gange, II, 694, 
col. 1, an. 1270).] (n. e.) 

Coitrart. [Intercalez Coitrart, au sens de 
coestron : 



Pour Dieu veuilles nous dire si nous sommes batart 
Car Aymes de Dordonne nous a clamé cniirurl. 

Bufaiis Haymou, v. 538.] (N. E.) 

Coitte pointe, subst. fcm. Courte-pointe. Cou- 
verture piquée. (Voyez Gloss. de l'Hist. de Paris, 
Cotgrave et Ondin, Dict.) ■> Lancelot appareille au 
'■ chevalier sa licliere, et liiy fait ung iict de herbe 
« verte, et de roses moult soiief fleurant, àecoustea 
" pointes, et de oreillier; et quant ilz l'eurent 
>' couché si mirent par dessus luy une moult riche 
« couverture. » (Lanc. du Lac, T. I, fol. 42, R°.) 
Dans le passage suivant, on trouve les cottstes sim- 
ples, distinguée des couste pointes : « Lits, couver- 
« tures, loudiers, coiisle pointes (6), draps de laine, 
« sarges, austades, cousles simples. » (Urd. des l\. 
de Fr. T. II, p. 383. — Voyez Coite ci-dessus.) 

VARIANTES : 
COITTE POINTE. 

CuEUTE POINTE. Fal)l. MSS, du R. n" 7989, fol. 80, V» col. 1. 
CousTE POINTE. Du Gange, au mot Stella 1 (7). 
CoucTE POINTE. Lanc. du Lac, T. I, fol. 49, R» col. 2. 
Coûte pointe. Du Gange, au mot Culcitra. 
Conte poincte. Lanc. du Lac. T. III, fol. 106, R» col. 2. 
Contre poincte. Contes de la roine de Nav. T. II, p. 87. 
QuiLT point, subxt. musc. Du Cange au mot Testnim. 

Coivre, subst. mase. Cuivre *. Armes °. 

* Le sens de ce mot n'est pas douteux dans cette 
première signification. On trouve Candelabra 
cuprea, galliee de coivre, dans un nécrologe 
d'Auxerre, de l'an 1387, cité par l'abbé Le Beuf, 
Hist. d'Auxerre, p. 821. « Que nul ne mesure ses 
« breuvages, et autres liqueurs, fors à telle mesure 
« qu'il y a à Mons, et quelles soient d'estain ou de 
« queures, llaistries (marquées) et justifiées contre 
« les principales, eslans vers les eschevins du dit 
Mons. " (Coût, de Mons, Coût. Gén. T. I, p. 832.) 

^ Il semble qu'il y ait eu des armes nommées 
Cuivres, et que ce soit en ce sens que ce mot est 
employé dans les vers suivans : 

Chascune porte est bataiUiée, 
El à delfendre apareilliée : 
Moult i portent coivres, et darz, 
Et pex agus de totes parz. 

Blanch. MS. de S. Germ. fol. 178, R° col. t. 

Peut-être est-ce en ce même sens qu'il faut enten- 
dre ce mot, dans ce passage : 

Plusours ourent vestus hambeis 
Coivres (8) ont chaint carquaiz. 

Rom. de Rou, MS. p. 317. 



(1) Coilier signifie encore serrer, mettre à l'abri : « Chascuns qui ara autres bestes à charrue porra mettre ses chevaus 
à la charrue un tor au gayn pour coilier ses sourbées. » (JJ. 60, p. 220, an. 1312.) (N. E.) 

(2) On lit dans Gérard de Vienne (v. 2354) ; « Et les destriers as espérons coilier. » (N. E.) 

(3) On lit dans la Chronique des ducs de Normandie (v. 22182) : « Totes veies tant s'est coilier, Qu'a le duc Richart est 
repairiez. » Le sens de la citation se retrouve au Roman de Cléomadès (Chr. des ducs de Normandie (II, 388, col. 2) : « Car 
sa nature à ce le coiie, Que plus a et il plus convoite. » (n. e.) 

(4) Il signifie alors rapide : « Isnele, e hastive. e coiluse. « (Chr. des ducs de Normandie, v. 4-816.) (n. e.) 

(5) Ce sens est aussi dans Guiot de Provins (Wackern., p. 25) ; « C'onkes de riens ne fu si désirons Com d'onoreir ceu 
dont plus seux ciiitous. » On lit enfin dans G. Guiart (an. 1233); « La terre saint Lois destruient, Qui coiteus de soireplegier 
Va tantost Belesme assegier. » (n. e.) 

(6) On lit encore dans Ta Rose (v. 8642): « De floretes lor estendoient Les couste pointes, qui rendoient Tel resplendor par 
ces herbaiges. » Une prononciation meilleure est coulepoinle (culcilu puiicta) donnée par Froissart : « Ceutes autrement 
dittes coutepointes pour dormir sus. » (XI, 360.) (N. E.) 

(71 La cfj!(57epû«î(e servait aussi dans les tortures :« Jehanne Dupont,... après ce qu'elle ot une fois esté mise en la 
gehyne en la coi'.'i((.'po(»(e seulement... confessa ledit larrecin... Après ledit Guillaume la fist mettre en la cousiepointe , et 
pour lui faire ptiour, fist apporter du feu, et fist semblant de lui mettre soubz les pies, mais point n'y fust mis. » (.1,1. 111'. 
p. 124, an. 1381.) (N. E.) 

(8) Dans Du Gange, 111, 470, col. 3, on lit ; « Cojures ont chaint et carquais. » Ce serait une sorte de ceinture, (n. e.) 



co 



— 96 



CO 



A moins iiifon ti';iinie mieux supposer ici coivre 
adjectif et le rripporlci' i^i carquiiix; carriuois de 
cuivre; mais, pour la mesure dn vers, je préfé- 
rerois de liie cnires ont cliaint et ('(irqHaiz,el alors 
coivvc sera une sorte d'armes dans ce passage 
comme dans le précédent. 

On lit: coivre de fHiimil [l], comme proverbe, 
parmi ceux(|u'on trouve ii la suite des Poës. mss. 
avant l.'UJO, T. IV, p. 1652, 

VARIANTES : 
COIVRE. Ane. Covit. dOrléans, p. 474. 
yuEUHE. Coût. Gén. T. I, p. 832. 

Coiz, sitbsl. masc. plur. Testicule. (Voyez Fabl. 
MSS. du R. n" 7()l.j, T. 11. loi. 147.) 

Coket, siibst. 7nasc. Espèce de bateau. 

Dai^s le patois breton, c'est une espèce de navire 
ou l)ateau. (Du Cange, au mot Cocka.) On a|ipeloit 
jiuiii de cokel une sorte de pain en forme de bateau 
l'ait avec la Heur de la farine. (Du Cange, au mot 
Pauls de coket, et Bntt. Loix d'Anglet. fol. 74.) 

Col, subst. masc. Co! *. Espèce de hausse-col ^. 
Collier '^. Souche généalogique °. 

* Ce mot, au premier sens, subsiste sous l'ortho- 
graphe de col ; mais les expressions figurées dans 
iesi|uelles on l'employoil sont absolument hors 
d"usage. On ne dit plus : 

1° Avoir le col las, pour se rebuter, être fatigué. 

ot le col las, 

De fere oeuvre de charité. 

FaW. MSS. du R. n- 7-21S, fol. 294, R- col. 2. 

2° Col estendu s'employoit adverbialement pour 
hautement, sans rien craindre. 

. . . fu partout, col entendu. 

Le droit Dieu, par lui, deffendu. 

G. Guiart, MS. fol. 13, R». 

3° Venir snrleeol{'î)s'eslpris danslesensoù nous 
disons tomber sur le corps ou sur les bras, atta- 
quer. •' Qu'il nous vienne secourir, avec toute sa 
" bataille, car le roy Claudas nous est venu sur le 
.. col. '■ (Lanc. du Lac, T. 111, fol. 45.) 

^ Ce mot s'est pris, dans le passage suivant, pour 
la partie de l'armure qui couvroit \e cou : 

Hueses tirées, et espérons chaiiciez, 
Et à son col le col {'à) d'ivoire chier : 
De cinq vir^iles de fin or fu liez, 
La guige en est d'un vert paille enlaillié. 

RoDi. de Garin, cité par Du Gange, au mol Virola. 

(Voyez Collier ci-ap; es.) 

'^ Côm.me nous appelons encore aujourd'hui col 
ce que les hommes mettent autour de leur cou, de 
même cul s'appliquoit autrefois au collier des 
femmes. Il semble avoir celte signification dans les 
passages suivans : 



... si ont fet cols toz noviaus : 
Sor lor cols tnetent lor joiaus, 
Et lor crespines. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 237, R' col. 2. 

Et sont barbées comme cnis ; 
Qu'à ces saintes gens vont entor. 

Ibid.fol.32.'i, V'col. 2. 

° Col désigne la souche généalogique, dans cet 
autre passage : « Il n'eschet point de partage du 
« costé, ny du chef, ou du col du père, ou de la 
« mère encore vivant, soit en ligne directe ou col- 
<■ latérale. » (Coût, de Bailleul, Nouv. Coût. Gén. 
T. I, p. %î.) (.'() 

VARIANTES : 
COL. Orth. subsistante. 
Cos. G. Guiart, MS. fol. 317, R». 
Cox. Fabl. MSS du R. n« 71315. T. I, fol. 107, V» col. 1. 
Couz. Hist. de Fr. à la suite du Roman de Fauvel, fol. 74. 
CoLPS. Hict. de Borel. 

Cola, sul^st. Alose (.")). Il faut lire f^oZac, mot 
gascon. (Du Cange, au mol Colacus.) 

Colacion. [Intercalez Colacion. harangue : « Et 
« la colacion notablement flst maistre Jehan de la 
" Chaleur, maisire en théologie et chancellier de 
« N. Dame, et en ycelle colacion recommanda 
« moult la personne de l'empereur, ses nobles 
" fais, ses vertus et sa dignité. » (Ch. de Pisan, 
Charles V, pari. III, fol. 310.) Au Spicilége de 
d'Achery citant Guil. .louvenel (IX, 30."j), on lit 
aussi : ■■ Faisoit chascun chief de maison une petite 
« collatioii, soy adreçant à mons. de Tours, comme 
« principal. » Dans Froissart, c'est plutôt une 
conférence, un entretien : « Li rois l'avoit mandé 
« pour avoir colation devant lui, présent ses 
>. frères, sus Testât des Englès (VII, 300). >. — « Si 
« veuil avoir conseil elco//fl??o«avecques vous (XI, 
iôO). » Dans les couvents, la collation était une 
lecture des livre saints avec discussion et contro- 
verse ; elle était suivie d'un léger repas et de 
rafraichissements, comme nous l'apprend la règle 
de Cluni (c. 13, Du Cange, II, 429, col. 3) : « De 
« collaiione surgunt acî charitalem, et de vino 
« quod tune propinalur, nullus omiiino pra'sumit 
« abslinere, ut non aliiiuanlulum gustet. » Les 
deux sens du latin se retrouvent au w siècle 
(voyez Ciii,L.\Tiox) ; pour les éiudits modernes seuls, 
collation est la comparaison d'une copie à l'ori- 
ginal.] (n. e.) 

Colaffe, subst. masc. Soufllet. Du latin cola- 
pbus. (Voyez Xef des Dames, fol. 71.) 

Colaice. [Intercalez Colaice, coulisse, herse 
(V. le Duc, VI, 81), dans l'expression porte colaice : 

De ciment mult durable furent fait li crinel, 
Les portes colaices, fort et roi li llael. 

Rom. de la prise de .lérusalem. Du Cange, II, 437, col. 2. 



(1) En Belgique, près Liège, et non dans les Côtes-du-Nord, comme le dit Leroux de Lincy (I, 343). La chaudronnerie 
liégeoise était fort en honneur au.K xiv et xv» siècle, (N. E.) 

(•2) Froissart a dil ci^/t; s»/- /f c-o/ au sans de stimuler : «Quoique Robers d'Artois li conseillast et fusl sus le col qu'il 
reiivoiast son hommaige au roy Phelippe. » (II, 3f>4.) (N. E.) 

(3) Ueuschel (VI, 851, col. i) imprime cor ; il s'agit là dun olifant comme celui de Roland. (N. E.) 

(4) C()( a aussi le sens de colèe : « Les devant diz escuiers au devant diz .lehan Bomiefemme... avoient donné cols et 
culées, pour lesquelx et lesquelles il avoit receu mort. » (Cart. de Chartres, an. 1270, Du Cange, II, 425, col. 1.) (n. e.) 

(.5) Ilenschel (II, 4'2'p, col. 3) imprime t/an.se. (n. e ) 



co 



97 



CO 



On lit porte colaise aux preuves de l'Histoire de 
INiines, II, ICi), col. 1, an. 1355. Au Roman du 
lieuard (Du Gange, id), on trouve encore: 

Et niangoniaus de plusieurs guises 
Et bonnes portes couletces. 

Fcnrstre couleisse est au reg. JJ. 161, p. "iOl», 

an. 1400 ]{N. E.) 

Colas, subst. masc. Nom propre. Abrégé de 
iX'icolas , comme colart , colet, coleau, colin, 
colinel, elc. (Falconnel.) Colas m'faillon est un 
terme de caresse ou de raillerie usité en Lorraine, 
pour dire Nicolas mon liUot, mon petit-tils. (Le 
Ducliat, sur Rabelais, T. IV, p. 2-2, note 4, etleDict. 
de Cotgrave.) 

Colationner. [Intercalez Colalionner, conférer, 
faire une colaeion: « Il leur fut dit que ils le 
<■ feïssent esciiiire sur une foelle de papier [il 
>■ s'agit des clauses d'un duel], car le roy et son 
<■ conseil le [papier] vouloieut veoir et collalion- 
« ner. » (Froissart, XIV, 55.)] (n. e.) 

Colaye. [Intercalez Colaijcce qu'on peut porter 
à dos, en lalin colerium : « Le suppliant emporta 
« ung lit, ung couvertaii, les draps du lit, ung 
« plancbon, et une colaye de blé. « (.JJ. 173, p. '2'27, 

an. 1425.)] (n. e.) 

Colbert, suhst. masc. Tei'me de droit. « C'est 
« un compagncn d'alVrancbissement, de coliber- 
« tus. » (Dicl. de Boi-el, 2' add.) 

Colbin, suhst. masc. Partie du cerf. 

N'oublie pas à enciser 
Les jointes, devant, et deixier ; 
Les cnibin mie n'obliés, 
Haut sur un autre le metez. 

Fabl. MSS. du K. n- 7015, T. Il, fol. 167, V col. -2. 

Colcotar, subst. masc. Vitriol. On en distingue 
de deux sortes : le naturel et l'artificiel. « Le col- 
« cotar est matière minérale. « (Fouilloux, Faucon- 
nerie, fol. 81) fl) 

Col Dieu. C'est une espèce de jurement; il 
éloit fort ordinaire au maréchal de Matignon. 

1. Cole, subst. fém. Sorte de poisson. Ce mot 
paroit être le même que colac, alose. (Voy. Cola.) 

Princes qu'or fust devenu cnle, 
Esturgeon, chien de mer, ou sole. 

Eust. Desch. PoC-s. MSS. fol. W3. col. i. 

La signification de ce mot paroit plus incertaine 
dans le passage suivant : •• Se mistrent en barges, 
« et alerent aux salandres, et eu pristrent les xvii; 
« et l'une eschapa, qui esloit à la cole. >> (Contin. 
de G. de Tyr, Marlène, T. V, col. 711.) 

2. Cole. [Intercalez Cole (x°^, bile), dans 
l'expression de chaude cole: « lîuillaume Champeaul 



" fust féru dudit coustel par cop de meschief et de 
« ctiaude cole. •< (.!.t. 137, p. 43, an. 1389.) L'expres- 
sion se retrouve dans la Coutume de Senlis (art. 96 

et MO)] (n. e.) 

3. Cole. [Intercalez Cote, coule de religieux: 

Du chef de son braier une clef deffermerent 
Et cote et estamine, et un froc en estèrent. 

Roman de Vace (Du Cangc, II. 092, col. 1). 

Au Gloss. 7684 du fonds latin, on lit: « Culla, 
» coule à moigue. »] (n. e.) 

Colée, subst. fém. Coup*. Accolade^. Trouée •=. 

* Cotée étoit proprement le coup donné sur le cou 
ou sur la joue; ce mot vienldes mots latins coltum 
ou colaphus. >■ Chacun attend le chef enclin, la colée, 
« et la persécution. » (Al. Cliartier, l'Esper. p. 270.) 
Le P. Labbe, dans son Gloss. rend le mot collée par 
colaphisare, col. 496. 

Buffe colée, 
Joée, adentée, 
Tel sunt lor avel. 

Rob. dou Chaste], Poës. MSS. av. 1300, T. I, p. 57. 

Ce mot s'est dit aussi de toutes sortes de coups, soit 
sur la tète, soit coup d'épée, de lance an de hache. 
Voici quel(|uesexemples de celte acception générale : 

On a dit donner coups et collées. (Lett'du mois 
de février 1384; Très. desChart. Reg. 126, pièce 82.) 

Ni ont puiz qui osast donner coup ne colée. 

Rom. de Rou, MS. p. 02. 
Me donastes cop ne colée. 

Fabl. MSS. de S. Germ. fol. 123, R' col. 3. 
Colée m'a donné trop maie, 
J'ay la teste toute estonnée. 

Eusl. Desch. Poès. MSS. fol. 380, col. 2. 

Colée sigmi\e aussi coup de flèche, dans le Rom. 
de la Rose. De Ih, ces expressions cotées asseoir, 
cotées geler, pour porter des coups, soit d'épées 
ou autres armes. ^Voyez G. Guiart. ms. fol. 255.) 

^L'embrassade, le soufflet, ou le coup donné du 
plat de l'épée sur le cou des nouveaux chevaliers, 
ont été confondus sous les dénominationsgéuérales 
de colée elû'accohnle. (\ oyez Annot. deDuchesne(2), 
sur Al. Chart. p. 8.52.) Ou lit, en parlant d'un che- 
valier fait au moment d'une bataille : 

En près li done la colée ; 
Guarde que ja soit esprouvée 
Ta proece et ta valor, 
Droit devant moi en cel estor. 

Blanchardin, MS. de S. G. fol. 192. F,' col. 1. 

'^Du mot col, en usage encore aujourd'hui pour 
signifier un passage étroit et serré, s'est formé 
colée (3), pour trouée de haie. Nous croyons pouvoir 
l'interpréter en ce sens, dans le passage suivant : 

. . . aussi le prennent ilz bien 
A la cropie, avec le chien : 
Et quant viennent par ces colées (4), 
Aux courlils, manger leurs porées. 

Gace de la Bi^ne, des Déduits, MS. fol. H4, V*. 



(1) Ce mot, inventé peut-être par Paracelse, désigne le peroxyde de fer rouge, obtenu en traitant du protosulfate de fer 
par le feu. (n. e.) 

(2) Voyez aussi Du Gange sous alapa (I, 161, col. 1 et 2) ; on lit dans lîeaumanoir (XXXV, 26) : a Et li dona li uns une 
colée et dit : « Chevaliers soyés. » (N. E.) 

(3) C'est un dérivé de couler : on se glisse, on se coule dans ces chemins creux que les Normands appellent cavée et les 
Saintongeais couline. (N. E.) ' 

(4) On disait colée pour coulée, comme coler pour couler : « Li brans cole devers l'esclence, Od le carnail trence l'oreille 
Aval s'en cole à grant merveille. » (Partonopex, v. 9872.) (n. e.) ' 

'T- 13 



GO 



- 98 



GO 



(Voyez ci-npi'i^s Coilee.) 
On disoil en proverbe : 

Qui nu niiitiii prant la colée, 
Tote jor la conporte. 

Piov. du Vil. MS. de S. Gei-m. fol. 7i, V- col. 1. 

VARIANTES : 
COLÉE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. r^Ti, col. 1. 
Collée. Lanc. du Lac, T. 1, fol. 170, V» col. 1. 
COULLE. Fabl. .MSS. du R. n» 7615, T. Il, fol. 151, V" col. 1. 

Coler, subst. viasc. Collier. (Voyez Collier.) 

On parle de larrons lier, 
Et d'eslraindre, de fors liens, 
De grésillons, corde à cnler, 
Laisses de poil, pour tenir chiens. 

Eust. Desch. Pois. MSS. fol. i.'ii, col. -2. 

On disoil proverbialement large coler, pour 
liberté. C'est en ce sens que celle expression doit 
s'entendre dans le proverbe suivant : 

L'en dit que fol, et poure ont moult large coler. 

Chastie Musarl, MS. de S. G. fol. 105, R- col. 2. 

Nous ne savons si c'est en ce même sens que le 
mot coler est employé dans les passages suivans: 

Pourement vivent escoler; 

Ils ont plus peine que coler (1); 

Mesaises ont à granz braciées. 

IIM. de S" Lcoc. MS. de S. Gemi fol. 3(1. R" col, '2. 

Tout plenement droit escoler 
Ont plus de peine que roler, 
Quant il sont en estrange terre (2K 
Por pris, et por honor conquerre. 

Fabl. MSS. du R. n' 7015, T. I, fol. 7i, V* col. 2. 

.Nous croirions plus volontiers que ce seroit le 
verbe coler ci-après, pris au ligure, dans la signi- 
lication d'avoir du plaisir. 

Coler, verbe. Accoler, embrasser. 

Au conte meisme fu tart 
Que colé l'ail, et embracié : 
Ens en la bouche l'a baisié. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 59. R- col. 3. 

Colés mie une fiés. 

PoL's. MSS. av. 1300, T. IV, p. Vm. 

Colère, subst fém. Bile*. Passion, ardeur^. Ce 
mol, qui subsiste (3), ne s'emploie plus dans aucun 
de ces deux sens. 

*La première signification se justifie par le pas- 
sage suivant : « Le cors humain a en soi quatre 
<• humeurs, selon les quatre élémens, desquels il 
« est composé : sçavoir est le sang, la colère, la 
« melencolie et le flegme. » (Les Tri. de la Noble 
Dame, fol. 92.) 

^ Colère désignoit aussi une passion vive, un 
amour violent. « Rien n'est à l'amant impossible 
« pour parvenir à son intention ; mais sa grande 
« colère refroidie, il treuve, en fin de compte, avoir 
« servyd'unegrande fable, et risée, à tout le peuple. » 
(Pasq. Monopbile, p. 53.) « Souve.ntes fois appelent 
" ceste opération de nature en plusieurs femmes. 



« sans les aimer, menez par une brutalité, et sans 
■' autre considération que de passer nostie colère. " 
(Ibid. p. 10-2.) 

Colèrenient, adv. Avec colère, furieusement. 
On disoil : irriter quelquitn colereinenl, puur le 
pousser ù bout, le mettre en fureur. iPontus de 
Tliyard, Disc, du temps, fol. 20.) Tahureau dit llgii- 
rément, en parlant de la mer : 

. . . s'enllant toute ireuse. 
Toute ireuse regorgeant. 
Et coleremcnt hideuse, etc. 

Poci;. p. 202. 

Colerer (Se), verbe. Se mettre en colère. 
(Monet et Hob. Estienne, Dict.) 

Ne te colère pas contre mon insolence. 

Mélile, Coniédie de P. Corneille, acte IV, scène VI. 

" C'est lascheté, et foiblesse que se colerer (4). » 
(Sag. de Charron, p. J37.) 

VARIANTES : 
COLERER (SE). Contes de la rovne de Navarre, p. 50S. 
CuoLERER. Apol. pour llérodotë, p. 165 et 170. 

Colérique, adj. Bilieux. Du mol colère ci- 
dessus, pris dans le sens de bile. 

L'homme est sanguin, ou colérique (5), 
Fleumatique, ou mélancolique. 

0. Guiarl, MS. fol 352. V. 

Coleris, subst. inase. Terme d'architecture. 
Colarin, le haut du fût d'une colonne, l'endroit le 
plus étroit, proche du chapiteau. ■■ La tierce bande 
« se trouvera respondanl à plomb à la gorge, ou 
" coleris de la colonne. » (Vray et pirf. amour, 
fol. 215.) 



Irriter. Mettre en colère , 



Colérlser, verbe. 
donner de l'humeur. 

Madame^ ce faquin m'a tout colérisé. 

Le Gcà). de soi-même, Com. de Th. Corn. ad. iv, se. iv, 

Colet, subst. masc. Collerette *. Genouillère ^. 

* Au premier sens, c'est le linge que les femmes 
portoienl autour du cou. « Leur honneur est au 
« cinquième étage de leur colet; il ne s'y faut 
« jamais prendre. » (Caquets de l'Ace, p. 158.) 

Lors ma gentille Cyprine, 
Tu ouvriras ton colet (6), 
Soubs qui ce mont jumelet 
Nage à petites ondées. 

Giies Durant, ;i la suite de Roniiefons, p. 131. 

'^ Colet s'est aussi pris pour la genouillère d'une 
botte ; c'est un morceau de cuir cousu à la tige, pii'- 
cisément au-dessous du genouil, en forme de ciW- 
let. « Les uns menans leurs chevaux par la bride, 
« se inettoyent à l'eau jusques à la ceinture, autres 
« passèrent à cheval, dont quelques uns tombèrent 
'< dedans, et meirent de l'eau dedans leurs bottes, 
« par le colet. » (Mém. Du Bellay, liv. XII, f» S/jW.) 



(1) Ou coller, collarii, porte-faix. (N. E.) ■ ' 

(2) Cette citation est extraite de Rutebeuf. (N. e.) 

(3) Le sens actuel n'apparaît pas avant 01. Èasselin (XV) : « Je ne vai point en cholere Tempester à la maison. » On 
employait auparavant ire ou cote {choie), (n. e.) 

(4) Amyot écrit aussi (Démosthène, 42) : « Archias adonc commencea à .se citolerer et à le menacer en courroux. » (N. E.) 

(5) « Le colerujue a l'assault le plus fort de ire et de discorde. » (Ménarjier, I, 3.) (N. E.) 

(G) « Avant que vous partiez de vostre chambre, aiez paravant avisé que le colet de vostre chemise, de vostre blanchet 
ou de vostre cote ne saillent l'un sur l'autre. » {Ménagier, ï, 1.) (n. e.) 



co 



99 — 



CO 



Ce mot, que nous écrivons collet, conserve encore 
plusieurs acceptons. On le dit encore figurément 
pour le cou, mais les expressions suivantes sont 
liors d'usage. 

1° Armé^ jusqu'au collet, dans le sens où nous 
disons armé jusqu'aux dents. (Négoc. de Jeannin, 
T. I, p. 345.) 

2° Sauter au colet, qui ne se dit plus qu'en style 
populaire, se trouve employé dans les coutumes 
pour écheoir. « Lorsqu'il escliel quelques biens pai- 
» succession, ou qu'autrement, comme on dit, ils 
« leur sautent au colet, etc. » (Coût. d'Ouden. 
.\ouv. Coul. Gén. T. I, p. 1089.) 

Coletier. [Inlercalez Coletier, courtier ; •< La 
« buschette estoit jetée sus les quatre mestiers de 
« Bruges : colletiers , vieswariers , bouchiers et 
« poisonniers. ■• (Froissart, X, 42.) Buchon le traduit 
dans sou glossaire par culottier. On lit aussi au 
reg. J.J. 81, p. 39i, an. 1351 : « Comme donné nous 
« fust à entendre que Locas del Longliecourt fust 
« souspeçonnez de y estre couletiers et marchans 
<• de fausse monnoie. »] (n. e.) 

Coleurer, verbe. Briller. Du latin collucere. Il 
paroît que c'est le sens de ce mot dans ce passage : 

Li barbiers connoist bone gent, 
Et si les sert, et les honeure, 

Set son mestier bel et gent, 

Se besoins li recoroit seure ; 
Et s'a en lui moult biau sergent ; 
Que con plus vit. et plus colcure. 

Fal)l. MSS. du R. n- 7218, fol. 323, V col. 1. 

Colicaille, subsl. [cm. Mot factice. 11 est 
employé comme diminutif de colique, dans les Lett. 
chois, impr. en 1751, p. 375. 

Colicqueux, adj. Qui a la colique, sujet à la 
colique. « Est l'eau ainsi caillée remède présent 
« aux chevaulx colicqueux, et qui tirent des flans. » 
(Rabelais, T. III, p. 2G4.) 

VARIANTES : 
COLICQUEUX. Rabelais, T. III, p. 264. 
CoLiQLiEUX. Oudin, Nicot, Dict. 
COLLIQUEU.X. Oudin, Dict. 

Colier, verbe. Tourner le cou*. Regarder en 
tournant le cou °. Rêver, réfléchir*^. 

* Le premier sens de tourner le cou (1), est le sens 
propre. 

Quant li dame s'en vait offrir. 
De le teste vait coliant. 
Après reswarde en beliant. 

Poi'S. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1321. 

^De là, colier a signifié regarder en tournant le 
cou. Dcins les passages suivans, ce mot exprime 
l'action de quelqu'un qui se regarde avec complai- 
sance, qui se mire dans sa parure : 



Par fol regart enter lui colie. 

Fabl. MSS. du R. n' 7218, fol. UO. V col. l. 

Or ce mire, or ce coloie, 
Or fait le mignot, or le coie. 

Fabl. MSS. du R. n- 7015, T. I, fol. 107, V* col. 2. 

■^Ce mot, dans le sens figuré de rêver, réfléchir, 
semble faire allusion à l'attitude ordinaire d'un 
homme qui médite profondément : 

Ensl en melancoliant, 

Et à mon songe coliant, etc. 

Froissart, Poés. MSS. p. 210, col. 2. 
A ceste mélancolie^ 
Colie mon cuer tout dis. 

Ibid. p. 307, col. 1. 
. . . Respont, sans plus coliier, 
Qui te fait melancoliier. 

Ibid. p. 3W, col. 2. 
Advise bien, pense, et colie, 
Aux responces qui sont données. 

Eust. Desch. Poes. MSS. fol. 5fi6, col. ) . 

VARIANTES : 
COLIER. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 186, R» col. 1. 
Coliier. Froissart, Poës. MSS. p. 33i, col. 2. 
COLYER. Percef Vol. V, fol. Hl, V° col. 1. 
CoLLOiER. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. I, f» 107, V» col. 2. 

Collere. [Intercalez Coliere , poitrail de fer 
pour le cheval : 

Covers fu devant et deriere, 
De fer ot coliere et crupiere. 

Parlonopex, v. 9642. 

M. de Wailly le traduit par croupière, au § 267 
de .Joinville: « Et se feri entre les Turs si avant 
« que il li empristrent la coliere de son cheval de 
« feu grejois. »] (n. e.) 

Coliers, si(/^sf. masc. plur. Chevaux de trait. 
Chevaux ayant un collier (2). 

Roncins, et jumens, et colievs. 

Ph. Mouskes, MS. p 571 et .572. 

Colieux. [Intercalez Colieux, fâché, irrité: 
« Car il s'estoient parti dou rov [vès-colieux. » 
(Froissart, VI, 422.)] (n. e.) 

Colignagiers, subst. masc. plur. Terme de 
coutumes. Parens de la même tige ou branche , 
descendans d'une même ligne. « S'il y a du vendeur 
" plusieurs lignagiers, en pareil degré, ou droit 
« présumplif de luy pouvoir succéder, ils y sont 
« tous également recevables si aucun d'iceux ayant 
« devancé les autres, avoit jà receu le créant (pour 
« le prix ou le gage du dit retrait) de la dite 
« retraite, est tenu en repartir ses colignagiers, 
« chacun pour sa cotte. » (Coût, de Lorraine , 
Coût. Gén. T. II, p. 1069.) 

Colimaçon, subst. masc. Limaçon. (Dictionn. 
d'Oudin.) On trouve Ibid. colimaçon borgne, pour 
chanson d'enfant. 



(1) Ou plutôt pencher la tète ; c'est la pose fréquente des dames dans les miniatures (Quicherat , Cosinme , p. 190) ; 
souvent même le long cou penche à droite, le buste penche à gauche et toutes les lignes du corps ondulent. (Statuette en 
bois dans l'HisL du Mobilier de Jacquemart, Hachette, 1876. p. 327.) On lit dans une piraphrase du Miserere ■ « Orgeus va 
du col coloiant. » (Du Cange, II, 425, col. I.) Dans GuigneviUe (Du Cange, II, 426, col. 2) on lit encore: « Tant com l'oysel 
va coliant El châ et là le col tournant. » (N. e ) 

(2) Co/iers se dit aussi d'une gorgeretle ou cravate en cuir, en mailles ou en plaquettes de fer cousues sur un carcan 
d'étoffe (Quicherat, 208) ; « Deux cent dix hommes... biens armez de plates, de baciiiez, de coIicrs, autrement gorgieres de 
fer. ji (Pièce de 1337, Du Cange, II, 426, col. 2.) Le mot a enfin le sens de colaye. (Du Cange, II, 426, col. 3.) (n. e.) 



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Colin, subsl. masc. l'espèce de corneille *. Pain 
aux chiens^. Terme d'injure'^. 

* Au premier sens, espèce de corneille, c'éloit une 
espèce de l'urneille au bec et aux pieds rouges (1). 
(Uicl de.Monel.) 

^ Nous n'avons, sur la seconde signification de ce 
mot pain aux chiens, que cette même autorité de 
Monet. 

^Volin est donné, pour terme d'injure, par Bou- 
cliet, Serées, liv. Ui, p. 160. " Eslre appelle par ces 
« noms, maraull, coquin, belistre, grand coLini^I). « 

Nous uiarqueroas d'ailleurs les expressions sui- 
vantes, où le mot cûliii est employé : 

l' Culin fanglois est le nom d'un vaisseau dont 
parle Monstrelel. » Le dit messire Jaques aura du 
« navire pour le port estant ù Croloy, c'est à sya- 
» voir, la grande liulque, et la barge, 6'oZ/«/'rtH6'^o«s, 
u Plumeterre, etc. » (Monstr. Vol. 11, fol. 9.) 

2° Colin breiiot se trouve dans les Contes de 
Cholières, T. 1, p. 271. « Il maugréoit colin hrenot, 
" et ses quittances. » 

3° Colin bridé. Jeu d'enfanL(3j. (Voy. Dicl. d'Oudin.) 
11 est compris dans les jeux de Gargantua. (Voyez 
Rabelais, T. 1, p. ITiO.) 

4" Colin tampon désignoit autrefois la marche 
des Suisses, d'où l'on a dit un gros colin tampon, 
selon Oudin, Cur. Fr. (4) 

Colinet, suhsl. masc. Diminutif de colin. 11 y 
avoit un jeu d'enfant, peut-être le même que colin 
bridé, qui se nommoit ostcs moi de colinet. Frois- 
sart, parlant des jeux de son enfance, dit : 

Juiens nous au Hoy qui ne ment, 
Aux bares, et à l'agnelet, 
A ostés moi de colinet. 

Pots. MSS. p. 86, col. 2. 

Colique, siibst. fém. Nous ne rapporterons, sur 
ce mol subsistant, que quelques façons de parler 
hors d'usage, dans lesquelles ilentroit. 

1° On nommoit colique passion, une espèce de 
colique particulière dont les douleurs sont très 
aiguës. » La colique, dont avez esté tourmentée, 
« ainsi que m'escrivez est appellée, par le commun 
« peuple, colique passion, pour estre l'une des plus 
« aiguës de toutes les autres. ■■ (Pasq. Œuv. Mesl. 
page' 307.) C'est peut-être la même que la colique 
bifieuse, ou de Poitou (5), maladie nouvelle en 1572, 
et qui continua par intervalle jusqu'en IGOG. (Hist. 
de Thou, liv. LIlll, p. .'j36.) « Le lièvre a un petit 
« os, dedans la joincture des jambes, lequel est 
« souverainement bon pour la colique passion{(Jt). » 
(Fouilloux, Vénerie, fol. 62.) 

2° Colique S' Matliurin se disoit pour folie, sot- 
tise, bêtise, selon les Dict. d'Oudin et ses Cur. fr. 



3" Vertu colique se prenoil pour la violence 
d'une colique. ' Le ciel de lict tout enllé d'or, et 
« de perles, n'a aucune vertu ti rappaiser les Iran- 
« chées d'une vertu colique. >> (Ess. de Montaigne, 
T. I, p. 447.) Peut-être faut-il lire verte colique, 
violente colique. 

4° Ou disoit : ■> Gens ([ui ont la colique h l'esto- 
« mac, » c'est-à-dire, selon Uudin, « des sergens ; 
« pour la ressemblance de leurs armes, ou'mar- 
» ques, à une pierre appellée colique. » (Cur. Fr. 

v.\ni.\NTEs : 
COLIQUE. Orth. subsistante. 
CoLLiQUE. Oudin, Dict. 

Colis. [Intercalez Colis, coulisse, herse, comme 
porte colaice : « Quant le suppliant fut hors de la 
« bassecourt, apercent Jehan Boulengier... à la 
« barrière du colis [du chastel de Fontenayj. » 
(A. N. JJ. 161, p. 209, an. H06.)] (n. e.) 

Colis cupidique. E.xpression obscène tirée du 
mot latin colis. « Par expérience, nous trouvons 
« que, lorstiu'on s'est delelé du colis cupidique. 
« vous avez un esbiouyssement d'yeux. « (Contes 
de Cholières, fol. 116.) 

Colissé, adj. Ajusté en coulisse. « Fenestre, 
« ou parement de fenestre de bois, à batomenl, ou 
" entrelats, ou colissc:^ sur un pan de fust. ■■ (Conl. 
de Reims, Gout.Gén. T. 1, p. 583.) 

Collace. [Tnlercalez ro//rta', terre en mélayage, 
comme le castillan colluTiU : « Item de vint et sis 
« sols de cenz et de deus solz et oict deniers 
« d'autre part sus le hébergement, qui fu Pierre 
« Menier, et de douze deniers sus la collace, que il 
« acquislrent de mons. Hugues de Boisse. ■■ (Hei;. 
JJ. '(8, p. 222, an. 1312.)] (n. e.) 

Collage , subst. masc. Terme de coutumes. 
C'est un droit que le seigneur lève sur les luibitans 
qui ont des bœufs doi:t ils se servent pour labourer 
la terre. (Laur. Gloss. du Dr. Fr.) « Tous ceux de la 
» dicte liberté et franchise, allans, ou venans, sont 
« franchs de péage, collage, ou cornage, ou autres 
« coustumes quelcoiu|ues , et toute la ville , et 
" chastellenie de Ciiasteauneuf. « (LaThaum. Coul. 
de Berry, p. 1G8.) 

VARIANTES : 

COLAGE. Laur. Gloss. du Dr. Fr. 

Collage, Cornage. La Tliaum. Coût, do Berry, p. 168. 

Collatéral, adj. Egal, collègue *. DépendauL 
accessoire^. Parent par frères ou sœurs '^. Ces 
significations viennent du sens propre du mot 
latin, dont notre mol dérive : latus, côté. 

* Collatéral ne se dit plus dans le premier sens. 



(1) La poule d'eau se nomme colin noir. (n. e.) 

(2) Ne faudrait-il pas lire câlin, paresseux, comme en Saintonge et en Poitou? (Favre, p. 69.) (N. E.) 

(3) C'est le colin-maillard, (n. E.) 

(4) u Ainsi le palalalalan a emprunté ce nom du tambour des François ; ainsi le colin tampon de celuy des Souisses. » 
(Pasquier, Recherches, VIII, 6.) Voyez aussi les Mémoires de TEtat de France sous Charles IX, II, p. 208. (n. e.) 

(5) Cette maladie date de 1572, et d'après de Thou (liv. I, IX) reparut tous les dix ans et toujours avec plus de violence 
jusqu'en 1606. Les descriptions détaillées de cette maladie permettent de la confondre avec la colique de plomb ; elle était 
probablement due à l'usage d'ustensiles en plomb, (n. e.) 

(6) Voyez édition Favre, fol. 48, recto, (n. e.) 



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On s'en servoit autrefois; par exemple: « Caracalla, 
« non uontent d'estre collatéral à son père, le vou- 
•> lut, pour son premier coup d'essay, supplanter 
« de sa dignité impériale. » (t^etl. de Pasq. T. II, 
p. 51!).) « Ces deux grands evesques, picquez d'une 
« belle et sainte ambition, jouoient, chacun à qui 
« mieux mieux, l'un pour eiive collatéral, et l'autre 
<• pour n'avoir point de compagnon et pareil. » 
(Pas(|. Recb. p. 140.) 

Le litre d'assesseur de l'Inquisiteur, employé par 
M. de Tliou, Hist. ï. IV, liv. XXXIV, page GTi est 
rendu par le mot collatéral dans la Popeliniére. 

René, roi de Sicile, duc d'Anjou, appelle l'arche- 
vêque de Tours, « de son cœur collatéral anuj. » 
(.Ms. du R. n" 7293, fol. 1.) 

C'est en ce sens d'égal ou de collègue, qu'il faut 
entendre le passage dé Monstrelet que nous allons 
citer, et dans lequel les iionis propres sont miséra- 
blement défigurés. Il rapporte la lettre du Grand 
Turc écrite au pape en 1453; elle commence ainsi : 
« Morbesan, seigneur es parties d'Achaye, fils de 
« Horestes, avec ses frères, dont l'un est coUabu- 
» labre, collatéraux, vellateurs, de urbaneus impe- 
" râleur : au grand preslre rommain noslre, jouxtes 
" ses mérites, salut. » (Monslr. Vol. III, fol. 61.) 

^De là ce mot, dans une signification encore 
plus figurée, signifioil dépendant, accessoire : 
« J'ay promisd'escripre, de ung chacun conlendant, 
« leurs fais particuliers, et non de leurs colîate- 
« raulx. « iTri. des IX Preux, p. 73.) 

'^ Collatéral, comme terme de généalogie, subsiste 
encore pour désigner les degrés de parenté par 
frères et sœurs, en ligne transversale, mais nous 
ne devons pas oublier de remarquer que les mots 
collatéral et latéral, suivant l'éditeurdeBouteiller, 
se confondoient, de son temps, comme ayant la 
même signification, et avoienl élé distingues autre- 
fois. Collatéral signifioil, comme aujourd'hui, ceux 
qui sont à côté de la ligne ou souche, comme les 
oncles, tantes, neveux, cousins, latéral ceux qui 
descendoient de frère ou de sœur. « Action pro- 
« priétaire si est telle que, la propriété vient, et 
« descend par .succession naturelle, si comme, par 
« succession de droicte ligne, ou par ligne latéral, 
» on collatéral. C'est à entendre droicte de père, ou 
« de mère : latéral, si comme de frère, ou sœur; 
« collatéral comme par oncles, ou par cousins. » 
(Bout. Som. Rur. p. ICO. — Voyez Beauman. p. 84, 
et Du Gange, aux mots Conlalera7nus et Collatores.) 

Collaterallenient, adv. En ligne collatérale. 
« Retraict se fera de l'immeuble qui aura escheu au 
" vendeur par droicl de succession de ses père, ou 
" mère, collatérallemenl d'autres siens parens. » 
(Coût, de Bouill., au Nouv. Coût. Gén. T. H, p. 855.) 



Collation, subst. fént. Conférence, entretien*. 
Sermon, harangue ^. Compaiaison'^ (1). 

*l>ans le premier sens de conférence, entrelien, 
on lit: " Si eurent [dusieurs collations (2) de parle- 
« mens ensemble. .■ (Froiss. liv. 111, p. 301.) 

•l^ay en donnant, ce m'a .semblé, 
Veu merveiUeuse vision : 
D'un collège noir, et troublé, 
Qui estoit à colhwioti, 
Requerans à l'ugnicion. 
Qu'elle fist des mauvais justice. 

Euit. Desch. Pocs. MSS. p. 3j1, ool. ".!. 

^ Collation se prenoit aussi pour harangue, dis- 
cours oratoire (3). On a dit, en parlant d'un carême 
qui avoil élé prêché devant !e roi : ■< Finée la col- 
> lution, et prédication ... (Monstr. Vol. 1, fol. 160.) 
Le duc d'Anjou ayant prononcé un arrêt liès-rigou- 
reux contre la ville de Montpellier qui s'étoil 
révoltée, .■ fut faite une collation, pai' un frère 
« Jacobin, tout tendant affin de miséricorde. « 
(Cliron. S' Denis, T. III, fol. 40.) On lit <■ collation 
« à la luenge du Irespassé », pour oraison funèbre, 
dans Monstrelet, Vol. III, fol. 30. Après l'offerte de 
la messe des morts célébrée pour les chevaliers de 
Croissant, « y aura une petite collation des bien- 
« faits, honneurs; et vaillances de celuy, ou de 
« ceux qui seront trespassez ■>. (La Colomb. Th. 
d'honn. T. I, p. P21.) On lit à la marge collation, 
prise ici pour oraison funèbre; mais la remarque 
n'est pas exacte. Collation, dans cette phrase, 
signifie en général discours, dont le reste de la 
phrase indique le sujet. 

•^ Le mot collation, pris dans le sens de compa- 
raison, vérification de conformité, rend la foice du 
mot latin eollatio dont il descend. On se sert 
encore du mol collalion dans ce sens; de là est née 
l'expression anciennement d'usage, en langage de 
chancellerie, lettres par collation ou vidimu's (4). 
(Miraumont, de la Chancellerie, fol. 25.) 

VARIANTES : 
COLLATION. Froissart, liv. III, p. 50. 
CoLATioN. Froissart, liv. IIÎ, p. 301. 
C0LL.\ci0N. Eust. Desch. Poës. MSS. f»351, col. 3. 

Collature, subst. fém. Ce qui est coulé. Du 
latin collare, passer au sas ou à l'étamine. « Quand 
« le tout aura bouilly, passer les herbes, et dans la 
» collature vous y dissoudrez deux onces de savon 
" ordinaire. » (Salnove, Vénerie, p. 332.) 

Collaudation, suhsl. fém. Louange. (Dicl. de 
Colgrave, Oudin, et Rob. Estienne.) 

Collauder, verbe. Louer, préconiseï-, vanter. 
(Cl. Marot, p. 168, et les Marg. de la Marg. fol. 5.) 

Indes cessés, Arabes, Sabiens 

Tant rnllaiider vos mvrrhe, encens, ébène. 

Rabtlais. T. Ul. [.. i'i. 



cl) Le sens de repas se trouve en 1453 au reg. li. 182, p. 77 ; « Après qu'ils eurent tous soupe et ioué et raudé les uns.s 
ayecques les autres,... ledit Beauchamp fist hucher pour faire collativn d'après soupper, les serviteurs estans audit cha<:tel 
et les damoiselies avecques leurs chamberieres. » (n. e.) 

(2) Voir ci dessus colacion. (n. e.) 

(3) Voyez ci-dessus culacUm. (k. e.) 

(4) On lit aux Ordonn. (VII, p. 706, an. 13(37) : « Que advocas ne plaideront causes, se ilz n'en ont fait paravant collacU,,, ■ 
et n en feiont collacwn en jugement ; mais se ilz la veuillent faire, yslront de l'auditoire. » (N. E ) 



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10-2 — 



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VARIANTES : 
COLU.\UDER Oudin, Nicot, Dicl. 

COLAUDEH. 

Collé, (tflj. Accolé. Terme de blason. « Le sei- 
» gneui' t-le lîcarn, ((ui portoil d'or à deux vaches 
a (le gueules, couronnées d'azur, et collés, etcou- 
« pennées d'aigenl. » (Petit J. de Sainlré, p. 423.) 
Tous ces mots sont estropiés, et les armoiries 
mêmes mal hlasonnées.ll falloit dire: « d'or à deux 
» vaches de gueules accornées, accolées et clari- 
« nées d'azur. >■ 

Collectaire. ^intercalez Collectaire, livre de 
pliures renfermant toutes les collectes de l'année : 
« Un hreviaire, un petit collectaire. « (JJ. 154, 
p. (39."», an. I3t»!».) On lit encore au reg. J.I. 147, 
p. 233, an. 1395: » Icelle religieuse emporta avec 
" elle un bréviaire ou colletere, et unes petites 
" heures. ■■] (n. e.) 

Collecter. [Intercalez Collecte)', recueillir: 
" Lesquelles paines et amendes devant dictes sont 
<■ collectées- au commendeuient de noz dis esche- 
.. vins. » (Ord. V. 400, an. 1361.)] (n. e.) 

Collecteui", subst. masc. Ce mot n'est plus en 
usage que pour signifier celui qui est chargé de 
lever les droits du roi; mais autrefois, il y avoit : 

1° Des collecteurs nommés par les seigneurs 
particuliers pour lever leurs droits. (Bout. Som. 
Hur. p. m.) 

•2" Des baillis, collecteurs héréditaires. Cette 
(lualilication se trouve plusieurs fois dans les signa- 
tures des procès-verbaux des coutumes. (Kouv. 
Coût. Gén. T. I, p. 377.) 

3" Des collecteurs de morte main. 11 en est fait 
mention dans l'ordonnance de 1302, « portant 
" règlement pour les officiers du Chastelet ». (Oi'd. 
des R. de Fr. T. I, p. 353.) 

Collectiers , subst. masc. plur. Corps de 
métier. « L'enqnesle estoit sçeue, et gettée des 
« Gandois sur les quatre mestiers de Bruges, col- 
" lectiers, verriers, bouchers, et poissonniers, à 
« tous les occire, sans déport, pour tant qu'ils 
" avoyent toujours esté de la faveur du comte de 
o Flandres » (Froissari, liv. Il, p. 183.) L'éditeur 
remarque sur collectiers (1) que si l'auteur ne prend 
ce mot pour corroyeurs ou cordonniers., il ne l'en- 
lend point. 



Collection, subst. fém. Table, récapitulation. 

Ce mot subsiste; mais on ne dit plus collection des 
matières, pour récapitulation, table des matières. 
(Voyez Contred. de Songecr. fol. 189.) 

CoUectui'e, subst. fém. Collection, recueil. 
Composer un livre, c'est arranger les idées que 
l'on a recueillies sur un même sujet; de là, faire 
colleclure d'un livre, pour le composer. 

Ne vous faschez de mon petit sçavoir, 
Qu'ay applicqué, en faisant colleclure. 
De ce libvret, dont vous orrez lecture. 

Faifeu, p. H. 

Collefjat, subst. masc. Collègue du légal. 
« IL d'Armagnac archevêque d'Aix, collegat d'Àvi- 
» gnon, commandoit pour le roy en Provence. » 
(Voyez Mém. de Villeroy, T. V, p. 227.) 

(iollége, subst. masc. Collège*. Corps, société, 
ordre ^. Ce mot subsiste dans ces deux sens ; mais 
nous remarquerons des dilTérences, pour le pre- 
mier sens, dans l'orthographe seulement; pour le 
second, dans l'étendue de l'acceplion. 

'■Collège, pris pour un lieu public où l'on ensei- 
gne, s'écrivoit autrefois colliége (Rabelais, T. I, 
p. 236; eicolliaige (Vig. de Charles VII, T. II, p. 27.) 

^ Co//e^e(2), pris pour ordre, corps, etc., s'est écrit 
aussi colliége; mais ce qu'il y a de plus important, 
c'est que, non-seulement on l'appliquoit comme 
aujourd'hui à certains corps, mais à tout corps en 
général, aux ordres ecclésiastiques ou religieux, 
aux compagnies des magistrats, aux corps de villes, 
même aux corps de méliers ou simplement aux 
assemblées en général, comme l'interprète leGloss. 
de Marot, p. 45. 

^'ous allons justifier tout cela par des exemples. 
Dans la Chron. de S' Denis, on lit que Charles V fit 
donner, pour la naissance de son fds, en 1368, 
« 20 mille florins, ou nlus aux collèges de Paris ». 
(Chron. S' Denis, T. III, fol. 8.) On trouve aux 
ordres de Paris, dans le même endroit de la Chron. 
de Nangis : « .\ux funérailles de la reyne Jeanne 
« femme de Charles V, esloient tous les collèges, et 
'■ ordres mendians de Paris. >• (Chron. .S" Denis, 
T. III, fol. 37.) On a dit un collège de religieux de 
l'observance de S' Dominique. (J. d'Auton, Ann. de 
Louis XII, p. 107, an 1502.) On voit (ibid. p. 83) 
« près de Pavie, est la Chartreuse, qui est un des 



(t) Voir plus haut ei^Ieliers. (N. E.) 

ri) « Les collèges n'étaient à l'origine que des pensions exclusivement habitées par des boursiers. On fondait huit 
bourses, dix bourses, avec un très-petit revenu pour chacune, quelquefois deux sous , trois sous parisis par semaine. 
C'était une œuvre pie. comme la fondation d'un hôpital. Le colléijç de Saint Thomas du Louvre , dont la création remonte 
au XII' siècle, était à la l'ois hôpital et collccje ; il finit par n'être qu'un couvent. Les boursiers demeuraient ensemble dans 
les bâtiments du ro/te/e et y prenaient leur pension, sous le gouvernement d'un principal, assisté le plus souvent d'un 
sous-maître. Quand le collège était plus important, le fondateur y ajoutait un ou plusieurs chapelains ; il n'y avait d'ailleurs 
nul enseignement ; les étudiants fréquentaient les écoles de la rue de Fouarre... l'eu à peu l'usage se répandit d'ouvrir des 
classes dans les collèges, qu'on appelait les collèges célèbres. Il v eut alors les petits collèges, qui n'étaient que des pensions 
de boursiers ; des collèges, d'une importance intermédiaire, oii l'on faisait à l'intérieur quelques classes d'humanités , sauf 
à aller chercher au dehors l'enseignement des classes supérieures et enfin les collèges célèbres , qui prirent le nom de 
collèges de plein exercice, et où l'enseignement était complet, comprenant les arts ou humanités, c'est-à-dire la grammaire, 
la logique et la théologie. » (.T. Simon, Réforme de renseignement secondaire, p. 20l)-'2l)2,) — Dans les derniers temps, le 
nombre des f()//«f/cs de plein exercice se trouva réduit à dix : les (■.(/'t'jc.'j d'Harcourt . du Cardinal Leraoine , de Navarre, 
de Montaigu, du Plessis, de Lisieux, de la Marche, des Grassins, de Mazarin (ou des Quatre Nations; et de Louis-le -Grand 
(OU de Clermont). (n. e.) 



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103 - 



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« plus excellens, el soaiplueux collèges de loute la 
« chielleiilé. » 

On dislintiuoit collèges calliedvuux, el collégiaux. 
(Froiss. liv. IV, p. 13.) « A l'enti-ée de la reyne Isabelle 
« dans pMris, en -138!), ilevanl l'église Nostre-Dame, 
« en la place, révesqne de Paris esloil revéln des 
« armes noslre Seigneur, el loul le collège aussi, 
« où moult avoit grand clergé, et la descendit la 
<■ royne. » (Ibid. p. 4 (!).) « Louis douze démembra la 
■' Guyenne, et érigea un autre parlement à Rour- 
<. deaux, en fan 140î>, à Grenoble en Daupbino un 
" autre par Louis XL Tan L-ir)3, qui s"ap|i(;lloit le 
« collège (]es juges, auparavant conseil érigé par 
« Humbert, ou Hubet daupbin de Viennois. " 
(Miraum. des Cours souver. p. 03.)Eiist.Descbamps, 
déclamant contre le mauvais gouvernement du 
royaume, qu"il désigne sous le nom du Lion, s'ex- 
prime ainsi : 

... Le parlement des bestes, 

Ou il ot Ix, el X testes 

Fut divisez, et en trois corps. . . 

. . . L'un des corps, qui fut premiers, 

Conservoit, des officiers 

D'entour le roy, les privilèges : 

Li second des autres collèges (2). 

Eust. Dcsch. Pues. MSS. fol. 465, col. 2. 

" Pour avoir collège, ne faut avoir que assemblée 
' de trois, el non de moins. » (Bout. Som. Rur. 
p. 790.) « En privilège, est communément contenu 
'• plusieurs cboses, touclians les estais des villes, ou 
« collèges qui les privilèges ont, qui n'est pas de 
« nécessité de monstier. » fibid. p. 637.) « Dans la 
« susdite vide, il y a un collège d'hommes, que l'on 
« nomme arpenteurs, diviseurs, ou experts, qui. 
" par chacun an, sont renouveliez par la loy. » 
(Coul. de iNieuport, Nouv. Coût. Gén. T. I, p. 737.) 

On disoil droit de collège, pour commune ou 
communauté. (Voyez La Thaumass. Coul. de Berrv, 
p. 240.) 

VARIAXTES : 

COLLÈGE. Orth. subsistante. 

CoLLiEGE. J. d'Auton, Ann. de Louis XH, fol. 75. 

CoLL£AGE. Vig. de Charles VII, T. II, p. 27. 

Collégial, adj. Nous disons église collégiale, 
mais nous ne disons plus collégial. On employoil 
autrefois ce mol comme épithète de chanoine, pour 
distinguer le chanoine d'une collégiale, du cathe- 
dral, ou du chanoine d'unr cathédrale. (Eust. 
Desch. Poës. .mss. fol. 40.". (3).j 

On disoit aussi, au pluriel, collégiaux, et l'on 
donnoit ti Toulouse ce nom à ceux qu'on appeloil 
boursiers. Pasquier, parlant de la fondation faite 
dans les collèges pour les écoliers pauvres. » Ces 
« escoliers furent en la ville de Tholose appeliez 
« collégiaux (i), comme enfans des collèges, et, en 
" l'université de Paris boursiers, comme eslans 



« nourris, et aliuienlez de la bourse commune de 
« leurs fondateurs. >■ (Pasq. liech. p. 701.) 

Collégiallenient, adv. Conjointement. En 
commun. ■• Les curtz, cbappellains, et autres bene- 
« ficiei's gouvernaus en particulier, el non collé- 
" gialemenl, etc. (Coul. de Hainaull, Nouv. Coul. 
Gén. T. Il, p. 134.) 

Collegiate, adj. nu fém. Collégiale. On trouve 
église collegiate, dans le Coût. Gén. T. Il, p. 1053. 

Colléfiié, adj. Associé. Du mot collège ci-des- 
sus, pour .société. François Chevalier, qui vivoit 
vers quinze cenl cinquante, prend, dans le litre 
d'un rondeau, la qualité de collégié du collège de 
Foix à Tholose. (Gonj. Bibl. fr. T. XI, p. 102.) 

Collégien, subsl. masc. Chanoine d'un collé- 
giale. Le nom générique de collégien étoit autre- 
fois particulièrement affecté aux chanoines d'une 
cathédrale. 

En cel temps, les processions, 
Chanoinnes, et collégiens 
Alerent, de toute partie, 
.V grant doulor, etc. 

Hisl. de Fr. à la suilc du Rom. de Fauve), fol. 88. 

Colleniant, subsl. masc. L'action de coller. En 
latin coagmentalio. (Dict. de Monet. — Voy. Nicot, 
Rob. Eslienne, Oudin, el Cotgrave.) 

Coller, verbe. On a dit, en termes de marine, 
coller les voiles, pour tendre, déployer les voiles. 
« S'en partirent del port : si collèrent lor (5) voilles, 
" et s'en allèrent. » (ViUehard. p. 155.) 

Collei'age, sul)St. masc. Droit sur le vin. On 
lit, en ce sens, droit de tirage, et de collerage, 
dans Laur. Gloss. du Dr. fr. (Voyez Colgrave et 
Oudin.) 

Collerette, sî;?;s/. fém. Faux camail de mailles. 
(Voyez Gloss. de l'IIisl. de Bretagne.) C'est dans ce 
sens qu'il faut entendre le passage suivant: « Item 
« 3. coleretles Pizaines (0) dejazeran (ponrgorgerin, 
" ou hausse col) d'acier», dans un In vent.' d'ar- 
mures, cité par Du Cange, au mot Armalura (7). Le 
mol collerette subsiste; mais ce n'est que pour 
désigner un ajustement de femmes. 

VARIANTES : 
COLLERETTE. Orth. subsistante. 
CoLERETTE. Oudin, Dict. 

Collereus, adj. Sujet à la colique. Tourmenlé 
de colique. 

j'estoie plus dolereus, 

Que ne soit vos corps collereus. 

Froissarl. Po.'s. MSS. y. 104. col. 2. 

Collerie, sul>sl. fém. Bourde, mensonge. 



(i) Comparez éd. Kervyn, XIV, 12. (N. E.) 

(2) Au fol. .524, il écrit : « Plus n'ont nulles élections Les abbayes, les collèges, Abatu sont les privilèges. » (N. E.) 

(3) « Chantres, doyens, princes chanoines. Cathedraulx et coUegiaulx, Registreurs et officiaulx. » (N. E.) 

(4) On les nommait aussi eoliegeals. (Voir Du Cange sous collegiali.) (N. E.) 

(5) Voir éd. de Wailly (§ 377, §379) ; entendez roulèrent, que donnent d'autres mmss. (n. e.) 

(6) De Pise. (n. e.) 

(7) Du Cange, II, 308, col. 3. (x. k ; 



co 



— 104 - 



co 



Pierre nrosnot, faisant allusion au nom du poëte 
Roger de Collerye, a dit : 

Maistre Uoger de Collerye 
C'est un docteur de rollerie, 
A faire épistres, et rondeaux : 
Il les compose très fort beaux. 

Couj, liiljl. T. X, \i. 38;î. 

Dans le langage bas et trivial, ou dit encore une 
coHe (I), pour un mensonge. 

«jlollcrs, subst. masc. plur. Ce mot, dans le 
passage suivant, paroit signifier un oiseau bon à 
manger : 

Jambons et oz, corz, piez rostiz 
Plouviers, et collers en hastiz. 

Bal. de Quar. MS. de S. Germ. fol. fll, V col. 2. 

Colles, subst. fétu. plur. Flegmes, crachats *. 
.leunes tailles^ ("2). 

*0n a dit. au premier sens, en style burlesque 
ou bus : ■ il soupire, et en soupirant jette des 
« colles plus grandes ([ue liuilres, ou médailles 
.. antiques. » 'ilerl. Cocaie, T. I, p. 177.) 

^ On appeloit les bois taillis nouvellement coupés 

jeunes colles de bois -. Nous disons jeunes tailles. 

Que nul ne laisse ses chevaux, jumens, beste à 
' corne, boucq, chèvre, ne autre, aller brouster es 
" jardins, bayes nouvelles, taillées, el jeunes colles 
" de bois, etc. ■■ (Coût, de Mous, Coût. Cén. T. I, 
11. 833.) 

Collet, subst. masc. (3) ^ous ne rapporterons, 
sur ce mot subsistant, que deux passages qui rappel- 
lent quelques-uns de nos anciens usages : 

Le [iremier est de Rabelais : « Les damoiselles 
" de ceste ville avoient trouvé, par instigation du 
« diable d'enfer, une manière de collets, ov cache 
« coulx à la haulte façon, qui leur cacboient si bien 
» les seins, que l'on n'y pouvoit plus mettre la 
" main par dessoubs; car la fente d'iceulx elles 
" avoient mise par derrière, et estoient tous clos 
« par devant, dont les paovres amans, dolens, con- 
« templalifs, n"estoienl bien contens. » (Rabelais, 
T. II, p. !7i.) 

Le si^cond passage est de Montaigne. Il nous 
apprend l'usage oîi l'on étoil autrefois de porter 
des collets remplis de tleurs odorilV'rantes, comme 
sont nos sachets. L'babitude d'une chose nous la 
rend insensible. « Mon collet de fleurs sert à mon 
« nez, mais, après ijue je m'en suis vestu trois 
« jours de suitle, il ne sert qu'aux nez des assis- 
« tants. " (Essais de Montaigne, T. 1, p. Hl.) 

On disoit se Joindre collet à collet, pour corps à 
corps. (Voyez .Mém. de Monlluc, T. 1, p. 450.) ">'ous 
disons aujourd'hui se colleter. 

CoUetage, subst. masc. Tailles, aides, sub- 
sides. Droits qu'on lève sur le peuple. (Cotgrave, 
Dict. ; Laur. Gloss. du Dr.fr.; Monstrelet, Vol. I, 



fol. 131 ; Du Catige au mot Collectio, sous oollecfai, 
II, 430, col t>.) 

v.\RiANTi:s : 
COLLETAGE, Collf.ctage, Colletaige. 

Colletin, subst. masc. Pourpoint sans man- 
ches. Ce mot se trouve encore employé dans nos 
dictionnaires modernes. « C'est un simple pour- 
" point, ou saie sans manche, de peau, cuir, ou 
" autre élotfe ", selon Moiiet, Dict. (Voyez Oudin et 
Cotgrave, Dicl., 

1. Collette, subst. fém. Nom propre. Faire la 
sœur Collette, ancienne façon de parler qui répond 
à ces expressions populaires : faire la sucrée, 
la sainte ÏNitouche. 

Qu'on luy parle d'amoiirette. 
Elle l'ait la sœur CoUettr, 
I,a mignonne, el la doucette, 
Gomme une simple nonette. 

Pois de Pcrriii, p. îto. 

2 Collette, SH/^sL/'e'm. Collecte. Peut-être faut-il 
entendre parce mol, qu'on trouve dans des lettres 
écrites par des écoliers d'Orléans à leurs pères, 
une espèce d'imposition qu'ils étoient obligés de 
payer. 

Et pour mes coUeUea paier. 
Et la burette, et an barbier. 

Eusl. Desch. Poès. MSS. fol. 45:!. col. t. 

Colleus, subst. masc. Trompeur. Ce mot est 
forme de colle, qui, en langage lias et populaire, 
signifie encore aujourd'hui bourde, tromperie. 
(Falconnet.) 

Donc envoia, en pUisors lews, 
Ses espies, et ses colleiis. 

Rom. de Ruu, MS. p. 1G5. 

CoUeiix, adj. Qui colle. (Dicl. de Cotgrave.) 
On a dit glue colleuse. (Epith. de M. de La Porte.' 

Collier, subst. masc. Ornement propre aux 
hommes *. Partie d'une armure ^. Colet, lacet '^. 
Partie du cerf. Ce mot, qui subsiste sous cette 
orthographe, conserve plusieurs acceptions. Nous 
ne parlerons que de celles qui sont hors d'usage. 

* Au premier sens, le collier désignoit un orne- 
ment que les hommes portoient au cou. La dame 
qui aimoit le jeune Sainlré lui dit : » Vous aurez 
« collier, et chaîne, ceintures de Bahaigne (Bohême) 
« robbe de damas, et autres biens assez ; mais que 
" soyez loyal, secret, et homme de bien. » (Petit J. 
de sàintré, p. 110.) 

^ C'éloit aussi la partie de l'armure qui couvroit 
le cou. « Harnois d'acier de double trempe, bain, 
'■ blanc, et bruni, tous accomplitz de toutes pièces 
« de heaumes, avec les pennaches, visières, men- 
« tonniercs, et barbutes, gorgerains, jaserans, col- 
« tiers, haules pièces, avant-bras, ganteletz, etc. » 
(Alect. Rom. fol. 79. — Voyez ci-dessus Coi..) 

^ On s'en servoit encore, pour signifier un petit 



(I) Voyez ce mot. (n. e.) 

(2^ Colle a le sens de menterie depui-s le xv siècle : « Dames ne sont mie si lourdes... Pour leur faire acroire merveilles. 
Elles changent si souvent leurs colins. » (Al. (Hiartier, la Belle Dame sans mercy.) Oudin (Curies, fr.) relève l'exiiression 
suivante : « Donner on ficher la colle. » (n. e.) 

(.3) Voyez colcl. (y. e.) 



co 



105 — 



co 



filet de corde ou de crin, avec un nœud coulant, 
tendu dans un passage étroit, avec lequel les lapins, 
les chats, etc., se prennent par le col quand ils y 
passent. Ce mot est employé figurément dans ces 
vers : 

. . . fortune le retorne, et le ratrape, 

Se li brise le col en coiier (1), ou en trape. 

Fabl. MSS. du R. n- 1218, fol. 21S, R' col. 2 (2). 

VARIANTES (3) : 
COLLIER. Orlh. subsistante. 
COLIER. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 248. 
CouLLiER. Modus et Racio, MS. fol. 50, R". 

Colliere, subst. féiii. Collier. Partie du Iiarnois 
d'un cheval de trait : « Pour 6 pièces de camocas 
« blans à faire '2 harnois de cheval ; c'est assavier 
« (à sçavoir) colliere, crupiere, bannière, panon- 
« ceaux et tanicle. » (Compte de 131C, cité par 
Du Cange, au mot Tunica.) Dans un inventaire 
d'armures et équipages, ou trouve : <■ deux paires 
« de couvertures batues, et une coliere des armes 
« le roy. » (Id. au mot Armatura.) 

VARIANTES : 
COLLIERE. Du Gange, Glcss. lat. au mot Tunica. 
CoLiERK. Id ibid. au mot Ar7naliifa. 

CoUigance, subst. fém. Liaison, collection (4;. 
(Dict. de'Cotgrave.) 

VARIA.NTES : 
COLLIGANCE, Colligence. 
COLLIGUANCE. Rabelais, T. III, p. 20. 

Collision, subst. fém. Terme de grammaire. 
Ce mot, qui subsiste avec la signincalion de choc, 
frottement, désigne, selon Fabri, le défaut d'une 
phrase dont tous les mots qui s'y trouvent com- 
mencent par un S. (Voyez Fabri, Art. de P.hélor. 
fol. 62, V°, à l'article cblision, où il renvoie aux 
ballades de Mtisnier faictes de Paris à Rotien, avVicle 
j'renum.) 

Nous remarquerons (|ue tout ceci prouve l'igno- 
rance de Fabri, qui a appliqué ce mot mal à propos 
pour désigner ce que Marlianus Capella exprime 
mieux par le nom Polijsigina. Dolel emploie ce mot 
pour élision, synalèphe, \i2.ure ([ui mange la voyelle 
dans la prononciation seufemenl, à la différence de 
l'apostrLqihe ([ui la supprime dans l'écriture. (Dolet, 
des Accents françois, p. 2S'2 etss. — Voyez ci-après 

SVNAI.EPIIE.) 

VARIANTES : 

COLLISION. Orth. subsistante. 
CoLisiON. Fabri, Art. de Rhét. fol. 62, V». 

COLLISSION. 

Colli-torti. On disoit aussi tortl-colli, pour col 
de travers, vulgairement torticolis. (Voyez Bouchel, 
Serées, liv. I, p. 37, et Torticolis ci-après.) 



Collocution, subst. fém. Colloque, entretien. 
Conférence. - Si j'avoye eu autant de collocution à 
« une personne, j'en soroye plus fier, et plus che- 
« valereux en la journée. » (Percef. Vol. 3, fol. 135.) 

Collogne, subst. fém. Nom de lieu. Nous ne 
le citons que pour remarquer ces proverbes. On a 
dit : 

1" Espée de Collogne. (Prov. à la suite des Poës. 
MSS. avant 1300, T. IV, p. 1652.) (5) 

2° Broignes de Queneloigne, pour cuirasses de 
Cologne. 

3° On disoit aussi : 

Se il fust fins amans, ne l'feist por Couloingne. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 260, V col. 2. 

C'est-à-dire ne l'eut pas fait pour un empire. 

VARIANTES : 
COLLOGNE. Poës. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1652. 
COULOIGXE. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 269, V» col. 3. 
Kalogne. l'h. Mouskes, MS. p. 294. 
Queneloigne. Blanch. MS. de S. G. fol. 190, V» col. 3. 

QUENELEX. 

Gollogiii. [Intercalez Collogui, louage, conven- 
tion, dans un texte semi- provençal du i-eg. ,I.J. 187, 
p. 4!), an. 14.")7: ■■ Item es ordenat que nul maisire 
<> de la présent civital ne aie à bailler par maniera 
« de collogui ny arenda, ny bailler pour gouverner 
« à aucun varlet ou maistre dudit mèstier son 
« abrador. »] (n. e.) 

CoUonnette, subst. fém. Diminutif de co- 
lonne. 

La base d'une coUonnetic. 

Pops, de Rem. Bellcau, T. I, p. .55. 

Colloque, subst. mase. Ce mot paroi; avoir été 
nouvellement introduit du temps de Montluc, qui 
dit, en parlant des troubles de la religion : <• Voyois 
" aussi des noms estranges de surveillons, diacres, 
« consistoires, synodes, colloques, n'ayant jamais 
>' esté déjeusné de telles viandes. » (Mém. de Mont- 
luc, T. Il, p. 3, an 1500.) 

CoUoquer, verbe. Etablir, marier. (Gloss. de 
Marot.) Brantôme, parlant de l'alfachement qu'Isa- 
belle d'Autriche, femme de Charles IX, avoit eu 
pour la France, ajoute: •■ Voilà la bonté de celte 
" bonne princesse, à l'endroit du pays où elle avoit 
" eslccolloquéeîG). « (Branl. Dames uail. T. ii, p. 90.) 

Colliiche, subst. fém. Nom factice. Voici le 
passage où nous le trouvons : » Estoit au front 
« devant dame Ameline, pinchevcel et colluche 
« perée, dame Ameline la rechignée, et plusieurs 
« autres vaillans femmes, et sages es ars de Sor- 
« chérie, de quaraux, de maquelerie. » (Modus et 
Bacio, MS. fol. 297.) 



(1) Ce sens est aussi dans Montaigne (II, 170) : « Une chasse qui se conduict plus par subtilité que par force , comme 
celle des coHers. » (n. e.) 

(2) Voyez colcr et la note 1, p. 98; colins et la note 2, p. 99. .Au xiii« siècle, on appela collier une courte pèlerine couvrant 
les épaules. (Quicherat, Costume, 196, 197.) (N. E.) 

(3) La forme coler est dans Partonopex (v. 18 19). (N. E.) 

(4) On lit dans Christine de Pisan (ch. V, II, 63) : « Toutes choses sont jà mises en ordre, et en cel ordre a telle colliguence 
que les unes sont subgiectes aux antres. » (N. E.) 

(5) Voyez le Dit de 1 .Apostoile (xiw siècle) et Leroux de Lincy (I, 284). (N. E.) 

(6) C'est déjà le sens dans Oresme (v. Thèse de Meunier) : « Tous ceulx qui sont colloquez et demeurans environ 
la mer. » (n. e.) 

IV- 14 



co 



106 



GO 



Collucté, adj. Luté, joint. (Wct. de Borel, 
l"'arid.) 

Collusion, subst. fém. Complot. Ce mot sub- 
siste comme terme de pratique. 11 étoit d'un usage 
plus étendu. » Après laquelle composition, ou pour 
" mieux dire collusion, les deux caporaux en aver- 
« tirent du Bellay i^ouverneur de Turin. » (Mém. 
du Bellay, liv. IX, fol. 299.) 

Colo, subsl. fém. Société d'artisan. Mot langue- 
docien, selon Borel, au mot Cole. » C'est une ti'oupe 
•' d'artisans liguez ensemble, pour entreprendre 
" quelque ouvrage de leur meslier. « 

Colobe, subst. Espèce de pourpoint. Sorte de 
camisole sans manches, ou avec des manches fort 
courtes, selon la description qu'en donneDuCange, 
au mot Colobium; tunica, sine manicis,vel saltem 
brevioribus. 

Cologuon. (Voyez Coloigne.) 

Coloié, partie. Frappé. Du mol col, pris dans 
le sens de coup. (Voyez ci-après Colt.) 

Diex qui fustes pris à la Çaine (Cœna), 
A grant dolor, et à grant paine, 
Fuies batus, et coloiez, 
Et escopiz, et iedengiers. 

Fabl. MSS. du R. »• 7218, fol col. 1. 

1. Coloier, verbe. Cultiver (l). Du latin cotor. Ce 
mot paroit employé en ce sens, dans ce passage : 

Qui moult sovent a foloié, 
Desor à bien fere colie. 
Et si a tant coloié 
Que la virge nete, et polie 
L'a si enoint et oloié 
Qu'il a trové rime jolie. 

Fabl. MSS. du R. n- 1-218, fol. 180, R- col. I. 

2. Coloier. [Intercalez Coloier, donner des 
colées (Du Gange, II. 425, col. I): 

Je r vi liui main si coloier 
Et escoupir et laidengier. 

Cette citation doit être extraite du même ouvrage 
que la précédente.] (n. e.) 

Coloigne, subst. [cm. Quenouille. 

Et besche, et coloigne (2), et fusel. 
Leur apporta pour labourer. 

Rom. de la Violelte, cité par Du Gange au mot Conitcula. 

Femme trouvay, enmy ma voye, 
Dont l'une filloit sa coulongne. 

Eusl. Deschamps, Poës. MSS. fol. 110, col. 4. 

De ce mot, sans doute, on a formé cologuon, qui 
signifie filasse en lyonnois. 

VARIANTES : 
COLOIGNE. Du Gange, au mot Coiiucula. 
Coulongne. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. HO, col.i. 



CoNOiLLE. Modus et Racio, MS. fol. 297, R». 
Kenoille. Fabl. MSS. du R. n" 7989, fol. 212, V" col. 1. 

Colomb, sulist. viase. Pigeon. (Voyez Borel, au 
mot Colombeaux .) " Le roy Jean, l'an 1390, institua 
« l'ordre des chevaliers du S' Esprit : et fit faire 
" des colliers d'or, en forme de rais du soleil, dont 
« pendoit un colomb blanc, etc. ■> (Belay, Orig. de 
la Cheval, p. 3.31.) 

Les longs baisers des colombs amoureux, 
Par leur plaisir, firent croistre ma peine. 

Œuv. de Joach. Du Bellay, p. 17. 

Un poëte, s'adressant à la S" Vierge, dit : 

Tu es le coulon sans amer, 

Qui porte aux chetis lor message. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 179, V col. 1. 

Il paroit difficile de donner la raison pour 
laquelle S" Geneviève et S' .lean sont si singuliè- 
rement désignés dans ces vers : 

S"^ Geneviève aus coulons (3), 
Et vous S' Jehans U roons, etc. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol, 232, V col. 2. 

VARIANTES (A) : 
COLOMB. Du Dellay. p, 71. 
Colon. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 202. 
CoLUMB. Nicot, Oudin, Dicl. 
CoLOMP. Modus et Racio, MS. fol. VSi, V°. 
Coulomb. Clém. Marot, p. 236. 
CouLOMP. Modus et Racio, MS. fol. 172, R*. 
Coulon. Coquillart, p. 75 (5). 
CouLLON. Cotgrave, Dict. 
Colons. Estrub. Fabl. MSS. du R. n» 799(5, p. 88. 

Colomba, subst. nuise. On appelle ainsi, dans 
quelques cantons d'Auvergne, une espèce de pains 
ou gâteaux que les parrains ou marraines donnent 
tous les ans, la veille de Noël, aux enfans qu'ils 
ont tenus sur les fonts baptismaux. Du Gange, au 
mot Pompa 2, conjecture que ces gâteaux étoient 
ainsi nommés de ce qu'ils étoient faits en forme de 
pigeon. 

Colombage, subst. musc. Cloison de mortier 
ou de terre. (Dict. d'Oudin.) Il auroit mieux dit 
cloison de charpente, vrai sens de ce mot encore 
en usage, comme terme de charpenlerie (6). 

Colombain, adj. Qui tient du pigeon. Qui est 
de la nature du eolomb, aujourd'hui pigeon de cou- 
leur; gorge de pigeon. (Cotgrave, Oudin, Dict.; 
Epith. de M. de La Porte.) 

VARIANTES : 
COLOMBAIN. 
CoLOMBiN. Oudin, Dict. 
CouLOMBiN. Id. ibid. 

Colombe, subst. fém. Colonne. C'est la vraie 
signification de ce mot, selon son étymologie, du 
latin eolumna ; mais il ne subsiste plus que pour 



(1) Voyez plus haut Collier, (n. e.) 

(2) Au reg. JJ. 86, p. 77, an. 1358, on lit: « Et lors quant ladite .Tehanne oy ces paroles , prist sa coloiyve et en feri le 
suppliant trois coups sur la teste. » Au reg. JJ. 108, p. 371, an. 1370, on lit encore : « Ledit Guiot print une quelongne de 
cane, de laquelle il la fery plusieurs cops, tant que ladite quelonrjne brisa sur elle. » (n. e.) 

(3) Il y avait sur la montagne S'" Geneviève un hôtel dit des Coulons. (Voir Quicherat, Hist. de S"= Barbe.) — S' Jean le 
Rond étail une chapelle située à gauche du portail de Notre-Dame. (n. e.) 

(4) On lit déjà dans Eulalie : « In figure de colotnb volât à ciel. » (N. e.) 

(5) Cette forme est dans la Rose, v. 120i, et dans Joinville (S 163), et dans Froissart, éd. Kervyn (.K, 169). (N. E.) 

(6) On lit au reg. JJ. 207, p. 54, an. 1480 : k Guillaume le Royer avoit marchandé faire de son mestier de sayeur de bois 
cent toises de repartaige, partie chevrons à maison, et partie à coulombage. » (n. e.) 



GO 



107 — 



GO 



(U^signer les solives posées perpendiculairement et 
en forme de colonnes, pour faire des murs ou cloi- 
sons. Autrefois, on disoil colombe, pour colonne. 
« Le lièrent h une co/omfce. >> (Chron. de S' Denis, 
T. I, fol. 30.) 

S'a une église, j» 1' vos di, 
Sor bieles colombes de marbre. 

Ph. Mouskcs, MS. p. 271. 

" Colomneque aucuns appellent le Perjurrere. » 
Nom de lieu, peut-être à cause d'une colonne élevée 
en mémoire de quelque parjure. (Perard, Hist. de 
Bourg-, p. 503, til de l'iGl.) 

On le disoil même, au figuré, pour désigner ce 
que, dans un livre, nous appelons colonnes. On lit: 
Un écrit à deux colombes, dans l'Inventaire des 
livres de Charles V, art. 78. 

On pourroil l'expliquer par appui, soutien, dans 
ces vers, où il est employé figurément : 

Hé bons roi Loeys, mireor de justice, 
Soustenans et colombe de toute sainte yglise. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218. fol. 3i0, V col. 2. 

Dans les Contes d'Eutrapel. on lit coulonne, et il 
semble marqué comme un mot peu usité alors. 

VARIANTKS : 
COLOMBE. Ph. Mouskes. MS. p. 274. 
Cor.OMNE. Perard, Hist. de Bourg, p. 503. 
CouLOMBE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 50G, col. 4. 
Colombes. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 26 (1). 
C.OLUMPNE. Villehardouin, p. 127 (2). 
CouLUMNE. Crétin, p. 58. 
CouLO.MNE. Oudin, Nicot, Dict. 
Coulonne. Contes d'Eutrapel. 

Colombeau, subst. masc. Jeune pigeon. (Cot- 
grave et Borel. Dict.) 

Or suis devenus coulombiaiix (3), 
Je ne puis mais fors que baisier. 

Eust. Doscli. Poi's. MSS. fol. 333. col. 2. 

On nommoit, selon Borel, étoffe à colombean.r, 
une étoffe où il yavoitdes figures de pigeon ; licite 
Perceval, dans son Dict. 

VATUANTES : 
COLOMBEAU. Dict. d'Oudin. 
(looLOMBiAU. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. .33.3, col. 2. 

Colombel. [Intercalez Colombel, jambage de 
porte: •> Icellui Huguenin d'une coigne qu'il tenoit, 
■■ se print h fcrir h un colombel, à quoi l'huis de 
<• l'entrée d'icelle maison se fermoit, et y frapa 
" plusieurs coups, tant oudit colombel comme au 
" sueil de dessoubz. ■• (.IJ. 145, p. 33, an. 13S)3.) On 
Irouve aussi colomheys: « Icellui prisonnier des- 
" sevra un colombcys de bois piastre, qui faisoit 
' closlure en partie desdittes prisons » (JJ. 148, 
p. 195, an. 1305.) Coulumbe se rencontré aussi: 
■• Lesdiz variés prirent une eschielle pour vouloir 
•■ entrer dedens ledit eslage, et emporter la cou- 
'■ tombe ou le maislre huis. >• (JJ. Hi, p. 185, 
an. 139'>.)](.N. e.) 



Colombelle, subst. fém. Diminutif de colombe. 
(Cotgrave, Dict. ; Epith. de M. de La Porte.) 

Toute belle, colombelle, 
Passerelle, tourterelle, 

Pot's. de ^acq. Tahoreau, p. 270. 

Il semble qu'on n'ait dit coulombel au féminin 
que pour la rime (4) : 

Simple comme est une coulombel, 
Et debonere comme a'ingnel. 

Fabl. MSS. du R. n- 721S, fol, 20i, V col. 1. 

VARIANTES : 
COLOMBELLE. Giles Dur. à la suite de Bonnef. p. 270. 
CoLUMBELLE. Crétin, p. 12. 
Coulombel. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 204, 'V» col. 1. 

Colombellement, adv. Comme la colombe. 

(En latin columbatim.) 

Baise moy tost roignardement, 
Baise moy colombellement. 

Poes. de Jacq. Tahur. p. 271. 

Colomier. [Intercalez Colomier, colombier au 
reg. JJ. 108, p. 135, an. 1375 : « Item eu ce mesmes 
« lieu [de Glon] un colomier assiz ou pourpris de 
» ladite maison. »] (n. e.) 

Colomneux. adj. Plein de colonnes. (Dict. de 
Cotgrave et d'Oudin.) 

variantes : 
COLOMNEUX. Oudin, Diot. 
COLO.MXEUS. Epith. de La Porte. 
COULONNEUS. Ibid. 

Colon, subst. masc. Cultivateur, métayer (3). 
o Les colons, ou conducteurs d'aucun héritage, ne 
« peuvent intervertir la possession du proprié- 
« taire. >■ (Coût, de Meleun, Coût. Gén. T. I, p. 109.) 
On écrit colonne, dans la Coût, de Bueil, au Nouv. 
Coût. Gén. T. II, p. l'235, où l'on appelle di'oit de 
colonne ce que quelques autres coutumes nomment 
mieux droit de colon, la portion qui appartient au 
colon, à celui qui a cultivé et ensemencé la terre. 
(Voyez la Coût, de Touraine.) 

Colonel, subst. inasc. Le mol colonel, suivant 
Brantôme, n'étoit pas encore en usage, du temps 
du chevalier Bayard. On peut voir dans cet auteur 
les reproches qu'il fait aux écrivains qui, remon- 
tant jusqu'à celle époque et parlant des anciens 
temps de notre milice, appliquoient le mot de 
colonel à des commandans de corps, qui n'avoient 
jamais eu que le titre de capitaines; cependant il 
cite Du Bellay, qui qualifie de colonel M de Guise, 
qui, h la bataille de Marignan.commandoit six mille 
lansquenets; mais il ajoute: «Certes il pouvoit 
« porter ce nom, car ou fut que les .allemands qui 
>' en a voient l'usaiie, le lui pou voient avoir donné, 
" ou qu'estant grand prince, il niéritoit bien d'avoir 
« un nom plus que le commun. » Il dit que le mot 
de colonel fut en règne au siège de Perpignan ; M. de 



(!) On lit encore au reg. JJ. lOO, p. 284, an. 1369 : « Ledit Jehan frapa tant à ladite porte que il rompi la coliimbe d'icelle 
et par force se ouvri. » (N. E.) 

(2) § 308 de l'édition de Wailly ; M. de Wailly édite coluijne d'après le ms. 4972 ; les autres portent au § 307 colombe ou 
cmilotnbe. (N. E.) 

(o> On lit aussi dans la Rose._v. 1283 : « Ains les veissiez entre aus deus Baisier comme deu.\ columbiaus. i) (N. E.) 



(4VH valait mieux dire- avec Ronsard (742) : « Icy le colombeau baise sa colombelle. » (N. E.) 
(!>) Dans Bercheure (fol. 93, v») on lit ; « Et les coulons, c'est les habitants de la ville. » (N 



•) 



co 



— 108 - 



co 



Brissac éloit alors colonel de toute l'infanterie fran- 
çoise ; M. de Strozze, dit-il ailleurs, ne prit jamais 
le titre de colonel, mais celui de maître de camp de 
la garde du roi. On voit, dans les Contes d'Eiitrapel, 
que les mots colonel ou eolumel furent substitués à 
celui de conmal, qui étoit en usage auparavant. 
Brantôme propose différentes étymologies de ce 
mot. 

Le nom de colonel a été donné aux commandans 
des coi'ps qui n'avoient point de colonel yénéral, et 
le nom de mestre de ca)np à ceux qui en avoient. 
Gomme la cavalerie, dont la plupart étoit étrangère 
à la réserve des compagnies de ctievau-légers, 
n'avoit point de colonel général, les commandans 
des régi mens de cavalerie furent nommés colonels, 
tandis que ceux de l'infanterie, qui avoient un 
colonel général, étoient nommés mestres de camp. 
Les choses ont changé depuis. L'infanterie a cessé 
d'avoir un co/oMf/ô'(;«eVa/(l), et la cavalerie, qui n'en 
avoit point, a commencé d'en avoir un : alors (;.'a 
été rinfaiiterie dont les commandans ont été appelés 
colonels, et c'est alors que ceux de la cavalerie ont 
pris le nom de mestres de camp ; de là, vient la 
variation de nos écrivains qui se servent du mot de 
mestre de camp, quelquefois pour le commandant 
d'un régiment de cavalerie, et d'autres fois pour le 
commandant d'un régiment d'infanterie. Brantôme 
reproche à l'historien Baradin (lisez Paradin) d'avoir 
confondu \Qmoicoloneli3iwe<iCQ\m^emestredeeamp. 
(Voy. Brant. T. IV, p. 3t) et suiv.)(2) Le même T. III, 
p. 183, en parlant de l'état de colonel, dit : « Qu'en 
« tel estât ne faut point qu'un poltron y entre, et 
« qui y enti'e, et le fait bien sans reproche, croyez 
" hardiment qu'il est brave et vaillant. » On lit (id. 
T. 4, p. 329) que M. de Bonnivet « tenoit ordinaire- 
« ment très-bonne, et longue table, bien garnie à 
« tous venans, car c'est ce que le soldat demande ; 
« et puis ordinairement tables et dez de colonnels 
« aucuns disoient, tables de capitaines. » (Voyez 
sur les colonels, Qi sur les divers co/o/u'/s rjénéraux, 
le P. Daniel, Mil. fr. T. I, livre III, p. ï()4, el Du 
Gange, Gloss. latin, au mot Coronellus (3j.) 

VAKIANTES : 

COLONEL. Orth. subsistante. 
CouoNNEL. Brantôme, T. IV, p. 320. 
CORONEL. Rab. T. IV, p. 157. 
CoBRONEL. Mém. de Du liellay, T. V, p. 327. 
CouRONEL. Du Tillot, des R. de Fr. p. 282. 
CoRON.\L. Oudin, Dict. Pasq. Rech. p. 723. 
CoLUMEL. Contes d'EutrapeL 

Colongner, verbe. » Quant le Irait vint parmy 
« les chevaulx commencèrent ù tourner les testes, 
« ou ils avoient les croppes, les lances commence- 



« rent à colongner [i] les unes parmi les autres, ek a 
« se mesloier. » (Le Jouvenc. ms. p. 492.) 

Colongnois, SHbs^ masc. Monnoiede Cologne. 
« Mes maisires qui cest meslier m'aprist, m'en- 
" charja que, en quelque terre ou gevenroie,quege 
« ne preisse c'un denier de la monnoie de la terre ; 
« à Londres en Angleterre, un esterlin; ù Paris, un 
« parisi : au Mans, un mansois : à Colloigne, un 
« collonguols : à Dijon, un dijonnois. ■> (Erber. ms. 
de S. G. fol. 90.) 

VARIANTES : 

COLONGNOIS. Erber. MS. de S. G. foL 90, R» coL 1. 
CoLoiNGNOis. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 291, V» col. 1. 

Colonia, subst. Terme de procédure. Dans le 
Béarn, ce sont des dommages et intérêts. (Voyez 
Laur. Gloss. du Dr. fr. qui renvoie au mol Caleiige.) 

Coloniere. [Intercalez Coloniere, lenure d'un 
colon au ms. fr., anc.9484,2, fol. 132, r", an. 1364: 
» Eslienne de Vaillant chevalier... a donné... à l'é- 
« glisede Quincy...la maison dessoubs lavigneetle 
« pressoir et tous les vaisseaux elVà coloniere eiùous 
« hommes qu'il avait eu la ville de Bellenol. »] (n. e.) 

Colonnelle, adj. an fém. On trouve: « Messiré 
« Loysd'Arbou ville chevalier, lieutenant des bandes 
« coronalles de France », dans la Coût. d'Estampes, 
Coût. Gén. T. I, p. 247. On substitua, dans la suite, 
au mol coronale, celui de colonnelle, et c'est à ce 
sujet qu'on lit dans Pasquier : « A mou granl regret 
« dii'ay cavaleiie, infanterie, enseigne colonnelle, 
» esiiuadrons, au lieu de chevalerie, piétons, ensei- 
« gne coronale, bataillons : mais pourtant en use- 
" ray-je, puisque l'usage commun la gaigne. » (Lett. 
T. I, p. 105.) 

VARIANTES : 
COLONNELLE Pasq. Lett. T. I, p. 105. 
Coronale. Coût. Gén. ï. I, p. 247. 

Color, subst. fém. {ï>)Lele\n[. Un amant se plaint 

des rigueurs de sa maîtresse en ces termes : 

Hé Diex ! et qu'en fera lùl las? 
Moult doi haïr son mireor, 
Qui voir li dit de sa cnlor ; 
Quar s'il li mentoit un petit, 
Mains s'en feroit proier, ce quit. 

Parlon, de Blois, .MS. de S. G. fol. 158, P.* col. 3. 

Colorie, adj. au fém. Vermeille. 

Tant le vit graille, et escarnie 
Elance, et gente et colorie (6) 
Les ex rians, et bel le front : 
Il n'a si bêle en tôt le mont. 

Fabl. MSS. du R. n- 7989, fol. CG, V col. i. 

Colol'ir, verbe. Colorer. On lit dans le sens 
propre : 

De sang, et de cervel la place colorlr. 

Rora. de Dooii. cité par Faiich. Long, et Poès. fr. p. III. 



(1) Depuis 1661. (N. E.) 

(2) Brantôme consacre un de ses discours aux colonels de l'infanterie française. (N. E.) 

(3) D'après un texte Espagnol du xvF siècle. La forme colonellus est dans Rymer (t. XVI, p. 14, col. 1.) (N. e.) 

(4) Voyez plus haut coloigne, au sens de quenouille, (n. e.) 

(5) La forme color a au xiF siècle le sens de couleur (Romancero, p. 49) ; « Bêle Erembors à la fenestre, au jor, sur ses 
genous tient paile de color. » Dans Roland, on trouve cutur (v. 441) et color (v. 3763). (n. e.) 

(6) On ht encore dans Raoul de Cambrai (143): « lilanche char ot comme tlors espanie ; Face verraelle com rose 
coiilor\c. » (N. E.) 



co 



— J09 — 



co 



Ce' mot est employé au figuré, dans les vers 
suivans : 

Colourenl (1) les faus, 

Et leur donent painture. 

Fabl. MSS. du R. n' 7615, T. II, fol. Un, V" col. I . 

VARIANTES : 
COLORIR. Fauch. Lan<;. et Poës. fr. p. Ht. 
COLOURER. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, f" 143, V» col. 1. 

Colot, subst. masc. Nom propre. Je cite ce mot, 
pour rapporter le proverbe suivant : ■' l^es cou- 
•■ teaux Jean Colot, l'un vaut l'autre. » (Diclionn. 
de Colgrave.) Ce Colot étoit un artisan de la ville 
de Troyes, connu pour une espèce de fol ; il portoit 
ordinairement sur lui trois mauvais couteaux dans 
la même gaine ("2). De lu vient ce proverbe. (Vovez 
Id. Ibid.) 

Colotes, subst. Sorte de lézard. Du grec xio).ioTiç, 
comme la plupart des noms des animaux dont 
parle Rabelais. On trouve colotes, T. IV. p. '274. 

Colper ou Copei*, verbe. Couper. » Li Grieu 
<i avoient le pont colpé. « (Villehardouin, p. 62.) 
. A tels i ol les lestes colpe%. » (Ibid. page 166.) 
" Boniface de Montferrat ot la teste colpée. « iUnd. 
page 208. — Loix Xorm. art. 13 (3).) 

Alez au bacon, s'en colpez 
Une charbonnée à Martin. 

Fabl. MSS. de S. Gerra. fol. 38. V- col. 3. 

Colporteresse, subst. fém. C'est le féminin 
de colporteur, mot subsistant. (Gloss. de l'Histoire 
de Bretagne.) 

Goltée, subst. féin. Coudée. 

Roiz fu Nabugodono.sor ; 
Une image fist faire d'or, 
Soisante collées, de haut tour, 
Et si.\ collées out, de laour. 

Rom. de Rou, MS, p. lir». 

Coluervre, subst. fém. Couleuvre. (Monet et 
Cotgrave, Dicl.) « Ce di prémièremenl que boz 
» (crapeau) ne le mordera, coluervre (4) ne le poin- 
" dra. » (Erber. ms. de S. Germ. fol. 00. i 

VARIANTES : 
COLUERVRE. Erber. MS. de S. G. fol. 90, R> col. 3. 

COLEUVRE. 

CULUEVKE. Fabl. MSS. duR. n» 7218, fol. 241, R» col. I. 

Colume. [Intercalez Coltime, colombier au reg. 
.IJ. 195, p. 439, an. 1470: » Le suppliant ala ouvrir 
« la feneslre d'une co/Hî/ie,... afin que les pigons 
■■ s'en pussent voler. »] (x. e.) 

Coluinelle, subst fé)n. Herbe*. Luette °. 

* Ce mol, usité parmi les lleunstes pour la tulipe 
rouge blaiicbe, semble avoir signifié, au premier 
sens, une espèce d'herbe potagère. « Un des secre- 
« laires de M. de Rosni, lui dit, dans une lettre qu'il 



« lui écrit, vous passiés le tems à cueillir vos 
" salades, les herbes de vos potages, et des cham- 
« pignons, colurnelles, et diablettes que vous 
■' accomodiez vous même, etc. » (Mém. de Sullv, 
T. I, p 257.) 

^Columelle, en italien columella, signifioit la 
luette, selon Oudin, Dict. ital.-lr. 

Colunge. [Intercalez Cotungc, peut-être tenure 
de colon, comme co/oM/erc ; « Exceptées aucunes 
« ranles de bief que l'an dit de colunges, lesquiex 
« je tien en lié de Oudol le Verdet escuier. >• (Cart. 
de Langres, an. 1300, Du Gange, II. 446, col. 2.) 
Colonge vient de colonia, et se retrouve comme 
nom de lieu dans le Rhône et l'Isère.] (n. e.) 

Colymbade, adj. au fem. On trouve olives 
coliimbades pour olives marinées, dans Rabelais, 
T. iV, p. 294. 

Com, adv. Comme*. Comment". Combien ■=. 
Quoique". 

*Au premier sens de comme, on disoit : « Com 
« vos avez oï. » iVilleliard. page 6.) « Ha las! com 
« malvais conseil orent. » ^ld. p. 114.) 

On a dil com de li, pour à sa place, comme lui. 

Se j'estoie com de li, 

Ceens n'auriez, etc. 

Fabl. MSS. du R. n' 7218. fol. IHÎ, V col. 1. 

On a dit taudis com, pour tandis que, dans le 
sens où nous employons encore le mot comme. 

Aquilons nos, landis coin somes au desores, 
Ainz que la mort nos mort, qui lot mort et dévore. 
Fabl. MSS. .lu R. n- 7I'.15, T. Il, fol. lii. V= col. ». 

On a dit tant cum cite vivra, pour tant qu'elle 
vivra. (Gloss. de Bret.) 

^ Au second sens, com ou con signifioil comment. 
» Encore vous feray entendre con on deslourne du 
« liammier. » (Font. Guer. Très, de Vénerie, ms. 
p. 26.) Celte acception rentre dans la première. 

^ Mais ce mot s'en éloigne davanlage, lorsqu'il 
signifie combien. On disoit : > De com ïrant merile 
« 'fut. » ;Chron. Fr. ms. de Nangis, an 1398.; On lit 
dans le latin : quanti meriti extitit. 

En com grant péril se mettent, 

Oui dedenz leurs biens se gettent. 

Eusl. Desch. Poes. MSS. fol. 307, col. 4. 
Ccyn très grief sont li mal d'amer. 

Pocs. MSS. avant 1300, T. IV, p. lilS. 

.\hi dame ! con dure destinée. 

IbiJ. T. I, p. 90 el 157S. 

C'est-à-dire, combien dure, quelle dure destinée. 

Con plus avés fuison 

De biauté. sans mesprison, 

Plus fort cuer s'i enracine. 

Adans li Bocus, Poûs. MSS. avani 1300. T. IV, p. 141 i. 

« Or voyons con peu de fiance partout, ■> c'est-à- 
dire combien peu de bonne foi, etc. (Journ. de 



(1) Ce sens se. retrouve dans Froissart (lII, 334) ; « Et ce coxdoaroit grandement son fait. » Voyez encore l'éd. Kervyn , 
t. XIII, p 19. (N. E.) 

{i) Cette e.xplication est plus étendue dans Leroux de Lincy (II, 33), qui l'emprunte au dictionnaire de Nicod. Ce proverbe, 
dit-il, s'applique aux choses et aux personnes qui ne valent guère, et où il n'y a pas de choix à faire pour trouver le 
meilleur, (n. e.) 

(3) « Si co avent que alquen colpc le poin à altre u le pied. » Poul' ViUehnrdouin, voir éd. de Wailly, § 163, § 394. (n. e.) 

(4) Ou plutôt coluecres, comme au v. 19219 de la Rose. (N. E.) 



co 



— HO — 



co 



Paris, sous Charles VI et VII, pacte 17.) On lit dans 
Villehard. p. ti^ : « Ha cum graiit domages fu. » 
On disoil rom poi que soi, pour tant soit peu. 

En poiTons ann poi q'ic soi parler. 

Vies tics SS. MS. do Sorli. cliif. xxvii, col. 2. 

"On employoil aussi ce mot pour quoique. « Con 
« pelis que je soie, amours est grant. » (Rom. de 
P.ou.) Con comment que snit signifie, quoi qu'il en 
soit, dans ces vers : 

Ci>n comment que xoit du tiers jor, 
D'ui auront il, ce cuit, l'essor. 

Tari, do Bl. MS. de S. G. fol. 154, R' col. 3. 

Autrefois on a employé pour com ou comme, le 
cliiffre î). (Voyez Pasquier. p. 755.) 
En mon livre y a une lettre 
Qui 2 par soy est appellée ; 
Mais chascun s'en veult entremectre 
Qu'elle ne soit dessemblée ; 
.\ins soit a b i t couplée ; 
Et partout en mon abc. 
N'a bonne leclre si non 9. 

Chasse et Dcparlie d'Amours, p. 406, col. 1. 

.le ne sais quel rapport on trouve dans les vers 
cités avec le caractère qu'on dit avoir été employé 
pour signifier com ou comme (1). Le jeu de mots sur 
lequel roulent ces vers, que Falconnet dit n'avoir 
pas entendus, consiste dans la ressemblance du 
nom de la lettre G avec le mot j'ai, du verbe avoir. La 
lettre G est bonne lettre parce qu'il est avantageux 
d'avoir lieu de prononcer son nom, de dire/«/. 

V.\RIANTKS : 

COiM. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 125, R° col. 2. 
Con. Kont. Guer. Très, de Vénerie, MS. p. 26. 
CuN, Cum. 

Coma. Il faut lire c'on m'a dans ces vers, pour 
qu'on m'a : 

Et non porquant, ne tien je mie à voir, 
Che coma dit, assés nouvelement. 

Jeh. de Rcnli, Poês. MSS. avant tSOO, T. 111, p. IIM. 

Comain, subst. masc. Nom de peuple. Nation 
de l'Orient : « N'orent gaires esté devant Andrino- 
« pie, quantlesBIaquers, etli Comain{'-2) furent près 
" d'illuec, et si firent lices par derrière que li Blac, 
« et li Comainne sefei'issent en l'ost. » (Contin. de 
G. de Tyr, Martene, T. V, col. 669.) 

Cornai, subst. masc. Drogue médicinale. « Si 
« ine prenez ua poi de cellande du diatoii et panele, 
« et manjue !e, et eomal, ei tonnai, et de l'erbe 
« ilobert. » (Erber. .ms. de S. G. fol. 89.) 

Coimar. Estrubert, déguisé eu fille, ,se voyant 
enlevé par un cbevalier, s'écrie : 

Las ! se dit cntuar. onques fui. 
Ou m'emporte on '.' que devenrai ? 

Esirub. Fabl. MS. du R. n" 7996, p. 80. 

Comai'que, subsl. fém. Frontière. Confins, 
limites. (Voyez Iiii Gange, Gloss lai. au mot Com- 
9Hrtjr/i;'«.) Le Ouien de la Neuville dit que c'est le 



nom que l'on donne aux justices subalternes de 
Portugal Comarca, en espagnol, signifie la marche, 
la frontière, les confins d'un pays. 

Coinbant, subst. masc. Vallée. Mot breton, 
pour désigner un lieu fait en pente, et qui finit en 
vallon. (Du Gange, au mot Cumba, 2. — Voyez 
ci-après Combe.) 

Combat. s(//;.s/. masc. Ce mot subsiste, mais il 
nous fournit les remarques suivantes : 

1" On l'employoit autrefois comme synonyme de 
duel, ou gage de bataille. (Laur. Gloss. du Dr. fr.) 

2" Combat se preuoit proprement pour combat à 
l'épée. Le combat à la lance se nommoit joute. Cette 
distinction est justifiée par le passage suivant : 
" Qu'il ne laisse de venir à ma court, l'asseurant, 
" s'il demande la jouste, qu'elle ne luy sera refusée; 
« si le combat, encores moins. » (D. Florès de 
Grèce, Vol. I. fol. 151.) 

3" Le combat à la barrière, selon ce que dit 
Brantôme, étoit le même que celui qu'on avoit 
appelé le pas d'armes, dans les temps antérieurs. 

4" On nommoit combats de plaisance, les joutes 
et tournois, autrement appelés assemblées d'hon- 
neur ei pardon d'armes. [La Colomb. Th. d'honn. 
T. I, p. 4.) 

5» On disoit aujoindresera lecombat. Expression 
empruntée des anciennes joules, « ou après le bris 
« des lances, les combattans se renconlroient 
« d'ecus, de corps, et de têtes. » (Le Duchat, sur 
Rabelais, T. IV, p. 190. 

Combatable, subst. masc. Combattant. (Borel 
et Corneille, Dict.) 

Son grant renom par tout le ciel habunde, 
S'estoit claquin, le puissant combatable (3). 

Eusl. Doschanips, Focs. MSS. fol. 183, col. i. 

Le mareschàl, et bon combatable 
De Clermont, etc. 

Ibid. fol. 572, col. 2. 

Combatement. [Intercalez Combatement , 
attaque, au reg. .U. 74, p. 676, an. 1342 : « Comba- 
» tement de chastiaux. «] (n e.) 

Combateur, subst. masc. Combattant. (Cotgr. 
Dictionnaire.) 

VARIANTES : 
COMBATEUR. 
CoMBATTEOR. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 49. 

Combateux. [Intercalez Combateux, aggres- 
seur, au reg JJ. 161, p. 81, an. 1406: « Lui [de 
« Canimonîj qui estoit renommé d'estre divers et 
« combateux et en avoir batu plusieurs. »] (n e.) 

Combatro, verbe. Ce mot subsiste ; mais on ne 
dit plus se combatre, pour se battre. 

Li bons Rois sor aus ala; 

Combat! soi, moût en tua (4). 

l'ii. Mouskes, MS. p. 113. 



(1) Com s'abrège dans les mniss. par le signe 9. Voyez le Dict. des .abréviations de Chassant (p. 141). (n. e.) 

(2) Ce nom se retrouve dans ViUeh.irdouin (§ 357, § 363, etc.; ce peuple barbare habitait la Roumanie actuelle. On trouve 
aussi la forme Coma» dans Marténe. t. V, cnl. 702. (N. E.) 

(3) On lit aussi dans la Rose (v. 19092^ : « Et Gauvain le bien comhnluhlc. » (n. E.) 

(4) On trouve aussi dans ï'artonopex, v. 2838 : « .S'e combatre à quelqu'un. » Froissart écrit aussi (II, 139) : « Ils ne se 
poroient combatre à yauls entre ces montaingnes. » (n. e.) 



co 



— m — 



CO 



On disoit proverbiiilement : " Oui se combat, 
« n'est pas mort. » (Dict. de Cotgrave.) 



Combe, subst. fém. Vallée, terrain creux, 
grotte. (Du Gange, au mot Comba.) « Provinciales, 
« Dalpliinates, ac Sabaudi, ptctercœteros, convalles, 
« cumbas appellitanl Combes. » (Valois, notice des 
Gaules, p. 415.) Ménage veut que combe ait signifié 
grotte, et vienne du latin giimba; alors il ne seroit 
pas étonnant que l'on eût quelquefois parlé des 
combes, comme de lieux élevés. (Du Gange, au mot 
Tumba, 2.) « Combe, et molhe, lieu élevé ont formé 
« beaucoup de noms. » (Menestr. Orn. des Arm. 
p. 451.) 11 semble évident que combe soit mis pour 
hauteur, dans le passage suivant : ■< Mais il n'eut 
« pas fait mille pas, qu'il découvril, sur le haut 
« d'une combe, quelques soixante chevaux, etc. » 
(Mém. de Sully, T. II, p. 413.) Cependant on peut 
expliquer sur le haut d'une combe, au-dessus d'une 
vallée. 

Quoi qu'il en soit, l'acception de combe, au moins 
la plus ordinaire, est vallée (I). « La veue belle, et 
» limitée de douze coupeaux de montagaeltes,ruis- 
« selets, rivières, fontaines, prez, combes, etc. >• 
(Berger, de Rem. Belleau, ï. I, fol. 1.) 

A tant chevauchent par les plaignes, 
Par les coithes, par les montaignes. 

Blanchardiii, MS. de S. G. fol. 183, V- col. 3. 

Rabelais cite le jeu des combes, parmi ceux de 
Gargantua. 

VARIANTES (2) : 
COMBE. Oudin, Nicot, Dict. 

CONBE. 

Combelete, subst. fém. Terme de vénerie. 
G'esl le diminutif de combe ci-dessus, employé 
figurément, pour signifier la petite cavilé qui se 
remarque aux dents du sanglier, et que nos anciens 
auteurs de vénerie appeloient aussi goutiéres. 
« Les denx, du sangler sont longues, ainsi comme 
« demi coude, et il y a goutiéres, et combeletes au 
.' long, et dessus, et dessoubz. " (Chasse de Gast. 
Phéb. MS. p. 164.) 

On appliquoit aussi ce mot aux espèces de cane- 
lures que l'on voit au bois des cerfs : •■ Y aura au 
i< long des perches unes petites combeletes, que on 
<• appelle goutiéres. » (Ibid. p. ItiO.) 

Combiberon, subst. musc. Compagnon de 
bouteille. (Dicl. de Cotgrave et d'Oudin.) 

Combien, adv. Toutefois, cependant. iXous 
avons plusieurs observations à faire sur les 
anciennes acceptions de cet adverbe, selon ses 



diverses constructions. Lorsqu'on l'employoit sans 
être suivi de que, ce mot signifioit toutefois, 
cependant : 

.Te luy envoyé ces sornettes, 
Pour soy désennuyer ; combien, 
S'il veut, face en des alumettes : 
De bien chanter s'ennuye on bien. 

Villon, p. 84 el 85 (3). 

1° On disoit combien peu que ce soit, pour quel- 
que peu que ce soit. (Percef. Vol. VI, fol. 01.) 

2° Combien que se disoit pour encore que, quoi- 
que (4). (Rob. Est. Gramm. fr. fol. 51.) 

Et combieii que rigueur t'oppresse. 
Je veux que, etc. 

Cléni. Mai-ol, p. 226. 

. . . Combien c'on doie doloir, 
11 fet bon les maus d'amer 
Endurer, por joie avoir. 

Fahl. MSS. du R. n" 7-218, fol. 255, R° col. 1. 

3° Combien que semble s'être dit aussi pour d'au- 
tant que, parce que. « Elle estoit jà fort pesante, 
« combien qu il convcnoit que le jour naturel 
" venist de enfanter. » (Peicef. Vol. IV, fol. 21.) 

4° Combien que signilioit encore autant que. 
« Le roy donna à Olofer le duclië de Cornouaille, 
« combien que roy y avoit, ou temps du rov Gal- 
.. lafar. » (Percef. Vol. VI, fol. 116.) G'est-à-dire 
autant que roi y possédoit, etc. 

Combination, subst. fém. Combinaison. « Il 
« ne faut pas qu'il y ail une combination {ô), s'il est 
■i possible, c'est-à-dire que trois lignes se rencon- 
« Irent l'une sur l'antre. » (Des Accords, Bigarr. 
fol. 157.) Pasquier remarque ce mot comme nou- 
veau. (Lett. T. 111, p. 915.) 

1. Comble, s^(^)S^ ?Hasc. Hauteur*. Partie supé- 
rieure ". 

* Ce mot, en général, signifie sommet, du lalin 
culmen. On l'a employé autrefois pour signifier les 
hauteurs d'un pays. « Si passèrent le comble (6) de 
" Pampelune, et les montagnes de Koncevaux. « 
(Froissart, livre III, p. 306.) "^ 

Comble s'employoit aussi dans le même sens où 
nous disons hauteur, en parlant de la profondeur 
de la mer : 

. . . fist parmi passer, 
Parmi le comble de la mer, 
La gent Moyses, et Aaron. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 104, V col. 1. 

° On a dit le comble d'une nef, pour la partie 
supérieure d'un vaisseau. «■ Si tost que la nef fut 
» approchée des deux basieaux, ung chevalier se 
" mist au comble de la nef. » (Percef. Vol. VI, 
fol. 45.) 
1 On a dit de même le comble de l'écn, et du 



(1) On lit au reg. JJ. 173, p. 199, an. 1V25 : « Le suppliant et icellui Rebours estans ou chemin royal en une combe ou 
valée, appellée la combe Savate. » Le mot subsiste comme nom de lieu, sui'tout dans le Midi de la France : « Mines de 
Bességes et la Grand Combe. » (N. E.) 

(2) On lit déjà dans Garin (I, 96) : « Li os chevaitche par tertres et par combes. » (n. e.) 

(3) Collection Jannet, p. 92. (n. e.) 

(4) On bien que : « Combien ([ue le duc ne luy portast point de domraaige. » (Froissart, XI, 67.) (N. E.) 

(5) On lit aussi dans l'Ethique d'Oresrae (150) : « Et une conjugacion ou combination qui est faite selon dynamctre t'ait la 
retribucion estre selon proporcionalité. » (n. e.) 

(6) On Ut encore au t. VII, p. 155 de l'édition Kervyn : « Si selogièrent ces gens en le comble de Pampelune. ) (n. e.) 



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112 — 



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heaume, pour la partie la plus élevée, la partie 
convexe et supérieure de l'un et de l'autre. 
« Lyonnel haulse son espée, et (iert le clicva- 
« lier nu comble de, l'escn (1), etc. » (Perceforest, 
Vol. II, fol. 23.) « Une jeune pucelle, à qui il estoit 
" amy, luy avoil envoyé ung heaulme paré sur 
" le comble d'nns;' paon, faisant la roe par arti- 
" lice. « (Ibid. Vol. I, fol. 144.) « La jeune Lyriope 
•I vous envoyé une manche de samit, pour parer le 
» comble devostre tieaulme. >■ (Ibid. Vol. I, fol. 136.) 
On disoit aussi, dans le même sens : le dur du 
heaume. (Voyez Din ci-après.) On trouve le comble 
de l'escu, dans Percef. Vol. I, fol. 25, et ailleurs 
très-fréquemment. 

Remarquons quelques expressions : 

1» Decomble en fonds, dansle sens oîi nous disons 
de fond en comble. (Ess. de Montaigne, T. II, p. 3G5.) 

2° Le comble du pis signilie le comble du mal. 
«' F^eur faisoient le comble du /ns qu'ils pouvoient. » 
(.1. d'Auton, Ann. de Louis .\1I, p. 37, an 1499.) 

3° Donner à comble (2), pour donner à mesure 
comble. (S. Bern. Serm. fr. mss. p. 342.) Dansle 
latin dure ad cumulum, d'où l'on a dit combler de 
biens. « On ne trouveioit nul homme terrien à qui 
« nostre Seigneur donnast tant de grâces comme il 
•• te appreste : il le donna beaultéVt comble, etc. » 

2. Comble, adj. Comblé*. Comblé de biens ^. 

* Le premier sens de comblé est le sens propre. 
Ce mot se dit encore en parlant de mesures On a 
quelquefois employé cet adjectif substantivement. 

. . . Li baris fu si emplis,... 
Que li combles, de toutes pars, 
En est espandus, et espars. 

Fabl. MSS. du R. n" "il8, fol, ."., R" col. 2. 

On a dit de même un comble, pour un boisseau 
comblé. Dans un titre de 1578, on lit: ■• La semence 
« d'environ uno'<"f))Hb/c,à lalnesuredeBeaulne(3).>• 
(Voyez Loysel, înslil. Coût. Liv. II, p. 316.) 

^ Comble, au féminin, s'employoit figurément, 
comme adjectif, pour comblée de biens. 

Por plus d'amis à li atrere, 

Se fesoit riche, et romhlK, et plaine. 

Fabl. MSS. du W. n- 7-218, fol. 317, P,' col. ). 

(Voyez CoMULE ci-après ) 

3. Comble. [Intercalez Comble, mesure, au 
reg. .T.I. 170, p. 1, an. 1415: «Hem auront les 
•> mesureurs pour mesurer noisettes et chasleignes, 
t' qui se mesurent à une petite mesure, appellée 
« le comble , dont les trois font le boisseau , 
« pour chascun comble un denier... et une noi- 
" sette ou chasteigne. » On le nomme aujourd'hui 
litron.] (n. e.) 

Comblé, adj. Comblé de biens. On disoit figu- 
rément : 



... Cil estoit fils d'un vilein. 
D'un usurier riche, et comblé. 

Fabl. MSS. do S. G. fol. 5i. R'col. 2. 
Princes, ceulx des citez sont gians, 
Bien aisiez, riches, comblés, frans 
Et de jour en jour s'enrichissent. 

Eust. Desch. Pocs. MSS. fol. 418, col. 4. 

Comblelle. [Intercalez Comblelle, diminutif de 
combe, vallée : 

Vers les Turcs esperonnent parmi unes comblellcs 
As espées lor trenchent les fris et les forcelles. 

Poème d'Alexandre (Du Cange, II, 698, col. l).j (N. E.) 

Comblement, subst. masc. L'action de com- 
bler, de remplir. (Cotgraveel Oudin, Dict.) 

Comblement, adv. Confusément, pêle-mêle, 
en foule. « Estant entrez eomblémenl tous ensem- 
« ble. " (Affections de divers amans, trad. par J. 
Fournier, Edit de Coutelier, 1743, p. 21.) 

Combler, verbe. Puiser *. S'embarrasser les 
pieds, en parlant d'un cheval ^. 

* Proprement, com/>/cr un vase, signifie le rem- 
plir. De h'i, ce mot s'est pris pour puiser, remplir 
un vase en puisant. « Vins lomboyent en deux 
» grans bacs de pierre ou tout le monde en pouvoit 
« combler, et prendre à son plaisir. « (Olivier de la 
Marche, Méni. liv. II, p. 526.) 

^ Se combler, en \yM-\SL\\{ du cheval, signifioitse 
fendre. 

En expliquant ainsi se mot, combler semble 
venir de comblelle, encore en usage, pour signifier 
la fenle du pied du cerf (4). Malgré cela, je crois que 
le cheval qui se comble des pieds de devant et 
tombe, est un cheval qui s'embarrasse les deux 
pieds l'un avec l'autre. Nous disons se couper, en 
parlant des chevaux qui se heurtent les deux pieds 
de devant l'un contre l'autre et se blessent. An 
reste, M. de Brequigny ne décide rien sur cet article 
qui peut subsister comme il est. S'il l'eût changé, 
il l'auroit employé comme expression figurée, de 
la manière qui suit : On disoit figurémeiU se coin- 
bler des pieds, en parlant du cheval, pour s'embar- 
rasser les pieds l'un avec l'autre, les mettre en un 
comble, en un monceau : « Le cheval n'estoit mye 
« frais; car il avoit erré grant journée, et il se 
'• comi)la des pieds de dcvaiit, e! cheut en une 
<• crevace. « (Lanc. du Lac, T. I, fol. 43.) 

Combonneur, sul>st. masc. Receleur. « Selon 
•■ la loy, les comhonneurs sont reputez comme les 
« propres larrons. » (Bout. Soin. Rur. p. 244.) 
L'éditeur ajoute en marge : « Mon vieil practicien 
« appelle combonneurs, receleurs. « 

Combourgeois, subst. masc. Concitoyen. 
(Cotgrave et Oudin, Dict.) « Ceste science, ou autre- 
« ment ceste foy vous enseigne, et certifie que vous 



(1) On lit aussi dans Froissart (III, 464) : a Guillaume Douglas, qui s'arme d'asur à comble d'argent, et dedans le comble, 
de trois estoilles de génies. » (n. e.) 

(2) « Quiconque amènera poissons en panier à Paris, il convient que ses paniers soient emplis loyaument, ou à comble 
ou sans comble. » (Ord., II, 359 ) (N. E.) 

(3) « Droit de moulure est que les meuniers doivent rendre du rès, le comble. » (Loysel, 262.) (n. e.) 

(4) Les vétérinaires nomment pied comble, le sabot dont la sole porte seule à l'appui : « Et regardez si le cheval a pies 
gras et combles. » {Ménagiec, II, 3.) Mais ici l'origine peut être le bas-lutin cohnus (cumxilus), embarras dans un chemin, (n. e.) 



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113 — 



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<' éles comboiirgeois dus cieux et que par Jésus 
« Christ vous avez esté arraché despatles du grand 
« Pharao qui est le diable. - ;Disc. polit, et 
milit. de La Noue, p. 183. — Vuyez Méiu. de Sully, 
T. IX, p. 190(1).) 

Comboiirgeoisle, subsl. fém. Association de 
bourgeoisie. i,Cotgrave et Oudin, Dicl.) ■• Pour la 
'< religion que les dits de Berne ont mise, au plus, 
« dans un bailliage, qu'ils ont en commun avec 
« ceux de Fribourg, ce qu'ils prétendent leur estre 
« parims par \eiiv combourgeoisie, etc.» (Mém. de 
Villeroy, T. VI, p. 37.) 

Combre, subst. masc. Bastardeau. (2) C'est ainsi 
qu'on nommoit toutes sortes d'ouvrages construits 
dans les rivières, pour la facilité de la pèche, et 
qui nuisoient ù son cours. (Voy. ci-après Enco.mbre.) 
]jQ roi étant l\ I.,yon, en 1503, "lit défense d'ùter des 
rivières du Rhône et de la Saône « les escluses, 
« pescheries, nassiors, molins, bennes, t'om/^?'f,s (3), 
" et autres choses empescbans le cours des dictes 
" rivières, et passages de barques, ou de hasteaux. » 
(P. Desrey, à la suite de Monslr. fol. lOi.) » Comhre (4) 
« ramée, ou fagots de bois sont défendus faire en tout 
« temps, en rivières. » (Gr. Coût, de Fr. liv. I, p. 31 .) 

Conibi'er, verbe. Saisir. Proprement prendre 
par le comble, par le sommet de la lèle. Abraham, 
prêt à sacrifier son fils : 

S'espée prent, à son fils vient, 

Par les cheveux le prent, et cnnibre (5). 

Hisl. des Trois Maries, en vers, WS. p. 13. 

Seure li est coniz, qu'il le volt affoler, 
bien .m. cenz des siens, mais ne 1' pueent lotibvf.r. 
Parlon. de Bl. MS. de S. G. fol. 109, H- col. 2. 

V.\RIANTES : 

COMBRER. Hist. des Trois Maries, MS. p. 13. 
CONBRER. Parton. de Bl. fol. 169, V" col. -2. 

Combreselle, subst. fém. Culbute. Faire la 
combrcselle signifioit tomber à la renverse. (Dict. 
de Cotgiave.) « Cingar le poussant rudement à l'es- 
" tomac le jette par terre à la reaverse, et li pauvre 
« vieillard /'('(i' /rt combreselle. « (.Merlin Coccaie, 
T. 11, p. 86.) Dans les Avantures de Floride, de 
Beroalde de Verville, p. i, fol. '2'28, un berger dit à 
une bergère : « .le suis adroit à bien faire la com- 
« breceUe. « C'étoit, selon Le Duchat, une espèce 
d'exercice ou de jeu. " Les peliis garçons, dans 
<' quelques provinces de Fiance, appelleni faire la 
« conlreselle, lorsqu'un d'entre eux s'accroupit. 



« pour tendre le dos à son compagnon trop petit, 
« pour atleindi-e ou il voudroit monter. » (Le Ducliat, 
sur Rabelais, T. II, p. 201.) 

VARIAN'TKS : 
COMBRESELLE. Merlin Cocaie, T. II, p. 86. 
Co.MBRECKLLE. Rabelais T. II, p. 201. 
CoNTRESELLE. Le Duchat, sur Rabelais, T. II, p. 201. 

Combi'isement , subst. masc. L'action de 
briser. (Du Gange, au mot Tritlo.) 

Coinbriser, wr&f. (6) Tourmenter. Proprement, 
briser, employé figurément en ce passage : 

Li penssers, et plus me comhrise, 
D'estendre, plaindre, et souspLrer. 

Falil. MSS. du R. n- 7218, fol. l:!3. R- col. I. 

Coinbrissable, adj. Fragile. Qui peut être 
brisé. (Du Gange, au mot Triliîe.) 

Comburé, adj. Ce mol semble corrompu, dans 
ce passage : - Laquelle response sembloit à plu- 
.< sieurs gens mal comburée, et digérée. » (Juvénal 
des Ursins, Hist. de Charles VI, p. 221.) 

Comédial , adj. De comédie. M. de La Porte 
s'en est servi pour épithète de prologue. 

Couiédiant, subst. masc. Comédien. (Dictionn. 
d'Oudin.) 

Comédie, subst fem. (7) Nous ne remarquerons 
autre chose sur ce mot, sinon qu'autrefois il éloit 
générique et signifioil toute sorte de pièces de 
théâtre, soit tragiriues, soit comiques, comme on le 
voit par ces titres: Comédie de la i\ativité; de 
r Adoration des trois Rois; des Innocens, etc. (Hist. 
du Théàt. fr. T. II, p. 273.) 

On n'avoit point encore restreint la signification 
de ce mol du temps de i\I'"' de Sévigné." Dans ses 
lettres de 1(J89, on lit : « On a déjà représenté à 
" S" Cyr la comédie, ou tragédie d'Estlier. » (Lett. 
T. VI, "p. 31.) » Les belles comédies de Corneille, et 
« Polyeucte et Cinna et les autres. » (Ibid. p. 103.) 

Coinensable, adj. Qu'on peut commencer. 
« Ceux piées sont comensables et provables, si 
" comeen le graund brefe de droit overl. » (Britl. 
Loix d'Angle! . fol 262.) 

Comète, adj. et subst. masc. et fém. Ce mot 
subsiste, mais seulement comme substantif fémi- 
nin Il est du nombre de ceux qui, ayant été origi- 
nairement adjectifs (8), sont devenus substantifs. Nos 



(1) Voyez aussi d'.\ubigné, Hist., II, 276. (,.\. E.) 

(2) L'espagnol a combre et le portugais comhro. (x. E.) 

(3) On lit dans une pièce df l'283 (Du Gange, II, 698) : « Saichent tous que ge mestre Henri da Charlons proculierres et 
receiverres des rentes nostre scgnor le roy de .leru.salem.... ei eu et receu.... sexante solz de monnoye courant doupreour 
de Goiz, por la finance d'un combre, assis ou leir à Goiz. » {N. E.) ' 

(4) C(i)ubre n'est qu'une variante de comble dans Froissart (XI, 367) : « L'on paingnoit les mats des nefs dès le fons 
jusques au cootbiv. » (N. E.) 

(5) On lit dans les Chr. de S' Denis (D. Bouquet, III, 188) : i< Childebert bouta l'enfant , qui à lui s'estoit ahers : cil 
[Clotaire] le combra tanlost, et l'ocist en autel manière, comme il avoit l'autre ocis. » On Ut aussi dans Agolant, v. 557 : 
« A ses deus mains l'a errament combre. » (N. E.) 

(6) On lit dans un Glossaire latin-français (Du Gange, IV, 168, col. 1) : « Macerare, combrisier, delanier, despecier, débiliter, 
îBOllifier. » (X. E.) 

(7) Le mot se rencontre au xiv« siècle dans l'Ethique d'Oresme (139) : « Et ce peut assez apparoir par les comédies des 
anciens et par celles que l'on fait à présent. » (N. E.) 

(8) Cependant il est substantif au Roman de la Rose (v. 18745) : « Mes les comètes plus n'aguetent, Ne plus expressément 
ne gietent Lor intluances ne lor rois [rayons], No sor rois que sor povres hommes. )i Voyez encore v. 18738. (x. e.) 

IV. 15 



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— 114 — 



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auteurs latins du moyen-âge ont dit Stella comètes, 
dans le même sens. On lit dans les Chron. de 
S" Denis, T. I, p. C66: Estoille commete (1), pour 
comète. 

On employoit indifféremment ce mot comme 
masculin et lémiiiin. Nous le trouvons sous les 
deux genres, dans Rabehiis, T. IV, p. 112 et tlfi, et 
T. V. 'Pronoslic, p. 8. (Voyez ibid. la note de Le 
Ducliat.) On lit dans Gilles Durand, à la suite de 
Bonnefons, p. 89: 

Comme un comète naissant (2). 
VAR1A>TES : 
COMETE. Orth. subsistante. 
Co.viMETE. Chron. S. Denis, T. I, fol. 666. 

Conieteiix, adj. On trouve ce mot au féminin, 
dans les Epitli. de M. de la Porte : Estoille comé- 
teuse. 

Comfaitement, adv. Ce mot est composé de 
comme etdefaitement (3). (Voy. Faitement ci-après.) 

Demain, mes parens manderai, 
Et belnment lor monstrerai 
Comfaitement m'avez honnie. 
Et avez mené pute vie. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 7, R" col. 2. 

Comin, stibst. masc. Plante ombellifère. On 
rappelle encore cumin. Sa graine facilite la diges- 
tion. Le cumin est d'une odeur Irès-forte, sans 
étredésagréable : 

Vous qui mauvese odor avez,... 
D'anis, de fenoil, de cummin, 
Vous desieunez sovent matin. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, foi. 131, V» col. 3. 

11 paroît qu'il y en avoit de deux espèces. On lit : 
graine de cumin doux, dans Fouilloux, Fauconne- 
rie, fol. 65. 

Et au poivre, et au comin 
Ele meismes fist la savor. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 37, R- col. i. 

Joinville dit, en parlant de l'Egypte : « Sèment là 
« froment, ris, orge, commins. >> (Page SU.) On lit 
coninin, dans le passage suivant, oi^i Ton fait men- 
tion des marchandises qui se vendoient à Orléans. 
C'est une faute, il faut lire comin. « fiis alemandes, 
« figues aclietées en la ville, et portées hors, ne 
« doivent néant, ne coton, ne toie, ne coninin. » 
(Ane. Coût. d'Orléans, à la suite de Beauman. p. 474.) 
Le cumin étoit en usage dans la médecine. On le 
tiroit du Levant. On 'lit, dans l'énumération des 
marchandises qui nous viennent de ce pays : 

Et li poivres, et li coumins. 

Tarton. de Blois, MS. de S. G. fol. 130, R" col. 2. 

VARIANTES : 
COMIN. Fabl. MSS. de S. G. fol, 37, R» col. 1. 
CoMMiN. llist. des Trois Maries, MS. p. 20. 



GoNiNiN. Ane. Coût. d'Orl. à la suite de Bauman. p. 474. 
Cou-MIN. Parton. de Bl. MS. de S. G. fol. 130, R" col. 2. 
COUMIN. Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1311 (4). 
CuMMiN. Tenur de Littl. fol. 28, V». 
Cumin. Fouilloux, Fauconnerie, fol. 65, V". 

Cominges, subst. fém. Espèce de bombes (5). Ou 
trouve l'étymologie de ce mot dans les .Jugemens 
sur les ouvrages nouveaux, par l'abbé Desfontaines, 
T. IV, p. 216. 

Comisseure, sîibst. fém. Jointure. (Dictionii. 
d'Oudin et de Cotgrave.) 

VARIANTES : 
COMISSEURE. Oudin, Dict. 
CoMMissEURE. Id. ibid. 

Comités, subst. masc. pliir. Comtes. C'est le 
mot latin comités. Il semble mis pour électeurs, 
dans les Conlred. de Songecreux, fol. 6. 

Comitial, adj. On a dit mal comitial (6), pour mal 
caduc, du latin morbus comitialis. (Dict. de Borel.) 

Comitter, verbe. « Si tost comme celuy serra 
« seisi de l'un droit, et de l'autre, si commence à 
" faire droite Une, quant as heires (hoirs) de luy 
« engendré, et commencera de estre comun cap, a 
" regard de ses heires; et qui vodra nequedent 
(néanmoins)co?M/Wf'rparmyceluy ousesenfaunts, 
« que unques ne attendrent que ascun eslate(bien) 
« lour descendy par la mort lour commun ancestre. 
« ne grève nent (ne préjudicie point). » (Brill. Loix 
d'Angîet. fol. 272.) 

Comittour, subst. masc. Commis ou commis- 
saire. (Voyez Caria magna, fol. 34.) 

Commanczant. [Intercalez Commanc%ant 
le lettrin, maître chantre dans le passage suivant: 
« Une messe cotidienne à dyacre et soubsdiacre en 
« tunique et dalmatique, et le commanczant le 
« lettrin en chappe. » (P. de 1449, Du Cange, 111, 
794, co1.3.)](n. E.) 

Commaiid(7),SH&sf. masc. Qui estcommandé*. 
Qui commande^. Commandement, disposition, 
volonté"^. 

* Au premier sens, c'est un terme fréquent, dans 
les coutumes, pour désigner celui qui a reçu une 
commission. On lit, dans le règlement pour les 
boulangers d'Arras, en 1372 : « Quiconque est pris 
« en dètl'aute (défaut, action de s'absenter) qui ne 
>< voient (aillent) au corps (enterrement) du con- 
« frère, quatre deniers doit chascuns; et se li 
« eschevins du mestier sont pris en delTaut, huit 
« deniers doit chascuns; et qui li maires com- 
« mande qu'il voist au corps, ou ses communs, et 



(1) On lit dans Machault (p. 68) : « Aussi fu Vestoile cornée, En semblance de feu couée , Qui de feu et d'occision fait 
pronoslication. » (n. e.) 

(2) On écrivait naissant au féminin, comme nons écrivons encore grandmère. (N. e.) 

(3) Il vaudrait mieux séparer les deux mots dans la citation, (n. e.) 

(4) La forme coumin est au Livre des Métiers (p. 32) ; k II puet vendre poivre, coumin, canele, reguUsse et cire qui ne soit 
pas ouvrée. » (n. e.) 

(5) Louis XIV, au siège de Mons (1691) , compara en badinant ces bombes à la taille du comte de Cominges, son 
aide-de-camp. (n. e.) 

(6) Les comices {cotnitia) devaient se séparer si quelqu'un y tombait du haut mal. (N. e.) 

(7) C'est le substantif verbal de commander, (x. E.) 



co 



115 - 



co 



proteche (pour porteche, pour porte au subjonct.) 
B le corps, s'il n'y va, quatre deniers doit. - (Ord. 
des B. de Fr. T. V, p. 510.) L'article suivant con- 
eeriie les enlerremens : « Aller au corps, c'est 
« aller à l'enterrement. Et se aucuns estoient 
« arrestés par mi (moi) ou par men kemant, etc. » 
(Ord. des R. de Fr. T. III, p. 295.) On lit (ibid. 
note L) : « Kemant signifie, en picard, commande- 
« ment; mais il peut signifier ici le juge du vicomte 
« de Mautrot, dans le même sens que mandatum 
« signifie quelquefois baUivus. » C'est ainsi qu'il 
faut encore expliquer ce mot en ce passage : « Se 
- messires li vidâmes, ou ses kemans me détenoit, 
» je demourroie à son coust, et seroit tenus de mi 
« payer mes wages (gages). •• (Charte de 1280, citée 
par Du Cange, au mot Estagium. — Voyez ci-après 

COUMENT.) 

° Command est employé presque dans un sens 
contraire, lorsqu'il désigne celui de qui on a charge 
d'enchérir. Command, dans ce sens, est encore terme 
de coutume. Nous disons aujourd'hui commettant. 
(Voyez Laur. Gloss. du Dr. fr.) « L'acheteur et der- 
« nier enchérisseur d'héritage vendu par décret 
« peut retenir, pour luy le dit héritage, ou nommer 
« son command, etceluydont il est chargé. » (Coût. 
d'Amiens, Coût. Gén. T. 1, p 606.) 

'^ Entin, command ou coînmcnt dés>\gnoil autre- 
fois, dans l'usage ordinaire, commandement, dis- 
position, volonté. (Nicot, Monet, Borel et Corneille, 
Dict.) " Il estoit tout prest, et à son command (1), à 
« lui aidier à conquérir le terre sainte. » (Joinville, 
p. 25.) 

Mon cuer aves en vosire manoie, 
Faire en poez du tout vosire cornant. 

Li Cliaslel de Coucy, Pocs. MSS. 

Amours qui fait de moy tout son cornant. 

Sauvales, choses d'Arras, Poes. MSS. 

(Voyez ci-après Commandement.) 

VARIANTES 1 
COMiMAND. Nicot, Dict. 
CoMANT, Duchesne, Gén. de Béthune, p. 373. 
Gommant. Fabl. MSS. du R. u» 7218, fol. 344, V» col. 1. 
Comment. Fauch. Lang. et Poës fr. p. 199. 
CoNMANS, plur. Fabl. MSS. du H. n» 721», fol. 257, R" col. 2. 
CoMANT. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, f' 174, R» col. 1. 
KE.MANT. Ord. des R. de Fr. T. III, p. 295. 

Commandacion. [[ntercalez Commandacion , 
droit du seigneur sur l'homme qui s'est recom- 
mande à lui : « Constitua encor ledit conte, que 
« chevaliers ne nulz autres, aucun homme de 
« iaditte ville, pour aucune convenance ou pour 
>' autre cause, ne pourroit rcvoquier de Iaditte 
« ville, se il n'estoit son homme de corps, ou qu'il 



« eusten icellui aucune ancienne commandacion. » 
(Ord. VI, p. 318, an. 4377.)] (n, e.) 

Commandant, adj. Dominant. Molière, dans 
le Bourgeois gentilhomme, acte IV, scène i", faisant 
allusion à l'affectation de quelques expressions 
nouvelles, s'est servi de celle qui suit: <■ Vin à aeve 
« veloutée, armé d'un verd qui n'est point trop 
« commandant. >• 

Commande, siibst. fém. Dépôt*. Commande- 
ment, ordre ^. Garde, protection "=. Droit de fief. 
Société de commerce^. Administration d'un béné- 
fice ^ Huche '=(2). 

* Ce mot vient du latin commendarc, recom- 
mander, confier. De là, il a signifié dépôt, car 
mettre en dépôt est confier. On a' dit, en ce sens : 
« Chil qui preste, ou met en commande, demnnde 
« que l'en li rende, etc. » (Beauman. p. 177.) On 
disoit aussi quémande, dans ce même sens de 
dépôt. (Voyez ibid. p. lOi.l Comandise est employé 
pour dépôt, dans S. Bern. Serm.fr. mss. p. 29, en lat. 
depositiim. 

^ Commander une chose, c'est en confier l'exé- 
cution à quelqu'un, d'où vient l'acception figurée 
de commande, pour ordre, commandement. 

Mais quant le roy soudoiers mande, 
Ou par prière, ou par commande. 

Hisl. de Fr. à la suite du Rom. deFauvel, fol. 79. 

■^ Par une extension de ces deux premières signi- 
fications, ce mot a désigné garde, protection. (Du 
Cange, Gloss.au mol CommendaS; Gloss. de Marot.) 

Autre guerdon de vous je ne demande, 
Sinon que soys, par vous, tins en commande. 

Faifeu, p. 11. 

De là, l'expression : meltreen fié, en commande[2i), 
pour mettre ses biens sous la garde et protection 
de son seigneur. (Assis, de Jérus. p. 120.) 

° De cette protection du seigneur naissoient des 
droits. On les appeloit aussi commande (4); il perce- 
voit une taille, sur les gens de condition servile, 
en particulier sur les veuves durant leur viduité, ou 
sur celles qui se remarioient à des gens hors la 
servitude du seigneur. Il percevoit aussi un droit 
sur les serfs qu'il affranchissoit, et ce droit s'appe- 
loit pareillement commende. (Gloss. sur les Coul. 
de Beauvoisis ; Laur. Gloss. du Dr. fr.) 

^ On nommoit commande une société de com- 
merce, dans laquelle un des intéressés n'a d'autre 
fonction que de faire les fonds ; nous l'appelons 
ordinairement commandite. (Voyez Ord. des H. de 
Fr. T. I, p. 585.) 

On appeloit com??îanrfc de bestiaux'^)Mne société 



(1) On lit déjà en ce sens dans Roland (v. C16) : « Ben seit vostre cornant. » (n. e.) 

(2) Pour les tisserands et les pèclieurs c'est une corde, un nœud, qui retient et commande un tissu ou un filet : « L'un 
desdiz variez, qui besongnoit avec le suppliant [tisserant] dist à la ditte femme : Maistresss, commandez ceste commande, 
en lui monstranl un fil de laine qui estoit rompu, et lui voulant dire qu'eUe nouast le fil. » (.U. 170, p. 233, an. 1418.) 
Ronsard (6U4) écrit aussi au sens d'amarre ; « Permets que je coupe Sous heureux sort la commande qui tient Ma nef 
au bord. » (n. e.) 

(3) « Qui se véaut partir dou païs, ou en aucune autre manière laisser son fié, il le doit commander au seignor : car la 
Cffmmande est plus seure chose. » (Assises de Jérusalem, ch. CLXXXII; Du Cange, II, 471, col. 2.) (N. E.) 

(4^ € Après qu'ilz auront demouré quatre ans [à Boussac] ilz seront tenuz de nous paier commande, comme les autres de 
nos hommes et femmes. » (.IJ. 178, p. 43, an 142'?.) (N. e.) 
(5) Dans la Bresse et le Bugey (Du Cange, VI, 276, col. 1.) (n. e.) 



co 



— 116 — 



co 



dans ]aiiielle un des associés fouriiissoil le bétail, 
l'autre le gardoil et le nourrissoil, el le profil se 
partageoil. (Laur. Gloss. du Dr. fr.) C"esl propre- 
inenfle bail à cheptel. Dans cette acception, on dis- 
tingue encore une extension du sens propre et pri- 
mitif du mot commande, chose confiée, mise en 
garde. 

■^ Nous disons encore commende, en parlant des 
matières bénéficiales, et ce mot désigne le dépôt et 
l'administration d'un bénéfice. On écrivoit aussi 
cmiwiande, en ce &ens>. Un commandeur des Tem- 
pliers répondoit î» Joinville, qui lui conseilloit de 
prendre de l'argent dans la caisse de l'Ordre pour 
le rachat du comte de Poitiers (1 ) : « Nous recevons les 
« commandes à serement, et sans que nous en 
« puissions bailler les deniers, etc. " (Joinv. p. 70.) 

° Le mot de commande, pris dans le sens de 
huche, désigne que cette huche étoit destinée à 
recevoir le dépôt de la pâte des vassaux obligés de 
faire cuire leur pain au four banal. « Les fermiers 
« d'iceluy [four], sont tenus... faire deux com- 
" mandes ('i), l'une pour mettre le levain, et l'autre 
" pour pestrir, porter leur pains au dit four 
" bannier. » (La Thaumass. Coul de Berry, p. 19-2.) 

VARIANTES : 
COMMANDE. Coût. Gcn. T. II, p. 701 ; Gr. Couf. p. 138. 
CoMANDisE. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 29. 
CoM.viENDE. Orth. subsist. et Du Cange, à Commemia. 

COMANDE. 

Quémande. Beaumanoir, p. 194. 

Commandé, adj. Qui a reçu l'ordre. On lit 
commandé de ce faire, dans Godefroy, Annot. sur 
Charles VI, p. 565. Pelisson emploie cet adjectif 
substantivement, les commandez, pour ceux qui 
étoient commandés. (Lett. hisl. T. I, p. 95.) II dit 
ailleurs de même les détachez-. 

Commandeeur. [Intercalez Commandeeur, 
receveur dans un couvent (Cart, de Corbie, an. 
1285, Du Cange, II, 475, col. 1): « Dant Besson, 
« moine de Corbye, commandeeur et recheveur 
" des biens de ledite... »] (n. e.) 

Commandement, subsl masc. Mandement*. 
Convenant, société^. Commis, préposé*^. Volonté, 
disposition ". Recommandation au prône ^. Nous ne 
parlons point des acceptions subsistantes ^3). 

* Commandement, en termes de droit, s'appelle 
autrement mandement. 'Voyez le tit. 3, intitulé de 
commandement, où l'on trouve actions de comman- 
dement, de recouvrée, d'emprunt et de la pleigerie. 
iBout. Som. Rur. p. 837.) Les mots mandement et 
commendcment semblent aussi quelquefois avoir 
emporté une distinction. On lit dans un mandement 
du duc de Bourgogne à ses vassaux, pour leur faire 



rendre hommage à son fils, ces mots : « Nos vos 
>' mandons et commendons. » Et le mandement esi 
terminé par cette phrase : >» C'est nostre mande- 
«' mant el commandement, se aucun de vos ne 
« voilloit faire, ou eslre rebelles. » (Perard, Hist. 
de Bourg, p. 503, tit. de l'iG'i.) 

^ On disoil commandement, dans le même sens 
que commande, pour un accord, une société, une 
convention. « Dame je suis icy venu pour le cotn- 
i> mandement qui est entre vous et moy; or vous 
« en acquitez ainsi comme vous devez faire. » 
(Lanc, du Lac. T. II, fol. GO.) 

^ Nous avons vu command, pour celui a commis- 
sion d'un autre. On disoil aussi commandement, 
dans ce sens, pour préposé, commis. » Que ceux 
» qui de leur bonne volonté se tourneront devers 
« les baillifs, ou les vicomtes, ou les prevosts, ou 
« leurs commandemens, pour aucuns juifs, etc. •> 
(Ord. des H. de Fr. T. I, p. 647.) •> Si ne estoil 
« devant nostre personne, ou devant nostre cer- 
« tain commandement. » (Lett. de 1350, pour la 
ville de Cognac; Ord. des R. de Fr. T. II, p. 343.) 
On a dit : rentier ou son commandement. (Ord. des 
R. de Fr. T. III, p. 060, an. 1358.) 

°Volonté,disposition(4), sont encore des significa- 
tions du mot command, et elles sont communes an 
mot commandement. On disoil : à votre comman- 
dement, pour comme il vous plaira. Charles V, roi 
de France, parlant à l'ambassadeur qu'il envoyoit 
en Ecosse, lui dit : ■■ Tenez Estai comme à mes- 
« sager, el commissaire du roy appartient (car 
« nous le voulons) et tout sera payé. Le chevalier 
« respondit: et dit, a'we, à voslve commandement. ■> 
(Froissart, liv. II, p. 46.) 

... Me conforta doulcement. 

Et de sa voix mélodieuse 

Me dist, à mon commandement. 

AI. Cliartier, Poi's. p. 740. 

De là, cette expression : Dieu en fit son comman- 
dement, pour il mourut, Dieu en disposa. « Ainsi 
« les choses demourerent en cet estât, et tant que 
« Dieu fit son commandement du duc de Wince- 
« tant, au dernier de ses jours, et mourut duc de 
« Boëme, duc de Luxembourg, et de Brabant. » 
(Froissart, liv. III, p. 371 (5).) « Dieti fit son comaridi'- 
« ment don roy Père, quinziesme roy latin de 
« Jérusalem. » (Assis, de Jerus. préf. p. I.) 

^ Enfin, commandement a signifié recommanda- 
lions el prières que l'on faisoil au prône : « Je 
« donne au curé de S' Brice vingt sols tournois, 
« et partant, sera tenu de faire mémoire par mon 
« nom, quand il fera ses commandemens à la grand 
« messe, avec les commendasses des morts. » (Bout. 
Som. Rur. p. 875.) 



(1) M. de Wailly (§ 381) édite ; a Nous recevons les commandes en tel manière, que par nos sairemens nous ne les poons 
délivrer, mais que à ceux qui les nous baillent, i L'Ordre du Temple avait établi une sorte de banque de dépôt. On lit aussi 
dans Beaumanoir (XXXJV, 20) ; « Et quand cil qui preste ou met en commande, demande que on h rende... » (n. e.) 

(2) On lit au reg. JJ. W, p. 420, an. 1326 : « Cura mandatagia majora solito a mandatariis et funeriis exiganlur... n (n. e.) 

(3) Le mot a déjà le sens d'ordre dans Roland, v. 309. (n. e.) 

(4) C'est en ce sens qu'on lit dans la XIII* Nouvelle de Louis XI : « Plusieurs femmes ont larmes à commandement. » (n. b. i 

(5) M. Kervyn (XIII, 31) imprime : « Ainsi les cboses demourerent en cel estât, et tant que Dieu clowj ses jours au gentil 
duc WinceUant de Boesme... » (n. e.) 



co 



— 117 - 



co 



Remarquons celte expression : avoir le comman- 
dement beau (1). (Voy. Lett. choisies, impr. en 1751, 
p. 90.J 

VARIANTES : 

COMMANDEMENT. Orth. subsistante. 
CoMANDEMENT. Assis. de Jérus. p. 112. 

Commander, verbe. Mettre en dépôt, con- 
lier*. Commander, ordonner^. Recommander"^. Ce 
mot, dans S' Bernard, répond au latin credere, 
comniiltere et imperare ou prœcipere. 

* Voyez, sur le premier sens de metlre en dépôt, 
le Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis. « Lolhaire, 
» l'ung des fils à l'empereur, à qui le père avoit 
" commandé (2) le royaulme de Lombardie, pour 
« gouverner. » (Chron. S' Denis, T. I, fol. \M.) 

^ Ce mot s'est employé pour commander (3), or- 
donner. (S. Bern. Serm. fr. >iss. p. 16.) 

•^ Ce mot signifie aussi recommander (4). « Le com- 
" mandèrent à Dieu (5). » ^Joinville, p. 105 ) De là, 
cette expression à Dieu commant et à Dieu com- 
ment, pour adieu, je vous recommande à Dieu. 
iGloss. de Marot.) « Pour ce à Dieu guerre com- 
" ment », je dis adieu à la guerre. (Èust. Desch. 
Poës. Mss. fol. 81.) .Montluc,"dans ses Mém. T. I, 
p. SnO, dit: « Depuis qu'une femme parlemente, et 
■< vous écoute, à Dieu vous comment, vous avez 
« desjà le pied en l'eslrier. » 

CONJUGAISO.N : 

Comandeie, part, passé. Confié. (S. Bern. Serm. 
fr. wss. p. 314.) 

Comanst, imparf. du subj. Commandât. (S. Bern. 
Serm. fr. mss.) 

Cornant, ind. prés. Recommande. (Fabl. mss. du 
R. n-7615, T. II, fol. 151.) 

Commaiidit, prêter. Commanda. (.Journ. de Paris 
sous Charles VI et VII, p. 15.) 

Commandoi::, imparf. de Tindic. Commandiez. 
Villebard. p. 41.) 

Communs (Je), ind. prés. Je recommande. (Moli- 
net, p. 142.) 

Commant (Je), indic. prés. Je commande, j'or- 
donne. (Duchesne. Gén. de Montmorency, p. 386.) 

Nous avons remarqué une espèce de distinction 
entre mandement et comniendement ; elle paroît 
s'élre étendue aussi sur les mots mander et com- 
mander. (Voyez l'article Cojlma.nde.ment.) 

Comment [Je], ind. prés. Je commande. (Fr. Arch. 
de Bagnolet, p. 50.) 

variantes : 

COMMANDER. Orth. subsistante. 

CoMANDEiR. s. Bern. Serm. MSS. fr. p. 218. En lat. c,-ederc. 



CoMANDER. s. Dern. Serm. fr. MSS. p. 49. 
CoMANDEn. Fabl. MSS. rtu R. n» 7615, T. Il, fol. 151. 
COMENDEK. S. Bern. Serm. fr. MSS, p. 191. En \a.l.inipe,at\\ 
CoNM,\NGER. Rég. de S. Ben. lat. fr. MSS. de Beav. ch. XLii. 
CoMM.\NGER. Id. ibid. ch. LXVII. 

Commanderesse, adj. au fém. Impérieuse. 
On lit en ce sens : » Hautes fortunes, et comman- 
« deresses », dans les Essais de Monlaiene, T. IIl, 
p. 235. 

variantes : 

COMMANDERESSE. Oudin, Dict. 

CoMMENDERESSE. Cotgrave, Dict. 

Commandeur, subst. masc. (6) Titre de di- 
gnité *. Commandant ^. 

* Ce mot, comme tilre de dignité, est encore en 
usage. Le Dictionn. univ. écr'd commendenr. Nous 
observerons que ce titre a été donné aux chefs des 
maisons de l'Ordre de S' Antoine. (Voyez le P. 
Menestrier, de la Chevalerie, p. 359.) 

On appeloit aussi eommendeor du Temple (7) le 
chef de l'Ordre des Templiers. (Conlin. de G. de 
Tyr, Martène. T. V, col. 737.) 

^ On a dit autrefois commandeur, pour comman- 
dant. " Joinct qu'il semble requis que celuy qui 
« commande soit meilleur que ceux à qui il com- 
« mande ; ce disoit un grand commandeur, Cyrus. >' 
(Sag. de Charron, p. l'J7.; » Cyrus, Alexandre, Ca?sar, 
« trois grands commandeurs des hommes. » (Ibid. 
p. 72.) 

On qualifioil de commandeur, à Valenciennes, 
« le second officier de la place d'où le gouverneur 
« estoit le premier. » fPeli.sson, Lelt. iiisl. T. IIl. 
p. 184.) 

variantes : 

COMMANDEUR. Lanc. du Lac, T. II, fol. 82, V» col. 1. 
CoM.viENDEUR. Dict. Univ. 

CoMMENDEOR. Contin. de G. de lyr, Martène, T. V, col. 737. 
Co.MMENDiEBES. Id. ibid. T. V, col. 749. 

Commandie,SM&sL/'(?'w. Disposition, volonté*. 
Commandement^. Droit de fief^. Dépôt°. Prière 
pour les morts ^. Ce mot participe aux significa- 
tions de command, ccmmandement, commande et 
commendaces. 

* Au premier sens, il signifie disposition, volonté, 
comme commande et commandement. 

Et très tout fon bon feroie, 
Et sa cûiiiinatidie. 

Poês. MSS. avant 1300, T. IV. p. 1500. 
Ne savez pas cornent amors justise 
Cou que suen est et en sa coinundise. 

Cliaiis. MSS. Ju C" Thibaut, p. 51. 

" Commandise se disoit pour commandement, le 
droit de commander; car on trouve verge de com- 



(1) Se dit d'un officier qui commande de bonne sràce , et ironiquement, de ceux qui font les nécessaires et tes 
importuns, (n. e.) 

(2) On dit aussi au sens de mettre en commande : « Il le [fié] doit commander au seignor. » (.Assises de Jérusalem , Du 
Gange, II, 471, col. 2.) (n. e.) 

(3) Ce sens est dans Roland (v. 273, 2253, 2673). (n. e.) 

(4) « Se commander en la garde de Dieu. » (Froissait, II, 63.) (N. E.) 

(5) Voyez encore le § 651 de Tédit. de Wailly : « Il se cotnmenda à Nostre Dame de Vauvert. » (n. e.) 

(6) Voyez plus haut commandeeur. (n. e.) 

(7) « Il envoiast querre le commandeour et le maréchal dou Temple. » (Joinville, 1 381.) C'est le cas régime, on trouve le 
cas sujet dans Merlin (B. X. fr. 7170, fol. 52, verso, xiii' siècle) : î Et lors refu Uters commenderes de la terre ainz que 
il ftist rois. B (N E.) 



co 



- us — 



CO 



mandise, pour biUon ou baguette de commande- 
ment. • Il veitau meillien ung homme qui lenoit en 
« sa main une verge ûe coinmandise. « (Percefor. 
Vol. IV, fc!. îiO.) 

"^Le droit de commandise (I) éloit un droit de fief, 
à peu près semblable à celui qu'on nommoit droit de 
commande; c'étoit un droit qu'un seigneur avoit 
sur lesgens d'un autre seigneur (2). (Voy. les Archives 
de Villeneuve et de Viliiers sur terre, an 1212, 
cotte V, communiquées par feu M. l'abbé Fenel.) 
C'étoit aussi un droit qu'un seigneur avoit sur les 
églises de son territoire, selon Du Cange, au mot 
commendisia. 

° Coinandise, comme commande, signifioit dépôt. 
(Du Cange, au mot Commenda 1.) 

Deux mille baisans li bailla, 
En son voyage s'en ala : 
Si tost com il pot, repaira, 
Sa comandise îleinan ja 
A celui à qui il les bailla. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 7, V col. 1. 

De là, on employoit le mot commandise pour 
désigner ce que l'on nommoit commande de bes- 
tiaux, ou cheptel. Dans un titre de Bourgogne, en 
1601, j'ai lu: « Les commandites qui sont de présent 
« au dit lieu, estans de bœufs, et de vaches, etc. » 
^ Ënlin, commandise signifioit, comme commen- 
dasses, les prières qu'on faisoitaux prônes pour les 
morts : 

Chanter messe de Requiem, 
Faire vigiles, commandises. 

Eusl. Desch. Pocs. MSS. fol. 50i, col. 3. 

VAIIIANTES : 
COMM.\NDIE. 

CoMANDiE. Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1500. 
CoMMANDiZE. Titre MS. deltiOl. 
Comandise. Fabl. MS. de S. G. fol. 7, V» col. 1. 
CoN.MANDiSE. Fabl. MSS. du R. n° 7615, T. II, fol. 175. 
Commandise. Eust. Descli. Poës. MSS. fol. 564, col. 3. 
CoMMENDiSE. Du Cange, au mot Counnendisia. 

1. Gommant (3), subst. inasc. Manant, habitant. 
On a dit : « Habilans, et communs de nostre comté de 
« Soissons. » (Ord. des R. de France, T. V, p. 156.) 
■■ Défendons à nossergens, et à nosprevosts, qu'ils 
« ne teignent commant, ne bourgeois, se il n'est 
« couchant et levant au lieu où il se advouera pour 
« bourgeois. » (Sermens des officiers des ducs de 
Bourgogne, p. 308.) 

2. Commant. [Intercalez Commant, ordre: 

Et dusqu'en Ardene le grant 
Faisoit l'on trestot son commant. 

Parlonopox, v. 407. 

En douce France votre commant ferois. 

Gérard de Vienne, v. 3J70.] (N. E.) 

Commarchannes, adj. fém, plur. Contiguës, 
limitrophes. Ce mot vient de Comarquk ci-dessus, 
marche, pris pour frontière, confins, limites. De là, 
on a appelé terres commarchannes les terres qui 



marchisent et se touchent. (Faucliel, Orig. des Dign. 
de Fr. liv. Il, p. 50.) 

Commaundable, adj. Digne d'être recom- 
mandé. Ou trouve dans Britton, Loix d'Angleterre, 
fol. 280, cette expression : commaundable à la pri- 
son, qui mérite la prison. 

Comme, adv. Nous remarquerons sur l'ancien 
usage de cet adverbe : 

l'> Que Malherbe s'en servoil toujours, au lieu de 
comment. Ménage lui en fait un reproche, dans 
son Commentaire sur cet auteur. (Liv. IV, p. 407.) 

2° Comme s'employoit quelquefois pour que. 
Ménage, dans ses notes sur Malherbe, reproche à 
cet auteur d'avoir fait souvent ce mauvais usage du 
mot comme. Par exemple : « Aussi pure, et belle, 
« comme le sujet en est beau. » Il qualifie cet usage 
de normanisme. (Liv. V, p. 457 de l'Edit. de 166.) 

Gerson, faisant l'oraison funèbre du duc d'Or- 
léans, disoit que « la gouverne du royaume par luy 
« administrée en son vivant, esloil meilleur comme 
« celuy qui depuis y avoit esté. » (J. Le Fèvre de 
S" Remy, Hist. de Cliarles VI, p. 72. — Voyez Ger. de 
Nev. i" part. p. 110.) 

Tandis comme on defîail le cerf. 

Fontaines Guerin, Très, de Vénerie, MS. p. 50. 

. . . Tant <ommc nous vivrons. 

Cl. Marot, p. 53. 

3° Comme il soit ainsi que. Sorte de pléonasme 
qui s'unifie simplement comme. Exemple: "Comme 
« il :ioit ainsi qu'û y a en la forest Damant plu- 
« sieurs chevaliers qui sont de vostre partie. » 
(Percef. Vol. Il, fol. I'i6. — Voyez Dict. de Cotgrave 
et d'Oudin ; Grain, fr. de Rob. Est. p. 51.) 

4° Comme ainsi soit que, expression peu diffé- 
rente de celle ci-dessus, quant à la construction, et 
la même par rapport au sens, étoit une formule 
très-usitée au commencement des actes, en 1532. 
(Voyez Méra. du Bellay, liv. 11, p. 436.) 

5° Comme que ce soit, pour quoi qu'il en soit. 
(Voyez Ambassade de Bassomp. T. II, p. 194.) 

6° Comme qu'il soit et comme qui soit, pour de 
façon ou d'autre, de quelque façon que ce soit. 

Cueur, corps, et biens, alors, comme qu'il soit, 
Donner luy doit et bailler en hostaige. 

J. Marol, p. 224. 

On trouve comme gui soit, dans le même sens. 
(Voyez Ord. des R de Fr. T. 111, p. 330.) 

7* Autrement comme soit avoit à peu près la 
même signification de quelqu'autre façon que ce 
soit. (Ord. des R. de Fr. T. III, p. 352.) 

8" C'est tout comme, pour c'est la même chose. 

A la voir ne souffrir blondin, ny galant homme. 
C'est la même vertu ; cependant c'est tout comme. 

Baron d'.Mbikrac, de Th. Corneille, acte v, se. III. 

9° Comme tel% trois tiens-je, façon de parler pour 



(1} « Si ravoit en commandie La duchée de Normandie. » (Guil. Guiart, Ph. Auguste.) (n. e.) 

(2) Chron. citée par Duchesne dans l'Hist. de la Maison de Vergy (1625) : « Et avec se donna aus dits abbé et couvent la 
com()i(?)irf(se qu'il avoit des hommes de Givry et de Veanne , sans vouloir en aucune chose venir contre la charte de 
Hugues duc de Bourgogne son père, par laquelle il ne devoit prendre en Lommendation les hommes de l'église de 
Cluny. » (N. E.) 
(3)'Comm(int, ainsi que commandement, signifie mandataire. (N. e.) 



co 



H9 - 



co 



dire : lels que les trois que je liens. « Se les bons 
« roys Philippe, et Jelian son filz denninement 
« trespassé eussent eu planté de chevaliers, en 
« leurs temps, comme tel% trois tiens-je enfermez 
" céans en prison, jà le roy Edouart mon père 
« n'eust passée la mer pour venir en France. » 
(Hist. de B. Duguescliii, par Ménard, p. '293.) 

10» Comme vous tenez. Traduction de la formule 
titi possidetis. C'est la formule de l'action qu'on 
nomme en droit coulumier, action de nouvelleté. 
(Bout. Som. Rur. p. IGl.) 

11° Comme de raison. Façon de parler usitée 
chez les juristes : « A venir procéder, ne peut 
« l'on débattre l'adjournement, et décliner à venir 
« défendre, s'il n'y a, comme de raison; et ne 
» peut on debatre l'adjoui'nement, ne décliner; 
« mais convient proposer dilatoires, ou peremp- 
« toires, et là ou il y auroil comme de raison, il 
« pourroit décliner. » (Gr. Coût, de Fr. p. 302.) 

12" Comme miles semble signifier presqu'aucunes, 
dans ces vers : 

Banieres levées les siuent 
Et cil co)nme nules. n'en urent. 
Deseirées à terres lurent 
Jaunes, Indes, rouges et blanches. 

G. Guiarl, MS. fol. 230, R". 

13° Comme point, c'est-à-dire nullement, en 
aucune façon. « Grandes dissentions, et divisions y 
« avoit pour le fait des aides, et finances qu'on 
« exigeoit sur le peuple, sans ce que comme point 
« rien en fut mis au bien de la chose publique. » 

VARIANTES (1) : 
COMME. 
KoM. Carpentier, Hist. de Cambray, p. 28. 

Gommée, ad. au (cm. Chevelue. « Commette, 
« c'est une estoillequi conimée[2), et quouée est. » 
(Chron. S* Denis, T. Il, fol. 12.) Un lit dans Rigord : 
« Comeles slella scilicet crinita, sivecaudata. « 

Commelure, sitbst. fém. Mélange. 

Tel front, tel chicf, tel chevelure 
Sans avoir aultre commelure. 

Froisaart, Pops. MSS. p. 181, col. 1. 

Commemorable. [Intercalez Commemorahie, 
mémorable dans un acte de 1445, Du Gange, II, 470, 
col. 1) : " Savoir faisons que nous voulons à noslre 
« pouvoir ensuivir les commémorables fais de nos 
« prédécesseurs. »] (n. e.) 

Commençail (3), siibst. masc. Commencement. 
La terminaison de commençail est assez ordinaire 
chez nos anciens poètes, lorsque la rime la demande ; 



et, si la mesure l'e.xige, ils allongent le mot, en 
l'employant au féminin, conunençail, comvien- 
caille. 

Bien leur estoit au commençail. 

Rom. de Brut, MS. fol. 101, V col. î. 

Ki d'amers veut bone definaille. 

Bien doit soulîrir la dure commençaxlle. 

Salvaje de Belhuue. Poès. MSS. avant 1300, T. 111, p. 1Î72. 

Voyez la même pièce attribuée à Gaces Brullés, 
ibid. T. 1, p. 460. 

On disoit aussi, dans le même sens, commen- 
çance et commencence : 

Dame, à la conimeiiçaiice, 

Quant je vos esgardai. 

Me vint tout à plaisance 

Quanques en vos trovai. 

Sjmon d'Autié, Pois. MSS. avant 1300, T. III, p. 1233. 
Moult m'est bêle la douce commencence 
Du nouvel temps, à l'entrant de pastour. 

Li Chasielains de Coucy. ibid. T. I, p. 310. 

VARIANTES : 
CoMMENCAiL.Rom.de Brut.MS. fol. 101, V» c. 2. 
Commençaxlle, s. f. Bat. de Quar. MS. de S. G. fol. 91, R'. 
CoMMENÇANCE,s. /'.S. d'Aut. P. MSS. av 1300, T. 111, p. 123:1 
Commencence, s. f. Li Chast. de Coucy, ibid. T. I, p. 310. 

Commencement, subsl. masc. Ce mot sub- 
siste sous la première orthographe (4). 11 nous fournit 
cet ancien proverbe : Commencement n'est pas 
fusée, pour dire qui commence n'est pas au bout. 
(Dict. de Cotgrave (5).) 

VARIANTES : 
COMMENCEMENT. Orih. subsistante. 
CoMiMANCEMENT. Le Jouvencel, JIS. p. 74. 
Commenciiement. Le Fev. de S. Remy,Hist. deCh. VI,p.6. 

Commenceur, subst. masc. Oui commence. 
On a dit, dans le sens général : >< Se loue de beau- 
.. coup de ceul.x qui ont esté commanceiirs de son 
« bien. » (Le .louvenc. .ms. p. 602.) De là, ce mot 
signifioit particulièrement assaillant. (Petit. .1. de 
Sainlré, p. 236 (6).) 

VARIANTES : 

COMMENCEUR. P. .1. de Sainlré, p. 236. 
Com.manceur. Le Jouvencel, MS. p. 602. 

Commencher, verbe. Commencer. (Voyez 
Fauchet, Langue et Poès. fr. p. 197.) On a employé 
ce verbe substantivement, dans le proverbe sui- 
vant : 

Bon conmancier à bone fin. 

Fal)l. MSS. du R. n" 7015, T. H, fol. l;:t, V col. 1. 

Xous rapporterons ici quelques termes de l'an- 
cienne conjugaison de ce verbe, soit qu'on l'écrivit 
selon les orthographes que nous venons de citer ou 
selon celle qui subsiste (7). 



(1) On lit déjà aux Serments de Strasbourg : « Si cum on, per dreit... » (n. e.) 

(2) Voyez une citation de Machault sous comète. (N. E.) 

(3) Dans un bestiaire cité par Du Cange (II, 777 , col. 2) on lit : « L'oevre de boine commcnchaille Qui ara boine 
definaille. » n. (e.) 

(4) Dans Froissart, commencement a le sens d'occasion : « Si avés très-grand commencement de requérir et calengier ce 
qui est vostre. » (II, 324.) — ft co)ii(»e(ice»)eii/, comme rfeprej/iifi's, signifie d'abord : « Et quidierent de coinmcncernenl 
que ce fuissent ceu de Camperlé qui les venissent combatre. » (Id., IV, 78.) (n. e.) 

(5) D'après J. Chartier, Hist. de Charles VII, p. lil : « La fin en sera mauvaise ; Ains que vostre œuvre soit usée ; 
Commencement n'est pas fusée. » De même dans Perceforest (t. VI, p. 84) : « L'on dit : commencement n'est pas fusée mais 
advantaige grant. » (n. e.) 

(6) « Saintré, qui jà estoit en point comme De commenceur et entrepreneur de l'emprinte, monta à cheval. » (s. E.) 

(7) Dans Froissart, il est adverbe, et de commcncliier signifie spontanément : « Car rfe commenchier, tel ribaudaille que 
il estoient n'euissent jamais osé d'entreprendre d'avoir occis un si haut homme. » (IX, 182.) (N. e.) 



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CONJUGAISON : 

Coinent, iiidic. prés. Commence. 

Dolerousement cnmcnl, 
Ki cliaiitei voul de doulour. 

Gontiers, Poi-s. MSS. avanl 1300, T. III, p. 102.-). 

Cummans. indic. prés. Je commence, (ms. de 
l'Eglise S' Martin de Tours.) 

Conwiencens, part. prés. Commençans. On disoit 
Pasques commencens. 

Conimene-iaines , prélér. indic. Commençâmes, 
(.loinv. p. 77.) 11 paroit que le copiste, embarrassé 
du son du c devant Va, qu'il vouloit adoucir, a 
employé le x- pour tenir lieu de la cédille. (Falc.) 

Commcns, indic. prés, .le commence. 

Comme je veuil que le Romans 
Soit appelé, que je conunots ; 
Ce est le Romans de la Rose. 

G. de Lorris, cité par Fauch. Lang. et Po^-s. fr. p. 19;i. 

Comment, au subj. prés. .le commence. 

... Va près que .je ne comment. 

Fabl.'lISS. du K. a' 721S, fol. 49, V- col. 2. 

VAB1.4NTES (1) : 
COMMEXGHEli. IJeauiaanoir, p. 1 et 2. 
roMMAXCHiER. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 522 et 761. 
CoM,MENCHiEU. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 437, not. col. 1. 
CoNMANCiER. Fab). MSS. du R. n» 7613, T. II, f" 131, V» c. 1. 
COMENCER. Poës. MSS. av. -1300, T. III, p. 1025. 

Commendaces , subst. fém. plur. (2) Prières 
pour les morls. (Voyez Colgrave, ^■icot, Oudin et le 
Gloss. de l'Hist. de Paris.) Les croisés françois 
ayant été inassa.rés en Hongrie par les Sarra- 
zins, en 1396, on ordonna des services dans les 
églises. •■ Dans la ville de Paris, furent en toutes 
« les églises faites de très belles vigiles, commen- 
« dusses et messes. » (Juvén. des Ui'sins, Hist. de 
Charles YI, p. 127.) « Fist dire vigiles, el les coin- 
« mciidassions. " (.lourn. de Paris sous Charles VI 
et VIT, p. 200.) On disoit aussi comme lUlatlon (3) au 
singulier. (Voyez Vies des SS. .ms. de Sorb. ch. lm, 
col. 3G.) « Qu.ànd il fera ses commendemens à la 
'■ grand messe, avec lescommendasses des morts. » 
(Bout. Som. Rur. p. 87.5.) 

Les paysans, en Normandie, disent faire ses 
commendasses, pour faire ses complimens. 

VARIANTES : 
COiMMENDACES. Juv. des Urs. Hist. de Ch. YI, p. 127. 
Commendasses. Bout. Som. Rur. p. 875. 
Co .AMENDASSIONS, .lourn. de Paris sous Ch. VI el VU, p. 206. 
Co.MMENDATiON, si»'/. Vies desSS. MS. de Sorb. ch. LXi. 

Commenioi*. verbe. Communier. Dans le sens 
actif, c'est administrer la communion. 

Comment il la commcnia. 

Fabl. MSS. du R. n' 7218, fol. S22, V* col. 2. 

De là, on a dit : ■< Soit chascuns coiifés et com- 
« men/c. " (Villehard. p. 178.) 



Commensalité, subst. fém Etal de commen- 
sal. (Colgrave et Oudin, Dict.) « Item pour ce que, 
« es temps passez, plusieurs juges, el advocatsfont 
« doubles, en rappellalion de tesmoings, quant 
« partie qu'il sont du conseil de son adverse partie, 
■' et partie les veult rapeler, est avisé que partie 
•> n'y sera point reçue, s'elle ne dit qu'il est son 
« conseiller, advocat, procureur, ou solliciteur el 
" de sa commensalité. « (Ord. des ducs de Bret. 
fol. 194.) 

« 

Comment, subst. jnasc. et adj. Commentaire 
el commenté. Comme adjectif, ce mol nous fournil 
l'expression livre comment, pour commentaire, 
dans ce passage : « S' Thomas, le S' Docteur, en 
« son livre comment sur les Ethiques. « (Hist. de 
la Toison d'Or, Vol. H, fol. 191.) 

On employoit ce mot plus souvent comme sub- 
stantif. " Translatez de carmes latins, en ryme 
« françoise, avec le comment (4) en prose. » (Du Verd. 
Bibl. p. 17.) 

Sans faulse glose, et erroné comment. 

Crétin, p. 8. 

Comment, adv. Sur le mol cornent, voyez le 
livre d'Albei lau : Don parler et dou taire, etc. Nous 
ferons d'ailleurs quelques remarques : 

1° Le mol comment, qui subsiste comme adverbe, 
a été employé comme substantif, pour de quelle 
façon, de quelle manière. « Rente non nantie est 
« SI .: jUd à partage, sans avoir égard à comment, 
« el lie quel côtéelle est venue. »"(Cout. de Bouch. 
Nous. Coul. Gén. T. I, p. 791.) 

2° On a dit comment, pour comme. •< Embeso- 
<■ gnées 11 elles parer, el orner comment le cas le 
« requeroit. » (Percef. Vol. 111, fol. 75.) 

3° Comment que el cornent que, pour quoique, de 
quelque manière (]ue (5). (S. Bern Serai, fr. mss. 
p. 3Ô9.) Dans le latin utcumque. » De la victoire. 
« non seulement en advenoil la ruine de l'armée, 
« mais le danger, el trouble de tout le royaume, 
- comment que soil. » (Mém. Du Bellay, livre VII, 
fol. 201.) On lit, au sujet de l'Oriflamme : 

. . . Comment que l'en l'ait portée, 
Par nations blanches et mores 
Ele est à S. Denis encores. 

G. Guiart, MS. fol. ;'.0, V'. 

Une amitié longue, et de telle sorte, 
A soudain rompre est difficile et forte : 
Bien forte elle est ; mais coiiDiicnl que tu face 
Si faut il bien que du tout t'en deface. 

Meîin de S. Gelais, p. iS5. 

VARI.\NTES : 
CO.MMENT. Orth. subsistante. 
CoMENT. Albertan, MS. du R. n" 7377, p. 1. 



(-1) Il est dans Roland sous la forme cumencer (2413), cnmencel (-138), etc. (N. E.) 

(2) Dans un teslaraenl de 1448 au Cart. 21 de Corbie, fol. 277, on lit : « Item je laisse .. au.x trois ordres mendians , est 
assavoir frères prescheurs, augustins et frères meneurs de ladite ville [d'Amiens] à chacun vingt solz, par sy qu'ils seront 
tenus de dire vigilles commendaces le jour de mon obseque. » (N. E.) 

(3) Voyez le Glossaire sur la chron. des ducs de Normandie. (N. E.) 

(4) On lit aussi dans Christine de Pisan (Charles V, III, 13) : « Et fi.st un command là-dessus [les œuvres de Denis 
l'aréopfigite]. » Cun\mentinrc n'apparaît qu'au XVF siècle, (n. e.) 

(5) On lit atissi dans Froissart (V, 461) : "' ' 
cimiment i/ue la besoingne ne soit tourné 
encore delîyés. » Ce sens est déjà dans Roland (v. 302:;) : « Uiimeiit qu i 



,u qu au \\i' siècle, (n. e.) 

51) : « Et si m'est avis que vous avés grant cose et bien raison de vous esléechier. 
rnée à votre çret. » (V, 4GI). Que peut faire défaut (II, 4.12^ : « Cornent il n'en fust point 
is Roland (v. 3525) : « Cumcnl qu'il seit, ne s'i voelt celer mie. » (N. E.) 



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Commentaires, subst. rnasc. plitr. Mémoires. 
Pasquier dit. en parlant des Mémoires de Montluc: 
« A il intitulé son œuvre commentaires, ce tju'en 
« nostre langue un Coiniiiines, et après luy un 
•' Martin DuBellay voulurent appeller mémoires, 
« cai', pour bien dire, sans nous eslongner de 
« nostre vulgaire françois, après avoir recité 
« chaque mémorable exploit parluy faist, il apporte 
« tout d"une suile un beau commentaire. « (Lett. 
T. 11, p. 387.) Il paroit, par le passage suivant, que 
Du Bellay se servoit aussi quelquefois de ce mot, au 
lieu de mémoires. « Nous avons couché au précé- 
" dent commentaire, comment le roy, etc. « (Mém. 
Du Bellay, livre VII, fol. 'il8. — Voyez ci-après 
Gommes.) 

Commention, subst. fém. Mention. Mais plus 
probablement c'est une faute, et on doit lire con- 
vention, i' Les enfans estant en puissance pater- 
« nelle, parens et autres personnes, norries, et 
" entretenues par gratuite affection, ou pitié, ne 
" peuvent acquérir droit de communauté avec père 
" et mère, et autres persounes qui les norisse, par 
« quelque laps de temps qu'ils y demoreni, s'il n'y 
« a expresse commention sur ce faite. » (Ane. Coût, 
de Troyes, Nouv. Goût. Gén. T. III, p. 273.) 

Gommerailles, subst. fém. plur. Fêtes pour la 
naisance des enfans. 

Après avoir fini leurs tristes commérailles, 
Qui passoient en tristeurles tristes funérailles; 
Ne laissent aucun point du mystère sacré 
Au naistre d'un enfant en la sorte exécré. 

(Euv. de Baif, fol. 681, V". 

Commère, subst. fém. Femme en couche* 
Homme efféminé'^. 

* Nous trouvons ce mot, au piemier sens de 
femme en couche, dans des vers sin' la Nativité : 

Si nous allons cest enfant voir, 
De le servir feray devoir. 
De bon cœur servirons la raere. 
Je croy qu'elle est belle commère. 

Les M,irg. do la Marg fol. 81. R- el V-. 

Dans plusieurs provinces, cette acception du mot 
commère subsiste encore. 

^ Oudin, dans son Dictionnaire, donne pour une 
des significations du mot commère celle d'un 
homme efféminé. 

Quant aux aulres significations de ce mot qui 
subsistent encore, nous ferons les remarques sui- 
vantes : 

l" On donne aujourd'hui le nom de commère soit 
à la femme dont on tient lenfant sur les fonts, ou 
à celle avec qui on le tient (1). G'étoit autrefois la 
même chose. (Voyez Du Gange, aux mots Commara 
et Commuter.) 

2° Il est bon de faire observer que le roi d'Angle- 



terre, en 1513, parlant de l'archiduchesse, l'appelle 
« nostre cousine et bonne commère. » 

3" Ce rnot paroît s'être dit pour sag:e-femme. « La 
« royiie ayant fait appeller la sage femme qui avoit 
« reçeu les enfans, luy ditsecrettement. que diriez- 
« vous ma coinmere. m'amie, etc.';' » (Nuicls de 
Srapar. p. 301.) Mais ce nom n'est pas ici plus 
appliqué à la sage-femme que celui de m'amie 
qu'on lui donne dans la même phrase. Commère 
étoit alors comme aujourd'hui un mnt vague qu'on 
appliquoit aux femmes de basse condition, et qui 
se prenoit souvent en mauvaise pari. G'est dans ce 
sens qu'on a dit, en parlant d'une tourière: « Quant 
" la diablesse veit le chevalier en tel poincl, elle lui 
« escria d'une voix forsennée : Meschant malheu- 
« reux chevalier que faictz tu icy'? Va-t-en, ([ue ne 
« soyes desmembrés, et desrompu aux ungles : Es 
« tu une commère, ou ung portier de religion ? va 
" ton chemin en auUre lieu quérir ton adventure. » 
(Perceforest, Vol. VI, fol, 48.) 

On trouve (ib. Vol. IV, fol. 109) le mot commère (2) 
employé comme terme d'injuie, dans le sens où 
nous le disons aujourd'hui. 

Gommes, subst. masc. plur. Gominenlaires, 
mémoires. 

.Fay veu, et leu, chroniques, textes, commes 
Tant des Césars, comme tous aultres preux. 

J. Marot. p. 16-2. 

Nous avons vu ci-dessus qu'on disoit aussi dans 
le même sens comment. 

Commessateur, sut)st. masc. Qui aime la 
bonne chère. On lit : « Gourmand, yvrogne, et 
« commessateur , •> dans Gartheny , voyage du 
Gliev" errant, fol. 89. 

Commestion, subst. fém. L'action de manger. 
Ondisoit: quiestde bonne commestion, pourquiesl 
bon à manger. « Priant, el de bonne commestion. ■• 
(Apol. pour Hérodote, p. 559.) 

Commettre, verbe. Prononcer, ordonner*. 
Encourir, risquer^. 

* Ge mot subsiste, sous la première orthographe, 
avec d'autres significations. On disoit autrefois 
cometre une peine, pour l'ordonner. « Selon les 
« cas que vous orrés, comètes telle peine au monde, 
« à la char, et au deable. comme bon vous sem- 
>• blera. » (Modus et Kacio, ms fol. 310.) 

° Commettre a signifié aussi l'action même d'en- 
courir la peine prononcée pai' le juge, et c'est dans 
ce sens qu'on disoit commettre prison, pour encou- 
rir prison. 

En cohtmellant prison nrivée. 

Eusl. Descli. Poés. MSS. fol. 40lj. col. 2. 

Nous disons encore, en termes de coutume ; 



(1) La commèi'e on marraine de l'enfant était considérée comme sa mère spirituelle ; elle devait le garder et le secourir, 
s'il devenait orphelin ; enfin elle ne pouvait épouser le parrain de Tenfant. (Loi des Lombards, II, tit. 8, § 5.) Beaumanoir 
écrit encore (XVIII, 8) ; « Ce doit cascuns savoir que nus ne doit espouser celé qui li apartient de lignage, ne se commère, 
de quel enfant que ce soit. » (N. E.) 

(2) « .le ne scay, dit la voix, se tu empireras Vhuys ; car tu n'y entreras point par force ne autrement ; car je huclierai. 
snssv fol pt oultrageux que tu es, qui bien gardera l'huys contre toi. Mes huy seroient ruses de commères , dit Passelyon, 
trou ai entendu. » (N. E.) 

IV. 16 



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— 122 



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coDivu'tlrc loi //c/, pour le confisiiuer, en encourir, 
en l'isijuer la conliseation. (Voyez Laur. Gloss. du 
Dr. l'r. el IJu Cun^e. aux mots CommUlere et Feu- 
dum Commiltevc] Le Fèvre, Orig. des liefs, p. 80, 
met una distinction entre commettre son fief, et le 
mejfuive. 

VARIANTES : 

COMMETTRE. Orth. subsistante. 
CoMETRE. Modus et Racio, .MS. fol. 310, R». 

Coinineus, wlj. Emu, agité. 

La mer après n'est pas conmue, 
Li taiis est scef, et seriz. 

Parton. de 131ois, MS. de S. G. fol. Ite, V° col. 3. 

Quar tout en iert le peuple coiujneuf:, et troublez. 

Rom. de Rou, MS. p. 122. 
Li peuple est trestout cnnimeus; 
De Bernart s'esmerveillent, qui ^i est esperdus 
Et Dex ! dieiit au quant, qu'est son senz devenuz? 

Hom. de Rou, MS. p. 87. 

VARIANTES : 
COMMEU.S. Rom. de Rou, MS. p. 87. 
CONMU. Part, de Bl. MS. de S. G. fol. 145, V° col. 3. 
CoNGNEUs. Rom. de Rou, MS. p. 422. 

Coniiiiiinaus (1). 

Covint cens de France partir 
De la place, tout maugré aus ; 
La place si fu ccomiiimaus 
De ceus de Cbampaigne la fine. 

Fabl. MSS. du R. n- 1218, fol. 16, V col. 2. 

Conimination, sitbst. fém. Menace. " Les 

« envoya tons sommer, avecques commination de 
« les faire tous pendre, s"iisattendoient le canon. » 
(Mém. Du Bellay, liv. VIII, fol. 245.) 

Coinminau, subst. masc. Communauté d'une 
ville. (Voyez Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis, et 
la Tliaum. Coût, de Berri, p. 102.) 

Comminer, verbe. Menacer. (Oudin el Cotgrave, 
Diction n.) 

Coinminuer, verbe. Broyer, fracasser (2). Pro- 
prement mettre en petites pièces. (Nicot, Cotgrave, 
Dict.) On lit, en parlant de gens frappés et tués du 
tonnerre : « Et en aucunes des personnes qui 
» feurent tuées, feut trouvé que leurs os estoient 
« tous comminués , et desrompus, sans que la 
« peau, et la chair fussent aucunement entamées. » 
(Juven. des Urs. Hist. de Charles VI, p. 338, 
an. 1417.) 

Coiiiniiracion, siibsl. fém. Ce mot, dont il 
n'est pas aisé de démêler la signilication, semble 
désigner quelque opération magique. 



Li premiers fut qui fontaine en usaige 
Fist par conduiz, et encîoit dedenz 
Pierres de maulx espeiis respondens 
Aux demandes, par commirarion (3). 

Eusl. Desch. F'iios. MSS. fol. 42, col. 1. 

Commis, subst. musc. Confiscation. On a dit 
droit (le commis, pour droit de confiscation. (Lau- 
rière, (Jloss. du Dr. fr. — Voy. ci-après Commise.) 

Commis, subst. masc. Chargé d'une commis- 
sion. Nous disons encore ce mot, en ce sens; mais 
nous devons marquer ici les diverses personnes 
auxquelles on donnoit autrefois ce nom (4). 

1° On le donnoit à celui qui avoit commission du 
Pape. « Ne fait à absoudre que par le S' Père, ou 
'• son commis. >• (Bout. Som. Rur. p. 758.) 

2» A celui qui avoit commission du roi, pour 
présider aux joutes. « Devant le roy de France, son 
" seigneur souverain, ou son commis. » (P. J. de 
Saintré, p. 397.) 

3° On disoit quelquefois commîs, pour lieutenant, 
ou officier. « Avoient mandé le duc de Zassés, et 
« pris, et receu ses commis, et gens d'armes. » 
(Mém. d'OI. de la Marche, liv. I, p.'l7G.) 

4° Dans le passage suivant, on nomme commis 
un roi que l'on met à la place de l'héritier naturel. 
Un roi voulant au lit de la mort, en présence des 
princes de la cour, exclure de la couronne un 
neveu qui lui devoit succéder, « le plus sage parla, 
« et dist, sire, il n'est point de tel meschief, comme 
« d'ung royaulme escheoir en mains de commis. ■> 
(Percef Vol. VI, fol. 90.) 

5° On désigne, sous le nom de commis, ceux qui 
avoient été nommés par le maréchal de Clermont 
en 1355, pour établir les collecteurs qui dévoient 
lever l'aide. (Ord. desR.deFr. T. III, préf. p. 32(5).) 

0" Commis à ta vingtaine semble pris pour chef, 
ou officier de quelque corps de métier. « Toutes 
« sentences rendues par les reuwart (inspecteur) 
» paiseurs, maieur de la perse (pour percbe) trip- 
» piers de velours, commis à lavingtaine, et autres 
« collieges, subalternes à eschevins, sortissent, par 
« appel, par devant les dits eschevins. « (Coût, de 
Lille, Coût. Gén. T. I, p. 777.) 

7° Commis au registre des étrangers. C'étoient 
les officiers chargés de tenir une liste des étrangers. 
« Sont faites defïenses à tous hostelieis, taver- 
« niers, et généralement à tous bourgeois, de rece- 
« voir aucuns estrangers, pour y loger une nuict, 
« sans billet du commis au registre des estran- 
'< gers. » (Ord. de Metz, Coul. Gén. T. I, p. 1154.) 

i" Commis des finances. Ils furent créés en 1413(0), 



(1) Lisez coinmunaus. (n. e.) 

(2) Depuis Paré, c'est un mot ctiirurgical : « Un coup de pistole luy fractura les os du bras, dont en avoit qui estoient 
conimiiiuéfs, comme si on les eust rompus sur une enclume. » (Paré, IX, 14.) (n. e.) 

(3) Ne faut-il pas lire conjuration ? (n. e.) 

(4) Dans Froissart, il a le sens de délégué : « Il tenroient... le tretlié que Chil de Gand avoient jurât à tenir et proumis 
par lettres... à l'evesque de Durera et à ses commis. » (II, 441.) (n. e.) 

(5) On les nomme plus souvent élus : « Et ne seront lesdites aydes, et ce qui en ystra, levées ne distribuées par nez gens, 
par noz trésoriers, ne par noz officiers, mais par autres bonnes gens saiges, loyauls et solvables, ordonnez , commis et 
depputez par les trois Estats. » (.\rt. V de l'Ordonnance.) (N. e.) 

(tî) L'Ordonnance de 1413 fit de la Chambre des Comptes la base de l'organisation financière, et rnit à sa tète et à la place 
des généraux de finances « deux commis ordonnés au gouvernement des finances du royaume et investis de la direction 
supérieure. » (Art. I et IL) — Elle appelle aussi la Cour des Aides « l'auditoire des généraux ou commis au gouvernement 
de la justice des aides. » (n. e.) 



co 



— 123 — 



CO 



à l'assemblée des Etats de Paris qui se tint pour la 
réformalion des ab'is dans Tadministrafion publi- 
que. « Par le premier article de la reformation, le 
« Roy déclara qu'il supprimoit tous autres threso- 
« riers, et généraux, et qu'il n'y en aurait plus que 
« deux, par devers lesquels résideroit toule la 
« charge des finances, de quelque nature qu'elles 
« fussent; qui seroient appeliez commis des f'niaii- 
« ces, lesquels seroient éleus en la Chambre des 
« Comptes par le chancelier. » (Pasq. Rech. liv. II, 
p. 84.) 

9° Le commis du marguilher designoit celui 
qu'il chargeoit d'en faire la fonction. (Coût. Gén. 
T. I, p. lus.) 

Commi?,, participe. Imposé, infligé*. Qui a 
encouru confiscation^. Chargé d'une commission'^. 
Entrepris, commencé". Fait, achevé, passé ^. 

Ce mot, dans ces différentes significatioiis, est le 
participe passif du verbe commettre. 

*J\'ous avons remarqué, îi l'article de ce verbe, 
que l'on avoit dit commettre une peine, pour l'or- 
donner, l'imposer ; de même, on a dit commis, 
pour imposé, infligé. « Ont griement pecbié contre 
« le père, et le lilz, et contre moy, pourquoy paine 
« leur sera commise. « (Moduset Racio, ms. f°311.j 

^Commettre signifioit aussi encourir confisca- 
tion, en parlant des fiefs ; de là, commis s'est pris, 
en général, pour confisqué. « Voulons que le pois- 
« son viengne sans entrer en bostel, sous peine 
- d'estre commis envers nous. » (Ord. des R. de 
Fr. T. Il, p. 587.) 

■^ On dit encore commettre, pour donner commis- 
sion, et au passif être cûmviis. Mais ou dit élre 
commis à une chose, et on disoit autrefois être 
commis d'une chose. 

Lequel chargé de ce dont est commis, etc. 

J. Marot, [jage 70. 

Juridiction commise étoit une juridiction établie 
par commission ; « autrement dite déléguée, bail- 
« lée, soit par le prince, soit par autre qui ait pou- 
« voir de le faire, » comme l'a définie Bout. Som. 
Rur. page 9. 

° Commis signifioit aussi entrepris, commencé, 
du latin commissus, comme dans cette expression 
guerre commise. 

Ces deus cors saints diz desus 

Furent estez de leur yglises, 
Par paour de guerres commises. 

G. Guiart, MS. fol. 147, R". 

^ On dit un ciime commis, pour un crime fait; 
commis est même le mot propre. On disoit un con- 
trat comtnis, pour un contrat fait, un contrat 
passé. (Ord. des R. de Fr. T. III, p. 45.) 

Nous trouverions une acception nouvelle du mot 
coimnis, dans la Coutume d'Artois, si ce mot n'étoit 
une faute eu cet endroit ; « L'on ne peut mettre en 
« posture aucunes bestes à laines es marets com- 
« mis. " (Coût. Gén. T. I, page 756.) Lisez marctx- 



communs, comme dans l'édit. de cette Coût. Arras. 
lG-2'i, in-12, p. 20, art. 55. 

VARIANTES : 
COMMIS. 
Komis. Carpentier, Hist. de Cambray, p. 28. 

Commise, subst. fém. Confiscation *. Déten- 
tion ^. Piévaricalion '^. 

* Nous avons vu commis, pour confisqué ; de là, 
le substantif coJHJw/.st', employé dans les Coutumes 
pour exprimer la confiscation, non-seulement des 
fiefs, mais des tenes tenues en censive, même à 
ferme. (Coût, de Courir. Nouv. Coût. Gén. T. I, 
p. 1091 (11) Onaditaussi, en ce mêmeseiis, commis- 
sion. (Voy. Laur. Gloss. du Dr. fr.) « Quant aucuns 
« héritaiges, et biens estoienl acquis par commis- 
« sion de fief, le seigneur féodal n'estoit tenu de 
« payer les debtes, sinon quelles fussent ensaisi- 
« nées. » (Proc. de J. Cœur, i»is. p. 122.) (2) 

^On a employé ce mot pour détention, mais 
alors nous le trouvons écrit commisse. (Gloss. de 
l'Hisl. de Paris.) « Avoir commisse à la Baslille, » 
y être détenu pour avoir commis son lief par 
félonie. 

•^ Enfin commise est mis pour prévarication com- 
mise par quelqu'un, dans des lettres patentes don- 
nées à Anvers, le 21 septembre 1457. « Mon dil 
« seigneur le duc donne commission de cognoistre 
« de toutes commises par ses officiers, et de les 
" pugnir des exactions, et extorsions des dits offi- 
« ciers, quels qu'ils fussent. » (Estât des Offic. des 
ducs de Bourg, p. 223.) 

VARIANTES : 
COMMISE. Nouv. Coût. Gén. T. I, p. 1091, col. 2. 
Commisse. Gloss. de l'Hist. de Paris. 
Commission. Du Gange, au mot Commissio, 2. 

Commissaire , suhst. masc. Commandant, 
officier principal*. Ambassadeur^. 

Ce mot subsiste; il nous convient de remarquer, 
avant de passer aux acceptions bors d'usage, qu'il 
est employé dans les anciennes ordonnances, au 
même sens que celui de commissaire des guerres, 
ou à la suite, qui est aujourd'hui en usage. (Voyez 
Le P. Daniel, Mil. Fr. T. I, p 219.) Les capitaines 
de chaque compagnie étoient autrefois chargés des 
fonctions des commissaires. « Mais, depuis, a cause 
.> des malversations qui se commetloient par les 
« capitaines qui retenoient les gages des gendar- 
<■ mes, ou qui mettoient des passeVolans, la paye 
« des gendarmes se fit par les commissaires. » 
(Ibid. p. 225.) 

'^ Commissaire, &ini le sens propre et général, 
désigne celui qui a reyu une commission. On appli- 
quoit cette idée à la signification particulière de 
principal officier d'une armée, de commandant. 
Alain Chartier , parlant des généraux et autres 
principaux officiers qui commandèrent à la conquête 
de la Guienne en 14.53, se sert de l'expression de 



(■1) « Quand le fermier a donné lieu à la commise de son bail. » (Nouv. Cout., I, p. 492.) (N. E.) 

(2) La commise s'appUquait aux fiefs en cas de désaveu ou de félonie. A l'origine, la minorité même du vassal entraînait 
la commise. (N. E.) 



co 



- 124 — 



CO 



messcigneurs les commissaires, (llist. de Charles 
\1 tl \II, p. '238.) Saiiilié, commis par le ruy pour 
élre le chef d'une croisade iiomhreuse qui ailoit eu 
Prusse, esl qualifié de conimissuire. ^Pelil J. de 
Saintré, p. 457.) 

^ De là, aussi, on nommoil commissaires les 
ambassadeurs. Le chevalier que Charles V envoya 
en ambassade au roi d'Ecosse, en 1379, esl appelé 
" messasicr au roy de France, et commissaire », 
dans Froissart, liv. 111, p. 47. 

Ce mol avoil encore plusieurs autres significa- 
tions (1). 'Voyez d'abord Du Cange, Gloss. lat. au mot 
Commissariits, cl Laur. Gloss. du Dr. fr.) 

1° On appeloil commissaire de la cité, un officier 
préposé pour la police. ■• Nul ne pourra eslre 
" admis à l'office, et estât de commissaire de la 
« cité, s'il ne soit à^é de quaranle ans completz. » 
(Ord. du Pais de Liège, Coût. Gén. T. II, p. 978.) 

-l' Commissaire référendaire se disoit pour rap- 
porteur. « Nota que les commissaires de Parlement 
« jaçoil (quoique) ce qu'ils soyent commissaires 
« jugeans, ou commissaires référendaires, Us onl 
« accoustumé de contraindre les tesmoings à 
« venir, par devant eux, par piinse de leurs biens, 
« etc. » (Gr. Coût, de Fr. p. 379.) 

3° 11 y avoil des commissaires de Vartlllerie, dès 
le temps de Louis XII, au siège de Gènes (Voyez J. 
d'Auton, ."Vun. de Louis Xll, an inoO-lôO?, pages 
18'iet 183.) 

4° Nous trouvons le lil:e Aq commissaire ordi- 
naire des guerres, atlribuc à .loachim de Chastenay, 
chevalier de l'ordre du roi, dans les Mesl. lli.st. de 
S' Julien, p. 454. 

5° Un a dit viande de commissaire, pour chaii- et 
poisson. ^Uudiii, Cur. fr.) Cette expression vientdes 
commissions qui se donnoient dans les chambres 
mi-parties, composées de huguenots et de catho- 
liques, ce qui faisoit qu'on étoit obligé, dans les 
repas qu'on leur donnoit, à certains jours, de les 
traiter en chair et en poisson, en gras et en maigre, 
atin que ch.icun pût vivre selon sa religion. 

G° De là, traiter en commissaire, façon de parler 
encore usitée. " 11 est certain que ce qu'on dit 
« traité en commissaire de chair, et de poisson. 
« mérileroil bien mieux d'estre dict traité à l'eccle- 
« siastique. » (Apol. pour Hérodote, p. 354.) 

Commissairie, subst.fém. Commission. Cause 
en commissairie se disoit pour cause mise en 
commission. » Depuis lue contestation, et que la 
« cause doit eslre en commissairie, etc. » (Bout. 
Som. Rur. p. 89.) 

Commisseur, subst. masc. Coupable. Celui 
qui a commis le crime. « Declaiez commisseurs de 
« leze majesté, etc. ■> (J. d'Auton, Ann. de Louis XII, 
p. 2-25.) 

Commission, subst. fém. Nous ne parlons de 



ce mot subsitant que pour marquer qu'on nommoit 
autrefois commission ini]uisitoire, ou réquisitoire, 
appelée vulgairement ad parles, celle que nous 
disons aujourd'hui commission rogaloire. (Voyez 
Bout. Som. Hur. p. 617 ; et sur la commission 
rogaloire. (Laur. Gloss. du Dr. fr.) 

Commistre, siiès^. masc. Comité (2). Officier de 
galère. 

... y a voilles pour gouverner 
Les anteynes, mainte rime apprestée 
Pour navigier ; et si est, à l'entrée, 
Proe qui fent les undes, c'est ses droiz : 
Committre y sont qui font mainte siftlée. 

Eust. Desch. Poos. IISS. fol. SI."), col. 1. 

Il me convient porter honneur aux lares, 
Aux co)ii>nuticri qui ne font que siffler. 

Ibid. fol. '210, col. 2. 

VARIANTES : 
COMMISTRE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 215. col. 1. 
CoMiSTRE. Inv. des jov. et raeub. de Ch. V. 
CoMMUTiERS, plw. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 210, col. 2. 

Committimus, subst. masc. Ternie de palais. 
Nom que l'on donne encore à la commission ou 
mandement du roi ou du prince, à des juges (3), pour 
connoitre d'une affaire. (Voyez Bout.' Som. Rur. 
p. 637.) Dans un ordre du roi, en 134!, pour juger 
nu procès du chambellan du roi et d'un maitre 
d'hôtel de la reine, à cause de la néces.sité de rési- 
der à leur service, le roi use de ces mots : » Vous 
» mandons et commettons len latin cowhh'Wùhîis). » 
C'est de ce veibe lalin que s'est formé le nom sub- 
stantif françois committimus, dont on se sert 
aujourd'hui. (Du Gange, aux mots Committimus et 
Debitis, pris dans le même sens. — Voyez Laur. 
Gloss. du Dr. fr. elPasquier, Rech. p. 52.) 

Le co)nmittimus s'est dit autrefois pour désigner 
la commission donnée par le roi à un sergent. 
■' Ne peut, eu doit un sergent d'autre bailliage 
" faire, ne exercer office, en autre bailliage, s'il 
« n'a fiuv ce committimus du roy, de ce faire, qui 
« contienne le cas. « (Bout. Som. Rur. p. 668.) 

Commixtion, subst. fém. .Mélange. Du lalin 
commixtio. (Voyez Conlred. deSongecr. fol. 16.) 

Commocion, subst. fém. Trouble, émeute, 
sédition. On dit encore commotion, en termes de 
médecine. .Vu figuré, ce mol signifioil autrefois 
émeute, etc. <• Au maindreesclande que vous pour- 
« rez, et commocion de menu peuple. » (Ord. des 
R. deFr. T. I. p. 371.) 

Meschans, mallotruz, et oyseulx. 
Gens de basse condiction, 
Si s'allièrent avec eulx. 
Pour faire une cominoction. 

Vigiles de Charles VII, p. 16. 

. . . Sourdre faict grandes coinmotioiis 
Des Turcz maulditz, et gens plains d'insolence. 

Crétin, p. 14. 

Commocion esl une faute pour conjonction, con- 



1) Il a le sens d'exécuteur testamentaire au testament de Guillaume de Ghamborant (Du Gange, II, 478, col. 2, an. 1399) : 
ordonna ses vrays, bons el loyaulx amis exécuteurs et de foy coininissaircs. » (N. E.) 

(2) On lit au t. Il, p. 207 de l'Hist. oocid. des Groisades (xm" siècle) : « Raimont qui estoit comislre des galles. » (n. e.) 

(3) La cause était d'ordinaire commise aux requêtes de l'hôtel ou au grand Conseil, (n. e.) 



'é 



co 



— i2n 



CO 



jonction au figuré, liaison dans la Cliron. S' Denis, 
T. 1, fol. 191)." ■■ La l'eraielé de nostre amour, et 
" commocion. » On lit dans le latin firmita^ ami- 
ciiiœ et conjunctionis. 

VARIANTES (1) : 
COMMOCION. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 371. 
Commotion. Crptin, p. 14. 
CoM.MOCTiON. Vigiles de Charles VII, p. 16. 

Commode, subst. fém. Espèce de coiffure (2). 
Ornement de tête à l'usage des femmes, du temps 
de Palaprat, qui fait lemuméralion suivante des 
pièces dont elle étoit composée : " la duchesse, le 
•• solitaire, la fonlange, le chou, le tête à tête, la 
« culbute, le mous([uetaire , le croissant, le lir- 
.. niamcut, le di.xième ciel, la palissade, et la 
" souris. » 

Commodei* (Se), verbe. S'accommoder, se 
prêter. « Une République est de plus longue vie, et 
« entretient plus longuement sa bonne fortune que 
« ne fait un royaume, d'autant iiu'elle se peut 
« mieux commider à la diversité de ses citoyens, 
• que ne peut faire un prince. » (Machiavel, Disc, 
sur Tile-Live, p. 471.) 

Commodieux, adj. Commode. « .Je suis venu 
« en cesle cité de Manlua, pour estre eu lieu plus 
« commodieux à povoir entendre sur les alTaii-es 
« de l'empereur. » (Lelt. de Louis XII, T. III, p. '281.) 
On lit cominodosa, au même sens, dans un titre 
latin rapporté par Liodefrov ;,Hist. de (Iharles VII, 
page 898.) 

Common, subst. niasc. Pacage commun. Champ 
oîi plusieuis ont droit de pàtuiage. « Common est 
« le droitquehommeade mitter mettre ou envoyer 
" ses besles) ses beasts à pasture, ou de user et 
" occuper la terre qui n'est son propre soile isol). ■> 
(Citation de Du Gange, au inol€o)nmiinla 2. — Voy. 
une autre citation fr. ibid. au mot Àl/ncerd'i), et le 
chap. IV des Tenures de Lilll. fol. 05, qui a pour 
titre Tenant en common.) 

Commouvoir, verbe. Mouvoir, émouvoir (4). 
(Dict. de Cotgrave et de Monet.) 

CONJIGAISON : 

Commcu [serat\ futur prés. Sera ému. (S. Bern. 
Serm. fr. .mss. p. 117.) Képond au latin commove- 
litur. 

Commuet (se), indic. prés. S'émeut. (S. Dern. 
Serm. fr. mss. p. 273.) Dans le latin comtnovctuf. 

Commovement et Comovemeut, subst. 



Emotion, trouble. On lit dans S' Bern. Serm. fr. mss. 
p. 213: Commovement (dans le latin turhatlo] et 
comovemeut de sa lierlé. (ibid, p. 376.) Dans le 
latin zelo indignationis. 

Commugnes, subst. fém. plur. Ce mot, dans 
les vers suivans, désigne les troupes fournies par 
les communes : 

Manda siergans, etcevaliers, 
Et commugnes (h), et socloiers. 

Ph. Mouskes, MS. p 367. 

Commun, subst. masc. La commune, le peu- 
ple*. Corps, communauté^. Communication, intel- 
ligence'^. Droit en Houergue °. 

'* Ce mot désigna longtemps ce qu'on appeloit 
aussi la Commune, le peuple, les non nobles (0). « Li 
^ maires, et li eskevin devant dit, pour aux, et 
« pour leur commun. » 'Ordonn. T. Ill, p. 293.) 
•■ Comme les non nobles du dit lieu aient acous- 
« lumé de contribuer, de tout temps, et contribuent 
>« par les biens taillablesavecquesie commun de la 
« dicte ville, etc. » !ll)id. T. V. p. 391J.) « Tons les 
" Estais du pais, lant messeigneurs de l'Eglise, 
<' messeigneurs les nobles, que le commun, et la 
<' chose publique en général. ■• (Le Jouvenc. fol. 78.) 
On lit, au sujet du convoi de Charles VI, en 1422, 
et de ceux qui y assistèrent : ■' Tous les mandians, 
« l'université en son eslat, tous les collèges, tout le 
« parlement, le chastellet. le commun, etc. " (.Journ. 
de Paris sous Charles VI et Vil, p. 89.) 

On disoit les gens du commun, pour 
des communes. (Voyez le P. Daniel, Mil 
p, 407.) 

^ Commun se prenoil quelquefois poui' une com- 
munauté, un corps en général. Ainsi fe commun 
des pucelles se disoit pour les pucelles en commun. 
« La seconde lance envoyée par le commun des 
>. pucelles. " (Percef. Vol." VI, fol. 03.) 

Le corps des magistrats municipaux, dans la 
Franchise de Verdun, se nommoil li communs de 
la ville. La Thaumass. Coût, de Berri, p. 22.) On 
nommoit aussi li communs le corps entier des 
habilans. 

Parfois ce pet tout li communs. 

Purs. ,\iS. availl r.>UO. T. 



la milice 
Fr. T. 1, 



'^ Commun signifie 
amans qui sont d'inte 



IV, p. 1374. 

communication entre deux 
igeuce, dans le passage sui- 
vant, où l'auteur, après'avoir ditdedeux personnes 
qui s'aimoieul, (lue, lorsi]u'eiles étoient ensemble, 
« Soûlas et déduits y estoienl de commun », ajoute 
plus bas, en parlant de ce qui donnoit matière aux 



(1) On ut au xiF siècle dans Wace (Vierge Marie, p. 54) : « Icil qui par ceste mer vaut, Ce sunt li liome de oest munt, Qui 
sunt en grant comocion. » (n. e.) 

(2) La commode était une carcasse de fil de fer entouré de gaze pour servir de soutien à l'ensemble d'une coiffure 
compliquée dont l'origine est le fontange : '< On portait dans ce temps là des coiffures qu'on appelait des commodes, qui ne 
s'attacliaient point. » (S' Simon, p. 525, ch. CCXLVI.) (N. E.) 

(3) Ce mot ne se trouve pas dans l'édition Henschel. (N. E.) 

(4) On lit au lib. psalmor. (xa« siècle, p. 34) ; « Et commuverat li sire le désert Cades. » On lit aussi dans Chastelain, cité 
par Dochez : « Et qu'est venu f^iire ce duc Charles... qui vient commouvoir tout le royaume ? » (N. E.) 

(5) On le trouve aussi dans Froissart (éd. Kervyn, VI, KIU) : « Il acquist tant d'accord en la bonne chité d'Ammiens des 
grans bourgois et d aucuns des commuijnts que... » (,N. E.) 

(6) « Signeur, vous allés en grant péril, car il y a mauvais commun en cesle ville, k (Froissart, I.X^, 2b9.) Il dit même au 
pluriel (VI, 37) : « Li dus assembla grant fuison des communs de Paris qui estoient de sa secte. » (N. E.) 



co 



126 — 



CO 



soupçons : « Telle chose ne peult estre sans aucun 
« commun qui cher te pourroil couster. » ;Percef. 
Vol. V, fol it-i.) 

° Enfin, il y a un droit ([ue Tou nomme commun 
de /)aix ou de la paix. Ce droit appartient au roi 
comme comte de Rhodes, et se lève, dans le Rouer- 
gue, sur les hommes, sur les bêles et sur les mou- 
lins. (Voyez Laur. Gloss. du Dr. franc.) Il est fait 
mention de ce droit dans une Ord. de Charles V, en 
1371. (Ord. ï. V, p. 703, art. '20, p 700. j (1) 

VARI.^NTES : 
COMMUN. Ord. des R. de Fr. T. III, p. 'i'M. etc. 
Communs, plur. Poës. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1374. 
Kemun. Carpentier, Hist. de Cambray 18, tit. de 1133. 
QuEMON. Gloss. de l'IIist. de tiret. 

Commun, adj. Qui concerne le peuple *. 
Public °. Réuni '^. 

*0n disoit, au itvem\er sens, commu7is jiigemens, 
pour jugemens qui concernoient le peuple, et qu'il 
avoit intérêt de maintenir. « Il est appelle commun 
•> jugement, por ce (lu'il est oltroyé à chacun dou 
« peuple que ils les mainleigiient. » (Ane. Coût. 
d'Orléans, h. la suite de Beauman. p. 470, chapitre 
des communs jugemens.) 

^ De là ce mot signifioit public. « Les choses vou- 
« Ions estre criées par tous les lieux communs », 
c'est-à-dire dans les places publiques. (Ord. T. 1, 
p. 426.) 

'^ L'idée de communauté renferme celle de réu- 
nion ou de généralité, universalité; aussi trouvons- 
nous cojhh»/», pour réuni, mis ensemble, dans ces 
vers : 

Au tiers jour ensemble s'esmurent, 
Leur connestablies cijmmunes, 
A. un lieu c'on nommoit les Dunes. 

G. Guiarl, MS. fol. 327, V. 

Remarquons les expressions suivantes. On 
disoit (2) : 

1° Lettres communes, pour lettres patentes. (Fabl. 
MSS. du R. 7218, fol. 302.) 

Commun (serement), pour serment général. 
(Rymer, T. I, p. 82, tit. de 1263.) Dans un traité 
d'accord fait enire Edouard, tils aine du roi, et 
quelques grands du royaume, on lit, au sujet de 
l'engagement pris à vie par tous les contraclans, 
cette clause : » Sauve le commun scrcmcnt k'est al 
" honour de Deu, e a la fay le roi e a profit de 
« reaume. « 

Commun instrument, pour loi générale. On lit 
vers la fin d'une charte : « Avons volu et otroié 
<• que ceste présente charla ait valor et force de 
« commun instrument en totes cors et eu tôt juge- 
o ment. « (Du Bouchet, Gén. de Coligny, p. 58, lit. 
de 1268.) 

Commune vie, pour l'état de vivre en société ou 



en communauté. S' Bernard, ayant recommandé 
les vertus du christianisme, ajoute: •■ Por ceu ke li 
« saintifiemenz soit parfaiz, si covienl ke nos assi 
» apregnioiis del saint des sainz maiisuelude, et la 
» grâce de comune vie, si cum il mismes dist: apre- 
« neiz dist-il a mi ke je suis sueyr et humiles de 
« cuer. » (.S. Bern. Serm. fr. mss. p. 101.) 

2" Paroles communes, ou paroles de commun, 
pour conversation générale. « Tant estoit la joye 
« grande, à la table, qu'il convenoil les plus amou- 
« reux dire parolles de commun. « (Percef. Vol. V, 
fol. yi.) » Alors commencèrent à entre festoyer l'un 
l'autre par paroles quasi communes. » (Ibid. Vol. VI, 
fol. 55 ) 

3» La cité en fut toute commune, pour exprimer 
que le bruit s'en répandit par toute la ville. (Rom. 
de Baudoin, fol. 17.) 

4° Tournoi commun ou de commun. C'étoit un 
tournoi oi!i les combattans n'éloient point divisés 
par bandes, mais où chacun combaltoit pour son 
compte. » Lors se voulurent par bandes partir; 
« mais Pauslonnet les détourna, disant que le 
« tournoi étoil commun, et que chascun fit du 
« mieux qu'il pourroil. ■> (Percef. Vol. IV, fol. 158.) 
On trouve l'expression tournoi de commun, dans 
le même sens. (Ibid. Vol. II, fol. 123.) 

On disoit aussi fête commune, avec la même 
signification. « La fête est commune, il en prend 
qui veult. » (Ibid. Vol. V, fol. 57.) 

5" Avoir cliamp commun signifioit avoir le champ 
égal, sans aucun avantage : 

Et moult estoient andui prouz ; 
S'ils eussent le champ ciuninun, 
Tost fut faite la fin de l'un. 

Rom de Brut. MSS. fol. 98. R" col. 2. 

6" Canon commun, pierre commune, étoient un 
canon, une pierre de grosseur ordinaire. « Item 
" vingt autres canons communs, gettans pierres. 
« Item autres pelis canons, gettans plombée, et 
•' pierres communes, de cent à six vings livres. » 
(Le Jouvenc. fol. 85 ) 

On a dit, au même sens, en parlant d'une tour, 

qu'elle étoil 

Maçonnée d'euvre conimuiie. 

G. Guiart, MS. fol.S5, R-. 

l"Crime commun signifioit peut être cri me commis 
contre les lois de la commuante. « Que nul habi- 
" tant du dit lieu, pour cause de c\\'\\\e, crime com- 
" mun, ou conlranx fais ou dit lieu, ne pourront 
« estre trais, ne comis, ne emprisonncis hors du dit 
" lieu. " (Ord. T. V, page 706.) L'éditeur (note E, 
ibid.), conjecture que crime commun désigne «■ les 
« crimes les moins considérables, comme l'on dit 
« encore dans un sens à peu près semblable, les 
« délicls communs, et les cas privilégiez. « Me 



(1) On lit encore au reg. JJ. 179, p. 33, an. IMô : « k roccasion de ce que les habitans desdiz lieux estoient refusans de 
paier le comimm de la paix à nostre cousin d'.^rniagnac. >> Ce droit fut levé à l'origine pour solder les paissiecs chargés de 
maintenir la paix de Dieu. — Le commun {commune vini) était perçu, comme l'octroi, pour les besoins communaux : « Item 
voulons et octroions que lesdiz consoulzet conseillers... puissent... imposer... taille, queste, gepte, commun et imposition. » 
(Lib. d'Aigueperse, JJ. 198, p. 360, an. 1374.) (,n e.) 

(2) Coifi 1)1 14)1 jîays signifie plaine, campagne, dans Froissart (III, 339) :« Il avoit si constraint tous chiaus del co)nmuii 
pays. » (N. E.) 



co 



127 - 



CO 



seroit-ce pas plutôt des crimes publics, c'est-à-dire 
de noloriélé publique? 

8' Droit commun, celui qui se trouve d"accord 
avec le droit coutumier et le droit écrit. « Quand la 
« cuustuuie s'accorde au droit escript, l'on le dit 
« droictcommun. •• (Gr. Coul. de P'r. p. 12.)Cepen- 
dant l'éditeur de Bouteiller (Som. Rur. p. 141) dit 
simplement : •> droict romain qu'on appelle vul- 
« gairernent commun. » 

9° Estre covinnui s'est dit pour état naturel ou 
ordinaire en parlant du sanglier. « Il est plus 
« impétueux, et de plus granl couraige, quand il 
« est eschauffé, que quand il est en son commun 
.. esirc. .. (Percer. Vol. VI, fol. 80.) 

10" Femmes communes, ribaudes co7n7mmes, 
poui' femmes publiques. 

Vous avez nostre chambrière 

Requis d'amours, deux fois, ou trois : 

Vous estes alez piusuers fois 

Veoir Helot, et Eudeiine, 

Isabel, Margot, Kateline, 

Et couché aux l'eiiiines communes. 

Eusl. Desch. Pois. MSS. fol. ôlC, col. 4. 

« Item soient boutées bors ribaudes communes, 
« tant de champs, comme de villes. » (Ord. T. I, 
p. 74.) On lit, dans le latin, expellanUn autem 
pubiicc merelrices, etc. 

11" Jours communs, pour jours ouvrables, jours 
ouvriers. 

L'en voit le.s cers natureleraent muer, 

L'an une fois, le merrien de leurs testes ; 

Et leur suffis! un an celuy porter. 

Sans changement ; mais les dames sont prestes 

D'entrechangier, Biixjourscoininiiiis, aux festes 

L'habit de chief, en estrange manière. 

Eusl. Desch. Pops. MSS. fol. 328. 

12° Etre commun de bien avec un autre signifie 
le valoir pour la fortune, lui être égal. (Fabl. jiss. 
du R. n" 7218, fol. 70.) C'est dans ce sens d'égal 
que l'on a employé le mot commune, en parlant de 
deux forteresses bâties ou plutôt situées de 
manière 

. . . Que se l'en preist l'ime, 
L'autre à deil'endre fust commune. 

G Guiarl, MS. fol. G3, V". 

C'est-à-dire également propre à défendre. 

13° On nommoit commune observance >■ un 
« establissement que le seigneur a estably en la 
" cour, outre les us, stille, ou rit qui y est. » (Bout. 
Som. Rur. p. 7.) 

14° On disoit de main commune, pour conjointe- 
ment, de concert. (Voyez Traité de Ms' frère de 
Louis XIII, avec l'Espagne, en 1042.) ■• Il est convenu 
« que les avméesagt vont de commune main, h même 
" fin, avec bonne correspondance. » (Mém. de 
Montresor, T. Il, p. 145.) 

15° .1 la commune se disoit pour à l'ordinaire, 
à l'entrée de Charles Quint à Boulogne : « Venoient 
« les pages de l'Empereur montez sur de très 



» beaux chevaux, les uns à la genefle, les autres à 
« la commune, que les Espagnols appelloiênt, pour 
« lors, à la bastarde. ■• (Brant. Cap. Estr. T. I, p. 26.) 
Nous expli(|uerons au mot genette ce que c'étoil 
que monter un cheval à lagenetle. 

Coiniminages. [Intercalez Conimunages, gens 
du commun : « Pensés vous que ces conimunages 
" sachent combattre. >> (Froissart, XIII, 174.)] (n. e.) 

Comniiinaison, subst. fém. La communion, 
la cène. (Dict. de Borel et de Corneille.) 

Comiminal, adj. Commun, public *. Lié d'in- 
térêt ou d'amitié °. Indiscret*^. Banal °. Le commun, 
le peuple^. 

* Le premier sens de ce mot signifioit commun, 
public. On disoit : 

Il ne chaut du bien communal. 

Eust. Desch. Poés. MSS. fol. Stîfl, col. 2. 

« Decommunau grant -, pour de grandeur com- 
mune, ordinaire. (Assis. deJerus. p. 81.) 

Par tôt le cors l'a coninunal. 

Pailon. do Bl. MS. de S. G. fol. 152, R* col. 1. 

On a dit aussi communaux au singulier. (Balade 
du Bien communaux; Eust. Ueschamps, Poës. mss. 
fol. 343.) Selon Borel, Dict. au moi €ommunaii,v, 
on prend en Languedoc comuual et coumunal sub- 
tantivement, et l'on appelle lou comunal (le com- 
mun) un pré ou autre lieu appartenant à la ville. 

^ On a aussi employé communal pour signifier 
lié d'intérêt, de commerce ou d'amitié. « Ensi'furent 
« mult comniunel li Grieu, et li François de totes 
« choses et de marchandises, et d'autres biens. >> 
(Villehard. p 76.) Les variantes écri\eni comunel 
elcomnuel (1). 

'^ On a dit communal, pour indiscret, babillaid, 
qui communique son secret à tout le monde. 

Bien mi devroit Dieus haïr 
Se g'iere si com)inniaHs, 
Que j'eusse dit entr'aus, 
Dont maus li deust venir. 

Poés. MSS. Vatican, n- 1 WO, fol. 30, V". 

Nous trouvons cette pièce répétée sous le nom de 
Thiébaut de Blazon. (Pocs. mss. avant 1300, T. I 
p. 27.) 

° Ce mot a signifié banal, qui se communique à 
tous, en parlant des femmes qui accordent trop 
facilement leurs faveurs : 

Si Diex plut que je feusse 
De ma dame le plus haus, 
Certes liîon gré l'en seusse; 
Mes trop parest coiDinumtnx, etc. 

Gaces Bi'ulez, cilé par Fancli. Lan;;^. et Poès. fr. p. 124. 

^ Enfin, communaux s'est employé pour dési- 
gner, en général, le public, tout le monde. 

Assés le set li coinmuitaus (2), 
Ke mesire li cardonaus, 
Ki est nos castelains d'Arras, 
Il fait sovent joie do bras. 

Poês. MSS. avant 1300, T. IV, p. 1336. 



(1) Dans Roland, il se dit de guerriers agissant de concert : « Tenent l'enchaU, tuit en sunt cnumnel. » (V. 2446.) Dans 
Partonopex, il se dit de personnes à l'abord facile (v. 2298) : « De bel parler est comixanals : Nus n'est si povres, s'il le voit, 
Ne U est vis que ses pers soit. » Il en est de même dans Christine de Pisan (Charles V, III, 10) : « A ce ne failloit mie nostre 
prince, douls et humain, commutial entre ses amis, fier et hardy contre ses adversaires. » (n. e.) 

(2) « Paradis est celestiaus ; Mes n'est mie à toz communaus. o (Renard, v. G77i.) (n. e.) 



co 



128 — 



GO 



VAIUANTES : 
COMMUNAL. Oiidin, Dict. 
CoMUN'AL. Borel, Diet. au mot Cntmnunanx. 
CoNML'NAL. l'ailûii. lio RI. MS. de S. G. fol. im, R» col. 1. 
CoM.MUNAU. Assis, (ie Jerus. p. 81. 
CoMMUX.AUX. Eust. Desch. Pocs. MSS. fol. 343, col. 4. 
CoMML'NEL. Villeharii. u. 76. 
CoMUXEL, Co.MNUEi.. Ibill. Variantes marginales. 
CouMUDAL. Du Gange, au mol Communale. 

Coniniunalité. subst. fém. Communauté de 
villenu autres*. Hépublique^. Peuple, populace'^ (1). 

* On a dil, an premier sens : « L'université, ou 
« fo?H?Hi/H«//(/ (les .luifs, ou Juifves. ■■ (Ord. T. III, 
p. 467 — Voyez Gloss. de l'IIisl. de Bret.) De là, 
l'expression 'en coinmitnité . pour ensemble, en 
commun. " En une partie de Tlirace les habilans, 
« et les oyseaux de proye chassant les oyseaux 
« ensemble, et comme en communité. » (Bucïé, des 
Oiseaux, fol. \-îi.) 

^ En étendant celle acception, ce mot semble 
s'être pris pour République, en ce passade: « L'un. 
« ny l'autre prince ne pourroit faire tiaictté, ny 
« alliance avec(|ues aucun autre prince, potentat, 
" ou commiiunulé, sans le sceu, et associemenl 
" l'un de l'autre. ■■ (Mém. Du Bellay, liv. IV, p. 90.) 

'^ Cunimnnaiité signilioit aussi peuple, populace, 
comme dans ce passatce : » Ceux de la cité, ou il y a 
" grand co/H?«i(Hfl?i/e(2), s'émeurentde tous lez : et 
'■ se meirent moult tierement en deffense ; et bien 
« leur en esloit hesoing. » (Froissart, liv. I, p. '■22\.) 

De là, on a dit en communité, pour en public. 
« Partout ou on le voit en communité. » (Percefor. 
Vol. VI, foH»7.) 

On disoit aussi terres de communauté, pour 
terres hermes et vag':es, dans quelques pays ; sau- 
vages, dans d'autres, qu'on appelle à présent 
savarts, dans quelques endroits : " Terres hermes 
« et vagues, en quelques endroits dites de commu- 
« nauté, en autres sauvages. » (Coût, de Lorraine, 
au Cont. Gcn. T. Il, p. 1063.) 

VARIANTES : 
COMMUNALITÉ. Gloss. de l'Hist. de Bretagne. 
CoiiMUNALTÈ. Ord. T. III, p. 467. 

COiMMUNAUTÉ. Perard. Hist. de Bourg, p. 430, tit. de 1234. 
COMMCNETÉ. Ibid. T. I, p. 426. 

CoMMU.N'iTEiT. S. B. S. fr. MSS. p. 221. En \at.com muni tas. 
Communité. Perard. Hist. de Bourg, p. 430, tit. de 1234. 
CoMMUSTÉ. Perard, Hist de Bourg, p. 430, tit. de 1234. 
OUEMUNETÉ. Bpaumailoir, p. 119. 
Communai;té. Orih. subsistante. 
COMUNE. Perard, Hist. de Bourg, p. 430, tit. de 1234. 
Commun, .s. m. Duch. Gén. de Bethune, p. 137, tit. de 1248. 
CoMMUN.\T. (i.E), .5. m. Perard, Hist. de Bourg, p. 486. 

Comiminalment, adv. Publiquement, géné- 
ralement*. En commun, mutuellement^. Ce mot 
.'^uhsisfe sous l'orthographe communément. 



* On lit, au premier sens de publiquement, dans 
les passages suivans : « .Si la raison est bonne, et 
« loyaux, et communuument sauvée (lis. sceue). » 
(Ord. T. 1, p. 112.) " Et cotnmunelment [3) fait crier, 
« et défendre. >■ (Ibid. p. 420.) 

Et se dist on partout rjuemunenient. 

PoC-s. MSS. Valican, n' liflO, fol. 180. R». 

° Communément signifie mutuellement, dans 
cette plirase, où il s'agit du rendez-vous de deux 
amans : - Et furent seul à seul, si le jouèrent 
" communément, et lit l'uiig la volonté de l'autre. » 
(Lanc de Lac, T. II, fol. r.6.) (4) 

VARIANTES : 
COMMUNALMENT. Villehardouin, p. 63. 
CoMMUNALMANT. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 152. 
CoMUNALMENT. Fabl. MSS. de S. G. fol. 58. R», col. 2. 
CoMUNALEMENT. Poës. MSS. avant 1300, T. II, p. 810. 
CouMUNALMENT. Ph. .Mouskes, MS. p. 94. 
CoMMUNAUMENT. Duch. Gén. de Montmorency, p. 386. 

COMMUNELEMENT. Ord. ï. III, p. ,578. 
COMMCNELMENT. Ord. T. I, p. 420. 

QuE.MUNEMENT. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 180, R». 
Communément. Fabl. MSS. du B. n» 7218, loi. 59, V» col. 2. 
CoM.MUNÈMENT. Orth. Subsistante. 

Coniniunaux, snbj. Peut-être droit ou héri- 
tages appartenant à une commune. Dans les lettres 
d'affranchissement des habilans de Ponlarlier et 
leurs coutumes, on lit: » El lor octroy et quitteroy 
« franchement les communaux en tel fi'anchise 
» comme les autres choses sauves mes amendes. » 
(Perai'd, Hist. de Bourg, p. i86, titre de 12.")7.) 

(.ommune (.")), snbst. fém. Liaison, union intel- 
ligence. 

Mez n'out entr'euls paiz, ne commune. 

Rom. de Rou, MS. f. 194. 

Voici d'ailleurs quelques expressions remarqua- 
bles que ce mot fournit : 

l' La commune d'armes étoil la foule des eom- 
Lattans. >• Ainsi crioienl heraulx, et menestriers, et 
« chevaliers et dames, et damoiselles le disoient 
« les ungs aux autres par les hours (échatlaux, 
' balcons, loges), et le monstroient au doid, en la 
» commune d'armes ouilestoit. » (Percef. Vol. II, 
fol. 126.) 

2° Commune de feu et eve signifioil communi- 
cation, usage commun du feu et de l'eau. « Nous 
« appelions cens (Jugements) capital qui tormentenl 
» de trop grief lormant, si comme l'en détient à 
•■ aucuns la commune de feus et de eve, ou se il 
« est envolez en assit (exil), on condampné à peine 
« demelail. » (Ane. Coût. d'Orléans, à la suite de 
Beaum. p. 470.) 

3" Paque de commune. Paiement assigné sur des 
immeubles. >■ Ne estre receuz à assigner le paie- 



(1) Dans Beaumanoir, le mot s'applique aux villes ayant charte de commune (XXI, 26) : « Et ceste compaignie se divise 
en deus manières, car l'une est des cummunaulés si est par reson de amimune otroiée de seigneur et par chartre. » (N. E.) 

(2) Ce sont les gens du commun; on lit encore au t. VU, p. 184 : « J'ay bien soissante mil hommes de communautés à 
lauces, à archigaies, à dars et à pavais. » (M. E.) 

(3) De même dans Froissart (II, 14) : « Li opinions commuiielment des Englès est telle... » (N. E.) 

(4) Communément signifie encore tous ensemble (Froissart, XIV, 238): « Se le voyage y estoit accoursé, les chrestiens y 
vendroient c mmnnemeut, toujours conquérant avant. » (n. e.) 

(5) Comiiuiiie s'applique nux viUes pourvues du chartes depuis Beaumanoir (80') : « Cil qui sont procureur par le commun 
d'aucune vile en laquele il n'a point de commune. » Voyez sur ces communes l'article de M. Félix Bourquelot au dictionnaire 
historique de Lalanne. (n. e.) 



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— 129 — 



CO 



« ment de telle somme, sur leurs biens immeubles, 
« i|ue l'on appelle vulgairement pnque de com- 
« nnoie. » (Coul. de Bayonne, Coût. Cén. T. Il, 
p. 708.) 

Coininiiner, verbe. Partager en commun, 
partager également. (S. Bern. Serm. fr. mss. p. 358. 
En latin cdminnnicare.] 

... Je ferai encore le gaaing commiiuei' ; 

Si que tuit en serons, et compaingnon, et per. 

Rom. de Rou, MS. p. 124 et 125. 

Coinmuner, snbst. masc. Terme de coutume. 
Il signilie ceux qui ont droit à une même commune, 
qui sont de la même commune. 

Doivent Eglises présenter 
Prevotz, majeurs, commioujers. 

Eusl. Desoh. Poes. MSS fol. 416, col. 3. 

VARIANTES : 
COMMUNER. Britt. Loix fl'Anglet. fol. 144. 
Communier. La Thaum. Coût, de Berry, p. 240. 
CoMMliNYER. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 416, col. 3. 

Communiant. C'est le participe du verbe com- 
munier. Nous ne le citons qu'en faveur de cette 
expression: « Pasqiws communiant (1), puur le 
« dimanche de la résurreclion. » (Du Gange, au 
mol Pascha communicans.) 

Communication, snbst. féni. Conférence. On 
lit, dans un Concordat de 1541 : • Le second jour 
« de mars, l'an 15'i1, avant Pasques, après plu- 
« sieurs communications tenues sur les articles 
« que dessus entre les députez, etc. » 11 est rapporté 
dans le Nouv. Coût. Gén. T. 11, p. 160. 

Communicion, svbsit. fém. Communication, 
commerce. « Le magnanime aussi hait, et fuit adu- 
« lation, et ambition, pour ce ne quiert la commu- 
« nicion des hommes, pour ouyr leurs flateries. >' 
(Hist. de la Toison d'Or, Vol. I, fol. 11. 

Suyvant le peuple, et son opinion, 
Ou vous n'avez part, ne communion. 

Melin de S. Gelais, p. 32. 

VAIilANTES : 
COMMUNICION. Hist, de la Tois. d'Or, Vol. I, fol. 11, Y». 
Communion. Melin de S. Gelais, p. 32. 

Communiquer. [Intercalez Communiquer , 
approcher au reg. JJ. 195, p. 604, an. 1471: 

- Giraull de Monmiral s'estoit vanté qu'il manieroit 
" bien le suppliant et autres en despil de lui, s'ilz 
« ne se gardoient de le communiquer. »] (n. e.) 

Communiquïn, sub&t. musc. Petite hostie. 
Del'ilalien communicbino. (Dicl. d'Oudin.) 

Communite, adj. au [cm. Commune. On a dit, 
en ce sens : ■> Contre la communite opinion de 
« tous. » (Chron. S. Denis, T. 11, fol 26.) 

Commutation, subst. fém. Echange. « Rame- 
« neray aucune noble dame, par la commutation 

- de laquelle vous pourrez ravoir Exione votre 
« sœur. » i^Tri. des IX Preux, p. 235.) 



Compacient, adj. Compatissant. i< Sans leur 
« pouvoir donner autre secours, que prier Dieu 
<• pour eulx, et estre compaciens en leur perte. » 
(J. d'Aut. Ann. de Louis Xll, de 1499.) 

VARIANTES : 
COMPACIENT. .T. d'Aut. Ann. do Louis XII, p. 315. 
CoMP.\TiENT. Al. Chart. l'Esper. p. 348. 

Compaction, s!/&s^ fém. Pacte*. Assemblage 
de parties^. 

* On lit, au premier sens de pacte : « Je n'ay, ne 
« enlens porter sur moy , ne sur mon cheval, 
« paroles, pierres, herbes, charmes, cha: ois, conju- 
« rations de compactions, invocations d'ennemis. •> 
(Banage, sur les Duels, p. 19.) 

"On a dit aussi compaction, pour assemblage de 
parties qui constituent un tout. Le passage suivant 
développera mieux celte acception : 

Beauté, qui si tost se delTait, 
Est simple en soy; mais s.a compaction, 
Qui emplit l'oeil de satisfaction, 
Gist en plusieurs qui n'ont semblance aucune. 
McliiideS. Gelais, p. 91. 

Compagnalile, a'//. Sociable. « lis commen- 
" cerent, ;îu lieu d'une vie brutalle, en prendre 
« une plus compagnahic el honneste. » (Dial. de 
Tahur. p. 56.) 

Ha il n'est pas compa'pmhle à demy. 
Qui ne veut pas que sa femme ayt ami. 

Melin de S. Gelais p. 178. 

VARIANTES : 
COMPAGNABLE. Oudin, Dict. 

COMPAIGNABLE. Nicot, Dict. 

CoMPAiGNAULE. S. Bem. Serm. fr. MSS. p. 254. 

Compagne, SHbs/. fJm. Compagne*. Femme, 
épouse ° [•!) 

* Ce mot subsiste sous cette orthographe, et dans 
la première acception de compagne. On trouve 
compnigne, en ce sens, dans S. Gelais, compaignie 
dans Perceforest, compengne dans le Testament du 
comte d'.'UençoM, etc. ; compaignesse dans un 
recueil de Poës tr. mjs. av. 1300. 

Sachiez qu'ele a des compairjnesses, 
Qui bien sont autre tels barnesses. 

Fabl. MSS. du R. n" 7-218, fol. 223. V col. 1. 

^ On employait autrefois ce même mot, pour 
épouse. Ainsi on lit, dans l'IIisl. d'Artus III, connest. 
de France, duc de Bret. p. 789: « Le connétable s'en 
« retourna à Vire, oîi se l'cndit madame sa compa- 
» gne. » 

Ce mot est pris au même sens sons l'orthographe 
Jiompagnc, dans Carpenlier Histoire de Cambray, 
p. 18, lit. de 1133, el dans Brilt. Loix d'Angl. f° 27.) 
Le roi se réserve, dans la pêche de la baleine, la 
tête •■ et la couve (queue) à nosire compaijne », 
c'est-à-dire à la reine. ■■ La femme est ditle compa- 
" gnonne d\i mary. » (Sag. de Charr. p. 182.) 

On disoit boniies compagnes, pour femmes galan- 
tes, dans le sens où nous disons bon compagnon. 
« Charlemagne fut forl adonne aux femmes; mêmes 



(1) « Le mardi après la quinzaine de Pasques commnniiDia. » (.1.1. 13S, p. 27, an. 138? ) 

(2) On lit aussi au Glossaire latin-français 7684 : « Paranympha , coinpaigne , qui lient compaignie à nouvelle fiancée , 
paranymphe. » (n. e.) 

IV. 17 



co 



130 - 



co 



" ses iWes hiri'nl bonnes compagnes H). » (Brant., 
Dames 111. p. 90.) 

V.'VRIANTES : 
eOMP.\GNE Orth. subsist. 

CoMPAiGNE, Co.MPAYNGE. Rvnjpr, T. I, p. 109, tit. de 1-268. 
CoNPAiGNE. Fiibl. .\1SS. du R. n 7615, T. II, fol 17.5. 
Co.MPENGNE. Teslam. du comte d'Alençon, à la suite de 
Joinville, pngp -IKi. 
COMPAYNE. Brin. Loix d'.\ngl. toi. 27, R°. 
COMPAIGNIE. PfTcef. Vol. IIl, fol. 10, V" col. 1. 
CoMPAiGNEssE. Poe-. MSS av. 1300, T. IV, p. 1329, etc. 
CoMPAGNONNE Ch.ir. Sagpsse, p. 182. 
KompaGNE. Carpentier, Hist. de Cambray, p. 18. 

Coiiipagiiée, siihst. fém. Compagnie, société 
d'amis ou d'amnsemenl *. Qualités sociales^. 
Accompagnement^. Train, suite". Société de ban- 
que ou de commerce^. Communauté d'héritage''. 
Totalité de troupe:iUx°. Troupes de gens de guerre ". 

^Co)npagn'u\ sous cette orthographe , se dit 
encore, dans presque tous les sens que nous venons 
d'appliquer à ce mol, et en particulier des sociétés 
d'amitié ou d'amusement. Nous disons, en ce sens, 
homme de bonne compagnie. Ce n'est pas une 
expression nouvelle; non seulement on la trouve 
dans Chapellain (voy. Mem. de Litt. et d'hist. T. YI, 
part. 2, page 389), mais même dans un recueil de 
Poës. .MSS. av. 1300, T. I, p. 377. On y lit au même 
sens qu'aujourd'hui : 

Lors seroie joiauz, et lenvoisiez 
El à plusors de bonc compaignie. 

Mais on prenoit aussi autrefois cette façon de 
parler, dans un sens dilférent : Faire bonne com- 
pagnie, c'éloit bien traiter, faire du bien. (Voyez 
Froiss., liv. 111, p. 338 (2).) Dans l'histoirede Boucic. 
liv. I, p 142, nous lisons : « ÎS'eust pas fait meil- 
« leure conipaignée celui Tamburlan aux chrétiens, 
« que iivoit t'ait' Bajazet, etc. » Être de bonne com- 
paignie, se trouve au même sens, dans la Contin. 
de G. de Tyr, Marteue, T. V, col. 750. 

On disoi't au contraire faire maie, ou dure com- 
paignie pour maltr;àter, faire un mauvais parti. 
(Vig. de Charles Vil, T. II, p. 83. — Le Jouvencel, 
Ms. p. 591 .) Compagnie françoise (3) étoit encore une 
expression ancienne, où le mot compagnie s'enten- 
doit dans le sens de société d'amusement, de plai- 
sir. Avoir compagnie françoise, se disoit d'un 
homme qui couchoit avec une llUe, ou d'une femme 
qui couchoit avec un homme. Dans l'Histoire du 
chevalier Bayard, p. 3:-;0, en racontant son aven- 
ture si connue avec une fille qu'il avoil envoyé 
chercher pour coucher avec lui, on dit qu'il lui 
avoit pris volonté à'avoir compagnie françoise, et 
Bouchet, Serées, liv. II, page V2i, parlant d'une 
femme couchée avec son galant, dit qu'elle aiwit 
compagnie françoise, façon de parler née de l'idée 
de galanterie attachée à notre nation. 



On disoit encore dans le sens de société, compai- 
gne de daines, compagnie de dames. (Poës. mss. 
d'Eusl. Desch. fol. 215.) Dans Modus et Racio, ms. 
fol. 176, on trouve aimer la compagnie, d'être avec 
quelqu'un, dans le sens où nous dirions aimer sa 
compagnie. Cette construction tout à fait hors 
d'usage est une espèce de pléonasme. 

^ De l'acception de société d'amusement, ce mot 
a passé à celle des qualités qui contribuent à ce 
même plaisir De là, compaignie pris pour esprit, 
gentillesse, dans ces vers : 

En mamie a cortoisie, 

Coinpaiijnie, et valor. 

Chans. Fr. du XIII' siècle. MS. de Bouhier, fol. 262, V». 

Ce mot est pris pour complaisance, en cet autre 
passage : 

En rien que béguine dit, n'entendez 
Se bien non, tôt est religion 
Canques l'en trues-e en sa vie : 
Sa p rôle est prophétie ; 
S'elle rit, c'est compaignie, 
S'elle plore devocion. 

Fahl. MSS. du R. u' "615, T. I, fol. 70, R» toi. 2. 

'^Compaignie signifioit aussi accompagnement, 
l'action d'accompagner. C'est en ce sens qu'on 
disoit je vous dcffends ma compaignie. 

.Te ne vous larrazi pas ainsi, 

Je vous defîens ma compaignie ; 
Vous ne passerés plus avant. 

Eust. Desch. Focs. MSS. fol. 271, col. 4. 

° En étendant cette acception, ce mot s'est pris 
pour train, suite. « Un esclave chastré de la com- 

« paignie (4) de la femme du roy Daire (Darius), etc. » 
(Tri. des IX Preux, p. 143, col. 2.) 

^ Nous disons encore compagnie, pour société de 
banque ou de commerce. On appeloil autrefois les 
grans compaignies, une société de banquiers ou de 
marchands, dont il est parlé dans une lettre de 
1308 sur les monnoies, qui ordonne que les mail- 
les d'argent seront prises, et mises par trois deniers, 
et mailles parisis. » N'ous avons entendu les chan- 
« geurs, et les grans compaignies qui plus pensent 
« à leur singulier profit que à celuy du peuple, les 
« font mettre , et prendre [lour quatre deniers 
" parisis, en giant domage, et déception doudit 
" peuple. » (Ord. T. 1, p. 455.) 

C'est dans le sens de société de banque ou de 
commerce qu'on lit dans Du Bellay, f° 409 : 

La justice y a lieu, la foy n'en est bannie, 

Là ne sçait on que c'est, de prendre à compagnie, 

A change, à censé, à stoc, et a trente pour cent. 

(Euv. de Joach du Bellay, fol. i09, V. 

Vignes, maisons, argent ù compaignie, 
En moins d'un an, tout cela fut vendu. 

Ibid. fol. 493. V. 

C'est encore dans le sens de société de commerce 
qu'on a dit jouer à la faulce compagnie, pour 



(1) « Nonobstant que laditte fille ou temps passé eust esté bonne compaigne, et de son corps sa voulenté eust faite. » 
(JJ. 129, p. 207, an. 1386.) (n. e.) 

(2) Ce sont des procédés de bonne compagnie (XV, 237) . « Et leur fut faite toute la meilleure chière et compaigiùe que 
on peult. » On disait même pour guerre courtoise : « Et nous faites compagnie d'armes , Si vous en sarons gré. » 
(IV, 300.) (N. E.) 

(3) « Pierre de Hergeville après la mort de sa femme s'acointa de GuiUemete son hostesse et ot foie compaignie avecques 
elle de son bon gré, en laquelle foie compaignie il persévéra par long temps. » (JJ. 109, p. 186, an. 1376.) (n. e.) 

(4) Ce sens est déjà dans Roland (str. XLlII.) (N. e.) 



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131 - 



co 



tromper, donner le chancre. (Voyez Monslrelet, 
Vol. II, fol. S '22.) 

Homme à compagnie, se disoit pour compagnon. 
« Que nulz variez, soit lormier (sellier ou bourre- 
« lier) soit couturier (tailleur) ne puisse prendie 
« homme à compagnie, s"il n'est ouvrier du dit 
« mesUei-. •' (Ord. T. III, p. 185.) 

Il faut peut-être entendre de même cette phrase 
du ï I des Ord. p. 10 : « Nul home qui ait compa- 
" gnie à home des oances, qui ait .société d'intérêt, 
« etc. " (>n lit dans le latin : « Socielatem hahens 
" cuni homin(^, de audientiis. » Avoir compngnée 
s'est dit anciennement pour être associé. (La Thau m. 
Coul. d'Orl. p. 465, lit. de 1168.) 

•"On disoit compagnie, pour communauté, en 
parlant d'héritage. Compaignie d'yvetage, com-mu- 
nauté d'héritage, selon le Gloss. de la Coutume de 
Beauvoisis. 

°0n nommoit compagnie de bêtes, les troupeaux. 
La Coutume de Saintonge définit compagnie de 
bêtes, la totalité des troupeaux qui appartiennent 
au même maître. (Voyez Nouv. Coût. Cén. T. IV, 
page 884.) 

En termes de chasse, compagnie se dit encore 
d'une troupe de bêtes noires. Ce mot est distingué 
de barde, troupe de bêtes fauves. (Fouil'oux, Véne- 
rie, loi. 37.) 

" On disoit aussi compagnie, pour exprimer ea 
généial une multitude. 

s. Severins fu pape apriès, 

Dont furent li Juis confiés, 
Et balirné par toute Espagne : 
Moult en fu grande la compmjiw. 

Ph. Mouskcs.MS. p. 43. 

Mais l'acception la plus étendue, et en même 
temps la plus importante du mot compagnie, étoit 
pour troupes de gens de guerre. On le disoit dans 
un sens vague pour multitude de gens armés : 

Theobers, et li rois Clotaires, 
Pour faire guerres, et contraires, 
S'en allèrent droit en Espagne, 
Si menèrent tel compagne. 
Qu'il venquirent tote lor gent. 

Ph. Mouskus, MS. p. 18. 

Ce mot s'appli((i!oit aussi ù divers corps de trou- 
pes irrégulières ou régulières dont nous allons dire 
quelque chose. 

Les graus compagnies, les gens de compagnie, 
les. compagnies blanches (I), furent des noms donnés 
indibtinclemenl à des troupes iri'égulières de toutes 
nations et de toutes provinces qui se formèrent, 
sous le règne de Jean, pendant la régence de 



Chailes V, son fils, et qui, comme des brigands, 
pillèrent les difïérentes provinces du royaume. 
Nous trouvons même l'expression gens de compa- 
gnie prise au même sens que celui qu'elle avoit 
sous Charles V, appliquée aux biigands dont César 
composa une armée. « Ne cessa pas pourtant d'as- 
« sembler ung grant osl de larrons, de meurdi'iers, 
" de fugilil'z, et (/c'HS r/e compaignies, i[m lui vin- 
'< drent en ayde. •> (Tri. des IX Preux, p. 346.) 

On nomma aussi ces troupes indisciplinées les 
compagnons et les tard venus, comme nous le 
marquerons à ces articles. Elles passèrent en 
Espagne, sous les ordres de B. Duguesclin (2), pour 
faireïa guerre au roi de Casiille, Pierre, surnommé 
le Cruel. On les appela alors compagnies blanches (3), 
à cause des croix blanches que les compagnons 
portoient, sous le prétexte d'aller à celle guerre 
comme ti une croisade. Le mol compagnon s'est dit 
depuis généralement de toute e.^pèce de troupes, 
particulièrement de celle du plus bas état. On le 
trouve employé sous le règne de Charles Vil, en 
1440, et alors ils éloient armés d'arcs e( de flèches. 
(Voy. Du Cange, au moiCompagnia, et le P. Daniel, 
Mil. fr. T. I, p. 1 il.) « Au temps que les îi'ois Estais 
« regnoyent, se commencèrent à lever telles ma- 
« niei'es de gens qui portoyenl maleltes. » (Frois- 
sar!, liv. I, p. '206, an 1357.) « Ceux de Lyon, sur le 
« Rosne, furent moultébahis, quaml ilsénlendirent 
" que la journée estoit pour les compaignies. « 
(Ibid. p. 257.) On lit plus haut : « Les tard venus. » 
(Ibid.) u En ce contemple (sur ces entrefaites) cou- 
« roit parmi le royaume de France une très grant, 
>< et innumérable multitude do peuple qui grant 
» compengne se faisoient appeller. » (Hisl de B. 
Duguescl.par Ménard, p. 169.) (4) Ces mêmes troupes 
sont désignées sous le nom de la Grande Compai- 
gnie, dans le Tri. des IX Preux, p. 517. « Quant le 
« Pape entendi, que ceste grant compengne aloit 
" devers luy, qui le pays de Provence pourroient 
« bien gaster et destruire, si envoya, etc. » (Ibid. 
p. 174.) » Delà, se parly, un espie lequel esploila 
« tant, qu'il trouva le roy Piètre, et luy dist : la 
« blance compengne est venue par deçà, lesquelz 
« viennent des parties de France, et ont chacun 
» une cioix blanche sur l'espaule. » (Ibid. p. 181) 
« Au partir d'Arragon, priudre chacun la croix 
« blance, et pourtant les appelloit ou la blnnce 
" compengne. » (Ibid. p. 183.— Voyez le P. Daniel, 
Ilist. de Fr. Paris, 1729, T. V, p. 136.) On lil,, en 
parlant de B. Duguesclin : 



(1) Voyez dansVHistoire de Du Gupsclin de M. Siméon Lnce, le chapitre X, consacré aux compar/n'es. — Voyez aussi la 
dissertation de M. de Fréville, au t. III, 1" série de la Bibl. de l'Ecole des Chartes. — Les derniers Cap. tiens ayant aboli 
les guerres privées, nombre de gentilhommes furent réduits à l'inaction et à l'indigence; sous Pbilippe-de-Valois, ils 
se choisirent des chefs et s'organisèrent en corps fras'os avec le concours de toutes les bandes de sergents qui voulurent 
partager leur fortune. A cause de leur composition, on les nomma « compagnies de gens d'armes et de trait. » Ces troupes 
sans maître guerroyaient sans cause et s'inquiétaient peu des traités. tN. E.) 

Ci) Il les emmena se faire battre et tuer à Navarette (1367). (N. E.) 

(3) Ce nom ne s'appliqu.ait qu'à la compagnie commandée par Arnaud de Cervole dit TArchiprêtre. (N. E.) 

(4) On lit dans Froissart, éd. Kervyn (VII, 80) : « En ce temps estoient les compaignies si grandes en Franche que on ne 
savoit que faire ; car les guerres dou roy de Navarre et de Bretaingne estoient faillies. Si avoient apris chil compaignon qui 
poursienwoient les armes, à pillier et à vivre d'avantaige sus le plat pays; et ne s'en pooient ne volloient détenir, ne 
astenir, et tous leurs retours estoient en Franche... Ces compaignies estoient si fort et si esragie de mal faire , que on ne 
savoit auquel entendre pour yaux bouter hors dou royaume de Franche. » (n. e.) 



co 



- 132 — 



CO 



.... Puis en Espaigne 
MpTia Gascons, et Anglois, 
Du royaume, à celle fois, 
Gelta les yens de compiiingne. 

Eust. Descli. l'ocs. MSS. fol. 95, col 3. 

Dnns l'Histoire de Loys 111, duc de Bourbon, sous 
l'an 13(14, p. "21, ces Iroupes sont nommées « les 
" gens de compagnie, et sans advp.u ■■. Ce nom de 
compagnie d^sisiioit d'ailleurs des coips de ti'oupes 
régulières. .Nous trouvons, dans la Clu'on. Fr de 
Nantis, sous Tan 130'2: « Les autres com/*fl/^H<'s de 
« Flamans. ■■ Dans le latin ceterœ Flandrensium 
phalanges. 

Compagnie (l'ordonnance étoit une espèce de mi- 
lice, dont l'institution est allribuée à Charles VII (l), 
et dont la dénomination se trouve cependant 
employée, dès le temps de Charles V, pour quel- 
ques compaarnies de gendarmes. [Voyez le P. Dan. 
Mil. Fr. T. 1, p. 144 et l'J8.) 

Ou disoit aussi compagnie de gens d'armes, et 
elle porloil le nom de celui iiui la commandoil. La 
compagnie de gendarmes de Montpeusier donna 
lieu à une expression que nous devons expliquer : 
faire la compagnie de Monipensier signlfioit faire 
la sotte. Brantôme nous apprend l'origine de cette 
façon de parler. « La compagnie de Montpeusier 
" étoit belle, el tous jours en besoigne, à laquelle 
« il sçavoil tousjonrs bien commander; que si elle 
» faisoil une petite faute, il disoit (|u'elle avoit fait 
« de la sotte. Si bien qu'un temps cela couroit à la 
« cour, qu'on disoit, vous uve% fait la compagnie 
» de 31. de Montpensier, ce qui estoit autant à dire, 
" vous avez fait de la sotte. » (Brantôme, Cap. Fr. 
T. III, p. 27!).) 

Il nous reste à citer un ancien proverbe : compa- 
gnie de clercs. On le trouve parmi les Prov. h la 
suite des Poës. fr. mss. av. 1300, T. IV, p. 1651. 

VARIANTES : 

COMPAGXÉE. La Thaum. Coût. d'Orléans, p. 4G5. 
COMPAIGNÉE. Gloss. de l'Hist. de Paris. 
CoMPAti.ME. Orlh. subsist. 

CoMPAiGNiE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 271, col. 4. 
CoMPAiGNii'îE et CûMPAiGNiEiE. S Bern. S. fr. MSS. p. 527. 
CoNPAiG.NiE. Fabl. MSS. du R. n« 7615, T. I, f» 70, R» col. 2. 
COMPENGNE. Hist. de B. du Guescl. par Ménard, p. 109. 
COMPAIGNE. Hymer, T. I, p. 115, lit. de 1270. 
CoMPAiNGNE. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 105, R» col. 2. 
Compagne, l'h. Mouskes, MS. p. 43, 86, etc. 
CuMPAGNiE. Rymer, T. I, p. 116 et 117, tit. de 1270. 

Compagner, verbe. Accompagner. « Compa- 
« gnèrentlesditsduc('2 .elroyl'un l'autre. « (Chron. 
fr. MS. de Naiigis, an I3ô7 ) On disoit leur compai- 
gner, pour les accompagner. (Villehard. p. 10.) 



Compa'igncr marchié étoit faire un marché, une 
société. 

Or soi n.s compaignon tui trois. 
Rien porons coinpnigiicr man-hié. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 17, V col. 2. 

Compagner charnellement signifloit avoir un 
commercecbarnel. « E\iiCompagne (3) charnellement 
■■ avec autres que avec son baron (mari). » (Beau- 
manoir, p. 100.) (i) 

VARIANTES : 
COMPAGXEH. Chron. St. Denis T. III, fol. 88. 
CoMPAiGNEii. Villehard. p. 10; Ord. T. III, p. 526. 
CCMPAiGNiER. Vig. de Charles VII, T. I, p. 184. 
CoMPAiNGNiEB. Eust. Descli. Pëos. MSS. fol. 407, col. 1. 

Compagnon, su})st. mate. Camarade, ami*. 
Associé dans le commerce ° Galant ^. Adversaire °. 
Champion^. Pareil''. Convassal°. Confrèie". Coad- 
juteur'. Troupes". Terme d'injure"-. Moiinoie". 

Ce mot subsiste sous cette orthographe. Nous ne 
marquerons que ses acceptions les moins usitées. 
On peut voir, sur son ëtymologie, Pasquier, Bech. 
p. 698 ; Petit. .1. de Saintré, p. J7ô, note. L'étymo- 
logiede Pasquici', adoptée par .\icot et Ménage, est 
tirée do pain, ((ui mange le mr^me pain. Elle peut 
être confirmée par ces deux vers, oiipagnon signifie 
pain : 

Las ,i'ai perdu main corppaignons, 
Quant ne mangiemes no pniguon. 

Po,s. MSS. av 1300, T. IV, p. 133.1. 

*0n disoit, au premier sens, comme aujourd'hui, 
compagnon pour cam.arade ; mais ce que nous 
devons remarquer, c'est qu'on le disoit au lieu de 
compagne, dans Percef. Vol. IV, fol. 149. « Elle 
<> s'en revint ù ses compagnons. » Par la suite du 
discours, on voit que ces compagnons étoient des 
pucelles. On disoit aussi compaig, compaing, etc. 
pour compagnon, camarade. C'étoit uneconiraction 
du même mot (5). (Voyez les Dict. et les Gloss. parti- 
culièrement celui de Du Gange, Gloss. lat. au mot 
Compagus.) On lit compaig Jehan, dans une pièce 
de sire Adans de Gicvenci. (Poës. mss. avant 1300, 
T. III, p. 1181.) ■• Dieu le gard, compains. » (Path. 
Farce, p. 71.) 

. . . pour jettei' des fruits jà murs, et beaux, 
A mes coiupaimis qui tendoyent leurs chapeaux. 
Clém. Alai-ol, p. 27. 

^ On se servoit du mot compagnon pour désigner 
des associés de commerce, et on écrivoit indiflfé- 
rcmment compagne, compaigne, comme on le voit 
dans ce passage : « Deux compaignons avoient 
« ensemble compaignie, en la marchandise de bois; 
« li un des compagnons fit créanter (pour gaiantir) 
» les dettes, quant ses compagnes sot que les deles 



(1) L'ordonnance est restée inédite jusqu'à nos jours et ne fait pas partie du grand recueil des Ordonnances du Louvre ; 
elle est datée de Lonppy, 26 mai 1445, et publiée dans la Bibl. de l'Ecole des Chartes, II' série, t. III, p. 122 et seq. (n. e.) 

(2) « Et aussi la josne fille li cotnpaignoil plus que nulle de ses seurs. n (Froissart, II, 55.) 

(3) « Icelui Jebannot promis et jura moult estroitement que jamais d'ilec en avant avec sa dite lamme ne compagneroit 
oucouverseroit. » (.1.1. 76, p. 218, an. 1347 ) Au reg. ,T,T. 112, p. 34, an. 1377, on lit comme dans Eeauraanoir, coinpamgnef 
chamcleineiit. » (n. e.) 

(4) C'était encore soutenir un parti : « Faites commandement de par nous à ceulx de la forteresse et qui lesdiz 
malfaiteurs souslendront et cnmpaig)ieront, que il les vous baillent et rendent sans delay. » (Ord., III, 526, an. 1361.)(N. E.) 

(5': C'était le cas sujet, le mot companio déplaçant l'accent au cas régime coinpanionein : « A vous , niessire Douglas 
com;)«)((.s et très grans amis, je vous pri. » (Froissart, II, 202.) On trouve aussi compaiyigne , forme plus régulière que 
compaingnie, au t. VII, p. 85. (n. e.) 



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« esloient créantées, il se trait avant à nous, et 
« nous montrn la décevance que ses compaigncs 11 
-> avoit fête. » (Beauman. p. 115.) Il est rem;tr(niahle 
que le même mot est (^crit de trois façons différentes 
dans celte même phrase. 

•^ Compagnon sig'nifloit quelquefois galant. On 
trouve ■■ femme punie dans l'autre monde pour les 
« anneaulx, et petits joyaulx qu'elle avoit receus 
« des compagnons [\) par amourettes. » (l.e Chev. de 
La Tour, Instr. à ses tilles, fol. 27.) 

De l;V l'expression : {aire du gentil compagnon. 
pour faire le salant. ■■ Le roy avoit voulu faire du 
•> gentil compagnon, avec sa femme, mais il s'abu- 
« soit, car il nesloit pas homme puni- ce faire. « 
(Méni. de Roi), de la Marck. Seig' de Kltur. ms. 
p. 2-23:. 

° Quelquefois ce mot signifioit l'adversaire contre 
qui l'on joùtoit " Le? deux chevaliers lousjours 
« considéroient que celiuy (|ui submcLloit son 
« eomjtagnon auroit l'honneur de la journée. » 
(Percef. Vol. III, fol. 9.) •■ S'en vient vers son com- 
« palgnon, qui venoit sur luy roidement, et fort, et 
« se vont enlreferir l'ung l'autre, etc. » (Ibid. Vol. I, 
fol. 108.) 

^ Compaigno)i se prenoit aussi pour champion, 
le chevalier qui doit couibaltre pour la cause d'une 
dame, en ce passage : « Je vous requiers que vous 
•' commandez à Falise, qui se veuli faire dame de 
" cest chastel qui mien est, qu'elle face venir son 
« compaignon ; sachez qu'il ne se ose apparoir, 
« pour la mauvaise cause qu'il a entrepris. » fPer- 
ceforesl, Vol. I, fol. 115.) 

■^ Ce mot s'est dit pour pareil. En parlant d'un 
gant, on disoit : « J'ay perdu son compaignon », 
c'est-à-dire son pareil (Percef. Vol. V, fol. 32.) 

° De lu, on a nommé compaignons les convassaux, 
les gens qui relèvent du même seigneur. .> Compa- 
" gnons, ou convassaux, tenans fiefs du dit sei- 
« gneur. » (Coût, de Chauny, Coût. Gén. T I, 
p. 659.) 

" De là aussi, on a dit compagnons, pour con- 
frères. >' Les chappelains, et 6'0??;/Jflff )iO»s de Sai net 
Sauveur, en la ditte ville. » (Coût. Gén. T. Il, 
p. 6i3.) « Les compagnons et chappelains, Sainct 
« Barthélémy de la Rochelle. " (Ihid. p. G13.) Com- 
pagnon se dit aussi d'un moine qui en accompagne 
un autre. (Vuy.Duchesne, Gén.deMontmor., p. 380.) 

' L'acception de compagnon, pour coadjuteur, 
n'étoit pas moins naturelle. On a dit : Évcsque 
compain, pour coadjuteur d'un évêque. (Du Gange, 
au mol Episcopus.) 

" On appelle compagnons les troupes irrégulières 
dont j'ai parlé à l'article des compagnies, brigands 
qui désolèrent la France sous le règne du roi .Jean. 
C'est d'eux qu'il s'agit dans le passage suivant : « Le 



« susdit comte de Salisbery envoya devant Jargeau, 
« et fit forlbalre la ville dedans laquelle s'étoient 
« retirés les comjiagnons qui avoient été en garni- 
« son en plusieurs forteresses de la Beausse, et du 
« Gastinois. » (F'roissart. liv. 1, p. 500.) 

*- On s'est servi du molcom/jagnon, comme terme 
d'injure, pour homme vil. Nous disons petit com- 
pagnon. On disoit : tenir à compagnon. 

Tex en a pris le baston, 
Ke je lieg à cnrupniffnoii. 

Gonlliier, Po'ês. .MSS. avanl i;îOU, T. UI, p. 1036. 

" Enfin, on nomma compagnons une espèce de 
monnoie de mauvaise valeur. « Que à toutes mon- 
" noyés d'or, et d'argent, qnelles qu'elles .soient. 
« Taries, vaillans, el coni/iagnons [2), monnoyes 
« blanches et noires, et |.ar espeeial aux vielz gros 
« tournois, desque^z tous, ou la plus grani partie 
« ont este et sont contrefaiz. soient ostez le cours 
« du tout .. (Ord. des R. de Fr. T. III, p. -HO.) 

Passons à l'explication de queli|ues expressions 
oh le mot compagnon (3) étoit employé : 

1" '< Les compagnons, et frères d armes étoient 
« des chevaliers, ou escuyers qui t'aisoient entre 
» eux une association, tant pour l'attaque de l'en- 
« nemi que pour la deffense de leurs personnes. » 
(Gloss. des Arr. Amor, au mot Frères.) On a dit de 
Patrocle el d'AchiDe qu'ils esloient compaignons 
d'armes. (Tri. des IX Preux, p. -248.) 

Du Cange, dans ses observations sur Joinville, 
distingue les compagnons et les frères d'armes. II 
dit d'abord, sur le mol de compagnon, qu'il ne 
signifioit qu'une égalité de condition, sans marquer 
aucune dépendance ni supériorité ; en sorte que 
les chevaliers, bacheliers qui servoienl sous le 
même banneret, s'appeloient compagnons. (Du 
Cange, sur Joinville, p. 51, et Froissart, livre III, 
p. 41.) A l'égard de ce qu'on appeloit en France 
frères d'armes, » c'étoit projirement ceux qui con- 
" tractoient entre eux nue amitié fraternelle, con- 
« firmée par sermens, el par la divine Eucharistie 
» qu'ils recevoient des mains du prêtre, se pro- 
<■ mettant une protection, et un secours mutuel, au 
« cas qu'ils fussent attaquez. .. (Ilist. de B. Duguesc. 
par Ménard, p. 204.) C'est vraisemblablement en 
ce sens qu'il faut entendre compaignon de foy. 
(Ibid. p. 431) 

2" On disoit : bons, etgentih compagnons, pour 
braves gens. (Voyez Froissart, liv. I, p. 233.) Gentil% 
compaignons est pris en un sens ironique, dans 
Froissart, livre IV, p. 334. 

3" Faire du compagnon signifioit se comparer, 
s'égaler. « Le petit, et inférieur fait du compagnon 
« avec le grand. » (Sagesse de Cliaron, p. 404.) 

4° Disner de co)npagnon, diner sans façon. (Petit 
J. de Saintré, p. 644 ) 



(t) « Jehan Guillebault reproucha au suppliant qu'il avoit chevauché sa femme et estoit son compaignon de cuisse. i> 
(JJ. 109, p. 18G, an. 1376.) (n. e) 

(2) Il pst question de cette monnaie dans Froissart (II, 417, 447) : « Et saciés que cascuns de ces saudoyers avoit cascua 
jour quatre compagnons ou gros de Flandres pour ses frès et pour ses gages. » Voyez encore le reg. JJ. 111 , p. 49 , 
an. 1377. (n. e.) 

(3) Voyez aussi les Assises de Jérusalem, ch. CCLXXX, où il est parlé du service de compayiioii , lorsque le vassal doit 
servir avec un ou plusieurs hommes en sa compagnie. (N. E.) 



co 



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CO 



5° On appeloit. compagnons d'aval les auditeurs 
des comptes. ■■ Nul des corapncjnons d'aval (d'en 
« bas) ne vienne amon! len haut) se il n'y est 
« appelle, on il n'y a allaire de nécessité. Item que 
« les dits clercs d'à' al seront, visitez par les mais- 
u très clei'cs, et se ils trouvent aucun défaut nota- 
« ble, en aucun d'eux, ils le rapporteront au 
« burel. ■■ (Miranmont, des (^ours souver. p. ;4ô.) 

Terminons cet article par quelques proverbes : 

1 Un proverbe se dit, 

Que bon rompuhis a trop sur lui à dire. 

Eust. Desch. Po.'s. MSS. fol. 3M, col. 2. 

Nous disons : qui a compagnon a maître. Le 
proverbe ancien semble signifier qu'un homme 
trop complaisant est la victime des autres. 

2. Compninri par voie bien parlant, 
Vaut bien un chariot branlant. 

Alector. Rom. fol. 18, V 

C'est le proverbe latin ou la sentence de P. 
Syrus : facundus cornes in via pro véhicula est. 

3. N'est pas droit compaiin, 
Oui tout veit avoir ; 

Ce dit li vilains. 

Prov. du C" de Brel. MS. du S. G. fol. Hi, V- col. Ù. 

V.\RI.\INTES : 
COMPAGNON. Ort'i. subsistante. 
CoMPAiGNON. Percef. Vol. I, fol. 140, R» col. 2, etc. 
CoMPAiGNiox. Ord. des R. de Fr. T. III, p. 138. 
CoMPAiGNER. Ch. Fr. du xine siècle, MS. de Bouh. fol. 383. 
Compagne, Gompaigne. Beaumanoir, p. 1113. 

COMPEING, CoNPAIN. 

COMPAING. Faifeu, p. 77; Crétin, p. 90. 
CoMPAixs. Hist. de B. Duguesci. par Ménard, p. 408. 
COMPAINZ. Prov. du C'8 de Bret. MS. de S. G. fol. 114. 
COMPAIN. Ord. des R. de Fr. T. I, p. 133, note A. 
CoMPENON. Duch. Gen. de Montmorency, p. 386. 
CoMPAiG. Poës. MSS. av. 1300, T. Ill, p.'llSl. 
CoMPANS et CoNPANZ. S. Bern. Serai, fr. MSS. p. 81. 

Compagnonner, verbe. Assortir, accompa- 
gner *. Traiter de pair à compagnon ^. 

* Sur le premier sens d'assortir, accompagner, 
voyez les Dict. d'Oudin et de Cotgrave. 

° Ce mot est employé, dans le second sens, au 
passage suivant : « Je ne suis pas d'avis que les 
« Poètes, n'y autres se présentent témérairement 
« devant la face de sa majesté, pour penser compa- 
« gnonner avec \aY, etc. » (S'Jul.Mesl. Hist. p. 103.) 

Coinpaigiic(]),s?(î^s/. fém. Nom de lieu. Peut- 
être (lompiègne. (Voyez Poës. .mss. avant 1300, 
T. 111, p. 1153.) 

Compaignement, subst masc. Le sens de ce 
mol se trouve développé dans le passage suivant : 

A sa très douce chiere amie, 
Que il aime sans tricherie, 
Mande ses dous amis salus, 
Com cil qui de li est rendus, 
Et cuer, et cors entirement. 
Sans nul autre C'impai'jneutent. 

Fabl. MSS. du K. ii- 7ilS, fol 2i0, R» col. 2. 

C'est-à-dire sans aucun partage. 



Compaignette, subst. fém. Diminutif de com- 
pagne. Nous avons vu compaigne, pour compagne 
et compagnon Di^ lii, conpaignet pour petit compa- 
gnon, d.uis les Fabl. mss. du H. n" 7-218, foi. 115. 

Coiupaigiiette signifie petite compagne , dans 
Gille li Viniers, Poës. mss. av. 1300, T. III, p. 388. 

Nus ne doit lez bois aler, 
Sanz sa coiupaifjiwte. 

rabl. MSS. du R. n' 72iS, fol. H5, R- col. 2. 

VARIANTES : 

COMPAIGNETTE. Poës. MSS. avant 13i10, T. III. p. 388. 
COMPAINGNETE. Fabl. MSS. du R. n» 7218, f» 11.5, R» col. 2. 
Conpaignet; subst. masc. Fabl. MSS. du R. n» 7989, fol. 78. 

Compairei», verbe. Payer, acbeter*. Mériter^. 
Comparoitre '^. Regarder, découvrir, reconnoitre ". 
(Voyez les Dictionn. de Nicot, Borel, Rob. Estienne, 
Cotgrave, Monet, Corneille, et le Gloss. de fHist. 
de Bretagne.) 

* Dans le premier sens de payer, acheter, ce mot 
vient du latin comparare ('2). On a dit : « Souvienne 
« vous des injures qu'avez dictes des chevaliers, et 
" escuyers qui vont par le monde faire armes, pour 
« leur honneur acroislre: car vous ]e conipairez-. » 
(P. Jeh. de Saintré, page 661.) « Ainçois que je me 
« rende, je leur ferai ^comparer. >> (Hist. de B. Du 
Guescl. par Mén. p. 267.) 

Hat ! fait il, com est vilains ! 
Li sougretains qui ci se dort ; 
S'il le cotnpefe, n'est pas tort. 
Demain quant serons en chapitre. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 37, V col. 2. 

On a dit, en parlant des Orléanois révoltés contre 
le roi. « Y en eut qui chèrement le comparurent (3). » 
(Chron. S. Den. T. I, page 259.) On lit dans Suger : 
ultioni condignœ trailidit puniendos. 

Ge creing que molt chier le compère. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 57, V° col. 1. 

De ]h, les expressions comparer ses péchés, les 
expier, payer la peine due à ses péchés. (Vies des 
SS. MS. de Sorb. chif. xxvi.) 

Comperer la mort, la souffrir, payer tribut à la 
mort. La S" Vierge, parlant à Jésus-Christ, s'exprime 
ainsi : 

Biaus fils, et biaus père, 

La mort que vostre cors compei-e, 
Me fait plaindre angoisseusement. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 93, V col. 2. 

°En étendant l'acception de comparer, acheter, 
ce mot s'est pris flguréinent, pour mériter. 

De maint en sont plus hais, 

Qui riens, en ce, n'ont compara. 

Hist. de Fr. à la suite du Rom. de Fauv. fol. 81. 

La ville en fu brûlée, 

Qui pas ne Vaitoit comparée. 

Ibid. fol. 83, V- col. 2. 

'^ Dans le sens de comparoitre, comparer et com- 
paroir viennent du latin comparere. On dit encore 



(V) On trouve Compif/ne, d'après le Dit de l'Apostoile. (Leroux de Lincy, II, .3.38.) (N. E.) 

(2) Ce sens est dans la Chanson de Roland (v. 449 et 1592). On le retrouve dans Partonopex, Renard, etc.; le sens de 
rapprocher n'apparaît qu'au xiiF siècle. (N. E.) 

(3) On lit en ce sens au reg. JJ. 89, p. 121, an. \dol : <c Lors respondi A.iibriet : Tu le compxrras ; et sur ce sacha une espée 
sur ledit Guillemet. » (n. e.) 



co 



— 135 - 



CO 



souvent comparoir, en termes de palais. On trouve 
comparer, clans le même sens, au passage suivant : 
.< lis le citèrent comme por à comparer devant le 
. Roy. » (Hisl. de la Tois. d'Or, Vol. I, fol. 93.) 

Oudisoit qu'avait à comparoir, pour qu'avoit à 
faire : > Qu'avoit à cotnparoir la reine d'Angle- 
« terre, laquelle par vostre rigueur est venue en 
" ce pais, etc. ■< (Monslr. Vol. 1, fol. 10 ) 

" Nous ne trouvons ce mot employé pour regar- 
der, reconnoitre, découvrir, que sous l'orlliographe 
comperer, qu'on pourroit en ce sens dériver du 
latin comperire. 

En monsire Dubois son frère. 
Et de cille tjue je compère. 

Font. Guér. Très, de Vén. MS. p. Hi. 

On disoit proverbialement : 

1. Tel n'en peut mais, qui trop compère. 

Rom. de la Rose. 

Borel, qui cite ce vers, au mol comperre, lexpli- 
que mal par actiuérir. 11 signifie payer. 

2. Cil qui plus le compère, 

C'est cil qui meins s'en emaye. 

Fauch. Lang. et Pots. fr. p. Hl. 

3. Tel ne dessert, qui le compère. 

Hist. des Trois Maries, en vers, MS. p. 3G. 

Voyez, A rarticle Compareh ci-après, une autre 
signification «lui lui est particulière. 

CONJUGAISON : 

Comparoir, au futur. Vous payerez. (Fabl. mss. 
du R. ir 701. -j, T. Il, fol. 175.) 

Comparres, au futur. Vous payerez. Ibid. 
noT'ilS, fol. 335.) 

Comper, indic. prés, .l'achète. (Poës. >iss. av. 1300, 
T. 111, p. 1133.) 

Compraisses, imp. subj. Payasses. (Fabl. mss. du 
R. ir 7218, fol. 49.) 

Conpurroi:i, au futur. Vous payerez. (G. Guiart, 
MS. fol. 134.) 

VARIANTES : 

COMPAIÏIER. P. ,1. de Saintré, p 661. 
Comparer. Hist. de B. Du Guescl. par Ménard, p. 267. 
CoMPARRER. Kabl. MSS. de S. G. f" 4i, et passim. 
CoMPEi\ER. Poës. MSS. avant 13U0, T. 111, p. 1006. 
Conférer. Biuniax de Tours, Poës. MSS. av. 1300, T. II. 
COMPRER. Robers de Memberolles, Poës. MSS. avant 1300. 
Comperre. Pierre de Corbie, Poës. MSS. av. 1300, T. III. 
Comparoir. Chron. S. Denis, T. 1, fol. 250. 

Compaires, stibst. 7nasc. Compagnon, associé. 

« Chil qui ferme pés (paix) a aferniée (affermie, 

« assurée) en son cuer est droitement sires dou 

« siècle, et compaignons de Dieu ; car il est sires 

« dou siècle, en tant coume il est en bonne pensée, 

" et le cuer en pés, que il ne convoite à outrage 

« (excessivement) nule chose terriene ; elcompaires 

« de Dieu, pour che que il est en estai de grâce, et 

'< sans péchié. " (Beauman. p. 355.) 



Companage, subst. masc. Ce qu'on mange 
avec du painil). OniVûcompanatgcelcoiimpanatge, 
en Languedoc. (Voyez sur ce mot, les Dictionn. de 
Cotgrave, Oudin, Ménage, et Du Gange, au mot 
Companagium.) Jésus-< hrisl dit aux apôtres qui 
pêchoient dans la mer de ïibériade : 

Avez vous point de compegnage (2) 
Qu'on puis manger'? 

Hist. des Tr ùs Maries, en vers, MS. p. 190. 

VARIANTES : 
COMPANAGE. Oudin, Dict. 
CoMPANATGE. Prononc. lanÊjued. 
COMPANAIGE. Rabelais, T. III, p. 26. 
CoMPEGNAGE. Hist. des Trois Maries, MS. p. 190. 
COMPENAGE. Ibid. p. 114 et 394. 
CouMPENATGE. Pronoiic. langued. 

Comparadoui", subst. masc. Qui compare. 
Celui qui fait la comparaison. 

Dont je comparadour me plains 
Les clercs, et ceulx de la cuisine. 

Eiist. Pesch. Poès. MSS. fol. 346, col. 4. 

Comparage, subst. masc. Compérage. ■■ Nus 
« ne doit espouser les enlans de son compère, ny 
•' de sa commère, puis le comparage nez. » (Beau- 
manoir, p. 99.) 

Gomparager, verbe. Comparer. (Voyez Borel, 
Corneille, Cotgrave, Oudin, R. Estienne, Monet, et 
Gloss. de Marot.) 

On lit compagier, dans les vers suivans, abrévia- 
tions du moi com/iarugie)\ employée par la même 
licence fréquente dans nos anciens poètes : 

Tant que de vous soit partout renommée, 
Si c'om vous puist à droit compagier (3), 
A Josué, Charle, Hector et Pompée. 

Eust. Desch. Pacs. MSS. fol. 51, col. 4. 

(Voy. AccoMPARAGEn ci-devant.) 

VAIUANTKS : 
GOMPARAGER. Arr. Amor. p. 123; Clém. Marot, p. 283. 
Comparaiger. Gace de la Bigne, des Déd. MS. fol. 69, R*. 
CoMPAP^AGiER. Modus et Racio, MS. fol. 309, R». 
Compagier. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 51, col, 4. 

Comparaison, subst. fém. Ce mol subsiste 
sous celle orlhographe. Nous ne le citons que par 
rapport aux expressions suivantes. On disoit : 

r Qui n'a comparaison (riio)ineurs (le biens, 
pour qui n'a son pareil en honneurs et en biens. 

Voyant celuy qui n'a comparaison 
D'honneurs, de hwus, saillir de la maison 
Pour guerroyer les plus fiers de ce monde. 

<lean Marot, p. 77. 

2° A comparaison pour en comparaison, (Voyez 
Apol, pour Hérouole, préf. p, 8.) On a dit en latin 
comparatione, dans le même sens. (Voyez Chron. 
d'Anselme de Gemblours, 3' contin. sous l'an 119G, 
fol. 75 ; Extr, de Foncemagne, 3' race.) 

30 On éerivùit aussi comparison (4) ; on trouve 
sans comparison, dans Beaumanoir, p. 16. 



(1) Comparez apanage, (n. e.) 

(2) C'est ici une sorte de gâteau ; « Laquelle servante avoit fait cuire audit four pour son maistre certain compenaye, 
nomme darioles ; leque' compenage cuit elle le prist et l'emporta sur sa teste. » (.11, 128, p. 36, an. 1385.) On lit aussi dans 
Renard (v. 56); « Geste brebis si la gardez ; Tant nous donra lel et fromage, Assez i aurons compenage. » (n, e.) 

(3) « Lequel Jaquemart dist audit Pierre qu'il estoit aussi bon gentilhomme comme ledit Pierre ;... et ledit Regnault dist 



àicellui Jaquemart qu'il ne se comparugusl point audit Pierre. )> (JJ. 105, p. 185, an. 1373.) (N. E.) 
(4) On lit aussi dans Froissart (IV, 71) ; « Et estoient sans comparison plus fort qu'il ne fust, » ( 



(N. E.) 



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136 — 



CO 



Nous remarquerons encore celte espèce de 
proverbe : 

Cohtprirahnvs siint envieuses, 
Et de paroles venimeuses. 

Geofr. de Pans, à !a suite du Rom. de Fauv. fol. 48. 

VARIANTES (1) : 
COMPAK.\ISON. Ortli. subsistante. 
Co.MPARESON. Hist. de Fr. à la suite de Fauv. fol. 80. 
CoMPARisoN. lieaumanoir, p. 16. 
Co.MPARACioN. Gace de la Bigne, des Ded. 

Comparauce. [Intercalez Coinparance, com- 
parution: » Ledit le Boucher, qui ignoroit ledit 
« adjournement ne comparut point ; parquoy et 
« mesment, pour la non comparance. » (JJ. 158, 
p. 327, an. 1403.)] (n. e.) 

Compare, adj. Egal, pareil. Du latin compar. 

La viele, et amours, par exemplaire, 
Doivent estre d'un semblant compare. 

Villeaumc li Vijiiers, PoEs, MSS. av. 1300, T. 11, p. 821. 

Comparé, partie. Acheté. On a dit, au figuré : 

Amors qui vient légiérement 

N'est si plesans, ne tant n'agrée 
Com celé qui est comparée. 

Falil. MSS. du R. n- 1218, fol. 132, V col. 2. 

VARIANTES ! 
COMPARÉ. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 132, V» col. 2. 
CoNPARÉ. Fabl. MSS du R. n» 7615, T. I, fol. 104, V» col. 2. 

Comparer (se), verbe. Se préparer, se dispo- 
ser*. S'égaler^. 

*Ce mol, qui dérive ses deux acceptions du latin 
comparare, se trouve employé au premier sens, 
dans ce passage : « Le roy Charles à tout (avec) sa 
« puissance se comparoit, et apprestoit pour venir 
« conquérir pais sur eux. » (Monstr. Vol. II, f 46.) 

^Oii dit, comme autrefois, se comparer, pour 
s'égaler (2). On disoit aussi comperer. Ce mot avoil 
encore d'autres acceptions qu'on peut voir plus 
haut à l'article Compairer. C'est le même mot, 
différemment éciit, souvent en faveur de la rime. 
D'ailleurs il y avoit peu de différence dans la pro- 
noncialion des mots comparer, compaïrer, compe- 
rer. On disoit de même se perer, pour se parer. 

Des vertus qu'il avoit te père. 

Et à restraindre te compère 

A ceu.K qui turent esparennbles. 

Eust. Desch. Po5s. MSS. fol. 321, col. 1. 

Un poêle dit de la S" Vierge : 

Ki compère 

Vers vo créature. 

Pocs. MSS. av. laOO, T. Il, p. OOG. 

Remarquons cette expression : se comparer d'hon- 
neur, pour se compiler en fait d'honneur. « On 
« disoit partout qu'il n'y avoit chevalier qui se 
« compariist h vous, d'honneur, de proesse. » 
(Percef. Vol. Il, fol. 51.) 

variantes : 
COMPARER (SE). Orth subsistante. 
Comperer. Eust Desch. Poës. MSS. fol. 321, col. 1. 
Conférer. Fabl. MSS. du R. n»7615, T. II, f» 164, R» col. 2. 

Compares, subst. Espèces de droits. « Ce sont 



« usages, et redsvances, prétendues par les vicom- 
« tes de Narbonne, contre l'evéque. « (Laur. Gloss. 
du rtr. Ir. — Du Gange, au mot Compares.) 

Comparimini. On appelle ainsi , en droit 
canon, un certillcat envoyé par le juge ecclésiasti- 
que au juge laïque, contre un excommunié qui s'est 
laissé juger par contumace. Du Cange, au mot 
Cumparimini, cite Rouleiller: « Le juge spirituel 
« doit envoyer un libelle, qu'on appelle en court 
« comparimini , qui doit contenir comment l'exco- 
" munie, luy incité, el condamné, en ce s'est laissé 
« excommunier et endormir, comme chien, sans 
« crainte de Dieu, etc. » (Bout. Som. Rur. liv. II, 
tit. 12, p, 758.) 

Comparoissance, subst. fém. Comparution. 
(Cotgrave et Oudin, Dict.) « La comparition qu'ils 
« faisoient, estoit pour ce que le Roy l'avoit ainsy 
« voulu, et ordonné, protestans que la dilte com- 
« paroissance ne préjudiciast à leurs droits, et 
« prérogatives. » (Coût, de Paris, Goût. Gén. T. I, 
p. 15.) On lit ailleurs : " Protestant que les dittes 
« présentations, et co»i/;fl)'02Sse ne peust préjudi- 
« cier audit révérend. » (Coût, de Vallois, Ibid. 
page 404.) 

variantes : 

COMPAROISSANCE. Coût. Gén. T. I, p. 15. 
CoMPAROissE. Ibid. p. 404. 
Comparance. Oudin, Dict. 
Comparence. Coût. Gén. T. I, p. 326. 

Comparoistre, verbe. Ce mot ne subsiste plus 
qu'en termes de palais. Autrefois on disoit se com- 
paroistre. pour paroitre, se montrer : « Gontrai- 
<■ gnirent l'ennemy de repasser le bois, dont depuis 
« il ne fut assez haidy de se comparoistre. » (Mém. 
Du Bellay, liv. X, fol. 315.) 

Comparse, subst. fém. Entrée. Terme de car- 
rousel : " Entrée que fait une (juadrille dans la 
« carrière, dont elle fait le tour pour se faire voir 
« aux spectateurs, mesurer la lice, et se rendre 
.1 ensuite au poste qui luy est marqué. » (Dict. de 
Corneille.) Cette même définition se trouve dans le 
P. Meneslrier des Tournois, p. 204. (Voy. Beauch. 
Rech. des Th. T. III, p. 186.) 

Comparsonnier, subst. masc. Associé, cohé- 
lilier. « Le seigneur du cens n'est tenu de diviser 
'< iceluy, tellement que, s'il y a plusieurs deten- 
« leurs de Therilage affecté, il se peut addresser 
« auquel d'iceux que bon luy semblera, parce que 
« hypothequairement est individue, sauf audit 
« détenteur, son recours contre ses comparson- 
« niers. » (Coût, de Bar, Coût. Gén. T. II, p. 1034.) 
« Partages des successions, héritages, ou meubles 
« communs entre plusieurs cohéritiers, ou com- 
« personniers, seront différez pour l'absence lon- 
« gue. .. (Coût, de Metz, Coût. Gén. T. I, p. 1153.) 
Coparsonnier s'est dit aussi de celui avec qui on 



(1) Dans Thomas de Cantorbery (xii« siècle, 32) on lit : « Pur ço ai fait, ço m'est vis, dreite comparaisun. » (N. e.) 

(2) Ce sens se retrouve dans Froissart (XVI, 111) ; « Vous estes de si noble estration et de si gentil sanc que dessus vous 
nuls ne sont qui se coiiiparent à vous. » (N. E.) 



co 



— 437 



CO 



parlai;e uu mur mitoyen. (Nouv. Coût. Gén. T. I, 
page 58 1.) 

VAÎUANTES : 

COMPARSONNIER. Coût. Gén. T. II, p. 1034. 
COMI'EUSONNIEK. Ibid. T. I, p. 890. 

Coinpartiinent, subst. masc. Ancienne forme 
des écuscii armoiries*. Ouvrages de forlilicatioii °. 

*Cemol, i|ui subsiste avec diverses acceptions, 
a élé autrefois employé pour désigner la forme 
Ijizarre et ridicule nouvellement introduite pour 
les écus en armoiries. S' Julien, dansses Mesl. hist. 
j). 578, se plaint de cette innovation. 

^rom/wri/wcn/désignoit aussi les ouvrages faits 
au deliors d'une place assiégée. » Ce que je m'offre 
« d'exécuter, si vous voulez me faire l'honneur de 
« le commi'llre, est de gagner cette nuit m.'me ces 
» petits comparu mens, pour ne pas dire dehors, 
«' que les ennemis ont faits depuis la rive jusques à 
« un des deux ruvelins. » (Mém. de Bassomp. ï. III, 
page 85.) Ce mot compartiment n'est pas ici le nom 
propre d'un ouvrage, mais un nom que l'auteur 
donne par mépris à de mauv;iis ouvrages, qu'il 
appelle plus bas cfictives dcfeiices ; comme s'il 
vouloit les comparer aux compartimens d'un par- 
terre. Ainsi proprement compartiment, en cet 
endroit, est pris dans le sens qui subsiste encore. 

Conipai'lir, verbe. Partager, diviser *. Partir ^. 

*Sur le premier sens de partager, diviser, voyez 
les Dict. de Nicot, Monet et Cotgrave. 

° Compartir a signifié aussi partir, proprement 
partir de compagnie. » Y.x\i,\ corn par tirent Aq Cows,- 
" lantinople, et chevauchèrent par lor joniées, et 
" vinrent à Andrinople ou li sièges ère (estoit). » 
(Villehard. p. 117.) 

Coniparuit, subst. rnasc. Terme de palais. 
C'est l'acte délivré par un juge à une des parties, 
pour certifiei sa comparution. iLaur. Gloss. du Dr. 
fr. — Dict. de Cotgrave et d'Oudin.) » îiy comparuit 
« est prins en cause, celui qui veut procéder avant, 
'■ est tenu, e:i dedans l'an du dit comparuit prins, 
« faire udjourner ceux, etc. » (Coût, de la Salle, et 
Baill. de Liste, au Coût. Gén. T. II, p. 921.) 

Compas, subst. masc. Règle, mesure *. Symé- 
trie, COU! jjarti ment ^. Contour'^. 

* Ce mot s est employé fréquemment, dans le pre- 
mier sens de règle, mesure. Mallierbe aimoit fort 
ce mot, selon la remarque de Ménage, p. 458. 

Bornez vous, croyez moy dans un juste compas. 
Malh. Poés. page H8. 

Si le chef n'est pas bien d'accord avec la teste, 
Et que tout ne soit pas réglé par ses compas. 

Depil amour, de Molière, acl. 4, se. 2. 

Faifeu, dans un envoi à ses lecteurs, dit, en par- 
lant de ses compilations : 

Si faulle y a de raison, ou compas, 

.le vous supply, n'en soyez coUeriques, 

Mais corrigez, car je ne l'enlonds pas. 

Faifeu, page 114. 



Marot, parlant des chevaux de Pha-^ton, dit qu'ils 

Vont galopant régions incongneues, 
Là où leurs cour- impétueux les porte ; 
Là, sans compas, cliacun dL'U.\ se traiispûrle. 
Cléni. Marot, p. 557. 

^Delà, compas s'est pris pour symétrie, com- 
partiment. On a dit en ce sens : « Couette ouvrée à 
« certains compas, de grosses perles, et autres 
« merveilleuses braveries. » (Nuicts de Straparole, 
T. I, p. (J7.) 

Ont aussi leurs reins saintes 

De riches bandrez à compas. 

Eusl. Desch. Pops. MSS. fo!. 545, col. 1. 

•^ Il signifie ^o«/oj(?', dans cette expression. .< En 
« tout le compas del monde. » On la trouve dans une 
pièce attribuée à Crestyens, Poës. .vss. av. 1300 (1), 
T. III, p. X'Hjrl, et répétée sous le nom de Gaces 
BruUés. Ibid. T. H, p. 522.) 

Compas, dans le sens de règle, mesure, nous 
fournit plusieurs expressions que nous allons citer. 
On disoit : 

1° Aller à tirait compas, en pnrlant des chevaux. 

Les chevaulx fais vont mieulx, à droit compas ; 
Pour ce ne devroit nulz homs amer poulains. 

Eusi. Desih. Poes. MSS. lul. 234, col. t. 

2° .4 (Iroil compas signitie avec justice. 

Tu rendras, à droit compas, 

De toutes œuvres guerredon. 

Fabl. .MSS. du R. ii- 7-218, fol. 203. V' col. l. 

3° Faire une chose par compas, c'étoit la faire 
parfaite. 

La gentil damoiselle que Diex ot fet sans gas : 
Entre Dieu et nature le fu-ent par compas. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 345, R- col. 2. 

4° Fait à compas, dans le sens où nous disons 
fait au tour. 

Rondet menton, fait à conipas. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 218, R- col. t. 

5» Passer par compas, chacun selon son rang. 

Chascun passera par compas. 

Par dessus toy, comme sus Pierre, 

L'on ne pense point de requerre. 

Conlred. de Songecreux, fol. 141, V*. 

G" Vin de bon compas, semble mis pour vin droit, 
en ce passage : 

Ces trois vins n'en chaca il pas, 
Qu'il les senti de bon compas. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 2S1, V- col 2. 

VARIANTES : 
COMPAS. Orth. subsist. 
CoNPAS. Fabl. MSS. du R. n° 7615, T. II, fol. 109, V» col. 1. 

Compsi9,sé, partie. Proportionné*. Compensé, 
compté ^. 

Ce mot signifie proprement dessiné avec le com- 
pas. De là, les deux acceptions figurées que nous 
venons de inarquer. 

* On trouve la première signification dans ce vers : 

Elle avoit front bien compassé. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 251, R' col. 1. 

De là, compassée à nature, pour bien faite, faite 
au pinceau. 

Compassée à nature, blanche gorge corn guimple, etc. 
FaLl. MSS. du R. n- 7218. fol. 274. V- col. 2. 



(1) « Merci troTasse, au mien cuidier, S'ele fust en tout le compas De! monde, là où je la quier. » (n. e.) 



18 



co 



- 13î( ^ 



co 



On disoit aussi : 

Un arbre trop bel coittpasse:, 
A la fontaine, onilire rendoit. 

Fabl. »1SS. du R. n- 7â1S, fol. 351, R- col. 2. 

Compassé à taille, pour fini, aclievé. (G. Guiart, 
>is. fol. 33, R°.) 

^Aii second sens, ce mot signifioit compté, com- 
pensé. 

Les Iresors Cresus amassez, 
Si ne sont en rien compas-.ez. 

Ountred. de Songecreux, fol. 102. K". 

V.^RIANTES : 

COMPASSÉ. Fabl. MSS. du R. n" 7-218, fol. 251, R° col. \. 
CoNP.\ssÈ. Kabl. MSS. du U. n° 7G15, T. I, f« 116, V» col. 1. 

Coinpasseinenl, subst. masc. Alignement*. 
Arraiigeineiit, complot^. 
* Le' premier sens est le sens propre. 

Dens drus, et petits. 

Elans, et par conijxcssfmeiil mis. 

Chans. fr. Ju xin' siècle, .MS. de lîouliier, rli. l", fol. 08, V*. 

^De là ce mol, au figuré, signifioit arrangement, 
complot. On disoit eiî ce sens, compassemenl, de 
nostre mort, pour conspiration contre notre vie. 
(Britt. Loix d'Anglel. fol. 73.) 

Conipusser, verbe. Dessiner avec le compas*. 
Arranger, conspirer^. 

*Au propre, ce mot signifie dessiner à l'aide du 
compas, l'aire le plan d'im bâtiment (1). (Voy Rom. 
du Brut, .MS. fol. 1)9.) 

^Au figuré, arranger, conspirer, concerter un 
complot : « Ne contpassay, ne purparlay, ne à celé 
« félonie ne assenti (consenti). <> (Britton , Loix 
d'Anglet. fol. ■i±) 

On poiirroit assigner à ce mot une troisième 
acception ; se tompasser, dans le passage suivant, 
n'étoit une faiiie pour compisser. On lit, dans 
Modus et Racio, fol. 10, Y° : « Le beau relif (espèce 
« de cliien courant) est tel qu'il ne chasse point 
« autre beste que cerf, et quant il fuit avec le 
« change, il demeure tout quoy, sans chasser ; et 
.< va après les clievaulx, et ne compassé les che- 
« mins, et les carrefours des voyes. >> (Modus et 
Racio, fol. 19.) Cette faute est corrigée, par cet autre 
passage où nous lisons, en parlant des chiens appe- 
lés «cerfs baus rcstifs : pour ce que, se un cerf 
« vient enmy le change, ilz s'arresleront, et aten- 
« dront leur maistre, et quant ilz le verront, ilz le 
" festieronl de la cueue et yront compissant les 
« voyes, et les buissons ». (Chasse de Gast. Phéb. 
MS. p. 127.) 

VARIANTES : 
COMPASSER. G. Guiart, MS. fol. 147, R». 
CONPASSER. G. Guiart, MS. fol. 254, R». 

Conipasseres. [Intercalez Compasseres, or- 
donnateur: 

Qui del munde fut ordeneres 
Faitte, e autor e coiHpaiseres. 

Chron. des ducs de Normandie, v. 211-t.] (N. E.) 

Compassibilité, subst. fém. Compatibilité. 
(Voyez Uicl. d'Oudin.) 



Compassible, acij. Compatible. (Oudin. Dicl.) 

Cloinpassionnaire, adj. Compatissant. (Voyez 
Dict. d'Oudin et de Cotgrave.) 

Coinpassioimé, adj. Touché de compassion*. 
Qui excite la compassion °. 

*0n lit, au premier sens: « Quanthmoy, n'estant 
" moins compatisionné de ceste mort. » (L'Amant 
ressusc. p. WM.) Delà, compassionnée pourépilhète 
de miséricorde, dans les Epilh. de M. de la Porte. 

° On disoit aussi compasaionné, pour touchant, 
attendrissant, qui excite la compassion. A l'entrée 
de Charles VIII, dans Paris, en 1437, a devant la 
" Trinité estoit la Passion ; c'estàscavoir, comment 
« nostre Seigneur fut prins, battu, mis en croix, et 
« .ludiis qui s'estoit pendu : et ne parloient riens 
» ceux qui ce faisoient; mais le monstrerent par 
'< jeu de mystère, et firent les manières bonnes et 
« bien jouées, et vivement contpassionnées, et 
« moult piteuses. » (Monslrelet, Vol. II, fol. 1 57.; 

Compassionner, verbe. Attendrir, toucher. 
On disoit se conijjassiouner l'.our s'attendrir, com- 
patir. (Dict. de Cotgrave ) » .le me compassionne 
« fort tendrement des atîeclions d'autruy. » (Essais 
de Montaigne, T. Il, p. 173.) 

Compassis, adj. Compatissant, sensible. Eu 
latin pieticus, piteux, coDipassis. On trouve com- 
passive, au féminin, dans Th. Corneille. C'est une 
coquette qui parle : 

C'est mon plus grand défaut, je suis trop compassive, 
Et parmymes galans d'amour, et d'amitié. 
J'en scay, sur mon papier, plus de cent de pitié. 
Th. Corneille, le Galanl doublé, coméd. act. 3, se. 3. 

VARIANTES : 
COMPASSIS. Du Gange, au mot Pieticus (2). 
Co.MPASSlVE, fém. Th. Corn, le Galant doublé, act. 3, se. '.i. 

Conipatriaiix, subst. masc. plur. Compa- 
triotes. « Or est mort , n'a pas longtemps , le 
» preud'homme Arelin à qui les Florentins ses cow- 
« patriaux, etc. >• (Contes de Des Perriers, T. Il, 
page Vt-l.) 

Compecter, verbe. Appartenir. (Nouv. Coût. 
Gén. T. 1, p. 344 ) 

Compeditcr, verbe. Lier, attacher. De là, figu- 
rément, pour empêcher, faire obstacle. « Ce que 
« aucun seigneur, ou justicier en celuy pcust com- 
« pe'rfi/er, n'empescher en aucune manière. «(Coût, 
de Ponthieu, Coût. Gén. T. I, p. 078.) 

Compediteur, subst. masc. Qui enchaîne. On 
disoit, en ce sens : « Cupido d'amanlz compédi- 
« teiir. » (Les Tri. de Petrarq. trad. du B. d'Oppede, 
fol. 5.) De là, ce mot se prenoit figurément pour 
qui fait obstacle. 

Mais si faut il qu'à mon honneur s'en saille, 
Et eschapper de tels cnmpeditews. 

Œ.uv. lie R. de Collcrye, p. ^'l^. 

Compeller, verbe. Contraindre, obliger. Du 



(1) Cil qui primes l'edefia Et qui le chastel roiiipussi(, Moult fu sages et cortois. » (n. e.) 

(2) Ed. Henschel, V, 248, col. 3. (n. e.) 



co 



— 139 — 



CO 



latin compellere. On a dit, en parlant de la théo- 
logie : 

La faculté commoct à ce qu'on expelle 
Erreur au loing, et disciples rompelle, 
De leurs cscnptz, gecter austérité. 

Crétin, page 11. 

CONJUGAISON : 

Compel, participe passé. Pour obligé, contraint, 
(ïenuresde Litll. fol. 34.) 

Compcllis, partie, passé. Pour oblia:é, contraint. 
(Ord. des R. de Fr. T. V, p. 700, an. 1368.) 

Conipcllissoient, imparf. indic. Coiitraisnoient. 
(Ord. des R. de Fr. T. V, p. 706, an. 1368.) 

Compeuelles. [Intercalez CompeneUes , ou 
peut-être campenellés, clochettes dans le harna- 
chement du cheval : 

Diex con li destrier enselé, 

Que li g.ïrçon en destre niainent, 

Orgueilleusement se demainent, 

Et cou li escucel des selles, 

Frains seurorez et compenellcs, 

Et eschellettes et lorains, 

Sur ceus dont je parlai or ains... 

G. Guiarl, an. 130i, v. 102G8.] (N. E.) 

Compeiisable, adj. Qui peut se compenser. 
(Colgrave el Oudin, Dict.i 11 est pris pour épithète 
de peine dans M. de la Porte. 

Compense, subst. féni. Compensation. (Dict. 
de Cotgrave.) 

Compenser, verbe. Récompenser. Selon le 
(;ioss. des Ait. Amor., la signification de ce mot, 
dans le passage suivant, parbit peu facile îi déter- 
miner : « Après, se je fais nul bien, seiiz double, en 
« nulle guise, celuy je ne compense, et elemens du 
« corps, desiiuiulxj'ay usé mauvaisement. » (Chasse 
de Gast. Phéb. ms. p. 391.) 

Compenseur, subst. masc. Terme de procé- 
dure. Il désigne celui qui fait un traité ou compen- 
sation avec son avocat ou son procureur, pour 
Tassocier au gain de son procès. « Si advocal, ou 
« procureur marchande, avec la partie pour qui 
« il est, d'a\oir part à la querelle qu'il meine : 
« scachez qu'il enchat eu_ amende arbitraiie, et 
" avec ce d liteslre privé d'ofllce, et le co7njieiii^eiii\ 
" en ce, le doit amender, i\ la discrétion du juge. » 
(Bouf^iller, "^om. F.ur. p. 86i.) 

Comperage,SM^sf. musc. (1) On a âil gardej'S07i 
comjn'iuiie, pour être fidèle îi la promesse faite à un 
compère. J<'abl. mss. de S. G. fol. 62.) 

Comperaument. [Intercalez Comperunment, 
à la inaiiière des compères, en latin compaleriiiter, 
au Gloss. lat -fr. 7684.] (n. k.) 

Compère , subst. 7nasc. Baudouin , comte 
deGuines, termine son testament en ces termes : 
« Je mercli monseigneur l'euveske de tereuvane 
« com mon seigneur e mon compeire testamenleur 
>• sovrain, e l'ai pri kil ait che testament à parfur- 



« nir. Et si aucuns vousist dire encontre, je lui prie 
" ki le destraigne par justice de sainte Eglise en 
» i-eiile manière qu'il soit leuii fr'rmeme!!'. » 
(Duchesne, Géu. de Guines, p. tJSl, litre de 1241.) 
Cemotsubsiste.il nous fournit quelques expres- 
sions et plusieurs proverbes que nous allons 
remarquer : 

1» Être compère, et mère Deu. Eust. Deschamps, 
faisant allusion aux désordres du Gouvernement 
oîi les vieillards sont méprisés, tandis que les jeu- 
nes gens, qu'il désigne par des noms d'oiseaux de 
proie, ont toute l'autorité, se sert de cette expres- 
sion : 

Et sont rnmpcre, et merc Dcu : 
Le conseil donnent de jeunesce, 
Et luy baillent foie largesce. 

Eust. Uèsdi. Pocs. MSS. fol. 318, col. 4. 

2° Rabelais, T. I, p. 143, parle d'une espèce de 
ceux que l'on appeloit : compère prêtes moy 
votre sac. 

3° Foy de compère, se disoit ironiquement pour 
mauvaise foi. (Nuictsde Slrap. T. I, p. 155.) 

4» « Il n'y a point de plus meschante foy que 
« celle de compère. >■ (Ibid.) 

5. Plus sont de comi'eres. 

Que ne sont d'amis. 

Prov. du Villain, MS. de S. G. fol. 71, V col. 2. 

(Voyez d'autres proverbes dans Cotgrave , et 
Oudin, Cur. fr.) 

V.\RI.\XTES : 
COMPERE. 
Compeire. Duchesne, Gén. de Guines, p. '284, tit. de 1241. 

Compère, adj. Participant. Qui partage. 

J'eusse plus chier que anciennement 

Nostre ancesseur eussent été roMjierc 

De ces doulours, qui sont présentement, etc. 

Eust. llescli. Po.'s. MSS. fol. 126. col. 4. 

Compermutant, subst. mase. Permutant. Qui 
change une chose pour une autre. (Cotgrave, Oudin, 
Dict. — Voyez Coût. Gén. T. I, p. 155.) 

Compermutation , subst. fém. Echange. 
(Cotgr. et Oudin, Dict.) 

Compermuter , verbe. Echanger. (Oudin , 
i'.olgrave, Dict.) 

Compert, verbe impers. Il convient. On disoit 
s il cotnpiert, si le cas le comporte. - Lettres et 
« titres seront communiqués, tant au propriétaire, 
<■ s'il compiert, poursuivant, qu'autres opposants. » 
(Coût. Gén. T. II, p. 224.) 

Au Roy cdiiipcri qu'il secourust 
Contre Trahern, se il peust. 

Rom. de Brut, MS. fol. 45, R' col. 1. 

VARIANTES : 
COMPERT. Rom. de Brut, MS. fol. 45, R» coL 1. 
Compiert. Coût, Gén. T. II, p. 210. 

Compesié, partie. On lit, dans une déclara- 
tion du roi du 9 octobre 1684, rendue pour la nobi- 
lité des biens du Languedoc : ■• Les biens qui se 



(1) C'est aussi l'affinité spirituelle entre parrain et marraine, entre chacun d'eux et les parents de l'enfant : « Note que ce 
n'est establi geueraument, si cum rompcragc, n'eaipeeche pas mariage à fere solement, mes il depiece le fet. » (Livre de 



Justice, l'JO.) (N. E.) 



co 



140 — 



co 



et trouveront campesiez sous le nom d'un, ou plu- 
<■ sieurs ;i;iitioiiliei's, etc. » (Art. 13, 17 et l'J.) 

Compcsienient, nubst. )nasc. Ce niotse trouve 
dans I arl. Il) , de la déclaration du roi citée 
ci-dessus à l'article Compesié. 

Conipester, verbe. Faire pâturer, pailre. « Si 
« couic jeo (je) baile a un houie mes barbiles 
« (brebis) à compesler san ti'eu, ou mes boefes 
« (bœi'tsi a are (labourer) la terre, etc. » (Tenures 
deLitll. fol. 15.) 

Coinpelant, arij. Juge compétent signifie 
aujourd luii le juge ordinaire, celui îi qui il appar- 
tient de juger. Aulrel'ois c'éloit un juge commis par 
le souverain, pour juger à sa place dans les gages 
de bataille. (Voy. la Jaille, du Champ de Bal. f° 63.) 

On disoil jnitr compctanl, pour jour marqué, 
jour prélix. « liequisl à avoir jour competant Q\ il 
« vendroit, viendroit comme ajourné, presl à res- 
« pondre. » (Modus et Racio, ms. fol. 220.) 

Competate, dans lesOrdonn. des R. de Fr. T. 111, 
p. 570, est une faute nianifesle ; il faut lire compe- 
tante, compétente, convenable (1). 11 s"agit d'une 
satisfaction. 

Conipeteniinent, adverbe. Convenablement. 
« Esloit assez 6W«/jr?/t'mme?(i profond. » (Mém. Du 
Bellay, liv. VIll, fol. 254.) 

Conipetiter, verbe. Mol factice. Molière le met 
dans la bouche d'un valet embarrassé pour rendre 
sa pensée : 

On voit une tempeste, en forme de bourrasque. 
Qui veut competiter, par de certains propos. 

liépil amour, coméd. act. 4, se. ^. 

Compiegne, subst. Nom de ville. On a dit, en 
proverhe : 

1. Coiffes de Compigne. (Prov. à la suite des Puc^. 
Hss. av. 1300, T. IV, p. IC.Vi.) 

2. Dormeurs de Compiegne. (Voyez Merc. de Fr. 
fév. 1735, p. 262.) 

vAniA.sTEs : 

COMPIEGNE. Merc. de Fr. fév. 1735, p. 262. 
Compigne. Poës. MSS. avant 1300, T. IV, p. 165. 

Conipieng. [Intercalez Compieng, bourbier, 
dans la Ch.ale de Tournay (an. 1187, Du Cange, 11, 
497, col. 1): « Se aucuns hom waile u espie un 
« autre bomme et le louelle ou compiemj u en le 
« boë. »] (n. e.) 

Compierre, 3' pers. de Vindic. Peut-être du 
verbe eompierrer , le même que compairer ci- 
dessus, qui signifie payer la faute, porter la peine : 

Tu destruiz sainte Eglise, à tort, et à besloi ; 
La povre gent essiUes ; et si ne soiz porquoi 
Cil qui ne t'a forfai, qw}l compierre, et à quoi : 
Aies merchi des povres, et donne trieves au Roy. 
Rom. de Rou. MS. jiage 131. 



Compilation. [Intercalez Compilation, cabale 
au reg. JJ. 53, p. 41''(, an. 1310: « Et en ladite 
« plache, quant il y assemblaient pour eus alouer. 
" il firent eoiitpilittions, l;iquebans. >• De même 
dans un acte dAl)IJuville, an. 1358 (Du Cange, II, 
407, col. 1); '■ Jehan de la Mare pour plusieurs 
" belles, eompilcilioiis, ou paroles sentans com- 
« motion de peuple... fu jugié à avoir coppé le 
« teste. »] (n. E.) 

Compiler, verbe. Arranger, disposer*, fabri- 
quer ^. 
*0n lit, au premier sens d'arranger, disposer (2,.: 

En la saison de ceste affaire, 
lert encore, si ge voir coiipile, 
Messire Challes en Sezile. 

G. Guiart, MS. fol. i'o9. V. 

.\ l'enlrée de Louis XI dans Paris, un héraut lui 
présenta cinq dames ■■ richement aornées, lesquel- 
" les, et chacune par ordre avoient tous personna- 
« ges, tout eompilez ù la signification des cinq 
« lettres faisant Paris. » (Chioii. scand. de Louis XI, 
page 17.) 

^ Ce mot signilioit aussi fabriquer. « Oui compilé 
" une fausse lettre close. » (Arr. Amor. page 353.; 
C'est-à-dire l'ont forgée, fabriquée. 

VARIANTES : 
COMPILER. Orth. subsist. 
CONPILER. G. Guiart, MS. fol. 259, V». 

Compille, subsl. [cm. Monceau. On disoit ; 
" Compilles de liullos, pour tas de buissons. Bois à 
« taille de sept ans, comme aiinois, haies de cinq 
« ans, compilles de Imllos de trois ans, chesne de 
>' gland, sont héritage. » Bout. Som. Rur. p. 430.) 

Coinpilogue, sulist. masc. Compilation. Il 
semble (|ue ce soil le sens de ce mot, dans un livre 
qui a pour titre : « Le Compilogue des guerres de 
>> Gaule, et pais de France, et des lieux plus faciles 
« à assaillir. ■ iDu Verd. Bibl. fr. p. 244.) 

Compisser, verbe. Pisser dessus. (Diclionn. de 
Cotgrave et d'Oudin.) On a dit, en parlant de chiens 
qui ne chassent que le cerf : « Restifz s'appellent, 
« pour ce que se un cerf vient en my le change, ils 
« s'arresteront, et ateudrout leur maistre, et quant 
.. ilz le verionl, ilz le feslieroiil de la cueue, et 
<■ yront compissaul les voyes, et les buissons. « 
(Chasse de Gast. Phéb. ms. p. 127.) 

De toutes pars bien le conipisse. 

Fabl. .MSS. du R. n- 7-218, fol. lit, V col. 2. 

VARIANTES : 

C.OMPISSEH. Kabl. MSS. du R. n» 7218, fol. Wt, V° col. 2. 
CoMPlssiER. Ibid. fol. 14i, V" col. 2. 

Complaigncment, subst. maso. Plainte. 

A tort fes tel compluignement (8) 

Li Chancelier de Paris, Poi-s. MSS. av. 1300, T. II. p. 783. 



(1) Ce sens est dans l'roissart (XV, 156) ; « Tant que la dame soit en eage comyjctenl. » (N. E.) 

(2) CVst aussi réunir les matériaux d'un livre ; « Et pour ce que on sace qui ce livre mist sus, on m'appelle sire JehiUi 
Froissart, qui moult de painne et de travail en e\ich ainchois que je l'eusse coinpiUé ne acompli. » (II, 2.) (n. e.) 

(3) On le trouve aussi dans la Chr. des ducs de Normandie, (n. h.) 



co 



141 — 



co 



Complaindre, verbe Plaindre, faire sa plainte. 
(Du Caniie, au mot latui Complangere.) 

Plusieurs au monde se complaignent (1) 
De lorUine et maleurelé. 

Vi-i!os de Charles VII, p. HO. 

Coniplaine, dans Lillleton, signilie se plaindre, 
injustice, sans y adjouler le pronom réciproque. 
C'est le mol angiois covipluiii, avec un e à la lin. 
pour lui donner une terminaison t'rançoise (2). 

On a dit proverljialement: Asse::- demande qui se 
complaint. (Percef. vol. V, fol. 27. ) 
Conjugaison. 

Complain, ind. prés. Je me plains (Gloss. deMarot.) 

Complains. (.1. Marot, p. 80.) 

VARIANTES : 
COMPLAINDRE. Percef. vol. IV. fol. 55, V" col. 1. 
CoMPLAiNE. Tenur. de Litn. fol. 39, V°. 

Complainte, subst. fém. Ternie de droit *. 
Sorte de poésie ". 

* Comme terme de droit , ce mot avoit plusieurs 
signilications(3). (Voy. Laur. Gloss. du Droit fr.; le 
Gr. Coût, de l'rance, livre II, p. 145. ; ibid. liv. 111, 
p. 431 ; et Bouteiller, Som. rur. p 188 ) 

^ Il y avoit aussi une sorte de poésie qu'on nom- 
mait eoniplainte (i). (Voy Sibilet, Art. poët. p. 134.) 

VARIANTES : 
COMPLAINTE. 
COMPLANTS. La Thaum, Coût. d'Orléans, p. 465. 

Complaisance, subst. fém. Droit seigneurial. 
Nous ne parlerons de ce mot que comme terme 
de palais, et de peu d'usage en ce sens. C'est le 
payement des loyaux aides aux quatre cas. (L.'iur. 
Gloss. du Droit fr.) Borel, dans ses premières add. 
le restreint au cas du mariage de la fille du seigneur. 
Il est parlé de ce droit dans Mezerai, T. 1, p. 190. 

Complaît, part. Complu. C'est le participe du 
verbe complaire dans ce passage : « Elle ait tou- 
» jours complait à son amy. » (Ârr. Amor. p. 228.) 

Complanei", verbe. Applanir. On disoit, en ce 
sens, complaner le chemin. (Lett. de Rabelais, p. 41 .) 

VARIANTES : 
COMPLANER. Lett. de Rabelais, p. 41. 
CoMPLANissER. Rabelais, T. III, p. 13. 

Comptant, subst. masc. Plant d'arbres. Rémi 
Belleau dit, en parlant de son verger : 

J'ay de mes propres mains 

Planté un beau verger de si bonne aventure 
Que le ciel tout bénin et la douce nature 
Ont tant favorisé qu'on ne voit rien de beau. 
Qu'aisément on ne trouve, en ce complant nouveau. 
Bergeries, T. I. fol. 32 ; ibid fol. lu V*. 

De là, on disoit : terre baillée à complant, pour 



terre donnée pour planter en vigne. (Laur. Gloss. 
du Droit fr. — Voyez Coût. Cen. f. II, p. 74.) 

Complanterie, subst. fém. Champart. Pi'opre- 
ment : •■ le droit et portion que le seigneur prend 
sur les fi-uils des vignes qu'il a baillé h'eomptcDiter, 
cultiver, et exploiter. » (Laur. Closs. du Droit fr. — 
^oyez Cotgr. Dict. ; Du Cange au mot Complan- 
tttfjinm.) 

Complanteuse, adj. fém. Nous venons de voir 
complanterie pour cliampart sur les vignes données 
à complanter. De là, peut-être, vigne complanleuse, 
pour vigne sujette à ce droit. (Epith. de M. de La 
Porte.) 

Complants, sulist. masc. Plainte. On lit en ce 
sens : <■ Des hommes de Meun, pour rançon de leur 
« baillie, nul complants ne soit faiz. » En latin, 
questum nullus faciat. (Ord. T. 1, p. 17.) 

Helas. seigneur, recufillez mes roniplaitu;. 
Crétin, p. 48. 

Gomplectionné, adj. Conformé, constitué. Ce 
mot se prend, au sens propre, pour habitude du 
corps ; ce que nous nommons complexion, dans le 
passagesuivant: '^Unàileôiuveesloileomplectionnée 
» à n'avoir jamais d'enlans. •> ( Duclos, Preuveside 
Louis XI, p. GO.) 

Dans le sens ligure, complexionné s'entendoiten 
général de tonte qualité ; on le disoit même des 
qualités d'un pays. « Le pais (d'Espagne) n'est pas 
«complexionné ii celui de France. » (Froissart, Liv. 
III, p. 2.'j4 [ô].) C"est-ti-dire n'est pas constitué comme 
celui de France, n'est pas de même nature. Observez 
la consiruction complexionné à pour complexionné 
pareillement à. C'est une ellipse du mot pareille- 
ment ou de quelque équivalent. 

VARIANTES : 
COMPLECTIONNÉ. Duclos, Preuv. de Louis XI, p. 60. 
Co.MPLExiONNÉ. Froissart, Liv. III, p. 254. 

Complément , suljst. masc. Suffisance *. 
Perfection ^. 

* Dans le premier sens de sufrisance,'oii a dit : 
« Pour ce que nostre peuple ayeiit complément de 
<' petites monnoyes, pour leur nécessitez. » (Ord. T 
II, p. 180.) 

^ Dans le second sensde perfection, nous trouvons: 
« Ce n'estpasassés de faire, et accomplir toutes ces 
« choses bonnes, et généralement les autres qui 
« regardent le com/>/em«(/ de vos actions. « fPasq. 
LetL T. III, p. 26.) 

Ces deux sens emportent toujours l'idée d'achè- 
vement, qui est l'idée propre du mot. 

Delà, on a dit complément de droi turc powr 



(1) On lit déjà dans Couci (XXII) : « A vous amans , plus qu'a nule autre gent , Est bien raison que ma dolor 
complaigne. » (N. E.) 

(2) Dans Froissart, il est neutre : « Et ruiiiplaindoit grandement de l'antipape de Rome qui luy empesrhoit son droit. ,< 
(XIV, 38.) Il est aussi réfléchi (III, 88) :« Li contes se coinptmiuli à DarteveUe don despit que li Franchoi.'; li avoieni 
fait. » N. (E. E.) 

(3) Action par laquelle le possesseur d'un immeuble demande à être maintenu contre l'auteur du trouble : « En comptai air 
de novelleté y a amende envers le roy et la partie. » (Loysel, 753.) (n. e.) 

(4) (I Li chastelains de Couci aima tant Qu'onc pour arnors nul n'en cl dolor gr.3indre: Pour ce ferai usa comphiinle eu 
son chant. » (Anon. dans Couci.) (N. E.) 

(5) D'après Du Cange, II, 500, col. 1. (N. E.) 



i:o 



142 



CD 



réparation d'un lorl commis. «■ L'aignel (espèce de 
» moiinoiej anra cours pour trente sols lonrnois, et 
- soil maiid6[)ar toutes les l)oiines villes, cufoiies,' 
.< et marchiez se tiennent, que l'en ne le nielle, ne 
■■ preii;iH' pour plus : et qui sera trouvé f.iisaut le 
« contraire, qu'il soit pris, li i^lui) et sa monuoye, 
.. pour en faire complément de. droiture ; car 
» autrement la dite monnoye ne se pourroit bien 
. soustenir. ■■ (Ord. T. 111, p. 100.) On aditde même : 
eompliinent de justice , (loui' justice complète, 
jugemeul di'llnilil'. « lnliibous;i nos dicls juges de 
^recevoir, de nos subjects, aucuns deniers, pour 
« recevoir d'iceux compliment de justice, tant pour 
» causes civiles, que criminelles. ■> (Coût, de Cueil. 
.\. Coût. Gén. T. Il, p. Iii42.) 

VARIANTES : 
COMPLEME.XT. Ord. T. II, p. 285. 
Compliment. Pasq. Lett. III, p. 262. 

Conipleiision, s;(/^s^ frm. Complément. Terme 
d'astronomie. 

Ki bien sait raisnier 

De coDiploisioii d'astrenomiger. 

Pot's. MSS. av. 1300, T. IV, p. 1297. 

Complet, snhst. masc. « Que tonneaux trouvez 
« trop petits, selon le gage de Mous, soient con- 
« demnez estro brûlez, en jours solemnels publi- 
» quement : le boire y étant confisqué au profit de 
« la seigneurie, et celuy, ou ceux dont le boire 
« procédera ès-loix de soixantesols blancs, de chacun 
<■ lonneau, ou complet ; s'il n'y a usance du lieu à 
■ ce contraire. » (Coul. de Mons, Coût. Gén. T. 1. 
p. 832.) 

Complexion, subst. /"cm. Constitution * (1). 
Complément °. Figure de rhétorique ^. 

* Ce mot subsiste pour habitude du corps. On 
écrivoit aussi complesslou dans ce sens : 

L'omme est sanguin, ou colérique, 
Flematiqne, ou mélancolique. 
Gestes quatre complcssions 
Queurent par toutes régions. 

G. Guiart, MSS. fol. 352, V-. 

^ Complexion signifioit complément , ce qui 
renferme un tout. « Toull'univers, et la complexion 
o de ce grand cors. » (Mel. de S' Gelais, p. 1)2.) 

*^ La ligure de rhétorique nommée complexion 
«■ est quant l'on ayme (lisez amayne^ de loing son 
" adversaire ù consentir, et cognoistre celle chose 
'■ ({ue le parleur veut monslrer. » (Fabri, Art. de 
Mhétor. Liv. 1, fol. 58.) 

VAKIANTES : 
COMPLEXION. Orth. subsistante. 
CoMPLEasioN. G. Guiirt, MSS. fol. 352, V" 

Coxai^li, partie. Accompli (2). Voyez Ord.T. I, p. 
537, et Chans jiss. du comte Thib. p. 1. « Celui jor, 
« ot (eut) conijili le roi Henri de Cliipre son âge de 
XV ans. » (Coiilin. de G. de Tyr, Martène, T. VI, 
col. 712.) 



Complice, suhsl. masc. et fém Associé. Parti- 
cipant. Nous remarquerons , sur ce mot qui 
subsiste, qu'il étnit réputé .gaulois par Pasquier, 
« pour n'estre françois, grec, ny latin. » (Rech. p. 
657.) Voyez aussi Du Gange au mol Complices. On 
écrivoit quelquefois complis , selon le Gloss. de 
rHist.de Brel. Ces mots se prenoient ordinairement 
en mauvaise part, pour associé ù un crime ; mais 
nous trouvons complisse, dans les Chron. S'-Denis, 
T. 111, fol. 12, sans application à aucun crime ou 
mauvaise action. 

VARIANTKS : 
COMPLIClî. Orth. subsistante. 
CûMPLis. Gloss. de l'Histoire île Bret. 
CoMPi.istiE. Chron. Saint-Denis, T. III, fol. 13. 

Complida, adj. Accompli. Mot du patois de 
Riom. (Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis.) 

Complir, verbe. Accomplir. (Voyez Gloss. sur 
les Coul. de Beauvoisis.) 

Si li a compli son vouloir. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 5, U- col. 2. 



pour accomplissez, dans les 



On lit complices 
Ord. T. 11, p. 57. 

Complot, subst. 7Jiasc. Dessein, projet (3). Nous 
le prenons toujours en mauvaise part, pour dessein 
formédans la vuede nuire. Autrefois, sasignilication 
n'étoit déterminée que par le sens de la phrase. On 
disoit, en général, prendre complot pour l'aire la 
partie. « La ditedame, etplusieursautres7J?7Hr/>'^?U 
complot (^e leur baigner. » (Arr. Amor. p. 127.) 

On employoil quelquefois ce mot, dans un sens 
obscène. 

liras à bras jurent en la couche ; 
La borgoise ama li complot. 
Si fit du clers ce qui li plot. 

Fabl. MSS. de s. G. fol. 123, U" col. 2. 

Complote, subst. fém. Complot *. Mêlée ^. 

* On lit au premier sens de complot, « cale 
complote » pour ce complot, dans Ph. Mouskes, MS. 
p. 785. 

^ Dans le second sens de mêlée, on disoit: 

Moult estera honi qui verra tel complolte. 
Et partira du champ, se ainçois n'y exotte. 

Notice duKom. d'Alexandre, fol. 22. 

VARIANTES : 

COMPLOTE. Ph. Mou3l;P3, MSS. p. 7Sô. 

CoMPLOTTE. Not. du Rom. d'Alex, fol. 22. 

CoNPLOTE. Fabl. MSS. du R» n- 7615, T. II, fol. 191, V» col 2. 

Comploteïs. [Intercalez Complateis, dérivé de 
complot, dans Benoit de S' More (II, 10491) : 

Ariere turne al bruiseïs 

Et au très lier comploteis.] (x. e.) 

Comploteur , subst. masc. Qui complote. 
(Oudin, Dicl.) 

Comploteuse, adj. fém. On a dit : menée 
comploteuse, (tîpilh. de M. de La Porte.) 



(\) Ce sens est dans Froissart : « Les vins estoient secs et chauls et hors de la complcclion traachoise. » (XIV, 236.) (n. k.) 

(2) (I Trois ans tous cniiiplia. » (Froissart, II, 33.) (N. E.) 

(3) On lit déjà dans la bataille d'Aleschans (xii« siècle, v. 6053) : « Chascuns portoit ou lance ou javelot ; Enlor Guillauuie 
veissiez grand complot », c'est-à-dire grande foule. (N. E.) 



co 



i3 



co 



Compluine , subsl. Peut-être le même que 
complant, pkintation, lieu planté de bois. « Le 
« doivent piendie par assignai , selon le règlement 
« qui leur sera fait, et donné par le seigneur, ou son 
" grand gruyer, non tout en un lieu, ou comjilunw de 
« bois ; niaiscomme il leursera marqué du marteau 
'< de gruerye ou le bois sera trouvé plus espaiset 
« couvert. » (Coût, de Corze, Nouv. Coul. Gén. T. II, 
p. lotu; ) 

Coiiipoint, aâj. Toucbé, pénétré. Pénétré de 
componction, du latin compunctus. 

. . . L'ame est par paour compointe 
De l'amour de Dieu et empointe. 

Eust. Desch. Poés. MSS. fol. 536, col. 4. 

VARIA>TES : 
COMPOINT. 

COMPOUZ (est). St Bern. p. 3C8. En latin cumpwujUur. 

Compoix , subst. mnsc. Cadastre. C'est, en 
Languedoc, ce qu'on appelle ailleurs le cadastre, le 
registre des fonds de chaque communauté. (Dict. 
Etym. de Ménage. ) Ce mot se trouve dans la 
déclaration de lOGO , et dans le Régi, de 1G72, pour 
la Génér. de Monlauban, § 2 et 3. 

Componcion, subst. fém. Componction. 

Les lèvres muevre, ne les dens, 
Ne font pas la religion ; 
Mais la bone coDtponcion 

Fabl. MSS. du R. n' 1218, fol. 293. R" col. 2. 

VARtiï^TES : 
COMPONCION. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 293, II" col. 2. 
CoMPUNCTiON. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 533, col. 3. 

Coinpoué, adj. Composé, du latin coviponere. 
Termede blason qui signilie de deuxémaux(i)dilîé- 
rens. (Indice armoriai de Palliol. Voyez aussi le Dict. 
univ. et le Laboureur, Orig. des Arm. p. 'iri'i.) On 
disoit cependant aussi componez de soye, pour 
composés, travaillés en soie. (Petit J. de Saintré, 
p. 289.) On lit capponcs (2) dans le même sens.(lbid. 
p. 240. — Voyez note (a), ibid). 

Comport, subst. 7nasc. Support, faveur*. Port, 
démarche ^ (3). 

* On disoit, au premier sens : « Les auditeurs de 
« Baune feront droit à ung chacun, sans nul com- 
« port. » (Etat des Oflic. d"u duc de Bourg, p. 295. 
— Voyez Emport ci-après.) 

■ Au second sens de port, démarche, on lit : 

Beau corps, beau maintien, 
Beau compoft. 

Comredîl de Soogecr. fol. 172, R". 

Comporte, subst. fém. Sabord. Embrasure de 
canon, dans un vaisseau (4). (Dict. d'Oudin.) 

Comportemeut, subst. masc. Conduite. L'ac- 



Voyez Du Cange, au mot 



lion de se conduire. 
l'ortnmentum.) 

Comporter, verbe. Porter, colporter. On disoil, 
en général : 

Tant {.'avérai hui cmnporté. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 239, V col. 2. 

Dans un sens moins étendu, il sigiiilioit porter 
des marchandises par les rues, pour les vendre. 
C'est notre mot colporter. « Comporte peaulx taintes 
" parla ville de Paris responnemenl (secrètement.) > 
(Ord. T. III, p. 373.) 

VARIANTES : 
COMPORTER. Ord. T. III, p. 184, an. 1357 (5). 
CoNTKEPORTER. Contes de Des Perr. T. I, p. 295. 

Comporteur, subst. masc. Colporteur. « Menuz 
» fenestriers et petiz comvorteurs aval la ville de 
" Paris, ne seront tenuz de riens payer de laditte 
« imposition, se il ne vendent en un jour dix solz 
« de denrée. » (Ord. T. Il, p. 320, an. 1349.) 

VARIANTES : 
COMPORTEUR. Ord. T. 11, p. 420 (G). 
CONTREPORTEUR. Monnet, Nicot, Oudin, Dict. 

Compos, subst. masc. Posture *. Figure ^. 

* On lit, au premier sens de posture : 

Trop raieulz vaudroit celi, par m'ame, 
Estre pèlerins à Saint Jame, 
Qu'en tel compos. 

Froissart, Poi's. WSS. page Hl, col. 1. 

° Au second sens de figure : 

De tous regars, et de divers ompos. 

Froissart, Poés MSS. p. 414, col. 2. 

Composé(le), sufcsi. masc. Termede coutume. 
Celui qui a composé, qui a fait un accommodement 
pour quelque délit. » Compositions en delicls, méri- 
i< tant peine corporelle faicle par le fisciue, sera 
« déclarée injuste, et illicite, et pourra le composé 
« estre recherché, et cliastié, etc.» (Coût, de 
Bouillon, N. Coul. Gén. T. Il, p. 8(51.) 

Composé , part. Imposé par composition *. 
Disposé ^. Compassé '^. 

* On lit, au premier sens : « Fut composé le dit 
'< village à huict corbellieis de jiain. » (.1 .Le Fevre 
de St-Remy, Hist. de Charles VI, p. 86.) " Les autres 
" furent rachetez, et composez à grans sommes de 
« deniers. » (Moiistrelet, vol. I, fol. 199.) 

° La seconde acception, disposé, se remarque dans 
le passage suivant : » Misrent le joyal (joyau) en 
» ung lieu propice assez covi/iosé ou ciiascun le 
« peust voir. » (Percef. vol. IV, fol. 4.) 

^ Coinposé signilie compassé dans cet autre 
passage : <■ Il faut dire que l'eure estoit bien com- 
« posée, car , s'ilz fussent entrez demye heure plus 



(i) Chacune de ces pièces carrées et alternées comme dans un échiquier, est appelé conipon. (n. e.) 

(2) Lisez plutôt copponés comme aux Emaux de de Laborde (p. 222) : « Une escriptoire de cuir coppu,u'(' d'or à flfur do 
lys entaillée. » (xiv siècle.) (n. e.) 

(3) 11 a encore le sens de rapport : « Et mettront à juste pris [les vivresl au proffit commun et selon le comport du pais. ) 
(Ord., IV, p. 298, an. 1354.) (N. E.) 

(4) Il a aussi le sens de basse, cuve de bois pour transporter la vendange (JJ. 197, p. 88, an. l-4l)9) : « Le suppliant print 
incontinent son cheval et le basta, et mist dessus les semales, dittes comportes ou portouoires, et se transporta en la ditte 
vigne. » (N. E.) 

(5) On y lit : « Que nulz ne puisse comporte ne faire comporter euvre de lormerie hors de son hostel. » (n. e.) 

(6) On lit encore au t. IV, p. 82, an. 1295 ; « Comporteurs de ferperie. » (N. E.) 



co 



14 i - 



CO 



« tost, 011 plus t;ii1, ilz esloient perduz. » (Le ,Iouv. 
Mss. p. 380. j 

Coiiiposeï", verbe. Comparer *. Traiter, capi- 
tuler, se racheter ^ (1). 

Ces deux sens apparliennent aa mol latin compn- 
)u've, d'où le mol composer dérive. 

* On trouve comjioser pour comparer, dans le 
passage suivant: « Cydnns en Cilicie, lequel voyant 
• -Mexandrc Macedon tant beau, tant clair, et tant 
■ IVoi't, en cueur d'esté, co))i/ios(i la volupté dr soy 
. ded nis baigner au mal qu'il prevoyoil luy advenir 
« de ce transitoire plaisir. » (Rabelais, T. V, p.^OI.) 

To»(y;os(,'restniis, dans cet autreendroit, pour ca- 
pituler, accorder une capitulation ('i): « Le seigneur 
'• de Gonzague, sans le sceu du dit comte, composa 
" ceux qui esloient pour la part impérialededaus le 
« château du dit Carignan. ■■ (Méni. du Bellay, Ijv. 
VHL loi. 'iôS.) Ile là se composer signilioit venir à 
composition, se racheter. « L'exhortoient soy com- 
« poser, et de l'ait icehiy de Beaufort composa de 
« payer quatre mille escus d'or, afin d'eslre délivré 
■• de'ia prison ou il estoit. « (Mathieu de Coucy, Hist. 
de Charles Vil, p. 731.) « N'avons nul blasme desor- 
« mais de nous composer. » (Froiss. Liv. I, p. 12!>.) 

Compositeur, subst. masc. .\rbitre. > Amiable 
« compositeur, ou appaiseur, si est celuy qui, du 
" consentement des parties, les met en accord. » 
(Bout. Sora. Rur. p. Oyi.) 

Composition, subst. fém. Ce mot subsiste. 
iNous remarquerons seulement les deux expressions 
suivantes : 

1» La grande composition étoit le nom que l'on 
donna « au traité, et accord (3) fait entre Tévesque de 
« Beauvais, et la dite ville, en l'an mil deux cens 
" soixante et seize au mois d'aoust. » (Coût. Gén.T. 
1, p. 347.) 

2" Prendre compositions élo\[ recevoir de l'argent 
des gens qui sont en faute, pour ne pas les pour- 
suivre en justice. (Ord. T. III, p. 256.) (4) 

La c imposition étoit un traité par lequel un 
criminel évitoillapeiuedueà son crime, moyennant 
unesoiiimed'argenl.I'ar l'ancien droit des Gei'mnins, 
tous les crimes, excepté celui de lèse-majesté, étoient 
aboiis |)yi' ie paiement d'une somme d'argent, dont 
les parties convenoient entre elles, et qui étoit 
quelquefois lixée d'olTice par le juge, lorsque les 
parties ne pouvoienl pas s'accorder. (Ord. T. III, 
p. 130.) L'éditeur, dans sa note, ibid. renvoyé au 
Gloss. latin de Du Cange, au mot Componere. 



Coiupositoire, suhst. masc. Comiif^siieur, ou 
compesleur. peut-être petile règle servant a iracer 
des lignes sur le pa[)ier : 

Je compare vos doigts à des composiloiivs, 
Les palmes de vos mains semblent decrotoires. 

Des Ace. Bigarr. fol. 139, V el 140 R'. 

Compossesseiii', subst. masc. Terme de droit, 
nui possède conjointement avec un autre. (Cotgrave 
et Oudin Dict.^ 

Compost, subst. masc. tîecueil, composition *. 

Calcul, almauach °. Engrais'^. 

* Du verbe com|)Oser s'est formé le substantif 
compost, composition, recueil. (Borel, Dicl ) 

^ Du mol comput, calcul chronologique, s'est 
formé le même mot compost , employé autrefois 
pouralmanach. (Oudin, Dicl. )Sur la fin duxv siècle, 
il y avoit un almanach intitulé le drand Compost 
des Bergers. Dans Merlin Cocaie, T. I, p.dO.comiiost 
est mis pour calcul. « Il quille incontinent les règles 
« du compost (5) ; il ne se soucia plus des espècesde 
" nombres, elc. » 

•^ Engraisser les terres, c'est les composer ; de là 
compost s'est employé pour engrais, tels que les 
marnes, les fumiers, etc. Compostum, ddni\e Gloss. 
lai. deDu C inge,est expliqué par un mol anglois (6; 
qui signitie fumier. Dans la Coût, de Norm. en vers, 
Mss. fol. ô3, en parlant des gens occupés de fonc- 
tions viles, on cite ceux qui sont chargés 

De compost mettre hors, et traire, 
ComjMiter terres. 

C'est-à-dire curer les mares, marner et fumeries 
terres. Car c'est à ces expressions de l'ancienne 
coutume que répondent celles du poète : Composter 
les terres étoit les engraisser ; compost étoit tout 
engrais en général, marnes, fumiers, etc. 

On trouve compos dans le même sens : 

De mettre hors des estables 
Les compos. 

Coiit. de Norm. en vers, MS. 

Il est écrit compos, il est évident que c'est le 
pluriel de compost. 

Composte, subst. fém. Ce mot, qui se dit à 

présent des fruits cuits au sucre, signifioit autrefois 

les légumes et fruits assaisonnés, pendant l'été, au 

sel et au vinaigre, qu'on servoit pour salade pendant 

l'hiver suivant. (Des .\cc. Escr. Dijonn. fol. 54.) On 

écrivoil aussi conposte (7). 

Lai bouli, marons et conposte. 

Fabl. MSS. du R. n' 7989, T. II, fol. 240, V col. 9. 



(1) Il signifie encore taxer ; « Le suppliant et .lehan Lolier dirent qu'ilz avoient compose ceUui, sur qui se devait faire ledit 
chaiivari. à .xii solz pour le boire des compaignons, à .un. solz par. pour la chandelle , que les femmes mettent ardent 
limage de N. D. dudit lieu. » J.I. 164, p. 54, an. 1409. (N. E.) 

(2) Il peut être alors réfléchi : « Se tretierent et se coinposerevt au conte Derbi , que il se renderoient. » (Froissart, 
IV. 275.) (N. E.) 

(3) Ce sens est dans Froissart, t. IV, p. 95, p. 243. (n. e.) 

(i) Composition était synonyme d'impôt (Ord., t. VI, p. 480, an. 1380) : « Et que durant le temps dessus dit, ilz soient 
exemps, francs et quittes de toutes compositions, subsides, maletoutes, aides. » (N. E.) 

(5) On trouve aussi compotisl : « Ung frère du suppliant, qui va à l'escolle et alloit estudiant le compoust. » (JJ. '197 , 
p. 278, an. 1472. Un. e.) 

((5) C'est le mot compost. (N. E.) 

(,7) On lit au reg. ,1,1. 171, p. 282, an. 1420 : «Jehan Caillel requis au suppliant que il vousist e&lti à un esbatement.... 
pour gaingnier un craquelin et un tonnelet plain de composte lombarde. » (x. E.) 



co 



— 145 — 



CO 



VARIANTES : 
COMPOSTE. Orth. subsistante. 
CoNPOSTE. Fabl. MSS. du R. n" 7089, fol. 240, V» col. 2. 

Composter , verbe. Engraisser les terres *. 
Mettre en compote ". 

* Sur le premier sens, voyez le mot Compost ci- 
dessus. 

° Sur le second, voyez Oudin, Dict. Fr. Esp. 

Composteur, suhs. ??!flsc. Compositeur. (Oudin 
Dict.) 

Composture, snbst. masc. Procédure (1). Il 
semble que ce soit le sens de ce mot dans les 
vers suivans ; 

dient que la cause est dure. 

Et que, par longue compostxire, 
La fault mener bien sagement. 

Modus el Racio, MS. fol. 215, V'. 

Compounst, fulj. Composé. Il est mis en oppo- 
sition au mol simple, dans ce passage : •• En plusurs 
« maneres purraun homme enserver (asservir) son 
« tenement (sa terre) , si come aucun à graunter 
« (accorder) a autre que rien n'ad (n"a, ne possède), 
« que il eyl lyens (ail ly dedans) droit de pesctier, 
>■ ou de laver (2), ou de carier, et par autres servages 
« que purront estre sauns nombre, solonc ceo (ce 
« que) que ilz sount simples , ou compount% de 
«' autres appartenances. (Brill. Loix d'Angleterre, 
fol. 139.) 

Compréhention, siibst. (cm. L'action de com- 
prendre. Sa signification est mieux expliquée par 
le passage suivant : « Ne peullla compréhension du 
« dit seigneur de Savoye, en titre d'allié, faicte au 
« trailté de Cambray, l'exempter, el faire tenir 
« quille de ce qu'il "me doit. » (Mém. du Bellay. 
Liv. V, fol. 163) 

Comprenant, adj. Etendu. 

Iceste fontaine est de trestout bien eschive, 
Malicieux est, trop comprenant, et soutive ; 
Et se gart bien chascuns n'aprocher pas sa rive. 
Que l'omecide en soi ne s'esprengne, et avive. 
Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 2r.2, V col. 2. 

Comprenanle (niant), adj. Incompréhensible. 
(S' Bernard, Sermons fr. mss. p. 79, dans le latin 

mcumj/rehensibiiis). 

Conlpl'an(il•es,s^(/)S^ ??irt,sf. Etendue. Un idio- 
tisme assez ordinaire dans notre ancienne langue 
étoit d'employer substantivement les infinitifs des 
verbes. On en trouve un exemple dans le passage 
suivant : 

Tout Artois conquist celui Hue, 
Tant comme endure li conprandres, 
Maugré les communes de Flandres. 

G. Guiarl. MS. fol. U", Vv 

VARIANTES : 
COMPRANDRES. G. Guiart, MSS. fol. 218 R°. 
Conprandres. Ibid. fol. -147, V°. 

Coniprendement, subst. masc. Etendue. 
« Pourront ils créer les majeurs, du comprende- 



« 7nent de leurs limites. » (Goût, du Ilaynault, 
Coût. Gén. T. I, p. 797.) 

Comprendre, verbe. Comparer *. Attraper, 
amorcer °. Les autres significations subsistent. 

* Ce mot est employé pour comparer, dans les 
vers suivans : 

Madame set tout bien faire, et aprendre : 
Toute bonté puet on à li comprendre. 

Jeh. de Neuville, Poès. MSS. av. IMO, T. i, p. 315. 

^ Comprendre signifioit aussi attraper, amorcer : 

Fortune ainsy des compaignons s'esbat. 
Qui au délit de la char les comprent, 
Puis les destruit, con la souris le chat. 

Eust. Desch. Poês. MSS. fol. 208, col. î. 

Conjugaison. 
Comprains, part. Compris. (Ord. T. III, p. 428.) 
Comprehendés, part. Compris. (Ten. de Lilll. f° 13.) 
Conipreist, imp. subj. Comprit. 
Coviprins, pari. Compris. (Gloss. de Marot). 
Comprisent, pour comprirent. (S* Bern. Ser. fr.) 

Compresser, verbe. Opprimer, fatiguer. Vovez 
compressare, dans Du Cange. » Le duc compressait 
« les abbayes, el les églises de sa terre, de griefves 
« tailles , contre les royaulx muiumens ( pour 
chasses ou pour défenses). » (Ghron. S' Denis, T. 
Il, fol. 8.) 

Qui a sente en largesse, 
Contre droit ne la compresse. 

Eust. Desch. Pocs. MSS. fol. 174. col. 3. 

Comprimer, verbe. Proclamer *. Opprimer ^. 

* Dans le premier sens de proclamer, on a dit de 
J. Christ : f Lors le commanda Pilate amener devant 
« luy en rendant sentence encontre iuy, le pour- 
« suyvil en telle manière ... ta lignée l'a corn- 
» ;j?"/mee comme roy;pourcejetecondamne,etc. » 

^ Comprimer est employé pour opprimer dans 
ces vers : 

Lors fit, pour imprimer ses malignes practiques 
Sénateurs comprimer, et magistralz anticques. 

Crétin, p. 128. 

Comprins et Compris. [Intercalez Comprins 
et Compris, enceinte ; « Lequel cheval esloit ou 
» compris et circuite d'icelle foire, afin que celui à 
« qui esloil le dit cheval, le peusl sûrement et 
« aisément recouvrer. » (JJ. 168, p. ],-), an. 1114.) 
Comprins est au Gartulaîre de Lagnv, fol. 232, 
an. 1470.] (n.e.) ' 

Compris, adj. Pris. « Le congé compris à la 
« demoiselle, et aux chevaliers. » C'est-à-dire le 
congé pris de la demoiselle, etc. » (Ger. de Nev. 
1" partie, p. 87, note de l'éditeur.) 

Comprobation, subst. fém. Preuve, certificat. 
« Si sont tenus de rendre compte de tous leurs 
« ouvrages, recopie, mises (dépenses), distributions, 
« escrits, ou comprobations de commandement de 
« leur seigneur. » 



(1) Ce mot signifie encore engrais : « Avons baillé à Rikart Heket de Vaucheles à moitai quarente deux journeux de 
terre;... le devant dite terre menée par droite composture. » (Du Cange, II, 502, col. 2, an. 13173 (N- e.) 

(2) Il s'agit là d'un étang ou d'une rivière. (N. E.) 

IV. 19 



co 



— 146 — 



CO 



Conipromettenr,s»V^s<. niasc. Coobligé. L'édi- 
teur (le lioiiteillei' dil qu'au viul iiraticieu qu'il a 
souvent i.ilé, use de ee mol comproiiielleitr, au lieu 
de celui de coohligé. IBoul, Soui. Kur. p. 58-2.) 

Compromettre , verbe. Confiriner, ratifier. 
« Le r'y cmiiiiroinctlra le traitté dessus déclaré, es 
« mains des (lits cardinaux ambassadeurs, pour le 
« tenir l'ernie et stable. « (.(. Chartier, Hist. de 
Charles VII, p. 80.) 

Compromis, adj. Qui a fait un compromis. On 
voit paiiu's cduijn'uinises, pour les parties qui ont 
passé un compromis, dans l'IIist. de Meaux, par D. 
Touss. Duplessis, p. 113, lit. de l'224. 

Compromis, subst. musc. Confirmation, ralifi- 
calion *. Accord , promesse '. Façon ancienne 
d'élire'^. Fiancé ". 

* Rabelais employé ce mol au premier sens de 
confirmation, ratification : 

Tout bon vouloir aura son compromis. 

Rabelais, T. d, p. H. 

Voyez sur cette signification le mot Compromettre 
ci-dessus. 

^Compromis signifie accord, promesse, dans le 
passage suivant : 

Leur tenoit foy, promesse, et compromis. 

Vig. de Charles VII, T. 1, p. 72. 

'^ Le compromis éloit une ancienne façon d'éiire. 
Voyez ce que c'éloit que l'élection d'un maire faite 
par la voix du coniproniis (1), dans des lettres de 
Charles V, de 1373, accordées à la ville d'Angou- 
léme. [Ord. T. V, p. G80.) 

° Enfin on a dit compromis, pour fiancé. En 
parlant du mariage d'Anne de Bretagne avec l'ar- 
chiduc Maximilien, qui avoit été fait par procureur, 
Brantôme dit : « Le roi Charles VIII rompit le 
« mariage qui s'estoit fait entre luy et Marguerite 
« de Flandres, et osta la dile Anne à Maximilien 
« son compromis, et l'espousa. » (Brant. Dames 
lllustr. p. 2.) 

Compromissaire, subsl. masc. Arbitre. Juge 
d'un différend, en vertu d'un compromis. (Oudin, 
Dicl.) 

Comps, subst. masc. plur. Contes. 

.... Qu'il ait tousjours grant alaine 
Pour parler, en multipliant ; 
Et qu'il voist ses comps employant 
De loing, et sanz escliaufeture. 

Eust. Desch. Poès. MSS. fol. 4U. col. 1. 

Comptaljle, subst. masc. Le comptable de 
/?o?Y^'rtH.ï;(2) éloit un officier particulier de celle ville, 
peut élre le receveur des deniers ou du domaine de 
la ville. Voyez le démêlé qu'il eut, au sujet de sa 
ferme, avec le maître de la monnoye, an 1567, dans 



les Mém. de Monlluc, T. Il, p. 245. « Le convoy, 

" com/jtanlie (3), et courtage de Bourdeaux compre- 
■■ noient différens droits ijui n'avoient esté origi- 
« naiiemenl establis , par la ville , que puur 
" subvenir aux dépenses publiques. » (Mém. sur les 
finances donné par le M. de N. pendant la Régence.) 

Comptaige. [Intercalez Comptaige , somme 
perçue par celui (lui a compté les bûches ou estimé 
les arbres : » Ilem les molleurs et compteurs auront 
« droit de comptaige el mollage de toute manière 
« de busche vendue et livrée à Paris h compte et à 
'< molle. .. (.).!. 170, p. 1, an. 1415.)] (n. e.) 

Comptant, adj. Content. (Voyez P. J. deSaintré. 
p. 281.) 

Comptant, pari. Dans cette expression, messe 
en comptant, opposée ;\ messe en note, il paroit que 
comptant est participe de compter, pris ici pour 
conter, narrer. Messe en comptant éloit une messe 
dite sans chanter, de la même voix dont on conte, 
dont on parle, ce que nous nommons une basse 
messe. (Gloss. de l'Hist. de Bret.) On lit, dans les 
Preuves, p. 1310, col. 2, : « Deux messes o note, 
« chacune sepmaine, et une messe en comptant, 
» par chacun jour de la sepmaine. ■> Nous verrons 
ci-après qu'on écrivoil compter pour 6'OH/t'r. 

Comptant, sul)St. masc. Argent non monnoié. 
L'éditeur l"expli<|ue ainsi dans ce passage : » Que 
« les changeurs et marchans puissent, ou doyent 
« porter leur comptant plus aisément. ■■ (Ord". T. 
III, p. 344.) 

Comptantor, subst. masc. On trouve ce mol 
dans du Tillof. (Ilisl. de la fête des foux, p. 125.) 

Compte, subst. masc. et fém. Conte, fable *. 
Conversation ^. Calcul ^. 

* On disoit, dans le premier sens : comptes de la 
quenouille, comptes de la cicoigne. (Bourg. Orig. 
Voc. Vulg. fol. 27 ) Ce mol, pris en ce sens, s'écrit 
aujourd'hui, selon la seconde oithographe; Contes 
de la Cicoigne (4), fables, niaiseries. (Oudin, Cur. fr. 
et Du Verdier, Div. Leçons, p. 358. ) On disoit 
compter des comjites, faiie des contes. 

.... Que ceuls, ou loquence habonde, 

Et qui ont belle théorique. 

Et (le parler bonne pratique, 

En faiz de beaus comptes compter. 

Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 413, col I. 

Il faut entendre quelquefois en ce sens, l'expres- 
sion tenir compte, faire des contes, des railleries ; 
en tenir leur conte partout a celte signification 
dans Strapar. Nuicls, T. II, p. 218. 

Compte, selon celte même acception, entroitdaiis 
diverses expressions triviales et oiseuses, selon le 
compte. (Froissarl, Poës, mss. p. 29.) Or dist le 



(1) Les élections de prélat étaient faites par compromis, lorsque des électeurs, ne pouvant s'accorder, donnaient pouvoir 
à quelques-uns d'entre eux de faire l'élection, (n. e.) 

(2) « Fut ordonné le dit trésorier maire de la cité de Bordeaux ; et pareillement fut aussi ordonné Joachin Rohault 
co>Uafc/e diulit lieu, et en feit le serment en la main du dit chancelier, et le dit maire es mains d'iceux chancellier et 
conlable. » (Monstrelet, t. III, p. 36.) (N. E.) 

(3) La comptabtie était un droit d'octroi perçu à rentrée des villes de Guienne. (N, e.) 

(4) Voyez ce mot. (n. e.) 



co 



— 147 - 



CO 



compte ^Id. ilist. Liv. III, p. {Zio.)Etdistle compte. 
(Lanc. Du Lac, T. ii, fol. 13.) 

° De là, ce mot semble s'être employé pour con- 
versation, entretien. 

le conte 

D'entre les deus bien escoutai. 

Fabl. MSS. du R. n' 7-21S, fol. 352, R- col. 1. 

'^ Compte signilie encore ;ui.jourcrtiui calcul et 
s'écrit selon la première orthographe, dans celte 
acception ; autrefois on écrivoit aussi conte. (Voyez 
Duchéne, Vjéù. de Chastillon, p. CO, tif. de 1-208, et 
Du Gange, au mot Co»(/j«///s.) Ce qu'il y a de plus 
remarquable, c'est qu'on l'employoit au féminin : 
Les dernières comptes ^Cout. deBruss. r^ouv. Coût. 
Gén. T I, p. \m-î.) 

On disoit ca ce sens : 

j° 5a.us conte, pour à l'exès : 

Lonc sa?ir conte, et lé sanz mesure. 

G. Guiart, MSS. fol, 505, Rv 

1" bis. [Au lieu de tenir compte, on disait faire 
compte de: " Li dus de Brabant ne ftst compte de 
« ces menaces. » (Froissart, II, 301.)] (n. e.) 

'2*. 4 compte de testes, pour en comptant les têtes. 
« Par la ditte coustume, si nepveux, ou nièpces, 
« enfans de frères, ou sœurs, venoient à la hoirie 
« de leurs grand père, ou mère, ils succéderont îi 
1 compte de testes, que l'on dit in capita, et non 
« par branches, que l'on dit in stirpes. » (Coût, de 
Lille, Coût Cén. T. I, p 766.) 

2° bis. [A compte Cvoir sous complaige) ou à 
conte, vendre en comptant, sans peser, ni mesurer: 
<■ Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à 
« Paris doit estre venduz à conte. " (Liv. des 
Métiers, '270.)] (n. e.) 

3° Lettres flecom])te, pour écriture telle que celle 
qu'on employoit pour écrire les comptes. On la 
distingue des lettres de forme, des lettres bolon- 
noises et autres. Ces termes sont employés dans 
l'Inventaire des Livres de .Jean, duc de Berri, sous 
Charles VI : « Un romant escrit de lettres de 
« compte{\). » (Voy.Le Laboureur,Hist.deJean, duc 
de Berry, avant l'Hist. de Charles VI, du Moine S' 
Denis, p. 78.) 

4° Les grosses perles de compte étoient vraisem- 
blablement celles que l'on comptoit, et qui ne se 
pesoient point. (Voyez une citation françoise dans 
le Gloss. lat. de Du Cange, au mot capellus (2).) 

5° On a dit aussi : 

Il ne fait conte, ne teneur. 

Blason des Faulces Amours, p. 283. 



C'est- îi- dire il ne sait oii il en est. (Voyez 
Tenecr.) 

6" Avoir conte sa personne , être en danger de la 
vie. « Je serois moult dolent si le chevalier avoit 
conte sa personne. » (Percefor. Vol. VI, fol. 81.) 

7" iYe; faire nombre ne conte d'une chose, signi- 
fioit ne pass'en soucier, dans le sens où nous disons 
ne faire aucun compte. (Ilist. de Fr. ;\ la suite du 
Rom. de Fauvel, fol. 87.) 

8° Faire son compte s'est dit dans le passage 
suivant : 

La dame Jist, Diou garde le conte ; 
Je ne scay s'il a fait son compte 
Contre moy, tantost la saroie : 
Mais vrayement je n'oseroie 
Oster son signet en l'acense 
De ma partie, sans offense. 

Modus et Racio, MSS. fol. IJS, V'. 

A tout bon compte revenir. Ce proverbe est 
originairement un axiome de droit. (Institut. CouL 
de Loysel, T. I, p. 274.) (3) 

VARIANTES : 

COMPTE. Orth. subsistante dans le sens de calcnl. 
Conte. Orth. subsistante dans le sens de "onte, fable. 

Comptéeur , subst. masc. Celui qui est au 
comptoir. (Ord. T. III, p. 524.) C'est ainsi que 
rexpli([ue l'éditeur dans sa note. 

Compteinent, s«/)s;. masc. L'actiondecompter. 
De là, ce mot signifioit dénombrement (Cotgr. et 
Bob. Estienne) ; compte, reddition de compte.' dans 
ce passage : 

Là fu li roy, li duc, li conte. 
Pour escouter lor ronlement. 

Hisl. de Fr. à la suite du Rom. Je Fauvel, fol. 88. 

VARIA.NTES : 
COMPTEMENT. Cotgr. et R. Estienne. 
CoNTEMENT. Hist. de Fr. à la suite de Fauvel, fol. 86. 

Compter, verbe. Conter, raconter *. Estimer, 
évaluer °. Calculer '^ (A). 

* Ce mot est employé dans la première signifi- 
cation, en ce proverbe : Compter des vicnlx jusque 
es nouveaulx, c'est-à-dire en coi'ter de tontes les 
sortes. (Bah. T. I, p. 155.) Dans La Planche, Estât de 
la Fr. sous Fran(;ois !<=', cette expression prover- 
biale signifie dire tout ce qu'on sait. 

^Dans la seconde acception l'on disoil ne 
compter ''i) pour faire peu de cas, compter pour peu 
de chose. (Percef. Vol. Il, fol. 137.) Se compter 
gaires est au même sens, en ce passage: ■■ 11 n'en 
« compte gaires ; mais qu'il ayl le ventre plain. » 
(Chasse de Gast. Phéb. mss. p. 68.) 

*= Nous ne rapportons la troisième acception, qui 



(1) Ne faut-il pas corriger lettre de court, cursive, comme dans un autre passage de cet inventaire (fol. .'i2, v». an. 1416) : 
« Item un livre des trois Maries et de leur sainte lignée, escript en françois, de teUrc de court. » On lit encore au reg. JJ. 
87, p. 274, an. 1457 : « Ung petit livre escript en lettre de court, ouquel sont contenu vigilles, les sept psalmes et plusieurs 
croisons. » (n. e.) 

(2) D'après un compte de 1351 : « Un chappel... ouvré par dessus d'or de Cbippre, de grosses perles de compte... et les 
roses faites et ouvréi^s de grosses perles, toutes de compte. » (N. E.) 

(3) Voyez aussi Leroux de Lincy (II, 230). On ne doit pas craindre de compter une seconde fois , quand on n'a point 
trompé la première, (n. e.) 

(4) Ce verbe signifie encore régler ses comptes (Froissart, II, 46) : '( Si ordonna la dame ses besongnes et fist ses gens 
sages de son dep;irtement, et comptèrent et réglèrent partout. » (n. e.) 

(5) « Si veit que sa philozomte donnoit à congnoistre qu'e//e comptast pou à une telle adventure dont elle se 
complaignoit. » (n. e.) 



GO 



148 



co 



subsiste, que pour citer ce proverbe : » Qui compte 
« sans hoo liosteco??ij:><c doux fois (1. « C'est un an- 
cien axiome de droit. (Voyez Oiidin, Cur. Fr.i 

Deniers eoiuple-::, se disoil pour en argf^nt comp- 
tant. (Du Bûuehet, Gén. de Coligny, p. 58, Tit. 
de 12G8.) (2) 

Conjugaison. 

Cûiic fjouj, ind. prés. Je compte. (Pb. Mouskes.) 
Conteit (sunl), pour sont comptés, sont compris. 

(S' Bernard, Serm. fr. ms. p. 57.) 
ContoiiiDies, ind. prés. Nous contons. (G. Guiart, 

MS. loi. 2i±) 

VARIANTES : 

COMPTER. Orth. subsistante. 

CoMTER. Fabl. MSS. du R. n« 7615, T. I, fol. 119, R" col. 2. 

Conter. Du Bouchet, Gén. de Coligny, p. 58. 

Comptereau, siibst. ma&c. Bordereau. (Cotgr. 
Oudin, Dict.) 

Comptes, suhst. masc. plitr. « Conseil d'Al- 
« plionse comte de Poitou, frère de S' Louis, et pair 
« de France, est appelle parlement, et autrefois 
« comptes. » (Du Tillot, fiecueil des rois de France, 
p. 269.) 

Compteur, suhst. masc. Espèce d'officier *. 
Fin-tncier °. 

* Au premier sens, ce mot désigne un oflicier, 
celui à la cbarge duquel nos anciennes ordonnances 
attribuent des droits surle poisson: ■' Lescompteurs 
« ne pourront avoir, de chacun millier de harans à 
« compter (3), qu'un denier, c'est ;\ scavoir, du ven- 
« deur maille, et de l'acbeteurmaille. » (Ord. T. Il, 
p. 359.) 

^ Au figuré , ce mot s'est dit pour financier, en 
général . 

Par tels compteurs trop eslever 
Subgiez tiennent tous les offices. 

Eusl. Deschamps, Poës. MSS. M. 2i3 (i), col. -k 

Comptez, arfj. plur. Etîectifs. « Les compagnies 
« ne sont du tout complettes... mais j'estime que 
« nous serons cinq mil cinq cens, ou six cens 
« Gascons comptez. « (Mém. de Monlluc, T. I, 
p. 194.) 

Comptoir, subst. masc. Cabinet *. Boite, petit 
coffre ^ (5). 

Ce mot subsiste, sous la première orthographe. 
On écrivoit autrefois comptoiier dans le sens qu'il 



conserve encore aujourd'hui. (Palhelin , Testam. 
p. 112) 

* On disoit comptoir, pour cabinet d'elude. Cette 
acception, hors d usage, se remarque dans la préf. 
du Tri. des 9 Preux, p. 'A. 

° Au second sens, comptoir de chemin est traduit 
en espagnol porta curtas , qu'Oudin interprète 
ailleurs une buëte, ou coffret à porterdes lettres (6). 

VARIANTES : 
COMPTOIR. Orth. subsistante. 
CoMPTOUER. Pathelin, Testam. p. 112. 

Compulsion, si//vsf. fJm. Contrainte, violence. 
On a dit, en ce sen; : « Sans compulsion, et de leur 
. bon gré. » (Ord. T. III, p. G86.) On lit (Ibid) : 
« Contraintes, et compulsions de payer là dilte 
» ayde. >< 

Computation, subst. fém. Terme de coutume. 
« Si iceulx paroissiens acheptent des aignaux, dans 
« ledict temps de l'an nouveau, et susdictecompu- 
<• talion, il seront tenus payer, pour chacun aigneau 
«■ achepté entie les dicts terme, et computation, 
« chascun an, un denier parisis. » (La Thaum. 
Coût, de Berry, p. 247.) 

Computer, verbe. Calculer, combiner. Bran- 
tôme, parlant du cardinal de Trente, dit : « Estoil 
" pour loi's gouverneur de Testât de Milan, pour 
«< l'empereur, ou Ferdinand de Gonzagues ayant 
« mesme charge, cela se peut computer aisément, 
» voulut, avec la justice, connoislre do ce fait, et 
« pour ce les lit condamner à sentencier. » (Brant. 
Cap. Fr. T. II, p. 331.) 

Comte, subst. masc. Comte. Quens [1], dans les 
Loix iNorm. répond au latin Cornes. Nom de dignité. 
(Voyez sur la signilication et l'origine de ce mot le 
P. Honoré de S" Marie, sur la Chevalerie, p. 10. — 
Fauchet, Orig. des Dignités de France, Liv. II, p. 
(;2. — BouUainv. Ess. sur la Nobl. p. 24. — D'Ar- 
gentré, Coût, de Bret. p. 2189.) Sous la première et 
seconde race, le mol de comte ne signifioit que 
juge. C'étoil un officier délégué par le roi dans une 
ville pour y rendre la justice en son nom (8). (Voy. 
Brussel, sur les Fiefs, p. 370 ) 

Les comtes étoient au dessus des barons, suivant 
le passage qui suit : >< J'ay autrefois veu un vieil 
« cahier qui disoit qu'un roy avoit deux patrices, un 
« patrice quatre ducs, le duc qualrefowi/cs, un autre 



(1) Voici comme il est rapporté dans Loysel ^206) : « Qui compte seul, coiiiptc deux fois , comme celui qui compte sans 
son hoste. » (N. E.) 

(2) Compicr avec quelqu'un est avoir affaire à lui (Louis XI, 73= Nouv.) ; « Affermant que s'il l'y trouvoit , il compterait 
avec lui, et le feroit retourner outre son plaisir. » (n. e.) 

(3) Ceux qui comptaient les bûches se nommaient aussi compteurs. (Voir Complaige.) Voyez aussi une charte de Corbie 
de 1431 (Du Gange, II, 505, col. 1). (n. e.) 

(4) On lit encore au fol. 267 : « Qui a le monde ainsi destruit, Et par qui sueffre il tant de maulx ? ,Te le diray, entendez 
tuit: Puisqu'il vint tant de cardinaux, De compteurs, de divers papaux... » (x. E.) 

(5) C'est aussi la chambre des monnaies (Ord., IX, p. 66, an. 1405): « Et pour accomplir l'ordonnance des nionnoyes , 
contenues es lettres dessus transcriptes, il a esté délibéré par le comptouer. » (N. E.) 

(6) C'est aussi un coffre-fort : « Aucuns sipns serviteurs [du chevalier] lui avoient rapporté cfue ilz l'avolent veu [.lehannete] 
furiller et aler outour ledit comjnouoir. » (JJ. 154, p. 126, an. 1398.) (n. e.) 

(7) Cuens correspond à comes, et comte à comitem. (N. E.) 

(8) Le cotiilc ou (/j-uf (grafio) mérovingien est le délégué immédiat de la souveraineté royale et exerce à la fois les trois 
pouvoirs militaire , civil et judiciaire. Sous les faibles successeurs de Charlemagne , il se rendit indépendant et 
inamovible, et le capitulaire de Kiersy sur Oise (877) consacra son usurpation, (n. e.) 



co 



149 — 



CO 



» adjousioit : un comte qiialre barons. » (Faucb. 
Orig'. des Dig. de Fr. Liv. il, p.47il).) On lilplusbas, 
ibid. : ■< Le "coHi^c devoit :ivoir soubs soy dix mar- 
« quis : le marquis dix barons : le baron dix 
« vassaux. » 

Dans les vers suivans, les douze pairs de France 
sont désignés sous le nom de comtes, comme si ce 
mot de comte avoit été synonyme de duc : 

Douze coule, d'autre puissance, 

Que l'en clamoit les pairs Je France, etc. 

Rom. de Hrut. MS. fol. 5, R' col. 1. 

Dans les Cbron. S" Denis, T. I, p. 174, on lit ce 
passage curieux : » Ce n'estoient pas contes qui 
« fussent princes, ne bauix barons qui tenissent 
<■ contés comme héritaiges, mais esloient aussi 
■1 comme baiUifs, qu"on osloil, et meltoit ;i certain 
« temps, et punissoit on de leurs melïaits, quand 
« ils le desservoient (méi itoient). » 

On distinguoit pai'mi les comtes : 

1° Lecijin}ediipalais{'2) G'étoil le grand maître du 
pahiisdu roi, et il rendoil la juslice en son nom. Il 
connuissoit des affaires qui regardoient le roi, ou 
la dignité royale, ou le bien public. Cet office fut 
éteint sous le règne de Hugues Capet. (Voyez Brussel, 
sur les Fiefs, p. 370 , et Laur Gloss. du Dr. fr.) On 
les a quelquefois appelés cnens paies ou quens 
palais. Voyez, sur ces deux expressions, les citations 
deDuCange,au mol Consjialatius. Le roi de Navarre, 
comte de Cbampagne et de Brie, est qualifié cuens 
palatin, dans l'erard, Ilist. de Courg. p. 492, lit. 
de 1258. 

2° Le comte de la chambre du rotj étoil le même 
que le chambrier de France (3), suivant Du Tiiiot, 
dans son Recueil des rois de Fr. p. 410. Cetolliceétoit 
un fief à vie, tenu à foi et bommage de Sa Majesté. 
François 1", en 1527, donnacetle cbarge à Monsieur 
Charles de fi'rance, duc d"Orleaiis, son fils puiné. A 
son décès, arrivé en 1545, elle fut supprimée. (Ord. 
T. l, p. 2%, note (b), sur l'ordon. du 31 août 1872.) 

3" On nominoit comte pela ou comte sauvage du 
i?/(/«- le comte palatin du l!hin(4). (Voyez Du Gange, 
au mot Cornes.) 

4" Comte de Bourgogne. Le pouvoir des officiers 
du parlement de Franclie-Comlé et leur bauleur 
leur firent donner ce litre dans un sens ironique. 
(Voyez Pelisson, Hist. de Louis XIV, T. II, Liv. 0, 
p. 2G3 ) 

Avant de finir cet article, nous remarquerons 
que, dans le Rom. de Rou, jiss. p. 17, Richard, 
premier duc de iNormandie, est appelé quens ou 
comte, et à la page 204, Geoffroi Martel, comte 
d'Anjou, est appelé duc. Ces deux qualités de comte 



et de duc sont pareillement confondues en parlant 
du duc de Bretagne. (Vovez D. Moiice, Hist. de Bref. 
pr. col. I02I, til. de 1270.) Dans l'arlon. de Blois, 
fol. 1G4, il est dit que Séjan fut quens de Rome, et 
que sa comté dura un an. 

VARIANTES : 
COMTE. Orth. subsistante, l'enird, Ilist. de Bourg, p. 482. 
Conte. Perard. Hist. de Boiirt.;. p. .510. 
CoNS. .lurain, Hist. du comté d'Aussonne, p. 23. 
CouNT. Rymer, T. I, p. 13, col. 2, Titre de 1256. 
QuoNS. Courtois d'Artois, MS. de S. G. fol. 83, R» col. 3. 
Cuens. La Thauraass. Coût. d'Orl. p. 465. 
Quens et Quenz. Loix Norm, art. 2 et 17. 
QuiENS. Poës. MSS. av. 1:300, T. 4, p. 1002. 
Quins. Loi.x Norm. art. 17, de l'éd. de Wilkins. 

CUEUX. 

CuNTE. Loix Norm. art. 22 et 41, dans le latin cornes. 
Keux. Lanc. du Lac, T. 111, fol. 137 R«. 
QuEUX. S' Jul. Mesl. Hist. p. 412, etc. 
K.M. Poës. MSS. av. I30(J, T. IV, y. 1363. 

Comté, subst. fém. Ce mot subsiste. C'est un 
titre d'honneur accordé à quelques seigneuries, 
pour les distinguer des autres. « Le commun bruit 
« porle que toute conté doibt avoir du moins 
« (|ualre baionnies soubs soy. » (S' Jul. Mesl. hist. 
page 391.) 

Cela s'accorde mal avec ce que dit Faucbet, sur 
le nombre de ceux qui sont sous le comte. Nous 
avons rapporté le passage à l'article précédent. 

On lit encore, dans les Mesl. bistor. de S. Julien, 
p. 373 : » La seigneurie de Gharny tombée en que- 
« noille, estoit descheule du liltre de conté ; mes- 
« sire Pierre de Beauffremont. sieur du dict lieu, 
« de par sa mère, desiroit recouvrer la dignité 
" ancienne de conte : il obtint le 9 juillet 145G, que 
« Philippe, duc de Bourgogne la luy érigea de nou- 
« veau en conté perpétuelle. Le prince qui veut 
« faire ériger ses Estais en royaume doit avoir 
» quatre duuliez qui se tiennent, bu quatre comte::-, 
« pour chaque duché. ■> (La Salade, fol. 53.) On lit 
au même auteur, f" 54 : « Quiilrû corniez, ou quatre 
« baronnies, pour chaque duché. » 

VARl.VNÏES : 
COMTÉ. Orth. subsistante. 

CoMPTET. Carpentier, Hist. de Cambray, T. 2, p. 28. 
Contée. Ducliesne, Gén. de Chastilloii, p. 56. l'it. de 1246. 
CoNTEi. Duchesne, Gén. de Dnr-le-Duc. p. 32, Til. vers 12i!i. 
Co.NTEY. Baluze, Gén. d'Auvergne, p. 02, Tit. de 1258. 
CoNTOY. Perard, Hist. de Bourg, p. 440, Tit. de 1241. 
CouNTÉ. Loix Xorm. art. 3, dans le Uitiii curniUiius. 
CuNTÉ (La). IJ. Morice, Hist. de Bret. Pr. col. 1002. 
KuNTÉ. D. Morice, Hist. de Bret. col. 1002. 
Conté. Loix Nor. art. 41, en latin rounlalus. 
Contée. Beaumanoir, p. 1. 

Con\lesse, snbst. fém. La coinlesso de Neveis 
est qualifiée noble eontesse, dans le Garlulaire do 



(1) Cette symétrie, imaginée par les feudistes, est démentie par Ihistoire ; le conile de Toulouse n'était pas subordonné 
au duc de Normandie ; la seigneurie de Turenne était \\\\ coudé au ix= siècle que nous ne retrouvons plus au X'. (N. E.) 

(2) Sur les cotntes palatins de France, voyez la X1V° dissertation de Du Cange sur Joinville. (Ed. Henschel, VII, part., II, 
p. 59 à 65.) Les cohiles ^lalalins avaient, sous les deux premières races, une haute jux'idiction sur les officiers de la cour et 
en toute affaire qui inter ssait directement la dignité royale ou l'utililè publique. Les Capétiens les trouvèrent dangereux 
et donnèrent une partie de leurs attributions au sénéchal puis au concierge du palais. (N. E.) 

(3) Voyez ce mot. (N. E.) 

(4) La chron. de Flandre (ch. XV) traduit ici Guillaume le Breton, v. 407 du liv. X: « Et coni'Uon, qiiem Theutonici dixeie 
pi7os;')/i. » Il faut entendre ii(ii(f/>'o/J't;i! et non ii<n(f/(3ra/f'e», i;o((i(f des broussailles, et non à la baib" en broussailles'. 
Voyez encore la chronique de Flandre (p. 34 et 52). (N. E.) 



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150 



co 



Nevers, Vol. î, fol. 50, lit. de ItiW. On nommoit 
M"" de Fiesijue, madame la comtesse loul court. 
(Lelf. de M«" de Sévigné, T. I, p. 149, nii 1671.) 

V.\RIANTES : 
COMTESSE. Orlh. subsistante. 

CoNTEssE. Cartul. MS. de la Ch. des Comptes de Nevers. 
CouNTESSE. Uymer, T. I, p. 45, lit. de 1259. 

Comtinue, subst. fém. Diminutif de comtesse. 
« Les mar(iuises, les manjuisotes, les comtesses, 
« les comtiiines. •• (Biaul. Dam. Gall. T. II, p. '28'2,) 

Comtois, sitbst. virisc. Favin appelle ainsi les 
peuples du eomtat d'Avignon. (Tti d'IIonn. T. I, 
page i55.) 

Coniunc. Ce mot et ie mot commune sont une 
corruption de l'orlhograptie convine, état, condi- 
tion, disposition, en parlant d'une armée. « Il scent 
•' la commune des ennemis, et le lieu ou Ambiorix 
" sesloit retrait. » (Tri. des IX Preux, p. 350.; C'est 
au même sens qu'on lit : « Mon dit seigneur 
« y envoya messire Pierre de Gyac, pour savoir la 
« comune. » (Voyez Convine ci-après.) 

VAIUANTIÎS : 
COMUNE. Preuv. sur \p. meurtre du duc de CoiU'g. p. 288. 
COM.MUNE. Tri des IX Preux, p. 350, col. 1. 

Comune (en), adv. En commun. « Seient 
« départis en comune snkin les chatels. » (Loix 
Norm. art. 38, dans le lalia : dividanlur in com- 
muni secundum catalla.) 

Comveaux. 1! faut peut-être lire com veaux, 
comme veaux, dans ce passage. 

Onques ne vi plus grant ordure 
Que de mangier en ces plateaux, 
De fustaille, ou chascuns comveaux 
A sa barbe, et sa main brouillie. 

Eusl. Desch, Pocs. MSS. fol 3i'i0, col. 1. 

Comviaux, subst. masc. plur. Convoi, chemin, 
route. 

En Aleraaigne yert leur comviaxtx. 

Eust. Deschairips, Po6s. MSS. fol. 265, col. 3. 

Con,;j/'o». Son. Les exemples du c mis pour s 
sont fréquens, dans nos anciens auteurs. Si l'on 
ometloiL d'y mettre une cédille, pour en adoucir le 
son, peut-être faut-il attribuer celte faute à la négli- 
gence des copisles. 

Cnn vis loerent, et son cors. 

Fabl. MSS. ia R. n' 7089, fol, Ofl, R" col. i. 

Con. Qu'on *. Si on ^. 

*Au premier sens ce mot est composé de ce pour 
que, et de la particule on. Il faut lire c'on. Les 
anciens copisles négligeoient souvent de mettre 
l'apostrophe. 

Or nous doinsl Diex luy servir, et amer 
Et la dHHie c'on n'i doit oublier. 

Clians. MSS. Ju comte Thib. p. 4 ; Ibid. p. 95- 

(Voyez Dict. de Borel.) 

°Ci, qu'on é.;rivoit autrefois pour s/ conjonction, 



faisoil élision devant cette même particule. De là, 
con pouv c'on, ci, on, dans ce passage : 

Droiz dit qu'il affiert <'i baron, 
Cùii prent en sa terre un larron. 
Qu'il en face tanlost justice. 

Fabl. MSS. du K. n- 7015, T. 1, fol. 110, V col. l. 

Con. subst. masc. Champ. Mot du patois langue- 
docien, d'où s'est fo mé le motcondamine(l). (Voy. 
Du Gange, au mot Condamina.) 

C d'Angleterre. Proverbe obscène. On le 

trouve à la suite des Poës. mss. avant 1300, T. IV, 
page 16Î3. 

Conadnats, subst. niasc.plur. On disoit o/*/a/s, 
ou condnals, en Bretagne, pour signifier les restes 
des fruits des bénéfices rapportés, par les moines 
bénéliciers, à leur monastèie. (Morice, Hist. de 
Bret. préf. p. 23.) 

Conancie. Il semble que ce soit une faute, pour 
co)H«Hcie, je commence, dans les Fabl. siss. de S. 
G. fol. 61. 

Conards. [Intercalez Couards, société joyeuse 
établie à Evreux et à Rouen; le parlement avait 
donné à ses membres le privilège renouvelé chaque 
année de se masquer seuls en carnaval, et de 
vendre aux antres pareille autorisation. Leur chef 
prenait le tilre d'abbé. (Voir l'Histoire des Conards 
de Rouen, par A Floquet, t. I de la Bibl. de l'Ec. 
des Charles, et Du Gange, I, p. 12, col. 2)] (n. e.) 

Conare, sul)St. masc Terme d'anatomie. Partie 
du corps humain (2). Dans l'anatomie de Carême 
Prenant, on lit : •• Le conare come une veze. » 
(Rab. T. IV, p. 128.) 

Conax, subst. masc. Poisson fabuleux. On lit 
dans le passage suivant, que « c'est ung poisson 
« qui n'est pas trop grand, et converse (habile) au 
« iieuve de Eufrate, et non pas en autre ; et celluy 
' est appelle conax ; si sont ses cosles de telle 
« nature, que, si ung homme en tient une, jh, 
« comme il la tiendra," ne luy souviendra de duéil, 
" ne de joye, fors seulement à la chose qu'il tient; 
« mais inconlinenl qu'il l'aura mise jus (a bas) il 
« repensera comme devant. ■• (Lancelot du Lac, 
T. III, fol. 102.) 

Conbateresse, adjectif au fém. Courageuse, 
aguerrie. 

De Namur aussi revint 

gent fiere, et conbateresse. 

G. Guiarl, MS. fol. ^53, V. 

(Voyez ci-avant Gomdateur.) 

Conbatnre, subst. fém. Courbature. « Un ven- 
" deur de chevaux n'est tenu des vices d'iceux, 
« excepté de morve, poulse, et conbature (3). » (Coût. 
Gén. T. I, p. 157.) 



(1) Ou plutôt de campus domini. (n. e.) , 

(2) C'est la Irlande pineale : « Le conarion est une petite glandule de la mesme substance du cerveau, ronde et oblongue 
en forme d'une pomme de pin. » (Paré, III, 7.) (n. e.) 

(3) Dans Loysel, I, 418, on lit courbature. (N. e.) 



co 



151 



co 



Concaténation, stihst. fém. Encliainement. 
(Voy. Hist de la Tois. dOr, Vol. II, fol. 101, el le 
Dicî. de Colgrave.) 

VARIANTES : 

CONXATENATION, Concathenation. 

Concatené, adjectif. Encliainé. Dans les Epi- 
tlièles de la Porte, on fait, de ce mot, une épillièle 
d'amilié; nuiis son principal usage étoit dans 
Texpiession rime calenée., pour rime encliainée. 
« Coucatence est quand par le premier vers du 
« second couplet est reprins le dernier vers du 
« premier. » iPoëtiq. de Boissière, p. '258. — Vov. 
Art, l'oël. deSibilet, liv. II, p. 14G.) 

VARIANTES : 
CONCATENÉ. Poëliq. de Boissière, p. 258. 
CONCATHENÉ. Epith. de la Porte. 

Concave, subsL )iuisc. Concavité. 

.... Glaucus, li Dieux de la raer, 
Dist que, pour tout faire périr, 
Feroit des concai'ns issir 
Ses mers, et par les champs espandre. 

Eust. Desch. Pues. MSS. fol. 460, col. 2 (1). 

Concave, acij. Creux. On disoit : ■• Les yeux 
» clairs, concave%, et enfoncez. » (Budé, des Ois.) 

Concéder, verbe. Accorder. (Voy. Glossaire de 
Marot.) 

Conceiller, vei'be. Conseiller. 

Et se l'omme est ancien 
Voist cnnceiller. 

Eust. Desch. Pois. JlifS. fol. 217, col. 2. 

C"est-à-dii e qu'il se réduise à conseiller. On disoit 
aussi se contioi lier, pour se résoudre, prendre ua 
parti. 

Nus ne s'en set consoiller. 

Robins du Cbaslel, Poës. MSS. av. 1300, T. I, p. 55. 

(Voyez ci-après Conseiller.) 

VARIANTES : 
CONCEILLER. Eust. Desch. Poës. MSS. foL 217, col. 1 et 2. 
Consoiller. Robins dou Chastel, Poës. MSS. avant 1300, 
T. I, page 5.5. 

Concel (a), express, udv. En secret. 

Ne parlez devant la gent. 
Mais à concel privéenient. 

Fabl. MSS. du R. n' 7615, T. 11, fol. 135, V- col. 1. 

(Voyez ci-dessus Concelément.) 
Concélébrable, adj. Digne cl"être célébré. 

Le jour de sa nativité 

Te doit estre covcéicbrahle. 

Eust. Desch. PoSs. MSS. fol. 500, cul. 3. 

Concelément, s«/>s/. musc. L'action de celer, 
de caclier. Voyez Du Gange, ;:u mo\,Concelatio[;2„ où 
nous lisons conceleinenl d'espavea, en ce sens : 
« Si le coroner de la première enquête eyt suspe- 
« cion (ait soupçon, pour soit suspect, soupçonné) 



» de concelément de la vérité, etc. » ;Britton, Loix 
d'Anglet.fol. 4.) 

Concelément, adv. En secret, en cichette. 
Furlivemeiil. " Par cliete voie, ont pliiriex sers 
» acquis IVaucbises qui concelément (S) s'en aloient 
" de desous leurs seigneurs, manoir en tiex liex. » 
(Beaumanoir, p. 258.) 

Con.celei%verbe [i). Celer, receler, cacher, sous- 
traire. (Voyez Du Gange, au mot Concclatio.) » S'il 
« n'est trouvé (|ii'il ayt concelé aucune chose de la 
« ditte succession. » (CoiU. Je Norm. Coût. Gén. T. 
I, p. 1008.) 

VAHIANIES : 

CONGELER. Coût. Gén. T. I, p. 1008. 
(;oNCHELER. Beaumanoir, p. 17. 

Concepcion, subst. fém. Intention, dessein. 
« Gonvienl arester leur maie concepcion, et vou- 
« lente. » (Ord. T. III, p. 3'i7.) 

Concept , subst. masc. Conception *. Idée, 
dessein ^. Collection '^. Contenu °. 

* Ce mot offre le premier sens, dans un chant 
royal sur la conception Noslre Dame : 

.... Dès l'instant de sa prime facture, 
Elle a esté sans quelque tache infâme. 
Pure en concept, oultre loy de nature. 

J, Marol. p. 219. 

^ Concept signifie plus communément idée, des- 
sein, projet, enireprise. 

.... Pense qu'autant de testes, 

Et de bras, et de mains, viennent pour tes conquestes. 

En nombre redoublez, de dessin, en dessin, 

Pour mettre tes cnncepis fiilelement à fin. 

Poes. d'Amad. Jamin, fol. 27 V". 

^ Ce même mot est pris, beaucoup plus rarement, 
pour collection, dans le passage suivant, où l'on 
dit des chartes et coulumes de Ilainault : « A esté 
« trouvé bon d'amplierles dites chartes, et d'ieelles 
«estrefail un recueil, etco/ic^'p/. >■ 'Coût, dellainault, 
Nouv. Coût. Gén. T. Il, p. 41.) 

° Voici une acception du mo\. concept, aussi peu 
fréquente que la précédenle : concept de la concorde, 
signifie les articles, le contenu d'un traité de paix, 
dans Brant Cap. Estr. T. I, p. 215. 

Concepvoir, verbe[7>). Concevoir*. Voir, aper- 
cevoir ^. 

* Le premier sens est proprement celui qui 
subsiste ; car il est aisé de reconiioilre noire mot 
concevoir dans l'orlhograpbe concepvoir, où l'on a 
conservé le /; du mot latin cohcZ/jc/'c, .1. Marot, p. 
134, emploie concepvoir en ce sens. 

^ La seconde acception est celle de notre mot 
apercevoir. On la trouve dans le passage suivant : 
<' Merveilles fut à veoir les prouesses du chevalier, 
« qui toutes les eust peu concepvoir ; mais la fumée 



(1) On lit aussi dans son Art de ditlier, p. 263 : « La profondeur des puis et des concaves de la terre. » (n e.) 

(2) Sous Conceilum. (N. E.) 

(3) Ailleurs Beaumanoir écrit (ch. XX) :« Mes se je tieng l'iretage par mauvaize cause, si comme par forche, ou par 
nouvele dessaizine, ou par toute, ou concheléement. » (n. e.) 

(4) « Les diz gardes seront tenuz apporter par escript... toutes les amendes,... sanz en concheler aucun. » (Ord., VlII. 
p. 343, an. 1399.) (n. e.) 

(5) Concepvoir n'est qu'une variante orthographique de concevoir et ne devait pas former un article séparé, (n. e.) 



GO 



452 



CO 



« en esloit tant grande, et la poulsiere que l'en ne 
" povoil, etc. » (fcrcef. vol. VI, fol. 40.) Voyez ci- 
dessous les acceptions particulières de concevoir 
et rorlhograplie conchever. 

Conjugaison. 
Conseil, part. Conçu, coiupiisen parlant de lettres 
vidimées; nous les avons « diligaument regardées, 
a et couscues. » (Ord. T. I, p. 379.) 

Concerner, verbe. Convenir. Terme relatifqni 
subsise pour exprimer des rapports d'intérêts et 
d'utilité. Autrefois il signilioit aussi ceux de décence. 
« Moult luy blasma ses grandes folies, disant que 
■' jonesses ne concernoienlen (]uelconque manière 
« le noble lieu dont il estoitvenu. •> (Tri. des IX 
Preux, fol. 498.) 

Concert , siibst. masc. Conférence. « Nous 
« avons, depuis trente, ou quarante ans, emprunté 
« plusieurs mots d'Italie, comme contraste, pour 
« contention , concert pour conférence. » (Pasq. 
Rech. p. 062.) 

Concevement , subst. masc. Conception *. 
Dessein, projet ^. 

* On remarque le premier sens, dans les passages 
qui suivent. On a dit en parlant de la S" Vierge: 

Vierge fu en l'enfantement, 
Sy fu elle au cnncevemeitt (1). 

Hist. des Trois Maries, en vers, MS. p. 88. 

Du merveilleux conçûement 
Sentis le doulx ongrossenient. 

Les 1.5 Alle^.de la Vierge, MS. 

^ Ce mot signifie dessein , projet, dans ces vers : 

.... Par son fait apartemînt, 
Moustre son niau concevement . 

Geoffr. de Paris, à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 53. 

VARIANTES : 
CONCEVEMENT. Geof. de Paris, à la s. duR. de Fauv. fol. 53. 

CoNGiVEMENT. S' Bem. Serm. MSS. p. 86. en \aXconceplus. 
Conçûement. Les "15 AUegr. de la Vierge, MS. 

Concenlx, subst. masc. Conjurés. Il semble que 
ce soit le sens de ce mot, dans un livre qui a pour 
titre : « Conjuration de Catilina, et aucuns des 
« conceulx (2) de .Iules César, en prose. » (Inveut, de 
Ch. V, art. 175.) 

Concevoir, verbe. Exprimer *. Projeter, avoir 
des desseins °. Concevoir '^ (3). 

* Dans la première acception, on disoit : concevoir 
les contrats à escus sols, exprimer, évaluer en 
écus sols, la somme mentionnée dans le contrat. 
(Voyez Remontr. de la cour des monnoyes à Henry 
III, rapportées par Le Blanc, sur les monnoyes, p. 
348.) Il ne nous reste de ce verbe, pris en ce sens, 
que le participe conçu. Ainsi, on dit encore clause 
conçue en tels termes. (Voyez ci-dessus concepvoir 
et conchever ci-après.) 

^ L'expression concevoir un dessein est encore 



usitée ; mais on ne diroit plus concevoir dans un 
sens absolu, pour projeter, avoir des desseins. Pris 
en mauvaise part , ce mot signifioi! conspirer. 
•' Quant Lucifer connit contre Adam, il envoya un 
« deable en l'air, pour tempter Eve. » (Modus et 
Racio, MS. fol. 804 ) Eu bonne part, on disoit choses 
bien conceutes. (Tri. des IX Preux, p. 390.) 

'^ Nous ne citons la troisième acception, qui 
suiïsiste avec la même orthographe , que pour 
remarquer (juelques motsde l'ancienne conjugaison 
de ce verbe, tous employés, à la réserve d'un seul, 
selon celte signification. 

CONJUGAISON : 

Conceiite, pari. fém. Conçue, projetée. (Tri. des 

IX Preux, p. 390.) 
Conceit, pour produit. (Marbodus, col. 1GC8.) 
Conciverat, concevra. (S. Bern. Ser. fr. p. 14.) 
Conçue, pour conceue. (Marb. col. 1674.) 
Cunçuvent, pour conçoivent, engendrent. (Marb. 

col. 1074.) 
Con%oivet. (S. Bern. Serm. fr. mss. p. 178, dans le 

lytin concipiet.) 
ConZ'Uit, pour conceut. (S. Bern. Serm. fr. mss. 

p. 237, dans le latin concejnt.) 
Conciute, part. fém. Conçue. 

En Egypte, assés priés de là, 
Fu la maison, et moult dura, 
U la douce sainte Marie 
Fu conciute, née, et norie. 

Ph. Mouskes, MS. p. 272. 

Conciéx, part, conçu. (M* Guillaume, Poës. mss. 
du Vat. n° 1490, fol. 12.) 
Conclu, prêter. Je conçus. 

.... Tant m'ala souvent baisant, 
moy se couclia, si concui ; 
Oncques homme plus ne connui. 

Rora. de Brut, MS. fol. 57, V- col 1. 

Concupt, partie. Conçu. (Eust. Desch. Poës. mss. 
fol. 317, col. 1.) 

Concevoir, subst. masc. Pensée, conception. 
(Voyez Gloss. de Marot.) 

Conceuz, sm&s^ masc. plitr. Paroles, expres- 
sions. Cette acceplion est analogue à celle du verbe 
concevoir que nous venons d'exposer. « Volentiers 
» eut parlé ; mais amours est de telle nature qu'elle 
« ouvre les pensées des amans, et enclosl, et 
enserre les conceuz. » (Percef. vol. V, fol. 52.) 

Conchambrier, subst. masc. camarade de 
chambrée. (Dict. d'Oudin et de Cotgr.) 

Concile , subst. fém. Coquille , poisson à 
coquille*. Ajustement, habillement °. 

* Le premier sens est celui du latin concha, dont 
le mot couche dérive, lorsqu'il a cette signification. 
(Voyez Oudin, Nicot et Strapar. T. 1, p. 176.) Les 



(1) On lit de même dans la Chr. des ducs de Normandie (v. 24061) : « Plus virge après l'enfantement Que d'avant 
concevement. » (n. e.) 

(2) Ne faut-il pas lire comments pour cotmnetitaires ? (n. e.) 

(3) Il signifie encore 1» gagner une maladie ;« Par les fièvres qu'ils coucepuoie»! « tous les jours. » (Froissart , XI, 306.) 
2° Froissart en fait aussi un synonyme d'apprendre, de connaître: « Quant ot bien concei'i et entendu les paroles de 
l'arcevesque. » (II, 97.) (n. e.) 



co 



153 — 



CO 



l.yonnois appeUent un bassin couche (1). Us disent 
conche d'évier, pour bassin d'évier. Les bassins 
repre'sentent, par leur forme, des espèces de 
coquilles. Ronsard, cité par Nicot, a appelé les 
trompettes ou clairon, des couches fortes. Il y a un 
coquillage que nous nommons encore trompette. 
L'ancien mot conche, pris en ce sens, se reconnoit 
encore dans notre mot conque. (Voyez ce mot 
ci-dessous.) 

° Lorsqu'il signifie ajustement, il vient de l'italien 
acconcio, suivant Pasq. Rech. p. 6G2 , et en remon- 
tant plus haut, du latin concinnus. Voyez aussi le 
Dicl. Etyni. de Ménage. Ce mot, nouveau du temps 
de Pasquier, a déjà vieilli. Il ne servoil guères que 
dans ces expressions , en bonne conche, mal en 
conche, et semblables. « L'hôtesse le voyant (Philo- 
'> pemene) si laid, et mal en conche \2), présuma que 
>> ce fut quelqu'un des gens du capitaine qui eut 
« été là envoyé devant, si lui fit fendre bragarde- 
" ment du bois. » (Contes de Cliol. fol. 44G.) « Male- 
» chair qui voyoit ce prince en bonne conche, ayant 
<• une grosse chaîne d'or pendue au col, conclud, 
» en son ame homicide, le tuer. » (Xuicts de Strap. 
T. II, p. 210. — Contes de Chol. fol. 51. —Voyez 
AccoNcnÉ ci-dessus.) 

Conchette, subst. fém. Diminutif de conche. 
Petit poisson ù coquille. « Conches et conclieites; 
" sèches et sechettes ; masielles et mastellettes ; 
'« car pierre est chargée de poisson.» (Xuictsde Strap. 
T. I, p. 176.) 

Concheus, adj. En forme de co(iuille. Mot forgé 
par La Porte, et qu'il a tiré du mot conche, pris 
pour coquille. 

Conchever, verbe. Concevoir. (Dicl. de Corel, 
1'" add. — Voyez Concevoir et Co.ncepvoir.) 

Concliiement, subst. masc. Ordure *. Avilis- 
sement ^. Trahison, injustice ^. 

* Le premier sens est le sens propre. « Il doivent 
« faire biaus deniers et nez (nels), sans nul charge, 
» et sans nul C0H('/iieme;U(3),etnemettrontsuif,ne 
" ointure es deniers, ne nulle poudre, ne autre 
« ccr.jhiement fors ce que le mestre leur baudra, 
•< pieur, ne meilleur. » (Ord. T. I, p. 805, art. 19, 
an. 1327.) 

^ Au ligure, on employoit conchiement pour 
déshonneur, avilissement. On lit, en parlant des 
femmes légères : 

A tel feme doit baer 
Uns cunchieres de gent, 
Ki, por son ciinchiement. 
Le saice a son droit mener. 

Simon d'Aulie, Fous. MSS. av. 1300, T. l\. p. 1179. 



•^ La trahison déshonore son auteur; de là on a 
A\\, conchiement pour injustice, trahison. 

Tricherie, et cunchiemenz, 
Portent en haute cort bannière. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218. fol. 127, R- col. 2. 

On lit, en parlant des gens de justice : 

Les bones gens qu'ils ont traï vilainement, 
Li barat qu'il ont fet, et li conchiement 
Tesmoigneront contr'aus. 

Fabl MSS. du R. n- 761.'., T. II, fol. 141, V col. 1. 

(Voyez ci-après Cunchiure.) 

VARIANTES : 
CONCHIEMENT. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 141. 
CUNCHIEMENT. Poës. MSS. Ev. 1300, T. III, p. 1179. 

Concilier, verhe. Salir, souiller*. Déshonorer, 
diffamer^. Trahir*^. (Voyez Du Cange, aux mots 
Concagatus et Incopriare, du grec xingoç, stercns. 
Dictionn. de Cotgrave etBoiel, 1'" add.) Ce mol, qui 
subsiste encore sous cette orthographe, dans le 
style très bas, signifie proprement chier, faire ses 
ordures. On dit du Renard, que : « le desrenier 
« remède qu'il a, se il est en plain pays, il conchie 
« voulentiers ses lévriers, afin qu'ils le laissent 
« pour la pueur. « (Chasse de Gast. Ph. ms. p. 77.) 

* De là, ce mot s'employoit dans le premier sens 
pour salir, souiller, dans une signification très 
étendue. Guillaume-!e-Bàtard maltraite la fille du 
comte de Flandres parce qu'elle a refusé de 
l'épouser. 

Et de ses hueses (bottes) emboées (crottées) 
Qui grandes esloient et lées, 
Et del tai (tache, boue) d'ivier (hiver) cunchiées, 
Le défoula plus de .vu. liés (fois). 

Ph. Mouskes, MS. p. «1. 

Conchiées est ici pour sales, pleines de boues. 
C'est le participe du verbe conchier. « Les saints 
'< lieux de Jérusalem estoient conchiés et dégastés 
« de Sarrazins. » (Chron. Fr. ms. de Nangis, sous 
l'an 1090.) Conchiés signifie souillés. 

^ Conchier, au figuré , signifioit déshonorer , 
diffamer. 

Cil a periUeux esquot 

Vait, qui croit famé qui le cunchie. 

Poës. MSS. Vatican, n- 1522, fol. 170, R' col. 1. 

De là, on a dit : ne fumie concilié, pour fut traité 
honorablement. En parlant des braves gens tués à 
Roncevaux, Ph. Mouskes dit : 

Rollant et si compagnon... 

Ne turent mie chuncluié ; 
Ains furent mis, et couçié 
En paradis, avec les sains. 

Ph. Mouskes, MS. p. 212. 

^ L'idée de déshonneur attachée à la trahison, 
avoit fait employer coHC/(/'er pour trahir, tromper 
vilainement. » Comme malicieux, etlraitre s'entre- 
« mettoit aucune chose procurer par quoy, il les 



(1) C'est aussi le second réservoir d'un marais salant : « Et ayant fait une écluse au dit jard, ils ont fait au bout d'iceluy 
d'autres grands réceptacles, qu'ils ont nommé conches. » (Bern. Palissy, 252.) Le mot a même le sens plus étendu de golfe : 
« Le tout mit pied à terre près Zerbi en une couche nommée Rochelle, où les galères ont accoustumé de faire aigade. » 
(D'Aubigné, Hist., 1, 116.) Le mot subsiste comme nom de lieu dans les Basses-Alpes, l'Eure, la Vendée, Seine-et-Marne ; 
rorigine en peut être un repli du sol ou un terrain coquiUier. (N. E.) 

(2) Ne faut-il pas lire enrjunché au sens de engoncé : « Philopœmen ressemble à une porte mal posée sur ses gonds. » (N. E.) 

(3) C'est plutôt l'altération par le mélange : « Se il avoient aucune presumplion de fraude ne conchiemenz contre lesdiz 
muniers, que il pourroient iceus arrester en leur terre. » (Cart. de S« Magloire, p. 195, an. 1320.) (n. e.) 

IV. 20 



co 



— 154 — 



CO 



« pusl décevoir, el concilier. » (Chron. fr. >is. de 
Nangis, an li>38, p. 2.) On a dil, dans le même sens, 
en pai lanl des tninenrs : « Où ils esloient conciliés 
« el deceus, se le pourroil-il rapeler, (luant il est 
« en aage- " (lîeaumanoir, p. 92.)Un de nos anciens 
poêles dil en ce sens : 

On doit sienner (cliastrer) 

Li traitour qui sa dame cutichie ; 
Trop est amours en lui mal emploie. 

l'ocs, MSS. Val. Il- U90, fol. 159, Rv 

Nous lisons, dans la même significalion : 

Tels flisl par devant, je vous aim. 
Qui point (pique\ et cunchie derrière. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 138, V col. 2. 

On disoit : 

1° Concilier de peur, ûans un sens (iguré, pour 
répandre l'ahirine. « D'une démesurée paour con- 
« cliiassenf Normandie leur naturel pais. « (Chron. 
S. Denis, T. 1, fol. 'iâO.) 

Celle même expression, dans le sens propre, 
signilioit cliier de peur. Branlôme, après avoir 
parlé du chevalier d'Ymbercourl, homme valeu- 
reux, qui cependanl n'alloil jamais au combal qu'il 
n'eut satisfait à des besoins naturels, ajoute: « qu'il 
« seroil faux de dii'e que le proverbe eut lieu à 
« l'endroit de M. d'Ymbercourl en ce fait, qui dit, il 
<■ se co«c/uc de peur. » (Brant. Cap. Fr. T. I, p. 108.) 

2" Le concilié, ou le cnchiel du bâton. Expression 
employée pour un amant rebuté de sa dame. 

Helas j'ay à bonne estreinne 
te concilié chi basion, 
Quant je vous di abandon 
De mon cuer, etc. 

AJans li Bocus, Poès. MSS. av 1^00. T. IV, p. 1414. 

On lil le cuchiet du bâton (1), dans la même pièce 
répétée. (Poës. mss. du Val. n" 1490, fol. 50.) 

3" On trouve ordoier, concilier de obseque, eu 
explication du mot latin funestare, à l'article 
funere inquinare dans le Gloss. lat. fr. de S. G. 
cité par Du Cange, au mot Funestare (2). 

On disoit en proverbe : 

Teus cuide cmicliier autrui, 
Qui tout avant cuncltii^ lui. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 118, R- col. 2. 

Voyez un autre proverbe ci-après au mot congié 
qu'il faut lire conclue. 

VARIANTES : 
CONCHIER. Villon, p. 74. Cortois d'Artois, MS. de S. G. p. 84. 
CoNCHiiER. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 117, V col. 2. 
CoucHiER. Bi'aumanoir, p. 92. 

CuNcniiEB. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 119, U» col. 2. 
CUNCHIER. Poës. MSS. Vat. n» 1,522, fol. 152, R" col. 2. 
CuNCLER. Ph. Mouskes, MS. p. 501. 
CUNKIER. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 154 V°. 
CuNQiER. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 178 V». 

COINCHIER, ChUNCIIIER, CUCHIKR. 

QuENCHiER. Villehardouhin, p. 21. 
Chunchiier. Ph. Mouskes, MSS. p. 242. 



Conchierre, subst. masc. Poltron. Il semble 
que ce mot soil plulôl mis pour infâme, dans le 
passage donl Boiel et Corneille se servent pour 
apîiiiyer leur explication. D'ailleurs, nous trou- 
vons, en parlant des femmes légères, l'expression 
cuncliierrcs de yent, c'est-à-dire qui diffame, qui 
déshonore, dans un passage déjà cité sous le mot 
concliiement. 

.\ tel feme doit béer (prétendre) 

Uns conchicres de ga^it, 

Ki, par son cuiichieraent (déshonneur), 

La saice (sache) à son droit mener. 

Simon d'Alliies, Poos. MSS. avant 1300, T. III, p. 1179 il);. 

VARIANTES : 
CONCHIERRE. Borel et Corneille, Dict. 
Cunchierres. SInion d'Autié, Poës. MSS. avant 130O, 
T. m, page 1179. 

Conchieus, adj. Sale, couvert d'ordures. En 
latin fedostis, selon le Gloss. du P. Labbe, p. 501. 

Concierfje, subst. mmc. Garde, gardien*. 
Garde-forêls^ Titre d'office =. 

* Borel dérive ce mol du latin conservare. Du 
Gange, de conservus (4). Ce mot désigne encore au- 
jourd'hui, dans le sens propre, le gardien d'un 
château ou d'une maison de grand seigneur; mais 
on ne diroil plus au figuré : 

Adieu péché, plus ne seras concienje 
Dedens rnon cœur. 

Les Mar^. de la Marg. fol. 123, V". 

Financiers notables, 
Sont fermes, estables. 
Gracieux, traictables, 
D'honneur les concierges. 

Grelin, p. 171. 

^ On a étendu la signification propre de con- 
cierge, gardien d'un château, à celle de garde-forêts. 
C'est en ce sens qu'on lit : « Au concierge, et garde 
« de la dite forest de Poucourt, concierge de forest 
« de Poucourt. » (La Thaum., Coût. deBerri, p.410.) 

'^ Le palais de nos rois avoit un concierge; c'éloit 
un litre d'office. Quand le palais fut abandonné au 
Parlement pour y administrer la justice, il y resta 
toujours un concierge ; mais sans aucune juridic- 
tion, non plus qu'il n'en avoit eu auparavant. Il 
s'en forma une par la suite, et fut appelé, depuis 
Charles VI, bailli du palais. « Messire Arnaut de 
« Corbie, premier président au Parlement de Paris, 
« estoit garde et concierge de ce grand palais (5), l'an 
« d385. Madame Isabeau de "Bavière , reine de 
« France, femme du roy Charles VI, en l'an 1412. 
« Domina Isabellis regina Francia? ordinata con- 
« ciergeriu seu cuslos Paiatii Regalis, 25 février 
« 1412. " (Miraulinont. desCourssouv. p. 295.) 

VARIANTES : 
CONCIERGE. Orth. subsistante. 
Consierge. Oudin, Dict. 



(1) La barre d'abréviation n'aura point été vue sur le u. (N. e.) 

(2j Je crois qu'il faut lire ordoncr couchiev (coucher) de obseque. (N. E.) 

(3) P. 1.Î8, dans Laborde. (N. E.) 

(4) Ou plutôt conserviiis ; cnnsen/ius est au cartulaire de S' Cloud, an. ItOO. (N. E.> 

(5) Ce concierge avait la moyenne et basse juridiction dans l'enclos du palais et le faubourg S' .lacques, qui comprenait le 
fief de S' André. Il reçut le titre de bailli en 1348 ; en 1358, le régent Ch.irles de Noimandie lui donna la connaissance de 
tous les délits commis au palais, des procès nés des contrats qui y étaient passés. Cette fonction fut supprimée en 141(! 
après avoir été moditiée, puisqu'elle fut remphe par Isabeau de liavière, qui gardait ainsi le corps et la personne du roi. (n. e.) 



co 



- 155 



CO 



Conciergerie, siibst.fchn. Office de concierge. 
La charge et la demeure d'un concierge dans un 
cliàleau. On lit, en ce sens: « Es cliastelleries, et 
« conciergeries que nous avons bailliées à vie, et à 
« voienté, nous avons domages, en ce que li clias- 
« telain, et concierge establis en plusieurs lieux, 
« où il n'est pas grand meslier d'avoir chastelain, 
« ne conciera:e, prennent grans gages de nous. » 
(Ord. T. I, p. 470.) 

Concile, subst. masc. Assemblée ecclésiastique, 
ses députés*. Assemblée générale de la nation ^. 
Assemblée en général'^. Avis, conseil °. 

* Ce mot subsiste , sous cette orlliographe, et 
désigne une assemblée de prélats et de docteurs 
pour régler les atïaires de la religion. On a employé 
quelquefois ce mot, pour dé.signer les députés de 
ces assemblées. En parlant des députés du concile 
de Pise, qui accompagnèrent à Acre le prince 
Hugues, on se sert de cette expression, dans les 
Assis, de Jérus. page 205. « Le légat, le maislre dou 
«1 temple, le concile de Pise, et le baill de Venise. » 

^ Fauchet dit, en parlant des plaids généraux 
(Etats généraux de la nation), qu'ils furent" appelés 
« conciles, parce que les évoques, et abbez s'y trou- 
« voient, et que les faicts des ecclésiastiques, et les 
« faicts de religion s'y traicloient premièrement. » 
(Orig. des Dign. de Er. liv. H, p. 43.; On lit dans le 
Journ. de Paris sous Charles VI et VII, page 152 : 
« Fut faille à Auxerre ung concilie pour traiter de 
« la paix, et plusieurs seigneurs y furent, etc. » (1) 

'^De lii, ce mot s'est employé pour assemblée en 
général : 

Ceux de la ville 

Qui, sur ce, ont tenu leur consille. 

Eust. Desch. Poi-s. MSS. fol. 410, col. 1. 

C'est-à-dire leur conseil. Nous disons encore 
tenir conseil, et c'est dans ce sens qu'on lit, en 
parlant du roi : 

Ainsi a tenu son concilie, 

Et commandé à elz (eux) deffendre, 

Et qu'à nului ne se veillent rendre. 

Hist. de Fr. à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 72. 

Mais dans l'acception générique d'assemblée, ce 
mot s'appliquoit à toutes sortes de personnes 
réunies ensemble ou pour raisonner sur quelque 
affaire, stir une nouvelle, comme en ce passage : 

Tost sont les nouveles seues (sceues), 
A S' Orner, par les charieres (charrois) 
De l'ost (armée) qui vient, et des banieres : 
Partout en tiennent grant concile 

G. Guiarl, MS. fol. 261, R". 

OU simplement pour converser. C'est en ce sens 
qu'on trouve ce mot, pour assemblée de demoisel- 
les, dans Percefor. Vol. II, fol. 45. De là, l'expres- 
sion tenir concilie à quelqu'un, pour converser 
avec lui, l'entretenir. 

Si tient à son ami concilie 
Toute la nuit, dusques (jusqu'au jour) au jor. 
Fabl. MSS. du R. a' 7218, fol. 16-t, R« col. 1. 



On disoit même concile, pour assemblée d'oi- 
seaux, d'animaux. ^Percef. Vol. III, fol. 80.) 

° Enfin concile, mis pour avis, conseil, paroît 
venir du latin consilium, pris en ce même sens. 

Comment il se furent portez, 
Par leur très venimeus concile. 

G. Guiart, MS. fol. 2lfl. V*. 

Remarquons cette expression. Guiart dit, en par- 
lant d'une affaire dont le succès devoit coûter peu 
de peines : 

N'est pas merveille s'il l'otroient, 
Sanz tenir en trop lonc concile. 

G. Guiarl. MS. fol. 258, R*. 

On a dit proverbialement : Concilie d'apostoille 
parmi les Prov. à la suite des Poës. mss. av. 1300, 
T. IV, p. 1051. 

VARIANTES : 

CONCILE. Ortli. subsistante. 

Coxcii.LE. .lourn. de Paris, sous Charles VI et VII, p. 152. 

CoNsiLE. Eust. Desch. Poës. MS'^. fol. 405, col. 3. 

Consille. Id. Ibid. fol. 410, col. 1. 

CONCIRE. Rom. de Rou, MS. p. 123 (2). 

Conciliateur, siibsf. masc. On a donné ce sur- 
nom à Pierre de Abano, ou Pierre d'Apone, l'un 
des plus célèbres philosophes et médecins du xni' 
siècle, et à Nicolas-Florentin, médecin. {Nef des 
Dames, fol. 48. — Voyez sur Pierre d'Apone, le 
Dict. de Baile.) Le nom de conciUatenr lui fut attri- 
bué, à cause de son grand ouvrage intitulé conci- 
liator. Quant à Nicolas-Florentin, nous ne trouvons, 
nulle part ailleurs, que dans l'endroit cité, qu'il ait 
porté un nom semblable. (Falconnei.) 

Concion, siibst. fém. Assemblée *. Discours, 
harangue^. 

* C'est le mot latin coneio, pris dans l'une et l'au- 
tre signification. Le premier sens est le sens propre. 
Appeîler en concion, signifie convoquer, assembler 
en ce passage : « Fut conclu, entre tous les chefs, 
« que le marquis de Pisquaire appelleroit en con- 
« cion les Espagnols, desquels il esloit général, 
« pour trouver moyen de leur persuader do mar- 
« cher au combat. » (Mém. Du Bellay, liv. II.) 

^ L'usage de haranguer les assemblées a fait 
employer le mot concion, pour sermon, harangue. 
(Voyez Borel, Cotgrave. Rob. Estienne, Oudin et 
Monet.) « Thucydide scail bien écrire des co»ciO)is, 
« et puis c'est tout. » (Apol. pour Hérodote, préf. 
p. Hl.)Pasquier auroit voulu que « les sermons 
» s'appellassenl le presche, car ce mot luy revenoit 
« mieux que celuy de sermon, ou de concion. » 
(Garasse, Rech. des Rech. p. T2-2. — Voy. Rabelais, 
T. 1, p. 171.) 

Concional, adjectif- Du mot concion, pris pour 
assemblée. De là, on a dit genre concional, pour 
genre délibératif. « Il est dIct concional, pour ce 
« que plusieurs gens sont assemblés à conseiller. » 
(Fabri, Art. de Rhétor. liv. I, fol. 10.) 



(1) Et même pour tribunal ; « Larruns, murdreiseiirs en la rei prisun mis ; Qu'areté mult suvent erent par le païs , As 
cunciles mené là vt lur ert asis. » (Thomas de Cantorbéry, 26.) (N. E.) 

(2) « Par le conseil Tyébaut a fait li rois escrire, Les letres et les Chartres fist seeller en cire, Les barons fist venir de 
trestoul son empire ; A Meleun en France tint li rois son concire. » (N. E.) 



co 



156 - 



CO 



Concision, subst. féni. Coupure. Ce mot est 
employé comme synonyme de syncope, mot forme 
de avy, cum, avec, et de ximui^, secare, couper (1). 
(Voyez Itolet, des Accens Fr. p. 289.) 

Concistoire [Iniercalez Concistoire, assemblée 
d'éclievins: «■ Que lesdis prevoz, jurez, eswardeurs 
" et esclievins, ou les trois conctstoires serunl 
« d'accori, puissent faire toutes maniei'es de or- 
» dounaiices. « (Ord. V, 878, an. 1370.) Dans 
Froissai!, l'orthographe esl cnncitoire (VIII, 55; 
XIII, 301») ou consitoive (Vil, 87).] (n. e.) 

Conc-ila'in, subst. masc. Concitoyen. « L'homme 
« a moull communications entre les choses hu- 
« maines autres que entre ses parens, ou entre ses 
•< concilaiits (2), et sur chascune de ces communi- 
" cations se fonde certaine amitié, laquelle semble 
« eslre la vertu de pitié. » (Hist. de la Toison d'or, 
Vol. II, fol. 30) 

Concitateur, subst. masc. Qui excite, factieux. 
(Dict. de Gotgrave et Oudin.) 

Concitation, subst. [ém. Mouvement, agita- 
tion, émeute. (Cotgr. et Oudin, Dict.) 

Conciter.wj'béî. Exciter, provoquer, émouvoir. 
(Rob. Esl. Gotgrave et Oudin, Dict.) 

ConclamiUition,sî(^si./'Jm. Clameur, rumeur. 
On a dit : « Cranl turbacion, tumulte, conclaniita- 
» tion et alteication des baillis. » (Ord. T. V, p. 11) 
L'éditeur explique ce mot par plaintes réciproques. 

Conclave, subst. inasc. Chamhi-e intérieure, 
salle *. Assemblée ^. Diette ^. 

* Ce mot, au premier sens , signifioit chambre 
intérieure, salle, suivant l'acception propre du mot 
latin dont il descend. >■ En celle tour estoient neuf 
>' conclaves; au premiei' se tenoit avidité, etc. » 
(Carlbeny, Voyage du Chevalier errant, fol. 48.) 

Ce mot subsiste encore pour désigner la salle oîi 
les cardinaux s'assemblent au Vatican, pour l'élec- 
tion des papes , et c'est de là que nous disons 
conclave pour l'assemblée même des cardinaux. 

^ Mais cette signification éloit autrefois plus 
étendue, conclave (3) se [irenoit pour assemblée en 
général. « Ledisnerfaict, se retirèrent les chevaliers 
« dans la chambre de leur conclave, et là n'entra 
" nul , s'il n'esloit chevalier portant l'ordre et 
" les quatre officiers dessus nommés. » {Mém. 
d'Olivier de la Marche, Liv. I, p. 263.) 

'^ Cette acception, en la restreignant, s'appli(|uoit 
à l'assemblée des étals ou cercles de l'Empire, dans 
le sens où nous disons diette de l'Empire. « Les 
« Electeurs estans en conclave, furent de diverses 
« opinions » (Mém de Rob. de la Marche, seigneur 
de Fleur. Ms. p. 308.) 



On a dit paroles de conclave, pour fatisses 
promesses. Le conclave qui suivit la mort d'Urbain 
VII, en 1590, donna lieu à ce proverbe. (Voyez 
Hist. dcThou, trad. Liv. 100, T. II, p. -281.) 

Conclave. [Intercalez Conclave, enclavé: " Li 
« roys d'Escoche faisoit hommage au roy d'Engle- 
« teri'e, car jà n'onl-il en leur pays nulle province, 
" mes sont enexé et conclave en le province de 
-< Evruich. ■■ (Froissart, II, 256.)] (n. e ) 

Condense, subst. fém. Conclusion. De là, on 
diso'ûpour à concleuse, au lieu de pour conclusion. 

Princes, je tien que la mort recitée 

De ces seigneurs fu vie mal usée,... 

Et que non sens (démence) negligense causée 

En destruit moult, et pour à concleuse, 

Deffault d'avis est chose périlleuse. 

Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 130, col. 1. 

Conclos, subst. masc. Enceinte. On lit en ce 
sens : » La esloienl leur pucelle, atout (avec) son 
■I estendart, sur les conclos des fossez etc. » (.lourn. 
de Paris, sous Charles VI et VII, p. 126.) 

Coneluement, subst. masc. Résolution. L'ac- 
tion de se déterminer. Après un conseil tenu pour 
la guerre, « lors prinrent coneluement de chevau- 
'< cher devant saint Severe. » (Hist. de Loys III, duc 
de Bourbon, p. 36.) (i) 

Conclnre , verbe. Résoudre , déterminer *. 
Comprendre °. 

*Oaoiaoil,aupremiersens: « SeconclurentouMre 
« de faire la guerre. ■> (.1. Le Fevre de S. Remy, Hist. 
de Charles VÎ, p. 14.) (5) C'est-à-dire se résolurent, se 
déterminèrent à faire la guerre. 

^ Conclure, pour comprendre, renfermer, selon 
la significalion du mot latin concludere , dont il 
dérive, setrouvedanslesTenur. de Littl. fol. 149 V°. 
" Ceo ne concludera la feme, cela ne comprendia 
« la femme. » 

Conjugaison : 

Concludra, futur. Renfermera. (Tenur. de Littl. 
fol. 149.) 

Conclusoit, imparf. Concluoit. (Hist. delà Tois. 
d'or. Vol. II, fol. 20.) 

Conclus, partie. Enfermé *. .Soumis, asservi ^. 
Convaincu '^. Résolu , déterminé °. Exclus , 
débouté ^. 

* Le premier sens esl le sens propre du lalin 
conclusus, enfermé. 

Or est vaincus, or est conclus 
Nostre relegieus reclus. 

Falil. MSS. du R. n" T218, fol. 295, V col. 1. 

^ De là ce mot s'est pris, au figuré, pour asservi, 
soumis, selon le Gloss. de Marot. 
^ En étendant cette acception, il signifioit con- 



(1) Nous remontons par cmcisus à concidere (cum, cœderé). (N. E.) 

(2) « Jaqueme de Langle, né concitains de cette vills [de Cambrai] », au reg. ,TJ. 138, p. 100, au. 1389. (S. E.) 

(3) Ce sens est dans froissart ; « Si furent cil seigneur, les trois jours durant, le grignour partie dou jour, en conclave 
ensemble. « (Ed. Kervyn, V, 196.) (n. e.) 

(4) Ed. Chazaud, p. 32. (n. e.) 

(5) Consulter de préférence à l'édition de le Laboureur, celle de M. Morand, p. p. la Soc. de l'IIist. de France (1876). (N. E.) 



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— 157 — 



CO 



vaincu, soumis, asservi par la force des preuves ou 
du raisonnement. 

Si n'est pas tens de tencier (disputer) plus : 

Brebis, je ne suis pas conclus (t); 

Mes tu, qui ne ses (sçais) que respondre. 

FaW. MSS.du R. n- 7218, fol. ill'.O, R" col. 2. 

On disoil , en ce sens , faire conclus , pour 
convaincre : 

Au miex que pot de s'excuse ; 
Mes la dame la fist conchise, 
Par les resons, etc. 

Fabl- MSS. du R. n- 7218, fol. 330. V' col. 2. 

° De là, conclus a signifié résolu, déterminé. C'est 
le rapport de l'effet à fa cause. « Quand riiommeest 
« disposé, et conclud, à vouloir acquérir amy, etc. » 
(Hisl. de la Tois. d'or, vol. II, fol. 21.) » Ceux de 
« Liège estoienl prêts, et conclus de tenir, etc. » 
(Moustrelet, vol. 111, fol. 128.) On lit, à la marge, 
conclus pour résolus. 

^ Enfin, ce mot, dans un sens presque entièrement 
opposé à celui d'enfermé, s'est dit pour exclus, 
débouté : 

Que par vous soit soustenus 
Ses urois ; qu'il n'en soit conclus. 

Poes. MSS. du Vat. n' 1490. fol. 164, U". 

VARI.iXTES : 
CONCLUS. Ortli. subsistante. 
Conclud. Hisl de la Tois. d'or. Vol. II, fol. 21 V». 
CONCLUTE, f'jin. Percef. Vol. IV, fol. 46, R" col. 2. 
CONCLUTTE, fém. Mém. du Bellay, Liv. VHI, fol. 270 R''(2). 

Concluseiir, subst. masc. Qui conclut. « Sont 
" lesavocatst'(;Ht;/«sf'Hrsdedommages, etinteresls. » 
(Bout. Som. Hur. p. 7C8.) 

Conclusion, s»tet fém. Coërcion, contrainte*. 
Recoui'S, ressource ^. Résolution '^. 

* On trouve la première signification dans le 
traité d'Arras, en 1435, cité par Monstrelet, où on 
lit : « Et pour les choses susdittes accomplir, nous 
'■ submettonsàlacoertion, co«c'/i<s/OHetcontrnincte 
« de nostre dit S. Père le Pape, etc. » (Monstrelet, 
Vol. II, fol. 118.] 

^ Quant au second sens que nous assignons au 
mot conclusion, Jaqueline, duchesse de Bavièie, 
écrivant au duc de Cloceslre, à qui elle demande du 
secours , s'exprime ainsi : " Hélas , mon très 
■> redoublé seigneur père, toulema vraye espérance, 
" et toute ma conclusion est en vostre domination, 
« veu, mon très redoublé seigneur, est ma seulle 
« et souveraine liesse, que tout ce quejeseuffre est 
« pour l'amour de vous. » (Monstrelet, Vol. II, 
fol. 24.) 

*= On disoit prendre conclusion, pour prendre 
résolution, former le dessein. » Après y avoir 
« séjourné quelques jours ', prendre conclusion 
« d'aller voir Dolle. » (Des Ace. Escr. Dijon, p. 32.) 

Conclusivemeut, adv. Finalement. En con- 



cluant. « Sans plus longue argumentation, je vous 
« puis bien conclus/ cernent dire, etc. » (Mém. Du 
Bellay, Liv. IX, fol. 283.) 

Concoloré, adj. De môme couleur. Pareil en 
couleur. <■ Je levay la couronne hault, et puis dou- 
« cément la posay sur le chef orcome [h la chevelure 
« d'or) de la belle Priscaraxe, de laquelle les cheveux 
» estoient à for de la coronne concoloré::,, etc. » 
(Alector, fol. 64.) 

Concord, subst. inasc. Droit de fief. Ce droit 
étoit équivalent au droit de ra bat. Le chapitre 90 
de la coutume de Berry est intitulé : « De frères 
« commungs qui acquièrent héritniges tenus en fief, 
» ou en cens, et payent le rachapt, ou concord. « 
(La Thaum. Coût, de Berry, p. 296.) 

Concord. adj. Qui est d'accord. Uni, allié. On 
lit en sens : « Le roy d'Engleterre, et le cuens de 
« Flandres estoient concordes ensemble , et assem- 
« bloienl gens, por guerroier le roi de France. » 
(Contin. de G. de Tyr', Martène, T. V, col. 678.) 

VARIANTES : 
CONCORD. Rabelais, T. III, Prolog, p. 1. 
CoN'coHDE. Contin. de G. de Tyr, Martene, T. Y, col. 678. 

Concordablement , adv. Unanimement , 
conjointement. •■ Doyen de Beauvais eslu canoni- 
« quement, et concordablement. » (Godefr. Obser. 
sur Charles VIII, p 620. — Voyez Coût. Gén. T. 1, 
p. 16.) <• Avons estécmpesché de concourdamment 
« vaquer, et entendre aux faiz et besoingnes. » 
(Preuv. sur le meurtre du duc de Bourg, p. 255.) 

VAIUANTES : 
CONCORD .VELEMENT. Cliron. S. Denis, T. III, fol. 42. 
Concourdamment. Preuves sur le meurtre du duc de 
Bourgogne, p. 255. 

Concordance, suhsl. fém Paix accord*. 
Correspondance, conférence ^. 

* Ce mol est pris au premier sens (3), dans ces 
vers : 

Barons, chevaliers, damoyselles, 
Menestriers, tabourins, trompettes 
De boyre si faisoient merveilles. 
Pour les concordances lors faites. 

Vig. de Charles VU, T. 1, p. 9. 

^ Ce mot signifie correspondance , conférence , 
conciliation, lors'iu'ils'agil de textes. Ainsi l'on dit : 
Concordances des écritures, des ordonnances, des 
coutumes, etc., pour le rapport, la correspon- 
dance, la conciliation des divers textes, des diverses 
lois, etc. « Furent faits ces eslablissemens (4), par 
<■ grand conseil de sages hommes, et de bons clers, 
« "par les concordances des lois et des canons, et des 
.. décretalles. .■ (Ord. T. 1, p. 107.) 

Concordante, «r//. au fém. Convenable, propre. 
(Voyez Gloss. de Marot.) 



(1) On lit aussi dans Renart (III, v. 21127): « De sofflme et de question Ne me sot respondre un boton : Quant je l'oi fait 
don tôt conclus, Ge m'en parti. » (n. e.) 
(,2) Cette variante orthographique est aussi dans Froissart (XII, 320; XIV, 92.) (N. E.) 

(3) Ce sens est dans Beaumanoir fXXXII, 17). Cn. e.) 

(4) On sait que ces établissements de S' Louis ont été faits avec une coutume d'.^.njou et des ordonnances du prévôt de 
Paris. (N. e.) 



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CO 



Concordat, sttbst. masc. Traité, convention, 
accord. Ce mot ne se dit plus qu"en matière bénëfi- 
ciale; autrefois il s'employoit pour traité en général. 
» Huit à dix mille Angiois, que le roy d'Angleterre 
« lui avoit envoyé de secours , suivant leur 
« concordat. » (Mém.Du Bellay, Liv. X, fol. 312.) (1) 

Concordaules , adj. Concordant , qui est 
d'accoi-d. (Voyez S. Bern. Serm. fr. mss. p. 305, dans 
le latin, concors.} 

Concorde, snbst fém. Ce mol subsiste ; mais 
on ne dit plus faire concorde, pour s'accorder. 
« Fut fait concorde (2) du roy de Chipre, et de ses 
« barons. •• (Conlin. de G. deTyr,Mart. T. V,co].7'»7.) 

Concordée, adj. au fém. Accordée. (Gloss. de 
Marol.) 

Concorder el Concorder (se), verbe. 
S'accorder, convenir ensemble. 'S. Bern. Serm. fr. 
Mss. p. 195, dans le latin convenlre.) (3) Accorder, 
mettre d'accord *. Conférer ^. 

' On a dit, au iiremier sens : « Alerent li maistre 
« du Temple, et le marescbaUle l'Ospilal en Chipre, 
« pour concorder le roy, et ses barons. » (Contin. 
de G. de Tyr, Marlene, t. V, col. 746.) 

° Le père Labbe explique concorder, dans le sens 
de concordance, conférence des textes, dont nous 
avons parlé ci-dessus ; faire la concordance, pour 
conférer, en latin alludere. (Gloss. p. 488.) (4) 

Concordieux , adj. Convenable. Propre à 
concilier. 

Querez moyen doulx, et mttcordieux. 

Al. Charlier, Poi-s. p, 549. 

Concouchier, verbe. Ebranler. Du latin con- 
cutere. Ce mol est mis figurément en ce passage : 
c< Le quarte vertu qui doit estre en baillies, si est 
« qu'il soit soufïrans, escoulans, sans soi concou- 
« chier, ne mouvoir de riens. » (Beaumanoir, p. 8.) 

Concours [Intercalez Concours, au sens de 
recours, moyen de fuir, dans Froissart (X, '2G2) : 
« Quant .febans en oy la voix, il n'ot plus de 
» concours que par une fausse voye que il 
« s^.'avoit. »] (n. e.) 

Concréance. [Intercalez Concréance , nais- 
sance, parenté : 

Qui de lui orent nation 
Descendement ne cmicreance. 

Chron. de? ducs de Korm., I, v 1153.] (N. E.) 



Concréé, partie. Créé, formé. 

Nus hom n'est concriez sans semence d'autre home. 

Disp. du Juif et du Cljr. M.S. de S. G. M. 108 , V eol. 2. 

VARIANTES : 
CONCRÉÉ. Fouilloux, Vénerie, fol. 123 R». 
Concriez. Disp. du .luif et du Chrétien, fol. 108. 

Concreidre. [Intercalez Concreidre , croire 
dans la CaïUilône de S" Eulalie (v. ^i) : 

Aczo nos voldret concreidre U rex pagiens. 

La Chr. des ducs de Norm. (v. 1353) donne 
concreit : 

Sa traïsunt e sa merveille, 

Lor dit e concreit e conseille.] (N. E.) 

Concremer, verbe. Craindre. On a dit de 
Clodion, nis de Pharamond, auquel il succéda : 

Cil n'avoit pas des elz (yeux) plantés (beaucoup) 
Ne gaires nul autre bonté ; 
Force cremoit, et doutoit, 
Et en ses chambres se muçoit 
Ses granz richomes (grands seigneurs) concremoit. 
Parton. de Bl. MS. de S. G. fol. 123, V col. 1. 

Conci*eu(le), su(/.si. masc. Terme de coutume. 
Dans celte expression, le creu, el le concreu, il 
désigne les fruits croissans sur un fonds de terre. 

Concubin, suhst. ninsc Concubinaire. (Colgr. 
Oudin, Dicl.) « Donation faite de concubin à concu- 
« bine, et de concubine à concubin, ne vaut. » 
(Coul. d'Anjou, au Coul. Gén. T. H, p. 91.) Cette 
disposition se Irouve répétée dans la Coût, du Maine. 
(Ibid. p. 1-^8.) (5) 

Corneille emploie ce mot d'une manière assez 
plaisanle. r/est un marquis précieux qui parle : 

Vous oavez que nature est un peu larronesse, 
Qul partout elle pille, et qu'on voit, de nos ans. 
Plus d'amours concubins, qu'il n'en est d'épousans. 
La Comtesse d'Ori;ueil, de Th. Corn. acl. 4, se. 6 (6;. 

Concubiualement , adv. Illicitement. Un 
marquis dit à une jeune fille : 

Vous en voudroit il point concuhinalement 9 

La Comtesse d'Orgueil, Coni. de Th. Corn. act. i. se. 6. 

Concueillir, verbe. Recueillir, rassembler, 
ramasser. (Borel, Corneille, Dict. — Voyez Gloss. 
sur les Coutde Beauvoisis.) Le père Labbe, Gloss. 
p. 49(j, traduit colligere. « Se concueillirent (7), et 
" assemblèrent en la ville de la Rochelle, environ 
« deux cens lances, de compaignons bien estoffés. » 
(Froissart, Liv. II, p. 44.) (8) 



(1) On lit aussi dans Brantôme (Pescayre) : « N'oubliant le eojîcorrfaf qui jadis fut faict contre les empereurs, que nul 
empereur ne seroit jamais roy des Deux Siciles. » (n. e.) 

(2) On lit déjà daiis Benoît de S' More fil, 6317) : « E si cuncorde et pals li tiens, E que te faces crestiens, Qu'amor ferme 
seit establie Entre vous dous sans tricherie. » (n. e.) 

(3) On lit dans Leroux de Lincy (570) : « Or eswarde cum proprement se concordent altres paroles encor de l'apostle à 
cez trois choses, n (n. e.) 

(4) Dans Froissart, il signifie consentir à un mariage : « Et le concordoil assés li contes de Flandres (IV, 321) ; — les 
mariages concordes et alliés XIV, 367.) » (N. E.) 

(5) Voyez encore p. 177. On lit au reg. 195, p. 139, an. 1468: « Le suppliant respondit : ort. vil, villain, concubin , je ne te 
crains. » (n. e.) 

(6) On lit aux Mémoires de Scepeaux (VI, 5) : « C'estoit à cause des femmes que l'on detenoit concuhinairement par 
force. » (n. e.) 

(7) « Chevalliers et escuiers des basses marches se concueillirent et parlèrent ensemble. » (Ed. Kervyn, XI, 328.) (N. E.J 

(8) Il signifie aussi : 1» cueillir :<( Disant qu'elle li avoit emblé ses plutnes et cnnrueilliaz. » (JJ. 105, p. 3, an. 1378.) 
2» Rassembler au hasard : « Feble gent sunt, mauvais et concueillis. » (Garin, 1, 100.) (n. e.) 



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VARIANTKS : 
CONCUEILLIR. Froissart, Liv. II, p. 44. 

CONCUILLIR, CONQUEUILLIR, CONQUEILLER. 

Conculcation, subst. fém. L'action de fouler. 
(Oudiii, iSicot, IMct.) 

Conculquer, verbe. Fouler. (Cotgrave, Nicot, 
Dict.) 

Concurateur, subst. masc. Terme, coutume. 
Curateur associé au curateur principal. » Un tuteur, 
•> ou curateur peut seul agir, ou deffendre, et ester 
• en jugement au nom de son pupille, combien 
» qu'il ayt coututeurs, ou concurateurs. » (Coût, de 
Lille, Goul. Gén. T. 1, p. 767.) 

Concurre, verbe. Concourir. On lit dans les 
Lett. dePasquier, T. Il, p. 70: « Quant aux seigneurs 
« d'O, et d'Iispernon, ils avoient concurre (1) en 
« faveurs avec le feu seigneur de Joyeuse. » 

VARI.4NTES : 
CONCURRE. Corn. Disc, sur le Poëme epiq. T. I, p. 29. 
CONCURER. Pasquier, Lettres, T. II, p. 70. 

Concurrens, sulist. masc. Ce mot semble 
employé comme terme d'astronomie dans ces vers : 

Aucunes fois ont regarl digue, 

En faisant leur conjunctions, 

Selon les disposicions 

Des signes, et les concurrens (2) 

Qui par les cercles fièrent ans (s'enfoncent). 

Et ont ailonc bonne influence. 

Aucune fois la concurrence 

Des signes, et les niocions, etc. 

Eusl. Desch. Pocs. MSS. fol. i"0, col. 2. 

Concusseur, subst. masc. Concussionnaire. 

Concussionner, verbe. Vexer, exercer des 
concussions. (Dict. de Monet.) 

Coiicution , subst. fém. Ebranlement. Au 
figuré, oppression. 

Debvons douter, souffrir concntions 
Des Tarez mauldits, et gens plains d'insolence. 

Crétin, p. 14. 

Condaniine , suhst. fém. Mot languedocien, 
pour signilier une grande pièce de terre qui a quel- 
ques droits seigneuriaux. (Du Cange , au mot 
Condamina.) (o) 

VARIAISTES : 
CONDAMINE. Dict. Etym. de Ménage. 

CONDOMINE. 

Condamnats, subst. masc. plur. Nom de 
religieux. Ces religieux sont soumis à l'abbesse de 
S. Sulpice. (Voyez "GIoss. de l'Hist. de Bret ) 



Condampuer, verbe. Condamner (4). (Voyez 
Joinville, page 13, et les autorités rapportées aux 
variantes.) 

VARIANTES : 
CONDAMPNER. Faifeu, p. "100. 
CoNDEMPNER. Ord. T. I, p. 57 et 687. 
CoNDEMNER. Colgr. Clém. Marot, p. 366. 

Condat, siibst. masc. Ce mot anciennement 
signifioit confluent. De là, plusieurs lieux ont 
emprunté ce nom. (Colgrave, Corneille, Dict., et 
Du Cange, au mot Condate.) 

VARIANTES : 
CONDAT, CONDAC, CONDE (.5). 

Condelit, subst. masc. Volupté. 

Ne vi-ge mais si riche lit. 

Plus as assez de condelit 

Conques n'ot l'autre, ce me semble. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 81, R- col. 1. 

Condemenrance, subst. fém. Communauté 
d'habitation. (Voyez Coût, de Xaintonge , Coût. 
Gén. T. 11, p. tiôâ.j 

Condemeurans, adj. plur. Qui demeurent 
ensemble. (Coût, de Xaintonge, Coût. Gén. T. II, 
p. 655.) 

Condemnade, subst. fém. Sorte de jeu (6). Le 
Ducbat, sur liabelais. T. 1, page -136, le délinil: 
■■ ,Jeu de caries à trois personnes. Celle ù qui il 
" n'apparlienl, ni de donner, ni de couper, nomme 
'1 une carte, et celui-la gagne à qui celte carte 
« arrive, et Ton donne des ca'rtes jusqu'à ce qu'elle 
>. soit tirée. » (Voyez Dict. de Cotgrave ; J. Marot, 
p. 41 ; Clém Marot, p. 138.) 

VARIANTES : 
CONDEMNADE. Rabelais, T. I, p. 130. 
CoNDAMNADE. Des Acc. iligar. fol. GO V». 

CONDAMPNADE. 

Condempnatrice, adj. au fém. Qui condamne. 
On distingue : » Senlence deflinitive, absolulrice, 
« ou condempnatrice. >' (Procès de .Jacques Cuer,. 
Ms. p. 17.) 

Condenipnement, subst. masc. Condamna- 
tion. On disoit fuh'e condeinpnement, pour con- 
danner. (Ord. T. V, p. 130.) 

Condensité, subst. fém. Condensation, (Cotgr. 
Oudin. Dict.) 

Condeputé, subst. masc. Collègue de dépu- 
lation. (Mém. de Villeroy, T. VI, p. 362.) 

Condere, subst. masc. Champ. On lit, dans 



(1) Montaigne donne concurroient (III, 51), concurre (III, 57). (N. E.) 

(2) On lit dans un comput du xiii'^ siècle (R. N. fr. 7929, fol. 4) : « Li autres nombres a nom concvrrens ,' parce qu'il cort 
avoec les réguliers por njonstier par quel jor cascuns mois entre. » Il y a sept concurrents, autant que de lettres 
dominicales, et il cuncourenl avec le cycle solaire ou en suivent le cours. (N. E) 

(3) Voyez page 150, col. 2, et la note 1. (N. E.) 

(4) Relevons dans Froissart Texpression coiidempner en son tort, pour le mettre dans son tort ; « II contournèrent dou 
tout la roïne Issabiel et comleinpnere^it en son tort, et mirent le roy d'Engleterre et son conseil en son droit. » (II, 40.) On 
disait aussi condamner un pont, comme nous disons condamner un navire, ordonner sa démolition ; « Mais encore ne vaut 
il mies le pont comleinpncr de tous poins. » (Froissart, X, 110.) (N. E.) 

(5) On trouve encore Condal (Saône-et-Loire), Condate (id), Condexj (.T. Quicherat , noms de lieux , page 42) ; Candi 
(Maine-et-Loire) ; en Picai-die, aux xiu" et xiv« siècles, on disait Condel, qui est la transition entre Condal et Condé. (N. E.) 

(6) On lit aux Contes de Cliolière (fol. 174) : « Ils passeront deux ou trois heures à jouer au llus , à la séquence, à la 
condemnade, au trou madame, à la clef, à remue ménage et autres tels jeux qui ne sont pas défendus. » (N. E.) 



co 



- 160 — 



co 



Gérard de Roiisillon : « Il resta tant d'hommes sur 
« le i'cndej'c. après la bataille. " \oyez c())idn':iellas, 
mot languedocien, d'où vient condcre. {Falconnei.) 

Condescence , subst. fém. Décence, dignité. 
» Sépulture honneste, selon la condescence de son 
■• estât. .1 (Mém. de Comines , T. 111 , Preuves, 
p. -235.) 

Condescendre, verbe. Faire condescendre. 
Nous n'employons plus ce mot que comme verbe 
neutre. Autrefois on disoit : « Ne les pouvoient 
« condescendre à paix. « (Froissart, Liv. I, p. 115.) 

De là, se condescendre, pour consentir. <> Elle 
« s'estoit condcscendue (1) à l'aimer. » (Arr. Amor. 
p. 72.) 

Condescention, subst. fém. Condescendance. 
On lit, dans une bulle du pape Benoit à l'Uni- 
versité, en 1406 : » A schisme, vous avez tondes- 
.. cention pileuse donnée. » (Monstrelet, Vol. I, 
fol. '28.) Nous trouvons coHdcsccH^fo, au même sens, 
dans la '233' des Epitres d'Yves de Chartres. 

Condetempteur , subst. masc. Terme de 
coutume. Conjoint, associé dans la possession d'un 
même héritage. (Coût. d'Etampes, Coût. Gén. T. I, 
p. 240.) 

Condictement , adv. Selon le convenu. 
Condictemcnt, et acrordonent, suivant ce qu'on 
avoil dit, ce dont on étoit convenu, du latin juxta 
condictum. (Cliron. fr. >is. de Nangis, an 1302.) 

Condigne, adj. Digne, décent, convenable. Ce 
mot subsisie dans le langage Ihéologique. On dit 
mérite condigne, satisfaction condigne ('2), etc. 
L'usageen étoit autrefois plus étendu. (Cotgr., Nicot, 
Monet, Oudin, Gloss. de Marot ; Crétin, p. 66.) On 
trouve co/!d/«c, dans les Marg. de la Marg. fol. 399. 
Condigne, que j'ai marqué au nombre des ortho- 
graphes, est une faule pour condigne, dans .1. 
Marot, p. 48. 

VARIANTES : 

CONDIGNE. Orth. subsùst. 

CONDINE. Marg. de la Marg. fol. 399 V». 

CouDiGNE. .T. Marot, p. 48. 

Condignenient, adv. Dignement. (Cotgraveel 
Oudin, Dict.) 

Condille, Ce mot est interprété , dans le Gloss. 
du P. Labbe, p. 496, par le mot latin consntilis. Le 
mol condille est probablement corrompu , comme 



un grand nombre de ceux qui sont dans ce Glos- 
saire. Le mot latin fait conjecturer qu'on pourroit 
lire coudible, mot forgé d'après le verbe coudre. 

Condiment, subst. masc. Assaisonnement. Du 
latin cnndimenlum. (Ess. de Montaigne, T. I, p. 91 .) (3) 

Condir. [Intercalez Condir, au sens de presser 
conire la poitrine: « Le suppliant veanl que ledit 
« Clerel estoit souillé de sang le leva, le condy et 
« lui mist un peu de tente dedens un treu ou plaie 
« qu'il avoit en la teste. » (JJ, 161, p. 08, an. 1406.) 
Le Froissartde M. Kervyn donne condirent (11,291), 
que M. Luce lit coindirent: « Ains abaissierent les 
« glaives et condirent les larges à leurs poilrinnes 
« et ferirenl chevaus des espérons. "] (n. e.) 

Condire ou Condier, verbe. Assaisonner. 
Condienl, dans S. Bern. Sermon fr. mss. page 130, 
répond au latin condient, et soient condies au latin 

condiantur. (Id. Ibid.) 

Condit, subst. masc. Confection. Terme de 
pharmacie (4). 

Ce souverain médecin qui convye, 

Une substance ordonna mieuLx pluvye (garantie) 

Que restaurant, ou cordial cnudit. 

Crétin, p. 2. 

Conditeur, subst. masc. Auteur, inventeur. On 
a dit, en ce sens : « Le Roy est conditeur de la 
« loy. » (Bout. Som. Rur. p. 194.) 

Condition, s!/&s^ /"m. Naturel, caractère*. 
Espèc(;^. .Nous ne marquerons que ces deux signi- 
ficaticins itiusitées du mol conditionqm subsiste, et 
qui a C'jiiservé quantité d'autres acceptions (5). 

* Froissart l'a employé, au premier sens : « Il ne 
« connoissoient pas encore bien la condition de 
« leur Seigneur, car quelque semblant qu'il mons- 
« trast forainement (extérieurement) il avoit le 
« courage tout franoois au dedans. » (Froissart, 
liv. I, p. 163, an 1346.) « Je vous dirai une grande 
« partie de la condition des Espaignols ; vray est 
o que, de première venue, à cheval, ils sont de 
i> grant voulonté, de grant bobant (fierté) et de 
« grand courage, et b.autain à leur avantage, et se 
« comballent assez bien a cheval. » (Ibid. p. 60.) (6) 

^ Comme les ditl'érens caractères, les inclinations, 
en parlant des animaux, constituent leurs différen- 
tes espèces, condition, qui signifioit caractère, s'est 
pris pour espèce, dans ce passage : « On ne doit 
« faire chascier nul chien, de (juelque condicion 



(1> « [Jehan Malingres] voulut par devant le bailli de Rouen ou son lieutenant se condescendre et mettre à l'enqueste du 
pays. » (JJ. 138, p. 189, an. 1390.) (n. e.) 

(2) •< Ils seront prest et appareilliés et offeront à faire amende condigne. » (Cart. 23 de Corbie, an. 1360 , Du Canse , II, 
519, col.3)(N. E.) 

(3) On lit dans des Accords (Escraignes dijonnoises) : « Condimens au sel et au vinaigre dont on se sert l'hyver pour 
salade à l'entrée et commencement des repas, comme de pourpier, petits concombres, violettes doubles, pommes verdes 
ou abricots. » (N. E.) 

(4) C'est une substance végétale pénétrée et recouverte de sucre cristallisé. (N. E.) 

(5) Dans Froissart (II, 3), il signifie aussi manière : « Or voeil je remonstrer par quelle manière et condition les guerres 
premièrement s'esraeurent. » (N. E.) 

(6) On lit encore au t. II de l'éd. Kervyn, p. 17 : « Et trop fort se différent en Engleterre les natures et conditions des 
nobles aux hommes mestis et vilains. » On lit aussi dans Christine de Pisan (Charles V, part. II, col. 12) : « [Le duc de 
Berry] jolis estoit, amoureu.x et gi'acieux et de moult joyeuse condition en France. » Au reg. 204, p. 91, an. 1474 : « Jehan 
Boubaiou sa partie adverse estoit homme de terrible condition. » (n. e.) 



GO 



ICI — 



CO 



« que il soit, qui n'aye passé un an. » (Chasse de 
Gasl. Phéb. ms. p. 94.) 

Nous remarquerons, outre cela, les expressions 
suivantes ; 

1° Bonnes coruUtious pour lionnes qualités. « Ne 
« se souciant d"elle, jayoit qu'elle eût beaucoup de 
« bonnes conditions en soy, pour estre estimée. » 
(Nuicts de Slrapar. T. I. p. iiVl.) <. Por ses proues- 
» ses, el bonnes conditions, la prinl en mariage. " 
(Ibid. p. -2G3.) 

2° Estate sur condition en fait, sur condition en 
ley. C'est l'état des personnes (jui tiennent des ter- 
res sous ces deux conditions. (Voyez chap. V des 
Tenur. de Liltl. fol. 74.) 

3° Action de condition incertaine. On dislingue 
plusieurs sortesd'aclions personnelles, dontcelle-ci 
fait partie. On l'appelle incertaine, parce que 
■1 celui qui n accomplist la condition, il ne doit 
« avoir le don par ceste action. >> (Bout. Som. Hur. 
pagel.'JS.) 

4° Action de condition indene. Autre division de 
l'action per.'^onnelle. On la nomme indue, du lalin 
indebitd. « (.es clercs l'apellenl conditionem inde- 
« bitl : si comme quand aucun , sur aucune condi- 
« tion, paye, par ignorance, plus qu'il ne doit, 
« sçachez que, par ceste action, le doit ravoir, c'est 
« à sçavoir le surplus que le trop payé a. » (Bout. 
Som. Rur. p. 159.) 

L'éditeur, dans ses notes, page 1C8, dit qu'il faut 
lire : « Condiclion de l'indu, comme il est écrit 
» (ajoute-t-il) en mon ancien practicien, pour ren- 
« dre en françois ce qu'on dict eu droicl, condictio 
« indebiti ; laquelle compele à celuy qui, par 
« erreur, a payé ce qu'il ne devoit. » (Voyez Bout. 
Som. P,ur. p. 377), où ou lit : « Condiction de chose 
» non due », dans le même sens. 

Tu' Gens de condition sedisoit autrefois dans un 
sens bien contraire à celui que nous donnons 
aujourd'hui à celte expression. Elle signitioit gens 
de condition servile. » Gens de condition, peuvent 
■' marier leurs filles franchement, père, et mère 
" vivans, ou l'un d'eux, meubles portans h:u's la 
« communauté, sans retour, en telle manière que 
« la dite fille ainsi mariée , et conjoincle par 
" mariage, avec un homme franc, elle demeare 
« toujours fr.iuclie; el si elle est mariée à un 
« Iwnime de condition, elle demeure serve au sei- 
" gneur de son mary, perpétuellement, avec sa 
» postérité, el ligne. » (Coût, de Nivernois, Coût. 
Gén. T. 1, p. 880.) 

G° Dans ce même sens, on disoit homme île corps, 
et condition, pour domeslique. En 13GI, nos rois 
accordèrent une sauvegarde aux frères de l'hôpital 



de S' .lean de Jérusalem. Voici comme cette charte 
s'exprime : « Les diz maistre, prieurs, et commuii- 
« deurs. et frères, leurs driunez, familles, l)omme 
« de corjis, et condition, avec leurs maisons, et tous 
» leurs autres biens assis dedens noslre royaume, 
« prenons, et recevons en la main, protection, et 
« gaide espécial de nous, et de noz successeurs 
.' roysdeFrance. » (Ord. T. 111, p. 55G(I) ) On trouve 
Condilionnrii, au même sens, dans Yves de Char- 
tres, Ep. 147, fol. til7. — Voy. Du Cange, aux mots 
Conditio, Conditionales, Conditionus.) 

VARIANTES : 
CONDITION. Orlh. subsistante. 
CoNDiciON. Chasse de Gast. Phéb. MS p. 94. 
Condiction. Bout. Som. Rur. p. 377. 

Conditionné, «rfy. Revêtu de qualités*. Réglée 

* Nous employons encore ce mot. dans le premier 
sens et avec celte orthographe; mais nous l'appli- 
quons parliculièremenl aux choses corporelles. 
Autrefois on l'appliqnoil également aux qualités de 
l'esnril, et on le preuoit, comme aujourd'hui, en 
bonne et en mauvaise pni't. « Un des beaux, et bien 
'• conditionnés che\n\icrs. > (Joinv. p;-; 67(2).) «Le 
« lîls de la chambrière bien moriginé vaull mieux 
>' que le fils d'ung grand roy, qui est mal condi- 
» donné. " (Chron.' Fr. de Nangis, an 1302.) La 
passion de la chasse poussée à un certain point 
donne l'exclusion à pres(|ue toutes celles qui nais- 
sent de l'oisiveté et de la mollesse; de là, ce com- 
mun proverbe « que jamais fauconnier ne fut mal 
•' conditionné. « (Fouilloux, Faucon, préf.) (-3) 

^ On disoit aussi conditionné, pour réglé. 
■■ Furent les armes conditionnées : c'est assavoir 
« que le seigneur de Montagu debvoil estre dedens 
« les mines armez. ■> (.T. Le Fèvre de S. Remv, Hist. 
de Charles VL page 65.) » Ils n'avoienl bien tenu 
" les conditions conditionnées sur les articles de 
■• paix. >■ (Froissarl, liv. IV, p. tSl (4).) C'est-à-dire 
réglées sur les articles de paix. 

De là, on appeloit serf conditionné ou abonné 
celui qui s'étoit abonné avec son seigneur iioiir la 
taille. Dans les Ord. T. III, page 228. l'éditeur dit 
note (i) que ■ les serfs payoient tous la taille : mais, 
" ou le seigneur pouvoit la leur imposer à sa 
« vuloulé ; el alors on les nommoit tauiablcs de 
« haut et bas à vo'onté; ou il avoit fait avec eux 
« une convention, par laquelle la taille éloit fixée 
" à une certaine somme par an, et on les appelloil 
>' i\\ov% serfs conditionne'^ (5î, ou abonnez. » (Voy. 
Du Cange, au mol Conditionales.) 

VA.RIANTES : 
CONDITIONNÉ. Joinville, p. 67. 
Go.NDiciONNÉ. Chron. Fr. de Nangis, an 1302. 



(1) On lit encore au t. VI, p. 64, an. 13.52 ; « Ne se accroistront nulles personnes de condicion en ladicte pooste , excepté 



les hommes et femmes serfs desdiz seigneurs et dames. » (n. e.) 
(2) .loinyille n'a pu employer ce mot, qui n'apparaît qu'a 



. , , . , , , l'au XIV siècle, (n. e.) 

(3) On lit encore au reg. .1.1. 147, p. 5, an. 1394 : « Comme le suppliant eust pris par mariage Thomine la Quesnelle, ycelle 
cuidaut estre femme bien cond'Utonnée et paisible. » (.n. e.) 

^4) Voyez éd. Kervyn (XV, 114). Le sens est parfois un peu différent (III, 316> : « Ensi furent les trieuwes causées et 
coiidilionnées. i> (N. E.) 

(5) Voyez Coutume d'Auvergne, ch. XXVII, art. 3. Ou lit aussi aux Ordon., I, 413, an. 130i : « De tous ceux qui sont en 
autre deinaine et justice, qui ne sont condilionez ou abonnez, levez ladite aide. » (n. e.) 

IV. 21 



co 



IG2 - 



CO 



Conditionner, verbe. Imposer des conditions. 
En cliiuger un fief, un bien, ou tout autre effet. 
(Voy. Coût. Gén. T. I, p. 80G.) 

Condol, sulist. masc. Amas de terre *. Relevé 
d'un fossé ^. Terre relevée entre deux sillons ^. 

* Condol, au premier sens, signifioil en général, 
amas de terre, élévation, suivant le Dictionnaire de 
Cotgrave. 

^ Dans un sens plus particulier, Monet explique 
le mot conilot (1; par « chevalier, amas de terre tirée 
« de In fosse dune plante, etc., et relevée sur les 
« bords de la fosse. ■• 

"^ On trouve condol ou condot rendu en latin par 
le mol porcd, iiui signifie terre relevée entre deux 
sillons, dans Du Gange, au motCoH(//s. 

VARIANTES : 
CONDOL. Cotgrave, Dict. 
Condot. Monet, Dict. 

Condoloir, verbe. Partager la douleur d'autrui. 
Le Gloss. du P. Labbe, p. ROT, traduit illacnjmari. 
On disoit aussi se condouloir, pour s'aftliger, se 
plaindre. 

VARIANTES : 

CONDOLOIR. Gloss. du P. Labbe, p. 507. 
Condouloir. Oudin, Nicot, Dict. 

Condonné, adjectif. Les frères condonnez de 
l'Hôtel-Dieu de Chàteaudun sont des religieux pos- 
sédant bénéfices. (Voy. Le Pouillé du diocèse de 
Chartres, in-8°,Paris, 1739, p. 17.) 

Condonner , verbe. Pardonner , excuser *. 
Sacrilier, faire céder °. 

* On lit, au premier sens, en parlant des défauts 
d'Alexandre : « Quant à ce qu'il estoit un peu trop 
« impatient d'ouir médire de soy, et quant à ces 
« mangeoires, armes, et mors, qu'il fit semer aux 
« Indes, toutes ces choses me semblent pouvoir 
« estre condonées h son âge, et à l'eslrange pro- 
« priété de sa fortune. » (Essais de Montaigne, 
T. II, p. 7GG.) « Il faut condoner quelque chose au 
« monde, et tant que faire se peut, au dehors, se 
« conformer à ce qui se praclique. » (Sagesse de 
Charr. p. Ml.]Condoner, en ce dernier passage, si- 
gnifie proprement accorder une chose, la passer 
par condescendance. 

° Condonner, dans cet autre passage, est mis pour 
sacrilier, faire céder. « Pour à ce remédier, et 
« obvier, il n'estoit possible de choisir autre meil- 
« leur chemin que condonner chacun au bien 
>< public ses querelles, et inimitiés particulières. » 
(Mém. Du Bellay, liv. VU, fol. 223.) Cette acception 
dérive de la première, puisque pardonner c'est 



S'icrifier son ressentiment aux prières ou à quelque 
autre considération. 

VARIANTES : 
CO.VDOXNER. Oudin, Dict. 
Condoner. Clianon, Sagesse, p. 34. 

Condoré, subst. masc. Espèce d'oiseau des 
Indes, selon le Dict. fr.-esp. d'Oudin; probablement 
le condor (2). 

Condosnier, verbe. Détruii'C, exterminer. Il 
semble ((ue ce soit le sens de ce mot, dans ces vers : 

De son fort poig tôt roiido.tma 
Li vrais martirs, li fax devin. 

Hi>t. de S" Léoc. MS. de S. Germ. fol. 3-2, R* col. 2. 

Condrezelias, subst. masc Mots languedo- 
ciens. Condriclias (3) signifie terres, champ en géné- 
ral ; condrex-ellus, terres cultivées, par opposition à 
eremas, terres désertes ou eu friche. Condirigerc, 
condergere, conderz-ere, entretenir en bon état. 
Voyez une citation au Gloss. de Du Cange, au mot 
Condirectum, sous Condirigere (4). (Falconnel.) 

VARIANTES : 
CONDREZELLAS, Condrighas. 

Condron, subst. masc. Pain ou pâte d'orge. 
(Dict. d'Oudin.) 

Condnchers, subst. masc. plur. Prebendiers. 
jChanoines du second ordre (5). (Du Cange, aux mots 
Conduchcru et Duclieril.) 

Couduct. [Intercalez Conduct, maison louée: 
« Item chacun couduct deizdiles dousvilles doit 
" aussi payer à ladite esglise de Belleval et payerait 
« chacun an une journée à la crowée de la seille 
« az waien. >■ (Du Cange, II, 525, an. 1106.) Dans 
une charte de 133G. on a eonduict.] (n. e.) 

Condiicteresse, subst. fém. Conductrice. On 
a dit, en parlant de la pucelle d'Orléans qui défen- 
dit si courageusement cette ville: » Et nonobstant 
« qu'à ces trois assauts, la dessus dite pucelle , la 
« commune renommée dit eu avoir esté la con- 
ductercsse à trois assaulx. (Monstrelet, Vol. II.) 

VARIANTES : 

CONDUCTERESSE. Monstrelet, Vol. Il, foL 44, R». 
CoNDUCTiicRE. Tri. des IX Preux, p. 497, col. 1. 

Conducteur, subst. masc. Qui conduit, qui 
commande*. Locataire, fermier^. 

*0n a dit, dans le premier sens (G): « Le comte de 
« Bouquingan estoit conducteur, et principal capi- 
« taine de celle gent. » (Hist. de Loys III, duc de 
Bourbon, p. 153.) C'est le sens du mot latin ductor. 

^ Conducteur, pour locataire, fermier, rend le 
mot latin conductor. (Voyez Gloss. de l'Histoire de 
Paris, et le Coût. Gén. T. I, p. 9,402.) « Les conduc- 



(1) On lit au reg. IJ. 170, p. 29, an. 1417 ; « Lequel vigneron estoit sur un condol d'une ourdiere de chaiTette sur le 
chemin. » (n. e.) 
(2") Les Incas disent cuntur. (n. E.) 

(3) An. 1246 (n. e.) 

(4) « Terras hf renias et condrezelias, et albres domestgues », an. 1244. (N. E.) 

(5) C'est au.?si un clerc ou prêtre nourri et pensionné dans quelques prieurés dépendant de S' Victor de Marseille. On les 
nommait encore panel lers. (n. e.) 

(6) Commines écrit aussi (VU, prol.) : « Ainsi faut conclure que ce voyage fut conduit de Dieu...; car le sens des 
conUuclews... n'y servit de gueres. » (n. e.) 



co 



163 — 



CO 



« teurs d'aucun héritage ne peuvent intervertir la 
« possession du propriétaire. « (Coût, de Melun, 
Coût. Gén. T. I, p. 109.) 

Conductiei*. [Intercalez Conductier, sorte 
d"ofnce militaire dans une ordonnance de Charles 
le Téméraire (1 i"3) : « Les condiictiers après leur 
« institution et qu'ils seront arrivez en leurs 
« conipaignies, les départiront en quatre escadres 
« égales," et sur les trois d'icelles commettront 
« trois chiefz d'escadre, lesquels ils pourront 
« esliro,... icellui seigneur leur baillera le qua- 
« trieme. »] (n. e.) 

Condiieuvre, siibst. féni. Le dedans d'une 
tarte. Comme confiture, ou autre chose. 

Grasse, où point n'a d'ueuvre, 

Vaut mains (moins) que tarte sans condneure. 

PoSs. MSS. avant 1300, T. IV. p. 1322. 

Seigneur, Sotingheliens est uns moult bons castiaus, 
La croist li frés fromages, avec les ean wastiaus, 
Et li quartier de tarte qui plain sont de condueure. 
Ibi.i. p. 1350. 

Condiiils, subst. masc. plur. Conducteurs, 
guides. « Icelles g:irdes prendront le serment des 
« coniluils d'icelles besles, et charrettes. » (Ordonn. 
T. V, p. .'lOr», an. 1371.) On lit, à la marge, conducteurs. 
On lit conduis, au même sens, dans l'Ane. Coût. 
d'Orléans : « La charretée dehors le diocèse menant 
" vin, doit 8 deniers, dont !i rois a 6 deniers, et 
« oboi, et l'evesque obol. et li conduis un denier. » 
(Beaumanoir, p. 471.) 

Droit à Conlogne chevauça 
La damoiselle, et ses conduis. 

Pli. Mouskes, MS. p 77fl. 

vVoy. ci-après Conduit et Con'duictk.) 

VARIANTES : 
CONDUILS. Ord. T. V, p. 405. 
Conduis. Coût. d'Orléans à la suite de Bauraan. p. 471. 

Conduire, verbe. Poursuivre en justice *. Nan- 
tir ^ Induire *^. 

* On lit au premier sens : « Ne faisoient à rece- 
« voir pour conduire le cas de nouvellelé. » (Ord. 
T. V, p. 5t>0.) 

^ Ce mot signifie nantir, se mettre en possession, 
dans ce passage : « Pourra le rentier, si bon luy 
« semble, se faire conduire sur les dits immeubles, 
« en vertu du dit exploit, comme il est cy devant 
« ordonné. >■ (Coût. Gén. T. l, p. 1102.) C'est-à-dire 
se faire nantir, se faire mettre en possession des 
dits immeubles. Nous verrons, ci-après, conduit, 
pour saisie. 

^ On disoit aussi conduire, pour induire. Un 
ancien poète, parlant des femmes laides qui tâchent 
d'obtenir la préférence sur les belles, dit : 

Les noires, pour soy déduire, 

Si comme elles veulent conduire, 
■Valent plus que blanches ne font. 

Eusl. Desch. Poës. MSS. fol. 518, col. 1. 



Conjugaison. 

Conduirent, prêter. Conduisirent. (Berger, de 
Rem. Bell. T. I, p. 1.) 

Conduisf, pour conduisit, gouverna. (S. Bern. 
Ser. fr. mss. p. 337, dans le latin rexit.) 

Conduit, prêter. Conduisit. (Vig. de Ch. Vil, T. H, 
p. H.-).l 

Condure, indic. prés. Conduit, mène. (Fabl. mss. 
du R. n° 7989, fol. 61.) 

Condmje, subi. prés. Conduise. (Rabelais, T. V, 
p. '223.) 

Condwjrenl , prêter. Conduisirent. (P. J. de 
Sainti'é, p. 359.) 

Condiiz, pour gardé, partie. Maintenu en sauve- 
garde, (.lurainv. Hist. du comté d'Aussonne, p. '26.) 

Conduisable, adj. Praticable, faisable *. Utile, 
avantageux ^. 

* Au premier sens, ce mot exprime la possibilité 
de faire une chose. Au siège de Neutz, en l'il'i, où 
commandoil le duc de Bonrgogne, - le duc fut 
1 malcontent contre les Lombards, et entreprinl de 
« leur faire regaigner ce qu'ilz avoyent perdu ; 
« mais il n'estoit pas conduisable. » (Mém. d'OI. de 
la Marche, Liv. II, p. 512.) 

^ Conduisible, au second sens, indique l'utilité, 
l'avantage qui doit résulter d'une action, d'une 
entreprise. « Me semblant plus honnorablement, et 
>' conduisible, de partir en silence, que nous offrir 
« à aucune deffense. » (Le Peregr. d'Amour, fol. 48.) 
« Commandoil toujours quelque chose couducUile, 
« et utile à ceste un. » (Mém. Du Bellay, Liv. VII, 
fol. 215.) 

VARIANTES : 

CONDUISABLE. Mém. de la Marche, Liv. II, p. 512. 
CoNDUisim.E. Le Peregr. d'amours, fol. 48 R». 
CoNDUc.iBLE. Mém. du Bellay, Liv. VII, fol. 215 V». 

Coiidiiisement. [Intercalez Conduisement : 
1° Conduit: « Icellui Guillaume se prist à foir ledit 
« pré pour y faire une raize ou besal pour conduire 
« l'eaue au pré dudit Guillaume... En faisant 
- laquelle raise ou conduisement. » (.1.1. 19i, p. 186, 
an. 1 'iC6.) 2» Direction: « Avint d'aventure que 
" ledit Girarl par le conduisement de sa main, fu 
" féru dessoubz son œil du tilleul dudit Jehan. » 
(.T,r. 107, p. 50, an. 1375.)] (n. e.) 

Coiiduiseur, sut)st. masc. Qui conduit, qui 
commande. CoHrf«/ser est peut être une fautedansce 
passage: « Nulle chose n'avient si m^\ conduiser {\) 
'< de gens d'armes, que haste, et fol hardement. » 
(Le Jouv. MS. p. 557.) On lit plus haut conduiseur (2). 
(Ibid. Voyez ci-dessus Conducteur.) (3) 

VARIANTES : 
CONDUISKUR. Oudin, Monet, Cotgrave, Dict. etc. 
CoNDUiSEEQR. G. Guiart, MS. fol. ;»2 R». 
CoNDUYSEUR. Percef. Vol. I, loi. 135, R» col. 1. 
CoNDUisER. Le Jouv. MS. p. 557. 



(1) C'est le cas sujet du mot ; Froissart donne co)iduisieres (IV, 63.) (n. e.) 

(2) Voyez Froissart (II, 133, 482), au sens de coiuluctiers. (N. E.) 

(3) C'est encore 1» le curateur d'un pupille : « Jehanne dame du Bois Arnaut et Rogiers du Bois Arnaut tuteurs, curateurs 
meneurs et coiiduiseeur de Phihppot... » (Ch. des Comptes, an. 1308, Du Gange, II, 524, col. 2.) 2» Un charretier ■ « Les 
condmseurs des dites bestes et charrov seront tenus de l'amender. » Ord., V, 406, an. 1371.) (n. e.) 



co 



— 164 — 



CO 



CONDUISIERES. S. Bem. S. f. p. 255, en lalin Duclor et iJitx. 
CoNDUiTEUR. G. Guiart, MS. fol 278 R». 
CoNDUisoR. S. Bern. Serm. Ir. MS. p. 258. 

Conduit, siil'St. masc. Cominaiidement, coii- 
duile *. SauvcL^arde , escorte ^. Droil sur les 
marchandises '^. Saisie °. Sorte de poésie ^. Tci-ine 
de iiiusi(|ue ''. Canal °. Guide, conducteur ". 

* On employoil ce mol, dans le pieinier sens, en 
pai'lanl, soit du couiniandeiuenl des truupes, soit 
du guuvei'nemeiit d'une maison. OuadildeBerlrand 
duliuesclin : « ÎSous aurons la bataille, aius le tiers 
« jour passé, puisque nous sommes ou conduit de 
« Bertran. » (Ilist. de Dertr. du Guesclia, par Mén. 
p. 9G.) « Si s'arrouterent ses gens d'armes, sous le 
« comiuit de deux maresctiau.\. ■■ (Froissart, Liv. 1, 
p. Iîr>(l).) » Messire Boniface venu, se priurent à 
« deviser le seigneur de Bueil, et les autres ayans 
" conduit comment ils pourroient faire dommage 
<> au logis de comte de Bouquignan. » (ilist. de 
Loyslil, duc de Bourbon, p. 153.) 

Ou distiil aussi : « Se une maison a plusieurs chefs 
« d'hostels, cliascun chef a son conduit, ou a sou 
« ménage, etc. » (La Tbauni. Coût, de Beri'y , 
p. 431.) Conduit est encore pris pour la puissance 
paternelle et maternelle, dans Perard, Hist.de Bourg, 
p. 28-2, Tit. de V^^. 

^Conduit, pour sauvegarde, sauf-conduit. (Jurain. 
Hist. du comlc d'Aussonne, p. 26, Tit. de 12-29.) 
Escorte s'écrivoit aussi conduicl , etc. (Voyez Du 
Gange, au mol Conduclus.) « Les marchands qu'il 
« a voit pi-insou(au) coiiduitdu roy ■■ (Chron. S. Denis, 
T. I, fol. 2ôi.) On lit, dans le latin de Suger ; Con- 
duclu régis. ■■ Je vous conseille, ou cas que vous 
« n'ayez bon conduit, que tantost vous départez 
« d'ici. » (Ger.deNevers, 2'' P. p. 5.").)Cemot signilie 
escorte dans le passage suivant. Le duc de Beth- 
fort propose à Charles VU un rendez-vous conçu 
en ces tei'mes : « Auiiuel jour et place, sy compa- 
« roir voulez, vous en personne, avec le conduict 
« de la dilTormëe femme, et tous les parjures, 
« et autre puissance, telle que vous voudrez. » 
(Monstr. vol. II, fol. 49.) (2) 

Liai conduit se disoit pour loyal sauvegarde, 
libre passage, et seiir conduit dans le même sens. 
(Rymer, T.' I, p. 116, tit. de 1270.) On lit dans le 
même titie, en latin, sccuro conducta. 

'^ On nommoit conduit un droit payé sur les 
marchandises, à raison du transport : « Se la 
» charrelée a amené liaranc, ele ne doit point de 
conduit. « (Ane. Coût. d'Orléans, à la suile de 



Beaumanoir, p. 471. — Voyez Du Gange, au mol 
Co)uluctus 2, et la Table des mesliers, ms. de Mai- 
niùre, p. 50.) (3) 

° On trouve conduit mis quelquefois pour saisie 
judiciaire : '■ Au cas ^ue les dits compeisonniers 
>■ (associez), et garants seront deloyaus ourefusans 
'< juste occasion, se joindre avec celuy qui est 
« poursuivi par raison de la dite renie, ou censé, 
" est permis, à celuy qui sera exécuté, de se pour- 
« voir, par conduits sur les abouts, ou héritages 
« hypothéqués à la dite rente. "(Co;it. de Metz, Coût. 
Géu. T. I, p. 1160 ) ■ Pour le regard de ceux qui 
'< sont absens, et demeurans hors de cesle ville, et 
'< pays, redevables des dites censés, ou rentes. 
« assignez sur héritages, assis, et situez en ceste 
■• dilte ville, et pays, Usera procédé contre eux, 
« par priiclamatioii et huchemenl, ainsi qu'il est 
« de coustume ; et en vertu desquels se feront les 
» conduits, et Irelïondemens, ainsi que dessus a 
" esté urdonné. " (Ibid. p. 1163.) On dit encore, en 
^'ormandie : conduire une saisie sur un fonds, pour 
le saisir judiciairement. 

^ On appeloit conduit, que nous trouvons écrit 
conduit; une sorte de composition en vers, qui se 
mettoit en chant : 

Amoit et servoit Noslre Dame, 

Il ama, monit bien le prova ; 

Mais sollil ilit, Ue li, trova, 

Maint bel conduit ; mainte sequance. 

Hisl. Je S" Léoc. MS. de S. G. fol. -20, v- col. 3. 

Por lui, se font les clames ceintes (belles ou parées), 
Por lui ohanu: ou son.s, i-t conduitz. 

Fahl. JISS. de S. G. fol. fa, V col. 2. 

Mainte bêle chancon, 

i\Iain biau dit, maint conduit, 
l'or son déduit, en mis en son. 

Chaiis fr. du xiii" siècle, MS. de Bouli fol. -29 ,V' col. 2. 

Dans l'inventaire des livres de Charles V, il y 
avoit des livres qui avoient pour titre motez et 
conduis. (Art. 178, id. Iiivent.) (4) 

"" Ce mot semble employé comme terme de 
musique, peut-être dans le sens où l'on dit passage, 
en ces vers : 

.... En vin a trop de déduis. 
Vins fet les sons, et les conduis. 

Fabl. MSS. du U. n' "SIS. fol. 177, IV col. 2. 

° i\ons appelons encore conduit, les canaux et 
tuyaux par où les eaux coulent ; en latin nicalus, 
suivant le GIcss. du P. Labbe. Nous trouvons con- 
duis, en ce sens, dans les Chans mss. du comte 
Thib. p. 36 ; et répété dans les Poës. mss. av. 1300, 
T. 1, p. 86 (5). Ce mot étoit autrefois consacré pour 



(1) Comparez édition Korvyn, II, 56 ; XIII, 259 ; II, 83. (N. E.) 

(2) « Messires Joffrois eut grasce et co)('Ji((7 d'aler deviers la contesse. «(Froissait, IV, 69.) Ce sens est aussi dans le 
poème de Cuvelier. .\u xni» siècle, il est dans les récits d'un Ménestrel de Reims (éd. de WaiUy, Glossaire) ; dans 
Beaumanoir (ch. LXVll): « Toutes les fois qu'aucuns n'ose venir à droit, de peur de ses anemis , le signor li doit bailler 
conduit. Mais li conduit et li envoi qu'il fet en autrui cort, est aus coust de cix qui les requieront. » Voyez aussi Garin et 
Renan (v. 17611.) (N. E.) 

(3) On lit aux Ordonnances, t. VIII, p. 378, an. 1400 ; « Or voulons en cesle seconde partie traictier des chaucées , des 
coulins, des travers, des co»duî7s, des rivages, des halages. » Le co/î'/iii; , dit un texte de 1333, est membre du grant 
tonlieu. (N. E.) 

(4) OnlitdansRenart(v. 20589): « Ainsirés par joliveté. Chantant en pardurableté Motez, conduis et ohançonnettes. » (n. e.) 

(5) Dans Froissart^ c'est 1» un tuyau de fontaine : « Et donnoit ceste fontaine par ses conduits claret et pieument. » 
(XIV, 8.) i» Une galerie souterraine : « De nuit nous nous mettrons en ce conduit par dedens terre, qui est bel et grant. » 
(XI, 213.) (N. e.) 



co 



— 103 



co 



désigner, en parlant des moulins, des canaux de 
trois piedset demi, distingués des grands ruisseaux, 
qui étoient de quatorze pieds, el des ruisseaux 
communs, qui en avoienl sept. « Un général, et 
« grand ruisseau à moulin doit estrc large de 
« quatorze pieds, à mesurci' du côté de l'eau, et à 
« mesurer pour chacun cosié de sept pieds du 
« bord ; les autres communs ruisseaux doivent estre 
« larges, a mesurer comme cy-devaul, et les autres 
« petits ruisseaux, que l'on nomme fo(K7«/7s d'eau, 
« trois piedset demy. » (Coul. d'Alost, ^'ouv. Coût. 
Gea T. I, p. lllU.j " 

" Enfin, on a dit conduicl, pour guide, conduc- 
teur(l). (Voyez conduis, au pluriel, en ce sens, sous 
1 article Co.nduils.) Les Fran(;ois, inquiets de savoir 
où ils trouveroient les Anglois, y furent conduits. 
peu de tems après, par un cerf, qui partit devant 
eux. C'est ii ce sujet que la Pucelle leur dit : 
« Clievaiicliés hardiment, on auiw bon conduicl-. » 
(Monst vol. II, fol. 4o, an ii-i9 ) (2) 

vAr.i.\NTEs : 
CONDUIT. G. Guiart, ilS. fol. 66 V". 
CoNDurrTE. Perairt. Hisl. de Bourg, p. 430, TU. de i23t. 

CONDCY^. 

CoNDCiCT. Monstrfl. Vol. II, fol. 45 V». 

Conduis, piur. Falil. MSS. du R. n» 7218, fol. 357, R" col. 2. 

CoNDUiz./j/ur. l'oos. ilSS. av. 13UÙ, T. I, p. 86. 

Conduile, subst. fém. Escorte *. Guide, con- 
ducteur ^. 

* Ce mol, sous la prcimièrooribograplie, conserve 
plusieurs accepiions. On ne ledit plus poures:'!;"te. 
" Le roy lit bailler bonne conduite, et le cai:p^!:i!,ie 
•• chiiere, etc. se retirèrent a Veronue, les ;:■■(■ s le 
a roy fit pareillement conduire. » (Mém. de Kn'i.de 
la Mark. ms. p. 2'J4.) 

^ On disoit aussi condnicte, pOur guide, conduc- 
teur. « Messire Guy de Fromenlieres estoit leur 
« conduiclc principale, pour ce tiu'il avoit plusveu 
qu'eulx. >• (Le Jouvêuc. ms. p. &li.) 

VARl.iNTES (3) : 

CONDUITE. Orth. svibsist. 

CoNDUiCTE. Mém. de Rob. de la Marck, MS. p. 371. 

Conduniua, RubsL fém. On disoii, dans le 
patois de Riom, en .\u vergue, condamna aprovada, 
pour coutume approuvée, selon le Gloss. sur les 
Coût, de Bcauvoisis. 

Coiidutier, .sh/;.s/. masc. On nommoil ainsi les 
capitaines des compagnies des .gendarmes, selon le 
P. Dainel. (Milice fr.'^T. I, p. .'r/'S.) Voyez Etat des 
offic. des ducs de Bourgogne, où l'on trouve une 
ordonnance de !î7i (i), très inslriictive pour le 
service des hommes d'armes. 



VARIANTES : 
CONDUriER, CONDUCTXER. 

Condiiy, sabsl. maix. Conduite. ' Moult avoit 
« de son sens perdu, mais ce fut par courroucer 
« trop mallemenl de ce qu'elle estoit octroyée 
« à mènera u conduiide Keux. » \Lanc.dnLac, T. II, 
fol. 'i.j Ou n'écrivoii plus communément conduit. 
(Voyez ce mot pris en ce sens.) 

Couec, Mot corrompu, qu'il faut lire conu. pour 
connu;, dans ces veis où le [)cëte , après avoir fait 
allusion à notre proverbe : •■ Il n'y a de plus mal 
« chaussés que les cordonniers » , dit (|ue les 
amans loyaux , sincères triiuvenl rarement de 
loialps aDiies. 

Cordouaijiers n'eut bon soûler, 
Ne drapiers ne fu bien velus, 
Ne 9ec uime Iniam drus. 

Poés. iMSS. du Vatican, n- 1«0, fol. 33, V». 

Nous avons vu ci-dessus le caractère 1) pour 
abréviation de la syllabe cou. 

Coneucis, adj. Brisé, broyé. Selon io Gloss. de 
Labbe, qui traduit ce mot fresus. 11 semble formé 
du coincisus, incisé. 

Coiiesses. jNous trouvons ce n.ot (5) dans les 
vers suivans : 

Ne, se ja Dj.x n.e garl d'essoigne, 
Ce tu eusses grant besoigne, 
D'argent \yir que bien conesses 
Et de cri deniers me lessases. 

Fabl. .MSS. du 1!. n- 7C15. T.U, fui. 151, R- col. -2. 

Coiiestablesse. [Intercalez Concs/ablesne . 
femme du connétable de France, au Cartulaire de 
S' Etienne d'.Vuxerre (128î) et dans Froissart (XV, 

235).] (N. E.) 

Coiievez, adj. fém.plur. Connues ou conçues. 
« Teles résous pneent avoir lieu, aprez ce que l'en 
« a repondu droilpment à !a ';uerele, et aucunes 
« autres qui pueent nestre, le plel pendant, qui 
« pueent estLeco)t(''i)t£(G) parl'apar, ncedouplet. " 
(Beau m an. p. 45.) 

Coofabuhitioii, subst. fém. Discours, conver- 
sation familière ("i. (Mém. du card. de Retz, T. ÎV. 
p. 14.1 

Coiifaire. [Intercalez Confaire , exécuter : 
« Ordonner voies convigiiab'es pour confaire ce 
« que dessus est dit. »] (n. e.) 

Confait. Ce mot vient de core , pris pour 
comment. (Voyez Co.m jConfuil signifie littéralement 
comment fait, quel, quelle espèce, quelle sorte. 

Pères, fait il, ge m'en irai 
Toz esgarez, quar je ne sai 
En auel leu, n'en coiifail pais. 

Floire et Blanclwf, MS.ile S. Gerni fol. 19U, V" col. -2. 



(1) « .V pié et à cheval tant errent Li cortt/ui( et ceus qui les siveut Qu'à l'o-st au roy de France arrivent. » (G. Guiart, 
V. 3453, aS46.) (N. E.) 

(2) Enfin conduit, comme conduisetir, signifie curateur; « Lucasse, jadiz famé de Richart, et Ricardet le Prévost son tilz 
souzaagé, avec son cnndui/. » (J.l. 6i, p. 380, an. 1321.) (N. E.) 

(3) M. Litlré cite ViUehardouin coniLne ayant employé cette forme, que M. de 'Wailly n'admet pas dans son Glossaire, (n. e.) 

(4) Elli; est de li73. d'après Du Gange. (Voir la citatioii sous Coiuhicl'.ar.) (y. E.) 

(5) Ce doit être une faute de lecture. ^^■. E.) 

(6) Lisez u voyelle et non ii consonne. (N. E. ) 

(7) « Pour ce qui était de M. de Bouillon et de M. de Turen.ie, la conj'abalo.lon fut bien plus longue. ;) ^N. E.) 



co 



166 — 



CO 



Or palist, or rougist, or sue, et va tremblant 
Ne set par ((uel manière, ne par cniifet semblant 
Ele piiist déguerpir (perdre) le mal qu'ele a si grant. 
Mil. MSS. du H. Il" 12IS, fol. 3,n, P." col. 1. 

On disoit, au féminin, confailte, pour quelle. 
(Rom. de Brul, ms. fol. 55.) 

V.\RIANTES : 
GONFAIT. Fabl. MSS. du R. n» 7089, fol. 213, R° col. 2. 
CoNFET. Fabl. MSS. du H. n» 7218, fol. 345. R° col. 1. 
Confit, l'arton. de Bl. MSS. de S. G. fol. 169, V° col. 2. 

Coiifîiiteincnt , nriv. Comment, de quelle 
façon. (Voyez ci-dessus Confait.) 
Mais Getan fu haslivement 
Occis, ne say coiifailfinrut. 

Rom. de Brut, MS. fol. M, V" col. 2. 

Or chanterai, ne sai cn^ifaitement. 

Poês. MSS. Valican, n" IWO, fol. 79, R». 

On trouve souvent cet adverbe, dans Benoît de 
S" More. 

Lors commençay à panser 

Vonfaileii>enl 
Elle me porroit amer. 

Chajis. MSS. .lu C" Thibaut, p. 17. 

VARI.iNTES : 
r.ONFAlTEMENT. Rom. de Brut, MS. fol. 22, V» col. 1. 
GoNFETEMENT. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 130, V» col. 1. 

Confalons. [Intercalez Confalons, confrérie de 
pénitents auxquels S' Bonaventure prescrivit, en 
426'(, une forme particulière de prières. Leur nom 
leur vient de la bannière {gonfalon) qu'ils por- 
taient.] (n. e.) 

Coufect, adj. Rempli. (Gloss. de Marot.) On a 
dit : « Letires confectes de clameurs. » (Chron. ms. 
de Nangis, an 1303.) 

Confecter, verbe. Achever. Donner toutes les 
formes. Ce terme du droit coutumier est ainsi 
interprété par le passage suivant : « Celuy qui vou- 
" dra se porter héritier par bénéfice d'inventaire, 
« devra, dans un mois après la mort du défunt, 
« impétrer, du souverain, le dit bénéfice, et confec- 
« ter iceluy pertinenment, dans un mois de l'im- 
>■ petration ; h laquelle confection sera employée la 
« justice, ou pour le moins un membre d'icelle, 
« avec le greffier député par la justice. » (Coût, de 
Bouillon, Nouv. Coût. Gén. T. II, p. 856.) 

Confection, subst. fém. Composition (1). Un de 
nos anciens poètes dit, en parlant du premier 
homme et du serpent : 

Geste poison, comme descript atteste, 
Gausa mouvoir universelle peste, 
Qui dure encore, dont la confeclioii 
Maint honune occist, par putréfaction. 

Grelin, pa^e 1. 

Conïédérable, adj. Qui est d'un bon confédéré. 
C'est en ce sens qu'on a dit, en parlant des Suisses : 
" Vostrc confêdérable affection. » (Ambass. de 
Bassomp. T. 11, p. 143.) 



Confédéi'ablement, adv. En bon confédéré. 
(Bassomp. Ambass. T. Il, p. 'ilO.) 

Confédération du Roy (2), Nous trouvons 
l'explicalioa de celle expression, dans les Mém. de 
Montluc. La reine le consulta sur la ligue qui se 
faisoit vers 1576. « Je luy conseillay (dit-il) qu'elle 
« devoit faire en sorte que le roy disl luy-mcsme, 
" (lu'il avoit entendu qu'une ligue se dressoit en 
'< son royaume, et que cela ne pouvoit estre sans 
■^ luy donner de la crainte, et du soupçon ; qu'il 
" devoit prier tous généralement de rompre cette 
« ligue, et qu'il vouloit faire une association en son 
« royaume de laquelle il seroit le chef. Elle fut 
« ainsi appellée quelque temps; mais après elle 
« changea de nom, et l'appella-t-on la confédéra- 
« tion du Roy. » (Mém. de Montluc, T. II, p. 172.) 

Confédéré, (idj. Allié. Ce mot s'est dit des vil- 
les et de leurs babitaiis qui avoient ensemble une 
espèce de société de commune pour jouir des 
mêmes privilèges. (Coût, de Langle, Nouv. Coût. 
Gén. T. I, p. 303.) 

Confondre, verbe. Feindre. Con augmentatif 
a été souvent .ijouté aux verbes, sans rien changer 
ù leur signification (Falconnet), surtout par nos an- 
ciens poètes, quand ils ont eu besoin d'une syllabe 
de plus. Ce Gloss. en fournit beaucoup d'exemples. 

J'alng (j'aime) leaument, sans trïchier. 

Sans cniifeiidre. 
Ce dient cil qui en vuelent trïchier. 

Lamlierl Fcrris, Poës. MSS. av.-uu 1300, T. I, p. 2M. 

Conférance, subst. fém. Comparaison. On a 
dit, en parlant de François I" : 

Certainement la grande conférance 
De ta hauteur, avec sa préférence 
Me monstre, etc. 

Clém. Marot, p. 60D. 

VARIANTES : 
CONFÉRANCE. Clém. Marot, p. 609. 
Conférence, 

Conférer, verbe. Comparer. On lit : « conférer 
« Lysander à Sylla », dans Montaigne, Essais, T. II, 
page l\'i. 

Confernienient, subst. mase. Confirmation, 
ratification. 

Nous, nostre arcevesque avon 

Qui a son fié à caution. 

Par le confennemenl (3) de Romme. 

Rom. de Brul. MS. fol. 105, R" col. 1. 

Confermer, oer^^e. Confirmer*. Conformer^. 
Confiner, approcher'^. 

* Ce mot, qui dans S. Bernard, Serm. fr. mss. 
page 53, répond au latin adstruerc, confirmare et 
soîidare, se trouve, avec le premier sens de con- 
firmer, dans les Dictionnaires d'Oudin, de Monet, 
de Cotgrave, etc. « Histoire coiifermée par une 



(1) On lit déjà dans un ms. du xiii' siècle : « En un bacin sur le charbun Seit faite la confeccion. » (n. e.) 

(2) Cnnfecicration date du xiv siècle : « Comme Estienne Marcel... et autres... eussent fait... plusieurs... confcderacions 
armées. > (llibl. de l'Ec. des Chartes, 5' série, I, 81.) (N. e.) 

(3) On trouve au même sens con/rei/idnee (1283) et (•cui/erma)u'/te (1293) dans un cartulaire de Corbie. C'était même un 
droit payé pour la confirmation d'un privilège. (Du Gange, II, 532, col. 3.) (N. e.) 



co 



— 167 — 



CO 



« infinilé de tesrnoignages. » (Apol. pour lléiodole, 
préf. p. 3-2,) 

^ Il est plus l'.ire de trouver confcriner. pour 
conformer. H est employé, en ce sens, dans Percef. 
où on lit : « Se lu viens a autruy servir, tu dois 
« regai'der les meurs d'icelluy que tu veulx servir; 
« car SI lu ne te peulx confi'vnwr h sa manière, à 
<' peine pourras-tu jouyr de luy, nede son service, » 
(Percef. Vol. Il, fol. l'.8.) 

"^ Ce mot semble signifier confiner, approcher, 
dans le passage suivant : « Si fist tanlost aporter 
« pierres, et gros marïen (pièces de bois) qu'il 
« fist gelter au fond d'icelluy bras de mer. pour se 
« \'enir confermer h la cité. « (Tri. des IX Preux, 
page 137.) 

VARIANTKS: 

CONFERJiER. Loisel, Hist. de lîeauvais, p. 266. 
CONFAKMER. S. B. Serni.fr. MSS. p. 117, en lai. confinnarc. 
CoNFORMEiR et CONFORMER. S. B. Ssrm. fr. MSS. p. 111. 
CoNFREWER. Ducli. Gên. de Béthune, p. 140. 
KoNFREMER. Carptntier, Hist. de Cambray, p. 29. 

Confei'on, siibst. jnasc Ce mot semble le même 
que gonfanon. (Borel, 'i" add.) 11 y a apparence 
qu'il aura mal lu. 

Confés, adj. Confessé*. Qui a mis ordre à ses 
affaires^. 

* Le premier sens confessé est le sens propre. 
C'est celui qui est indi(iué dans le Gloss. de l'Hist. 
de Bretagne, dans celui sur les Coul. de Beauvoisis, 
et dans les Dict. de Borel, de Corneille, d'Oudin et 
de Cotgrave. « Seroient quittes de toz les péchiez, 
« que il avtiiens faiz, dont il seroient conjcs. » 
(Villehard. p.2(l).)0nlil: « fOJi/'eicde leurs pL^'liiez», 
dans le Jouvenc. ms. p. 322. 

s. Severins fu pape apriés, 

Dont lurfnl li .Tuis ciDifics, 

Et balissié, par toute Espagne. 

Ph. Mouskes, MS. p. i;!. 

De là, se faire confiés pour se confesser. Richard, 
duc de Normandie : 

Prist >in jor en apiert (ouvertement), 

Son frère arcevesque Robierl ; 
A Fescans, devant le couvent, 
L'emmena, tout apertement (pubUqT.iement), 
Et devant tout sf j'ist cou/iés. 

l'h. Mouskes, MS. p 410 et 411. 

On disoil confesse (2) au féminin, dans un ancien 
fabliau, ms. du Boy, intitulé : « Du chevalier qui list 
« sa femme confesse (3), ■■> c'est-à-dire qui confessa sa 
femme. (N° 7218, fol. 199.) 

^ Comme on mettoit ordre à ses affaires, en se 
confessant, et qu'on déclaroil, surtout, les aumô- 
nes et legs pieux qu'on vouloil faire, on a quelque- 
fois employé le mot cunfés, pour exprimer celui qui 
avoit déclaré ses dernières volontés, et même, non- 
seulement au sujet de ses aumônes ou legs pieux , 
mais aussi par rapport au payement de ses dettes. 



On disoil desconfés, dans un sens contraire, pour 
celui qui étoit mort intestat, et sans avoir mis 
ordre à ses alTaires. (Ord. des R. de Fr. T. I, p. 210.) 

VARIANTES : 
CONFÉS. Rabelais, T. I, p. 197. 
CoNFEX. Le Jouvenc. MS. p. 322. 

CONFEZ, CONFEIZ. 

Confiés. Ph. Mouskes, j\IS. p. 43, 410 et 4M. 

Confesse, fém. Fabl. MSS. du R. n" 7218, f» 199, V» col. 1. 

Confés, snhst. masc. Confesseur. Ce même mot 
qui, comme adjectif, signifioit celui qui s'étoit con- 
fessé, signifioit aussi, comme subslautir, confes- 
seur ; non cependant dans le sens du ministre du 
sacrement de confession, mais dans le sens d'un 
chrétien qui a professé, confessé publiquement la 
foi chrétienne, et qui a mérité, à ce titre, les récom- 
penses éternelles. « C'est sainz confis nostre 
« signer, » dans S. Bern. Serm. fr. iiss. répond au 
latin confessor domini, p. 317. 

Sainz, et saintes, co)ifcs, martyr. 

Gilleberl de ISenieville. l'ocs. MSS. avant 1300, T. I, p. -255. 
S. Beneois a dont feni, 
Et sains Remis mou ru apriés ; 
Et puis sains Mars ki fu confii's. 

Pli. Mouskes, MS. p. U; Ibid. p. -24 et i:9. 

VARIAMES : 
CONFÉS. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 317, en lat. cnnfessor. 
Confiés. Ph. Mouskes, MS. p. 14. 

Confesser, verbe. Ce mot subsiste sous la pre- 
mière orthographe. Comme on a dit confés, pour 
désigner celui qui a liiis ordre à ses alTaires, qui 
les a arrangées, il sembleroit que c'est de là que 
vient l'expression confessier malement, employée 
dans le sens où nous disons arranger uuil, maltrai- 
ter. Voici le passage; il s'agit d'un mari et d'une 
femme qui se battent : 

Vers sa famé se radreya, 

Qui en la corbeille est versée ; 

Malement Veut confessiée, 

Ne fust Simons qui li escrie 

Fui toi, Musart. n'en (ne la) tuë mie. 

Faljl. MSS. du R. n- 1218, fol. 50, V' col. 2. 

CO.NJIIGAISO.N. 

Confessasse, imparf. subj. Confessât. '■ Il a voulu 
« que l'homme se co)t fessasse à Dieu. » (Tri. de la 
Noble Dame, fol. 180.) 

VARIA.NTES : 
CONFESSER. Orth. subsist. 
Confessier. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 50, V» col. 2. 

Confesseresse, subst. fém. On a dit : sainles 
confesseresses, comme nous disons saints confes- 
seurs. (Apol. pour Hérodote, p. (il9.) 

Confession, subst. fém. Confession (4), On lit 
dans la Salade, fol. 2-4 : « Compte, par vraye coit- 
« fesse, la somme de ses péchés. » 

L'ennemi (le démon), qui nos caupresse 
Ne hel tant riens corne confesse. 

Pofâ. MSS. avant 1300. T. IV, p. 1318. 



(1) Edition de WaiDy (§ 429, 523.) (N. E.) 

(2) On lit dans Roncisvals (p. 175) : « Aude est confesse, sa raison a finée. » (N. E.) 

(3) Ce féminin s'est aussi pris pour confession (Lai d'Ignaurès) : « Vous meismes prestres sorés , Les coii/iesses 
escouterés. » (n. e.) 

(4) Au passage suivant, ton/'ession est mis pour confirmation (Roncisvals, p. 140): « De ceste espéê qui me pent au 
giron, Lui ai donné si grant confessio7i. » (N. .e) 



co 



IG8 



CO 



Caux qui lor pénnnce (pénilence) ont prise, 

Par sainte con/icsse de glise (église). 

Hh. Mouskes, MS. p. 50. 

On disoit ■ ■' sniis fai.e C():ifc';sr,\\e confessi m -, 
pour sans se confesser. (Hist. de Fr. à la suite du 
Rom. de Fauv. fol. 7'o ) 

Nous l'cmaniiicions sur le mol confession, qui 
subsiste, les expressions siiivanles, .lui ne sont 
plus en usage : 

1" Confession ilivis-Ji', c"c-t-à-dire faite à Aeiw 
confesseui's différ-ns, dans la]uel!e le pi^nitent 
cache ;"! l'un ce qu'il confie à l'autre. (Doctrin. de 
Sapience, fol. 'ûi.) 

'l" Homme et femme de confession désigne les 
personnes qui sont en âge d'aller fi confesse. (Ord. 
des R. de Fr. T. lll, p. ino.) 

;i° Dire en co)ifession une eliose, c'est la confier 
sous la loi du secrcl. proprement sons le sceau de 
la confession. ■• Sire, je vous le dy en confession, 
« et par manière que r.nlz ne le sache. » (Hist. de 
Berlr. du Guescl. par Mén. p 273.) 

Confession semble une faute, pour confusion, 
dans ce passage : Les .4ngiois ayant levé le sié.ge 
devant Orléans, en 14-i9, « se feiVeiit lors par toute 
" la ville i:ranl joye, el nioull grands csbaudisse- 
■' ments, quand ils se veirent, el cog'i;eurenl ainsi 
H estre délivrez de leurs faux : dvcrsaires, et enne- 
" mis, et le remanant (le resle'j en aller à leur con- 
'• fession{l). « (ilonslr. Vol. 11. fol. 44.1 On trouve la 
même faute daiîs C. (iuiart, fol. [-21. 

On disoit proverbialement : 

i. Confesse de Renarl, pour confession peu sin- 
cère et artificieuse. 

C'est le i-ihifesse du Renctrt, 

Dont vous me faites ci muser ; 

Ne volez vous d'el (d'autre chose) confesser. 

Vies des SS, MS. de Sorb. di. Lvm. col. 1. 

2 .... De faussse confession, 

Fait-on fausse absolution. 

Froissarl, Por s. MSS. p. H , col. 2. 

VARIANTES : 
CONFESSION. Orih. subsist. 
Confesse. La Salade, fol. 24, V" col. 2. 
CoNFiESSE. Ph. Mouskes, iiS. p. 50. 
Comf1 KssE. 

Confession. [Intercalez Confession, déposi- 
tion : » D'un mémorial, deux deniers, excepté des 
■• mémoriaux... esquelz il aura dedens aucune 
« confession o\i oïdennance de justice, » (Ord. VI, 
;i04, an. 1377.)] (n. k.) 

Confessionntïires. subst. mase. plitr. On se 
servoil autrefois de co mol pour signilior ceux à 
qui le pape avoil accordé la rémission de (|uelque 
crime. On lil, au sujet de l'absolution sollicitée par 
fleuri 111, pour la mort des Guises, que ce n'éioil : 
•< chose nouvelle de donner de tels brefs à des 
■< princes, et qu'il y a même de petits compagnons, 
" el seigneurs privez ausquels les papes en ont 
« donné, avec limitation néanmoins, el les appelle- 
« t-ou confessio)inaux ou confessionnaives. (Mém. 
de Villeroy, T. 111, p. 188.) 



VARIANTES : 
CONFESSIOX.V.MRES. Mém. de Villoroy. T. III, p. 188. 

CO.NFKSSIONNAUX. Ibid. 

Conîessoire, «(/J. Terme de droit. On appelle 
action eonfessoire : » l'action réelle par laquelle 
« nous poursnyvons celuy qui nous empêche de 
" joiiir dudroict, ou servitude i|ui nous appartient, 
« s lit à nosire personne, ou à in^s héritages, etc. ■> 
(fir. Coul. de Fr. p. 395.) 

Confessor, subst. mnsc. Confesseur *. Confi- 
dent °. 

* Sur le premier sens de coiifesseur, voyez le 
Testament du comte d'.\lençon, à la suite de.îoinv. 
p. 18C. 

^ Ce mol semble mis pour confident, ami de 
confiance, dans ces vers : 

Il estoit curé de ma vie 

Mes co)if'esso)-s (2), et tote ma vie. 

Vies des SS. MS. de Sorb. clùf. LX. cil. 00. 

Confiance, subst. fém. On trouve •• homme de 
mauvaise canfiance » c'est-à-dire à qui il serait 
dangereux de se fier, dans :\Iodiis et Racio, mss. fol. 
301. Peut-éire est-ce une faute pour cnnsianee. Ce 
qui ine le feroil croire, c'est qu'on lit ailleurs 
conscience et consiauce. 

Conîiiint, adj. Qui a confiance. •> Confiant de 
« vostre dicle clémence , et doulceur , me suis 
« avancé de vous en faire ung présent. « (Crétin, 
Epiire, p. 7.) 

Conflchié. [Intercalez Conpchié . confisqué 
dans un acte de 1350 (Du Cange, II, 533, col. 1): 
« Le(juele maison et jardin furent confîcliié ii 
« lediîe église par le forfaiture de feu Helyot. » 
Froissait donne fOH/'?(/;(/e(éd.Kervyn. ll,39G).] (n. e.) 

Confidence, subst. féni. Confiance *. Faction °. 

* Dans le premier sens, on disoit : « avec plus de 
" confidence, et de hardiesse. " (Sag. de Charr. 
p. 45.) .1 Ayantconfideiice, es diltes lettres. » (Godef. 
Observ. sur Charles VIll, p. 318) 

^ En termes de jurisprudence, confidence signifie 
paction, et s'emploie encore iiuelquefois en ce sens ; 
on disoit aulrclois cnfeojfer sur confidence. C'étoit 
inféoder avec promesses de remplir certaines 
coiiditions. (Tenur. de LiîU. p. 108.) 

Confident, subst. masc. Terme de chevalerie. 
On donna cinq confidens à la Cbasleneraie, et quatre 
à Jarnac, lors de leur combat, en 1547. (La Colomb. 
Th. d'honn. p. 429.) Ces co»//rf('»s sont vraissembla- 
blemenl les mêmes qui, dans d'autres combats, sont 
appelés cunseillers. Ils accompagnoient les cheva- 
liers jusque dans le champ clos. ■■ En cest équipage 
<> entrèrent en camp, conduits parleurs parrins, 
" et accompagnez de leurs confidens. » (Mém. du 
Bellay, Liv. 8,' fol. 269.) 

Conîienient , subst. masc. Confiance. Va 
seigneur qui re(;oit l'hommage d'un vassal, dit : 



(1) Le sens peut être : se trouver à l'article de la mort. (n. e.) 

i'2) Coiiftjssors est dans Renart (v. 4779), au sens de confesseur de la foi. (s. E.) 



co 



— 169 — 



CO 



« Je vous reçoy comme mon homme de fief, sauf 
« mon droict, et l'autniy, à tels usages, et coustumes 
« de ma cour, et du pays; et en ce conlienient, en 
<■ nom de foy. et de vray seigneur, doit le seigneur 
« baiser l'homme en la bouche. » (Bout. Som. Rur. 
p. 478.) 

Confierrer, ^>erbe. Attendre, espérer. Peut-être 
faut-il lire consieurrer, dans les vers suivans : 

Par iJeu, amors ! fort (difficilp) m'est à confierrer 
De vos voer un jor en la sentaine (centaine) ; 
Sor tûtes riens me fêtes ilesirrer, 
Vostre gent cors qui tant m'a livré paine. 

Oede de la courroierie, Poês. MSS. avant 1300, T. II, p. 655. 

Confiés, aubst. macs. plur. Pairs de fief. On 
disoit confiés, comme on disoit convassaiix, pareils 
en fié ou fief, et pareils en vassalité. Confiés de 
cour étoient les seigneurs inférieurs qui assistoient 
leur suiierain dans les jugemens,;jrt;'e,s<'H)'2rt'. « Les 
« seigneurs rendoient la justice en personne, ils 
« étoient assistés de leurs vassaux, c'est pour cela 
« que lesvassauxétoientapellésparescuriœ,fOH/;t^s 
« de cour. >• (Observ. sur les Assis, de Jérus. p. 260.) 
« Par l'avis du bailly, et des pairs, apellés confiés 
•< de cour, pares curia?, ou curtis. » (La Thaum. 
Coût, de Berry, p. 102.) « I^es vassaux, et houimes 
« de fief étoient juges les uns des autres ; ils sont 
« appelez pares curiic, chez les auteurs latins, et 
« dans les anciennes chroniques, confiés de cour, 
« et de feauté. ■ (Ibid. p. 22.) « Les seigneurs 
" affranchissant leurs hommes serfs, et établissant 
« leurs bourgeoisies, ont donné pouvoir à leurs 
« nouveaux bourgeois, d'eslre les juges de leurs 
« causes , de mesme que les nobles, et vassaux 
« appelles confiés de cour et de feauté; ho.mmes de 
« fief, et de cour, étoient les juges naturels des 
" causes féodales, et des différents meus entre les 
•' nobles, et vassaux. ^ (Ibid. p. 223.) 

Configer, iierbe. Percer. En latin configere, 
selon le (iloss. du P. Labbe, p. AW). 

Configureit, partie. Semblable, conforme. (S. 
Bern. Serm. fr. mss. p. 35, où le mot répond au 
latin confignratus.) 

Conl'inage, snbst. musc. Bornes, limites. (Pasq. 
Rech. p. 11.) Nous trouvonsce mot employécomme 
synonyme de limites, dans la Goul. de Gorze, Nouv. 
Coût. Gén. T. Il, p. 1091. 

Confinement, subst. masc. Exil, prison. « Fut 
« condamné à mort, qui luy fut néanlmoins 
" eschangée, par la douceur de l'empereur, en un 
" confinement Aq religion, et de monastère. » [Pasq. 
Rech. liv. Il, p. 41.) 

Confiner, verbe. Finir. Proprement mettre des 
bornes. « La mort sachant bien qu'elle seule me peut 
« terminer, et confiner (1) cestedouleur. » (L'Amant 
ressuscité, p. 424.) 



Confinité, subst. fém. Bords, limites. » Villes 

« situées environ la confinité de la mer. » (Chron. 

fr. Ms. de Nangis, an 1303.) On lit dans le latin 
confinia. 

Confire, vei-be. Apprêter, composer. Ce mot 
subsiste, mais le sens en est restreint à certaines 
prépirations. Il étoit autrefois plus général. On 
disoit, par exemple, de la viande (2) : " 

Je la fais bien cuire et confire, 
Et digérer bien doit souftlre. 

Eust. Desch. Po.-s. MSS. fol. 279, col. 3. 

Voyez le Blason des faulces amours, p. 231. On 
appliquoit même ce mot à la composition des 
onguens : 

N'a mestre el mont qui tant seust confire 

D'oingnement, ne d'emplastre qui m'en donnast remire. 
Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol 346, R- col. 1. 

Confirmation, subst. fém. Acie judiciaire. On 
trouve la formule de celte espèce d'acte, dans les 
Tenur. de Liltleton, chap. ix, du .3' Livre, fol. 119. 

Confisquer, ver/'r'. Perdre par forfaiture (3). Ce 
mol subsiste, maison l'employecommunémenldans 
la signification active. Autrefois il ne -^e prenoit que 
passivement. » Les Génois, sous Louis XÎI, furent 
<' déclarez d'avoir tous commis crime de leze 
'< majesté, par quoy. a bon, et juste droicl, ils 
« avoient confisqué !e corps, el les biens. » (.1. de 
S. Gelais, Hist. de Louis XII, p. 199.) « Confisquer 
« son fief, c'est ce que les autres coutumes disent 
« commettre, ou forfaire son fief ; quand, parla faute 
" du vassal, il est acquis au seigneur feudal. » 
(Laur. Gloss. du Dr. fr.) 

1. Confit. [Intercalez Confit, eau sure dans 
laquelle le chamoiseur plonge les peaux minces: 
« Pelletiers, megissiers, teinturiers de toille, bar- 
« baudicrs et autres de semblable estât, de faire 
« leurs confis, megis et baihaudes au dedans de 
» leurs maisons. « (Ord. II, 315.)] (n. e ) 

2. Confit, adj. Cuit *. Pénétré, rempli °. 

* On a vu au mot Confire que ce verbe avoit 
autrefois un sens bien plus général qu'aujourd'hui ; 
il en est de même de confit, qui est pioprenientson 
participe. On le disoit pour cuit, mais particulière- 
ment de ce qui étoit extrêmement cuit. •■ Ung dres- 
» souer (bulfet) plain de chair confite par force de 
" feu. » (Percef Vol. V, fol 89.) 

" Cette acception donna lieu d'employer, au figuré, 
le mot confit pour pénétré, de même que confit 
dans le passage que nous venons de citer signifioit 
pénétré de feu ; on disoit confit en misère, pour 
pénétré de misère. (Sagesse de Charron, p. 35.) 

Nous disons encore confit en dévotion, pénétré, 
rempli de dévotion. De là, les autres expressions 
confit ensentences, pour rempli de senlences; confit 
en toute sorte de scélératesse, pour consommé en 
toute sorte de scélératesse. Garasse (Rech. des Rech. 



(1) Ce verbe est dans Commines (II, 5). (n. e.) 

(2) .loinville pnrle « de lait de jument con/it en herbes (§ 487). » (n. e.) 

(3) On lit dans le .Touvencel (fol. 72) : o Se en ung péage il passe un marchant qui ne acquitte ce qu'il porte , il confisque 
toute sa marchandise, en beaucoup de heux est il. » (N. E.) 

IV. 22 



co 



no - 



CO 



p. 556.), les reproche à Pasquier , comaie des 
expressions ridicules. 

Confit en doclrine, pour rempli de science^ se 
trouve dans Oudin, Cur. fr. J. Marot, p. 13, a dit : 
Tant opwlents, en richesses confits. 

VARIANTES : 
CONFIT. J. Marot, p. 10. 

CONFICT. 

3. Confit, suhst. masc. On a dit: avoirmauvais 
confit, pour mal réussir, avoir un mauvais succès. 

Anglois ont là mauvais confit, 
Vaincu s'en vont, et desconfit. 

G. Guiart, MS. fol. 70 R- (1). 

Confiture, subst. féni. Apprêt *. Douceur, 
aménité ^. 

* Au premier sens, ce motétoit générique, comme 
celui de conllre : « Ce seigneur vint à son queux 
« (cuisinier), et lui dit qu'il mille coeur en si bonne 
« manière, et l'apareiliasse en telle confiture, que 
« on en peut bien manger. » (Fauch. Lang. et Poës. 
fr. p. 426.) « M'a apporté iierbes à faire la confiture 
« de l'onguement dont le bon roi mehaingné, 
« duquel sang vous estes issu, sera gary. » (Percef. 
Vol. VI, fol. 117.) Nous avons restreint le sens de 
ce mot à certaines préparations avec le sucre ou 
le miel (2). 

^ Il paroitroit qu'il avoit aussi cette signification, 
du temps de Crétin qui l'emploie figurément, pour 
douceur, aménité, dans ce vers : 

Du tien parler la doulce confiture. 

Crétin, p. 242. 

Conflagration, subst. fém. Embrasement (3). 
(Monet, Cotgrave, Oudin, Dict.) 

Confiant, subsl. masc. Confluent. C'est le lieu 
où plusieurs rivières s'assemblent. Ce mot n'est pas 
absolument hors d'usage. Personne n'ignore que 
c'est de là que plusieurs lieux situés au confluent 
de deux rivières ont été nommés Confiant, Con/lans, 
Con/laiits, Confoulens (i). 

VARIAiNTES : 
GONFLANT. Nicot, Dict. 

CONFLANS. 

Confié, adj. Enflé, gonflé. (Dict. d'Oudin.) » Doit 
« le forment tremper, tant qu'il soit bien confié » 
(Modus et Racio, fol 69.) 

Conflict, s!<7^s^ ?ttflsc. Combat. (Gloss. de Marot.) 
« En ce conflict, nous feismes perte de quelques 
•< forsats. » (Mém. Du Bellay, Liv. 10, fol. 340.) On 
écrit aujourd'hui conjlit et ce mot ne s'emploie que 
dans cette expression, conflit de jurisdiction. 



Conflou, subst. masc. Presse, foule, affluence. 
<• Monta haslivement à cheval, et vint à la porte de 
>' Marlainville en bataille : en ce con/lou, et impé- 
« tueux parlement, fui frappé le dit bailly d'Evreux, 
« etc. » (Al. Chart. Hist. de Charles V et VIII, p. 185.) 

Confluer, verbe. Couler ensemble. (Dict. de 
Monet.) 

Confoler. [Intercalez Confokr, fouler aux 
pieds: " Us menèrent par nuit plusieurs beufs en 
« une cheneviere dudit Quillart, et la confolerent 
« et gasterent pour la plus grant partie. » (JJ. 437, 
p. 21, an. 1389.)] (n. e.) 

Confolens, subst. masc. yj^^/r. (Voyez Foncema- 
gne, extr. pour la 3= race, p. 309.) 

Confondement, subst. masc. Confusion. 

En sospirant de parfont, 
Trop atendrai le confondement 
Ke les grans detreces me font. 

Erii. li Vielle de Gaslin, Poés. MSS. av. 1300, T. II, p. 889. 

Confondre, verbe. Consumer*. Détruire^. 

* On disoil au propre : « Confondent des biens, et 
« du vin plus qu'il ne pourroit (pourioit tenir) en 
« une botte. » (Les Quinze Joyesdu Mariage, p. 49.) 
Au figuré, dans le même sens de consumer : 

Mourir quit (je crois), si je n'ai 

Celé qui mon cuer confont. 

Chans. Fr. du Xlir siècle, MS. de Bouliier, fol. 2G6, R*. 

^ Confondre signifioil aussi détruire, renverser. 

Mal fait qui destruit, et confont 
Ce dont on puet estre au desur (estre maistre). 
Fabl. MSS. de S. G. fol. 88, R-col. 3. 

Il signifie encore brouiller, mêler confusément, 
confondre. (Voyez S' Athanase, symb. fr. [" et 2' 
traduction.) 

Confondu, partie. Détruit, renversé. « Fina- 
« blement, la plus grande partie de la dite porte 
« fut confondue, et cheut tout à plat. » (Monstr. 
Vol. I, fol. 138.) 

Conformé, partie. Confirmé. (Closs. de Marot.) 
« Après lequel traicté fait, et conformé {vt), etc. » 
(Monstrelet, Vol. I, fol. 287.) « JNostre amytié estant 
« conformée, et plus que conformée. « (L'Amant 
ressusc. p. 401. — Voy. Ord. T. III, p. 663.) 

Conformément, subst. masc. Confirmation. 
On disoil : conformément de marehié. (Beauman. 
page 185.) 

Coniormer, verbe. Etre conforme*. Confirmer, 
rendre conforme ^. 

* On lit, au premier sens : » Certes je desirerois 



(1) Vers 3665 (4067) de l'édition, (n. e.) 

(2) Ce sens est dans une chanson à la Vierge du xni« siècle (Màtzner, p. 67) : « Siros confis de douce confiture De quatre 
herbes pleines de santé. » (n. e.) 

(3) Ce mot , employé par Rabelais et Montaigne , ne se trouve pas aux premières éditions du Dictionnaire de 
l'Académie, (n. e.) 

(4) C'est la forme latine, tandis que Condat était la forme gauloise. On lit dans Carloix (VIII, 29) : « Nous partismes de 
Mayence, pour venir à Coublants, aultrement Confinants, que nous disons en françois corrompu Confians ; qui est quand 
une rivière entre en une aultre plus grande en laquelle elle perd son nom , conune Confians entre Paris et le pont 
Charenton. » (n. e.) 

(5) On lit au Recueil de Tailliar (p. 34) : « Nous à la requeste de cascune partie, cheste pais, si comme il est contenu en 
leurs Chartres, sauf nostre droit, conformasmes et volons qu'elle soit tenue ferme. » (N. E.) 



co 



- 171 — 



co 



« beaucoup en veoir l'expérience et congnoistre à 
« veue d'œil si Veiïeiconforyne au bruit qui en est. « 
(D. Flor. de Grèce, fol. 151.) 

Vieille d'honneur, dont la grâce, et la forme, 

A la beaulté des jeunes, se conforme. 

Rabelais, é|iit. p. 40. 

^ On a confondu les significations de conformer 
et de confirmer. Nous avons déjà vu qu'on a dit 
confirmer pour conformer. On trouve conformer 
pour confirmer dans Rabelais, T. I, p. 111. 

Dans le sens de rendre conforme. (Voy. S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 213, répond au latin coMformare.') 

Confort, subst. masc. Aide, consolation (1), en- 
couragement. (Voy. Nicot, Monet, Cotgr. et Gloss. 
de Marot.) « J'endure grand maux, sans espoir de 
« confort. » (Des Ace. Bigarr. fol. 24.) 

De cest espoir prendrions tant de confort, 
Que de pleurer n'aurions plus la puissance. 

MelindeS. Gelais p. 113. 

Poi de confort apaise cuer marri 

Poês. MSS. Vatican, n" 15-2-2, fol. 153, R' col. 2. 

On a dit commun confort, pour soulagement, 
ressource commune , en parlant des pâturages 
d'une communauté. « Les lais (lieux laissés par la 
" rivière) de la rivière sonlcommun confort, quant 
" aux pasturases. » (Proc. verb. de la Coût, de 
Bourb. Nouv. Coût. Gen. T. III, p. 1227.) (2) 

VARIANTES : 
CONFORT, CoNFORZ. Marbodus, col. 1G44. On lit conforz, 
dans le MSS. de S. Victor. 

Confortable, adj. Consolant. 

Tel confort nos as doné. 

Par les tiens confortables (3) dis. 

Vies des SS. MS. de Sorb. cbif. LX, col. 12. 

Conlortance , subst. fém. Soutien , conso- 
lation. 

La Royne au bois estoit, 
Qui forment se déconfortoit ; 
Sies raonseingnor Loys de France 
Li estoit de grant confortance. 

Hist. de France, à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 89. 

VARIANTES : 
CONFORTANCE. Hist. de Fr. à la suite du Rom. de Fauv. 
CONFORTENCE. Fabl. MSS. du R. n» 7615, T. II, fol. 208. 

Confortans, subst. masc. plur. Alliés. On a dit 
en ce sens : « Procurèrent une trêve entre les deux 
" rois, et leurs confortans. » (Froissart, livre I, 
page 203.) (4) 

Conforté , adj. Déterminé , résolu. « Nous 
« sommes tous confortés de nous deffendre. » 
(Froissart, liv. I, p. 203.) (5) 

Conforteniain, subst. fém. Soutien*. Terme 
de pratique^. 
* On trouve ce mot pour soutien, dans du Tillet, 



et à peu près dans le sens oii nous disons main 
forte. « La confortemain de la justice a été quel- 
« quefois commandée aux gouverneurs , etc. » 
C'est-à-dire qu'il leur a été commandé de prêter 
main forte à la justice. (Du Tillet, Rec. des R. de Fr. 
page 353.) 

^ Gomme terme de pratique, corfor^emam (6) dési- 
gne » le secours des lettres du prince donné au 
« seigneur féodal, pour le maintenir en la main 
« mise du fief dont il s'est saisi. » (Monet, Nicot, 
Cotgrave, Oudin, et Laur. Gloss. du Dr. fr.) 

Confortement , subst. masc. Soulagement , 
satisfaction. 

Fabliaux sont or moult en corse (cours, vogue) 
Maint deniers en ont en borse. 
Cil qui les content, et les portent : 
Car grant confortement enportent 
As envoisiez, et as oiseux (gens gaillards). 
Fauch. Lang. et Poès. fr. p. 178. 

Conforter, verbe. Consoler, soutenir, fortifier. 
(Gloss. de Marot.) On trouve confortare, au même 
sens, dans le Gloss. lat. de Du Gange. " Il n'y avoit 
« personne qui luy put donner secours, ny la con- 
« forter de paroles. » (Nuits de Str .parole, T. I, 
p. 203.) » Lebaillyconnoistlesloiauxdeslricheeurs, 
« il pourra, et devra les loiaux atraire près de soi 
« et conforter; et déporter ceux qui ont mestier de 
« confort, et de déport. » (Beauman. p. 10. —Voy. 
Ord. desR. de Fr. T. I, p. 619.) 

CONJl.GAISON : 

Confortirent, prêter. Réconfortèrent. (Hist. de la 
S" Croix, MS. p. 16.) 

VARIANTES : 
CONFORTER. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 113. 
CuNFORTER. Marbodus, col. 1600. 

Conforteresse, subst. fém. Protectrice, bien- 
faitrice. On appeloit Vénus « la conforteresse de 
» tous amans. » (Percef. Vol. II, fol. 73.) 

Conforteur, subst. masc. Consolateur, protec- 
teur. On lit en ce sens : « Dieu des desirers souve- 
« rain conforteur aux pucelles. » (Perceforest, 
Vol. IV, fol. 125.) 

Confrairie, subst. fém. Association. Ce mot, 
dont nous avons presque restreint la signification 
aux associations de piété, étoit autrefois d'un usage 
bien plus étendu. Froissart se sert du mot confrai- 
rie, en parlant des chevaliers de l'ordre de la .larre- 
tière.Il s'en sert aussi pour les chevaliers de l'Etoile 
qu'il appelle « confrairie de la noble maison de 
« S' Ouen. » (Froissart, liv. I, p. 175, an 1350.) 

Il senibleroit qu'on ait dit : confrairie des dra- 
piers, pour communauté, corps des drapiers, dans 
les Ord. des R. de Fr. T. IV, p. 535 et 536 ; mais 



(1) « Ses confors fu regrês et plors. » (Floire et Blancheflor, v. 1734.) Dans Roland, il a le sens de reconfort : « Entr'els 
en unt e orgoil et cunfort. » (Vers 1941.) (N. E.) 

(2) Dans Froissart, s»s le confort signifie sous la garantie de. (V, 99 ; XVI, 159.) (N. E.) 

(3) Le mot est aujourd'hui plus anglais que français, (n. e.) 

(4) Comparez éd. Kervyn, VI, 18 ; III, 346. (n. e.) 

(5) On lit encore au t. VII, p. 447 de l'éd. Kervyn : « Et estoit grans chevaliers, fors et hardis durement et confortés e» 
toutes ses besoingnes. » Il signifie encore assuré ; « Conforté que il aroient la guerre. » (X, 191.) (n. e.) 

(G) Voir Coutumier général, II, 452. (n. e.) 



co 



172 



CO 



c'étoit peiil-êlre une association de dévotion, comme 
celles des procureurs, des notaires et secrétaires 
du roi ^Ibid. p. 553', ou bien encore comme celle 
des marchands de vin. (Ibid. p. 591.) 

Brantôme parle d'une certaine confrérie, inven- 
tée et obser' ée par plusieurs seigneurs, que Cathe- 
rine de Médicis avoit fort à cœur d'abolir. (Dames 
Illustr. p. 8G.) C'étoit sans doute quelqu'une de ces 
co«/'/ï/n'/<'Si,1) de factions, dont il est souvent mention 
dans les conciles, et notamment dans celui de Bor- 
deaux, en r248. 

On trouve, dans Oudin, Dict. et Cur. fr., différen- 
tes façons de parler proverbiales auxquelles ce mot 
a donné lieu. 

VARIANTES (2) : 

CONFRAIRIE. Orth. subsistanle. 
CoNFRAERiE. Ord. des R. de Fr. T. III, p. 360. 
CoNFRÉRiK. Brantôme, Dames Gall. p. 86. 

Confraternité, snbst. fém. Confrairie. On 
trouve dans le Rec. des Ord. T. V, p. 271, des lettres 
de 13(19, accordées à la confraternité (3) de l'église 
de Laon. Ces lettres permettent aux chapelains de 
la dite confrairie de faire corps et collège, etc. 
Froissait se sert aussi de ce mol comme de celui 
de confrairie, en parlant de l'ordre delà Jarretière. 
(Liv. 1, p. 414.) 

Confrère, subst. masc. Ce mot subsiste. Frois- 
sart l'appliquoit aux chevaliers de l'ordre de la 
Jarretière. (Liv. I, p. 144.) 

Confroisser, partie. Accabler. On disoit, en ce 
sens, eiivironné et confroissé (4) de toutes parts. 
(Tri. des IX Preux, p. 343.) 

VARIANTES : 
CONFROISSER. 

CoNFROissiER. S. Bem. Serra, fr. MSS. page 49, en latin 
Confrinyera. 

Confrontation, .S!/&s^ fém. Frontière. Ce mot 
subsiste, mais dans un sens très différent. On a dit 
confronta tions{ô),mettes, et bonnes, cour {voniïeres, 
limites et bornes, dans un article du traité de Bre- 
tigny, en 13G0. (Voy. Chron. Fr. ms. de Nangis.) 

Confroutement, subst. masc. Comparaison. 
« Par le confrontement, et rapport des mœurs des 
« Vénitiens, Italiens, avec les citoyens de Vannes. « 
(Pasq. Rech. p. 11.) 

Confronter, verbe. Confiner. « Les isles de 
« Jarsée et de Grenesie qui confrontent entre l'An- 
« gleterre et Bretagne. « (Hist. de Loys III, duc de 
Bourbon, p. 52.) Nous ne dirions plus, en ce sens, 
ce mot qui subsiste avec d'autres significations. 



Confuir, verbe. Défier, provoquer. Il semble 
que ce soit le sens de ce mot, en ce passage. Les 
Normands, voyant assassiner Guillaume Longue- 
Epée , sans pouvoir le secourir , menacent les 
assassins : 

et de mort les deffient, 

Traitors les apelent, et de Dieu les maudienl : 
N'osent entrer en l'eue, ne en batel ne se (lent, 
Mez d'assembler bataille, d^^ manoir les confuient. 
Rom. de Kou, MS. p. 71. 

Confunt, ndj. Confondu, accablé. 

De duel (douleur, affliction) confunt, et d'ire. 

Audefrois li Bastars, Poès. ilSS. avant 13u0, T. Il, p. 854. 

Confus, adj. Honteux. Mot subsistant. (Voyez 
S. Bern. Serm. fr. mss. p. 331.) (6) 

Confusible, flf/J. Confus, en désordre*. Horri- 
ble, infâme ^. 

* On diâoit dans le sens propre : » Les mist en 
<• fuite confusible, en latiuelle il y eut grant nom- 
» bre d'occis. ■> (Tri. des IX Preux, p. 33G.) 

^ De là, ce mol exprimoit, au figuré, le désordre 
de l'àme excité par l'horreur ou la honte. 

Monstre nourry en l'obscure sentine. 
Au bas bourbier et puante lattrine, 
Yssu du fond?, au confusible gouffre, 
Noir, ténébreux, plus puant que n'est soulphre. 
Les Marg. de la Marg. fol. 188, R'. 

« Puissants, et haultains princes, de tant que 
« plus puissans avez esté, plus puissament serez 
« pugnis, et souffrerés plus eonfusibles , et plus 
« puissans tormens. « (Histoire de la Toison d'Or, 
Vol. II, fol. 127. — Voy. ci-apiès Confusse.) 

Çonfusiblement, adv. En désordre*. Honteu- 
sement ^. 

* Dans le premier sens, on lit : « Au siège de 
« Calais, en 143G, les Anglois emportoient aucunes 
« fois la renommée pour la journée, et d'aulrepart 
« les Picards les rebouttoient trop souvent jusques 
« dedans leurs barrières assez çonfusiblement. » 
(Monstrel. vol II, fol. 133.) 

^ Çonfusiblement est mis pour honteusement, 
dans ce passage : » Il chassa t'ou/'«s//>/e»ifHi hors de 
« sa court ceulxqui, en prévarication de leur loy, 
» avoyent sacrifié aux ydoles. » (Hist. de la Toison 
d'or. Vol. II, fol. 96.) 

Confusion, subst. fém. Ce mot, qui subsiste et 
qui se trouve dans le sens de honte, est employé de 
même par S Bernard (Serm. fr. p. 325.) Il est 
employé par le même dans la signification de chaos, 
p. 380, et semble une faute d'orlhographe pour con- 
clusion, dans ces vers : 



(1) CoH/'i-aiWe est encore pris en mauvaise part dans un acte de 1317 (Martène , Anec, I, col. 1351): k Sur ce qu'ils 
disoient que nous avions fait les alliances et cotifrairies jurées au préjudice d'eux, de leur honneur et noblesse, jurisdiction ; 
et pour ce eussent mis mains en nos terres. » (n. e.) 

(2) On trouve encore conf ravie au t. III des Ordon., p. 583, an. 1362. (n. e.) 

(3) « Comme plusieurs personnes meues de devocion et autrement, pour le remède de leurs âmes, aient donné et laissé 
ça en arriéres plusieurs choses es biens aus chappellains de la compagnie et confraternité de l'église de Laon. y (N. E.^ 

(4) On lit dans Froissart ; « Et le confroissa et le bleça tellement que U chevaliers n'eut oncques puis bonne santé. » 
(V. 89.) Au t. IV, p. 282, il signifie démolir : « Des enghiens qui brisoient et confroissoient murs et tours. » (n. e.) 

(5) Il a encore ce sens dans Palissy (80. (n. e.) 

(6) Dans Froissart, il a le sens épuisé : « .Avant que nous feussions là, nous serions tous confus d'haleine et de force. » 
(XIII, 245.) (N. E.) 



co 



173 — 



CO 



.... Si répliquent les raisons, 
Et mêlent les coiifimioiis, 
L'une en ce que l'autre a dit. 

Modus el R.icio, IIS. fol. 15!) R". 

On lit nilleurs conclusions. 
Confusse, adj. au fém. Honteuse. 

Or est ma vie si coiifusse. 

Que chascun me liet et Jesprise (haït et méprise). 
Fabl. MSS. du K. ii° 1218, fol. 139, R- col. 1. 

Confiitateur, subst. masc. Qui réfute. On a 
dit : '■ Confutateur d'erreur problématique. » 
(Goujat, Bibl. fr. T. XIII, p. 135.) 

Confutation, subst. fém. Réfutation. (Dict. 
d'Oudiii.) 

Conluter, verbe. Réfuter (1). (Monet, Rob. Est., 
Nicol, Oudin.) 

Congé , subst. masc. Permission , consente- 
ment*. Permission de partir, adieu °. Exclusion *^. 
Révérence °. 

Ce mot semble à quelques-uns venir, comme 
l'italien congedo, du mot latin concedo. On trouve 
les mots congédia et congerius pour congé, dans le 
Gloss. lat. de Du Gange. Selon Ménage, congé vient 
de commcatus ('2], et celle étymologie peut se confir- 
mer par l'expression de Pline le Jeune, accepta 
comnieatu. (Liv. III, Epit. 4, Falc.) 

* Congé, dans son origine , sigiiifioit permission, 
consentement. Nous le disons encore quelquefois 
en ce sens, el nous écrivons congé. « Par quel c::<igé 
« entras- tu céans ? Je y entray, disl Sagremois, pur 
« son commandement, et par son congé. « (Laiic. 
du Lac, Vol. II, fol. 42.) 

Mon coeur, qu'avec raison votre discours étonne, 
N'entend pas que mes yeux fassent mal à personne, 
Et si dans quelque chose ils vous ont outragé, 
Je puis vous assurer que c'est sans mon congé. 

L'Etourdi, comëd. de Molière, acte 1", se. '.'i. 

C'étoit un pléonasme de dire : » Sans le congié 
« de la licence du roy. » (Chron. fr. ms. de Nangis, 
an l'I'll.) On lit dans le latin sine régis licenliâ. 

On disoit, en parlant d'un domestique : " Je te 
« donne congé de l'en aller. » (Contes de la R. de 
Nav. T. II, p. (38.) Nous dirions aujourd'hui simple- 
ment : je te donne congé. 

" En effet, par la suite, le mot congé, du sens 
générique permission, passa à l'acception particu- 
lière permission de partir, et il est en usage dans 
ce sens. Nous disons, comme autrefois, /n-èndre et 
donner congé pour faire ou recevoir des adieux. 
Nous ne dirions cependant pas congé pour adieu, 
comme en celte phrase: « Luy disant, pour ce 
« congé, queje me recommandois à sa bonne grâce ; 
« elle me respondit, et moy à la vostre. » (L'Amant 
ressuscité, p. 408.) 

'^ Donner congé se prenant pour renvoyer, se prit 
bientôt pour éconduire, exclure. Ainsi congé signifia 
exclusion, refus. « Tous les recevoit ; n'a nuls n'en 



« donnoil congé, el faisoit à tous bonne chère » 
(Froissc.rt, Liv. 111, p. ;i()8.) 

Dans ce sens, donner congié sigiiifioit mettre 
dehors : 

Congié vos doing de cete yglise. 

Fabl. MS^. de S. G. fol. -11. V" col. 3. 

"Comme congé signifioit adieu, il paroit qu'en 
parlant de danse , congié signilioit la révérence par 
laquelle la danse se finissoit : 

Branle et congié je fays en toute humblesse ; 
Touchant pas simple, ung tout seul je n'en lesse ; 
Jlais je ne puys ung double apparier. 

J.Marol, p. 247. 

11 nous reste ii remarquer quelques expressions 
dans lesquelles entre le mol congé : 

1° On disoit congié penre, pour prendre congé, 
se retirer. (Beaum. p. 10.) 

Si a prins congié de s'en aler. 

Gace de la Bii;ne. des Doduils, MS. fol. 53, V'. 

2° De droit congé. Un magistrat doit réunir à 
beaucoup d'autres qualités : « un corps de belle 
« représentation, et de grave majesté, fort, et puis- 
» sant, de droit congé pour soubstenir la vérité, et 
» pour surmarcher (dompter) les rebelles qui contre 
« vérité se vouldroyent eslever. » (llist. de la Tois. 
d'or. Vol. II, fol. 120.) Celle expression de droit 
congé ne présente pas ici de sens bien ;'éterminé. 

3° Congé de personnes et menée. Expression 
autrefois usitée au barreau, pour signifier : « jour 
« marqué à un seigneur pour le délivrer aux plaids 
" de quelque barre voisine, et y mener les sujets. » 
(Gloss. de l'Hist. de Bretagne.) 

4 Congé simple, congé dejfaut, congé de cour sont 
des termes de palais. « Le congé simple s'obtient par 
« un défendeur, contre un demandeur non compa- 
" ranl,ou àfaulederépliquer;etp;irrintimé, contre 
« l'apellant défaillant, qui avoil relevé, et assigné. « 

» Le congé de cour n'emporte pas gain, si ce n'est 
» ù faute de répliquer, el soutenir en action de 
« retrait lignager qui est odieux en quelques pro- 
« vinces, et en quelques autres cas : autrement il 
« ne délivre que de l'instance ; et peut bien encore, 
" en après , le même demandeur intenter nouvelle 
" instance, pour même chose, contre la même 
« personne, à la charge des despens de la première 
« instance, et du congé. >> (Laur. Gloss. du Dr. fr. — 
Voyez Coût. Gén. T. 1, p. 452.) 

Le congé deffaut, selon Cotgrave, « se donne à 
« l'appellant qui a esté anticipé, contre l'anticipant 
« défaillant » On dit encore, en ce sens, défaut- 
congé, mais avec celle différence qu'il s'accorde au 
deffendeur contre le demandeur, soit que ce soit 
par appel ou en première instance. 

VARIANTES : 
CONGÉ. Orth. subsist. Loix Norm. art. 5, en latin Ucentia. 
CoNJÉ. Du Cange, Gloss. lat. au mot Comiatus. 
Congié. L'Oisel, Hist de Beauvais, p. 266. 
CoNGiET. S. Bern. Serm. fr. .MSS. p. 27, en latin Ucentia. 



(1) On lit dans Marot (IV, 15) : « Mais j'ai honte pourtant. Dont tel opprobre on m'a peu imputer, Et que sur champ ne 
l'ay scfu confiitcr. » Voir aussi du Bellay (490). (n. e.) 



(.2) Cette origine nous est indiquée par le provençal comjat; de même somniare a donné songer, 
sergent, (n. e.) 



et sen'ientem , 



co 



— 174 — 



CO 



Congeable, adj. Qu'on doit exclure *. Ce dont 
on peut" exclure ^. 

* Dans le premier sens, congeable se disoit des 
personnes. « Enfant congeable. >• (Tenur. de 
Littl. fol. 45.) 

^ Dans le second sens, congeable se disoit des 
clioses. « Un domaine congeable (I) est celui duquel 
« le possesseur se doit dessaisir, à la volonté du 
« seigneur bailleur duquel il est tenu, en luy payant 
« ses" améliorations. « (Laur. Gloss. du Dr. fr. ; 
Morice,Ilist.deBret. prêt, de Preuv.T.lll, p. XVII.) 
Congréables est une faute pour congeables, dans la 
Coût, de Bret. ihid. p. 780. On a dit convenant, au 
même sens ; voyez ce mot, et Convenanciers ci-après. 

Congéé, participe. Congédié, renvoyé. 

Je tieng mal apaié (mal content) 

Le congéé ; mes cil est plus mal mis 
Qui là s'atent ou l'en l'a fausnoié (refusé). 

Poes. MSS. du Vatican, n- 1522, fol. 1G2, R' col. 1. 

VARIANTES : 
CONGÉÉ. Ph. Mouskes, MS. p. 364. 
CoNGiÉ. Contin. de G. de Tyr, iMartene, T. V, col. 705. 

Congéement, subst. maso. Terme de coutume. 
Congé donné au tenancier d'un domaine congeable. 
(Cout. de Bret. Nouv. Coût. Cén. T. IV, p. 413. — 
Voyez ci-dessus Congeadle.) 

Congéer,î»er&e. Congédier, bannir(2;. Chasser*. 
Renvoyer avec honneur ^. (Voyez, sur ce mot, le 
Gloss. sur les Cout. de Beauvoisis ; le Gloss. du P. 
Martene, et Du Gange, au mot Congeare.) Il paroît 
qu'il s'est pris en bonne et en mauvaise part. 

* En mauvaise part, qui étoit la signification la 
plus ordinaire. On a dit de Thierry, chassé par ses 
sujets : 

K'il orent congéé de France, 

Et descouronné par viltance (mépris). 

Ph. Mouskes, MS. p. 46. 

Après la mort « de la royne d'Espaigne, sœur à 
« Henry roi d'Angleterre, les Espaignols congierenl 
" tous les Anglois, hommes, et femmes, serviteurs 
« de la dicte royne. » (Monstrel. Vol. I, fol. 83.) 

° Conijéer se prenoit rarement en bonne part ; 
alors il paroît qu'il signifioit renvoyer avec hon- 
neur, et c'est en ce sens que nous croyons devoir 
l'entendre, dans le passage suivant, où il s'agit de 
la demande en mariage de la fille du comte de 
Provence, par Louis IX : 

On li a sans demorée (retard, délai) , 

Envoiié trop liement, 

Del tout à son commandement.... 

A grant fieste l'a rongée 

Li rois, et si fu couronnée. 

Ph. Mouskes, MS. p. "81. 



VARIANTES : 
CONGÉEU. Ph. Mouskes, MS. p. 48. 
CoNGiER. Monstr. Vol. I, fol. 83 V° (3). 

Congénère!' , verbe. Engendrer ensemble. 
(Oudin, Cotgrave, Dict ) 

Congie, subst. fém. Sorte de mesure. Du latin 
congius, mesure- ancienne dont on se servoit pour 
mesurer les liqueurs. (Cotgrave, Oud. Dict.) 

Congie, S» pers. de l'ind. prés. C'est une faute 
dans le proverbe suivant pour concilie, du verbe 
concilier, salir, ci-dessus. 

Qui fait son preu (qui travaille à son ouvrage), 
Ne congie sa main, 
Ce dist li vilains. 

Prov. du Vil. MS. de S. G. fol. 74, V' co!. 3 (4). 

Congie. [Intercalez Congie: 1° Joug pour les 
bœufs : « Et si a li cuens sor deux quartiers de 
« tiere trois sols de cens au Noël pour les congles, 
« dont on joint les buves ki mainent le laigne el 
« castiel de Namur. » (Ch. de 1265, Du Cange, II, 
540, col. 2.) 2" Congre, poisson: « Morues et congles 
" salés, le cent .xvii. den. » (Reg. Pater de la Ch. 
des Comptes, fol. 247, r.)] (n. e.) 

Congmectre, verbe. Commettre. « Chascun 
« pour son party y congmectra ung de ses rois 
« d'armes. » (P. .). de Saintré, p. 371.) 

Congnace, subst. fém. Le fruit du coignassier. 

Au matin, la congnace franche 
Rousoye, en son coton nouveau, 
Par dessus sa jaunastre peau. 

Bergeries de Rem. Bell. fol. 50 R-. 

variantes : 
CONGNACE. R. Belleau, Berger, fol. 50 R°. 
CoiNGNASSE. Dict. de R. Estienne. 

Congneii, suhst. masc. Celui qu'on connoît. 
M. deCÔuci ayant appelé un médecin de Laon, pour 
la maladie de Charles VI. " Lorsqu'il fut venu, le 
>■ sire de Coucy, devers qui il se trait (alla) prémiè- 
« rement, car il estoit grandement son congneu{5), 
« le mena devers les oncles du roy. » (Froissart, 
Liv. IV, p. 157.) 

Congneiie, subst. fém. Connoissance.Lalégende 
de P. Faifeu,chap. 17, porte pour titre: « Comment 
« il s'en retourna de Paris à Angers, avecques 
« aucuns de sa congnuë. » 

Congneussement,s!/&sL masc. Connoissance. 
C'est ainsi que l'éditeur explique ce mot dans Ger. 
de Nev. l" P. p. 131. Il faudroit peut-être lire 
soingneusement, soigneusement (6), au lieu de son 
congneussement. 



(1) Nous avons déjà parlé, au t. III, p. 301, n. 3, du domaine congeable en Bretagne, (n. e.) 

(2) Ce congé était donné par sentence judiciaire (Assises de Jérusalem, ch. CCVIII) : « Se il avient que un seignor de sa 
Tolenté congée un de ses homes de sa seignorie, sans ce que il attaint de chose de quoi il le face congéer par esgard ou par 
conoissance de court... » (N. e.) 

(3) On lit au ch. CLXXXl du livre I" : « Que vous laissiez le voyage qu'avez commencé, en congiant vostre ost. » (N. e.) 

(4) Voici comme ce proverbe est rapporté dans Leroux de Lincy (11, 463): « Ne vei ne fouis ne sage Qui coveite soun 
damage, Ainz veut checun soun ben. Li josnes ne li vieux Mes nus frères nul meuz Al soun oes que al mien. Qui fest soun 
prou e vist sa tnain. » (n. e.) 

(5) Mettez une cédille sous le c. (n. e.) 

(6) Le sens est plutôt ami. Comparez éd. Kervyn, XV, 49. (N. E.) 



co 



175 — 



CO 



Congnin, siibst. masc. Nous n'entendons pas 
ce mot ; voici le passage où il se trouve : 

Par miracle hault, et divin, 

Le soleil fait changer en vin 

Le vert jus, qui suis grant devin ; 

Mais nins que je soye alïulé (paré) 

De gloire, ung très mauvais congnin (1) 

Me tiendra soubz le pied foulé. 

Monnet, p. 18*. 

Congnissable. [Intercalez Congnissable, dans 
l'expression se faire congnissable, se faire con- 
naître (Froissart, IX, 75).] (n. e.) 

Congnoissance, stibst. fém. Idée, souvenir *. 
Savoir *. Discernement, raison '=. Reconnoissance, 
indice ". Reconnoissance, aveu ^. Reconnoissance, 
billet ''. Reconnoissance, gratitude °. Armoiries, 
devises, etc. ". Etendart'. Juridiction " (2;. Ce mot, 
qui subsiste sous l'orthographe connoissance, se 
prend encore dans divers sens qu'il seroit superflu 
de rapporter. Nous nous bornons à ceux qui ne 
sont plus d'usage, ou qui entrent dans des expres- 
sions qu'on n'admet plus. 

* Nous disons encore connoissance, pour l'idée 
d'une chose ou d'une personne qu'on s'est em- 
preinte autrefois dans l'esprit, et qu'on se rappelle. 
Nous ne dirions cependant plus, en parlant d'une 
personne dont on ignore le domicile : 

Son domicile est hors de cognoyssance. 
Molinet, p. 132. 

^ Nous disons encore avoir des connoissances, 
pour être instruit. On a dit autrefois un roi dr "on- 
jrHoissa«cf, pour un roi instruit. (Falc.) Un astroluiiue 
avoit prédit à René, roi de Sicile, que Philippe de 
Valois seroit défait. Froissart (liv. I, p. 52), dit que le 
roi de Sicile, » comme roi de congnoissance (3), moult 
« doutoit le péril, et le danger du roy de France, » 
c'est-à-dire comme prince fort habile dans l'astrolo- 
gie judiciaire. Tel étoit en effet le roi de Sicile. René. 
"^ On a pris dans le même sens à peu près le mot 
connoissance [i), lorsqu'on l'a employé pour discer- 
nement, raison, jugement, non pas le naturel, mais 
celui qui s'acquiert : 

Hélas, sire, montrés moy le chemin 

Ou je puisse congnoissance trouver ; 

Va à la court 

mais n'y puet séjourner. 

Congnoissance se tient trop peu à court. 

Eusl. Desch. Poes. MSS.fol. 268, col. 1. 

Et ailleurs : 

D'où viens tu ? de la cour du Roy, 
Ce dit justice àcungiioissance... 
Donc y a tu pou de puissance? 
On n'y congnoist droit ne raison. 

Ibid. fol. 288, col. 4. 



° On a dit connoissance pour reconnoissance, 
presque dans toutes les acceptions de ce mot, pour 
reconnoissance, indice, action de reconnoitre quel- 
qu'un aux senlimens. " Et l;i eut grandes congnois- 
« saiices, et approchemens d'amour. » (Froissart, 
liv. I, p. '29 ) Proprement connoissance est ici pour 
caresse entre amis qui se retrouvent (.5), et l'on a dit 
congnoissement en ce même sens. 

^ Ce mol a été employé pour reconnoissance, 
aveu. « Après qu'ils eurent oui la connoissance du 
'< duc, » c'est-à-dire l'aveu que fit le duc de Bour- 
gogne de l'assassinat du duc d'Orléans. (Monslrelet, 
Vol. I, fol. 31.) Connoissance est opposé à néance, 
comme aveu à désaveu,dansBeaumanoir,p.l56(6). 
Il a été pris aussi pour reconnoissance, déclaration. 
(Voyez Duchesne, Gén. de Béthune, page 164, titre 
de 1247.) 

■" On s'est servi de ce mot pour reconnoissance, 
billet. « Un cler non marié ne tiendra pas prison 
« pour dépens faits en prison, et pour le geolage ; 
« mais le geôlier en aura une congnoissance. » 
(Gr. Coût, de Fr. liv. IV, p. 513.) 

° Il s'est dit pour reconnoissance , gratitude , 
opposé à incongnoissance : 

Congnoissance (7) face devoir. 
C'est ce qui le tion cuer attrait (attire). 
Pour faire tous biens apparoir, 
Maugré c^\x incongnoissance (ingratitude) en ait. 
Eust. Desch. Poès. MSS. fol. 441, col. 4. 

" C'est proprement comme reconnoissance, in- 
dice, que connoissance a signifié armoiries, devi- 
ses, etc. En effet, on les appeloit aussi enseignes, 
marques , reconnoissances , ces sortes d'indices 
destinés à se faire reconnoitre, et qu'on mettoit sur 
les cottes d'armes, les écus, les lances mêmes, etc. 
De là, le nom (iecon)ioissance (8) appliqué au blason 
du champ de l'écu, et aussi aux marques données 
par les dames aux chevaliers qu'elles vouloient 
reconnoitre dans les tournois. « Recongneut Lan- 
f celot, au pannonceau qu'il avoit sur son heaulme, 
« et ce fust la première congnoissance qui oncques 
« eust esté portée au temps du roy Artus sur 
« heaulme. » (Lanc. du Lac, T. I, fol. 107.) « Lan- 
« celot qui commenta à regarder les escus des deux 
« chevaliers veist qu'ils estoient tous vermeilz, 
« sans nulle congnoissance, et il esloit de cous- 
» tume, en ce temps, que nul nouveau chevalier ne 
« portast, le premier an qu'il recevoil l'ordre de 
« chevalerie, escu qu'il ne fust tout d'une couleur. » 
(Ibid. T. m, fol. 110.) « Le chevalier veit ung escu 
« pendant à un crocq là où il avoit fiché les deux 



(1) Lisez coquin. (N. E.) 

(2) Ce mot signifie encore : 1» réputation : « Car toujours viennent li bon à mettreté et à congnissancc. (Froissart, II, 12.) 
2» Estime : « Pour mieulx avoir la hantise et la congnoissance de leurs marchandi.ses. » (Froissart, XVI, 33.) (N'. E.) 

(3) M. Kervyn édite ; « Com rois plains de grant congnissance, et qui doubtoit ce péril [la victoire d'Edouard III] et le 
domage dou roy de France son cousin. » (III, 56.) (N. E.) 

(4) On disait aussi au sens passif de sans être reconnu : « Sans cognissance de ses ennemis. » (Froiss., V, 243.) (N. E.) 

(5) Le sens peut être salutations : « Si eult là entre yauls frères grant congnissanche. » (XVII, 439.) (N. E.) 

(6) « Quant connissance est fête en cort, on ne pot pas fere niance de ce qu'on a reconnut. » (VII, 12). On lit encore dans 
Froissart (XVII, 294) : « Il fist mettre à mort che Hue de Bielcoroy seloncq la congnoissance qu'il fist. » (N. E.) 

(7) On lit à la 37« .\ouvelle de Louis XI : « S'il est en moi de vous faire autant de service, pensez que j'aurai connoissance 
de la courtoisie. » (N. e.) 

(8) Ce sens est déjà dans Roland, v. 3090 : « Escuz unt genz de mult cunoisances. » (N. e.) 



co 



- 176 — 



CO 



« piedz d'une; lyon, et les deux piedz d'unpt serpent, 
" mais la cliainpaigne (le champ de l'esou) n'avoit 
« congnoitisance . >• (Perceforest, Vol. H, fol. 8'J.) 
" Pucelle, je vous prye que j'aye aucune congiwis- 
" scDice de vous pour la lance parer. Si seray plus 
« preux en vostre besongne. » (Ibid. Vol. I, f" 143; 
Voyez lîoni. de Brut, ms. fol. 'ii; Lancelol du Lac, 
T. J, fol. 108.) 

Alant i montent les vassax, 

Si metent armes et chevax 

Sor les pomeax des mas en ont 

Fait chascun porter un dragon (1) : 

Fait sont, par granz sénéfiances, 

De .II. princes les cun>ioissa»ce.i : 

L'une est blanche conme cristal, 

Et l'autre d'un vermeil cendal. 

Blanch.irdLii, MS. de S. G. fol. 185. R' col. 1. 

' C'est en ce même sens d'indice (jue le mol con- 
noissance a signifié élendarl, drapeau : 

A entr'eus mainte comiuinianee 
De soie tissue, et légière, 
Maint penoncel, mainte banière. 

G Guiarl, MS. fol. fiO. R°. 

"Enfin connaissance sig'nifioit juridiction, le droit 
de connoîlre d'une affaire. Unie liouve fréquem- 
ment, en ce sens, dans les coulumes et les ordon- 
nances, et celte acceplion peut même passer pour 
subsistante ; mais nous ne dirions plus avoir eon- 
noissancc sur quelqu'un, comme en ce passage : 
« Ceux de Bruges n'auront plus de cogno/ssance 
<■ sur ceux de l'Ecluse. » ^Monstr. Vol. H, fol. !'24.) 
On trouve dans les Assis, de Jérns. \). 10 et suivan- 
tes : ronnoissance de court, pour juridiction, et 
jugement rendu par la cour de justice. (Voyez Du 
Gange, au moi Cognitio placiti.]i^2) 

11 nous reste à marquer quelques expressions 
particulières : 

\° On disoit lettres de connaissance, pour sauve- 
garde, protection, lettres par lesquelles un seigneur 
reconnoissoit quelqu'un comme bourgeois de sa 
seigneurie : » Un bourgeois ayant lettres appellées 
« deco?t)(0JssftHce(3^, nefourfait(perd par confisca- 
« tion) rien de ses biens , soient meubles , ou 
>' immeubles, pour quelque cas de meschef qu'à 
•< luv, ou a sa famille sernit advenu. >> (Coût, de 
iXivelle, iNouv. Coût. Gén. T. I, p. Tit»').) 

'2° l'rendre sa congnoissance, pour se reconnoitre 
les uns et les autres. > 11 y avoit si grant nombre 
« de torches venues de riches hommes, que la plus 
« grant partie du tournoy y prenoit sa congnois- 
' sance. « (Percef. Vol. I, fol. 155.) 

VARIANTES : 
CONGNOISSANCE. Chron. S Denis, T. II, p. 145 V» 
CooNissANCE. Voy. Cognoissance ci-après. 
CONGNOYSSANCE. Molinet, p. 132. 
Cognoissance. Perard, Hist. de Bourg, p. 300, tit. de 1213. 



CoNGNOisT.ANCE. Falfeu, p. iOS. 

CoNNissANCE. Ord. T. III, p. 294. 

CoNOisSANCE. Chans. du comte Thib. p. 103. 

CoNNOissAiN'CE. Orth. subsistante. 

CONESSANCK. S. Burn. Serm. fr. MSS. p. 35. 

CONIBSANCE. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 25. 

CoNiSEANCE. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 25. 

CoNisxANCE et CoNiXANCE. S. liern. Serm. fr. MSS. p. 11. 

Cui.NisANGE. Marbodus, col. 1642. 

CuNuiSANCE. Ibid. dans le MS. de S. Victor. 

Congnoissaiiment. [Intercalez Congnoissau- 
menl, en connaissance de cause, au reg. JJ. 138, 
p. m, an. 1389.] {s. e.) 

Congnoisseinent, subst. masc. Reconnois- 
sance. Caresses entre amis qui se retrouvent. 
« Adonc se retirèrent à part les deux compaignons 
» par devers leurs amyes, ou la feste, et le con- 
" gnoisseuient fui gianf. » (Percef. Vol. VI, fol. 93. 
— Voyez CoN.NoissE.vENT dans un autre sens.) 

Congnoistre, verbe. Connoitre*. Apercevoir, 
senlir^. Avouer*^. Prendre connoissance, juger". 

Le mol congnoistre, employé par S. Bernard sous 
les orthographes ci-dessous, répond au latin agnos- 
cere, cognoscere, noscere, prœnoscere et scire. 

* Dans le sens où nous disons connoitre, on a 
écrit : 

Si faut il cognoistra avant qu'aimer. 

Coiiles de Chol. fol. 22;i, R-. 

Ou comme ou lil dans un autre de nos anciens 
poêles : 

Il faut covfjiioislre (4) avant que aimer. 

L'Amant rendu Cordelier, p. 514. 

^ On a dit aussi C0(/?!02Sfr(? pour s'apercevoir, sen- 
tir. Le poêle parlant de sa dame qui enfiloit des 
fleurs dans les épines de groseiller, et qui ensuite 
les lui donnoil à baiser, dit : 

Dont en baisant, ra'avint deus fois 

Que li espinçon (épines) de ce bois 

Me poindirent (picquèrent) moult aigrement : 

Et madame, qui liement 

S'esbatoit adonc avoec moi. 

Me dist, en riant; assés je croi 

Plus tost ncé.s ce cogneii, 

C'ui matin le jour perceu. 

Froissart, Poos. MSS. p. 138, col. 1 et 2. 

^ Ces acceptions s'éloignent peu de celles de 
notre verbe connoitre. Viwe, signification ancienne, 
plus éloignée de celles qui subsistent, est avouer (5), 
confesser. « Gallehaut luy pria tant, elenquistque 
i> il luy congneut que il aymoit la royne, qu'il lui 
» avouât qu'il aimoitla reine. » (Lancelol du Lac, 
T. III, fol. l'2(j.) « Ainçois me congnoistrés-vous 
" toute votre malice. » (Percefor. Vol. H, fol. 138.) 

Son péchié connnsi, si fut pris. 

Fabl. MSS. do S. G. fol. 3, R" col. 1. 

Il est encore employé sous cette acceplion dans 
Perard, Ilisl. de Bourgogne, p. 486, lit. de 1257. 



(1) Ces dragons servaient de supports, comme dans ce passage de G. Guiart : « Cils dragons soutint la bannière Des 
co>riwtsm>ices l'eraperiere. » Voyez d'autres exemples dans Du Gange, sous Cngiiitioiies (II, 418, col. 3). (N. E.) 

(2) C'est le privilège d'une commune de juger dans l'étendue de sa juridiction les procès de contrats et d'héritage. Les 
Anglais disaient cunusaiice île plée, et les Assises de Jérusalem (ch. XLV) connoissanre de court, (n. e.) 

(3) Voir la note précédente. (N. e.) 

(4) « Et ossl la ione fille le coiignoissoil plus et lui tenoit plus grant co«paignie que nule de ses sereurs. « (Froissart, 
II, 54.) (N. E.) 

(5) « Il fu questionnés et si bien examinés ffue il coîwMciU toute la trahison, b (Froissart, IV, H8.) Voyez aussi Berte 
as, 115.)(N. E.) 



co 



177 - 



CO 



Connoistre dans cette signification est propre- 
ment faire connoilre (1). 

° Nous avons vu connoissunce, pour juridiction, 
pouvoir de juger. On a dit, dans le même sens, 
conoistre. Nous employons encore connoître avec 
celte acception, pour désigner le ressort. Le Parle- 
ment connoît des duels, le grand conseil connoît 
des réglemens de juges, etc., "mais nous ne dirions 
pas, comme dans les Assis, de Jérusalem, page 159 : 
" Il le doivent faire si com la court l'a coneu », 
pour dire comme la cour l'a jugé. C'est aussi le sens 
auquel il se trouve dans Rymer, T. I, page HC, 
titre de 1270 (-2). 

CONJUGAISON : 

Congneu, partie. Connu. (Fabl. mss. de S. G. f» 3.) 

Congueusse, subj. prés. Connoisse. (Froissart, 
liv. III, p. 338.; 

Congneut, prêter. Connut. (Chron. 8. Den. T. II.) 

Connissoit, imparf. Connoissoit. (Fabl. mss. du R. 
n' 7218, fol. 150.) 

Connistroie, imparf. subj. Connoitrois. (Ordonn. 
T. III, p. 205.) 

Connougut, partie. Connu. (Patois de Cahors. — 
Borel, au mot Glouper.) 

Connui, prêter. Je connus. (Poës. mss. Vatican, 
n" 1490. fol. 6.) 

Connuit, indic. prés. Connoit. (Estrub. Fabl. mss. 
du R. n» 7996, p. 85.) 

Conui, prêter. Je connus. (Gontiers, Poës. mss. 
avant 1300, T. III, p. 102/i.) 

Conustras, fut. Connoitras. (Hist. de la S" Croix, 
Ms. page 20.) 

Couuisçons, ind. prés. Connoissons. (Fabl. ms. du 
R. n" 7989, fol. 213.) 

Coiinissans, partie, prés. Connoissoit. (Poës. mss. 
avant 1300. T. IV, p. 1320.) 

Counisteroie, imp. subj. Connoitrois. (Fabl. mss. 
du R. n» 7989, fol. 213.) 

Counu, partie. Connu. (Fabl. mss. du R. n" 7989.) 

Counute, partie, fém. Connue. (Règle de S. Ben. 
lat. fr. ms. de Beauv. ch. Cl.) 

Cunuissent, indic. prés. Connoissent. (Marbodus, 
prol. suivant le ms. de S. Victor.) 

Kenissant et Kennissant, participe. Connoissant. 
(Carpentier, Hist. de Cambrai, p. 28.) 

Coneu, part. Cogneu, reconneu. Confessé, avoué. 
(Perard, Hist. de Bourg, p. 480, tit. de 1257.) 

Cogneu (ayez:. Connoissez, sachez. (Perard, Hist. 
de Bourg, p. 300, tit. de 1213.) 

Cognut, part. Connu. (Duch. Gén. de Chat. p. 46.) 

Conessiens, imparf. ind. Cogaoissions. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 260.) 

Conessiue, imparf. ind. Je connoissais. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 147, dans le latin sciebam.) 

Conessoit, imparf. indic. Connoissoit. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 6.) 



Coneue, partie. Connue. (Du Bouchet, Gén. de 
Coligny, page 63.) 

Côniieu et Recogneu, part. Déclaré, confessé. 
(Perard, Hist. de Bourg, p. 482, tit. de 1255.) 

Conneut, passé défini. Reconnut, déclara, certifia. 
(Perard, Hist. de Bourg, p. 498, tit. de 1260.) 

Connesserat, fut. prés. Connoistra. (S. Bern. Serm. 
fr. mss. p. 34.) 

Conesseriez, fut. prés. Connoistrez. (S. Bern. 
Serm. fr. .mss. p. 2.) 

Conissant (faire), pour notam facere. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 31.) 

Connisseiz, ind. prés. Connoissez. (S. Bern. Serm. 
fr. MSS. p. 25 ) 

Conogu, partie. Conneu et reconnu. (Duchesne, 
Preuves de la Gén. des Chastaigniers, p. 28, tit. de 
1246. ) 

Connoissereil, imp. ind. Connoitroit. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 358.) 

Connoix, ind. prés. Je connois, je reconnois. 
(S. Bern. Serm. fr. mss. p. 142.) 

Conos (ne), ind. prés. Tu ne reconnois. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 258.) 

Conost, passé défini. Connui. ^.5. Bern. Serm. fr. 
MSS. p. 358.) 

Conoxeut, imp. du subj. Connussent. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 105.) 

Connexes, ind. prés. Tu connois. (S. Bern. Serm. 
fr. MSS. p. 108.) 

Conuiset Conuiz, pour connus. (S. Bern. Serm. 
fr. MSS. p. 1 et 22.) 

Conuissiez. imp. du subj. Connussiez. (S. Bern. 
Serm. fi-. mss. p. 25.) 

Conuit, passé défini. Connui. (S. Bern. Serm. 
fr. MSS. p. 382.) 

Conussent , imp. du subj. Conneussent. (Loix 
Norm. art. 44.) 

Conustes, imp. du subj. Conneutes. (S. Bern. 
Serm. fr. mss. p. 25.) 

Conut, partie. Reconnu, déclaré. (Duchesne, Gén. 
de Beth. p. 164, tit. de 1247.) 

Connut, part. Connu, reconnu, déclaré, confessé. 
(Duchesne, Gén. de Bethune, p. 107, tit. de 1234.) 

Cuneu, pari. Connu. (Marb. col. 1644 et 1678.' 

Cuneistra, fut. prés. Connoitra. (Marb. col. 1678. 
('unuistra dans le ms. de S. Victor. 

Cunnus, part. Connu. (Marb. col. 1638.) 

Cunnissent, ind. prés. Connoissent. 

Queneu, part Connu. (Perard, Hist. de Bourg, 
p. 450, Tit. de 1241.) 

VARIANTES : 

CONGNOISTRE. L'Amant rendu Cordel. p. 514. 
COGNOISTRE. Rymer, T. I, p. 116, tit. de 1-270. 
CoiNiSTRE. Loix Norm. art. 28, en latin cognoscere. 
■ Connoistre. S. Gelais, p. 128; Rab. T. I, p. 1. 
Conoistre. Assis, de Jérus. p. 163 et 171. 

CONNOYTRE. 

CONOSSERE. S. Bern. Serra, fr. MSS. p. 384. 



(1) Ce sens est aussi dans Froissart (II, 376) : (( Lesquelles coses il ne voloient pas congnoistrp. à ceuls qui leur en 
demandoient. » Voyez encore Roncisvals, p. 84. (N. E ) 

(2) Froissart emploie aussi notre locution se connaître en...: a. Je ne me congnois mie en si grans afaires qu'en fais et ea 
maniemens d'armes. » (111, 318.) 

lY. 23 



co 



178 



CO 



se, p. 

CoNNUSTiiE. lirilt. Loix d'Angl. iol. 2, V". 
CoNOSTiiE. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 30, et pussim. 

CONUSTKE. 

CoNUSTER. Tenur. de Littl. fol. 59, R". 
CuNEisTRE. Marb. col. 1678. 
QuENdisTKE. Beaumanoir, p. 209. 
QeiNesthe. La Colomb. Th. d'honn. T. II, p. 119. 

Congoïr, wrftp. Se réjouir avec quelqu'un, le 
compliiueiiler, le caresser. (Voyez Nicol, Monet, 
Cotgrave, et Oudin, Dicl.) 

Les oisiaux voy deux à deux conjoir. 

Eust. Desch. l'ots. MSS. fol. 1C4, col. 3. 

Bauduins s'en part, et si orne 

A Paris vint, s'el conr/oï 

Li rois, qui sa complainte oï, etc. 

Ph. Mouskes, MS. p. 797. 

Le ducde Touraine fui au devant desducsde sang 
envoyésd'Anglelerreù Amiens, en 1301, pour traiter 
de la'paix avec Charles YI. « Quand ils eurent un 
« petit esté ensemble, elconjoili l'un l'autre, etc. » 
(Froiss. Liv. IV_ p. 13i (I).) « Se conjouireHl, et as- 
« semblèrentdeparollestrailal}les, et amoureuses. » 
(Plus bas, ibid.) « Les jeunes garçons sont aimés, 
et conjouis des dames. » (Faucliet, Lang. et Poës. 
fr. p. 1S8 ) 

Tuit li courent saluer, 

Qui molt le volent (veulent) conjoir. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 59, R- col. 3. 

CONJUGAISON : 

Congot, ind. prés. Caresse. » Celle qui m'aime, et 
« congot. " (Poës. mss. Vatican, n° 1522, fol. 170.) 

Conjoi, prêter. Caressa. « Si le baisa, et conjoi. » 
(Fabl. MSS. du R. n" 7G15, T. II, fol. 182.) 

Conjoie, subj, prés. Caresse. (Fabl. mss. du R. 
n° 7C15, ï. II, fol. 209.) 

Conjot, ind. prés. Félicite. (Fabl. mss. du R. 
n» 7218, fol. 60.) 

variantes : 

CONGOIR. Adams li Bocus, Poës. MSS. av. 1300, T. IV. 
CONjoïR. .lacqupmes li Viniers, ibid. T. II, p. 863. 
CoNJOUlR. Monslrelet, Vol. II, fol. 37 V" col. 3. 

Congointure, subst. fém. Conjonction. Cbarle- 
magne lit peindre dans son palais, i^i Aix, les sept 
arts avec leurs allribuls : 

Gramaire i fu painte première. 
Oui nous ensegne en quel maniera 
On doit escrire les figures, 
Et asambler les comjointures. 

Ph. Mouskes, WSS. p. 252. 

Congre, suhsl. masc. Poisson. II est encore 
connu sous ce nom ; nous ne le citons que pour 



rapporter ce proverbe ancien : « Congre (2) de la 
« Rochelle. » (Prov. à la suite des Poës. mss. avant 
1300, T. IV, p. 1652.) 

Congréer (se), verbe. S'épaissir, se cailler, se 
congeler x'i). (Voyez Jlonet, Rob. Estienne, Oudin et 
Cotgr. Dict.) Du lalin concrescere (4). Lait congréé, 
pour lait caillé. (Nicol, Dict.) 

Congregable, u/lj. Qui est du troupeau, ou 
dans le troupeau. (Dict. de Monet.) 

Congrégation, subst. fém. Assemblée, confé- 
rence *. Accord , société , et communauté reli- 
gieuse °. 

* Ce mol est, dans le premier sens, au passage 
suivant : « Plaist ausdils seigneurs que, en toute 
" seurelé expédiante, et nécessaire, soient voyes , 
« et manières advisées, et mises avant, à obvier à 
« toutes souppechons, et inconveniens ù la dite 
« congrégation. " (i. Le Fevre de S. Rémi, p. 38, 
Hist. de Charles VI.) 

° Congrégation s'est dit aussi pour accord, société. 
Les Lisbounois furent les premiers ;^ prendre le 
parti de D. J. Denis, élu roi de Portugal. « Ils 
« estoientbien XV ceiils, lou&ù' une congrégation. » 
(Froissarl, Liv. III, p. 94, an 1385.) 

Nous n'employons plus ce mot que pour assem- 
bléeou société de religion ou de piété. Dansée dernier 
sens, on Mi congréacion d&as S. Bern. Serm. fr. 
Mis. p. 177, où il répond aux mots congregaiio 
fratrum, au T. III du Rec. des Ord. p. 300 ; mais 
c'est vraisemblablement une faute, et il faut lire 
congrégacion. 

VARIANTES (5) : 

CONGRÉGATION. Orth. subsist. 

CoNGRAGATiON. Fabl. MSS. (lu R. n» 7615, T. I, fol. 69. 

CoNGRÉACiON. Ord. T. III, p. 360. 

Congreger , verbe. Assembler. On disoit 
cbngregcr les cardinaux, pour les assembler. (Mém. 
Du Dellay, Liv. V, fol. 146.) Ce mot éloil vieux dès 
le tems de Nicot. On lit dans son dictionnaire 
« Congreger, dites, assembler. » (Voyez J. Marol, 
p. 10 ; Coût. Gén. T. I, p. 622.) 

VARIANTES : 

CONGR'EGER. Oudin, Nicot, Rob. Est., Cotgrave, Dict. 
CoNGRÉGUER. Lett. de Louis XII, T. II, p. ^. 

Congrier , subst. masc. Garenne à poisson. 
Terme de coutume. C'est un espace dans une 
rivière enfermé par des pieux. (Laur. Gloss. du Dr. 
fr.) Ce mot semble formé de congre (G), poisson. 



(1) Le sens est faire bon accueil ; comparez l'édition Kervyn, t. IV, p. 167 ; t. V, p. 336. (n. e.) 

(2) On lit dans E. Deschnmps (fol. 485) : « Chiens de mer, marsouins, saumons, coiiyres, turboz et leurs semblables , Qui 
sans escaiUes sont nuisables. » (N. E.) 

(3) Au reg. 173, p. 250, an. 1425, il signifie convenir : « Lesquelz se congreercnt ensemble d'eulx deux de retourner au lieu 
de HanjGl. » (n. e.) 

(4) Il vient de conijrcgaye : « [Les vers] se congrienl es cors par chaleur et par humeurs. » Dans Chastelain (Exposition...) : 
« Par guerres et divisions ont peu estre congreées haines et mautalens. » (N. E.) 

g) Voyez aussi Récits d'un ménestrel de Fteims au xiir siècle, p. 369 (éd. de Wailly). (n. e.) 

(B') On lit iians un nis. de Corbie (an. 1511) : « Icelluy prendeur ne porra vendre iiy estranger nulz des poissons , qui 
seront pnns esdites eojxcyes et pescheries... Et porra ledit prendeur tendre nasse en la com-rye d'iceulx molins. » Cette 
forme conn-ije écarte congn;. qui d'ailleurs désigne un poisson marin. Congle (conjuyla), que nous avons vu plus haut, a 
pu donner coyujra, puis congrier. (N. E.) 



co 



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CO 



Congroient, 3' pers. del'imparf. 

Se les mauvais ne conrjmient, 

Ja li bon durer ne porroient. 

Se che n'est fors des Sarrasins, etc. 

Fabl. MSS. du R. n- 7itS, fol. 154. K- col. 2. 

Congruité, subsf. fém. Convenance. Ce mot 
lie subsiste plus que comme terme dogmatique. On 
disoit autrefois : 

Ce que tu dis, est de congruité (1). 

Geofr. de Paris, à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 35. 

Conliet. [Intercalez Conhet, sorte de couteau 
(JJ,16,"), p. 72, an. 1410): « Lequel prist un petit 
<' coustel ou conhet, dont l'en cerne les noiz qui 
» avoit environ deux doys d'alumelle. »] (n. e.) 

Coniers, subst. jnasc. plur. Clapiers, garennes. 
On trouve vun'chcs, garennes, coniers, dans Britt. 
Loix d'Angl. fol. 185 R°. 

Conil, subst. masc. plur. Lapin *. Embarras, 
manigance ^. Terme obscène '^. 

* Ce mot est employé communément au sens 
propre. Voyez le Gloss. de l'Hisl. de Bret. et Du 
Cange,-au moi Conillos.)' Soilenquisdewast(degast) 
« fait par eux en parkes, et en vivers, pesson, et de 
" conics, et de autie destruccion par eux faites en 
« garennes, et en boys, et en toutes choses et de la 
" verey (véritable) value. " (Brilt. Loix d'Angleterre, 
fol. 33.) On lit pâté de conhi dans Gobin de Rains, 
l'oës. MSS. av. 1300, T. II , p. 723. .. Nous prendrons 
« uns; gris connin qui demande le masle. etc. » 
(Percef.'Vol. l,fol. 77.) 

° Dans un sens figuré, on disoit broyer tel conin, 
pour susciter tel embarras, faire telle manigance : 

Sotiefait son devoir 

De les mener jusqu'à fin ; 

La leur broya tel conin 

Que, depuis le temps de Martin, 

Ne pot nul tel temps veoir. 

Eusl. Desch. Poè's. MSS. fol. '8. col. 2. 

^ On l'a dit aussi dans un sens obscène. (Eust. 
Desch. fol. 206.) Conn'nie. dans le même sens. (Ibid. 
fol. 440.) Cliasser aux connins (2),~ interprété aussi 
en ce sens, dans le Dict, fr. esp. dOudin, 

VARIANTES : 
CONIL. 

CoNNiL. Joinv. p. -15 ; Oudin, Dict. 
Conin. Poës. MSS. av. 1300, T. II, p. 723. 
Connin. Nicot, Oudin, Dict. 
CouNiN. Nicot, Dict. 

CoNVNGE. Du Cange, au mot ilarescalliis forinsccits. 
Conics, plur. Britt. Loix d'.\nglet. fol. 33 V». 
CoNNis, plur. Ord. T. I, p. 335. 
CoNNiLLE, subst. fém. Oudin, Dict. 
CONNINE, subst. fém. Percef. Vol. I, fol. 77, V" col. 2. 

Coniller, verbe. Se cacher, faire le poltron *. 
Terme de marine ^. 

* Dans le premier sens, ce mot vient de connil, 
lapin, et signifie proprement se tapir comme un 
lapin, trouver des échappatoires, soit par fuite ou 
par chicane. On ledit souvent en Anjou. De là, 



coniller a signifie faire le poltron. (Voyez les Dict. 
d'Oudin, Cotgrave et Ménage.) « Negligens en la 
■< reformation de leurs vies, chacun d'eux y dissi- 
« mule, elconille. » (Est. de laFr. sous François II, 
par La Planche, p. 662.) >■ Comment la philosophie 
« vient-elle à cette molesse de me faire conniller 
» par ces détours couars, et ridicules. « (Montaigne, 
Ess. T. II, p. 292.) Il dit aussi, en parlant de la 
mort: « Je cherche à conniller, et à me dérober de 
« ce passage. « (Ibid. T. III, p. 349.) 

^ Comme terme de marine, ce mot vient de conille, 
certain endroit de la galère où se posent les rames, 
lorsqu'on ne vogue point. Coniller alors se dit 
lorsqu'on retire les rames dans la galère. (Voyez 
Oudin, Dict.) 

VARIANTES : 

CONILLER. La Planche, Estât de la France, p. 662. 
Conniller. Oudin, Dict. 

Conillière, subst. (cm. Clapiers, Garennes *. 
Subterfuges °. 

* Sur le premier sens, qui est le sens propre, 
voyez Oudin et Cotgrave : « Ceux qui sont trouvez 
« chassans en garennes, ou conninieres sont punis- 
« sables comme larrons. » (Coût, de Nivernois, Coût. 
Gén. T. I, p. 887.) 

^ Au figuré, ce mot signifie subterfuges, ressour- 
ces. « C'est aux despcns de nostre franchise, et de 
« l'honneur de nostre courage, que nous desad- 
« vouons nostre pensée, et cherchons des conillie- 
« res en la fausseté, pour nous accorder. « (Essais 
de Montaigne, T. III, p. 424.) 

VARIANTES : 
CONILLIÈRE. Montaigne, Ess. T. III, p. 424. 
CONNiNiisKE. Cout. Gen. T. I, p. 887. 

Conistere, subst. masc. Mot purement grec, 
qui signifie : « Poudroir, lieu particulier dans les 
« bains, ou eluves, pour couvrir de poudre les 
« combatans huilés, » selon Monet, Dict. 

Conistre, subst. fém. Pasquier, Bech. p. 723, 
cite une ordonnance de 1317, concernant les offi- 
ciers préposés h la garde des portes de la maison 
du roi. On les appeloit huissiers de salle; ilsétoient 
cinq, suivant celte ordonnance : « Il devoit y en 
« avoir tousjours 3 en cour, et s'aideront pour ser- 
« vir par temps, et aura une provendo (provision, 
« ration) d'avoine, et 19 deniers de gages, pour 
•< toutes choses et livraison de chandelles, 9 quayer 
« et 6 conistres. ■• On lit plus bas : « Eux trois 
« ensemble auront 9 quayer pour esveiller, et cha- 
« cun une conistre, et une botte de feurre. « 

Conjecteur, subst. masc. Qui conjecture. 

Or un jour qu'il doutoit quel père estoit autheur 
De son estre, ils'enquit du poëte conjecteur. 
Pûos. d'Am. Jamin, p. 55 V'. 

Conjectif, adj. Conjeclural. <> Pour confirmation 
« de laquelle chose j'ay argument conjectif, et très 



(1) Voyez aussi Charles d'Orléans (lll« ballade) : « Congruité, de incongruité plaine, y (n. E.) 

(2), « Le suppliant trouva une jeune fille de l'âge de douze ans ou environ sur le chemin,... laquelle lui demanda s'il 

chaçoit aux connins, à quoy il luy respondv que ouy aux conni-ns privez et qu'il chaceroit au sien, d (3i. 183, p. 127, 

an. 1456.) (N. E.) 



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co 



« appaianl. « (Histoire de la Toison d"or, Vol. I, 
fol. 85.) 

Conjectiirable, adj. M. de la Porte s'est 
servi de ce mot, pour épiihète de présomption. 

Conjoindro, verbe. Joindre ensemble. (Cotsjr. 
et Rob. Kstienne, Dict. ; Voy. Essais de Monlai2:ne, 
T. II, p. GG'2.) De là se conjoindre, au ligure, pour 
s'unir, s"allier. » Le Roy entendoit ùt se co)i joindre 
« aveciiues luy par toutes les plus estroittes 
. façons, etc. » (Mém. Du Bellay, liv. V, fol. 159.) 

Conjoint, partie. (1) Ce mot subsiste ; mais on ne 
dit plus conjoints de nature pour parens. (Voyez 
Goujet, Bibl. fr. T. XIV, p. 84.) 

Conjoïr. [Intercalez Conjoïr, faire bon accueil 
(voir congoïr) : 

Il le baisa et cil le cûhJoïL 

Garin, t. I, p. 250. 

Les rebaise andeus et comjot. 

Hûi Guillauroe, p. 155. 

Froissart écrit aussi : « Et s'en vint devant 
« Vennes conjoïr et festyer le roi d'En^leterre. » 

(IV, 1C7.)] (N. E.) 

Conjonction. [Intercalez Conjonction , liens 
d'amitié, puis témoignage de sympaliiie : « Et par 
« plus grant conjonction de pais et d'amour, li 
« contes de Flandres esloit venus avoecques euls 
« à Calais. » (Froissart, VII, 76.) « Ou cas que je 
« traitte amoureusement à luy, toute conjonction 
« d'amour doit y estre. » (XV, 211.)] (n. e.) 

Conjoncture, siibst. fém. Mot formé de l'italien 
congiuntiira, et nouvellement introduit dans la 
langue. (Voy. préface de Borel, p. 48.) 

Conjouissable. [Intercalez Conjouissahle , 
affable : « Il esloit conjouissable et accointable à 
toutes gens. •• (Froissart, XI, 87.)] (jn. e.) 

Conjouissance(2),swbsf. /m. Ce mol subsiste, 
nous le trouvons employé dans une lettre de 
Louis XIV, T. I, p. 20. 

Conjouissement, subst. masc. Congratula- 
tion. Témoignage de joie qu'on donne à quelqu'un 
sur quelque beureux événement. (Oud. et Cotgrave, 
Dictionnaire.) 

VARIANTES : 
CONJOUISSEMENT. Oudin, Nicot, Dict. 

CON.IOYSSEMENT. 

Conjoy, subst. masc. Caresses, faveurs, plaisir. 
Ce substantif est formé du verbe congoir ci-dessus, 
et s'emploie dans les mêmes sens. On lit dans ces 
vers : 



Jehans n'ert (n'estoit) pas en la vile, 

Si s'en refisl chascuns plus jois (joyeux) ; 
Mes celé nuit à grans conjois 
Furent, etc. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 211. V* col. i. 

VARIANTES : 

CONJOY. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 278, col. 2. 
CoNJOi. Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 211, V" col. 2. 

Conjoye, adj. au fém. Favorable. On a dit, en 
parlant h l'espérance. « Bieneureuse, et conjoye 
•" soit ta désirée venue, dame secourable, source 
« de confort, et refuge des adoulez (aflligez). » (Al. 
Chart. l'Espcr. p. 330.) 

Conjugata. On trouve rime conjugata, dans 
Sibilet (Art. Poët. liv. H, p. 146.) 

Conjungo. Verbe latin employé comme subs- 
tantif, pour mariage, dans ce vers : 

Il veut le cniijitnrjn. 

La comtesse d'Orgueil de Tli. Corneille, acte II. se. 1)1. 

Conjur. [Intercalez Conjur, encbantement : 

Au planter tel conjitr i firent 
Que tous tans cil arbre florirent. 

Flore et Blancellor, v. 629. | |N. ï.) 

Conjuraison, subst. fém. Conjuration. 

Que les cn)ijuravsons 

D'iniquité soient, par vos oraisons, 
Tournez en cendre à grande confusion 
De l'ennemy, etc. 

, Les Marg. de la Marg. fol. 273, Rv 

VARIANTES : 
CONJURAISON. Les Marg. de la Marg. fol. 273, R». 
CoNJUROisoN. Eust. Descli. Poës. MSS. fol. 139, col. 4. 

Conjurateur, s(i&s^ masc. Conjuré*. Témoin 
qui jure en justice ^ (3). 

*Sur le premier sens de conjuré, voyez Nuictsde 
Strapar. T. II,p. 207. 

° Le second sens se trouve dans Britton. Loix 
d'Anglet. fol. CO, R°. 

Conjuration, sul)sl. fém. Déclaration affirmée 
par serment* Conlrairie^. 

* Ce mot, dont nous ne rapporterons point les 
acceptions subsistantes , s'est employé autrefois 
pour certificat affirmé par serment : » Les cbirur- 
« giens ayant veu les playes, ou blessures de tel 
« navré, "afferment, et déclairent le péril oij il est 
« constitué, lesquels serment, et déclaration sont 
« rédigez par escrit, et en vulgaire est appelle con- 
« jurdtion. » (Coût, de Tournay, Coût. Gén. T. II, 
page 944.) 

° On a aussi donné autrefois le nom de conjura- 
tion aux coufrairies. Elles emprunloient celte déno- 
mination " du jurement (|ue se faisoient les 
<' confrères, les uns aux autres, de s'assister envers 
« tous, et contre tous, ;"! la reserve de leurs sei- 
» gneurs dominans. » ^Le P. Meneslr. de la Chev. 
page 207.) 



(1) Ce participe est dans Benoit de S" More (II, 10665). (n. e.) 

(2) Le mot est dans Ghastellain : « Tous deux joyeusement le receurent et lui firent fiste siconjouissance. » (Dictionnair* 
ae Dochez.) (n. e.) 

(3) Il ne faut pas confondre les conjurateurs ou cojurateurs avec les témoins ; ils ne déposaient pas de visu et audilK, 
mais donnaient à leur partie comme un certificat de moralité. Ainsi ce fut par le serment de 72 cujurateurs que Frédegond» 
se juslitîa devant le roi Contran du meurtre de Chilpéric. (n. e.) 



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181 — 



co 



Conjure, Sîtisf. fém. Conjuration*. Semonce, 
injonction ^ (1). 

* Ce mot est interprété, au premier sens, par 
Oudin et Cotgrave. Le passage suivant justifie leur 
explication : >■ Plusieurs, qui n'avoienl point cesle 
« Iraïson agréable, se vindrent rendre à César, par 
« lesqtielz il sceut tout leur conjure. » (Tri. des 
IXPreux, p. IGl.) 

^ Il signifioit aussi semonce, injonction, invita- 
tion au\ juges. (Voyez Laurière, Gloss. du Dr. fr.) 
« Conjure est un terme ancien qui se trouve es 
« vieilles coustumes, chroniques, et romans, et si- 
« gnifie que ceux qui sont appeliez pour juger, 
« sont semonds par serment de faire ensemble bon 
« jugement, et se prend aussi pour la conjure en 
« autres acte, comme en la chronique de Flandres, et 
• autres. >' (Bout.Som.Rur. p. 19.) Voy. Ibid. p. 160, 
où l'éditeur, qui écrivoit vers l'an 1600, fait cette 
observation : « La forme de procéder par conjure 
« d'hommes de fief ne s'observe plus en France. » 
(Voyez Du Gange, au mot Conjuramentum.) 

On appeloit cour de conjure, celle ou l'on jugeoit 
en verlu de la semonce faite par le Seigneur. 
« Cour jougeant par conjure du Seigneur •• est dis- 
tinguée de la cour du souverain. Dans Bout. Som. 
Rur. p. 33 on lit, en parlant de trêves : « 11 con- 
« vient, qui avoir le veut, faire adjourner la partie 
« de qui on la veut avoir, à certain jour, par 
« devant juge qui donner la puisse ; c'est à sçavoir, 
" si c'est en cour où on use par commission, il 
« convient que ce soit par commission contenant 
« le cas, et si c'est en cour où un use par conjure, 
« ou semonce d'hommes, sans commission. Il cnu- 
« vientquecesoitpar plainte faiteàhommes. » (Bout. 
Som. Rur. p. 2G7. — Voy. Laur. Gloss. du Droit fr.) 

Conjurement , sul)st. mase. Conspiration *. 
Conjuration magique ^ (2). Semonce, injonction, 
invitation aux juges '^. 

* Marot a employé ce mot, dans le premier sens 
de conspiration : 

Conjuremens, et civiles bataillps. 

Jean Marot, p. 53. 

° Ce mot est pour conjuration magi(]ue, dans le 



passage suivant, où l'on parle du serment fait par 
ceux qui soutenoient le gage de bataille : « Je n"ay, 
« ne entens porter sur moy, ne sur mon cheval, 
" paroles, pierres, herbes, charmes, charrois, eon- 
« JHîrH/fHS, neinvocationsd'ennemis'dedémonsV ■> 
(Ord. T. I, p. -UO.) 

"^ Enfin ce mot signifioit la même chose que le mot 
conjure (3), pris dans le sens de semonce faite aux 
juges. (Bout. Som. Rur. page 29. j C'étoit aussi une 
semonce, ou demande faite pour obtenir d'eux un 
jugement. (.4ssis. de Jérus. p. 146.) 

Conjurer, verbe. Semondre, sommer les juges*. 
Affirmer par serment^. Conspirer*^ (4). 

* Le premier sens est une des acceptions des 
mots conjure et conjurement. De là, conjurer, pour 
semondre, sommer les juges de rendre bon juge- 
ment. ;Gioss. sur les Coût, de Beauvoisis, et Du 
Gange, au mot Conjurare, 2.) (5) Conjurer de lOij,et 
conjurer, et faire dire loij expriment l'injonction 
faite aux juges, ou vassaux d'un seigneur de rendre 
la justice : « A l'acheteur compote à payer le droict 
« des juges, par devant qui le vendage se passe, 
" selon ia coustume du lieu, avec le droict du bail- 
« lif, ou majeur qui les juges conjurent deloij. » 
(Bout. Som. Rur. p. 3(55.) (G) 

^ On disoit aussi se conjurer, pour se lier par 
serment. .Vous avons vu conjuration, pour affirma- 
tion avec serment, et c'est évidemment en ce sens 
qu'il faut renlendre, dans le passage suivant : 
« Sire, dist elle, je m'en prise mieulx, se pour 
« l'amour de vous, je garde mon pucellage, que se 
« je esloye dame de la plus riche terre du monde : 
« car je ne m'en pourroye mie conjurer pour nul 
•< plus vaillant homme que vous esles. » (Lanc. du 
Lac, T. II, fol. 78.) C'est-à-dire je ne me pourrois 
obliger par serment à le garder, etc. 

'^Conjurer une querelle signifioit conspirer. 

Oui dédaigne l'amour, il méprise Dieu même, 
Et beauté qui est jointe à leur grandeur suprême : 
Car amour, Dieu, beauté, ne sont ensemble qu'un. 
Qui contre l'un des trois conjure une querelle, 
Celuy là des giants (géants) l'audace renouvelle, 
Digne que son destin avec eux soit commun. 
Pocs d'Aniad. Jamin, fol. 89, V. 



(1) Conjure a eu aussi les deux significations suivantes : 1" Avertissement : <; [Les informations] furent recordées par loy 
et par jugement par les eschevains de la Levé à le semonse et fO)î_/i(re des baillis dudit lieu. » (.1.1. 138, p. 252, an. 1390.) 
2' Asseinblée des échevins et des jurés dans une commune ; « Quiconques destourbera eschevins ne coremanz , quant il 
siéent en banc et font conjure, il doit amender au seigneur de .in. soulz. » (JJ. 69, p. 3C5, an. 1304.) (N. E.) 

^2) Avec le sens de sortilège, on a dit : « Icellui Jeban s'en ala sans faire aucune diligence d'envoyer quérir mire ne 
phisicien, fors seulement qu'il se feist conjurer la playe par un homme dudit lieu... et quant il s'apperceut que ledit 
conjurement ne lui pourfîtoit aucunement, il envoya quérir un barbier. » (.IJ. 152, p. 92, an. 1397.) On employait encore ce 
sortilège pour retrouver les objets perdus : « L'exposant et Pierre Ricart, prestre et curé de la ville et paroisse de Fricourt, 
qui est renommé ds faire conjuremens et enseigner choses perdues , et que par famé et commune renommée aucunes 
personnes dudit pais estoient soupeçonnez d'avoir mis et bouté le feu depuis un an en ça es maisons de Baudin... ont pris 
un saulier ou aulre livre, et icellui lié par dessus dune petite lanière de cuir de serf, et entre deux feulles mis un fusel, et 
sur ledit livre fait plusieurs conjurations, et tant que ledit livre ilz fir