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Full text of "Dictionnaire historique de l'ancien langage françois, ou Glossaire de la langue franxoise depuis son origine jusqu'au siecle de Louis XIV. Pub. par les soins de L. Favre"

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DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



DE 



L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



TYPOGRAPHIE DE L. FAVRE. 



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DICTIONNAIRE HISTORIQUE 

DE 

L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



GLOSSAIRE DE LA LANGUE FRANÇOISE 

DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'AU SIÈCLE DE LOUIS XIV 
Par LA CURNE DE SAINTE-PALAYE 

MEMBRE DE L* ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET DE l' ACADÉMIE FRANÇOISE 

Publié par les soins de L. FAVRE, membre de la Société de l'Histoire de France, 

avec le concours de M. PAJOT, Archiviste-paléographe, 

CONTENANT : 

SIGNIFICATION PRIMITIVE ET SECONDAIRE DES VIEUX MOTS 

Vieux mois employés dans les chants des Trouvères, 
Acceptions métaphoriques ou figurées des vieux mots français. — Mots dont la signification est inconnue. 

ETYMOLOGIE DES VIEUX MOTS 

Orthographe des vieux mots. — Constructions irrégulières de tours de phrases de l'ancienne langue. . 

Abréviations ; études sur les équivoques qu'elles présentent dans les anciens auteurs. 

Ponctuation ; difficultés qu'elle présente. 

Proverbes qui se trouvent dans nos poètes des Xlle, XlIIe et XIV» siècles. 

Noms propres et noms de lieux corrompus et défigurés par les anciens auteurs. 
Mots empruntés aux langues étrangères 

Usages anciens. 

SUIVI DES 

CURIOSITEZ FRAIÇOISES, pour sapplémenl aux Dictionnaires 

Ou Remeil de plusieurs belles propriété::^, avec une infinité de proverbes et quolibets pour l'application de toutes 
sortes de livres, par Antonin OUDIN. 



TOME CINQUIEME 



NIORT 

L. FAVRE, éditeur- du GLOSSARIUM de Du Gange, 

Rue Saint-Jean, 6. 



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DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



DE 

De cecy en avant, express, adv. D'ici en 
avant, désormais. (Monstr. vol. I, fol. 17G.) 

De ce dehors dedans, ejcpj-ess. adv. A l'en- 
vei'S. » Ils portoient leurs escuz de ce dehors 
« dedans. » (Lanc. du Lac, 1. 1, fol. lOG.) 

Décéder, v. Passer. « Décéder de ce monde en 
« l'autre », pour passer de ce monde en l'autre, 
« mourir. » (Joinv. p. 126.) (I) De là nous avons dit 
décéder pour mourir. On voit dans Du Gange, 
decessus pour défunt, décédé. 

De ce derrier devant, express, adv. Sens 
dessus dessous, à l'envers. 

De ce derrier devant 

Me monstrez votre langage. 

Poês. MSS. du Vatican, n' 1522, fol. IIU, R'col. 1. 

Deceleui*, s. m. Qui décèle [- Le prix d'argent 
promis au deceleur (Amyot, Aie. 30). »]. (Dict. de 
Cotgrave.) 

De ce me vent. Façon de parler explétive ou 
affirmative. 

Li garrot empené d'arain 

Lessent leurlieus, de ce me vent, 

Plus tost que tempesle ne vent. (G. Guiart, 3i2.j 

Decende, s. f. Sorte de vêtement. Peut-être en 
forme de ■■ dalmatique. » « Les chevaliers qui se 
« conibalenl pour murtre ou pour lioinecide, se 
" doivent combatre à pied, et sans coiffe, et estre 
« roignées à la reonde, et estre vestusde cotes ver- 
" meilles, ou de chemises ou de doubles decende 
« courtes jusques au genoill, et les mancliescopées 
« jusques dessous le conde. » 'Du Gange, Gloss. lat. 
au mot Empeditis sous Epidecen [d'après les 
Assises de Jérusalem, ch. 94].) 

De ce non car. Sinon que. 

... Il m'a fait un plaisir concevoir 
Dont je ne puis guerre don de ce non (2) 



DE 

Car quant je cuide estre bien avancié 

Je me trouve toudis au dire voir 

Que j'ay un pié deschaux, l'autre chaucié. 

PoÈs. MSS.d'Eust. Desch. fol. 160, col. 1. 

Decepte. [Intercalez Decepte, fraude, aux Ord. 
(VU, 1!)0, an. 1387): 

Plusieurs faultes, fraudes et deceptes.] (s. e.) 

Deeeptif. [Intercalez Deceptif, frauduleux, au 
reg. JJ. 159, p. 2'i9, an. 1404: « Gombien que feu 
« Simon Bradieu lu marié eu femme dont il devoit 
'< estre content, neantmoins par ses sollicitations 
« deceptives, il emmena folier par le pais Hubi- 
« nette seur de l'exposant. »] in. e.) 

Déception, s. m. L'action d'être trompé ou de 
tromper. Le mot déception est encore en usage 
comme terme de palais (3). Voy. les auteurs cités sur 
les autres orthographes. Quoique ce mot désignât 
communément la fraude, il signifioil aussi quel- 
quefois la simple méprise. On trouve decepte pour 
mécompte, dans les Gontred. de Songecreux, f" 68. 
Décevance est pris en ce même sens,'dans les Fabl. 
MSS. du R. n° 7-218, fol. 354. 

VARIANTES : 
Decevement. Modus et Racio, fol. 93, V» (4). 
Descoyt. Britt. Loix d'Anglet. fol. 73, R" (5). 
Decept. Contred. de Songecr. fol. 19, R». 
Decepvement. Ibid. fol. oO, V». 

Deceptivenient. [Intercalez Deceptivement : 
" frauduleusement et deceptivement, » au reg. JJ. 
156, fol. 67, an. 1401.] (n. e.) 

Déceptuenx, adj. Trompeur. Le P. Labbe, 
dans son Gloss. rend ce mot par versipellis. 

VARIANTES : 

DÉCEPTUEUX. Gloss. du P. Labbe. 

Deceptif. Gloss. de Marot. 

Decevable. Chr. S. Den. t. I, fol. 111, V. 

De ce que, conjonc. En sorte que. « Si un 
» lièvre revenoit sus soy, il defferoit les routes de 



(1) Ce verbe n'est pas au Gloss. de l'éd. de Wailly ; l'historique ne commence pour lui qu'au \vi' siècle : « Le Seigneur 
reserve à salut d'aucuns lesquels décèdent petis enfans de ce monde. » (Calvin, 1079-80.) (N. e.) 

(2) Lisez yuerredon recevoir, c'est-à-dire tirer profit, car... (N. e.) 

(3) Le mot est dans la Rose (v. 8960: « Tel déception Vient de la foie vision. » (n. e.) 

(4) Comparez Froissart, II, 175 (par doubtance de decevement), et le reg. .IJ. IH, p. 35, an. 1380; « Thomas Brisoul par 
son mauvais engin et fauls decevement, avùit fortraitte Alisele, femme de Pierre Picart, d'avecques son dit mari et menée 
jouée hors du pais. » (N. E.) 

(5) Dt'.sc'oi/f, pour rfa7ioiVe, rft'œftoi(e (comparez tfcftoi(e) forme concurrente de decheàt : « (^ar voirement les vcoient il 
aprochier et ne se doubtoient de le dechoite. » (Froissart, II, 404.) (N. E.) 

y. 1 



DE 



2 — 



DE 



« ce que les chiens n'en pourroient mie si bien 
. assenlir. >• (Cliasse de Gasl. Phéb. p. '259.) 

Deccrcler, v. Oler les cercles, les bords (1). 
(Cotpr. et liorel.) 

Decoi'iiei-, v. Délaclier [traduisez par décliar- 
ner, ùter la chair]. On a dit des vers qui se 
trouvent dans la lète du cerf, qu'ils s'arrêtent 
entre le massacre et la tète et y travaillent "jusqu'à 
« ce qu'ils ayent rongé et décerné la leste d'avec le 
•< massacre. » (Salnove, Vén. p. 13.) 

VARIANTES : 
riECERNER. Salnove, Vén. p. 13. 

Deciiernku. Gace de la liigne, des Déd. MS. fol. 82, R». 
Dessehneh. Modus et Racio, fol. 15, V". 

Deccrveler, v. Oler la cervelle. « Le lapide- 
" rent de pierres tant qu'ils le deccrvelerent. » 
(Chr. des. Don. t. 1, fol. 30.) 

Deceu, adv A l'insu. (Cotgrave et Oudin.) On 
trouve (U'scire pour « nescire «, dans le Gloss. lat. 
de Du Gange. 

Vous donner rendez vous ati deceu de son frère, 
Est de sa passion nne preuve assez claire. 

L'Amour .î la mode de Th. Corneille, acte iv, se. II. 

VARIANTES : 
DECEU. Th. Corn. l'Amour à la mode, act. iv, se. 2. 
Déçu (au) P. Corn. Melile, act. 2, se. 7 (2). 
Desceu. OrJ. t III, p. 669; Nuicts de Strap. t. II, p. 270. 

Decevaminent, adv. P'aussemenl, d'une façon 
trompeuse. 

Plus aime decevaminent 

Li traites qui triche et ment ; 

Ocist plus tost sanz plaie, 

Que li hardiz qui en valor l'essaie. 

Poès. MSS. avani 1300, 1. 1, p. 2S0. 

On lit decevement dans la Chr. fr. ms. de Nangis, 
sous l'an l'ill, et ce mot est rendudans le latin par 
fallaciler. 

VARIANTES : 
DECEV.\MMENT. Poës. MSS. av. 1300, t. I, p. 23. 
Deciiev.vu.ment. Ibid. t. III, p. H38. 
Decevaument. Chr. fr. de Nangis, an 1211 (3). 
Decevkmenï. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 33, R". 

Decevance, s. f. Déception [le mot est dans 
Couci (XVl): « 8e m'ociez ainsi par decevance. »]. 

VARIANTES : 
DECEVANCE. Coquillart, p. 52. 
Deceive.ment. Marbodus, col. 1678. 
Degepvance. Monet, Gloss. de l'Hist. de Paris. 
Decepcion. Ord. t. I, p. 733. 
Déception. Clém. Marot, p. 632. 
Decepte. D'Argent: 6, Coût, de 13ret. p. 605. 
Deceyte. Britt. Loix d'Anglet. fol. 165, V". 
Desckyte. Carta Ma^na, fol. 34, V". 
Decoite. Modus et Racio, MS. fol. 93, V". 

Deceveresse, s. f. Trompeuse. « Le roy Modus 



» monstre ù plusieurs gens la manière de moult 
« de déduis de chiens et'd'oiseau.K, pour oster a le 
n daine oiseuse une très mauvaise sorcière de ses 
» œuvres, laquelle est grande decevresse du 
o monde. » (Modus et Hacio, ms. fol. 197, V°.) 
VARIANTE» (4) : 

DECEVERESSE. Al. Chart. l'Espér. p. 277. 

Decevresse. .Modus et Racio, MS. fol. 197, V". 

Deceveur, s. m. et adj. Trompeur. Ce mot est 
formé du verbe décevoir qu'on trouvera ci-après. 

VARIANTES : 
DECEVEUR. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 216. 
Decepveur. Molinet, p. 123. 
Deceveour. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 1161. 
Deciveires. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 137. 

Decevir, v. Dépérir. En latin tabere, selon le 
Gloss. du P. Labbe. 

Décevoir, v. Tromper, séduire, attraper*. 
Découvrir par tinesse^. Attirer "= (,">). Ce mol, sous les 
orthographes employées par S. Bernard, répond au 
latin decipere, fallere et scducere. 

* Ce mot subsiste dans le premier sens sous cette 
orthographe (0). 

On l'employoit dans les proverbes suivans : 

1. « Hahay, deceu suis, ou rfean'o?'/" eu iday. Tel 
« cuide au soir décevoir son seigneur, qui clïet en 
» la pitié. » (Percef. vol. \', fol. 111.) 

2. Legier croire fait décevoir. [L'Am. rendu cofd. p. 5i4.J 

S. Bernard a dit : « Si je ne fryes deceus, » 
comme nous dirions si je ne me trompe. (S. Bern. 
Serm. fr. >iss. p. 189.) 

^ Le mot décevoir, dans le vers suivant, semble 
signitler « découvrir par finesse. » C'est une exten- 
sion « d'altrapper ■> : 

Je les deriis par leur rire. (Froiss. p. iH.j 

"^ Ce verbe signifie » attirer » dans cet autre 
passage ; c'est une extension de « séduire » : 

Tout autre si oom l'aymant déçoit 
L'aguilette par force et par vertu, 
A Madame tout le mont retenu 
Qui sa biauté conoist et aperçoit. 

Pocs. MSS. av. 1-300. t. Il, p. 076. 

CON.IUGAISON : 

Deceouet, pour séduise. (S. Bernard, Serm. fr. 
MSS. page 365.) 

Z)fcc/;!<, part. Déçu, trompé. (Gloss.de l'Histoire 
de Bretagne^ 

Decepîit, prêt. Trompa. (Ibid.) 

Dechoi, part. Trompé. (Fauchet. des Origine.-^ , 
livre l, p. 80.) 

Déchoit, ind. Trompe. (Borel.) 

Decius, part. Déçu, trompé. (Ph. Mouskes, ms. 
page 157.) 



(1) Il signifie encore briser le cercle du heaume : « Et ses escus tous descaupés Et ses heaulmes tous decercléf;. « (Roman 
de Cléomadè.s.) (N. e.) 

(2) On disait à mon déçu: « Ma mère, à mon déf», par Ephite avertie, Avec tous ses efforts empêchait ma sortie. » 
(Rotrou, Antig., III, 2.') (n. e.) 

(3) Cette forme est dans la Chr. des ducs de Normandie, ainsi que decevantnwnt. (N. E.) 

(4) On lit au' Roman de Cléomadès : « Encoir soit il et biaus et gens, C'est uns decrpveres de gens. » (N. E.) 

(5) Au moyen, se décevoir est commettre un méfait : « On n'aura jamais fiance en nul hault prince, puis que le duc s'est 
ainsi deceû. » (Froiss., XII, 165.) (N. e.) 

(6) Ce sens se rencontre au xii» siècle, dans Coucy (XVIII), dans Thomas de Cantorbery (57) : « A ses clers prist conseil 
qui ne 1' déçurent pas. » (n. e.) 



DE 



DE 



Decoit, part. Déç,u, trompé. « Si en cuit estre 
« moult déçoit. » iKabl. mss. de S. G. fol. 2.) 

Ui'scoit, ind. prés. Trompe. (Modus et Racio, 
fol. 93, V°.) 

Desoit, ind. prés. Trompe. (Fabl. mss. du R. 
ir 7615, t. I, fol. 114.) 

Dessiie, part. fém. (Fabl. mss. du R. n" 7218, 
folio 192.) 

Desurent, prêter. Déçurent. 

VARIANTES : 
DECEVOIR. Orth. subsist. ; S. Bern. p. 189. 
Decepvoir. Le Jouvenc. MS. p. 38. 
Dechevoir. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 981. 
Dechoivre. Ibid. t. II, p. 951. 

Deuivoir s. Bern. Serra, fr. MSS. p. 121 et passim. 
Deschoivre. Poës. MSS. av. 13H0, t. II, p. 95(5. 
Deçoivre. Fabl. MSS. de S. G. fol. 77, R" col. 1. 
Decoivre. Kabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 67, V» col. 2. 
Descevoib. Modus et Racio, MS. fol. 93, V». 
Dezoivre et Dezoyvre. S. Bern. p. 48. 

Decevrei', i). séparer (1). On a dit en ce sens : 
» decevrer le niiil du bien. » (Fabl. mss. du R. 
n' 7615, l. 1, fol. 137.) •■ Si me decevreti- d'environ 
« loy, » si tu me séparois de toy. (Hisl. de la 
S" Croix, MS. p. 20.) 

Dechaïr, v. Décheoir, dépérir (2). 

Qui dechiet, mal li chiet 
Ce dit li vilains. 

Prov. du C" de Bret. MS. de S. Germ. fol. Hi. 

Conjugaison : 

Décharm , fut. Declieoira. (Fabl. mss. du R. 
ir 7218, fol. 252.) 

Decliaut, pour tombe, subj. (S. Bern. Sermons 
fr. MSS. p. 17/1.) 

Dechéons. (Id. p. 48.) 

Déchet, ind. prés, tombe. (Les Marg. de la Marg. 
folio 3.) 

Dédiie, subj. Déchoie. (Fabl. mss. du R. n° 7218, 
folio 238.) 

Dechié, part. Déchu. (Ibid. n° 7615, t. H, fol. 170.) 

Déchiéce, subj. Déchoie. (G. Guiart, fol. 16.) 

Dechieent, imp. (Poës. mss. avant 1300, t. III, 
page 1096.) 

Dechiet, ind. Décheoit. (Prov. du C" de Bretagne, 
MS, des. G. fol. 114.) 

Déchout, part. Tombé. (Al. Cbartier, p. 707.) 

Declioust, prêt. Tomba. (Ord. des Rois de France, 
t. III, p. 656.) 

Déchut, part. Déchu. (Fabl. mss. du R. n° 7989, 
folio 210.) 

Dekiece, subj. Déchoie. " Que sa hautesse ne 
« dekiece. « (Ph. Mouskes, ms. p. 513.) 

Dekiet, ind. Décheoit. « Li gros grains dekiet. » 
(Poës. MSS. avant 1300, t. IV, p." 301 ) 

Dequant, part. prés. Tombant. (Poës. mss. Vatic. 
n° 1490, fol. 142.) 



Deschlet, ind. Tombe. (Petit J. de Sainlré, p. 91.) 
Descheye, subj. prés. Tombe. (Machiavel, Disc, 

sur Tite-Live, p. 77 ) 
Dessoivt-e, ind. tombe. (Règle de S. Benoit, latin 

fr. MS. de Beauv. ch. 72.) 

variantes ; 
DECHAIR. Poës MSS. avant 1300, t. III, p. 1092. 
Dechaoir. Ibid. p. 109G. 
Dekair. Ph. Mouskes. 

Deqaer. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 142, V». 
Deschair. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 1277. 
DescheoiR. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 121. 
Decheir. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 219. 

Dechant. [Intercalez Dechant, variations lon- 
gues et discordantes, que les chantres exécutaient 
sur les notes du plain-cbant à l'aide de la pédale, 
quand les règles de l'harmonie étaient encore 
inconnues. Ce fut d'ordinaire le nom des intona- 
tions, du graduel et des bencdi camus, mélodies 
nouvelles tirées du chant primitif, de cantu sumptœ 
(voy. La Fage , Cours complet de Plaint-Chant, 
n° 79i) : « Comme dévotement il fit chanter la 
« messe et solempnement glorieuses vespres et 
" matines et tout le service à chant et à dechant, à 
« ogre et à Ireble. » (Ann. du règne de S' Louis, 
p. 2'23.) On trouve aussi la forme desciamt (Renarl, 
V. 2137»; 

Atant à Renart envai 

Un benedicamus farsi, 

A orgue, à treble et à deschant. 

Molinet, au trosne d'honneur, écrit aussi : 

Oiseaux des champs chantant chans et deschatis.] (n. e.) 

Déchanter. [Intercalez Déchanter: 1° Exécuter 
le déchant : 

Ki donc oïst canter archangles, 
DesciDtler puceles et angles. 

Eust. Deschamps , d'après Raynouard , écrit : 
« Deschanter par figure de noie. » Molinet l'ap- 
plique, comme deschant, aux oiseaux ; 
Pies, frions, linottes, et moissons 
Là dcscliantent par diverses façons. 

2° Cesser de chanter : 

Déchantez maiz, Quenes, je vous en prie, 
Car vos chansons ne sont mes avenanz. 

Hugues d'Oifi (Laborde, 212,.] (N. E.) 

Declïarboter, v. Débarrasser. (Le Duch. sur 
Rabelais, L I, p. 198.) 

Décharge, s. f. Charge, cargaison. « GyotLous- 
« siers, qui eut la charge de conduire l'artillerie, 
•> et aussi le seigneur Chaudyot, lequel eutcommis- 
" sion d'aller avec la décharge de la grande nef de 
» France. » (Voyage de Charles VIII à Naples, par 
Pierre Desrey, p. 194.) 

Déchargé, adj. Mince, menu. C'est en ce sens 
qu'on a dit ([ue les lévriers « doivent être grands et 
« bien déchargés. " (Salnove, Vén. p, 250.) Les 



(1) C'est là une orthographe fautive pour desevrer (JJ. 99, p. 450, an. 13(38) : « Depuis par le consentement desdis conjoins 
et d'aucuns leurs amis, furent décevrez et séparez li un de l'autre. Il puet loien avenir que un mariages est dessevréa par 
sainte eglize, quant au lit : et ne pourquant les enfans que il orent, quand il furent ensamble, si ne sont pas prouvé pour 
batart. » (n. e.) 

(2) Il signifie aussi ; 1» Retrancher: « Senz riens déchoir des pourfiz de toutes les choses devant dites vendues. » (J,I. 56, 
p. ns, an. 1316.) 2° Sortis de charge (Ord., IX, p. 480, an. 1409) : « Desquels dix eschevins chascun an au jour S. Thomas 
apostole en dccMent chuincq. » (N. E.) 



DE 



— 1 



DE 



chiens pour le loup doivenl cire « déchargés 

• d'épaules. » (Ibid. p. 251.) 
Dechariui.fl/v'. Décharné, maigre (1). On a dit en 

pariant des lenimes : ■■ Ils sVn voient tant d'autres 

• que leurs visages popins et j^entils font désirer 
« leurs corps ; mais quand on y vient, on les trouve 
u si décharnues que le plaisir et la tentation en 

• sont bientôt passez. » (Brant. Dames Gallanles, 
tome I, p. 34.) 

Decliarongner. [Intercalez Decharongner , 
déchiqueter, au reg. .(J. -119, p. '201 . an. 1381 : 
" Lequel Dridoul.... dist.... à icellui boucher: 
« pourquoy fentremes-lu de tuer char, quant lu 
« ne la scez appareillier ; il sembloil que chiens 
« eussent (U'cliarungnée celle truye que tu avoies 
« tuée. »j(N. E.j 

Dechasseinant, s. m. L'action de chasser, 
expulsion. (Mouet, R. Estienne, Oud. et Cotgr.) 

Dechasser, v. Chasser, expulser. 

VARIANTES (21 : 
DECHASSER. Joinv. p. 95 ; Vill. p. 2. 
Deschascer. Poës. MSS. av. 1300, t. III. p. 982. 
Deschasser. J Mar. p. 8 ; Crétin, p. 180. 
DÉCHACER. Moilus et Hacio, MSS. fol. 180, V". 
Dechaser. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 202, V col. 2. 

Déchausser (se), v. Terme de vénerie. 11 se 
dit du loup, quand il gratte. Le loup, « quand il 
« gratte, que nous appelions se déchausser (3), il le 
« fait avec plus de violence que la louve. « (Sain. 
Vén. p. 209.) 

Decliausseures, s. f. p. Terme de vénerie fi). 
Trace du loup qui a gratté, ce que l'on appelle se 
déchauascr. (Voyez Déchausser ci-dessus.) 

Decheable, adj. Sujet à décheoir. (Eustache 
Desch. p. 321.) 

Déchéance, s. /'. Orthographe subsistante. 

VARIANTES (5) : 
DÉCHÉANCE. Monet, Nicot, Dict. 
Deschéance. Ibid. 
Decheute. Pasq. Rech. p. 883. 
Deschl'te. Cotgrave. 

Déciiute j. d'Aut. Ann. de Louis XII, MSS. fol. 103. 
Decoite. Tri des IX Preux, p. 235, col. 1. 

Dechéement, s. m. Dépérissement, décadence, 
l'action de décheoir. Ce mot est employé pour 
désigner l'état de décrépitude, dans les Assises de 
Jérusalem, p. 16i. Ontrouvedans l'Histoire de Jean 
Boucicaul, p. 170 : ^ La ruine et déchécinoit du 
« lieu. » Le latin débilitas regni Fra)icuruni de 
Rigord est traduit par » le dechéement du royaume 
« de France » (dans les Chron. de S. Denis , 
l. Il, fol. 45, W) 

« Deschéance de fief « est l'action de décheoir de 
son fief, la forfaiture. (Voy. Godefr. Annotât, sur 
l'Hist. de Charles VI, p. 602.) 



VARIANTES : 
DECHÉE.VIENT. Gace de la Digne, des Déd. MS. fol. 13, V«. 
Deschéement. Hist de J. Boucic. p. 170. 
Dk.scheoiment. Gloss. du P. Labbe. 
Dechoiement. Ibid. 
DÉCHIE. Ord. t. I, p. 389. 

Decheminer, v. Quitter la route. 

Lors me declieminai, 

Vers eles m'en alai. [Poës. mss. t. II, p. 833. J 

Decherqueler, v. Partager les champs. Mol 
employé en ce sens dans l'Artois. (Du Cange, Gloss. 
latin, à Circamanaria.) 

Dechès. [Intercalez Decliès, pour décès : •• Je 
« [liernard de Moroeul] ordenne que ledite contesse 
«' ait pour son mariage, après mon dechès, tel don 
<■ et tel devis, comme j'ai fait à laditte Marie ma 
'< fille. » (Cart. de Corbie, an. 1302.) On trouve 
aussi déchet (Charte de 1274, Du Cange, II, 757, 
col 1). Enfin on lit dans Froissart (II, 144): « Apriès 
« le dechiès de son père. »] (n. e.) 

Dechevanché, part. Appauvri. « A dechevan- 
« c/ic nos dits royaumeel subjectsd'iceluy. » fProc. 
de J. Cuer, ms. p." 6.) 

Dechi, udv. Delà. « Il ère à unejornée dechi. • 
(Villehard. p. IS'i.) 

VARIANTES : 
DECHI. Villehard. p. 184. 
DicHi. Ibid. à la marge. 

Dechiller, v. Terme de vénerie [il est pour 
decillcr]. On a dit en parlant des oiseaux de proie 
que l'on appiivoise en les empêchant de dormir : 
« Ouant il sera nuit, si luy soit coupé le fil de 
« quoy il sera chillé et soit dechillé de tous poins, 
• et encores le veille celle nuit et ne soit veile, se 
« tu vois qu'il fust assez seur entre les gens. » 
(Modus et Racio, ms. fol. 61.) 

Dechoite ou Déchet. [Intercalez Dechoite ou 
Déchet, et voyez les notes sous déception.] (n. e.) 

Deci, adv. D'ici. Ce mot est adverbe de temps et 
de lieu, et ses significations vai'ient selon les mots 
avec lesquels ii se construit. Ainsi on a m : 

l" Deci adoncque, pour d'ici à ce 3, de ce 
moment ici jusqu'à ce que. 

2° « Deci en droit, » c'est-à-dire de ce moment. 

Je vos otroi deci endroit 

Le milior destrier de m'estable. 

Poés. fr. MSS. av. 1300, t. IV, p. 134». 

3° " Dec\j à lendemain, » pour d'aujourd huy à 
demain. (Ord. des R. de Fr. t, l, p. 526.) 

4° « Desci que, desi au, desie au, desi que, disi que,« 
c'est-à-dire « jusques à. » « Tiestot la pourfendu 
'< desciqu'à\ixGoiée." (Fauch.L.etPoës. fr. p. 112.) 
« Desi au morir. » (Poës. mss. av. 1300, tome III. 
p. 1223.) » Desie au cler matin s'est muciez et 
« celez. » (Rom. de Rou, ms. p. 46.) 



(1) On lit dans la Chanson d'Antioche (V, 880) : < Trestout maigre et caitif et de fain descarné. » (N. E.) 

(2) On lit déjà dans Thomas de Cantorbery (74) : « Destruiras les iglises, les clers deschacerns 9 » (n. e.) 

(3) « A la fin les Gaulois commencèrent jà à desc/iausser les roues de ces chariots (Amyot, Pyrrhus, 63) ; 
déterrer, (n. e.) 

(4) Nous disons dechaussiére ou dechaussure. (N. e.) 

(5) « Mais jo quit dire veir de celé deceance. » (Th. de Cantorbery, 101.) (n. e.) 



c'est-à-dire à 



DE 



5 — 



DE 



5° » Desi atanl que, » c"est-;Vdire jusqu'il ce que. 
(Ord. des H. de Fr. t. 1, p. 28.) 

6° " Desi comme, » c'est-à-dire comme, ainsi 
que. (Brill. F.oix d'Ahglel. fol. 7!).) 

7» « Itesi iclii, ■■ pour jusqu'ici, jusque à présent. 
« L'amours ma l'ait grant bien desi ichi. « (Poésies 
Mss. du Val. n° 1 i90,'fol. 8.) 

8° « Dessi laque, » c'esl-à-dire jusqu'à ce que. 
(Voyez le Itom de Brut, ms. foi. A.) 

9° « Ik'ssy en avant, >• dorénavant, désormais 
ou jamais. (Eust. Descli. fol. 177 ) 

10° « Dcsij qui en avant, » d'ici en avant. (Ord. 
des R. de Pr. t. Il, p. ('.06.) 

H"" Avant deci devant que », jusqu'à ce que. 
(Fabl. MSS. du [\. n" 701.5, t. H, fol. 128.) 

12° « Deci olor que », jusqu'à ce que. (Contin. de 
G. de Tyr, Martene, t. V, col: 585.) 

13° » Desni qui en avant », d'ici en avant. (Ord. 
t. III, p. .391.) 

VARIANTES ; 
DECI. Poës. MSS. av. 1300, t. I, p. 325. 
Dejy Ord. i. I, p. 520. 
Desci. Fauch. Laiig. pt Poës. fr. p. dlS. 
Desi. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 1223. 
Desic. Rom. de Rou, MS. p. 46. 
Dess;i. Rom. de Brut, MS. fol. 4, R» col. 2. 
Dessv. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 177, col. 3. 
Desy. Ord. t. II, p. 600. 
Disi. Rora. de Rou, MS. p. 371. 
Desni. Ord. t. III, p 391. 

Décider, IL Prononcer. « Faire rfc'c/fte/' juge- 
>' ment », se trouve pour faire juger dans Bouleil- 
1er. On lit tievaller dans un aulre exemplaire ms. 
<• S'est advancé de cognoislre et vouloir cognnisbe 
" par luy, ses subjects, hostes, cl colliers de pl;!,;i- 
« les, recevoir des contracls, marchez ou ileldes 
« non payées, et de ce faire conjura ses dicls juges 
» par Iny, son majeur ou lieuïenant, et en faire 
« rf('c/c/«' jugement en tenant cour sur ce el faire 
« exploictalion de justice. » (Bouteiller, Som. Rur. 
page IIG.) 

Décime, s. /'. Monnoie*. Règlement^. Le nom- 
bre dix "=(1]. 

* Ce mot est interprété au premier sens dans le 
Gloss. lat. fr. de S. G. cité par Du Gange, au mot 
Era. [l'origine est le latin œs, œvis, œra]. On y lit : 
'■ Era, ère, décime, monnoye. » 

^Décime signilie règlement, décision en ce pas- 
sage : « Les jugemens et décimes qu'en semblables 
« matières sont esté faicls et ensuivis. « (Coût, de 
Bueil, au Nouv. Coût. Gén. L il, p. 1237.) 

'^ Le sens propre de ce mol, comme adjectif, est la 
dixième partie; on l'a employé comme substantif 
pour le nombre même de dix, un dixain. C'est 
ainsi que l'on a dit : « Une fois en la décime », 
pour une fois sur dix. 

Une fois en la décime. (Al. Chart. p. llû.j 



Decimestre, adj. De dix mois. (Oudin.) 

Decine, s. f. Le courant de l'eau. (Dictionn. de 
Mouet.) » Aller à la decine [lisez dérive^, » pour 
aller au courant, à la descente de l'eau. (Ibid.) 

Decipé, s. m. Tromperie. Froide allusion avec 
le mot recipé en us ige dans la médecine. On a dit 
en parlant des ordonnances des médecins : " Pour 
» un recipé on trouve un decipé. » (Pasq. p. 445.) 

Deciple. [Intercalez Deciple, disciple, dans un 
psautier du xiii' siècle: « Mi deciple qui o moi 
« avoienl demoré, s'esloingnierent de moi. « (Bibl. 
Mazarine, u" 258, fol. 48.] '{a. e.) 

Decipline. [Intercalez Decipline, punition : 

Si prans Gérard, si en fai decipline, 
A jugeiriant de ta chevalerie. 

Gérard do Vienne, v. 3331.) (N. E.) 

Decipliner. [Inlercalez Decipliner, flageller 

avec une discipline : 

En peu de terme l'ont tout decipline. 

Runcisvals, p. 202 ] (N. r.) 

Decirconcir , v. Abjurer la circoncision. 
Abjurer la religion dans laquelle on circoncit. 
« Combien voit de monde en la guerre des Turs et 
« des Grecs, accepter plustosl la mort très aspre que 
<• de se descirconcir pour se baptiser. » (Essais de 
Mont. t. I, p. 408.) 

Decis, part. Décidé. •■ Comme il esloil par la 
« loy lors decis [parlicipe fait sur decisuni]. » (Tri. 
de la Noble Dame, fol. 150.) Dans la confession de 
foi d'Henri IV, on lit : « .J'approuve sans aucun 
« doutte el fais profession de tout ce qui a esté 
« décis, déterminé el déclaré par les saints canons 
« et conciles généraux. » (Mëm. deSulIy, t.ll, p.G7.) 

DecitiauLx, adj. Nous trouvons ce mol pour 
épitbèle de puces dans le passage suivant. Nous ne 
pouvons déterminer sa signilicalion : 

Ort drap et puces dcnii.ml.:. , /:. Desch. 350.) (2) 

Decivtiule, adj. Décevablc, séductrice, sédui- 
sante, li'ompeuse. (S. Bern. Serm. fr. mss. p. 304.) 
En latin seducirix qu'il a formé du latin seductor. 
(Voy. Décevoir ci-dessus.) 

Declairer, v. (3) Déclarer, expliquer. 

M'a dit et déclaii-é 

Que l'on voulloit de moy faire un narré. (Faifeu, p. 5.) 

VARIANTES : 
DECLAIRER. M. de S. Gelais, p. 8. 
Declairieis. Ord. des R. de Fr. t. III, p. 128. 
Declarier. Ibid. 1. 1, p. 764. 
Decli-.irier. Ibid. t. I, p. G53. 
Declerer. Dict. d'Oudin. 
Desclairer. J. Marot, p. 71. 
Desclairier. Ord. des R. de France, t. I, p. 526. 

Déclaratif, adj. ExplicaliL « Après les propos.. . 
« aucunement déclaratifs de sa précédente proies- 
» talion. » (Mém. de Du Bellay, fol. 158.) 



(1) Il signifie aussi dîme :« Il jeusne deux fois la sepmaine et donne les décimes de tous ses biens. >> (Calvin, Instit., 
597.) (N. E.) 

(2) C'est une faute du copiste ou de l'auteur, car le vers n'a que neuf pieds. (N. E.) 

(3) C'est encore la forme du Berri. Le sens primitif de la racine clair est èclaircir : « Sans ouvrir ne declairer la matièi'e. » 
(Froissart, XII, 1530 Le même auteur donne la forme savante déclarer (VI, 264) : « Le saint Esperit , qui lui avoit donné 
entendement de déclarer toutes ces ancyennes et troubles escryptures et prophéties. » Voyez aussi la Rose, v. 132. (n. e.) 



^^ 



DE 



— 6 - 



DE 



Déclaration, s. f. necla.alion. Orih. subsist. 

Déclaration se dil pour les biens en rolure 
':JT"% ]^'- '^' ^^"ombre.nenl .. pour les biens 
obies. (Doul. soin. Mr. p. 51«.) 11 y a cependant 
des exceptions a laire (Ij. 

Declnreinent, adv. Clairement, évidemment 
" Touladjournemenlpoui' avoir trêves, doit estre 
« baille nonimemenl et declarcmcnl en demandes 

no^L re\*^^- " ^^°"^- d'Anjou, au Coût. Cén. t. Il, 
page u»./ 

Déclin, s. m. Orlb. subsistante. (V. Decllnatio.n.) 

VARIANTES : 
DECLIN. Orth. subsist. 
Decli.ne.ment. Dict. de Cotgrave. 

Declinatioii, s. /'. Pente*. Décadence, déclin « 
Le mot déclin subsiste encore, mais il étoit 

^ le declm de la coline .. pour la pente. (.Mém de 
bul y t I, page 3i)G.) On trouve dans le même sens 

i%!:'£s'rp?e;x^r3i?.'"™'"'''"'^ - '''' '^ 

^On disoil aussi déclin pour .. décadence ». 

Malostruz a déclin. 

Mare, et Salem. .MS. de S. G. fol. lit). 

De là « aller et tourner à declinr », pour aller en 
décimant ., La besogne «//« à déclin el ma pou? 
" ^"^; • (/•, ^"''''- "'*^- "^^ <'"a'"les Vil, page 26 ) 
" Conte Thibaut qui du tout defailloit eùouhioitâ 
<• decm, ainsi comme celuy qui commence à cbeoir 
«de a roe de fortune. » (Chron. de S. Denis, t. 
\aDn ' - , *^""' ^ dcclinemenl » se lit dans Geofr 
de Pans, a la suite du P.om. de Fauv. fol. 53 On 
dit encore le dexlin de Tàge. On trouve dans Mon 
taigne » la declinalion d'âge. » (liss. t. III, p. 77.) S) 

Décliner, y. Eloigner, détourner*. Diminuer^ 

ÎÛSli'SSr.'*- " "'•"■ "'""■ """'■ "^"'' 

*0n ht dans le premier sens : « Se tu tués les 
« pécheurs, Mondieu, que le .sang des hommes se 
•-déclinera h moy. » (Petit,/, de Sainlré, pa^e 8(j1 
C est 1 interprétation du verset qu'il rapjorte du 
pseaume de David : . Si occident Deus peSore^ 
« vnysanginneni declinale a me. . (Voyez a , ofè 

t uTu'-} ; '>^">'' et rf^-c^»^er le danger »(mS 
de Du Bell. fol. 33'J, V°.) * l-ueui. 

^Z»<?c//«er,danslesensde« diminuer, «adonné 
lieu ù 1 expression . décliné de biens » poui dési 
gner celui dont les biens sont diminués.^ù au te 
d en avoir assez ne peut payer ses dettes. . Un forain 



« estant décline de biens sans dol et fraude peut 
« prendre la franchise de la ditte ville, par laquelle 
" Il est franc quant à son corps, demcurans nean- 
" ZT^'^i h? «'■'^'^'|«"';s. entiers pour poursuivre 
'_ Icu s dcbtes sur les biens du dil debleur. » (Goût 
de^^alenclennes, au CouL Gén. t. II p ')5i ) 

le vmsSin •'"°'"'^ ''*'''" "°'"'"^'^' ^PP^'er, dans 

Hermès Andrieus le décline. (E. Desch. 573 ) 

De la, cette fagon de parler : « se je vole veir 
Àis. S'âj "^' ^'0"s déclare le vrai' (G. Guiarl, 

DECLINER. S. Bern. Serm. !r. MSS. p 70 et 71 
Decligner. s. Bern. .Serra, fr. MSS. p. 364 

Déclinquant, adj. Dabillant. 

Et leur declinquanle noyse. (J. Tahur. p. 379.! 

Decliquer, V. Tirer*. Lâcher ° Fraoner = <?a 
détacher, tombera Dégoiser, expliquer aE ong- 
Proprement ce mot signifie làdiei le ressort là 
détente dune machine de guerre ou d'une arme 
comme l'arbalète [i). On la dans la suite employé 
la s un sens impropr. pour les grosses pièces 
d artillerie et il a signifié a tirer (5) .. 11 s est dit 
P us impropremeat encore pour « lâcher », déta- 
cher, décharger un coup (C), comme un coup' de 
liacheou toute autre chose, et enfin pour babilIe^-(?) 
" degoiser », expliquer au long. Fauchet donne 

n .nf '^''"^'''^"' ^'-^ "^ "^ot = " Oli temps de 
1' -.11 f« ma>§;ne environ l'an .vcclx. une chronique 

n^P n '^'^^ '"ftrumenf janclides et clides dont 
" possible vient le mol descliquer, pour légèrement 
» lascher une parolle volant souda.nement,% ns 
" ^Zf^'-'u'^''". '^^"^"•^"•d> pour ce que les inslru- 
^FaMP J! A ^"^ ï"^ ?." plusieurs grosses pierres. » 
(rauch. des Orig. liv. Il, p. ii8.) 

*Ce mot s'est employé dans le sens générique de 
" tirer » appliqué à l'artillerie. '"I"^ ue 

On faisoit trompettes bondir, 

Canons, bombardes décVuiuoiont 

Et les gens d'armes y frappoient (Bat. du Liège, 376) 

suiv^nf :''^""' "^"'"^ " '''^^'" " «^^"s le ^'ers 

Pour desclirquer vent en tous lieux. (Molin. p iS't j 

Ce même mot est mis pour « frapper, » déchar- 
ger un coup en ce passage; un chevaler angbls 
Il siège de Paris eslanl allé faire une bravade aux 
Parisiens en 1370: ,. il trouva un boucher sur le 
« pavement, moult fort lourdier, et qui bien favoit 
« veu passer : lequel tenoit une hache trenchant à 



(1)11 signifis encore éclaircissement p-çnli.-atmn • „ t? 



DE 



7 — 



DE 



" lon^iie poignée, et fort pesant. Ainsi (|iie le ctie- 
« vaiier s'en r'iilloit tout seul et que de ce, ne se 
« donnoit 2:arde, eeluy vailltinl boucher luy vint 
" sur le costé et luy décliqua un coup entre le col 
o et les épaules, si grand, qu'il renversa tout à deus 
« sur !e col de son cheval : et puis recouvre, et le 
« retiert ou chef et luy met la hache de dens. » 
(Froiss. liv. I, p. ^01.) [Comp. Kervyn, VUI, 3,5.] 

" Ce mol a été employé pour se « détacher , 
« tomber ». 

• Ou cheminée ou pierre qui desclique. (E. Desch. 314. J (1) 

^On a d\\. descliquer pour » dégoiser, expliquer 
« au long ». 

Que tu m'orras bien descli<ji(er 

Quant il aura fait sa demande. fPath. Farce, p. 74. ) 

VARIANTES : 
DECLIQUER. Froissart, livre I, p. 401. 
Declicquer. L'Amant rendu cordel. p. 503. 
Desclicquer, Molinet, p. 184. 
Desclîquer. Fauch. Orig. p. 118. 

Décliqueur, s. m. {"I) Babillard, parleur. 

Expers, habilles, decliqueurs. (Coquill. p. 3.1 

Deeloit, s. m. Excrémens. Ce mot, qui paroit 
forme de déclore, ouvrir, lâcher, semble avoir été 
employé pour signifier les matières que rend un 
malade. Dans rénumération des sept arts que Char- 
lemagne avoit fait peindre dans son palais, savoir : 
la grammaire, la musique, la dialectique, la rhéto- 
rique, la géométrie, l'arillimélique et rasti'c'.ogie, 
on parle ainsi de la médecine qu'on appi'îoit 
» physique » : 

Dont le flsique l'une di, 

Ki par orinaus et déduit 

Monstre quel mal avoir on doit. 

De cens maus scavoir la mecine 

Est fisique niestre et racine. (Ph. Mmiskes, p. 254.) 

Declos, adj. Manifeste *. Dépourvu °. 

* Ces deux signilications si différentes ont cepen- 
dant la même elymologie, le verbe « déclore, » 
ouvrir. De là, déclos a siguilié » ouvert, » qui n'est 
point caché, d'où vient naturellement le sens de 
« manifeste. » 

Et si y a une autre chose 

Qui en plusieurs lieux est dik-lose 

C'est que veneur et faulconnier 

Ne me mainent pas voulentier 

Avec eulx, et c'est science 

Qui moult requiert expérience. (G. de la Biijne, i50.) 

° D'un autre côté, on a dit « déclos de conseil » 
pour désigner que l'on est plus à couvert, à l'abri, 
garanti par le conseil, dépourvu de conseil. (Essais 
de Mont. t. II, p 297.) 

Décocher, v. partir comme une flèche (H). Ce 
mot, en ce sens, est pris au figuré. Il subsiste dans le 



sens propre. On a dit, en parlant de la course 
d'Alalanle : 

Le signal fut sonné, quand à teste baissée 
L'un et Tautre décoche (i) à la course dressée. 

Œuv. de Baïf, fol I8fi. 

Decoiller, v. Châtrer. (Assis, de Jérus. p. 80.) 

Decointier, v. Désavouer pour parent. On lit 

au sujetdesgens d'église sorlis de la lie du peuple : 

Ses amis, ses povres acointés 

A meintenanl toz dm-oi niiez. jS" I.éuc. p. 31.) 

Decoivi'e, v. Prendre en faute, surprendre. Ce 
mot, pris en ce sens, paroit le même que découvrir. 
(Voyez Decouvrier.) 

Fist-il murtre ne trahison 

Dont vous le peussiez decoivre (5). 

FaM. .M.SS. du R. ii" 1218, fol. 95, R- col. 2. 

Decolace. La fêle de la décollation de S. Jean 
(29 aotît). (Gloss. de l'IIist. de Paris.) « Le jeudy veille 
» de monseigneur sainct Jehan decolasle vingt 
« huictième jour du dist mois. » (Chron. scand. de 
Louis XI, p. 288.) « Fut la forte ville de Calais 
« assise par le roy d'Angleterre, fan de grâce 
» mil .cccxLvi. enviriMi la sainct Jean decolasle en la 
« lui du mois d'aoust. >■ (Froiss. liv. I, p. 109.) (6) 

VARIANTES : 
DECOLACE. Gloss. de l'Hist. de Paris. 
Decolasse. Chron. scand. de Louis XI, p. 288. 
Decolasïe. Froiss. liv. I, p. 109. 
Decolast. Coût, de G. de Tyr, Martène, t. V, col. 686. 

Decolation, s. f. L'action de décoller. On ne dit 
plus decolation qu'en parlant de la décollation de 
S. Jean. Ce mot s'employoit autrefois pour l'action 
de décoler, de couper la' tète. Froissart, parlant de 
Jean Desmarets, un des principaux magistrats du 
parlement de Paris qui avoit rendu de grands 
services aux rois Philippe, ,fean et Charles, el qui 
fut décollé par ordre de Charles VI, en 1382. dit : 
« Toutes fois il fut jugé à eslre décollé et environ 
« douze en sa compaignie, et cependant qu'on le 
« menoil i\ sa decolation sur une charrette et séant 
« sur une planche , etc. » (Froissart , livre II , 
p. 233.) [Ed. Kervyn, X, 198.] On trouve décolure 
au même sens dans le Dict. de Monet. 

VARIANTES : 
DECOLATION. Froiss. liv. II, p. 233. 
Decolube. Monet, Dict. 

Décoler, v. Egorger. Proprement couper la 
tèle. On trouve en ce dernier sens decolare. (Gloss. 
lat. de Du Cange.) Ce mol décoler est pris pour 
'< égorger » dans le vers suivant, oîi l'auteur 
parle du massacre des saints innocens ordonné par 
Hérode : 

A tous les enfans decolcr (T). (Pli. Mouskes, p. 276.) 



(1) On lit au fol. 425 ; « Tousjoiirs est le martiaux tout prest Qui fiert sur la cloche et descliqite. » (N. E.) 

(2) Le décliqueur d'un engin est l'ouvrier chargé de détendre la verge d'une machine de guerre ; il correspond à l'artilleur 
qui tire la ficelle el décharge le canon. (Violl. le Duc, Dict. d'Archit., V, p. 234 et suivantes.) (N. E.) 

(3) Voyez la note sous Decliquer, et Renart, v. 12356, v. 18969. (n. e.) 

(4) Ce sens de partir, de s'élancer, est dans G. Guiart (v. 2108, 6140, 8176). (N. E.) 

(5) Le verbe cooperire est passé de la quatrième conjugaison en ire, à la troisième en ère. (n. e.) 

(6) Dans ledit. Uervyn, on a dccollance (II, 20) ou décollasse (V, 206). La racine est une forme fictive en alia. (Comparez 
Dédicace.) (n. e.) 

(7) « Et fu sacreiz à roi, et fu li pires rois qui onques fust, neis li rois Herodes qui fist les enfanz deolcir. » (Ménestrel 
de Reims, § 244.) (n. e.) 



DE 



8 



DE 



Décolleté, part. EcoUelé. On voit » dcscolatada 
« vestis (I) » piis au même sens, dans le Gloss. lat. 
de Du Gange. 

Decolper, v. Coupei' *. Mettre en pièces ^. 
* On a dit au premier sens : 

Tout la par membres ilnrolpc. (hnm. de Brut, p. 60.} 

° On a dit aussi découper pour mettre en pièces. 

Kist decoiipper, rompre, fendre, et froisser, (itarot, p. 505}. 

« L'avoit fait battre et découper tant que c'esloit 
■' pitié à voir. » (llist. d"Artus 111, eonnestable de 
France, duc de Bretag:ne, p. 777.) « Decouppereiit. 
" les engins {'2). « (.loinville, p. 74.) Monstrelet, par- 
lant d'un assaut donné ;\ Soissoiis, en -1414, dit: 
« Durant cest assaut le capitaine des Anglois qui 
« estoient dedans la ville avec le dit Engueran de 
« Bournonville, Idiuel paravant avoit parlementé 
« avec aucuns Anglois, (jui estoil en lost , feit 
« descoupper une porte vers la rivière, par laquelle 
" entrèrent premièrement les gens du comte d'Ar- 
« minac. ■> (Monstr. vol. l, loi. '205.) 

VARIANTKS : 

DECOLPER. Rom. de Brut, MS. fol. 60, V» col. 1 (3). 
Decouppeu. J. Marot, p. lOD. 
Descoupper. Monstr. vol. I, fol. 105. 

Deconfermer, v. Annuler, infirmer. " Et por 
" ce que ne puisse eslre effacié ou par aucune 
>' manière, à ceux qui vendront après nousdepetié 
■• et deconfermc ; nous confermasmes cet écrit de 
« l'auctorilé de nostre non et de nostre scel. ■> (La 
Thaum. Coût. d'Orléans, p. 4G4, titre de 1137.) 

Deconfès, adj. Qui ne s'est pas confessé *. Qui 
n'a rien légué à l'église ° ('t). 

*Ce mol est pris dans le premier sens en ce vers, 
où il s'acit d'un Sarrazin : 



Mort le tresbuche des 



mips (5). 

Ulanch. MS.de S. G. fol. 191. 



^ On appeloit aussi » mourir deconfès, » mourir 
sans léguer rien à l'église (,6). (Laur. Gl. du Dr. fr.) 

VARIANTES : 
DECONFÈS. Laur. Gloss. du Dr. fr. 
Desconfès. Blanchand. MS. de S. G. fol. 191, V» col. 3. 
Desconfessés. Vies des SS. MS. de Sorb. chif. XXVII. 

Decontenancement, s. m. Air décontenancé. 
(Lettres de Mad. de Sévigné, t. I, p. 213 [« Son 



" decontenancement me fait suer et lui aussi, j'en 
•' suis assurée. »].) 

i . Décore, .s. m. Illustration, décoration *. Bien- 
séance °. 

* Ge mot est interprété selon le premier sens 
dans le Gloss. de Marot [« Francs et loyaux autour 
« d'elle vacquons, C'es'^l son décore », dit-il de 
Henée de France]. 

^11 signifioit aussi •■ bienséance. » En ce sens, 
l'on disoit : ■■ le décore gardé. » (Art poët. de Sibil. 
liv. Il, p. l'20.i .. Le décore àes personnes observé. » 
(Ihid. p. 1-23.) 

2 Décore, (Tf/y. Brillant. i;g1. de Marot et deCotg.) 

Decoi'ement (7), s. m. Décoration. (Cotgrave 
et Oud.) 

Décorer, v. Orner. (Gloss. de Marot.) 
Decoste, adv. A côté. Decoste elles, pour à 
côlé d'elles. (Grelin, p. 161.) 

DecouIors,rtrfJ. Qui a perdu sa couleur, pâle (8), 
terne. " Gris blanchastre est moult desconlonré, et 
» y a d'aucuns draps de ceste couleur qui sont 
« picotez ou piollez de rouge et autres couleurs, 
« qui se monslrenl très beaux. » (Sicile, Blas. des 
Couleurs, fol. 31.) 

V.\RIAXTES : 
DECOULOR'^. Gloss. du P. Labbe, p. 497. 
Decollourè. Contps de la R. de Nav. p. 478. 
Décoloré. Fabl. MSS. du R. nû 7615, t. II, fol. 179. 
Décoloré. Clément .Marot, p. '2G2. 
Descolouré. Poës. MSS. avant 1300, t. III, p. 979. 
Descouloré. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 493, col. 4. 
Uescoulouré. Ger. de Nev. 1" par. p. 44. 

Decoulourable. [Intercalez Decoulourable, 
sans couleur, en latin discolor (Gl. lat. 7092).] (n.e.) 

Decoulourement, s. m. Pâleur. Etat de ce 
qui a pei'du sa couleur. (Cotgr. Oudin et Rob. Est.) 

Decoulourer, v. Faire perdre la couleur. 
« ... L'or de vos cheveux l'or même décolore. • 
(Œuv. de Desp. p. 351.) 

VARIANTES : 
DECOULOURER. Oudin, Nicot, Monet, Gloss. de Marot. 
Décolorer. Ibid. 
DEScofLOL'RER. Melin de S. Gelais, p. 65. 

Decoulper, v. Disculper, justifier, excuser ^9). 



(1) C'est là un contre-sens ; (/t'sto/a(arfo signifie muni d'un collet, « cum coleto alto », dit le texte de S' Victor de 
Marseille (an. 1506). On disait au xiu« siècle escoleter: « S'ele a biau col et gorgs blanche, Gart que cil qui sa robe tranche, 
si très bien la li escolele, Que sa char père blanche et nete. » (La Rose, v. 13519.) (n. e.) 

(2) « Les engins le roy, que il devoie:it garder aussi, il les décapèrent par pièces. » (Ed. de Waiily, § 370.) Cette expression 
se retrouve dans Froissart : « Et nous mêlerons en paine de l'abalre [le grant enghien] et dou décaper. » (IV, 49.) (N. E.) 

(3) Cette forme est dans Thomas de Cantorbéry, au sens de tailler en pièces : « Dune comencent as uis durement à 
buter ; Car il quidouent prendre le saint u decolper (144). » (N. E.) 

(4) C'est une injure, comme dans Garin : « Outre, fet-ils, fel^ traitres, envers : Vostre lignage mora hui desconfès , Jà de 
cest champ n'isira ni cuens ne pers. » (N. E.) 

(5) Au xui' siècle, la connaissance des questions soulevées par les testaments était réservée aux tribunaux ecclésiastiques 
(officialités). Déjà sous les empereurs romains, l'évêque était exécuteur des testaments contenant des legs pour œuvres 
pies. La règle romaine devint donc celle du moyen âge ; et l'on fit des legs pieux et charitables pour intéresser l'officialité 
à l'exécution d'un testament que les tribunaux laïques auraient attaqué pour respecter les coutumes germaniques et ne 
pas morceler les biens de famille. (N. E.) 

(6) Ce n'est pas le sens aux Etablissements dits de S' Louis (I, 86) : « Se aucuns hom, ou aucune famé, avoit geu malade 
huit jours, et il ne se voulust confessi-r. et il mourut d''scoiifcs, tait li meubles seroient au baron. » (N. E.) 

(7i Le mot est dans une lettre de Louis XI (li74) aux preuves de l'IIist. de Ximes, III, 326, col. 1. (N. E.) 

(.S) Ce sens est déjà dans Kol ind iv. 1979) : « Teint fut e pers, dcsculiiret e pale. » (s. E > 

(9) Il signifie encore acquitter, déclarer non coupable : « Car il la descoupa à le mort. » (Froissart, V, 273.) (n. e.) 



DE 



— 9 



DE 



« ... Devoit estre découlpé (1) de tous les blasmes ; 
« que siircesiijet l'on luypouvoitallriliner. » (Mém. 
de Montres, t. 1, p. 7.) « Se aulcnni;' esl ncrnsé d"nn 
" aultre et l'uccusateur ne compare pnini, le dit 
» accusé se descntipera par son serment. >■ (La 
Thaum. Coût, de Berry. p. 436.) 

VARI.'iNTKS : 
DECOULPER. Al Chartier, Qiiadril. inv. p. 431. 
Decui.per. Drrfl, Monet, Oudin, Cotgrave, Dict. 
Descolper. Villeliani. p. IIS. 
Descouper Gloss. sur les Coût, de Beauv. (2) 
De.scoupler. Gér. de Nev. 2" pari. p. 86. 
Desencoulper. Monel, Cotgrave, Dict. 

Decouppé, part. Dont les habits sont décou- 
pés. C'est en ce sens que ce mot sert d'épithète à 
damoiseau et à Allemans, dans les Epithètes de 
M. de la Porte. « Leur esl permis de faiie l'amour, 
« d'estre braves, emplumés, desgiiysés, clescoup- 
« pés (o), masqués (4), musiiués, parfumés et en 
bon ordre. » (Arr. amor. p. 410.) 

VARIANTES : 
DECOUPPÉ. Epith de De La Porte. 
Descouppé. Arrest. Amor. p. 410. 

Decoiii'able, adj. Qui coule, qui s'échappe. 
Voy. le Itict. de Corneille qui rapporte cette phrase 
tirée des Amortissements: « La mémoire de 
« l'homme est l'ort tluxible et descourable. » 

VARIANTES : 
DECOURAIlLE. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 264, col. 4. 
Descourable Cotgrave, Dict. 

Décourant Eust Desch. Poës. MSS. fol. 243, col. 2. 
DÉCORANT. Fabl. MSS. de S. G. fol. 6, li" col. 2. 

Décourager, v. Dégoûter, dissuader. Le comte 
d'Oslrevaut consulte deux personnes pour savoir 
s'il acceptera l'ordre de la Jarretière que lui oITrcit 
le roi d'Angleteire, en 1390 : » Lesquels ne Veitssent 
» jamais découragé, ne détourné (5), de recevoir 
« rordonnance de l'ordre du bleu Jartier, de la 
« compaigTiie de S. George. •■ (Froiss. 1. IV, p. 933.] 

Decoiirem«»ns. [Intercalez Decouremens , 
écoulement, en latin rodos, Closs. 7G9-2.] (n. e.) 

Deeourir, v. Couler, découler *. Décliner, 
décheoir °. (Voyez Descouler ci après.) Ce mot, 
dans S. Bernard, répond au latin jluere, de/luere, 
effliiere, emaiiare et stillare. 

* Couler esl le sens propre. 

Je voy mon sang par tous lieux diicotirir. (J. Marot,p. 2j/2.) 

On a dit au figuré deeourir pour « décliner, 
« décheoir. •> 

Vieil maistre d'ostel qui decourt. [E. Desch. p, 440.) 



Conjugaison : 

Dccorreit Couloit. (S Bern. Serm. fr. mss. p. 29.) 

yjrc?;)'^ Coule, découle, dégoutte. (Marb. col. 1072.) 

Ih'kriirt. Découle. (Vies des SS. ms. de Sorbonne, 
ohif. I.X1, col. 22.) 

variantes : 

DECOURIR. Oudin, Cotgrave. 

Decorir. s Bern. Serm. fr. MSS. p. 29. 

Decorrir. Id. p. 27. 

Décorer. Borel, Corneille. Dict. 

Decurir B'où le présent rli-nirl, pour coule, découle et 
dégoutte. (Marbodus, col. 1672.) 

Deconronnement,s. m. L'action d'enlever la 

couronne. (Dict. de Monet.) 

Decours, s. m. Cours * (0). Déclin °. 

* Ce mot, dans le premier sens, s'est dit du temps 
qui s'écoule et des eaux qui coulent. » En tout le 
« decours de laniiée. » (liabelais, t. V, p. 144.) 
« Ils seront comme l'arbre de vie planté au para- 
« dis terrestre au long du decours des eaues 
« rivières et fontaines. » (L'Am. ressusc. p. 104.) 

^ Dans le second sens, il subsiste eucore" pour 
exprimer le déclin de la lune, par opposition au 
croissant. On disoit aussi autrefois, en parlant de 
cet astre : 

Et les croissans et les décors. (Partoii. p. i^27.J (7) 

Mais ou le disoit aussi en parlant du déclin de 
toute autre chose (8). 

Tous mes plaisirs sont en decours. [Al. Chart. p. SOO. 
Ung seul hazard met la vie en décours. (Crétin, p. 95.) 

variantes : 
DECOURS. Rabelais, t. I, p. 169. 
Decourt. Oudin, Dict. 

Descour. E. Desch. Poës. MSS. fol. 425, col. 4. 
Décors. Marbodus, col. 1060. (Decours de la lune.) 
Decurs. Marbodus, col. 1668. (Coucher de la lune.) 

Decourt, adj. Nous trouvons ce mot au fémi- 
nin, employé comme épithète de « subjection » dans 
les Epith. de M. de la Porte. Nous n'en pénétrons 
pas le sens. 

Decoustemens , s. m. p. Coûts , dépens. 
« Quand le relrayant ".ura oITert une pièce d"or et 
» d'argout, et offert payer le sort piincipal et loyaux 
« dccoitslemcns, si l'acheteur relfuse recevoir le 
« relrayant et après iceluy relrayant gaigne sa 
" cau«e, il doit avoir les fruits escheuz depuis 
« l'ollVe de la dile pièce d'or et d'argent. » (Coût, 
de Bordeaux, au Coût. Gén. t. II, p. 605.) 

Decoustrer (se), v. Se débander. 

Flamans voient qu'ils se décousirent. (G. Guiart, p. 281.] 



(1) « La seconde maladie où le roy estoit rencheii, les excusoit et descouppoit grandement de la renommée du peuple. » 
(Froiss., XV, 127.) (n. e.) 

(2) « Le Iresisine reson, si est quant aucuns est apelés por ocisions, et li mors, avant qu'il morust, nomma cix qui ce le 
firent, et descoupn celi qui est apelés. » (ISeaumanoir, LXllI, 2) (N. E.) 

(3) De 1380 à 1422, on aima découper les bords et déchiqueter les faces des vêtements. Voyez la houppelande d'un 
seigneur en 1410. (Quicherat, Costume, 253.) (N. E.) 

(4) La fréquence des travestissements sous Charles VI fit du masque, du faux-visage, l'habillement quotidien de la face. 
D'aulres-se coiffèrent de chaperons embranchés, et les vauriens, grâce à la uiode, n'étaient plus reconnus. On dut interdire 
cet usage en 1399. (N. e.) 

(5) M. Korvyn (XIV, 264) met ces mots en variantes et porte au texte desconseillié. (N. E.) 

(6) Ce sens est dans Thomas de Cantorbéry : « La procession vail, li munz est en decurs ; Li plus vuiit à pié : car poi 
béent ailliers (165). » (N. E.) 

(7) Voyez aussi un Psautier du xiil" siècle, fol. 124 : « Il fit la lune en ses tens, en croissant et en décors. » (N. E ) 

(8) On le prenait au figuré (S' Bernard, 5(53) : « Certes ensi cesset li décors de la grâce, lai ou li recors n'en est. » (N. K.) 

V. 2 



DE 



- 10 



DE 



Décousu, adj. Divisé, désuni. « Le peuple 
« (lecuiiSH ;ivec les prélats de l'egiise chrelieune. » 
(Ess. de Monl. l. il, p. Cil.) 

Decousure, s. f. Terme de vénerie. On appelle 
decoiisitrc's les blessures faites au ventre des clilens 
sans que les boyaux soient oITcnsés. « Les chiens 
« qui chassent lé saniiliei' sont très subjecis à eslre 
■ blessez. 11 est donc tiès nécessaire de les scavoir 
« pansL-r proniplement. lis sont oïdinairement 
• blessez au vetilre, mais pourveu que ce ne soient 
« que ùecousurcs, encore que les boyaux leur 
« sorlent n'estant oITensez, ils se guarissent faciie- 
« menl. >- (Salnove, Vén. p. 333.) 

Découvert, adj. Qui n"est point ensemencé (1). 
On irouve ce mot employé en ce sens dans les 
Ordonnances et les Coutumes. « La somme de 
« 2."). sols tournois... pour chascun arpent de héri- 
« tage couveit et aussi 12. sols (). deniers tournois 
« pour chascun arpent de héritage descuuvert. « 
;Ord, des R. de Fr. t. V, p. 380.) On lit dans la note 
de l'éditeur: hérilage en valeur ou en friche. 

Nota. — Les mots coriinés et descortinées (2), dont 
nous avons fait deux articles , pourroienl bien éti e 
deux fautes pour couvertes et découvertes. 

VARIANTES : 
DECOUVERT. Coût. Gén. t. II, p. 128. 
Descouvert. Ord. t. V, p. 380. 

Découvertui'e, s. {. Découverte. » Voylà Mes- 
«■ sieuib la première decouverture que feit Dido de 
« l'amour nouvellement créée et formée en elle. » 
(L'Amant ressuscité, p. 207 ) 

Découvreur, s. m. On nommoit ainsi ceux 
qu'on envoyoit à la découverte au-devanl d'une 
armée ou qu'on postoit pour observer l'ennemi. 
(Dicl. de Cotgrave, et Du Gange, Gloss lut. au mot 
discooperatores.) « lis eurent tanlost autres nou- 
u velles par les chevaucheurs el découvreurs (3) de 
« leur costé ; qu'ils avoyent envoyés devant, pour 
« découvrir le pais. » (Froissart, liv. 111, p. 318.) 
« Et commun scia sur la main gauche qui est du 
« coslé devers les ennemis, et servira de descou- 
« vreur, affin que nulles gens ne puis.sent approu- 
« chier de nous. » (Le Jouvenc. fol. 56.) 

VARIANTES : 
DECOUVREUR. Froissart, liv III, p. 318. 
Descouvbeur. Le Jouv. fol. 56, R°. 
Descouvreor. Conlin. de G. de Tyr, Martène, t. V, c. 661. 

Decouvrier, v. Découvrir. Ce mot, qui subsiste 
avec une légère différence d'orthographe, se trouve 



écrit, selon cette orthoer.iphe, dans les Fabl. Ms^. 
du R. n" 7(i!5, tome 11, folio 166. 

On trouve descouvrir pour « aller ù la décou- 
« verte «, dans plusieurs de nos anciens auteurs (4). 
(Voyez le Jouvenc. .ms. p. lOj.) « Descouvrir un 
« autel pour couvrir l'iiutre. ■■ (Sagesse de Char- 
ron, p. 18.) .\ous disons •■ découvrir S. l'ierre pour 
» couvrir S. Paul. » 

Peut-être décharger. Parlant de troupes qui se 
retirent à la vue de l'ennemi pour prendre la fuite, 
on lit: « I)csciiverirenl\<iuYi,d\ii\vi\\\{y>) » (Rymer, 
1. 1, p. 13, col. 2, titre de 1256 ) Ce <iui semble indi- 
quer qu'il jetèrent le bagage dont ils étoienl coverz. 

VARIANTES : 
DECOUVRIER. Fabl. MSS. du R. n" 7615, t. II, fol. 166. 
Descouvrir. Le ,louv. MS. p. 339. 

iJESrCrEVERT et Descuvert. part, pour découvert. Voyei 
Loix -Noriri. art. 12, où il répond au latin aperto. 

Decraclier, v. Cracher sur quehju'un. Saint 
Bernard, Seim. fr. mss. p. 81, parlant de J. -Christ, a 
dit : " Guy om bat, cuy om derachet (dans le latin 
« conspuitur) cui om crucifiet. » 

Par Dieu qui pour nous fut batu 

Par le Dieu que l'en decracha. (Eust. Desch. p. 3.".} 

VARIANTES : 
DECRACHER. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 33. col. 1. 
Decrachier. Hist. des Trois Maries en vers, MS. p. 138. 
Deracher. Semble une faute pour decrachev. 

Decreance, s. f. Défiance, doute. L'action 
contraire à celle d'ajouter foi. Aimerigot Marcel 
ayant fait écrire au roi de France par le roi d'An- 
gleterre pour sa justitication, en 1390 : « Or vous 
" vueil je dire et recorder quelle chose il advint 
« d'Amerigot el de la Roche de Vandais [Vendat]. 
« Il qui estoit assez imaginatif. quand il vil que 
« la decreance [M. Keivyn (XIV, 197) imprime 
« detriance, délai, relard; voy. Detrijsc metiroilsi 
« longue à lever le siège pensa bien que les messa- 
« gers du roi d'Angleterre el du duc de Lancaslre, 
» ne pouvoyeiit riens impetrer et que ses prières 
» el ses lettres alloienl toutes au néant. » (Froiss. 
liv. IV, p. 71.) 

Décreation, s. /. Décroissement. " Sous dimi- 
« nu lion ou décreation du droit Mons. le duc 
« d'Aquitaine. » (Priv. de Peyrusse, Ord. des R. de 
Fr. t. V, p. 703, an. 1368.) 

Decreissent, 3' pers. du plur. de l'ind. Décrois- 
sent, diminuent. 

Normanz dechient et decreissent. (Rom. de Rou, p. 243.) 

Décrépite, s. f. Décrépitude (6). « De ma 



(1) On disait aussi des chevaux (la Rose, v. 8170) ; « Je voi que qui cheval acheta , N'iert jà si fox que riens i mete , 
Comment que l'en l'ait bien couvert. Se tout ne 1' voit à descouverl. » (N. E.) 

(2) Cortttier est fort employé; son participe corllné et son composé descorlinà existent et sont même plus imagés que 
couvert et derouverl. (N E.) 

(3) Au t. III, 294 de l'éd. Kervyn : « Coureur et descouvreur. » Au Gloss. lai. 7684 on lit: « Peragrator, aleur, découvreur, 
ça et là. » (N. E.) 

(4) « Et envola li dis roys ses mareschaus hors de Abbeville descouvrir sus le pays. » (Froissart , V, 28.) Le verbe est 
neutre en cet exemple, mais il est actif au t. V, 19: « Et envoya ses coureurs devant pour descouvrir le pays, i Se 
descouvrir de est faire des révélations sur : « Et ne s'osa de ces lettres ne des mandemens la roine d'Engleterre desco^twir 
à son frère. » (II, 39.) (N. E.) 

(5) Le chiival, comme le cavalier, avait son armure, son harnais. (N. E.) 

(6) » Icelle .laquette... avoit tenue depuis six ans ença en grant maladie et rfecrepi/e une femme... par leurs sorceries. » 
. 178, p. 46, an, 1446.) (N. E.) 



DE 



— 11 — 



DE 



« joesnece jusques ù la vieillesce, et ;^ la ffécrénite 
« [M. Litlré (t. Il, p. 908) a lu ici drcrépitucle], ne 
» me viieillesraie faillir. « (Chasse deGast. Phébus, 
Ms. pa-;i; iOÎ.) 

Décret, .s. m. Droit canon* (1). Confirmalion^. 
Ordre "=. Avis ". 

* Dans le premier sens, on a nommé « faculté de 
« décret » la faculté du droit canon. « Tant plus 
u croistra l'exercice de la dite faculté de droit 
« canon, tant plus sera méprisée la diclelionoi'able 
« faculté de théologie au grand détriment de la foy 
" chrétienne, et laquelle seioil encore plus hono- 
« rée qu'elle n'est si la d\<ie faculté de décret e?,lo\l 
'< poursuivie et entretenue selon son propre su bject 
« sans la faire dégénérer de décret en decretales, 
» ainsi qu'on disoit anciennement par commun 
« adaige (que depuis que ilecretz eurent ailes et 
« gendarmes portèrent malles, estoient venuz de 
« de grands maux en France.) » (Dicnearchi et 
Henrici régis Christi progymnasmata, fol. 212, V°, 
et 213, R°.) 

Par allusion à celle signification , on a dit « être 
« bon coustumier en tel decré, ■• pour être savant 
en telle manière. 

^Décret s'est employé quelr(uefois pour « confir- 
« malion » plénitude d'autorité : « El entant que 
« touche les couslumes nouvelles avons ordonné 
« que les diltes couslumes demoureront escriles 
« comme accordées par les trois eslals oià la plus 
« grande partie d'iceux ; mais l'auctorisalion et 
« décret d'icelles avons réservé au roy nostre sire. » 
(Coût, de Bourbonnois, au Coût. Cén.'t. II, p. 416.) 

*^ On trouve quel(|uefois décret pour <• ordre, » 
volonté. « Sire chevalier, disl la royne, vous dictes 
<" bien : si vous reçois à mercy parmy l'amende. 
« Dame, dist Norgal, la vostre bonne mercy ; et je 
" feray l'amende à vostre décret. » (Perceforest, 
vol. V, fol. 73.) 

° Enfin l'on a dit décret pour « avis » , opinion. 
Ainsi en parlant d'un conseil de guerre : « Après 
« on demanda le décret au comte d'Eu qui dict 
« qu'après le seigneur de Coucy il ne sçavoit qu'a- 
« mender. ■• (Hisloire de Loys III, duc de Bourbon, 
page 314.) [Edition Chazaud, p. 250.] 

VARIANTES : 
DECRET. Orth. subsist. 
Degré. Froiss. Poës. MSS. p. 51, col. 1. 

Decretaliste, s. ?h. Docteur en droit canon. 
Le sens est le même : on sent cependant que décre- 
tiste vient de décret, et decretaliste des décrétâtes, 
deux parties dilTérentes du droitcanonique. « Deere- 
« liste non, non ; je dis ung decretaliste. » (Rabel. 
t. IV, p. 229 ) 

VARIANTES : 
DECRETALISTE. Rab. t. IV, p. 229. 
Decretalistre. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 526 (2). 



Decretiste. Fauch. Lan?, et Poës. fr. p. 40. 
Decrestistre. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 325. 
DiscRETRisTRE. Fabl. MSS. du R. 7615, t. I, fol. 101 bis. 

Decreliille. [Intercalez Decretalle, bàlon, au 
reg. J.I. 7'(, p. 11, an. 1342: .. Icellui Régnant avoit 
" féru d'un balon appelle decretalle ledit Nicolas 
» parmi la teste si grand coup, que ledit iS'icolas 
« esloit cheu à terre. »] (n. e.) 

Decretement, s. ???.. Décret, ordonnance. «Par 
» le dit usage, mise de faict deuement décrétée, 
« s'équipolle à deslieritement et adhéritement, et 
« emporte force de sentence, passée et vallée en 
« vigueur de chose jugée, n'est qu'il y ait appella- 
« tion inlerjectée du d'd decretement. » (Coût, de 
Lille, au Coût. Gén. 1. 1, p. 774.) 

Décréter, v. Décerner, ordonner. (,1. Marot, 
page 51.) 

Decretisle. [Intercalez Decretiste, synonyme 
de decretaliste : 

.... Hé! ancien [étudiant les quatre arts], 

Decretisle, fisicien. 

Et vous la gent Justinien. (RiUeheuf, 75./ 

Dans les Miracles de Notre-Dame (xv siècle), on lit: 

Tout plaideur, tout diseretisire, 
Tout avocat et tout legistre.] (n. e.) 

Decrever, v. Crever, percer *. Exténuer ". 

* Le premier sens est le plus usité : « Et luymes- 
» mes qui Irotloit après avoir les piedz si decrevez 
" des cailloux surquoy il passoit par deffaiilte de 
« chaussure que le sangsailloiten plusieurs lieux. » 
(Percef. vol. Il, fol. ."jS.) « Veirent la chapelle vieille 
« et ancienne si que les murs en estoient tous 
» fondus et decrevés. » (Lanc. du Lac, t. II, fol 50.) 

^ On a employé quelquefois ce mot dans un sens 
vague pour exprimer une personne exténuée parla 
pénitence. Ainsi l'on a dit : 

. . . Noire estoit et décrevée 
La blanche char toute muée, etc. 
Vies de S" Marie d'Egypte dans les Vies des SS. IIS. de Sorb. ch. LXI, c. 15. 

VARIA.NTES : 
DECREVER. Percef. vol. II, fol. 53, R" col. 2. 
Descrever. Al. Chartier, Quadrill. inv. p. 409. 

Decroer. [Intercalez Decroer, décrocher, des- 
cendre, dans Renart (v. 2068.")).] (n. e.) 

Décroisé, adj. Tombant, foible. Nous trouvons 
ce mot avec cette signification dans l'expression 
■< bras décroisez. » 

Gouttes aux mains, bras décroisez. (Molin. p. 191. 1 

Decriippé, adj. Démonté. Proprement jeté à bas 
de la croupe du cheval. « ,lehan de Luxembourg 
« chassa tant et si longuement ses ennemis, qu'il fut 
« prins et f/cc?7tio;je:i de ses ennemis, mais enfin il fut 
" rescoux [de rescoure, recouvrer] » (.1. Le Fevre 
de S. Remy, Histoire de Charles VI, p. 456.) 



(1) Ou plutôt décret, recueil de canons, de constitutions pontificales, de sentences des Pères : « E quant à saint iglise et 
à Deu s'umilie, N'i ad lei ne decré ne rien qui l'enlredie. » (Thom. de Cantorbéry, 84 ) « Et ce est manière de lei , et est 
tenu ou reiaume de Jérusalem et en celui de Chipre miaux que leis ne decré'i ne decretalles. » (Assises de .léru^alem , l, 
183.) Un deuxième sens est décision : « Ce que chil trouveront ou decré de lor disposition. » (Froissart, II, 278.) (N. E.) 

(2) « Car li maistre en théologie, Li juriste, Il clerc lettré, Logicien, decretalistre. » (n. e.) 



DE 



- i-i - 



DE 



Décry, s. m. Défense, opposition (1). Le sire de 
Clissoii empêche les Parisiens lie sortir sui' les 
Ari^liiis qui l>rilloie:it loiil aux environs de la ville, 
en 1;170 : • Point n'en issoyent : car le roy ne le 
« voiiloit soniïrir. Ains le deffendoit ; car le sire de 
« Clisson, qui esloit alors le plus espécial de son 
« conseil, c le mieux cru de tous, y melloit srrand 
« decnj. et disoit : sire, vous n'avez iiiie f.iired'em- 
« ployer vos j;ens en ces forcenés ; laissez les aller, 
« ils ne vous peuveni tollir vostre liei-ilage ne 
« bouler hors par fumieres. » (Froiss. 1. 1, p. 400.) 

Deeza, prépos. Deçà, en d.;çà. « Tant di'cza la 
« mer que oultro mer. » (.loinv. p. 33.) [M. de 
Wailly n'admet ((ue les orthographes deçà oCdesà.] 

Dédaignement, adv. Ignominieusement. 

I)i':<lnitjnemeiit ballus, elc. (liaïf, fol. 13.] 

Dedalii, s m. Lahyrinlhe. On trouve dédains 
dans le .lunrual de Lo'fise de Savoye (Mém. de Du 
Bellay, t. V|, p I80) pour la partie d'un jardin que 
nous nommons labyrinthe. On a dit aussi : 

C'est la maison Dcdalu, 

A sa devise 

Sel cascuii entrer, 

El lout i sonl détenu. [Ane. Pocs. fr. Val. p. 43. J 
VAniA.NTF.S : 
DEDALU. Poës. MSS. du Vat. n» 1490, fol. 43, R». 
DED.iLUS. Journ. de L. de Savoye, t. VI, p. 180. 

Dedans, adv. et prépos. Avant. » Dedens deux 
« mois. ■ lOrd. des H. de l'Y. t. I, p. G9.) « Dedam 
« le leiups devant ■> pour avant, auparavant, ilbid. 
p. 311 ) .. Dedans le devant du terme » pour avant 
le leinie. Jbid. p. 'Jô, art. 4.) .. Deden% an et jour, » 
dans l'espace d'un an et d'un jour (-2). (Ibid. p. 314.) 
« Denden:^ la Teste Toussains prochienne avenir en 
- un an. » Jhid. p. 38-3.) » Dedens la cloce du 
« disnei' sonnée, « pour avant que la cloche du 
dine lYil sonnée, (ûrd. des R. de Fr. t. V, p. 131.) (3) 

Le mot dedans avoil quelques autres acceptions 
dansdive: ses expressionsque nous allons lapportei': 

1" •< Dedenx- lor.i, » pour alors. 

Dedeiiz lors que je poursuiray. (E. Desc/i.p. 430.J 

2° « Enfans dedens «ge. » pour enfaus mineurs, 
en bas âge. (Britl. Loix d'Angl. fol. 88.) 

3° .. Cousin germain ou rf£?('/rt)ts. » Cousin germain 
ou parent de plus près. « JN'e doit estre ne peut 
« le père contre reniant, ne l'enfant conli'e le père 
« ti'Siuoigner... aussi ne doit eousin germaui pour 
« cousine germaine ne dedens tesmoing en nulle 
« action. » (Ane. Coût, de Bret. fol. 80.1' 



4' ■■' Ceux du dedans, « en termes de tournois, 
éloicnt ceux qui soutenoient les tournois à tous 
venans, et ceux-ci s'apjieloienl ■> assaillans ou ceux 
du dehors « (Lanc. du Lac, t. III, p. IG.) 

5' " Dedans • ou Dedans « de bagues. ■■ C'étoit 
une expression usitée dans les courses de bagues, 
pour distinguer les bagues enlevées des bagues 
seulement louehées que l'on disoit « atteintes. » 
«... Faire des dedans de hatjues. « iLe P. .Meneslr. 
desTourn. p. 300.) « Donner deux on lro\s,ded,:ns. ^ 
(.Mém. de Sully, t. IX, p. 380.) ■■ Celui qui aura le 
« plus de dedans ou le plus d'atteintes. » (Le Père 
Meneslrier des Tournois, p. IPi.l 

6° .. Pour cinq sols qu'il est dedans. « C'étoil le 
jeu d'Egiptias. (Oud. Dict.) 

7° « Dedens et dehors, » partout. 

Envie y est et dedem et dehors. (E. De.ich. p. 253.} 

8" " Dedans, dedans. » Cri usité à la guerre en 
entrant dans une place ennemie. iBrant'. Cap. fr. 
1. 111, p. 203 ) (4) 

VAIUAÎiTES : 
DEDANS. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 311. 
Dedaxz. Loix Norm. art. 7, dans le latin iyilrà. 
Drans. Jurain. Ilist. du comté d'.\ussonne, p. 23. 
Dedens. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 69. 
Deden. Carpei.tier, Hisl. de Cambray, p. 2S. tit. de 13W. 
Dedenz Loix Norm. art. 4 et 6, dans le latin intrà. 
Dedins. Borel, Dict. au mot Endnlonar. 
Dedint. La Tbaum. Coût, de Berry, p. l')2. 
Dedixz. Poës. MSS. avant 1300, t. II, p. 675. 
Deduz. Loix Norm. art. 50, dans le latin post. 
Deins. Ten. do Littl. fol. 13. 
DiENS. Ibid. fol. 17. 

Dins. Dict. de Borel à Glouper et Marelle. 
DiNZ. Loi.x Norm. art. 50, dans le lalia'intrà. 

Dedeutraiii, adj. intérieur, interne. Ce moL 
sous les orthographes employées par S. Bernard, 
répond au latin Interior et Interna. 

A Dieu qui es li souverains 

De tous mes confors dedenlrain.i. (Froiss. p. iôl.J (h) 

VARIA.NTES : 

DEDENTR.UN. 

Deuantrien. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 86, et passim. 

Dede.ntrien. Id. p. 103, et passim. 

Dedentrains, adv. Intérieurement. Peut-être 
faut-il lire de-den-trains ? (G) 

Dedete, s. /'. Loyer, salaire. 

C'est de la mort d'enfer, celé est vostre dedete. 

Fal)l. MSS. du R. n» 721S, fol. S\i. ïi' col. 2. 

Dedicasse. [Intercalez Dedicasse , fête d un 
village en Picaidie; on dirait oardon en Bretagne." 
« Comme le jour de la feste l'iostre Dame my-aousL 



(11 Lisez detri.axi sens de délai, retard. M. Kervyn ("VIII, 34) édite en effet : « Point n'en issoient, car li rois ne le voloit 
soullrir et le (lofïendoit. Car li sires de Cliçon qui éstoit ossi là et li plus espéciaus de son conseil et U mieuls creus de 
tous les aultres, y mettoit grant deiri et disoit... » Comparez le t. IV, p. 331 ; « Tant de baroniiie et de chevalerie que ce 
sernil uns (/«^/•i.'i dou compter. » (IX, aSI.) On trouve aussi detriance (II, 462) et dctriemenl (II, 455), qu'il ne faut pas 
confondre avec délriineiU. (N. E.) 

(2) « Dedens demain aurés vous autres nouvelles. » (Froissart, V, 58.) (N. E.) 

(3) Il sifTiiifie aussi pendant : « Dedens sis semaines que 11 roys et tout li seigneur d'Engleterre séjournèrent là, oneques 
n'en renchierirent li vivre. » (Froissart, U, 130 ) (N. E.) 

(4) « Incontinent la pucelle dist ; dedens, enfans, en nom Dé, ils sont nostres [les remparts]. » (Chr. du siège d'Orléans, 
1429, Bibl. (le l'Ecole des Chartes, 2» série, t. 111, p. 506.) (N. E ) 

(5) On lit au t. IX des Chroii., p. 284: « Avoecques tout ce, d'autres maladies dedcntraines estoit U rois trop durement 
grèves. >< in. e.) 

(6) L'article précédent exclut cette supposition ; d'ailleurs Froissart emploie l'adverbt: dedenlrainemcht (III, 462) : « Il se 
couvre au mieux qu'il peult de monstrer comment il li estoit dedenlrainement. » (N. E.) 



DE 



- 13 



DE 



« l'exposanl feiisl ;ilez esbatre en la ville d'Eiiquery 
« à une IVsle (|iie l'en appelle au pays [Roulleimiiis] 
« (luqiieri'.iesse ou dedicnase. » (.).!. 153, {•. H't, 
an. 1307.) (viaiparez diicasse, soui dedicaliO)i.]{^. e.) 
Dedication , s. f. Dédicace. Ce mot s'est 
employé en ce sens, soit en parlant d"église, soit 
en parlant d'epitres deilicaloii'es. (Dict. de Monel.) 
On disoil : " 1° Faire la ducace, » c'est-à-dire se 
réjouir. (Du Cange, Gloss. lat. au mot DcdicalUo.) 
2° • La diicasse S. Wast étoit le nom de la fête de 
S. Wasl dans la ville de V;;!cnuiennes. (Très, des 
Chart Heg'. lôO, p. "-82, an. 1396.) « Lexposant qui 
•1 deniouroit lors en la ville de Valenciennes, s'aloit 
Il esbalre ou mouslier ou estoil la ducasse on feste, 
« appellée Saint Vast. » [En wallon, on dit encore 
dicâce; à Namui', dlcaucc, et en rouchi, ducasse.] 

VARIANTES : 
DÉDIC.4TI0N Chi- S. Denis, t. I, fol. 31 (1). 
Dëdikassion. Ph Mouskes, MS. p. 71. 
DucACE. Du Gange, Gloss. lat. au mol Dndicalio. 
Ducasse. Très, des Cliarl. Reg. I,j0, p. 282. 

Dediemeiit, s. m. Dédicace. 

Et apriès ce (Icilifinenl, etc. [Ph. Mnuskes, p. 03.) 

Dédier, v. Coiisac er {'!). 

" Ces!, ornement plein d'un loz qui tant vaut en 
« me paissant de vost.'e aime présence sont le 
« subjet (lui mes esprits dédie si fort à vous. » 
(Nuicls de Stiapar. t. 1, p. 0.) 

^e\h, se dédier, pour se dévouer, se consni'.rer, 
s'adonner à quelque chose : « Dédié à la m;;; jiuai- 
<c dise. » (Muicts de Stiapar 1. II, p. 5.) « Dcilie:, à 
« l'agricullure. « (Ibid. p. 238.) " Dédié À l'avaricu. » 
{Ibid. p. 289.) 

Dédit, s. w. Celui qui se dédit. On nommoit 
ainsi en termes d'ancienne chevalerie celui qu'on 
appeloit aussi « recréant " ou « recru, » c'est-à-dire 
celui i|ui, vaincu dans un champ clos ou gage de 
bataille, avoit été contraint de rétracter ce qu'il 
avoit avancé. « M ds, premier que officiers d'armes 
« se mettent à couper éguilleltes et desarmer le 
« vaincu, le mareschal doit aller loucher de sa 
« m. lin en celle du seigneur juge et puis la venir 
» mettre sur l'estomac du dédit. » (Hardouin, de 
La .laille, cité dans les Inst. Coul. t. Il, p. 30i.) 

Dédite, s. f. L'action de se dédire (3). Du Cange, 
Gloss. lat, au mot Dediclum, rapporte ces termes 
du moine Geoffroy, au sujet des démêlés de (iiiberl 



de la l'oree : « Krgo sicut rex, inquain, vestrum 
« dictiini et dedictum habetis, » qu'il traduit par 
« cetie phrase vulgaire : « Avoir son dit et son 
« dédit. » Le mol dédit snbsislc. On disoil autrefois 
an féminin dedi'.e. « ... Le repentir n'est qu'une 
« dédite de nostre volonté. » (Essais de Montaigne, 
I. 111, p. ;!G.) 



Dedniable, adj. Convenable, agréable. « Sire, 
.< dit la pucelle, je vous yiai l'aire faire à manger 
« qneli|ue bonne viande leuiiM-e qui vous sera dui- 
« sable (i). » (f'ercef. vol. III, fol. 15.) 

VARIANTES : 
Deduiable. Modus et Racio, .\1S. fol. 151, V". 
Deduisable. IbiiJ. fol 134, R". 

Deduysable Gace de la Bigne, des Défi. MS. fol. 86, V». 
Duisable. L'^s Touches des Ace. fol. 25, V". 
DuYSABLE. rvicef. vol. VI, fol 119, V' col. 2. 
DuisiBLE. Clém. Marot, p. 501. 
DuvsiBLU. Les .\Iarg. de la Marg. fol. 139, V». 
Deuisable. Modus et Racio, fol. 72, R". 

Déduire, (1. Conduire, instruire*. Transporter^. 
Mener *=. Se divertir °. Caresser ^. Appartenir, 
convenir ^ (5). 

* Pour « conduire, instruire » : ■ .... Celuy que 
« je désire icy déduire et instruire à la sagesse. » 
(Siigesse de Ciiarron, p. 305 ) 

Solonc son mal et selonc sa pensée 
Se doit amant déduire et maintenir. 

Poés. MSS. avant 1300, t. IV, p. 1381. 

^Pour « transporter » : « .... Si se soustient le 
« prix des vivres hault qui est argument évident, 
« iiu'il y ha grande miillilude de peuple puisque 
« tant de vivres s'y (/r(//(/X('ji,'. « (Clem.de Leynel, 
Hist. de Louis .\II,' p. r.We! 129.) 

*= Ponr « mener « : « .... 11 les pourront déduire 
« si comme il leur plaira. » (Ordonn. des R. de Pr. 
t. II, p. 203.) Il est dit dans la note E (ibid.) que, 
dans une Ordonn. de 13S9. on lit : « les pourront 
« mener et en ordonner ainsi qu'il leur plaira. •• 

" Pour « se divertir (G). » : 

Deduinlrcnl soi moult liéeraent 
Ensemble huit jours plenierement. 

l''al)l. MSS. de S, G. fol. 2, R- col. 2. 

« Si veulx (;ue vous saicliez que Salphar ayme 
« ma dame par amour, de ({uoy je suis en une 1res 
" grande jalousie , si ne m'en scay comment 
-' dediajre. - (PerccL vol. VI, fol. 43.) (7) 

^ Pour « caresser » : 

Escuyers duisoU. [Vi<j. de Ch. VII, t. I, p. 68} 



(1) On Ut au même sens, au reg. .IJ. 84, p. 153, an. 1361 : « Le jour de la dedication saint Denys , qui fut le xiiii» vcorr. 
xxnii») jour de février. » Au reg. JJ. 13, p. 41, on lit : « L'an de grâce mil trois cent et oiuc le jeudi après la diicaUo» 
S. D.-nis. .. (N. E.) 

(2') Ou lit déjà au Coronemens Looys, v. 28 : « Quant la chapele fu beneoite a Es, Et li moustiers fu dédiez et fez. » Dans 
G. Guiart ^t. Il, v. 1990 ou 10966), il signifierait baigner ; « Gauvain, Barihelemieu, Jourdain , En leur propre sanc dédiez 
Sont de Fiançois pris et liez. » (N. E.) 

(3) « Fut concilie an trelVe à deux mois de desdit. » (Commines, VIII, 16.) (n. e.) 

(i) Froissart donne déduisant : a Laquelle cité est moult déduisant , car elle siet en beaulx vignobles et bons. » 
(XI, 23 ) (N. E ) 

(5) Il signifie aussi traiter : a .le vous deduicoi par le jugement et avis de mes hommes. » (Froissart, III, 415.) Sous la 
forme réfléchie, il signifie se maintenir ; « Sans la draperie c'est un pays qui petitement se puet déduire (II, 62) », ou se 
conduire ; « Il appela Hervi de Lion pour avoir consel et avis comment il se deduiroieut. » (bl., IV, 52 ) (N. E.) 

(6) De même dans Froissart (X.I, 86) : « D'armes et d'amours volentiers se dediiiaoif. » Cette acception n'exige pas toujours 
la forme réfléchie : « La touse de petit jouvent Va à la feniestre souvent Pour déporter et pour déduire. » Ce sens est déjà 
dans Berle aux grands pies el au Roman de la Rose. (n. e.) 

(7) Déduire signifie ici sortir ; on (.lirait plus vulgairement: ,Ie ne sais comment m'en tirer, (n. e.) 



DE 



— l'i — 



DE 



^ Pour « appartenir , convenir » : •< .... Mes 
« se l'une parties des liiretages ie duisoit de 
« lignage, et l'autre non, il n'en re=;couroit fors 
« que clie qui seroit de son costé. ■■ (Beaumanoir, 
p. liTt.) " Il liait a cliaus qui ont tiaule justiclie et 
« basse en leuis te res , à pcnie venjance des 
« melTès desquiex le connoissance appartient à 
« aus. • (Beaumanoir, p. '297.) 

Co>JLG.\lSON : 

Déduisant, part. (Poës. mss. avant l;500, l. III, 
page lt>07.) 
Dediiisanle, part. (Froiss. liv. III, p 8.) 
Deduist, part. (B itt. Loix d'Angl. fol. '215.) 
Itediiislrcut, prêt. ind. (Fahl. siss. de S. G. fol. 2 i 
Dediist,. part. (BriU. Loix d'Angl. f"2l2.) 
Deduye, subj (Rom. de la Rose.) 
Deduisoit. Lisez duisoit. (Beaumann. p. 240.) 
Duicl, part. (Sagesse de Charron, p. 576.) 
Duiclc, pari. (Tois. d'or, t. II, p. 154.) 
Unis, part. (E. Desch. p. 140.) 
nuisant, part. ;M. de S. Gelais, p. 117.) 
Unissant, pari. R. de CoUerye, p. 48.1 
Duist, ind. prés. (Modus et Racio, p. 2.) 
Duil, part. (Ger. de Nev. p. 27.) 
Duits, ind prés. (Fouilloux, Fauconn. fol. 82.) 
Duite, part. (E. Desch. p. 546.) 
Duys, part. (Coquill. p. 124 ) 
Duysant, part. (Marg. de la Marg. p. 34.) 

VARIANTES : 

DÉDUIRE. Boral, Dict. 

Deduyre. Percef. vol VI, fol. 43, V" col. 1. 

DuiRE. Gloss. de Marot. 

DuvRE. Crétin, p. 118. 

Déduit, s. m. Passetemps, divertissement *. 
Gibier ^. Lieu de plaisance ^. Gaieté °. 

* Le mol déduit se dit encore quelquefois dans le 
premier sens. (Dicl . de Borel, de Xicol et de .Monet.) (1 ) 
■> Si esbatovenl à jouer aux dez et à autres déduis. » 
(Cbron. S. Denis, t. II, fol. 175.) 

Si grans déduis ne si souveraine joye 
N'est en cest mens con damer loyanment. 

Poès MSS. du Vatican, n- 1490, f- 106, V'. 

De là, les expressions « Déduit de femmes, déduit 
» de chiens, d'oiseaux, etc., « pour le plaisir des 
» femmes, de la chasse (2), etc. » On lit aussi : 
" Deduicls des chasses, » dans P. J. de Saint. 587. 

Fauconniers veneurs pour déduit. (E. Desch. p. 413.} 
Voler chacer déduit de chiens. (Ibid. fol. 433.1 

On a même dit simplement déduit pour exprimer 
le plaisir de lâchasse. Ainsi ■' le maitre desdéduits » 
est mis au rang des officiers de chasse, dans (rEtal 
des Officiers du duc de Bourgogne, p. 152.) On a 
employé aussi ce mot pour désigner en général des 



fêles, des régals, des cadeaux : « ... Avez donné à 
<■ notre très redoublée dame maints diners et 
• soupers et aultresf/^'rfMîCfs (3). » (P. J. deSaintré, 
page G38.) 

Donna déduiz, donna balez, 

Donna lévrier, donna bradiez [chiens braques]. 

Rom. du Brut, p. 50 

° Nous venons de voir que le mot déduit étoit 
quelquefois employé pour signifier chasse ; de là 
on s'en est servi pour signifier « gibier « : 

Manger lui fist de maint déduit. (E. Desch. p. 340.) 

^ Comme ce mot s'employoit en général pour 
« plaisir, » on s'en est servi pour désigner un « lieu 
de plaisance. » « La noble déesse a en ceste forest 
« trois boslelz, qu'on appelle les trois déduite delà 
« déesse Venus. » (Pei cef. vol. V, fol. 47.) 

° Enfin on fa mis pour désigner la « gaieté •> 
même. Un de nos anciens poêles, peignant un 
chevalier qui avoit l'air sombre et triste , dit 
qu'il est : « ... avers et sans déduit. » (Fabl. mss. du 
R. n- 7615, t. II, fol. 133.) 

VARIANTES : 
DEDUIT. Marbodus, col. 1678. 
Deduict. Rab. t. II. p. 202, 
DEDUIS. Chron. S. Denis, t. II. fol. 175. 
Deduiz. Rom. de Brut, add. au fol. 80, V» col. 2. 
Deduyt. G.ice de la Bigne, des Déd. MS. fol. 60, V». 
Desduvt. Faifeu, p. 19 et 49. 
Dédit Estrub Fabl. MS. du R. n» 7996, p. 63. 
Desduit. Modus et Racio, fol. 32, 11°. 
Desduy. Gace de la Bigne, des Déd. MS. fol. 54, R". 

Déduite, s. /". Diminution. (Cotgr. Oud. Dict.) 
Deduper, v. Déli-omper. 

Avec tous vos détours vous m'aviez attrapée 
Mais j'en vois l'artifice et je suis dédupée. 

Le Galant doubl-, Cora. de Th. Corn act. 5, se. 2. 

Dédiire, y. Déduire, explitiuer. {Biitton, Loix 
d'Angl. fol. 221.) 

Deerne, .s. f. Fille, servante. (Borel, Dict.) Le 
P. .Mabillon, Préf. p. 539, croit que ce mot pourroit 
convenir aux Oblats des deux sexes dans les 
monastères. 

Deés. [Intercalez Deés, pour dés, au reg. .JJ. 121, 
p. 309 bis." an. 1382: • Pierre Damaulx exécuteur 
" de justice et .lacques du Rosoy cirurgien, qui 
« avoient pris à ceuse la secquè table [échecs], 
« brelengh et jeu de deés de la ville de Tour- 
•< nay. »] (n. e.) 

Dee.spoir. [Intercalez beespoir, mépris, aux 
SlaUits de I Eglise de Tours, an. 1396, B. N. ms. fr. 
anc. 1237.] (n. e.) 

Déesse, s. f. Déesse. Ce mot subsiste, mais nous 
avons ù remarquer qu'Euslache Deschamps est un 
des premiers auteurs que nous connoissious (4), qui 



(1) Voyez La Fontaine (Fables, IV, 20.) On lit aussi dans Froissart (II , 39) : « Et se tenoit en la marce de Bristo en 
wiseuses et en déduis. » (n. e.) 

(2) « Déduis d'escu et de lance. » (Partonopex, v. 468.) .^u reg. JJ. 196, p. 293, an. 1470 : « Serfs , biches , sengUers , et 
autres dediiiz et gibiers. » (n. e.) 

(3) De même au roi Guillaume (p. 46) : i Et aussi done la roine Son vair, son gris et son ermine Et ses aniaus et ses 
déduis. » (n. e.) 

(4) Le sens de divinité féminine est dans Benoît de S' More (Roman de Troie, v. 3860) : « Puis dit : Paris , à moi entent ; 
Treis déesses vienent à tei, Por lo jugement d'un otrei. » Le sens amoureux date du xni' siècle (Marie, Gtigemer): « Venus 
dieuesse d'amour. » La Rose (v. 13731) donne : « Li diex d'amors et la déesse. » (n. e.) 



DE 



— 15 — 



DE 



se soit servi dece mot pour désis;ner sa maîtresse, et 
la divinité qui, selon lui, piésidoit à Taniour qui, 
dans nos vieux poêles, est presque toujours divi- 
nité féminine. 

C'est Pallns, déesse d'amour 

El mon refuge et mon demour. (E. ûesch. p. il8.j 

Déesselette, s. f. Diminutif de déesse. (Poës. 
de Loys le Caron, fol. 64.) 

Défacion.s. /'. Mutilation, destruction. « Femme 
« innée à mort ou à dcfacum de ses membres (1). » 
(Loix d'Ansl. deGuill. le Conquérant, cilées dans 
Beaumanoir, p. 38:5.) On Wldefaciond-an?, les mêmes 
Loix, rapportées par Uu Gange, Gloss. lat. au mol 
Dijfactio (2). 

Moût se painne de quere sa devitoison 
Sa mort et son damage et sa dcffacion. [liom. de Hou, ii4.J 

VAItlANTES : 
DÉFACION. Du Gange, Gl. lat. au mot Diffactio. 
Defacum. Beaumanoir, p. 3.'<3. 
Deffacion. Rom. de Rou, MS. p. 114. 
Deffaçon Villon, p. 2. 
Defeisance. Du Gange, Gl. lat. au mot Defesantia. 

Defagoter, v. Débrouiller. « Vous me dcfago- 
« feriez quasi bien loul le menu brouillis de mon 
« intelligence, » (Moyen de Parv. p. 247.) 

Défaillance, s. f. Défaut, perle. 

Si plaint on moult sa défaillance. 

Fabl. MSS. du R. a" 7-218, fol. 128, R" col. 1. 

Defaillement. [Intercalez Defallletnent, fin : 
a Sur le dcfailkmeiU de iceluy disner. » ( Troiss. 
XIV, 24.] (n. e.) 

Défaillis, ailj. Qui a manqué. « Dcfailiis du 
<> service, » qui a manqué au service. (Assises de 
Jérus MSS. citées par Du Gange, Gloss. lat. au mot 
Defectiis servitiL] 

Défalcation, s. f. L'action de défalquer. (Ord. 
del'Ecbiquier, de 1642, à la suite de l'Ane. Cout.de 
Norm. fol. V9.) 

Défalquer. [Intercalez Défalquer, détourner, 
au reg. JJ. 138, p. 37, an. 1389: « Pierre Béquin 
" accusé d'avoir été complice au grenelier qui lors 
« esloil dudit grenier, d'avoir défalqué de grant 
« quantité de sel vendu audit grenier, grant partie 
« dudil sel... Item d'avoir vendu à leur profit ledit 
« sel ainsi défalqué senz gabeler. «] (n. e.) 

Defardeler, v. Déballer. « Tout avoir de pois, 
<■ pour cbascun vingt sols qualre deniers et en 
" seront creuz les marchands, ou les conduiseurs 
« de dire par leur serment ce qui sera ez balles sans 
« deffardeler. » (Ord des H. de Fr. t. I , p. 783, 
Notes, col. 2.) Defardeser est une faute. Il faut lire 
defardeler dans les Ord. des R. de Fr. t. II, p. 148.) 

Defai'onchement, s m. Action d'apprivoiser. 
(Monel, Diclionn.) 

Defaroucher, v. Apprivoiser. (Monet, Oudin, 
Cotgrave et Nicot, Dicl.) 



Defaroucheur, s. m. Qui apprivoise. (Monet. 
Dictionnaire.) 
Défauciller, v. Déboîter. Mot factice dansRab. 

1. Dotante. [Intercalez Defaute, dans l'expres- 
sion defaule de droit: Retard que le seigneur ou le 
juge institué par lui apporte, après l'expiration des 
délais légaux, à rendre justice au vassal qui saisit 
sa cour d'une instance, i^e justiciable prétend alors 
qu'on repousse ses réclamations et en appelle au 
tribunal du suzerain dominant. L'appelant peut être 
alors condamné à une amende arbitraire: les 
Gantois payèrent 60,000 livres pour un appel de ce 
genre au Parlement, contre le comte de Flandre. 
Si le jugement primitif est réformé, « se aucuns 
« sires est :ippellé de son homme de defaute de 
« droit, et il est atains, il perl l'omage, et pert aussi 
■< respons en cort. « (Pierre de Fontaines, ch. 13.) 
On lit de même aux établissements de S' Louis 
(liv. I, chap. 52): » Quant li sires vei le jugement 
« de sa court, il ne tendra jamais rien de lui, ains 
« tendra le celui qui sera par dessus son seigneur. " 
Au MV siècle, le Parlement admet les ap'pels de 
défaute pour multiplier les vassaux directs du roi. 
M. Beugnot a relevé celle tactique dans la préface 
des Olini.] (n. e.) 

2. Defaute. [Intercalez Defaute, forme verbale 
de défaillir, féminin de défaut: 1° Manque, 
besoin : « Par deffaute de jour (Froiss. II, 149) » ; 
« Il avoient pourveances assés, et largement, et li 
« Englès en avoient grant defaute^ (V, 419). » 
2" Défaillance, évanouissement : « Et misient dehors 
« telles paroles que une deffaulte de maladre de 
>• popicsie esloil prinse au duc de Glocestre en 
<• lavant ses mains (XVI, 75'). » 3° Absence: « Il n'y 
» eull nulle deffaulte (IV 2'7). ..] (n. e ) 

Défaveur, s. /'.Disgrâce, désavantage. (Diction, 
de iMoiiel, Golgr. Oudin, Xicot.) 

VAniANTES : 
DEFAVEUR. Orthographe subsistante. 
Deffaveur. Régnier, Satyre 14. 
Desfaveur. Balzac, Arisiippe, t. II, p. 158. 

Défavoriser, v. Disgracier, nuire, ôler ou 
faire perdre les bonnes grâces. (Dict. de Mon. Nie. 
Oud. et Colg.) » C'est le naturel d'un défavorisé, de 
« dire tousjours mal des favoris. » iBranlôme , 
Cap. fr. t. I, p. 361.) « Leur constante foy que la 
« justice vengeresse de Dieu préside aux duels, 
« qu'elle favorise l'innocent et défavorise le coupa- 
« ble, que c'est une preuve certaine et indubitable 
« de la vérité, a introduit et autorisé les duels 
<■ parmi les François. » (Savaron, contre les duels, 
p. 12 et 13.) « M. de Lautrec desfavorisa Jean Jac- 
« ques Trivulce des bonnes grâces du rov. ■• (Brant. 
Cap. Eslr. t. II, p. 236.) 

variantes : 

DEFAVORISER. Brant. Cap. fr. t. IV, p. 115. 

Deffavoriser. D. Florès de Grèce, fol. 114, W". 

Desfavoriser. Brant. Cap. Estr. t. II, p. 230. 



(1) Defaçon est dans S' Thomas de Cantorbéry (v. 1257). (n. u.) 

(2) Sous diffacere : « Si feme ett jugiée à mort, ù à defacion des membres. » (n. e.) 



DE 



- 10 — 



DE 



Defay. [Infercnlez Dcfay, synonyme de dangers, 
terres eii défense (Gall. Christ. Vil, insl. col. 100, 
an. l-i'iSl. On trouve aussi deffon: •■ Trois cliareles 
« ciiai'gees, atlek-es de biiel's liespnssans parmi 
" cer-taines terres lahotirées et cnllivées, et en lieu 
" de di'll'ois ou il n';ivoil pointde chemins » (JJ. 105, 

p. /((J'i, Ml). 137'l.] (.N E.) 

Déféator, v. Mamiuer, faillir. (Tennr. de Liltl. 
f- r)().) u Di'fecter un Irailé, ■■ c'est-à-dire manquer, 
l'enfreindre. (Né3;ot. de Jcannin, t. I, p. 185. — 
Voyez ci-après dcffecter dans un sens contraire.) 

VARIANTKS : 
DÉFÉATER. Ten. de Liltl. fol. 56, R» et V°. 
Depegteh. Negot. tle Jennn. t. I, p. 485. 

Dôfeces, s. /'. ]>. Terme de vénerie. La sitrnifica- 
tion de ce mol est expliquée dans le passage même où 
nous le trouvons employé. ■■ Et quand il aura assez 
« de îrens à son advis, et aura aussi les lévriers, 
'1 il doit melire tout la genl autour du buisson, fors 
« que de\ant les lévriers, au plus près qu'il pourra 
" l'un de l'autre, les gens qu'il aura, et cela appelle 
<• ou defeces l'autre deçà, l'autre de là toutes assem- 
■' blëes; les unes gens viennent les uns contre les 
" autres afin qu'il soit plus fort. » (Fouilloux , 
Vén. fol. 105.) 

Défectuosité, s. /. Ce mot subsiste; nous le 
citons pour marquer son époque. 11 semble un mol 
nouveau 1 , dans les Mém. de Torcy, t. II, p. 53 : 
" Buys reprit que ce manque de pouvoir était une 
« défectuosité; (]u'en vAïn nous traiterions ici sur 
« les autres conditions si nous n'étions pas autorisés 
» sur la principale. » 

Defenal,rtf//. Final, qui finit. « Mois defeiifl/ ('2). » 
c'est-à-dire à la lin du mois. Un titre de Nivelle en 
Flandres est daté : « L'an de grâce de N. S. 1309. 
« Le mierquedi aprez les octaves S' Pierre et S' Pol 
« ou mois defenal. » (Beaum. p. 420.) 

Défendable. [Intercalez Défendable: 1° Qu'on 
peut déleudre: « Ce sembloit bien eslre ville 
« deffendnhle. » (.loinville, § b\G.) 2° Capables de 
se défendre: « Touz cens que il trouvèrent en 
« armes, deffendablea (id -586). » — « Crant foison 
« d'arbaleslriers et d'autres gens deffendables. » 
(Froissart, VllI, 17.) On trouve aussi deffensable 
(Mén. de Heiins, § 2(50, et Froiss. Vllî, 187.)] (n. e.) 

Défendance, s. f. Défense. (Poës. m^s. av. 1300, 
t. 1, page 109.) 

Défendant, s. m. p. Accusés. On nommoit 
défendons ceux qui étoient prévenus de crimes, 
selon l'éditdes Ord. t. V, p. G7G. 

Defendo, s. m. Sorte de jeu. (Rab. t. I, p. 152.) 

Défendre. [Intercalez Défendre: 1° Au sens 
d'interdire, il veut après lui la négation : « Li rois 



" deffendi à non ardoir l'abe'ie. » (II, 283, Froiss.) 
2" Au sens de se défendre, il veut ap;ès lui l'infinilit 
avec de, et non le participe présent avec dans: 
» Cil de dedens se deffendirent durenieiit de traire 
« et de jetler pierres et fu et pos plain de caiich. » 
'Froissart, III, 338.) 3" Hemarquoiis encore la lo- 
cution » sur leurs corps deffendant. » (Id. I23.)](n. e.) 

Defenir, v. Dépérir (3). (Gloss du P. Labbe.) 

Défense, s. f. [Intercalez défense, lieu dont 
l'entrée est détendue. « Ensemble un boisson 
« appelle le Delïoy... portant défenses. » (Duché 
d'O. au liOG, aveu de La Suite lez Cléry.) Le C. 
de D. Voyez defay et danger. Dans Jean de Condut, 
on lit defens, sens de forteresse (Du Cange, sous 
defensabilis).] (n. e.) 

Défensoire, s. ?n. Qui défend. (Rabelais, t. II, 
page 226.) 

Déférant, part. La signification de ce mot est 
|(eu marquée dans le passage ijue nous allons citer, 
i'eut-éire y est- il mis pour « honorant, respectant [il 
" signifie plutôt agit. mt des fers]. ■■ On lit déferre, 
dans le même sens, au Gloss. lai. de Du Cange. Ph. 
Mouskes, parlant de la multilude des démous qui 
apparurent pour annoncer la mort du pape Gerbert, 
s'exprime ainsi : 

Si démenèrent si grand noise 

Que li peules et li clergiés 

S'en est forment esmerveilliés 

Quar moult s'aloient dcfcratit. (P. Tiloiis'kcs, AOS.j 

Déférer. [Intercalez Déférer, déferrer, dans 
Agolant, v. 403.] (n. e.) 

Deferger. [Intercalez Deferger, déferrer, au 
reg. .1.1. 152, p^ 14^. t;n. 1397: « Lequel viconte 
« ordonna au geôlier desdiles prisons que icellui 
« exposant l'eust enfergé par les piez.... Icellui 
« exposant tout enfergé se parti d'icelle prison, et 
« quant il fut hors de ladite ville se defcrga et s'en 
Il ala. » L'orthographe defferger est meilleure (J.l. 
123, p. 260, an. 1383) : « Jehan Guillon releva folz 
« ei'ragiez... et lellement se démena en ses foleurs 
« et temptations. qu'il convint qu'il feust enfergiez 
« par les mains. . Lequel ainsi enfergé fu mené en 
« pèlerinage à S. Malerin de l'Archant pour illec 
" faire sa'noveine .. Cuidans qu'il feust amendé 
« dudit pèlerinage, le deffergerent ; après lequel 
« delïergemeiit icellui Guillon fisl pisquedevant;... 
■i parqu'oiz il convint qu'il feust renfergiez. »] (n. e.) 

Deferreté, part. Dont on a ôlé le fer. De là, on 
a dit « solei'ez deferretez », pour souliers sans 
doux. 

1. Dcfès. [Intercalez Defès, leire en défense 
(dérivé de defeiisum) : « Monachi Cartusienses 
« habeant nemus mortuum ad usum dict;e grangiiE, 
« exceplis parcis meis et meu m defès de Montmeien. • 



(1) On le retrouve déjà dans Amyot, Montaigne, Pascal et Bossuet. ^^'. E.) 

Ci) C'est le mois de juillet, oii l'on fait les foins (fenum) : « Donoit l'an de grausce .M III' XXI , le X' jour, de mois da 
juillet que on dit fenal mois. » Dafis les statuts ms. de Commercy, an. 1336, on lit : « Item à chascun bled chascun conduict 
nous doit ch.iscun an un silleur (^scieur) et en fenaulx un faulcheur. » (N. E.) 

(3) Le mot est dans Roland, au sens de finir (V. 'iSSg) : « Granz batailles jiister e defenir »; dans la Rose (v. 6487): 
« Et dist li livres anciens Que en Nerous fu définie Des Cesariens la lignie. » (n. e.) 



DE 



17 - 



DE 



(Chartes de Beanmont , I^h"). Dans une pièce 
de ITioS, on lit encore: « Plus les grains, hroyes, 
« rii'ffeges et appartenances,... situées en la rivière 
'< fie Clu:r. ••] (n. e.) 

2. Defès. [Intercalez Dcfès, pour défait, tué: 
« S'; Il clerc l'et chose dont il tloie eslre pendus et 
« defès. « (Elab. deS'-Louis, i, ch. 82.)] (n. k.) 

Défeter, v. Rendre nul. -> Si Theire qui est 
<• demauiidant poil adiiiiiler et ilefcter le s'arranly, 
« ceo snflil ù luy. » (Tenur. deLiltl. fol. 170.) 

Defeubler, ti. Découvrir*. Dépouiller, débar- 
rasser °. 

*Ce mot, formé du latin fibnla, agrafe, signifie 
proprement 61er ou détacher fagrafe de son man- 
teau 11 s'est dil aussi pour cUer toute aiili'e partie 
de son vêlement et spécialement son cliaperoii, son 
bcnnet. I.'e là, ce mot s'est mis pour « saluer •>, 
faire le salut. 'Dicl. de Nicot, Monel, R. Est. Cotgr. 
Oudin et Ménage.) 

On trouve delfulez pour ceux qui ont la tête nue. 
(Eust. Desch. page 209.) Les députés des Etals de la 
Bourgogne disent au comte de Charolois : » Que 
" pour oheïr à son ulaisir, ils estoient tous venus 
« devers luy en celle ville de Gand : dont leur dil 
le comle, en (leffulanl il) son bonnet, qu'il esloit 
« très joyeux de leur venue. » (Monstrelcl. vol. 111, 
fol. 99, n-, an li03 ) .. Se dcjfuler du chef «, pour 
.se découvrir la tète, ôler son chapeau. (Mém. d"01. 
de la Marche, liv. 1, p. i67.) 

^Se découvrir de quelque partiede son vêtement, 
étûil se dépouiller ("2). De lu, se dcsaftibler s'est dil 
pour se dépouiller et au figuré pour se débarras- 
ser : ainsi se desafuhler de ses torts, éloit s'en 
débarrasser, se justifier. « El comme ilz viendront 
« en court et ne se purrount dcsufubler de ceux 
« personnels lortz faitz sur nous en déshérite son 
« de nous, etc. « (Britt. des Loix d'Angl. f" 30, V".) 

VARIANTES : 
DEl'EUBLER. Rab. t. IV, n. prol p. 38. 
Deffeubler. Id. t V, p. '217. 

Deffluler. Letl. de Charlns VI, Très, des Ch. Reg. 136. 
Deffubler. Eiisl. Descti. Poës. MSS. fol. 226, col. 2. 
Deffuler. Coiit. Gén. t. II, p. 866. 
Dkfluber. Rom. de Rou 
Deflibler Nuicts dp Sirnpar. t. II. p. 277. 
■Desafibler. F;ibl. MSS du R. n»7218, fol. 359. 
Desaffi bler Oudin, Cotgr.'np, Dict. 
Desfublleh. Parton. iXf lîl. MS. de S. G. f» 139, R» col. 1. 
Desfuler. Nicot, Roh. Est. Dict. 

Deffacer (.5), v. Effacer, détruire (4). (Lanc. du 



r^ac. 1. T, f" I2î.) Ph. Mouskes, parlant des présages 
de la mort de f.harlemagne, s'exprime ainsi : 

Et ses nons ki estoit escris 

A or inusivp [mDsaïqup dorée] en la glise 

Se (lell'ncn par un tel guise 

Que lioiu ne feme n'i touca. fP. Mouskes, 301 j 

VAHIANTES : 
DEFFACER. Ph. Mouskes, MS. p. 303. 
Defachier. Loisel, Hisl. de Beauvais, p. 266, lit. de H22. 
Dkffaciek. Oni. des R. de Fr. t. II, p. 466. 
Desfacer. Rabelais, t. I. p. 317. 

Deffjicher, v Apaiser, adoucir. Faiie perdre 
l'ennui el le dégoiîl, selon Monet et Colgrave. 

Deffaçonnei* [lutercalez Deffaçontier, mellre 
en pièces (Kroissart, IV, 49): « Li g'raiis enghiens 
" estoil abatus, conquis et déffaçonnés. »] (n. e.) 

Deffaé, adj. Déloyal, trailre. 

Li traitres li de/faez. (l'art, de Bl. f' iôl.) 

« La terre deffaée » pour la terre des infidèles (5). 

Puis a demandé le conduit 

Parmi la terre deffaée 

Salehadins li a jurée. (Ord. de Cheval, ms. 72iS, p. 14. 1 

VARIANTES : 
DEFFAÉ. Part de Bl. MS. de S. G. f» 157, V» col. t. 
Desfaé. Ph. Mouskes. MS. p 365. 
Desfaez Estrub. Fabl. MS. du R. n» 7996 p. 14. 

Deffaille, s. f. Défaut. Terme de palais. (Laur. 
Gloss. du Dr. fr.) On lit dans les Preuves de ! llisl. 
de Bretagne, col. lGi2: ■■ S'il y a défaille, il seront 
« condamnés à payer. » 

VARIANTE : 
DEFFAILLE. Ane. Coût, de Brel. fol. 6, R». 

Deffaillemeut, s m. Faute. - Ne me laisses. 
« doul/. sires,... multiplier mes dejfaillemens. " 
(Chasse de Gast. Phéb. ms. p. 403.) [Voyez aussi 
Bonav. Desperiers, XI' Conte.] 

Deffaillir, v. Défaillir. Iiefaillir, sous les diffé- 
rentes orthographes employées par S. Bernard, 
répond au latin déesse, deficere, delere ; son parti- 
cipe defaillans, p. 46, répind au latin cudticiis. Ce 
mot subsiste a 1res peu de différence près dans 
l'orthographe. Nous m;irqnerons quelques mots de 
son ancienne conjugaison, après avoir observé que 
f/c/7iî«7//>signilioit •■ maiH)ner » dans le sens uù nous 
disons d'une personne pour dire qu'elle est morte. 
(Voy. Duch. Gén. deCbàlillon, p. 61, lit. de 1268.) (6) 
Conjugaison : 

Dcjfait, imp. indic. .le defiiiUois, je faussois. 
(Hisl. des Trois Maries, ms. p. 369.) 



(\) Lesquelx ilz saluèrent en euLx dcffidant et disant aux bonne.s gens qui là estoient : à Dieu vous comment. » (.1.1. 152, 
p. 22, an. 1397.) (N. E.) 

(2) « Pu is se dcfubla par grant ire. » (Renart, v. 7455.) Dans Robert le Diable : « De son mantiel se Desaffuble Tout 
saiugtement en pur le corps. « Enfin dans Flore et Blanchellor (v. 2S71): « Deffulés fu joste s'amie, Qui de biuuté ne 1' 
passoit inie ; De ff niée fu ensement U ele aient son jugement. « (N. E.) 

(3) Les mots commençant p.ir (''.'//' sont composés avec (fe latin et seraient mieux écrits avec un f simple. Dans les 
autres, (/«'//est une forme assimilée de des/ (préfixe dis, français des). (N. E.) 

(4) C'est aussi défigurer qu.'liju'un :« Le suppliant donna ung coup à icelle femme environ la teste,... laquelle lui vint 
courir nu visaige, lui cnidant (/cf/'acei-. » (.1.1. 199, p. 16S. an 1463.) Nous dirions arracher les yeux. De même .-lU reg. .1.1. 
184, p. 122. an. 1450 ; « Icellui Robinet... frappa à revers de son espée Pierre Roussel et lui feuilit le visage entre le nez et 
la bouchi-, tellement qu'il eu est jamais comme tout deffacié » (N. E.) 

(51 ■( Un Sarr;izin de la loi d-'ffaé. « (Agolant, v. 684. i (N. E.) 

(6) Ce verbe signifiait encore : 1" M.inquer à lui engagement : « Il Psloi>^>nt moult courouchié de ce que lors sires lefallnil 
ensi sur ce qu'il avoit convenanchié et juré. » (V, 61.) 2» Laisser quelqu'un manquer de quelque chose : « Se l'ei; nous 
deffaull, huit jours tant seulement, de vivres. » (Id., XIV, 271.) (N. E.) 

T. 3 



DE 



18 - 



DE 



DeiJaugc, subjoncl. Défaille. « Il convient qu'il 

• se veille personnelienienl on (|u"il dejfauge si ce 

• n'est ou cas (ju'il seroil malade de son corps. ■• 
(Ane. ('.ont. de Bret. lol.no. H".) 

Ih'tfauldroit. imparf. subj. rtélnudiuit. vCrelin, 
page l.Vi.) 

DcU'nusis (lisez (leHinmist^ imp. dn snbj. Man- 
quât, s'en fallut. ■■ Et se ainssi si estoit que le ton- 
« neau se dt'Hausis de plus de trois cens et demi de 
« liarenc de la jauge, le liarenc seroil aquis au 
« rov. " Ord. des l\. de l-'r. t. Il, p. 57G 

Dc/fct, indic. Défaut, manque. (Gace de la Bigne, 
des Ded. >is. fol. 8'(.} 

Deafail lissions, imparf. du subj. Manquassions. 
;Villeliaid. p. '23.; 

DefailauHS. Défaillans, manquans. ;D. Morice, 
Hisl.de Bret col. 100'i ) 

DefaiU, ait manqué. (Loix Norm. art. 41.) 

Dt'fiiillct, manquoil. (S. B. Serm. ir. >iss. p. 50.) 

Defuilli^l, manquât ou manqué ild. p. 169) 

Defaillivct, manquoit. (Id. p. .%'2.) 

Défait at défaut, manque, au subj. Loix Norm. 
art. 4-i.l 

Defallicit, manquoit. (Ménage, p 220.- 

Defalt et de/fall, manque. (S. Bern.Serm. fr. mss. 
page ;>".) 

Defarrat, manquera. (S. Bern. Serm. fr. mss. 
page 283.) 

Defaitroit ou defaurroit, manqueroit. (Duchesne, 
Gén. de Cliastillon, p. 14, titre de 1231.' 

VARIANTES : 
DEFFAILI.IR. Perard, Hist. de Bourg, p. 451. tit. de 1242. 
Defalhoir. Ménage, p. 220. titre de 1265. 
Desfaillir. Yillehard. p. 23. 
Défaillir. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 1 et passim. 

Deffaire , v. Détruire, anéantir*. Dépecer^. 
Débarrasser, défendre'^. Terme de vénerie °. 

*0n voit diff'acere et disfacere au premier sens, 
dans le Gloss. lat. de Du Gange. ■• Par ta mercy ne 
■> noi de U'a ire. » Sis. du Jugement, ms. de S. G. 
fol. 2.5.) (1) 

De lu, on a dit aie dejfaire pour à la morl. « Et 
•< au de/l'aire soni livré. » 'E.ibl. ms. de S. G. f" 5.) 

^On dit encore en quelques provinces deU'aire 
pour dépecer. On le trouve en ce sens dans nos 
anciens livres de vénerie. ■■ Comment l'en doit le 
« cerf escorcier, commentlen doit \ecevi deffaire. » 
(Modus et Racio, ms. fol. C, V".) .. On escoiclie le 
« daim, et on le défait comme un cerf. - iCbasse 
de Gast. Ph ms. p. 2'.».) 

•= Oi! trouve desjaire pour « débarrasser, » défen- 
dre, d..ns le passage suivant où il est question d'un 
fils (lui, entondani mal parler de son père, jette son 
gant pour défier l'adversaire : •■ Por son père des- 
« faire, à Margaris le tent. » 

° Défaire, comme terme de vénerie, s'employoit 
dans l'expression » défaire ia nuict . » que nous 



trouvons plusieurs l'ois employée dans Salnove. Ou 
en apercevra aisément le sens par ce p.issage, où il 
s'agit des cerfs : >> Lorsiiu'ils seront encoie dans les 
■ fonds des forests, il faut aller reconnoistre aupa- 
■' ravant les bois les plus forts ce que nous appel- 
» Ions, les belles demeures, les plus voisins de ces 
■" lieux où les cerfs vont faire leui-s nuits, afin que 
« le jour destiné pour courre, vous y alliez avec 
-i vostre limieien prendre les devants pour n'eslre 
" pas obligé d'en défaire les nuits, où vous seriez 
- très longtemps. - (Salnove, Yen. p. 100.) Ondisoil 
aussi " defjaire\e?, ruses ■ des animaux (ju'onchas- 
siiil. (Fouilloux, Vén. fol. 4.5.) liemarquons cette 
expression : « DelTaire une armée •• pour la congé- 
dier : ■' nuand l'empereur fut retourné dedans les 
« Allemagues, M. de Bourbon defftl son armée 
« pour cequ'il n'eu avoit pas besoin. ■> (Mémoir. de 
Robert de la Marck, p. 313.) 

CONJCGAIsOX : 

Defeisse. Défisse. (Fabl. mss. du R. n- 7615. 
t. Il, fivl. 174.) 

Deffaeent. Sont défaites. (G. Guiart, ms. fol. 214. > 

Deffés, part. Détruit, mis à mort : » Pendus el 
<• deffés. " (Ord. t. 1, p. 175.) 

Defuis. [)rés. ind. Lisez delfais. (ms. de S. Gelais, 
page 13'J.) 

VARIAMES : 
DEFFAIRE. Poës. MSS. avant 1300, t. I, p. 384. 
Défaire. Salnove. Vén p 84. 
Desfaire. Fabl. «SS du P.. n» 761."), t. tl, fol. 176. 
Deff... Fabl. MSS. du R. n« 7218, fol. 353, V» col. 2. 

Deffais, S. m. Défense, probibition*. Obstacle*. 
Proleclion, appui, défense '^ [voy. DEFoisel Deffés]. 
* On a dit dans le premier sens : 
Vos me feites l'autre foiz 
De lui voir si gr^tnt clesfuis. 

Alex, et Arisl. MS. de S. G. fol. 73. V col. 9. 

De là , on a nommé devais les lieux où l'on ne 
pouvoit aller sans droit particulier, les prés, les 
bois, lés étangs, les garennes, lieux de prohibition. 
" Si le sujet pescbe les esiangs ou deffais, etc. ■' 
(Coul. d'Anjou, au Goût. Géa.'t. II, p. 77.) » Terre 
<• en deff'ens, « terre où il n'est pas permis de mener 
paitre les bestiaux. (Ane. Coût, de rsormandie, 
folio 17, 11'.) 

^ On a dit aussi dejfaiz pour » obstacle » " Il n'i 
« m\s[ nu\ de If aiz. » (Alex, et Arist. ubi suprà.) 

'^ Enfin dcfens a signifié protection, appui, 
défense. ■■ N'a forleresse ne défens. "> (Citât, dans 
Du Gange, Gloss. lat au mot Defeiisaliilis.) 

VARIANTES : 
DEFFAIS. D'Arg. C.out de Bret. p. 1544. 
Deffaix. Ord. "t. I. p. 143, note D 
Dî.FFAiz. Alex, et Arist. MS. de S. G. fol. 73, V». 
Drffois. Cortois d'Artois, MS. de S. G. fol 85, R». 
Defois. Poës. MSS. avant 13()0. t. III, p. 980. 
Defoys. Ph. Mouskes, MS. p. 106. 
Desfois. Alex, et Arist. MS. de S. G. fol. 73, V». 
Desfacx. D Argentré, Coût, de Bret. p. 1544. 



(1) Par contre, il signifie réparer, amender ; .( Nos vos mandâmes que an ne nos a riens deffails ne rendu de quanque 
avons ot an covnnt, ne delTossés, qui sont antores par notre monastère de Lixu. » (Cart. de Champagne , 12(i6.) De luêîiae 
aux Ord., V. 550. an. 1231 : i Se il ne le voloit deffaire, se le feroie deffaire eu bonne fov. » Au sens de détruire , anéantir, 
il est déjà dans Roland (v. 40, 450. 934). (n. e.) 



DE 



- 19 — 



DE 



Dbfens. Gloss. lai de Du Cange, au mot iJefensahiljs. 
Deffkns. Crétin, p. 144. 

Deffait, part. Détruit. De là, celle expression : 
« Faire le fait et le f/c/7rti<, » c'est-a-dire faire une 
chose et la défaire ensuite. « Cest acte de basieleurs 
« qui font le fait et le dett'ait. » (Lett. de Rab. p 18.) 

VAMIANTES : 
DEFFAIT. Rabelais, Lettres, p. 18. 
Deffaict. Faifeu, p. 40. 

Deffardeler. [Intercalez Deffardelei; déballer 
(Du Gange, 11, 851) : " Et seront creus les marchans 
.< et les conduiseurs de dire par leurs serrnens ce 
« qui sera es baies, sans deffardeler. »] (n. e.) 

1. Deffaute, s. m. Péché, défaut *. Manque, 
disette ". Le mot defaillement, dans S. Bernard, 
répond au latin defectus. 

*Sur le premier sens, voyez le Dict. de Borel, au 
mol Défaulte. ^^ Au commencement que l'escuyer 
.. doit entrer en l'ordre de chevalerie, il convient 
« qu'il se confesse des delfaulx qu'il a fait contre 
« Dieu, etc. » (Ord. de cheval, fol. H, R°.) 

^ Dans le second sens on a dit : 

Mes encor autre chose y faut 
De quoy ils firent un dcjfiut. 

Geofr. d2 Paris, à h suite du Rom. dj Fauv. fol. 4fi. 

VARIANTES : 
DEFFAUTE. Ord. de Chev. fol. 11. 
Deffaut. Laur. Gloss. du Droit fr. 
Défaut. Bout. Som. Rnr. p. 37, Notes. 
Defeat. Ten. de Litll. fol. 56. 

2. Deffaute, s f. Faute, défaut *. Perte, dom- 
mages °. Manque, disette '^. Défaillance °. 

*'0n lit » par sa défaule, » pour par sa faute, 
dans les Fabl. mss. du H. n° 7615, t. II, fol. 133. En 
parlant du péché d'Adam, on dit : » Sa deffaulte ne 
« fil mie si grant, etc. (Modus et Hacio, ms. f" 199.) 
« Snpiier aux (lefj'ertes ■> signifie suppléer aux 
défauts, dans les Conlredils de'Songecr fol. 81, V°. 

* Ce mol signilie « perles, dommages, « dans ce 
passage : « Aucune fois me siiy-je complainte h vous 
« desdelfatites qui m'avoyentété faites. " (Modus et 
Racio, MS. folio 194.; Il est pris dans le même sens 
en ces vers : 

.... Les piétons Anglois s'enfuient 

Plains de douleurs et de defautes. (G. Guiart, p. S?-8.) 

"^ Enfin on disoit dejfanlte pour « manque,» 
disette, dans le même sens où nous disons encore 
« faute. " 

.... Le feu qui par dejfnulte d'eau 
Conmiençoit déjà fort embraser le ohasteau. (Murot, p. 145.) 

° Nous trouvons ilejfaute pour « défaillance » 
dans Froissart, qui raconte la mort du comte de 
Foix : » Ils cuydoient qu'il n'eust tant seulement 
« qu'une deffaute. •■ (Froiss. liv. IV, p. 115.) 

De là on disoit : 

i' « Deffaul » ou « deffaute de droit » [voy. plus 
haut Defaute] pour déni de justice. (Voyez Gloss. 



lat. de Du Cange, au mot Defectus justitiœ) « Faire 
defaute de drui,, refuser justice. (Bruiiel, sur les 
fiefs, p. Vri. - l'rdou. l. I, p. 9'2.; 

2° « Sur le detl'aulte de sa vie, » sur le péril de 
sa vie. « Ne jà ne l'absentàt sur la deffaulte de sa 
" vie. » (Percef. vol, IV, fol. 103.) 

3° « Se il ne deuiore par lui eu sa deffitule que, 
» elc. " (Construction singulièrei c'est-à-dire si ce 
n'est pas par sa faute, que, etc. (Assis, de Jérus. 
page 50.) 

VARIANTES : 
DEFFAUTE Gaoe de la Digne, des Déd. MS. fol. 90, V. 
Deffaute. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 522, col. i. 
Deffaulte. Modus et Ra.'io, MS. fol. 199, V». 
Defaute. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. Il, fol. 133. 
Dèfaulte. Ord t II, p. 40; t. 111, p. 580. 
Defete. Grelin, p. 1. 
Deffecte. Id. p. 24. 

Deffauti'er (se), v. Se mettre en pièces. 

Devant est Ourri l'Alemant 
Qui à tout gaster se de/fantre. 

G. Guiart. p. 333, éd. II, v. 10812. 

Deffecter, v. Suppléer aux défauts. Ce mol 
esl employé en ce sens dans les Contredits de 
Songecreux, p. 81. 

Deffectibilité, s. /'. Défectuosité. ■■ La laidiire 
« de l'injure et de la mauvaise et ini(|ue volonté qui 
« estoit en Semey ne procedoit pas de Dieu, mais 
« procedoit du deffaull ou de la deffectibilité qui 
« estoit au franc arbitre de Semey. » (Histoire de la 
Tois. d'or, vol. II, fol, 178.) 

Deffectueiix, adj. Vicieux. Nous ne le disons 
plus des personnes, mais seulement des choses (1). 

Estât divin ou les deffectueux 

Et ignoraiis ne doibvent parvenir. (Crétin, p. 61.) 

Deffendemcnt. [Intercalez Deffendement , 
protecliou, au Gloss. lal. 708^, el dans une vie ms. 
deJ.-C. (Du Cange, II, 77C, col. 3) : 

Que bien sachiés, si je voloie, 

Ne uiort, ne passion n'auroie ; 

J'auroie assez dcffendumetit; 

Angeles, arcangeles plus de cent.] (n. e.) 

Deffendeur, s. m. Terme de barreau *. Terme 
de chevalt'rie °. Avocat *^. Défenseur, prolecteur ". 

* Ce mol subsiste comme terme de barreau. On 
disoit en ce sens deffendieres. (Voyez Ordûunances, 
tome I, p. 107.) 

^ En terme de chevalerie, il signifioit l'un des 
champions. L'autre se nommoit le <' demandeur » 
ou " appelant. » (Voyez Lancelol du Lac, tome III, 
fol. Ii8, V- col. 1, et Olivier de la Marche , Gage de 
Bal. fol. l."i.)On disoit aussi en ce sens deffendieres. 
(Ord. t. I, p. 107.) 

•= On Irouve défendeur pour « avocat » dans 
l'Ane. Goût. d'Orl. à la suite de Beaum. p. 4(57. 

° Le sens propre éloil ■• défenseur ou prolecteur. « 
« Nous li prions que a nos exécuteurs soit boens 
» aidierres et boens defendierres (2) de nostre execu- 



(1) D'après Dochez, cet emploi date du xiti« siècle : « Quand vous aim^^z aucune chose Vile en soi et defectucusi;, Vous 
voulez son default couvrir. » (R. de Louens.) (N. e.) 

(2) Ou defenderes qui est le cas sujet de dtfendeur : « |Un roi] juz, avocat de sainte église, Defcndere, garde e justise. » 
(Benoît de S' More. II, 1659.) (n. e.) 



DE 



— 20 



DE 



. lion mellro h fin. •■ (ïesl. du ooiiile d'Alen^on, à 
la suiie <lo .ioiiiville, p. 185.) 

VARIANTKS : 
DEFPENDKUR. Lanc. clii Uc, t. 111, fol. W. 
DKr-ii.NUEriES. S liorii. Sorm. fr. MSS. p. 'Ml. 
Dkki NDKU» .\iic. Coût. cl'Orl à la suite de RÉauin. p. 467. 
UtlKKMUhllES. Urd. t. I, p. 11)7. 
Di-.KiCNDiiiiuiK.s. Test, du C'« d Al. à la s. de Juinv. p. 18.5. 

Deïfeiidre, v. Défendre, pruliiber, enipèciiei', 
préserver*, l'uiulva^. De fendre, dmisS. Bernard, 
répond an lalin negare al pruliUKre, ni {iropmjnure 
dans les l<oi.\ iNorm;indes , article 41, au latin 
Stuluen' ne rvoyez Dkficndiie]. 

*lians le (ireniier sens, un disoil : <• Dieu dejfawle 
<' ou dcjl'eude, « pour Dieu nous préserve. ^Duchés. 
Gén lie C.liaslillon, p. 50, litre de Pi 10, passiin.) 
« Dieu nren dépende, » pour Dieu m'en préserve. 
(Eusl. Dcseh. Poës. .mss. fol. 512.) 

^ Ik'lfeiidre sii;nilioil aussi ■• fendre, » ponrfen- 
« dre [)). Il dejfcndil à i'iioniine la leste jusqnes aux 
« deiis. » (Ilist. de la lois, dor, vol. 11, f° 170. V".) 

Ce verbe dv>nl encore d'autres siiiiiilicalious qui 
sulisislent et ijue nous ne rap[iorlerons pas, mais 
nous citerons divers pioverbes dans lesquels il 
enlroil : 

Proveiuîes : 

\° « Harnois ne vaut lien qui ne défend. « (Dict. 
de Colo-rave.) 

2° "S'il est qui bien assault, aulel qui bien def- 
« fend. » illisl. de B. du Guescl. par Méii p. 4o5.) 

3° « Bien deffendu , bien ass .illy. » (Eustache 
Descbanips, p. iiSO.) 

Nous disons encore : " Bien allaqué, bien def- 
« {endu. « 

4° •■ C'est une cliose qui n'est point sur soy 
« deffendanl, « dont il n'est point siaranl. ;Lè 
Jouvence!, .ms. p. 354.) 

CoNJrcAisoN : 

Defenduiz-. Défendu, proliibé. (S.Ber. S. fr. p. 10.) 

Defenis..\)eiïeud, garantit, pré-serve. (Marbodus, 
colonne 10,54.^- 

befcn&ed plait. Semble pris pour procès en 
deleiidaul. (l.oix Norm. art. 45.) 

Dtlfenge, subj. DelVende. " Or est raison qu'il se 
<■ ilellenye. » (l'oës. mss. av. 1300, l. IV, p 1318.) 

Dejfeni. Défend. (Kabl mss. du It. \r 7218, f" '.t.) 

VAniANTES : 
DKFFE.NDRE. Hist. de B. du Gui^scl. par Mén. p. i35. 
Deke.ndke. s. Brin. Serm. fr. MSS. p. 48 et pas-cim. 
Defka.ndhe. Duchpsne, Gén. de Chat. p. 5G. lit. de 1246. 

Deffeiidii, jmrt. Absous, renvoyé de l'accusa- 
lion. • l'ouKjiioy je m'en dcjis aller quitte et def- 
« fendu. » (Modns et Itacio, ms. fol. 239. H".) 

I>(>fl'eiisable, adj. Capable de défense*. Dé- 
fendu, pioliibé ° [voyez Defk.vsari.ej. 

*Snr le premier sens de capable, de défense, 
voy. Du Cange, Gl. lai. au mol DefensnbUis donius. 



« 11 Irouvoit les François deffensahles. " (Ilist. de 
B Du (Juescl par Mén. p. 172.) 
Clénienl .'.i..rnl, parlant de Pliaéton,dil : 

De son ch'r (ils et dn tendre et sensible. 

Contre l'ardenr le rendit Jfffenxihte. (C. ilan.l, 55.'i.j 

' Ville déffenaalile «, \i!le en état de défense. 
,loiuv. p. 07.) >. Armes dé ff ensables ■•, armes défen- 
sives. {Ibid. pa2,e 1)2 ) ■■ Armeuies defensal.ies -, 
armes défensives et qu'on peut reiidie oU'ensives, 
dans l'Hisl. de B. Du Guescl. pai- Mén. p. H7 (2). 

° L'orlbo;:ra|ilie defensnhle s'employoitaussi pour 
siiinilier di'feiidn, prohibé. .• Bois défcn&abte ", le 
même ijue « bois de delfens » qu'on a vu au mol 
" delTais ■■ pour bois dont il n'esl permis de jouir 
qu'à ceiix qui ont le droit d'usage, et où il n'est 
permis de chasser qu'au seigneur. (Du Cange, Gl. 
lat. à Foreslœ et Silvœ defensœ, sons Defensa, 3.) 
" Baissa a conins defensul/les » pour garennes 
défendues. (Ibid.) •> Chasse defensuble à grosses 
« besles « pour ch:".sse défendue, etc. » (Ibid. au 
mot Venalio defensa , col. 130r. ) .. ...Héritages 
•■ defensaiiies clos a fossez et bayes » pour hérita- 
ges enlouiés de fossés et de haies et on il est 
défendu d'enlrer. (Ibid. au mot Prœdia defensa.'' 
» ...Piez defemables « pour jirés où il n'est pas 
permis de l'aire paitie les bestiaux (Ibid. au mot 
Prala defensa, col. 1.30'i.) >■ Vii^nes et jardins sont 
" defensahles en tout temps. « (Ibid. au mot 
Viiwœ defensœ, col. 1305, 1 [Tous ces exemples sont 
extraits de Coutumes rédigées au xvi' siècle.] 

VAIUANTES : 
DEFFENSABLE. Corlois d'Artois, MS. de S. G. f» 84, V». 
Defe.ns.^ble. Coiit. Gén. t. I, p. 210. 
Defkensible. Cléni. .\larot, p. 553. 

Defi'eijse, s.f. Lieu prohibé*. Terme de fortifi- 
cation ^. Terme de vénerie'^. Amende °. 

*Ce mot subsiste encore dans le sens de « prohi- 
.' bilion, obstacle, proleclion, elc. » De là on s'en 
est servi pour signilier les lieux prohibés , ainsi ou 
a nomme « bois de garde et deffense « les bois dans 
lesquels ceux qui n'ont point de droit ne peuvent 
entrer et où il n'est permis de chasser qu'au 
seigneur seul. (Du Cange, G!. 1, au mol Forestœ et 
Silvœ defensœ sous le mot Defensa.) 

^ On dit encore défenses en termes deforiifica- 
tion. On écrivoil autrefois deffences : ce sont les 
ouvrages qui servent à défendre une place: 
« N'estoil aucune fortification achevée tpi seule- 
« ment peusl estre ditle(/<'^'e«se 1^3). » (Mém. de Du 
Bellay, fol. 310.) 

'^ Le mot detj'enses se trouve très fréquemment 
employé dans nos livres de vénerie pour désigner 
les chasseurs et les chiens poslés à certains passa- 
ges, alin d'empêcher le gibier de s'échapper. On 
disoil communément en ce sens : " asseoir les 
" défenses. » iVoy. .Modus et ISacio, ms. fol. 08.) 

" Dejfense a signilié aussi une sorte d'amende. 



(1) M.iis alors l'étymologie est le l.'itin findere. (N. E.) 

(2) K Le lieu n'est pas defensahh:, car la motte est de main d'homme faite et petite. » (Com., 12.; (N E.) 

(3) Ce sens est dans .loinxille (g -^04) • « Se il ardent nos chastiaus et nous demourons, nous sommes perdu et ars ; et 
nous tessons nos deffenses que l'on nous a baillies à garder, nous sommes honni. » (N. e.) 



DE 



21 — 



DE 



selon la note de l'éditeur des Ordonnances, t. lll, 
p. 574. On lit dans le texte : « Soyenl francs et 
» (jnittes de toutes couslu mes, amandes, dcifeiises 
« aiipartenanl au pruvost de la dite ville dr. Ilare- 
« fleu. " Sur (juGi l'éditeur dit à la note g: •■ Je 
« ci'dis que par ce mot... on peut enlendre des 
« amendes encourues pour avoir contrevenu aux 
« dclffiises faites par le prévôt. " 
l^emarquons les expressions suivantes : 
1° " Cens de delîense, » gens de guerre. <■ Nous 
» sommes gens tributaires et ne sommes pas gens 
" dedellenle. » (Le .louv. ms. p. 3.-.:i.) 'i" « Dellénce 
« de serpent ", l'ayoïi de parler qui peut-être 
signilie traliison. .. Sire, dist elle, déportez vous 
« pour Martin mon amy qui vous voit : liaa dames, 
" disl-il, encorese.'it-cededans mon mnrcliéjusques 
« ^1 la fontaine et se je ne craignoye delfence de 
« serpent eucores fisse-je auti"e cliose. » (Percef. 
vol. IV. fol 113, col. 1.) 3" " Mettre à detTence •', 
c'esl-à-dire mettre un maitre dans le jeu d'esci'ime, 
datis la nécessité de se défendre. Il s'agit en ce 
passage d'un écolier qui prend leçon : •■ Blanor 
« prinlson escu ii ungliaston, et pareillement tist 
« le jouvenceau. Lors Blanor Iny nionstra la 
" manière du jeu et les tours qui y appartenoient 
« et le damoiseau comme celluy qui estoit 1res 
« désirant d'apprendre et scavoir ce que en ce jour 
« il avoit veu mettre h o?uvre, se conduysoil lant 
" bien i|ue ainçois (|ne Blanor le laissast, il le ?i)/st 
" à delfence dont les regardans... dirent que ce 
« n'avoit oncques esté veu. " (Peic. vol. V, fol. (i.) 
4° ■• Delîe'ices à l'appelle », c'est-;Vdire défenses 
que peut faire valoir celui qui est appelé à un com- 
bat, pour s'en dispenser. (Voyez Beaum. page 329.) 
5° « Les delfences furent criées ■•, c'esl-ù-dn-e il fut 
crié : « Que personne n'eut à se mêler dans ce 
« combaliineceux (luiavoientenlreprisdelefaire. » 
(Petit .1. de Saintré, p. 601, note à.) 

V.\1!1ANTE^ : 
DEl'TENSE. Oïd. t. III, p. 574. 
D FENPE. Orlh. siib^ist. 
Deffence. Petit .1. dP Saintré, p. (Ï01. 
Denffenses. Font. Guer. Tré.s. de Vén. MS. p. 21. 

Deffeiision, s. f. Défense. <> Ayant sa majesté 
« fait une liuue pour la deffension de l'Italie, etc. » 
(Mem. de Du Bellay, fol. 151.) 

VAHIANTES : 
DEFFENSION. Cofiuill. p. (1. 

Deffenssion. Part, de Ul. MS. de S. G. fol. 70, V" col. 3. 
Desfension. Poës. .MSS. av. 1300, t. I, p. 373. 

Defférei", v. Obéir. Mous disons eîicore déférer 
en ce sens, et c'est ainsi que le mot delfé'er est 
expliqué par l'éditeur des Ordonn. dans le passage 
suivant : « Le maréchal du dit duché sera ordonné 



« et commis pour recevoir les gens d'armes et leurs 
« monstres, et pour les faire deljerertn la manière 
« qu'il a été garde et accoutume de faire ez temps 
« de nos prédécesseurs ducs de Bourgogne. » (Ord 
des R. de Kr. t. III, p. 53(i.) 

Deffermer, i'. Ouvrir. 

Si amour qui les cœurs l'ait pasmer 

Voiiloit ses yeulx avei.glez liejfernicr. (J . Marot, S39.J 

On dit encoie de[fiunier parmi les paysans, en 
Normandie. 

[Le mot est déjà au Roman de Floire (Du Cange, 
II, 30G, col. 1) : 

La porte li ont def fermée ; 

Floire s'en ist, lance levée. 
Les ventaiUes ont ilfffenxées. 
Et les coifes jus avalées. (Roman d'Alhis, id.j 

On litau xii' siècle, dans Tbom.de Canlorbéry(47,: 

I,a porte desferma, n'i apela portier.] (N. E.) 
VARIANTES : 
DEFFERMER. J. Marot. p. 229. 
Deffkumeu Froiss. Poës. MSS. p. 67, col. \. 
DESFhKMEK. Gloss. de M.irot. 
Desfkemeh. Fabl. MSS. du R. ii» 7989, fol. 72, R" col. \. 

Defferre, s. (. Dépouille. « Si furent pris et 
■< tous menez à Doin Diego de Mendoze, lequel eut, 
'< leur defferre et ce qu'ils avoienl. » (Ann. de 
Louis Xll, de 150'2, p. 144.) 

Mais quant voulut marcher et prendre terre, 

Tous les souldars esloienl à la defferre 

Du dict Trevy et ne les en peull traire. (J. Marot, Oi.] 

Ce mot est encore d'usage parmi le peuple en 
diverses provinces (1). 

VARIANTES : 
DEFl^ERRE. Al. Chart. Poës. p. 384. 
Desfekre Ess. de Mont. t. lit, p. 90. 

Deîferrer, v. Oter le fer". Tirer des fers"^. 

*Ce mot s'est dit pour ôter le fer d'une plaie, en 
parlant de lu pucelle d'Orléans. « A iceluy assaut 
" fut blessée dès le malin d'un coup de Iraict de 
« gros garriau, par l'épaule tout outre, ensuite de 
» cette blessureel!emesmesef/^/CT'n( ^l) elylilmet- 
« Ire du coton, et autres choses pour estanclier le 
« sang. .. (Hist. de la Pucelle d'Orl. p. 512.) « Sau!- 
« ton de Mercadieu... récent un coup de lance par 
« la bouche, qui passa outre plus de demi pied : il 
« se déferra, hardiment luy mesme en la retirant, 
» et ne cessa pas pour cela de loiisjours combattre. >• 
(Ibid. p. 44(J.) 

^ Déferrer Ki,[ pris an second sens de tirer des 
fers, dans ce vers (3) : 

Comme larrons que pour pendre on déferre. (J. il. 29.' 

« Jouer à déferrer l'ane. » Sorte de jeu, dans 
Rab. 1. 1, p. 143. 



(1) Le sens primitif est vieux fers de cheval ;« Item mareschaux .II. qui auront en toutes choses autant comme le.s 
escuiers,... et la de/'/'e/ie sera le roy. » (Ch. des Comptes, an. 1285.) On lit encore au reg. J.I. 107, p. 101, an. 14-13 

« L'exposant trouva en son chemin un sac, ou il avoit environ neuf fraus,... le prist et mist en son saing , et quant Pierre 
Benon qui estoil avoecqurs lui, lui demanda que c'estoit, ledit exposant respondi que c'esloil une defferre. » Ch. d'Orléans 
a du avec esprit : « Des vieiUt s defferrea d'aninurs Je suis à présent. » (n. e.) 

(2) « Li Sires de Hangier, sailly jus de son clu-val, se defjiera don glave et entra ens es fossés. » (Froiss., IX, 201.) (N. E.) 

(3) « Vous ferés, beau frère, ce que je vous diray. » — « Ouy, beau frère , respondi le coiinestablc. A ces mots il fui 
defferre. » (Froiss., XII, 171.) (N. E.) 



DE 



DE 



VAIIIANTES : 
OEKFERREIt. Lanc. du Lac, t II, fol -27, V». 
Of.fkurkr. Hist. de la F'iic d'Orl. p. ."jlU. 
UEKKicitKR. l'orcef. vol. V, fol. M, V" col. I 

Deffers, ailj. Ouvert. C'est prupremcnl le parti- 
cipe de dclj'enner. 

Que li siens huis me soit deffers. 

Falii. MSS. du K. ir 7i!l8. fui. I«. !;• col. 2. 

("est-à-iliie que les yeux aujonrdMtui me soient 
ouverts. 

Deffet, (idj. DilTormc. (l'abl. mss. du H. ir 7'218, 
1.11.28!).) 

1. \^i'-Ui sdlemiiell Mot nouvellement introduit 
du temps de Rraiilùme , au lieu de celui de 

• delliaiice ■> (lu'on disoit auparavant (1). Cet 
auteur, parlant de Viry, gentilhomme de Savoie, 
dit: « Il devint si insolent pour la bonne réputation 
' en tjuoy il estait, i|u'il s'alla prendre et esinou- 

• voir contre le bon duc Louis de Bourbon et luy 
envoya une defliance (ainsi parloit on alors , 

■ comme aujouid'liui defll soleimel) et ce à son 

• propre et privé nom comme font les princes 
» d'un à d'autre. - (Brant. des Duels, p. 312.) 

2. Deffi, adv. Certainement. Comme s'il étoit 
écrit de fi du latin defide. 

Sai (/''///. [PocK. MSS. t. IV, p. iA13.) 

VARIA^TES : 
DEFFI. Chron. du xup siècle, MS. de Rouh. ch. 7, f» 2.5. 
Défit. Ph. Mouskes, MS. p. 23. 
Defy. Poës. MSS. av. 13U0, t. III, page 1078. 

Deffiancc, s. f. L'action de provoquer au com- 
bat corps 11 corps ou de déclarer la guerre. Ces mots 
ont été formés de de privatif et de fiance assurance, 
sûreté. (Voyez Defi'ikh ci api'ès.) C'est proprement 
l'action d'avertir quelqu'un de ne se plus lier à 
nous, de se tenir sur ses sardes, de se mettre en 
défense. Nous en avons fait le mot de défi qui est 
une espèce de dispute ou gage de bataille. Il est 
expliqué par « déli, cartel » et « déclaration de 
i' guerre », dans Laur. Closs. du Dr. fr. 

Sigebiers en ot si granl ire 

Que def/iance li fisl dire. (Ph. Moiisk. MS. p. 33.) 

« Le duc de Guéries avoit délié le roy de Trance 

■ par défiances impétueuses, et dont on parla en 
" plusieurs manières dedans le royaume et dehors : 

■ pourtant que les défiances, si comme renomée 
. couroil, n'a voient pas esté courtoises, mais iiors 
« du stille, usage et ordonnance des aulres 
" défiances. » (Froiss. (2) liv. III, p. 28ï>, an 1387.) 

VARIANTES : 
DEFFIANCE. Fabl. MSS. du U. n» 7615, t. II, f» 13S, V». 



Deffience. Duchesne, Gén. de Rar-le-Duc, p. 31. 
liÉFiANCE Froissart, liv. HI, p. 2.S9. 
Defienck. Duchesne, Géii. de l!ar-le-Duc, p. 31. 
Deki.mli.e. Ord. t. II, p. 39.Ï. 
Dbsfiah.i.e. Modus et hacio, M.>. fol. 256, K° (3). 

Deîficulter, v. Bendre difficile. <■ Vous oblige- 
" rez par son moyen tous les parens de sa maison, 
<• vous faciliteiez toutes vos extrai'tions des gens 
.' de guerre d'Allemagne, dont vous pourrez avoir 
.< be-oin, vous deffi eu Itère::, celles de vos ennemis 
" vers ceux qui sont accoustumez de les assister, 
» lesquels pour son respect pouiTont esire induits 
" à s'en departii-. " (Mém. de ViUer. t. VI. p. 252.) 

Deflidence, s. f Défiance. « Il y avoit entre 
« eux si grande deffidence, que l'autre ne le pou- 
« voit tiouver asses bon. » iMém. de Du Bellay, 
fol. 108.) 

Deffié , adj. De qui on se délie*. Dénué, 
dépourvu °. 
* On disoit au premier sens : 

Gens lasches et lecrcuz 

Dff/iez, et mescreuz 

Et de vertu descreuz. (.il. Cliartier l'Ksp. p. 332.] 

^ Deffié signifioil aussi quelquefois « dénué , 
'. dépourvu « , « deffié de secours " , dénué de 
secours, qui ne peut compter sur le secours de per- 
sonne. " Homme despourveu de reffuge et de//2^ de 
« secours, en quoy pues-lu avoir ta liance. » lAl. 
Chart. l'Espér. p. 270.) 

Deïficment, s. m. Défi. 

VAIilANTES : 
DEFFIEMENT. Mém. du Bellay, fol. 18, V°. 
Defiement. g. Guiart, MS. fol. 80, R». 
Desfiement. Geofr. de Paris, à la suite du Rom. de Fauv 

Deffier, v. Provoquer au combat, déclarer la 
guerre (i). Proprement faire un appel, un défi de 
corps ù corps ou de nation à nation. Ce mot a été 
formé de ^, fiance et autres pris pour assurance, 
Sllrelé^">). C'est proprement faire savoirà quelqu'un, 
l'avertir de ne se plus fier à nous comme à un ami, 
mais de s'en défier comme d'un ennemi , et le pré- 
venir en conséquence qu'il ail i'i se tenir sur ses 
gardes, sur la défensive (G). (Voy- Deffi ancic ci-dessus.) 
Un chevalier, voyant celui contre qui il veut com- 
battre, lui dit : « Si vous gardez de moy, car je ne 
vous asseure pas ; » l'autre lui répond : » Donc 
» vous gardez de moy, 'ar je vous deffic. » (Lnnc. 
du Lac,'t II, fol. 19," Vm «' Se partit le roy du dit 
« cbasiel et s'en vint à Meiiun sur Yevre près de 
«■ Bourges et envoya deffier le duc de Savoye pour 
« cerlaines causes grandes, et extoi'sions qu'il avoit 



(\) On lit dans Faifeu (p. 15) : « .Mors je vous affy Que j'heu bien peur et ung très-grant deffi) De perdre honneur par ma 
grant nonchallance. » (n. e.) 

(2) La forme correcte est desfiance (De ses beaux ieuz me vint sans desfiance Ferir au cuer ; Couci , XVI) ou desftanche 
(Froissart, II, 108l; on trouve aussi (II, 256) : « .\près les deffiancli.es faites » ; et (V, 3I>1) : « Messires. Phelippes de Navare 
fist escrire unes lettres de defliance. » Voyez aussi le Mennstrel de Reims (S 88; et Baumanoir ; « Et encore se def/iances 
sunt maiidées à aucun, on les doit mander par tcx gens qui les puissent tesmongnier. » (LIX, 9.) (.n. e.) 

(3) On lit au reg. J,l. 108 p 305, an. 1376: « Feust bonnes paix et accort traittiez entre nous et Ë lilowart d'Angleterre, et 
que ledit Jehan après les deffiailles et ennemislié, qui depuis ont esté meues et continuées. » (.1). lUS, p 3015, an. 1376.) (N. E.) 

(4) Ce sens est clejà dans Roland (v. 3775) : « .lo des/iai RoUant le poig leor. » (N. E.) 
(,5) Il a été fait sur disfidcve ou diffidcre. (N. E.) 

(6) C'est aussi se dégager des devoirs de vassalité : « Et li renvoya son hommsge et la deffic. de ce jour en avant. » 
(Froissart, IV, 43.) (N. e.) 



DE 



23 - 



DE 



o fail paravanlau royelàla couronne. " (Al. Cliart. 
Ilist. de Charles VI ei Vil, p. 'i'iil.i « En ce temps la 
« comtesse de Hainaall douariere fui deffiée d'un 
« pauvre saquemain [voy. Saqi emens], lequel estoit 
« uomuié TK.'^cremot Cuslel , natif de Ligny en 
« Cambresis pour lois capitaine de la Tour de 
« Beaumonl soubs Messire Jean de Luxembourg, 
.. etc. '. (.Monstr. vol. Il, f» 2, ï\\ an 1/(22.) 

Expressions remarquables : 

1" " Deffier de feu et de sang, » déclarer la 
guerre à feu et à sang. •■ Le .xxn. jour d'aoust ou 
« environ comme le duc de Bourgongne estant en 
" sa ville de Bruxelles devoit monter à cheval pour 
« aller à la chasse, qu'un liérault luy apporta lettres 
« de Liégeois contenans en elîect qu'ils deffioient 
« son fils le comte de Cbarolois de feu et de sang et 
« que sur ce vouloient avoir responce. » .Monstrel. 
vol. m, fol. 118.) 

2° « Deffier son escu. « Façon de parler emprun- 
tée des joutes , tournois pas d'armes et autres 
entreprises de chevalerie, dont la formalité coiisis- 
toit principalement à exposer l'écu de ses armes 
aux regards de tous les cbevaliers, afin que chacun 
de ceux qui voudroient combattre vint le toucher, 
pour marquer qu'il demandoit le combat contre 
celui à qui appartenoit l'écu. C'est ce qu'on appe- 
loit « deffier son escu. » «...Il n'y a si preux chev;;- 
« lier au monde qui osast deffier son escu à 
» rencontre deluy quant il se vouldroit defl'endre. » 
(Percef. vol. lil, fol. 87.) 

3' On a dit, en parlant de Pliilippe-le-Bel : ■< Le 
« peuple qui se vouloil de lui deffier rafTernia. ■■ 
(Chron. fr. ms. de ^ims,\s.] Deffier estlàpoui' ■ se 
révolter, » abandonner le parti de quelqu'un. Voy. 
ibid. dans le latin , où on lit : « Ab ipso volebaht 
» deftcere. « 

.... Je vous desfi 

De m'amor, et la vous deflîiit. 

Fabl. MSS. du K. n- 7218, f" 206, V- col. 1. 

C'est-à-dire je vous défie, je vous déclare la 
guerre si vous in'aimez. 

VARIANTES : 
DEFFIER. Froissart, liv. III, p. 203. 
DÉFIER. Froissant, liv. I, p. 82. 
Desafieh. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 39, V. 
Desfier. Fabl. MSS. du R. n» 79!S9. fol. 53, V" col. 2. 

Deffieui". [Intercalez Deffieier, querelleur: 
« Gens qui porsiwent de jour en jour les tavernes, 
« joweurs de fauz deis, mancheurs, deffieurs , 
" harbalieurs de gens pour argent ou altrement. » 
(Ch. de 1424 ; Hisf. de Liège, il, U7>.)] (.n. r..] 

Deffigurance. [Intercalez Deffiyurance, dif- 
formité (Louis XI, 9!' Nouv ) : » Fust homme bossu 
« ou vieux, contrefait, ou autre quelque deffigu- 
» raiice. »] (n. e.) 

Deffiguration, s. f. Dilïormilé. (Voyez Dkfigu- 
hement.) " Les chirurgiens ayans veu les playes ou 



» blessures de tel navré, afferment et déclairent le 
« péril ou il est constitué, soit de mort, deffigiira- 
•' tioii, affoture ou autre debilitation , lesquels 
« serment et déclaration sont rédigez parescril, et 
" en vulgaire est appelle conjuration. « (Coul. de 
Tournay, au Coul. Gén. t. II, p. I»'i4.) 

Defl'iler, V. Terme de vénerie (I). « Pour bien 
<' faire l'oiseau au leurre, il ne le faut poinldeffiler 
" jnsques à ce qu'il reviendra bien sur le poing.... 
« lors <leslie le sur le soir, afin qu'il ne s'enfuye. " 
(Fouill. Fauconn. fol. 70.) 

Deffiner. [Intercalez se deffiner, prendre fin ; 
« El se deffinerenl ces consauls sus cel estât. » 
(Froissarl, XVI, 87.)] (x. e.) 

Deffiiiiement, itdv. Définitivement. « Quoique 
» la en fust parlementé et regardé comment on 
« pourroit toucher les choses et eux appaiser, riens 
•1 n'en fut rf('/"/ù(ù'»it-H/ fait. » (Froiss. I. 1, p. 251., 

Deffontler, v. Détruire. ' Quant l'un batist 
« l'autre dejfonde. » (Vigiles de Charles VII . 
tome l, p. 173.) 

Defforain, ne, adj. Extérieur. Ce mot, dans 
S. Bei'iiard, Sermons fr. mss. p. 8G et passim, répond 
an latin Exterior. 

Dcfforcer. [Intercalez Defforcer, retenir par 
force: « Le supplient volt prendre ses larelles et 
'< eschielle, icellui JaqueL.. les lui defforça et 
>. conlrelint. » (JJ. 200, p. 350, an. 1471.)] (n. e.) 

Deffore, adv. Dehors, par dehors. Les mots 
deforset par defors, dans S. Bernard, répondentau 
latin foris et exlriuseeus. (Dict. de Borel, au mot 
Dejfore et aux mots liiarda et Ligne.'' Les mots 
defure et deforo sont du patois languedocien. (Voyez 
Du Carige, Gloss. lai. au mol Deforas.) « ... Ensi fu 
« la joie mull granl dedenz Coiistantinople et en 
« l'ost défais des pèlerins et de l'honor et de la 
« victoire que Diex lor ol donnée. " (Villeh. p. 75.) 

VARIA.NTES : 
DEFFORE. Borel, Dict. 

Deforf., Defore. Du Cange, GI. lat. au mot Di'foraa. 
Defors, Defors (par). Poës. MSS. av. 13(X), t. Il, p. 890 (2). 
Defuer. Eiist. Desch. Poës. MSS. fol. 220, col. 1. 

Defforé, adj. Mis à l'écart. De deffore, dehors. 
<■ Comme qui diroit ainsi, je voy la certaine chose 
•' qui est inaye len l'cquier arresl quelle ne soit 
« defforée ne desplacée tant que taye prouvé mon 
« droit, etc. « (Ane. Coul. de Brel. fol. 26.) 

Defformer, v. Changer la forme, l'élat. C'est 
l'acception générale et absolue de ce mol qui, dans 
l'application particulière, prend diverses acceptions 
relatives. (Dict. de Colgrave et d'Oiidin.) » La paix 
" estoit si defforiiiée (|u"il ne la peut reformer. ■ 
(Chroniques de S. Denis, t. H, fol. 2G, V'.) ■< Sembla- 
" blement ne peuvent tels biens eslre changez de 
» bois en terres arrables, ny autrement déforme'..- 



(U Au xiii" siècle, det'jilée a le sens de effilée : « Nulles mestresses ne ouvrières ne pueenl ne ne doivent faire euvre de 
soye defliléc, dites auniosnieres sarrazinoises, pour ce que la soye n'est pas filée ne retorse. » (Liv. des .Met., 385.) (N. E.) 

(2) « Or revenrons au roi Richart qui faisoit ses ours tumbeir, et n'estoit qui li contredesist, et faisoit quanqu'il vouloit 
effort: forteresses. '> (Ménestrel de Reims, § 118.) (N. E.) 



DK 



24 



DE 



« hestes s'estoienl deffoiiquié^s on séparées des 
•■ îiiitres. cl dcuio'in'fs mux champs cunirne es- 
" paves. » : Voyez aussi la Chv. de Cuvelicr.)] (n. e.) 
Deffonmer, )'. S'enfuir. 

Mps à la pnrfin sn dt'lfourttcnt (3) 

Cil de Flaiidres qui les dos loiiruent. (Cininrl, p. 373.) 

On disoil en ce même sens fliV deffuiirnitr. pour 
" en se leliranl. ■■ (Ihid. fol. 231, V°.) 

Dcffonrnir, !'. r)éî::arnir Dictionnaire d'Oudin.) 
« ... \ms reninnsti'oil on comme les Fr.inçois ses 
« ennemis estoient d'autre partie tout ;i l'eus iron 
« des marches de Picardie , prêts et desirans 
« d'entrer en son pa'is d'Arlliois, disant (ju'il se 
« cleffoinnissoit de ses Picards, et ses dits ennemis 
« le sçavoieiit, ils luy pourroient porter un très 
« grand préjudice. » (Afonstrelet, vol. Il, fol. 7"».) 

Deffourrer, r. Oter la fourrure*. Dépouiller^. 

* Le premier sens est le sens propre et spécial. 
Ainsi on disoil : « 11 esmouchoit une bougie sans 
" l'extaindre, f appoit les pies par l'œil, desseine- 
« loi! les botlessans les endonmagier : deffouroil 
« les harbutes sans rien guasler. » [Rabelais, t. IV, 
p. I '(9.) " cille demoiselle qui sceut qu'il venoit, se 
" para et se coinlil an mieulx que elle peut, et pour 
« sembler à avoir plus beau corps et plus gresie, 
« elle ne vestit que une cote bardie deffonréc bien 
« estroicle et bien joincle. » (Le Chev. de la Tour, 
Instr. à ses tilles, fol. 58.) 

^ En généralisant l'acception, ce mot s'est dit 
pour <i dépouiller. « 

.... Aux vignes le l)oiiigeon 

DC'foMi-f le grapeau de sou tendre colon. iBa'if, p. 5.J 

Encore fant-il observer qna l'espèce de bourre ou 
de colon du bourgeon de la vigne est ici pris pour 
une sorte de fourrure. 

Deffraiz, s m. Défrai. (Dictionn. de Cotgrave 
etd'. iiuliii.) « Pour les deffran de la dite royne. » 
(.loinville, p. 19.) 

VARI.\NTES : 
DEFFRAIZ .ToinvillP, p. ID. 

Deffkoy. Enst D-sch. l^oës. MSS. fol. '262, col. 4. 
Dp;kkoy. Clément Miimt, p l'a. 
Deffr.wemknt. Moiistr vol. III, fol. 2, R». 
riKFFRoyEMF.MT. Nouv. Cout. Géii. t. II, p. 106, col. 2. 

Defîfaudeinent, s. m. Destruction. Ce mol est 
pris en ce sens dans le passage qui suit : « Le con- 
« uétable Aii'ie de Moiitimnency étant à Bordeaux, 
« avoil accordé à des gai-des du roy la permission 
« de défaire un vieux navire pour se chauffer. » Il 
« y avnit 1;'» prcseiis tineli|iios jurais de la ville et 
« conseillers de la cour ijin le voyoyent disner, et 
« Iny voulurent remoiislrer que cela n'esloil pas 
« b.en lait, el que c'esloit grand dommage du 
« dcffraudement de ce beau navire, qui estoit de 

(1) « Combien que le suppliant ail fait ledit coup contre sa voulenlé et par grant de.ffoHun'i. » (JJ. 165, page 138, 
an. 1410.) (N. E.) ,. . , j . 

(2) On lit au t. IV, p. 294 de l'éd. Kervyn : « Il li fist tanlos donner cent pscu.'; et deffnuir les os de son PP™ et 
embausemier. >> C'est le sens Ju Gloss. lat. 7692. sous Extumulare. On disait aussi des souch.-s (.1.1. 171, p. 289, an. 1420) : 
< Comme le suppliant eusl desbochiez et deffouiz deux grans fresnes , estans tous deux sur une choque en son 
jardin » (N. E.) 

(3) Usez I)cflour»ent. Cependant l'édition donne desfourner (v. 13S79) et dfisfournent (v. 1G291). (N. E.) 



" on rédi'its en autre nature sans le consentement 
« du seigneur à qui les cens cl renies sont deues à 
« peine de lemetlre le tout en son premier estât. •■ 
(Coul. de i-uxe:nbonrg, ■ ; .Vuuv. Cout. General, 
t. II, p. 3'ri.) 

VA!M.\NTFS : 
DEFFORMER. Chron. S. Denis, t II, fol. 26, V». 
Déformer. Coul. Gén. t. Il, p. 312, f.ol. 2. 

Defformité. ,s. f. DilToimilé. 'Dict. de Cotgrave 
el d'Oiidin.) 

Deffortiine, s. /'. Infortune. » .... Pour ce que 
■ ledit nautfrage s'estoit faict en Angleterre, ledit 
- archnliii' lut mené et conduyl à Londres où le roy 
« d'Angleterre estoit lors lequel le festoya hoiino- 
" ratjleinenl et le consolla au myeulx qu'il peut de 
.< I;i dt'fl'ortune (Il de sa perte, en le Ireclant le plus 
.< humainement qu'il sceut. » (J. d'Aulh. Annales 
de Louis XII, fol. 139.) 

VARIANTES : 
DEFFORTUNE Mém. de Du Bi-llay, fol. 212, R». 
Defortune. Ess. de Mont, t II, p. 455. 
Desfohtune. .1. Marol, p. 100 ; Arrest. Amor. p. 201. 

Deffortuné, ailj. Infortuné. (Dict. de Cotgrave 
et d'Oudin. — Ess. de Monl. t.' II, p. 'lâô.) 

DeffouiiM». Déterrer. « ...Feroil juste enquesle 
■i là ou lecorps son père pour ce temps fu ensevely 
<■ el feroil défouir (2) les os qu'on Irouveioil, etc. " 
(Froissarl, livre III, p. 359. ' Monskes, parlant de 
Charles-le-Chauve, morl et enterré à Rome, i ap- 
porte que : 

Petit apriès fu dexfmiis 
Et raporlés à S. Denis 
Et là l'ont François entierré. [Ph. Mouskci, p. 338.! 

VARIANTES : 
DEFFOUIR. Eust. Desch Poës. MSS. fol. 517, col. 3. 
DÉFOUiR. Froiss. liv. III, p. 30)0. 
Defower. Britton, I.oix d'Angl. fol. 4, R». 
Desfol'ir. Ph. Mouskes, MS. p. 328. 

Deffoulleinent, S. m. Action de fouler ou d'êlre 
foulé. ;Dict. de Cotgrave.) « .... Quant la noyse fut 
" passé et que Passelion fut revenu à Tuy du 
" delfouUement des dyables, il se releva moull 
« courroucé. » (Pcrcef." vol. IV, fol. 108.) 

Deffouller, v. Fouler aux pieds *. Froisser, 
batti e ^. (Du Cange, Closs. lat au mot Defolnre.) 

* Au premier sens, on a dit : « Et si avoit bien 
•> veii Monseigneur Gauvain à terre qui se ne povoil 
'< relever, si avoit bien veu comment celluy le 
« courut dejfoullcr ; si en eut graiid dueil. ■> (Lanc. 
du Lac, t. I, fol 16-2.) 

° Pour " battre, froisser »:«... Que tu fis tant 
■' battre et defnitler de gros basions qu'il en fui 
.< mort. " (Chron. de S. Denis, l I, fol. 32.) 

Deffouquier. [Intercalez Tk'ffouquier, .s'enfuir, 
au reg. .1.1. 170. p. M\0, an. ITiG: ■• Lesquelles 



DE 



— 2:1 



DE 



- trois cens tonneaux, qni pourroit encore servir. » 
(Brant Cap. fr. l. II, p. 78.) 

Deffraiulei' [Intercalez Deffraiider, tromper, 
frustrer : « Si ne vorrent consentir qne li nobles 
« royaumes fie France fnst ensi ricffraudcs ne 
• amenris. » (Frois^ VI, 184.)] in. e.) 

Deffrauderres, s. m. Trompeur. Ensl. Descli. 
(lit (fol. 5G8) des adultères : 

D'autrui hiens est deffrauderves 

Traitteusemenl et faul.\ et terres 
Quant en tel péchié vient et tume. 

VARIANTES : 
DEFFR.\UDERRES. Eust. Desch. Poës. MSS. f" 568, col. 2. 
DÉFRAUDATEUR. Oudin, Dict. 

Deffraulder(l), v. Frauder, tromper, frustrer. 
« ...Celle dame dont je vous touche se sent def- 
" fruutdée par la deffànlte de son jeune mary qui a 
« trespnssé l'ancien usage, qui est contre lesdroicts 
« el francliises des pucelles qui pietendenl avoir 
« mary. ..^Percef. vol. V, fol. 83.) 

Deffraveup, s. m. Celui qui défraie. (Dictionn. 
d'Oudin.) (•>) 

Deffreez, adj. Voici le passage oîi nous trou- 
vons ce mot dont nous ne pouvons fixer le sens (3) : 

Bon cheval esneronne qui bien fu esprovez : 

Un clievalier feri, qui se fu il.effréez, 

Sour l'escu riemanciz (démanché); et cil en est versez. 

L'escu li est perchié et li haubers fausez : 

Parmi le cors li est le fer outre passez. 

Rom. de Rou, MS. p. 118 el 119. 

Deffreyter. [Intercalez Deffretyer, défrayer: 
« Tout partout, ensi coin il ala et passa pai'mi 
« Alemagne, li dis emperereres le fisl dcffrelijer. « 
(Froissart, NT, 37.")). Mous avons lu un dérivé de 
fréter (fret).] (n. e.) 

Defïricher. [Intercalez Deffrichci; défricher, 
au Cari, de Lagny (an. 1455): « Sont tenus aussi 
a lesdils preneurs... de de/"/"ndier, desadnarder et 
« lahourer toutes lesdites terres, et icelles deffri- 
•< citées les tenir de lu en avant en bon et suffisant 
« labour sans les essaisonner. »] (n. e.) 

Deffrire , v. Etre agité. Comme sentir des 
démangeaisons, trembler, frissonner, être impa- 
tienl. On sentira mieux l'étendue du sens qu'on 
donnoit à ce mot, par les divers exemplesque nous 
allons rassembler : 

Moût voissiez son cors deffrire, 

Et son viaire taindre d'ire. (Rom. de Rou, STO.J 

Mont voissiez Normanz deffrire 

El dementer de deul et d'ire. (Ibid. p. 2S5.) 
Moût voissiez ïiebaut et grater et defrire 
Com home qui est plain et decourous et d'ire. (Ib. l'22.j 

Deffroigner (se), v. Se dérider le front. Faire 
bonne mine [défroncer]. 



DEFFROIGNER, Desfrogner (se'). Dict. d'Oudin. 
DeFFRONGNER (bE) , Desenfrongner , Desfrongner. 
Dict. de Colgravo. 

Dffîroi.ssé, part. Brise, froi.;sé. « La plnspart 
» de toutes les nefs estoient dejfroissées el derom- 
« pues. » (Ti'i- des IX Preux, p. 339.) 

Deffi'oissis, s. m. Brisement, froissement. (4) 
« Ils faisoient telz abaiis devant eulx et de telz def- 
« froisis d'esciis et de blasons que c'estoit grant 
» esbahyssement à veoir. » (Perc. vol. III, f" 137.) 

Deffronter, v. Tourner le dos. « Les François 
'< virent les Anglois fouir el deffronter, si les chas- 
« scrent asprement. « (Chr. de S. I). t. !l, f" Gl.) 

Deffroqiier, v. Dépouiller. Proprementdépouil- 
ler le froc. De là ce mot s'est applic^ué à ceux qui 
non-seulement qnittoient l'état religieux, mais qui 
changeoient de parti. » Il y eut des Huguenots qui 
« ?,&'~de If roquèrent. « (Disc. Polit, et Milit. de la 
Noue, p. C5'i ) Dans un sens plus général encore, 
ce mol s'est pris pour dépouiller. « S. lant furent 
« assaillys les vingt chevaliers de ions costez : 
« mais lant bien se gardèrent (|n'on ne les povoit 
.. dejfroqner. » (Perc. vol. IV, fol. 83, V- col. I.) 

Charité ung peu se deffroye [de deffrayer, pour effrayer] 
Car elld voit le coup venir. (G. de ta Biy. p. 5S.J 

Deff rucher (se), v. S'esquiver, s'échapper. 
Méujird dit des Espagnols mis en déroute : « Alè- 
■i rent les aucuns d'eulx à sauvelé dedens un grant 
« bois, ainsi se delfriicliereitt les Espaignolz. » 
(Hisl. de B. du Guescl p,ir Mén. p. "207.) 

Deffuir. [Intercalez Deffuir, sous la forme 
active ou réfléchie éviter, fuir: « Bertran Cham- 
« berçai estoit tenus envers ledit chevalier [de 
« Canillac] en plusieurs sommes de grain et 
« d'argent; ledit Bertran n'en vouloil faire sa tis- 
« faction ; mais se deffnioit el demuçoit. » (.1.1. 112, 
p. 117, an. 1377.) De même au reg. .IJ. 157, p. 1G5, 
an. i;i98: « Pour ledit cas s'est d('/'/'«/''s el absentez 
« le suppliant » ; et dans Fioissart (XIII, 4): « Ils 
« vous defuiront quant ils vous verront en cesluy 
« eslat. ■>] (n. e.) 

Deffiiler. [Intercalez Defj'iiler: i° Se décoiffer, 
au reg. JJ 152, p. 22, an. 1397: « Lesquielx ilz 
« saluèrent en eulx deffutant el disant aux bonnes 
« gens qui là estoient; à Dieu vous comment. » — 
» Àdonc le baisa, el l'empereur du tout se deffula. » 
(Christ, de Pisan, Charles V, III, 38 ) 

2" Se déshabiller, dans Floire et Blanchefleur, 
V. 2871 : 

Def fuies fu joste s'amie. 

Qui de biauté ne rpassoit mie. 

Deffulée fu ensement 

U ele aient son jugement. 



(1) « Pour defrauder le dit seigneur de sa debte. » (Bibl. de l'Ec. des Ch., i' série, t. II, p. Cl.) (N. E.) 
(■2) On lit dans Marguerite (52« Nouv.) : « L'avocat lui respondit, que à desjeuner il trouveroit assez, mais qu'il eust un 
desfrayeur. » (n. e.) 

(3) Lisez desfric de desfroiser, froissé : « Fiert un Gascon sur l'elme de Pavie Ke tôt le cercle li dcsfroise et amie. » (N. E.) 

(4) II pooient bien les Englès tous defroissier et lapider de pierres. » (Froissart , II , \Gi.) Il dit aussi d'une muraille 
(IV, îiei : « fEnghiens] hquel jettoient si ouniement as murs de le ville [Heunebont] que tous les desbrisoienl et 
dcffroissoient. » (n. e.) 



DE 



26 



DE 



C'est encore la forme normande. La forme 
defubler est dans Renaît : 

l'iiis se difuble par grant ire.] (N. E.) 

Deffunié, adj. Vain, or^^ueilleux. « Le roy 
« d'Arii^IctiTie et ses oncles et les nobles d'Angle- 
« terre esLdjenl diiicinciil eonrroncés du bien et de 
" l'iionneur qui estdil avenu au roy de i''ranee et 
« aux nobles, à la bataille de liozebecqueetdisoyenl 

« en Aiifîiulerre les chevaliers lia ! S" Marie, 

« que ks iM-ançois siriit luaiiitenaul delfumés pour 
« un mont de villains qu'ils ont rué jus. » (Froiss. 
liv. 11, j). -i^li.j [\) 

Dciïiiter, V. Oler de dessus son affût. Ce mot se 
trouve en ce sens, dans les Mém. deK.de la Marck. 
page 110. 

Deffy, s. ??i. Duel*. Crainte, défiance^ [voyez 
Deffij. 

* Dans le premier sens, on a dit « se battre en 
« di'Iftj >> pour se battre en duel. (Brant. Cap. fr. 
t. L page 81.) 

^On a dit aussi(/<î//'j/ pour « crainte, défiance. » 

Alors je vous affy 

Que j'hevi bien peur et uiig très grant deffy 

Ûe percin- honneur par ui.i grant uonchallance. (Faif. i5.j 

Dériyui-einent, s. m. DiU'orinité. (Voy. Deffi- 
GURATio.N. — Dict. de K. Mil. et de Cotgr.) 

Défigurer, v. Détruire. Defujurer, dans S. Bern. 
Serni. fr. p. '287, répond au latin exterminare, et 
de figure ut lors fuzons dans k; latin cjclermhi^it 
faciès 6UUS. Jd. Ibid.) 

Defiii, .s. m. Terme, fin. Pasquier a dit des Lois 
(Recli. p. 882) : « l'ar elles toutes monarchies de ce 
« moiide ont pris leur comuieiiceinent et leur 
« croissance; et par leur delfaut, leur dé fin. » 

VAUIANTES : 
DEFIN. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 1048 (2). 
Definement. Les Marg. de la Marg. fol. 189, V». 
Deffinement. Molinet, p. 191. 
Definime.nt. l^asq. Rech. p. 904. 

Defiiiaille, s. f. Fin. 

Ki d'amors veut bone definaiUc 

Bien doit soullrir la coiMnieiiçaille (^3). 

Pots. MSS. av. i;tUO, l. III, p. 1271 

Definer, V. Finir*. Dépérir^. Mourir'^. Conti- 
nuer jusqu'ù la fin °. 

* Ce mot s'est dit pour « finir. » « ....Chi define 
» le chapitre de l'ofiice as baillis. » (Beaum. p. 10.) 

^Pour « dépérir. » « ....Saisi d'une maladie 
« assez estrange, et plus obstinée pour laquelle il 



« défine peu à peu, et de jour à autre. « (L'Amant 
ressusc. p. -U.) 
*^Pour « mourir ». 

Et quant li prodoms deffina. ^F.. Desch. p. 517.) (4) 
" Pour « continuer jusqu'à la (in. » 

A Dieu servir dr/ineroil. (l'ahl. 1615, t. I, fol. 58.J 

DefiiiiineaL [Intercalez Definiinenl, (in, dans 
Froissnrt, IX HO: <. 11 cuida au commencliement 
« et ossi au dcjuiimenl trouver au roy de France 
« tel cose qu'il ne trouva miies. »] (n. e.) 

Définis, part. Dénué *. Destitué^. 

* On lit dans le |u-euiier sens : 

Tu es de meubles dcfinis. (K. Desch. p. 05.) 

^On disoit aussi définis jiour « destitués, sup- 
« primés. » 

Les gouverneurs furent des lors définis. (E. D. p. H4.J 

Defisenssent. Il faut lire de fi seussent. 

« ....Coimni i\ue defisenssent «pour: convint que 
certainement ils sgeusseiit. ;Voy. Df.ffi ) ««Chascuns 
« regardoit ses armes tels coin à lui convint que 
« defisenssent, que par tens en aront (lisez auront) 
« mestier. » (ViUehard. p. .")0.) (^.5) 
Défit, s. m. Destruction. 

Ainsi tourna tout à défit. (Geofr. de Paris, fol. 47. J 

Deflairer, v. Effacer l'odeur. 

Pourroient dc/lairer honteuse, (.f. Taliur. p. 374. J 

Defliinier, v. Eteindre. (Dict. de >'icf^t <''^tgr. 
et Oudin.) 

Deflicher, v. Oter des flèches. " l's le couvri- 
« rent de pilles (6) et quant il les eut chassé se 
" défliclioit de ses pilles qu'il avoil sur luy. » 
(Joinv. p. 77.) 

Deflis, adj. Las. (Dict. de Borel.) 

Défloché, adj. Détendu, affoibll. « Alla en la 
« chambre visiter le malade qui avoit le cerveau 
« creux, à cause qu'il ne l'avoit pas rempli d'hu- 
« meur nutritive: et partant les outils de son in- 
« telligence estoient de/lochez^ [7) si qu'il avoit bien 
" plus veillé que dormy. » (Moyen de Parv. p. 237.) 

Déflorât, s. tn. L'action d'ôter la fieur. « De 
« lever la première tleur, et comme la crème de 
« quelque chose. » (Dict. de Monet, au mot Déjleu- 
remant.) De la, ce mot s'est employé au figuré pour 
désigner l'action par laquelle on ôte la virginité 
d'une fille, déflorulion (Dict. de Borel.) « Com- 
« ment pourras-tu souffrir, que moy qui suis une 



(i) M. Kervyn (t. X, p. 204) imprime : « Ha, Sainte-Marie! que cil François font maintenant de fumées et de posnées 
[bravades]. » De même au t. XVl, p 2 : « Ces fumées des François sont et ont esté bien abatues et descirées en Turquie. « 
Nous disons encore les fumées de l'orgueil. (N. E.) 

(2) On ht dans Hutebeuf (II, 25.Ô): « rteles peussent prendre fm Ne de lor mal avoir dnfm. » (n. e.) 

(3) De même dans un bestiaire cité par Du Cange (II, 777, col. 2) : « L'oevre de boine commenchaille , Qui ara boiue 
defiiittille » ; et dans I.aborde (p. 198): « Guillaume qui cest livre fist , En la de/inaille tant disl De sire Raol son 
seignor. » (n. e.) 

(4) K De nuirt novele le ferai definev. » (Agolant, v. 1076.) (N. E.) 

(5> M. de Wiully (S 132) édite : « Chascun regardoit ses armes tels con à lui convint ; que de fi sevcnt (ms. 4972 seuiseni) 
que par leiis en aiout meslier. » (N. E.) 

(6^ M. de Wailly (^391) édite : « Le couvrirent tuit de pylez. Quant il [Gaucher de Châtillon] les avoit ohaciez hors dou 
kasel. il se desjliclitiil de ces pylés qu'il avoit sur li... » Le pilet (dérivé de pilum) était un javelot au fer massif en forme «le 
fuseau. (N. E.) 

(7) C'est un dérivé de (loche Ifloccusj, dans l'e.^pression sois floche. (N. E.) 



DE 



— 27 - 



DE 



« pucelle, ne vive cbaslemenlsniis quelque r/e'/Zom- 
« cioii. « (Histoire de Mui-Rlaii, p. 715.) « Coiiaois- 
« Iront les olliciefs de laou dit sei;^-neur de Cumbray 
» des déflorais des vierges. » (Coût, de Haynaut, 
au Mouv. Coul. Gén. t. Il, p. 195.) 

VAPJANTKS : 
DEFLORAT. Nouv. Coût. Geii. l. Il, p. 159. 
Defleukemant. Monet, Dict. 

Defloi-ateur, S. m. Celui qui déflore, qui ôlela 
lleur de la viiginilé à une ville. (Du Can^e, Gl. lai. 
aumot De/! or are.) (1) 

Déftorei", D. Oter la première fleur. Nous disons 
encore de/lorer en pariant de la virginité des tilles. 

Gardez que mort ne périsse et (Ipfllore(l) 

L'arbre et la fleur, si que le fruict dévore. {Crétin, p 70} 

VARIANTES : 
DEFLORER. 

Deffloher. Clém. Marot, p. 464. 
Deflelikeh. Cotgrave. 
Desflourir. Nicot, Dict. 

Defluer, v. Couler, découler *. S'affoiblir ". 

* Le sens propre est découler : 

El qui déplie par pité. (f. Desch. p. 533.J 

^ On a employé ce mol au figuré pour « s'af- 
loiblir » : ' 

Tuit si membre vont chf/luant. (E. Desch. p. 535.) 

Déîluxion, s. f. Fluxion *. Ecoulement «. 

* Au premier sens, ce mot s'est dit pour désigner 
une cbute d'humeurs. (Dict. dcMcol ) « Fut une fois 
« atteinte d'une grande rie fluxion de cathare qui luy 
« tomboit sur les bras. .' (Des Accords, p. 48.) 

^ Au second sens ce même mot a signifié « écou- 
lement, » émanation. .. Geste lumière naturelle est 
« un esclair et rayon de la divinité, une de fluxion 
« et dépendence de la loy éternelle et divine. » 
(Sagesse de Charron, p. 249.) 

Defois. [Intercalez Defois , défense, comme 
defaij. Ajoutez les locutions suivantes: 1" Mettre en 
défais, défendre (Renart, v. t>19i0) : 

Qu'il vos contredit, par mon chief, 

Le mostier, ainz met en tJefois. 

Sans defois, sans relard (FI. et Blancefl. v. 891) : 

Cil dist : volentiers sans defois.] (n. e.) 

Defoler. [Intercalez Defoler, fouler aux pieds 
dans un sermon manuscrit du xiv siècle (Du Gange, 
778, col. 2): « Une partie de la semence chai lez^là 
« voie, et celé semence si fut moût defolée de cels 
" qui aloient delez la voie et demarchiées. » De 
même au reg. .JJ. 151, p. 222, an. 139G: « Pour 
« laiiuelle chose ledit Loys se retourna devers ledit 
« Chariot et par grant mautalent lui défoula ses 
« jambes et marcha sur les pies. » Il se prenait 
aussi au figuré: « Lesquielx eompaignons se 
'• priiidrent à défouler, vitupérer et ledengier de 
« paroles le suppliant. » (,J.J. 1C3, p. 483, an"^ 1409 ) . 



De même dans Joinville (§ 715): » F.stoit trop li 
- menus peuples r/cfo^te. » Roland (v. 2.59n donne 
la variante defnllent.j (n. e.) 

Dcfondre, v. S'abimer. 

Deforaln, adj. Etranger. Ce mot s'est dit des 
personnes el des choses [signifie du dehors dans 
la Chron. des ducs de Norm.]. 

Tous estoient assis raeain 

N'en y avoit nul déforain.J (Rom. de Br\<t, p. 74.; 

Adieu, adieu bi'^ns déforains. (Froiss. Poës. p. 527./ 

Defoi-ainement. [Intercalez Deforainement, à 
1 extérieur: « Quel samblant qu'il monstroit defo- 
« vainement, il avoil dedenlrainement le courao'e 
« tout françois. » (Froissart, Y, 158.)] (.n. e.) 

Deforceour, s. m. Rebelle, perlurbaleur, con- 
trevenant. « Soit enquis de toutes luaneres de 
« purpressures faites sur nous de tei'res et de 
« fraunchises; et ceux qui serrounl présentés defor- 
« ceours et purprestures par fresche force, puis le 
« eyrecrio, si soient somons de venir à certein jour 
« a respondre de lour tort, et soit le procès 'tiel, 
« come de play de terre par nos hrefs, selonc la 
« naiure del graund cape et del rjlit, et ceux 
« dejorceours en les autres articles avaunl ditz 
« soient aux i sommons. .. (Brilton , des Loix 
d'Angl. fol. 28, V°.) . Quant à gardes el mariaces à 
« nous détenus, volons que tauntost soient pledés 
« tout saunsbrefe et courage la penaunce encontre 
« les deforceours selonc la ordynaunce de nos 
« estatutz. » (Ibid. fol. 29.) 

Deforcement, s. m. Force, violence. 

VARIANTES * 

DEFORCEMENT. Le Grand Coût, de Norm. fol 121 V" 
Defors. Ane. Coût, de Norm. en vers MS. fol. 77, V». 

Deforcer, v. Enlever avec violence *. Résister 
avec force ^ (.3). 

* Voyez, sur le premier sens. Du Gange, Gloss. lat 
^y\ moi De forciare[i),ohon\\{ dé forcer. «.. .La terre 
« d'Escoce, laquelle est de son fée,... est habelere 
« pour la terre défendre encontre lui et pour son 
« liée lui deforciere. » [D'après Henri Kiiyghlon.] 

^ Ce mol signifie aussi « résister avec force. ■• 

CeuL\ de la terre les dcsforccnt. (Rom. de Brut, p. iOO.J 
VARIANTES : 
DEFORCER. Loix Norm. art 45, dans le latin Deforciant 
Deforciere. Lisez deforcier. Du C. Gl. 1. à Deforciare. 
Desforcer. Rom. de Brut, MS. fol. 100, R» 
Desforcier. Ibid. fol. 46, R» col. 1. 

Déformé, part. Estropié. On trouve en ce sens 
« membres déforme-^ .. dans les Contredits de 
Songecreux, fol. 90. 

Defort, adv. Fortement. 

.... Si defort emprist son erre 
Oue en po de temps il terre 
En Lomb.Trdie, etc. 
Hist. de France, en vers, à la suile du Rom. de Faiivel, fol. 7(1. 






DE 



28 — 



DE 



Deforlifier, v. Olerles forlificalions. Monlaigne, 
parlant tletj maisons en clal de déleiise, dit : ■• La 
« mienne esloit l'oite selon le temps iiu'elie fnl 
« faite: je n'y ay rien ajoi.li; de ce coslé là, et crain- 
« droisfine sa force se lonrnast contre moy mesme, 
« joint iiiTun temps paisible re(iuerra qu'on les 
« deforlifie. » (Ess. de Montaigne, t. Il, p. û'iô.) 

IJefouniié. [Inteicalez Dcfoiiriné, synonyme 
de balaid, a Liège, d';ipi'ès le reg. .1.1.158, p. G8, 
an. l'iO;^: « Iceliui Jehan dist audit escniei' de 
<• Teveschié de Liège : Si Icuis les defourinez de 
« Liège l'avoient dit, si auroient ilz failly de dire 
« vérité; et pour ce que ces mots, tous les [de^four- 
« mez de Lieye. selon l'enlendement et commun 
« langaige au pais, estoient el sont très-injurieux 
« et conîie l'onneur dudit escuier et de sa mère et 
« parens. >■] (n. e.) 

Défrayer, v. 11 s'écritainsiaujourd'liui(l). Noire 
mot (h'friiijt'r, payer pour quelqu'un , signifie aussi 
faire de la dépense, faire des frais. « Ils ontgiande- 
« ment /('«/tf et despemln des deniers. » (Ôrdonn. 
des H. de l'r. l. III, p. '224.) 

Pour " frayer à tout, » c'est-à-dire pour tous les 
frais. Inscription mise sur la grande porte de The- 
leme, dans Rabelais, t. I, p. 31.5. « U a beaucoup 
« [ruijé, el dépendu du sien. » (Arr. Amor. p. 107.) 
« Vous ne syavez pas combien mon père a fvuije 
« d'argent pour me rendre homme de bien. » 
(Contes de Cliolieres, foi. 232, V'.) 

Faro" de parler: « Défrayer les autres de vivre. » 
(Oudin, dur. fr.) 

Defrelcr, i». Déplier. (Dict. de Monet et d'Oud.) 

Defreloquer, v. Oler l'eflilure d'une étoffe 
déchirée. (Dicl. de Cotgr. et d'Oud.) 

Defreii(jer (se), v. Se débander. Expression 
figurée qui se trouve employée pour exprimer des 
troupes (|ui se débandent. 

Sa gerit après luy se dofreiige. (G. Gitiarl, p. il6.J 

Defresné, adj. Oui est sans frein, emporté, 
violent. Il est au ligure dans ce passage: « La déesse 
« Venus, par sa chaleur, luyavoit rompu son frain, 
« et luy mettoit en sa mémoire sans dire mot, 
« tous les propos que la dainoiselle luy avoit dit 
" ung petit paravanl qu'ilz luy faisoienl oublyer 
« toute honte, et luy donnoient bardement de mef- 
« faire, mais pour ce qu'il veil les damoiselles à 
« l'enlour de la pucelle, luy defresné se refresna. » 
(Percer, vol. V, fol. 45.) 

Deirioie, v. A la 1'" pers. de l'imp. de l'ind. 
J'étais consterné. 

Defriper, !'. Frotter avec force*. Etre embar- 
rassé ^. 



* Le sens propre est se gratter rudement. (Voyez 
les Dict. de Nient, Monei el Cotgrave.) 

Cil qui la guerre emeurent se défripcnt et gratent. 

Rom. de Hoii, MS. p. 36. 

^Commecette action marquequelquefois l'embar- 
ras, on a dit défn/iper pour éti'c embarrassé (2). 

Moût voissiez Fraiiclioiz liefrire et defriper. (R. de Roii, i33.) 

Defris, s. m. De fris des bois. Il faut peul-élre 
deffais pour défense de bois ; c'est-à-dire bois en 
défense, où il est défendu de merer les besliaux. 
(Voy Perard, Ilisl. de Bourg, p. 400, titre de 1240.) 
Defroi,s.?».Uésastre,désordre.(Gl.deMuroL)(3) 
Défroisser, v. Froisser, meuilrir, fouler. (4.) 
(Dict. d'Oudin el de Colgrave. — Voyez Dicffiioiser.) 

Danger nie traverse et défroisse. (Molin. p. 1-23.) 

Défroquer, v. Quitter le froc. Brantôme se sert 
de ce mol en parlant des moines à qui on fait 
quitter le froc pour en faire des évêques. (Brant. 
Cap. fr. l. Il, p. 201.) 

Défroter, v. La signification de ce mot paroit 
peu délerminée(5)dans le passage que nous allons 
citer, et qui est le seul où nous le trouvions 
employé : 

Cil d'armes qui es chans refurent, 

Dont tout le commun se defiole 

De grever la reonde Ilote 

Ou l'Iamens serrez se retardent. (G. Guiart, p.^72.J 

De fructu. Festins *. Cérémonie ^. 

* Il y avoit des feslins ainsi appelés qui furent 
défendus par le 47* canon du concde de Nai bonne, 
en 1551. (Vaisselle, Hist. du Languedoc, t. V.) 

^On disoit aussi « faire le de fructu. » C'étoil une 
sorte de cérémonie en usage aulrefois dans les 
églises. (Voyez une lettre insérée dans le Mercure 
d'aoûlde J733, p. 1705.) L'auteur cite, à la page 1770, 
une autre disseï talion qu'il adonnée à ce sujet dans 
le Mercure de février 4720, p. 218. 

Defructuer, v. Recueillir les fruits. «Si la 
" partie ne comparoîl le quatrième jour de .séance 
« pour payer le relief el autres droits au seigneur 
« directe, "le (ief ou rente féodale est adjugé au 
« prince comme duc de Brabanl, par sentence du 
« lieulenantel hommes de fief de la courfeodalede 
c< Brabanl pour le posséder et defructuer à jamais. » 
(Coût, de Bruxelles, au N. Coût. Gén. t. I, p. 1277.) 

Defruit, s. m. Provision, subsistance, consom- 
mation, usage personnel. Ce mot se trouve employé 
en ce sens dans les passages suivans : « .... Ceux 
u qui ont droit demeltre porgs en la grasse p;islure 
« d'aucuns bois, n'y en peuvent mettre en temps 
« de garde que pour leur deffruict, provision de 
» leur maison et famille ou nourriture de leur 



(1) Voyez Defrelier. Def frayer est dans Froissart (XIV, 388) : « Le roy de France les fist toutes pars deffraier des despens 
de bouphe de euls et de leurs chevaulx. » (N. E.) 

(2) « Lors se vait Renart defripai.t Quant vit celui son gage tendre. » (Vers 24022.) (N. E.) 

(3) On lit aussi dans Aubri (p. 159, col. 2) : « Entre ces deus n'ot tençon ne defroi. » (N. E.) 

(4) La chanson de Roland emploie def miser dans le même sens : i A. granz bastunz le bâtent e defruisent. » (Vers 2588.) 
Il se prend au sens de troisser; « Et li bourd sont defroissiés. >; (Couci, v. 1353.) Rapprochez deffroisser et desfroiser. (n. e.) 

(5) Le sens est se battre ; Molière a employé le simple (Dèp. Amour , v, 4) : « Cependant avec moi viens prenlre à la 
maison Pour nous frotter... » (n. e.) 



DE 



— 29 - 



DE 



•i menacer laiil seulement. » (Coul. de Gorze, au 
Conl. 1 éu. l. 11, V- 10y<^' col. 1.) » Les curez des 
« lieux, ou à leur ab^-ence leurs vicaires, ont pour 
" leurs'f/f//V«!7s, usages et bois, paslurerelrecueil- 
<. lir des 11 mis sauvages avec les aulies bourtieois 
« el sans que pour ce ils soient tenus conlribuer 
.. aux frais el débits de ville. » (Coul. de Ciermonl 
ibid. p. 887, col. -2.) «■ Les babilans des villes, ou 
. villages, priviUcez de pescber en rivières d'au- 
« liT'V,"^ ne peuvenl y pescber qu'à la liune sans 
. pldinb, à la cb;.rpai;ne, à la pelile trouille, el au 
. suplol el pour leur de fruit seulement. » (Coul.de 
Lorraine, au Coul. Gén. 1. 11, p. 1075.) 

Défruiter (se), v. Se dépouiller de ses fruits. 
(Dicl de Borel, qui cite ce vers de Mehun en son 
testameiil): - C'est l'arbre qui [os,l se de [mile. » 

Defriiité, adj. Privé de ses fruits. Rendu moins 
fécuiid. " Les fermiers et accenseurs des vignes, 
a sei'ont tenus de provigner par cbacun an, en 
« cbacnn arpent d'icelles, de quatre vingts provins 
. pour le moins el les faire bien labourer cuupper 
« et tailler en temps deu : à sgavoir les descbaus- 
« ser, tailler, marrer et asserter dedans le quin- 
« zieme jour d'avril et biner en may, de sorte 
« quelles ne soient dcfrittées, détériorées ou dimi- 
« nuées ■> (Coul. de Beiri, au Coul. Gen. t. II, 
page 841.) 

befuoiller, v. Elleuiller. Oter les feuilles (1). 
(Col-l'ave.) 

Dcïiiir, 1'. Fuir, éviter [voyez Deffuir]. L'arcbe- 
vèqiie de Cologne, dans sesremonlrancesàRegnauld 
II, de Gueldres son neveu, sur ses excessives dé- 
penses , « luy disoil ainsi en destroit conseil: 
a Re£;naud, beau neveu, vous avez tant fait, que 
« voiis vous trouverez un povre bomme et vostre 
« terre engagée de toutes paits : et en ce monde 
.< on ne fa^t compte de povres seigneurs, pensez- 
« vous que ceux qui ont eu les grans dons de vous 
" el les ^rans profits, les vous doyvent rendre? Se 
« maist' Dieu nennv : mais ils vous défuiront, 
« quand ils vous verront en cet estai, etc. » (Froiss. 
livre III, page 261.) « Car si tost que les gens du 
.. pays scauront vostre venue, ilz se relrairont et 
« se défouyront de vous. >• (Le Jouvenc. fol. 'iG.) 

VARIANTES : 
DÉFUIR. Froiss. liv. III, p. 261. 
Deffuyr. J. Marot, p. 186. 
Di':fouyr. I.e Jouv. loi. 26, V". 
Defuger. Gloss. de l'Hist. de Paris. 
Defulemaiît, S. m. L'action de se découvrir. 
(Moiiet ) 

DeïuiKli'e. [Intercalez Defundre , plonger, 
d'iiprès le ms. 28 de S' Victor (fol. 311, R% col. 1): 
» Liijuels ournemens fait les Esquoceresses et les 
« sers amer en pellerinage, et en les aiguës 
« defundre. ••] (n. e.) 
Degabement. {\i\[.tirc:i]ezDegabe))ient, mépris, 



dans dom Bouquet, t. Il, !>. 200: « Sigeberz h rois 
« de Mes savoit bien si frère estoienl en reproclie 
.. et el degabement du monde pour le pecbie de 
luxure. "] (n. e.) 

Degaerie, s. f. Cbarge et office de degan. 
(Colgr. — Voy. Degan.) 

Dégager, v. a. [Intercalez Dégager: 1" Opérer 
une saisie: " Ce sont li fi'anc jour que on ne 
. le^pont inie à clains, ne qu'on ne va raie 
« dcswufjier. >- (Recueil de Tailiiar, p. -iÔS, xiii' 
siècle.) 2° Voler: •< Plusieurs biens dont partie 
« diceux vssoient et venoient de leurs meffais, de 
» plubieurs bonnes sens qu'ils avoienl desgaigez. « 
(Duché d'O. an. 138!», Assises du ducbé. — Le G. 
de D.] (N. E.) 

Degageur, s. m. Qui prend des gages. Des 
nantisseinens pour dommages faits. (V. Desgageur.) 

Degan , s. vi. Officier élabli dans chaque 
paroisse. (Colgr.) La cbarge de cel officier s'appelle 
degaerie. 

Déganner, v. Gazouiller*. Se moquer^. 

*Dans le premier sens de gazouiller, nous trou- 
vons les vers suivans : 
Gorge d'oyseaux 
Ouaiid sont nouveaux 
Tousjours cle,ja,tnc. (Bl. des F. Am. p. S29.) 

^ On dit encore dans quelques provinces dégan- 
ner pour contrefaire quelqu'un et le tourner en 
ridicule, se moquer de lui. C'est en ce sens qu'on 
lit : 

Si les dêrjaiie 

Li prestres air.si les engane. 

Fabl. MSS. du R. n' laiS, fol. 230, R' col. 2. 

Dégareer, v. Décharger, débarrasser. Il faut 
peut-être lire décarger. « Que n'ay-je la faculté de 
u ce songeur de Cicero qui songeant embrasser une 
« garce.lrouva qu'il s'estoil descbargé de sa pierre 
« êinmy ses draps : Les miennes me degarcent 
« eslrangement. » (Ess. de Mont. t. II, p. 779 ) 

Degasconiier, v. Oter les usages gascons. 
Défaire quelqu'un de ses façons de parler gascon- 
nes (2^. (Voy. Balzac, Socrate chrest. 10' dise. t. II. 
p. 263.) 

Dégasté. [Intercalez dégusté, ruiné. « Joint 
« que'le pais est moult foullé et f/t'ffas/éi... »](1404, 
duché d'O. Information sur les usages. — Le C. 
de D.) (n. e.) 

Degastemeat, s. m. Dégât, ravage. (Oudin, 
Cotgrave.) 

Degasteivv. Gâter, déranger, détruire*. Rac- 
commoder, répaier^. 

* Dans le premier sens, la syllabe de est augmen- 
tative « ....Un des admiraulx du souldan estoit 
.. venu fauciller et déganter les blez d'un karel 
.. estant illecnues près â ren\iron de trois lieuesde 
« l'osl du Roy'. » (.loinv. p. 97.) « Quand un orage 



(11 « Contre le teiis qu'arbre d.-ffueille. Qu'il ne remaint en branche fueille. » (Rutebeuf, 24.-) (N. E.) 

(2) « Ce docteur en langue vulgaire avoil accoutumé de dire que depuis tant d'années il travaiuoit a aerj, 



(2) 

et qu'il n'en pouvoit venir à bout » (N. E.) 



asconner la cour 



DE 



— 30 - 



DE 



- el une k'mpeste s'appert miennes fois en un pais, 
«. si se (ieparl: puis, (ilsedégaste (l)clesoy mesnie; 
" ainsi adviendra il de ces Angiois. » (Froissait, 
iiv. 1, p. l'iT) ) « Cellny n'est pas de bon san?. i]"' 
•i par liayne dcgasle et ostainl le bien lait et lion- 
. neur daulrui. » (Percef. vol. VI, fol. lOi.) (-2) 

Oégaslcr s'einployoitqueliiuefoispoursedéli-uire, 
sans y ajouter le pronom se. Ainsi on disoit : « Le 
.. roi tie veut pas (lu'on donne batidlle aux An^lois, 
« disant: ils deyasleronl par eux mesmes. » (Christ, 
vie de Charles V, p. 487.) 

^Dans le second sens, la syllabe de est néiialive, 
et alors ce mol signifie rendre sain ce qui est gâté. 
Ainsi, on a dit d'une drogue médicinale : « Quand 
<. ils l'auront cDuilte ils écriront dessus, le mois 
<• qu'elle seia faite, si que quand elle sera tresallée, 
« l'on l'ajustera el degaslera. » (Ord. des R. de Fr. 
t. II, p. IIG.) 

VARIANÏKS : 
DEGASTER. Fiois3. Iiv. I, p. 445. 
DnoATEB. Lanc. du Lac, t. III, fol. 43, R» col. 2. 
Degcaster. Rab. t. III, p. 269. 
Deguater g. Guiart, MS. fol. 269, R». 
Desgaster. Oïd. t. I, p. 485, t. II, p. 533. 

Dégasteur, s. m. Qui fait du dégât. (Cotgrave 
elOudin. )(;■.) 

Degaiidir, v. Degoiser, réciter. J. d'Anton dit 
en parlant des Génoises : " El avec ce sçavent si 
" bien deyaudir leur leçon que rien ne leur en fault 
« apprendre. ■■ (J. d'Aulon, Ann. de Louis XII, de 
l'an l.->0-2, p. 100.) 

Degaiire, s. m. Sorte de droit. « Sans ce qu'ils 
" puissent le temps de la dite bourée aller quérir 
" ne faire venir autre bois en quelqn'autre lieu, et 
« à cette cause sont tenus le droit de degaiires et 
" autre service et redevance apparlenans à ma dite 
>■ dame dix huit sols parisis le cent. » (Coût, de 
Pernes, au Nouv. Coût. Gén. t. I, p. 388.) 

T)egé,part. Expulsé, rejeté. « Mesoaiîx dcgés : » 
ladres expulsés, séparés de la société des gens 
sains. Les trois passages suivans servent d'explica- 
tion les uns aux autres. <• Genlz de religion avaunt 
« lonr profession poienl doner, et meseaux ansi 
<! avaunt ceo que ilz soient engettés hors de com- 
» mune de genlz seynes. >■ (Britlon, Loix d'Anglet. 
fol. 88, V".) >. Ne enfaunt dedens âge, ne nul autre 
» quecungz soit ne purchace riens, ou le donour 
« remeynt en seisine corne seigniour ou tuteur, ne 
« meseaux dégés, ne arragés, ne enfauntz, ne ceux 
« qui ne sevent assenter'al purchas, ne purrount 
« rien purchaser sauns gardeyns. " (Ibid. f" 90, R".) 
« Ceo est dit pur ceux que ne ne savent ne poient 
« consenlir si come les surds, el les arragés et les 



« purs sots el enfauntz en lour tendre âge, et les 
« lunalikes el les frenelikes en luurrage. ne nuls 
« eiidcyés, ne femes es|iuses, etc. " (Ihid. 1° 02, \°.) 
On a dit aussi : •■ Le sa;iliir est une gemme fort 
« délectable, belle el joyeuse, parquoy dit aucun 
« lapidaire, que l'espèce de saphir est aux doigts 
« des roys bien séante et coiiveuable et par ses ver- 
« tus moins dégestée que toutes autres. » (Sicile, 
Blas. des Coul. fol. 10, V°.) 

variantes : 

DEGÉ. Britt. Loi.x d'Angl. toi. 90, R". 
Deoesté. Sicile, Blas. des Coul. fol. 10, V». 
DÉGITÉ. Ord. l. III, p .587. 
Endégè. Britt. Loix d Aiigl. fol. 62, Y". 
E.vgeté. Ibid. fol. 88, V». 

Degelement, s. m. Dégel. (Monet.) 
Dcgenner, v. Tirei' de gêne. 

. . . .\mour ma jouriioliere peine 

Mon triste cœnr obslinmnent demaine... 

Si ilcgermer ne le v«ut ta pitié. fLoijs le Car. f. 2i, v".) 

Degerement, s. m. Serment. Du latin dejerare. 

Et la fleur de lis est jurée : 
Foy s'après n'est à tort fausée 
Qu'est ce que grant dégcrcment . 

Geofr. de Paris, à la suite du Rom. de Fauv. fol. 53, 

Dogetement , s. m. Abattement. En latin 
dejectio, dans la règle de S. Benoit. 

Degeter, î). Déposséder*. Expulser^. Agiter °. 
Tirer, débarrasser °. .Mécompter^ (4). 

* Dans les quatre premières acceptions, ce mot 
vient du verbe jetter. On a dit degeter pour 
« déposséder. - « ...N'est mie la femme degetée 
« par l'assise don lié aclieler. » (Assis, de Jérus. 
p. 135; Gloss. sur les Coul. de Beauvoisis.) De là 
se degeter pour se démeltre, se retirer, abandonner. 
" Pour ce que au seignor doit eschéer, ceslui fié 
« après le deceil de ma feine, je trais or endroit et 
« en degete moi et ma feme hors de tout le fié, el le 
« vous livre à rendre pour la raengon de monsei- 
" gnor accomplir. » (Assis, de Jérus. p. 182.) « Se 
« sépare ou se degete de l'hostel el communauté 
« susdite. » (La Thaum. Coût, de Berri, p. lôO.) 

^ Pour •' expulser ». 

Et ilcjettê plus en arrière. (Vig. de Ch. VU, t. I, p. 3G.J 

« Par l'envie on a vu autrefois et voit on encores 
« le magistrat estre dejetté hors de son office. » 
(Diyl. déTahur. fol. 02, V°.) 

^ Sedegetter s'est employé aussi pour « se débat- 
« tre, s'agiter (5). » 

Tant qu'en lit me degetteray. [E. Desch. p. 442./ 

"On a dit quelquefois rfejf'Wer pour tirer, débar- 
rasser. « C'estoient ceux qui avoient secouru tous- 
« jours l'Eglise el la foy, qui avoient dejetté les 



(1) « Ils se tanneront et enfin se dégusteront de guerroyer. » (Id., XIV, 303.) (n. e.) 

(2) On lit aussi au reg. .1.1. 163, p. 72, an. 1408 : « Guillaume de Bougf^y, bouvier et garde d'une charue de certain nombre 
de buefs, avoit fait champoier et déganter un grant partie l'erbe desdiles fauchées de pré. » (N. E.) 

(3) Au Gloss. 7692 on lit degateur, en latin prodigus. (N. E.) 

(4) Dans Roland (str. XV), il signiFie repousser: « Que ce vous loe que cest plait [proposition] degeluns. » De même aux 
Rois (21) : « Li Hz Israël a itant dngelerent leurs fais deus. » (N. E.) 

(5) On lit au Roman de Mahomet, v. 790 : « Mahons cha'i de passion Devant la congrégation ; Moult oriblement se dcjete ; 
Li oel li tornent en la teste ; De sa bouche ist escume fors. » Le sens est aussi figuré : « Tu es degettéc et demptée de 
diverses temptations, » (Ms. de S' Victor, an. 139G ; Du Gange, II, 743, col. 3.) (n. e.) 



DE 



31 — 



DE 



« SS. Pères et l'Eglise delà main de leurs enne- 
« iiiis, et restiiiiré les papes au dit siège, qui leur 
« avoieiil baillé la possession paisible de la terre 
« de l'Eglise et les avoit tenus en ee et aussi 
« l'Eglise en ses droits, IVanch'ses et libertés que 
« l'église esloit plus lenue aux roys et à la nation 

• (leFrance (ju'îi tout le surplus des rois. » (Duclos, 
Prenv. de l'Ilist. de Louis XI, p. 316.) 

^ Enlin on tiouve dégeler pour « mécompler » 
se tromper en calculant. Alors ce mot vient de 

• jetons » dont ou se sert pour tes calculs : 

Us sont d'armes plus de mille hommes 

El se lo voit, n'eu liéijelom. (G. Guiart, 237.) 

VAUIANTES : 
DEGETER. Assis, de Jérus, p. 135 
Dkc.ettek. Vig. de Charles VU, t. I, p. 36. 
DÉ.IECTEH. Nicot, Oud. Cotgr. et R. Est. Dlct. 
Engeter. Rritt. Loix d'Aiigl. fol. 102, R». 
Engettre. Id. Ibid. foi. 96, V". 

Degibier. [Intercalez Degibier, se distraire 
avec agitalion, au reg. JJ. 154, p. 106, an. 1399: 
' Comineà un certain jour ledit Alain feust venu es- 
« b,\[yeel(legihieren la villedeTherouenne.»] (n. e] 

Degié. [Intercalez Degié, pour deugié, du latin 
deliealus : 

Mande abeesses et prieuses. 

Mande povres, mande defjiés. (Roi Guillaume, p. 10. j 

Voyez aussi la Chronique des ducs de Normandie, 
V. 20971 et 2 i083.1 (n. e.) 

Dogingaiideaient, s. m. Défaut d'union. Ce 
mol esi employé en ce sens dans les Mémoires du 
cardinal de lielz, mais comme n'étant pas d'usage 
ordinaire. « .le suis convaincu que vu l'humeur de 
« Monsieur incorrigible de tout point, la division 
« du parti irrémédiable par une inlinité decircons- 
<■ lances, el le degiinjaiidcincnl [l], si l'on peut se ser- 
« vir de ce moi, i)as.se, présent et avenir de tous 
<■ ces partis, l'on n'eut pu soutenir ce que l'on eut 
« entrepris, et que pour cette raison, toutes les 
« autres même à part, il n'y eut point eu à conseil- 
« 1er à Monsieur d'entreprendre. » (Mém. du card. 
de Hetz. p. 257.) 

Déglacer, v. Dégeler, échauffer. (Cotgr. el Oud.) 

Pour déglacer la tlere cruauté. (Loys le Car. p. 31.J 

Deglageiz, s. m. Massacre à coup de glaive. 

Payenz trouvèrent touz gisanz, 
Touz desarmez et touz dormanz, 
Dont veissiez granz tueiz, 
Et nierveillous iktjiuijeiz 



Ventres percliior, pis effrondcr. 

Testes et piez et poins voler. (R. de Brut, p. 65.) 

Degloirer, v. Oler la gloire. On a dit, en par- 
lant des Poésies amoureuses de Pasquier : 

Pour deijloirer l'Italien qu'il doute. (Carun, p. 67,) 

Degloser, v. Dégoiser, parler. 

Ne dnjlusc: rien aultrenient que ap|)oint. jFaîfeii, p. 9.) 

Degloiilir, v. Engloutir, avaler. (Cotgrave et 
Oudiu.) » Lhig morcel de pain ou une tasse de vin 
" vous le povez degloulir sans danger. « (Ilisl. de 
la Tois. d'or, vol. 11, fol. l'<l, V°.) 

VARIANTES : 
DEGLOUTIR. Hist. de la Tois. d'or, vol. H, fol. 141. V. 
Desgloutir. Dict. d'Oudin. 

Deglueinant, s. m. L'aclion de dégiuer. (Dict. 
de Monet.) 

Degognades, s. /'. p. Ce mot semble signifier 
les sauts qui ca,aclérisoient les danses des bohé- 
miennes. " C'est ici o'à les Bohémiennes poussent 
« leurs agrémens; elles fout des degognades (2), où 
« les curez trouvent à redire. » (Lettres lie M"" de 
Sevigné, t. 111, p. 29(5.) 

Degoillé, adj. Egorgé. Du latin gula. «.... Pié- 
« tons l'rançois et allemands se mirent à la chasse 
« par les montaignes en divers lieux après lesGen- 
« nevois, dont les Allemands en encloussirent près 
» du sommet de la dicte monlaigne bien deux cents, 
" lesquels furent tous dégoillex- ei despouillez en 
« l'heure. » (J. dAuthon, Ann. de Louis XIl, p. 152.) 
« Sur eux fut faict tel chaplis, que plus de trois 
« cent d'iceulx furent dc's^oi//(;x. » (Ibid. p. 61.) 

Dégois, s. m. Ftamage, chant (Cotgrave, Monet 
et Nicot.) « Entra incontinent en un profond somme 
" qui luy eust plus longuement duré sans le dégoi- 
« sèment (3)desoysillons qui avisans l'aube du jour 
« se prindrent si hautement à chanter h lenlourdes 
« bayes et buyssons de l'hermitage. » (D. Florès de 
Grèce, fol. 115, V°.) 

VARIANTES : 
DÉGOIS. Froiss. Poës. MSS. p. 76, col. 1 (4). 
Déguisement D. Florès de Gr. fol 115, V°. 
Desgûysement. Tri. de Pétrarq. Trad. d'Oppede, fol. 48. 

Degoiser, v. Chanter *. Babiller, jaser *. 
S'ébattre "=. 

* Voyez sur ce mol Nicot et Monet. 11 se disoil 

ordinairement en parlant du chant des oiseaux (5): 

Les rossignols y dégoisent leurs chants. (Jamin, p. 293.) 

° Par allusion à la volubilité du ramage des 



(H L'édition Feillet et Gourdault (t. IV, p. 413) donne deskingandemenl , qu'on peut rapprocher de Rabelais (d'après 
DochPz) ; « Crnciilez, bouillez, escarbouillez, escartelez, dehingandez ces meschants. » Oudin donne desgingander. (N. E.) 

(•i) Un peu plus loin, elle dit que dans la bourrée, à Vichy, « il y a beaucoup de mouvement et l'on se degoyne 
extrèinemi'nt. » Fléchier, dans ses Grands Jours d'Auvergne, la nomme goiijnude et la décrit ainsi (an. 1665 , p. 257) : 
« La gnirjnatie sur le fond de la gaieté de la bourrée ajoute une broderie d'impudence, et l'on peut dire que c'est la danse 
du monde la plus dissolue ; elle se soutient par des pas qui paraissent fort déréglés, et qui ne laissent pas d'être mesurés 
el justes, el par des figures qui sont très-hardies et qui font une agitation universelle de tout le corps ; vous voyez partir 
la (Jame et le cavalier avec un mouvement de tête qui accompagne celui des pieds, et qui est suivi de celui des épaules et 
de toutes les autres parties du corps qui se démontent d'une manière très-indécente ; ils tournent sur un pied, sur les 
genoux, fort agilement ; ils s'approchent, se rencontrent, se joignent l'un l'autre si immodestement, que je ne doute point 
que ce ne soit une imitation des bacchantes dont on parle tant dans les livres anciens. » (N. E.) 

(3) Le langage naturel des enfants, leurs interjections, se nommait aussi degoisement. (Gerson, d'après Dochez.) (N. E.) 

(4) Dans Froissart, il a le sens de vie joyeuse et facile (XV, 264) : « Si tonoient les crestiens leur siège devant Nicolpoly 
tout à (legoia, car il avoient vivres à foison et à bon marchié. » (N. E.) 

(5) On lit dans Jean de Meung, d'après Dochez : « Lors sesverlue et se dc.syoise Le papegau et la calandre. » n. e.) 



Dïi 



- 32 



DE 



oiseniix, on disoil ih'ijnisrr pour <■ hnliiller, ja^er, » 
et nous rem|)loyons ipielciiiefois encore en ce sens. 
"^ Enfin se dégoiser s'est dit pour « s'eb;ittro. se 
réjouir. » 

Maint poissonnet, mainto vanrloise 

\'y là nager, qui se clikjoise 

En l'eaue clere, nette et fine. (Al. Chartier, p. 506. J 

Dcflonder, v. Faire sortir hors des gonds *. 
Déboiter °. 

* I.e premier sons est le sens propre. « An lien 
» d"un panier il porte son escarcelle , ou esLoient 
<■ ses tenailles et crochets, avec lesquels il ouvi'oii 
« les serrures, ou dcgondoit les huys. » (Merlin 
« Cocaye, t. 1, p. 203.) 

^ De là on a dit, au figuré, des(jonder pour 
« dcboiler. » » Descroulloil les omoplates, spaceloit 
« les grèves, desiinndoit les ischies, debecilloil les 
« faucilles. ■• (Ra'b. t. I, p. \m.) 

Deflonsir, v. Dégorger. On a dil en parlant des 
pleurs : 

.... Par les yeux les dégim^ssetit. (G. de la Bigne, p. il .} 

Degonté, adj. Déboité, dérangé. « Comme les 
« mouvemens d"un horloge dégonte'x, se font viste- 
>■ ment. » (Contes d'Eulrapel, p. 141.) 

Découler, v. Dégueuler. (Cotgrave.) 

Degoult, s., m. Egout, découlemcnt, écoule- 
ment. lOudin et Colgr.) (1) « Aucuns usages sont es 
>' bones viles de mai.sonner et de pluriex autres 
« choses qui sont pares viles champeslres, car es 
« viles champestres nus ne puet maisonner si près 
« de moy que li degoust de ma meson ne me 
» demeurt tout frans, et si je fais cheaoir mon 
« degoult en le terre mon voisin je dois eslre con- 
« trains do oslei' loi; mes es bones viles, queuit 
« autres usages de maisonner. « Beaumanoir , 
p. ItiT.) « Source et dégoût d'eau. « (Rabelais, t. III, 
p. 31.) Charron (S igesse, p 100) appelle l'esprit 
humain « un (/c'^ohs^ de l'immortelle substance ». De 
là on a dit dégoût pour le jus que rendent les 
viandes. « Chappons roustis avecquesleurrfe'^OHL » 

Degourt, adj. Dégourdi, léger, joyeux. « Je suis 
« moiennant ung peu de pantagruelisme (vous 
« entendez que c'est certaine gayeté d'esperit con- 
« Ocle en mespris des choses fortuites) sain et 
« degourt. » (Rabelais, t. IV, p. XXi.\.) 

Degousté, adj. Dégoûtant. « Il n'est rien si 
" empeschant si rf^,70!<s/(3 que l'abondance. « (Sag. 
de Charron, p. 197.) 

Dégouster, v. Prendre en dégoût. « Degousler 
« quelqu'un, » cesser de le goûler, de le trouver 
agréable, le prendre en dégoût, en haine. « I.e roy 
« commencoit des lors à le dégouster. » (Brant. 
Cap. Fr. t. 111, p. 3%.) 

(1) On lit dans Benoît de S' More : « Là fors, là ù chet li ilegnz, Girrai, là ert mis monumens. » De même au Gloss. latin 
768i: « Fratellum, i. stilliciilium stercoris, vel sterquilinii, rf^^jo»? de chambres privées. » Dans l'Hist. de Nîmes, t. II, 
preuves, p. 197, an. 13j7, dcgot signifie gouttière. En Normandie, degnltur signifie encore couler goutte à goutte. (N. E.) 

t2) « Les enseignes à or halues S'en issent des cors deguicmtcs, Descolorees et sanglantes. » (.Benoît de S' More, Chron., 
II, Oôl? ) On trouve aussi dcgale. (La Charrette, lli7.) (N. E.) 

(3i Le sens est plus pr-^cis et |)lu3 gras (Fabliau.^, Il, p. 120) : « Quand il n'a sa famé trovée Guide qu'elle soit relevée 
Pissi^r et Unrp ses degras. » Dans Renard, il signifie satisfaire son appétit : « Avoi, sire Tybert li chaz , Por ce s'ore avez 
vos degrciz Et se vostre pance est or plaine, n (Vers '2051)8.) (n. ic.) 



Degotisllere, s. f. Egoût, gouttière. En mai- 
sons ou autres amasemens qui se font et édifient 
« de pan les unes contre tes autres et entre parties, 
« l'on doit laisser pour degoustiére en couverture 
•' d'estrain deux pieds et demi, et en couverture de 
•< lliuile pied et demy. » (Coût, de Hesdin, au N. 
Coût. Cén. t. I, p. SVi.) 
Dégoûtai, s. »?. I/égout. (Pli. Mouskes, p, 393.) 
Degoiiter, v. Dégoult>,'r* Défiler^. 

* Dans le premier sens, qui est le sens propre, ce 
m(.t subsiste avec une légère différence dans l or- 
thographe ('2). 

^ Au HiJîuré, on disoit en parlant d'une armée qui 
défile : 

Tout leur harnois file et dégoûte.. (Guiart, p. 37i.J 

Degoutoir, s. m Cannelle. Tuyau qu'on meta 
un tonneau. « Quand il vitqu'il falloit boire ailleurs: 
« il ordonna par son testament qu'il fust enterré 
« enunec vesous un tonneau de vin, et qu'on luy 
« mist la teste sous le degoutoir afin que le vin lui 
« tombast dedans la bouche pour le désaltérer. » 
(Contes de Desperriers, t. II, p. 98.) 

Degoiitteiix, adj. Mouillé, qui dégoutte. 

Tout dégoiiltenx, et encore essayant (Du Bellay. p. 366.J 

Degou7,ilIer,ii. Avaler. « k\iir\[ degouzillé une 
« grande tasse de vin. » (Rabelais, t. IV, p. 05.) 
Degracié, adj. Disgracié. (Cotgrave.) 
Degradenient, s. m. Déffradation, destitution 

d'une dignité, d'un deg é d'honneur. (Cotgrave.) 
« Le déf/r/uleinrnt de Louis le Débonnaire. » (Fauch. 
Urig. des Dignités de Fr. liv. 11, p. -'iS.) 

Dégrader. [Intercalez Dégrader: 1° Dépouiller 
d'une dignité : 

S'evesque u prestre est esliz e alevez 

U diachnes par prince, que il seit dégradez. 

Th. de Cinlorbéry, <27. 

2° Perdre de réputation: « Quant ce vaillant 
« homme fut ainsi démené et vitupereusement 
•> der/radé d'honneur et de chevance. » (Froissart, 
XV, 73.)] (N. E.) 

Degras, s. m. p. Plaisirs, ébats 

Si aurai-ie de sa famé les degras (3). 

Poos. MSS. av. 1300, t. II, p. 651. 

On a dit. en parlant du mauvais usage que les 
bénéficiers font du revenu de l'église : 

Cil riclie clerc, cist hait chanoine, 
Granz degi-az, et grand godemines. 

Hist. de S" Léocade, MS. de S. G. fol. 30, R° col. 1. 

Degrater, v. Egraligner *. Etre à son aise^. 

* Un ancien poète a 'dit de Thisbé : « Trait ses 
« cheveux et se degrate. » (Pyrame et Thisbé, ms. 
de S. (i. fol. 100.) 



DE 



- 33 



DE 



° Se dcgrater, pris dans la sigiiificalion de gratter, 
et employé au figuré , s'est dit pour être à son aise. 

Sor lin cossin lot plain d'estrain 
Se dearatoit delez son feu (1). 

Fabl. MSS. du R. n' 7615, t. II, fui. m, V col, i. 

Degraver, v. Décharger. (Cotgr. et Oudin.) 
Defji'epie. [Intercalez Dcgrepie , veuve, aux 
preuves de IHist de Bretagne, t. I, col. I'i87, an. 
4319 : " Item, sur les tenemens ans Rignes, audit 
« gentillionime et b la degrepie Heiicon, ires perrées 
« de seillede rente à la mesuredeLamballe. »](n.e.) 

Degresseur, s. m. Désraisseur. « Degresseur 
« de bonnets. » (Rab. t. Y, p. 13 ) 

Degrevance, s. /". Dommage, préjudice. (Dict. 
de Borel.) 

Degrez, s. m. p. Escalier *. Avantages °. 

* Au sens propre, on disoit : » Si voyent que on 
« avoit dressé ungs degrez à la fuellye. Car ses 
« douze niepces monlèrent lantost amont et puis 
« s assirentautour de 1 liermile, et lors furentappa- 
« reliiez quatre serviteurs (|ui les degrez emporte- 
« rentjusques à la lente de leurs frères. » (IVrcef. 
vol. I, fol. 13!.) On voit, au folio 13-2, que c'étoit une 
sorte d'échelle. On di.soil en ce môme sens: la mai- 
son est à degrez, c'esl-à dire qu'il y a un escalier. 
(Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 239.) (2) 

^ Au figuré, degrez signifioit avantages, comme 
on le lit en maige du passage que nous allons ciler: 
« Qu'il vous souvienne des grands degrez et préé- 
« mincncesqueDieu vous a donné sur les hommes, 
« par lesquels vous l'egnez etseigneuriez sur eux. » 
(Math, de Coucy, Hisl. de Charles VU, p. 7l(j.) 
L'éditeur de Ger. de .Nev. 2' p;irtie, p. 99, rexpli(iue 
par « rang » (3). 

Expressions remarquables : 

1° » Au degré, " au point, à l'instant, au moment. 

.... Li mors est au degré 
Qui me desfie. 

Poès. MSS. du Val. n- USO, fol. 92, V. 

2» <. De degré, » à son choix, l\ son gré : « Le dit 
« aisné doit du reste faire les lots et le plus jeune 
« doit choisir f/e degré. » (Coût, de Mirebalais, au 
N. Coût. Gén. l. IV, p. 59G.) 

3° « Tout degré. ■> i"'açon de parler qui paroît 
signilier tout exprès. « La monta le roy des cent 
« chevaliers pour veoir l'ost du roy Aithus : et par 
« son estimation luy fut advis qu'il y en avoit plus 
-< deseplmille.il retourne à Gallehault et luy dist : 
« Siie. j'ay estimé leurs gens et ne sont pas plusde 
« dix mille, tout degré dit-il plus : car il n'en vou- 



« loit mye estre blasmé des gens de Callehanlf. » 
(Lanc. du Lac, t. 1, fol 5'!.) 

Degriffer, v. Ecorcher, déchirer. « Hz furent 
« moult dpgrijfez des épines en plusieurs lieux. » 
(Perccf. vol. I, fol. 3G.) 

Degii, s. m. Personne. Dans le patois de Cahors 
on dit deyu. (Borel, au mot Glouper.) 

VARIANTES : 
DEGU. Borel, au mot Gloup^v. 
Denouius. Du Gange, Gloss. lat. au mot Derjas. 

Degueir [Intercalez Degueir, retrancher (JJ. 
50, p. 475, an. 13IG): « Avons vendu bien et 
« loiaumenl... fous nos ferrages et dismages sans 
" riens degueir ne retenir par devers nous. »] (rs. e.) 

Deguerpie. [Intercalez Deguerpie, veuve, au 
reg. J,l. 1(»9, p. 112, an. I37G: « Ja piei;a à un 
« certain .lour, Robin le Vasseur voult osier un 
» baston ii la deguerpie de feu Robin Cornart: les 
" deux enfants d'icelle deguerpie se priurt-nt au 
« dit HobiLi le Vasseur. »] (n. e.) 

Déguerpir, v. Laisser, délaisser. Ce mol, dans 
S. Bcrnai'd, répond au latin abrennnciarc, déferre, 
dcrelinijuereGl reHnquere[\). « Sedilprincipalement 
" d'une leirei|u'on laisse pour n'en pouvoir payerla 
« rente 15). » ^Borel x\\\\ moi?, Déguerpir aiCite'rpir.) 

On disoit « ueguerpir le mal ■■ pour se débarras- 
ser du mal. (l<'abl. mss. du R. n" 7218, fol. 114.) « Je 
» vous déguerpis aux tous, i> pour je vous aban- 
donne aux loups. (Ibid. col. 2.) 

Deguerpisseinent , s. m. Abandonnement. 

(Du Cange, (il. lat. à Cuerpillum.) 

Deguerpisseiir, s. m. Qui fait abandon. (Du 
Cange, Gl. ial. à Digurpilor.) 

Deguiement, Degiiier. [Intercalez Deguie- 
ment, bornes, Deguier, borner, au reg JJ. 79, 
p. 59, an. 13i3: « Par dehors lesquelz murs, à 
« l'enviion bonnes seront mises joignanz esdiz 
« murs, qui deguieront et confineront ladite jus- 
« lice,... seront lesdilz bois par maintenant deguiez 
» es despens communs de nous parties dessus 
« dites, à fin de perpétuel confinement eldeguie- 
« meut. " On lit encore aux Preuves de 1 Histoire 
de Bourgogne (111, 109, an. 1387): « Nous avons 
« tout droit de y saisir, brandonner, sceller, 
« penonceller, bonner et degiiier fonds d'beri- 
<> taige. »] IN. E.) 

Déguisé, rtf//. Extraordinaire, étrange. « La peut 
« on veoir grand noblesse de bien servir de grand 
" planté de melz et d'enlremetz si estranges et si 



(1) « nibaux nus, qui là se degraleut. De toutes pars les feus embattent. » (G. Giiiart, v. 13093.) (N. E.) 

(2) Ce sens est dans S' Alexis ; « Suz tun derjrel me fais un grabatum «, et dans Roland (str. 97) : « Par les degrez au 
palais monte sus. » (N. E.) 

Ci) C'est le sens dans Froissart : « Pour ce que ceste histoire est toute rempli» de fais d'armes , je al un petit tenu le 
degré de proece, à la lin que tous bacelers qui aiment les armes s'i puissent exeraplior. » (II, 14.) (N. E.) 

(4) On lit dans l'éd. Leroux de Lincy (p. 521) : « Il par nule raison ne vu'dlent decnerpir ceu où li primier puyent mettre 
lor mains. » (n. e.) 

(5i On lit d.ms Loysel (522) : o Le preneur ou son héritier qui déguerpit, doit payer les arrérages passés , l'année courante 
et un terme de plus. » Déguerpir signifie se décharger d'une rente foncier* : celle ci rei.r^ 'sentait pour le bailleur le fonds 
de terre et constituait pour le vendeur un droit de propriété ; 1 immeuble Ptaii d me à r'iidre, non à pay r, puisque le 
capital représenl.-itil ne pouvait èlro évalué. On ne raclietail donc pas la rente foncière ; o.i s'en déguerpissait. (N. E.) 



DE 



— 34 — 



DE 



" déguisez (I) qu'on ne les poiuroit deviser. » 
(Froiss. liv. 1, p. l'i.) 

Deyuizure, s. f. Déguisement. (Glossaire des 
Arrêts d'Amour.) 

Car il avoir sous fine (Ictjnizure 

Couvert son poil et changé sa vesture. (Baïf, p. iAS.J 

VAniANTES : 
DKCUIZURE. Bnir. p. 14«. R». 

Dksguiseiiiie. Ilist. (le Fr. à la suite du l\. de Fauv. f» 81. 
DEiiciUVSURË. Al. Chart. lEspcr. p. 313. 

Dcfjuii, pron. Quelqu'un, dans le patois de 
Galiors. (Picl de Borel et Cotgr.) 

Doçiutté, part. Parsemé de gouttes. Marbodus, 
art. 58, cdl. 1G76, parlant de la pierre appelée 
Dionise, dit : 

Dionises sunt n<'ires tûtes 
E iteijullées de neires gules. 

Dell, interjec. (Voyez Ane. Poës. mss. du Vatic. 
n- r.i)0, folio 19.) 

Dehaché, adj. Découpé. << I.e quatrième estoit 
» couvert d'un diMp d'or (/c/(ac/ie à faconde bro- 
« dure, ù lettres d'or par dessus , ou tenoyent 
« campanes d'argent. » (Méni. d'Ol. de la Marcbe, 
p. 5(J(J.) ■ fJadifer n'avoitpar to'it son corps ne sur ses 
« nuMiibi'cs pièce et]liere, mais estoit tout son corps 
« desliachétVespées, en soi le (|ue la plus grant pièce 
« ne moiiloit la paidme. » (Percef. vol. V, loi. V2.) 

Dehacher, v. Mettre en pièces* (2). Déchi- 
rer^ (;i). (M,ot, Monet, Cotgr. et Oudin.) 

* Ce mol signilioit proprement mettre en pièces 
à coups de hache. 

Et comme un nouveau Mars dehachanl et taillant. 

Œuv. de Des Portes, p. 445. 

° On a aussi employé ce mot pour « déchirer. » 
«... Son cheval cheit ou milieu du \}on[,dehachié 
a fut des espérons, et battu de basions, ne lever ne 
« se peut. '■ (Chron. S. Denis, t. I, f° il.) 

Deliaictei* , v. Etre malade* (4). Affliger^. 
Dégoûter '^. 

* Dans le premier sens on a dit : ;■ Ce par aucune 
« fois.... ton faucon estoit deliaicté d'aulcune amer- 
« tu me (jiie luy eusses donnée, si luy moylle sa 
« chaire en eaue sucrée, si garira. » (Modus et 
Racio, Impr. fol. 6ô.) » Il ne pooit aler parce qu'il 
« estoit déliai tié. » (Martène, Coût, de G. de Tyr, 
t. V, col. 583.) 

°Dansunsensplusgénéral, f/e/(ai/^rs'estemployé 
pour afiliger. 



Et de leur meschief se Jehaiteiit. 

G. Guiart, p. 221, v. 13037. 

•^ Deshaiter s'est dit aussi pour « dégoûter » : 

Et del mal le confoite et del bien le tle.ikaite (5). 
Vies des SS. MS. de Surb. chif. xxvil. 

VARIA.NTRS : 
DEHAICTER. Modus et Racio, MS. fol. 65, V». 
Dkhaitteb Fouill. Fnuconn. fol. 35. V». 
Dh.HAiTlEH G Gui.nrt, MS. fol. 221, R°. 
IlEHEriER. Li. Moricp, HIsl. de Hrpt. col 907. 
DE.'.iiAiTEn. IVibl i\ISS du R. n»7218, fol. i89. 
De.siieteh. Ibid. fol. 2G0, V» col. 2. 

Déliait, s. m. Mal, malheur, peine, chagrin (6). 
On disoit <> avoir mal déliait, » pour essuyer un 
accident fâcheux, par foi'me d'imprécation. 

Parmi le col ait mal déliait 

Li maclieliers qui le dut prendre. 

Fabl. MSS. du H. n' 7218, fol. HT, V col. i. 

De ]h dehait s'employoit dans les imprécations, 
comme nous employons " malheur. » Un ancien 
poêle dit, en ce sens, en parlant des femmes gour- 
mandes : 

Deha'U qui tels dames honeure. 

Ibid. fol, 131, R- col. 2. 

Cette expression se rencoiUre souvent dans ces 
Fabliaux, On trouve dans d'autres : - Mal dehait 
« ail (|ui jamais vous prisera (7). » (Fabl. mss. du R. 
Il" 7989, fol. 75.) On se servoil aussi dans le même 
sens du mol » délias. » 

Deltas qui gré vous en sora. 

Fabl. MSS. du K. n- 7015, t. II, fol. 170, V col. 2. 

Déliai oit. se trouve quehinefois pour deliasait. 
(Ibid. t. 1, fol. 114, V°col. lI.)Uuel(|uefoison écrivoit 
« dehes ou dehez. » (Voyez les lieux indiqués sur 
ces orthographes.) 

VARIANTES {^) : 
DEHAIT. Fabl. MSS. du H. n» 7980, fol. 78. 
Dehas. Ibid. n° 7615, t. II, fol. 129, col. 1. 
Dehaz. Ibid. n' 7615, t. I, fol. 114, V» col. 2. 
riEUES. Ibid. n» 7218, fol. 200, V" col. 2. 
Dehez. Ibid. n" 7218, fol. 11, R» col, 2. 
Desiiait. Ibid. fol. 118, V col. 1. 

Dehalé, part. Barrasse *. Maigri °. 

* « Les soldats dehallez, par le travail. » (Mém. 
de Du Dellay, fol. 333, V°.) » Espérant que les 
<• ennemis estant travaillez du long chemin qu'ils 
« avoyenl faict, et leurs chevaux dehullez, les 
<• trouvanten cest estai, leur pourroit faire recevoir 
» une honte. » (ibid. fol. 307, V".) 

^ Pour « maigri, défait de maigreur » : 

Vos membres descharnez, dehallez (9), et noircis. 
Poes. de Rem. Belleau, t II, fol. 13, V. 



(1) Il signifie contraire à l'ancienne mode aux Ord., II, p. 372, an. 1350: « Et qui voudra avoir robbes déguisées , autres 
(JUS la conmiune et ancienne guise. » On lit déjà au xii= siècle (Rois, U9) : « El li reis se desguisad, e od dous cumpaignuns 
i alad. » (n. e.) 

(2) « Le suppliant... d'un coustel... dont il dehachoit un un petit baston , feri ledit Charlet. » (JJ. 173, p. 746, 
an. 1427.) (N, e ) 

(3) « Icelles Itttres et escriz furent dépeciez et dehachiet par petites pièces, telles que nulz ne les sauroit , ne pourroit 
assembler. » (.1.1. 90, p. 151, an. 1390.) (N. E.) 

(4) « Mais il nous pria que nous vosisions faire son message, et se monstroit à estre de.heliés. » (Froissart, II, 161.) Déjà 
iJans Villebardouin. § 35, on lit : « JolTrois li mareschaus.., trova son seignor le conte Tibaut malade et deshailié. » (N. E.) 

(5) « Que monte cis diols [deuil] et cesle ire Qui nos deshaite et vos empire. » (Partonopex, v. 4!r>3 ) (N. E ) 

(6) Il signifie encore maladie (Assises de Jérusalem, d'après la Thaumassiere, ch. CC.KV) : « Se le fesicien ou le serorgien 
ne connoisl eu lui aucune chose ou aucun dehcl pourquoi il doit demeurer dater à sa court, » (N. E,) 

(7) Dp même dans .loiuville et dans Froissart I.V1II, 376) : « Mai dehait ait, qui jà ira avant ! » (N, E.) 

(8) Ou Ut dans Rnland (v, 1047) : « Dehct ait ki s'en fuit ! » (N. E.) 

(9) « Descharné, deshallé, sans puissance ni force. » (Ronsard, 691.) (N. E.) 



DE 



— 35 — 



DE 



Dehée, part, au fém. Nous ne trouvons ce mol 
que dans le passage suivant, qui n'indique passa 
signification assez positivement pour la déter- 
miner : 

Et sachiez bien que li Juis 
Apelo-enl Jhesu par y 
La lettre et déliée et fix 
Et maintes gens l'apelent fix. 

Fabl. MSS. du R. n- --218. fol. 127, V' col. 2. 

Deheir. Paroil êlre une faute pour « décem- 
bre. ' (Ducliesne, Gén. de Chàlillon, p. 45 et 46, 
titre de l'i36.) On lit " décembre » à la page sui- 
vante, dans un titre confirmatif de même date. 

Dehocher, v. Ebranler, secouer. 

Ce est radoterie qui ainsi vous délioclie 
Et les jambes devant vous ploient comme croche. 
Fal)l. MSS du R. n" 7-21S, fol. '^42, V- col. 2 |.luWnal, 11, 21). 

Delionté, part. Qui a perdu toute honle, impu- 
dent, effronté (1). (Cotgr. Nicot, Oudin.) 

Finalement amour l'a tant dompté, 

Que de honteux le rendit rfc''iO»^é. (Clé»}. Marot,p. 501.1 

Deliontei", v. Déshonorer, dirt'amer. 

Comment dans un château où lantiquité brille, 
A'enir de guet à pend drhoiUer une fille. 

Thomas Corn. Le Baron d'AlDitrac, acte 4, scène 7. 

« Le tiers serement estoit qu'ilz fussent deshono- 
« rez et deshontez, comme le Sarrazin qui mengue 
« ia char de porc. » (.Joinville, p. 72.) » Sire, disl 
« Troylus vous n'y povez avoir honte ne hlasme : 
« car il advient souvent que ung chevalier de bas 
« estât, abat ung chevalier de haulle entreprinse. 
« Par ma loy, sire, dist Lyonnel, je ne me liens pas 
« pour dcsJi'onté mais bien heureux quant ùsi pou 
» eschappay. « (Percef. vol. II, fol. 11 i, V° col. 2.) 

De là on disoit s'eslionter pour signifier perdre 
toute honte, devenir impudent, effronté. 

Dehonteusement, adverbe. Honteusement. 
(Joinville, p. 100.) 

Dehors, fli/t). « /)^/(ors semble fait de « deforis. » 
(Robert Eslienne, Grammaire françoise, p. 90.) On 
trouve r/p/'o/Y/s pour dehors, dans le Glossaire latin 
de Du Gange. Ge mol subsiste. Nous marquerons 
seulement diverses façonsauciennes de l'employer : 

i° >• Dehors de, » pour hors de : « Ordennons 
« que toutes tnonnoies blanches et noires dehors de 
« noftre royaume, des ore en avant chiessenldu 
« tout, et n'aient nul cours en nostre royaume pour 
« quelque pris que ce soit, fors au iharcq pour 
« billon. >- (Ord. des H. de Fr. t. I, p. 519.) 

2° « Ailleurs dehors « pour ailleurs. Dans un 
autre endroit, au dehors : « Pour ce que les diz 
» drappiers baillent communément leur laine pour 
» filer , tant eslains comme traimes , à toutes 
« manières de geiiz, soient de la dite ville de 
" Troyes ou de ailleurs dehors, etc. » (Ord. des R. 
deFr.'t. 111, p. 518.) 



3° « Dehors, » pour ailleurs, autre part : « Et 
« sera donnée et adjoutée foy au vidimus et extrait 
« qui se feront des articles d'iceluy sous scel aulen- 
» tique, comme à l'original pour tous ceux (juis'en 
» voiidrovenl ayder en jugement dehors. » (Godefr. 
Observ. siir Gharles VIII, p. G50.) 

De là on a dit « dehors venir ", pour venir de 
dehors. •> La lumière sembloit dedans naistre, non 
« dehors venir. » (Rab t. V, p. 206.) 

4° « Dedans et dehors. ■■ Termes usités dans les 
récits des tournois pour exprimer les assaillans et 
les tenans. (Voy. Lanc. du Lac, t. 111, fol. 16.) 

Dehouseniant, s. m. L'action d'ôler les bottes. 
(Moiiet.) 

Dehouser, i». Déboîter. (Nicot, Monet, Oudin et 
Gotgrave.) 

Prist par la main les lui assist, 
Deshuser et servir le fist. 

Fabl. MSS de s. G. fol. 44, V" col. 2 

Delioussemant, s. m. L'action d'ôter la housse 
d'un cheval. (Monet.) 

Dehousser, v. Oter la housse d'un cheval. 
(Gotgr. Nicot, Oudin et Monet.) 

Deliiie. [Intercalez Dehue , dans un acte de 
Commercy, an. -1497 (Du Gange, V, 212. col. 3): 
<i Quatorze jours de terre, les parrieres d'une part 
« et le ruz venant de la deJiue d'autre part. »] (n. e.) 

Dehurter, v. Heurter, froisser (21. On a dit en 
parlant de Henri, qui fut renversé dans une bataille, 
qu'il donna pour Guillaume-le-Bàtard contre les 
Normands révoltés : 

Entre ses hommes fu chaiz : 

Ne fu dehwlez ne detraiz 

Légèrement releva sus. (Rom. de Bou, p. 2'rl.) 

Deicier, s. m. Faiseur de dés. i>n nommoil 
ainsi les faiseurs de dés à jouer ou à coudre. (Voy. 
la Table des métiers de Paris, ms. de Meinière, 
page 25.) (3) 

Deifiqwe, udj. Divin. (Gloss. de Marol.) 

Portant dessus son chef un laurier déifique. 

Gouj. BiW. fr. t. XllI, pap;e433. 

Deilenz. Peut-être une faute pour deidenz-, 
dedans, ou peut-être dejns, d'enbas, de la profon- 
deur, de l'abime. On lit dans S. Bernard, Serm. fr. 
MSS. p. L'i5 : « sipience ke de deilenz est tiaite. » 
Et dans le latin : sapientia quœde occultis trahe- 
ris. (Voy. Dejus.) 

Deinciez, s. p. Dentier. Un rang de dents. 

Beax est de cors de si qu'aux piez. 
Plus qu'aulres hom a de deinciez (i): 
De ses tesches [qualités] me poez croire, 
Que go sai totes sanz au voirre. 

l'arion. de El. MS. de S. G. fol. Ifiû, V- col. 3. 

Déiste, S. m. Ge mol est employé comme nou- 
veau cl dans la signification d'athée, dans l'Apol. 



(1) Il signifie confus, pris en flagrant délit : « Le suppliant... dehonlj et maladvisié mussa icelle tasse en un monoel de 
boe. » (,]J" 167, p. 71, an. 1412.) (N. E.) 
(•2) On lit aussi aux Fabli^uix (I 93) : « Lor sui batus et ledengiez, Et dchm-tez et descachiez. » (N. E.) 

(3) « Quiconques veult estre deicier à Paris, c'est assavoir faiseur de dez à table et à esches d'or et d'ivoire , de cor et 
de toute manière d'estofî'e et de mestail, estre le puet. n (N. E.) 

(4) Lisez deintiez ou dainliez, grâces. (Voyez plus haut.) (N. E.) 



DE 



3G - 



DE 



pour Hérodote, p. 118. < Allieisles qui s";ippellenl 
• .'iiijduririmy déistes. » 
De-ja, adv. Dejù, dès à présent. 

I'e-j(i, de-ja te redonne. (Joach. du Bell. InO.J (1) 
DejîHinip, v. Oler lej;nine. 

Pour (//'/(iKiiiimn langueur irnprospere. [L. le Car. p 1 l.j 

Deject, adj. Dejelé, renversé, abattu. (Cotorave.) 
« Selon vraye discipline militaire, jamais ne l'anil 
« metlie son enncniy en lieii de désespoir; paire 
« que lelle nécessité luy multiplie sa force et 
« acLTdist le coui^ai^e , (jui jà esloil deject et 
« fai!lv. » (Rab. t. 1, p. -ITl.) 

Dejecter (se), v. Se déjeler. Ce mol , dans 
S. ncrnurd, répond an latin projicere, et le parli- 
cipi^ (le!]illie:i au latin subldtus [voyez Degettur]. 

Déjection , s. f. Abjeclion. L'arsument du 
psaume .\xn, de la traduction de M irol, est ainsi 
énoncé : « Prophétie de Jésus Christ en laijuclle 
« David chante d'entrée, sa basse et honteuse dé- 
« Jeclion, puis Texaltation et l'eslendue de son 
" royaume jusi|ues aux lins de la terre et la perpe- 
« tuelle durée d'iceluy. » (Clém. Mar. p. 6i5.) 

Déjeuner, v. Repaître. Ce mot. qui subsiste 
pour exprimer le repas qui précède ledinpr, semble 
avoir antiefois signilié en général ■■ repailre ». 
De Ici, il est employé ptuir signilier le diner même. 
dans le passage suivant. On a dit du comte d'Erby 
qui fut pour enlever le roi Hiciiard d'Angleterre 
en 1398 : ■• Le conte d'Erby parla tout haut, sans 
« faii'e nul honneur ne révérence, et demanda au 
« Hoy : estes vous encore jeun'? le Hoy respondil: 
« nenny est encores hissez malin, pourquoy îediles- 
« vous? il seroit heure, dit le comte d'Erby, que vous 
« dejeunissiez. Car vous avez à faire un grand che- 

« min Adonc dit le roy : je le veux, faites cou- 

« vrir les tables. On se hasta de les couvrir. Le Roy 
« lava les mains : cl puis s'assit à table, et fut 
« servy; on demanda au comte s'il se vouloit 
« asseoir et manger; il respondit que nenny et 
« qu'il n'esloit pas jeun, cependant que le Roy 
« estoit à son disner{qm fut bien petit), car il avoit 
« le cueur si destrainl qu'il ne pouvoit manger, 
« etc. " (Froiss. liv. IV, p. 331.) 

On se servoi t aussi du mot déjeuner (2) dans le sens 
actuel, et alors on disoit quelquefois se (/eiCM/ter ou 
être déjeuné. <> En icelle place se desjeunerenl de 
« pain et de vin qu'ilz avoient aporté avec eulx. » 
(Hist. de B. du Guescliu, par Mén. p. 41G ) « Quand 
" madame fut bien desjeunée, » c'est-à-dire tiuand 
madame eut bien uéjeuné. De là on disoit « déjea- 
» ner les chiens » pour faire repaitre les chiens. 
(Chasse de Gast. Phéb. ms. p. 257.) 

Dejointure, s. f. Séparation. Division de ce 
qui est joint. (.Monet.) 



Dejoste, adv. Auprès. 

Si cou la lune dcjonln le soleil 
Taint et palist ne s'est pas sa pareil. 

l'oés. MSS. av. l;iOU. t. IV, p. 1435 

Dejonst, ]iréii. Sous, dessous. Mot languedo- 
cien. (Boi'el, au mot ItarijailJid.) Peut-être est-ce la 
même chose que desjoute, auprès, formé du mot 
latin ./;/,r/rt (Voy. le motJorsTn:.) 

Dejugier [Intercalez Krjî/f/if'r, juger, dans la 
préface à la Coutume de Normandie (II, 7.")8, col. i): 
" Pour ce que nostre entenliiin est à esclarier en 
« ceste ouevie, au miex que nous pourrons, les 
« droiz et eslablissemenz de .Normandie, par (|uoy 
« lescontens et les disseniioiis des querelles seront 
- par <l oit Huées et déjuyiées. "] (n. e.) 

Dejurei", v. Jurer Dieu. Ce mot se trouve dans 
le houi. de Brut, au lieu de Dieu jurer qu'on voit 
dans le passage suivant : 

Moult oïssiez Bretons crier 

Dieu araniir et Dieu jurer. (Rom. de Brut, p. SI.J 

Dejus, adv. En bas. 

Si ne suis mors ou priz on tournez an deius. 

Noiice du liera. d'Alex, fol. 22. 

Del. article. Du, de la, d'eux. (Borel.) » Nos de- 
« partirons del port de Venise. » (Villehard. p. 9.) 
On trouve de le \)ouv de la, dans Be;.umanoir, p. 1, 
et dr les pour d'eu.v, dans Gou tiers, Poës. mss. avant 
1300, t. m, p. ï-ldl. 

VARIANTES : 
DEL. Borel, Dict. 
De le. Bi^aum. p 1. 
Db les. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. I'291. 

Delà, adv. Au-delà. C'est un adverbe de lieu et 
de temps relatif à deçà. « Delà en dehors » (3;, dans la 
suite, depuis ce tems-là. (Voy Brant Cap. fr. t. III, 
page 9.) « Delà Gironde, " par delà la Gironde. (Le 
Jouv. MS. p. 639.) 

Delaclier, v. Détacher, lâcher*. Tirer une 
arme à feu °. Asséner un coup '^. 

* Au premier sens on lit : « Quant vit la bonté de 
» l'escuyer. il descendit de son cheval et delacha (4) 
» son heaulme, puis embrasse l'enfant et le baise. » 
(Percef. vol. I, fol. 62.) « Elles menoyent très grant 
« joye en deslachant les cheveulx. » (Ibid. vol. V, 
fol. 44.) 

De là, on disoit au figuré : 

Ta clarté veut, ton lustre me commande 
Que je sois serf de ta perfection 
Et ne me peut tristesse tant soit grande 
En delaclier. [Poës. de Loi/t- le Car. fol. iO.) 

^Pour >■ tirer une arme à feu. » A 'a bataille de 
Dreux, un page de M' de Guise tenoit un pistolet 
couclié sur le devant de la selle de son cheval. 
" M' de Nevei's luy dit: mon compagnon, tenez vos- 
« tre pistolet haut, car s'il delaclie, vous m'en 
« donnerez dans la cuisse ; il n eut pas plus tostdil 



(1) De même dans la Rose (v. 19419) : « Famé sui, si ne me taire, Ains voil des jà tout révéler ; Car famé ne puet riens 
celer. » (N E.) 

(2) « Li vallet foulon se doivent desjeuner en charnage chez leur mestre à l'eure de prime. » (Liv. des Métiers, 134.) Dans 
Rabelais : a Ils se desieunoyeiit de baisler. » (Pantagruel, V, 27.) (N. E.) 

<3) On lit dans Berte (XIII) : « Dont delà en avant m'en lai.'ssez convenir, » (N. E.) 

(4) Détacher est là pour délacer : « Son haumo ad or lui deslaçat du chef. » ^Roland, sir. 159.) (n. e.) 



DE 



— 37 — 



DE 



« ce mot que le pislolel se delache et luy ilonne le 
« coupqu"il ciaignoil. " (Brantôme, Cap. fr. t. 111, 
pase 256.) 
"= Pour « assener un coup. « 

Là veissiez col rfe5^'l;i(;/• „. ,. . . o,., i ■, 

Plus oiisaiit que feu ii'esl en cendre, i U. Uuiart, JlJ.j (,1) 

Delaiance, s /'. Délai, retard, ilisconllnualion. 
.. l'onr nun que vous laciez ne vous veullent livrer 
« bataille et nous melire en delaiance pour l'aire 
« consommer nos vivres. » \llisl. de Loys 111, d\ic 
de Boinbon, p. 300.) •■ Ouareiile deux jours lous 
.. eiisemlile, sans point ûtidi'hniaiur, soy escarmou- 
. clierenl. .. (llist. de Loys 111, duc de Bourbon, 
page '298.) 

VARIANTES : 
DEL.\I.\NCE. Fabl.MSS. du R n» 7218. fol. 3Ô2, V col. 2. 
Delay.\.\ce. Hisl. de Loys III. duc de Bourb p. 298. 
r)KL4iE. Poës. MSS. av. 1300, t. I, p. ô(«. 
DiLAGiON. Du Cange, Gloss. lat. au mol Dilatio. 
Dii.ATiON. Crétin, p. 131. 

Délaie, s. f. Délaissement, abandon, cession. 

(Gbiss. de THist. de Bret. au mol Dcleix.) Faire 

.. semblables (/(^to/s el reiioncialion d'iceux dioicts, 
.. colles el porlions d'icelles successions. » (Godefr. 
P.emarq. sur l'Hist. de Charles Vil, page Siî.l On lit 
deiaissenient à la marge. 

Ce me fist faire !a dela-e , „ . ,„ , , 

Dou virelay, que n'eu fis plus. [Poas. deFroiss.p. iJi.I 

DelaieineiU. Tlnlercalez Dclaicment, ajourne- 
ment (,'r->issart, U, 458, noie 8) : « Quanl le roy vil 
>. ces delaiemens, il s'aporceui bien de sa malice el 
« vil bien i.iil n'eu anroit autre chose. » On !ro"ve 
aussi dcLuijcmcnt ,Ord. V, 43's, ,:u. 1371).] (>'. e.; 

Delaier, v. DilTérer, retarder *. Préserver ^. 
Abandonner'^. 

*Sur le premier sens, voyez Borel, Rob. Est. et 
Coig-r. .. Je n'oserois le ddayer d'un seul jour. » 
(Ess, de Mont. t. 111, p. 357.1 

^Deslaieresl employé pour « préserver » dans 
une prière des flagellans à Dieu : « Des morls sou- 
.. daines nous deslaies. » (Chr. fr. ms. de Nangis, 
sous l'an 1349.1 ('2) 

■= Pour « abandonner. " 

Morz sui s'ele me délaie. (Ch. du C" Thib. 87. J 

De là, on disoilse délaier pour se désister (3). «Se 
« délaieront &\. partiront du loul des alliances qu'ils 
« ont laites. » (Chr. de S. Den. t. 11, loi. 205.) 

VARIANTES : 
DELAIER. Ord. des R. de Fr. t. III, p. 129. 
DELAYER. Palhelin, Test, p 136. 
Deleek. Assises de .léius. p. 42. 
Delhoieu. Ibid. p. 184. 
DellaYER. Dialogue de Tahureau, p. 102. 
Deloier. Flore et Blaachef. MS de S. b. fol. rJ^. 
Desléer, Dilaier. Cotgrave, Dicl. 
DiLAYER. Sagesse de Charron, p. 456. 



Delaieur, s. m. Qui use de délai, qui agit 
lentement. (Monet et Colgrave, au mot Delaiieiir.) 
« .... Il est timide et froid en loulc ctiose grand 
" dilaiieur, long d'espoir, imnecille el curieux du 
■■ futur. .. (J. Du Bellay, fol. 312.) 

Délaissée, s. f. Veuve. (Voyez La Roque, sur 
la noblesse, p. '246.) C'est proprement le participe 
passif du verbe délaisser pris dans le sens» d'aban- 
donner. » 

Délaissement. [Intercalez Délaissement , 
abandon, dans un acte de 1344 (Varin, Arch. de 
Reims, t. 11, '1' pari. p. 10!ô): - Et est fais cils 
.. delaissemens ou Iranspors. ••] (n. e.) 

Délaisser, i'. Cesser*. Abandonner^ (4). Par- 
donner '^. ... 

* Dans le premiei' sens, on disoit : « L en nous a 
« donné a eulendre que les diz marchands forains et 
.. voiluriers... délaissent à venir dans la dile ville 
., pour plusieurs griefs. » (Ordonn. dos R. de Fr. 
t. 111, p. 447.) 

^ Ce mol subsiste encore sous la première ortho- 
graphe, dans le sens •• d'abandonner. » On disoit 
aussi se délaisser dans le sens de se désister. « Qu il 
.. s'en délaisse et désiste (5;. -. ;Ord. 1. 111, p 9o\)Se 
delesser est pris au même sens dansl'Hist. de Bref 
parD. Morice, p 980, lit. der261. 

<= Délaisser, pour • pardonner, .■ est la traduction 
liUérale du lalin dimiltere. « Adonc dit Jésus : 
« Père espargne et leur rfe7a/ss(î: car ilzaesçavenl 
. qu'ilz font. " (Percef. vol. VI, fol. 123.) 

CONJCGAISON : 

Delairons, fut. Cesserons. ^Ord. t. III, p. '^53.) 
Drlaij, ind. prés. J'abandonne. (E. Desch. p. U.) 
Delaij, impér. Laisse, abandonne. (Ibid. p. 17'2.) 
Délasser [Intercalez se délasser, se désoler 
(JJ 1G2, p. 245, an. 1408) : .■ Ainsi que ledit Tarville 
« se deliissoit et menoit grant dueil pour la mort 
« de son maistre. »] (n. e.) 
Delatoii-e, adj. Dilatoire. 

Quant tuit serons venu à tel jour peremptoire 
Où n'i aura propose barre ne dilacloire etc. 

Fabl. MSS. du R. n- 7C15. l. U, fol. «2, R- col. 2. 

Dele, s. (. Tranche, morceau. Ce mol se dit en 
Normandie , et parliculièrement en parlant du 
poisson. (Borel, au mot Dale.) (0) 

Deîé (avecques). U faut peut-èUe lire auc- 
qiies delé pour un peu par de là, là auprès. 

Un jor estoit travers aie 
Au boschet avecqucs delé 

Por faire amener des garras. ^ ^ , , „ „. , „ 
l'abl. MSS. de S, G. fol. o2, V' col. 2. 

Delechei-, v. Lécher. « U veil son maistre qui 
<■ sejouoit aulyoncel qui en son giron gisoit les 



[l: ^'^S^^.^S^S^Î^^ti^en^cSu^S^i^-Uurent mies pour leur honneur délayer. » (Froiss., 
(6) On Ut au Ménagier (II, 5)? « Despeciez saumon frais par dates cuites en eaue. » (N. E.) 



DE 



- 38 — 



DE 



« jîimbes dessus, et liiy drlcchoit (1) les mains et le 
« mordoit p;ir fesle, ainsy que ung jeune chien. » 
(Percef. vol. 11, fol. r.'>.)(2) 

Delectableiucnt. [Intercalez Delectahlement, 
dans Oiesme, Ethique, 3-2 : « Ils font les œuvres 
(1 vertueuses delectahlement, et ne leur résiste pas 
» l'apetil sensilif. »] (.\. e.) 

Delectableté, s. f. Joie, plaisir. 

Le veoir fait la beauté 

Concevoir, tii^leclahlelù 

Fait l'oye ; et l'atouchement 

Les choses très jouefs comprant. (E. Desch. p. 5^4.) 

On disoit •■ à délilance •> comme nous disons « à 
" plaisir. » (Symons d Aulie, Poës. mss. avant 1300, 
t. m, p. 1230.) • 

VARIANTES : 
DELECTABLETÉ. E. Desch. Poës. MSS. p. 544. 
Delitabletk. BoreL Dict. 

Délit ANCE. Poës. MSS. avant 1300, t. IV, p. 1383. 
DÉLEITANCE. Rorel, Dict. 
DÉLITATION. Modiis et Racio, MS. foL 287, Vo (3). 

Delectuaire, adj. Electuaire. Il faut peut-être 
lire d' electuaire. 

Pour préparer drogue delectuaire. (Crétin, p. 35i.J 

Delée, adj. nélié. mince, menu. « Que chascun 
" ail cotte à armer cl ganbison, se veaut, et se il ne 
« veaul ganbison, il peil mettre devant son ventre 
« une contrecurce de tele ou de coton ou de 
« bourre delée tel [Du Cancre, II. 951, col. 2, lit de 
sec tèle] et si fort com il vodra (4). » (Assis, de 
Jérus. p. 8'i, ch. D.j.) 

Chavex blons longs et delgiés. 

Pois. MSS. av. 1300, t. Ill, p. ttOO (5). 
Ki biele fu gente et dclie. (Ph. Mouskes, p. 328. J 

Biirel, dans son Dict. explique ce mol par " ma- 
niable " et cite ces vers : 

Armes legieres et deuqies 
En Egypte furent forgies. 

VARIANTES : 
DÉLÉE. Assises de .Térns. p. 82. 
Dejé. Modus et Racio, fol. 34, R° (6). 
DELIEZ Labbe, Glosssaire. 

Delgié. Parton. de Blois, MS de S. G. fol. 142, R» col. 3. 
Délié FabI MSS. du R. n» 7218, fol. 211, V» col. 1. 
Dell Ph Mouskes, M-<. p. 328. 
Dely. Enigme d'Alex. Sylvain, fol. 12, R» (7). 

Deléement, adv. Subtilement, d'une façon 
déliée, subtile. 

Trois espics tramist trestout déléemenl. [Roii, p. HT.) 

Delegalz, adj. pliir. Délégués. « Il requièrent 



" de par ledit seigneur aus prelaz et aux juges 
« delegalz. » (Ord. des H. de Fr. t. Il, p. 408.) 

VARTA.NTF.S : 
DELEGALZ. Ord. des R. d.' Fr. t. II. p. 408. 
Delegas. Ri^aumanoir, p. 28. 
Dklegaz. GIoss. du P. Lnbbe. 
Dr.LEGATÉ. Bout. Som. Riir. p. 66.5. 

Delenateur, s. m. Celui qui délègue. (Bouteill. 
Som. rur. p. OG.").) 

Deleitaiileinent, adv. Délicieusement. (Saint 
Bern u'd, Serin. Ir. mss. p. 2-1't, où il répond au latin 
cuin omni jitcunditate. — Voyez Delitarle.) 

Deley,s. m. Délai, retard. Ce mol, qu'il est aiséde 
reconnoilre dans le mot subsistant délai (8), s'em- 
ployoit dans les mêmes sens. Comme terme de droit, 
c'éloit la même chose que « jour d'appensement. » 
(Voyez Laur. GIoss. du Droit fr.) On dislinguoit au 
barreau diverses sortes de délais. Nous nous con- 
lenlerons d'en marquer deux : 

1° >' Delay d'inadvertance. " « .... Estantes les 
« parties venues eu cause , le defîendeur pourra à 
« la journée suivante, si bon semble requérir le 
« détail d' inadvertance . » (Coutumes de Ilainaut, au 
Nouv. Coul. Gén. t. II, p. 113.) 

'2° >■ Delay d'en venir, « autrement dit « delay de 
" délibération. « .... Des delays d'advis et absence 
» a esté parlé sur le litri' précédent, mais celuy de 
" délibération est autrement appelle le delay d'en 
« venir qui se donne pendant le procès, selon les 
" meiiles des causes et incidents qui surviennent. ■> 
(Gr. Coul. deFr. p. 301.) 

variantes (9) : 
DELEY. Les 15 .Toyes du mariage, p. 184 
Deloi. Test, du C' d'Al. à la suite df.Ioinv. p. 185. 
Deloy. Ord. des R. de Fr. t. I, p 324 ilO). 
DiLAY N. Coût. Gén. t. Il, p. 111, col. 2. 
DiSLAY. Lett. de Louis Xll, t. IV, p. 93. 
Delu. Fabl. MSS. du R. n« 7218, fol. 79, V» col. 2. 
Drlui. Ibid. fol. 51, R» col 2. 
Delaiment. Tri. de la Noble Dame, fol. 224. 
Delayement Oudin, Cotgrave, Dict. 
Deslovement. GIoss. de l'Hist. de Bret. 
Dilayement. Colgrave, Dict. 

Delez. [Intercalez Delez-, à côté : 

Lez un essart, delez un clous fclos]. 

Renarl, V. 530. (N. G.)] 

Deliable, adj. Dissoluble. (Monel.) 

Délibération, s. f. Délivrance *. Terme de 
barreau °. 

* Dans le premier sens, on disoit : « Si le dit 
« prevost ne les pouvoit par soy délivrer, l'on 



(1) « Adonc oonmença à fronchier Et ses guernons à delechier. » (Renart, v. 943 ) (N. E.) 

(2) Dans Guiart (v. 4373), il signilie se réjouir : « La g(=nt de France remuée, Qui d'entrer léans se deleche ; Du mur versé 
passent la brèche, De grant joio saillent et ruent. » (N. E ) 

(3) Délectation est dans la Rose, v. 1,5443. (N. E.) 

(4) Il vaut mieux lire délie, comme au Lai du Trot : « Il ot chemise de cainsil Vestue , délie et sobtil. » C'est encore la 
forme du féminin dans Froissart (XIV, 18) : « Et estoit la litière couverte d'un ciel fait d'une dette crespe de soie. » (N. e.) 

(5) On lit déjà dans Roland (str. CCXLVl) : a L'herbe du champ qui est verte et deUjie. » (N. K.) 



(6) Il vaudrait mieux lire deljé, comme dans Th. de Cantorbéry (155). (N. E.) 

(7) "" ■ " 



7) Toutes ces formes remontent au latin delicatus. (N. E.) 

^8) C est le supin dilaluiii, de differre. Délais, au sens d'abandon d'un bien pour lequel on est poursuivi , est la forms 
verbale de délaisser. (Comparez lais, aujourd'hui legs, de laisser.) (N. E.) 

(9) On lit aussi dans le Rouiancero (p. 3i) : « Il a dit au valet : reva-t-en en arriés. Et me dis à ta dame , j'i vois sans 
delaiés. » (N. E) 

(10) De même dans Renart (v. 11317) : « Renart regarde arere soi. Et voit qu'il viegnent sans d^loi. » (n. e.) 



DE 



-SO- 



DE 



« viendra tantost à nos gens de parlement, ou 

• présidens pour nous ù Paris, pour en avoir déli- 

• beralion. » (Ord. des 1^ de Vv. l. Il, p. 10.) 
^Comine ternie de bari'cau, le mol délibération (I) 

signilioil le délai (^.ue prenoit le demandeur pour 
délibérer sur les exceptions proposées par ledc'feu- 
deur. " Selon l'usage de cour hiye , il y a s^rande 
« dilîérence entre dclibcration et advis, car jour 

• d'avis est prins pardefïeudeur au comuienceuieiit 
« de la cause, mais délibération est prinse par 
« le demandeur quand sur le jour d avis le defen- 
« deur propose aucunes exceptions ou défenses, 
« sur lesquelles le procureur du défendeur a ù 
« p irler à son raaislre. » (G. Coût, de l''r. p 299.) 

Délibérer, v. Délivrer, débarrasser *. Dis- 
poser ^ yi). 

* (Jloss. de l'Histoire de Paris. Ainsi on disoit 
être délibéré, pour élre de loisir, être débarrassé 
d'occupation. « Quant ilz commençoient à avoir 
« barbe, le souldan les faisoil aprandre à tirer de 
« l'arc par esbat : et chascun jour, quant il esloil 
« délibéré, les l'aisoit tirer. » (Joinv. p. 55.) 

^ Dans un antre sens, se délibérer signifioit 
s'apprèler, se disposer, se préparer. 

Le Uoy s'arma: cliascun se délibère. [J. Marot, p. 36.) 
Ainsi chascun se délibère aux armes. (Ibid. p. 65.) 

Délibéreur, s. m. Qui délibère, qui consulte. 
(Monel et Oudin.) 

Uelibiis, adj. Foible , affoihii , débilité. în 
m ..lade, demandant sa guérison aux deux Mânes 
sœurs de la Vierge, dit : 

Se par vous ne sui redreciés 
Je suis vainquis et delibus. 

- Hist. des Trois Maries, en vers, MS. p. 483. 

On lit dans l'original latin : in morbojam imbilor, 
deficium et delibor. 

Delicalette, adj. f. Diminutif de délicate. (Des 
Accoids, Bigarrures, fol. 137.) 

Delicateté, s. f. Mollesse, délicatesse. Dégoût 
du travail. (Dict. de Rob. Est. et de Cotgr.) 

Delicatif, adj. Délicat. Le mot delicious, dans 
S. Bernard, répond au latin delicatus. « Vivre de 
» de viandes f/e/icain'f s. » (Jlistoiiede laTois. d'or, 
vol. Il, fol. 73.) « Nous sommes si delicatif qu'on ne 
« nous peult servir à gré. » (Doctr. deSap. fol. 40.) 

VARIANTES : 
DFLICATIF. Percef. vol. VI, fol. 428, R» col. 1. 
Delicious. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 24 et passim. 
DÉi.iGATiF. Modus et Racio, MS. fol. 271, R°. 

Deiicatlvement, adv. Délicatement , d'une 
manièie délicate. >< « Nourrissant ses chiens deli- 



« cativenienten leurdonnautde la cliairet d'antres 
.< bonnes viandes. » (Le Cli" de la Toui-, instruc. fi 
ses iilles, fol. H.) 

Délicieusement, flrfii. Voluptueusement. » Se 
« delectoità nourrir cest enfant r/(7/c/(';.'S('/Hc«< (3) 
« et, comme plusieuis fout, luy faisoit dii'e paroles 
« deslionesles. » (Histoire de là Tois. d'Or, vol. II, 
fol. 47.) 

Delict, s. m. Délit, faute Ce mot, qui subsiste 
avec un très léger cliangeinent dans l'orthographe, 
nous fournit deux expiessioiis à remar(|uer : 

1° « Delict commun » est le délit dont la connois- 
sance aiipartienl ;i tous juges. (Laur. CI. du Dr. fr.) 

'2° " Revoir le delict » eu termes de coutume est 
» certain droit d'un boisseau de segle sur chacune 
« ancienne tenue de cliacun ménager parroissien 
" tenant feu et fumée et labourantlerre. » (Laur. 
Gloss. du Dr. fr.) 

Délié. [Intercalez Délié, accompagnement de 
cornes par notes piquées: •< Les hommes de pied 
« sont tous parés de porter à leurs cols un grant 
« cor de corne à manière d'un veneur, et quant ils 
« sonnent tous d'une fois et montent l'un haiilt, 
« l'autre gros, le tiers sur le moyen et les autres 
« sur le délié, il font si grant noise, avecques 
« grands labours qu'ils ont aussi, que on l'ou'it 
« bien bondir largement de quatre lieues angloises 
« par jour, et six de nuit, » (Froiss. XIII, 253.)] (n. e.) 

Delieur de fortune, s. m. Aventurier, filou, 
fripon. « Qu'outrecuydaiico d'amis, d'avoir, ou de 
■> seigneurie ne vous facent un contempteur de 
» Dieu, un delieur de fortune et un cuideur de 
« valoir, pour mènera fin les choses impossibles. » 
(Mom. d'Ul. de la M. p. 4.) 

Deligemment, adv. Diligemment. Promple- 
ment. (Urd. des R. de Fr. L ill, p. 471.) ('<) 

Deligence, s. f. Diligence. (Ord. des R. de Fr. 
t. III, p. 469.) 

Deligent, adj. Diligent. (Enigm. d'Alex. Sylvain, 
fol. 23.) 

Delin, s. Ce mot semble corrompu dans ces 
vers : 

Encontre lui ne se pourroient venter 
De leur delin les félons medisans. 

Poi's. MSS. d'Eust. Descli. fol. 159, col. 3. 

Delineature, s. /'. Delinéation. Figuration de 
dessin. (Mon. Oud. et Cotgr.) 

Delinganche, s. f. Délit, action de délinquer. 
« Si eux ou autre de par eux alloienl de riens con- 
« tre la dite vente ou ù quiconques cette lettre 



(il Ce sens se trouve en 1306 dans une convention passée à Chartres (Du Cange, II, 787, col. 3) : « Se la prise ou la sesine 
ne depent pas de leur fet, quant il n'auront pas faite la prise, ne la saisine, ne commandée à faire, il auront délibération de 
sis jours. i> (N. E.) 

(2) 11 signifie encore résoudre, comme le latin deliberarc : « Lesquelz malfaiteurs coupèrent ou prés une oreille au 
suppliant, par quoi lui, qui estoit délibéré estre homme d'église , est inhabile à jamais Testre. » (J.l. 177, p. 135 , an. 

14't5 )(N. E.) 

(3) Kroissart emploie déjà ce mot (XV, 259): « [Galeas Visconli] dist que les moisnes estoient trop delicieuaement nourris 
de bons vins et de délicieuses viandes... et de fait les reniist aux œufs et au petit vin pour estre plus legiers et pour avoir 
plus clere voix et chanter plus hault. « (n. e.) 

(4) S' Bernard (522) donne dilijentrement et Beaumanoir (LVI, 6) diliijawment. (n. e.) 



DK 



- 40 



DE 



« apporlern tons ooiisl cl damnçres, qu'eux sniilien- 
» dioieiit \KW (\ti{-Au[ (](}]■,{ siavanhe (il delinganclie. » 
(Cail. fie S. W;iii(lrille, Du Cau£;e, Gloss. lai. au mot 
UelinqucnHa ) 

l)<>liniiucnt..s.»;. Adoucissement. (Oud. et Colo'.) 

DeiiiDiiiciir, aiij. Uelitinuanl. « La punition 
'• dont on a depuis usé cortre les moines delin- 
<■ qiiettn, etc. >> (Méni. de Du Bell. fol. 210.) 

Dt'IiiKHiior, V. Maiiiiuei'(l). De là le mot (Iclin- 
'juiet, (1 I il faut lire delinquics, man{iués, dans le 
t. V, dts Oïd. p. /luO. 

Délire, v. Elire, choisir (2). 

Mes II vomira l9 grain 
De la paille délire. 

lalil. MSS. du R. i.» 7615, l. II, fol. U2, V col. 1. 

Delirenient, s. m. Délire. (Cotgr. et Oudin.) 

Délirer, v. Extiavaguer. Rêver, radoter. ;Oud.) 

Delisce. [Intercale/. Delisce : I" Friandise (Roi 

Guillaume, p. 51). f Vie de plaisirs (Froissant, II, 

'23): » On l'avoif tant tenu en wiseuses et en 

« delisces. »] (n. e.) 

Délit, s. m. Plaisir, délices, joie, délectalion. Ce 
mot, dans S. Bern., répond au latin delectamentum, 
deli'ctatio, dulccdo, illecebrœ, jurunditas et volu/j- 
tas. « Si m'est à diHeit « dans S. Bernard, p. 179 : 
il me plait, dansle lat. délectai. 

Puceles amés ; joie ares et délit. 

Po<s. MSS. av. 1300, 1. III, p. 1-2S0. 

'< Oeuvre de délice : » Oeuvre cliarnelle. (Monslr. 
vol. 1, fol. 38, V°.J 

VARIANTES : 
DELIT. Du Cange, Gloss. de Vill^hard. (3) 
Deleit. Dei.eiz s llern. Serm fr. MSS. p. 24. 
Dëlice. Fabl. MSS. du R. n« 7615, t. II, f» 140, V" col. I. 
Dh.LiCT. Gloss. de Marot. 
Déliez. Crétin, p. 1X3. 

Delis. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 257, V» col. 1. 
Dellis Poës. .MSS. av. 1300, t. IV, p. 1383. 
Deliz. Villehard. p 51 (4). 
Delez. l'abl MSS. du H. n- 7218, fol. 125, V» col. 1. 

Delitîiblc, adj. Délectable, agréable, délicieux. 
Ce mol, dans les orthographes employées par 
S. Bernard, répond au latin amcenus, deïeclahilis 
et juciiiidus. 

Dame gentiex de cuer, noble d'atour, 
Gente de cors, delilable à veir. 

Poës. MSS. av,™i 1300, t. IV, p. 1406 

VARIA.^TES : 
DELITAIiLE. Poës. MSS. av. 1300, t. IV, p. 1400 (5). 
Deleit, Deleitaule, Delettaule. S. Beru. Seim. fr. 
Delitaule. Poës. MSS. du Vat. n° 1490, fol. 130, V°. 



Déliter, v. Se délecter. Ce mol, sous les ortho- 
gr: phes employées par S. Bernard, ré| ond au lat. 
dctrrtfire ei de'lcrlari. 'Oudin et Cotgrave, au mot 

belicicr.] « Après que mon pèlerin eutressenti 

« tontes sortes de ravissemeiil et de transpoils oa 
« les pins braves aman Is se (/f//tvVHi (6) ayant receu 
« des faveurs si signalées et si privées. » (Pèlerin 
d'am. t. I, p. 137.) 

CONJtGAISO.N. 

DeleiteiU se délecte. (S. Bern. Serm. fr. p. 56.) 

Dcleitcl, se délecte. (Id. p. 100.) 

Itcleliet, part. (Id. p. .3-2.) 

Driitievet, se plaisoit. (Id. p. 86.) 

Dclrist (soil), se plait. (Id p. 46.) 

Ih'lice, ind. Delecle. Id.) 

Drlicissiez. imp. snbj Vous vous délectassiez. 
(Fabl. MSS. du R n» 7989. fol .".l.) 

Défit, indic. Se délecte. (Poës. .mss. av. 1300, t. I, 
page 'il) 

Dclitiesines, impa; f. ind. Nous nous réjouissons. 
(Eiist. Descb. p. 463.) 

Delitteroije , imparf. subj. Je me delecterois. 
(Id. fol. 437.) 

VARIANTES : 
DELITER. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 1023 
Desliter. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. II, f» 145, R' col. 2. 
Delkiter. s. Bern Serm. fr. MSS. p. 56 et passim. 
Deleitier. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 32 et passim. 
Delicier. l'èler. d'am. t. I, p. 137. 
Delicter. Eust. Oesch. Poës. MSS. fol. 459, col. 1 (7). 
Delitter Id. Ibid fol. .'■.63. col. 4. 
Déléguer. G. Guiart, MS. fol 82, R». 
Delechier, liELEicHER. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. II (8). 

Deliteux, adj. Déleclable. 

C'est l'ame végétative 

Qui à l'arbre est delectative. (E. Desch. 418.) 

VARIANTES : 
DELITEUX, Delicteu.x. Borel, Dict. 
Delectatif. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 478, col. 1. 
DEf.iTEX Chans. MSS. du C" Thib p. 117. 
Delitous. Poës. MSS. av. 1300, t. IV, p. 1467. 

Delivraison, s. f. Délivrance. Le mot delivrai- 
son est employé comme terme de monnoie pour 
« délivrance », dans les Ord. des R. de Fr. t. III, 
p. .'i68. « ....Avoir la possession des bonnes villes 
« el forteresses d'icelle comté : lesquelles sans con- 
» tredil luy feront plaine deUvration. •■ (Monslrel. 
vol. Il, fol. 41.) 

VARIANTES : 
DELIVRAISO.V. Ord. des R. de Fr. t. III, p. 508. 
Delivreson. Borel, Dict. 
Delivration. .Vlonstrelet, vol. II, fol. 41, R». 



(1) Dans une Ord. de 1486 on lit : « Les dits capitaines casseront des gages d'un quartier ceu.x qu'ilz trouveront avoir 
excédé et deiiviiué. » (N. e.) 

(2) Dans G. Guiart (v. 1UI36), il signifie compter : « Que sans cens qui notez se sont, Lesquex on ne pourroit délire. » (n. e.) 

(3) « Cil qui avoienl este eu poverté, estoieiit en richece et en délit. » (Ed. de WaiUy, § 251 ) (N. E.) 

(4) « Cil palais fu un des plus biax et des plus delitables que unques oel peussent esgarder, de toz les deliz que il covient 
à cors d'orne. » (Id., § 134.) (n. e.) 

(5) On lit aussi dans G. Guiart : « Si vraiment come en ce livre Ne veuil les trufeeurs ensuivre Qui pour eslre delitables, 
Ont leurs romans emplis de fables. » Voyez encore la note précédente. » (N. E.) 

(6) « Les Enflés se dclitleni et confortent en batailles et en ocisions. » (Froiss., II, 17.) (n. e.) 

(7) Eust. Desohamps donne ;!ussi délecter : « La tlour en may et son odeur détecte Aux odorans, non pas jour et demie ; 
En un moment vienl li vens qui la gufltp, Cheoir la fait ou la couppe par mi (Prn/iler de la jeunehfn-). n (n. e.) 

(8) Delecher, (lelcscher. eslecher sowl fail'^ ^nr lœtilia, iamUfi que deliler vient de delectare : « Nous Beatrix , dame de 
Falny et d'Ailli sur Somme et .lehans de Pinkegny chevaliers, sires de laditte ville d'Ailli et de Hornoy pu Viraeu, salut. En 
la glore du nom de Dieu nous csIcciujus et en aflbieiicG de goie raultepliaule nous delitovs. » (,IJ. 75, p. 270, an. 1344.) (n. e.) 



DE 



— 41 



DE 



DelhTance, s. /'. Acuoiicliemenf *. Expédition^. 
Don, clislribiilion'. Caiie, solde, paiomeiil" (I). 

* Au premier sens, un a dit délivrance pour 
accouchement, état d'une femme en travail qui en 
est délivrée. (Marbodus, col. 1G70.) 

L'enr.Tnt est dp Vheure que par naissiince 
Ma mère feit de moy la ilAlivi-ance. 

Les Marg. de la Marg. fol. 210, R". 

On lit : « deUvrement de lor enfanz » pour 
accouchement. (S. Bern. Serm fr. siss, p. 88 ) On 
lit dans le latin dolor parturientium. 

° Délivrance est mis pour « expédition (2) » dans le 
passatie suivant: •• Es foires de Champagne, ou pour 
« délivrance des foires se font prez de grant quan- 
'< liiez et créances de foire en foire. » (Ord. des R. 
de Fr. l. 1, p. 48.').) On lit dans le lalin : in nundi- 
nis Cam/ianiœ, ubi pro expedilione nundinarum. 

•^Pour» don, présent, distribution. » 

Qu'à plein souhait me faisoit di'-Iiiirance (3) 
Des hauts honneurs, et erans thresors de France. 
Clém. Marol, p. 85. 

"Enfin, pour » payement, soldes, gages. "Tandis 
qu'on refusoitde l'argent au roi Charles VI, le duc 
d'Anjou, son oncle, « eut la somme de florins 
« assemblée , à une seule délivrance, cent mil 
" francs. » (Froissart, liv. II, page 160.) « Messire 
» Mathieu de Gournay retourna en la cité de 
<■ Bayonne avecques ceux de sa delivance pour 
« garder le pais et conquerre aucuns petis fors qui 
" se tenoyent des Bretons. » (Ibid. page 39.) •• Deux 
u chevaliers du comte de Haynaut et de sa deli- 
t vrance. ■■ (Ibid liv. I, p 50.) » Si estoit le l^oy 
« d'Escoce à la délivrance du roy de France, à belle 
" route de gens d'armes. » (Id. p. 7'2.) « Fut adonc 
« conseillé au roy de France qu'il recueilleroit le 
« roy d'Angleterre en la cité d'Amiens : et fit la faire 
i ses pourveances grandes et grosses el appareiller 
» sales, chambres, hostels et maisons pour rece- 
« voir luy el tous ses gens, et aussi le roy de 
" Behaigne et le roy de Navarre qui estoient de sa 
" délivrance. " (Froiss. liv. I, page '29.) On lit à la 
marge, C, à. d. •■ ausqnels il faisoit dlievrer el 
>i fournir, à ses dépens, tout ce qui esloit néces- 
« saire pour leur defray » On lit dans le texte, 
ibid. plus bas : « Si estoient en la ruute et à la deli- 
" vrance du Roy plus de mille chevaux. » 

On disoit aussi : 

1° " Faire délivrance » pour défrayer, fournir à 
la dépense (4). Le prince de Galles au roy deMaillor- 
que en 1367 : « Si se tint delez le iirince en la cité 
" de Bordeaux en atiendant le département ainsi 
<> que les autres, et luy faisoit le dit prince par 



" honneur, la plus grand ddiorance iju'il pouvoit, 
pourtant qu'il esloit lointain et estraiiger, et 
« n'avoil mie ses finances ù son aise. ■> (Froissant, 
liv. I, p. 308 ) 

1° » Faire délivrance •> signilloil aussi « se dé- 
barrasser. » Ainsi l'on disoit » faire délivrance « 
des bouches inutiles pour en débarrasser une place 
assiégée (G. Guiart, ms. fol. 74.) (5) 

3° .. Poursuyr sa délivrance, •■ faire proposer un 
défi d'armes et parla demander à être délivré de 
l'engagement qu'on a pris pour accomplir une 
entreprise d'armes ou de chevalerie, suivant 
rexpli''ation du mol Délivrer que l'on verra 
ci-après. « Nous serons quicles pour donner chas- 
■■ cun ung semblable dyamant, qui sont les nostres 
« et du /loiirsuiir nos délivrances d'envoyer à la 
» court du Roy des Rommains, puis en Angleterre 
" el là où mieulx nous semblera. » (Petit J. de 
Saintré, p. 523.^ 

Délivre, adj. Libre*. Privé ^. Délibéré *=. 
Prompt, adroit °. Délivre, dans S. Bernard, Serm. 
fr. Mss. p. t266, répond au latin liber. 

* Sur le premier sens, voyez Oudin, Monet et le 
Gloss. de Mirot. « Francs et (/e/ivres » pour francs 
el quilles. (Hist. de N. D. de Soissons, p. 1G6, tilre 
de ri06.) " Uuitte el délivre » au même sens. 
(Duchesne, Gén. de Bar-le-Duc, p. 30, tilre de I'i49.) (6; 
En ce sens, ce mot est pris en t)oune part pour 
e.xempt, libre, délivré d'une chose fâcheuse. 

De mars d'argent a il fait livres : 
Partant est il du l\oy ili-hnvs. 

PoH. iM.SS. av. 1300, t. IV, p. (300. 
Un lit chaste et gaillard, de tous soucis délivre. 
Les Touches de Des Accords, p. ^6. 

Le mot délivre est très fréquemment employé en 
ce sens d.ins nos anciens auteurs, tels que Clém. 
Marol, Grelin, M. de S. Gelais, Lancelot du Lac, 
Des Accords, Rabelais, etc., etc. 

^ Pris en mauvaise pari, délivre signifioit « privé, 
« dénué ■■ d'une chose utile. 

.... Des bonnes gens suis délivre 
Qui me soioient maintenir. 

VM. MSS. du R. n- 7218, fol. 197, R* col. 1. 

"^ On le trouve pour « délibéré, » bienfait, délié, 
dans des fabliaux où un prêtre dit le plus de mal 
qu'il peut d'un mari dont il vent séduire la femme. 

Il n'est ni rés ne tondus, 

Et si est grox et malotrus, 
Ains est hideux et deslavés ; 
Mais, se vos croire me volez, 
Vos ferais amis plus délivre. 

Fabl. MSS.de S. G. fol. 77. R- col. 2. 

" Ce mol, pris en ce dernier sens, emporte l'idée 



(i) Le sens do délivrer un captif date du xii« siècle: « Vous deussiez querre leur délivrance. « (Quesnes, Romancero, iO\.) 
De même dans Froissart (IV, 245) : « Là en dedans furent treties les délivrances dou conte de Kenfort et de ses 
compagnons. » (N. E.) 

(2) On lit aussi dans PYoissart (IV, 151) ; « Pour lors la cours dou roi de France estoit si raemplie d'uiseuses, et si lontaine 
en esplois que à paiups pooit on avoir nulle deliviance. » (N. E.) 

(3) « ,1e consentirai bien ce voiage et leur feray faire delivranchc d'or et d'argent. » (Froiss., II, 35.) (N, E.) 

(4) Par suite, avoir sa délivrance est être fourni de tout : « Quant il eul sa délivrance, il se mit au chemin. » (Froissart, 
XV, 3î)8.) (N. E.) 

(5) Faire sa délivrance est encore s'acquitter : « J'en ferai ma debte devers yaus et délivrance. » (Id., VII, IH.) (n. e.) 

(6) De môme dans Froissart (II. 291) : « Et estott avis au peuple que il estoient quitte d'un encombrier et délivre d'un 
pesant faix Quant il se veoient délivré dou roy et de son consel. » (N. E.) 

v. 



DE 



- 42 



lyE 



d'un lionunt; <• adroit , alerte. ■■ De là il a été 
eroiilnyï! pour - prompt, adruil (1). •• 

S'ilz sont ;ipraii(liv ilelivrn 

De buii eiib'iii, de bonnes moeurs. (E. IJesch. p. 50'2.> 

Reiiiai(|iii)iis (le plus ces fnçoris de p;irler : 

1° <• A dé'ixrc. au deiivi'C, ■• pour ;i découvert, 

libreineul. iilierié, el ()ueliiuofois pour alerte, agile. 

comnie ou va le voir dans les exemples suivans : 

Or met donc la teste iiu deliwe 

Ponr voir se te congnoistray. (E. Desch. p. 458.) 

a Iceluv d'Aleiigou supplia au roy, Mu'il luy pleusl 
« le uicltic uu iklivre et eu liberté {;!). <■ iMalh. de 
Coucy. Ilist. de Charles Vil, p. 70'<.) « Le suyvoit 
« pai- derrière uue luulle plus lilauclie que ueige 
« sans train et saiiz selle tout à sa délivre, ainsy 
« que le juiiiie poulain suit sa uiere. » (l'ercet'or. 
vol. 1, toi. IIG, II" col. 1.) '• Esloil moull saige et 
« uugdes hommes du monde (|ui mieulx parloil el 
« qui plus avoit langue à rft^//yre. » (l.auc. du Lac, 
t. 1, fol. 1"2(», lt° col. 1.) « La genelle est un animal 
« prcsi|ue seuihlaliie à la fouine, apurochaiil en 
« grandeur et grosseur aux cliats d'Espagne: il a le 
« museau long el atruronné, le col el le corps 
<• gresie souple el à délivre comme un clial (3). » 
(Fa\in, Tii dhonn. l. l, p. M8.) 

2° " .Mettre au délivre, » Délivrer, rendre, resti- 
tuer, mettre en liljerlé. « Se pour l'occasion de ce , 
« aucuns de leurs biens, ou d'aucuns d'eulx, gages 
« ou autres choses csloieut prins, saisis eu arres- 
« tez depuis uoslre ditL' derraiue ordonnance, vous 
« les leur metlt'z ou faites mettre au délivre, tan- 
« toslet sans delay. » (Ordonn. des Rois de France, 
t. 111, p. 459.) « Mis a délivre. » (Melin de Saint 
Gelais, p. 6.) [Dans la coutume d'Orléans, délivre 
était la permission accoi'dée aux usagers de la 
forêt d'Urk'ans, de jouir de leurs droits. « Par 
« nous, ly lussent iceux usaiges mis au délivre. » 
(An 1301, lettres du duc Philippe, en faveur du 
prieur île Cliappes. — Le C. de D.)] {.n. e.) 

3° «• Estre à son délivre, » être libre, être à son 
aise, en liberté ou en état d'agir. « 11 estoit moult 
« durement navré el avoit beaucoup perdu de son 
« sang, tellement qu'i'. n'csloit pas à son délivre, el 
Cl ceulx estoient tousde grant proesse, et non pour- 
« tant passa il pariny eulx deulx, voulsissent ou 
» non. » (Lanc. du Lac, t. 111, fol. 118, R° col. 2.) 
Par chasteté on peut lonjiiiement vivre 
El si ts( on de grant mauls uu délivre . 

Les Triomphes de la Noble Dame. 

« Chasteté fait la personne belle, car entre autres 
« choses couslilue la (lersonne en telle consonance 
« qu'elle sousmel la cluiir à l'esprit, et l'esprit qui 



« est au délivre des choses charnelles, gouverne 
" sous bonne modération les autres puissances 
• de lame. » Oliid. fol. 44, V».) 
4"" Delibre puissance. » Puissance absolue. 

Dus de Braiban, je fui jà vostre ainius 
Cant j'en estoie en delibre uousai.ce. 

Pué», fr. MSS. av. 1300.1. IV. 

Délivré, adj. Délibéré, dispos, agile * Absolu ". 
* Voyez, sur le premier sens, le Gloss. de lllisl. 
de Pans [en ce sens lisez délivre]. 

^ Un trouve -délivré pooir » pour pouvoir absolu 
dans la Cent, de G. de Tyr, Mai lèue, t. V, col. 723. 
Delivréement , adv. En liberté, librement, 
prouiple'neiit, entièrement. Delivrenienl,i\nu6 Saint 
Bernard, ré|)ond au latin absolulè el libéré. - Chas- 
" cuiie galie lu a un uissiers liée por passer oultfe 
« plu delivréement (4). » (Villehard. p. 59.) 
Qu'avez vos fait de nostre argent? 
Rendez le nos delivréeinent. 

Kabl. .MSS. de S. G. fol. 3il. R- col. X 

.• Comme le trop long dormir nuit à la personne, 
« aussi fait le trop veiller, car quant la personne 
« veille, les esprits s'cspandent delivrement[)i\r\es 
« membres et leur donnent sentir et mouvoir pour 
« faire les œuvres de l'aine. » (Les Triomphes de 
la Noble Dame, fol l^'l.) On V\l delivréement dans 
lesChron. de S. Denis, t I, fol. 235, V", el dans le 
latin de Suger, ad nutum. 

Delivreires, adj. Libérateur. [S. Bern. Serm. 
fr. page 349.) 

Delivrement, s. m. Délivrance. L'action de 
s'aciiuitter d un vœu ou d'une entreprise de cheva- 
lerie pour faire ses armes. (Voyez Délivrance et 
Délivrer.) » Puis au dit roy demanda devant tous, 
<• toute la façon de son delivrement qui estoit 
<> celluyqui empreins avoit à le délivrer. » i,Petit 
J. de Sàintré, p. 215.) 

[Il signifie aussi exemption d'un droit ou d'une 
redevance. « Quillemenl et delivrement de tous 
« péages. >' (Duché d'O. en 1440, Lettres du duc 
Charles d'Orléans. Le C. de D.) Dans Froissai t, c'est 
la conclusion d'une délibération: ■< Adoiil moult 
" leur en desplaisoil, quant il ooient conter le 
" delivrement don conseil le roy (VI, 377). »] (n. e.) 

Delivrei-, v. Terme de chevalerie *. Payer ". 
Mettre aux mains , livrer '^. Finir , achever ". 
Expédier ^. Débarrasser ''. Vendre . débiter ^ Dé- 
frayer". Délibérer' (5). 

Nous ne parlons de la signification de délivrer, dit 
d'une femme accouchée, ciue pour remarquer qu'elle 
éloil en usage dès le temps des Loix iNormandes, 



(4) « Le suppliant qui est jeune et de/niré de sa personne. » (IJ. 20Ô, p. 238, an. 1479.) De même dans Partoncpex 
(v. 0894) ; « Ceval délivre et isnel. » (N. E.) 

(2) « Le presvost de Ligny envoya plusieurs fois pardevers ledit chapitre [de Toul] et leurs gens, les requérant qu'ils 
meixsenl au délivré les ditzhomnKS et biens, et lui en feissent rendue ou recnance. » (.U 138, p. 27.5, an. 13%) (n. e.) 

(3\ « Fuianl s'en vet tôt à ilelivie. » (Renart, v. 342.) On disait aussi perdre, à délivre. (G. Guiart, v. 18149 ) (n. e.) 

(4) De même dans Froissarl : « Et passèrent delivrement la rivière. » (V, 245.) — « Et les coururent sus baudement et 
de(ii)<-e»!CTi(. » (VI, 150.)(N. E.) 

(5) Ce mot peut se rencontrer dans une même période avec trois acceptions différentes : « Il est ordonne que vous seres 
délivré [lenibmirsê] à Clermont do la somme que vous anrés de gens irarrnes, et pour aler de cy jusques à là , parlés au 
tresoriir des guerres ; il luy est ch.irgie que il vou.s délivre [paie] aucune chose pour vos moindres frais, et vous deliwét 
[hâtez-vous], car la besougne demande haste. » (XIV, 171.) (n. e.) 



DE 



— 43 — 



DE 



article 35. On lit seit délivrée (I) : dans le latin 
parlurierit. 

* Pour faire entendre la signi(it;ation de ce mot 
dans la première acce|>lion (iiie nous indiquons, il 
est néeessaired'cxpliquer un des principaux usages 
de noire ancienne chevalerie. Les clievaliers qui 
faisoienl une « emprise - ou entreprise, sniide joule 
ou de guerre, porloient originairement des fers ou 
des cliaines auxquelles on substitua dans la suile 
d'aulres marques qui en éloient les signes ou les 
syitittoles. Par là, ils se reconnoissoient comme 
liés par un vœu pour exécuter les faits d'armes 
auxquels ils s'étoienl engagés (2). L'engagement sub- 
sistoit,et le ctievalier en étoilchargéjusqu'àce qu'il 
eut trouvé quelqu'un qui voulût combattre contre 
lui. S'il s'en présentoit un, le chevalier regardoit 
cet adversaire comme un libérateur qui venoit le 
dégager de son vœu, en le mettant en état de l'ac- 
quitter, et c'est ce qu'on appeloit tiélivrer. (Voyez 
les notes de l'édileur du Pelil Jean de Saintré, 
p. i67, et le récit d'une joute de 1389, rapportée 
dans Froissarl, liv. IV, p. f)2.) « Portent emprise 
" d'armes et sont venus icy pour estre délivrez. >> 
(Petit .1. de Saintré, p. 388.) Un écuyer françois, 
demandant à jouter pour sa dame, propose un défi 
à ceux de l'armée angloise qui passoil f> Toury en 
Beauce. Un écnyer anglois l'accepte et dit: « Ouy, je 
.1 le vueil délivrer. » Le maréchal de l'ost des 
Anglois va à la bannière dire qu'il s'étoil trouvé un 
écuyer : « Et fut dit à l'escuyer françois par le 
« mareschal , on vous délivrera. » (Froissart , 
liv. Il, p. 94.) 

De là on a fait les expressions de « délivrer une 
« lance, délivrer ù faire armes, et délivrer et 
« accomplii- des chapitres d'armes, >i pour consentir 
à faire un coup de lance contre celui qui le propo- 
soit ; accepter le combat ou défi d'armes, en accom- 
plir tous les articles. « Il voit au tiers que Lupart 
« esloit appareillé delà jouste, il broche le cheval 
« et s'en vint au rené et se feril à Lupart. Sire 
« chevalier, délivrez moy ma tierce lance, je ne 
« puis pas longuement tarder. Quant Lupart vit le 
« chevalier, qui ainsi le semonnoiS de la jouste, il 
« fiert le cheval des espérons. >■ (Percefor. vol. I, 
fol. 108, V" col. '2.) " Un baron de Poictou [le sire 
« de Pouzauges , Renaut de Thouars], en prit 
« parolles au seigneur de Vertaing : et dit que 
« volontiersil feroitd'armesdetroiscoups de lance 
« et de trois coups de hache : et le sire de Vertaing 
'< ne luy voulut pas refuser : mais les luy voulut 
« accorder et les voulut tantost faiie délivrer, à 
« quelque dommage et proflit que ce fust. » (Frois. 



liv. II, p. HO.) » El à un chacun antre qui fut amy 
a du ioyauuie qui d^mauderoit la jousie seroit 
« rfe/ivre cinq coups de rochet. » (lli-sloire de Jean 
Boucicaut, in-A", Paris, IG'JO, p. 60.) « Prest à deli- 
>' vrer et fai.e telles armes comme on luy voudroit 
« requérir. •• (Ibid. p. 6'2. — Voyez ibid. p. 6i.) 
Dans des lettres d'un déli d'armes, ou lit : « Ay au 
« jour de la datte de ces présentes, prius un Irouçon 
« de grève à ma jambe, jusques à tant (|u'un cheva- 
« lier du dit royaume d'Angleterre m'aura délivré 
a à faire les aruies qui s'en suivent. » (Monstrelet, 
vol. I, fol. % \\°.] « Le chevalier qui moult courtois 
« esloit, les mercia homiorablement, et dict qu'il 
« avoit chargé et levé son emprise, parconimande- 
« ment de sa dame pour accomplir certains chapi- 
« très d'armes qu'il avoit clos el seelez d'elle (et ne 
« scavoit l'effect ne la teneur) pour les délivrer et 
» accomplir au premier noble homme des condi- 
« lions à ce propices, qui tant d'honneur luy feroit 
« que de toucher à son emprise. » (Mém. d'Ol. de 
la Marche, liv. I, p. '201 .) 

Ou voit, par ce dernier passage, que celui qui 
acceptoil le combat contre le chevalier qui i'avoit 
proposé, alloit toucher ou lever le signe rie l'eiu prise, 
qui étoilou des fors ou des chaînes, comme on l'a vu 
ci-dessus. (Voyez Empri^-e.) Cet usage subsis'e encore 
en Gascogne parmi les écoliers (3): quand ils veulent 
,se battre contre leurs camarades, ils mellent sur 
l'épaule une paille ou autr'C chose, et si celui qui 
leur fait querelle la louche ou la fait tomber, ils 
commencent le combat (Voyez au mol » Estrain » 
« Quérir le feslu el l'estrain, » où l'on voit que la 
même formalité s'ol)servoit partout entre gens qui 
cherchoienl à se battre.) 

° Délivrer est employé pour « livrer, donner, 
payei', ■• dans Rymer, t. I, p. 109. 

Les autres sens du mot délivrer dilTèrent peu de 
ses significations actuelles. On l'employoit spécia- 
lemenl pour distribuer ce que l'on nommoit les 
livrées qui éloient les robes représentaiil lesarmoi- 
riesdes seigneurs qui les dislribuoienl aux officiers 
de leur cour, d'où on a fait le mot de délivrer pour 
soudoyer, donner la solde ou la paye aux gens 
d'armes et autres gens de guerre, ou faire toute 
autre espèce de |iayement. Ainsi, en parlant des 
troupes qui alloieutavec le prince de Galles remet- 
tre Pierre-le-Cruel sur le trône de Castille, en 1364, 
on a dit : « Sire nous obéirons voulonliers au com- 
" mandement du roy, nostre souverain seigneur. 
" C'est bien raison iju'à vous et à luy obéissons: et 
» aussi ferons nous, et vous servirons en ce voyage 
» et le l'oy dam Piètre aussi : mais nous voulons 



(1) d Si famé est jugée à mort qui seit enceinte, ne face l'um justice, desqu'ele seit délivrée. » En ce sens, la forme peut 
être neutre : « Madame la princesse travailla d'enfant et en délivra par la grasce de Dieu. » (Froiss., VII, 147.) (N. E ) 

(2) En termes de chevalerie, délivrer un chevalier de cinq pointes d'épée [coups de pointe], c'est les lui offrir : « Tous 
les trente jo\irs horsmy les vendredl.s délivrerons toutes manières de chevalliers et d'esculers, gentils hommes estranges, 
de queisconques marées, ne p.Tys qu'ils soient, qui venir y vouldront, chascun de cinq pointes de glaive ou de cinq de 
rocliet. » (Froissarl, XIV, Tyd.) On supprime par suite le régime indirect et on dit délivrer un chevalief pour accepter le 
combat avec lui : « Le chevallier qui estoit en son pavillon, qui pour ce jour n'avoit encoires fait nulles armes yssi tout 
prest et ilist qu'il les dehvreniil voulenliers. » (Id., 142.) (N. E.) 

(3) Il en est de même en linHaj^ne ; à Brest, les deux champions cueillent un brin d'herbe, le placent sur l'épaule gauche ; 
la main droite de Vadversaire vient s'y abattre, on se croche et la lutte commence, (n. e.) 



DE 



44 - 



DE 



« savoir qui iioiis délivrera et payera nos gages, 
« elc. » (Kroiss. liv. 1, p. 301.) .. l'arquoy il a coii- 
« venu que pour la 1res grand hasie, nocessiU' et 
« besoin (|ue nous avons eu el avons de avoir 
» bonnes el grans finances, pour inisliveiiienl deli- 
u vrcr lesgciis d'armes, que nous ayons encore fait 
u ouvier sur le dit pie de monnoye soixanliesme. " 
(Ord. desK. de l-'r. l. Ili,p. Oi.) 

«= Dans une acception plus générique, l'on a dit 
délivrer pour nnltreaux mains, livrer. « Fut baillé 
« et(/('/àWvl àllenry empereur lequel le lintensa 
« garde nu an en prison. » (l-hr. IV. .ms. de Nangis, 
sous l'an W'Xi.) dn lit dans le latin Irudilur. Après 
la pieinière entrevue de Charles VI et d Isabelle de 
Bavièi e qu'on lui proposoil pour femme, en 1385, le 
seigneur de la Uivière dit au roy : -■ Sire, que vous 
.. senib'e il de celte jeune dame ? Nous demourra 
« elle r Par ma l'oy, dit le roy, ouy : car elle nous 
« plaisl. Urdiies au bel oncle de Bourgongne qu'il 
« nous en délivre. » (r'miss. liv. Il, p. '287.) 

" Ou dis(jil aussi délivrer pour « finir, ache\er. ^ 

G. commença et J. délivre. (La Rase, p. 132. J 

^ En étendant cette acception, délivrer s'employoil 
pour " e.\pédier['2). » « Si vousmenray celle pari s'il 
« vous plaist. el pour ce je vous requiers que vous 
a vueiilezf/t'//i'; er, car j'ay autre part à besongner. » 
(Percel'oiest, vol. VI, fui. â8.) » Or lost, délivres toy 
« de lui Ireuclier la teste. •> (Ilist. de B. du Guescl. 
par Mén. p. 376.) 

Princes ni'pulx vault l.i rivière de Seyne : 

Delivi-KZ vous (Je prsiiiire lf;s chetis 

Puis retournez eu vostre vray demayne. 

E". Ueschamps, p. 206. 

M. de Lignac faisant au duc de Lancaslre des pro- 
positions de marnige pour sa tille avec le duc de 
Berri de la part de ce prince : « Le duc respondit 
« moultconrloisement, eldit à Messirellelion qu'il 
« fut le bien venu, et que la raatieredont il trailtoit, 
« estoil grande et grosse, et qu'elle demandoit bien 
« à avoir grand conseil, et qu'elle ne pouvoit eslre 
« si tosi délivrée. » (l'roissart, liv. 111, p. 305.) On 
dit à Belesach, ù qui Charles VI lit faire le procès : 
« Demain du jour, on vous délivrera (3) : et suppo- 
« sons bien i)ar les apparences que nous en veons, 
» el que nous avons veu, que vous serez jugé à 
.< moi t. » (Id. liv. IV, p. 24.) « Nulle baillie ne 
« senpchancie ne sera commenciée à délivrer 
« devant ce que tuit li a resl de l'autre seront luit 
« conseillez et pronunciez. » (Ord. des Rois de Fr. 
t. I, p. 2-27.) 

^ Délivrer s'est employé aussi pour •< débar- 
rasser. •' On lit dans S. Bernard, Sermons fr. mss. 
p. 118, délivrent, pour débarrassent, dans le latin 



expediunt, et de li"> on a dit se délivrer pour se 
retirer. 

S'il y a riens qu'on se délivre 

Tuntost, afliu quo je me lieve. {Path. Farce, p. 80.) 

De là aussi se délivrer a signifié se défaire d'une 
chose. " Que tous ceux qui ont ks dits denieis à la 
>■ roine s'en dilivre dedans la seplemhiesche pro- 
« cbainemunt venant. » lOrd. des R. de Fr. t. I, 
p il'i.) « Se délivrer des monnoies (4), » pour s'en 
déf ire. (Ibid. p. 5-28.) 

° On trouve quel. luefois f/f'/i'iTPr dans le sens de 
vendre, déluler. » Les marclieans qui ameinenl et 
" amenrcmt en foire leur marcheandises pourront 
>. mener leur lemananl de leurs marche.indises, qui 
<> ne se por ont délivrer aus trois jours ordenez en 
" l'on-es, les diz trois jours passez, partoi;t là où ils 
.. voudront, etc. » (O'rd des R. de Fr. t. 1, p. 801.) 

" On trouve ce même verbe pour ■■ défrayer. » 
Ainsi, en parlant des ambassadeurs d'Anglelerie en 
France, en 1381 : « Le roy lit donner de ses larges- 
« ses aux Anglois : dont ils le remercièrent grande- 
" ment et fui eut délivrés aux hostelleries, de par le 
>■ roy et puis se départirent. " (Fruissarl, liv. IV, 
p. l'io.) Plusieurs chevaliers franyois étant allés au 
secours du roi de Castille contre le roi de Portugal, 
en 1380, " le roy de Casiille fit 1res bonnechere aux 
« compainnonsel les fit venir tous aises el partout 
« délivrer. .. [W. liv. 111, p. lli.) 

' Enfin on a écrit délivrer pour - déli Itérer, résou- 
dre. ' EUinde se délivra {'^j à la mort aflin que riens 
« en son cjrps ne soulîril dont elle peut être 
« accusée de péché. » (Ilist. de Floridan, p. T2i.) 

Delobbé, adj. Maltraité, insulté. 
Ainsi serai je rega;dez 
Des uieilisaus et delobcz. ^Hist. des 3 Maries, p. 410.! 

Deloior, s. m. Intervalle de temps. Nous avons 
vu deloier pour différer sous Delaier. De là on a fail 
le substantif deloier pour délai, intervalle de lemps. 
« A '27 jois de novembre meil le l'oy a lot son osl 
" por aler à la Mansor [Mansourah] et fu là -li. jors 
■■ de deloier. » iCout. de G. de Tyr, Martene, l. V, 
col. 733.) 

Deloy, s. m. Déloyauté. Péché contre la loi, 
Diclionn". de Borel, qui cite ces vers du Roman de la 
Rose : 

Tous ceux qui auront par desloy (6) 

Relenqui ta divine loy. 

Deloyer, v. Délier. (Borel, Dict.) 

J'ay a nom Pierre Gentien, 

Qui sui loié de tel lien 

Dont nus ne me puet deloyer. 

Faudi. Lang. el Pocs. fr. p. 207. 

Deli'oter, v. Céder, abandonner. Ph. Mouskes, 



(,t) Dans une vie ms. de J. C. (Du Cange, II, 787, col. 2) on lit : « Bien m'ont servi et délivré, Fors Judas le maleuré , Qui 
me trait et vergonda. Et as félons me dt:livra. » (N. E.) 

(21 Etsehàtpr: « vous, seigneur cardinal, rfe/iurés de faire pape, car trop vous y mettez [suppléez de tempsj. -a ■ 
(Froissart, IX, 49.) (n. e.) , ., . j- , ,r. • .. 

(3) C'Pi*t-àdirfe juger sans appel: « On ot constl que on délivrerait par jugement le conte de Arondiel. » (Froissart, 

(4) « El 11 autre jouèrent as dés, qui ne s'en [de leur argent] savoient comment délivrer. » (Froiss.. H, 94.) (N. E.) 

(5) En ce sens, la forme est réfléchie : « Et il leur pria qu'il s'en volsissenl délivrer tomprement. » (Froiss., II, 450.) (N. E.) 

(6) La Chron. des ducs de Normandie donne deslei, deslmj. (N. E.) 



DE 



45 



DE 



en parlant de Clotnire qui lit don de l'Auslrasie à 
sou lils Uagobei l, dit : 

A !*oii vivant li dulrola 
Toute la liere li'Osterike. 

1. Dels. Lisez d'eps et voyez eps ci-après. On 
Jit " vassiaux dels » dans la (luiil. de llaiiiaiil, au 
Cdul. Geu. l. I, \). 815. Lainière observe dans son 
Gloss. qu'il l'aul lire •• vassiaux d'els » pour ruches 
à miel. 

2. Dels, s. m. Deniers ^1). Il semble quecesoil le 
seusdccc mol, dans le fabliau de Courtois d'Artois 
qui csluue imitation de reufaul prodii^ue; on y lit : 

CiiMiit joie a de sa borse eiillée : 
Ainsi erra celé jornée; 
Ne ciiitle qiie jamais li faille; 
Diex taiiz escoz lie ilels el maille ! 
Quant auron nos tôt ce gaslé ? 

Déluges m. Destruction, ravage, désordre ("i)' 
calamilo. Dans la [''ai'ce de Pathelin, le drapier, se 
plaignant du berger qui lui a voit lue ses moutons, dit : 
Il en a faict un tel dclmje (.3) 
De brebis et de mes moutons. 

Pasqiiier, parlant du siège (jue lirent les chré- 
tiens devant Affrique, ville des Sai-razins en Barba- 
rie : •• En ce peu de temps il lit plus de déluge à 
u la ville (lue n'en avoient l'ail tous ces grands 
« debords barharesques que jay présentement 
«' recités. >• iPasi. liech. liv. 111, p. 119.) l'asquier 
reproduit ici l''roissarl: « Les Sarraziiis eui'ent un 
« conseil entre eux que sept ou huit jours ils se 
« reposeroieiil, ne [loiut l'ost des chresliens ils ne 
« reveilleroyent, n'écarmoucheioyenl : el qu; -j] 
M les creslieiis tous à repos eslre cuideroyeiil, sur 
« le point de ininuit sur eux viendroyenl el puis 
« les assaudroyent, et grand (télug'e d'eux ils 
« feroieiil. « (rruissarl, liv. IV, p. 8o.j 

Car ils feroient trop de maulx et déluges. 

Vig. de Cliarles Vil, l. Il, p. 181. 

[ilestre du déluge , surveillant des levées et 
digues, le long d'an lleuve: •< Laquele information 
« fust fêle diligaumcnt par fiere Baudoin, nu'Slre 
« du déluge et par Robert jadis clerc de la prevoslé 
« de Montleheri. « (Du Gange, il, 800, col. 1, 
an. I"2ti3.] (is. e.) 

Déluyer, v. Dévorer. Oudin le rend par dilu- 
viare qu'il explique dans son Diclionn. italien par 
« deluger, manger excessivemeni, dévorer. » 
Dehiiter, i». Contester, (f*. Labbe, p. ô22.) 
Delusoire, adj. Trompeur. « Chose dehinoire 
» el illusoire el à proprement parler une vraye 
« dérision et mocquerie de justice. " (Juven. des 
Urs. llisl. de Charles VU, p. 215.) 



Delustrer, v. Oter le lustre. Effacer l'éclat (4). 
(Poës. de Loys le Caron, loi. 72., 

Deliivie, s. m. Déluge. « En après le deluvie •■ 
après le déluge. Hist. de la S" Croix, ms. page 12.) 
De là, on disoit « au deluue » pour inoiùlalion, 
débordeuienl. .. Ne lienL un jamais plaids par jour 
« d'aposii e ne par au déluge ne en aousl, el se no 
« plaid on point se la cause ne moult de fonds eJ 
« héritage. » (Coût, de LNyclle, au i\ouv. Coût. Gén. 
t. 1, page 397.) 

VARIANTES (5) : 
DELUVIE. Hist. de la S"" Croix, A!S. p. 12. 
DuLuvE. S. Hern. Serra, fr. MSS. p. 337 (6). 
Deluye. Nouv. Coût. Gén. t. 1, p. 3'J7, col. -1. 
DiLUGE. Poës. MSS. d'Eust. DlscIi. fol. 257. 

Delyonnei*, v. Perdre le caiaclère de lion. 
Mol factice qu'on trouve dans une des comédies de 
Thomas Corneille. 

Quand un cœur est lyon, j'ay lame leoparde ; 
btiymmez le voslre, ou nargue à leurs alirails. 

Le Geulier de soi-mènie, aite 3, se. W. 

Demage, s. m. Dommage. (Ord. des R. de Fr. 
t. 1, p. G85.) 

Demain, s. m. Ce mol vient du mot ■ main > 
qu'on a dit pour » malin ■>. R. Est. dans sa Gram. 
fr. p. 87, le fait venir du latin de el niane. 11 
subsiste, mais il nous fonrnit plusieurs expressions 
qui ne subsistent plus. 

1» « Al » ou » el demain ■> pour le lendemain. 
(Ph. Mouskes, p. 251.) 

2" « iNe demain ne hier, » ni futur ni passé. 

Jésus Clirist qui n'a dumain ne hier 
Car sou temps est toujour.s présent. 

Les Marg. de la Marg. fol. 54, R-. 

3° '< Avoir de demain, » un délai certain. 

Car homme n'est qui ait point de demain. (E. Desch. 145.} 

» iSous n'avons point de demain, et meurt sou- 
« vent le jeune devant le viel ". (Doclr. de San. 
fol. '.G.) 

A° '• L'aulre demain ",1e jour qui suit le lende- 
main. (Hist. de Loys III, duc de Bourb. p. .361.) 

[)" " Ungdeces demains » et « ungjourde ces 
« demains », comme on dit vulgairement un de ces 
malins. (Grelin, p. 124.) 

G" " Soirs ou demains. » En quelque temps que 
ce soit. 

Soit jour ou nuyt, soies ok demains. 

Cliasse et Départie d'aniour«, p. 84, col. ^. 

70 .. Je vous vi demain », façon de parler ironi- 
que qui répond à celle des Itiliens a luca ti vide. 
(Oudin.) 

1. Démailles, m. Domaine, seigneurie, posses- 
sion, pruprifte. (Dicl. de Borel, d'Oudin, de .Nicot. 



(1) Lisez dedens pour dedans [la bourse]. (N. E.) 

(2) On lit encore dans G. Guiart (v. 2106"J) : « Et peurcus de leur delugen ; Car Ils ne voient nus refuges. » (N. E.) 

(3) Ailleurs il dit : « Se je ne te scay emboucler Tout maintenant devant le juge, Je prie à Dieu que le deliige Coure sur 
moi, et la temp"ste. » (N. E ) 

(4i M"» de Motteville (p. 12) emploie ce mot au figuré : « [Anne d'Autriche] est paresseuse ; elle n'a point lu • cela toutefois 
ne la deluntrc point. » (N. E.) ' 

(5i On lit dans Froissart (éd. Kervyn, II, 10) : « Apriès le dehiorc et que Noés el se génération eurent repeuplé le monde. ■> 
M. Sim, Luce édite deliuvre ; je préférerais deluivc, qui par chute du v nous mène à deluie, deluye. (n. e.) 

(6) « Noé conduist l'arche par mei lo péril del duiuve, en cui je reconois la forme de ceos qui sainte iglise ont à 
governeir. » i.Ed. 566.) Dans la bataille d'Aliscamps (v. 86:B4), la forme est delouve. (n. e.) 



DE 



- 46 



DE 



— Du Gange, (Jlossaire lalin :uix mois Deinanium, 
Demainuui, Deinoenium, Dominicale, buminium, 
Uominicaturn.) (1) 

Loeys vint en son deuiagiie 

Ais et Baiuviere et Alemagne. (l'Ii. Xfimskes, p. 35i.} 

'■ Le (le mairie oA revenue du prouffitet emolu- 
« ment des monnoyus. » i,Ord. des R. de Fr. l. 111, 
page 266 ) 

L'acception générale du mot domaine a été spé- 
cialement appliquée au domaine du roy. « On appel- 
. loit ancieiinemeni l&domahie (2) de la couronne, 

Ihresor, comme estant le viay Ihresor sur lequel 
' nos roys dévoient establir le fonds de leurs des- 
. pences, et de cette ancienneté encores en avons 
. nous celle remarque eu la Chambre des Gomples 
. de Paris, parce que entre les six chambres des 
« auditeurs, il y en a une particulière que l'on 
« appelle la chambre du Ihresor, en laquelle on 
.. doit distribuer tous les comptes concernans les 
« domaines. » (Pasquier, Recli. p. 83.) « Au demeu- 
<' l'ant quant à la chambre du Tbresor où nous 
<< voïous aujou'd'buy quelques conseillers qui 
.- jugent du domaine, c'est une invention moderne 

• trouvée par le roy François premier et mise eu 
■ oeuvre pour trouver des deniers. » (Ibid. p. 84.) 
. La multitude des procez lit faire trois chambres 
.. des Euquesles et par François premier du nom, y 
I fut adjouslée la quatriesme que l'on appelle du 
'■ domaine parce que sous le nom et préte.\le du 

• domaine il trouva celle invention pour tirer 
.' argent de vingt nouvelles conseilleries qu'il 
<- exposa lors en ventes. « (Ibid. p. 60.) 

Le mol domaine éloil aussi un terme decoutume 
et comme tel il avoil différentes acceptions qu'on 
peut voir dans (Laur. (jloss. du Dr. fr.; Baissel, sur 
les Fiels, page i'id. — Du Gange, Gloss. lat. au mol 



Doynanium.) Demaine est distingué de ferme, dans 
hymer, l. 1, p. î5, lil. de l'iJO. 

VARIANTES : 
DEMAINE. Vig. .i» Charles VU, t. I, p. 5'2. 
Demakne. D. Morice, Hist. di> lîret. col. 5)83, tit. de iî62. 
Uemainne Uuchesne, Gén. de Cliastillon, p 46. 
Demenf Kniii. de Brut, MS. fol. 21», V» col. 1. 
Uem.vyene Dicl. de Borel cl de Corneille. 
Dkmagne Ord. des R. de Fr t. I, p. 800. 
Demaignement. Rom de Rim, .MS p 83. 
Demain, Dk.mainer. Loi.\ Norm art. 18 (3). 
Demobne. Dict. de Borel et de Corneille. 
Demoine Duchesne. Gén. de Bai-le-Duc, p 33. 
Domaine. Orth subsist. 
DoMiNiu.M. Méin. de Sully, t. VI, p. 179. 
Dominion. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 98. col. 3. 
Dominage. Mém. de Secousse sur l'Hist. an 1358. 
DoMAiGE (lisez domaiiirie.) Not. du Rom. d'Alex, p. 107. 
Domengne. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 87. 

2. Demaine, adj. Qui appartient au seigneur. 
Qui est de son domaine. iDu Gange, Gloss. lalin au 
mol Dominicus.) " Le seigneur dcmanier « ou 
seigneur profitable ('<) « est celuyqui jouyst du fief 
» ou du fonds et des fruictsqui en dépendent: et 
•■ toutes fois, ils sont obligez au seigneur direct, 
« c'est à sçavoir en foy pour raison du fief, et 
« encensive, pour raison du fonds. > (Gr. Coût, 
de Fr. p. 113.) 

On disoil « homme demainne » pour vassal, 
homme du domaine. 

Cruauté 

Fait, qui ocist son liete home demainne. 

Poès. MSS. avant 13u0, t. I, p. U. 

De là, ces expressions : 

1" « Par sa bouche demayne, » par sa propre 
bouche, par sa bouche même. (Britlon , des Loix 
d'Angleterre.) 

Demeyne se trouve pour propres, mêmes, dans 
Rymer, t. L p. 11'», col. 2, lil, de 1-270. 

2o» Asescostagesrfe?weJ7ies, » à ses propres dépens, 



(1) Demaine signifie encore : 1» Autorité suzeraine : « Berwich avoit tousjours esté dou demainne ses ancliisseiirs rois 
d'Escoce. » (II, 248.) 2° Propriété particulière: « Et convenoit la roine vivre de son demame. » (II, 27 ) 3» An point de vue 
de la propriété qu'on ne sépare point nettement de la possession, on distinguait le domaine utile, le domaine direct ou. 
émineni, le domaine utile et direct Le domaine uttte que concède au censitaire le suzerain, détenteur du domdne éminent, 
est muable ou non muuble, selon que la redevance est fixe ou mobile ; il est congéuble parfois , comme en Bretagne. Seul 
le posses.seur d'alleu réunit le domaine utile et direct, (n. e.) 

(2) L'administration domaniale de nos rois comprend quatre périodes ; à l'origine, le roi trouve dans ses domaines 1ns 
principales soiuces de ses revenus. Cependant il lève quelques impots extraordinaires, aides ou maltotes. Depuis le roi 
Jean (1350), les impôts extraordinaires se multiplient et deviennent en fait permanents; l'administration du domaine et 
celle des finances sont parallèles. Depuis François I", les impôts exiraordinaires sont des plus ordinaires et les deux 
administrations se mêlent. Enfin rétablissement des fermes générales inaugure la quatrième période. Pendant la première 
période, IfS baillis centralisent les recettes du domaine et les impôts extraordinaires , prélèvent les sommes nécessaires 
à leur administration particulière et envoient à Paris, deux ou trois fois l'an, l'excédant possible des recettes, joint à des 
rouleatix de parchemin sur lesquels ils dressent l'état de leurs dépenses et de leurs recettes , et établissent pour la 
Chambre des Comptes une comptabilité en partie double Ils sont donc à la fois receveurs, payeurs et comptables. 
S' Louis, Philippe-le-Bel, Philippe VI tendent à leur substituer des receveurs ou même des compagnies de banquiers 
Lombards. Pemlanl la seconde période, le receveur est remplacé pour la perception par un feruier ; il dépose Vexcédant 
des recettes au Trésor, où elles sont encaissées par des trésoriers et maniées par un changeur, tandis que la Chambre 
des Comptes en surveille la gestion et la comptabilité. Enfin François I", en 1542, crée seize recettes générales ordonnées 
et administrées par un trésorier général des finances, qui agit à la fois sur le domaine et les « finances » ; le produit net 
de ses recettes est versé aux mains du trésorier de l'Epargne (1522>, qui devient le trésorier de l'Etat et centralise les 
produits du dmnaine à la place du changeur du trésor, ceux des impôts extraordinaires à la place du receveur général des 
finances. En IGISi, les receveurs généraux sont remplacés par des receveurs des bois et domaines qui payent les pensions 
et annuités remontant au moyen-âge, alors que le roi établissait telle pension ou telle rente sur une partie de ses 
domaines, (n. e ) 

(3) « E poi le ilener que li seignurs durrad, si erent quites ceuls qui meinent en soun demiine. » (n. e ) 

(4) C'est aussi un grand vassal (Partonopex v. 426, 1334). « A lui se tiennent li demaine et li per » (Loherains, Du Gange, 
II, 790. col. 2 ) Les auteurs anglais l'emploient souvent pour suzerain, suzeraine (Du Cange, II, 916, col 3) ; ailleurs, il est 
synonyme de propre: c/(ose ((exiaine (Renart, v. 15949); camôrc demain» (Flore . v. 245'2); oncle demmaine (G. Guiart , 
V. 123'7). (N. e.) 



DE 



-AI- 



DE 



dans une citation du Gloss. lat. de Du Gange, au ; 
mot ( oskKjii.ni. 

a» •• l'ar son fait demesne, » par son propre fait. 
(Tenuresde LitU. fol. 3.) 

4° " Terre demnine, » terre domaniale, propre. 
(Rom. de Brut, fol. 1(9.) 

5° » En di'viainue, >> en demanier, en propre, en 
personne. Ainsi Ion disoil : 

Es vous la sprour Carlemainne 

La niere Rollant en demaïune. (Mouskes, p. 340.) 

VARI.4NTES : 
DEMAINE. Poës. MSS. av. 1300, l. II. p. 843. 
DejMainne. Pli. Mouskps, Ms. p. 24<l. 
iJiiMEVNE. Biilt. Loix d'Aiigl. fol. 125, V°. 
llEMESNE. TiMi. de Lilll. fol. 3, K". 
Dkmoine. l-'Ioreel Blaiiclief. MS. d3 S. G. fol. 203. 
IiKMANiEH, UE.MENiEtt. Gr. Cuut. de Fr. p. 63 et 113. 
lioMANiAS, jiiur. Ord. t. V, p. 479. 
DOMANIEK. Laur. Gloss. du Dr. fr. 

1 . Deinainement. [Intercalez Demainement, 
condnile d'une alîaire : 

Je suis plfge, messires, par droit accordement, 
Pour la p:iix bien tenir, voire par un couvert, 
C'on devoit avoir fait tout 1p demahiement 
Dedans un certain jour qui fu dit piaillement. 

Chr. de Du Gwsclin (Du Cangt-, 11. S17, col. 3).] (N. E.) 

Demainement, adv. Mêmeinent, proprement, 
principalement, parliculièiement Du Cant;e, qui 
l'écrit dumainonent àiuià son Glossaire sui' Ville- 
liardouin , s"esl trompé en l'expliquant par « en 
cacliette, sans bruit, clam. » «.... Or oiez les mira- 
« des Nosti'e Seigiior, com eles sont lieles toi ;iar 
" toi là où il plaist. Celé nuit domagenierU [M. de 
« Wailly éiliie doinaigtiement (§ 182)], l'empeieres 
» Alexis de Conslantiiiople prist de son liesor 
« ce i|u"il en pot porler, et mena de ses gens avec 
• lui qui aller s'en vokirent. » (Villehard. p. 73.) 
« Par le conseil et par le consentimenl as autres, 
« lin soir a !a mie nuit, que l'empereres Alexis 
« dormoit en sa cliambre, cil qui garder le dévoient, 
« (Morcuiles demaniemcnt et li autres qui avec lui 
« esloieiit) le pristrent en son lit el le gittereiil en 
« un ecliartre, en prison. » (Villehard. p. 89.) [Ed. 
de Wailly, §'222] 

Denialayser, v. Guérir, faire cesser le mal être. 

Ou.'<nd telz ennuiz iVoJi'i/nyseï' j'efforce. 
Je suis surpris d'une amoureuse force 
Qui en langueur redouble mes tourmentz. 

Poes. de Loys le Caron, fol. 25, R". 

Démancher, v. S'ébranler i^i). tlommeon diroit 
bi ailler dans le manche. (Contes d'Eulrap. p. 255) 

Demande, s, /'. Ce mot subsiste sous celte 
orthographe ; comme terme de droit, il s'employoil 
autrefois pour « acuon, « dans Beaumanoir, au 
chapitre VI, « Des demandes. » Elle» sont ainsi divi- 



sées : « Trois manières de demande sont, les unes 
« sont appellées personex, que li clerc apelent 
« action personel, les secondes sont demandes 
« réelles, les autres sont im liées, c'est à-dire réelles 
•' et personneles. » (Beauman. p. 43.) (2) 

Car tel sont li usaige ; 

C'on ni puet mais, sans dfimunt, riens trover. 

Po«s. MSS. av. 13U0, t. 111, p. 981 [Romancero, p. 84j. 

Demandé, ;w?'^ Interrogé, questionné. ■ Eulx 
" ven.ins el demandez respondireiil d'une bouche 
« el dirent, aussy vray que d'Israël vit, aussi vray 
« est que maniléstement nous vismes .lesns avec 
" ses disciples montant au ciel. " (Perceforest , 
vol. VI, fol. 124.) 

Demander , v. Appeler *. Accuser , repro- 
cher ^. Adresser '^. 

* Ce mot subsiste dans divers autres sens. On 
s'en est servi pour •< appeller. « Ainsi, dans les 
Coules de Desperriers, t. 1, p. 151, ou lit d'ordi- 
naire, " dans une paroisse du diocèse du Mans que 
» l'on appelle S. Georges; « et dans des éditions 
antérieures on trouve : <• Que l'on demande Saint 
« Georges. » 

^On adit aussi demander[S] pour « accuser, repro- 
cher. » Jean Desma els, un des memlires les pins 
respectables du parlement de Paris, et qui s'éloit 
signalé pour le service des rois Philippe, Jean el 
Charles V, éfant prêt d'être décollé par l'ordre de 
Charles VI , en 1382, dit : « J'ay servy au roy 
« Philippe, sou grand ayeul, au roy Jehan, et au 
« roy Charles son père bien el loyaument n'onc- 
» ques trois rois ne me seiirent que demander (4) : et 
" aussi ne feroil cestuy, s'il avoit aage et con- 
« gnoi.ssance d'homme. ■> (Froiss. 1. II, p. 233 ) 

'^ Enlin demander s'est eifiployé pour >■ adresser. ■> 
« .... 11 lui donnoit tousjours à la visierede l'armel, 
« et pour ce qu'elle ne lenoit guères l'autre l'em- 
« portoit, el sa lance no luenoit point, et l'ancien 
« homme d'armes deinaniloU tousjours autour de 
« la visière de son homme. « (Le Jouvencel , 
MS. page 358.) 

Nous remaïquerons plusieurs expressions sin- 
gulières : 

1" « Et qui me demanderoil, elc. » Expression 
très souvent repétée dans Perceforesl : « El qui me 
" demanderoit qui la demoiselle esloit, je diroye 
» que c'esloit celle que le roy Alexandre délivra à 
" l'entrée de la caverne. » (Percef. vol. 1, 1° 71.) 

2" « Demander de quelqu'un, » pour demander 
des nouvelles de quelqu'un, s'en informer (5). « Us 
« demandèrent du roy de Castille et où on le Irou- 
» veroit. » (Froissarl, liv. III, p. 110.) " Vindrent 



(1) On lit dans G. Guiart (ms., fol. 319): « Li boucliers sont (lcsma>ivhiés ; Les targps fraintes et fendues )) ; dans 
-reiceforesl (I, fol. 67) : « Lors trait l'espée et lierl l'autre sur le dextre bras et luy fait voiler emmy la place; quand celluy 

BP sentit desmuvché du bras » ; dans Coquillart (Monologue des Perruques) : « Si l'instrument ne se desmanche. » (N. E.) 

(2) On y lit encore (XXI, 321: « Si compaiynon ne poenl fera demande contre li , puisque il meisme a damace en la 
coze. » (N. E.) 

(3) On lit déjà dans Partonopex (v. 2449): « Mes Faburins que demandé'!, Que baceler par gab nommés. » (n. e.) 

(4) Froissart l'unit souvent à encoulpé [iiiculpej : « Nul ne soit demandé ne encoulpé de ceste dolente adventure. >i 
(Xv , 90 ) i»ei/iaH(/ef une chose à quelqu'un, est la lui mettre à charge: « Que demande on à monseigneur Olivier de 
Clithon? i>(IV, 199.)(N. E.) 

(5) Ce sens est déjà dans Roland (str. CCLXX) : « Suer, chère amie, d'home mort ne demandes. » (n. e. 



DE 



DE 



« en la cilo do F.ondres, si rlonutideroU du loy et 
> li") où il esloit. H (Id. liv. I, |i. 300.', ■• Oii(|ues ne 
« Ini dcmmuta du roy. » (P. .1. de S:iinlré , p. 587.) 

3° >• Rn demander à quehiu'iui. ■■ Demander son 
avis, son opinion. « C'est belle chose ve.iir la clarté 
« dn (vin et escns) soleil. J'en demande à l'avenglc- 
.. né. " (Habelais, t. 111, Trolos;. p. 111.— Voyez la 
note de l'éditeur, p. Il, note 2.) 

'i" •' Demander la coiilpe, ou sa coupe, « pour 
imputer la faute. (Voyez Perceforest, vol. Il, fol. 31 ) 
On lit « coupe, " dans Baudel de la Quarriere, 
parmi les Poës. .ms. av. 1300, t. Il, p. G97. 

5" " En non demander, » c'est-à-dire de son 
propic mouvement, sans en avoirété requis. « Lors 
« elle print le cliappelet par dessus son diief, et 
" l'assiel sur le chef Norgal et disl : Sire je vous en 
'< charge mou chafiellet, <'?; ho« deinander sur voire 
<' chevalerie et sur Thommage que f.iil me avez 
•> pourle rapporter à l'heure que dist est. » (Percef. 
vol. V, fol. 77.) 

Proverbes : 

1". « Assez demande qui se complainl. " (Percef. 
vol. V, fol. 27, R°col. 2.) 

2°. •• Qui ne demande rien, ne sçait rien (dit-on). 
(Sag. de Charron, p 53i) ) 

3°. « Les choses vallent bien peu si elles ne valent 
« le demander. » (Loisel, Inst. Coût. t. Il, p. 201.) 
Conjugaison : 

Demaint, ind. prés. Demande. « Se je 'I de- 
» maint..... » (Fabl. mss. du R. ii" 7989, fol. 63.) 

Oemanc, ind. prés. Demande. « La mort d'aus 
« tous li demanc. « (Ph. !\lousk. p. 230.) 

Demandeie, imp. indic. Je demandois. « Si je le 
.■ demandeie. » (Urd. des R. de Fr. t. 111, p 29,V) 

Demandesiez , imp. du subj. Demandassiez. 
Villehard. p. 29.; 

Demandissie7c. Demandassiez. (Fabl. mss. du R. 
n''7615, t. 11, fol. 169 ) 

Déniant, prés. ind. Je demande. Je vousdemant. 
(Ord. des R. de Fr. l. 1, p. l'd.) 

Demand (ait), pour ait demandé. (Loix iNorm. 
art. 42, dans le latin petierit ) 

Demandeivet, pour demandoit. (S. Bern. Serm. 
fr. MSS. page 379. i 

Demandevel, pour interrogeoit. (Id. p. 187 ) 

Demandission, pour demandassions. (D. Morice, 
Hist. de Rret. col. 90i, lit. de li56.) 

Demandoe, pour je demandois. (Duchesne, Gén. 
des Chateigniers, p. 28, tit. de 1246.) 

Demanderres, s. m. Demandeur. " Et par cet 
« establissement doitestre enseigné li demanderres, 
« et li deffendieres à soy deffendre. •■ (Ord. des R. 
de Fr. t. 1. p. 107.) Ce mot subsiste au barreau sous 
la dernière des orthographes que nous citons. Il 
vient de l'usage des gages de bataille où le deman- 
deur é\.o\i celui qui accusoil et le deffendeur celui 
qui étoit accusé et qui se défendoit. (Voy. Lanc. du 
Lac, t. 111. fol. 148.) 



Demangerie, s. /'. Démangeaison. On lit dans 
Cotgrnve « Dcmangeson de de'ns , « pour rage 
de dents. 

Demanoi.s, rt'/i'. Sur le champ, incontinent (J), 
aussilôt. Il faut peul-élre lire en deux mots de 
manois. (Voyez Manois.i 

Demanois ses espRrons chauce. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 12-2, V- cnl. 3. 

Démanteler, v. Oter le manteau *. Séparer^. 

* Voyez, sur le premier sens, qui est le sens 
propre, les Dict. de .Nicol et Oudin. Curios. fr. <■ Le 
« misérable démantelé {'î) et dévalisé, eut congé de 
« s'en aller chercher un aiilre manteau. « (Moyen 
de parvenir, p. 243.) 

^ En généralisant racceplion , ou la prenant au 
figuré, on a dit démanteler pour >■ séparer » et se 
démanteler pour ■■ se séparer, se détacher, se sous- 
traire. » « Jamais homme de bien ne se démantela 
« de l'obéissance de son prince. " (Lettres de 
Pasquier, t. 11, p. 3i3.) « Une infinité de villes se 
« desmantelent de l'obéissance de leur roy. « ilbid. 
page 59.) 

Nous disons encore « démanteler une place, » 
pour lui ôter ce qui la couvroit, détruire ses fortifi- 
calious ; application figurée du sens propre et 
primitif « ôter le manteau. >> 

Demantelleinent, s. m. L'action de démante- 
ler, de détruire les forlilications d'une place. (Dict. 
de Cotgrave et d'Oudin.) « Les contreseings neces- 
« sairespour le demantellement de Blavet. » (Mém. 
de Bellievre et de Sillery, p. 579.) 

Denianiier, v. Sortir de la main. Ce mol étoit 
encore en usage du temps de Pelisson. Il dit dans 
son Hist. de Louis XIV, t. 111. p. 195 : « Comme ils 
« parloient ù demanuer cette somme , c'est-à-dire à 
" la laisser soi tir de leurs mains, etc. » On lit aussi 
dans la Coutume de Bruxelles : « Les lettres de 
» contitutioii de rente estant perdues ou demanuées 
<■ il est permis aux créditeurs de renies on cens de 
« faire ailhoiiser leurs partages, transports ou 
« au Ires mu ni mens au theulicq lies passez ou approu- 
« vez des eschevins de la ville pour à faute de 
« payement procéder avec iceux par voye d'execu- 
•■ tion sur le pand oblitié. >> (Coût, de Bruxelles, au 
N. Coût. Gén. l. 1, p. 1248, col. 2.) 

Demaraiidé, iiart. Qui cesse d'être maraut. 
Mol factice dans une comédie de Thomas Corneille. 

Ce n'estoit qu'un maraut. mais il a tait fortune : 
Puisqu'il a du rloiizain, il (?st itemantudé. 

Th. Corneille, La Cointese d'Orgueil, acte 1, scène ;!. 

Demariage, s. m. Dissolution de mariage. 
Deinarteler, v. Tourmenter, martyriser. 

Et quant m'ot tant dumarlelée. 
Si m'a après ointes mes plaies. 

Fahl. MSS. du R. n" 1318, fol.^12, R' col. 1. 

Demasquiné, adj. Damasquiné. (De la Porte.) 



(I) La Chron. des ducs de Normandie donne demancs. » (n. e.) ■ . ^ o v 

(S") n Eni;ore ne nous apperceusmes nous d'estre dcmaiitelez qu'à la seconde poste. » (D'Anbigné, tcf.ncste, I, 3.) (s.E .) 



DE 



- 49 



DE 



Demasser, v. Dissiper. Le contraire de amasser. 

Tel avoit du bien amassé 

Qui l'a jà pieça demassé. (Roy. de CoUenje, p. 63.) 

Demassonner, v. Démolir. Monstrelet, par- 
lant des violences commises dans Paris par le parti 
Bour!iui2;non en 1418, dit : •• Allèrent à la basse- 
« court de la Bastille S' Antlioine, et demandèrent 
« qu'on leur livrast six prisonniers, qui estoient 
« céans, ou sinon ils assaudroient la place et de 
« fait commencèrent ;"! demassonner la porte. » 
(Monstr. vol. I, fol. 270, K°.) « Jurèrent qu'ils abba- 
" teroienl la place, ou qu'ils les auroient, et de fait 
n commencherent à desmaehonner. » (.1. Le Fevre 
de S. Rem. Hist. de Charles VL p. 18.) 

VARIANTES : 
DEMASSONNER. Monstr. vol. I, fol. 270, V°. 
Desmachonner. J. Le Fevre de S. Rem. Hist. de Ch. VI. 

Démembrer. [Intercalez Démembrer, démolir, 
dans Garin Loberain (1, 12): 

Por le mortier ardoir et démembrer.] (n. e.) 

Demenable, adj. Léger, agile. (P. Labbe, Gl.) 

Demenc, s. m. Sorte de mesure. Du Gange, au 
mot Demencus, le » dément, » sorte de mesure de 
froment dans le Foretz. 

Demenchée. [Intercalez Demenchée, mesure 
à rapprocher de demenc: >• Ung champ contenant 
entour neuf démeneliées de terre jousie les terres 
« du lieu de Yernet. » [ii. 109, p. 93, an. 14(19.) On 
lit demenchie au reg. JJ. 1C6, p. 272, an. 1412: 
«s Item une terre contenant une demenchie de terre 
« ou environ. ■■] (n. e.) 

Démenée, s, f. Menée, procédé, façon d'agir*. 
Procédure °. 

* L'acception très générique de ce mot, l'a rendu 
autrefois d'un grand usage; ainsi on disoit « le 
« demenement de ses amours " pour la façon dont 
on se conduisoitdans ses amours. (Contes de la R. 
de Navarre, t. 11, p. 14G.) 

Et (jue dira dont Carlemaine, 

Qui par son travail et dcmaine 

Tante tierre à Dieu ramena 

Et tant home a luy rasena. [Ph. Mouskcs, p. iOO.J 

« Recita tout le démené de la matière. » (Juven. 
des Urs. Hist. de Charles VI, p. 112.) « Leur chan- 
» terent l'évangile des Vierges, c'est du démené de 
« la guerre. » (P. Defrey, à' la suite de Monstrelet, 
fol. 110, V°.) 

^ Demenement, (\\x\. comme on vient de le voir 
dans l'usage ordinaire signifioit « procédé, » en 
termes du barreau signifioit par conséquent « pro- 
« cédures, » poursuites faites en justice. (Laurière, 
Gloss. du Dr. fr.) 



DEMENEMENT. Contes de la reine de Nav. t. II, p. ViC. 
Demainement. Fabl. MSS. du R. n» 7218, f» 172, V" col. t. 
Demaine. Ph. Mouskes, MS. p. 106. 
Demeine. Rritt. Loix d'Angl. fol. C8, V». 
Demainne. Font. Guer. Très, de Yen. MS. p. 16. 
De.mené. La Jaille du Ch. de Bat. fol. 35, R». 

Démener, v. Faire, traiter, mener, conduire*. 
Agiter, remuer^ (1). 

*Ondonnoit à ce verbe un sens presque aussi 
générique que celui de notre verbe « faire; » ainsi 
" f/fwcHc;" un jugement, » c'étoit juger. « Lejuge- 
« ment de la propriété sera fait et démené. « (Ord. 
des R. de Fr. t. 1, p. 589.) On lit dans le latin a(jita- 
bitur. " flé-HiCH^?' des causes », c'étoit les traiter, 
les plaider. « Espéciaument des causes qui doivent 
« esli'e démences en pailement ou devant les baillis 
« ou les senoschaus. » (Ibid. p. 075.) « Laidement 
« démener quelqu'un, » c'étoit le maltraiter. 

Cil a moult tous lez bons laidement démenez. 

Rom. de Rou, MS. p. 02. 

« Démener l'amour, » c'étoit faire l'amour. 
(Faucb. Lang. et Poës. fr. p. 153.) (2) 

^ On disoit aussi démener dans l'acception parti- 
culière d'agiter, remuer. Ainsi en parlant du corps 
d'Isabelle de France après sa mort, son historien 
dit : « On la démena tant, >• pour on l'agita tant. 
(Vie d'Isabelle, à la suite de Joinv. p. 175.) « La sen- 
» sitive de soy sans instruction faict aux bestes et 
« en l'homme remuer les pieds, les mains, et 
« autres membres, les gratter, frotter, secouer, 
<> tetter, démener les lèvres, plorer, rire. » (Sag. de 
Charr. p. 94.) 

De là se démener signifioit « s'agiter -, et comme 
c'est un signe de douleur, on disoitse démener pour 
« s'affliger, .. se lamenter. (Dict. d'Oudin.) « Quant 
« Lyonnel se fut une pièce démené, se print à 
« appaiser. » (Percefor. vol. Il, fol. 101.) « Quant 
" Lyonnel se fut démené une grant pièce, son 
« escuyer luy alla dire: se guermenter ne vous vault, 
« laissez ester : vous ne vous devez ainsi courrou- 
« cer. « (Ibid. fol. 79.) (3) 

On disoit aussi dans le même sens « démener 
u douleur, » mais alors le mot démener rentroit 
dans sa signification générique qui désignoit sim- 
plement une action quelconque, une façon d'être 
quelconque. » Quand ceux de Calais veiVent leurs 
« gens départir, si de?«e?ie/vw< grand douleur (4). » 
(Froiss. liv. I, p. 167.) 

VARIANTES : 
DEMENER. Chans. fr. du XIII^ siècle, fol. 281. 
Demainer. Geol'r. de Paris, à la suite du R. de Fauv. f« 48. 
Demainner. Ph. Mouskes, MS. p. 146. 
Demenoir. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. I, fol. 71, R» col. 2. 
Demoinner (se). Duchesn«, Gén. de Bar-le-Duc, p. 32. 



(1) Il signifie encore : i" Jlaltraiter : « Com si voisin l'ont démenée Et com il l'ont desbaretée. » (Partonopex, v. 2049.) De 
même dans Froissart (II, 32) : « Quant li rois eut entendu les complaintes de sa suer et comment elle estoit démence par 
le fait dou Despensier. » 2° Circonvenir (id., V, 94) : « Il fut tant aparlés et démenés doudit mgr. Gautier que il recorda la 
besongne ensi que elle aloit. » 3" Tirer en longueur ; « Tant fu démené.^ li temps. » (Id., VII, 147.) (n. e.) 

(2) On disait aussi démener et pourparler une paix. (Froiss., VII, 79.) (n. e.) 

(3) Froissart écrit aussi (V, 197) : « Et n'a si dur coer ou monde que qui les veist démener et doulouser qui n'en eust 
pité. » (N. e.) 

(4) Cette expression est déjà dans Roland (str. CXC) : « Plurent et crient, demeinent grant dolur. » (n. e.) 



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Deineneure, s. Domaine. Ce mol est toujours 
joint a //(' uu jei, dans l'erard, llisl. de Bourgogne, 
page r»)U. On lit » Quanque gio j'ay en fiez et en 
« demeure >> dans (Perard, Ihid. p. 449, lit. de I241.) 
« Et les liez et les (U'iiickc.j'is - dans le même lilre. 
(Ibid. |i. 'iriO.) (In lil (/('(y/(')/('«?'C dans le Cartulaire 
de la (.liaiiib. des ()'" de -Nevers, vol. IV, fol. 1. Au 
lieu de ces mots « liez et deineneures », on lit dans 
d'auties litres » fiez et cliisemens » où ce deinier 
signifie domaine aveu doiuicile. 

Deiueuguer. [Intercalez Demenguer, dévorer, 
dans le Itoman de S" Leocade {ba Lange, IV, 229, 
col. 1): 

Rome nos ret totes les mains, 

Home nos let et plus et mains ; 

Rome est si pla ene de meiigue, 

Que los ses membres denteut/ue.] (N. E.) 

Denienter (se), i'. S'emporter, devenir 
furieux *. Se lournienter ^. Se lamenter'^. 

*Le sens propre est « perdre le sens, » du latin 
ementure qu on trouve dans Du Gange pour men- 
tem uHj'erre. ^tjloss. lai. au mot Dementure.) C'est 
en ce sens qu'on disoil que « les cerfs se démentent 
" des biches , la mi-aousl passée, >■ deviennent 
furieux pour les biches, entrent en rut. (Modus et 
Racio, Ms. fol. 10.) 

^De la ce mot s'est mis pour « se tourmenter. » 
On l'a suiloul appliqué aux personnes qui se don- 
nent beaucoup de peine pour des choses dont ils 
feroieal mieux de ne pas se mêler. C'est en ce sens 
qu'on a dil : « Combien que je luy en garde encore 
« beaucoup d'autres à dire une autres fois s'il se 
'< démente plus de parler de moy , toutes fois 
« comme juge d'équité tu peux juger de son igno- 
« rance en ce qu'il ma accusé. » (Fabri, Art. de 
Rhétor. liv. I, fol. 153.) Un dit encore en Norman- 
die se demanler el se guementer pour se mêler mal 
à propos du ne chose. 

'^ Un mol qui désignoit originairement « perdre le 
« sens » peignoit naturellement les peines violen- 
tes. Un l'a vu employé pour les cerfs entrant en rut. 
On la dit plus communément pour exprimer la 
douleur, « se lamenter (1). " 

Mes je vos dis vraiement 

Que trop en sui arrière mis 

Si m'en dénient. {Poës. MSS. av. i300, t. II, p. 6S7. ' 

La dame forment se damante 

Com s'el fust au cuer moult dolente. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 5, R' col. 1. 

VARIANTES ', 
DEMEN'TER (SE). Poës. MSS. av.'lSOO, t. II, p. 537. 
Demanter. Kabl. MSS. du R. n° 7615, t. II, f» 136, Ro'col. 1. 
Debmenter. Hisl. de B. du Guescl. par Mén. p. 11. 
Desmenter. Cotgrave, Dict. 



Desementer. Percef. vol. II, fol. 101, R» col. 2. 
Hemendeu. Fabl. MSS. du R. n» 7989, fol. 60, V» col. 1. 

Denientei'ie, s. /'. Démenti." « Quant à luy 
" puisqu'il se trouve cliargé du fait et des deinente- 
'< ries, en ayant fuy le cumbal, il peut, etc. » (La 
Colomb. Th. d'honn. t 11, page 187.) » Les injures 
" légères, qui se disent par soudaine cliolere ou 
« autrement ne se repousseront avecques la 
« démentie, d'autant que cesle parole est mainle- 
« nant trop odieuse, aiiis avec une négation plus 
« douce à laquelle on ne pourra repondre avecques 
" [a démentie." (Disc. Polit, et .Mil. de la .Noue, p. 309.) 

Dementiere, adv. Cependant. Ce mot, sous les 
orlhogiaplies employées par S. Bernard, repond au 
latin eum, dum el intérim. >• Eu ce dementiere le 
« disseisor morust. " ^Ten. de Littl fol. 104, R».) 
On trouve dementre qui, pour pendant que, dans 
les Fabl. mss. de S. G. fol. 1, V- col. 1. 

Demenlrues si ont en defois 

Valencenois mis lor pais. [Pli. Mousk.p. 670.) 
VARIANTES : 
DEMENTIERE. Ten. de Littl. fol. 104, R». 
Demantiers. La Colomb. Ih. d'honn. t. II, p. 120. 
De.mantres. Ducliesne, annot. sur Al. Chailier, p. 859. 
Dementre (en). Qu'il, pour tandis qu'il. S. B. S. Ir. p. 277. 
Dementres. Mot langued. Bor. Dict. au mot Endeiiientiers. 
De.mentre que. g. Guiart, MS. fol. 22, V». 
DementRues. Ph. Mouskes, MS. p. 679. 
Andemantiers. IJict. de Monet. 
ENDEM.4.NTIERS. Petit J. de Saintré, p. 112. 
Endemantier. Gloss. de Marténe, t. V. 
Endementers. Rymer, t. I, p. 1 14, col. 2, titre de 1270. 
Endementiers. Borel, Nicot, Dict., etc. 
Endementieres. Laur. Gloss. du Dr. fr. 
Endementre. Dict. de Borel. 
Endementres. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 96. 
Endrementes. Ibid. 1'" add. au mot Endementiers. 
Entrementes. Hist. des Trois Maries en vers, MS. p. 181. 
Entrementre. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 457. 
Entrementieres. Chr. S. Den. loi. 205. 
Entrementiers. Gloss. sur les Coût, de Beauv. 

Dementoison, s. f. Lamenlation. 

Moût avoit par la terre plors et demenloisons (2). 

Rom. de Rou, MS. page 8. 

Demerguer, i'. Abimer. Du latin demergere. 

Rome est si plaine de mengue 
Que toz ses menbres demei-yue (3) 
Tost le mont mâche Rome et runge. 

Hist. de S" Lcoc. MS. de S. G. fol. 29, V col. 2. 

Demerir, v. Nous ignorons la signification 
précise de ce verbe [il est synonyme de démériter^. 
Peut-être la même que Merir qu'on verra ci-après. 

Démérite, s. m. Crime, forfait. (Dict. de Monet.) 
On trouve demeritum en ce sens dans le Glossaire 
latin de Du Gange. « Au dessus y a deux lestes, des 
'< deux meurtriers qui furent illec mis à mort par 
« leurs démérites (4). » (Percef. vol. VI, f° 2.) 



(1) On lit déjà dans Coucy (II) : « Tant ne me say dementer et complaindre. » Le verbe pouvait être suivi d'un complément 
indirect : « Après soupper il se complaigny et dementa d'acheter vin en la ville de Firaes à ladite Marguerite. » (JJ. 138, 
p. 280, an. 1390.) De même au reg. JJ. 163, p. 2, an. 1408 : « Esquelles estuves icelle Martinette... se feust dementée du 
chapperon sa fille, que elle avoit perdu. » (n. e.) 

(2) Dementoison signifie encore démenti ; « Icellui de Piz fu moult indignez et respondi qu'elle mentoit et son raary 
aussi ; ausquelles desmentoisons survint ledit Tassart. » (JJ. 109, p. 273, an. 1376.) (n. e.) 

(3) Lisez deniengue, comme dans Du Gange, IV, 229, col. 1, où Ton retrouve cette citation, (n. e.) 

(4) Ou lit déjà au xiv= siècle, dans le Songe du Vergier, d'après Dochez : « Le pape déposa le roi de France non pas 
seulement pour ses démérites ou iniquités, mais aussi pour ce qu'il n'estoit pas digne de gouverner royaume , et institua 
en son lieu Pépin. » (n. e.) 



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Démériter,!). Faire faute, punissable. (Monet, 
Dictionnaire ^ 

Demesloment, s. m. L'action de débrouiller 
ou de négocier une alTaire. " Parlant le priez vous 
« de remelu'e le demeslemeiit de l'alTaire de 
a Madame sa sœur et de M' le comte de Soissons à 
« un antre ou une autrefois. » (Mém. de Sully, t. II, 
page 104.) 

Demeurer,!). Demeurer, rester, survivre*. 
Tarder, empèclier^. Rester garant '^. Dcmorer, dans 
Saint Bernard, p. 331, répond au latin remorari, 
immomrl et deniorari (I). 

* Ce mot subsiste au premier sens sous celte 
orthographe. On trouve dimorare dans le même 
sens au Gloss. lat. de Du Gange. 

« Sans qu'aucune macule demonrasse en elle. » 
(Triomphes de la Noble Dame, fol. 187.) <> ^edemou- 
« roit pas que la renommée, » c'est-à-dire il ne s'en 
suivoit pas que, etc. suivant l'éditeur de Gérard de 
Nevers, 2° partie, p. 110. « Demoront estre, » pour 
larderont à être. (Duchesne, Gén. de Chastillon, 
p. 58, lit. de l'iC8. 

Demeurer s'employoit quelquefois comme verbe 
réciproque. Ainsi on lit se demeurer {'2) pour « s'arrê- 
ter, » dansModuset Racio, ms. fol. 36, V°. On trouve 
demorroit pour « survivroit » dans le Gén. de 
Chast. par Duchesne, p. 56, tit. de 1246. 

^ Par une extension du premier sens , on se 
servoit du verbe (/t'mcHr^'r pour» tarder, différer (3).» 
« Si n'eut que demeurer de lever sa buinière à 
« faire sonner sa trompette. » (Triomphes des 
IX Preux, p. 540.) 

•^ Demorer, pour empêcher. « Ne demorera pas 
>■ que, etc. » pour n'empêchera pas que, etc. 
(Perard, Hist. de Bourg, p. 492, tit. de 1258.) 

° On disoit aussi demeurer pour rester garant (4). 
« Dame, dist le roy, il me plaist bien , mais qu'il 
« plaise à la pucelle ; sire, dist la reine, je demeure 
« pour elle. » (Percef. vol. III, fol. 58.) On lit 
demourer en ce sens, dans Froissarl , 1. IV, 
p. 27i) (5). 

Conjugaison : 

Demeroit , imparf. indic. (Fables mss. du Rec. 
n° 7t»88, folio 57.) 

Demetirge, subj. Demeure. (Glossaire de l'Histoire 
de Paris.) 

Demeurons. Que nous demeurions. (LesMarguer. 
delà Marg. fol. 175.) 

Demeurt, subj. Demeure. (Ord. des Rois de Fr. 
1. 1, page 738.) 

Domoeez, Vous demeurez. (Poës. mss. avant 1300, 
tome II, p. 605.) 



Demoerge. Qu'il demeure (Gl. de l'Hist. de Bret.) 
Democnjenl. Qu'ils demeurent. (Britlon , Loix 

d'Anglet. folio 2.) 
Demuerra. Demeurera. (Ordonn. des Rois de Fr. 

tome I, p. 142.) 
Demoerroit, Demeureroit. (Ibid. p. 248.) 
Demoressiez, Vuuo C,^l,,^^l^/,. (Villeh. p. 77.) 
Demorgent, pour demeurent, restent, subjonctif. 

(Rymer, t. I, p. lO'J, lit. de 1268.) 
Demouerront. Demeureront. (Ord. des R. de Fr. 

tome I, p. 212.) 
Demournsse. Demeurât. (LesTriomph. de la Noble 

Dame, p. 187.) 
/>c)HO»Hc«t;s. Vous demeurassiez. (Poës. mss. du 

Vatican, n" 1490, fol. 155, V°.) 
Demonrment. Demeureroient. (Font. Guér. Très. 

de Vénerie, ms. p. 22.) 
Demourra. Il demeurera. (Ord. des Rois de Fr. 

tome I, p. 91.) 
Demourraij. Je demeurerai, (Path. Farce, p. 145.) 
Bemourront. Demeureront. (Clém. Marot, p. 54.) 
Demurgent, pour demeurent, restent, subjonctif. 

(Rymer, t. I, p. 109, lit. de 1268.) 

V.\RIANTES : 
DEMEURER. Orth. subsistante. 

De.moirer. Perard, Hist. de Bourg, p. 300, tit. de 1213. 
Demorer. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 264. 
Demorier. Rom. de Rou, MS. p. 133. 
Demourer. Perard, Hist. de Bourg, p. 482, tit. de 1255. 
Demurer. Rymer, 1. 1, p. 109, col. 1 et 2, tit. de 1268. 

Demezi, v. Se marier. C'est un mot du patois 
breton. (Du Gange, Gloss. lai. au mot Methinm.) 

Demi. On lit, dans S. Bernard, p. 34 : « Demei 
« nuz , » dans le latin semi mtda ; demeivis , 
p. 108, dans le latin semiv/vus; « demei un jor, » 
p. 226, dans le latin dimidiâ die. Ce mot subsiste, 
mais nous devons remarquer les expressions sui- 
vantes qui ne sont plus d'usage : 

1° « Jour ne demi, » pour aucun jour. 

Je n"ay repos heure, jour ne deiny. 

Chasse et Départie d'amours, p. 55, col. 1. 

On disoitde même « n'aller lieiie ne demie, » pour 
n'aller pas loin. (Hist. de B. du Guescl. parMénard, 
p. 415.) « Sans respect ny demi, « sans aucun res- 
pect. (Molière, Cocu imag. se. 16.) (6) 

« Un jeune abbé qui n'est ny prêtre ni demi. » 
(Hist. du Th. fr. t. VII, p. 250.) « Sans dire mot mj 
« demij. » (Rab. t. II, p. 190.) 

2° «i}uasi plus que demi , » presque tout ;\ fait. 
(Faifeu, p. 98.) 

3"' « Assés plus que demi, » beaucoup. (Fabl. mss. 
du R. n»7989, fol. 75, R- col. 2.) 



(1) Il signifie encore manquer de, échapper à ; « Et si ardemment y entendirent nue la ville ck'inoura à ardoir. » (Froiss., 
IV, 403.) (N. E.) 

(2) Sous la forme réfléchie, il signifie encore s'atstenir : « Et si li estoient chil doy roy si prochain que à envis s'en 
mesloit et à envis s'en di'moroit. » (Froissart, II, 481.) (n. e.) 

(3) On lit déjà dans Roland (str. CCXXII) ; « Li Arabiz de venir ne demurenl. » Par suite, il signifie rester en soulîrance : 
(' Leur chevauchie et armée dctuoiira pour le mort dou dessus dit messires Edouwart. » (Id., VIII, 118.) (n. e.) 

(4) Ou se porter caution ^Froiss., III, 59) : « Messires Jehans de Hainnau vodroit il point demorer pour vous '? » (N. E.) 

(5) « Et il en demourercnt audit roy Basaach. » (Ed. Kervyn, XVI, 40.) (N. E.) 

' (6) Il dit encore dans le Dépit Amoureux (I, I) ; « Je ne suis point de moi si mortel ennemi Que je m'aille affliger sans 
sujet ni demi. » (n. e.) 



DE 



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DE 



A' « Tant et demi, » une fois et demie, autant ou ) 
plus de la moitié. 

Cele fait pour lui tant et demi. 

Pots. MSS. du Vatican, n* 1522. fol. 150, R'col. 2. 

5° >. Mon demy, « la moitié de moi même. Terme 
•d'amitié. 

Mon Gassot, mon demy. (Belleau, t. II, fol. 5.] 

C >. Le demy l'an, » la moitié de l'an. (Jean 
Marot, p. 65.) (1) 

VARIANTES : 
DEMI. Orth. subsistante. 
Demej. s. Uern. Serm. fr. MSS. p. 34. ■ 
DiMi. Marbodus, col. 1656 et 1674. 
Demy. Riantônie. t. I, p. 2. 
Demvs. Faifeu, p. 98. 

Demiaus. [Intercalez Demiaus, mesure pour 
les £;iains, moitié [dimidium) du boisseau : « Cimi 
.1 dhuiaus de froment, un denier sus Guffroy 
<■ Menarl, un demiaus de froment sus Pierre 
« Choisnet. » (.IJ. 64, p. 448, an. 1326.; On lit encore 
au rea:. JJ. 58, fol. 63, R", an. 1320: « Item très 
« demellosseu demiaus ivnmenû etunum denarium 
« super Droetum. «] (n. e.) 

Demi-bas, s. m. Sorte de vêtement de femme. 
.. Son corps estoit avec un demi bas à six grands 
<■ lambeaux ronds de toile noire. » (Brant. Dames 
Galantes, 1. 1, p. 414.) 

Demiblans, s. m. p. Sorte de monnoie. (Du 
Gange, Gloss. lat. au mol Albi ciim scuto, sous le 
mol Moneia.) On distinguoit : 

1° « Les demiblans deniers. " (Du Gange, Gl. lat. 
sous le mot Monetn.) 

2' « Les demiblancs à l'escu. » (Du Gange, Gloss. 
latin, id.) 

Tiemi-haiut (Gaignerie de). Sorte de mesure de 
terre. On l'appeloit autrement » relail. » « .... En 
« Gastine gaignerie de quatre bœufs garnie de prez 
« et pasturages est prisée et comptée pour masure 
« de leire, e\ gaignerie de deux bœufs pour borde- 
u rie : et gaignerie d'un bœuf pour quarteron : et 
« gaignerie de demi bœuf [qm est le quart de la 
« borderie; est appellée retail. » (Coût, de Poiclou, 
au Goût. Gén. t. Il, p. 584.) 

Demi-canon, s. m. Pièce d'artillerie *. Instru- 
ment de musique °. 

* Dans l'artillerie qui servit à la défense de Sienne, 
en 1555, on Ht usage de demi- canons Ci). (Mémoires 
deMontluct. I, p. 453.) « Pour le regard de l'artille- 
.< rie, ils nous fourniront vingt bons canons, onze 
« demi-canons (ils les balisèrent ainsi par leur 
« inventaires) trente quatre quarts de canons et 
« environ quarante quatre entre sacres, faulcons. 



» faulconneaux,émériUons. et mousquets. » (Mém. '; 
de Sullv, t. IV, p. 202.) j 

° Le demi-canon étoit aussi un instrument de i 
musique. Dans un compte de 1348, sous le titre de 1 
meneslreux, sont énumérés ceux qui jouent des 
naquaires, des demy-canon, du cornet, guilerne 
Latine, de la lluste Behaigne, de la trompette, de 
la guilerne moresque et de la vielle. (Du Gange, au 
mot Ministelli.) 

Demiceiuct,s. m. Sorte deceinture*. Tablier^. 

* Sur le premier sens, voyez les Dicl. de Mcol et 
de Ménage. Espèce de chaîne d'argent en guise de 
ceinture (3). 

Tes joyaiix 

Tes bagues et tes anneaux 

Tes demiceints. (Amad. Jumin, p. i??5.j 

^ On a employé ce mot quelquefois pour désigner 
un « tablier. » (Du Gange, au mot Semicinctitim.) 

Demiceintier, s. m. Faiseur de demi-ceints. 
(Nicot et Colgrave, Dict.) 

Demi chiot. [Intercalez Demi chiot, chape ou 
manteau fourré, plus court que le peliçon : 

Car cil demi chiot ou demi pelicon 
Dont elles sont bordées ainsinc com heiùçon. 
J. de Meung, Test. 1220. [ (N. E.) 

Demi deniers à l'agnel, s. m. p. Sorte de 
monnoie. (Du Gange, au mot Monetœ aureœ.) 

Demi dixiesme, s. m. Sorte d'impôt. Gelui 
qui fut levé sur le clergé durant le concile de Bàle, 
en 1433. (Monstr. vol. II, fol. 96.) 

Demi double, s. m. Ton de la trompe. On 
appeloit demij double, en termes de chasse, un des 
tons de la trompe. (Font. Guérin, Très, de Vénerie, 
Ms. page 8.) 

Demidoulîlement des aydes. Espèce d'im- 
pôt. G'est celui dont Henri IV déchargea la ville de 
Paris en 1597. (Mém. de Sully, t. III, p. 247.) 

Demi doubles d'or, s. m. p. Sorte de mon- 
noie. (Du Gange, au mot Monetœ aureœ.) 

Demi drap, s. îh. Sorte d'étoffe. Dans leslettres 
de 1351, touchant la levée d'une aide, dans le bail- 
liage d'Amiens, on lit : « Pour chacun brassin de 
« chacun drap fait à Amiens, deux sols parisis, d'un 
Cl demidrap, douze deniers, et du plus et du moins 
« à l'avenant. » (Ord. des R. de Fr. t. II, p. 440.) 
« Le roy Charles VI, par ses lettres patentes données 
" h Paris le .13. juin 1409, octroya à l'huissier delà 
u chambre, et aux deux greffiers par manière de 
« courtoisie de chacun qui seroit nouvellement reçu 
« en conseiller et maislre de la chambre, c'est à 
<' scavoir au greffier à chacun deux demy drap de 



(1) Onlit aussidans Maehault (p. 54): « ... Je suis tout voslresfoîsrfe»»;;. » (N. E.) , . ,, . , . 

(2) Le demi-canon envoyait 16 livres de balle et portait à 8ô0 pas de 2 pieds et demi de but en blanc. Le quart de canon 
se nommait aussi persécuteur ; le canon commun se disait sifjtant ou balle-mur. (n. e.) , c ■ -^ j, . 

(3) Au temps de RicheUeu, le demi-ceint d'argent était le grand luxe des femmes du peuple ; on le faisait dune large 
tresse de soie décorée sur la moitié de son pourtour de plaques d'orfé\Terie ciselées ou émaillees. De simples chambrières 
mettaient trente et quarante écus à un demi-cemt, sans préjudice d'une chaîne d'argent pour y suspendre clés , ciseaux, 
bourse couteau. Olivier de la Marche a dit mieux ou plus mal en vers: « Un demi-ceM qui soit noir comuie mjîure Ma 
dame aura pour son gentil corps ceindre, Ferré tout d'or, du meilleur qui se treuve. Ce demi-ceint ne doit le corps 
estraindre, Mais soustenir le fais et supporter Des mystères que dame doit porter. » Ces mystères composent 1 équipement 
déjà décrit, (n. e.) 



DE 



— 53 — 



DE 



» Bruxelles el à l'huissier dix fraacs ou autre chose 
« à l'équipolenl. » (Miraulmonl, des Cours souv. 
pages 45'i et 453.) 

Demie. Le féminiu de demi. Ce mot subsiste. 
Nous marquerons seulement les principales expres- 
sions de notre ancienne langue dans lesquelles il 
entroil : 

1° " Heure ne rfem/e, » pas un instant, point 
du tout. 

Mais jamais Dangier ne sommeille, 
Ne ne dort heure ne demie : 
Tousjours a la puce à l'oreille, etc. 

L'Amant rendu Cordelier, p. 521. 

« Peut le dit mayeur faire inventaire, des biens 
« appartenans aux dits mineurs d'ans, incontinent 
« après que le père ou la mère sont trespassez sans 
» attendre heure mj demie s'il ne luy plaist. « 
(Coût, de Nyelles, au Nouv. Coût. Gén. t. I, p. 398.) 

2° « De sens n'a demie, » pour n'a point de sens. 
(Gloss. de Marut.) 

Por ce est fox de la teste, ne de sens n'a demie (1) 
Qui plus aime les femes et qui plus les amie. 
Chaslie Mus. MS. de S. Germ. fol. dOô, V" col. i. 

3° « Je n'entends letlre ny demie, » pour je n'en- 
tends ou je ne sais ni A ni B. (M. de S. Gelais, 210.) 

4° " La on faisoit chiere et demie, » pour là on 
faisoit grande chère. (Rab. t. IV, p. 41.) 

5° « .foie et demie, » pour grande joie. 

Par raison aime ensement 

Sa joie et demie. ■ 

Po6s. MSS. avant 1300, t. UI. p. 970. 

6° « Aucuns ne se conteuloyent do de)nie dou- 
" %aine, corne de chiens courans (2) ainsi qu'on dit 
« par proverbe. » (Apol. pour Hérodote, p. 3r>0.) 

7° « Une grande demie de pain. » Cette expres- 
sion se trouve dans d'anciens Fabliaux pour une 
certaine quantité de pain. 

Nous en aurions à Paris 
Une grant demie de pain. 

Fabl. MSS. du R. n° "218, fol. M6, K- col. 1. 

Demie lance, s. f. Sorte d'arme. « Le jeune 
» garçon se voulut essayer et passa après luy et 
« avec sa demie lance, luy donna si grand coup 
o qu'il le porta par terre et la rompit, puis meit la 
« main à l'espée, et luy escryoit: Rends loy, en- 
« seigne, ou je le tueray. » (Histoire du chevalier 
Bayard, page ICO, an 1508.) 

Demie mine, s. /'. Sorte de mesure. En latin 
»i(?f/imîms. (Gloss. du P. Labbe, p. 513.) 

Demie piques, s. m. p. Sorte de soldats. 11 y 
avoit des soldats ainsi nommés en 1573, et ils 
tiroient ce nom de la manière dont ils éloient 
armés. (Voyez Histoire de M. de Thou, tome VI, 
livre 56, page 058.) 

Demierlies. [Intercalez Demierkes, mercredi, 
dans Du Gange, IV, 370, col. 3, d'après le Cartulaire 
de Vaucelle: « Denées l'an de grasce mil .ce. 



« nouante .vu. le demierkes après le Magdelainne »; 
en latin : « Feria quarta post festum B. Mariœ 
« Madgalenœ. »] (n. e.) 

Demies. Lisez de miés. Du miel. Mouskes, par- 
lant des privilèges que Cliilpéric accorde à l'cvèque 
de Tournay, s'exprime ainsi : 

Et s'eut la voerie ausi, 
Et les forages leur guerpi 
De vin, de ciervoise, et de miés 
Quel k'il soient nouviel u vies. 

Ph. Wouskes, MS p. 33. 

Demi escus, s. m. p. Sorte de inonnoie. (Du 
Gange, au mot Monelœ aureœ ) 

Demie senr, s. f. Sœur du second lit. (Monstr. 
vol. H, fol 18, V°. — Voyez Demi fhere ci-dessous.) 

Demi francs, s. m. p. Sorte de monnoie. (Du 
Gange, au mol Monetœ arg. Rcg. Franc.) 

Demi frère, s. m. Frère de deux lits. « Philippe 
« de Valois, fils de Charles, comte de Valois, (ils de 
" Philippe, fils de Sainct Louis et demi frère de la 
» dite royne d'Anglelerre. » (Mém. d'Olivier de la 
Marche, p. 37.) « Demi frères %{ sœurs ne succèdent 
« à leurs frères ou sœur avec ceux qui sont conjoints 
« des deux coslez, bien succèdent es immeubles 
« et héritages qui vienuiMit du costé dont ils sont 
« conjoints. » (Coût, de S. Quentin, t. I, p. 530.) 

Demi glaive, s. m. Sorte d'arme (3). » Ordonna 
« celuy de Blois deux grands ribaux à chevaucher à 
« l'enlour de nous d'une part et d'autre, avec 
« chacun son dcmy glaive entre leurs mains pour 
" nous tuer el occire si nous eussions fait signe de 
nous en vouloir fuir ou eschapper. » (Godefr. Ann. 
sur l'Hist. de Charles VI, p. 08!).) 

Demi gorge, s. f. Terme d'architecture. Oudin 
le traduit par mezc-a gola. 

Demi graine, s. f. Migraine. (Nicol, Oudin et 
Cotgrave, Dict.) [Voyez De.mygraine.] 

Demi gros, s. m. Sorte de monnoie*. Sorte de 
redevance seigneuriale ^. 

* Surle premier sens, voyez Du Gange, Gl. lat. au 
mol Moneta arg. reg. Francoriim, sur " demiz gros 
« d'argent fin. » « .... Les monnoies de cours en 
« usage dans la Bretagne et frappées au coin des 
« ducs, éloient les écus, les reaux, el les saluls 
d'or, les gros el les demi gros, les blancs , les 
« florins, les doubles, les deniers et les oboles. 
« Toutes ces monnoies changeoient de valeur selon 
>' la conjonctu re des affaires et les besoins de l'état. . . 
« En Î470.... le gros avoient cours sur le pied de 
« deux sols six deniers. » (Morice , Hist. de Bret. 
Préface, page !).) 

^ « Le demi gros étoit aussi une redevance 
seigneuriale. « Sont tenus payer chacun mannant 
» d'icelle terre et paroisse ausdits religieux de Saint 
« Waasl, chacun an une poulie et demy gros que on 



(1) On lit déjà dans la Rose (v. HiS) : « Ge n'ai, ce croi de sens demie; Ains fis grant folie et grant rage, Quant au Dieu 
d'Amour fis hommage. » (N. E.) 

(2) « Aveoques un tiercelet d'autour, ctemi/e rfoitMiJie d'hespaignolz [epagneiils] et deux lévriers. » (Rab., Garg., I, 2.) (N. e.) 

(3) C'est une lance de jet, un rjlaivelot (javelot), arme favorite des pavescheurs ou pavaisiers : « Icellui Picart prist en sa 
main une fourchefiere, et son fils un demi-glaive ou glavelot. » (JJ. 112, p. 370, an. 1378.) (n. e.) 



DE 



54 



DE 



« dil encoisure, dont sont quiets ceux qui ont lieri- 
« tages cliargés de terraiges; et tous les eschevins 
« regnans et ceux qui u'out nulles i)esles allantes 
« au maretz sont c]uicls du doinj ijros d'encorsure 
« et ainsi en est usé. ■> (Nouveau Coût. Général, 
1. 1, page 437.) 

Demi-lifjc. [Inlercalez bemi-lhje, vassal prê- 
tant serment de fidélité pour un arrière-lief ; 
» Jou Robiers caslelaius de lîapaume, sires de 
« Biaumés,... sui lions demi-liges à l'abbé et à 
<< l'église de Saint Aubierl do Gambray dou lief de 
« Ramincourt et d'Aussimont, c'on tient de mi et 
« ke jou en ai l'ait bien cl loiaument liommage, •• si 
« com leur lions (/r;«/-//r/cs. » iDu Gange, IV, 108, 
col. 3, an. l-i7-2.)] (n. e.) 

Deinilot, s. m. Sorte démesure de liquide. Elle 
est connue dans la Flandre et répond à la pinte de 
Paris. (Du Gange, au mot Semilotttm.) 

Deminement, Déminer. [Intercalez Bemi- 
nement, saisie faite au nom du seigneur ou du 
propriétaire (dominiis), dans Du Gange, II, fli'i, 
col. 'i; Déminer, opérer celte saisie: « Item que 
« debles et beritaiges gisans fours de Lièges, soient 
" deininex: el forjugiez par trois plais generaulx 
« tant seullemeni. » (Hist. de Liège, 11, 420, 
an. 1355.)] (n. e.) 

Demioii. [Intercalez Demion, demi-selier, au 
reg. J.I. 181, p. 240, an. 1452: « L'un d'eulx dist 
o qu'il failloit avoir demion de vin, et le suppliant 
c< dist (|ue ce seroit peu el qu'il en convenoit avoir 
« chopine. » De même au reg. JJ. 20G, p. 813, 
an. I'i82: « Une chopine et un demijon d'eslain. » 
Dans la vallée d'Yères. il désigne encore le demi- 
litre (DelbouUe, p. 109).] (n. e.) 

Demis, adj. A demi plein *. Dénué, privé, ôté, 
enlevé, destitué °. Bas, abbaissé "^ (1). 

* D.iiis le premier sens, ce mot est le même que 
demi, à moitié. 

A la table lors fu remis 

Un pot qui n'estoit pas demis 

De vin. 

Fabl. MSS. du R. n' 1218, fol. 288, R' col. 2. 

^ Dans le sens de « dénué, .privé, » ce mot vient 
du lal'm dimittere, dont nous avons fait notre verbe 
« démeltre, " el il se prenoit pour la cbose même 
qui est ôtée, comme pour le sujet qui esl privé de 
la chose. Ainsi on disoit : 

Aristippus qui estoit ses amis 

L'en reprenoit, disant qu'il estoit foulx; 

Mais tu, dit il, es de ton sens demis. (Desch. p. A^ô.j 

>< Desmis de joye est mis pour « triste » dans les 
Contred deSongecr. f" 153, V°. 

'^ Dans la signification de «bas, abaissé, » au 
propre et au figuré, le mot demis vient du latin 
demittere, abaisser. « D'un stile bas et demis. » 
(Xuicts de Strap. t. Il, p. 445.) « Le roy revenu à son 
« second penser commença de se hontoyer, esli- 
<i mant avoir fait un pas de clerc de s'eslre de cette 



« façon demis à l'endroit de son connestable. » 
{Pasquier, Recherches, p. 480.) 

Demi sonnet, s. m Sorte de poëme imaginé 
par d'Ai 'paliers, qui n'eut point d'imiUileurs. iGouj. 
Bibl. fr. t. .\V, p. 204.) 

Demi taille, s f Demi relief. On trouve tnedi- 
tallin el metaillia dans le même sens, au Gl. lat. 
de Du Gange. 

Demi-temps. [Intercalez Demi-temps, moitié 
ou quart du bréviaire: » La moitié d'un bréviaire, 
« i|ui est appelle demi temps. « (.JJ. 110, p. 240, 
an. 1377.) De même en l'inv. des biens du duc de 
Berri diessé en 1416: « Item ung volume de 
» bréviaire de demi temps, c'est assavoir du temps 
" d'esté. »] (n. e.) 

Demi vent, s. m. Vent de côté. (Golgr. et Oud.) 
Demi villain, a^tj. Moitié paysan. En latin 
sctnipaganus. (Gloss. du P. Labbe, p. 526.) 

Demi voyeux, s. ?«. ;;. Gertaines lettres de 
l'alphabet. « Ce sont les six demi voyeux. S. L. M. 
« N. R. et X. et sont appeliez demy voyeux pour ce 
'■ qu'ilz commencent en voyeul et terminent par 
<• eulx meismes. » (Eusl. Desch. fol. 390.) 

Demnation, s. f. Condamnation. « En faute de 
» rapport el de dénombrement peut tendre demna- 
« tion de soixante sols louisiens d'amende et des 
« despens de justice. » (Coût. deTournay, au Goût. 
G-n. t. II, p. 942.) 

'^mo, ndv. Demain. On disoit deino pour 
nain » dans le patois de Cahors, Borel, Dict. au 
:■; : ■ Glouper. ■■ Voyez l'article » Demain « ci-des- 
,s :■_ oîi sont rassemblées diverses expressions ancien- 
nes dans lesquelles enlroit ce mot. 

Democquer, v. Moquer , railler. « Encherra 
« l'ungen adultère, l'autre en fornication, et ainsi 
' seront deceuz el democqnex, par l'engin de l'en- 
" nemi. .■ (Lanc. du Lac, t. III, fol. 90.) « Les inju- 
" rient et les democquent. » (Hist. de la Tois. d'or, 
vol. II, fol. 143.) De là « Demoquer la court » se 
disoit pour éluder sesjugemens ou y contrevenir. 
(Ane. Goût, de Norm. fol." 151, \°.) 

Democrit, s. m. Démocrite. Nom propre. 

Et si ce n'est assez, je te promets et voue 
De faire encor pour toy renaistre Democrit. 

Œuv.'de .loach. Du Bellay, fol. «0. 

Demoine. [Intercalez Demoine, domaine. « De 
« la vente du bois, tréfons et demoine, monsei- 
« gneur le duc... » (1300, Duché d'O, .lournal de 
recette — Le G. de D.) — Voyez les notes sous 
demaine. On disait aussi tenir en demoigne (Gart. 
de Champagne, an. 12.50, fol. 208, col. 1 : « Ne 
« porronl retenir... nos homes, ne les homes de 
« nos fiés, qui tiennent de nos en demoigne. -'''] (n.e.) 

Demoisir, Oter le moisi. « Vous ne dites pas 
« madame (dit Hircan), que la fille estoit en haut 
« âge, nubile, cognoissant l'iniquité du père, qui 



(1) Il signifie encore : 1» Qui s'est désisté de : « D'accordance et de paiz demis Assemblent à leurs ennemis. » (G. Guiart, 
T. 14405.) 2» Excepté : k Or les altres tu exiltiez, N'en fu demis n'esparniez. » (Chron. des ducs de Norm., I, v. 695.) (N. e.) 



DE 



— 55 - 



DE 



« laissoit moisir son pucelage de peur de dcmoisir 
« ses escus. « tCoiiles de la Reine de Navarre, 
1. 11, p. 174.) 

Démoli, part Estropié *. Ravagé °. 

* La première accepUon esl la même que celle du 
verbe demoller. « .... Il advient aucune l'ois que 
o sangliers foulent les chiens du bout de la hure, 
« sans les blesser, comme au.\ endroits des cosles, 
« aux hanches el lieux nerveux. Si de fortune ils 
« avoient quelque chose démoli ou rompu, on les 
« doit faire habiller, mais, etc. » (Fouill. Vénerie, 
folio 8-i, V°.) 

^On trouve aussi démoli pour ravagé. « La Sicile 
« isie jadis grandement démolie et endommagée, 
« etc. « (Pièces justilicalives des Mémoires de Du 
Bellay, t. VI, p. -im.) 

Demolisseineiit. [Intercalez Demolissement, 
aux Mandemenls de Charles V, p. p. Léop. Delisle 
(p. 892, an. 1378): « Demolissement de diz chas- 
« féaux el forteresses. »J (n. e.) 

Démolition, s. f. Ruine, défaite, déroute. Un 
ancien historien dit de la déroute des François ù 
Courtray : " Iceste instance de démolition et maie 
« aventure aux l'Yançois fut pronostiquée. » (Chr. 
fr. .Mss. de Nangis, sous l'an ISO^i.) On lit dans le 
latin demolitionis inslanciam. 

Demoller, v. Deboiter. •< Tombe à la renverse, 
« et chéant sur l'escbine il se demole la cheville du 
« pied et se rompt le cropion. » (Merlin Cocaie, 
1. 1, p. 145.) .< Es aullresrft'Hio//o/nes reins. » (Rab. 
t. 1, p. 193, et note 19.) 

Démon, s. m. Génie. Ce mot subsiste pris en 
mauvaise part. 11 n'y a pas longtemps encore qu'on 
l'emploit aussi en bonne part pour « génie. » 

ciel ! quel bon démon devers moy vous envoie 
Madame ? 

Héraclius, Com. de P. Corn. acl. 5. se. 2. 
Comme si le daimon qui garde nostre France 
Eust fait avec le tien éternelle alliance. 

Lelt. dePasq. t. I,p. 289. 

Demoniacle , adj. Démoniaque. « .Vdonc le 
« Tourrier fut appelle qui vint illec comme tout 
« forcené et demoniacle (l). ■> (Percef. vol. 111, f" 150, 
V° colonne 2.) 

VARIANTES ; 
DEMONIACLE. .loinville, p. 109. 
Demoniql'E. Cotgrave, Dict. 

Demonie. [Inlercalez Démonte, au Roman de 
Robert le Diable (Du Cange, 11, 735, col. 1) : 

Or oyez moult grant demonie 

Que li senescaus repondra 

De chou que il le semondra.] (N. E.) 

Demonnei'ies , s. f. p. Inspirations d'un 
démon, d'un esprit ou d'un génie familier. « Rien 
<■ ne m'est fâcheux à digérer en la vie de Socrates 
« que ses extases el demonneries. « (Ess. de Mont, 
tome 111, p. 609.) 



Demonsti'ance , s. f. Démonstration *. Pré- 
sage ^. Demonsiremeii:, , dans Saint Bernard, 
répond au latin edJiibilio. 

* Ce mot s'employAil dans les divers sens qui 
appartiennent à notre mot démonstration. 

Dont pour avoir plus ample d-'monstrcwce 
De caste chose, etc. (Civlhi, p. iiO.J 

° On disoit aussi dcmoiislrance pour ^ pronostic, 
présage ou pliénomène. » 

Si dura celé dumonslrance. 

.II. jors trestot entièrement. (Ph. Moiiskes, p. AiS.J 

VARIANTES : 
DEMONSTRANCE. Ord. t. IH, p. 577. 
Demonstremenz. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 16. 
Demontk-\nge. L'Amant ressusc. p. 353. 
De.mostrance. Ph iMoiiskes, MS. p. 323. 
Demoustr.vnce. Fabl. JISS. du R. n- 7218, fol. 105. 
Demoutrée. Geofr. de Paris, à la suite de Fauv. f" 54. 
De.munstrement. Marbodus, col. 1678. 

Demonstrer, v. Montrer, faire voir. Demos- 
trer ('2). ûixns S. Bernard, répond au latin ostendere. 

.... Se denw>tslra si fier 

Que l'ennemi ne s'y osa lier. ,6'. Marot, p. ISO.J 

Demonstreus, s. ni. Le second doigt de la 
main. Celui qu'en latin on nomme « index, » mot 
i]ui a passé dans notre langue. (Glossaire du Père 
Labbe, p. 507.) 

Démonter, v. Descendre. « Je ne démonte pas 
« volonLiers quand je suis ù cheval. Car c'est l'as- 
« sietle en laquelle je me trouve le mieux et sain et 
•' malade. » (Essais de Mont. t. J, p. 492.) » Les 
« Anglois sont desmontex.- à terre et ont assiégé 
» vostre chaslel. » (Histoire de Loys 111, duc de 
Bourbon, p. 197.) [Ed. Chazaud, p. 158.] 

Démordre, v. Lâcher prise, au propre et au 
figuré Au propre : « Le loup étant mort les valets 
« de lévriers doivent faire démordre les lévriers, 
« etc. » (Salnove, Vénerie, p. 279.) 

Au figuré, on a dit en parlant du siège de Vienne : 
" Pour faire démordre et retirer le grand seigneur... 
« il démordit de Vienne et tira vers Conslanti- 
« nople. >' (Brantôme, Capitaines estrangers, t. II, 
p. 51.) " Pour faire démordre Parme. » (Id. Capit. 
fran. t. 11, p. 285.) « Ce qui fit démordre et sauver 
« Parme. » (Ibid. p. 285.) 11 est dit, p. 286 : « Par 
" ainsi Parme fut en repos el sûreté. Le maréchal 
<i de Brissac fit (/t'î^torf/re Sanjac... assiégée trois 
« semaines par le duc d'Albe, tant ce maréchal y 
» avoil bien pourveu. » (Ibid. p. 288.) On lit plus 
bas: « Après (|ue le duc d'Albe desassiégea Sanjac. » 

Deniorée. [Intercalez Demorée , demeure, 
séjour, dans Froissart (II, 170) : « Car encoires 
« avoient il paour de plus grant famine et que 
« argent ne lor fausist par trop longue demo- 
« rée. «] (n. e.) 

Demorgogon, s. ?h. Nom de démon, comme 
" il paroît par cette sorte d'imprécation : « Je me 



(l) On lit au reg. JJ. 125, p. 120, an. 1384 : « Pierre Nagot a esté le plus du temps, et par especial en temps d'esté , fol et 
demojiiac/t', et s'est plusieurs foys voulu noyer ;... et pour cause de ses folies... il fu prins... et porté en une abbaye 
nommée S. Sever,... en laquelle abbaye l'on maine les demmuncles. » (n. e.) 

(2; On lit dans Roland (str. XXXVIII) : « Quant pour ferir vous demustrai grant ire. a (N. E.) 



DE 



-SO- 



DE 



donne à Demorgogon si Geber y fil jamais a'uvre. » 
(Diiilogue de ïainn-eau, fol. 138.) 

Demorgoaoïiistes, s. m. p. Société déjeunes 
courlisaiLs d'IIenii 111, vers 1578, ainsi nommée. 
(Voyez baron de Foeneste, p. 5G.) 

Deinoiiiiir. [Intercalez Demounir, démunir, 
dépouiller, dans G. Guiart, v. G294.] (n. e.) 

Deinourance, s. f. Reste, excédant. Propre- 
ment ce qui demeure et qui reste. « L'en ne mettra 
« pas la dette à exécution sui' les cboses vendues, 
» chans:ées ou données, tant comme le débiteur ait 
» (lemnurance souflisanl d'autres biens pour faire 
« satisfaction du dit dette. » (Ord. des Rois de Fr. 
tome I, p. 411.) 

Montaigne, dans ses Essais, parle d'un petit 
poisson qui vit dans la gueule du crocodile : « 11 vit 
<■ des demeurans de ce monstre qui le reçoit fami- 
« lièrementen sa bouclie, et luy permet de becque- 
« ter dans ses machouerres et entre ses dents, et 
(' dy receuillir les morceaux de chaii- qui y sont 
" demeurez. » (Essais, t. II, p. 203.) (H 

De là, on a dit : 

d" <■ Au demeurant, » pour » au reste, » ou « du 
reste. » 

Tenez chaud le pied et la teste 
Au demeurant vivez en beste. 

Proverbes, Dictîonn. de Cotgrave. 

2° « Demeurant de guerre, » le reste, le rebut des 
gens de guerre. « Suivy d'un las de Russiens 
» mattois et demeurant de guerre qu'il entrete- 
" noit. » (Contes d'Eutrapel, p. 49.) (2) 

Demourers. [Intercalez Demourers, repos, au 
Rom. du Richeetdu Ladre (Du Gange, II, 794, col. 2): 

Et tes veoirs et tes esters, 

Tes departirs, tes demourers 

Soient tenapré sans mesprison.] (n. e.) 

Deinoui's, s. m. Séjour, résidence *. Action de 
rester en place ^. Relard, délai ^. 

* Pour •' séjour, résidence » : « Si en ce lieu 
» n'eusses fait Ion demeure. •> (Les Triomphes de 
Pétrarq. Irad. du B. d'Opp. fol. 04, V°.) 

^ Pour » l'action de rester en place >■> : « .... Déli- 
» béra de se sauver et de n'atteindre point le choc, 
« pensant qu'une bonne fuille est plus sure qu'une 
" mauvaise demeure. « (Jaligny , Histoire de 
Charles VIII, p. 34.) 

^ Pour « délai, relard. » 

Diex est si poissans 

Ke il se vange à peu de demorance. 

Pocs. MSS. av. 1300, l. HT, p. 985. 

« Sans " ou « sen demeurance » et autres ortho- 
graphes, dans Marbodus cité ci-dessus, pour » sans 
délai, sans retard. » 



De Hi, on a dit : 

lo <• Traire demourée, » pour gagner du temps, 
traîner en longueur. (Voyez la Chron. fr. ms. de 
Nangis, sous l'an 1303.) On lit dans le latin moram 
contrahere. (Voyez .loinv. p. 81.) 

2» « A longe demorée, » pour « longtemps » (Du 
Gange, Glossaire latin au mot demeura, oii on lit 
demourre.) 

Je sui à vous à longe demorée. 

Poes. MSS. av. 1300, t. III, p tl25. 
Lorige demeure fait changer amy. 

Proverbes, Diclionn. de Colgrave. 

Ce même proverbe éloit écrit en caractères du 
xve siècle, dans un anneau d'or qui a appartenu à 
l'abbé de Rolhelin et qui avoit été trouvé dans la 
terre, en Normandie. 

VABIANTI'S : 
DEMOURS. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. «99. 
Demour. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 125, col. 4. 
Demor. Dict. de Borel. 

Demourement. Rom. de Brut, MS. fol. 70, R» col. i. 
De,morement. Poës. MSS. av. 1300, t. IV, p. 1489. 
Demoremant. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 344. 

Demoiistrison, s. f. L'action de montrer. 

Quel espoir de s'amour avoir peut-on 
Puisqu'on .vn. ans n'en fait demoustrison ■? 

Poes MSS. du Valican, n- 1490, !• 178, V". 

Demouvoir, v. Déplacer, détourner, s'écarter*. 
Calmer °. 

* Dans le premier sens, la syllabe de est explétive. 
" Desmue de son assiette. » (Essais de Montaigne, 
t. ill, p. 390.) « Quant l'hoste veit que ces quatre 
« ribaulx vouloient persévérer en leur mauvaise 
" voulenté, et ne les pouvoit desmouvoir. " (Hist. 
de Fioridan , p. 705.) « Desmouvoir de la raison, » 
s écarter de la raison. (Le .louv. ms. p. 495.) 

^ La syllabe de prise comme négative a donné à 
ce mot la signiflcalion contraire ;\ mouvoir. De là, 
il s'est employé pour calmer, appaiser. « Mouvoir et 
d('?HOHi>o/?' (3) les esprits, les irriter et appaiser. » 
(L'Amant ressuscité, p. 88.) 

Dempter, v. Dompter. 

Pourvoies ta parole avant 

Ou ton cuer va moult demptant. (Fabl. de .S. G.) 

DGm\)uis, prépos. Depuis. (Ordonn. des ducs de 
Bret. fol. 304.) 

Deinucer, v. Cacher. (Voyez Mucer.) 

Le jour s'est aie demuçant. (R. de Brut, p. iOO.) 

« Pour ce que tu t'es demuciée de moy au 
« besoin. >• (Al. Chartier, l'Espérance, p. 330.) 

VARIANTES (4) : 
DEMUCER. Contredit de Songecr. fol. 73, R". 
Demucher. r. de Rou, MS. p. 73. 



(1) Ce mot signifie encore : 1" Biens vacants par défaut d'hoirie : « Reting pour moi, pour mes hoirs les escheoites et les 
demourances dés bastars et des bastardes. » (JJ. ,50, p. 147, an. 1311.) 2» Résidence : « Et s'il advenoit ou advient que 
lesditz mariez... ne peussenl ou puissent demeurer, résider, labourer, ne faire dcmourance audit lieu de Ducy. » (Cart. de 
Lagny, fol. 250, v», an. 1455.) (n. e.) 

(2) Ajoutons dans Froissart avoir de demeurant, pour avoir de reste. (XII, 149.) (n. e.) 

(3) « Le supphant et autres dessus nommez, qui virent et oirent ladite noise, se avancèrent pour la desmouvoir seulement, 
Lesquelz furent desmeuz et dessemblez psr les compaignons ad ce presens. » (JJ. 155, p. 210, an. 1400.) (n. e.) 

(4) On lit dans Froissart (XV, 65) : « Ils avoient usurpé, emblé et demuchié les grans prouffis du royaume de France. » 
La forme rélléchie est aussi employée : « Il se parti desconnelis de Vennes, et s'èmbla et demucha. » (IV, 67.) (N. E.) 



DE 



DE 



Deml-cier. Al. Chart. l'Espér. p. 330. 
Deml"sser. Cotgrave, Dict. (1) 

Demy autour, s. ?h. Sorte d'oiseau de proie. 
i> Il y a cinq espèces d'autour : la première et plus 
« noble est l'autour qui est femelle, la seconde est 
a nommée demy autouv qui est megre et peu pre- 
« nanl ; la tierce est le tiercelet, qui est le mâle de 
" l'autour, et prend les perdrix et ne peut prendre 
« les grues, etc. » (Fouilloux, Fauconn. fol. 59.) 

Demy cheval , s. m. Sorte de redevance 
seigneuriale. >• L'hommage plain sous hommage 
« lige ne doit cheval traversant ri) pourveu que ce ne 
« soit au pays où les plains courent en rachat : 
« mais au dit pais seroil deu demy cheval, si un 
« vassal ou son héritier changent en un an, pourveu 
« que le plain coure en rachat. » (Coût, de Poictou, 
au Coût. Gén. t. II, p. 585.) 

Demy denier, s. m. La moitié du prix. (Vovez 
D'Argentré, Coût, de Bret. p. 139-2.) 

Demy disme, s. f. La moitié de la dime. (La 
Thaum. Coût, de Berry, p. 277.) 

Demye ostade. [Intercalez Demije ostade, 
sorte d"é"tofle, dans une charte de 15-22, au reg. 4 
de l'Armoriai général (p. 30) : « Item unam raupam 
" de demye-ostade tanée. »] (n. e,) 

Demye sillabe. On appelle ainsi la dernière 
syllabe féminine qui ne se compte pas dans les vers. 
(Fabri, Art de Rhétor. liv. II.) 

Demy faits proposés , s. m. p. Sorte 
d'amende. « Quand aucunes personnes font pour- 
<■ suite l'une contre l'autre, et si avant est procédé 
« esdites causes, qu'ils soient ordonnez en faits 
i< contraires et à escrire, celuy qui déchet doit 
« amende de vingt sols parisis, à cause des faits 
« proposez au dit procès ; et si es dites causes, 
<■ n'y a du costé du deffendeur que simple dénéga- 
» lion, il n'est deu pour la dite amende que dix sols 
« parisis iiue l'on appelle demy faits propose'^, et 
« s'il y a appointement entre les parties premier 
« qu'il en soit ensuivy sentence deffinitive, les dits 
« ûiits et demy faits proposez se prennent sur les 
« demandeurs. » (Coût, de S. Pol, au Nouv. Coût. 
Gén. t. I, p. 357.) 

Demy-faulcon, s. m. Espèce de faucon. 

Uns sacre et xing demij-foulcon. 

Gaco Je la Bigne. des Déd. M.S. fol. 5, V'. 

Demy germain . s. m. Sorte de degré de 
parenté."" S'il advenoi't que aucun allast de vie à 
« trespas, qui eust père et mère, ou l'un d'eux, sça- 
" chez que la snccession de luy iroit plustosl 
ausdits père ou mère, iju'il ne fei'oit à ses frères 
« ou sœurs et s'il n'avoit père ou mère , lors 
« iroit aux frères ou seurs, et pluslost aux 



frères et seurs, que aux frères ou seurs h demy 
germains : et encore plus tost aux enfans de 
frères ou sœurs germains, c'est à entendre tout 
d'un père et d'une mère que aux demy frères et 

aux demy seurs.... » 

Demyjgraines. [Intercalez Demycjraines, gre- 
nade (Froissarl, XIV,"2'«0): « Il y avoitdes pommes 
" d'orenge le plus et de demygraiiies. » Il vaudrait 
mieux lire de migraines; Rabelais (Pantagruel, III, 
Prol.) emploie micraines, qui correspond au 
provençal milgrana, le fruit aux mille graines. Au 
Mans, la baie d'églantier se nomme migrenon.] (n. e.) 

Demy licts, s. m. p. Frères ou sœurs de deux 
lits. » liemy licts que l'on appelle demys frères ou 
« demyes sœurs. » (Coût, de Lille, au Coût. Gén. 
tome l, p. 7f)5.) 

Demy liège, adj. Lige [voyez dcmilige]. Terme 
de fief. » Selon la couslume des lieux sont les 
« reliefs, car les uns sont liège, et les autres demy 
« liège: les liegez doivent dix livres de relief, le 
« demy liège doit cent sols de relief. ■> (Bouteilier, 
Somme rurale, p. 492.) Liège est une faute pour 
lige. On lit dans les notes de l'éditeur: « L'auteur 
« escrit ici faisant distinction entre le lief lige et 
« demy lige : c'est-à-dire qui doit plein relief ou 
" demy relief, en cas d'ouverture. Autres inter- 
« prêtent llef et arrière fief. » (Ibid. page 503.) 
« Itement prisé un homme liège à xx sols tournois 
« de rente par an, et le demi liège à x sols. » 
(Bout. Som. rur. p. 504.) 

Demy nepveu , s. m. Sorte de degré de 
parenté. Neveu né de frère ou sœur de deux lits. 
« Fief patrimoniel venu à enfant décédé sans gene- 
« ration escherra à son aisné frère ou demy frère et 
« en faute de frère ou demy frère, ;i la sœ^ur ou 
« demie sa'ur aisnée, pourveu qu'iceluy ou icelle 
« soit descendu du costé du père ou de la mère 
" dont le dit fief .soit venu. Le mesme sera fait en 
« succession d'oncle et de tante pour fief patrimo- 
" niel en droit le nepveu et niepce enfant de frère 
« ou sceur germain et demy nepveu et demy niepce 
« enfans dedemys frères ou demyes sœurs. ■• (Coût, 
de Haynaut, au Nouv. Coût. Gén. t. II, p. 120.) 

Demy oncle, s. m. Sorte de degré de parenté. 
« Les frères ou sœurs germains sont préférez aux 
» demi frères ou demi sœurs et les enfans des 
« frères et sœurs germains aux enfans des demy 
« frères ou demy sœurs , et corrélative l'oncle 
« germain au demy oncle en la succession du nep- 
" veu collatéral. « (Coût, de Cambresis, au Coutum. 
Gén. t. H, p. 853.) 

Demy point moins (germain) , s. m. Sorte 
de degré" de parenté. « Le fils du fils de fiere n'est au 



(l) On lit déjà au reg. JJ. 86, p. 308, an. 1358 : « Lequel Colart et sa famé n'osent encore demeurer audit pays sur leurs 
héritages pour iceulx faire labourer et coultiver ; mais convient qu'ils se demussent et tapissent à grant misère et pauvreté, 
par boys et autres lieux divers. » (n. e.) 

C2) Ce n'est pas ici le roncin de service qui remplace l'ost et la chevauchée, à l'égard des seigneurs non hauts justiciers. 
Le c/i(;ra/ (ra!)É)-sa/(( n'est dû qu'à la mort du seigneur, lorsque change le vassal; donné au suzerain, il traverse le fief 
dominé pour parvenir au fief dominant, (x. e.) 



DE 



DE 



- frère descendu oiu"un angle par ligne collatéral, 
« et pour ce n'est il que demy degré desc<'ndu en 
« ligne collatéral, cl pour ce vulgairement rappelle 
« on germain demy point moins eu remué de 
germain. » (Doul. Som. rurale, p. Mu.) 

Denly quint, s. m. Sorte de droit seigneurial. 
« A tous seigneurs vassaux appartiendront les 
« peines, quints et (/««y rjuints qui se donneront 
« et se feront par leurs officiers. » (Coutumes de 
llayuaull, au Coul. Cén. t. 11, p. 9G.) <■ Le jugement 
« des dites lois vaudra el sera entendu en essence 
« d'obligation, pour en faire poursuite par tout 
« nostré dit pays sans pour ce payer quelque demy 
« quinct. ■■ (Ibid. p. GO, col. 2.) « Pour hypotliecquer 
« pension h deux vies, sera payé pour service le 
« demy quint revenant au dixiesme denier. » (Ibid. 
p. 127, col. 1.) « Que tous serviteurs et servantes; 
« laboureurs, gens de mestier et mechaniques, 
« médecins chirurgiens, hoslelains, taverniers et 
« autres semblables se pourront faire payer par 
» justice de leurs peines labeurs et industries , 
» selon l'exigence des cas, sans pour ceeslre tenuz 
« à quelque peine, quint ou demy quint payer. » 
(Coût, de Ilaynaull, au Coût. Gén. t. I, p. 800.) 

Demy saluts. s. m. p. Sorte de monnoie. (Du 
Gange, a'u mot Monetœ aureœ reg. Franc.) 

Demy sanke (Frère de), s. m. Frère du second 
lit. Proprement de demi sang, le môme que Demi 
FRERE ci-dessus. « Mes si sont deux frères par duis 
« ventres, et l'éeigné est seisie de terre en fée et 
« morust sans iss\ie, et son uncle entra corne 
« prochein beyre à luy; quel auxi morusl sans 
« issue, ore le puisné frère puit aver la terre 
« come beyre al uncle , pur ceo que il est de 
« l'entier sanke a luy coment que il soit de demy 
« sanlœ a son eigné frère. » (Ten. deLittlet. fol. 2.) 

Demy satin, s. m. Espèce d'étoffe. Peut-être un 
satin plus mince que le satin ordinaire. « Aux pieds 
» des deux grands licts estoienl deux autres cour- 
« fines de demy satin verd comme les autres. » 
(Honn. de la Cour, ms. p. 33.) 

Demy service, s. m. Sorte de droit seigneu- 
rial. « Si' a une femme a esté fait assenne par son 
« premier mary, et il advienne qu'elle se remarie, 
« son second mary ne pourra vendre ne aliéner 
« iceluy assenne, plus avant que la vie de luy seule- 
« ment el pour l'assenne à viage, le seigneur 
>> aura pour ses droits seigneuritiux demy service. » 
(Coût, de Ilainaut, au Coul. Gén. t. I, p. 802.) 

Demy-toille d'or, s. /'. Sorte d'étoffe. (Mém. 
de Du Bellay, Pièces justif. t. VI, p. 2GG.) 

Den, exclamation. 

De» n'est pas mes sires jalous: 
Ains acconsentre moi et vous. 
Jusques ci nostre amoreue, 
Conques par nul ne fu seue 
La volez vous fere savoir ? 

Fabl. .MSS. du R. n" 7-218, fol. 265. V col. 2. 



Denaistre, v. Cesser d'exister. « Au premier 
" instant de nostre naissance, nous commençons à 
'< denaistre, a peine avons nous mis l'un pied dans 
" un berceau que nous tenons l'autre dans le sepul- 
» chre ; l'advencement de nostre vie est l'advence- 
« ment de nostre mort. » (Pèlerinage d'amour, 
tome-ll, p. 412.) 

Denarial. [Intercalez Denarial, dénéral, au 
reg. .J.J. lOG, p. 212, an. 1374 : « Jehan de Solier, 
« lieutenant du maislre particulier de ladite mon- 
«' noyé de Rouen, trebuchoil des deniers blancs à 
" un denarial. »] (n. e.) 

Dencoste, adv. A côté. « Dencoste li fu. » A 
côté du feu. (Fabl. mss. du R. n° 7989, fol. 212.) 

Dendoi', ^'omd'un magicien. Marbodus, art. 19, 
intitulé « Magnele, » a dit : 

Dcndor l'ama mult durement. 

Dendroit, ou d'endroit, adv. Vers, auprès. 
(D. Morice, Ilist. de Bretagne, p. 934.) 

Deneantir, v. Anéantir, humilier. (Oudin et 
Cotgrave, Dict.) 

Denéantise, s. f. Le néant. (Dicl. de Cotgrave.) 
« L'inanité, la vanité, et denéantise de l'homme. » 
(Essais de Montaigne, t. II, p. 203.) 

Dénégation, s. f. Déni, refus, désaveu. 

Si leur fist l'en sommacion 

IJe vouloir la ville au roy rendre 

Dont firent denéijacioit. 

Martial de Paris, Vig. de Charles VU, 1. 1, p. 199. 

" Déni ou dénie de j ustice ou de droit, c'est quand le 
" seigneur justicier ou ses officiers refusent à faire 
« juslice aux parties liligantes. » (Laur.Gl.duDr.fr.) 

Denelae, s. Loi des Danois ainsi nommée, et 
sous laquelle ils vivoient quant ils passèrent en 
Angleterre. (Du Gange, au mot Lex Danorum.) 

Denerver, v. Enerver, afïoiblir. (Oud. et'Cotgr.) 

Denezyns, adj. au pi. Ceux de dedans. « Les 
X aliens comme les denezyns. » C'est-à-dire les 
gens du dehors comme ceux du dedans. (Carta 
magna, fol. 134, V°.) 

Dengrez, adj. Peut-être délié, mince. ^ Ungles 
« dengrez » semble synonyme à ongles nets dans 
le passage suivant : 

Riens ne li peut tant valoir 
Les ungles nez et dengrez (1) 
Si nés souvent espinciez 
Lors aura de sa mie joie. 

Poës. MSS. avanl 1300, 1. H, p. G46. 

1. Denier, v. Nier, refuser ;2). Denier, sous les 
orthographes employées dans les Loix Normandes et 
dans S. Bernard, répond au latin negarc, abnegare et 
denegare. Ce mot subsiste sous celte orthographe. 
Le P. Labbe traduit singulièrement celle ortho- 
graphe par le latin obtundcre et l'orthographe 
denéer par prohibere, comme si ce n'étoit pas le 
même mot. [Voyez Dénier.] 

Mercliie me denoie. (Ph. Mouskes, p. 973. J 



(1) Lisez deugiez pour delgiez, délicats, (n. e.) 

(2) On lit dans Marie de France (fable 62) : « U il volsist, u il dengnast, Au leu covint qu'il l'emportast. » (n. e.) 



DE 



- 59 



DE 



Conjugaison : 
Déni, ind. Je renie. (Fabl. mss. du Roi, n° 7615, 

t. I, fol. 101 bis.) 
Deinjsse, subj. Dénie. (E. Descli. fol. 135.) 
Deneee. pour je nie, au subj. (S. Bern. Serm. fr. 

Mss. p. 228, dans le lalin negam.) 
Denoiet, pour il nie, à l'ind. (Idem, p. 271.) 
Denoisiemes, pour niassions. (Duch. Gén. de Bélh. 

p. 145, lit. de 1270.) 
Desnoievet, pour nioit. (S. Bernard, Sermons fr. 

MSS. page 374.) 

VARIANTES : 
DE.VIER. Orth. subsistante. Loix Normandes, art. 8. 
DÉNÉER. Fabl. MSS. de S. G. fol. 65, V" col. 2. 
Denoier. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 426. 
Denoyer. E. Desch. Poës. MSS. fol. 426, col. 2. 
Desnier. Faifeu, p. 51. 

Desnoier. s Bern. Serm. fr. MSS. p. 20 et passim. 
Desnoyer. Id. p. 330. 

2. Denier, s. m. Sorte de monnoie *. Revenu ^. 

* Comme monnoie le denier a varié suivant les 
temps et les lieux. (Voyez Le Blanc, sur les mon- 
noyes, p. 20!) et 242, et une longue dissertation sur 
le mol Denier, dans le Dict. de Borel.) Ce mot s'est 
pris pour « argent » , comme nous l'employons 
encore aujourd'liui. « Luy gecta tous ses deniers. » 
(Joinv. p. 80.) « Luy demanda une si grande quan- 
>< tité de deniers. " (Nuits de Strap. 1. 1, p. 201.) 

Deniers est bons compains. 

Cort. d'Artois, MS. de S. G. fol. 84, R» cul. 1. 

C'est-à-dire l'argent est un bon compagnon. 
Deniers est employé pour argent pris générique- 
ment, pour monnoie ou argent comptant. (Voyez 
Duchesne, Gén. de Bétbune, p. 152.) 

^ Deniers, au pluriel, s'est mis pour « revenus. » 
« .... Une certaine pension sa vie durant sur les 
« deniers du dit evesché. ■> (Math, de Coucy, Hist. 
de Charles VII, p. 702.) 

Ce mot s'emploie encore en ce sens. On disoit 
aussi autrefois (1): 

1° <• Ny deniers ny maille, » pour exprimer rien 
du tout. « Ne se trouvant plus deniers ny maille. » 
(Nuictsde Strapar. t. I, p. 334.) 

2° « Roy de deniers » étoit une espèce de carte 
espagnole. Un denier faisoit la marque du roi qu'on 
appeloit ainsi. (Voyez des Ace. Bigarr. fol. 5, V".) 

3" " Denier à Dieu et charité. » Laurière dit que, 
dans la Coutume de Lille, « l'achepteura accoutumé 
« de donner au vendeur une petite pièce d'argent 
<■ pour distribuer aux pauvres, en témoignage que 
« les contrahans sont d'accord. » (LaurièVe, Gloss. 
du Dr. fr.) « Les confrères doivent donner à l'au- 
« mosne de la confrairie le denier à Dieu de tout 
>' ce qu'ils vendent, et doivent faire ressouvenir les 
» acbepteurs de le donner aussi à cette même 
» aumône. » (Ord. des R. des Fr. t. III, p. 581.) 



" Que tous deniers à Dieu que l'on a accoustumé 
'■ bailler en faisant quelques marchez et accords 
« seront mis dedans les dittes bouettes et enjoint à 
« tous ceux qui feront les dits marchez de mettre 
« les dits deniers aux dites bouettes. » ^Ord. de Metz, 
au Coût. Gén. t. I, p. 1107. — Voyez Denarins Dei 
dans le même sens au Gloss. lat. de Du Cange.) 

4° « Denier Dé » se trouve pour « denier a Dieu » 
dans les Ord. des R. de Fr. t. V, p. 272. 

[4° bis, « Denier à Dieu. » Cette expression se 
rencontre au xiir siècle : « Noz entendons que 
« marciés est fes si tost comme il est creautés à 
<■ tenir par l'acort des parties, entre gens qui poent 
« fere marciés, ou si tost que denier Dieu en est 
» donés. " (Beaumauoir, 24, 66.) On lit aussi dans 
une Ord. de 1311 (t. V, p. 272): « Ne puet ne ne 
« doit vendre ne apporter pour vendre cuir tanné, 
» ne faire marchié, ne joindre, ne bailler deniers 
« à Dé. ..] (n. E.) 

5" « Deniers comptez et nonreceus. » « Ceux dont 
« on doit faire reprise dans un compte ; » qu'on dit 
autrement « deniers rendus et non receus. » (Laur. 
Gloss. du Dr, fr.) " Je les coucheray au chapitre que 
« l'on appelle en la cliambre des comptes de 
« Reprise et deniers eomptex, et nonreceus. » (Pasq. 
Lettres t 1, p. 558. — Voyez Rabelais, t. V, p. 74.) 
« Deniers nombrez, » pour argent comptant. (Per. 
Hist. de Bourg, p. 514, tit. de 1206.) 

6° » Denier de Senlis. » Sorte de monnoie. 

Oui por un denier de Senslis 
Peust il avoir ses delis. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 50, R" col. 2. 

7' « Deniers de pelices. » Sorte d'impôt qui peut- 
être se payoit avec des peaux qui étoient d'usage 
pour les chanoines du Puy. « Accordé est que les 
« doyen et chapitres se départent de toutes presta- 
« lions, charges, services ou servitudes, à scavoir 
« de tailles, mortailles, formariages, ou deniers de 
« pelices , » dans une citation de Du Cange, au mot 
PeUicia (Arrêt de 1344, aux Preuves de l'Eglise de 
S' Aniane d'Orléans, p. 105). 

8° « Denier de service. » Somme d'argent que 
l'on payoit pour tout service, pour fief qui avoitété 
donné. (Laur. Gl. du Dr. fr.) 

9° « Le denier de S. Père. « C'étoitune espèce de 
tribut en argent que l'Angleterre donnoit autrefois 
à la cour de Rome. (Du Cange, au mot Denarins 
Sancti Pelri.) (2) « Dener Saint Père " est employé 
au même sens dans les Loix Norm. art. 18 et 20. 

10' « Le denier douze. » Voici une application 
singulière de cette expression qui subsiste : » J'ay 
" ouy compter d'une moult belle dame de Bavière, 
« que l'on disoit qu'elle avoit vingt subjects qui 
« tous l'aymoient, ce disoit l'en, à tous donnoit 
« attrais de semblant d'amour et si gaignoit souvent 



(1) On lit encore dans un traité d'Economie rurale du xiii« siècle (Bibl. de l'Ec. des Chartes, 4« série, t. II, p. 368) : « S'il 
i a nulle beste qui comence à feblir, metez les costages pur lui sauver ; car om dit : Beneit soit li dener qui sauvé la 
libre. » (n. e.) 

(2) On lit au cart. 21 de Corbie, an. 1344 : « Comme descors fust meu... pour cause de unze livres Parisis ou environ de 
chens, cascun an deubs auxdits religieux à le cause de leur dite ville de Wailly vers Arras,.. à deux termes : est assavoir 
le moittié au Dimenche prochain après la Trinité, et l'autre moittié le Dimenohe après la Toussains , et lesquels deniers 
sont a'ppellés les denier saint Pierre. » (N. E.) 



DE 



— CO- 



DE 



« à eulx à celluy jeu, corsetz, draps, pannes de 

• vair, perles et bons joyaulx et en avoit moult de 
« grans prouffilz, mais pour certain elle ne s'i peut 

• oncques si bien garder que en la fin elle n'en i'usl 
« moult blasniée el diU'anice el luy vaulsisl mieulx 
« pour son honneur avoir aclielé ce qu'elle en eut 
« le denier douze (1)^ » [Brantôme '0 

11« « Deniers francs, " quilles de tous droits. 
« Autre coustume est au dit baillage, qu'un frère 
- aisné, qui a aainesléde ses frères ou sœurs puis- 
« nez, ou de l'un d'eux à prix d'argent, leOefqui leur 
« appartenoil par partage fait contre leur dit frère, 
« tel acquesteur est tenu de payer quint et requinl 
« au seigneur féodal , si les vendeurs ont leurs 
« deniers francs. » (Coût, de Vilry, p. 455.) « ouand 
« une terre noble est vendue, êl il n'est dit en 
« faisant le dit vendage, deniers francs au vendeur, 
« alors le dit vendeur doit le quint denier : mais 
« quand il est dit francs deniers au vendeur, l'ache- 
« teur doit quint el requint. » (Ibid.) 

12° « Denier oublié » semble ici pour service non 
acquitté : « L'on dit en commun proverbe denier 
« oublié n'a grâce ne gré; et courtoisie faicle à 
« personne, qui gré n'en scet, est perdue. » (Percef. 
vol. VI, fol. 103, Y" col. 1.) 

13° « Principaux deniers. » Prix payé sur le 
principal d'un achat. « Vente et achapt de héritages, 
« maisons et aultres choses faites verballement, ne 
« se fournissent ou acheptent par les vendeurs ou 
« acheteurs , ains passent iceux par inlerest de 
« reslituiions de deniers à Dieu, vin, carilé eiprin- 
« cipaux deniers, après devoirs et sommations faits 
" par l'entreleneur. » (Coût, de Douay et Orchies, 
au Nouv. Coût. Géii. t. Il, p. '.)77.) 

14° « Denier morlas ('2). « Ce denier en valoit qua- 
tre. (Laur Gloss. du Dr. fr.) 

15° « Denier Tolza ou Tolzan. » 11 y en avoit de 
deux espèces. ■> Le denier Tolza valoit deux deniers 
« tournois et le denier Tolzan forte monnoie valoit 
« deux deniers el demi. » (Laur. Cioss. du Dr. fr. — 
■Voyez Dicl. de Dorel, au mol Monnayes.) 

10° « Au denier la denrée. « On lit en marge : 

« Ce qu'on peut facilement trouver à achepter 

« pour ce que en noslre bonne ville de Paris, foins 
« et avoines et autres biens, peuvent estre trouvez 
» au denier la denrée, senz l'aire prinses, nous ne 
« voulons pas que en icelle ville ne en la vicomte 
« d'icelle, et pour les causes dessus dites aucune 
« chose y soit prinz se ce n'est «m denier la denrée, 
« et du consentement des bonnes gens de qui les 
« choses seront, et en leur paiant prompteraent et 



» avant toute œuvre le juste et loyal pris. » (Ord. 
des R. de Fr. t. V, p. 34.) Il me semble que cela 
signifie plutôt « avec l'argent à la main. » 

'l7° " Du tiers denier. » C'est-à-dire de deux 
deniers à trois deniers. » Les fermes de l'imposition 
" octroyée au roy.... furent creuésf/;/ tiers deniers 
" c'esl assavoir de deux deniers à trois deniers. " 
(Ord. des R. de Fr. t. II, p. 49'2.) 

18" « Par deniers donnans , moyennant une 
somme. « Il clama quitte sa ferme au marchy par 
■• deniers donnans. » (Coul. de G. de Tyr, Marlène. 
t. V, col. 031.) 

19" « Deniers ne renies. » Ni pour argent com- 
ptant, ni pour renies. (G. Guiarl, ms. fol. 132. V°.) (3) 

VARIANTES : 
DENIER. Duchesne, Gén. de Bélh. p. 152, tit. de 1-237. 
Dener. Villehard. p. 186. 
Denare. Rabelais, t. III, p. 17. 
Denir. (Voyez Denier ci-dessus.) 
Denires. Gloss. de l'Hist. de Bretagne. 
Denrrans. La Thaum. Coût, de Berri, p. 331. 
Daurrans. La Thaum. ubi suprà. 
Derrez. Coût. Gén. t. I, p. 927. 
Dinier. Marbodus, art. 1». 

Dénier. [Intercalez Dénier. Ce mot se trouve 
sous la forme dengner au xur siècle : - U il volsist, 
" u il dengnast. Au lieu covint qu'il emporlasl. » 
(Marie, Fable, 02.) Dans certains dialectes on trouve 
denoier ; enfin Beaumanoir (L, 10) écrit : « S'aucuns 
« héritages est vendus à commune, li sires pot 
« denier le sesine à fere. »] (n. e.) 

Denieur, s. m. Qui dénie, qui refuse. (Oudin.) 

Denigement, s. )». L'action de dénicher, de 
sortir du nid. Dans l'Analomie de Quaresme pre- 
nant, on lit : « La conscience comme ung denige- 
« ment de heronneaulx. » (Rab. l. IV, p. 132.) 

Dénifjei", v. Dénicher, faire sortir (4i. Rabelais 
dit des Géants qu'ils .• enlreprindrenl le haull mont 
" Pelion imposer sur Osse, el l'umbrageux Olympe 
« avecques Osse envelopper pour combalre les 
<' Dieux el du ciel les déniger. » (Rabelais, t. IV, 
page 103.) 

Denigremaiit, s. m. L'action de dénigrer, de 
diffamer. ^Monet, Oudin el Colgrave.) (5) 

1. Denis, s. m. Bacchus [du latin Diomjsus']. 
(Du ïillot , de la Fesle des foux, p. 125.) 

2. Denis, s. m. Nom propre de lieu. » Soie de 
» S' Denis. » (Proverbes à la suite des Poésies >iss. 
av 1300, t. IV, p. 1052.) « Tripes de Seint Denis [0). ■■ 
(Ibid. p. 1053.) « Li privé de S. Denise. » (Ibid. 
page 1051.) (7) 



(1) C'est-à-dire payer le prùx de ces cadeaux, plus 9 pour 100 d'intérêt, (n. e.) 

(2) La monnaie de Morlaas était frappée en Rearn près de Pau. (n. e.) 

(3) On lit encore dans l'Economie rurale (Bibl. de l'Ec. des Chartes, i' série, t. II, p. 368) : « S'il i a nulle beste qui 
commence à febUr, metez les costages pur lui sauver ; car om dit : « Beneit soit li deiier qui sauve la libre. » (n. e.) 

(4) Au xiii« siècle, on lit dans /( Coronemens Looys (v. 1975) : « ,Ie m'en irai el règne de Poitiers ; Des traïtors i a moult 
heriiergiez ; Mes, se Dieu plest, ges ferai desnichier. » (^n. e.) 

(5) Dans G. Chastelain (Exposition sur Vérité mal prise) la forme est dénigrât ion : « Tu y comprends blasphème et 
denigmlion non demeries. » (N. E.) 

(6) On lit au /Jic(. des pays ^oyt'tt/a; (Crapelet, Prov., p. 121): « Les bons pastez sont à Paris, Ordes tripes à Saint 
Denis » (n. e.) 

(7) D'après le Dit de l'Apostoile. Oudin (p. 382) écrit aussi : « Mesure de Saitit Denis, plus grande que celle de Paris. » 
Plus haut, lisez suie et non soie. (N. E.) 



DE 



Ci — 



DE 



Denneaux, s. 7n. p. Démons. <■ Armes forgées 
XI par mauvais art el brefs, charrois, sors ou invo- 
« cations de denneaux, etc. » (Edil de Philippe-le- 
Bel, sur les Duels, rapporté dans Du Cange, Gl. lat. 
au mol Ducllum, co\. li;8'(.)(l)0n lit ibid. col. 1087: 
« Invocations d'ennemis » dans le même sens, il faut 
peut-être lire d'enneaux en deux aiots. 

Dennotement, s. m. Ce mot se trouve dans le 
Mémorial 6'. de la Chambres des Comptes, au lieu de 
celui " d'Envoirrement » qu'on lit dans les Ord. des 
Rois de France, t. 111, p. 11. — Voy. ibid. la note 11. 

Dénouibrement,s. m. Terme de fief (21. Décla- 
ration qu'on fait au seigneur dominant de tous les 
fiefs droits et héritages qu'on reconnoil et avoue 
tenir de lui. (Du Gange, (lloss. lat. où l'on voit 
denomhvamenliim et clenorninatio pris dans le 
même sens.) 

Denoniinement, s. m. Déclaration, aveu. Le 
même que « dénombrement » ci-dessus. « Mandez 
« à tous nos baillis, et seneschaux, que il facent 
« crier et publier solennelmenl.... que tous ceux 
" qui tiennent aucunes choses de nous en lié, leur 
a baillent.... les vraiz et entiers denombremens de 
1 tout ce qui il liennent en fié de nous.... es quiex 
« denommevients, soit exprimé le dit fié ou fiez, le 
« lieu et chastellenie où ils siéent, etc. » (Ordonn. 
des Rois de France, t. V, p. 432 et '<33, an. 1371) On 
trouve ibid. Denomemenl (3). 

Dénommer. [Intercalez Dénommer: 1» Dési- 
gner : « Li dénomme del loue, del lé, Tute la moitié 
« del régné. » (Benoit, 11, 4710) « Li jours qui 
« dénommés estoit, approcha, » (Froiss. 11, 2G1.) 
2° Proclamer: « Assés tost apriés le revenue dou 
« roy Carie fu ordonnés et dénommés messires 
« Phelippes, mainnés frères dou roy, duc de Bour- 
« goigne. » (Froiss. Vil, 3.)] (n. e.) 

Denoncement, s. m. Dénonciation *. Manifes- 
tation °. 

* Sur le premier sens, voyez les Dicl. de Robert 
Estienne, de Cotgrave et d'Oudin. <■ Denoncement 
« ou accusation àpplegée. » (Laur. Gl. du Dr. fr.) 

^On trouve f/cHOKcewPH/ dans le passage suivant 
pour l'aciion de se manifester : 
.... Il eslit la povre gent 
Por faire son denoncement. 

Part, de Bl. MS. de S. G. fol. 164, V" col. i . 

Denonceur, s. m. Dénonciateur (4). (Ord. des 



R. de Fr. t. 1, p. G51.) >' Le denonceur possessio- 
« naire » éloit celui (|ui possedoit un héritage sur 
lequel on faisoit une nouvelle tcuvre et qui faisoit 
la dénonciation de nouvelle œuvre. 11 devenoit 
" denonceur possessionnaire , c'est-à-dire posses- 
« seur de la dénonciation qui est grande dignité en 
« procès. " (Bout. Som. rur. p. 828.) 

Denouciateui'. [Intercalez Dénonciateur : 
1" Courtier ou crieur : « Plusieurs bouchers, varlelz 
" bouchers, marchans et autres facteurs et dcnon- 
" dateurs d'icenlx marchans et bouchiers. ■> (Ord. 
IX, 335, an. 1408.) 2" Suppléant du vicomte dans 
l'ile de .lersey. La fonction remonte au xiv siècle, 
mais le mol n'apparait que dans le jurisconsulte 
Le Geyl, à la fin du xvu' siècle (Bibl. de l'Ec. des 
Chartes, 1877, p. 318-31!)).] (n. e.) 

Denonciatif, adj. Qui dénonce. (Mémoires de 
Du Bellay, liv. IX, f" 274.) 

Dénonciation, s. /'. L'aciion de dénoncer. Ce 
mot subsiste. Eu termes de droit, on nommoit 
« dénonciation de nouvelle œuvre, « lorsque quel- 
({u'un faisant « nouvelle œ'uvre au préjudice 
>' d'œuvre d'autre : celuy qui sent que c'esl en son 
" préjudice, le défend et dénonce à non faire de 
« soy mesuiessans autre aucloritéde sov mesmes. » 
(Bout. Som. Rur. p. 827.) 

Denoncier, D." Dénoncer (Ordonn. des Rois de 
France, t. I, p. 80.) (5) 

Denonciet, part. Annoncé. Mouskes dit, en 
parlant de l'Adoration des Mages : 
Là s'ariesta u Dieu tenoit 
La mère ki moult cliers l'avoit : 
Aouret l'ont et denonciet. 

P!i. Mouskes, MS. p. 275 el -276. 

Denotance, S. /■. Marque, indice. Signe représen- 
lafif, représentation, désignation. (Dicl. de Marot.) 

.\ux autres chars eut denotance mainte; 
Car chascun d'eulx portoit en son enceinte, 
Une citée taillée au vif et painte 
Représentantes, etc. (J . Marot, p. i51.j 

Dénoter, v. Marquer, indiquer. (Monet.) 
Dénouer , v. Déboîter. « Se dénouer la 
« hanche, » pour se démettre la hanche. ^Mémoires 
de Montluc, t. 1, p. 278.) « Et aucuns ([ui vouloient 
« aller aux escarmouches, se rompoient ou tles- 
» nouaient \eshvAS ou les jambes. » (Disc, politiques 
et mil. de la A'oue, p. 788.) (G) 



(1) L'éd. Henschel donne la même forme (II, 957, col. 3). (n. e.) 

(2) A l'origine, le vassal montrait au seigneur tout de ce qu'il déclarait tenir de lui ; c'est la visite du fief, la innnsirie de 
terre. De nos jours encore, dans la Bretagne, le beau-père montre à son futur gendre les terres qu'il donne en dot à sa fille 
et parfois aussi les domaines de ses voisins qu'il dit lui appartenir. Au temps de Beaumanoir, la déclaration de l'état du 
fief est constatée par écrit, et Vaueu remplace la monslréc de terre. A partir du .xiv-' siècle , on y adjoint la description 
détaillée du fief, le dénombrement, (n. e.) 

(3) Dans Froissart, il signifie nomination à un office (XII, 81) :« Le Barrois fut tout n-sjouy de ce présent [faveurj et 
denomincmenl. » (n. e.) 

(4) Le cas sujet denonceres est dans Beaumanoir (LX VII, 20) ; denunceor, pour denonceur, est au Liv. de Jostice, 42. (n. e.) 

(5) Le mot est déjà dans Thomas de Canlorbery, 78; « Pur treis choses pur vus, que vus voil denuncier, Que od vus 
parler en ai mult grant desirier. » (N. e.) 

(6) Le mot est dans Benoît de S' More (II, 6391) : « Kar entre nos e Franceis toz Nos ert liem d'amor e noz, Sens rompre 
mais, senz desnoer. » Le sens de déhoiler est au reg. .1.1. 129, p. 186, an. 1386 ; « IceUui François... recouvra un autre cop 
sur l'espaule d'icellui exposant, dont il lui desnoua le bras. » De mémeau reg. .1.1. 146, p. 282, an. 1394: « Par casd'aventure 
icellui Quoquemen se desnoua l'espaule. » Froissart donne une forme qui nous reporte au thème disnodulare et non 
disnodure : « Le conte desnouUa son jupon. » (Kervyn, XI, 95, var.) (n. e.) 



DE 



— 02 



DE 



Denoueure, s. f. Dénouement *. Déboite- 
meiil ®. 

* Dans le premier sens, ce mol exprime l'action 
de défaire un nœud. (Oolgrave et Monet.) 

^ Dans le second sens, denoueure désig:ne le 
i deboilement dos. " (Monet.) 
Denonniet, ]>art. Dénommé, indiqué. 

Et sel fist li rois adouber, 

A jour denoumet et ounieste, 

Moult liautement ot granl lieste. fMouske^, p. 798./ 

Denouz, adj. Dénoué, sans lien. « Deux auUres 
<• le chaulseronl : mais soient les cliaulses denouz. » 
(Mil. fr. du P. Daniel, t. I, p. 102.^ On lit en marge : 
<■ c'est à dire sans jarretierrcs. » 

Denqni, adv. Delà. (Borel.) (1) 

Denrée, s. /'. Revenu de deniers* ('2). Marchan- 
dises, provisions °. Mesure '^. 

* Le mot denrée signitle proprement ce qui vaut 
un denier, ce que l'on peut avoir pour le prix d'un 
denier. (Voyez LeDucliat, sur Rabelais, t. II, p. 260, 
note <)'».) « Bertrand dist à Henry qu'il ne le lairoil 
« pas jusques à tant qu'il fust seigneur de toute 
« Espengne, et le faulx Piètre, qui sa vaillant femme 
« avoit fait mourir, n'en tendroit jà denrée (3). » 
(Hist. de B. Du Guesclin, par Ménard, p. 201.) De lu 
on a dit : « Denrée d'honneur, » au figuré, pour la 
valeur d'un denier d'honneur, un peu d'honneur. 
« Le roy est si noble et si courloys et si gentil de 
« cuenr qu'il donneroit mille besans d'or pour 
« denrée d'honneur et de prouesse acquérir. » 
(Perceforest, volume I, fol. 153.) 

^ En étendant cette acception , l'on a nommé 
denrée toute marchandise ou provision de chose. 

A chascun a donné soldées 
Ou en deniers ou en denrée (4). 

Blanch. MS. de S. G. fol. 184, R- col. 2. 

Ce mot est pris au figuré dans le passage suivant : 
« Aussi ay-je oui dire que l'homme se doit tous- 
« jours prendre au souverain bien à quelque 
« travail, ou coust que ce soit, car jà si cher ne 
a l'achètera que la denrée ne vaille au double. » 
(Percef. vol. V, fol. 74.) 

^ Enfin dotrée s'est employé pour une certaine 
quantité, une mesure (5). 

Se fust vins, bien eust beue sa denrréc. 

Parton, de Elois, MS. de S. G. fol. 172. R" col. 1. 

Le mot denrée est devenu presque aussi généri- 
que que notre mot « chose ». Ainsi on disoit : 
« Qui prend fagots , bourrées lates , basions , 
" sactelle ou denrées faites de bois, outre le congé 
« du seigneur ou marchand, amende de soixante 



« sols parisis. » (Coût, de Péronne, au Nouv. Coût. 
Gén. t. II, p. 601. coi. 2.) Aussi Laurière, Gloss. 
du Dr. fr. l'interprèle-t-il par « choses mobiliaires. » 
Il se disoit même des personnes. 

Tel denrée lors Anglois urent : 
Po (le chevalier de valor 
Remaint, qui ne fu mort cel jour. 

Hisl. de Fr. à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 8i, V col. 1. 

VAR1.\NTES : 
DEXRÉE. Blanch. MS. de S. G. fol. 184. R» col. 2. 
Denriée. La Thaum. Coût, de Berri, p. 322. 
Derrée. Laur. Gloss. du Dr. fr. 
Desrée. J. Marot, p. 236. 
Dexrez. Le Loyer des FoU. amours, p. 300. 
Darre.s. Britt. LoLx d'Anglet. fol. 248, R». 
Deriens. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 599. 

Denrener. [Intercalez Denrener , vendre, 
commercer: « Thevenin et Henry se sont allez et 
« acompaignez par bonne et vraye affinité et en 
« haute de marchandise, pour faire et denrener au 
« protjt commun leurdit meslier ensemble. » 
(.I.J. 125, p. 110, an. 1384.)] (n. e.) 

Dens, prépos. Dans. 

Densom, prépos. Dessus. » Densom le chief ; >> 
depuis le sommet de la tête. 

Il le fendi en deux moitiés 

Densom le c.^iief jusques es piez. 

Rom. de Brut, MS. fol. 7, V col. 2. 

Dent, s. /'. Ce mot subsiste avec ce genre et sous 
cette orthographe. On trouve souvent dents, au 
masculin, chez nos anciens auteurs. 

(■'cy est pour blanchir vos dentf;, 

Si par temps ils deviennent ords. [M. de S. Gel. p. 108.) 

Ce mol est employé au même genre, dans Percef. 
vol. VI, fol. 113, où' cependant on le trouve aussi 
au féminin. Il nous reste à citer sous ce mot diver- 
ses expressions anciennes : 

1» « Dent d'applique, » pour dents postiches. 
(Dict.d'Oudin.) 

2° « Les dens devant sont bons , » façon de 
parler : 

Tais-toy, les dens devant sont bons (6). [E. Desch. p. 245. J 

3° « Parler à tous les dens, » parler des grosses 
dents, comme nous le disons dans le style familier. 

Elle verroit jà sanz arrest 

Parler à vous à tous les dens. (E. Desch. p. 515.1 

4» « Qui est fait du dent », qui a la dent pleine, 
formée. 

Princes, chevaulx qiii est grans et plumiers 

Et faiz du dent, est meilleur et plus sain 

C'un roucin court jeune et en ses cuidiers, 

Pour ce ne doit nulz homs amer poulain. (E. Desch. p. 334.J 



(1) Cette forme est dans une charte de 1270 (Cart. de S. Vincent de Laon) ; » Denqui au buisson outre le pierge selonc 
les terres S. Vincent, duques à la bonde Willaume, c'on dit le Flamenc. » (n. e.) 

(2) C'est en ce sens qu'il faut entendre « denrée de cens » dans quelques anciens titres du domaine d'Orléans. « Item, 
une pièce de terre contenant denrée de cens. » (1389. duché d'Or. Censive de S. Jean de Brayes. — Le C. de D.) On disait 
denrée de terre comme livrée ou soudée de terre : « Nous avons eu et receu dudit Simon cetit soudées et douze denrées de 
terre en fief. » (JJ. 121, an. 1.309.) — « Une pièce de terre contenant vingt denrées. » (JJ. 195, p. 1386, an. 1474.) (n. e.) 

(3) On lit aussi dans Froissart : « Il l'en feroit si exent [de son héritage] que il n'en tenroit denrée. » (V, 364.) (N. E.) 

(4) On lit dans un acte de 1319 (Du Gange, II, 795, col. 1) : « Et donra l'en à chascun povre que y sera, deux deniers , ou 
deux denrées de pain. » (N. E.) 

(5) On trouve : 1» Denrée de pré (.IJ. 199, p. 424, an. 1464) ; 2» denrée de pain (ch. de 1315 ; Du Gange , II , 795 , col. 2) ; 
3° denrée de paste (.IJ. 103, p. 168, an. 1355). (N. t.) 

(6) Car « Bonnes sont les dents qui retiennent la langue. » (Leroux de Lincy, I, 214.) (n. e.) 



DE 



- 63 



DE 



5° « Avoir la dent sur quelqu'un, « avoir Tavan- 
tage sur quelqu'un. « Luy pou'iroient donner le 
« siège, et par advenlure le prendre, comme ceulx 
« quî aiiroicnt la dent sur luij, et estoient puissans 
<■ ù l'advantaig'c. " (J. d'Auton, Ann. de Louis XII, 
de 1502, p. 165 et 166.) Celle expression signilioit 
aussi « porter envie, ■> vouloil trouver à mordre 
sur quelqu'un, en vouloir à quelqu'un, avoir une 
dent contre lui. « Chascun le regardoit à merveil- 
« les pour les grandes proesses qu'il faisoil, tant 
« que les ennemys et envieulx mesmes qui avoient, 
« la dent sur hnj de ce qu'il avoit encliargé deux 
« escuz pour monstrer qu'il y avoit en luy la 
« proesse de deux chevaliers , se taisoient. » 
(Percef. vol. II, fol. 124.) « Mais le roy de France, 
« qui toujours avoit la dent sur le duc de Bourgon- 
» gne, le guerroyoil, et ce qu'il ne faisoitapparem-' 
» ment, il le faisoit secrètement. » (Jiém. d'Ol. de 
la Marche, page 80.) On a dit « avoir » ou « porter 
« une dent de lait contre quelqu'un, » pour avoir 
de la rancune, en vouloir à quelqu'un. (Voy. Peler, 
d'amour, p. 417.) 

6» « Avoir la dent à quelque chose. » Avoir envie 
de mordre, être avide de faire une chose, y être 
acharné. » Quand Clisson fui logé, il appei'la ses 
« capitaines et leur dicl : Beaux seigneurs, je scay 
« bien que le duc de Bretaigne envoira demain 
« courir devant Monconlour qui est au comte de 
Il Penthievre, etgastera le pays, car il y a moult la 
« dent. » (Histoire de Loys 111, duc de Bourbon, 
page 263.) [Ed. Chazaud, p. 210.] 

7° « Tenir dent de poulain, » pour être jeune. 

Je ne tiens dent de poulain. (E. Desch. p. i't'S.j 

8° '< Prendre au dent fauche et faucille », faire 
couper ou pâturer. « Aux mannans et habitans de 
» la dilte ville et paroisse, compectent et appar- 
« tiennent certain maretz qui est grand et spacieux, 
« auquel ils peuvent cacher, pasturer tout leur 
« bestail et y prendre au dent, fmiehe, et faucille 
« lierbes hottes, et faii'e tourbes pour leur usaige, 
« sans le pouvoir mener hors de la ville et 
« paroisse. « (Nouv. Coût. Gén. t. I, p. 437.) 

9° « Avoir le dent et le faucli, » pour avoir le 
droit de faucher et de faire pâturer les bestiaux. 
« Ont aussi divers marêts, premièrement un qui se 
« nomme le grand marêt auquel ceux de Prouv'M 
« ont le faiich et le dent où tous les dits raanaiio de 
« Beauvain ont accouslumé cacher toutes les besles 
« soubz la garde d'ung proyer, et y prendre pour 
« leur provision l'herbe que besoing leur est. » 
(Coût, de Beauvais , au Nouv. Coût. Gén. t. 1, 
page 441.) 

10° « Par mes dents », espèce de jurement. Un 
mari, surprenant sa femme avec son galant, se dit : 



Dame, fait il, isnelement 
Qui home amenez caiens, 
Vos le comparrez par mes dens. 

KaW. M.SS. de S. G. fui. 55, R- col. 2. 

11° « Malgré ses dents, » en dépit de lui ou d'elle. 
» Fut contrainte malgré ses dents luy rendre sa 
« robbe. « (Nuits de Stiapar. t. Il, p. 191.) (1) 

12° « Mettre sur dents , ■> exténuer , s'est dit 
métaphoriquement de l'esprit. Sosie, dans l'Amphi- 
trion de Molière (Act. 1, Se. 2), dit : 

Tout cet embarras niel mon esprit sur les dents (2). 

13° « A dents. » La face contre terre (3). « Couchez 
« à dents. » (Contes d'Eutrap. p. 266.) » Le frappa 
« si durement que i! le fist de recbief agenouiller 
" à dens. » (Lanc. du Lac, t. 11, fol. 96.) 

14° « Es dens, » pour en face, au visage. » Sei- 
« gneurs compaignons nous ne voyons pas Fung 
» l'autre es dens, mais rassemblons nous, car 
« quant ores nous serons tous ensemble, si aurons 
" assez affaire. » (Percef. vol. 1, fol. 57.) 

l'ROVKRIJKS : 

15° « Car dit le proverbe, oi\ la dent deuil, la lan- 
« gue va et dit l'Escriture qui de terre est, de terre 
« parle. » (Histoire de J. Boucic. in-i», Paris, 1620, 
page 378.) 

16° Il Clerc jusques es dents •>. Nous disons 
encore : « Scavant jusquaux dents. » (Bal)elais, 
1. 1, p. 190.) 

17° « Rage de cul, passe rage de dents. » (Bou- 
cbet, Serées, liv. III, p. 74.) Voy. d'autres proverbes 
et d'autres façons de parler dans Oudin, Cur. fr. et 
Dict. de Cotgiave. 

[18» « C'est Bertran du Guesclin qui vient si 
" failement ; Il nous tient à brebis, il \\ou?,monstre 
>< la dent. » (Du Guesclin, v. 1164.)] {s. e i 

[19° « Les advocas n'en meurent guère , Qui 
« boivent avec leurs clients ; Ayant une bonne 
•' matière. Ils s'en lavent fort bien les dents. » 
(Jean Le Houx, Van de Viré, 1.)] (n. e.) 

Deutade, s. [. Coup de dent. 

VAUIANTES : 
DENTADE. Bouch. Serées, p. 259. 
Dentée. Oiidin ; Du Gange, Gl. lat. au mot Denlata. 

Dental. [Intercalez Dental, cep de charrue, au 
reg. JJ. 195, p. 9i6, an. 1473; « Icellui Michiel 
« print ung dental d'araire en sa main. »] (n. e.) 

Dent de chien, s. m. Chiendent. Sorte d'herbe. 

(Ménage.) [On la nomme aussi vioulte.'] 
Dent de loup, s. m. Hochet. On appelle dent de 

loup, à Metz, un hochet d'enfant. (Ménage.) '4) 
Dent de lyon, s. /'. Sorte d'herbe. « La fleur 

« de dent de lnou » signifie « vous perdez temps », 

«elon la Recréation des Devis amoureux, p. 60(5). 



(1) On Ut encore dans le Franc Archer de Bagnolet : « Or ça, il s'en fault retourner Maulgrè ses dentz en sa maison. » (n. e.) 

(2) On est arrivé là par la métaphore tomber de fatigue : on tombe la tête la première, on est mis sur les dents et on y 
demeure : « L'infanterie demeura sur les dents. » (D'Aub., Hist., III, 9.) (N. E.) 

(3) On trouve encore en dens (Froiss., VIII, 35): « Il le reverse tout en dens sus le col de son cheval. » Mais à dens est 
plus fréquent : « Et Berte gist à dens par dessus la bruiere. » (Berte, XX.) Une heure envers, une heure adens, donne aussi 
la Rose (2444). (n. e.) 

(4) C'est aussi la cheville qui arrête la soupente d'une voiture, (n. e.) 

(5) C'est le pissenlit commun ou la couronne de moine, (n. e.) 



DE 



04 



DE 



Dente de massonnerie, s. f. Terme d'archi- 
tecture. « Le voisin et comparçonnier peut percer 
" tout outre la muraille commune, pour asseoir 
« ses sommiers et autres bois et pierre, en rebou- 
« chant les pertuis et les remettant en estre, tel 
" qu'ils estoient auparavant ; neantmoins il ne 
« peut asseoir les bouts des dits sommiers tout 
• outre la dicte mui'aille. ains doit laisser espace 
« pour faire une ilriilc de DKissoiinei'ie du costé du 
n voisin. " Coût, de S. Mihiel, au.Nouv. Coût. Gén. 
t. II, p. 1057.) « Pour asseoir les boutans, lauzie- 
« res, jambages simaises et abouties de cheminée, 
" armoires, arcades, esviers, l'ossez de cuisine et 
« choses semblables en mui'aille commune, on la 
» peut percer d'outre en outre en reparant neant- 
" uioins et reboucbant les trous et pertuis qu'on 
« aura fait en icelle; laissant espace, d'autre costé 
•' pour faire une dente de massonnerie de l'espais- 
« seur d'un pied et la main.. « (Coût, de Gorze, 
Ibid. page 1090.) 
Dent (le rat, s. /'. Sorte de dentelle. (Oudin.) 
Denté, adj. Aigu, piquant, mordant*. Déchiré 
à coups dedent^. 

* Dans le premier sens, on lit : « Perdre une sail- 
« lie gaillarde et piquante d'esprit, ou un moidenté 
" et plein d'aiguillon, sans mettre aucun frein ny 
« arrest à leur langue ou plume, ne doutent de le 
« faire esclater contre le meilleur de leurs amis au 
« péril de le perdre. » (Lett. de Pasq. t. III, p. 93.) 

^Ondisoit aussi denté pour déchiré à coups de 
dent. « Ses habits estoient tous deschirez, et luy 
» denté en plusieurs parts. » (Contes de Chol. f" 208.) 

" Dens dentez «, peut-être la bouche meublée, 
façon de parler figurée que nous trouvons en ce 
passage dont le sens n'est pas aisé à déterminer : 

Telz prometteurs sont de ceuz decepvenz 

Qui de voir dire n'ont plus les dt;ns deiilcz. (E. Desch. 2S2.) 

Dentée. [Intercalez Dentée,coup sur les dents: 
» Salatiel emporta sa dentée. « (Agol. v. 804.)] (n. e.) 

Denteler, v. Déchirer à coups de dent. Au 
figuré, on disoit : « Nous contredisons, dentelons, 
« mocquons, blasmephons la parole de Dieu. » 
(Mém. de Charles IX, t. I, fol. 97.) On lit (Ibid) : 
« guant à ce mot de denteler nous ne savons qu'il 
« veut dire, si non (jue vous entendiez reprendre 
" ces dentelettes que font nos femmes et que nous 
« portons à nos chemises. » 

Dentelette, s. f. Diminutif de dent*. Diminutif 
de dentelle^. 

* Le premier sens se trouve dans les Poésies de 
Jacq. Taiiureau, page 251. 



^ Ce mot est mis pour les dentelles dont on gar- 
nissoit les chemises en 1571. (Mém. de Charles IX, 
t.I, fol. 97.) 

Denteleiire, s. [. Partie de la gueule des 
chiens. La partie du patais. Nos anciens auteurs 
qui ont écrit de la Vénerie, se servent de ce mot 
pour exprimer le palais de la gueule d'un chien. 
(Salnove, p. 329.) 

Dentelle, s. f. Entaille ou crénelure. Ornement 
qui se met dans les frises. (Oudin.) 

Denterelle, s. /'. Sorte de maladie. 

Je tais encore la veroUe goûteuse, 

La denlei-pJle et pellade honteuse. [J. Du Bell. p. 492.) 

Denteure, s. f. L'enfance. Proprement l'âge oii 
l'on fait ses dents : « Aussi dit-on que ce que on 
" aprent en denteure, on veult tenir en vieillesse. » 
(Chasse de Gast. Phéb.Ms. p. 134.) (1) 

I . Dentiers, s. m. p. Râtelée, .le me sers de ce 
terme pour rendre celui de dentiers qui, au sens 
pro()re, désigne un rang de dents, mais s'emploie 
d'ordinaire au figuré pour exprimer une multitude, 
une quantité de choses de même nature, de même 
espèce. 

Pour une devise aviser; 

Je n'en sai que le deviser : 

J'en auroie une volentiers 

D'une llour, c'est un grand dentiers. 

Prendrai-je dont violette ? 

Je ne scai, etc. (Froiss.p. 165.) 

2 Dentier,s. ?H. Partie du heaume. La partie du 
hea M!ie ou du casque qui couvre la bouche. (Oud.) 

Dentin, s. m. Sorte de maladie. « S'il est accous- 
<> tu mes de maladie, qui vient soudainement corne 
de goûte, arterique ou dentin. ^ (Citation de Du 
Gange, au mot Campiones.){2) 

Dentre, prép. Dedans. On voit deinter, dans le 
même sens, au Gl. lat. de Du Gange (3). 

Dentu, adj. Qui a des dents. 

Aucuns dcntuz d'une mâchoire fiere 
Claquent leurs dents. (Baïf, fol. 21.) 

Denyse (Le roi de S"). Expression employée 
pour désigner le roi de France, dans l'Histoire de 
France, en vers, à la suite du Roman de Fauvel. 

Deodande, s. f. On appelle ainsi les morts 
arrivées par aventure et causées par des animaux 
ou par des choses inanimées ; par un coup de pied 
de cheval ou de corne de bœuf, etc., ou par l'écrou- 
lement d'une maison ou le naufrage d'un navire, 
etc. (Voyez Du Gange, au mot Deodanda.) 

Deoir, s. m. Devoir, redevance. « Thomasse de 
u Niaille déguerpie de M. Ilambertigny avoue tenir 



(1) On lit déjà dans Gautier de Coinsi, d'après Dochez : « Qu'aprent poulain ert denteure, Tenir le veut tant come il dure. » 
On lit aussi dans Deschamps (fol. 220) : « J'aim par amour la plus belle figure Que nulz homs puist de ses yeux regarder ; 
Courte et grosse est, et s'a la denteure, Groin et cheveux com hure de sanglier, Barbe au menton; elle me fait 
trembler. » (n. e.) 

(2) Carpentier corrige ainsi d'après son ms.: « Se on est acoustumés de maladie qui soudainement vient , comme de 
goûte article ou de autre. » (Ed. Henschel, II, 65, ccl. 2.) (n. E.i 

(3) Ce mot est ; 1° Préposition : « Ainsi vous vous retrouveriés dentre deux selles, le cul à terre. » (Froiss., XI , 388.) 
2° Adverbe : « Quand il se furent ensi ordonné, li quatre patron dessus nommet, dont chascuns estoit en une galée par soi 
et entre ses gens, se misent en frontière tout deulrc et aprochicrent les Engles visteraent et radement. » (Id., VIII, 
125.) (N. E.) 



DE 



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DE 



« du mesme à hommage lige, à un cliieii à oriel de 
<i rfeo»' le manoir de Fontaines Debrusle. » (Heaum. 
Notes, p. 407.) 

Deonandi. C'étoit ordinairement le nom des 
oblats des monastères. (Préface de Mabillon, p. 538.) 

Deoppilatif, adj. Désopilatif. (Cotgrave.) 

Deoppiler, v. Désopiler. (Monet et Oudin.) 

Depairer, v. S'en retourner. 

Puis ilcpdii-aà S' Denis. 

A granl honte, ce m'est avis. (R. de Rou, p, SS9.) 

Depaisié. [Intercalez Depaisié: \° Furieux, au 
Roman de Cléomadès : « Moult durement fn depaisié 
« Le roi Garmans et courechié. >> (Du Gange, II, 
878, col. 2.) 2" Fou : « Icelle suppliante alîoiblie de 
« teste et devenue par heures aussi comme fo- 
« lieuse,... traversoil jour et nuit par champs, par 
« boys et par ville comme furieuse et femme 
« despaisiéc. « (JJ. 107, p. 377, an. 1375.^] (n. f,.) 
Depaistre, v. Paître. (Cotgr. et Oudin.) 
Depané , part. Déchiré , mis en lambeaux. 
(Caseneuve, Origine de la langue françoise.) Un 
ancien poêle, parlant des chre'tiens conduits par 
Pierre l'ermite dans la conquête d'Outremer, dit : 
La peussiez voir tant viez dras dcpaiwcz 
Et tant grande barbe, et tant ciez hurpez. 

VARIANTES (1) : 
DEPANÉ. Du Gange, Gl. iat. au mot Depanare. 
Despané. Poës. MSS. avant 1300, t. III, p. 1066 (2). 
Dépenaillé. Mém. de Sully, t. I, p. 3't8. 
Despenaillé. Oudin, Cotgrave. 

De par Dieu. Expression employée dans les 
combats en champ clos. >> Le maréchal qui sera 
c< sous réchaffaut du dit seigneur juge qui est au 
« milieu du champ, tenant le gage'en sa main, 
criera par trois reposées d'Ave Maria, laissez les 
" aller, et à la dernière dira pour faire leur devoir 
>i de par Bien. » (La Jaille, du Champ de Dalaille, 
Toi. Z^.) Ge cri est encore usité en Bourgogne lors- 
que le pressureur veut faire arrêter absolument 
ceux qui tournent la roue. 

Déparier, v. Depriser. « Toutesfois iceluy sei- 
« gneur de l'Isle Adam fut moult deparlé "(3) et 
» blasmé, pour ce qu'ainsi négligemment par faute 
« de guet il avoit laissé perdre la dicte ville de 
Ponthoise : et par especial les gouverneurs du 
« daulphin en furent très malcontens. » (Monstr. 
vol. I, folio 279.) (4) 



Deparquer, v. Sortir d'un lieu. « Voyant le 
« desarroy, je deparquaij du lieu. •■ (Rab. t. III, 
p. 151.) « Courrurent un cerf desparqué, " c'est-à- 
dire sorti de son fort. (Print. d'Yver, fol. 114.) 

Deparsoner, v. Injurier. 

Filz a vilein vos oi blasmer 

Et laidir et desparsoner. (P. de RI. p. i04.) 

On\i[depersonerâiins\emème sens, Gloss.lal.de 
Du Gange, au mot Depersonare, sous Dispersonare. 

Départ, s. m. Séparation *. Divorce °. Départe- 
ment ^. Délai °. 

" Au premier sens de séparation, on trouve : 

Mort pourra bien des corps faire départ 
Mais nul malheur n'aura jamais puissance 
De mettre un cœur des deux autres à part. 
Les Marg. de la Marg. fol. 3Gï^, R". 

^ Pour divorce, on a dit ; 

Il a se cause failli 

Et encor s'il a ce prouvé 

Le départ lui est réprouvé. (Ibid. fol. AOi.j 

'^ Pour département, district » : « Ghascun eut 
« son départ et quartier. » (Mém. de Charles IX, 
t. I, fol. 333, R°.) 

° On lit « départ » pour délai, » dans les Ordonn. 
t. Il, p. 48. « Sans départ, » sans délai, mais il faut 
lire déport. 

Département, s. m. Départ *. Séparation ^. 
Divorce*^ (5). Ce mot, dans S. Bernard, répond au 
latin discessiis, dissidium et divortium. 

* I! est employé au premier sens de départ, dans 
ce passage : « Alors sa femme rusée et malicieuse 
« feignant d'être marrie de son département, le 
« caressoiten le priant de demeurer quelque temps 
« avec elle. » (Nuits de Strapar. t. I, p. 83.) « Faire 
» département d'un lieu , » le quitter, l'abandon- 
ner, s'en éloigner, en partir. (Eustache Descbamps, 
folio 188.) Département est employé pour sortie 
hors du royaume dans les Ord. des Rois de France, 
(t. m, p. 376.) (6) 

^ De là on a dit département pour séparation (7) : 
« Le chaslel de Dulcem [Tuchan] qui sied en l'arche- 
>' vesché de Narbonne, entre le royaume d'Arragon 
" et le royaume de France, droitement sur le f/eywr- 
<■ lentent'ûes terres(8). » (Froissart, liv. III, p. 156.) 
C'est selon cette même acception qu'on a dit dépar- 
tement pour expiimer , en matière de procès , 
l'action de « départager « les juges. (Ancien Coût, 
de Normandie, fol. 40.) (9) 



(1) Aux Miracles de N. D., on lit encore : « Aval la vile vit un homme ; Nus fu, despris et depané. » (n. e.) 

(2) De même au Roman d'Alexandre : « Et la broigne du dos déroute [disrupta] et despanée. » (n. e.) 

(3) Un ms. de S' Victor (Du Gange, II, 877, col. 3) donne la variante àeparoler : « Plusor s'asanblent aus places et aus 
rues, si déparaient lor voisins, et les vis et les morz. » (n. e.) 

(4) Au xir siècle, il signifie dédire : « Et di.çt li rois : tôt ce laissiés ester ; Li donz est faiz ; ne m'en puis déparier. » 
(Raoul de G. , 12.) Froissart dit comme Monstrelet :« Si fu moult diffamés et dépariés de ses gens meismes de ceste 
aventure. " (U, 15.) Il lui donne aussi le sens de : 1» Railler : « Enssi en yaux regardant et dépariant, se tint là Camdos im 
espace. » (VII. 447.) 2" Parler : « La matière estoit bien telle et si grande qu'elle demandoit à estre dépariée en plusieurs et 
diverses manières. » (Id., XV, 48.) (N. E.) 

(5) Il sicnifie aussi : i" Partage : « Iceulx deux frères eurent guerre mortelle ensemble pour département de terres. » 
(Froiss., XI, 310.) 2» Fin: o Sus le département de le feste. » (II, 25,5.) (N. E.) 

(0) Par suite, on a dit : estre sus son de)iartei)ienl. (Froissart, III, 25Q.) (n. e.) 

(7) Et plus spécialement frontières : « Bilhiinm. Département de deux terres ou de deux pais. » (B. N. 1. 7684.) (n. e.) 

(8) 11 Devant les dicques de Hollande sur le département de la terre. » (II, 67.) (N. E.) 

(9) C'est aussi le sens dans la Goutume du duché d'Orléans ; « Et dudit chemin à aller jusqu'au département et coing 
qui fait la séparation... et de ladite départie desdits chemins. » (1668, Déclaration du Grand -Villiers. — Le C. de D.) (n. e.) 



DE 



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DE 



•^ Nous trouvons département pour séparation de 
mariage, divorce, dans les Doctr. de Sap. fol. 37 (I). 

VAHIANTES : 
DÉPARTEMENT. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 44. 
Depektement. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 315. 

Departerres, s. m. Distributeur. Le S. Esprit 
est appelé « large departerres de grâces (2) » dans 
les l'"abl. MSS. du H. n° 7218, fol. 178. 

Departeur, s. m. Qui partage *. Qui part ° (3). 

* Sur le premier sens de qui partage. (Voyez 
Oudin et Colgrave.) 

^ Departeits est traduit dans le Gloss. du Père 
Labbe, p. i8ô, par le lîiol latin abiens, qui s'en 
va, qui abandonne un lieu, et il est pris en ce sens 
dans ces vers : 

.... Fors que j'ay 

Veu conquérir honneurs, 

Mainte fois aux departeurs, 

Qui ailleurs avoient profit et glay. (E. Desch. p. iOS.J 
VARIANTES : 
DEPARTEUR. Oudin. Cotgrave, Dict. 
Departeu-s. Labbe, Glossaire. 

Départie,», f. Départ, séparation (i). (Dictionn. 
de Cotgrave et Oudin.) Madame de Verneuil n'ayant 
pas suivi Henri IV au voyage de Savoie, on lui 
attribua la chanson Charmante Gabrielle: 

Cruelle départie, 
Malheureux jour, 
Que ne suis-je sans vie 
Ou sans amour. 

1. Départir, v. Partir d'un lieu, le quitter*. 
Séparer ^. Distribuer'^. Décider, juger" (5). Le mot 
départir, dans S. Alhanase, Symb. fr. 2' traduct. 
répond au latin scparare. Dans les Loix normandes, 
au latin discedere, uinovcrc, dividerc. Dans S. Bern. 
répond au latin dlripere, dhlinguere, dlviilere, 
segregare, abstrudere, discernere, dispertire, dijit- 
dicare, excutere, privare, scindere, discedere, 
dispergere. 

* Pour « partir d'un lieu » : 

Lors est le roy de Lyon deparuj. (Marol, p. 69.) 

Dans ce même sens, on disoit, en employant l'in- 
finitif comme substantif : 

Au despartir me donna charge expresse 
De les guider. (M. de S. Gelais, p. Al.) 

De là, on disoit se départir (6), pour quitter, aban- 
donner une chose, et nous le disons encore. (Ord. 



tome 111, p. 187.) Et soy départir, pour s'en aller. 
(Jurain , Histoire du Comte d'Aussonne, p. 26, 
titre de 1229.) 

* Pour « séparer, » diviser (7). « L'on doibt 
« detrancher et départir tous leurs membres par 
« pièces. » (Arrest amor. p. 39ô.) « Voulant secou- 
« rir un de ses amis qu'un autre vouloit tuer, tira 
« son espée pensant les départir, mais la fortune 
« départ les grandes presses. » (Gérard de Nevers, 
2' partie, p. 105.) 

"^Pour « distribuer (8). » (Voy. Glossaire de Marot.) 
Cette acception n'est pas encore absolument hors 
d'usage. 

° Enfin pour » décider, juger » : 

Si lor a dit que soit rendus 
Li jugement : trop est tenus. 
La roine s'en coreçoit 
De cou que trop i demeroit ; 
Ja le départissent avant. 

FaLl. MSS. du R. n- 7089, fol. 57, V col. 2. 

2. Départir. [Intercalez Z»ey;ar/n', pris substan- 
tivement (D. C. sous Demorarï) : « Et tes seoirs et les 
« esters. Tes departirs, tes demourers Soient tempré 
« sans mesprison . ■• (Roman du Riche et du Ladre.)] 

(N. E.) 

Departissement, s. m. Départ. (Cotgrave.) 
De par vous. Selon vous, à votre compte, 
selon votre avis. 

Je ne vous quier nulle folie ; 
D'avoir nom d'ami vous supli 

De par vous ce seroit sotie. (E. Desch. p. '210.] 

Dépasser, v. Terme d'escrime. L'infinitif de ce 
verbe est employé comme substantif dans le passage 
suivant : « E.xille getta ung coup merveilleux après 
» ung f/é'passe?' qu'il fist pour en rompre ung autre. 
« Si ferit son compaignon à descouvert tellement 
« que de la pointe de l'espée, il luy trencha planté 
« de ses cheveulx qui luy gisoient sur le front. » 
(Percef. vol. V, fol. 8.) 

Dépassionné, adj. Passionné, outré , furieux. 
(Oudin.) " Le fait de chaude fureur courir de rà, de 
« là , d'un costé et d'autre, despitant, menat^^ant, 
« provoquant, battant les hayes et buissons à 
« grandz coups d'espée ruez en vain par ire dépas- 
« sionnée. >> (Alector, Rom. fol. 14.) 

Dépatrouiller (se) , v. Se débarrasser, se 
dépêtrer. (Oudin) « Incontinent on voit mille espées 
» desgainées autour de Balde, lequel ils enserrent 



(1) Ce sens est dans un Digeste ms. du xiii« siècle, fol. 272 : « Departemem est diz de la diversité à ceus qui sont 
assemblez par mariage, ou por ce que cil qui despiecent leur mariage s'en vont en diverses parties. » (n. e.) 

(2) On lit encore au Lai du Conseil : « Dame c'est un tains de folie Qui par le pais est espars ; Li departerre en fist granz 
pars, t C'est le cas sujet du mot suivant, (n. e.) 

(3) On dit aussi « aflineurs et deparleurs d'or et d'argent. » (Edit, 14 juin lSi9.) (N. e.) 

(4) On lit déjà dans Roland (v. 1736) : « Einz le vespere, ert mult gref la départie. » Dans Couci, v. 225, il signifie obstacle : 
« Nuls escoudis Ne pouroit faire departieDe vous servir toute ma vie » ; de même dans le Menest. de Reims, § 371 : « Biaus 
très douz fiuz, comment sera ce que mes cuers porra souffrir la départie de moi et de vous'? » (n. e.) 

(5) Il signifie encore : 1° Achever ; « Doel i avérât, enceis qu'ele fia bataille] deparled. » (Roland , v. 3480.) 2° Borner : 
« Sus une rivière qui départ Escoce et Engleterre. n (Froissart, II, 264.) n. e.) 

(6) La forme réfléchie signifie encore : 1° Partir : « Si se départirent en diviers lieux. » (Id., II , 157.) 2° Prendre fin : 
(( Durèrent ces grandes festes plus de trois sepmaines ainchois que elles se departesissent. » (II, 193.) (n. e.) 

(7) C;e sens est dans Roland (v. 2946) ; « L'anme de mei me seit oi départie. » De même dans la Coutume du duché 
d'Orléans; « Ne départirent ensemble jusques à dimenche... sauf les dits compaignons... qui se départirent de la 
compaignie. » (1411, Justice. — Le C. de D.) (n. e.) 

(8) Ou attribuer : « Fais d'armes doivent estre donnés et loyaument départis à ceulx qui par preesce y travaillent. » 
Froiss., II, 5.) (n. e.) 



DE 



G7 



DE 



« de près, mais iceluy faisant un saut, se dépa- 
« trouille d'enlr'eux. » (Merlin Cocaie, t. I, p. 125.) 
« Mille personnes veulent assommer Balde tombé 
« sous mille pierres, ma\s\\ se despatrouille liabile- 
« ment de dessoubs le monceau de pierre. » (Ibid. 
page 294.) 

Depecemant , s. m. L'action de mettre en 
pièces. (Mon et.) 

Dépecer, v. Mettre en pièces, démembrer, 
diviser. (Cotgr. Monet.) (I) On voit depescare, depe- 
ciare, depexatus et depitare, dans le même sens, 
au Glossaire latin de Du Gange. « Lors cuidierent il 
« bien que li ost fut faillie, et rf^p^j^rts^ » (Villeli. 
p. 24.) Du Cange le traduit ainsi : « Estimans bien 
« que par ce moyen le camp se romperoit et que 
« l'entreprise seroit faillie. » Borel, dans son Dict. 
rend mal depeçast par manquât. 

Armés s'en fu, si ala el tournoy 
V. el sousri ses armes dépechier. 

Ane. Poés. MSS. du Val. n' 1490, fol. 12G, V». 

« Or vous prie de bon cueur, courons sus à ces 
« deux chevaliers que nous avons presens devant 
" nous ; SI les altournons telz que les Loudieres qui 
« cy les attendent, n'y puissent venir à temps qu'ilz 
« ne soient depeschex- par membres. » (Perceforest, 
vol. I, fol. 89.) 

« En cheant sa gorgeretle estoil dépecée et en 
« avoit on peu veoir le bout de sa chemise. « (Arr. 
amor. p. 49.) 

>' Dépecer son fief » c'est le démembrer. (Cotgr.) 

VARI.\NTES (2) : 
DEPECER. Gloss. de l'Hist. de Bretagne. 
Depesser. Opusc. de P. Enoc, p. 80. 
Despecer. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 503. 
Despiecer. Percef. vol. I, fol. 128, R» col. i. 
Despiescer. Faifeu, p. 85. 
Despecier. Ord. des R. de Fr. t. III, p. 552. 
Depiecer. Id. t. I, p. MO. 
Depecier. Id. 1. 1, p. 451. 
Dépechier. Rom. de Rou, MS. p. 77. 
Depetier. La Thaum. Coût. d'Orléans, p. 464, tit. de 1 137. 
Depeschier. Rom. de Rou, MS. p. 202. 
Depoicer. Marbodus, col. 1640. 
Dépecer. Ibid. et dans le MSS. de S. Victor. 

Depeceure, s. f. Crevasse, fracture. 

.... La mestre tour si très gente 

Sans dcpeçeure et sans fente. (G. Guiavt, p. 63.) 

Depecheniant, s. ni. Presse, hûte. (Monet.) 
Depecheur. [Intercalez Depecheur de com- 
mnigue, dans une charte française de Jean comte 
de Ponthieu, pour la commune d'Abbeville, M84: 
« Il est estauli que nusles marcheans venans fi 
« Abbeville mespregne à deslourber dedens le 
« banlieue,... se meismes chil bourgois aront pevu 
« prendre lui ou ses choses, il feront jusliche tant 
« de lui que de ses coses, tant comme de depecheur 
<■ de commnigne. "] {s. e.) 
Depeinturer , v. Effacer ce qui est peint. 



« Quand il fut question de refaire l'asne qu'ils 
« avoient depeinturé en lieu qu'il n'esloit point 
« basté, ce bon maislre sans y songer va baster et 
« sangler celuy là qu'il luy fist en'mesme lieu ou 
« estoit l'autre. » (Bouchet, Serées, liv. III, p. 105.) 
Depeller, v. Chasser. (Cotgrave et Oudin.) 
Depelucer, v. Eplucher. Il semble que ce soit 
le sens de ce mot dans ces vers : 

Mors, va à Biaumes tôt ocrant 
A l'évesque qvii m'aime tant 
Et qui tosjors m'a tenu cher ; 
Di li qu'il a ces contremans 
E jor à toy, et ne sai quant 
Lui peut dou tost depelucer 
Sa vie et sa nef espuiser.... 

Fabl. MSS. du R. n" 7(115. 1. I, fol. 103, R° col. 1. 

Dependement, s. m. Dépendance. (La Thaum. 
Coût de Berri, p. 372.) 

Dependices, s. m. p. Dépendances. « Quicon- 
« que voudra poursuivre pour action réelle ou 
« personnelle, terre el seigneurie lenue en pairie 
« ou les seigneurs en possèssans, pour et à cause 
« d'icelle terre en pairie ou des dependices, faire le 
« conviendra, en notre dite cour à. Mous laquelle est 
« le seul juge. » (Chartres de Hainaut, au Nouveau 
Coût. Gén. t. II, p. 48.) 

Dependierres. s. m. Dépensier. Ce mot, dans 
S. Bernard, répond au latin dispensator. (Oudin 
et Monet.) 

Et s'il estoit larges donnere 

Aussi iert il biaus despendere. [Ph. Moush. p. 783.) 

« L'en ne doit cessier l'aministration de leurs 
« biens h foux despendierres ne à povre personne, 
« se il ne fet seurté de rendre bon conte. » (Beaum. 
page 92.) 

Dépendre, îJ. Dépenser, consommer, dissiper (3). 
Ce mot, dans S. Bernard, répond au \Sil\nexpendere. 
(Nicot, Monet, Ménage.) On voit despendere dans le 
même sens. Glossaire latin de Du Cange. ^' L'un 
« deux craignant le coust, se logea pour moins 
" dépendre en un cabaret. » (L'Amant ressuscité, 
p. 341.) " Tu despens liberallement. » (Les Touches 
de Des Accords, folio 34, V". — Voyez Despendre.) 
Conjugaison : 

Despengc, au subj. Dépense. (Poës. .mss. av. 1300 
t. IV, p. 1318.) 

Depenner, v. Dépecer, déchirer, dissiper. Ce 
mol, dans S. Bernard, répond au latin discerpere et 
dissipare [Voyez Depané]. 

Dépens, s. m. p. Dépense *. Nourriture ^. 
Terme de pêche '^. 

*Le sens propre de ce mol esl dépense (i) en géné- 
ral. « Rendre compte de leur receptes et de leur 
« dépens. » (Ord. des R. de Fr. t. 1, p. 82.) 

Ne fay passer despens ta revenue. (E. Desch. f. i2.) 



(1) On lit déjà dans Roland (v. 837) : « Entre mes pulnz me depeçout ma hanste. » (n e ) 

(2) Voyez aussi Ménestrel de Reims, § 313 ; Joinville, § 625. S 818. (n. e.) 

(3) DansFroissart, serfepeHrfrecte... signifie en découler ;« toutes les incidences qui se dépendent de ces besoinc'nes 
seroient trop longues à relever. » (XIV, 269.) (n. e.) h r c i-== uc^olll„lles, 

(4) Dépens vient de depensum, comme dépense de dépensa, (s. e.) 



DE 



- 08 — 



DE 



C'est en ce sens qu'on a dit « A communs despens 
« et à petits despens. » « Les créditeurs ne pour- 
« ronl faire mettre leurs debteurs impuissans de 
« furnir îi leur deble fors à coininitns despens jus- 
■> ques à ce (lu'iis seront condamnez, el après les 
« sept jours passez ensuivans la condemnation el 
« qu'ils auront esté admonestez (ju'ils seront mis ù 
" petits despens, jusques à ce qu'ils auront furny 
« par desliéritame de leurs biens héritiers ou 
« autres devoirs re(iuis en laloy.... Tous prison- 
« niers à communs despens auront paille , lict 
« dessus, linceux et couverloir y servant, et les 
« autres à petits despens, auront tous les buict 
« jours nouvelle paille avec un couvertoir. » (Coût. 
de Hainault, au N. Coût. Gén. t. II, p. 130.) 

° On a appliqué ce mot à la dépense particulière 
de la nourriture, et de là on a dit dépens pour 
« nourriture. » «... Les femmes qui se loueront 
" pour aucune besongnes faire en la ville de Paris 
" ne pourront prendre par jour que douze deniers 
» sans r/es7;(??(s, et si elles ont f/cs/)CHs(l), six deniers, 
« non plus. » (Ord. des P.. de France, t. II, p. M~.) 
C'est en ce sens qu'on a dit : « Lui fist avoir cbevau- 
« cheures et dépens pour aller jusqu'à Rome. « 
(Contin. de G. de Tyr, Marlène t. V, col. 625.) 

"^ Dépens semble être un terme de pèche dans 
une Ordonnance portant règlement pour la pèche 
des poissons des rivières. Après l'énuméralion des 
différens iuslrumcns qui servent à pêcher, on lit : 
» Que l'on ne balle aux arlhe:;, ni au gros aux 
« ailes, et que vraye chance, arbre, ne luevre, et 
« que l'on y adjoingne boisse et dépens. - (Ordonn. 
des P. de Fr. 1. 1, p. 793.) Ce mot au lieu de ces 
mots, on lit dans le Grand Coulumier de France, 
qui rapporte celte même Ordonnance : •< Pes eaues 
« et foresls.... que l'on ne batte aux arches ne aux 
« her'nes, el que braye h chance ne coure et que 
« l'on nv adjoigne boussel espais. » (Grand Coût, 
de France, p. 28.) 

Dépense, s. /'. Petit vin *. Vin en perce ^. 
Office <= (2). 

* On a nommé dépense, etc. le vin qu'on l'ail 
pour les valets, avec de l'eau cuvée sur le marc du 
raisin pressuré. (Dict. de Monel, au mol Depanse.) 
On voit vinum expensabile, dans le même sens, au 
Gl. lat. de Du Cange. 

^ Despense et dispense se sont dits aussi du vin 
qui est en perce depuis longtemps. (Ord. des R. de 
Fr. t. II, p. .-,31.) 

"^ On nomme encore dépense, parmi le peuple, en 



quelques provinces, le lieu que nous appelons l'of- 
fice. On a dit en ce sens : « Le pain de sa depence 
« et le blé del grenier. » (Fabl. mss. du R. n» 7218, 
fol. 3ir), V"col. 1) (3). 

VARIANTES : 
DEPENSE. Orth. subsistante. 
Depanse. Monet, Dict. 
Despense. Gloss. du P. Labbe. 

Despence. Journal de Paris, sous Charles VI et VII, p. 74. 
Despensse. Vies des SS. MS. de Sorb. chif. lxi, col. 15. 
Dispense. Ord. des R. de Fr. t. II, p. 531. 

Dépensier. S. m. Dépensier, celui qui fait la 
dépense d'une maison ; on le trouve au nombre des 
officiers de la maison du roi Charles VIII , dans 
André de la Vigne. (Voyage de Charles VIII, à 
Naples, p. 119.) (4) 

Depei'tlre, v. Perdre, détruire. 

Si ot toi le sien desperdu. 

Fabl. MSS. de s. G. fol. 58, R° col. 2. 

Depei'z, s. ?«. ;;. Perles. « Bons amis je vous 
« tendrai les deperz (5) et les corros que vos avez 
» endurés, comme loiaus amorous, si me rent et 
« doins à vos. » vChr. du .\ir siècle, mss. de Bouh. 
folio 214, R°.) 

Despermenant, adv. De tout temps, de toute 
éternité, de toute ancienneté. (S. Bernard, Sermons 
fr. MSS. p. 168.) 

Depesche, s. f. L'action de bâter*. L'action de 
se débarrasser °. Message, commission, expédition "=. 
Billet °. 

* Proprement, ce mot désigne l'action de faire 
une chose en diligence. (Nicot et Robert Eslienne.) 
« Pourveu que le dit moulin, ou moulins, sub 
« eodem tecto, soient suffisans pour la moulure et 
<• depesche des dits bleds et grains. » ,Cout. du 
Comté d'AngouIesme, au Coul. Gén. t. II, p. 628.) 

° De là, ce mol s'est appliqué à l'action de se 
débarrasser promplement d'une chose incommode. 
Ainsi on disoit : « Demandans la depesche , ■■ pour 
demandans à être débarrassés. « Ceux de la syna- 
« gogue ouyient que Christ étoil caché au désert, 
■• el pourtant n'en demandans que la depesclie (6). » 
(Apol. pour Hérodote, p. 462.) 

'^ Tout message, toute commission qui supposoit 
de la diligence fut aussi nommée depesche. Ce mot 
est demeuré en usage en ce sens, pour exprimer 
les ordres que les princes ou leurs minisires expé- 
dient. On l'employoit dans un sens encore plus 
étendu comme on Va le voir dans les passages sui- 
vans : " Or ay-je laissé à vous dire que peu après 



(■I) Le passage suivant de Joinville, § 400, explique cette expression : « Car je ferai acheter toutes les viandes en ceste 
ville, et vous retieing touz desorendroit aux despens dou roy. » (n. e.) 

(2) Le sens actuel est dans Alebrant (fol. 38) : « Li philosophe apeloient l'estomac despense du cors ; car ausi corn vous 
veés que de le (tes^jt'iise de l'ostel sont aministré li norrissement à ciaus de l'ostel... » Par suite, Deschamçs (Adm. de 
l'hôtel) écrit : « Mais quant ce vint au fait de la despence, Il restraingnit eufs, chandelle et moustarde, Et oublia vin , char 
et finance. » (n. e.) 

(3) « Allez vous en à la despense demander à desjeuner. » (Desper., 75" conte.) (N. E.) 

(4) On lit déjà dans Raoul de C. (76) : « Les napes metent sergant et despencier ; Au dois s'asieiit li vaillant 
chevalier. >. (n. e.) 

(5) « Le suppliant regarda que icelle ferme avoit pris à trop grant pris, par lequel estoit moult perdans , et que pour 
iceulx depet-s il ne pourroit bonnement paier. » (JJ. 114, p. 113, an. 1378. » (N. E.) 

(6) « Selle estoit plus vieille d'un tiers. Je la prendrois plus volontiers , Car la depesche en seroit prompte. » (Marot, 
III, 178.) (N. e.) .pi- 



DE 



09 — 



DE 



« la ûepesche de M. de Lautrec pour aller à 
« Naples. » (itémoires de Du Bellay, liv. III, fol. S5, 
R°.) « Les seigneurs.... voulhirent retourner à leurs 
« pays et après avoir eu bonne depesche et forées 
« presens du roy, etc. « (Mémoires de Fleury, m:^. 
p. '23'2.) « Fit faire le roy bonne depesche \\ la dite 
« royne Marie de tout le douaire qu'elle avoil en 
« France. » (Ibid, p. 212.) 

° Enfin on trouve depesche pour « billet, » pro- 
messe par écrit. « Lui porta la depesche de 50 mille 
« écus que ledit roy d'Angleterre consentit de four- 
« nir. « (Mémoires de Du Bellay, liv. IV, fol. 99.) 

Depeschement. [Intercalez Depeschcment de 
fié, démembrement d'un fief, au reg. JJ. 74, p. SOi, 
an. 1342: » Comme Jeban de Moulineaux nous eust 
« signifié que il avoit acheté de Guillaume Guichart 
« chevalier certains héritages assis en la paroisse 
« de Berrneres sur la mer; lesiiuiex par tant de 
» temps, qui n'est mémoire du contraire, ont esté 
« tenuz par un fié de chevalier franchement, 
« avecques court et usage en basse justice des 
« evesques de Baieux, jusques à temps que n'a 
« guères, pour ce que l'en disoit que le dit cheva- 
« lier y avoit fait aucuns depeschement de fiez-, 
" nostre amé et féal conseiller l'evesque à présent 
a de Baieux avoit [fait] prendre et arrester en sa 
'< main la court et l'usage dudit fié à cause de 
« depeschement. »] (n. e.) 

Depescher , v. Débarrasser *. Dépêcher , 
expédier ^. 

*Au premier sens de débarrasser (1), on lit: «Mais 
« ce hardy courage les menoit à ce qu'ilz trouvas- 
" sent ceulx du siège en desarroy, ilz en seroient 
« par bonne adventure plusgentementrf^'yjfjst'ftex. » 
(Le Jouvencel, fol. 88.) « Expédient n'y est, fors 
« nous en despescher comme d"ung maulvais che- 
» min. » (Rab. t. V, p. 5.) 

De là on disoit : " Depescher le pais, » pour 
débarrasser le pays de quelqu'un , l'en faire sortir. 
« Au moins j'espère veoir mon feu mary Albadan, 
« et avec mon filz retourner pour te donner du 
» tourment tant que tu vivras, et après si je puis. 
« Alors comme alors (dist le roy) ; allez, allez, depes- 
« che:i m'en le pais ; à ceste parole les satellites 
« l'enlevèrent. » (D. Florès de Grèce, fol 110, R°.) 
« Moult est bonne chose et conver.aLle au juge de 
« despeehier mauves hosliez et soupechonneus, si 
« que les trespassans puissent aler en leur mar- 
« cheandises et en leurs besoignies bien sauve- 
« ment. » (Beaumanoir, p. 196.) 

« Depescher la place , » pour la débarrasser. 
« Ainsy que le bourreau la vouloit poulcer pour en 
" depescher la place, elle le saisit au corps et se 



" secouant et à force de bras l'emporta avec elle 
« jusques dans le feu , où elle se lança de son 
>' propre vouloir, où l'un et l'auti'e finerent douleu- 
« reusemeut leurs vies. » (D. Florès de Grèce , 
fol. 110, \\\) 

^ On disoit aussi : « Ce qui sera à faire et à des- 
« pecier (expédier) pour la journée. » (Ord. t. III, 
p. 141.) « Fut rfc/jesc/ie't! (expédiée) une bulle, etc. » 
(Mém. de Du Bellay, fol. 118.) (2) 

VARIANTES : 
DEPESCHER. .\Iector, Roman, fol. 51. 
Despecher. Rab. t. V, p. 5. 

DEPEscHtER. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 335, col. 1. 
Despechier. Beaumanoir, p. 196. 
Despeschier. Eust. Uesch. Poës. MSS. fol. 337. 
Despecier. Ord. des R. de Fr. t. III. p. 141. 
Despiecer. Pathelin, Farce, p. 2. 

Depescheui", s. m. Qui expédie. De là l'expres- 
sion « depescheur d'heures, » qui expédie à la hâte 
ses prières. (Rab. t. I, p. 190.) 

Depesteler. [Intercalez Depesteler, piétiner: 
" Nous l'euissions parLué et tout dcpestelé et de- 
« froissié de nos chevaulx. » (Froissart, XV, 20.) 
C'est un dérivé de pestcl (pistitlus), pilon.] (n. e.) 

Depesti'ir, v. Fouler. " As chevauls le font 
« despetrir. » J\. de Rou, p. 241.) 

Dcpiequer, v. Piquer, percer, « Le ganivet de 
« quoy le Juif avoit depicqué (3) la chair de Notre 
« Seigneur. » (Beauchamp, Recherches des Théàt. 
tomel, p. 24G.) 

Depié, s. m. Démembrement. Il se disoit en 
particulier des fîefs. (Cotgrave et Ménage, et Du 
Cange, au mot Dispecare.) « .... Hommage est deu 
« par deppié de fief quand on transporte partie de 
" la chose hommagée sans rétention de devoir, et 
» aussi quand on transporte plus du tiers avec 
« devoir ou sans devoir, pourveu que le dit devoir 
« précompté, y ait neantmoins plus du tiers aliéné. » 
(Coût, de Loudunois, dans le Coutumier Gdn. t. II, 
p. u48.) Voyez « Pié de fief » ci-après. On disoit 
aussi '• depiés de membres, •> pour dépècement de 
membres. L'action de les dépecer. (Voyez une Cita- 
tion fr. au Gl. lat. de Du Cange, au \no{Depitarc.){i) 

Depiecement, s. m. L'action de dépecer. Il est 
mis comme synonyme de » démembrement, » en 
parlant d'une terre. « Depeciement et demembre- 
« ment. » (La Thaum. Coût, de Berri, p. 173.) 

Depiîer, s. m. Maître d'hôtel. (Borel.) C'est le 
mot lalin dapifer un peu altéré. 

Depiteusemeut. [Intercalez Depiteusenient , 
avec dépit, au reg. .1.1. 137, p. 77, an. 1389: 
» Teilhal lui respondit moult depiteusemeut, que 
« maugré qu'il en eust, il feroit paistre ses beufs 



(1) « Un d'iceulz chevaux par les mousches ou autrement s'empescha ou entraitta en ses traits ;... et incontinent que le 
dit exposant ot dcspechié et destraittié le dit cheval. » (JJ. 127, p. 9 1 , an. 1385.) Cet exemple montre qu'empêcher et dépêcher 
ont la même origine et que le préfixe seul diffère, (n. e.") 

(2) Ce sens est dans la Rose (v. 17(374) : « Car maintes fois ois qui preesche, Quant briefment ne se despeeche, En fait les 
auditeurs aler, Par trop prolixement parler. » (n. e.) 

(3) « Ils m'ont atorné maternent, 11 m'ont toi dépiqué le dos. » (Ren., 4261.) (N. E.) 

(4) « Quant au depiés de membre, esmutiler, espectier, essoreiller, segner, estortpacier. » (Charte de 1293 dans le tome III 
des Antiquités Poitevines, ms., p. 94fi.) (N. e.) 



DE 



- 70 — 



DE 



" en une sente, qui estoil touchant audit champ. « 
On trouve aussi tlespUement : « Lequel Richart 
« moult orguillusement et despilemenl respondi au 
« suppliant, aussi comme par manière de rafTarde 
« ou nioi|uerie. >• (.IJ. 1)8, p. r.l!», an. 13G5.)] (n. e.) 
DcplaiiKlre (se), v. Se plaindre. Ce mot, dans 
S. Bernard, répond au latin caiisari etconqueri (1). 
« Parties civiles se deptaignantescn matière crimi- 
« nelles d'excès ou deiicts seront tenues d'eslire 
« domicile au lieu où le prisonnier sera détenu 
« dans vingt quatre heures après l'arrest ou prinse 
« de Taccusé a peine des despens et interests qui 
« s'enensuiveroienl. .. (Coût, de Bouillon, au. \ouv. 
Coût. Gén. t. II, p. 8()0.^ « Soit que la partie offensée 
« s'en (lesplaione ou non. « (Ibid. p. 858.) 

L'empereis ne fu pas lie 

Moult se deplaini, moult s'umilie. (Mouskes, p. 775.; 
CONJUGAI.^ON : 

Deplaignivet, pour se plaignoit. (S. Bern. Serm. 
fr. Mss. p. 371 et 377.) 

VARIANTES : 
DEPLAINDRE (SE). S. Bernard, Serm. fr. MSS. p 228 
Deplaignre. Id. p. 28. 

Déplante, s. Plainte. Ce mot, dans S. Bernard, 
Sermons fr. répond au latin planctus, querela et 
querimonia. 

Deplayé, adj. Blessé. (Oudin.) -■ Et pour ce 
" qu'd avoit bon cirurgien estoient ses playes 
« recousues, mais s'il vous plaisoit, vous me pour- 
« riez demandercomment ung homme ainsyf/É';)/«(/e 
" et mutillé povoit si longuement vivre. « (Percef 
vol, V. fol. 12.) 

Depleable. [Intercalez Depleable, au reg 
.1.1. 158, p. 24G, an. 140'»: « Comme le suppliant se 
" feust en l'année derainement passée, ou temps 
« depleahles, transporté en certaines vignes assises 
« ou territoire de Montfort l'Amaury, et en icelles 
« eust prins furtivement certaine quantité d'es- 
« challas. »! (n. e.) 

Dcplegier, v. Décharger du cautionnement 
(Gl. sur les Coût, de Beauvoisis.) 

Deploration, .s f. Sorte de poésie. « La deplo- 
" ration est plainte sur quelque inconvénient 
« escheu, non seulement appliqué aux élégies ains 
« aussi aux épitaphes, églogues et autres com- 
positions. » (Poétique de Boissiere, p. 255.) 

Déploré, adj. Désespéré, sur quoi il n'y a plus 
d'espoir. » Nous fcussions partis demain pour aller 
« à Fontainebleau sans la fâcheuse nouvelle arri- 
« vée par homme exprès ù Monsieur de Mantnue 
« de l'extrémité de maladie de madame de Lor- 
« raine laquelle on luy mande estre comme deplo- 
■' rée. " (Mémoires de Sully, t. X, p. l/i4.) 

Depocher, v. Donner, départir. Proprement 
tirer de sa poche. (Cotgrave et Oudin.) « Lors For- 
« gier en toute simplesse approcha, tirant ung 



« unzein [monnaie] de son baudrier, pensant que 
>• Marquet luy deul deposcher de ses fouaces » 
(Rabelais, t. I, page 180.) 

Depoille, s. f. Dépouille *. Récolte de fruits «. 

Despoilles, dans S. Bernard, répond au latin spolia 

Au premier sens de dépouille, ce mot exprime 

ordinairement les dépouilles enlevées h la guerre. 

Caplifz liez, despoilles et charroys. ;'/. Ma,;:,t, p."iô5.j 

^ Ce mot s'appliquoit aux récoltes des fruits de la 
terre. Ainsi on ht dans Beaumanoir, en parlant des 
enfans qui sortent de tutelle: « Se il vient à son 
« houmage el tans que les despuelle sont oslées, il 
" n en puet riens demander, mes que eles n'aient 
" este oslées trop tosl par voie de barat, et se il i a 
» despeu/lles de bledz ou de mars ou de bas ou 
» d autres choses, li hoirs les en doit emporter 
" quitte et delevrés. » (Beaumanoir, p. 90.) 

VARIANTE» : 
DEPOILLE. L'Amant ressuscité, p. 239 
Dei'euille. GIoss. sur les Coût, de Beauv 
Despeuille. Beaumanoir, p. 90 
Despeulle. Ord. des R. de Fr. t. II, p 194 
DESPOEr.LE. Chr. S. Denis, t. I, fol. 33. 
Despoille. .t. Marot, p. 155. 
De.spuelle. Beaumanoir, p. 90. 

Depoiller, v. Dépouiller *. Détailler^ (2). 
_*Ce mot s'employoit,au propre et au figuré, pour 
dépouiller. Au propre : 

Homme ne puet on rJespoiller 
Ce dit li vilains. 
. „ , Prov. du Vil. MS. de S. G. fui. "fi, V" col. I 

Au ligure : 

Par cortoisie despnel 

Vilonie et tôt orguel. [Ibid. p. 881. j 

« En eus dessaissant el depoillant de leur dite 
« saisine. » (Ord. des R. de Fr. t. I, p. 598.) 
Proverbes : 

« Avant coucher homme ne se despoulle » 
(Crétin, p. 181.) 

^ Dépouiller se disoit aussi pour » détailler 
conter en détail. » ' 

Si haut don fait et belle offrande 

Et grande courtoisie ausi 

A son ami qui tôt li depulie 

Kanke le set. 

Poès. MSS. du Vat. n" 1490, fol. U6, V. 
VARIANTES : 
DEPOILLER. Ord. t. I, p. 598. 

Despoiller. Prov. du Vil. .MS. de S. G. fol. 76, V» col t 
Despueilleh. Poës. .MSS. av. 1300, t. II, p. 569 
Despueller. Ibid. p. 881. 

Depulier. Poës. MSS. Vat. n» 1522, fol. 160, V» col 2 
Despouller. Crétin, p. 181. 

Depointer, v. Exclure, dépouiller, déposséder. 
(Gloss. des Arrêts d'amour.) Dépouiller, frustrer, 
supprimer, priver d'une place, d'une charge, d'un 
office, d'appointemens. (Dict. de Monet.) Ce mot a 
signifié aussi détrôner, déposer. On lit: » Depointé 
« de son office, » dans le .louvencel, ms. fol. 78, V°. 
" Et au cas que aucun des diz arbalestriers sau- 
« roient avoir esté depointié ou empesehié encontre 



(1) « Mais maint gent se desplaignent par aventure » ; en latin : sed causantur multi forta'sse fN e ) 
frii^JiS^uTIf^i^fr'rclî.^^ Et la batU d'un 



DE 



— 71 — 



DE 



« ou en préjudice de ces présentes, si le lacent sans 
« delay ramener ii estât deu. « (Ord. des R. de Fr. 
tome II, p. 362.) 

Mais il tient que ne voulez mie 

En telz cas vos servens souffrir 

Deppointei- de gaiges de vie. (E. Desrli. p. 326.) 

•> Les Allemans eurent en aucune deplaisance 
" leur empereur, si le dempointerent et en mirent 
<« un autre. » (.lu vénal des Ursins, Hist. de Cli. VI, 
p. 140, an 1309.) 

VARIANTES : 
DEPOINTER. Le Jouvencel, fol. 78, V». 
Depointier. Ord. des R. de Fr. t. II, p. 362. 
Deppoixter. Vig. de Ch. VII, t. I, p. 204. 
Desapoincter. Gr. Coût, de Fr. p. IM. 
Desapointer. Joinville, p. 69. 
Des.^ppointer. Vig. de Ch. VII, t. I, p. 36. 
Despoincter. Arrêt amor. p. 80. 
Despointer. Monstr. vol. I, fnl. 144, R». 
Despoinctier. Ord. des R. de Fr. t. V, p. 373. 

Depoise, s. f. Espèce. « Sergens à pié se com- 
« battent de toutes querelles d'une armure, orné 
« d'armes de cuir, et d'étoupes et de feutre et de 
« toille, el les gambes astelées et garnies de cauhe 
« de baleine ou de l'ust, et leur escu de cuir et de 
« fust et de ners, et s"en baston aussi : mais point 
« de fer ne d'achier, nebronues, ne de fust, ne 
« d'os, ne de nulle autre depoise, ne puet sur li 
« avoir, etc. » (Coût. d"Amiens, citée dans les Obser. 
sur les Assises de Jérus. p. 144.) 

« Pluriex manières sont de faux monnoies, li uns 
« si sont chil qui font monnoie àessient de mauves 
« métal, et la vuelent alouer pour bonne, el se il 
« estoient pris faisant avant que ils en eussent point 
« aloué, si seroient il justiciés pour la raison de la 
» faulse despoize. » (Beau m. p. 149.) 

On a dit en parlant de la ville d'Arras : 

Il n'a vile en France 
De ci dus k'a Miaus 
Qui fust plus cortoise ; 
Te maie despoise 
Me fait dire guaus. 

Pocs. MSS. avant 1300, l. IV, p. 1301. 

Depopulateur, S. m. Destructeur. » Sacrilèges 
« desrobeurs, et desserpilleurs depassans les dits 
« chemins, depopulateurs de champs, brigans, 
« empoisonneurs, et autres cas semblables » mis 
dans le nombre « des grands cas » dont le seigneur 
chaslellain, fondé d'avoir toute justice haute, 
moyenne et basse, peut avoir connoissance. (Coût. 
d'Anjou, au Coût. Gén. t. II, p. 65.) 

Dépopulation, s. f. Destruction d'hommes*(l). 
Ravage ". 
* Au premier sens : 



Par ceste maleureuse guerre 
Quel mal en est il advenu, 
Quelle dcpopulacion. 
Quel tourment en est il venu 
Et quelle grant destruction ? 

Mari, de Paris, Vig. de Cliarles VU, 1. 1, pages 10 et 11. 

« Si devons de ce avertir le Roy, en luy reque- 
« rant et conseillant qu'il y mette remède" et fasse 
« faire justice et raison de ceux qui sont cause de 
» la dépopulation du peuple. » (Duel. Preuv. 
de Louis XI, p. 289.) 

^On s'est aussi servi de ce mot pour ravage en 
général. « Si le dit baillistre depopule ou empire 

« les dits héritages il sera tenu envers le dit 

« mineur, en tous domages et intérêts provenus à 
« cause de la dite dépopulation et empirement. » 
(Coût, de la Marche, au Coût. Gén. t. II, p. 504.) 

Depopuler, v. Ravager (2). (Gl. de l'Hist. de Paris 
etDict. de Cotgr.) « Barbares de Spagnolaquiavoient 
« pillé, dépopulé et saccagé les lins maritimes 
« d'Olone et Thalmondois. » (Rab. t. I, page 300.) 
« Celuy qui a le bail doit entretenir les heiitages 
« du mineur, et à la fin de la dite garde rendre les 
« dits héritages en bon et suffisant estât, et si le dit 
1 baillistre depopule ou empire les dits héritages, 
« il doibt perdre le bail. » (Coût, de la Marche, au 
Coût. Gén. t. II, p. 504.) 

Deporcer, v. Ménager, épargner. C'est le même 
que » déporter » qu'on verra employé en ce sens. 
Dans les vers qu'on va lire, on a dit par licence 
poétique deporce et enporce (3) pour « déporte et 
« emporte. » 

La beste l'a veu qui moult est de grant force ; 
Ne trueve si grant arbre qu'à li fréter 
Mes tant estoit crueuse, n'est rien qu'ele déporce, 
Puisqu'ele la veu, qu'en sa gueule n'enporce. 

Fabl. WSS. de S. G. fol. 344, R" col. 1. 

Déport, s. m. .loie, plaisir, divertissement*. 
Faveur, protection^. Surséance, délai '^. Cession, 
démission". Défense, résistance^. Sorte dedroif (4). 

* Sur le premier sens de joie, plaisir, divertisse- 
ment, voyez Laur. Gloss. du Dr. fr. et Du Cange, 
Gloss. lat. au mot Disportus (5). 

J'ay tout perdu par loiaument amer : 
Nonques n'en eue ne soûlas, ne déport. 

Pocs. MSS. av. 1300, t. 111, p. 1169 

Soulas, depors, gieus, et ris. (Ibid. p. 1144.) 

De là on disoit à déport pour « à plaisir. » 
Dans un ancien fabliau le mot déport est mis 

pour « jouissance. » Le sacristain y parle ù la 

femme qu'il veut débaucher : 



(1) On lit aux statuts des tanneurs de Coulommiers (BuUet. du comité de langue , III , 563) : « La dépopulation des 
ouvriers dudict mestier qui estoit provenue en la dicte ville à l'occasion des guerres. « (n. e.) 

(2) Dans la coutume du duché d'Orléans, ce mot est pris dans le sens de dépeuplé. « Et les autres pais voisins 
demeurent desgarnis de tout bestial et comme dépopulés de laboureurs. » (14.50, Titr. de Saint-Ay. — Le C. deD.) De même 
dans une charte de S' Omer de 1447 : « Et par ce est laditte ville fort dcpopulée. » Le sens de ravager est au reg. JJ. 207, 
p. 252, an. 1480; « Le temporel et patrimoigne de l'église de Lengres a esté comme du tout destruit et depopule. » (n. e.) 

(3) La rime n'empêche pas de lire déporte et enporte. (N. e.) 

(4) Il signiûe encore apparence, extérieur (La Rose, 13456) : « Et s'ele a trop grosses espaules, For plaire as dances et 
as baules, De délié drap robe port, si perra de mains lait déport. » (n. e.) 

(5) De là l'expression prendre en déport : « Icellui Voulpete commença à dire au suppliant : tn ne prends pas ceci en 
déport ne à jeu. » (JJ. 205, p. 28, an. 1478.) On lit dans Froissart (XV, 77) : « Joies et déduits, oubliances et déports, t (n. e.) 



DE 



DE 



Que se g'ai de vos le déport 

Ge ne quier rien plus, ne demant, 

Foi que doi Diex omnipotent. 

FaW. MSS. do S. G. fol. 37, R' col. 1. 

C'est dans ce sens qu'il faut entendre la sorte de 
poésie à laquelle les poètes provençaux donnent le 
titre de depport. (Voyez J. de Nostre Dame. Poètes 
prov. p. 14 et 15.) 

°Dcporl s"est dit aussi pour « faveur, protec- 
« tion. » " Que toutes foiz que l'en criera à la jus- 
« lice le Roy, que il vendront touz. sans delay se il 
« ne sont hors de la ville, ou n'ont essoine de cer- 
laine cause où il n'ayent déport du prevosl de 
« Paris, ou de son lieutenant. » (Ord. des R. de Fr. 
l. I, p. iOG.) Louis, duc de Guienne, par l'ordon- 
nance de 14U'J contre les blasphémateurs, veut 
qu'ils soient punis, « toutles faveurs et déports (1) 
« cessans. » {Godefr. annot. sur l'Histoire de 
Charles VI, p. 668.) 

•^ La surséance est une faveur. De là le mot 
déport s'est dit pour « surséance, » puis en général 
pour « délai , " retardement , cessation. "(Voyez 
Laur. Gloss. du Dr. fr., Dict. d'Oudin, E. JUonet et 
le Gloss. de l'Hist. de Bret.) « Sur peine d'amande 
« arbitraire qui sera e.xecutée sur les infracleurs 
<■ ?,An?, déport. « (Arrest. Anior. p. •i'-il.) « Voulons 
n que vous sans aucun déport ou délay, détenez 
« leurs corps et personnes jusques à tant que nous 
« en avons eu la cognoissance pour les punir à 
« nosti-e volonté. » (Ord. des R. deFr. t. II, p. 281.) 

° De l'idée de « cessation » naissoit celle de 
« cession » ; de là on a dit déport pour « cession «, 
démission. « Les Estais que le prince confère sont 
<' perpétuels à la vie de ceux qui en sont pourveuz, 
« s'ils n'en sont excusez par déport volontaire, ou 
« privez par droict et justice. » (Coul. de Luxem- 
bourg, au Nouv. Coul. Gén. t. II, p. 313.) « Se vous 
>■ tenez que ayés sur moy entrepris bataille folle- 
« ment pour raison de la nuyl, et pour autre chose, 
» à moy ne tiens fors le deffendre, et à vous le 
» déport. » (Percef. vol. II, fol. 15^2.) 

^ On trouve aussi déport dans le sens de « défense, 
« résistance. » 

Le pais trouvèrent sans garde 

Moult i fu pelis déport: : 

Prisent vaus brebis, etc. [Pli. Mouskes, p. 818.] 

"^ Enfin f/fyw?-; est une sorte de droit seigneurial 
dans certaines coutumes. C'est le revenu d'une 
année du fief servant au profit du seigneur dans 
certains cas, à la charge d'en donner le tiers au 
mineur, ou une provision sortable('2). (Laur. Gloss. 



du Dr. fr. et Dictionn. de Monet.) « Le dit seigneur 
" aura le déport sur les choses hommagées du 
« mineur, qui est à entendre les vrays fruicts d'une 
" année, à la charge de bailler provision au 
" mineur, à l'ordonnance de justice tout ainsi 
« qu'eut esté tenu de faire le dit bail s'il cul esté 
» accepté et recueilly. » (Coul. du Maine, au Coût. 
Géu. t. II, p. l'27. « Sera tenu le dit seigneur rece- 
'• voir le dit tuteur et curaleur a Uiy faire la foy et 
" hommage des choses hommagées du dit mineur 
'< si requis en est : et luy reçeu, le dit seigneur 
" aura les deux parts des fruits d'un an des dites 
« choses hommagées pour le déport et la tierce 
" partie, pour nourriture dudit mineur, en celuy 
« cas que bail n'auroit esté recueilly. » (Coût. 
d'Anjou, Ibid. p. 70.) Il y a aussi en Normandie un 
droit ecclésiastique nommé déport ; il consiste 
dans le revenu d'une année des cures en faveur de 
l'évèque à chaque mutation (3). 

Deportahle, udj. Peut-être du mot déport, 
plaisir. Alors ce mot signifieroit agréable, divertis- 
sant, délectable. 

Par long repos et par oisive, 
Est jouvence tost ententive 
A dez, a déduit et aux tables 
Et a aultres jeux deportables. 

Rom. de BruI, MS. fol. 81, V col. 2. 

On lit « délitables » dans le ms. de M' de Bom- 
barde. 

Déporter, v. Amuser, réjouir*. Protéger, 
favoriser, ménager^. Exempter'^. Surseoir, diffé- 
rer °. Cesser , quitter , se départir ^. Déposer ''. 
Porter, emporter °. Comporter". Supporter'. Dé- 
tourner " (4). Déporter, qui se trouve dans les Preuv. 
de l'Hist. de Beauvais, par un Bénédictin, p. 279, 
titre de 1180, répond au même titre en latin au 
mot deportare. 

*Xous avons vu déport pour plaisir, amusement, 
de l'italien diporto. De là se déporter a signifié 
s'amuser, se réjouir. <■ Chassa eise deporta{ô)en tel 
« déduit jusques vers l'entrée de l'yver. ■■ (Chron. 
de S. Denis, t. I, fol. 166.) 

Je chant et deport 

Pour moi solatier. (Chans. du C" Thib. p. 19. J 

On disoil aussi en ce sens « son cors déporter. » 
(Fabl. Mss. de S. G. fol. 49, V°.) (6) 

Dont mes cevaliers se déportent. (P. Mouskes, p. i45.) 

° Déporter s'est dit pour » protéger, favoriser, 
« ménager. » C'est le sens qu'il a dans Perard, 
Hist. de'Bourg. p. 48G, lit. de 1257, et nous avons 



(1) De là l'expression sans déport, sans pardon : « Chils estoit tués sans déport. » (Froiss., II, 421.) (n. e.) 

(2) On peut donc le rapprocher du droit de relief, (n. is.) 

(3) Les évèques s'attribuèrent ce droit d'origine toute féodale dans le cours des xi= et xii« siècles. Il était fort lucratif, 
lorsque la vacance se prolongeait par un litige entre les collatéraux. Réduit à une année, il se confondit avec les amiates. 
Dans quelques provinces, il appartenait à l'archidiacre. L'usage en fut attaqué par le concile de Bàle , la pragmatique 
sanction de Bourges, et supprimé, comme les autres droits féodaux, dans la nuit du 10 août 1789. (n. e.) 

(4) Au neutre, il signifie encore renoncer : « Se jugiet estoit que aultres en fuist plus proismes de moy, je ne seroie point 
hontous ne rebelles del déporter. » (Froiss., III, 185.*) Sous la forme réfléchie, il signifie s'abstenir : « Se je me suis par cy 
devant excusé et déporté de non moy armer, je ay eu cause. » (Id., XIII, 300.) (N. e.) 

(5) « Il avoit une très belle damoiselle et acointe oii à la fois il se déportait. » (Froiss., XIII, 43.) C'est un ternie analogue 
à se déduire [deducerel, se divertir (direrterej. (n. e.) 

(6) « Pour déduire et pour déporter Et pouf son cors reconforter Porter faisoit faucons muiers. » (Du Gange , II , 807, 
col. 1.) (N. E.) 



DE 



- 73 — 



DE 



vu déport en ce même sens. « Bien appartient 
« à office de bailly que il espovante et contraingne 
« les meilliex si que li pesibles vivent em païs, se il 
« conoist les loiaux des tricheeurs, il pourra et 
« devra les loiaux alraire près de soy et conforter 
» et déporter se il ont mestier de confort et de 
« déport. » (Beauman. p. 10.) L'auteur du Gloss. 
sur les Coût, de Beauvoisis, qui renvoie au même 
passage, s'est trompé en disant quef/^yw)7er signifie 
« défavoriser. » On a dit en parlant des médians : 
" Qui plus les déporte, pire les a. » (Chr. de S. Den. 
1. 1, fol. 36.) « Le comte Asinaire déportèrent pour 
a ce qu'il estoit de leur lignage. » (Chr. de S. Den. 
1. 1, fol. 165.) On lit dans îe làlin pepercerunt. 

'^Par une suite de cette acception, déporter a 
signifié « exempter, « dispenser. Les femuies veu- 
ves et ayant fief pouvoient être contraintes d'assister 
aux jugements delà Cour, « mes grant courtosie 
« est de les déporter. » (Beaum. p. 230.) « Je vous 
« prie que de ceste jouste vous me vueillez depor- 
« ter, car pour le présent n'en ay talent. » (Percef. 
vol. Il, foi. 108.) (1) 

° « Surseoir » donner du délai (2), est une sorte 
d'exemption. De là on a dit déporter pour « sur- 
" seoir. » « ....Le pauvre homme ne peut payer et 
« fournir, et ils ne le veulent plus déporter. » (Les 
Quinze Joyes du Mariage, p. 26.) On lit à la marge 
« temporiser. » 

^La syllabe » de, » souvent explétive dans nos 
verbes composés, est aussi quelquefois négative. 
Elle est négative lorsque se déporter est employé 
pour » cesser, quitter, se départir. » On se porte 
vers une chose; on s'en déporte quand on la quitte. 
C'est en ce sens qu'on s'est servi de ce mot dans 
les passages suivans : « Quant Troylus sentit que 
« ce fol le tiroit ainsy, il se estordit de luy, telle- 
« ment que le povre fol alla tumber par terre, mais 
« sitost que il fut relevé, il ne se déporta point de 
« tyrer Troylus pour l'emmener. » (Percefoiest, 
vol. III, fol. 127.) » Cher sire, respondit Lyounel, il 
« ne fust jà mestier vous déporter de vostre 
« royaulme s'il vous plaisoit. Car vous n'estes pas 
« si ancien que ne peussiez encore gouverner vingt 
« ou trente ans. » (Id. vol. IV, fol. 66 ) « Vostre 
« escu qui par avant estoit d'or sauz autre enseigne, 
« a maintenant ung ray vermeil de vostre sang, et 
« tant m'estes vous redevable. Sire, dist le jeune 
« chevalier, je me deporteroiie très bien d'ung tel 
« paintre. » (Percef. vol. III,' fol. 17.) (3) 

''Si se déporter signifioit « quitter, se départir, » 
déporter a àù signifier « déposer, destituer. » On 
le trouve en ce sens dans ce passage : « Le dit 
« comte de Suffolk fut déporté du gouvernement 
« de la Basse-Normandie et y fut commis et insti- 



" tué le comte de Warvich. » (Monstrelet, vol. II, 
fol. 36, an 1427.) On lit à la marge « déposé (4). » 

« Déporter d'un pais » étoit par conséquent 
bannir d'un pays. On a dit simplement déporter 
avec cette signification. •■ Celuy qui a haute justice, 
« a jurisdiction et cognoissance des cas pour les- 
« quels eschet peine de mort, incision de membres, 
« fustiger flestrir , pillorier , escheller , bannir , 
« déporter et autres semblables. « (C. d'Auxerre, 
au Coût. Gén. t. 1, p. 19"».) 

•^La syllabe « de » est au contraire explétive 
dans le mot déporter lorsqu'il signifie « porter, 
" emporter » comme en ce passage : 

A loyauté maintenir te déporte. (Froiss. p. i57.J 

Monstrelet, parlant du traité par lequel Charles VI 
désliéritoit son fils en faveur du roi d'Angleterre, 
« lequel traicté fait en la forme cy après declairée, 
" s'en retournèrent les ambassadeurs du roy 
« d'Angleterre, eschevans les agaits des Daulphi- 
" nois au mieux qu'ils peurent,f/V/)or/fl?(S avec eux 
" la copie du dit traicté : lequel grandement fut 
« agréable au dessus dict roy Henry. » (Monstrelet, 
vol. I, fol. 290.) 

" On a dit aussi se déporter pour se comporter (5). 
(Monet, Dict.) 

Ensi se voëlent déporter. 

Poës. MSS av. 1300, t. IV, p. 1356. 

' On a dit encore déporter pour supporter : 
« Plusieurs continuanz les mauvaistiez que l'en 
« a déportées pour l'empeschement de noz dictes 
» guerres. « (Ord. des R. de Fr. t. III, page r>25.) 
Parlant des femmes mariées : « Puisque elles sont 
>' pieudes femmes de leurs cors, eles doivent estre 
« déportées moût d'autres vices. » (Beaumanoir, 
page 292.) 

"Enfin la syllabe » de » redevient négative dans 
le verbe déporter lorsqu'il signifie « détourner », 
et c'est en ce sens qu'il est employé quelquefois : 
« Quant Gérard entendit Liziart, il passa de grant 
« avant et prit le pan de sa robbe, si le présenta au 
» Roy; Liziart ce veant, accepta le gaige. Alors le 
" l\oy \e voulut déporter elles contraignit tous de 
« bailler hostaiges. » (Gér. de Nev. 2' part. p. 117.) 

Deposement, s. m. Déposition. Témoignage 
rendu en justice par un témoin. (Bout. Som. Rur. 
page 626.) 

Déposer, v. Exposer, expliquer. » Et dist qu'il 
X en prendroit conseil auquel il appella tout ses 
'< princes pour savoir d'eulx leur oppinion longue- 
« ment: n'osa aucun déposer ce qu'il sentoit. » (Tri. 
des IX Preux, page 145.) Nous ne parlons point des 
autres acceptions subsistantes du mot déposer ; 
mais nous rappellerons une formule proverbiale 



(1) Voyez aussi Froissart, éd. Kervyn, II, 196. (n. e.) 

(2) « Et quant aus taiUables de haut et de bas à voulenté, vous déporterez se il plaist à leurs seigneurs , et ensi vous 
déportez et souffrez de tous ceux qui sont mendianz et laboureurs de braz. » (Ord., I, 413, an. 1304.) (n. e.) 

(3) De même dans Flore et Blancheflor, v. 278 : « Que ne s'en puisse déporter » ; et dans Froissart (III, 28) : « Se déporter 
et retraire. » (N'. e.) 

(4) On peut rapprocher de ce sens celui de déposséder : « Adont li donna il toute la terre de Mortaigno. et en fu déporté 
Jaquemes de Werchain. » (Froiss., IX, 238.) (n. e.) 

(5) En ce sens, il se dit aussi des choses : « Ainsi se déportèrent ces besoignes. » (Froiss., XVI, 132.) (n. e.) 

V. 10 



DE 



DE 



qui est encore en usage : « Plus n'en dil le depo- 
<• sant. » Elle est employée communément pour 
avertir qu'un conte est fini. [Rab. t. I, p. 120.) (1) 

Depositer, v. Mettre en dépôt. (Cotgr. et Oud.) 
> Lareyne la veut restituer aux Provinces Unies 
« qui \à\m oui dL'i/ositée. » (Mém.deBelliev.p.327.) 

Deposnées, udj. au plur. Enorgueillis. J-e mot 
deposnées se trouve dans Froissart, au lieu du mot 
« deft'umez >■ qu'on lit dans l'édition de Sauvage et 
qu'il interprète par « enorgueillis », au livre II, 
p. 235. Deposnées se lit en cet endroit au ms. de la 
Bibl. du Roy, n° 8321, fol. 209 (2). 

Depossessionner, v. Déposséder, dépouiller. 
« Dont est bien vray le dit de Boece, que adonc est 
« précieuse la monnoye quant l'homme s'en dépos- 
« sessione, et ne la sedonne, ne la garde pour soy, 
« mais la donne à autruy. » ^Ilist. de la Tois. d'or, 
vol. II, fol. l'JC.) « Telle mise de faict ne desposcsse 
« personne, ny attribue droict à l'impétrant jusques 
•• qu'elle soit décrétée, et après le dict decretement 
>< elle se relrolraicl au jour de la main mise. » 
(Coût. Gén. t. Il, p. 915.) 

VARIANTES : 
DEPOSSESSIONNER. Hist. de la Tois. d'or, v. II, f 19G. 
Despossesser. Coût. Gén. t. II, p. 915. 

Deposuit (Faire le). Sorte de cérémonie en 
usage autrefois dans les églises. 

Depourprer, v. Perdre la couleur de pourpre. 
(Mcot, Colgrave et Oudin.) 

Depouser, v. Déposer, destituer. « Nous vou- 
« Ions que noz baillifz, prevostz, maires, vicomtes et 
« autres noz officiers qui par aucun cas seront rais 
« hors de leurs ofTces et de nostie service, qu'ilz 
« soient, après ce qu'ilz seront ainsi depoHsez(i), par 
« quarante jours residens ou pais des dictes offices 
« en leurs personnes ou par procureur espécial. " 
(.loinville, p. 123.) 

Depputé,s. m. Commis, homme à qui on confie 
un poste pour y faire la fonction d'un autre. « Le 
« visiteur ordenera un depputé à chascun passaige 
« qui les dites laines pèsera et enregistrera les noms 
<• des marclianz. » (Ord. des Rois de Fr. t. III, p. 464.) 

Depputer, v. Destiner. 

Et le peuple très fort persécuté 
Par vostre main, qui en ce cas a lieu 
Coinme tlagel à cela depputé, 
Pour le pays mettre en captivité. 

Vig. de Charles, VU, t. I, p. 73. 

'• Lieu que nous leur avons député et ordonné. » 
(Ord. des R. de Fr. t. III, p. 141.) On lit ibid. 
p. 664 : « Députez es diz offices. » 



Depravateur, s. m. Corrupteur. (Monet.) 
Depravemant, adv. D'une manière dépravée. 

(Monet.) 
Deprecation, s. f. Prière. « .4prèsles depreca- 

« tions, oraisons et cérémonies faites par mon dil 

« seigneur cardinal. » (Mém. de Du Bellav, .Notes. 

t. Vl,'p. 164.) 

Depredative. Nous citerons sur ce mol le pas- 
sage peu intelligible oii il se trouve : » Disseine 
» depredative ou prive si comme en absence le 
« seigniour del soil , tout soient les baillifs liel 
« seigniour leyns et assenlus, ne acrest jamme 
« fraunk tenement a eux purchassours. » (Britton. 
Loix d'Angl. fol. 140.) 

Depreder, v. Piller, voler. (Cotgr. et Oudin.) 

Deprendre, v. Prendre, saisir, surprendre. « Et 
X encore pour ce queli justiciers de nostre royaume 
1 soient plus diligens, chercbier et deprendre 
« touttes li diltes monnoies prenants et mettants 
« pour plus grand pris que nous avons ordenné, 
« nous octroions.... que chacun justicier aura la 
« moitié de la prise. » (Ordon. des Rois de France, 
tome I, p. 537, an. 1314.) 

Depresser, v. Ecarter la presse. « Tant se 
« tenoient cloz et serrez de chacun cousté, qu'ilz 
« ne.... l'un dedens l'autre; mais une chose fist 
» laidement depresser et desassembler. « (Hist. de 
B. du Guesclin, par Ménard, p. 254.) » Il rompit la 
» presse et quant les archers se virent despressés 
" ils chargèrent hardiment. » (Mém. d'Oliv. de la 
Marche, liv. I, p. 383.) 

Depri, s. m. Terme de droit féodal *. Déclara- 
tion pour les péages °. 

* Comme terme de droit féodal, ce mot signifioit 
la déclaration faite au seigneur féodal d'un héritage 
acquis, mouvant de lui, aux fins de lui payer les 
droits seigneuriaux, en octroyant quelque délai ou 
quelque remise. (Diction, de Monet, de Cotgrave et 
d'Oudin.) On lit despropriamenlum , dans le même 
sens, au 01. de Du Cange. On ne le trouve en ce 
sens que sous les deux premières orthographes. 

^ Deprij s'est dit aussi pour la déclaration des 
denrées ou marchandises que l'on faisoit aux bar- 
rièi^es ou à la péagerie. (Dict. d'Oudin. — Ord. des 
R. deFr. t. V, p. 216.) (4) 

VARIAI^TES : 
DEPRIS. Faifeu, p. 17. 

Despris. Contes de la reine de Navarre, p. 68. 
Deprisemant. Monet, Dict. 
Desprise.ment. Rab. t. I, Prol. p. 42. 



(1) Il signifie encore garder (G. Guiart, ms., fol. 294) : « Des murs de Douai l'ost esgardent. Qui les biens d'environ 
despose. » Dans Froissart, il signifie disposer, ordonner (II, 78) : « Et ce que chU trouveront ou decré de leur disposition, ii 
desposero/i( sus rordonnance des deus royaumes. » (N. E.) „ ,. . , 

(2) Il faut lire en deux mots de posnées : « Chandos, Chandos, ce sont bien des posiiees de vos Engles qui ne scevent 
aviser rien de nouvel. » (Froiss., V, 418.) De même au t. XVI, 2 : « Ils sont plains de ponées et d'oultrecuidances. » Il 
signifie présomption, mais on n'en connaît guère l'étymologie. (N. e.) 

(3) Le mot ne se trouve pas au § 714 de l'édition de Wailly. (n. e.) , . . , c ■ . , 

(4) 8 Quant nos vins ou autres boissons de nostre creu, maisons et provisions traversent la rmere de Seine ou entrent 
ladite viUe de Rouen, nous sommes quittes pour deprier à la viconté en affermant le nombre desdits vins et autres 
provisions, et après ledit dept-y, pouvons passer franchement, sans pour ce payer aucun péage. » (Cart. de Jumieges, 
1, fol. 10.) (N. E.) 



DE 



- 75 - 



DE 



Depriante, s. f. Suppliante. 

Tant que par cortoisie acueille 
La depriante et bien l'entende. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, f- 157, R- col. 2. 

Deprier, v. Terme de droit féodal *. Déclarer 
les péages °. Prier "= (1). 

''Deprier, comme terme de droit féodal, est selon 
Laurière, « accorder au seigneur censuel pour les 
>i lods et ventes ou déclarer au seigneur censier 
« son contrat d'acquisition et le suplier d'attendre 
« le payement de ses droits censuels, afin d'être 
« par luy excusé, s'ils ne luy sont payez dans le 
» temps de la coutume , et n'est le seigneur tenu 
« recevoir à depri celui qui doit le cens. » (Laur. 
Gioss. du Droit fr.) » Lesquels lots et ventes se doi- 
« vent payer ou deprier par l'acheteur dedans 
» quarante jours après le contrat d'achat parfait. » 
(Coût. d'Auxerre, au Coût. Général, t. I, p. 190.) 
« Doit le dit acquéreur venir par devers son 
« seigneur ceosuel huit jours après l'acquisition 
« par luy faille le deprier en notifiant laditteacqui- 
sition et prix d'icelle ; et à faute de ce faire, doit 
« soixante sols parisis d'amende, et trois mois après 
« le dit depry et notification doit payer les lots et 
« ventes d'icelle acquisition au dit seigneur. » (Coul. 
de Mante et Meullant, ibid. p. 286.) 

° On disoit aussi deprier pour faire déclaration 
de marchandises ou denrées qui doivent péage. 
(Dict. de Nicot.) « Si aucun marchand ou autre, 
« trespasse aucun péage sans acquitter, et il 
« retourne par la coustumiere qu'il a trespassée, le 
« seigneur d'icelle le peut contraindre h payer 
" soixante sols d'amende et la coustume, et n'aura 
» point de confiscation, pour ce qu'il n'a plus de 
« denrée, et pareillement en usera l'on au regard 
« des nobles ou autres privilégiés s'ils faille'nt ■'i 
« déprier. Gens d'église, nobles escoliers, et autres 
« en ce privilégiez ne sont tenuz payer coustume, 
« n'acquit ; mais sont seulement tenus deprier 
« par eux ou leurs gens ou serviteurs menans et 
« conduisansleurschosesparpays. » (Coût. d'Anjou, 
au Coût. Général, t. II, p. 6t>.) [Voyez Depri.] 

•^ Mais la signification ordinaire du verbe deprier 
ou desprier (-2) est la même que celle de notre mot 
prier et on le trouve très fréquemment en ce sens 
dans nos anciens auteurs. « S'agenouilla le roy par 
« devant l'aulel en depriant au Dieu qu'il vouisist 
« recevoir son sacrifice en gré. » (Perceforest , 
vol. I, folio 103.) 

Conjugaison : 

Deprie. Je prie. (Modus et Racio, p. 333.) 

Deprist. Prie. (Fables mss. du Roi, n° 7615, t. II, 
fol. 145, ¥"001. 1.) 

Deprit. Prie. (Ibid. n° 7218, fol. 171.) 



Deproi. Je prie. (Poës. mss. av. 1300, tome III, 
page 1062.) 

V.\RIANTES : 
DEPRIER. Chron. S. Denis, t. I, fol. 11, etc., etc. 
Despriek. Hist. de B. Du Guescl. p. 33. 
Deproiek. Fabl. MSS. du R. n« 7218, fol. 186, R» col. 1. 

Déprimé, adj. Méprisé, méprisable. (Glossaire 
de Marot.) 

Déprimer, v. Mépriser *. Baisser °. 

* Sur le premier sens de mépriser, voyez les 
Dict. de Colgr. et le Gloss. de Marot. 

^Déprimer se disoit aussi pour « baisser » qui est 
le sens propre. « Déprimer en terre. » (Budé, des 
Ois. fol. 122, R°.) 

Deprinse, s. f. L'action de lâcher prise. De lais- 
ser aller ce qu'on tient. (Dict. de Monet.) De là on 
s'est servi de ce mot pour exprimer la résolution 
de ce qui étoit concret ou gelé. 

Depris, adj. Défait, maigre. (Monet.) » Cheval si 
" maigre, si despris. » (Bouch. Serées, liv. I, p. 418.) 

Deprisal)le, adj. Méprisable. (Oudin et Colgr.) 

Deprisance, s. f. Mépris. (Mono!, Nicot, Oud. 
et Cotgrave.) « La haine et deprisance du prince 
« sont' les deux plus principaux motifs qui facent 
« conspirer le peuple. » (Le prince de Machiavel, 
page 126.) 

Depriser, v. Mépriser. (Monet et R. Estienne.) 
» Quelque femme que ce soit, jamais elle ne doit 
« despriser le serviteur qui l'a servie. » (Arrest 
amor. p. 278.) (3) 

On disoit proverbialement: « Il estescrit, qui tout 
«• desprise ù tout despltiit. » (Le Chev. de la Tour, 
Instr. à ses filles, fol 74, R°.) 

Depriseresse, s. f. Celle qui méprise. (Mon.) 

Depriseur, s. m. Celui qui méprise. (Monet, 
Cotgrave.) 

Deprisonnemant, s. m. L'action de tirer de 
prison. (Monet.) 

Deprisonner, v. Tirer de prison *. Dégager °. 

Au sens propre, on disoit (4) : 
Oultre fut dit et ordonné 
Que Ferrieres leur cappitaine 
Rendroit Gaucourt (tespivsoH/ié 
Avec une autre chevetaine. 

Vig.de Charles vu, t. I,p. 177. 

^ Au figuré : « Je vous deprisonnerai de votre 
« veu. » (Petit J. de Saintré, p. 319.) 

Depriver. [Intercalez Depriver, écarter un 
ami particulier {privatus) : 

Pour ce m'a deprivé le roy, 
Ne me voit, ne ne me regarde. 

Boèce {Du Gange, II, 809, col. 1.)] (N. E.) 



(1) Il signiPie aussi donner à-compte : « Après que le suppliant ot paie ou deprié au tavernier... appolnctement et paiement 
ou depris de douze bretons [monnaie] en avoit esté fait. » (.1.1. 192, p. 40, an. 1461.) (N. E.) 

(2) Voyez Guillaume Guiart, v. 32 : « Le suppliant se feust traiter par devers ledil curé... en lui depriant que de ors en 
avant se vouisist dÎE'porter de plus aler ne fréquenter avecque elle [sa femme]. » (JJ. 153, p. 5(36, an. 1398.) (n. e.) 

(3) On lit dans la Rose (v. lr^-2) : « Plus les servent, plus les despi-isent » ; et aux Assises de .Jérusalem (105) : « Por ce 
que il me semble que il a desprisié et despiié le seignor. » (n. e.) 

(4) Oh lit déjà dans la Rose (v. 15263) : « Par foi, font ils, cis fox nous trufe. Quant si le vuet desprisonner Et nous Iraïr 
par sermonner. » (n. e:) 



DE 



— 76 — 



DE 



De profundis et fidelium. Expression qui 
désigne l'espace du temps qu'on employoit ù réciter 
le psaume He in-ofundls. >'ous disons dans le même 
sens « un miserere. » « La cour dit, que celle dame 
« sera tenue pour toute recompensation de donner 
■■ à son dit amy demandeur, demy douzaine de 
« baisers bien assis et dont chacun d'iceux pourra 
« durer autant qu'on mettroit à dire un De profun- 
« dis et fidelium. » (Arrest amor. p. 203) 

Deprouver, v. Désapprouver (1). <■ D'autres la 
« plus saine part disent que certainement il se 
•• trouva en ce festin, entendit leurs paroles et 
» desseins qu'il deprotiva. » (Brant. Cap. fr. t. III, 
p. 3J3.) 

Deprouvoir, v. Dépourvoir. (Nicot, Oudin , 
Cotgrave et Robert Eslienne.) 

Deps, Debts. Lisez d'Ers et voyez Eps. 

Depser, v. Parer ou fouler les draps. (Borel). 

Deptenteur, s. m. Détenteur. (Voyez Godefr. 
Observ. sur l'Hist. de Charles VIII, p. 469.) 

Depuis, adv. Ensuite *. Avant °. Quoique ^. 

*La signification subsistante du mot (/e;jHis s'éloi- 
gne peu de la première que nous avons marquée. 
» Disl dejjins par grant fierté, etc. » On trouve 
quelquefois du depuis, dans Charron, Sagesse, 
p. 383, el Melin de S. Gelais, p. 84. En latin ex de 
post, dans le Glossaire latin de Du Gange, col. 194. 
On construisoit il n'y a pas encore longtemps depuis 
avec l'infinitif. » Depuis avoir connu. » (Voyez 
Molière, Bourg, gentilh. acte IV, se. 3.) (2) 

^ Depuis, mis pour « avant, » est dans un sens abso- 
lument opposé au sens actuel. Cependant on lit 
dans Perceforest : « Depuis la venue du gentil roy 
« Alexandre et du roy Perceforest, tous gentilz et 
<< villains mangeoient ù terre entre leurs piedz ; mais 
« à la venue du roy Alexandre emprindrent à faire 
« tables, etc. » (Percef. vol. H, fol. 14G.) 

^ Enfin on trouve depuis que pour .> quoique - 
dans un proverbe qu'on lit dans le Dictionnaire de 
Cotgrave, au mot « Loup. » » Depuis que la brebis 
« est vieille, le loup la mange bien.» 

VARI.\N'TES : 
DEPUIS. Orth. subsistante. 
Depuist. R. Estienne, Gram. fr. p. 111. 

Depupler, v. Publier. Mouskes, p. 798, parlant 
d'une fête de chevaliers, dit : 

Mais a Compiegne fu doblée 
La fîeste et par tôt depuplée. 

VARIANTES : 
DEPUPLER. Ph. Mouskes, MS, p. 699. 
Depuliser. Règl. de S. Ben. lat. fr. MS. de Beauv. ch. 46. 

Depurgatoire, Purgatif. (Cotgr. etOud.) 

Deputaire, s. etadj. Terme d'injure. (Borel.) Ce 



mot semble formé de pute aire ; il se prend en 
général pour » méchant. » 

Chiens desloiaux, chiens deputaire. [ilart. de S'» Mai-t/.J (3) 

(Voyez Plte el Aire.) 

Depulation, s. f. Dispute. « Boort qui l'escou- 
« toit eulendil qu'il appeloit son lay, lelay deplour, 
« et en estoient les motz de Joseph d'Arimathie, et 
« si comme il vint en la grant Bretaigiie, quant 
» noslre sire luy fist arriver : el Boort y misl son 
« entente : car il luy esloit advis que c'esloit une 
« deputalion qui jadis avoit esté entre Joseph d'Ari- 
« mathie et Orpheus l'enchanteur. » (Lanc. du Lac, 
t 111, fol. 22.) 

Députer. [Intercalez Députer, traiter une 
femme de prostituée {pute) : « La femme d'icellui 
« Laurens députa la femme du suppliant ; pour 
« laquelle cause... icellui suppliant disl à son filz 
« qu'il ne devoit pas souslenir ou souffrir sa 
« femme ù députer sa mère. » (JJ. 188, p. 114, 
an. 1459.)] (>'. E.) 

Deque onques mes, arfy. D'ici à jamais. (R. 
de Rou, MS. p. 224.) 

Dequeurer, v. Tomber en langueur, s'affoi- 
blir. Proprement ôter le cœur : 

Et mon las corps qui plaint, soupire et pleure 

Aura confort, où il faut qu'il dequeure. (E. Desch. p. 278. J 

Dequi, adv. Delà. « A demiejornée loin dequi. » 
(Villehard. p. 172.) 

Der, s. m. Derrière. On rapporte dans l'Histoire 
de la S" Croix, p. 15, un miracle arrivé en la per- 
sonne d'une riche dame : « Si q'ele ardoit tous ses 
» dras par derere. » 

Jamais la foire ne vous fine 

Le mal es der, mule es talons, 

La goutte es llans, sanz médecine. (E. Desch. p. 211. J 
VAJIIANTES : 
DER. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 211, col. 1. 
Derere. Hist. de la S'« Croix, MS. p. 15. 
Derire. Chr. fr. MSS. de S. Denis, t. II, fol. 86. 

Deraienient, s. m. Ce mot servoit à exprimer 
l'action de celui qui, passant les bornes de son héri- 
tage, labouroit dans celui de son voisin. (Voyez Du 
Cange, au mot Dereamentum.) 

VARIANTES : 
DERAIEMENT, Derens. Du Cange, à Dereamentum. 

Derainer, V. Parler, converser, expliquer*. 
Demander, interroger^. Répondre, répliquer, con- 
tester'^. Défendre, soutenir, discuter °. Ce mot, 
sous les différentes orthographes employées dans 
les Loix Norm., répond au latin disrationare. Ce 
verbe, formé du substantif racion qu'on verra pour 
« discours, entretien » et du latin ratiocinari, a été 
employé dans un sens générique, susceptible de 
quantité d'acceptions particulières. Nous avons 



(1) On lit dans Beaumanoir (XXXIX, 22), au sens de détruire une preuve : « Et por ce que aucun porroient dire que ce 
ne pot estre que je puisse desprover ce qui est prové contre mi. » (n. e.) 

(2) Froissarl (XIV, 70) emploie depuis pour dmyuis que : « Depuis le monde fu premièrement estoré. » (N. E.) 

(3) On lit encore au Roman d'Alexandre (Du Cange, II, 820, col. 2) : « Et que point n'a trouvé le vielhart deputaire , Mes 
sages et bipn parlant pour plus que raison faire. » De même dans un bestiaire, où l'on dit du renard : « Tant est traître et 
deputaire. » (n. e.) 



i 



DE 



DE 



marqué les principales sans trop nous appesantir 
sur les nuances. 

* Proprement il signiOoit raisonner , parler , 
converser, et nous le'trouvons en ce sens sous la 
plupart des orthographes que nous avons ras- 
semblées. 

Tandis qu'elle se desraignoit 

Au peuple qu'entour... estait, (ilart. de S" Marg.) 

^ On trouve derainier et dercsnier, pour deman- 
der, interroger, questionner. (Voyez Sirvenle du roy 
Richarl contre le dauphin, jis."des Troubadours, 
c. 1981, T. p. 203 el D. 809.) Dans un autre as. de 
la même pièce, on lit « demander. » 

^ .Nous avons vu le mol derainier employé sous 
la plupart des orthographes citées, pour « répon- 
dre, répliquer, contester. » 

.... Je le di ; « dame, je vous aim tant. » 
Elle dira, je la voil engignier; 
iNe je n'ai pas ne sens ne hardement 
K'en contre li m'ossaise desraigiiiey. 

Chans. MSS. du C" Thibaut, p. U7. 

°En étendant l'acception, ce mot se lit sous grand 
nombre d'orthographes pour « discuter, soutenir, 
défendre. » » M'entention n"a esté, ne n'est de ce 
« livre faire que pour enseigner ceaus que mestier 
« en auront et auront droit et le requerront, de 
« savoir le aiiprochier el desreigner, et ;\ ceaus à 
« qui l'on requerra ce que est lor droit, de savoir 
" les esloigner. » (Assis, de Jérus. p. 10.) (I) 

VARl.^NTES : 
DERAIXER. Ilist. des Trois Maries, MS. p. 272. 
Deraisnier. Chans. MSS. du C"= Thib. p. 39. 
Deregner. Loi.N; iS'orm. art. 25. 
Deres^ner. Hist. des Trois Maries, MS. p. 443. 
Deraixer. Loix Norm. oh. 27 (2). 
Desraigner. Le Martyre de S'^ Marg. en vers. 
Desrainier. Hist. des Trois Maries, MS. p. 150. 
Desraisnier. Chans. MSS. du C" Thili. p. 39. 
Desregner. Part, de Bl. MS. de S. G. fol. 143, V° col. 3. 
Desres.vier. Flore et BUincef. MS. de S. G. fol. 202, col. 2. 
De.sraig.nier. Chans. MSS. du C" Thib. p. 147. 
Desr.ainer. Lanc. du Lac, t. I, fol. 102, R" col. 2. 
Deresnier. MS. des Troubad. C. 198, T. p. 203, et D. S09. 
Desregnier. Rom. de Rou,. MS. p. 130. 
Desreigxer. Assises de Jérus. p. 16. 
Desrener. Lanc. du Lac, t. II, fol. 72, R» col. 1. 
Dysreigner. Carta magna, fol. 38, V". 
Disraisoxner. Skinn. Voc. forens. expositio. 

Deraisnemeat , subst. Discours, entretien, 
colloque. Demisiiement, dans S. Bernard, Serm. IV. 
MSS. p. 370, répond au latin colloqiiium. 

Déraisonnablement. [Intercalez Déraison- 
nablement (Varin, Arch. de Reims, III, 41, an. 
1453) : « Pour la délivrance douquel, comme pris 
« déraisonnablement, nous aions escript. »] (n. e.) 

Derayonner, v. Obscurcir. Proprement elTacer 
les rayons. 



Demyonnant le lustre des haultz cieux. 

Focs, de Loys le Caron, fol. 75. 

Dercelet, s. m. Diminutif de dais. Voyez les 
autorités citées sur chaque orthographe, et le mot 
« Dais » ci-dessus. Peut-être aussi ce mot signifie- 
t-il le " dossier » du dais. (Voyez Do.^seret ci-après.) 

VAIUANTES : 
DERCELET. Du TiUot, Rec. des R. de Fr. p. 243. 
Derselet. Dict. de Borel, au mot Dei:s, et D. C. dogus. 
Dorseret. Honn. de la Cour, à la suite des Mémoires sur 
la Chevalerie. 

Derechief, adv. De rechef. \Voyez Joiiiville, 
Crétin, etc.) (3) On trouve rfer^fo dans leDictiunn.de 
Borel qui cite l'Hist. des Albigeois ancienne. 

VARIANTES : 
DERECHIEF. Joinville, p. 40. 

Derechef. Orth. sub. ; Duch. Gén. de Montmor. p. 386. 
Derrechiez. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 450. 
Dereço. Borel, Dict. 

Deregne, s. Désaveu. (Voyez ci-dessus le verbe 
Deresnier.) C'étoil proprement un désaveu en jus- 
tice. « Desrcnc si est une loy establie en Normandie 
<■ en simples quereles, par laquele celui qui est 
" suis d'aucun fet, et accusez de félonie, monstre 
« que il n'a pas fet le fet, de quoi la partie averse 
« l'avoil accusé. » (Ane. Coût, de Normandie, 
fol. 150, V". — Voyez Laur. Gloss. du Dr. fr.; 
Gloss. sur lesCoul. de Beauvoisis; Du Cange, Gloss. 
latin au mot Desrener, soms ratio, 1.) Ibid. au mot 
Arramilio, on trouve que derrame éloil une loi 
ainsi nommée et connue en Normandie (4). C'étoil 
le désaveu fait avec serment en présence de témoins 
d'une dette réclamée. Les témoins éloient obligés de 
jurer aussi que la dette u'éloil pas diie. Ce mot, 
comme on voit, signifie la même chose (lue desrene. 

Ce vos dige par jugement 

S'en ferai le desrcgnement. (P. de Bl. p. i62.] 

L'éditeur du Coutumier Général dit que : « De- 
" resne est l'action qui s'exerce par ministère de 
» sergent seul sans mandement, commission ou 
« brief. » (Coût, de Normandie, au Coût. Gén. t. 1, 
page 1005.) 

variantes : 

DEREGNE. 

Dereyne. Britt. Loix d'Angl. fol. 42, R». 

Desregne. Ord. des ducs de Bret. p. 222, V». 

Desrene. Laur. Gloss. du Dr. fr. 

Desregnemext. Part, de Bl. ÎHS. de S. G. fol. 162, R" c. 2. 

Desrenée. Lanc. du Lac, t. I, fol. 127, V» col. 2. 

Dereigle, s. Dérèglement, désordre. « Si com- 
« meucerent archers et compaignons à piller et 
« fourrer les maisons pour butiner et pourgaigner, 
« et se dereiglerent tellement que les enseignes 
« demourerent toutes seules , excepté d'aucunes 
I « gens de bien,ùquile (/('J'^/^/t' etla pilleriedeplai- 



(1) De même dans une charte de Cambrai, en 1264 (Du Cange, II, 811, col. 2) : « Reconnoist li dis evesques que en pain, 
s'il est menres qu'il ne doie,... et en autres choses semblant, nous aions tel droiture comme nous devons avoir, c'est à 
dire, le siste du livrement ou le tiert, se demisnicr le poons par droit. » (n. e.) 

(2) « Si home veut desrainer convenant de terre vers son seignor, per ses pers de la tenure meimes , qui il apellera à 
testimoines, l'estuvera desruiuer : kar par estranges ne pourra pas derainer. » (n. e.) 

(3) On lit dans Benoît de S' More (v. 1935) : « Cest règne aveient essihé ; Or de rechef sunt repairié A destruire le 
remanant. )i (n. e.) . . 

(4) De.srejie est la forme verbale de desreiîer et remonte à cafwcinari ; tandis que derrame, comme arramir, vient de 
l'ailemaBd ràmcn, confirmer, affirmer. (Grimm, Antiq.juris Germ., p. 123, not. 1 et p. 844.) (N. E.) 



DE 



DE 



<! soit moult. " (Mémoires d'Olivier de la Marche, 
liv. 1, p. 3(32.) 

VAIUANTKS : 
DEREIGLE. Mém. d'Ol. de la Marche, liv. I, p. 362. 
Desreiglement. Cotgrave, Dict. 

Derelo. Terme de musii|ue, comme fredon. 
« Faisanl retentir Tair d'une mélodie de tintes, 
« cornemuses et llageolsoii le derelo ne man([uoit 
« point. ■> (Print. d'Yver, fol. 90.) 

Dereng. s. >«. Bornes. (Cotgrave et Laurière, 
Gloss. du Droit IV.) 

VARIANTES : 
DERENG. Cotgrave. 
Desreng. Bout. Som rur. p. 3G7. 
Deshens. Ibid. p. 208 et 211. 
Desreug. Lisez Desreng. N. Coût. Gcn. t. I, p. 106, c. 1. 

Derese, adj. an fém. Usée, peut-être rase, 
râpée. 11 paroît que c'est le sens de ce mot dans ce 
passage : 

Et vest une roube moult tendre 

Et viez et derese et déroute {disrxipta) 

Si que hors te saille li coûte. 

Fabl. MSS. du R. n- "615, l. II, fol. 124, V' col. 2. 

Deresnier, v. Nier. Quoique ce mot ait une 

oitliographe commune avec celle du moi derainer, 
cepenclant son étymologie et sa signilication sont 
difféienles. Il est formé du mot niei\ re&nier et par 
addition de la syllabe explétive de, deresnier (1) ; il 
s'est employé pour se purger, se justifier, se discul- 
per. (Dicl. de Mcot, Ménage. — Voyez Laur. Gloss. 
du Dr. fr. au mol Desrener.) 

Le comte de Flandres, accusé de la mort de son 
prédécesseur, s'offre i^i prouver son innocence. Les 
seigneurs qui composoient le conseil du roi Louis, 
qu'il avoil gagnés, donnent ainsi leur avis : « En 
« ces trois cas sont les puisnez tenus de respondre 
« en la court de leurs ainsnez ou s'en desrener ou 

« l'amener, etc par ce mot desrener, est 

« à entendre que les puisnez se purgeront etdeffen- 
« deront des trois cas dessus dits' en la cour de 
« leurs ainsnez, où il l'amenderont. » (Ane. Coût, 
de Norm. fol. 73, et la note.) 

VARIANTES ', 
DERESNIER. Rom. de Rou, MS. p. 163. 
Desregner. Parton. de RI. MS. de S. G. t" 169, V» col. 2. 
Desre.ver. Laur. Gloss. du Dr. fr. 
Desrenier. Ord. t. I, p. 129, notes, col. 1. 

Derges. Ce mot paroit une faute pour verges 
(ju'on verra employées plusieurs fois comme syno- 
nymes de « harcelles. » « Que nul ne coupe 

» sur aultruy hallots, harchelles ni derges sans 
» congié sur dix sols parisis d'amende et restitu- 
« tion'd'interest. « {Coût. deTournehera. au Nouv. 
Coût. (ién. t. I, p. 457.) 

Dérider. [Intercalez Dérider, railler, au reg. 
.1.1. 120, p. 8, an. 138G: « Icellui Simon en déridant 
« et eschernissant ledit Jehan Avignon. » On a 



deriser au reg. .1.1. 1(50, p. 91, an. 1405: a Le 
« suppli.int qui estoit sourt et ydiot, croiant que sa 
" femme se moquoit et derisoit de lui. »] (n. e.) 

Derieuler, v. Déranger. Le contraire de rieuler 
et rigler, régler [voir Dereigle]. 

Encores poet moult bien selonc ra'entente 

Li orlogiers, quant il en a loisir, 

Faire sonner les clochetes petites 

Sans derieuler les heures dessus dites. (Froiss. p. 67.) 
VARIANTES (2): 
DERIEULER. Froiss. Poës. MSS. p. 67, col. 1. 
Desrigler. Percef. vol. II, fol. 91, V» col. 2. 

Deripé, part. Pillé. Voy. Requête des moines de 
S. C. d'Auxerre, en 1634, citée dans les Mém. sur 
les reliques prétendues de Saint-Germain-d'Auxerre, 
page !.->. 

Derire, v. Rire, se moquer*. S'affliger^. 

*Au premier sens le de est explétif. « Quand ils 
« virent que madame et Damp Abbez se faryoient 
« et derisoienl du seigneur de Saiiilré. » (Petit J. 
de Sainlré, p. ()3(j.) 

°Au second sens le de est négatif, et derire 
signifie s'affliger. 

Tout me deril, et me desri. (Froiss. p. 38?. J 

Dérision, s. f. Désordre, ravage, pillage (3). « En 
« ce même temps aucuns capitaines tenans leparty 
« du duc de Bourgongnc, prindrent d'emblé par 
« esclielles la ville d'Es'pernay appartenant hérédi- 
« lablement à Charles duc d'Orléans prisonnier en 
« Angleterre : dedans laquelle furent faictes très 
<' grandes dérisions comme en ville conquise. » 
(Monstrel. vol. II, fol. 89.) « Le duc de Dourgongne 
" veanl les desrisions et inhumanilez d'iceus mes- 
« clians gens fist crier qu'ils se cessassent de plus 
« piller ne tuer. » (J. Le Fevre de S. Remy, llist. de 
Charles VI, p. 124.) 

Dérisoire, adj. Insultant. <■ Luy escrivoit let- 
« 1res dérisoires et en se moquant de luy mandoit 
« etc. » (Juven. des Urs. Hist. de Charles VI.) 

Dériver, v. Se déborder*. Se déranger^. 
S'avancer"^. Arriver". Nous ne parlons point des 
acceptions subsistantes du mot dériver qui étoient 
aussi celles de l'orthographe desriver (4). 

* Le sens propre est ' se déborder, » sortir de 
ses rives. « La Seyne si se dériva (5). » (Chr. fr. m». 
de Nangis, sous l'an 1280.) On lit dans le latin : 

alveos snos transeendit. « Fit un temps de 

« pluye très merveilleux que tous les chemins 
« estoient pleins d'eaue, et tous les fleuves desri- 
« vez. » (J. d'Auton, Ann. de Louis XII, p. 233.) 

^ Au figuré on a dit se desriver pour se déranger, 
se dérégler, sortir des bornes prescrites. 

Ou hais par la fraccion 

Que pluseurs font, qui se desrivent 

En pillant par extorcion. [E. Desch. p. 448./ 



(1) La différence pour le sens et l'origine est entre deresnier et derramer. (n. e.) 

(2) On lit dans Du Guesclin (276) :« Il est jeunes assez, par la Vierge honnerée , Pour avoir assez sens et honnour à 
durée ; Il ne fait nés un mal, ne chose desrieulée. » (n. e.) 

(3) Au même temps, il signifie moquerie (Guesclin, 102) : « Il cuida que la dame lui dist dérision. » (n. e.) 

(4) On Ut déjà au xii» siècle : « La grasce de prédication est parmi eus dérivée. » (Job, 492.) (n. e.) 
(.j) « Et font les ftueves dériver. » (Rose, v. 18134.) (n. e.) 



DE 



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DE 



•^ Dans une acception plus appiocViante du sens 
propre, desriver a signifié « s'avancer. « 

Or mestier est, se nous povons, 
Qu'à cest besoing les secourons 
Vers la gent qui là se desrive. {G. Guiart, p. 30S.J 

°De là s'est formée l'acception de desriver pour 
arriver. <• Il y avoil là plusieurs jeunes chevaliers 
» desrivez. ■> (Percef. vol. I, fol. 22.) 

Derliere. [Intercalez Derliere, carrière Èi derle, 
kaolin ou sable à mouler, dans les Revenus de la 
Comté de Namur de 1280, Reg.de la Ch. des Comptes 
de Lille, Papier aux aijsseles, fol. 60, recto: 
<> Encore i a li cuens une derliere, c'est à savoir 
« où on prenl terre, de coi li bateur ovrenl h 
» Dynant et à Bouigne. »] (n. e.) 

Derne, s. f. Morceau, tronçon. 

Tant d'innocens. sainctes vierges et pucelles 
Martizirés, tranchées et mys à dernes. 

Ciiasse et Départie dWmours, p. 32, col. 1. 

Derniement, s. m. Vertige. C'est peut-être 
derriement, de desver, pourendesver. A Troyes on 
appelle derniement les tournemens de tête ou ver- 
tiges. iVoy. Journ. de Verd. 1758, octobre, p. 290.) 

Dernier, adj. (Voy. Daarin.) Ce mot subsiste. 
Nous marquerons seulement les expressions sui- 
vantes : 

1° « Au dernier, » pour à la fin. « Le roy de 
o France et tous les seigneurs luy montrerentaussi 
« bon semblant au dernier comme au commence- 
« ment. » (Froiss. liv. IV, p. 318.) 

2° " Battre le dernier » ou l'assemblée. « C'est 
« pour avertir le soldat de se ranger promtement 
« sous le drapeau. » (Le P. Daniel, Mil. fr. t. I, 
p. 535.) On lit : " Battre le dernier ou le drapeau » 
dans le même sens. (Ibid. p. 349.) 

3° « Le dernier supplice » se dit encore aujour- 
d'hui. On trouve une e.xpression latine correspon- 
dante dans Grégoire de Tours; ultimis punire cru- 
ciatibus. yLiv. II, chap. 27.) 

Dernier-Dieu, s. m. Le déniera Dieu, le gage. 

Se tu prans femme qui soit riche, 
C'est le dernier-Dieu et la briche 
D'avoir des reprouches souvent. (E. Desch. ms. p. ûOO.j 

Dérocher, v. Précipiter (1). C'est proprement 
précipiter du haut d'un rocher, d'où ce mot s'est 
employé en général pour jeter à bas, renverser. 
(Dict. de Borel, de Nicot, Monet et Cotgr.) Deroeher 
se dit dans le Dauphinois de tout ce qu'on détruit 
ou qui tombe en ruine. (Du Gange, au mot Dero- 
chatura.) « ....Ton compagnon ettoy mesmes estes 
» ici plus pour guetter et espier les marchands, 
« pour les deroquer (2), que pour attendre aventure, 
" ou vous puissiez par force d'armes acquérir 
« honneur. » (D. Flores deGr. fol. 131.) 



Dont veissiez Bretons aidier 

Saisnes et desrochier. (Rom. de Brut, p. A.) 

VARIAMES : 
DEROCHER. Fauch. Lang. et Poës fr. p. 87. 
Deroquer. D. Florès de Gr. fol. 131, R°. 
Desroceh. Rom. du Brut, MS. fol. 4, V» col. 1 (3). 
Desrociier. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 499, col. 4. ■ 
Desrociiier. Vig. de Charles VII, t. II, p. (>4. 
Desroicher. Parton. de lil. MS. de S. G. fol. 157, R° col. 1. 
Desroqiîer. Dial. de Mallep. à la suite ds Villon, p. 59. 

Deroder. [Intercalez Deroder, cultiver, dans 
l'Hist. de Tournay, liv. IV, p. 52 et 53.] (n. e.) 

Dérogatoires, m. Dérogation. « Si ont dix 
« sols pour un préposé, cinq sols pour un déroga- 
« toire, cinq .«ois pour un retraict et douze deniers 
« pour un défaut. » (Coût, de MarqueiUerre, au 
Nouv. Coût. Gén. t. I, p. 109.) 

Deroguer, i'. Déroger. (Dict. de Cotgrave et 
d'Oudin.) « Droit spécial et previlége derogue au 
« droit gênerai et commun. » (Arrest. Amor. 
p. 411.) Après un grand éloge de M' de S. Gelais, on 
lit : « Mais de tels que luy ne s'en trouve pas treize 
« en la grand douzaine et si ne se arrogue rien et 
« ne derogue à nul. » (Quentil Censeur, page 205.) 
« Disoient l'especialité devoir desroguier h îa gene- 
« rallié. » (Monstr. vol. III, fol. 27.) 

Derompement, s. m. L'action de rompre *. 
L'action de détruire ^. 

*Dans le sens propre et littéral, on trouve desrom- 
pement pour le supplice d'un ci'iminel qui est 
rompu. (Les Marg. de la Marg. fol. 191.) 

^On a dit dans un sens figuré derompement pour 
« destruction. » « Fut fait moult grant desrompe- 
« ment de chastiaux et de citez. » (Chron. fr. sis. 
de Nangis, sous l'an 1189.) On lit dans le latin : 
Castrorum urbiumque direptio. 

Derompre, v. Rompre, briser, détruire. Ce 
mot,dans S. Bern., répond au latin disrumpere, sol- 
vere et dissolvere. (Dict. de Nicot, Monet, R. Est. 
Cotgr. et Oudin.) On trouve se desroinpre dans le 
sens figuré que nous donnons encoie au verbe 
rompre"; se rompre à quelque chose, s'y habituer. 

Nulz d'eul.\ n'est qui ne se desrompe. (E. Desch. p. 388.) 

On lit dans S. Bern. Serni. fr. mss. page 293 : « La 
« receleit ver {occultum vermen) ki par dedens lo 
« derout {corrodit). » Ce mot, dans ce passage, 
vient peut-être de « ronger », d'où >■ deronger » 
plutôt que de derompre (4). 

Conjugaison : 

Derout, rompt. (Fabl. mss. du R. n" 7218. f 318, 
V- col. 2.) 

Derront, rompt. (Poës. mss. av. 1300, t. II, p. 626.) 

Desront, rompt, brise. (Chasse de Gast. Phébus, 
MS. page 229.) 



(1) Sous la forme pronominale, il signifie s'écrouler (Sax., 9) : « Et li mur se desrochenl ainz n'i ot mangonel. » (n. e.) 
(2j Le sens me paraît être détrousser, enlever le roijue . le manteau: « Lesquelz compaignons firent responce qu'ils 
alloient quérir une fille amoureuse avecques les clers du palais, et pour desroquer les escoliers , s'ilz les trouvoient. » 
(JJ. 190, p. 18, an. 1459.) Mais le sens de S'* Palaye ni mon étymologie ne conviennent plus dans Thomas de Cantorbery, 36 : 
« Li malvais qui cuidierent le rei servir à gré... unt saint Thumas hué Et derociné de torches. » (n. e.) 

(3) « Et cil qui lor mains eschapoient. Là où il miex guérir cuidoient, Aus grans falaises desrocoient. » (n. e.) 

(4) Au moyen, se derompre signifie prendre fin : « Ensi se derompi ceste grosse chevaucie. » (Froiss., VI, 141.) (N. E.) 



DE 



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DE 



VAIUANTKS (1) : 
DEROMPRE. Clém. Marot, p. 447. 

Derrompre. Chastie Musart, MS. de S. G. f' 107, R» col. 2. 
De.srompre. Joinville, p. 26. 
Desrumpre. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 112 et passiin. 

Deronic, S. ni. Doronic. Sorte de plante. (Borel.) 
Deronps, part. Rompu, déchiré, détruit. 

Ils en furent mors occis et cleromps. (E. Defich. p. iS'i.J 
Une vielle femme a trouvée, 
Ses draps derons, eschevelée. (Rom. de Brut, p. 86.J 

« Se meirent eu emtjusclie toutes leurs roules 
« ainsi que les Anolois retoiirnoyenl, qui avoyent 
» fait une dievaucliée lors, entre Mirebel et Lusi- 
.. gnan. Sur une chaucée déroute (qui est là) les 
« François leur saillirent au devant. » (Froissarl, 
liv. 1, p. 35'f.) On lit Ibid. plus bas : » Dessus une 
« chaucée rompue près du dit Lusignan. «(2) 
J'ay les espaules desroutes. (E. Descli.p. 457.) 
VARIANTES (3) : 

DERONPS. E. Desch. Poës. MSS. fol. 124, col. 1. 

Derons. Rom. de Brut, MS. fol. 86, V» col. 2. 

Desroxs. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 546, col. 1. 

DE.SROXT. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 273, R» col. 1. 

Deros. Borel, Dict. 

Desroups. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 544, col. 4. 

Desrous. Vies des SS. MS. de Sorb. ch. lx, col. 7. 

Desroupt. Borel, Dict. 

Desrout. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 492, col, 3. 

Desroutè. Fabl. MSS. du R. n" 7615, t. II, fol. 190. 

Derouz. Hist. de Fr. à la suite du Rom. de Fauv. fol. 69. 

Déroute, fctn. Fabl. MSS. du R. n« 7615, t. Il, fol. 124. 

Derrol'te', fihn. Cortois d'Artois, MS. de S. G. fol. 84. 

Desroute, fcm. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 457, col. 2. 

Desroutte, féii). Ibid. fol. 316, col. 1. 

Deronptant, part, actif. Cassant, mettant en 
pièces. « Despeceanl et deronptant les paniers. » 
(Ord. des R. de Fr. t. III, p. 5C3.) 

Deronpture. [Intercalez Deronpture, hernie, 
en latin chetncola (R. N. 1. 4120, an. 1302.)] (n. e.) 

Deronpuement , adv. Décidément, absolu- 
ment. Une dame, se reprochant ses rigueurs pour 
son amant, s'exprime ainsi : 
Bien en deust avoir pardon 
Mais gel' retrai de trahison ; 
Sel' deffiai si maleraent 
Et ainsi deronpneinoit 
Qu'el onques puis n'ot nul espoir 
Qu'il repeust m'araor avoir. [P. de Bl. p. 151.) 

Deroquemant, s. m. L'action de précipiter (4). 
(Voyez DEROGUEit ci-dessus, et le Dict. de Monet.) 

Deroué, «(/j. Trompeur. (Dict. de Borel.) Il s'est 
vraisemblablement trompé. Il falloit lire deroyé. 
(Voyez Deroyé ci-après.) 



Dérouter, v. Quitter sa route *. Se mettre en 
route °. Se mettre en déroule, se rompre "^. 

* Dans le sens propre et littéral, c'est s'écarter de 
son chemin pour en prendre un autre, s'égarer (5). 
n Au poinct du jour chacun fut armé : et meirent 
» leurs bannières aux champs, chacun en sa bataille 
« toute jour sans dérouter par montaignes ne par 
« vallées. » (Froiss. liv. I, p. 67.)[Kervyn, II, 139.] 

■Je commence à desrouler. {Poës. MSS. av. i300, p. i383.J 

^ La syllabe de n'étant qu'explétive, dérouter ne 
signifie plus que se mettre en roule , s'acheminer : 

Sa gent après li se dçsroute. [G. Guiart, p. 356.) 

"^ Au contraire, la syllabe de, prise comme néga- 
tive, desrouter signifioit au figuré, se mettre en 
déroute, se rompre : 

Ribauz premerainz se desroutent (6). (G. Gv.iart, p. 38i.J 

Deroux, adj. Arraché. Le mot deroux (7) se 
trouve à la marge du passage que nous allons citer 
au lieu de « descoux, » qui est dans le texte ; il faut 
peut-être lire derouz, rompu, qu'on a vu ci-dessus 
au mot Deronps. 

....Depuis on me rapporta 

Qu'il avoit ses cheveux descouz, 

Et que tant se desconforta 

Qu'il en estoit mort de courroux, (.il. Cliartier, p. 5S'3.) 

Deroy, s. m. Dérèglement, désordre *. Déroute, 
dést^slre^. Obstacle ■=. Rigueur". Ebats^^S). Fracas"". 
Hâte ''. (Voyez sur ce mol, qui a beaucoup d'accep- 
tions, les D"ict. de Borel, de Corneille, de Xicot, ; le 
Cl )ss du P. Martène, t. V ; le Gloss. de Marot, et 
les Dirl. de Cotgrave et d'Oudin.) 

* On disoit deroy pour désordre, dérèglement (9): 

En amour ne doit avoir derroi. 

Poès. MSS. du Val. n* 1400, fol. 179, V. 

Une fille qui va coucher par ordre de sa dame 
dans le lit d'un chevalier, lui dit: 

Sire, ne 1' tenez à desroi 
Fait celé, qui fu simple et coie ; 
Quar la confesse mi envoie : 
Une de ses puceles sui. 

Fabl. MS. de S. G. f" 59, V- col. 1. 

^ Pour " désastre, " c'est en ce sens qu'on lit des- 
ray dans l'épitaphe de Charles VU, citée dans les 
Annotations de Duchesne, sur Al. Charlier, p. 850. 
« ....Desrois fais en la Ville de Paris par les Pari- 
" siens à la desplaisance du roy. » (.1. Le Fevre de 
S. Remy, Hist. de Charles VI, p. 45.) 

•^ Pour <■ obstacle, empêchement » : 

Karles adont un fds avoit. 

Pépins ot non, moult preus estoit, 

De Lonibardie le fit roi. 

Quant il ot vencu cel desroi. (P. Mouskes, p. il3.) 



(1) On lit déjà dans Roland (v. 3970) : « E tuit li membre de sun corps derumpant. 
2449. 



Voyez aussi v. 1500 , 1227 , 1284 , 

(N. e.) 

(2) Ou lit aussi dans Renart, v. 19.S05 ; « Quant il orent par lor pechié Le bois derout et despecié. » (N. e.) 

(3) Dans Roncisvals (I, .58) : « La soe broigne desrole et dessartie. » (n. e.) 

(4) Ou l'action d'arracher, de deroquer. (G. de Cherville, le Temps, 14 a^T. 1873, 3« page, 6= colonne.) (n. e.) 

(5) Ou mieux sortir des rangs : « Si commanda sour le hart que nuls ne se meuvist ne desroutast de son renck pour cose 
qu'il veïst. » (Froiss., V, 32) (N. E.) 

(6) De même dans Froissart (II, 163) : « Pour voir se U Escochois se desrouteroient point. » En ce sens, on a encore le 
neutre : « Lors veïssiés toutes gens desrouler et ferlr à l'esperon apriès la confesse. » (Id., IV, 26.) (n. e.) 

(7) Froissart donne le féminin desroute : « Au destroit d'une desroute cauchie. » (VII, 32.) (n. e.) 

(8) Ce sens est au xii" siècle, dans Roncisvals : « Grant desroi mènent cil destrier sojornez (p. 45). » (N. E,) 

(9) Abus de pouvoir: « Ne voloient plus porter les desrois ne les fais que li rois faisoit ou pays. » (Froiss., II, 37,) (N. E.) 



DE 



- 81 — 



DE 



° Pour « ligueur, fierté » (1): 

Soz ciel n'eust fille de roi 
Qui tant fust plaine de desroi. 

Blanch. MS. de S. G. p. l"fi. 

^ Pour ■' ébats, amusemens » : 

Et s'il leur plaist eulx esbatre ou jouer, 

Soit fait à part en leurs secrez desrois 

Et leurs princes sans varletz appeller. [Dcsch. p. 323.] 

■^ Pour " fracas, tumulte » : «....Monsieur le Bas- 
tard pria les clames le dimanche au disner et 
nomméemenl la royne et ses sœurs et fil un 
grand desroy et une grande préparation. " (Mém. 
'01. de la .^[arcfie, liv. I, p. 493.) 
° Enfin pour « liàte » : 

Disoit ses heures à desroy. 

Le Blason des Faulces Amours, p. 218. 

De ces diverses acceptions , on avoit formé les 
xpressions suivantes : 

1° « A desroy. » Expression adverbiale dont nous 

enons de citer un exemple; elle avoit plusieurs 

ignificatious, quelquefois elle signifioit « en abon- 

ance » ou comme nous disons « à tout ro'upre. » 

....On fist faire une grande feuillée et là porter 

vins et viandes à desroy. « (J. d'Aulbon, Annales 

e Louis XII. fol. 81.) Cette même expression signi- 

ioit aussi •' en désordre, en tumulte, à la hâte. » 

....Et li criz lievé eu l'ost et s'en issent à desroy , 

et chacièrent les Comains une mult bone lieue 

mult folement. » (Villehard. p. 146.) [Edition de 

Vailly, § 350.] 

Sezile vient tout à droit de Compegne 
A desroi, et fiert Ysabel Dausnai. 

Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 1230. 

Quelquefois cette expression signifioit « avec 
acarine, avec bruit. « Trompettes à desroy com- 
mencèrent h sonner. » (Petit J. de Saiulré p. 249.) 
Abatirentmaintz chevaliers en tronsonnant lances 
à desroij. « (Percef. vol. V, f° 61, V" col. 1.) On di- 
oilde même « sans desroi, ■> pour « sans bruit. « (2) 
Quier moi, fait il, un palefroi 
Bon et soef, et sanz dcrroi. (P. de Bl. p. i44.) [Ed. v. 5527.] 

2° <> Faire desroy, » faire vacarme, pour obtenir 
[uelque chose : 

Amis, dist il, ce sachiez bien, 
Ge ne vos mentirai de rien ; 
Aucune chose ai sor moi 
Dont vos (ailes ilel desroi ; 
Ice ne puis ge pas savoir. 

Flore et Blancef. MS. de S. G. fol. 202, V col. 2. 

3" « Traire à desroy , » pour tirer h la hâte, 
îuillaume le Rou, roi d'Angleterre, filsde Guillaume 
e Bâtard, est tué à la chasse par un des siens : 

L'arc entesa, plus n'atendi, 

Le cierf cuida traire à desroy, 

Mais son seignour i trait le roy 

El cuer, si l'a mort esrauraent. (P. Moiisk. p. 467.] 



VARIANTES : 
DEROY. Contin. de G. de Tyr, Martène, t. V, col. 733. 
Derroi. Poës. MSS. Vat. n 1490, fol. 179, V». 
Desroi. Fauch. Lang. et Poës. fr. p. 3(5 et 107. 
Desroy. Clém. Marot, p. 158. 
Desray. Annot. de Duch. sur Al. Ghart. p. 850. 
Desroi. Poës. MSS. av. 1300, t. IH, p. 12§G. 
Destrois. Monstr. vol. I, fol. 127, V". 

Deroyé, part. Egaré *. Troublé °. 

* Proprement qui est hors de l'ordre. S. Euscère 
ayant vu Charles Martel damné pour avoir donné 
aux laïcs les dîmes de l'Eglise, dit : 

Qu'il avoit veu proprement 

Carlon Martel le desraé 

En cors, et en arme danné, etc. (Pli. Mousk. p. 55.J 

« Je ay nom , dist-il . Sagremons le desreé. » 
(Lanc. du Lac, t. II, fol. 42.) 

^ On a dit au second sens « desroyé au cuer, » 
pour troublé, découragé, affiigé. (Voyez Histoire de 
B. du Guescl. par Mén'ard, p. 135.) 

VARIANTES : 
DEROYÉ. Borel, Dict. ; Gloss. de l'Hist de Bret. 
Desraé. Ph. Mou.skes, MS. p. 55. 
Desrée. Lanc. du Lac, t. II, fol. 42, R" col. 2. 
Desroé. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 163, en]. 3. 
Desroyé. Hist. de Bertr. du Guescl. par Mèuard, p. 135. 
Desrieus. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 130, V». 

Dei'oyement, s. m. Dérangement. Proprement 
c'est l'action de sortir d'une raie , d'une ligne. 
« Faillirent ceste première jouste par le deroye- 
« ment(S)àe leurs chevaux. » (Froiss. liv. IV, p. 40.) 

VARIANTES : 
DEROYEMENT. Froiss. liv. IV, p. 40. 
Desaroyement. Instr. de Chev. et Exerc. de guerre, p. 7. 
DESRoyE.MENT. Cout. Géu. t. II, p. 914. 

Deroyer, v. S'égarer, s'écarter * (4). Egarer, 
mettre en désordre °. Changer l'ordre '^. 

* Ce verbe, comme le suhstanlU deroyement [5), 
signifie littéralement sortir de la raie. (Voyez Dict. 
de Borel, au mol Roié.) De là, on s'en est servi 
pour exprimer quitter la voie, s'égarer. (Nicol.) 

Car rois ne se puet desroyer 
Sans soi meismes guerroyer. 
Rom. de la Charité, cité dans les Anoot. de Duch. sur Chart. p. 856. 

C'est aussi dans ce sens qu'est pris le mot des- 
rayer, quoiqu'un peu figurément, dans les vers 
suivans où l'on peint la douleur de la S'" Vierge à 
la passion de Notre Seigneur : 

Pour la vierge si tendrement 
Plouroit, c'estoit piteuse chose, 
A ly nulle desrayer n'ose (6) ; 
N'y a telle qui ne complaigne. 

Hist. des Trois Maries, MS. p. 171. 

^ On a dit aussi deroyer pour égarer, mettre en 
désordre (7). Louis d'Outremer va détromper les Nor- 
mands qui s'étoienl révoltés parce qu'ils croyoieat 



(1) On disait aussi des animaux (Renart, v. 18488) : « Moult est Renart de grant desroi. Qui si contre le roi s'afete. » (N. E.) 

(2) Il signifie plutôt sans fougue ; on disait aussi des jeunes femmes (Berte, CXVI) : « Ert sage , sans mal et sans 
tesrùy. » (n. e.) 

(3) Kervyn (XIV, 110) imprime : « Faillirent ceste première jousto par le dcsroiement de leurs chevaulx. » (N. e.) 

(4) Peut-être s'en aller : « Lesquelz compaignons desroiercnl et paieront leur escot. » (.IJ. 190, p. 469, an. 1464.) (N. E.) 

(5) Se desroier est sortir des rangs, dans G. Guiart (v. 1995). (N. e.) 

(6) Personne n'ose la troubler, la détourner de sa douleur, la faire desroyer. (n. e.) 

(7) Et, par suite, perdre contenance: « Si se aresterent li François, sans yaus desroier, devant leurs ennemis, » (Froiss., 
I?U, 36.) - « En celle abusion, il se desroia par foiblesse de chief. » (Id., XV, 41.) (n. e.) 

v. Il 



DE 



— 82 - 



DE 



qu'il vouloit nuire à Richard, fils de Guillaume 
Longue-Epée : 

Prist Ricart l'enfant à son col 

Entre ses bras, et de plain vol 

Vint en mi cale gent armée 

Ki si par cstoit dcuvaée. jPh. Mousk. p. 373.) 

« Les taborineurs avoient défoncé leurs tabo- 
« rins d'ung ooslé, pour les emplir de raisins, les 
« trompettes estoienl chargées de mouslines : chas- 
<■ cun estoit de&vayé. » (Rab. t. I, p. 193.) On a dit 
en parlant d'un duel : « Un des combatlans dessendit 
« de dessus son cheval, parce que le dit cheval 
« estoil un peu desmyé. » (Chron. fr. ms. de Nangis, 
sous l'an 13G1.J On lit au même endroit des Chron. 
de S. Denis « esmayé » au lieu de desroijé. 

« Se il voit trop puissans ses ennemis, par si que 
« il ne les puisse en combattant desroijer, il doit 
par aguez, ou par aucune de ses esquierres 
« subitement les ferir au côté. » (La Salade, fol. 56) 

^ Celle acception, appliquée au labourage, a donné 
au mot desroiier la signification de changer l'usage 
d'une terre. Dans la "Coutume de la Salle, on lit: 
« L'on ne peut froisser, ne desroyer terres à labour 
« sans le consentement de l'herilier h péril de 
« payer demy censse de tel froissis et desroyement 
« par dessus le rendage. ■> (Coût, de La Salle, au 
Coût. gén. t. II, p. 914.) Laurière, qui cite la Coût, 
locale de Soesme, s'exprime ainsi : <• Desroyer : 
« c'est, ce me semble, changer l'usage d'une terre 
« destinée au labour. » (Voyez Laur. Gl. du Dr. fr.) 

VARIANTES : 
DEROYER. Borel, Dict. 
Deroier. Nicot, Dict. 
Desroyer. La Salade, fol. 56, V" col. 1. 
Derroyer. Fabl. MSS. de S. G. fol. 23, R'. 
Desraer. Ph. Mouskes, MS. p. 273. 
Desraier. Rom. de Brut, fol. 71, MS. de Bombarde. 
Desrayer. Ilist. des Trois Maries, MS. p. 171. 
Derayer. Froissart, liv. I, p. 333. 
Desréer. Eust. Desch. Poës. JVISS. fol. 106, col. 1. 
Desarroyer. Pasq. Rech. p. 439. 

Derranime. [Intercalez Derramme ou Dcs- 
ramme, serment confirmé par des cojurateurs, 
arramitio dans Baluze. Voir une citation des 
usages de la Vicomte de l'eau de Rouen, dans Du 
Cange, 1, 91, col. 2.] (n. e.) 

Derraul (à). Expression qui signifie « à crédit 
ou sur gages. » »... A ceux qui vendent à derraul, 
« comme cil qui achètent pour revendre avons nous 
« 40. jours de créance. » (Gloss. lat. de Du Cange, 
au mot Credentia, 6.) (1) 

Derreniere, adv. Derrière. « J'en appelay un 
« qui derreniere alloil. » (Chron. S. Denis, tomel, 
fol. 150.) On lit dans Rabelais, t. I, p. 74 : « Sens 
« devant darrierc. » 

Et tex darners l'en chose 
Qui devant parler n'ose. 

Gaces Brullés, Pois. MSS. av. 1300, 1. 1, p. 261. 



VARIANTES : 
DERRENIERE. Clir. de S. Denis, 1. 1, fol. 150, V». 
Darrœre. Rabelais, t. I, p. 74. 
Darhiebs. Poës. MSS. avant 1300, t. I, p. 261. 

Derrentivenient, s. 7H.JRechercbe de bornes 
On trouve ce mot employé comme synonyme d( 
" cerquemenement » , c'est-à-dire recherché, Infor 
mation faite pourdécouvrir des bornes. (Bout. Som 
rur. p. 207. — Voyez aussi DESRENs'ci-après.) 

Derrie. [Peut-être au sens de deridet.] Un amant 
parlant de l'espoir qu'il a d'obtenir les faveurs 0> 
sa dame, s'exprime ainsi : 

Cil espoirs est mes recours ; 

Entrués que merci derrie, 

La me desduis ; si qu'auUiours 

N'en peuz. (Poës. MSS. avant i400, t. ÏV, p. i-iUS. 

Derrière, adv. Depuis. 

N'i a que trois semaines derrière le S. Johan. 
Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 190, R" col. 2. 

Remarquons les expressions suivantes : 

1° « Par derrières, » pour exprimer en l'absenci ] 
d'un autre (2). « L'en ne doit pas rendre court pa ; 
« derrières ; ne nus n'est souffisans lesmoiiis en s; 
« querelle. » (Ord. des R. de Fr. t. I. p. 200.) (3) Ci 
lit plus bas: « L'en ne fet pasen court laie jugemeii 
« d'une parole, que si l'autre parlie n'est ouye e 
» appellée souffisament. » (Voyez ibid. la note K. 

2° « Derrière, « en termes de vénerie, se disoi 
aux chiens dans certaines circonstances : » S'il y ei 
« avoil quelqu'un qui emportast la voye du lievn 
« cent pas, ou plus devant les autres, il le faudroi 
« arrester, en luy disant, derrière et non haye ; ca 
i' ce mot de haye ne se doit dire qu'aux chiens qu 
« sont en faute, comme quand ils chassent h 
« change. » (Salnove, Vén. p. 209.) 

[3" A court: « Les Alemans l'avoient fait des 
« pendre son argent si grandement que encores i 
« s'en Ivouyoh deirlêre. » (Froiss. IH, 380.)] (n. e. 

[4" En secret, synonyme de eouverlement: « D 
« quoi aucunes gens furent encoulpés en derrievi 
« couvertement. » (Froiss. II, 213.)] (n. e.) 

[5° " Mètre derrière » signifie négliger. (Froiss 

XIV, 10.)] (N. E.) 

[G" " Estre en derrière », avoir beaucoup d'arré 
rages : « Auxquelles causes la dille ville (de S' Omei 
« est à présent moult fort endepté et en derrière. 
(Ch. de 1447, Du Cange, II, 811, col. l.)J (n. e.) 

Derrision,s./". Raillerie, moquerie. Xousdison 
encore dérision. (Voyez Modus et Racio , ms. f" 283 

Derrobenient. [Intercalez Derrobement, dan 
H dialoge Grégoire lo pape (Fœrsler, 1870, p. 222) 
« Surauus, ki donat az prisons à soi venans et 
« ceaz ki fuirent del derrobement des Lumbar 
o tôles les choses lesqueiz il semblevet avoir 6 
« mostier. »] (n. e.) 

Derrouça, v. Dénicher, mot du patois de Lan 
guedoc. (Borel ; Voyez Dérocher ci-dessus.) 



(1) Libertés d'Auxonne, ch. de 1229, dans Claude Jurain. (N. E.) 

(2) Beaumanoir écrit alors : « Là ne sunt pas li tesmong oy en derrière des parties. » (XXXIX, 78.) (N. E.) 

(3) Voyez aussi la Rose (v. 9280) : « Par devant dient qu'il vous aiment ; Et par derriers putain vous claiment. » (n. E. 



DE 



— 83 - 



DE 



Derruban, s. in. Précipice : 

Chevauchier juscpi'à la nuilie 

Par raontaignes, et par di^snihaiis 

Par gelées, par neiges grans. (E. Desch. jj. ,354.^ (1) 

Dei'i'uble, s. m. Borel, qui cile les verssuivans 
ns son Dictionnaire , dil qu'il n'entend pas la 
niification de ce mot, « si ce n'est, ajoute-t-il, quel- 
que couvert ou sortie de roche. » 

Dessous celle roche où il ert 

Batoit la mer en un anuble, 

En une havre, sous un dernible (2). 

Dert. (Voyez Der ou Dau.) L'éditeur dit qu'il n'a 
;n trouvé sur ce mot. 11 faut peut-être lire « droit, 
air en dert « ou droit, pour tenir en état. « Que 
nul endroict soy amende et tiennent en dert les 
passa2;es au mieulx de son povoir. " (Ord. des R. 
: Fr. l. V, p. 082. — Voyez la note p. p. p. où 
I trouve dert pour « doit. ») 
Dertre, s. f. Dartre (3). (Dictionnaire de Nicot, 
)bert Eslienne, Monet et Gotgrave.) Le peuple 
ononce encore ainsi en plusieurs provinces [d'a- 
■ès Ménage]. 

Dertniyie. [Intercalez Dertruyie, grattelle, 
rogne sèche » ; en latin , impetiginositas (Du 
uig-e, III, 77G, col. 1).] (n. e.) 

Deruneinant, s. m. Dérangement, renverse- 
ent, bouleversement. (Corel.) 
Derunei', v. (Voyez Runer ou Arruner.) Déran- 
!r, renverser, bouleverser. (Dictionnaires de Borel, 
cot.) De là on a dit deriinée pour folle, extrava- 
mte. (Froiss. liv. IV, p. 243.) 
Dervée. [Intercalez Dervée, chênaie: « Item 
Guillaume Bouin laissa cinq soulz sur une 
dervée. » (An. 1326, Du Gange, II, 712, col. 3.)] (n.e.) 
Derver, v. Egarer, tromper, s'égarer. On a fait 
'voyer du mot voye et de la syllabe négative dé. 
n a fail de même déruer du mot rite, précédé de 
syllabe négative, et l'un et l'autre verbe ont signi- 
é « égarer et s'égarer (4). » 

Li envies derite quant 11 preudome avance. 

Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 331, V' col. 2. 
Ei-je donc le sens denté (5). 

Ibid. n- 7989, fol. 62, V col. 1. 
Sur ses piez saut (sot) comme dénié. 

Ibid. n" 7218, fol. H9, R- col. 1. 

De là on a dit dernier pour égarer, tromper, 
écevoir. C'est en ce sens qu'on le Irouve dans une 
iicienne ordonnance, où il s'agit de fausse ou mati- 
aisemonnoie à laquelle on donnoit cours parmi le 
Isuple « en derruant le dit peuple. » (Ordonn. t. III, 



p. 322.) L'éditeur avertit qu'on lit dans une autre 
copie détruant et il suppose ce mot corrompu, 
aussi bien que celui de derruant. Il est aisé d'y 
reconnoitre le mot dénier et sa signification « éga- 
rer, tromper. » 

Dei'vei'ie, s. /'. Egarement. (Voyez Derher.) 

Du clergie que je voi (qui le dément folie), 
Plus que la laie gent sont plain de dencrie. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 252, V col. ). 
Désespérance et dt'eurie. 

Ibid. fol. 251, v- col. 1. 

VARIANTES : 
DERVEUIE. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 337, R" col. 2. 
Dreurie. Poës. MSS. avant 1300, t. IV, p. 1335. 

Derverlée. [Intercalez Dervcrlée, folie, d'après 
le Gloss. 1. 4210 de la B. N., an. 1352.] (n. e.) 

Derw, s. m. Chêne, mot breton. (Du Gange, au 
mot Dervum.) Du mot derw, on a fait celui de 
druides qui en adoroient le gui. (Borel.) 

VARIANTES : 
DERW. Borel, Dict. Préf. p. 34. 
Deru. Du Gange, Gl. lai au mot Denmm. 

Des, art. De *. De ceux ^. D'eux '=. De gens °. 

* On Irouve des employé pour « de » dans ce 
passage qui n'est peut-être qu'une faute d'impres- 
sion: >> Des l'une des mers jusqu'à l'autre. » (.(oinv. 
page 104.) 

^ Des a signifié «de ceux » lorsqu'on a dit « d'uns 
« des, " un de ceux. 

Li quens Renaus, coume renars, 

S'estoit en sa prison enars ; 

En France ert venus de Bologne, 

Pour mangier el que car d'elogne : 

S'il fu des plus, or l'a ahiers, 

D'uns lies qui furent à Mainiers, 

Et des autres dusqu'à .ii. cens. 

Des plus cointes et des plus gens. (Mouskes, p. 509. J 

'^ Des, pour » d'eux « : 

El plus espès des s'embatent. (G. Guiart, p. ilG.) 

° Pour .. de gens. » «...Est espendiie par un grand 
« nombrerfes," plains de leurs voulentez sansraison 
« nulle. » (Le Jouvencel, ms. p. 505.) 

Des, s. m. Juge, arbitre. 

Del droit d'amours, je veil qu'il en soit des. 

Ane. Pot'S. MSS. du Vat. a' 1490, fol. 104, V*. 

Dès, prépos. Depuis. On lit des pour » depuis. » 
« Des la loial cileit où il cuidarent troveir lo roi 
« furent trarais en Belleem » (S' Bernard). Dans le 
latin, à regiâ civitate, etc. (6) 

Dès les orteus jusques es aines. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 4, R- col. 2. 

On disoit aussi (7) : 



1(1) On lit dans Gérard de Vienne (v. 3703) : « Par ces vallées et par ces desnibant » ; dans Partonopex (v. 5805) : « Es 
h-uians li tygre maignent. » (n. e.) 

(2) On lit dans .\golant (v. 316) : « Vers un desntbe se voloit aprocier » ; de même au v. 396 : « Vit un desnibe qui molt fit 
doter. » (N. e.) 

(3) On lit dans Girart de Ross. (v. 537) : « Quar la terre du val et du mont et du tertre. Est plus douce des autres ; n'y a 
'iche ne dertre. » (N. E.) 

(4) On lit aux Chron. de S' Denis (III, 10) : « Estoient il si effréné et si dervé , que il en navrèrent maint jusques à 
ïfucition du sanc. » (N. E.) 

(5) « Karles le voit, près n'ait le san dervé. ^ (Gér. de Vienne, v. 794.) On trouve aussi la forme dieroé (Rob. le Diable, 
i Gange, II, 827, col. 3) : a Par les maistres rues de Rome S'en court à loy de diervé home. » (N. e.) 

j(C) Dans Koland (v. 3208) : « Dés Cheriant entresqu'en Val Marchis. » (.\. E.) 

(7) Déjà dans Roland (v. 179) : « Des or cumencet le cunseiU que mal prist. » (N. E.) 



DE 



DE 



1° « Dt?s-ce que, pour dès que. (Ordon. des R. de 
France, t. I, p. 78G.) 

2" " Z^t's-incoulinenl que, pour incontinent que. 
(Arresl. amor. p. 107.) 

3» /)es-à-dont, pour dès lors. (Marot, p. 535.) 

4° « fles-a-donques, dans le même sens. (Œuvr. 
deBaïf, fol. t>l.) 

5° « Dès-'ier, » pour il y a longtemps. 

....Je sai dés-ier 
Qu'amours n'est pas eslabli 
Pour avoir ioye à moilié. 

Poês. MSS. du Vat. n' 1522, fol. 166, V- col. 2. 

« Dès lo jor, » pour dès le jour, depuis le jour. 
(Perard, llisl. de Bourgogne, p. '282, titre de 1255.) 

7° « Dès lo menor » (S. Bernard, Serm. fr. mss. 
p. 247. dans le latin a minimo.) 

Voyez plusieurs autres composés, i\ leur ordre 
alphabétique, dans le cours de ce Glossaire. 

Desaaige. [Intercalez Desaaige, minorité, au 
reg. JJ. 84, p. 30(5, an. 1353: « Accordons que 
« toutefois qu'il plaira audit Daurri lui venu en 
« aaige, ou à son tuteur et cureur ou à personne 
" estàblie pour lui ou temps comme dessus de son 
« desaaige. » (.n. e.) 

Desabelir, v. Déplaire. 

....Onques ne desabeli 
Largesce à gentil bacheler (l). 

FaU. MSS. du U. u" 7615, l. II, fol. 165, R- col. 1 

Desaboi'der (se), v. S'éloigner, se séparer. 
» Il estoit tout espouvanté, et tant que non obstant 
« son secours, comme recreu et paoureulx se desu- 
» borda de la bargue , cl se meit en fuite. » 
(J. d'Auton, Annal, de Louis XII, p. 356.) (2) 

Desabornage. s m. Règlement de bornes. 
« En matière do desabornage et de difficulté sur 
« limites d'héritages la plainte s'en fera verbale- 
« ment et par escrits par devant les dits prevost et 
» jurez, par celuy qui pretendera que bornes soient 
« mises entre son héritage et celuy y conOnant. » 
(Coût, de Binch. au Nouv. Coût. Gén. t. II, p. 204.) 

Desabrié, part. Qui est sans abri. Ce mot 
paroi t synonyme de » nu » dans ces vers : 

Nud, ne desabrié, 
Mort de faim ou de soif 
Ne d'ostel desbrié. 

Fabl. MSS. du R. n' 7615, t. 11, fol. 1«, V". 

VARIANTES : 
DESABRIÉ, Desbriè. Fabl. MSS. du R. noTCiS, t. II, f» 143. 

Desabus, s. m. L'action de désabuser. (Dict. 
d'Oudin.) 

Desaccepter, v. Ne pas accepter. « Pour nul 
« trésor je ne vouldroye desaccepter, ne refuser 
« l'honneur de cesle feste. » (Percef. vol. III, f» 51.) 

Desaccoustumance, s. f. Perte de quelque 
habitude. (Nicot, Cotgr. et Oudin.) 



Desaccuser, v. Excuser, justifier, disculper. 
« On ne peult desaccuser. " (Al. Chartier, p. 548.) 

i. Desacber, v. Tirer, houspiller, secouer * (3). 
Déraciner". (Voy. Saciier.) 

*Le sens propre est « secouer. » 

Très bien batuz, et desachiez, 
Et comme malins fu huiez. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 4, V" col. 2. 

^ Par extension l'on s'est servi de ce mot pour 
déraciner. <■ Sous le nom des dits catlieux , 
« sont compris toutes sortes de bois montans, de 
» tous édifices, reservez seulement les grez qui sor- 
« tissent nature de fonds, lequel fonds le survivant 
" ne pourra rompre, ny desaequier, ny aussi abba- 
" tre les arbres fruitiers fors ceux qui sont secs, et 
« à charge d'en remplacer d'autres. ■■ (C. d'Arras, 
au Nouv. Coût. Gén. t. II, p. 1013.) 

VARIANTES : 
DEBACHER. Hist. de Fr. à la suite du Rom de Fauv. f» 83. 
Desachier. Fabl. MSS. de S. G. fol. 4, V col. 2. 
Desacquer. Percef. vol. II, fol. 84, V» col. 1. 
Desacquier. Nouv. Coût. Gén. t. II, p. 1013. 

2. Desacber, v. Se dessécher. iS. Bernard, 
Serm. fr. mss. page 132, oîi on lit desacherat, dans le 
latin exarescet.) 

Desacointance, s. f. Perte d'une habitude. 
(Dict. de Monel.) 

Desacointer, v. Détacher, séparer*. Délivrer °. 

*Au premier sens, on disoit se desacointer, 
rompre avec quelqu'un, s'en séparer. (Monet, Oudin, 
Nicot, etc.) « Ensi furent desacointié li Franc et H 
« Grec, que il ne furent mie si communel com il 
« avoient esté devant. » (Villehard. page 82.) En 
marge, on lit desaconitié. 

"En étendant l'acception, desacointer signifioit 
délivrer. ■> 

Que de toz maux me desacointe. 

Hist. de S" Lcoc. MS. de S. Germ. fol. 33, V col. 1. 

VARIANTES : 
DESACOINTER. Fabl. MSS. du R. n" 7218, f" 313, R° col. 1. 
Desacointier. Fabl. MSS. du R. n»7218, fol.asô, V» col. 1 
Desagonitier. Villehard. p. 82. [Ed. de WaiUy, §205.] 

Desaconinioder, v. Incommoder. (Oudin et 
Cotgrave.) « L'on voit une chose qui desacontmode 
" merveilleusement la ville, et l'autre qui l'accom- 
« mode. » (Disc. Polit, et Mil. de la Noue, p. 813.) 

Desaconpaigner,i'. Séparer, désunir. (Oudin.) 

D'icele compaignie nous desaconpaiyne. 

Po5s. MSS. du Vatican, n- liOU, fol. 122. R-. 

VARIANTES : 
DESACONPAIGNER. Poës. MSS. du Vat. n° 1490, f» 122, R». 
Descompaigner. Poës. MSS. Vat. n° 1490, fol. 9, V». 

Desacoragier. [Intercalez Desacoragier, ren- 
dre contraire (Partonopex, v. 2640).] (n. e.) 

Desacordance. [Intercalez Desacordance, 
contradiction, dans Raynouard, t. II, p. 485.] (n. e.) 



(1) On lit encore dans G. Guiart (an. 1259) : « Et si li en desabeli, Comment si tenancier e li Orent es fais jà achevez Les 
rois d'Engleterre grevez. » (n. e.) 

(2) On ht aussi dans d'Aub., Hist., II, 209 : « A Tabordage, le feu s'estant mis dans une caque de poudre , lui et toul 
l'équipage faillirent à périr ; cela pourtant servit à faire que l'amiralle le desabordast. » (n. e.) 

^) Voyez aussi Rutebeuf, II, 233. (N. E.) 



DE 



— 85 - 



DE 



Desacoustrer (se), v. Se déshabiller. Le con- 
traire de « s'acoustrer. » « W se desacoustra et 

» se coucha auprès de la pucelle qui s'esveilla elle 
« nomma oultrageux et malcourtoys; toutes fois 
« demeura il au lict jusques au jour paisible. » 
(Percef. vol. V, fol. 28.) 

Dcsaci'oclier , v. Décrocher *. Séparer , 
écarter ^. 

* Au propre, c'est notre mot décrocher. 

Et le navire vient fendant 
Vers le pont, comme une serainne, 
Très parmi le milieu de Sainne, 
Pour le rompre et desacrochier. 

G.Guiarl. MS. fol. 69, R". 

^Au figuré, ce mol s'est employé pour •> écarter, 
« séparer. » 

Et or s'exi vont desacrocha)it. (G. Guiart, p. SiO.j 
VARl.^N'TES : 
DESACROCHER. G. Guiart, MS. fol. 310, V". 
Des.\crûchier. IbiJ. fol. 69, R". 

Desadjustei", v. Désajusler. (Oudin et Colgr.) 

Desadmonester , v. Dissuader , détourner. 
(Cotgr. et Oud.) <■ Ces enfans ensuyrenl leurs pères 
« en l'abusion des faulx Dieux, et ou raison les en 
« desadmoncstoit, la foy de leurs prédécesseurs 
u vaiiiquoit par auctorité de doctrine inviolable. » 
(Al. Chart. l'Espéi'. page 348.) On lit dans Rigord, 
dissuadere. 

Desadiiarder. [Intercalez Desadnarder, dé- 
fricher, au Cari, de Lagny, an. 1455: « Sont tenus 
« aussi lesdils preneurs... dedeffricher,f/esa(/«rt?'di;T 
'< et labourer toutes lesdiles terres, et icelles 
<> delTrichées, les tenir delà en avant en bon et 
<• suffisant labour sans les essaisonner. «] (n. e.) 

Desadrecier, v. Détourner. 

Félon traitteur. 

Tant ont vos cuers grant joie, et grant leece 

Quant vos poez celé desadi-ecict; 

Qui vers amors, par loyauté, s'adrece. 

Poès. MSS. avanl 1300, t. IV, p. 1537. 

Desadvenant, s. m. Terme de droit féodal. 
« C'est la portion insufisante d'un fief, appartenant 
« au vassal pour garantir de l'homage l'acquéreur 
« de partie d'icelui fief envers le seigneur suze- 
« rain. » (Laur. Gloss. du Dr. fr. au mot Advenant. 
— Voyez aussi Du Gange, au mot Advenamenlum 
feiidi, sous Advenantare.) 

Desadvenir , v. Etre mal séant*. Ne pas 
arriver^. 

* Le premier sens se trouve dans le Dictionnaire 
d'Oudin (1). 

^ Desadvenir signifioil aussi ne pas arriver. 



" Seigneurs nous n'avons que faire d'esbahissement, 
« car ce qui est advenu ne peult desadvenir, mais 
« prenez courage en vous, et mêlions ceste chose 
« a fin ù nostre honneur. « (Percef. vol. V, f° 15.) 
Desadvouement, s. m. Désaveu. (D. d'Oudin.) 
Desadvouer, V. Désavouer (2). OnVildisadvo- 
care, dans le même sens, au Gloss. lat. de Du Gange. 
On disoit « leur amitié desaveuent » au lieu de : 
sont leurs ennemis, leur sont opposés. 

Et leur amistié desaveuent. [G. Guiart, p. 201. j 
VARIANTES (3) ! 
DESADVOUER. Oudin, Dict. 
Desvouer. Ord. des R. de Fr. t. V, p. 130. 
Desaveuer. g. Guiart, MS. toi. 136, R». 

Desaencrer, v. Lever l'ancre (4). 

Puis si se (5) fisl desaencrer : 
Drescent les voiles, si s'en vont. 

Flor. et Blanc. MS. de S. G. fol. 193, V" col. 2. 

Desaerdre, v. Se détacher. Le contraire de 
aherdre. 

De la sele l'ont desaers, 
Chaoir le firent tout envers. 

Rom. de Rou, MS. p. 241. 
VARIANTES : 
DESAERDRE. Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 187, V» col. 2. 
Desaheudre. Modus et Racio, MS. fol. 184, V° (6). 
Desherdre. Ibid. impr. 

Desaesmer (se), v. Se méprendre. 

Mo\ilt se desaesme 

Qui dit que miex vault uns fiex 
Que .11. 

Poos. MSS. Valican, n" 1522. fol. 158, V col. I. 

Desafeutré, adj. Dépouillé. Proprement qui est 
sans feutre. Du Gange, au mot Feltrnm, croit qu'il 
se dit spécialement des chevaux qui sont sans cou- 
verture ou sans autre ornement. Il cite ces vers du 
Roman d'Alhis : 

Ung destrier lui ont admené 

Le sien trouvent desafeutré. 

Ce mot est mis pour « dépouillé » dans ce 
passage : 

Mais Walerans i fu entrés, 

S'en iert envis desafeutrés. fPh. Mouskes, p. 810. j 

Desalfamer, v. Rassasier. (Golgr. et Oudin.) 

Desaffranchi, adj. Privé des droits de fran- 
chise. Le contraire de " affranchi, » qui jouit des 
droits attachés ù la franchise ou bourgeoisie. « Au 
« cas que de telles personnes soient mariées, qui 
« veulent obtenir la bourgeoisie, ou qui s'en veu- 
« lent désister, eussent des enfants mineurs, au 
« temps de leurs déclarations, les dits enfants ne 
« deviennent par là affranchis, ou desajfrancMs, 
« mais ils resteront en leur entier jusques à leur 



(1) D'où « mariage desavenant. » (Beaum., XII, 17.) (n. e.) 

^2) Et renier : « Icellui Louau desadvoua Dieu par deux on trois fois. » (J,J. 195, p. 998, an. 1473.) On disait aussi desavouer 
seigneur (P. de Fontaines, XIII, § 15), c'est-à-dire lui refuser l'aveu ; de même dans Beaumanoir : « Cil ne garde pas bien 
se foi vers son segneur, qui désavoue ce qu'il doit tenir de li. » (XLV, 1.) (N. E.) 

(3) On lit déjà dans Merlin (fol. 74, recto) : « Ge vos pris que vos ne me desavoez pas de fil. » (n. e.) 

(4) Dans un Gloss. ms. (Du Gange, III, 125, col. 2), c.vancorare est rendu par desencrer. (N. e.) 

(5) Dans Froissart (II, 67), il est aussi pronominal : « L'endemain il se desancrerent et sachierent les singles amont. » 
Il peut être neutre (II, 04) : « Desancrerent et se mirent en mer. » (N. E.) 

(6) On lit dans un bestiaire ms. (Du Gange, I, 70, col. i) : « Tes cornes t'estuet d<:saherdre Ou la vie te convient 
perdre. » (n. e.) 



DE 



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DE 



« émancipation, pour accepter la dite bourgeoisie, 
« ou s'en désister. » (Coul. d'Ypre, au Nouv. Coul. 
Gén. 1. 1, p. 887.) 

Desaffrer. [Intercalez Desajfrer, enlever le 
snfrc (safran), la broderie d'or : 

De Sun osberc les dous pans li desaffrer. (Roland, v. 34-38.) 
Et maint haubcrcetrotet(fe'îa/"cé. ('.4i(?»-!,p. i08,r.. i.J(t^.E.) 

Desaffi'onter, V. Reparer un affront. Mol factice 
que Thomas Corneille meldans la Jtouclie d'un valet. 

Vous n'avez rien senti des coups que j'ay reçcus, 
Et c'est moy seulement, qu'il faut qn'on'desaffronte. 
Les Engaf^. du llazard. com. act. 2. se. 5. 

Desaffubler. [Intercalez Desajfubler, sedeslia- 
biller : 

De son mantiel se desujfuble 
Tout sainglement en pur le corps. 

Robert le Diable (Du Gange, II, TTT, col. 1). 

Deshabillée : 

Tote dolente hors de la chambre esi , 
Dcuafubléc, chauciéo en eschapins; 
Sor ses espaules li gisoient îi crin, 

Garin (Du Gange, VI, 101, col. 1.| (N. E.) 

Desafier. [Intercalez Desafier, délier. (Floire et 
Blancliefleur, Du Cange, II, 852, col. 2): 

En ceste cort n'a chevalier, 

S'il me voloit desafier, 

Qu'il ne me trova armé 

Sor mon cheval emmi cel pré.] (s. e.) 

Desafreiié, adj. Effréné. 

Un autre gent i a 
Fol, et dcsafrenée. 

Fal>I. MSS. du R. n» 7615, t. I, fol. 143, R- col. 2. 

Desagé, adj. Mineur (1). (Cotgraveet Du Cange, 
au mot Sub annis.) 

VARIANTES : 
DESAGÉ. Colgrave. 

Des.\agié. Du Cange, Gloss. lat. au mot Sub arinis. 
Desagié. Ord. des R. de Fr. t. III, p. 294, an. 1291. 

Desagencement, s. m. Dérangement. L'action 
de désagencer, d'ôter l'ordre, la disposition d'une 
chose arrangée, agencée. (Colgrave.) 

Desagenouiller (se), i'. Se lever de dessus ses 
genoux. (Colgrave, Ûudin el Robert Eslienne.) 

Desagie, s. m. Malaise, incommodité, (Borel, 
Colgrave, Oudin, Nicot et Monel.) « Quiconques 
« contreniandé parf/fSrt(/2'^ (2), ou par mal de son 
« cors, ou il meimes en contremans soit, et vient, li 
« contremans nevaurra riens, ains perdra la que- 
« relie, se au jour k'il a conlremandé souflisament 
« ne vient. « (Citation dans Du Cange, Gloss. lalin, 
au mot Contramandare.) » Les Suisses nous 
" abslraingnent fort pour avoir la tierce paye à 
« eulx accordée.... qui nous vient h granl desaige, 
« pour estre grant somme. ■> (Lellr. de Louis XII, 
t. IV, p. 186.) « D'amours vient joye, plaisance et des- 
« plaisance, aise ei desaise (3). » (Arr. Amor. p. 24.) 



I 



VARIANTES : 
DESAGIE. Du Cange, Gl. lat. au mot Contramandare. 
Desaige. Lettres de Louis XII, t. IV, p. 186. 
Desai.se. .\rrest amor. p. 24. 

Desagréer, v. Déplaire. (Monel.) 

Quant li sire l'entent, pas ne li désagrée. 

Fabl. MSS. du R. n' 7il8, fol. 3i8, R- col. 2. 

De là, on a dit se desagreer pour « avoir en 
déplaisance. » Brantôme dit des demoiselles de la 
cour : " Je parle d'aucunes, desquelles j'espère faire 
« des bons contes dans ce livre.... mais le tout si 
<■ modestement, et sans scandale, qu'on ne s'aper- 
« cevra de rien.... si que possible aucunes qui en 
« liront des contes d'elles mesmes ne s'en desagree- 
« ront. " (Branl. Dames illustres, p. 104.) 

Désagrément, s. m. Ce mol subsiste. >'ous 
remarquerons seulement qu'il est cité comme mot 
nouveau par le P. Bouhours, dans ses Remarques 
sur la langue, p. 50 (4). 

Desaguerrir , v. Décourager , le contraire 
" d'aguerrir. » « ....Entre les autres maux et incon- 
« veniens qui t'advieiiiienl, pour estre desaguerri, 
« il faut compter que tu le rends desprisable à un 
" chacun. » (Le prince de Machiavel, p. 97.) « Il y 
« a des princes qui pour tenir leur estât en main 
« assurée desagguerrissent , tant qu'ils peuvent, 
" leurs sujets. » (Ibid. p. 135.) 

Desaier [Intercalez Desaier, abuser, en latin 
abuti, d'après le Gloss. lat. 4120, an. 1352 ] (s. e.) 

Desaigrir, v. Perdre son aigreur*. Soulager °. 

* Le premier sens, qui est le sens littéral, se 
trouvednas les Dict. de Cotgr., >'icol, Monet et Oud. 

^ Au ligure, ce mot signifioit " soulager, alléger. » 

Me plaist lascher, pour desalrjrir ma peine. 
Aux pleurs, aux criz, et aux souspirs la bride. 

Œuv. de Joach. du Rellay, fol. 63. 

Quintil censeur, reproche à cet auteur de s'être 
servi de ce mot au lieu de celui de « alléger. » (5) 

Desaiguilleté, part. Détaché. Proprement qui 
n'a point d'aiguiUelles. On se servoit d'aiguillettes 
autrefois pour attacher les vêtemens. « Hannibal 
« alloit toujours desaiguilleté et l'estomach decou- 
« vert. » (Bouchet, Serées, liv. Il, p. 27.) 

Desaiguilleter, v. Détacher. (Oudin et Cotgr.) 

Desailler. [Intercalez Desailler, ouvrir, au 
reg. JJ. 101, p. -4!>, an. 1406: « Le suppliant et une 
" baisselle ouchamberieredudithostel desaillerent 
« et ouvrirent ledit escrin. »] (n. e.) 

Desaimer, v. Cesserd'aimer(6). (Oud. et Cotgr.) 

L'ardent ennui de ma froide poison 
Un autre aimant, je me suis desaimé, 
Ainsi je meur, vivant sans être aimé. 

Pot'S. de Loys le Caron, fol. 12, V". 



(i) a Se ly enfans, auxquels ces heritaiges deveroient parvenir, ou seroient escheus, estoient desagiez, que ces heritaiges 
soient vendus par justice. » (Hist. de Liège, II, p. 420, an. 13.'55.) (n. e.) 
(2) Desagie est synonyme de dcsaaige. (N. E.) 
^3) « Car mieux me vault tout à un cop morir. Que longuement en desaise languir. » (Ch. d'Orléans, 10.) (>f . e.) 

(4) Le mot a été employé par M™" de Sévigné et de Maintenon, par MassiUon. (n. e.) 

(5) Ronsard écrit aussi (3i7) : « Du miel de sa langue molle Se desaigrit le souci. » (N. E.) 

(6) On ht déjà dans les Poésies mmss. av. 1300, IV, 1390 ; « Cils me veut bien desnuer De joieuse vie , Qui m'exhorte à 
desamer Dame si joUe Et qui tant fet à loer. » (n. e.) 



DE 



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DE 



Desairer, v. Dénicher, déloger. Du mot >> aire, » 
nid. (Oudiii et Cotgrave.) « Quand aucun meurt.... 
« le prince ou autre ayant droit de rachat prendra 
« et lèvera, pour un an, les fruits et yssues des ter- 
« res, héritages et rentes du décédé sans coupper 
<• bois.... pescher estangs, courir en garenne, ny 
« en forest. prendre, ny desairer oysea'ux de proie, 
« etc. .' (Conl. de Bretagne, au Coutumier général, 
tome II, p. 759.) 

Desairier, v. Brûler. Il semble que ce soit la 
signilication de ce mot dans les deux passages que 
nous allons ciler. Dans le premier, il s"agit de Louis 
irrité de la résistance des .Mbigeois qu"il assiège 
dans Avignon : 

....Li rois fist devant lor portes 

Faire fossés, et bares fortes, 

Pour eaii.K dedens si desairier, 

Qu'il y puist son diiel esclairier.(P/(. Mouskes, p. T28.) 

François i sont moult tôt entré. 

Et ont partout le fu bouté, 

El quant tout orent desairié, 

Si sont à riUe repairié. [Pii. Mouskes, p. 5G4.) 

Desaisé. adj. Qui a perdu ses aises. (Cotgrave.) 
Desajancer, v. Déranger. (Cotgrave.) 

Uns et autres se desajancent, 

Li hardiz les couars devancent. (G. Guiart,p. 340. j 

Desalaté, adj. Abandonné. 

Toscane ont conquise et robée, 

Une terre desalatée. (B. de BruI, p. 23.) 

C'est ainsi qu'on lit dans mon ms. au lieu de desa- 
loée qui se trouve dans le ms. de M. de Bombarde. 
Ce mot paroit signifier « sans seigneur, » aban- 
donné, dénué. 

V.\RIANTES : 
DESAL.^TÉ. Rom. de Brut, ubi infra, .MS. de Bomb. 
Desaloé. R. de Brut, MS. fol. 22. 

Desallier, v. Délier, désunir, détacher. (Cotgr.) 

Ainsi de son rosier la fleur on desallie, 
Pour en faire un bouquet. 

Printemps d'Yver, p. 1C2. 

Desalourer (se), v. Se désoler, gémir. 

Gardez que plus ne pleurez, 
Ne plus ne vous desalourez, 
Car Dieux a ouy voz prières. 

Hist. des Trois Maries, envers, MS. p. 55. 

Desamant, s. m. Indifférent. Proprement le 
contraire » d'amant. » 

Soyez amant, ou desamant. 

Le Blason des F. Amours, p. 2H, 

Desamarrer. [Intercalez Desamarrer, dans la 
Coutume locale d'Oléron (ch. 8, xiv siècle) : » La 
« dite nef fut desamarrée. »] (n. e.) 

Desamasser, v. Dissiper, le contraire « d'amas- 
ser. » (Cotgrave et Oudin.) 

Desami. [Intercalez Desami, au reg. JJ. 159, 
p. 183, an. 1404 : « Lesquelz dirent que ilz n'y 
« prendroient ja amis ne desami que il ne feust 
<■ batu. » (.N. E.) 



Desamouceler, v. Ecarter. On trouve sedesa- 
monceler en parlant de troupes, pour s'écarter, 
éclaircir les rangs. (G. Guiart, ms. fol. 285.) 

Desamonter, v. Descendre. Le contraire de 
monter. (Poës. mss. avant 1300, t. IV, p. 1396.) 

Desamoré, ailj. Qui n'aime plus. Qui est guéri 
de la passion de l'amour. 

Mercis radrece et ravoie 
Cuer desamoré. 

Vois. MSS. avant 1300, t. l\\, p. 973. 
Mais est-ce un coup bien seur, que votre seigneurie 
Soit desenamourée , ou si c'est raillerie. 

Molière, Dépit anionrciix, act. 1. se. 4. 

VARIANTES 1 
DESAMORÉ. Poës. MSS. avant 1300, t. III, p. 973. 
Desen'.\mol'ré. Molière, Dépit amour, act. I, se. 4. 

Desamour, s. m. Froideur, indifférence. 

« Vostre desumour et nonchalence d'aimer. » (Nat. 
d'amour, fol. 305, xiv^ siècle.) 

Desamouracher (se), v. Cesser d'aimer, se 
défaire de son amour. (Oudin.) 

Desamparé, part. Privé, séparé. « Il te con- 
« vient servir, aymer, et craindre Dieu, et en luy 
« mettre toutes tes iiensées, et tout Ion espoir, et 
« par foy formée de charité, estre à luy adjoinct, en 
« sorte que jamais n'en sois desamparé par péché. » 
(Rabelais, t. II, p. 95.) (I) 

Desamplumer, v. Déplumer, au propre et au 
figuré. On le trouve au propre dans le Dict. d'Oud. 
On a dit au figuré : 

....Il ce trouva avec des gens de plume 

Qui bien soubdain luy estèrent sa plume 

Ce nonobstant qu'il fut bien emplumé ; 

Par eul.x il fut bientoust desamplumé. (Faifeii, p. 34.) 

Desanyement, s. m. Extirpation, destruction 
d'une engeance, d'une espèce. (Monet, p. 293.) 

Desauger, v. Extirper, détruire l'engeance. 
(Monet, Oudin et Cotgrave.) 

Desaiigoisser, v. Tirer de l'affliction. 

J'ay désiré, ma langueur violente 
Desarigoisser par la libre raison, 
Pour franchement estimer la toison 
De tes cheveux d'or, fileuse excellante. 

Poes. de Loys le Caron, fol. 21, V". 

Desanimé, adj. Inanimé, mort. « Deux corps 
» desanimés. » 

Désanimer, v. Décourager. Oter l'àme, le cou- 
rage. (Oudin.) 

Desannuiement, s. m. Délassement. L'action 
de se desennuyer. (Monet.) 

Desanoblir, v. Déshonorer, avilir. « Pauvreté 
« n'est point vice, et ne desanoblit point. » (Loisel, 
Instit. Coutum. t. I, p. 17.) 

....Vostre cueur sera desanobly, 

Si vous mettez sa mémoire en oubly. (Faifeu, p. 5.) 

Desantourat, adj. Qui n'est pas entouré. C'est 
un mot gascon. (Cotgrave.) 



(1) On lit déjà au reg. JJ. 98, p. 238, an. 1364 : « Comme le bailly de Meleun eut mandé à tous nos sergens que lesdiz 
moustier de Praeles et maison feissent desemparer, abatre et arraser,... et meissent en tel estât que jamais n'y peust avoir 
fort. » De même aux Ord., 'V, p. 16, an. 1367 : « Feront abattre quant au fort et desemparer. » (n. e.) 



DE 



DE 



Desaombrei", v. Purifier, justifier. Proprement 
ôter les tiiclies, les ombres ; au figuré, justifier. 

....Si qui qu'il sont 

De viluine teche encombré 

Tantpst par li desaouibré 

Sont tuit, et cler, et net, et pur. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 151, V col. 2. 

Dcsaparant , adj. Qui disparoît. Narcisse 
amoureux de sa figfurc, se voit dans l'eau : 

Ge cuidai veoir que que soit 

De l'onbre gui me decevoit, 

Si me faisoit auques de bien ; 

Mais por voir sai que n'i ai rien 

Et quant plus sui (h'saparant, 

Tant est m'angoisse assez plus grant. 

Narcisse, MS. de S. G. fol. 120, R" col. 2. 

Desapareillé. part. Non préparé, dépourvu, 
qui est sans armes. On lit dans les Loix normand, 
article 24 (I): Desapareillé et desapelllé qui est une 
faute ; dans le latin inertnis. Oa lit dans S. Bein. 
Sermons Ir. ,mss. p. 30, desaparillet, dans le latin 
imparatus. 

Desapareiller (se), v. Se déshabiller, se 
dépouiller. " A tant se partit la damoyselle, qui 
« plus ne dit mol, cl le preux Gallafar demoura, 
" qui commença à soy desapareiller (2) pour soy 
Il coucher au lict. » (Percef. vol. V, fol. 51.) 

Desaparier, v. Dépareiller. (Cotgr. et Oudin.) 

Desaperti. [Intercalez Desaperti, attristé, dans 
G. Guiart (v. 11783) : 

Est tost li oz de^apertiz : 

En pleurs est leur déduit vertiz.] (n. e.) 

Desapetissance. s. f. Défaut d'appétit. (Cotgr. 
et R. Eslienne.) 

Desapetisser, v. Oter l'appétit. (Cotgr. Oudin.) 
Desapointement, s. m. Destitution (3). « L'on y 
« mesloit de la ven.geance contre uns et autres 
« grands seigneurs, dont on requeroit le rfesa/joùi- 
« tement. •> (Pasquier, Recherches, p. 80. — Voyez 
Déi'ointer ci-dessus.) 

Desapointer. [Intercalez Desapointer : 1° Des- 
tituer, dans Juvénal des Ursins (an. 1390, p. 79): 
« Lesquelles choses vinrent à la cognoissance du 
• roy, dont il fut très desplaisant, et dit qu'il n'y 
« scavoit remède, sinon de le desapointer. « 
2° Deshabiller, au reg. JJ. 194, p. 293, an. 1468: 
« Icellui Jehannin Emery baslard se desapointoit 
« et mettoit jus sa robe. »] (n. e.) 

Desappeler, v. Destituer. <> Establissent leurs 
« sergens chascun bailly en son baillage et le dit 
chancelier, ou gouverneur, ou fait de la chancel- 
« lerie sans les desappeler, ou muer sans cause 



o raisonnable. » (Etat des officiers du duc de 
Bourgogne, p. 312.) 

Désappetit, s. ?h. Dégoût. Le contraire " d'ap- 
pétit. >■ (Cotgr. et Oudin.) 

Desarborer, v. Abattre, renverser. Desarboter 
dans les Loix normandes, article 11, est peut-être 
le même que desarborer, renverser, comme on a 
formé enarbrer qui s'est dit d'un cheval qui se 
dresse en se cabrant. (Monet, Oudin et Cotgrave.) 
" Furent publiquement, et en signe d'ignominie, 
« leurs enseignes ostées, et desarborées [c'est le 
» contraire A'arborer']. « (Mém. de Du Bellay, 
liv. VII, fol. 229.) 

Desarbi'é, adj. Qui a cessé d'être arbre. Mot 
forgé par Thomas Corneille : 

Lysis est desarbré, la comédie est faite. 

Le Berger extrav. com. acte 5, se. dern. 

Désarçonner. [Intercalez Désarçonner, dans 
Meraugis (p. 175, xiu* siècle): « A rencontrer fut 
» grantz li frois Des lances, dont il s'entredonnent 
« Tiels cops, qu'ils ?,'entredesarçonnent. »] (n. e.) 

Desarer. [Intercalez Desarer, errer, dans une 
Vie des Pères ms. (Du Cange, III, 70, col. 1): « Un 
« jorse mislà desarer, El leis le rivage à aler.»] (n.e.) 

Desargenté, v. Qui est sans argent. (Oudin.) 

Desariter. [Intercalez Desaritei-, déshériter, 
dans Gérard de Vienne, v. 1202 : 

Kant voz mon oncle voleiz dcsaritui; 
Péchiez fereiz, si vos le desarteiz.] (n. e.) 

Desarmer (se), v. Démarrer. 11 semble que 
Froi.-s;irl ait employé ce mol en ce sens : « Puis 
» rentrèrent en leurs nefs : et quant le fiot de la 
« mer fut venu, ils se désarmèrent et singlerenl, à 
" l'exploit du vent devers Normandie, etVen vin- 
« drent rafreschir à Dieppe. >• (Froissart, livre I, 
p. 140.) (-'i) Aujourd'hui désarmer, en parlant d'un 
vaisseau, signifie mettre les agrès dans le magasin 
el licencier l'équipage. 
Desarnir, v. Désharnacher. (Borel et Corn.) (5) 
Desarois, s. m. Désastre, désordre. (Glossaire 
de Marot ; Dict. de Cotgrave.) Le mot désarroi n'est 
pas encore absolument hors d'usage [voyez Deroy]. 
....Lesparre trouva manière 
De s'echaper en desarrmj. 
Et de s'en aller par derrière. 

Vig. de Charles VII. t. II, p. U8. 

Desarrengement, s. 7n. Dérangement, désor- 
dre. (Cotgrave.) 

Desarrenger, v. Mettre en désordre, déranger. 
(Cotgrave.) 



(1) « Et s'il fust desapereilé que il ne out chival ne les armes. » (n. e.) 

(2) On lit au Roi Guillaume, p. .53, au sens de séparer : « Jà ne vos desaparilUès De moi ne de ma compaigne » ; au reg. 
JJ. 17(j, p. 356, an. 1344, c'est enlever l'appareil d'une blessure : « Icellui Huguet par son ivresse se desappaveiUa et osta ce 
qu'on avoil mis sur icelle playe. » (n. e.) 

(3) Ce sens est dans Juv. des Ursins (an. 1390, p. 79) : « Il vint à sa cognoissance que le duc de Berry très impatiemment 
portoit son désappointement dudit gouvernement. » (N. E.) 

(4) i\l. Kervyn (II, 470) édite : « Et quant li flos de le mer fu revenus, il se desancrcrent et singlerent a l'esploit dou vent 
devers Normendie. » (N. E.) 

(5) Dans l'ancienne marine, il a le sens de démarrer : « Le lieutenant descend entre les deux ponts avec le maître 
canonnier ;... il a soin de faire desaniii- et déboucher tous les canons. » (Corr. de Colbert, III, 2, p. 313.) (N. E.) 



DE 



— SO- 



DE 



Desassembler, i'. Désunir, séparer. (R. Est.) (3) 

Il me semble 

Que quant faux rapport desassemble 

Les amans qui sont assemblez, 

Si ferme amour ne les rassemble, 

Sans fin seront desassemblez. (Clim. Mavot, p. 31ft.j 

" Tanlselenoienlclozet serrez de chacun cousté, 
« qii'ilz ne povoient entrer l'un dedens l'autre; 
« maiz une chose tlst laidement depresser et desas- 
« sembler. » (Hist.deB. du Guesclin, par Ménard, 
p. 254.) » La mort qui toute ame de corps dessem- 
« ble. .. (La Colomb. Th. d'honn. t. H, p. 97.) 

VARIANTES : 
DESSASSEMBLER. Villon, p. G7. 

Dessambler. Fabl. MSS. du R. n" 72IS, fol. 309, V» col. 1. 
Dessembler. E. Desch. Poës. MSS. fol. 570, col. 4 (4). 

Desassentir, v. Ne pas consentir. Le contraire 
« d'assentir, consentir. » (Britt. Loix d'Angl. f- 29.) 

Desasservir, v. Affranchir. « Tous est fait 
« pour homme servir, Et homme est fait pour 
« servir dame, Et ne s'en peult desasservir. » 
(Al. Chart. p. 751.) 

Desasseui-er, v. Faire douter *. Intimider ^. 
Le contraire <• d'assurer. » 

* On le trouve, au premier sens, pour mettre 
quelqu'un dans l'incertitude sur ce qu'il croyoit 
savoir, et dont il étoil certain, dans les Dictionn. 
d'Oudin et de Cotgrave. 

° Oudin, dans son Dictionnaire franco-espagnol, 
traduit aussi desassurer par inlimidir, ôler l'assu- 
rance, intimider. 

Desassieger, v. Faire lever le sié2;e, délivrer 
une place assiégée. (Cotgrave, Oudiif, Monet et 
Nicol.) .. Le mai'échal de Chatillon mourut à Daxen 
» allant secourir et desassiéger Fontarabie. » 
(Brant. Cap. fr, 1. 1, p. 351.) 

Et puis un castiel dessega 

Que Turc orent asegiet là. (Ph. Mouskes, p. 194.J 

« Mult s'enhasti, que il iroit dessegier (5) Andre- 
" nople,etferoittotlemalqu'il [jorroitalmarchis » 
(Villehard. p. 119.) [Ed. de Wailly, §289.] 

VARIANTES : 
DESASSIEGER. Assises de Jérusalem, p. 138. 
Desseger. Ph. Mouskes, MS. p. 518. 
Dessieger. Percefor. vol. II, fol. 42, R» col. 1. 
Dessiegier. ViUehardouin, p. 118. 

Desassocier, v. Désunir, séparer. (Cotgrave et 
Oudin.) « Mesnageons le temps, encore nous en 
« reste il beaucoup d'oisif, et mai employé : nostre 
" esprit n'a volontiers pas assez d'autres heures à 
" faire ses besongnes, sans se desassocier du corps 
« en ce peu d'espace qu'il luy faut pour sa neces- 
» silé. » (Ess. de Mont. t. III, p. 608.) 

Désastre, s. m. La journée de S. Laurens fut 
ainsi nommée par les courtisans. (Lellresde Pasa 
tome l, p. 179.) 

Qontms/ V(n^°e'^^ ^^ '■ ^' ^" ^^ ''^ ^'^'^'''°° ^^^"^^^^ ■ " ^^ ^" " arestés et ne peut estre desarestés pour lettres qu'il 
ill i^" !" ^ussi dans Gérard de Vienne [v. ICI,-) : « Et mainte large déroute et desartie. » (Comparez Sertir Un e ^ 

(3) Il signifie aussi assembler. Voir le précédent, (n. e.) ' ^ ' 

(4) Or. Ut dans la Rose (v. 8178) : « Car mort tous compaignons dessemble » (N E ) 

(5) On ht aussi dans Froissart (IV, 56) : a Ce seroit noble aventure, se il pooient dtssegier le dit cha'^tiel » (n e ) 

'• 12 



Desarrest , s. m. Inconstance , instabilité. 
» Quelle folle pensée, ou quel legier desarrest t'a 
' ainsi desmarehié de ton ordre. •> (Al. Chartier, 
'Espérance, p. 331.) 

Desarrester, v. Lever les arrêts *. Relâcher °. 

* Au premier sens, c'est ce que l'on appelle com- 
nunément donner main levée. (Gloss. sur les Coût, 
le Beauvoisis.) « Lettres des défenses obtenues par 
< aucun bourgeois forain pour faire desarrester ses 

■ biens, avant qu'ils soient mis en arrest, seront 
' reputez nulles. » (Concession Caroline pour ceux 
le la ville de Grandmont, au Nouv. Coutumier gén. 
omel, p. 1133.) 

° Desarrester s'est dit aussi pour relâcher. « Ils 

■ ne peurent estre desarrestés, ains furent menés 
' en la cité d'Agen, et mis au chastel en prison. » 
Froissart, liv. I, p. 345.) (1) 

Desarriver [Intercalez Desarriver, déborder, 
lans Du Cange, I, 415, col. 2, d'après un Mémorial 
le la Ch. des Comptes: « Item ne doivent laissier 
; passer ne desarriver aucune barge ou autre 

■ vaissel pour traverser l'eaue du roya\ime. »] (n. e.) 
Desarroiance. [Intercalez Desairoiance, dé- 

'èglement, dans Froissart [XV, 319): •■ Par leur 

orgueil et desarroiance. «J (n. e.) 

Desarsonner, v. Désarçonner. Ce mot se 
rouve employé dans un sens obscène dans Rabel. 
orne IV, p. 50. 

Desartir, v. Desassortir *. Briser °. 

* Ce mot paroit, dans le premier sens, en ces vers 
lù l'on s'adresse à Dieu : 

Tu te peulx bien à nos membres sortir. 
Sans le tien cors de nulles desarlir. 

Perccf. vol. I. fol. 64, R- col. 2. 

^ Desnrtir signifie « briser, mettre en pièces » 
lans cet autre passage : 

La lance baisée, ki fu droite, 

Fiert le Soudan en mi le pis 

L'aubiers est rous, et desartis. (Mouskes, p. 518.) (2) 

Desassaisonné, j9fl7'f. Pris hors de saison. « lia 
esté desassaisonné, et cueilly avant le temps. » 

Lettres de Pasquier, t. III, p. 221.) 
Desassaniblement. [Intercalez Desassamble- 

nent, déroute, dans G. Guiart (an. 1207; Du 

lange, I, 441, col. 1) : 

Ne demeura pas longuement 

Après le desassamblenient 

Des desusdites ataines.] (n. e.) 

Desassemblée. [Intercalez Desassemblée, 
issemblée, au reg. JJ. 1C9, p. 413, an. 1410: 
Lesquelz furent par aucuns de leurs amis et 
voisins illecques desassemblez; et la desassemblée 
faite... >' Dans Couci (IV), la forme masculine est 
lu sens de désunion : « Entre merci et biauté Sont 
pour moi desassamblé. »] (n. e.) 



DE 



- 90 — 



DE 



Désastre, (idj. Malheureux, infoiLunc. (Colgr. 
el Monet.) 

Quand je viens à penser à mon cruel malheur, 
Et au point désastre de ma triste naissance. 

Œuvre de Uusportcs, p. 507. 

VARIANTES : 
DESASTRE. Lettres de Pasquier, t. II, p. 59. 
Desastreus. Monet, Cotgrave, Dict. 
Desasthelx. Oudin. Dict. 

Desastrcr, v. Ueiidre malheureux. 

Mais les destins jaloux sur les hommes mieux nés 
Desaslt-ani leur bonheur, d'ennuis infortunez. 

Poi-s. de Jacq. Tahureau, p. 75. 

Desatrtchier, i'. Ddlacher. 

Les neus font serrer et estraindre ; 
Mes, por tirer, el por sachier. 
Ne les porent desalnchicr. 

FaLl. JISS. du K. n- 7-218, fol. 2111, V col. 1. 

Desatalenter, v. Fâcher, déplaire : 

Ly plais, ly dcsalalcnle. (Rom. de Brut, fol. iO.j 
S'elle n'euist tout ce chanté 
Qui m'a si fort dastalenlé. 

Voit. MSS. de Froiss. p. 157, col. 2. 

(Voyez Destalenté, participe, ci-après.) 

VARIANTES : 
DESATALENTER. Rom. de Brut, MS. fol. 19, R» col. 1. 
Dest.\lenter. Froiss. Poës. MSS. p. 157, col. 2. 
DetalentEiî. Oudin, Dict. 

Desateiudre, v. 

Très grant amors, ne puet partir ne fraindre, 
Se n'est en cuer de félon losangier, 
Faus guileor qu'à mentir et à faindre 
Font les ceaus de lor joïe esloignier ; 
Mais madame set bien au mien cuidier, 
A ses douz moz cointes si desateindre 
Que i conoist ce qui la fait destreindre. 

Poés. MSS. av. 1300,1. 1, p. 139. 

Desatelier. [Intercalez Desaleller, au reg. 
JJ. 1G2, p. 118, an. 1407: « Le suppliant print à 
« desateUcr les beufs de ladilte charrette et coppa 
« les survieres du joue desdiz beufs. ••] (n. e.) 

Desatempré. [Intercalez Desatempré, immo- 
déré, dans la Vie de S' Louis, p. 313: « Pour ses 
« veilles desatemprées et pour ses autres pluseurs 
« labours. « Pierre de Fontaines (34, 14) dit des 
personnes : « Et pour ce que tu n'as pas mestier 
« encontre les desatenprés dons d'autre tel 
« ahide. »] (n. k.) 

Desatirer, v. Attirer, enlever. 

Mais en mon chant vous veul faire savoir 
Con vostre amour mon cors me desatire, 
Qi fors de moi mon cuer sache et deschire. 

Pocs. MSS. Vat. n' 1490, fol. 31, V. 

Mais Loeys li jouenes rois 

Li desatira ses conrois. [Ph. Mcniskes, p. 091. j 

Desatirié , part. Dénué. Desatirer signifioit 
« enlever. ■■ ùesalirié paroit être le participe du 
même mot dont rorUi02;raphe étoit tant soit peu 
altérée. Ainsi être dcsalirié devoit signifier être 
enlevé ; d'oi^i ce mol avoil passé à la signification 
d'être privé de la chose enlevée. 



Desatourué, adj. Qui a quitté ses atours (1). 

....El est trop desatournée. 

Flore el Blanc. MS. de S. G. fol. 194, R- col. 2. 
Almene desatournée est. (E. Desch. j>. 4G2.J 

« Après soupper et caroles fines, la royne fut 
« menée en la chambre, el après eslre desatournée, 
« etc. » (Tri. des IX Preux, p. 40G.) 

Desatrenipé, adj. Excessif. (Laurière, Gloss. 
du Droit fr.) [Voir Desatemi'ré.] 

Desatrocher. [Intercalez Desatroclier, comme 
desatropeler : 

François adont se desalrochcnt, 
Les murs et les portes approchent. 

G. Guiart, v. 0316. 
Car joinz furent en approchant, 
Et or s'en vont desatrochant. 

G. Guiart, v. Isgôi.) (N. E.) 

Desatropeler, v Mettre en désordre *. Déta- 
cher °. Proprement ce mot signifioit séparer une 
troupe. 11 se disoit : 

* Pour rompre une troupe, la mettre en désordre : 

Quant Renaut voit les Anglois fuire, 

Par qui il cuidoit honnir France, 

Et desatropeler sa. dance. 

Ou garenti si erl longuement. 

Si a duel, nul ne le dément. (G. Guiart, fol. i32.) 

° Ce mot signifioit aussi ébranler une troupe, la 
mettre en mouvement pour charger, la détacher du 
corps de l'armée pour aller au combat. Se desatro- 
peler ctoil se détacher pour combattre. 

Flaraenz et Alemanz leur sourdent, 

Li front d'eus se desatropelent, 

Des .II. parz a mort s'entr'apelent. (G. Guiart, p. 238. J 

Desattamé, part. iSous ne pouvons déterminer 
le sens précis de ce mot ; on en jugera par le 
passage où nous le Irouvons: » Si ascuns presente- 
« mentz de articles de noslre corone remeynent 
« desattamés el déterminés, adonques soient les 
« justices punissables à nostre volunlé. » (Brillon, 
Loix d'Anglel. fol. 53, R".) 

Desattemprauce, s. f. Intempérie. » La désat- 
" temprance du temps yvernal. ■■ (Triomphe des 
IX Preux, p. 227.) 

Desattiez. [Intercalez Desattie-^. maladie, au 
ms. de la B. ^. fr. 28, anc. f. S" Victor, fol. 1, v% 
col. 1 : " Couvignable chose fu que... li granz 
« fisiciens vint... quant partout le monde estoit et 
« gisoii la grant desattiez. » C'est une variante du 
participe deshaitiés, pris substantivement.] (n. e.) 

Desattrempéement, adv. Démesurément, 
avec excès. » Ja soit que plorer allrempéement soit 
« octroyé à tous, toutes voyes plorer desatlrem- 
« péetnentesl delfendu. » (Le Chevalier de la Tour, 
Instr. à ses filles, fol. 72.) 

Desattrister, v. Consoler. Le contraire d'at- 
trister. 

Donne luy le loisir de se desatlrister. 

L'Etourdi, com. de Molière, ad. 2, se. 4. 

Desaubage, s. m. Proprement la fête où l'on 



(1) Le verbe a été employé par G. Guiart (an. 1267) : « Chascun d'eus pensent qu'il aviengne Qu'encor combattre les 
conviengne Parquoi pas ne se dasatournent. » Cn. e.) 



DE 



— 91 — 



DE 



ôtoit la robe blanche aux nouveaux baptisés. (Voyez 
DESâi-mcR.) On appeloit en Picardie dcsaubage, le 
repas qui se donnoit huit jours après le baptême 
d'un enfant, et où l'on distribuoit des gâteaux aux 
enfants de toute la parenté. (Du Gange, Glossaire, 
au mot Alba 4.) 

Desauber, v. Oter la robe blanche , qu'on 
donnoit aux nouveaux baptisés. (Du Gange, Gl. lat. 
au moi Alba 4.) Rou, nouveau comte de Mormandie, 
épouse la fille de Charles le Simple, après avoir 
reçu le baptême : 

Dont prist Rou sa feme Gillain 

Si s'en parti à lendemain ; 

A Ruem s'en vint, n'i targa plus ; 

A grant ounour fu receiis ; 

Al quint jour fu Rou desaubés (1). [Mousk. p. 350.) 

Desaiiser, v. Décourager. 

Ne me vueil pas desauser 

De bien dire, ainçois vueil user 

Mon sens en el qu'an estre oiseus. 

Fabl. MSS.de S. G. fol. 85. V col. 1. 

Desauthoriser, v. Décréditer, faire perdre à 
quelqu'un de son autorité. « Les ministres du roy 
« commençoient à s'adresser :\ ces gens lii pour 
« (lesautoriscr le dit duc, el faire leurs besognes 
« sans luy » (Mém. de Villeroy, t. I, p. 183 ) « La 
« reine mère d'autre costé qui haissoit, et se voyoit 
« haye du duc d'Alençon, el avoit par ses espions 
« et mouchards découvert ce qui se projetloit pour 
« la desauthoriser, et empescher le retour du roy 
« de Pologne. » (Mémoires de Sully, tome I, p. 80.) 

Desavaiiceineiit , s. m. Dommage. Propre- 
ment c'est l'action de reculer, mais ce mot s'est 
employé en général pour loul dommage. « Certaine 
« reqiiesle qui grandement louche votre deshon- 
« neur, et le desavancement du très gracieux loz 
« et bonne grâce que vous avez tousjours acquis 
« vers elles.'» (Al. Chartier, p. 52.").) (2) 

Desavancer, v. Devancer *. Reculer °. Rebu- 
ter '^. Faire dommage °. 

* Dans le premier sens, la syllabe des est augmen- 
tative et donne au mot avancer, auquel elle est 
jointe, la signification ^< d'avancer plus vite qu'un 
« autre, » clevancer. >< Pensa de celle trahyson faire 
« comme elle Uiy avoit mis sus, mais on l'avoit 
« desavancée, quant ceulx qui l'apperçeurenl l'ar- 
ec restèrent de trahyson, el s'enfuit de paour qu'elle 
« ne fust destruicte. » (Lanc. du Lac, t. I, foL 127, 
V° col. 1.) » Si se hasta de revenir vers son royaume 
» pour desavancer les roberies et les guerres qui 
« souloienl sourdre. » (Chr. de S. Denis, 1. 1, f°259.) 
On lit obviare dans le latin. 



^ La syllabe des est négative dans les autres 
acceptions; ainsi desavancer le contraire d'avancer, 
reculer. 

Laidement se desavance 
Cil qui d'amour veut giller. 

Pocs. MSS. avant 1300, l. II. p. 819. 

'^ En étendant cette acception , désavancer a 
signifié éloigner, rejeter, rebuter. 

Nus ne doit desavancier 
Fins cuers quant il s'umelie. 

Poés. MSS. ay. r300, t. IV, p. 1529. 

° Enfin la même acception, généralisée , s'est 
étendue à tout dommage quelconque (3). De là on 
a dit : 

Dessous Bourbon fut son heur commencé, 
Dessous Bourbon s'en va desavancé. (Marot, p. 474./ 

De h'i encore cette expression : « desavancer le 

» nom de pucelle, » pour lui faire dommage, le 
détruire : « La damoyselle se leva d'illec, et se mist 

« en la voye pour adevancer le chevalier, et mettre 

« peine pour luy faire enfraindre sa loyaulté. La 

« damoiselle qui se nommoit Gorsora se hasta tant 

« d'aller bon pas, qu'elle adevanca Gallafar.el arriva 

« à l'hoslel de Capraise sa sœur, qui par son gré 

« avoit perdu la fleur de virginité, elpourchassoità 

« desavancer [\] le nom delà pucelle sur l'espérance 

» de recevoir fruict de haulte lignée. Ouant Corsera 

« fut venue, elle et Capraise sa seur commencèrent 

« à tendre leurs las, et h appareiller leurs regardz 

a pour décevoir le chevalier qui du tout estoit 

« enclin à ce faire. » (Percef. vol. V, fol. 45.) 

V.\RIANTES : 
DESAVANCER. Contes de la R. de Nav. t. II, p. 67. 
Desadvancer. Clém. Marot, p. 203. 
Desavancier. Falîl. MSS. du R. n" 7218, fol. 335. 
Desavencier. Pyrame et Thisbé, MS. de S. G. fol. 100. 

Desavans. flnlercalez Desavans, sorti, hors de, 
au reg. JJ. lO'i," p. 37.5, an. 1373: « Pour laquefie 
« cause paroles se murent entre le suppliant... et 
« Drouel I-'errant..., desavans de leur sens et bon 
« mémoire par leur trop grant polalion. »] (n. e.) 

Désavantagé, part. Qui a du désavantage. 

Après ces motz, se leva l'autre dame. 
Qui ne daijcna demander conseil de arae ; 
Mais franchement, et gay ne faillit point 
Reprendre en brief les motz, de poinct en poinct, 
Dont se pensoit veoir desava)ttagi;c. (Crétin, p. 85.) 

Desavanture, s. f. Infortune, malheur. (Oud. 
Monet, Cotgrave et Nicot.) « Ilaa sire, respondit 
a Listoran,"'ce dont je vous veux parler se doit plus 
« tost nommer desaveMure, qu'aventure à laquelle 
« si Dieu n'y met remède, par sa bonté, et vous 
« avec la force de voz bras, je vous prevoy un grand 



(1) On lit dans le Roman ms. de Charité : « S'il puet, ta casure [chasuble] perdras, Et après seras desaubé. » De même 
dans lEvangile des Quenouilles, p. 109 : « Pour avoir l'enfant ses cheveuls crespés, quant il sera desobé, lui soit rué du vin 
blanc sur son chef. » (n. e.) , , . . 

(2; On lit aussi dans Boucicaut <II, 13) : « Le mareschal, tousjours tendant au bien de la chrestiente , comme celui qui 
desiroit la confusion et le desavancement des Sarrasins. » (n. e.) 

(3) On lit dans la Rose (v. 386) : « Le tens qui enviellist nos pères , Et vieillist rois et empereres , Et qui tous nous 
envieillira. Où mort nous desavancera. » De même dans Deschamps: « Cuer de noblesse Doit accomplir sa convenance ; 
Qui ne le fait, il desavance son honneur. » (n. e.) 

(4) « Pour garder l'onneur d'icelle fiUe, que on tenoit estre pucelle, et que elle ne feust desavancec de son mariage. » 
(JJ. 160, p. 19, 1405.) C'était le mot consacré en cette matière délicate. (N. E.) 



DE 



- 92 



DE 



• Iroul'le et inconvénient. • (D. Florès de Grèce, 
folio ll)û, R°.) 

Desavantureux, adj. Infortuné, malheureux. 
(Oudin et Cotgrave.) 

Desavenable, ûdy. Excessif. (Glossaire sur les 
Coul. de Beauvoisis.) (1) 

1. Désavenant, s. m. Désastre, dommage. 

Toutes voies dist en venant, 
C'on li fesoit desavenanl. 

Hist. do Fr. à U suite du Rom. de Fauv. fol. 87. 

2. Desavenant, adj. Qui n'est pas convenable. 
(Oudin et Gloss. sur les Goul. de Beauvoisis.) 

Riens qui soit desavenant. 

Pofs. MSS. av. 1300, 1. IV, p. 1 «37. 

• Visiteront le pain toutes les fois qu'il leur 
« plaira, et se il le treuvent non suffisant, et dcsa- 

• venanU il le donront pour Dieu aux povres. » 
(Ord. des R. de Fr. t. II, p. 430.) 

" Le tiesavenant de la semonce » s'est dit pour 
l'irrégularité de l'assignation. » Si (le juge de par 

• l'apostoile) semonnet autrement que il ne doivent, 
« si comme se il sont declieu par lettres qui furent 
« mauvesement et faulcement empêtrées, ou s'il 

• semonnent plus de deux journées loin outre les 
« mettes de le diocèse dont ils sont, ou s'il font 

• aucun autre f/<?scH«t'aH/ en leurs semonces toutes 

• voyes i doit le semons aler, ou envoyer, et quant 

• il vient là, il se doit complaindre au juge du desa- 

• venant de la semonce et requerre que il li face 
« droit. » (Beaum. p. 22.) 

Desavenîr, v. Arriver malheur. Le mot desa- 
venir est employé pour exprimer le cas où il 
mésarive. Il se trouve dans Duchesne. Généalogie 
de Chastillon, p. 56, tilre de 124G. 

De là on a dit : « Il desavient des descendans du 
« mariage en vendant le dol, le mary peut déduire 

• ce qu'il aura frayé pour les obsèques et funérailles 
« desadite famine, pourveu qu'il n'excède la tierce 

• partie diceluy, et en quelque temps qu'il desa- 

• vient des descendans du mariage, posé ores qu'il 
« y eusteu plusieurs personnes d'iceluy descendus, 
« et eussent succédé l'un après rautre,"la dite resti- 
« tution se doit faire au plus prochain lignager 
« dont le dit dot est venu. - 

On a dit de même « il desavient du mariage » 
pour exprimer que l'un des mariés meurt. « Le'dot 
« estant en meuble, se rend incontinent qu'il desa- 

• vient du mariage. ■> (Coût, de S. Sever, au Coût, 
gén. t. II, p. G9I.) 

Desaveu, s. m. Terme de droit (2). (Laurière, 
Gl. du Droit fr.) 
Desavisant, jiart. Contredisant. 

L'an, qui qu'en soit desavisantz, 

M. c. XL. et X. ans, 

Sans ce c'on en doie cent destordre, 

Commença des Cordeliers l'ordre 

Qui des âmes sont pécheurs. (G. Gniart, p. 29.) 



Desavisé, adj. Non instruit (Gl. sur les Coût, 
de Beauvoisis.) 

Desaviser. [Intercalez Desaviser, être d'un 
avis contraire, da'ns G. Guiart, v. HJ2!).j (n. e.) 

Desavoier. rintercalez Desavoier, mettre en 
déroute, dans G. Guiart, v. 2901 et 1.^106.] {s. e.) 

Desavouable, adj. Qui peut être désavoué. 
(Clément Marot, p. 5i8.) 

Desavowry, s. m. Abandon. Ce mot semble 
s'être dit d'un homme que tout le monde désavoue. 
« En tiel cas purrount bien estre ensemble des- 
« tresse, et desavownj. » (Britton, Loix d'Anglet. 
folio 177, R°.) 

Desayvei*. [Intercalez Desayver, dans G. Guiart, 
V. 2307 : 

El sont environ adossez 

De trois paires de granz fossez 

Là faiz ou le plein desayve.] (n. e.) 

Desbagager, v. Emporter le bagage , fuir. 
(Cotgrave et Oudin.) 

Desbagouleur , s. ??t. Babillard, bavard. 
(Monet et Oudin.) 

Desl3ail, s. m. AlTranchissement. C'est propre- 
ment l'état d'une femme qui devient libre par la 
mort de son mari. Il est opposé à bail qui se dit 
d'une femme en puissance de mari. Laur. Gl. du 
Dr. fr. au mot Bail.) 

Desbaratemeut, s. m. Déroute, défaite. 

Quant cil furent venu fuiant 

D'outre le Humbre jusqu'en Trent, 

Là ot grant desbanitcinoit ; 

Puis s'enfuirent en Thanet, 

Dedens la mer, en .i. islet. (R. de Brut, fol. 55.) 

Desbarder, v. Oler la barde, l'armure d'acier 
ou de fer dont les chevaux étoient couverts pour les 
garantir contre les coups d'armes offensives. Dict. 
de Nicot.) 

Desbareter. [Intercalez Desbaretcv: 1- Affliger, 
priver d'illusions, de harat, dans Froissart (VI, 
189) : « Après le rescousse dou casliel de Roussi 
« morut messires Pierres d'Audelée, dont si com- 
« paignon furent moult desbareté. » 2° Vaincre; 
voir Partonopex, v. 2050 ; Guiart, v. 5010 ; Froissart, 
II, 405. 3° Démolir : 

Vers le mur que li mineeur 

Orent cuidié desbareter. (G. Guiart, v. 5535.) 

D'où desbarataison, desbai'ateiz, défaite, dans la 
Chr. des ducs de Normandie.] (n. e.) 

Desbarrer, v. Oter la barre, spécialement la 
barre qui ferme une porte, ouvrir la porte. (Nicof, 
Cotgrave.) 

Desl)astiment, s. m. Destruction. (Cotgrave.) 

Desbastir, v. Détruire. (Cotgrave.) 



(1) On lit aussi dans la Vie de S' Louis (p. 301) : « Il eschivoit touz gieus desavetianz, et se rétrécit de toutes deshonestez 
et de toutes laidurcs. » (n. e.) 

(2) « En tex rfesai'ciis qui sunt fet à tort contre les segneurs, a moult de perix de perdre vilainement. » (Beauinanoir, 
XLV, 1.) (X. E.) 



Z' 



DE 



— 93 — 



DE 



Desbastonner, v. Désarmer (l). (Mcolel Cotgr.) 
On a vu ci-dessus " baslon » pour nrme. «... 11 
« détoarnoit ses coups si promptemeiU , et les 
« rabbatoit si rudement que en peu d'heure, il 
« tronçonna six piques comme si ce fussent chene- 
« voiles, et clesbastonna trois fois les deux frères. » 
(Alector, Rom. fol. 11.) 

VARIANTES : 
DESrUSTONNER. Molinet, p. 145. 
Desembattonner. Méni. d'Ol. de la Marche, liv. I, p. 174. 

Desbater. v. Oter le bât. (Monet.) 

Desbauche, s. f. Discrédit, abandon. « Am- 
" broise... rendit Fesprit ; ce voyant la femme qui 
« s'appelloit dame Felicette, peu s'en fallut qu'elle 
« n'allast après, pour la grande perte qu'elle avoit 
« fait, et de la desbauche ie sa boutique. » (Nuits 
de Strapar. t. I, p, 388.) 

Desbauger, v. Faire sortir de sa bauge. « Des- 
» baitger un sanglier, » c'est-à-dire « le faire lever 
" de sa bauge, de son gîte. » (Nie. Cotgr. et Oudin.) 

Desbestornez , part. Retourné dans le bon 
sens. 

Cest siècle qui est bestornez 
Qu'arrière soit desbestornez. 

Fabl. MSS. du R. n" '3218, fol. 197, V- col. 2. 

Desbifemement, s. m. Désordre, déiange- 
ment. (Oudin et Cotgrave.) 

Desblaer. [Intercalez Dcshlaer, acquitter (voir 
deblavcr) : « Icbils chevaliers a promis et créante... 
« en nostre main à icelle rente warandir, délivrer, 
« défendre el desblaer envers tous. » (JJ. B, p. 12, 
an. 13G3.)] (n. e.) 

Desblamei'. [Intercalez Desblamer, justifier : 
« Pour eulx purger, desblamer et oster de le 
" souppechon, fait et famé, dont dessus est fait 
« mention. » JJ. 136. p. 208, an. 1389.) De même 
au reg. JJ. 103, p. 76, an. 1372: « Le suppliant se 
« desblama, monstra et représenta incoulpa- 
« ble. »] (n. e.) 

Desblaver. [Intercalez Desblaver : 1° Déblayer: 
« Item que tout le droit ((ue nous avons et poons 
« avoir de desblaver et de oster tous les empesche- 
« mens qui se feroient... es chemins de laditte 
« ville de Vailli ; tout ce qui sera trouvé au des- 
« blavement des chemins. » (JJ. 48, p. 8, an. 1311.) 
2° Moissonner (.JJ. 168, p 385, an. 1415): » Comme 
« le suppliant pour icelles terres desblaver et 
« despoillier en la messon... eust envoyé fausilleurs 
« pour fausillier son bief. '•] (n. e.) 

Desblée. [Intercalez Desblée, moisson, dans la 
Coutume de Dun-le-Roy, art. 53: « En saison que 
« les fruits et desblées sont en terre. »] (n. e.) 

Desbleer. [Intercalez Desbleer, moissonner, 
au reg. de Philippe le Bel, an. 1300, p. 54: 
« Derechef que li bourgeois puissent bleer et 
« desbleer leurs héritages. »] (n. e.) 



Desblemy, pari. Nous ignorons le sens précis 
de ce mot ; nous citerons les passages où nous le 
trouvons : « Homage est un lieu de droit dount 
" home est lié et tenu de garraunter, acquitler et 
« défendre son tenaunt en sa seisine vers foute 
« gent pur les services dues del tenement ([ue il 
» tiendra de luy en service, ou en demeyne, et sa 
« foy gai'der desbleintj ; dount autaunt est le sei- 
« gnirtur tenu à son home comme le home ù son 
« seigniour fors que soulement en révérence. » 
(Britl. Loix d'Anglelerre, folio 170.) ■■ En loutz cas 
« sount les droitz des espices gardés, desblemijs et 
« desmeinbrées. » vld. fol. 187.) .. Nous volons que 
« Seynte Esglise eyt les fraunchises desblemies. » 
(Id. Ibid. fol. 11.) 

Desbieray. Lisez desblemy comme ci-dessus. 
Du Gange a mal lu cette citation que nous avons 
mise et qu'il a employée dans son Gloss. latin au 
mol Iloniinium. 

Desblouer, v. Dessiller, éclairer. Le contraire 
« d'éblouir. » «... Si tost qu'entendement et 
« meinoii'e furent desbloués, et relevés commence- 
» rent à regarder raison, foi, espérance, charité, el 
" les auli'es vertus, lesquelles soubdain allèrent 
« embrasser en leur demandant qui estoil celle 
« noble roine qui les avoit desbloués. et fait relever 
« de la terre. » (Les Tri. de la Noble Dame, f» 148.) 

VARIANTES : 
DESBLOUER. Tri. de la Noble Dame, fol. 148, V». 
Desblouir. Oudin, Dict. 

Desbochier. [Intercalez Desbocliier, ébrancber, 
au reg. JJ. 171, p. 289, an. 1420: « Comme le 
« suppliant eust desbochlez et de deffouiz deux 
« grans fresnes, eslans tous deux sur une choque 
« en son jardin. »] (n. e.) 

DesboiUir, v. Cesser de bouillir. Marbodus, 
parlant de la topaze el de ses propriétés, art. 13, 
col. 1650, adit : 

Desboillir fait l'eve boillant : 
Pois ke la sent ne built avant. 

Desboudement, s. m. Flux. (Oudin.) 

Desbonner (se), v. Sortir. On lit « se desbon- 

» ner du monde, » pour sortir du monde, mourir. 

(G. Guiart, ms. fol. 19.) 

Desbortlé, adj. Adonné. Ce mot s'employoit en 
ce sens, mais pris en mauvaise part. ■. Caligula 
« esloitun homme desbordé ù toute vilanie. » (A'pol. 
pour Hérodote, PréL p. 17.) 

Desbordément, adv. D'une façon débordée, 
déréglée. (Oudin, Curios. fr.) 

Desborner, v. Oter les bornes. (Oudin.) 

Desbossuer , v. Oter les bosses , aplanir. 
(Oudin et Cotgrave.) 

Desboucar, v. Arracher les épines. Mot proven- 
çal : c'est défricher un lieu planté d'épines. (Du 
Gange, au mot Esbuscare.) 



(1) « Icelluiyarlet regarda que ledit Prieur estoit t/esftastoiifé d'une espée qu'il avoit,... et vint frapper ledit Prieur sur 
la teste. » (JJ. 163, p. 337. an. 1409.) De même au reg. JJ. 176, p. 70G, an. 14-49 : « Ic-llui Huait U\lLlcsbasto)uu-: rie son baslon 
plonme. » (n. e.) 



DE 



9i - 



DE 



Desboucher, V. Débouclier, ouvrir. (Clément 
Marol, p. 517.) 

Desbouclé, adj. Débouclé. Epithèle tl'écu, à 
cause (les boucles qui allachoienl les courroies (I). 
« Il y ol maintes lances brisées et mains escu des- 
« bouclé. » 'Histoire de Bertiantl du G uesclin, par 
Ménard, p. '231 .) 

Desboufer, v. Ce mol se trouve dans une 
ballade (\c Villon dont le langage est inintelligible. 
(Voyez Villon , p. lOG. Un lit ibid. à la marge 
deshouser.) Ci) 

Desbourbcr, v. Désembourber. (Monet, Nicot 
et Cotgrave.) 

Desbourser. [Intercalez Desbourser, user du 
relrMJl li.unager, du « retrait de marchié de bourse » 
(.1,1. 117, p. 85, an. 1380); les coutumes normandes 
permettaient au parent du vendeur de remplacer 
l'aclieteur étranger, en payant le prix convenu 
dans an et jour (Coût, de .Norm. ch. 118): •■ Fut 
<■ sur ce passé une lettre, moyennant ce que ou cas 
« que laditte vendue seroit desbouvsée par lin- 
.. gn.ige. » [IL 155, p. 25i, an. 1 iOO.)] (n. e.) 

Desbraguer, v. Démonter l'arlillerie. (Oudin 
et Cotgrave.) 

Desbranler, v. Branler, remuer. Parlant de 
troupes de guerre : « Nul d'eux ne desbranloit de 
« sa place. >' (J. d'Auth. .Vnn. de Louis XII, p. 47.) 

Desbrayer, v. Terme de vénerie. « Quand ils 
« ont telle rage, ils ne courent à bestes, ne à hom- 
>< mes, qu'aux chiens, et s'en vont escoutans pour 
« y ouir les abbois des autres chiens, afin de les 
» aller desbrayer, et mordre. >• (Fouill. Yen. f" 79.) 

Desbridémant, adv. D'une façon dissolue, 
sans retenue, sans frein. (Monet.) 

Dcsbrideur, s. m. Qui expédie. « Debrideur de 
» messe, » qui expédie promptement. (Rabelais, 
tome I. p. 100.) 

Desbrigandiner, II. Découvrir, proprement 
ôter la cuirasse qu'on nommoit brigandine. (Nicot 
et Cotgrave.) 

Desbrisé, pari. Rompu, dérangé. « Lyonnel 
« print l'escu, et l'ouvrit pour veoir le chef, et veit 
<' (jue les clieveulx esloienl assez desbrisc:^ de gésir ; 
" mais si grant odeur en yssoit des espices dont il 
" estoil lo'utembasmé que c'estoil une grandedoul- 
« ceur à fleurer : lors se pensa qu'il le mettoit au 
« soleil pour redresser les cheveulx, et mettre à 
« point. » (Percel. vol. II, fol. 79.) 

Desbriser, V. Interrompre (3). Nous citerons un 
passage où nous trouvons ce mot sous deux 
orthographes. Il signifie en ce lieu interrompre le 
silence ; se debriser, interrompre son silence. 



Contre le tans qui devise 
Yver, et pluie d'estey, 
Et la mauvis se clesljrise, 
Qui de lotie tans n'a chanté. 

Chans. MSS. du C" Tliibaud, p. 35. 

Ces mêmes vers sont répétés dans les Poës. mss. 
avant 1300, t. I, p. 85, et on y lit desluise au lieu 
de de.'ibrise. On lit aussi desluier pour interrompre, 
dans cet autre passage : 

Se vous me volez escouter, 

,1e vous dirai, bon Helemot, 

Riens ne vaut, se chascuns ne m'ot, 

Ouar cil port moult bien l'anleluye, 

Qui par un nuiseus le denlme ; 

C'est por noient n'i faudra mie. 

Fabl. MSS. du R. n- 1-21S, fol. i'.l. H- col. 2. 

Desbrocher, v. Débourser. Allusion au vin 
dont on ôte la broche pour le répandre. 

....Faifeu ne desbroche 

De sa bougette argent sans estre chiche. [Faif. 96.) 

Desbrodequiner, v. Oter les brodequins, les 
bottines. (Nicot, Monet, Cotgrave.) 

Desbucher. [Intercalez Desbiieher, ôter les 
enlraves, au reg. .M. 189, p. 495, an. 14G0: « Le 
« suppliant trouva deux chevaulx embuschez de 
« bris de fer, lesquelz il desbuclia, et furtivement 
» en print et enmena ung. »] (n. e.) 

Desbuissonner, v. Sortir du buisson, s'enfuir. 
(Cotgrave et Oudin.) 

Desbuschement, .s. m. L'action de débusquer. 
(Oudin.) 

Descacher , v. Découvrir , le contraire de 
cacher. (Cotgrave, Nicot, Oudin.) (4) 

Descager, v. Tirer de la cage *. Sortir d'une 
retraite °. 

* Ce mot est expliqué dans le sens propre et litté- 
ral par Oudin, dans son Dict. 

^ Au figuré, on a dit descager pour sortir d'une 
retraite. (Voyez G. Guiart, ms. fol. 23G.) 

Descaier. [Intercalez Descaier, couper au 
Cart. de S' Nicaise de Meulan, an. 1320 : « Item les 
» pasturages et usages, que les habitans ont es 
a marais de mener leurs bestes pasturer et descaier 
« l'herbe. »] (n. e.) 

Descalanger, v. Se désister d'une action, en 
parlant des actions intentées en justice. (Du Cange, 
au mot Disclamare.) 

Descalengé. adj. Qui est hors de prison *. Qui 
n'est pas accusé^. Qui n'est pas saisi au corps '^. En 
général, le contraire de « calengé. » 

* Borel interprète « qui est hors de prison >- et il 
ajoute : » .le croi que cela veut dire restitué en son 
" honneur. » (Dict. de Borel et de Corneille.) 

^ Ce mot signifioit aussi <■ qui n'est pas accusé, » 
selon Laurière, Gl. du Dr. fr. 
•^ Enfin on le trouve, en divers passages, employé 



(1) Ou plutôt de la boucle placée au centre de l'écu bouclier, (n. e.) 

(2) Dans l'édition Jannet (p. 111) on lit desbnuter. (N. E.) 

(3) Dans Froissart, il signifie démolir (IV, 30) : « [Enghiens] liquel jettoient si ouniement as murs de le ville que tous les 
desbrinoient et deffroissoient. » (N. E.) 

(4) Dans Froissart, comme decachcr, il signifie chasser : « On a ceste bonne royne descachié hors d'Engleterre. » 
(II, 62.) (N. E.) 



DE 



— 95 



DE 



pour qui n'est pas saisi au corps : ■• Si aucun ayant 
" fait débat, ou meslée en la terre et seigneurie 
« d'aucun seigneur, est party descalengé, il se peut 
« purger dudit cas en la justice du seigneur où 
" il a esté commis. » (Coutumes de S. Omer, au 
Coutum. général, t. II, p. 870.) « S'aucuns biens 
« meubles mouvables estoyent judiciairement sai- 
" sis, par plaincte ù loy , ou autrement, en la 
« maison, et pour pris du débiteur, et fussent après 
« trouvez sans garde ayant pouvoir h ces fins : tels 
• bien sont repuiez descaleiigczel deschargez de 
.. la dite saisine. » (Coutumes de La Salle, au Coût, 
gênerai, t. II, p. 916.) 

Descangler, v. Dessangler. 

Il le descangle, si le lait ; 
En mi le pré entrer le fait. 

Fabl. MSS. du R. n" 7989, f Si-, V° col. 1. 

Descapkichoiiner (se), v. Quitter le froc. 
(Cotgrave.) 

Descarcher, v. Décliarger, débarrasser (I). 

Envers Dieu et vous m'en descarche. (E. Desch. p. 558.) 

VARIANTES : 
DESCARCHER. 

Dachargeh. La Thaumass. Coût. d'Orléans, n 466 
Dekerketbe. Carpentier, llist. de Cambray, p. 28. 

Descai'pir, v. Démêler, dépêtrer*. Déchirer 
mettre en pièces ^. Mettre en charpie ^. 

* Voyez sur le premier sens, Monet, Oudin et 
Cotgrave. . Chascun y estoit si cliault, et si voulen- 
•' tifdesa partie ayder, et si fort s'entrelenoient 
« par lestes, par bras, et par corps, que on ne les 
« poxoii desearpir (2). Quant le chevalier à r;sioile 
« veit qu'il ne povoit estre dedans, il s'appeusa (lue 
« jamais ne se descMrpir oient (3), et que por ce faul- 
« droit à son veu ; lors fut ainsi que toutenraio-é « 
(Percef. vol. 1, fol. 152.) " ' 

^ On disoil aussi descharpir pour « déchirer » 
mettre en pièces. «.... Ne demande nul se la partie 
« moyenne estoit neanlmoins demourée entière 
« ne conjoincte, et les lettres formées et assises eii 
« leur ordre ; car séparées, descharpies, et desor- 
« données furent que pour se pouvoil assembler qui 
« poitast proufli table sentence. » (Alain Chartier 
Quadrill, invec. p. 408.) 

■= Les acceptions que nous avons marquées sont 
tiguiees.Au propre, f/edier/^/rsignifioit « mettre en 
charpie, comme en ce passage : 

Qui voudroit descharpir d'une escarlate fme 
La trame, fil à fil, ceste couleur pourprine, 
Qui belle en son tissu, et vive apparoissoit, 
bevanomct desjointe, et plus ne s'appercoist. 

Poi'S. de Rem. Belleau, t. I, fol. 11 V. 



VARIANTES ('() : 
DESCARPIR. Percef. vol. I, fol. 152, R» col 2 
DEciiARPUi. Molière, L'Etourdi, acte 5, scène 9 
DEScUArnt. Percef. ubi suprà, fol. 56 V col ï 
Descharpir, Ibid. fol. 26, U» col 2 
Descherpir. Poës. d'Aï. Chartier, p. 634. 
Descauchier, v. Déchausser. [Borel. — Vovez 
Desciiacsser ci après.) 

De-scauper. [Intercalez Descauper, diminuer 
aux Miracles de iNolre-Dame, t. II : 
Car sainte église edefierent, 
Et de tous biens tant i donnèrent, 
Que lor enfant, après lor vie, 
Pesance en ont, duel et envie, 
E de lor dons si se descaupent, 
Que quan qu'il poent les recaupent.] (n. e.) 

Descaver, v. Tirer hors de terre. 

....Deux grans buefs qui tirent en un val 
Pierre qu'on ot d'un hault mont descavée. 

Poës. MSS. d'Eusl. Desch. fol. 103, col, i. 

I>esceindi'e,v. Desserrer, ôter la ceinture (Mon 
Gudiii.) » Quand ilz vindrent là, ilz descendirent et 
•< ps[ereiitleursla!icesetleursescus;puisoste!'entà 
« leurs chevaux les selles, et les laissèrent paistre 
<- pu isdcssmgnircnt leu rs espées (5). » (Lanc. d u Lac' 
t. lu, fol. 94.) » Desceindre le baudray. » (Chronin 
ce s. Denis, t. I, fol. 18G.) Ou lit dans le latin halteo 
discingere. « Se desceindre et jetter sa ceinture à 
« terre » étoit une pratique qui avoit lieu quand on 
faisoit une cession de ses biens. (Diction, de Monet 
p. 177.) » Sont tenus eux desceindre et jetter les 
« ceintures ù terre pour demonsirer qu'ils délais- 
« sent leurs dits biens. » (Coût, de Bourbonnois 
au Coût. gen. t. Il, p. 374.) (G) 

variantes : 
DESCEINDRE. Chr. du \nv siècle, MS. de Bouher f» 313 
Descendre. Chr. S. Denis, t. I, fol. 186 """"'^'^' ' -^i^- 
Dessaindre. Lanc. du Luc, t. III, fol. 94. 

Desceiiit, adj. Qui est sans ceinture, ((ilossaire 
des Arrêts d'amor.) « Les grâces sont vestues de 
« robbes transparentes, et desceintes, libres non 
« contraintes. » (Sagesse de Charron, p. 503.) 
variantes : 

DESCEINT. Chr. fr. du xiif s. MS. de Bouh. fol. 148 

Dessaint. Vig. de Charles VII, t. II, p. -H5 

Descaint. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol 243 

Desseins. Le Jouvencel, MS. p. 557. 

Desceler, v. Déceler, découvrir. (Cotgrave.) 

Descemoiidre, v. Donner contre-ordre (Voyez 
Semonore.) Révoquer un ordre, un mandement 
contremander. « Le royde France qui plusieurs fois 
avoit semons et rfcscc)«o«s ces hommes pou r ostoyer, 
« fil la seinonsepour venir à S. Ouentin » (Chr fr' 
MS. de Nangis, sous l'an 1339.) 



rompre. » (N. e.) 're qm est maie et vilame , Ne sait pas tant descharpir laine. Comme ele sait les cheveus 

r4!;^^uS!sX^^!^:^:^\:^^:^t^^^ ns .m deslacent son vert elme à or 

mSldepluIpVeXXrdMt ^)'=''"^ ^'ucl.esse de Bourgogne à la 



DE 



90 — 



DE 



Descenbarqucr , v. S'embarquer. - El au 
« inalin monta sur sa nef, et tous ses j:ens com- 
« mcncorenl à dcsoetiburfjuer , el y misdrenl plus 
a de 10 jours, et coucheoit toutes les nuits en sa 
« nef, pour apprendre la mer, sinon que, etc. » (Le 
Jouveni'i.'t, Ms. p. 458.) 
Descendanclie, s. f. (Voyez Descende.ment.) 
Descendans, adj. au m. p. On trouve dans 
quelques Coutumes » conseillers doyens dcsa'nrfaHS 
« et descendus. " Les rf^scoji/rtws semblent ceu\ qui 
ont fini leur année d'exercice; les descendus, ceux 
qui ont teimiué, ou <iui sont dans la seconde année 
après celle de leur exercice. (Coût, de Bruxelles, au 
Nouv. Coût, gén t. I, p. 1237.) 

VARIANTES : 
DESCENDANS, Descendus. N. Coût. gén. t. 1, p. 1237. 

1 . Descendant, adj. Favorable. Peut-être con- 
sentant ou condescendant. (Voyez Descemire pour 
Condescendre.) « .Je me suis conseillée sur voslre 
« besongne ; si trouve tous ceulx de ma court moult 
■1 d(3S(î<?«rfaHS à vouspour vozcourtoysparlers(l). » 
(Percef. vol. V, p. 73.) 

2. Descendant (le), s. ?H. Ce qui est au dessous. 
Ainsi on a dit » le descendant de la poitrine, » pour 
ce qui est au dessous de la poitrine, le ventre. « Fut 
« rencontré de trois lances, attachées et arrestées, 
u en venant tout d'un coup sur luy. L'une à l'es- 
« paule, l'autre en la poitrine, sur le descendant, 
'< ou ventre, et l'autre en la cuisse. » (Froissart, 
livre m, p. 335.) 

1. Descendement, s. m. L'action do descen- 
dre *. Conséquence ^. 

* Voyez sur le premier sens, qui est le sens litté- 
ral, le Dict. de R. Eslienne. 

" Ce qui suit d'une chose, en descend en quelque 
sorte. De là, on a dit descendement pour consé- 
quence. " Pour ce que chil qui vivent en lele rapine, 
« comme de usure, ou de tolte, ou de larrecin, ou 
« de termoiemeat, ou d'autres mauveses acquisi- 
" lions, sachent en quel péril il sont, se il ne 
" rendent les choses mal aquises, nous leur dirons 
« le descendement i\m vient d'aus quant il muèrent 
« à tout. Sachent doncques tuit que leurs âmes sont 
« données as anemis d'enfer, etc. » (Beaum. p. 340.) 

2. Descendement, s. m. Succession directe. 
(Laurière, Glossaire du Dr. fr.) « Se mon père, et 
« ma mère me marient de leurs meubles communs, 
« et après che, mon père meurt, et je vueil partir 
« à la deschendance de li, je ne suis tenu ù raporter 
» que !e moitié des meubles que je emportai. » 
(Beaumanoir, p. 47.) » Cil Robert disoit qu'il n'avoit 
o pas eu sa partie du roiaume qui luy estoit 
« eschaue du descendement àe son frère. » (Chron. 



de S. Denis, fol. 203, R".) [D. Bouquet, VIII. 340.] 
« Deschendement si est quant hiretage descent de 
« père as enfans ou d'aiol as enfans de ses eufans. » 
(Beaumanoir, p. 79.) « Lu descendue, » la descente 
de lignage. (Gloss. de l'Hist. de Brel.) 



DESCENDEMENT. Chron. S. Denis, fol. 103, R". 
Descendue. D. Morice, Hist. deBret. col. 958,t. de 1254(2). 
Deschandement, Deschendement. Beaum. p. 217. 

Descendre, v. Venir, arriver *. Faire descen- 
dre °. Se prosterner '^. Condescendre °. Echeoir à 
droit d'hérédité ou autre ^. Déchoir , tomber ^. 
Déroger °. Ce mot, dans les orthographes employées 
par S. Bernard, répond au latin descendere. 

* Le mot descendre, pris pour venir, arriver, 
n'emportoit point l'idée de passer de haut en bas. 
Aussi on disoit descendre suprà pour monter , 
comme descendre inferius pour ce que nous nom- 
mons actuellement descendre. (Hist. du Théâtie fr. 
t. II, p. 30.) » Nous voulons (jue le bailli de Caux.... 
« face ans dis marchans, et gens du dit royaume de 
>• Portugal et d'Algarve qui descenderont en la dite 
« ville, livrer maison, et celiers pour eulx, et pour 
" leurs biens, par pris convenable. » (Ord. des R. 
de Fr. t. III, p. 575.) " Il ny avoit en la mer illecques 
" prés aucun port, là où il se peust descendre, pour 
« attendre ses gens à seureté. » (Joinv. p. 28.) (3) 

° On joignoit cependant le plus souvent au mot 
descendre l'idée de passer d'un lieu plus haut dans 
un plus bas ; on disoit même descendre pour préci- 
piter, faire descendre. 

Touz fauz amans parmi ma joie empire, 
Pri je à Deu qu'en enfer les descende. 

Poês. MSS. av. ISOO, l. 1. p 15.5. 

De là on disoit en ce sens « descendre un grant 
» coup, » pour laisser tomber un grant coup. 
« Lors ung autre Sarrazin cuidadescendre un grant 
« coup de son glaive turquin sur le chevalier : et il 
■< gyncha tant que le coup ne l'ataignit mie. « 
(Joihville, p. 102.) « Quand l'on en faut au dcscen- 
" drc, '■ c'est-à-dire " quand l'on manque son coup 
« en voulant en assommer l'ennemi, » suivant le 
P. Daniel, Mil. fr. t. I, p. 430. 

De là cette autre expression : 

L'arc est tendu, si descendra 
Sus vous, et le jor tost viendra. 

Hist. de France, à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 75. 

De là enfin on disoit le descendre pour » la mes- 
lée, le combat. « 

La veissiez lors au descendre, 
Gantelez froissier, targes fendre. 

G. Guiarl, MS. fol. 130, R'. 

'^ On disoit aussi descendre pour se prosterner. 
« Devant les corps saints se coucha et descendit 
a dévotement. » (Chr. S. Denis, t. I, fol. 230.) 



(1) Le verbe a aussi ce sens : « Si vous prie que vous voeilliés descendre à ce que je sois o'ie. » (Froiss., II. 367.) (N. e.) 

(2) II Pour escheison de la descendue que cil cuens leur demandoit par raison de la contesse sa famé , qui fut fille dou 
roy de Navarre. » (Martène, I, col. 1326.) (N. E.) 

(3) De là sortent deux sens figurés : 1° Provenir : « Les adventures qui en puevent naistre et descendre (Froiss. , II, 348) » ; 
ou avec le pronom : « De grans fais qui se descendent des membres de proéce (Froiss., II, 256.) » 2» Marcher vers un 
résultat ; « Les choses desccnderoient en tout bien. » (Froiss., XV, 209.) (N. e.) 



DE 



— 97 - 



DE 



° Pour condescendre , recevoir favorablement (1), 
agréer. « Sire, dist le chevalier, vrays courtoys 
« parlers me font descendre h vostre requeste, jà 
« soit qu'elle soit à moy périlleuse. » (Perceforest, 
vol. VI, fol. (l'i.) On trouve se descendre, pour se 
conformer, dans les Ord. des R. de Fr. t. lU, p. f25. 

^ Descendre signifioit de plus « écheoir par droit 
d'hérédité. " « Un fief qui li estoit f/cscpnrfi/s (2). » 
(Beaumanoir, p. 338.) « Disions que tote la terre a 
« celi Guiomarc nos eslaet descendu par l'assise de 
" Bretaigne. >' (D. Morice, Histoire de Bretagne, 
col. 983, titre de 1262.) 

^ Descendre, emportant l'idée de passer d'un lieu 
haut dans un plus bas. s'employoit naturellement 
pour « décheoir, tomber. » 
Yzabels maintenant 
Sour Aelis descent. 

Huon d'Aisy, Pofs. MSS. av. 1300, t. Ut, p. 1284. 

° Enfin descendre se trouve pour « déroger » dans 
le passage suivant : « Pardonne donc... car ce n'est 
« mie impossible chose à ton omnipotence, ne en 
« descendant à ta justice. » (Chasse de Gast. Phéb. 
Ms. page 390. 1 

VARIANTES : 
DESCENDRE. Orth. subsist. 

DES.SANDRE. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. I, fol. 73, H" c. 2. 
Dexandre. s. Rern. Serm. fr. MSS. p. 46. 
Dexendbe. Id. p. 9 et passim. 

Descendue, s. f. (Voyez Descens.) (3) 

VARIANTES : 
DESCENDUE. Tri. des I.K Preux, p. 267, col. 1. 
Dessendue. g. Guiart, MS. fol. 18, V». 
Descense. La Jaille, du Champ de Bat. fol. 43. 
Descensse. Flore et Blancef. MS. de S. G. fol. 193. 

Descengler, v. Prendre. Acception figurée de 
ce mot qui paroît le même que « dessangler. » 

Quant que tu as ici jenglé. 
As tu d'autre leu descenylé. 

Fabl. MSS. du R. n- 1-218, fol. 215, R" col. 1. 

Descens, s. m. Descente. Dictionnaire de Borel, 
où l'on trouve descens. «....La descendue des 
« Anglois en France. » {.luvén. des Ursins, Histoire 
de Charles VI, p. 307.) 

Un pui descendent en un val ; 
En la descensse d'un costal 
Un pèlerin ont encontre. 

Flore et Blancef. MSS. de S. G. fol. 193, R" col. 2. 

Descense, s. /'. Descendance. » Le roy pour 
« l'honneur de sa descence royale. » (Triomphe des 
IX Preux, p. 1C3.) 

Descent, adj. Convenable, suffisant. 

Si je me plains, ma raison est descente. (Marot, 2>- ~'t5.j 

Desceptrer, v. Oter le sceptre. (Cotg. et Oud.) 
Descerné, part. Isolé. Peut-être Décharné. » Le 



« palais est eslevé, descerné et chault. » (Médecines 
de chevaux, page 19.) 

Descerner. [Intercalej; Descerner, déboiter, 
au reg. JJ. 10, p. 307, an. 13C9: « Ils descernerent 
« et de.sjoinlerent audit Ernoul son poing senestre 
« et le nez. »] (n. e.) 

Descerré, adj. Ouvert. C'est probablement le 
sens de ce mot dans le passage qui suit : 

Or furent logiez à granz tourbes 

François, et les drois, et les courbes.... 

Près de granz fossez desceri-ez. (G. Guiart, p. 73.) 

Desceure, ndv. Dessus. On dit en Touraine 
dessur. 

....S'il en vient au desceure 
S'on li crie merci. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218. fol. 335, R" col. 2. 

Deschainer, v. Nous ne citerons ce mot que 
pour remarquer le pléonasme deschainer les 
chaînes. «....Tanneguy du Chaste), qui, n'a gueres, 
« avoit esté fait prevo"st de Paris, avec luy Monnet 
« de Guerre furent commis de par les ducs de Berry 
" et d'Orléans ;^ faire oster et deschainer toutes les 
« chaînes des rues et quai'refours d'icelle ville de 
« Paris. » (Monstrelet, vol. I, fol. 'JOO, \\\) (/<) 

Deschairiniés. Nous ignorons la signification 
de ce mol que nous trouvons dans le passage sui- 
vant : « Tous arbres et plantes eslaiis sur les 
« chemins royaux et autres llegards appartiennent 
« aux propriétaires des terres y adjacentes, en 
« entretenant par eux les chemins, et rives d'iceux 
« à leur péril deschairiniés. » (Nouv. Coût, génér. 
t. I, p. 378.) 

Desclialencleinent,s. jn. La perte des chalans 
d'une boutique. (Oudin et Cotgrave.) 

VARIANTES : 
DECHALANDEMENT. Cot?rave, Dict. 
Desch.alandise. Oudin, Dict. 
Deschalande. Cotgrave, Dict. 

Deschalender, v. Déchalander, ôter, débau- 
cher , faire perdre les chalands ou le crédit à 
quelqu'un. (Monet et Oudin.) (5) 

Deschaller. [Intercalez Deschaller, défricher, 
au reg. .1.1. 203, p. 01, an. 1477 : « En allant icellui 
« suppliant ainsi exemplir, essarter et deschaller 
" les terres de son maistre. »] (n. e.) 

Deschambrer, v. Séparer la chambrée. (Oud. 
et Cotgrave.) 

Deschanger, v. Echanger. (Oudin.) 

Deschant, .s. m. Désaveu, rétractation *. Sorte 

de musique ^. Chants, accords '=. Cris, clameurs °. 

Chant discordant ^. 
* Sur le premier sens, voyez les Dictionnaires 



(1) Voyez la note sous descendant. Il signifie aussi avoir égard à : o En priant humblement qu'il volsist descendre à lor 
nécessité. » (Froiss., VI, 211.) (n. e.) i - ^ a 

(2) A l'actif, il signifiait succéder : « Et à tenir la ducée de Bretagne dou roy présent et des rois d'Engleterre ciui annès li 
descendcroioil. » (Froiss., III, 380.) (N. E.) i i-» co 

(3) On lit dans une charte de 1302 (Du Gange, II, 814, col. 3) : « Ordenons... que la terre et la descendue, qui ausdiz onfanz 
it venue par le deces de leur mère, et celle qui leur venra par la descendue doudit Oudart leur père » (ne ) 



(4) On ht déjà dans Aleschans (v. 1958.) 
deschaener. » (n. e.) 

(5) Déchalander était au dictionnaire de l'Académie (éd. de 1718). (n. e.) 



,, , . . père. » (n. e.) 

Vers les prisons commence à galoper ; L'un après l'autre va toz 



13 



DE - 98 - 



DE 



I 



de Nicot, Robert Estiennc et Oudin , et ci-après le 
verbe Deschanter. 

^ On nomnioit aussi deschant une sorte de musi- 
que d"église , faux-bourdon. (Voyez Du Gange, 
Glossaire latin, au mol Canins discantus et au mot 
Discantns.)^^ 11 list commencer vespresbaultement, 
a et le lendemain matin au point du jour matines 
« à cliant, et à deschant. « (Chroniques S. Denis, 
t. Il, fol. 7.'(.) (I) 

"= Un a dit deschant pour <• accords » ; la syllabe 
des devenant explétive ou augmentative. 

Sur ce printemps les oysillons des champs 
GazouUeront armonieux descliantz. (Crétin, p. 216.) 
Pour escouter les gracieux descliantz 
Du douLx et gent rossignolet saulvaige. (Ibid.p. 234. J (2) 

° Deschant a signifié « cris, clameurs. » 

Non sans grandz criz, et deschant: par les boys, 
Mectre soubdain le sangler aux abboys. 

Ds la Cliasse royale du sanglier dise, par François 1", p. 24. 

= Enfin la syllabe des devenant négative, deschant 
s'est employé pour chant discordant. » (Nicot et 
Monet.) 

Deschanter, y. Rétracter*. Désenchanter^. 
Chanter le contrepoint '=. 

* On dit encore dans le langage familier ou bur- 
lesque déchanter pour se rétracter. Ce mot, en ce 
sens, étoit autrefois de l'usage commun. 

Ma derreniere vueil fere en chantant, 
Por ce qu'amors l'ait en remembrance ; 
Que que je chant, li cuers net deschantant. 

Oedc de la Courroierio, PoSs. MSS. avant 1300, t. H, p. 653. 

° Deschanter pour « desenchanter » n'est peut- 
être qu'une faute. « Si tostque les quatre chevaliers 
<■ furent deschantc:^, ils allèrent faire moult grant 
« feste à Estonné et à Clodius. » (Perceforest , 
vol. I, fol. 74.) 

"^ Il semble que deschanter, dans les passages sui- 
vants, signifie chanter le contrepoint (3). » Scavoit 
" jouer de tous instrumens, chanter et deschanter 
« mieulx que nul autre. » (Journal de Paris, sous 
Charles VI et VII, p. 200.) 

Descliaperonner, v. Oler le chaperon. (Oud.) 

Deschai'cher, v. Décharger. 

Artus s'en part, et vient à Tours, 

Sa gent, son harnois la desdiarchc. (G. Gaiarl, p. 5S.) 

Descliarge, s. /'. Charge, imposition *. Devoir, 
office °. 

* Au premier sens : » Le loy fist arrester les 
" deniers et descliarges qui avoient esté levées 
<■ pour le payement du dit connestable, et des 
a quatre cens lances de sa charge et retenue, pour 
« le quartier d'avril, may et juing lors escheu. » 
{Chr. scandai, de Louis XI, p. 211.) 



° On disoit : « .Fay fait mes descharges, » pour 
j'ai fait mon devoir, je me suis acquitté. (G. Guiart, 
Ms. fol. 304, R°. — Voyez Desciiabger.) 

Deschargé, adj. Maigre, décharné*. Clair °. 

* En parlant des personnes, ce mot se prenoit au 
premier sens. (Oudin.) 

^ En parlant de couleurs, « une couleur deschar- 
« gée " étoit une couleur claire. (Oudin, Cur. fr.) 

Descharger (se), v. S'acquitter. » En fut 
« baillée la charge à Jean du Bellay evesque de 
" Paris, lequel encores qu'il fust prins à l'impro- 
« viste s'en deschargea au contentement, tant des 
« estrangers, que de ceux de sa nation. » (Mém. Du 
Bellay, liv. IV, fol. 118.) 

Deschargeur, s. m. ^^ Dechargeur ù'm'iiWerie» 
étoit un officier d'artillerie. » Jean de Launaybour- 
« geois de Paris, Ilierosme Gelée deschargeur en 
" l'artillerie de France. » (Coût. gén. t. I, p. 57.) 

Deschargiement, adv. Sans bagages. Ce mot 
se trouve dans le Rom. de Brut, ms. de M. de Bom- 
barde, au lieu de « eschariemenl » qu'on lit dans 
noire .ms. Il semble signifier « d'une façon débar- 
rassée, » sans bagages, sans suite. 

Descharmer , v. Désenchanter. (Oudin et 
Cotgrave.) « Quant la pucellese sentisl descharmée 
« de ses amours, elle n'eut membre en sou corps 
« dont la sueur ne saillist de deslresse. » (Percef. 
vol. 5, fol. 33.) 

Descharner, v. Terme de fauconnerie (4). Oter 
à l'oiseau de proie, la chair, la leurre qu'on lui a 
donnée ou le gibier qu'il a pris. « Se le faucon 
a vient au loere et qu'i le prengne rudement, si le 
•< lesse mengier dessus deux, ou trois bechiées, 
« puis le descharne, et li osle dessus le loere. » 
(Modus et Racio, ms. fol. 116 ) (5) 

Descharougnement , s. m. Déchirement. 
L'action de déchii-er, de mettre en pièces. (Cotgrave, 
R. Estienne et Nicot.) 

Descharongner, v. Déchirer, mettre en pièces. 
(Nicot, Colgr. R. Est. et Oudin.) 

Deschaucher, v. Déchausser *. Se mettre en 
action °. 

* Dins le premier sens, c'est noire mot déchaus- 
ser très peu altéré. 

....Il dormirent sans peur 

D'estre de nului enchauciez, 

Nuz, et de chauces deschauciez. (G. Guiart, p. 58.] 

^ Ce même mot, dans une signification fort éloi- 
gnée de cette première, s'est employé pour « se 
mettre en action. » 

Leur eschiele adont se deschaiiche. (G. Guiart, p. 268.) 



(1) B Comme dévotement il fit chanter la messe et solempnement glorieuses vespres et matines et tout le service à chant 
et à rfrJf/ifoif, à ogre et à treble. » (S' Louis, p. 223.) De même dans Renart (v. 21373): « Atant a Renart envaï Un 
benedicaraus farsi A orgue, à treble et à deschant. » (N. E.) 

(2) Du Cange cite Molinet : « Oiseaux des champs chantans chans et dcsclianis. » (n. e.) 

(3) Du Cange cite les Miracles de Nostre-Dame (B. N. fr. 819 et 820) sous discantus: « Ki donc oist canter archangles 
Descanter puceles et angles. — En l'orgener et verbloier Ou desclianter ou quintoier. » (n. e.) 

(4) Au reg. .IJ. 179, p. 49, an. 1447, il est un dérivé de charnières ; « Icellui Gallipaud mist son arbaleste au devant qui 
retint et receut le coup; et dudit coup fist descharner les coupletz ou charnières de ladite arbaleste. » (N. E.) 

(5) On lit encore au fol. 82 : « Tu l'abescheras sur le loirre, puis le descharneras. » (N. E.) 



DE 



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DE 



De là, on disoit « au deschaucher « pour au com- 
mencement (le l'action. 

Au premier front, au deschaucher. (G. Guiart, p. Sîi'J.) 

VARIANTES : 
DESCHAUCHER. G. Guiart, MS. fol. 268, R°. 
Deschaucier. g. Guiart, MS. fol. 27.5, V». 
Deschoser. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. II, fol. 176. 

Deschaiiffauder. [Intercalez Deschauffaudcr, 
démolir un échafaudage : « Lesquelz charpentiers 
« n'avoient chauffaut que d'un bout, parce qu'ilz 
« n'avoient de quoy chauffauder; et leur convint 
a (leschauffaiider ledit bout chauffaudé. » (JJ. 195, 
p. 1583, an. 1476.)] (n. e.) 

Deschaiire. Nous n'entendons pas ce mol. 
Peut-être faut-il lire d'eschaure pour » escheoite, » 
échue. 

Dame savés, se vos m'amés, 
Ke boine avanture 
J'aurai deschimre. 

Li Lais de la Rose, Poi-s. MSS. av. 1300, t. II, p. 885. 

Deschaus, adj. Déchaussé. (Dict. de Monet.) 

Descatis, nus pies, affublés d'une nate 
Le cerkerai por estrange contrée. 

Pocs. MSS. .IV. 1300. t. III, p. H67. 

« Les fit prendre et tolir tôt lor avoir, et mener 
« en Blakie nus et deschatts et a pié. » ;Villeliard. 
page 162.) (1) 

VARIANTES : 
DESCHAUS. Villehardouin, p. 162. 
Deschaux. Joinville, p. 8 et 23. 
Deschaulx. Villon, p. 85. 
Deschaud. Cotgrave. 
Descaus. Poës. MSS. avant 1300, t. III, p. 1167. 

Deschaussage. [Intercalez Deschaiissage , 
synonyme de cachet, coillage, au reg. JJ. 139, 
p. 2'20, an. 1390 : « Plusieurs compaignons estoient 
" alez boire en la taverne le deschaussage d'une 
" espousée, ainsi qu'il estoit de coustume ; et pour 
« ce que le père à l'espousée qui avoit respondu 
« de paier le di dessanchage, c'est assavoir deux 
« pintes de vin ou trois... » Au reg. JJ. 148, p. 248, 
an. 1395, on Ht desehaussaille : » Lesquelz compai- 
« gnons vindrent boire le vin des deschaussailles 
« d'une espousée de Mully. »] (n. e.) 

Deschaussé, adj. Dépouillé. » Deschaiissé de 
« cervelle jusques au talon, » façon de parler dans 
le Moyen de parvenir, p. 63. 

Deschaiissement, s. m. L'action de déchaus- 
ser. (Oudin.) Il ne se dit à présent que des arbres 
qu'on déchausse lorsqu'on ouvre la terre autour 
du pied. 

Deschausser, v. Ce mol subsiste (2). Nous cite- 
rons seulement quelques anciennes façons de 
parler : 

1° « S'il s'en courrousse, qu'il s'en deschausse. » 



Nous disons : ■■ S'il se fâche qu'il prenne des car- 
« tes. » (Voyez Cymbalum mundi, p. 104.) 

2° « Descitausser Bertrand, •> c'est-à-dire s'eni- 
vrer. (Cotgrave et Oudin.) (3) 

Deschaussoere. [Intercalez Deschaussoere , 
houe, au reg. JJ. 131, p. 62, an. 1387 : » L'exposant 
" doublant que ledit Guillaume le ferisl et villenast, 
« bouta d'une descliaussoere ledit Guillaume en la 
« poitrine. » On lit encore au reg. JJ. 146, p. 83, 
an. 1394 : « Icellui Guillaume Charle tenant en ses 
« mains un ferrement, appelle deschaussoire fery 
« et frappa plusieurs cops ledit Naudin. »] (n. e.) 

Deschendre, v. Descendre. (Voyez Beauman. 
page 9.) 

Deschevacher, v. Démonter, désarçonner. 
(Oudin et Cotgrave.) « Que l'en ne puisse mie des- 
« chevacher marchant , ne arresfer, ou autre 
« personne chevauchant en allant en sa besoigne 
« par terre ou par yaue. » (Ordun. desR. de Fr. 1. 1, 
p. 460, article 8, etc.) « Pour ce qu'il sembloit au 
" vert chevalier qu'il n'y avoit gueres à faire à 
« deschevaler son homme, il le temploit terrible- 
» ment ; mais c'estoit pour néant ; car le chevalier 
« sauvage s'estoil lyé des jambes au corps de son 
« cheval, tant que l'autre chevalier Iraveilloit en 
" vain. " (Perceforest, vol. III, fol. 6.) » Si nous 
« tiendra le roy Claudas pour meschans vous et 
« moy, se nous ne les deschevauchons. Or me suy- 
« vez, car j'en porteray incontinent ung à terre. » 
(Lancelol du Lac, t. III, fol. 43.) 
variantes : 

DESCHEVACHER. Ord. des R. de Fr. t. I, p. 4G0. 

Deschevaler. Oudin, Dict. 

Deschevaucher. g. Guiart, MS. fol. 123, U" (4). 

Deschevaochier. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 1. 

Deschevancer , v. Enlever la chevance ou 
les biens à quelqu'un (Oudin et Cotgrave.) 
Deschevement, s. m. Décadence. 

Ne peult vivre que honnestement 
Sans venir a deschevement. 

Gace do la Bigne, des Déd. MS. fol. 20, V'. 

Deschever, v. Décheoir. Le contraire d'ache- 
ver une aventure, ne pouvoir la mettre à lin.(Perc. 
vol. VI, fol. 5.) 

Deschevestrer , v. Débarrasser. Proprement 
c'est ôter le licou ou la bride, le chevêtre à un 
cheval ou autre bête. Au figuré, débarrasser. (Dict. 
de Monet, Nicot, Oudin et Colgiave.) » Des lors il 
" est pris aux rets, sans qu'il^s'en puisse deche- 
« vestrer, tout le demeurant de sa vie. » (Pasquier, 
Rech. p. 293.) 

Descliiffrer, v. Développer, découvrir. Propre- 
ment expliquer le cliiffre, d'oii l'acception figurée 
de découvrir le mystère ; ainsi on a dit : « Avant que 



(1) De même dans Froissart (V, 201) : « En purs les chiés et tons' deschaus. » (n. e.) 

(2) On trouve dechalcié dans Th. le Martyr, 115, et deschaucier au Lai de Melion. (N. E.) 

(3) On Ut aux Sérées de Guill. Bouchet (sect. l'") : « Il se peut que quelqu'un étant bien ivre , avoit déchaussé Bertrand 
son valet, au lieu de se faire déchausser par lui, comme aux Saturnales, pendant la débauche desquelles le valet bien sou 
se taisoit servir par son maistre encore plus sou (saoul). » (n. e.) 

(4) On ht encore au reg. JJ. 119, p. 283, an. 1381 : « Icellui Henriet non cuidant mesprendre de oster audit Juif le sien , 
pour ce qu'il n'avoit point de rouelle, deschevaucha icellui Juif et print son cheval et la beaace qui estoit derrière. » (n. E.) 



DE 



— 100 — 



DE 



» ilj (k'scldlfrer par le menu leurs dissolutions. » 
[.\^u\. pour Hérodote, p. 325.) « Deschifl'rer une 
personne, " c'est développer tous ses défauts. (Voy. 
Oudin, Cur. fr.j Ue là, en terme de vénerie, on 
disoit « deschilfrer la tète du cerf, ■■ pour en faire 
connoilre l'âge par sa lète. » S'en ira à l'assemblée 
« faire son rapport, deschifj'rer la teste du cerf. » 
(Fouilloux, Vénerie, fol 30.) 

Deschiquetenient, s. m. L'action de déchirer 
en morceaux. fCotgr. et f{. Estienne.) 

Deschiqiieter, v. Mettre en pièces. (U. Est.) (l) 

Deschiquetis, s. m. Le bruit d'une chose qui 
est déchiiinetée. « On oit par les cuisines des deschi- 
« quelis, des (;li(iuetis de cousteaux, des tinta- 
" marres des chaudrons et poisles. » (Merl. Cocaie, 
tome I, p. '21.) 

Deschirée, adj. au fém. Epilhète d'une femme 
impudique dans Coquillart, p. 54. Borel explique 
dans le même sens l'orthographe désirée. 

VARIANTES : 
DESCHIFIÉE. Coquillart, p. 54. 
Désirée. Borel, Dict. 

Deschirei* , v. Déchirer, mettre en pièces (2). 
Dessirer, dans S. Bernard, répond au latin solvere. 
(Dict. deDoiel et Cotg.) » Personne allant pescher 
« aux ruisseaux, ne pourra desrompre les prairies 
« en houant par où icelles se trouveroient deschi- 
« rées. '■ (Nouv. Coût. Gcn. t. Il, p. 8G5.' « Ils 
« feirent en plusieurs et divers lieux très grans 
■< feux parleurs logis, du bois des maisons des faulx- 
« bourgs de Mond'idier, qu'ils avoient deschiré et 
« abbatu. » (Monstr. vol. 1, fol. 131, R°.) (3) 

VARIANTES : 
DESCHIRER. Monstr. vol. I, fol. 131, R°. 
Decirer. Froissait, liv. II, p. 189. 
Descirer. Chr. S. Denis, t. II, fol. 185, V». 
DESIRER. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. II, fol. 171. 
Dessirer. Rabelais, t. I, p. 183. 
Desirrer. Fauchet, Lang. et Poës. fr. p. 104. 
Desquirer. Froiss. Poës. MSS. p. 301, col. 1. 
Descirier. s. Oern. Serm. fr. MbS. p. 34. 

Deschirure, s. f. Déchirement. On trouve en 
ce sens discerdara, dans le Gl. lat. de Du Gange (4). 

VARIANTES : 
DESCHIRURE. Du Cange, Gloss. lat. au mot Discentiira. 
Dechirelire. Le Lab. Hist. de Charles VI, p. 381. 
Desciruhe. Beauman. p. 189 (5). 

Descifjlei", v. Dessiller. (Colgrave.) 
Desciii, s. m. Dessein, projet. 



Dont peut venir a grant corps lascheté 

Et au petit si courageux ctescin. (E. Desch. p. 2i9.) 

VARIANTES : 
DE>CIN. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 219, col. 4. 
Desseing. M. de S. Gelais, p. 22. 
Dessing. Nicot, Dict. 

Desciper, v. Ruiner, détruite. « Ne descipe 
« par ma mauvaistie ce que a fait ton omnipotent 
« bonté. " (Chasse de Gast. Phéb. ms. p. 393.) 

VARIANTES : 

DESCIPER. Chasse de Gast. Phéb. MS. p. 393. 
Dessiper. Hist. de Fr. à la suite du Rom. de Fauv. f» 85. 

Desclamper, v. Détacher. (Oudin.) 

Desclarcir, v. Eclaircir, débrouiller*. Décla- 
rer °. 

* Au premier sens qui est le sens propre: « Se 
» aucun cas leur venoit, que il ne peussent desclar- 
« (•»• par les articles desus diz, voulons pour euz 
« acertener sus ce, que il ayent recours en nostre 
» chambre des comptes, ou nous avons l'ait regis- 
« trer nos dites ordenances et baillées à garder. ■ 
(Ord. des R. de Fr. t. 1, p. 734.) (fi) 

^Par extension l'on a dit desclarcir pour rendre 
manifeste, rendre public, déclarer. « Sachent tuit, 
« que l'information faite de par nous bien et dili- 
« genment, par bonnes genz dignez de foy, sur les 
« choses dessus dictes, et raportée à noz dits sei- 
« gneurs et maistres et veue d'iceulx diligemment, 
« ayons desclarci e[ desclarcissons du commande- 
« ment d'iceulx, que les dictes personnes vendront 
« et mettront en place leurs denrées d'ores en avant 
» soubs la dicte halle, en la fourme et en la manière 
« qui s'ensuit. » (Ord. des R. de Fr. t. V, p. 106.) 

Desclarsissement, s. m. Information, recher- 
che, éclaircissement. - Le dit nostre sire le Roy 
« qui lors estoit, leur eust octroyé et accordé, que 
« il peussent vendre leurs dictes denrées soubs la 
« ditte halle, aussi comme il et leurs devanciers 
" avoient faicte en la ditte place, avant ce que la 
« dite halle feust faicte et édiffiée en icelle, senz 
« faire autre desclarssissement. » (Ordoan. des R. 
de Fr. t. V, p. 106.) 

Desclaver, v. Changer le ton sur l'orgue *. 
Déclouer °. 

*Voy. sur le premier sens, le Dict. d'Oudin. 

^ Le sens propre est » déclouer (7), déboucler. » El 
c'est en ce sens qu'il est employé dans le passage 
suivant, où il s'agit de la délaite du roy de Chipre 
pris par les Sarrasins : « Le coursier du roy cheut 



(1) « Dieu scet s'ilz auront froit aux bras Par leur manche descliiqiictér. » (Ch. d'Orléans.) (n. e.) 

(2) Il se prend aussi au figuré : « Ces fumées des François ont esté bien abatues et Jeschirées en Turquie. » (Froissart, 
XVI, 2.) CN. e.) 

(3) 11" signifie là ruiner comme dans Froissart (II, 185): « Et demora U chastiaus de Thun l'Evesque ensi tous 
deschirés. « (N. É.) 

(4) Il cite les Etablissements de S' Louis (Ord., I, 286) : « Se ce est de trieve enfrainte, il doit nionstrer sanc ou plaie, ou 
descireure, ou chaple. » (n. e.) 

(5) On lit encore (XXXV, 10): « Encore ne vaut le lelre riens, qu'on trueve deschirée tout ou en partie, puisque la 
deschirure passe point de le lettre. )> (N. E.) 

(6) Du Cange cite le livre rouge de la Ch. des Comptes, fol. 579, v", sous clarum facere: « Ainsi desdaircissoit que li 
ostrevent estait du royaume de France. » (N. e.) 

(7) On lit aussi dans Froi.ssart (X, 110) : « [Piètres dou BosJ enlendy as besongnes et fut loules les ais dou pont de 
Commiues rfcsL'/iiri,'/- et desquevillier, pour estre tantos delTait , se il besongnoit; mais encore ne vaul-U mies le pont 
condempiier de tous poins. » (n. e.) 



DE 



- 101 — 



DE 



« des quatre pieds à terre el se descluverent les 
« sangles de la selle, et après qu'il fut remonté et 
« qu'il voulut faire faits d'armes, la selle retourna, 
« et le roy cheut par terre. » (Monsir. vol. 1, f° 30.) 

Desclavetei", v. Démonter, en parlant dun 
canon. ^Oudin el Cotgrave.) 

Descleirement, adv. Clairement. « Kl pour 
« mieulx le savoir (iescleirement, il le sera plus a 
« plaiii déclaré, etc. » (Modus el Uacio, ms. f° 100.) 

Descliquicr [Intercalez Descliqtiier : 1° Dé- 
charger un canon : « Cil dou Ivesnoy descliquiérent 
« canons et bombardes qui jetoientgransquariaus.» 
(Froissart, 111, 152.) On lit aussi dans la Bataille de 
Liège, p. 870 : « On faisnil trompettes bondir, 
« Canons, bombardes (lesciliinoicnt ; Et les gens 
« d'armes y frappoient. » 2" Décocher une flèche : 
« L'exposant... par maie fortune en dcscUquaiit, 
" feri de la dilte vire ledit Pierre ou oel, dont mort 
« s'en est ensuye. » (.1.1. !'2I, p. 20, an. 1282.) De 
même dans Froissart (VI, 104): « Et chil archier 
a commenchierent à desclicliier saieltes fort et 
« roit. » 8" Résonner: » Et puis {\venl descliq nier 
« ces trompettes. « (Ei'oissarl, XV, 2;)3.) .'<° Asséner : 
« El li ilesclikc un cop entre le col et les esiiauUes. » 
(Froissart, VIH, 35.)] (n. e) 

Desclorre, v. Ouvrir*. Sortir^. Découvrir*^. 

*Sur le premier sens, voyez Dict. de Monet, de 
Nicol, Cotgrave, Oudin el Du Cange, Gloss. lat. au 
moi Dlsclaudere. 

Le coffre desclorre et ouvrir. (E. Desch. p. 483.) 
Au llguré, on disoit dans le même sens, en jiar- 
lant de gens de gueire en ordre de batadle : 

En allant et en venant 

Vont le premier front ordonnant 

El priant qu'ils ne se descloeitt. (G. Guiarl, p. 330. J (1) 

^ On disoit aussi (/('Sd;/o?Tt^ pour « sortir. » 

L'argent de la bourse en descloe. (E. Desch. p. 317. J 

'^ Enfin desclorre a signilié « découvrir » « Ne 
>( veuilliez cesle chose dii-e ne desclorre à nullui. » 
(Modus et Kacio, ms. fol. 301, R".) 

VARIANTES (2) : 
DESCLOUUE. Monet, Nicot, Cotgrave, etc. 
Descloer. Ph. Mouskes, .MS. p. 198. 

Desclos, adj. Ouvert*. Libre^. Dissolu '^. Mani- 
feste, découvert, déclaré". 

* Voyez sur le premier sens, quieslle sens propre, 

Du Cange, Gloss. lat. au mol Discluusus. « Fit 

« clore boys de Vincennes de fors murs el de haulx, 
" qui devant esloit si desclos que bestes et gens 
« pouvoient aller parmy. « (Chron. de S. Denis, 
t. II, fol. 5, V°.) (3) 

^Appliquant ce sens aux personnes, desclos a 
signilié « libre, » en liberté, qui n'est point enfermé. 



Ce sont sergents, ne les allenderay ; 

Par Saint Martin, compains, je m'enfuiray 

Devers les champs fait bon estre desclos. 

•= L'idée de liberté rappelant celle de l'abus de 
cette liberté même, a fait employer le terme desclos 
pour « dissolu , » homme sans mœurs et sans 
frein. <■ Louis le Débonnaire commeuda que l'eslat 
'< de S" Eglise qui ja estoit desclos fusl reformé. » 
(Chron. de S. Denis, t. I, fol. 173.) On lit dans le 
latin : « SliUiim Ecclcsuisticum penc collaj/sum in 
« antiqiium slalum crlgi jnssiL « 

"Enlin desclos, nvi llguré, a signifié découvert, 
déclaré, manifeste. 

Helas s'en est li plus dolens 

Et qui moins voulsist que la chose 

Fusl esclaircie ne desclos''. (E. Desch. p. 49i.J 

Desclotiire, s. f. Ouverture. (Nouv. Coût. Cén. 
t. 11, p. 989.) 

Desclouer , v. Déclouer , défaire , rompre. 
(Cotgrave el Oudin.) « ....Le ferit de lelle vertu que 
« de l'escu rompt les acs, el les mailles du haulbert 
« sont dcsclouées, si que le fer du glaive luy passa 
" parmy la senestre espauUe lout oullre. ■■ (Lanc. 
du Lac, t. II, fol. 2.) 

i . Dcsco, s. 711. Corbeille, dans le patois langue- 
docien. (Du Cange, Closs. lat. au mot Desca.) 

2. Descô. Ce mot, dans les vers suivans,paroit 

signifier « décourager. >• 

Raison, je l'oublie par trop haut amer, 
Mais pour cou descô ne me doi (4). 

PoSs. MSS. avaiil 1300, l. III, ('. 1101. 

Descocher, v. Décocher*. Lancer, lâcher^. 
Partir avec rapidité'^. 

*Au sens propre, on a dit en parlant de la bataille 
de Roncevaux : 

Lambiers de Beorges 1 broce 

Si com li quariaus kl deskoce. {Ph. Mouskes, p. 101. j (5) 

^Au figuré, on disoit descocher pour « lancer, 
« lâcher ». 

A Rennes sont venuz à la couchée 

Où mainte bade ilz ont là descochée. (Faifeu, p. 54.) 

"^En général, descocIicr,pi\r allusion à la rapidité 
d'une flèche décochée, signifioit partir avec rapidité, 
soit pour charger l'ennemi, soit pour fuir, etc. 

Robert de Bermeulles desrange : 

Seul, sanz autre, le cheval broche, 

Coptr'eus comme foudre descoche. (G. Guiarl, p. ^84.) (6) 

VARIANTES : 
DESCOGHER. G. Guiart, MS. fol. 289, V». 
Deskocer. Vh. Mouskes, MS. p. 191. 
Descochier. g. Guiart, MS. fol. 69, R°. 

Descœur, s. m. Aversion, dégoût. | (Oudin). 
A descœur, à contre-cœur, désagréable, Jfàcheux. 
« Chose qui lui estoit fort à descœur. » (Vray et 
parf. am. fol. 7.) 



(1) De même dans Froissart (VII, 47) ; « Il \enoit à cel endroit où il veoit ses gous branler, ouvrir ou dcsclore. » (n. e.) 

(2) On lit déjà dans Roland : « L'escut lui freint, et l'haubert lui desclot. » i^Ve'rs 1199.) (N. E.) 

(.3) On lit aussi au Roman du Renart : « Là où li palis iert desclos Avoit li vilain planté chox. » - k Jà por nomer vilaine 
chose. Ne doit ta bouche estre desclose. » (La Rose, 2222.) (n. e.) 

(4) Il y a là vme abréviation mal résolue. (N. E.) 

(5) « Avant en va desus le pont ; Li sergent qui furent arnont Descoclœnt carriax enpenez. » (Renart, 189C9.) (n. e.) 

(6) Voyez v. 2218, v. 614U, v. 8176. (N. e.) 



DE 



— 102 - 



DE 



Descoeuvre, s. f. Terme de tournoi. On disoit 
en langage d'ancienne chevalerie, « faire sa des- 
« coeuvir, « se montrer dans le lieu du tournoi 
pour la première fois. « M" de Daillon avoit 
■s iO gentilshommes armez îi l'Albanoise, et à la 
« Tui(iue lesquels premier que assembler feirent 
a leur descoeuvre course et escarmouche de che- 
« vaux légers. » (J. d'Anton, Ann. de Louis XII, 
page 5.) 

Descoeuvrir, v. Découvrir. (Cl. Marot, p. 35.) 

Desooancu, adj. et part. Ignorant*. Mëcon- 
aoissable^. Méconnoissant, ingrat'^. Connu". 

*Pour >' ignorant. » « H trouve une plus froide 
« que luy qui fait Festonnée, l'esbahie, la desco- 
« gneue, ainsi que si elle ne l'avoit jamais veue. » 
(Moven de Parvenir, p. 242.) 

^"Pour « méconnoissable. » « Gérard qui moult 
a estoit descogueu par une herbe dont il s'estoil 
« frotté le visage et les mains. " (Gérard de Nevers, 
1" partie, p. 58.) » Les deux parties dont je vous 
« parle estoient se deschirez et desconneir^ que les 
» uns ne congnoissoient les autres. » (Perceforest, 
vol. I, fol. 25.) (1) 

•= Pour « méconnoissant. " « Quant la guerre est 
« en bonne querelle, c'est juslice, c'est detTendre 
<■ droicture, et croy que Dieu aime ceulx qui veul- 
« lent exposer leurs corps à vouloir faire la raison 
ti aux ingratz , aux descongneuz , aux orguilleux 
« qui vont contre bonne équité. » (Le Jouvence!, 
folio 75.) 

° Quand desconneu a signifié connu, c'est parce 
que la syllabe des n'éloil ajoutée que comme explé- 
tive. Ainsi on a dit en ce sens : 

Bien sont par nu\is dft:i:onneues 

Les oz de France, et leur banieres 

Dont la a de maintes manières : 

Bien connoisson qu'il sevent faire. [G. &uiart,p. H5.) 

VABI.4NTES (2) : 
DESCOGNEU. Oudin, Dict. 
Descoxgneu. Le Jouvencel, fol. 75, V". 
Descongnu. Faifeu. p. 91. 
Desconneu. Percef. vol. I, fol. 25, V» col. 2. 

Descognoissable, adj. Qui ne connoît pas. 
" Ignorable et descognoissable des nez de mer. » 
(Chr. fr. Ms. de Nangis, sous l'an 1283.) On lit dans 
le latin : navalis prœlii ignara. 

Descognoissance, s. f. Ingratitude*. L'action 
de méconnoitre^ (3). Déguisement "=. Ignorance °. 

* Ou lit au premier sens : « Je say, sire, que des- 
« cognoissance te déplaist. « (Chasse de Gast. Phéb. 
MS. p. 409.) 

^ Le sens propre est l'action de méconnoitre. On 
a dit en ce sens en peignant les effets de la rage : 
" Puis vient à frenaisie et en descognoissance de 
toutes choses. » (Chasse de Gast. Ph. ms. p. 413.) 

'^Pour « déguisement : » « Si tost qu'il fust 



« prest, il commenda à deux de ses nobles escuyers 
» qu'ils le suivissent et que l'ung print sa lance, et 
« l'autre son escu, non point celluy qu'il portoit 
'■ coustumiérement ; mais ung autre painct d'or et 
•' de gueules pour rf^'scoHy/toissaHce. "(Perceforest, 
vol. VI, fol. 63.) 

°(»n a aussi dit par desconnoissance pour signi- 
fier par ignorance, sans savoir : 

Ou par desconnoissance, qu'il ne sevent bien dire. 
Fabl. MSS. du R. o* 7218, fol. 83i, V col. 1. 

VARIANTES : 
DESCOGNOISSANCE. Al. Chart. l'Espér. p. 203. 
Descongoissance. Percef. vol. VI, foL 63, R° col. 1. 
Desconnoiss.\nce. Oudin, Dict. 

Descognoissant. [Intercalez Descognoissant 
de raison, aliéné, au reg. JJ. 14, page 248, an. 
1392.] (N. E.) 

Descognoistre, v. Méconnoitre *. Désavouer^. 
Rendre méconnoissable"^. Ce mot, sous les ortho- 
graphes employées par S. Bernard, Serm. fr. mss. 
répond au latin non agnoscere; et le participe déco- 
nuz-, p. 211, au latin absconditus. 

* Pour « méconnoitre. » (Voy. les Dict. de Monet, 
Nicot et Cotgrave.) « Pour le faire decongnoistre 
« luy fit devestir son jaques, et puis revestir à 
« l'envers, ou autrement il eust esté recognu. » 
(Hist. de B. du Guescl. par Mén. p. 481.) 

^Nous disons encore méconnoitre pour « de- 
« savoiier. » On disoit en ce même sens descO' 
noistre. 

Ne je de çou ne di ne je desconois mie. 

Villars de Corbie.Poés. MSS. avant 1300. t. III, p. 1269. 

'^Pour rendre méconnoissable (4). « Adonc fut le 
a chevalier moult dolent pour ce qu'il n'avoit point 
« descongneu son escu, car il ne vouloil point estre 
« recougneu. » (Percef. vol. III, fol. 112, V° col. 2.) 

VARIANTES : 
DESCOGNOISTRE. Méra. du Bell. liv. IV, fol. 135, V". 
Dkconoitre. S. Bern. Serra, fr. MSS. p. 7 et 211. 
Desconnoitre. Oudin, Dict. 

Descongnoistre. Percef. vol. I, fol. 132, V» et passim. 
Desconoistre. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 1269. 
Desconostre. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 182. 

Descolngiier, v. Cogner, heurter. 

Et le frain si fort empoigna. 
Que du musel li descointjna. 

Fabl. MSS. du R. n- 721S, fol. 136, R* col. 1. 

Descolpe. [Intercalez Descolpe, excuse : « De 
" laquele peigne, se li duc la voloit demander, et il 
« meist raisons qui ne fuissent raignaubles ; et se 
» lidit Jahans voloit demander lesdittes issues, et 
» li duc meist descolpesqui ne fuissent regnaubles, 
« il s'en doit suffrir. » ^Hist. de Bourgogne, Preuves, 
H, 33, an. 1209.) On lit encore au reg. JJ. 55, fol. 30, 
an. 1316: « Nous lui acordasmes [à Robert d'Artois] 
» lui oïr en ses bonnes deffenses et en ses des- 
« coulpes. »] (n. e.) 



(1) « Et si serai en habit si desconnu que vostre vieille ne ame du monde n'aura de moi conaoissance. » (37« Nouv. de 
Louis XI.) (N. E.) 

(2) On lit dansBerte (III): « Poise lui que du nomne s'est desfoHiieio;. » (N. E.) 

(3) L'action de désavouer : « Et la desconnoissatice [que Berte a fait de son nomj n'i a pas obUee. » (Berte, C\V.) (n. e.) 

(4) « Colin le Roux vesti la houpelando du suppliant et dist que pour soy descongnoistre, il avoit prins la dite 
houpelande. » (JJ. 143, p. 254, an. 1392.) (m. e.) 



DE 



— 103 — 



DE 



Descombattre (se), v. Se délivrer de quel- 
qu'un en combattant. (Nicot, Monet, Cotg. et Oud.) 

Descombles, subst. Lisez décombres dans le 
Coul. gén. t. II, p. 813. 

Descombre, v. Se reposer, du latin disciim- 
bere, aller se coucher. 

Chantez oyseaux et puis irez dcsco»il»v. 

Tercet, vol. VI, fol. 08, V" col. 2. 

Descombi'emeiit, s. m. L'action de de'com- 
brer. (Monet et Cotgrave.) 

Descombrer, v. Décombrer*. Délivrer, débar- 
rasser °. 

* Le sens propre est ôter les décombres, nettoyer, 
débarrasser un terrain. (Borel, Cotgr. et Oudin.) 

° Au figuré, ce mot s'est employé en général pour 
délivrer, débarrasser (1). » Le chevalier estoit noble, 
« preux, et moult vaillant et gentil, et l'aymoye de 
« bonne amour ; or le m'ont ravy les maulvais 
« esperitz, dont le Dieu souverain nous vueille 
« descombrer. « (Percef. vol. YI, fol. 40, R°.) De lîi, 
on disoit desencombrer pé, pour débarrasser le fief, 
lever l'empêchement qu'on a mis sus un fief. (Les 
Assises de Jérusalem, p. 1 18. — Voyez aussi Gloss. 
sur les Coutumes de Beauvoisis, et Laurière, Gloss. 
du Droit fr.) 

VARIANTES : 
DESCOMBRER. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 486, col. 2. 
Desencombrer. Laurière, Gloss. du Dr. fr. 

Descommandés, part. Le sens de ce mot est 
peu déterminé [il signifie désavoué] dans le seul 
passage où nous le trouvons, et que nous allons 
rapporter. Il s'y agit de Guillaume Longue Epée, 
duc de Normandie, tué par la trahison d'Arnoul, 
comte de Flandres (043) : 

Ce fu fait, se dire le vuel, 

Tout pour le castiel de Monstruel 

Que le quens ja nous ot tolu 

A Herluin, ki quens en fu ; 

Et li dus ki li ot raquis, 

En fu cel jour ensi trais ; 

Mais li rois en fu moult blasmés; 

Li quens Ernous descoiimmndés 

Et Baucelicours s'enfuirent, 

Tout droit en Flandres s'en revinrent. 

Pli. Mouskes, MS. p. 370. 

Descompagni, part. Séparé. (Voy. ci-dessus 

DE.SCO.MrAG.MER SOUS DesACOMPAIGNER.) 

Descompaiguier(se). [Intercalez se descom- 
paifjnier, se séparer (Froissart, VU, 325): « Li 
« Engiès qui s'estoient descompaigniet d'iaus 
« pooient estre environ .xv c. combattans. »] (n. e.) 

Descompotei*. [Iniercalez Descom])Oter, cesser 
d'engraisser une terre: « Seront lesdiz prendeurs 
« tenus de labourer bien et deuement toutes les 



« terres de ladite censé par droite solle et compo- 
« ture, sans les desroyer, dessoler ne deseompoter. » 
(Cart. de Corbie, 1510.)] (n. e.) 

Descompt, s. ?«. Imputation *. Décompte, 
déduction ". 

* Sur la première signification, voyez Laurière, 
Gloss. du Dr. fr. 

^ Pour décompte, déduction. « Un testateur, ou 
« testatresse peut disposer par testament, et ordon- 
« nancede dernière volonté de ses fiefs et héritages 
« à tiltre de mort gaige, et sans descompt en ligne 
" directe en descendant seulement. » (Couttim.de 
rille, au Coût. gén. t. 1, p. 700.) On lit a la marge: 
« C'est à dire sans précompter, et déduire lesfruîcls 
« de la chose laissée par testament. « «....Pour 
« donations de fiefs, maisons et héritages, faictes 
» en ligne directe à filtre de mort gaige et sans 
« descompt, droict seigneurial n'est deu. » (Coût, 
de la Salle et Baill. de Lill. ibid. t. H, p. 903.) 

Descompter, v. Décompter, déduire (2). On lit 
decomputare dans le premier sens, au Glossaire 
latin de Du Cange. Voyez livre de Mi(;hel Coignet 
intitulé : « Déclaration sur le fait des changes , 
« ensemble un petit discours de bien et deuement 
" disconter. » (Du Verdier, Bibl, p. 870.) 

VARIANTES : 
DESCOMPTER. Ord. t. I, p. 756, etc. 
DisGONTER. Du Verdier, liibl. p. 870. 

Desconciliez, adj. Pauvre. 

Il estoit moult desconciliez 

Et celé estoit, et haute, et riche. 

Fabl. MSS. du R. n" 7015, t. Il, fol. 137, V- col. 2. 

Desconcordé, adj. Qui n'est pas d'accord, qui 
est brouillé avec quelqu'un. 

Donques si estoit avenu 

Que i'evesques de Braisme fu 

Denconcordés à une gent 

Que il haoit moult durement, 

Quar son frère avoient ocis, 

Qu'il avoit en lor tiere mis. (Pli. Mouskes, p. 160.) 

Desconeue, s. f. Malheur, infortune. Lisez 
descouvenuë (3), comme le demande la mesure 
du vers : 

Saichics ke chi a grant desconeue. 

Jakemes li Viniers, Poës. MSS. av. 1300, 1. Il, p. 8134. 

Desconfès. [Intercalez Desconfès, mort sans 
confession, aux Elabliss. de S' Louis (I, 80) : » Se 
« aucuns bonis, ou aucune famé avoit geu malade 
« huit jours, et il ne se voiilsust confesser, et il 
« mourut desconfès, tuit li meubles seroient au 
« baron. » De même dans Garin (Du Cange, III, 
col. 3): " Outre, fet-ils, traîtres, envers; Vostre 



(1) On lit dans le Chevalier au Barisel (Du Cange, II, 449, col. i) : « Et Diex tout maintenant i euvre Qui son cuer 
descombre et descuevre. » De même au cartulaire de Champagne (Du Cange , 11 , 873 , col. 1) : « Jehans de Condé de 
Cambrai... nos pria moût que nos vos prissiens que vos li feissiez à rendre .xxxiii. livres et .xiii. solz d'artisiens , que 
madame ma mère et vostre li devoit de joiax qu'ele avoit euz achetez de lui : sire nos le vos priâmes que vos por Dieu en 
descombrissie: l'ame de li. » Le mot s'appliquait même aux procès (Hist. de Liège, II, 420, an. 1355) : « Tous les eschevins 
doyent demeurer par l'espace de demi an residement à Liège , pour discombrer et faire loy à tous ceaux qui le 
requièrent. » (n. e.) 

(2) On lit dans G. Guiart, d'après Dochez ; « Plus de sept mille morz en gisent Sans les piétons que je desconte. » (n. e.) 

(3) Cependant on lit dans Gérard de Vienne, v. 3724 : « Tost li feront une descomicïte. » Dans l'exemple , dcsconncue 
compte de même quatre syllabes. (N. e.) 



DE 



— 104 - 



DE 



<i lignage mora liui desconfés; .la de cesl champ 
« n'istra ni cuens ne pers. »] (n. e.) 

Desconfict , partie. Détruit *. Découragé , 
abattu ^ 

* Un faisûit de ce mot, pris dans le premier sens, 
un usage commun et vague. Rabelais l'a appliqué 
même ;i Toau bénite. " Il y avoil prou alTaire de 
o saulver Teaue benoiste par les ecclises îi ce que 
» ne feusl desconficte. « (Rabelais, t. II, p. "20.) 

^ Pour ■ découragé, abattu. » 
Cueurs dcscon/iz en sont en duel confitz. [Molin.p. iSI.) 

Un cerf descon fit étoit un cerf rendu, un cerf aux 
abois. (Modus et Hacio, ms. fol. 13.) 

Remarquons ces expressions : 

4° « Desconfit d'uevre, « qui manque d'ouvrage. 
(Poës. Mss. avant 1300, t. IV, p. ISno.) 

'i" « .Mettre à desconfites, « défaire, tailler en 
pièces. (Histoire de France, à la suite du Roman de 
Fauvel, fol. 08.) 

Desconficte, s. f. Déconfiture (I). « Geste des- 
« cimficlc gigantale paracbevéL', Pantagruel se relira 
« au lieu des llaccons. « (Rabelais, t. II, p. 215.) 

Desconfire, v. Détruire, tailler en pièces * (2). 
Forcer ^. Décourager "=. 

* On Irouve discoiificerc, dans le premier sens, au 
Gloss. latin de Du Gange. « Les Grecs déconfirent, 
>• et ruinèrent les richesses de Troye. » (L'Amant 
ressuscité, p. 'iOi.) « Si se desconfissent les Grieu. » 
(Villehardouin, p. 140.) 

° On disoil, en termes de chasse, " desconfire un 
" cerf, » pour le forcer (3). (Voyez Modus et Racio, 
MS. folio 18.) 

*= Pour « décourager. » 

Ne vous en devez desconfire. 

Fabl. MSS. du R. n' 7-218, fol. 289, V col. 9. 

VARIANTES : 
DESCONFIERE. R. de Rou, MS. p. 341 (4). 
Deconfire. L'Amant ressusc. p. 204. 
Decunfih. Marbodus, col. 166f). 

Desconfire. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 322, V° col. 2. 
Disconfire. Villehardouin, p. 140. 
Desconkir. Modus et Racio, MS. toi. 48, R». 

Desconfitour. [Intercalez Besconfitour, vain- 
queurs, dans le Roi Guillaume, p. 162: 

Cist furent li clesco>i/i tours : 

S'ont mns homes pris et raains.] (N. E.) 

Desconfitnre, s. f. Déroute, défaite *. Terme 
de coutume °. 

* Sur le premier sens, voyez Glossaire du Père 
Marlène, t. V. On trouve disconfectura. dans le 
même sens, au Gloss. lat. de Du Cangé. (Voyez 
Sconfita, ii.id. l. VI, col. 2'iî.) 



Au figuré, et en appliquant celle signification aux 
biens et aux richesses, desconfitnre signifioit la 
déroute des richesses. 

^ De Va on appelle déconfiture, dans plusieurs 
G.outumes, le partage qui se faisoil des biens du 
débiteur ruiné. (Glossaire sur les Coût, de Beauv. 
« ....Il fut ordonné qu'elles seroient payées par 
« desconfiture, c'est à dire aux sols la livre, sur les 
•■ biens de ce vieillard. " (Pasqnier, Recherches, 
p. 577.) «i Desconfiture est quand les biens du deb- 
« leur tant meubles qu'immeubles ne suffisent aux 
» créanciers apparens. » (Goutumier gén. tome I, 
p. 34 ; voyez ibid. p. Il, 2U2, et t. II,' page 939 ; 
Bouteiller, Somme rurale, p. 154 et 332.) (5) « Cas de 
« desconfiture, ou de romptnre est lorsque tous les 
" créaaliers viennent à contribution. » (Laurière, 
Gloss. du Dr. fr.) » Item y a différence entre matière 
" de desconfiture et cas de simple exécution, car le 
« cas de desconfiture est quand aucun n'a autres 
» biens, fors ceux qui sont prins par exécution ; 
» mais cas de sim;;le exécution est dit quand 
•> aucuns biens restent à e.xecuter autres que ceux 
« desja prins, et pour ce, au dit cas de desconfiture, 
« on est recevable à donner opposition jusques à 
« ce que l'exécution soit du tout parfaite , et 
'• l'argent baillé en la main du creanlier. » (Coût, 
de Glermont, au Coût. gén. t. I, p. 359.) 

Expressions remarquables : 

1" « Lejeudy des desconfitures. » On appelloit 
ainsi le jeudi qui venoit après les fêtes. « Le jeudy 
" d'après les festes ;que nous appellions lejeudy 
« des desconfitiires] parce que lorsque la pluspart 
« desadvocats n'estans retournez des champs, il ne 
« laissoit toutes fois de tenir l'audience sans par- 
ie donner aisément aux absens. » (Lettres de Pasq. 
tome 1, p. 430.) 

2° 1 Juger par desconfiture, » juger sans enten- 
dre les parties. C'est le sens de celte expression 
dans le passage suivant, oii il s'agit du roi 
Cambyse : 

....Un sien juge jugea à tort 

Ung homme, par desconfiture. (Vir/. de Ch. VII, p. 21i.) 

Desconfort, s. m. Peine, embarras, chagrin (0). 
(Gloss. de Marot. Dicl. de Monel.) 

Ne dansez point, soyez en d'sconfort. fC. Mar. p. 341.) 

Desconfortément , adv. Avec peine, avec 
chagrin. 

Quant merci n'en puis traire, 

Desconfortemoit, 

En torment m'en repaire, 

Dusque à son commandement. 

Ghilebers de Bernev. Cocs. MSS. av. 1300, 1. III, p. 1-210. 



(1) Au xii« siècle (Ronc, p. 28) on lit : « De vostre gens est grans la desconfie. » (n. e.) 

(2) L'infinitif neutre signifie parfois être desconfit : « Adont peuist on-ve'ir celle bataille rengie desconfire à pau de fait. » 
(Eroissart, IV, 406.) (n. e.) 

(3) De ce sens on peut passer à calomnier, blesser une réputation : « Il n'est pas droit que l'on me desconfise. » (Quesnes 
de liéthune, Leroux, I, 41.) (n. e.) 

(4) On lit déjà dans Roland (v. 1247) : « L'osberc li descumfist. » — « Apres li ad la bronie descunfite. » (Vers 3362.) (n. e.) 

(5) Pe niOme dans Loysel (687): « Desconfiture est quand le detteur fait rupture et faillite, ou qu'il y a apparence notoire, 
que Sf's biens, tant meubles qu'immeubles, ne suffiront au paiement de ses dettes. » (n. e.) 

(6) Le mot est dans Couci. I : « Et mi desconfort greignor » ; et dans Henri de Valenciennes (éd. de Wailly, S 520) : 
« Prenge cascuns reconfort en soi-meismes, car desconfors n'i vaut noient ; et nos les desconfir.Mis toz. » Ch. d'Orléans 
écrit aussi : « Quand je le sceu, je dis par desconfort, Je hé ma vie et désire ma mort. » (n. e.) 



DE 



105 



DE 



Desconforter , v. Décourager , attrister , 
désoler. 

Merveilles n'est, si tu te clescnnfortcs (1). 

M. de S. Gelais, p. 58. 

Desconneue, s. f. Ignorance (2). 

Quant femme est deceue, 
C'est sans desconneue. 

Marc, et Salem. MS. de S. G. fol. HCi, R" col. 2. 

Desconnoissance, s. /'. Distinction, marque 
pour reconnoîlre (3). » Se deux gens metentensamble 
" leurs bleds, ou leurs vins, ou leurs deniers, ou 
« leurs marclieandises qui soit d'une nature sans 
« desconnoissance , sans deviser et sans motier 
« quele partie chascun i a, l'on doit entendre que 
c chascuns i ait le moitié. » (Beaumanoir, p. 127.) 

Desconnuement. [Intercalez Desvon)uiement, 
incognito (Froiss. IV, 69) : « Il se mist hors de le 
« cité desconnuement. « C'est là un adverbe français 
qui valait mieux qu'un mot latin.] (n. e.) 

Desconreé. [Intercalez Desconreé, mal équipé, 
au Roman de Merlin (Du Gange, II, 5'iG, col. 2): 
« Ains s'empasseiit outre ambedui mal arrée et 
<■ tout desconreé », et dans Partonopex (v. 4881): 
» Por la noise s'est si liastée C'un poi en vint 
" desconreé. »] (n. e.) 

Desconsci, pai't. Entr'ouvert. 

Car le ciel fut de chief en chief 
Si desconci et si ouvert, 
C'on peust bien à descouvert 
Voer paradis.... 

Fabl. MSS. du R. n' 7615, 1. II, fol. 18G, V col. 2. 

Desconseillé, part. Qui est sans conseil, sans 
assistance *. Eperdu ^. Désolé '^. Sans chef ° . 

* Sur le premier sens, voyez (jloss. sur les Coût. 
de Beauv. où on lit ce passage du chapitre 275 des 
Ass. de .Jérusalem : « Il puet fere moutde bien, se il, 
« à bone foi, conseille les déconseillés. » — ■. Nostre 
" Sire qui les desconsilie'::, conseille, ne le volt mie 
« ensi soffrir. » (Villehardouin, p. 24.) (i) 

^ Par une extension de celte acception, on a 
employé desconseillé pour « éperdu (5). » Ainsi l'on a 
dit d'une femme surprise avec son galant : « Or faut 
« il sçavoir que la pauvre femme desconseillée est 
" devenue. » (Les 15 Joyes du mariage, p. 185.) 

'^ Les acceptions précédentes, encore plus éten- 
dues, ont fait naître celle de « désolé. » 

N'a liome plus desconciUié, 
Ne par amers si traveillé. 

Vies des SS. MS. do Sorbonne, chif. Lvii, col. dernière. 

° Sans conseil est, à divers égards, la même chose 
que sans guide, s;ins chef, et nous trouvons des- 
counseiilé pour exprimer « qui est sans chef. » 



C'est en ce sens qu'on a dit eu parlant d'une église, 
d'un bénéfice à patronage la'ique, pour lequel deux 
patrons présentent chacun un titulaire: « Sil'esglise 
« demoerge descounseillé outre .vi. moys, adonc 
« solonc le counceil del lieu, par le descort des 
« parties, le fra l'evesiiue del lieu counseiller et 
« dorra l'esglise a ascun clerke de son office, sauve 
« chescun droit. » (Britton, Loix d'Anglet. î° 225.) 

VARIANTES : 
DESCONSEILLÉ. ViUehardouin, p. 24. 
Decon.'^eillè. Assises de Jérus. ch. 275. 
nE,scoNSEiLLiÉ. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 3.5i. 
Desconselli. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p 1246. 
Descounseillé. Britton, Loi.x d'Anglet. fol. 227, R». 

Desconseiller, v. Dissuader (6), détourner, dé- 
sapprouver. Le contraire de «conseiller. » (Dictionn. 
de Monet et de Cotgrave.) .■ La longueur , et 
•< miscie d'une guerre civile que toutes considé- 
« rations divines et humaines doivent appresent 
« déconseiller. » (Mémoires de Viller. t. V , p. 202.) 
« Voult retourner sur luy pour soy venger, mais 
'< ses gens le luy desconseillerent, en disant que, 
« s'il retournoit lors, son peuple serrit perdu et 
« deslruil. » (Histoire de Bertrand du Guesclin, par 
Ménard, p. 279.) 

Desconsoiller, v. Désoler. (Cotgr. et Oudin.) 
De là on a dit au participe : 
....Ele a moût tôt conforté 
Un descoiisoillé amant. 

Gilebert de Berneville, Focs. MSS. av. 1300, l. I, p. 345. 

Remarquons que l'on disoit aussi desconseillé 
dans le même sens. 

VARIANTES : 
DESCONSOILLER. Cotgrave. 
Desconsoler. Contes de la R. de Nav. t. I, p. 321. 

Descontenger (se), v. Se racheter. « Il fut 
« chargé par enqueste en la Salle à l'isle, que un 
« homme (|ui avoit demandé un héritage qui escheu 
« luy estoit de une sienne ante, sur lequel héritage 
« un estranger avoit acheté, et ja tenu par grand 
" temps, le demandeur le devoit avoir comme 
« eschange, et fut dicl ([ue le dict héritage se devoit 
« ftes(;o«i('Hfi'(??' (7), puisqu'il issoit de droicte ligne. » 
(Bout, Som. rur, p. 455.) 

Deseonter, v. Omettre de compter *. Partir 
d'un lieu ^. 
* Au premier sens : 

Plus de VIT. M. mors en gisent, 

Sanz les piétons que je desconie, 

Poi ce qu'or endroit n'en truis conte. (G. Guiart, p. iS.j 

^ On disoit aussi se desconter pour partir d'un 
lieu. C'est le sens de ce mot dans les passages sui- 



(1) « En long délai m'ont si desconfortc (Couci, XIV). » De même dans Beaumanoir (XIII, 1) : « Il est niestier que lor 
teines demeurent esbahies et descoiifortées, soient gardées que force ne leur soit fête. » (n, e.) 

(2) C'est le participe desconneû pris substanlivement : « Il se parti descoimeïis de Vannes. » (Froiss., IV, 67.) (n. e.) 

(3) Il a le sens ; 1" De cunoisaiice dans Roland, c'est-à-dire de signes héraldiques : « D'unes armes |pures d'argent Sans 
nulle autre desconnisscmce. » (Couci, v. 3273.) 2° D'ingratitude : « L'exposant qui veoit leur desconnoissance et i"hgratitude 
de ce qu'il avoit fait de bonne foy. » (JJ. 105, p. 173, an. 1373.) (n. e.> 

(4) De même dans Rutebeuf (II, 5) : « Tu as en ton saint chief l'oreiUe Qui les desconseilliez conseille. » (N. e.) 

(5) « Si m'en sui chy afuie comme femme esgarée et desconseillie deviers vous pour avoir confort et conseil de ces 
besoingnes. » (Froissart, II, 30.) (n. e.) 

(6) « De poi vus crut en hait et mult vus honura. Tut encontre sa mère qui 11 desconseilla. » (Th. de Cantorb.. 83.) (N. e.) 

(7) Il vaut mieux lire descoutanger. (Voyez plus bas ce mot.) (n. e.) 

V. 14 



DE 



— 106 — 



DE 



vans : « La nuil qu'ilz se logierent, ordoniicrent 
« moult bien leurs gens pour double des dites 
« bestes,car()ui se descontoit (1) pour aller devant, 
« ou derrière, il estoil perduz sans remède, et pour 
« ce chacun s"aguetoit le mieulx qu'il povoit. » 
(llist de D. du fluescl. pai- Mén. p. 210.) 

Ce mot a aussi signilié s'égarer, s'écarter, se 
méprendre. 

Descontrer, v. Détruire. 

Pépin et ses filz Karlin 

Qui tant Sarrazin dcscontrérent. (G. Ouiart, f. 30.) 

Descoiiveual)le, adj. Qui ne convient pas. Le 
contraire de « convenable. » (Voyez Chr. de S. Den. 
t. H, fol. 148 ) On lit au même endroit « inconve- 
« nable ■■ dans la Chr. fr. ms. de Nangis (2). 

Dcscouvcniie, s. /'. Désastre, infortune, acci- 
dent *. Indécence °. Ce qui ne peut être ^. Dépit °. 
Mésintelligence ^. 

* Sur le premier sens, qui subsiste dans notre 
mot déconvenue, voyez le Gloss. de Marot. (Voyez 
aussi Déco.neue ci-dessus.) 

Mais ne set pas la deshonor, 
Ne la très grand descouvenùe 
Qui li est, cel jor, aveniie. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 121. V". 

^ Pour " indécence » : 

Une famé sui toute niie, 

Ci a moult grant dcsconvenïie. 

Fahl. MSS. du R. n- 7218. fol. 320. V- col. 1. 

•^ Pour « chose qui ne peut être » : 

L'en lor fet croire de vifve voix, 

Une si grant desconvenue 

Que brebiz blanche est tote noire. 

Fabl MSS. du R. n- 7615, t. I, fol. 101 bis, V". 

° Pour « dépit » : 

Dont si très grant desconvenue 

En prist cils roys Henry, par ire, 

Qu'en un mousiierle fist ocire. (G. Guiarl, fui. 13.] 

^ Pour « mésintelligence » : 

Et s'entre vos barons avoit disconvenite 
Vous i métrés pais, et acorde teniie. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 341. R" col. 1. 

Descord, s. m. Discorde, désunion, débat, 
procès *. Disconvenance °. Dissonance '^. Chose 
extraordinaire °. 

* Sur le premier sens, voyez le 01. de Marot (3). 

^ Pour « disconvenance , » on lit : « L'on ne doit 
« pas appeller amours là où il ny a du doulx, et de 
» l'amer, des (/iscon/s et des accordz. » (Percefor. 
vol. Il, fol. 104.) 

^ Pour " dissonance » : 

Nous lassons le droit chant, si prenons le descorl. 

Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 337, R" col. 1. 



° Pour 
l'u^ge : 



chose extraordinaire , » contraire à 



Messagiers à dolor seront, 
De deus jornées trois feront 
Et de quatre sLx, c'est descort : 
Et Diex ! done lor reconfort 
Et aux fevres, et aux forniers. 

Fabl. MS. du U. n' 7218, fol. 217, R- col. 1. 

VARIANTES : 
DESCORD. Monet, Dict. 

Descord. Perard, Hist. de Bourg, p. 478, tit. de I25i. 
Descors. Poës. MSS. av. 1300, 1. 1, p. 261. 
Descort. Ord. t. III, p. 23. 
DiscoRD. Joinv. p. 105. 

Discors. Perard, llist. de Bourg, p. 478, lit. de 1254. 
DiscoRT. Crétin, p. 27. 
Descors, pi. Perard, Hist. de Bourg, p. 300, tit. de 1213. 

Descordable, adj. Aisé ù désunir. 

Vit le peuple aucques descordable 
Et vit lieu et temps convenable : 
Le règne volt prendre à sa part. 

Roman de Brul, MS. fol. 51. R- col. 1. 

» Gascons qui par nature sont discordables, et de 
« legier esmouvement. » (Chron. de S. Denis, t. 1, 
folio 163, R°.) 

VARIANTES : 
DESCORD.'VBLE. R. de Brut, MS. fol. .51, R» col. 1. 
DiscoRDABLE. Chr. de S. Denis, t. I, fol. 163, R". 
DiscORDiEUX. E. Desch. Poës. MSS. fol. 435, col. 1. 

Descordant, adj. Qui n'est pas d'accord. (Oud. 
et Cotgrave.) 

VARIANTES : 
DESCORDANT. Cotgrave, Dict. 
Desaccordant. Oudin, Dict. 

Descordeler, v. Décorder. Délortiller une 
corde. (Nicot, Monet, Oudin et Cotgrave.) 

Descordement , adv. Confusément , sans 
accord. (Oudin et Cotgrave.) » A dire confusément, 
« à dire dhcordamment. « (Ess. de Mont. t. ITl, 
page 382.) (4) 

VARIANTES : 
DESCORDEMENT. Part, de Bl. MS. de S. G. fol. 135, R". 
DiscoRDAMMENT. Ess. de Mont. t. III, p. 382. 

Descorder, v. Désaccorder*. Diviser^. Etre 
divisé"^. Dénouer, délier". Dcscordei', dans S. Bern. 
répond aux mots discordavc, discrcpare, dissidere 
et dissonare. 

* Sur le premier sens, voy. Dict. de Monet, Nicot 
et Cotgrave (5). 

^De là, au tiguré, on disoil descorder pour 
" désunir », diviser. 

J'ay veu seigneur des cordes 

Aux Flamens accorder, 

Cordeller grans discordes, 

Pour pays descorder. (Molin. p. ilS.j (6) 

'^ Descorder a signifié aussi « être divisé, » le con- 
traire « d'être d'accord. » (Nicot, Dict.) 



(1) C'est aussi le sens dans G. Guiart, v. 14107, 17159, 17164. (N. E,) 

(2) « Laquelle Raoulle dist au supphant qu'il estoit un malvais loudier, avec plusieurs autres paroles desconvenables et 
contre l'oneur dudit suppliant. » (J,(. 103, p. 350, an. 1372.) (N. E.) 

(3) On lit dans l'roissart (W, 60) : « Li emprise estoit si haulte et si périlleuse seloncq les descors et les grandes haynnes 
qui estoient adont entre les hauLx barons et les communs d'Englelerre. » (n. e.) 

(4) On Ut au Gloss. lat. I!. N. 7684: Descordeeinent, discordlter, discordiose. (N. E.) 

(5) On Ut aux .Miracles de Notre-Dame, t. II : « La bouce à Dieu ment et descorde, S'a lui li cuers ne se concorde. » (n. E.) 

(6) « Mais si l'un des cordons de ta corde decorde, Le cordon decordanl fait decorder la corde. » (Vers cités par Hurtaut, 
Manuale rhelorices.) (N. E.) 



i 



DE 



— 107 — 



DE 



"Dans un sens plus littéral on disoit descorder 
pour « dénouer, délier. » 

Des sept péchiez mortels est le liens cordé 
Ou le deable m'a lacié et encordé ; 
Dame, se par vous n'est desront et descordé 
Trop foible est mon pooir ; mes n'ere racordé. 

Fabl. MSS. du R. n- 1218, fol. 213, R- col. 2. 

Descorporer, v. Démembrer. « Il auroit esté 
« osté, et descorporé du dit fief dont il estoit issu. » 
(Bout. Som. Rur. p. 473.) 

Descorreillier. [Intercalez Descorreillier , 
tirer le verrou, dans la Chr. des ducs de Normandie 
(V. 31390) : 

Li portiers fu apareilliez 

Et li guichet dcscoreilliez.] (N. E.) 

Descort, s. m. Espèce de poésie. Elle étoit pro- 
pre à mettre en chant, et semble avoir été ainsi 
appelée parce qu"un amantye.xprimoit les différen- 
tes situations contraires oi^i il se trouvoit. Chaque 
couplet de la pièce se chantoit sur un air différent 
des autres. Dans le Gloss. provençal, ms. de la Bibl. 
de S. Laurent de Florence, le descort est défini : 
chanson ayant plusieurs airs différens, cantilena 
habens sotios diversos (1). 

Descortiné, part. Peut-être dépouillé, déblavé. 
« En terres cortinées cum en descortinées, » dans 
Perard, Hist. de Bourg, p. 471, lit. de 1250, semble 
signifier, en terres emblavées ou déblavées, s'il ne 
signifie pas cultivées ou non cultivées. 

Descoter. [Intercalez Descoter, aujourd'hui 
dégoter : « Icellui Jehan saicha un coutel et en 
« descota lidiz Massins par le corps. » (JJ. 128, 
p. 3G, an. 1385.)] (n. e.) 

Descotonné. Peut-être de coton ou alcoton. 
Nous n'assignerons point le sens de ce mot qu'on 
trouve dans un passage où l'on paroît s'être plus 
occupé du jeu de mots que du sens. 

Tant a Titan en sa tonne tonné, 
Et entonné tonnoires a bon ton, 
Que le pays en fut tout estonné, 
Tout nud. tout né, en dueil descotonné. (Malin, p. i45.J 

Descoubler, v. Découpler. 

Quant vos chiens descoublés avez. 

Font. Guer. Très, de Vén. MS. p. U. 

On lit discopulare, en ce même sens, dans le Gl. 
lat. de Du Gange. 
1. Descoucher, V. Sortir du lit*. Faire sortir^. 

(Cotgrave.) (2) 
* Pour « sortir du lit : » 

Puis quand l'aube se descouche 

De sa jaunissante couche. 

Pour nous esclerer le jour. [J. du Bell. f. -199.1 

'• Le roy Gadifer qui estoit esveillé près la royne 
« qui se descouchoit (3), commença à dire, etc. » 
(Percef. vol. III, fol. 80, V col. 2.) 

^ On a dit aussi descoucher pour « faire décam- 



« per, faire sortir. » « Estoient allez descoucher 
« les Engloiz de leurs chasteaulx, et fors pour 
« venir à leurs secours. » (Hist. de B. du Guescl. 
par Mén. p. 410 et 411.) 

2. Descoucher. [Intercalez Descoucher, lever, 
dans Christine de Pisan (Hist. part. I, ch. 16) : 
«■ L'heure de son descoucher h matin estoit reglee- 
« ment comme de six à sept heures. ■■ De mênîe au 
reg. JJ. 113, p. 69, an. 1378: « .4u dcscouchier au 
« matin ledit Mathieu se feust complaint de ses diz 
" deniers, qui osfez lui estoient. »] (n. e.) 

Descoudre, v. Dire, rapporter. 

L'an de grâce, au certain descoudre, 
.M.cc.LXXXV. outre. (G. Guiart, p. S09.} 

« Au certain descoudre » signifie en cet endroit 
« à dire vray, certainement. » 

Descoufle. Lisez d'Escou/le et voyez Escoufle 
ci -a près. 

Descouler, v. Découler. On trouve discolare, 
en ce sens, dans le Gloss. lat. de Du Gange. 

Descoulper. [Intercalez Descoulper, disculper, 
au reg. JJ. 111, p. 276, an. 1377 : « Icellui Thomas 
« ou lit de la maladie, dont il mouru, les en des- 
« coulpn et descharga, et en acoulpa et charga du 
« tout ledit Couvreur. » De même dans Froissart 
(XV, 127) : » La seconde maladie où le roy estoit 
« rencheu, les excusoit et descouppoit grandement 
« de la renommée du peuple. » Il écrit même : " Il 
« la descoupa h le mort (V, 273) », pour il la disculpa 
de la mort. Beaumanoir (LXIII, 2) écrivait déjà : 
« Li mors avant qu'il morust, nomma cix qui celi 
« firent, el descoupa celi qui est apelés. »] (n. e.) 

Descoupable. [Intercalez Deseoupnhle, inno- 
cent, au reg. JJ. 91, p. 438, an. 1463: « Lequel 
" Enguerrans se disoit et sentoit purs, innocens et 
» descoupables des faiz dessusdiz. »] (n. e.) 

Descoupéter, v. Découper. « Cinq pages ves- 
« tus de satin noir, leurs robes descoiipetées par 
« les bras, et les descoupeui'es couvertes d'orfeve- 
.' rie. » (J. Chartier, Hist. de Charles VII, p. 182.) 

Descoupper, v Déchirer. Dans un sens figuré, 
on a dit : « Il le descouppe de toutes les sortes 
« d'opprobres convitieuses. •> (Mém. de du Bellay, 
liv. VII, fol. 198.) [Le sens est disculper.] 

Descouraer, v. Déranger. Voyez Desconreé. 

Et se vont lor lances croissir. 

Que nuz n'en est descouraez 

Ne plus estordiz, ne grevez. (Part, de B. f. i5.S.J 

Descouronner, v. Oter la couronne. (Monet, 
Cotgr. et Oudin.) 

Et descouronné par Viltance. (Ph. Mouskes, p. 46.J 

Descourre, V. Ecarter, séparer. « Etsetenoient 
« si serrez, sans eulx descourre, ne ouvrir, en 



(1) On lit dans Wackernkoenig, p. 73, au descort de Colin Muset : « En mon descort vos demant... Mon descort Ma dame 
aport. )i Voir Diez, Poésie des Troubadours, p. 115. (n. e.) 

(2) On lit dans Job, 462 : « Les ténèbres de ceste nuit ki, par vraie repentance, descolchent et despitent la lumière de la 
prosperiteit del siècle. » (n. e.) 

(3) « Ouquel hostel ledit chappellain demeura et coucha celle nuit ; et quand il fust lendemain descouché. » (JJ. 104, 
p. 136, an. 1372.) De même dans Froissart (XI, 85) : « U se descouchoit à haulte nonne et souppoit à my nuit. » (n. e.) 



DE 



— 108 — 



DE 



« poussant contre leurs adversaires. » [llist. de B. 
du Guescl. par Mon. p. 3GI .) 

Descourtois, adj. Qui manque de courtoisie. 
Incivil, impoli. (Monet et Oudin.) 

Descourtoisie, s. f. Incivilité, impolitesse. Le 
contraire de courtoisie. (Cotgr. et Oudin.) 

Descouru, part. Détruit, pillé, ravagé. 

Hélas ! quel temps divers a il couru 
Et comment tout si estoit desrouru ! 

Vig. Je Charles Vil, t. II, p. 191. 

Descouseur, s. m. Qui découd. (Oudin.) 

Descousu, part. Décousu. " Rire à bouche 
« descousue. « Nous disons « rire ù gorge de- 
« ployée. » (Voy. .Nuits de Strap. t. II, p. 9i.) « Ses 
» affaires sont bien descousues », c'est-à-dire en 
mauvais état. (Oud. Cur. fr.) 

Descoutanyer, v. Défrayer. « Qu'il soit des- 
« coutaïKjé des mises, frais et dépens que pour 
« cette cause y a faits. » (La Colomb. Th. d'honu. 
t. II, p. 97.) « Qu'ils descoutangent le defîendant 
« de tous ses frais, et missions jusqu'à la valeur 
« d'une guiUette. » (Ibid. p. 103.) 

Descoutissa, v. Démêler les cheveux. Mot lan- 
guedocien. (Voy. Dict. de Borel, au mot Coaille.) 

Descoutre, v. Désassembler*. Démembrer °. 
Débrailler •=. C'est proprement notre mot découdre 
qui a pris au figuré diverses acceptions dont nous 
avons marqué les principales. 

"Pour désassembler « fit descoutre toutes les 
« planches d'un pont par lequel il scavoit que 
<• nous devions passer. » (Godefr. Annot. sur l'Hist. 
de Charles VI, p. 087 et 088.) On lit plus bas : « Les 
« planches qui estoient descousues, etc. » 

° Pour démembrer. 

Le braz fait à l'un d'eus descoutre, 

Par le cors à l'autre passe outre. (G. Guiart,f. 3i4.) 

'^ Pour débrailler. 

De le hanap ne boi tout outre, 
Ains me vendra mon sain descoutre, 
Que le rémanent n'i a coûte. 

Fabl. MSS. du R. n- 7218, fol. 238, V" col. 1. 

Descoutumanclie. [Intercalez Descoutuman- 
che, maletôte, dans la Charte de commune d'Abbe- 
ville (I18i) : « Je Jehans quens de Pontieu ne mi 
« hoir... ne voriont demander nule redevauleté ou 
« descoutumanclie des bourgois. »] (n. e.) 

Descoutumer, v. Déshabituer. Perdre l'habi- 
tude. 

Je n'y pense pas à tumer ; 

Ains vueil tout descoutumer 

Ce mariage coustumier, 

Que m'admonestâtes premier. lE. Desch. f. 569. J 

Descouvenablement, adv. Cruellement. 

Hui mais ne puet l'estour reraaindre 
Descouvenablement en grege. (G. Guiart, f. 06.) 

Descouvert , adj. Ce qui est à découvert. 
De là, on a dit « ferir à descouvert « pour frapper 
sur les parties découvertes. « Et quant ils furent 
« ensemble en champ, le chevalier anglois messire 
« Guillaume Farintonne n'avoit point de harnois 
« de jambes, car il avoit mal en un genouil, pour 



'< quoi il ne s'en povoit armer, et envoyèrent 
« à Chastellemorand, par Cordellier de Gironne, 
« que n'eust plus de harnois de jambes l'un que 
« l'autre, et qu'ils s'asseurassent de non ferir à 
découvert. » Au troisiemecoupdelan.ee, l'Anglais 
perça cependant la cuisse du Français « toutoultre. » 
(Histoire de Loys III, duc de Bourbon, éd. Chazaud, 
p. 133-134.) 

Descouverte, s. f. Ce qui est à découvert. 
Endroit du corps exposé aux coups de l'ennemi. 
« Tant dura l'espreuve de ces deux chevaliers que 
« celuy qui plus en scavoit, attainct son compai- 
>' gnon au front par une descouverte dont il ne se 
» donna de garde, tellementqiie le sang en saillit. » 
(Percef. vol.'v, fol. 7.) 

Descouvertement. [Intercalez Descouverte- 
ment, ouvertement : •• Si n'en parlèrent oncques 
'1 çn\iQâ^i?,\ descouvertement. » (Froissarl, 111,272.) 
De même à la page 380 : « Quant ce vint sus le soir, 
" lui qualriesme, tout descouvertement, il parti de 
» son lioslel. »] (n. e.) 

Descouverture, s. f. L'état d'être découvert*. 
Vue ^. 

*Au premier sens : « Et quant elle fut revenue 
« à elle, elle se apperceut de sa descouverture, 
« dont elle fut honteuse à merveilles. » (Percef. 
vol. m, fol. 102.) 

^ On disoit aussi « hors de descouverture de la 
« ville, » pour hors de la vue de la ville. (Mémoires 
de Du Bellay, liv. VII, fol. 229.) 

Descouvetez, part. Découvert [lisez descou- 
vertes']. 

L'un bras çà, l'autre là, toz est descouvetez 
Desi qu'à la poitrine. 

FaM. MSS. du R. n' 7218, fol. 397, R" col. 1. 

Descouvrance , s. f. L'action de se décou- 
vrir *. Imprudence, indiscrétion ^. 

* Dans le sens propre, on a dit à descouvrance 
pour « à découvert. » (Gloss. de Marot.) 

^ Au figuré : dans la moralité du Fabliau de la 
Sinchesse, qui donne son petit à baiser au lion qui 
le dévore, on lit : 

Par descouvrance vient grans maus ; 
N'est par li siècles toz loiax. 

Fabl. MSS. de S. G. fol. 18, R> col. 2. 

Descouvreinent, s. m. L'action de découvrir. 
(Oudin, Cotgrave.) 

Descouvreur. [Intercalez Descouvreur, éclai- 
reur, dans G. Guiart (an. 1209) : « Dcscouvreurs les 
« tentes lessent Pour savoir quel lieu en 1' ille a » ; 
et dans Froissart (III, 294): « Quant il furent oultre 
« et sus les camps, il ordonnèrent li seigneur... à 
» estre coureur et descouvreur et chevauchier 
« jusques as tentes des Liégeois frauçois. »] (n. e.) 

Descouvrir. [lnlevca\ez Descouvrir : 1° Eclai- 
rer, dans Froissart (V, 28) : » Et envola li dis roys 
« ses mareschaus hors de Abbeville descouvrir sus 
" le pays. » 2° Se descouvrir de, faire des révélations 
sur : « Encorres ne savoit nuls de se route quel 



DE 



- 109 — 



DE 



o partil volloit traire, mes là il s'en descouvri. » 
(Froissart, II, 487.)] (n. e.) 

Descovert, adj. Caché. Du mot « couvert " 
avec la syllabe explétive » des ». 

Mors qui demande plus aperte 
Venjance que la descoverte. 

Fabl. MSS. du R. n- 7G15, t. 1, f 104, V col. 1. 

Descrecion, s. f. Raison. " Qu'il soil fol...., et 
« ne saciie point de descrecion. « (Britton, Loix 
d'Angl. fol. 217.) 

Descrepy, adj. Décrépit, exténué. 

Les gens d'armes mouroient de fain, 
Et estoit chascun desci-epy, 
Car Hz ne mengeoient que le grain 
De blé qui croissoit en î'espy. 

Mart. de Paris, Vig. de Charles VII, t. I, p. lOi. 

Descreu, part. Diminué, affoibli. 

Sur le bestail qui fait la creue 

Sera despense descreue. (E. Desch. f. ,330.) 

On disoit descrieute au féminin. 

VARIANTES : 
DESCREU. Chr. du xiii« siècl. MS. Bouh. fol. 2.51, V". 
Descweu. Poës. .MSS. av. 1300, t. II, p. 875. 
Descrius. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 173, R». 
Descroè. Fab.. MSS. du R. n" 7218, fol. 338. 

Desci'i, s. m. Décri. L'action de décrier la répu- 
tation de quelqu'un. (Monet et Cotgrave.) On a dit 
en parlant d'Henri III : « Aucuns ont voulu excuser 
« le roy de la guerre qu'il faisoit aux dames par 
« descriemens (l),que c'estoit pour refréner, et cor- 
« riger le vice, comme si la correction en cela y 
<' servoit, veu que la femme est de tel naturel, que 
« tant plus on luy deffend cela, tant plus y est elle 
« ardente. » (Brant. Dames gall. t. II, p. 473.) 

VARIANTES : 
DESCRI. Monet, Cotgrave, Dict. 
Descriement. tirant. Dames Gall. t. II, p. 473. 

Descrier, v. Crier*. Défendre, révoquer^. 
Parler bas '^. Nous ne parlons pas de l'acception 
subsistante (2). 

* Dans le premier sens que nous avons cité, la 
syllabe des est explétive. « Disrent que, sans plus 
« descrier, ils assembleroient. » (Histoire de B. du 
Guescl. par Ménard, p. m.) 

" Celte syllabe attache quelquefois au mot crier 
une idée négative, et descrier signifie alors « défen- 
dre, révoquer. » On a dit, en parlant delà guerre 
entre les Ecossois et les Anglois : « Là se départirent 
« ces deux osts les uns des autres : et prièrent au 
« département trop affectueusement les seigneurs 
« l'un à l'autre, que si les Angloys clievauchoyent, 
« et les poursuyvoient, qu'ils fussent décriés (3) de 
" non combattre tant qu'ils fussent tous ensemble, 
« si en seroyent plus forts, et leurs affaires si en 
« vaudroient mieux. » (Froiss. liv. III, p. 330.) 



» Descrier une trêve » c'est la révoquer, en 
publier la cessation. « Catherine de Médicis régente 
« du royaume ayant fait publier une trêve, le roy 
» de Mavarre, et le P. de Condé vouloient ([u'elle 
" fus! descriée- » (Brant. Dames ill. p. 59.) 

^ La syllabe de, jointe au verbe crier, change 
quelquefois la signification en une signification 
contraire, et alors desericr désigne parler bas. 
« Quant il vint à lui, il l'enclina, et lui dist qu'il 
« vouloil parler à luy et Bertran lui demanda, qu'il 
« vouloit, et que tantost deist sans decnjer. » (Hisl. 
de B. du Guescl. par Ménard, p. 53.) 

Description, s. /'. L'action de décrire* (4). Pros- 
cription ^. 

* Dans le premier sens, ce mot est ainsi défini 
dans la Poétique de Boissiere : « Le propre de deffi- 
« nition est de déclarer son subjet avec sa matière, 
» et forme, et le but de description est seulement 
« de déclarer les qualitez du subjet, et souvent par 
<> énigme. » (Poétique de Boiss. p. 255.) 

^ On a dit dans le second sens : « Description 
« d'avarice. » (Chroniques de S. Denis, t. H, foi. 5.) 
On y rend par ces mots les mots latins detestalio 
avaritiœ. 

Descripvant, par^ Décrivant. (Villon, p. 10.) 

Descrivere, v. Décrire. 

Ki bien veit amors descrivre. 

Kievrede Rains, Pocs. MgS. av. 1300, t. III, p. 1165. 

VARIANTES : 
DESCRIVERE. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 102, V». 
Descrivre. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 9. 

Descroire, v. Ne pas croire. (Cotgrave etOud.) 
On trouve decredere et discredere, dans le même 
sens, au Glossaire latin de Du Gange. 

Descrois, s. m. Rabais *. Détroit^. 

* Le premier sens est le sens vrai. « Que celi 
« office de recepte.... sera crié et baillé à ferme.... 
« à descrois et h palmées. » (Ord. des R. de Fr. 
t. V, p. 133, an. 13G8.) 

^ On trouve aussi descrois pour détroit dans les 
Dictionnaires de Borel et de Corneille. « Descrois de 
« Marroc, ■■ détroit de Gibraltar. (Dict. de Borel.) Ce 
n'est peut-être qu'une faute. 

Descroisement, s. ?h. Inconvénient. (Borel, 
au mot Descrois.) 

Descroiser, v. Dispenser de la croisade. (Col. 
du P. Martène, t. V, col. 683.) (5) 

Descroissant, s. m. Le décours, le déclin de 
la lune. 

Je fui nés en décroissant. 

Ghil. de Bernev. Poès. MSS. av. 1300, t. II, p. 939. 



(1) Cette forme est aussi dans Palissy (318) : « Parce que c'est un descriement et rabaissement de mon honneur, je mis 
en pièces entièrement le total de ladite fournée. » (n. e.) 

(2) Elle remonte au xv« siècle et à Chastellain : « A ceste heure d'alors estoit le nom de Bourgogne tellement 
descrié. » (N. E.) 

(3) Il faut lire deslourbés ou delriés. (Voyez Kervyn, t. XIII, p. 207, var., et le mot delrier.) (N. E.) 

(4) Dans les Fabliaux mmss., t. II, fol. 190, on lit ; « Armes plus noires qu'atrement Ot sans autre discreption. a (n. e.) 

(5) On y lit : « Après envola l'apostole legas par toutes les terres por descroisier, et por faire movoir ceus qui ne se 
descroiseroient. » (N. E.) 



DE 



— 110 - 



DE 



Descroisscment, s. ni. Décroisseinent, dimi- 
nulioii. i^Villeliardoiiin, p. 21.) (1) 
Descroitre, v. Diminuer. 

Arieres resortissent, et U homes descreuvenl. (Rou, ;>. 40. J 

Descroteiu", S. m. Qui expédie. On trouvedans 
Rabelais celle acception lii;un;e du mot descroteur, 
en ce passafre: ■• Dt'scrotcnr de vigiles, •> moine qui 
expédie les viçiles. (Rabelais, t. I, p. 190.) 

Descrotouers, s. m. p. Rrosse de toilette, 
brosse à l'usage de la toilette des femmes. Peut- 
être brosses îT mettre le rouge. « Ont les femmes 
a celte coustume, quant elles sont fort orgueilleuses 
<> de soy parer, farder, et polir ; non contentes de 
« la beauté que leur a donnée nature, si elles n'y 
« adjouslent aucunes paintures ; pour ce leur faut 
« mi4'oirs, peignes, dt'HcrotoHcrs, bouquelz de fleurs 
et cent autres vanilez servantes à leur presump- 
« lion. » 'La .Nef des fols, fol. T2.) 

Dcscrottci", V. Décrotter. (Crétin, p. 178.) 

Descrouler, v. Crouler*. Briser^. 

* Le premier sens se trouve dans le Dict. d'Oud. 

^ On disoit aussi descrouller pour bri.ser. » Enfon- 
« çoit les dents en la gueule , descroulloit les 
" omoplates. » (Rabelais, t. I, p. 193)) 

Descrover. [Intercalez Descrover, dans G. 
Guiart (v. 1 'i089) : « Et lessent courre au descrover 
De quanque il ont de pover. » ] (n. e.) 

Descroyant, adj. Mécréant. (Cotgr. et Oudin.) 

Uns Turc pire assez que lion, 

Sesnes estoit, et queus poisans, 

Chrestiens et fu descroisans (,2). (Ph. Mouskes, p. 94.) 

Descrucher, v. Décrocher, faire tomber. On 
dit encore en ce sens décroiier en Normandie. 

Orgoil est encruchiez ; mais il descruchera. 

Fabl. MSS. du R. n- 1615, t. II, fol. 142, V col. 2. 

VARIANTES : 
DESCRUCHER. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. Il, fol. 142. 
Descbuchier. g. Guiart, MS. fol. 131, V'\ 
DE.SCROCER. Ibid. fol. 238, V". 

Descuevre (à), adv. A découvert. (Fabl. mss. 
du R. n" 7-218, fol. 250.) 

Descuevrir, v. Déclarer, découvrir. 

Comme j'ai dit, bien li descuevre. 

Fail. MSS. du R. n" IHS, fol. 255, R- col. 2. 

Descuit. [Intercalez Descuit, cru, dans Renarl 
(v. 23108) : ' Un chapon manga tôt descuit. »] [s. e.) 
Desculer, v. Reculer, renverser. 

Se largesce ne le descule ; 

Face adonc que nulz ne l'acule. (E. Desch. f. 233.) 

Descusé, adj. Excusé. 



Or sera tantost descusé 
Le faulcon qu'il a accusé. 

Gacc de U Bigne, des Déd. MS. fol. 90 , R- . 

Descuver, v. Tirer à la cuve. (Oud. et Cotgr.) 

Desdaignable, adj. Méprisable. (Cotgrave et 
Oudin.) - La moins desdaignable condition de gens, 
" me semble estre celle qui par simplesse tient le 
« dernier rang, et nous offre un commerce réglé. » 
(Essais de Mont. t. II, p. 604.) 

Desdaiguement, s. m. (Oud. R. Est. Dict.) 
[Voyez Desoaignerie.] 

Desdaignerie, s. f. Dédain, mépris. (Oudin et 
Cotgrave.) » De despit faire et dire parolles de 
« mocqueiie, ne desdaignerie , ne peut nul bien 
« venir. ■■ (Ane. Goût. d'Orléans, f° 83.) 

Desdaigneur, s. m. Méprisant. Ce mot, dans 
S. Bernard, répond au latin indignans. (Cotgr.) 

VARIANTES : 
DESDAIGNEUR. 

Dedaignols. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 187 et 238 (3). 

Desdain , s. m. Dépit (4), colère*. Débat, 
dispute ^. Ce mot, dans S. Bernard, répond au latin 
indignât io. 

* Au premier sens, on lit: « Vous apeserez vostre 
« fureur, et desdain. » (Nuicts de Strap. I. I, p. 84.) 
<■ Lesquelles lettres de deftianees le dit duc de 
« Bourgongne envoya (comme dit est dessus) par 
« un sien officier d'armes , devers le dit duc 
« d'Orléans, et ses frères, lequel fut trouvé à Blois, 
« et eut grand desdaing , et desplaisance de la 
a response que luy faisoit le dit duc de Bourgon- 
« gne. Neanlmoins il feit faire assez bone ehere a 
« ceV qui les avoit portées. » (Monstrelet , 
vol. 1, lui. 124.) 

^ Pour « débat, dispute » : 

Qui par miracle soubdaing 

Avoit accordé ce desdaUig. (E. Descli. f. 55S.) 

Desdaiiigner,u. Dédaigner, mépriser. Ce mot, 
dans S. Bernard, répond au latin dedignari (5). 
Moult me desdaing en merveiUant, 
Et me merveil en desdaignant, 
Que par forfait, et par orgueil 
Osas vers Rome ouvrir ton œil. (R. de Brut, f. SI.) 

VARIANTES : 
DESDAINGNER. Rom. de Brut, MS. fol. 81, R» col. 1. 
Dedigner. Chr. S. Denis, t. I, fol. 20. 
Dedagner. Poës. d'Amadis Jam. fol 202, V». 
Desdigner. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 121 et passlm. 
Desdoigner. P les. MSS. avant 1300, t. I, p. 46. 

Desdebter, v. Payer ses dettes. (Oud. et Cotg.) 

Qui trop velt baréter. 
Ne se puet desdeter (6). 

ProY. du Vil. MS. de S. G. fol. 15, R- col. 2. 



(1) « Mult fu granz descroisemenz à cels de l'ost qui en Venise aloient, et els en avint granz mesavanture. » (Edition de 
Wailly, S 55.') (n. e.) 

(2) Descroisaris doit être rapproché de descroiser, (n. e.) 

(3) Dans le Psautier de la Bibl. Mazarine, n» 258, fol. 103, on lit : a Iriez avoies esté et desdeignos vers eus por leurs 
péchiez, n (n. e.) 

(4) On lit dans la Rose, v. 1458 : « Mes cis [Narcisse] fu por sa grant bia-.ité Pleins de desda,ing et de fierté. » (n. e.) 

(3) On le rencontre au xii» siècle : « Si tu veis qu'il se desdeigne e enquierge pur quel nus si apruchames al mur. » 
(Rois, 150.) (N. E.) 

(6) On lit au Poëme du Riche et du Ladre (Du Gange, II, 749, col. 2) : « Qui donne aumosne, il se desdebte ; Car auraosne 
est et dons et debte. » (N. e.) 



DE 



— 111 



DE 



Desdegnance. [Intercalez Desdegnance , en 
latin dediguantia, au Gloss. lat-fr. 7G84.] (n. e.) 

Desdiement. [Intercalez Desdiement (Du Gange 
sous abdiclio.)'] (n. e.) 

1 . Desdire, s. m. Refus. 

L'otroi, ou le desdire. 

l'oiis. MSS. du Vaticaji, n- 1522, fol. 1G7, R-col. 1. 

2. Desdire, v. Refuser*. Contredire^. Nier'^. 
Faire rétracter ". 

* Pour ■> refuser » : 

Et lot a son voloir li vient : 
Quaii qu'il demande, et devise, 
Ne trueve nul qui l'en desdise. 

Parlon. de Blois, MS. de S. G. fol. 130. R" col. 3. 

^ Pour « contredire » : 

C'en n'i puisse par droit desdire (1) ; 
Droiz en iert jugement, et sire. 

KiOjl. MSS. du R. n" 7015, t. 1, f" 100, R- col. 2. 



Pour 



nier » 



Lors respont sinagogue dolente et plaine d'ire 
Et dist à S'" Yglise, veus me tu donc desdire ? 
Que cil en qui tu crois, ne morut à martire. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. W3, V" col. 1. 

° Enfin pour « faire dédire, faire rétracter. » 
« S'il estoit de telle opinion, comme vous estes, je 
« l'en vouldroye desdire, et par celle voye. ■• ^Perc. 
vol. VI, fol. 100.) 

Conjugaison : 

Desdeisse. Niasse. (Fabl. mss. n° 7218, f° 230.) 

Desdi. Il nie. (Vies des SS. ms. de Sorbonne , 
chiffre lx, col. 23.) 

Dcsdien. Dedissiés. (Gl. de Marot.) 

Desdommage, s. m. Dédommagement. (Cotg.) 
« Ledommaine du seigneur où y a si grande esten- 
« due qu'autre n'a que quérir environ, combien 
« qu'il soit déclos, est tousjours defensable, et peut 
« le seigneur, pour le bestail qui y seroit trouvé, 
-> demander l'assise, ou desdommage ù son choix. >< 
(Coul. de Bref, au Coul. gén. t. II, p. 778.) (2) 

Des donc que. Dès que. « Ainsi m'appella le 
« souverain Kieu dès donc çw'il me eut crée. » 
(Percef. vol. II. fol. 33.) 

VARIANTES : 
DESDONCQUE. 

DÈSD0N3. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 204, 265 et 327. 
DÈS DONS EN AVANT. Id. dans le latin dchinc et extunc. 

Desdormir, v. Eveiller. (Nicol, Monet, Cotgr. 
et Oudin.) 

Et la nymphe desendort. (Baïf, fol. 28. j (3) 
VARIANTES : 
DESDORMIR. 
Desendormir. Œuvres de Baïf, fol. 28, V" (4). 

Desdormissement, s. m. l'iéveil ou l'action 
d'éveiller. (Cotgr. et Oudin.) 



Desdouloir, v. Cesser de s'affliger. (Cotgrave.) 

Et pour moy du tout desdouloir, 

A bras ouvers ung m'en donna. (Charlier, p. 103. j (5) 

Desdruii*. [Intercalez Desdruir, affaiblir, dans 
le Pèlerinage de Cuigneville (Du Gange, II, 042, 
col. 3): 

De che me souvient il sans plus^ 

Que me dist qu'estoie trop drus ; 

Mais si je me desdrtiissoie, 

Ou aucun mal je me fesoie. 

Félon me devroit on clamer.] (n. e.) 

Desduire, v. Disputer, soutenir. <■ Dame, dist 
« le tors, je tiens à mon fait tout ce qu'il a fait, et 
« ce qu'il eu a l'ail, il l'a fait sur son droit et s'il 
« esloit nul qui en vouisist dire le contraire je 
« l'offre h desduire de mon corps contre le sien. » 
(Percef. vol. I, fol. 47.) 

Desdiiysable, adj. Amusant. Qui est de bon 
déduit. 

Cest oysel est moult dcsilui/sabte. 

G,ice de la Bipie, Ùes Déduits, MS. fol. 12, V. 

Deseml>eIIir, v. Déparer. (Cotgrave.) 
Desembracer, v. Tirer des bras de quelqu'un. 
Le contraire « d'embrasser. ■■ 

Li esveiller me desembraee. 

Lai de Vombre, I-'abl. MSS. de S. G. fol. 86, R" col. 1. 

Desembuscher, v. Sortir d'embuscade. (Oud. 
et Cotgrave.) 

Desemfler, v. Respirer, se soulager. Propre- 
ment c( ôter l'enflure, » d'où l'on a tiré l'acception 
figurée de « respirer, se soulager. » 

Ensi di je ce por moi desemfler 
Qu'il fait grant bien, etc. 

Pocs. MSS. avant 1300, t. I, p. 457. 

Desemis, adj. Désunis. C'est en eflet désunis 
qu'il faut lire en ce passage : 

De coi nus cuers desemis. 

Poiis. MSS. avant 1300, t. IV, |i. 1311. 

Desemmurer, v. Démurer, ouvrir ce qui étoit 
muré. (Cotgrave et Oudin.) Il est figuré dans 
ces vers : 

Desemmuiêz le fort de cruauté 

Par la faveur de vostre privauté. (L. Le Caron, f. 17. J 

Desempacqueter, v. Dépaqueter. (Oudin et 
Cotgrave.) 
Desemparé, part. Débarrasser, délivrer. 

Heureux me tiens estre desemparé 

Du mocqueur monde où j'estoye emparé (Faifeu, p. 4.) 

Desemparer, v. Faire sortir *. Mettre hors de 
défense ^. 
* Au premier sens : 

Sur ung cheval, ou jugement, on le monte 

Pour le mener, quasi désespéré 

L'ont de Saulmur soubdain désemparé. (Faif. 95.) 



(1) On lit encore dans Partonopex, v. 2683 : « Qu'il n'osèrent, fust bien, fust mal, De rien desdire le vasal. » De même 
dans Froissart (II, 29): « Et n'est nuls en Engleterre qui l'ose courecliier ne desdvre de tout ce qu'il voelt faire. » (n. e.) 

(2) De même dans la Coutume de Bretagne, art. 420 : « En trois villages peut avoir un taureau, qui ne peut estre empesché 
d'aller à jeu ; et pour icelui, quelque part qu'il soit trouvé, ne doit estre payé amende, desdommacje ou assise. » (N. E.) 

(3) On lit dans Flore et Blanchefleur, v. 965; « L'encautement a fait fenir Et les chevaliers desdormir. » (N. E.) 

(4) « Apollon brusle et s'avance ; La chienne oit comme il s'eslance, Froissant des coudres le fort ; Elle aboyé à sa 
présence Et la nymphe desendort. » (n. e.) 

(5) Voyez aussi Renart, v. 16919. (N. E.) 



DE 



— 11-2 



DE 



° Pour « mettre hors de défense. >- «... Cesamedy 
« toute la nuicl, entendirent à reparer leurs paliz 
« (jui estoyent désemparés, et à remettre à poinct 
« tout ce qui faisoit besoin. » (Froissart, livre II, 
p. 2r>7 et passim ; Jaligny, Histoire de Charles VIII, 
p. CO; le .Iouvencel,.Ms. p'.371.) (1) Ce mot est encore 
de quelque usage en ce sens. 

Desempenner, v. Oler les plumes. (Oudin el 
Colgrave.) 

Desempescher, v. Débarrasser (2). (Oudin et 
Cotgrave.î « Prist la visière de sa salade de sa main 
« destre, et l'arraolia hors de sa salade, et le getta 
" loing de luy en arrière, et demourra le visage 
« moult fort découvert, et ce fit-il, pour ce qu'il 
« estoit homme de courte veue, et la vouloitrf^'sem- 
" pesclier. ■> (Mémoires d'Olivier de la Marche, 
livre I. p. S18.) 

Dcsempestrer , v. Dépêtrer , débarrasser. 
(Cotgrave.) 

Desempirer, v. Empirer. 

....Ce siècle que desempire, 
Où refroidir vos charité, etc. 

Faljl. MSS. du K. n- IGIS, 1. 1 , fol, 05. V* col. 1. 

Deseinpiumer, v. Déplumer, ôler les plu- 
mes (3). (Oudin et Cotgrave.) 

Desempresser, v. Tirer à la presse. - François 
« de Maugeron porta par terre ung nommé Loys 
" Chamcho lequel, a grant foullé de gens, fut 
" recoux, et desem/iressé, tant que trois Espaignols 
« armez à la baslarde le remontèrent. « (.f. d'Âuth. 
Annales de Louys XII.) 

Descnaigrir, v. Aigrir, selon le Glossaire du 
P. Labbe, p. 500, oîi on lit pour mot latin corres- 
pondant exacerbo. 

Désenchaîner, v. Déchaîner, ôter les chaînes 
à quelqu'un. (Cotgrave et Oudin.) 

Desencher, v. On dit du chat-huant et de la 
chouette qu'ils n'osent se montrer que de nuit parce 
qu'ils « ne pourroient durer aux menus oyseaulx 
" qui les desenchent et aguettenf. » (Modus et 
Racio, fol. 9'i.) 

Desencorder, v. Oter la corde (Oud. et Cotg.) 
Desencuser. [Intercalez Dcscncuser, discul- 
per: ■■ Se Jehan de Maillot... vuelt dire que j'ay fait 
« ledit fait,... je l'en combatray,... et l'en feray 
<> desdire, ou tel chose qu'il devra souflire, et m'en 
<• devra l'en tenir pour bien desencusé. « (JJ. 1G5, 
p. 30i, an. 1408.)] (.n. e.) 

Dcsendruir. [Intercalez Desendruir, comme 
desdridr, aux Miracles de Notre-Dame (Du Cange, 
II, 0i2, col. 3): 



La char convient desendruir 
Qui les pechiés veut ensuir : 
Qui s'endruit trop et encraise, 
A pechié faire tost s'estaise.] (n. e.) 

Desenduire, v. Oter l'enduit. (Cotg. et Oud.) 
Deseneurer, V. Rendre malheureux, propre- 
ment ôter a l'heur, le bonheur. (Borel.) 

Desenfilacé, adj. Qui est sans filasse, qui 
manque de fihisse, qui manque de quoi filer. 

La vie aux destins soujette, 

Tombe desenfilacez. (Lotjs le Caron, f. 50.) 

Desenflamer, v. Eteindre la flamme. 

.Jamais ils ne pourront nos cœurs (Zcse)î/7a/ner. f Desport. i32J 

Desenforgé, adj. Dépêtré, débarrassé. « A ce 
" tressaillir du plaisir qu'il sent à gratter sa jambe, 
« après que les fers en furent hors, accuse il pas une 
" pareille joye im son ame, pour estre descnforgée 
» des incommoditéz passées et à mesme d'entrer en 
" connoissance des choses advenir. » (Essais de 
Montaigne, t. II, p. IGi.) 11 faut peut-être « desen- 
fergé. ■> (Voyez E.nfergé.) 

Desenfourner , v. Tirer du four. (Oudin et 
Cotgrave.) 

Desenfuir. [Intercalez Desenfuir, déterrer, 
dans Edouard le Confesseur, v. 49G: » 11 fist 
» desenfuir le cors Harould, et si engelter hors, 
" E tout decolez de l'iglise Chef e cors gette en la 
« Ta'iiise. »] (n. e.) 

Desengagement, s. m. L'action de dégager. 
On a dit eu parlant d'un bien hypothéqué : « Avant 
« 11' ..chat, et désengagement que nous avons 
« fail. >■ (Mémoires de Comines, t. 111, Preuves, 
p. 30.) Ce mot, appliqué à la danse, a signifié 
l'action de dégager ses pas, dégagement. « Les 
« sauts, les entrelasseures, les désengagement, le 
" port et la jarretière, et la grâce des filles portoient 
" je ne scav quelque petite lascivité mignarde. » 
(Bran t. Dames gall. t. 11, p. 366.) 

Desengager, i'. Dégager *. Débarrasser ^. 

* Au sens propre, c'est retirer ce qu'on avoit mis 
en gage. (Oudin.) » (Juand aucun tient en gage 
" d'autruy aucune chose meuble, s'il en veut tirer 
" son argent, peut faire convenir en justice celuy 
» de qui est le dit gage pour le désengager, ou le 
" voir vendre, etc. » (Coût, de S. Sever, au Coutum. 
général, t. II, p. 693 et 694. ~ Voyez Du Cange , Gl. 
lat. au mot Disvadiare, sous vadiuui.) 

^Désengager, pour - débarrasser », a signifié 
aussi dans le sens propre remettre à quelqu'un ses 
engagemens : « Kl ne me semble guère moins de 
« coust, desengager celuy qui me doit, usant de 
« luy, que m'engager envers celuy qui ne me doit 
« rien. » (Ess. de Mont. t. 111, p. 332.) 



(1) De même au reg. JJ. 98, p. 238, an. 1364 : « Comme le bailly de Meleun eust mandé à tous nos sergens que lesdiz 
moustier de Praeles et maison feissent désemparer, abatre et arraser... et meissent en tel estât que jamais n'y peust avoir 
fort.» Froissart, parlant du château de Relenghes (III, 80), écrit aussi: « Si le parabatirent et désemparèrent de tous 
points. » (N. E.) 

(2) On lit au reg. JJ. 138, p. 284, an. 1389: « Loppier lieutenant gênerai... tout empescheœent mis en ses biens, 
desentpesche et met à délivrance. » (n. e.) 

(3) On lit au figuré dans Lanoue (610) : « Bien est vray, que quelques particuliers trop volontaires se sont aucunement 
desempliimez, et la noblesse des frontières a aussi souffert quelques pertes. » (n. e.) 



DE 



113 



DE 



Au figuré : tirer quelqu'un d'embarras en géné- 
ral. » Le cheval de La Palice ayant été tué sous luy, 

« et après qu'il s'en fust desengagé vint ie 

« capitaine Castaldo à cheval, qui le prit prison- 
« nier. ■• Brant. Cap, fr. t. I, p. 81.) 

Desengi, part. Déguerpi, vidé, évacué. On a 
dit, en parlant de la guerre de Philippe-Auguste 
contre les Flainans qui assiégèrent Tournay : 

Vers lui. k'il iert partis sans fi? 

De la guarnison desengi f (P. Mouskcs, p. 560. J 

Desengluer, v. Oter la glu. (Oudin.) 

Desengonnement, s. m. L'action de dépouil- 
ler. Contes de Cholières, fol. IIG.) 

Desengonner, v. Dépouiller. Proprement ôter 
la sonne, comme de robe, dérober. (Contes de Cho- 
lières. fol. 1-21.) 

Desengourdir , v. Oter l'engourdissement. 
(Cotgr. et Oudin.) 

Desengraisser, v. Maigrir. (Oudin.) 

Desengrossir , v. Dégrossir. Décharger sa 
grossesse. 'Oudin et Cotgrave.) 

Desenhorter, v. Dissuader. Le contraire 
« d'exhorter. « (Oudin, Cotgr.) Desenorter, que l'on 
trouve Chr. de S. Den. t. if, fol. 42, répond au mot 
dissnndere, dans le latin de Rigord. 

Desenhorteur, s. m. Qui dissuade (Cotgr.) 

Desenir, r. Finir, cesser. Du mot latin desinere. 
Peut-être désunir, par allusion à années. 

Desenlacer, v. Tirer d'un lacet ou d'un filet. 
(Monel et Oudin.) 

Desennaturer (se), v. Quitter son naturel. 
Se défaire de ce qui est naturel. 

Qui d'orgueil se dese-nnature. 

Fabl. IISS. de S. G. fol. 56, R' col. 3. 

Desennuy, s. m. Délassement, divertisse- 
ment {j. 

Desennuyance, s. f. L'action de se désen- 
nuyer. iColgr;ive.) 

Desenrouiller, v. Dérouiller. Oter la rouille. 
(Oudin et Cotgrave.) 

Desenrouler, v. Dérouler. ;Nicot et Cotgr.) 

Desenroullé, adj. Réformé, désenrôlé. (Dicl. 
de Rob. Estienne.) 

Desensaigner,. v. Faire désapprendre, faire 
oublier ii). Cotgr. et Oudin.) 

Desenseller, v. Faire perdre la selle à quel- 
qu'un, le désarçonner. 



Si rudement le desenselle, 
Le cuer lui part dessoubs l'esselle. 
Rom. d'Atbis, MS. cilo par Du Canje, Gloss. lat. au mot Sellare. 

VARIANTES : 
DESENSELLER. Du Cange, au mot f^ellare sous sella. 2. 
Desseller. Percef. vol. II, fol. 36, V» col. 2. 

Desentasser, v. Disperser. Le contraire «d'en- 
tasser. » (Oudin et Cotgr.) 

Desenterrer, v. Priver de sépulture. (Vies des 
SS. MS. de Sorb. chiff. uxi, col. 32.) (3) 

Desentester , v. Faire cesser l'entêtement. 
Ce mot est cité comme nouveau, dans le P. Bou- 
bours. Remarq. sur la Lang. p. 552. 

Desentii", v. Sentir, éventer. 

La bisse i ot sovent esté, 

Et par ivier, et par esté ; 

Quar li cien VorK»t desenlie, 

Qu'elo n'i sot sa garandie. (Pli. Moiisk. p. 107 .j 

Deseatortiller, v. Développer. (Oud. et Cotgr.) 
Desentrailler, v. Eventrer. Arracher les en- 
trailles. :Oud. et Cotgr.) 

Desenvelopper, i'. Développer. (Cotgr.) (4) 
Desenvillir, v. Nettoyer. Oter ce qu'il y a de 
vil. iPoës. de Loys le Caron, fol. 2.) 

Desercion, s. f. Déroute *. Abandon ^. 

*Au premier sens, on lit : « Il vit son ost ainsi 
« renversé, abatu, et mené à telle desercion, il fut 
« si désespéré que luy mesmes se voulut occire de 
« sa propre main. » (Tri. des IX Preux, p. 383.) 

^En termes de barreau, on disoit " desercion 
« d'apel » pour abandon d'appel. fProcès de .J. 
Cuer, MS. p. 202.) 

Deserpillé, adj. Déguenillé. « Entre les che- 
« valiers que messire .Jehan de Vallance ramena 
« d'Egiple, j'en congaeu bien quarante de la court 
.. de Champaigiie, qui estoient tous deserpillez et 
« mal atournez. » (.Joinv. p. 89.) (5) 

Deserrine, s. f. Nous ignorons la signification 
de ce mot que nous ne trouvons que dans une cita- 
tion de Du Cange : 

Chil qui ne manguent poisson 
Habitent en la deserrine (6) 
Et ne mangiient for.s vermine. 

Besliairc, MS. cilé far Du Cange, 01. 1. au mol Vermen, 

1. Désert, adj. Dépouillé, ruiné*. Détruit, 
brisé ^. Abandonné'^. 

*Pour« ruiné. « » Vray est que nostre dict 

« père vous donna tant en mariaige, si vous donna 
" plus qu'il n'a laissé à nul de nous, si ne vous 
« pourrions payer que ne fussions d(?s^?'s (7), pour- 



(1) On lit dans .1. de S' Gelais (Hist. de Louis XIII, p. 179): c [Il chassait] pour son passetemps et pour donner desennui 
a son neveu, qui tant y prenoit plaisir. » (x. E.) 

(5) On lit au.x Prov. mmss. de S' Germain, fol. H4 : « Maistre qui desensaigne Son aprenant meha^ne « De même dans 
Coucy (Laborde, p. 276) : « Pour ce ne puis fere lie chançon Qu'Amors le me dese>iseig>ie. » (x. e.) 

(3; « Un homme en peut estre accusé [dhérésie] après sa nioit... et s'il advient qu'il soit convaincu et atteint d'heresie 

Il doit estre desenlerre, et ses os mis dans un sac. » (Monstrelet, I, 39.) (n. e.) 
(4) On lit au Livre de Justice, p. 76 : « Tout ce est otroié à celi a qui l'en done juridiction desenveloper » (n e ) 
(o) Le mot n'est pas au Gloss. de l'éd. de Wailly ; on lit au reg. J.T. 164, p. 105, an. 1409 ; « Jean Langlois avoit trouvé ou 

grant Lhemm du Mans gens qui l'avoient desrobé et deserpillé. » (n. e.) 

(6) Dans ce même bestiaire, on dit du Phéni.\ : « De la dcscrtine s'envole En la cliilé de Leopole. » Deserline oui est là 
pour désert, subsiste comme nom de lieu dans l'Allier et la Mayenne, (x. e.) > h • 

(7) Dans ce cas, il vaudrait mieux écrire deshers, comme au t. VI des Ord., p. 70, an. 1374 : c'est un composé de hœres. (x. e.) 

'• 15 



DE 



114 — 



DE 



« quoy nous vous offrons que veniez partir avecques 
« nouspar teste. » (LaTiiaum.Cout. delierri,p.310.) 

^ Pour « détruit, brisé. • " Lors regardent le 
« chevalier ([ui estoit si suant, et si foullé, et son 
« escu si desers 1), eldetroncé deglaivesque en lui 
« n'avoit congnoissance. » (Percef. vol. I, f° 89.) 

•^Pour <■ abandonné. » 

Je suis mallieureux, et désert. [iIoUnet,p. iSS.j 

2. Désert, s. m. Destruction, ruine. « Les enfants 
« des traislres doivent estre tournez en exil, et a 
» f/csf?'/ par mort convenable. » ;Bout. Som. Rur. 
page 279.) 

Chasleaux et villes désertèrent, 

Ly Breton virent la doulour. 

Et le ilcserl l'aire des lour. (Hom. de Bfut, f. Al.} 

« Plusieurs des dits complaigiians ont esté 

« dommagez, grevez et en péril de tout désert, et 
« mis en mendicilc. » (Ordonn. des R. de Fr. t. V, 
page 384.) 

Desertable, adj. Odieux, détestable. 

Quant il vit la seigneurie 

Et le jugement de sa vie 
Desertable par le cours, 
Par franc vouloir se fist secours. (E. Dcsch. f. 47i.} 

Desertation, s. f. Perte, ruine, destruction. 
" Pour ce que la dite ville est moult travaillée, et 
» oppressée en sa labeur, et par especinl en la 
<■ moi.sson de cest présent aoust, et les bestiaux 
« souvent prins, et emmenez par les gens d'armes, 
« qui se dient et advouenl estre sous Monseigneur 
« le duc : dont le pauvre peuple, et les marchands 
« sont fort destourbez, et en voye de desertation, 
" se pourveu n'y est briefvement. » (Sloustr. vol. I, 
fol. '247.) « Lesquelles choses sont, et ont esté 
» faites commises, et perpétrées par nostre dit 
« cousin de Bourgongne, ses alliez, adbérans et 
« complices, contre nostre majesté royalle, contie 
« les Ordonnances des accords, et ti'aiclez de la dite 

« paix en desertation et deslruclion de nostre 

" peuple, et de nostre grande desplaisance. » (lljid. 
fol. 196.) (-2) 

1. Déserte, s. f. Le dessert. <> Il n'y a eu rien 
« oublié à un si.... banquet que la déserte. « (Des 
Ace. Escriv. Dijon, fol. 25, V°.) « A l'entrée de table 
" on boit du blanc, au milieu du gris et clairet, à la 
« desserte du rouge , et diverses sorles d'un 
« chacun. » (Bouch. Serées, liv. I, p. 7.) 

2. Déserte. [Intercalez Déserte, mérite, dans 
Joinville (§ 709): « Diex a puis fait maint biau 
« miracle pour li par ses désertes. » De même dans 
un testament de 1382 (Du Cange, II, 817, col.l): 
« Item à Jehan de Mellan lequel demeure avecques 
>' moy, en outre ses désertes, cent sols une fois 
« payez. » Voyez Desserte.] (n. e.) 



Déserté, adj. Ruiné, ravagé. On disoit en ce 
sens « terre désertée. « [E. Desch. fol. 14G.) 

Troye la cité desertie. (Sot. des Vœux du Paon, f. 9 ) 

Déserter, v. Désoler, ravager* (3). S'épuiser °. 
Mettre hors "=. 

*Dans le premier sens, on trouve deserlare pour 
vasiare, dans le Gloss. lat. de Du Gange. On a dit, 
en parlant d'une place forte occupée par des com- 
pagnies de brigands qui faisoienl des courses aux 
environs : « Près d'ici est celle i\m déserte tout le 
« pays. " ^Hist. de Loys 111, ducdeBouib. p. llrj)(4) 
Et Troies fu toute gastée, 
Et exilliée, et desiertùe. [Pli. iIouskcs,p. 4.J 

^On a dit aussi se déserter, pour s'épuiser. 
« Aussi s'y plaisent elles si parfaitement, qu'elles 
« multiplient beaucoup plus qu'en France, et le 
« pays ne s'en peut déserter, pour le peu de soin 
« qu'on aye de les conserver y en ayant veu pren- 
<• dre de toutes ces sortes de bestes, etc. » ;Salnove, 
Yen. p. 18'i.) Le Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis 
interprète déserter pour <> mettre hors. » 

Desertir. [Inlercalez Desertir, rompre, au 
Roman d'Alexandre (Du Gange, II, 810, col. 3): .. Etii 
« hauberc li a deront et desertis. » On trouve 
encore au participe la forme intensive f/es(';'S.](N.E.) 

Déserts, s. m. p. Nom de lieu. Déserts de Fon- 
« tainebleau. » G'est ainsi que les rois , avant 
François I'^ appeloient Fontainebleau ; et dans la 
Ghambre des Gomples on trouve des lettres et titres 
ainsi datées : « Donné a nos déserts de Fontaine- 
« bleau. » (Brant. Cap. Fr. t. I, p. 274 ) 

Deserveur, s. m. Homme préposé par le sei- 
gneur pour garder et faire valoir, à son profit, un 
îief ou un héritage, au défaut ou en l'absence 
du propriétaire. » Nous baillierons au seigneur dou 
« fié deserveur souffisant, qui gouverneroit cette 
« chose, qui avenue nous seroit en la manière que 
« cilx de qui elle nous seroit avenue, la gouverne- 
a roit. » (Ord des R. de Fr. t. I, p. 558, 'an. 1315.) 
« Gens de main morte qui s'absentent de la sei- 
« gneurie de main morte, peuvent retourner à leurs 
« héritages, et les recouvrer dedans dix ans, durant 
« lequel temps de dix ans, le seigneur peut mettre 
>' desserveurs esdils héritages, et faire les fruicts 
<• siens. » (Coût, de Bourg, au Coût. Gén. 1. 1, p. 840 ) 

Deservice, s. m. Mauvais office, démérite. 
(Oudin et Cotgr ) « Le Roy avoit desployé sa mise- 
- ricorde envers une infinité de rebelles dont il 
« n'avoit jamais reyeu que des deservices. » (Lett. 
de Pasq. t. II, p. 302.) 

Deservir, v. Mériter*. Servir^. Récompenser 
ou punir '^. 



(1) C'est le participe passé de desertir, comme dans l'exemple suivant, où du sens propre de rompre on passe au sens 
figuré : « Guidant que l'asseurement donné devant autre juge que les nostres ne vaulsist , ne sortist aucun effect fors 
jusques à .40. jours, et iceulx .40. jours passez, feust désert et de nulle valeur. » (JJ. -138, an. 1390 ) (.N. E.) 

(2) Voyez encore un acte de 1409 (Ord., t. IX, p. 4b3). (n. iî.) 

(3) Par suite, perdre : « Et jà a marchandé de luy honnir et déserter. » (Froissart, XIII, 280.) (N. E.) 

(4) De même dans Froissart (X, 399) : « Pluiseur chevalier se plaindoient des bos que on leur avoit copés et desertis » : 
et au reg. JJ. 77, p. 394, an. 13^ : « Les buefs et les vaches de Bernart Restourt, qui gastoient et desertoientle boys, c (n. e.) 



DE 



— 115 



DE 



Ce mot, dans S. Bernard, répond au latin mcrcre 
ou inereri. 

* Sur le premier sens, voyez les Dictionnaires de 
Monet, R. Estienne, Borel, Cotgrave, etc. » Us ont 
« deservi d'eslre puni griefment. ■> (Ord. des Rois 
de Fr. t. 111, p. G93.) (1) 

^ On a employé aussi deservir dans les diverses 
acceptions du mot servir, comme « rendre service, 
servir sur table, etc. » Pour rendre service : » Ceuls 
« que li rois sçaura qui bien l'auront deservu et 
« loiaument. » (Ordonnances des R. de Fr. tome I, 
p. 7Gi, art. 7.) 

Pour servir sur table : « Ainsi que Yen devoit 
« commencer à servir,.... le roy Lucides dist qu'il 
<■ seroil bon d'attendre à desservir tant qu'on eust 
« esté veoir la navire qui estoit desjà arrivée à bort 
» dedans la haute. » (Percef. vol. 111, fol. 77.) 

"^On a dit enfin desservir pour « récompenser (2), » 
acquitter, reconnoître un service. « Sire, disl 
« Estonné, elles nous ont saulvélesvies, je ne scay 
Cl qui le desservira ; Sire dist l'aisnée desdamoisel- 
« les, il est tout desservy. » (Percef. vol. I, f° GO.) 
On lit, dans S. Bernard, p. 303: « Desservir grâce, » 
pour mériter grâce, et id. ibid. « desservir eniev [S). » 

Expressions à remarquer : 

1° " Desservir ung don. » C'est une sorte de 
pléonasme, donner une récompense, accorder une 
grâce. « Il y a grant espace que je vous doys ung 
« don desservir, que nommez me avez aulresfois : 
« lequel je vous accorday, et vous scavez pourquoy 
« vous ne l'eustes alors, si vous conseille que vous 
" alliez devers la royne, car de moy avez l'oclroy. » 
(Percef. vol. IV, fol. G.) 

2° « Desservir un hommage. » « ...Ainçoys des- 
« servira son hommage qu'il avoit fait envers sa 
« dame, car bien luy sembloit qu'il ne pourroit 
« estre h plus vaillante dame. » (Perc. vol. V, 1'° 7C.) 

3" « Desservant le lief, » celui qui acquitte les 
devoirs d'an fief. Cette qualité se trouve souvent 
dans les signatures h la fin des procès-verbaux des 
Coutumes.' (Voyez Nouv. Coût, génér. t. I, p. 385.) 
[Voyez Deservei;r.] 

VARIANTES : 
DESERVIR. .4.pol. pour Hérodote, p. 262. 
Desservir. Fabl. MSS. du R. n»7218, fol. 130, V» col. 2. 
Decervir. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. II, fol. 165. 

Deservis, adj. Qui a fait son service. Ce mot 
est rendu en latin par emeritus, dans le Gloss. du 
P. Labbe, p. 490. 

Deservisseinent, s. m. Desserte, l'action de 
desservir un bénéfice. « Demeurans par devers ces 
" monastères le droit de dismer, sur tous les 
" climats de la paroisse, comme estans curez primi- 



« tifs, encore que la charge, et dcservissement 
« residast par devers leurs vicaires perpétuels. » 
(Pasq. Rech. p. 284.) 

Desesmé, adj. Epuisé. Ce mot est formé de des 
privatif, et de aîné. » ...Quand tous les diables 
« devroient saisir ces âmes desesinées de faim. « 
(Contes de Chol. fol. 32, R".) 

Desesperaclon , s. f. Désespoir. On disoit 
« venir en desesperaclon , » pour tomber dans le 
désespoir. (Chasse de Gaston Phébus, ms. p. 397.) 
« ...Par desesperaiice, » par désespoir. (G. Guiart, 
MS. fol. 300.) « A la désespérade. " en désespéré. 
(Mémoires de Du Bellay, liv. X, fol. 307, V°) « Jouer 
« à la desesperade ou au désespoir. » jouer en 
désespéré, hasarder tout. (Pasquier, Rech. p. 498.) 

VARIANTES : 
DESESPER.\CION. P. J. de Saintré, p. 80. 
Désespér.\ttcn. Les Marc;, de la Marg. fol. 7, V». 
Despéracio.x. Fabl. MSS. du R. n« 7218. fol. 222, V" col. 1. 
Désespérance. Fauch. Lanc;. et Poës fr. p. 122 (4). 
Despérance. Poës. MSS. Vàt. n» -1400, fol. 105, R". 
Despér anche. Ibid. fol. 7, R". 
DESPER.iTiON. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 11 et 312. 
Désespérade. Cotgrave, Dict. 

Désespérance. [Intercalez Désespérance, dé- 
sespoir: « Car on le povroit si espouanteir de ses 
•' péchiez qu'il en cherroit en désespérance. « 
(Ménestrel de Reims, § 182.) De même dans .loinville 
(§534): « Toute nostre genl s'enfuirent si laide- 
« ment, que il en y ot plusours qui de désespérance 
« se noierent en la mer » ; et aux Ord. VII, 544, 
an. 13i0 : « Posé encore que par désespérance il se 
« noiast ou pendist. »] (n. e.) 

Désespéré, adj. Désespéré*. Outrageux ^. 
Inattendu '^. 

* Ce mot subsiste au premier sens, sous la pre- 
mière orthographe. On trouve despéré en ce même 
sens dans .lo'achim Du Bellay, fol. 4'i8. 

^ On a dit désespéré pour « outrageux. » 

Li papelart religieus. 
Oui sont gloutons, et envieus, 
Et ont envi d'autrui biens. 
Désespéré, et orgoilleus, 
Plus esfraé, et plus hideus, 
Que ne fu onques nule riens. 

Fabl. MSS. du R. n' 7015, t. II, fol. UC, V col. 2. 

'^ Désespéré, pris pour le contraire « d'espéré ». a 
signifié inattendu, imprévu. (Voyez Joach. du Bell. 
ubi suprà.) 

On a dit au désepéré, pour â toute outrance, eu 
désespéré. » Quant ceulx d'Escallonleveirent venir, 
u ilz tournèrent en fuitte devers Escallon, Gervaise 
« les chassa ou désespéré. >< (Le .louvenc. f" 74, V°.) 
« Incontinent furent mis dix lances devant pour 
chasser au désespéré, et pour faire arrester les 



(1) Ce sens est dans Roland (v. 3740) : « N'a deservit que altre bien il ait. » De même dans Froiss. (II, 79) : « Li chevaliers 
rapporta que il avoient bien mort rfes.senw(; par pluiseurs horribles fés )i; et au cart. de l'évêché de Chartres (an. 1312): 
« Item d'un vallet, appelle Guiot Breton, qui fut pendu à Chartres ; trouvé est que il l'avoit bien dossen'i. » Il se prenait 
aussi en bonne part (Ann. de S' Louis, p. 176) : « Pour ces chouses et autres bonnes euvres daservi li roys Loys l'amour et 
la grasce Xostre Seignour. » (N. E.) 

(2) « Nous vous en scaurons gré et à dnsservir à vous et aux vostres. » (Froiss., XV, 223.) De même au t. XVI , p. 137 : 
« Vous me faittes tant d'honneur que je ne sçay comment je le pourray jamais desservir. » (n. e.) 

(3) Il avait aussi le sens actuel (Froiss., II, 29) : « Si ne l'ay je pas desservi ne ne vourroie faire nullement. » (n. e.) 

(4) Ces variantes seraient mieux placées sous désespérance, article intercalé, (n. e.) 



DE 



- UG - 



DE 



. dits Anglois, lesquels s'en alloienl à leur garnison 
. ù Lagny. » On lit à la marge : » c'esl-à-dire 
« comme enfans perdus. » (Histoire dArtus 111, 
connétable de Trance, duc de Dretagne, p. 762.) 
« Firent une saillie au dése&péré , ■> et à la marge : 
« Firent une sortie endésespérr^. » (Ibid. p. 7Gi.) 

Désespérément, adv. D'une manière désespé- 
rée. (Oudin et Colgrave.) 

Désespérer, v. Faire perdre l'espoir. Ce mot, 
dans S. Bernard, répond au latin desperare. « Puis 
« la place se rendit par une très liouorable compo- 
« sition, surpris pourtant monsieur le comte par 
.. une lettre supposée, qui le désespérait de tout 
» secours. » (Brant. Cap. fr. t. I, p. 410.) 
Conjugaison. 

Desesperei%, Ind. prés. (S. Bern. S. fr. p. 107.) 

Desespoir t, subj. «S'est merveille ke ne m'en 
. desespoirt. » (Poës. mss. av. 1300, t. III, p. 1189.) 

Despoire, ind. (Fabl. mss. de S. G. 1" 88.) (1) 

Despoire, subj. (E. Desch. f" 501.) 

Désespérés (les), s. m. p. Nom de faction. 
Parti qui s'éleva parmi les habitants del'Over-Yssel, 
en 1579. Ils portoient peinte sur leurs drapeaux une 
épée nue, avec la moitié d'un œuf, dont le jaune 
paroissoit répandu. (Hist. de Thou, t. VIII, p. 139.) 

Desestablir, v. Destituer. « En requérant qu'il 
« fut content, qu'aucun d'eux peust avoir la puis- 
« sance de reformer tous ceux généralement, qui 
<• depuis le commencement de son règne, avoient 
« eu le gouvernement des dites finances et de ses 
« offices, sans nuls en e.N^cepter, et qu'ils peussent 
« iceux desUiblir, corriger, punir, ou condamner, 
« selon le cas qui seroit trouvé sur eux ; laquelle 
« requeste fut par le roy accordée. » (Monslrelet, 
voll, fol. 91.) 

Desestance, s. /'. Malaise. (Voyez Mesestance.) 

Si par vuil tant la vostre compaignie, 
Que li désirs double ma deseslancc. 

Gaces Brullés. p. 517. 

Desestimer, v. Mésestimer, mépriser. (Xicot, 
Cotgrave, Oudin.) » 11 a été désestimé, et décrié par 
« plusieurs grands personnages. » (Sagesse de 
Charron, p. 171.) 

Desestourdir, i'. Oter l'étourdissement. (Cotg. 
Nicot, Monet.) « 11 chancelle grant pièce, et Lancelot 
« qui point ne le aymoit luy court sans reposer, 
<■ ainçoys qu'il soit destourdij, et luy baille grands 
<■ coups sur son lieaulme. ■• (Lancelot du Lac, 
t. Il, fol 10.) 

Desestourmé, adj. Qui est en désordre. Ce mot 
est formé de l'italien Stormo (2), troupe arrangée et 
en armes pour combattre. 

Com personnes desestourmées, 

Conunence l'estrif aux espées. (G. Guiart, an. iSQA.) 



Deseur, prépos. et adv. Dessus *. Par dessus °. 
Au dessus ^. 
* Pour " dessus » : 

....Son col ki blançoie 
Dcseui- som bel chief sor. 

M" Gauliers d'Argies, l'ots. MSS. av. 1300, t. III, p. 1149. 

° Pour " pardessus » « ....Deseure tes comans. » 
C'est-^-dire pardessus tes ordres. (Fabliaux .mss. 
du Roi, n° 7(!l."i, tome II, folio 107.) « ....Illec 
« fut l'estendart de Roinme où il y avoit par des- 
" soubs un aigle, et ung dragon qui estoient fichez 
" avec deux bendes de fer. « (Lancelot du Lac , 
t. III, fol. 48.) 

'^ Pour - au dessus » (3) : 

Mes tant avoit amé sa seur, 
Que deseur soi l'avoit levée. 

Fabl. MSS. du R.n- 7615. t. II, fol. 173, V col. 2. 

On disoit : 

1" « Ce desseure dessous, » pour sens dessus 
dessous. (Histoire de Bertrand Du Guesclin, par 
Ménard, p. 487.) 

2° « Deseur leur pois, ■> au delà de ce qu'ils 
peuvent porter, au dessus de leurs forces, ou peut- 
être pour leur malheur : 

.....\iment deseur leur pois. 

Poos .MSS, du Valican, n- 1400, f- S, R-. 

VARIANTES (4) : 
DESEUR. Fabl. MSS. du R, n» 7218, fol. 260. 
Desseur. Beaumanoir, p. 7. 

Dessure. Poës. MSS. d'Eust. Desch. fol. 109, col. 2. 
Desuere. Mil. fr. du P. Daniel, t. I. p. 483. 
Dessur. Gil. Durant, à la suite de Bonnefons, p. 81 et 170. 
Desor. Villehardouin, p. 52 et 62. 
Desus. Villeh. p. 66. 
Desouz. Roman de Rou, .MS, p. 339. 
Dessoubz. Vig. de Ch. VII, t. I, p. 57. 
Desuys. Brilt. Loix d'Angl. fol. 7, V". 
Descu. Fabl. MSS. du R. n» 7989, fol. 75. 

Deseurain. [Intercalez Deseurain vestemenf. 
surcûl (Froiss. V, 308) : « Et devoit cascuns cheva- 
« liers de le ditte compagnie porter une estoille 
« d'or ou argent doré ou de perles sur son deseu- 
« rain vestement. »] (n. e.) 

Deseure , adv. Dessus. (Borel.) « Mislrent 
« mineors qu'ils avoient par desor terre. » (Villeh. 
page 145.) 

Deseureïs. [Intercalez Deseureïs, malheureux, 
dans Guiot de Prouvins, Wackernkonig, p. 32 : 

El ais com saux deaeurets 

Se celle n'ot maproiere.] (n. e.) 

Deseveuzer. [Intercalez Deseveux^er, refuser 
(Dissert, de Le Beuf, III, 413, an. 1307) : - Et pour 
" ce que vous puissiez mie deseveuzer que vous ne 
" puissiez eslre pardevant l'un des trois, je vous 
u doing terme de la S. Michiel prochain venant 
" jusques à un an. »] (n. e.) 

Desevrauce, s. f. Séparation, désunion, priva- 
tion, départ (5). 



(1) Dans Coucy (III) on lit : « Comment que je me desespoir. Bien m'a amours guerredonné. » Au Lai de l'Ombre : « Or se 
despoire, or se deshaite Cil qui cuidoit avoir tout pris. » (N, E.) 

(2) Ou du français csluur, qui a formé le verbe cslourmir. (N. E.) „ ^^ ^c -. , 

(3) On disait aussi cslre ou cenir à deseure pour réussir dans une entreprise. (Froissart, II, 00, 62.) (N. E.) 

(4) On Ut déjà dans Roland (v. 1017) : « Oliver est montez desur un pui haltur. » (n. e.) 

(5) Défaite dans G. Guiart (an. 1249) : « Sont mors à celte desevrance Deus amiraus de grant puissance. » (N. E.) 



DE 



117 — 



DE 



VARIANTES : 
DESEVRANCE. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 998. 
Dessevrance. Ord. t. II, p. 604. 
Desevranche. Ibid. p. 1198. 

Desoivre et Desoyvre. S. Bern. S. fr. MSS. p. 42 et 71. 
Dessevraille. Disp. du .luit et du Chrét. fol. 103 (1). 
Desevrée. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 196, col. 3 ('2). 
Dessevrée, lieaunian. p. 98. 
Dessevroison. Poës. MSS. av. 1300, t. IV, p. 1437. 

Desevr«meiit, s. ni. Privation, séparation *. 
Distinction^. Divorce'^. Interruption". Ce mot, 
sous les dilférentes orHiot^raphes employées par 
S. Ber. répond au latin distanlia, separatio. Ce mot, 
dont la signification s'est conservée dans notre 
verbe •■ sevrer, « emporte dans ses diverses accep- 
tions son sens primitif de « privation. » 

*Le sens propre est privation. 

Lons consirs double la désevrance.. 

M" Hughes do Bregi, Poês. MSS. av. 1300. t. III, p. 098. 

^ Pour « distinction , diiïérence » : « Que nul 
« baron n'alegent la monnoye que il auront com- 
« menciée de poids, ou de loy. sans faire ilessevrance 
« apporte devers croiz, ou devers pile, qui puisse 
« estre connue de toutes gens; et qui doresnavant 
•1 fera encontre, il perdra sa monnoye; et les mon- 
« noyés qui ont été allégiécs sans ia'we ilcssevrnnce 
« apperte, nous voulons qu'elles soient abbalues. » 
(Ord. des H. de Fr. t. H, p. (iOl) 

'^ Pour « divorce, dissolution •' : ■■ 11 puct bien 
« avenir que un mariages est desseverés par Sainte 
» Eg'lize, quant au lit, et ne pourquant les enfans 
>< que il orent, quand il furent ensambie, si ne iont 
« pas prouvé pour batart; si comme quant aucuns 
« pourcacbe le dessevrement de sa famé , pour 
« ce que il la trouvée en pécliié de fornication, ou 
" la famé de son mari porche que ele l'i a trouvé, 
■-^ en tel cas, les puct bien sainte Eglise dessevrer, 
" et si ne sont pas les enfans baslart que il orrent 
" devant la dessevrée; mes se la famé eut enfans 
« puis \e dessevi'emcnt, il sont batart. » (Beauman. 
p. 98.) 

° Pour « interruption. » (Poës. mss. avant 1300, 
t. IV, p. ir.G5.) 

Desevrer, i;. Séparer, diviser*. Abandonner^. 
Priver*^ (3). Ce mot, sous les orthographes employées 
par S. Bernard , répond au lalin segrecjare et 
separare. (Borel, Mcot, Cotgrave et Du Cange.) 

* Le mol dessevrer signifie diviser et séparer, 
comme il se trouve « en l'Ancienne Chronique de 
« Flandres, de Monstrelet et ailleurs, et ainsi en use 
" mon vieil practicien. » (Bouteiller, Som. rurale. 
Notes, p. 449.) (4) 

° On a dit dé h'i dessevrer pour « abandonner •>, 
se séparer de quelqu'un. (Fabl. mss. de S. G. f" 10.) (5) 



'= La signification primitive et générique paroit 
être celle de « priver, " qui s'est conservée dans 
notre mot « sevrer (G), » et d'où sont naturellement 
dérivées les autres acceptions particulières et 
secondaires. (Voyez Desev!!ance.) On a dit dessevré 
« de sens, » pour privé de sens, insensé. (Chroniq. 
S. Denis, t. I, fol. 3G, V".) 

Desexcoiaunier, v. Relever d'excommuni- 
calion. (Apol. pour Hérodote, p. 3(jl.) 

Desfaé. [Intercalez Desfaé, déloyal, dans les 
chansons de geste françaises et franco-italiennes. 
On lit au ins. de S' Marc CH, 7, 4 (Pio Rajna, Rotta 
di lîoncisvalle, Bologna, 1871, p. 21): , 

Ço est Nerbona, che seit sor regoi del me ; 
Âlfaris la tint, un fol roi dcsfaô. 

Comparez Chron. de Normandie, v. 27512.] (n. e.) 
Desîaire. [Intercalez Desfaire, détruire, dans 
Pioland, V. 450: « Dient paien : desfaimes la 
« meslée. » De même dans Tii. de Cantorbéry, 43: 
» E desfaiz li malices qui duncert aprestez. » Au 
moyen, il signifie s'interrompre: » Marguerite, je 
c< croi bien que nostre compagnie se desfera. » 
(Froiss, V, 274.) De même au t. H, 319: « Li sièges 
« devant Tournai se desfil. »] (n. e.) 
Dcsfaiter (se), v. Se dépiter. 

Or se (Jesespoire, or se âcffa'iic 
Cil qui cuirioit avoir tos pris. 

Fabl. MSS. de s. G. fol. 88, I\" col. :i. 

DesJ'ectiblement , adv. D'une façon incom- 
plète. « Quand nous considérons la perfection qui 
« est en Dieu par sa nature divine, nous ne pou- 
« vous trouver parfection à ce regard en ce monde, 
« ne es hommes, ne es choses créés, si non en tant 
« qu'elles participent plus ou moins de la divine 
« parfection, et bonté, et pourtant que desfeetible- 
« ment la participent. » (Histoire de la Toison d'or, 
vol. II, fol. GC.) 

Desïergier, v. (Voyez Deforgier [ou mieux 
Defferger], pour déchaîner, et Enferger.) 

Desfermé. [Intercalez Desfermé, ouvert : " En 
■' la ville de Haspre, laquelle estoit tout desfennée. « 
(Froissart, 111, 92.)] (n. e.) 

Desferrei", V. Déferrer. (Oudin et Cotgrave.) Ce 
mot se trouve employé singulièrement pour dési- 
gner des gens qui vont à pied. Voici le passage 
entier : 

Après ce digner povre et gasté, 
Que l'on ot fet de pain dur, pasté 
Par l'eve chaude où il fu mis. 
Se sont il d'errer entremis, 
N'orent meslier de ileaferrer. 

Fal.l. MSS. du R. n" --218, i' 237, R" col. 2. 



(1) On lit au sermon de Robert de Saincerianx sur la mort de S' Louis (II, 757, col. 1) : « Mors , moult parfus vilaine , 
quant tu n'i preis garde ; Cil qui tant bien faisoit, tu l'ocesis sans faille ; Par vos ot la roine moult dure ilessevi-aiUe. » (N. E.) 

(2) Desevrée signifie détaite dans Gérart de Vienne (v. 2530) : « De Durendart ke bien fu esprovée En Roncevals an la maie 
journée, Kant de RoUan i fuit la desevrée. » (n. e.) 

(3) Il signifie encore choisir : « Et tryerent et eslisirent et desevererent par droite élection trois cens chevaliers. )> 
(Froissart, V, 412.) (n. e.) 

(4) On lit dans Roland (v. 1201) : « Tute l'eschine li desevcret de 1' dos. » De même au reg. .1.1. 127, p. 59, an. 1385 : « Le 
suppliant fery ledit Perrin,... duquel cop il lui dessevra ladite oreille de la teste. » (n. e.) 

(5) « Et se desevererent li doy marescal li ungs de l'autre. » (Froissart, IV, 428.) (N- E.) 

(6) Sevrer est proprement séparer l'enfant de la mère, l'écarter de son sein. (n. e.) 



m 



- 1-18 



DE 



Dcsfiancer (se). [Intercalez se (lesfinncer, 
désobéir, devenir vassal iélon ;Cliron. des ducs de 
Normandie, v. 91C5).] (n. k.) 

Desficher, v. Déclouer, arracher. (Oudin et 
Colgrave.) 

Desfinancé, adj. Qui esl sans argent. (Ondin 
et Colgrave.) 

Desfincellei-, v. Débarrasser. Comme s'il y 
avuit(/('/'t't'/f'r, par allusion à « ficelle, filet. » Peut- 
être aussi faut-il lire « se destinceller, se débarras- 
ser des étincelles, éteindre le feu. » 

Le fu de l'amoureuse llame 
Ahicois me bruist, et enllame, 
Je ne m'en puis i!os/inceler, 
Car je le sens estinceler 
Environ moi. 

Pocs. M3S. de Froissarl, fol. 393, col. 1. 

Desfloiireiir, adj. Qui déflore. Epithète de 
» paillard » dans les l^)ithètes de M. de la Porte, i..:: 

Desfoiicliier. [Intercalez se desfouchicr, se 
débander, dans Froissarl (V, Sid]: « Li arrière 
« garde ne s'estoit onques oset desfoukier. » De 
même au t. II, 155: « Depuis basses vespres il ne 
.. s'osoient desfoiicliier. « Il dérive de faite, troupe, 
par l'allemand Volk, peuple, en provençal foie, 
troupeau.] >'. i;.) 

Desfouriier. [Intercalez Desfoiirncr, se retirer, 
dans G. Guiart (v. 13G79): « Finauts'en vont au 
« desfoiirner. « De même au v. 1G201 : « ?Jes à la 
« parfin se desfounient. »] (n. e.) 

Desfourrcr, i'. Dédaigner. Oudin, dans son 
Dictionn. rend ce mot par l'italien sfodrare, qu'il 
explique par « dédaigner, » peut-être faute pour 
dégainer. 

Desfi'ichcr, v. Détruire. Ce mot, iiui subsiste 
dans notre mot rft'/Hc/ier, s'est employé autrefois au 
figuré dans le sens de « détruire » ; ainsi on a dit 
des Anglois : 

.....\ussi venoient courir à Mante 
Chascun jour, et eubc embuscher 
Sur les chemins bien vingt, ou trente 
Pour les Françoys là dcsfricho: 

Maniai de Paris, Vig. du Charles, VU, t. I, p. 13. 

Desfripei", v. .Aplanir, rendre uni ce qui étoit 

frippé. (Oudin.) 

Desïroisser. [Intercalez Desfroisser, écorcber, 
dans iM'oissart (II, 178): " Les chevaux estoient si 
« l'oulet et alTamet, et si desfroissiet de leurs povres 
'■ selles, que à grant meschief les pooient il cacliier 
« avant. »] (n. e.) 

Desfroncer, v. Défroncer, aplanir les rides. 
(Ou.lin.) 

Desfronscr, v. Défoncer. C'est ainsi queMonet 
explique ce mot ; mais il esl probable qu'il faut lire 
dcfroncer au lieu de défoncer. 

Dosfroter, v. Frotter. " Semblant fet qu'ele se 
■ desfrote. » (Fabl. mss. du R. n" 7G15, t. II, fol. 177.) 



Desfubler. [Intercalez Desfiibler, dépouiller, 
comme desafubler, dans Gérard de Vienne, v. 1129 : 
« Si desfubla le riche inantel gris »; et dans 
Parton.v. 399."): « 0('s/"H/;/<'t'esten un samit. «] (n.e.) 

Desgagement, s. m. L'action de prendre des 
gages. (Cotgrave.) « Quant aux prinses des bestes, 
" et degagemens de corps, celuy qui fera la prinse, 
« ou dégagement, en quelque lieu que ce soit en la 
" dite terre, sera tenu de faire apparoir de la beste 
« jjrinse, ou gage, à tout le moins par un tesmoin 
" digne de foy à justice; ou autrement, la prinse 
« ou dégagement sera nulle, et de nulle valeur. » 
(Coutumes de Soesmes, au Coût. gén. t. II, p. 287.) 
« Action pour loyers , et désertes de services , 
» labeurs ou peine de corps se peut faire par clain 
« dedesgagemeiit, à la requeste de partie, par deux 
X sergens à l'ordonnance du prevost en la dite cité 
« et banlieu d'icelle. » (Coutumes de Cambresis, 
ibid. p. 858.) 

Gage délivré au créancier pour croit de dette : 
« Les dits Amman, escoutette, chascun en ses 
« mecres (pour mettes ou métiers) font les pandin- 
« ghes, ou desgagemens qui se présentent à la 
« requeste de partie, et en cas de contredit, ou 
« opposition (laquelle l'exécuté, ou pande doibt 
« faire, en dedans sept jours, aprez l'exploit, sur 
« luy fait, à peine de namptissement du prétendu 
« deu) sera tenu faire signifier la dite opposition au 
.< demandeur, etc. » (Coût, de Langle, au Nouveau 
Coût. gén. t. I, p. 299, col. 1.) « L'Amman etEscou- 
(> tet font toutes pandiughes, et desengageinens 
" (chascun en ses métiers) pour debtes creues et 
« causes civiles a la requeste de parties. » (Ibid. 
p. 303, col. 1.) 

Desgager, v. Prendre des gages. (Du Cange, 
Glossaire 'latin, au mot Disvadiare, sous le mot 
Vadium.) » Peult le dict tavernier desgager en sa 
« maison celluy, ou ceulx qui auroient beu el 
« mangé, s'ils refusoient de payer, qui n'a previl- 
« Iegeaucoutraire;etpeult(/es6'rt!7fr(i) ledict taver- 
« nier le dernier qui demeure en sa maison pour 
« tous les autres qui s'en seroient allés sans payer 
« leur escot. » (La Thaum. Coul. de Berri, p. 4G6.) 

Desgageur, s. m. Qui prend des gages. >< Que 
« tous preneurs de bestes, ou degngeiirs de gens 
« sont tenus mener les bestes à justice, si faire le 
« peuvent, et s'ils ne le peuvent faire, ils sont tenus 
" requérir gages au maistre et pasteur des bestes. » 
(Coût, de la Ferté, au Coût général, t. II, p. 288.) 

Desgagier, v. Dégager *. Duper ^. 

* Au premier sens, c'est notre mot dégager. « Par 
« reançon se desgagierent. » (G. Guiart, .ms. f" 136.) 

^ Pour " duper « : « Dont j'ai mon ribault des- 
« gagié. » (Fabl. mss. du R. n" 7218, f» 235.) 

Desgainement, s. m. L'action de dégainer. 
Monet interprète le mot desgainade « saillie sans 
« elfet, boutade de vaine saillie. » 



(1) « Lequel sergent print l'un après l'autre [les exposansj aus corps et aus draps moult felounessement, pour les vouloi 
despoillier et clesguijer. » (,IJ. 113, p. 282, an. 1378.) (N. E.) 



DE 



— 119 — 



DE 



Dcsfjaiiiner, t'. Dégainer, se ballre.(Coigrave.) 
« Tellement leva à chacun la colère, qu'ils se levc- 
« rent en piez, et mirent chacun la main à la dague, 
» etvouloient dcgiialiier V un ^us \'i\ulve furieuse- 
« ment. » (Mémoires d'Ol. de la Marclie, p. 33.) 

On disoit au figuré : 

1» « Ai'gent dcsgaiiincr , » tirer fargent de sa 
bourse. « Sans argent (lesgainner.'> (Faifeu, p. 14.) 

2° " Desguainer un discours, discourir. (Oudin, 
Curiosités l'r.) 

VARIAMES : 
DESGAINNER. Faifeu, p . 14. 
Deguainer. Rab. t. IV, p. 20. 
Desguainer. Oudin, Curiosités fr. 

Desgancii*, v. Détacher. Mot provençal ; pro- 
prement défaire une gance. 

EsGus traucar, et dearjancir, 
Veirem al enlrar de le stor. 

Du Can^'e, GI. lat. au mot Slovme sous Stormus. 

Desgarder v. Abandonner. Le contraire de 

« garder. » 

Ne crois pas les mauvais parjures 
Oui te conseillent desrjarder 
Ce que tu dois par foy garder. 

Geofr. de Paris, à la suite du Rom. âi Fauv. fol. 50. 

Desgarotté , part. Déguenillé. « 11 aura un 
" valet tout dcsgarolté qui a une vieille espée que 
« son maistre gaigiia à la bataille de l-'landres. » 
(Les 15 Joyes du mariage, p. 54.) L'éditeur explique 
le moldcsgarotté par « déchiré. " Voir aussi Cotgr. 

Dcsgai'otter, v. Délier, détacher, en italien 
sciogliere, d'après Oudin. 

Desgauchir, v. Nous disons dégauchir pour 
« rendre droit; » mais desgaiichir, qui paroit le 
même, a été employé au figuré, dans un sens qui, 
quoique peu déterminé, paroit fort éloigné de celte 
signilicalion, dans le passage suivant : « Et sera bon 
« sur l'aage de dix huict ans, quand ils auront le 
" jugement ferme, leur faire desgauchir la plus 
« part de ce qu'ils liront, pour servir à la science 
» de laquelle ils voudront faire principalement pro- 
» fession. » (Des Accords Bigarr. f° 10, V".) 

Desgel, s. vu Dégel. (Clém. Marot, p. 300.) 

Desgeuner (se), v. Se repaitre. (Voyez Desjeu- 
NER.) Au figuré , on a dit : « Se defaus ne me 
« degeiin. « (G.liuiart, ms. fol. '234, V°.) C'est-à-dire, 
si je ne me repais de choses vaines (1). 

Desgigler , v. Déshabiller. « Desgiglcr une 
« femme, » déshabiller une femme. (Borel, citant 
Perceval.) 

Desgingander, v. Mettre en désordre. (Colgr. 
et Oudin.) « Le pauvre trou de mon clous Bruneau 
« en feut tout dehiiiguandé. <> (Rabelais, tome IV, 
p. '215.) « Crucifiez, bouillez, escarbouillez, escar- 
« telez, debezillez, dehinguandez, carbonnadez ces 
« mescbans héréticques. » (Ibid. p. 224.) 



VARIANTES : 
DESG1NG.\NDER. Oudin, Gotgrave. 
Deuincuander. Rabelais, t. IV, p. 215. 
Deshinguander. Ibiiî. t. III, p. 154. 

Desgiser, v. Déguiser. 

Et si bien se dcsrjiseroil (2), 
Mes qu'il euist tous ses abis, 
Quejà ne le cognisteroit. 

l'ocs. HSS. de Froissart, p. 277, col. 1. 

Desgister, v. Faire sortir du gîte. « Desgister 
» un lièvre. » (Cotgrave.) 

Desglainer. [Intercalez Desglaiiier, au reg. 
.JJ. 207, p. 251, an. 1481 : « leellui Savoye porta le 
« Cousteau ;i la gorge du suppliant et jura en di- 
« sant : Parle cap de Dieu, je te desglainerai. »] (n. e.) 

Desgluei", v. Oter la glû. (Monet, Rob Eslienne 
et Colgrave.) » Pour ce qu'on prend souvent 
» l'oyseau an glu, ou on le prent, ou luy presse, 
« ou rompt les pennes, s'ensuyt la manière de le 
« desgluer, et de ses pennes rabiller. » (Fouill. 
Fauc. f" 03, V°.) 

Desgobiller, v. Vomir. (Oudin et Colgrave.) 

Desgonidelis. Ce mot semble avoir quelque 
rapport avec Degonde ci-dessus. « Soyez desgom- 
« dclis " pourroit signifier : Sortez, évertuez-vous, 
mettez-vous en campagne. Peut-être est-ce une faute 
pour desgourdelis. « grant gloire vous yert 
» rétribuée, Nobles princes, soiez dcsgomdeiis, 
« Tout doit estre fait net par robuée, Kt en granl 
« payne lie règnes assaillis. » Eusl. Desch. ms. 
fol. 158, col. 4.) 

Desgorgée, s. /'. Dégorgement. " Il y a eu telle 
<' desgorgée, et lavasse d'eaux qu'il faut un fort 
« long temps pour les escouler. » (Contes de Cliol. 
fol. 257, V".) 

Desgorger, v. Prononcer *. Décharger son 
cœur ^. Gazouiller '^. 

* On a dit, gu premier sens : « Il y a lu des blas- 
« phêmes tels qu'on ne peut quasi croire que des 
<' hommes ayenl osé les desgorger. » (Apolog. pour 
Hérodote, p. 393.) 

^ Desgorger s'est dit aussi pour « décharger son 
cœur, » dire ce qu'on avoit sur le cœur. « l^ n'en 
« sonna mot, et le garda en son cueur (3) trois ou 
» quatre jours en l'escbignant, puis après se des- 
« gorgea en maugréant. ■■ (Arrest. amor. p. 185.) 

"^ Le mol desgorger, appliqué aux oiseaux, a signi- 
fié « gazouiller, » clianter, par une extension de sa 
première acception. « Sur cest arbre le bel oyseau 
« se desgorgeoit, sautant de branche en branche. « 
(Nuits de Slrapar. t. I, p. 308.) 

Desgosiller, v. Dégueuler, vomir, dans 
Cotgrave; de&go'-JUer , aux épitb. de Laporte. 
" Mais, qui pis est, j'orrai de toutes pars En ces 
« vaissiaux bruire le haute mer. Frapper ces gens, 



(1) Voyez dans l'édition, v. 13839, v. 14397. (n. e.) 

(2) On lit dans les Rois, 291 : « Pur ço cumandad Jeroboaiii à lareïne, que ele de sa vesture se desijuisast. » Il signifie 
encore différer : n Li jugement se rfesf/«ise)î( en moult de manières de le cort laie à cex de la crestienté. » (■l>."'nmanoir, 
LXVII, 27.) Au particifje, il est synonyme d'extraordinaire (Froiss., II, IIG) : « Grant plentet de mes et il cini- mes si 
estranges et si desguisés qu'on ne les poroit deviser. » (n. e.) 

(3) On lit dans Chastellain, d'après Dochez : « Le duc avoit aucun murmurement en cueur qui f oint ne dcgorrjeoit. » (n. e.) 



DE 



- l-2() 



DE 



" el escrier ces gars; L'un mette à bort, l'aulie 
" tiesijosillcr. L'un dessus l'autre, et venir et 
<■ aler. •■ T.ustaelie Descliamiis, fol. 210, col. 2.) 

Ucsgougener. [Intercalez Denfjoiiycner, en- 
lever les gouges d'une serrure : « Et avec ce à un 
" jour, dont il n'est recors, desçiougenn une liuclie. » 
(J.l. loi, p. ÔG3, an. 1309.) On trouve aussi desfjou- 
joinier: >■ Lesupjjliant entra dedans l'oslel, et lui 
" ci'dré ilesgoujo7ina un arclic. » (JJ. 176, p. 552, 
an. l-'ii7.!j [y. e.) 

Desgoiirdeli, adj. Habile. (Dict. de Borel, qui 
renvoies Meung; au Codicile.) (Ij II en dérive le mot 
" dégourdi, « du' mol ■■ gourd, » pesant. 

Dosgourmer, v. Oter la gourmelle, débrider*. 
Guérir hi gourme °. 

* Ou trouve le premier sens dans Oudin. 

° Desyouvmer, suivant Monet, signifie aussi déli- 
vrer un jeune cheval de la gourme. 

Desgoustement, s. m. Dégoût. « Desgonte- 
tiwnt qu'elle avoil de son mari. » (Apologie pour 
Hérodote, p. 3i3.) Voyez aussi Colgr. ei Montaigne, 
Essais. III, p. 505. 

Desgouté, s. m. Dégourdi. » Un bon dcs- 
« gousté , » pour un bon compagnon. (Oudin, 
Curiosités fr.) 

Desgraisier, v. Ce mol est employé par Ph. 
Mouskes, p. f)35, dans un passage qui n'en déter- 
mine pas suffisamment la signification (2). 
....Tous se dévoient croisier 
Pour Aubigois à desgraisier [v. 23549]. 

Dosgrappez. On lit ainsi à la marge, au lieu 
de nesgrappex: qu'on lit dans le texte d'une ballade 
d'un jargon inintelligible, dans Villar, p. 109. 

Desgratigner, v. Egraligner. « nesgratigner 
" toute la cbiere. » (I^ de la Rose, cité par Borel, 
au mot Chère.) * 

Desgréer, v. Déplaire. « Or lient En sa douce 
» agrée Que s'amour me grée ; S'elle le desgrée. Il 
•■ n'est nient De ma retournée. » (Poës. mss. de 
Froissart, p. 249. col. 1.) 

Destjren , Desgroner. [Intercalez Desgreii, 
droit de l'aire moudre gratuitement son blé, avant 
les clients du moulin : « Soubz umbredudit desgren, 
« cfiulx à qui lesdils religieux le avoient otroié 
« desgrenoieiit lesdils babilants; c'est assavoir 
" quant lesdils habitans avoient mis leur blé au 
« corbellon pour le mettre en le tremnye et à 
« molture, ceux qui avoient \c desgren\%\iv "osloienl 
« dudit corbellon, el y melloient et faisoienl meltre 
" le leur. » (Cari, de Corbie, 23, an. 1448.) Or, le 
blé mis dans la trémie, il fallait attendre son tour: 
" Ledil Henri moudra sou blé à desgrain après 



» celui de la tremuie, franchement, sans payer 
« mouture. » (.JJ. 62, p. 203, an. 1324.) Les Car- 
lulaires de Corbie font de desgrein le synonyme de 
franc -molu.'] (.n. e.) 

Desgucher. [Intercalez Desgucher, mol vul- 
gaire comme dégoler, au reg. JJ. 195, p. 1270, an. 
1474 : .< Se j'avoye mon arbalcste, je te feroye bien 
« desgucher. »] (n. e.) 

Desguendre. Peut-élre faute pour desqueu- 
dre, découdre. Dans le Glossaire du Père Labbe, 
page 498, on trouve ce mol rendu en latin par 
desuere. 

Desgueniller (se), v. Sortir de la gueuserie, 
quitter ses guenilles. (Oudin, Dict. el Cur. fr.; 

Desgueuller, v. Parler. 

Nous avons ouy tous voz plaitz, 

Maislre Simon, sus desgiieullez. [CoquiUart, p. 84.) 

Desguinder, v. Descendre, caler à fond. (Oud. 

et Cotgrave.) 

Desliabiliter. [Intercalez Desliahililer, des- 
tituer, aux Arrêts du Parlement (VIII, an. 1388): 
« Icellui Jehan pararresl de noslre parlement... fut 
« privé el deshabilité de tous offices royaux. ■•] (x. e.) 

Deshahité, part. Inhabité, qui manque d'babi- 
tans. « Par défaut de justice, le royaume a esté 
« presque tout ruiné, el destruit, et en plusieurs 
■ contrées dépeuplé el deshabité. » (J. Cbari. Hisl. 
de Charles Vil, p. 109.) 

Deshabiter, v. Abandonner un lieu, ne plus y 
babiler. (Colgr. el Oudin.) Voy. Régnier, sat. 13. 

Desliaineschier, v. Déployer. Proprement 
<■ déhanincher. » Au figuré, en parlant des voiles 
d'un vaisseau, « les déployer. » » ouanl aux nez 
« furent luil entré El tuil orentde bonne oré. Dont 
« veissiez ancres lever, Eslranslraire , hobens 
« fermer. Mariniers saillir par ces nez deshaines- 
" chicr voiles, et Irez (3). « (Roman du Brut, .ms. 
f°85. R°, col. 2.) Au manuscrit de Bombarde, 
on lit deharnescitier. 

Deslianclier, v. Aller en boitant. (Cotgrave 
et Oudin.) 

Deslianter, v. Cesser de fréquenter. Le con- 
traire de " hanter, » fréquenter. (Oudin.) 

Desli.aubergier (se). [Intercalez se desliau- 
/*fr,'/'«'r, se dépouiller du haubert: ■■ Des fors s'en 
<• vont paraus deshatibergier. » (Garin, I,243.)](n.e.) 

Deshauliné, part. Qui n'a plus de heaume. 
« Ils regardent, el voyenl le Tors emmy le pré à 
« pied, deshaulmé, et si counoucé qu'il avoil gellé 
« son escu emmy la place. » (Perceforesl, vol. I, 
fol. 130, V°col. 1.) (4) 

Deshaulmer, i'. Oter le heaume. (Oud. Colgr.) 



(1) Autrement dit, au testament de Jean de Meung, 267 ; « Scions à li servir preuz et dasgordeli, Et usons bien des grâces 
que nous tenons de li. » (n. e.) 

(•2) Il signifie rançonner ; de même au v. 30808 : « Si ami, à lance sor fautre, Sor le conte de Juler traisent Et sa tiere 
nioiiH li degraisent. » (n. E) 

(3) Dans Flore et Blanceflor, v. 1333, on Ut : « Le tref ont tost deharneskié. » (n. e.) 

(4) Dans Froissart, XIV, 109, on lit : « Par la croisure qui fut prinse à meschief, le conte fut desheaulmé. » (n. e.) 



DE 



— 121 — 



« Desheaulmer son chel-l,o\ir se àécom-rir h tête 
dans Percef. vol. VI, f 104, V«, col. 2. O.i ] i S 
plus bas, desnuei' son chef. 

Desheberger, v. Déloger, chaniïer de place 
« Lothaire list desheberger son ost. n (Chroi iaiips 
S. Den.s 1. 1. fol. 173, H».) „ Il n'est nedroit^rcou. 
« tume de remuer, ne de desheberger les rovs ne 

:l"erf^Sr'^^si:;|î)^«"'->---p"^ 

Desherance, s. f. Terme de droit. « C'est le 
" .ïh.'v^'^-''" 'r- ej l-hérédité, et succession de 
« celuy qui est decede ab intestat, et n'a délaissé 
« aucun hoir de luy, ou de son lignage habile à luv 
.. succéder tellement que ses biens^sont va'iuanl 
« et appartiennent au fisque du roy, ou du sei-ne ir 
« haut justicier, ou du fief par reversion ce droit 
''snppeUedescheance,,^ dans l'Ane foutu me de 
,^,.*^™«''f'e, citée par Laurière, Gloss. du DroUfi 
Voyez Dic. de Cotgrave, Monet. .\icol ; Du Canoë' 
Glossaire latin , au mot Dishœreditare ; Contes 
dEutrapel p. 468.) On trouve « cas d^ deshé- 
« lence, » dans la Thaumassière. Coût, de Berri 
p. lb.j. « Droit de déshérence. .. Ibid. p. 43, et dans 
Du cange, Gl. lat. au mot Ultimus hm-es. 

Desherdre, v. Détacher. (Voyez Aherdrf ) Le 
contraire « d'aerdre. » L'un et 'autre mol s'es di^ 

« a)e, etc. » ^Modus et Racio, ms. fol. I8i.) 

VARIANTES : 
UE.SHERDRE. Modus et Racio, MS. fol 190 V» 
Desadherdre. Ibid. f» 184 v» ' 

Des.\herdre. Ibid. f» 190 V» 
Desharder. Ibid. f° 94, V». 

Deslieritance, s. f. Perte d'héritage, de dos- 
session (Voyez Laurière, Glossaire du Droit fr au 
not adheritance.) . Que si quelqun veut vendre 
ou eschanger son héritage, ou rente ber lerè 
réputée immeuble, sera tenu en faire clesheri- 
tance, ou adherilance en présence du mayeuJ 
ou sousmayeur, et quatre eschevins, autrement 

?aW ''''(P):^ T"ll'f' ^' '^^«'^^"Sès de nul e 
éîénï i l/?to'? ^'^'«"-^ennes, au Coutumier 

fZ:.: n '.P- ^^-^ " ^^ souffrance est desheri- 

tance ■> Ce ui qui néglige de jouir est dépossédé 
Jouteiller.cité parLaur. Gl.du Droit fr.) « Accous: 
tumance est desheritance. » L'usage ou la iouis- 

nce constante dune chose usurpée en dépouille 
! véritable propriétaire. (Doul. Som. rur. p. 5oÔ.) 

VARIANTES (2) ■ 
DESHERITANCE. Gloss. sur les Coût, de Beauvoisi. 
Deseritance. Hist. de Fr. à la s. de Fauv f« slvo col S 
Deseritûjson. R. de Rou MS f» 239 "', v , col. d. 

DEsriERisoN. Froiss. liv. II, p 311 
Desheriteson. Uritton, Loix d'Angl. fol 30 v» 
Dkherison. Ibid. f» 16, V». ' ' 



DE 



Mes nés estoit en soignaraiee 
Et nequedent en heritaige 
Ly avoit ses parens donné 
nu bons chastiaulx dé/i/writé. 

Rom. de Brut, MS. fol. 2, y» col 1 

lemenf 'Ti!!h!?'^V^'/- "':' Depossession, dépouil- 
'lemen r iPJ^^ 'f^vf,^ ^'^ équipollé a desheri- 
tomet p ^775 j "*■ '^^ ""^' ^^ Coutumier général, 

lr™'^/!r***^r' ^-Déposséder \ Abandonner «.On 
wSo'^'Y''''''*''^ ^^ deshivreditare, pour déshe' 

ia£;di'f,VL^s'^j ?r^"^ '^ •^'^«-' ^ '- '« «•-• 

piies, a signifie autrefois communément « déoos- 

Bet'^' ;.'?S!f''- ^''«^^^^"'^ ^"■- '«^^ Coutumerde 
ueaiiv.j « Y avoit ung roy chrestien mip ^•1.•'lcinc 

sa teiie. » (Chron. S. Denis, t. II, fol 6G ) 

Ainsi Tarons nostre vie première, 
, bt revendront les gens déshérite' 

A leurs labours, faire de lie chère 
^ Uances, chancons, festes et menestrelz. fE. Descl,.f.337 J 

C'est Pifce^Ip^^'?'' "•''','? '"^^ P«"^ " abandonner; » 
i- est en ce sens qu on ht : 

Après vint Florent de Hollande.... 

i^ar fiance au Roy s'alip 

Contre Edouart qu'il déshérite. (G. Guiart, fol. 392.J 

■ ■■■■ Qui a.mours desirete 

Ne l'en doit-on blâmer. (Poës. du Val. n" UOO f 13 vi 

De là, on disoit : - > / 

prL:S;^SSr'»--^-"-, sans lâcher 

Madame ai de moi saisie ; 

Sans desireter, 

Amours l'en a baillie 

Ne m'en kier sevrer. (Poës. du Vat. n" 1400, f. 02 Ro col i j 

Voyez aussi Poës. ms. avant 1300, t. m, p. '1191 

ni " f,^,f s''^-'''^^'-' ■• pour abandonner un héri: 
tage. > Une personne ayant vendu sa maison et 

: ïrSf .yf.?"'''"f"' seulement, n'est tS 'soy 
- en desh-nter, si bon ne luy semble • ains est 
■< quitte, en rendant les deniers à Dieu, 'cai"?é e 
« ce qu elle auroit reyeu des deniers principâuK du 
'■ marche, sans estre tenue à aucuns inferests- 

: meift s"fnîi",=f"^^'/^"" prendre' l'Sl' 
nient, s il plaist au vendeur, en dedans quarante 
« jours, à compter du jour de la vente en avant 
" ?.''-f J"? ^"^'. ^'' dedans ce temps, le vendeu, s'en 
t. \1%T''- " '^""'■^'^ ^'"^'^» «^out. lénéraT 
3° .. Déshériter son fief, » pour «s'en dessaisir, » 



ill S® ?^"^ ®^* ''*"s Roland, v. 701. (n e ) 

'Â\ n°rf^/' ''°,"."'^ ''(^shiretance (II, 350). (N E ) 

(d) On ht dans Henri de Valenciennes ^S fiO-^^ • ',; ii .,„ ■ u . 

position. .;.,,... sorS^rp^\^^',r^^drS.Ç--^^ « Laquelle dame ne pouvoit par sa 



16 



DE 



— 122 



DE 



s'en dépouiller. (Coût, de Hainaut, au Nouv. Coût. 
gén. t. II, p. 125, col. et 2.) 

VARIANTES : 
DESHERITER. Joinv. p. 56; J. Xlarot, p. 47. 
DcsEuiTun. Villehard. p. 27. 
Desireter. Poës. MSS. av. 1300, t. II, p. 1016. 

Desherué, adj. Ereinté, écrasé. Le conlraire 
de « liei lier, » qu'on verra ci-aprùs, et qui se dit 
encore en quelques provinces, pour » éreinler. » 
De lu, a\i (iguré : 

Pliisems y vont qui en sont endebtez. 
Qui de payer font souvent grant débat, 
Et en la fin en sont ilcaherne:. (E. Descli. f. 2/7.; 

Deslieurer (se), v. Se déranger. Proprement 
changer les lieures de ses repas. On lit, au sujet 
d'une sédition du peuple de Paris : « J'ajoutai tout 
'< ce que je crus pouvoir adoucir cette commune, 
■1 et je n'y eus pas beaucoup de peine, parce que 
>< l'heure du souper s'aprochoil. Cette circonstance 
« vous paroitra ridicule ; mais elle est l'ondée, et 
« j'ay observé qu'à Paris dans les émotions popu- 
« laires, les plus échauffez ne veulent pas ce qu'ils 
« apellent se desheurer. » (Mém. du Gard, de Retz, 
t. II, p. 131.) 

Deshitées, adj. au fém. pliir. Nous citerons le 
seul passage où ce mot se trouve : « Places royans, 
« et vacans, frouslies, gastées et deshitées assises 
« en la ville de la Rochelle. » (Reg. du Trésor des 
Chartes, !tO, Pièce 450, an. 1357.) 

Deshoininé, adj. Qui a cessé d'être homme, 
qui n'en a plus le caractère. « Ceux (di-je) qui pen- 
« sent que, parla susceplion d'un bonnet, surplis, 
« et habilque portent les Ecclésiastiques, ilssoyent 
« comme deshommcx-, et doivent estre privez de la 
« participation et jouyssance de tous biens tempo- 
« rels, et tous honneurs servant à maintenir et 
« entretenir leur estât, etc. « (S. Jul. Mesl. Ilist. 
page 071.) 

Deshouestement. [intercalez Deslioncste- 
ment, viol : « Défloration de pucelles et de vier- 
" gènes, deshonestemens de femmes mariées et 
« veves. » (Froiss. Kervyn, VI, 307, noie.)] (n. e.) 

Deshonncster, v. Quitter les choses honnêtes, 
tourner vers les choses déshonnêtes. « Il n'est 
« chose au monde qui pis se comporte, et qui face 
« les cueurs deshonneslcr, que fait le mesprisement 
« de leur seigneur. » (La Salade, fol. 5, R°, col. 1.) 

Déshonneur, s. ?«. Déshonneur. Nousnecilons 
la première orthographe, qui subsistedansce même 
sens, que pour observer que Monslrelet l'a employée 
comme du genre féminin. (Vol. I, fol. 104, V°.) 

VARIANTES : 
DESHONNEUR. Orth. subsist. 
Deshonour. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. I, fol. 110. 
Desanob. Blanch. MS. de S. G. fol. 175, V», col. 1. 
Deshenor. Fabl. MSS. de S. G. fol. 62, R», col. 3. 
Dehonorement. Oudin, Cotgrave, Dict. 



Deshonnorablement, adv. Honteusement. 
Tout homme qui preiit guerre, et querelle par 
« envie est dcshonnurablcment diffamé eu la fin. ■> 
(Le .Jouveucel, fol. 30, V".) 

Deshonnorance, s. [. Déshonneur (1). » En 
« gi'ant deshonnorance et vitupère. « (J. Le Fevre de 
Saint Remy, Ilisl. de Charles VI, p. 40.) 

Cil qui, par fainte semblance, 

Veut amie recouvrer 

Fait sa grant desho»era>ice. 

ViU. li Vinier, Pous. MSS. av. 1300, 1. U. p. SU). 

VARIA.NTES : 
DESHON.XORANCE. J. Le F.deS. Rem. H. de Ch. VI, p. 49. 
Deshoneiîance. Poës. MSS. av. 1300, t. II, p. 819. 
Deshonnoration. Dict. d'Oudin et de Cotgr. 
Deshonoration. Ibid. 

Deshounanche. Poës. MSS. Vat. u» 1490, fol. 151, V°. 
Desouneranche. Ibid. fol. 32, R». 

Deslionnorer, v. Maltraiter. 

Par les defïenses d'environ 

S'enlr'ocient et desltoneurent. (G. Guiart, f. -I^S.J 

« Deshomiorer du corps, » punir de peine cor- 
porelle, battre, frapper, a Furent mandés tous 
« officiers et tresorieis parmy le royaume d'Angle- 
X terre qu'ils venissent pourveus dé leurs comptes,- 
>' sur la peine d'eslre deshonnoréa du corps, et de 
« l'avoir perdre. » (Froiss. liv. III, p. 223. i « Quant 
« Durseau ouytce il fut moult courroucé, et voulut 
« sa femme deshonnorer du corps : ne te courrouce, 
<. dist Zephir. » (Percef. Vol. IV, fol. 15i, V-, col. 1.) 
S. Bern. Serm. fr. mss. p. 153, dit: « Cil ki fornifi- 
« cation fait deshonestet [debonestat] lui mismes.... 
« Cil ki orguillous est, dcshonoret [inhonoral] Deu 
« en lui. » 

« Deshoureiz; vous déshonorez. « (Id. ibid. p. 355, 
dans le latin inhonoratis.) 

VARIANTES (2) : 
DESHONNORER. Percef. vol. IV, fol. 154, V» col. 1. 
Desholnerer. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 15S, R". 
Deshoneurer. g. Guiart, MS. fol. 251, R». 

Deslionterie, s. f. Impudence, effronterie. 
« Il n'y a point de moynes en ce pais-là, et partant 
» point de frocs et par ainsi point d'instruments de 
" deslionterie. » (Moyen de parvenir, p. 135.) 

Deshouteux, adj. Deshonnète, infâme, a Nerou 
« son successeur G' après Julius César, le(|uel n'est 
« digne d'estre nommé roy ne empereur : mais fut 
" abjection du peuple, obprobre entre les hommes, 
« de laide et deshonteuse vie, de plus desliontense 
« mort. » vllist. de la Toison d'or, vol. II, f' 35, V°.) 
« Une fascheuse éternelle fin pour l'autre, mais 
« pourtant point deshonteuse ; ains fort honno- 
« rable. » (Brantôme, sur les duels, p. 118.) 

Deshosteler, v. Déloger. 

....Gironno leur fu rendue : 

Ceus que il en dcshostelercnt 

Sauves leur choses s'en alérent. /G. Guiarl, fol. 215. J 

Deshouser, v. Dépuceler. (G. Marot, p. 334.) (3) 



(1) Deshonor est dans Roland, v. 1828. Coucy (I) donne deshenor. (n. e.) 

(2) Th. de Cantorbéry (44) donne desonurer : « Iluec vus volt il granment desonuyo: » (N. E.) 

(3) Au reg. JJ. 104, p. 7, an. 1409, c'est oter ses houseau.x : « L'exposant se feust devestu et deshousé. » Par suite> 
détrousser : « Qui ont le pays desoucé Et mis du tout en poureté. » (Hist. de Trtguier Pr.,p. 267.) (n. E.) 



DE 



123 - 



DE 



Desieger, v. Déplacer *. Déloger °. Déposséder, 
chasser *^. 

* Lilléralement. clessieger signifie déphicer de 
son siège. >• Une lance pesante qui vous dessiege 
« de voire selle. » (Le Jouvence), ms. p. 357.) 

^ En généralisant Taceeption, ce mot s'est employé 
pour «déloger, " et l'on trouve dans le Jouvencel 
imprimé, le mot « deslogier » substitué au mot 
dessegier, qui se lit dans ce même ouvrage, ms. 
page IC5. 

•^ De là, on a dit dessieger pour » déposséder, 
chasser. » " ....Son père par son orgueil avoit esté 
«' desicgé de son royaulme. » (Histoire de la Toison 
d'or, vol. II, fol. 175, V°.) 

Gracieuses pastourelles, 

Pour mes grefz maubc alléger, 

Vueilliez l'amant dessieger 

Oui me fait guerres mortelles, 

Et si bonne paix forger, 

Qu'il ait fin de ses querelles 

En ce malheux danger. (Molinet, p. i31.} 

VARIANTES : 
DESIEGER. Percef vol. II. fol. 31, V°, cbl. 1. 
Dessieger. Molinet, p. 134. 

Desieuries. [Intercalez Desieuries, demande 
en justice, dans P. de Fontaines, ch. 15, art.58.](N. e.) 

Desiez, s. in. Indigent. (P. Labbe, p. 507.) 

Desigance, Desigaiis. [Intercalez Desigance, 
'inégalité, Desigaus, inégal, dans la Chron. des ducs 
de Normandie.] (n. e.) 

Designatif , ndj. Qui désigne , qui indique. 
(Oudin.) 

Designé. [Intercalez Designé, orné de figures, 
en parlant d'un déguisement: « Tous troiz estoient 
« en liabiz desig^iez^, si comme jeunes gens ont 
c accoustumé de faire sur caresme prenant. » 
(JJ. 147, p. 290, an. 1395.)] (n. e.) 

Designer , v. Former le dessein , projeter. 
« i)cs/;/Ho;7 d'entrer en Italie. » (Duc de Rohan, 1. 1, 
p. 98. « Il luy falloit encore quelques jours pour 
« préparer le magnifique équipage avec lequel il 
« désignait de se présenter devant le roy. » (Mém. 
de Sully, t. II, p. 177.) 

Desil, s. m. pliir. Petite cheville d'un tonneau. 
Les petites chevilles de bois dont on se sert pour 
boucher le trou que l'on fait au tonneau pour goû- 
ter le vin. On dit doitzils en quelques endroits de la 
Bourgogne et de la Touraine, ou brochettes d'un 
tonneau. « Puis reserrant les desi/s de ses tonneaux, 
« il rapporte en haut ses pots. » (Des Accords, Escr. 
dijon. fol. 16, V°.) [Voy. Douizil.] 

Desime,rtrfJ. Dixième. «Iln'iroitquelede's/HiC. » 
(Cont. de G. de Tyr, Martene, t. V, col. G48.) 

Desincameration, s. f. Démembrance de la 
chambre apostolique. (Dict. de Cotgrave qui rend 
mal ce mot par le mot général « revocation, annu- 
lation. » — Voyez Desincamerer ci-après.) 

Desincamérer, v. Démembrer, désunir de la 



chambre apostolique. « Besincamerem, c'est-à-dire 
« révoquera, annulera l'incamération des Etats de 
" Castro, et de Ronciglione , et de toutes leurs 
« annexes, appartenances, et dépendances. "(Traité 
de Pise, p. 93.) On trouve ce mot en ce même sens, 
dans l'Histoire de Louis XIV, par Pelisson, p. 137. 
C'est proprement un terme de droit de la cour 
romaine, toujours relatif ii la chambre apostolique, 
d'où ce mot a été formé de fitalieu caméra , 
chambre. 

Desinei*, v. Désigner (1). « Caligula qui bailla un 
« nom à son cheval,'et par ce nom le faisoit inviter 
« àsoupperet là on luy bailloitde l'orge d'or, le 
« (/es//i,« consul et le fit son collègue au pontificat. » 
(Bouchet, Serées, liv. I, p. 400. — Faifeu, p. 92,) 

Desingal. [Intercalez Desingal, inégal, dans 
un poëme ms. la Mappemonde (Du Cange, II, 808, 
col. 2) : « Aussi c'on voit de la balanche, Quant li 
« brach ont ingal justanche, S'en l'un plus qu'en 
l'autre metés, La balanche son droit taurrés : Car 
« li brach seront desingal, Li uns amont, l'autres 
« aval. »] (n. e.) 

Desinglé, part. Nous nous contenterons de 
citer le passage où nous rencontrons ce mot : « Se 
« il demandera un par nom, ou à plusiors d'eaus 
« a vous ce fait, il doivent respondre, la court l'a 
« fait et nous avec ; car nous y avons estes, et se 
« vous voulez rien dire à rencontre de la court, nous 
« l'oyerons; ency conviendra, que il fausse la court 
« où il demorra desinglé, puisque tant en aura 
« fait. " (Assises de Jérus. p. 88.) 

Désir, s. m. [On peut y rapporter les formes 
suivantes: l" Desier: Li diaules est vostre peires, 
« et vos voloiz faire les desiers de voslre peire. » 
(Mém. de l'Ac. des Inscr., XVII, p. 270.) 2° Desieu- 
ries, demande en justice, dans P. de Fontaines 
(ch. XV, art. 58). 3° Desirier est l'infinitif pris 
substantivement (Froiss. V, 50): « Ot li rois de 
« Boesme son desirier aconpli. »] (n. e.) 

Ce mot, sous les orthographes employées par 
S' Bernard, répond au latin affectas, dcsiderium et 
votum. 

Ce mot est en usage sous la première ortho- 
graphe. On trouve desirum au même sens au Gloss. 
lat. de Du Cange. 

Lonc despit m'ont mort, 

Et grand desierrer. [Th. de Nav. Poës. av. iSOO, 1. 1, p. 569.] 

« L'amour, ou le grant desierrier que ele a que 
« si autres enfans enîportassent le sien le pouroient 
« à che mener que ele diroit que li aucun de ses 
« enfans seroient bastars pour les autres aheriter. » 
(Beaumanoir, p. 98.) 

Proverbes. 

Désir d'aymer passe tous aultres maulx. (Coquill. p. ill.J 
Il commence a bien mourir. 
Qui abandonne son désir. (Cotrjr. Dict.! 

Quant Fox a son ilcsir, 

Petit pense à morir. | i¥«»r. et Salom. de S. G. fol. iii.) 



(1) Dans Couci (V, 7539), il signifie se défigurer ; « Ses corps desinist tous et font. » Mieax vaut lire definist. (n. e.) 



DE 



— 124 - 



DE 



VARIANTES : 
DESIR. Du Gange. Gloss. latin, au mot Desirum. 
Desiee. s. Uern. Serm. fr. MSS. p. 39 cl yKis.fim. 
Desierrer. Thieb. de i\av. Pocs. MSS. av. 1300, 1. 1, p. 20'.). 
Desiehhier. Gloss. sur les Coiit. de Beauvoisis. 
Desiuiek. Fauch. Lang. et l'oës. fr. p. 130 et 153. 
Desikrieu. Fabl. M.SS. du U. n° 7218, fol. a59. 
DE^^lRHEH. Fabl. MSS. de S. G. fol. 18, V» col. 3. 
Dessirié. Vies des SS. MS. de Soib. ch. xxvii, col. 20. 
Desihrance. Fabl. MSS. du R. n">. 
Désirée. Percef. vol. III, fol. 5, V» col. i. 
Desirrée. Gace rJruUés, Poës. MSS. av. 1300, t. I, p. 367. 

Desiraniment , adv. Avec empressement. 
« L'aulre dame (jui portoil l'enfant du soudan vint 
« avant, et le nieist en tele manière entre les bras 
" du Cadrans qui le reyut dcsiramment. » (Percef. 
vol. i,f° lo:., v°, col. 1.) 

VARIANTES : 
DESIRAMMENT. Percef. vol. I, fol. 115, V° col. 1. 
Desiraument. Poës. MSS. av. 1300, t. II, p. 845. 
Desikrament. Ibid. t. I, p. 276. 

Desiraule, adj. Désirable. (S. Bernard, Serm. 
fr. p. 107 et 233.) Il répond au latin optabilis et 
desiderabilis. 

Désiré. [Intercalez Désiré , monnaie : « Une 
'< paire de solers que le suppliant vendi à Cambray 
» quatre desirez. » (JJ. 171, p. 513, an. 1421.) 
Peut-être faut-il lire denier.] (n. e.) 

Désirer,!;. Désirer. Ce mot, sous les différentes 
orthographes employées par S. Bernard, répond au 
latin cupere, desiderare et siispirare. Il est en usage 
sous la première orthographe ; maison disoit dési- 
rer à, au lieu de désirer de. >■ Il désirait mieulx à 
« mourir. « (Vig. de Cli. VII, t. I, p. 95.) « Désirer 
« à la ruine de leurs voisins. » (Mém. de Villeroy, 
t. III, p. 303.) (1) 

Conjugaison : 
Je deisse, pour je désirerois. 
« demourissiezavecques moy. 
Guesclin, par Ménard, p. 390.) 
Desirel, pour désire. (S. Bern. Serm. fr 
Desireivet, pour désiroit. (Ibid. p. 96.) 
Desirevet, pour désiroit. (Ibid. p. 40.) 
Desirrat, pour désirera. (Ibid. p. 224.) 
Desirst, pour désire. (Ibid. p. 343.) 
Desievet, pour désiroit. (Ibid. p. 242.) 

Desireus , adj. Qui désire (2). 

Ki aime sans tiicherie. 

Ne pense n'a m, n'a dous : 

D'une seule est desierrous. (Pois, du Val. n" 1400, f. 44.) 

VARIANTES : 
DESIREUS. Monet, Dict. ' 
Desiroz. Fauchet, Langue et Poës. fr. p. 135. 
Desierrous. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 44, V°. 
Desironde. Poës, MSS. av. 1300, t. II, p. 903. 
Desirriere. Ibid. t. I, p. 1G7. 
Desideratif. R. Est. Gram. fr. p. 94. 



« Je deisse que vous 
(Vie de Bertrand du 



p. 20.) 



Desirier, v. Discerner, distinguer. 

Si en dirai, par mon avis. 

C'en que bien m'en sera avis, 

Non pas pour autrui mestrier ; 

Mes pour ce que veil desirier 

Cen qu'est de bon entendement. 

De cen ou faut amendement. (Geofr. de Paris, fol. itO.j 

Desirriers. flnlercalez Desirrievs, prières, au 
reg. J.I. 75, p. 270, an. 1314: " Nous Beatrix, dame 
« de FaUiy et d'Ailly sur Somme et Jehans de 
» Pinkegny chevaliers sire de la dite ville d'Ailly et 
« de Ilornoy en Vimeu, salut... Comme nous veons 
« nos submis offrir à nostre Seigneur leurs desir- 
« riers en esprit d'umilité et dévotion. >>] (n. e.; 

Désister, v. Cesser. « Il désista , pour il se 
" désista » dans Rabelais, t. II, p. 209. 

Desjanter, v. Dégarnir de jantes. (Dict. de 
Nicot, Monet, Oudin et Colgrave.) 

Desjeun. [Intercalez Desjeun, déjeuner, dans 
Froissart, IX, 110: Tantost apriès le desjeun qui fu 
» moult brief. »] (n e.) 

Desjeuiiement. [Intercalez Desjeunement , 
déjeuner, au reg. JJ. 104, p. 3,'îG, an. 1410: « Le 
« suppliant et aucuns des austre? dislrent pluseurs 
" excusations, en disant qu'ilz ne pourroient estie 
« au desjeunement. »] (n. e.) 

Desjeuner, v. Nourrir, régaler. 

Comment fortune boute aval 

Ceuls a pié, et ceuls à cheval. 

Et les desjeune. (Poës. de Froiss. p. 113.] 

Par foi ch'est pesme viande 

A desjnner son ami 

Quant dame, petite ou grande 

Li dist cou q'ele a o'i. 

Puis k'il en peut estre en daserie. 

Poës. MSS. du Val. n- UOO, fol. 14C, V". 

Au figuré, on disoit se déjeuner (3), pour se repaî- 
tre l'esprit. Ainsi, on lit dans Montaigne : « J'ay veu 
« en ma jeunesse un galand homme, présenter 
« d'unemàinau peupledesversexcellensen beauté 
« et en débordement : et de l'autre en mesme ins- 
« tant , la plus querelleuse réformalion théolo- 
<• gienne, de quoy le monde se soit dejeusné il y a 
<• îongtemps. » (Essais de Montaigne, t. III, p. 370.) 
« Je nem'élois jamaisrffsje!i»edece mot. « (Brant. 
Capitaines estrangers, t. II, p. 32.) « Il a esté des- 
« jeune de cette nouvelle là, » pour on lui a dit 
cette nouvelle là dès le matin. (Oud. Cur. fr.) 

VARIANTES : 
DESJEUNER. Froiss. Poës. MSS. p. 112, col. 2. 
Desjuner. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 146, V». 
Desjeusner. Ess. de Mont. t. III, p. 370. 

Desjogler, v. Tromper, se moquer. « Si m'a des- 
" logté. » (Richard de Furnival, Poës. mss. av. 1300, 
t.ïll, p. 973.) 

On lit desjouglé dans une autre copie. 

.le crain moult estre desjoglée, 

Et par tel achoison muée. {Fabl. de S. G. fol. 6, V", col. l.j 



(\) On Ut dans Renart, v. 15229 : « Vient as chapons, si les desjoche, L'un en menjue, Au cuer li toche. » (n. e.) 

(2) Le mot est dans Roland : « A ferir le desirel. » (Vers 1643.) (N. E.) 

p) Il était aussi pronominal au propre : « Si fu conseillé que il se desjnneroienl là sus les camps. » (Froiss., IX, 39.) De 
même au passif : «Quant on fut ung petit reposet et rfes/iiîiei » (Frois., II, 160.) « Estes vous pas encore desjeusné? » 
(Froissait, XVI, 184.) (n. e.) 



DE 



125 — 



DE 



Li Lecheires fu clesjougle:, 

Et par la sale fu huez. (Fabl. (le S. G. fol. 10, R", col. 2.J 

Madame m'en a tout desjuglé. 

Poes. MSS. du Vat. n" 1522, fol. lr.2, R-, col. 1. 

VARI.iîsTES : 
DESJOGLER. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 973. 
DESJOUGLEn. Fabl. MSS. de S. G. fol. 10, R« col. 2. 
Desjuglek. Poës. MSS. Vat. n" 1522, fol. 152, II» col. 1. 
DES.10NULER. Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 2(Î6, V» col. 2. 

Desjoie. Ce mot semble une faute pour désire 
ou desierre. 

Je voy droit faindre et jugier tort. 

Qui ay servi très loyaument 

Madame qui présentement 

Me het et desjoie ma mort. (E. Descli. fol. 278, col. 2.) 

Desjohicte, S. f. Séparation, division, rupture. 
« Qui estes-vous qui dictes que la bergerette qui 
« mon aulmosniere ouvrit , accordoif ma des- 
« joincte. ■■ (Percef. vol. V, fol. 71, V°, col. 1.) Ph. 
Mouskes, parlant de l'entrevue de lienry, roi 
d'Angleterre, suivi de ses quatre fils bien parés, 
avec le jeune Pliilippe-Auguste, roi de France : 

Et si ot son caperon trait 

Qui moult estoit maufais et lès 

Et s'ot les ceveus corameulés ; 

Quant li Rois Henris l'aproisma, 

Saciés que point ne li blasma, 

Ains a dit à sa gent debout 

Que Hullepiaus vainceroit tout 

Et leur feroit une desjoinle ; 

Quar si fil estoit trop cointe, 

Et Hullepés preus li sembla. [Ph. Moti^kes ms., p. 509. J 

YAUIANTf:? : 
DESJOINGTE. Percef. vol. V, fol. 71, V" col. 2. 
Desjointe. Ph. Mouskes, MS. p. 509. 

Desjoiiidve, v. Séparer, désunir *. Ecarter °. 
(Nicot et Monet.) 
* Le sens propre est « séparer, désunir. » 

Li chevaliers, sans trosterner 
Se fet maintenant espouser 
Et par bon mariage ajoindre 
Ne sont pas legier à desjoindre. 

Fabl. MSS. du Roi, n- 7218, fol. 351, V-, col. 2. 

^ On a dit aussi se desjohidre, pour « s'écarter. » 

A l'eure que il desserra 

Va ceus la lance el poing requirre 

Qui leur compaignies esloingnent 

Et cil en l'eure se Jesjoingnenl. (G. Guiart, fol. 284, R".) 

Desjoingnement, s. jn. Séparation. (Cotgr.) 
Desjointer. [Intercalez Dcsjointcr, et voyez 
Descer.ner.] (n. e.) 

Desjouchié, part. Déjuché. Mot en usage en 
parlant des poules. 

Li poucin sont assamblé, 

Coq, et gelines desjouchié. 

Fabl. MS'S. du Roi n° 7218, fol. 175, V-, col. 1 (1). 

Desjouer, v. Cesser de jouer. » Se on desjoue, 
'< vous jourrez. »(Ch. et Départ. d'A m. p. 107, col. 2.) 

Desjiic, s. ?w. Le lever. Dejuc se dit encore dans 
la ménagerie en parlant du lever des volailles. (Gl. 
de Marot.) On a employé ce mot pour exprimer « le 



lever, » en général. Ainsi on a dit au desjnc, pour 
" au matin, au lever. » 

Chantons Noël tant au soir qu'au desjiic. (C. Marot, p. 231. J 
Tant au soir, la nuict, qu'au desjuc. (Œuv. de Coller, p. 44.) 
Voyez Desjouchié ci-dessus. 

VARIANTES I 
DES.TUC. Clém. Marot, p. 231. 
Desjucq. Rab. t. III, p. 60. 
DES.ILICHER. Vigil. de Ch. VII, p. 144. 

Dcsjugic, part. Infirmé, cassé. « .lugement 
« desjiiglé. " (.\nc. Cou t. de Normandie, foi. 119.) 
On lit dans le latin, jndiclnm infirmatum, et dans 
la traduction en vers, « infirmé, cassé. » 

DesjnoJer, v. Juger *. Condamner °. Eluder le 
jugement^. Ce mot, dans les orthographes employées 
par S. Dernard (2), répond au latin jtidicare et 
dijtidicare. 

* Voyez sur le premier sens, les Dict. de Borel et 
de Corneille. 

^ On trouve desjuger, pour condamner, dans ce 
passage : 

Mais l'autre jugement n'aront gaires mellor 
Ke cil qui desjttgcrent à tort nostre Segnor. 

Vies des SS. MS. de Sorb. chif. x.\vii, col. 2 t. 

"^ Enfin desjugier a signifié « éluder un juge- 
ment, • aller contre un jugement rendu, ou récuser, 
rejeter. 

Avez veu d'un lecheor 

Qui vostre cort a desjuriièe. 

Et honie vostre maisniée. (Flaire et Blanc, fol. 196. J 

VARIANTES : 
DESJUGIER. Rorel, Corn. 

DEJUGER. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 31, 32 et passim. 
Desjuger. Vies des SS. MS. de Sorb. ch. xxvu, col. 24. 
Dejugier. S. Bern. Serm. fr. iMSS. p. 188 et passim. 

Desjuii, s. m. Le déjeuner. 

Nous venins à une espinette 

Qui tlorie estoit toute blanche, 

Haulte bien le lonc d'une lance ; 

Dessous faisoit joli, et vert ; 

Bien fu qui dist cils lieus ci sert 

Droitement pour lui reposer : 

Les dcsJH)! nous fault destourser. 

A la parolle s'accordan, 

Et le desjun la destoursan, 

Pastés, jambons, vins, et viandes 

Et venison bersée en Landes. (Poës. Froiss. p. 140.J 

Bien vueil qu'om saielie que tu mentes, 

Povre chetive boulengiere. 

Il n'y a berger, ni bergiere 

Qui ne t'est à son desjunon. (E. Desch. fol. 577. j 

VARIANTES : 
DESJUN. Froiss. Poës. MSS. p. 140, col. 2 (3). 
Desjunon. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 377, col. 2. 

Desjuner, S. w. Ce mot subsiste (i); même au 
figuré on le trouve dans le passage d'un de nos 
anciens écrivains: « Vous pourrez trouver vingt mille 
« frans que vous pourrez départir à vos hommes 
» tout à vostre gré. Mé Dieu! ce dist Bertran, ce 
« n'est ([ue un desjuner. » (Ilist. de B. du Guescl. 
par Jlen. p. 57.) 



(1) On lit dans S' Alexis : >< Ains que t' vedisse, si 'n fui mult desirruse (XCII). » (n. e.) 

(2) « Et ores déjugent les œvres orribles et mortels. » (S' Bern., .569.) (N. e.) 

(3) Il est aussi aux Chron., édition Kervyn(IX, HO). Desjunemenl est dans Cuvelier (v. 1S395). (N. E.) 

(4) Froiss. écrit se desjuner comme se disner ; il dit même : « Quant on fut ung petit reposet et desjunel. » (II,160.)(,n. e.) 



DE 



— 420 



DE 



PnovEnnu : 
Lever matin n'est pas lieur, 
Mais deyexincr est le plus seur. [Dict. de CoUji-ave.J 

Deskevillage. [Inlercalcz Deskevi liage , au 
Cari, de Corbie. an. I-JG^ : « Toule le droiture que 
. jou avoie au puch de Genlele, si comme del 
« (leskevitlagr, et de cliou que je ne dévoie riens 
o melre al pucli faire ne à retourner. ••] (^. e ) 

Deslacer, v. Déclarer, dissoudre, résoudre. Ce 
mot. dans S. Bernard, Serm. fr. ms. p. 120, répond 
au latin solvere. <■ Deslacer son pensé, .. pour 
" déclarer sa pensée. - ['•■ Guiart, fol. lO'J.) (I.) 

De.slaicter, v. Sevrer un enfant. (Oudin et 
Cotgrave,) 

Deslarré. [Intercalez neslarré, débraillé, au 
ve<x. .1.1. 1(52, p. 181 bis, an. 1408 : « Icellui Jehannin 
.. Fu féru de ce horion, et depuis .lelian Rousselin 
« lui dist: « Noule toy et te va chauffer, car tu es 
.. tout (leslarvé. » Au xvi" siècle, on aurait dit 
délabrez (Mén., du Guesc. cli. 20) : « Un jour il en 
« trouva dix sur son chemin, qui lui parurent fort 
« délabrez.'} (n. e.) 

Deslavé, part. Lavé *. Crasseux °. 

* Ce mot, au premier sens, se disoit au propre et 
au ligure, comme notre mot lavé. Au propre, nous 
lisons : 

Ces iaux jà choisi le vilnin. 

Que moult estoit de lait plain^ 

Dedavez (2) fu. (Fabl. du R. W 76ii>, t. I, fui. U9.J 

Au figuré, on disoit : 
Tant a Magdelainc valu. 
Qu'elle fut garie et lavée, 
Et de l'orde boe deslavce, 
Dont elle avoit esté pourprise 
Du pecliié de char, et reprise. (E. Desch. f. 53G.J 

^ Deslavé s'employoit aussi pour le contraire de 
lavé, « crasseux. » 

Ors est sales, et deslavcz, 

Et de prou de chose emblavez. (E. Desch. f. 554. J 
Et il n'est ne rez, ne tondus, 
Et si est gros et malotrus ; 
Ains est hideux, et deslave: 
Mais se vos croire me volez, 
Vos ferois ami plus délivré. {Fabl. MS. de S. G. fol. 77. ' 

Deslaver, v. Souiller, ternir; ternir la réputa- 
tion de ([uelqu'un, le dénigrer. 

C'est faulx rapport, que n'ay ma onques amant, 

Qui contre moy a si fort embrassé 

Par croire tost, et mon cuer si trassé, 

Que de son cry a tousjours me deslave : 

Se pitié n'est, de mort suy apressé. 

Car mes bons jours sont au sel, et a l'yave. (Descli.f. ili.] 



« Quand Homère a voulu A'/aii^r(3)q'aclqu'uii, il 
■' l'a noirci de la detïormité de Thersites. » (Contes 
de Choliéres, f' 147.) 

* VAUIANTES : 

DESL.WER. Eust. Desch. l'oës. MSS. fol. 171, col. 3. 
Délaver. Contes de Chol. fol. 147, R°. 

Deslaveures, s. [.pi. Lavures. 

Et tout viez deslaveures 

De mes barbes, de mes grenons, 

Tu moitiés en toutes sesons. 

Fabl. MSS. du R. n" 7213, fol^ 18i, R- col. i. 

Deslée, adj. Qui est sans loi. Le desleé, sobri- 
quet. (Gloss. de rilist. de Bret.)(4) 

Deslei. [Intercalez Deslei. déloyauté, Desleier, 
devenir déloyal, dans la Chron. des ducs de 
Normandie.] (n..e.) 

Deslengier. [Intercalez Deslengier, injurier, 
an reg. J.J. 132, p. 290: .■ Laquelle .Jehanne eust 
" deslengies lesdittes trois jeunes filles, pour ce 
« qu'elles mengeoienl du fruit de la ditte 
« Jehanne. »] [s. e.) 

Desliage, s. m. Sorte de droit. C'est un droit 
qui se prélève sur les voitures ou sur différentes 
marchandises et denrées, et se paye au seigneur. 
Laurière, Glossaire du Droit fr. cite un passage très 
long du Coutumier de la vicomte de L'eaue, p. 23, 
dans lequel ce droit est expliqué. Voyez Du Cange, 
Gloss. lat., au mot Desliage, oîi il cite le même 
coutumier ('•>]. 

Deslicelé, part. Dont la lisière a été coupée, 
« Draps coppez, et desUcelez (6). » (Très des Chart. 
reg. 154, p. 312.) 

Deslié, jmrt. Détaché; affranchi. « Femme non 
« .... et desliée à& mariage. » (Grand Coutumier de 
France, p. 48.) (7) 

Deslier, ik Détacher *. Dépouiller °. Dévoiler'^. 

* On trouve disligare, dans le premier sens, au 
Glossaire latin de Du Cange; en ce même sens que 
conserve notre mot délier (8) , on disoit au figuré : 

Aucuns de leurrens se deslieiit. (G. &uiarl, f. 354.1 

En appliquant cette acception aux personnes, on 
a dit : « Se deslier vers quelqu'un, » se détacher de 
quelqu'un , c'est-ù-dire rompre un engagement 
qu'on a avec quelqu'un. 

Beau raestre, dist Richart, moult sui desconseilliez 

Loeis nostre Roi s'est vers moi deslie:, 

Ernouf li maltraitre s'est vers lui afetiez, 

D'or et d'argent li a granz presenz envolez. (Rou, p. 81. ' 

° En étendant l'acception propre du mot deslier, 
on s'en est servi pour signifier « dépouiller. » 



(1) L'expression deslacier des cops est fréquente dans G. Guiart (v. 3608, 12589, 1:3669). (n. e.) 

(2) « Li agnelin deslavé sont de la costume de laine deslavée. » (Ord., VIII, p. 378, an. 1400.) Comparez Livre des Métiers, 
an. 1277. (N. e.) 

(3) Nous disons encore tarer la. tête à quelqu'un. (N. E.) 

(4) La Chronique des ducs de Normandie donne desleié, et la Vie de S' Louis (p. 381) : « Il disoit que li jugemenz de sa 
court estoit fauz et ilesléel. » (N. E.) 

(5) « Il est une Coustume que l'on appelle deslinrje, que l'on doit prendre le plus prouchain Vendredi après ou devant la 
S. Audrieu à la volonté des Vicomtes, et ce qui adont vendra à col se aquitera par 4 den. et aux sergents 1. den.; à carete 
par 16 den. et aux sergens 1. den. pour cbascune charette à un cheval. » (n. e.) 

(6) On lit dans la Chron. des ducs de Norm., v. UOj : « Mais qui le vair vos en deslicé. » (n. e.) 

(7) On lit dans Roncisvals, p. 112. : a Ours et liparz voioit touz desliez. » (n. e.) 

(8) Et par suite délivrer, d'après le Gloss. 7684 : « Exoccupare, deslivrer, deslier. » (n. e.) 



DE 



127 — 



DE 



Dame, vos le voirez dem.iiri, 

Se mes ennemis trover puis, 

Demain verrai, (jui qu'il en'iuit. 

Qui m'ont deslic par envie ; 

Ja nui n'en portera la vie. jFabl. de S. G. fol. 54.) 

Ils m'ont robe, et deslii 

Et tote la nuit tenu lié. 

Flore et Blanc. MS. de S. G. fol. 193, R- col. 3. 

De là, se deslier pour oter sa ceinture, se désha- 
biller ; 

Or se descoife, or se deslic. 

Fabl. MSS. du R. n- TlllS, t. 1, M. 107, V- col. 1. 

"^ De celte acception, est née celle de « découvrir, 
dévoiler » : 

Si com les estoiros le dient. 
Qui les anciens fais dcslicnt. 

Vies des SS. MS. Je Sorb. chif. LIX, col. 6. 

On trouve en ce même sens « deslier le voir, » 
dans G. Guiarl, Jis. fol. 301, pour « (h'couvrir la 
vérité. » 

Oïl disoit aussi : 

1° ■> Deslier un siège, » c'est-à-dire le lever. 
(Voyez Chroniq. fr. sis. de Nangis, sous l'un 1212.) 
On lit dans le lalin obsidionem solvere. 

2" .1 Deslicr brunetle, » pour déboucher une 
bouteille. (Oudin, Cur. fr.) 

V.4RIAiNTES : 
DESLIER. Vies des SS. MS. de Sorb. eh. lx col. 19. 
Desliier. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 148. 
Desloier. Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 243, R°col. 1. 

Deslieuei'. [Intercalez Dcslieuer, au Liv. des 
Métiers (Ed. Deppiiig, liv. 1"): « Li musnier de 
« grant pont ne pevent desliener nulluy, et se il le 
« fait et li deslievez s'en plaint au sergent, qui est 
« garde des musniers de grand pont de par le 
« chapitre N. D. de Paris, il est à .vi. den. d'a- 
« mende, avec le dommage que il rend au des- 
>' lievez. »] (n. e.) 

Desligement, s. m. L'action de délier. Au 
figuré, l'action de dégager. De là <■ dcsligement de 
« cens, n pour payement. Ce mot est rendu par 
solutio censuum, nu Glossaire lalin de Du Gange, 
au mot Disligare. « Bien entendu, que tant on fait 
« des rédemptions, rachats, extinctions, et deslige- 
« 7)iens des cens et rentes, que du payement des 
>' cannons et courans, sera observée et tenue la 
« valeur des monnoyes, selon les Edicts de nos 
« prédécesseurs. >• (Ord. et Slat. du pays de Liège, 
au CouL Gén. t. IL p. 974.) 

Deslignagier, v. Déroger. On lit, en ce sens : 

Si ne doit croire de légier 
De son bon fet deslignaqier. 

Hist. de Fr. 'à la iuile du Rom. de Fauve!, fol. 85. 

Desligné, adj. Qui forligne. 

Ils sont lignée deslvjiiée, 
Contrefaite, et mal alignée. 

Gcofr. de Paris, à la suite du R. de Fauv. fol. 53. 



Desli-soing, adj. Qui chasse les soins. Epitbète 
de Bacchus. (Nicot et Gotgrave.) 

Desliteler. [Intercalez Deslileler, enlever la 
lisière au drap pour en interdire la vente: « Et 
« autres draps, qui par l'eswart de laditte ville 
« seront coppez ou deslilez-. » (Ord. VIII, 338, 

an. 1399.)] (n. e.) 

Deslocliei", v. Déchirer, disloquer. (Oudin et 
Gotgrave.) « Or advint en ce point qu'il estoit issu 
« du lournoy ung jeune chevalier d'Escosse, gay, 
» amouieux et preux ; de son corps onltre mesure, 
« si deslocluu si descliiré, si descongneu, (]ue en 
« luy navoit congnoissance (1). » (l'erceL vol. 1, 
fol. ii4.) " Ez ungs escaibouilloit la cervelle, ez 
» autres rompoit bras et jambes, ez aullres deslo- 
« choit les spondilles du col, ez aullres demoUoit 
<' les reins. » (Rab. t. I, p. 193.) 

Deslogement , s. m. L'action de déloger. 
Départ, décampemenl. « Au temps de leur desloge- 
« ment de Lion. » (Mémoires de Du Bellay, liv. VI, 
fol. 177.) « Les ennemis estoieut sur leur desloge- 
" ment. » (Ibid. liv. II, fol. 45.) On disoit au figuré: 
« deslogement de vie, » pour « la mort. » (Gotgr.) (2) 

Desloger, a. Déloger, partir, décamper*. 
Désunir, séparer ^. 

* Au propre, on ûhoMdesloja pour « délogea (;3,) 
décampa. » (Villeh. p. 33.) 

A celé heure se deslojoient 

Flamans qui sus la niontaigne ierent. (Gulart, f. 338.) 

^ Au figuré, deslofjer s'employoit pour « désunir, 
séparer. » Ainsi, en parlant du supplice du Bastard 
de Bourbon qui fut noyé en 1440 : •• Si fullors assez 
« commun, qu'on luy avoit ce faici, pour ce que 
« durant la guerre d'entre le roy et son fils le daul- 
« phin, y estoit à grand puissances avecques son 
« dict frère le dessus dict duc de Bourbon, et avoit 
« eslé cause principallement de desloger ieeluy 
u daulpbin du roy son père. » (Monslrelel, vol. II, 
folio 182.) 

On disoit : « Au deslogé, » pour au départ. « Trois 
« jours entiers chemina le chevalier du dragon au 
" deslogé de l'Abbaye du Val Sombre, sans trouver 
« aventure. ■> (D. Florès de Gr. f" 130.) 

VARIANTES ! 
DESLOGER. Monstr. vol II, fol. 182, V». 
Desloier. G. Guiart, MS. fol. 338, R». 

Deslogis, s. m. Délogement, décampemenl. Le 
duc de Bourgogne, abandonné parles communes de 
Flandres, est obligé de décamper : « Letiuel duc estoit 
« tout trouble, triste et ennuyé au cueur que plus 
« ne pouvoit : car, comme dit est, il .scavoit ses 
« ennemis en grand triomphe, à une journée près 
» de luy, et avoit grand désir de les aller combattre, 
« si veoit que par le moyen du deslogis dessus dit. 



(1) Au xiv siècle, on a dcsloer et desUmer : « Icellui suppliant feri ledit Jehan d'un baston sur une de ses mains , et lui 
desloa le pouce d'icelle main. » (JJ. 105, p. 2i0, an. 1373.) — « Laquele espaule ledit Robert Bunel, qui estoit homme de 
mauvaise vie et renommée, lui avoit deslouée d'un coup d'espée ou autrement. » La racine est delocave, composé comme 
démettre, (n. e.) 

(2) De même dans Froissart, II, 178 : « Dou deslogement toutes manniéres de gens en furent moult aise. » (n. e.) 

(3) « Et fist on cryer que chacun s'apareillast pour dcslogwr l'endemain. » (Froissart, II, 156.) (n. e.) 



DK 



— 1-28 — 



DE 



• il ne pouvoil venir ;i son inlenlion, clc » (Monsl. 
vol. I, fol. 131.) 

Desloiau.x, adj. lllésilime. » Desloiaux ma- 
'< liîi^c, " mai'iag'c ilU^itime. (Gloss. sur les Coût, 
de Beaiivoisis.) 

Desloier. [Intercalez Desloiev, délier (Froiss. 
II, ITtli: - .Si desloyej'ent ]iià povres prisons et les 
« laissierenl aller. »j (.n. e.) 

Desloué, adj. Disloqué. « Mon marcher de tra- 
" vers à marche dcsiouée. <• iCont. d'Eul. p.551.)(l) 

Desloiiement, s. ?>?. Dissuasion. « Contre le 
» desloiiement de ses amis entreprit celle vove. » 
(Chr. de S. Denis, t. l, p. 31i.) On lit dans Suger : 
Contrn nmicornm dissiiasioueni. ■■ Mais nonobstant 
« leur f^^s/(/^(C);H');^ il jura etatTcrma qu'il yroit. » 
(Ilist. de 15. du Guescl. par Mcnard, p. 283.) 

Desloiiei'.r. Dissuader, dosapprouver(2).(Nicot, 
Oudin, Cotgra\e.) Oa trouve (/?s/fl;/r/fl?'(? rendu par 
diHSuaderc, dans le Gloss. lai. de Du Cange. •■ .\ssez 
« luy desloua le roy Claudas, maisonques ne voulut 
« laisser son emprise pour nul homme qui oncques 
>• l'en deslournast. » (Lancelot du Lac, t. III, f" 31.) 
« Lors luy commencèrent plusieurs à desloer, et à 
« prendre autre conseil. ■> (Cliron. de .S. Denis, t. 1, 
folio "254.) 

Grans mes ne vouloit recevoir, 

Car grans mangiers les oeulx esbloe, 

Et fait la fcircelle doloir ; 

Trop bien le sceut appercevoir 

L'aigle, qui telz mangers desloc. (E. Desch. fol. Sil.j 

On trouve aussi deslouer, dans la Chronique fr. 
Ms. de Nangis, sous l'an I'2i9, et on lit dans le latin 
disturbare... Desloer, dans la Chroniq. de S. Denis, 
t. Il, fol. 42, correspond au mot Dissuadere, de 
Rigord. 

Ëniln desalower pour « désapprouver, •> dans le 
passage suivant : <■ Nous volons que les jugementz, 
" se facent enconlre les pleyntilz pour in graunde 
» presumpcion de la malice: ou il purroit dire que 
« l'escripl ne luy doit grever, pur ceo que l'escript 
« fuit fait en teinps que le defendaunt fuit en pri- 
« son , quel respons volons qu'il soit allowé, ou 
" desalowé soloiic ceo que poier, ou force luy soit 
« fait en la prison , si corne desus est dit en le 
» chapitre des prisons. » (Britt. Loix d'Angl. f° CG.) 
Conjugaison : 

Desloon, pour desapprouvons. (G. Guiart, f° 128.) 

beslot, pour desapprouve. 

Il n'est nulz qui ce me deslot. (Pol's. Val. ji" i5S3, f. i70.l 

VARIANTES : 
DESLOUER. Monstr. vol. I, fol. 5, V". 



Desloer. Vies d(>s SS. MS. de Sorb ch. lx, col. 2. 
Desaloweu. Britt. Loi.^c d'Angl. fol. 66, R". 

Desloyal, adj. Déloyal. (Ordonn. des K. de Fr. 
1. I, p. 142.) 

Un juif mescreu, trop parez desloypz, 
Tu as parlé de Dieu con home renoiez, 
Tu ne croiz pas en Dieu, t'ai bien aperceu. 

Dispute du Juif et du Chrél. SIS. de S. G. fol. 108. 

VARIANTES (3) : 
DESLOY.\L. r.iles Durand, à la suite de Bonnef. p. 214. 
IiE.çi,0!AL. Ord. t. I, p. 1i-2. 
Deslovez. Disp. du Juif et du Cliret. MS. de S. G. fol. 108. 

Desloyalment, adv. Déloyalement. (Cotgr.) 

VARIANTES (4) : 
DESLOY.\LME.\T. Cotgrave. 
DisLOiAUMENT. ViUehard. p. 56 (5). 

Desîoyaiilté, s. f. Action contre la fidélité et 
les lois : 

.... IJomlez leurs cruaultez. 

Car Dieu voyant leurs grans desloyaulte: 

Veult, et permect qu'en bref on les confonde. [Mavot, p. 50.) 

Cil estoit plein de crualté, 

Si fist par sa dêleallé. 

Ovide, MS. cilé dans le Dict. de Borel, aa mol Di'h'alli'. 

VARIANTES : 
DESLOY.\ULTÉ. ,1. Marot, p. 59. 
Deleauté. Loix norm. art. 45, dans le latin rehcUio. 
Desloialtè. Ord. des R. de Fr. t. IH, p. 669. 
Desi.oiacté. Ibid. t. I, p. 229. 
Desloyauté. Cotgrave, Dict. 
Deleai.té. iJoreljDict. 

Desloyautei" (se), v. Manquer à sa foi (6). «■ Feit 
<■ trencher les testes à aucuns de ceux qui âvoient 
« esté prias prisonniers, pour ce qu'ils s'estoient 
« desloijautez envers elle. >• (Monstr. vol. I, f" 259.) 

Desloz, s. m. Dissuasion, blâme, du verbe Des- 
louer ci-dessus. 

Conforter les desconfortez 

N'est pas cruauté, ains est loz ; 

Mais vous qui si dur cueur portez 

En si beau corps, se dire l'oz, 

Gaignez le blasme, et le desloz 

De cruaulté qui mal y siet : 

.Se pitié, qui départ les los 

En vostre cueur ne s'assiet. (.A. Chart. p. 520. J 

Deslumiiier (se), v. Perdre sa lumière, s'obs- 
curcir. « Li tans se deslumhie. « (Crestiiens de 
Troies, Poës. mss. avant 1300, t. HT, p. 12(j3.) 

Desmable. [Intercalez Desmable, sujet à la 
dime: » Autres choses desmables et appartenans à 
» dixme. » (Reg. des fiefs du Comté de Poitou, 
an. 141(i, Du Cange, II, 761, col. 1.)] (n. e.) 

Desinacer, v. Renvoyer. Ce n'est peul-étre 
qu'une allusion au nom Macée. C'est proprement le 
mot demasser, pris au figuré, pour le contraire de 
« ramasser, recueillir. » Ramasser en la maison 



(1) Voyez les notes sous Deslocher. (n. e.) 

(2) On lit aussi dans Couci, v. 39 : « Mais cil ne les voellent loer Qui tous biens seuUent desloer. » (n. e.) 

(3) « [L'amour] c'est loianlés la desloiaus, C'est la desloiauté loiaus. » (Rose, v. 4:509.) (N. E.) 

(4) On lit dans Couci, p. 120: « Si pluiseur ont d'amour chanté Par effort et dcsluiaunient. » (n. e.) 

(5) « Bien savez con il a desloiaument ovré vers son seignor et vers son frère. » (Ed. de Wailly, § 146.) (n. e.) 

(6) « Icellui Dorne récent ledit Daudet sur sa foy à revenir en sa prison à certain jour,... toutevoies en fu il du tout 
detfaillant, en soy desloijauluni et en venant contre droit d'armes. » (JJ. 97, p. 643, an. 1366.) — « Icelle Jehanne de Bode, 
femme de Pierre de Courtenay, meue de mauvaise voulonté, en soi desloyaulnnt envers son mary. » (JJ. 107, p. 32'7, 
an. 1375.) — « Laquelle femme s'est desloyaiilée et forfaile en mariage. » (J.i. 148, p. 197, an. 1395.) — « Et dist au roy son 
frère que il se desloyauloil grandement envers ce roy d'Engleterre. » (Froiss., VI, 160.) (n. e.) 



DE 



129 — 



DE 



seroit admeltre, introduire ; desmacer de la maison 
.est précisément le contraire. 

.... La povre seur Macée, 

l»e la maison elle fut bien desmacée, 

Et oncques puis ne .s'y ousa trouver. (Faifcu, p. 33.) 

Desinailler, v. Rompre les mailles. Quelques 
dictionnaires expliquent ce mot par « ôter la cotte 
c de mailles, et défaire les mailles, les boucles 
« d'une code de mailles. » (Cotgrave et Oudin.) 
Cependant nous ne le trouvons employé que pour 
« rompre les mailles du haubert. « 

La veist on gent déceler, 

Frainilre espées, tronçons voler, 

Hiaumes froiser, et fendre escus 

Des venkeors et des vencus, 

Obers deronipre et desmaiUcr, 

Cevaus ocire, et détailler. (Ph. Mouskes, p. i44.] 

Voyez ibid. p. 190 et 191. 
Parmi l'escu li met l'espié. 
Si li f l'auberc desmallié. (Pavlon. de Blois, fol. -135.) 

VARIANTES (lU 
DESMAILLER. G. Guiart, MS. fol. 334. 
Desjiaillier. Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 223. 

Desmaillotei". [Intercalez Desmailloter (En- 
fance, Ogier, .\rsenal, B. I. fr. 190, fol. 3) : « La le 
« print Gloriande qui fu suer Ansenis Et le des- 
» maillota et lui baisa le vis. »] (n. e.) 

Ppsmaintenant pour lors, adv. Dès à pré- 
sent Ordonnances, t. III, p. r27.) On dit encore 
desih.iintenant en ce sens. 

Desmaisonner, v. Chasser de la maison. En 
faire déguerpir. (Cotgrave et Oudin.) 

Si j'estois d'icy à mil ans, 
Pas ne scauroi-s la blazonner ; 
Car de gens plus qu'en cent mil ans, 
Elle a détruit pour raisonner, 
Vendre terres, dcsinaUonner, 

Par son art, et subtilité, 

Et babil plain d'abilité. i Chasse et Dép. d'Am. p. 96. j 

Desmaler, v. Donner. Proprement « tirer de sa 
malle. » De là on disoit, au propre: » Desmaler ûe 
« l'argenl, » pour « donner de l'argent. » (Guiart, 
f° 38.) Au figuré « desvialer (2) des'colées, » pour 
" donner des coups. '• (Ibid. fol. 290.) 

VARIANTES : 
DESMALER. G. Guiart. MS. fol. 290, R". 
Desmasler. Ibid. fol. 38, V». 

Desmancbé, jiarl. Mutilé, brisé. De là on a 
dit : « Desnianché du bras, » pour exprimer qui a 
un bras de moins. » Lors trait Tespée etfiert l'autre 
« sur ledextre bras, et luy fait voiler emmy la place ; 
« quant celluy se sentit desmanché du bras, il se 
cuyda mettre à la fuyte. " (Percef. vol. I, fol. G7.) 
On disoit aussi : 

Li boucliers sont desmancliiés, 

Les larges fraintes, et fendues. (Guiart, f. 310.) 



VARIANTES : 
DESMANCHÉ. Percef. vol. I, fol. 67, R° col. 2. 
Desmanchié. g. Guiart, MS. fol. 319, V». 

Demaiichement, s. m. L'action de déman- 
cher. (Cotgrave.) 

Desmandibiiler, v. Démantibuler. (Cotgrave 
et Oudin.) 

Desniané, part. Egaré. 

Je voi par tout le monde le venin espendu ; 
Nos avons le triade destnané (3) et perdu ; 
Encontre dix preudomes qui d'onor sont veslu 
En i vont vingt ou trente, qui en sont trestuil nu. 

Fabl. MSS. du R. n- "518, fol. 337, R" col. i. 

Desinanerer, v. Laisser échapper de la main, 
perdre. 

Cil ne doit pas avoir doulour si grant 
Oui de sa dame a reçut paiement, 
Quant il l'a desinaiierce (4), 
Que cil qui a avoir paiement bée. 

Pocs. MSS. Vatican, n- 152-2, fol. 154, R* col. 2. 

Voyez Demaxué ci-dessus. 

Desmarche, s. f. Marche , mouvement qu'on 
fait pour marcher, soit en avant, soit en arrière. Ce 
mot est employé pour un « mouvement en avant, » 
dans les passages suivans : « Assist premiers mes- 
« sire Clignet sur son compagnon lequel fist une 
« f/c?Hrt/'f//(' pour clorre sa visière. » (.1. LeFevrede 
S. Remy, Histoire de Charles VI, p. 76.) » Cinq cent 
« soixante Alemans lesquels tous ensemble et en 
« desmarche ovàonnée saillirent sur les François. » 
(J. d'Authon, Ann. de Louis XII, p. 76.) 

Firent sur eux une desmarche. 

Vig. de Charles VU, p. 18fi, t. I- 

Voy. D. Flor. de Gr. fol. 112, R°. 

On employoit aussi le mot desmarche pour dési- 
gner le mouvement en arrière. « Lequel voyant 
« venir le coup, se sauva par une desmarche. » 
(Triomphe des IX Preux, p. 140.) - Quant Dioxippe 
« l'eut évitée par une petite desmarche, il lui cou- 
.' rut sus. .. (Ibid. fol 108.) 

" Desmarche de cordier. « Expression prover- 
biale pour signifier l'action d'aller à reculons. (Dict. 
de Cotgrave et Oudin.) 

VARIANTES : 
DESM.\RCHE. .1. Marot, p. 86. 
Demauche. j. Lefev. de S' Rem. Hist. de Ch. VI, p. 76. 

Desmarclier, v. Marcher*. Faire reculer °. 
Parcourir '^ (5). 

* Dans le premier sens, ce mot désignoit faire un 
mouvement pour aller en avant ou en arrière. 
(Oudin et Cotgrave.) 

Mille squadrons demarchans de bravade, 

Pour me charger s'avancent fièrement. (Tahitr. p. S22.) 

« Vint le coup tomber sur le croupe du destrier 
« où il entra, si avint que le cueur luy faillit pres- 
« que, sans que de la en avant il peust quasi plus 



(1) On lit déjà dans Roland (v. I270,i : « L'escu li freint, et l'haubert li demaile. » (N. e.) 

(2) Lire peut-être dcslacier. (N. E ) 

(3) On lit dans Flore et Jeanne, p. 28 : « Molt fu la bielle dame dotante, cant elle otensi desmanevé son segnor. » (n. e.) 

(4) Lisez peut-être dcsmanevée, comme à la note précédente, (n. e.) 

(5) Et aussi décamper : « Ils ne s'en sauvèrent pas trois, se ce ne furent varlets qui se desmarchierenl et passèrent la 
rivière de Lesse à no. » (Froissart, XI, 63.) (n. e.) 

V. 17 



DE 



— 130 — 



DE 



« desmarcher , pour coup d'esperons (jue hiy don- 
« nasl, et tant qu'à la fin il tomba le nez en terre. » 
(D. l'ioiès de Grèce, fol. 147.) « Ce neantmoins le 
» chevalier des Cignes n'en fit semblant, ains se 
« releva, et en se relevant pensoil bien luy donner 
. sur l'autre jambe ((U'il desmarclioi t U'0[) avant, 
« mais le geanl s'en aperçut, et para l'escu, dedans 
« lequel l'espéo entra peu ou point. » (Ibid. f" 108.) 
• Uuantil nous veil debout, il commença à dcsmar- 
. citer, et alla ung petit loingde nous, et nous, ce 
.. voyant, hastivement nous allasmes saisir noz 
•' escuzciui estoient fort eslongnez de nous. »(Perc. 
vol. VI, fol. 100.) « Avez, sans desmarcher, tenue la 
« bataille. » L'éditeur dit: sans reculer. (P. .lean de 
Saintré, p. 605.) 

^ On employoil aussi ce mot sous ses diverses 
orUiographes,"pour repousser, faire reculer (1). « A la 
« cinquièmevenue, le seigneur de Ternantquimar- 
" choit, etferoità coupsd'aquetsurpritle ditGaliot, 
.. et luy donna si grande atteinte au haut de la 
.. pièce qu'il démarcha Galiot. » (Mémoires d'Oliv. 
de la Marche, livre I, p. 248.) « Le seigneur de Sain- 
« tré avoit jà son compaignon fort arrière desmar- 
« ché. » (P. J. de Saintré, p. GO'2.) 

*= Enfin on disoit démarcher pour parcourir. •• Si 
■> commencèrent les Tartares forment à démarcher 
« son pays, et à piller, et gaster. » (Histoire de Jean 
Boucic. in-i", Paris, 1620, p. 141.) » Nous n'enlras- 
u mes en grant chemin, mais alasmes par sentiers 
» non hantez , et peu batus, ne démarchez- de 
« gens. « (Le .Jouvencel, fol. 6.) 

Expressions remarquables : 

1» « Faire desmarchier son avoir, » mettre en 
avant son bien, ses facultés, les offrir. 

Se doit on l'amy tenir chier 

Qui son avoir fait desmarchier, 

Et qui l'apporte de son coffre 

A son ami, aincois qu'il l'offre. 

Quant il voit que mestier li est. (E. Desch. fol. 481.] 

1' " Desmarcher ses dicts, » se rétracter. (Contr. 
de Songecreux, fol. ô8.) 

VARIANTES : 
DESMARCHER. Molinet, p. 137. 
Démarcher. Vigil. de Ch. VII, t. I, p. 54. 
Desmarchier. J. Lefev. de S' Rem. Hist. de Ch. VI, p. 77 

Desmarier. [Intercalez Desmarier, dans 
Troiss. (IX, 493) : « Et desmaria sa fille dou fil dou 
> conte de Cambruge. » Au moyen, il signifie 
divorcer : [le dnc d'Irlande] s'en [de la demoiselle 
de Coucy] estoit desmarié pour prendre une autre 
«. femme, laquelle estoit de Boesme et des damoi- 
■■ selles de la royne d'Angleterre. » (Froissart, 
.\IV, 33.)] (N. E.) 

Desmarroner, v. Aplanir, suivant Borel qui 
dérive de « marron, coupeau de montagne. » 

Desmaschoirer, v. Rire à gorge déployée. 
(Oudin.) 



Desmauler, v. Enlever. 

Bien trois quartiers, ou quatre du ventre li desmaule 
Oue toute la coraille à terre li avaule. 

Fabl. MSS. du K. u- 7218, fol. 344. R- col. 1. 

Desiuo, s. f. La dime. (Anciennes Coutumes de 
Bretagne, fol. 109.) 

Desnu'lancolier, v. Oter la mélancolie. tOud. 
et Cotgrave.) 

Desmelées, s. f. pliir. Démêlés, contestations. 
(Ordonnances des Rois de France, p. 294.) L'éditeur 
explique ce mot par batlei'ies. 

Desmeller, v. Eclaircir, exposer *. Ecarter °. 
Retrousser '^. 

* Pour « eclaircir, exposer » : 

....L'escrit ci dessus desmelle. [Guiart, f. 373.) 

^ Pour « écarter, » dissiper : 

Contre les Angloys s'esleverent, 

Eulx eljorçans de rebeller. 

Mais les Angloys moult en tuèrent. 

Et les firent losi desmeller. iVitj. de Ch. VII, t. I, p. Î3'J.J 

De là se desmeller, pour se sauver. (G. Guiart, 
Ms. fol. 281.) 
■^ Pour » retrousser » : 

Jusques par dessus les ceintures. 

Pour passer, Se sont desmellez. [Guiart, f. HOS.j 

Desmeinbrance , s, {. Terme de pratique (2). 
Membrance et desmembrance, témoignage pour et 
témoignage contre ; dit et contredit : « Et s'ilz sont 
« contraires à leur membrance, ou à leur dcsmen- 
« brance, celui qui trouvera le plus de tesmoins de 
« son^veu l'en y croira, et non pas au moins. » 
(Anciennes Coutumes de Bretagne, f* 87. — Voyez 
Amembrer.) 

Desmembrer, v. Démembrer, séparer *. Con- 
tredire, infirmer ^. 

* On trouve demembrare et dismembrare, au 
même sens, dans le Glossaire latin de Du Gange. 
On disoit en ce même sens « desmembrer son fief, » 
aliéner une partie de son fief. (Laurière, Glossaire 
du Dr. fr.) Desmembrer est employé pour couper un 
membre, dans Carpentier (Hist. de Cambray, t. II. 
p. 27, titre de 1230.) 

^ On a dit aussi desmembrer dans le même sens 
que desmembrance, pour « contredire, infirmer. » 
(Voyez le mot Amembrer.) 

Desmembreure, s. f. Démembrement, l'ac- 
tion de démembrer. (Coût. gén. 1. 1, p. 877.) 

VARIANTES : 
DESMEMBREURE. Oudin, Dict. 
Desmembration". Coût. Gén. t. II, p. 944. 

Desineutement. [Intercalez Desmentement , 
démenti, au reg. JJ. 115, p. 96, an. 1379: « Icellui 
>< Valois desmenti ledit Robinet, pour lequel des- 
« mentement. » De même au reg. JJ. 89, p. 171, 
an. 1337 : « Après plusieurs desmantemenz d'une 
.' partie et d'autre. »] (n. e.) 



(!) Il a le sens de reculer, au reg. JJ. 107, p. 126, an. 1375: « Icellui Nicaise s'avança rers l'exposant pour le ferir du 
coustcl : mais ledit e.xposant rfesmarc/ia. » De même au reg. JJ. 156, p. 113, an. 1401: « De fait l'eust tué ou navré 
villainement, s'il ne se feust destnarchiez et trait arrière. » (n. e.) 

(2) La racine est membrum et non memoria : « Usaige à bois sec, à branches ou rainseaulx vers, sans desmembrance 
d'arbres. » (JJ. 131, p. 221, an. 1387.) (N. E.) 



DE 



131 — 



DE 



Desmenter. [Intercalez Desinenler, au sens 
du latin dementare (Roland, v. 2516): " Ne poet 
« muer n'en pi art et ne s'desment. » C'est ce qu'on 
pourrait lire dans Froiss., éd. Kervyn, II, 406: 
« Debas s'esmul entre che Simon et ce Begot, par 
« leur jeu de dés, et tant qu'il se âesmentercnt et 
« se levèrent tout doy en pies et sacliierent leurs 
« espées. »] (n. e.) 

Desmenteur, s. m. Qui donne un démenti. 
<• S'il l'appeloit de tiex fais (larron ou meu trier, etc.) 
1. il le pourroit desmentir lors, et ne paieroit li 
« desmenteur r'xen?, en amende, mais la paieroitcilz, 
« qui diroit tel lait. » (Pithou, Coutum.de Troyes, 
page 457.) 

Desmentir, v. Donner un démenti *. Mentir ^. 
Détruire = (1). 

* Nous disons encore démentir dans le premier 
sens : 

Tuit li biens gue fine amours élise 
Sunt en celui en cui ai m'amour mise ; 
Ne partirai, se mors no m'en desment. 

Oudarl de Laiinis, Pocs. iMSS. av. 1300, t. I, p. 1G7. 

« Desmentir quelqu'un par la gueule, c'esl-à-dire 
donner un démenti. (E. Descli. f- 372.) « Il y a trois 
" sortes de gens qu'on ne peut desmentir, les 
n grands seigneurs, ceux qui ont fait de longs 
« voyages, et les vieillards. » (Contes d'Eulrapel, 
page" '<70.) 

^ lisoit aussi desmentir pour mentir : 

Si je dy voir, si desment. (Modus et Racio, f. SiS.J 

C'est-à-dire si je dis vrai, si je mens. 

'^ On employoit fort souvent le mot desmentir 
dans le sens de « détruire, » dont l'acception géné- 
rique recevoit diverses modifications , selon les 
choses auxquelles on l'appliquoit. Ainsi on trouve 
fréquemment dans Guil. Guiart, desinenlir àeshsu- 
bers, des beaulmes, pour les fausser. (Guil. Guiart, 
f-Oe.) Faire desmentir une tour, l'ébranler (2). (Ibid. 
fol. 225.1 Faire desmenlir euers, pour faire perdre 
cœur. (Ibid. fol. 47.) 

VARIANTES : 
DESMENTIR. Contes d'Eutr. p. 470. 
Desmantir. Du Gange, Gloss. latin, au mot Demenliri. 

Desmentissement. [Intercalez Desmentisse- 
ment, démenti, au reg. .ÎJ. 178, p. 69, an. 1446: 
" Le suppliant pour aidier à venger... son oncle 
« de certainesvillennies,attaines, des?«e?/i/ss<??ne??,s 
« et autres injures. »] (n. e.) 

Desmentoison. [Intercalez Desmentoison , 
démenti, au reg. J.I. 109, p. 213, an. 1376: >■ Icellui 
« de Piz fu moult indignez et respondi qu'elle 
« mentoit et son mary aussi ; ausquelles desmen- 
« toisons survint ledit Tassart,... qui dist audit de 



« Piz .. qu'il n'esloit mie taillez de desmentir sondit 
a frère ne sa femme. »] (n. e.) 

Desmerie. [Intercalez Desmerie. droit de lever 
la dime: « La disme ou desmerie des blez et 
« cbarnaige du lieu de Genoilbe et en toute la 
« paroisse dudit lieu, tant en blez lyez et desliez. » 
(Reg. du C. de Poitou, 1416, Du Gange, II, 461, 

COl.^1.)] (n. E.) 

Desmers, .s. m. plur. Ceux qui payent les 
dîmes. (Du Gange, au mot Deciniarii .) 

Desmesurals, «r/J. Démesuré. (Voy. Desmesure.) 
« In circufficisione Domini, sepias et rofolios et jus- 
« tas desmesurals de vino puro. » Dans une 
citation au Gloss. latin de Du Gange, au mot Sepia; 
le mol jiistas (3) signifie mesure de liquide. 

Desmesui'ance, s. f. Excès, folie. « Nule des- 
« mensnrance, dans S. Bernard, répond au latin 
niltil irnmoderatum. 

Se vos estes vaillans, et do haute puissance, 
Onques, par ce, n'aiez les povres en viltance. 
Ne ja, por ce, ne faites foie de.smesnra»ce. 

Doclr. MS. do s. G. fol. lui, R- col. 2. 

variantes : 
Desmesurance. 
Desmensurance. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 1GG. 

Desmesiire, s. f. Excès *. Dérangement ^. 
* Au premier sens (4) : 

Moult est larges li eschançons 

Oui lor livre à la grant mesure, 

Que l'en apele desmesure. (F. R. ti" 7Glû, f» 188.} 

^ Ce mot desmesure, pris pour « dérangement, » 
s'est employé en parlant d'une horloge : 

Et pour ce qu'elle iroit sans ordenanCe, 

Et trop astievemenl, et sans mesure, 

S'elle n'avoit qui de sa desmesure 

Le destournast, et le ramesurast. (Froiss. p. 55.) 

VARIANTES : 
DESMESURE. Fabl. MSS. du R. n» TOLÎ, t. I, fol. 118, R». 
Desmeseure. Fabl. MSS. du R. n» 7218, f« 320, R" col. 1. 

Desmosnreimont , adv. Démesurément. Ce 
mol, dans S. Bernard, Serm. fr. mss. p. 96, répond 
au latin immoderatè. 

Desmésurémcnt, adv. Démesurément, avec 
excès. (Colgr. et Oudin.) 

Desniesurer, v. Sortir de mesure. Au figuré, 
sortir de sa place. 

Ne li corbeaux ne veut pas ressembler 

Au coulom blanc, mieulx gardassent leur loy 

Que les homs qu'on voit desmesurer (5) ; 

A grant peine congnoist on qui est roy. (Deseli. 57./ 

Demesurcie, part, dans S. Bernard ; le latin est 
immoderatus. 

VARIANTES : 
DESMESURER. 
Demesurer. s. Bern. Serra, fr. MSS. p. 3C6. 



(1) Froissart dit aussi comme nos architectes (V, 349) : « Onques depuis on ne veït les murs ne le maconnement 
desmentir. » (N. E.) 

(2) C'est alors le sens de la note précédente, (n. e.) 

(3) Justas signifie justes, et desnu;surals signifie mesure. (N. E.) 

(4) On lit dans Marie de France (I, 100) : « Kar bêle esteit à desmesure. » De même dans Partonopex, v. 551 : « Od ço ert 
beaus à desmesure. » (n. e.) 

(5) « Et vienent à la volte oscure Ou li frans hom se desmrsure. » (Partonopex, v. 5339.) (N. e.) 



DE 



132 



DE 



Desmettre, v. Expulser (1). 

Et vueilles de ton cuer desmettre 

Le mariage temporel, 

Et pense ù l'esperituel, 

En exuent de toy la cure. 

De cette séculière ordure. [F.. Dcsch. f. 5'i0.) 

CdiNJur.AisdN : 
Desmeits. Démets. (Villon, p. 22.) 
Desmeis. Tu chassiis. (F. du R. ir 7218, f' 138.) 
Dc'smesist, au prétérit. Démit. (R. de Drut, f" 14.) 
DesmeubWi. [Ditercalez fk'smeitblé, au reg. 
.JJ. 180, p. ir)3, an. l'iôO: « Le suppliant qui estoit 
« fort dcsmenblé à 1 édifice de sa maison , et 
« n'avoit de long temps gueres peu prouffiter en 
" son fait de marchandise... se trouva très povre et 
« indigent. »] (n. e.) 
Desmier, v. Dépouiller. 

Mors qui en toz leuz astes rentes,.... 
Qui les riches scez desmiei- (2). (F. R. n" 16i5,f. 102. J 

Desmiré. « Je m'enhardis, et grant vouloir creu- 
« lay, d'amours servir, de dames honorer, et moy 
« mesme en tous biens engendrer , par quoy 
« laydeur m'en list mais d'ennuyte ; quant ce 
u conseil m'eusl si fort asseuré, que je me say a 
« amours appuyer, il n'y eust plus en moy qui fust 
« desmiré. « (l'ercef. vol. 1, fol. 78.) 

Desmoelemaut, s. m. L'action de tirer la 
moelle. (Monet.) 

Desmoëler, v. Tirer la moelle. (Nicot et Mon.) 
On trouve se desmoëllcr, employé dans un sens 
figuré et obscène. (Oudin, Cur. fr.) 

V.\RIANTES : 
DESMOËLER. 
Desmoeller. Oudin, Cur. fr. 

Desmollir, v. Démolir, ruiner, abattre (Coq. 
page 80.) 

Lesquelz avoient jà tous les champs couvers 
De gens de guerre, et gros canons divers, 
Pour desmollir rampars, et boulevers. 
Par durs assaulz. fCoquill. p. 80.) 

Desmonter. [Intercalez Desmonter, dépouiller 
(Froiss. XII, 331>j": » Ils desmontoicnt tous ceulx 
« que ils rencontioient. "] (n. e.) 

Desmorcher, v. Nous ne \vou\ons, desmorcher 
que dans deux passages de Rabelais, grand forgeur 
de mots : « L'asne de même ouvroit la gueule horri- 
" blement, s'esmouchoit, (/esmc)»'c/iO?<,'s'escarmou- 
" choit, en façon espouvantable, comme s'il eust 
ung freslon au cul. » (.Rabelais, t. V, p. 188.) On 
trouve dans le tome III, p. 144, le participe desmor- 
ché pour épithète d'un mot obscène. 

Desmorir, v. Mourir. Dans la « Dispute du 
Juif et du Chrétien, » le Juif dit de J. G. f" 109 : 

Encore a contre toi plus grieve question 
Qui diz qu'il desmorusl puis s'incarnacion. 

Desmouvement. [Intercalez Desmoiivement 
(F'roiss. X, 157): « Nous neveismes de certain nul 
" apparant de desmouvevient. »] (n. e.) 



Desmouvoir. [Intercalez Desmouvoir, apaiser 
une émeute: « Le suppliant et autres dessus 
« nommez, ijui virent et oirent la dite noise, se 
« avancèrent pour la desinouvoir seulement. » 
(JJ. 15r>, p. 210, an. I '(00.) De morne au reg. JJ.165, 
p. 73, an. 1410: « Lesquelx furent desmeuz et 
« dessemblez par les conipaignons à ce pré- 
« sens. »] (n. e.) " 

Desmuer, [intercalez se desmuer, se mettre en 
mouvement : « Les messes dites, on sonna secon- 
« dément les trompetes; adont se desmiierent 
<■ toutes gens. » (Froiss. II, 107.)] (.n. e.) 

Desmunir, v. Démunir. (Fabl. .mss. du Roi, 
n" 7218, fol. 255. ^ 

Ausqu'uns ont eu en penssé. 

Selon lor dit, de nous bien fere, 

Que nous n'en poion retrere. 

Quant du doner lor souvenoit, 

Perece en tel point les menoit. 

Que la promesse ne regardoient, 

Et en perecant la gardoient, 

Que le don estoit avorté 

Àusi comme perece amorte 

Si quel les a trop miex honis. 

Que el n'a nous, bien demonis. 

Qu'el lor a tolu, ce me sainble, 

L'onor du monde, et Dieu ensamble. /'F. 7-2i8,f. 255.) 

variantes : 
DESMUNIR. Cotgrave, Monet, Oudin. 
Demonir. Fabl. MSS. du R. n» 7-218, f» 255, V» col. 2. 

Desmurer. [Intercalez Desmitrer, tirer de 
prison : « Comme Jehanne femme de Philippot de 
« Culan, pour son petit gouveinement et impudi- 
« cité, fu emmurée jusqu'à ce que du consente- 
« ment d'icellui Philippot, elle fu desmiirée et 
« baillée à ses amis. » (JJ. 176, pièce 334, an. 
1444.) (n. e.) 

Desnanti, adj. Dénué, dépouillé, le contraire 
de « nanti. » «...Haa, amours comme tu me servis, 
« à gré quant par toy me sentis en tel estât : certes 
« je'me trouve par toy maintenant très mesaise, 
" quant de si hault honneur je nie trouve des- 
« nanti. « (Percef. vol. III, fol. 37.) 

Desnater, v. Dénatter, oler la natte de dessus 
un mur. (Oudin.) 

Dosnaturé, adj. Qui a changé de nature. Au 
propre, on disoit que : >• Keux dont la mère avoit 
« nourri le roy Artus de son lait, qu'il esloiidesna- 
■' taré de sa "nature pour la sienne, pour celle 
« d'Artus qui avoit pris le bon lait, et ne lui avoit 
" laissé que le mauvais. " (Triomphe des IX Preux, 
p. 394.) Au figuré : un chevalier indigne de ce litre 
est nommé « recréant chevalier et desnaturé » 
(Perceforest, vol. V, fol. 54). On lit plus bas « défail- 
le tant à nature, » et plus bas desnaturé. 

On le présume mort au monde. 

On le tient pour desnaturé. (Coquilt. p. S7.) 

Desnaturel, adj. Qui est contre nature. « ^'y 
« a-t-il chose si estrange, et si denalurel à l'opi- 
« nion de plusieurs, qui ne soit approuvée et 



(1) Il paraît signifier fondre dans Roland : « Issi est neirs come peis ki est démise (v. 1685). (n. e.) 
(2> Lisez Desnuer. (n. e.) 



DE 



- 133 - 



DE 



« aullioriséeen plusieurs lieux par usage commun. " 
(Sag. de Charron, p. 254.) (I) 

Geste fantaisie noavelle 

Me faisoit songer en veillant. 

Qui est chose desnaturelle. [Poës. d'Al. Charl. p. 754.,' 

Amour paternelle 

Est tant solennelle, 

Vertu supernelle. 

Juste, et naturelle, 

Qui que le dépeinte, 

Ou desiiatui-ellc. 

Par quelque cautelle 

Oui soit telle ou quelle. 

De glaive mortelle 

Doilit sentir la pointe. [MoUncl, p. JSS.J 

VARIANTES : 
DESNATUREL. Hist. de la Tois. d'Or, vol. II, fol. 132. 
Dex.^turel. Sagesse de Charron, p. 25i;. 

Dçsnaturer, v. Ghan.t!:er la nature. (Molinet, 
page J38.) 

Le pas cruel qui vivans desnature 
L'a prins, ravy, et saisy en ses lacz 
Il est donc mort ? (Crétin, p. 39.) 

On disoil aussi en ce sens, se destiaturer, changer 
de nature (2). 

Bien si honnist li cuers, et desnature. 
Qui vers amour du tout ne s'umilie. (P. Vat.n" 1400, f. 9-i.J 
VARIANTES : 
DESNATURELLER. Molinet, p. 138. 
Desnatuher. Fabl. MSS. do S. G. fol. 70, R" col. I. 

Desnicher, v. Dénicher, faire sortir. ;Oudin, 
Curiosités fr.) 

Desnoquer. [Intercalez Desnoqiier, lâcher la 
noix d'une arbalète: « Ainsi que ledit Eslie eust 
« desnoqué son arbaleste, sa vire encontra ledit 
« de la Chapelle et lui entra ou corps. » (JJ. 118, 
p. 331, an. 1330.)] (n. e.) 

Desnouable, adj. Dissoluhle. 

Et plus prins de griefs servaige, 

Par le lien de mariaige. 

Non desnouable, et plus eslraint. 

Oui toute franchise restraint 

Et n'en puet nulz desnouer. (E. Desch. f. 495.J 

Desiioué, adj. Libre de ses membres. (Oudin.) 
Desnoiier, v. Dénouer (3). Au propre, on adit en 
parlant du nœud gordien : « Plusieurs leregardoienl 
» de si, ou de non le povoir desneuer. « (triom|)he 
des IX Preux, p. 120.) Au figuré, on a dit se des- 
» nouer, pour ■■ devenir dispos, » se rendre propre 
aux exercices. (Oudin, Cur. fr.) 

vARiANTi;s [A) : 
DESNOUER. Oudin, Dict. 

Desneuer. Tri. des IX Preux, p. 120, col. 1 et 2. 
Des.moier. Modus et Racio, MS. fol. 165, V". 

Desniié, adj. Dénué *. Dépouillé ^. 

* Pour « dénué, dépourvu : » » Us avuient 

« trouvé le trésor tout desnué. » (Chroniques de 
S. Denis, t. II, fol. 147.) 



^ Pour « dépouillé, » on lit : « Desnue^i de leurs 
« veslements » dans la Chronique fr. ms. deNangis, 
sous Tan 1312. « Les corps du connestabie, du clian- 
" cellier, et de Remounel de la Guerre furent tous 
« dcsniiez-.Wez ensemble d'une corde par trois jours, 
« et la les Irainoient de place en place les mauvais 
« enfans de Paris. « (Monstr. vol. I, f" 2G5, V°.) 

Desniieler, v. Mettre eu pièces. Peut-être ôter 
r('mail, qu'on a dit nielle. Il parolt que [c'est le 
sens de ce mot en ce passage : 

Mesire .lehans de Niiele 

Maint hiaume a or i dcsnùclc : 

S'il lu grans, teus cos i i'eri 

Qu'on a si fait cors a feri. (.Mouskes, p. 5S6.) 

Desnueuient, s. vu. Dépouillement, privation. 
« Elles avoient donnez leurs joyaux, et leurs habits 
« de si granl cueur aux chevaliers qu'elles ne se 
« appercevoient de leurs dcstincment, et desveste- 
" ment. •• (Percef. vol. I, fol. I.'iS.) 

Desnuer, v. Dépouiller *. Priver ^. 

* Au propre, ce mot est employé dans ces ver 

....Pendant par terre les ruent. 

Puis les ocient, et desiutent. jGuiart, f. Q9?.J 

De là « desiiuer son clief, » se découvrir la fête, 
ôter son heaume. (Perceforest, vol. VI, fol. 104.) 

^ On trouve ce verbe, au figuré, pour « priver, » 
dans les Poës. mss. d'Eust. Desch. fol. 181 : 

L'en ne vous puet de beauté desnuer. 

Desmiier, v. Peut-être dénouer, pour dévider. 
Nous ignorons la signification de ce mot en ce pas- 
sage, le seul où nous l'ayons trouvé : 

.Fescommeni, quar Dieu ânuie. 

Chevalier qui à four s'apuie, 

Et bouchier qui vent porc pour truie, 

Et homme qui fili' desnaic 

El dame qui bien ne s'essuie. (F. H. n" 7-318, f. 104.) 

Desobeissemmant, ndv. D'une façon déso- 
béissante. (Monet et Oudin.) 

Desohïigé, /lart. Qui est quitte d'une obliga- 
tiçn. " Or sommes nous désobligées, car nous vous 
« estions tenues pour luy que à cette fois il auroif. 
« dame choysie, et vous veez que ce n'est de celles 
« aucunes. » (Petit .1. de Saintré, p. 99.) 

Desogler, v. Déconcerter. Peut-être faute pour 
Désjogi.er ci-dessus. (Glossaire du Père Martène.) 
" Se tindrent mult à entrepris et desoijlés. » (Cont. 
de G. de Tyr, Martène, t. V, col. 730.) 

Desoivre, s. m. Séparation, bornes. « Anciens 
« escrils contenants le desoivre de l'Empire contn^ 
.. France. « (N. Coul. gén. t. II, p. 143.) 

Desolable, udj. Déplorable. « Plusieurs autres 
« lamentations desolnbles feil le pauvre chevalier. » 
(J. d'Auth. Ann. de Louis XII, p. 33.) 



(1) Dans Berte(82),il signifie mise hors de soi : « De la joie qu'ele ot fu si desnaturve.» Dans le lai de Mélion, c'est changé 
de nature : « Cis leus est tous desnaliirés. » (n. e.) 

(2) On lit aussi dans Merlin (fol. 67, verso) : « Vos me dites que je soivre mon enfant et desnature et face norrir del lait 
d'autre famé. » (n. e.) 

(3) Il signifie encore luxer :« IcolUii François... recouvra un autre cop sur l'espaulc d'icellui exposant, dont il lui 
desnoua le bras. » (JJ. 129, p. 186. an. 1386.) (n. e.) 

(4) Froissart donne desnonler (XI, "X), variante) : « Le conte desnoulla son juppon. » (N. E.) 



DE 



— 134 — 



DE 



Dosolateiir, s. ni. Qui dosole, qui riivage, qui 
détruit. Oudiii.) 

Desolf';, adj. Abandonné. Comme si l"on disoit 
déseulé, resli' seul. « Désolée de son seis'iieur, " (jui 
a perdu son mari, " veuve. » On lit dans la réponse 
du roy d'Angleterre aux reproches du duc d'Or- 
léans, en "l'iO'i : -< Quant à ce que vous nous escri- 
« vez par vostre demande, i|ue vostre dicte très 
« honorée dame et niepce avoit à se plaindre de 
" nostic riiiucur, cl de noslre cruauté, por ce 
« qu'elle estoit venue de son pays desniée de .son 
" seii;neur(|u'ellea perdu, desevréede son douaire, 
- (|ue vous dictes que nous détenons. » (Monstrel. 
vol. 1, M. \1. 

Desoléeinont, adv. D'une façon inconsolable, 
{liobert Estieiine.) 

Desolemaiit, s. m. Désolation, ravage. (Mon.) 

Désoler, v. (le mot subsiste. Nous remarque- 
rons seulement ici qu'il étoil à la mode et qu'on 
l'emplovoit jiartout en 1672. (Voyez les Choix des 
Merc. t."l, p. l'.>i.) 

Desolev, jiart. Désolé, dépeuplé. (Ordonn. des 
H. de Fr. t.' 111.) 

Desolutioii, s. /'. Dissolution. « Le mary est 
« seul {)roprietaire du ficf par luy acquis durant sa 
<■ conjonction, encore que la femme y soit adhé- 
« ritéè avec luy ; mais à la desolution'ùa mariage 
« la dite femme, ou ses héritiers doivent eslre 
« restituez de la moitié du prix déboursé pour 
« l'achapl du dit fief. » (Coût, de Lessines, au .Nouv. 
Coût. gén. t. II, p. 21G.) 

Desoncques que puis, adv. Depuis que, 
dès que. 

Drf^oDripiea que vous puis osastes, 

Koy, ne amour, ne nous portastes. (R. de Brut, f. 4H.j 

Desoner. [Intercalez Z)fS0K(??', en VAWwassonere 
(B. N. Gloss. lat. 769-2).] (n. k.) 

Desonqes dusques en chi, adv. Depuis le 
temps passé jusqu'à présent. 

Mais tout li mal k'ai senti 
Desonqes dusques en chi. 
Furent douçours à la dolour que j'ai. {V. Y. l'iOO, f. Sd.J 

Desoi", adv. Doresnavant. Sur ces diverses com- 
binaisons des mots des, 7nais, etc., dont s'est enfin 
formée celle de notre mot doresnavant, \\.\ seule qui 
ait prévalu, il suffit des autorités que nous avons 
citées sur chacune d'elles. 

VARIANTES : 
DESOR. Borel, Bict. 
Desores. Ordonn. t. I, p. 389. 
Dore. Ord. t. II. p. 193. 

Desoremes. Rymer, t. I, p. 13, col. 2, tit. de 1250. 
Desormes. Ord. t. I, p. 103, col. 2. 
DoRESMAis Ord. t. II, p. 193. 
Deshoresmais. Ord. t. II, p. 49.' 



Desoremes. Beauraan. p. 2. 

De.soresme.* en- avant. Ord. de Bret. fol. 214, V'\ 

Dësloresmais en avant. Chr. de Nangis, sous l'an 1299. 

Demesorenavant. Ord. de Dret. fol. 201, V». 

Desores en avant, l'oës. mss. av. 13»), t. II, p. 907. 

Desere en avant. Poës. MSS. av. 1300. t. II, p. 907. 

Desmes en avant. Du Gange, Gl. lat. au mot Fcstagium. 

Desorendret. Duchesne, Gén. de Montmorency, p. 386. 

Desorendkoit. Ord. t. I, p. 347. 

Desoresendroit. Ord. t. I, p 389. 

Desorsendroit. Ord. t. I. p. o3i. 

Desorenavant. Perard, Hist. de Bourg, p. 466, tit. 1236. 

Dksoresenavant. La Thaum. Coût. d'Orl. p. 465, tit. 1147. 

DORESENAVANT. Id. p. 466, tit. de 1180, passim. 

Doresnavant. Hist. de Meaux, par Duplessis, t. Il, p. 154. 

Desordenance , s. (. Désordre, confusion. 
« Herlran courut sus si vigoureusement que tau- 
'< tost les mist en désordonnanee. » (Triomphe des 
IX Preux, p. 516.) 

VARIANTES : 
DESORDE.VANCE. Hist. des Trois Maries, MS. p. 383 (1). 
Desordonnance. Petit .1. de Saintré, p. 466. 

Desordenement , s. m. L'action d'oter les 
ordures. En latin exordinaliones , dans la Règle de 
de S. Benoit, lat. et fr. ms. de Beauv. cb. 65. 

Desordener, v. Priver des ordres sacrés (2). 

Puis i vint uns, cardenaus Otlie 
Ki vot les clers desprovender. 
Et les auquans desordener (3). (Moii.sJi. p. 185.) 

Desoi'dei'ie, s. f. Désordre. 

Mon cuer triste, penssis, me semont que je die 

Du clergié que je voi, qui laidement folie ; 

Plus que la laie gent sont plain de deruerie, 

Et mal desordrerie, et usent d'orde vie. //•'. R. 7318, f" 953.J 

Desoi'dir, v. Désourdii'. (Monet.) 

Desordissemcnt, s. ?h. L'aclion dedésourdir. 
(Monet.) 

Désordonné , adj. Outré , extraordinaire. 
« Faveur désordonnée, ■■ faveur outrée. (Oud. t. II. 
p. 523.) « Nature desordonnée, » pouvoir extraor- 
dinaire. « Si je trouvoye aucun médecin qui, par 
« sa desordonnée nature, me sceut conseiller, je le 
« croyroye : car je ne puis longuement vivre en tel 
« estât, sans cheoir en désespoir qui se veult amas- 
« ser en moy : et qu'il soit vray, je me commence 
<< à enhayr. » (Percef. vol. V, foi. 41.) 

Desordonnément, adv. En désordre. « Com- 
« battre desordonnément, « combattre en désordre. 
(Le Joiiv. .MS. p. .562.) 

Desordonner, v. Quitter ses rangs. [Rap- 
prochez celle forme de desordener.] « Quant gens 
« approuchent de leur retrait, ilz se desordonnent 
« tousjours, et est impossible qu'on les puisse 
» tenir. » (Le Jouv. ms. p. 202.) 

Desorgucillir, v. Abaisser, humilier. 

Mais du gran Dieu le foudre rigoreux 
Desorijueillii la bande porphyreuse, 
En cendroiant en la poudre phlegreuse. (L. le Caron. f. Qi.J 



(1) Le mot est dans Froissart (VI, 56) : « Entre les aultres desordonances et villains fais il tuèrent un chevalier et boutèrent 
en un hastier. » (n. e.) 

(2) .\u XI" siècle, le sacre de Reims faisait du roi comme un prêtre ; de là dans Roland (v. 3408) : « [Vous avez] règnes 
conquis et desordenet reis. » (N. E.) 

(3) (^e sens est dans Th. de Cantorbery (26) : « Que se nul ordenez fut pris a mesprison , Cumme de larrecin u murdre u 
traisun, Dune fut desordenez par itele raisun, E puis livré à mort e à desfactiun. » (n. e.) 



DE 



— 135 - 



DE 



Desostagei*, v. Occupsr un pays. Ce mot s"est 
dit en parlant d'une armée. 

Un poi après, a tiranz conpaignes, 

Selonc le vueil des chavetaingnes, 

Rengiez bel. et serréement, 

Vont 11 autre ordenéement, 

La Cliampaingne desoslaijent. (Gtiiarl, f. •^81.} 

De-sos-venu, part. Qui a perdu le souvenir.il 
semble qu'il faut lire desosvenu en un seul mot. 
(Voyez Dessouvesir.) 

Certes bien estes enivrez, 

Fait sa feme, chatis adroit 

Qui me demandiez or endroit. 

Que mes bacons est devenus (1) : 

Molt est or desosvenu, 

Ne fu mes hom eu si peu d'eure. (F. S. G. f. 53.) 

Desotroiei",ii. Nier. Le contraire « d'octroyer. » 
Assises de Jérus. p. 7C.) On lit : >• Qui que le dcso- 
" troic, » pour •> qui que ce soit qui le nie, » dans 
G. Cuiart, fol. 7. 

Desoubiter , v. Dépiter. « Faire dcsoubitcr 
« quelqu'un, » dans le patois picard, signilie metlre 
quelqu'un en colère à force de lui dire des injures. 
Ils disent aussi soubiter dans le même sens. (Du 
Cange, Gl. lat. au mot Iksubitare.) 

Desoubliance, .s. /'. Avilissement. « S'en aller 
« en desoubliance, » éti'e oublié, compté pour rien, 
avili. <• Quant ceux du siège sceurent ces nouvelles, 
« ils se meirent en fuitte ; et ainsi fut levé le dit 
« siège, ouquel estoienl le sire d'Escalles, et le sire 
« de'Wilby et aultres Angiois, qui s'en allèrent en 
« grant desoubliance. « (Alain Charlier, Histoire de 
Charles Vil, p. 88.) 

Desoublier, v. Oublier. (Percef. vol. 11, f° 1 '<,5.) 

Desoiiccr. [Inlerealez Desoucer, et voyez 
Desiiouseu.] (n. e.) 

Desouillei', v. Nettoyer, ôter la souillure. 
(Poës. de Loys le Caron, fol. 41.) 

Desous. [Intercalez Desous, dans l'expression 
mettre au desous, souniei[re: » Il veoit bien que 
« par lui, ne par le poissance de son royaulme il 
» poroit ù mesaise mettre au dessous le grant 
« royaulme de France. » (Froiss. 11, 322.)] (n."e.) 

Desoussier (se), v. Se soucier*. Avoir du 
souci, de l'inquiétude ^. 

* Au premier sens, pour s'embarrasser, se sou- 
cier, prendre soin. 

Il ne fault questre joyeux, 

Sanz estre merencolieux, 

Bien vestir, et nettement pestre, 

Et que vous aiez plaisant estre, 

Sans vous desoussier de rien. (E. Descli. f. A-211 .] 

^ On trouve aussi se dessoussier, pour avoir du 
souci, des inquiétudes, dans Froiss. Poës. mss. p. 1 1 . 
variantes : 
DESOUSSIER (SE). Poës. MSS. d'Eust. Desch. 1» 427. 
Dessoussier. Froiss. l'oës. MSS. p. 11, col. 1. 



Desoustraiu. [Intercalez Desouslrain , bas, 
dans Froissart, VI, 58: « 11 boutèrent le feu en le 
« desoHstraine ville. »] (n. e.) 

Desoiivi'er,v. Ouvrer, travailler. Ce verbe est en 
ce sens dans lepassagesuivantoûil s'agit de J.-Ch.: 

Du pooir Faraon est ses peuples gitez, 
Jlort vainqui en la croiz, Faraon en Egypte, 
Et ramena à soy son peuple trestot quite ; 
mesure, et o sens a issi desnuvré. 
Se il perdi avant, or a tout recouvré. 

Dispute du Juif et du Cliret. .MS. de S. G. fol. \(l'.<, V col. 1. 

Desoyvi'e. [Intercalez Desoyvre , bornage, 
synonyme de eerkemenuge, chierlieminage: « Nous 
« sommes tenus... de faire le desoyvre, cerkeme- 
« nage, u basnage dessusdit. » (JJ. 56, p. 507, 
an. 1318.) On lit aussi dessoivre au Cartulaire de 
S' Pierre de Lille, folio 174, v": « Pour faire cel 
« meisme dessoivre, en l'an 1285, ou diemenclie 
» après le Toussains. »] (n. e.) 

Despaché, part. Rendu. « Sire, ta grâce, et ta 
« miséricorde sont alez devant moy, délivrant moy, 
« de touz maulz, rompant les laz despachez devant 
« moy, estant les occasions des causes, car se tu ne 
" eusses ce fait, je eusse fait tous les péchiez du 
" monde. » (Chasse de Gaston Phébus, ms. p. iOO.) 

Despaier, v. Payer. (Corel.) 

Despaindre, v. Arracher, tirer dehors. L'aigle 
harangue les vieux oiseaux dont il veut devenir lami. 

Desor les veult amer, et craindre, 

Com ses amis especiaulx ; 

Lors, dit l'un, il vous fault despaindre 

De vostre cuer, et tout estaindre 

L'ennortement des cuideriaulx. (E. Desch. /'. 310. J 

VARIANTES : 
DESPAINDRE. E. Desch. Poës. MSS. fol. 319, col. 3. 
Despoindre. Ph. Mouskes, MS. p. 101. 

Despairei* (se), v. Se séparer, s'éloigner. 

....Cil n'aime tant, ne qant, 

Qi qiert ocoison por qoi 

De sa dame se despaire. (P. V. n« 1^00, f. 101. J 

(Voyez Depairer ci-dessus.) 

Despaïsé. adj. Qui est hors le pays. (Glossaire 
sur les Coutumes de Beauvoisis ; Ordonnances des 
Rois de France, t. 1, p. 42 et la noie, et Douteiller, 
Somme rurale, p. 512), oij l'éditeur cite un vieil 
praticien qui use, dit-il, de ce mot au lieu de celui 
de « expatrié, » pour absent. 

VARIANTES ; 
despaïsé. Laurière, Gloss. du Dr. fr. 
Despaïsié. Du Cange, Gl. lat. au mot Furispalrialus (2). 

Despaïsenient, s. m. L'action de dépayser. 
(Oudin et Cotgrave.) 

VARIANTES : 
DESPAISEMENT. Oudin, Cotgrave. 
Dépaysement. Pasquier, Recb. p. 334. 

Despaïser, v. Dépayser (3). (Oudin.) On a dit se 
despaijser pour « se rendre expert. >■ (Oud. Cur. fr.) 



(1) Nous sommes dans le fabliau intitulé le iloine sacristain, (n. e.) 

(2) (1 Je ne di mi ke li despaisié ont leur aage soient restabli eu toutes causes. » (P. de Fontaines, XVII, 1.) (n. e.) 

(3) On sait que les bourgeois du roi devaient séjourner dans leur ville de la Toussaint à lu Saint-Jean et assister aux 
fêtes annuelles ; de là le chap. de P. de Fontaines (XVII) : « Cil ki sunt despaisiés, ki sunt restablis , U sunt restabïis en 
quatre coses. » (N. E.) 



DE 



— 13G 



DE 



Despaiser, v. Aflliger (I). 

Roy orgueilleus qui des siens convoita 

L'or et l'argent, clont leurs cuers trop dcspavie 

Par ce, perdit cité, gent, et fina. ;E. Dcsch. f. i07.) 

Despaisié, adj. Aflligé. 

Or escoulez une aventure 

Qui à' la Vierge fu moult dure. 

Et de qnoy fû moult (Icxpaisié 

Maiz assez tost fu rapaisé. (Trois Maries,)). 105.1 

Dolans sera, et di-spaissiés 

Au retourner, mais rapasiés 

Sera de Dieu, com vous diray 

Y cy après, et descripray. ^Ibid. p. C4.) 

VAHIANTES : 
DESPAISIÉ. Hisl. des Trois Maries, en vers MSS. p. 105. 
Dëspaissié. Ibid. p. Gi. 

Despaissier. [Inlercilez Despaissier, se ré- 
galei- (IToiss. XllI, "278) : « Le roi en gaba son oncle 
« de Berrv el lui disl : l'ngoulre que vous despaisse 
« de la femuio que vous cnidiés avoir. » Despassicr 
est à despaislre ce que renassier est à reuaistie. 
Bucliou Iraveslil ainsi ce passage: « Un autre vous 
« dépasse de la feinnic. >■] i>. e.) 

Despampei', v. Epamprer, ôter les pampres, 
etïeuiller une vigne. (Colgrave et Oudin.) 

Despaiié. [Inlei'caloz r)csija7ié, eixoyez Depané. 
Aujourd'hui nous dirions dépenaillé.] (n. e.) 

Desparagei", v. Mésallier, marier une fille 
nobleà uiihomme d'une condition intérieure. (Laur. 
Glossaire du Dr. fr. ; Dict de Cotgrave el d'Oudin.) 
« Et se les l'reres les poent marier soi de moebie sans 
« terre, ou avec terre, ou de terre sans moebie, 
« à hommes idoines sans ilesjxiragier, ce leur 
« doibtsuftire. >■ i Ane. Coût, de Normandie, 1° 44.) (2) 
On lit dans le latin sine (lesparalione, que 13u Gange 
corrige disparagatione, c'est-à-dire « sans mésal- 
liance. « (Voyez aussi le (ilossaire sur les Coût, de 
Beauvoisis et Uisparagacion ci-après.) 

VAniANTES : 
DESPARAGER. Ane. Coût, de Norm. fol. 44, R». 
Dep.\r.\iger. Du Cange, Gloss. latin, au mot Dispuru<jurc. 
De.9P.\bagier. Du Gange, Gl. lat. ubi suprà. 
DESP.iRi-\GER. Assises de Jérus. p. 135. 

Despareil, «(//. Qui n'est pas pareil. « Ces deux 
« choses sont despareilles (3). » (Chron. S. Denis, 
l. III, fol. 13.) 

Oïr pores une miervelle 

D'autres non pers, et ilesparelle. (Mausl;. p. 663.) 

Et se ne fust le très doulz espérer 

Que j'ay en vous, je ne pusse durer. 

Car ma langour est sur tous despareillc. (Descli. f. 727.J 



On disoit : 

« Faire despareil, •■ pour désunir, brouiller. 
« Les traistres furent en esueil : Nabon et Melean 
« eurent peteil ; Comment au rov le feront dispa- 
« rcil. .. (Percef. vol. V, fol. 111, R° col. 2.) 

VARIANTES (4) : 

DESPAREIL. Gloss. de Labbe, p. 507. 

Desparel. Ph. Mouskes, MS. p. 663. 

Dispareil. Ess. de .Mont. t. II, p. 712. 
Despareillé, adj. Qui a perdu son pareil. Ou 
disoit en ce sens : •< Despareillé de sa première 
» femme, « qui a perdu sa première femme. « S'il 
« avoit fils du mariage précédent, despareillé de sa 
« première femme, il ne pourra allieuer ses dits 
" liefs p.ntrimoniaux. « (Coût, de Hainaut, au iNouv. 
Coût. gén. t. Il, p. V2\.) 

VARIANTES : 
DESPAREILLÉ. N. Coût. gén. t. II, p. 121. 
DiiPAREiLLÉ. Ibid. p. 212. 

Dospareiller, v. Dépareiller. On voit dispari- 
liare, dans le même sens au Gl. lat. de Du Gange. 

VARIANTES : 
DESPAREIl.LER. 
DESP.A.mER. Oudin, Dict. 

Desparer. [iniercalez Desparer: 1° Déparer, 
dans Th. de Gantorbéry (36): « Metez jus vostre 
« cruiz, faites vus desparer. » 2° Dégrader, endom- 
mager : « Quant il eut fait reparer che qui desparel 
" estoil. » (Froiss. IV, 16.)] (n. e.) 

Desparny, adj. Dégarni, dépourvu. 

A Faifeu fist quelque fois ung faulx tour, 

Lequel pensa ce jour avoir retour, 

Car à l'heure qu'il foisoient la harangue, 

Fayfeu entra, non desparny de langue. (Faifeit, p. UU.) 

Desparoitre, îi.Disparoilre. Desparureiil, pour 
dispartirent, dans ies Tr. de la Noble Dame, f° 334. 

Despai'queur, s. ?h. Qui déparque, qui débu- 
che une bêle, en termes de chasse. 

Et se monstrera despanjueur 

Des fieres bestes estrangieres. (Creliii, p. iSO.J 

Desparsenient, adv. Voici le passage où nous 
lisons ce mot dont le sens n'est pas déterminé. 11 
peut signifier « diversement » ou « extraordi- 
nairement » : 

Li soudans ot la grant merveille 

A qui nature pensse et veiUe 

Mist ses trésors si abandon. 

Et toz ses biens si à foison. 

Que ne sai de nul bien parler 

Que l'en ne puisse en lui trover. 

Riches hom est desparsemenl (5), 

Nus hom n'a si grant chasement. (P. de Bl. f" 16 i.) 



(1) Il signifie aussi fou furieux : « Icelle suppliant affoiblie de teste et devenue par heures aussi comme folieuse,.,. 
traversoit jour et nuit par champs, par boys et par ville comme furieuse et femme despaisiée. » (JJ. 107, p. 377, an. 1375.) 
Dans Cleomadès on lit : « Moult durement fu depaisiê le roi Carmans et courechié. » (N. E.) 

(2) On y lit encore (II, 879, col. 1) : « Guillaume Noël tient du roy son marchié et ses frères, en telle manière que le roy 
puet marier sa première fille sans la desparayer. » Louis XIV maria souvent à son gré les filles de ses gentilhommes. (Voir 
S' Simon.) — Dans Parlon., il signifie déprécier (v. 26) : « Mais ele en fait si grant marchié que tôt l'en a desparatjié. » (N. E.) 

(3) « Le suppliant rompy ledit petit cofîre, où il trouva... un esperon à despareil, i (JJ. 138, p. 133, an. 1389.) (n. e.) 

(4) Le mot est aussi dans la Rose, v. 8703 : « Et cil qui font les mariages Si ont trop merveilleus usages Et coustume 
si despareille. » (N. E.) 

(5) Dans Froiss., despercement (II, 144) et despersement (II, 119) signifient vivement : « Enssi chevauchoient despercement 
— traioient despersement. » Ces formes viennent d'un adjectif despert, dont M. Scheler discute l'étymologie dans Jean de 
Condé (I, 395). Voyez espert, esparsement. En liégeois, dispierter (,Iean d'Outremeuse, desperter) signifie éveiller, (n. e.) 



li 



DE 



137 — 



DE 



Despai'tisé, adj. Nous ignorons le sens de ce 
mot que nous n'avons trouve que dans le passage 
suivant, où il s'agit de l'entrée du Régent h Paris, 
en 1424 : « Ainsi vint dedens Paris bien aconvoyé 
" des processions, et de ceulx de la ville, et partout 
« où il passoit, on crioit haultement Xouel. Quant 
« il vint au coing de la rue aux Lombars, là joua 
« un homme f/fsyja7'f?S(?'(l)leplushabilementqueon 
« avoit oncques veu. » (Journ. de Paris, sousCharl. 
VI et Vit, p. 101.) 

Despasser. [Intercalez Despasser, négliger: 
" Car ceulx là en nulle manière il ne voulsist 
" despassier ne courrouchier. » {Froissart, XVI, 

35.)] (N. E.) 

Despaiiler, v. Oter l'épaule, expatulari. » Des- 
« pauler c'est hosler l'espaule. ■• (Glossaire lat.-fr. 
de S. (ierm.cité par Du Cange, au mol Expatulari.) 

Despechier. [Intercalez Despechier, débar- 
rasser, fait sur pedica, piège, et non sur pièce: 
« Un d'iceulz chevaux par les mouches ou autre- 
« ment s'empescha ou entraitta en ses traits;... et 
« incontinent que ledit exposant ot despechié et 
« destraitlié ledit cheval. « (JJ. 1"27, page 9! , 
an. 1385. 1] (N. E.) 

Despecia. Ce mot me pareil avoir été mal lu ; 
ce devroit être despens dans une ancienne Ordonn. 
« Pour ce que toutes lettres que les notoires font, 
o ou seignent, ne passent pas toutes au scel, nosire 
« chancelier, sera tenu a faire escrire la cause au 
» blanc, ou au dos de la lettre, pourquoy il ne la 
« scellera, et la rendra sans despecia à celuy qui 
<< recevra l'esmolumenl des dites lettres. >' (Ordon. 
des R. de Fi. t. I, p. 73G, art. 6.) 

Despeitaule, adj. Méprisable. (Voyez Despit et 
Desi'iter ci-après. — S. Bern. Serm. fr. mss. p. 191), 
dans le latin defficiabilis pour despicatus.) 

Despencer, v. Défrayer. « Je te donneray assez 
" de chevaulx, et d'arnies. et te feray conduire 
" et despencer jusques là où lu vouldras aller. » 
(Lancel. du Lac, t. I, folio 3.) 

Despeiîdance, s. f. Penchant, en latin decli- 
vitas, dans le Gloss. du P. Labbe. p. 497. 

Despendaus , adj. Oui a de grandes dépen- 
dances. 

A un chastel est sejornans 

Qui niolt ei't bel, et despendaus, 

Ausiii corne seroit Provins. (Fabl. S. G. f" 5S.J 

Despendanz, part. Qui est dépensé. Participe 
du verbe dépendre, pris pour dépenser. Les mon- 
noies des prélats, barons, etc., n'auront cours que 
dans leurs terres, suivant une Ordonnance de 
1305 : " Que les monnoies de diz prelaz, barons, 
« nobles, ou églises, de quelle condition, ou estât 
« que il soient, ne soient prises, ne mises à nules 
« denrées, ne marchandises en nostre terre, fors 



>' que à billon, ou au change ; et toutes celles qui y 
« seront trouvées melanz, eldespendanz, puisceste 
« criée, seront fourfaites, et acquises à nous. ■> 
(Ord. des R. de Fr. t. I, p. 430.) 

Despendeux, adj. Dispendieux. (Dictionnaire 
de Cotgrave.) On trouve dispendiosus , dans le 
même sens, au Gl. lat. de Du Cange. 

VARIANTES : 
DESPENDEUX. Cotgrave. 
Despendif. Pasq. Rech. p. 320. 

Despendre, V. Venir, procéder*. Décrocher, 
détacher °. (Voy. d'autres acceptions sous Dépendre.) 
* Pour venir, procéder : 

Le grant seigneur, tout puissant souverain, 
Le très parfait qui toute chose lie, 
Qui tout créa, qui fist d'Adam Evain, 
Dont se despend toute humaine tignie. (Desc/i. f" 105.) 
(Voyez ibid. fol. 430, col. I.) 
"Despendre, pour « dépendre, détacher, » se 
trouve dans Percef. vol. Il, fol. 79, R° col. 1. 

Despendu, part. Dépensé. (Glossaire des Arrêts 
d'Amor. et Glossaire de Marot. — Vovez Ordonn. 
des H. de France, t. I. p. 8'i ; t. III, p. "26 ; Faifeu, 
p. 93 ; Cl. Marot, p. 425, etc., etc.) 

Despensable, adj. Qui se dispense, se distribue. 

Coulombier prés, et mainte terre arable, 

Granche, fontaine en viii lieux despensable. (Desch. f" Î5S.J 

Despensaire , s. m. Dispensaire. Terme de 
médecine. Nom qu'on donne aux recueils qui ont 
été faits par divers auteurs d'un grand nombre de 
remèdes composés. C'est la même chose « qu'anti- 
dotaire. » (Dict. de Cotgrave.) 

Despense. [Intercalez Despense , pir|uelte : 
« Depuis en rapportant le marc ou genne de leur 
» ditle vendenge... prindrent du vin qin s'en alloit 
« par dessus lesdites tynes.... pour mettre en leur 
« petit vin ou despense, que l'on a acoustumé faire 
« ou pais pour povres gens et laboureurs de 
" vignes. » (.IJ. 125, p. 2ir. an. 138i.) De même au 
reg. JJ. 189, p. 225, an. 1459: >• Le suppliant 
« requist à icellui Poncelel lui aidier à cueillir les 
« neffles, appellées au païs [Laonnois] mesles, pour 
» faire des despenses et beuvraiges pour le boire et 
« user de son mesnage. •>] (n. e'.) 

Despensiers, s. vi. p. Officiers de la dépense. 
Dans les Contredits de Songecreux, fol. 122, R°, ce 
mot est appliqué aux officiers chargés de la dépense 
de la cour (2). 

Desperacion, s. f. Maladie désespérée. « Dieu 
■' frappa le petit lils de David (et de Betsabée) de 

" desperacion, au 1' jour mourut l'enfant « 

(Tri. des I.\ Preux, p. 58, col. 2.) 

Desperaçje, adj. Qui est d'âge ditïérent. « Si 
« ascune dejuneage soit mariée à liel, ou ele est 
« desperage, elc. » (Britton, Loix d'Angl. fol. 169.— 
Voyez Desparagicr ci-dessus.) 



(1) C'est un composé de despeii, agile, (n. e.) 

(2) Dans un Gloss. latin de S' Germain, on lit : « Despenseur des choses de l'ostel, menag 
on lit : « Despensieis fu li Bourgoins .\uberi. » (.v. E.) 



S3US iconomiis. Dans Garin, 
18 



DE 



— 138 



DE 



Despei'clier, v. Oler les perches, ôler de des- 
sus les perches. (Dicl. de Colgrave et d'Oudin.) 

Desporoiiner, v. Oler les éperons. ;Dicl. de 
Colgrave el d'Oudin.) 

Despers, adj. Désespérant (1). 

Li nuefvismes (neuvième) ert moult despers, 

Et vers les autres moult divers, 

Quar tôt li flueve palleront. ,Sio. du jug. S. G.f" 25.) 

Desperse, adj. (Voyez peul-élre Despahsememt 
ci-dessus.) Voici le passage où se trouve ce rnot dont 
nous ne voyons pas chiirement le sens : 

lui est li soudans de Perse, 

Et li rois d'Inde la desperse (2). {Part, de Bl. v. 7304. J 

Despersuner. [Intercalez Despersrmer (Ro- 
land. V. 2."j81): « Tencent h lui, laidement le 
« dt'spcrsunnit. >■] (n. e.) 

Despert. [Intercalez Despcrt, vif, acharné: 
« Et puis ferons une bonne gherre forte et desperte 
« as Englès. » (Froiss. III, 4G9 ) « Le seigneur de 
« Jeumont qui moult estoit aigre chevalier et 
1- despert sur ses ennemis. » (Id. XV, 281.)] [y. e.) 

Despescher. [Intercalez Despescber : 1° Dé- 
pecer: <• Se dedens l'an et le jour vient avant 
<' aucun, qui feust à la nef, quant elle despecha. » 
(Ane. Coût, de Norm. ch. 17.) Dans Baud. de Sehr. 
IV, 557, on parle aussi d'un navire : « Le bord de 
« la naire tellement despecha. » De même dans 
Froiss. (XI, 337) : «■ Si envolèrent les seigneurs 
u despecliier la bastide et bouter le feu dedens. » 
2° Morceler: « .4insi se despecliolent ces beaulx et 
<■ ces grans héritages. »] (n. e.) 

Despessier. [Intercalez Despessier, éclaircir: 
« Mes lantos la bataille fu esclarcie et desjiessie par 
^ derrière. » (Froiss. V, 440.)] (n. e.) 

Despessir,t'. Rendre liquide, éclaircir une chose 
épaisse. iDict. de Colgrave et d'Oudin, de Monel, de 
R. Est. ei de Mcot.) 

Despicier, v. Négliger. (Glossaire du P. Labbe, 
page 515.) 

Despieça, adv. Depuis longtemps. « Il est plus 
» plainement contenu en deux paires de lettres de 
« par nous despieça envoyées à toy. « (Ordonn. 
des R. de Fr. t. 1, p. 528. — Voyez l'Amant ressusc. 
p. 205 et PiEÇA ci-après.) 

Despier, v. Epier. 

....Se il n'a chastel, 

Tant a-t-il moins troussel, 

N'a garde de larron 

Qu'il dcspient sa meson. (F. R. w 70i5, t. II, f-> 213.] 

Despiler, v. (Voyez peut-être Desplier ci-après.) 
Nous n'entendons pas ce mot ; voici le passage où 
nous le lisons : 



Courtesioz après se despile, 

Et de Noiers messire Nile 

Crient, si corn leur son le baille, 

A eux, a eux, nul ne s'en aille. (Guiart, f" 266.) 

Despinos. [Intercalez Despinos, au reg. JJ. 
108, p. 05, an. 1376: « L un frapanlet ferantl'autre 
« de la main sur la leste quant il musoil, en disant 
« tel mot : despinos, despinos, par jeu et par esba- 
« lement. «] (s. e.) 

Despis, s. m. Mépris . 

....Li mauves, por son despire. 

L'amant cortois de rien n'empire. [F. R. »''72i8,f<>202J 
VARIANTES ; 
DESPIS. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 290, V" col. 1. 
Despire. Ibid. fol. 202, V» col. 2. 

Despisières, s. m. Qui méprise. En latin con- 
temptor, dans la règle de S. Benoit, latin-fr. jis. de 
Beauv. ch. 65. 

Despisser, v. Pisser. 

Li Martins qui estoit aval.... 

Nous despissa sur le visaige. {Desch. f' 406.J 

1. Despit, S. m. Dépit, colère *. Mépris ° (3). 

* Nous ne trouvons ce mol dans le premier sens 
que sous la première orthographe. (Voyezi.iossaire 
sur les Coût, de Beauvoisis, et les Ordonn. des R. 
de Fr. 1. 1, p. 143.) (4) 

^ Pour " mépris (5) » on le trouve sous les trois 
orthographes. « Si le hault Dieu me sai.lve les 
« membres, je mettray le chevalier au bas ; telle- 
« ment que la pucelle qui ne m'a daigné aimer le 
«■ tiendra en despit, el à moy sera plus enclinée. » 
(Percef. vol. VI, fol. 35, R°col. 2.) » Nullement au 
« despect de Sa Majesté impériale. » ^Mémoires de 
Villeroy, t. V, p. 381.) Despit est rendu en latin par 
abjectio, dans le Gl. du P. Labbe. ^Voyez aussi Du 
CangeGl. lat. au mot Despectio.) 

VARIANTES : 
DESPIT. Dict. de R. Estienne. 
Despeit. s. Bernard, Serm. fr. MSS. p. 216. 
Despeitement. Id. p. 216. 

Dapit. Ane. Coût. d'Orl. à la suite de Beaum. p. 467. 
Despect. Mém. de Villeroy, t. Y. p. 381. 

2. Despit, adj. Fâché*. Colère^. Furieux"^. 
Fier°. Méprisant ^. Méprisé *". 

* Au premier sens : 

Douz cuers, ne vous soit despis 

Se je vous aim sans boidie. (Boçus, t. I, p. 1384.) 

° De là on a dit : » Quelque peu depiteux, » pour 
un peu colère. (Nuits de Strapar. l. I, p. 123.) 

*^ En étendant l'acception, on a dit despit pour 
furieux. « Ainsi se agregeoit la guerre Ires veni- 
« meuse et despite. » (Histoire de la Toison d'or, 
vol. I, fol. 102.) 

° On a employé ce même mol pour « lier, hau- 



(1) C'est le masculin du smvant. (n. e.) 

(2) Le sens est cruel; comparez la Chron. des ducs de Normandie (v. 8478) : " Tis père ad genz adverse Forz e bataiilose 
et desperse. » (N. E.) 

(3) Il signifie encore outrage (Froissart, III, 122) : « Et li fu remonstré quel grant dammaige et quel despit chil de Tournay 
avoient fait au pays de Flandres. » De là les expressions par despil, par dérision (II, 85) ; en son despit , pour faire affront 
(IV, 209). (N. E.) 

(4) « Desquels paroles et trufîeries il avoient grant yreur et grant despit. » (Froiss., IV, 97.) (N. E.) 

(5) D'où rexpression « prendre en despit », accabler de mépris. (Froiss., XIII, 32.) (N. e.) 



DE 



— 130 — 



DE 



tiiiii. « « l'n Englois félon et desjnt (1). » (Hisl. deB. 
du Guescl. par Méiiard, p. 487.) 

.T'espereray, veuillez ou non, 

Car vous n'avez pas le renom 

D'estre orgueilleuse, ou despUe. (Charl. p. GS8.J 

^ Un liomme fier emporte l'idée d'un homme 
« méprisant. - De là, on lit: » Maugreurs, renieurs, 
« eldespiteurs du nom de Dieu. » (Apologie pour 
Hérodote, p. 110.) 

•^ En transférant l'acception de l'actif nu passif, 
on a dit despit pour >• méprisé » : 
Mais j'en voy trop peu qui y visent, 
Et qui n'ait science despile, 
Qui aux sers chascun jour profite. (Desc/i. f" 550.) 

Despites est rendu en latin par abjcctiis, dans le 
Gloss. du P., Lnbbe. 

VARIANTES : 
DESPIT. Glossaire du P. Labbe. 
Dépit. Gil. Durant à la suite de Bonnef. p. 107. 
Depiteux. Gloss. de Marot. 
Despis Poës. MSS. av. 1300, t. I, p. 1384. 
Despité. Percef. vol. II, f» 49, R° col. 1. 
Despitez. Glossaire du P. Labbe. 
Despiteur. Apologie pour Hérodote, p. 110. 
Despiteux. Nuits de btrap. t. I, p. 1'23. 
Despitieux. Sag. de Charron, p. 137. 

Despitement, adv. Avec mépris, indigna- 
tion ^\ coière*. D'une façon rebutante ". 

* " Le roy regarda très despitement, car moult 
" bayoit le peuple de Calais. » (Froiss. 1. I, p. 160.) 

^ De là on a dit despiteusement pour « d'une 
manière rebutante. » Nous dirions outrageusement. 
« Elle est despiteusement [voir Depiteusement] 
« laide. » (Les Toucliesdes Accords, p. ^7.) 

VARIArVTES : 
DESPITEMENT, Chron. fr. MS, de Nangis, an 1306. 
Depiteusemant. Monet, Dict. 
Despiteusement. Percef. vol. V, fol. 11, R» col. 1. 

Despiter, v. Chagriner, mettre en colère, s'in- 
digner*. Mépriser, insulter, ofïenser^. Ce mot, sous 
les différeules orlliographes employées par Saint 
Bernard, répond au latin despicere, contemnere et 
spernere. (Dictionnaires de Monet et de Borel. — 
Voyez Glossaire de Maiot ; Du Cange, Gloss. latin, 
au mol Desjiitus ; Laur. Gloss. du Dr. fr. et le Gi. 
sur les Coul. de Deauvoisis.) 

*Au premier sens, on lit: «.Jurant et despilant. « 
(Des Accords, Contes de Gaulard, p. 50.) « Oudart 
« renioit, ei despitoil lesnopces. » (Rab. t. IV, p. 00.) 
De là, on a dit : « Dépiter à quelqu'un, » pour 
s'en prendre à lui, se fâcher contre lui. (Voyez les 
Œuvres de Théoph. l"" P. p. ll'i.) 
^ Pour « mépriser, insulter (3) » : 
Fins cuers n'est il nus qui doie 
Son loial ami grever, 
Ne deupir, ne gaber. 

Riibins doii Chastel. Pois. MSS. av. 1300, 1. 1, p. 44. 
....Je soloie blasmer et despire amers. 
Or en sent mortels dolors. (Cli. du C" Thih. p. 05. J 



C'est dans celte même acception qu'on lit : 
u Leurs serments despisans, « pour au mépris de 
leurs serments. (Chroniques fr. .ms. de Nangis, sous 
l'an 1217.) C'est la traduction du latin spretis jiirn- 
mentis. 

Conjugaison : 

Despis, au prés, de l'indic. Tu méprises. (Fabl. 
MSS. du R. n" 7218, fol. 192, P,- col. 1.) 

Despisoies, h Vïmpari de l'indic. Tu raéprisois. 
(Ibid. fol. 361, V°col. 1.) 

Despist, au prêt, de l'ind. Il méprisa. (Fabl. mss. 
de S. G. fol. 6, V" col. 1 , où au prés, de l'indicatif, 
il méprise. Fabl. mss. du R. n° 7218, f" 95, R° col. I.) 

VARIANTES : 
DESPITER. Ph. Mouskes, MS. p. 355. 
Despeiteb. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 311. 
Despeitéer. Id. p. 44. 
Despeitier. Id. p. 112 et 177. 

Despisier. F. MSS, du R, n° 7218, fol. 355, R» col. 1. 
Despitier. Chans. MSS. du C" Thib, p. 95. 
Dépiter. Hist. de B. du Guescl. par Mén. p. IGO. 
Dapiser. Ane. Coût. d'Orl, à la suite de Beaum. p. 467. 
Despiser. Chr. fr. MS. de Nangis, p. 1217. 
Despirer. Gloss. du P. Labbe. 
Despire. G. Guiart, MS. fol. 288, V». 
Despir, Poes. MSS. av. 13C0, t. I, p. 44. 
Despoiter. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 136. 

Desplacer, v. Changer de place, déloger, 
décamper. (Gl. de Marot au mot Desplacer.) Ce mot 
subsiste sous la seconde orthographe. 

Mais, puisque luy (Dieu), et le temps, et l'affaire ; 

Veulent tous trois que ta bonté desplace, 

Monts, et torrens te puissent faire place. [Mar. p. 308.] 

« Les ennemis commencèrent à déplacer, et à 
« prendre le chemin droit à moy. « (Mémoires de 
Montluc, t. II, p. 701.) 

Proverres : 
Fol se doit nommer en face, 
Qui bien assis se desplace. (Dicl. de Colgv.) 

VARIANTES : 
DESPLACER. Clément Marot, p. 20=î. 
Déplacer. Orth. subsist. 
Desplas,?er. Percef. vol. I, fol. 26, R" col. 2. 

Desplaindre. [Intercalez se desplaindre, dans 
un sermon de S' Bernard, d'après Roquefort: 
« Mais maint gent se desplai(jneni par aven- 
" ture. ■>] (n. e.) 

Desplaire, v. Déplaire. 

S'ele a mauvaise voiz. 

Fais la chanter, ou braire, 

Por ce qu'ele te puest 

En toz endroiz desplere. (F. R. )!» 70/5, (. Il, f. il'.).] 

C0N.IUGAISON : 

Deplat. .le déplais. (F. R. 11° 7989, f» 62.) 
Desplaiset. Pour déplaît. (S. Bern. S. fr. p. 203.) 
DesjUoisnit, Déplaisoit. (Chr. S. Den. l. Il, f'169.) 

VARIANTES : 
DESPLERE. [Desplaire dans Coucy, II.J 
Despl.ure. D'où desplaiset, dans la conjugaison. 



(1) C'est le latin rfespecïKS, au sens de rft'spicieii,; ;(( Aussi sont Angiois orgueilleux et rfe,spi'(s. » (Froissart, \II, 301.) On 
disait plus souvent despiteux et despitous. (N. E.) 

(2) Despitement et malgracieusement, (.1.1. 189, p. 180, an. 1457.) (n. e.) 

(3) « Le suppliant dist que lui Perrinot et autres avoient autrefois despité ou sanglante Dieu et sa mère. » (.U. 161, p. 272, 
an. 1107.) (N. E,) 



DE 



- 140 — 



DE 



Desplaisainment, adv. Dune façon dëplai- 
saiile. " En parla plusieurs fois a aucuns de son 
- plus privé conseil, el disoit ([u'il vivoit des/jUii- 
" aainiiwnt , quand il falluil (lu'il se donnast de 
« garde de ceux en qui il se devoit fier, mesme- 
« menl de ceux de son sang. » (Mathieu de Coucy, 
Hist. de Charles Vil, p. 70-2.) 

Desplaisance , s. f. Chagrin, déplaisir 1). On 
trouve (lisplacenlia, dans le même sens, au Gloss. 
latin de Du Gange. (Voyez Gloss. de Marot ; Faifeu, 
p. 81 ; J. Marot, p. 87 ; el i. Le Fevre, Iliston-e de 
Charles VI, p. 33. 

Desplaisant, adj. Fâché, mortifié, affligé. « Le 
.. firent leur seigneur, et luy misrent la couronne 
« au chef doul il fut fort desplaisant ; mais quand il 
" veit que faire luy convenoit, il l'oclrova. » (Lanc. 
du Lac, t. 111, fol. il'., R" col, 2.) « Je suis, dit-elle, 
« bien(/('>/rtisrtH/t'de la peine que vousen prenez. » 
(L'Amant ressusc. p. 419.) (2) 

VARIANTES : 
DESPLAISANT. Lanc. du Lac, t. III, Toi. 115, R» col. -2. 
Déplaisant. L'Amant ressuscité, p. 419. 

Desplanclier, v. Oterlesphmclies. (Dict.d'Oud. 
et de Cotgr. — Voyez Mém. de Montluc, 1. 1, p. 42.) 

Desplanetié, adj. Dépossédé, destitué. « Des- 
« planetiez- de leurs bénéfices, el offices. » (J. Le 
Fevre de S. Heniy, Ilist. de Ch. VI, p. 43.) 

Desplantoir. Oudin, dans son Dictionnaire 
italien, rend ce mol par celui àeSpiantatorio. 

Desplaquiei'. [Intercalez Desplaquier, enlever 
l'empreinte du martelage: « Comme Gile Tartaron, 
« marchant des boys du comte de Flandre en ses 
« prez de Iledin, e'ust desplaquié et dessaignié en 
« la vente et taille desdites forez plusieurs chaisnes 
« et autres arbres qui avoienl esté plaquiez et 
« signez au saing et marque de nostre dit cousin. » 
(JJ.I22, p. 328, an. 1383.)] (n. e.) 

Desplastrer, v. Oter le plâtre. (Dict. d'Oudin 
et de Cotgrave.) 

Despleu, adj. Déplaisant, fâcheux. ■ ,Ie ne sçay 
« si le Dieu d'amours qui vous enhorta , et meit 
« couraige de vos dictes lettres, quand les envoyés 
« ait en aucune chose esté si despleu, parquoy il 
» ait changé ses conditions anciennes, etc. « (Mons. 
vol. I, fol. 3, R°.) 

Desplicé, «rfj. Dépouillé, comme « dépouillé de 
« sa fourrure, » suivant l'éditeur qui renvoie au 
Dictionnaire deBorel, au mol « Pennes. » « Nesçait 
« gueres de plet, et est bien desplicé d'avocats, de 
" sergens, et de greffiers. » (Les 15 Joy. du Mariag. 
page 55.) 

Despliement, s. m. L'action de déplier, d'éten- 
dre. (Dict. de Cotgr. Monet et R. Est.) 



Desplier, v. Déplier *. Raconter ^. 
* Au premier sens, qui est le sens propre, on 
trouve Ueidicare dans cette même acception, dans 
le Gloss. lat. de Du Gange. 

Le jour que Mars desplaioil ses banieres. (Crétin.) 
Il porte un lariflume de vent desploant. 

Pots. MSS. av. 1300. t. IV, p. 1307. 

- Desplier ses espr'ûs, " c'est-à-dire faire usage 
de toutes les ressourcesde son esprit. •■ Une femme, 
« ([uand elle veut desplier ses esprits, comme on 
u (lit, est terriblement fine, et mené l'homme ven- 
<• dre au marché, sans qu'il s'en prenne garde. - 
(Brant. Dames gall. t. II, p. 245.) 

« Desployer une playe sur quelqu'un, « c'est-à- 
dire l'affiiger d'une plaie. 

Et ne voit point ceste mortelle playe 

Que Dieu sur vous très justement desploye (Faif. p. 4.J 

De là, on disoit au figuré « une epée non des- 
« ployée, » pour une épée qui n'est pas hors du 
fourreau. (Ger. de Xev.2' part. p. 103 et la note.) 

^ Par une acception plus figurée encore, desploier 
signifioit raconter. 

Vos voel un conte desploer. (F. R. h" 7015, t. 11, f. i45.' 
VARIANTES : 

DESPLIER. Brantôme, Dames gall. t. II, p. 245. 

Desplaier. Crétin. 

Desploer. Poës. MSS. av. 1300, t. IV, p. 1367. 

Desplover. Faifeu, p. 4. 

Desploier. Fabl. MSS. duR. n» 7615, t. II, fol. 1'.". (3). 

Desplomer, v. Déplumer, ôter les plumes. 
(Dict. d'Oudin.) 

Desployé, adj. Terme d'armoirie. » Un aigle 
u les aisles f/<?s///i(;'^s. » /)es;jZoi/6 est l'aigle simple ; ■ 
esployé c'est l'aigle qui a deux têtes. (Voyez Le I 
Laboureur, Orig. des Arm. p. 208.) 1 

Desplumation, s. /'. L'action de déplumer. 
(Dict. d'Oudin et de Cotgrave.) 

Desplumé , adj. Chauve , qui n'a point de 
cheveux. 

Y est Colart de Tangues desplume:. (Desch. f" 22A.} 

Despoderat, s. m. Dénué de pouvoir. Qui a 
perdu son bien, qui en est dépossédé. « Si nous nous 
i< avisons de telles rencontres de ceux qu'ils ne 
« scavent qu'ils disent, et pensent bien dire, je vous 
X renvoyerai en Savoye avec les huguenots, qui 
■< fuyans de la S. Barthélémy, et approchants de 
« Genève, se plaignent du roy des François. Les 
« Savoyards qui croyoient ce que ces pauvres des- 
» poderats leur contoient, les consoloient ainsi : 
» ha pauvre gen vostron ré n'est pas si bon que 
« nostron princio ; si vostre ré se fu ben gouverna, 
<' il eusse esta maistre doucla de nostron duc. » 
(Moyen de Parvenir, p. 379. — Voyez Despouille 
ci-après.) 

Despoillement, s. Spoliation. (Voyez Saint 



(1) Il est au Test, de J. de Meung (1738): «Desp/aisance de Dieu qui trop est périlleuse. » De même dans Froissart 
(III, 225) : « [Ils avoient] pris en si grant desplatsance et despit la cevaulchie que li dus de Normandie avait fait en 
Hainnau. » (N. E.) , , . ,„ ■ vt -/ ^ , ^ 

(2) « Nous avons esté icy ung long temps enclos et tant que nous en sommes tous desplaisans. » (Froiss., XI, oi.) (N. e.) 

(3) On lit au sens de dénouer, dans une Vie ms. de J. C. (Du Cange, II, 806, col. 1) : « Ne sui digne de desploier la corroie 
de son cauchier. » (n. e.) 



DE 



141 - 



DE 



Bernard, Sermons fr. mss. p. 371, où despoillement 
répond au mot Despoliatio pour SpoHatio.) 

Despointeineiit , s. m. Obstacle. • Mettre 
« aucun empeschement, ou despointcmeni. » (Ord. 
des R. de Fr. t. \', p. 166.) 

Despoireinent, s. m. Désespoir. 

Coler d'amours fait sens cangier, 
Et entrer en despoironeiit. 

i. de Remi.Poos. MSS. avant 1300, t. Ill, (>. 1-211. 

V.\niANTES : 
DESPOIREMENT. Poës. MSS. avant 1300, t. III, p. 1211. 
Despoir. Arrest Amor. p. 404. 

Despoise. [Intercalez Despoise, alliage mêlé à 
la monnaie: " Iceulx supplians pensons qu'ilz 
« feroient bien des moules pour faire icelle mon- 
« noyé... et aussi de la despoise o\i alloy d'eslain. » 
(JJ. 160, p. 4'23, an. 1406.)] (n. e.) 

Despontlre, v. E.xposer, expliquer, proposer. 
Ce mot est onlinaiiement employé relativement 
avec le mot « lépondre. " 

Nostre Sire Dieu entend! 

Cou que li rois i dcfipoiidi, 

Si vot lui, et sa gent son oorre. (Ph. Mouskes, p. OJ.J 

Li vilain vous convient avoir, 

Dist 11 pères par estavoir ; 

Si aurez a plenté monoie, 

Cainture d'or, et draz de soie : 

Ainsi li pères li despoul, 

Mais la pucelle li respont, etc. (F. R. n" 7-2JS, f» JU.J (1) 

Despons, part. Expliqué. 

Moult a bien cil preudom dospons 

Du jardinier le biau respons. (F. R. n" 7'21S, f. W3.} 

Despors, s. m. Terme d'injure. « Vilain des- 
« pors. » Expression qui se trouve dans les Falil. 
MSS. du R. n- 7615, t. Il, fol. 182, R° col. 1.) (2) 

Desporter. [Intei calez st' desporter, .s'abstenir: 
« Se li sembloit que il apparlenoit bien on se 
« f/csjBorirtsf celui jour de grever li ungs l'autre. >> 
(Froiss. IV, 358.)] (.^. e.) 

Desposer, v. Avoir un dépôt. 

Des murs de Douai l'ost esgardent 

Qui les biens d'environ dcspose. (G. Guiarl, f. 20A.J 

Despost, s. m. Titre de dignité. Dans le ,lou- 
vencel , jis. p. 500 , on trouve au nombre des 
seigneurs faits prisonniers en une bataille, « le 
a despost de Calapbre. « 

Despota, s. m. Titre du souverain d'.\lbanie. 
(Voyez Bourgoing. De Orig. voc. vulg.) 

Despotie. s. /'. Despotat. (Le Laboureur, llisl. 
de Louys de Fr. roy de Sicile, p. 69.) 

Despouillé, part. Dépouillé. •< Le jeu au minis- 
« Ire despouillé « éloit une sorte de jeu, peut-être 
le même que celui qu'on nomme « au roy dé- 
« pouillé{S). « « Lors fut inventé le jeu au ministre 



« despouillé. » (Moyen de Parvenir, p. 78. — Voyez 
Despoder.^t ci-dessus.) 

Despouriere, udj. au j'ém. Pauvre, misérable, 
chétive. 

Ch'est une amour despouriere. 

Quant on fait d'amour grant chiere. 

Pour désirer à moitié : 

D'arnour qui n'est parfurnie 

N'ert jà fins cuers paiiés, ne saoulés ; 

C'est trop griés fais qi pent tout à un lés. 

Focs. MSS. du Val. n" UPO, fol. UO, P.'. 

Despourveuement, adv. Au dépourvu, ù 
rimprovisle(4). « Se nous allons à luy sans ce qu'il le 
« sache, nous le prendrions bien, luy et ses gens, 
« en tel party, et si deponrveu)nent que nous en 
« aurons l'advanlage, et seront desconfis. » (Froiss. 
liv. I, p. 336.) 

Artus fist ses hommes armer. 

Sans cor, et sans greslo sonner, 

Trestout deipourveunwnt 

Coururent sus l'avers gent. (R. de Brut, f. 10. ' 

« En la manière que les Saints Propbetes sou- 
« loient parler qui annonçoient despourveuement 
« ce que le S. Espciit leur annonçoit. » (Chroniq. 
de S. Denis, t. I, fol. :23G, V°. — Voyez ibid. f° 123, 
V" et t. H, fol. 115.) On lit dans le latin de Nangis, 
improvisas ; voyez aussi Ordonnances des Rois de 
Fr. t. V, p. G17, et Godefroy, Annotât, sur l'Histoire 
de Charles VI, p. G19. 

VARIANTES : 
DESPOURVEUEMENT. Froiss. liv. I, p. 336. 
Despouisvelijient. r. de P.rut, f° 70, R" col. 1. 
Despornenement. Lisez despourveument; Rou, p. 227. 
Desporveument. F. MSS. du R. n» 7218, f" 132, R» col. 2. 

Despourveux, adj. Dépourvu (5). (Voy. Dialog. 
de Mallepaye, à la suite de Villon, p. 51 et 55.) 

Despoiiser, v. Terme de marine, aux usages 
de la vicomte de l'eau à Rouen. « Quand nef 
« faite en Engleterre vient à Rouen, elle doitestre 
» despousée, et pour le despoiiser, elle doit au roy 
« 3 s. et pour le siège 3 s. : elle ne doit riens pour 
« despouser, mes que l'en puisse monslrer, par 
» meiel, ou par signe, qu'elle ait esté despousée 
" autiefois, et nequedent elle doit toujours 3 s. 
« pour son siège. » (Dans une citation rapportée 
par Du Cange, Glossaire latin au molSedes navium, 
p. 159, col. 2, t. VI.) 

Desprée, part. Enlevé aux ravisseurs. Le con- 
traire de « pris ». Nous ne trouvons ce mot que dan.<î 
les Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 30i, V" col. 2. 

Despreuve, s. f. L'action de désappi-ouver. 
Henry, roi d'Angleterre, répond au duc d'Orléans 
qui lui avoit reproché d'avoir usurpé la couronne 
en 1402 : « Premièrement, quant à la dignité nous 
» tenir, laquelle vous n'escrivez au long, ne n'ap- 



(1) On lit dans // Lusidaires (Du Cange, II, 8fJ6, col. 2): « For despondre sainte Escriture .Mist Diex en lui et sens et 
cure. » (N. e.) 

(2) Dans Wackern., p. 70, il signifie joie : « Tu es li pors Et li despors, Li desdus et la joie. » (n. e.) 

(3) On enlève pièce à pièce les habits de celui qu'on a fait roi. (N. E.) 

(4) On ht encore au reg. J.L 104, p. 229, an. 1373 : « Lequel Baie comme esmeus et courciez , respondi despourveument 
contre vérité que icellui suppUant lui avoit donné un cop de coustel. » De même au reg. JJ. 165, p. 219, an. 1411; « Le 
suppliant respondi hastivement et despourveumenl qu'il y passeroit. » (N. E.) 

(5) On lit déjà dans la Rose (v. 15096) : « Moult refu certes deceiis Bel acueil li desporveûs. » (N. E.) 



DE 



— l'i'2 



DE 



« prouvez [iiis, ne ne voudriez en ce appi'iiiiver la 
» manière eonimeiil nous y sommes venus, certes 
» nous en inervciltons ç:ranilenienl,... neantmoiiis 
« de l'apreuve, ou de la f/('s/;)V'(uu' de vous, en ce 
« nous tenonsdiîvousbien peudecomple.» Monslr. 
vol. I,fol. Il, R°.) 

Desprier, v. Déplier , rôvoijuer ses prières. 
(Diclionnaire de Nicol.: •> !)nprier ses prières. « 
(Essais de Monlaigne, t. Il, p. iôo. - Voyez d'autres 
acceptions sous Dèi'iuku.^ 

Desprins , a(/y. Dessaisi, dénué, dépourvu, 
dépouillé. 

Desprins de biens, el de parens. [Villo», p. 7.) 

En parlant des suites funestes d'un commerce 
galant, on a dit : 

L'un fol devint, 

L'autre tout vend, 

A quelque pris : 

L'un y a pris, 

Corani' mal apris 

Venin dont mourir luy convient : 

L'autre est battu, tué, despvis 

Bref les plus sages y sont pris. [Bl. des F. Ain. p. ^?x?.,' 

VARIANTES : 
DESPRINS. Villon, p. 7. 
Despris. Le Blason des Faulces Amours, p. 27-2. 

Despris, adj. .\l)ject, méprisable. 

Poures honi; ce di-jo, et despris, 

Sans richece, et sans puissance 

Quant je te mis en si haut pris. 

Que Sires estoies de France. (F. R. w T31S, f" iSS.J 

Un ribaut vit emnii la rue 

Qui de sa robe estoit despris (\). (F. R. n' 1218, f. 234.) 

C'esl-à-dire qui, à en juger par son habit, éloil 
un homme abject. 

Desprisonor. [Intercalez Desprisoner, délivrer 
(comparez desmurer) : « Si fu desprisonés [Hugues 
« de Balefol , capitaine de Montségur] parmi ce 
« couvent, et s'en vint as barrières de le ville. » 
(iM-oiss. IV, '280.)] (N. E.) 

Despriveter. On lit def^priveteurà-iw?, un autre 
Ms. l'eul-clre ce mol si;;nilie-t-il une cai'nassière à 
mettre les alouettes prises par l'épcrvier. 

Or portoi je adont, par manière, 

Une moult petite aloiere, 

Que despriveler on appelle. 

De blanc samis ; moult estoit belle : 

La lettre y mis que mot traniis 

Rose qui s'escrit mes amis. (Froissarl, p. iGA.j 

Desprovender, v. Oler la prébende. 

Puis i vint uns cardinans Olhe 

Ki vot les clers desprovciuler. j.\Iouskes,p. 7SÔ.) 

Desprous. Nous ignorons ce que ce mol signi- 
fie ; nous ne le trouvons que dans ce passage peu 
clair : 

Lour cor vos arbrie 
Ke disas desprous. 
Car est tans enuious, 
Et tant anuious. 

Li Lais Nompar. Poos. MSS. av. 1300, t. Il, p. 008. 



Desprouver, verh. Prouver au contraire *. « 
Epri)uver ". ' 

* Au premier sens, c'est détruire ce qui est 
prouvé. •• Une voie de prueve si puet encore courre 
" par devers clieli qui niist avant la négation que 
» l'en appelé prouver par accident : Prouver par 
» accident se est si je puis desprouvev che qui est 
>' prouvé contre moy, et pour che que auscuns 
« pourroient dire que che ne puel eslre que je 
« puisse desproiiver che qui est p:ouvé contre 
« moi. » (Beaumanoir. p. '213.) 

^ Il paroil que dcsprovev est employé pour 
éprouver dans le passage suivant : « Èons est 
<■ qui einsinl ne fera com feil ai, carjà mesdisant 
■■ ne crerai, ains servirai toute ma vie ma mie à 
'• gi'é : qui le bien a des/)rové d'amours trop s'est 
« aclergis. ■■ (Chroniques du xui" sièc. ms. de Bouh. , 
ch. 302, fol. 'ir.l, V".) jri 

VARIANTES : " 

DESPROUVEU. Beaumanoir, p. 213. 
Despboveu. Chr. du xuf s. MS. de Bouh. ch. 302, f» 251. 

Despucelage, s. m. Défloration. L'action de 
dépuceler. (Dicl. de Cotgrave el Oudin. — Vovez 
Essais de Montaigne, t. III, p. G0:<) (2) 

Despuceler, v. Dépuceler (3). « Veuve despti- 
« celéi'. " pour une veuve qui a habité avec son 
mari, qui a gagné son douaire. Louis, duc d'Or- 
léans, frère de Charles VI, écrivant au sujet delà 
reine douairière sa nièce à Henry IV, roi d'Angle- 
terre, lui dit : « Où sont les nobles qui ne doivent 
» garder en tous estais, les droicls des dames 
« xcnfves despucelées, ti[dcsi belle vie, comme tous 
« sgavenl qu'est ma dessus dite dame et nièce ? » 
(La Colomb. Th. d'honn. t. Il, p. 248.) 

Despuer, v, Cesser de puer. Dans une pièce de 
vers où la Pannelerie parle à l'Echançonnerie, 

on lil : 

Va faire laver tes barriz, 

Qui très salles sont, ors, et vuis 

En ton cuvier à la vaisselle, 

Ou l'eaue d'un mois s'ancuvelle, 

Et put comme puciaux en rue : 

Homme n'est qui pain ne mangue 

Va dormir, si despurcras. [Desclt. f" 377.) 

Despuni, adj. Impuni. (Voy. Brill. Loixd'Angl. 
fol. 12, K" el 282, !!".) 

Desputer, v. Disputer. (Vovez Ord. des liois 
de Fr. t. I, p. r)97, art. 17.) 

Une gent avoit lors en France,.... 

Que l'en nommolt par nom hereges,.... 

Communément, sanz euscuter, 

Touzjours vouloient desputer. (&uiart, f. i4.J 

Desquans, adv. Jusquesdans. Lise/, desqu' ans, 
pour desque ens. Partonopex poursuit cfiiiis une 
vallée les Norrois qui avoient été battus : 

Partenopex, desquans el val, 

Ne fine de son batestal. fPart. de Bl. f" iS2.) 



(1) De même aux Miracles de Coincy, cité par Du Cange : « .\val la vile vit un homme. Nus fu, despris et depané. » (K. E.) 

(2) « Zoii 1 parmi ses loix, regloit aussi les escarquilleraens du despucelage. » (n. e.) 

(3) Le mo. est dans Guillaume d'Orange (Var., t. It, p. 29i) : « For de besanz pleine mine comblée, Ne vos voudroie avoir 
ilespuceiéc. » (n. e.) 



DE 



l-'iS - 



DE 



Desquarqnaige. [Intercalez De&quarquaige , 
au reg. U. 97, p. 154, an. 13CG: « Les proufis et 
» émolumens... dou desquarquane et criaige des 
« vins. »] (j). E.) 

Desqiierquier, v. Décharger. « Que a Condé 
« au dessoulisducliasteau, là où laSaisnedesclieut 
« en ri'"scault, plancques devront estre mises, pour 
« l'eauwe avoir telle hauteur que les nefs puissent 
« descendre, et monter de la Saisne en l'Escault 
« sans sault, et ulln (jue les dits nefs puissent aller 
.1 et passer sans (lesqiiiTqu'wr ^1), de Mons îi Tour- 
» nay, etc. ■> (Coût, de Ilayuault, au Coulum. gén.) 

VARIANTES : 
DESQUEROUIER. Coût. gén. t. I, p. 813. 
Desquierquier. Lauriére, Gloss. du Dr. fr. (2) 

Desqiiet, S. )h. Panier, corbillon (3). Mol langue- 
docien. (Voyez Du Gange, Gl. lat. au mol Dcsca, I.) 

Desqueuvrir, v. Découvrir. (Gl. sur les Goût, 
de Beauvoisis ; G. Guiarl, ms. fol. 34, V°.) 

Desquevillier. [Intercalez Dcsquevillier, dans 
Froissart (X, 110): "« [Pierres du Bois] list toutes 
« les ais dou pont de Commines desclaver et 
« desquevillier pour estre tantos deffail. >■] (n. e.) 

Desquit, s. m. Acquit. (Glossaire de l'Histoire 
de Bretagne.) 

Desrachei', v. Déraciner, ruiner. (Dictionnaire 
de Cotgrave. — Voyez Rabelais, l. Ill, p. 99, et la 
noie 12. « Brûla les citez et desracha jusqu'au 
« fons. » (Tri. des IX Preux, Pr. p. 91, col. 2.) 

Desracineinent, s. m. L'action de déraciner. 
(Dictionnaires de Cotgrave et d'Oudin.) 

Desraignier, v. Obtenir, gagner*. Mériter ^ (4). 

* Ce verbe, ([ui paroît comme celui de derainer, 
formé du mot " raison, « semble de là signifier 
proprement obtenir avec raison, à juste litre ; c'est 
en ce sens que nous le trouvons dans les vers 
suivans : 

Bauduin, il sunt doi amant 

Kl aiment, de cuer, sans trichier ; 

Une pucelle déjouent ! 

Li quelx la doit mielx desniignier ? 

Li uns l'aime por ses valors, 

Et por sa cortoisie ensi ; 

Li autres l'aime por amors, 

Por la grant beauté k'est en li. (Chans. du O' Thib. p. 40) 

(Voyez Thibaut de Navarre, Poës. mss. av. 1300, 
tome I, p. 63.) 

....Moult doit avoir grand coite 

De son désir achiever 

Qui en son cuer très grant amour soutoite ; 

Biens li doit-on pardonner, 

Si le conkiert par sens^ ou par boidie, 

Qu'il ait l'amour sa dame desrainié. 

Poes. MSS. Val. n- 1490, fol. 159, R-. 



^ On a quelquefois employé ce mot seulement 
pour •< mériter. " 

Cil qi d'amours puet l'otroi desnihiler 

Est trop plus lies qe cil qi on le uée : 

N'en fu dolans qi n'en fu onqes sire ; 

Parlant n'a pas en l'escondit tant dire 

Coum a de joye en l'otroi gaanier. ilbiJ. f. 11 l.j 

Bien me deust mon servise merir, 

Si con celui qui tant a dcsraisiiié 

Ses biaus cors gent, qu'ele a si souhaidié. 

Villains d'Arras, Pocs. 5ISS. av. 13U0, I. II, p. 170. 

VARIANTES : 
DESRAIGNIER. Chans. MSS. du C" Thib. p. 49. 
DEsnAiMER. Poës. MSS. du Vat. n« 1490, f 159, R». 

Desraison, s. /'. Folie *. Tort, injustice ^. Pro- 
prement le contraire de «raison. » (Voyez Glossaire 
sur les Coût, de Beauvoisis ; Diet. de Monet, Cotgr. 
Borel et Corneille.) 

*Dans le premier sens: «Certes, dist Monseigneur 
« Yvain, ce fust grand olTre : car après ceste chose, 
« je ne puis veolr en vous si non desvaison. » 
(Lanc. du Lac, t. III, fol. 149, R" col. 1.) 

Congnoissance, sens, honneur, ne mémoire 

N'ont aujourdhuy leur temps, ne leur saison ; 

Convoitise règne' avec vaine gloire, 

Dosloyauté, envie et traison. 

Et volunté qui règne en desraisoii 

Pitié n'a lieu, et charité est morte, 

.lustice, et loy se perdent, et raison. (Desch. f. 268.) 

^ Desraison se trouve l'acception spéciale de 
« tort, injustice, » dans le passage suivant: » Pendu 
« par les pieds à une des portes de Louviers, pour 
« aucunes desraisons, et injustices qu'il tenoit 
« envers un Françoys. » (Berry, Chr. depuis 1402 
jusqu'à 1401, p. 438.) De là on disoit : 

En desraison, pour « à tort, » sans raison. 

Fortune m'a, longue seson, 

Fet en grant seignorie maindre, 

Or m'est venu en desveson 

Jla joie, et ma clarté estaindre. (F. R. ii« 1218, f. 138.) 

VARIANTES (5) : 
DESR.\ISON. Crétin, p. 63. 

Dareson. La Thaum. Coût. d'Orl. p. 4t>i, tit de 1137. 
DERAISON. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. II, f» 135, V» col. 2. 
D.\RAisoN. Gloss. sur les Coût, de Beauv. 
Derreson. Amour et Jalousie, MS. de S. G. fol. 111. 
Desreson. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 183, V» col. 2. 
Desrison. Ger. de Nev. 1" P. p. 44, Note. 

Desraisonné, adj. Déraisonnable. (Dictionn. 
d'Oudin et de Cotgrave. —'Voyez Rabelais, t. IV. 
p. G, de l'Epit. de die.) 

Desraisonner (se), v. Se conduire contre 
raison. (Voyez Percef. vol. V, fol. 105, R°col. 2.) 

Desi'anié, part. Dépouillé. Borel cite ce vers 
de Iluon de Villeneuve : 

Ja tant n'aura mantel, ne cotte desramée. 

Et il explique le mot desramée par « usée », 



(1) On lit aussi dans Froissart (X, 122) : « Si desqucrquiercnl et estequerent un grant et gros planchon. » (n. e.) 

(2) La forme rouchi est dekerker. (N. E.) 

(3) « Le suppliant en allant parmi ladite vigne trouva les paniers, vulgaument appeliez desquetz selon le langage du pais 
[d'Agenj, plains de raisins. » (.JJ. 197, p. 88, an. 1469) (N. E.) 

(4) Ce sont des emplois poétiques de desminei; dfsraiiiif:r, plaider, obtenir par plaidoierie : « L'on peut plaidoier contre 
chascun sans estre donné à conseil par court, pour son droit desraignier ou delTendre. » (Assises de Jérusalem, ch. XIII.) 
De même dans un acte de 1264 (Du Gange, II, 811, col. 2) : « Se deraisnier le poons par droit. » (n. e.) 

(5) On lit dans Thomas de Cantorbéry (56) : « Par mei n'aura nuls d'els de de»raisun poeir. » De même dans les Récits 
d'un Men. de Reims (§ 282) ; « Ne vous fis onques tort ne desraison, ains vous ai touz jourz menei par droit. » (n. e.) 



DE 



— I4'i 



DE 



mais il faut interpréter •> dépouillée. » Voici le pas- 
sage erilier : 

Ouant un chanterres vipiit entre genl honorée, 
lit il a, endroit soi, sa vielle atrempée, 
.la tant n'aura mantel, ne cotte detramée. 
Que .«a première laisse ne soit bien escoutée. 

Iluon Je Villincuve. cilé par Fauch. Lang. el Pocs. fr p. UO. 

Desramer. v. Ebranclier, dans le sens propre. 
Dicl. d'Oudiii.: Il est dilTicile de démêler le sens de 
ce mol pris au lii;iiré dans le jiassage suivant : 

L'en lui atnoine son roucin. 

Et las, et maigre, et miserin ; 

A la sele la 'fesra),ii}c (I), 

Sa chape a pluie y est trossée, 

Kt con a selo a chaceor, 

I.e housnrt et l'escorcheor, 

Le hernois que il aporta. [l'art, de Bl. f. i43.) 

Desi'écment, s. m. Dérangement, désordre. 
(Tri. des IX Preux, p. A\2, col. li.) 

Desré(jlenient. fl'/i'. D'une façon déréglée. 
(Sau'. de diMiT. p. lOS.) 

gDesi'egnomoiit, s. m. .Justification, soutien. 
1,'aoliou de jnstilier, de soutenir son jugement. Un 
des juges ayanl dil son avis sur le vainqueur d'un 
tournoi, ajoute : 

Ce vos di je par jugement. 

S'en ferai le dcsi-egneinent. [Part, de Bl. f. iG'J.I 

Borel explique mnl dcsrenement par arbitrage, 
dans ces vers d'Ovide, ms. qu'il cite : 

Puisque, par jugement, 

Voulez faire di'.svp.nemenl 
D'avoir les armes d'Achille. 

C'esl-à-dire puisque vous voulez soutenir en 
jugemeni, etc. 

VARI.\NTnS : 
DESREGNEMENT. Part, de Bl. MS. de S. G. fol. lii-2. 
Desrenement. Borel et t;orn. Dict. 

Desreinerenient, ndv. Dernièrement. (Ord. 
des H &•'. !•>. t. I, p. 8Î-2.) 

Desrene cl Desrener. [Inlercalez Ik'srene, 
ainsi défini dans l'Ane. Coût de ^'ormandie: 
■• /),''S)VHe si est une loy esUiblie en Normandie en 
« simples quereles, par laqnele celui qui est suis 
c d'iiuciin tel, et accusez de félonie, que il n'a pas 
<■ fel le fet, de quoi la partie averse l'avoit accusé, 
« et pour ceu ijue l'en a presumption,(iuc chescuns 
■■ doit inicus savoir la vérité de son propre fel que 
<■ nul antre, la clesrenc esl oltroiée à celui qui en 
« suis pour desclairier la vérité du l'ait dont il est 
■' accusez. " Le mot n'esl expliqué que dans la 
plii'asc suivante, où il n'esl plus substantif: 
« Itonques il est que home desrene toute icele 
" chose..., et desrene. c'esl assavoir il demonstre 
hors resoii ou sans reson. » Le verbe esl aussi 
dans la Chron. de Cuvelier: •■ Irons nous dessus 



« luy vostie droit desrener. » (Du Gange, V, 597, 
col. "l et 'i.! Au même mot se rapportent desruiner 
(Lois de Ciuillaume', desreigner (Ass. de Jérusalem); 
desregnement, qui suit, en est dérivé.] (n. e.) 

Desrenement. [intercalez Desrenement, dé- 
rangement d'un os luxé : « Comme le suppliant se 
« soit entremis de garir rompures et cassures et 
» dcsrenemcns de bras et de jambes. ■• f.l.L 148, 
p. 10!), an. 13<»5.)](n. e.) 

Desrenger, v. Sortir des rangs*. S'avancer^. 
Parti r= (2). 
* Le premier sens est le sens propre et littéral. 
Buisines prennent a sonner,... 

Mesire Jaques lors dcironijc. [G. Gninc/, /■. 30G.' 

^ De là, on a dit desranijer pour se détacher du 
corps de l'armée, s'avancer pour charger. 
Après muet li Dux de Bourgoingne. 
Contre qui Brebançons d-'!<renge>U. [G. Guiafl,f. 135.) 

^ Kii étendant l'acception, desrenger a signifié en 
général ■• partir. ■> 

.\insi Faifeu de luy bien se vengea. 

Puis du parquet soubdain se desvengea. [Faifeu, p. 4,"). ' 

VABIAN'TES : 
DESREXGEB. G. Guiart. MS. fol. 124, V». 

Uesrengier. Ibill. fol. -iiTi. V". 

Desrangier. Fabl. MSS. du R. n° 7218, f" 76, V» col. 1. 

Desranger. G. Guiart, MS. fol. 284, R». 

Desrenier, v. Jouter, selon Borel qui pourroit 
bien s'être trompé. (Voyez DEsr.E.NE.MEXT ci-dessus et 

De-hemei; sous Deraineii.) (3) 

Desrenté, part. Dépouillé de ses rentes. 

Chascune foiz c'une yglise 

Vacoit, de son pasteur démise. 

Personnes de bien faire lentes 

En prenoient, par lui, les rentes, 

Sans mètre i nul amandcment ; 

Et avoient commandement 

Du Roy, qui faire leur faisoit, 

Que prélat, s'il ne li plaisoit, 

Ne fust en yglise sacrez, 

Qui tantost nejust maçacrez, 

Et vilainement desrenté. [G. Guiart, f. l:'.}\Ed. v. 601.} 

Desrentei', v. Acquitter une renie. <■ Si le pro- 
>> prictaire, ou deleuleur d'un immeuble censable 
" l'ait refus, ou dclay de le desrcnter, cl payer le 
« cens au terme, par l'espace de trois ans, et au 
» dessous, ]ieut le seigneur censier, ou la justice 
.. faire publier par l:ois dimanches consécutifs, et 
« d'octave à ;nitres, au prosne, on îi l'issue de la 
" messe parrochiale, qu'oa ait à payer les dits 
« cens. " (Coût, de Gorze, au Xouv. "Cout. Gén. 
t. 11, p. 10S8, col. 2. — Voy. Coût, de Valenciennes. 
Ibid. p. 'l'cl, col. 1, et au Coût. Gén. t. II, p. 1»0.">.) 

Dosrester, v. Débarrasser. Délivrer des rêls ou 

filets. 'Dict. de Mcol.) 



(1) Le sens est déchirée, usée comme dans la Chron. des ducs de Xorm., III, 80, col. 2 : u Por sa buele desramer. » (x. e.) 

(2) La forme verbale est dcsreiiq, qui dans le Cart. 23 de Corbie, an. 1448 , est synonyme de cherquemanement et 
bournage. - Dans Roland, vers 809, d'après M. Gautier, il signifie parcourir : « Gualter desrenget les destroiz et les 
tertres. » ^.- e.) 

(3) Dans Partonopex, v. 5250, desregner signifierait tenir les rênes pour aider à descendre de cheval : « Li chevalier quand 
veu l'ont Encontre lui drecié se sont : Dc.tregi.ir- l'ont, si l'ont tant chier. » Au Gloss. latin 7681, impoinenlum est traduit 
par (' d'-Si-enier niés, comme frui/,. » (N. E.) 



DE 



— 145 



DE 



Desreuber, v. Dérober, piller. 

Erraument furent desiravées 

Toutes les nés, et clesreubées. fPh. Mouskes, p. 503.1 

Desreumer, v. Désenrhumer. (Dict. de Cotgr. 
ud. et Monel.) 

Desridement, s. m. L'action de dérider. (Dict. 
î Cotgr. Oudiii et Rob. Estienne.) 
Dcsriequir, v. Défricber. « Les laboureurs, et 
autres gens du plat pays, qui avoient esté de 
long-temps en grande désolation, s'elîorcoient 
de fout leur pouvoir, ù labourer, et réédificr leurs 
maisons, édifices, et babitations, et avec cela à 
desricquir, et essarter leurs terres, vignes et jar- 
dinages. » (Math, de Coucy, Ilist. de Charles VU, 
ige 540.) On explique à la marge desrieqnir par 
ifricber. 
Desi'iei", pi'ép. Derrière. 

Puis tramist, douteus de domages, 

Au conte de S' Pol, messages 

Qui eneor iert desrier les chars. [G. Guiart, f. 355.) 

Desrieuler. [Intercalez se desrienler, se dé- 
mder: « Onques ne se desrieuler eut, mais se 
tinrent tout coi. ■> (Froiss. V, 43.) De rieiile , 
gle ; se desroier a le même sens.] (n. e.) 
Desrimé, adj. Non rimé. 

Si me soit racontée 

Aucune aventurete rimée ou desfimée. (F. TSiS, f. 3-^6.) 

Desrioté, ndj. Délié. (Voy. Rab. t. III, page 98 
la note 11, p. 99 et Dict. de Cotgrave.) Ce mot est 
rmé de « rote, riote ou riorle » lien de fagot. Le 
ichal explique mal le mot « rote » en disant que 
3 liens de fagot sont comme de petites roues. Ce 
ot vient de » l'oute » ou « roupte », du latin 
iptus, une branche rompue ou coupée dont on se 
rt pour lier les fagots et même les gerbes en Tou- 
ine où le mot « rote » s'est conservé en ce sens. 

VARIANTES : 
DESRIOTÉ. Le Duch. sur Rab. t. III, p. 99, note 11. 
Desroté. Rab. t. III, p. 98. 

Desriser. [Intercalez Desriser, plaisanter : 
Pour ce que ladilte femme vil que ledit Perier, 
qui estoit son serviteur la desrisoit. » (.IJ. 14(i, 

IGO, an. 1394.) De même au reg. JJ. 100, p. 91, 
1.1405: " Le suppliant, qui estoit sourt et ydiot, 
croiantque sa femme se moquoit et derisoit ùe 
lui. » Nous multiplions les extraits des lettres de 
mission du Trésor des Chartes, qui souvent sont 
rédaction de procès-verbaux et nous indiquent le 
ieux la langue parlée et les mots usuels aux xiv 
xv siècles. Froissart écrit aussi (XI, 234): « Et 
ne font que gaber et desrisier des papes. »] (n. e.) 
Desrivement, s. ?h. L'action de dériver. (Dict. 

Cotgrave.) 



Desrobade (à la), adv. A la dérobée. (Brant. 
Cap. fr. t. m, p. 435.) 

Desrobbé, part. Secret, clandestin. De là, on 
a dit : 

i° « Un huis desrobbé » une porte secrète. (Voy. 
le Dict. de Cotgrave.) Nous disons encore en ce 
sens « une porte dérobée, un escalier dérobé, » 
c'est-à-dire soustrait aux yeux, à la connoissance 
des autres. 

2° « Un enfant desrobbé », un enfant sorti d'adul- 
tère. (Voy. Apol. pour Hérodote, p. 177.) 

Desrobbement, s. m. L'action de dérober (1). 
(Voy. les Dict. de Rob. Est. Oud. et Cotgrave.) 

VARIANTES : 
DESROBBEMENT. Rob. Est. Dict. 
Desrobement. Oudin, Cotgrave. 

Desrobbeur, s. m. Voleur. (Dict. de Cotgrave 
au mot Desrobbeur.) On lit desrobeors dans" une 
citation rapportée par Du Cange, Gloss. lat. au mot 
Desrobare (2). 

VARIANTES : 
DESROBBEUR. Cotgrave. 
Desrobeors. Du Cange, Gloss. lat. au mot Dosrcbare. 

Desi'ober, v. Oter la robe (3). 
Et il me defîende du dé 
Oui maintes fois m'a dérobé. (F. 1218, f. 283./ 

On trouve en ce sens desrobare, ranbare,robare, 
dans le Gloss. lat. de Du Cange. De là s'est formé 
le sens subsistant de dérober pour « voler (4). » 
Conjugaison : 

Desrobarent, au prêt, de l'ind. dérobèrent. (Rab. 
L II, p. 259.) 

VARIANTES : 
DESROBER. Sag. de Charron, p. 613. 
Dérober. Froissart, liv. II, p. Î34 (5). 

Desrobex-ie,s. f. Vol. (0. R. de F. t. III, p. 520.) 
Desroc, s. Ce mot semble un terme du jeu de 

dés, servant peut-être à exprimer l'instant auquel 

on les jette hors du cornet. 

Richemont mayne autant d'aventuriers 

Vrays innocens au desroc de dez et tlus, 

Comme Judas fut delà mort de Jésus. //. Marot,p. 60. J 

Desrochei". [Intercalez Desroeher, démolir: 
" Li Tyebre crut tant que il aloit souz les murs de 
" Rome et pluisours maisons desrocha. « fB. N. ms. 
de S' Victor, 28, folio 05, V% col. 2.)] (n. k.) 

Desroi. [Intercalez Desroi : 1° Attaque : « E 
« Reinouz od le suen conrei Comença le premier 
« desrei. » (Cbron. des ducs de Norm., v. 3757.) 
2" Désarroi, aux Miracles de Coincy, cités par Du 
Cange: « Un archier ot près de l'image. Qui grant 
« desroi el grant damage Faisoil souvent à chax de 
« fors. » 3° Désordres dans un gouvernement: « Il 



1) Ce sens date du xii" siècle: «Suranus ki donat az prisons à soi venans et à ceaz ki fuirent del derrobcmnit des 
mbars totes les choses lesqueiz il semblevet avoir el raonstier. » (Li dialoge Grégoire lo pape, 1876, p. 22'2.) (n. e.) 

2) II cite le continuateur de Guillaume de Tyr : « Grant partie de raarcheans et d'autres gens, qui estoient eschapés des 
rrazins et s'en aloient par mer chairent es mains des corsaires de.irobeors. » (n. e.) 

3) « Et si se desnue et desrobe Qu'ele est orfenine de robe. » (La Rose, v. 6175.) (n. e.) 

4) « Et li prevoz li conta que li morz estoient troi de ses serjans dou Clhastelet, et li conta que il aloient par les rues 
raines pour desrober la gent. » (Joinv., § 1 16.) (N. e.) 

5) Dans Froissart, il signifie dépouiller les personnes (II, 116) et piller les villes (VI, 177). (n. e.) 

T. 19 



DE 



— ISG - 



DE 



» ne pooiciU ne voloient \>\\is porter les desrois ne 
« les fais «lue li rois faisoil. >■ (Froissart, 11, 37.) 
/i° Défaut: « Quier-moi, fait-il un palefroi, lion et 
.< soef et sains deiroi. » (Parlonop. v. :>')'l'.) Par 
suite, l'expression à desroij signiliail peut-être en 
désordre, avec précipitation, sans mesure.] (n. e.) 

Dcsroidif, v. Déroidir. Oter la roideur. (Dict. 
de Monel et dOudin.) 

Desroicr. [Intercalez se dcsroier: 1° Se dé- 
bander, dans G. Guiart (v. 2i0.'>) et dans Froissart 
(Vil, 3(j) : a Si se aresterent li François, sans yaus 
« desroier devant leurs ennemis. » 2° Perdre con- 
tenance (Froiss. XV, 41): « En celle abusion il se 
" desroiii par foiblesse de chief. >> 3" Irriter, faire 
perdre contenance, dans la Chron. des ducs de 
>'orm. V. 10311. On a dit aussi desroyer, pour laisser 
en friche. (Cartulaire de Corbie 13, an. 1510, folio 
42, V»).] (N. E.) 

Desroller, v. EtTacer d'un rôle. (Dict. d'Oudin 
et de Cotgrave.) 

Desronipre. [Intercalez Desrompre: 1° Rom- 
pre, bouleverser, démolir: « 11 n'avoienl peniel ne 
" cengie, ne conlre-cengle, culière, bride, ne 
■> poitrail, que tout ne fuissent desromput et 
« pourri. » (Froiss. II, 178.) — « Il violèrent et 
» desrompirent trop diviersement l'abbeie de 
.< Castiau.x (kl., III, 271). » — « Tant le [Connay] 
>' constraindi par assaux d'enghiens... qu'il des- 
« j'om/jMes muis et les tours. » '2° Amortir: " lis 
« portoient larges sur leurs testes pour desrompre 
« le trait et le gel des pierres. » (Froiss. XI, 429.) 
3" Se desrompre, prendre On: « Li amours et la 
" compagnie de li et de ce Hue le Espansier se 
« desrompera (Id., II, 33). » — « Ainsi se desrompi 
« ceste fesie de nopces en tristesse et en anoy 
(Id., XV, 89). -.] (iN. E.) 

Desroudir, v. Oter la rondeur. (Dict. de Monet, 
Oudin et Cotgr.) Ce mot est rendu par decircinare, 
dans les Dict. de Nicot et de Rob. Est. 

VARIANTES : 
DESRON'DIR. Monet, Oudin. 
Derondir. Nicot. 

Desrondissement, s. m. L'action d'ôler la 
rondeur. (Dict. de Monet.) 

Desi'oter. [Intercalez Desroier, dégager : » Le 
« suppliant aidoit à desroter un chiwiol d'une mare 
« ou raaque où il estoit. » (JJ. 148, page 280, 
an. 1395.)] (N. E.) 

Desroutei". [Intercalez se desrouter, cbanger 
de chemin pour dérouter les chiens : « Mult dure- 
« ment se desroutu Li lièvres qui les chiens douta. » 
(Rutebeuf, 290.) Voir Dérouter.] (n. e.) 

Desrouyllei". [Intercalez Desromjller, fourbir, 
au Gloss. 7084, sous erubiginare.] (n. e.) 

Desrouylleur. [Intercalez Desroinjlleur ou 
fourbisseur, sous eruginator. (id.)] (n. e.) 



Desroyauter. [Intercalez Desroyautcr, dé- 
trôner, dans la Consolation de Boèce (Du Cange, V, 
005, col. 2), à propos des rois de Rome: " Leur 
« réauté leur fust oslée. Et fu le roy desroyaulé El 
« eiïacié de la cité. »] (n. e.) 

Desroyne, s. Nous n'entendons pas ce molqut 
nous trouvons dans cet unique passage : « ijuilier 
« homme, ou femme en la teste par quoy il soi 
" plaie ou il conviengne mettre tente, celuy oi 
« celle qui le fait sans cause le doit amender d( 
X IX. s ; ou qui le peçoie de ses membres, et s'il es 
» rongné par la leste, des m. premières desroyne 
« l'amende est de chacune lx. s. et si plus en y a U 
« par an sommet est au taux du juge selon Testa 
« de la personne. » (Ane. Coût, de Bret. fol. 35.) 

Desrubant, Desrube. [Intercalez Desrubant 
Desriibe, précipice, dans Girars de Viane (v. 3793) 
« Par ces vallées et par ces desrubant », et dam 
Agolant (v. 310): « Vers un desrube se voloi 
« aprocier. »] (x. e.) 

Dessacrement, s. m. L'action de rendre pro 
fane. (Dict. de Monet.) 

Dessacrer, v. Rendre profane. (Dict. de Monet 
Nicot, Cotgrave et Oudin.) 

VARIANTES : 
DESSACRER. Monet, Nicot. 
Desacrer. Oudin. 

Dessaffré, adj. Dédoré. Le contraire di 
« safré " qu'on verra ci-après pour la couleur di 
safran, c'est-à-dire dorée. 

Là ot tante large cassée, 

Et tante broigne dessaffrée. [Blanch. f. 183. j 

Dessaigniei*. \{\\[erc5.\ez Dessaignier , et voye 

DesI'LAOUIER.] (>■. E.) 

Dessailler. [Intercalez Dessailler, descelle 
(JJ. 101, p. 49, an. 1400): « Le suppliant et un- 
« baisselle ou chamberiere dessaillerent et ou 
« vrirent ledit escrin. »] (x. e.) 

Dessaisine, s. f. Privation de possession, ces 
sion. Proprement l'action de se dessaisir; le con 
traire « d'investir (1). >■ (Voy. les Dict. de Cotgr. e 
d'Oudin, et le Gloss. de FHisl. de Paris.) « Sur c 
« donner, et passer lettres de renonciation de lais 
« cessions et transport, dessaisinc, saisine dequit 
« tance, et autres valables à mon dit. seigneur. 
(Godefr. Rem. sur l'IIist. de Charles VII, page 820 
" Il sentoit une future grande incommodité de 1: 
- dessaisie de ce prieuré tant bon. ■> ^Moyen di 
Parvenir, page 83.) On voit dessaisina et dissaisini 
pour " dessaisissement » dans le Glossaire latin d 
Du Cange. 

VARIANTES : 
DESSAISIXE. Godefr. Rem. sur THisl. de Ch. VU, p. 820. 
Dessaisie. Moyen de Parvenir, p. 83. 
Dessesine. Ord. t. I, p. 157. 
Dessezine. Beaumanoir, p. 167. 
DissAisiNE. Skinn. Voc. forens. Expos. 
Disseisi.me. Rritt. Loix d'Angl. fol. 83, V". 
DissESON. Carta magna, fol. 40, V". 



(1) Cette dessaisine se faisait en Alsace per porrcciionein calami, et en Dauphiné per trculUionein calami, entre les main 
du suzerain, possesseur du domaine éminent. (n. e.) 



DE 



— U'i 



DE 



Dessaisiiier(se), OJ. Se dessaisir, se dépouiller. 

Item à mes pouvres clergeons, 

Auxquelz mes tiltres resignay, 

Beaulx enfans, et droitz comme joncz ; 

IjÇS voyans m'en dessaisiiunj. (ViUo)i, p. G3.J 

Dessaisir, v. Dépouiller. « Nous deffendons 
I que il ne dessaisissent personne nulle, de chose 
; que il tiegneni, sans cognoissance de cause. » 
Ordonn. des R, de Fr. t. I,'p. 81, art. 23.) On voit 
lesaisire, desesiare, dissaisire dans le même sens, 
lu Gloss. lat. de Du Gange (I). 

VARIANTES : 
DESSAISIR. Ord. t. I, p. 81, art. 23. 

D1S.SAISIR. Skinner, Voc. forens. E.\pos. 

Dessaisonner, v. Changer l'ordre des temps. 
)n disoit « dessaisonner leslerres « pour changer 
eur culture, « rfessa?so?iH«'les boisou leseslangs » 
tour faire des coupes de bois et pêcher les éla'ngs 
lors le temps accoutumé. (Du Cange, Gloss. lat. au 
QOt Satio.) (2) 

Dessambler. [Intercalez Dessambler: 1- Dé- 

■uiser: « Saint Fi-ançois se dessambloit souvent, 

pour ce que li cognoissant ne le cogneussent. « 

3' Victor, 28, fol. 205, V°, col. 2.) 2° Séparer: 

Icellui Jaquin eust pris ledit Molu et geté par 

terre; lesquels ledit Jaucon dessambla. «"(JJ. 100, 

<. 600. an. 1370.) De même au reg. JJ. 118, p. 412^ 

n. 1380 : « Lesquels ledit Guiot et Mularl s'entre- 

prindrenf et combien que Te-Kposant fust tout 

son pouvoir pour les dessemhler. »] (n. e.) 

Dessareg, v. au parfait de l'indic. Décocha. 

tôt du patois Languedocien. (Voyez Dict. de Borel, 

u mot Béguines.) 

Dessargement, s. m. Décharge. « Pour mon 

dessargement, pluseur fois vous'ay escript; par- 

quoy en ordonnerez ce qui vous plaira en eslre 

fait. » (Lett. de Louis XII, t. Ht, p. 71). ) 

Dessarter, v. Essarter, extirper. Nous disons 

essarter, » défricher une terre, en arracher les 

ois, les racines, etc. On trouve exartare dans le 

lême sens au Glossaire latin de Du Cange (3). Dessar- 

??■, au figuré, s'employoit pour exiirpèr, déraciner. 

IS'e nus plus grant bien , un pour un , ne puet 

estre en baillis (lue dessarter les mauves hors des 

bons pour radeur de justiche. » (Beauman, p. 8.) 

Dessauchier, v. Détourner. 

Cou tesmougneres a enuis 

Que me doie dessauchier 

D'estre au bon ma mie toudis. (P. V. 1490, f» 135.] 

Dessauvager, v. Apprivoiser. (Dict. de Cotgr. 
tOudin.) 

Elle dessciuvngea le siècle encor sauvage, 
Combatit l'ignorance, etc. {Jamin, f» S3.] 



Dessavoir, v. Désapprendre. Ce mot est rendu 
en latin par descire dans le Glossaire du Père 
Labbe, p. 498. 

Dessavouré, adj. Insipide, qui est sans saveur. 
" Celles surtout qui se mettent îi l'amour, et si elles 
« ne scavent rien dire, elles sont si dessavourées 
« que le morceau qu'elles vous donnent n'a ny 
goust. ny saveur. » (Brantôme, Dames galhintes, 
t. I, p. 320.) 

,Ie ne voil pas le don dessavouré 
Ke on conquiert aveques fauseté. 

M'" Gnuliers d'Argies, Po6s. MSS. avant 1300. t. m, p. 1129. 

Desseeler, v. Lever le scellé. (Dictionnaires de 
Nicot et Cotgrave.) 

Dessegier. [Intercalez Dessegier, délivrer 
d'un siège (Froiss. IV, 56): -< Ce seroit noble 
« aventure se il pooient dessegier ledit chasliel. » 
Comparez 111, 18 ; V, 185 ; VIII, 226.] (k. e.) 

Desseignemant, s. m. L'action de dessiner 

(Dict. de Monet.) 

Desseigner, v. Dessiner *. Désigner °. Pro- 
jeter '=. 

* Dans le sens propre et littéral, c'est faire un 
dessin, un plan, (Dictionnaire de Monet.) « Bien 
« desseigner le plan. « (Dial. de Tahureau, p. 89. 
— Voyez Kntret. de Felibien, t. I, p. 48 et 52.) ('/) 

^ Au figuré, c'est prescrire, désigner.... «Les 
« hommes qui se sentent de longtemps affoiblis, 
« j)ar quelque indisposition, se rangent enfin h la 
■' mercy de la médecine, et se font desseigner par 
« art certaines règles do vivre. " (Ess. de Montaig. 
t. I, p. 399.) 

'^ Enfin on a dit desseigner pour former un des- 
sein, prendre une résolution, projeter. (Voyez le 
Dict. de Monet.) On a dit de Montaigne : « Quant au 
« Grec, son père desseigna de le luy faire appren- 
« dre par art. » (Vie de Mont, tome I, de ses 
Essais, p. 4.) 

Ainsi Thisbé, en sa douleur despite, 

Toute en fureur encontre soy s'irrite, 

S'esbat, se plaint, et sa mort desseignant, 

En ces lamants alla se complaignant. (Baïf, f" i05.) 

(Voyez Œuvres de Théophile, 3' partie, p. 128 ; 
Essais de Montaigne, t. I, p. 260 ; Ibid. p. 512.) 

Desseinljlahle, adj. Dissemblable, différent. 
Dessemblant, dans S. Bernard, répond au latin dis- 
siniiiis. (Voyez Signes du Jugement, ms. de S. Germ. 
fol. 25, R" col. 1 ; Poës. Mss.'d'Eust. Deschamps (.5), 
fol. 407, col. 2 ; Percefor. vol. V, folio 78, V» col. 1 ; 
Tri. des IX Preux, p. 121, col. 2.) 

VARIANTES : 
DESSEMBLABLE. 
Dessemblant. S. Bern. Serm. fr. MSS. p. 36 et passim. 



(1) Le sens juridique apparaît dès le xiF siècle (Th. de Cantorbéry, 108) : « Car dessaisi: ne volt pur nule rien plaidier » 
e même aux Assises de Jérusalem, 103 ; « Quant aucun dessaisist autre d'aucune chose, et celui qui a esté dessaisi viaut 
îcouvrer sa saisnie. » (N. E.) 

(2) Il cite la Coutume de Berry, tit. V, art. 46. (n. e.) 

(3) On y lit, d'après une charte de Commercy (an. 1312): « Et ne deoient lesdites pourteries rien vendre desdits bois et 
onner ny dessarter sans l'octroie desdits signours. » (N. E.) 

(4) Régnier écrivait encore (Elég., II) : « Comme un homme Qui dessigna de rœil mille châteaux en l'air. » (n e ) 

(5) C est la forme dans l'Ethique d'Oresme (141, 247). (n. e.) 



DE 



- 148 — 



DE 



Dessemblablement, adv. D'une façon dis- 
semblable. 

Cliascun so doit à son per assembler 
l'our vivre, non dessemblablement : 
Homme et femme voy en ce trop errer, 
Foulz est vieulx homme qui jeune femme prant. 
Vissemblés sont en leur marier. (Desch. ("O.J 

VARIANTES : 
DESSEMBLABLEMENT. Chr. de S. Denis, t. I, fol. 224, V". 

DiSSE.MDLADLKME.NT. Oudill, Dict. 

Desseniblance, s. f. Différence. « II fut 
« esgardé que nul ne pust faire monnoie semblant 
-. à la monnoie le roy, qu'il n'y eut dessemblance 
« apperle, et devers crois et devers piles, et que 
« elles cessassent eslre faites dès lors en avant. » 
(Ord. des H. de Fr. t. I, p. 614 bis.) 

Dessembler, v. Etre dissemblable. « Voulen- 

« tiers ressemblent de fourme, si le viandeis 

« ne les fait dessembler. » (Chasse de Gaston 
Phébus, Ms. p. 185. — Voy. d'autres acceptions sous 
Desasse-mbler.) [Voyez aussi Dessambler]. 

Dessemeler, v. Dessoler. (Oudin et Cotgr.) 
variantes : 

DESSEMELER. Cotgrave. 
DissEMELEn. Oudin, Dict. 

Dessenarder. [Intercalez De£senarder, dé- 
fricher, dans une charte de 1485, au Cartulaire de 
Lagny.] (n. e.) 

Dessendu, part. Descendu. (Voyez Ordonn. 
des R. de Fr. t. I, p. 484.) 

Desseuir, v. Le sens de ce mot n'est pas cl?ir 
dans cet unique passage où nous le trouvons : 

Helas, que porrai devenir '? 

Bien me doit li cors dessenir 

Quant il m'estuet a ce venir. 

Que ferai las ! (Fabl. MS. R. n» 75iS, f" S99.] 

Desseoir, v. Déplaire (1). 

Vos plaisirs ne me puet desseoir. 

VVill. li Viniers. Poês. MSS. av. 1300, t. Il, p. 8G4. 

(Voyez Poës. mss. du Vat n<> 1490, fol. 34, V°.) 
Desserpilleur, s. m. Voleur de grand chemin. 
(Dictionnaires d'Oudin et de Cotgrave.) >• Sacrilèges, 
« desrobeurs, et desserj)il leurs de passans les dits 
<i chemins, depopulateurs des champs. » (Coutum. 
d'Anjou, au Coutumier général, t. II, p. 65.) Aliàs 
escharpilleur. (Voyez ibid. p. 122, et Esciiarqilleur 
ci-après.) 

Desserre , s. f. L'action d'abandonner, de 
lâcher une chose que l'on tient. J. Marol, p. 29, dit 
des Genevois, qu'on obligea de se défaire de leurs 
armes : 

.... Touchant la desserre, 

Ne doublez pas qa'ilz semblent l'arbaleste (2) 

Vielle et caducque, à desbender mal preste. (Mar. 20.} 

Desserrer, v. Déploier* (3). Ouvrir^. Lâcher, 
abandonner"^. Assener °. Ce mot subsiste sous la 



première orthographe avec diverses acceptions que 

nous ne rapi)ortons pas. 
* On l'employoil autrefois pour déployer. « Des- 

« serrer le Iref, » déployer la voile. 

La belle Vrake entre en la nef, * 

Et fait tost desserrer le tref (4) m 

Et commande as notoniers, I 

Si con il ont lor menbres chiers, 9 

Qu'il la nioinent, s'il ont bon vent, 1 

Droit à Nantes paisiblement. [Parton. de lil. f" i43 ) | 

^ De lù, on disoil se desseirer, en parlant des' 
fleurs, pour » s'ouvrir, s'épanouir. ■> 
Les bois, les prez, les champs, la terre 
Senlent nouvelle robe querre : 
En ce doulz mois plain de verdure, 
A donc mainte flour se dc.sseire, 
Que chascun doit joieus requerre. (Desch. f' 72. J 

'^ Celte acception, employée au figuré, produisoit 
celle de lâcher, abandonner, et l'on disoit en ce 
sens « se desserrerde sa terre, » pour s'en dépouil- 
ler. (Villon, Rep. fr. p. 9.) C'est par une application 
de cette même acception qu'on a dit en parlant 
d'une tête coupée qui tombe du tronc : 

Li chaignons du col li faut. 
Qui de la gueule li de^^erre, 
"Tôt ensemble cliient à terre. 

Fabl. MSS. du K. n' 1615. 1. 1, fol, HO, V col. 1. 

° Enfin desserrer signifioit « frapper. • De là 
desserrer, pour frapper un coup, le laisser tomber, 
a l'asséner. » Nous le disons encore quelquefois en 
ce sens. 

Dresse le bras bien haut, puis comme une terapeste 
Desserre le poignard trois coups dessus sa teste. (Desp. 461.) 

variantes : 
DESSERRER. Œnv. de Desportes, p. 467. 
Desseirer. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 72, col. 3. 
Deserrer. Fabl. MSS. du R. n° 7615 , t. I, f» 129, V" col. 1. 

Dessert, s. m. Desserte, ce qui reste d'un repas. 
■> Le semblable fit-il, quelque temps après, de sept 
■■ pains, et quelques petits poissons, ù une autre 
« grande troupe de gens, et lors aussi les Apostres 
« recueillerent sept corbeilles pleines du dessert. » 
(Lettres de Pasq. t. II, p. 620.) 
variantes : 

DESSERT. Qém. Marot, p. 81. 

Deskrt. Percef. vol. VI, fol. 101. 

Desserte. [Intercalez Desserte , mérites ou 
démérites (voir déserte) : » Le duc d'Irlande estoit 
« banny et eschacié pour ses démérites et ilessertes 
« hors du royaume d'Angleterre. » (l'roissart, XIV, 
32.) « Ce seroit grant cruaulté se moy, qui sui pris 
« en fès d'armes, moroie villainnement et sans 
« déserte. « (Froiss. IV, 348.) De même au reg. 
JJ. 117, p. 152, an. 1380: « Jaquet par courage 
" couroucié et de volenté desraisonnable et sanz 
" ilessertc, donna une grant butTe du poing audit 
« Gilet. « Par suite, iTsigniliait salaire, prix des 
services rendus: « Il leur sembloitque le seneschal 



(1) On lit encore au Nouv. Rec. des Fables et Contes, II, p. 143 : « Riens que voulez ne me dessiet. » (n. e.) 

(2) « Il ressemble les arbalosles de Cognac ; il est de dure desserre. » (Oudin, Cur. fr., p. 16.) (n. e.) 

(3) Au sens de détacher, voyez G. Guiart, v. 1822 ; Agolant, v. 945. (n. e.) 

(4) Par suite, deserrer eut pour complément nefs au lieu de trefs : « LI venz vanta devers la terre Qui les nefs tost del 
port desserre. » (Benoît, II, 1007.) (n. e.) 



DE 



149 — 



DE 



« de ladite église avoit mal paie leur salaire ou 
« desserte. -. (.U. 158, p. 25, an. 1403.)] (n. e.) 

Desseruer, v. (Peut-être faute pourDEssEVREn.) 
Quitter, du latin deserere. 

Il n'est si grant dolor com d'amors desseruer. 

Fabl. MSS. du R. n" 7218, fol. 27i, R* col. 1. 

Desservir. [Intercalez Desservir: 4° Faire le 
service: « Je suis tenus à obéir et ù desservir le 
« fief pour reson de l'hommage que j"ai fet. » 
(Beaum. XU, "2.) 2° Mériter: « iN'a deservit que 
<■ allie bien il ait. » (Roland, v. 3740.) De même 
dans une charte de 1312 (Du Gange, II, 217, col. 1): 
«■ Item d'un vallet, appelle Guiot Breton, (jui fut 
t> pendu ;"! Ghartres; trouvé est que il l'avoil bien 
" desservi. » G'est le sens dans Agolaiit, p. 85, 
col. 2 ; Berte (couplet XVIII) ; la Rose, v. 4200, etc. 
3° Récompenser, punir, avec le datif delà personne 
et l'ace, de la chose (Froiss. XV, 223).: « Nous 
« vous en sçaurons gré et à desservir à vous et aux 
« vostres. »] [a. e.) 
Desseurer, v. Assurer. (Dict. d'Oudin.) 
Desseureur, s. m. Qui sépare, du verbe desc- 
verer, séparer, ci-dessus. » Les nrdislresdcsseureiirs 
« et cerquemaneurs, » pour les jurez experts en 
matière d'arpentage et de bornage. (Voyez Goutum. 
de Douay, au Nouv. Goût. gén. t. II, p. OltO.) 

Desseurté, s. f. Défaut de sûreté. « N'avoit en 
« sa manière arrest, ne fermeté en sa contenance, 
« dont assez donnoit à congnoistre la desseurté, et 
« souspeçon de son cuer. » (Alain Gharlier, 
l'Esper. p. 265.) 

Or me créés 

Que de feme qi si soit aceullans, 

N'ert jà li cuers en ferme amour manans ; 

Car aussi tost ert uns autres privés 
De li, con jeu ; c'est grans (Jesseurtés. (P. V. ti" 1400, iGG.l 

VARIANTES : 
DESSEURTÉ. Poës. MSS. du Vat.'n" 1490, fol. 1C6, R». 
Desseuketé. ai. Chartier, l'Espérance, p. 265. 

Dessevellr, v. Déseusevelir. (Oud. et Gotg.) 
Dessicement. [Intercale.-î Dcssieement, dans 
un Gloss. lat. (Du Gange, IV, 6, col. 2): « Lacera- 
« men, decopemens, dessicemens. »] (n. e.) 
Dessiece, v. Messied. 

Chose dite qui me dessiece 
En aige or esté grant pièce 
mon seignor sans vilenie. (Fabl. S. G. [•• 88. J 

Dessillement, s. m. L'action de dessiller les 
yeux. (Dict. d'Oudin.) 

Dessimer, V. Diminuer la nourriture. G'est le 
sens que ce mol présente dans ce passage : « Avant 
« que tirer voslre oiseau de la mué.... faut le 
« commencer h dessimer et restraindre son pasl. » 
(Artel. Fanconn. fol. 101, \-.) 

Dessii*. [Intercalez Dessir, desceller, démolir, 
dans les Gart. de Gorbie (Du Gange, II, 885, col. 2) : 
« Fut donné congié à Jehan Baye marchand pour 
« dessir et rassir deux ou trois quarreaux de grez 
« au devant de son huis. « — « A esté donné 



« congié... pour une maison dessir, abbatre et 
« mettre jus. • La racine est de et sedere.^ (n. e.) 

Dessi-tost-que, conjonct. Aussitôt que. (Voy. 
Duclos, Preuves de Louis .\I, p. 129.) 

Dessoivemant, s. m. L'action d'étancher la 
soif. (Dict. de Monet.) 

Dessoiver, v. Etancher la soif. (Dictionnaires de 
Monet, Oudin et Gotgrave.) Se dessoiver, se désal- 
térer. (Dict. de NicoL — Voyez Œuvres de Remy 
Belleau, t. II, p. 13.) De là, au llguré : 

Pour donq' la rendre contente, 
Vien de mille doux plaisirs, 
Recompenser son attente 
Et dessoiver ses désirs. (Durant, à la s. Je Bor.nef. p. i63.J 

COiNJfGAlSON. 

Dessoivre, pour dessoive, h l'indicatif. DésnUère. 
Ph. Mouskes, en parlant de l'armée de Charlemagne 
qui manquait d'eau, dit : 

Lors si fist si caut, et si biel 

Que les aiguës, et li ruissiel 

Secierent ; si n'orent que boire, 

Par la calour, ki leur dessoivre. (Mouskes, p. 00.) 

Dessoler, v. Dessoler*, Exiirper, arracher ^ (I). 

* Dans le sens littéral, c'est arracher la sole du 
pied d'un cheval, et ce mot subsiste en ce sens sous 
la première orthographe. On écrivoit aussi des- 
soûler : 

Com ceval dessoûle. (Ph. Moxtsk. p. 599.) 

^ Au second sens, on disoil : " Quant au lot et 
« partage de la ditte veuve eschet aucun bois de 
» couppe, elle ne le peut dessoler, ne faire abbatre, 
« sinon par couppes, et lontures ordinaires en sai- 
« son convenable, et en doit user comme usufruc- 
» tuaire, et bon père de famille. ■> iGout. d'Am. au 
Goût. Gén. t. I, p. 597.) Ge mot se dit aujourd'hui 
pour changer la division des terres de labour, et ne 
les pas ensemencer ou cultiver en la manière 
accoutumée. (Dict. de Trévoux.) 

VARIANTES : 
DESSOLER. Orth. subsistante. 
Dessoûler. Ph. Mouskes, MS. p. 599. 

Dessomeiller, v. Eveiller. 

Chacun tu dessoiHDteiUes, 

Mais sur tous tu reveilles 

Celuy qui ardant sçut 

Le mestier des neuf muses. (Baïf, f" i^S.J 

Dessonger, v. Songer *. Réveiller °. 

* La première syllabe" explélive forme le premier 
sens que l'on trouve dans le Dict. d'Oudin. 

^ La même syllabe négative forme un sens 
opposé, et Ton disoit alors se dessoiiger, pour se 
réveiller d'un profond sommeil ou d'un songe. 
(Dict. de Nicot et Mouet.) 

Dessonier. [Inlercalez/)t'.s'.soH«c/', débarrasser; 
« Et doit dessonier ces choses davantdites de 
>< toutes rentes et de toutes droitures qu'elles 
« dolent. « (Du Gange, III, 101, col. 1, an. 1270.) 
« Et doie dessoHiiier k mien toutes choses d'a- 
« vanldiles et retenir. » (Du Gange, an. 1280.) De 



(1) Proprement enlever du sol : « Porter pierres et dessoler les paveraens. » (Froiss., VIII, 360.) (n. e.) 



DE 



— 150 — 



DE 



même dans Froissart (V, 47): « Car il ne se pooieiU 
• aidier ne dessonuyer li uns par l'autre. »] (,n. e.j 

Dessorcelemant, s. m. L'action de désensor- 
celer. I»ii;l. de Monet.) 

Dessorceler, v. Désensorceler. (Diction n. de 
Monet et Colgrave.) 

1. Dessoubz, s. m. Désavantage (I). 

Mais dire oy, il a passé dix ans, 
Qu'a leur dessaub: qui erent toudis aloingne, 
Pour mettre sus leur fait, et leur besoingne. 
Et puis courent le rogne à gi-ans eslais. 

2 Dessoubz, prép. Dessous ("2). (Voy. ci-devant 
Di'SEiR et ci-après Dessous.) 

Dessouh/ aagc. adj. Mineur. Ce mol désigne 
en gf'nrra!, qui est au dessous de l'âge, et s"enlënd 
spécialement de Tàge de minorité. « Vous lareque- 
" rez que elle advoiie vostreentrepriuse, et ce que 
<• vous ferez au nom d'elle en requérant son lieri- 
<■ iage, qui pas n'est merveille, beau sire, lapucelle 
« est jeune, et dessoubz aaye, si peut peu valloir 
« eucôres son adveu, et octroy. » fPerceforest , 
vol. Mil. V" col. 1.) 

On disoit aussi : « Dessoubz nage d'homme, » 
pour au dessous de l'âge viril. « Si avoienl les 
" clieres si vives, et si aspres de leurs aages, que 
» combien qu'ilz fussent dessoubx- aages d'hommes 
« leur visage demandoit l'escu et le haulbergeon. » 
(Percef. vol. Il, fol. 35, R° col. 1.) 

Dessoude (à la), adv. A lasourdine,ou peul-èlre 
soudainement, h i'improviste: « Hallebardes retirées 
« dans les champs, bourdons, et toutes autres 
« cachées, et couvertes qui se tirent à la dessoude, 
« poudre sourde, arquebuses qui tirent sans bruit, 
« etc. » vMonb.DesGag. de Cat. p. 23.) « Ils vont, ils 
viennent, ilslrotient, ils dansent ; de mort nulles 
« nouvelles; tout cela est beau ; mais aussi, quand 
" elle arrive, ou à eux, ou à leurs femmes, enfans et 
» amis, les sorprenant en dessoude, et au découvert, 
« quels tourmens ! Quels cris ! Quelle rage et quel 
« desespoir les accable. » (Ess. de Montaig. 1. 1, p. 08.) 

Dessoudemant. s. w. (Oudin.) 

Dessouder, v. Oler la soudure *. Détruire °. 

* On trouve dessoulder en ce sens dans le Dict. 
de Mcot, et il subsiste sous l'autre orthographe. 

^ En généralisant l'acception, l'on a ([[[dessouder 
pour » détruire » : 

Jlais les fleuves débordez, 

Qui du sainct Parnasse sourdent, 

Courent à flots débridez, 

Qui les campaignes essourdent ; 

Ores leurs fors bras dcsnoudcnt 

Leurs ponts, escluses et ports. 

Qui fertilisent leurs bords 

Ue mile palmes gaignées. [J. du Bell, f" 93. j 



VARIANTES : 
DESSOUDER. Orth. subsistante. 
Dessoulder. Nicot, Dict. 

Dessoudre, v. Résoudre *. Dissoudre °. 

* Le premier sens de ce mot est rendu par le 
latin snncire, statuer, dans le Glossaire du Père 
Labbe, p. 523. 

^ La syllabe des, prise comme négation, le même 
mot a signifié dissoudre. (G. Guiart, ms. f" 315.) 

Dessoudure, s. /'. L'action de dessouder. (Dict. 
de Monet et d'Oudin.) 

Dessouir, i'. Terme de coutume. « Détenteur 
» d'immeubles , par emphythéoses , ou longues 
" années, ou en ascensement perpétuel, est tenu 
« de deventer, dessouir, et payer la pension, canon, 
« ou cens annuel autrement escheus, bien qu'il 
» n'en soit autrement interpellé. » (Coût, de Gorze, 
au Nouv. Coût. gén. t. Il, p. 1082, col. 1.) 

Dessous, prépos. Dessous, au dessous, en bas. 
Ce mot, dans S. Bernard, répond au latin sub et 
infi'à et deorsuin. On lit desub dans le même sens 
au Gloss. lat. de Du Gange. Remarquons les expres- 
sions suivantes : 

1° « Au dessous, » pour au dessous de. « Enfans 
« au dessous trois ans. " (Sag. de Charron, p. 187.) 

2° » Dessous la grand messe, » pour après la 
grand'messe. « La vente des biens feudeaux se doit 
" dénoncer en les paroisses des lieux, et seigneu- 
« ries sous lesiiuelles ces rentes, et biens à vendre 
« sont situez, trois fois, toujours avec entremise de 
« quinze jours, sur le dimanche, dessous la grand 
« messe. « (Coût, de Bruxelles, au Nouv. Coût. gén. 
t. I, p. 1252, col. 1.) 

3° « An dessous, » par deh'i. « Deux cents au des- 
" sous, » pour deux cents et pas au delà de ce 
nombre, tout au plus deux cents. Dans la Capitula- 
tion de S. Dizier, en 1541, on lit : « Item a accordé 
« iceluy S' Viceroy, bailler sauf conduit, que de 
■< France puisse venir deux cents courtauts au des- 
« sous, conduits par serviteurs , lesquels seront 
« délivrez aux sieurs gentilshommes, et gens de 
« guerre estant en la dite ville, le jour qu'il en 
« sortiront, afiin qu'ils s'en puissent aller à cheval. » 
(Brant. Cap. fr. t. I, p. 414.) 

4° « Aller au dessous. » Marcher à la droite. 
C'éloit une plus grande marque d'honneur que 
« d'aller au dessus. ■> « Celle qui allolt. au dessous 
» de Monsieur avoit plus d'honneur que celle qui 
« alloit au dessus. » (Honn. de la Cour, p. Set 6. ) 

VARIANTES : 
DESSOUS. 

Desos. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. lit et 223. 
Desoz. s. Bern. Serm. fr. MSS. p. 29 et passim. 



(1) 11 signifie encore bas du dos : « Icellui Pierre lors non estant en bonne disposition de raison... monstra audit Rochet 
son dessoHz tout nu, en lui disant que autrement ne seroit paiez. » (JJ. 118, p. 68, an. 1380.) De là, mettre à son dessoubs, 
renverser sur le dos : « Lesquelz eussent icellui Guillaume par telle manière accueilli et mis à son dessous, que pour avoir 
secours ne sot trover autre remède que de crier. » (JJ. 105, p. 470, an. 1374.) Dans cette position, on est à son désavantage : 
« Icellui Pierrequin dist... que s'il pouvoit trouver ou rencontrer ledit Colin à son dessouh:, qu'il le rueroit jus et afïoleroit. » 
(JJ. 189, p. 485, an. 1460.) (n. e.) 

(2) « Les fiefs par dessouh: sont ceulx qui dessendent des fiefs chevelz, et sont soubmis à eulx. » (Coût, de Norm.; Du 
Cange, IH, 270, col. 3.) (n. e.) 



DE 



— 151 - 



DE 



Dessoiistrame , adj. au [ém. Lisez peut- 
être desouslraine pour sousteraiiic. Dasse. Il paroit 
que l'expression <^\\\\edessoiisl)'aiice, » clans Froiss. 
signifie « basse ville. » L'éditeur croit qu'il faut lire 
dessoustraine. «....Quand les gens d'armes relour- 
« nerent, ils meirent le feu en la dessouslmnic [voy. 
« Desoustrain] ville de Meaux, et l'ardirent toute, et 
« les vilains du bourg, ce qu'ils en peuvent dedens 
« enclorre, pour ce (Qu'ils estoyent de la partie des 
« Jaquiers. » (Froiss. liv. I, p. 200.) 

Dessouvenir, v. Oublier, perdre le souvenir. 

Pour eslongier, ne départir, 

Ne pour longeraent demeurer, 

Ne doit dame dessouvenir, 

Son loial ami. (l'oës. Vat. iv -1490, f" 03.J 

Dessuivre, v. Poursuivre sans relâche. 

Ainsi poursuivent 

Amans leur vouloir, et dessuive}il : 

Désir plus que raison ensuivent. (Cliartier, p. OHO.J 

VARIANTES : 
DESSUIVRE. Poës. d'Al. Cliartier, p. 656. 
Desuivre. Modus et Racio, MS. fol. 191, R». 

Dessus,flf/i'.Dessus, en haut, plus haut et devant 
ou ci-devant (1). Desore, dans S. Bernard, répond au 
latin tiiiperiùs, siiprà et siirsunt. Nous n'avons sur 
ce mot, qui subsiste, ([u'à rappurlcr que](iucs an- 
ciennes expressions dans lesiiuelies on l'emiiloyoit. 

1° « Dessus dessous. » <■ Ce que dessus dessous, >> 
pour sens dessus dessous (2). (Voy. Dialogue de 
Tahur. p. 148 ; Lettres de Pasquier, t. I, p. 141 et 
142 ; Nuicts de Strap. t II, p. 231, etc.) 

2° « Dessus en sus, » tout en haut; au sommet. 

Illec dejouste avoit un mont, 

Dessus en sus ouques roont 

Touz ert couvers de buissonnez [R. de Bntt, f" 30. j 

3° « Etre au dessus, » être maître. Le fils naturel 
du comte de Foix, après la mort de son père, vou- 
lant se saisir de son trésor, dit au portier qui ie 
gardoit : - Monseigneur mon père est trépassé, je 
« veux estre au dcssusûQ son trésor, avant (|ue nul 
« y vienne, et se fil ouvrir (3). « (Froissarl, liv., IV, 
p. IIG.) " Au dessus estes delà gaigeure, » pour 
vous avez gagné la gageure. (Gérard de Nevers, 
1-parl. p. 34.) 

4° « Etre à son dessus. » Etre au comble de ses 
désirs : 

Ils estoient tous vestuz de pars, 
A rouges chapperons dessus, 
Accueillans gens de toutes pars, 
Ca.1 Hz estoient a leur dessus. 

Vig. de Charles VII, t. II, p. 76. 

5° « Venir au dessus, » venir à bout. « Venir au 
« dessus àe nos ennemis. » (Rabelais, t. II, p. 210.) 



" Entreprit de venir au dessus d'une des grandes 
« dames de la ville. » (Ihid. p. 102.) 

Vc/iir do son fait au dessus. (Coquill. p. 111 .j 

G° « Porter au dessus de soy , » ôter, se des- 
saisir. « Et pour l'ouvrage que chascun emporte, 
« il est tenu de rendre loyer, et par especial les 
« chevaliers luy doivent envoyer leur annel : mais 
« ne pensez point que les retienne, car onc(iues 
<! nul n'en retint, ains leur envoyé. Chère damoy- 
^< selle, distDennucq, ceste acouslumance ne veulx 
« je pas rompre, mais tant aime mon annel que pas 
« voulenliers ne le oseroye porter en dessus de 
« motj, que présent ne fusse. ■■ (Percefor. vol. IV, 
fol. 150, V" col. 2.) 

7° « Par dessus.-» Supérieur (i). (CI. sur les Coût, 
de Beauvoisis.) 

VARIANTES : 
DESSUS. Orth. subsist. : Perard, Ilist, de Bourg, p. 502. 
Desus. Chans. MSS. du C" Thib. p. 151. 
Desut. Rymer, t. I, p. 114, col, 2, titre de 1270. 
Deseur. Carpentier, llist. de Canibray, t. II, p. 18. 
Deseure. Duchesne, Gén. de Béthune, p. 1.52, tit. de 1237. 
Desore. S. Bern. Serni. fr. MSS. p. 8 et passim. 

Dest. Ce mot peut être signifie est, comme on a 
vu da pour a du verbe avoir. Le lecteur en jugera 
par le passage suivant : 

Jou di que, dedens ce ans, 

Sont veues coses plus grans 

Qu'en c. mil devant ; li clergiés 

En dcst par tout li mious logés. (Mous!;, p. 807.) 

Destabler. [Intercalez Destabler, mener hors 
de retable : « Avant que chevauls ne mulet fuissent 
« destablés ne troussés. " (Froiss. XI, 330.)] (n. e.) 

Destacher, w. Partir, s'avancer. Ce mots'appli- 
quoit aux choses et aux personnes. On disoit des 
pierres tiue lançoient les machines qu'elles faisoient 
grand bruit au destacJiler, en parlant. (G. Guiarl, 
jis. fol. 140, R°.) On disoit des soldats qui's'avancent 
vers la muraille : 

Vers les creniaus serrez deslachcnt. (Ihid. fol. i^ô.) 
VARIANTES (5) : 
DESTACHER. G. Guiart, MS. fol. 125, V». 
Destachier. Ibid. fol. 149, R". 

Destaciez, s. m. Espèce de vol. L'on nomme 
ainsi le vol qui se fait en détournant ou éloignant 
des yeux du propriétaire la chose que l'on veut 
voler. « Sont encores autres larrecins qui grande- 
« ment sont à punir, si comme du subtil larron 
<■ qui, par espouvenler, fait fuir les besfes d'un 
« champ, jusques ii ce que le pasteur en a perdu la 
« veue, et puis les emblent, et deslournent par 
« leurs compagnons qui sont prez d'illec, et tels 
« larrons sont't'i punir capitalement, et appelle la 
» loy tels crimes destaciez. » (Bout. Somme rurale, 
p. 245. — - Voyez les notes ibid. p. 248.) 



(1) Comme substantif, il signifie linteau : SuperU)uii)are, entrée de maison, rfe.ssi(.5. (Du Cange.) (n. e.) 

(2) « Pour retourner en Angleterre ce dessus dessoubs. » (Froissart, XVI, 161.) (N. E.) 

(3) Ed. Kervyn, XIV, 328. De même au t. XI, 90 : « .lamais du roiaulme de Navare les deniers ne partiront , puisque j'en 
suis au rfessKS. » On employait cette expression où nous dirions être à hauteur de: « Quant la roïne d'Engleterre fu au 
dessus de ses besongnes, elle donna à une grande partie de ses gens d'armes congiet. » (II, 86.) Il signifiait encore fourni 
de : « Celuy oiseau, quant il se vey si au dessus de plumaige, il se print à enorgueillir. » (Id., XI, 254.) (N. E.) 

(4) « Nul ne nulle jiai' dessus elle n'y avoit proclamation decallenge. » (Froiss., X!II, 12.) (n. e.) 

(5) On trouve aussi destasser (v. 18602) et se destasser (v. 14513). (n. e.) 



DE 



- 152 — 



DE 



Destaiuct, adj. Eteint, sans couleur, mort (1). 

Le vis pally, mort et deslahtct. (Villon, p. 31.) 
Aucuns l'Iamans sont la deslabiz. [Guiart, (•• 3i3.J 

VAIIIA.NTES : 
DEST.VINCT. Villon, p. 31. 

Destaint. Pabl. MSS. du H. n» 7989, fol. 91, R» col. 2. 
UiiTAiNT. G. Durant, à l.i suite de lionnef. p. IS'J. 

Destaiiidrtî. v. Déteindre, changer de cou- 
leur *. Pâlir °. Eteindre '^. 

* Pour » déteindre, cti-inger de couleur, •> on disoit 
au proi^re et littéralenienl : 

Portent le noir qui ne se peultrf-^.fmiHrfre. (Mar. p. 323.) 
^ Au ligure, ce mot s'einployoit pour » pâlir. • 

Doucomcnt m'esluot ilcslaii,ib-c 
Quant ele me dit, amis, 
Désormais puet bien rcmaindre. 
Ce que vos m'aviez requis. 

Gaccs Brullcs, Poës. MSS av. 1300. t. I. f. 477. 

•= On disoit aussi rfes/ai«f/re pour « éteindre (2). » 
<. Je dcslaiiig le feu. » (Deaum. p. 143.) 

Je deslains le feu. (Villon, p. 54.) 
Le feu partout clcslainrjnirent. (V. de Cit. VII, p. I3S.) 

Tu as cueur qui onc ne fut attainct 

D'ingratitude, ou vertu se deslai)icl. [J. Marot,p. iOO.) 

Destaint s'est dit aussi pour « préservé, déli- 
vré » du feu. 

D'enfer soyons destains. (E. Desch. f. 94.} 

Destal, s. /«.Carnage. Mot formé de « détaler (3) » 
pris dans le sens de " détruire ». Mouskes, décri- 
vant la bataille de Roncevaux, dit : 

Lors dist k'il n'a cure de vivre, 

Point le ceval, es Turs se livre : 

De son bras, et de Durendal 

Fait de Paiens moult grant destal. (P. iloiish. p. 200.) 

Destalenté, part. Tourmenté*. Fatigué, dé- 
goûté ^. (VOy. ÏALENTÉ ou ENTALENTr;.) 

* Au premier sens, c'est l'extension de l'acception 
du verbe Destalenter ci-dessus, filcber, déplaire. 

Vient maladie, et détresse. 

Fièvre angoisse qui les blesse, 

La sont forment tourmenté 

D'e.-corgieu deslalenté, 

Dont maint d'eulx la vie lesse. (E. Desch. f. i'4.) 

Douce Venus, qui toute amour sentez, 

Avecques moy de ce veu dispensez : 

Ma jonesse me doit estre merie. 

Et deux tortis vous seront présentez 

Par moy, qui suis d'amours destatentez, 

.le l'ay juré, ne me parjurray mie. (Ibid. f. ^28, col. i.) 

On a dit aussi délalcnté pour « fatigué, dégoûté. » 
Ainsi on a appelé un faucon qui refuse de voler 
« détalenté de voler. » (Voyez une citation de Du 
Gange, Gloss. lai. au mot Talentum.) 
variantes : 

DESTALENTÉ. Poës. MSS. d'Eust. Desch. fol. 174, col. 3. 

Detalentè. Du Gange, Gloss. lat. au mot Talentum. 



Destalor, i'. Fuir*. Etaler °. 

* On trouve le premier sens dans Oudin. 

^Ponr « estalcr » la lettre d étant surabondante : 
« Puissent aller, el venir ausdites foires, et y ame- 
« ner vendre, eideslaller (4) toutes denrées, etmar- 
« chandises queilesconques, franchement el quitte- 
" ment. ■■ (Godefr. Obs. sur Charles VIII, p. 529.) 

Destandre, v. Forcer, ou peut-être tirer avec 
l'arc. Terme de chasse, en parlant des bêtes que 
l'on enferme dans un buisson pour les y forcer. 
(Voy. Modus et Racio, fol. 35, V°.) a Pour les assem- 
<' bler à un buisson, où on les veult prendre, ou 
« deslandre. » (Ibid. fol. 3G, V".) 

VAniANTES : 
DESTANDRE. Modus et Racio, fol. Zi, V". 
Destaindre. Ibid. fol. 36, V«. 

Destanpré, adj. Déréglé, dérangé, égaré (5). 

Trop avez le sens destanpré, 
Quant, por une pucele estrange. 
Le voslre cuer ainsi se change 
Que on n'i puet raison trover. 

Alex, et Aiisl. MS. de S. G. fol. 72,V' col. t. 

On a dit de l'amour : 

Ses douz espirs, par usaige, 

De grâce donnez, 

Donte le sauvage, 

Atempre les detemprez. (Poës. t. I, p. 450.) 

VARIANTES : 
DESTANPRÉ. Alex, et Arist. MS. de S. G. f» 72, V» col. 1. 
Di'TEMPnEz. Poës. MSS. av. 1300, t. I, p. 459. 

Destasser, v. Détacher, ôter, tirer*. Désamon- 

celer '^. 

* Au premier sens, on a dit : 

De son lieu soubdain il ce destasse, 

Et s'en alla à une chofïerelle. 

Sur ung landier qui n'estoit guère nette. (Faifcii, 37.) 

^Le sens propre el littéral esl « desamonceler », 

le contraire « d'entasser. » <■ Quant Engloiz 

« virent lever le feu contremont, si furent moult 
« dolens, et commencèrent à destasser le foing 
» pour destaindre le dit feu. » (Hist.de B. du Guescl. 
par Mén. p. 503; voy. Ph. Mouskes, sis. p. 844.) 

Destechier. [Intercalez Destechier, synonyme 
de décliquer: « Si commencierent cil dedens à 
1 defîendre de lanchier el de destechier et de 
» descliqner. » (Froiss. III, 445, var.) C'est un 
composé de esteqiiier; en rouchi, on dit encore 
detiqnier.'] (n. e.) 

Destcler, v. Dételer*. Détaler, s'enfuir^, 
d'avancer, charger*^. 

* Dans le sens propre, ce mot signifie ôter les 
chevaux d'une voiture (G). On disoit de là « desteler 
« des bleds », pour ôter les chevaux d'une voiture 
chargée de blés. « Et puisqu'ils auront amené, et 
" déchargé, ou destelé les bleds, farines, ou autres 



(1) On lit aussi dans l'Epinette amoureuse de Froissart : « Non pourquant pas n'en fu estainte La maladie qui destainte 
M'avoit la couleur et la face. » (n. e.) 

(2t « Après que le feu de ladite maison fu destaint. » (J.I. 117, p. 148, an. 1380.) (N. E.) 
a (3) Non, mais de détailler ou détail ; on lit au recueil de Tailliar (p. 40i) : « Quiconque acatera piseon en gros ne fruit ne 
autre viande puis k'ele ert mute à venir en ceste vile au markiet, pour revendre à destal. » (N. E.) 

(4) De^tatler est pour détailler, comme destal est pour détail. (N. E.) 

(5) Au Roi Guillaume, p. 94, il signifie mêlé. (N. E.) 

(6) « Et fisent aucuns cars desteller. » (^Froissart, III, 40C.) (N. e.) 



DE 



— 153 — 



DE 



grains, ils ne les pourront, cette journée, mener 
ne transporter de marché en autre pour vendre. » 
)rd. des P.. de Fr. l. Il, p. 354.) 
^ Desfeler, dans le sens de destaler, signifioit 
courir, s'enfuir : » 

Lors leva le chief bêlement, 

Et vit commetres bien creables, 

Une grant route de deables, 

Qui par devant lui destela ; 

Iles quiex à soi l'un apela, 

En disant, à la bouche estendre : 

Di moi quel part vous devez tendre. (G. Giiiart, f. 145.) 

•^On employoit aussi desteler pour <> s'avancer, 
charger. » 

Le Renc des Champenois deslele 

Contre Flamens, lances bessiées. (G. Guiart, f. i34.J 

Desteinpré, part. Trempé (i). (Marb. col. 1676.) 
Destendre, v. Courir*. S'avancer^. Décamper'^. 
létendre". Etendre^. Tirer, frapper ''. 
*Au premier sens, on disoit : 

Tant con chevaus pevent deslendre. [G. Guiarl, f. 928.) 

^Pour « s'avancer : » 

Flamens qui par orgueil atendent, 
Tost après de leur rens de.ilKndent 
Poiir estre l'ïin l'autre aidant (Ibid. f. 134.) 

•^Pour « décamper : » 

Moult se doutent d'estre sourpris,... 

A lest dcnlendre bas s'atournent. (Ibid. fol. 209.) 

Au lundi matin se destende»!, 

Tou/. ordenez comme à bataille. (Jbid. f. 3.37.) 

° Le sens propre est « détendre. » 

Li arz est tenduz, et tout prest de destendre (2). 

Fabl. MSS. du R. n» 7613. t. H, fol. 141, col. 1. 

De lîi, on disoit au figuré « destendre la faim » 
our apaiser la faim. (Gace de la Bigne, des Déd. 
s. fol. 94, V°.) 

^On disoit aussi détendre pour « étendre. » 

Quant le prestre aperçoit et sent, 

Vers lui l'encorre, si dcsteni. 

Si la sesit par son sorcot. (F. 12iS, f. 144.) 

''Cette acception appliquée aux combats, on 
isoit « dcstendre un alenas d'acier « pour tirer un 
outelas. (G. Guiarl, ms. fol. 128, V°.) « Destendre 

un coup » pour asséner un coup. (Ibid. f" 99, Y°.) 

Desteiujie, adj. Rassasié. Peut-être cstanché, 
it de la faim comme de la soif. 

Et quant orent mangié trestuit 
Ainz quil fussent destengié tuit. 

Fabl. MSS du R. n- 7218, fol. 1G3, V col. 2. 

Destenpré, adj. Détrempé, mêlé. [Voir Des- 
ANPBE et Destempré.] 

Joie de duel destenprée. 

C'est li dons au tin ami. (Toës. av. 1300, t. II, p. 681.) 

VARIANTES : 
DESTENPRÉ. Poës. MSS. av. 1300. t. II, p. 681. 
Destempré. Fabl. MSS. du R. n» 7-218, fol. 310, V" col. i. 

Destenture, s. f. L'action de détendre. (Dict. 
le Cotgr. et d'Oudin.) 
Destergir. [Intercalez Destergir, diviser, au 



ms. fr. anc. 10196. 2. 2.. fol. 75, r (an. 1301) : « Et 
« s'il avenoit que aucun enportaissent et kariais- 
« sent le lierage... es terres deseurd\[e& destergies 
<• et départies par nous. »] (.n. e.) 

Desterrement, s. ?«. L'action de déterrer. 
(Dict. d'Oudin.) 

Desterrer, v. Dépouiller de sa terre. 

Li roys Phelippes prent Vendosme 

Tout ait il dedenz gant estoute. 

Et de Meulant la conté toute, 

Pour ce que li quens c'on desterre, 

Se tient devers cens d'Engleterre, 

Et s'aliauce leur oblige. (G. Guiart, f. 26.) [Ed. v. 1437.] 

Desteser. [Intercalez Desteser, décharger un 
coup : « Icellui Jaquemin sailli avant en tenant un 
« gros et pesant baston, appelle fourcliicr, lequel 
« il leva et f/fsicsa pour ferir ledit exposant. » De 
même au reg. JJ. 140, p. 11, an. 1390: « Icellui 
« Berlaut doublant que ledit de la Lvinàe ne de te sa st 
» et frapast d'icelle massue. »] (n. e.) 

Destiere, adv. Ci-devant. 

Si com j'ai dit destiere. (G. Guiart, f. 23.) 

Destillacqiier (se), v. Sortir de dessus le 
tiUac. (Dict. d'Oudin.) 
Destinant, part. Distillant. (Voyez Contes 

d'Eulrap. p. 549.) 

Destilper. [Intercalez Destilper, au reg. JJ. 
170, p. 140, an. 1418: « Icellui Estienne voulant 
« i^endi'e et destilper lesdiz balons. « On trouve 
aussi distirper aux preuves de l'IIist. de Nimes, 
t. III, p. 204, col. 1, an. 1411: « Les armeure et 
" harnois des habitans de nostre dicte ville de 
« Nymes ont esté vendues, distirpez et distri- 
« buez. »] (n. e.) 

Destiltre, v. Effiler, défaire un tissu. (Dict. de 
Nicot, Cotgr. Oudin, Rob. Est. et Monet.) 
Comme une Peneloppe, entre les Greques dames, 
A q\ii son propre bien fut si fort odieux. 
Qu'elle toutes les nuits delissoit ses journées, 
Tandis qu'elle attendit un homme vingt années. (Baïf, f. 62.) 

VARIANTES : 
DESTILTRE. 
Detisser. Œuv. de Ra'if, fol. 62, R". 

Destin, s. m. Intention, destination. 

Si est le moustiers de latin 

Fais en l'ounour, et el destin 

La douce mère saintisme. 

Et la fu sa maison meisme. (Pli. Mousk. p. 280.) 

Destiner, v. Fixer, borner. « Il destinoit la fin 
" de ton empire depuis la rivière de Lain, jusques 
" en la lin de la province de Lidie. » (tri. des 
IX Preux, p. 145, col. 1.) 

Destintes, v. h l'impératif. Distingue, explique. 

Or me deslinles mieulx, j'ofTroi 

Dou mouton d'or est il notable. (Froiss. p. 290.) 

Destirer, II. Tirer avec force, arracher, rom- 
pre*. Tourmenter ^. 
* Le premier sens est le sens propre. On le trouve 



(i) Du verbe destemprer : « Il jettent cette plate pierre ou feu et destcmprint un petit de leur farine d'yauwe. » (Froiss., 
II, 134.) (N, E.) 
(2) « N'en isteriez tant comme un ars destent. » (Lorrains, I, p. 125.) (n. e.) 

V. 20 



DE 



- 154 



DE 



employé dans Ph. Mouskes, p. 193, en parlant de la 
bataille de Hoiicevaux : 

Si n'orent lance, ne espée, 

Oui nu fust froiscie, u copée, 

Fors que IJurendal, et Corlain, 

Dont Ogiers se combat à plain, 

Lor batailles brise, et deslire. )Ph. Mouskes, p. 193.) 

La dame, por duel, et por ire. 

Ses poingz detuert, cheveus délire. [Parlon. f. 141.) 

°Au figuré, ce mot désigiioit « vexer, tour- 
« nienter. » 

Mais je laisse aux pervers tyrans, 

Qui par mauvaise intention 

Sont les laboureurs dedrans, 

Et leur font thbulation. (Motinet, p. iSO.J 

VARIANTES : 
DESTIRER. Kroiss. Poës. AISS. p. 407, col. i. 
Detireh. Molinet, p. 189. 

Deslit, adj. Tourmenté. Mot qui paroit cor- 
rompu. 11 fuut peut-être lire destiré (1). 
Tant fu la chose aquise, et tant fu demandée, 
Tant furent li homs deslit de la contrée, 
Que par feu, ne par eue, que l'euvre fu trouvée : 
Ne pout la felonnie longues estre celée. (R. de Rou, p. 52. J 

Destitué, «f/;. Abandonné. «Pour ester le cours 
« des mauveses mouoyes qui corrent en nostre 
« royaume, en grand déception de nous, et de nostre 
« pueple, lesquelles y ont esté aportées, et mises 
« pour greygniour pris qu'elles ne valoient, pour 
« coy les nostres ont esté destituées, et gastées et 
« portées hors de nostre royaume. » (Ord. des R. 
de Fr. t. I, p. 770.) 

Destochié, adj. Déguenillé. C'est le sens que 
paroit avoir ce mot dans le passage suivant, et 
c'est peut-être le même que destochié qu'on trouve 
avec cette signification : 

Force que il le vit si fait, 

Si destochié, et si deffait. (FaOl. 7318, f. 4.J 

Destol, V. au subj. Détourne (2). 

Diex l'en destol. 

Li Lais Markiol, Poés. MSS. av. 1300. t. H, p. 000. 

C'est-à-dire, Dieu l'en détourne. Il faudroit pro- 
bablement lire destort de destordre qu'on verra 
ci-dessous en ce sens. 

Destomacqué, part. Tiré de l'estomac. « Tes 
« propos sont tellement entrerompus par sanglotz 

« destoviacquez; par souspirs du profond tirez 

« que je ne puis bonnement entendre le discours 
« de ta loingtaine pérégrination. » (Alector , 
Rom. fol. 17, R°.) 

Destombir, v. Dégourdir. (Nicot et Monet.) 
Destorber. [Intercalez Destorber, détourner, 
empêcher: « Toute la terre fu mise en cheliveté; 
" N'i a roi ne baron qui l'i ait destorbé. » (Rou' 
Du Gange, II, 823, col. 2.) « Nepouront les devantdis 
« religieux ne leurs successeurs destorbeir ne em- 
« pechier que eus ne facent, ne peussent feire dudit 

(1) Le vers étant faux, destiré complète la mesure, (n. e.) 



" pasnage. (Cart. de S' W'andrille, I, fol. GOD, an. 
1283.) » Mais nulz ne li loa que ses cors y alast; à 
" grant peinne l'en destoitrba l'on. » (Joinv. §569.) 
L'infinitif était pris substantivement au sens 
d'obstacle: « Aler i volt, mais il ad desturber. . 
(Roland, v. 2548.) « Or regardez que petites gens 
« eussent fait qui n'eussent eu de quoy paier, 
« quand leix hom ot si grant destourbier. •■ (Joinv. 
§ 629.) Voyez aussi Ord. III, p. 357, an. 1359: 
« Destorbier et empeschement. »] (n. e.) 

Destorce, s. f. Entorse*. Détour^. 

*Pour « entorse » au figuré. « Estimant princi- 
« paiement ceux qui plus me sembloyent donner 
« des detorses et interpellations au chemin de la 
- vertu. » (L'A m. ressusc. p. 281.) 

^ Pour « détour » : » il fut conclud que, pour le 
" meilleur, il menast avecques soy quelcqu'ung 
« qui congneust les voyes, et destorses. » (Rab 
l. 1. page 222.) 

C'est dans le même sens que le Soleil dit ù 
Phaëton : 

. ■ Point ne t'égare, 

Tien l'entredeux, nefay destorse aucune. {Marot,p. 554.) 

VARIANTES : 
DESTORCE. Oudin. 
Destoiise. Cléni. Marot, p. 254. 
Detokse. L'Am. ressusc. p. 281. 

Destorcher, v. Enlever. On lit destorchoit 
dans Ger. de Nev. 2' P. p. 104. L'éditeur l'explique 
par « enlevoit. » 

Destorchier, s. m. Peine. 

Tel est parmi le cors férus d'un dart d'acier 
Qui n'en sent tele angoisse, ne si grant destorciiier 
Fabl. MSS. du R. n- 72J8, fol. 34(1, V- col. 1. 

Destordement, s. m. L'action de détordre. 
Au figuré l'action de détourner. Sur ces divers sens 
voy. les Dict. de Monet et d'Oudin. 

VARIANTES : 
DESTORDEMENT. Gloss. de Marot. 
Detordement. Dict. de .Monet. 

Destordre, V. Tordre*. Déployer^. Remuer •= 
Détourner °. Retrancher^. 
* Au propre, ce mot signifie tordre dans ce vers : 

Pleures sans cesse, en destordant tes mains (3). (Marot, AA.j 

« Il deteiirt ses poings (4), et fiert de l'ungà l'au- 
« tre. » (Lanc. du Lac, 1. 1, fol. 18, V° col. 1.) 

Si a tel soif que il se muert ; 

Esgardez comme il se destuert. 

Il baaille de fine angoisse. {F. S. Germain, f. 5G.j 

^On dit aussi destordre, pour le contraire de 
« tordre ->, déployer; « à bannières destortes », 
pour enseignes déployées. (G. Guiart, sis. f<'221, V° ) (5) 

*= Selon Bove\, destucrter signifie « remuer «et 
il le dérive de vertere. 



© \i^f, ^°H? la forme réfléchie dans Roland (v. 32;«) : « Bataille i ert, se il ne s'en destolt. , (n e ) 
(3 On ht deja dans Berte aux grans piés, couplet XXVIII : « Ses très be es mains blanches moût souv 
^ .^T.,f ^''?'°" J^ "^^"^ Roncisvals (p. hl) : « Andeux ses poins va li rô s SS." (n e ? 
(5) « Destordre le gonfanon », Girars de Viane, v. d635. (n. e.) ' 



mains blanches moût souvent delordoit. » (n. e.) 



DE 



— 155 — 



DE 



° Dest ordre sigr]\r\e « détourner(l) " dans ces vers: 

Hé Diex ! dist il, ne descorde 

Du grant pechié qui me descorde 

De toi, qui trop m'a asservi ; 

Avarice qui tant est orde : 

Volenté ai, que m'en destorde. (F. R. 73i8, f. S03.J 

Diex vous destort de vilonie. (F. R. 1218, f. 250. J 

^ Enfin l'on a dit destordrc pour " retrancher. » 

L'an, qui qu'en soit desavisanz, 

M. c. Lxxx. et X. anz, 

Sanz ce c'on en doie un destordre. 

Commença des ccrdeliers l'ordre, etc. [G. Guiart, f. 39.) 

CONJi:G.\ISOiN . 

Destoirdront, détordront. (Modus et Racio, ms.) 

VARIANTES : 
DESTORDRE. Dict. de Monet. 
Détordre. Percef. vol. I, fol. 67, V» col. 2. 
Destourdre. Id. vol. V, fol. 75, R" col. 2. 
Destuerter, Detuerter. Dict. de Borel. 
Detelrter. Lanc. du Lac, t. I, fol. 18, V» col. 1. 

Destorer, v. Détruire. Le contraire de « reslo- 
rer » ou restaurer. 

Et quant plus avoir n'en porras, 

Tes gens ainsinques l'écorras : 

Tu prendras les biens de ta gent 

(,)ui ont en or et en argent ; 

Leurs mesons feras destorer, 

Por les bones genz restorer, 

Car l'en dist tozjors rendre, ou pendre : 

A cest proverbe doiz entendre. 

Ou l'en te tendra por malvez. 

Hisl. de France, à la suite du Rom. de Fauvel, fol. 86. 

Destorner, v. Détourner. (Voyez les autorités 
itées sur les deux orthographes.) 

VARIANTES : 
DESTORNER. Villeh. p. 32. 
Destourner. Du Gange, Gloss. lat. au raot Distoriiatus. 

Destort. [Intercalez Destort, tort, dans Froiss. 
[, 3'22 : « Li rois angles eut plusieurs fois conseil 
comment il s'en porroit maintenir dou destort 
qu'on luy avoit fait dou royaulme de France en 
sa jonece. »] (n. e.) 

Destortoire, s. f. Verge de veneur. Elle ser- 
oit à détourner, ou écarter les broussailles dans 
3s routes d'une forest. (Dict. de Monet, Oudin et 
lotgr.) Estostoire, dans les Fabl. mss. de S. G. f" 63, 
'" col. 1, est pris dans un sens figuré et obscène. 

VARIANTES : 
DESTORTOIRE. 
Estostoire, lisez Estortoire. Fabl. MSS. de S. G. fol. 63. 

Destouellier. [Intercalez Destouetlier, àé- 
irouiller, dans Froissart, X, 16: « Car la ville est 

si entouellie que on ne le scet par quel coron 

destouellier. »] (n. e.) 

Destouper, v. Déboucher*. Découvrir^. Dé- 
larrasser*^. 



* Dans le sens propre, on disoit « une voye des- 
<■ toupée » pour un chemin débouché. (G. Guiart.) (2) 

° Au figuré, on disoit se destouper pour se décou- 
vrir, se dévoiler. (Fabl. mss. du R. n° 7218, f" 131.) 

*^Dans un autre sens figuré, on a dit destoupper 
pour débarrasser. «■ Li dit mors destouppa le dit 

« Jehannaus le Parmentier et dist qu'il ne lui 

« demandoil rien. » (Très, des Chart. Reg. 99.) 

VARL^NTES : 
DESTOUPER. G. Guiart, MS. fol. 116, V». 
Destoupper. Très, des Chart. Reg. 99, pièce 89. 
Desestouper. Modus et Racio, MS. fol. 55, R». 

Destour, s. m. Détour *. Asile ^. (D. de Nicot ; 
voy. le Coût. Gén. t. II, p. 57.) 

* Au propre, on disoit : 

1° « Au destour, et ù destour » pour en détour- 
nant. «Depuisdesceudimesungdegrémarbrin soubs 
« terre, là esloit ung repos : tournans à gausche, 
« en descendismes deux aultres, là estoit ung pareil 
« repos: puis trois à destour. » (Rab. t. V, p. 173.) 
« En destour. » (Vig. de Charles VII, t. I, page 179.) 

2"» En destour "«, en particulier, en secret, à 
part, en réserve. 

Parlez au Flament en destour, 

Vueillez les generaulx mander, 

Que paiez soie sans retour. [E. Desch. f. Sli.j 

Pain, vin, et char, foing, avoine en destour 

Couvient avoir. [Ibid. f. 338.J 

° Le mot destor emportant l'idée de lieu détourné, 
écarté, secret, on a dit destor pour « asile. » (3) 

Ou sera leur destors. 

Ou sera leur refuges ? [Fables mms. R. 7615, f. 143.) 

VARIANTES : 
DESTOUR. Dict. de Nicot. 

Destor. Chr. fr. du xiii' siècle, MS. de Bouh. fol. 27, R». 
Destors. Fabl. MSS. du R. n° 7615, t. II, f 143, V col. t. 

Destourbance, s. f. 

VARIANTES : 
DESTOURBANCE. G. Guiart, MS. fol. 64, R». 
Destorbe. Ord. t. III, p. 357. 
Destourbe. Coquillart, p. 90. 

1. Destourbei", s. m. L'action de troubler, 
trouble, diversion, empêchement. (Voy. Du Gange, 
Gloss. lat. aux mois Desturbiuin et Disturbium.){i) 
« Donnons en mandement au prevost de Paris, et à 
« son lieutenant présent, et à venir, que désormais 
» facent, seuffrent, et laissent les diz billoneurs 
« faire, et exercer leur dit fait de marchandise de 
« billon, sans leur donner destorbe, moleste, et 
« empeschement. » (Ord. des R. de Fr. t. III, p. 357.) 

Esbahis en lonc voyage, 
M'estuet cançon comenchier, 
A loi del homme sauvaige, 
Ki rit en son destorbier. 

M" P. de Corbie, Poës. MSS. av. 1300. 1. 111. p. 1064. 



(1) On lit dans Partonopex (v. 684) : « Il plore et crie à Dieu merci Qu'il prende de lui garde et cure Et destort de male 
-vanture. » (n. e.) 

(2) « Adenet des Portes se transporta nagaires en l'ostel de son père, y fist ouverture par devers les courtils et destoulpa 
m huys, par lequel il entra en l'estable dudit hostel. » (JJ. 138, p. 14, an. 1389.) (n. e.) 

(3) a Lors en un destour se assist (Couci, v. 3208) », c'est-à-dire en un lieu détourné. De même dans la Rose (v. 2841) : 
En ung destor fu li envers D'erbes et de fuelles couvers. » (n. e.) 

(4) Voyez destorber ; le sens de la racine turbare est dans Froiss. (III, 21) : « Et fisent en Laonnois moult de destourbiers. » 
'ar suite, embarras (XI, 301) : « Ils ne tenoient compte du mener [le bétail] pour la charge et destourbier que ils en avoient 
lUr les champs et aux passaiges. » (n. e.) 



DE 



— Iô6 — 



DE 



VARIANTKS : 
DESTOURNIiMANT. Monet, Dict. 
Destournkment. Sag. de Charr. p. 212. 
Destourbemant. Monet, Dict. 
Destoi'rbement. g. Guiart, MS. fol. Gl, V». 
Detourbier. Es.<;. de Mont. t. II, p. IfiO. 
Destourbier. Joinville, p. 113. 
Destorbier. Poës. MSS. av. 13()0, t. IH, p. 1064. 
Destorber. Marbodus, col. 1058. 

2. Destourber, v. Troubler, détourner, faire 
obstacle. (Voy. Du Cange, Gloss. lat. au mot Distiir- 
bare.) On dit encore détourber, en Normandie, dans 
le sens d'interrompre, détourner. « Ne pourront 
» les devant dis religieux, ne leur successeurs, 
« destorbeir, ne empechier que eus ne facent, ne 
• peusscnt feire du dit pasnage. » (Dans une cita- 
tion au Gl. lat. de Du Gange, au mot Disturba7X.]{i) 

VARIANTES : 
DESTOURBER. Clém. Marot, p. 42. 

Destorbeir. Gloss. lat. de Du Gange, au mot Disturbaie. 
Destorbier. Fabl. MSS. du R. n» 7-218, fol. 350, R» col. 1. 
Destubber. Rymer, t. I, p. 116 et 117, tit. de 1270. 
Detourbek. Ord. des R. de Fr. t. III, p. 458. 

Destourbeur, s. m. Qui interrompt, qui fait 
obstacle. (Dicl. d'Oudin, Cotgrave et Monet.) « 11 y 
« avoit des dcstourbeurs. « (Chr. de S. Denis, 1. 1, 
fol. tiG9, V".) Un lit dans le latin officiebant. 

VARIA.NIES : 
DESTOURBEUR, Detourbeur. Monet, Oudin, Cotgrave. 

Destournée , s. f. L'action de détourner *. 
Détour « (-2). 

* Voy. ce mot, au premier sens, dans les Mém. de 
Bassomp. t. 111, p. -47. 

^ On disoil aussi f/fis^owniees pour « détours. » 

Per chemins et par destournées. [G. Guiart, f. OO.J 

Destourner, v. Découvrir (3). <> Si envoya les 
« chevaucheurs devant pour destourner Testât des 
" Engloiz, desquels l'un chevaucheur, qui le lan- 
« gage des Engloiz savoit parler, se bouta en l'ost 
« des Engloiz, et entendi que le dit Felelon venoit 
« de fourage. " (Hisl. de B. du Guescl. par Mon. 
p. 2')'-l.) Ce mot s"est conservé dans ce sens comme 
terme de Vénerie. 

Destourpois. [Intercalez Deslourpois. Petites 
branches d'arbrisseaux qui croissent dans les 
Landes. « Item, vingt et cinq arpents que bruyères, 
« que lendes et destourpoix tenant aux bois 
« Ribaut. » [1367, Aveu de la Perrine de Beau- 
gency. — Dict. des droits seig. du D. d'Orléans de 
L. C. de D.] (n. e.) 

Destourser, i;. Détrousser, déployer (4). 

Nous venins à une espinette, 
Oui florie estoit toute blanche, 
Haulte bien le lonc d'une lance ; 



Dessous faisoit joli et vert. 

Bien fu qui dist cils liens ci sert I 

Droitement pour lui reposer : | 

Le desjun nous fault deslourser. (Froiss. p. 140.) 

Destoyer, v. Sortir. Ce verbe paroît factice i 
quant îi sa terminaison, imaginée pour le jeu de 
mots dans le passage suivant : « En la lin il fut tout 
» desroyé, car le venin qui estoit jelloyé dedans 
" son cueur n'osoit hors destoner (voyez peut-être 
« EstuyerI. et non pourtant ne fys fors tastoyer com- 
" ment pourroit la femme desvbyer. >• (Perceforest, ! 
vol. V, f" 107, R^col. 2. — Voy. Éstlyer ci-après.) 

Destragna (se), v. Se rendre étrange. Moti 
languedocien. (Dict. de Boret, au mot Deslraigner.)\ 

Destragnant, pari. Absolu, despotique. Pro-1 
prement qui use de contrainte : 

Et pour cou que de fi, savoit 

Que Fresonde [Frédégonde] espousée avoit, 

Ki de moult lonc tans en ariere 

Avoit esté sa cambriere, 

Et tenue l'avoit sougnant. 

Or iert roine, et desiragnani ; 

Sigebiers en ot si grant ire. 

Que defflance le fist dire. (Pli. Mousk. p. 33.) 

Destraignable. «f//. Qui peut être contraint, 
saisi. « Si le pleynlifevodra suer son appel de dens 
« l'an, et le jour, si deux plegges sufllsauntz des- 
« treynables al visconle du pays, en qui la baillie 
■■ la félonie aucra estre fait en pleyn counte que il 
« son appel suera solonc ley de sa terre et soit à 
" ceo resçeu. » (Britt. des Loix d'Anglet. fol. 5, R°.) 
« Moulin destreignable », c'est-à-dire dont on peut 
saisir le revenu. iVoy. Du Gange, Gloss. lat. au mot 
DislringibiUs.) " Sauf et réservé les moulins des- 
« treignables, et four a ban, le revenu desquels,' 
« posé que sont assis en, et au dedans des dittes 
» préclostures , se précompte comme l'autre' 
« revenu des dittes successions. " (Coût, de Xainc- 
tonge, au Coul. Gén. t. II, p. 657.) 
variantes : 

DESTRA1GNA.BLE. 

Destreign.\ble. Coût. Gén. t. II. p. 657. 

Oestre VNABLE. Britt. Loix d'.\ngl. fol. 56, R». 

Destraignanz.Termedemusique.il est opposé 
à celui « d'avalées », et désigne les sons poussés avec 
force ou éclatanls,opposés aux sons bas, creux. Un 
de nos anciens poêles, après avoir dit qu'un amant 
doit toujours louer la voix de sa maitresse, ajoute : 

D'avalées, ne dcslraicjnanz (5), 
Ne de faire bea.x moz plaisanz 
Ne sont onques envers lui rien : 
Meloudie qui chante bien. 
Ne la muse qui les lais fist, 
Onques un mot si bien n'asist. 
Ma douce amie, con vos faites. 

Ovid. de Arte, MS. de S. G. fol. 97, R" col. 1. 



(1) Voyez la source sous desiorber ; le sens primitif est celui de la racine, troubler ■ « Laquele dame fu moult désolée et 
deslourbée de la mort le conte son mari. » (Froiss., IV, 326.) Puis, surprendre : « Il eut voleaté qu'il destourberoit les gens 
de l'host s'il avoit compagnie (Froiss., III, 352) » ; prévenir : « Puis s'en allèrent chil chevalier englés par la ville de Ken 
pour dt:stourber le grant mortalité que on y faisoit (Froiss., IV, 107). » (N. E.) 

(2) C'est aussi un canal de dérivation : « .lehan Pigasse avoit fait aucunes e.xcluses et destournées dedans le prô d'iceulx 
Crosmanas, pour oster l'eaue de leur pré » (.1.1. 194, p. 321, an. 1468.) (N. e.) 

(3) On disait aussi destourner à pour détourner de : « Et encoires ce qui destoumoit as Englès à yaux nient trouver, 
c'estoientli mares et les crolieres. » (Froiss., II, 139.) (n. e.) 

(4) On lit dans Flore et Blanchefleur (v. 1429) : « 11 font destorser les torsiaus, Puis establerent lor cevaus. » (n. e.) 

(5) Il vaut mieux écrire d'estraignatiz. (n. e.) 



DE 



— 157 — 



DE 



Destraignaument, adv. Etrangemenl, élrci- 
temenl. 

Destraignaument desvoye 

Si que na sai se fai sens, ou folie. 

Audofrois li Baslars, Pol's. MSS. av. 1300, t. II, p. Siô. 
Proient durement, et destraugneme»t. 

M" Gaul. d'Argies, ibid. t. 111, p. Il 18. 

Destrainct, ;jfl/'i. Séparé, excepté (1). 11 semble 
que ce soit le sens de ce mot dans le passage sui- 
vant: « Adoiic, dist dereohief la damoiselie, certes, 
« sires, encorcs mêliez vous double es faictz de la 
" déesse. — Damoiselie, dist le chevalier, je vous ay 
« dit que toutes mes obligations sont ouvertes ;"! 
« cette pavl (lestraincte. — Sire, dist-ello, vous n'avez 
« quelle excusation qui puisse couvrir la villenie 
« que vous dictes à la déesse qui est dame et sou- 
« veriiine de vous mesmes, et de tous amans par 
« amours. » (Percef. vol. V, fol. 45, V"col. I.) 

Destraindre, v. Contraindre , forcer et pres- 
ser *. Arrêter, supprimer, empêcher^. Destraindre, 
dans S. Bernard, répond au latin cogère, coarctare 
et urgere. 

* On lit distringere dans le même sens au Gloss. 
latin de Du Gange. (Voyez Glossaire sur les Coutuni. 
de Beauvoisis ) » Se le seignor ne li viaut faire la 
« connoissance faire, si le destraignc, si corn est 
« devisé après en cest livre, qu'on peut et doit son 
« seignor destraindre de faire li faire conoissance 
« de court. » (Assises de Jérus. p. 19.) 

^ Dans le sens " d'arrêter, suppiimer, empêcher, « 
voyez Df.streint ti la conjugaison ci-après ("2). 
Conjugaison : 

Destragnons, pour nous forçons. (S. Bern. Serm. 
fr. MSS. p. 157, dans le latin cogimus.) 

Désirent, pour oblige, contraint. (S.Bernard, 
Serm. fr. hss. p. 123 et 3'28, dans le latin cogit.) 

Destroit sunt, pour sont forcés ou pressés. (Saint 
Bernard, Sermons franc, mss. p. 343, dans le latin 
coarctantur.) 

Dcstroict interdit , pour étroite , rigoureuse 
interdiction canonii|ae. (Perard, Histoire de Bourg, 
p. 363, tilrede 1231.) 

Destreint , pour arrête, empêche. Marbodus, 
art. 25, De la pierre appelée Echete et de ses pro- 
priétés, dit : 

E destreint chiacles de luneisous. 

On lit dans le latin : 

Atque caducorum fertur cohibere (aliàs sedare) ruinas. 

C'est-à-dire qu'elle arrête ou empêche le retour 
du mal des lunatiques. 



Destroicte , pour oppressée , fâchée , aflligée. 
(S. Bernard, Sermons franc, mss. p. 381 , dans le 
latin auxiel.) 

TAIUANTES : 
DESTRAINDRE. Ord. t. I, p. 150. 
Destreiner. Du Gange, Gl. lat. au mot Rescussus (3). 
DisTR-^iNER. Ten. de Littl. fol. 12, R», etc. 
DlSTREINER. Ibid. fol. 52, V». 

Destraingnant, adj. Fait par contrainte, forcé, 
ordonné. (Laurière, Gloss. du Dr. fr. et Gloss. sur 
les Coût, de Beauvoisis.) 

Destraiîis, s. m. p. On trouve " destrains de 
« plet » dans les Ordonn. des l'.oisde Fr. t. I, p. 01, 
art. 8, an. 12(10. L'éditeur ci'oit qu'il faut lire 
erremens. Ce mot semble signifier les en.gage- 
mens (4) qui contraignoient réciproquement les 
deux parties dans un gage de bataille. 

Destrairo, v. Médire, détracter (5). (Voy. Detraire 
d'oîi Detkactio.n.— Diction, de Boreletde Corneille.) 
« Ne doivent les dessus dilz destraire, ne murmu- 
« rer contre leurs seigneurs et souverains. » (Le 
Jouvencel, fol. 97, V°.) 

Dcstraittier. [Intercalez Destraittier, et voyez 
Desi'escîier.] (n. e.) 

Destrampir, i>. Détremper. On lit destrampit, 
pour " délrempa, » dans Rabelais, t. II, p. 158. 

Destranchenieiit, s. m. L'action de trancher, 
de tailler en pièces. (Dict. de Colgr. — Vovez Essais 
de Mont. t. I, p. 332.) 

Destrancher , v. Trancher, couper, tailler en 
pièces. Ce mot, sous les orthographes employées 
pars. Bernard, répond au latin secare, scindere et 
eo7iscindere. 

(Dictionn. de Nicot, Cotgrave, Monet et Gloss. des 
Arrest amor.) 

Mais tout a coup un franc archier, 
Qui Talebot ne connoissoit, 
Le tua et list delraiicher, 
Pour avoir sa robbe et corset. (V. de Ch. VII, t. II, p. 1^7.] 

« 11 saillit dehors par les fenestres, au millieu de 
« ses ennemis ; et là fut recueilli à glaives, et 
» espées et detvenehé, et puis getté au feu. Ainsi 
» finit Jehan de Launoy. » (Froiss. liv. II, p. 123.) 

VARIANTES (6) : 
DESTRANCHER. Fauchet, Lang. et Poës. fr. p. 101. 
Detrancher. J. Marot, p. 205. 
Detrencher. ViUon, p. 69. 
Detrenchier. s. Bernard, Ser. fr. MSS. p. 152 et passim. 

Destranchure, s. f. Découpure. (Voyez une 
citation (7) de Du Gange, Gl. lai. au mot Caparo.) 



(1) Ce participe remplaçait l'expressioii à court de : « Chil de Tournay estoient moult destraînt de pourveanches. » 
(Froiss., III, 24G.) (n. e.) 

(2) Remarquons l'expression a destraindre des espérons. » (Ren., v. 223.) Le sens est presser, serrer ; de là le proverbe 
(Froiss., VIII, 201) : « Com plus gielle, plus destraint » ; plus la fortune est dure, plus elle est pressante. » (N. e.) 

(3) D'après les Tenures de Liltleton : « Recous est, quant le seignior en la terre tenus de lui destreine pur sa rent 
arere. » (n. e.) 

(4) Du Cange y voit les différentes pièces d'un procès : « 'Variis litigantium instrumentis. » (II, 888, col. 2.) (n. e.) 

(5) On lit aux Chron. de S' Denis (I, 12) : « Il coinmencierent à detraire à li et à ses fais qui estoient digne de loenge. » 
De même au reg. J.I. 147, p. 289, an. 1395 : « Icellui barbier avoit destrait et deshonoré lui, sa femme et ses enfans. » D'où 
le participe présent : « Pour aucunes paroles vituperables et detrahens à l'onneur. » (.IJ. 102, p. 49, an. 1370.) (N. E.) 

(6) Le mot est dans Roland (v. 2172, 3889.>. (N. E.) 

(7) Elle tient à une ordonnance sur le costume de l'ordre militaire de la Couronne d'Epines (règne de Ch. VI) : « La 
cornette [du chaperon] doublée de luy mesme de .3. doits de large, sera longue d'un pied et demy, et non plus sans nulle 
detranchure, ne haschure. » (N. E.) 



DE 



— 158 — 



DE 



Destrapcr, v. Dépeslrer, dégager. (Dictionn. 
d'Oudiii, Cotgrave et Monel.) (1) 

VAniAMKS : 
DESTRAPER. 
ItETiiAPPEU. Oudin, Dict. 

Destrau, .s. ?H.H;iche, cognée ('2). Mot provent-al. 
(Dictionnaire languedocien au mot l'iolo. — Voyez 
Du Gange, (;i. lat. aux mots De.rtralis, Manitariael 
Arncsium.) 

Dostravé, adj. Déchaîné, etîréné. 

La faulte aggravée, 

D'énormitû perverse, et ilcstravèe, 

Le jjien commun tant gaste et dépérit 

Que, etc. [Crétin, p. 5.< 

Geste desiravée, 

Perverse envye sera fort entravée, 

Et hors chassée, et de grans coups moUue. 

Chasse et Départie d'amours, p. 154, col. 1. 

VARIANTES : 
DESTR.WÉ. Crétin, p. 5. 
Detravé. Rahelais, t. III, p. 220. 

Destraver , v. Oter les entraves, délivrer *. 
Détacher, séparer °. Briser, rompre '^. Détraquer °. 

* Au propre, détraver iïgn'iûoil ôler les entraves, 
d'oij ce laol s'est employé pour « délivrer. » (Voyez 
Monet et Oudin.) On trouve aussi ce mot en ce sens 
dans G. Guiart, ms. fol. 75, V°. « Deslia le siège et 
« fit destraver. « (Chroniques fr. .ms. de Xangis, sous 
l'an 1-212.) « Lors se destrava li ost de France et 
« s'en revindent en France. » (Chroniq. fr. ms. de 
Nangis, sous l'an 128(1.) Fn ce sens il vient de tref, 
pouf tente. Mouskes, en parlant des Normands 
assiégés dans une forteresse, près de Chartres, dit : 

Li quens Tiebaus les i asit ; 

Mais la nuit, si com l'uevre dist, 

S'en issirent parmi lor très, 

Et li quens s'en est destravés, 

Quar il quida de grant paour, 

Qu'il veuissent Rou lor .signor. [Ph. Mousk. p. 34S.J 

....Tout aussi coume l'alloé. 

Fuit le mousket, et l'espervier,.... 

Tout ausement, al deslravur, 

Fuient Paien devant les Frans. (flnd. p. i86.] 

^ On disoit de là se destraver, pour « se détacher, 
se séparer » : 

Li Toulousan après se joignent, 

Vei'is que nul ne s'en destrave : 

Bernard, Remon, et Marque Fave 

Cil ont leur mestre capitaine. {Guiart, f» 343.) 

■= On a dit aussi destraver pour <> rompre , 
briser » : 

Esraument furent destravées 

Toutes les nés, et desrubèes ; 

Si ot d'arses, et débrissiés, 

Teles ki moult furent proisiés. (Pli. Mousiccs, p. 563. J 

La bataille est desiravée et rompue. fR. de Baud. f" 24. J 

Li mineur pas ne soumeillent. 

Un chat bon, et fort appareillent : 



Tant euvrent dessous et tant cavent 
Qu'une grant part du mur dcslravent. 

G. Guiart cité par Du Gange, au mol Cita sous CatU4. 

° Enfin, de celte dernière acception, est née celle 
de <' détraquer, déranger, " qu'on trouve dans le 
Dict. de Monct au moiDetraver. 

Cil qui premier vindrent serre. 

De bataille tuit en erre, 

Ordenéement, et le pas. 

S'en revicnent cil vers le pas. 

Qui or se revont destravant. (Guiart, f" 279./ 

VARIANTES : 
DESTRAVER. G. Guiart. MS. fol. 21, R». 
Detraver. Monet, Dict. 

1. Destre, s. f La droite*. L'élendue de la 
main ^. Destre, dans S. Bernard, répond au latin 
dextra. 

* Au premier sens ce mot signifie la droite. (Dict. 
d'Oudin. — Voyez Gloss. de Marot.) 

L'agneau feray triompher à ma dextre. 

LesMarg.de laMarg. fol. 95, V*. 

On a dit en ce sens « désire et seneslre » pour 
« de toutes parts. » 

Cens qui sont dedanz envaïssent 

Hardieraent, destre, et senestre. (Guiart, f" 586. J 

^ Le mot destre, pris pour la main droite, et en 
général pour la main, a signifié une sorte de 
mesure, l'espace de j'étendue de la main, une 
palme. « Esloient plantez ordonneément comme 
» une droicte ligne, et avoit, entre chascun arbre, 
« bien l'espace de dix dextres. « (Perceforest, v. I, 
fol. 27, V" col. 1.) » Aucun ne tende h la repentise 
« dusacqde son compagnon, à soixante destrez 
« prez, ny pareillement es rivières, et ventailles. » 
(Coutumes deHaynaut,au Nouveau Coutumiergén. 
t. Il, p. 150, col. 2 ; pèche dans les fleuves.) 

Dextre semble cependant employé pour une plus 
grande mesure dans le passage suivant, où il est 
mis, sans doute, pour espèce de mesure : « Seront 
« faites et mises des cannes, aulnes, arpents, ou 
« dextres en l'hôtel de ville, » dans une citation 
au Gl. lat. de Du Cange, au mol Dextrum (3). 

VARIANTES (4) : 
DESTRE. S. Athan. Symb. fr. 2» traduct. 
Dextre. Gloss. de Marot. 
DiESTRE. Monstr. vol. II, fol. 76, V". 

2. Destre , adj. Droit. Charlemagne appeloit 
Rolland « le dextre bras de son corps » (Chroniq. 
S. Denis, fol. 148, V'.) 

VARIANTES : 
DESTRE. Cotgrave, Dict. 
Dextre. Chron. de S. Denis, fol. 148, V». 
Destrel. Gloss. du P. Labbe. 

Destré, adj. Ayant à sa droite. « La royne des- 
" trée du duc de Bourgongne et Catherine du comte 
o de S. Pot, a tout leur conseil, et aucunes dames 



(1) On lit au reg. JJ. 144, p. 252, an. 1393 : « Lequel de Saint Symon embrassa le suppliant ; lequel, comme il se culdoit 
destrapper dudit de Saint Symon. » Au reg. JJ. 107, p. 278 , an. 1375 , on a pu dire destraper des chevaux pour les 
dépêtrer. (N. E.) 

(2) « Icellui varlet portoit en sa main une coignée on rfesfrate. » (JJ. 176, page 233, an. 1444.) De même dans un ms. 
de S' 'Victor, anc. 28, fol. 45, v», col. 2 : « Com uns vilains vausist arer le jour dou dimenche , tantosl U menges de la 
destral... » (n. e.) 

(3) C'est une traduction des stat. d'Arles, datée de 1616. (n. e.) 

(4) On lit déjà dans Roland (v. 1018) : « Garde suz destre parmi un val herbuz. » (N. E.) 



DE 



- 159 - 



DE 



« et damoiselles entrèrent dedens le dit parc. " (J. ] 
Le Fevre de S. Remy, Hist. de Cli. VI, p. 133.) 

Destrecer, v. Détresser. On employoit ce mol 
en parlant des tresses de cheveux. 

Et avoit l'une et l'autre treice 

Par les espaules destrecée (F. R. n" 1615 , t. Il, f" IvH.) 

Destrecheusses, adj. au fém. Qui cause de la 
détresse. >■ Choses sont moult dures, et inhumaines, 
o damnables, iniques, crueuses, et destrecheiises. » 
(J. Le Fevre de S. Remy, Hist. de Ch. VI, p. 43.) 

Destrée. [Intercalez Destrée. Espace de terre 
qu'embrasse le pas d'un homme. « Quarante 
« désirées, ou environ, de vignes.... » (1697, 
Seigneurie de Baule, Dict. des droits seigneur, du 
D. d'Orl. de L. C. de D.) C'est la mesure nommée 
dextre, au reg. JJ. 138, p. 100, an. 1389: .-En 
« lequel espace pust avoir six dextres ou environ. » 
En Catalogne, la dextre valait douze palmes.] (n. e.) 

Destréer, v. Etre à la droite, accompagner, 
suivre, donner la main. 

(Voyez Glossaire sur les Coutumes de Beauvoisis ; 
Dict. de Cotgrave, et Du Cange, Gloss. lat. aux mots 
Addexlrare et Dextrare.) 

Ce verbe signifie proprement être î\ la droite de 
quelqu'un. En parlant du couronnement du roy de 
Jérusalem, on a dit : « S'en veit seir en son siège, et 
« les prélats le deslréent. » (Assises de Jérusalem, 
p. 191. — Voyez Adextrer.) 

Destreindre, v. Serrer, presser *. Enfermer, 
envelopper °. Maltraiter, chagriner, tourmenter"^. 
(Voyez Dictionnaires de Monet et d'Oudin. ; Du 
Cange, Glossaire latin, au mot Destrliigere sous 
Distringere.) [Rapprochez de deslraindre.] 

* Au premier sens, ce mot signifie serrer, presser : 
« Son cœur fut tellement destrainct qu'il ne peut 
« ung seul mot parler. » (P. J. de Sainlré, p. 358.) 

^ Ce mot s'est employé pour <> enfermer, enve- 
lopper. » « L'aprentis demande comment ou prent 
<i les cerfs à buissonner ; Modus responl : Qui scet 
« un buisson garny de cerf, on le taille en la 
« manière que ceulx que nous avons devisé par 
« devant, fors tant que on taille le buisson pour 
« les noires bestes mendre que on ne fait cellui 
.< pour les leus, et cellui pour les cerfs ; car ce sont 
» liestes qui s'en vont plus tost d'effroy, et qui font 
« plus maulx à d6's/?'a/?(rf)'^' que ne sont les noires 
« bestes, et Itour ce leur doit-on tendre de plus 
« loing, et faire plus granl buisson, et tendre les 
« reis plus bault, tant comme un homme peut ave- 
« nir à la main. » (Modus et Racio, ms. fol. G9, R°.) 

'^ Pour ce maltraiter, chagriner » : « Lyonnel qui 
f estoit durement navré commença à empirer, car 
« ses playes, par defïaulte de bon ungnement, le 
prindrent si à destraindre, qu'il en perdit le boire 
« et le manger. » (Perceforest, volume II, fol. 53, 
R° col. 1 et 2.) 

Moi grever, et destraindre. 

PoCs. MSS. av. 1300, I. IV, p. 1580. 



Fist l'enfançon malade faindre, 
Ne autrement ne 1' vot destraindre 
De parole, ne de provierbe. (Ph. Mouskes, p. 375. J 
CONJUGAISO.N : 

Désirant. Tourmente. (Fabl. siss. du R. n"7615, 
t. H, fol. 131, R-col. 2.) 

Destrain. Serre. (Modus et Racio, fol. 34, R°.) 

Destruinsent. Forcent. (Vies des SS. m. deSorb. 
ch. Lx, col. 25.) 

Destraintrent , Serrèrent. [Cont. de G. de Tyr, 
Mart. t. V, col. 731.) 

Destreint. Presse. (Fabl. mss. du R. n° 7615, t. H, 
fol. 149, V°col. \.Y 

Destrempé, part. Humide, pluvieux *. Lùché^. 

* On disoit au premier sens : " Temps mol, et 
» destrempé. » (Chr. S. Den. t. I, fol. 116, V°.) 

" « Le ventre détrempé » signilioit le ventre 
lâché. « Saiil eut le ventre si destrempé qu'il lui 
« convint avaler en une fosse à faire sa nécessité. » 
(Tri. des IX Preux, p. 30, col. 1.) 

Destreinpement, s. m. Dissolution. (Dictionn. 
d'Oudin, Monet et Cotgrave.) 

VARIANTES : 
DESTREMPEMENT, Destempris. Oudin, Cotgrave. 
Detrampis. Monet. 

Destreinper, v. On lit distemperare, dans le 
même sens, au Gloss. lat. de Du Cange. 

Destren, s. m. On lit dans les livres de véne- 
rie, en parlant des oiseaux de proie : « Si ton fau- 
« con a chassé, et il revient, une, deux ou trois 
» fois, jette luy le leurre, et le pais surle destren de 
<■ ton cheval, et puis le le pais sur le leurre contre 
« terre de bonne chair chaude, etc. » (Budé, des 
Ois. fol. 125, R°.) La même expression se trouve 
dans Modus et Racio, fol. 04, R°. 

Destresé, part. Détaché. En parlant d'une 
malle que l'on détache et que f on ouvre, on dit : 

Cil a si maie dcslresée. 

En la cambre l'en a portée, 

Puis li everte, et desfremée, etc. (Fah. n" 79S9,f. 07.) 

Destresse, s. f. Peine, affliction. 

Se li hom qui est en deslrece (1) 
Joie, après, avoir n'espéroit, 
James en joie ne seroit. 

Fabl. MSS. du R. n' "218, fol. 3G1. V" col. 1. 

Par une sorte de pléonasme, on disoit » à grant 
« destresse de douleur. » (Tri. des IX Pr. p. 462.) 

V.\RIAÎiTES : 
DESTRESSE. Nicot, Dict. 
Destrece. Gloss. de Marot. 
Détresse. Joinv. p. 45. 

Destributeresse, s. f. Distributrice. Qui dis- 
tribue. (Voy. Hist. de la Toison d'or, fol. 09.) 

Destric. [Intercalez Destric, contestation, aux 
Ord. III, OO'j, an. 1362: « Desquiex destric ou 
« controversion... les juges ordinaires, soubz qui 
« lesdictes parties demorront, auront la cognois- 
« sance enlierement. »] (n. e.) 

1 . Destrier, s. m. Cheval de bataille. On le nom- 



Ci) On lit dans Leroux de Lincy (Prov., II, 283) : « De large cuer adès largesse, Et de cuer dur tous jours destrece. „ (N. e.) 



DE 



— ICO - 



DE 



nioil destrier parce que l'ècuyer le menoil en main 
en le tenant à sa droite. (V. Mém. sur la Cheval. !■■• 
part, et la note 'M \ voy. Dict. tle Borel, de Corn, de 
Mcot, de Mon. et de Menaere; Du Canpe. Gloss. lat. 
au mol licrlvarii ; le même, Closs. de Vilieli.; Laur. 
Gloss. du Dr. fr. et Gloss. sur les Coul. de Beauvoi- 
sis ; Gloss. des Arrêts d'Am.; Gloss. de l'IIisl. de 
Drct.) » Au baron appartient Tcspave du faucon, et 
" du destrier et eslentendu destrierun grand cheval 
<• de guerre, coursier, ou cheval de lance (1). » 
(Coul. d'Anjou, au Coût. Gcn. t. Il, pape li."", répété 
dans la Coût, du Maine, ibid. p. I'i3 ) .. Destriers 
« de Caslele » chevaux de CaStille. (Poës. mss. 
av. laOO, t. IV, p. 1G53.) 

VARI.^NTES (2) : 
DE.^TRIER. Jûinv. p 4i. 
DEXTBiEn. Oudin, Nicot, Cotgrave, Dict. 
Di'STRiEF. Chron. S. Deii. t. I, fol. 127, V». 
Destier. I>h. Mouskes, MS. p. 189. 

2. Destrier. [Intercalez Destrier, marteau , 
dans une charte latine de 1374 (Du Cange, II, 83), 
col.l): « [fabcr] promisit... ponere in ea [forgia] 
« unum magnum ferri malleum, unum martellum, 
" vocatum destrier, l'erri... »] (n. e.) 

Destriga, v. Divertir, détourner. Dans le patois 
deToulouse.ee mot signifioit aussi employer son 
loisir à ((uelQue chose. (Du Cange, Gloss. lat. au 
mot Des tri car e.) 

Destrocher, v. Ecarter, séparer. 

L'yane lessent un sablon montant, 

D'entre les serjanz se dcstrochent. [Guiarl, f. 3S1.J 

De là pour « se débander. » 

Au hydeusement clestrochier, 

Prennent apuier et clocliier. (Ibid. f. Sii.j 

VARIANTES : 
DESTROCHER. G. Guiart, MS. fol. 234, V». 
Destrochier. Ibid. fol. 211, V». 

Destrochere , s. f. Partie du bras droit *. 
Ornement du bras droit ^. 

*En termes d'armoiries, c'est le bras droit depuis 
le cnude jusqu'au poignet. (Dict. de ÎNicof, Ménage.) 
Borel, 2" add. interprète ce mot par « fanon » ou 
manipule de prêtres. 

^Suivant Le Laboureur, c'étoit un ornement que 
les femmes portoient au bras droit. (Le Labour, 
Orig. des armes, p. 80) où il contredit l'explication 
de '< manipule » ou « fanon » en remarquant, 
d'après Gelliot, que le prêtre porte le manipule au 
bras gauche. (Ibid. p. 8i.) 

1. Destroict, adj. Etroit*. Serré, qui est à 
l'étioit^. Rare*^. Réservé, discret". Qui est dans la 
détresse^. 

* Dans le sens propre et littéral (3), on disoil « un 



« pas destroit. » (Chr. de S. Den. \. II, fol. 160, V°.) 
« Une destroite prison. » (J. Le Fevre de S. Rem. 
llisl. de Charles VI, page 12.) Au figuré « destroit 
» conseil. " Le conseil étroit, celui qu'on regarde 
comme le plus étroitement attaché. « Le roy de 
« France fut informé de son destroit conseil, 
' c'est à entendre de celuy dont il usoitleplus, que 
« tantost, et sans delay, il envoyast en Bretaigne 
« devers le duc. •■ (Froiss. liv. IV, p. 140.) 

^De là ce mot a signifié » serré, » qui est à 
l'étroit. « Quant ceulx de Tournay se veirent ainsi 
« destrois . incontinent mandèrent au Roy que, 
« pour Dieu, les voulsisl secourir. » (Extrait des 
Chr. de Flandres, p. 750.) 

On nommoit le mois de janvier li destrois (4) le 
serre, par allusion au froid qui resserre. (Poës. mss. 
d'Eust. Desch. fol. 2.33, col. 4.) 

•^Onaurollpu dire « être destroit de vivres », 
en avoir peu. De là, on a dit « des vivres destrois » 
pour vivres rares. « Leur estoyent vivres, et fou- 
<c rages si destrois, qu'a grand "peine en pouvoient 
•' ils trouver. » (Froiss. fiv. II, p. 107.) 

° L'idée de réserve et de discrétion étoit liée à 
celle de tenir caché, fermé, serré. De là, destroit 
s'est dit pour réservé, discret. « Tant doulx, et tant 
" débonnaire, avec ce en ses faits tant destroict, et 
« sage que tout le monde, qui avoit conversation 
« avec luy, l'aymoit, et prisoit fort. » (Perceforest, 
vol. IV, fol. 70, V"col. 2) 

■^ Enfin destroit devoit naturellement signifier 
« qui est dans la détresse », et on le trouve sou- 
vent en ce sens : 

Et del mont de Cauvaire u Diex 
Fu crucifiés, et destrois. fMounk. p. S3.J 
Destrois de malaige. 

M" P. de Corbie, Poës. MSS. avant 1300, t. lll, p. i06i. 

Destrois et angosseus. (Cli. du C" Thib. p. 3.) 

vAniANTES : 
DESTROICT. Percef. vol. IV, fol. 70, V» col. 2. 
Destroit. Poës. MSS. Vat. n» 1490, fol. 159, R». 
Destrois. Fabl. MSS. du R. n° 7218, fol. 355, V» col. 1. 
Destroiz. Villehardouin, p. 31, etc. 

2. Destroict, s. m. Passage étroit*. Détresse °. 

*0n disoit « destroict de la" gorge. » (Cotgrave.) 

[Le mot est nom de lieu dans l'Aisne et le Calvados.] 

Son peuple aime bonnement. 

Et son pais garde diligemment. 

Et se guerre a, garnisse ses rfest/'Ois (5). (E, Desch. f. Hi.J 

« Nous nous mettons en la forestz ensemblement, 
« peult eslre que nous les trouverons aupassaiges, 
- et aux destroiz de la forest. » (Perc. vol. I, f" 30.) 

^ '< Avoir le cueur à destroit », ou « être en 
« destroit » pour être dans la détresse, dans la 
peine, l'affliction, l'inquiétude. « Quant le Roy eut 



(1) 'Voici la définition que donne Brunetto Latini (I, cli. CL'V) : « Il y a chevavis de plusieurs manières, à ce que li un sont 
desincr grant pour le combat, li autre sont palefroy pour chevaucher à l'aise de son cors ; li autres sont roucis pour 
sommes porter. » (n. e.) 

(2) Le mot est dans Roland, v. 345, 479, 756, etc. (n. e.) 

(3) Ce sens mène à strict (Froiss., IX, 419) : « Sans trop destroit commandement. » (N. E.) 

(4) Destroit est souvent synonyme de froid : « Et a donc faisoit-il moult froit et destroit sus ce passage, car ce fu en le 
moyene de février. » (Froissart, VII, 156.) (n. e.) 

(5; Le sens est dans Roland : « Les roches bises, les rfcs(reiz merveilleus (v. 815) »; et dans Froissart, V, 4) : « Les 
destrois et les passages sus le rivière de Somme. » (n. e.) 



)E 



- IGl - 



DE 



« ce dit, les nobles, tant dames, comme damoisel- 

« les, et tout le menu peuple eut le cueur tant à 

« destroict {\), el si deslrainct de meschef pour le 

« département très noble el gentil Roy, que il n'y 

« avoit celluy qui peust parler. » (Percef. vol. IV.) 

Trop Ions service, sans esploit, 
Me fait sovent estre en dcstroit. 

Gonliers, Poês. MSS.av. 1300, t. lU, p. 1010. 

VARIAÎiTns : 
DESTROICT. Cotgrave [Voyez Destric] 
Destroit. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. I, f" 163, V« col. 1. 
Destroyt. Percef. vol. IV, fol. 149, R» col. 2. 
Destoit, lisez dcstroit. Part, de Bl. MS. de S. G. f" 179. 

Destrois, s. ?«.;;. Peine pécunière. (Laurière, 
Closs. du Dr. fr.) « Se aucun se plaint devant les 
« vicontes de Peauë d'aucun autre coustume, le 
« plaintif est détenu à paier les destrois, ainsque la 
" semonce, ou l'arrest soit fait, cest assavoir de 
« \'î deniers, 1 den. combien que l'en demande 
" soit grande : et par ces desti'oics paies est le 
«1 piainîif quite de l'amende, se il en echiet. » 
Dans une citation du Gloss. lat. de Du Gange, au mot 
DistricUts, on litibid : « Et esl assavoir que d'aucun 
" maire, ou citoyen de Rouen ne sont pas paies les 
« destrois ; mes donra pleiges de suir sa cause. » 

Destroit (a), adv. Rudement. >< Et tantost luy 
« cheut ung glaive du comble du temple sur les 
» espaules entre la chair et la chemise si a destroit 
« qu'il cheut h terre. j> (Perceforest, vol. II, fol. 42, 
R' col. 2.) Nous disons encore dans le langage 
familier » si serré ». On a vu ci-dessus destroit 
pour « serré. >> 

Destroitement, adv. Etroitement (2), expressé- 
ment. " Le lisl mettre en prison moult destroicte- 
" ment. » iClir. de S. Denis, t. II, fol. 1G7.) " Nous 
" vous mandons et commandons destroitement. » 
(Ord. t. II, p. 61.) 

VARIANTES : 
DESTROITEMENT. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 133, V». 
Destroictement. Chr. S. Den. t. II, fol. 167. 

DiSTRICTE.MENT. Ord. t. II, p. ijS. 

Destroncener. [intercalez Dcslronceuer, dé- 
chiqueter : " Icellui Guillaume decoppa et destron- 
» eena par grant despit à Jehan de Gyrol arçonneur, 
« la corde "de son arçon. » (JJ. 154, page 443, 
an. 1399.)] (n. e.) 

Desti'opeler, v. Abandonner sa troupe. 

Et li navré en chancelant. 

Se vont tantost destropelant. (Guiart, f. 323.] 

Desti'oquer, v. Défaire un troc. (Dict. de Cotgr. 
et d'Oudin.) 

Destror, adj. Droit. On disoit « la main la 
« destror » pour la main droite. » (Fabl. mss. du R. 
n* 7218, f° 34G, V° col. 2.) « Le poing le destror (3) » 
pour le poing droit. ;ibid. fol. 346, V" col. 2.) 



Destros, adj. Etroit. 

Dedens un puis parfont, hoscur, et non voiant 
Firent un sege faire destros par dedevant ; 
Pilate i avalèrent, qui forment vout plorant. 

Du Catige, Gloss. hl. au mol Boia. 

Destroubler, v. Troubler, détourner. « Il n'y 
• a affection qu'ils n'exposent, ny cœur qu'ils ne 
' desployent, pour la destroubler de son repos. » 
(Lett. de Pasq. t. Ill, p. 488.) 

Destrousse, s. f. (Voy. Destroussement,) 

VARIANTES : 
DESTROUSSE. Math, do Coucy, H. de Charles VII, p. 540. 
DETROUSSE. Petit J. de Saintré, préf. p. 9. 

1. Dostroussement, s. m. Vol, brigandage*. 
Pillage^. Défaite, déroute'^. Ravage, dégât". 

*Le premier sens est le sens propre. IVoyez Dict. 
de Cotgrave, Oudin, Nicot etMonet; Gloss. del'Hist. 
de Bret. ; Gloss. de l'IIist. de Paris.) 

^ De là, ce mot s'est employé pour désigner les 
pillages dans la guerre (4). 

Si eut des destroiisscs et prinses 

Faictes des deux parties à l'eure, 

Mais il n'y eut point detre prinses 

Ou eut quelque desconfiture. (V'g. de C'i. VII, p. {43.) 

^Le mot détrousse a ensuite été employé dans un 

sens plus général pour « défaite, déroute. » « Et 

« Dieu scet comment nostre jeune homme se porta 
« vaillamment en ceste destrousse. « (Le Jouvenc. 
fol. 7, R°.) « La destrnusse du grand David. » (llist. 
de Louis II!, duc de Bourb. p. 'l02) où il est parlé 
de ce géant qui fut tué devant Belleperche en 1383. 
« Ceux de S' Lô et de Constances firent une des- 
" trousse sur les Anglois de Vire, et de Domfront, 
« en laquelle rencontre, il y eut des gens de tuez 
« de tous les costez, mais le champ demeura à nos 
« gens. » (Ilist. d'Aitus III, connest. de Fr. duc de 
Bret. page 785 ) « Par celte destrousse le dit prince 
« perdit toutes les places qu'il tenoit au dit Dau- 
u phiné. " (Berry, Chr. depuis 1402 jusqu'à 1461, 
page 380.) 

Au reste, ce mot se disoit surtout des expéditions 
subites, des surprises, des coups de main. <• A lever 
« sièges, et faire destrousses, ne fault point envoyer 
« le faire savoir, etc. » (Le Jouv. m. p. 125.) 

"Enfin pour ravage et dégât quelconque. Ainsi, 
en parlant d'un sanglier qui tue les chiens qui le 
chassent, on a dil : 

Or est sorty de son fort par contrainte, 
Non sans donner aux chiens mortelle actainte : 
Mainct beau lymier a tout plat estendu. 
De sa grand dent decouppé et fendu 
Lévriers hardiz, et mostins bien armez 
Tous despecez, occis, et desarmez ; 
Finablement, non obstant ses secousses, 
Contournementz, et cruelles destronsses, 
Il l'ont a force acuUé contre ung chesne. 
Hug. Sabl. Poi.-s. de la chasse du sangl. dise, par François I", p. 25. 



(1) « A.U dcstroit chacuns fuit le mors volentiers (Froissart, III, 350) » ; « en grant destroit de froit et de nege (Froissart, 
IX, 109.) (N. E.) 

(2) Froissart écrit même {IX, 626; XI, 114) : « Enjoindre estroitement et dcstroitenwvl. » Il signifiait aussi d'une manière 
pressante : « Et avoit fait sa complainte au roy moult destroitement. » (Froissart, IV, 123.) (N. E.) 

(3) Le suffixe or est roman et analogue aux mots en or, nris du latin ; il peut aussi venir de dcxtrorsum ; mais il serait 
difficile d'y voir un génitif pluriel conservé comme dans « la geste Francor, un cheval milsoudor ». (N. E.) 

(4) « Il firent mains maulx et mainte desirousse sur les Englés. » (Froiss., II, 423.) (.N. e.) 

v. 21 



DE 



102 



DE 



2. Destrousseiuent, adv. Librement, nalurel- 
lement, ouvertement. (Dict. de Colgr.) « L'on a parlé 
« fort diversemeiil., trop court, et deslroiisseiiicnt 
. de la volupté. Les uns l'ont déiiiée, les autres 
« l'ont détestée comme un nionslrc. » ^Sagesse de 

Cliarr. page 005.) « Le sot jjopulaire tout des- 

" troiisscmeiit condamne comme barbarrie, et bes- 
« tise, fout ce qui n'est de son goust. • (Ibid. p. 334.) 

V.vniANTES : 
UESTROUSSEMENT. Essais de Jlontaigne, p. 334. 
Detroussement. Ibid. p. 285. 

Destrousser, v. Détrousser *. Voler, piller ^. 
Enlever, défaire '^. 

* Au propre, c'est défaire ce qui étoil trousse, 
défaire des paquets ou décharger des bêles de 
somme. « 11 y avoil devant deux sergens sus deux 
<• chevauix(|uicouduisoicntles sommiers...., (luant 
.< les deux sergens furent passés, et (lu'ilz viiidreut 

.. jusques devant le liourd de la royne elle.... 

« disl: Seigneurs varlelz, quant viendra le roy 
« mon seigneur ''. Ma chère dame, disrent les var- 
1. letz, il viendra tantosl, mais il convient passer 
« les harnoys. Lors prindrent congé, si s'en alle- 
.' rent aux lentes destrousser. » (Percefor. vol. II, 
fol. 117, R"col. 1.) 

^ Au figuré, » voler, piller. » (Voyez Dictionnaires 
d'Oudin et de Robert Estienne.)' >< Complois aux 
'< sénateurs comment on ui'avoil destroiissé, par la 
« vallée, lesquels me diient que.... les gents de là 
« estoienl... briguants de nature. « (P.ab. t. n,p.274 ) 

'^De h\ ce mot s'employoit pôui' " enlever (1) , 
» défaire. » « Rencontra de 18 à 20 Anglois qu'il 
" destroussa entre Beaufort, et le Lude : La place 
« fut prinse d'assault, etc. >• (Le Jouv. ms. p. 015.) 

Destruicte, s. f. Contrainte. Peut-être faut-il 
lire destrelnte. » liorseles, madame, et la vostru ne 
" vous meffist oncques riens ; ainyoys vous a fait 
« courtoysie, et honneur, car riche fief vous donna 
.< en son royaulmc pour lequel vous, de voslregré, 
- et sans destrincle, \ous [ay ieisles hommage. >> 
(Percef. vol. V, f" 75, V° col. 1.) 

Destruieinent , .'■'. m. Destruction, ruine*. 
Fatigue, peine °. 

* Au premier sens, ce mot signifie destruction, 
ruine. (Voyez les Dict. de Borel et de Corneille.) 

....Li félon mesdisaiis 

Kl si ont mis 

M'amoi" en ileslmicnxeni. 

Tliieb. de Blas. Pocs. MSS. av. 1300, t. UI, p. lOO'.i. 

On lit (iestruinient dans la même pièce répétée 
dans le ms. du Vatican, n" liOO, fol. 31, R\ .< Corl 
« par tôt le pais, et prent homes, et famés, et 
« enfanz, et proiez, et fisl granl dcstruiment. « 
AlvdS, détriment. i^Villehardouin, p. 183.) 

^ On employoit aussi simplement ce mol pour 
« peine, fatigue » : 

Trop seroit fci-ans limbiiiciitcns 
Qui vous an diroit la façon. 

Fabl. MSS. du H. n' "Clô, I. II, f' IC'J, V» col. 1. 



VARIANTES : 
DESTRUIEMENT. Poiis. MSS. av. 1300, t. III, p. 10O9. 
Destuuiment. Poës. MSS. Vat. n» 1490, f» 31, R". 
rJESTUuiSE.MENT. Juv. des Ursins, Hist. de Ch. VI. p. 215. 
Detuiement. Chr. fr. MS. de Nangis, an 1316. 
Détriment. R. de Rou, MS. p. 83. 

Destruierres, s. vt. Destructeur. 

Voirs est que li leclierres 
Est maintes foiz pecherres ; 
De ce n'a Diex mestier ; 
Mais li péchiez trichierres 
De lame est deslfiticres. 
N'est preus à herbcraier. 

rruv. du C" de Bret. MS. de S. G. f- 115, V- col. 2. 

On a dit, en parlant de Roland : 

Boins aumosniers, et sans faintise, 

Langue ki ne savoit mentir, 

Drois jugieres de cuer entir, 

iJesiruisicre de Sarrasins. (Mouskes, p. 219.) 
VARIANTES : 
DESTRUIERES. Prov. du C'« de Bret. MS. de S. G. f» HD. 
Destruisiere. Pli. Mousk. MS. p. 219. 
Destrueur. Labbe, Gloss. 

Destruire, v. Ravager, ruiner *. Consumer ^. 
Etre détruit '^. Ce mot, dans S. Bernard, répond au 
latin destruere, jierimere et subvertere. 

* Le premier sens a reslé à notre mot détruire. 
« Plusieurs autres qui fort destruisirenl le pays. » 
(Histoire d'Artus III, Connestablede France, ducde 
Bretagne, p. 70i.) 

'^ On trouve dans le Glossaire de Labbe le verbe 
détruire, rendu en latin par vorare, et l'on disoit : 

Il a céans un poulain drù 

Qui moult (lentruil avoine, et faine. 

Fabl. MSS. du R. n* 1615, t. II, fol. 129, V col. 2. 

*= On disoit aussi destruire pour être ruiné. « Ainsi 
« commenchale pays à destruire. » (J. LeFevrede 
S. Remy. p. 14.) Le verbe actif est employé pour le 
passif. "« Jugié à destruire, " pour juge & être 
détruit, condamné à être mis à mort : 

Le larron ont pris maintenant 

A la joustise vont courant. 

Si li ont le larron livré, 

.V destruire tantost jugié. (Fables S. Germ. f» 11.} 

Expressions à remarquer : 

1° ■> Destruire la partie adverse, » pour détruire 
son droii. Ainsi, au sujet de la manière dont les 
avocats doivent se comporter en plaidant, on lit : 
« Toutes les lesons i» destruire la partie adverse, si 
.< doit dire courtoisement, sans vilenie dire de sa 
» bouche, ne en fet, ne en dit. » (Ordonnances, 
t. I, p. 201.) 

2° « Se destruire, ■• se perdre, s'abîmer, se tour- 
menter. « 11 entre en plus grande jalousie que 
>. devant, il serft's/?'?<i/,etentre en grand pensée, il 
.. espie, il enquiert ; dont il fait que fol : car noble 
u cceur d'homme ne doit point enquérir du fait des 
« femmes. » (Les 15 Joyes du mariage, p. 101.) 
Conjugaison : 

Destruie%. à l'imp. Détruisez. (Villehard. p. Mi.) 

Destruis, part. Détruit. (Fabl. mss. du R. n" 7218, 
f"244, R-'col. 2.) 



<1) « Et avoient o! donné qu'il lairoient les Escos entrer en leur loceis et yaux ensonnier de prendra et destrousser che 
que laissiet y avoient. ï (Froiss., II, 423.) (N. E.) 



DE 



— 163 



DE 



nctruit, au parf. de l'incl. Détruisit. (Vig. de 
CliarlesVlI, t. Il, p. 100.) 

Deslrut, au parf. de l'ind. Détruisit. (F. mss. du 
R. n- 7!I89, f" i7, K° col. 2.) 

Destrourront , pour détruiront. (Rymer , t. I , 
p. 13, col. -2, lit. de 1256.) 

Destrucnt, pour détruisent. (S. Bernard, Serm. 
fr. MSS. p. 135.) 

Destruet, pour il détruit. (S. Bernard, Sermons 
fr. MSS. p. 140 et 100.) 

Destrurat, pour détruira. (S. Bernard, Serm. fr. 
MSS p. 127 et 380.) 

Deslrut, partie. Détruit. (Rabelais, t. I, Prologue, 
p. 48, note 20.) C"est un mot du patois de Metz. 

VARIANTES : 
DESTRUIRE. Voyez les Ane. Dictionn. 
Destroure. D'où destrourroitt dans la conjug. 
Destrure. Clir. de S. Denis, t. I, fol. 261. 

Desti'iiit, S. m. Destruction. 
Chasteu.'i et villes désertèrent 
Ly Breton virent la dolour, 
Et le dft^lruil faire des lour. [R. de Brut.) 

Dans notre Ms. on lit « désert, » au lieu de des- 
truit, fol. 47, V" col. 2. 
Desuitte, adv. Aussitôt. 

Le duc de Bretaigne dcsuille. 
Pour tousjours croistre l'acointance, 
Espousa dame Marguerite 
La seconde tille de France. 

Vij. de Charles VII, t. I, p. 6 et 7. 

Desusage, s. m. (Oudin, Dicl.) 

Desusitation, s. f. Cessation d'usage, perte de 
quelque h.ibitude. (Dict. d'Oudin et de Cotgrave.) 

Desusiter, v. Perdre une habitude. (Dictionn. 
d'Oudin et de Cotgrave.) 

Desvalisement, s. m. L'action de dévaliser. 
(Dict. d'Oudin, Colgr. et Monet) 

VAKIANTES : 
DESV.VLISEMENT. Oudin, Cotgrave. 
Desvalize.mant. Monet. 

Desvanter, v. Vanter mal à propos. C'est visi- 
blement le sens de ce mot en ce passage : -■ Qui la 
" voudroil lonclans de fin cuer amer, et réclamer, 
« et l'adourer, celé ne maint henours, et loiauté, et 
« bonté, et largesce, etgaillé, bien li porroit van- 
« ter, sans desvanter, qu'ele est la plus bêle riens 
« pour amer qu'on puet trover. " fMs. de Doubler, 
Chr. fr. du xnr siècle, f" 23, V- col. l.) 

Desvée. [Intercalez Desvée, défense, dans une 
charte de 1343 (Du Gange, 11, 827, col. 2) : » Main- 
u tenions eslre en saisine de faire les vées et les 
« desvées par noslre jugement. »] (n. e.) 

Desvéer, v. Défendre, du latin vetare (1). 

Famé s'anforce à faire 

Tôt ce c'on li desvée. 

Ne de trouver mensonge 

Ne sera oubliée ; 

Pour nul melTait du mont, 

Ou ele soit trouvée. (F. R. n« 7615, t. Il, f" 140.1 



Il y a d'aulres acceptions du mot deaveer comme 
orthographe de desvoijer. (Voyez Desvover.) 
Desveiner, v. Couper les veines. (Oudin, Dict.) 

VARIANTES : 
DESVEINER. Oudin, Nicot. 
Deveiner. Cotgrave. 

Desveloppei", V. Dévoiler, découvrir *. Excu- 
ser, disculper ^. 

* Au premier sens : « Dame, dist-il, desveloppez 
« vous, si verrons si vous estes la royne. Elle se 
« desveloppa, et il voit que c'est elle. » (Lanc. du 
Lac, t. II. fol 2, R- col. 2.) On disoit en ce même 
sens, « développer bannière, » pour la déployer (2). 
« C'éloit cstre fait chevalier banneret par le prince, 
« ou le général d'armée, parce qu'avant cette céré- 
« monie la bannière étoit enveloppée. » (Le Père 
Meneslr. delà Chevalerie, p. 158 et 159.) 

^ On trouve desvelopper pour « disculper, excu- 
ser, " dans le passage suivant : « L'auteur s'excuse 
« de n'avoir pas suivi l'ordre chronologique, etprie 
« ses lecteurs, après avoir écouté ses raisons, de 
« vouloir de ce vice le desvelopper, et condescendre 
t> à son intencion. ■■ (Triomphes des IX Preux, 
p. 24, col. 1.) 

VARIANTES : 
DESVELOPPER. Oudin, Dict. 
Desvoleper. Ph. Mouskes, MS. p. 640. 

Desveoir. [Intercalez Desvcoir, méconnaître 
(Froiss. VII, 34) î <• En quelle manière m'avés vous 
« desveu que je ne soie ossi bien faillies de moy 
« combatre tout devant ossi bien c'uns au- 
.< très? »] (n. E.) 

Desver. [Intercalez Desver, perdre le sens : 
« Cil chastelains est dcsveix^; se nous le voulons 
« croire il nous fera touz mourir de maie mort. >> 
(Mén. de Reims, § 263.) De même au § 302: 
« Atant se parti dbu roi [Blanche de Castille] 
" comme une desvée. » — » Au roy Charboucle 
« est venu la novele. Con il entend qu'à poi il ne 
desve. " (Carin, Du Cange, II, 827, col. 2.) D'où 
desverie : « Ses homs estoit, ce fu grant dcsverie. « 
(Id ) « Or avez o'i, dist Solehadins, mu defiverie. » 
(Mén. de Reims, §203.)] (n. e.) 

Desverez, adj. Déréglé. 

J'ai esté lonc tens ilesverez, 
Or si doie estre touz proiez 
Dou mal laissier, et dou bien faire. 

Fabl. MSS. du R. n- 7GI5, t. I. f' 109, R' col. 1 . 

Peut-être est-ce une altération du mot desvoyé 
sous lequel on trouvera des orthographes fort appro- 
chantes de celles-ci. 

Desvergondé, adj. Déréglé, deshonoré. Pro- 
prement, qui est sans honte, sans vergogne. (Dict. 
d'Oudin.) On trouve desvergondée pour >■ déshono- 
rée, T dans Froissart et Moustrelet cités par Favin, 
Th.d'honn. t. I, p. 198. 

DesveiTOuiller, v. Oter le verrouil, ouvrir. 



(1) Ce ssns est dans Froi.ssart (III, 4) ; « Tout ce ne poait dcsve/:i- li contes de Hainnau puisquo il en estoit requis dou 
vicaire à Temperour. » (n. e.) 

(2) « Tant gonfanon de soie au vent devolepé. » (Ci). d'Antioche, VIII, 3'20.) (N. e.) 



DE 

(Dictionnaires d'Oudin, Borel, Monet et Colgrave.) 
« Lors alla le portier, luy quatriesmc siins plus, 
« (lesverrouyller la porte, et pons avaler. » (llisl. 
de B. du (Juescl. par Ménard, p. l'J.) (l) 

VARIANTKS : 
DESVERROUILLER. Ondin, Monet, Colf;r. 
DESVERitoiiyLLER. E. Desch. Poiis. MSS. fol. 4G2, col 4. 

Desvest, S. ?H. Dessaisine, dépossession, dépouil- 
lement de la possession de quelque elioso. (Diction, 
de Monet ; Du Canîie, Gloss latin, au moi Divestiri', 
t. VI. col. 1518, et Diction, de Dorel au mot Advest.) 
<i Celui ([ui veut transporter son héritage à un tiers 
« est tenu de li! remettre en la main de son sei- 
« gneur, etceluyqui l'acquiert, est obligé d'aller 
« au seigneur, et d'en recevoir de luy la posses- 
« sion. C'est ce iju'on appelle vest eidevest. » (Lois. 
Inslit. Coul. t. 1, p. 'iOi.j " Que le vest se fist par la 
« tradiliou d'un baslon, toutes ces coustumesy sont 
<■ formelles ; ma-.s (lue le dcvest se lisl par la cous- 
« tume d'iceluy, je n'en voy aucune qui en parle. » 
(Pasquier, Hech. p. 747.) 

VARIA.NTES : 
DESVEST. Loisel, Inst. Coût. t. I, p. 204. 
Devest. Pasquier, Rech. p. 747. 
Desadvest. Bout. Som. rur. p. 115. 

Desvestement, s. m. Dépouillement. « Elles 
« avoient donnez leurs joyaulx, et leurs liabits de 
" si grantcueur aux chevaliers qu'elles ne se apper- 
« cevoient de leurs desnuemenl et desvestement. » 
(Percef. vol. I, fol. 155, V- col. 1.) 

Desvestero, s. m. Celui qui se dessaisit. (Voyez 
Pithou , Coutumes de Troyes, p. 456, et le mot 
Dkvkst ci-dessus.) 

Desvestir, v Dépouiller, déposséder, dessai- 
sir. (Dictionnaires d'Ocdin, Cotgrave, Nicot, Monet, 
et Du Cange, Gloss. laf. au mot Disvestire.) 

Prince qui a graiit teno à maintenir, 

Quant sa guerro .i desoneur se desvest. 

Se ceuls ne croit i;ui lo font soustenir. [Desch. f' SU-i.) 

« Deveslit incontinent sa chemise. » (Nuits de 
Strapar. t. II, p. '2'27.: ■• Je veulx qu'ilz (/^'yt's/CHi, 
« qu'ils dépouillent tuules affections. » (I/Amant 
ressusc. p. 99.) •• El seroit l'héritage advesli et de- 
« sadvesti par Iny à ta commission du juge royal. » 
(Bout. Som. rur. ii. 137.) 

Conjugaison : 

Devestie, part, au fem. Deshabillée. (Vie d'Isab. 
k la suite de Joinv. p. il'!.) 

Desveslis, part. Dessaisi, dépouillé. (Du Bouchet, 
Gén. de Coligny, p'. 58, tit. de l'2G8.) 

Devestu, partie. Dépouillé. (Perard, Histoire de 
Bourg, p. 46(3, tit. de 1*246.) 

VARIANTES : 
DESVESTER. G. Guiart, MS. fol. 13i, R>. 
Devestir. Vie dlsal). à la suite de .loinv. p. 172. 
Dévêtir. FaLl. KSS. du R. ii" 7218, fol. 208, R<>col. 2. 



104 - DE 

Desadvestir. Monstr. vol. I, fol. 205, R°, etc. 
Deventir. Lisez Dévastent. G. Guiart, MS. fol. 347, V». 

Desvestiture, s. f. Dépossession , dépouille- 
ment de la possession de quelque chose. (Dict. de 
Monet et d'Oudin.) 

Desveii,s. ?«. Dévotion. « Saincts, ou sainctes, 
« ou ils auront leur desvcii, et dévotions. - (Ordon. 
de Philippe-le-Bel rapportée par Basnage, sur les 
duels, p. lyi, et par Du Cange, Glossaii-e latin, au 
mot Duellum, col. 1682.) 

Desvié, adj. Mort, qui est sans vie. 

Ou li rois Alixandre qui est allé desvic 

Doit avoir sepoltnre. (R. d'Ale.c. f" HA.j 

VARI.\NTES : 
DESVIÉ. Not. du R. d'Alex, fol. 114. 
Dévié. Froissart, livre III, p. 337. 

Desviement, s. m. Fin. 

L'ordre Dieu guerpy maternent 

Sy vint à mal desviement. (R. de finit, f" 50.] 

On lit definement dans le ms. de M. de Bombarde. 

Desvier, v. Mourir * (2). Oter la vie ^. 

* Dans le premier sens, ce mol signilie soi tir de 
la vie. (Diction, de Borel, Mcot e( Oudiii ; Glossaire 
de Marot ; Gloss. sur les Coût, de Beauv. et Gloss. 
de l'IIist. de Bretagne.) 

Dame, trop ay mesprins. 

Merci vous crie Guesclins, 

Oui en saincte foy desvie. {Desch. f" 08. J 

Une flamme ay suivie, 

Dont conviendra bientost que je devic, 

Si par pitié ne m'estes secourable [Du Bell. p. ôO.> 

^ On employoit aussi ce même mot dans le sens 
d'ôler la vie : 

Que la mort est ennemie 

De tout, et que nul ne lesse. 

Tant soit grant, que ne desvie. {Desch. f" 201.} 

En rappelant le sacrifice d'Abraham qui tua un 
bélier au lieu de son fils : 

Le moton a dévié, 
El son fiU a retenu. 

Li vies et li iioï. Test. Pocs. MSS. avaiil 13U0, t. H, p. 875. 

VARIANTES : 
DESVIER. D. Florès de Gr. fol. 111, V». 
IIEVIEH. Poës. MSS. du Vat. n» 1490, fol. 100, V». 
Devver Dritton, Loix d'Angl. fol. 95, V». 
Desavier. Cotgr. Dict. 

Desvoer. [Intercalez Desvoer, désavouer: « Je 
" ne desvoe pas ce que li chevaliers en fist, car je 
« ne poroie. » (Froiss. IX, 425.)] (n. e.) 

Desvoideur. [Intercalez Desvoidcur, dévidoir. 
On lit dans un glossaire du fonds S' Germain : 
a Girgillus, desvoideur ù file ; il veut dire aussi 
« une polie, en quoy torne la corde à puisier 
« yaue. «] (n. e.) 

Desvoindier. [Intercalez Desvoindier, en latin 
(/esi>af««;r, dans un gloss. lat.-fr. de 1352.] (n. k.) 

Desvoleper. [Intercalez Desvoleper : 1" Dé- 
ployer : « Tant gonfanon de soie au vent devolepé. » 



(1) On lit dans Cuvoiier (v. 933): <c Ce sont li boquiUon qui nous viennent aidier, Et leurs famés aussi qui viennent du 
moustier; lilanclies vesteures ont ; allons desver'iillter. d Le mot est déjà dans Renarl (v. 20271). (n. e.) 

(2| C'est un conipo.sé de vita : mais un autre desvier, fait sur deviare, signifiait égarer, troubler : « Bones gens arestés ; 
quelle cose vous est avenue'? Pourquoi vous desvyés vous ensi. » (Froiss", III, 304.) (n. e.) 



DE 



— 1G5 



DE 



(Ch. d'Ant. VIII, 320.) 2° Lancer en tous sens : " Li 
« arcier commencierent à traere et à desvolcper 
« sajettes ù force de bras. » (Froiss. VI, 10.)] (n. e.) 

Desvoloir, v. Cesser de vouloir, ne pas vou- 
loir *. Vouloir du mal °. 

* Sur le premier sens, voyez le Glossaire sur les 
Coutumes de Beauvoisis. Ménage, dans ses Obser- 
vations sur la langue françoise, p. 85, dit que 
« Malherbe semble estre l'auteur de ce mot. » 
« ....Ne vous. Sire, n'estes merme de vostre service, 
« et que chascun denouscuide faire son prouffil 
« en i'eschange, vous ne le devez desvouloir, ains 
« vous doit plaire, et le devez olroier. >• (Assises de 
Jérus. p. 132.) « Ce que Fun vouloit une semaine, 
« l'autre le devouloit. » (Froiss. liv. III, p. 250.) (I) 

•< Desvouloir la voulenté de quelqu'un. » C'est-à- 
dire ne pas vouloir ce qu'il veut, s'opposer à sa 
volonté. iPercef. vol. YI, fol. 100, R° col. 2.) 
Mais amors me met en balance : 
Qiiar ce qui plus me fait doloir 
Me fait mon voloir desvoloir. 

km. et Jalous. MS. de S. G. fol. 111, R» cd. 2. 

^ On a dit aussi desvouloir, pour « vouloir du 
mal », être indisposé contre quelqu'un : 

Dou tout en tout me met en son voloir, 
El c'ele veut s'amor mètre en oubli, 
Ne li (loi pas par raison desvoloir. 

Poc-i. HSS. av. 1300, t. IV, p. 153R. 

CO.NJUGAISO.N : 

Bcsvcil, à l'indic. (l'oës. .mss. d'Eust. Descliamps, 
fol. 197, col. 1.) 

Dcsvcille, au subj. (Poës. d'Al. Chartier, p. 090.) 

Desvejilt, à l'indic. (Poës. mss. d'Eust. Deschamps, 
fol. 315, col. 4.) 

Desvousisse. Se voulut pas. (F. mss. du Pi. n- 7015, 
t. II, fol. 174, V»coI. 2.) 

Develllent, au subj. (Ordonn. des R. de France, 
t. I, p. 788.) 

V.\niANTES : 
■ DESVOCDIR. Mesl. de S. G. p. 4. 
Desvouloir. Assis, de Jérus. p. 132. 
Devouloir. Froissart, liv. III, p. 2û9. 

Desvoiié, part. Désavoué. 

Contre droiture et leauté, 

L'en t'en avoit à clerc voué. 

Je croi por ce as -tu desvoué 

Cel veu, et clergie faussée. [F. B. n" 1^18, f" 77.; 

Desvoutouere. [Intercalez Desvoutouere, dé- 
vidoir, au Gloss. lat.-fr. 7084: « Devolutorium , 
<' i. girg'illus, desvoutouere h fil. « Plus bas rft'Z'^ 
douere. Le Gloss. 7092 donne devettuere.'] (n. e.) 

Desvoy, s. jh. [Voyez Desvoye.] 

VARI.iXTES : 
DESVOY. J. dWuton, Ann. de Louis XII, p. 36. 
Desvoi. Ph. Mouskes, MS. p. 775. 
Desvoyement. Nuits de Strapar. t. II, p. 78. 
Devoyement. Abr. de Froiss. par Bellef. p. 302. 



Desvoyable, adj. Impraticable *. Qui égare ^. 
Dans ces deux sens, ce mot vient de voye, chemin. 

* Une roule desvoyable est un chemin impratica- 
ble. » Par ung lieu desvoiable, <• dans la Chronique 
MS. de Nangis, en latin per locum devium. 

^ C'est aussi un chemin où il est difficile de ne 
pas s'égarer. « Les voyes par nous veinsmes sont 
« si desvoyables que je cuyde que je ce les pourroye 
« tenir. » (Lanc. du Lac, t. I, fol. 24, P>°.) 

En ce même sens, mais au ligure, on a dit : 
Cerberus signifie péché le dcvoyabic. 

C'est-à-dire qui écarte du vrai chemin. (Mémoir 
d'Ol. de la Marche, p. 502.) 

VARIANTES '. 
DESVOYABLE. Percof. vol lî, fol. 138, V» col. I. 
Desvoiakle. Chr. fr. MS. de Nangis, an -128G. 
Desvoiant. Lanc. du Lac, t. I, fol. IW, V» col. 2. 
Desvoié. Ordonn. t. V, p. 377. 
Dysvoiable. Lanc. du Lac, t. I. fol. 8i. V° col. 1. 
Desvéable. Modus et Racio, .MS. fol. 235, R». 

Desvoyder. [Intercale/, Desvoydtr, dévider, au 
Gloss. lat. 7084 : « Exalabrare, deavoyder. »] (k. e.) 

Dr'svoye, s. /". Détour, lieu écarté*. Mauvaise 
foi '-'. Ecart, égarement, folie •=. 

* Au propre, c'est ce qui s'écarle de la voie, 
« détour, lien écarté. » Si n'est que par embusches 
« de Lombards feussent deffaicts au desvoy de ciie- 
« mins eslon.gnez. » (J. d'Auton, Annales de Louis 
XII, de 1499, etc., p. 30.) 

^ Au figuré, nous disons » détour, » pour mau- 
vaise foi, et l'on a dit de même desvoy : 

Sains tricerie, et sains desvoy. (Mouskes, p. ITô.j 

"^ Appliquant à l'esprit l'acception propre de 
desvoy, ce mot a signifié « égarement d'esprit, 
folie » : 

Amor est rage, et desverie (2), 

Qui tote gent serre, et lie [Rom. de Narcis, f" lil.j 
VARIANTES : 
DESVOIE. Percef. vol. V, fol. 75, V» col. -1. 
Desverie. Chr. S. Denis, t. I, fol. 231, V". 

Desvoyé, part. Egaré *. Fou, insensé ^. De- 
rangé *^. Mis en déroute '^. Devez, dans S. Bernard, 
répond au latin mentis inopes. 

* Au sens propre, qui a quitté la voie, qui esthors 
la voie. " Desvoyé de bien faire, » c'est-à-dire qui 
est hors la voie, qui est éloigné de bien faire. » 
(Chron. de S. Denis, t. I, fol. 109, V°.) (3) 

° De là, au figuré, ce mot a signifié « égaré, fou, 
extravagant, furieux. » (Voyez le Dict. de Borel, ([ui 
cite ces vers de Mathiolus : 

Judith ne fat pas trop dervée (4), 

Car sa cité fut préservée. 

Orgueilleuse, derve, vaine, et muable. [Desch. f" 3.J 

Oiii jalous est il vit comme dervés. 

Poùs. MSS. du Val. n" 1522, fol. 161, R", col. '2. 



(1) Ed. Kervyn, XII, 349. On lit dans Benoît de S' More (11439-42) : « Et ce que Deus en apareiUe , ()a\ tote sainte ovre 
conseille, Ne devez desamonester, Ne desvoleir ne destorber. » (n.e.) 

(2) Voyez Desvé et Desverie. (N. E.) 

(3) Par suite : 1» Mal conseillé : « Alons devers luy en prison et parlons à luy et le refourmons en autre estât, car il est 
tout desvoié et mal conseillé. » 2» Détourné : « Le roy de France qui jà part avant estoit desvoiés par les dons qui 
d'Engleterre estoient venus. » (Froiss., II, 41.) (n. e.) 

(4) Serait mieux placé sous desvé. (n. e.) 



DE 



— 100 - 



DE 



Qiii famé croit, il ost ilcsvih. 

Fabl ilSS. duB. n'7015,l. Il, fol. 18J, V" c. 1. 1. 

"= On a dit aussi dcsvoyé pour « hors rie l'ordre, » 
déranpé. « Entrèrent dedans, et regardèrent nue le 
« temps estoit fort (lesimjt', et commença à tonner 
« et à esdarer. » (l-anceiot du Lac, t. 111, fol. il»), 
P>° i-ol. '2.) 

'^ Dérangé est analogue à « mis en déroute » et 
tlesvoyé a pu facilement passer de cette première 
acception à l'autre. ■■ Quant ses hommes Tenten- 
» dirent, ih se prindrent ;\ rassembler, cl a avoir 
« despit qu'ilz estoienl si desvoue:, de si peu de 
• L'eus. " ^Pei-cef. vitl. I, fol. 8."i, V' col. 2.) 

E.xpressions remarquables : 

1" « Destoijé de coulpe, » exempt de faute. Dans un 
discours adressé aux Milanois qu'on avoil réduUs à 
l'obéissance, on lit : « Combien qu'à un si grand et 
o énorme delict y soient plusieurs desvoijex, de 
« coulpe, n'y a personne qui s'en puisse bonne- 
« ment excuser. » (P. Desrey, à la suite de Moustr. 
fol. 102, P.°.) 

2° " Desvoué du coup, » qui a manqué son coup. 
" Sitost que troylus le vitf/esvoye du coup, il luy 
« courut sus, puis print l'espée qu'il luy osta des 
" poingz, etc. » (Percef. vol. VIII, fol. 1-29, V» c. 1.) 

VARIANTES : 

DESVOYÉ. Pathelin, Farce, p. 68. 

Devoié. Gloss. sur les Coût, de Beauv. 

Deviê. Bnrel, Dict. 

Desvé. Chr. de S. nenis, t. II, fol. 64. V». 

Deslez. Estrub. Fabl. MS. du R. n» 7996, p. 30. 

Desoez. Fabl. MSS. du R. n» 761.5, t. !, fol. 106, V» col. 2. 

Desru';. Gloss. sur les Coût, de Beauv. 

riERUÉ. Ph. Mouskes, MS. p. 426. 

Devez. S. Bernard, Serm. fr. MSS. p. 147. 

DiERVE. Ibid. p. 292. 

Desvoyer, i>. Egarer* (1). Eloigner^. Eviter*^. 
Devenir fou °. Débaucher ^. Dissimuler ''. Détour- 
ner, dissuader °. 

* Ce mot, formé du latin deviare, signifie littéra- 
lement >' quitter la voie. » De là, il s'est employé 
pour li s'égarer » : « Reprinl le chemin duquel" il 
« Ae?,[oi[dhvié. » (D. Flor. de Gr. fol. 101, R".) 

° Pour x écarler, éloigner (2) « : « Le desvoija sa 
" inere tant secrètement que oncques ne fut sceu. » 
(Perc. vol. IV, fol. 110, R" col. \.) C'est en ce sens 
qu'on a dit « se desvier à bien faire » pour (juitter 
le mal et retourner au bien. 



.... Aime De.\, et bonne vie, 
Et à bien taire te desv ' 



Geofr. de Paris, à la suite du Ron 

Pour « éviter » : 



. deFauv. fol. 50, V" col. i 



.... Sa compaignie, 
Me vée, et dcvie. 

ViU. li Vin. Pocs. MSS. avanl 1300, t. Il, p. 1274. 



° Dans un sens figuré desvoyer a signifié « deve- 
nir fou, » égarer sa raison (3). 

Li max que j'ay me mestroie 
Si que j'en crien liesvier. 

Thi. de Nav. Poës. MSS. avant 1300, t. I, p. 530 

^ Par une suite des acceptions précédentes, des- 
voyer quelqu'un, c'est l'égarer, le tirer du bon 
chemin, le « débaucher {'i). » « ....Me convient estre 
« nourrisse de trois enfans par vous engendrez ; 
" mais, par le pouoir du Dieu souverain, je vous 
« laisseray avoir tant froil, ains que l'huis vous 
« ouvre, ijue talent ne aurez de desvoyer aucune- 
« ment les dames, jaçoit ce que point ne auriez 
« souffisance de toutes les femmes de ce pays. » 
(Percef. vol. IV, fol. 120, V° col. 1.) 

"" " Dissiinulei' » est en quelque sorte ôter de la 
voie, ne pas laisser apercevoir. De là, on a dit 
desvoier pour « dissimuler (5) ■- : 

Bien est raisons que la famé deavnie 
Ce qu'en pensé a envers son amant, 
Pour savoir miex tout le sien convenant. 

l»oi>s. MSS. du Vat. n- 152^, fol. 107, V' col. 2. 

° Enfin, selon le sens propre du mot dont il 
s'agit, il signifioit tirer de la voye, du chemin. De 
là, au figuré, on l'eraployoit pour détourner, dissua- 
der. « Soixante compaignons bien armés, et bien . 
« montés, qui s'adonneront de partir, et issir de la 
« ville, pour chevaucher devers Montferrant, et 
« faire aux barrières aucunes escarmoucltes ; et 
« puis s'en retourneroyent arrière, nul neles (/fi'/a 
« [voir Desviek] car il y a voit des plus nobles de 
« la ville en leur compaignie, et qui selon leur 
» estai, desiroient lesarmes.» (Froiss. liv. IIl, p. 2S7.) 
Conjugaison : 

Devieure. Se sépare, s'éloigne. 

....Sa bonté qui avec moy divieure, 

Las et de luy si esloingné me voy. (Desch. f" 278. J 

Devoyratt. Lisez devnyent. S'égarent. (Poës. mss. 
avant 1300, t. IV, p. 1330.) 

VARIANTES : 
DESVOYER. Clém. Marot, p. 333. 
Devoieh. Eust. Dcsch. Poës. MSS. fol. 27, col. 1. 
Desavoier. Poës. MSS. Vat. n» 1522, fol. 152, R». 
Des.vvoyer. Molinet, p. 135. 
Des.vvier. Clém. Marot, p. 257. 
Dévier. Eust. Desch. Poës MSS. fol. 308, col. 4. 
Derver. Poës. MSS. avant VâDO, t. IV, p. 1308. 

Desviiider, v. Vider. De là, on a dit « desvui- 
« der des quarriaus, » pour lancer des traits, en 
vider ses arbalètes : 

A l'aprochier quarriaus de.ivuident. 

G. Guiart, fol. 211. [Ed. v. 12i52.1 

Détaillé, /)«?■/. Découpé. « L'avoits'amyerenou- 
<i vellé d'une cotte toute détaillée de langes, depuis 
« le hault en aval, si estoit donc trop noble chose 



1 



(1) Ou seulement troubler (Froiss., XV, 13) : « Ne vous sangmellés point, on rien ne desvoics. » (n. e.) 

(2) Et changer de position (Froissart, II, 270) : « Li rois et ses batailles demourerent là où il estoient ordonné , sans yaux 
en rien denvoyer. » (N. e.) 

(3) « Je di fortune est non voianz, Je di fortune ne voit goûte, Ou en son sens est desvoianz ; Les uns atret , les autres 
boute. » (Rutebeuf, 88.) (n. e.) 

(4) Mal conseiller. (Voir les notes sous Desvoyé.) (N. E.) 

(B) Et aussi donner le change : « Berte si les desvoia , Que Symons et Constance tous ses bons lui otroie. » (Berte , 
str. 106.) (N. E.) 



DE 



1G7 — 



DE 



.. à veoir, car les langes esloient toutes dorées de 
« lin or. » (Percef. vol. 1, loi. 1 'i9, Y» col. 2.) 

Détailler, v. Couper*. Raboter, pulir^. Tailler 
en pièces '^. 

* Au premier sens, on a dit : 

N'épargnent vergiers, ne vignobles, 
Que partout à bandon ne saillent, 
Et tôt entrepent, et délaillenl. 

Fabl. MSS. du R. n" 7G15, t. Il, fol. 188, R- col. 2. 

^ Ce même mot, pris en bonne part, a signifié 
« raboter, polir » : 

Qu'il sache aventure novele, 
Et face tant que la novele 
Ile l'aventure par tout aille, 
Et que son vras francois détaille, 
Pour fere oevre plus déliée. 

Fabl. JISS. ilu R. n- 7013. I. Il, fol. ISG, R' col. 1. 

*^Enfinonadit(/t'frtî7/cî'pour « tailler en pièces (1): 

En tel strepit, ou romp, tranche, et détaille 

Janibes, cuissolz, dos, ventres, bras et testes. (Crel. 68.) 

Detaillerie. [tnlercalez Bctailkric, droit sur 
les marchandises détaillées: « La dctuillcrie el [c 
" ton lieu des cbausses, .un. livres. » (Cart. de 
Lagny, 1'. ti-'.O b.)] (n. e.) 

Detaillier. [intercalez Delaillier, détailleur, 
aux Ord. V, p. 577, an. lo77 : .> Aucun maichant 
« regralier ou delailiier. " — « Se le detaillieur 
« s'en deult et montre la dellaule, que elle soit 
» atrampée par resgarl dedeus preuddes hommes. » 
(7 juillet J307 ; Mém. de la Soc. de lilist. de Paris, 
1I.135.)J (.N. E.) 

De tant et de tant qne, adv. D'autant et d'au- 
tant que. (S. Bernard, Serm. l'r. mss. p. Itl'J et l'Ji, 
où il répond au latin qiianto.) 

Detappcr, v. Déboucher. (Dictioiia. d'Oudin el 
de Cotgrave.) 

Detai'der, v, Tarder. 

D'eus logier point ne se délardent. {Guiarl, f' lOO.J 

Detasser. [Intercalez Detnaser : « Car qui 
« vertuz en lui assemble Sanz humilité, il ressemble 
» A celui qui la pouJdre amasse Au vent, et le vent 
« la delanse. » (Th. Franc,-., au moyen-àge, 183'J, 
p. 278, xiv siècle.) Voir Déliasser.] (n. e.) 

Detauz, s. m. p. C'est le pluriel de notre mot 
détail qui ne s'emploie plus qu'au singulier. Autre- 
fois on disoit à detttii':^ \)Ouv en détail. (G. Guiart, 
Ms. fol. 290, V".) 

Detayer. [Intercalez Detayci\ ôter la taie d'un 
oreiller: » Icelle exposant print oudit hostel la 
« tave de la couste d'un lit, que elle deta\ja. » 
(JJ. 151, p. 6, an. 13<JtJ.)] (n. e.) 

Dete. [Intercalez Dde, caution, la personne 
fournissant caution; le mot s'entendait du gage et 
de l'engagé, comme message se disait de la fettre 
et du messager : « Ce sont cil qui se sont estably 



« plege, dele et rondeur pour Jehan de Chapes 
>. escuier. » (1290, Olim, reg. 2, fol. 87, a.)] (n. e.) 
Dett'au. [Intercalez Dcteau, au sens du précé- 
dent: •' Les(i"uels pleiges se establircnt principaus 
.' dcteaus el l'cndeus. >- (1294, Cart. de Chartres.) 
flf/.t'JTt'.s, qui correspond à dcbilor, a le même 
sens aux Etablissements de S' Louis; Ordon. I, 

62.)] (N. E.) 

Détection (La feste de la). Fête qui se célèbre 
à S. Denis. (Voyez Chroniques de S. Denis, t. II, 
fol. 10, \\) 

Déténiérité, s. /'. Témérité. « La détémérité, el 
« folie des jeunes adolesceus (jui furent donnés à 
« Quintilienà instruire est en Ouinliliani'edondée. » 
(llist. de la Toison d'or, fol. GO.) 

Détendre, v. Séparer *. Forcer '^. On a dit de 
l'armée (juise sépara, après la paix de Conflans, en 
1405 : » Ainsy se détendit celle année. » (Mémoires 
d'Oliv. de la .Marche, liv. I, p. 481.) [Voy. Deste.ndre.] 

■^ Dans lasignilicaliou de » forcei', violenter, » on 
lit : « Sera mandé, et dellendu à ceux qui tien- 
>. ni'il, ou teudronlles fermés de l'imposition, que 
« dciiiées traites, ou menées hors du royaume, ils 
« ne prcngnenl, ou peussent prendre d'une lettre 
<« de caution, quequaire deniers, et d'une lettre de 
« délivrance de la dilecaution quequaire deniers, et 
« que, se plus en prenoieut, ou detcnsoient les mar- 
« chauds, ou voiluriers à délivrer les dites lettres, 
>> tous cousis, frais et iuleresls qui, par leurs deten- 
« semenSjSeroient faits, ils seront tenuz de rendre, 
« et conlrainz à ce, sans delay. » (Ord. des R. de 
Fr. t. il, p. 394.) 

CONJUGAISO.N : 

IhHcnsoienl . [Se rattache h détenir.] 
Detenement, s. m. Obstacle, retardement*. 
Espace de temps ". 

* Au premier sens, on lit : 

Au gué est venuz Dlanchandin, 

Si cori l'amena le chemin, 

Ja si ferist isnelement, 

.Sans nul autre delenement. (Blain-h. S. G. /'» J'O.J 

^ En étendant l'acception, l'on a dit « par grand 
detenement , » pour pendant un long espace de 
temps. (Fabl. m.-s. du R. n" 7015, t. ÏI, fol. 145, 
R°col. 1.) 

Détenir, v. Retenir, empêcher* (2). Garantir ^. 
Ce mol, dans S. Rernard, répond au latin dctinere et 
euntinere. 

* Au premier sens, nous trouvons ce vers : 

Platon traiclant plusieurs choses de l'ame. 

Mort ne détint qu'il ne geist soubz la lame ; 

Par sapieuce, il n'obtint la puissance, 

Car d'elle au vray n'eut claire cognoissance. (Cret. 2G'2.J 

^ Pour " garantir » : 
S'armes ne les va détenant (3). (Guiart, f» ■O'Jl.J 

C'est-à-dire si leur armure ne les garantit. 



(1) De là, le sens figuré déchirer : « Par tels lanaaiges estoit démené et dctailliù en derrière messire Olivier de Clichon. 
(Froissart, XV, 75.) (n. e.) 

(2) Avec le pronom, il signifie se retenir : « Et ne s'en pooient ne voloient détenir ne astenir. » (Froiss., VU, 80.) (n. e.) 

(3) « Laquelle (trayne, poutre), ainsi qu'il cuidoit frapper detenist le dit coup. » (JJ. 195, p. 1437, an. 1475.) (N. e.) 



DE 



— 108 



DE 



Conjugaison : 
Detarroit. pour einpèdieroil. (S. Bern. Serm. fr. 
Mss. p. 80, le latin detineret.) 

Détendra. Heliendra. Chr. S. Denis, t. III. 1" i»-} 
Delentcrcnt. Retinrent. (Molinet, p. 175.) 

Les moutons delenterent 

En son parc le berger. (Mohnct, p. Ita.j 

Detenrit, pour retiendra. (S. Bern. Serm. fr. mss. 
p. '57:., dans le latin conlinebit.) 

Dctciiuit, pour retenu. (S. Bern. Serm. fr. mss. 
p. 1711 et '2(10.) 

Détienne. Hetienne. (Fabl. mss. du Bec. n° 7089, 
fol. 4i),U''col. 1.) 

Delienssissent. Retinssent. (Toinv. p. 60.) 

Drling. Je retins. (Hisl. de S-' Léoc. ms. de S. G. 
fol. 20, '\\° col. 2.) 

Dotensement, s. m. Contrainte, violence. 
(Ord. des R. de Fr. t. II, p. 394. — Voyez Detendhe 
ci-dessus.) 

Détente. [Intercalez Détente, détenu: « Que il 
» soit pugny détente et corrigié selon l'usaii^e de 
.. voslre pays. « (Froiss. XII, 109.) C'est une forme 
fréquentative de détenir.] (n. e.) 

Detenteresse , s. f. Détentrice, qui possède 
quelque chose. (Voyez Coquillart. p. 72.) (1) 

Détention , s. /'. Prescription. On deviendra 
propriétaire de semblables fonds, et rentes, par 
.. l'une de cinq manières ; scavoir par succession, 
« par transport, par prescription de temps que l'on 
« nomme teneure, ou détention, par purge, et evic- 
» lion en justice, et par donation. » (Coût, de Cassel, 
au N. Coût. gén. t. 1, p. 713, col. 1.) 

Détenu (au), arfî'. .\ proportion. " ?s'estloisible 
« à la femelle demander légitime, iiy supplément 
. d'icelle, supposée que ne fust mariée, ni dottée 
« par son père ; mais seulement sera mariée, et 
« dottée honeslement, selon la faculté des biens au 
» détenu de la maison dont elle procède, et avise- 
» ront les estais s'ils doivent interpréter le dit mot 
« honnestemenl. » (Coût, de Marsan, au N. Coût, 
gén. t. IV, p. 908, col. 1.) 

Détenue, s. f. Usurpation. Edouard, roi d'An- 
gleterre, se plaignant, en 13i0, que Philippe de 
Valois lui retenoit injustement le royaume de 
France, lui écrit : » Vous entendez à persévérer à 
« vostre injurieuse f/etoiH'e. ° (Chron. de S. Denis, 
t. II, fol. 199.) 
Détenue, adj. Exténué, atténué. « Les pauvres 

« petites abbayes, petits prieurez, et curés sont si 

« pauvrement detenuécs que les possesseurs d'au- 

« paravantont esté contraincts de faire cedo hojiis, 



« et quitter tout à plat. » (Brantôme, Capitaines 
fr. t. in, p. 201.) 

Deterioremant, s. m. [Voyez DETERioniTÈ.] 

Deteriorité, s. /'. Détérioration. (Dict. d'Oudin 
et de Monet.) 

Determinance, s. f. Détermination, résolu- 
tion. (Dict. d'Oudin, Cotgrave et Robert Estienne.) 
. lour des, déterminances. » <■ ....Si on vouloit dire 
« à un maistie es arts, le jour de ses délermnmn- 
« CCS, qu'il eut des oreilles d'asne, etc. » (Dialog. 
de Tahureau. fol. 160, R°.) C'est peut-être le jour 
oiî il est déterminé, décidé douleur (2). Le dernier 
acte qui le fait docteur. (Voyez l'article suivant.) 

Déterminant, s. m. Terme d'université. Oa 
trouve au convoi de François I'-- : - Les déterminant 
« pretendans-d'estre maistres es arts en l'année. » 
(Mémoires de Du Bellay, tome VI, p. 159, Notes.) 

Déterminé . adj. Hardi. Mot nouvellement 
introduit du temps de Pasquier et qui n'étoit en 
usage qu'fi la cour. « Voih^ en peu de paroles pour- 
« (jùoy j'appelle un esprit romain, celuy que le 
« eourtizan du jour d'buy appelle détermine, mot 
« auquel je ne trouve pas grand fondement, pour 
« luy donner vogue, encores que je le voye autho- 
« rizé par les bouches de plusieurs gens de cour 
« que je n'establirav jamais pour juges du bien 
.. parler, combien que le commun peuple se per- 
a suade le conti aire. » (Lett. de Pasq. 1. 1, p. 554 ; 
voyez ibid. p. 552 ) 

Dcterminéement. [Intercalez Detcrminée- 
jHf»/. décidément (Froiss. X, 18): « Détermine ement 
« il dist que autre cose il n'en fera. »] (n. e.) 
Déterminer, v. Finir, terminer *. Raconter ^. 
* Au premier sens : « Et ainsi se départirent, et 
» est icy déterminée la première partie de ce 
« livre. » (Le .Jouvencel, fol. 16, V".) (3) 
° Pour « raconter » : 

Quant la balaiUe fu finée. 

Que je vous ai déterminée. (Guiart, f*06.] 

Déterrer,?'. Intimider, etîraver,du latin deter- 
rere. On lit dans les lettres du cardinal d'Ossat, 
t. I, p. 95 : •^ Pour remertier, et encourager les 
a uns, admoneser, et déterrer les autres. » On disoit 
aussi au participe déterrer. « ....D'autant que les 
» pères, voyans, par ledit délit, leurs eiifans estre 
« privez de tous, et chacuns leurs biens, seroient 
" plus detlere-^ de commettre iceluy délit; parce 
« que bien souvent les parens ont autant, et plus 
» de crainte, et terreur, de la peine qui s'inflige à 
« leurs enfans, que de celle qui s'inflige à eux- 
» mesmes. » (Coutumes de BouUongne, au Coût, 
gén. 1. 1, p. 709.) 



On lit dans Varin 
ietenteuT 



ni Froi'ïsart donne la forme détempteur Ç/i, 4321 : « Les possesseurs ou detemptexirs des maisons. » "" '« dj 
(Arch de Rehns, II 2* partie, p. &I6) : « Comme GuiUaume'^Gorgier eust fait demande a Hannequm Roberel comme 
d'une maison de certain sorceus. » (n. e.) ... . . j „„„(.., fo.^„Hûa ^tiipnlnrrip droit ou 

(2) Dans VAnc. Université, le baccalauréat était conféré par les examinateurs ^es quatre faculté^ (tbeol^^^^^^^^^ 
décret, médecine, arts), après une épreuve publique qui s'appelai determmar.ce. Celte épreuve durait p^^^ 

pendant lesquels il fallait argumenter contre tout venant. Apres plusieurs a""ees d épreuves on soutenait de nouveues 
dcU-n,ùnances qui menaient au grade de licencié. Maitre es-arts est synonyme de docteur es-lettres. (N. E.) 

(3) « Desqueles navreures icellui Jehan détermina assez tost après vie par mort. » (MU, Jl. iw>, P- -"■> <."• >^} 



DE 



- 169 



DE 



Detes, s. Désastre. 

Flamens douteus de plus granz detes 

Vindrent adonques à Marquetés 

La fu paiz faite, etc. (Guiart, f" SOi.j 

« Mètre en detes , » expression figurée pour 
défaire. (Ibid. fol. 325, V».) 

Detinée, s. f. Borel, qui, dans son Dictionnaire, 
cite les vers suivans de Mathiolus, » croit que ce 
mot signifie permission : 

.Te n'ay pas vostre tour minée, 

Issue suis par delinée, 

Et non mie par ribaudie. 

Corneille, qui copie Borel, dit qu'il signifie » voye 
licite. » 

Detinue (Bref de). Bref de retenue, détention. 
« Mes il appiert per les plees, et arguments faits en 
« un bon plee sur bref de detinue de un escript 
» obligatorie, etc. « (ïenuresde Littl. fol. 20, R».) 

Detonibei", v. Tirer d'une tombe. (Dictionn. 
d'Oudin et de Cotgrave.) 

Detoi'teiUer (se), v. Se détourner, se séparer. 
C'est la vérité qui parle dans ces vers : 

Sanz nioy voy tout détrier, 
Et périr, par ma dorneille. 
Tout se gaste, et entorteille : 

Quant j'oreille. 
Je sens la fin approuchier 
Du monde, qui ne m'a chier ; 
Qui de moy se delorleille. (E. Desch. f'> 60. j 

Detractement. [Intercalez Detractement, en 
blâmant: « Invectis (invective) detractement, 
« vituperment. » (Du Cange, 111,882, col. 1.)](n.k.) 

Detrîicter, v. Médire. (Dictionnaires de Nicot, 
Cotgrave et Hobeit Estienne. — Voyez Du Cange, 
Gloss. lat. au mol Detractare, et Brant. Dames gâll. 
t. IT, p. 348.) 

VARIANTES : 
DETRACTER. Nicot, Cotgr. et R. Est. 
Detraicter. Crétin, p. 251. 

Détracteur, s. m. Médisant. Dctraior, dans 
S. Bernard, répond au latin detractator. (Dictionn. 
de Robert Estienne et de Cotgrave. — Voyez Brant. 
Dames gall. t. Il, p. 456.) 

VARIANTES : 
DETRACTEUR. 
Detraior. s. Bernard, Serm. fr. MSS. p 249. 

Detraction, s. f. Médisance, calomnie. Detrac- 
tion, dans S. Bernard, répond au latin detraclio et 
detractatio. (Dicl. de R. Estienne.) 

Penses-tu, m'amusant avecque des sotises. 
Par tes detraclions, rompre mes entreprises? 

Mélite. Com. de P. Corneille, acte 3, se. 4. 

La Rivière et Mercier disgraciés sont empri- 
sonnés sur de fausses imputations, par ordre des 
ducs de Bourgogne et de Berri, lors do la maladie 



de Charles VI : « Vous devez scavoir que quelque 
« détrayance qu'il y eust, et qu'on leur fist, il n'es- 
« loyent pas en prison trop asseurés , car ils 
« sentoienl que pour le présent ils avoyent trop 
« d'envieux. « (Froiss. liv. IV, p. 165.) 

VARIANTES : 
DETRACTION. Crétin, p. 251. 
Detraccion. Modus et Racio, MS. fol 212, R". 
Detraciûn. Fabl. MSS. du R. n° 7015, t. II, f» 190, Y» c. 2. 
DETRAYANCE. Froiss. liv. IV, p. 165. 

Detraict, partie. Disirait, déduit, du verbe 
détraire [voy. Desthait]. .. Detraict le droict, » 
c'est-à-dire déduction faite du droit: •< Toutes fois, 
« le faisant soubs les dites qualilez, et conditions, 
« luy seront entrez les fruits perçeus ausdits biens, 
<• à tant moins du principal, intere.sts et despens 
« par celuy qui avoit retenu la gagerie, detraict le 
« droict du colomne si y sera. ..'(Coût, de Bueil, 
au Nouv. Coût. gén. t. 11, p. 1235. col. 2.) 

Detraieres. s. m. Médisant, calomniateur. En 
latin detractator, dans la Règle de S. Benoit, latin 
fr. MS. de Beauv. eh. 4. 

Detraigiier (se), i'. S'abstenir. « Se detraigner 
« de (juelqu'un, » se séparer de lui, s'abstenir de le 
fréquenter. (Dict. de Borel.) 

Detraire, v. Distraire, déduire *. Tirer, arra- 
cher ^. Médire, calomnier '^. 

* Au premier sens, ce mol est rendu en latin par 
detrahere, dans le Glossaire de Labbe, p. 498. 
« Tous conquereurs, et puissants hommes, si l'on 
« detraict, et rejecte de leurs victoires, et conques- 
« tes, l'opinion, et la couleur de vertu, sont appeliez 
« tyrans, et repuiez meschans, et lasches. » (Clém. 
Seyssel, Hist. de Louis XII, p. 2.) 

^ Pour « tirer, arracher, déchirer » : 

Puisqu'amis est, il se lairoit detraire (1) 

A bons chevaulx, ains qu'il voulsist retraire 

De son ami blasme, ou deshonour. (Desch. p. SS9.J 

Ton tenre cors ferai deiraive. 

Vies des SS. lIS. de Sorl). cliif. LX, col. 48. 

"^Delà, au figuré, pour déchirer la réputation 
d'autrui , médire calomnier (2). (Voy. Doctr. de Sap. 
fol. 19, V°.) Ce mol, dans S. Bernard, Sermons fr. 
MSS. p. 309, répond au latin detrahere. 

Detraise, s. /'. Contrainte, obligation. C'est le 
sens que ce mot nous pareil avoir en ce passage: 
« Detraise àe raison, .. c'est-à-dire obligation raison- 
nable. « Bienolroie l'appelle la volenléde l'apeloir, 
<• quant ils'aertàluidebalaille, sans esgard, et sans 
« conoissance de court, et sans detraise de raison, 
" et le seignor otroie bien, et s'assenle ù la volenté 
« des deus, quant il regoit les gages, sans esgard, 
" el sans connoissance de court. ..'(Assises de Jérus. 
page 76.) 



(1) Le sens est écarteler, comme dans Froissart : « Li pape avoit juré que , pour lui detraire as chevaux , il ne le 
dispenseroit jà. » (VII, 319.) On a déjà dans Partonopex (vers 122S) : « Faire poés vostre plaisir De moi detraire u 
detrencier. » (n. e.) 

(2) « Il conmiencierent à detraire à li et à ses fais, qui esloient digne de loenge. » (Chr, de S' Denis , I, ch. XII.) Le 
participe présent est au reg. JJ. 102, p. 49, an. 1370 : « Pour aucunes paroles vituperables et detrahens à l'onneur dudit 
Andrieu. » (n. e.) 

V. 22 



DE 



_ 170 



Detrait, s. m. Médisance. 

Arras, Arras, ville Je plaist (procez), 
Et lie liainc, et de déirait. 
On i aime trop crois et pile ; 
Cl.ascuns fut berte en ceste vile. 

Jihan. de l'Kscur. Chalis. à la suilo du lioni. de tau>el, loi. 0-. 

Detraqueinant, v. L'action de détraquer, de 
se détourner du chemin. (Dicl. de xMonet.) 

Détraquer, v. Décrier (1). " Semeûhdelraquer 
. pa^loîSvoyes cet homme. • (Méni. de Du Bell, 
t. V, p. i07, notes.) 

Detravé , adj. Déchiré. Participe du verbe 
détruire. Ce mot désisnoit un supplice, peut-être 
celui d'être tiré à quatre chevaux, « Les uns uren 
« escorchiés, les autres decoles , e les a uties 
« detrayés. » (Modus et Racio, ms. fol. l'J/, H .) 

VARIANTES : 
UETRAYÉ. Modus et Racio, MS. fol. 197, R«. 
Detué. Ibid. autre leçon. „, „„ , , 

Detrkt. Fabl. MSS. du R. n° 761o, t. II, fol. 131, h« col. l. 

Deti-ayenient, s. m. Détriment. Comme on ht 
dans le même passage de la Chr. fr. ms. de iSangis : 
a S'il le faisoit, ce seroit contre son serment et 
. honneur, et en detrayement de son ame. ■■ ^Chr. 
des. Denis, t. m, fol. 21), V°.) 

Detrés, adj. Dont on médit, détracté. 

Homs de labour vit d'eufs, et de fromaige : 

S'il prant en gré, autre estât n'ait janies : 

Enviés n'est, couru sus, ne delres 

Comme les grans, joieus vit, sanz debas ; 

Saiees sont ceuls de telz penlz retres ; 

Perdleus sont par tout les grans estas. (Uesch. f. -!b0.j 

Detret, s. m. Etau -à tenir 'à la main. (Monel.) 
Detvetant, part. Jurant, promettant «lise de- 
« partitsecretementdesonsiegeprestonal,ets enala 
. tout coiment à son hostel, detretant s,oy illec tenir 
. en piiix, sans se mesler, ou entremettre jamais de 
« quelque baillie. » (Tri. des IX Preux, p.-iDG, col. 1.) 
Detri .s m. Dispute, débat, difliculté, délai*. 
Détriment ^ Detriement, dans S. Bernard, repond 
au latin detriineutum. 

Ensi, sans noisse, et sans delris ^ 

Fu courounés, et beneis. iilouskes, p. jj-.J 

Mais encor durcit li eslris, 

Et la grant noisse, et li dclris 

Del pappe et de l'empereour, 

Ne n'i pooit nus mètre amor. (Ibid. p. SJ'J.I 

La dame Plaisance implore la dame Espérance 
pour l'auteur, amant désespéré : 
Adont se retourna arrière 
Plaisance, par bonne manière, 
Et dist : compagne, je vous pri, 
Espérance, trop lonc dein (2) 
Faites de parler à cest honune. 
Trop petittement se renomme 
Des grans biens qu'amours h a fait. iFroissart, p. iU.; 



DE 

Quant sa façon amoureuse vi, 

Lors errament li donna, sans detri, 

Tôt de bon pré. mon fins cuer en doaire. 

Gacc* Drulles, Pots. JlSS.av. 1300, l. 1, p. 251 

Fromont, frère de Renaud, comte de Sens, en 
guerre contre le roi Richard : 

Fromons ses frère, sans détri, 

Quist gent, si se mist en la tour ; 

Pour deffendre fist son atour ; 

Mais li rois à force le prist, 

.\ Orliens en prison le mist, ' ,>- , 

Et tant que Fromons i raoru. (ilousUf.s, p. 41d.J 

En parlant du siège d'Acre par Ph. Auguste et 
Richard, roi d'Angleterre : 
Li rois Ricars assés i fist, 
Assés i donna, et promist : 
Dclris seroit, se je nomoie 
Tous caus ki là lisent leur voie, _ 

Et qui furent al siège d'Acre. (Id. p. o20.J 

^ Nous trouvons aussi (/('/W, pour « détriment, » 

dommage : 

Pour sa painne, et pour son de(W, 

Maudi Karles nomméement. (Mouske.i,HS. p. -ii-'J 
VARUiSTES : 
DETRI. Ph. Mouskes, MS. p. 58, etc. 
Detry. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 203, col. 4. 
Detris. Ph. Mouskes. MS. p. .520. 
Destri. Chasse de Gast. Phéb. MS. p. llb. 
Destry. Froissart, liv. IV, p. 36. 
Destric. Ord. t. III, p. 604. ,,-.■,. , » 

Destrit. Fabl. MSS. du R. n" 7615, t. I, f° 71, \» coL2. 
Detriement. Froissart, Poës. MSS. p. 298, col. 2. 
Destriement. Ord. t. II, p. ô06. 

Detriance, s. /". Retard, délai. (Voy. Du Gange, 
Glossaire lat. au mot Detricare sous Tricare, t. VI 
[Henschel], p. (366 b ^3); Poës. mss. du Vat. n« IS^'i. 
fol. 157, R°.) 

Ainsi ses chiens descouplera 

Puis doit tantost, sans détrience. 
Remonter dessus son cheval. (Très, de Yen. p. JH-J 
' VARUNTES : 

DETRI.ANCE. Froissart, Poës. MSS p. 280 (4). 
DETRIENCE. Font. Gucr. Très, de \en. MS. p. SS. 

Deti'iement, s. m. Assignation de légitime, 
d'une Dortion d'héritage légitime et convenable. 
(Voy. Laur. Gloss. du Dr. fr. au mot Détriment.) (5) 

VARIANTES : 
DETRIEMENT. 
Détriment. Laur. Gloss. du Dr. Ir. 

1 Detrier, v. Empêcher, détourner (ti)- ^Voyez 
S. Bern. Serm. fr. mss. page 238 et pass.im, ou il 
répond au latin impedire.) 

2 Detrier, v. Assigner la légitime*. Décider, 
déterminer^. Détériorer^. Retirer". 

* Au premier sens, c'est donner aux punies une 
portion légitime et convenable. (Noyez Laur. Gloss. 
du Dr. fr. au mot Détriment.) 

^ L'acception particulière que nous venons 



i 



■■ , ,Dui ^„ rvn Ho= Ch l' série I 273); « Et conclurent ensemble d'eux 



DE 



— 171 — 



DE 



iVexposfi', vient de l'acception générale de détrier 
pour « décider, déterminer. " « Ceo brefe, et nul 
« autre delrie, et détermine droit de la possession 
« entre pnrceners, et un lieire. » (Britton, Loix 
d'Angl. fol. 180, R° et passim.) 

•= On disoit aussi detrier pour « détériorer » ; 
témoin ce passage où l'on fait parler la Vérité : 

Sans moy voy tout détrier, 

El périr, etc. (E- Desch. f. 60.) 

"Enfin (/f/)vVr s'emploie pour ■• retirer >■ et se 
disoit des enfants qu'on retiroit de nourrice. « Les 
« Juifs , ne les Romains ne les sevroient , ne 
>. dP-trioient qu'ils n'eussent trois ans. » (Bouchet, 
Ser. liv. II, p. 322.) 

Detriers , adv. Par derrière. Les François, 
poursuivis par Guillaume-le-B;\tard, sont noyés au 
passage d'un pont qui rompit : 

Quant ils eurent au pont failli,... 
Normans detriers (\) les vont prenant, 
Nel ne poent aler avant ; 
Par les rivages vont costant, 

Guez, et passages vont querant. (R. de Rou, p. IGO.j 
Et guert a le cheval féru 
Detriez l'archon, près Tescu. (R. de Hou, p. 30i.) 

Detras est un mot languedocien. (Voyez Borel, 
Dict. au mot Detriez.) 

V.4JIIANTES : 
DETRIERS. Rom. de Rou, MS. p. 269. 
Detriez. Rom. de Brut. MS. fol. 6'2, V° col. 1. 
Detreis. Rom. de Brut, Ibid. MS. de Bomb. 
Dëtr.vs. Borel, au mot Detriez. 
Detruz, lisez detriez. Rom. de Rou, MS. p. 263. 

Deti'igoueres, s. m. Dévidoir. .< Panurge 

« mon ami, vouldrois tu espoincter les 

« fuseaulx, articuler les vertoils, calumnier les 
« bobines, reprocher les detvigoueres, condemner 
« lesfrondillons, défiler les pelotons desParcques. » 
(Rab. t. III, p. 155.) 

Detriier , v. Délayer, différer*. Retarder, 
arrêter, contester °. [Rapprochez de detrier 1 et 2.] 

* Sur le premier sens, voyez Gloss. sur les Coût, 
de Beauvois. (2) » Il purra dire que le pleyntife se 
« pléynt ri tort, car le jour de la pleynte, et le jour 
<c de la date del brefe fuyt le pleyntyfe mesmes 
« seisi, si que celé pleynte ne peut nulle foitz 
« detrier de plus tai-dife temps, et issi que eu temps 
« de la pleinte ne ust il encheson de soy pleyudre. » 
(Britt. Loix d'Anglet. fol. 148, R".) « L'en ne mesfet 
« pas en detrier le jugement pour savoir se li sou- 
« verain en vouroit avoir pitié, ou niercy. » 
(Beauman. page 4C.) « Non âge le plet destrie. » 
(Ane. Coût, de' Norm. en vers, ms. fol. .50, R°.) On 
lit au fol. 05 du Gr. Coût, de Norm. : « Non aage 
" prolonge la fin des querelles. » 

Se ses secours me detrie, 
Ne me doit pas anuier. 

Jakemes li Vinier, Poos. MSS. av. 1300, t. U, p. 863. 



« Cheste reqneste li doit fere li juges, et nepour- 
« quant l'en ne doit pas detrier que li tesmoing ne 
« soient oi. » (Beaum. p. 200.) 

^Pour « retarder, arrêter, faire obstacle. » •< Ne 
« puissent prendre, d'une lettre de caution, que 
" quatre deniers, et de la lettre de deliviance de la 
" dite caution, que quatre deniers; et que se plus 
« en prennent, ou détrient les marchands, ou les 
« voituriers a délivrer les dites lettres, tous coux, 
« frès, et intérêts qui, par leur detriemeut, seroienl 
<■ faiz, ils seront tenuz de rendre, et contraint ii ce, 
« sans delay. » (Ord. t. III, p. 080 et la note C.) 

Maint seignour destriveiit amaint, 

Qui souvent en sont triboulé. (E. Desch. f. 'i^i.j 

Cil de la cité les escrient, 

Devent les tentes les détrient. [Blancli. S. G. f. iOi.J 

Force d'amours me destraint, et deslroie 

En sa prison. 

Corouoed'E5l.ico de Rains, Poôs. MSS. av. 1300, l. U, p. 592. 

Ph Mouskes parlant des présens que fit le roi de 
Perse à Charlemagne : 

Et li tramist, se jou n'i fal. 

Uns moult rice orloge d'arkal : 

As XH. eures, sans deslriier, 

Venoieni xii. cevalier 

Armé sour cevales trop biaus ; 

Escus orent, et pignonciaus : 

Par XII. fenestres issoient 

Et apriés toutes reclooient ; 

Et quant il en estoient issu. 

Et cil orloge tous plains fu 

De cloketes trop bien sonans, 

Petitaites, et bien parans : 

S'en iert tele la mélodie 

Conques tele ne fu oie. (Mouskes, p. H.] 

De soufler onkes ne detrie. [Pol-s. av. 1300, p. i33G.} 

De là, on disoit en détriant pour « avec diffi- 
« culte. » 

Bien qui vient en detriant 

Dure plus, ce dient auquant, 

Que cil c'on voist tost abondir. [Poës. Vat. f. 56.} 

VARIANTES : 
DETRIIER. 

Dkstuiier. Poës. MSS. av. 1300, t. IV, p. 1322. 
Destrier. Froissart, Poës. MSS. p. 22i. 
Detrier. Fahl. MSS. de S. G. fol. 79, R» col. 1. 
Destroier. Poës. MSS. av. 1300, t. II, p. 592. 
Destriver. Eust. Desch. Poës. MSS. fol. 221, col. 3. 

Detrinienteiis, adj. Qui cause du détriment. 
On trouve ce mot employé comme épilhète de dom- 
mage, dans les Epith. de M. de la Porte. (Voy. Dict. 
de Gotgrave.) 

Detrister, v. Egayer. Faire cesser la tristesse. 
(Dict. d'Oudin et de Gotgrave; voy. Poës de Loys le 
Caron, fol. 27, V°.) 

Detronçonné, adj. Coupé par tronçons, haché 
en pièces. •> Lors regardent le chevalier ([ui estoit 
a si suant, et si foallé, et son escu si desers, et 
« detronçonné de glaives que en luy n'avoit con- 
« gnoissànce. » (Percef. vol. I, fol. 89, R" col. 1.) 



(1) « Detriés nos voi ne sai queles sens haster. » (Rou, dans Du Gange, III, 521, a.) (n. e.) 

(2) Avec le pronom, il signifie être différé (Goût, de Beauvoisis, II, 449) : « Ensi se detna ceste cose un grant temps. 
Neutre il signifie tarder : « Li princes eut tamainte angousse au coer pour ce que se arnere-garde t/eM-îoii tant a venir. 
(Coût, de Beauvoisis, VII, 173.) L'Hist. de Liège (II, 447, an. 1424) donne au sens de prolonger : « S il advanoit que auscw 
de cheaux qui vinent par devant lesdits esquievins fussent detrieis ou prolongies. )> (N. e.) 



DE 



— 172 — 



DE 



Détrôner, v. Destituer, déplacer, déposséder. 
« 11 avoiî dclroné les marescliaux de camp. » 
(Méin. de Ii;issoiiip. l. 11, p. ±28.; Le même, en par- 
lant d'un emploi (ju'on lui ùtoit, dit : « qu'il ne 
a pensoil pas que sa personne deust estre delro- 
. née. » (Ibid. t. IV, page 113.) Voyez Ibid. t. 111, 
page 195, où il est question d'un surintendant des 
linanccs. 

Dctronquc. jiart. Tronqué. (Voyez Dolet, des 
Accens fran. p. 'i'JO.) 

Dettraiz, part. Tiré, percé de flèches : 

Detlmi:, comme S' Soubastiens, 

Soit de sajeltes, en la lin. (Desch. f" 2i3.J 

Deturparum, s. f. Honte, déshonneur. (Voyez 
Gloss. de lllisl. de Paris.) 

Deturpcr, ('.Souiller. iDict. de Borel, r"add. ; 
Dicl. de Corneille, Oudin et CoLgrave.) 

Dell, art. De. (E. Desch. f° 170.) 

Dell, adj. Convenable *. Doué ^. 

* Dans le premier sens, c'est proprement le parti- 
cipe du verbe « devoir. » » En bon point, et deu 
" estât. " (Ord. t. 111, p. 140.) Nous disons encore 
.< en dû état, » en état tel qu'il se doit. On disoit 
aussi » faire son deii. « pour l'aire ce qui est conve- 
nable, faire son devoir. (^G Guiart, jis. fol. 129, R°.) 

^ Dcii, pour « doué, « pareil le participe de 
« douer » : 

Chacun avoil génie façon, 

Qui oirent celle leçon 

Recorder, dont aucuns sont mus : 

Li autre eu sont de joye cicu, 

Qui en chantent maint joyeux son. (E. Desch. p 33i.] 

On disoit aussi deu pour « je doue. » Avant l'Ord. 
de Piiilippe, roi de France, en 1214, le prêtre faisoit 
dire par le maii à la femme qu'il épousoil : « Dou 
.' dovaire qui esl devises entre mes amis, et les 
« tiens, le deu. « (Beaum. p. 7G.) [Ed. Beugnot, 
XIll, 2.] 

Deubte, s. m Doute, crainte. - Sur la deubte 
• que il ont de nous courroucier. » (Ordonn. t. Ill, 
p. 3G2 et la note marginale.) 

Deugie, adj. cm [cm. Déliée, mince de taille. 

Adonc me vint avisions, 

De celi que j'ai à famé ore, 

Qui me semble ore, et pale, et sore ; 

Qu'ele esloit donc blanche, et vermeille, 

Lians. amoreuse et ciewjie [Voyez Delgié]; 

Or sanible crasse, et mal taillie, 

Triste et lencans, c'est granz merveille. 

Fabl. MSS. du R. n- 2718 , f" 251, R' col. 1. 

Deuil, s. m. Deuil, chagrin*. Lamentations^. 
Funérailles '^. 

* Au piemier sens, ce mot signifioitdeuil, chngrin. 

Femme n'aras pas à ton eul.x, 

Mais diverse, et de dur langalge : 

A donc te'croistra tes deuLs. (E. Desch. /. 345.; 



Se puis en li pourçoi desloiauté 

Ma joie laut, et mes dcus monteplie. (P. V. n" 1400, f. iTO.) 

On a dit en parlant des regrets qu'excita la mort 
de Philippe-Auguste : 

Quant rois Alexandres fu mors, 

Ne fu nulU dious si fors. [iloiiskes, p. 643.) 

....Doels m'ocira, et ire. {Poës. Vat. »<> 1490, f. 20.) 

Par les villagos, lès les rivages, 

Faisoit grans deuls, et grans domages. {R. de Brut, 20.) 

Fils, de la mort est joye, et dels. (F. R. n" 1218, f. 93.) 

« La cour ne fait, et ne porte deuil. « Façon de 
pailer proverbiale oii le mot deuil esl pris dans la 
signification subsistante. (Voyez Miraulmonl, des 
Cours souver. p. 5G.) 

^Pour » lamentations, " on disoit en ce sens 
Il mener deul », pour se lamenter, s'affliger. (Joinv. 
page 1(IG.)(1) 

•^Enlln, dans le sens de funérailles, on lit « faire 
« duel •' pour » faire des funérailles » dans 
Villehard. p. 14. (2) 

VARIANTES (3) : 
DUEIL. Glùss. des Arrêts d'amour. 
Deuil. Orth. subsistante. 

Deleuil. Fabl. MSS. du R. n» 7615, t. II, fol. G8, V» col. 1. 
Duel. tUoss. du P. .Martèue, t. V: 
Deul. Joinville, p. 64. 

Deuls. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 277, R» col. 2. 
Deulx. Rom. de IBrut, MS. Col. 20, V" col. 2. 
Deulz. Vig. de Charles VII, t. 1, p. 109. 
Deus. Poës. MSS. avant 1300, t. IV, p. 1342. 
Dels. Borel, Dict. 

Dex. Fabl. MSS. du R. n» 79S9, foL 70, R" col. 1. 
Dol. Borel, Dict. 

DoEL. Fabl. JISS. du R. n° 7989, fol. 47, R- col. 2. 
DoELs. Poës. MSS. Vat. n° 1490, fol. 176, R». 
Dious. Ph. Mouskes, MS. p. 28. 
Diiis. Id. p. 746. 
DiELS. Villehardouin, p. 80. 
DiELX. Id. p. 18. 

DiEX. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 50, Vo col. 1. 
DiELZ. Fabl. MSS. de S. Germain, fol. 64, V». 
DiEUS. Vies des SS. MS. de Sorb. chif. lix, col. 1. 
DiAUS. Fabl. MSS. du U. n» 7615, t. I, fol. 68, V» col. 2. 
DiALS. Villehardouin, p. 137. 

Delas. .1. d'Authon, Ann. de Louis XII, fol. 128, V». 
DOLAIGE. Poës. MSS. avant 13lX), t. I, p. 403. 

Deument , adv. Duement , convenablement. 
« Mal deucment, « c'est-à-dire d'une façon peu 
convenable. (Frois. liv. 111, p. 252.) 

VARIANTES 1 
DEUMENT. Ord. t. I, p. 523, notes. 

Dehuement. I.el. de Ch. duc de Bourg, au S' Dufay, p. 3.59, 
Dehument. Ord. t. I, p. 669. 
Deuement. Froiss. liv. III, p. 252. 
Deutement. Les Tri. de la N. Dame, Epit. déd. 

Deureleu. Semble un mot du refrain d'une 
chanson. Il n'a point de signification : 

Si oï, prés de ma voie. 
Chanter la bêle Emmelot, 
Deureuleu (4), j'aim bien Guiot, 
Tous mes cuers a li s'olroie. 

Simon d'Aulk, Poès. MSS. av. 1300, t. III, p. 1231. 



(1) « Car ce estoit la femme que vous plus haies qui est morte, et vous en menez tel duel », dit-U, en parlant de la reine 
t%\l sens^ est se lamenter, comme pour le précédent : « Blanchcfleurs fait tel duel, que près li cuers lui fent. x 

(3) Le mot est dans Roland : « C'est le grant doel pur la mort de RoUant (v. 1437). 

(4) Dans d'autres chansons, le refrain est derelo. (n. e.) 



(N. E.) 



DE 



173 — 



DE 



Deui'i'é, adj. Doré : 

Or a clos espingles deurrces. 

Or a rueure chiefs crespes bons, 

Or a bourses, et biaux boutons. (E. Descli. f. iji4.j 

Deiis det, s. m. Les grâces après le repas. C'esl 
le mot latin qui les commence, et dont on s'est servi 
pour les nommer. « En moins de deux jours il sceut 
« toutes les rues, ruelles, el traverses de Paris 
« comme son Deus det. » (Itab. t. Il, p. 157. — Voy. 
la note de l'éditeur.) Nous disons : « Il sait cela 
« comme son pater. » 

Deusisme, adj. Deuxième : 

Ce cleunisiiie jour de tlocerabre. (E. Desch. f. A30.) 

Deut. Peut-être faute pour d'eux. Nous nous 
contenterons de citer ce passage peu intelligible: 

lié mesdisant, vilaiiinc gent haïe, 

Ile moi grevei' vos voi apareiUicr, 

Kt sachiez bien c'est granz vilenie. 

Car je suis cil qui n'en auroit mestier. 

La granz douçours qui maint en son visage, 

De loyauté li porte tesraoignage, 

Por ce n'ai pas paor qu'ele vos croie, 

Se la duriez deut ne le m'envoie. (Ch. de Thib. p. 30.) 

Deutronomy, s. m. La Deutéronorae. (Doctr. 
de Sapience, fol, 15, V".) 

Deuve, s. f. Douve, i'ossé. C'est aussi le côté 
d'un fossé où sont les terres (|u'on a jetées en fai- 
sant le fossé. (Laurière, Cl. du Dr. fr.' ; Du Gange, 
Glossaire latin au mot Dulia ; Gloss. de l'Histoire de 
Brelagne.) « Cuver deiives. » (D'Argenlré, Coutum. 
de Bretagne, p. Ii71.)(l) On litdans le latin: fossa- 

rum expurgaiio » Sur le dixiesmc, parlant du 

« droict d'aisnesse, i|u'il s'entend de l'Iiostel, et 
« circuit d'iceluy por le vol du cliapon, et les autres 
i< dirent qu'ils s'entent de de l'hoslel avec le pour- 
« pris. ([ui est jusques le dhoe du fossé, s'il y a fossé, 
« et s'il n'y a point de fossé, il s'entend de ce qui 
« est dedans la clot'jre du dict cliaslel. » (Procès- 
verbal de la CouUime de Bourbonuois, au Nouveau 
Goulumicr gén. t. 111, p. Vlïï.) « Parla cousiume 
« de la chasiellenie de Treinblcvy, qui a donhe, il a 
« fossé ; qui est ù entendre, que celuy (|ui a la 
« dotilie du fossé du costé de son iieritage, pareillo- 
« meut le fossé luy appartient. » (Coutumes loc. de 
Tremblevy, au Coùtumier géni'ral, tome II, p. "280.) 
Du Gan.ge et Laurièro, qui citent le même (iassa;.;e, 
renvoient à la Coutume de Tremblay. (Voyez Du 
Gange, Glossaire latin au mot Doha, el Laurière. 
Glossaire du Droit fr. au mot Douves ; voyez aussi 
Du Gange, Gloss. latin, aux mots Doa, Douva ('2) et 
Duylaria.) Doithc est expliqué par « aqueduc, canal, 
conduit, » du lalin dMCO, par Duchal, sur iiabelais, 
t. V, p. 103, note i. « Douait', dtiulw, doiwl, douts, 
« dois, doic, ou doye se trouvent dans les vieux 
" livres, et signifient aqueduc, canal, conduit. » (Le 
Duchat, sur Rab. t. 5, p. 103.) 

VARIANTES '. 
DEUVE. Coût, de Bret. p. 1471. 



Dhoe. N. Coût. gén. t. III, p. 1211. 

DoE. Duch. Gén. des Chasleign. titre de 1220, p. 27. 

Doha. Gloss. de l'Hist. de bret. 

DOHE. Du Gange, Gloss. lat. au mot Dolia. 

Doue. Cotgrave, Dict. 

DouHE. Hist. de Lonis III, duc de Rourb. p. 152. 

DouLVE. Lettre.? de Louis XII, t. IV, p. 134. 

Deuvé, pai'l. Doué. « Laquelle nostre sage mère 
« nature a deuvée, tant de force d'esprit, que de 
« corps. » (Dial. de Tabur. Epilre, p. 7.) 

1. Deux, s. m. plur. Ducs : 

As dint.i\ et aux plus haulx barons. (R. de Briil, f .3','.,' 

On lit dus dans le ms. de M. de Bomliarde. 

2. Deux, nom de iiuiitliee. Ce mot, sous les ortbo- 
grapbes employées par S. Bernard, répond au lalin 
duo, duplexai ulerquc. C'esl le nom du nombre qui 
suit l'uiiilé. On lit (/eiis en ce sens, au Gloss. latin 
de Du Gange. Il est en usage sous la première 
ortbographe. Nous allons citer les façons de parler 
qu'il a produites : 

1° « Deux et tieux, » pour deux à deux. « En 
« nostre dit Ghastelel, doit avoir douze examina- 
« leurs, tant seulement, les(iuels doivent avoir en 
« notre Chastellet si.'c cliambres, c'est à scavoir deux 
c. et deux une chambre. » (Ordoiin. t. !!, page 10!.) 
On trouve dans le même sens tîeuts et deuls. (Bom. 
de Boa, MS. p. 120.) Dui et Dui. (Dict. de Borel, au 
mot Jurent.) 

'2" « Deus et deus, » pour deux à deux et tout 
de suite. On lit dui à dui, pour deux à deux. (Saint 
Bernard, Serm. fr. m>s. p. '20-2 el '2(i3. Dans le latin 
biui et i>iiii: bini. 

A premiers, orent pois au lart, 

Et puis deus et de'us un marlart, 

Si orent liastes, et l.ardes. 

Et si orenl moult bons pastez. (F. R. w 7?i.<, f. 21H.] 

3" « Qui vaille deux. » Qui vaille rien. « Lors 
« dist, je me l'ends, puis(|ue vous le voulez ; mais 
« croy que vous me lendrez, et si n'aurez du mien 
" qui vuilli' deux. Cerles dist Englois, ainçois me 
« rendrez mil ilourins, ou vous ne partirez ja- 
>■ mais. » (Histoire de B. du Guesclin par Ménard, 
p. 49 et 50.) 

'(" « .*. deux. " A deux fois. « Il n'en faut pas 
« faire ù deux. « (Essais de Mont. 1. 1, p. 211).) 

.5° « Deux contre un. " Le double. " Se nous 
« descciidons la dessoubz noz gens seront lassez, 
'■ et en aurons le pire, deux contre un.j' (Hist. de 
B. du Guescl. par Mén. p. 102.) 

C" « Saillir de f/f/.'.t en trois. >> Passer rapidement 
des uns aux autres : 

Oui est cilz compaings si joliz. 

Si gracieux, et si courtois, 

Qui salue les gens toudiz, 

Et qui s'offre à eulx tant de fois ? 

Voire que tu ne le congnoiz '? 

Ce ne fay moy moult scet de tours ; 

Tost a saitty de deux en trois, 

C'est un grant donneur de bons jours. (Desch. f. 20.5.) 



(1) La forme deuve est au Recueil de Tailliar (xiii« siècle), p. 125 : « Tout cil qui ont arbres souz le forterece de le vile, ke 
il les aient fait couper à quatre pies prés de la deuve. » (N. E.) 

(2) On lit au reg. JJ. 120, p. 304, an. 1332 ; « Lesquels trois variés feussent revenuz armjz d'aspécs et de dagues, et leurs 
visages estoupez et muciez de leurs chaperons au long d'une douoe et fossé tenant au baU do laJitte ville. » (N. E.) 



DE 



— ii'i 



DE 



7° « Deii.r jonpr les rlrii.r. v Faire l'amour. (Caq. 
de rcccoucliée, p. 153.) 

8" « Deux ou quitte. » Nous disons « (]uitlc ou 
« double. » 

Puisque je voy Maie Bouche régner, 

Qui Jalousie a attrait de sa part, 

liangier aussy, en amours gouverner, 

lloiile, ot Paoïu-, qui tous maulx me départ 

Kt Fortune qui en raauit lieu s'espart 

Encontre amant, je feray deux, ou ijuille. 

Quant je ne puis avoir un doulz regart : 

Se ce temps li'-nt, je deviendray liermite. (Desch. f. il.} 

y « Aller à deux pas et un saut. » Terme de 
manège- « H lit son entrée de camp, sur un très 
« beau roussin. qu'on appelloit le real, que le .sei- 

• gneur Jules, escuyer de M. le Vidasrae avoit 

« dresse à aller à deux jiaset uii saul, mieux ([ue ne 
. lit jamais clievai. « (Branl. Cap. fr. t. II, p. 309.) 

10° " Rime de deux et ar. » Sorte de poésie ainsi 
nommée lorsque les deux ou trois premiei's vers 
d'une pièce, étant de la même rime, le troisième 
ou quatrième, d'une mesure plus courte, ou aussi 
longue que celle des vers précédens, est d'une rime 
ditrêrenle. Exemple : 

Pour oublier melencolie, 

Et pour faire chière plus lie, 

Ung doulx matin, aux champs issy. (A. Charl. p. 504.) 

Très dure, mauldite journée, 

Douloureuse, mal fortunée, 

Qui toute ma joye as tournée 

En déconfort. [A. Chart. p. GOSJ 

11° « Oraison qui est de deux rimes et une. " 
Ainsi nommée, en parlant d'une pièce de vers 
partagés par sixains dont les vers 1, 2, 4, 5, sont 
de la même rime et le 3 et G d'une rime différente 
des autres. (Voyez Histoire des Trois Maries, en 
vers, Ms. p. 422.) 

12° « Plus largement de deus, ou d'un. « Plus 
d'un ou de deux. (G. Guiarl, ms. fol. 24. ï\\) 

lo" <■ Dous cens, etc. (l'an qui corroit por mil) » 
pour l'année courante mil deux cents, etc. (Perard, 
Hist. de Bourg, titre de 12.>3, p. 474.) 

14° « Dus ceux,, '• pour deux cents. (Rvmer. t. I, 
p. IIG. col. 2, et 117, col. I, titre de 1270.) 

15° '■ Douceiiteinnne, » pour deux-centième. 
(Duch. Gén. des Cliasteigneis, p. 28, titre de 1246.) 

16° ■• Doucentein, » pour deux centième. (Id. 
p. 27, titre da 42-iO.) 

17" " Douccnh'iiniu\ » pour deux centième ou 
deux cents, dans les dates. (Perard, Ilist. de Bourg. 
p. 474, titre de 1252. 

18° » Oi<^<?»it'îS7He, " pour deiixcentième. (Duch. 
Gén. de Cliasl. p. 45, titre de 1239.^ 

VARIANTES : 
DEUX. Orth. subsisl. ; S. Athan. Symb. fr. 
Deus. Fabl. MSS. du R. n» 7218, fol. 278, R« col. 1. 
Decz. Ibid. n» 7015, t. II, fol. 124, R° col. 2. 
Dels. Borel, Dict. 
Dex. Fabl. MSS. dn R. n» 7989, fol. 67, R» col. \. 



Deuls. J. Le Fevre de S. Remy, Hist. de Ch. VI, p. 45. 

Deul.k. Ord. t. m, p. 575. 

DiACS. .\ssises de Jerus. p. 15. 

DiAcx. Carpentier, Hist. de Cambray, p. 28, tit. de 1255. 

IliEL'. Chans. du C" Thib. p. 99. 

Diu. Rymer, t. I, p. 45, titre de 1259. 

Do-CANZ, pour deux cens. D. Morice, col. 983 et 984. 

DoRXS. Rymer, t. I, p. 13, col. 2, tit. de 1256. 

Does. Perard, Hist. de Bourg, p. 486, titre de 1257. 

Doi. Poës. MSS. av. 1300, t. III, p. 1265. 

Dos. Fauch. Langue et Poës. fr. p. 135. 

Doulz. Jurain, Hist. du C. d Aussonne, p. 25, tit. de 1229. 

Dous. Poës. MSS. av. 1300. t. III, p. 1052. 

Doirz. D. Morice, Hist. de Bret. col. 983, titre de 1262. 

Doz. Clém. Marot, p. 36. 

Dues. Perard, Hist. de Bourg, p. 482, titre de 1255. 

Dui. ViUehardouin, p. 17. 

DuiT. Fabl. MSS, de S. G. fol. 22, V col. 1. 

Dus. Ph. Mousk. MS. p. 31. 

DuY. Chr. Fr. MS. de Nangis, an 1190. 

Deux (all(M' entre). [Intercalez aller entre 
f/('(/j", s'entremettre l'roiss. III, 40): « Lors com- 
<- menchierenl li chevalier à aller entre deux et 
« brisierent le première marchandise. »] (.n. e.) 

Dévaler, v. Descendre (1). Ce mot, qui se dit 
encore en Normandie et ailleurs, se trouve très 
fréquemment dans nos anciens écrivains. (Voyez 
nos Dict.; Oudin, Curiosités fr.; Glossaire de l'Hist. 
de Brel.: Du Cauge, Gloss. latin, au mot Devallare ; 
Ger. de Nevers, Straparole, Rab. Marot, Villon, etc.) 
On disoit « dévaler des coups, » pour porter des 
coups de haut en bas (2). (G. Guiart, ms. fol. 256, V°.) 

VARIANTES : 
DEVALER. G. Guiart, MS. fol. 256, V». 
Adevaler. Poës. anc. MS. du Vat. n" 1490, fol. 132, V 

Devallée, s. f. [Voyez Devallement.] 
Devallement, s. m. Descente (3). (Dict. d'Oudin 
et de Colgrave.) On disoit, au figuré, dévalée pour 
l'action de frapper un coup de haut en bas, en 

descendant : 

Lors veissiez, en maintes guises. 

Descendre cops aus dévalées 

De grans gôdendaz, et d'espées. (Guiart, fo ^iG.J 

VARIA.NTES : 
DEVALLÉE. Oudin ; Rab. t. II, p. 274. 
DEVALEE. G. Guiart, ms. fol. 246, R». 

Devancié (à la), adv. Au devant. 

S'ont paien lor gent aprocié. 

Si vinrent à la devancié. (Mouskes, p. d79.J 

1 . Devancier, s. m. Prédécesseur. Noljs disons 
encore devancier. Pasquier, dans ses Becherches, 
p. 662, soupçonne que ce mot étoit nouveau de son 
temps (4): « Dons.... autre fois faiz à nostre dit 
« seigneur, à ses devanciers, et à nous. » (Ordonn. 
t. Ill,'p. 230.) On lit à la marge devanciers. 

VARIANTES : 
DEVANCIER. Pasquier, Rech. p. 662. 
Devancieis. Ord. t. III, p. 230. 
Devantier. g. Guiart, MS. fol. 218, R». 
Devantrain. Lauriére, Gloss. du Dr. fr. 
Devautrain. Lisez Devantrain. N. à la s. de B