DICTIONNAIRE HISTORIQUE
DE
L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS
NIORT. — TYPOGRAPHIE DE L. FAVRE.
DICTIONNAIRE HISTORIQUE
DE
L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS
GLOSSAIRE DE LA LANGUE FRANÇOISE
DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'AU SIÈCLE DE LOUIS XIV
Par LA CURNE DE SAINTE-PALAYE
MEMBRE DE l' ACADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET DE l' ACADÉMIE FRANÇOISE
Publié par les soins de L. FAVRE, membre de la Société de l'Histoire de France,
avec le concours de M. PAJOT, Archiviste-paléographe,
CONTENANT :
SIGNIFICATION PRIMITIVE ET SECONDAIRE DES VIEUX MOTS
Vieux mots employés dans les chants des Trouvères,
Acceptions métaphoriques ou figurées des vieux mots français. — Mots dont la signification est inconnue.
ETYMOLOGIE DES VIEUX MOTS
Orthographe des vieux mots. — Constructions irréguliéres de tours de phrases de l'ancienne langue.
Abréviations ; études sur les équivoques qu'elles présentent dans les anciens auteurs.
Ponctuation ; difficultés qu'elle présente.
Proverbes qui se trouvent dans nos poètes des XII^, XlIIe et XlVe siècles.
Noms propres et noms de lieux corrompus et défigurés par les, anciens auteurs.
Mots empruntés aux langues étrangères
Usages anciens.
SUIVI DES
CURIOSITEZ FRAiÇOlSES, pour supplément aux Dictionnaires
Ou Recueil de plusieurs belles propriété:^, avec une infinité de proverbes et quolibets pour l'application de toutes
sortes de livres, par Antonin OUDIN.
TOME SEPTIEME
NIORT
L. FAVRE, éditeur- du GLOSSARIUM de Du Gange,
Rue Saint-Jean, 6.
^z
DICTIONNAIRE HISTORIQUE
L'ANCIEN LANGAGE FRANÇOIS
H
H
H. Cette lettre, dont l'origine est phénicienne, fai-
soit partie de l'alphabet que les Grecs reçurent de
Cadmus. Ils l'employèrent d'abord comme pure
aspirée; changée depuis en E long, elle remplaça
YEta ou les deux E E qu'on remarque sur d'ancien-
nes inscriptions grecques; mais les Latins et les
Etrusques, qui se l'approprièrent dans la suite, lui
conservèrent toujours sa qualité de pure aspirée,
ce qui l'a fait rejeter par quelques grammairiens
comme inutile. C'est peut être par allusion à cette
prétendue inutilité qu'on a dit : " Telles gens.... au
« reste comptez pour /; qu'est moins qu'un zéro. »
(S. Jul. Mesl. hist. p. 551.) — Si l'on en croit Eust.
Deschamps, » N'est pas /( proprement lettre, mais
« n'est que une aspiration sonant selon la manière
« des noms. • (Poës. mss. fol. 39G, col. 1.) — Nous
appelons « lettres » les divers sons dont on se sert
pour parler. Si Vli est un » son » comme cet auteur
en convient lui-même, c'est donc aussi une lettre
propre à exprimer, enfrançois, un son âpre comme
chez les Homains. Exemple : « Hauteur, honte. »
Lorsqu'elle n'est point aspirée comme dans » hon-
« neur, homme, » c'est un caractère et non pas un
son. Anciennement ce caractère précédoil quelque-
fois les noms propres de personnes ou de lieux
commençant par les lettres B, C, L, N, H, T. (Voyez
Le Blanc, pages 10, V2'.) — L'Italie surtout, depuis
qu'elle fut assujettie aux Lombards et aux P'rançois,
fournit divers exemples d'ft ajoutées devant les c
comme Ilcarolus, Hcalende. Nous observerons que
ces mots, commençant d'ailleurs souvent par le /.-,
ont pu faire juger à quelques auteurs que le hc en
étoit la décomposition. L'usage que les François en
particulier ont fait de 1"/;, devant certains mots pour
en fortifier la prononciation, étoit conforme au goût
teutonique. Quelquefois même cette lettre étoit pré-
cédée d'un c, ce qui devoit en rendre le son encore
plus rude. On retrouve un exemple de l'aspiration
produite par la réunion de ces deux lettres dans
■VII.
IIAB
l'emploi que font de 1'/; au lieu du c les paysans de
quelques cantons du diocèse de S. Malo. Ils disent
hlcj\ hloc.be, hloitre pour clef, cloche, cloitre.
(Closs. de l'Hist. de Bretagne.) — La prononciation
devoit naturellements'adouciren se perfectionnant.
De là le retranchement de l'ft au commencement
d'un grand nombre de mots où cette lettre étoit
inutile. On l'exclut même de ceux où l'on auroit dû
la conserver en faveur de l'étymologie, et l'usage
en devint presque incertain, comme'il est aisé de
voir en jetant un coup d'œil sur les articles des
lettres // et .1. — [// est le cheth de la stèle moa-
bite; cette lettre phénicienne a pour origine un
hiéroglyphe égyptien représentant une haie. Cette
aspirée est devenue voyelle en grec, bien qu'elle
conserve son caractère d'aspirée dans les plus
anciennes inscriptions grecques. (Voir Diction, des
Antiquités de Daremberg et Saglio, art. alphabet.)
— Dans la langue d'oïl, ainsi que fa montré
M. Scliuchardl, celle lettre n'est qu'une notation
orthographique ; ainsi le mot latin olea donne huile
et œillelle ; homo mène à on, et hominem à homme :
» Après vous conterai de Vuche Qui par dessous
« d'un pié se lace; Li uns dit ache, l'autre ha;
« Sans mouvoir langue dit-on : /;«. » (Senefiance
de l'A, B, C, dans Jubinal, H, 278, xui" s.)]
Ilîi. [Exclamation : « Ha, sire, firent-ils, nous
« ne nous oseriens asseoir si près de vous. » (Join-
ville, § 37.)]
Ilabandonnéenient. [Hardiment : « Et pour
>< ce firent nagier habamJonnéemcnt : dont il avint
« ainsi, que noslre neis hurla à une queue de
« sablon qui estoit en la mer. » (Joinv. § 018.)]
Ilubereau. [« Le suppliant a prins et emblé un
•< habereau avscques une paire de chausses de
« bureau. » (JJ. 195, p. 1317, an. 1474.)]
Habergaige. [1° Habitation : « La tierce chose
« qui me muet, A visiter ton habergaige. » (ConsoL
1
HAB
de Boèce, dans Du Cange, 111, 007 \) - 2° Elable :
« Colinel de Baailli... eusl amené et conduit des
« champs... une granl quanlilc de poiceaux el
« truies, grans et peliz, et mis yceulx en 1 cstable
u ou haberyaige, ouquel yceulx avoient et oiii
u accoustumédestremisetliabergiez. » (JJ. lu»,
p. 348, an. 1370.)]
Haberge. [Place : « Lequel fossé lidiz religieus
« pouronl encores ralingnier, relaillier, widier et
. reiellier à un les el à l'autre sur mon héritage...
. Etlesdiz rejés espardre et ades rejellier..- Par
.. quoy ledarrain reject peussenl ades avoir leur
„ lieu II leur haberge. » (JJ. 72, p. 309, an. 1308.)]
Habercjeinent. [Maison : " Adores dicebant
« quod inler possessiones ipsos speclantes duo ma-
« neria, vulgariter habergeinens dicta, in viUagio
« de Dergeriis. » (Pancarte de Tév. de Chartres,
an. 1479.)]
Habergier. [Voir sous IIacergaige.]
Ilabet. [Raillerie : « El pour çou dit-on ces
« /m^f's ; Mouton ex re numen luibes. -> (Ren. IV,
V 2302 ) — « N'esloient mie encor relornes D laus
«'à soumonre par habet. » (Id. v. 144-4.) On trouve
aussi abet et abéter.']
Ilabeter. [« 11 avoit la langue si morte el le
« palais si clos qu'il ne faisoit que luibeter. »
(Froiss. XIV, 390.)]
Ilabez. [Pris par ruse (?) : « Furent tout mors
« ou pris et les chasleaux habez. » (Cuveher.)]
Habier. [Rallier : « Le suppliant a prins à
« défricher et essamblir pluseurs terres et heritai-
« ges qui estoienl en grans buissons et habiers. »
(JJ. 192, p. 3, an. 1400.)]
Habile. [Voir Hable. 1° Propre, suffisant :
« Fournil suffisant et habille pour cuyre suffisam-
.. ment leur pasle. » (Cartulaire de Lagny, fol. 240,
an 1425 ) — 2» Dispos, agile : « Et y eut un Anglois
.< nui cuida faire Vhabile et passa par dessus la bar-
« riere el entra au champ. » (Juvenal des Ursins,
Charles VI, 1419.)] — 3" Fortifié :
Adonc estoit ung sièges mis
Par manniere d'une bastille
Aux Tournelles, une forteresse hubd e, .„ . , ,
Qui n ce temps estoit anglois. (Desch. 57-t ".J
Habilitacion. [Sorte d'émancipation par
laquelle fenfant devenait habile à contracter et
pouvait acquérir par lui-même, sans avoir le pou-
voir de lester : « Lettres de habilitacion de pouvoir
« acquérir des biens et possessions ou royaume. »
(Procès verbaux du conseil de Régence de Charles
VIII, p. 4.)]
Habilité. [1° Ilabdeté : " Avec telz expediens el
« Jiabillité qui procèdent de granl sens, font vier
u granl péril. » iCommines, II, 3.) — « Je veulx
« declairer une tromperie ou habillité ainsi qu'on
<c fa voulu nommer. » (Id. III, 4.)] — 2° Exercice
d'adresse. On a dit de la pucelle d'Orléans : « La
« quelle pucelle Jeanne fut grand espace de temps
« chambicre en une hostellerie, et esloil hardie de
« chevaucher chevaux, et les mener boire, et aussi
HAB
« de faire appertises et autres habilités que jeunes
« filles n'ont point accouslumé de faire. » (Monslr.
vol. 11, p. 42 '■.) — » Hz abbatirent chevaliers des
.< chevaulx, arrachèrent escus des colz, heaulmes
« des lestes aux preux chevaliers qui faisoient les
« habilitez- par le tournoy. » (Percef. 111, L 123 '.)
Voir ILuiiiE, 2.
Habiliter. fSe rendre habile : » En toutes ver-
. tus se vouloir habiliter et conjoindre. ■> (Bouci-
caul, 1, 7.) — « Les gens frequenlans les armes et
c. qui se habilitent à ycelles. » (Ordonn. t. IX, 205,
an. 1407.)] — » H tend à être habilité In utroque
« (droit civil el droit canon), » dans Desch. f. 274 '.
Le Soleil dit à Phaéton qui lui demandoit la per-
mission de conduire son char :
Le roy du ciel dont la main merveileuse
Jette où luy plaist la foudre périlleuse
Ne s"y pourroit luy mesme halnUler. iC. Marol, p. ooU.J
Habillage, s. 1° Préparation des volailles qu'on
veut mettre en broche. (Cotgrave). - 2- Habille-
ment :
Or s'advisa Faifeu faire ung bon tour...
Il se veslit en robbes de village
Puis par dessus print ung aultre abillage
Car de velours gentemenl s'accoustra. (Faileu,p. 8-i.J
Habillé, part. 1° Vêtu : « Habillé en figure »
(Oudin), revêtu du même habit comme une carte
habillée, une figure de blason. — « Habillé d'un
u faux visage, » masqué, dans Matlh. de Coucy,
Charles VII,'678. — 2° Fortifié :
Les autres se retraïrent
Audit cliamp, bien hastivement,
Où les Anglois les poursuivirent
Courans après eulx asprement,
Quand ïalebot vid là le parc ,
Et le champ ainsi /ia6i»e
Il fut esbahy de sa part. [V. de Cliaiies VII, Uo.J
3" Mis sur affût :
Si furent là faitz des fossez
Et aprouchemens mis à point
Engins /i(.W»e: et dressez •
Mais pourtant ne tirèrent pomt. (\. de Charles 1 11, 94.;
Habillement. 1° Préparatif, apprêts : « Grand
« nombre de gens d'armes... se pouvoient claire-
„ ment veoir ayant faict tous /(ab;//t')H(?HS qu il
« convient à guerre et bataille. >• (Hist. de J. Bou-
cicaut, liv. ll,^p. 259.) - » Se partit le duc çle Bour-
<- bon et alla devant une belle ville et fort chastel
a nommé Moleon... et y demeura le duc trois jours
« devanlla ville pour faire de hesiu\ habillements
. îi l'assaillir de tous les cousiez. » (H. de Louis 111,
duc de Bourbon, p. 174.) —2° u Habillemens de
« gehaine » instrumens, apprêts d'un supplice :
« Luv firent monstrer les habillemens de gehaine
« el assembler .m. sergens pour le queslionner »
;Preuv. sur le meurtre du duc de Bourg, p. i/0.) —
3° Pièces, ressorts qui préparent l'elïel d une
machine. A l'entrée dlsabeau, femme de Charles
YI dans Paris, un ange vint du haut des tours de
Notre-Dame mettre une couronne sur la tele de
cette princesse : « Puis par les habillemens qui
. estoienl faits fut retiré... comme s il s en fust
« retourné de soy mesme au ciel. » (Juv. des urs.
HAB
3 -
HAB
Ilist. de Charles TI, p. 71.) — A' Agrès, machines de
guerre, artillerie : [« Le suppliant garni d'une arba-
« lestre de bois, viretons. raillons et autres habil-
« lemexsde guerre. >> (JJ. 187, p. 93, an. 1455.)] —
« Une nave de mer garnie de voile et de mas cha-
« tel devant et derrière et de tous autres abillemens
" et ordenances qui appartiennent à nef pour
« marayer. » (Chron. de Nangis, an. 1377.) — Les
habitansde Bourges étant assiégés en l'il'i « advi-
« soyent toutes les voyes et manières comment ils
« pourroient grever leurs ennemis par leur traict
« canons et autres liabillemens de guerre. » (Mons-
Irelet, I, p. 152 \) — L'empereur étant ù Vincennes,
le roi Charles V » Tist montrer au l'oy des Romains
« fils de celuy, la belle tour, les estaiges, garnisons
« et abillemens d'icelle. » (Chron. fr. ms. de Nangis,
an. 1377.) — c. Au regard des habillements (dis't le
« Jouvencel) j'en ay de bons et tous neufz, je les
« feray tous mettre ù point... et feray referrer les
« crampons de mes eschelles de bois, je feray noir-
« cir les tronçons et renouveller les roulions telle-
« menlqu'iiz n'en feront point de bruit. Je feray
« aussi habiller mes tenailles, mes ciseaulx et tou-
« les mes chevilles. « (Le Jouvenc. f. 25 \] — « Les
« capitaines frauf.ois firent approcher rarlillerii\
" c'est à savoir canons, bombardes et antres habil-
« lemens propices à assiéger et assaillir villes. »
(Juv. des Urs. Ilist. de Charles VI, p. 38.) — De là
l'expression « habillemens d'assault. » Charles VII,
assiégeant Paris en 1420, « s'en alla à la porte
» S. Honnoré faisant apporter avecques luy plu-
« sieurs eschelles, fagots et autres habillemens
» d'assault. » (Monstrel. vol. II, p. 52 v) — On a dit
encore - habillemens de guerre, » pour artillerie :
« Nulles provisions de vivres n'v avoit en la dite
« place, ne autres habillemens de guerre... car on
» en avoit osté toute l'artillerie. » (J. Le Fevre de
S. Remy, Hist. de Charles VI, p. 139.) — 5° Affûts :
« Pour les grans canons... pour mener d'une place
« en autre, à chacun ung chariot renforcé; pour
« mener les pouidres et habillemens vingt cinq
« chevaulx à deux chevaux chacune el garnie de ce
» qu'il y appartient. » (Le Jouvenc. p. 291.) — Les
François, dans un combat contre les Anglois,
. gagnèrent leurs habillemens de canons et autres
« engins de guerre. » (Juv. des Ursins, Histoire de
Charles VI, p. 175.) — G° Bonnet de nuit : >< Le roy
" à tout son habillement de nuict sur sa teste vint
" à la grand fenestre et la royne aux treillis. »
(Jean de Saintré, p. 534.)
Habiller. 1° Préparer, apprêter : « Habiller et
« amender les mauvais chemins. » (D'Argentré
Coût, de Bret. p. 1552.)- « Habiller un logis. »
(Mém. de Commines, p. 570.) — Anne de France,
sœur et régente de Charles VIII, écrivant au capi-
taine du château de Chinon, lui disoit : « Faites
« habiller la galerie qui est sur ma chambre et
" faites faire trois licts pour mes femmes aus dites
« galeries et par tout mon logis que tout soit garni
« de chalicts. « (Brant. Cap. fr. t. II, p. 208.) — Ce
mot signifie encore la première préparation qu'on
fait au.K viandes. Mais on ne dit plus « habiller à
« manger, -> pour préparer à manger. « La damoy-
« selle leur pria que l'en leur habillast h manger,
« carilz n'avoient mangé de la journée. » (Lanc.
du Lac, t. II, fol. 87 '.) ~ [>. La suppliante se print
« à habiller le disner d'elle et des gens de son
« hostel. « (JJ. 188, p. 45, an. 1458.)] — « Hz habil-
« lerent leurs tronçons et leurs chevilles h ceulx
« qui dévoient escheller. » (Le Jouvencel, fol. 28 ".)
— « Tannerie où ils habillent les cuires. « (Mém.
de Montluc, II, p. 87.) — 2° Equiper : « Incontinent
■' fit mon dit seigneur habiller un bateau. .. (Hist.
d'Art. III, connéL de Fr. duc de Bret. p. 776.) — Il
étoit quelquefois verbe réfléchi en parlant des per-
sonnes : « De toutes choses très bien s'habillèrent
« comme faire on doibt en tel cas. » (H. de Boucic.
liv. I, p. 93.) — 3° « S'habiller des biens de quel-
« qu'un, » se les approprier : « Les Normands
» eurent victoire, et furent les Anglois desconfits
■> dont les dits Normands se habillèrent très pom-
» peusement de leurs biens. » (Juv. des Urs. Hist.
de Charles VI, p. 25.) — 4° Harnacher : « Si trouva
« son cheval tout sellé que Brisanne luy avoit faict
« habiller. » (Lanc. du Lac, II, f. 8G m - .5° Panser :
« Le mareschal estoit soubz ung ourmeau moult
<> fort blecié et... là estoit descendu Gervaise qui le
« faisoit habiller. •• (Le Jouvencel, f. 33 •>.) —
« L'adventureux faisoit habiller ses playes ou
« fallust coudre soixante et douze on 74 poincts
« d'esguille. « (Mém. de Rob. de la Marck. seig de
Fleur, p. 187.) - 6° Maltraiter. Les Liégeois ayant
mis en pièces des chanoines : ■< De telles matières
« ne vient point volenliers un messager seul ; mais
« en vindrent aucuns qui avoientainsi veu habiller
» ces chanoines, qui cuidoient que l'evesque fust
« de ce nombre et le dit seigneur d'IIymbercourt,
<■ et que tout le demoiirant fut mort, n (Mém. de
Commines, p. 128.)
Habilleter (se.) [S'armer en guerre : « Comme
« les Angloiz occupoient la Charité sur Loire,... le
« suppliant... avecques pluseurs autres compai-
« gnons se habilletoirent le mieulx qu'ilz porent et
• alerent es destroiz, ou ilz savoient que lesdiz
« Anglois... passoient. >• (JJ. 135, p. 210, an. 1389.)]
Habilleur. Chirurgien : « Une bonne commère,
-I tirant un peu sur l'âge, estant tombée, s'estoit
« escroupionnée, et estant habillée, elle avoit dit à
« son habilleur, lequel avoit remédié à la disloca-
«' tion. ■> (Bouchet, Serées, I, 114.)
Habillonner. [« Et des branches dudit boys...
« avoit fait copper et /irt&;7/o»Hfr pour son chauf-
« fage. » (JJ. 194, p. 1C9, an. 14GC.)]
Habit. 1" Habit monastique. Deschamps dit du
désordre qui régnait dans les monastères :
Certes il est pluseurs moustiers
Ou l'en ne chante ne ne lit,
Car religion ne habit
Nés moines n'y puet demeurer. (Dcsch. f. 595 '.]
[« Faites roi del moine Costant; Drois oirs est,
« tolons li Vabit. « (Wace, Brut, v. 6012.) — « Note
« que //rti^iHet moine, et qui est proies ne se pot
IlAB
HAB
<■ marier. » (Liv. de just. 193.)] — 2" Corset, che-
mise, justaucorps. Dans uni tournoi, les dames
avaient donné leurs parures aux chevaliers : « Elles
« esloienl si dénuées de leuis veslures et de leurs
» atours, que la plus ^rant partie esloil en pur
« chef, car elles s'en alloient les cheveulx sur leurs
« espaules gisans plus jaulnes que On or, en plus
» leurs costes sans manches ; car tout avoient
« donné aux chevaliers pour eulx parer et guim-
« pies et chaperons, maateaulx et chainses, man-
« ches et liabits, mais quant elles se veirent en tel
" point, elles en furent ainsy comme toutes honleu-
« ses; mais si tost qu'elles veirent que chacune
" estoit en tel point, elles se prindrent toutes à rire
« de leur advenlure. » (Percef. I, f. 155 •'.) — On lit
de l'entrée du duc d'Anjou, en 1378, dans la ville de
Montpellier qui s'étoit révoltée : « Toutes les fem-
« mes y etoient aussi en ahbis requierant miseri-
« corde. » (Chron. de S. Denis, III, f. 46.) - On lit
du même événement dans la Chron. ms. de Nangis :
« En simples habits. - — De là, au figuré, agir avec
simplicité :
Li mesdissans ont parlé
Seur aucuns amis,
Que s'il se fussent tnené
Eu simple Itabis,
Ja n'en fust issiiz raesdiz.
Mes par leur cointe veulie
Font sage autrui de leur vie. (Poët. av. 1300, IV, i-'tiS.}
3° Coiffure :
L'en voit les cers naturelement muer
L'an une fois, le merrien de leurs testes
Et leur souffist un an cellui porter
Sanz changement, mais les dames sont prestes
D'entre-changier aux jours communs, aux festes
Uabit des chiefs en estrange manière. [Desch. f. 32S '.)
4° Habit de révérence, peut-être de chasteté :
« Le daulphin s'en vini à la fueillée par devant
« Mynerve et lui baille Vliabit de révérence; et luy
« dist: pucelle vecy ce dont vous me priastes; et là
•< pucelle le prent, qui le désiroit moult avoir. »
(Pereef. I, fol. 140 ■'.) — h" « Les consuls de la ville
« de (Toulouse) vestus dliabits i-oyaux riches et
« beaux. » (H. de Louis III, duc de Bourbon, p. 270.)
— 6° « Il lui sembloit en songeant qu'il veoit ardre
« l'ost d'Alexandre par feu moult resplendissant, et
« qu'il le veoit venir devers luy en lial)U de robes,
« comme luy mesmes éloit. » \Ti'i- des IX Preux,
p. l'21 *.) — 7° On dislinguoit autrefois les fous par
l'habit. De là le proverbe : « Il n'est pas si fol qu'il
« en porte Yhabil. » (Cotgrave.) — 8° Habitude,
disposition de l'àme acquise par plusieurs actes
réitérés : « Troischoses se trouvent en nostre ame,
la puissance l'alTection et Vltabit nous enten-
" dons l'habit ce qui est confirmation de la puis-
« sauce et tire son commencement delà coustume. »
(Nature d'amour, f. 8'2 ».) — - Les affections... sont
« en la partie irraisonnabic et se peuvent réduire
« et ranger par la raisonnable en liabit lequel nous
■< peut faire vertueux. » (Ibid. f. 82 ''.)
Habita. Mot latin, habitude. Un libertin prend
congé de plusieurs autres : « Les licenlieroit en
« toute forme d'obligalion, avec expresse rcnoncia-
« lion t\ l'authentique habita, de faire du pis qu'ils
« pourroient et sans despens. » (Contes d'Eutrapel,
page 409.)
Habitacle. Demeure : [« Si lessierent tretuil
» les terres, Uu'il ne porent soffrir les guerres ; As
« ciex firent lor liabitucles N'onc puis, se ne fu par
« miracles. N'osèrent ça jus dévaler. » (Rose, 5415.)]
En France vint dont, tiens noviale,
Ki ne fu ne plaisans ne biele
Qu'on avoit à Coulogne ocis
L'arcevesque, gens dou pais
Et li clergies fist autre lues
Si com mestiers lor fu et vues.
Puis fu il pris et envoés
Et sour une estace encrués
S'ot sor lui fait uns abitacle
Pour veoir venjance et miracle
Droit à la porte de Coulongne
L'empereres pour sa besongne. (Mouslies, f. G80-090.J
>' que sont ayinables, seigneur, les maisons de
« vos liabitacles. » (L'Amant ressusc. p. 535 )
Habitaige. [Maison, logement : « Maison ou
« habitaige. » (JJ. 198, p. 300, an. 1374.)]
Habitanage. [Droit de bourgeoisie à Arles :
« De riiabitanage qui vouldra estre receu habitant
» de la ville d'Arles, sera tenu employer son fonds
1 et possessions la tierce parte de ses biens meu-
« blés dans six mois, et y demeurer et faire séjour
« durant cinquante ans. » (D. G. Il, 307 ''.)]
Hal)itant. [« En tous lex cas ne doit nus estre
« espargniés des rti^(7«;Us. » (Deaum. XLIX, 5.)]
Habitateur. [« Et d'Athénien esté fait habita-
» teur de l'isle Andros. » (G. Tory au lexique de
Raynouard.)]
Habitemeat, s. m. Habitation, demeure.
[« Une manière est de serpent Qui en l'euve a hnbi-
« tement. » (Restiaire, Jis. D. G. III, 008 ■'.)]
Ce fu Uioclecian
Qui envoia Jlaximian
Par cruaulté et par injuire
Pour tous les crestiens destruire
Qui avoient /uibilontent
Entre Mongieu vers Occident. (Brid, f. 43 ^.}
Habiter. [« E Jérusalem non estoit mie habitée,
« ains estoit ausi corne désert. » (Machab. I, 3.) —
« Ghascuns doit voidier son corage (cœur) de la
« volenté au charnel délit; car autrement vertus
« n'i porroil liabiler. « (Brun. Latin. Tr. p. 370.) —
« La prophecie dou pretidome est avérée en partie,
» car la cités est bien lavée dou sanc aus habitours ;
■• mais encore n'i sont pas venus cil qui y doivent
« linbitcr. » (Joinv. §G13.) — Le verbe s'employoit
au passif : « Que se aucuns des diz receveurs
« estoieiil bons et suffisanz, et fussent bien habitex-
« et mariez. » (Ord. VI, 381, an. 1378.)]
Ilabiteiir, Habitour. [Habitant. Voir le pré-
cédent : « Jaques Brunet cousturier de Parpanha,
« habiteur de "Surbonne. « (JJ. 08, p. 277, an. 1317.)]
Sans abiteours et desierte
En mi liu croist uns lais dormans,
U il a noirs poissons moult grans.
Mais nus om n'en ose gouster,
Autre roi que bien sai nomer. {Moiisk. f. 3i'3.]
Sans gent et sans hahiteors. (Mouil;. Ici.)
11 AB
HAC
Habituation. Aclioii d habituer : » Est neces-
« saire el 1res utile avoir de bonne lieure connois-
« sance de sa complexion, affm que si elle est mau-
« vaise on y pouvoie par liabltualion el frequenta-
« lion des choses contraires à icelle. » (Les Tri. de
la Noble Dame, p. 93.)
Habitude. [« Si c'esloit une habitude de vertu,
. elnon une saillie. » (Mont. II, 7.) — ■ Habitude
<■ est seconde nature. » (Sermons de Barlete,
I"part. f. 21.)]
Habitué. [1° Habillé, vêtu : » Lors icellui sup-
« pliant esloil mal vestu el liabitiié. « (JJ. 150,
page 382, an. 1401.) — » Lequel compaignon estoil
« veslu et habitué en estât de gens d'armes. "
(JJ. 108, p. 129, an. 141-1.) — " Ung grant compai-
« gnon habitué d'un mantel noir. » fJJ. 195. p. 205,
an. 1409.) — 2* Habité, peuplé : <■ On se pourroit
« assez esmerveillier du noble royaume de France
« comment il est situé et habitué de cités, de villes
« el de chasleaulx en si grant foison (luesans nom-
« bre. » (Froiss. XI. 226.) — " Du plus saige et du
« plus vaillant roy qui onques fut depuis que
« Angleterre fut premièrement située el habituée. »
(Id. Xll, 242 )]
Habituer. [1° Habiller, vélir : « Et abiluerenl
« quatre de lors hommes de l'abil de ces femmes. »
(Froissart, t. H, p. 492.) — 2" S'habiller : » Adont
« ala Ilenriz ses frerez adouber, 11 meïsmes aussi
« s'nla il enarmer; El quant il vil ses frerez
. ainsi Itabitiwr. » (H. Capet, v. 2310.) - « P.oberl
« en charoa tout simple habit el se vesly et habitua
. tout de drap gris. -> (Froiss. XV, 190.) — « Le roy
« lit départir le tournoy et crier que tous chevaliers
« venissent au bancquet au franc palais; après ce
« cry tous chevaliers se retrayrent en leurs logis
« eulx desarmer el habituer de nobles vestements. »
(Percef. III, f. 12 i.)]
1. Hable. [Propre, sufiisanl : >■ Li rcligieus
« seroienl lenul de laissier trente pies de let,
•< hautes el souflisans pour charier au lés devers
« nos bos de Crespy. » ^Gart. de S. Vincent de Laon,
an. 1343.)]
2. Hable. [Havre : « Fl grans nefs profondes et
« larges, Plus de cinq cens dedans le hable. »
(G. Guiarl, dans D. G. sous llamla.) — •< Habtes et
« pors de mer. » (Ord. VI, 47, an. 1374.)]
Habler, v. [L'espagnol bablar, parler, fait sur le
latin fabutari, a pris en français le sens péjoratif de
se vanter, tenir des propos fanfarons, parce que les
EspagnolsétoienI accusés dece défaut. Les Espagnols
ont donné le même sens au verbe français partar.~]
« Une très belle et honneste dame qui habloit un
« peu l'espagnol el l'entendoil très bien. » ;Brant.
Dames Gai. t. Il, p. 235.) — « Quand Marthe file et
« Ambrose luibte leur cas el triste et pitoyable. »
(Cotgrave.)
Hâblerie, s. Vanterie, exagération : « Sa
« liablerie plutôt que sa science lui avoit acquis
« quelque réputation. » (Piom. Bourg. 1. II, p. 55.)
Hâbleur, s. Fanfaron. (Borel, Oudin.)
Haboude. [1° La fée Abonde, la première des
fées bienfaisantes. On lit au Itoraan de la Rose :
« Et les cinq sens ainssi déçoivent Par les fanlos-
« mes qu'ils reçoivent, Dont maintes gens par leurs
« folies Uuident estre par nuit eslries, Errans avec-
« que dame Habonde. » — 2° Abondant : « El si
<■ pensay en tout par moy Qu'il n'est richesse tant
'< Jiabonde Qui vaille rien enmy ce monde. » (Liv.
du bon Jeh. 8.)]
Habonder. [Abonder : « En terre habondevet
« ceste espèce (la pauvreté) », dans S. Bern. éd. de
Lincy, p. 533. — « L'eslrange gent qui hnbonda Li
« quens de Foirs la seconde a. » (G. Guiarl,
V. 13445.)]
Habordeau, s. {. Morue parée. (Cotgrave.)
Habout. [Fonds de terre abandonné ii un
créancier, el désigné par ses tenants et aboutissants,
dans la Coutume'(ie Lille.]
Haceîe, s. Lancette. Un mercier l'ail ainsi le
détail de toutes ses marchandises :
J'ai les liacetes a seignier. (Fabl. de S. G. f. 43 '.)
Hacbe. [1° Outil de charpentier : « El chevau-
« chieienljûsques à l'orme de Gisors, les aubales-
« triers et les charpentiers devant, à bonnes haches
« tranchans. » (Mén. de Reims. § 98.) — 2° Arme.
La doloire romaine, ascia, servait à équarrir les
palissades du camp, mais n'entrait pas dans l'arme-
ment. La hache d'arme gauloise el germaine se
retrouve aux premiers temps féodaux : « Ainsi
» lièrent des haches com vilain de tlael. ■> (Sax.
c. 9.) _ „ Portant une grande haclie h son col,
« laquelle avoit bien trente deux posses d'alemelle
« ou environ. « U. 154, page 532, an. 1399.) —
« llem, deux baclies armoyées aus armes de
« France. » (Pièces sur Charles VI, II, 4G5.)
Expressions:
1" Hache de Crequi : « \Jne longue guisarme ou
« hache, nommée liache de Crequi. » (JJ. 189,
p. 485, an. 1400.) — " Le suppliant avoit une haclie
« de Crequi qui est ung haslon poinctu comme une
« dague. » (JJ. 198, p. 119, an. 1401.) — « Ungbas-
» ton que l'en nomme ou pais (de Vimeu) hache de
« Crequi). » (JJ. 195, p. 2, an. 1407.)
2° Haetic danoise, à tranchant convexe avec pointe
au lalon : •> Gérard le frappa sur les espaules ou
« sur les bras un seul petit coup du plat d'une
<. petite liache danoise (lu'il portoil. » (JJ. 138,
p. 200, an. 1390.) — " Li homme de ma seigneurie
« de la dille ville (Bourbonne et Verecourl) doient
■< aller en ma chevauchie garai de bascinel el
" d'espée, ou de liache danoise ou de lance, et de
« pourpoint à armet, deus jouis h leurs despens. »
(JJ. 59, p. 423, an. 1310.) — «■ Et portent glaives et
« espies Poitevins, Hasches danoises pour lancier
« et ferir. » (Garin.)
3" Hache Norroise, la même arme, les Norrois
(Xorwégiens) et les Danois faisant partie, au moyen
âge, du même royaume : « En sa compaigne ont
-< cent armes De'plusours armes alornez, Hache
Il A G
— G -
HAG
« norroisse tienl moult bêle ; Plus de plain pie out
« d'alemelle. « (Wace, Hou.)]
4° « IIiiclw a bee-de-faucoa eominun. » — <■ Fut
« la hache du chevalier à la pèlerine, un bec-de-
" faucon commun, à bonne et poisanle dague des-
« sus et dessous et celle, que lisl présenter inessire
" Bernard, fut une hache à bec-de-faucon commun,
« mais la dngue de dessous fut longue et déliée et
« de façon telle qu'elle pouvoit légèrement entrer
« es trous de la visière d'un bacinet. ■> (Mém. d'Ol.
de la Marcbe, I, p. 285.)
5" « Ilaclie a dagues dessus et dessous- » —
« Kurenl apporlées les liaclies au seigneur d'Espiri,
« pour choisir le premier... et furent icelles haches
« ferrées longues et poisantes, à grandes dagues
<■ acérées dessus et deasous. » (Mém. d'Ol. de la
Marche, liv. 1, p. 317.)
[0" " Une hache îi trois poinctes de dyamant,
« nommée la haclie de messire Bertran de Clas-
« quin. » [])e Laborde, Emaux, p. 483.)]
Haché, [r Terme de doreur, pièce d'orfèvrerie
ciselée de hachures : ■< Pour avoir refait de neuf un
« bacin d'argent doré, liaché sur le bord de l'Ave
« Maria. » (Emaux, page 337.) — « Un petit gobelet
« d'or, hachié h couronne tout autour. » (Id.) —
2° Terme de blason sillonné de traits ou points, de
liacluires qui indiquent la différence entre les
émaux et les métaux.]
Ali Dieu Bacchus rendit grâces condignes,
Qui tant avoit multiplié les vignes,
Que terre adonc portoit pour armarie
Thirses liachez de vigne très llourie. [J. Marol,p. 48. J
Hachée, Ilachie, Haschée, Hasquié,
Haschiere. [Supplices, soutt'rances, tortures :
« Et si ot la langue trancie Por soffrir plus grande
« liacie. " (Mouskes.) — ■■ La soffrirent doîireuse
n hachie. » (Garin.) — " Tous devez brisier et cas-
« ser, Par menus tiés, et par parties En grans
« souspirs et grans hasquies. •> (GuUeville.) —
" .Passer les font à grant haschées Et par mal pas et
« par chaucées. » (Athis )] — « Ainsi fut messire
« Boucicaut a séjour celle saison, dont ne despleut
« mie à celle qui de bon cœur l'aimoit, qui maintes
" hacbécs souventes fois avoit en son cœur pour les
" périlleuses adventures ou il s'abandonnoit. >>
(Ilist. de J. de Boucicaut, p. 49.)
Qui par vertus en maint pais lointain
Orent souffert travail, pauie et liachie. (Desck. f. iSS '.]
Moult est faus ki pour hacic
De bien amer se repent
Car amour n'oublie mie
Cous qui aiment loiaument. (Val. 1400, f. OCi ''./
Hachei". [1° Hacher : « Puis les hagiés bien
« menus et cuisiés en huille d'olive. » (De Monde-
ville, f. 40.) — « Il avoit les bras et les cuisses tou-
« tes hachées de coups. » (Amyot, Eumènes, 14.) —
2° Fendre l'air : « Le pigeon soubdain s'envole,
« haschant en incroyable hastiveté. » (P«ab. Pan t.
t. IV, 3.)]
Ilachereau. Hachette. (Cotgr.)
Hachet, Hachette. Même sens. « Espées ou
« badelaires ou hacliets ou quelqu'armure qu'il
« eust. » (Journal de Paris sous Charles VI et VII,
p. 30.) — Hachette est dans Oudin. — [« Item une
" hachette à manche de fer doré. » (Pièces sur
Charles VI, H, 402, art. 239.)]
Hacheur. [Ciseleur : .. A Jehan d'Abeville,
« potier d'estaiug et hacheur en orfavrerie. » (De
Laborde, Emaux, p. 337.)]
Hacquehute. Arquebuse. (Oudin.)
Hacqueiiée. Haquenée : [« Dédit episcopo
« Briocensi suum gradarium flavum, vulgo sa hac-
" quenée fauve. ■> (Hist. de Bret. de Lobineau, II,
827, an. 140G.)] — « Il y a... déjeunes gens qui sont
« si pesans qu'on auroit plus tost apris à un bœuf,
» a aller la hacquenée, qu'a eux a danser. » (Contes
de Des Perr. t. I, p. 239.)
Hacqiienet. Petit cheval :
Ung jour je venoye de dehors
Sur mon liacipienct. tor.t housé. (Coquill. p. i4i.j
Hacquet. Même sens :
Et pansez le petit hacquo.t
Et luy faictes bien sa littiere. (Coquill. pp. iOO-IOl.J
Hadot, s. Eglefin ; poisson :
Quant chiens de mer viennent poignant
Et bares, et raiz et harans,
Ifados, et oitres, et hennons,
Et congres qui sont gros et Ions,
Sartres et brèmes dorées,
Barbues grasses, plies lées,
Et bons fies au fenuel rostiz,
La gent charnaige ont deparliz.
Balaillc de Quaresme, MS. de S. G. fol. 112, V* col. l.
Haenge. Haine : « Par liaenge et par grant
« envie. » (Brut, f. 55 °.)
Hagard, adj. Farouche, sauvage : « L'habitude
« de l'air produit quand et soy les esprits plus doux
« ou plus hagards. « (Lett. de Pasquier, I, p. 40ri.)
— Parlant d'une veuve dont le mari avoit été tué
dans le massncre de la S. Barthélémy et qui d'abord
fut inconsolable : « Si bien que le feu roy
« (Charles IX) disoit h monsieur qu'il n'avoit veu
» femme si hagarde en sa perte et en sa douleur. »
(Brant. Dames Gai. II, p. 179.) — [«Esprevier hagart
« est celluy qui est de mue de hayes. » (Ménag.
t. III, p. 1.)]
Haghenée. [Haquenée : « x " d'autres gens et
« tous montés sour chevaux ou sour haghenées. »
(Froiss. II, 132.) — •< Chevaliers et escuyérs montés
« sus bon coursiers et gros l'onchins, le demou-
« rant sus haghenées bien apertes et bien travil-
« lans. .. (Id. 2(iG.)]
Haqiictte. Petit cheval : •• Quant ils vindrent
« aux champs le seigneur d'.Vuxi feit descendre
" ,lean Coustain de son gros cheval et le feit mon-
« ter sur une baguette. '« (Monstr. 111, p. 93 ^)
Haqiiilenne, Haguinienlo, Haguii'en-
leiix, Hanguevelle. [Ilaguignètes, petits pré-
sents dits aussi aguilanneuf: « Comme le suppliant
« et Pierre Pelluel l'eussent alez soupper en l'ostel
« de (la) mère d'icelliii suppliant... Tantost après
« arrivèrent devant ledit hostel Colin le Masnier et
haï
- 7 -
haï
« autres... lesquelz en manière de dérision com-
« mencerent ù crier à luiulle voix : « Je m'en lo du
« past, madame. » Et lors ledit Pierre l'elluel yssi
• hoil dudil lioslel en criant : Hagui men lo". »
(JJ. 1G2, p. 270, an. 1408.) — « Vous m'avés promis
« me donner mes haguillennes, ne me escondissez
.. pas. » (.IJ. 105, p. 1328, an. 1474.)— On lit hagui-
renleux, au reii'. JJ. 154, p. 201, an. 1309 ; hangue-
velle, au reg. JJ. 164, p. G70. an. 1400.]
Haha, Ilaliay. [1° Cri de liaro : « La justice et
« jurisdicions... de cri et de /ifl/ifl neuctanteumenl
« faiz. » (Ord. IV, 205, an. 1354.) — » Se aucun fait
« hahaij en ladite ville ou en terroir. » (.JJ. 66,
page 570, an. 1331.) — «■ Y eust grant noise, cry et
« haluiij Auquel cry ala ledit suppliant et y seurvint
« d'aventure pour veoir ce que c'estoit; car il ne
" savoit pourquoy l'en cryoil ledit hahay. " (JJ. 100,
page 69, an. 1376.)] — On a dit des gens qui prodi-
guent des biens mal acquis :
Sur les quelz voy approucher le hahay
Car d'or sera et d'argent grant esclipces
Par pourelé et le gast que veu ay
Traire a iceuls, si devenrront nourrices
Car ilz rendront ce que leur avarices
A rapine. (Vcscli. f. 200 '.)
2" Cri de douleur :
Pour mon costé crie hahay,
Mainte fois et à l'aventure
Une migraine ou chief aray
Autre foiz au ventre 'escorçure
Ou en l'estomac grief pointure. (Desch. /'. 442 '^.}
De là, douleur, peine, tourment :
Et vodrai mon hahai
Muer en joie et en glai
Jlon soussi. [Pûcs. de Fruiss. p. ^0? '.]
o° Cri de guerre, alarme : « Ceux qui avoient fait
« le guet devers l'ost, ouirent le cry et le hahay. »
(Froissart, liv. I, p. 83.)
Princes à ce mot me convint eveillier
Pour un hahay que j'oy escrier
Par nuit, en l'ost, assez prés de Coulongne. {Dosch. 101 •.}
D'oîi désastre, carnage. Parlant de la pucelle
d'Orléans: « La pucelle vient pour les occire (les
« Anglais). Elle vient de par le roy du ciel corps
" pour corps, vous bouter liors de France et vous
« promet et certifie qu'elle y fera si gros haliaijque
« depuis mille ans en France ne fut veu si grand. »
(Hist. de la pucelle d'Orléans, p. 508.)
Expressions :
1° u Vieille haha » dit d'une femme apparem-
ment, parce qu'elle va toujours criant lialia : « Ils
« oseront asseurer impudemment que cette vieille
« Imha a les trente six conditions requises par
« Platon en la beauté parfaite. » (Maladied'Am. 28.)
2" « On n'a pas la caille, pour haha crier, » le
bruit ne sert pas à attirer à soi une personne. (Oud.)
1. Haie. [1° Clôture : « Car li Sarrazin ont tant
u trait de lour pylés, que il a aussi comme une
u grant haye qui vient ardant vers nostre cbastel. »
(Joinv. § 208.) — 2° Sorte de chasse: « Pourra la
« contesse de Roucy baiier et faire liaics pour la
" cbasse desdits bois. » (JJ. 56, p. 98, an, 1317.) —
3» Sorte de danse : « Les hayes d'AUemaigne , fris-
« ques. Passe pieds, bransles, tourdions. » (Marot,
t. I, p. 189.)]
2. Haie. [Monnaie de la Haye, en Hollande:
'< Que ledit maire pour cascun de ses adjours aux
« partyes ne puist demandeir que une demi haye
<' corante en bourse. » (Hist. de Liège, t. II, p. 457,
an. 1424.) — " Vingt quatre solz de monnoie, tant
« en pataz, comme en haies. » (JJ. 173, p. 533,
an. 1426.)]
Ila'ie. Haine : « Ai jou tonte joie en Itaïe. »
(Poët. av. 1300, HI, p. 1234.)
Haier. [r Faire une baie : « Toutes gens estoient
« retrait en la baie dou Louvion et avoient là mené
« à sauvelé, et copé et Jiayet le bois de tel manière
» que on ne povoit venir à euls fors à grant ina-
" laise. » (Froiss. III, 36.)— 2" Disposer en liaie:
« Et estoient ces huit cens chevaliers tous /irt(/É?s et
" rengiés d'une part et d'autre. » (Id. XV, 302.) —
Chevaliers, escuyers et gens d'armes se haierent
« tout autour du roy. •> (Id. XV, 42.) — 3° Chasser
dans un bois fermé de haies: « Icellui chevalier
« donna congié et licence de chacier et haier es
« garennes de nostre dit frère. " (JJ. 106, p. 224,
an. 1374.)]
Haillon. Lambeaux d'habits : ■■ Les prisonniers
•' estoient sans chapperon tous nuds testes, chas-
« cung ung povre haillon vestus, tous sans cbaus-
« ses ne souliers la plus grande partie. » (Journal
de Pai'is, sous Charles VI et VII, p. 191.)
Haillonner, v. Mettre en guenilles. (Voir Colgr.
et Bouchet, Serées, I, p. 251.) — « Discours haillon-
« 7iex; » propos sans suite. (Cofgr.)
Haillonnerie, s. Collectif de baillons :
Vielz pourpoins touillons, vielz haras,
Vielz lambeaulx et haiUmtnerie,
Chappeaul.x pelez et honnetz gras,
Seront pour nostre seigneurie. {Coquillart, p. i!j.J
Hailloilueux. [Qui n'est que haillons : « Il te
« faudra d'un habit Iiaillonneu.r. Vestir ton corps. »
(Bons. 948.)]
Hain. [Hameçon; ce terme est usité sur les côtes
de Normandie : « Uns peschierres geta iluec son
<• luiin, et quant il cuida avoir pris un grand pois-
.. son. » (M.S. S. Victor, 28, fol. 187 \)]
Haine. [« Bien lui monstra Constance qu'à lui
« n'a pas liaïne. « (Berte, c. LVI.) — « Se liparras-
« 1res ou la manastre mainent malvese vie as enfans
« ou qu'il lor monstre sanllant de luiyne. » (Beaum.
t. XXI, p. 15.)] — Parlant de Richaid, duc de Nor-
mandie :
A lui firent Franchoiz mainte painne et maint mal,
Jlaintefois le trairent par haimjne mortal. {Rou, p. i41.j
Grant deul out GuiUelme son fiz
Qui encore iert assez petiz
Moût out haingnes, mes poi amis
Lez plusours trova moût eschis
Ceuls que si pères tenoit chiers
Trouva moût orgueiUoux et fiers. (Id. p. 223.}
Expressions :
1° « Haine de prince signifie mort d'homme. »
(Cotgrave.)
HAÏ
— 8 -
HAI
2° « Sans haiiic « désigne les tournois, par oppo-
sition aux guerres sérieuses: « 11 monstroit que les
« procsses'queilzavoientfaictessajis/jaîHf seroient
« doublement redoublées en mortelle persécution. »
(Perceforest. IV, fol. 8-2i'.)
3° <> I-'erir en casde /ift.i/H<', •■ jouter par haine:
« Tant fut vosire père de grant renon à ce que j'ay
« ouy racompter à ma mère que ennuy auroye a
. ferir contre vous en cas de haijne. » (Id. f. 121 ».)
Haineusement. Avec haine:
Prince, parler seiiestreijient
D'aulrui et hoïiieiiscinent
A. juif, sarrasin, chreslien
Est gi-ant folie et grant tourment. [Descli. fol. 447'.;
De quoy sert une antique race.
De quoy un gouffre qui embrasse
Mille trésors délicieux.
Si, ne voulant à nessun plaire.
Presque à soy mesme on vaut desplaire,
Haineuseincrd ambitieux? (J. Tahur. p. i3'2.]
Haineux. [1° Qui est porté ù la haine, qui dé-
teste : « Amors ce est paix haïneitse , Amors est
« liaïne amoreuse. » (I^ose, 4307.) — » Li aucun
suât si haineux et si félon qu'il vourroient bien
<i fere d;iraace à eus meismes por fere damace à
« autrui. » (Ucaum. XXXVlll, 10.) — « Depuis au
« pourchas d'aucuns ses haijneiix. » (JJ. 137, p. 95,
an. 138!).)] - « Nécessité qui n'a loy amena cette
« fois le dauphin à refuge h ses plus grands liai-
« 7ieux pour s'en aider au besoin. » (Duclos, Preuv.
de Louis \1, p. 227.) — 2" Haï, odieux :
.... De servir aux enfans
Est encor li perilz grans
Horribles et merveilleux
De mal faire sont en grans
Se de leurs maulx les reprans
Tu seras leur haineux. (Dcsch. fol. lOi '.)
Tu es à cliascun haineux
Pis que de crime capital
Aux champs à piet et à cheval.
Noiez fusses tu en un flum,
Ou pendus a un carquenal
Car tu es baiz de chascun. fhl. fol. 43ô <=.)
3» « Droicl haineux est le droict qui par le moyen
« de la couslume du pais est contraire au droict
« escril, comme sont cas de retrait Hgnagier. »
(Bout. Som. Hur. p. 3.) — [« Veaus aussi que tous
« cas de main morte est haineux. ■■ (JJ. 136, p. 2-iO,
an. 1309.) — " Que ce qui est deu par gênerai cous-
.. tume ne peut esire appelle service haineux. «
(Du Gange, VI, 220 \)]
Haingre, adj. Mince, délié: « [Heinijre oui le
<' cors e grais le e eschevid. » (Roland, v. 3820.)]
Moût la vi plaisant, et haimjrc, et deugie.
GuiU. ii Vinicrs, Poês. MSS. av. 1300, t. Il, p. 818.
Dans le portrait d'une personne bien faite :
Plate banque, ronde ganbele,
Gros bran, basse quillete,
Pié vouli, huiwjre, a peu de chair, /l al. i400, f. i3?^'.J
« Combien qu'elle fust longue, si estoitelle hain-
« gre, et de noble taille ([ui monstroit qu'elle estoit
« jeune durement. » (Percef. II, fol. 35'.)
Haion.FEtal (Voir IIaison), aux Ord. t. V, p. 511,
an. 1355.)] '
Hair. FN'avait pas, au moyen âge, les formes
inchnalives de notre conjugaison en ir. De là les
formes héent pour haïssent, heoient, haoient pour
haïssaient. (Froiss. H, 123, 172.) Dans S. Alexis,
l'infinitif est /(fff//r. Dans Roland, v. 121-1, on lit:
« Smz ciel n'ad hume ([ue tant voeillet hair. ■>]
Conjugaison: Ilaant, liaïssant; harra, haïra:
Est tourmentés et homis
Cil gi tout certainement
Gat qu'il fu wibos jadis :
A tousjours mais en liaf)-a s'espousée
Et haaul ert sa doulour démenée. (Val. iAOO, f. iô^'^.j
Ilaee, subj. prés.
Toz m'aura a force a ami
Que qu'el face, vueil ou ne daint
Ou ele hace, ou ele m'aint
Ge mandrai toz tems en son cuer
Quel part qu'el tort n'en istrai pas. (Parton. fol. iG8 '.]
Uae, je hais. (Poët. av. 1300, II, p. 839.) — Haes,
vous haïssez. (Id. III, p. 1148.) — lias, je hais. —
Un amant craint également d'exprimer son amour
ou de le laisser ignorer à celle qu'il aime :
Molt aim et /uis dire et taisir,
Car d'aus deux puis vivre et morir. (Go»liers, HT, 125.J
Hé, je hais:
.... Si me tient amors ne sai cornent
C'un pou la hé tote amoureusement. (C" Thib. p. 149.)
Onques ne chantai faintenient,
Car boine fois m'en a gardé
Et l'amours dont j'ai tel planté
Ke merveilles est se de riens hé
Neis celé enviouse gent. (Poët. av. iSOO, lU, p. 1113.)
.le hé mes jour? et ma vie dolente,
Et si maudis reure que je fu nez,
El a la mort humblement me présente
Pour les lourmens dont je sui fortunez. (Desch. 'il3 '=.)
liée, haïsse :
Quant je vos lais, droiz est que je m'en liée. (Thib. 121.)
Clers je vous lo et pri qe teignies qoi
Ne di:es pas par qoi ele vos hée
Mais serves tant. Or faites le por qoi,
Qu'el sache chou que vostre cuer bée
Car par servir est maint amour donnée. ('^u^ 1400, f. 138.)
Hecnt, haïssent:
.... .le voi torné
Le siècle a si grande folour,
Ke li plusour heent l'amour. (Jehans de Renti, IN, 119~.J
llehet, hii'd:
.Ta li liom qui est saiges
Entre mauvais lignaige
Longues ne demorra :
Se s'és voisins lieliet,
Et son damaige set
Ja ne li deslorra. (Prov. du Villain, fol. 75 '.;
L'infinilif a été pris substantivement : « Quant le
« roy loy, tout le sang lui mua, et estraint les
« dehs, ce esrouUa les yeux, et par grant hair
« descbira sa barbe. » (Du Guescl. par Mén. p. 181.)
Expressions :
[. Les médecins hayent les hommes sains Car
« rien par eux ne leur est présenté. » (Saint Gelais,
p. 107.) — •■ i*ncques n'ayma bien qui pour si peu
» haït. » iColgr.)
Hairan. Hareng. On dit à une vieille femme :
Et vos talons sont plus flairans
Que becquehelts et que hairans. [Recr. Devi^ Am. OS.)
haï
— 9 —
^ s T
1. Haire. [1° Chemise de crin on de poil de
clièvre portée sur la peau : « E aspre liaire aveit de
« piel de chievre gros. - [Th. de CaïU. 102.) — « Kn
« l'abeie du Lissoutles/(e?rsquesainlLoysporloit,
« une fêle à manière de pardecors, lont^ue jusque
« desouz la ceinture, et l'autre fête à manière de
« ceinture; trois ou quatre desfjuelles les unes sont
« lées à manière de la paume d'une main, et les
« autres à manière de la leesse de trois dois ou de
» quatre. » (Mir. de S. Louis, 147.)] Parlant de la
mort de Marie Salomée :
Plus sur son lit ne s'est tenue;
Mais a terre sus une /taire
S'est concilie la débonnaire. {Hist. di:s III Marier, A'il.}
2" Affliction, cliagrin :
Se femme pren, j'eray doleur et huirc
Servitude, courroux et desplaisance. (Dcsch. f. 453 •',/
Marie toy donc, et me croy,
Qu'a mener vie solitaire
A ben plus de mal et de haire,
Mil fuiz que les mariez n'ont. (Descli. fol. 5G0'.J
Expressions:
1« PiDii^i- la haire et la souffrance. [Mulivel, j). 190. J
2" « Faire haire à quelqu'un , » lui faire de la
peine. (Rab. II, p. 203.)
2. liaire, s. » Maires qui seroit mieux éciit
» Itères ne signifie autre cliose, que gen.s de néant,
des cancres, de l'aleman herr^ni signifie maitre,
seigneur, mais dont comme de beaucoup d'autres
termes que nous empruntons des langues étran-
gères, nous usons dans un sens de' mépris. »
(Ducbat, sur !!ab. I, p. 315.) — - INe sont-ils assez
" meshaignez les paoures diables? îNe sont ils assez
« enfumez et parfumez de misère et calamité les
.< paovres Itaires. >• (Rab. 111, p. 119 ) — « Un renard
■' qu'il avoit nourri petit, et luy avoit on coupé la
« queue et pour ce on l'appelloil le hère. » (Conles
de Desperr. I, p. 196.) — [• Gros nez, qui le regarde
<■ à traveis un grant verre Te juge encore' plus
« beau ; Tu ne ressembles point au'nez de quelque
" herre qui ne boit que de l'eau. » (Basselin, VI.)]
Expressions:
1' .' Beau hcrre - se dit ou par raillei'ie ou i)ar
mépris, en iNormandie. (La lioque, del'Anière-Ban,
page G.)
2° » Jeunes haires esmouchetez, >• expression de
mépris pour « gentils fio(inets. » (Rab, V, p. 90.)
3° « Mon paovre haire esmouclielé. » (Rab. II, 1 '14.)
4" « Les haires ne rendent pas toujours Itères
« ceux qui les portent. » le ciliée n'amortit pas
toujours les passions. (Essais de Montaigne, 11, 7!0.)
3. iîaire ou Hère, s .Jeu de caries. (Oudin.)
[Il se joue entre plusieurs personnes, dont une
seule gagne ; on l'appelle encoie l'as qui court.]
Hairier. Affliger.
Lors dist : puisqu'ainsi le fault faire,
Je juge pour plus sonflrir haire,
Au leu qu'il soit mariez.
Et jamais ne le hairiez
Auîtrement, mais que donner femme;
Et je vous jure par mon nme
Qu'avoir ne puet plus granl lourmenl. (Desch. f. 494.!
lîairon, s. m. lîéron: [« Plus désirent la guerre
« qu'esprivier le Itairon. « (Cuvelier, v. 140Ô7.) —
« Le suppliant garde des bois dou seigneur de Bou-
« bercb, et commis à garder les liairons. ■■ >JJ. 205,
p. 2C2, an. 1181.)]
Expressions :
1° Armé h bec héron, c'est- à-dire « contre le bec
« du héron, parce que le hero7i cache son bec sous
« l'aisle et les faucons venans de roideur sur luy
« se tuent s'ils ne sont armez de la poitrine. »
(Borel.)
2° « iNids de /ferons. » mis au nombre des choses
qui peuvent augmenter la valeur d'un héritage:
« Si le propriétaire augmente le fief par industrie
» ou de ses deniers le douairier n'en profitera pas
» davantage ; mais bien si le fief est melioré par
« accroissement ou du :ejet de l'eau, par le nid de
» hérons ou d'autres oiseaux. « (Coul. d'Audenarde,
Nouv. Coul. Gén. I, p. Hm'".)
ïïairoiineaii,s. m. Diminutif de /)a/?'o«. (Colgr.;
Rab. IV, t.'rt.)
lïaironnier. 1" Qui chasse le héron: « Dont li
« osloir sont lot gruier El li faucon bon hairon-
« nier. » (Partonop. v. 1073.) — 2° Sec et maigre:
» Les jambes gresles et minces, les cuisses hcron-
<' nieres. •> (Paré, Licorne, 4.)
Haironniere. [A'id de héron, lieu où on les
élève : « Icellui chevalier estoyt ung destrucleur
« de garennes et //aj/roHMÙ'rcs du pays et n'estoit
« gibier (lu'il ne galasl ù l'arbalesle. » (JJ. 205,
p. 202, an. 1480.)] — " La dame (de Ricbebourg] et
« en sa seigneurie toute franche chasse et une
<■ lieronnicre en sa maison, etc. » (Coul. de Riche-
bourg, dans le Nouv. Coul. Gén. 1, p. 393 \)
.... Nulz ne vit plus belle lieronniere
Qu'a Saint Aubin ne d'oiseaux de rivière. [Desch. i.34 '.)
lîaise, Hese, lîeze. [Fermeture de jardin ou
de cour à claire-voie : » Comme Pierre Playart povre
« laboureur, demouraul ù Barisy.... voulsisl mettre
•< en une court de la maison, où il demeuroit, une
■■ /;a/s? qu'il avoit faite pour ubvier ([ue le beslail
« de la ville n'entrast en sa cour. » (J.l. 102, p. 280,
an. 1371.) — » El estoil la devise eu la baniere sur
1 leslandart de une Itaise d'or assise sur une cham-
" paigne de gueules. » (Froiss. XIV, 224.) — « Les-
quelz arrivez devant l'oslel eussent frapédespiez
« contre la /u'sp ou huis de la court. » (.JJ. 167,
p. 371, an 1414.) — « Le suppliant ala à la /i^xe de
« son jardin pour la clorre... et aiquiya de sabache
U la dite biirre ou /(cx-c. » (.U. 174, p. !87, an. 1432.)]
l'arlanl du soin que les changeurs ont de l'argent:
A\cir U font toutes ses aises;
Au devant de lui mettent liaises
Afin qu'on ne le puist haper.
eu qui se mellent de dmper
En prendent la par grant puignies. (Froiss. f. 434 ^^
Hai.son. [Etal : « Comme icellui mercier eust
« levé ou drecié un Ita/son ou estai en la place de
-> la ditle ville de Baillent. » (JJ. ICI, p. 379, an.
1407.)]
Haistié. [Dispos, voir Haiteu, II.mtier : .. Icellui
HAL
- 10 -
HAL
. Mercier ala comme tout sain et haistié, et senz
. se complaiiulrc d'aucune doloison pour la ditle
.. haleure. » (JJ. lOG, p. iOô, an. 1374.j]
Haistre. [Mètre: « Desousun /iflis/rc rameit,
. Ai un doulccanl escouteit De genlille pastorelle. »
(Ilist. lill. de la l"rauce,XXlIl,559.)] - « Si aucunes
.. divisions sont en Ire bois et terres ahanables sans
.. bournes, les terres se doivent labourer jusques à
.. pied et demy près des vrayes ronces et se doit on
« fonder sur les anciennes espines, haistre ou
.. autres bois portans lit^ne l'un à l'autre. » (Coût.
de Boullenoys, dans le C. G. t. I, p. 097.)
Ilaisti'iaux. [Hclres: « Monachi Gemeticis (ha-
„ bent; ad iou^tus suorum baccorum.vi. /wis-
« Ivtan.c et duos furons. » (B. N. 1. -4603. )J
Ilaistriere, s. Lieu planté de hêtres. « Pepi-
« nieres, chesnotieres, liaistrieres, oulmieres et
« autres jeunes arbres provenu de plant ou de
» semence et tenus eu réservoir pour eslre trans-
« planté suyvent les fonds. » (Coût, du duché de
Normandie, "C. G. 1, p. I(f25.)
Hait. [Joie: <• N'en ourent pas tel //a/^ en l'ost
a ne hier ne avant hier. » (Rois, ch. IV, liv. I, v. 8.)
Diez assigne pour origine à ce mot le nordique heil,
promesse, vœu.] De là les expressions :
I. A hait. 1° Promptement, gaillardement:
Et Karles s'en revint a Jiail. (Mausk. p. iSô.)
2» A souhait : » Cela est bien à mon hait. » (Cotg.)
— « Lèvent lui estoit si a poinct, comme à son
c< hait. » (l'i-oiss. IlL 313.)
U. De hait. 1° Avec plaisir: « Il picqua de bon
« hait vers le lieu ou les escuz pendoient. » (Perce-
forest, vol. V, f. 3.) - « Assaillons les de bon hait. »
(Id. IV, fol. 321'.)
'2° De bonne disposition corporelle ou spirituelle :
« Si fort ny a ne si de hait. » (Biut, fol. 24 ".1 —
« Il est fier et de peu de hait, " en parlant d'un
cerf. (Percef. V, fol. 100''.) — « J'aime à me tenir
» joyeux et de het. » (Bouchet, Serées, p. 60.)
Ilailement. [Gaité, courage. (Parlon. v. 10033.)]
Haitié. [1° Bien portant: « Et puis revint à sa
« santei, et tu touz haïtien et liez et joianz. » ;Mén.
de Reims, § 71.) — « 11 me demanda se la royne et
« li enfant esloient haitié. » (Joiuv. § 591.) — - Et
« entendirent li /mî/2e à remettre à point les navrés
« et les bleciés. - (Joinv. V, 394.) — 2° Tranquille,
calme, en parlant de la mer: <■ Parmy celle mer qui
« lors estoit haitié et monstroit qu'elle eust grant
« plaisance de euls porter. » (Froiss. XllI, 150.)]
Ilaitiei". Réjouir. Voir le précédent : « Qui la
« tient nue bien se haite. » (Brut, fol. 71 ".) 11
s'agit de lépée du roi Artus. — » Procès qui guercs
« ne ine haicte. « (Collerye, p. 160.) — « Semblant
« fet que point ne li hait. » (,ms. 7218, f. 9 '.)]
Ilaiz. [Sorte de bouclier: « Icellui Antiioine de
« Segalar ayant en sa main ung hai%, vulgairement
« appelle tavel. » (JJ. 184, p. 78, an. 4448.)]
Halagc. [1° Chemin de halage : « En la seconde
« partie entendons nous à tretier des chaucies.
« ...des rivages, des halagea. " (Liv. des Met. 2.i] —
2" Droits sur les halles et les marchés. (Ordon. V,
421.) — 3° Endroit où on est exposé au hàle :
,1e me soubmet à vo bonne ordonnance,
Et vous estes tuit bomnie discret et saige ;
N'ayez rcgart, si j'ay par ignorance
Mal impetré ; corrigiez le langaige
Considerez-moy estre en un lutUtUje,
Et le surplus qu'om doit considérer,
Et me faictes là quelque bois livrer
Ou cest yver seray trop mal bailly
Ne souffrez pas que je doie engeler. {Desch. f. 334 './
ïlalagrés. [Homme d'armes, couvert du halle-
cret: « l'eux liommes de guerre, que selon l'usage
« du temps présent en fait de guerre on nomme
« halagvcs. » (JJ. 201, p. 56, an. 1477.)]
1. Haie. [Vent sec de l'est ou du nord qui liàle
le teint : « Or veut l'ombre, or veut le halle, or veut
» repos, or veut labeur. » (Conten. des femmes,
xni' siècle.) — « Cler fu le jour, greveus le haie. »
(Guiart, v. 2172.) — « Levez ces cuevreschiefs plus
« haull qui trop cuevreut ces beaulx visaiges ; De
a riens ne servent telz ombraiges. Quant il ne fait
« haie ne chault. » (Ch. d'Orl. Chanson, 103.)]
2. Haie. [1° Place couverte oi^i se tient nn
marché: " Se il sont demorant es terres devant
« dites, et il aportent leur pain es haies. » (Liv. des
Met. 9.) — » Li rois tint celé fesle es haies de Sau-
ce mur; et disoit l'on que li grands roys Henris
« d'Angleterre les avoit faites pour ses grans testes
« tenir. Et les haies sont faites à la guise des ciois-
« très de moinnes blans. » (Joinv. §95.) — » La
« recherche des phrases nouvelles et des mots peu
« cogneus vient d'une ambition puérile et pedan-
« tesque; peusseje ne me servir que de ceulx qui
« servent aux haies à Paris. •■ (Montaigne, 1, 192.)
— 2° îiaison de ville: « Ayons fait convenir et
« assembler par devant nous en le haie de Tournay
.. les jurés eschevins, massars et autres officiers de
« la dicte ville. » (Ord. IV, 619, an. 1366.)] - De
là : « Clers de halle, « greffiers de l'bôlelde-ville ;
>. buffet de la /(«//f, •> dépôt des archives munici-
pales. (Ord. V, 134.) — 3° -. Halle de paix, » lieu où
se lient la justice des villes : « Les mayeurs et
« eschevins de la ville d'Aire tiennent siège par
« trois jours en la semaine en leur /i«//e que l'on
« nomme lialle de paix. » (N. C. G. 1. 1, p. 321 ".) —
[De là tenir halle, se réunir: « Se j'ay tenu Italie de
« neani. Vous en estes trop consentant. >' (Gaguin,
Passe temps d'oisivelé.)] — « De la loy d'une ville
« faut adjourner baillif, hommes, majeur, et esche-
« vins selon ce que les villes sont ordonnées de loy
<• et faire assembler en halle ou en chambre, c'est
u a dire au lieu ou ils ont accoustumé a tenir leur
« siège. ■■ (Bout. Som. Rur. t. III, p. 13.) — » Dans
« la ville d'Alost il y a encore une jurisdiction par-
« ticuliere que l'on nomme les jn)-e% de la halle aux
« draps, qui par chacun an est establie et renou-
<> vellée au nombre de six par les bailly, bourg-
<■ maislre el eschevins, lesquels ont la connoissance
« et la jurisdiction de toutes les causes qui con-
.. cernent les laines. » (N. C. G. t. I, p. 1108'.) -
HAL
- 11
HAL
« Des prevost, mayeurel treize liommes de la Italie
« basse, ou drapperie. » (N. C. G. t. Il, p. 242.) —
« I; est encore dans la halle aux draps, » il est
encore couclié dans son lit, entre les draps. (Oud.)
Ilalecret. [Cuirasse, écrevisse de fer à l'usage
des lansquenets, eu français laquaiz,voir II.\lagrez.]
On lit au figuré dans les Triom. de la Noble Dame,
fol. i)0 : " Donner pour Dieu, c'est un fort halecret,
« pour batailler, au public ou secret, contre le
« diable, à ce qu'on le surmonte. »
Halegros. [Allègre: " Si m'aïst Diex ! bien nos
» poez con(|uen-e, Sor nos arçons en gisent nos
« boeles; Li plus halegres n'a soing d'aller en
« destres. >• (Coronemeut I.oys. v. 21(56.)]
Haleine. [Voir Ai.ene.] « Quand les rentes se
« constituent par empbiteuse, partage, ou autre-
« ment par nouvelle constitution d'nne haleine, au
« proli t de plusieurs ou quaiidicelles sont partagées,
<■ et un des rentiers ou portionnaires à faute de
« payement procède à l'éviction de son hypothèque,
« telle éviction ne se peut faire avec extinction des
■> autres rentiers ou portionnaires. » (Coût, de
Bruxelles, N. G. G. l, p. 12i8.)
Ilaleinement. Souflle.
Les vents etesiens d'halcinemciis fumeux
Pesle-mesle accouplez et poursuivant leur route.
R. Belleau, p. 180.
Haleiner, V. [Voir Ai.ener.] 1° Respirer: « Chas-
B cun se sent de l'air qu'il haleine et ou il vil. »
(Sagesse de Charron, p. 22G.)— « Nous asseura([ne
« pour descouvrir le fard, qu'il ne falloit que tenir
« en sa bouche du saffian, et que venées à hallener
" une femme fardée, son fard n'aura pas si tost
" senty ce saffran qu'il tombera de lui-mesme. «
(Boucbet, Serées, I, 151.) — 2° Sentir: « Je les sens,
o je les fleure et les haleine avec plaisir. » (Sagesse
de Charron, p. 226 ) — 3" Pressentir, éventer, décou-
vrir. Parlant des jésuites: « Lorsqu'ils vinrent en
« cette ville (Paris) pour lire et former leur ordre.
Cl qui est depuis dix ou onze ans en ça, ils estoient
« pauvres comme la mesme pauvreté ; et toutefois
» mainlenant qu'il n'y a collège, voire compagnie
« qui soit plus riche que cette-cy, je commençai lors
Cl d'Iialener leur fard et dire comme Martial: » Qui
11 potes insidias dona vocare tuas':' ■> (Pasq. Rech.
p. ;':()8.) — 11 En peu de temps leur imposture fut
« Italeuce et se tourna tout leur inopinément en
« fumée. >' (Lett. de Pasq. 1. 2.").) — 4° Fréquenter,
comme sentir souvent l'haleine de quelqu'un. «Je
ic ne vy jamais grand seigneur accompagné de plus
Cl gi-ande prud'homie que luy et en ay Italené 'p\n-
ci sieurs. » (Pasq. Rech. p. 485.) — .. Ces maladies
11 prennent entre les chiens pour s'halener et fre-
« quenter les uns les autres. » (Fouill. Vén. f. 79''.)
— 5'^ 11 llaleiier quelque vent, " avoir vent de quel-
que chose. " Combien que cette entreprise fust
Cl dressée avec tout ce que l'on sçauroit souhaiter
Cl de prudence humaine, si ne peut elle estre con-
" duite si sagement que l'on n'en lialeiiast quelque
« vent. » (Leit. de Pasq. t. 11, p. 23.)
Haleiz. [Fatigue: « On vaincu ont le poigneiz
n Cil de pié, à grant haleiz Dont il ont prises les
« despoilles. » (G. Guiart, v. 17381.)]
1. Halor. [1° Tirer sur une corde : « Là ou Fran-
« çois font au haler Leur nés vers Flamens dévaler."
(G. Guiart, Royaux lign. v. 9400.)]
Escuins ferment et escontes,
Et font tendre les corde.s toutes ;
Vitages lâchent, et trez avalent ;
Boulines sachent et liaient ;
Au vent gardent et aux estoilles.
Selon l'eure portent leurs voiles ;
Les bragotz font lacier au mast
Que li vens par dessous ne past ;
A deux ris courent et à trois. (Brul, fat. 85".]
2° [llaler à la vercolle, tirer à la bricole : « Icellui
Cl varlel se ferma une corde au cou en manière
Cl d'une vercolle pour soulenir le limond du dit
11 demi char, pendant qu'ils tiroient et halloient à
■c la vercolle. ■> (JJ. 192, p. 53, an. MGO.)] — Parlant
des Allemands qui traînèrent eux-mêmes l'artillerie
de Charles VllI, à travers les Alpes fi son retour de
Naples : ce Pour mieux encourager et donner har-
« diesse aux dessus dits compagnons tout le long
ce du jour au tour et auprès d'eux jouojenl tabou-
ce rins desuissesetautresinstrumens peudantqu'ils
« tiroient et halloient à la vercolle. » (André de la
Vigne, Voyage de Ch. Vlll à Naples, p. 157.)
2. Haler. [1° Sécher. Il s'agit de cadavres : « Au
Cl vent les ont halles. « (Châns. d'Ant. V, .50.) —
2° llàler : « Ot ambdeus cousues ses manches, Et,
11 por garder que ses mains blanches Ne halaissent,
« ot un blans gans. » (Rose, v. 565.)]
Halètement. Action de haleter. (Cotgrave.)
Haleter, v. Respirer, comme quand on est hors
d'haleine, du fréquentatif //rt/;7a?'e.
Dex doint bon jor m'amiete ;
Li cuer por li me haleté. [Poël. av. i300, II, p. 643. J
Isabel por qui ses cuers haleté. (Id. t. lY, p. iAGl.)
[« Et j'oi l'aloete A la matinée. Qui saut et haleté
ic Li cuers mi halcle En joliveté. ■> (Cité dans
Coussemaker, l'art harmonique, p. 239.)]
Halgan. [» Une pièce de monnoye appelle à
ce Huise haltjan. » (JJ. 17G, p. «14, an. 1448.) —
■1 Ung harrjati,qm vault ung denier et maille. » (JJ.
17G, p. 741, an. 1449.)]
Haligote. [Pièce, morceau d'étolTe: « Et vesti
11 une povre cote Ou il ot maint haligote. » (Fabl.
l, 81.) ~ » El jou veil, disl Renars, ma cote Soit
» partie et liaiiigote D'une chape à jacobin. « (Ren.
IV, V. 1215.)]
Haligote. [Qui porte un habit rapiécé: '■ Lors
ce demande que c'estoit H erl ainsi haligotez. »
(Fabl. 1, 75.)]
Haligre. [Allègre: « Aureliens... retourna à son
« seigneur et le rendit lié et /irt/^fifre de la bonne
ce res'ponse de la damoiselle. »(Dom Bouq. 111, 168.)]
Hallage. [Voir IIai.age. Droit d'étalage : « Qui-
11 conques ameine morue à Paris, l'acheteur doit
<i .V. sols de coustume et .xvi. den. de congié et de
1. hallage. » (Liv. des Met. dans D. C. 111, 617''.)]
HAL
HAL
Halle. [Voir ÎIau: 2. Clialeur: « Cler fn le .jour,
« tîreveiis le halle VA fiers lihiiz prescrAiii)em;ii]e.»
(G.'Oiiiarl, V. 2272.)]
Hallebarde. [« Uns; baston appelle une hnlli'-
« barde ou guisarmo. ■> (JJ. 179, p. 211, an. 1458.)]
Hallebartlier. Voir André de la Vigne, p. il8 :
« La phispnrl esloienl encore arquebusiers et le
« reste Jmllcbardierse[ quelques piciiueurs. » (Mont-
luc, II, 2(J3.)
Hallebic, s. » C'estoit un droit qui se levoit sur
« les marchands forains de poisson de mer et qui
« étoit de liuit, dix ou douze sols pour chaque
« panier qu'ils vendoient à Paris. En 1325 Charles
« le Bel abolit ce droit et ordonna suivant l'offre
« des marchands, qu'ils payeroient le double du
« devoirqu'ils payoient auparavant: et qu'a l'avenir
ils viendroient tout droit décharger es marchez
« de Paris, sans porter leurs denrées es logis, ni
« pouvoir les retirer des marchez, que chacun n'en
« eût pris ù son vouloir à peine de commise et
« confiscation conlreceux qui feroienlleconiraire.»
(Laur.) — [« Nous faisons scavoir que comme à
« la supplicacion et complainte de plusieurs mar-
« chands de poissons de merconfluans à Paris des
» parties de dessus la mer, sur ce qu'ils se douloient
« d'une fausse coustume estant à Paris sur le pois-
« son ti\)pe\\é hallebic, par laquelle les marchands
« établiers par chascun panier, puis le prix fait,
« rabatoient ti la fois douze sols, à la fois dix, h la
« fois huit selon leur voulcnlé... » (Ord. Il, 580.)]
Hallebotcr, v. Grappiller : « Ifalleboter est un
« verbe que les Angevins ont l'ait â'hallcbote, nom
" qu'ils ont donné aux petites grappes que les ven-
« dangeursouhlienl en coupant le raisin. » (Duchat,
sur Rah. I, p. l'Jl.)
Hallebout. [« Comme aucuns d'iceulx compai-
• gnons eussent crié à haulte voix: » Hallebout,
« hallebout ! » sur les variez de S. Denis lés
« Resbés. » (JJ. 148, p. 42, an. 1305.)]
Hallebraii. [Jeune canard sauvage : « Les pou-
« les d'eau, le héron, l'otarde, le liallebran, l'ai-
« grette. » (0. de Serres, 345.) — » Ualebrans sont
<> les petits canels qui ne peuvent voler jusques à
« tant qu'il ont eu de la pluye d'aoust. » (Mén.
t. II, 5.)]
Hallebreda. Altération plaisante de hallebarde,
suivant Ménage. Personnage ridicule dans Des Ace.
Contes de Gaulard, p. 57 •>.
Hallebrené. 1° Oiseau de fauconnerie qui a les
pennes rompues. —2° Fatigué : » Hallebrené, incOi-
« pable de se soutenir, non plus que ces jeunes
« oiseaux de rivière qu'on appelé lialebrans, aussi
« long-tems qu'ils ne savent voler. " (Duchat, sur
Rab. t. IV, p. 153.)— « Tout harassez et hallebrené:^
« qu'ils sont de travail et de faim. » (Ess. de Mont,
t. m, p. 133.) — On a dit de d'Annebaut : « Mit sur
« pied une très belle armée et l'emmena au devant
« du roy en s'en retournant, laquelle servit bien à
« rafraischir celle du roy, qui estoit fort allebrenée
« et mal- menée pour les grandes incommoditez
" qu'elle avoit paty. « (Brant. Cap. fr. I, p. 380.)
Hallefessier, .s. Gueux, coquin, fripon, cou-
vert de chilTons ou haillons. (Cotgrave.)
Hallepiguaille. [» Lequel Estienne les appela
« harpaille, ribandaille et hallepiouaille, en disant
« pluseurs autres injures. " '.IJ. 113, page 304,
an. 1378.)]
1. Haller. Tirer. (Voir Ualv.?,, 1.)
Il lialloil lie la huiijuc, un demi-pié tirée.
Si fiirioux n'estoit le lyon nemeen. fA. Jainin, p. OS ''.J
2. Haller. Ilâler. (Voir IIaler, 2.)
3. Haller, u. Lâcher, animerdes chiens: « Halla
« SCS trois animaux contre ceste furieuse besle. »
(Nuits de Slraparole, t. II, page 275.) — « Le Lazare
.( demanda l'aumosne au riche avaricieux, et lau-
" mosne ne lui fut donnée, ains le maudit riche le
« chassa et halla les chiens après luy. » (Hist. de
Lusinan et d'Arbolea, f. 14(> ''.)
Halleus. [Sec, qui donne le hàle : " Se li airs
« est mult caus et mult ses et niult halleus. »
(AlebranI, f. 22.)]
Hallier. [« A cause des bois, lialUers et grosses
houssieres qui nous couvroient au sortir de la
« ville. » (Garloix, V, G.)] — « Ronces, chardons,
« halliers. •■ (A. Jamin, p. 30 '".)
lîallot. [1° Ramée, bois ù faire des fagots :
« Douze deniers à Baudoin le gondalier pour sa
<> maison... vint soulz pour les hallos h rencontre
« de sa maison. » (JJ. 72, page 217, an. 1350.) —
2° Saussaie : « La moitié de tous les aunois, sau-
« chois, Jialos, prez et rentes. « (Arrêts du Parle-
ment, t. II, an. 1344.) — « Comme le suppliant eust
>< fait esmcnder un halot ou saulx. » (.IJ. 172,
p. 470, an. 1424.) — 3" Bûche : « IccUui Pierre prist
« les une cheminée une busche ii mettre ou feu,
« nommée halot. » (JJ. 130, page 120, an. 138G.) —
4° Branche : « Le suppliant print un baston deceri-
« sierque l'eu appelle un liallot. » (JJ. ISO, p. 134,
an. 13'J4.)] — « Sachez que lous arbres portans
« fruit sont héritages, fors cerisier, boscage, nes-
» plier qui ne sont pas entez sont tenus pour meu-
» ble. Pruniers, poiriers, cerisiers qui portent
•' grosses cerises, nespliers entez, vignes, hallos à
« couppcr, ceux sont declairez héritages et tous
« autres arbres soit en jardin ou dehors sont tenus
« pour meubles. ■■ (Bouteill. Soin. Rur. lit. 74,
p. 429.) — « Maison, porte, four, colombier et
« porcherie, arhre portans fruicls, hallots à teste,
« chesne au dessus de sept ans et en dessoubs de
« soixante ans sont reputez heiitages. •> (C. G. t. II,
p. 897.) — « Ilayes de cinq ans, coupiîles de hallos
« de trois ans, chesne de gland, sont héritage. »
(Bout. Som. Rur. p. 430.)
Ilalni, s. Saisine, ti-ansport : « Si tant est que le
o propriétaire ne dégage pas sa maison ou son
« héritage évincé, dansla demi année celuy qui l'a
« évincé pourra le mettre en vente, à l'enciiere par
" proclamations à la halle, en faisant la criée à la
HÂM
— 13 —
H AN
« halle ; afin qu'eslant ninsi vendu , le dernier
« enclierisseur y soil adheriti' et ensaisiné au pro-
« chain joui' de haliii ou de saisine. ■■ (Coiilumes
d'Ypres,'N. C. G. I. p. 88a ^j — On trouve dans la
Coiil. du pays de Langle, au i\. G. G. I, p. 305, un
ctiapilre (im a pour litre : >■ ïouclianl les achats et
« ventes, Italms saisinées et desaisinnées des
" maisons, terres et rentes situées en ce pays
« ensemble de la retraite. ■>
Halotei', î'. Emonder. Parlant des droits des
habitans de la ville d'Euneulin en Carembaut (?) ;
« Pour l'entretenement des [lonts et voyes, ont
« auctorité y planter arbres et les haloter par loy
« et gens i^ ce commis. ■> (N. C. G. I, p. 437.)
Halsbergol. [Petit haubert : « Lorica minor,
« qute vulgo halsbergol dicitur. » ^Tonlicu de
S. Orner, an Cart. de S. Berlin.)]
Hait. [Séjour: •' Tant estalez, que nuitquejors,
« Qu'il est venuz el liait des ors Et des lions et des
« lieparz. » (Parton. v. 5730.)]
Haml)ais, [Gambeson : « Plusours eurent ves-
« tus luDjtbais. Cojures ont chaint el carquais. »
(Rou. dansD. G. 111,470-.)]
Hambourg. [Bière de Hambourg : « Jehan
« Buignet, lavernier de cervoise et Itambours. »
(.IJ. 108, page 326, an. 1415.) - « Un lot ou autre
» quantité de cervoise ou hambourg. » (.1,1. 183,
p. ICO, an. 1450.)]
Hameçon. [Voir II.mm. Palsgrave, p. 18, donne
hamasson ou luimaron. » Comme respondit ce phi-
" losophe ancien à celui qui se mocquoil de quoy
« il n'avoil sceu gaignei' la bonne grâce d'un len-
« dron qu'il pourchassoit : mon amy, le hameçon
« ne mord pas à du fromage si frais. » {.Mont. t. III,
p. 3G3.) — Le plus souvent, l'aspiration est suppri-
mée : « Tant d'nmeçons et tant d'aflicqués. » (Vill.,
Repues franches.)]
Hameçonné. Qui a forme d'hameçon :
C'est que le ciel d'atomes l'a forgée,
Tels que sont ceux dont se forge une espée,
.atomes durs, aspres, hameçouués,
Qui pour tuer ont esté façonnés. (A. Jamyn,p. 202. J
Hamede, s. m. ou f. Espèce de barrière ou clô-
ture des vergers, prés et chemins, laquelle est deve-
nue pièce de blazon : .. La hnniede on]e hamede esl
« une espèce de closlure champestre. de 1. quelle
" on se sert en ce pays de llaynitut el lieux circon-
« voisins, pour fermer l'entrée des prez, vergers et
« des hameaux et en ce sens il semble'que le
« /(«»;f(/(Ulevioil eslre couché sur l'escu de telle
« sorte qu'il en couvrit toutes les e.xtremilez : ce
« qui reste du champ demeurant traversé en fasse
<• ou autrement partagé par les barreaux de cette
■i closlure rustique; sibienqueces placesou esp.aces
« vides qui paroissent entre les traversiers ou mon-
« tants du hamede en guyse de fasses ou pauIs
• racourcis soyent le champ de l'escu sur lequel le
« hamede seroit appliqué. » (Le Laboureur, Orig.
des Arm. p. 237.) — [Le hamede est une fasce de
trois pièces alaisées qui ne touchent point les bords
de l'écu : « Messire Eustasses portoit d'ermine à
« deus hamedcs de gueules. >> (Eroiss. V, 4a7.)]
Hamedei'. [Barrer, verrouiller : « Il tist feimer
« et liameiler portes el buis el fenestres. » (Froiss.,
I. IV, p. 315.)]
Hamée. [Manche : " Le suppliant coppa une
« branche de bois pour faire u ne //«Wt'C ou manche
.. à sa faulx. » (J.1.18S, p. 138, an. MôO.)]
Hamel, lïamiaii. [Hameau : » Covertes
« iereut de genesles. De foillies et de ramiaus lor
« bordeles et lor hatniaus. >• (Rose, 8132.) —
« Eulremenles entreront ces gens en ce pays des
« ([uatre mesliers... el n'y laissèrent oiieques
« enliere maison mliamcl. « (l'roiss,, éd. Buchon,
II, 232.) — Diminutif de l'allemand Hant.'j Parlant
de saint Denis en France :
De saint Denis ce bon luiinc!
Parti l;i clame a qui nous sons. ; Froiss. Poës. f. \>0:i ^.j
lîamelet. [Petit hameau : ■■ Les nosmes de
» toutes les villes el hamlets que sount ert son
" wapenlake, hundred ou franchise. « (Slat. de la
.Mv année du règne d'Edouard 1.1] — Parlant delà
bataille de Newcastlesiir Tyne, entre le roi d'Ecosse
el la l'cine d'Angleterre : » Si envoyèrent (les
« Escoçois) leurs cotn-eurs courir devant ta ville:
« lesquels îi leur retour ardirent aucuns hamelets
« qui la estoyent. » (Froissart, I. p. 159.)
Hamequin. [Mesure : « C'est h savoir .xn. lots
« de vin à la petite mesure, .vi. pains tels que du
" couvenl, .n. cappons et .ii. hastes de porc soit
« masie ou fumelle, trois hameqtiins de servoise
« ou .viu. poitevines pour la valeur de cacun
» hamequin. » (Livre RougedeS. Riquier,an. 1376.)]
Hanisokue. [Irruption violente dans la maison
d'autrui. Voir D. C. sous Havisoca.] « De ceux que
" Irovent cl counlent mcasoynes de nous et de
« escborcheours et de toundurs de berbis el de ceux
" que ount corne en autres garenes sauns congé et
.. de touz Itamsokiies » (Brilton.des Loix d'Anglet.
fol. 33, R°.) — « De ceux que ount fait prison en
» lour mesous ou /ia;»so/ii(C ou poundbreche et de
» mes fesours en perks et en vivers, de pernours
" de auter columbcs de assise de peyn el de cervoise
« enfreynte. » (Britt. des Loix d'Angl. f. 72, R".) —
« Ne aussi en persones de disseisours ne l'cddesei-
« sours ne en plées de hamsokue ou de fresche
« force ou de abalemenl, ne en plées de vée de
.< name en persones defendauniz. » (Id. f. 284 ^.)
Hanap. [Grand vase à boire: " Un mult bel
« hanap d'or ou doré li ofl'reil Li reis, tut plain de
« vin, e beivre li roveit. >■ (Th. le .Martyr. 105.) —
•■ Messire Geffroys de Sergines le detîendoil des
" Sarrazins, aussi comme li bons valiez délient le
« hanap son signourdcs mouches. ■■ (Joinv. §309.)
— « Un hanap d'une coquille de perle ;^ couvercle
« sur un pié esmallié. » (Nouv. Comptes de l'Ar-
genterie, p. 53, § 119.) - « Un hanap d'argent à
« couvercle esmallié et de cristal. » (Id. p. .")5,"§ 142.)
— " Un hanap de cristal à couvercle, à pié d'argent
HAN
— M -
HAN
esmaillié. » (Id. p. 55, § i'Cihis.)— « Il ne se
« recorde pas se ce fu hanap ou gobelet. » (JJ. M 8,
p. ^DO, an. i;s80.) — •< //rt«fl/;est.déjù dans les gloses
de Casst'l antéi-ieures aux croisades.]
Hanapperie. [.\rt de faire des lianaps: « Le
« suppliant qui est ouvrier de orfavrerie et de
« hanapperie. » JJ. IG'J, p. 370, an. liUl.y]
Hance, Ilancoi". [Association, associer : « Tou-
« chant la iiance de harans. Tous marchans.... qui
« ne seront point hniicés audit Maisières sur le fait
« delà marchandise de harans... El loit au prevot
« dudil Maisières. .. les contraindre ù liancer audit
« et ordonnance dudit prevot. ■> (Statuts de TEche-
vinage de Mézières.)]
Hanche, s. Hanche.
Plate hiwque, ronde ganbete
Gros bran, basse rjuillete,
Pié vautis, haingre, à peu de cliar. (Yat. )!<• 1^90, 13'^ ''. 1
De ci qu'a rarijon vers la hanche,
Moull estoit richement armez. (Blancliand. f. ilU ''./
Expressions :
\'>[ToHr de haute hanche, croc enjambe : « Lequel
« Guillaume abali à terre ledit Laurens du tour
» d'une haute hanche. » (JJ. 151, p. 368, an. 1307.)]
— De là l'expression » avoir de crocq ou de Itanciie »
en parlant d'un meunier qui, pour se venger d'un
soufllel qu'il a voit reçu d'un Anglois, livra la ville
de Fougères aux François :
Allons, dist il, à ce dimenche
Legierement oyr la messe.
Car aurons de croq ou de hanche
Vin et trippes à grant largesse. (V. de Chaiics VII, 34. j
2° « La goutte en la hanche, la fille en la pance. «
(Cotgrave.)
Hanchier. [Donner un croc en jambe: « Je
u gageray à toy un pot de vin que je te abatray
« dedens trois foiz, mais que tu me laisses hanchier
« ou croquier à cascune fois. » (JJ. 151, p. 308, an.
1397.1]
Handhoiider. [Officier municipal en Flandre :
« Savoir faisons de par les lituidhouders et
« cuei'iers de nostre chastellenie de Furnes. » (Ord.
IX, .^)88. an. lilO.)]
llaiiflon. Serpent. (Cotgr.)
Haiiebane. Jus^juiame. (Cotgr.)
Hanehost. [Délalenr: « Ung hanehnst, qui est
« à dire ung accuseur de siens. .. (JJ. 189, p. '.29,
an. 14fiO.)]
Ilanepée. [Contenu d'un hanap: « De boins
« deniers une grant hanepée. « (Girard de Viane,
V. '2131.) — « Ne de buens Parisis une giant hene-
« pée. » (Citât, dans Faucliet, liv. II, ch.'l4.)]
Ilanepel. [Petit hanap. On lit au livre Rouge
d'Abbeville, f. 102 '', an. 1391 : « Ilanepel d'argent. »]
Ilaucpicr. [l- Crâne: « Teux i porroit jà au
« tonel sachier Que il feroit voler le henepier. »
(Aubri, 158.) — » A moitié le l'endi chervelle et
« hanepier. » (Cuvclier.) — « Messires Jaques de
« Laliug... fut allaint au chief d'une pierre de veu-
« glere venant du chastel et fut son hanepier
« emporté du coup, si qu'il cheut mort illec. »
(Monstrel. an. 14.53, t. III, f. 51 ".)] — Parlant du
martyre de S' Denis :
Sains Denis ot Dieu à ami:
Sou hanepier c"on li trenya,
Prist et remisl, et si parla.
Voiant tous, si con le vot Deu. (Monsk. MS. /". 13. J
-•' » Henepée veut dire un hanap plein de
.< deniers parisis. Et de là est arrivé qu'en Angle-
» terre on appelloit le trésor royal l'hannepier,
« ainsi que Spelman a observt' en son glossaire,
« non que ce terme signitie une espèce de panier,
« où l'on mettoit l'argent, suivant sa pensée : mais
'■ parceque le trésor du roy se distribuoit par han-
« nepées et dans des couppes, lorsqu'il exerçoit ses
« liberalitez. » (Du Cange, sur Joinville, p. 80.)
lianes. [On lit dans Desch. édit. Crapelet, 211 :
» Croches hanes, pour retirer de dessus le feu les
» pois, les chaudrons. »]
'1. Ilanoton, s. [1" Diminutif de l'allemand
llahn, coq ; en anglais on le nomme encore cock-
cliafer, coq scarabée : « Coisolz li disl deus moz
« par contençon: Ahi, Guillaume, comme as cuer
" de félon ! Ne valent mes li cop uq haneton. » (Li
Coronemens Loys, v. 1050.1]
Beax filz, ne pris un hennelon.
Losange n'amor de bricon ;
Or me fera moult bol sanblant,
Or ne m'ameratant ne quant. (Fuhl. de S. G. /'. 3^.]
2° [.Vlour: « Les atours de femmes que l'on ape-
« loit Jianetons. » (Hist. litt. de la France, XXIII,
p. 249.)] — 3° « Le parentagedes hannetons, » gens
qui commettent adultère ou inceste, ou gens qui
couchent ensemble et se disent parents. (Oudin.)
2. Haneton. [Jeune canard qu'on mettait dans
les pâtés de requête. (Rabelais, III, 8.) Il vaudrait
mieux écrire anetofi, du latin anas ; on ne s'expo-
serait pas à confusion, comme Génin]
lîanici'oche. [Le mot semble êire le même
que croche hane.] Sorte d'arme: « Aiguisoient vou-
» ges, piques, rançons, hallebardes, hanicroclies. »
(Rabelais. 111, p. 7.)
ilannetonniere, s. « J'ayme mieulx leur don-
« lier toule ma cacqueroliere, ensemble ma hanne-
» tonniere , rien poui-tint ne déduisant du fort
« principal. ■■ (l'.ab. t. UI, p. 33.)
\. Han!ion,s. Pétoncle: « Vers la fin de karesme
" vint des hannons de fois à autres ; mais on ven-
« doit le sac vingt siz sols parisis, corn on avoit
1 vcu avoir pour cinq blancs autrefois et n'en avoit-
» on que bien |)eu pour cinq ou six blancs et
>' toujours un hareng caqué bon huit deniers parisis,
>< ung sor six deniers. » (Jour, de Paris sous Ch. VI
et Vli, an. 1418, p. 53.) — [» Item morues... moules,
«■ oislres, lianons, pourpois, crapois, payeront six
« deniers pour livres. » (Ord. II, 42'i, an. 1351.)]
2. Ilannon. rcoquille de la charrue: « Ainsi
que le suppliant ahennoit sa terie, rompi un
« hannon ou pièce de sa charrue. (JJ. 170, p. 080,
an.lii9.)]
HAN
— 15 —
HAN
Ilanot, lîanoter. [Les personnes condamnées
pour de graves méfaits, pour homicides, étaient
cliàtiées non seulement par la perle de la vie, mais
aussi par l'incendie de leurs maisons: « La maisons
« Alemand Aspers, pour l'homicide fait en la cité
« sera abalue et mise k luinot, après le mort de le
« femme doudit Alemand, qui devant les espou-
<■ sailles en fu suffisamment doée et en nom de
« doaire advestie. " (Ch. de 1376.) — « Nous adju-
i> geons aux dits demandeurs le moitié en IrelTons
« et propriété de le maison et hiretaige où ledit
«1 Jehan deuiouroil au jour dudit liomicide et
" tout ledit hiretaige pour le vendre et adénérer
» selon les ditles cfauses de le loy et le correction,
« qui par edict imiierial pour non haiioter les mai-
<• sons de leditte cité, depuis y a été mise. » (Arrêt
du Parlement de 1445.) — Chai'les V, par un édit de
1368, avait substitué à l'incendie la confiscation au
profit du trésor. On se contentait de marquer les
maisons d'un signe qui rappelait le crime et le châ-
timent. Enfin l'arrêt de 1445 nous montre la pro-
priété du coupable passant aux mains de ses
héritiers.]
lîanouard, s. « Ce sont officiers au fait de la
" saunerie à Paris, au nombre de 25 qui sont en
« possession d'ainsi porter les corps des défunts
" roys, afin de faire voir que leur mémoire, ainsi
« que le sel se conserve toujours. » (J. Chartier,
Hist. de Charles Vil, p. 317.)
Hanse. [1° Corporation : « L'umble supplicacion
» des maistres et pescheurs hansez de noslre ville
« de Mente ont acconslnmé lesdis supplians de
" recevoir à la dite hanse gens convenables, non
<• blâmez ne ditîamez. « (Ordon. septemb. 1484.) —
2° Droits d'entrée: « Et devez paier .w. livres
« parisis comptés de la lianse, en dedans le prochain
« jour de cloche. » (Chatellenie de Lille, II, p. 18!.)]
lïauseï". [Voir le précédent ei. ^A^cE. Recevoir
dans un corps de métiers : « Quant aucun varlet
" vouldra lever son mestier ou onvroer de soy
« comme maistre, il sera piemiei'emenl lumsé. »
(Oïd. Vil, p. 743, an. 1382.)]
Hausin, s. Engin à pêcher. « Que ceux qui
« pesquent au hansiii ne l'iveletle, ne pourront
<' pesquier, ne riveler en rivière de censé, si ce
« n'est par le gré du seigneur, à qui est la rivière,
» et du censier qui le tient, sur soixante sols
<> d'amende et le harnas perdu, ne aussi pesquent
« au Iiansin de une amorse. » [C. G. 1, p. 813.)
Ilauste, liante. [1° Hampe, bois de lance:
« Ma liansle est fraile e perciez mis escuz. » (Roland,
V. 2050.) — '< Et franchise qui bien s'en cuevre
« Brandisl la hanste de sa lance Et contre le vilain
« la lance. » (Fiose, v. 15545.) — « Et prisl la banlere
« par le hanste et le leva contremont. » (Eroiss. V,
301.)] —2° Poignée d'une arme, d'un outil : » Celuy
« du dragon choisit si à poinct la haute delà hache
« qu'il porloit, que d'un seul coup il la sépara en
« deux, tombant le fer par terre, sans qu'il luy
« restast aux poings que là partie du bois encore
« bien court. » (D. Florès de Grèce, f. 151)''.) — « 11
« cuida fraper du bout de la liante de sa faux. »
(Moyen de Parvenir, p. 75.)
liant. [Commerce charnel : « flantàe femmes. «
(Rois, p. 83.)]
lîantable. [Habitant : ■■ Pour ce queilestoit
" hanlables de fa ville de Gand. » (Froiss. X, 414.)]
Hante. [Comme liant : « -lehan de Ilanappes...
« pour l'affection desordonnée qu'il avoit ou con-
« tendoil à avoir à ladite Marie de l'acompaigner
« cliarnelement, eust liante et fréquence par moult
» de fois en l'ostel dudit exposanz, tant de jour
c comme de nuit. .■ (,IJ. 121, p. 229, an. 1382.)]
ISanteinent, s. Même sens : « La fréquentation
" et hantement des hommes. » (Contes d'Eutrapel,
p. 501.) — [11 signifie aussi habileté de main : « Le
« mire de legier Iiantemeiit, le chirurgien qui a de
.. l'habileté de main. « (Mondeville, f. 33.)]
Hanter. [I. Verbe neutre. 1° Habiter, résider :
« Les seraines en la mer liantent. « iBrut, I, 37.) —
« Depuis la mort de ce seigneur, les ciievaliers
» d'Engleterre n'osèrent si a plain lianter ens ou
" pays de Flandre. >- (Froiss. II, 379.) — « Ceulx de
« la cité et du port de Portigal descendront et heu-
« /froH/ communelment en" la ville de Ilaifieu. .>
(Ord. t. m, 578.) — 2" Faire usage : « Et lianluicnt
» Flammencq de haces, pils et d'autres inslrumens
<■ ordonnés et aprestés pour rompre. » (Froissart,
L III, 220.)
II. Verbe actiL 1° Fréquenler : « Par voies cou-
« vertes et landes mies lianlécs. » (Froiss., II, 2C4.)
— « Garlande (Guérande) est uns havenes de mer,
<■ uns des bien liantes de toute Bretagne. » (Id. IV,
p. 04.) — » Micheleiz ensi délivré el premier jour,
» demora à saint Denis et hanta ledit tombel (de
« saint Louis) par neuf jours. » (Mir. S. Louis, 172.)
— 2" Exercer : « Hanter la guerre. « -(Froissart,
t. XI, 214.)]
III. Verbe pronominal. S'exercer : .< Queleshom-
« mes se hantassent et appreissent a traire en arcs
et en arbalesles. » (Chr. fr. de Xangis, an. 1200.)
— On lit dans la Cbron. lat. tioniines exercèrent se
i)i arciibus et halistis.
Hantin. [Fréquentation : « Là oi^ijesavoie han-
« tins De gelines et de pocins. » (Renart, U ,
v. 13021.)]
nantir (se.) [Se jeter sur : « Paroles conlen-
« cieuses se murent entre icellui Aleaume d'une
» part et feue Jehanne Burette... d'autre part... Et
« se lianti ladite detîuncte audit Aleaume par plu-
•< senrs foiz, dont il fu esmeuz et courrociez. »
(.J.J. 109, p. 317, an. 1370.)]
Hantise. [Fréquentation : « Il se pourra aperce-
» voir, s'il n'est pas trop beste, que sa hantise con-
« tinuelle ne lui plail |ias. » (Louis XI, 52' nouv.
— De lu avoir la hantise, être recherché : « Et tant
« faisoil que il estoienl tout enclin et obéissant à lui
« et en avoit l'amour la hantise et le service. »
(Froiss. VIII, 117) ; être beaucoup demandé, en par-
HAP
— 16 -
HAP
laiil d'une mnrcliandise : « Et pour mieux avoir la
« hanlisc cl la con£;noissance de leurs niarcliandi-
. SCS. ■• (kl. XVI, 35.)]
Isabelle pourroit perdre dans ces liantis'
Les s>=mences d'honneur qu'avec nous ellt ^ •^s.
Molière, Ecole des JUrIs. act. I". se. 2.
Sa hantise me perd, mon mal en devient pire.
P. Corneille, Mélite, ai:(. I, se. 2.
llaour. [Haine. On lil dans IViland, v. '>771 :
.< l'.ollanz sis niés me coillet en liaiir. »]
Artus n'ot cure de séjour.
Qui vers Mordret ot granl licour ;
A Vincestre le vint suivant. [lirnl, f. 100 ''.,'
Adeltan d'Engleterre fut duc de valeur ;
Un suen nevou avoit; fiz ert de sa serour;
l.oeys transmarin l'apelent pluseour,
l'ar ceu que outre mer fu norriz par maint jour,
Fiz Clialles roiz de France, mez par un liuitii'
Ne vouioienl reclioivre li duc ne li conter. |iîoi(, p. 50. J
Hape. [Happe, sorte de serpe, mot encore usité en
patois rouctii : » Li cinq censde //«/.'^s doivent obole
'■ de rivage. » (Liv. des Met. 304.) — « Et aussi poet
■> coper lidiz cetisiers une lie sur temps les dessus
« diz lieritages, partout si avant que hajie ou ser-
•' mens a côureit,Ji droit âge et en saison. » (J.f.OO,
p. 157, an. J3,')8.) — « Et si avoit là peu de gens qui
« euisseiit Iia/ipes, cuignies ne llerremens pour
« coper bois cl faire log-eis. » (Froiss., II. Ii7.)] —
« Les petits fagots mariolets de vaspe de deux pieds
« el deniy de long el deux pieds trois poulces un
<■ ijuart de grosseur cslotTez de pels, les uns taille::,
« fl la liuj.pe el deux au courbet de pure leigne
» espincée, aussi longues que les dits pels sans
« autre fouruie. » (Coût, de Ilainaut, N. C. G. t. II,
page 1 59 ".) — « Iceux beritiers après qu'ils seront
<■ rentrez en la jouissance des dits lieritages, sont
» tenus entretenir, sans pouvoir par tel seigneur
« ou ses ofllciers, durant la dite jouissance, toucher
« aux bois inonlans, meubles el catbeux estans sur
« iceux beritages, sauf es espinchures et coppes
« ordinaires si avant que happe et ferment ont
" accoustunu' y avoir recours. » iCout. de Lille,
(',. G. Il, p. 90-2.')
Hapel, s. Voleur armé d'une liape (?)
Tiebaiit s'esmait moult de cel peuple novel.
Trop eu y a venu, meut y ont graul flael :
D'omf^s font et de famés niout dénierons maisel
N'i a qui 1er est fere ne assaut ne cembel.
Arrière se sent trait Angevin el Jlnnsel;
Par les boiz se trestornent robeer et Impcl. (Rou, PiS.)
Hapietts. [Diminutif de liape : » Le suppliant
« fut très fort navré en la jambe senestre par l'une
<■ des tilles de Jehan le ^Vaclier d'une hapictle. »
(J.I. 195, page 81)9, an. Iî73.) — « Lequel Arnoul...
" avoit une lurpiette en l'une de ses mains, dont il
« avoit conppé ledit IVasnel. " fJ.). li)."), page 1532,
an. 1475. ij
Haple. [Traîneau, au Gloss. 4120 : « Traiuvle,
« gallice Itaple et dicilur a Irabo. »]
Ilappart. Croc, gibel. L'auteur déclame contre
l'avidité de son siècle, bien dilTérent de celui des
apôlics oi^i les tldcles meltoient leurs biens en
commun :
Que cette sieule est moult changie
Aujourduy, et meult eslongie.
De commun ne sent plus li bien
Puis dit chascuns : eecy est mien
Chascun scet bien tenir sa part
ïrestout servent hui de liapparl. (Trois Maries, p. 505.)
[De là dans Jubinal, II, 202 : « II estoit plaideeur
« moult grant , Sage el gaillarl : On l'appeloit
<• Martin Uupart; 11 bapoilde cbascune part. »]
Happelopin. Gourmand, qui guette les mor-
ceaux pour les avaler :
A nos amez happelopin.
Sert de brouet et galopin. (Desch. f. 4iG.]
Iïappeloîir(le,s. /'. Attrape-lourdaut. On appe-
lait ainsi : 1° Tout ce qui par sa belle apparence
éloit propre à tromper les simples et les ignorans,
quoique de peu de valeur. Ainsi un faux diamant
se nommoil licipprlniirne : « Voulez- vous, en lapi-
« daire rusé, vous servir d'une astuce pour faire
« plus priser vos pierres précieuses, vos pierres
« orientales, faites voir auparavant des happclonr-
« des el je m'assure que celle veuë feia valoir
« votre dessein. « (Peler, d'amour, I, avis au lec-
teur, p. 4.) — Ce mot s'appliquoit aussi à des per-
sonnes : « A bon vin, il ne faut point d'enseigne :
" fay seulement bonne trongne, car lu es une assez
» héWt hiippeloiirde el capable d'en tromper une
« bien affectée. » fContes d'Eutrapel, page 419.) —
2° Tromperie : ■■ Quant aux tristesses ceremonieu-
« ses et dueils publics tant affectez et pratiquez par
» les anciens et encore a présent presque par tout,
« quelle plus grande imposture et plus vilaine
« /(a;j;j<'/Oîrrrf£'po'jrroit-on trouver partout ailleurs. »
(Sag. de Charr. p. I4C.)
Happelourderie. Ait de tromper : « Ce bon
« docteur étoit nommé pseudomantbanon, très
« savant maislre es ars de sa profession, qui
« estoient : magie, cabale, Ihalmud, hypocrisie
« happelourderie, fausse monnoie, safranerie. »
(Aleclor, Roman, p. 35 ''.)
Happer. [Saisir, attraper, prendre au vol :
« Quant Itenart choisi Chantecler, Il le vodra, s'il
« puel, haper. » (Ren. v. 1541.)]
L'un happe, l'autre prent. [Desch. f. 350 '.]
[" Messire Bertrans Jiapa ce mol et disl. " (Frois-
sart, YIl, 215.)]
Il fault un peu le moust happer.
Curé, car je ne beiiz pieça. (Pulh. Test. p. i33.]
« Ainsi commença la meslée des deux lyons et
<• dura inoull longuement, si n'entre happèrent
" aux ongles et aux dens qu'il n'y eut celluy qui
« n'eust plus de dix playes. ■> (Lancelot du Lac, IH,
foi. 2 ''.) — <■ Le cas de saisine Ji/r/s pra'siitnptione
« esl appelle possession juste, mais le cas de uoii-
« velleté peut estre dict saisine usurpée ou happée;
« pour ce qu'en huict ou eu quinze jours ou plus,
« l'on peut happer el faire une saisine et un
« exploict, surquov la complaincte s'assied. » (Gr.
Coul. de Vv. H, p. 139.)
Haqiie. [Cheval demi-hongre, à moitié coupé :
<i Oddo de Ceuqna increpando-Jobannem de Forgis,
HAR
— 17 —
HAR
« quia sic tenebat unum eqiium haquc, quod est
" animal inalitiosum. » (JJ. 187, p. 3o4, an. i'i57.)]
Ilaquebiite. [Arquebuse : » Rostre queue esloit
« del'eudue de trois cens Allemans, qui avoient
» moult largement de coulevrines, et leur portoit
" on beaucoup de /(rt</!/c/«(/f, s à cheval, el ceux là
« faisoieiit bien retirer les Kstradiols. » (Commin.
t. Vlil, p. 7.) De l'allemand haken, croc, el bïich&c,
canon d'aruie à feu, proprement arquebuse à croc]
Haqiiebntler. Arquebusier: « Haquebutiers
« et arcbiers commencèrent a tirer roidement l'un
« contre l'aulre. » (Les Tri. de la Noble Dame,
fol. 298''.)
Haqnenée, s. f. Cheval ou jument allant l'am-
ble. I L'amble s'appelle encore hincané en bas bre-
ton. 'Voir Hagiienéf. : « Sont les chevaliers et
<■ escuyers bien montées sur bons gros roncins, el
» les autres communes gens du pays sur peliles
« haquenccs. » (Froiss., éd. linchon,' l, I, 34.)] —
« Dames à licujueuées, » daaiesqui accompa2;-noient
les princesses ;'i cheval dans les cérémonies. (Perrin,
Eloge liisloiiqiie de la Chasse, p. 95.) — « Marcher
« sur la haquoit'c des cordeliers, » marc'iiorà pied.
(Oudiu.)
liaqsjet. [Petit cheval : « .Sus, sus, allez vous
« en, ,laquel,"Et pansez le petit liaquet, et lui failts
" bien la lilière. » (Coquill. Monol. du Puits.)]
Haran. Hareng. « Le droilde harenc appartient
" aux gens des comptes au temps de caresme,
B comme les droits do verres, de roses, et à aucuns
•■ presidens le droit de chevalerie. •> (Laurière.) —
On dislinguail les harans de [-"éuamp. (Poël.
av. 1300, iV, p. I(jj3.) — Liis huvans de Fronclaye :
" Quiconque achèle haran de Fronclaijc el morues
« baconnées et maquereaux salez de marchant
" estrange, il convient qu'ils soient ouverts dedans
•' tierce et clos dedans vcspres sonnans. » {Ordonn.
t. II, p. 358.) — Les harengs de Guernesey : » La
« caque ou la poche sent toujours le hurnn, •
proverbe encore en usage. (Cotgr. et Contes d'Eu-
Irap. p. 100.) — [On lit aussi dans Carloix, VI, 'J3 :
" Voyez si ce meschant sceyt desguyser le liaranc
" sor, •> c'est-à-dire le complot.]
iïarangier , s. 1" Marchand de l.-arengs :
<. Tontes l'ois qu'aucun des vendeurs (de liareiics)
" iroil de vie à trépas, il faudra qu'aucun y soit mis,
« et celuy qui mis y sera, sera esleu par les com-
>■ missaires, appeliez à ce les plus suflisans et con-
a venables du dit mestier de Iiarangicrs el poisson-
« niers; afin qu'il soit le plus convenable et expert
« pour y estre. » (Ord. II, p. 359.) — « Plus bavard
" qu'une harangiere du petit Pont. » (S. .hilien,
Mesl. Ilist. p. 273.) — 2° Femme qui dit des injures :
nés injures le tiltre est mis
Ou y a de grandes matières:
Pensez que ce tiltre est bien pris,
Entre ces vieilles haran'jicrcs. [Coqu'l/. p. 59.J
Harangue. [1° Discours fait à une assemblée
rangée en cercle (allemand Hring) : « Une pileuse
» el lamentable harangue. » (Marot, I, .3-10.) — « Et
» par si bel ordre et notable arengc , l'ot dit que
» tous en furent esmerveilliez. » (Chr. de Pisan,
Charles V, III, i3.)] — 2" Contes, fables que chacun
faisoit à son tour: « Catherine cognent que la troi-
<■ sieme Iiarangue de la première nuict luy appar-
" tenoit, tellement qu'avec un visage riant, luy
« commença a dire en ceste manière. » (Strap.
t. I, p. 47.)
îlaranyuer. [<• Versoris pour le tiers état de-
« moura de genoux une heure el demie autant
« qu'il Iiarangua. » (D'Aub. Ilist. II, 247.)] L'infinilif
est pris subslanlivemeni, dans Crétin, p. 132; « i\e
« l'empesche suyvre son hara}iguer. «
Harangueur. [« La compagnie eut contente-
« ment du harangueur de la noblesse. » (Id. ibid.)]
îiaras. [« Et li comte et li duc et li baron et li
x abbé et tout li autre grant homme qui onl paslure
« suflisant, tiegnent /tflm;i de jumens de six ou de
'< quatie au mains. » (Bibl. des Chartes, 3' série,
V, 180, x!u' siècle.) — « Les méridionaux meurent
« de jalousie à cause de quoy il ont les eunuques
« gardiens de leurs femmes, que les grands sei-
" gneurs ont en grand nombre cominij des luiras. »
(Charr. .Sagesse, I, -■54.)]
Harasse. [Bouclier: ■■ 11 combat à pié avec une
« targue que l'on appelé harasse, qui soit plus
« grand de lui de demi pié ou plain paume, eu
« laquelle ait deus pertuis de coumun au grant. en
« tel endroit que il puisse son adversaire veir par
" céans pertuis. » (Ass. de Jérus. ch. XCIV.)]
ïîarassement. [Etat d'une personne harassée :
« Les royaux, soit pour leur/.'rtrassemeu/.soitpour
« esire presls de monter à cheval , eslans sans
« garde. .. (D'Aubigné, Ilist. III, 408.)]
Harasser. [« Le crocheteur et le savetier, touts
» harasse::, et hallebrenez qu'ils sont de travail et
« de faim. » (Mont, ill, 335.)]
îïarîjaîleur. [» Gens qui porsiwent de jour en
« jour les tavernes , joueurs de fauz deis, man-
" cheurs, deflieurs, /(f(r/;rt//t'!(?'sdegenspourargent
•■ ou altremenl. » (Ilist. de Liège, H, 455, an. 1424.)]
Harccîlaate. Qui agace, qui harcèle: » Ne
•' doivent mes amans estre d'une nwlurc liarcellante
« ne doivent prendre plaisir a eux acuser l'un
« l'aulre de quelque faute. » (L'Am. Ressusc. 140.)
Harcelle. [Diminutif de Jiart , lien d'osier:
» Des harcelés du bois vont les eslriers faisant. »
(Euf. Ilaymon, v. -438.) — « Le suppliant a mal
« prins certains 2;aules et harcelles que l'en nomme
.< osier. " (.U. 170, p. 58C), an. 1448.)] — » Que nul
« ne cueille harcelles sur autruy saulchs, ne pou-
» pliers, sauchois, sur loix de 27 deniers blancs et
« le dommage rendi'C. » (Coût, de Moiis, C. G. 1,
p. 833.) — «■ Lors chevaucha ung peu avant el trouva
.. ung homme affublé d'une peau de vache et esloit
« seiht dessus d'une harcelle. » (Percef. I, L 00 ''.)
Hardalge. Pâturage : ■< Pour eviier, tant que
« possible sera, tous dangers et périls de la conta-
« gion es bestiaux ne sera permis à aucun
3
IIAR
— 18 —
HAR
« bourgeois et sursoans du pnys de chasser ou
« mesler besles venanls de hors du lieu ou nouvel-
.< lemcDl acquises avec le commun trouppcau ez
« hardnifjc... sans en avoir premieremenladverlis
« les niayeurs ou winaux. » (_Cout. de Bouillon,
^ouv. Coût. Tién. II, p. 8G4''.)
Ilardaille. [Troupe de vauriens : <• Iceulx
« Galois el Tourbier commencèrent îi dire: Montez
« amont, /((/?■(/« /7/t'; alez à la landie vo mère. «
(.IJ. 15G, p. 451, an. 1401.)]
1. llarde. TTimon : « Une hardc de cbarrete. »
(.IJ. 141, p. 157; an. 1391.)]
2. llarde. 1° Troupe de bêles fauves (en alle-
mand Herilc\ troupeau) :
Il vil dons un fonds entassez
lioiize cerfs en harde amassez. (Penin, p. 400.)
2" Troupe d'hommes: <> Le monde y venoit îi
« grandes hardes. » (Peler. d'Amour, II, p. 663.)
3. llarde. [Forme féminine de hart ; lien qui
raltacbe plusieurs couples de chiens ; de lu au
figuré: « Celte nolile harde socratique du corps à
« fespril. » (Mont. 111,387.)]
Ilardeau, lîardiau. [Coquin: » TcelluiSymon
« dist à l'exposant plusieurs villenies et paroles
« injurieuses en lui appellant //flj'rf/'rtH. » (JJ. 118,
p. 20, an. 1380.)] — » Ilardeau ainsi appellent-ils
» aux champs un garçon et une garse une hardelle. •>
(Contes de Desperr. I, p. 111.)
Hardée. [Botte liée par un hart : « Iceulx signi-
« tians ont prins six hardées de lin. » (.JJ. 100,
p. 315, an. 1369.) — « Le suppliant vendi vint har-
« dées de foings à Pierre le Uueux. » (JJ. 146, p. 351,
an. 1394.)]
1. Ilardel. [1° Même sens que hardée, dans
Renan, 1, v. 847, 850, 865. — 2" Lien, hart. (Ibid.
III, V. 23208, 23270.)]
2. lïardel. [Partie du vêtement, aux Mir. de
Coinci, liv. I: « îs'ait cuevrechiés, manche ou
« Itardel. »]
3. ïîavdel. [Coquin, variante de hardeau :
« Icellui Yssebar dit au dit Goule qu'il estoit uu
« mauvez hardel hayneux et brigueur. » (JJ. 152,
p. 67, an. 1397.) — « Laquelle Jehanne eustdeslen-
« giés les ditles trois jeunes liUes, pour ce qu'elles
« mengeoienl du fruit de la dite Jehanne.... et leur
« dist qu'elle les feroit battre, en les appelant san-
« glanles hardelles. » (JJ. 118, p. 20, an. 1380.)]
Hardelée. [Trousseau de clefs, au l^roissarl de
Ivervyn (t. XI, p. 215, var.) C'est une forme féminine
de hardel, 1.]
Ilardenient, lïardioinent. [Hardiesse: « Se
u vus cornez, n'iert mie hardement. » (Roland,
v. 1710.) — " Li secons livres vous parlera de ses
« granz chevaleries et de ses granz hardemens. »
(Joinville, § 6.) — » Tant par temptacion de l'en-
« nemy et de jeunesse, que aussi pour le harde-
« ment, foies et simples manières que avoitettenoit
» à 1 environ d'icellui suppliant une jeune fille,....
« il la cognent charnelemenl. » (JJ. 178, p. 108^
an. 1446)] — « Li fol hardis si est chel qui ne se
" prend garde îil a quelleUnil puet venir declieque
« il entreprend et cbil qui fet son hardement en
« point et en tans que il n'est mesliers; si coumese
« je aloie tous sens et desarmés, assaillir pluriex
« personnes la ou mes hardemens ne porroit riens
« valoir etc lie appelle l'en fol hardement. » (Beaum.
p. 8.) — - « Si voslre incredible humanité a donné
« hardement à l'ignorance de moy Jan .Marot. »
(Prologue do Jean Marot, de Caën, à la royiie Anne,
p. 6.) — « Oncques tel/(«r(//t'HiCH/ ne fulen homme
« ny en femme. » (Gérard de Nevers, 2' part. p. 78.)
Hardi. [^Monnaie de Guyenne sous la domination
anglaise; elle valait trois deniers tournois. Elle tire
son nom de Ricliard 1", roi d'Angleterre, ou de
Philippe III, roi de France : " Hem avons ordonné
« que doresenavant sera levé pour nous en la ville...
» le droit de l'asize, qui y est acoustumé de lever,
" c'est assavoir de soixante hardh, ung. » (.iJ. 185,
p. 209, an. 1451.) Le 18 oclobre 1467, Louis XI
ordonna de fiapper des Iiardis copiés de ceux d'An-
gleterre, parce que celte coupure de trois deniers
s'accommodait au système duodécimal.] Le féminin
a élé pris snljslantivement pour faire un mauvais
jeu de mots :
.... Qu'en dye tu, pays de Picardie,
En picque hcnhje et iegiere en tes faicts :
Ne l'allens plus en riens que Picart dye :
Trop est hardije de France abastardye.
Chasse d'Amour, p. 13.
Hardicort. [Eclaireur qui escarmouche: " Dont
« il avilit que sitosl que li hardicort les aprochie-
» rent, il se mislrenl au relraire. » (Marlène, Ampl.
Coll. V, 721.1]
Hardie (roî)e). [Synonyme de colle hardie :
» Une robe hardie de pers à usage de femme. "
(JJ. 169, p. 398, an. 1416.) On se trompait sur l'éty-
mologie du mol, qui devrait s'écrire colardie-"]
îlardiement. [Hardiment: «■ Qui fassent vo
« besoigiie hm\Q\,hardiement. -(Saxons, 2I'coupl.)
— " Et il fu receuz des roiaus bien el hardiement
« et brisierenl leurs lances. » (Ménagier de Reims,
§ 99.) — « Car riens ne jure ne ne ment. De famé
» plus hardiement. » (Rose, v. 18328.)] Le compa-
ratif de l'adverbe a élé employé au xvr' siècle:
Nul mieux que toy gentillime poète
Ileur que chacun grandimement souhaite
Façonne un vers doulcimement naif
Et nul de toy /uvdicurement en France
Va decliassant l'indoctime ignorance
Docte, doctiour et doctrine Baif. (J. Du Bail. f. i>08 ^.J
Ilardier, Ilardoier. [Attaquer, harceler:
« Li remanauz demourroient ici, et garderoient le
« chaslel el hardieroient aus roiaus. » (Mén. de
Reims, § 103.) — » Et hardierent à celé bataille as
c ars et as sajctles. ■> (Villehard. §363.) — « Les
« quelz en hardoijanl l'un contre l'autie, icellui
« suppliant donna audit Cerchemeau d'un petit
« couslel par le ventre. » (JJ. 169, p. 238, an. 141G.)]
Parlant du collège de Saint-François de Gennes et
du château du même endroit, assiégés par les Gene-
vois el défendus par les François : « Ce qui de tant
HAR
19 —
HAR
« les hardia que a coups immodérés repoussèrent
" les Gennevois. » (Jean d'Auton, Ann. de Louis
XII, p. 100.)
Hai'diere. [1° Crémaillère: « Et met de l'eve
« en la chaudière Et la pendent à la liarillere. »
(Du Gange, III, G2C».) — 2° Câble: « Lequel varlet
« print la hardicre ou liemye faite de grosse corde,
<• propre à mettre un verrin ou grosse clieville de
<' Lois, (|ui est mise parmi la viz du pressoir. »
(JJ. 170, p. 78, an. 14-41.)]
Ilai'dioté. Hardiesse :
.... La grande loyauté,
Oaniie de vcrilé
Oui est en toi
Et la parl'ette bonté,
riainne de luirdieté
Que g'i perçoi.
Me tient en jolieté
En liece et en santé. [Fi-oiss. Pocs. p. 202 ''.7
Ilai'fline. [>> Et pour cliel desgi'en, lidis sires et
« si siiccesseurs seigneurs de me dite maison de
" Ilapplincourt doivent livrer harJine en leurs
« yawes, prés ou mares ausdis religieux, pour
« refaire leur caucliie, leurs pons de Prie et leurs
>• moelins dessus diz. » (Cti. de 1318, Du Gange,
t. m, p. 0-20 ''.)]
llarc. [Cris annonçant la clôture des foires de
Champagne: « Tenetur intègre et sine diflicullato
" persolvere, in proximis nundinis S. Joliannis
« Trecensibns apud Trecas , quatuor diebus ante-
" quam clametur liare, liare, triginta marcas bono-
« mm, novorum et legalium sterlingorum. » (Ch.
de 1210, dans D. C. III, C2C''.) — « De fidejiissione
» 172.") librarum Pruviniensium solvendarum iu
» proximo fuluris nundinis Mail de Pruvino apud
« Pruvinum, oclo diebus postquam clamabitur
lian\ harc. » (Cart. de Champagne, an. 1230.) —
« Au quatrième jour de Iiave de dras de la foire
« S. Jehan à Troycs. • (Ibid. an. 129-i.)]
Harelc. [1° Association illicite : « Sans faire
» aucun //rt)v/c, monopole, assemblée. » (JJ. 74,
p. GO, an. 1343.) — 2° Sédition : « Et se nul est
' trouvé qui face quaquehan ne hardie, il sera
■' pugny selon le cas. - (.IJ. 173, p. 118, an. 1424.1]
— 3° X Quand le duc de Drelagne faisoit la guerre
« avec ses sujets et ceux de l'evcque, son armée
« s'appelloit o,sf. Quand l'eveque la faisoit il prioit
n le bailli du duc de luy amener ses sujets et celle
« armée s'appelloit harelle. » (Morice, llistoii-e de
B:et. Préf. p. xxi.)
Ilareleux. [Séditieux: « Icellu'i sergent dist que
<• c'estoit grant dommage que lesdis de Dieppe
<■ n'esloient les testes coppées,.... qu'ilz n'csloient
« que ItnnHeux, traîtres, rebelles à nous et faux
" mailliés. « (,IJ. 152, p. 2.36, an. 1396.)]
llaronc. [Hareng: « Quiconquesameine/)rt)'CHc
« à Paris pou'r vendre en charreite ou à soumier,
« il convient que H Jiareiic soit tout d'une suite. »
(Livre des Met. 270.) — « Et le harcnc sor et blanc
« et gisant doit quatre deniers de balage, et deux
« deniers du millier. » (Id. 273.)]
Ilarengere. [Marchande de liarengs: « Toutes
« poissonnières de mer ne hareuf/cres ne doivent
« riens audict prevost, ne de place, ne autrement. »
(Liv. des Métiers, 441.) On trouve aussi /(«/VH^/fesse
(Hist. de Liège, II, 434. an. 1425): « Ordinons que
>< les harengresses d'ores en avant ne vendent
« autres poissons que barons, boekhoux fendus. "]
lïarengerie. [Marché aux harengs: « La halle
« au blé, la draperie, la harcnr/eric. « (Liv. Rouge
de la Ch. des Comptes, fol. 18'', an. 1297.)]
Ilarengier. [Marchand de harengs : ■< Thomas
" Ilelie hareïîfjiers, print sous l'ombre de noslre
« poissonnier ....cinq barris de caqueharen îmostre
« pris. » (JJ. 78, p. 178, an. 1350.;]
Ilareoui'. [Qui tient un haras. On lit dans
Martène (Anecd. t. III, col. 1483): « C'estoient les
« trois connestables ; De bons chevaux en leurs
« estables Plusours avoient assez toujours; Car ils
" esloient bons hnveours. »]
Harer, Ilai'ici'. [Exciter. Comparez l'anglais
to hnrnj, lourmenler :"<■ Iluguenin et sa femme....
" haverent et tirent courir lesdis chiens ans dis
« moutons. " (JJ. 119, p. 74, an. 13^0. 1] — » On
« nous hue, on nous hare, on nous menace, on
« nous chasse, on nous bal. » (Cymbalum Mundi,
page 133.)
Ilareii. [Cris de haro: « Le duc de Normandie
<• a la court du cri de hareii, et en doit fere venir
» enqueste, assavoir se il fu criez à tort ou à droit :
« ([uer nus ne doit crier hareit, fors par trop grand
>■ besoing, si comme par feu, par larrons, et par
" homicides. » (Ane. Coût, de Norm. part. 5, cb. V.)]
Madame dist: fniez, fuiez, liareu
Quant recorder je li voeil mon afaire. (FroUs. p. 325 ".J
rOn lit encore liareu, dans les Chron. édition
Kervyn, t. X, p. 311.]
Hargne. [1° Hernie : <■ Réduisant une hargne,
f si on oit des venls comme un gargouillement, on
« la juge intestinale. » (Paré, Introd. 23.)] — On
l'eprésentoit au roi Louis XllI , qui s'exerçoit con-
tinuelle nent à sonner du cor, (|ue cela faisoit
.enir des liargnes. (.Mém. de Bassompierrc, II, 1 42.)
— 2° Peine, tourment, chagrin, inimitié: « Quoi,
« ce dit le seigneur Eusebe, il y a donc de la hargne
« parmy les plus grands délices que j'eusse seu
" penser. » (Contes de Chol. fol 137-\) — « Leurs
» hargnes et leur malignité. " (Ess. de Mont. t. III,
p. 121.) — « Entre les liabitaus de Bysance et les
« Athéniens.... s'estoit mise une //arû»He grande....
« les uns couroient sans cesse sur les autres. »
(Vrai et Parfnit Amour, fol. 279''.)]
Hargneux. Chagrin, maussade. [Ne semble pas
venir de hargne, hernie, comme le dit Paré, VI, 14:
« Qui a à faire à hargnen.r, douleur lui croist. »
(Ménagier, II, 3.)] — « Je fuis les complexions tristes
« et les hommes hargneux comme les empestés. »
(Essais de Montaigne, 111, p. 416.)
Hargoter, Hargoiiter, ïîarigoter, Ilar-
goutenient. [S'asticoter, comme on dit vulgaire-
ment; action de se maltraiter: « Icellui Mabilet se
HAR
20 —
HAR
« leva de la Inble cl prinl ledit Gilet par la poilrine,
« et ledit (lilet lui semblablement, et tenoieiil et
« liaryotnicntVnn VAu\ve iovment. ■> (•M. 118, p. 88,
an. 1380.) — « Lequel Durant dit que le suppliant
« meiioit harigoter sa femme aux compaisiiious de
« Paris. « (.1,1. 14r., p.2i0, a:i. 131(3.) - « A laquelle
« femme icellui Barllielemi dist ces mots: « Avance
« tov, si te va faire joluier, qui est l\ entendre luiri-
« ydter. " iJJ. 108, p. 111, an. Ii03.) — Dans la
vallée d'Yères, harUjoUr est labourer avec de
mauvais clicvaux. — <■ Jeban Roussel se traist
« par devers ledit Jeban Manchon, ycellui prinst
« par le cappcron, feri et hargouta, et list plusieurs
« injures. ■• ;.I.I. 85, p. 729, an. 13.Vv3.) — « V>'illaumes
« Kenars de Eu, pour cbe qu'il mist main à un ser-
o gent et le hargouta, banis. » (Liv. Rouse d'Abbe-
vil'le, fol. ne.) - « Iceulx Pierre elJeliaunol IJaillet
" priudrent ledit Fremin par la barbe et par la
« poilrine en lui tirant et sachant; et pour le lire-
ci ment et Jiargouteii>.ciit(]\y'\\ faisoientl'un àTautre
« cbeirent pur terre. » (JJ. 100, p. 208, an. 1301).)]
Ilargoteur. [Batailleur: « Le suppliant disl à
« Beriran O^ier : tu n"es que un tricheur, et un
« plaideur, et un hargoteur. » (U. 223, p. Wt, an.
1410.)]
iiaria. FAria : « Ung grand ]iaria. « (Coquillarl,
Enquested'enlrelaSimple et la Rusée. )— « Marias. »
(Palsgr. p. 18.)]
lîaiMhourras. Nom comique des atours, dans
Descbamps, f. 327'= :
Alouniez vous mes dames autrement
Sanz emprunter tant de hariboiirras.
1 . Haricot. Ragoiit, dans Cotgrave qui en décrit
trois modes de préparation.
2. Haricot. [Ce nom n'a été donné au légume
qu'au xvu' siècle. On disait auparavant fève ou fève
blanche, comme en Normandie ; les marins l'appel-
lent encore fcujol et les Saintongeais inogetic.
Comme le légume entrait dans les haricots de mou-
ton, on a dit fève de haricot, puis simplement
haricot.]
Haridelle. [<• Meschante haridelle de cheval. »
(Pasquier, Lett. I, p. 724.)]
Hariqiikiam. [« Hariquidam ou bienvenue
« que tous les aprentifs paient chacun en droit sov.»
(.1.1. 1!),"), p. lOio, an. 1474.;]
1. Harlc. [lîàde, air chaud: « Tant par la mau-
o vaise garde, comme pour le Jiarl/' et air du temps,
« laditle plave porroit esire engrinée. » (.IJ. ITiO,
p. 207, an. 1401.)]
2. Harle. Sorte de vautour. (Colgr.)
Harmeré. [C'est peut-être mauvaise lecture, au
reg. J.I. 147, p. 245, an. 1395 : « Un nommé Regino
o d'Albinhac, bastart, homme liarincrcx^de sa mau-
« vaislié. "]
Harmicr. [« Ainsi que Pierre Blindel harmioit
« son couslel ou bazelaire au devant de son dit
« frère par jeu, comme dit est, et en disant, mon
« frerc, tu n'en aras pas. » (.IJ. 1 12, p. 195, an. 1378. ]
Harmonie. [Sans aspirée, dans la Rose, vers
17151 : » Là font entre eus lor armonies. Qui sunt
" causes des mélodies. »]
Et le beau sein, et la bouche et les yeux
De ma déesse, où le ciel curieux
Mist de la beauté la plus douce liannonie. (Janwjn, 131 .]
» Les gorgelles des oyseaux qui chantoient en
« {!iOncQ harmonie. « (Tahureau, Dialog. p. 191.)
Harnacher. [ 1° Eipiiper , armer : « Adonc
« veissiez barons et chevaliers liarnechier de che-
« vaus et d'armcures, et de quanque il leur couve-
« noit. » (sien, de Reims, § 252.) — « Le sire Poion
« de Xainlrailles Tout harnaché d'orfavrerie. >■
(\ig. de Ch. VII, II, 72.) — 2° Mettre le harnais à un
cheval: « 11 falloil tant de temps ti les deslacber et
« harnacher. « (Mont. I, 305.)]
liarnaclieure. Equipage, couverture d'un che-
val. •' Venoit le chevalier, sur un cheval couvert
» d'une courte couvei'le en manière àeharuachcure
« de satin cramoisi frangé de franges d'or et fut la
" dicte couverte toule chargée de grosses campanes
■' d'argent ;"! façon de campanes de vache. » (Mém.
d'Ol. de la Marche, p. 557.)
Harnas, Harneis, Harnois. [1° Armure,
armes défensives : « Du sanc des bestes ont lor cors
« ensanglantez, Lor liarneix- e lor bons en sont
« avironncz. » (Waee, Rou, 178!.)] — François l"
s'entrelenant avec le sénéchal de Poilou, ayeul de
Branl(3me, sur la bataille de Pavie et sa prison en
Espagne, » lui en raconta force belles particula-
" ri'ez, jusques ù luy dire quel cheval de bataille il
« avoil ce jour la et quel harnois (ainsi parloit-on
« lors) en lai spécifiant toutes les pièces dont il
« esloit armé et qu'on les portoit alors. » (Braut.
Cap. fr. I, p. 308.) — « Trouvèrent l'autre chevalier
<• qui metloil neufves lanyeres à son harnoys de
« bras. » (Percef. I, f. 80 ■\)"— « Au lieu ou il venoit
« loger, il osloit le inenii harnois, et retenoil le
" corps de sa cuirasse. » (Mém. de Conimines, 358.)
— 2" Armes offensives. « Tout homme qui est trouvé
« de nuyt par la ville à port d'armes, aprez quevre
« feu sonné, est amendable et le /irtj'uo/i confisqué,
« s'il n'y a clarté avec luy, car la clarté le sauve. »
(Thaumâss. Coût, de Berry, p. 339.) — « Si après
« qu'un a blessé un autre, il se départ de luy de
« trente pas loin, ou bien qu'il remette son har)tois
« dedans le fourreau el après retourne bless.r de
« rechef, en ce cas doit une autre amende. » (Coût.
Gén.II,683.) — 3° Armes à feu. « Qui tireia Inirnois
« malicieusement en rue d'aucune ville ou lieu,
« payera six sols bons au seigneur el à la ville
« suposé qu'il n'en passe aucun ; car au dit cas et
« que blessure s'en fasse sera puny en outre arbi-
« trairement. » (Coût, de Marsan, dans le N. C. G.
t. IV, p. 906 ^.] — 4° Bagages :
Ilai-iiois et toute la frapaille
Qui rien ne surent de bataille
Fist dejouste le mont ester. {Bi-iit, f. O't.]
IIAR
- ^i -
IIAR
5° [Meubles, uslcnsiles: « Li /iar/irts de Rumigni
>• baillié à Jaquier et Hogier de lloucencourl. »
(D. C. sous Ilarnaslum.)'] — G" Habillement:
De bons luii-nois, de bons chauçons velus,
D'cECalîllons de soUars d'abbaye,
Tourpoiiis fourrez les plates par dessus. (Dâscli. ?3-i ■'./
?■ Filets de chasseurs ou de pécheurs: « Que nul
« ne nulle ne tende aux perdrix sur l'amende de
« soixanle sols et en aucuns lieux, sur l'amende de
<■ dix livres et le liarnas perdre. « (Bout. Som. Rur.
p. 507.) — 8" [E(iuipai:;'e d'un cheval : « Nul ne puet
« ouvrer au diemenciie... se ce n'est pour enarmer
« un escn au besoing. ou pour mètre un eslrier et
« un polirai à une sèle ou un harnais à some ata-
» cliier. " 1.1JV. des Métiers, f. 2!!. j] — Baudouin,
C" de Guines, laisse à ses lilles ses « carelles a tôt
« les kevaiix e a lot le harnais.... ses hauberjons é
" autre menu haiiiais. « (Duchesne, Gén. de Guines,
page '283, til. de Piii.)— ;(" Engin, dans un sens
obscène :
.T'ay très bonne voulenté mes
La force et pouvoir sont perdus
Car tendre ne veulent mes Itanics. (Pcsch. f. 333 ''.j
10° ;'Tumulte: « Faut-il faire si grant //rt)'Ho/s,
■< s'il â donné une buiïe ou deux au tabellion de la
« ville. » {Jî. 159, p. 50, an. l'iOi.)] — 11" •■ Ilaniois
•• (le f/iteide, " provisions de bouche. « La chair de
« pourceau, va répliquer un autre, sera tant bonne
<■ que vous vouderez, si esl-ce qu'il n'est icy ques-
" lion que de harnois de ijueule. » (Bouchet.'Serées,
p. 87.) — li° Entreprise. Monsieur de Chabanne
promet h Louis XI : » Au casque mon dit seigneur
■' le roy meneroit guerre au duc de Bretagne, de
" jamais ne l'accompagner ne suivre hors du
« royaume, ny avec luy courir en la dite duché ne
« pais du duc, n'y y faire entreprise, pillcrie aucune,
» ny entreprendre liarnois ne faire chose quelcon-
« que... qui porte préjudice au dit duc. ■■ (L'hermite
de Soliers, cabinet du roy Louis XI, à la suite de
Commines, t IV, p. 220.) "
Expressions :
1" « Faire vider les huriiois, » désarçonner quel-
qu'un. Parlant de joules : « Le sire de Saincl Py le
« coiisuivit si fort et si roide qu'il lui lit vuiilo' les
« liarnois el cheut le cbevalier anglois à terre. »
(Froiss. liv. IV, p. 42.)
2° " Harnois ne vaut rien qui ne se delTenJ. »
(Cotgrave.)
Karuicheui". [Voituiier : « Guiot, dit Rulot,
<' liarnicheur et gourmet de vins demourant ù
« tii'uiercsen Laonnois. » (.!.L 157, p. 306, an. Ii05.)]
îîaro. [Appel à l'assistance publique et invoca-
tion à l'autorité judiciaire. D'après l'ancienne opi-
nion, haro représentait ha Raoul. ; on implorait
l'assistance de Rollon, premier duc de iXorniandie,
qui fut un grand jusliciei'. G. Guiart l'inlerprète
dilîéremmeut et le dit inspiré par les ravages des
^'ormands: <■ Gis rois ierl Rous; pour ce crioient
« Normans qui en son tans fuioient Droit vers
« Chartres comme garons. De toutes paris: « Ha
« Rous, ha Rous, Con lu nous mainnes malement. »
(v. /i72l.) Mais ce cri était connu el avait ses eiïels
ailleurs qu'en Noruiaudie. (Voir I!.\ha, Hauay.) Tou-
tefois, c'est en Normandie que le haro eul ses
règlemenls les plus exacts et son autorité la plus
étendue] — Lor.squ'on Ironvoil sa partie et qu'on
vouloil la mener devant le juge, on crioil haro; elle
étoil obligée de vous suivre; l'un et l'autre demeu-
roient en prison ou éloient tenus de bailler caution.
Ceux qui entendoienl ce cri éloient obligés d'aller
prendre celui sur qui il avoit été fait. Il y avoit des
raisons pour lesquelles on pouvoit ciier haro' et
des peines portées contre ceux qui poussoieut ce
cri sans sujet. L'usage en étoil restreint aux cas
d'allenlat entraînant la peine capitale el relevant
du droit de haule justice, comme meurtres, incen-
dies, vols à main armée. Ceux qui entendoienl ce
cri éloient obligés d'aller pi'cndre celai sur qui il
avoit élé fait. « .\uquel cry et Itaro luit cil qui l'or-
« ront, soient tenus a aler e! prendre celuy (jui
« feroil prise ou pris contre noslrc delïense et
« celuv prinslivrenl el baillent h la jusiicedu lieu. »
(Ord. des R. de Fr. t. I, p. 507.) — « Qui crie hnro
« sans appert péri!, il doibl amender au prince, et
« s'il nye (|u'il ne le crya pas, le prince peut en-
» quérir par les prochains d'illec el par cenlx qui
» l'oyrenl. » (Ane. Coût, de Norm. fol. 7'i-'.) — [De
là. dans tous les privilèges du roi pour imprimer,
la formule: « Nonobstant clameur de //«ro, cliarle
« normande el lettres à ce contraires. »] Par exten-
sion, le mot signilie : 1° Cri de guerre, alarme.
Parlani de plusieurs chevaliers du parli du comte
de Flandre qui, ayant passé le pont Amenin, vou-
loienl surprendre" quelques villes de Flandre: « Le
« //O/'o commencea à monler el les villes voisines
« commencèrent à sonner leurs cloches. » (Froiss.
I. 11. p. 202) —2" Cri au feu.
Puis escrie : haro le fu
Cil de la vile, qui granl fu ;
Y acorent tuit à brieve. (Fahl. de .S. G. f. 51'.}
3" Cri pour appeler du secours contre des assas-
sins. Parlani d'une baronne qui avoit fait assassiner
son mari: « La famé osla toules les choses par
« quoi l'en se pnist aperchevoir que on le lavast et
« puis leva le cri et cria: har ou liareu, l'en me lue
« mon baron. » (Beaumanoir, p. 3il).) — 4° Cri de
douleur, plainte. D'après l'Ilisl. des lit Maiies en
vers, Ilérode. mangé des vers, crioil harau. —
Ilarou-las, cris d'un homme à qui l'on fait souffrir
de grands lourmenis. (Chron. de S' Denis, 1, f. 40''.)
— 5" Pour cri de colère: « Lors fut si courroucé
« que a peu qu'il ne crioit haro. •• (Percef. II, 32 '.)
— G" Exclamation. Parlani de Pliaèton eniporlé par
les chevaux de son père :
Moult est Phaëton en graiit balance:
Haro, dist-il, et qu'ai-je empris '.'
Trop sont de grant orgoeil espi'is
Ces chovaus qui ensi m'emportent. [Frohs. poës. iS'i >./
Holti. « Je vos en dirai tru.squ'a harou, » c'est-à-
dire jusqu'à ce que vous disiez iwla. fRom. d'Audi-
gier. .Ms. de S. G. L God.)
itaroiier, v. 1° ■■ Ilaroder qu'aucuns cscrivenl
« Itarauder n'est pas ce qu'on dit, crier haro sur
IIAR
IIAR
« aucun, ains crier par lançon ou repreliension
o après quelqu'un ; comme il me haraude tant que
« je quiUeray le voisinage. » (Mcot.' — '2' Persécu-
ter par plaisanteries: » A la cour ordinairement est
« de couslume a faire la prucrre aux jeunes gens à
« leur commencement de leur avènement et les
« harceler et harauder. <> (Branl. Cap. fr. III, ■529.)
Ilaroier. rVoir II.xrkr , IIauier ; malmener:
« Qui o-uerroyÔient et haroioient tout le pays. »
(Froissa Vill, 37-i.)]
llaroublettes. [Cliai-ivai'i : « Icelhii Thibaut
« avoit dit qu'il iroit {l\ Roqucncourt, en la prévôté
a de Monldidierjà un eshalemenl, queon A\\.harou-
" bielles ou charivari. » (.IJ. IGO, p. 427, an. I40G.)
On lit liiirouUeltcs, au reg. JJ. 161, p. 71.]
Ilarpail est une horde de bêles sauvages. « Le
« mot est ainsi formé de ce que tels animaux ne
>. font que harper et endommager ou elles se ren-
« contrent et par métaphore on dit un harpail pour
« une compagnie de mauvais garnemens, l'assem-
« blée desquels on appelle aussi harpaiUe. » 'Nicot.)
— « LequoI Eslienne les appella harpaiUe, ribau-
« daille. » :.i.l. 113, p. 301, an. 1378.)] - Par suite,
le mol signille pillage :
J'ai veu grans bledz et paille
Par les cliamps rapiner
Tous biens à la harpaiUe. [Molincl, p. 164. J
Ilarpailleur. Handil, fripon. ■' On appelloit
« Ilarpailleur di\ temsdeMcotun de ces caïmans
« qui s'attroupent pour voler les pauvres gens de
« la campagne. » (Le Duchal, sur Rab. II, p. 248.)
1. Harpe. [Instrument de musique: « Regehis-
« sez al seignur en harpe, en sallier de dis cordes,
.. canlez ù lui. » (Lib. psalmor. p. 39.)] — Parlant
de Chiron qui apprit à Achille à jouer de la harpe :
De son de linrpc et d'acordance. [Ovide de Aric, f. 93. J
Expressions :
1' « 11 mania 1res bien ses harpes. » (Colgrave.)
Pour dire : il vola.
2° « Jouer de la harpe, » dérober, parce qu'en
jouant de la liarpe on a les mains crochues. (Id.)
2. Harpe. [Pierres d'attente: « Toutes jambes
« ou membrures de pierre de taille, parpeignes
« assis au rez de chaussée, ou en terre mitoyenne
« entre deux voisins, ou il y a harpes faisans par-
i. temens d'une pari et d'autre, c'est à spavoir, par
» devers chacun des deux voisins, font borne et
« division de moitoyrie. » (Ord. 1485.)]
1. Harper. [l"Jouer de la harpe: « Rncanteyres
<< esloit moult sages ; [>es hues faisoil en l'air voler
« El les asnes fai'soit /(ftr/îcr. » (Flore elBIanchefl.
810.) — » Encommença le menesirier de harper le
•' ley de la complainte. » (Percef. t. V, fol. 71.)] —
2" Prendre la forme d'une harpe ; parlant d'Hippo-
mène et Atalante qui avoienl profané le temple de
Pallas :
Les dieux tournent les yeux, et la mère entourée
Pensa de les noyer dans Styge tant jurée.
La peine luy sembla légère pour le fait ;
Donc sans les mettre à mort leur figure défait.
En houpeaux de poil roux leur blonde chevelure
Se change assauvageant leur douillette encoulure
D'espaule et d'estomac en large se harpans
Evidazparle liane desja panchent rampans. (Baïf, 18'".]
2. Harper (se). [Se saisir violemment l'un
l'autre: « Joincl que vous ne les desprenez pas à
» voslre poste quand ils se sont une fois hai'pex:, et
« demeurez à la miséricorde de leur combat (de
« deux chevaux fougueux). » (.Montaigne, III, 278.)]
Harpere, Harpeur. s. Joueur de harpe.
Au siège ala comme jouglere
Sy faint i|u'il cstoit Iru-pere
Il avoit apiis a chanter
Et lais et notes a harper. (Brut, f. 69 '-.)
« Devant luy y avoit ung harpeur qui luy notoit
« le lay d'Orfay. Si plaisoil tant au roy a escouter
•< qu'il" n'y avoit nul qui osasl mot dire. » (Lanc. du
Lac, II, L 30'.) — « Pages de la musique harpeiirs,
« ou joueurs de harpes. » (Estais des olT. des ducs
de Bourgogne, p. 53.) — [« Cil violeur, et luit cil
« harpe'or^ (Auberi, dans D. C. 111, 031 1'.)]
Harpeur. [llarponncur : « En ce mesme hostel
» se herbcrgast Jehan de Villepointe, harpeur àe
« marée. » (.iJ. 91, p. Iô3, an. 1361.)]
Harquebousier. Arquebusier. « Soixante et
« six mille hommes de pied, vingt et six mille har-
« quebovsiers, deux cents grosses pièces d'arlille-
» rie. » (Rab. I, p. 289.)
Harquebuse. [V. II.\quebl'te : « Il fisl desmonter
» environ 70 Jiarquebtr<es à crocq de dessus leurs
« chevalets et les fist porter par ses gardes. » (Cari.
A'I, 15.)] — « Dedans et en la grand' feneslre sur la
« cheminée, trois hacquebules, (c'est pitié il faut à
« cesle heure dire harguebttses] et au joignant, la
« perche pour l'espervier et plus bas à coslé les
« tonnelles, escloloueres. rets, filets et autres engins
« de chasse. » (Contes d'Eutrapel, p. 315.)
Harquebiiserie, s. 1» Nom collectif des arque-
buses : « On ne tirera l'artillerie, harquebtiserie ny
« autres choses l'un contre l'autre. » (Drant. Cap.
fr. I, p. 413.) — 2" Xom collectif des troupes armées
d'arquebuses. « Furent delTails par l'infanterie et
« harquebuserie. » (Drant. Cap.fr. III, p. 50.)
Harre!)ane. [Femme de mauvaise vie : » Lequel
« Jaquemart disl à icellui sergent qu'il n'eust pas
« oslé ledit baslo:i à une mauvaise //fln'C/;aHHe. »
(JJ. 165, p. 229, an. 141!.)]
Harrior. [Voir IIaiucr, II.vnoiF.i» ; molester: « Le
« suppliant disl que ce esloit mal fait de ainsi vou-
» loir /mrr/c/' et Iravciller les marchans forains. »
(.tJ. 160, p. 68, an. 1405.)]
Harry. Cri usité pour faire marcher les bêtes et
exciter lès chiens à la chasse. » Ilarrij, bourriquet,
« termes dont on se sei't en Languedoc pour exciter
« les ânes à marcher. .> (Duchat, sur Rab. I, p, G7.)
Parlant d'un rébus fait sur Anne de Montmorency :
« M' le conneslable estant retourné à la cour, ils
« représentèrent un asne qui avoit un mors de
« bride ;^ contrerebours et l'un disoil : Eh qui a mis
« mon mors ainsi'' L'autre, qui venoit après et (pii
u touchoit l'asne respondit liarij, Itarij voila la plus
H AS - 23
» soUe et la plus fade plaisanterie et rencontre dont
« on oiiil jamais parier. » (Brant. Cap. fr. t. II.)
Ilai-segaye. [« Le suppliant d'une liarsegaye
» ou demi lance frappa par la poitrine icellui cava-
« lier. « (,iJ. 1C7, p. 333, an. 14 li.)]
Hai'sel. [Porte faite de claies et de brancliages,
comme Iiai&c, liaison: « Lequel Jelian estant sur
« ycelles sellettes pour advenir plus liaalt à forer
« un Itarsel pour clorre sa court. » (.IJ. 156, p. 82,
an. 1401.)]
Ilart. [1" Lien d'osier: « Le lia fermement à
« qualre liars torses. » (Chr. de S" Denis, I, 146.) —
« /^û?'/ est le lien d'un fagot ou d'une bourrée à
« Paris; qu'on appelle une riorle en mon benoit
« pays; parquoi j'entends que quand on crie de par
« le roi, sur peine de la /(«)■/ (liart est femiiuni
" (jeneris) vaut autant à dire que sur peine de la
« corde ; je dis qu'on s'aidoit des branches des
X arbres pour espargner le cbanvre. » — « Sentir
« la harl, vaut autant à dire que clialouilleux de la
« gorge. » (Despér. 07' conte.) — 2° Corde dont on
étranglait les criminels: « Ou il l'en amainl pris en
« cliaaineou en harl. » (Sa.v. XIX. )J
lias. [Enjambée: « L'uys dudit Basin, qui est
« près de la maison ou demouroit ledit Colin, à
« buit ou dix /itts. » (JJ. 142, p. 4i, an. 13iH.) —
« Lequel llenrion chancela et chut si comme à trois
" ou ([uatre ]\as de lu, où il eut le cop. « (JJ. 162,
p. 381, an. 1408.) — « A trois lia% ou environ près
« dudit lioslel, Bezançon Darboys a eslé trouvez
« navrez. « (JJ. 130, p. 7, an. 1386.) — «• Avantqiie
<: le suppliant et son frère feussent près d'ieelkii
« Robert d'environ soixante Aa;-, autrement enjam-
« bées. .. (JJ. 170, p. 211, an. 1418.)]
Hasard. [1° Jeu de dés: » Comment le duc
« Godefroy fut requis de lever le siège de Ihisart,
« ou le jeu des dez fu trouvez. Il advint, ne demora
'< gueres, (lue Rodoans, li sire de ilalape , ot con-
« tens et guerre à un suen baron qui estoit cbaste-
« lein d'un chaslel qui a non Hasart (El Iluzar), et
« sachiez que de la vint li geus de hasart, et fa
« trovez li geus de dez qui einsint a non. » (Guill.
de Tyr, cité par de Laborde, Emaux, p. 247.) —
2° Le nombre six amené aux dés: « Seniodicilur nu-
« merus senarius, gallice hasart. » (J. de Garlande,
dans Paris, sous Philippe-le-Bel, p. 592.) — Quand
on amène le double six, on marque dix- huit; de lii
le passa.ge suivant:]
Lors dist l'un : gettez, c'e.st raison,
Pour veoir qui le dez aura.
Hasart beau dé or y parra,
Dist cilz qui getta dix et huit. (Dcsch. fol. 301 ''.;
3° [Joueur : « La femme dudit Henry dist aux diz
« Robin el Gosselin : alez vous hors de céans, vous
« n'êtes (jue un /i((;r;ri; et ledit Robin dist: je ne
« suis point /iftirtr^; cellui est //fcirtri qui joue sa
« femme aux dez. » (JJ. 158, p. 281, an. liÔ3.)]
Hasardé. [Téméraire : « Que lesdils douze
« clers.... tiennent les écrits de la dite chambre
« (des Comptes) secrets et qu'ils ne soient ni
IIAS
« lia:iardi'~^ de les porter hors de la dite chambre. »
(Ord. VII, p. 202, an. 1388.)]
Hasarder. [Jouer aux dés : •> Jehan le Picarl
« qui ne .sçavoil d'autre bien que de hazarder,
« taverner et bordeler. » (JJ. 161, p. 260, an. 1407.)]
Hasardeiir. [Joueur : « Et celui qui joue as
« dez, le hasardcur, ou qui acquiert par jeux sem-
« blables. " (Ethique d'Oi'esme, III.) — On lit dans
Villon (Ballade de la Bonne Doctrine) : « Pipeur ou
•' hez-ardeiir de dez. »]
Hasardeusement. Témérairement. Parlant
d'une vicloire remportée par M. de Guise sur les
Huguenots: « Tout a coup il s'escria: allons, compa-
" gnons, tout est à nous, la bataille nous est gagnée;
■' et puis donnant fort /(flïrtn/fi/soH^H^, s'en ensuivit
« le gain total de la victoire. » (Brantôme, Cap. fr.
t. III, p. 101.)
Hasardeux. [Téméraire: » Personnage hasar-
« deux oullre mesure, et hardy sans discrétion es
« i)erils de la guerre. » (Amyot, Pelopidas, I.)]
Hase. [« Ardez, ardez, mettez lout à feu el à
« flambe: aux ft«S(?;i, aux Jiase::= villains Bourgui-
« gnons. » (JJ. 168, p. 237, an. 1415.)]
Haseau. [Porte à claire-voie, comme he^e :
'< L'uys d'icellui bostel estoit seullement ferméd'un
•' lutscait. « (JJ. ISi, p. 341, au. 1453.)]
Hasic. [llàle: « Tozjors la fist garder en cham-
■< bre Plus por peor que por le liasle. » (Chr. de
Troyes, Cligel, dans lloUand, Chreslien, p. 48.)]
ïïasoy. [Ronces : « Item que les bos et espines
'. ou liasoij. " (Cari, de Corbie,21, f. 321, an. 1403.)
— « Et sera tenus ledit Pierre de essarter et des-
« (ruire les /(rtsoj/s, £slans sur ladite masure. »
(Id. fol. 330, an. 1430.)]
lîaspe. Verrou. Comparez l'anglais moderne
liasp : " Come le donour rien ne eyt en le ten et le
« ten soit principal maner et mées, adonques suffit
« al donour en présence de fraunks tenauntz a
« délivrer ail purchassour sa seisine par le liaspe
« ou par le anel de l'huys ou par encloslure de la
« porte. » (Britlon, Loix d'Anglet. eh. XL, f. 102''.)
Haspeler, v. Dévider : >> Melean haspeloit à
« longue loise, et au filler Nabon fist sondebvoi>. »
(Percef. V, fol. 112''.)
Ne ja n'aura autre pasture
Que au filler aura gaigné ;
Et s'il luy venoit corapaignie.
De haspcitcr seroit sa maistrie,
Ou de sa vie n'auroit cure. (Ibld. fol. 1 1"2 '.}
Hasple, S. Dévidoir: » Quenoilles, hasples et
« fusiaulx. » (Descb. fol. 442'=.) — « Hasples, ne
« fuseaus ne keneules. » (Proiss. Poés. fol. 424''.)
i. Haste. [Hâte, promptitude: » Pourquoi m'as
« envoyée en grant huste et en coite. » (Berle,
c. XXIX.) — « Car qui est pleins de foie hasle A la
« fois son bon tans en gaste. » (Bl. et Jehan, 1521.)
Dans Froissart, sus /(rts/e signifie îi la hâte. (II, 183.)]
2. Haste. Promptement expédié: «Bonnechose
» est au bailli de souvent tenir ses a.ssisesau mains
HAS - ^
« (le six sepmaines ii autre ou de sept, car lesdroils
« en sont plus hastes et si en est ou uuex rcmani-
.< brans, et si en est l'assise mains cliargiéo el iilus
« lost délivrée. » (lieannianoir, p. la.)
3. Hsiste. [1° Lance, pique: « Pour charge de
« pi mes j uvoVi nés el autres /(«."î/cs de bois fraisse,
« .M.' s. tournois. » (Du Cause, I, 455", an. Iô4i.) —
ti" Aiguillon : ■■ Durand .lanic perlant à son col une
« haste ou aguilladc pour loucher les beufz. «
(,JJ. iiOd, p. 2(;;5, an. I'i79.) - o° îiroohe: « IcelUu
<. delà [{once prist un liosle ou broche de 1er. •■
(.JJ 158, p. 158. an. 150i.) - A" Viande cuite a la
broche: - Levez vos sus, dame Hersent, Feies li un
» petil de haste, De deux roigiions el d'une raie. »
•Rea^irt ^iW.)- 5° Echinée de porc: " El n. hastes
\ dopoVclonc de n. pies. » (Aiol, v. WiO.) —
<■ Une /i<(,s7(î de porc à quehiue jour que la leste
« soit ueis se elle osloil au vendredy. » iLiv. des
Met. II, f 5.) — G" Mesure agraiie: - Item un haste
. sus l'a voiede Derseneeles. » (Jl. 71, p. ^>iN .a"-
1335.) _ ,. li;ellui Jehan avoit cuilli ou fait cuilhr
« et moissonner deux hastes de lerre, que le sup-
« pliant eslimoil à la somme de deux boysseaux. >■
(JJ. j'.)5, p. l'il, an. 1408.1]
Hasteement.[En hàle, dans Froiss. II, 300.]
Krt chaînant, proi des millors non per,
n'ai pooii- dû priser hautement
On'ole ait de moi merci haslcemoit
Se raesdolours vuet en joie torncr. (P. av. idUU, il, b-i-j.j
ïïastelet. Petite broche, hàtelet.
lîiistelle. [Dûche, tison: « Le suppliant print
« un tison de l'eu appelle hastelle au langage eu
„ pays ^Auvergne). » (JJ. iVi, P- ICI, an. 1391.) -
« Irellui prcslre tenant en sa mam une busche de
,. bois (jui se nomme au païs (Normandie) une hus-
« telle. .' (JJ. 195, p. 15-25, an. ii75.)]
ilasteliiei-. [i° Atelier, proprement endroit où
Fou débite le bois en haslelles :] « Pour obvier aux
u fraudes, aucuns charpentiers ou ouvriers de
a neufs vaisseaux à vin, de charpenlerie, de ton-
« neaux ou autre merrain, ouvrans de leurs mes-
a tiers ne licnuenl hastelUers dornesnavanl es
« terres ne au raiu des loresles, si ce n'est dedans
.. les ventes ordinaires. » (Gr. t^-out. de Fr. liv. I,
chan VI p 58.) — ti" [Bienvenue : » Icellui Perrot
« devoii'sa bienvenue en la vente selon la conslume
« des bcscherons, el quant vint à l'escot paier
icellui Perrot ne voull paier son hastellier,
u c'est assavoir un gallon de vin. » (JJ. 173, p. 4o9,
an.14-iG.)]
Hastor n» Avoir hà!e de : " E li paiens de ferir
« mult le hastet. - (iîoland, v. 3'<45 ) - « ^''f^^ov-
„ ment le /ifls/o/f de la chore achever. .".(Berte,
counl 12) -2' Dépêcher: » El le cortoisie qu il
» pot'fere en justichant h celi (lui est ses amis, si
,. est de li haster son droit se il a droit. » (Beaum
n 33) -3" Poursuivre: « Si se retournèrent et
','nernirenl que c'estoienl leurs ennemis qui les
. imsloienl. ■ (Froiss. V, 391.) - 4Mrriter, provo-
quer- u Icellui r.aoulin plain de mauvais espiit
IIAS
« respondi au suppliant: se tu me hastes, je te
« batray très bien. » !JJ. 107, p. 374, an. 1375.)]
P.novi:ni!F. : >■ Qui Irop se Iiaste en cheminant, en
.. beau chemin se fourvoie souvent. ■■ (Cotgr.)
iîastercl. rCou, chignon du cou: « 11 tira un
u petit couslelfel (lu'il avoit el l'rappa le<lil d'Auben-
« cbeul que nu visaw, que autour du hastcrel. »
(JJ. 155, p. 209, an. 1400.)] — Parlant du célèbre
bourreau de Paris Capeluehe : • Le duc Jean de
« Bourgogne luv fil coupper le col ou hasterel. »
(Fenin,'llisl. deCbarles M, an. 1418, p. 408.) -
« S'il y a . ne viel ne jeune qui se mette au fouyer,
« par Dieu, je le ferav pendre par le hasterel. »
(Hisl. de B. bu Guesciin. par Ménard, p. 99.)
Panre le volt, mais cil li donne
Tel cop du cibet, qu'il l'eslonne.
Quant li moine fut ostonnez,
Guillain a son cop recouvrez, ç. r' M -i- c i
Et le refiert et liaslcrcl. [Fahl. de h. h. }ol. Jj '.;
.. Avoit la barbe si longue qu'elle luy venoil jus-
. ques au hasterel. » (Percef. I, fol. 63'^.)
Iiasteiir. Piôlisseur, officier de bouche : « Pola-
.. giers, /(«s/îCHr.s,- gens d'espices, lailleurs, cor-
« douenniers, secrétaires. » (Desch. fol. 378.)
lïastier, s. Grand chenet ^ plusieurs crans où
l'on metloil p!usie'.;rs broches. Dans une guerre
entre les Anglois el les Ecossois , ceu.\-ci ayant
abandonné un poste, les Anglois » trouvèrent pUis
» de trois cens chaudic! es faites de cuir a tout le
« poil pendues dessus le feu pleines de chair et
.. d'eau pour faire bouillir et plus de raille hast/ers
» pleins de pièces de chair pour rostir. ^; (Froiss.
liv I p 22.) — Parlant des habilans de Mcaux
assiégés dans leur marché par le roi d'Angleterre:
« Airiien de lances combattirent par longue espace
« de hastiers de fer et tant con'.inuercnl que pour
« ccsle fois reboulereut iccux Anglois hors de leurs
« fossez. " (.Moustr. I, p. 318.) - [- Par devant lui
>. trova un escuier Qui en sa main porloit un grant
« haslier. >• (Garin, dans D. G. 111, 033 \)]
llaslSe'i, lïastJÎ, îïaslis. [1° Prompt, pressé
de- « De sa parole ne fu mie hasiifs. • (Roland,
y ['.Q)-] — .. Si ne vous vueillez troubler, gentil
«"chevalier, du langage de la pucelle; car couslu-
.. mierement elles soûl husiives déparier. » (Percet.
l. V, fol. 3^)
.... Cil est chelis
Qui aimme. s'il n'est AasHci; j-/di
Lie joir el volentiex. ( Val. n" io32, fol. io4 ■>.]
'>> [Prompt, en parlant des choses: « La bataille
» csl merveiiluse et haslive. » (Roland, v. 1610) -
a Si avcs pour ce bon advis el liastieu conseil. ;
fFroiss. U. 251 ) - 3' Qui s'emporte vite: « Car il
» senîoient le rov haslieu. » (Froiss. Il, p. l-i) -
» Doublant qu'il'ne les \illenasl el luasl parce qu il
« estoil homme moult périlleux el /ifls/is --(JJ. 139,
p 10 an 1.389.1] — " Fsloit colérique et hastif. »
(Le c'h" de la Tour, Inslruct. à ses filles, fol. 11 •■'.)
_ 4» Pressant urgent: « En cas haïtien que il ait
« meslier d'aide. '• (Ord. des R. de Fr. I, p. 400.)
Hastille. lîoudin: « U n'esloil lue pourceau
HAT
- 25 —
HAU
dans tout le voisinage dont il n'eiisl delà hastille
« et des boudins. » (Rab. III, 218.)
Hastiveau, s. Saison hâtive. (Monet.) — « Fi-
« s'ues, poires de liastiveau. « (Nicot.) Ce mot s'est
pris dans un sens figiïré pour désigner un étourdi :
Hasliveau qui est le nom d"un raisin précoce et
« plus hàtif que les autres, dénote un étourdi qui
« se hàle trop pour donner ou pour prendre un
« conseil. » (Duchat, sur Rab. I, p. 270.)
Hastivement. [En hâte: » Uastivemcnt li est
clieuz as piez. ■■ (Roncisv. p. 6i).) — « La richesse
<■ liasllvenient venue, hastivement s'en va. » (Mén.
t. 1, p. '.).)] — Parlaiit des monnaies qui avoieiit été
altérées: « Cils remèdes soient mis hastivement,
« comme la grant nécessité le requiert, n (Ord. des
R. de Fr. 1, p. 755.)
Ilastiveté. [1° Colère, emportement: « Se mes
« serjans par sa folie ou par hastiveté, meffet en
« cas de ciieme. » (Beaum. XXIX, 3.) — « Benat,
« considérant que autant valoildire touchin, comme
« rebelle et traître, meu de chaude cote et de liasti-
« veté, l'ery d'une dague qu'il portoit, ledit l'roven-
« çal. » (J.l. 137, p. 107, an. 1389.) — « Se li rois
« Phelippe a fait se hastieveté et se felonnie de
« mettre ;'i mort si vaillans chevaliers. » (Frciss.
t. IV, p. 209.)] — <• Item sont privées femmes par
« raison de leur hastiveté, si comme fusl Calphur-
» nie qui ne pouvoit souffrir que en nulle manière
» sa partie delfendist, ne que le juge y donnast
« appoiiictement sans dire hastiveté au juge ou à
partie. » (Bouteiller, Som. Rur. G74.) — « Nature
» de femme est telle que a grand peine attend après
« ce qu'elle veult scavoir et par la hastiveté d'elles
» ne sont elles ja dignes de longuement tenir terre
« sans souverain. » (Percef. V, fol 73*'.) — « Hasti-
« veté de chaulde colle. » (.^rest. Amor. p. 398.) —
2" PrompliUide : « N'eust esté sa merveilleuse has-
o tiveté, il estoit fricassé. « (Rab. Il, p. 235.)
Hâte. [1° Lance : « Pourveu de espée, Iiate,...
<• qui sont armes défendues. » (JJ. 98, page 53.3,
an. 13G3.) — 2° Mesure agraire en Bourgogne. Voir
IIaste.]
Hatemenue. [Echinée de porc : « Duquel hos-
« tel ilz eussent fait cuire et appareiller une liate-
« menue de porc, que le suppliant avoit apporté
« d'Estampes. » (JJ. 1/(3, p. 273, an. 1392.)]
Hâter, Hatir. [Se provoquer, se quereller :
« Lequel Berarl dist à icellui Chauvet, que s'il le
« hatoil, que il lui donneroit un bouffeau ou bufl'e. »
(.IJ. 159. page 4, an. 1404.) — « Pour celle cause en
« eulx hatissant l'un l'autre de leur povoir et en
« desmentant l'un l'autre. » (JJ. 109, page 431,
an. 1370. g
Hatereau, Haterel. [Cou, nuque de l'homme
ou des animaux : « Ung gigot de mouton rosli et
« ung Itatereau ou col de veau aussi routy. »
(JJ. 194, p. 266, an. 1467.) — « Guillaumes de Dou-
« glas encarge la chaîne et le vasselet d'or et le mit
« en son hateriel. » (Froiss. II, 203.)] — « Il estoit
« laid et deffiguré, car il avoit les espaulles haulles
VII.
« et bossues, et le haterel ou le col avoit court et la
" teste grosse. » (Percef. I, fol. 25 ''.) — Parlant des
armes de Béarn :
De deu.s vaches en rouge peauls
Passans, et à leurs hateriaus
Ont esquieres d'asur. (Froiss. f. 2S5 '.]
Hatif. Diligent, empressé :
Vint messagier Initifz
Disant qu'à lui parler vouloit. (V. de Cliarles VIT, II, S.j
Matisser. [Brandir : « Le suppliant esmeu de
« challeur hatissa ung petit haston qu'il portoit et
« list manière d'en vouloir ferir icellui Ducaslel. »
(JJ. 194, p. 207, an. 1400.)]
Hattayne. [Dispute : « Icellui Thevenin querant
« à son povoir liattaynes et riote. » (JJ. 115, n. 321,
an. 1.379.)]
Hauban, Hautban, Haubannier. [Droit
payé en argent ou en nature par les ouvriers de
certaines corporations pour exercer leur métier cà
moins de frais : « Haubens est un propres noms
« d'unecousiumeassiseanciennement, par laquelle
« il fu establi que quiconques seroit liuuhanniers,
« qu'il soit frans et ù moins de dro;:;tures palans
» du mestier et de la marchandise dont il seroit
•' haulbannier... Hautbannier furent anciennement
« estably à un muid de vin, palans en vendanges
« au roy ; et puis mist li bons rois Phelipes ce muy
« de vin a .vi. sols par. pour le contens qui estoit
" entre les poxr es h au tbanniers. et les eschanrons
« du roy qui le muy de vin recevoient de par le
" l'oy Tous les mestieis de Paris ne sont pas
'< hautbanniers, ne nul ne peut estre hautbannier,
« se il n'a esté et est du mestier qui ait hauban ; où
« se li rois ne lui ottroie par vente ou par grâce »
(Reg-. des Péages de Paris, liv. II, et le livre des ines-
tieis, éd. Depping, p. 6.) — On lit encore au statut
des droits du chambrier de France, an. 1410 : « Le
« hautbannier du roy ne doit estre contraint de
" acheter ledit mestier de friperie dudit chambrier,
» ne de son maire pour lui, puis qu'il soit fait
« luiutbannier du roy, et que de lui il a acheté
» ledit hauban. Item que \ed\l liautbannier est tenu
» de acheter son dit hautban du roy, ou de ses
» ofliciers pour lui, et non d'autre, et si est tenu
« de estre estagier dedans la banlieue de Paris, et
« de paier au roy, ou h son receveur pour lui, si
« to.st qu'il est fait liautbannier .xxv. deniers, et au
« dit chambrier .xiv. deniers. Mais outre il est tenu
«' de paier au roy par chascun an .\i. sols .vin de-
« niers parisis; et parlant ledit hautbannier peut
« vendre et acheter toute manière de pelleterie
« vieille et nouvelle. ■>]
Haubby. [Ilobin, cheval qui va l'amble; compa-
rez l'anglais Iwbby ; on lit dans Math, de Coucv
p. 593 : « Un Jmubbij d'Irlande. »]
Haiiberc. [Chemisette de mailles garnie d'épau-
letles de fer. Celte armure, très montante, était dite
en tudesque halsperg ou hatsberg, défense du cou
(Voir pour le xi' s., la Chanson de Rolasd, édit. class
p. p. L. Gautier, p. 408 à 410, et pour le xiu' siècle,
Joinville, éd. de Wailly, 3= Eclaire.) — « Se vus alez
HAU
t>G -
II AU
« einsi l'espée truile à curt, Voslre hauberc vestu,
" en main voslre beluirt, Entre vus et le rei e ire e
« graigiie en surt. » (Th. de Cant. 3G.) — « Et dei-
« veut estre armés, on champ, de hauberc et de
« chauces de fer et de tieaume a visière. » (Ass. de
Jér. I, 170.)] — [Un capuction de mailles, dit coille
de haubert se portail sous le heaume : • Si lierl
.< Naimun en l'helm principal ; A 1" branl d'acier
« l'en trenchetcinq des laz. Li capeliers un denier
" ne li vall ; Trencliet la coife entresque à la carn. »
(Roland,v.3/i3'i.)J — [Lebasdu haubert étail fendu et
formait deux pans dils chausses de haubert] : « Il
« trouva une chausse de haulbert dont les mailles
« estoienl de fin argent, tant bien ouvrées qu'on ne
« pourroil mieul.x. » (Percef. IV, f. 37 ".)
On dislinguait :
1" ïlllanc' hauberc : « Le blanc hauberc derompre
« et depaner. » (Rom. de Garin.) — « Et couvertu-
« res freleler sur blanshaubers, brunis à mailles. "]
'i° [« Veslir et endosser maint bon haubert dou-
« blier. » (Cuvelier), c'est-à-dire aux mailles redou-
blées. — « Vesteut les liaubers doblentins El crai-
« gnent les brans acerins. » (Roman de la guerre
deTroie.)]
3» [Parfois les mailles étaient triples, treslis ,
comme on lit dans Garin, 1. 3.]
4° [Le chevalier seul avait droit de porter le bau-
bert. Par suite, lief de haubert est synonyme de fief
de chevalier : » Membre de (ieu de hauberc est l'ui-
« lisme partie del lieu de hauberc. » (Du Gange, IV,
3^ '>.) — « Tous gentilshommes ayant haute justice
» ou plain lié ùe'haubert. ■> (Carloix, L\, 30.)]
5° Terme de l'argot pour signifier ari/ent : •< Plus
« d'aubert n'esloilen sa fouillouse pour soliciter et
« poursuivre. » (Rab. III, p. 221.)
Haubcrcot. [Diminutif de haubert : » Ne fust
« le haubcrcot vestu. » (Renart, dans Du Gange,
t. m, 019 l'.j]
Hauljergeou. [Pelit haubert; il était d'un tissu
plus léger, à courtes manches ou même sans man-
ches : " Item un haubergon d'acier claret. » (Pièces
sur Gharles VI, II, 399, art. 207.)] — Parlant d'une
guerre entre les Anglois et les Gallois : « Envoya le
» prince de Galles en France devers le roy, pour
« avoir argent et du harnois, elaide de gens. Leroy
« fut content et luy envoya un beau bassinet
« (habillement de lète que portoient anciennement
" les gens d'armes) et un liauberi/eon. « (Juven.des
Ursins, Ilist. de Charles VI, \). 102.)
Expressions :
1° " IJaubergeon de femmes, » corset. (Colgr.)
2° « Maille à maille on fait les liauberi/eons, »
les affaires se font petit à petit. (Oudin et Rabelais,
t. I, p. 00.)
Hîiubergeonniei', s. Ouvrier qui fait des hau-
bers : « On appelle Iiaubergeonniers les faiseurs de
« chemises de mailles. » (P'auchet, Orig. p. 59.)
Haubergcrie. [Collectif de haubert : <• Trois
« cens hommes couvers de haubergeric et de llan-
« chieres. » (Chr. de Flandre, ch. 79.)]
Haubergie. Robe étroite :
Chascun s'envoisa;
Li ami et les amies
Orent gans sousquanies,
El totes les huubcnjies,
Et corsés a deus pincies. (P. av. iSOO, II, p. 744. J
1. lîaiibergier. [Fabricant de haubert, au liv.
des Met., éd. Deppiug, p. 00.]
2. Haubergier. [Revêtir le haubert. Voir
Garin, I, 203 ; Aubri, p. 158 i'.] — Parlant de la
descente de Guillaume-le-Bastard en Angleterre :
Donc issirent li chevalier
Tuit armé et tuit haiihfrgié. (Roii, p. 30'3.J
Cil du chastel sont hauheiyié
Puis s'en issent tuit adoubé. (Blanch. f. 183. J
lîauce. Enchère : » Le seigneur bailli, lieute-
« liant ou sergent, peut recevoir autant de hauccs
« et rencheres qu'on lui ofire jus(iues au pouce de
" la chandelle. » (Coût. Gén. t. II. p. 918.) — « Les
« eschevins... fout vendre... par haulche et rencbe-
« riere de paulmées. » (Goût. Gén. Il, p. 919.)
llaudrague, Haiidraguier, liaudrager.
[Drague, draguer : « Il est bien sceu que les devan-
« chiers dudit Fremin... ont le ditte rivière fait
« netier de haudraguc, de faux et de rastel... Ledit
<> Fremin d'ores en avant sera tenu de y faire netier
« et //fN/r/jT/i^cr souffisaument. •■ (Liv. rouge de la
Maison Dieu d'Abbeville, f. 23 '', an. 1305.) — On lit
au Cartulaire de Corbie, 23, an. 1148 : « Netoier et
« haudraguicr les iossez. »]
Haulage. [Droit d'étalage dans une halle :
« Avons baillée en perpétuité et à héritage à tous-
« jours à Pierres Briefer, bourgois de Ilarrefleu et
•■ ses hoirs, la haule de la ville de Ilarrefleu, haut
•< et bas, et tout le haulage de la ditle ville apparte-
« nanl à la dite haule. » (JJ. 53, p. 374, an. 1310.)
— >< Comme Regnaull Briefer tiegue de nous eu
« lieuferme la haule et le Itaulageûe la ville baulte
« et basse de Harefleu. » (JJ. 98, p. 590, an. 1304.)]
Haulcée, s. Action de lever une arme pour frap-
per : " A chascune haulcée de la hache que messire
« Nicole faisoil. » (Saintré, p. 393.)
Haule. [Halle : « Chascun des habitans vendant
« par destail sel ou marchié le samedi desoubz
« noslre haule ou en nosire place. » (Ord. III, OOO,
an. 1358.)]
lïaulsage. Hauteur. Parlant d'un enfant armé
d'une petite épée dont il donnoit des coups : >< Il
« estoit si mauvais et impatient que à tous il flst
« sentir le trenchant de son espée, combien qu'elle
>c n'avoilgueres de haulsage sur luy. » (Percefor.,
vol. IV, fol. 37'.)
llaulsaire. Pillard : « Le comte de S. Pol
. (en 1414) se prépara pour assiéger la forteresse
« de Neufville sur Meuse , en laquelle estoienl
« aucuns Jiaulsaires, de par Jean d'Aulhe seigneur
« d'Ochimont, qui continuellement courroienl et
« faisoient guerre en la dite duché de Luxem-
« bourg. .. (Monstr. I, fol. 214 ^.) — « Si y avoit il
« (en 1445) haulsalres, el autre grand nombre de
HAU
— 27 -
HAU
« paysans, de gens du pays qui faisoient a ses gens
» très forte guerre. » (Coucy, llist. de Charles VII.)
Ainsi debatent
Deux maulx qui en moy se combatent
Et, pour mon cueur gaigner, s'embatent,
comme haulsaires,
PiUars de joye, et adversaires. [Al. Chartier, p. 051.)
Hîvulse. [Partie d'un pourpoint, d'un surcot
(voir Hausse) : • Le suppliant d'ung baston donna
« ung cop sur une des liaiilses du porpoint d'icel-
« lui Colin. .. (JJ. 19-2, p. 70, an. 1400.)]
Haiilse menton. 1° Espèce de béquille pour
les vieillards. — 2° Vanterie, forfanterie. (Cotgrave),
comme lunissebcc.
Haulse pied. 1° Piège à nœud coulant pour
prendre loups, tessons,' renards. (Cotgrave.) —
■2» Chausse-trape :
Des niaces de Damas, des tléaux,
Des piques que les Flamens ont.
De hauce-picz qui sont ysneaulx.
De plommées qui corps defl'ont
De broches d'espiez telz qu'ilz sont.
De faulx trenchans sanz es|ierance
De guérir soit mort ou en trance. (Desch. f. ."C>0 '.)
3» Ce qui aide, soutient, élève : « Cela leur fut
" comme un /)fl»Zsf/j?Cf/ et montoir pour parvenir
« à grands grades et à bien grands biens. •> (S. ,Iul-
lien, Mesl. liist. p. o90.) — Parlant d'une conversa-
tion qu'il eut avec la reine et d'une proposition
qu'elle lui Ht, dit : « J'eusse esté bien aise de pou-
" voir pénétrer si cetle proposition n'etoit pas le
« hausse-pied de quelques négociations souster-
" raines. » (Mém. du cardinal de Retz, t. II, liv. III
page '287.)
Haulserée. Action de bausser, de tirer sur une
rivière de grands bateaux, à force de mains d'hom-
mes. (Cotgrave.)
Haulserîe. Hauteur, fierté. (Cotgrave.)
Haiiltain. [l- Elevé, supérieur : « Helas, dame,
« je vous asseure Que je ne suis jamais une heure
« Sans penser à ce haullain bien Lequel par vous
« j'enlens très bien. » (Alchim. à nat. 1.3!).) —
'2* Fier, orgueilleux : « Le rugissement haultain et
« espovanlable de ce lion. » (Montaigne, II, 192.) —
« Or nous advcrlissons que nous ne' prenons icy ce
« mot subtilement au sens haultain et eslevé des
« théologiens et philosophes. » (Sagesse de Charr.,
préf. p. 1.)
Alors on veit nobles cueurs s'esprouver
Qui desiroient aux armes se trouver
Pour leurs. vertus et vaillances prouver
Par /ioi(/(a!i!s faicts. (J. Marot, p. mO.J
[3° Epileplique : « Incontinent que le mary
" d'icelle Perrine fut couchié, chut auprès d'elle de
« maladie caduque; dont icelle print telle p:iour,
<- qu'elle fut en voye d'en devenir haullaine. »
(.IJ. 189, p. 59, an. 1400.)] Voir IIaut.^ix.
Haultaineté. Arrogance. (VoirHAUTAixEiÉ) :
Mesdit d'autrui trahison, fausseté.
Dissimuler, mentir avec leur trace
Glotonnie, orgueil, hauUenveto. (Desch. f. 53 J.j '
[" Jehannin Prévost persévérant tousjours en son
« mauvais propos et haultaineté. • (JJ. 1G8, p. 3H,
an. 1415.) — » Afin que Marcius contre son naturel
« fust contraint de s'humilier, et abaisser la haul-
« taineté et fierté de son cueur. » (Amyol, Aie. et
Corr. Comp. 8.)]
îïanltbret. [« Les exposants emmenèrent
<■ ladifle tille, senz cri de haro ne de hauUbret. »
(.IJ. IL"., p. Si, an. 1.379.)]
Ilaumant. [Commandant en Flandres, de l'alle-
mand liunptmann ou du flamand hoofdmann :
" Comme ou temps que ceux de Flandres furent
« rebelles à nous,... eussent esté ordennez pluseurs
« capitaines et hauvians oudit pays. ^ (jj. 129,
p. 220, an. 1380.)]
îlaumer, Hausmer. [Ajuster : « Jehannin
« Armenault, qui avoit une pierre en sa main,
« haumu son cop et en la getlant droit contre
« Gauchet. » (JJ. 109, p. 445, an. 1416.) — « Icellui
« Cosseron sacha son espée, hausma son cop en
« cuidant bailler de sa ditte espée au travers du
» visage, r. f.j,). 170, p. 221, an. 1418.)]
llaiiqueton. Iloqueton : « Berlran fery le che-
" valier en son escu, ou il l'avoit feni le premier
« horion, tant qu'il lui perça le liauqueton ; et fery
« parmy le corps en telle manière, qu'à pou qu'il
« ne lui perça le foye et le pommon. » (Du GuescL
par Ménard, 42.)
llausage. [Hauteur, fierté, au figuré : « Vers
•< moi qui riens ne demaiit par liausage Et qui sui
'• tous voslres à biretage. » (Littré, Hist. de la lan-
gue fr. I, 229.) — « Icellui Coquart vint hurter à
« luys de la maison en disant par liaussar/e,
« Maliuiste, euvrel'uys; laquelle Mahuiste lui res-
" potidi que non feroit et qu'il n'y entreroit hui
« maiz. » (JJ. 132, p. 13, an. 1.387.)]
Chil alieve son hontage,
Qi par forche et par outrage,
Veut d'amours joir.
Itien i doit faillir
Qui le reqiert par liaitsaige. (Vat. i400, /'. 01 " ]
Hausagier. [Trailer avec Iiausaye : « Il ne fai-
« soient mies ensi que bonnes gens d'armes et
« amis au roiaulme de France dévoient faire, quant
« il les voloient mener et /(«Msafti/^-. « (Froissart,
t. X, 401.)]
Ilausai't, s. Couteau de chasse. Parlant de
Partonopex qui reprend l'équipage qu'il avoit eu
lorsqu'il se perdit à la chasse :
L'en li amoine son cheval
Et com à sele à chaceor
Le haimarl et l'escorcheor
Le harnois que il aporta. (Parla». /'. 14.3. J
Haussaire. [1° Hautain, arrogant : « Lequel
« Farou esloit ung homme haussaire, basleur de
" gens et brigans. » (JJ. 207, p. 175, an. 1482.)] —
2" Pillard : « Combien... que les voisins liaussaires,
« rustres et pillars cessassent leurs courses et
« leurs pilleries. » (01. de la Marche, I, 332.) Voir
Haulsaire.
Hausse. [Partie du vêtement : « Pour une
« pièce de cendal tanné, des larges, pesant .xxiii.
HAU
- 28
HAU
« onces, pour faire hausses et atours pour ma ditle
« dame. ■> (Isabeau de Bavière, aux Nouv. Comptes
de l'Argent, p. '27.) — Do même ii la page 34 : « Pour
« .111. ouces de soye tannée pour faire liausses. »]
Haussebec, s. Niquet, action de hausser le
menton en signe de moquerie : « Lupolde ayant
« l'aureiile au vent, escoutant les hausses-bec et
« adinirutives d'Eulrapel, le babil du quel il crai-
" gnoit.... jella sa fleuste et guiterne bas, et un
« quartier de sa robbe longue sur son espaule ; se
« planta droit et en face de Polygame : que vous en
« semble dit-il? » (Contes d'Eulrapel, p. -l'.S.)
llaussebequer. [ITausser le menton, en signe
de moquerie : « Et désormais le colosse pipeur
« Pour sa hauteur ne fait seulement peur Qu'au
« simple sot et non à l'homme sage Qui liaassebe-
« que et mesprise l'ouvrage. « (P.ons. 951.)]
Hausse-col. Pièce de fer qui couvrait la poi-
trine et les épaules : « Il estoit armé d'une petite
« salade ronde et avoit la visière couverte et
« armée d'un petit haussecol de maille d'acier. »
(01. de la Marche, iiém. liv. I, p. 299.)
Hausser. [1° Rendre plus haut : >< Por ce ne
« demorra pas, quant li uns vaurra haucier se
« meson, qu'il ne le hauce et que cascuns n'ait sa
« goutiere par devers soi. » (Beauman. XXIV, 22.)
— 2° Lever : « Et lors il haiiça sa potence et feri le
« ,Iuif lès l'oye et le porta par terre. •• (Joinville,
§ 52.) — « Le suppliant trouva ledit Cousin, lequel
« il print par le visaige de son chapperon, et en le
« /iflMf/(aHi asez courtoisement. » (,(J. 147, p. 13i,
an. 139'i.)] — Parlantdessermens que doivent faire
ceux qui sont tenus de combattre en champ par
gage de bataille : « Premièrement vient l'appellant
« la visière hauehée, tout à pied, parlant de son
« pavillon avec ses gardes et conseil. » (Ord. des
R. de Fr. I, p. 439.) — 3" Relever : « Après que les
« tables furent haulcées et le roy hors de son disner,
< retourna pour voir comme la jousle se porteroil. »
(D. Florès de Grèce, folio 153 ''.) — 4° Augmenter,
parlant du prix de la monncie : » Mandons que
« toute manière de gens quelque il soient appor-
<i tent îi nostre plus prochaine monnoye la moitié
« au moins de leur vaisselement d'argent blanc
« et payment leur sera fait du pris présentement;
« lequel pris nous creu et haucié, outre ce que il
« ne valoit. " (Ord. de Philippe-le-Bel, aux Ordonn.
de Fr. t. I, p. 347.) — 5° Elever : ■> Que Dieu vous
« haulse en fortune prospère. » (Cl. Marot, p. 211.)
Expressions :
1° « Hausser la main, » assister, secourir : « Ce
« grand capitaine eut pour lieutenant à sa compa-
« gnie de cent hommes d'armes don Diego de
« Quinones qui lui haussa bien la main en ses com-
« bats et victoires. " (Brant. Cap. Estr. I, 102.)
2' Hauhcnt respaxlle à mode des Lombars
Doubtans qu'on eust dessus Gènes victoire. [Marot, '^3.}
On lit au Disc, de la Noue, p. 409 : « Hausser les
« espaules à l'italienne. »
3° « Hausse qui baisse, » espèce de jeu, la bas-
cule. (Apol. d'Hérod. p. 496.) — « Jouer à la hausse
« qui baisse. « (Cotgrave.)
4° « Hausser le temps, » boire. (Rab. t. Y, p. 104 ;
Bouciiet, Serées, I, 10.)
Haiissere, Haussiere, s. « Corde a haler et
« tirer une nef au long du bord de l'eau. » (Dict.
de .Monet.)
1. Haut, ftf/J. ri" Elevé, comme allus : <■ Hait
« sunt li pui. .. (Roland, v. 1755.) — « Devant le
'< hait allel fu li cors sainz portez E de moines e
« d'allres fu tute nuit giiardez. » (Th. de Cantorb.
p. 153.) — 2° Solennel : « A Seint Michiel tendrai
« mult lialte fesle. » (Roland, 53.) — « Le jour de
« la Pentecoste ensuivant fut le roy a Limoges ou
« il tint sa Jiaute [este. » (Berry. Cbron. de 1402 à
1461, p. 418.) — 3° Noble: « Bon sunt li cunle e
« lur paroles haltes. » (Id. 1097.) — A" Hautain,
allier: .< Le duc esloit hault de cœur et d'une
« manière moult orgueilleuse. " (Froiss. XIV, 237.)
— Le comparatif était halcur : « Cum il est en sun
" pn]e\s halcur. » (Roi. v. 39158.) La Chron. des ducs
de Normandie donne liaucor. Le superlatif est hau-
tiine, hautisme. Voir ce mot.]
Expressions :
1° « Haut appareil et de Itaute Hce[harnois de). »
L'usage de ces armes ne subsisloit plus sur la lin
du règne de Louis XII, à cause de leur poids qui
eût été la charge d'un crocheleur, « car, outre le
« harnois ordinaire d'homme d'arme, il y falloit
« endosser un tonnelet, et sur iceluy avoir un
« grand gaignepain en forme d'escu ; tout semé de
<' dents de mules, ou chevaulx, et avec tout cela un
« gros et pesant heaume sur l'armet. » Et l'auteur
ajoute qu'il y avoit une diirérence entre la haulte
lice elle Itault appareil, sans expli(iuer en quoi
elle consistoit. (S. Julien .Mesl. Hisl. p. 442.)
2° « Hault assis (faire le), » trancher du souve-
rain, comme un juge assis sur le haut banc: " Si
« dist aux bonnes gens ou sont les Iraislres.... (jui
« en celle forest veulent faire du hault assis
« Quant Passelion vit les six chevaliers qui tenoient
« le peuple en leur suhjeclion il leurdisl. » (Perccf.
IV, fol. 133".) Voy. dans Villon, p. 111 (Ballade des
Ecoutans), « les beaulx sires bas assis, » qui sem-
blent désigner la foule des plaideurs et autres qui
se tenoient dans le parquet de l'auditoire.
3° « Haut d'aureilles, ■• dur d'oreilles. (Cotgr.)
4" >' Huult de ses biots [le plus], » le sommet de la
tète: « Porquoy tournant le taillant, luy donna tel
« coup du plat sur le plus hault de ses biens , qu'il
« le jella eslourdis à ses pieds. ■■ (D. Flores de
Grèce, fol. 51 1'.)
.5° « Haull bois (jouer du), « être pendu. (Oudin.)
G° » La haulte Bretagne, » pour la Grande-Breta-
gne. (Percer. II, fol. 90"'.)
7° « Haut caresme » se dit du carême qui arrive
tard. (Oudin, Cur. fr.) — ■■ Nous avons le caresme
« bien haut. >• (Lett. de M"" de .sévigné, V, p. 2i.)
Voir Haute iirriu:, ILvut jor», au même sens.
7» bis. [Haut chemin, grand route , dans Froiss.
HAU
— 29 -
HAU
XIIl, 205.] De même dans Descli. fol. 212% et dans
la Coutume de Gorze, H, iOD5^'.
8" « Ilntilles choses et busses. » C'est le vaiel
d'Amphitryon qui parle :
Toute a changée sa manière
Les choses vont devant derrière
Bien m'a logique desvoié
Qui de mon sens m'a furvoié
Par arguraens et par fallaces
Suy des hatclles choses et basses
Mais bien sçavay a ceste fie
Si je suis ou je ne suis mie. (Dnsch. fol. 4GI <=.)
9° « Haute couleur, » couleur de grand lustre et
beauté. (Monet.) — « Haute couleur, » rouge loncé,
vermeil, comme nous disons haut en couleur : « Les
« roses des rosiers estoient de si haute couleur
« vermeil qu'il sembloit que ce fussent de fins
« rubis. » (l'ercef. IV, l'bl.2i'.)
10° « Haute dame, " suzeridne :
Tout est fait pour homme servir,
Et homme est fait pour servir dame.
Il ne s'en peull desasservir :
Il est sien jusqu'au partir del'ame,
La dame eu est la hanldc dame
Car elle est maistresse du maisire. [A. Cha/tier, p. 751. J
11° « Haute forest, » haute futaie. (La Thaumas.
Coût, de Berri, p. 2(iG.) — « Bois de hautes forets
« de deffense accoustumez esire vendus de six
« vingt ans en six vingt ans, chacun arpent six
" livres tournois en prisée de terre par an chacun
« arpent douze deniers tournois. » (Coût. Gén. I,
page -'(2i.)
12" » Haute graisse , « la pleine venaison de.s
cerfs. (Charles IX, de la Chasse, p. 14.) — Haute
graisse s'est dit aussi des chapons, dans l'énuméra-
tion des viandes qui furent servies aux ambassa-
deurs de Bohème, en 14ô7. — On lit « chapons de
haute graisse. « (I. Chiirtier, Ilist. de Charles VII,
p. 296, et Monstr. an. 1450.) D'où « livres de Iiaulte
« gresse, >> dans luib. I, Prol. p. xlv, et « bréviaire
« de tiaule graisse » (Id. H, chap. VII).
13° '<//««//(? heure, » le soir: " Il fut haulte
« lieure du jour et l'escuyer commença à s'en-
■< nuyer. » (Lanc. du Lac, lll, 57».) — [De même
dansVroiss. V, 400; « De haulte heure. »]
14" .. //rtî/Hiom ou /(«((Hiomme, » baron, haut
baron, grand seigneur d'un pays. (Poët. av. 1300,
t. IV, p. 1335 ; Assis, de Jérus. p. 239.) — « Haut
« Iwme et noble monseigneur, » titre que prenoit
Gui, seigneur de Clermant en Bassigny, en 1331.
(Ord. V, p. 599.) — » Ilauz homes, ^« grands sei-
gneurs, barons, grands vassaux. (Uymer, I, p. 45,
an. 1259.) — « Hauz et noble home, » qualification
donnée au fils aine du roi d'Angleterre. (Rymer,
t. 1, p. 10.)
15» « Haulx instrumens. - — « Si y avoit autre
« grant nombre de clarons, trompettes, chantes
« )i aulx et bas instrumens de diverses sortes que
« tous ensemble jouoient chascun endroit soy
« moult mélodieusement. » (Chron. scandaleuse de
Louis XI, p. 110 )
10° « Haut jour, » jour avancé: « Partant de
« liant jour iprovecto jarn die) tu ne reviendras que
« bien tard. >- (Monet.) — [« Il estmeshiiy trop tard
'< et trop liault jour. » (i'roiss. XV, 17.) Voir Haut,
adverbe, au même sens.]
17° .< Haulte journée » d'un tournoi, par opposi-
tion à la veille ou vigile du tournoi : « Si firent
« assavoir à plusieurs jeunes chevaliers qu'ils fus-
« sent appareillez de eulx armer, et eux trouver
« dans le marché ou le tournoy devoit estre a len-
« demain, car celle nuyt l'en devoit célébrer les
« vespres, et faire ung tournoy a l'honneur de la
« haulte journée on les preux et les hardys con-
« querroient honneur. » (Percef. IV, fol. 59^)
18° » Hault lengage , » comme on dit le haut
allemand.
19° » Haulte main. » Le roi d'Aragon étant
venu rendre visite à Louis XII dans Savone, celui-ci,
comme étant de ses Etals, lui en fit les honneurs :
» Se prindi ent les deux roys par les mains ; le roy
•' d'Arrag'on a la haulte main. » (D'Auton, Ann. de
Louis XII, p. 300.)
20° « Hanlt maisire. » — « .lesus-Christ prie le
« iiault maisire qu'il ne me laisse partir de son
« service. .. (Lanc. du Lac, lit, f. lll''.) — « Celluy
« jour sermonna le hault maistre, et le haut pro-
« phete, .lesus en la cité de Ilierusalem. » (Ib. 78^)
21° « Haut maisire de l'ruce , « chevalier de
l'ordre Theutonique. (Froiss. III, p. 355.)
22" « Haut mal, » épilepsie. (Apol. d Hérod. 591 ;
Dial. de Tahur. p. 177.) — « Haut mal S' Leu , »
dans les Poés. d'Eust. Desch. 350'. — « Mourir du
« liant mal, « être pendu. (Oudin.)
23° ^f Hauts marchands, » marchands de bes-
tiaux. (Coût. Gén. 1, p. 917.)
24° « Haulte messe, « grand'messe :
Nulz ne voit oir haulte messe ;
Car le dimenche pour la presse
Tous ensemble et chascun se passe
Jloult legieremeut d'une basse. (Desch. fol. ^lOS ''.,/
25° « Haut nex> (chien de), » chien qui a le nez
excellent, aux Pocs. d'Am. Jamin, fol. 64 '' :
Rigaut qui de haut nez est toujours le premier,
Et qui rembuche mieux un cerf de haultes erres.
20° « Hante none, » heure de nonebien passée.
(Percef. I, fol. IIS''.)
27° « Haut-parage. » — » C'est la plus excellente
« pairie, à sçavoir des pairs de France et des sei-
■< gneurs du sang royal qui tiennent leurs terres
« en pairie et qui dépendent de la maison de France
« pour leur avoir été donnez en apanage. D'autres
« prennent ces fiefs de haut par âge plus generalc-
" ment, pour estre mouvans, non du roy simple-
« ment à cause des duchez, comlez, chaslellenies
1 ou seigneuries, dont il jouit en domaine en son
« royaume, mais pleinement et direclement de la
« couronne de Fx-ance. » (Laur.) — « Haut parage
« [estre de), » être de grande condition. (Oudin.)
28" « Hault parler, haultes parolles. ■■ L'auteur
parle des maris et des femmes : « Il est raison et
« droit que le seigneur ayt les haultes parolles, et
« n'est (lue honneur a la bonne damedel'escouter,
« et se taire en paix, et laisser le hault parler a
HAU
— 30 -
HAU
■« son seigneur. » (Le Ctiev. de la Tour, Inslr. à ses
filles, fol. 10 ^)
29° « llaitt-jxissai/c , » imposition de sept sous
sur dillVreutes denrées. (Cotgrave.)
30" Jiaitll. el vain paslurago. » (N C. G. II, 1091 ''.)
31° « llaule pièce, » haut de la cuirasse, liausse-
col : « Ilarnois d'acier de double trempe, batu, blanc
« et bruni : tous accomplit^ de toutes pièces, de
« heaumes avec les pennaches, visières menton-
« nieres et barbules gorgerains, jasserans, colliers,
« hautes pièces, avant bras, ganteletz. » (Alect. 79.)
32° 1 Haute possession, « qui fut d'abord de 21
ans, et qui, depuis, a été de 40. (N. C. G, II, H38'.)
33° » Haute quarentai ne , « peut-èlrc les jours
du carême les plus avancés, comme ceux de la
semaine sainte. (Poct. av. 1300, IV, p. 13C0.)
34° « Haut seigneur, » haut et puissant seigneur:
« Qualité que le bai'on vraienient sieur de fiel' de
« haubert avoit droit de prendre ce qui n'esloit
<c permis qu'îi ceux qui reprennent immédiatement
« de prince souverain.' » (S. Julien, Mesl. Ilist. 594.)
Le duc de Bretagne, écrivant au roi de France,
commence ainsi : « A son lvesl)ault seigneur, Louis
» par la grâce de Dieu noble roy de France. »
(D. Moricè, Histoire de Bret. col. 998, an. I2G5.) —
« Haut seignor ou seignour, « qualilication donnée
au roi d'Angleterre par la duchesse de Bretagne.
(Rymer, I, p. I, 53, an. 1200.)
35" « Hait saine [rie). » (Lois 'Sovm. art. 9) ; dans
le latin : de nnbili sanguine.
36° « Hantle table, » grande table: » Pot de pare-
» ment envoyé par la reyne, de sa haulte table, h
« celle de plusieurs chevaliers pour leur faire boire
« de la boisson de sa bouche. » (Peicef. II, 37'.)
37° « Aute et basse (taille), » imposition entière,
ahsolue, à la volonté du seigneur. (Duchesne, Gén.
des Cbasteigniers, p. 28, an. 1246.)
38" « Haut temps, » en terme de chasse. (Charles
IX, delà Chasse, p. 13.3.)
39° •< Haulte tierce, » l'heure de tierce bien avan-
cée, presque finissante, comme on a vu ci-dessus
haulte heure. (Voy. Percef. V, fol. 34''.)
40° '< Haute vertu et liante vie, » pour vertu émi-
iiente et conduite excellente. (Chron. de S. Den.
l. I, fol. 126 I'.)
41° [« Il l'eust faict appeller (en duel); car il
« esloit hault h la main et prompt à la vengeance. »
(Brant. Launoy.)]
2. Haut, flrfy. [1° A haute voix: « Li reis s'en
« escriet mult hait. « (Roland, 3334.)
De là les expressions suivantes :
« Sire clerz, tout en liault nous dites la leçon. »
(Saxons, 1. 25.) — » Bêle Amelot seule en chambre
u filoit. En liait chantoit, el son ami nommoit. »
(Romancero, p. 72.)
2° Tard : « En ce temps escheurent les Pasques
« si haut. « (Froiss. IV, 138.)
3' Hautement, profondément, grandement.
De là les expressions suivantes :
« En hait. » (Fabl. de S. G. fol. Il '.) - « Porter
« haut à la main, » porter hautement, aux Mém.de
Sully, I, 246.) — a Haut louer, » louer hautement.
(Pasquier, Lett. II, 481.) — « Le porter hault, » faire
le fier. (Oudin.) — « faire haut le bois, » redresser
la pique et prendre la fuite : « Les Suisses firent,
« sur le gros du combat, liaut le bois ; et ne fut pas
« possible de les faire combattre. » (Carloix, I, 44.)
— >' Faire haut les bras. » hausser le hras pour
mettre le feu au canon: « Or aviez vous mandé par
« toutes les liatleries (lue chascun chargeasl. amor-
» (,''ist et pointast ses pièces droit audonjon du
« chasteau, tous prests à faire haut les bras. -
(Sully, Mém. IV, 162.)] — « lUiut muré, » grand de
stature, mais mal bâti. (Nicot.) — « Un' plat de
" souppes linuit murées. » (Colgr.) — « Qui plus
« hault monte qu'il ne doit de plus haut chet qu'il
« ne voudroit. » (Cotgr.)
4" [« Plus Jiaut de, plus haut que, » au-delà de,
plus de : « Il n'y en avoit point pour lui vivre plus
" haut de quatre jours. » (Froiss. VM, 270.) — « Et
« n'y eult mies plus haut que six chevaliers d'Ale-
« maigne. » (Id. V, 31.)]
5° « Haut et bas, « entièrement: » Les chemins
« estoient jonchiez de rainseaulx , et d'erbe verte,
« et de nouvelles fleurettes haut et bas. » (Chron.
de S. D. Den. t. II, fol. 4i.) — ■■ Si les contraignit
>■ qu'ils se misrent liaut et bas à sa volonté. »
(Chron. de S. Den. Il, fol. 3 ''.) On lit dans le latin :
ad omnem voluntatem ejus fucienûam potissime
coegit. — « Le comte de Bretagne se sonsmit au
« roy haut et bas. « (Vertot, Eslabl. des Bret. II, 01.)
Ne doit estre jolis
Cuer, s'il n'aime haut el bas. (Moiijot d'Arras, II, 503. J
3. Haut, S. [Etage: « Et avoit oudit chasliel
« trois eslages : ou premier /wHf estoient les gens
« d'armes; au second les arbalestriers, et ou tiers
" estage, tout bon piquelour. » (Froiss. III, 403 )]
Expressions :
[0 «■ Gagner le haut, » s'enfuir. (Oudin.)
2* « Tomber du hault de soy, » tomber de son
haut. (Don Florès de Grèce, fol. 128 1'.)
3° Regarder du /ifl»ieH bas, dans Bouchot, Serées,
111,271 : « Encores aujourd'hui, adjoustoit-il, quand
« le Turc passe par les rues, on ne s'oseroit tenir
« es feneslres el le regarder du liant en bas; et
« c'est, ce me semble, que ceux qui sont les plus
« hauts semblent mespriser ce qui est plus bas
« qu'eux. «
4° Le hault delTend le bas. (Oudin.)
Hautaiîje . s. Hauteur. ■> A l'extention ade-
« certes des draps, les pendouers doivent estre
«■ fiches à terre par esgal hautaige. » (Ilist. de
Beauvais, par un Bénédict. p. 279, lit. de 1282.) On
lit dans le latin : ad extensionem quoque pannorum
pediloria œquali allitudine in terra cfpgi debent.
Hautain. [Voir ILult.un. 1° Haut: « Ou saillir
« de la tour du plus hautain estage. » (Saxons,
coupl. 26.) — 2° Remarquable, hardi : « Car elle
• (cesle emprise) ne fet mies à oublyer, tant fu
« périlleuse et hautaine. » (Froissart, III, 236.)] —
3° De haute naissance. — 4° « Faulcon hautain, »
faucon qui vole très haut. (Cotgr.) — 5' Hautein.
HAU
31 -
HAV
Espèce de vigne à deux ou trois rangs de longs
sarmans cordés et tressés d'arbre en arbre, plantés
en droite ligne par égale distance. (Monet.)
liautainelé, s. Arrogance. « La licence du
« langage monstre la Itautauiclé ou pusillanimité
■> des hommes. » (Lett. de Pasquier, 111, p. o77.) —
[« Iceliul Matlielin veant Tarrogance et hautauieté
« du dit Rabaut, qui s'eHor(,'oil de le injurier. » (JJ.
148, p. 'i'iS, an. 1395.)] — Voir ILultaineté.
Hautbois. Instrument à ancbe: « Jean d'Estrée,
« joueur de liautbois du l'oy, a mis en notes de
« musique quatre livres de danseries. » Du Yerdier,
Bibliotli. p. 088.)
Ilauteclere. Epée d'Olivier. [« E vus, cum-
« painz, ferez de Haltccleve. » (Roland, v. 1463.)]
Haute-contre. [Voix au-dessus du ténor: «■ Il
' me semble qu'encor j'oy dans un verl buisson
« D'un savant rossignol la treml.ilanlecbanson, (Jui
" tenant or la taille", or la haute cunlre. Or le mi-
« gnard dessus, ore la basse contre. » (Dubartas,
cité par Ménage.)
Haute liche. [Haute lisse : « Willemet le Blont
« ouvrier de huuteliclie demourrant à Arras. » (JJ.
13-2, p. 1(J6, an. lo87.:]
Hautelissler, s. Ouvrieren hante lisse. Parlant
des dilïérentes manières dont Gargantua employoil
le temps quand l'air étoit pluvieux : <• Alloient veoir
« lapdaires, orfebvres, Jiautelissiers, tissutiers,
« velou tiers. » (Rab. I, p. 170.)
Hautement. [1° A haute voix: « Il parla /(ah-
« tcineiU bien list o'ir sa vois. » (Saxons, coupl. 18.)
— 2° A toute volée : » Les cloches de la ville sonne-
« rent hautement. » (Berte, coupl. 9.) — 3° Riche-
ment: « El li chevaliers erraument Se chauce, que
" plus n'i atent; Puis en est en la sale venuz, ou
« liaule))ieiit est receuz. » (Reii. v. 2'2198.) — • Et
« li donna che soir à souper moult hautement. »
(Froiss. IX, l'i'i.)] — « Arriva le comte de Bar ; par
>■ le duc de Mex son nepveu hd tuiultenient veçeu
« et mené en son palais. •> (lierard de Nevers,
IP' part. p. 75.)
Ilauteresse. [Haulaineté, dans Froiss. Xf, 227.1]
Hautesse, Hautece. [1° Hauteur: » Sur les
" Iiaultesses des montagnes. " (Cbron. de S. Denis,
II, f. 133.) — 2° Orgueil: « Saisi et empiété d'une
" certaine ambition elhautessc. «(Contes d'Eutrap.
p. 18G.) — 3° Prééminence d'état ou de naissance:
<• Hz se allei'ent seoir chacun selon sa haultesse
o entremesiez de dames et de chevaliers. ■• (PerceL
II, 119 '1.) — « Ilauteces et nobleces de la couronne
« de France. » (Ordon. t. 111, p. 443.) — « La royal
« liautece espiritalle, » la royale hauteur ou dignité
spirituelle est opposée à la justice ou seigneurie
séculière. (La Thaum. Cout.d'Orl. p. 405, an. 1147.)
— 4" [Titre d'honneur : « Au noble et au poissant
« baron, à son très chier signor, à Thiebaut, par la
» grâce de Dieu, roi de Navarre sire, sache la
" votre hautece que Rangecors est de nostre fié. »
(D. C. I, 212 '.)] — Titre donné au roy de France
par le duc de Bretagne. (Morice, Ilist. de Bret. c. 998,
an, 1205.) — Titre que se donne le roy de Sicile!
(Rymer, 1, p. 10, an. 1270.)
Hauteur, Hautor. [1° Hauteur : >< Demain irés
« droit à la lor Com se fuissiés engigneor, Ouans
• pies est leé mesurés; A la liaulor Q.arde prendés.»
(FI. et Bl. 2119.)] — 2" Prérogatives des fiefs. » Sans
•< préjudice des droits, liaulteurs, prééminences et
• Chartres particulières d'aucunes villes, terres et
« seigneuries du pays de Cambrcsis. » (Coût. Gén.
t. II, p. 803.) — 3" « Cas de Itauteur, » crime pour
lequel on devoit aller au tribunal du prince souve-
rain. (Coût. Gén. I, p. 795.) — 4" « Hauteur de son
« deu, .. montant d'une dette. « Le demendeur est
« admis à aftîrmer la hauteur de son deu par ser-
« ment ou à le vérifier par lesm,oins ou autrement.»
(Coût, de Bailleul, dans le N. C. G. l. I, p. 977 ''.) —
5" [Haute mer : « Les matelots se desroboienl de
» tous les navires, en paitie par la vieille querelle
« que nous avons ditte, en partie pour estre affrian-
« dez à (|uitterles//rt;(/t'iO'S. •> (D'Aub. Hist. H, 302.)]
nautisme, adj. Superlatif de haut :
Li haidisme Diex. (Parlon. /'. i34 '.]
[De même dans une vie sis. de Jésus-Christ, citée
par D. C. I, 211 <= : « Des or en avant avendra. Que
» li fieus Marie sera A la destreson père liautisme,
« Qui dou chiel vail jusqu'en abisme. »]
Hauton. [Menu grain que l'on ne peut séparer
delà paille par le vannage : « Tout le hauton. du
" secourion. » (Cartulaire de Corbie, 21, fol. 124,
an. 1209.) — « Trois quartes de liauton. » !JJ. loo'
p. 315, an. 1309.)]
lïavage. [Droit de prendre au marché le grain
que la main peut contenir : « Sachent tuil^ que
« comme content fust... d'un Iiavage et d'un bul'e-
•' tage de Pontoise. « (Cart. de la maison Dieu de
Pontoise, an. 1270.) — « Le havaije de chascun ses-
« lier de blé vendu en la ville de Chartres hors
« franchise. Se cil qui le veut l'a acheté, il doit un
« havagiau. » (Reg. des cens et fiefs du comté de
Chartres, f, 10.) — « A conclu à ce que les droits de
<• havane qui se perçoivent sur les grains... par
" ledit Doublet, exécuteur, soient réunis aux droits
« de minage. » (1084, Minage de Montards.)
(L. C. de D.)]
Havagiau. [Poignée de blé pour acquitter le
havage; voir la citation précédente ; on lit ensuite :
« Se il a cru en sa terre ou en son gaaignage, il
« doit dou sestier demy havagiau. »]
Havaire. [Havre : « Tantciutla nés k'ele vint
« devant Aumarie, et quant il eurent havaire pris,
« galies vinrent encontre aux. » (Roman du comte
de Ponthieu, dans D. C. t. 111, 009 \) — » La nef le
« roy se feri à plain voile en un liavaire de terre
« endurcie , si fort qu'elle en croissi toute. »
(Annales de S. Louis, p. 227.)]
Hâve. [Pâle : « De m'amorsoiez rnaz et liaves,
« Se vos n'iestes jusqu'à ce jor Céans avoec moi au
« retor. » (Chev. au lyon, v. 2570.) — « Car là (dans
IIAV
— 32
HAY
« la vieillesse) le convient il aler, Se mort ne te fait
" desvaler Ou lens dejonesceen sa cave. Qui moult
» est ténébreuse et hâve. » (l^ose, v. 5538.)]
Ilavéo. [1° Droit de prendre dans les marcliés
une poigncc des denrées qui s'y vendent : « Item la
" liavL'Ciie^ fruiz qui sont venduz à jour de marcliié
o à Cliauny dont cliascun sur qui l'on prendra la
« havée , se pourra racliater par mi une obole
« paiant, et parlant sera quitte de la dille liavée. »
(Ch. des Comptes de Paris, an. 1337.)] - -2° Cette
poignée même :
Item, mon procureur fournier
Aura, pour toutes ses corvées,
Simple seroil de l'espargner
En ma bourse quatre hatves
Car maintes causes m'a saulvées. (Villon, p. 53.)
Havene. [Ilàvre, port : " Sans havene et sans
« droit port, i- (Froiss. II, 67.)]
ïiavei". [Exécuter le tiavage, séparer la veine de
la roche, au moyen d'un pic dit havet : <■ Et là
•> /mi'oifHietpiquetoienldepicsel deboiaulx à leur
« pooir. » (Froiss., l. IX, 454.) — « Nulz ne puet...
« aler, clicver, haver, faire pierres, ne autre quel-
le que chose en une certaine quarriere. » (Cari, de
S. .!ean de i^aon, an. l-'i07.)]
i. Havet. [Crocbet : » Leurs ancres ont geté li
» maronnier briefment, A grans Itavés de fer, qu'il
« gèlent rudement. » (Baud. de Seb. VII, 10.) —
. i'ius de trois cens caudrons pendans à liavés de
bois. " (Froiss., t. il, 177.1] — Parlant du combat
naval qui se donna devant l'Ecluse en Flandre entre
le roy d'Angleterre et les François : « Combalirenl
« main à main aspremenl et pour mieux advenir
« les uns aux autres ils avoienl gros croqs et liavets
« de fer tenans à chaisnes ; si les getloient es nefs
« l'un dedans l'autre et les atlachoient ensemble. »
(Froissart, 1, p. 07.)
2. Havet, s. .leu d'enfant. Froissart, parlant de
ceux auxquels il jouoit dans son enfance, dit :
Puis juiens à un autre jeu,
Qu'en dit a la keuve leu leu,
Et aussi au trot trot merlet,
Et aux pierettes, et au havel
Et au piloter. (Froiss. Pocs. p. 80 ''.y
llavi. [Ardent : « Par guère follement havie. »
(G. Guiart, v. 13707.)]
Havicl. [Pic, dans Froi.ssart, IV, 58, 278, 285 ;
on lit au t. V, p. 393 : « Pils et Mvianlx. »]
Havii", V. Brûler, dessécher : « Soit que cette
" chaleur rclascbe la multitude de leurs conduits
« et pores secrets, par ou la sève puisse monter
X aux nouvelles plantes, soit qu'elle les restraigne
« davantage et resserre les veines béantes, de peur
« que les pluyes subtiles, la force luysante du
» rapide soleil ou le froid pénétrant de Borée les
« havissent. » (Essais de Mont. liv. lll, p. 153.) —
C'est la traduction d'un morceau des Georg. qui
débute ainsi :
Seii plures calor ille vias cl cœca relaxât
Spiramcnla, novas reniai quu siiccus in lierbas.
« Quand le pain est petit, il brusle par la c; ouste.
« et demeure mal au dedans, par l'obstacle de la
» crouste liavie. » (Bouchet, Serées, 111, p. 242.)
Havoîi. [Mesure pour les grains en Flandre :
« Nous quittons ans povres de la charité de la
« paroisse S. Estiennf» en nostre ville de Lille
<> quatorze rasieres, troys liavons, quareignon et
« demy de blé, troy havons et demy quareignon
» d'avoine. >• (JJ. 75, p. 328, an. 1344.)]
Havononift. [Poignée, comme hnvée : « Li
« caretée de sel, une havongnie h dois clos de
« sel. » (Coût, de Cambrai, dans D. C. 111, 034 ^)]
Havos. [Voleur, pillard : « Et tout, si com çou
'• fust havos, Prendoil etreuboitlepa'is. » (Mousk.)]
Havot. [Mesure; la même que havon : « Itein
« pour vingt sept deniers parisis de taille que on
" devoit pour le manoir, et se le devoit on pour
« deux bonniers de terre et pour huit havos
« d'avoine et deux chapons. •• (Accord entre Phi-
lippe V le Long et l'évêque de Tournay, an. 1320.)]
Havotée. [Mesure de terre qu'un havot peut
ensemencer : « Item de neuf havolées de terre,
" seans devant le moustier de la dille ville de Vil-
« laines. » (J.J. 105, p. 413, an. 1374.) — « Le sup-
« pliant achepla une havolée de terre qui esloit
« entre les siennes. » (.JJ. 195, p. 197, an. 1468.)]
Hay. [Cri de haro : « Une fillette, appelles
K Jehannelle... volt issir hors de la maison, criant
« le hay. » (JJ. 125, p. 00, an. 1382.)]
Haycerez. [Garni d'acier : « Le suppliant
" avecques ung lîaston, appelle faucbet ou voulge
« liaijcerez; coupa les liens des dilles gerbes. »
(JJ. lOi, p. 301, an. 14C8.)]
1. Haye. [Voir Uak. Le diminutif était haiette.]
1" « Que le foudre céleste te puisse confondre,
» malheureux, que tu es, que ta vie vienne à fles-
« trir, et au plus florissant mois de may, que tu ne
« trouve aucune verdure, que la liaije, le fresne, le
« laurier et le pin ne le fassent aucune ombre. »
(Hist. de Luzman d'Arbolea, f. 27 ''.") — « Les hayes
« a pieds •• sont composées de pieds d'arbres qu'on
élague tous les six ou sept ans. (Coul. Gén. t. II,
p. 909.) — 2" <' C'éloit une corvée qui consistoit à
" reparer les liayes du seigneur ou le tribut qui luy
a étoil pavé pour l'exemption. » (Laurière.) —
3° Parlant de la bataille de S. Denis : « Les Hugue-
» nols avoienl trois corps de cavallerie mais tous
« simples c'est a dire en liaije, et non par esqua-
« drons comme ils onl pratiqué depuis. » (Disc, de
La Noue, p. 741.) — Cet auteur se sert souvent du
mot rangé en haye pour désigner des ti'oupes ran-
gées à un seul homme de hauteur. (Voy. Idem
p. 341, 3,50.) — Il use dans le même sens "du mot
combattre en file, p. .311. (Voyez Mém. de Montluc,
t. II, p. 523.) — 4" « Haye d'Allemaigne, » sorte de
danse :
Processions, ce sont morisques
Que font amoureux champions
Les liaiies d'.AUemairjne frisques,
Passepiedz, bransles, tourdions.
(C. Marot, p. il.)
HE
— 33 -
HEA
Il y avoit aussi la » liaye de Rrelaigne » :
l'our danoer haye cl-; Breluigne
Et les passe pié d'Allemaigne. (C. Marol, p. Si3.)
Expressions :
1° » Anguille de li(uje, • couleuvre, vipère. (Cotgr.)
2° " Prendre entre la /(rt)/t' et le bled, » surprendre
une personne à l'improviste. (Oudin.i
o" « Qui fait /(rti/c, souvent dit haye. » (Cotgrave.'s
2. Haye. [Monnaie de la Haye en Hollande :
« Que ledit maire pour cascun de ses adjours aux
« parlyes ne puist demandeir que une demi haiie
« coranle en bourse. » (Histoire de Liéce, H, 457,
an. 1424.)]
Hayer. [1° Clore de baies : « Car maintes foiz
« avons veû, Quant en un puis est on cheii, Li
païsant d'entor le haient, Que les besles leens ne
« chaient. « (lien. v. 2035.) — « Peutcbacun mettre
« sa terre en deffense et la hcujer. » (Coût. Gén. 11,
p. 77'J.^ — 2" Chasser t\ la baie : « Mieux vaut ten-
« dre de [lenneaux que de laz sans faire liaijer, car
« leus si redoublent la haye. » (Modus, fol. 49 '■.) —
[Battre le fort du bois pour en faire sortir la bêle :
« Detfense à tous hommes d'esglise, de haner... »
(1417, Ordonnance du duc Chaiies.) L. C. de D.] —
» Cens de poésie (roturiers) ne pourront chasser
•■ ne haijcy à besles rousses, ou noires sans le
« congé du seigneur sous qui ils chasseront. »
(Cout.\lu pais de Mvernois, C. C. I, p. 808.)
Ilayne. [Panier à mettre la volaille (') « Lesquek
<■ bonimes et femmes menoient un cheval devant
« eux, lequel cheval portoit haijues et poullaille. »
(.].!. 108, p. 30!), an. 1415.)]
Hayon. [1° Petite haie : « Et sera tenu le dit
" prendeur de tenir les hayons, maisons et four ou
« fournotde pel, vergue, torcque, couverlureetsoli-
« vure. " ilteg-. de Corbie, 13, f. 219, an. 1514.)] ~
« Les bourgeois ne jouiront du privilège de bour-
« geoisie à cause des dommages faits aux bois,
« fruicis, prez, d'esloupemeut el emporls des bayes
" el hayons. « (Coût. d'.VIost, dans le N. C. C. t. I,
page 113;'. \) — 2° .\vant- porte de claye. Ln artisan
m'a dit (|ne Itayon se disoit en Artois d'une avant-
porte qui se met devant la poi te des maisons pour
empêcher les cochons d'y entrer et de manger les
enfans, ce qui est arrivé quelquefois. On voit dans
plusieurs villages de la Champagne de ces sortes
d'avanl-portes, maisellessonlde bois eléchancrées
par le haut. — 3° Echoppe : « On appelle en Picardie,
« Iiaion la petite échope portative sous laquelle les
« marchands se mettent aux foires. Haion fait de
« clayes et séparant les marchands comme les
« haïes séparent les jardins. » (Ord. des H. de Fr.
t. V, p. 511, note.)
Hazeteur. [« Lequel Gilet respondi au suppliant
« qu'il mcnloit comme faulx ha%etcur. » (.IJ. 144,
p. 109, an. 1392.)]
Hé. Haine. De là « cueillir en hé », prendre en
haine :
Elle avoit le mort plus amé
Si acueilli le vif en Iw.
(Brut, f. il \]
[Voir encore le Roman des Sept Sages, page 66;
la Cbron. des ducs de Xorm. v. 28929.]
Heaçje. [- Hem deux muis ou environs d'avoi-
« nés, deuz'cbacun an entre Noël et Quaresmepre-
« nant, estre renduz au chasteau de Buri de plu-
« sieurs habilans de la paroisse de Coulanges, pour
» leur demourance que ilz fonl esdiles mesons,
« appelle celui devoir /(m^f. » (Recon. des fiefs de
la maison de VieuxPonl, an. 1366.)]
Heas. [Verge : » Le suppliant print ung heas de
« bayes d'environ la grosseur d'une verge d'aguil-
« Ion. » (JJ. 188, p. li'/, an. l'i.59.)]
1. Heaume. [Casque à calotte conique, orné
d'un cercle de verroterie, dépourvu d'un couvre-
nuque, mais muni d'un nasal qui protégeait le nez.
iVoir éd. class. de Roland, p. 400-408.) — Au
xm' siècle, il se transforme en un vaste cylindre qui
couvre entièrement le chef. Un peu cambré en
avant, le heaume reprend la forme conique au
temps de Philippe-le-Bel ; on le recouvre d'une
calotte de cuir, dite timhre, qui porte un cimier en
forme de [soupée, de girouette, tandis i|ue derrière
flotle le volet. Le heaume fut d'abord assujetti à la
coiffe de mailles dont l'oiiverlure sur la ligure se
nommait vantailie; le heaume ou pot du temps de
S. Louis fut renforcé d'une croix de fer aux cantons
de laquelle on perçait des œillères et des trous
pour la respiration; bientôt on le munit d'une
visière mobile qui n'empêchait pas le chevalier
d'étouffer. On le porta suspendu ù l'arçon de la
selle; ou ne s'en servit qu'aux revues et dans les
tournois. A la bataille de Mansonrah, Joinville fit
ôler à S. Louis « son hyaume, et li baillai mon cha-
» pel de fer pour avoir le venl. •• (Joinville, § 243.)
— '• les espées se requièrent, Es heaumes poins
" grans cops tierenl, Trencbent les cercles ormier,
" Et par dessus trencbent l'acier. » (Atbis, dans
D. C. t. III, p 043 ".) — « Et deivent estre armés ou
" champ de hauberc el de chances de fer et de
» heaume à visière. » (Ass. de .1er. i, 170.)] — « Ce
» que nos anciens appellerent lieaume on l'appella
« sous François I" o;";hc/ ,• nous le nommons main-
« tenant habillement de teste, qui est une vraye sol-
■< lise, de dire par trois paroUes ce qu'une" seule
« nousdonnoit. » (Pasquier, Rech. VII!, p. 002.)
Expressions :
1" « De même quel'oncriemaintenanl auxarmes,
" anciennement on crioit «s heaumes. » (Petit J. de
Sainlré, p. 183.)
2" Dieux ! qu'il a dessous son Iwauhnc
De menues conclusions. {[ atheliu,Faixc,p. G7.J
C'est comme qui diroit son bonnet.
3" « Poulcins porlo'\en[ lieaulme, « c'est-à-dire que
les soldats étoient si bien disciplinés quelespoulels
éloient en sûreté dans les villages comme s'ils
eussent porté des casques :
Poulies, chappons si portoient leur ho.uxihne,
C'est a dire qu'on n'eust osé touchier
Es biens d'autruy, sans le payement cerchier.
Vij. de Charles vu. p. Wi.
2. Heaume. [Monnaie marquée d'un heaume :
HEB
— 34 —
HEL
« Se chascun d'eulz vouloit paier une somme d'ar-
« geiit, appelle au pais (Tournésis) heaume, ilz
« àiiroiontdu vin assez. » [JJ. 13-J, p. 151, an. 1387.)
Voir Heai.mé.]
3. Heaume. [Barre du gouvernail : « Pare les
« couels , pare les escoutes , pare les bolines ,
« amure baboi'd ; le heaiilme sous le venl. » (Rabe-
lais, IV, 98.) Voir IlrcL.]
4. Heaume. [Cerise, dite dans Olivier de Ser-
res : " Cerise lieatiniée ou cœur. » Elle doit ressem-
bler au casque précédemmenl décrit.]
Heaume. [Frappé d'un heaume : « Escus heati-
« mez à trois fleurs de lys, « émis sous Charles VI,
de lil" à 1410. Voir les planches à la fin du t. IV,
deD. C, lig. 1 et 2.]
Heaumerie, s. Forge où l'on faisoit" des heau-
mes. Nom d'une des rues de Paris, parce qu'il y
avoil quantité de boutiques ou de forges où l'on fai-
soit et veudoil des heaumes. (Nicot, Cotgrave.)
1. Heaumier, s. Arbre portant les cerises dites
heaumes. (Moiiet.)
2. Heaumier — ère, s. Homme ou femme qui
vend des heaumes ou qui fait des heaumes. Voir
Eust. Uesch. fol. 239 '', et la belle heaulmlere, dans
Villon, p. •![).
Hebbe de la mer. Reflux de la mer. (Colgr.)
Hebene, s. Ebène. (Voyez Cl. Marot, p. 503.)
Hebené, adj. Qiiiesld'ébène. iColgr.)
Hebeniu. Même sens. (Nicot.)
Héberge. [Endroit où deux bâtiments établis
sur un même mur commencent fi se séparer :
" Aussi est il loisible au voisin les eslouper (fené-
« très de l'autre voisin) en se servant du mur, et
« remboursant son voisin de la moitié jusqu'à
« Yheberge. » (Loisel, 285.)]
Hébergement. 1" Action d'héberger :
Or me convient porter heherrjement ,
Pour reposer quant seray endormi,
Draps à couvrir, chars et vaissellement,
Hariiois entier contre mon enneniy. (Desch. f. 321 ^.J
[2° Logement : « Terre sans hébergement n'est
« que de demy-revenu. « (Loysel, 220.)]
Héberger. [1° Loger, donner l'hospitalité :
« Li quens les Iieberja moult honorablement. »
(Derle, couplet IX.) — « Saint Juliens, fait ele,
<■ veuillez moi liebei'gier. » (Id. XXXIX.)]— « Tout
« homme ou femme (jui /icfcfj'ô'e gens sans enseigne
« est amendable et en lievc le prevost soixante sols
'• parisis d'amende. » (Thaumass., Coût, de Derry,
p. 338.) — 2" Se loger, se coucher :
Il esloit temps de se couclier
Et ne sçavoye ou hebenjer. (Villon, Hep. fi: p. S.J
3» Loger, au figuré : « Pour neans doit eslre pri-
<■ sié le sens de celuy en qui déloyauté est lieber-
« gée... Convoitise qui est hebcrgiée en cuer de
« juge puct fere moût de maux. » (Glossaire sur les
Coût, de Beauv.) — [-i" Adosser à un mur mitoyen
(voir IIerkrge) : « Si les dits religieux veulent icele
« tourele hebergiev en quelque manière que il leur
» plaira, que il le puissent fere sans dangier. »
(Cart. de S. Pierre de Chartres, an. 1322.)]
Hebergerie. [Hôtellerie : « Que tous veneurs
» et fauconniers, à qui que ils soient,... ne se loge
« dores en avant en aucun lieu ou plat pais, ne
« ailleurs, fors es hehergeries, ou l'en a accouslumé
« hebergier pour l'argent. » (Mém. F. de la Cham-
bre des Comptes, f. 29 •■<, an. 1395.)]
Hebeter, v. Rendre hébété, slupide. (Coût. Gén.
t. 1, p. 1114 ; Montaigne, I, 429.)
Hebrée, adj. Hébraïque.
Hebrieu (parler en.) Parler une langue
qu'on n'entend pas. (J. Marot, page 224.) — >c H
" cn[eiM\\'hcbrieu » Colgr.), il est ivre, par allusion
au mot latin ebrius.
Hec. [Demi-porte : « Le suppliant esloit à son
>• huis appoié sur son hec, qui fait aussi que demi
» closlure d'un huis. " i.I.I. 97, p. 427, an. 1367.) —
« Hz alerent ensemble heurter au liée de Puis de
« l'ostel duditObery, duquel liée ilz rompirent un
'• ais ou deux. » (JJ. 155, p. 292, an. 1400.)]
Abattez leurs bastillons.
Faites fagots, bosquiltons,
Dressez liecqz et equaillons. (Molinol, p. i29.)
lîecquer. [« Le suppliant s'esbatoit avec les
« compaignons et hecquoit d'un petit eoustel, qu'il
« avoit à sa dague, un baston. » (JJ. 170, page 194,
an. 1418.)]
Heequet. [Petit hec : « Le suppliant ouvri le
" lieequeL de la court et entra en icelle court. »
(JJ. 174, p. 2, an. 1427.)]
Hedard, s. Espèce de cheval. On lit Jiedart,
dans J. Marot, IGl.
Hederiforme. Fait en forme de lierre. (Colgr.)
Hef. [« Un baston, dit hef, qui est en maniera
" de fauchon, que les charretiers ont acoustumé
« de porter. » (JJ. 171, p. 225, an. 1420.)]
Keirer. [Pour erver. de itiiierare dans la vie
d'Isabelle, à la suite de Joinville, p. 171 : •• Il avint
» un matin qu'ils dévoient beirer, que ciz qui
u dévoient trousser et emmaler les licts.... "]
1. Hel, s. Barre du gouvernail. (Voir Healmi;, 3.)
Cliascun do gouverner se peine,
Au gouvernail qui la net maine :
Aval le hel se curt senestre,
En sus le /((,■/ pour courre à destre. [Bi-al, f. 85 '.J
2. Hel. [Barrière!?) : » Une maison, un ort et
« une court conligus avec certains helx- et autres
» appartenances. » (JJ 100, p. 272, an. 1412.)]
Helas. [E,\clamation de douleur : « Ilelas! se
« nus se doit sauver dolans (en allant à la croisade),
» Donc doit par droit ma mérite estre grans. Car
« plus dolans ne s'en part nus de France. » (Ques-
nes. Romancero, p. 90.)]
Ileler, Heller. [1° Boire ensemble, se souhaiter
réciproquement lassante, de l'anglais to hail :
» Comme, le darrain jour de décembre, lesdiz de
u Frincourt, avec plusieurs personnes de la ville de
« Cuc sur le mer, se feussent assemblez pour jouer
HEN
— 35 —
HEN
« et heler, comme il est accouslumé de faire cliascun
« an icelui jour à la nuit. » (JJ. lOG, p. 331, an.
1374.) — « Comme ou mois de février ou environ,
« l'exposant et autre de sa compaignie, par manière
" d'esbatement et de consolation, ainsi que en la
« terre de Saint Amand en Peule et ou pays d'en-
viron est acoustumé oudit temps de aler veoir
« ses amis ou voisins, pour avoir par courtoisie de
« leurs biens ou monnoye courtoisement, affin de
» boire ensemble, qui est l'usage du pays, et lequel
» usage est appelle hcller. »" (JJ. 131, p. 2i0, an.
1387.]"— 2" Iléler, appeler de loin : « Ilau de la nef,
« liola bau, qui nous helle. » (Parmentier, Chant
roijal.)']
Hélice. Nom donné à la Grande Ourse, parce
qu'on la voit tourner autour du pôle dans un petit
cercle.
Ilelie (fontaine), s. Peut-être la fontaine de
l'IIélicon.
La fons cure et la fontdne Hclie. [Dcsch. f. '2S'.J
On lit//(;7?'eaufol. G2<-.
1. Helle. [Barrière : « Item tous vins de France
« et de Bourgoingne allans desdits lieux en Flan-
» dres doivent chemin î'i Peronne et aux lielles
« diidit péage. » (Carlulaire 21 de Corbie, péage de
Péronne, an. 1295.)]
2. Helle. [Cris séditieux : « Jeban de la Mare
« pour plusieurs helles, compilations ou paroles
sentaus commotion de peuple tu jugié à avoir
« coppe le teste. » (Livre Pouge de la maison Dieu
d'Abbeville, f. 82% an. 1358.)]'
Hellebie. [Comme hallebic: « Certain tribut ou
" impost sur leurs denrées, appelle liellebic,... c'est
« assavoirsurcbascun pennierde poisson de mer...
« vendus esdiltes halles, deux deniers parisis. »
(Ord. VIII, CI 1, an. 1403.)]
Hellebit. [Sorte de jeu: « Icellui Fouquaut et
« autres avoicnt joué au hellebit audit Cayeu, et
» après alerent boire en la taverne. » (JJ. I.'')5,
p. 227, an. 1400.)]
Hellioîrope, s. Pierre précieuse; espèce de
jaspe oriental.
lîelz. [Garde de l'épée : « D'or est li lielx- et de
« cristal fi punz. » (Roi. v. 1G34.)]
Hemer. [Ajuster: « Lequel Rslienne d'iceulx
" baston et cÔutel hema roidement.... contre lesdiz
» André et Macé. tant que se il les en eust atlains,
« ilz eussent esté affolez. » (JJ. 130, p. .58, an. 1;38C.)]
Hemi. Exclamation de plainte, hélas moi.
Or est moi't honorablement
Par lay. et douloureusement
Pour moy, liemi ! [Al. Charlier, p. 608.)
Ilemvé. s. Maladie du pays, désir de retourner
dans sa patrie. (Du Bas, Réflex. sur la poës. et la
peint. II, 249.)
Hemye. [Voir la citation sous HAnoiEiic;.]
Henap. [Hanap : « Fait bon boivre à henap
« d'argent. » (Corlois d'Arras.) — « Il lui (à la reine
« Isabelle) donna en la tour de Calais, hors du
« chastel, un henap d'or et une esguiere bien
<• riche. « (Pièces sur Charles VI, t. II, p. 273.) —
« Pour avoir appareillié et lié de 01 d'or le cou-
» vercle du hennap(\ti madrede madame la royne.»
(Nouv. Comptes de l'Arg. p. 225.)]
Boirre au voirre, puis aux henas,
Aux escuelles, à im platel. (Desch. /'. 516''. J
» Et avec ce, de avoir, toutes fois que Nous et la
■■ royne somes ù Loris pots sur table à l'eure
« que l'en dit et appelle aux Ilenaps. » (I38(». Usage
des potiers de Lorris. Let.de Charles VI.) L. C.deD".]
Henapier. [Fabricant, marchand de hanaps :
•' Le suppliant vendi... le hannap de madré à bosse
«' d'argent ;"! un liennapier. « (JJ. 158, p. 211, an.
1403.) — « Trois hommes relieurs et vendeurs de
« henaps... lesdiz relieurs ou hennpiers. >> (JJ. ICI,
p. 333, an. 1407.)]
Hendeure. [Poignée d'une épée : « Mes l'espée
« li brise, si est en deux volée. Parmi la hendeure
« ou denier fu quassée. » (Hom. d'Alexandre, D. C.
III, 022''.) — « En copa il l'espée le roi tout outre
■• parmi, par devant le heut, si que li brans l'en
» cheia à lerre, et hendure en remest le roi en sa
« main. » (Merlin, ibid.)]
Hene!, Henyan. [Pieu: « Jeban Pains faisoit
« amener à Corbie bos ù voilure qui devoit fouée;
•> par raison de le voilure legenl de l'église prisent
» un //CHC/ en le carete; Jehan Pains devant dis
« s'en dolu à le gent le roy, et disoit que li //CHyrtHS
« estoil siens. » (Cari. Noir de Corbie, f. 59'.)]
Henepée. [Contenu d'un hanap ; « Ne de buens
« Parisis une granl henepée. » (Ane. poète cité par
Fauchet, 1. II, ch. 14.)]
Henepier. [1° Crâne: « ïeux i porroil jà au
» tonel sachier Que il feroit voler le henepier. »
(Aubri, 158 •'.) — 2» Etui d'un hanap : « Nul menes-
•' trel dudit mestier ne peut ne ne doit faire nul
« liennepier, qui ne soit de trois cuirs neufs. »
(Statuts dans D. C. III, 022^)]
Henir. [Hennir : « Cil d'Occiant i braient et
» he)iissent. » (Roland, v. 3.526.) — » Li sors Geris
« le destrier pormena ; Trois fois se viutre, sor les
« pies se leva; Si fort heni que la terre sonna. >>
(Raoul de Cambrai, 133.)— « Son poitral li laça qui
« fu de cuir bolis, A une grantestache l'aresna d'un
« jarris, Li chevaus grate et liene ; Moult fait grant
« pestelis. » (Clians. d'Anlioche, IV, 191.)]
Henné, Hennart et Hennot. « Ce sont trois
« mots foi'l usités en basse Normandie. On y appelle
« vieille lienne, une vieille jument et quelquefois
" aussi par mépris une vieille femme et on
» appelle liennart et hennot un méchant petit che-
" val... » (Mén. Dict. étymol.)
Hennin. Espèce d'atour. On lit dans Monstrel.,
vol. Il, fol. 39 '' : » En cel an mil quatre cent vingt
a huit, aux pays de Flandres, Tournaisis, Artois,
u Cambresis, Ternois, Amienois, Ponthieu et niar-
« ches environnantes, régna un prescheui' de l'or-
« dre des Carmes, natif de Bretagne, nommé frère
HEQ
- 36 —
HER
. Thomas Couelte, auquel, par toutes les bonnes
. villes et aultres lieux, où il vouloil faire ses pic-
. dications, les nobles, bourgeois et autres notables
:. personnases lui faisoienl laiic, aux plus beaux
:. lieux d'asseuiblce, ungrant escliaffaultbLen plan-
» cbeic, tendu el orné des plus riclies draps de
. tapisserie que on pouvoil trouver. Sur !e(iuel
.. escbalTault esloit préparé un autel où il disoil sa
. messe, accompaiiaé de plusieurs de ses disciples,
. dont la plus grande partie le suivoient de pied,
.. partout où ii alloit, et luy chevaucboit un petit
« mulet. El b\ surcestescbaiïault, après qu'il avoit
« dit sa messe, faisoit ses prédications bien longues
« en blasmanl les vices el péchés d'un chascun, et
>. spécialement blasmoil el dilTamoil 1res fort les
« femmes de noble lignée el autres, de quelque
« estai qu'elles fussent, portant sur leurs lestes
.. haults atours el autres habillemeus de parage,
« ainsi qu'oui accouslumé de porter les nobles
« femmes aux marches el pays dessusdils. Desquel-
« les nobles femmes nulle avec iceulx atours ne
. s'osoil trouver en sa présence ; car, quand il en
« voyoil une, il esmouvoit après elle les petits
. enfans,clles ia\s,o\\.cv\c\' : au lœiinin ! nn hennin'.
« El tous, quand les dessus dites femmes s'esloi-
.. gnoienl, iceulx enfans en continuant leur cri,
« couroicnt après el s'esforgoient de tirer à bas les
u dits licnnins. Pour lesquels cris et voyes do fait,
.. s'esmiirent en plusieurs lieux de grands rumeurs
.< entre lesdiis criant au hennin, el les serviteurs
« d'icelles dames et damoiselles. Neantmoins ledit
» frère Thomas continua lanl et lit continuer les
« cris el blasphèmes dessus dits, que les femmes
« portant haults atours n'alloienl plus à ses predi-
.. cations sinon en simple estai el coiffes, nmsi que
« les portent femmes de labeur et de pauvre condi-
.. lion. El mesme il arriva, que la plus part estant
« retournées en leurs propres lieux, ayant vergo-
a gne des injurieuses paroles qu'elles avoienl
« ouïes, jetèrent bas leurs atours, cl en piindreut
.. autres tels que les portoient les femmes de begui-
« nage ; el leur dura ce petit estai aucun espace de
« temps. Mais à l'exempledu limaçon, lequel quand
u on passe près de lui retire ses cornes par dedans,
.. et quand il n'ouil plus rien, les reboule dehors,
u ainsi iirenl icelles; et assez tost après que ledit
« prescbeur se fuldespartidu pays,ellesoublierent
« sa doctrine, et reprinrenl petit ù petit leur vieil
« estai, tel ou plusgrand, mesme, qu'elles n'avoient
" accouslumé de porter autrefois. •>
Ilenticli. [« El volons... que li dit religieus ne
.. puissent enclore ledit fossé, ne desevrer dudit
.. vivier par hcntich ou clouture autre... Lesituels
u (accort) l'ait mention des lientis, des voies, des
.. neis, des ouvretures el des resures. >• (J.I. ri3,
p. 53, an. 1313.)]
Heoqiic. [Espèce de tilel : « Que nulz prende
« coulons as rois, ne aux heoques. » (Livre Rouge
d'Abbeville, art. 50.)j
llequet. [Prison de Rouen : « Tcellui Roulant
« se muça eClapy derrière un pilier ou post de bois
« en un cornet près d'une prison, appelle Hequet. »
(.1,1. 131, p. 105, an. 1387.)]
i. lier. [Héritier : - La roync deJerusalem, qui
.. esloit droite her du royaume. >■ (loinville, éd. Du
Gange, p. 18.) — » Deissent et atîermassent lidiz
« pfeùdommes (lue il ne sont tenuz de sigre les
« licrs monsieur Philippe de Montagne. ■■ (^Ordoun.
t. IV, 381, an. 1^28-2.)]
2. lier. Sergent, aux Assises de Jérusalem,
p. 1,5'2 : >' Le seignor le fait semondre par le her ou
.. par le banier. »
3. lier. Maitre, comme l'allemand //(?/t; » Faire
« du her, •> trancher du grand seigneur. (Oudin.)
4. lier. [Hier : « lier seir. » (Roi. v. 2745.)]
Herage. TRace : » Que s'il est aucun qui se die
« noble el dé noble herage... Or esloit ainsi que
.< ledit SasseviUe si esloit el est noble de noble
« herarje. « tCart. de Lagny, f. V2, an. 14^5.)]
Heraudie. [1° Mauvais h:;bit, haillons (voir
lIiRAUDiKl : .< Lors a sa robe despoillié Et vcsti une
.. heraudie. Qui ne valoil pas trois deniers. » (Fabl.
t 1^ 7',.] _ -> Misère '('.] : « H avienl bien à la fie,
.. c'on ne puet pas tout refuir, Einz rcmainl ([uau-
.< que heraudie. Dont granl luaulx ne puet pas
« venir. ■■ (Consol. de Boèce, dans D. G. III, 071 \)]
Herauîder. [Exciter : « Le suppliant appella
« son chien, le heraulda el mist après les pour-
« ceaulx estans en son jardin. " (.IJ. 190, page 9,
an. 1459.)]
Héraut. rOfncier chargé de publications solen-
nelles : " Li heraux est entrez en la cité. » (Guesel.
v. -1507.)]
,Ie n'ai mais bon seneschaiit,
Ne povir moi louer Iwraull. iDesch. f. i9.'
« Vint à luv (au duc de Bourbon en 13801 un
« héraut liuno'ralile lie \)i\r le roy Henri d'Espagne
« qui apporta au duc de Bourbon les plus belles
» lettres qu'on eusl peu voir. » (Hisl. de Louis IIL
duc de Bourbon, page 127.) — » A iceulx mots lut
« m'd(\àé\eroii des mencstriers iiu'on dit heraulx
u d'armes, qui cria lors reshatemenl qui depuis fui
>c nommé tournoy. ■■ (Percef. I, f. 23 ".)— « Ilerttu.e
u el noiiceurs de proesses, ■■ c'ctoil ceux qui annon-
çoienl et publioienl les prouesses des chevaliers.
[Voyez Percer. H, fol. 134 ^) — Le même auteur les
nomme plus bas « inenestriers. •■ — [Voir dans
D. G. sous lleraldus, le traité ms. du héraut du duc
Philippe-le-Bon, dit Toison d'Or.]
Herbage. [î" Pré: « Ne 1' (les fleurs) ne sunt
.< point, sachiés de certes Ne trop closes, ne trop
a overles, Ains tlamboienl par les herbages El
.. meillor point de lor aages » (Rose, v. 20107.) —
2° Droit d'herbage vif et morl : « Droit appartenant
« au seigneur, haut ou moien justicier ou vicomtal,
« sur tous ses sujets tenans héritages colliers et
« non francs. El se prend le vif herbage sur les
» bêles à laine, et est d'un chef sur 10 ou 20 ou 25
« el au dessus, après le premier ; el si le nor.ibre
« est moindre le seigneur prend pourrfro(7 de mort
HER
— 37 —
HER
« herbage un denier parisis ou une maille ou obole
>> pour chacune d'icelles bêtes. » (Laurière.) — [" Si
" retieng' mes herbages et mors et vis; et l'ainencle
« des mors, se paiié n'esloieiU au terme deu. »
(Ord. m, 19'(, an. 12!)1.) — •■ Li sires do Demenche-
« court (lemandoit à avoir vif herbage de xvi. bes-
« tes que chil Ernoiiis avoil en se maison ; et chil
« Ernouis disoil <iue il ne devoit fors que mort lier-
» /«((/(;, pou I' chou que se lllle avoil .vu. besles en
« ches .XVI. ))estes. 11 fu rendu par . jugement iiue li
« dis Ernouis devoit paier vif lierùage, poui'chou
« que se iille estoil à seu pain el à seu pot. » 'livre
Rouge d'Abbeville, .folio 3-i ^ an 1387.)]- •■ Item,
« sous les francquiesme, loul homme (jui est resi-
« dent, couchant el levant, il ne doit nul alTorage,
.1 gambage, herbage, moulounage. rescare de four,
" ny autre chose. » (Coût, de Ilerly, dans le N. G.
Gén. t. 1. p. 703.) — •■ L'herbage est franc quand le
« bétail à laine est tenu en lieu et fief noble, car
« alors le seigneur ne prend aucun droit de vif ou
" mort lierbàge. « (Laur.) — - Le droit herbages et
« paslurages appartient à ceux qui ont droit d'usage
« es bois d'autruy pour le pascage do leur bestail ■■
(Laurière.) — 3° tapisserie de verdure : « Chambre
« tendue d'Iierbages ou de [)ersounagcs. » (ilonn.
de la Cour, ms. |). .'îl.)
lierbacjer. [1° .Mellic à riiorbagc, à l'cugi'ais :
« Le suppliant mena quatre besles aumailles qu'il
« avuit engressées et herbagées. << (J.I. 188, p. 188,
an. 1459.) — » Ouquel villaige de Custrac (en
" Auvergne) a ung terrouer appelle la aste de Cus-
« trac, el autres deveses ou pasluraiges,.... les-
« queiz... sont ordonnez... à faire paisti'e elherba-
» ger les beufs arans dudit villaige. » (-M. 207,
p. 307, an. 1 'i80.)] — '2' Abonner au dioil d'herbage:
" Les l'cligieux de X. D. du l'arc sont en possession
•' de preadre et à eux apartcnir toutes les besles
« porchiues, aumailles et autres qu'ils treuvent au
« dedans de leur dit pare non Iterbaigées el appar-
" naigées, comme à eux appartenans par conlisca-
'. lion. » (an. 1 'i80.)J
îïcrbageries, s. Compositions d'herbes faites
par magie. •■ Faire enchanlemeut et herbageries. -
(Duverd. Div. lec. p. 79.)
IIiM'bale.stiere. [Meurtrière, en latin tiropug-
naeuliiiii. au gloss. 71192.)]
Ilerban. [Carpot: " Ouamdam consueUulinem,
« qiiain habebal in viiieis eorum de Troucheio, et
« ([uod nos vulgariler /(ey/;a». dicimns, Molismensi
« ecclesiœ remisil, ministris suis inierdicens ne
" ullerius de vineis munachorum hcrbaii accipe-
« rent. .. ([). G. III, Gj'» % an. 1101.)]
llerbaiiinent. [■■ Laquelle (femme) avecques
>' eulx s'en ala herbaninent el lelemenl que depuis
« ilz furent bien à accort. ■■ JJ. 107, p. 10, ;i!i. 1 il-2.lj
Ilerbaut, Herbout. Dans Perceforesl, c'est la
déesse l'enie ou pauvreté. (Duchat, sur Hab. t. IV,
ch. h'I, p. '219.)
Herbe. T" Sur Vherbe verte estai devant son
<' tref. » (Roi. v. 671.) — « En croi sur Vherbe drue
>' doucement se couclioil. » 'Rerlc, c. 2 ) — " Pour
« herbe vert à parer la sale (à manger). « (Bibl. de
l'Ec. des Charles, '>' s. I, 2'-2~^.] — « Elle y avoil mis
" toutes les herbes de la S' Jean. » ;Desp. GG' conte.)
— " Nicotiane ou lierbe à la royne qu'aucuns main-
« tenant appel lentpefj/.fi. »(Bouchet,Serées, 111,16.)]
Herbe. Vin aromatisé. (V.D. G. sous herbatiiiii.)
Apres laver vienent Iterbé,
Et U piment et li claré :
Napes s'en vont descendant tables. /'/'a/7, i/i,'/? /ois, -ISI'.)
Hei'begage. [I" Droit de gile, gite: « Pour et à
•1 cause duquel oHiee (de sergeulerie) il est frans
^' de pasturage, ardoir, herbage, panage, herbe-
" gage. » (.l.I.'l02, p. 51, an. 1370.) - 2° Droit de
garage pour les vins : « Tantost (jneles vinsamenez
« par la dite rivière (Oise) et arrivez audit port (du
» Pont l'Evesque) sont tirez el mis hors des nefs,...
« el quant dudit port ilz sont vieuire?. el transpor-
« lez, mis ni berbegiez en maisons ou celliers en la
» terre d'icellui noslre conseiller (l'évêque de
« Noyon) il en doit avoir el a accoiisUimé recevoir
" pour chacune pie(;e de vin un denier de herbe-
" gage. (|ue on dit issue de lei're. » (D. C. III, 051 '',
an. 1 508.)]
Hei'belée. [Médicament: « Bon pain, bon vin
" et le bon air, Aim" assez miex, par S. Wistasse,
«• One tous les oianaus ne face. Ne que toutes lor
« herbciccs, (Jui taules bourses onlboulées. » (Mir.
de Coiuci, dans D. G. 111, 019 ''.)]
Hei'beler, v. Goupcr de l'herbe: « Qui est
« trouvé ès bleds vers, tierbelant en tems défendu,
« cheten l'amende de cinq sols. » (BouLSom. Rur.
1. II, p. 86i.)]
Herbelette. [1° llerbclte : ■ Oue erbelete '^o\-
" gneul el pré sont raverdi. » (Berle, c. I.) —
2° Sorte de jeu, peut-être la courle-paille.]
Juiens nous au roy qui ne ment,
Aux bares et à Tagnelet,
A estes moi de Colinet.
A je me plaing qui me feri,
Et deJens chambre, à l'esbahi,
Et aussi aux adeviniaus,
.\ l'avainne el aux reponniaus,
A ïerbelclle et aux risées. (Froiss. poës. p. 8G.)
\. Hei'bei". [1° Couper de l'herbe: « Item li
« babitaiil de Bucy doivent avoir aisément de
" herber ea nostre lerroir, ès liens où il ont aise-
« ment de pasturage. » (Cari, de S' Vincent de Laon,
an. 13i3.) — 2' Paitre, à l'actif et au pronominal :
« Gomme le suppliant eust vendu certaine herbe
« ou fourrage pour herber ung poulain. » (.IJ. 170,
p. 101, au. 1 i42.)] — « Plus de deux mil chevaux
" qui se herbent el quatre à cinq cens hommes
« pour les garder. » (Le Jouv. f. 43".) — 3" Joncher
d'herbe : « îlerbare, herber, glager d'herbe. » (Glos.
lat. fr. du fonds S. Germ.)[De même dans Froissart,
éd. Buchou, tu, IV, 12: « La place oii jouster on
<■ devoit esloil belle , ample et unie , verte el
« herbe e. »]
2. Herber, s. Jus d'herbes, aujourd'hui apo-
HEÎl
— 38 —
HER
zèmes. « Les herbiers de la ville (île Paris) jureront
« ailminislrer bien et loyaumeiU et faire leurs clis-
« taires, emplaslres, jus ou hcrbers, selon l'ordon-
« nancc du phisicien. ' (Ordon. des H. de Fr. t. II,
p. TiSi.) [Voir IIf.isiif.lkf,.]
Ilerboi'fjajje. [Maison, "Ile, au propre et au
ligure: « Il est jà larUquesc vousparlics orendroit
«de cbi, vous ne pourries liui mais venir hlievbrr-
>' qafjc de nulle heure. » (Merlin, dans l). C. III.
(iôâ''.)— « Car sans grant gent ne fu on(|ucs si
« riches herberfjaf/es, comme chist est. « (I!)id.) —
« A amors pris en moi son lierhevfiaje. <• (Thibaut
de Navarre, II, 9 )] De là « chappon de lierheryaoe, «
donné pour la bourgeoisie. Los deux sont évalués
à un chapon de rente. îVoy. Bout. Som. Rur. 50i.)
Herhorçjant. [Logeal)le, habitable : « Le sup-
« pliant hoste d'un bostel en la ville de Chasteau
« Thierrv, lequel est herbergant ei grant. - f.IJ. 1C5,
p. 'il, an". Î410.)]
Ilerhenjo. [Tente, dans le Roman de la guerre
de Troie : "Oualit des nez sont les gens issues. Et
a les hcrben/rs ont tendues. » — « Vers les herber-
« fjcs vet grant pas, Quand il vint,vespres fu bas. »
(D. C. III, '655 \) — « Et issirent des herbcnjes, et
« cuiderent plus grant bataille trover que il n'a-
« voient fait le jor devant. » (Villeliaixl. § '258.)] —
« Ses lierberges list tendre. » fChron. de S. Denis,
l. I, f. 1-21.)
Herbergement. [I" Logement, maison, dans
la Coût. d'Anjou, art. 3'22 ; dans la Coût, de Nor-
mandie, art. ;i5G. — 2^^-011 d'usage: « Recognurent
« avoir vendu... le herbergement des prezlez Cour-
a tenav, si comme il se comporte o toute la pour-
« prisé et l'enceinte. ■■ (D. C. III, 651 % an. 1325.)]
Herberger. [1° Loger : « Proia l'empereres as
« contes et as barons et ses fils meismes, que il por
« Dieu s'allassent herbergierû'AwWe. part del port.»
(Villehardouiu, dans D. C. III, G5G°.) - 2° Disposer
pour servir de logement : « Chils casliaux n'est pas
o trop grans, mes il est bien lierbergiés de cambres
« et deediffices qui sont edeffyel en une grosse
« tour quarrée. « (Fi-oiss. Il, '2!) 5.) — 3» Habiter:
« Et se aucun tient masure en la ville, qui ne soit
« herbergié dedans un an, li prevoz la puel baillier
« qui il vorra por herbergier. >• fCart. de Chamo.
f. 3431', an. 12i7.)]
Ilerborgerie. [Hôtellerie:» Comme ledit es-
« cuier et une sienne scrourge aprez la messe se
« feussent traiz à une lierbergerie pour prendre
» réfection. >• (JJ. 105, p. 503, an. 1374.)]
Hei'bergierres, s. Qui loge.
Droiz est que bêle teche soit bêle et plaisaiiz,
S'il est un chevaliers, ja ne soit il erranz,
A guerres, n'a tornoiz, ne fiers, ne conbatanz ;
Por tant qu'il soit genti-K debonaires, et frans,
Et cortois herbenjiems, a l'ostel deduisanz
Por preudons est tenuz de saiges connoissanz.
Doctrinal, MS. de S. G. fol. 102.
Hei"l)ergiie (droit de). Le même que héberge.
" Quant en un mur appartenant à l'un des héritages
« n'y a, on sont de l'autre costé assis corbeaux à
« l'endroit des planchers d'iceluy: ce signifie que
« celuy auquel appartient l'héritage tenant le dit
« mur du les dits corbeaux, a seulement ilroict de
« herbcrgue au dit mur, et peut sur les dits cor-
« beaux asseoir planchers , murailles ou autres
« édifices sans toutes fois les enter dedans le dit
« mur. » (Coût, de Tournay, C. G. t. II, p. 948.)
llerberie, .s. Marché aux herbes. (Cotgr.)
Herbeux, ilerbu, adj. Garni d'herbes.
Quelque li bclo y donc pleure, et plaint, et dolouse.
Le pren Garsilion que tant aime et golouse
A tiint e vos sa maistre de lost aler jalouse.
Isnelement corant toute une voie licrhouse
Et voit sa damniselle en vie dolerouse.
l'oel. av. 1300. l. II, p. Sr.3.
[» L'oliphant est moult corporu. Quant il vient
« en paistis herbu. « (Best. ms. dans D. C. III, 659'.)
— « Par mi un val herbus. » {Roland, v. 1018.) —
Herboti.ï; suppose lierbosiis ; herbu suppose ber-
butus.]
lïerbeyer, v. Faire paîlre. \Hcrheiller se dit
aujourd'hui du sanglier.] « Faire paistreet /(frf*fi/fr
.- ijctail. .. {C. G. \\, 687.)
Herbier. 1" Herboriste. (Colgr.) « Ge vos di que
« ge ne sui ne mires ne herbiers. Ainçois vos di
« que ge sui uns venerres uns chacierres de bois. »
(Erbeiie, ms. S. G. f. 89'*.) — 2° Jardin potager.
Et grant jardin et beaux Iierbiers. [Part, de Btoi.'s, :/?/ '.]
3" Livre qui traite des herbes. (Cotgr. Oudin.) —
4" .jardinier ou vendeur d'herbages. fCotgr.)
Herbilleur, s. « Ont les mayeur et eschevins...
« droit bans de mars et aousl comme d'establir
« ung messier qui doibl prester serment de juste-
« ment et fidèlement exercer son office, qui a pou-
» voir de prendre et arresler tous chariots et
« charettes, charuans par faux chemins et sentiers,
« bestes, herbilleurs et tous aultres es cas deppen-
« dans du dit office de messier. ■> (Coût, de la ville
deBuissy. N. C. G. 1, p. 405''.)
Herbois. Pâturages. « Si misrent pied à terre
« et misrent leurs chevaulx en ïlierbnis, si se tap-
« pirent par delcz ung espiuoy pour eulx reposer
jusqu'au jour. » (Percef. VI, f. 107'.)
Herbolade, s. Tourte d'herbes. (Oudin.)
Herbot, s. [Voir IlEr.F.DOUT.]
Quant Auiligicr nasqui, grant joie i ot
Par le pais leva un tel herbot :
Koxignox ne oiseaux pas si chantot ;
Laienz ot une asnesse qui rechanot,
Et une vielle lisse qui lors uUoit
Et une chate borgne de faim brnioit. (AudUjicr. f. 60'.)
Heree. [1° Instrument d'agriculture : « En celé
<■ place, ù bues e h. herce severerent furment de la
« paille, sulunc l'usage del pais. ■> (Rois, p. 218.) —
« Item, il a es dites fermes brebiages de tiers an en
« tiersan, services de seonneeurs en aoust, services
« de herces et de charues, et la court et l'eisagequi
« sont prisiez es dites fermes 40 sols. » (.1.1. 47. p. 36,
an. 1310.) « Deux cherus à fers et à roueles, et
» 4 herches. « (N. C. de l'Argent, p. 105, art. 678.)]
HER
— 39 -
HER
— 2° « Herce coulisse. » Terme de forlificalion pour
dire une porte de 1er faite eu treillis, suspendue
avec une corde qui glisse dans une coulisse, et re-
tombe lorsqu'on craint quelque supiise. Parlant de
la prise d'iiause par le roy de Navarre: « L'un
« d'iceux ayant crié ;■! celui qui étoit au portail en
" sentinelle, il coupa la corde de la herce-coulisse
« qui s abattit aussi-tost tellement quele roy et
" vous quinze ou seize, tous seuls demeurastes en-
" fermez dans cette ville. » (Jlém. de Sully, I, lOô.)
— 3" Candélabre portant plusieurs cierges. Parlant
des funérailles de Henry IV : « En fout vers la teste
» du cercueil estoil une grand herse tout d'un
" tenant, cliargée de douze cierges ardents. » (Kavin,
Theàt. d'iionn. t. 11, p. 18-i4.) - 4° Peine, fatigue:
Fortune n'aura ja tel herse
Sur nostre amour, qu'elle reverse
Nos voulentez à la renverse. /.l/. Chartier, p. 024.1
Ilercelcr. [Frapper. « Un singe en famille est
« toujours mocqué et liercelé. » (Rab. Garg. 1,40 )]
Delà se herceler, se battre: « Aussi voit-on les
" Vrançois se herceler el venir ordinairement aux
" mains avec leurs parons, amis, voisins et autres
" leurs proches et alliés. » iSavaron, contre les
duels, p. 7.)
ïlercer. Débrouiller avec peine. On a dit de la
conduite ù tenir près des rois :
Moult ait bien ouverte l'oi-eille
Que ne li coviegne hcrcer,
Ce que li rois li velt charger :
Sa raison saiche bien conter,
Et conseil saiclie bien celer
Quanque li rois comendera. ^Fahl. de S. G. f. i'^cj
lîerceur, s. Qui lierse. (Colgr.)
Herclielle. [Brin d'osier, gaule : « Laquelle
.' temme s'aproucha près et frapa le suppliant par
« le visaige d'une waulette ou Iierdicllc. ■■ (.JJ I8i
p. 154, an. 14r.l.)]
Ilercier. [Herser: « De recliief huit corvées de
« hercier à un cheval. « (Gh. des Comptes, an. 1308
fol. 338°.)] '
llerculiane, Ilerculieiiue (pierre.) Pierre
d'aimant. (Cotgr.)
Ilertlage. Droit d'avoir un troujieau séparé de
celui de la commune : « Lcshauts justiciers, moyens
.' ou fonciers peuvent tenir herde ou troupeau à
•■ part pour user de vaine paslure eu leur jurisdic-
« tion bans et autres lieux esquels ils ont droit de
« parcours, sans déroger à ceux qui d'ancienneté
<■ ont pareil droit de herdage particulier. « (iN. C G
t. 11, p. 3r.2 I'.) i u.
Herdal (chemin.) Chemin par oij passent les
hordes ou hcrdes, les troupeauxdebétes: « Tousles
• héritages assis sur chemins herdals, pasquis
« aisance de ville, sont tenus de cloison depuis là
« Saint-George jusqucs après que les fruicts et
« chaplez sont levez sous amende. » [C. de S. Mihiel
dans le N. C. G. Il, p. i0ô7.)
Ilerde. [Troupeau, harde : « Comme le sergent
<• eust prise en certain blé... la proie, queVen
« appelle la herde des vaches de la ville de Wau-
" cayeu, en laquelle proie le suppliant en avoit
■- aucunes. » (.)J. ir,8. p. 3i6, an. 1404.)- « Si cum
"la herde trespassa E le grant cerf à mes li vint. »
(Cnron. anglo norm. I, p. 54.)]
Herdeier. [Daltre l'estrade comme Iierdoyer ■
» Qui vont, si pot aler cliacer, Curre. berser u hcr-
« deier. » (Chron. des ducs de Aorm. I, v. 0850.)]
Herdier, s. Berger, pâtre : « Bois taillis et de
« coupe sont en defence pour le paslurage, jus-
« qu'après la quatriesme feuille a peine de cinq
« francs d'amende (jue le herdier, garde ou conduc-
" leur du troupeau sera tenu payer. .. iCout de
Gorze, X. C. G. 11, p. lOOG '■.)
Iierdoyer. Attaquer, harceler : « Fut ordonné
« par meur conseil de tous les capitaines que l'on
« ne combatteroit point les Anglois pour les périls
" qui en pourroienl advenir ; et outre disoit le duc
-• de Bourbon qu'il sulTisoil les //f'/Y/0(/('/-etcosloyer
« par manière que par ou ils passeroient ne Irôu-
« vassent nuls vivres. ■■ (Hist. de Lovs III, duc de
Isourbon, p. 57.)
Ilereau, îleireau. [ifiiison rustique avec ses
dépendances, dans D. C. Ilaijrelium : a Ou tems
» passe souloit avoir oudit lieu de Grandschamps
- .x.\n. hereaiix et ménages (|ui souloienl payer
« ladicte rente. .. (1420, Requête des habitants.)
(L. C. de D.)] '
Hercboiit. [« Lesquelxcompaignonsde Trappes
« commencèrent à trayner un esteuf au bout d'un
« baston parmi la dite fesie et ciiaiit : herebout
' herebout; qui est ù dire qui vuelt jouer h la
« paume. » (.1.1. 1 54, p. 301, an. 1393.)]
lîereditable. Héréditaire. 1° En parlant des
choses : « Sénéchaussée /(crcf/Z/fl/^/t' de Bourgogne »
(Estais des o(ï. des ducs de Bourgogne p' '27 ) —
2° En parlant des personnes : « Pour en'jouir pour
« luy, ses hoirs et successeurs heredi tables, comme
« de sa propre chose. .. (Preuves sur le meurtre du
duc de Bourg, p. 353.)
iîereditaire. « Comme eux disans/)«'crf?7rt/?rs
« du dit lieu. » (P. Desrey, ù la suite de Monstrelet,
page Î14.) '
Héréditairement. [« Vous en voyez l'espreuve
» au champ de Jloncontour; Héréditairement ils
•■ ont depuis ce jour La rage naturelle. » iD'Aub
Tragi(|ues, 1.)]
Heredital. Héréditaire : « Grand chambellan
« Iwredilal de Normandie. " (Godefroy, Fieni sur
l'Histoire de Charles Vil, p. 839.) — [« Que yceulx
" héritages soient bailliez... ii certaine réunie lier edl-
« tal à vie ou à temps. » (Mém. de la Chambre des
Comptes, f. 200^, an. 13GG.)]
Herediler. Etre héritier : « Amyables hommes
« seront ceulx qui herediteront la terre et qui
« vivront en Iranquilité de paix. . (Hist. de la Toi-
son d'Or, H, L 100 \)
Hereditet. [« Salf fai tun pople et beneis à la
« tue liereditet. •■ (Lib. psalmor. p. 34.)]
IIER
_ 40 - HER
Ilereqc. rHérélique: » Li arcovesques... ou nu-
.. cuns (îes evesques... doivent demander au roy
« que il nrometle et ferme par son serment, de
. meure liors de son royaume les heregcs ' v^eg-
nater de la Cliambre des (.omptes, loi. iM .) -
; Jehan de l-onlaine tenu etrepule sorcier et hen ur
» parce qu'il usoit de sorcene. - (.1.1. ^^>J!^^.;^^
•m l'idl ) — « Les liereges reconfoi'toil " dit .nii-
faumé Cuiart de liaymond , comie de Ton ouse
en li07 - " Maisire des liereges, .■ inquisiteur.
„ Se le maisire des Ucreijcs requiert au juge lay
. nu'il nren^ne aucun pour ce qu'il a mespris con-
. tre la fov,'si comme il dit, le juge lay n y doit pas
. ol)eir. s6 rolli(;ial ne lesciiplaveclm ■• (Heg. des
Arrêts du Parlement de i'aris. anc. 'J8'22 , 1. 4;) ■'.)]
n(M'eniitain, adj. Qni appartient à Ihermile :
„ Vie liereinitaine, « dans lOrdre de Clievalene,
folio 1 ''.
llerese. [Hérétique : •. Le dit frère Tliomas fui
„ mené devers notre saint père le pape, equel
<. cliar'^ea pour l'examiner les cardinau.x de Houen
. et de^Navarre, lesquels enlin le trouvèrent //arse
. et coupable. - (Monstrel. U, l'27.)]
Hevcsic. ri" Action criminelle : « Dementierres
.. que tirent li til à l'aversier Celé granl hcrcsie (le
« meurtre de Thomas) dedenz le saint muslier. »
(Tliomas de Canlorbery, ir.-i.) - 2" Sorcellerie :
,. laiiuelle Jaquette et aussi son mary estoienl
. notoirement el publi(iuement diffamez et accusez
« de cas de hérésie et faicturerie el avoir donne ou
c. fait avoir pluseurs maladies à pluseurs person-
« nés. .. (J.I. 178, p. 4G, an. 144G.) - •■ George Ver-
.. novs fui accuse de crime de heresre el de faire
» mourir el languir par sorl et art magique plu-
« sieurs gens et bestail. ^ (JJ. m, P- "'75, an. 1 404.)
— 3° Hérésie : » Espccialment vileins sermens et
,. hérésie fai abatre à Ion pooir. » (Joinv. § 753.)]
_ « Ce mol dheresie grec, depuis transplante
<. dedans liome, sicnilioil d'abord opinion, el, par
-. succession de leînps, nous l'avons tourné en si
<. mauvaise part, que nous n'en usons que contre
>. ceux qui nous contreviennent à la loy et religion
>. cathùliiiue. >■ (l'asquier, FSech. p. tlSG.) - « En la
« comté de Bolonnois confiscalion de meubles et
.. héritages à lieu seulement en crime ûlicresie et
« de leze majesté. » (Coût. Gén. 1, p. 611.)
lleraaut. [» Un heryaut à femme de burnete
. fourrée de connins. >■ (JJ. 82, p. 218, an. 1354.)]
Ilcranc. Bosse, tumeur semblable à une
hernie :
Ribaux en ces tavernes
Si font boces et her<jnes
Es testes et es dos :
Mais li sage en pais vivent.
(Frov. du Vil. f. 74 «./
Ilernner. [Se plaindre : «Un enfant aagié de
. deux 'ans ou environ, qui plouroil et herg)ioil ];>'àï
a force de maladie. » (JJ. 173, p. 432, an. 142(j.)j
Hericoi-. 1° Hérisser, verbe actif. Parlant d'une
tempête :
Tuit furent en grant tenebror ;
Morii quident tuit li plusor,
Ouar la ttirmente fu moult fort ;
Kt du Uromont croissent li bort ;
I.i vent /i-'/'irc et la mer poudre jQr.ii
Tone et esclaire cl chieent foudre. ;Blamhavd,n, iSO KJ
[-> Se bérisser, verbe pronominal : « Ne vuel pas
., sembler le uaignon Oui se /icrù-eelse reguingne,
.. (tuant antres gaingnons le rechingne. » (Uiresi.
de Troves, chev. au lyon, v. 64'».)]
lïericon. fi" Animal : « La pierre refuge as
. hcrii'uns - (l-ib. psalmor. p. 152.) - » ^-eiisd ar-
« mes qui yssoienl de Pans, toutes fois qu ils \ou-
« loienl. liors do Pans pour piller; quant ils reye-
. noient, ils esloienl aussi troussez de bien que lait
,. le heriçon de pommes. » (Journ. de Pans sous
(Irirles Y[ et VU, !'.17.)] - « Gervaise commença
'a se- retraire et tous ceulx lesquels avoient donne
« la chasse avecques luy ; chargie-. de chcvaulx et
.. de prisonniers comme nng heriçon de pommes. -
(\ p louv f 74 ".) - « 11 a un hérisson dans le veu-
.. Ire s'il ne boil il le pique, .■ il est grand buveur.
rOudin ) - « Parez le hérisson il semblera baron. "
Col-rave ) - 2" Poutre armée de pointes de fer qui
ournesurun pivot cl défend une porte de vile.
Parlant d'un cliàteau assiégé par GuUlaume-le-
Bàlard :
De celé part au chief du pont,
La ou la gent viennent et vont,
A cel temps avoil un fossé,
Haut et parfont et repare
l'our le fossé ont henchon
Et dedenz close une meson. [nou, p. ~-is-J
Hericot. [Haricot de mouton, ragoùl : « Heri-
,. col de mouton :despeciez le par petites pièces,
„ nuis le mêliez pour Isoulir une onde,^puis le Iri-
„ siez en sain de larl, el frisiez avec des oignons
. menus mincies et cuis, el delfaites du boullon de
. lieuf, el mettez avec macis, percil,ysopeelsauge,
. el faites boulir ensemble. » (Men. 11, a.)j
lîei-ienei- [Ereinler ; « Jelian Vacbol frappa
. icelle brebis d'une reilhe de fer qu'il avait en sa
« main ; duquel coup qu'il frappa ladite brebis il la
» heriena. tellement que depuis ne se peust sous-
» tenir. » (JJ. 20'.), p. 18'.l, an. liSl.)
llevier [Malmener, tourmenter, violer : « Qu'il
„ ne se fuissent guerryet el her^jel. » (Froissart, II,
„ 9-,') '1 — .. Dont eurent conseil que il cosliaissent
u les Engiês el les hericmenl. •■ (Id. 200.) - ;■ Le
., suppliant apperceul icellui l'.aulin qui lenoil sa
„ chamberiere par les jambes, el \^ iumoU oui ra-
« o-eusement, oullre son gré el voulenle. » (JJ. 1 /O,
p. 203, an. 1418 )J
lleriquet. [Echoppe : « A l'aide d'un sisel de
« fer cl d'une vrille à tonnelier entre en un heri-
» auet ou eschoppe i"! espicier, assis en la ditte ville
.. de Pontoise. » (JJ. 150, p. 211, an. 1300.)j
Hérissement, s. Cheveux hérissés :
Gemissemens
YsonTcriz. piours, hevissemcns
Et cruels amortissemens
D2 cuers. f->'- Cliavhcr, p.
G'iS.J
IIER
Herissonner. FTérisser : « Commença a hcris-
' sonner son poil etgrinser les dénis. » (D. Florès
de Grèce, folio 120.) — .. Leur chef qn'ilz avoient
« herissouné et sans aucune parure. .. (Id. f. 411 ''.)
Hei-ilable. [Héredilaire : » Maisons et heritaoes
» que on baille à renie hcrilable. » (Coût. deMons,
Coût. Gén. I, p. 820.)
Heritîjl)lemcnt. Par droit de succession:
« Cédons et transportons par ces.... présentes pour
" luy, ses hoirs et ayant cause, heritablement,
« perpétuellement et irrévocablement les pays,
« terres. » (Preuv. sur le meurtre du ducde DouVg.
]). 351.) — [.. Trois cens livres de blancs cascun an
« a pi-endre heritaulcment à men winnage d'Aves-
« nés. » (Marlène, Anecd. I, 1007, an. 1238.)— On
lit heritablement, au cart. S. Martin de Pontoise,
fol. 28. an. 1332.)]
Héritage. [Mmmeubles: ■> Et aussi lor doit
« on (aux cnfans) rendre conte de lor muebles et
« de lor héritages vilains, qui le tient por eus, et
« tans qu'il sont sous-aagié. " (Oeaum. XIV, 30. J
— " Les arbres croissans, advestures de bleds, d'a-
" voines seront tenus pour héritages.... sans que
« l'herilier impuissant les puisse vendre ou aliéner
« non plus que le fond. .. (Coul. de Ilainaut, iNouv.
Coût. Gén. t. II, p. 137.) — » Héritage couvert, ..
héritage cultivé, ensemencé. (Du Cange, sousîVs//-
lus ager.) — ^ Héritage découvert. » (Ibid.) —
'■ Toutle nostre héritage, » tous nos biens. (Test,
du C" d Alencon, h la suite de Joinville, p. 185.) —
2" Succession directe, opposée à la collatérale. (Ord.
1, p. 208. i On a dit au figuré :
.... Aniors voil et set mon fin corage
De li tieng je tout mon droit lierilagc.
Poêt. fr. MS. av. ICOO, t. 1, p. 3S7.
3° Possession perpétuelle, opposée à la viagère :
« Si l'aisné n'avoit aucuns frères puisnez et ii'eust
« que soeurs qui fussent plus aacées ou moins que
« leur dit frère, tonstes fois lesdites Hlles sont fon-
•- deesd avoir iceluy tiers par lieritage c'est ù scavoir
« pour elles et leurs hoirs. » (Coût, du Maine,'Cout.
oen. H, p. 138.) — » Le droict seigneurial, c'est le
« dixième denier du prix de la venle si c'est à
^héritage, et si c'est à viage, le dixième denier ..
(Bout. Som. P.ur. p. 8G5.) - De là le proverbe: - Je
« vous advertis que amours de femme n'est pas
« héritage, eWes ayimm aujourd'huv ung liomme
« et demain ung autre. » (Percef. VI," fol. 42'' ) —
« Faire ses acquêts à héritage, » placer son ars-ent
ù rente perpétuelle :
Nous veons souvent que li saige
Font leur acquêts à lieiilaUje,
Et li aver le font à vie. fDescli. fol. 00 ^.)
f" Terre, possession. (Vov. Du Cange, sous //ft';r-
(htagium, 2 ) — .. Bon héritage et bonne herbe »
(Froissart, lil, p. 295.) - 5" Toutes sortes de biens •
« J use du terme ^héritages, le prenant générale-
« ment, parce qu'il me semble plus convenable que
« celuy de choses. » (Gr. Coût, de l' rancc , n 305
notes sur le chap. XXI.) - 6° Bovaume des cieux'
au ligure: « Ame n'est mie faite pour lousiours
VII. ■•
41 —
HER
« séjourner En ce mescheant monde qu'en voil tout
« bestorner, Mes si bien et si bel s'i doit cl atorner
", H" V} ^^" ^''*^'' herilaige puisse tost retorner .'
iJ. deMeung, Test. 300.)
îlerite ,^1- Ilérétique: .. Cil Sarrazins me sem-
« blet mult hérites. « (Bol. v. 1G45 ) - « Hérite »
ffln.î'-''r^~.r''-'""]-^'^'l-''^''P'''^e f'" comte de
Sullolk. . Laquelle justice fut faite et accomplie en
■■ une place assez près de la ville de Londres la ou
xu^n rn't ^'fJ'T^''- " ('^'«"'- cleCoucv, Charles
\ii, p. GO.x) — [2° Oui a commerce avec les l)étes •
» Jehan Chevalier dist à l'exposant pluseursparoles
« injurieuses... en l'appellant Iwrile, et disant qu'il
" la\ oit trouve avec une vache. »(JJ. 155 n .U
""mi?-' T " ^''"^'^'"*»« Castres de Harmavilfe pour
■■ pinceurs larrechms, que il reconnut avoir fa t fu
" jugies et menés as fourkes, et ileucques reconnut
■• quel avoil esté bien et conversé 'à une y" ke
« pour lequel Inrrechin il fu pendus tout vis et
.. pour chèque II estoit/(m/t^ il tous vivais fu
« ars. „ ,,L,v. [louge d'Abbev. fol. 52, an. mtf]
1. Hérité, s. [Biens propres: « De delfendrp
«leur l,erites, Sambloit cha,scuns nua lei (es !
îCleomadès, dans Du Gange, III, G5y.;J
Un jeusne hoir en son hcrité
Laissa, qui avoit pourveu-
Ileaus estoit et non pas parcreu. (Desch. fol 3iS " I
Amor de feme, bien le sai,
N'est pas a tous jors hei-ilé ;
Tost ont lor corages mués
Et sont plus legieres que j'ai. (P. o.v. i.SOO, IV, p. US5.]
'2. îlerlté, part. Qui a hérité, qui possède •
Et pour ce concludz en effect.
Qu'elle soit par vous maintenue
En son bon droict cler et parfaict
15itn gardée et entretenue
^De cestuj- bien />enlce. (Coquillart, p. 83.J
Parlant de la composition que fit l'abbé de S' Si)
vier, en la hauie Gascogne , avec le duc d .\njou ■
" Si prioit qu ou le vousist laisser en paix f„n^
•• luy ne ses gens ne feroyent nulle guen'e" et
« que tout ce que les seigneurs, herit/s des arrière
;FS£t,uï:^S?^''^^"''''^'^-'--i »
Expressions:
r ;./'''■'?« hérité, » riche: « N'estoient pas si l,ien
« héritez qu on pourroit bien dire, mais ils en
« vivoient. » (Juv. des Ursins, Ilist. de Ch. V 09^
2° .. l'en hérite, » pauvre: « Or ay-je un 'frère
'■ auquel la coustume donne tous les biens de nostre
» maison, parqaoy me voyant jeune et peu hérité
'< me sui.s mis à suyvre les aventures. « (D Florès
deGrèce, fol. 116\) i^'- riorcs
^° '; ^''}^''f^. ^^'ostel héritez de ville. » (Ord t M
p. 3/4. On ht plus bas: .. Les bourgeois /;m'J; et
«nez de la ville de Tournay, » c est-à-d re avnn
héritages immeubles en la ville. " "*
Hériter. [1° Doter, laisser en héritage- « Miex
« es hériteras se tu les bien doctrines. Que se tu
« lenr lessoies d'or et d'argent dix mines ! Oe- p
sion. « En saisissons, héritons et reveslons et '
HER - ^-
« douons corporelement, realment par le bail de
a cespresenleslellres. » (Cari, des Chartres, an.
1330.) _ 3" Acheter ini immeuble pour avoir droit
de bourîieoisie: « Considerans que icellui Jehan de
.. Mei'itain, oscuier (liearnois) a enienlion de soy
« héritier el demeurer en nosire royaume. ■> (JJ.
-im. p. ;518, an. Ii81.)]
lleritiei'. 1" Propriétaire, possesseur: « Nuls ne
« pouiront entrer el venir es champs d'autruy pour
.. glener, que premièrement les jarbes ne soient
« îices el mises en monls; moyennant quoy les
.. heriliers el fermiers réciproquement ne pourront
« faire chasser leurs bestiaux sur les dits champs,
« que vingl-qualre heures ensuivant les dépouilles
« levées. » (Coût, de llainaut, Nouv. Coul. Gén. II,
p. 51.) — ['i° Successeur, hérilier: « Tant qu'en
« 'France mourut li rois sans /u'r/«(Vr.>. (Saxons, IV.)]
Expressions :
1" » Héritier convenlionel est celui qui par con-
te venlion est accordé pour être comme un hoir et
« à pareil droit que celuy au lieu du(iuel il a été
« baillé et échanué en tous les droits qu'il avoit en
c. l'hôtel dont il est sorti et en la succession des
a ascendans seulement. » (Laurière.)
2° « Dans loiis les liefs délaissez par le père ou la
« mère, l'ainé des fils y succède ou l'aisnée des
« lilles, où il n'y a point de fils, pour les deux tiers
c. el les autres enfans fils ou filles conjoinlemenlel
« ensemblemenl dans l'autre tiers, sans qu'ils soient
« obligés de renoncer ù leurs parts dans les autres
« biens sujets à partage, au profil du dit aisné que
« l'on nomme ordinairement Yheriiier du feuda-
« Zrtiî'e et ceux qui prennent le dit liersdeviennenl
« héritiers du deU'unct pour leur conlingcnt. -
(Coul. de Waes, N. C. G. I, p. H9i \)
3" » Mayeur lieriHer, •> maire héréditaire, charge
municipale : » Primes, a en la ville de Meurchm
.> pour la justice garder el observer ung maijeur
« //Cîv^ù'rel sept eschevins, qui sont de telle et si
« longue durée que on ne les peul démettre, si ils
« nefourfonl. » (Coût, de Meurchin, Nouv. Coul.
Gén. I, p. '.3!)».) , .
4° « Héritier meublier, •• héritier du mobilier.
(Coul. Gén. I, p. 723.)
5» « ]j'lieritierùplaiii, c'esl-à-dire l'héritier sim-
« pie, n'est tenu d'acquiescer au testamenl du dil
« delTunct et iceluy accomplir en ceque le testateur
« auroit disposé oiiltre el par dessus ce qui leur
« est permis par la ditte coustume. •> (C. G. I, ûtii.)
Ilerituer. Donner à perpétuité : » Il esl loisible
>< il tous seigneurs viscomliers, par puissance de
.. fiefs el accroissemenl de seigneurie, de bailler à
a rentes el par arrenemenl féodal, lierituer et per-
" peiner partie de leurs fiefs el jiisques au tiers îi
« le tenir d'eux el de leur seigneurie en icelle
.< nature, à telle charge et servitude ou redevance
.. que bon leur semble. .' (Coût, de Douay, Nouv.
Coul. Gén. II, p. 973''.)
llerle. [Tocsin : « Ricouvverld'Auleriveescuier...
« esloit par un jour en sa maison en la conté de
HER
a Flandres, assez près de la ville d'Espiere , et oy
« sonner ledit jour bien matin les cloches à lierle
« de laditle ville d'Espiere el d'autres villes voisi-
« nés. » (JJ. 121, p. 0, an. 1382.) — ■• On sonna les
» cloches du lieu ù lierte el ell'roy pour assembler
X le peuple. » (JJ. 189, p. 'à, an. M.Vi.) — « Les
« villes voisines commenchierenl à sonner leurs
" cloques h lierle. » (Froiss. X, lOS.)]
Herlot. [Comparez l'anglais //rtî'/of, prostituée:
<. Et, lu lierïos, en voes lu parler. » (Froiss. X, 383.)]
lierni, Hernie. [Inculte, improductif, opposé
heondreg, dans les chartes provençales: >' Item
« ung lierm ou pièce de terre non labourable,....
» qui esl de bien peu de value. » (JJ. 177, p. 151,
an. liiô.)— « Terres iiermes el vacans sont au
" seigneur justicier. » (Coul. Gén. t. Il, p. 193.) —
« Le lieu ou souloil eslre l'abbaye de Cluny (qu'est
« en Masconnois) demoura longtemps en solitude
« et (commeon dit)en /lermc. » (S. Julien, Mesl.
Hist. p. 520.)
Hernie. [Pour lielme, heaume: « Mil chevaliers
« à lianbercs et à Itermes. » (Alliis, dans Du Cange,
t. III, p. (ii2'-.)]
Ilerniiii. Hermine:
Vestuz fu d'un pliçon hermia
Et bien fu chaiiciez d'oslorin. (Flo'u-c et Blaiiclio/l. 200 ■'.}
[On lildans Aucassin et Nicolelte (éd. G. Paris,
p. 09): « Si soulevas Ion train, El ton peliconf)7H/H,
.< La cemisse de blanc lin Tant que la ganbete vit :
« Garis fu li pèlerins.] »
Hermine. [Fourrure : « Cief a reond el blonde
-. crine, Plus blanc le front iiue n'est liermiiws. »
(FI. el Bl. V. 2875.) — » Pour la lourreure d'une
« robe d'escarlate vermeille de .vi. garnemens,....
.< laquelle esl fourrée de liermines de garnison. »
(Nouv. Comptes de l'Argenlerie, p. 159.)]
lîerniiner, v. Fourrer d'hermine : « Qui voudra
» l'ourer sa robbe autrement qu'à la commune et
« ancienne guise comme de trop longues manches,
« ou de les faire luniiiiiier, prenne le marclT_é meil-
« leur qu'avoir il en pourra. » (Ord. II. p. 372.) —
Le participe erminé signifie moucheté : •■ Elle esloit
.. moulée sur un cheval tout erminé de son poil,
« naUirellemenl. » (01. de la Marche, II, p. 557.)
i. Herniiiiette, s.Dimiiuitird'hermine : « Her-
« minettes, lièvre et conin. » (Froiss. Poës. p. 20! ''.)
2. llerniinette, s. Outil de menuiserie. (Cotgr.)
îlcrniiUioe. [1° Vie d'ermile: <• Il commença
« par granleslude entendre diligemment à piteuses
« œuvres, les quex li liermitaiyes 11 avoit ensei-
« gnie. - (J. des Sav. avril 1800, p. 202; Légende
eii'"prosede Girart.) — 2- Habitation d'un ermite:
.. Dedeiiz la lande eiiz el boscage 01 uns sainz bonis
« son lœrmilage. " (Lai del désiré.)]
Herniitain. [Ermite: « En cel tans fu ung her-
« milains bons de grant vertu, qui avoil laissé
« toutes choses pour Dieu. » (>is. S. Victor, 28,
fol. 07''.)]
Hermite. [I" Ermite: •' Car si cuiii les babis
HER
— 43 -
HES
« nous conte, Tu semblés esire uns sains hermi-
« tes. » (Renart, v. lli'iS.) Faisant allusion à cet
épisode de Renart, Descliamps écrit (fol 494 ■)]:
Et par Dieux si sera si leux
S'il a femme doulz et piteux
Et le verrez encore henmte.
« Puis commanda aux quatre clievaliers qui
" dévoient livrer jouste aux venans, queilsseallas-
« sent armer et gardassent leur honneur, afin qu'ilz
« ne l'eussent repuiez herinitcs combien qu'ilz
« demourassent aux boys. » (Percef. VI, fol. 93 ^)
Expressions :
l" •< Hennile Bernard, » ermite marin. (Cotgr.)
— [Crustacé pagure qui se loge dans la première
coquille univalve qu'il trouve à sa taille.]
2° « UermitcsAe S' Augustin, » les Petits Pères.
(Du Gange, sous Eremitanus frater.)
3" X ilcrmitps S' François, » nom donné aux
Minimes sous Charles VI, en 1482 (Comines, 489.;
4° « Déjeune /(C?'»H';f vieux diable. » — » Si un
« caffard est malin, pour jeune qu'il soit, il empire
» encore avec l'âge. - (Le Dnchat, sur P.ab. liv. III,
prol. p. 18.) Voyez Contes d'Eutrapel, p. IflC.
T)» « le regnard est devoiit liermite. •< Colgr.)
6° « Le renard prêche, gare aux oies. " (kl.)
Ilei'mofi'oiulitus. [Hermaphrodite: « L'en
« demande à qui l'en doif compaigner herinofron-
c< (iitiis, qui ol nature d'ome et deïame'? et je res-
« pons: à la partie dont il a plus. » (Liv. de Just. 5j.)]
Ilernault. [« Le seigneur de Parthenay disoit
« avoir ....ung droict, appelle Iiernault, qui est un
» péage, que quiconque de la ville passe par certain
» lieu sans payera Parlenayledict droict, le seigneur
« est en possession de prendre les biens de ladite
« ville ù force d'arme en acquit et paiement dudit
» pease. Par arrest ladite couslume est donnée. »
(ms. nCanc. 98-23, fol. 7^, an. 1388.)]
Ilerneis, llornois. [Harnais: « Qui n'ot her-
« nois, son lié en gage mist. » (Garin , dans Du
Gange. III, G29\)]
Donna lances, donna espées,
Donna sajettes barbelées,
Donna herneiz, donna escuz
Donna espiez bien esmohiz. [Bnil, fol. 80 •'.j
Ilernoux. Cocu.
Helas, dolent, et que feray,
Pour ly de tous gabbez seray,
Et sire ho DOUX aussi clamés. [Ill Maries, p. 74.1
llernu. [Mois d'août: » Le temps estoil bel et
« seq , tel comme il est ou 'mois d'aousl et de
« hcrnii. » J'roiss. XIV, 17G, 23G , 320.) De l'alle-
mand amen, moissonner, qui a formé.lrH/r?Hr;/;fl/.
Dans les palois du iSord , Iternu, liainii signifienl
orage, temps d'orage.]
Héron. [Voir II.\moN.]
Horonniere. [Voir H.uhonniebf..]
Herp«iHe. Ilarpaillc, troupe de coquins:
Ilecques et a Sainte Ermine,
Avoit grand hcrpaille et vermine
Qui n'y laissoit ne coq ne poule. (Virj. de Cli. VU. i03.)
Ilei'pe. [Harpe : " Lesquelx deux compaignons
« portoient une herpe dont ilz s'esbatoient. (JJ. IGO,
p. G2, an. 1405.)] Au figuré, on a dit de la reine
Blanche et des pieuses maximes qu'elle répétoit
continuellement à S. Louis:
C'estoit la chanç.on et la lierpe
Dont la saincte femme le berse .
Et les mes dont il fut servis. (Dcsch. 5.50 '.j
Hei'per. 1° S'allacher : « SerpouUet qui lierpe
« contre terre. » (Rab. III, p. 2G0.) — 2° [S'accro-
cher : " Brissac void le petit navire Beaumont herpé
« avec le vice amiral, et ;\ chasque main abordé de
« cinq ou six navires ou gallions. » (D'Aub. t. II,
p. Kl.) — 3° Déchirer:
L'honneur des dames diffamée et herpée
Par faulx rapport (Chasse d'Amours, p. i4S ^'.j
lïers. Héritier, successeur: « Nous, ou noz hers
" ou noz successors. » (Ord. H, 3i2.)
Herser. [Fatiguer, harceler: « De loing li lan-
" cent, si l'ont point et liersé ; En quinze leus eust
« le cors navré Ne fust l'aubercqu'ilavoitendossé. »
(Bat. d'Aleschans, V. G091.)]
Hertaye, Hertoye. [Terre inculte: « Trois
« deniersassis sur demi arpent de terre ou envi-
« ron.... joignant à la terre et hertane feu Estienne
>' Cornillau."» (Censier d'Estilly, anc. 9193, fol. 5%
an. lioO.)— » Surdemy arpent de terre, bois et
« hertoye joignant d'un" bout h (luareour au Renart
» et au bout'de l'aunay et chenevrau Macé Vau-
a goin. « (Ibid. fol. 30 \)]
Herupper. Hérisser: « Il apperceut que ung
» homme merveilleux venoit vers luy et avoit la
» teste grosse et hcrupce, la face froncée, les yeulx
« rouges et la bouche tortue. » (Percef. V, f. 2-'.) —
« Le porc si lieruppa la coynede sa hure qu'il
« avoit grande et toute houssue. » (Percef. VI, SO"".)
Hés. [Crochet [hé, au dictionnaire rouchi de
Ilécarl): » Et avoient grant liés, graves et baves de
" lier. " (Froiss. 111, 1% ) — « Icèllui Régnier frappa
» ledit Girart d'un hés de fer par lecoslé, tellement
« ([ue il chey à terre. » (JJ. 120, p. 17G, an. 1385.)]
Hescaudel. [Echaudé: » Item à la saint Remy
« quarante deux deniers. Item demy hescaudel. »
(JJ. GG. p. 298, an. 1329.)]
Hesple. Quenouille : » Vieilles matrones bar-
« bues et eschevelées.... tenoienl en leurs mains
« sellettes, et bourdons, hesples , ou cyneulles
« (quenouilles', et en alloient escrimissanl les unes
« aux autres. » (PerceL II, fol. 4'=.)
Hesse. « L'amende d'un arbre portant fleur,
« coupé par celui qui n'a droict de ce faire, a tou-
« jours été et est pour le chesne de six florins d'or,
« et pour la hcsse et autres de trois desdits florins
" au profit du seigneur foncier outre la restitution
» du dommage. »" ;Cout. de Luxembourg, Nouv.
Coût. Gén. Il,' p. 352'.) [Lire Hestre.]
Hestaus. FEtal : •< Si s'est assis seur un hes-
« tans. . (Fabl. IH, 211.)]
HEU
— 4't —
HEU
Ilet. [Voir Hait: « Poigneiit de/iCt'asSarasins. ■>
(Parloiiopex, v. 0280, o'iOO.)]
Hétéroclite. Mol ù mot, dont la llexion esl
irrég'u litre: ■■ lîesolii comme Piliourl en ses lictc-
» roclitcs. » \CoiUes d'Eutrapel, p. 481. j
îleuce, lieuse. [Esse, cheville île fer en forme
d's qui relie le moyeu à l'essieu : « Lequel suppliant
" a emblé... une lieuse de fer à la charrue de cer-
« tainc personne qu'il ne cognoist. •> (.1.1. 13-2,
p. '220, an. 1388.) — •■ Deux chevilles de fei', appel-
« lées JiCKces, ù charrette. » (.M. ICS, page G,
an. 1408.)]
Ileucque, lieuque, lîuqiie. [Casaque à
capuchon, d'abord ii l'usage des femmes, puis des
hommes : " Le suppliant print une Inique noire,
« qui estoil i^i son dit maistre, qu'il vesli. " (.JJ. 158,
paiïe 382, an.iiOi.) — « IcelleBoudiere ala en une
u des chambres de riioslel et apporta une lieuque
« fourrée qu'elle bailla en gaige à ladittePerrelle. »
(JJ. 102, page 223, an. 1408.)— « l^ne heucqne de
« brunelle et une robe de brun vert à femme. »
(Ibid. p. 378) — « Icellui Jehan bouta sa main des-
u soubz sa lieuque en qucrant un cousiel. » (JJ. 103,
page 30J, an. 1409.) — « Icellui Coupper devesti sa
« robe et priut sa lieuque. ■■ (JJ. 173, page 105,
an. 142.-..)]
Ileiiei', Heiiher. [lîouer : « Leir.iel dcman-
« deur concluoil à rencontre du delfcndeur, à ce
« qu'il fusl condempné envers lesdits religieux en
« la somme de .lx. sols parisis d'amende, pour
« avoir piquié ou heué sur les froc(|S, llegars et
.. voieries de Musarville. » (CartulairedeCorbie, 23,
an. 1480.) — <• Fut donné congié... pour picquer et
« lieuher et prendre terre. » (Carlulaire de Corbie,
signé César, f. 58 >■.)]
Heiiolie. [Haie : « En des:-, li /teif^Aes des fossés
« tout eiitour, là ù li castiaus fu jadis. « (Tailliar,
Rec. p. 144, xiu' s.)]
Heulle. [Dos d'une hache . d'une cognée :
« Icellui chevalier donna audit Pierre un cop ou
« deux du heulle d'une hache ou congnie, et si lui
<i donna un autre cop du taillant. » (JJ. 148, p. 3'(,
an. 1393.)]
Ileiii'. [Voir En» ; bonheur, de awjurium :
u Quand ilful né, je sceus que son heur ne gisoit
« point en Bietaigne; car mesadventure luy fust
« advenue pour iuy et pour ses amys. » (Percefor.,
vol. IV, fol. I il.) — " 11 semhloit que toutes ciioses
« allassent à son plaisir, mais aussi son sens luy
« aydoil bien à luy faire venir cest heur. >• (Comm.
AI, 'g.) fiemorciuez que jusqu'au xiv siècle eiir
compte pour deux syllabes.]
Heure. [1" Temps en général, heure : « Orcest
« bien raiso'n et heure Que m'i doié retourner. »
(Couci, IV.) — » Car tout quanque barat aiine
« (fraude) réunis. En vingt ans, anientisl fortune,
« En une seule heure de jour. » (Bruyant, dans
Ménagier, IL 28 ) — 2° Heures canoniales, diverses
parties du bréviaire, qu'on récite à matines, vêpres.
compiles; livre qui contient ces heures : « Ainz
•« erra une liue qu'il volsist arester ; Hors veie se
« lurna pur ses hures chanter. - (Thomas de Cant.
117.) — » item, unes heures couvertes d'ais esmal-
>' liés garnis de perriere, prisiéais et tout281. par.;
•< vendus au roy et livré comme dessus. » (Nouv.
Comptes de l'Arg. p. 02.) — « Deux couvertures de
« drap d'or pour deux des heures du roy nostre
" sire. " (Id. 228.) — « Unes grans heures données
« à mons. de Bourbon. » (Id. 231.) — ?>" Etoile :
« Et ceulx qui ont tout le temps labouré El qui ont
« sens et diligence bonne. Sont soul'raileux et de
" dure heure né. Car ils ne sont remeris de per-
« sonne. - (Descli. f. 28.) — ■• A si hoaneheure. »
(Froiss. II, 195.) — " Ala maie heure. » (Id. XI, 91.^]
Expressions :
[1° ■< Comme h heure de hasse rissue. lui Gossel
>. estant à la croix d'icelle ville de Verneuil. »
(JJ. 155, p. 380, an. liOO), c'est-à-dire heure du goû-
ter, dit merenda, dans un Gloss. de S. Germain des
Prés, en français « le mangier de Vheuredcnone. »
2" >' Le lundi .wui. jour de ce présent mois de
" may à heure de reinontée « (JJ. 122, page 313,
an. 1383), c'est-à-dire heure de relevée.
S- « Or est vrai que... environ heure de riotte. »
(Livre P.ouge de la Maison Dieu d'Abbeville,f. 125 ''.
an. 1372.) •- « Environ heure de entre riote et
.. cœuvre-fu. » (Ibid. f. 138-', an. 1377.) — « Item,
« an erant plures in vico , hora qua pulsalur
« rmjote? » (JJ. 111, p. 358, an. 1370.) C'est l'heure
du goûter, de basse rissue.
4" « Comme le suppliant environ heure de l'an-
« serij eusl envoyé pour lui sur les murs de la ville
» de Heims, et pour la garde d'icelle un jeune lilz »
(JJ. 171, page 479, an. 1421), c'esl-à-diré heure de
nuit.
5° « Hem en un autre jour,... comme environ
« heure de saint sonnant pour fermer les portes de
« ladite ville (de Montargis.) ■■ (JJ. 111, page 209,
an. 1377 )
0° " A heure d'enlour chien et leu. » (JJ. 119,
p. 417, an. 1381.)
7" " Comme le suppliant passoit par devant l'ostel
« dudil Claye à Tournay à heure d'entre deux
» wignorons rabat jour. » (JJ. 100, p. 801. an. 1370.)
8° •< Icellui de Salheras, le samedi après ensui-
« vaut heure tarde, ala de vie à trespassement. »
(JJ. 180, p. 451, an. 1450.)
9" ■• Une heure... une heure, » tantôt, dans
Froiss. IV, 407.
lO' « En Vheure, « aussitôt. (Id. IV, 82.1
II' « Sus heure. » même sens. (Id. Il, 120.1
12° « Pour Vheure, » pour le moment. ild.IV, 89.)
13° " Pm heures, •■ parfois. (Id. 11,298.)
14° « En brief heure, » en peu de temps. (Id. IV,
folio 345.)
15° >. De haute heure, » tard. (Id. H, 179.)
10° " A la bonne heure, » marque d'approbation.
(Id. IV, 80.)
17° « Toutes les /(0?'es, » toutes les fois. (Rymer,
1. 1, p. 110 et 117.)
HEU
45 —
HEU
18" " Heures suivent les jours et non les heures
« les jours. » (Serinons de D:niele, 1" part. 13"»".)
19° « Par avant ces heures, » avant ce temps.
(Ord. des ducs de Bret. f. 'il G '.)
20" « //e(i;'t% jour, moment, semaine, » jomais, en
aucun temps, (lîusl. Descli. fol. 92 ''.) — « Heure ne
" jour. » (kl. f. '2G0 ''.) — « Heure jour ne demie. »
(Id. r. !6G".)
21° « N'estre Iteure, » n'être poiiU. (Perceforest,
vol. I, folio 55 M — « Ne voir jamais l'iieure de
» .HG. » dans le même sens. (Straparole, I, p. 401.)
22° » Regarder, garder, avoir ['heure, » voir iè
moment oi^i une cliose arrive; est employé avec la
négation pour dire ne pas s'y atlendre, n'èlre point
préparc à un éve'iiemenl. (Percefnresl, 1. f. 30 ''.) —
<i N'avoir heure de famine, » n'éprouver jamais de
famine. (J. Marot, p. 92.)
2,3" " Heures sont faites pour les liommes, non les
« hommes pour les lienres. » {[\nh. I, p. 263 )
24" « .\ Unilii Iieure de champ. ■■ à tout bout de
champ, à tout moment. (Dranlôme, Daiiies (jali.
t. Il, p. 188.)
25° « En Iieure du jour, - terme usilé dans les
gages de halaille pour exprimer la durée d'un
« jour naturel avant les estoiles appaiissans on
« ciel; " c'étoit le terme donné au champion pour
forcer son accusateur à se dédire de son accusalion,
ou pour obligei' l'accusé à faire l'aveu de son crime.
(.\nc. G.out. de Norm. p. 9G ".)
20" « Heure de la salle ■■ semble avoir été le temps
de l'apiès-diner qui suivoit la promenade, lorsque
sur le soir tout le monde se rassembloil dans la
salle. (Lanc. du Lac, t. Il, f. 1 '".)
27° •< Entre deu.v heures, « de temps à autre, par
intervalles. (Pcrcef. II, f. 97 '■.)
28" " Heure cnglesclie, « l'espace de temps qu'on
mettoil à faire une lieue an.'^loise. (Perceforest,
vol. I, foi. 111 ".)
29" Heure, pris adverbialement pour l'espace d'un
moment. (Desch. f. 405 '.)
Heure. Heureux.
Bien Itcuycc prospérité. (Molincl, p. 101.]
Heurer. 1° Rendre heureux :
Charlotte, si le ciel jalou.x de mon envie
Par si beau cliangeineiil ne veut lieurcr ma vie,
Tu ne lairras pourtant de luire à l'univers
Si ce n'est dans le ciel, ainsi que je désire.
Pour le moins, icy bas, on le verra reluire
Autant que le ciel même, immortelle en mes vers.
G. Durand, à Kl suite de Bonncfons, p. 110.
2° Régler les mesures : « Appartient encore au
■1 mayeur justicier connoislre du fait de police,
« taxer vivi'cs, denrées et marchandises adjousler
« el, heurer poids et mesures. » iCout. de Gorze,
dans le N. G. G. II, p. 1077 K)
Heureux. 1° Uni a de l'heur, de la chance :
« Il est plus /u'i/(T«.i' (lue sage. » (Touches de Des
Accords, p. 42; Div. Leç. de Du Verd. p. 425 ; Contes
de Des Perr. Il, p. 170.) — Parlant du duc de Bre-
tagne, qui fut à couvert des poursuites du roy
Charles VI par la maladie survenue à ce prince,
l'auteur ajoute: « Pourtant fut dit des jadis: il n'est
« pas povre qui est heureux. » (Froiss. lY, p. 152.)
— 2° Fait au hasard : « En celle niesuie retraittefut
« tué aussi ce geulil el brave M' Bayard, à qui ce
« jour .M' de Bonnivct, qui avoit esté blessé en un
" bvAs d'una Iteureuse arquebusade... donna toute
« la charge et le soin de l'armée... et luy avoit
« recomuîandé l'honneur de la b'rance. » (Brant.
Cap. fr. t. I.)
Heurier. [Bénéficier ou prébendierqui [)salmo-
die chaque jour les heures canoniales.]
Heurî, Hourt, Hiirt, ileiii-te. !°Emiiienie :
« Ils s'esloient avancez jusques sur un pelit /k'«»'^
« qui regardoit la citadelle. » (Jlém. d'Angoulesme,
page 10.'!.) 11 est eiicore en usage dans ce sens aux
environs de Paris, comme à Claye, Gressy et autres
lieux. — ■' Vous tusles chargez par quatre autres
•< escadroiis qui vous r;imeuerenl plus viste que le
« pas sur un petit heurt. » (Sully, Mém. I, 3'28.) —
« El d'icelle borne, suivant un heurt ou senlicr. »
(1.547,AveudeBeaumont-le-Bois,dansleCl.de Douy.)
— 2° Aclion de heurter, choc : [« L'exposant bouta
« ou hurla ledit .lehan une foiz ou deux de l'es-
« paule;... et combien quedadit //.'(»■< ou boulcurc. ■>
(,IJ. lit), p. 4(i, an. 1379.)]
Canons et basilicz donnoient de si leurs Itur.t,
Que fendre et csclater font grosses tours et murs.
J. Marol, pa-e Mi.
« .\ tous lieurls, » à chaque instant, ii chaque
occasion : « La musique à ceux qui en abusent
« imprudemment à tous heurts, enyvre plus que
« no fait toute sorte de vin que l'on pourroit
» boire. " (.Morale de Piularque, Iraducl. d'Amyot,
t. II, p. 143.)— « A loules tieurtes, » de tous côtés :
« Le chevalier désirant mettre lin au combat,
« commenta ù le presser de plus près évitant ses
« coups et le chargeant à toutes heurtes par telle
i. vivacité qu'il ne sçavoil bonnement comme s'en
i. garantir. » (D. Flores de Gr. L i09 ■'.) — « Voyons
» les deux bandes frémir el soy alfermer pour bien
« comballre, venant l'heure ûeliourt, qu'ils seront
« évoquez hors de leur camp. » (Rab. t. V, p. 114.)
— 3° Ce qui choque le bon sens : « Bien souvent
« l'on ne peut .-iccomplir ce (|ui est d'une vertu,
« sans le hurt el olfence d'une autre verlu. « (Sag.
de Charron, page 18.) — 4° Revers de fortune : « Ce
« qui doit flonner bon courage aux poures gentilz
« hommes et à tous ceulx qui suivent la guerre de
« ne se point esbahyr pour les premiers hurs, c'est
« que fortune ne favorise jamais du premier coup,
» ceulx qu'elle ayme. » (Le Jouvencel, folio 8 ''.) —
5° Coup de cloche : « Au premier hurt de prime. »
(Ord. des R. de Fr. t. V, p. 253.) — » Sçavoir de, du
» hort, liourt, « savoir des tours, des ruses. Parlant
du séjour de la cour :
.... Aujourd'huy je voy que c'est grant sens
D'avoir deux piez de tous poins hors de court.
Eiist. Descli. ro-s. MS. fol. 292, col. i.
Faisons donques la départie
Alez à Dieu, coque luirie,
Trop de liourt et barat scave: :
Deceue ne suis ceste fle. [Descli. f. ^lôO ^.}
HEU
— 40 -
HIE
Parlant trunc femaie surprise par son mari :
Tant apela a l'uis io sires,
Tantost un poi coucher se vait
El la daine lendormi fait.
Cil rapela ; el fit le sort , .,., ,
Corn celé qui molt sol de hort. [FabL Je S. t.. /. i~i -,
Heurter, Hnrter. [l" Ileurler : » FI se heurte-
„ vent el de cor el de pis. ; (l^^u-in le Lo li 1, lo'- -
. relie oart eslalée, s'a a riunssel hurle. » ;Beile,
XIV -'.A un i;ra.;t arbre s'esl /H,r/f:-, Arere chot
.tu reversez', .r-t-ni del désiré.) - •• L> Hot a hur-
., lent et debatenl Et lonsjors i^ h se combaleul. »
(Rose, 5049.)]
S'aucun mousart venoit qui le volot horicr
Maquesai ne porol ^^^X^'S'^ti^. ,>. 13n,-,.
2° rPifiuer un cheval : u Trois fois le heurte, si fait
„ les saus menus. -< (Ronc. 54.)] - 3° Choquer :
Le vent aussi de vaine ambition
Contre roch de ire et obstination
T 1 fiict hurler si fort, que sans suffrage
La nef de Varae attent doubteux naufrage. fCreU», S40.)
Expressions: , r, ^ ,„.,.^,„
•l- ' Heurter à la boutique de S. Cosme, » prendre
le mal immonde el avoir besoin de chirurgien.
(Voy. Oud. Dicl. et Car. fr.)
2°"Har(-liment heitrle à la porte
Qui bonne nouvelle apporte. It-ohji ait. '
Heurtes s Terme d'armoirie, forme féminine
de heurt, éminence, se dit des tourteaux d azur :
. re ne vousdiray rien des guses. heurtes, ogoes-
.. ses volets, guipes et plates de gelliot, si non que
.< ce sont des 'termes barbares, que je ne vois point
« dans la pratique et qui ne sont point en usage
« dans le blason. » ([>e Laboureur, Orig. des Arm.
''^Ue'ûrteure. [Choc, coup :_« C'est li sauveres
. qui se Irait Sous les pieres termes et dures. Qui
., Jour cos ne pour heurteures Ne li aillent ne ne
a fauronl. » (Bestiaire, dans D. C. 111, b'JO .)]
Heuse. rColles, bouseaux : « Calceamenlis
« mililaribus, quœ vulgariter lieuses dicuntur. ■>
at- ih Paris an Vi'.'.) — « lieuses sont faites pour
; sov'o-aVder de la boe et de froidure, quand l'en
« chemine par pays el pour soy garder de 1 eaue. »
^Traité M^ des devoirs des hérauts, compose sous
le règne de Henri VI d'Angleterre. - « Ses espe-
! rons li ostenl et ses lieuses h traient. •■ (.\io!,
v. 0i03 )]
Heuscr. rBotlcr, dansD. C. 111, 730 ^]
Heut. Gai-de d'une épée. (Voir Ilm.)
. . Blanchandin fiert de l'cspée
QÙÙotefu ensanglantée. ,„,„„,.,,„„^ <■ ^02»J
Li ponz et li heu: qui tu d or. (BlanUiand. /. l.u .J
Heuze-beufs et Heurc-beufs. [Petit vers
nui mange le bourgeon de la vigne, [isbets, un
emps de fauteur.) - « Ledit jour, pour dis til es
. lesquelles vacquèrent à ousterles/ie»:;('-k'«/sdes
. diVers vignes. » - - Pour .xx. femmes qui on
. esté II osier les heiire-beufs, lesquels maugierent
.< les bourgeons à raisin. .. (1470, Vignes de 1 Urme-
Grenier.) (L. C. de D.)]
Hévenri. [Terre en hévenri : « Je ne trouve ce
" mot en aucun ancien titre et ayant été surpris de
1 le voiremplové dans un aveu du 27 ianvier 1746,
« le demandai "au notaire ce que l'avoiiant luy
« avoit déclaré avoir entendu par ce mot. — 11
« me répondit que suivant les enseignemens qu'il
« avoit pris, on appelloil terre en hévenri celle
« située dans la pente d'une colline, sur laquelle le
« vent rabat du sommet de la colline. » (1746,
Aveu du lief de Villarson-la-Yallée.) (L. C. de D.)]
Hide. riM-aycur, épouvante: ■• Moult est li clers
« eu graiït freonr. Moult a grant hule et grant
« penûr. « (Mir. de Coincy, L) — « Grant hide et
« grant paour me faites. » (Gulleville.) — « Laquelle
» prieuse après ce qu'elle fu ainsi délivrée, dist à
» son mary, que par l'espouvanlemcnt et la hide
« qu'elle avoit eu de ce que ledit Pierressons lui
» avcil fait, ses enfes estoit mors en son vendre. »
f.i.1. 100, p. 40a, au. 137C.) — « 11 en peuist avoir
« grant Inde. » (Froiss. 111, 445.)]
Hkleui*. rr Frayeur, épouvante : « Se il estoient
« en grant lùesaisedecocr et en grant hideur, ce
« ne fait point à demander. •> (Froiss. 11, 125.;] —
.< Paour et /(/f/c;;)' ay toutes les fois que de luy me
« souvient. >> (Gérard de Nevers, I" part. p. 60.) —
u Timidement elles s'estoient approchées du corps,
« pour la /(/'/ccr de la mort. » (L'Amant ressusc.
p 350.) — 2° FEtat de ce qui est hideux : « Par
« grant /)/r/(v.'rfu soutilliée, El elle estoit entor-
.. tillée Hideusement d'une toaille. » (.Rose, 140.)]
Hideusement. [D'une manière effrayante:
X En l'autre nuit après, se l'histoire ne ment, Des-
« cendi uns orages de devers ocident, En l'ost aus
« Sarrasins che^î hidousemenl. » (Ch. d'Antioche,
Vlll, 540.) — >• Li païsant s'enfuient, n'i font arres-
.< lement, Entré sont en la ville, criant hideuse-
« 7nent. » (Beaud. de Seb. X, 118.)]
Hideux. [« Que si hideuse bcste osas onc ade-
» ser. " (lierïe, c. lil.) — « D.î si biaus et de si
« glorieus comme il estoient les tlst-il si lais et si
■s hideus. » (.ioinv. § 778.)]
Hie. [Demoiselle, billot de bois pour enfoncer
les pavés: « A hie fièrent plus de cent chevalier, Si
« que les huis font des gons arachier. » (Garin,
t 1 p. 135.) - J. de Meung(Tr.l02)adilautigure:
» Du Saint Esperit c'est la hieQm froisse, desrompt
c. et esmic Orsueil el yre ou Dieu n'est mie. " De
là l'expression à une hie, en masse : « A fuis vie-
.. nent plus que le pas ; Si entrent ens a une lue. »
(Renart, v. 23442.)]
Hiement, s. m. Action de battre avec la hie.
(Monel, Cotgr. el Oud.)
-1 Hier, V. Ballre avec la hic, ficher en terre,
faire enlr.'r à force. (Monet, Cotgr. el Oudin.) —
r.. A la tour sont venu ; cbascuns i liert et iu? tant
« que par force en ont la porte peçoie. " (Ch. d Ant.
t. 111, p. 514.)]
2. Hier. [Adv. de temps. Voir Er, Her.]
"oont venez vous? vous fustes er soir? (Desch. f. iSi KJ
IIIN
HIS
« Vrayemenl lu es bien acreslé à ce malin, lu
" mangeas lier soir trop de mil. » (Rab. !, p. 180.)
.... Je sai très ersoir
C'on plante en tel cortil, saille
C'autre erbaiUe
I vient par mauves terroir. (Val. 1^'2'?, /'. 166". )
Hici'C. [« Le suppliant eslanl après vespre hors
« la place lie (iardie, près de la liiere de l'abé de
« S. llilaire. » (J.J. 18'.>, p. 10, an. 1 i53.)]
ISicrlekin. [.Viieiiuin : « A sa siele el ;"! ses
« lorains ol cinc cenl clokeles au mains, lu deme-
« noienl lel lintin Con li maisnie Inerlekin. >• (Ren.
t. IV, V. WS"!.) — " Par eux (les avocals) onl perdu
" lierilaye El des fail maint bon mariage El mal fait
" por un pol de vin ; Il s'enlrepoillenl com ma^lin ;
" C'est la mesnie hcllequin. » (Le Mariage deslilles
au Diable.) Dans la Cliroa. de Normandie, II, 337,
la forme est dilTércnte et subsiste comme nom de
personne: » Il vil que c'esloil ung roi qui avoil
« avec lui grant compaignie de loules gens, el les
« apeloil en la mesgnie Iwiiitajuin eu comuiun
« langage. »]
Hierre, HeiTe. [Lierre ; le mol actuel vient
de ragglutination de l'arlicle avec le liierre, terre,
fait sur hedera : « Quand les saintes feslcs de
« Liberi se l'esoient, si les destreigiioit l'en (les
" Juifs) de faire cbapeaus de foille et de lierre. ••
(Macchab. II, C.) — - Là vous verrez mille peuples
<> divers D'habits, de mœurs, de langages, couverts
« L'un de laurier, l'autre vcstu d'iiierre. » (Rons.
page 081 .)]
.... Cele grant maison de pierre
Dont le pignon sont covert d'iern^ (Ulauchandhi, 178 '.,/
Hilles. [>i Item deux liilles, autreinenl dites
« cuslodes, pour mettre à l'environ de l'autel . de
« taffetas vermeil rayé. » (ms. anc. 581% fol. 489''.
an. 141.-).)]
lîincc. " Une vcsture de soye de llours sanz
« couslure, car elle esloit lassée en telle manière
« que on lasse une relz ou une liince. » (Percef.
I, fol. 151 '•.)
Hinchii-t. [Cabestan : " 11 doit et est tenus à
« faire un liindurl bon et souflisanl sus ledit
« cay. ■> (.M. G',), p. 10, au. 1307.) — « Icellui cha-
<> bleur aura un liindart assis sur la mosledel'isle ;
« el icellui hindarl soustendra en eslal pour y ala-
« cher les lillez (lilels) et tourner à force de gens,
" quant les eaues seront si fortes (|u'il en sera
" nécessaire pour iceulx baleaulx passer oullre. »
(.1.1. 17(1, p. 1, an. 1415.)]
Hiiifjuer, Henijuer. [Tourner au cabestan
pour entrer dans un poil; par suite, peiner, au
figuré:]
.... Mieus a chil qi ariv^ à port
Encore ait il .i. poi voie Marie,
Que cliil qi hcinje a port et n'i vient mie.
Ane. l'oc'5. fr. Val. n- M90, fol. 148.
.... A celui ou son cuer va hencjnant
N'ose escondire, ains va moult redoutant.
Ane. Poes. fr. Val. n- 1522. fol. 161.
Lors veut danser et e-springhier
Et bien souvent ailleurs Iten-j/iicr. (P. av. 1300, 1 V, ISOl .]
liipocratiste , adj. Tai lisan d'ilippocraie.
^Brant. Gap. Estr. 1, 38.]
Venez ponipans, bruyans légistes,
Médecins et xjpocraliales. [CoquiUart, p. 1.J
îïiraudie. [Souquenouille, haillons: « El l;i
« luy monslra le roy d'Angleterre qui avoil veslu
>' une mauvaise /i//'«»f//t' , el lournoil le rosi. »
(Cliron. de Elandres, cbap. IX.) — .< Si li convint
« sa reube vendre. Et caiiger, coi que nus en die,
« A une povre ///»•«;/(//(', Qui mont esloit povre et
«' chincbetise. « 'Chev. au Rarisel.)]
llii'au.x. [Gens vêtus de Inraudie, déguenillés :
Dont il avint que l'amiraux
Gayfriers, qui pas n'estoit liiruiix,
Aincoiz estoit fort, et corssus. /'/// Maries, p. AGI.)
[" En celuy saint disner soit bien gardés que
« liiraiis el bordeurs ne fassent leurs offices , mais
" h collation du roy. » — « Lus hiriaus. Va jon-
>■ glerres, un menestraus. » (D. G. sous HiraudKS.)']
lïirechier. Frissonner:
Il mt: font la cliier liircchicr. (Froiss. PoSs. p. 37-} ^.)
Iliretable. [Transmissible par héritage: » Qua-
« tre mil mars d'eslerlins hirelable. « (l'^roissart,
l. II, p. 102.)]
îliretaifie. [Héritage, biens-fonds. Voir une
cilalion sous llaiiol.~\
Ilii-elaulement. [Par droit d'héritage, au
cari, de S. Martin de Ponloise, fol. 28, an. 1332.)]
Iliretier. [Prince héritier: « Xostre Jurelier, «
disent les Anglais, du lils de leur roi, dans Froiss.
L 11, p. 38.]
Hirondelle, s. Au xvii' siècle, on hésitait entre
aruiidelle, herondelle el liirondelle. (Marg. Bufi'et,
Observ. p. 103.) — Dans le livre intitulé « Légende
u dorée des Saincls el Sainctes, » S" François y
est dépeint s'enlrelenant avec les oiseaux: « Au
« fueillet 11 i il est récité qu'il fil arresler le caquet
« de quel(|ues haroiidelles, les appelant ses sœurs. »
(Apol. d'IIérod. page 491.)
liirson. Hérisson :
Uii-siiiif: et diiins, louves, serrieres
Et bestes de plusieurs manières. (Dcsch. f. 4A8 ^'.)
ISis. [On lit au Gloss. 4120, an. 1348: « Hissus,
« his. "]
Ilisdur. [Voir HinriR : » Ouand il esguardeil si
" le hanap tout entur, E vit le vin si trouble qu'il
« en oui grand liisdur. » (Th. de Gant. 105.)]
Histoire, Hestoire. [1° Récit: ■> Les armes e
■■ cliivalerie Del lut despil i! e ubiie; Des hestoires
« n'eufiuert, ne n'ol. Ne d'ancienne geste un mol. »
(Edouard le Confesseur, v. 4495.) — « Estoire est
« raconter les anciennes choses qui ont esté veraie-
>> meni, mais eles furent devant noslre tens loing
« de noslre mémoire. » (Orun. Lai. Trésor, 518.)]
— « Histoires romains. » (Voyez Petit Jean de
Sainiré, p. 4.) — •• Gy dict Vliisluire. » (Monstr. II,
p. 11'.) — 2" Repi'ésenlaliou dramatique. Parlant
del'enlréede Charles Vlll dans Paris, en 1484:
HIV
« Par la ville y avoil de moull belles /i/s/oi/vs, jeux
« el esballeniens. » (Godcfroy, Observ. sur Char es
VIII D /iSi.) Voyez dans le même sens Juvenal des
Ursins, llisl de Cliarlcs YI, p. 6, el Mém. d 01. de
la Marche, iiv. 11, p. r.-25. - 3' Tableau historique.
Près Je la poi-le y avoit une Idsto'n-e
Ou y avoil mainctz riches personnages
Qui dcmonstroit de Gènes la victoire. [J. Miuol, p. oJ.)
„ Iiem une plau de parchemin ou sont plusieurs
.. mlolre& que list maislre .Ichan de Lip:'i'ti>i- "
(Invenlaire des livres de Charles V, arl. 912.) -
V Slatue Parlant du bulin fait au Chaleau-^euf de
Naples, pris par CharU^s VUl, en 1495 : «Tant iraa-
« kfiijn&loires d-allebaslre lin, que de marbre.
« âusM dor et d'argent que cestoil merveilleuse
. chose. » (André de la Vigne, Voyage de Naples de
Cliarles VUl, p. 144.)
Historien. [» El ima-ina, si comme je vis les
. apparences par ses paroles que j'esloïc un hi&lo-
. rien. '■■ (Fioiss. Buchon, 111, IV, -41)]
îïisloi'ier. [1° Hédiçer une œuvre historique,
synoiivmcdeno)HVyH/CT-; ■■ J'ai ce livre hisjoryet
. el aiiscmentel à la mienne. » Froiss. Il, p. /.)J —
'>" Raconter- ■• Tu nous historiés la race d Lacus et
r 'a "uerre faite sous lliion sacré. » (Essais de
MontJll, p. 01.) - "y r.epiésenier des histoires en
neinlurc. Parlant d'une tapisserie: « Elle eloil
;. historiée des faits d'Achille devant Troye. » (Branl.
Cap fr 1 p. -iUS.) — . ///s/orjf' d'ancre, >■ cesl-a-
dii'e orné de lis^ircs dessinées à la plume : .- Alexan-
c> dre rvmé el hijstorié d'ancre. •• (Invenl. des livres
de Charles V, art. 347.) - « Historié comme le bas
>. d'un mulet. » Expression ironique poui'direorne
de beaucoup de façons. (Oudin.)
llistorioqraphe. [•■ Touclianlceslui très noble
« pl très "iorieux royaulme, dont indigne liislorio-
. yra;j;/(''\-oudroie bien gaitler l'onneur de Dieu cl
.. des personnes. « (Chaslellain.)]
lîiver. [•■ Hiver est fort bonne saison , quand
.. on a pour faire tison. « (Le lîoux de Liiicy, 1, 10-.)
Cette orthographe est tardive, comme le pronven
les exemples suivants:] Le prieur parlant a l Amanl
qui veui se faire cordelier (p. 549) :
Comment vous qui avez gousté
Tant d'honneurs au monde et de gloire
Prendriez-vou.s yver pour cslé,
Kl en lieu de bon temps, misère .'
>. Oui passe un jour d'hyver, il passe un de ses
« ennemis mortels. » (Colgr.) - «pied de hiver
o ou yver, •■ blé qu'on sème dans 1 hiver. » (Ane.
Coul. "d'Orléans, p. 4Gi.)
Hivernage, Hivernache. [1" Temps d'hiver:
. C'est (l'amour) charlre qui prison soulage, Inn-
,. temps plains de fort yvernage. » (Rose, v. 4343. jj
Il ne ms chaut d'esté ne de rousée,
De froidure ne de lexs yvernage
Quant je me muir por la plus bêle nec
Et la meillor dou mont et la Pjussage
Poos. fr. MS. av. l^OU, t. Il, p. soi.
2" Les gros bleds qui se semenl Phiver à la
différence des menus appelés mars. (nio?s. sur
HOB
les Coul. de Beauv.) « En my septembre_ l'en
.. commence à faire les airoiz. de faire les gaigne-
a ries elfail l'en les ivernayes en celui temps ne
a pevenl les avoirs faire grans dommaiges. » (Ane.
Coul. deBrel. fol. 150''.)
Hiverner, v. [P Hiverner: •■ Johans de Neele
« chaslellains de Bruges.... et Tierriz qui fu ilz le
.. coule Pbelippe de Flandres el Nichole de Mailli,
. mandèrent le coule de Flandres lor seignor que
u il i[.eni(j/('K/ à Marseille. >■ (.loinville, p. 39.) —
'> Nourrir pendant l'hiver : « On ne peut faire pas-
.. lurer bestnil es paslurages communs ou parlicu-
« liers d'aucune justice, à plus grand nombre, que
. l'on n'a kyveriié el nourry des foins el pailles
,. provenans des héritages que l'on lient en la ]us-
« tice .. (Coul. d'Auvergne, dans le Coul. Gen. Il,
n 46-' ) — « Bues mal iverne:i En mars est lassez
«"si ciiiel en la voie. » (Nouv. Rec. de Fabl. I, 419.)]
îlo inlericct. fEmployée substanlivemenl, ejle
signilie arrct : » Tant que lances et haches, espees
« 'et dagues el alavne leur peuent durer, ils herent
» et frappenl l'un'sur l'autre el n'y a point de ho. »
(Froissarl, t. XIll, 'il9.1 - •■ Eis pugnœ supersedere
. mandavimus. emisso per nos silentii vocabulo
.. consuelo, scilicel ho, lio, /io, quod e.^t, cessale.
« cessale, vindiclam demeriti divino judicio reser-
.. vaiiles. » -.Bymer, Vlll, 539, an. 1408.)] -- ■. U
„ faul faire ung coup, après ho. " — « bire dihl le
„ Jouvencel il est encore du jour assez pojir faire
.. beaucoup de choses. » (Le Jouvencel, f. o/ ".)
4 lïobe F" Ee suppliant porta les dites gelines
« el'coq en sa maison, et icelles mist en son solier
,. dessoubz une hobe, qu'il covril de une escudelle. -
(,l.l. 172, p. 25'2, an. 1422.)]
*> îlobe. rretil oiseau de proie : « Ceux qiu
„ volent à lou'r haull sont le faulcon le lasnier, le
„ sacre el le hobe. » (ilodus, folio 76 ^) - - Et qm
„ veult son enfant apprendre a affailier e gou\ei-
. lier faulcon, si Iny baille hobes pour alTaitier. »
Sa proye j rins comme un hnhc. (Dcsch. f. 501 '>.}
Hobelciz. [Pillage ('?) dans la Chron. des ducs
(le Norm v 3724G : » Cil n'a meslier hobeleix-. Mais
« od les hranz d'acer l'orbiz Defîendre les cors et les
« vies. » Voir IIoi'bki.er.]
Hobeler, ïïobeîonr. [Cavalier montnnl un
hobin : .- El que g'enles d'armes, ;iOi)C/m et archiers
. eslus pour aler en le service le roi d Angleterre
,. soient as gages le roy. « (Statuts 11 de la
18- année du règne d'Edouard lil, ch. Ml.) - « ^ul
« home soit arctes de Irover gens d armes, hoblers,
„ n'archers, aulres riue ceux qui teignent par liels
.. service^ s'il ne soit per commun asseni, etgrant
„ fait en parlement. « v^tat. V «le 1» ^'-V^'ll^fe "
a Volons que tous yceux auxi bien geniz d ain es,
,c ;,o&e/(H/rs el homes à pié armez, comme arblas-
ters archers et alires homes îi pie... soient a
leur valu presléement payez de lour gages, c est
assaver homes d'armes .xu. deners le jour, hobe-
lotir VI. " Rvmer. IV, 232 '', an. 1320.)]
HOC
— 49 -
HOC
Hobens. [Haubans, lerme de marine : » Estrems
» traire, hobens fermer. » (Brut, v. 11-488.)]
Ilobev. V. Remuer, bouger, partir : » Il ne peut
« liober à[} lieu. » (Les Quinze Joyes du Mariage,
page 130.) — [a En la ville entrent à grant presse,
« Li fourier qui ainz qu'ilz en hohent L'ardent de
« touz point et desrobent. » (G. Guiart, v. 1901.) —
« Ils ne Iiobent de leurs maisons, La jouent en tou-
« tes saisons, Aux quilles, au franc de quarré, Au
» trinc, au plus près du couslau. Au dez, au glic,
» aux belles dames. » (Livrede la diablerie, cité par
Corel.)]
Ilobin, s. Ctieval grisâtre, marqué de tacbes
noires. « Ghevaucbant un hobin. « (D. Flores de Gr.
fol. 132 ''.) — i> Montant sur un hobin fort léger et
<■ bien allant. » (Idem. fol. 152 '.) — » Elle cbevau-
" cboit un hobin ardent, il la fit cbeoir. » (.Mém. de
Commiucs, p. iSS.)
Ilobreau. [1° Petit oiseau de proie, surtout
employé à la cbasse aux alouettes; au figuré et par
dénigrement, petit gentilhomme campagnard : " Du
« mol liobrcait, on ne peut douter qu'il ne vienne
» de là, quand on dit d'un petit genlilbomme qui a
« bien peu de moyen : c'est un liobercan. » (II. Est.
Précell. p. 93.)] — 2" Débauché qui veut corrompre
une femme :
L'amoureux est dessus les erres,
De pouvoir tirer hors des serres
Et des pinces de ce hobrcan
Les plumes de ce jeune oyseau. (R. Belleau, II, i-io.i
Hoc. [Crocliet : « Un hoc à tanneur, de quoy
« l'on trait les cuirs hors de l'eaue. » (.I.f. 100,
p. 501, an. 1309.)]
Hoche. [1" Coche : « Quand ces gens ont à faire
<> l'un avec l'autre, il prennent un pou de l'ust, et
« le fendent; et en cliascune moitié si font deux
>' hocites ou trois, et quand il se paient, il prennent
» la moitié du fust. >> ^Marco Polo. p. 401.) —
2" Uouche : « Vergiers, hoches, chasaus, maisons. »
(D. G. sous Ilochia.)]
Hochebos. Hommes servant à pied pour secon-
der la cavalerie : « Ces gens a pié avoient divers
« noms fort bas, tels que roturiers, routiers; tu (Tes,
« termulons, hochebos, ou liol;bos en Picard. »
(Boullainv. Ess. sur la Nobl. p. 74.)
Hochement. [« Une risée, un clin d'œil, un
» hoclicment de teste, mettent plusieurs en
« cholere. « (Amyot, Co7nm. refrén. la colère, 0.)]
Hochepot. [I' Ragoût fait de bœuf haché et cuit
sans eau dans un pot, avec marrons, navets, assai-
sonnements : « Hocliepot de volaille. » (Mén. II, 5.)
L'origine est hocher, secouer [Qpot.] — 2" Terme de
droit anglois que nous rendons en françois par
» rapport de mariage, » c'est-à-dire que, de plusieurs
enfans ceux qui ont été mariés et dotés par leurs
parens, doivent après la mort de ceux-ci rapporter
leur dot en commun s'ils veulent avoir part avec
leurs autres frères à la succession de leur père ou
mère.
1. Hochei', Hocei'. [1° Secouer, ébranler :
« Cist Dex de gloire qui tôt a à jugier. Il saut et
« gart ce mestre cuisinier! Bien li avient cis pes-
« tiaus à hocier. » (Aleschans, 38G9.) — ■■ Li ïurs
« lu sor le mur qui moult grant paor a, Buiemont
« en apele, l'cschiele li hocha. « (Chnns. d'Anlioche,
VI, C23.) — » Là hurtoient et faisoient toute la porte
« hochier et bransler. » (Froiss. XI, 379.)— 2°Sen3
obscène: « LequelJeliannot vit sa femme venir d'un
" jardin, et avec estoit un jeune homme... il lui
« dist, tu viens de toy faire hoclier. » (JJ. 159,
page 317, an. 1405.) — "3° Jouer aux dés, à pile ou
face : « Icellui Estienne ainsi qu'il tenoit et hoçoit
» les dez. - (JJ. 117, page 137, an. 1380.)— « Hz
« commencierent à jouer ensamble à hoissier à
« plus croix, ou plus pile. » (JJ. 102, page 256,
an. 1371.)]
Expressions :
1° « Hocher ius, « jeter à bas, renverser. Parlant
d'une vision : « Quant l'esprit veit ce, il print a
•< secouer l'arhre comme pour les hocher jus; et
■I lors fust le chevalier tumbé sur la roclie, s'il ne
« se fust tenu à une branche. » (Perceforest, IV,
folio 127 «.)
2° <• Hocher du nez, » marquer du dédain. (Essais
de Montaigne, 1, p. 215.)
3» .■ Hocher la bride à quelqu'un, •> expression
figurée et encore en usage, pour dire sonder les
sentimens de quelqu'un, l'exciter à se déclarer sur
quoi que ce soit. (Pasquier, Rech. p. 459.)
4° « Hocher sa lance, » terme de joute : « Un che-
« valier qui demandoit jousle bochoil sa lance, la
<> remuoit. » (Perceforest, VI, f. lOG '.)
2. Hocher. [Faire des hoches, voir Hoscher.]
Hochet. [1° Hochet : « Pour avoir refait tout de
« neuf un hochet d'argent pour jouer et esbattre
« madame Jehanne de France. » (De Laborde,
Emaux, S'il.) — 2° Osselets : « Hem avons ordineit
■. qu'il ne soit nulz que de ce jours en avant, qui
" joue ens le cloestrcs ou chimiteirres de egiiez de
« Liège aux deiz, aux scouz, aux hochex-, ou aux
« autres jeux que ons appelle tremrealz. » (Histoire
de Liège, 11, 415, an. 1331.)]
Hockelloiir. [Trompeur : » Que nul en que-
« reliant, n'en repoignant, ne soit surpris neu che-
" son pur liockelloiirs ou barestours. » (Du Gange,
t. m, 074 M]
Hocqueler. [Faire des difficultés mal fondées :
» Jehan du Puch dit que c'esloit la coustume des
» sergens de tenser et hocqueler les bonnes gens. »
(JJ. 93, p. 220, an. I3G2.)]
Hocqueleur, Hoqueleur. [Querelleur, chi-
canier : « Alain estoit hoiiueleur, baleur, brigeux,
« lanseur. » (JJ. 94, pièce 58, an. ISGL) — « Lequel
<' Jehan estoit de très mauvaise vie et hocqueleur
» en tenant pluseurs gens en grans procès. »
(JJ. ICG, p. 377, an. 1412.)]
Hocquemelle. [Empêchement, obstacle :
« L'exposant dist à icellui Garelle que autres foiz
« a voit il eu une hocquemelle ; qu'il se gardast
liOG
50 —
IIOI
. cVen avoir un autre et qu'il ne feust rangier. "
i.IJ. il)7, page 283, an. 1413.)]
liocquel. [r iloulelle : « Adam !.!icliiel, pas-
u leui-, do son Iwcquet ou baslon a bergier, cl le
« supuliaal de son liocquet à pique. » (.U. ll>o,
pa^e ''5, an. 1410.) — « Icellui Caton gelta un sien
. baslon à bergier, appelle hoquet, au suppliant. »
{,[J. ir.8, p. 340, an. 140'j.) - 2" Surprise : ■■ Dunois
« incontinent survint... Pour garder la ville, du
« Iwcquet. >• (Vig. de Charles Ml, 03.)]
Kociiueler. [Loquetcr : « îcelle jeune !i|le «Y
« gens ([ui hocqucluient à l'uis du jardin. " (JJ. 102,
p. 252, an. 1408.)]
Hodé , s. f. Lassitude , fatigue , pesanteur.
(Cotgrave.)
lioder, V. Lasser, fatiguer :
Cil vallet sont si oullré
En sen amour et en sa grasce,
Que pour voir ou l'en Itode et lasse
El en est son coer tous Jreus
Quant on parolle riçns contre euls. il-roissarl, /. -iu-^.j
r» L'ordonnance que nous avons eu, nous a trop
« twdé ettraviilic. » (l-roiss. 1!, 01.) — « -ie hoder
« et tanner. » (Id. 92.1]
iioe. 1° « Iloë sert en admiration ou estonne-
« ment; comme quand on dit: /ioe, qu'est cela? •■
(Rob. Est. Gram. fr. p. 103.) Parlant de J. C. : ^
Oe qu'il souffrit pour no rcdempcion. (Dcscli. f. A3'i \)
2» [Oui : " Li doue une liel collée Qu'il ne disl hoé
« ne non ; Amphymacus avoit à nom. » (Guerre de
Troves, dans D. G. 111, 073 ''.)]
lioeiiles. [Brebis, ouailles : « Lions paisiles
« comme hoeillcs. » (Parlonopex, v. 5852.)]
Koese. [Dolte : « Il les ad prises, en sa Iwese
« les bute. » (Roland, v. Cri.)]
lïoet. [Mesure d'avoine : « De cbascun hoct de
. fourment quatre deniers, et de chascun hoet
« d'avaine deus deniers. » (Cari, de Flandre, Cham-
bre des Comptes de Lille, an. 1275.)]
îioetc, îioîjete. [Petite h.one : « Le suppliant
« prist une hoete,... et lui gelta ludilte hoettc... Ltu
« donna un autre cop de la dille honclte. » (U. 103,
page 47, an. 1408.) — •■ Jehan Laisnéenvoia querre
a une /iOHC/c pour esracliier et osier une pierre. »
(JJ. 100, p. 203, an. 1374.)]
îloge. rColline : « El sumetde un hoge. >•■ (Livre
des Rois, c^ 2, verset 25.)]
Hogner. [Gronder, grincer : « Dist li vilein ;
« renarl ne hoingne. - (l'.enart, v. 130G4.) — « Pour
« ce que la charrete dudit exposant pignoit, qui est
« à dire selon le langage du pays (Paluau) liuigiioit,
« ledit Colin de l'Estang lui dist que elle avoit bien
« niestier de oindre. Icellui Perrenot dist au sup-
« pliant : « Se tu en /(07?(('s,encores seras lu balu. »
(,IJ.200, p. 833, an. 1482.)]
lîoguemeut. [Capitaine [hauptmann), en fla-
mand : « Puis feirenl (ceuxdeGand) trois nouveaux
« officiers, nommez en leur langa.ge Iwguemcns,
« qui vaull à dire souverains hommes, etlesfeirent
« capitaines d'eux. « (Monslrelel, vol. III, an. 1451,
folio 40 ''.)]
iloguette. [Certain petit tonneau : « Noslre
« custume sur les vins... admenez en petits ton-
.. iieaulx, que l'en nomme Iwqucttes. » (Charte
d'Henri V, m. fr. anc. 8387,'.)]
Ifogninelle. [Tro'ipe de mendiants : « Chesle
.. mains chi, truanderie Est nommée et coquineriè,
« IifigHinclcp-ctr non leclain El qui apelle mengue-
« pain. » (GuUeville, Peler, du genre humain.)]
ilogiîlueur, culj. Imporlun, fatiguant : - Ceux
« de la ville d'Arras en Arlois ont esté de grands
« causeurs de tout temps et les appelloit-on luiu-
" iiuineurs cl font des rencontres qu'on appelle ues
« lebus. .. (Brant. Cap. fr. t. II, p. 130.) - Marlin
de la Porte donne hoguincur.
iïoigne. [Forme verbale de hogner, gronder,
grincer: « Je leur monslreray sans tioigne De quel
« poisanl sont mes doiglz. » (Chans. Hist. !, 301.)]
Hoiler. TCrier : « Il ne lioilloit ne ne chanloit. »
(Ren. II, v. 10874.)]
Kojfjuemant. [Comme hoguement : « Item
« que tous ceux de la lov, les doyens et les hoique-
« maiis de la ville. » (Mônslr. III, i. 40 t.)]
lïoii-. [Héritier (voir Hiciis) : « Comme droit hoir
.< de France font Pépin couronner. » (Berle, III.)
— .. Bien savés que par mauvais lioir De cliié ent
« viles et manoir. » (Leroux de Lincy, Pr. 1!, 250.)]
Expressions :
1» « Tiers hoir ne jouist de chose mal acquise. ■•
(Desch. folio 00 '^.) — C'est le non gandebit tertlus
Itères do Juvénal.
2° « Hoir de (luenouille, » héritier femelle, filieet
hérilièrc. (Cotgrave.)
3° « .4isné lioir, » aînée héritière. (Voy. Ducnesne,
Gén. de Béthune, p. 132, lit. de 1245.)
4° •■ Drois lioirs, » héritier direct. (Dnchesne,
Gén. de Béthune, p. 57, lit. de 1248.)
Hoire. [Comme erre : « Lors s'en vont grant
« hoire h Mont le Ileri. » (Flore et Jeanne, 32.)]
Hoirie. [Héritage, succession directe: « La
» comté d'Evreux qui sied en Normandie esloit, par
.- droite hoirie de succession de leur mère, revenue
>. aux enfans du roi de Navarre. » (Froiss. II, II, 19. j]
lîoirrevie. [Même sens : « Par droit de succes-
. sion et Jioirrcrie. » (JJ. 179, p. 42, an. 1427.)]
lioisclieton, Hoischon. [» Que se ilz ne se
« denorloient, qu'il en feroit la plainte au seigneur
« de'Creancey, et qu'il n'y auroit hoischon ne Jiois-
« c/;t'/0H qui ne venisl avant. » (JJ. 157, p. 250,
an. 1402.)]
Hoisez. [Houx ou houssine: « Lesquelles
« femmes garnies de verges de boust, de hoisex^ et
« de basions. •• (JJ. 131, p. 155, an. 1387.)]
iîoistc. [Hostie: » Pouniuoy ledit Guillaume
« prist à un drappel les dilles /(o/si(!S et les remist
.< en une des diltes boisles, comme celui iiui ne
a savoil se elles esloicnt sacrées ou non. » (JJ. 120,
p. 214, an. 1382.)]
HOM
- 51
HOM
Hokebot. [Espèce de barque : «Rien avoit sis
« vinlviussiaus d'une fiole, sans les barges et les
« Iiokebos. » (Froiss. VIII, 27-2.)]
Ilola. [î° Cri d'appel : « Si lui dis je, moncueur,
« liola! Mais conte n'en tint, sur mon ame. » (Ch
d'Orl. Ô-2" Chans.) - 2" Cri d'arrêt: « La royne mère,
« qui aymoit les troubles pour se rendre nécessaire
« et eslre employée à faire le hola. » (llar. de d'Au-
bray; Satire Ménippée.) — « La reyne estimant
« pour ce hola et laisible reconciliation toutes clio-
« ses luy estre asseurées. » (Pasriuier, Recliercbes,
liv. VI, p. 5i9.)]
ïîolagre. [» Quoyque il ne fuisl pas bien bailiés,
" mais lonl pcsaulx et Iwlagres. » (Froiss. X, 2'i5.iJ
lîoîerio. [Libertinage: -. llolerie, adulteratio, »
au Gloss. 708 i]
Holier. [Libertin : « Holier, adulterator, » au
Closs. 7G8'i.]
lïoîierc. [Libertine: " Iloliere, adulferatrix, »
au Gloss. 7G8i.]
Holion. [Eminence: « Demi journel de terre,
" séant ou terroir de Donnai, au lieu que on àid
« les nés de Coquerel, tenant d'une part au ridel
« ou //f)//o;j qui est devers le terroir de Ileillv »
(Cart. de Corbie, Daniel, fol. 09'', an. i.i-27.)]
Homar. [Homard. (Oudin.)]
Homece. [Virilité, courap;e : « S'or ne nos faut
« quers e homece. » (Chron. de Norm. v. 26737.)]
Homecide. [Homicide: « Murtre et homeckJe
« ne pnet eslre en un cors, Car murtre est fait
" en repos et celui à qui l'on donne cos, de
« quoi il receut mort, est homecide. » (Assis de
Jerus. chap. XCî.)]
iîomelie. [Sermon : « Quant donc par plaisir
« voluntaire Chanté me fust cesle homélie, Estoit-il
« temps de me taire. » (Villon, Ballade de son
appel.)]
En mainte oincUe dit Bede,
Que chascun doit oster ses dois
Et ses oeuLx du dolent esclede
D 'atouchier l'or, car c'est un bois
Ou les diables tendent leurs rois ;
Pour les convoileux qui au chien
Sont comparez d'orgueil prochien. (Dcsdi. f. ^'i', ».;
.... Pleust ores au Créateur
N'eslre jamais par toy n'autre orateur.
De l'infortune esci'iptc Xomehje. (Grelin, p. iW.I
lîomeuage [Hommage : « Ne perdez pas del
« conte vostre homenage. » (Ger. de Hossill. 311.)]
Homicide. Meurtre, masc. et fém.: «CeUiyqui
« aura fait homicide tous ses biens seront confis-
« qucz au seigneur, il se doit faire sousterrc vif
« au dessous le mort. » (Coût, de la ville d'Amen
Nouv. Coût. Gén. IV, p. 903^) - Parlant du mcui-
tredu ducdeDourg., tué à Monlereau, en ij!')-
•• Demeura avecques le daulphin la dame de Giac
« laquelle (comme il fut commune renommée) fui
" consentant de ladicte homicide. » (^îonstrclet
vol. I, p. 283''.) ^ Ju.uLiei,
Homicider, i;. Commettre un meurtre: ■> On
« dit que tous ceux qui meurdrircnt Jules César en
" plein sénat moururent depuisdc morls violentes •
« Semblables discours font quelques uns contre
« ceux qui homiciderent dedans Blois le duc de
« Guyse. » (Lett. de Pasq. II, p. 336.)
Homicidiaire, s. Meurtrier, assassin: « Meur-
« driers, homicidiaire^ ayansfaictel commis homi-
« cide volontaire. » (Coût. Gén. Il, p. 981.)
HomiHer, v. Prêcher. Parlant de la résurrec-
tion de Xotrc-Seigneur: « Pour avoir esté grande-
« ment homiUée par nos premiers docteurs de
•■ leghse. » (Lett. de Pasquier, H, p. G53.)
Hommage. [Serment par lequel le vassale se
déclare 1 homme du suzor:iin. La foi est la'' con-
séquence de Vhommage qu'elle précède historique-
ment, car elle n'étail due l\ l'origine qu'au roi
(voir l'iE et Fié ) L hommage lige vous obligeait plus
étroitement que VhowMage simple {hnminium
planum)~\ : « L'hommage n'est autre chose qu'un
» serment de lidelité qui se fait pour un lief Mais
« l'//onn?ia5re est différent de la lidelité; parce que
" 1 hommage est un acte de protestation de serment
« avecsolemnité et la fidélité est u'.;;; oblio-ation
.< permanente. » (La P.oque, sur la Noblesse, p. 61.)
>oy. Bntt. desLoix d'Augiet. cbap. LXVIH, f. 170^ .
— « L'hommage ï\Q détruit point la souveraineté'
« vu qu il y a beaucoup de princes qui se disent
« souverains, même qui portent le litre de rois
« qui néammoins doivent hommage à de plus
« grands seigneurs ou à des conqucrans » (La
Boque, sur la Noblesse, p. S.'îG.)
Différentes sortes d'hommages :
1° « Hommage de bouche el de mains. » Le vas-
sal, en prêtant serment, mctloit ses mains dans
celles de son seigneur, et après le serment il em-
brassoil son seigneur pour marque de fidélil:'> (Vov
Du Cange, sous Homagium. munuum.)
2° « //oHW/7é'dedevo!ion. » C'est une donation
faite à l'egiise en franche aumône et qui n'emporte
lieL ni juridiction, ni autre devoir. 'Coût Gén
t. II, p. .579.)
3» « Homm.age de fief. » (Vov. Bout. Som Rur
pages 478-579.) " ■ >ui .
■i° « Ilommiage de fov et de service. » — « C'est
« un homage par le quel le vassal s'oblige de rendre
« quelques services de son propre corps à son sei-
« gneur, comme par exemple de luy servir de
« champion ou de combattre pour luy en cas de
« gage de bataille. « (Laur.) Vovez Du Can-e au
mot Homagiiim servitii.
':" « Foy et homage. » — « La différence de ces
« moisse recognoist par l'epislre du pape Adrian
■< dedans Radenicus: Ejiiscoiius, iuquit , Italiœ
« soliim sacramciilinii (îdelitaHs, sine iiominio
« facere debere domino imperatori, id est perso-
« nanim subjectione. » (Pithou, Coût, de Troves
page 74.) ■ "'
, 6° « Hommage de paiement. » Lorsque quehiu'un
etoit coupable envers un autre, il se déclaroit pour
le reste de sa vie le vassal de celui qu'il avoit offensé
HO M
HOM
ou de ses liéiiliers. {Du Gange, sous Uominium pro
emenilà.)
7° " lloinuge de paix. » — « L'hommcuje de paix
« esl iiu rcspecl de sociélé et comme de coiifedera-
■■ lion et alliance, ainsi qu'il est contenu au Iraiclé
« d'entre le roy Charle VII et le duc de Bretagne
« que quand les princes et seigneurs s'allient en
« semble et leurs sujects promettent de tenir et
« enlretenir la paix etconfederation par eux l'aile. »
(Bout. Som. Kur. tit. 8-2; Ane. Coût, de ^'orm. 48.)
8° » Iloniaije de pléjure. » — « C'est quand
" l'iionime du seigneur est tenu de se rendre pour
« luy, eskint prisonnier des ennemis, ostage et
« repondant. » (Bout. Som. Hur. tit. 82.) Voyez Du
Gange, sous Ilominia plevila. — Faire plejiire,
« c'est respondre et se hx'ire plcrje pour un autre. »
(Bout. Som. Rur. p. 479.)
0° « Iloiuage plein ou lige. » — « Le vassal lige
« doit lidelilé à son seigneur par un supi-eme liom-
« îHftr/c contre toute sorte d'hommes , aucun n'en
" étant excepté que le souverain.... Le vassal lige
« est oblige au service personnel quand son sèi-
« gneur en a besoin, s'il n'a une excuse ou un
« èmpescliement légitime. » (La Roque, sur la No-
blesse, p. Gl.)
10° ■' Ilonimayes deus en marche. » — « 11 esloit
« assez commun ([ue (les hauts vassaux) ne se
« dussent r/(OHnHfl;/(; qu'en tnarclie, c'est a dire,
« dans le lieu du tief dominant qui confinoit à la
« terre qui en relevoit. >> (Brussel , sur les Fiefs,
page 342.)
11" « Hommage âe ser\\œ. - — ■< S'entend gêné-
« ralement parce qu'il n'estoit deu et preste seule-
« ment par les vassaux, ains aussi pour les autres
« hommes et subjects d'un seigneur. « (Bout. Som.
Rur. tit. 82.)
12° « Hommage et service. » (Laur.)
13° « Tenir à hommage et service annuel. •> (Ih.)
14° « Homage simple, « à la différence de « Vlio-
« mage lige. » — « Le vassal doit faire homage
« simple a son seigneur, niie teste, desceint et le
« liaiser en faisant les sermens requis. ■> (Laur.
Gloss. du Dr. fr. et Coût. Gén. H, p. 9.)
15° " Relief d'hommage. •> On distingue » deux
« espèces de relief ù sçavoir d'Itommage et de
droiclure, car en plusieurs couslumes se Vûrele-
« ver et droicturer son fief ou relever et payer
» droiclure. » (Bout. Som. Rur. p. 495'.)
1G° » Faire liomage. » — « C'est porter, jurer,
<> promettre foy et loyauté à son seigneur féodal
<■ envers et contre tous en choses droituricres et
" nécessaires, et de luy donner conseil et aide et
« de luy garder son droit. » (Laur.)
17° « Tenir ses hommages. « — « Si le seigneur
« féodal est chastellain, il peut sommer ses vassaux
« de plein fief en général par cry public au lieu de
« la chalellenie oîi l'on a accouslumé faire criz et
« faire a sçavoir à certain jour qu'il déclarera, qu'il
« tiendra ses hommages, après lequel terme et
« delay peut le dit seigneur saisir ses fiefs et yceux
« exploiter en pure perle, si les vassaux au temps
« à eux assigné ne font leur devoir envers le dit
« seigneur de fief. ■> (Coût. Gén. I, p. 908.)
18" [Rendre l'Iiommage, renoncer à l'hommage
avant de défier son seigneur. (Voir Du Gange, sous
Hominiiiiii gurpire. — Voir dans Du Gange, sous
Honiinium, toutes les expressions françaises ou
latines non relevées en cet article.]
Ilomniafjer, v. Rendre l'hommage, se soumet-
Ire comme vassal. Parlant de l'amour :
Or trop me veis assez adommager
(>iiant je a vous me allay hommagcr.
Pcrceforest, vol. U, fol. 80, Y" col. 2.
Expressions :
1° « Chose homagée, « c'esl-ù-dire que l'on tient
en foi et « hommage du seigneur feudal. » (Laur.)
2° .. Domaine liomagé. » (îbid.)
3° « Héritage homage. « (Laur. Gloss. du Dr. fr.
qui cile la Coût, de Tours, arl. 122.)
4° « Lieu homage. » (Id.)
5° >< Rentes et devoirs liomagez. « (Id.)
G° « Terre homagée, » c'est-à-dire celles qu'on
tient à foi « et hommage du seigneur feudal. .. (Du
(^ango, sous Homagiales terrœ.)
Ilomniagei', adj. Sujet àl'hommage feudalaire.
(Mém. de Seguier, p. 144.)
nommasse, adj. Femme qui a l'air d'un
homme. Parlant de Catherine deMédicis : « Pour la
" peine, elle l'enduroil très bien fut h pied , fut
« a cheval s'y tenant de meilleure grâce, ne sentant
« pour cela sa dame liomasse en forme et façon
« d'amazone bizarre, mais sa gente princesse,
« belle, bien agréable et douce. » (Brant. Dames
ill. p. 73.)
Ilommassement. [D'une manière hommasse:
« Elles marchent hommassement et se maintien-
« nent laidement devant la gent sans en avoir
« honte. »(Mén. 1,1.)]
Homme. [Le cas sujet est on (homo) ; le cas
réç:\mc esl home (liominem). On lit dans Roland:
« Cinquante pez i poet hom mesurer « (v. 3IG7.) —
« Membrer vous doit que laide cruauté Fait qui
» ocist son lige homme demaine. » (Gouci, XL\.)]
Expressions :
1° Seigneur suzerain : " Je congnoys bien que je
« suis seigneur lige au roy Boorl de Gauves et ilz
« furent mes liommes et se Dieu me donne prochai-
« nement la puissance de l'amender, je le feray
« volontiers. » (Lanc. du Lac, I, L 13 J.)
2" Homme noble : <■ //o/«»u' et li menus peuples. »
(Beau manoir, p. 3G1.)
3° Vassal. Parlant de S. Louis qui avoit fait la paix
avec le roy d'Angleterre en lui cédant quehiues
possessions qui relevoient toujours de la couronne
de France : « M'est grand plaisir, dist le roy,
« d'avoir fait la paix avecques le roy d'.Vngleterre
" pour ce qu'il est a présent mon liomme, ce qu'il
<■ n'est pas devant. » (Joinv. p. li.)
4° Vassalle, au féminin : « Quant la puccUe ouyt
» que le roy Alexandre luy donnoit si beau don ;
« elle luy alla tanlost cheoir aux pieds, mais le
« genlil roy le releva et luy fist tanlost faire hom-
HO M
— 53 —
HO M
" mage et la reçeut le roy comme son homme. »
(Roman de Perceforesl, 1, f. 123 ».)
5° Adversaire : « Si viiidrent l'ung coiilre Taulre
« de tel raiidoii que Nero attainl son ho)iime si
« vertueusement, qu'il le porta par terre. » (Percef.
vol. V, f. 30».)
G° » Hommes allodiaux. » — « Qui tiennent terres
« en alleu. « (Laurière.)
7° « Homme d'armes. » Charles VII avoil com-
mencé à réduire la noblesse françoise en corps de
troupes réglées de cavalerie; il en composa quinze
cents liommes d'armes et d'archers, dont les com-
pagnies plus ou moins fortes furent disirihuées aux
princes et aux plus expérimentés capitaines du
royaume. L'homme d'aimies avoit à sa suite quatre
chevaux dont deux étoienl de service et les deux
autres, l'un sommier, l'autre pour le valet appelé
coutiller. (l-'auchet, des Orig. liv. II, p. 115.) —
« Les hommes d'armes furent appeliez quelque
« tems après leur création geiis des ordonnanees
« pour le règlement qui leur convint lors tenii' par
« les ordonnances de Charlc Vil. » (l'asquier, Recli.
liv. II, p. 123.) — '< Nul n'estoit appelle aux gaiges
<• de homme d'armes se il n'avoit honnestement
« prins prisonnier de sa main. » (A. Charlier,
Quadrilogue inveclif, page iiO.) — Depuis le règne
de Louis XI jusqu'à celui de Henri second, les
hommes d'armes onlcomposé un corps de cavalerie
françoise, armée de hallecret avec plasiron de cui-
rasse avec les tassettes, de gorgerin, de grives
entières. « Ils étoienl montez sur des chevaux bar-
« dez et caparassonnez avec la crinière et le chan-
« frin; ils avoient pour armes olîensives l'épée
« d'armes d'un costé, la masse de l'autre, avec une
« grosse et longue lance à la main. «^ (ftu Cange,
Homines ad arma; La Roque, de l'Arriére lian,
p. 39; Mil. fr. du*. Daniel, livre IV, p. 212.) -
« Capitaines d'Iiommes d'armes. » — « C'étoil des
« gentilshommesquicommandoient des compagnies
« de gendarmes et qui avoient la qualité de capi-
« taines d'hommes d'armes. » (Mil. fr. du P. Daniel,
t. I, p. lii.) ~ " Homme d'armes garni. » — .. Payé
" a chacun homme d'armes garni (qui estoit pour
« luy, son page et gros valet deux archers et un
« coustillcr), il trente francs par mois. » (Cerry,
Chron.) — « Homme d'armes de pied. » — « Les
« comtes de Nevers et d'Armagnac et le vicomte de
« Lautrec frère du comte de Foix avoient trois
« cent hommes d'armes de pieil. « (.1. Charlier,
HisU de Charles VII, p. 2i9.)
8" « Il y a des hommes de bras et une sorte de
« fermiers qui prenoient à cens et champart, les
« maisons et les terres qu'ilscultivoientauparavanl
» comme serfs. " (La Roque, de la Nobl. p. 44.)
9' « Hommes et femmes de corps. » — « Les Jiom-
« mes de corps, sont des hommes dont la personne
« est serve à la différence des main-mortahles,
« d'héritages qui ne sont serfs qu'à raison des
» biens immeubles qu'ils possèdent et qui sont des
« personnes libres. » (Laurière, Cl. du Dr. fr.) —
[« Tous hommes et femmes de corps sont au bail-
« lage de poursuite, en quelque lieu qu'ils aillent
» demeurer, soit lieu franc ou non, et les peuvent
« les seigneurs reclamer et faire reclamer, si bon
« leur semble, car tels liomvies et femmes de corps
'< sont censez et repntez du pied et partie de la terre
" et se baillent en aveu et dénombrement par les
» vassaux, avec leurs autres terres. » (C. de Vitry,
art. 145.)]
10" « Homme de cour, " juges, conseillers. (Du
Cange, sous Cnrialcs.)
10° bis. « Detîaut d'/(y»//Hr, » prendre par défaut
d'homme: « Quand le seigneur feudal saisit et
« assigne sa main sur le fief de son vassal pour
« défaut de foy et homage. » (Laur.)
11° « Droit d'/(07HH;e (lui appartient au roy ou à
« ses officiers sur les seigneurs subalternes, pour
« rai.sùn des hommes et femmes serfs taillables à
» volonté, afin de modérer, corriger et diminuer
« les tailles excessivement faites. » (.Laur.Gloss. du
Dr. fr. qui cite la Coutume locale de Chastillon sur
Indre, ressort de Tours.)
12" « Homme de l'église. » — « Ce terme avoit six
« differentessignificalious: la première designoitun
« preslre ou un autre homme du clergé qui esloit
« sous la discipline d'un supérieur ecclcsiaslique...
« La seconde designoit un affi-anchi, ou esclave
'■ d'une église : car l'église pouvoit posséder et
» possedoit des serfs qu'elle pouvoit mettre en
« liberté... L'église avoit une troisième sorte Ahom-
«■ mes, syavoir les serfs qui estoient mis en liberté
« parleurs maislres dans l'Eglise, qui esloit une
« des plus fréquentes manières de manumission
« suivant lescapitulairesdeCharlemagne (1.5, t. 30)
« ....La quati'ieme sorte d'/fOHnnrsqu'avoitl'Eglise,
« estoient ceux qui ayant élé affranchis par'ieur
<i maislre, sans retenir aucune supériorité sur eux,
« se mettoient en la clientèle de l'Eglise La cin-
« ({mamQ ?,OY{Q d'hommes ecclésiastiques, estoit de
« ceux qui tenoient des biens d'Eglise par la con-
« cession des roys, lesquels souvent donnoient à
a leurs capitaines et à leurs soldais des terres et
« des héritages pour les tenir d'eux en bénéfices ;
« ceux là dévoient contribuer à la réparation de
» l'Eglise de la maison eiiiscopale, ou du monastère
« duquel ces terres avoient été tirées, à proportion
« de leur revenu et outre payer le cens slypulé avec
« les décimes à peine de perdre ces terres. La
« sixième sorte d'hommes ecclésiastiques estoit de
« ceux ausquels l'Eglise avoil accoidé quelques
» héritages et terres ecclésiastiques, moyennant
« certain cens ou rente ou autre redevance; ce
« qui n'estoit baillé que pour un certain temps.
« Ces sortes de cessions estoient appellées presla-
» riœ on precariœ. « (Chantereau, Orig. des fiefs,
page 168.)
13° [« Lequel Ililel appella l'exposant sanglant
« villain, sers taillable ; dont ledit exposant, qui est
« homme d'estat, et non pas de serve condicion,
« douleut et courroeiez » (.1.1. 120, p. 315, an. 1381),
c'est-à-dire libre.]
li" » Homme feudal. » — « Seigneur qui a des
110 M
HON
« hommes lenans en fief de luy. Mais en l'art. 7-i
« et 81 de la Coutume de Ponlliieu Vliomine feudal
« signifie le vassal. » (Laur.)
15° « Ilomincsùe fiols. » (Voy. Lsur. Glo.ss. du Dr.
fr. et ci-dessus I1om.mi: Fiiio.a.)
16" r« Homme de (oy, » vassal, aux Ord. V, GOl,
an. 12-i8.]
17" [^ liem pour ce que li homme du fromenl
valent une foiz plus et autre moins, et pour ce
« que nous devons donner h mansier et h boire h
« ceux qui doivent ledit IVomenl. ■> (.IJ. 112, p. G,
un. iaî8.)]
18" « Hommes humnins, » liommes dans le sens
propre : « Itieu vueilie avoir leurs âmes et princi-
« pallemeut de Ions ceux d'icelie journée; c'est
« graiid pitié que pour la faveur et saseilemerit
« de deux et trois personnages avoir cl cause de
■' faire mourir [mud'iiommcs humains. » (r*. Desrey,
à la suite de Blonstrelel, p. l'21 ^'.)
19" [' Item huit hommes de justice moyenne cl
" basse et vault chacun homme en renie assise
« deuxsolz. . (.l.J. iO[). p. /il8, an. î4G't.)]
20- « Homme de main morte » (Laur.l, [c'est-à-dire
donl la puissance {mnniis] est morte.]
21" « Homme niellant » et « homme mourant. «
— « Il y a une notable différence entre l'homme
» mettant et Vkomme mourant; car par la mort de
« Yhomme servant n'echeoit aucun droit de relief
« puisqu'il est ordinairement assumé pour faire
« l'hommage et serment pour les femmes, mineurs
« ou autres personnes incapables de faire les servi-
« ces deus au seig'neur ; mais par la mort Vhomme
« mourant qui se mait ordinairement par les clois-
» très, collèges, villes ou autres main-mortes
« échoient les dits droits d'hommage et de relief. »
(Coût, de Bruxelles, N. C. G. I, p. 1276 ^.)
22° [ce Et se il avenoit que entre ledit chevalier et
« les siens d'une part, les hommes baniers on mo-
« tiers d'autre, cusl coutans. veut li roys que la
« querelle... » [). C. lit, GSO '", an. 1308.)]
23° [« Icelle .Marote mettoit sus au suppliant qu'il
« n'estoit pas liomme naturel, ne capable de
« mariage. » ;JJ. 1%, p. 82, an. îiG9.)]
2'i' « Homme de paix. « — « C'est le vassal qui
« doit tenir et garder par la foy de son hommage
« la paix faite par son seigneur. » (Laur.)
2.y' .. Homme âc plejure". » — » Celui qui doit se
» donner pour caulion cl pour otage pour son sei-
o gneur ; comme quand plusieurs barons qui
" eloiént vassaux du roy de France, ont élé envoyez
" en Angleterre pour tenir pri.son et otage pour le
« roy Jean et faire plejure de sa rançon. » (Laur.)
2G» « Hons de pooté, » vilain, homme libre des
campagnes. (Gloss. sur les Coût, de Beauv.)
27° [" Xoz hommes et femmes de corps, main-
o morlables et de /;9«;'S(u/e » ;Ordonn. t. VU, 390,
an. 1371), c'est-ù-dire homme sur qui on a le droit
de suite, serf.]
28' « Hommes profitables, » — « sont les sujcis
» desquels le seigneur tire profit et revenu. »
(Laurière.)
29° « Hommes du roy. « — ■• Tous ceux laesloient
« (lualifiés homincs rcgii ; Itommcs du ro\j
« lesquels luy estoient obligés par un droit spécial.
« outre ccluy de la souveraineté; et pour monstrer
» que ce n'estoit point des hommes obligés, à cause
« de la tenue de quelque fief; c'est que toutes et
« quantes fois que les capitulaires parlent des
« hommes du ro;j c'est toujours avec une marque
« de bassesse. » fChantereau, LeFebvre, de l'Oriaine
des fiefs, p. 107.)
30° « Homme de service; » c'est celui qui, outre
la foi et hommage, doit en outre à son seigneur
quelque redevance, ce qui nedoit pas s'entendre du
service de la guerre. (Laur.)
31° « Hommes de servitude, » qui sont de condi-
tion servile. (Laur.)
S'î" « Homme vivant, mourant et confiscant; »
c'est un homme que les communautés ou gens de
maiu-morte sont obligés de fournir au seigneur de
ftef, afin que par sa mort ou forfaiture, le seigneur
puisse jouir des droits qui lui sont acquis aux
mutations, quand les héritages no sont point araor-
lis. Cet homme s'appelle vicaire en la Coutume
d'Orléans et en quelques autres.
33° « Un homme en vaut cent, et cent n'en vallent
« pas un; et au vray dire aucunes fois il advient que
» par un homme un pais est r.iddrecc el réjoui par
« son sens el sa prouesse : d'un autre un pais tout
« perdu et désespéré. » (Froissart, livre I, p. 354.)
Voyez îlonllac, 1, p. GO.
31° « Tanl vaut li Iiom, tant vaut sa terre. » (Blan-
chandin, ms. de S. G. f. 188 ".) — On lit dans Plaute
Quantum homo, tanlum ager.
iiommcau. [Diminutif de homme: « >'on pas
« d'un Hercules ne d'un Samson mais d'un seul
" hommeau. » (Mont. IV, 318.)]
Homraée. [Ce qu'un homme peut labourer de
vigne en une journée : « Item environ huit jours de
« Vignes, séans au terroir de Maisy... contenans
« trois hommécs. » (.IJ. 91, p. 429, an. 1362.)]
îîommeiet. Diminutif de homme : » Que
« devons nous faire, nous autres hommclets ? «
(Ess. de MoiUaigne, t. 111, p. 150.)
îïonestc, Honestre. [1° Honorable : » Les
« mains honestcs menbres (du clergé) deit l'um
« plus bonurer Sulunc l'aposlle, e plus donur
« envoluper. » (Th. de Gant. 88 )]
Encor vivoit Kaiies li caiis,
Ki moult fil preudoni et loiaus,
Et mena moult houniestrii vie. (iloieskes, p. 393. J
« De nosire temps ce mot dlionneste auquel en
« ma jeunesse j'ay veu pronoiuer la Icltre s. s'est
'■ maintenant iourné en une e fort long. » (Pasq.
Rech. liv. VIII, p. G50.) — r2° Convenable : « Cozes
X presiées qui sunt demandées du presleurel tans
« qui n'est pas /(0//('sics. » (Beauman. XXXVII, 2.)
— » Devers nos ert cil de Palestre Qui amaine osl
« grant el honestre. » (Parlon. v. 7217.) — 3° Hono-
rable, considérable : « Et vuidoient li honncste
« homme del contet de Flandres et vencient en
BON
55
HON
« Ilaynnau. » (Froiss. II, 3G2.)] — 4° Titre d'iibbé et
U'abbesse : « Les prieurs el les moines qui lieu-
>• nenl la régie de suint Benoit el ceux qui suivent
" les constitutions de S. IJeniard el de S. Eruno,
« prennent le titre de Dont. Les ubbesses, les prieu-
" i-es, les religieuses ou noncs avoient le litre
« ù'Iionnêtes. « (La lioque, sur la Noblesse, p. 303.)
— « Religieuses personnes et lioiniestcs abbc et
« couvent de saint Yaast d'Arras... l'clligieuses
.< dames et lionnesles abesse el convenl Noire
« Dame de Soissons. » (Ord. t. lî, 2G8, an. 13î4.) —
Ce litre fut aussi donné en !5SG à Jean Thabouret,
lieutenant de capitaine à r.ourmont. (Voyez Procès
verbal des Coût, de Bassigny. N. C. G. 1!, p. 1153.)
— 5" « Honiicsle de corps, »'ctiasle : «■ Lescognols-
« sanl neantmoins de si bonne vie et si honnesles
« de leur corps que rien plus. » (Straparole, t. I,
page 370.)]
iîonesté. [Honneur, dignité : « Por o s' furet
" morte à granl honestet. » (Eulalie.; — « Li priur
« Del Muni deu, b.uem de granl lioncslé, Arceves-
« que et evesque e priur e ahé. » (Th. de Canlorb.
1(JG.) — « Tulles dit : Cil eslbouestes qui n'a nulle
» laide lecbe ; car lioncsté n'est autre chose que
« houor estable cl permanans. » ^Criuici. Lat. Tré-
sor, 338.)]
ïrloaonai", adj. Grondeur :
Grogiiars, fongnars, homjnars, je prive
Les biens leurs sont mal employés. (R. de Coll. ià7.J
Hongiiar est le nom propre d'un sergent, dans
les Aresla amoi'um.
iionone, s. Gronderie, murmure, plainle.
(Collerye, 73.)
lîonffîier. [Voir IIoi.^gner.] Gronder : » S'il ho)i-
« gne ']c [c payerai tellement qu'il ne scaura que
« repondre. » (I^ercef. IV, ï. Ii2=>.)
Il faut dire, puisqu'ainsi hoingne
Que je luy ay gratté sa roiiigne. (C. X'arot, p. JÔ7.J
Hongre. 1" Hongrois :
Car les IJoinjres qui furent sur les champs,
Avec leur roy fuitis et recreans,
Leur roy meisme enmaineut par puissance
Sanz assembler, ayans tuit souvenance.
[2" Cheval hongre : » Il envolèrent trois escuiers
• montés sur trois hongres clievaux trop appers. »
(Froiss. II, 2G7.)]
Hongreline, s. i" Habit d'homme de guerre.
(Mém. de Bassompierre, t. H, pp. 127-352.) C'étoil
i'habil que cet auteur portoil à la guerre en 1621.
— 2° Robe de femme. IV.rlanl des liabillemens des
Polonoises : " Les femmes y sont honnesles, civiles
« el de peu de malice; la coquetterie n'y est point
— en usage; elles sont simples en leurs mœurs et
« pompeuses en leurs babils, qui sont une Juppé et
« un grand juslaucorps, ou //0)iffn'///k', ([ui ferme
" de[iuis le col jusqua la ceinture et tombe fort
« bas. » (Le Laboureur du gouvernement de Polo-
gne, p. 115.)
Hongrie. Nom de pays. « Mal de Hongrie, »
maladie contagieuse, ainsi appelée en IjGti. (Voyez
llisl. de De Thou, t. V, 1. XXXIX, p. 178.) — « Fait
« à point de Hongrie. » (P.ab. t. II, p. 13i.) — « Li
" plus Irahilre marcheanl sont en Hongrie. (Poës.
av. îoOO, L IV, p. 1G52.)
Honneur, ïïonor, Hoiiur. [1° Réputation.
Le mol était du féminin : « La meie lionor est lur-
« net en déclin. .■ (itol. v. 28î)0.) — » L'onor n'est
« pas autre chose que guerredon de vertu el merci
» dou bien reccu. » (Brun. Lai. Très. p. 31(3.) —
« Honneur est grains, richesse est paille, Donc qui
« a honneur il a ricliesce. " (Machault, 102.)]
Qui d'oiineur n'a cure
Honte est sa droiture,
Ce dit li vilains. [Prav. du f.'i'' de Brct. f. ilA '.}
2° Aclion d'honorer, de respecter : « Tant est
» ]'//o?nu'(<';' bonne que je vous porte, (lue je voul-
« droye que en tous endroits fussiez le plus vaillant
« et le meilleur. » (Petit Jehan de Saintré, p. 313.)
— [« A ton père el h ta mère porto honneur et
« révérence, et garde leur commandement. » (Join-
ville, p. 301.)] — o" Cérémonie honorable, comme
pompe funèbre, ainsi que nous disons encore :
" rendre ii quelqu'un les derniers honneurs. »
— Parlant de la messe célébrée le lendemain du
mariage du duc d'Orléans avec la demoiselle de
Clèves, nièce du duc de Bourgogne, en 1140 :
» Esloienl les officiers d'armes vestus de leurs cot-
" tes d'armes, ou esloient les blasons des seigneurs
« à qui ils esloient, entre les quels y estoiùe roy
" d'armes de la jarliere d'Anglelerre ; à tous les
'< quels honneurs esloient aussi les seigneurs de
« Cornouailles. » (Monstrelet, II, p. 178 '.) — 4° Les
marques el pour ainsi dire les altribuls de la
dignité. Après la description de la pompe funèbre
de Henri IV, il est dit : « Ainsy finil la pompe fune-
« bre, après la quelle furent' portez les honneurs
" du defuncl roy, devant son cfngie ainsy que s'il
« eusl esté vivant. ■> (ravin, Tht^àl. d'honneur. H,
page 1852.) — 5" Charge, dignité, comme le latin
honores :
Les lioiincurs changent Tentencion :
Tremiers convoite araans les repairier
Et quant il a de se dame cel don
Puis requiert chose et il a soupeçon.
Pot's. fr. MS. av. 1300, t. IV, p. 138:,.
« C'est le proverbe commun que les honneurs
" muent les meurs. » (HisL de la Toison d'Oi, II,
folio 17 °.) — [6" Terres, biens, comme /(OHor dans le
bas latin el dans le Code Théodosion ; fief, sur-
tout au nord de la Loire : » A lui lais-jo meshonurs
«et mes tiens. » (Roland, 315.) — » N'a droit au
« lieu, ne à Vonor, Qui se combat ù son seignor. «
^liou, dans U. C. sous Honor.) — « Se vos jamais
« avoir volés m'amor, El en Bourgoigne tenir fief
« ne honor, Secorez moi por Dieu hui en ceslhor. »
(Aubri, Ibid.)] — 7° Lods et ventes : « Les venles et
« /wHHCin'S se prennent sur l'acheteur, qui sont la
« dixième partie du prix ([ue la chose auroit esté
« vendue. Le seigneur qui a justice ne peuldeman-
'< der venles nlionneurs, n'avoir par puissance de
« fief la chose vendue, si non celuy qui a basse
« jurisdiclion, ou plus près du fonds. » (Coul. de
IlON
— 5G -
HON
Poiclou, C. G. II, p. r)72.) — [8- Diner : « Lors com-
« monç;i ledit Penin à dire que ôeVhonneur ou du
« disner dessus dit il ne paicroil aucune chose. »
(JJ. It:., p. r2i, an. KiGS.:] - 9" Jeu, dans Rabelais,
l. 1, p. las.
Expressions :
1» « Ciievalier cl escuycrd7)ùHHr'!/r ou de Vltou-
■> vciir;" ils donnent la main aux reines cl aux
princesses. Il s"est dit aussi pour personnes noljles.
Parlant de joutes célèbres qui lurent faites par
liicliard, rov d'Angleterre, en la ville de Londres :
» Quand... "le roy d'.Vngleterre eut donne de beaux
x dons aux cbevaliers et escuyers d'honneur du
« royaume de France on prit congé du roy. »
(Froi'ssai t, liv. IV, p. 93.)
2° « Cheval d'honneur. " dans les carrousels, est
distingué de celui des courses. (Voy. le P. Meneslr.
des Tournois, page 219.) — 11 s'est aussi dit d'un
» cheval couvert de veloux violet semé de fleurs de
« Ivs d'or de Cvpre, aux franges et crespines de
» mesme, au pennaclie et lambrequins violet et
« jaune, mené par trois escuyers à pied » devant la
pompe funèbre des roys de France. (Favin, Thcàt.
d'honneur, t. II, p. 18G7.) Voyez Brantôme, Dames
m p. 18.
a- « Crier aux honneurs. -> — « La monstre faite
« et la foy prise pour les tournois, les heraulx et
« poursuivans alloienl crians parla ville devant les
« logis des tournoyeurs au.v Itonncurs : seigneurs
.. clievaliers et escuyers, nux honneurs aux hon-
neurs. (Voy. La Colomb. Ttiéàt. d'honn. I, p. OG.)
-i" « Enfans à'honneur, •> pages élevés chez les
grands. (Coût. Géu. II, p. G07.)
r»- « Epée iYhonneur. » Le connétable du Guesclin
ayant été soupçonné de trahison, avoit envoyé son
épée au roy, refusa ensuite de la reprendre et passa
même au service de l'Espagne : « Veez icy (lui dit
« le duc d'Anjou) Vespée rf'/iOJJHCîo- de vostre office,
« reprenez 1;\ le roy le veut. » (Ilist. de Louis III,
duc de Bourbon.)
G» .' Faire honneur, » faire politesse, donner le
salut. Le comte de Derby allant, en 1398, pour enle-
ver le rov Itichard d'Angleterre, en entrant auprès
de lui, parla tout haut'saas « faire nu! honneur,
« ne révérence et dit au roy. » (Froissart, livre IV,
p. 331.) — Parlant de l'entrevue du roy Charles VI
avec l'empereur Venceslas à Reims, en 1397:
« Quand les deux roys s'entrevirent et renconlre-
" i-ent, tout premièrement, ils s'cn/?'^//?'e»/ moult
" honneurs. » (Froiss. 1. IV, p. 295.)
7° « Faire honneur à quelqu'un de sa personne, »
c'csl-ù-dire l'honorer de sa présence. (01. de Ja
Marche, liv. 1, p. 3i3.)
8° « Faire son honneur, " faire de belles actions :
« Bien disoient plusieurs vaillans chevaliers, usités
« d'armes, que pomi ne faisoijent leur lionneur. »
(Froiss. liv. II, p. 40.)
9° « Femme d'estat et d'Iionneur. « bourgeoise
ayant un état et étant irréprochable dans la con-
duite. (.Journ. de Paris, sous Charles VI, p. 23.)
Kl .' Honneur gardé, » serment :
Et si ailleurs vouloient respondre et dire
Que, sans raison je remplis mon cueur de ire
Honiicitr yarJé, je les veuil contredire. ,'/. Marol, 4'.)
11° » Gens ou personnes à'honneur, « nobles et
bourgeois les plus dislinaués. (Percef. I, fol. 110 "^ ;
N. C.^G. I, p. 9C8.)
12" " Ilelmcl ù'iionneur. « — « Entra le roy Char-
» les huicliesme de ce nom dedans la ville de Paris,
« moult richement veslu, et accoustréde drap d'or,
« avecques autres riches parures excepté son
" helmet d'iionneur le quel estoit Iriumphamment
« porté devant luy sur un coursier de pris au
" lieu d'iceluy hehnel avoit un chappeau sur son
« cbicf, et une moult riche couronne d'or fin. »
[P. Desrey, à la suite de Monstrelet, p. 79 \)
13° « Jugement honneur d'homme. » — » Nos
'< eschevins de Liège, au jugement d'honneur
» (/'/iOffiwc, debvronl esire presens en nombre de
« huict à tout le moins et nul d'iceux se polra
« lever, ny eu aller hors, dès que le procès crimi-
•■ nel sera" commencé à lire. » (C. G. Il, p. 97G.)
14° " "Sous jurerons sur la croix et sur nos
" lionneurs. » [Mém. de Bellievre et de Sillery,
pp. 40i et 410.)
15" « Maislre des comptes aux liontieurs, <> maitre
des comptes honoraire. (Estai des officiers des
ducs de Bourgogne, p. 279 )
1G° « Honneurs mondains, « politesse : « Gérard
« sçachanl tous lionneurs mondains autant que
« homme de son âge. » (Gérard de .Nevers, 11' part,
p. 111.) — " Sçavoh" de Vhonneur ou l'honneur, »
a même sens. Parlant d'une jeune princesse bien
élevée :
Elle est gracieuse et très belle
Et scet assez bien Vhonneur. [II. du Th. fr. Il, p. ASO.j
17» « Les lionneuis et le morion, » châtiment
militaire qui étoit en usage du temps de Charles IX
pour les soldats de garde. (Mil. fr. du P. Daniel, II,
page 588.)
18° « Prendre quelqu'un es honneurs. » —
« Quand le roy Peleon el la royne Dace furent
■■ couronnez, les cbevaliers ;»'îH(//'f)(i la royne es
« honneurs. » (Perceforest, II, f. 148 ''.)
19° " liepas ù'iionneur, " donné aux frais des
héritiers après l'enterrement. (Coût, de Eccloo,
>'. G. G. t. 1, p. 77G ''.; Il est parlé de ce repas dans
plusieurs autres coutumes.
20° » Honneurs royaux, » les cérémonies usitées
pour les personnes du sang royal ou de leur cour.
(Honneurs de la cour, ms. p. 1.)
21° » Tenir Vlionneur du siège, » c'est-à-dire avoir
le droit de siéger au Parlement : « Les prelaz et les
« barons, qui tiengiient le honneur du siège. »
(Ord. t. H, p. 22'i.) '
22^ « Assis à Vhonneur » et « faire mettre ù Vhon-
» neur, » être assis ou l'aire mettre quelqu'un à la
place d'/)07!»fH>". — « Il regarde en hault... elvoit
.. que la belle Ilelaine estoit assise à l'honneur
« comme celle qui devoil estre mariée au plus
.. preux chevalier de la compagnie. » (Perceforest,
vol. 111. folio 99 ■■'.) — Parlant d'un souper que
HON
HON
Louis XII donna à Savone , au roy et à la reine
d'Aragon, on lit : « Le roy feit mettre à Vhonneur
" le roy d'Arragon. » (Jean d'Auton, Annales de
Louis XII, p. 307.)
22» u Table d'iioimeiir, » comme nous disons le
grand couvert du roy. Pailant du couronnement de
Charles VI, à Reims: « Apres l'onction du sacre fut
« le roy assis à sa haute table d'honneur et bailla
« le duc de Bourbon (qui estoit pair et chambelan
de France) trois de ses chevaliers, dont l'un
« étoit h dexlre et l'autre à senestre et le tiers der-
« riere son dos et un escuyer aux pieds. » (llist. de
Louis III, duc de Bourbon, 145.) — On disoil aussi
[ab\e pour Viionneur ; elle ctoit destinée aux per-
sonnes les plus distinguées. Parlant d'un repas
donné par le duc de Bourgogne, en 1468: « En celle
« salle avoii trois tables drecées dont l'une fut au
« bout de dessus traversant à potence et estoit la
« table pour l'honneur. » (Mém. d'OI. de la Marche,
1. II, p. 528.)
23° « Tabouret d'honneur, » le siège sur lequel
se placent les dames qui ont ce qu'on appelle le
tabouret chez la reine, lorsqu'elle tient cercle.
(Brantôme, Cap. fr. t. I, p. 375.)
24" « Terre et honneur, « proverbe. « Tel acroist
« sa terre qui ne accroist pas pourtant son //oh-
« neur. « (Percef. III, f. 85'.)
Honnir, Ilunir. [1° Déshonorer: « Par quel
« mesure le poissum hunir. « (Roland, v. 631.) —
« Se vus ne r délivrez, nus sûmes mal bailli; Li
» reis et saint iglise e nus iermes liuni. » (Th. de
Gant. 42.) — « Or vous dii'ons dou mauvais roi
« Jehan d'Engieterre qui honnissoil ses barons, et
» gisoit avec leur fammes et avec leur filles ù
« forces. » (Mén. de Reims, § 2!)2.)] — 2° Violer :
« Regarde s'il conviendra par la desordonnée cha-
« leur et de tes compaignons que je sois violée,
« corrompue, /iOM?ue au grant déshonneur demoy.»
(Hisl. de Floridan, p. 715.) — 3° Détruire, ravager :
« Destruisoient et honnissoycnt tout le païs delà
» environ. » (Froissart, I, 352.] Les Latins disoient
fœdare au même sens. — 4° Caler, souiller : « Che-
« mise de sang honnie. • (Percef. 1, f. 88 ) — On a
dit de même " twnny de boue et de bourbier. »
(Percef. I. fol. 59''.) — 5° Tromper. « Le lundi jour
« S' Michel, l'an mil trois cens et quinze, ordonna
« et établit le prevost de Paris... que nulz ne mette
« tainture es chappiaux de bonnet ne de gans de
« lainne pource qu'il honnissent lesbonnes'gens. »
(Ord. pour les chapellieis, du mois de fév. 130(5;
Ord. IV, p. 705.)
Expressions :
1° « Ilonnij soit-il qui mal y pense. » C'est la de-
vise de l'ordre deschevalicrs de la Jarretière. (Pasq.
Rech. p. 124.)
2' Iloui soit mari qui dure
Plus d'un mois. (Pocs. av. iSOO, I. IV, p. i501.)
. . . Plus est que honiz qui à feme fait honte
Feme est moult haute chose ce vos di, sans mespranre,
Et se vos ne 1' savez, si le devez aprandre.
Cliaslie Miisarl, fol. 107.
Honnissement, s. Action de honnir. (Monet
et Oudin.)
Honorable. 1° Poli, respectueux. Le duc de
Bourgogne se tenant un genou en terre devant le
dauphin sur le pont deMonlereau, en 1419 : » Entre
« temps messire Robert de Loire le prinst par le
>< bras dexlre et luy dit: Levez-vous, vous n'estes
« que trop honnoràble. « (Monstrel. I, p. 282') —
2" [Digne de respect : « E Itonurabte le nu m de els
« devant lui. » (Lib. psalm. p. 94.) — « Bêle estiés
" et lionerable, El as besoignieus secourable. »
(FI. et Dlanchefl. 741.)] De là celte épithète a été
donnée à dilférentes personnes: 1° A des hommes
de la première considération. (Voy.le procès-verbal
des Coût, de Bassigny, dans le N. C. G. II, p. 1152.)
— 2° A des chevaliers. On lit dans les lettres de
Rabelais, p. 188 : « Pierre d'Armagnac chevalier
« honorable et capitaine de cinquante hommes
« d'armes. » — 3» A des personnes non nobles.
(Voy. le procès-verbal des Goût, de Bassigny, dans
je M. G. G. t. II, p. 1153.) — i-A cerlains officiers de
justice comme les » vicomtes en Normandie; pre-
« vôts en France, Picardie, Anjou, Champagne et
» Bourgogne; viguiers en LanguedO'.:, l'i'ovènce et
« Dauphiné, et chastelains en Poitou. » (La Roque,
sur la Noblesse, p. 302.) Sur l'avilissement de ce
titre, voy. Du Gange, sous honorabiles ; il dit que ce
titre a été avili, parce qu'on le croit opposé au titre
de noble que tout le monde recherche.
Expressions :
1° » Honorable père, » qualification d'un évoque.
(Rymer, t. I, p. 114'',)
2" .. Honorable et discret homme, » litre d'un ar-
chidiacre. (D.Morice, Ilist. deBrcl. c.90i, an. 1256.)
3° .> Redoutable et /ionorflt/e père, monseigneur. »
Qualification que donne à l'archevêque de^Besan-
(,'on, dans les lettres d'affranchissement des habitans
de Pontarlier, leur seigneur, « Guillaume de Chan-
• lile, vicuens de Digeon et sires de Ponloiilier. «
(Perard, Ilisl. de Bourg, p. 480, an. 12.57.)
4° « Honorable \)nrons monseignor. » Qualification
donnée à l'abbé de S. Elienne el au doyen de la
S" Chapelle de Dijon. (Perard, Hisl. de Bourg. 520,
an. 1269.)
Honorablement. [D'une manière honorable :
« Et chascuns se doit appareiller au plus honora-
« iileincnt que il porra, queainsinc doivent cil faire
« qui vont devant lor seigneur. » (Merlin, f. 50^)]
Honorableté. [Qualité d'une personne hono-
blc : « Que il resgardent à la noblesse de son cuer
« el à la honorableté de ses meurs et de sa vie. »
(Brunet. Latin. Trésor, p. 579.)]
Honoraire. Qui fait honneur: « Sépulcre //o«o-
« raire. « (Rabelais, IV, 31.)
Honoréenient. D'une manière honorable.
.... Maintenrai amors tôt mon aé:
Vivre ne puis plus honoréenient. [Poës. av. 1300, II, 851 .j
Honoremenz, s. Action d'honorer, respect,
vénération. (S. Bern. S. fr. mss. p. 200.)
Honorer. 1" Saluer : F» Mon père esies en Deu,
8
HON
— 58
HON
.. je vus dei Jionurer. » (Th. de Cantorb. 114.)] —
« 11 misl pied à Icrre pour la honorer. » (Percefor.
IV, f. 130 •.)
Quant Armant lessoit retorner
Por parociire et afToler,
Moult les lio>iorc et les tient prés
Et dit qu'il sont trestuit nialués
Si lor eschape sains n'entiers. [Part. f. 108 '.]
2° Honorer :
Et du tout en tout deshoneurent
Quant sainte eelise et clers m'oneureiU.
lis. du R. n" 6812. fol. 49.
3° Tirer profit:
S'en li crie merci, quil pardoint en poi d'eure ;
Quar qui méfiait pardone, il s'avance et lioneare.
Ductiinal, MS. de S. G. f. lOî.
4° Gratifier :
Puis le devest en mi la presse,
Ce qu'il a, prent, et nu le lesse,
En autre guise ne Voiicm-e. (G. Giiiart, f. 3A9 '.)
Richart outremer demoura,
Salehadin tant Younoura....
Qu'il lessa perdre par faintises
Japhes et Cadres qu'il ot prises. inid. f. 31 '.]
[« Li arcevesque a la messe cantée... D'une once
« d'or l'a li cons honorée. ' (Rom. de Roncevaux,
p. 13.)] — 5° Obéir. « Maint soudoier qui Voneure. »
(G. Guiart, f. 233".)
Hontage. [Honte : « Mielz voeill mûrir que
« hnnlcuje m'aleignet. » (Roland, v. 1001.)] Parlant
du sort diffcrent que doivent avoir les pauvres et
les ricbes dans l'autre vie:
.... Cil qi sain et joue et rice sont
Ne puent pas demoiirer sans hontajc.
Valic. n- 1490, fol. 23.
[« Je suis fieus vo seror, se De.\ m'ait, Dame
« Marsent la bêle o le cler vis. Si peuc cet liontage
. nient soufrir. » (Aiol, v. 3312.)]
llontager. Déshonorer.
Par toy le soldat inhumain
Usant de violante main
Honlarje la pucelle entière. (BaTf, p. S02>'.J
Honte. [1° Déshonneur, parole outrageante :
" E, malvais Deus! por quei nus fais tel hiinte. »
(Roland, v. 2582.) — « Terre major, co dist, metrat
« ù limite. " (Id. 1489.)— « Iliin te nus se'û retraite.»
(Id. 1701.) — « Jamais n'aurons tel aise de nos
« liontcs vengier. • (Saxons, YI.) — « Car grant
« Itonte li faites quant en sa curt entrez, Cum en
« feu e en flambe de vostre cruiz armez. » (Th. de
Cantorb. 39.) — » Car uns proverbes nous raconte,
" Que tels cuide vengier son lionle. Qui l'acroist et
« ensi avient. » (J. de Condet, p. 35.)]
Lors fu Constanz tôt abosmez,
Quant li prestres li dist tel houle.
Tant fu esbahis por la honte
Qu'il ne sçet que il doit dire. (Fabl. de S. G. f. 77 '.,/
[■• Qui a toutes ses hontes beues, Il ne lui chaut
« que l'en lui die ; s'on le hue parmi les rues; La
o leste hoche à chiere lie. - (Charl. d'Or). Ilomleau.J]
— « Vous ne scavez quelles gens il y a en la ville;
<■ s'ilz nous pourront faire quelque desplaisir ou
« quelque oultrage, il sera tantosl jour; et puis
« sauldrons tous ensemble et verrons en tour nous
» car la nuijt n'a point de honte. » (Le Jouvencel,
fol. 29 '.) — 2° Modestie, rougeur :
honte est et morte et noyée
Et puterie est essauciée. (Fauchet.J
Parlant du chevalier Bayard : • Le bon chevalier
« se retira à Grenoble Le venoient veoir les
« dames d'alentour qui toutes ensemble ne se
« pouvoient saouler de le louer dont il avoil grant
« honte. « (Hist. du Chev. Bayard, p. 328.)
.... Aucuns hommes sont
Quant pour lionle ou honneur garder
N'osent leur dame resgarder,
A la feste trouvent chansons
Qu'ilz chantent, et par piteus sons
Font à leurs dames entendre
Leur fait et en ont le cuer tendre. (Dcsch. f. 518'.)
« Vous verrez aucuns avoir tant de jase et avec
« tant peu de jugement et de honte, qu'en la plus-
« part de ce qu'ils dient, vous penserez qu'ils ayent
« oublié qu'ils parlent. » (L'Amant ressusc. p. 1 10.)
— « Luy faisoient si grant joye qu'il en avoit grant
<■ honte, n (Lanc. du^Lac, t. Il, f. 29''.) — Ce'mot,
dans S. Cern., répond au latin verecundia.On y lit,
p. 218: « Li simpliciteiz si est par nature ens en-
« fanz, et li honte si est coisine as virgines. » —
« Tenre lionte, » (ibid. p. 238), répond au latin
tenera verecundia. — 3° Crainte du déshonneur:
Quant li prestres li dist tel honte
Tant fu esbahis por la honte. (MS. S. Germ. f. 77 ^.J
A° Parties honteuses: « La sagesse est représentée
« par une belle femme toute niie, sans que ses
hontes paroissent quasi nonessent, en son simple
« naturel, quia puraiii naturam sequitur. » (Sag.
de Charron, dans l'explication de la figure qui est
au frontispice du livre, p. 8.) — 5* Propos déshon-
nètes. (Cotgr.) — [0° Courte honte. Cette expression
n'a pas d'historique, d'après Littré. On lit dans
Faifeu, p. 92 : « A tout sa courte honte. >>]
Ilonteable. Qui a de la pudeur.
Honteuse court non lionteuble. [Desch. f. il '.J
Honteux, Hontos. [1° Déshonorant: » Sei-
« gneur, distl'apostoles, moult esUionteusds fais.»
(Saxons, XV.) — 2» Confus: « Et se la temptacion
« ravist alcune fois la pense juske al délit, isuele-
« ment sunl hontuus de l'engin. » (Job, 452.) —
3° Modeste : « Moult erl pros et coragos Et dois et
« humbles et hontos. " (Part. v. 545.)] — « Meurteiz
■< honteuse, » c'est-iVdire maturité ou gravité hon-
nête et modeste. On lit dans le latin gravitas vere-
cunda. (S. B. Serm. fr. p. 219.) — . Estre hontols, »
dans S. B. S. fr. mss. p. 98, répond au latin ernbes-
cere. — « Honteux comme une pucelle. » (Oudin.)
— 11 Honteux comme une truye qui emporte un
« levain -> ou bien « comme un page de cour, »
c'est-à-dire elfronté. (Cotgr.; Contes de Desperiers,
1. 1, p. 292.)
Hontier, Hontoyer (se). Rougir, avoir honte.
[« L'exposant sov veant mener deshonneslement en
« prison, se hoiitoija. » (JJ. 13G, p. 200, an. 1389.)
— <■ Lequel Perrin en oyant vespres, par contrainte
n de nature, esternua une fois bien bault, dont il se
. hontoya. » (JJ. 157, p. 150, an. 1402.)] - « Bien
HOQ
- 59 —
HOR
« se doyvent h07itier princes el roys qui ont peuple
« a gouverner, quant ils se trouvent ignorans, tant
« qu'il adviengne que eulx et leur peuple soyent
« gouvernés par autrui. » (Ilist. de la Toison d'Or,
II' vol. fol. Cl.)
Hooftmann. Officier : « L'on ne prendra point
« d'administrateurs d'églises , d'hospitaux et de
« confréries, ceux qui cette année là, ont esté esta-
« blis hooflman, assesseurs, pointeurs ou receveurs
« de la part de la loy. » (Coût, du pays de France,
N. C.G. t. I, p. GISK)
Iloole. [Dos d'un couteau : « Icellui Colot tira
« un coustel à charrelon qu'il portoit, et en frappa
« icelie femme du hoole en la temple. » (JJ. 173,
p. 401, an. 1426.)]
lloppe. [« Lequel se prinst à la hoppe d'icellui
. Hemonle. » (JJ. 190, p. 103, an. 140!).)]
Hoppelande. [Voir IIouppklande : « Ceincture
« de broderie par li mise et assise sur une hoppe-
« lande de chamois pour ledit seigneur. » (Nouv.
Comptes de l'Arg. p. 200.)]
Ilopperie, s. f. Huée. (Cotgr,)
Iloqiieler, v. Tromper. [Voir IIocolt.i.er.] « Nul
« ne les doit souslenir en leurs mauvais mestiers
« ne en leurs vices, et spécialement ceulx et celles
(■ qui usent de Jioqucler les bons et les loiaulx gens
« comme larrons, murtriers, engigneurs de contons
« el comme garczaille , ribaudaille, truendaille,
a mauvais conlracteurs." (Ane. Coût, de Bret. 15!)".)
Hoqiielerie, s. Tromperie, filouterie.
Et si tendrez les discertains
Et les jugeurs sanz débat
De hoqueleric et de barat. (Descli. f. 314 >'./
[« Tcellui Jelian fu aucunement contredisant, en
« disant que c'estoit une //o/7»^/('/'?^; el ledit Ilen-
« nequin luirepondi quecen'estoitqu'esbatement."
(,IJ. 14!», p. 151, an. 1391.)]
Iloqueleui', s. Trompeur. [Voir IIocoiklecr.]
Il ne vanlt rien qui ne triboule
Aujourdui, ou qui ne mescompte :
On ne tient de prodomme compte ;
Uns preudoms ne puet pain avoir
Mais les hoijnelcnrs ont l'avoir. (Desch. f. .57? ^.j
[« Lequel Alain esloit //or/î/c/e;/r, baleur, brigeux,
« transeur. » (JJ. 194. p. 58, an. 1354.) — . Cabu-
» seurs, hoqiieleurs el trompeurs. » (JJ. 100, p. 609,
an. 1370.)]
IloqucmoIIe. Voir IIocquemelle.
Et s'il est nul qui en grumelle,
Qu'on luy doint tel liiiqu,'ineUe
Qu'il y saiche bien assener:
Si qu'il mette un mois a saner. [Desch. f. AOS '.J
Iloqiierelle. [On lit hoqnerel, dans la Chron.
des ducs de Normandie, v. 15034: « Nos le pren-
« drons au hoqiterel. »]
Ilarou, ce mourdreur me prenez ;
Il ne vous demourra couillon
lîastart à voultre ; or esprouvez
Que je sçay faire ainsi taston.
Les rufiens, faulx bougeron;
■Vous arez ceste hoquerclle
Et vous rarez de moy ce don,
Vieille ribaude et maquerelle. (Desch. f. 330 ^.J
Hoquet, Ilouquet. [1» Phrase harmonique
dans laquelle uneou plusieurs partiesélaient entre-
coupées ou interrompues par des silences : » Les
« uns vont chantant le motet ; Les autres font dou-
» ble hoquet. » (Ilist. litt. de la France, t. XXIV,
p. 751, cite C.ace de la Bigne.)] — 2' Incident, diffi-
cultés dans les affaires.
On fait de .iiij. causes mile
Escriptures de grant argent,
Onques ne fut tant de hoqués
Qu'il y a et fuiablement
Onques ne vy tant de procès. (Desch. f. 336 '.)
[« Si eux se complaiguent de ceux qui se sont
« entremis des imposicions au temps passé ou d'au-
« cuns nos officiers, faites leur sommerement et
« de plain os[ertous/(OHfy«ex,fuitesetcavilialions.»
(Ordon. II, 558.) — 3° Houlette. Voir IIocoiet. —
4» Coup sous le mouton: i Icellui Perrinet fisl un
« petit /(f)r/;<c<de sa main au menton dudil Symon
« en lui levant liaull son menton par un cop seule-
. ment. » (JJ. 127, p. 70, an. 1385.)]
Hoqueter. [Ebranler : « Quand le suppliant ne
« trouvoil point l'huis ouvert il faisoil tant en le
« hoquelant et sourdanl que il ouvroit. » (JJ. 164,
p. 280, an. 1410.)]
Iloqueton. [A l'origine, c'était le coton (al co-
ton]: « Diencbaucié etvestud'un [tnûed'nuqneton.y
(Ch. d'Antioche, VII, 757.) — Puis ce fut un gam-
beson rembourré de coton : « D'un dart envenimé
« feri le prou Odon, Qu'il li faussa l'auberc en
« après Vnuqueton. » (Id. VIII, 910.) — « Lequel
» Perrin bailla îi icellui Macé ung cop de la fourche
« en la poitrine, dont il le navra, et l'eust tué n'eust
« esté son houqucton d'argent. » (JJ. 206, p. 370,
an. 1478.)] — « Adonc demoura le roy en plain
" hocqncton qui esloit couvert d'ung drap d'or
« moult noblemen t. A près luy deveslil son /jof^î/e/OH.
« pour veoir la playe plus appertement. » (Percef.
vol. I, L 29 \) — Par suite, le hoqiicton devint une
casaque.
Tel y a s'il estoit paré
Et qu'on luy vist ung peu la cuisse
On le trouveroit bigarré
Comme unrj hoc(jitelon de Souysse. (Coquill. p. Gl.J
Expressions:
1° « Exempt du hocqncton. » L'auteur, parlant des
vieux soldats romains qui étoient exempts de tout
service militaire, dit : « Ces viens soldats exonpts
« (lu hocqueton comme nous parlons à Paris. »
(Favin, Théàt. d'honn. II, p. 1822.)
2" Qui a le loup pour compaignon
Porte le chien sous Vlioclon. (Cotqr.J
Hor. [Héritage : » Por coi venez en son hor her-
« bergier. » (Agolant, v. 1127.)]
Hoi'de. [» Les autres Tartares qui habilent le
■< païs plus IVoid logent en pavillons el par ho>'des. »
(D'Aub. Ilist. I, 42.)]
Hordeat. Boisson faite avec l'orge. (Cotgr.)
Horder. [Voir Hourder. Clore : « Cest cort il fut
HOR
— 60 —
HOR
moiill Ires bien clos De piez de cliesne agus et
« gvos; Horde:, esloil d'aubes espines. » (Uenart,
V. 1291.)— » Qui de long garde, de près gol, El qui
« bien se liovde et clôt, Si puel dormir seurement. »
(Vie des Pères, mss. D. G. 111, 721 •.)]
Ilordis, liordois. [Clôture, palissade : » Quand
« li Sarrazin le vindrent assaillir, il gelèrent le feu
« grejois ou liordis que il y avoit fait faire. » (Joinv.
§ 20!).) — « Or vous dirai qu'il avint la nuil; la
« pierre d'une perriere feri si à l'ordois d'une tor-
« nace, que li liordois chai. » (Mart. Ampl. Coll.
t. V, 614.)]
Horée, s. f. Averse, ondée. (Cotgr.)
Horion, s. 1° Coups, au propre et au figuré :
« Donner coups et liorions et en recevoir. » (Le
Jouvencel, f. 5.) — « Se ruèrent de grands et rudes
« orions tellement qu'il sembloit la bataille eslre
<■ mortelle. » (Hist. du chev. Dayard, p. 50.) — Par-
lant de Charles VI qui s'ëloit déguisé pour venir
voir l'entrée de la reine Isabeau de Bavière à Paris :
• Et les sergens qui ne cognoissoient ny le roy ny
« Savoisi, frappoienl de leurs boulayes sur eux et
« en eut le roy plusieurs coups et //o/'io/ts. » (Juven.
des Ursins, llist. de Charles VI, p. 72.) — « Il couru-
« rent les lances, ou il y eut de beaux horions
« donnez. •> (Mathieu de Coucy, II. de Charles VII,
p. 080.) — ■• Il vint à hausser là main et luy donna
« si beau /iorjvo); sur le visage que la joue dextre
« luy en devint rouge. » (Nuits de Slrapar. 1, p. 20.)
— 2° Coup de vin :
Jg ne scai que faire de boire
Ung horion : c'est le plus seur. (Palhelln, Test. p. Ji4.J
Donnez-moy à boire ung horion. [Id. p. i36.J
3° Gros morceau de pain, comme si l'on disoit
« coup de pain. » (Cotgr.) — i" Espèce de maladie :
« Un mauvais air corrompu, chut sur le monde,
« qui plus de cent mille personnes h Paris mis en tel
« danger, qu'ils perdirent le boire el le menger
o et avoienl Ires forte fiebvre deux ou Irois fois le
« jour... et nommoit on cette maladie le tac ou le
a horion On avoit la toux si fort el la rume et
l'enroueiire, on ne chanloil qui rien fusl,
« de haultes messes à Paris. » (Journal de Paris,
sous Charles VI, p. 21.)
Expression :
« Tout d'un horion, » tout d'un coup, tout îi la
fois. (Vig. de Charles VII. II, p. 118.)
Iloris. [Monnaie : « Targes et horis, autrement
« appeliez gros de Drelaigne. » (JJ. 207, p. 225,
an. 1-580.)]
Horloge. [Voir Orlooe, OmLOGE, lEraocE, Reloge :
« Pour faire sablon îi mettre à horloges. « (Mén. II,
p. 5.) — « Horloge entretenir, jeune femme à son
« gré servir, vieille maison h réparer, c'est tou-
« jours à recommencer. » (Le Roux de Lincy,
Prov. II, ,305.) — » S'accorder comme des horloges. »
(Ibid. 41'!. )1
Expressions :
1° " Horloge de sable ou sablon, » aujourd'hui un
sable. Il est parlé dans les Mém. d'OI. delà Marche,
liv. II, p. .535 îi 548, d'une horloge tenue par un
nain, pendant les joules du Pas d'armes de l'arbre
d'or, en 1108. — On voit à la page 537 et 541 que
c'étoit un sable de demi-heure. (Aresta Amorum,
p. 405.)
2" « Notable compteur à'horloge. » — « On appelle
" en Poitou compteur d'horloge un grand causeur
« qui lorsqu'il n'a plus de coules a débiter, s'avise
« de couler tout haut les heures que ceux de la
« compagnie peuvent comme lui entendre C'est
•' encore un gourmand et un parasite, qui dans le
« dessein de ne pas manquer l'heure d'un dîner,
« compte exactement toutes les heures à chaque
« horloge. » (Le Duchat, surRab. V, p. 8.)
3° « Avoir des horloges dans la tête, ■• être fantas-
que. (Oudin.)
4" « Il n'est point d'horloge plus juste que le
« ventre. » (Cotgr.)
Horlogeur. Horloger. (Cotgr.) Voir OnLOGEiR.
Ilorlogier. Même sens. (Rabelais, t. V, 85.) Voir
OnLOGuai.
Horologeur. [Même sens : « A fin que chacun
« serrurier ou horologeur les puisse entendre. »
(Paré, XVII, 12.;]
Horoscope. [« En ceste manière disent les
« mathématiciens un mesme horoscope eslre à la
<• nativité des rois et des sots. » (Rabelais, dans
Dochez.)]
Horoscopiser. Tirer l'horoscope. (Deiïense,
pour Est. Pasquier, p. 50.)
Ilorraille. [« Le suppliant trouva une horraille
« de charrue, de laquelle il frappa sur ledit Perrin. »
(JJ. 143, p. 02, an. 1392.)]
Horreur, Horror. [« El horror de la noclur-
1 neil vision, cant li songes suet parpenre les hom-
« mes. » (Job., p. 481.) — » Li creslicn n'ont pas
" horreur De mariage, ains à honneur Le tiennent
« el à chose honneste. • (Barl. el Josaph. dans Gui
de Cambrai, p. 410.)]
Horrible. Voir OunintE. Effrayant :
De tant de propos
Horribles et sots.
Le ciel en rougit. (Opuscules lie P. Enoc, p. 4S.)
Horrililemeut. [« Signeur, ceste bataille fu ce
" jour maintenue Assez horriblement, c'est chose
« bien seue. » (H. Capet, v. 3754.)]
Horribler, 11. Représenter des horreurs. Parlant
d'une cuirasse oi!i il y avoit des ligures en relief :
En la pièce de devant s'horribloil l'ancienne guerre
Des dieux soustenans au ciel l'assaut des enfaus de la
[Baïf, p. 38 '.) [terre.
HorriI)leté, s. Horreur. Parlant de l'armement
de Charles VI, desLiné contre l'Angleterre, en 1380 :
La fut le conseil ordonné et avisé comment on
a iroit au devant de ccsle horriblelé qui apparois-
•i soil en Angleterre. » (Froiss. liv. III, p. 124.)
Mais de quoy est il conceus
Ou ventre nourris et pus,
C'est d'orriblcté anicre
Do sang qui est corrompus. (llesch. f. 84 '.}
HOS - 61 -
Horrifique. [1° Qui cause le frisson : « Ils ont
« appeleceste fièvre horrifique, à couse des rigueurs
;. et Jiorreursqu'elle apporte en ses redoublemens. »
(Pare, XX, 32.) - 2° Effrayant : « Puis buvoit un
« homfique trait de vin Liane. . (lîab. I, 21.)]
Hors. [1° Préposition. A l'extérieur de : « Tant
« sui-je liors de peine et de tourment. » (Couci, X.)
— « Li mesKius pot mètre en sa défense qu'il est
« Itors de le loi mondaine. ■> (lieaum. lAHl 10 ) —
2° Adverbe. « Après a fait la vieille toule eent hors
— issir. n (Berte, XIII.) - ,. n ne scet rien"nui ne va
« hors. » (Desch. f. 256.1]
De là, les expressions'suivantes :
1°[« Tout Iiors, » totalement, comme l'allemand
(lurchaus : .. Et le roy print le iianap et le mist en
» sa bouche, et beui tout Iiors. » (Percef. II, f 27
— ■■ Et ne furent pas adont loiit hors payet en
« deniers apparilliés. » (Froiss., II, 186.) - .. Et li
<■ aucun qui tout engelés estoient et tout hors
» mouilliet, faisoient grans feux pour iaux ressuier
« et rescautTer. •■ (Id. IX, 38.)]
2° Hors mis, excepté. [.. Li rois a doné à son mes-
« Ire panetier la mestrise des talemeliers. . et la
•' petite justice et les amendes... des baleures sans
« sanc et de clameur, hors mise la clameur de nro-
« prieté. ^ (Llv. des Met. i).)]
Tous les presens, hors ntijs le différer,
Incontinent prés de luy s'approchèrent. (Grelin, 15S.]
Horsborc. [Faubourg : « Kem que les maisons
" des horsoores soient abatues. « (Ilist. de Nimes
Preuves, II, 169 \ an. 13û5.)]
Hortailles. Outils pour le jardin. (Colgrave.)
Hoi-tolacjes. Herbes, fruits de jardin. (Cot"-r )
— Un lit hortalessies, dans D. C, sous Ifortalia
Ilortolan. .Jardinier : .. Que c'est que d'une
« personne quand elle a esié une fois ébranlée de
« la fortune? quelque bon visage qu'elle luy fasse
" pour quelque temps, si retourne-t-elle le plussou-
. vent a I ébranler du tout, nv plus nv moins que
« 1 on void un bel arbre que 'le vent ébranle, et là
• a demy penche, vient quelque bon œconome ou
•■ ilortolan, ([m le vient appuyer et dure quelque
« temps et produit fruit, mais à la longue et
« quoiju II tarde, il tombe tout à plat par terre »
(Brantôme, Cap. fr. I, p. 68.) - .. Ortholanus, ung
« orlholau... ou jardinier ne peut pas bien traire
« les mauvaises herbes d'entre les bonnes sans
1 aracher de bonnes avec de mauvaises. » (L'Arbre
des batailles, f. 62 K) - .. Le cluen de Vliortolan .
~ " E le retient moitié du naturel du chien de
« liorlolan d autant qu'il ne mange jamais des
« choux du jardin de son maistre et n'en laissoit
" manger aux autres. • (Crant. Dames gai. 1. 1, 181 )
Hortraire. [Tirer hors : « Laquelle femme
« icellui Adam avoit Iiortrait el enmené .• f.JJ ixi
p. -^6, an. 1450.)] ^ '
Ilosche. [Pièce de terre cultivée fermée de
iiaies : « Devant ledit acin une Itosche ou pièce de
" IS^'" T'^*^ ^^ liosclies de Molin. . (jj icr,
HOS
iloscheges. [Droit dû au seigneur à cause des
ouches ou osches : .. Item, cinqua'nte sols de menus
" cens appelles imchéges. » (i389. Aveu d'Ascliè-
res.) (L. C. de D.)]
Hoscher. [Faire des hosclies, des tailles pour
vérifier un compte : >. Avant que lesaulcier, mouille
« es ecuelles, il les doit hoscher et les compter en
« la présence de l'un des queux. .. (Mari Anec I
1363, Ord. de l'hôtel de Philippe le Long.)] ' '
Hose. [Ifouscaux : « Li rois se levé pour soi
•< appareilher. D'une graiit hose se fist le jor chau-
« cer. » (Girard de Viane, dans D. C. t. III, 739 t )]
Hoseque. [Obsèques : « Aux prestres et nola-
« bies gens qui seront audit jour de noslve hoseque
-< que l en leur donne à disner audit lieu des Cliar-
« treux. "(Ilist.deCourg. Preuv. IV, 233, an.i-î04.)]
Hosman. Voir IIogue.m.vx. Capitaine. Parlant
des Gantois: « Commencèrent a enciianger fort les
* ?".',Ç!?''s que le duc de son droit faisoit, comme
« baillifs, sergens, eschcvins, el autres; de fait
■- Ils en faisoient chacun jour de nouveaux, (lu'ils
« appelloient hosmans, lesquels gouvcrnoient la
« ville a leur plaisir, sans justice raisonable »
(Mathieu de Coiicy, Ilist. de Charles VII, p. 619.)
Hospital. [Etablissement pour les malades •
« Juste Cantorbires unt leprus un liosmlal » (Th'
de Lant. 159.) - « El non del père esperilable
« Fonda iluec un Iiospital. » (Rutcb. Il, 196 )] -
Parlant de la confrérie des drapiers de Paris • « les
" drappiers ont eue et ont enlencionde fonder une
<• chapellerie ou Iwspital pour faire le divin service
«et pour les euvres de miséricorde acomplir »
(Ord. III, p. 58i.)
Expressions :
l" « L'ouvrier gentil à l'hospital. » (Cotgrave ) —
« Al er à riiospital, » se ruiner. (Oudin.) -
« A I hospital les bons ouvriers, en dignité les eros
« asniers. « (Cotgr.) ^^
[2° Ordre mililàiredel'observancedesainl Au"-us-
tin, qui prit le nom de frères hospilaliers de l'ordre
de saint Jean de Jérusalem : . Pur l'acort dou
" Temple et dou conle d'Eu, de VOspital. .. (Joinv
à 5/1.)]- Parlant du peuple d'Angleterre révolté
contre les nooles : « S'en allèrent en la maison de
« Ihospitalerie de Rodes (qu'on dit S. Jehan de
« Larmulle) et aruirent maison, hospital el mous-
« lier. .> (Froiss. liv. Il, p. 137.)
3" Maison, demeure :
Ces froiJes horreurs de l'enfer
Cette nuict, ces vieux licts de fer
Ou se vont coucher les furies
Ce gros chien qui jappe au portail
Ces grandes plaines do voiries
Sont leur éternel hospitail. (Théophile, /r. part. p. Qqj
■i' Nom propre : « J'ay oui faire comparaison du
« chance 1er de 1 Hospital et de Thomas Morus
« chancelier d Angleterre le plus grand aussi qui
« lut jamais en ce pa'is là, fors que l'un estoitfort
« catholique et I autre le tenoil-on huguenol, quoy-
" qu il aliast a la messe ; mais on disoit à la cour :
nos
- G2
HOS
« Dieu nous garde de la messe de monsieur de
« L'Ilospital. » (Branl. Cap. fr. II, p. 90.)
llospitaloi", il. Recevoir à Tliôpilal : « A Vei'-
« .seil il y a un fort bel liospilal etcleg'ranil revenu,
>' duquel rœconome et Jispensaleur esloil un car-
» tlinal, fort fasclié de n'en recevoir pas grand
« proffit à cause de la multilude des pauvres là
>' hosjiitalez, pensez et nourris. » iBoucliel, Serées,
livre 111, p. 150.)
llospitalici'. [1° Chevalier de riiôpital : >■ Boban
« à'hospitaliers. » (Prov. à la suite des Poët.
av. 1300, t. IV.) — 2" Administrateur d'un hôpital :
«' N'est loisible à gens d'église, marguilliers, admi-
« nisirateurs d'église, hospitaliers de maladeries,
« ou autres semblables, d'acheter prendre et tenir
« en leurs mains fiefs ou renies. » (Coût, de
Chaulny, N. C. C. 11, p. 6KG ".) — « Jeluy demandai
» qui il estoit, il me dit qu'il etoit Viiospilalier de
« Marin et qu'il estoit pauvre homme, reduict à
« cest hospilal de Marin. ■■ (Mém. do Montluc,
page 557.)
Ilost. [Ce mot, encore en faveur près de La
Fontaine, a été lemplacé par armée, qui signifiait
expédition. (Comparez l'espagnol armada) : » Parmi
« celé host funt mil graisles suner. » (Boland,
v. 700.) — Le comte, au temps des Carlovingiens,
convoquait l'armée par proclamation, /«'r bannum;
de là l'expression : « En Sarraguce menez vostre
» iiosi bannie. » (Id. v. 211.) — « Une très-belle /;os/
« et grande. » (Froissart, IV, 252.) Voir Os, Ost. —
Aux temps féodaux, le service militaire actif prit le
nom Aliost et clievaucJiée. h'iiost est une guerre
régulière, tandis que la chevauchée n'était qu'une
expédition, une razzia.]
1. ïlostage. Logis. (Coût, de Norni. ms. i. 35 '.)
Voir aussi le iNouveau Coutumier Général, I, 438 ".
2. ïlostage. [Cens dû par les liostes. (Voir ce
mot) : « Derechief a li dit Mikiel à Ilarnes renies
" que on appelle hostagcs, sur toutes les terres
« dont les dismes et li ferrage vionent as cours
« sains Pierre à Harnes et à Loysons ; et valent
>' cliil iwstage par an six muis d'avoine. » (Décl.
d'un fief, an. 1330, dans D. C. III, 707 ''.)
îî. ïlostage. [Otage : » Bien sui prest de guer-
'< reicr et de trover lioslage. » (.lord. Fant. v. 48.)
— » Mililarrunt les teistes par lur meisme Jios-
a taije. » (kl. V. 033.1 — « Et .xx. liostages des plus
« genlilz sus cet. ■> (Bol. v. 05(5.)]
Ilostager. [Peut-être le même que hôte : « Les
« exposans, leurs fermiers, mettoiers, grangiers,
« et autres leurs //os/ffjfers et serviteurs. » (D. C,
t. m, p. 701 '', an. 1425.) — Habitant d'une maison,
d'un lieu : « Uostaigers du Couldroy. » (1351, Aveu
de Cbàteauvieux.) (i.. C. de D.)]
1. Iloste. [Classe intermédiaire entre les hom-
mes libres et les serfs. C'étaient des espèces de fer-
miers occupant une tenure et vivantde ses produits
moyennant une redevance. Ils étaient taillables et
devaient parfois garder la maison et la personne du
seigneur; mais entre eux et lui il y avait contrat :
ils n'étaient pas irrévocablement attachés à la terre,
et donnaient ou recevaient congé de leur tenure.
La tenure des hOles, dans le Cart. de S. Père de
Chartres, est estimée trois sous six deniers l'arpent.
Voir Fn.\Nc iioste.] — Les iiostes ne pouvoient refu-
ser de suivre leurs seigneurs partout où ceux-ci les
menoient, excepté conlre leur souverain; mais le
seigneur etoit obligé de payer le dommage fait par
son hoste ou vassal. (Voy. Beauman. p. 181.) — Les
iiostes étaient confondus avec les cottiers. (Voir
Bouteiller, Som. Bur. p. 115.) — <■ Hostes couchans
« etlevaus, » c'est ce qu'on dit /(os/e et ;MS//ciabZ^,
qui est sujet d'un seigneur demeurant en sa justice.
(Bouteiller, Somme Rur. p. 77.)
Expression :
« Juge Iioste. " — « Cour lave est le siège qu'a
« accoustunié tenir le juge lay" en son territoire et
« en sa jurisdiction aux jours accoustumez, pour
« cognoistre des cas dont il peut et doitcognoistre,
« faire droit entre les parties, soient les hommes
« ou vassaux du seigneur temporel du dit terri-
« toire,eschevins, assesseurs, conseillers ou autres
« juges ordinaires appeliez ou par eux ou aucuns
« d'eux selon la coustume ou commune obser-
« vance des lieux, conjure d'hommes ou d'escevins
« ou déjuges iiostes, ou cottiers ou par juges ordi-
» naires. « (Bout. Som. Rur. p. 5.)
2. Iioste, Ilostosse. Qui loge ou qui est logé.
« Les François ont appelle ces gens ici iiostes, du
» mot latin iiostis qui est a dire ennemy, le Fran-
« c-ois retenant du mot latin iiostis, iioste et iiostel-
« lier, n'ayant le François plus grand ennemy que
« celuy qui gastc et corrompt une si bonne chose
" qu'est le vin. » (Bouchel, Serées, livre I, page 25.)
L'étymologie que cet auteur donne du mot iioste
ne doit être regardée que comme un badinage. —
[« Chez un iioste hébergent , qui moult estoit
a prudhom. » (Sax. XXII.)'— » Vrayement, s'il vous
« plaisoie, je seroye aujourd'hui vostre iioste, et
« vous feroye tout ayse de ce que nous avons. »
(Percef. I, f. 32.) — « Sebille dist au roy, qui à son
« dextre costé seoit : Beau sire, je seray ceste nuyt
» vostre iiostcsse. (!d. f. 35.)]
Expressions :
1" « Entre iioste ou hostesse, • loger quelqu'un
chez soi. (Percef. I, f. 32 ^.)
2» « Compter sans son iioste, » expression figurée,
c'est-à-dire résoudre une chose seul sans avoir la
volonté ou le consentement des autres. (Colgrave;
Slrapar. t. II, p. 430.)
3° « Cil riens ne pert qui un bon iioste loge. »
(Molinet, p. 143.)
A' « Belle iiostesse c'est un mal pour la bourse. »
(Cotgr.)
3. Iioste. [Hotte : « Gestatorium, civière,
« iioste. » (Gloss. 7685.)]
Hostel. [1° Maison, logement (voir Ostei.) : « Il
« avoit à liostel les messages Carlon. » (Saxons,
XXII.) — « Li reis mandad Sëmeï, si vint devant lui
« et dist : iiostels te fai en Jérusalem. » (Bois, 232.)
HOS
- G3 -
HOS
— « Il n'ont pas hostel en maison, Ains l'onl en un
« bel pavellon. » (Parlon. v. 7855.)] — Parlanl d'un
amant qui passoit les nuits sous la fenélre de sa
maîtresse : • 11 esloit par fois conirainct de s'en
" retourner tout mouillé à Vhostcl sans rien faire. »
(Aresta Aniorum, page 43.) — Guillemetle parlant à
Pathelin :
Ne faicles gueres de séjour :
Revenez disner à ïltoslel. {Palhelin, Test. p. iiS.J
« Premièrement trois hostcux joitinans ensem-
« ble. » (1434, Titres de la chapelle Notre-Dame à
Sainte-Croix.) (L. C. de D.) — Du temps de Nieot, à
Paris et dans les grandes villes, ce mot ne s'appli-
quoit plus qu'aux maisons des grands, à moins
qu'on n'en abusât par vanité, comme quand on
âlsoilVIiôtel de Meadoce. — 'i° Famille : « Saintré
« vous estes noble iiomme: en voslre /;os/^/ a eu de
• vaillans gens. » (Petit Jehan de Saintré, p. 198.)
— Parlant de Jeanne II de Naples : « Pour retour-
« ner et remettre le dit royaume en la main de
• ïhostel d'Anjou et de la couronne de France
• dont elle esloit issiie, adopta le roy Loys 111 son
« fils et successeur. ■> (Godefroy, Observ. sur
Charles VIII, page 479.) — [« En laquelle ville de
« Bayeux le suppliant a ses père et niere de bon
« liostel, bourgeois d'icelle ville. « (JJ. 191, p. 254,
an. 1450.) — 3" Gens d'une maison ; » Que nostre
« connestable de France... nommera et ordonnera
« certaine personne pour recevoir les monstres des
« gens de son hostel. » (Ord. t. V, p. (158, an. 1373.)
— « Et chevauçoit tant seulement liet ses hosles. »
(Froiss. IX, 384.) — « Et y fist venir la royne et tout
« son hostel. » (Id. 472.) — 4° [L'hôtel du roi est la
maison du roi, embrassant six services: 1° Pannele-
rie, 2° Echansonnerie, 3° Gobelet, 4' Cuisine,
5» Fruiterie, G" Fourrière. L'organisation nous en
est connue par les Comptes de l'hôtel conservés aux
Archives et publiés par M. Douët d'Arcq.]
Expressions :
1° « Aisément d'hostel, « vaisselles, ustensiles de
ménage. (Duchesne, Gén. de Chastillon, p. 14,
an. 1231.)
2° » Corps liliostel, » corps de logis : « Je songeai
« que le feu s'estoit mis en la maison de laquelle je
« suis, à un corps d'Iioslel qui est à millieu d'icelle,
« entre le devant et le derrière. » (L'Amant ressus-
cité, p. 483.)
3' c( HostelDieu, appelle Domus Dei. » (Testament
de Pbil. Aug. du Chesne, t. V, p. 2G1.)
4° « //os/c/ d'épicerie, » boutique d'épicier : 'Que
« nuls qui ù Paris vûeillcnt commancier marchan-
« dise d'avoir de poids et tenir hostel d'epieerie, ne
« puisse commancier son mestier, sans parler tout
« avant oeuvre, au dit maistres, ou son lieutenant,
« pour ce que dedans huit jours après ce qu'il aura
« son mestier commandé, il sera tenus de jurer de
« garder et tenir les ordon n;i nées dudit mestier, qui
<• par lidit nieslre, ou son lieutenant luy seront
« lues mot à mot et divisé. >• (Ordonnance touchant
les épiceries et autres avoirs, dans les Ordonnances,
t. I, p. 701.)
5* » En Vhostel de France, » Ji la cour de France.
(Froiss. 1. III, p. 300.)
G° [« Grand maisire d'Iwstel, » ancien sénéchal
{dapifer). Il avait l'intendance de la bouche du roi,
des cuisines, et au point de vue de l'ordre, de la
propreté, l'entretien des châteaux royaux ou « gou-
« vernemenis. » Celte charge devint une sinécure :
depuis les Guise, en effet, le premier mailre de
l'hôtel fut mailre indépendant do l'hôtel du roi.]
7" » Maisires de Vhostel, » nom donné aux maîtres
des requêtes. (Du Cange, sous Magister liospitii.)
8° « Mauvais hostel, » mauvais lieu : « Item que
« nul ne nulle ne soustienne mauvais hostel. »
(Bouteiller, Somme Rur. p. 500.)
9° « Ilabandonner son liostel h quelqu'un , »
accepter quelqu'un pour être de sa maison. Parlant
d'une reine qui pardonne à un de ses sujets :
« Pour ce vous avez vostre paix et vous abandonne
« vion liostel. » (Percef. IV, L G ''.)
10° » Estre de Vhostel, » élre de la cour de quel-
que seigneur. Parlant de Félix duc de Savoie,
pape : « Le duc de Savoye avecques lui un sien
« frère, de l'aage des dix huit ans qui étoit comte
« de Genève, et se nommoit Amé, cesluy comte de
« Genève désira d'estre de l'hostel du duc de Bour-
« gongne;cequi luv fut libéralement accordé. »
(Mém.'d'Ol. de la Marche, I, p. 103.)
Il» « Betenir de son hosliel. » Parlantd'un grand
seigneur qui en attache d'autres, mais inférieurs, à
sa cour ou à sa personne : « Le duc messire Mau-
« rice de Teonguedys, le sire de Prustalletet le sire
« de la Suze, les quels le duc de Bourbon avoit
« retenus de son liostel. » (Hist. de Louis III, duc
de Bourbon, p. 50.)
12° « C'est Vhostel du roy Petaud oîi. chascun est
« maistre. » (Colgrave.)
13* • La belle chère amende beaucoup Vhostel. »
(Cotgrave.)
14° a Tel hoste, tel hostel. -> (Cotg.)
Hostelage. [1* Dépense pour le logement des
chevaux : « Prandra ledit monseigneur Adam quatre
« provendes d'aveine, fer et clou, et cinq sols de
« gages par jour pour fein, //os/c/«.9c's et les gages
« de'ses valez. » (Reg. iN'os/fi'dela Ch. des Comptes,
f. 79 !>, an. 1317.) — 2° Hostellaye, dans la Coût, de
Bayonne (t. V, art. 47), est le loyer des boutiques
occupées par les marchands forains.]
Hostelain, Ilostelench. [Hôtelier : » Perri-
« net Danisy trouva Perrinet de la Croix hostellahi
a et tavernier. » (JJ. 138, page 224, an. 1390.) —
« Iceulx compaignons se vouldrent loger en l'oslel
« Adam Corbel, lors hostcllain publique, lequel les
« refusa à hosteler leans. » (JJ. IGO, page 255,
an. 1405.) — « Ung bourgeois de Gand, très boin
« preudouime, hostelenchs des marchands de blé
<■ de la Lys. » (Froissart, t. X, 39.)] — Parlant des
Anglois obligés d'abandonner Rouen, en 1149 :
« Promeirent payer loyaument tout ce qu'ils
" dévoient â ceux de la dicte cité tant hosteltains,
« bourgeois, marchans, comme autres. » (Monstrel.
vol. III, p. 21 ^)
nos
- Gi —
HOS
Ilosteler. [L02;er, héberger : " Les dis messages
« ad fjit eus hosteler. » (Roi.' v. 100.)]
Ilostelier. Uolelier. Parlanl d'un voleur qui
avoit coupé une bourse : » Ce couppeur de bourses
« estoil prins el s'estoil venu rendre parlie et se
" plaindre à la justice. Surquoy le prevosi luy
» disl en riant, mais c'esloit'un ris d'Iwstellier,
<• vionça, lu eslois bien mauvais de coupper la
<' bourse Le prcvost après tous jeux l'envoya
« pendre jusques au eibet. >• (Contes de Des Perr.
LU, p. 11'".)
Hostellerie. [« Tant qu'au logis on nostre
« hnslellcvic Feusmes venus en une gaUerie. »
(Calb. de Pisan, Dit de Poissij.]]
Ilostiafjc. [Querelle : « Comme le suppliant
« feust avecques. ses familiers el mesnage au lieu
<• delà Nozieire du conté de la Marche, sans faire
» îi aucuns injures, villenie ne liostiar/e. » (.IJ. 109,
p. 397, an. lilO.)]
ïïostice. [Service d'Iiosl : « La exception de
<■ liostice, laquelle nos avons sovent en nos juge-
<' mens oï, nous la volons déterminer. » ,Stat. de
Charles 1", roi de Sicile, dans D. C. 111, 718 ^;]
Hostie. [Voir Ûiste.]
Hostie!. [.Mesure : « Comme Pierrart de la Croix
« eusl demandé à l'exposant l'argent pour le cui-
» sage de sept //os//flH.r de pain, montans environ
. trois solz tournois. » (JJ. 123, p. 221, an. 1383.)]
Hostiere, s. Ihjpilal. « Gueux de Vhostiere, »
gueux (jui va fleureter les huis des maisons, dit
Pas(iuier, liv. Vlil, chap. 42 de ses Recherches.
Luretière, au moi giteujc, dit la môme chose. Tous
deux se trompent : un gueux de Vliostiere est un
gueux de l'hôpital, dit Le Duchat, sur Rab. 1, p. 2 ;
il renvoie ù Oudin, Diclionn. fr. ital. et fr. espagnol.
(Voyez Bouchel, Serées, p. 109; Dranfôme, Dames
gai. 1, p. 103.) — Cotgrave l'expliiiue comme Pas-
quier : « Qui va mandianl de porte en porte. ■■
Hostigement, s. Terme de droit : « Rapports
<• et liostiijcmcnts de liefs, d'heiitages de biens, qui
« se fonl en juslice pour sûreté d'aucun dû, acciuil
» ou autre action personnelle, créent hypothèque
« selon la Coust. de Lille en Flandres. » (Lauriérc,
Gloss. du Dr. fr.) — ■> Quand par rapport el hoslige-
« ment aucun a consenly par exprès en faute de
>' payement, la vente el executio.n réelle el sei-
>■' gneurieuse des liefs, maisons, el iieritages, rap-
" portez, le créditeur, pour avoir le dit payement,
« peut par la juslice, ayant reccu le dit rapport et
•' liosligemeni, faire vendre le fonds el propriété
>• des dits liefs, maisons el héritages raportez, sans
« l'aire ([uelque saisine, en y observant semblables
« devoirs que Ion faicl en vente des prothls el reve-
« nus de cent ans et un jour. » (Coût, de Lille,
C. G. II, 919.)
Hosligié, (idj. « Les hauts justiciers, ou vis-
■■ comliers, par leurs loix el justices, peuvent faire
« vendre crier el subhasler [lar décret et exécution
« de justice, les prolits el revenus de cent ans un
« jour des fiefs et héritages tenus d'eux ou depen-
« dans en y gardant et observant les devoirs en tels
« cas requis et ne peuvent vendre le fonds et pro-
« prietez d'iccux fiefs et héritages n'est qu'a celle
« lin ils soient [iar exprès rapportez el hostigicz. »
Hostil, Ilustil. [Outil : » Kar rebuchié furent
« lur /ii(s///s de fer, les uns et les altres, jesque al
« aguillon. » (Rois, p. 44.) — a Tous aullres hoslils
" nécessaires pour aler oullre par devers Escoce. »
(Fioissart, t. Il, 132.) — « Hostieus qui leur beson-
. gnoienl. » (Id. Yl, 98.)]
Hostile, adj. m. el f. Ennemi. (Crétin, p. 5.").)
Hostilité. Guerre : « Quiconques jouyst, pos-
« sede ou demeure paisible d'aucune chose mobile,
« ou immobile, droit cor|)orel ou incorporel à tiltre
« on sans tiltre, entre presens ou absens, le temps
« ou espace de vingt ans continuels et suyvant l'un
« l'autre, tel possesseur acquiert le droit delà chose
« ainsy par luy possédée en telle manière que ceux
« qui auparavant y eussent pu prétendre droict, en
« sont fortclos, privez et déboutez el toutes actions
" estainles et abollies déduit toutes foisdu dit temps
« et espace de vingt ans, le temps de minorité et
« hoslitité qui auroit esté telle que durant icelle
» on n'auroil peu agir, nv delfendre. » (Coul. Gén.
t. T, p. 094.)
Expressions :
l" « Par voye et linslilitc de guerre, » par la voie
des armes. (Lett. de Louis XII, t. I, p. 81.)
2° • En une livre û'Iiostililé il n'y a une once
« d'amitié. >■ (Negot. de Jeannin, II, p. 159.)
Hostillemeiit. [Meuble : « D'icellui bois il font
« charrettes el charrues et chalis pour les lis dudil
» hostel et autres hostillemens. » (.1,1. 7i, page 12,
an. 1342.) — •■ Plusieurs lioslillcme)is d'oslel, c'est
« assavoir, quatre tabliers, trois touailles, six
" escuelles d'estain, un petit flacon el un petit
« hanap de fust. .. (.IJ. 84, p. 701, an. 1350.)]
lîostiller. [Outiller : « Icellui fils Baudri et son
« serourge garniz el /;os////e:i d'espées. » (J.I. 110,
p. 290, an. 1377 )]
Hostize, s. 1" Droit du seigneur sur les hôtes
habitant sur les terres dépendantes de lui : » Droit
« li'oslises csl seigneurial par la Coustumc de Blois,
« art. 40. C'est un devoir annuel de geline que le
» sujet paye i^i son seigneur pour le fouage ou lene-
« ment....".. Il semble qu'il faut écrire"" /(osiixe. »
(Laur.) — 2" Tenure d'un liôle : « Quant sers tient
" ostiscs d'autre seigneur que de chelui à qui il est
» bons de cors, et eles viennent à son seigneur par
« reson de le servitude, il ne les puet tenii- en se
« main se li sires ne vient de qui eles sont tenues,
» aincl'.ois convient iiue il les vende ou doint ou
« eschange à leles personnes qui puissent l'ère che
« qui apparlienl as OS//SCS. » (Beauman., chap. 45,
page 254.)
Hostoier. [Faire la guerre, se meltre en cam-
pagne (voir OsToucii) : « Pourveances pour Iios-
« toijcr. » (Froiss. II, 483.) — « Et atendoil la saison
« d'esté, en laquele fait milleur hostoycr qu'il ne
HOT
- C5 -
HOU
« face en le saison de yvier. » (Id. IV, 2.) — « Quant
» li saint Jehans aprocha et qu'il fait bon hostoyer. »
(Id. V, 377.1]
Hostouer, Hostui*. [Autour : « Des hostms
« muez. » (Hol. v. Vl'J.) — » Symon de lioulainvil-
« lier escuier estoit appouyé aune liaye, lenantson
« hostouer sur son poins;'... ledit hostouer vola jus
» de sou poing. » (JJ. JGG, p. 393, an. 1412.)]
Hostriciei*. [Fauconnier : » Comme ledit Jehan
« eust veu Symon de la Mole hostrichier d'icellui
» noslre conseiller. » (.IJ. 152, p. 278, an. 1397.)]
Ilot, s. Troupeau de moutons : « Tous ceux qui
« tiendront et nourriront porcs seront sujets les
« chasser aux champs avec le hot commun en
« payant au.\ gardes à ce commises le salaire qui
« sera divisé par les mayeurs et eschevins de cha-
» cun des dits lieux. » (Coût. deChimay, N. C. G. II,
p. 270 '.) — « Si tels héritiers ou censiers avoienl
« plusieurs bestiaux ou divers hots de besles blan-
" ches hébergeantes en autres elables ou édifices
» d'autres paroisses et non appendans a leur pro-
« pre résidence, le droit de menue disme appar-
« tiendia au curé ou collateur » (C. de Hainaut,
N. C. G. Il, p. ûl.) — [" Il y avoit ung liot de mou-
« tons que icellui censier ne osoil enmener aus
« champs pasturer pour double des gens de
« guerre. » (JJ. 170, p. 124, an. 1442.)]
Hoteau. Petite hotte. Baïf, p. 55, dit :
Le jeu lors et le ris, les libres chansonetes,
(Car lout est de vendange) et les gayes sornetes,
Règne entre les garsons, qui aux filles meslez
Emplissent les lioteaux de raisins grivelez.
Hotiel. [Mesure : « Pour six cent de terre ou
« environ... doit par an quatre hotiaiix et le com-
» ble d'un hotiel d'avoine. » (JJ. 103, page 143,
an. 1408.)]
Hotte. [« Le roy meismes y vis je mainte fois
« porter la hotte aus fossez pour avoir le pardon. »
(Joiuville, § 517.) — " A ung portefays qui porta en
« une hôte ledict chien es grèves et lenlerra. »
(Comptes de l'Hôtel de ville de Tours, Bibl. de l'Ec.
des Charles, A' s., 1, 109.)]
Expressions:
1° « Pour descharger la hoete de son cœur de fais
« tant pesant, à ses privez capitaines et amis fanii-
« tiers voulut publier le secret de son affaire. «
(D'Auton, p. 85.)
2° « Nous ferons une hotte, ■• c'est-à-dire» .levons
<• donnerai le foiiet. Le mot se doit entendre, parce
« que celui que Ton fouette fournit de cul et celui
« qui fouette fournit d'osier; allusion au mot de
" cul, le fonds de la hotte ; V osier se prend pour les
« verges. » (Oudin, Cur. fr.)
Hotter, II. (Cotgr.) Porter avec la hotte.
Hotteur. [Qui porte la hotte : « Entre les autres
» veudengeurs et vendeugeresses et hottcurs, y
« estoit une baisselelte qui s'esbat volentiers. »
(JJ. 152, p. 195, an. 1397.)]
Hottier. Porteur h la hotle. On lit dans les Sta-
tuts des échevius de Mézières-sur-Mense (Biblioth.
VII
de Cangé) : » La charelte à pain doit... 4 d.;le
« hotier à pain doit 1 ob. » — Cotgrave donne
hottier.
Iloubeller. [Piller : •■ Tant que li Sarrazin un
« jour surent que li rois il séjour Ert en un chastel
« à prive. Lor ont lor afaire abrievé El vinrent là
« pour honbeler. » (Chast. de Couci, v. 7493.) Voir
IIOBELEH et IIUDILI.ER.J
lîoubelon, Iloiibillon, lîobelon. [Hou-
blon : « Lesdils brasseurs seront tenuz faire bonnes
» et loyalles servoises et bierres, sans y mettre que
« bon grain, eau et houbillon, réservé blé dont il
" ne pourront user sans l'autorité de justice. »
(Ord. févr. 1495.) — .< Chicorée houbelou, violette
. de mars. » (Paré. V, 26.)] — » Le hobelnn de
« Picardie craindra quelque peu la fioidure,
« l'avoine fera grand bien es clievaulx. il ne sera
« guieres plus de lard que de pourceaulx, a cause
« de ;j/.s(Ts ascendant. » (ftab. V, prognost., p. 8.)
- '• Sallades cent diversilez. de cresson, (Vobelon...
« de responses, d'aurcilles de Judas. •• (Id. t. IV,
page 253.)
Houbiller, v. Traire les vaches : « Les cham-
<■ brieresqui serveut en hoiibillant ies vaches, et
« font le service des villes, gagneront et auront de
» la Saint Martin jusques à la Saint Jean, vingt
. sols. .. (Ord. H, 370, févr. 1350.)
Houe. [Hameçon; nom d'une faction en Hol-
lande vers 1350 : « Hem est ordonné que nul d'un
« costé ne d'autre... ne reprouche à autres aucunes
« choses passées à l'occasion de cette guerre, ne ne
a parle doresenavanl de houe, ne de cabillau sur
« peine d'en estre pugny. » i Lettre de Marguerite
de Bourg. ; Ch. des Comptes de Lille, an. 1428.)]
Ilouce. [Manteau : « S'en fist faire cote et sorcot
« Et une Iwuce grant et large Forrée d'une noire
- sarge. » (Ruteb. H, 74.)] Voir Hoi sse.
Houeepingnier. [Houspiller : « Onques nus
» bons, tant l'ust chai lis. N'en terre de Sarrazins
« pris. Ne fu si bien houeepingnicTc Com Renarl fu
» el laidengiez. » (Reii. v. 7701.) — « Li lous le
« prent par graut air; A dans le Itoucepaiiinne et
<■ mort. » (Id. 24488.)]
Houcette. [Diminutif de honce : « Houcelte
" d'un burel griés. » (Chast. de Coucy, v. 0011.)]
1. Ilouche. [Manteau, comme houce : >■ Hou-
- ches, UKintaiis, chappes fourrées. .. (Reclus de
Moliens, dans D. C. HI, 721 '.)]
2. Hoiicbe. Clôture, haie : « Si aucun veut met-
« tre liouclie, ou piauler hayes entour de son boys,
« il doit laisser contre les vents de mer pied el
« demy cuire sa terre et la lerre de sou voisin et
<■ contre les vents d'amont deux pieds. » (Cout.de
S. Omor, C. G. II, p. 877.)
Houcbiei-, Iloueier. [Caparaçonner, recou-
vrir : " Que nulz ne puist /(OHf/(û'r archonsaucune-
« ment de cuir de mouton. « (Ordonn. VU, p. 505,
an. 1390.) — <■ Il avoit coursiers parés et armés et
9
HOU
— G6 -
HOU
« houciés des ancliiennes armes de Couchi. »
(Froiss. X, '254.')]
1. Houe. [Voir IIoe : » E ces de Israël vencienl
>■ as Pliilistiens pur aguisier et adrecier et le soc et
.< le picois e la cuignée e la lioite. » (Rois, p. 44.)]
2. Iloiie. [Brebis de deux ans, dans un compte
latin de Clairvaux, an. i3Ci. Marchand de houes
était une injure, comme en Forez maquignon de
chèvres : « Ung trompeur, larron, marchant de
« hours et pluseurs autres paroUes injurieuses. »
(JJ. 195, p. 831, an. 1473.)]
Houement. Action de houer. (Rob. Estienne.)
Houer. [VoirlloER.] 1° Piocher, fouiller la terre:
« Quelconque abat, coppe, arrache, fend, picque et
" hue es bois (de madame la comtesse de Vendôme),
" outre sa volonté ou des officiels, il eschiel pour
« chacune fois vers elle en amende de soixante sols
« parisis, avec reslilution de l'oeuvre et entrepri-
« ses. » (Coût, de Pernes, N. C. G. t. I, p. 385 ^) —
« Quiconque picque, fouet ou liave en aucuns fle-
>' gards, voyes ou chemins et couppe branches ou
" arbres estansen iceux ou en prendon fait exploit
<< sur seigneurie d'autrui, il eschet en amende de
" soixante sols parisis. >• (Coût. d'Artois, C. G. t. I,
p. 750.)
Batre et vener et bien hoi'r. (Fahl. de S. G. f. 55 '.j
2" Donner h une terre toutes ses façons. « L'en
" tient à Bourges par coustume, que lu ou aulcuns
«■ doivent faire division de leurs meubles qui lou-
« guementontestécommungsen meubles, combien
« que chascun saiche sa partie deheritaiges à part,
" vignes faicles, blez semez et terres garetées, que
« l'en appelle ez pays de par de là hoer, qui prestes
<■ a semer, sont réputées et censées pour meuble,
« pour ce que les dictes choses ont esté faictes de
« meubles commungs. » (Thaum. Coût, de Berry,
page 268.)
Ilouete. [Voir IIoete. Petite houe : « Jehan
» Laisné envoia querre une hoiiete pour esrachier
" et osier une pierre. » (.IJ. 100, p. 2G3, an. 1374.)]
Ilouilleur. [Mineur : » Et furent mineur et
« houilleur mis en oevre. » (IX, 83.) M. Scheler, dans
son gloss. de Froissarl, voudrait voir là un dérivé
de houille, ior me verbale dehouiller pour fouiller.]
Houle, s. Lieu de débauche. (Voir IIocuEn.)
Parlant d'un jongleur fort débauché :
Toz jors voloit- il estre en bole
En la taverne ou en houle. [Fabl. de S. G. f. 45 '.j
Houlei'ie, s. f. Débauche, luxure, impudicilé.
1 Itoulerie fait son personnage dans le mystère du
" bien-advisé et du mal-advisé avec rébellion, follie,
« oysance, hoquelerie. » (Hist. du Th. fr.ll, p. 114.)
[" Jehan le Pionnier... qui estoit homme de legier
•' esperit, diffamez de houUerie et de maintenir et
" fréquenter femmes. » (JJ. 111, p. 78, an. 1377.)]
Houlette. [« Robinet Donné m'a ceste paneture
« Ceste houlette et ce couteau. » (Adam le Bossu,
dans Dochez.)]
lloulici'. Débauché.
Il n'y a ribaut ne liouUer,
Coquin, truant ne maquerelle,
Oui ne soit tousjours en chapelle
Pour mailles et deniers avoir. (Desch. 334 ^.J
[« Hz prindrent la ditle houlliere ou macquerelle
» en une voie ou santier. » (JJ. 103, p. 382, an.
1372.) — X Danisy entendit la Croix qui disoit à
« cette femme : » Jehannete, as tu fait venir Perri-
« net Danisy ton hotiliier; il n'y a plus fort houllier
« en cette ville de lui. >• (JJ. 138, p. 224, an. 1390.)]
Houlle. [Ondulation de la mer : « Souvent mis
« sur le cousté par la première houlle, et par la
■i seconde relevé. » (D'Aub. Hist. I, préf. 6.)]
Houpeau. Diminutif de houppe. 1° Touffe de
poils. Parlant d'Hippomène et Atalante qui avoient
profané le temple de Pallas :
En houpeaux de poil roux leur blonde chevelure
Se change, ussauvageant leur douillette encolure.
Baïf, r. 117.
2° Touffe de fleurs:
Houpeaus
De llours blanches et vermillettes. (Froiss. jjocs. 291'. j
Houpement. [Action de houper, appeler par
un houp, en termes de chasse : " Vous entendistes
« un grant biuit de plusieurs voix confuses, divers
« cris et Iwupcmens de personnes qui sembloient
« s'en Ire appeler. » (Sully, Mém. II, 235.)]
Houper. [Appeler par un houp : « Lorsque
" Sarrazins courent par la mer, ce n'est autre chose
« fors en houpant et larchineusemenl. » (Froissarl,
t. XIV, 240.)]
lïoupete. Diminutif de houppe : » En ay ung...
« de Damas noir... tout empli de houlpes, couchées
« de plumes d'autrusse et bordé de houpetes
<i blanches d'autrusse mouchetées de houpes noi-
« res. » (S;iinlré, p. 189.)
Houpius. [Renart, comme goupil dans Renarl
le Xouvel, t. IV, p. 128, v. 75.]
Houppe. 1° « Iloupe, ce Hoc de soye ou de fil
i< noué qui jadis se mettoil au sonimetdes chapeaux
« et bonnets des hommes plus honorables. " (Fau-
chet, Lang. et poës. fr. p. 37.) — [« Une Iroussouere
« d'or faille à cordelières, où il y a au bout une
« houppe d'or et à l'autre bout un crochet. » (Bibl.
de l'Ec. des Chartes, VI' série, I, 428.)] — 2° Orne-
ment qui se meltoit au may de la Bazoche dans la
cour du palais. <■ Seront tenus par chacun an les
« trésoriers faire maniuer une houppe à mettre sur
« le grand may du palais en la présence des chan-
« celier, procureur général, avocat du roy, procu-
« reur de communauté et colonel et faire abatre et
« replanter iceluy may par chacune années en la
« manière accouslumée le dernier samedy du mois
« de may, y feront mettre et attacher la dite houppe
« avec deux grandes armoiries. » (Statuts de la
Bazoche, p. 10.)
Houppegay. [Vol consistant à rogner les cier-
ges : « Alars Renions clochemant de l'église de S'
« Quentin en Vermendois etGerart Casse aussi clo-
<• chemant de la dile église se coniplaignoient l'un
HOU
- 67
HOU
« à l'autre de ce que il leur sembloit que le senes-
chai de la dite église avoit mai paie leur salaire
« ou desserle de deux solz ou environ Icellui
« Allard disl....: quant Camus leclochemant vivoit,
» et on lui faisoit ainsi, il s'en savoit bien recom-
(I penser il faisoit le houpp'egay, et des cierges
a que il alumoil, il en ostoil uliascun un pouclie ou
" deux an dessus, et ainsi se paioit d'eulx. » (JJ.
158, p. 25, an. 1403.)]
Houppelande. [Sorte de robe de chambre à
corsage fermé et collet montant, qui se serrait par
une ceinture au-dessus de la taille. Elle avait une
jupe traînante et des manches flottantes. C'est au
milieu du règne de Charles V que figurent dans les
Complesde l'argenterie les premières houppelandes.
Vers 1385, Froissarl la fait décrire par deux bergers
dans une pastorale. (Poés. ms. f. 276-\) Elle fut ii
l'usage 1" des domestiques : « Houppelawle de drap
« vert pour le varlet et garde de la royne. « (N. G.
de l'Arg. p. 250.)] — Parlant de la défaite des habi-
tans de Bruges et du comte de Flandres par les
Gantois, en 1383, il est dit que ce comte, pour se
sauver et n'être pas reconnu, " se Ht desarmer par
un sien varlet et getterses armeures aval et vestit
« la houpelande deson varlet. » (Froiss. II, p. 182.)
— [Elle fut encore à l'usage des fous qui étaient aussi
des domestiques: « Deux houpellainles de drap vert
« pour Haincelin Coq et Coquinet, folz dudit sei-
« gneur et de nions, le duc de Thouraine. " (Ibid.)
— " Pour la fourreure d'une longue houppellaiide
« de drap vert et de rouge à eschiquiers, pour
« Coquinet. » (Id. 2i8.) — 2° Les rois et les princes
portaient de longues houppelandes. (Ibid. 111.) —
3° Elles étaient courtes, faites en peau de chamois
pour monter à cheval, (ibid. 141, 141, 187, 269.)] —
4° Vêtement pour les gens de guerre, lequel se met-
toit sur la cuirasse, et sur lequel on pouvoil placer
encore un manteau. » Il s'arma très bien... et puis
« vestit une hoppelande par dessus et print son
« mantel encore par-dessus et dessous son bras une
« courte hache. » (Froiss. I, p. 204.) — 5" Habit de
femme. Pariant d'un mari qui intenta un procès ù
sa femme parce qu'il ne vouloit pas qu'elle portât
de robe à la nouvelle mode. « Or disoit-il, que sa
« dicte robbe ou houpelande que ceste appellanle
» avoit fait faire, n'estoit pas selon son estai. »
(Aresla Amorum, p. 284; voy. Pasquier, Rech. VI,
p. 474.' — [.. .1111. aulnes et demie d'escarlate rozée
« de Broixelles, de grant moison, pour faire un
« grant houppeliande pour la ditte madame la
« royne. » (N. C. de l'Arg. p. 135.) — La houppe-
lande des femmes n'était pas ouverte sur le devant.
— 6° Le roi donnait en présent des houppelandes :
« Pour faire x.wi houppelandes et xwi chapperons
<■ de deux draps pers, que le roy N. S. a ordonné
" estre faittes le premier jour de "may. " (Ibid. 120.)
— 7° Monnaie sur lesquelles le roi était représenté
vêtu d'une houppelande: » Sept escus d'or, nommez
« houppellandes. « (JJ. 157, j). Cl, an 1402.)]
Houppelier, s. Titre d'office : » Il est dit dans
« un compte de Jean Fraigaot, receveur général de
" Bourgogne, finissant le 31 décembre 1424, que
« Jean Viguier varlet de chambre de M. le duc fut
" recompensé de 100 francs pour l'oflice de hoitp-
« pelier du pays d'Artois, que le duc Jean donna à
« Guillaume du Bois son conseiller et maître d'hô-
« tel. " (Estais des officiers des ducs de Bourgogne,
page 225.)
Hoiippelloner. Parlant des pâturages non
francs de leur nature : « Si dedans le joui' S. Pierre
« ne les ont despoaillez ou pasturez, les peuvent
" encores tenir francs jusqu'au jour S. Bemy
" exclud : en les faisant houppellonner dès la my
» mars ; et le dict jour sainct Bemy venu, soft
« qu'ils les ayent despouillez ou non, les dicts viez
« et paslurages sont publiques et communsjusqu'à
« la mv mars ensuvvant. » (Coût, de Boullenoys,
C. G. I, p. 695.) On iit â la marge faucher.
Hoiippenbiers, s. Bièrehoublonnée : <■ Recepte
» des dangiers de godâtes, de chervoises, de bro-
« mars et de houppenbiers amenées par mer à
« Boulogne. » (Du Gange, sous Celia, an. 1402.)
Houppei". [Orner de houppes : « Linge blanc,
« ceinture houppée. Le cbapperon fait en poupée. "
(.Marot, I, 202.)]
Houppette. Voir IIouriiTiE.
Houppier. Arbre ébranché : « Là où je regar-
« doye croistre aucun arbre plus hault que ceulx
« d'entour, il me fu advis que je veisse les houp-
« pievs muez en char d'homme, et, après, les
« branches en bras et en jambes. » (Percef. V, 96.)
IIouppu. [Touffu : « Ungs cheveux sur le gris,
« houppus. recherchelés et espars. » (Froissart,
t. XIV, 74.)]
Houpricres. Voir IIorrriER : « Choisiront
" notamment les usagers les pièces de bois, qui
« commencent a seicher par les cimes ou houprie-
- res, si il y en a de propres, avec le moins d'in-
" commodité et dommage que faire se pourra. »
(Coût, de Gorze, N. C. G. 'il, 1096.)
Hour, Ilourt, Ilourd. [1° Galerie de bois,
dressée au sommet des courtines ou des tours, en
dehors du crénelage, pour permettre aux défenseurs
de voir le pied du rempart, et de jeter des pierres et
toutes sortes de matériaux sur les assaillants. (Voir
Viollct le Duc, Dict. d'arcbit., aux articles architec-
ture militaire et hourd.) Du côté de la place, cette
galerie formait chemin de ronde. — 2° Clôture :
" Craticulatum, gallice liour de cloe. » (Glossaire
lat. 4120.)] — 3° Estrade : « L'emperiere en son
» hourt à la fenestre accompagné de maints princes
» et dames de grant faron. •"' (Saintré, p. 597.) —
[« Le duc et tous les seigneurs entrèrent en l'église,
« où il y avoit ung hourt couvert de di'aps'ver-
" mauls. " (Froiss., XVI, 206.) — 4° Tribune cons-
truite autour d'une lice : « Et là estoit l'appareil
« fait pour jouster, de loges et de Iiouvs ouvrés et
» charpentés pour la royne et les dames. » (Froiss.
t. XIV, 20.)] — 5" Echafaud, théâtre sur lequel on
représentoit quelques pièces : « Sur la porte il y
HOU
68 —
HOU
« avoit un grand /(O);?'/ sur le quel fut joué l'iiisloire
« de Jiison.'» (Malliieu deCoucy, H. de Charles Vl(,
page G70.) — 0° Lieu où l'on faisoit placer une per-
sonne accusée, afin qu'elle fui présenle au combat
qui se donnoit pour elle. (Perceforest, I, f. 115 'M —
7° Kchal'aud servant à exécuter les criminels. Les
Gantois Tiits prisonniers an siège de îvivelle furent
conduits dans la villedeThenveinondeet voulurent
se soulever contre le duc de Bourgogne : « Il
» ordonna de faire faire un liourt sur le marché de
X la ville et (|ue ils fussent décollez. » (Malliieu de
Coucy, Ilist. de Charles VII, p. 031.)
Hoiii'dement. [Action de dresser un hourd :
« Après est ordenés que li homme de la terre
« S. Ourbain ne doienl aler ne par droit ne par
« couslume faire lour hourdement à Jainville, ne
« les en doit on conlraindre ne ne puet. » (Cari, de
S. Urbain, an. 126 i.)]
Houi'der. [1* Garnir d'un hourd : « Elli portier
« les murs hourdoient De fors cloies refuscicés,
« Tyssuesde verges pleicés. » (P.ose.) — « Et quant
« cil oirent dire que il venoit, si horderenl Mon-
« çon. » (Villehard. §320.) - 2° Escorter : « Icellui
« Simon se honrda de compaignonsgarniz de plan-
» rons et autres basions et lui' d'un arc. » (J.F. 107,
p. I3i, an. 1413.) — <■ Hotirdc de cent lances et de
« bonnes gens d'armes. » (Froiss. XIII, 290.)]
Hourtlis, Houi'deis. [1° Retranchement, rem-
part, hourd : » De celle bataille de Turs à cheval
<■ estoient descendu à piéhuil de lour chievetains
» moull bien armei, qui avoient fait un hourdeis de
« pierres taillies. » (Joinv., §2."j7.) — « La ou vous
« voyez ce pavillon, avoit nng hourdis de pieux si
" fort que ne le peuz passer. » (Lanc. du Lac, t. II,
fol. 129 ''.) — 2° Loge des spectateurs dans les tour-
nois : » Furent faicts les logis et les hourdis de belle
<■ charpenlerie qui lors furent dressez pour seoir
«■ dames et damoiselles tout à l'entour de la plaie
« pour mieulx veoir le tournoy. » (Perceforest,
vol. I, fol. 23 K)
Hourlier. Débauché, comme boulier :
Il est maint ribaut, maint hourlier.
Oui souvent de soi met en blâme:
Contre raison là preude femme
Par mal faire et par fuitoier
En voit on souvent desvoier,
Dont leur mari sont la cause. (Descli. f. 552 '.J
Hourque. [Navire hollandais de transport ù
fond plat, à proue et poupe arrondies : « Ils quitte-
renl une grande hourque de 600 qui devoit servir
« d'admiral. (D'Aub. Ilist. Il, 467.)]
Ilourvari. [Tumulte : >■ Que j'embousche le
« cor, quelque hourvary qu'il face, La soif mourra
« bienlost ou quittera la place, Prens prens. Boy,
« boy. Happe, happe. » (Yau de Vire, de J. Le
Houx, 23.)]
nous. [Houx : • Uuand ileques vint un vilain
a Qui tinlnnbaston en sa main Qui ert grant et
« gros et de lious. » (Renart, 2M61.)— » Pour faire
« glus, il convient peler le houx quant il est en sa
« sève. • (.Mén. II, 5.)]
House. Voir IIelse.
Iloiiseaus, Housiaus. [Bottes : « Et fu de
« bons housiaus chaucie Et de robe à hom.me ves-
" tue. » (Ruleb. 265.) — « Que ces Allemands
« estoient ords et iju'ils jetoient leurs liouseaulx
« sur les lits richement parés. » (Comm. 11, 8.)]
Houser. [Botter : •• Chausses à houser. » (Froiss.
t. X(, 300.) — « Jacques de Helly entra en l'oslel du
« roy ù Saint Pol tout housê et tout espouronné. »
(Froiss. XV, 333.) — « Hz furent d'accord que ledit
« Anlhoine se liouseroit et esperonneroit et feroit
« semblant d'aler dehors. » (JJ. 150, p. 8i, an. 1 iOl.)
— « Ainsi que le suppliant esloit en l'ouvrouer
« d'un cordouennier pour soy houser, pour aller au
« gibier. » (.U. 195, p. 1.520, an. 147i.)]
Quar au m.îtiii Faifeu se babille et house
Pour s'en aller ailleurs il se dispouse
Mais quant fut prest, contrefîst l'estonné
De ne trouver son cheval atourné. (Faifeu, p. 47.)
Houset. [Diminutif de houx : " Eiscus vel rus-
« eus, gallicé Itousel. » (Gloss. 1. 4120.)]
Houspaillier. [Qui houspille : « .\ucuns mau-
« vais garsons, pillars el liouspailiiers. » (JJ. 206,
p. 745, an. 1481.)]
Houspigner. [Houspiller : - Ils vinrent courir
« sus au dit Raguet et tellement le houspignerent
« par le chaperon, qu'il perdist leans son dit cha-
« peron. » (JJ. 112, p. 45, an. 1377.)]
Houspillemeut, s. Action de se houspiller, se
tirailler, se déchirer. (Nicot.)
Houspiller, v. Déchirer, mordre :
Gens de labeur, tout bestail et parez
Povoit on veoir piteusement espars ;
Regnardz privez simples bestes piUoient,
Ours cbaropiers beufz et veaux houspillaient ,
Loups ravissans à coups de dures tailles
Sur les brebis feirent fortes batailles. (Crétin, p. 233. J '
Houspouillier. [Qui houspille : « Mil hommes
<> de guerre, ou plus, tous gens de bonne cstoffe,
« sans les liouspouillicrs, fourragers et autres gens
« de petit estai. » (Mathieu de Coucy, Charles 'VII,
page 540.)]
Housse. Voir Hoice. !■ Manteau : " Pourfourer
" une housse ou cloche ou chaperon trois sols et
» non plus. » (Ord. des R. de Fr. II, p. 372.) — « De
« la façon d'une liousse longue et ù chaperon trois
« sols et non plus. » (Ibid.)
A tant sa housse et son bonnet
11 tenoit bien pour Syrnoniiet
Cellui qui le sermon vault faire. (Desch. f. 429 ^.J
« Manger en housse, » dîner avec son manteau
sur les épaules. (Ondin.) — 2° Couverture de l'écu
aux tournois, quand on ne vouloit pas être reconnu
par les armoiries : » .Mais (juant elle vint près et elle
« veit les escus dont les liousses estoient deschirées
" par les coups qu'ils avoient receuz, elle perceut
" l'aigle noir que le roy porloil. » (Perceforest,
vol. I, fol. 114 '.)
Housselin. [Manteau : « Trois quarliers de
« drap avec un housselin de cendal rouge à une
» manche brodée. » (JJ. 154, p. 168, an. 1390.)]
HOY
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HUC
Houssepiller. [Houspiller : « Jacques le Leu
« dist aux suppliants que se il les avoit lioussepillié,
.. encore les houssepilleroit il. ■• (JJ. 18i, page 463,
an. iiSJ.)]
lïousseï'. [1° Garnird'uneliousse: « En laquelle
« besongne, pour lioiisscr ladite ciiappelle et
« armoierie dessus ditle, a esté mis et employé par
« ledit Colàrt de Laon, paintre, sept pièces de cen-
« daulx. » (De Laborde, Emaux, 341.)] — « La che-
« minée estoit /toHsst'c comme en este de fraillon
« ou de aucune chose verte. •> (Le chev. de la Tour,
Inslruct. à ses filles, fol. 60 ".) — 2» Vêtir : ■■ Jean
« de Montfort moult grandement housse de soye et
" de bordure. » (.Malhieu de Coucy, Histoire de
Charles Vil, page 666.) — [3° JNelloyer : « 8'ele est
« preus et bien cnseignie ^'e lest entornul iraignie,
<• On'el n'arde ou rée, errache ou housse. " (Itose,
V. 13543.)]
Iloussiue. [Baguette de houx : » El tout incon-
« tinent il laisse sa limande et prinl une huussiiie
« en la main, qui n'esloil pas plus grosse que le
« doigt. » iDesper. 20' Conte.)]
Ilou.ssoir, lïoussoiier. Datai de plume pour
nettoyer les tableaux. (Monel, Cotgr.)
Houssu. Epais, touITu : •• Une chevelure grande
« et houssuë. « (Percef. 1, f. 130 ^) — « Le porc
« heruppa la coyne de sa hure qu'il avoit grande et
« toute houssue. » (Percef. VI, f. 80 '.)
Houssiire. 1° Couverture d'un cheval. Parlant
de l'entrée de Louis XI dans Paris, en 1461 : « A-pres
« les archiers du duc, suivoient les seigneurs et les
« nobles hommes de la compagnie et de son hostel
« en grand nombre tant richement montez, parez
« et houssez, ((ue c'estoit noble chose a regarder ;
" et esloient plus de deux cens et quarante houssu-
« res pendans jusques à terre, moult nobles et
« moult riches ; puis estoieut après eux l'admirai
« de France et le maresclial et autres seigneurs et
• gentilshommes de l'Iiostel du roy jusqu'à qua-
« ranle houssures moult bien en point; et devant
« ceux ci estoient les comtes d'Eu, de La .Marche,
«■ et de Patriarche sans lioussures tous trois en
« rang. » (Monstrelet, III, p. 88 '.) — 2° Parement.
Parlant d'un soulèvement des communes de Prusse:
« Le roy de Pologne fut contraint de s'enfuir et
« jetla sa coite d'armes et la housseure. » (Matiiieu
de Coucy, Ilist. de Charles VII, p. 690.)
Houyer. [Labourer à la houe : « Le suppliant
« print... son foussouer et en parti de son hostel
'■ pour aler liouijer ou fongier en ung mailhol ou
« vigne nouvellement plantée. ■> (.IJ. 188, page 56,
an. 1459.)]
Hoyau. « Et les Iioyaux à racler parchemins. »
(Desch. S. 385.)
Hoymille.s. Semble pour enceinte ou banlieue,
qui dans d'autres Coutumes est appelée chengle :
« Quiconque demande le retrait lignager ou veut
« faire la reclame de quelques maisons, d'édifices
« ou de fonds d'héritages situez tant endedans la
« ville, lioijniille, que dans l'eschevinage, devra
« dores en avant estre parent de sang et en bien du
« vendeur ou de la vendeuse et faire sa réclame en
« présence de deux eschevins ; dans les quarante
« jours après la saisine et en insinuer la partie
« dans trois jours, par le sergent si elle demeure
» dans la ville et chastellenie ou par autre officier
« en son absence; car s'il y avoit du défaut en
'■ aucun des dits points, la reclame seroil de nulle
" valeur mais si l'a&iuereur demeure hors de la
« ville et de la chastellenie, l'insinuation devra
'< estre faite dans les quatorze jours après la
u reclame. " (Coût, de Bourbourg, ÎNouv. Coût. Gén.
t. 1, p. 4t»0 ".)
IIu, llus. [1° Clameur de haro : « Pour ce il
« eust fait cry ou Int. « (JJ. 140, p. 252, an. 1364.)
— « Pour la noisequ'ilz faisoient se leva un /(H pour
•< assembler le voisiné. » (JJ. 174, p.2.'j3, an. 1432.)
— 2° Cri en général : « La noise et ii Inis monta en
« le ville. » (Froiss. III, 297.) — « Et oïrent et le hii
« et le cri. » (Id. IV, 21.)]
Dissiez et cry et Int. [Brut, /'. ?4 '^.J
Hua. Milan. « Nous ne pouvons nouriir aucuns
« poulets que ce diable de liua ne les mange tous. »
(Nuits de Slrap. I, p. 410.)
Hiiage. [Obligation décrier pour forcer l'animal
qu'un seigneur chasse à sortir de son fort : >■ S'en-
" suit ceux qui doivent chasser en mes forests à
» toutes grosses bestes, rouges, rousses, noires
« toutes fois que moi ou mes officiers voulons chas-
» ser, et aussi ceux qui doivent le hnage aus dites
« grosses bestes en mes forests. » (Ch. de 1473,
dansD. C. 111,726 ^.)]
Iluaus. [Chat huant : .■ Les leus oy uller, et li
« liuans hua. » (Berte, p. 41 '.)]
IIiibilHer. [Houspiller : « Lesquelz compai-
" gnons s'avancèrent... de Iiubiliier, tirer et sacer
« Jehanin le Bouchier pour prendre et avoir sa
" bourse. - (JJ. 195, p. 43, an. 1467.)]
Hubir. Engraisser. (Cotgr.)
1. Iluce. [Cri : « El entendirent le huce et le
>' cri. » (Froiss. III, 363.)]
2. Iluce. [Huche : " Le tiers cas, si estsi comme
« s'aucuns, qui ne soit pas mes sires, bi'ise mes
« huces ou mes cambres. » (Beaum. XXXIX, 59.)]
Iluceau. [Petite huche : « Le suppliant rompi
» un coffre ou Jiuceau. » (JJ. 168, p. 81, an. 1114.)]
Hucer. [Appeler, voir Hicuer : » Deus diciples
" huça à soi. » (Vie de J. C, dans D. C. III, 72i ».)]
ïiuclie. [1° Coffre à pain : « Chascune huche
« nueve, seelle vaut douze deniers ou plus, doit
« obole de rivage. » (Liv. des Met. 305.) — -r Huche
servant de contVe-poids à la verge, dans les trébu-
chels et mangonneaux; elle cubait 20 m. c. d'après
les dessins de Villard de Ilonnecourt, architecte du
xni' siècle : « Il y a grant fais h ravaler, car li con-
" trepois est mult pesans. Car il i a une huge
« plainne de lierre. « (Viollet-le-Duc, .\rch. V, 225.)
HUC
70 -
HUE
— • Carpeiiliers... qui ont laites à Caen les deulx
« huches des deux engins qui sont à Carenlen. »
(B. N. Quitl. et Pièces div. an. 1378.) — 3' Huche à
garder l'argent. Joinvillc (§383 el suivants) pénètre
dans la maiiresse galèi'o du Temple (jui servait de
caisse de dépôt aux chevaliers, fait d'une cognée
» la clef le roy » et défonce une huche: « Je trouvai
« que celle Iniclie (;ue je ouvri estoit à Nichole de
» Choisy, un serjaut le roy. ■<] — « Hz sont tant
« convoileux (juc si tout l'avoir qui est dessoulz le
« firmament estoit dedans leurs huches si n'en
« auroient ilz pas point à leur soul'lisance. "
(Percef. vol. IV, f. '20 <'.) — 4° Boutiiiue à étaler des
marchandises Parlant de plusieurs exactions dont
s'étcient plaints les habitants de Langres : « Item
" que noslre venlier s'alTorce indeîiuement de
« lever profit pour cause d'eslal, place ou huche,
» des diz habilans ou forains vendans dessus places
" ou pavemens des diz habitans, soubs toit ou
« hors. » (Ord. t III, p. 657.) — 5° Bière, cercueil
pour un mort. Il est dit des os de Philippe III,
qu'on peut les voir ti .S. Denis « en la destre paitie
« de monstier en une huclie de lez le S. roy Louis. »
(Chron. de Nangis, an. 1286, p. 4.) — G' Navire,
dans Monstrelet, !,ch. 2'i3. — [7° Valeur numéi'ale :
<• Avant que il (Theodebert) trespassasl donna aux
a borgois de Verdun .vin. mille huches, que il
« dévoient chascun an. « (Dom Bou(iuet, III, 100.)]
lliicheau, Hiichel. [Petite huche, petit coffre-
fort : « L'exposant rompi... ledit coffre... et prinst
« dedens... une certaine quantité de fretin d'ar-
• gent... avec le dit petit huehel. » (.IJ. loi, p. 6iG,
an" 1309.) — » La huche doit .nu. den. ; le hucheau
« doit .n. den. » (Cart. de Corbie, 21, f. 85 \)]
Hiichement. [.\ction de hucher : « Il sera pro-
» cédé contreeux par proclamation et huchement. »
(Coût. Gén. l, 1103.)]
Hucher, Huchier. [1° Crier à haute voix :
« A haute voix commençai à huchier. » (Roncisv.
p. 16i.)] — « Les Sarazins vaincus commencèrent
« a crier et a huclier. » (Chrou. de S. Denis, t. I,
fol. 143 ''.) — 2° Appeler : [« Symons liuche sa
" femme, Constance o le cors gent. » (Berte, c. 47.)]
— « Elle le rappella et hucha pour parler à luy. >.
(Aresta amorum, p. 35.) — 3° Assembler, mander.
Parlant d'une convocation faite à S. Bernard,
à Paris, par l'université, pour l'état de l'église uni-
verselle : « Il pleut à l'université et au roy que les
« prélats soient /u/c/)('i par le royaume pour deux
« choses: premier pour adviser quels choses seront
» traictées au conseil général del'universelle église
« prochainement a tenir; secondement a délibérer
•' de ce, sur le contenu es i-equestes des ambassa-
" deurs du pape sur le dixième que sa saincteté
« vouloit qu'on imposast sur l'église francoise. »
(Monstrelet, I, f. 105.)
Expressions :
1" « Hucher \<i g\.\Q\, .. appeler la sentinelle. (Le
.fouvencel, f. 7 ^)
2" <' Hucher h boire, » demander îi boire en
criant. (Percef. Il, f. 00 \)
3'' « Loin est dit-on qui Imche. » (Gloss. de l'Hist.
de Bret. p. 720.)
4" « Hucher en paulme, » siffler avec la main.
(Le Duchat, sur Bab. I, p. 32.)
Huchet. Petit cor de chasse : « Nous ouimes le
" huehel du postillon. » (Brant. Cap. fr. IV, p. 213.)
Hucours. [Voir IIuage : « El puet ledit monsour
« Hervé de Léon et ses heirs mettre cours ou
« hucours, ou l'un ou l'autre, entre ledit bois qui
« fut à Eou de Corlan-Scoureet le bois de Bodister,
« ù la lin de prendre la beste ou de la faire retour-
« ner. « (Preuves de l'Histoire de Bretagne, I, 1317,
an. 1321.)]
Hudel. [Sorte de tombereau : •• Cassin Herbaine
« ala quérir icellui BatTart en ung liudel. et l'apporta
« à son hostel. » (JJ. 100, p. 412,\in. 140'(.)]
Huée. [1° Cri : c Hors recommence li cris et la
« huée. « (Roncisv. p. 143.) — De 1;\ huée aux
alouettes, chasse oi^ on fait lever ces oiseaux en
huant. (Du Verdier, Bibl. p. 180.) — 2" Béputation,
proprement acclamation saluant le vainqueur d'un
tournoi : « De ces chevaucies en avoient toute le
« huée et le plus grant renommée des Escos quatre
o chevaliers d'Escoce. " (Froiss. II, 31().) — « De le
« partie des Englés sur tout emportoient le huée
« mess. Gantiers de Mauni. » (kl. III, 428.)] — « Je
« serai à la journée du tournoy et y feray tantd'ar-
« mes de mon corps que je survaincray le tournoy
« et emporternii la huée sur tous chevaliers. » (Per-
ceforest, I, f. 128 ^.) — On dit aussi perdre la huée,
perdre le prix du tournoy. (Id. fol. 132 ■'.) — [3° Dis-
tance d'oîi l'on peut entendre une liuée : « Il eitoient
« en une cave près aussi comme d'une jupée ou
« huée de son hostel. » !JJ. 180, p. 3'i, an. 1449.)]
Hueil. [Yeux : « Il ne s'anuie de son duel, Jà
• n'auront mais repos si hueil. •> (Partonopex,
v. .5301)]
Huer. [1° Crier : « Et envolèrent avant lor
« archiers /(//rt?ti et glatissant. » (Villehard. § 518.)
— « Commenchierent à cryer et à huer apriès et a
« faire grant haro. » (Froiss. III, 45.) — 2° Appeler :
El lit de la mort liHea
Ses homes, et lor commanda
Par sairement et de cuer voir
Que sa fille (ii'avoit autre oir)
Donnasent sans nule fallance
Al jouene I>oeys de France
Ki iert oirs de la région
Alienors ot celé a non. (Mouskes, f. 493.)
[3° Pousser des cris de dérision : <■ Ainz erent
« chevalier, or sunt vil et /nie; Biche erent ainz,
« or sunt chaii en dolente. » (Thom. de Gant. 151.)]
— 4° Faire mépriser quelqu'un , lui attirer des
huées :
Pechié de char qui fait Inier
Homme qui tient femme sanz loi. (Dcsch. f. 4?5 ^.}
Huerie. Action de huer : « Lors y eut grand
u huerie des Aiiglois, quand il les veirenl ainsi à la
« descouverte. » (Froiss., liv. III, p. 1 12.) — « Pour
HUH
— 71 -
HUI
« cause du foiiel, huerie et cornerie qu"il avoil
« fait, r, (jj. 118, p.'iT, an. 1380.)]
Hués. [Prcfit, usage (Parlonop. v. 0231) : >• Il fu
« uns prudom qui volt aler en un lointain peleri-
" nage; quant il ot apareillé son oirre, si apela ses
« sergens et si lor livra de son avoir por mener
" marchandise ù son Jiués. » (D. C. VI, 891 i».)]
Huese. [lieuses, bottes : » EtMorchufléschauça
« \es hueses vermeilles par l'aie et par le conseil
.. des autres Grex. -> (Villeliard. § 222.)]
Huet. Sot, dont on fait des liuées : « Je consens
« h estre appelle huet. « (iiulrapel, 312.) — « Et à
<• Rouen y eut un autre docteur en tiieologie, qui,
" en prescliant dit, que s'il ne sçavoit monslrer
« (que la Vierge était engendrée en péclié originel)
« qu'il vouloit qu'on l'appelast huet. Et au con-
« tempt de ce, quand on voyoit aucun de la dite
« religion (dominicains) on les appelloil liiiets. »
(Hist. de Charles VI, an. 1387, p. G3.) — . Appellcr
« huet, » vomir. (Oudin.)
Hucte. Hulotte, petit duc. (Monel.)
Huezé. [Botté : « Li ménestrel trestuit huexé
>■ S'en vinrent droil à l'espousé. » ;liuteb. 292.)]
Huge. [1° Contre-poids d'un trébuchet (voir
Huche, 2); M. Scheler l'entend mal dans son Gloss.
de Froissart, quand il la définit une caisse renfer-
mant les munitions d'une macliine de guerre : « La
« première pierre clieï à environ douse pas de l'en-
« ghien, la seconde au piet ûelehuge. « (Froissart,
t. III, 20G.)] — 2' Coffre à serrer l'argent :
Tout l'avoir qui est dedens Bruges,
Repus en colfres et en linges
Ne m'euist valu une pomme,
Se n'euissent esté cil homme
Qui m'ont à mon besoing servi. (Froiss. Poës. p. ioO ''.)
3° Boutique ou bascule ù serrer le poisson. (Du
Gange, sous Ilelchia.) — « Poissons en eâtangs
« après trois ans, ou estans en huges ou sauvoirs
« sontreputez meubles. >■ (Coût, de Chalons, C. G.
t. I, page 497.)
Huge-Iange. [Housse d'une huche : « Le sup-
« pliant fu avec Pierre Auberée à piendreetembler
<> certaine quantité de Hle, huge-lange, draps. »
(JJ. 99, p. -170, an. 13G8.)]
Hugette. [Petite huche : « Item la vendue des
« huges et hugettes. » (JJ. 80, p. 17, an. 1350.)]
Huguenot. [Voir le mot suivant et le supplé-
ment au Dict. de Liltré.]
IIuguet(le roy). Esprit ou fantôme qui, sui-
vant le peuple, couroil les rues de Tours pendant
la nuit. (Voyez Estât de la France, sous François II,
par la Planche, page 211.) — [■■ Tours, ou comme
« quelques uns ont voulu les huguenots avoient
« pris leur nom à cause de la tour Ilugon, où ils
« s'assembloient, ou d'un luthin du mesme nom
'■ duquel on menace les enfans en ceste ville. »
(D'Aub. Hist. I, 90.)]
liuhe. [Huage : « Doit avoir chascun qui est à
" ladite huhe ung pain d'un parisi. » (Reg. des fiefs
du comté de Poitou, f. 29, an. 1404.)]
Hui. 1° Aujourd'hui : [« Lasse! comme aurai
« hui souffert pesant tournai. " (Perte, c. 26.)] —
2° Actuellement : « A donc luy dys: damoyselle ou
» yrons nous liuij mais? Et elle me répondit : Sire
» nous yrons /(«y îHrt/s ù une mienne maison qui
« est en ce boscage cy devant. « (Pcrceforest, II,
folio 141 ''.)
Expressions :
1° « En hui, " aujourd'hui : •■ Ignorez-vous quel
« jour il est en huy. » (L'Amant ressuscité, p. 404.)
2" « Jluij et hier, » toujours. (Villon, p. 28.)
3° « Ilui est li jours, » aujourd'hui. Parlant de la
simplicilé avec laquelle vivoit le pape S. Clément ;
Sa maison pas n'estoit si forte
Que celles sont ; hui est li jours
Ou nos seigneurs font leurs séjours. (111 Maries, 318.)
4° « Hui au tiers jour, » il y a trois jours :
Qui ne sçes pas le grant raeffait
Qui faiz y fu, hui au tiers jour. (Id. p. 180.]
5" « Hier vachier, hmj chevalier. " (Cotgr.)
6" " Tels sont tiuy, qui demain ne verront pas. »
(Colgrave.)
Iluichici". [Charpentier, fabricant des huches :
« Colin Gauchier povre liuichier ou charpentier de
« la paroisse S. Symeon en la prevosté de Coulom-
« raier en lirie. » (JJ. 123, p. 100, an. 1383.)]
Unidive. [Paresse, dans Ruteb. II, 239 ]
lluicr. [Sonner, comme huer : « Iluicr trom-
" pcs. » iDom Bouquet, III, p. 311.) — <. Les pas-
« leurs qui gardoient les bestes crioient moult
« haultement en /(«((/«Hile loup. » (JJ. 169, p. 250,
an. 1410.)]
Iluignei". [Crier. Voir sous IIogner.]
Huile. Voir Oile. « Disoitle dit demandeur qu'il
« ha esté fort malheureux en amours, pour ce qu'il
" ha eu affaire aux femmes qui tirent huille de la
« noix, à quoy ne pouvoient contenter les dons. »
[Aresl. .{mor., p. 100.)
Expiessions :
1° » Huile espagnole, huile magistrale « (Du Verd.
Bibl. p. 085), espèce d'onguent.
2" » Huile de septembre, « vin. (Oudin.)
Huilement, s. vi. Action d'huiler. (Cotgiave
et Oudin.)
Huiler. [• On doit un peu tiwiler ladlle Irepane,
" à celle fin qu'elle coule mieux et plus douce-
» ment. » (Paré, VIII, 20.)]
Huilerie. Fabrique d'huile. (Cotgr.)
Huilier, s. Fabricant, marchand d'huile : « Qui-
» conques liuiiiers ou marchans trépassent par
« Bourges ou vendent huile il doibt de la somme
« deux deniers parisis. » (Thaumassière, Coul. de
Berry, 333.) — [« Huilllers de Paris qui achale
« huille dehors Paris et la porte à Paris, si doibl à
« Petit Pont son paage come autres marchans. »
(Liv. des Met. 292.)]
Huiliere. Vase ;'i mettre l'huile : « Cela a\ ient
HUI
— 72
HUI
« comme une Iniilierc a coilTer une reine. » (Moyen
de l'arvenir, p. Kl".)
Iluirie. [1° Cris : » Dont fii grande li hiiirie et
• li juperie de cliiaux de dedans. » [iM'Oissart, t. III,
page '200. — '2" Ci'i de haro : •< Crioienl les bonnes
« gens de la festc qui à uraiil huirie les suirent. »
(.1.1. 7S, p. 2Î7, an. 13 ';!).)]
lliiiron. [Mineur; voir IIi uon : •■ El inenoit
• lous dis li princes avoecli lui en ses chevaucies
. çrant fuison de hiiiroits con disl mineurs. »
(Froiss., Mil, 32.)]
Unis. [Porle : •■ Ferma les huis et serra dure-
« ment. - (Roiicisv. p. 17'2.)]Ue même an ligure, en
parlant de l'aslronomie :
El si fait bien déterminer,
Cornent on peut à ilevinei'
Des aventuies les regars.
Quant uns afaires est espars
iJ'adeviner sens et folie
Est H'i.s- et porte aslrenomie. (Moushcs, p. 254.J
Expressions :
1" •• Huis de la fenestrc, ■■ fenèlre : « Allèrent
« secrètement bucquer à Vhuis de ta fenestre. •
(Monslrelel, I, p. '271 ''.j
'2" « //h/s de derrière, •• porte de derrière. (Oudin.)
— H se dit aussi dans un sens ligure, mais obscène.
(Descb. r. 2;i0''.)
3" • Entrer par le droit huu. « Le chancelier
Regnaud de C'irbie étant d'avis que l'on fit une paix
solide avec le l'oy d'Angleterre avant de lui donner
en mariage Isabelle de France : " El disoit bien au
« roy et ii ses oncles: mes seigneurs on doit entrer
« pn'v te droit huis en la maison. « (Froissart,
liv. IV, p. 200.)
4° " Eslre à Vuis, » être prêt de sa chute :
l'ité, justice, affliccion
Revenez toutes d'un acueil
Gouverner en dilection
Ou tout va à perdicion
Dont mains règnes sont ja à l'uis. [Desch. f. 447 ''.y
.V « Etre sui' le bort de Vhuis de desespoir, » être
absolument au désespoir :
Je suis quasi dessus le bort de l'/iuis
De desespoir et ne crains profonds puits
Ny haulte tour. (Les Marrj. de ta Manj. f. 312 ^;
e^Ccle li dit, ja n'i faudra,
,Ia ne le sça\ira si garder
Que ne vos face lui parler
Par lens entiv. fuis et la terre. ffabl. S. G. f. 80 '.]
7' « Dépendre liuis ou fcneslres de la maison. •
— « Quand le seigneur ou sergent en signe de
« main-mise et d'excculion, abat et met hors des
» gons l'Iiuis de la maison qui est chargée de cens
« ou rente, pour les arrérages ou droits et profits
» qui en sont diîs. » (Laurière.)
8" « A /i»îs ouvert, » à découvert, ouvertement :
« Constantin favorisa a liiiis ouvert la religion
« chrétienne. » (Pasq. Kech. liv. V, p. 430.)
9° Ainsi m'ont amours abusé
Et pourmené de t'injs au peste. ( Villon, p. 39.)
10° « lluis verd, » pièce de tapisserie devant une
porte. (Cotgr.)
Iluisdive. [Oiseuse, inutile : « Mais tôt li sam-
<■ ble cose huisdive Quant il n'y voit rien nule
« vive. ..(Parton. v. Sdô.]]
Iliiiselet. [Petit huis : « Tant cum liuiselet
« bien barré Trouvois petitetet eslroil. » (Rose.)]
Iliiiseuse. [Voir Fi>rusE, oisive : » L'empereris
" n'est pas Ituiseuse De soie part, ains est peu-
« l'euse. » (Parton. v. 8'i49,)]
Huisserie. [Porte, entrée : « En saizine et pos-
« session... • de y faire et avoir liuisscries ou
« entrées, une ou plusieurs pour aler au long des
« dits murs anciens. » (Cartulaire de Lagny. f. 217,
an. 1400.)] — Pai'l.mt "de l'assiette des Elats de
Touis, en 1407 : « En la sale avoit trois parquets
" clos de bois d'environ la hauteur d'un homme
« chacun a huisserie.... Estoient commis pour gar-
« der Vliuisserie du paniuel du roy Les senescbaux
« de Cai'cassonne et de Quercy. » (Du Tillet, Rech.
des roys de Fr. p. 412.) — « En mur moitoyen on
« ne peut, sans le consentement de celuy qui a part
« audit mur, faire fenestres, liuisseries ou autres
« choses semblables au préjudice de celuy qui a
« part au dil mur. » (Coul. du bailliage et duché de
Vallois, C. G. I, p. 398.)
Iluisset. Petit buis : " Par une petite entrée
« ainsv comme par unû' petit /uz/sse/. » (Chron. de
S. Denis, t. 1, fol. 238.)
1. Huissier. [Fabricant de huis : « C'est à
» savoir charpentiers, buichiers, h.uissicrs, tonne-
" tiers, charrons, couvreurs de mesons et toutes
« manières d'autres ouvriers qui euvrent du tren-
« chant en merrien. » (Liv. des Met. 104.)]
2. Huissier. [Cardien d'une porte : « Et
" avoient leur besoignes si atiriées, que quant li
» liuissicr veoïenl venir la royne en la chambre le
t< roy son fil, il baloient les buis de lour verges, et
« li roys s'en venoil courant en sa chambre, pour
« ce qiie sa mère li trouvast. » (Joinville, § 007.)] —
« La.derivaison du mot û'huissier nous enseigne
u que ce n'estoit autre chose qu'un portier. Aussi
" quand aux anciens registres, il est parlé ô'Iinis-
« sier . on entend parler de celuy auquel estoit
« baillé la ijarde de la porte de la chambre. " (Pasq.
Rech. liv. Il, p. 71.)
Expressions :
1» « Huissiers d'armes. » — » Les huissiers d'ar-
mes estoient au dedans de l'appartement du roy
» et leur fonction éloil d'en ouvrir la porle à ceux
» qui dévoient v entrer. » (Mil. fr. du P. Daniel,
t. I, p. 90.)
2° >■ Huissiers des armes. » — « C'est celui qui
« faisoit les publications des décrets lorsque quel-
« c|u'un souhiloil purger et nettoyer en justice, des
» tiefs, des fonds d'herilages rolures, des maisons
« ou (les rentes héréditaires non raclielables. »
(Coût, de Railleul, N. C. C. I, p. 981.)
3° « Huissiers audienciers. .. — « Sergens qui
" assistent aux plaidoiers et audiences des juges
« qui gardent l'huis et entrée du barieau ou par-.
" quel et qui appellent les cedides, audiences et
» procès des parties. » (Laur.)
HUI
— 73 -
HUM
i" « Huissiei' de la cliambre. " Du Tillet croit
qu'ils viennenl des anciens seraens d'armes. — Le
P. Daniel, dans sa Mil. fr. t. il, p. !ir., %, réfute
cette opinion et dit qu'ils viennent plutôt des huis-
siers d'armes. .'\u reste ce sont eux qui ouvrent la
porte de la ctiambre du roy à ceux qui doivent y
entrer.
5" >' Huissier de la cour. » — « En un registre du
« Parlement de l'an 1317 les Jtuissicrs de la Cour
« sont appeliez valcti curiœ. » (Pasquier, Rech.
liv. VIIÏ, p. G88.)
G' " Huissier juré de la chambre. >• — « L'Iiuis-
« sier juré de là cimmhre, le messager et les ser-
» gens de ville, font en vertu de leur serment et de
leur admission, tous les adjournemens, insinua-
« tions, intimations ;\ chaque fois qu'ils en sont
» requis par les parties sans être obligez d'avoir
« charge particulière de la loy. » :Cout' de Meu-
port, N. C. G. I, p. 73G ''.)
7° « Huissiers de sale, » officiers de la maison
du roy :
Haro, prenoz-moy ce garçon
Sergens, huissiers dp. sale. (Desch. /'. 5S0 ^.]
8" " Huissier âu thresor, » celui qui avoit soin du
trésor du roy. (Chron. scandaleuse de Louis XI,
page 25.)
Huissier. [Navire à porte pour embarquer les
chevaux : « Ne remest ne batel, ne targe, Dromon,
« galée, ne liuissier. » (Alhis, dans D. C. IH, 7-27 ".)]
1. Iluissiere, adj. f. (Voir le précédent) :
» Trois (jalées liuissieres esquelles il menoient
« 120 chevaux. » (Hist. de Doucicaut, p. 12i.)
2. Iluissiere, s. f. Portière. (Nicol )
Une simple htiissiere ou clergesse
Aujourd'huy se présumera
Autant ou plus qu'une duchesse. fCoqmllarl,p. 26.)
Huistre, s. Huître. (Voir Oistre.) [« Faut-il
endurer ce sanglot Ainsi comme hnistres de
" Ouancalle. « (Myst. du siège d'Orléans, p. GG3.1]
Expressions :
1° » Huistre écaille, « un sot. (Oudin.)
2° « Les liuitres d'une poule. » (Cotgrave.) —
C'est ce que nous appelons « les sot l'y laisse. »
(Oudin.)
Huit. [Nom de nombie : « Arbrissiaus i avoit,
» ne sai ou sept ou /;;///. » (Berte, c. 3G.) Voir Uit.]
Huilante. [Quatre-vingts , comme oclante
(V. Monet, Oudin, Cotgrave.) — » Donné à Paris le'
« vingt uni;:me jour de janvier, l'an mil trois cent
' liuitautc deux. » (Distruclion sur les aides.)]
Huitavé. Espacé par huitaine : <• Le seigneur
« haut justicier, qui a droit d'avoir et prendre
" espaves, prend celles qui adviennent en sa jus-
« tice et seigneurie et les garde par quarante jours
« et durant le dit temps de quarante jours doit
» faire crier par trois edicts liuiclave::^ \esaiis espa-
« vcs. » ;Cout. du comté de Bourgogne, Coût. Gén
t. I, p. m-).)
Huitene. [Huit jours : - Il doit pour toutes ces
« choses, chascun an, six deniers de coutume au
VII.
« roy, à poier quatre deniers aux Intitenes de la
« foire Saint Denis. » (Liv. des Met. 3-î.)]
Huitième. Imposition qui se lève sur le vin et
autres breuvages : « Huitième c'est une aide appar-
« tenant au roy et qui se prend sur le vin, sidres
« et autres breuvages vendus en détail par les
« taverniers, hôteliers ou autres : et pour iceluy
« est dû par le vendeur le huitième denier du
« prix. » (Laurière.)
Huitieve. [Oclave, espace de huit jours : » L'an
« de grâce mil trois cenz et un, le lundi après les
« /;f(//;et'cs de la Chandeleur. » (D. C. t. 111, G9-i ■',
an. 1271.)]— « Huitives de Pasques, » octave de
Pâques. (Ord. I, p. 544.)
Ilulepiaus, Hullepes, Hullepiaux. Semble
être le diminutif de Philippe, comme Phlippot
Dans un titre de Nivelle en Flandres, 1.300, on
lit : « Sohiers d'Enghien c'on dist Hulcpiaus, sire
« de Seneffe. .. (Beaumanoir, page 418. i — Le roy
d'Angleterre, parlant du jeune roy Philippe-Auguste,
l'appelle liullepes et linllepianx. (Mouskes, p.' 509.)
Humain, adj. Qui appartient à la nature de
l'homme. [« De sun gré le sufl'ri Deus [.nr l'umain
" pescliié. " (Th. de Cant. 4G.) - « Che sont linmai-
« nés passions. Quant la maliere est corrompue, lu
« del cors d'omrae est dissolue. » (Gui de Cambrai,
p. 2G.) — « Si est que pour le sang humain Eviter
» et garder d'espandre. » (Myst. du siège d'Orléans,
737.)] — « Ces mots leze-majesté s'enlendoit seule-
" ment de la majesté humaine et non divine, de
.< laquelle on ne se parloit. » (Coût. d'Auxerre,
C. G. 1, p. 225.)
Humainement. [Doucement, dans Amyot,
Pyrrhus, 77. j
Humanité. [1° Nature humaine : « (.lésus) uel
» (égal) al père sulunc la divinitet, maindre del
" \)ere m\anc \^humaineté. » (Lib. psalmor. 258.)
— 2° Parties sexuelles : « Aucuns d'eulz (des moi-
« nés de S. Leu) avalèrent leurs braies et monstre-
" rent leur derrière et toute Yliumanité que il
« porloient aus hommes et famés qui là estoient,
» en disant en leur langaige : par le cap de Dieu,
■' cy prandrés vostre Salvadour le jour de Pasques,
« et non ailleurs. » (,!,f. 120, p. 274, an. 1382.)] —
» J'estoye... tout nud et bien honteux;le mieuxque
« pouvoye, de mes mains je couvroye mon liuma-
« nitc. " (Cartheny, Voyage du Chevalier errant,
fol. 87, n°.) — 3° Douceur : « Les habitans de Calais
« ayant esté forcés par les Anglois après une très
« vigoureuse resislance, ils se relirerent auprès du
<. roy de France qui les reçeut moult agréablement
« et leur fist faire moult de liumanitez-. >• (Chron.
de S. Den. II, f. 221.; -[4° Vie : « Comme plusieurs
.. defTuns, ou temps que il à\o\ent Im m an i té, meuz
. de dévotion... eussent laissé à l'église de Sainte
» Nourrice de Rains. >■ (JJ. 71, p. 381, an. 1340.)]
Humilie, Humele, Humle. rilumble, en
bonne et mauvaise part : » Si doit eslre (li prestres)
■■ /((/m^/i's, bénignes, larges. « (Serm. de Maurice
de Sully, aux Mcm. de l'Ac. des Inscr. XVII, 722.)
10
HUM
— « Tous ceux qui sont bkindisseeuis, humbles, el
« serviables el veulent à diescun plere, ils sont fla-
. leurs. » ^Oresni. Elh, 124.)]
E dame Gentix humies
Cuers et dois et pious
Merchi por Dé. fPoës. av. 1300, II, p. f^ûj.)
[Dans Roland (v. 11C3) il est employé adverbiale-
ment : •■ Vers Sarrazins reguarde fièrement E vers
« l'ranreis Itunielcs e dulcement. >]
Iluiiihlenu'nt. Ilumleinent. [Avec affabi-
lité: » liunc respundi li bers humblement à ce!
« vie. " (Th. de Cant. :iO.) - " Li contes de Uainaut
« recliut ces signcui's d'Engleterre, l'un apriès
« rauUre moult humlement. » (Froiss. 11, 35-4.)]
lliiinectacion. [« O'ignemens, h umec lacions.»
(De Mondeville, f. 96.)]
Humecte. [Jeu de caries : « Commencèrent les
« aucuns à jouer pour le vin aux cartes, à un jeu
.. appelle la humecte. » (JJ. 198, p. 317, an. 1461.)]
lliimcliance, Ilumiliancc. [Humiliation.
(Chr. des ducs de Norm.)]
liunielier, Humilier. [1° Abaisser : » De
« grant outrage faire nus hom ne mouteplie, Ains
« se monte et essauce qui son cuer liumelie. "
(Sa.\. XXXIl.) — 2° S'incliner, faire une révérence.
Le duc de Bretagne, dans le dessein de faire assas-
siner le connétable de Clisson, va le voir comme il
éloil il table avec plusieurs barons de Bretagne
à qui il donnoit à diner : « Quand il fut entré en
« l'bosleiduconneslableetqu'ondit: « veezcymon-
« seigneur le duc, » tous se levèrent el le recueilli-
« renl doucement : ainsi qu'on doit recueillir son
« seigneur. 11 s'accompaigna et humilia grande-
« menl envers eux. » (Froiss., 111, 195.) — 3° Con-
descendre : « Toutes fois à le pryere du conte de
u llainnau li rois s'umelia el donna el acorda
<■ triewes. » (Froiss. II, 308.)]
Humelité, Humilité. [1° Soumission : « Ço
« senetlet pais e Innnilitel. » (Roi. v. 73.) — " En
« granl humilité devez à curt aler, Que nuls ne
« vus en puisse reprendre ne blasmer. » (Thoni. de
Canlorb. 30.) — 2" Bonté, clémence : <■ Lequel les
» receut volontiers el quitta el remit à ceux de
i Rayonne, de sa grâce el liumilité, vingt mille
» escus d'or, des quarante mille qu'ils lui devoienl
« payer. » (Hist. de Charles VII, p. 407.) — « Adonc
« lisi grant liumelilc la noble roine d'Engleterre. «
(Froiss., t. V, 215.)] — De \i\, <• regard d'umililé, "
pour regard de gracieuseté :
S'un seul regart d'uinclité llouri
De ses doux iex en trespassanl avoie. (Poës. av. 1300.)
3° Familiarité :
Tenir doit son auclorité
Tout prince el juge à ses servons
Sanz monslrer trop à'umililc. (Dcscli. /'. 33G ^'.j
\" Inclination, révérence. M' de Biion parlant de
son entrée à Bruxelles, en 1598 : « Tout le peuple
a estoil par la rue ou nous passâmes el toutes les
« dames aux feneslres, il nenousmanquoilquedes
« chevaux frais pour faire feu sur le pavé, nous les
- HUQ
« payâmes d'humilité, car elles n'avoient point de
« masque. » (Mém. de Bellievre et de Sillery,
page 432.)
Humer. [" Ceus (les œufs) retint Rossel à son
« oes Trestoz, que nul n'en i lessa. L'un après l'au-
.. Ire les liuma. » (Ren. v. 23392.) — » 11 semble la
« langue li aide, El moult piteusement esgarde
« Tybei t qui le tel hume el boit. » (Id. 27G3.)]
1. Humeur. [1° Humidité : « Li semere a appa-
« rillié Autre semenche k'il sema. Mais deseure
« pierre le jeta ; Quanl sa racbine dut conquerre,
« Si cor failli humeurs el terre. » (Gui de Cambrai,
Barl. et Josaphat, page 34.) — 2» Potion : « Lequel
» médecin ordonna en la boutique d'un apoticaire
« d'icellui lieu de Pezenas plusieurs beuvraiges...
« ou humeurs. » (JJ. 200, p. Ci, an. 1467.)]
2. Humeur. Qui hume : » Se lu deviens povre
« de corps et de biens, el lu as esté homme de
« court, chacun dira : Vêla le meugeur de soupe et
« le humeur de brouels de court. » (Le Jouv. f. 16.)
Humiere. Usufruit : « Quanl les biens sont
« tenus en usufruicl, liumieres ou en viage. »
(C. G. Il, p. 805.) — « Biens d'Inoitieres ou usufruc-
« luaires. » (Ibid. page 864.)— « liumieres el usu-
« fruict. » (Ibid. p. 867.) — « Humiere mis en oppo-
« sillon avec propriété. » (Ibid. p. 865.)
Hune. [1° Câble : « Nus cordier ne puet ne ne
« doit faire chaable de quelque manière qu'il soit,
« ne huues, c'est à savoir cordes par lesqueles les
« vallés el li cheval traient les nefs conlremonl les
« iaues. » (Liv. des Met. 42.) — « Requisivil ut sibi
« venderel unum, gallice chable, aliter hune, ad
« trahendum naves ascendendo per aquam. »
(JJ. 82, p. 123, an. 1353.)]— 2° Plaie-forme au som-
met d'un mât : « La (sur le môle à Gênes) vit
» (Louis XII) les malelols monter les pieds amont du
" bas des navires jusque dedans les hunes, et des-
» cendre la leste contre bas jusques au fond des
« navires. » (J. d'Auton, Chron. IV, 19.)
Huon. [Pan d'un vêlement : « L'avoienl tant
« Irainé el bain et féru d'orbes coulx, et li avoient
« tors le bras et les jambes, et pris el sache par les
« huons. » (JJ. 66, p. 1380, an. 1334.)]
Hupe. [1° Huppe, oiseau : « Hupe est uns
« oisiaus qui a sor son chief une cresle. » (Brun.
Lalini, Très. p. 216.)]
Un oisel de douce nature
Qui hupe a nom en no langaige. (Desch.'f. 535 '.J
2" Touffe de plumes : « Hupe esl une touffe de
« plumes levées qu'une espèce de coqs porte sus la
» leste. » (Fauchet, Lang. et Poës. fr. p. 37.)
Huppé. [Considérable (voir IIolte) : « Le Iraict
« des galées de bombardes et de viretons qui aba-
» toienl à tas les plus hupjiés. » (Bouciq. H, ch.22.)]
— » Gymnaste... à grands coups chargea sus les
» p\us huppes. » (Rab. 1, p. 229.)
Huque. [Manteau de femme, transformé au
.\iv' s. en une" courte casaque à l'usage deshommes,
I sans manches, ceinture ni boutons. Juvénal des
HUR
— 75 —
HUR
Ursins raconte qu'en 1413, a près la déroute du parti
Cabochien, il fut fait au peuple de Paris une distri-
bution de huques violettes sur lesquelles était cou-
sue une grande croix blanche avec la devise : » Le
» droit chemin. » Voir Hklxqie : « Le suppliant
« print une huqite noire qui estoit à son dit mais-
« tre. " (JJ. 158, p. 382, an. 1404.)]
Ilui'coite. [Coiffe (0 : « Lequel Bosquet prist
« icellui Jehannin parla liurcoite de son auberjon
« et de sa houppellande. » (JJ. 171, page 251,
an. 1418.)]
Hure. [1° Poil qui couvre la tête : " Enz el chief
« de l'espée grant colp li vait diiner, si que de la
« curune le cupel enporta, E la liure abati e gran-
« ment entama. » (Thom. de Gant. 150.) - 2° Tète
d'iiomme : « Il s'eslaisse, prend le maufé Hediable);
« Parmi la hure amont l'a pris. « (Partonop. f. 166.)
— 3° Tête d'animal : » Mes moult i brait et se de-
« mente Li chahuan o sa grant hure. » (Rose,
V. 5999.) — « Groin et cheveux com Jiure de san-
« glier. » (Desch. Poës. f. 220.)]
Hure de leu, dens de serpant vous nomme.
Eust. Dcsch. MS. fol. 2H, col. 3.
4° Chevelure : » Grosse hure et perruque de che-
« veux. » (l'^avin, Theàt. d'honneur, 1. 1, p. 600.) —
[5° Signe de moquerie : » Lequel Bernart faisoit la
« liure audit Pauquant par manière de dérision. »
(.JJ. 163, p. 243, an. 1408.)]
Huré. [1° Hérissé : « Ilurées ont les testes et
« barbes et grenons. » (Li Rom. d'Alexandre, p. 337,
V. 21.)] — « Il estoit bossu et contrefait et si avoit
« la teste hurée et enlremeslée de cheveulx clie-
. niiz. » (Percef. IV, f. 8 J.) — 2» Houspillé :
Ainz que Gaudins resoit montez
Est moult l'eruz et moult Imrez. (Pari. /'. j5'i '.J
3° Contrefait : ■■ Et bossu et huré et contrefait. »
(Perceforest, t. 1, f. 78 ''.)
Hurée. [Revers d'un chemin creux : « Si estoit
« la hurée trop roiste pour sallir son coursier. »
(Froissart, t. V, 299.)]
Hureliau. Cri de charretier :
A propos un chartier sans fouet
Qui ne dit dia ne hurehau. (R. Collenje, p. 83.]
Hurepé. [Hérissé : « Et fu moult hurepés et
« ot moult longue barbe. « (D. C. III, 699 i-.)]
Hurepois. 1° Qui est du llurepoix : « Le pais
« de llurepoix pourroil avoir pris son nom de ce
" que les habitans portoyent leurs cheveux droits
« et hérissez comme poil de sanglier. » (Fauchel,
Lang. et Poës. fr. p. 36.)
Princes ces .iiu. hurepois
Cercheront d'un costé et d'autre
Mainte venoison sanz gras pois. [Bord.)
2° Terme d'injure : « A Paris quand l'on veut dire
" qu'une façon de faire n'est gueres civile on use
« de ces mots, c'est du pais ou quartier de Hure-
« poLr, ce que d'autres disent cela sent son écolier
latin. » (Fauchet, Lang. et Poës. fr. p. 35.) — Il
faut remarquer que le quartier de l'Université étoit
regardé comme du pays de Hurepois. (Voy. Valois,
Notice, p. 326 \)
Hurie. [Voir Huirie. Cri de haro : « Icellui Pon-
II charry mena grans cris el huries, ausquelles sur-
« vindrent. » (.IJ. 194, p. 251, an. 1467.)]
Hurlée. Action de hurler.
Hurlement. [« Je n'entendy que les voix
« [rèahyAeusesEi hmieinens de bestes dangereu-
« ses. » (Marot, t. II, p. 6.)]
Hurler. [>■ Ils hurlent comme chiens leurs bar-
« bares chansons. » (Du Bellay, VI, 35 ''.)] — « Le
« hennir des chevaux, groigner des pourceaux,
« bcesler des moutons, le mioller des petits chats,
« clabauder des mastins, japper des petits chiens,
« heurler des loups. » (Pasq. Rech. p. 671.)
Hurlerie. Hurlement : « Remplir l'air de ses
« crieries De ses bruyantes hurleries. « (Dial. de
Tahureau, p. 108.)
Huron. [1" Nom donné aux Jacques révoltés :
« Comme Allâmes de Maresquiel fusl détenus pri-
» sonniers pour le souppechon de avoir esté en
" l'osl et bataille des hurons nommez Jacques bons
« hommes, à rencontre des nobles. » (JJ. 89, p. 377,
an. 1360.) — 2° Terme d'injure, de mépris :
« Comme les habilans de Viliers en Vermandois
« fuioient parmi la dite ville,... un appelle Jehannin
" Corbel dist publiquement : ces hurons de ceste
« ville ont-il paour'^ « (JJ. 117, p. 2'i7, an. 1380.)
— « Estienne Corrarde dist au suppliant pour le
« courrocer et promovoir ù noise plusieurs injures
« en l'appellant par plusieurs fois villain huron. »
(.JJ. 195, p. 1555, an. 1476.)]
Hurque. [Hourque, sorte de navire: « El adonc
« le roy d'Angleterre issit de sa hurque et se logea
« en son chastel. » (Monstrelet, t. I, ch, 242.)]
Ilurt. Voir Heurt.
Hurtage. [Droit d'ancrage : ■■ Item le droit
« à'hurtage pour les navires et vaisseaux qui ter-
« rissent, et mouillent ù l'enci-e, alfermé 100 1. »
(Cari, de Jumièges, an. 1012, dans D. G. 733 '=.)']
Ilurte (se Messer quelque). Se blesser
quelque part : « Bien te blesseras quelque hurte,
« dont tu languiras toute la vie entre les mainsdes
« barbiers ; mais si tu veulx, je te tueray ici tout
« franc, en sorte que tu n'en sentiras rien et m'en
" croy : car j'en ai bien luéd'aultres qui s'en sont
« bien trouvez. " (Rab. Il, p. 142.)
Hurtebillier. Houspiller. (Voy. Borel, au mot
Ilourdebitler.) — [On trouve aussi hnrlepiliier :
« Golard iMilon etJehançon Golard se Inirtepille-
" rent eulz deux, tellement qu'ilz cheirent touz
« deux à terre. » (JJ. 170, p. 227, au. 1418.)]
Hurlée. [Coup : « Et si li donna tel hurlée Des
« deus eles par mi la face. Qu'il cai as dens sur la
« place. » (Roi Guillaume, p. 74.)]
Hurteis, Hurtis. [Succession de heurts, de
coups; mêlée : « La eut de première venue grant
« hurteis et lanceïs. » (Froissart, V, 293.) — •> Les
nus
— 76 —
HUV
« supplians commencicrenl à aler au lieu où ledit
" descorl avoil csl(',... et y ol des huiieis et houteis
" d'une partie et d'autre sr^iiil 'ln-'nUité. » (JJ. D'i,
page 3-21, ail. I3()3 ) — » Iceilui liouriiois frappa à
» l'uvs de l'ostel.... et advint (|ue quant Jeliannin
u de "Claellcs oy ledit /(!(r<is. " (JJ. IGG. page 3G7,
an. lil'i.) — ' I.ors gelèrent en l'aer les parolies
" et cris des hommes et femmes, les cliaplis des
« masses, les hiirtis des liarnois, des bandes, les
» hanissemens des clievaux. » (Hab. IV, p. 23,"».)
Iliirtciv ri" l'rapper : ■• Celle part est alée, s'a à
" riuiissel hnrlc. » (Berte, c. Xi.V.) — 'i* Se heur-
ter : " A un granl arbre s'est liurtex-, Arere ctiel
« tut reversez. » (l^ai del désiré). — 3"' Battre : « Li
« flots la hurlent et debateni. Et Ions jors i'i li se
« comhatent. » (La Ilose, .VJ'rJ.) — 4° Donner un
coup : « Tel cop il hurle del fusl nui gros estoit. »
(Guill. au Court Nez.) — .")" Charger : « Les deus
« batailles firent du champ torner Kt sur la tierce
» par estevoir hurler. « (Garin le Loher. l, 26.)]
Hurtibilis. Combat, guerre: «S'en ala mettre
« en bataille contie le seigneur de Ghasteauguyon,
« et y eut graiit liurrtbilis"i\ la dite rencontre et de
« consté et d'autre y mourut de gens de façon
« (juatorze ou quinze cens comballans. » (Chron.
scandai, du Louis XI, p. 283.)
Iliii'touoir. [Partie d'une charrette : •> Un
<■ essoul de char et un IturlouoirCie chnr. « [li. 107,
p. 12, an. 137:).)
Iliistin, Ilutin. 1° Surnom de Louis X, roy de
France, parce que, dans son enfance, il étoit mutin
et queielleur. Ce fut encore le surnom de Pierre
d'Aumont, vraisemblablement pour la même raison.
— 2" Dispute, querelle, tumulte : [« En escriant et
« démenant grant husthi. » (Eroissart, t. V, -401.)
— « Li serjanl les alerent querre en la bataille, où
« li hulins estoit grans d'ans et des Turs. » (Joinv.
§231.)] — 3° Combat, mêlée : [<• Si se commença
" li Iiustins et l'estekis de toutes pars. » (Froissart,
t. V, p. 300.)]
La commença la première meslée
La finira le hulin. [Desch. f. 45 '.]
4° Tracas, persécution, tourment :
Les grands périls de femme prendre
La iloleiir qui en puel descendre
La briefté de l'eage et la fin
Et du menaige le hulin. (Desch. f. 53S ^.j
Expressions :
1° « Meneurs de hutins. » (Villon, p. 90.)
2" ' Se mettre en ordonnance de hulin; » se met-
tre en ordre de bataille. Parlant d'un corps de trou-
pes qui passoit par Liège et que les habitants insul-
tèrent mal ù propos : «"S'en allèrent tout droit au
« marché, là où ils se recueillirent et inirenl en
« ordonnance de hulin contre ceux de la ville. »
(Monslrelel, V, f. 125.)
2" Qui quiert hutlin il trouve à qui combattre.
Molincl, page 139.
Iliistiner, Ilutiner. 1" Chercher querelle :
" Ilutiner pour noiser ou quereller. " (Pasquier,
r.ech. liv. VUl, p. 726.) — 2° Secouer, tirailler :
« Quand il Ironvoit aucun de grant deffense, il
« gettoit son escu sur son dos et l'empoignoit au
« bras parmi le corps et tant le huslinoit qu'il le
« inettoit hors de sa selle. » (Percefor. V, fol. 10 ''.)
— 3" Tourmenter :
.le sçai bien comment mon temps use
On me débat on me refuse
On me liH-iline. [Froissai-t, p. 117 '.)
Ilustineui'. [Querelleur : « Jehan, dit Vyanne,
«1 risseur, hrigueur, hustineur, mal et outrageux
« parleur. » (JJ. 95, p. 25, an. 1363.) — « Lequel
« delà Place, qui eslo\t Iiutineux et merveilleux. >•
(JJ. 167, p. 3i3, an. 1/<13.)]
llustinier. [Batailler : « Il s'avalèrent pour
" venir /i»s/i;n'er devant saint Omer. «(Froissart,
L III, 297.)]
Ilutelette. [Petite hutte : « Pour faire hutelet-
« tes poureuls muchier. » (Froiss. II, 152.)]
lïuterie, s. Dispute, débat, contestation : « Je
<■ ne preten ne plaid ne hulerie. » (Cl. Marot, p. 201.)
— Par ce mot Jiuterie, Villon semble désigner le
parquet d'un tribunal de justice « où se tenoient
» les avocats, les gens de la tourbe, et les plai-
« deurs, tous désignez par les mots de bas assis
« mis en opposition avec les haut assis qu'on a vus
« ci dessus pour les juges. »
Et frappez en la huterie
Sur les beaulx sires bas assis. (Villon, p. ill.)
Ilutiiiet, s. Petit maillet detonntdier: » Louis X
« roi de France fut appelle le Ilutin, parce que
« dans son enfance il étoit mutin et querelleur; et
" ce nom selon Mezeray lui fut donné par allusion
« au plus petit maillet des tonneliers appelle huti-
« net, mais qui fait le plus de bruit. » (Gérard de
Nevers, I" part. p. lOi.)
Huti'ée. [Cheville : « Cavillœ de ferro in biga,
« gall. huirées. » (Gloss. lat. 4120.1]
Hutte. [« Venir de la maison aux huttes. »
(Cotgrave.)]
Iluttei', 1'. Se loger, se pourvoir de loge, de
hutte : « Monsieur de Parabere qui vint le soir sou-
« i)er avec vous sur le haut de votre colline ou
« vous étiez fort commodément /((<//«'. >• (Mém. de
Sully, 11, p,242.)
Huve. [Voilette empesée qui entourait la tête
des femmes et retombait autour du cou, en plis
gracieux. C'est encore la coiffure des paysannes aux
environs de Lorient (Morbihan) : « Une huve de
» soye. » (JJ. 138, p. 133, an. 1389.)]
Iltivet. [Petile huve : « Le suppliant fery ladilte
« femme un ou deux cops parmi le visaige, dont le
« liuvel de sa teste chey à terre. » (JJ. 131, p. 93,
an. 1387.) — « Lesquelxse prinrentà icelle Margue
« et lui tirèrent par force sa coiffe ou huvet, que
» elle avoit sur sa leste, hors de son chief. »
(JJ. l'd, p. 178, an. 1391.)]
Ilnvette. [Armet : « Et estoient armés la gri-
« gnour partie de mailles, de Imvetles, de capiaux
« de lier, d'auquetons el de gans de baleine. »
I
HYN
HYP
(Froiss., X, 158.) — « jelian Gomonl escuyer por-
« toil sa Imveste en sa main. » (.1,1. 105, page 37'2,
an. 1374.)]
Huvrelas, Huvrelau. [Auvent : « Pluseurs
« jeunes gens venus pour veôir le jeu cl"arbaleste
« se mislrenl au clessûubz d'un Jiuvrelas ou auvant,
» lieu et place ordonnée pour veoir le jeu seure-
« ment. » (.1,1. 160, p. 288, an. 1 512.) - « Item nus
« ne puet... l'aire Inivrelaus, ne autre ouvrage
« seur froc de vile. ■• (Cari, noir de Corbie, f. 1 1 ''.)]
Huydai't. [Vanne d'un moulin : « Tout le droit
" l'action, saisine... ou moulin et perluis qui sont
•> dessouz Ghaumont sur Yone,... soit en vannes,
« en hnydart, en pescherie. » (.1.1. 70, page 205,
an. 133G.)]
Iluylio. [Mari trompé : « Laquelle baisselette
« dist audit varlet Hanuyer, tu n'oserois diic îi ce
« compaignon là... hmjho, qui est à dii'e en fran-
« çois coux; lequel dist que si le feroil bien : et
« tanlost di*t ledit Ilennuver audit Robin : liuylio,
« huijho. » (.J.J. 152, p. 105, an. 1307.)]
Huyti'eiix, adj. Qui participe de la nature des
huîtres, qui est composé d'huilres. Parlant des
perles :
Puis nagent ces troupes hitijlreiines
Dessous les camp.ngnes vitreuses. (R. Belleaii, I, p. SO.)
Hyacinthe , s. Pierre précieuse. (Carlheny ,
Voy. du Cbev. errant, f. 156 *■.)
Hyeuse, s. Dans Colgrave, c'est l'arbre à l'écar-
late, chêne vert, graine rougeàlre (coccns.)
Ilyne. [Cavale, jument : « Il ont chevaus cou-
« rans et grans liiiiies breliaingnes. » (Poëm. d'Alex,
dans D. C. III, 070 ''.)]
Hyiierie. [Haras : « Pour granl mortalité de
« leurs besles blanches et de toute la Ittjnerie de
« leurs jumenz et de leurs poulains. ■> (JJ. 70,
p. 280, an. 133i.)]
Ilypocondi'illcr, v. Peut-être énerver ou ren-
dre obscur : « Ils ont sublimé, effressuré et hijpo-
" fondrillé la jurisprudence. » (Moyen de parvenir,
p. 120-121.)
lïypoci'iseï*. Faire l'hypocrite. (Colgrave.) —
Tous les philosophes anciens furent hommes, con-
séquemment « attrempans, ou pour mieux dire
« Injijocrisans et dcsguisans leurs passions selon
" qu'ils eloient plus discrets. » (Pasquier, Rech.
page 896.)
Hypocrisie, s. 1" Vice qui consiste à simuler
une vertu qu'on ne possède pas. Parlant du livre
hérétique de l'évêque Félix :
Quant cil livre fu tous escris,
Par l.T contrée l'ont semée
Contre çou que Dieux et anié
Sont enraciné yresie
Contrefoit et ijpocrisie. (Moiiskes, p. 85.)
2" Déguisement : « D'nulant que ledit héraut
<• d'armes sous ombre d'apporler la seurelé du
« dil camp pourroit pour divertir et eslongner
« l'îilTaire, user de quelques liscions, simulations
" et ypoo'i&ie. » (Ga^e de Ralaille de Fr. I" et de
Charles V, fol. 77. R°.)
Proverbe : « Ypocrisie en guerre est dange-
« reuse. » (J. Marot, p. 90.)
îlypoci'ite. [« Une ymage ot emprès escrite
« Qu"i sembloit bien eslrè ?//wcr//(' ; Papelardie est
• a pelée. » (Rose, v. 408.)]
Hypocritement. En hypocrite. (Colgr.)
Hypothèque. [" Les mineurs et les femmes
» ont liijpoliiefjue taisible et privilégiée sur les
« biens de leurs tuteurs et maris, du jour de la
» lutele et du contrat de mariage. « (Loysel, 497.)]
Hypothéquer. [« .le n'aime pas que ma
« volonté demeure Injpolliequée par liltre de grati-
« tude. » (Mont. IV, 94.)]
lAU
1. I. ['< Après vous conterai de Vi; N"i a meillor
« lettre de li ; Plus est au mont li delis cors. Que
« de Vi n'est petis li cors. » (Senefiance de l'A B C,
Jubinal, II, 278.)]
2. I. [Adverbe de lieu : « Soleil n'i luist... Pluie
« n'i cliet. » (Roi. 980, 981.)]
laue. [Eau, dansRenarl, v. 1090 : « Delà bénite
« iatie. » (Froiss. IV, 271.)]
laulz. Yeux : « Si li tra'ist les iaul:,de la leste. »
lAW
iVillehard. p. 27.) — [On lit iaiis, dans
V. 505, 598.]
laume. [Heaume : « Puis lace Viai'
'1 fait à Senlis. » (Garin.)]
laiis. [Forme variée de eux, cor
pour ceux.]
lawe. [Eau, dans Froiss., V, '
Ia%veus. [Marécageux : « F
« marche, un pais iaweus. »
^énan,'
ame flM«''S est
.t s'en «la en Da^e-
IDO
IGA
Icel. [Pronom et adj. démonslralif, fnil sur le
latin ecce illum. C'est le cas régime de kil : « l'uis
« icel jur. » (Hol. v. OGi.) — « A icel mot. » (Id.
V. 'iiôS.) Le féminin était icele ;]
Je vos aim tant comme ma vie
Il n'a soz ciel icelc rien
Que no feisse à vostre bien. (Fahl. de S. G. f. i ''.,'
Icclui. [Uu latin eccc illi huic. Se rencontre
dans Froissarl.]
Icest. ''Du ialiu eccc istum. Cas régime de
ieist : » A Icest mol uni l'i'anceis escriel. " (Kol.
V. 1180.) — Le féminin est iceste : « Après icestc,
a allreavisiun sunjal. » (Id. v. 725.)]
Icez. rneg. plur. maso, de icist {ecce istos) :
" A ?Cfx- moz. » (lioland, v. 990.)]
Ici. [Adv. de lieu {ecce ibi) : » E, reis, amis que
« vus ici nen estes. » (I^ol. v. 1G97.) — Remarquez
la locution : « Tut cunquerral d'ici qu'en Orient. »
(Roi. V. 40!.)]
Icil. [Cas sujet du latin ecce ille : « fcil eri frère
« al rei Marsilium. » (Roi. v. 880.) — ■■ /t:z7 traiteur
« dont je vous cont espandirent ces nouvelles par
« le pais. » ;Mén. de Reims, § 317.)]
Icist. [Cas sujet de ecce islc : <■ Icest reis. »
(Roland, v. 33i3.)]
Iço. [Pron. rég. sing. neutre, du latin ecce hoc :
a /fo vus mandel'reis Marsilies. » (Roi. v. 125.)]
Iconomique, adj. Qui concerne la famille,
parlant des affaires : « Cellui est dit avoir charge
" monostique qui a gouvernement de soy seul, et
» r/roHO?»/'/«e est celui (lui a regard ;"i soy et à sa
« famille. « (Le Jouvence!, f. 3 •'.)
Idée. [« Et lor promet, en ses idées, Des oevres
« qu"il auront ovrées, Sauvement oudampnacion. »
(Rose, V. 17685.)]
Identité. [« La identité ou unité que il ont à
« leur parens, les fait estre ensemble come uns
« meisme. » (Oresm. Eth.251.)]
Ides. [Division du mois Romain : " Li treizis-
« mes u li quinzismes jors du mois est apelés ydes,
« et tout 11 jor qui sont des nones jusques as ydes
<■ sont denomé des ijdes. » (Compul, f. 2, xni° s.)]
Idiot, Ydiot. [Dépourvu d'intelligence : « Ydiot
« et non advenable en gouvernement du royaume. »
(Clir. de S. Denis, H, f.'liO.) — [» (Le moine) qui tous
« est soz et ijdiotes. » (G. de Coinsi, du Cierge.)]
Idoioe. [1" Apte, propre à (latin idoneus) :
« Messagiers sages et avisés et bien idoines et tail-
« liés de faire ce messaige. » (Proissarl, II, 40.) —
2" Qui a de la vertu, en parlant de reliques. On a
dit de Cbarles Vil et de ses officiers à la prise de
Bordeaux :
Et la l'arcUevesque et chanoines
Leur vindrent donner l'eaiio benyte
En portant reliques ydoi>ies. (V.dcCharlns Vil, II, I^?5.>
Idoineté. [Aptitude : « Lesdils abbé, religieus
o et couvent fussent tenus apporter et présenter
« caultions... de la suffisance et idoineté des des-
« sus dis présentez. » '1513, Usage de l'Abbaye de
Ferrières.) (L. G. de D.) — « Leur science monstre
" assez leur ydoineté. » (Histoire de la Toison d'Or,
folio lfi7.)]
Idolastre. [" Dieus hait avers (avares! les vilai-
« nastres Et les"^dampne comme idolastres. » (Rose,
V. 5268.)]
Idolâtrer, v. Adorer, au propre el au figuré :
Folles amours font les gens bestes,
Salmon en idulah-ia,
Sanson en perdit ses lunetes. [Villon, ji. 3Ô.J
Or et argent sont Dieux en terre...
Chascun les quiert, baise et acole
En ydolali-ant. [Desrh. f. 433 '.}
Idolâtrie. \« Idolâtrie vault autant comme
» mescreance. C'est cil qui en avoir met toute sa
« créance. Qui tant le croit et aime qu'ailleurs n'a
« sa beance. » (J. de Meu ng, Tesl. 1717.)]
Idole. [La forme la plus rmcienne est idle, écrit
ydele, dans la chanson de Roland :
Comparer puis assez a .11. ydolcs
Homme et Temme qui ont entendement :
S'ils n'ont amour ils ont pensées foies. (Descli. f. 104 ■'./
Expression :
« Idoles parlantes, » mailresses parlant d'amour.
(Des Ace. Bigarr. p. 106.)
Idonéité. [.aptitude : « L'idoneité dudil sup-
» pliant allestee par les dils prevosts, jurez et
« consaux. » ,Coust. Gén. II, 937.)]
Idropisie. [« Vn des convers as monies, ne le
" m'unl pas nommé. Oui mult esté grevé de grant
c< enferraelé E out d'idropisie le ventre mult
» enfié. » (Th. de Cant.O'i.)]
Idiinc. [Alors : « Idunc plurerent. » (Roland,
V. 3870.)]
leline. [Heaume : <• Ses esclus qui bien est
« claués Ne fust il mie mieulx froés Ne ses ielmes
« mieulx detrenchiés. " (Rob. le Diable, dans D. C,
sous Ilelmus.)']
leque. [Cavale : « En parlant desdiltes jumens
« ou ieques. « (JJ. 139, p. 163, an. 1408.)]
1er. [Hier, dans Roland, v. 2701.]
lereiit, lert. [Formes du futur, dans Roland,
V. 3286 et 517.]
lerloge. [Horloge : « Ki velt faire le maizon
« d'une ierloijc vesenl ci une que jo vi une fois. »
(Laborde, Emaux, 415)]
lestre. [Etre, origine : ■• Ke ellelemeisl en lieu
« el en iestre ke il peuust parler à madame
« Jehanne. » (Flore et Jeanne, 20.)]
level. [Egal : » Je vous feray aporter deus har-
« nas tous ievels, otels les uns comme les autres. •>
(Froiss. IX, 336.)]
If. [Arbre : « En Sarraguce descendent suz un
« if. » (Roland, v. 406.)]
lïeriial. [Infernal. (Aubri, v. 201.)]
Igal. [Egal, dans la Chron. des ducs de Norm.]
Igauce. [Egalité. (Ibid.)]
IL
— 79 -
IMA
Igaiiment. rEgalement : " Partir igaument. »
(Cous, de Pierre de Font. cli. 31, art. 21, p. 146.)]
Iglise. [Eglise : » Coustume est quant l'an doit
u faire la feste de la dédication d'une i(/lise,que
« l'an cortine lan et aorne. ■> (ms. S. Vict. Sermons
du xiv sit'cle.)]
Ignare. [Ignorant : « Piens le fruict des quatre
<■ eleinens soulz une espèce Iransmuable Qui est
« matière très notable Par philosophes desguisée
" Et des ignares peu prisée. » (.Nal. à falchim. i064.)]
Ignel. [Rapide, dans la Chronique des ducs de
Normandie et dans Renart, v. 893.]
Ignorable. Qui ignore : « Ignorable et desco-
« gnoissable des batailles de la mer. » (Chron. de
Nangis, ms. au. P283.)
Ignoramment. [Avec ignorance : « Tout ce
« qui fu fel ignoramment doit estre rapelé. et doi-
'< vent comencier novel plait. » (Bcaum. t. XX.\IX,
p. '■20.) — Dans l'roissart, t. III, 2.H9, il signifie avec
une feinte ignorance.]
Ignoi'aiice. [Au singulier, signifie 1" Sottise :
« Fur les petiz fist la restinclion, Qui monte à pou ;
« vez ci large ignorance. >< (Desch. Adm. de l' hôtel
du prince.) — 2° Négligence. (Froiss. t. IIJ, 40G.) —
3° Acte d'étourderie, au pluriel : " Lesmesfaiz delà
« meiejûvente e mes ignorances ne remembrer. »
[Lib. psalnior. 29.) — « En lui remonstrant les
« ijgnoranccs et mesusances, donl il estoit accusé. »
(Froiss. XIV, 201.)]
Ignorant. [« Celle multitude /j/HoraH^ et rude. »
(Dercheure, f. 13.)]
Ignorer, [1° Faire semblant de ne pas savoir :
« Et ignorèrent que il n'en savoient rien. » (Froiss.
t. II, p. 75.) — « Li rois d'Engleterre et ses consaus
'< ignoraient de toutes ces coses. » (Id.) — 2° Négli-
ger : « L'ordonnance qui prise estoit, li doi roi ne
« vodrent pas ignorer. » (Id. 111, 322.)]
Ignoticion. [Ignorance : « Mes pour ce que
" plait et riote et ignoticion des faits, de la vérité
« et de la saisine peussent neslre et estre eugen-
« drez ou temps à venir. » (JJ. 09, p. 133, an. 1327.)]
II. [1° Pron. pers. sujet, sing. masc. : « // est mis
" filz. » (Roland, v. 371C.)] — « Le commandèrent
« à Dieu, et // eux aussi. « (Joinville, page 105.)
[2° Pron. pers. sujet pi. masc. : « Einz que il moer-
« gcnt, se vendrunt multcher. « (Roland, 1090.)] —
« Chi commenche le 1" cliap. de che liv. qui parole
« de l'office as baillis, quel il doivent estre. »
(Beauman.) — [3° Pron. neutre, suj. sing. : « // est
" juget que nus les ocirum. » (Roland, v. 884.)] —
[4° Employé comme démonstratif, il signifie celui,
cela.] Parlant de la i-echerche de ceux qui ont du
sel en fraude et de leur punition : « Et il dedens
« huitjours. » (Ordonn. I, p. 007.) — [5° Au xiv s.,
on a dit il, ils pour le féminin : » Les choses sem-
« blent estre involontaires quand ilz sont faites par
« violence ou (juand il sont faites par ignorance. »
(Oresme, Eth. 47.)] —6° 11 se trouve quelquefois
placé après le verbe avec un pronom interposé :
« Amors de moy est vos il pitié prise. » (Poët.
av. 1300, II, p. 545.)
Expressions :
1» « // est qu'ayant fait alleulion, » ayant fait
attention. (Nouv. Coût. Gén. I, p. 105.)
2" » Que c'est il de vous, ' vous lui ressemblez.
3° « Il soit que, » ainsi soit que. (Desch. f. 413 ^)
i° <• Jly en a, » il en est. (Rob. Est. Gr. fr. p. 9.)
— [Au .XIV' siècle, pour les pronoms comme pour
les noms, le cas régime prend la place du cas sujet
et on dit ils pour il h la troisième personne du
pluriel.]
Illec, Iloec. [Là : « Guenes iloec ne voulsist
■< estre. « (Roland, v. 332.) — « Mult ot illuec grant
>■ pitié del pueple. » (Villehard. § 67.) — /Que
« Ginés vous illeuc, car levés sus. » (Aiol, v. 931.)]
Illégalité. [Désordre, violence : « Mal pourvoit
« à la rigueur des loix, qui donne loy à illégalité. »
(Charlier, l'Espérance, p. 353.)]
Illiberalité. Défaut de générosité : .. Selon
«I Aristote, libéralité est une verlu qui fait du bien
>< par pecuue, le contraire de laquelle est illibera-
« nié. « (Triomphe de la Noble Dame, f. 76.)
Illicite. [« .louer à jeux illicites. •• (Ménage,
t. II, p. 3.)]
Illider. [Rompre, enfreindre : « Pour laquelle
" clause et convenance illider et assorber. »
(JJ. 200, p. 6,481.)]
Illier, s. Côté, tlanc. [On appelle encore iles, en
anatomie, les parties latérales et inférieures du
bas-ventre.]
Quant li dame a mal en sen chief,
Se li convient par grant mescief
Aler jesir eus en sen Ut
Se li prcudom pour sen délit
Li tastone sen dextre illief
Nus ne s'en doit esnierveiller. {Poët. ou. i300, IV, 1330. j
[» Mais quant tenons par les illicrs ces nonains,
« ces convers, ces moines. » (Cliron. des ducs de
Norm. 111, p. 515.)]
Illnminateur. Qui répand la lumière. (Cotgr.)
Illuminalif. [« Chevalerie a verlu défensive
« par force ; clergîe a vertu illuminative par pru-
<' dence. » (Gerson, dans Dochez.)]
Illumination. [Vision : « Vision et illumina-
» lion sont faiz sodainnement. » (Oresme, dans
Meunier.)]
Illuminer. [Eclairer : « La lune est illuminée
« du soleil. — Un feu peut escliaufferel ///«)«»(<?/'. »
(Oresme, dans Meunier.)]
Illusion. [Moquerie : » Fait sûmes reproces à
« nos vcisius et illusiun. » (Lib. psalmor. 112.)]
Illusoire. [« En manière que les dits arrestz ne
« soient illusoires. » (Procès verbaux du conseil de
Régence de Charles VIII, p. 188.)]
Illustration. [Ce qui rend illuslre : « La
« défense et illuslration de la langue françoise. »
(Titre d'un ouvrage de Du Bellay.)]
Image. [1" Image des faux dieux. Dans Roland
IMA
— 80 —
IMM
et s. BeriKud, on ivou\e ymaijote prononcé iima-
gne, comme aneme se prononrail anme, : « Tûtes
« vos umagenes vos referai d"or lin. " (Roland,
V. ;i'(î»3.) — 'i' Slaluclk' de la vierjce, des saints:
« l'iie y)«rt.'/<' de s.iinl Loys à nii entablement et h
« une ùiilre de pcrrerie, ([ui lient son doit en une
« main et une pelile couronne en l'auti'e. •■ (N. G.
de l'Arg. p. 48.) — « Item une crois d'argent souro-
^ rée/à deux ijvnnjes en coslé, de N. D. et de saint
. Jolian. .. (Id. p. -W.)] — 3° l'orlrail :
Grave moy dans ton convir comme un ymiujc beau
Misnonnernent taillé dans le fonds d'un anneau.
K. IMIcaii. Pois. I. I, p. 109, V".
[4° MtHaphore : « Imarjc est ce (lue deus ou plu-
« sors diverses choses ont aucune semblance entre
« eles selonc les propriétés don cors et de la iialure,
a en cesle matière : cisl liom est plus liardi que
<■ lions, et cil autre coarscommelievres.» (Drunello
I^atini, Trésor, r>il.)]
ImîUjoric. [1° Art de l'imagier, du sculpteur en
bois ou'en pierre.] — 2" îlai'quelerie : « Un grand
" pm'tail l'aicl et entaillé ?i menue imagerie de mar-
« bre blanc et bis. » i.J. d'Auton, p. lllj.)
Imaçiette. Diminutif d'image. (Colgrave.) —
« Imagl'tc en bosse, » petite statue. (Monet.)
Imagier. [1° Sculpleur, ouvrier qui travaille
au ciseau : « Ouiconques veut estre yniagiers à
» Paris, ce est à savoir tailleres de crucillx, de
» mancbes à coutiaux. » (Liv. des Met. lT>Ti.]] —
2" Statuaire, aux Nuits de Slraparole, 11, 218.
Ininginnl. [Imaginatif : « Li dus d'Ango qui
■■ esloil sages et imaginaulx. » (Froiss. L\, -iiO.]
Imaginant. [Fin, habile : « Soubtieus et ima-
« ginan&. » (Froiss. 111,333.)]
Imaginatif. Ingénieux, intelligent. Froissarl
(liv. 1, 38ti; dit de Clfandos : <• 11 estoit bien si sage
« et imaglnalil' (\\\'\\ eust trouvé aucun moyen par
« quoy paix eust esté entre France et Angleterre. »
Imagination , s. 1° Déilexion : [« Il orenl
» la mainte imagination pour sçavoir se il rentre-
<' roienl en lor vaissaux. » (Froiss. II, C9.)] — « Ils
» apperçiirent (jue les lampiers, qui estoienl d'ar-
« geiiten esloient estes et considérèrent comment
« ce pooit avoir été fait et trouvèrent par ipnagina-
« lion que ce avoit esté fait tant comme l'en dis-
noit en cloistre. » (Du Gange, sous Ynuiginacio.)
— 2° Avis, en parlant du pape : <• Aprcs-disner, bien
" en secret, au comte de Genève, son frère, à mais-
» lie Pierre Gérard, et à moi, ouvri son iviagina-
tion, comenl il desiroil trop la pais entre le roy
« d'Arragon et M. le duc d'Anjou roi de Sicile. »
(llist. du duc d'Anjou, roi de Sicile, avant celle de
Gliarles VI, jiar l.e Laboureur, p. Ci.) — 3° Envie,
désir : » Leducde Beny, qui eut espousé madame
'• Jehanne d'Armignac, sa première femme trespas-
« sée de ce siècle, avoit grande imagivation et
« bien le monstra, que secondement il fusl marié. »
(Froiss. liv. III, p. SOO.) — A" Hésolution. Parlant de
Marie de France, religieuse à Poissy, qu'on vouloit
engager à quitter son couvent" pour épouser
Edouard, fils du duc de Bar : « Mais il ne fut onc-
« ques en leur puissance qu'elle y voulust consen-
« tir, et demeura ferme et stable en son imagina-
« tion. « (Juvenal des Ursins, Ilisl. de Charles YI,
page IC6.) — [5° Hésitation, appréhension : « Il ol
» pluiseurs imaginations pourtant que elle n'ooit
" nulles nouvelles de messire Amauri. » (Froiss.,
t. IV, p. 15.)]
Expressions:
1° « Venir en iniogination, » venir à l'idée : « Et
« vint en imagination au roy qu'il s'en iroit en
« Avignon. » (Froiss. V, 278.)
2" » Avoir imagination, « réfléchir : <■ Or ayje
« eu pluiseurs fois imagination sus Testât de
« proece. ■■ 'Id. Il, 10.)]
Imaginative. [Imagination : « J'oy à douze
« ans granl î/jHfl^/Hfl/à'f, Jusqu'à trente ans je ne
« cessiii d'apprendre. >• (Pescli., son éducation.)]
Imaginer. 1» Ecouler : « Lors me boutai un
« peu avant Plus près de li, pour mieulx imaginer
« son chant. ■• (Froiss., Poës. ms. 4.").) — [2' Exa-
miner, regarder : » De quoy, tout considéré et ima-
» giné les affaires, j'ay tiouvet en mon conseil
« que. » (Froiss. II, 300'.) — « Loeis d'Espagne ima-
« gina bien le fortrèce de le ville et vil bien que
" elle estoit prendable. " (Id. IV, 59.)]
imbécillité. [Faiblesse: « Que chascuns d'eulx
« fnsl langueureux par autrui imbécillité. >> (Ber-
cheure, f.22 K)]
Imitateur. [« Auti'emenl nous ne serions pas
«' Vrais imitateurs de ses pas. » (Alchim. à la
Nal. 814.)]
Immense. [« grâce et pitié très immense
» L'entrée de paix et la porte. » (Gh. d'Orléans,
d02<' Ballade.)]
Immérité. fSans mérite : « Personnes de petit
.. est;il et immérités. » (Oixl. Vïll, 4!)6,an. 1402.)]
Immisericoi'cic. Défaut de miséricorde.
(Triomphes de la Noble Dame, f. 271.)
Immîsericortliensement, adv. Impitoyable-
ment. (Oudin.)
Immisericordieux, adj. Gruel, qui est sans
pitié. (Gotgrave.)
Immobile. ri° Qui ne se meut pas : « De néant
« fit réalité, D'jh;?ho/;// mutabilité. « (J. de Meung,
Test. V, 381.) — 2" Immeuble : » Qui tient et pos-
" sède aucune chose immobile. » (1450, Cure de
Saint-Ay.)(L. G. de D.)]
ïmmol)iliaire. [« Les renies sont réelles et
« immobitiaires ; les arrérages personnels et mobi-
u liaires. » (Loysel, 500.)]
Immoble. [1" Qui ne se meut pas : « Toute
'• chose par nature ou de nature est immoble et
« immuable. » (Oresnie, Etli. 156.)] — 2° Immobi-
lier. Dubouchet, Gén. de Coligny, p. 58, an. 1208.)]
Immoderation. Garactèrede ce qui est immo-
déré. (Triomphes de la Noble Dame, f. 54.)
Immonde, adj. Impur : « Qui veut la cons-
LMP
81 —
IMP
« cience monde, il doit fuir le monde immonde. »
(Cotgrave.)
Iinniondicc. [■■ Qu'il n'i ait (dans l'eau) nul
" immondice. » (Brunet. Lat. Très. p. 173.) —
" D'ordures grans, de fians par monceaux, h'im-
» 7noniUces. » (Pesch. f. 350.)]
Iinmontlicité, s. Immondices: « Le capitaine
« Faustau de Peirouze, qui esloil dans Piance
« m'avoil dit, qu'il y avoit un trou à la muraille,
« du costé de là où je devois venir de Montalsin,
« qui estoil par là ou sortoient les immondicités ûe
« la ville. » (Montluc, 1, p. 584.)
Iiiiinortaliseur. Celui qui donne l'immorta-
lité : " Le translateur de l'Iphigenie à bon droit se
« moque des immortalisciirs d'eux mesmes qui
" arrogamment se promettent immortalité en si
« peu de chose que rien. » (Quint. Censeur,
page 213.)
Immortel. [•< Immortelles sont dites pour ce
" que la mémoire de ces œuvres ne doit jamais
. faillir. » iBercti. f. 12.)]
Immuer. [Changer : - Xe seroil le profit du roy
« hiunuer la nature' de forest pour metire icelle en
c. terre labourable. » (1537, Echange de l'Isle aux
neufs.) (L, C. de D.)]
Immunité. [Privilège, en vertu duquel aucun
agent de finance ou de justice royal ne pouvait
entrer dans les domaines ecclésiasiiques, pour y
faire ac(e d'autorité : •< Et se mit en immunité et
« franchise en l'église du Sépulcre à Paiis. >> (JJ. 71,
p. 138, an. 1389.)]
Iinmutcr. [Ciianger : » Pendant laquelle cause
« aucune chose ne doye estre immulêe ou innovée
» au préjudice des parties. >• (Arrêts du Parlement,
t. VIll, an. 1388.)]
Imparager. [Faire un mariage convenable,
dans la Coul. d'Anjou, art. 128 et 24'!.]
Impardonnable. [« Vous savez comment le
<• roi Charles de France traitoit secrètement devers
« les bonnes villes de Bretagne, afin qu'elles ne se
» voulsissent mie ouvrir ne recueillir les Anglois,
» et, là où ils le feroient, ils se forferoient el seroit
« ce forfait impardonnable. « (Froissart , éd.
Buclion, II, II, 70.) On croit à tort que Segrais a
créé ce mot.]
Impartable. Qui ne peut être partagé : » Si le
» père et la mère sont tous deux baslards et ayans
« enfans au jour de leurlrespas, parquoy ils soient
« impartabt'es au seigneur. » (Coût. Gén. I, 80G.)
Impartir, v. Donner, accorder; en parlant de
la mauvaise fortune :
Elle hiipui-liiil humilité. (V. de Chnrlex VU, I, p. 100. j
Impatiemment. [« Quant sédition cruelle qui
" moult despilement et impatiemment entre oit
« dissimulation. « (C.erson, Ilarengue au roi
Charles VI, 18.]
Impatience. [>• Adam par grant impatienee Et
« par foie inobedience Mordit le mors qui mort
» engendre. - (J. de Meung, Tr. 314.)]
Impatient. [■< De rien n'estoil impatient. »
(Machault, p. 101.)]
Impatroniser. Introduire comme une sorte de
patron, comme un maître : « Vray est que les
« empereurs naiant ni cœur, ni valeur, ni moyen
« pour le leur osier (le duché de Milan aux Sforza),
« furent contraints de leur laisser, et les en impa-
« troniser, pour le tenir à fov et hommage de l'em-
« pire. » (Brant. Cap. fr. I, 324.) — •■ Au temps que
- les François s impatroni&erent de cette Caule. »
(Pasquier, Rech. I, 9.)
Impedimie, Impedimier. [Epidémie, être
attaqué par l'épidémie : - Pour Vimpedimie eilii
« mortalité qui a esté et encores est en la ditle ville
« d'Arras et environ, ledit Baudet qui estoit et a
" eslé impédimié et prins de la bosse. » (.1.1. 155,
p. 583, an. 1400.)]
Impense. Dépense : « Doit estre remhourcé par
" cohéritiers des impenses utiles et nécessaires. »
(Coût. Gén. I, 40.)
Impenser. [Récompenser : >■ Pour impenser
« les bons et agréables services que Marole la
« Guyevre m'a faiz. » (J.J. 73, p. 287, an. 1333.)]
Impere. [Droit de haute et movenne justice :
■■ Mère et mixte impere. » (Froissaïf, t. VI, 310.) —
« Juridicions haute, basse el movenne, mixte et
« mère impere. » (Ord. V, 444, an.'l371.)]
Imperfection. [« Et qui seroit nuls Ki osast
« dire K'ele (la créature) por ceste imperfection ne
« duist venir à salveleit. .■ (S. Bern. p. 544.)]
Impérial. Clerc ayant étudiéen Italie, où l'uni-
versité de Bologne renouvela le droil romain :
Que dient li juge roial ?
Que justice n'a lois ne dis,
Que dient clerc impérial ?
Que li empires est laidis. (Dcscli. /. 385.)
L'Italie, au xiv" s., dépendait nominalement de
l'empire d'Allemagne.
Imperice. [Manque d'habileté : • Lequel ven-
" deur de triade (thériaque) n'estoit (|u'un broul-
" leur, et ne se congnoissoit au fait de cirurgie...
■> Pour V imperice et non saichanee duditCasliîle. »
;.l.l. 1G(J, p. 110, an. 1411.)]
Imperier. Commander, dans Brant. Cap. fr. III,
p. 193. — On lit imperer, dans la Marg. des Marg.
t. I, fol. 79 \
Impérieux. [.. La rigueur de nécessité ne souf-
« Ire pas de répugnance, tant est son effort impe-
« ricnx. » l'A. Chartier, dans Dochez.)]
Imperiosité. Empire : » La femme a pris telle
« imperiosité sur luy, s'appuyant el se fortifiant
« sur sa pudicité, qu'il faut que le mary passe par
" sa sentence. » (Brant. Dames gai. I, 223.)
Imperscrutable. Qui ne peut être scruté :
« Secveisimpcrscrutables. » (Le prince de Machia-
vel, p. 0.)
11
IMP
- 82 —
IMP
1 m Personal, [rnipersoniiel, en parlant des
verbes : - Alquaut diseient bien, phiisur diseienl
. mal, Li alquant en latin, tel ben, tel anomal, Tel
« qui fisl personel del veibc impenonal. » (Th. de
Canl. 55.)]
Inipoi'siiasible. Oui ne peut être persuadé :
. gens Icsius de dur cervel obstinez et impersua-
« siblcs. » llist. de la Toison d'Or, II, li5.)
Inipertinacité. [Candeur, franchise : « Nous
■< en resart à la simplesse. impertinacité. » (Ord.
t. VI, 05i, an. 1382.)]
Impertinence. Intempéries : « Subtilisoit
« mille delaiz, subterfuges et exoines, sans donner
« le consentement réciproque au mariage, ainsi
« que le devoir l'obligeoil, ains s'armoil de mille
. excuses, fondées ou sur la sainctelé des jours ou
. sur V impertinence du temps. » (53'arr. d"amour,
page 482.)
Impertinent. [Qui ne tient pas au sujet :
« Item la forme d"y respondie ou croire ou non
« croire, en nee;atif, ousupposilifou impertinent. »
(Bout. Som. Rur. liv. II, lit. 2.)]
Impétition. TAltaque : " Absous ûesimpéti-
« dons... que lui^faisoit. » (1432, Gros-Marché de
.lanville.; (L. G. de D.)]
Impetracion. Action d'obtenir. (Desch. f. 526.)
— [« VonrV imjietracion âes lettres de monseigneur
« le duc d'Orliens. » il395, Chaussées d'Orléans.)
(L. C. deD.)]
Inipetrer. [Obtenir : « Et absolution vous irai
" impelrcr De irestous vos péchez de tuer et d'em-
• bler. » (Cuvelier, v. 7287.)]
Impétueux. [•> Mors est si impétueuse Et si
• haslive qu'ele sonne Assez souvent compile à
• nonne. » (G. de Coinsi, dans Dochez.)
Impétuosité. [« L'utilité pourquoi les artères
« montent (au cerveau) est que \'i>npetuosité du
<" sanc d'elles soit refrénée par leur montement. »
(De Mondeville, f. 14 ".)]
Impieté. [« Et à nos impiété::, tu seras propi-
« cius. " (Lib. psalmor. p. 82.)]
Impitié. [Dénaturé: » A ce raison et nature et
« pilie nalureley esmeuvent et doivent esmouvoir;
" elqui ne le seroit />h;»î?c et injuste. » (JJ. 110,
p. 12'J, an. 1379.)]
Importable. [Insupportaljle : « Injurier de
« villaines et importables paroles. » (.IJ. It7, p. 00,
an. 13G(i.)]
Importance. [« Pierre, vecy Jean de Vy qui
« nous veult dire quelque chose d'importance. »
Cliastelain, II, .3.)]
Imposer. [1° Ordonner: « Imposant, sur ce,
a silence perpétuel à nostre procureur. » (Lett. de
liémiss. Bibl. des Ch. 5' sér. 1, 82.) — 2° Accuser,
charger quelqu'un : « Et tout ce qu'on lui imposait
« n'estoit que par envies et haines particulières. »
(Juv. des Ursins, an. 1404.) — « Et leur imposoit
« ([u'ils avoienlesté negligens. " (1389. Assises de
Montargis ; L. C. de D.)]
Impositeur. [Percepteur d'impôt: « Sans ce
« que ledit de Louvres feust onques du conflict, ne
« de l'assemblée des maillés, à tuer ne rober impo-
« siteurs ne juifs. >> (.M. 123, p. 235, an. 1383.) Voir
encore Fi'oiss. V, 350.]
Imposition. [Impôt: " Encore y a chose qui
" m'est po belle", C'est maletote, et subside, et
« gabelle, Flebemonuoie et imposition, Et du pape
" la Visitation. >> (Machault, p. 89.) — « Longue et
« grande chose seroit de raconter les biens qu'on
« y voit, mesmement quant si peu de chose comme
« esloit Vimposicion des chappeaux de rose et du
" cresson valoit au roy dix mille francs l'an. »
(Guillebert de Metz, Descript. de Paris, dans l'Hist.
lilt. de la France, XXIV, 012.)]
Impossibilité. [« Tu te dois garder des livres
" et des romans qui sont remplis de bourdes et qui
« auraient le lisant souvent à impossibilité, h folie,
« vanité et pechié. » (Hist. litt. de la Fr. XXIV, 224.)]
Impossible, adj. « S'adresse vers la plus grant
« huée, là ou le chevalier au grilïon faisoit droit
" impossible d'armes. » (Percef.I, 140.)
Impost. [Impôt: « Impos et collectes que on
« impose sur icelui peuple. » (Bibl. des Chartes,
6- série, II, 143.)]
Impotence. [Etat de celui qui est impotent :
« Après s'en va sans escuier ; Mes por ses membres
<■ apuier Ot ausinc cum par im/iotenee De tra'isun
« une potence (béquille). » {Rose, v. 12295.) —
« Nous avons ordonné que le prieur et la prieuse
« de riloslel Dieu de Compiegne, qui sont à présent,
« demeureront en leur eslat toute leur vie sans
« estre ostez, se ce n'estoit par impotence de corps
« ou par maie administration. » (Arrêt du Pari.
t. IV, an. 1337.)]
Impotent. [Privé de l'usage d'un membre : « Il
« fait enquérir diligemment ou il y ait povresmes-
« naigeis, vieulx et impotens. » (Boucic. IV, 2."!]
Impourter. [Emporter : « Et se il li plaitdepar-
« tir, il s'en puent départir par le congié de nostre
« justice, et //«/*o(/rf<?>" avec lui ses bîens. » (Ord.
IV, 299, an. 1354.)]
Impourveu. [Dépourvu: • Comme le suppliant
« impourveu de conseil eust appelle en nostre
>■ cour de parlement. •> (Arrêts, t. VI, an. 1370.)]
Impreciable. [Inestimable, dans Rabelais, pro-
logue du livre 1".)]
Imprelation. [Collation d'une prélature, d'un
évêché, dans Froiss. VII, 233.]
Imprenable. [« Il sentoit son cbastel fort et
« imprenable. » (Froiss. éd. Buchon, II, 111, 90.)]
Imprescriptible. [Qui n'est pas susceptible
de prescription: » Le domaine de la couronne
« de France est inaliénable et imprescriptible. »
(Loysel, page 0.)]
Impresser. [Empreindre: - Le suppliant im-
IMP
— 83
INC
« pressa en pain tendre icellui martel et fleur de
" liz. « (JJ. 200, p. 247, an. 1479.)]
Impression. [1° Contrainte: « Par impression
« et non de nostre franche volunté. •■ (Ord. t. III,
p. 348.) — 2° Oppression : « Pour les impressions
» qu'il (les çrands seigneurs^ font sus le commun
» peuple. » (Froiss. Vl, 203.)]
Iniprcssure. [.Maniue, empreinte: « Tmpeda-
« tura, imiiressiire âe \né. ou mesure, ou trace de
« pié. " (GIoss. du fonds S. Germain )]
Imprimé. Fabriqué: « Un duc nouvellement
« imprimé. » (Sully, Mém. X, 403.)
Impropice. Défavorable : « Et en après voy
" l'autre cas Oui leur est dur et impropice. » (Descli.
folio 552'.)
Improveu, adj. Imprévu. (Faifen, p. 85.)
Improvidence, s. Imprudence. (Essais de
Mont. II, p. 525.)
Improvis (à 1'). Subitement, au dépourvu.
(L'Amant ressuscité, p. 201 ; M. de S. Gelais, 187.)
Improviste (l)allet à V). C'est un ballet qui
fut dansé pnr Louis XIV, le 12 février 1G8G. (Voy.
lieauchamps, Pech. des Tliéût. III, p. 112.)
ïmpudentement, adv . Impudemment. (liab.
(. 111, p. 250.)
Impudicité. [Vice contraire à la pudicité:
<■ Comme Jehanne femme de Pliilippot de Calan,
'■ pour son petit gouvernement et impudicité.... lu
» emmurée. » (.I.L 170, p. 331, an. liii.)]
Impiignance, s. Attaque, insulte. (Cotgr., Oud.)
Impngnaleur, s. Qui attaque, qui insulte.
(Cotgr., Oudin.)
Impugnation, s. Attaque , assaut. (Cotgrave,
Monet.)
ïmpugner. v. 1° Combattre de paroles ou de
fait. (Voy. Oïd. III, p. 000; Cotgrave, Oudin.) —
2° Imputer: « A ce que ou temps advenir, ne luy
« fust impitgné aucun crime. » (Monstr. III, 10''.)"
Impuissance, s. Pauvreté. (Ord. III, p. 188.) '
Impuissant. « L'héritier impuissant est celui
" qui n'est pas en âge d'aliéner ou qui a quelque
" autre empeschement qui lui oste la mesme fa-
•< culte, » (Xouv. Coût. Cén. 11, p. 138.)
Impulser, v. Provoquer. (Oudin.)
Impulseur, adj. Qui excite, instigateur. 'Cot'ir.,
Oudin.) " '
Impulsif, adj. Qui pousse. Il se joint ordinaire-
ment au mot « mouvement. » (Oudin.)
Impunément, flf/y. « Impunément icy je dirai
" mon martyre. » (Amadis Jamin, p. '■IHG.) ~ Impu-
nément est une corruption de impuniemenl, donné
par Cotgrave.
Impunissements. On appelle ainsi, en Breta-
gne, ce qu'on nomme blâmes dans les auti'es Coût,
en matières féodales. (Voy. les Quest. sur les Matiè-
res féod. de la Coût, de Bret., par M. Hérier, cité
dans le Journ. des Sav., août 1737, p. 1507.)
Impurlté, s. Pour impureté. (Cotgr.)
Imputable, adj. Qu'on peut imputer. Parlant
de faute ou de crime. (Xouv. Coût. Gén. p. 90 ^)
Imputer. [1° Attribuer :» Madame, je te prie
« que tu ne vueilles imputer à moy ce dont je suis
» contraint de faire. » (Ménagier, I, G.) — 2° Accu-
ser de débauche : ■■ Icellui Michiel dist au suppliant
<• qu'il venoit de veoir la femme deDenysdu Tertre
« et que certainement il le imputerait à office lui
« et la dite femme. » (.IJ. 144, p. 85, an. 1392.)]
Inaccointable. De difficile accès. (Cotgr.)
Inaccostable. [Même sens : « Hargneux , et
« melancholiques, inaccostables. » (Cholières, Con-
tes, II. p. 219.)]
Inaceoustumance. Défaut d'habitude. fMonet.)
Inaecoustumé. Inusité. (Cotgr.)
Inadmissible. [« Et pour ce que les excusa-
" lions qu'il avoit envoyées de non y venir furent
« declairées inadmissibles et non recepvables. ■>
(Bibl. des Chartes, 4' série, II, 557, xv» siècle.)]
Inadvertamment, adv. Par inadvertance.
« Je corrigerois bien une erreur accidenlale de
« quoy je suis plein, ainsi que je cours inadver-
« temment. » (Ess. de Mont. III, p. 159.)
Inadvorti. [Imprudent: » El pour ce que tous-
« jours elle (Alips) perseveroil à dancer, icelle
« Kalerine inadverlie et non souvenant duditasseu-
« rement la fery de la main. » (.1.1. 100, p. 321,
an. 1400.)]
Inagreable, adj. Désagréable. (Descb. f. 84 •.)
Incaguer. [Délier: « Si, sans vous peiner, vous
« n'eussiez incagué toute la mantifiuo compagnie
« des astrologues. » (Cholières, II, 295.)]
Incambré. [Ressortissant ù une juridiction:
« Pour ce que Cambray est ineamln'é à l'empereur
« et es tei'res de l'Empire. - (Froiss. II, 408.)]
Incantation. [Emploi de paroles magiques:
« Elle misl à GadilTer son fils ung anel ou doit, qui
« esloit de telle vertu que nulle incantation ne
« nulz mauvais esperitz ne le pouvoient décevoir. »
(Percef. Il, fol. 138.)]
încanter. [Vendre à l'encan, (llist. de Nimes,
Preuves, Ht, 32i, an. 1374.)]
Incarcéré. Emprisonné, dansBrant. Cap. Estr.
t. 1, p. 40.
Inearnadin. Parlant d'un seigneur qui devient
jaloux de sa femme : - Voyant ce gentil-homme
« dans la chambre de la reyne porter au bras un
« ruban /HtYO'Hrtrf/H d'Espagne, qu'on avoit apporté
« par belle nouvaulé à la cour et l'ayant tasté et
« manié en causant avec lui, alla trouver sa femme
« qui en avoit un tout pareil et de la même pièce. ><
(Brantôme, Dames Cal. I, p. 1.53.)
Incarnai. « Couleur, moult belle et gave; elle
« approche fort du rouge : mais elle est un peu
INC
INC
.. plus cliargée el Irait fort sur le blanc. L'incarnai
. eu lleurs ressemble moult fort à la rose, à la
• girodée. Cesle couleur est composée d'un peu de
« blanc. » (Sicile, Blason des Couleurs, p. '28''.)
liu-arnat. [- Deux pièces de boys, Tune d'ebene
.. noir, rauslre de bresil incarnat. » (Rab. Panlagr.
t. 11, p. !!».)]
liicaruatif. Incarnat. îColgr.)
Incarnation, s. Action de Josus-Clirisl prenant
chair: « Uuaiit li incarnalions eut mil n". xxxu
. ans. » (l)ucliesne, Gén. de Béthune, p. 109.)
Incarné. Devenu chair en parlant de la Divi-
nité. (.Vleclor, lioman, p. 54'.)
Incentler. [Brûler: » Jehan Morel menaçoit de
« incender et embraser en feu et en tlambe icellui
.. hoslel. » (JJ. 175, p. 310, an. 143i.)]
Incessamment. [Continuellement: « Les bons
« et agréables services que ledit Jaques nous a faiz
.. et fait de jour en jour incessamment. •• (Lettres
de Charles V, Bibl. des Chartes, 'r série, 111, 4'2'i.)]
1. Inceste. Incestueux : « Aucune aussi, ?"«ces<e
. en leur fait. - (Desch. fol. 300.)
2. Inceste. [Conjonction illicite: <■ Herodes
» Anlipas n'eust pas d'ecolé saint Jehan Baptiste, se
a le disner (lu'il llst n'eust esté si plein de gloton-
. ineel à' inceste. » (J. de Vign;iy, Escliecs morali-
ses, folio 18.;]
Inceste, rtfO'. Souillé. ■■ Faust-il que vostre lict
« conjugal. soit (Ha's/t', etconlaminé par moinerie. »
(Rabelais, 111, p. 239.)
Incidence. rCause,circonslance: « Toulliomme
« qui demande ù estre preus, doit regarder à la vie
.. des ancyens, coment ne par quel incidence il y
« sont venu. » (Froiss. 11, fi.]
Incident. [Même sens: « Leur guerre leur est
» plus belle sur les François quelle ne soit sur les
.< Anglois; c'est l'un des plus principauls incidens
« qui' les y encline. » (Froiss. XI, 229.)]
Incircnité. [Enceinte: « Au dedans duquel
« //ic/rc/(/i(', je ai droit de chastellenie.... » (liOi.
Aveu de Châteauvieux ; L. C. de D.)]
Incii'cumsci-iptible. [Qui nepeut élrelimité :
« A laloange detoysouverainepuissanceetdignelé
.. incircnmscriplible. « (Chr. de Pisan, prologue de
rilisloirede Charles V.)]
Incitation. [Action d'inciter: « La souveraineté
« de telles choses mouvoil el venoit par les incita-
« /(0)is des oncles du rov et le gênerai conseil du
« pays. » (Froiss. éd. Buchon, H, 111, 74.^]
Inciter. 'Exciter: » Pour les bonnes gens iH(;/-
/^î- A bonnes œuvres, non pas faintes. » 'Mart. de
S. Etienne, xiv siècle.)]
Incivil, Incivilement. [Injuste, injustement:
» Disoient en oultre que ledit mandement estoit
« incivil et incivilement donné. ■■ (Du Cange, 111,
790', an. li«2.)]
Incliner. [1° Saluer (voir ENci.iNF.ii' : « Il vint
« avant et inclina le roy. » (Froissart, t. V, 248.) —
2° Condescendre : « Et convient bien que uns rois
« qui est lors sires, se ordonne apriès euls et
« s'r»r///f(' à moult de lors volenlés. » (Id. 11, 17.)]
Inclite, adj. Célèbre, illustre : « Les princes et
« communautez de cette inclite nation. » (Mathieu
de Coucy, llist. de Charles Vil, p. 717.)
Incliter. [Accorder privilèges qui illustrent :
« Les voulant aussy libéralement incliter en cette
« occasion. >■ (1031, Privilèges des bouchers de
Beaugenci., (L. C. de D.)]
Incollumité. [Santé : « Afin de recouvrer et
« avoir incollumité et plaine santé de leur mala-
« die. » (JJ. 115, p. 154, an. 1379.)]
Inconimelin. [On lit dans une charte de 1323,
de la Chambre des Comptes de Lille : « Item et au
« cas où on melïeroit sur la personne du comte ou
« de SCS enfans,... laquelle chose nous déclarons
« estre entendue des incommelins en telle manière
« que de tout le droit de nous. »]
Incommoder. [» Les Anglois incommodoicnl
<■ fort les François sur mer. » (Juvenal des L'rsins,
dans Docliez.)]
Incomparable. [« [Les Français] boulèrent le
« feu en plusieurs maisons, et aussi en l'église
« saint Akaire el en l'abbaye, el y firent dommage
« incomparable. » (Monstr. 11, 149.)]
Incomparé. Qui n'est point comparé à un
autre objet : « Ta grande beauté qui est incompa-
. rce. .. (Tri.de la Noble Dame, f. 132.)
Incompatible. [» Ces deux princes (Louis XI
« et Charles le Téméraire) avoient conditions et
« meurs incompatibles, et volontés toutes discor-
« danles. » (Chaslelain, dans Dochez.)]
Incongnoissance. Ingratitude :
Congnoiisance face devoir ;
C'est ce qui le bon cuer attrait
Pour faire tous biens apparoir
Maugré quincotujnoisscincc en ail. {Desch. f. 441.)
Incongruité. [Inconvenance, faute : « 11 fai-
« soit mille fautes et incongruités ; tantost il frap-
« poit à costé, tantost à travers. » (Eulrap. ch. X,
folio 49.1]
Inconsideration. Défaut d'allention : •■ Je
» blasme vostre inconsideration à vous jeller aux
« périls sans besoin. » (Sully, Mém. IV, 159.)
Incontent. [Mécontent : « Lequel Grasset
« Hico^ic»/ de la response dudil Bayol. ■> (JJ. 185,
p. 1,V2, an. Ii51 )]
Incontinence. [Vice opposé à la continence :
« Moull blasment nos incontinences Xos outrages
<• et nostre orgueil. » (G. de Coinsi, dans Dochez.)]
Incontre (à T). [Encontre (à 1') : « Deux mille
« hommes d'armes et cini] cens arbaleslriers que il
« menoil en France, du commandement du roy, à
.' Vinconirc du duc de Lancastre. » ill. de Nîmes,
Preuves, 11, 0.)]
Inconvenable. Non convenable : « Je n'ose-
« roye escrire les horribles faits inconvcnables
IND
— 85 -
IND
« qu'ils (les Jacques) faisoienl aux dames. » (Froiss.
liv. 1, p. 208.) — ['< Besle qui ail jambe brisiée, ou
« qui soil deshonorable ou incuiivcnable à vendre. «
(Ord. VI, 008, an. 1381.)]
Inconvénient. [1° Dommage , affront :
• Englès ne se pueenl longuement tenir ne souffrir
« de un inconvénient quant on lor fait. » (Froiss.,
liv. Il, 23.) — 2" Malheur, désastre : ■ Le mettre à
« coron de tous ses inconveniens. » (Id. 11, 311.)]
Inconvenienter. [Incommoder , estropier :
« Le suppliant sans qu'il eust mespriiis, ne ([ue
« icellui Ysamberl cust esté ou feusl inconve-
« nienté. » (JJ. 19i, p. 352, an. 1571.)— ■ Lesquelz
« compaignons eussent tué le suppliant ou aulre-
« men\. inconvenienlé de sa personne. ■> (.1.1. 195,
p. 1522, an. 1475.)]
Incorporel". Pénétrer, an llguré : " Et liens
" que l'empereur n'y fera point de resolution sans
" me ouyr, puisque suis icy, et m'elforceray si bien
« le ù(CO('po)'<?r des matières, (|ue loul ira bien. »
(Lett. de Louis Xll, IV, SCw.)
Incoupable. Innocent : « Si suis-je aussi inno-
" cent et aussi incoupable de la faute, s'il y en a,
« que si je n'eusse jamais esté du monde. » (Mont-
luc, Mém. 11, 393.) — [- Le suppliant ((ui de toute
« Irayson se senloit et se sent incoulpahle. »
(JJ. Î)G, p. 323, an. 1304.)]
Inconrs. [Conllscation : « A mestre Germain
« est renouvelé l'oflice et la procuration des
" incours de beresie en la seueschaucie de Tbou-
« louse et d'Albejois. >• (,Ch. des Comptes, an. 132!,
dans D. G. 111, 800 '■.)]
Incrédule. « Il est incrédule et a erré contre la
« loy, longtemps a et n'a de foy ne que un vieil
« cliien. "'(Ménard, Duguescl. p. 108.)
Increper. [BUàmer : « Le suppliant cl Gauteron
« commancerent à blasmer et incveiicr par doulce
<■ manière icellui Dontemie. >< (JJ. 101», page 2'<8,
an. 1410.)]
Incroyablement. D'une manièi'e incroyable :
« Le lieu oii une des sibylles autrefois enseigna à
« un empereur qu'il y avoit un souverain uiaistre
« qui esloil incroyablement plus ([uc liiy. ■■ (André
de la Vigne, Voyage à >'aples de Gliarles VIII, 123.)
Incultiver. Laisser inculle : « En \\c\i\inculti-
« vés qui sont en chaulmes, en fruicbes et brueres
« et buissons, n'y a el n'y eucliet point île prises de
« besles. » (La Thaumass. Gousl. du Iserry, p. 307.)
— On lit incultiver, aux Ord. Il, 495.
Incuriosité. Insouciance : « Une dame négli-
" gée en ses ajustements monstrant pourtant avec
« son incuriosité une grande beauté. » (Brant(jme,
Dames gai. II, 155.)
Inde. [Couleur d'azur : ■■ De colors i a cent
« paire; D'erbes de dois indrs et perses, El de
« maintes colors diverses. " (Rose, v. 03.) — ■■ Li
« giron bleu et vert furent el inde. » (Aiol, v. 2010.)]
Indemne. Indemnisé : ■■ En baillant caution
« par le dit retrayeur, de rendre indemne le pre-
« mier acheteur. » (Coût. Gén. I, 401.)
Indemner. Indemniser. (Coust. Gén. 11,251.)
Indicion, Indiction. [1° Terme de chronolo-
gie. Période de quinze années, en usage dans les
bulles pontificales : » A eou esl bone li indictions,
« que uns privilèges de l'aposlole n'est pas bons, se
« li indielions u il esl donnés n'i est escrite. »
(Compul du xm- s. B. N. fr. 79-29, f. II.)] - 2" Impo-
sition, taille : « Au roy seul et pour le tout appar-
« tient de octroyer nouvelles i)i.dictions generaulx
« sus villes et sus pais. » (Ord. t. V, 480, an. 1372.)
— « ^ous avons entendus, n'agaires, que plusieurs
« seigneurs par leur indicion volontaire ou aulre-
« ment... se sont efforcés el efforcent de exiger, de
« prendre, lever el cuillir plusieurs subsides. »
(Ord. V, 89.)
Indicte. [Annoncé, déclaré, marqué : " Auquel
« a été enjoint de bailler aveu el dénombrement
" dedens le lems el aus peines indictes par la cous-
« tume. » (Sans date, Foi du fief de Volraut )
(L. C. de D.)]
Indiffèrent. Indécis : « Quant le chevalier eut
■■ ouy les parlers de la damoiselle, il fut si indiffe-
» rent qu'il ne sceul le quel faire, ou suyr sa voie,
« ou aller avec la damoiselle. » (Percef. V, f. 80 )
ludifjence. Pauvreté : « Cbeoir les voy en
" /«(//(ycHce Et leurs terres estre vendues. » (Desch.
Miroir du Mariage.) — [« El par la povrelé douteuse,
« Il parle de la souffreteuse Que nous appelons
« indigence. " (Rose, v. 8222.)]
Indigent. Pauvre : « La despense ne soit tenue
« Si grande com ta revenue Pour double d'aucun
« accident ; Car lor seroies indigent Si la despense
« estoil pareille revenue. » (Descli., Miroir du
.Mariage.)
Indignation. [1° Haine : « Estre en l'indigna-
" lion de ([uelqu'un. » (FroissarL t. IX, 423.) —
2" Colère : » Et se aucuns avoil presumplion de ce
» alempler, il sache qu'il encourroit le indignation
« du Dieu tout puissant. » (Tailliar, Recueil, 501.)
— 3" Mépris : « Ledit Pierre l'avoit occis ou fait
occire, à cause de laditte indignation et mespri-
« sance. » (JJ. 110, p. 57, an. 1370.)]
Indigner. [1° Braver : « Icellui bastard se misl
« à garant ou pourpris des frères meneurs à Lille,
'< ouquel lieu en indignant justice et les amisdudit
" moi't, se monslroit oi'gueilleusement. » (JJ. 97,
page 90, an. 1300.) — 2" Mépriser : « Item que ledit
" Pierre avoit ja pieça une femme, appelle Guilla,
" laquelle il n'aimoil point, ains la indignoil moult
« et raesprisoit. » (.IJ. 110, p. 57, an. 1370.)]
Indire. [Doubler une imposition féodale, ;i pro-
pos d'aide aux quatre cas ; M'"'deSévigné l'emploie
dans une letlre du 25 août 1077; dans un sens plus
général, imposer : - Maistre Pierre Bayer donna
" conseil de faire, indire et mettre sus le peuple
« plusieurs et divers subsides. » (.IJ. 140, pai;e 223,
an. 1389.)]
IND
«(i
INF
Indiscret. rProvoqué par imprudence, pnr
folie : ■• Commeiil, sur la fin de ses jours, il ol ù
• faire par n(r//,sc)r/sel merveillonsincidensqui liiy
. surviiidreiil. » (Froissart, t. Xil, p. lt>3.)]
IndiscJis. r.Non discuté : ^' El linalemeiit on ne
« sceiil que colicliirre, et demenra la nialiere indis-
- eusse. » (.luvenaldes Ursins, Cliarles VI, p. 131). )J
Iiulispos. Qui n'est pas dispos : « 11 est trop
. certain qu'il faut autre régime cl manière de
. vivre à un corps malade et imlispns qu'à un
« homme bon et sain. » (Machiavel, Discours sur
Tile-Live, p. 108.)
Individiiô. Indivisible; épilhèle de la Sainte-
Trinilé. dans Hu Plessis, Histoire de Meaux, p. C>-2,
an. 1 175.
Indocile. « Nous appelons les gens indocles et
« sans esprit, grandes oreilles et grands asnes, ii
« cause que les asnes qui ont les oreilles longues
» sont fort indociles. » (Bouchet, Serées, II, p. -10.)
Indocte. Voir le précédent et Cotgrave.
Indolent. Insensible : « Si les afflictions du
« monde, si mesme les funérailles de ses propres
« enfans sont venues pour troubler son conlente-
« ment, elles l'ont esniu îi la proportion d'un bon
« naturel qui ne peut eslre indolent en chose si
« sensible. » (Sully, Mémoires, t. IV, p. '288.)
Indorniable. ["Ou'on ne peut endormir, au
Gloss. 708 '(, sous In^ojwmbilis.]
ïndi'oitnrc. Absence de droiture : » Ton indroi-
« lure et ta grande injuslice. » (Triomphes de la
Noble Dame, f. 300.)
Indu. [« Non mie pour leur faire extortion ne
« grief... ne les tenir en i;u/»f subjection. » (Bou-
cicaut, vol. II, p. 9.)]
1. Induce, s. 1° Délai en général : « Avoir me
« convient indurés pour mieulx déclairer ce que
« j'ay ouy et entendu. » (Percefor. IV, fol. 75 .j —
"2" Délai accordé aux créanciers : « Moyennant que
« le dit arresté confesse le deu, il y aura quinze
jours A'indiice, pour payer. « (N. C. G. I, p. 300 ''.)
— 3° Temps accordé à une garnison pour évacuer
une place : « Rendy la place et le mist en l'obeis-
« sauce du roy d'Angleterre, moyennant les vies
« sauves, corps et biens de luy, et de tous ses gens,
« et eut trois jours ù'indnices pour les vuidier. »
(.1. Le Fevre de S. Bemy, II. de Charles YI, p. 125.)
2. Induce. [Instigation : « .lean Fourquié estoit
« marié h une jeune femme... Nicole Mcnard pres-
« tre par ses fausses indiices et mondions avoit
« seduil laditte femme. » (.1.1. 138, p. 223, an. 1389.)]
Inducieux. [Tentateur, perfide : « En laquelle
« liostellerie après que le suppliant se fui logié...
« par inducieiises paroles eusl menée en une esta-
« ble icelle flUelte. ■■ (.1.1. Uii, p. 20.5, an. lilO.)]
Indnctif. Oui induit à : « On dit que les femmes
<■ sont fragiles, muables, deceptives et inductives
« à mal. » (Triomphe de la Noble Dame, f. 201.)
Induenient. [« Remist arrière la ville de
« Gavres <\\i' i ndnement il tenoit. » (Froissart, éd.
Duchon, II, III, p. 94.)]
Induire, v. 1° Introduire: «Aucunes personnes
« chargées de plusieurs deptes et promesses de
» garand, chargent frauduleusement leurs biens
« par deniers ou renies au proufit des esirangers
« et font induire tels esirangers dans iceux biens. »
(N. C. G. t. I. p. \'MÇ, '■.) - 2° Exciter, engager à.
Parlant de l'évéque de Valence et du duc de Bour-
gogne : « I.'amonesta et induit à certes qu'il vaul-
« sist aller devers le dauphin. » (.1. Le Fevre de
S. Remy, Ilisl. de Charles VI, p. 137.) — Parlant des
Génois et du pape : « L'induisirent qu'il se consen-
" tisl de faire ce que dit est. •> (Juvenal des Ursins,
Ilist. de Charles VI, p. 171.)
Ex[)ressions :
1° " Induire gvanô amour, » faire paraître beau-
coup d'amour : « Firent les deux ducs au duc de
« Bretaigne bonne chère el ijiduisirent fjrani
« anioui'. " (Froiss. liv. 111, p. 308.)
2° « Induire le cas d'une loi à une autre » 'Cotgr.)
Tirer l'application d'une loi d'une autre qu'on lui
compare.
Induit. [Enseigné : « Car bien estoient induits
« el nourris pour ce savoir faire. » (Froissart,
t. XVI, p. 84.)]
Industrieux. « Sont reputez fruiclz indus-
« trieux les fruicts pendans en vignes et les bleds
« estans semez es terres. • (Coût. Gén. t. I, p. -418.)
Infâme. 1° Diffamé : « El personnes de touz
« mestiers sont tuit fraint par beauté de femme ; Et
« maint en ont esté infâme. » (Desch. Miroir du
Mariage.) — [2" Déshonneur : « Quiconques est ou
« sera banny de Tournay... pour vilain cas criminel
« portant perpétuel infâme. » (Ordonn. t. V, 377,
an. 1370.)]
Infamement. [Avec infamie : » Ce voyant les
« supplians que à tort, sans cause el contre raison
« ils estoient ainsi infamement injuriés. » (.1.1. 20.5,
p. 105, an. 1 478,)]
Infamiei*. [Déshonorer : " Lesquels serviteurs
» eussent peu tuer et eslrangler ou infamier tou-
« tes les religieuses el femmes qui estoient dedens
« ledit prieuré. » (J.l. 201, p. 75, an. 1 100.)]
Infect. [« Lorsque les conslellacionssalurnelles
« et froides rendoyent l'air infeet par moisteur
» froide continuée." (Chron. de Pisan, Charles V,
l. II, p. /i.)]
Infection. [Gorruplion : « Poissons tous pleins
« de vie qui ont bosses, lis, pourritures et autres
« maladies et îH/'('C//'0HS. » (Ord. de 1484.)]
Infect ueux. [Infecté, corrompu : » Chars ou
«■ poissons iiifectueux on corrompuz. » (Oïd. t. VI,
p. 008, an. 1381.)]
Infeodation. Action d'inféoder. (Cotgr.) [Alié-
ner des immeubles « par vendition, eschanges,
INF
- 87 —
INF
« in(eudaHon,'\>ii\\ à cens ou îi rente, emphvlheose
« a longues années. » (P. Piihou, 28.)]
Inféodé. [Dime aliénée par l'église et possédée
par un laïque; .. Disme inféodée, acquise par
• 1 Eglise, n est sujette à retniit. » (Loysel, 434.)
Inféoder, Infeuder. Donner uiie terre, une
rente, etc., pour être tenue en lief. (Colgr.)
Infer. Enfer. [« Li rices liom en est bien loins
« Uui en infer detort ses poins. » (D. C. 111, 8-28'-.)]
Je ne nomerai mie
Garet voir, car il est preudoin :
li'infe,- ara le grant pardon. [Poct. av. i300,IV, J^OO.J
Inferiore. Inférieur: . Ainsi que nous voyons
• ou corps humain, que les bras qui sont ou milieu
« du corps deffendent le chief duquel ilz prennent
. inlluence et leur nourrissement, et aussi pareil-
. lement défendent les au Ires membres /»/('r;o?rs «
(Le Jouvencel, f. 00.)
Infernal. [l'Adjectif; qui appartient à l'enfer •
« Senz redouteir Vinfcrnal llame. .■ (Hnteb 50 y> —
2° Ao?h; l'enfer: '^
Lune et souleil avoir divers si^naul.x
Terre mouvoir jusques aux oi/ernaulx. {Vesch. iOS.J
Infertile. [<■ Considerans icelle nostre dite ville
« estre assise en mer, en pays infertile, et n'y a
« aucun entrelenement que le fait et entrecours de
« la marchandise. » (Ord. Oct. 1488.)]
Infestation. Hostilité: . Succéda au siège apos-
« tolique Eslienne, troisième de ce nom, leiiuelfust
- par \ uilestation et mauvaiseté de .\stulphus roy
« de Lombardie, contraint de partir et vuyder hors
^vn^ f y' ^^'.c'''^ tie Rome. - (Hist. de "la Toison
Il ur, t. J, 1. /2.)
Infester. [10 Outrager: « Lequel le fioyer /«-
'testa le suppliant de grans paroles injurieuses. »
(JJ. 200, p. 112, an. 1408.) - 2" Importuner: « Icel-
" lui \incent retourna deyers ledit .Symoii pour le
«ni/cs/er et exciter à jouer au dez ou à la paume. »
(JJ. 139, p 22, an. 1300.) - 3- Etre incommodé-
• (temme)Uui soit toujours près de ma coste Se
« non pour aler au mouslier Uuant aux jours qu'il
" sera mestier El qui ne soit pas infestée Ni de
«saillir a la volée Es rues pour ouir le bruit. »
(Desch. .1//?'. du Mariage.)]
Infidélité. [. Par lurgranz infidélité:^ E par lur
• granz miquitez Si furent il del tout afliz. .. (Benoit
de S- More, 1, 2070.)] v^cnuu
Infiexer [Donner à emphytéose : .. Comme
« lierre de la Rue eust prins et /«MaMieritable-
« ment ....une moytoyerie, pour trois se\liers de
• roment et quatre poules de rente héritai. » ,'.J,|
130, p. 78, an. 1300.)]
Infinité. Nombre infini : .. Adonc entrèrent
. l'rançoisdetouscostez, qui occirent tant d'En-
» gloiz, que ce fust infinité. « (.Mén. Duguescl. 44G.)
Infirme •; Par succession de temps^lous avons
• leprisinatin; car nous disons aujourd'hui in-
« linne, infirmité. » (Pasq. Rech. VIll', 702.) '
Infirmité. Voir le précédent.
Infi.xer. Insérer : .. Ainsi que pareillement peut
" ai3paro,r par autres nos lettres dedans et ayec
u lesquelles ces présentes sont infuvées. » (Gode-
froy, Obsery. sur Charles VIll, p. 180 ) - [«1 es
' ^f riV"" ^' P^"^'''"^ ''"'« le"'-es de imposition
« de finances, parmi lesquelles ces présentes son
Inflechissable. Inflexible. (Oudin.)
Inflectible. Même sens. (Rabelais, t. H, f -^ii )
Influance. [.. Mes les comètes plus n'a'gueieni
1' np ir,"f.J!P''''v"'^"* "^ «'^'^"' f^o'' i>i/luances
: "es?V(XSsë;v'?8745';r '''' ''''''-'-'' ^-'-
,!-.M!"ff'- tAvoir influence: « Se cest homme
« n avo ferme vertu et plus grant que nature «e
«I ;«//«(' communément es hommes. .. (Chron de
Pisan, Charles V, t. 111, f. 21. j] \^i-'uii. ue
Influ.x. Ecoulement dans...
■-........ Ces vieu.x
C)ui premiers ont escrit que les vertus secrètes
Des pierres s'escouloient de Vw/h,,: del planettes.
, f, . Bfllcau, Pois. t. I, f. 15.
iniiuxion. Même sens. Ronsard, p. G63, dit ■
Que c'estoit de destin, si les influxions
Des astres commandoient à nos comple.xions
Infondre. Introduire: « Comme l'aimant attire
: ënellM 'r'n""?-''''^"'"'^''"^'^ '"f^'^'l ^.î ore
t. tp 3GG) " '""'■''' tl-autres. .. (.Mont.
Inforçable Qu'on ne peut forcer (Colgrave ) •
. Des âmes inforçahles. » (Lovs le Caron, l' 5 ) ^^ "
Information, [l" Renseignement : .. Pour le
« excuser, et prier au roi qu'il ne voulusl croire
.nulle mauvaise information contre lui. . (Froiss
^2v^,""'hV' ''•'.68-)] -2"Terme dedroit distiiSé
deceui d'enquee: - La différence que l'on dS
" ft'-e entre l information et l'enquéle, c'est que
- la première doit êlre faite d'office par le iuoe
" avant que l on face aucune procédure contre celui
« qui es déféré comme criminel à la justice Sur
: 'il'v-îlipf f.V'^r'^"'^"' '' J"S^ ^«it décider
s II j a lieu de ui faire son procès, le juge alors
lîtnTm:::;' ''''''' ^^^^^^^^^^^
li *"^,^7"^^ '"''«"^wer (s). [Faire son appren-
iissage. (froiss. t. \I1I, p. 287.) On dit encore pn
Allemagne informator,pouv précepteur.]
Jpîfo^r*^'';?''''''''^. ^'"^''^"'-■'^- " fiifomuit lesdiz
noii^;?S'L'rf!m)"''^'"' *"''''"' -'^"^^^
fwr î"^?,"?-i",'^''^°"'e™"^ comment il vint en
<- lortingal et de la infortune que une partie de ses
H,^p"llo")7"^ ^""^ '"^''- " ^''''°'^*' *^d- ^"(^non. II,
Infortuné. [« Malheureux : « A ces sacrez oi-
« zeaulx ne touche, d'autant que tu aymes la vie,
IN H
8S
INN
" le pi'ouflicl, le bien, tant de toy que de tes pareiUs
» et ainyz. vivans el trespassez : encore ceulx qui
« d'culz après uaislioveiit en seroyenl inforinnez-. «
(Ral>el:iis. ranl(iiirni'l\ I. V, f. 8 :]"
liifraiiidire. [Infraction aux lois: « Mellécs,
« injures, infraintuies, amessures. » (Du Gange,
t. m, f. 8-27S an. 1311.)
Ingnl. [Egal: >■ Se il fuissent iufjal ûe nefs, li
« Es|;agnor ne l'euissent mes ou d'avantage. "
Froissârl, t. VIIl, f. 135.)]
Iiu|:uiiiu'ut. [Egalement, dans dom ntiuquet,
t. ill,'f. -is".;]
liuionienx. [•• Je l'ai fait emprendrerinsecution
« de ce noble eCingenieiix liomme llocace. >• (Chas-
telain, K.rp. sur vérilc mal prise.)]
Insérer (s'). [Se mêler : » 11 s'esloit ingéré de
.' aler... coi)pei', prendre et emporter à son pourfit
« singulier ramille et tonslure de bos. » (Cart. '23
deCorbie, an. I'i37.)]
liKjrades. Ingrat: « Ingrades non cognoissans
« ses bienfaiz. ■• (Kescbamps, f. 101.)
Ingrat. [Mécontent : « C.olart Vaine ingrat du
« vin (|ue oîi leur avoit apporté. » (IJ. lOô, p. 45,
an. li()8.)]
Ingratemcnt. Inutilement.
r.ifii que je sois de longlpmps malheureux.
De voir ma peine imjratcDteiit perdue. (A. Jajinpi, iOO.J
Ingratitude.
Esl. bien raison que je regarde.
Qu'envers vous ne soix entechié
De ce faulx et mauvais pechié
Que l'on reprouche en toute estude,
Et qui est dit iiujralitude.
C'est à dire mal pour bien rendre. (Dnsch. f. 4S4.I
Ingueable. Qu'on ne peut passer h gué. (Duc
de Rohan, .Mémoires, t. 1, p. 220.)
Inguinaire. [« Les gens en pristier.l une mala-
» die, laquele il appellent inguinaire, que tant
" solement don veoir li uns prenoit à l'autre. «
;ms. de S. Victor, 28, dans Du Gange, 1. 111, f. 835\)]
lnhal)ile. Inlirme: •■ Elle [la femme illégitime)
« degelte les foulez, El n"a cure des alTolez, sains
- les [irant et reut inhabiles. » (Desch. Mir. du Mar.)
Inhal)iliter. Déclarer quelqu'un inhabile à
exercer une charge: » En oultre lesdiz commissaires
« inliabiliterent \e su[)pVmnl d'office de receple. »
f.i.l. 12i), p. 4.5, an. 1380.)]
iiiliahitablc. « Grolieres et \iei)\i)iha!)ituhles.«
îFroissait, I. IV, p. 200.)
Inliilntion , Inihicion. [Défense: > Par le
« iniiibilion et eoriection dou pape. » il'roiss. t. V,
f. 275.) — » La loy ancienne amoneste que tote per-
« sone soit nette Et li cors; inibieio)i On luit de
" fornication. ^ (Macé, Bibl. en vers, f. 140''.)]
Inlnmiaincment. [Avec cruauté: « Comment
« aucunes gens sans cbief se levèrent à l'intencioa
" de tuer lesgenlilz hommes, damesetdamoiselles,
<• et tirent de maulx iniiiunuinenient. » (Chron. de
.lean le 15el, t. II, f. 211). ]
Iniquo. .. Oster voie /«!'/!/<', Et ramener à droicte
" voie Gellui qui contre droit desvoie. ■> (Desch.
Miroir de .Mariage, f. lOt) )]
Ini(iuilé. [" Ne cil n'aime pas Deu qui n'aime
leauté E Deus bel tricherie e tute iniquité. "(Th. de
Cantorbery, f. 40.)]
Ini.ssement. [Hennis.-ement : " La terre tremble
» toute des grans inissements Des fors destriers
« courant et des frémissements. <• (Gir. de Roussil.
v. 3773.)]
Injure. [Injustice: « Par les grans injures ei
« par les grans rapines qui esloient faites en la pre-
» voslci. >' ;Joinville, § 710.']
Injurier. [Porter dommage, comme l'anglais to
injur: - Gbit de la garnison d'Escauduevre avoient
« moult injuriet et beryet ceuls de Cambrai. «
(Froissart, t. MI, f. 165.)]
Injurieusement. [Avec injustice: « Li dis
« Joaguins se cuida resqueurre dudit sergent, et
" feri de son queude ledit sergent, en telle manière
« que li sanz en sailli par le nez et par ailleurs; et
" ce fit injurieusement et sans cause. » (Varin,
Arch. de Reims, II. 2" partie, p. 108, an. 1344.)]
Injurieux. [Injuste: «■ Les baillis ou injurieux,
" ou faisanz exactions ou soupçonnez de usure. »
,Reg. .\'oster, f. 44".)]
Injurioser. [Injurier: " Le suppliant se traist
« par devers deux de ses frères,... en leur disant et
« exposant comme il avoit esté ravalé et injuriosé
« de Lienart Garges. » (JJ. 144, p. 331, an. 1393.)]
Inlegitisnie. [Concubine: « El y survint Symon
« Doucbet et Vsabel Brouguarde sa concubine et
« inlegitisme. » (JJ. 157, p." 350, an. 1402.)]
Inniortalité. [Immortalité: « C'est Dex ki tout
» a en baillie Ki sire esl û'inmortalité, Ki pour
» nous prist humanité. » (Barl. et Jos. p. 41.)]
Innoble. [Non noble: « Pluseurs gens nobles
a et innobles. •> (Froissart, t. II, L 5.)]
Innocence. « Innocenee porte sa défense. »
(Cotgrave.)
Innocent. 1° Non coupable: » Aussy innocents
« que Judas de la mort Jésus. » (Coquillart, p. 171.)
— 2" Les saints: « As innocenx- vous en serez
« séant. » (Roland, v. 1480.) — 3° Livre contenant
les décrétales recueillies par l'autorité d'Innocent
III : « L'exposant et aucuns ses complices entrèrent
« de nuit en la maison du bedel de l'eslude de Tho-
•< louse, et piindrent en icelle un code, un livre
" appelle innocent, un volume et une viez concor-
« danses de théologie. » (JJ. 117, p. 172, an. 1380. i]
Innonibrablement. D'une manière innom-
brable. André de la Vigne, Voy. de Charles Vlll ù
iXaples, p. 143.1
Innomable. Uui ne peut être nommé : « Nous
« trouvons eu Lucian qu'un juge appella en juge-
" ment un pour l'avoir nommé par son nom, pen-
" sant ce juge, depuis ([u'il esloit consacré, demeurer
1
INS
- 89 -
INS
« innomahle et inappellable. » (Bouchel, Serées,
t. I, p. o63.)
Inmier. [Signifier, faire entendre. (Ordon. t IX,
p. 317, an. 1408.)]
Inobédient. Désobéissant. (S. Bern. Ser. mss. 5.)
Iiiqiiant. [Encan: « Tellement que comme à
• I inquaiit , se bailloient lesdites prelatures. »
(Arrêt de i4I3, cité par Ménage.)]
Inquanter. [Vendre ù l'encan: « Ladile maison
« sera vendue et inquantée entre lesdits héritiers »
(Coul. de Bretagne, art. 728.)]
Inquestacion. [Enquête; voir le suivant.]
Iiiquester. [Enquêter: » Toutes fois que le
« bailli du seigneur.... vouidra inquesler ou faire
« repondre aucun henqueste, il les notiffiera ausdit
" conssous... ou cas qu'il y voudront estre à ladilte
« response et inquestacion. » (Ord. V,70."), an. 1308.)]
Inquisiteur. [!• Juge , examinateur : « Par
« droit tels gens sont inqitisifeiir et rapporteur des
« besoignes. » (l'Yoiss. II, à.) — 2" Juge de l'inqui-
sition : « Durant laquelle messe prêcha frère Pieriv
« Moure, docteur en théologie, de l'ordre des frères
« presclieurs, inquisiteurs de la foi. « (.Monslrelet
t. 1, p. 220.)] '
Inquisition. [« Lievesqueset li prelaz dou leu
" devent faire r?7tr/«wi7/0H de la loi sor li, et de-
« mander li de la foi. » (Livre de Jost. 12.)]
Inraisonnaljle. [Déraisonnable. ( Froissart
t. IV, fol. 212.)]
Inroparé. [Auquel on ne fait aucune répara-
tion : « Par ce moyen feust et est icellui suppliant
■■ demouré foulé et inreparé d'iceles paroles et
" injures. » (,J.J. 199, p. 403, an. 140i.)]
Inreveraument. [Indécemment: « Icellui cuié
» estoit couslumier de dire la messe inreveraument
« et mal dévotement. » (.IJ. lôO, p. 18, an. 1400.)]
Inrotulé. [Enregistré : « Certaine somme d'ar-
« gentseroit levée sur chacun ?Hro/H/t'audilroole »
(Ordonnance, t. VII!, p. 222, an. 1395. i]
Insalutaire. Non salutaire: ■■ Itegeltant lous
" ces insalutaires conseils qui ne peuvent qu'affoi-
« blir Testât. « (Pasquier, Leit. I. III, p. 091.)
Insané. [Qui rend furieux: » Parce que icellui
• Pierre estoit par intervalles furieux, malade de
« maladie caduque ou insanée. » (JJ. 105, n 181
an. 1411.1] ' "
Insciemment. Sans savoir : « Les péchés qui
« se commeltent insciemment ne sont tant vraves
- comme les volontaires. » (Nuits de Strap. Il'^ 400.)
Inscience. Manque de science: « Les sotes qui
<■ par inscience. » (Deschamps, f. 544.)
Inscient. Ignorant :
Las ! ou est honneur et vaillance ?
Eslevez sont les inscieiu
En maint païs et en maint règne. (Desch. f. 446,;
Insocourabie. Qui ne peut être secouru. (Lovs
le Garon, f. 20.) '
jfnsence. [Folie: <■ Lors icellui Adam entra en
« Irenesie et insence. » (JJ. 18i, p. 207, an. 14.53.)]
Insensible, Insensif.[Fou : » Jehan du Mous-
» lier, homme fol, insensible et furibonde. » (JJ.
118, p 18, an. 1380.) - , icelle Jehanne qui est de
« longtemps et souventes fois, lunatique, frenai-
" Sieuseel insensible. .. (JJ. H4, p. 212 an 1378)
— « D'icelle maladie ledit Jehan est trop souvent
« comme insensifei homme fol. » (JJ. 141 n '>io
an. 1394.)] ^ ' ' '
Insextre. [Inceste: « Comment fus tu (Néron)
" de couraige villain Et insextre de gésir charnel-
" ment Avec la suer. .. (Deschamps, f. 315.)]
Insidiation. Action de dresser un piège •
" Batailler contre la villenie et ordure de la chair
« contre les malices du monde et contre les insi-
" dialioiis du diable. » (Les Triomphes de la Noble
Daine, fol. 23.)
Insidies. Piège. (Ibid. f. 198 \)
1. Insigne, ftf//'. liemarquable : .. Faire quel-
" que ntsiyne poltronnerie. » (Nuits de Slraparole
t. Il, p. 128.) '
2. Insigne, s. Honneurs : » Le caidinul la Bal-
« lue receu à Lion avec les insignes de leeat »
lObseiv. sur Charles VIII, p. 441.)
Insignier. [Illustrer : « Et le créons et faisons
" comte et msignions deiouies dignités, noblesces
« scignories et droits qui a comté. » (iJonation du
coinle de Longueville ù Du Guesclin, an. 1301.)]
Insins. [Ainsi : » Item se insins esloil, que par
<- le Soudan ou par autre granl nécessité, il fust
« mesfiers que il feist autres grans mises ou des-
•• peiis. » (Reg. Noster, f. 209 ■.)]
Insinuation. Enregistrement : » Pourveu que
« celui qui le lendemain les desavoue (les contrats)
" et y renonce, le face sçavoir à la partie adverse
" pav insinuation, et à cet effet luy rende les pot
« de vm et denier à Dieu dans le mesme soleil lui-
•• saut. .. (Nouv. Coul. Gén. t. I, p. 058.)
Insinuer. Enregistrer, au figuré : -. Insinuer
« SCS nominations au diocèse d'amour. » H'ahur
Dialogue, p. 83.)
Insolvence. [Insolvabilité, (.wr siècle.)]
Insolvent. [Insolvable, (xvr siècle.)]
Insouffrable. [Qui ne peut être soulîert • » Et
« comme tel visce soit ù Dieu comme insnuiïrable. »
(Chr. de Pisan, Ch. V, t. I, p. 27.)]
Inspiration. [» Après ce qu'ont oré par grant
«dévotion, Li vint divinement une inspiration »
(Cir. de lioss. v. 4389.)]
Inspirer-. [F. act. 1° Informer secrètement ■
« Ne n'euist esté, Oedes sires de Granlsi, qui avoit
>' este inspirés et certefyés le jour devaul de la clie-
. vaucie des Englès. » (Froissart, t. VI, p 148 ) _
2° Expirer, échoir: « Si tost que il veirent que la
« journée estoit inspirée. » (Froiss., VIH 211 )1 _
30 Faire naître dans l'esprit : « Mais Je.^is insniroit
" La noble bourgeoisie qui par dedans esloit, Telle-
12
INS
— 90
INT
« menl qu'ù nos gens doucement se rcndoil. •>
;Cuvelier, v. -nXil.]]
Instable. ClKingcant : ■■ El veil ung homme de
" inliumaine lisîure, qui bien monslroit eslre
« liouime insUiblc el croyant de legier conseil,
.. sanz aucunement regarder se il [irelendoil à bien
. ou à mal. » i;Pcrceforesl, t. IV, f. 08.)
Instance. [Intention : « Il avoit ses gens
« semons et assemblés en ceste instance. « (Froiss.
t. IV, p. lar..^]
Instancier. [Plaider : " Que si li clerg ou si li
» prestre... lenoient lieritage en Jaditte ville,... ilz
>' en devroient instancier par devant les dits sieurs
« enfans. » (Cli. de 1290, D. C. sous Instans, 2.)]
Instant. [Àdv. ; à l'instant : « Et fu le corps du
« jouvencel porté en pleurs el en cris tout instant
» aux Frères Mineurs à Urlliais. » (Froissart, t. XI,
page 106.)]
Instannicnt [Instamment : « Et l'eust requis
« moult inslaument. » (Mandements de Charles V,
page 878.)]
Instigateur. <■ Obvier aux fraudes, malices et
" baras des dits lombards usuriers, et de leurs llat-
« leurs, promoteurs el instiijalenrs. » (Ordonnan-
ces, t. 111, p. 04:..)
Instigation. « Comme à Vinsligalion, enorle-
« ment et promotion de feu Estienne Marcel, n'a
« guercs, prevost des marchands de la ville de
» i'aris. » (Ordonnances, t. IV, p. 3iG.)
Instiger. [Exciter : « Cuillaume de Mcnligny
« instiga et promeut le suppliant de jouer aus
« dez. « (JJ. 184, p. GO, an. 1450.)]
Instituer. [Etablir : « Le prevost fermier de la
" dite foire sera et doit eslre institué en son siège
« par le prevost de Paris ou son lieutenant. •> (Liv.
des Met. 439.) ~ « Je vous institue à eslre souve-
« rains de celle armée. » (Froiss. V, 234.)]
Institution. [1° Commandement : « Si s'en vint
" demorer en le ville de Saint Omer par le institu-
« tion dou roi Phelippe de France. » (Froissarl, V,
p. 272.) — 2" Statuts, dans S. liernard. Sermons,
Mss. p. 244.]
Insti'uicteur, s. Qui enseigne, (jui instruit :
« .Je fais protestation d'avoir temps el jour compe-
" tant, et jour dénommé, pendant le quel temps je
« puisse être instruit à tout ce qu'appartient et
« compele ù tout fait de champ de bataille, d'avoir
« maislre el instruicteur à ce appartenant. "(Bout.
Som. Rur. p. 882.) — On lit instruicteur, auxMarg.
delà Marg. f. 180 ''.
Instruire. Enseigner ; - Prince, li homs cui
« suflisance instruit. Vit liement, el n'eust c'un
« seul pain cuil. » (Dcsch. Douleur advenant à ceux
qui suivent la cour.)
Instrument. [1° Charte : « El en furent levé el
« pris instrument publique. » (Froiss. t. III, 70.) —
1° Machines de guerre : « Firent les seigneurs d'An-
" glelerrc qui seoienl devant r.enes, un assaut Ires
« grand el bien ordonné, et avoyent, un grand
■> temps avant, appareillée instruniens et aorne-
" mens pour assailUr, cl dura l'assaut un jour
<• entier. ■> [Froiss. liv. I, p. llô.) — 3" Membres :
» Combien que cueur et voulenlé eust surmonté le
« chevalier, les JHS/rH»ie?is du corpsqui se dévoient
« mettre à euvre estoienl encore teîidres. <■ (Percef.
vol. II, folio 128.) — 4° Inslruments de musique :
" Disant que ces inslrutnens (cyfonie) qu'il voyoit
>' tant admirer ù ceste cour de Portugal, n'estoienl
« en France et en Normandie qu'ù l'usage des
•' aveugles et des mendians et qu'on les y appeloit
« instrumens Iruans. » (Mén. Du Guescl. p. 230.) —
« En laquelle chumbre ilz dancerent aux bas (dont
« le son est grave) instrumens qu'ils avoienl ; el
» depuis retournèrent en ladite sale et dancerent
» en icelle aux liaulz menestriers qui y estoient. »
(JJ. 143, p. 117, an. 1392.) — 5° Parties honteuses.
(JJ. 183, p. 127, an. 1456.)]
Instrumentaire. Assistant : « Seigneur, vous
« estes nostre père, nous sommes voz enfanz faiz,
« engendrez et procréez par vous immédiatement;
« les pères et mères que nous avons en ce monde,
« ne sont que putatifs, qu'iiistrumentaires. »
(Amant ressuscité, p. 100.)
Insuffler. [1° Souffler dans : « Quand Dieu en
« sa Trinité eust insufflé el mis en toy l'esprit de
« vie. » (D. C. 111, 856 •'.)] - 2° Inspirer : « Quand
« ele (la sibylle) fut de l'esprit insuf/lée. » (Réponse
Ms. des oracles sur les trois enfans de France, p. 9.)
Insuit. [Emeute : « Et aloient les dessus diz
« faisans ladite commotion et insuit parmi la ville,
« en hurlant et taboulant aux liuis el portes des
« hostelz de ladilte ville de Mirande. » (JJ. 185,
page 190, an. 1451.) — « Comme le suppliant feusl
« âvecques ses familiers et mesnage au lieu de la
1 Nozierre du conté de la Marche,... avint que oy
« insuit et cry de gens arrivant au dit lieu. » (JJ. 169,
p. 397, an. 1410.)]
Insultation. [Attaque : « Icellui Vigier se lança
« audit Robin, lequel doublant la puissance el
« insultation dudit Vigier, le feri un seul coup. »
(JJ. 102, p. 83, an. 1370.)]
Insulté. Révolté : « France, France fut là dedans
» à voix commune mise en cry, et les portes de la
« ville, malgré les Espaignols, ouvertes aux Fran-
« çois, el à grand lumulîe toute la commune insul-
« tée contre les Espaignols. » (J. d'Auton, p. 50.)
Insurpassal)Ie. Qui ne peut élre surpassé.
(Loys le Caron, f. 71.)
Insurrection. « La conclusion feul d'envoier
« devers le roy pour l'advertir de \' insurrection du
« peuple, qui avoit ainsi tué et chassé les nobles de
a la ville de Gennes. » (Jean d'Auton, p. 53.)
Insusceptible. « Avoienl toujours estimé le
« corps de ceux de la religion insusceptible de
« division. » (Rohan, Mémoires, t. II, p. 37.)
Intellectibilité. [Intelligence, dans Du Cange,
sous Intellectiblis.]
INT
- 91 —
INT
Intenable. » Place intenable. « (Rohan, Méni.
t. I, p. 27-2.)
Intendio. Sigisbée. Mot italien, dans d'Auton,
qui donne encore intendix, folio l'ii *•; intendys,
fol. 135'. Parlant de Tliomassine Spinole, génoise,
et de Louis XII, roi de France : « Geste dame se
« voyant familière de luy une fois entre autres le
« pria très liumblement, que.... il luy pleustqu'elle
• fust son intendio, et luy le sien, qui est a dire
« accointance honnorable et aimable intelligence. »
(.Jean d'Auton, p. 123.)
Intendit. 1° Demande formée en juslice :
[« Tant pour le débat des intendi::- qui sont à vous
>■ accorder. » (Ordonn. t. IV, p. 512, an. 13Gi.)] —
2" Testament :
Pour forclorre d'adversité
Pauvres clercs de cette cité,
Soulz cest intendit contenuz,
Ciiarilé m'y a incité
Et nature, les voyant nudz. (Villon, p. 7.)
3° Devoir, règle : « Intendits des catholiques
" vrays et légitimes enfans de l'église de Jesus-
« Christ, on sont deduicts cerliiins poincts et arti-
« clés contre les modernes hérétiques. » (Titre
d'un livre de lean Portiiesius.) Voyez Du Verdier,
Bibliothèque, p. 7'i!).
Intendn. [Assigné : » Toutes voies ledit escuier
" ainsi navrez attendi l'espace de quarente jours
« ou plus intendnz par la couslume du pais à lais-
<• ser, ainyois que l'on puisse faire contrevenge-
« mens. » (.I.J. 105, p. 503, an. 1371.)]
Intenter. Former : « Complaintes ne s'inten-
« tent. » (Nouv. Coût. t. II, p. 884.)
Intentif. 1° Attentif : « Chacun des auditeurs
« n'étoit moins triste que intentif au récit de cette
« pitoyable nouvelle. » (Nuits de Strap. II, p. 210.)
— 2° Adonné : « Tousjours les bons Romains ont
'■ esté intentifs à chevalerie. » (Fabri, Art. de Rhé-
torique, fol. 80 ''.)
Intention. [Pensée, opinion : « Il le salua, et
" quand il l'eust regardé, il congneu que son
« intention estoit vraye. •> (Froissart, XII, p. 208]
Interdit. Terme de droit romain. Ordonnance
du préteur prononcée sur un cas litigieux, surtout
en matière de possession. [Ces interdits sont deve-
nus nos actions possessoires.]
Expressions :
1° « Interdit ou complainte de nouveleté. ■■ (Bout.
Som. Rur. p. 188.)
2" •( Interdit précaire. » (Grand Coût, de France,
liv. III, p. 398.)
3' « Interdit de simple ban. » (Grand Coût, de Fr.
livre 1, p. 27.)
i° « hiterdit sur replications. » (Gr. Coût, de Fr.
livre m, p. 455.)
Intéressé. Qui tient à son profit :
Les intéressés serviteurs
Sont leurs hoirs et exécuteurs
Et les demainent durement. [Desch. Mir. du Mav.J
Interest. [1° Prix, valeur : « Lequel suppliant
" prist un gobelet d'argent, lequel il ploia ou froissa
» entre ses mains; laquelle froisseure ledit sup-
« pliant congnutavoir faille, et en rendisl au taver-
» nier son interest. » (.IJ. 120, p. 19, an. 1384.) —
2'^ Dommage, préjudice : « Icelle Katerine dist à
« Alips qu'elle n'estoit pas saige de soy esjouir de
« Vinterest et desplaisir de son père." » (.IJ. 100,
page 321, an. 1400.)] — « L'audition de plusieurs
« comptes a esté par plusieurs fois et est encore
« présentement retardée et dilayée au grand inte-
" rest de mon dit seigneur. » (Estais des off. des
ducs de Bourgogne, p. 78.)
Interinence. [Enregistrement, aux Preuves de
l'Hist. de Bretagne," l. H," col. 1075, an. 1455.]
Interiner. [Voir E.MERiNEn, et les Ordonnances
t. V, p. 400, an. 1371.]
Interject, s. Interposition : » Voulant gagner le
« tems qu'il luy falloit encore à mettre en poinct
« son armée, sema des interjets d'accord. » (Essais
de Montaigne, t. I, p. 30.)
Interjette. [Entremêlé : « Par dessus le dil
" sayon il avoil un manteau en ecbarpe frisque-
« ment interjette de la couleur que porloienl ses
« pensionnaires. » (Ilistoire de Charles VIII, p. 170,
an. 1495.)]
Interlocutoire, [.fugement interlocutoire ,
ordonnant une instruction préalable : « Et por ce
Cl font li clerc déférence entre lix jugemens et cix
« du principal, car il apelent tex jugemens interlo-
« cutoires. » (Beaumanoir, t. LXVII, p. 20.)]
Interloquer. Porter une sentence interlocu-
toire : " Au jugement d'un vieux procès, il se faut
<• contenter de ce qui s'y trouve, sans y rechercher
« ou interloquer davantage. » (Loysel, 874.)
Interminable. « De là est venue la question
« interminable du souverain bien. » (Charron,
Sagesse, p. 18.)
Interniission. [Interruption ; « Allendu que
« les diz complaignans, sans péril de leurs corps et
" de leurs biens, et sans intermission de la garde
« de nostre dite ville d'AbbeviUe. » iMandementsde
Charles V, p. 810.)]
Interpellation. Interruption : « Donner des
" detorses et interpellations au chemin de vertu. <■■
(L'Amant ressuscité, p. 281.)
Interpeller. Interrompre : « Il ne vous des-
" plaira si ']' interpelle voslre propos. » (Cartheny,
Voyage du chevalier errant, p. 142.)
Interprétation. [.lugemenl : - Octroyons que
« les quatre maistres...'ayent la Visitation, con-
» gnoissance et interprétation du fouage desdiz
" cuirs tannez. » (Ordonnances, t. V, p. 315.)]
Intervallaire. Placé dans les intervalles : <■ La
« voulte estoit double , soustenue sur quarante
<" piliers de pierre grise, à sçavoir douze à chascun
" costé, et douze au milieu, départissant des deux
« voultes, et deux intervallaires en front et en
« fond. » (Alector, Roman, p. 127.)
INT
— 92 -
INV
Intestat. [1° Celui qui meurt sans confesseur :
« .Nous (leismes de celui qui muert intestat, se il
« gisl en son licl par Irois jours, ou iiar (lualre,
• tous ses biens meubles doivent eslre nosire sire
. li roy. .. (Ord. I, 178.) — -1" Celui qui meurt s;ins
testament : « Pour ce (jue oudit testament n'avoit
. aucuns tesmoings, jour ne date escrips, le sup-
« pliant doubtoit (lue l'evesque d'Kvreux, en quel
•■ evescbié ledit testateur estoitdemourant, voulsisl
. dire ledit testament eslre nul et parce que tous
.. les biens meubles d'icellui defTunctluiappartelns-
« seul par Tusage et couslume du pays, comme
» mort intestat. » (JJ. Iô8, p. 23, an. l'iOS.)]
Intimer. Faire savoir : « Que l'on intime et
« lasse sçavoir au pape. » (Matbien de Coucy,
Cbarles VÎI, page 71. 'i.) — [« L"enfant de Caslille ne
" volt ne n'osa'desobeir au commandement de son
« père, et fistet/n<i»m le mandement. » (Froissart,
t. IX, p. 111 )]
Intituler. r.\ccuser : « Pour ce que icellui Ilac-
« quinet estoil accusé et intitulé d'avoir fait plu-
« sieurs crimes et deliz. " (.1.1. 199, page 549,
an. Ii04.)]
Intitului-e. [Titre : " Seloncb le intitulure et
•> introduction de ceste matera. " (Froissart, t. III,
page37ô)]
Intoussique. [Poison, dans la Chron. des ducs
de Normandie.]
Intoxiqué. Empoisonné : » La beauté des fem-
« mes, inloriquée de ardante libidinité corruptive
« de toute vertu. » (Fabri, Art. de Hhélor. I, f. 10.)
Intrade. Revenu annuel : « Dix mille francs
» ù'inirade. - (Rabelais, Nouv. Prolog.)
Intraige. [Droit d'entrée : " Après laquelle
" accense ainsi faicle, le suppliant associa avec lui
« ung nommé Matbieu Salsat ;... lequel Malbieu en
» ce faisant promist audit suppliant paier au sei-
« gneur de Derbigieres la moytié des intraigcs,
« cens et autres devoirs deuz. »'(.l.l. 195, page 171,
an. 1468.)]
Intrépide. [" Il estoil docte, en beaux termes
« fécond. Noble d'engin et à escrire intrépide. "
(Boucbet, cité par Favre, Etude sur la Basoche.)]
Intrinquement. D'une manière embarrassée.
(Cotgrave.)
Introditement. [Induction : » .leban Cosle
<■ ennorta iceulx Grossin et Duiiuesne à aler pi'cn-
« dre et admener aucuns desdiz porcs, et fisl tant
. par introditement de sa parole. » (JJ. 172, p. 522,
an. 1422.)]
Introduction. [Instruction : » Par le consel et
« introduction (juc il orent dou conte de Ilainau et
« de son frère. » (Froiss. Il, 382.)]
Introduire. [1° Instruire, enseigner : « Phelip-
« pes d'Arteville n'estoit mies bien soutils de
« guerre, car de jonèche il n'y avoit point esté
« nourris ne introduis. » (Froiss. X, 71.) — « i'in-
« traduis à l'aprendre (l'irlandais) mes enfans ce
• que je puis. » (Id. XV, 173.) — 2° Séduire : » Les
« père et mcre de ladite Michèle s'estant aperçus
» de l'engrosscment de leur lille, Viulroduirent
« tellement par menaces, qu'elle alla dire à la jus-
« licc de ladite ville que ledit Ysarn l'avoit cogneut
« charnellement par force. » (JJ. 137, page 82,
an. 1389.)]
Introduit, ;vrt/'/. 1° Instruit. Pailant des enfants
de Charlemagne : <• Ils furent en bonnes mœurs
» introduits • (Chron. S. Denys, t. I, folio 123 •>.) —
2° Poli : « Belles éloienl a merveilles et bien intro-
» duietes, car incontinent elles se levèrent i^i l'en-
« contre du chevalier et lui firent la révérence. »
(Perceforest, vol. VI, f. 52 <".)
Introite. [1° Droit d'entrée : " Item sur le
» introite du dit ort ou courtil doit ledit lenemen-
« lier. " (JJ. 100, page 272, an. 1112.) — 2" Introït :
'< Après que le prestre est revestu et dit son contl-
« leor et mis en bon estât, il commence sa messe,
« et ce appelle l'en Vintroïte de la messe. »
(Mén. t. I, p. 3.)]
Introniser. Mettre sur le trône :
Ces dames, lors, de grâce auctorisées
Près .Jupiter esloient inlroiiisées. (J. ilarot, p. 49.)
Intrure, Intruire. Introduire, sans droit et
sans titre, du latin intrudere : « Est du devoir des
• berau\ d'empescher que nul sans concession du
« souverain ne sorte du Tiers estât pour s'intrure
» en celui des nobles. • (S. Julien, Mesl. hist.
page 545.) — « Personne ne doit d'autorité privée
« s'ingérer, intruire, et iniremettre au régime et
'• gouvernement des biens pupillaires. » (N. C. G.
t. il, page 1088 ''.) — .. N'est loisible à tel lignager,
« voulant prétendre droict au dit lief, soy intruire,
« ou bouler en iceluy depuis la saisine du dit sei-
« gneur féodal sans son congé ou licence. » TCout.
Gén. t. Il, p. 1031.)
Inundacion. [Inondation : " Il i sauveroient
" lor vies De la granl inundacion Cum list jadis
» Deucalion. ■' (Rose, v. 17799.)]
Inutile. [Sans effet : « El dient que le don que
« le roy a fait ù son oncle de Lancastre est inutile
" et hors des mêles et termes de raison. » (Froiss.,
l. XV, p. 159.)]
Invaisser. [.\ltaqaer : » Icellui Constant en soy
« invaïssant cl etl'orçant de ruer et ferir ledit
« Bornai par plusieurs fois d'une lance qu'il
« tenoit. » (JJ. 137, an. 1389.)]
Inva'isseur. [Assaillant : « A la fin Bornât
« voyant que ledit inva'isseur s'eft'oivoit lousjours
« dele alToler ou occire. » (Ibid.)]
Invasible. [Offensif : « Nul de quelque état
« qu'il soit ne feust si hardi de porter espées,
>• grans cousleaux, dagues ne autres ferremens ne
« armes invasibles. » (1387, Justice de Montargis.)
(L. C. de D.)]
Invasion. Attaque : ■< S'il tuinbe en invasion et
« assaut d'aulrui, n'aura qui le delïende. » (Tri. de
la Noble Dame, f. 87.)
Invectif. [Qui a caractère d'invective : « Le
IRA
93 -
IRE
« Quadriloge ùa'C(^//f, » titre d'un ouvrage d'Alain
Charlier.]
Inventei'csse. Inventrice : « G;irde-toi bien
« d'eslre Yinventeresse D'habitz nouveaux. »
(J. Marol, p. 190.)
Inventoii'c. Inventaire, dans Eust. Deschamps,
f. Ô'iS'; aux Ord. 1, G59.
Expression :
.' Faire inventaire de gendarmes, • enlever :
« Firent un inventaire de gend'armes de tous et
« chacuns ses biens, meubles, bagues, joyaux, che-
« vaux, armes, or et argent. » (Pjsquier, Lettres,
l. II, p. 316.)
Inventorier, v. P'aire inventaire : « Les ser-
« geans ayans fait arresl sur les biens meubles
« seront tenus d'inconlincnl les inventarier. »
(Nouv. Coût. Gén. t. Il, p. 101 ''.j
Investir. [1" Entourer : <• Mais vous... qui à ce
« faire n^iez mis toute diligence et cure... me
a veusles courir sus et investir. » (Boucicaut, II,
p. 31.)] — « Sans autre lemporisemenl Ton vint au
« combat, et à s'/Hi'fsi/r de telle furie (|ue la vic-
« toire demeure embigue. » (Brantôme, Cap. fr. Il,
page 388.) — 2" Mettre" en possession : •■ Quand les
« acheteurs ne se présentent pour cstre louez et
« nii'('s/i<s, dedans quarante jours, des ciioses par
« eux acquises. » (Coût. Cén. I, Wl.)
Investizon. Ensaisinement : " Ne sont pour-
« tant les relrayans empescbcz défaire la retenue
« incontinent après le conlracl de vente et aupara-
« vaut le jour des dites prinses de possession,
« infeodation et investizon si faire le veulent. »
(Coût. Gén. p. 400.)
Invisiliilium (par). D'une manière invisible :
« D'autres disent qu'ayant manié les deniers du
» roy, il les a mangez si bien et les a fait passer si
« bien j)ar invisibilimn. » (Brant. Cap. fr. 111, 383.)
Invocateur. [Soi'cier. enchanteur : « Icellui
« Beluys estoil tenu et réputé estre invotateur
« et soi'cier et de faire mourir par venin et invoca-
« lion. » (JJ. 190, p. 92, an. r<(i9.)]
Invocation. [Voir le précédent.]
Involution, s. 1» Complication [ileine d'embar-
ras : " Allegoient les parties plusieurs raisons d'une
« part et d'autre, et étuienl en voye de tomber en
« grandes involutions de procez. » (Thaumassiôre,
Coût, de Derry, ch. 95, p. 212.) — 2» Fatras : .. Les
« giossiers aiment et admirent surtout ce qu'ils
« voyent caché sous une involution de parolles. »
(Essais de Montaigne, t. II, p. 317.)
lois. Ions. [Yeux, dans Partouopex, v. TiGO. —
On lit dans D. C. sous Fraijilitalus : « Quand il les
« voit devant ses iols Malades et fraites et viols. »
— « Mais traufoit on pies et puis oreilles, Nés,
« baulevres et crevoit ious. » (Ph. Mouslics, Histoire
de Louis Vlll.)]
Iracond. Sujet à la colère. (Desch. f. r.27 '.)
Iracundieus. Même sens. (Triomphes de la
Noble Dame, f. 93.)
Irai. FFutur du verbe aller: « Je m'en irai. »
(Roland, V. 2909.)]
Iraigne. [1° Araignée. (P.irtonopex, v. 7riG.) —
2° Espèce de drap : «■ .ni. aulnes à'iraingne. »
(N. Comptes de l'Arg. p. 238.) — « .v. aulnes d' ;'/■«/«-
« fjne de Malines. ■• (Id. 239.)]
Irance. [Colère : « N'i ad icel ne demeint
« irance. » (Itoland, v. 1845.)]
Irascible. [» Nul ne vit riens meins irascible,
« Plus bénigne ne plus paisiljle. » (Benoit de
S. More, II, 8072.)]
Irascut. [Irrité : « Li quens Bollariz il est mull
« irascut. » (Bol. v. 777.) V. Brut, f. 57 '.]
Ire. [l'Colère: • Pur poid"«rf nefenl. » (Roland,
v. 304.) — « L'ire au coeur et la merancolie en la
« teste. » (Froiss. t. XIV, 40.) — 2° Rancune : « Por
« quel me portez ire. « (Roland , v. 1722.)] —
3° Chagrin :
Oncques mais nule joie n'oi
Qui si tost me tornast à ire. (Fabl. de S. G.)
Proverbes :
1° « Ire de frères, ire de diables. » (Cotgr.)
2" « Douce parole rompt grant ire. » (ibid.)
Iré. [FAché, triste : « Dame Guibors ot mult le
« cner iré. » (Girard de Viane, v. 3070.) — » Et li
« .m. escuier sont moll n'(3 Que lor compains gist
« mors en .i. fossé. » (Aiol, v. 003.)]
Ireement. [Avec colère : « Ircement s^ cumhai
« a r leupart. » (Rot. v. 733 )]
Irer, irier. [Irriter : « Tiret sa barbe cume
« hum ki est iriez. » (Roi. v. 2'ili.) — « Ne volt le
« rei d'Escoce «rr en nule guise. » (.lord. Fan-
tosme. v. 780.)]
Douce dame merchi vos quier,
Pour vous et por vostre valour,
Mesdisant vos ont fait irier
Vers moi. /Poe"/, av. 1300, III. p. 103I.J
Plus suis iriés quant je voi cointoier
La docR vois del rossignol sauvaige. [ht. p. iOlO.J
Iresie. [Cohabitation des sexes contraire aux
lois de l'église : <• Laron doivent gaber, gent s'il le
« triche Ci! qui sont engenié par iresie. » (Aiol,
v. 1072.)]
Iretaulenient. [Par droit d'héritage : <• Robert
» de Parnant chevalier soloil avoir à mon molin de
« Berzy demy muy de bled chascun an iretaiile-
« ment, que il tenôit en lié de mes ancesseurs. »
(Cart. 21 de Corbie, an. 1293.)]
ïreté. [Héritage : « Quant li rois sot la vérité,
» Que pour tolir son irelé, Vienent sors lui li fans
>< reté. » [Ph. Mouskes, dans D. C. 111, 030 '■ )]
Ireter. [Investir, doter : .< Sa liUeafeme lidona
Et de sa terre Vireta. >• (Brut, 1, 190.)]
Ireur, Irour, Irur. [Colère : « Ot l'Oliviers,
« si 'n ad niult grant irur. ■■ (Roland, v. 1224.) —
« Grant ireur et grant despit. » (Froiss. IV, 97.)]
Ireus. [Colère, dans G. Guiart, v. 2425.]
Ireuseinent. [Avecdépit, avec colère : « Icellui
ISA
— Oi -
ISS
. .lanuet disl mouU ireusenient el eschauiïement
. telles paroles. " (.!.). 163, p. 310, an. 1409.)]
Iris. Poudre de seiileur, faile de la racine d'iris :
. Homme de belle prestance, Poudré d'iris de Flo-
« rence, ijui se pique de vaillance. ■■ Perrin, Pocs.
page'2Ul.)
Irois. [Irlandais : « Anglois, Irais el Galois, et
. semblablement tous Gascons, Kscogois el Ale-
mens. » (.M. 175, p. 313, an. 1 Wi.)]
IrracontaJ)le. Uni ne peut èlre raconté : « La
. m;iuvai:^tié irraconlublc dcstraislres. » (Godefroy,
AiuKil. sur rilist. de Gliarles VI, p. 081.)
Irraisoiinal)le. [« Icellui chevalier par sa
« maislrée, arrogance, grant puissance et volenté
« irraistmnable . » (JJ. 104, p. 9'2, an. 1372.)]
Irrecitable Qui ne peut être récité : « Paisses
» vertus a eu tant de dignités et aullorités qui sont
« irreciinblcs, et a eslé'tonsjours en grâce des sei-
« g-neurs et du peuple. » (Fabri, Art. de Khélor.,
livVe I, fol. 10-2.)
Ii'reçjulier. [Incapable, dans G. Guiart, v. 4971.]
Irrémissible. [« Cas irre)iiissibles(i[ dignes de
« grans pugnicions. •> (Rec. des monum. inédits du
Tiers Klat, ÎY, 710.)]
Irréparable. [» Choses irréparables et dignes
a de grans pugnicions. » (Id. 709.)]
Irréparablement. [« Nostre pais de Xormen-
« die oullre Seine, lequel... pourroit estre grevé et
« dommagié irréparablement. « (Mandements de
Charles V, p. 336,)]
Irreveremment. « Si tost que la dame ouyt
» ce, elle luy dit : Sire chevalier, ne vous desplaise,
" se jusques" à présent ay parlé si irreveremment à
o vous. » (Perceforest, VI, f. 17.)
Irrévérence. [« Ce a fait leur inobedience el
« irrévérence iiu'elles ont envers leurs maris. »
(Ménag. I, 6.)]
Irreverender. [Manquer de respect : » Ils
" auront desprisé et ïrreverendé nosire seigneur el
» ses commandemens transgressé. » (Pénitence
d'Adam, .ms. ch. 15.)]
Irrévocable. [« }vous le tendrons ferme et
«I cslable Et par edft irrévocable. « (Mysl. du siège
d'Orléans, p. 725.)]
Irrévocablement. [« f>equel liltre irrevoea-
• blement nous tenons el declairons pour bon et
« vray. « (Lettre de Charles V, Bibl. de l'Ecole des
Charles, 4' série, III, 425.)]
Irriter. [Annuler : " El pour ce les ait le dit
« nostre saint père cassées, ostées, anulléeset irri-
« fées du tout. » (Froiss. VI, 302.i]
Irruer. [Se ruer avec fureur : « Icellui Didier
«1 tirit à son espée nue et par trahison se irrua
« contre le suppliant. » (.JJ. 195, p. 854, an. 1473.)]
Isambrnn. [Espèce d'étoffe : « Li autre cha-
« noinc paronl Meilleure cure et nieillor aiz, Ce
« sont ils à blans sorpeliz, As noires chapes d'isam-
« brun; En cels a dou noir el du brun. « (Bible
Guiot, Du Cange, III, 903 i».)]
Isengrin. [Loup, dans le Roman de Renart :
« Lupus qui s'apiele en sornom Isengrin, \eno\[ en
» lor roule. - (Uu Cange, III, 903 ^)]'
Isle. [Mot tantôt masculin : « Aucuns isles. •
(Froiss. Il, 279); tantôt féminin : " Ceulx des isles
<. voisines. » (id. XIV, 226.)]
Islette. Diminutif d'isle, dans Perceforest, II,
folio 20''. — Drut donne la forme masculine islet
folio 55 ^)
Isnel. [Rapide, de l'allemand scknell : « Plus
» est isncls qu'esprever ne arunde. » (Roland,
V. 1492.)]
Au petit ru boit tourterelle
Plus aise qu'en rivière i.^neUe. (Dcscli. f. 3SG ".j
[Expression :
» Isnel le pas, sur le champ. » (Flor. elBIanchefl.
V. 040.)
Isnellement. [Prompteraenl, dans Partonopex,
V. 3401 : <' Se lu liens riens de l'aulrui, ou par toy
« ou par les devanciers, se c'est chose cerleinne,
« renl le sanz demourer et se c'est chose douteuse,
<■ fai le enquerre, par saiges gens, isnellement et
« diligenment. » (Joinville, § 748.)]
Isnelleté. Légèreté : « Ne sçavoit si le cheval
« alloit en l'air ou sur terre, par Vlssenelleté de
« luy. " (Perceforesl, II, f. 14 '.)
Israël (Pierre d'). [Camée. On croyait qu'à
Jérusalem avait existé un vaste atelier pour la taille
des pierres précieuses ; on leur supposait des vertus
médicales consignées dans les lapidaires : « Une
« bourse de soyè, un annel ou il avoit un courau
« fourché et une ;;/«'?'<? rf'/srac/. » (JJ. 145, p. 138,
an. 1389.)]
Issi. [Ainsi : « Issi est neirs eu m peiz. »
(Roland, v. 1035.1]
Issir. [Sortir. 1° Au propre : « Par les oreilles
« fors se ^s; le cervel. » (Roi. v. 2260.) — « Issir de
« la ville. « (Froiss. Il, 27.)] — Le sire de Joinville
demande à S. Louis de lui permettre de faire une
sortie sur les Sarrazins : « Mais tantousl que mes-
« sire Jehan de Beaumont eut ouy ma requesle il
" s'escria moult fort et me commanda de par le roy
« que je ne fusse si hardy issir de mon herber-
« gier. » (Joinville, p. 32.) — [2" Au figuré. 1° Se
mettre en opposition : « Issir dou conseil de ses
« hommes. » (Froissart, III, 453.) — 2" Trépasser :
« Issir de ce siècle. >< (Id. t. VI, 476.1] — 3" Parlant
d'argent qui provient d'un impôt : « Pour tourner
n el convertir les dites aides ou fait de guerres en
» la défense du dit royaume en tele manière que les
« deniers qui en istrSnt demourront es pays là où
« ils sont cueilliz. » (Ord. III, p. 229.) — 4° Parlant
d'enfants : « Nous ordonnons el octroyons à tous
« nos juifs, et à ceux qui istront d'eux. » (Ordonn.
vol. I, page OiO.) — 5" Parlant de la dispute, de la
guerre entre deux frères : « Se ilss'entrappelloient
ISS
- 95
lYR
« de terre ou tle meubles, dont il doie istre
. bataille. » (Ord. t. I, p. 2'i5.1
[Hemarques : Le futur est isteral, istrai ; le cond.
présent est isteroie ; le part, passé issi et issu.]
Issue. [1° Sortie, allaque faite par des assiégés :
« El faisoient souvent des (ss»t's et des escarmuches
« sus les Flammens. « (ImoIss. III, 21)0.) — 2" Trou-
pes entrées de concert en campagne : « Kt dévoient
« estre tout doy de une alianclie et d'une issue el
« dévoient mettre sus mil lancbes de droite gens
• d'armes. » (Id. VllI, 420.) — 3" Sortie de prison :
« Par quoy ils euissent courtoise issue et deli-
« vrance. » (Id. XVI, 32.)] — A" Fin, terme. Villon
fait parler une vieille femme qui regrette sa jeunesse
et sa beauté :
Qu'est devenu ce front poly...
Le front ridé, les cheveulx gris
Menton foncé, lèvres peaussues,
C'est d'Iiumaine beaulté l'issue. ( Villon, p. Si.}
5° Fin d'un repas, dessert : » Fromaige d'en liée
Cl et moustarde pour Vissue. » (Rabelais, V, p. 133.)
Voyez Boucbet, Serées, liv. I, p. 47. Dans la Bour-
gogne on se sert encore de ce mol pour signifier
dessert. — 0° Revenu, produit : « Ordonnons... que
« toute la value des fruits eldes issues de sa terre
« d'une année soit levée par nos gens, el tournée
« devers nous. » (Ord. I, p. 540.) — [« El se l'église
« ne le fel, li sires pot prendre l'eritage en sa main
« et jo'ir des ismes. » (Deaum. XII, 5.)] — [7° Droits
de sortie sur les vins el autres marchandises : « Jou
« ay vendu el escangié... toutes les justices que jou
« avoye à Corbye, les cambaiges, les estallages, les
« <ssH(?s des vins. » (Cart. 53 de Corbie, an. 1258.)
— « Pour chacune pièce de vin, un denier de heber-
» gage qu'on dit issue de terre. » (D. C. t. III, 90i,
an. 1408.)]— « Par quoy le 27'= jour du dit mois
« d'octobre furent mendez sur peine de perdre leur
« bourgeoisie el de payer issue. » (Monstrelet, II,
p. 152 ^.) — 8" " Droit d'entrée, ù' issue sont les lods
« et ventes et honneurs el autres droits seigneu-
« riaux, qui se paient an seigneur cavier, rentier
« on censuel, el direct p'jr le vendeur el par l'ache-
« leur de l'héritage aliéné el redevable en vers
o (luelque seigneur foncier, pour le vest, devest,
« saisine, desaisine... Autre est le droit d'issue Aowi
« parle la coutume particulière de Ilesdin art. 4,
« qui est du au seigneur justicier par celuy qui
« prend ou levé en sa justice par achapl ou a"ntre-
« ment, quelque chose, et la transporte en autre
» jurisdiction. » (Laur.) — Pour les autres espèces
de droits d issue, voyez Xouv. Coût. Cén. I, p. 509 *'.
— 9° Enfants, postérité : « Si le puisné fils relesse
« oue garranly à le disseisor et mournsl sauns
« issue, ceo est un collalerall garranlie al eigné
« lils. » (Tenures de Lilll. p. 159 'M — 10° « Issue
« de table, » dessert. (Oudin.) — On dit en quelques
pays proverbialement : .. L'issue de céans esL la
« porte, « pour dire qu'on n'a pas de dessert.
(Rabelais, p. 133, t. V.)
Istancc. [Inlention, but : « Si t]sl faire en celle
« istance ses pourveances grandes et grosses. »
(Froiss. II, 340.)— « Si monta là en mer en 'istance
« de retourner en Engleterre. » (Id. II, 72.)]
Istniit. [Imminent : « Pour passeï' l'iver qui
" estoit istant. » (Froissart, t. XV, p. 290.)]
Italianiser. Contrefaire les Italiens. (Cotgrave.)
— « Dranlemens de teste ilalienn'isés. » (Tahui'eau,
Dialogue, f. 34.)
Italie. [« L'Italie est le vray cimetière des Fran-
<■ çois. " (Brant. Dam. ill. p. 305.)]
Italien. » Hausser les espaules à Vitalienne »
(La Noue, p. 409), se préparer à souffrir davantage.
Itant. [Tant, autant : « Mar en irai iiant. »
(Roland, v. 2734.)]
Itels. [Tel : « Itels est sis curages. .. (Roland,
V.375.)]
Ivel. [Egal : « La pêne en est de blanc ermine
" Uui lot ivel al drap traine. » (Partonop. v. 7451.)]
Ivern. [Hiver. (Saint Thomas de Cant. v. 890.)]
Ivernal. [D'hiver : » Vn muy de blée... à penre
■■ cliascun an h la feste de S. Martin ivernal. »
(Cartulaire de S. Eloi de Noyon, an. 1250.)]
Iveruer (s'). [Prendre ses quartiers d'hiver :
'• Se il se fuissent là ivernet. ■> (Froiss. 111, 419.) —
« Alains de Bouqueselle s'en vint ivrener en Saint
« Salveur le Visconte. » (Id. t. VII, p. 54.)]
Ivier. [D'hiver : » Pour Vivier temps qu'il fai-
'■ soit. « (Froissart, t. Ill, p. 417.)]
Iviere. [Ivoire : « Une paire de cousleaux
« engainnez, enmancliez d'ry/ere,et envirolez d'ar-
« geut. .. (J.I. 101, p. 148, an. 1400,)]
Ivoire. [« Item, un petit saint Johan û'ivoire. »
(Xouveaux Comptes de r.\rgeiiterie, p. 81.)]
Ivre. ['• De (oleiù'ivre se doit l'en bien garder. •
(Bataille d'Aleschans, v. 4070.)]
Ivresse. [« Fust par ivresse, fusl par ire. Assez
« losloï Richard dire Que vilains commu ne f.iseien t.»
(Wace, Rou, v. 5957.)]
Ivrogne. « A bon /(•j'0;/«(m1 ne faut jamais eau. »
(Faifeu, p. 10.)
Femmes Irouvay emmi ma voye,
Dont l'une filloit sa coulongne,
Et l'autre qui estoit yvrotKjiw.
(Descli. f. HO.)
J
JAC
J. [« J se mel pour if quand li siet ; au lieu de
a consonnanls'assiel. » (Senef. de l'A B C,Jubinal,
t. II, p. 278.)
Ja. [loDéjà, avec le présent ou le passé de l'indi-
catif: » Sire cumpainz, ja est morz Eiigeler. » (Roi.
V J503 ,_ „ Quant jù mouU de ses gens turent
«passé. » (Froiss. II!, p. 10.) - 2° Jamais, avec un
futur, un sulijonclif présent, un impératif: •• Deus,
« se jo r perl, Jrt n'en avrai escange. » (Roi. v.SiO.)
— .-Ne plaise jà h iJieu. >■ (Froiss. t. 111, p. 05.) —
3" Quoique, avec le subjonctif: « Ja ni cust nulle
« cause. » (Froiss. II, p. H.) - On trouve aussi la
périplirase '/■« soî7 que: « Mais amors tout empe-
. esclioit Que rien à oeuvre n'en meisse, Ja soit ce
que bien^entendisse Mot ù mot toute la matire. »
(Rose, vers 4648.) — On rencontre encore jrt fust :
a Iceulx ser2;ens moult durement lièrent de cordes
« ledit Jelian Losle, ja fust il leurdesist qu'il estoit
« clerc. '■ (JJ. lO'j, p. 374, an. 'l:-i73.)— Expression:
Aja, à jamais: » Nous le mesimes hors de no pri-
« son, ...et li fesimes jurer seur sains que il n'en-
« treroil en le vile, devant là que li esquevin le
<■ rapeleroient ; et fremames en no conseil que che
« ne seroil ne à ore, ne hja. ■■ (Livre Rouge d'Ab-
beville, fol. 33", an. lt>75.)]
Jaazour. [■> L'exposant prist un jaaiom\ qui
« estoit devant lui sur la cbarrue, lequel ilz ont
« acoustumé de porter pour curer et vuidier leur
« cbarrue, quant elle se charge trop de terre. » (.1.1.
122, p. 2()5, an. 1383.) Voir Jazouu.]
Jable. Feuillure aux douves des tonneaux pour
arrêter les pièces du fond. (Colgrave.)
Jablor. Faire le jable des douves. (Cotgiave.)
Jabot, s. ni. Peau en forme de petit sacbet qui
est sous la gorge des oiseaux et où tombe la man-
geaille. 11 s'est dit aussi dans un sens ligure pour
la conscience. <■ Le magistrat et l'oflice descouvre
« l'homme et met en évidence ce qu'il avoit dans
« \e jabot. » (Rabelais, l. 111, p. 95.)
Jacbcre. Terre labourable non ensemencée.
On lit aux Poésies de Froissart, p. 275 '■ :
Entre Aubrecicomt etMauni,
Près d'un chemin sus la ijasquieve
L'autre jour maint bergier oy.
JAC
[« Par montaignes et par rivières. Par prez, par
« vignes, \>ùv jachieres. » (Rose, v. 18580.)]
.îachie (Sainte-)- Espèce de sei'ment.
Que ferez vous, Saincle ,fac/iie9
Tous ceuls que vous avez nommés
Sont plus à moy abandonnez
Que ils ne doivent à vous estre. (Descli. f. 378 '.)
Ja clii ja. Sorte d'exclamation.
.Al clii ja est ce moquerie
De vous trois qui tant vous louez. (Descli. f. 310 '•.)
Jacint. Jacinthe, sorte de rubis. On lit dans
Marbodus. art. 6 de la Calcédoine, col. 1(346:
Calcédoine est pierre jalne,
Entre Jac()i^ et beriles mealne.
Jacobin. [1' Religieux de l'ordre de S' Domi-
nique: « Quant frère Jacobin vindrent premier el
« monde, S'estoient par semblant et pur et net et
» monde. » (Ruteb. 176.) — « Jacopiii en chaire,
« Cordelier en chœur. Carme en cuisine, Augustin
" en bordean. » (Apologie d'Hérodote, p. 627.) —
2° Secte chrétienne qui n'admettait qu'une nature
en Jésus-Christ el qui eut pour chef Jacob Zauzale,
évêque d'Edesse, mort en 178: « Autres gens i a
" barbarins Qui se font clamer Jacobins , D'un
" Jacob (lui lor maislre fu. Et sont chrestien cor-
» rompu, Par les mariages qu'il font As Sarazins
« qui près d'eus sont, El pourprennenl bien celle
« gens quarante règnes de tous sens. Ne croient
" pas confession A nul autre home, s'a Diu non.
« Quand il se confessent à Diu, Pi es d'eux mettent
« enchens et fu FU cuident qn'aveuc la fumée s'en
.. aille vers Diu lor pensée. » (D. C. III, 742'.)] —
3° Gros crachat :
,Te crache blanc comme cotton
Jacoliùis aussi gros que ung oef. (Villoit, p. 39. J
° » CÀvAmbve jacobine, » peut-être chambre four-
nie de toutes sortes de commodités comme celle
des Jacobins : » Us se tirent bailler une petite cliani-
» bre jacobine où ils couchèrent très bien et très
» beau et commencèrent à jouer ù la rutle. » (Contes
de Desperriers, t. 1, p. 187.)
Jacque, Jaque, Jake. [Pourpoint gamboisé,
serré au corps; il était de toile ou de cuir: « Or est
<. cils estas mués miiintenant, on parollede lances,
I .< de glaves ou ôajakes. « (l'roiss. t. 11, p. 385.) —
JAC
— 97 -
JAC
« Vestis d'un noir jake de veluiel. » (Id. V, 260 ) —
Le jaque enlrait dans le costume mililaire des
franos-arcliers, au xv siècle ; il est décrit dans une
charte de la Chambre des Comptes, transcrite par
D. C. (III, 742''): « Mémoire de ce que le roy veult
« que les Irancs archers de son royaume soient ha-
« biUez en jaques d'ici en avant, el pour ce n char"-é
« au bailly de Mante, que l'abillement de Jacques
« leur soil bien proufitable el avantageux, pour
» faire la guerre, veu qui sont ^ens de pie, et que
« en ayant les brigandines, il leur faut porter beau-
« coup de choses, que un homme seul et h pié ne
" peut taire. Et premièrement leur faut desdits
« Jacques de 30 toilles ou de 25, h un cuir de serf
« à tout le moins : et si sont de 31 cuir de serf il
a sont des bons. Les toiles usées et déliées moyèn-
« nemeut sont les meilleures, el doivent estre les
« Jacques h quatre quartiers, et faut que les man-
<• ches soient fortes, comme le corps, réservé le
« cuir. Et doit estre l'assiette des manches grande
■■ et que l'assielle prengne près du collet, non pas
« sur l'os de l'espaule, qui soit large dessous l'ais-
« selle, et plantureux dessous le bras, asses faulce
. et large sur les coslez bas, le colet fort comme le
« demourant du Jacques: et que le colet ne soit
» pas trop hault derrière, pour l'amour de salade
« Et faut que leàd Jacques soit lassé devant, et que
" il ait dessous une porte pièce de la force dudil
" Jacques. Ainsi sera seur ledit Jacques et aisé
« moiennanl que il ait un pourpoint sans manches'
" ne colels de deux toilles seulement, qui n'aura
« que quatre doys de large sur l'espaule- auquel
• pourpoint il attachera ses chausses. Ainsi flotera
« dedens son jacques, el sera ù son aise • car il ne
« vit onques tuer de coups de main, ne de flesche
" dedans lesdits Jacques ses hommes, et se v sou-
» loienl les gens bien combattre. »]
Expression :
En parlant de madame des Délies Cousines •
« Quanl aucueurde la royne, elle a bien passée
« en son Jacques de soije, » c'est-ù-dire elle est bien
mal dans 1 esprit de la reine. (P. J. de Saintré, GlO.i
Jacquemard. J° Figure de métal qui repré-
sente un homme armé avec un marteau ù la main
et quon met sur les horloges pour frapper les
heures. -2" Mannequin: « Les chevaliers coururent
« partout rompans premièrement leur bois el lances
« contre une quintaine ou )(;(y«m«r planté à terre
« jusques a la hauteur d'un cheval ayant sus un
« pan une statue d'homme couvert d'un escu un
« bras estendu avec une masse, estant celle slalue
« appeWee jaquemar, plantée sur un pivol de ma-
« niere que le chevalier heurtant de sa lance contre
« cet escu barré (pour retenir la lance) il falloit
« qu il eut de adresse s'il ne recevoit un coup de
« la masse. » (Fauchet, de l'Orig. des Chev n 8'> )
Expressions : " ^' "'
1» "Armé comme un jacquemard. » (Oudin 1
Avoir 1 air d'un mannequin. '^
fF^vin^TÎ'rf'' T '''''^'■'" '^^ '"'^ ^" Jacquemart. »
(ra\in, Iheatre d honneur, t. II, 1747.)
Jacquerie. Soulèvement des paysans contre la
noblesse, en 1358, pendant la captivité du roi .lean
en Angleterre. On nomma celle faction jacquerie
parce que, suivant Mcol, ces factieux étoient tous
habilles de jaques. [Je crois plutôt qu'on appela les
paysans Jacques, comme on appelle les conscrits
Jeavjean.]
En Valoys fut, en Picardie,
En Champaigne tel jaquerie,
A Maulx, à Paris autre part
Maint en furent pendus a hart, (Desch. f. 57S<i.;
« Du commencement el première assemblée de
« la mauvaise iflÇH('r/e de Beauvoisin. » (Chron. de
S. Denys, II, 248.) - Si la noblesse française avait
ele battue en Flandre, « on peut croire et imaginer
« que toute gentillesse et noblesse eust esté morte
» et perdue en France et autant bien es autres
« lieux ; ne \a jaquerie ne fut onques si grande ne
« SI horrible qu'elle eust esté. » (Froissart, liv. II
Jio.) - [\oir l'histoire de la Jacquerie de M. Sim.
Jacques, Jacques Bonliomme.ri" Nom des
paysans qui prirent part lUa Jacquerie- « S'il (le
» roi Jean) est bien conseillé, il n'obliera n.ie Mener
« Jacques Bonhomme en sa grant compa"-nie •
« Guerres ne s'en fuira pour ne perdre la vie. »'
(Dibl. de 1 Ec. des Chartes, 3» série, t. II. 2G3 ) Voir
sous IlrnoNs. - 2° Paysans, vilains, armés ou ré-
votles.J . Vous remercions de vostre courtoisie, car
" SI Jaques bons homs eussent ainsi de nous eu
« 1 audessus.,. Ils ne nous mie fait la chose pareille >.
(iM-oiss, 1, 230.) - . Car en ce tems là le roy Charles
" ^^ ';'"'"ce avoit tant alTaire en son royaume
" tant par les esmotions d'aucunes ses communes
" appeliez Jaques et maillets. » (Hisl. de Louis III
de Bourbon, p. 4.) - « Jacques vilains, .. pour dire
bourgeois armes. « Furent mors en celle entrée par
« es Bourbonnois.... deux mille Jacques vilains et
« la ville pignee. .. (Hisl. de Louis 111 duc de Bour-
bon, p. .363.) -> Paysan, en généra! :
Cessez, cessez, gendarmes et piétons
Ue piljoser et menger le bon homme
yui de long-tems Jarqiws bon hotus se nomme.
Roger de Collerye, p. 173.
4" [Injure: ,. Jehan de Mons dist au suppliant:
« I enfant i parler, très fort senglant vilain /«««es.-
« auquel ledit suppliant respondi : Nous ne sommes
ïrE"'"'A''/?"''«' »*^ «^e rage pour l'avoir esté. « (JJ.
10/ p. 201 an. 1402.) - 5» . Le pendarl il fait
»_ Jacques Déloges » (Comédie des Prov t lll f 3)
cesl-a-dire.facques, déloge, il s'enfuit.] ' '
Jacquet. Diminutif de /«cry^^s, pris au sens de
houHon. .. Leur pouvoir ne s'estend pas si avant
- qu ils ayent a me commander, encore moins à
° me lorcer de croire ce qu'ils crovent. Dieu m'a
« lait naistre libre, la franchise de ma condition ne
'Sera jamais forcée de leur servir de jaquet. »
(S. Julien, .Mesl. histor. Epith. Dédie, f. 7.) Parlant
des ennemis que les opinions lui avoient attirés-
« lu le loueras doncques hautement et follement'
« et teras bruit des mains, en lui donnant des ap-
13
JAI
— 98 —
JAL
<• nlaudissemcnts comme les jaquets. » (Amyot,
Mor. de Plul. I, p. lit'.) — « Aiida je ne veux point
. vous servir de jacquet. » (Œuv. de R. Belleau,
t. 11, p. 8-2.)
.lacqiictte. Petit jaque. <■ J acquêt te àe couleur
a vernieille, ou rouge et blanclie et verte semée
. d'orplievcrie que les archers du roi Charles MI
« porloient à son entrée dans Rouen. » (J. Chart.
Hist. de Charles Vil, p. 180.)
Jactaboiidz. Qui se vanle. (Am. ressusc. 292.)
Jactance. [1° Vanité: « Por covoitise et por
« jactance, Guerpi ma foi et ma créance. » {Theo-
philus page 292.)] — » Non pour ostentation ne
« jactance. » (Am. ressusc. p. 99.) — 2° Gloire,
renommée. L'auteur fait parler l'ombre du maréchal
de Chabannes :
Mais plus n'esloye en ces bas territoires
Pour faire exploict d'aulcuns faiclz méritoires,
Grande JdcraJitf au décéder n'aymons. (Cretm, 133. J
Jactateur. Qui se vante. (Cotgrave.)
.lactation. Vanlerie. (Cotgrave.)
Jacter (se). 1° Se vanter : « Sans se jacter, en
« faire fesle ny bruit ces vanleries otenl tant la
« grâce. » 'Sagesse de Charr. p. 500.) — 2° Sauter,
rej'^aillir. En parlant de la jalousie : « Il m'est advis
« que la cuvture ne se doit point tousjours torner
« sur le jactant, mais sur celui qui jacter le fait. »
(Perceforest, vol. VI, f. 71'.)
•lactiire. [Perle, dommage. (Charte de Philippe-
le-Rel, an. 130G, f. 418'.)]
Jacunces. [Hyacinthe, pierre précieuse: « Bien
« i ad or, malices e jacuiices. >■ (Roland, v. G38.)]
Jadis. [« A enherber m'apprist jarfis une Juise. »
(Berle, c. 70.)] — « Quand nous disons : cela se
« faisoit au tems jadis, nous déclarons que c'est
« une chose qui est hors d'usage, tellement qu'elle
a seroit de mauvaise grâce en nostre tems. » (Henri
Eslienne, Apologie pour Hérodote, p. 420.)
Jafuer. Gourmandise (comparez l'anglais jaw,
gueule) : « Jafuer e sejor e peresce Sunt mult con-
u trailes h proesce. » (Chronique des ducs de Norm.
V. 18530.)]
Jagleus. Glaïeul. Dans les Fabl. de S' Germ.
f. 100 ', on lit :
Tant a mal cuer feme, que ce n'est mie gieux ;
Feme est de toz biens vuide ausi com h jaijteus.
Jaglolai. Glaïeuls.
Gauches avoir de jaglolai
Et soUers de flor de mai. (Poi-s. av. 1500, IV, p. iA^ii.]
Jaglonnée. [Botte : « Une ja^/^oKHee, que l'en
« dit jonchée d'erbe au pays (en Gatinais). » (JJ.
102, p. 322, an. 1408.)]
Jagois. Expression obscène dont on trouve la
délinition dans le Moyen de Parvenir, p. 88.
Jagouce. Hyacinthe, pierre précieuse:
Les jaspes et les diomicles
Les topaces et les beriches
\.eaja{)onces, les esmeraudes. (Blanch. f. 190 '.j
Jaiaut. Géant. [" La première (eschele) est des
« jaians de Malperse. » (Roland, v.3253.) — " Cum
« jaian%, forz en bataille, Que n'i a cors le suen i
. vaille. » (Benoit, II, 8410.)]
Jailaige, Jaillage. [Droit levé sur le vin
vendu en détail : » Le droit que il (l'évêquede Laon)
« demandoil et se disoil avoir par point de Charlre
« ou tonlieu, ou rouage, ou jailaige. » (JJ. B., p. 33,
an. 1331.) — On \\\. jaillage, au reg. JJ. 00, p. 518.]
Jaille. [Jale, jatte: « Si chargiez d'armes et de
« robes Taintes de sanc, et touoillies. Que seul des
« cotes gambesies Pouvoit-on emplir maintes jail-
' les. >' (G. Guiart, an. 1298.) — " Icelle Jehannette
« print en ses mains deux seilles on jailles, et ala
« ù la fontaine quérir de l'eaue. • (JJ. 150, p. 195,
an. 1390.)]
Jake. [Voir Jacque.]
Jalaie, Jalaye. [Contenu d'une jale: « Dou
« mui de vin à la dite mesure (de Gien) deux deniers
« et une jalaie. • (Ch. de 1314, D. C. III, 745 1».) —
« Ge donne et laisse à tousjours mes aux parrois-
» siens affluans chascun an en l'église de Juigné ad
« jour de Pasques, une jaUuje de vin. » (Ch. de
1382, ibid.)]
1. Jale. [Jale, jatte ou baquet: » Si a 11 cuens
• le camba'ge, c'est de cascun cambe, à cascune fié
a c'on y bipasse, trois ja/es de cervoise. » (Revenus
du comté de Namur, an. 1205.)]
2. Jale. [Boule: » Le jeu de boules, que l'en
« nomme ou appelle (en Boulenois) le jeu de )rt/es.»
(JJ. 184, p. 380, an. 1453.)]
1. Jalée, s. Gelée.
Tilanche jalée
A la matinée
S'apert au prael. (Poët. av. 1300, 1. 1, p. 56.)
2. Jalée. Contenu d'unejale.Parlantd'une femme
qui veut se dérober aux yeux de sa surveillante:
« Fut par une partie dressée, jette une jalée d'eau
.< sur la leste. Quoy fait elle entra soudain en la
« maison accordée. » (Coules d'Eulrapel, p. 104.)
Jalenieyns, adv. Néanmoins, cependant. Par-
lant des bestiaux d'un particulier qui passent chez
son voisin : « Ceur avers passaunlz plusurs foits
. dount il avoil admonest mesme cesty pleyntyfe
.. que il les ouslast et il jalcymeijns autre failz les
« envoya encontre son défense. » (Brillon, Lois
d'Angleterre, f. OU ''.)
Jaleuse. [Nom des quarante femmes chargées,
avant la Révolution, de mesurer les grains et farines
vendus à Paris.]
Jalir. [Jaillir: « 11 prent trois pox de l'ermin
« qu'ot vesli. Parmi les mailles de l'auberc esclarci,
.. Envers Raoul les jeta et jali. Puis li a dit. » (Raoul
de Cambrai, 91.) — « Creslien ont les Turs en si
. granl deslroit mis. Qu'as espées d'acier en ont dis
« mis ocis. Et quinze cens en ont el Ferne j'flZîS. »
(Chanson d'Anlioche, t. IV, p. 858.)]
Jalissement. Action de jaillir. (Cotgrave.)
Jalle. [Jale, seau : « Celui qui les va querre et
I « les prent au nom dudil bouteiller, il convient
JAM
— 99 -
JAM
Jallet. [Caillou rond comme une jale m, lancé
par 1 arbalète.] « L'arbalète servoit ù tirerde grosses
« (lèches appelées quarreaux ou quarriaux Elle
« servoit aussi à tirer des baies et de qtos trais ao-
" ?.^ f "/n''-''^ ?' ^'°''s 0» '•'» "omme arbalète à
« ja/^j. » (Boulainv. Ess. sur la Nobl. p. lO.) - On
a dit delà gorge d'une femme: < Tendus comme
« iing arc ajaletz. » (Coquill. p. 13.) - . La vessie
(rSs rfv!p. ifo?' " '''''' ^-^^^"^'^-""<^«-
Jalnice. Jaunisse (Marbod. col. 1658.)
Jalnui". Couleur jaune. (Id. col. 1G78.)
Jaloie. [Contenu d'une jale: « N'a encor o-ueres
' que U plut. Et de l'eve assez y estut. On plus ou
» moins d une jaloie. » (Renart, v. 2i07.)]
Jalois. [Mesure agraire : - Deux muiz et trois
« pugnez à la mesure de Vervin, dont U jalois con-
l n'fp'I "• m^'^''!-"^' ^^'■^'^'' ^' '■ ^■^'-'^ ^-'"St quatre
« pies. .. (B. N. fr. anc. 5049, f. 64 •\) - 2« Mesure
pour les grains: „ Un sac auquel il y avoit environ
« unjaloy de blé. » (J,J. 165, p. 140, an. 1411.)]
. ;'n''r.l*'h.!-.ï^''''''''^f '.Domine moururent vostre
« ancestre ! Signor, oïl, si ferés vous ; Par coi estes
« dont SI jalous De cest siècle qu'est si malvais '^ .
(Gui de Cambrai, Barl. etJosapbat, p. 248.) Du latin
zelosns. (Ouicherat, Addend. aux lex.) - 2» Di-i e
a envie : ' uis'ie
La maison en est plus jalouse
Uui les palmes de vertu porte. [Desc/i. f. 533 •i.j
Expressions :
. besace. ."Joiidh/f '"■^" '°'"'"*^ "" ^°^"'" ^« ^^
2° Jaloux de sa gloire comme un coquin de sq
. poche. ,. (Contes de Desperriers, t. II, p To7 )
,n "J^^oux comme un ladre de son barillet «
(Brantôme, Dames Galantes, t. I, p 259 ) ''""*^'-
4" ^Jaloux comme un tigre. » (Rab. l'il, p ')59 )
o L on dit : « Grant tems a que celluy n'ayiiie
• mye par amours, qui de femme n'est }V//o«.c .
(Perceforest, vol. VI, fol. 105 '.)
Jalousement. [Par jalousie : . Fait loiautés
: ment ^'^^'f^^l^ '"aintis et cil qui aime aulre-
« ment. » (Bibl. des Chartes, i- série, t. V, f. 346 )]
Jalouser. [Devenir jaloux : . Cela dit, notre
« dame, vous n'avez cause en rien de vous eS
« jalouser. » (Louis XI, 8' nouvelle.)]
Jalousie. [« Li rois entra en jalousie Crient
V. 2605")]'"' ^"' ' '''""''■ " '"'"■''' B'ancheflor.
« n'es7hnm£ï i«'i"^'«'»'««.'/'s,Jàplus : . Jamais
« n est hume ki encuntre lui vaille. » (Roi v 376 11
On pouvait entrera et mes interposer le verbe •
Ja n'aura mes ne loinc ne près. (Poêt. av. 1300, 1 niO 1
Expressions : > < ■.
« îpnf'i Jn' 7 '"''^' " toujours : « Acheter une
1^' P?"r ^^""^ "^^''''^ aniversaire à toujours
."on ?i '"f î-f ^7'f-- " .(Testament du comte d'Sn-
<yOn à la suite de Joinville, p. 183 )
2° « A un jamais, » éternellement : » La bienveil-
l ihn?pf In^- soutènement et apuy de toutes bonnes
^amnJ. /.''m ^""T^^ ^- pei-petuité et « U7i
« jamais. » (L Amant ressuscité, p. 156)
3° « En nul jamais, " jamais. (Triomphes de
Pe rarque, trad. par le baron d'Oppède, p 58 M
•4° « Jamais jour, » jamais : ''
Et fera partout clameur
JDe sa femme laide qu'il a
î^e Jamais jour ne l'aimera. fE. Desch. f. 500 t /
(ASant'ÎSSig;Sf^""«^^'"-«"'^^«'-
Jambage. [Droit de la chàtellcnie de Beauoencv
qui fait que le boucher doit au seigneur la jamS
32lVino;l^"'" '"''■■ ; '^.^ fermedela brcherle
« cleliaigenci, nommée lejambaige. » (1436 Baux
UîniTpll,';? /'' ''•^^;- ^^'^«^ -^o'^e ^'' tort qu'on a
delmi le droit de jambage, le droit du .sei-neur à
poser sa jambe dans le lit d'une nouveSliarée
qui était sa vassale. (Littré, III, 169 ''.)]
Jambayer. [Marcher, se promener : .. Ceulx
" nn« '.?io '''''''" *'" ^'''^PPe de soye, ne doibvent
« pas aller ne yemw jambamnt parmi l'é-lise »
(Cérémonial de S. Brieuc, D. C. III, 469 '.)]
Jambe. [« Il l'en vouldrent le pié et la iambe
« baiser. .. (Berte, coupl. 129.) - » Et sur îe le
« galant, qui a ung pou de delay, desnlée ses inm-
« ^,^.s et s'en va. . (QuinzeJoies du Mariage l m\]
Expressions: sc, i^. i-.â.;j
[1: « Jambe du poux, » muscle du bras : « Le sup-
« pliant blessa icelle Marie au bras seuestre en la
p T'?|"a,l''"i'j7jnP'''™''^-''^'"^''''"P0"^- "(■fJ-206,
2° « Jambes d'en bas, » bas :
Clieveulx longs, perruques de pris
1 OUI- harnois des jambes iVem bas
^Quelque cul troussé de Paris. {Coquillart, p. 13S.J
. 3° . Mettre à jambe bridaine, » romnre une
jambe : « Il la faut brider ou lier. I (Oudin )
i.„fiJ '^^ r*^^?"^'" -''?'"^^' " se donner le croc en
jambe « La assivete se donne elle même la jambe,
• s entrave et s'arrête. - (Ess. de Mont. III, p. 402
50 » Se donner la 7«w/)c, » au figuré, se tromper
cherchera se nuire. (Négot. de .Jeannin, I, p. 207)
6° « Jambe de Dieu. « (Cotgrave ) > > f "'•;
che;."(ASSad';'ï;34r'"P°"^"'^"^'"^^-
deuV'luS'éS :'"■'' " '^''-'^' se sauver. Parlant de
. . . Jambe fere et tost tourner
A la hanche y ot maint tour fait
Et souz levé et à soy trait,
Chascun vouloit l'autre souprendre. (Brut, f.O^j
9" . Il a trouvé ses jambes prêtes, » il s'est sur le
champ mis ù fuir. (Oudin.) c:M»uiie
10° » Jouer de l'espéeù deux ;am6es » (Cotgrave),
par allusion aux épées à deux mains.
JAM
— 100 —
JAP
11» a Jambes, " jambe de force en charpente.
^'ïi^'w^uî;:.?»incroche.(nab.in,p.63.)
•13" .. Danse de loup, la queue entre les jambes. »
^^1 v'' Qm n'a cœur ait jambes. » (CotgraveO
IV « Si touls fols alloienl les ambles, quoy qu il
« ait les jamhea tories, il passeroil dune grande
. toise. » iliabelais, t. 111, p. '207.)
10" [On secouait la jambe par jo.e o" Pai i a 11e-
rie • " Lenuel Caron disant adieu, print a secouiie
! la /«S on disant : corniquet. Qui est uug mo
. ue icellu. Caron disoit voulenliers, quand
., estoil en joyeuseté. » (J.l. 105, p. 1053, an. 147-..)]
Jainbeer. FDonner le croc en jambe : « Pierre
. Dufour jumbeoit avec ung nomme Pierre
.. Duquesne. » (•». 189, P- 239, an. 14a8.)]
Jainbet. [Croc en jambe, au propre et au figure:
» Tosl li fera par son abet Un tel lorpie, un [eljam-
„ hct " (Mir. de Coincy, 11.) - « Qui deable met à
« la veie De ci qnh la mort le conveie, E qui de
.. s'ovre senlrcmet, Mult li a tost fait}ejambet. «
(Chron des ducs de Normandie, v. 2aC0b.) - » te
^suppliant list le jumbet audit Tousset, tant qu i
" • • ■ -erre. » (JJ. 10G,p. 3G7,an. 13/4.)]
le list clicoir à tei
Jainbete. [1° Même sens :
• •I1I1IH.I.C 1. ......V. o.... . Jehan Robin prist
« ledit Drouet par la chevessaiUe en soy efforçant
., de luY faire la jambele et le faire cheoir. »
Ui m page 187, an. 1383.)] - « Les petites ruses
me font les pastourelles quand elles font tomber
., ceux qui passent devant elles, leur donnant par
u derrière vl jumbelte. » (Débat de folie et d amour,
p 114 ) - Les lutteurs bretons usaient souvent du
croc en jambe, elle bourreau les imitait, pourlaire
perdre 'pied au criminel qu'on allait pendre^
Ue bourreau luy va bailler a J^^mfU (^
« Breton. » (Bouchet, Serees, II, 7;).) - 2° Soi le de
couteau. (Oudin.)
Jambeter. 1° Donner le croc en jambe :
Ceulx qui ains leurs hommes chascoient
Et à tourbes les giaventoient,
Firent sempres le dos tourner ,„ an c \
Et maint en firent ja/^bf/er. {Brut, ms. Bombarde, 07 '.)
Dans mon ms. on lit « dévier » au lieu Ae jambe-
ter - 2° « Jambeter des pieds et des mams, - se
débattre : ■■ Se trouve en l'eau jusques au col......
« adonc commença à jambeter des pieds et des
. mains pour eschapper. » (Percef. I, f. 5/ '.)
Jambière. [Partie de l'armure qui couvrait la
ïambe • •> Son cscu et s'autre armeure Chausces et
« jambières bien fêles, que il a en ses jambes
« traites. •> (Ren. v. 14583.)]
Jamble. [Coquillage univalve, nommé jambe
en Saintonge, bernicle en Bretagne, patelle par es
savants: «'icelle femme bailla entre deux escaiiles
a OU coquilles ûe jambles, qui croissent en la mer,
« une chose ressemblant de couleur à triade ou
. metridal. " (JJ. 189, p. 476, an. 14C0.)]
.lainbon. [« Tous les quatre membres (des
« bêtes noires) sont appelés jambons. » (Men. Il, 5.)J
Jambot. [Membre viril : « Cogo me dit et me
. fiertlejflm/;of. » (Villon, éd. Jannet, p. 84.^]
.lamboyer. Passer et repasser. (G. Guiart,
v. 3710.)
Il scet l'heure que par usage
Sa ilarae doit aller à messe.
Il l'attend de l'oeil au passage;
Et puis s'en vient a grant liesse,
Quant elle est à son gré assise, ,^ ,
Lors jamboiio par devant elle. (Al. Chartie,; 745.;
1 Jame. [.ïambe : « A la terre entre deusescha-
« mes s'asiet, sa (lueue entre ses james ; Or est
a Renart bien avenu. » (Ren. v. 99G-2.) - « Jusqu au
.. jarrez de la jame. •• (Merlin, f. 52 '.)J
2. Jame. [Pierre précieuse, gemme. (Roi Guil-
laume, p. 134.)]
3 Jame. [Poix, résine : « Poix rafline, que
. aucunsnommenlirt)Hf.'';JJ-61,p. 1 /9, an. U^7.)j
Jamelz. [Câbles de fjnmela gamclos : «Très
« bien le baient à fuz et à jamelx.. » (Roi. v. 3/3J.)J
Jan Terme du jeu de triclrac désignant tous les
accidents par lesquels on peut gagner o" perdre des
points : " C'est ce que l'on dit que le jan en vault
fdeux. . (Rab. p. GO) Les livres de trictrac s ac-
cordent à tirer le mot ùeJanus, qui avait deux ou
plusieurs faces.
Janctaire. [.laveline : • Le suppliant, ensemble
<. .Jehan Barrière, son cousin, prindrent chascun
., une arbaleste garnie, et avec ce ledit Barr.ei^
„ cousin une janetaire. » (JJ. 20G, page llo9,
an 1477.) Voir (îenetaire.]
ïaïKile [VoirGENGLE. Bavardages, médisances :
. icellui Fougero courroussié de ce dist a icelles
« femmes que ce n'estoit pas bien fait Celles oe
„ rapporter telles janoles. » (JJ. îo7, page 183,
an. 1W2.)] , -, ■ . 1
Jangleor. [Médisant. (Chanson de Guiot de
Provins, dans Wackernagel, p. 30.)]
Jannier. [Médire, bavarder, railler : « Et les
„ aulrei ne veulent <m Jcnigler. "iDesch. ed^ de
Queux de S. Ililaire, 11, p. 103, v. 19 ) - •' Comme
u iceulx se feussenl prins à parler cljangler
a ensamble de guerres, impositions et gabeiicb. »
(JJ 136, p. 27, an. 1389.) Voir Gexgler.]
Jannaie, .ianniere. [Terre plantée éejan ou
d'ajonc : On \\l jannaie, aux Preuves de IHisloiie
de Bretaone, II. col. 485, an. 1384; le nom de 1 eu
Ê »?. a i; même sens. - .« Icelle emme ^^J
u ala et se mussa en une janmere en laquelle on
„ ne la povoitveoir. >- (JJ. 160, p. 312, an. 140b.)]
Jante [Partie d'une roue: « Escenles, busches
„ dè"ssiau,/««/.sâ charreles ha^eset_plusieurs
« autres marchandises. » (Liv. des Met. 4oo.)]
linvier [« Par sa lettre donnée xxii" àe janvier
„ i'?nmil .CGC. .1.1... « et .VI. » (Nouveaux Comptes
de l'Argent, p. 237.)]
Jaole. [Geôle, dans la Chronique des ducs de
Normandie.]
Japcraille. [Gens méprisables comme petits
JAR
101 -
JAR
chiens qui jappent : « Icellui Bernart disl au sup-
« pliant que lui et tout son lignage ne valoient pas
•< son tabart, et que ce n'esloienl que japeraille. »
(JJ. 103, p. 243, an. 1 'i08.)]
•lapper. 1° Aboyer : « Les chiens de garde gron-
« dent en songeant et puis jajjpent tout a fait ima-
« ginant un estranger arriver. » (Sag. de Charron,
p. Gl.) — 2° Crier, hurler :
La vient la mort en sa ligure
Noire et hydeuse à moy japper :
Je n'attens que ma sépulture. (E. Dench. f.l l >i.j
« Quoiqu'ils yff/j;;c«< et caquettent avecques tou-
« tes leurs fleurs, fleurettes et couleurs bigarées de
« leur rethorique. » (Dial. de ïahureau, p. ir>7 ''.)
Jaque. [Voir Jacqif,.]
Jaquerie. [Voir Jacqierie.]
.îaqiiet. [Monnaie : « Les(iuelz hommes paye-
« rent le suppliant en faulce monnaie àejaquedz,
« targes. » ;JJ. 195, p. llCr), an. 1474.)]
Jaquette. [Diminutif de jaque, vêtement :
« Pièce entière (de satin vermeil) pour faire deux
« jaquettes qui ont été ouvrées de broderie, Tune
« pour le roy (Charles VI), et l'autre pour monsei-
" gneur le duc de Thouraine. ■• (Xouv. Comptes de
l'Argenterie, p. 141.)— <■ Façon de (\en\ jaquettes
froncies. » (Ibid. p. 282.)] — « Avoit toute la nuit
« fait si chaud qu'il n'avoit peu dormir, et estoit
« tout déboulonné en une simple cotte ou jaquette
« et sa chemise. » (Froissart, liv. H, p. 28.)
Jaquier. [On dit des Anglais dans une poésie
de 148!), intitulée « l'Aisnée fille de fortune » :
« Entre vous autres gros, jaquiers. On vous descou-
« dra bien vos toiles. « (Du Gange, t. III, 747 ''.)]
Jarbe. [Gerbe : « Par vo perdi ge mon froment,
« Ou j'avoie la quarle jarbe. » (I^en. v. 20425.)]
Jardin. [« Au jardin le roi ot mainte table
<■ dressée. " (Berte, 11.) — •• Comme le suppliant se
« alloit esbaltre tout seul autour du gard ou /«r-
u (lin. • (.!,(. 167, p. 27, an. 1412.)]
Expressions :
1° « Jardin de ta cuisine, >■ le potager : « Sous
« lequel vol du chapon sont entendus estre com-
<! prins les fossés pourpris, bassecourt, estableries,
« granges, et jardinages dependans de la ditle mai-
« son et s'il n'y a fossez il prendra ((uaranle pieds
■> à la ronde ù l'entourdeladilte maison, ensemble
« le jardin de la cuisine s'il y en a ou s'il y en a
» plusieurs le plus proche. » (N. C. G. II, p. 349 ■•.)
2° « Jardin madame, « jeu : « .louer au jardin
« madame. « — « La substance de ce jeu est que
« chacun des assistans doit donner un arbre, une
» beste dessous pour le garder et un oiseau dessus
« pour chanter, et faut qu'il contreface le son ou
« voix de la beste et le chant de l'oiseau, puis on
« demande à la compagnie s'il a bien fait ; si quel-
■' qu'un dit que non, ii faut ([u'il s'éforce de mieux
« faire. S'il a mieux fail que le premier, il est
« recompensé de quelque beau mot, selon la gail-
« lardise de la dame, si non il est puni de sa dis-
<< cretion. » (Des Ace. Escr. Dijon, p. 10 ^)
3° '■ Jardin aux faux-bourgs vaut cent solz au
« rebours. •• (Colgrave.)
4° « Pucelle bien aymée et bien aimant ne se
« peult trop garder, car au jardin des deux amans
« vrayes et loyaulx ne peut lever pire herbe. »
tPerceforest, vol. VI, f. 105 -=.)
Jardinaiqe. [.Jardins : « Ils s'enfuyoienl et
« s'alloient retirer et refraischir es jardinaigcs
« drus et espais. « (Boucicault, II, 17.)]
Jardiner. Travailler au jardin, au figuré :
J'ay mon mari qui se rigole
De moi et s'en vnjariliinint
Avecques mainte femme foie
Chascun jour ou le plus souvent. (Desch. f. 334.)
Jardinet. [Petit jardin, dans les Regrets de la
belle heaumière (Villon, éd. Jannet, p. 4l) :
« Dedans son jol y ./ftr(/i''H('/. •]
Jardinière. [Qui fréquente les jardins : ■■ Dame
« Oiseuse la jardinière I vint o la plus grant
« baniere. » (Hose, v. 10489.)]
Jardrin. [Jardin : « Je me suis adventuré, En
« noz jardrins suis entré. » (Chans. du w siècle,
p. 9, V. 8.) Cette forme se retrouve dans plusieurs
patois.]
Jargon. [1° Chant des oiseaux : « Lors luit di-
« seieut en lovjargun que cil oisaxqui sicanteit. »
(Marie de France, 22'- fable.) — ■• Il n'y a beste
« n'oyseau Qu'en son jrt?'(/ott ne chante ne crie. »
(Charles d'Orléans, rondeau.) — 2' Argot : « Ser-
« gens a pied et à cheval. Venez y d'amont etd'aval,
« Les hoirs du delTuncl Patlielin, Qui scayez jargon
" jobelin. » (Villon, itepues franches, éd. .Jannet,
page 178.)] — 3° Chiffre. M' d'IIerbault écrit à M' le
maréchal de Bassompierre : « Je vous envoyé dans
» la présente un chiffre etunJrtr^oH, je vousaurois
« aussi envoyé la copie des articles du mariage,
« mais je les ay laissés ù Paris. » (Ambass. du
maréeiial de Bassompierre en Suisse, I, p. 77.)
Jargonner. [Parler argot, bredouiller : « Je
« congnois (|uanl pipeur jargonne. » (Villon, éd.
Jannet, p. 118.) — » Et plus causer et jargonner
" Qu'ur.e vieille qui teille. ■■ (Basselin, LVIIl.)]
Jargouiller. [Bredouiller: » Or ga, vieillard
" de pute alaire, Vien)«r(/0M/7/e;' au commissaire.»
(Mart. de S' Denis, xv siècle.)]
Jarie. [Hernie : « Lequel garson se plaigny
« d'une jarie; et dit on que par eschivissement,
•■ raauvaistie et malice dudit garson, ou autrement,
« lui vint une ominade ou bosse en l'ayne, grosse
« comme le poing. » (.JJ. 200, p. 183, an. 1407.)]
Jarion. [« Embaslonnez de basions et armes
« invasibles," comme d'espées et de grans dagues,
« et de gros jarions. ■> (JJ. 200, p. 1103, an. 1477.)]
Jarie. [Jale (voir ce mot): « Comme le suppliant
« qui venoit de la rivière de Loire de quérir du
<• sablon, qu'il menoit en une charretededens trois
« jarles pour faire du mortier. » (JJ. 168, page 332,
JAR
— in-2 -
JAU
an. 1415.) — « Lors a li prestres encontrez Deux
a gars qui portent une jarle. » (Fabl. I, 2G.)J
JaiTct. [Voir Cvret.]
Sous le souple janvt la peinte banderole
D'un jartior ondoyant.... llioif, P- '^S-'i '.,'
Expressions :
V " Mais aussi {/cmle le jarret e[ les embûches de
« ces maris jaloux. » Branl. Dames galantes, t. II,
p. 2-27.^ C'est-à-dire qu'il évite les coups de .laruac.
2' . L'cL'uvre (mi jarret. • tColgrave.) Il y a des
bosses, des irrégularités.
Jarretière. [1" Lien pour retenir les bas ou les
chausses: « Pour un quartier de satin azur des
« foibles, ...pour faire jarretières h lier les chausses
« de laditte dame fisabeau de Havière). >■ (Nouveaux
Comptes de l'.Argent. p. 148.)] — 2" Sorte de danse:
« Cette forme de danse m'a fait souvenir d'une
« que j'ai veu de mon jeune tems danser aux filles
. de mou pays, qu'on appelloil la jarretière; les-
« quelles prenant et s'entre donnant leurs j'arrc-
« tieres par la main leur passoicnt et repassoient
• par dessus leurs tôles puis les mèloient et enlre-
« lassoient entre leurs jambes en sautant disposte-
« ment par dessus, et puis s'en developpoient et
« s'en degageoient si gentiment pardepelilssaults,
« toujours s'entresuivanls les unes après les autres,
a sans jamais perdre la cadance de la chanson, ou
a de l'instrument qui les guidoit. » (Brant. Dames
Gai. t. Il, p. 305.)
Expression :
» Sauter à la jarretière, » c'est sans doute ce
qu'on nomme jouer à la corde. Parlant d'Henri IV :
« Quand les exploits et emplois militaires el les
« demelemens des affaires d'état lui en laissoientle
loisir eloient les violens et laborieux exercices
« tels que sauter à \a jarretière, butter, courir,
« jouer aux barres, nager, danser. -> (Mémoires de
Sully, t. XII, p. 288.)
.larroce. [Jarosse, nom vulgaire de la gesse
chiche, de la gesse vulgaire et delà vesce craque :
» Item les ferrages de Venours en pois fèves,
« jarroces et veces. » (.1.1. Oi, p. 713, an. lo2tJ.)]
.larron. Jante. (Cotgrave.)
Jars. [.MAle de l'oie domestique: " Totes sont
« pleines les cuisines de jars, décos et de gelines.»
(Renart, v. 120G2.)]
Jarse. [Ventouse. (C. Guiart, v. 10237.)]
Jartier. » Bénéfice jurtier, » se dit eu Anjou
d'un bénéfice à patronage laïc.
Jartiere. [.Jarretière: « Vne jartiere sur un
« lissue de soye inde, garny d'or, de perles, de dia-
« mans et de balaiz. » (De Laborde, Emaux, 348.)
— « .1111. onces d'argent doré fin vermeil, par lui
« mis et emploie es blouques et mordans et en plu-
« sieurs clox d'argent dorez pour la ferreure de .u.
« jartieres de satin azur, pour lier les chausses de
o madame la royne. Lesquelz doux, blouque et
« mordant sont esmailliés à K et à E. » (Nouveaux
Comptes, p. 189.)]
.las. [Coq. On lit aux Mémoires de l'Acad. des
Inscriptions, t. XVII, p. 725, dans un fragment de
la Passion, selon S. .Matthieu : « Cil (S' Pierre) des-
« nolel davant loz et se dit: Ne ni sai, ne ni n'en-
« tent ce ke lu dis. Si issit fuers davant la cort, Se
« chanteit li,/fls. »]
.lasard, s. m. et f. Babillard (Cotgr.) : « Muses a
« Dieu et vostre chant j'ftx-an/. » (Tahureau. p. lOd.)
.lasciere. [Jachère: « Par montaignes et par
« rivières. Par prés, par vignes, par jascieres. »
(Rose, dans Du Cange, t. III, L 748=.)]
Jasement, s. Babil, caquet. (Colgr.)
Jaseran, .lazerenc, .lacérant. [1° Adjectif.
Démailles: « Osberc ja-x-erenc. " (Roi. v. 1004.) —
« Gentix hom sire, je te pri et cornant, (Jue li ostez
« son hnuhev jazer an t- >- (Raoul de Cambrai, 145.)
— 2" Substantif. Cotte de mailles pour l'homme et
le cheval : « Dontchascun ol cheval couvert dejaze-
" raiit. » (Cuvelier.)]
Beaux chevaulx et beUes selles
Jacques, jaseruuf:, cotelles
Et armures proufitables
Esprouvées el nouvelles. [Desch. f. 100 ^'.J
« Fery icelui sarrasin tellement qu'il lui per^a
« escu et jaseren. » (Hist. de Bert. Duguescl. par
Ménard, p. 358.) — « Priscaraxe donna à sou cher
« fils.... unebraue saye à chevaucher.... a grandes
« et larges manches volantes et un beau jasseran
» pardessus ouvragé et frangé de filz d'or on-
« doyans. " (Alector, Roman, p. 80».) — « Sur sa
« chemise veslu à la haste seulement d'un gallican
« saye d'armes avec un 7«sfrft/i de filz d'or. » (Id.
p. 1 ''.) — 3° Collier, chaîne d'anneaux. - Juno m'a
« donné charge en passant que je lui apporte quel-
« que dorure, quelque jrtscrrtu ou quelque cinture
<■ à la nouvelle façon. « (Gymbalum mundi, p. 02.)
— « Les pafenostres annëaulx, jnzerans, carcans
« estoient de fines pierreries, escarboucles rubis. »
(Rabel. t. I, p. 321.) — Parlant de Vénus :
Son guimple plus que flamme estinceloit dehors
Bordé, semé partout dejazerans retors. ,Batf, p. iOl '.J
.laserie. Bavardage. Parlant de quelqu'un qui
veut s'enfuir avec des souliers qu'il a pris chez un
cordonnier: « Au lieu de faire march et de payer,
« il vint a demander au cordouannier, par manière
. dejaserie. » (Apol. d'Hérodote, p. 153.) — « Par
« jaserie, » par badinage. (Monet.)
.Jaspe, .laspre. [Jaspe. « Et clers beriles et
" filâtes, jaspes, topases et acates. « (FI. et Biancli.
v. 05!).) — « Deux barils dejaspre garnis d'argent.»
(Nouveaux Comptes de l'Argenterie, p. 57.)]
.lasseau. [Botte : « A confessé aussi qu'il embla
« un jasscau de fain, qu'il vendi à Joigny deux
« petiz blanz. (.IJ. 108, p. 0, an. 1375.)]
.latte. [« L'on bat des œufs en une jatte. »
(Ménagier, t. II, p. 5.)]
.lau. [Coq, du latin galliis (voir Gau): « Jau ne
« jeline. « (JJ. 205, p. 245, an. 1479.) — « Le qua-
« trieme jour de février, auquel jour les enfans de
« l'escolle avoient entreprins pour parfaire leurs
JAV
— 103 —
JEA
« esbatemens de la jousle des jauht, d'aller courir
« la poulie aux cliamps. » (J.J.208, p. 200, an. 1482.)]
Jauge. [1- InsLrumentpour mesurer la capacité
des futailles: « Seun jaugeur jauge, et cil qui vende
« ou cil qui achate se doute de la jauge qui n'est
« mie droitement jaugée, rappeler en puet devant
« un des autres jaugeurs. » (I^iv. des Met. f. "8.) —
2° Partie de la cliarrue : « Le suppliant a emblé un
« soich, un cliasgnon, une )rt»;ye et une lieuse de
« fer à la charrue de certaine personne qu'il ne
« cognoist. » (,IJ. 132, p. 220, an. 1388.) — « Des-
« queles charues le supliant print et emporta les
« ceps, la jauge, deu.\ chevilles de fer et la tune. ■■
(JJ. 129, p. 183, an. 1380.)]
Jauger, Jaugeur. [Voir le précédent.]
Jaugier. [Enfoncer: » Le suppliant et autres
« firent semblant de jaugier ledit huis et de rompre
« les palessons dudil bostel. » iU. 132, p. 220, an.
1388.)]
Jaugle.[Jeu ridicule donlou faisait uneofi'ense:
« Icellui Huet dist au suppliant: Vous avez mené
« l'erbe de ces prez ainsi que bon vous a semblé.
•< Et lors le suppliant lui respondi qu'il n'estoit pas
« de ceux (jui avoient porté les jaugles h Sens. »
(JJ. 167, p 148, an. Iil3.) — « Les compaignons
« commencèrent ù batailler l'un contre l'autre, par
« manière de jaugles, de chascun un baston. » (JJ.
1G7, p. 315, an. 1413.)]
Jaulier. [Geôlier : « Jaulier des prisons de
« pensée, souci, laissez mon cuer issir. » (Ch.
d'Orléans.)]
Jauue. [" Que j'en sui devenue aussi jaune
« corn cire. » (Berte, couplet 88.)]
Jaunement. [D'une manière jaune: « Pbœbus
• dans ses rameaux mit des pommes dorées. Du
« teint de ses rayons jaunement honorées. » (Am.
Jamyn, poës. p. 208.)]
Jauuerotte. Herbe à lleur. (Voy. Recr. des dev.
amour, p. 01.)
Jauuet, adj. Diminutif de jaune, su^sL 1° « Jwk-
» net d'eau, » nénuphar. (Cotgr.) — 2° Jaune d'œuf :
« Pour tels plaisirs {e\s jaune t&^-àn\, humer. » (Dép.
d'Amour, p. 243''.) Peut-être pour tels plaisirs il
faut essuyer telles peines. — 3" Ecu d'or. (Oud.)
Jaunice. [ « Bieut paroit a sa color Qu'ele
• avoit au cuer grant dolor Et sembloit avoir la
« jaunice. » (Rose, v. 295.)]
Jauuir. [^« Et la pesance et les ennuis Qu'el
. sofroit de jors et de nuis L'avoient moult faite
• jaunir Et maigre et pale devenir. - (Rose, v.297.)]
Javai't. [Chancre : « Lequel Robin avoit une
« grant maladie, que l'en appelle chancre ou ja-
« vart. » (JJ. 179, p. 130, an. 1448.)]
Javeau. Ile formée de sable et de limon par un
débordement d'eau : » Les isles, javeaux, atterisse-
« mens et establissemens eslans es dits fleuves et
« rivières navigables. » (Bout. Som. Rur. p. 429.)
Javele. [Javelle: « L'estoc c'on a ramentéu Fait
« mètre Alemanz par javeles. » (Ciuiart, v. 10953.)]
Javeler. Mettre en javelles. (Gotgrave.)
Javeleux. Javelle de blé : » N'est aussy loisible
« de moissonner ou glaner entre javeleux'el gerbes
« et jusqu'au lemsqu'elles soient enlevées. » (Nouv.
Coul. Géa. t. Il, p. 1095.)
Javeline, dans J. Jlarol, p. 19.
Javelle. [Espèce de charbon : « Marchand qui
« vend charbon ou javelle, en la ville de Chartres,
« à sas revuidiez. » (Reg. des cens de Chaitres,
fol. 18, an. 1302.)]
Javrelot. [Javelot: « Le suppliant embastonné
» d'un javrelot et garny d'une escrevisse en sa
« poictrine par dessoubz sa robe. » (JJ. 20C, p. 531,
an. 1480.)]
Jayole. [.Même sens que J.vile. (Du Gange, sous
Cajiiola.)]
Jazequené. [Couvert d'anneaux, dejaseran:
» Item trois paires de couvertures gamboisies des
« armes le rov et unes indes jazequenées. » (Du
Gange, t. 111, p. 719, an. 1310.)]
Jazeresse. [Qui jase : « Une fontainey'ft^cjTsse.»
(Ronsard, 570.)]
Jazour. [Voir Jaasoir : u Icellui Renier couru
« sus audit Guiot à tout le ja^^our ferré, dont on
« cure la charrue. • (.JJ. 152, p. 320, an. 1397.)]
Je, Jo. [Pronom personnel : « Jo nen ai ost ki
" bataille li dunget. » (Roi. v. 18.) — " Jo vus dur-
" rai or e argent asez. » [Roi. v. 75.)— « Amis, dist-
« elle, verrai vous Je jamais. » (Raoul de Cambrai,
p. 23'i.) — « Pensez à vous, o courtisans. Qui, lour-
« dément barbarisans Toujours, j'allions, je
" venions, dites. » (IL Estienne, du tangage fran-
çais italianisé.)
Jean, Jehan, Johan. [Nom propre employé
dans diverses locutions. 1° «"Mal de saint Jean, »
épilepsie, au registre JJ. 80, p. 214, an. 13.ï0. Ainsi
nommée, parce que la tête de S. Jean tomba à terre
quand il fut décapilé.] — 2» « Mal saint Jean, «
maladie obscène. (.Nal. d'am.321 ^) — 3" « S.Jean, «
serment. (Le Jouvencel, folio 07 \) — 4° « S. Jean
« S. Jean » étoit le sermenlordinairede Charles VII.
(Eloge de Charles VII, page l.) — 5° C'étoit le nom
d'une pièce d'artillerie prise en 1513 sur le roi
d'Anglelerre. Ce prince ea avoit douze de même
calibre, dont chacune portoit le nom d'un apôtre.
(Hist. du chevalier Bayard, p. 385.) — 0° On appelle
l'armoise « herbe do S. Jean. » (Diverses leçons de
P. Messie.) [A la saint Jean, l'armoise et les aulres
plantes médicinales sonten Heur ; delà le proverbe:
« employer toutes les herbes de la S. Jean. ■•]
— 7° » Il avoit neigé, et c'estoit environ la saint
' Jean. — Tu débutes bien ! la saint Jean ? — Oui
" da, il y a la saint Jean qu'on fauche, la saint Jean
« qu'on tond, la saint Jean qu'on bat, et la saint
•> Jean qu'on chauffe. » (Moyen de Parvenir, p. 388.)
— [Ces quatre fêtes tombent : le mai (S. Jean
Porte Latine ou S. Jean l'Evangéliste) ; le 24 juin
JKA
— 104 —
JES
(Nat. de S. ,lcan Raptiste) ; le '20 août (DécoU. tle
S. Joan Daplislc); le!27 décembre (la oraïul S. Jean.)]
— 8° [La S. .leaii cliaiide esl la fOle de S. Jean
l'Kvangélislc, S. Jean Porle Latine (G mai) : » Le
« jour'de la suiiil Jelian cliande, dillePo; leLalin. ■■
(JJ. 200, p. 31, an. 14G7.)] — 0' .• Ceux de S.. Jehan,'
les chevaliers de Malle : « Fil !e roy passer en l'isle
« de lÀodcs, le Grand Pi'ienr de France, pour admi-
« iiislrer vivres et ponivcances en leurs mettes : et
« firent ceux de Saint-Jehan accord aux Venicieus,
« pour pourveoir moult bien l'isle de Crelh. »
(Froiss. tiv. 1, p. 36.) — 10" » Vin de saint Jehan, »
vin de Chypre ou de lihodes :
Or lui refault de plusieurs vins
Vin de saini Jehan et vin d'Espeigne
Vin du Uyn et vin d'Alemaigne. (Desch. f. 510 '.]
11" >. Maislres Jehans » répond à noire expres-
sion mailre homme, maîtresse femme :
Parfaits ouvriers, grans maîtres Jehcnts. (Corjtnll. p. i.J
De ceulx qui songent les merveilles.
Que on appelle les maislres Jelians.
(M. p. 20.1
12° [i- Jehan des Vignes, » le vin : » Car Jehan
(les Vignes qui esl tant beau Incontinenl leur
» gasta le cerveau. » {Serm. joyeux dans l'ancien
Théâtre, xv s. ; Janel, 11, 215.)] — 13° [« Jehan, »
cocu; « l'aire Jo/irtH, » faire cocu : « Icellui Proust
a disl au suppliant qu'il estoit bien Jehan prunier,
» par manière de mocquerie. » (JJ. 187, page 154,
an. 1457.) — « Icelle femme vint à rencontre du
« suppliant son mary, el lui dist telles paroiles :
« Traislres, paillai'd, larron, je l'ay fait pluseurs
<. fois Jûhan, cl en despit de loy,"je le te feray
« ericores. ■• (JJ. 19."», page 15G5, an. 1475.)] —
14» « Nous avons deux noms, desquels nous bapti-
« sons en commun propos ceux qu'estimons de
« peu d'effet, les nommons Jeans ou Guillaumes. »
(Pasquier, liv. Vlll, p. 751.) — « Un quidam nommé
« Jean de nom el qui l'estoil peut eslre de surnom. ■•
(Des Accords, Bigarr. p. 31.) — 15° <■ Jean Gipon. »
(Colgrave.) — 16° « Se coucher à Jaw grosse beste. >>
(Moyen de Parv. p. 122.) — 17» « Jean bonhomme, »
un pavsan. (S. Jul.Mesl. hist. p. 78.) fVoir Jacques.]
— 18°". Jean de Nivelle. " (llisl. du fhécàt. fr. t. 11,
p. 145.) [Fou des confi'éries du Sainl-Cordon qui
tigurail à la procession de la fêle de la Nativité.
(Voir M"" Clément llemery. Fêles civiles et religieu-
ses du départ, du Nord )] — l'J" « Jraît-farine, » un
bouffon, principalemenl en comédie. (H. du Théàl.
fr. l. IV, p. 138.) — C'éloil aussi le nom d'un brave
guerrier de la Uochelle, lorsque le roy l'assiégea.
(Mém. de Bassompierre, III, p. 403.) — 20° « Jean
" de Poitiers, •■ qui se fait prendie comme Jean H
à Poitiers. (Dial. de Tahur. p. 1G4 ''.) — 21° " Jean
" qui ne peut, » expression obscène. (Bouchel,
Serées, liv. I, p. 1G8.) — 22° « Jean jeudi, >■ expres-
sion obscène. (Voy. Rab. t. II, p. 193.) — . Un bon
« Jean. » (Rabelais, p. 225 el note.)
.Icannin. Mari trompé, comme Jean : « Quand
« on dit un bon jannain, que le vulgaire prononce
« genin, cela s'entend propreraeul d'un pilautqui
" prend bien en patience que sa femme lui fasse
» porter les cornes. » (Apolog. pour Hérod. p. 19.)
Ject, Jet. [1" Projet, minute d'un acte : « Vous
« ferés un jfcf sus quel fourme vous vodrés avoir
« le sauf conduit. » fFroissart, t. V, page 102.) —
« Icellui Alleaume escripvy de sa main la minute
« ou ject d'une obligation. « (JJ. ISi, page 420,
an. 14.53.)] — 2» Teri'e qu'on tire d'un fossé : « Le
" ject à'un fossé étant entre deux héritages demons-
« Ire que le fossé est el appartient ù celui du costé
« duquel esl le àiiject, el lui appartient le dit fossé,
« et le fossé à deux jects, est réputé commun. «
(Coul. Gén. 1, p. 201.) — 3° Jetée :
L'étang est découvert
Et \o jet est pavé d'un gazon toujours verd. [Buïf, ilS.J
4° Jetons : » Les courtisans sont semblables aux
" jets desquels on use pour conter. » (Apologie
d'Hérodote, p. 137.) — 5° « Faire ject, « terme de
marine. C'esl-fi-dire lorsque dans une tempête on
jette une partie de la charge du vaisseau, pour le
soulager. (Voy. Du Gange, sous Ejectus.) — G° « Gect
« de pomme, ■■ l'espace qu'on peut faire parcourir à
une pomme qu'on lance avec le bras. Gomme on dit
une portée de fusil : « Thelamon et Anlhenor qui
« esloienl bien montez le suivirent de si près qu'ils
« y estoient au i/ect d'une })omme. » (Perceforest,
vol. II, fol. y \)
Jeliannel (feu). Géhenne, enfer :
En considérant la misère
De la présente vie amere
Et ses paines après la mort
Du ienjehaintel qui nous mort. [Desch, f. 537 '.}
Jehannot. [Sol : « Le suppliant lui dist : Eudet,
" vous avés un toreau qui hurle les gens et ne
» osent aler aux champs pour luy. Lequel Eudet
" luy respondi : As lu nom Jehannot? Ouyl, dist
» ledit suppliant, j'ay nom Jehannot voirement. Et
" ledit Eudel luy disl : Jeiiannot es tu, car à toy
« n'en appartient de riens, en le bûchant plusieurs
« fois Jehannol. ■• ^JJ. 1.52, p. 248, an. 1397.)]
Jengleresse. [Femme qui jongle. (D. G. sous
Juglatores.)]
Jenneteiir. [Autre forme de géniteur. (Froiss.
t. XI, p. 393.)]
•lennevois. [Génois : « A donné (le roy) trêve
« aux Jennevois. •■ (Mém. IL delaCh. des Comptes,
fol. 72 '', an. 1413.)]
Jenoilhon. [Genou : •> A jenoilhons se mist sor
« le marbre liste. » (Poëme d'Alexandre, D. G. III,
page 38 '.)]
Jenoiller. [Se mettre à genoux : « Li chevaus
" se jenoille qui fu de cox chargié. » (Id. Ibid.
page 500 ''.)]
Jent, Jentz. [Gentillement, dans la Chron. des
ducs de Normandie.]
Jergei'ie. [Ivraie : « Jergerie, une mauvaise
« herbe qui croist entre les bleds, zizania, i. lolium. »
(Gloss. 7G84.)]
Jesine, Jesir. [Voir Gesine, Gésir.]
JET
- 105 —
JEU
Jesseran. [Jazeran. (Histoire de Charles VIT,
page 514.)]
Jeter, Jetter. [Voir Getf.p,, Getteh. 1" Lancer :
. Plusqu'hum ne poet un bastuncel j^^^r. » (Roi.
V. 2868.)] — " Les compaignons de la dilte ville et
« plusieurs autres du pays environ se esbatoient à
jeter à un pourcel pendu aune attache. » (J.J. 104,
p. ■127, an. 1372.) — [De là l'expression « jetter la
« pierre, » jouer au palet : " Iceilui jour, après sou-
« per, ledit Jehan le Charon dist qu'il \ou\o\l jetter
« la pierre, et v mettoit un fianc au plus hardi. »
(JJ. 122. page 309, an. 1383.) — 2° Porter un coup :
« Jean Jacopin... tira une dague qu'il avoit en jet-
« tant d'icelle audit Pierre Guerart. » (JJ. 138,
page 48, an. 1389.) — « Jetterent de leurs dits cou-
« teaux ou espées conlr'eulx. » (Ibid. page 190,
an. 1390.) — 3° Répartir une imposition : « Jette-
« vont sur eulx lesdiz habitans leurs dittes tailles. »
(Ord. VI, p. 030, an. 1357.) —4° Mettre en délibéra-
tion : « Quant li rois de France et li rois dessus
« nommet eurent esté un grant temps dalés le
<■ pape et il eurent jette et avisé et confermé le
« plus grant partie de leurs besongnes. » (Froiss.,
t. II, p. 342.)] — 5° Calculer avec jetons ;
Car ceuls de cel art ont grant mise
D'argent pour compter et getlcr. (Desch. f. 2^3 ^.)
6° Dessiner : « L'ancien preudhomme gectoit ses
« figures astronomiques. > (Perceforest, IV, f. 66 '.)
— 7° Mettre bas : « Ung jeune lyon qui le suivoit,
« que la lyonesse qu'il avoit occise avoit gecté celle
« année. » (Perceforest, II, f. 103 \)
Expressions :
1° » Geter de la garantie, » refuser un garant
(Assises de Jérusalem.)
2* « Getter les escus, » espèce de tournois :
o Voyez illec les armes que celluy aura pour le pris
o qui se conduira le mieulx au getter lea escus. »
(Perceforest, V, f. 6 •^.)
3° « Getter los, » tirer au sort : » On jetta tantost
« los pour sçavoir lequel des deulx commenceroit
« l'espreuve. " (Perceforest, V, f. 7 '.)
4° a Getter los dans un marché, » marquer à cha-
que marchand la place qu'il doit occuper. (Ordonn.
des R. de Fr. t. V, p. 511.)
5» « ATgenl jecté, » argent en pièces, en jetons :
« 11 est enjoinct à tous orfebvres,... de besongner
« et ouvrer en argent a unze deniers et maille et
» quatre grains de remèdes. El encores de tout
« argent jecté à unze deniers quatre grains. »
(Ordonn. de Metz et pays messin, C. G. I, p. 1154.)
6° « Jetter groin, » faire mauvaise mine. (Gloss.
des Arr. d'amour.)
7° a Jetter les mains, » saisir. (Beaumanoir,
ch. 24, p. 123.)
Jettement. « Conàuiis, jettemens d'eaues de la
« maison. » (Cousl. Gén. t. II, p. 676.)
Jettes. Chantiers de cave sur lesquels on met
des tonneaux. En parlant des immeubles: « De celte
« qualité sont aussi les ;e«fs d'une cave. » (Nouv.
Coût. Gén. II, p. 1086 t.)
vu.
Jetton. 1° Rejeton : » De bestes... que on vou-
» dra dire.... avoir mangé.... le geton des bois
« taillis. » (Ordonn. des ducs de Bret. fol. 199.) —
2" Enfants, postérité : « Quant de lui sont issus si
« beaux jettons. » (Perceforest, vol. I, fol. 131 •.)
— 3° Essaim d'abeilles : « Il n'y a jetton d'abeilles,
« qui n'ait son roy. • (Pasquier, Lelt. I, p. 602.)
Jeu, Ju, Giu. [l-Jeu: . Greignor fais portet
<■ par gin, quant il s'enveiset. » (Roland, v. 977.) —
« James ne fuisse lassés A juer aux jus des
« enfans. » (Froiss. Epiiiet. amoureuse.) — Diffé-
rentes espèces de jeux : 1° « Il fu ordené que par
" manière d'esbatement seroit donné un jovel ou
« présaiit au jeu de barres... avec re.scrinée,
« ainsi qu'il est accoustumé à faire au jeu de pris. »
(JJ. 142, p. 54, an. 1391.)] - 2° « Comme environ
« Noël derrenierement passé ot un an, Jehan Ande-
« luye, lequel est jeune homme, eust esté nommé
« et esleu prince d'un jeu, appelle le jeu des sos,
« qui chascun an est acoustumé à faire en nostre
« ville d'Amiens par les jeunes bourgois d'icelle ;
« soubz umbre duquel jeu et en continuant iceilui,
» ainsi qu'il est accoustumé, pluseurs jeunes
« bourgois de nostre ditte ville et ledit' Jehan
.. eussent jouslé et fait leurs eshatemens honorable-
. ment. « (JJ. 130, p. 271, an. 1387.) — 3« « Jehan
« Aysmesqui avoit joué aux marelles à six tables,
« appelle le jeu saint Marry. » (JJ. 107, page 87,
an. 1412.) — 4° « Jehan Dupont et plusieurs autres,
<. qui avoient soupe ensamble... en la ville de
. Esquiqueville, parlèrent entre eulz de faire
« aucun jeu par manière d'esbatement; et advint
. que ledit Jehan Dupont et ledit Jehan Heslout se
. efforserenlde tirer un baston l'un contre l'autre,
a selon ce que on a accoustumé à faire aux jeux de
« Noël ou païz par delà par manière d'esbatement. .
(JJ. 120, p. 225, an. 1381.) — . Iceilui Augier aloit
« de jour et de nuit par les tavernes de cervoise
>. boire, jouer aux jeux de Noël et faire plusieurs
« autres excès. » (JJ. 145, page 180, an. 1393.) —
5» « Jehan de Iloudeno ala regarder \ejeu des noix,
« où les femmes et filles de la ville de Nenfchastel
« se esbatoient. » (JJ. 117, page 51, an. 1380.) —
0» « lous,jeus de dez, de tables, de paume, de quil-
« les, de palet, de soutes, de billes et autres jeux,
>■ qui ne cheent point à exercer ne habiliter nos
" sujets à fait d'armes à la défense de nostre
« royaume » sont interdits par ord. de Charles V
(23 mai 1369.) — 7* On connaissait déjà les crou-
piers : » Pierre Damaulx exécuteur de justice, qui
« avoit pris à censé la seeque table, brelengh et/m
« de dées de la ville de Tournay. .. (JJ. 121, p. 309
bis, an. 1382.) — 8° « Au soir après souper iceilui
» doyen s'en ala jouer es près avecques autres gens
« et pluseurs jeunes femmes de Vaucouleur au j'eit
" du tiers ; et là il couru et sailli legierement et
« liement. » (JJ. 141, p. 155, an. 1391.)— 9° Jeu de
dames : « Jehan le Noir et aucuns des compaignons
» jouèrent ensemble pour l'argent à un jeu appelle
« \ejeu de la vachette. . (JJ. 148, p. 40, an. 1395.)
Voir Jouer.]
14
JEU
— 106 -
JEU
2° Représentalion dramaliciue :
■l»Enmi la ville un i/iex avoit
Ou li poueples tiestot esloit. (Fabl. de S. G.}
[.< El en ol en la citô de Lissebonne jeu de per-
« soiiiiaucs el fail grant fesle. » (Fioissart, XI, !265.)
— « Coiinnc la vieille de S. Fremin les jeunes gens
« de la ville d'Amiens ont acouslunié de soy jouer
« et esbalre el faire jeux de personnarjes, Jelian le
« Corier, se leuslacompaigné avec plusieurs jeunes
. enfans de la dille ville qui faisoient un jeu de
« personnaiue... l'un des dis jeunes gens desguisé,
« tenant, comme un messager un glaviot en sa
« main. » (J.l. 157, p. 153, an. 1403.)] — 2° " Jeti de
« la S"- lloslie, » représenlalion, comédie, mystère.
(Ilist. du Théàt. fr. 11, p. 363.)
3° [Bataille : •■ Berruier el François et Breton
« bien corseu. Bien quatre cens ou plus ont com-
» mencic le geu. » (Cuvelier. v. 19953.)] Parlant
des prisonniers faits à la bataille de Poitiers :
Philippe de France sans l'aille
En fui l'un et le comte d'Eu,
De Poney fut prins à jeu. [Desch. f. 577 '.)
Expressions :
i' « Aller ;i jeu, » être en liberté : « En trois vil-
« lages peut avoir un taureau qui ne peut estre
« empesclier ù'aller à jeu. » (Coul. Cén. II, p. 780.)
Voy. au Coul. de Bret. f. 151 ^.
2" Caaigner le gieu, » se sauver :
Le (lieu (jaahincnt pour aler;
Emljdui sont en fuie touchié. (Fubl. de S. G.)
3° « Jeu d'attente. » Un capitaine qui arrête l'ar-
deur de ses soldats, leur dit : « iSe noushasterde
« tant, que par le malheur d'un seul hasard nous
« perdions le jeu d'attente, qui tient du tout au
« droict donner de ce premier assuult. » (Jean
d'Auton, Ann. de Louis XII, p. 280.)
4" " Avoir bon jeu, » avoir belle matière à rire.
Parlant de Charles VI qui éloil impatient de voir
Isabeaude Bavière : « Demandoilau seigneur de la
« Rivière quand il la verroit. De ces parolles
» avoient les dames bon jeu. » (Froiss., II, p. 287.)
5° « Jeu de Cipris, » expression obscène. (Oudin.)
0° » En fin ûejeu, » ù la lia : •> Us poursuivirent
« leurs desseins avec tele opinialrelé qu'en fin de
« jeu ils demeurèrent maîtres du tablier. » (Pasq.,
Hech. I, p. 31.)
7° « Jeu de l'espée, » combat à l'épée. Parlant du
combat d'un chevalier et d'un bachelier : « Le che-
« valier si laiss-dle jeu de l'espée elle prent
« vigoureusement comme pour son honneur deffen-
<■ dre ; si trouva l'eschine et les reins du bachelier
« fort durs et teiians. » (Percef. Il, f. 128 '•'.)
8° <■ On appelle jeu de fief lorsque le vassal
« aliénant une partie de son lief, retient sur elle un
a devoir, el la faculté de la garantir sous son hom-
« mage envers son seigneur. De sorte que ce qui
« est ainsi aliéné reste toujours parlie du même
« fief, quoi qu'elle soit un nouveau lief relevant du
<i vassal. " (Loysel, Inslit. Coût. H, p. 175.)
!)" « Jeu forcé, « contrainte. Parlant de contes :
» Toule fois les ayans ouys, vous en croirez ce qu'il
« vous plaira ; il n'y a point ÙQ jeu forcé. » (Bouch.
Serées, liv. Il, p. 35.)
10° » Jouer à quatre jeux les deux, » c'est un
éloge donné à quelqu'un pour dire qu'il est brave,
courageux. (Voy. J. Marot, p. CD.)
11° » Esquipés i\ jeu pareil, » c'est-à-dire à armes
égales. (La Colomb. Théât. d'honn. II, p. 462.)
'l2° « Gieu sans villenie. » (E. Desch. f. 426 *■.) —
« Jeu sans villenie. » (Habelais, 111, p. 173.) — Cette
expression a signifié : 1° Amour sans saleté : « Encoïe
a voulus-je passer outre et repiesenter en moy un
" vieillard amoureux. Toutes fois je vous prie de
" croire que c'est à petit semblant, t{jeu sans vil-
« lenie. » (Pasquier, Lelt. t. II, p. 748.) — 2° Jeu,
amusement sans malice. L'auteur en parlant de
vers qu'il a faits pour répondre ii une épigramme
contre lui : « Il ne sera non plus oiïensé des miens
« que je suis des siens. Tout cela s'appelle )(^;t sans
« villenie. » (Pasquier, Lett. I, p. 492.)
13° » A beau jeu, beau retour, » bien attaqué,
bien défendu. (Pasq. Rech. 111, p. 231.)
14° " Il y aura beau jeu si la corde rompt, » on
verra de belles choses si le dessein réussit. (Oudin.)
15o i> Jeu de bonne mine à maulvais jeu n'est
« alliance impertinente. » (Piabelais, IV, p. 38.)
16° « Jeu des Egyptiens » (Oudin), c'est-à-dire jeu
de bohémiens, vol habile.
17° » Jeux de pommes, » jeux qui plaisent à ceux
qui les font : " Prenoit son passe tems à leur jouer
« plusieurs tours qui estoient comme on dit en pro-
« verbe : jeux de pommes; c'est à dire jeux qui
« plaisent a ceux qui les font. » (Contes de Des
Perriers, II, p. 209.)
Jeude. [Fantassin. (Voir Gelde.) (Chron. desducs
de Normandie.)]
Jeudi. Cinquième jour de la semaine : « Vous.
« pourriez pourmener cette question jusqu'à la
» semaine des tivis jeudis, sans vous pouvoir
» accorder. » (Chol. Contes, l, 60.) — « Le jeudi on
" ne fait jamais deux lectures. » (Eutrapel, p. 340.)
— C'est la traduction d'un dicton latin d'écoliers :
« In die jovina, Nunquam fit lectio bina. » — » Le
« jeudi absolu, >- le jeudi saint. (V. Du Cange, sous
Absolutionis dies.) — [« Le grant jeudi, » même
sens : « Il (S. Louis) me demanda se je lavoie les
.. piez aus povres le jour dou ^fàul jeudi. » (Join-
ville, § 29.)]
Jeuer. [Jouer: « Amors n'a cure d'omme morne;
u C'est maladie moult courtoise. L'en en rit eljeue
u et envoise. » (Rose, v. 2190.) — » Adont pria li
« roys à la dame que elle volsist jeuer à lui. »
(Fioissart, t. lll, p. 488.)]
Jeuei'ie. [Synagogue, dans Wackernagel, p. 60.
Voir JfiERiE.]
•leuge (à.) [A jeun : « Icellui Godier qui estoit
" coustumier à jeui/e et à saoul de injurier et vile-
a ner gens. » (JJ. 157, p. 391, an. 1403.,]
Jeuiel. [Joyau. (Froiss. II, 90 ; III, 230.)]
Jeun. [A jeun : « Icelle Perrenclle qui estoit
« laisse et vaine, tant pour ce qu'elle n'avoit men-
JEU
- 107 —
JEU
« çié de tout le jour, comme... pour ce qu'elle
« êsloil malade el jeune. » (.J.J. 125, p. 9, an. 1384.)]
— « Le comte de Derby demanda au roy estes-vous
Il encove jetai. Le roy reponditouy... il seroit heure
« dit le comte d'Ei'by que vous dejeunissiez. «
(Froissart, IV, p. 331.)
Proverbes :
« Jeun estomac ne se doit point partir. » (Desch.
fol. 308.) — « Ciieur saoul ne .scet que le jeun
« pense. >• (Hist. du Th. fr. I, p. 95.)
Jeune. Ignorant, novice: « Ils me tiennent bien
« pour jeune et ignorant, quand ainsi me veulent
« mener. » (Froissart, liv. IV, p. 125.) — « Appert
«■ bien que ledit amant est bien jeune, simple
" et mal conseillé de intenter procès. » (Aresta
Amor. p. 1 14.)
Expressions :
1° « Nous autres courtisans, j'ay veu que nous
« appellions à la cour un jeune gentilhomme qui
« ne faisoit que venir, jeune espéc. » (Brant. Cap.
fr. t. I, p. 338.)
2'>De jcinîe théologien argument cornu,
De jeun:; médecin cimetière bossu,
Déjeune advocat héritage perdu,
De jeune procureur procez mal entendu,
Déjeune conseiller jugement morfondu.
Déjeune juge aussi le droit mal deffendu.
Déjeune riche enfant le bien tost despendu,
De jeune marié mesnage malotru. (R. de CaUenje, iSS.)
3° « Amour se nourrit de )eitH.6' chair. » (Colgr.)
Jeune. [Abstinence. Il était du féminin, parce
qu'on avait pris le pluriel neutre jejunia pour un
féminin singulier: « Je suis quitte de chacune ,/<?HHe
» qu'un autre feroit pour moi comme si je la fai-
" sois. » (Louis XI, 100' Nouvelle.)] — « La jeune
« de la quarantaine pour le caresme. » (S. Bern.,
Serm. fr. p. 289.)
Jeunement. [Avec la passion d'un jeune
homme : « Le duc de Thouraine qui jeunement et
<> ardemment aymoit celle dame. » (Froissart, XIV,
page 319.)]
Jeûner. S'abstenir, au propre et au figuré.
S. Bernard a dit : « Geuner doit om les vices. »
(S. B. S. fr. p. 29'»); dans le latin jejunandum a
vitiis. Dans une émeute, en parlant de femmes qui
vouloient ravoir le jeune Richard leur duc, dont le
roi de France s'étoit saisi :
Toutes eschevelées vont cherchant par les rues :
Droit vers Tostel le roi, sont toutes accrues :
De menacier le roi ne se sont mie junées. (Rou, p. lA.j
" ^ssez jeune qui povrement vit. « (Cotgrave.)
Jeunesse. [1° Temps où l'on est jeune : « Et
« pour ce, seigneurs, les assis entre mes douze
« niepces, pour ce que je me pensay que jeunesse
« avecque viellesse se tapist et faint ce que ne soit
« elle pas ; et, quand elle est à son pareil, adonc
« elle monstre ce qu'elle est. » (Percef. II, fol. 133.)
— 2° Etourderie : [» Frère Ancel commança à hlas-
« mer son neveu d'aucunes jeunesses qu'il disoit
« qu'il avoit faites... d'avoir batu une femme
<• joyeuse. • (JJ. 180, p. l-i5, an. 1450.)] — « Le bon
« chevalier étoit pris et par sa hardiesse, toutes fois
« il y avoit eu de la jeunesse meslée. » (Histoire du
chevalier Bayard, p. 76.)
Expressions :
1° « (jB que aprent pouîlain en jeunesse, tout ce
« veut il maintenir en vieillesse. » (Médecine des
chevaux, p. 17.)
2" B Si jeunesse savoit et vieillesse pouvoit. »
(Hist. de Louis Le Gros, par Suger, traduction de
Duchesne, p. 319.)
3" « En Yélni de jeunesse l'homme quiert ce qu'il
» trouve en vieillesse, et s'en jeunesse est recréant
« et fautif, il se trouve en vieillesse de poure
« renommée. » (Percef. IV, f. 159 ■'.)
4" <■ Fi de jeunesse et de beauté desgarnie d'hu-
» milité. » (Cotgr.)
5° « Jeunesse adieu. » expression de vieillards,
pour dire que « les incommodités de la vieillesse
« commencent à les poursuivre. » (Oudin, Gur.)
Jeunet. [Diminutif de jeune : « El la vache sera
« ma dame. Qui est tendre et crasse et jeunette. »
(Renard, 6135.) — » Elle est encoires trop jeunette
« ung petit contre vostre eage. » (Fi"oiss. Mil, 285')]
— «Petite brebiele toujours semble jeunette. »
(Colgrave.)
Jeu-parti, s. 1° Les jeux partis étoient des
questions ou des thèses d'amour, soutenues et dispu-
tées en vers. On envoyoit les raisons pour et contre
aux seigneurs et dames de la cour, qui se faisoient
un plaisir de décider la question. Cet amusement
prit naissance en Provence, où il s'établit un parle-
mentd'amourversl'an 1200, lequel devintsi célèbre,
que les premiers personnages de l'Europe s'y firent
recevoir. On y établit des princes d'amour, charge
annuelle que les rois d'Aragon, d'Angleterre se
firent gloire de remplir. (Hist. de Gérard de Nevers,
p. 53, 54.) Voir le Mercure de décembre 1735,
p. 2592. Fauchet (Poës. et lang. fr. p. 181) rapporte
quelques-unes de ces questions ou thèses ; en voici
une : « Pourquoy on refuse en amour ceux qui ont
« de faage, et les jeunes garçons sont aimés et
" conjouis des dames. » Réponse :
Si que li bon, li sage, li celant
Sont mis arrier, et li novice avant.
Brantôme parle de cet amusement comme d'une
chose qui n'étoit plus en usage de son temps et en
rapporte une question. (Dames gai. t. I, p. 299.) —
Les premiers Mercures Galants, surtout les extraor-
dinaires, sont remplis de ces questions. C'est de ce
badinage que sont venues ces façons de parler :
» Faire un parti, » ." choisir un parti, » <■ prendre
« un parti. » (Fauchet, Lang. et Poës. fr. p. 184.)
2° Alternative : « Un chevalier ayant été pris dans
■" un lieu de débauche on lui partit le jeu d'être
« mené dans le camp en chemise par celle avec
" laquelle on l'avoit surpris, ou bien de perdre ses
« armes. » (Gérard de Nevers, I" partie, p. 139.) —
3° Chose égale et de même prix : « Eu y a maintes
« amoureuses que se elles osassent et oyoient son-
« ner la messe ou avoir Dieu, et leur amant leur
« disoit venez ça... elles laisseroient à voir Dieu...
« et si n'est pasy^;* part\j : mais ainsi est la temta-
JOB
- 108 —
JOI
« lion de Venus la déesse de luxure. » (Le Chev. de
la Tour, Instruti. à ses filles, fol. 03 J.) — -4" Feinte,
lorsque plusieurs personnes étant d'accord à refu-
ser quelque chose, les uns feignent de raccorder,
les autres persistent ù la refuser. Henri IV, voulant
marier M' de Vendôme et M"' de Mercœur, écrit au
duc de Sully : ■• Le P. Cotlon a trouvé la mère et la
« fille adoucies ; mais la grande mère, le confesseur
« de la Porte et les serviteurs fort aigris : qui me
« fait croire qu'il y a quelque 7e» parti. » (Mém. de
Sully, X, p. 80.) — .V Partie égale, égal avantage,
en parlant de combat. Pliilippede Valois, voyant les
Flamands postés sur une montagne, demanda
« conseil comment il pourroit les avoir au bas du
o mont, car sur le mont n'avoit mye jeu parti. »
(Chron. S. Denis, t. U, fol. 175.) — [« Mais point ne
« virent de jeu parti pour yaux aventurer. «
(Froiss., t. IlL 150.)] — G" Revanche. Les Hongrois
ayant tué un chevalier que le roi des Romains leur
avoit envoyé : - Le peuple de Vienne se meut aussi
« voulant tuer les ambassades des Hongres et leur
« iaire jeu parly. » (J. d'Auton, Ann. de Louis XII,
page 11.)
Expressions :
1° >■ Jeu a droit parti, » la partie égale, même
avantage : « Si n'esloit pas Ujeu adroit parly c-àr\e
« comte Thibaut avoit trois fois autant de gens que
« le roy. » (Chron. de S. Den. t. 1, f. 245.) — Voyez
Gilbert de BerneviUe, Poës. av. 1300, 1, p. 3'i6.
2" " Jeu mal parti, ■> partie inégale : « De tant
« esloit le jeu mal party en vers eulx qu'il leur
« convenit recevoir plus de coups qu'ils n'en pou-
« voient rendre. » (Percef. I, f. 34.)
3° « Partir, /eu mauvais, » jouer un mauvais tour.
Leroy Thibaut se plaint de Baudouin qui est aimé
de sa maîtresse :
Bauduin, voir, mauvais jeu jne pa/(e:. (C" Thibaut, 7/.,'
.lez, S. Jais, pierre noii'e. (Les Quinze Joyes du
Mariage, p. 125.)
.lobe. [Niais, crédule, jobard : « Il aura plus
« tosl conquis ce qu'il prétend, avec un mot bien
« couché... que par servir et faire le mignon long-
« temps qui est l'office d'un jobe ou caillette. ■>
(Noël du Fail, Propos rustiques et facétieux, ch. VI. )]
Jobelin. 1" Argot. Guillemette dit i'i Pathelin
mourant :
Ha 1 maistre Pierre Palhelin,
Le droict joKeio- dujohetiu,
Ayez en Dieu confidence ;
Point ne vous fault de médecin.
[a Et aux rustres? Le jobelin. « (Poésies altrib. à
Villon, éd. Jannet, p. 109.)— « Les hoirs du def-
« funci Palhelin Qui sravez jargon jobelin. « (kl.
p. 17'J.)] —2" Jobard : « Jobelin bridé, » sot, badin,
cornard. (Oudin.) — Rabelais emploie ce mot pour
un nom propre, au l. I, p. 91. — 3° Ruse :
La chemise est souvent
Grosse comme ung sac de moulin :
Les ungz, par leur fin jobelin,
Fournissent à l'apoinctement. [Cnquillarl, p. il5.}
Jobelot. [Sot, jobard : « Icellui suppliant oy et
" enlendy que Pierre Pèlerin... le nommoit et appe-
" loit par manière de injure et moquerie, ;o&e/o?,
« qui est à enlendie selon la manière de parler et
« laugaige du pays (d'Artois), qu'il estoil un chetif
" et meschant et de petite enlreprinse. ■> (JJ. 184,
p. 506, an. 1454.)]
.Jocrisse. « C'estdommageque vous n'ayez nom
« Jocrisse ; je croy qu'il vous feroit fort bon voir
« mener les poules pisser. » (Cholières, Contes, II,
Apr. disn. I, 31.)
.loculatoii'e. [<■ Un jeu nommé joculatoires à
" jetter dards et javelines. » (Hist. de Charles VI,
p. 77.) Lisez probablement Jacii/a/o;r<?s.]
Jode. [Joue: « Les jodes des leuns fraindral li
" sire. » (Lib. psalmor. p. 75.)]
Joe. [Joue : « La destre joe en ad tute san-
« glente. » (Roi. v. 3921.)]
Joedi, .loiedi. [Jeudi : « Si revendras après la
« Pasque, Le joedi de rovoisons Que l'en menjue les
« motons. » (Ren. v. 13191.) — « Et ensi en vinrent
« puis la desconliture qui ot esté \e joiedi à soir. »
(Villeh. § 308.)]
.loée. [Coup sur la joue. (Voir Jouée) : « Contens
<• et riole de parler se mut entre eulx, et tant que
« ledit Brisson donna une joée audit Simonnet. »
(JJ. 94, p. 35, an. 1303.)]
•loel. [Jubilé, dans les Annales de Plaisance,
an. 1474 (Muratori, XX, col. 940) : « Huncque appel-
« lant Joe/, id est jubilaîum »]
Joene. [1» Jeune, du latin juvenem : « Ele estoit
« joene et tendre comme rosée en berbiere. »
(Berte, c. 40.) — « Grant duel font pour Bertain li
« joene et li chenu. " (Id. c. 101.) — 2" Maître garçon
d'un boulanger, d'un meunier, dans la traduction
de la charte de commune de Beauvais; le latin
ûonne stumones : « Adecertes en un chacun des
« moulins deux joennes seront tant seulement. »
(Loysel, p. 280.) Comparez joindre pour geindre;
joindre 'déiéiailsm- junior, eijoenne suvjuveneni. »]
.loesdi, .lohesdi. [Jeudi : « Tant que un joesdi
€ mailin fu lor assauz atornez. « (Villeh. § 170.) —
« Johesdi après mi quaresme, entrèrent tuit es
" nés. .. (Id. §230.)]
Joettes, s. Diminutif de joues :
Vos joellcs font deux fosses toudis. (Desch. f. 250 ''./
.logleor. [Jongleur : « N'i a mais nul qui ail
« déduis. Ne chien n'oisel, nejogleor. » (Partonop.
V. 2570.)]
Jobannot, s. Nerf de bœuf avec lequel les
Huguenots frappoienl ceux qui ne vouloient pas
aller aux prêches, vers 1500. (Mém. de Montluc,
t. Il, p. 3.)
•loï, .lo'ie. [Participe passéde jotV; voir ce mol.]
.loiailier. Joaillier. (Monet.)
.Joiailierie. Joaillerie. (Monet.)
Joiaiis. [Participe présent de joir, au sens de
joyeux (Froiss. H, 07) : » Quant l'entendi Elle molt
JOI
— 109 —
JOI
« hijoians. ■> (Aiol, v. 347.) — « (Solehadins) si en
« fu à merveilles joians. » (Mén. de [{eiras, § 35.)]
Joiau. [Joyaux; primilivemenl jouets, du lalin
jocales, jocaliu : " Ue joiaus, de richesses trestoul
« Paris resplenl. » (Berte, X.) — Les iNouveaux
Comptes de l'Argenterie (p. 'i01-'20'i) éiiumèrenl les
« joiaulx d'ov e\ d'argent, pour le roy... la royne
« et... le duc de Thouraine... baillés "et délivrés »
du 1" janvier au 30 juin 1387. Les iovmes joiel ou
jouel sont plus étymologiques.]
Joie. [I" ['laisir, féminin sing. fait sur le neutre
pluriel (jaudia : « Ilfabal mort; paienen unlgranl
« joie. » (Kol. V. 1Ô8Î.!] — 2° Divertissement popu-
laire : " Leurs festes et joies. » (Ordonn. V, (7-2.) —
3° Bruit, en parlant d'une révolte des iNormands :
Gra.nl joie font borjoiz et autre gent menue,
Neis les legieres famés, les vieilles, les clianues,
basions, o civaux, o barres, o macliues. (Rou, f. 13.}
4» Jouissance : « Se vous voulez avoir joye sans
« villenie, si la pourrez avoir en mariage. •• {Lanc.
du Lac, t. I, f. li'J '■.)
Je vois ce que je désir si :
N'en puis /o/L- avoir. (Porl. av. 1300, 111, 1-3.J9.)
Expressions :
[1° « Eslre en ;o?'(?, « être en gaieté : " Quand li
« roys estoit en joie. » (Joinv. § 32. ]
[2" « Faire 7oi^, •■ faire fête, faire des joies, comme
on dit vulgairement : » Quant j'oi une piesce
• demourei à Joinville et je oy faites mes besoi-
« gnes, je me muz vers le roy, lequel je trouvay ù
« Soissons ; et me tist si graut,/o/(; que tuit cil qui
» là estoieiit s'en merveillerent. » (Id. § GG4,)]
3° >' l'"aire joie de bras en acolées et en ris, »
caresser :
Il tait souvent Joie de bras
En ucollées et en ris. (foël. av. i300, IV, p. 1336.}
4° « Frères de joye, » gens qui aiment le plaisir.
Cette fa(;on de parler lire son origine d'un ordre de
chevaliers « appelles les Chevaliers de la Bonne,
« les quels aimoient tant le plaisir iiu'on les nomma
« frères de joie. ■> ;Oseloy, Urig. de la Chevalerie,
page 21)2 ;
5° « Avoir froide Jo;/(^ de sa peau. » avoir la chair
e poule, comme on dit vulgairement. — « Luy list
« le roy de gi'ans paours et elîrois, dont le dit sei-
« gneur de Roussi cuida avoir froide joije de sa
« peau. « (Cliron. scandai, de Louis XI, p. 241.)
G" X Malle ioyc, » malheur : « Elle fist sa malle
" joye que pour ung moyne laisser celuy qui tant
« l'aymoit. » (Petit Jehan de Saintré, p. (575.)
7» « Après grant joy, grant pleurs. » (Perceforest.
vol. VI, fol. 109 ''.)'
8° « Joye au cœur fait beau teint. » (Cotgr.)
9° » Joye de papillon. ■■ (Cotgrave.)
10° [« Pour une joie mille douleurs. » (Le Roux
deLincy, 11, 31.)]
Joiel. [Joyau, dans Froiss., III, 240, et au reg.
JJ. 121, p. 20, an. 1382.]
Joiette. [Jouissance, usufruit : « Ne avons que
« la joiette des biens à nostre vie. » (Assises de
Jérusalem, ch. 265.)]
Joieus, Joios, Joious. Joyeux, dans les Poët.
av. 1300. m, 978. - [On lit dans Couci, VII : « Dont
« doi-je bien par droit e&U-e joious. » — Dans Ron-
cisvals, page 12 : « Irai joio:, et liés. » Voir Joiis et
Joyeux.]
Joieuseinent. [D'une manière joyeuse :
" Encontre va li rois moût très joieusemeiit. »
(Berte, cou pi. IX.)]
Joignant. [1° Collantes (Voir Joint), en parlant
des manches du bliaud féminin : « Et si dois la
« robe baillier A tel qui sache bien taillier, El face
«' bien seans les pointes El les manches joiynans
« et coinles. » (Rose, v. 2158.) — 2° Conligu :
" Aucuns des voisins veut mesonner joitjnnnt. »
(Beaum. XXIV, 24.)] — 3° Collatéral :
les-tu Ae joiijnanl ou bastart,
les-tu plus vil ou pins couart
Que tu l'en dois porter honimaige. [Brut, f. i3 ».7
Joigne. [Jeune homme : « Lequel Jeuson encon-
" Ira un homme nez de Couloigne sur le Rin.... qui
a avoit grans cheveux, et li dist ces paroles ou
.< semblables : Veez là un biau joigne. » (JJ. 95,
p. 114, an. 1.3G3.)]
Joindant. [Prép. Joignant, tout proche : « Li
<• vens les ramenoil maugré en\s joindant Bristo. »
(Froiss. H, 82.) — ■■ Ens ou chastiel Saint Anthoine
joindant Paris. " (Id. XV, 94.)]
Joinrtrage. [Regain, herbe plus jeune; le mol
dérivé de joindre, junior : « Ilem les joindrages des
» herbaiges des fros de la paroisse de Beauforl dès
« la mi aoust jusques à iXoel. » (.IJ. 103, page 310,
an. 1342.)]
1. Joindre. [Ouvrier boulanger qui pélrit le
pain; giudre, du latin )««?o}' ; » tous les taleme-
« liers et les mestres valésque l'on apele joindre. »
(Liv. des Met. 7.)]
2. Joindre. [1° Rejoindre : » En Rencesvals ù
« RoUant iraiy;«Hrf?'É^. » (Roi. v. 923.) — << Allant
« Gerars voit apoindre Un Saisne, puis vail à li
« joindre. » (La Violette, v. 1791.)]
En voit souvent qui ne pense qu'à mal ;
Mel Joi II ( d'aniors que cil au coerloial. (P. J.300, 1554. J
2° [Réunir : « Qu'il deviendra, jointes ses mains
« lis homs. » (Roi. v. 223.) —3° Relier : .. El li mas-
« chuin Salomun e li maschun Yram les taillèrent e
" parèrent, juinslrerent e acuplerenl de primes as
« munz. » (itois, p. 2'(8.)] — 4° Conclure un mar-
ché en se donnant la main : » Ne doit vendre ne
« apporter pour vendre cuir tanné, ne faire mar-
« chié, ne joindre, ne bailler deniers à Dé. » (Ord.
t. V, 272, an. 1311.) — '>° Se couvrir de ; « Le che-
« val broche, si se ./o/H/ en l'escuz. » (Roncisvals,
p. 90.) — >' Saull sur son cheval de plaine terre, et
'< embrasse l'escu, et se joinct en ses armes. »
(Perceforest, I, f. 14.)
Joingnet. [Mois de juin. (M. de Reims, § 290.)]
1. Joint. 1° Serré, vêtu d'une robe ou d'une
armure collanlc. (Comparez Joignant.) : » A tant vin-
« drenl en la place trois chevaliers... plus Jo/';u'ïs
« en leurs harnoys que esmerillons en voilant. »
JOl
- 110 -
JOL
(Percef. IV, f. "i i'.) — [« V\w=> joint qu'oisel oultre
. s"en vont. » (Couci, v. 1 Vil.) — « La Jamoiselle
« a reganlé Dernier, Qui plus est joins que faus ne
« esprevier. « (R. de Cambr. 'irj.)]
Et afin qu'elle semble droite,
l,uy fault faire sa robe estroicte
l'ai- les flans, et soit bien eslraincle
Afin qu'elle semble plus joi/ic/f?. (Dcuch. f. A91 .]
[De même aux Miracles dcCoinci, t. I : « Qui plus
« est 70i«/(! qu'une fée Quant ele esl juintc et ati-
« fée. »] — 2" Réserve :
Et li prestrc si la rassaut,
Et molt la prie et molt li offre
Sept livres qu'il ot en snn coffre
Mais il la trouve si ])e] jointe...
Que il n'i puet riens conquester. fFabl. ms., f. 77 ^.J
3" [Comme adverbe, il est synonyme de joignant,
au sens do côte à côte : « Le suppliant courut après
« icelui Pierre, et incontinent qu'il fact./oJ«(^^ il lui
c< bailla sur l'cspaule un coup de la fourche. »
(,l.l. lS-2, p. 31, an. l'iSS.)]
2. .loiiit. 1° Défaut de rnrmure : " Il combati-
« rent de glaive fièrement en poussant, et subite-
« ment queroientlesy///?i/s des armures, et telement
« estoquoient. » (Du Guesclin, par Mén. p. 358.) —
[2" Joug : « Icellui Monin portant une chose nommée
" joint, à quoy ou pays l'en lyeles Iwiefs. - (JJ.153,
p.' 78, an. 1397.)]
.1 ointe. [1° Jointure, articulation : « Sur la
« jointe du bras où il l'a assené. » (Roncisvals,
page l'J."),) — « Et bien se gart qu'ele ne moille ses
" dois es broez \niqu' as jointes. » (Rose, v. 13013.)]
— i< Tous engins de bois d'osier ou de jonc, qui soit
x si espès qu'un homme n'y puisse aisément bouter
u et sans force tous les doigts jusques aux pre-
" mieres joinetes de la main, sont défendus. »
(Gr. Coul. Gén. de Fr. liv. 1, p. 31.) — 2° Augmen-
tation, en parlant des Vénitiens : « La joincte et
« crue qu'ils avoient faitte h leur Empire en
« Italie. » (Clém. de Seyssel, Ilist. de Louis XII.)
Jointe (bas). Cheval dont le paturon se rappro-
che de l'horizontale. (Oudin.)
Jointée. [Contenu des deux mains jointes :
« Lne jointéc~d"ice\\i\ grain en assemblant les deux
« paumes de la main ensemble. » (Cb. de 1473,
Du Cange, sous Jiineta, 2.)]
•lointis. Jointif : » Sur le fossé fist un palis,
" Haut et espès et bien jointis. » (Brut,Ms. f. 41.)
Jointoier. [1" Marcher comme un chevalier
joint dans son armure, comme une dame jointe
dans sa robe : « Orgeilleus desploie et destache
« Trestous ses ners en convoitant; Cors qui ensi
« VA jointoiant Mervelle est se moult ne se lasse. »
(Paraphr. du Ps. 5Iiserere, dans D. C. III, 942 ".) —
2' Remplir les joints d'un mur avec du mortier, du
plAtre : •■ Plus seront lenuz les dis maçons et pro-
« mecieni jointoyer, ragreer, pinceller et maniue-
'< ter d'ardoyses toute là ditte maçonnerie. » (Bibl.
des Charles, IV« série, III, G3.)]
Jointteur, .lointtier. [Billot, chaput pour
équarrir les douves d'un tonneau, pour dresser les
joints des planches : « Icellui Regnault frappa
Vincent Bernart par la tested'unjo/u/^CH/' à joindre
« tonneaux. " (JJ. 121. p. 40, an. 1382.) — « Jehan
« le Bouler d icelle hache couppa ledit pain sur le
« chappuiz ou jointtier dudil relieur. » (,IJ. 177,
p. IG9, an. 1445.)]
Jointure. [1° Endroit où les os se joignent :
« Trenchet l'eschine une n'i oui quis juinture. »
(Roi. V. 13.33.) Le mot n'est pas relevé au Gloss. de
l'édition L. G:uilier.] — 2" L'assemblage des parties
dont le corps est composé :
Dieux n'a pas fait chasoun d'une joiiiluiv,
Terres ne fleurs, toutes d'une coulour. (Dcxrli. f. iS '=.)
3° Il a été facile de donner à ce mot un sens
obscène :
Prince, en amour tant de doucour figure ;
Que qui se puet bouter en sa jointure
Et il s'i scet bien aider des talons. (Descli. f. 279 ^.J
Expression :
« Trouver la. /o/;!i!/?'C, » trouver le défaut de la
cuirasse. (Oudin.)
,îoir. [1" Jouir de : « Liquels doit mieux, par
« droit, d'amors joir. " (Couci, X.\.) — « Li rois
« Jehans li otroia bonnement (le royaume de Jeru-
« salem), et li empereres le tint et en joi jusqu'à sa
« moit. » (Mén. de Reims, § 243.)] — 2" Se réjouir.
On lit dans S. Bernard, p. 294 : » Joir ensamble les
" joyanz et plorer ensamble les ploranz. » —
3'" Faire fête à :
Geulx qui coguoltre les Guidèrent
Les ont receus et jois
Et à joîe les ont servis. (Brut, f. 66 '.}
4" Caresser. Parlant du roi de France et du duc
de Normandie :
Donc prist li roiz le duc et baisa et Joi
Ses bêlez, ses deduitz, ses avers li offri. (Rou, f. 63.)
5°L'inrinitif est pris substantivement au sens de
1" Jouissance : « Mes espoirs vaut d'autrui le joir. »
(Poët. fr. avant iSOO, t. IV, p. 1406.) — [2° Plaisir :
« Duel sur dolor ne joie sor joir Homme ne famé
« ne le doit maintenir. » (Garin, p. loi.)]
.î Oise. [Jugement, épreuve. Voir Jouise, Juise :
« Si que j'en ferai un joise De chaude yaue et de fer
« chaud. " (Ren. v. 517.)]
Joissement. [Jouissance : ■> Qu'on les face./o?r
« desdites pastures... ouquel joissement ils dient
« eslre empeschez. » (1408 , Censive de Chécv.)
(L. C. deD.)]
Joletrin. Jeune homme qui commence à aimer
les femmes. Parlant des femmes qu'on accuse faus-
sement : « Comme plusieurs sont blâmez à grand
» tort, Dieu le sç-ait bien, par ]es joletrins, allant et
« venant par les rues, quand antre chose n'en peu-
« vent avoir. » (Quinze Joyes du Mariage, p. C4.)
Joli. 1° Gai, content. Parlant d'un amant qui
surprend sa maîtresse au lit : « Elle à ce mot le
« cognent, si en fu bien jolie. » (Perceforest ,
vol. Vl. fol. HO'-.)
2° Badin : « Sans chaperon par la maison, tant est
JOL
— 111
JON
" joli et semble fol, combien qu'il ne l'est pas. »
(Quinze Joyes du Mariage, page AS.) - [3° Galant :
•' Tant sui h ni'amie enlentis. Ne pu i vers autre
" esire jolis. » (Parton. v. AOA-2.)] — .. Ke pouvoit
« (un archevêque de Rouen) bonement avoir la
- paix avec les nobles de Noi'mandie pour la cause
« de ce que il estoiljeune et Ivop jolis en aucuns
" de ses fais. » (Chron. de S. Denis, II, fol. 143.) —
4° Paré, riche, huppé : [.. De quoi li plus;o/i esloient
« tout a malaise. » (Froiss., II, 147.)] — « Ha esté
" conlrainl de soi tenir )o/;: et de changer souvent
« d habit. » (Aresl. Amor. p. 107.) — 5° Amou-
reux : « Le miûjoli. » (Poët. av. 1300, IV, 1377.) —
« Sachez, quant est de ses ebals, la femme ne
'■ cessera poini, poer noise qui luy en soit faite, et
" dut elle estre tuée, mais en t'ere à sa jolie
« volonté, pour ce qu'elle y a commencé. » (Ouinze
Joyes du Mariage, p. 183.) — G° Crave , loyal :
« Commencèrent ii ferir les ungs sur les autres de
« toutes leurs forces, et tant que en peu d'heure, il
« n'y eut si joUy que le sang ne lui saillist par les
« playes qu'ils s'enirefaisoienl. •■ (Perceforest, VI,
fol. 101 *.) — « Nus n'a joie s'il n'a cuer joli. »
(^Jehan de Renti, Poët. av. i;;00, t. 111, p. is;»'.».) -
7° . Se mettre en joli, » se mett; e en panne, en par-
lant des galères. (Brant. Cap. Eslr. Il, GS.)
Joliement, Jolivement, ailv. 1" Caicmenl ;
Je qui sui amoreus
Chanterai Jo/H'e(;iej(/. (Poi'l. «c. jJW), IV, p. J-'i:,O.I
2° Avec coquetterie : « Les filles faut tenir yo//c-
» meut i)our trois choses. L'une qu'elles soient plu-
" tôt demandées à marier de plusieurs ^alands ..
(Les Uuuize Joyes du Mariage, p. ùti.) - 3° Galam-
ment : « Le comte de Foys printsa mère, laquelle
« eloit seur de messire Robert d'Artoys et la fit
<■ meltre en ung fort chasleau en prison, pour ce
« qu'elle vivoit trop joliement de son cor|>s a sa
'■ grant conlusion et villenie de son li^ua^e »
(Chron. S. Denys, il, f. 183 ''.)
Jolier, Jolivei'. [V Rendre joli, orner, parer •
••Tous s elTorçoient ;'iyo/(V?'et coinloier leursncfs. .
(rroiss., XI, o(i7.) — ->" Faire des embellissements :
« Le duc de Berry (dans une maison de plaisance) v
« avoit lait ouvrer jolyer et ediflier. » (Id. t. \IV,
p. l'JG.) — 3" Se parer, se faire beau : •• Lors s'ar-
.• mereni et jolyerent plus de vinct nulle Parisiens ■>
— « Pour eulx bien jolyer et quintoier. .. (id. t. I\
p. 26o.) — 4° Pousser à la débauche ; •• ïu es gar-
« çon ; car tu as pris une femme, laquelle tu as' fait
- johver à autre avant que tu l'cspousasse. »
(JJ. 148, page '285, an. 1395.) — « A laquelle femme
« iccllui Barthelemi dist ces mos : Avant, loy si te
« va [■dWQ joliver. >• (JJ. 158, p. 111, an. 1403.)]
Joliet Diminutif de joli. (Vigil. de Ciuirles VII,
1. 1, p. 83.) — [On ht jûlivet, aux Poët. avant 1300
t. I\, p. lô'id.j
Jolieté, Joliveté. 1 Joie :
.l'ai chanté non pas par mdijotieté
Fors por ma doulour retraire. [l\ av. i3C0, JJI, J007.)
lia douce dame, quant vi
Vo gent cors et vo beauté,
Adonc nul mal ne senti
IS'e mue autre enfremeté ;
Mai de grant ,;o;ie;é
Trovai mon cuer si garni
Que pour vous en ai chanté. {Jlnd. III, 1078. J
[2» Amour du plaisir, de la débauche : « Vous
« avez despite et chacié vostre roy (Childeric) né et
« crée de vous meismes, qui estoit débonnaires par
« nature ; et peust encore plus estre débonnaires et
" plus pourlitables au loiaume, s'il eust laissié la
« johvete de son cors. » (Dora Bouq. III, n leo )]
- 3' Parures : [« Onques il ne veurent mettre ces
" loisyo/u'/t's (chapeaux de castor, plumes d'au-
« Iruche et fers de lance) en leurs sauf conduis. »
(Froissart, t. VI, 99.)] - 4° Gentillesse, galanterie ■
« Iilandcis qui sont très dures gens, et de •^'tos
« engin et de diverse fréquentation et accointaiice
iiv iv^p^'aon"''''''''' """'' ^''^"''^''' " ('''•«'■ss'"'t'
Expression :
■• Joliveté de cueur, » de gaieté de cœur, sans
suje : •• .Je vous dirai de la (ille deJacob qui par sa
•• jolivele de chéw?- laissa l'hôtel de son père et de
•' ses frères, pour voir Lalour et l'arroy des femmes
Jolosie, s. Jalousie :
Car il est dejo/o.tie
Et prevoz et maire. (Poët. av. 1300, IV, p. ùoi J
Jon, Jonc, Junc. 1° Plante : [« La coe ot droite
« comme jons. » (Rose, v. 1073.)] - De là les
expressions suivantes : « Aussi droit qu'ung jonc ..
(Coquill. p^ 140.) - „ Il faut ptoier contre foicfle
^ me .- (Desch fol. 128 ^), c'est-à-dire céder à la
iorce. - 2° corde tressée de joncs : - Ces trois tho-
« reaulx estoient liez parmi le colz des ions fors et
•■ tenans. » (Lanc. du Lac, III, 94 \) ~ U- 4nneau
''T:,::^ ,"'i' '? "^è^'^e d'une lampe .■ - Meryulus, lé
" teuet de la lampe, en quoy est la mèche, ou le
" joH,o\} petit pluvion. .. (D. C. t. IV 37'> M] _
-1° Bague dont le cercle est égal partout :"..Etie
•■ sfai moult, bien faire aniaus De jons qu'on met
« dedens ses dois. » (lYoiss. Poës. p. 278. - rDom
Uubreuil, dans ses Aniiquitez Parisiennes, 1G08
p. (.9, dit qu'on mettait un anneau de paille ou de
jo^ic au doigt de ceux qu'on mariait par condamna-
ion de 1 ofhcialite.] - 5" On répandait, sui- les dal-
les, en guise de tapis, de la paille (voir Foceriœ) du
jonc : •• Les commères s'en viennent à l'ouslel etse
« seent a l'entour d'un beau feu, si c'est en yver •
"et, SI c est en esté, elle se mettent sur le ioiie »
(Quinze Joyes du Mariage, p. 125.) - r,. Et n'iert
« pas jonchie de jone Mais d'inde llor de violete ..
(Partonopex, v. 10826.)]
•^,?o"fv^^*^',^^P^''^'^ '^^ fromage. (Rabelais, t. V
p. 108.) ^0lr Jû.NCUEE.
.loncîuiy. [Lieu rempli de joncs : ■> Juxta quod-
" .",n-l'\?' '^"^ Joneliay. » (Charte de la Dombe,
an. 140/.)] '
Jonclîée, Jonquiée, Jonssiée. [1» Herbe
loin, jonc répandu à terre et formant tapis dans les
JON
— 112 -
JON
palais, les églises. Comme les dnlles des colk^ges
étaient recouvertes de paille, les élèves en traî-
naient les brins dans la lue, qui prit le nom de rue
du Futierre, Fouarve. Les cabareliers fournissaient
la jonchée à ceux qui rié(iuentaient leurs tavernes :
« V-ù\yq jonquiée en leurs maisons. » (C. de Corbie,
an. I31(i )J — « L'autre amassait des fleurs et en
« raisoiiyoHC/(Ê''<J. " ^Desporles, p. 500.)
La pastourelle couchée
Dessus la fraische./o)i(7i('<.". (G. Durand, p. 154. J
'2° Choses répandues à terre, cadavres, argent,
etc : ■• D'arcentil l'ajoncliée. » (Des Portes, Epita-
plies, Loys'du Cast. p. 647.) — » Medor ayant été
« par fortune trouvé par la belle Angélique, demy
" niorl au milieu d'une giande jonchée de gens
« morts. » (Hech. de Pasquier, liv. L\, p. 8-20.) —
[3° Fromage fait dans un panier de jonc : « Une
.' jonchée à faire fourmages. » (DeLaborde, Emaux,
p. 3dl.)— • Sous un plumage plus blanc Que le
« laict sur jonchée. >• (Rons. 4G6.)] — 4° Bottes de
jonc formant nasses à prendre le poisson : « Tous
« engins de bois, soient nasses d'oziei-, nasses pel-
« lées.j'oHc/itjVs, ou autres engins queisconques. ••
(Ord. 1, 794.) — [« Item la pescherie aux usagiers
« qui peeschent en la ditte rivière à panier, à verge,
« aus jonchiées et à la main. « (.1,1. 56, page 233,
an. 1318.)]
.lonchement. Action de joncber. (Cotgrave.)
Joncliei", Joncier, Joncquier. [.loucher, au
propre et au figuré : « La veïsez la terre si jnn-
•• cliée. •• (Roi. V. 3388.) — « En le chambre entre
« ou li gonc sont jonciés. » (Aubri, p. 162 •.) — « Et
« li liz saint Thomas esteit apareilliez Dessus un
« chaelit qui tut esteit quiriez D'une cuilte pur-
« pointe, d'un poi d'eslrain junchieT, E de chiers
» linges dras e blancs e déliez. » (Th. de Cantorb.
pagel02.) — " Et joncheroicnt lor maisons. Quand
" vendroit la froide saisons. De bêle paille nette et
« blanche. » (Rose, v. 17875.) — » Ne pooient les
« dis babitans... prendre herbe esdis marais, se
« n'estoit les samedis après disner et autres testes,
« pour jonciiuier leurs maisons. » (Cari. 23 de Cor-
bie, an. 1448.)]
Jonchere, Jonchiere. Lieu couvert de jonc :
Mielz valt près jonchere
Que loinz praere. (Prov. du Vil. ms. S. G. f. 76 '',]
[« Sont venues à la rivière Trouvent les prez et
" la jonciere. Et grant place pour herbergier. «
(Atliis, dans D. C. 111, 923 ^.) — .. Comme l'exposant
» feust alez.. . pour aidier à amender noz chemins,.. .
« il commença à houer en une jonchiere. " (J.1. 133,
p. 31, an. 1388.)]
Jonclierie, s. Tromperie : [« Vous entendez
« bien joncherie. » (Villon, éd. Jannet, p. 104.)]
Ne suivons plus d'amour l'escolle
On n'y list que de tromperies,
La science est folle parolle,
Les grans juremens menteries,
Les statutz ce sont joncheries. (Coqitillart, p. iO.J
Jonchet. [Les premiers jonchels furent de
petits brins de jonc : « Pluseurs basions d'yvyere et
« d'if et io?!(?/i^;i et billes d'yvyere. « (Bibl. de l'Ec.
des Chartes, vi' série, I, 354, xv s.)]
•loncheur. Trompeur : « Jangleurs, ,/oHc/(fî/?'s,
» détracteurs, llalereaux. » (R. deCoUerye, p. 142.)
.Jonclieure. Action de joncher. (Perceforest,
vol. H, f. 126 ^)
Jonchu. Jonché. (Drant. Dames gai. I, 344.)
Jone. [,leune : « Et li viel home et \\jone mes-
« quin. « (Roncisv. p. 155.) — ■■ Jone et chanu. •
(Gérard de Viane, v. 3265.) — « Jone et barbé. »
(Garin, I, 66.)]
•loneces. [Ebats enfantins : « S'esbatoit li rois
« qui estoit son oncle, en ses joneces. » (Eroissart,
vol. II, fol. 33.)]
Jongler. Mentir : « Leurs contes (des jongleurs)
>• estant mesprisés à cause des menteries trop evi-
« dentés et lourdes, quand on vouloit parler de
■< quelque chose folle et vaine, l'on disoit ; ce n'est
» que jonglerie, estant enfin jongler on janglerpris
« pour bourder et mentir. » (Eauchel. Lang."et Poës.
fr. p. 79.) — [Faucbet a tort de confondre ^oj/p/e?'
et jongler : jaH(//cr est une variante orthographi-
que de gengler. (V. ce mot.)]
Jonglerie. [1° Métier de jongleur : » Cil qui
« servent de j'o?t(7/<';'/(iVielenlpardevanl le conte. »
(Dit du BulTet, v. 140, xur s.) — 2° Tromperie (voir
le précédent) : « Pour l'outrecuidance punir D'au-
« cuns qui, par leur jonglerie. Veulent par fois
" conquérir Des grans biens de ma seigneurie. »
(Ch. d'Orléans, 118' ballade.)]
Jonglenr. [Chanteur ambulant qui, comme les
rapsodes de la^Grèce, récitait par les châteaux, les
villes et les bourgs, les poèmes des trouvères. Le
jongleur ne se bornait pas à réciter des romans ou
des chansons de geste ; il jouait de la harpe ou de
la flûte, faisait des tours de gobelet, montrait des
singes et des animaux savants, usait même au
besoin des grimaces et des plaisanteries du saltim-
banque. Au \n' et au xui' siècle, le jongleur fut par-
fois riche et considéré comme un trouvère ou un
ménestrel ; mais, au xiv siècle, son nom est une
insulte: " S'il advenoit qu'aucun appelast un autre
« jongleur, ou bourdeur, ou ribault. » (Bouteiller,
Som. Rur. Il, 814.) — <■ Tous jongleurs, has[e\eur s
« et joueurs de cordes et tous autres jeux diffa-
" mez. » (G. Coût. liv. IV, ch. 4.) Voir sur les jon-
gleurs, les Rues du Vieujc Paris, par V. Pournel,
bidot, 1879, in-8% p. 323-377.]
Jongloier. [Jouer des farces, faire des jongle-
ries, dans Du Cange, sous Juglntores.']
Jonglure. Voir Jigucrie. [Droit que certains
seigneurs prenaient sur les baladins. » Et encore a
« droit ledit iicf de Villefort, de la coustume des
" femmes de vie et la jonglure des joualliers qui
« ne peuvent jouer audit Chàteaulandon sans le
« congié de ladicle dame de Jalmain. » (1679. Aveu
du lief de Villefort.) (L. C. de D.)]
Jonquiers. [Lieux plantés de joncs. » De cer-
JOS
— 113
JOU
« laius aultres menus cens deiibs chacun an, audit
« jour S. Rémi, pour bois, isles, motelles, et j07i-
« qiiiei'S estant en laditle rivière d"Aisne. » (1453,
Soissons.) (L. C. de D.)]
Joq. [Timon : « Le joq ou timon d'un cliar. »
(JJ. 171, p. G7, an. 1419.)]
Joqiier. [Jouer: « 11 ne nous laissa mie ci
<• joquer longuement. » (Cuvelier.)] — Etre en
repos, percher, jucher.
Jor. [Jour. (Roland, v. 915, v. 3100.) — « Al
« jor du jugement quant Dex tiendra ses plais. »
(Saxons, XV.) — « Mais a dame de valor Doit on
<■ penser nuit el^or. » (Couci, I.)]
Expressions et proverbes :
1° « Jor en deis, » au dixième jour. (Carpenlier,
Hist. de Cambray, p. 18, an. 1133.)
2° « i-i jor, » jamais. (Gilles li Viniers, poët. av.
1300, t. m, p. 991.)
30 » Ja n'y aura jor entre nuit, » je ne différerai
jamais d'un jour. (Floire elBlanchefi.Ms. S.G. 199'".)
4° " James ;or, » jamais. (Poët. av. 1300, p. 1437.)
5° « Duscju'a cest jord'ui, » jusqu'à ce jour. (Du-
chesne, Gén. de Béthune, p. 373, an. 122G.)
G° •' A tous jor mais, » à perpétuité. (Perard, Hist.
de Bourg, p. 300, an. 1213.)
7° » rius avoir uns jor k'en mil ans, » gagner
immensément en un jour. (Mousk. p. 248.)
8° « Au vespre loon le biau jor. » (Poët. av. 1300,
t. I, p.71.)
Joi'iial, Jornel. [1° Etoile du jour: « Tu ies
« solaus. Tu ies jamais El est si de marine. » (Wac-
kernagel, p. 70.)'— 2» Mesure de terre: » Je en lais
« jornel et demi à l'egiise, pour mon servige faire
« le jour de mon eniversaire. » (Cart. du Val N. D.
an. 1274.) — 3° Travail, peine : « Son destrier trem-
« ble, car il ot fort jornal. « (Agolant, v. 335.) —
4» Jour de la mort : « Tost fust venus Uichars ù son
>' jornal. » (Agolant, v. 238.)] — 5° Jour :
Bon jornel fait
Qui de fol se délivre. (Prov. du Vil. j. 14^.]
C" « Pains chaske jornala, » pain quotidien. (S'
Bern. Serm. p. 131.)
Joruéer. [Voyager à grandes journées: « Si se
« hasta moult (Charles le Chauve) de jorneer pour
« faire la feste de la résurrection en l'église de S.
« Denis en France. » (Dom Bouquet, VII,'l41.)]
Jornoier. [Travailler à la journée : « Et si pour
« li grever, il le voise ajournant es jours que il
« doive jornoier et faire son labour. » (Beauman.
SIS. ch. 2.)]
Jorrasier. [Noyer : « Pierre Lengloys de une
« serpe avoit copez ou jardin dudit exposant plu-
« seurs arbres, c'est assavoir nouerdiers ou jorra-
« siers. » (JJ. 149, p. 290, an. 139G.)]
Josque. [Jusque : 1» préposition : « Josqu' h Y
« rei. » (Roi. v. 510.) — 2* Conjonction : " Josque
« il vengent. » (Roi. v. 1838.)]
Josse (Saint). Ce saint avait une maladie sous
sa protection: « Du mau Saint Leu, de raverlin,De
« Saint Josse et Saint Mathelin. » (Desch. f. 212.)
Joste. [Joute: " Quand li lances froissent et
« faillent, li espées s'enlreassaillent. Ne vuntpas
« jostes demandant, Maiz àchapleis se vunlferant. »
(Rou, v. 9114.)]
Josteor. [Jouteur, dans Parton. v. 7284.]
Joster. [Jouter : « Mors est mes sires : Occis fu
« au joster. » (Romancer, p. 47.)]
Jostiseï" (se), v. [Exercer la justice, faire des
exécutions. (Perard, Hist. de Bourg. 316, an. 1215.)]
.Ion. [Je : » A ce conseil me acorde jeu bien. »
(Froiss. t. II, p. 323.)]
.loue. [« Uns rainsiaus l'ot ateinte parmi sa
« des[re joue. » (Berte, 33' coup.)] — u Veit cheoir
« d'amont la joite d'ung image qui faict estoit en
« semblance de roy.... si cheut si durement à terre
« qu'elle fut toute cassée. » (Lanc. du Lac, II, 99'.)
Expressions :
1° •. Se battre \es joues, » se repentir. (Oud.)
2° « Battre \es. joues, » frapper. (Id.)
3° « S'en donner au travers des joues, « pour
dire en manger tout son content. 11 répond ù notre
fafon de parler : « S'en donner par les barbes. »
(Nuits de Strapar. t. U, p. 338; Cotgrave.)
4° « Sous un nez pointu et joues plates il n'y a
« rien de bon. » (Apologie d'Hérod. p. 177.)
Jouée. [Soufflet: « Le suppliant feri ledit Jehan
>' une jouée de la paulme seulement. » (JJ. 114,
p. 93, an. 1378.;]
Jouel. [1» Joyau, au propre et au figuré: » Car
« en dame haïe a moût vilain jouel. » (Berte, c. 85.)
— « Si c'est coze qui soit de tel nature qu'ele ne
» se pot déprécier ne départir, si come un ceval ou
•■ un jouel d'or ou d'argent. » (Beaum. XXIV, 29.)
— 2" Maladie: « Une autre plaie d'epedimie, appelée
" communément oudit pays(Soissonnais) \e jouel.»
(.U. 114, p. 58, an. 1378,)]
Joueraent. Action de jouer. (Oudin.) On lit
joement, aux Poëtes av. 1300, t. 1, p. 1474.
Jouenete, adj. Diminutif de jeune :
Tel usaige as depiecha apris,
Ke nus n'en iert tentés ne garendis,
Ne haus ne has, jouenete ne viellete.
Poci. av. 1300, 1. m. p. 1003.
Jouer. [1° Jouer : « Qui aAomxi jouant sur l'erbe
« qui verdie. » (Berte, 2- couplet.)] — 2° Badiner :
Guillaume s'est el lit assis
.Teste la dame o le cler vis,
Rit et parole, et joe a li
Et la dame tout autresi. [Fabl. MS. de S. G.)
3° [Faire la débauche : « Thomas Brisoul par son
•> mauvais engin et faulx decevement, avoit fors-
« traile Aliselte femme de Pierre Picart d'avecques
« son dit mari et menée jouer hors du pais. » (JJ.
117, p. 35. un. 1380.)] — 4" Manier: » Adonc luy
« dit un Breton qui molt savoit bien jouer de l'ar-
« balete: voulez vous que je vous rende mort ce
« portier et du premier coup. » (iM-oiss. liv. H, p. 5.)
15
JOU
— lli -
JOU
— « Porter l'espée sur la cuisse et n'en savoir
« jouer. » (Apolog. pour Ilcrod. 510.) — 5" Jouter.
Parlant de la mort du maniuis de lîcaupréau:
« Ainsi (lue le roi et toute la jeunesse sejouoient h
« cheval. » (Rrantônie, Cap. fr. t. III, p. a03.)
I. [Expressions relatives à différents jeux :
i° « Jehan Aysnies qui avoil joué aux marelles ù
i< six tables, appelle le jeu Saint Marry. • (JJ. 107,
p. 87, an. l'il'i.)
2» « (lomme pluseurs compaignons se feussent
« assemblez pour jouer aux noix, à mettre per ou
« non per eu une fosse. » (JJ. lîO, p. 418, an. 1.394.)
3" a En la taverne en la ville de Rennes se
<• "ç^v'iMvQwiix jouer aux de^ et au poullain. » (JJ.
12'i, p. 232, an. 1383.)
4"« Lesquelz compaignons disansqu'ilz vouloient
« jouer à l'œuf;.... l'un d'eulx eust pris un œuf et
« l'eusl mis emmy la sale ou ils estoient pour
« jouer. » (JJ. 1G7, p. 236. an. 1413.)
3° Peut-être jeu de dames: » Le suppliant et
« Satin se pvïndrtànlhjouerauxvaclies pour le vin
« seullement. » (JJ. 183, p. 9G, an. 145G.) — « Les-
« quelz se prindrent à jouer aux vaches, au plus
« de blanches ou de noires. » (JJ. 189, p. 159,
an. 1457.)]
II. Expressions diverses:
1° « Se jouer, » se battre. (Mém. de Rassomp. 1, 14.)
— 2" •< Se jouer sur ([uehiue chose, « discourir,
s'égayer sur quelque chose. (Défense, par Estienne
Pasquier, 315.) — 3' « Jouer à bander et à racler, »
agir, faire en toute extrémité, ((iolgr.) — 4» •■ Jouer
« à boutehors. •> (Voy. Bouteiiors.) — 5» « Jouer de
« doubles nœuds, • pour trahir. (Desch. fol. 435'.)
— 6° « Jouer de doux parler, ■■ parler bien. (J.d'Aut.
p. 30.) — 7° « Jouer des estoeufs. » (Voy. Estœifs.)
— 8° « Jouer à la fausse compagnie, » abandonner,
laisser dans l'embarras. (Brant. Cap. fr. t. Il, 359;
MoHstrelet, II, p. 122.) — 9" « Jouer de son fief. »
(Voy. Fief.) — 10° « Jouer de force, » combattre
avec supériorité. (J. d'Auton, p. 30.] — 1 1° « Jouer à
» la fossette, » expression obscène. (Oudin.) —
12° » Femme (\mjoue, galle, « une femme qui est
en flagrant délit. (XV Joyes du Mariage, p. 183.) —
13° « Si que dy que la fortune luy joua moult bien
» (le son jeu, ainsi qu'à mains en ce jour en jouera
» encore. » (Froiss. IV, 75.) — 14° » Jouer du jeu
« dont on est joué, « rendre la pareille. (Percef. 1. 1,
f. 52 \) — 15° « Jouer à l'amoureux tranci, » avoir
patience. (Pasq. Œuv. niesl. p. 385.) — 10° « Jouer
" des mains basses. » (Voy. Mains iîasses.) — 17"
« JoHcr d'un autre mestier, » s'y prendre autre-
ment. (Froiss. liv. I, p. 400.) — 18° « Jouer de la
" navette. » (Cotgrave.) — 19° « Jouer des orgues, »
expression ordurière. (Cotgrave.) — 20° « Jouer h la
« prime, » prévenir quelqu'un. (Brant. Dames Cal.
1. I, p. 94.) — 21° « Jouer du rebec. » (Cotgrave.) —
22° « Jouer de rcpentailles, » se repentir. (Pasquier,
Lelt. III, p. 032.) — 23° « Jouer de serre cropiere. ■>
(Cotgr.) — 24° « Jouer à la tire, » pour dire piller,
parlant du peuple. (J. d'Auton, ms. fol. 110 ^) —
25° « Por anseulx arrester, jouèrent des talons
« jusqu'il Lyon. » (Lelt. de Louis XII, l. IV, 101.) —
26° « Mal joue qui fiert la joue. > (Cotgr.)
Jouere, Joueur. [Cas sujet et cas régime :
« Car il estoitioM^'e as dés. » (J. de Condet, 131.)]
— • La bande des hallebardiers entremêlez de grands
« joueurs d'espée tous reveslus d'une mesme pa-
« rure. » (And. de la Vigne, p. 118.) — [Ces épées
étaient des llamberges qu'on prenait à deux mains,
et qui, jusqu'en 1789, servirent en France à déca-
piter les gentilshommes. Les maîtres d'escrime en
apprenaient le maniement, comme le prouve la
charte suivante de 1455: « JeanTaillecourt, maistre
« joueur de l'espée à deux mains et du boucler
« cognut.... que pour la grant habileté.... de Jehan
» de Beaugrant, demeurant à présent à Chosy, tou-
« chant lesdiz jeux, et pour le bon rapport qui fait
« lui a esté de la personne dudit Beaugrant par
« Jehan Perchel prévost desdiz jeux...afait... Jehan
» de Beaugranz prévost desdiz jeux de l'espée à
<< deux mains et du boucler, et lui a donné povoir
« et auctorité de tenir escoUes desdiz jeux par tous
» lieux en ce royaume... »]
Joufflu, dans Rob. Estienne, Gramm. fr. p. 111.
Joug. [Au propre et au figuré: » Quant li hom
« use sa vie en vices, il li semble trop grief le joug
>' de la vertu. » (Brun. Lat. Très. p. 343.)"— « Jamais
« buef sa teste cornue ne raestroit à jou de char-
« rue. .> (Rose, v. 18006.)]
Jougleor. [Jongleur: « La veissiez fleuteors,
« menesterez eijougleors. » (Rose, v. 754.)]
Jouise. [Epreuve par le fer chaud , par l'eau :
« Un joîasc fist faire de .xxx. homes, pour savoir
« quel droit ses oncles avoit ou roiaume son père :
« li jOîascs de dix homes fu par iaue boulant; et
« lijoî/z'ses d'autres dix par fers cbaus; et li tiers
« jouises des autres dix par iaue froide. » (Dom
Bouquet, VII, p. 144.)]
Jouq. Perchoir, juc. Parlant d'un avocat qui
francisoit le latin : « 11 usoit quelquefois de si rudes
" termes que les poules en fussent tombées du
.. jouq. » (Des Perr. I, p. 102.)
Jouquer. Percher, jucher, en picard. (V. JoorER.)
Jour. [1° Jour, opposé à nuit: « La noit demu-
« rent fresque vint à r,/«r cler. » (Roi. v. 102.) —
2° Espace de vingt-quatre heures: " Viendrai li^HrX',
" si passerai li termes. » (Id. v. 54.) — 3° Temps,
heure: « Lesquelx se logèrent en un cuignet des
« bergeries, où il avoit un tas d'essaies à brebis,
« ouquel ilz furent en attendant que icelle Gilon
« venist, quanl)o«rseroit, alTourrericelles brebis. »
(JJ. 101, p. 103, an. 1400.) — 4° Délai : » Dedans un
« jour qui ne fust pas trop lonlains apriès sa deli-
'1 vrance. » (Froiss. IV, 118.) De là les expressions:
« 11 prisent un moisde./OHr. » (Id. IV, p. 230.) —
» Donner jO!(j'. » (kl. lY, 271.) — « Elle estoit si
« enchainte ([ue sus seSjfOia'S. » (Id. II, l'i4.) —
5° Jour de bataille, bataille: « Ils se misent en
« pryere envers Dieu que ils les vosist jeter don
« joHJ' à honneur. >> —0° Journal, mesure de super-
JOU
— 115 -
JOU
« ficie : « Item une maison assise à Reims, dev le
« guers de la porle à Véelle, un jour de bois, un
« pré. » (JJ. 106, p. 306, an. 1374.) - 7° Assise, jour
ou l'on rend la justice: « Simon Quarré, demeurant
• à Monestaul lez Aucerre, llstappeller le suppliant
« aux jours du soir dudit jour.... auxquels jours le
« suppliant ala. » (JJ. 143, p. 73, an. 1392.) De là
1 expression: « Jour des barons, grands, hauts
« jours. . C'étaient des assises tenues dans certai-
nes villes, à des époques périodiques ou indétermi-
nées, pour prononcer en dernier ressort sur les
affaires jugées en première instance par les baillis
ou sur les causes d'un intérêt exceptionnel. C'est
au tribunal établi à Troyes par les comtes de Cham-
pagne que parait remonter l'origine de cette insti-
tution. Les barons y prenaient place trois ou quatre
fois par an, et y rendaient les sentences en suivant
1 ordre des baiilages, par voie d'enquêtes ou sur
plaidoiene : « Des deus cens livres de rente de la
« damoiselle de S. Cheron, l'en mait la besongne
« au parlement, qui vient au jour des barons. »
(Du Cange, sous Dies baronum.) — . Item requercnt
« Il gentilhomme que on tiengne les jours de Troies
» deux fois l'an, et que on y envoit tels gens, qui
« puissent et doivent délivrer les bonnes gens selon
• la raison. » (Du Cange, II, 848 ^ an. 1297.)
Expressions :
1° « Jour des bures, » premier dimanche de
carême: » Lesqueilz quaitrevins escus d'or je ai
» promis et promes à paier.... au jour des bures
« prochainement venant. - (Ch. del349;Du Can^e
sous Burœ.) '
2° « lion jour, » dimanche de Pâques: . Comme
« enlasepmaine peneuse l'an 75 derrain passé
» edit Guiilot.... li dist et monstra comme il estoit
<• bonne sepmaine et près du bon jour, et qu'il
" appartenoit un chascun estre ù paix » (JJ iio
p. 213, an. 1376.)
3° « Les .XX. jours, • de Noël à l'octave de l'Epi-
phanie: . La veille de .w. jours, nommez les petits
« rois. . (JJ. 172, p. 428, an. 1423.)
4- « Jours de la verderie, - jour où les verdiers
font leur rapport: «Jehan de Vandosme, escuier
« maistre et enquesteur de nos eaues et forests es
<■ parties de Normandie,... tenant les jours de la
« verdene de la foresl de S. Stuer. » (JJ. 156, d 43i
an. 1402 ) ^ ^y--*^',
5" « Toute ;o!<?', . foute la journée : « Et estoient
« parconnestabhes/oH^f 70»ret toutenuit en leurs
« armeures. » (Froiss. II, 124.) On disait aussi toute
jour ajournée, pour tous les jours : « Jour aiour-
« née. » (Desch. fol. 21 \)] ^
6° « jo«?-s après autres, . de suite. » (Xouv. Coût.
uen. II, p. 1159.)
7» « Jours des âmes. » Les Picards appellent ainsi
le jour des trépassés. (Du Cange, sous Dies, 7.)
8" . Jour compelanl. . (Bout. Som. Rur. p. 882.)
m '.. ^^Jour Dieu, » serment de Charles VIII.
(Brantôme, Cap. fr. p. 22C.)
10* . Jour de draps. » (Voy. Drap.)
11" " Vaire jour, » céder. (Oudin.)
12; . Garder son ioî/r, ,. comparoir à son assi-
gnation. (Bout. Som. Rur. p. 35.)
13° « Jours généraux, . assises générales. (Ord.
111, p. o3.).) Synonyme de qrands jours.
^,}^'.;'P'}[rei'es grands jours de, » en parlant
d habits. (Arest. Amor. p. 107.) Nous disons faire
ses beaux jours.
15° « Jour en halle, » jour auquel on doit com-
paroitre en jugement. (Ord. V, p. 135.)
16" - Je nie, je travaille et fais tout le mieux que
« je puis, tant que j'en mourray avant mes jours. »
(\V Joies du Mar. p. 99.)
17» Serves loyalment sans séjour ;
Car longe debte vient à jour. [Froiss. Poës. p. i33.]
18° « Moy qui estoye tant enceinte comme sur
« mes jours, « c'est-à-dire au terme de ma gros-
sesse. (Percef. IV, fol. liS.) "
19" a II y a encore jour d'avis, . il y a encore du
temps. (Oudin.)
20° Jour naturel et artificiel : . Jour natu^rel
» emporte vingt quatre heures, et le jour artiftciel
» est appelle entre le point du jour et le jour fail-
« ant ,. (Gr. Coût, de Fr. 10, p. 310; Britt. Lois
dAnglet. ch. LX.\X, fol. 209'; Cotgr.)
.-'Y' "''""' "oP'^ie''' " joui" de noce. (Nouv. Coût.
22;" « Jo»rs nouveaux, . petites assises qui se
tenoient dans l'intervalle des grandes, appelées
grands jours en 1420 : « Item pour ce que il y a une
« manière dejurisdiction que l'on appellejio^/wflî/r
» jours qui est de cas survenans, est ordonné que
« homme ne sera tenu de procéder ou respondre
« d aucun cas perpétré ou advenu devant le juo-e
« d'iceulx nouveaulx jours par avant les termes
» derrains preeedans celle délivrance àenouveauls
« jours. " (Ord. desD. de Bret. fol. 197''.)
23" a Jour de pain perdu. » (Cotgr.)
24° .. /oHr périlleux, . le l"jourdemai etautres
(Voy. Aresta Amorum, p. 358.)
25° « Jour servant, ionu% servante, » jour auquel
une cause est assignée, et doit avoir expédition
(Laurière.)
20° .. lh\ jour juge de l'autre et le dernier de
" tous. » (Cotgr.)
27^; « .Après les jours de, » c'est-à-dire après les
derniers JOUIS, après la mort. (Rymer, t. I, p. 109
an. 1268.) '
28° Jours de pont, s. Instrument dont on se servoit
pour donner un assaut à une ville: « Ouant est
« pour donner assault par mine, lorsque vous
• verrez vostre opportunité, vous convient avoir
» cent cinquante piez de chievre, seize jours de
" pont, vingt-quatre escheilles. » (LeJouvenc. 86\)
Joiirnade. [Cottes à grandes manches- « Et
« avoitsonvarlet (ou héraut) une journade vestue
« ou estoit l'enseigne du duc, c'est à soavoir la croix
« de Saint Andrieu. » (Monstr. 111, f.46% an. 1452.)]
.lournal, s. et adj. 1° Registre où l'on inscrit
des actes journaliers : « Un tiers pour tenir un livre
« que l'on appellera journal.... pour enregistrer
" touttes choses qui seront faittes en la dite cham-
JOU
— H6 —
JOU
« bre (le parlemenl), en quel registre nous voulons
« que toutes choses qui y serout laites soieat eure-
« gistrées, chacun jour. » (Ord. de Pli. V, aux Ord.
1. 1, p. "0'< )
C'est le papier journal des maux que jay soufferts.
Œuv. do Des Porles, p. 91.
2" « Armes journales, « armes journalières.
(Mém. d'Oi. de la Marche, l, 193.) — 3" Du jour, du
matin; ^ esloile journal, • Lucifer.
Li mathelot les voiltcs tendent,
Ly autres les avirons prenent,
Et ly maislre, qui la nef garde,
Aux estoilles tout droit regarde.
L'estoile voit qu'on dit jaunial,
Lors atoiirne son gouvernai
X celle qui la voie enseigne. (III ilarie.s, p. 376. J
.loiirnauiite, s. Le matin. Parlant du jour arti-
ficiel de 24 heures : « Si est divisable en quatre
« parties. Car un pourra comencer eu la nute et
« liner en la minute. L'autre pourra comencer en
« la minute et lincr en la journanntc. La tierce
« pourra comencer a la )0HrHa»Hk^ et terminer à
midy. La quarte pourra comencer a mydi et
« pourra passer à la nute. » (Biitlon, Loix d'Angle-
terre, fol. '209 ^)
Journée. [1° Durée d'un jour : « Après ces cho-
« ses, prisl li consaus le roy et li consaus le sou-
« ùîinc journée d'aus acorder. » (Joinville, § 301.)
— 2" Voyage d"un jour (de l'anglais ./orHi^!/) ; « Tout
« ainsi s'en alèrent bien cinq grandes journées. »
(Berte, c. XIX.) — 3° Travail d'un jour : " Quant sui
« pignée et atornée, Adonc est fête ma jornée. »
(Rose, V. 590.) Voir Desch., fol. 503». — 4° Salaire
d'un jour : « Et aussi lesdiz esleus et receveurs ont
« pris journées sur nous oultre leurs gages. »
(Ord. VI, p. 51 i, an. 137i.) — 5° « Journée de terre,
« c'est assavoir autant comme une charrette peut
<■ labourer le jour. » (Ôloss. 768î, sous Jornata, 2.)
— 6- Espace de terre équivalant à une journée de
route : « Ele avoienten Norhombrelande bien deux
« journées de païs. » (l-'roiss. 111, -125.) — 7» Délai :
» Bien sçavoit messire3Thumnsle./oîrr»Ji3 expresse
« pour yaus rendre que li baron qui dedons Tou-
« wars se tenoient, avoient pris. ■• iFroiss., t. VIII,
p. 210.) — 8" Bataille : « Ne oncques ils ne porent
« obtenir place ne journée de bataille contre les
« nostres. » (Id-. t. XVI, 2.i] — Parlant des Anglois
vaincus par les Ecossois : « Enfin la journée leur
« fut contraire car le champ de bataille demeura
'< aux Ecossois. » (J. Chartier, Ilist. de Charles VU,
p. 146.) — « Encore que depuis il perdit deux gros-
<■ ses joîO'ne'es contre les Cartliagmois. » (Machiav.
le Prince, p. GO.)
Expressions :
[1° » Avoir, tenir \a journée, » conduire des négo-
ciations (de l'allemand tagen, siéger en délibéra-
tion : » Il est en la Marce d'Escoceou il a la journée
« et la frontière de parlement pour nous contre les
« Escos. » (l-'roiss. t. X, 209.) — « Et s'esloffa aussi
« moult grandement pour tenir sa journée. »
(Froissart, t. XVI, p. 96.)]
2° « Aller à la journée, » se rendre à l'assignation,
(Ord. t. III, 29.)
3" « Envoler à \a journée, « envoyer à une assem-
blée de plénipotentiaires. L'an 1459, au mois de
juin, " le duc de Bourgogne envoia à la journée de
« Mantua, le duc de Cleves son nepveu pour conve-
« nir avec le pape et les autres princes chrétiens. »
(Ilist. Chron. depuis 1400 jusqu'à 14G7, p. 355.)
4° .< Mettre journée h quelqu'une, • donner un
rendez-vous parlant d'amour :
Et qu'est ce donc? seule vous voy ;
A qui avez vous mis journée. (Desch. f. 450 '.}
Parlant d'un chevalier qui entend quelqu'un
pendant la nuit dans la chambre de sa maîtresse :
« Quand le chevalier voit ce il se mist en grant
« jalousie car bien cuyda que ce fust aulcun cheva-
» lier qui cust mys journée à s'amye qui se dor-
« moit a donc en son lit près de luy. » (Perceforest,
vol. II, fol. 14 i>.)
5° « Journée blanche. » (Cotgrave.)
C° " En \n journée venir en halle, » venir exprès
au jour marqué. (Ord. t. V, p. 13'i.)
7° u Journée d'une poule, » un œuf. (Oudin.)
8° « Un fringant à journée, » un homme bien
arrangé, bien peigné. (Coquillart, p. 154.)
9" « Bonne journée fait qui de fol se délivre. »
(Cotgrave.)
10" -' Les grands boeufs ne font pas les grandes
« journées."'! (Cotgrave.)
Joiiriieer, Journoier. [Voir Jornekr.] 1° Tra-
vailler à la journée. Parlant d'un seigneur qui force
son vassal de quitter son ouvrage pour venir tra-
vailler à ses terres : « Es jours qu'il doit journoier
« et faire son labour, et se cheste chose est fête
« savoir au comte il ne le doit pas souffrir. »
(Beaumanoir, ch. II, p. 23.) — 2" Tenir la journée :
1 " A la guerre ou en tournoi :
Var Journoier seroie lost destruis. (Desch. f. iAG ".j
2" A traiter, h négocier. Parlant de députés ou
d'ambassadeurs : La ville de Gand envoie des dépu-
tés à Lille « où journée leur fut baillée pour jour-
« «oî/er avec les commis de par le duc de Bourgogne
« sous le moyen des ambassadeurs du roy Eran-
« çois. « (Méui. d'Ol. de la Marche, I, p. 377.)
[3' Voyager par journées : « Lesquels suppliant
•■ et Chaignou partirent ensemble du lieu de Guer-
« reet et ,/o(/r«ccrt'Hi jusqu'en la ville de la Sous-
« terraine en Limosin. » (.1.1. 199, p. 599, an. 1464.)]
Journeeui'. [Ouvrier de journée : « Laisseront
« tous les ouvriers journeeurs euvre à heure de
« compile. « (JJ. 173. p. 151, an. 1424.) — « David
« Duval povre homme, journeeur, faucheur et
« bateur en grange. » (J.l. 195, p. 424, an. 1470.)]
Journet. [Bréviaire : " Item un journet en
« petit volume. » (Invent, de l'église de Cambrai,
an. 1371.)]
Joui'our. [Juge expert : « Par mesmes les jou-.
•< tours soient les terres estendues ù la very value. »
(Britton, p. 138 b.)]
JOU
— 117 —
JOV
Joûs. [Joyeux : « En sun courai^e en est joiis
« cl liez. » (Roi. V. 2803.)]
Joiiste, Joste, Juste. [i° Combat à cheval
d'homme à homme avecla lance : » Quand li lances
« froissent e taillent, li espées s'entreassaillenl,
« Ne vunl pas jostes demandant Mais à chapeleiz
« se vunt ferant. » (Rou, v. 0114.) — « Dune li tor-
« neimeiis s'asembla ; Qui juste quist tost la Irova. »
(Marie, Milon.)] — « Beau sire, voulez vous venger
« voslre compaignon à la jouste ou à l'espée. »
(Percef. 1. f. 32.) — [2° Combat de coqs : <• En ce
« karesme enlrant... une fesle ou dauce que l'en
« faisoit lors d'enfans pour la jouste des coiis, ainsi
« qu'il est acouslumé (en Dauphiné), ■> au registre
JJ. 131, p. 37, an. 1383. L'élymologie est la prépos.
latine jiixta qui a donné en fi-an(;ais joste, juste,
jouxte.]
Expressions :
1° « Juustes à tous veuans, grandes et plenières, ■•
joules qui se font sans tournoi. (Saintré, p. '27.)
2" « Glaive de jouste, » lance de. joule : « En celle
« secousse fut mon seigneur Yvain abaltu à lerrc et
« navré de deux glaives de jouste. » (Lanc. du Lac,
t. III, fol. l^G".)
3» .' Grosse ./oi(s/e. » (Lelt. deLouisXlI, I, p. 208.)
4" " Jouste de guerre. » (Sainlré, p. 370.)
Jouster, Joster, Jiister. [1° FMacer auprès,
en lalin juxta, joindre : » Devant vus jusler c en-
•< renger. » (Roland, v. 2181.) — « Grans batailles
« juster. » (id. 2889.) — « Trestut le cors à la tere
« li justet. ' (Id. 2020.)]
Manl en engleiz et en noreiz,
Hons senefie en Franceiz ;
Joiisicz ensemble north et iniati.
Ensemble dites donc Xormant :
C'est homme de norlh çn romanz,
De ce vint le non as Xormanz. {Hou, p. 1A4.)
2° Assembler :
Se sont Joi(.s(é communément
Li chetif ; si ont fait commune,
Comme la gent qui doit estre une. [Brut, /'. 3. ''.J
Parlant de paysans révoltés en Normandie :
Tant ala Raoul espianl
Et par espies enquerrant,
Que, par malades et par sains,
Qu'il ataint et pris les vilainz
Qnijousloienl les parlemenz
Et prenoient lez seremenz. (Rou, p. 165.)
[3° Au pronominal, se placer près d'un adversaire
pour luUer avec lui : « A meï car vus juste':^. »
(Roi. V. 1076.) — .< Se josft'r àiiuelqu'un. »' (Parton.
V. 28.")2.) — 4° Même sens au neutre : « Feluns
« Franceiz, hoi )Hsto'e;; ù noz. '(Roi. v. 1191.) —
« Xe daigna nncques messire Bouchicaus fuir et
« jousta fianchement à messire Hue de Hastingues
« et le porta à terre. « (Froissart, t. 111, p. 102.) —
— 5° AUaquer, à l'actif : « Et fut Loys Raymbault
« jouste et porté jus de son cheval. " (Froissart,
t. W, 127.)] — G» Lutter deux à deux, par opposition
à combaltre en règle : » Hector le tierl si qu'il le
« porte en mi le champ : ■ Sire, disl Hector, je ne
" sray comment vous le ferez à la meslée; mais au
« jouster sçay je bien que vous en avez le pis. «
(Lancelot du Lac, I, f. 102.)
.îoiisteu!', s. Qui joule, qui combat : « Toutes
« voyes en mescheul il tant au preux Durseau qu'il
« tumba par terre et son joustcur demeura en
« selle. » (Perceforest, IV, L 123 '>.) - [« Thibaut de
« Reins le vaillant jo»s<for. » (Roncisv. p. 108.)]
Joustice, .loustise. [I" Justice, au sens philo-
sophique : « (Raous) pour ce avoit à non jousti-
" cieres pour ce que il lenoit très bien joustice, ne
" ne pendoit pas les manfaileurs à son braieul...
« Mauvaisement leur souvient de l'escriture qui dit
« par la bouche de David le prophète: <■ Faites juge-
« ment etjouxtiee eu touz tans. » (Mon. de Reims,
§2.) — 2» District judiciaire : « Monseigneur Jehan
« Gnqiin de Xulli, chevalier a obligé lui, ses hoirs
« et louz leurs bien meubles et immeubles, où ils
« soient et en i\neh\iie joustise. >• (Ch. de 1288, Du
Cange, III, 930 '.)]
•îousticier. [1° Gouverner : « Je vi mon neveu
« Solehadin qui estoit rois de Babiloine (le Caire),
« et avûil trente rois à jousti'^ier. » (Mén. de Reims,
§ 198.; — 2° Exercer un droit de juridiction : « Jehan
« Gra()in de Nulli... a obligé lui, ses hoirs et touz
» leurs biens... à jousticier par le prevost de
« Paris. » (Ch. de 1288, D. C. 111, 950 '.)]
Jousticieres. [Justicier, voir sous Joustice.]
Joutise. [Tribunal : >■ Pierres Randoufles et
« Lieleris sa famé vindrent par devant \à joutise. »
(Carlulairede Provins, Bibl. de l'Ecole des Charles,
iv série. H, p. 201.)]
Jouvence. [1° Fontaine fabuleuse dont les eaux
passaient pour rajeunir : « iù)nld\ne de Jouvence. »
(Percef., VI, f. 0.) — <• Une pièce de lappicerye fort
>i usée ou est la fontaine du Jouvence. » (Bibl. de
l'Ec. des Charles, vi' série, I, p. 353, xv siècle.) —
— 2° Jeunesse : « Nous aymerons et chanterons en
' nos jouvences. » (Le Blason des Faulces amours,
page 235.)]
Jouvenceau. •• Jouvenceau-v de la couche, "
c'est-à-dire gentils hommes du lit. (Mém. de Sully,
t. VI, p. 191.)
Proverbes :
1° « Ah qu'il est beau \e jouvenceau. » Ces paroles
sont devenues proverbiales : elles sont lirées des
fêtes de l'amoui' et de Bacchus. (Act. Il, se. H, p. 30.)
2° <■ Argent frais et nouveau ruine \e jouvenceau. »
(Cotgrave.)
Jouvenece. Jeunesse : « Ce fait jouvenece Et
« sotie ki trop le blece ■> (Poët. avant 1300, t. IV,
page 13(]0.)
Jouvent. Jouvence : « Boele de Jouvent. »
(Froiss. Poës. p. 350 '.] — On lit « fontaine de Jou-
» vent, » au Fabl. ms. de S. Germ. f. 89 ■=.)
Jouxte. [Selon : « Ils lessent et souffrent joir et
« usQv jouxte la forme el teneur de noire présente
« confirmacion. » (1359, Us ige de Perrot de Gaudi-
gny.;(L. C. deD.)]
Joveignor , Jovekjnoratje. [ Juveigneur ,
JU
— 118 —
JUD
Juvoigneiirie. On appelait juveigneurs les frères
cadels du seigneur (lui avait rerii dans la succes-
sion paternelle et inalernclle le principal domaine ;
on disait de leurs biens qu'ils les tenaient en juvei-
gfneurie ou juveigncurage. Cette expression était
fort employée en Bretagne, où la succession noble
eut toujours ses règles particulières : <• Et anse-
« ment preneons nous les fruitz e les essues des
» ferres az joveif/nors à noz bommes, amprez le
« décès as jovcignors, de ceu que il tenoient en
« joveifjnorar/e. » (Preuv. de l'ilist. de Bretagne,
t. I, col. 1038, an. I'i75.)]
Jovens, .lovent, Jovente. [Jeunesse, dans
Parton. v. 63, 07 ; dans Floire et Blanchefl. v. 759.]
Joviaux. [Jeunes taureaux: « Guillaume de
. Figny escuier, et pluseurs autres.... s'en alerent
<■ es fondeiz quérir les joviaux dudil Guillaume,
« qui esloient ou paslur'age des diz fondeiz. » (JJ.
118, p. 205, an. 1380.)]
Joyau. Voir JoF.L, JouEL : « A belle dame beau
« joyau. » (Recueil des devis amoureux, p. 47.)
Joyeuse. [Rpée de Charlemagne : « Li nums
« joiiise l'espée fut dunct. » (Roland, v. 2980.) —
« Mais Joijeusc, Corto, Flamberge, Dordonnois,
o Rompié, Durandal cl Courtin le Danois Cèdent à
« son taillant, et bien plus à sa gloire. » (D. C. II,
p. 722 ■''.)] — . Viens, Allropos, et me couppe la leste
« de Durandal, de Joyeuse ou Clarence. » (Départie
d'amours, p. 212.)
Joyeuseté. 1" Plaisanterie : « Ce que j'ay fait
« n'a esté que car joiieuseté. « (Petit Jehan de Sain-
Iré, p. 010.) — « La damoiselle... dist : Sire cheva-
« lier, ne prenez pas garde à ce que j'ai dit : car,
« ma foy, je ne le dys for par joyeuseté. " (Percef.
vol. I, f. 75 ■=.) — [2° Réjouissance : « Le jour de la
« Circoncision... le suppliant qui avoitsouppé à une
« joyeuseté qui se faisoit ce jour par le cardinal du
« bourg (Boulogne-sur-Mer). » (JJ. 206, page 940,
an. 1482.J
Expressions :
1° « Le vin blanc fait bon courage, » jambes de
vin et audace de joyeuseté. (Apologie d'Hérodote,
page 504.)
2» « Vin àe joyeuseté. » (Du Cange, sous Gaudiata.)
Joyeux. [Voir./o('(S.] ■■ Et s'agenouillèrentdevant
« le roy, en disant ainsi : « très cber sire et noble
a roy, voz bourgeois de la ville de Paris vous pre-
« sentent au joyeux advenement de voslre règne
« tous les joyaux qui sont sur ceste littiere. » (Frois-
sart, liv. IV, "p. 0.) — [Le « droit de joyeux avéne-
« ment », quirappelaitrœscoro«a<;/mdesRomains,
était un impôt payé aux rois de France lors de leur
avènement au trône.]
Joyssement. [Usufruit : « Le suppliant avoit
« fait faire prinses et arrestz... d'une portion de
« fief,... et par icelles prinses le joyssement en fut
« défendu à icellui de Florigny. .. (JJ. 195, p. 1290,
an. 1474.)]
Ju. [Jeu, aux Mir. de Coinci, t. II : « Se nous
« n'avons Ki no ju fâche, Ja ne verrons Diu en la
« fâche. »] De même dans Aio!,v. 990 : <■ A ceste
« Pentecoste nos jus ferés... si en juerons par la
« chité. »
Jubé. [Jupe : « Le suppliant trouva un sac ou
« estoit une manche d'une jubé, en'laquelle il prist
» el embla de quarente à cinquante escuz. •
(,JJ. 101, p. 75, an. 1400.)]
1. Jubé. [Galerie relevée entre le haut de la nef
et le bas du chœur : « Despense pour le jut)é (de la
« cathédrale de Troyes). » (Bibl. de l'Ec. des Char-
tes, v« sér. III, 231, xiv s.) C'est de cette galerie que
l'on chantait l'antienne : « Jubé, domne, benedi-
" cere. »]
2. Jubé (venir à). [Se soumettre, avancer à
l'ordre : » El soit en Hollande ou en Frise, je le
« feray bien venir à jubéla ou il doit. •> (Chastelain,
Chron. II, 58.)]
Jul)ilé. [Solennité publique qui, chez les Juifs,
se célébrait tous les cinquante ans ; elle amenait la
rémission de toutes les dettes, la restitution de tous
les héritages aux anciens propriétaires, la mise en
liberté des esclaves. L'élymologie est l'hébreu iobel,
cor, trompe, qui annonçait la fête. Par suite, fête
qu'on célèbre au bout de cinquante ans d'âge, de
mariage.]
Venez à mon jubilé ;
J'ay passé la cinquantaine
Tout mon bon temps est allé ;
Venez à mon jubile. (Desch. f. i84.J
Jubiler. Se réjouir : « Montaignes, jH^n/e^ii la
« loinge. •' (S. Bernard, ms. p. 50.)
Jucber. 1" Percher sur le juc, le joug. De là on
a dit d'une femme laide :
D'un cahuant fustes posté et couvée,
Oeul.K de torel et bouche de lymier,
Grosses lefres pour gelincs jouchier. (Desch. f. 329 ^.}
2» Elever : « Ma maison est juchée sur un tertre »
(Mont. III, 75), en parlant de la ville d'Evreux. —
Celle signification est quelquefois devenue obscène :
» Jucher wne femme. " (Clém. Marot, p. 331.) —
3" Se placer, se poster :
De là s'en vint le seneschal
Du costé sainct On^n juc hier.
Et Flocquet et gens de cheval
De l'austre coste embuschier. [V. de Charles VII, p. 7.j
4" Se coucher :
Au soir quant vint a la vesprer
Laissèrent les moissons voler
Cilz aloient la nmljoiichicr. (Brut, f. 103 '.]
5° Rester dans l'inaction, en parlant d'une armée :
« Il ne nous laissera pas longuement jouchier icy,
« ne n'attendra pas que les Angloiz le viennent
« assaillir. » (Du Guesclin, Ménard, p. 404.)
Expressions:
1" » Juché sur ses argots, » monté à la fortune :
Pour hanlt monter contrefont des bigots,
Puis quant ils sont juche: sur leurs argotz
Au monde font de merveiUeux domaiges.i'Crefi)!,^. 72./
2» « Oui avec mal plaisant se couche, souvent sur
« lui le \enljuclie. « (Cotgrave.)
Judicatoire. [Jugement, droit de juger :
JUG
— H9 -
JUG
« Auquel bailli de Cassel en Flandres appartenoil
« la congnoissance et judicatoire du cas, pour ce
« qu'il avoil eslé commis en son bailliage. ■■ (JJ. 198,
p. 571, an. 1402.)]
Judicature. [Juridiction : « Avoir connoissance
« et judicature de toutes matières et questions. »
(Cou't. de Ilainaut, ch. 83, art. 1.)]
Judiciaire. Relatif à l'administration de la
justice : « Par vérité (le roi) sera garni de foy, El
« droiturier en fait judiciaire. » (Deschamps, ce
qui est nécessaire aux rois.)
Judiciellement. [En justice, à l'audience :
« Laurens Petit noslre sergent en la seneschaucie
« de Perrigort dist illec fudiciellonent que Iceulx
« consulz, manans et habitans avoient bien cause
1 raisonnable de eulx plaindre. » (JJ. 190, page 28,
an. 1459.)]
Jiiel. [Joyau, aux Ord. 111, an. 1355, p. 14.]
Jueuece. [Jeunesse : « Vowv \^ juenece de son
<■ genre. » (Mén. de Reims, § 2i3.)]
Juenes. [Jeune : « Il esloit./î(t'«(?s de l'aage de
« quatorze ans. » (Ibid. § 135.)]
Juer. [Jouer : « Uncbes nuls hom ne 1' \\i juer
« ne rire. » (Roi. v. 1G38.) — << As tables jucnt par
« els esbaneier. ■> (Id. v. 111.)]
Juere. [Joueur. Jioi Guillaume, p. 79. J
Jiierie. [1° Doctrine des Juifs: « Vous créez mie
« enjuerie. Qui la vérité dire en ose Qu'en celui
a qui par seignorie A la porte d'enfer desclose. »
(Ruteb. 216.) — 2° Nation juive : « Mais, que li fist
« \njuierie?Ov oies la grans dyablie. » (Vie de
J.-C. dans Du Gange, III, 911 '.)]
Juet. [Arpent: « Ilem un juet de vigne ou fié
« Robin Fretart.... item Irois juex- de terre ou lié
" du seigneur de Glouvay. >> (,IJ. G5% p. 326, an.
1328.) — >' Douze deniers et demy cbappon, assis
« sur demi juet de terre fresclie et boys. » (Gensier
d'Estilly, B. N. fr. anc. 9i93, fol. 3''.)]
Ju(je. [» Nus en sa querelle ne doit eslre juges
« et partie, excepté le roi ; car cil pot estre juges
'• et partie en sa querele et en l'autrui. » (Beaum.
I, 24.) — « (Hypocrisie) Ses anemis ne prise gueres
" Qu'ele a baillis, provos et maires, Et si a juges. »
(Ruteb. 1, 204.)]
Expressions :
1° « Juge a quo, » juge subalterne. » (Goût. Gén.
t. II, p. 413.)
2" « Jii^fs d'armes. » Ils étoient préposés pour
décider à qui appartenoil le prix du tournoi. (Petit
Jean de Saintré, p. 372.)
3° « Juges cartulaires, volontaires. ■• Les notaires
sont nommés ainsi. (La Roque, Traité de la .Noblesse,
page 522.)
4° » Juges du champ. » Dans les combats judi-
ciaires, les joutes et les tournois, ils veillaient à ce
qu'on respectât l'usage et la loyaulé. Parlant d'un
combat ù outrance entre deux Lombards, à Pavie,
devant Louis XII : « Les juges estoient Hercules,
« duc de Ferrare, et Louys marquis de Salus, les
« quels estoient dans un echaffault près de celuy
« du roy, duquel pouvoienl veoir tout à clair tous
« les loings et endroicts du champ, et sans empes-
« chemeiit adviser tout l'exploit de la bataille. »
(Jean d'Auton, p. 89.)
û" « Juges diseurs, « juges qui rendoient compte
du tournoi. (La Golomb. Théàt. d'honn. p. Gl.)
G" « Juge dessous l'orme. • (Voy. Cotgr.)
70 « Juge el garde de la prévôté. » — « Il est
« diflerentdu bailly, lequel est juge suzerain im-
« médiat d'iceluyJi/(/c e/ r/fl)ïk'. .. (Vastan, art. 5.)
— Ainsi s'appellent les juges prevôtaires des
villes • de Meulun, d'Issoudun en Berri et de plu-
» sieurs autres villes de ce royaume, les quels sont
<■ ]es, juges ordinaires des roturiers, et juges de
u première instance et qui ne sont compelens pour
« les causes des nobles, des cas royaux ou privile-
" giez dont la connoissance appartient au bailly,
« qui est aussi juge de la cause d'appel inlerjelté
« du jugement du prévôt ou châtelain. » (Laur.)
8° « Juge bote. •■ Voir IIoste.
9" » Juges el jurisdiction des exempts. » Ce sont
des juges « qui connoissent au nom du roy des cas
« royaux et des causes des églises de fondation
« royales et des privilégiez , et des cas dont par
1 prévention les officiers royaux ont accoutumé de
« connoilre es terres, provinces, et seigneuries
i< baillées en appanage. » (Laur.)
lO" " Juge des lices, » préposé pour décider qui
a remporté le prix aux combats des lices. (Mém.
d'Ol. de la .Marche, liv. I, p. 338.)
11° «Juge mage, de Cahors •>, lieutenant du
sénéchal dans les provinces méridionales de la
France. Il rendoil la justice avec deux conseillers
du Parlement de Paris, envovés par le roi, vers
15G0. (Mém. de Monlluc, II, p'. 27.)
12° « Juge moyen. » — « Le juge moyen est celuy
u qui est placé entre un juge qui est son inférieur,
« et un juge qui est son supérieur, en sorte qu'il
« juge par appel les sentences du premier, et que
« les siennes sont portées par l'appel devant le
« second. » (Ord. III, p. 145.)
13^ ■! Juge du pas d'armes, » préposé pour juger
à qui on devoit donner le prix du pas d'arme.
(Mém. d'Ol. de la Marche, I, p. 300.)
14" u Juges de la porte. » Parlant de M" des
requêtes: « Ils recevoient les requêtes des officiers
« dont estignes, et autres sujets du roy près et à la
« porte de son hôtel oi^i ils rendoient sommaire-
» ment justice, appelles à cette occasion jH(/es de
>' la porte. ■> (.Miraum. des Cours souv. p. 127.)
[Voir Plaids de la Pokte.]
15° " Juge senz moyen, » c'est-à-dire le juge qui
est supérieur immédiat de celui qui a rendu la sen-
tence et qui doit connoilre de l'appel qui en a été
interjeté. (Ord. des R. de Fr. III, p. 145.)
16° « Juge royal. » Cette qualilé ne préjudicie
point à la noblesse. (La Roque, sur la Noblesse, 378.)
17° « Juge et seigneur foncier, » seigneur foncier
qui a la justice foncière. (Gr. Coût." de Fr. t. IV,
p. 529.)
JUG
— 120 —
JUG
18° - Juge suhgely » juge subalterne. (Ord. 111,
page l'i").)
1!)" " Jugr vif et juge mort, » espèce de jeu.
(nab. 1, p. Ml.)
'20" " Do fiuix juge brève sentence. » (Apologie
d'IIéi'od. préf. p. VI.)
21" « De fol juge , briefve sentence. ■> (Contes
d'F.utrap. p. l."i ; I.oisel, Inslit. Coût. II, p. 33G.)
1-1" • Juge de monlravel. » (Voy. Mcotk.wel.)
l'o ., 11 en aura le taux du juge. » (Cotgr.)
'21" « Sage est le Jî/i^e qui écoute et lard juge. »
(Loisel, Inslit. Coût. 11, p. 330.)
.lugement. ri" Cboix : » Sur mei avez turnet
» \:i\s jugement^ ^' (lîol. v. 307.) — 2°Senlenciul'un
juge : » Services et consaus poent bien eslrevendu,
» mais ce ne poent ne ne doivent esire li jnge-
« 7ne)U. » (Beaum. 11, 1.) — 3° District: « Et tout
« autre pain qui est tournez pour vendre dedans
» le Jugement àes eschù\\ns. « (Ord. 1. 511, an.
i;-ri5.-— Proverbe: " Qui tost juge et qui n'entend,
« Fai:e ne peut bon jugement. ■> (Loys. II. p. 33G.)]
« Jugement occulte. » — ■• La gcnt'de Westwalie,
« situé entre le lîbin, Phrise, Hollande, au diocèse
c. de Coloigne tient encore aujourd'hui une cous-
o tume qu'ils appellent jugement oeculte, que
o Charlemaigne les ayant réduits par force h la
« religion chrétienne leur institua, pour ce qu'ils
« ne pouvoyent garder leur serment et se parju-
« royent pour tromper un chacun. La couslume
« est que certains juges gens de biens et enliers
« estoient commis secrètement et non cogneuz qui
■■ avoienl charge de regarder ceux qui se parju-
« royent, rompoyenl leur foi, ou commeltoyent
<• quelques délits"; et leur esloil permis sans adjbur-
" nement et sans procédure l'aire pendre, etestran-
" gler les delinquans aux bois et buissons et autres
" lieux caches, et voyant la dite genl ceux qui se
<' trouvoyenl ainsi pendus et morts, elle se rendit
« plus civile et avoient tels juges certaines reigles
« et maximes enlre-eux qu'ils ont tenu si secrètes
« que jusques aujourd'huy que la dite coustume
» dure elles ne sont encore révélées. » (Coût. Gén.
t. I, p. 1016.)
Expressions:
1° « Le jugement approche, les bêles parlent
« latin. » (Oudiu.)
'2" " Fiens de chien et mare d'argent seront tout
« un au jour du jugement. » (Colgrave.)
3' [« Fausser ]e jugement. - Celait la forme de
l'appel au moyen âge, les deux manières de s'ins-
crire en faux contre un jugement. i,a première était
un pur appel à une juridiction supérieure. La
deuxième enlrainait une accusation de dol contre
le tribunal dont émanait la sentence. On prenait à
partie chacun des juges; on les provoquait au com-
bat judiciaire, et ils ne pouvaient décliner ce défi.
On ne pouvait fausser le jugement rendu par la
cour du roi.
1° ■■ Jugement de Dieu. » Voir Ord.ii.ies.
5* « Jugement dernier, » lundi de la première
semaine de carême.]
•lugeolle. r'îom vulgaire du sésame. (Cotgr.)
Juger, Jugiei". [1° Décider : >> O'it l'avez, sur
» vus \e. jugent Franc. » (Roi. v. 321.) — 2° Adju-
ger, conlier: « La rere guarde est jugiée sur lui. »
(Id. 778.) — '. .l'ay fait prendre et juger pour iceux
« frères deux femmes franches, filles de Garin et
" Enrcbert mes chevaliers. " (Godefrov, Rem. sur
l'Hist. de Charles Vil, p. 875.) — 3° Juger:
.... Affin d'avoir plustost faict
L'en les fist tous à. morl jurjic}-. (Viij. de Ch. VII, p. 29.)
4» Faire justice: « On doit juger à l'orphelin et
" à l'humble afin que rbomme n'ose plus soi en
« orgueillir sur terre. » (Monstrclel, vol. 1, p. 70=".)
— 5° Fixer le prix des denrées : « Li vin nouveau
« se puent vendre, à tel prix que l'on veult, jus-
« ques à la Saint Micbiel , et dusques en çà, li
« ciloiens le doivent jugier; et quant il est jugiez
« le premier qui le monte i'i plusgrant prix que il
« n'esty;/^/^'::. ; franclioit tous les autres tant qu'à
« tel prix. •■ (Ord. Il, p. o'i8.) — 6» [Condamner:
« Si mejugnt à moi't e a dulur. ■• (Roi. v. 3772. ]
Expressions :
1° « Juger les loix, » pour prononcer les amen-
des. (Nouv. Coût. Gén. II, p. 51.)
'2» » Devant sçavoir compassion et après s^avoir
« juger. » (Perceforest, 111, fol. lll''.)
3» « (iuï tosl juge tost se repent. » (Parton. de
Blois, fol. 154-^.)
4° « Qui veut bien Jî/^cr écoule partie. » (Loisel,
t. 11, p. 336.)
5" « \!.n']oiiv juge de l'autre, est le dernier juge
« de tous. >• (Colgr.)
Jugei'ie. [Ressort, juridiction d'un juge: <• Gail-
» lac en la jugerie d'Albigeois et seneschaucie de
« Thoulouse. « (.IJ. 163, pr70, an. 1408.) — «Agnès
« de Navarre jadis contesse de Foix tient en douaire
« es jugciies de Rieux et de Rivière en nostre
» seneschaucie de Thoulouse. » (.IJ. 148, p. '262,
an. 1345.)]
Jugié, Jugiet. [.lugement: » Etquideltienque
« de mon jugié il ne soit en riens coupables. »
(Froiss. X, l'JO.) — ■• Chacune desdiles parlyes se
» vausissent aidier de ung jugié, qui autres foyz
• avoit esté fais de plusieurs debas meux. » (Cari.
21 de Corbiew an. 1312.) — « Duquel procès ensuy-
« rent plusieurs sentences ou jugiex- contre ledit
« exposant. >• (,IJ. 153, p. 119 bis, an. 1397.) — Nous
disons encore le bien jugé.]
.lugier. [Gésier : « Prenez jugiers et foies. »
(Mén. II, 5.)]
Jiigierre, Jugeor. [Juge. Le cas sujet est dans
la Chron. des ducs de Normandie. Le cas régime
est dans Roland: « Par ses messages mandet ses
« jugcors. <• (Vers 3699.)]
Jugleis. [Vanité, forfanterie, dans la Chron.
des ducs de Normandie.]
Jugleor. rC;is régime de jugleres: » Ne vous
« diroit nu\ jugleor qui chaut. «(Agolant, p. 152''.)]
Jugier, Jugleres. [Jongleur, cas sujet : « Cel
JUI
121
JUL
« jor orenliM(7/(??' auques de lor talent; Guiteclin
« les paia d'or fin et de besans. >• (Saxons, V.) —
« Jà nus \i\n'ms jugleres de ceste ne se vant, Car
• il n"en sauroit dire ne les vers ne le chant. »
(Id. I.) — Jucjleres vient de joculator; le s final
provient d'une assimilation au sujet singulier de la
deuxième déclinaison ; jugler vient de joculatori ;
le pluriel de la troisième déclinaison avait été assi-
milé à celui de la deuxième, avant la formation du
français.]
Juglei*. [Jongler, dans la Cliron. des ducs de
Normandie.]
Juglerie. [Sommes perçues sur les jongleurs,
analogues à notre droit des pauvres: « La ville de
« Oysbn et de Cliinon.... le fouage d'ilec, les cens,
" la boucherie, les ventes, la juglerie. » (Ch. de
l'iOS, au Liv. Rouge d'Evreux, fol. 41.) — Les nou-
veaux époux devaient aussi défrayer les jongleurs
envoyés par le seigneur pour égayer la noce :
« Andrés de Chancelé est en saisine et possession
<c d'avoir, prendre, lever.... de un chacun , qui est
« béni en la ville et septene de Bourges, et en plu-
« sieurs autres lieux voisins, quatre deniers parisis
« et un mes souffisans de viande,.... quantes fois
« que ils se marient, et plusieurs autres drois
« appartenans à la dite juglerie ; et de un chascun
« franc bourgeois.... toute la robe, en laquelle ils
« sont espousés et beneiz en sainte église. » (JJ. 170,
p. -2, an. 134G.)]
Juignet, .liiinet..lnillel: » C'est assavoir juing,
« juignet, aoust et septembre. » (Ord. t. I, 384.) —
[« Al setme meis de l'un. « (Thom. de Cantorbery,
éd. Becker, p. Gl.) — « Tout torne à perte... jtiignet
" H fait sembler février. « (Ruteb. 30.) — Juinet est
le diminutif de juin, qui est appelé le grand. Voir
ce mot.]
Juigneur. [Puiné, dans une charte de Jean,
duc de Bretagne, an. 1445 ; B. N. anc. fr. 8542''.]
1. .luillc. [Juillet, dans Froiss. t. II, 146 ; on lit
encore jH/e (VIII, 3n);julle (IX, 122.)]
2. Juille, Julile. [Courroie qui relie le joug
aux cornes des bœufs; du àlminuM jugulum:
<■ Icellui Palloriez d'un coustel couppa [esjulllcs
« ou lieui'cs, dont les bœufs qui tiroienl à la cliar-
« rette estoient liez. .< (JJ. 176, p. 220, an. 1 444.) —
» Unes j(//)/('s de beufz que le suppliant avoit eues
" de celui dont il avoit eu ledit cheval. » (JJ. 200,
p. 7, an. 1481.)]
Juin. « Juing le grcmt, » par opposition à jui-
gnet. (Cartulaire, ms. delà Chambre des Comptes de
Nevers, IV, f. 1 ^ an. 1251.) - [» Or dist li contes
« que tout lou premier jor de j!/m/e^j'a?(t, se parti
« li rois Artus de Logres, quant li dous tens est
<■ repairiés à saison. » (Merlin, ms. 747, f. 161 ^.)]
Juindrage. [Droit exigé des Ji</?i(/j"fs ou gein-
dres : « Et que en la terre n'eu&tpoxnl de juindrage
» Ne chose qui la vaille. » (Ordonn. II, p. 32.) Voir
JOINDRAGE.]
Juirie, Juierie, Juerie, Juifverie. [Quar-
tier d'une ville habitée parles Juif^, ghetto : « Ensi
« se herbergierent la nuit devant la tor et en la
« juerie que l'on apele l'Eslanor. .. (Villeh. § 88.)
— « Et la tierce meson assise en la juierie de
« Meleun. » (Liv. Rouge de la Chambre des Comptes,
foho 302 '', an. 1308.) — « Vous avez les Juifs,
« puisqu'avoir les volez. En la juifverie on les a
» cheminez. » (Chron. de Cuvelier.)]
Juis. [Juif, mécréant : « Si fu jadis par maint
« prophète Ceste incarnacion retraite, El par juis
« et par paiens. n (Rose, v. 19365.) - « Ce juis qui
« s'appelle rois de Castille. - (Froissart, t. VU, 118.)
— La forme y»!/" est plus rare : « En gage h juif, à
" lombard, ne à nule autre manière de gent. »
(Livre des Métiers, 100.) - Le féminin était jute;
« gent juie, » dans Wackernagel, p. 65, ou juise :]
Advisé aux diz de Salemon ;
Pren bien garde qu'en dit Moyse
En bible et en la loij juise. (Desch. f. 540 ''.)
» 11 est parmi jM«7s, » il est en un lieu dangereux.
(Oudin.)
[« Ouvrage de juif, » dans l'inventaire du château
de Fontainebleau en 1560 : » Neuf enseignes d'or,
» que grandes ou petites, émaillées la plus part de
" blanc sur ung fons ouvraige de juif,... ung autre
" tableau rond, assez grandet, d'argent, ouvraige
« de juif, où il y a quatorze ligures d'or et esmail-
« lées. <• (De Laborde, Glossaire à l'usage de l'ar-
chéologue, 1872, p. 281.)]
.Iiiisarme. [Guisarme : « Les reçoivent ausfers
« de lances, Aux haches, aux espées nues, Et aux
" juisarmes esmoliies. » (G. Guiart, an. 1214.)]
Juise, Juisse. [1° Jugement dernier : « N'ert
« mais tel hom desqu'ù Deu jinse. >> (Roi. v. 1733.)]
Parlant d'un criminel :
Miels veuil solTrir à la justice
Que rendus me fust à juise
Ou chascun son oeuvre verra
Selon ice que lait aura. {Fabl. ms.)
[2° Jugement, épreuve par le feu : <■ Et s'en ferai
•■ un fort j/H/sse En un grant fu en ma cemise Ou
« jou enterrai toute nue... Il arsent tout en cel
« juise, La puchele ert en sa cemise. >• (Vie ms. de
J. C, dans D, C. III, 1(22 K)] - 3° Fourches, piloris,
justices : » De ceux que ount levé puis le premier
" jour del dareyn eyre fourches, pillorie et tumbe-
« rell soit enquis, et ceux que de ceo serront cndi-
>' tes soient maundés de vener respondre par des-
» tresses. Et comme ilz viendront et ne purrount
.■ monstrer pur eux suflisaunt garaunt ne de dire
« que eux ne les eyent fait, soient agardes en notre
•' mercy et que les /!//s(?s soient abalus. » (Britton
des Loix d'Angl. f. 31 ''.) — 4° Droits seigneuriaux :
» De novels IVaunchises ou customes" ou juises
« levés puis l'autre tourne en elne ou en terre »
(Britton. Lois dAnglet. f. 72 \)
Juisel. [Enfant d'un Juif : « Uns juis ot un jui-
» sel, Plus entendans et moult plus bel De tous les
» autres Juitiaus. ■• (Mir. de Coinci, t. I.)]
Julien (saint). Saint qui faisait trouver bon
gîte quand un voyageur en avait dit l'oraison au
16
JUP
— 122 -
JUR
malin. La Fonlaine a tiré de lu le conle inlilulé :
• L'oraison à S. Julien. »
s. Ylaire et S. Juliens
Qui héberge les chrétiens.
LiUniodcs saints, iiitituice les Mouliers de l'aris, MS. 72IH, p. 232.
Bien fui hébergiez chierement
La nuit que jus lés vos coslez ;
Suiiil Julien qui puet bien tant
Ne fist II nul homme mortel
Si douz, si bon, si noble ostel. (Pues. av. 1300, II, T30.)
Princes qui prant bonne femme je tien,
Que son hostcl est le saint Julien
Et que tous biens, paix, honneur y abonde. (Dcsch. 430.)
Les gens communs sont simples et insciens:
A estrangier ne scevent ne estrangiere
Chemin monstrer, n'onques 8. Juliens
Pour son hostel n'ot celle marche chiere. (Id. f. 332 ".)
Par suite, 1° bon lioste :
Par tout m'aloie esbanoier
Chascuns m'estoit saini Juliens. [Desch. /'. 393 ".]
•le ne désire que saint Julien
Et son hoste dont bon fait trouver l'huis. (Id. f. i40 '.J
2° Au figuré, homme qui se repose
Se l'homme est ancien
Voist conceiller et soit saint Julien
3° Femme débauchée :
(Ibid.J
C'est droilement hostel saint Julien
Tout si reçoit. [Id. f. 333 '.]
Expressions :
1° « S. Julien en amour, » un homme qui aime
beaucoup :
Tele amour n'est pas fors la tente d'un las
Qui la se prant chetive est et cilz las
En tel amour n'est pas saint Juliens. (Desch.)
2" <■ S. Julien ne voult pas de son hostel n"estre ; »
c'est un avare, il reçoit mal son monde :
Il s'entend, chante et list très bien
A reculons, saint Julien
Ne voult pas de son hostel n'estre
Taische n'a de saint Gracien. [Desch. f. 3'i ".]
3° « Plant nouvel n'est pas S. Julien, » les jeunes
arbres ne rapportent point de fruits :
A plant nouvel ne me vueil traveiller
Perdu y ai temps aux labours et joye
Mais {liant nouvel ti'est pas saint Julien. (Id. f. 27 -Kj
Junicl, Juniiau. [Jumeau : " Que çou soit
" Blanceflor la bêle; Je cuit qu'ele est sa suer
« jumelé. " (Flore et Hlanchelleur, 1727.) — •< Si
" comme s"il avient que une femme a deus enfans
" rnubleàjumiaux. » (Beauman. ch. XXX1X,31.)]
.) liment. [« A'ot pas destrier, ainz chevauche
<• jument. » (Bat. d'Alesch. v. 5<J88.)]
Jiimeutier. [Goujat, valet d'écurie : « Icil n'est
c mie ne garz ne jumenlier. » (Agolant, v. 1038.)]
Jupe, .luppe. Corsage ajusté sur le buste
comme une cuirasse, le même que gipe :
Je descendi en l'erboie ;
Si esgardai leurs delis
Jupes et grêles cretis
I avoit moult de soie. (V. av. 1300, IV, p. i4S0.J
Parlant du comte d'Egmont exécuté à Bruxelles :
i< 11 estoit velu d'une jnpe de damas cramoisy et
« d'un manleau noir avec du passement d'or. »
(Brantôme, Cap. Estr. t. II, p. 172.) — Parlant du
roi de Navarre, le futur Henri IV, allant à une atta-
que : « N'aiant que de simples cuirasses sous leurs
" juppcs fl^ chasse. » (Mém. de Sully, I, p. 105.)
Expressions :
1° » Sa juppe commence à hausser, » elle devient
enceinte. (Oudin.)
2° » On lui a haussé sa juppe, " expression
obscène. (Oudin.)
3" >< Elle est toujours crottée, elle n'a personne
« qui lui trousse sa juppe, » elle est laide, personne
ne la veut. (Id.)
Jupée. [Distance à laquelle on entend jiiper,
crier : « Us esloient en une cave près, aussi comme
« à'une jupée ou huée de son hostel. » (JJ. 180,
p. 3'!, an. 144!).)]
Jupel, .Iiippel, Jupiel. Casaque étroite com-
mune aux deux sexes. Parlant de bergers :
Il estoient tout d'un hamiel
Et avoit cascuns un jupiel
De toile lonc. (Fcoiss. Poës. p. 382 '.J
Cils Poitevins dont vous parlés,...
Sçauroit il faire un ongement.
Une houce ou un vestement
Ou un jupel a alerons. (Froissai-l, p. 379 ^.]
[<< Les barbeaulx ou pointtes du planoon s'en ala-
" cherent à ung juppel que avoit vestu icellui
.< Pierre. » (JJ. 176, p. 58i, an. 1448.)]
Juper, Jupper. [1° Pousser des cris : « Li
« Escot fisent entre mienuit et jour si grant bruit
•< de corner de leurs grans cors tous à une fié, de
« jupper apriès tous à une voie que il pooit sambler
.> as Englès que ce fuissent tous li diaubles d'en-
« fer. » (Froiss. t. II, 164.) - 2" Huer : « Quand ilz
>' furent yssuz es jardinaiges, ledit Hudel commença
« à jupper, et lesdiz Bisson et le Vennier à jupper
c. encontre eulx. » (JJ. 180, p. 119, an. 1450.)]
Juperie. [Crierie, dans Froiss. H, 167.]
.Jupon, Juppon. [Pourpoint : « Icellui Loys
« retourna oudit hostel dudit Jehan Martin et le
« trouva tout nu en son jupon, ou il curoil ladille
.< estable. » (JJ. 153, p. 148, an. 1398.) — « Juppon
« de bougran. » (JJ. 117, page 175, an. 1380.) —
« A Jakes, h jupons ou à housiaus. " (Froissart, VI,
p. 98.)] — « Li uns se vest court d'un juppon; Ly
» autres long jusqu'au talon. » (Desch. f. 404.)
.luponnier. [Qui fait des jupons, dans Froiss.,
t. IX, 411.) — '< Guillaume î'ev\gnon, jiiponnier. »
(1389, Censive d'Olivet.) (L. C. de D.)]
Juppin. Polisson {\\\' siècle.)
Jupponerie. [Métier de juponnier, au Livre
des Met. MS. L 167 >>.]
Jurable. Pour lequel on doit le serment de
fidélité. De là « jurable et rendable à grandes et à
« petites forces. » On jurait de le rendre au suze-
rain qu'il eût ou non de puissantes troupes à ses
côtés. (Voir Cart. ms. de la Chambre des Comptes de
devers, IV, f . 1 '•, an. 1251.)
.lurabletté. [Droit d'exiger que le fief soit jura-
ble et rendable : « Se nous mourons sans hoirs de
JUR
— 123 —
JUR
« nostre corps, nous laissons et quittons à nostre
« amé etfoiaul cosin monsieur Odart, seigneur de
« Montagu, la j«mb/?«e' et rendabletté dou chas-
« leuil de Montagu. » (Testament de Hugues, ducde
Bourgogne, an. 1314 ; B. N. anc. 9484 \ f. 157 '.)J
Jiirage. [Commune bourgeoisie: » Nous souffi-
<• saument enformez sur ce... abatons ladilte com-
« mune,J«/"«9<', eschevinage et tout Testât d'icelle. »
(Ord. V, p. 0G2, an. 1373.)]
Juré. [1° Vassal : « Ja vous iestes mi home et
« mijuri'. " (Rom. de .lordain, dans Du Gange, sous
Jm^ains.) — 2° Confédéré, allié : « Et ala sur li à
« armes et sur ses aides ; c'est sur le comte Mahieu
" de Beaumont, et sur Drouet le seigneur de Monci,
» qui estoient J»re:i de cette entreprise. » (Ibid.) —
3° Echevin, bourgeois d'une commune JHreV : « S'il
« avient que li un sont, un an, majeur ou juré ou
o receteur. ■> (Beaumanoir, t. L, 7.)]
Expressions :
1°» Li juré, les quatre /j<m, » prudhommes qui
ont fait serment. (Perard, Histoire de Bourgogne,
p. 487, an. 1257.)
2» « Jurez- de caltel. ■> — « Les eschevins, après
« leur eschevinage expiré demeurent le parfait de
« leurs \\es> jure:: de cattel, et on celte qualité peu-
« vent recevoir et passer tous contracls et recon-
c< noissances meubiliaires seulement, pourvu qu'il
« y ait deux jiire;; du moins à ce faire. » (N. C. G.
t. II, p. 242 ''.)
3» « Jurés de la cour de la borgesie, » juges des
bourgeois. (Assises de Jérus. p. 14.)
4° >■ Escolier )«»■(?, » écolier privilégié. (Oudin.)
5» ^y Juré de franche ville » est un échevin de
ville reconnue pour franche. (N. C. G. II, p. 131.)
G" « Vrere: juré, » bon ami. (Oudin.)
7' « Meslier juré, » où il y a peu de maîtres.
(Bouchet, Serées, p. 183.) — -• C'est meslier juré,
« n'en est pas qui veut, » c'esl-à-dire métier de
bourreau ou autre chose semblable. (Oudin.) *
8» « Les jurés du meslier s'en moquent, » il ne
fait rien qui vaille. (Oudin.)
U" « Il esljuré de son meslier, >• c'est un habile
homme. (Oudin.)
1. Jurée, part. 1° Promise en mariage : " Assez
« tost après trépassa madame aisnée fille du roy
« de France; laquelle estoit)!<m' et convenancée au
" gentil damoisel Guillaume de Ilainaut. » (Froiss.,
livre 1, page 45G.) — 2" Défendu, en parlant d'une
garenne. {Coût. Gén. I, p. 87.)
2. Jurée, subst. [1° Impôt proportionnel payé
par les communes de Champagne : « Ce droit de
» jurée fut ainsi nommé parce qu'il est vraisembla-
« ble que ceux qui se rendoient justiciables du
o comte faisoient un nouveau serment par devant
« le juge des lieux, ou bien que ceux qui etoient
» tous les ans eslus pour faire le département sur
« ceux qui esloient contribuables à celte redevance
« faisoient le serment d'y procéder sans faveur. »
(Pasquier, Kech. liv. IV, p. 339.) — « .luliens de
« Gienville homs le seneschal deChampaigne disoit
« que les gens comte de Champagne vouloien*
« avoir)«ree de lui de la moitié de tous ses biens
« et immeubles. » (Assis, de Champ, f. 29, an. 1285.)]
— 2° Enquête juridique : » Se li rois tient aucunes
« choses de ses hommes, qui li demandent et li
« dient, ce est nostre droicture que vous deman-
« dons et somes prest de querre en l'enqueste et la
« jurée de la gent du pais. » (Ord. t. I, p. 170.) —
[« Comme en la ville d'Arleux li sires... une fois
« l'an ou plus peut faire une franque vérité, ./'«ree
" et aprise par clain suz ses subjects... soupechon-
« nez d'aucun mauvais cas et vices. » (.IJ. 97, p. 321,
an. 136C.)] — [3° Encan : « Guillaume Bethon avoit
« fait mettre en jurée et passer décret ou siège des
" pletz de la baronnie de S. Vigor le Grand,... cer-
« tains heritaiges. » (.1.1. 209, p. 188, au. 1481.)]
Jurent. TParf. de gésir, 3' p. plur. dans Roland,
V. 3653.]
Jurer. [1» Promettre par serment : « Si Lodh-
« wigs sagramenlquœ sou fradrej(/m/, conservât. »
fSerm. de Strasbourg.) — « Ki me jurât cum sa
« per à prendre. » (Roi., v. 3710.) — 2° Faire un
serment : « Tous jurent lor chiés Ctètes) Que, se
« Jhesus lors laisse outre la mer nauier Chascuns
« se penera de .Mahon laidengier. « (Chanson d'An-
tioche, I, 884.) — « J'ay par mon ire esmeu plusieurs
« à jurer vilainement et de moult vilains sermens. »
(.Mén. I, 3.)
Expressions :
1° « Jurer sur sains, » jurer sur reliques : « On
« ]our (eso'il jurer sur sains, que pour délivrance
« de cors de home, il ne renderoientnulz des chas-
« liaux. » (.loinv. § 33G )]
2° « Ujure comme un gentilhomme. » (Apologie
d'Hérodote, p. 110.)
[3" « El ces choses vous monstre je, pour ce que
<• vous vous gardés de faire sacrement que il ne
« conviengnefaire par raison ; car, ce dit li saiges :
» Qui volentiers jure, volentiers se parjure. »
(.Joinville, § 5G8.)]
Juret. [Même sens que.kT.ÉE 1 : » Plusieurs de
« nos fermes, tant de nostre demaine comme de
« nos aides, et aussi nostre halage, tabellionnage
n et juret et autres fermes seront de graigneur
. prouflit. .. (.IJ. 138, an. 1389.)]
Jureur. [I" Cojurateur qui témoigne, non de
l'affaire en litige, mais de la probité de la partie :
•■ Li reis dist que douze cenz laiz li fera jurer, Che-
« valiers e proveires ; dune respundi li ber Qu'il li
« fereit assez ûesjureiirs trover. » (Thom. de Cant.
p. 107.) — 2" Qui jure par habitude : » Un valet de
» Gascogne,... Pipeur, larron, )H)VHr, blasphema-
« teur. n (Marol, Ep. au roi.)]
Jurgieux. [Querelleur : « Le suppliant voyans
« ses biens troussez, et que sa femme, qui n'est
« pas bellicoseuse ne jurgieuse. » (.IJ. 173, page 129,
an. 1424.)]
Juridieier. [Rendre la justice : » Un roy n'a
« rien proprement sien, il se doit soy mesme
« à autruv, la jurisdiclion ne se donne point en
JUS
124 —
JUS
« faveur lia juridiciant, cesl en faveur du juridi-
. Clé. '■ ^Moiil. IV, 8.)J
Juridiction. [» Hors du pooir de reglise cl de
« \e juridiction. » (Hec. de Tailliar, p. 281.)]
1. Jiis, s. 1° Droit :
Ce est d'amour li drois jus. (Val. KiSS, f. 101 '•.I
« Desquelles prolestacions et requêtes tant en
• général, comme en especial ils pourront dcman-
• der)(;s. ■■ l.a Salade, fol. 'i8 *.) — 2° Kaisoii :
Le gelteray-je donq\ies jus.
Ce ne me semble mie /us
D'adjouster domtnaige au dommaige. (Dcfch. f. 402 '.)
2. .lus. [Partie liquide d'un végétal : « Car je
« vous ai servi mieux que de pois au jus. » (lîaud.
de Seb. VUI, 1092.1]
3. Jus. [l" ICn bas, à terre : « Uepairez est des
« muntaignes iHS. » (Roland, v. 2040.) — » Par les
« degrez jus del V palais descent. •> (Id. v. 2810.) —
« Venir. //(S. » (Im-oIss. IV, 299.) — « Si les poroit on
« bien par cesle maniéré jus atraire. » (Froissart,
t. II. p. 2()9.)] — 2" De près. Parlant du comte de
Foix qui prit le deuil lorsqu'il eut tué son tils :
» Lors fil-il venir son barbier et se fit raire tout
« jus. " (Froissart, liv. 111, p. 33.) — 3° Sur : « Lors
« fut appareillé le baing ou elles les firent baigner
» pour laver le sang et la sueur jus d"eulx. ■>
(Perceforest, l, f. 83 J.)
Expressions :
[I" - Mettre J«s, » écarter : « Et voloit briefment
« toutes aultres coses mises jus, secourir et confor-
lei' la contesse de Montfort. » (Froiss., 111, 128.)]
— " Li filz de l'ommedisl : il n"est mies venuz pour
" jugier, mais por salveir lo munde. N'en avoit
« mis de l'avoillon nostre eys {apis) ; anz l'avoit ensi
« cum jus mis [quodam modo deposuerat) en une
« manière, quant il la miséricorde niist avant et ne
" niisl lo jugement. » (S. B. S. fr. ms. p. 18.)
2" « Et sus et, /((S, » en toute manière : « Leslrais-
« très firent tant et sus et jus, qu'ils eurent grant
« nombre de compagnons. >■ ^Chron. de S. Denis,
t. 1, fol. 168.)
3° « Jus ne sure, » dessus ni dessous. (Villon,
page 68.)
4° « Saillir jHS, " se releverde terre. (Perceforest,
vol. VI, fol. 30 -=.)
Jusier. [Gésier : » Diex est li frans oisiaus qui
•• ne vuelt de sa proie Que le cuer purement, sans
" jusier et sans foie. » (.1. de .Meung, Test. p. 494.)]
Jusque. [[" Pour le temps : « Jusqu'à un an. »
(Hol. V. 972.) — 2" Pour l'espace : » Jusqu'à V na-
. sel. » (Id. 3927.)]
1. Juste. TAuprès de : «Un port juste mer. »
(Uol. V. 2626. )^
2. Juste. 1" Sincère. Gontiers d'Espinais (Poët.
MS. avant 1300, t. II, p. 675), dit : « Juste amor mi
a destrainl et debruise. » — 2° Habile : « Quant
" Tarquiu, qui csloit l'un des. /Hs/(;s chevaliers du
a monde à la lance, eut bien regardé où il vouloit
« aftaindre son ennemy. » Perccfor. III, f. 98 ''.) —
3° Etroit : " Le duc fit faire au mois de novembre
« 1419, mille penonceaux noirs, quatre cottes d'ar-
" mes, armoyée.i aux armes du duc, les deux justes
>■ et les autres volans, six grandes bannières de
" trompetes. " (Estât des officiers des ducs de
Boui'gogne, p. 238.)
Expression : " Juste et carré comme une flûte, »
cela n'est pas comme vous le pensez. (Oudin.)
3. Juste. Justaucorps. 1" Pour homme. Parlant
de Hobert, duc de Normandie :
Sujitsle esloit moût bonne et chiere
N'i ert mie a achater legiere.
Toute estoit d'or noblement faite. (Hou, f. 98.)
2° Pour médecin : « Le premier porta une juste,
« ce signifie qu'il confira la medicine de la quelle
« le roy Mehaigue en ses derniers jours recevra
« santé. " (Percef., t. V, f. 97 ''.) — 3" Pour femme :
« Après le souper allèrent les dames en la chambre
« du duc de Cleves en colelles, justes de draps d'or
« d'orfaverie et de soye. » (Mathieu de Coucy, Hist.
de Charles VH, p. 719.)
4. Juste. [» Vase ou flacon de table d'une gran-
« deur invariable quant à la capacité, et d'une
" foruiequi variait, tout en se rapprochant de celle
« des aiguières, hydres, pichiers, etc. Elles étaient à
« couvercle et à anses; on en faisait en or et en
« argent, mais surtout en étain. » (De L:iborde,
Glossaire à l'usage de l'archéologue.) — « Là juste
« estoit moult bonne et chiere. Tout estoit d'or
<> noblement faite. •> (Rou.) — « Une juste ou pinte
« d'estain. » (JJ. 109, page 223, an. 1416.) — « Une
» juste d'argent blanche dont le pié est i^i souages
" dorez et les hors du couvercle et du pot sembla-
« blés; et dessus ledit couvercle nn esmail d'azur,
'• ouquel a un lyon séant, et l'anse est par dehors
« doré et ciselé. » (Inv. des bijoux du duc d'Anjou,
an. 1360, art. 619.)]
Justelette. [Diminutif du précédent : « Un
" vaissel 'appelé justelette qui estoit d'estain h quoy
« l'en boit cervoise. » (J.l. lûO, p. 105, an. 1404.)]
Justement. [Etroitement : « (Charnières) qui
« bien furent séant. Et qui moult justement vont
« gentement fermant. » (Du Guescl. 9095.)]
Justice. [1° Punition ; de là l'expression « faire.
« justice •' : " Jo en ferai \i\ justice. " (Roi. v. 498.)
— 2° Exécution : « Avant ot il fait moult de grans
maulx et de crueuses^HS/ùrs des nobles de son
« royaume. » (Froiss., Il, 16.) — 3° Gibet, fourches
patibulaires. Ce sens subsiste comme nom de lieu :
« Les Justices. » (Allier, C. de Buxière.) Il est sou-
vent inscrit sur la carte de France dressée par
Cassini. — 4° Droit de juger et de punir. Haute et
basse justice : » On doit savoir que loz cas de crieme
" dont on pot et doit perdre vie, qui en est atains
<• et condampnés, apartient à liante justice, excepté
« le larron. » (Beaum. LVIII, 1.) — « El le conois-
«■ sance du larrecin et de toz autres mefl'és es quix
« il n'a nul péril de perdre vie, demorent à celi à
.' qui le &rtsseJHS<ù'c' apartient. » (Id. LVIII, 2.) —
" La coustume ne faict difl'erence entre justice
" basse et foncière. » (Coût. Gén. t. H, p. 1034.) —
JUS
— 125
JUY
5° Droits et redevances : « Jou ay vetichi et escaii-
« gié... toutes \e5 justices que jou avoie à Corbie,
•' les cambaiges, les estaliages. » (Cart. 23 de Cor-
bie, an. 1208.) ~ « Grandes et petites justices. »
(Pér. Hist. de Dourg. p. 482, an. 1255.) — (>' Juge :
« Et quant il s'en parti de la cambre le rei, Jusiiees
" et baruns, tels que numer ne dei, L"escrierenlen
" haut à bu et à desrei. » (Th. de Gant. 46.)]
Expressions :
1° - Espée de Justice, " épée de bourreau ;
« Pierre Itegnault bourreau de la ville de S. Orner.
« s'en ala vestir et quérir en la ville une grant
>• espée, que les bourreaux dudit S. Orner ont
« accouslumé de porter, que on appelle communé-
" ment l'espée de justice. » (.JJ. 182, page 31G,
an. 1453.)]
2° « Justice de champ de bataille, » duel judi-
ciaire : « Li prevos sains Pierre doit tenii- la justice
« et de champ et de bataille. » (Cart. de Mireconrl,
an. 1255.)
3" » Justice capital, » parlement : « Li roys en
" son grand conseil a ordeué que pour gouverner
« sa )»s//(:e cfl/;//fl/, c'està scavoir son parlenienl. «
(Ord. il, 220, an. 1344.)
Justicliaule. [Justiciable : » Comment que cil
« qui apele soit ses, /«s/;(7(a»Z('s ou non. « (Geau-
mauoir, t. .\, p. 3.)]
Justichiaublciuont. Avec droit de justice.
(Duchesne, Gén. de Bétliune. p. 47, an. 1254.)
Justiciable. Equitable. En parlant du connéta-
ble de Hichemont :
En son tems fut chevaleureux
Très vaillant, granl justiciable. (V. de Charles VU, JOO.I
1. Justiciei". [1" Gouverner, rendre la justice :
" Li rois Clothaires avoit un lil qui avoit à non
« Crannes... ses pères li avoit son pooir baillié et
'< favoit eiivoiié en Aquitaine pour la province ^^/s-
« ticier. » (Dom Dou(iuet, III, p. 198.) — 2° Saisir :
» Lequel Jehan avoit trouvé les besles d'icellui
« Guillaume en certain herbage... etfaisoient grant
« dommage, par lequel dommage il les avoit voulu
« de (a'û justicier. » JJ. îOG, p. 3ti3, an. 1471.) —
3° Exécuter ; « Justicier elmellre à mort. » (Froiss.
t. IL p. 34.)] — 4" Mortitier : « Moinne veut deve-
" nir, et sa vie muer, Porsa €\\-mv justicier. « (Rou,
Ms. p. 64.)
2. Justicier. [1° Qui rend la justice : « (Richard)
« Qui al rei Henri ert ses privez conseilliers, E de
« tute la terre ert mestre et justiciers. » (Thomas
de Cantorbery, 53.)] Parlant deCliailes VII :
Voulant justice entretenir
Qui faiol les roys régner et maintenir
Tons justiciers vers luy a faict venir, {.f. Marot,p. iOO.j
2° « Les sou bs justiciers sont ceux qui sont éta-
« blis sous les justiciers à faire les offices de droict,
« dont les uns sont appelles vicomtes, les autres
« sergens de l'espée, les autres bedeaulx, et ont
» divers offices selon ce que droit le requiert. »
(Ane. Coût, de Nurin. f. 8.)
Justifiant. [Qui donne la justice : « Pour cause
» de la transgression desdits privilèges et de nostre
« dite sauvegarde ./«s^i//a«<c. » (Orcî. II, 231.)]
Justificaulenient. rLégitimement, dans Mar-
tène, Anecd. 1, col. ■I228,'"an. 1287.]
Justifier. [• Grâces et remissions empêtrées de
« parties par devers nous qui seront justifiées
« devront estre interimées au profil des impeirans
« selon leur fourme et leur teneur. » (Ord. V, 135:)]
Justiser. fl" Gouverner, conduire : « Quant sot
« Girairs cui tlne amois justise. » (Wackern. p. 7.)
— « Vers la belle qui ]ii justise. >• (Parton. v. 1284.)
— 2° Traiter avec justice, non avec indulgence :
" Cil qui famé viaut justiser, Chascun jor la puet
" conliister. « (Fabl. I, 48.) — •■ Qui kimejustisera,
" Ja ne l'amera. » (Clians. de Gillebert, Laborde,
page 167.)]
1. Justisiei". [Variante orthogr. de Jisticier. 1.
1° Gouverner : « Je ne puiz par moy seul le règne
" juslisier, Ne ne puiz par moy soûl Rou ne Nor-
" manz cachier. « (Uom. de Rou.) — 2» Saisir :
« Laquelle masu4'e dessus dile édifiée ledit Guil-
« laume et ses héritiers [)oar\on\.justisier et esva-
« nuer sanz contredit pour la renie sourlenue. »
(Cart. de S.AVandrille, p. 509, an. 1298.)]
2. Juslisier. [SouviM-ain qui juge et gouverne :
« De Jofroi de Paris firent lor justisier. » (Saxons,
t. IV.)]
Justoier. [Examiner la justesse d'une mesure :
« Et fist justoier toutes les mesures que il avoit
'< priiises es autres laverniers, et cbelles que il
« trouva bonnes et justes il les rendi sans damage. »
(Beaum. ms. ch. 25.)]
Juveigneur. [Voir Joveignou ; a H doit obéir à
« nostre dite cour de Parlament, comme homme
« ramager et,/HW'i(/;;(';()' à l'aisné. » (Ch. de 1478,
D. C. 111, 925 ■'.) — . .. Il y a trois formes de tenures
« nobles ; la première est appelée lige ou ligence,
« qui est quand le vassal tient prochement eUige-
« ment au seigneur; la seconde est la tenure'du
>• juveiyneur d'aisné en parage et ramage qui est
« du puisné vassal ou des descendants deluy à son
>' frère aisné seigneurou descendant du ditaisné. »
(Coût. Gén. II, 771.)]
Juveigneurie. [Voir Joveignorage: « Tenue en
« juveigneurie simple. » (D. C. III, 925 <'.)']
Juveute. [Jeunesse [juventus] : » Tant bon
« François i pel'dent \ov juvente. » (Roi. v. 1401.)]
Juybet. [Gibet : « Item les charpentiers et
» charrons de Beaugency sont tenus à faire ii lor
« couz et despens, par baillant de quoy les portes
•> et le juiibet de la ville. » (Reg. des dons de la Ch.
des Comptes, f. 30 '■, an. 1328.)]
K
KAI
Atkhtissf.mknt. Chercher sous C, Ch , Q, les
mots qu'on ne trouverait pas sous la présente lettre.
K. r» Parler vous doit ou bien de A' ; Tceste letre,
« pour Dieu , qu'a, (Jui crie adès , quant on la
« nomme. » (Seneliance de l'A B G, .lubiual, t. II,
p. tJTO.)] — « Blans au K couronné, •■ monnoie de
Charles VIII, de la valeur de 10 deniers tournois,
par redit du II novembre 1488. Ces blans furent
ensuite appelés karnlm , carlem et carlins. (Du
Cange, sous Moneta.)
Kaan. [Kan des Tarlares : « Il sont ydres, et font
« ardoir les corps mors, et sont au granl kaan. »
(Marc. Pol. p. 465.)]
Kaclie. [Poursuite en justice, (ilisl. de Liège,
t. II, p. 408, an. 1316.)]
Kacliiere. [Chasseur, aux Poésies de Thibaut
de Champagne,!!, 58.]
Ivacier. [Chasser : « Et nules gens en tout le
« mont Si volontiers kacier ne vont, Ne en rivière
« com François, Et orent fet tousjours ançois. »
(Ph. Mouskes.)]
Kafis. TMesure pour les grains en Espagne:
" Lesqueles renies et revenus puent valoir et mon-
" tei" à la somme de 4;53 kafis de froment. » (B. N.
fr. anc. 84-28% fol. 109 ^)]
1. Kai. [Quai. Voir Kay.\ge.]
2. Kai. [Grille, barreaux, au Gloss. du fonds
S. Germ. coté 501, sous Kaia.^
Kaiele. [Exclamation affirmative: « Oie, cbe
« dist la dame, n'en dites mais, kaiele. » (Aiol,
v. ;h;80.)]
Kaler. [Flambeau carré: » Et aura.... chascun
« deux kaTers et douze menues cliandelles. » (Reg.
Noster, fol. 79'', an. 1317.)]
Kaillaiis. [Cailloux, dans Froissart, II, 144.]
Kaiiinc. [Chaîne : « A cros de fer et de kain-
« nés. " (Proiss. V, 'i(>'2.)]
Kaii". [Tomber : « Pouront avoir lidiz religieus
« (du mont S. Martin) dessouz ledit moulin un clier
« et une keste pour retenir le poisson, qui la pou-
» roit kair. « (J.I. 7'2, p. 309, an. 1308.)]
Kaitis. [Voir Caitis, malheureux.]
KAR
Kalamay. [Chandeleur, dans les Chartes Bre-
tonnes: « Cinqcens livres à la septembresche, et
« trois cens livres au quart jour de l'an neuf, et
« cinq cens livres à l'oclieve de la kalamay ense-
« vante. » (Preuv. de l'IIist. de Bref. t. 1, col. 1-223,
an. 1309.)]
Kalan. [Chalan : « 11 fist trousser et mettre en
« nefs et eii /ift/a;is son granl trésor. » (Froissart,
l. III, p. 90.)]
Kalende. [1° Premier jour du mois, gérondif
ûQcalaye., faire une publication, parce qu'on y
annonçait les jours fériés : « Le premier jor de
« cascun mois apele tousjours kalendes. » (Comput
du xui' siècle, fol. 2.) — 2° Conférences des curés,
confréries qui s'assemblaient le premier jour de
chaque mois : « Oye et entendue la supplication des
" confrères et sœurs de la confrairie de la Kalende
« d'Avranchin. » (JJ. 71, p. 234, an. 1339.) Voir
Du Cange, sous Kalendœ.]
Kalendriev. [Calendrier: « Un kalendrier de
« bois à bergier, qui pendoil îi sa sainlure. » (JJ.
159, p. 218,"an. 1405.) — On lit kalendier, aux
Ord. VI, p. 486, an. 1372.]
Kamoukas. [Voir Camocas.]
Kanke soit. Quoi que ce soit, dans S. Bern.
Serm. fr. p. 95.
Kanoisno. [Cbaaoine, dans le Poëme de Robert
le Diable. (Du Cange, II, p. 105 \)]
Kanti'Gi". [C;niton composé de cent villages:
» Le premier conquerur des treys kantrefs de la
« terre de Drekenoch estoyt Bernard de >fefmar-
.< che. » (Monast. Anglic. I, p. 319.)]
Kappe. [» Item de chacune /.-rt/^/je de stokenisch
« amené par les Alemans , ung eslrelin d'entrée
« (à Bruges.) » (JJ. 185, p. 83, an. 1450.)]
Karesmeaulx. FCarnaval: « Un certain jour
« de Dymenche, trolp sepmaines ou environ avant
" les karesmeaulx. « (JJ. 106, p. 81, an. 1374.)]
Karet. [Guérets, terre à blé : « L'un des admi-
« raulx d'un souldan esloil venu fauciller et degas-
" ter les blez d'un karet estant illeques près. •
(Du Cange, III, 488'.)]
KEM
— 127
KEU
Karillon. [Petit baril (?) .. J'en ai mes lalres ci
« en un karillon. « (Girard de Viane, p. 167-.)]
Karion. [Dime de la dime, dime extraordinaire •
« Je Jehans sire de Cison fas assavoir à tous cilz
« kl sont et kl avenir sont, que je ai vendut as
« cluinoinesde sainle Crois de Cambrai toute le
« dismeenlerement que je avoie el parsonace de
« me vile d'Angheriel, le droite dismes en mes
« terres, par teil condition que il ont le karion
« acale a moi que h maires i avoil, et de 1' karion
W^r n ^^r ^'"^"'t'. '' canoine rien paie. » (Ch. de
1220, Du Cange, II, 182 •\) Voir Carion.]
Karisel. [Sorte de baril : » Item sur cliascun
« karisel de goudale, contenans cens loz trois
fol nï^'aï Sof • " ^''^^- ""■ '■ ''• ''' '^"^P'^^-
Karole. [Voir Carolf..]
Karreau. [Mesure de terre contenant vingt et
un pieds: « Avons trouvé ou lié de Vangerniè dis
« qu;irtiers, trois cenz vint el neuf />rtnrrt«s et est
<• assavoir que vint et un pié en quarraurAjont un
; J^arreau ei cinc cenz karreaus font un qllirlier. »
(JJ. 6(), p. 9C2, an. 1332.)]
Kai-vane [Caravane ; ■■ Li rois Ricars apriès
« sui Kl a karvane cousm , Des Sarazins ki la
« sigloienl. » (PI). Mousk.)]
Katatou. Kakatoès, aux Poésies de Perrin '>1'>
Kauchier. [Voir Caichier.]
Kauclier. Dans rOrd. de 1355, pour les bou-
langers d:Arras (Ord. V, p. 510), on lit : « QuicoS-
- ques fait kauclier, quaire deniers doit. »
Kaukains. [Talons: » Aus katikains priés Sui-
- went luxure et gloulenie. » (lien. leAouv v 1 186 )1
Kauwelerie. [Redevance pour racheter le
service dû au seigneur avec chevaux : « LesS»i!
« /«Vé?s,lessoumeleries et le barescep, dont je
an. I28G )]"'"'' ^"""P'"' "^^ '^•"^' *°'- ^''^
Kavecheul. [Oreiller, traversin; voir Cave-
den " r^.n'^^ï''-; '!^ "."^ /^«''^'^"^"/ doivent ^'.
« den. » (Lart. 21 de Corbie, fol. 345 ^)J
Kavesti'e. [Bride: « Al kavestre de cerf l'n
« altachie. .. (Aiol, y. 2061.)]
Kayage. [Droit payé pour décharger le lono-
Z ?"■ " '.' \^^^^\^^^ k"is de la Rochelle furenî e
" feu Guiari de la Gravelle et à lui appartie-^'e e^
: l^LT,^''"!"'!'^"'"'',^'^ prendre le Av,^"' e
Ke. [Que, au conseil de Pierre de Fontaine 77 '<
Kemant. [Procureur: « Et se aucuns esloieiit
p. 295, a? 1358")]°" ^^'^ '"^'^ l<cmant. - (Ord. III,
Keniin. [Chemin, en Picard : .< Listant au kejnin
«pire, ferré, . au cart. du Mont S. Eloi On v
ailleurs : « L, dis Jehans deinandejusUceetsiiene
. SI comme de sanc et de larron en tout ui SS
« par lequel on va dAsch ù Vilers par lePelilMont
« b. Eloy. .. (Du Cange, V, p. 265^)]
Kominée. [Cheminée : ■■ Roonde come kemi-
" née. ■■ (More et Blancheneur, v. 1814.)]
Keimin. [Commun, général : « Nous leur devons
« respondre de AnHww feu , de kemtm fluet, de
" kemiiu lempiest el de keinune wiere. » (Cart de
Handre, p. 263, an. 1274.)]
Kenée. [Soufflet: .. Ouiconques donne kenée ù
« autrui qui n est en se mainburgnie. .w. sols »
(Ch. de 1238, Du Cange, V, p. 556 M]
Keiiu. [Chenu, au Roi Guill. p. 87.]
Hiff^'Ji^r ^'^?- ^ '-' ^''^^''S^' condition. (Carpentier,
flist. de Cambray, p. 18, an. 1113.)
Kernie (les frères du). [Carmes, au Test de
Kernus. [Charnu : « Puis saillirent es selles
» des auferans kernus. » (Aiol, v. 8349.)]
Kerstienté. [Qualité de chrétien: «Jalevausist
" baisier, s eust kerstienté. » (Aiol, v. 5454.)]
Keruier. [Celui qui laboure à la charrue nour
son compte: .. Encor i a li cuens le slokaige de
" chascun keruier .n. den., el dechascun manovrier
foL25,'ïn.'l28§3- " ^''''- ''" '°'"'' "^^ '^'"""'''
Kesne. [Chêne, dans Froiss. II, 120.]
Keste. [Grille, barreaux. Voir sous Kair.]
Kestere. [.Même sens: <> Item paiiet à Le Haye
-■ pour haisin avoec kestcres pour le molin vu
« sûlz. MÇomptede la fabrique de S. Pierre' dé
Lille, an. 1358.)] 'lene ue
Keu. [l« Cuisinier: « Vdunkes fu ocis et al coeu
« lu 11 VI ez; Li keiis manja le cuer; quant 11 fu
.. demandez, Fist al seigneur acreirequesenz c uer
" Si n,'i',M- • ^^'^- ''^ t;«"'-31.)-2o Maître que'ux:
" îMOien boinssergans el despensier Et keu el
« senescal et boulellier. .. (Aiol, v. 2118.)]
Keiierie. [Charge du grand queu de France ■
h^:^. P?- -'J-;^g-«"-e A..m.de France. »
Keurbrief. [Coutume : « Et comme aveca les
« casquiparleurA-f»ri/j7V/-de seure escripl sont
" expiessemenl excepté de ladille loix du francci
: '^"'%^t'f^'T'^''''f "^ '''' ""'le ïn:
« lion. « (Lh. de 1323, Du Cange, H, 334=».)
,i^'f>?8"*'!p*"",'^^'^'^'^^V.\' "^^"s une charte de Flandre
de 128/. (Du Cange, 111, 967'.)j '
o|*fol'^vKf-ff-'v''"r'"'''.'" ^^'"t- ^^ Corbie,
.il, loi. 34û et 34/. \oir Kieute.]
2. Keute. [Bière: « Pour Fempeschemenl mis
«à certaine cervoise ou kente. » (Ch. de Cambra
1446.) - « Laurens Dugmain tenant ung pot de
. keute en sa main lequel pot pour ce que ladi e
m 'm "' fLP°''°^^ ^^"■^«" ladite ville (de Gand »
(JJ. 199, p. 08, an. 1463.)] - „ Aul ne s-ingere ou
. advance doresnavant de distribuer aucul^,evï
KIE
— 128
KOU
« ges tant de vin comme de kcutes, ccnoises ne
« autres liqueurs aux personnes qui en voudront
« avoir par assietlo en la maison des vendeurs que
« ce ne soil à mesures el pots destain marques et
.. enseignes de la marque el enseigne de la dite
. ville de Mons. >■ v^'ouv. Coul. Gén. H, p. 187 *'.)
3. Keute. [Coude: ■■ De hcitle a son signor
o boule. " (inore el Blancliefleur, v.-l'i82,)]
Keutespointe. [Courlepomle: « Devant lui
« par les rues tendent Pailes, tapis ei keutespoiu-
« les ; Tous renclinoient as mains jointes.- (Robert
le Diable, dans Du Cange, II, Gi3».)]
Keuve. [Oueiie de vin, sortede mesure: «Trois
« pipes de vni du Hliin, trois la'uves de vin fran-
« chois. » (Kroiss. X, 4'i'J.)]
Keuvve, Kewe. [Queue, extrémité, arrière-
garde : " Autour de ce bois dont la kemve joindroit
a assez priés de cel osl. ■■ (l-'roiss. IV, 2r>4.) — « Il
.. se lerirenl en la kewc des François. •■ (Id. V, 197.)]
Kevccli. rciievèce, ouverture de la cotte par
laquelle passé la tête : « Li rois s'avanclia parmi la
« table et le prisl par le kevecli de sa cote. >• (Froiss.
t. V, p. 355.)J
Kevestre. [Bride : » As keveslres de quir les va
» bien atenant. ■• (Aiol, v. 5802.)]
Keviller. [Cheviller, dans une Vie ms. de .1. C.
citée par Du Cange, III, 960".]
Ki. [1" Qui, relatif: » Li reis Marsilies, ki Deu
« n'en amel. » (Bol. v. 7.) — 2» Qui, interrogalif :
« Kar méjugez ki erl en la rereguarde. » (Roland,
V. 742.) — 3° 'nui (lue ce soil qui : « Ki que 1' blasme
. mkiV loi. » (Id. V. 154G.)]
Kieles. [Exclamation (voir Kaikles) : « Kieles, fail
» Blanceflor, gloris, Ja esl cou Floires, mes amis. »
(Flore el Blanchefl. v. 2437.)]
Kienerie. [Droit de gîte étendu aux chiens de
chasse du seigneur. (Ch. des Comptes de Lille,
an. I2G5.)]
Kiennes. [- En l'eveschié et pais du Liège
« achelerentd'un accorl et d'une volonté certaine
a monnoie que on appeloil kiennes. - (J.l. 121,
p. 21»".), an. 1382.)]
Kierke. [Chame: " Par lole kierke et lel condi-
.. cion. " (Mari. Anecd. I, col. 1229, an. 1287.)]
Kierker, Kicrkier. [Charger: « Doivent cil
« .lehansde le Tour el Liegars se femme el leur
« hoir prendre et avoir ces dix livrées de rente au
« paresis par an paisiulment y lieres devant dites,
« soient vuides u kierkiés. » (Ch. de Cambrai,
an. 1275 ; Du Cange, 111, 9GG=.)]
1. Kieute. [Coite, matelas, lit de plume: ■■ Le
» kicnle, .11. deniers. » (Musée des Archives dépar-
tementales, Paris, imprimerie nationale, 1878,
p. 288.) Voir Keute.]
2. Kieute. [Bière; voir Ki: i:te : >< Huit pos de
« kieute. » (JJ. 91, p. 409, an. 1358.)]
Kievecuel. [Oreiller: « El furent acoslé andui
« sor un kievecuel de bofu ; Li uns vers l'autre
« tornés fu. » (Parlonop. v. 10017.) Voir Ciieveciiel.
On lit au Musée des Arch. dép. p. 288 (Tarif du
lonlieu de S. Orner) : " Du caveclieul, .i. denier. »]
Kievelu, a/lj. Chevelu : •• Cauf et kievelu , ne
>■ cauf ne kievelu. » Expressions qui signitiont
tous, aueun. Dans l'attaque de Charlemagne contre
les Sarrasins:
Onques ne caiis ne kicrelus
Ni ot manaie ne defois. (^follsl;. p. iS3.J
A la bataille de Bouvines:
Et li cauf et U kieveliit
I furent englués sans glut. (Id. p. 588.)
Kieviron, Kievron. [Chevron, dans Froiss.
l. II, p. 257, 259.]
Kikeusi. [Tandis que, pour (/«e çft'ensi; » Ki-
« liensi fail son duel la belle à cuer irié. » (Wackern.
page 3.)]
Kiolte. [Coite, matelas: « Sains Phanuiaus se
« jut un jour Enmi la salle à la froidour Sour une
<■ 'kiolte de cendal. » (Vie ms. de J. C. Du Cange,
l. m, p.«13'.)]
Kirtel. [« L'ordre observé à la création des
» clievalieisdes Bains:.... un autre luy baillera ses
. brages, le tiers luy donnera un pourpoint; une
. autre luy veslira avec un kirtel de rouge larta-
. rin. » (Du Cange, 111, 9CG<=.)]
Kisielle. [Tous les saints : « Le suppliant jura
i. le vilain serment et disl ces paroles : en despitde
« la croix; de l'eaue benoisle el de toute la
. kisielle. » (.U. 161, p. 132, an. 1406.)]
Kœiir. [Coutume : « Les mayeurs et echevins
« el jurez (pourront) faire Afl;»rs, bans, statuts, el
<. ordonnances pour l'avanchemenl el protil de la
a dilte ville et habitans, tant sur le faict des mes-
» tiers comme autrement. « (Priv. de S. Orner,
art. 45, an. 1447.1]
Kokilles. Coquilles :
Et moult souvent devant les filles
Nos bâtions de nos kokUlcs. (P. ms. de Froiss. f. 80 <>.}
Kokin. Coquin, dans une chanson burlesque :
Dame, di je, vous serés sus un hourt,
La me verés les horions donner ;
Mes se je Iruis le kokin et le sourt
Lequel on dist quil voelt mes oes humer,
Je li donrai tel cop entre les gens
Quil seu ira en sa maison dolens. (Id. p. 300 >>.)
Koku. [Caillou : « Et il n'en y avoil nuls qui ne
« fuist pourveus de cailleus ou kokus, car la terre
« ou il esloient, en estoil toute plaine. » (Froissart,
t. VI, p. 337.)]
Kool-saet. Semence de choux : « Les plantes
.> de choux sont toujours reputez pour caleux, ella
.. semence de navette, comme aussy les semences
« de choux dites kool-saet, sont reputez caleux et
« meubles après la veille de Noël el auparavant
« pour labours el semences. » (.N. C. G. I, p. 1095 1'.)
Konqiie. TCouche, au roi Guillaume, page 07 :
.< S'on faitdesous kouque et litière. ■>]
Kourer. [Falsifier : « Et que tout le cresoa
KYR
— 129
KYR
» qu'on vendera et qu'on tenra à vendage.que cas-
« cune manière on mete par li et sans kourer. '
(Tailliar, Recueil, p. 2C8.)]
Krick-houder, s. Espèce d'officier de justice
dans plusieurs villes de Flandres ; censeur, contrô-
leur. 11 avoit part à la visite des chemins, des
canaux, des cadavres. (Voy. N. C. G. t. I, p. 008 %
635 ''.) — Il dounoit des tuteurs aux enfants mineurs.
(Ib. Gi'i.) — Les impositeurs et assesseurs faisoienl
serment entre ses mains. (Ib. p. 653.) — Ses fonc-
tions par rapport aux successions onéreuses sont
marquées (p. 656.) — Il assistoit aux ventes judi-
ciaires ;063 ».) — Ses fonctions au sujet de l'éman-
cipation des mineurs sont détaillées (671.)
Kuqus. [Mari dont la femme est infidèle : » Ce
» fu li kufjns de pute aire. » (Mir. de Coinci, dans
D. C. m, 689 \)]
Kyrielle. 1» Ancienne pièce de poésie formée
de vers octosyllabes à rimes plates, divisée en petits
couplets égaux et terminés par le même mot qui
servait de refrain. Du Verdier, Bibliotb. page 1026,
fait mention de ces sortes de vers lyriques: - Plu-
« sieurs balades couronnées enchaînées et batelées,
« hirieles, couplets, rondeaux. » Boissiere.danssa
poétique, p. 258, explique en quoi consistoit la
foime de ces pièces de poésie : » Kfjrielle, ou paly-
« nodie, est quand le vers final du premier couplet
« se répété à la fin des autres couplets comme en
" la balade : et est bien séant aux chans lyriques,
« et odes, dont se dit palynodie. •> — [« Il n'est
<■ séquence n'alleluie. Bêlé note ne kijriele. Tant
« soit plaisans, ne tant soit bêle. Que trop anuit,
« s'ele trop dure. » (.Mir. de Coinci.) — 2° Prière;
kijrie eleison : » Lors commence une kijriele, Sa
« credo et sa miserele, Pater noster, sa letanie. »
iReii. v. 2639.) —3° Tous les saints : » Lequel prieur
« mist la main à son espée et la tira toute nue, en
« reyniant Dieu et la kyrielle qu'il tueroit. «
(JJ. 187, p. 261, an. 1456.)]
LA
L. [» Lettre, langage, loi ensemble senefie L, ce
<> me semble; L est mont longue, de haut pris. »
(Senefiance de l'A B C. Jubinal'i II, 280. ] — « Con-
« sidérons ces deux lettres que les uns appellent
« mignardes, les autres molles. / et n. » (Pasquier,
Lettres, t. I, p. 138.) — 1° La lettre / se prononce
comme aile. C'est à cette prononciation que fait
allusion l'exemple suivant :
L de chapon gras est bonne. (Départ, d'avi. p. iO'>.!
2° " Cette lettre en chiffre romain vaut 50. Voi
« pourquoi elle a eu cette signification dans noire
" arithmétique. » (Pasq. Rech. p. 365.)— 3" >■ Il y a
" eu plusieurs mots ou l'article s'est confondu avec
« le mol lierre pour l'hierre ; landier pour l'andier;
» lambrix pour l'ambrix ; lendemain pour l'ende-
« main; Lot, rivière, pour /'Ô/rf du latin Olda. »
(Le Labour. Orig. des Arm. p. 222.)
1. La. [Article : ■< Tresqu'a la mer cunquist la
« tere altaigne. » (Roi. v. 3.) — On le combine avec
quel : « Asez orez la quele ira desure. » (Id. v. 927.)]
— H s'employait encore pour celle de :
Maugré toutes les langues maies
Et la Rustehues tout premiers
Qui d'aus blasmer fu coutumiers. (Fabl. T-21S, f. 337 ^.)
2. La. [Pronom féminin : « Baptisez la. « (Roi.
V. 3981.)] Pronom démonstratif neutre :
Quant vous ce rendre me vourrez
Aveuc vous menez me pourrez
LAB
Devant là n'ai ge pas courage
Que g'entreprengne cest veage. {Guiarl. f. i05 ".)
1" Il s'élide aujourd'hui devant une voyelle. II
s est prononcé dur autrefois; « /rt aimoit » pour
« l'aimoit. » ^Faifeu, p. 68.) - 2° On le trouve mis
après le verbe : « Senz peindre la », pour « sans la
« peindre. .. (Chasse de Gaston Phébus, p. 27.) —
3° c, Pour garder la «, « pour la garder. » (Coul. de
II. de Tyrellart, V, p. 683.)— 4° On le trouve mis
devant le substantif: « Lrt le roy de France reprint»
pour " le roy de France la reprit. » (Le Jouvencel,
p. 419.) — 5° « La tuit firent, » pour « la firent
" tous. » (ms. 6812, f. 78 ^)
8. Là. [Adverbe de lieu : « La u cist furent. »
'Roland, v. 108.) — On le combinait avec d'autres
adverbes de lieu : « La sus amunt. » (Id. v. 2634 )
- « Là environ. » (Froiss. Il, 34.) — « La endroit. ..
(Id. 11,63.)]
Labeau, Labiel. [Lambel, voir ce mot. — On
ht labiel dans Ilelgaud ; il parle des mendiants
qui, cachés sous la table du roi Robert, coupaient
les franges de son manteau :
Et teus armes en leurs escus
K'Isengrins ot, mais que dessus
De murdre i avoit un labiel
Tout pourlilé de piaus d'aigniel. (Rmi. leXouv. v. 5S6.J
Labeur, Labor, Labour, s. /. 1° Travail
manuel : [» A cius qui se doivent A cis vivre de lor
17
LAB
130
LAB
« Jahiir. » fBcanman. X\1V, 13.; — « .louslc la mer
o de Galilée, Trouva dois frères pescheours lliuec
« faisoient lor labours. » (Vie de J.C; D. G. IV, -4'.)]
Or veut repos, or veut labor. jMS. lOiô, I, /. i<>' ^-J
Expressions:
l- '• Gens de labeur », artisans. (Percel'orest,
vol. IV. loi. 3 J.)
2° a Labeur d'eslude », élude. (G. Crel. p. '2.V2.)
3° « Li labora des murs », conslruction des murs.
(Cont. de Guill. deTyr, Marleiie, V. col. 7o5.)
4° » Paier selon sa lahor. « (sis. 7615, II, f. 125 ^.)
5" « Après labeur, l'on doit avoir repos. » (Dép.
d'amour, p. 2a'J '".)
2° Travail aii'ricole : [« S'auscuns me presle son
« ceval por fere mon kibor ou pour cevaucier. »
(Beauinanoir, I. XXXVIII. i.)— « Gens qui vivoient
n de labour et de marchandise. » (Froiss. IV, 251.)]
Mauvais labcatr et semence pourrie
Foihles clievaux, et le laboureur crie. (Dcsch.)
3° Travail intellectuel, peine, tourment : [« De la
« labeur de ma teste. » iFroiss. II, 2.)1— " Labeurs
« et ennuis. » .Nuits de Strapar. 1, p. 208.) — « Tout
« mon labour tendrai a dougor, se présent du cors
« gent me fesoit encor un jour. ■> (mss. Bouliicr,
cil. du xnr s. f. 239 \)
Ja n'iert perie ma labours
Se fins cuers puet d'amors joir. ('/'. or. iSOO, III, 1905.]
Labeurer, Laborer, Labourer. [loTravail-
1er : « Li vilains dist que Dieu labeure. Quant il li
« plaist en moult peu d'eure. » (Flore et Blanclien.
V. 1G41.) — « Plus y labeure el plus me plaist. »
(Froissarl, XIV, 3.)]
En trois parties
Estoient ses eures parties
Dormir ou menger ou orer
Voloit, ne savoit laborer. /-U.S. 7?;S, f. 295 ">.;
[Cette cilalion rappelle Tépitaplie de La Fontaine :
« De son temps fitdeux parts: L'une souloit passera
« dormir et l'autre à ne rien faire. »] — [2" Labourer :
« Et aussi se je labore son héritage en enlenlion
<■ que je cuidoie que il fust miens. » (Beaumanoir,
t. XXIX, p. 12.)] — 3" Venir en preuve, travailler
à, influer : [" Pour la presumption et renommée
« qui contre lui labouroienl eslre coulpable et par-
« ticipaul de la perprélalion dudil fait. » (.1.1. 118,
p. 1, an. 1380.)] — « Labeure droit escrit pour le
« dit baillif. » (Bout. Som. Hur. p. 118.) — « Pour
« labourer et entendre au bien delà paix. » iBerry,
Chron. 1102-1461, p. 404.) — « Mauvaise renomée
« labeure contre eux. » (Beauman., p. 15.) — » La
« renomée des personnes doit mont labourer en
« tel cas. » (Ibid. p. 324.) — « Itenomée a ce labon-
« rant. » (Ordonn. I, p. 759.) — « Labeurer a mal
« faire. » (>is. 76-15, t. I, foi. 120 ^.) — i" Exécuter,
construire : « Labourer le [lain. » (l'ercef. I, f. 55».)
— « Labourer les murs. » (Cont. de G. de Tyr, Mari,
t. V, col. 737.) — 5'' Tourmenter : ■■ Labeure secre-
« lement d'amour. » (F. Desch. fol. 167 ''.) — >■ Uni
« laboure au mal delà mort. » (Bouleill. Som. Bur.
p. 86^.) — d" Upérer : « Nos poisons ont labouré. »
(Lancelol du Lac, t. 11, i. 122 '.) — 7" Manceuvrer :
« Decbargeurs ne pourront prendre ni avoir d'un
tonnel de vin ou de deux queiies pour un tonnel
labourer, osier des nefs, et mener a l'hostel de
- celui a (jui il sera. » (Ordonn. t. II, p. 357 bis.) —
kxpressions: 1° >> Vous labourerés avec nos bœufs. »
Oudin dit (|ue c'est un terme de maq... Ile et qu'il
signifie « vous coucherez avec nos filles. » —
2° « En peu d'heure Dieu labeure. « (Golgrave.)
En petit d'iieure Dieu labeure. (l'abl. mss. p. 155. J
En petit d'eure Diex labeure. (MS. 1218, f. 228 >>.)
3° « Le grand bœuf apprend a labourer au petit. »
(Cotgrave.) — 4° « Tout ce que le clerc laboure folle
» femme dévore. » (Cotgrave.)
Labit, s. m. 1° Dispute, querelle :
Sans faire noise ne labil. (H. îles Trois Maries, p. 200.)
Voyez encore p. 378. — 2° Sorte d'imprécation,
comme « que Dieu te confonde. »
He ! foie que Diex te labil. {MS. 1218 f. 281 =■.,!
Laboracion, s. f. Etal des laboureurs, ordre
des paysans :
Ces trois dont je fais mencion
Chevalier, clerc et laboracion
Deussent eslre un en œuvre vertueuse. (Desch. 127 •<.)
Laborage, Labourage. [1° Travail quelcon-
que : <■ En sa cambre avoit une ymage; Quant aloit
« à son labourage Cascun matin', si î'aouroit. » (Vie
Ms. de J. C.) — « Trievet Potée povre jeune homme
« vivant du mestier et labourage de mer. » (JJ. 141,
p. 171, an. 1391.)] — [2° Travail pénible, chagrin :
a Vous vueil descùuvrir mon corage. Que ne sai
« autre laborage. » (Buteb. 101.)] —"[3° Travail de
la terre : •" En tel cas ne viennent pas les despueil-
« les, qui puis y sont mises en pailie, mais li labo-
« rages tant solementde tans passé. » (Beaumanoir,
t. XIll, 22.) — « Labourage et pasturage sont les
« deux mamelles qui nourrissent la France. »
(Sully, .Econom. 1, 282.)] — [4° Décharge et labou-
rage des vins, cidres, etc. ; sortie de ces liquides
hors des bateaux arrivés à Paris; ce labourage ou
travail appartenait aux maîtres tonneliers : ■ 'fan-
« tost que les vins amenez par ladite rivière et
« arrivez au dit port (du Pont l'Evéque, sont lirez el
« mis hors des nefs ou des baleaulx, et assis à terre
« sur ledit port, nostre dit conseiller doit avoir et a
« accousiumé recevoir, pour chacune pièce de vin,
>■ trois poitevines de labourage. » i,Ch. de Charles VI,
an. 1408.)] — 5° Mélier d'une courlisane : « Qui
» belle fille a et dresse Pour faire son labouraige. »
(Desch. f. 305>'.)
Gel jor leroit son lahoraije
Et por celui saintisme jor
Seroit de pechier a sejor. (MS. 1218, f. 311 '.)
Laboreor, Laboreres, Laboureur. [1° Ou-
vrier qui laboure la terre, qui travaille la vigne :
« Et li vilain laboreor, E li povre home del pais. »
(Benoil, II, 3076.) — » Et creissentli citeien, et mul-
« tiplient li habiteor en champ et li laboreor des
« terres el des vignes. • (Brunetto Latini, Trésor,
p. 295.) — Le cas sujet élait laboreres : « Li uns est
« chevaliers, li autres est niarcheans, li autres est
" laboreres. « (Id. p. 404.)] — 2° Ouvrier en gêné-
LAC
131 -
LAC
rai : « Laboureurs de toutes manières et de toutes
" ars méquaniques. » (Modus et Racio, f. 280 ".) —
« Quant l'en doit ;i manouvrier par le raison de
« leurs journées... W lahourcrreu vient au juge. »
(Beaumau. p. l'iô.) — 3° Marinier : ^i Des voitures
« et voituriers et des Inboureurs par les rivières de
« Saine, d'Yonne et Marne en descendant jusqu'ù
» Paris. » ((Jrd. II, 5CG.) — [4" Saunier : « l'our ce
« que la gaijeiie du sel a esté mise en nostre pays
>' de Languedoc, la faculté a esté ostée aus labou-
« reurs salinans de vendre leur sel à voulenté. »
(.JJ. 180. p. 7'2, an. liiO.)] — ")•■ Sorte de jeu. (Hab.
vol. I, 152.) — Expressions : 1" » Le laboureur de
« nature, » terme obscène. (Rabelais, vol. H, 7.) —
2° « Pièce de laboureur salé. » (Gotgr.)
Labouré. 1" Cicatrisé, sans poils : « Pallefroy
« noir griz, labouré devant. » (B. N. ms. fr, DOOO'i,
n" 137C, an. 13(52.) — 2° Ouvré : x Colier bien
« labouré. » (b'ont. Guérin, Très, de Vénerie, p. 00.)
Labourier. [Laboureur : « Ont accordé qu'il
» puist commettre et ordonner un labourier pour
» entretenir, labourer et messonner les terres et
« choses dessusdites. » (Cari, de Corbie, an. I."jl3.)]
Labrusque, s. /. Raisin sauvage, lambrusque,
du latin labi'usva : •> La vigne qui donnoit poisons
>< et labrusques en lieu de fruit parfait. » (Marg. de
la Marg. f. 21 ■.)
Lac. [Grand étang : « Done 11 venison, peison
" de lac. » (Girard de Rossillon, p. 300.)]
Eaues courrans et de plusieurs ruisseauLx
Firent un lac si grant en un pais
Qu'il se peupla de lus et de carreaux. (Dcuch. f. ?.'*5 ''.'
Liicays. [Laquais, soldat, au rcg. JJ. 201, p. 50,
an. 1477.]
Laceites, adj. f. Coiffes recouvertes d'une
résille àxie crépine : « Parmi les marchandises que
« porte au mercier on voit coiffes laceites. » (Fabl.
de S. G. f. 42 •'.)
Lacement. Action de lacer. (Colgr.)
Lacer. [1° Altaclier le heaume au capuchon de
mailles par des lacs : « Lflcc/sun helme, si ad ceinte
» Joiuse. » (Roi. v.2!)8'J.) — 2° Serrer avec un lacet
une chaussure, une robe collante : [« Uns grans
« sollers aveit, que uns frères li presta, Entur lecol
» del pié à nuals les laça. « (Th. de Gant. 50.)] —
« Robe porprine veslue ot ; Si fu lactés au mius qu'il
« pot. - (FI. et Blanchell. v. 2809.) - « Bien sont
« en deux bliaus laciés. « (ms. 7981) \ fol. 09 ■'.) —
« Une cotte lassée de soye. » (Percef. I, f. 151 «.) —
3° Enlacer, embrasser :
L'uns l'autre ses bras lacicr
Entor les cols si doucement. (MS. '7318, f. 340 '.]
Nus ne le puet lacier ne prendre. (MS. 7989 ', f. 10 \]
4° Emprisonner, saisir, au propre et au figuré :
Grant douleur au cuer le laça. (G. Guiarl, f. ?00 "".)
Par leur foi a lui se lacicrent. [Id. f. i3G '.]
Son sens, son confort
M'a laschiés. (Poèl. av. i300, IV, p. i47.j.)
[« Asolez, funt il, cels qui sunt escumengié E cels
« qui sunt par vus suspendu et lacié. » (Thomas
de Cantorbery, 148.) — « Lacié m'avés, n'en puis
« retraire. Ou bien m'en prenge ou mal m'en viei-
« gne. » (FI. et Blanchefl. v. 2208.)] — « Bien se
" lace qui embrace d'amours la jolie trace. »
(ms. 0812, f. 57 '.)
Lacération. Action de lacérer. (Oudin.)
Laceron. Laiteron, dans Oudin.
Lacert. Mousse. (Oudin.)
Lacet, Lachet, Lasset. [•> Elle vous avoit un
•• corset D'un fin bleu, lassé d'un lasset. « (Marot,
II, 201.) — " Scellé du grand scel, h lassels de soye
« et de cire verte. » (Carloix, IX, 21.)] — « Se doit
» avoir a son sourcaint une verge ou il ora un
" lachet, ou bout de soie de cheval. » (Modus et
Racio, f. 180 •'.)
Laceur. [Ouvrier qui fait des filets pour la
pêche ou la chasse. (D. C. sous Laquœatores.)]
Lâché, Lachié. Lacet : >■ Seel pendant en
« lâché de soye. » (N. C. G. t. I, p. 343.) - .< Est
« laclùé de fil qui ne soit mie trop délié et doit
« avoir cinq pies de long. ■■ (.Mod. et Racio, f. 177 *'.)
Lâcher. [Laisser, abandonner : « Mais moult ot
« son cuer luilé et noir Por sa viande qui ie lâche. »
(Renan, v. 24350.)]
1. Lâches. Legs, ce ([u'on laisse. (V. le précé-
dent) : " Pur ceo que nul taches poit estre adiugé
« par la loy en celui qui ad nul discrétion en tiel
X case. » (Littleton, f. 95 ''.)
2. Lâches. [Cuirasse, hallecret : « Lessupplians
« fichèrent leurs espieux en la poitrine d'icellui le
" Vaque, sachans que en sa dite poitrine, il ne
« povoient gueres blecer, pour ce qu'ilz savoient
« bien qu'il avoit tousjours vestu ung taches ou
« armures. .- (JJ. 189, p. 309, an. 1459.)]
Lâcheté, s. f. Propension, penchant : » J'ai
« une furieuse lâcheté vers la miséricorde et man-
« suetude. » (Montaigne, 1, p. 3.)
Lachiés, adj. Rares : » Mes espies m'ont rap-
« porté que en l'ost, aux gens des m. estas, ne
« viennent nulz vivres, et leur sont si lachiés que
■• un petit pain y vaut x sols. » (Modus, f. 294 ''.)
Laehryniable, adj. Déplorable : « Ce lachry-
» mahte trépas. " (Hist. du chev. Bayard, p. 359.)
Lacivieux. [Débauché : « Pour ce qu'il sembloit
" au suppliant que sa femme estoit de trop laci-
« vieusc et foie manière. » (JJ. 158, page 443,
an. 1404.)]
Laçon. Lacet :
Rois et i«co)!s et glus d'anfer. (Part, de Bl. f. 164 ".]
Son cueurde laçous
Ses yeux servent d'appas, et ses mains d'araecons.
R. Bclleau.t. I, p. 86.
« On ne doit tirer ne tendre aux pigeons du cou-
« lombier avec filets, gluz, cordes, laçons. » (Coût.
Gén. t. Il, p. 778.)
Laconique, s. « Vaporaire, poêle de bains,
'< chambre à siier avant d'entrer aux bains. »
(Monet.)
I.AD
- 132 —
LAG
Lacouiser. Parler laconiquement. (Oudin.)
Lucre. Cire à caclieter (Ménage), du portugais
îacre. 11 est dans un tarif de 168'i.
Lacrinier. Pleurer. (Vigil. de Cliarles Vil, t. 11,
page 17.)
Lacs. [1° Lacets qui atlacliaient le lieauuie au
capuction du haubert : « A 1' l)rant d'acer l'en Iran-
« cliel .\. des laz: •■ (l'.ol. v. 3i3i.)] — « Le las de
« son heauliue esloit si fort lacé que a peine luy
» povoit nul arraclier de la teste. » (Lanc. du Lac,
t. 111, fol. 17 'I.) — « Coupa les /ai; du heauhne. »
(Ger. de Nevers, 1" p. 81.) -2° Lacet pour pendre :
« Puis est pendu au /«i. » (ms. 7G15, t. 11, f. 213».)
— 3" Cordons : ■■ Souliers a /ax. » (ms. 701"), f. 1 i8<=.)
— « Sollers a las. .■ (ms. 7218, fol. C6 <'.) — « Laz a
« chapeaux de feutre. ■> (mss. de S. G. fol. 42 ''.) —
« A,rti de soie. » (.ms. 7015, 11, f. Iô3 \) — Louis II,
roy de Sicile, à son sacre « l'ut velu de blanc d'une
« cote longue... et par dessus avoit un mantel fendu
« devant, "et un lai':, en manierede un hospitalier. »
(Godefioy, Annot. sur l'Histoire de Charles VI.) —
4° Piège." Cette acception subsiste encore aujour-
d'hui : « Comment l'on prend les faucons au las. »
(Modus et Racio, f. 101 ''.) — 5" Filet de pécheur :
Et qui plus fait perpétuer
Ses poissons...
Ou les prendre a fil, ou a l'ain,
A las, a roisel, ou a sainne. (Desch. f. AlO ''.)
6° Embrassenient :
A cul el voudroit fere las
Et racoler de ses deux bras. (MS. 79fS, /'. 904 ••.;
[7° Lacs d'amour. Cordons de soie de forme
cylindrique dans lesquels sont lissées des lettres
formant devises. Le futur les recevait en présent
de sa fiancée. (V. Dibl. de l'Ec. des Chartes, o" série,
t. IV, nov. 1852, art. de M. L.Delisle.) — Telles sont
les attaches du sceau d'une donation faite par
Richard Cœur de Lion à Richard du Ilommet et à sa
Cille, sa femme. On y lit: « .lo sui druerie, >se me
» dunez mie. Ki nostreamurdeseivre La mort puist
" ja receivre. ■■ Cette charte, conservée aux archives
départementales du Calvados, a été reproduite par
la photogravure, dans l'album du Musée des ar-
chives départementales, (pi. XXVlll, n° 7)2.)]
Lactifiant. Laiteux (Oudin.)
Lacz, s. m. Terme de vénerie : « La fiante que
» les besles noires laissent, sont appellées/rtcx-, qui
« sont dites fumées en la vénerie du cerl. > fModus
et Racio, L 42 ''.)
Ladanon. [Laudanum, gomme, résine qu'on
recueille du cistiis cretictts (|ui croit en Syrie :
« Une patrenostre de tailanoii où il y a ung petit
" boton de perles au bout. •■ (Gloss. d'archéologie
par L. de Laborde, an. 1401.)]
Ladre, Ladresse. [1° Lépreux, au moyen âge,
du latin Ur^arus, proprement Lazare, le pauvre de
l'Evangile qui se tenait, cou vert d'ulcères et de lèpre,
i^i la porte du riche. Saint Lazare était invoqué con-
tre la lèpre et a prêté son nom à des villages au
nord de la Loire : Saint Ladre. (Nord, Com. de
Cambrai.)]
En po de temps fut la chose partie ;
Riche en enfer, Ladre en la compaignie
Saint .\braham. (Desch. f. iOô '.}
2° Lépreux, lépreuse : [« (Homme qui) Mius ne
« vousist estre mesel El ladres vivre en un bordel
" Que mort avoir ne le trespas. » (Flore et
Blauchefl. v. 1021.)] — .. Celui jour mesme fut la
« damoyselle guarie, qui devant estoit ladresse et
« meselle. » (Lancelol du Lac, 111, f. 110 ».) — « Si
•i aucun meurt ladre.... el les paroissiens... n'ont
« fait diligence... afin de visiter le d'il ladre, de son
» vivant pour le juger, et séquestrer des sains. »
(Coul. Gén. t. I, p. 087.) — Les ladres verts étaient
ceux chez qui la maladie se déclarait par des pustules
extérieures :
Que ton importun caquet
Soit fait compagnon du claquet
Du baril et de la besace
D'un ladre verd. (Bell. t. II, p. 69.]
[Les ladres blancs avaient au contraire la peau
saine et lisse : <> Aucuns ont la face belle et le cuir
« poli el lisse, ne donnant aucun indice de lèpre par
« dehors, comme sont les ladres blancs, appelés
« caciiots, cagots et capots, que l'on trouve en basse
" Bretagne et en Guyenne vers Cordeaux oîi ils les
" apiielîenl gobets. » (Paré, XXll, H.)] — i'.r/v/'cs-
sions : 1° « L'herbe véronique... apporte guerison
« aux ladres; a cette cause on l'appelle l'herbe aux
. ladres. « (Bouch. Ser. t. 111, p. 302.) — 2° « Riche
>. comme un ladre. » (Id. 111, p. 292.) — 3° .. Jaloux
« comme un ladre de son barillet. •■ (Brantôme,
Dames Gai. t. 1, p. 259.) — 4° « C'est un ladre, »
c'est-à-dire avare. (Oud.) — 5° « 11 n'est pas ladre, »
il sent quand on l'offense. (Oudin.) — 0" « Cet
« homme est bien ladre; il ne sent point quand on
« pique sa chair, « il est insensible aux infidélités
de sa femme. (Bouchet, Serées, liv. III, p. 313.)
[Voir Lti'Ri; et Lei'reix.]
Ladrerie. [1'' " La lèpre ou ladrerie, appelée
« des Grecs elephantiasis. » (Paré, t. XXII, p. 7.) —
2° Hôpital de lépreux. (Voir Labourt, Rech. sur
l'origine des ladreries et léproseries, 1854, in-8°.)]
Ladreure. Lèpre : » Infectée de l'antique
>< ladreure. ■■ ^Marg. de la Marg. f. 190 ''.)
Ladrounerie. Vol. (Cotgr.)
Laece, Laguece. JLargeur, dans la Chron.
des ducs de Normandie.]
Lagan. [1" Droit de bris et de naufrage, de l'an-
glo-saxon laoh, loi, parce que cet abus était consi-
déré comme la loi de la mer. H s'étendait aux
vaisseaux, à leur cargaison, aux naufragés eux-
mêmes qui payaient rançon. Supprimé par le Code
Michau (1029), ce droit était encore exercé avec
rigueur par les habitants de La Rochelle et des con-
tiées avoisinantes, au temps de La Curne.] « Les
<. gens du pais cururent au lagan. » (ms. 7989,
fof. 79".) — [2° Epaves, dans les comptes domaniaux
du Ponthieu et du Boulonnais, années 1309, 1405,
1405, 1474. On y dislingue les grands et petits
LAI
— 133 -
LAI
lagans. Dans un compte de !3Gît, on lit : « Les
'< lagans venus par marée à Thormont. «] — 3" Des-
truction : [« Sans nous ne poroient durer Mie cres-
« tien demi an, Ains aiast li tiere à /ai/a/t. » (Ren.
le Nouvel, v. 7900.)]
Qui fit ardoir gent et moustier
Qui ne deuist avoir mestier
Et mist le pais « Icujan. (Monskes, ms. p. 073.1
4° Abondance : [« Celte année furent vin bon Et
« blé fu si à grant lagan, Pour quatre sols avoit
« l'ei'e tel Qui (ist bon pain en grantostel. » (Cliron.
de l'287, citée par Le Bœuf, dissert. I, p. Iô'2.)]
Laynienter. Lamenter :
Qui n'a vaillant un navet
Triste, dolent se doit clamer.
Et son temps perdu larjinenter. (Dcsch. f. lOii.)
Lagne. Dois à brûler. (Froiss. Il, 150.)
Jusques a latjne pour faire fu. (Monskes, p. 351.]
Lagny, s. Ville de l'Ile de France, aujourd'hui
en Seine-et-Marne. I- « Jean de/,rtr/)iî/, qui n"a point
•' de bàle, » sobri(|uet que les Parisiens donnèientà
Jean, duc de Bourgogne, après un séjour de deux
mois que fit ce prince à Lagntj en l'ilâ, et d'où il
décampa pour s'éloigner, laiulis qu'on éloit impa-
tient de le voir arriver à Paris où son parti l'alten-
doit. (Clioisy, Vie de Charles VT, p. '(00.) — De là est
venu le proverbe : « H est de Lagny, il n'a pas
" hâte. " (Oudin.) — 2» .. A Lagny combien vaul
« Yorge. » D'apiès l'année littéraire de Fréron,
1758, t. IV, p. 251, Lagny se révolta en 15îi contre
François I", qui la lit enlever d'assaut par le comte
de Lorges. Ce dernier lit massacrer tous les hommes
nubiles et violer toutes les femmes. La nouvelle
génération ne veut pas i|u'on lui rappelle son
origine. Au marché, si l'on demande combien vaut
ïorge, il faut avoir la main au sac, sinon ils croient
qu'on fait allusion au capitaine Lorges.
Laliut. [Barque, nacelle : " Cum fiuadam uavi-
« cula sive bai'cba, vulgariler nuncupata laliut...
« piscando, venerunt. »"(JJ. 198, p. 78, an. l-iOl.)]
1. Lai. [Laique, séculier : « Et aussi, quel que
" plet li lai voelent mouvoir contre clerc, la con-
" noissance en apartient à sainte Eglise. » (Beaum.
t. XL 7.) — « La bonne femme ne sachant que vou-
« loit dire un conseiller lai. entendit que ce dut
« estre un conseiller laid. •> (Desper. 4i' conte.)]
Joustice de laie puissance. (.M S. 1G15, I, f. 103 ''./
Mon cuer... me semont que je die
Du clergie... qui laidement folie
Plus que la luic gent. [.MS. 1318, f. 552 '.}
Si ton reaume veus que bien aille...
Tu ne peus sans clers et sans lais
Les sages clers pour conseillier
Chevaliers iais pour batailler. (US. OSl'2, f. ^û KJ
2° Roturier :
Es trois états nobles, clers et gens lais. (Dcsch. /. 57 ^.)
En estât de chevalerie
De clerc, de bourgeois ou de lay. (Id. f. 305 '■.)
Escuyers, clers, lays et bourgeois. (Id. f. 72 '.]
2. Lai. [1° Petit roman d'aventure en vers de
huit syllabes, racontant une légende amoureuse.
Tels sont le lui d'Ilaveloc (p. p. F. Michel, 1833) ; le
lai d'Ignaurès (p. p. F. Michel et Monmerqué, 1832) '
les poèmes relatifs aux amours de Tristan et
d'Vseult (p. p. F. Michel, Londres, 18.35-1839.) Marie
de France a composé quatorze lais parmi lesquels
on remarque le lai du Chèvrefeuille et celui de
Rossignol, en breton Veoslik : >• D'un dous lai
» d'amor De Blanchcflor, Compaius vous chante-
« roie. " (Romane, p. 60.^ — « Issi avient, cum dit
« vus ai ; Li Brelnn en tirent un lai De Equitan
« cum il flna E la dame qui lanl l'ama. » (Marie,
Equitan.)]
L'aventure de Granlent
Vos dirai...
Bon en son li lai a oir,
Et les notes a retenir. (MS. 7080 ', /'. 05 ':]
Comme les aventures des chevaliers étaient des
aventures galantes, le lai devint une sorte de
poésie amoureuse, un poulet, un billet dou.\, mis
en vers :
Il me requiert d'amour
Par lais, par escris. (.MS. 7G13, H, f. 13A ".;
Comme les poésies amoureuses se chantent, le
lai se chantait accompagné par les instruments :
" Jugleors et harpeors disants des sonez, et /t's. »
vBlanch. ms. S. Ci. fol. 190 '.) — « Lors se prindrent
« les pucelles à chanter laijs et chansons amoureu-
" ses. .. (Rom. de Percef. 1, fol. 103 ■'.) — « La qua-
« triesme fois liert le voy jouer ung/ay aux menes-
« triers, et les pucelles chanter avecques eulx. » (Td.)
Il avoit appris a chanter
Et lais, et notes a harper. (liriil, f. 60 <^.j
Chantent un nouvel son
D'un dolc lai. (Poë.'i. av. 1300, If, p. 833.)
La forme de cette pièce de vers est décrite dans
la poétique de Boissière, qui dit « qu'un lay est cer-
« taille composition de ryme plaie, de laquelle les
« couplets sont unisones ciunme en la balade :
>' reste que les preceJens vers ne sont point répétez
« en lin des couplets, mais les vers ([ui sont la On
» ont une mesure aux autres diiïerente, et se
« répondent en consonance. » iPoés. de Boissière,
p. 250.) — Sur quoi Fabri remarque « que en lay.,
« et virelay on trouve bien souvent sept lignes tle
« une ou plusieurs lisières interposées, et plus
<■ oultre » dit-il « je n'en ai point vu. » (Fabri,
Rhétoriq. Il, L 18 ''.) — [La Curne avait préparé une
édition d'E. Deschamps, sa copie annotée est con-
servée à la Bibliothèque de l'Arsenal ; il est curieux
qu'il n'ait point parlé de la forme donnée au lai par
ce poète du xiv siècle. — Voir l'édition de Queux
de S' Ililaire, 11,170-235.]
LaichefiMiitte. [Lèchefrite : « Une laichefriiitte
>' (d'argent blanc) et dimx paelles à queue, dont
« l'une est plus grande ([ue l'autre, pesant .xxvi.
" marcs, .vi. once's. » (Inv. de Charles V, an. 1380,
cité par De Laborde, Gloss.)]
Laict. [Lait : « Je congnois bien mouches en
« /rti'r< ; Je congnois ù la robe l'homme. » (Villon,
Ballade des Menus Propos.) — « Doit-il présumer
« (le mari) Qui est Michaut ne Michelet, S'il con-
« gnoistra mouches en laict. » (Coquillart, Droits
nouveaux.)]
LAI
— 13 i —
LAI
Laictage. [LniUigc, dans l'uré, XY, 3S.]
l.aictans. [Viande de veau, d'agneau, de clic-
vreau, auxOrd. VI, «3, an. 135-2 ]
Laicterolle. llerl)e ; - S'il est podagre faut
« oingdre ses pieds avec jus de l'herbe nommée
. laicterolle. >■ (liudé, des Oiseaux, f. l'iO ".)
Laictice. Hermine. (Voir LAiTir.i: , Lf.ctice ,
Lktis-^e) : « Docteurs en médecine, droit et théologie
« revestus de chappes fourrées de laiclices »
(Pièces juslif. Mém. de Du Deilay, t. M, p. 42.^ -
.. LuicÙees aller et venir... Pour les noces. >■ (î'.ust.
Descii. f. 335 '.)
Laictierc. [1° Laitière, qui donne du lait :
« Deux beufs, trois vaches... une des diltes vaches
., qmeslo\Uaietien'. « (JJ. ^208, p. 118, an. liSO)
— '>° Laitière, qui trait les vaches : « Arnoul le
« vachier etJehannelon la laicllcre, qu'ilz pensent
c des vaches, genices et veanix. » (Mén. II, 3.)]
J.aictriens, s. Jeune animal qui tète encore :
« A'piece item d'un cheval ou jument trouve en
« ottel lieu deux sols blancs et le poullramau laic-
. triens. » (C. G. I, p. 830.)
1. Laid, «f//. [l- Qui déplaît par sa non confor-
mité avec le i>èau ou le bien, en parlant des person-
nes et des choses : » Signor, dit l'aposloles moult
« est cist hontes lais. » (Sax. XV.) - « Mont faisoit
<■ laUle chère . et moût erl emploree. » (Berte,
l XVI ) — « Lede. estoit et sale et foulée Celé ymage,
« et me^-re etchctive, Etaussi vert cum une cive. »
(Ro-^e V l!)0 )J — Parlant de chiens: « Mais ils sont
.< pesantz et letz-. » (Chasse de Gaston Phebus.
MSS. p. 116.)
Onques ne fu, n'en double mie ,
Ne lés amans, ne Icdc amie. (Fvoiss. Pocs. p. J \j
De même aux Poés.fr. Yatic. 1490, f. 109 : « Il ne
« fu onques nulz lais amans Ne Zf/W^ amie; ensi en
« estli dis. » - " Le cas sera réputé pour laul et
« Vilain. n(N. C. G.II, p. 53\)
Ne leur cluuit s'il est bel ou hùi
Fors seulement riu'il soit celé. ('/'<"''. av. 1300, p. i-'ih^.j
2" Désagréable. Froissart dit du pape Clément,
opposé à l'antipape Urbain en 138r. : .. On luy deli-
« vra mille francs à .\vignon dont il ne fisl compte;
<> par ce point fut la guerre du pape Clément plus
« laide. » (Froiss. III, p. 8-2.)
Il ne m'esloit ores mestiers ,,,,,„/•/■ co c i
De recevoir si tairie perte. fi-Hlii. ^. te /. .>^ -,
Mort fait toujours débet tant lel. (MS. 7615, T, f. i03 K)
Expressions : [1° " Laides paroles, » injures :
» Isabeau de Lergny pour avoir appelle Henaut
« Copperel puant et coqn, à faire trois processions
« nuds pieds, en pur corps, deceinte, desafTublee,
« et dire devant tous quand les processions renlre-
« roient an moustier, que les laides paroles qu'elle
a avoil prononcées, elle avait menti. » (Sent, du
bailli de Valois, an. 1320.)] — -l" « Laid dicl, ••
même sens. (C. G. I, p. 313.) - 3° « Biaus e lez » de
toute espèce. (G. Guiart, mss. f. 310 \) - 4° « Mou t
c. etoit de lait plain, -- c'est-iVdire tort laid.
(nh 7G15, I, f. 119 '■.) - 5" » Huant plus fait latt, »
quand il fait plus mauvais temps, (ms. 7989=, f. 61 ''.)
— 0° « Ou ens soit bel ou ens soit lait, » quoi qu il
en soit bien ou mal. (Id. f. 56 ''.) — 7" « A qui que
.. en soit lail ou bel, » ([uoi qu'on en pense. (Gace
de la Digne, fol. 10 '.) — 8" .. Quoyque le tiengne à
.' lais. <• quoique la chose leur paroisse honteuse.
(G. Guiarl, folio '258 \) — 9" « De vo mort ne m est
.. lait ne bel, » votre mort ne me fait rien, ne me
l'ait ni froid, ni chaud, (ms. 7218, f. 250 ^.) —
•lO" « Crier au lait sur quelqu'un. » huerquelqu un.
(Desch. f. 177 ''.) - 11" ■• Chacuns le dit let, >■ cha-
cun l'insulte. (>is. 7218, fol. 338 ''.) - 12° « Elle est
« laide comme un cuq. » (Oudin.) — 13° « Plus Und
« que maislre Pierre du Coignet. » (Duchat, sur
Rabelais, t. IV, p. 41 des îsouv. Prol.) - Pierre du
Cugnieres, avocat général du Parlement de Pans,
sous Philippe de Valois, s'étanl opposé avec succès
aux entreprises du clergé sur l'autorité royale, les
ecclésiastiques voulurent s'en venger après sa
mort; ils firent placer dans la plupart des églises
les plus fréquentées de Paris, des marmousets de
pierre auxquels on donna le nom de Pierre du Goi-
"•net, parce qu'on les phicoit dans les coins, et sous
prétexte de présenter des chandelles à ces petites
statues, on les éteignoit contre leur nez; ces statues
étant par ce moyen extrêmement barbouillées, on
disoit, pour exagérer la laideur de quelqu'un : » il
.. est plus laid que maître Pierre du CoigneL n —
rOn lit encore aux Contes d'Eulrapel, l.-l;!": « Mais
« il faut tousjours forger un sobriquet h la pauvre
« Vérité, tesmoing la statue ignominieuse de mais-
« tre Pierre de Ciîgnieres, estant en l'eghse M. p.
« de Paris, vulgairement appelé maistre Pierre du
« Coignet, à laquelle par gaudisserie on porte des
« chandelles. »]
2 Laitl, Lait, Laide, s. [Injure, outrage.
C'est Fadj. masc ou fém. employésubstantivement:
„ Par la Mère Dieu, dist la chievre, ore est aux
.. laides. " (Mén. de Reims, § 414.) - « Mettre sus
u moût de lait et de vilaine. ■• (Ass. de .Jérusalem,
m ch 88.) - '■ S'aucuns dit lait h l'autie dans a
. ville. . il paiera pour l'amende. « (Cartulaire de
Champ, an. 1247.) - ■> Cil amendra pour tous les
" laids et pour tous les fourfais. » (C. d Amiens.)]
— « Toutes aclions. ou pétitions en matière de lait,
a doivent. » (.N. C. G. II, p. 189 ".)
Quar en Canbrai lor ot on fait
Maintefïois, et damage, et lait. (Th. },loiiskes, p. jO'J.)
Grant honte i aurons, et grant /(■/
Se vous n'êtes vengiez tantost. (i-slnib. ms. /D00,p.3o.J
Laidagement. Etat de ce qui est laid :
De rire en aise se pamoit.
Quand il vit le laidayc.ment.
,-.i;,S.'. ■7015, l, f. WC, '.j
Laidange. Injure, outrage : « Laidanges, dit
« Laurière, sont injures verbales, des quelles celuy
.. qui a injurié un autre a tort, se doit dédire en
.< se prenant par le bout du nez. »
Qui tant snelTi'cnt de mos divers,
De /nùtoii/ra et de reprouches
Oui chascuns jours saillent des bonclies
De leurs femmes. (Dcsch. f. 4ii "./
[« Item la femme qui dira laidange à l'aultre,
LAI
— li
LAI
« paiera .v. sols t> nous, .iv. sols au maire. » (D. C.
t. IV, 14, an. ItîOS.)]
Laidanger, Ledanger. l'injurier, outrager :
De ses amis en fu blasmée,
Et ledcnijiùe, et mesamée,
Et clamée folle musarde. ;MS. l'218, f. X'^O ''.;
Moult commençastes vilain plait
De moi honnir, et laiila„(jwi: {Id. 1089 \ f. 50 '.}
« Si avenoit que Bertrand (du Guesclin) eloil
« parti de leur compnignie... sa mère le laidangeoit,
« et blasnioit moult durement. » (lîéiiard, p. 7.) —
2° Maltraiter : ■• Le Tors ne IVappoit coup d'espée
« sur le clievalier qu'il ne le lukk'iuieasl. » (Rom.
de Percef. 1, f. 24.)
La. fui pris et hapez.
De paumés, et do poins, ledcinjiez et frapez.
MS. 7218, fol. 343.
Molt fu batu, et laidanrjie:. [Fabl. S. G. f. 51 ': )
Laide. [Impôt, le même que h'udc. Voir .sous
Laidku.]
Laidecc, Laydcsce, Lcidcsce. Laideur
physi(iue et morale : « A toy je confesse mes
« péchiez et les UujiIcscl's de mon cuer. » (Chasse
de Gaston Phébus, p. 351t.)
.Ses veissons corporelement
Ci entre nus sulîrir turment,
Trop grant leidcsci: fcriuns,
Se nus ne lur aidissiuns. /.l/. F. II, p. -'i07.J
Laidement. [1" D'une manière pitoyable :
« Sur l'crbe vert mull laidement, se culcel. ■■ (Roi.,
V. 2573.) — >■ Les Hommains avoieiil trop luide-
" ment, traicté le pape Lyon, car ils lui avoyent
« crevé les yeuls. " (Chron. de S. Den.I. p. 12(;.) —
2° Péniblement : « Dont depuis il l'en mescey moult
« laidement. » (Froissart, t. 11, 15.) — ?>° A contre
cœur : ■■ S'est bon que nous aloiis deviers yaulx et
» si fort que bellement ou laidement il soient de
« nostre accord. » (Id. IX, li)0.)] — « Parmesdicux,
« dit le chevalier, vous y viendrez ou bellement,
« ou laydement; et lors" dit le roy, j'aime mieux
« laijdenu'nt, car je n'iray pas se n'y voys par
« force. « (Percef. i, f. 27.)
Laidei". Laideur. [Receveur de l'impôt dit
leijde. (Coût, de La Peyrouse, an. l'iGO, dans La
Thaumass. p. 00.) — « Item le laideur qui lindra et
« portera la quarte du blé... ne doye prandre riens
« pour bailler la quarte, fors laide tant seulement. »
(.1,1. Ilt8, p. 300, an. I37i.)]
Laideur, Laidor, Ledour. [Laideur : « Lai-
« dov ait ores mal délié. Quant si guerroie chastée,
« Que deffendre et tenser deust. » (Rose, v. 1(033.)
— « Carde surtout ta loyauté. Ne ne soit laideurs
« ne biaulé, Amours ne laveur ne haine, Ne chose
« en monde qui t'enclineAfaire riens de desloial. »
{Machaut, p. 107.)]
Car i'avoie trop grant hidour.
Qu'il iert de si très grant ledour. (MS. 7615, II, f. 187.)
Laidir. [1° Insulter, outrager : » Donc fu au rei
« nuncié cum hum le list huer Et que l'um le voleil
« et laidir et tuer. » (Thomas de Cant. 40.)]
.\insi la damoiselle bat
Li chevalier, et se débat,
Et de parole le laidU. {Fabl: f. 380.]
2° .Maltraiter :
.\c ne vous fêtes plus leJiv,
Quar hontes est de vous ferir. ('/(/. f. 141. J
François souvent le guerroyèrent,...
Guilleaume bien se tleffeiidi,
Ceuls de France souvent Icdi. (Itou, p. 381. j
3° Enlaidir : " Trouvez vous que je sois laidie
« beaucoup ? (Caquets de l'Accouchée, p. 137.)
Laiiloier. 1° Insulter, outrager : « Se aucuns
« gardons, ou femme de folle vie et de mauvaise
« feroient, et laidoieut aucun bon homme. » (Ord.
t. Il, p. 348.) — 2° Enlaidir : « Moult ledoie sa lace
« qui son nez fait trenchier. » (Notice du Roman
d'Alexandre, f. 4.)
Laidure. 1° Laideur :
.le vous fais commendement
De par le roy de laidnvc.
Que vous reignez en présent
Devant sa propre figure. (Dcsch.f. W5 ^.J
2" Déshonneur : « Le duc fust mult liés de ces
« noveles, porce que aucune gent dient ([u'il li
■■ avoit fait laidure devant Acre."» (C. de G. de Tyr,
Martène, t. V, col.Oll.i
Car pour vengier vostre laidure. i G. Guiarl, f. 300 >•.)
3" Injure : « Sur ce dit Seneque qu'il croit tout
« vice estre lolerable par doctrine, excepté laidure,
« et vice de parler desordonnémenl. » (E. Desch.,
f. 402 '>.) — « Par courtoisie je me sei^iffre vous dire
« aucune /fti(/H7'e. » (Gérard de Nev. I" part. p. 14.)
Se jou or vostre dit endure
Et je ne vous respono luidure,
Sachiez c'est par me cortoisie. (Ronuni, Violelle, p. 32.)
4" Dommage, injustice :
Par son mesfot soulTrir ledure. (MS. 7218, f. 138 '>.]
Greva il en mainte manière
l.'ygliso, et fist mainte luidure,
Et sans raison, et sans droiture. {MS. 6812, f. 73 '.)
Laiduron. Laideron. (.Marol.)
Laie. Roule, dans une forêt ; « Prenant un
« matin son chemin par une grande laie de la
« forest de Lafère. » (Villeroy, Mém. V, 71).) Compa-
rez Saint-Germain-en-Iflyf. — " Coupera les bois
• taillis... et ne pourra couper les bois de futaye,
« ne les laijes. » (Coût. Gén. II, p. 549.)
Laiens. [Léans. (Froiss. 11,54.) — « Et s'en ala
" par es forz de cheval jusqu'à Gisors, et fu receuz
i< laienZ' bastivement. » (Mén. de Reims, § 112.)]
Laier. [1° Laisser : « Li gentils chevaliers ne
« volt mies loyer à parfaire son service. » (Froiss.,
t. II, 89.) — 2" Diviser un bois par des laies : « En
« prendant sur les marchans, i|uaiit on laijera les
« diz bos de chacun (|uartier .xu. den. ■> (Registre de
Corbie, 13, an. 1510, f. 30.) — « Les trois parz qui
« demeurent ausi comme elles sont arpentées,
« guiées, départies et layées. » (Cart. de Ponligny,
page 172, an. 1307.)] — « Laier, c'est faire dans lès
« bois taillis de petits chemins droits afin qu'on
•' puisse poser des fiches, ou piquets pour mesurer.
« Ceux qui ont prins bois a coupper, et a loyer.
LAI
- 136
LAI
« sont loiuis le coupper et abhaltre dedans le pre-
u mierjourde may. •> (Coût. (iéii. l. 1, p. (Kt.'î.) —
C'est encore, selon Borel, « nianiuer les Ijalli-
« veaux, « c'est-à-dire les arbres qu'on ne veut
couper.
i . Laigne. 1° Bois de ciiauffage :
La Iniiiiic estoit vers, si fuinoit. (Fahl. p. il'i.J
Et alume le fu de la lairjne. (hl. p. ITO.)
[Ligna, neutre |)luriel, a été pris pour un féminin
singulier: « En kuiuelle maison je ay mis ma /rt/irHC
« et fagos. » 1,1.1. 8i, p. 200, an. 1301.)] — [2° Bûche :
« (Jne'busclie que l'en nomme communément h
» Abbeville une laigne. » (,l.l. 18i, p. 18'i, an. l'iôl.)]
2. Laigne. 1° Laine :
Mais pers d'Ipre, de bonne laigne.
Et d'escarlatte tainte en graine,
Et de Gant et de S. Orner. [MS. 7615, U, f. i^'i *>.)
[2" Langes, robe de laine : « Par ces églises en
« irés Nus pies, en laignen, veillerés et Proierés. »
(Partonopex, v. 2833.)]
1. Laigner, Laignier. [1" Bùcber : « En en-
« tranl en icelle taverne l'exposant cbey ù un
« genoul en laigner d'icelle. >- (.IJ. 1i2, page !)7,
an. 1391.) — « Le suppliant piinl ou laignier de
« riiostel unebusche. » (.U. 17,-), p. 108, an. 1431.)
— 2" Bois à brûler fourni au seigneur à Noël ou à
la Toussaint : « La taille acou'stumée à paier en
» argent chascun an de mes hommes,... et le cha-
" roy dou laignier au Noël. » (B. N. .ms. fr. anc. 5188,
f. 281 °, an. 1339.) Voir Loingmer.]
2. Laigner, Laignier. [Murmurer : « Après
" plusieurs paroles sa femme il fery, et non con-
« tcmpl de ce, vint h Ysabeau sa cliamberriere,
» laquelle laignoit ou respondoitdespiteusenient. »
(.JJ. 97, p. 525, an. 1300.)]
Laine. [« La chair avoit plus blanche que ne
" soit blanche laine. » (Bertc, L.) — On a distingué
plusieurs espèces de laine : 1° » Laine sourge, »
la laine nouvellement tondue ou laine grasse.
(Cotgrave.) — 2° « L'on y drappe, et puel drapper de
« laine mère. » (Ordonn. t. 111, p. 512.) — « Lai)ie
» prime : c'est la laine la plus Une : on la nomme
" aussi mère laine : c'est celle de dessus le dos, et
« du col. » (Ord. 111, p. 254.) — 3» « Leine lavée, >•
c'est la laine préparée ou filée, et prête à mettre en
œuvre. (Anc. Coût. d'Orléans, p. 472.) — Expres-
sions : 1» « Bêtes portant laine, » montons. (Ord.,
t. V, p. 92.) — 2» « Tirer la laine , » dérober les
manteaux de nuit. (Oudin.) — 3" « Nous y tirâmes
« bien la laine, « nous y avons eu beaucoup de
misère. (Belleau, t. Il, p. 144.) — 4" « Demander la
" laine à un asne, >■ demander l'impossible. (Ond.)
— 5° « Débattre de laine d'une chèvre, « perdre son
temps. (Dial. de Tahureau, p. 136 ''.) — 0° ^ Il se
« laisse manger la laine sur le dos, ■> il souftre
tout. (Oudin.) — 7° « Menez fu contre laine, » à re-
bours, (ms. 7015, 11, f. 170 '.) — 8° « A mol pastour
« cbie iox laine. » (Eabl. mss. p. 189.)— 9" a De jour
» en jour vient laine pour drapper. ■> (G. Crétin,
p. 180.) — lO- « L'un a le bruit, l'autre levé la
<■ laine. ■> (Cotgrave.) — 11° " Qui n'a laine boive à
« la fontaine. » (Id.)
Lainerie. [Lieu où l'on vend la laine : « Item
'• la peleterie et lainerie en ladite ville, pour dix
•■ livres. » (Liv. Rouge de la Chambre des Comptes,
fol. 242 J, an. 1295.)]
Laineux. « Marcher avec les pieds laineux, »
c'est-à-dire sans bruit. iCotgrave.)
Laingnc. [I" Nation, pays : « Il vint à monsi-
» gnour Olivier de Termes et à ces autres chieve-
« tains de la corto laingiie « (.loinville, § 578),
c'est-à-dire Languedoc. — 2° Personne qui médit :
« Li rois l'avoit en soupeçon par mauvaises lain-
'• gués. •' (Mén. de Reims, § 281.) — 3» Sorte de
juron par la langue de Dieu : « Par la laingue beu,
« par \a laingue ûiU), par \a laingue Dieu. " (Mén.
de Reims, § 409 et variantes.) Voir Lasgie.]
Lainier. Ouvrier en laine : » La draperie et ce
« qui en dépend tant de tainturiers, foulions, lon-
« deurs, lainiers que autrement. ■> (C. G. II, p. 958.)
Lainz. Léans : « Ja entreront lain%, s'il n'est
« qui les dédie. >• [Bon, p. 101.)
Laires, ;)/. s. m. Dieux lares :
Des célestes manoirs, o vous les populaires.
Des dieux supérieurs, faunes, satyres, laires.
Œuv. de B.iîf, p. m. \'.
Laironciaulx, pi. s. m. Diminutif de larron :
Juges qui les loix gardez,
regardez
Que laironciaulx ne pandez. [Descit. f. 00 ''.]
Lairrenaille. [Troupe de larrons, terme d'in-
jure : " Icellui Thomas disl plusieurs grans injures
« et villenies en les appelunl lairrenaille. » (J.J. 125,
p. 40; an. 1384.)]
1. Lais. Lac :
En mi liu croisi uns lais dormans
U il a noirs poissons moult grans. (Mouskcs, p. 3i3.)
2. Lais. Alterrissement, alluvion, forme verbale
de laisser. C'est le nom que la Coutume de Bour-
bonnois donne aux - isles nouvellement nées, » ou
« accroissemens » formés par la rivière : <■ Sera la
>' croissance que la i iviere donne, vraydomaine au
« seigneur haut justicier, qui s'appelle commune-
u ment laiz^. » (C. G. II, p. 293.)
3. Lais. [1° Legs , forme verbale de laisser :
» Car il lui fist faire tex lais Dont s'ame fu en vraie
<' pais. » (Bl. eLlehan, v. 2005.) — « Se le feme
« fesoit tins lais en se plaine santé à son segneur,
u par forces ou maneces.... cis lais seroit de nule
« valeur. " (Beaum. XVI, 4.) — « Lais ordonnés et
« laissiés tant as églises de ce pays que à celles au
c. delà de la mer. » (Froiss. Vil, 429.)] — 2" Espèce
de bail. Ces baux sont appelés layes, lais ou laix,
du mot laisser ou délaisser, parce que celui qui fait
ces sortes de baux délaisse son héritage moyennant
une certaine redevance. (Laur.) — On y peut dis-
tinguer : 1° Le bail à ferme ou loyer d'une maison :
« Si celuy qui a pris a filtre de"/a/s une maison
« pour (lùelque année. » (N. C. G. II, p. 1145.) —
2° Le bail à cheptel: « Les communautez ne
LAI
137 —
LAI
« peuvent vendre, ou loiier leurs embaries, ni au-
« trament en user iiue pour leur propre usage, a la
« nourriture de leur bestail, el de celui qu'ils tien-
« nenla/a/,r. » (C. G. II, p. 1074.) — 3° Le bail
empliyteolique. qu'on a appelé laijes ou •< layécs a
« cens. >> Ce sont proprement , dit Laurière, des
baux d'héritages à rente, soit que la rente soit per-
pétuelle, soit qu'elle soit pour 1(9 ans ou pour un
moindre temps.
4. Lais. [Lacet, lacs:,» Des larmes moillcnt li
» /«/s de son manlel. » (Le Roux de Lincy, Chants
hist. p. -16.) — » Pris in'avois fi lais corsour. »
(Wackern. p. 7!).)]
Laisarde. [Lézard, dans Flore et Blanciielleur,
vers 821.]
Laise. Largeur: « Le journal de terre.... con-
« tiendra vingt cordes de long, elquarréde/fn'ic. »
(Cou. Gén. II, p. 770.) — « A la grande laize, » c'est
à la grande mesure. (Cotgr.) — » Fol a la grande
« laise, » c'est-à-dire très fol. (Rab. C. p. 207.)
1. Laisse. [Legs: » De ses laisses ne de ses
» dons. » (Cliron. des ducs de Xorrn. v. 30311.)]
2. Laisse. 1° Corde pour mener des chiens
altachés:
Laisnes de poil pour tenir ctiiens. [Desch. /'. 453. J
Elles servoient à coupler les chiens courants pour
les mener au rendez-vous de chasse. (^ oy. Fauchet,
Lang. et Poës. l'r. p. 110.) — 2° Rênes: "« Chevaux
<■ menez et conduits par les laisses, qui est à dire,
« en main. » (Rrant. Dam. III. p. 18.) — Expres-
sions: 1° « Tenir en laisse, gouverner, modérer:
« Légèreté tenant en laisse repantance, " c'est-à-
dire îégèrelé empêchant le repentir. (La Jaille, du
Ch. de'Bat. fol. 58'.) — 2° « Ces deux coururent
" d'une laisse, » couplés ensemble à la même laisse.
(Poët. av. 1300, IV, p. 1373.)
3. Laisse. Fiente d'animaux : « Leisscs de
» ours, et de sanglier et de loup. » (Chasse de Gast.
Plieb. p. 57.) — « Fiantes de bestes mordantes,
« comme sangliers, ours et leurs semblables, se
« doivent nommer /css^s. » (Fouilloux, Vén. 3(j^'.)
— " (Les ours) gietent leurs laisses aucunes foiz en
« torche, et aucunes foys en plaleaux, comme une
« vache. » (Gast. Pheb. p. 55.) — » Ours n'a nul
« jugement par ses /«/s.sfs en granl quantité.... si
« que on n'y puel faire nul jugement. » (Id. p. 271.)
— ■> (Les sangliers) getent leurs lesses comme les
« autres porcs, et selon leurs mengues, ou molles,
« ou dures. » (Chasse de Gast. Pheb. p. 03.) — Quels
indices elles fournissent aux chasseurs: « Par ses
o laisses, ne par autre jugement on ne puet cognois-
« tre grant sangler, se on ne le voit, fors tant ijuanl
» il l'ail grosses laisses. » (Chasse de Gast. Pheb.
Mss. p. 104.) — » Le loup fait ses laisses dures a
« costé d'un chemin, ou sente, en quelque carre-
« four, et sus quelques ronces ou buissons, la
» louve au contraire, rend ses laisses au milieu du
« chemin, fort molles, et en plateau. » (Fouilloux,
Vén. fol. 118°.) Elles servent à faire distinguer les
loups des chiens.
VII
4. Laisse. Tirade monorime, dans les Chansons
de geste. Borel, qui cile ce mot, rapporte deux vers
de îluon de Villeneuve, où il se trouve :
Ja tant n'auront manlel, ne cote desramée,
Que la première laisse ne soit bien escoutée.
Voyez Uict. de Corneille.
Con jonglers courtois francs,
Quant a sa laisse finie. fPoël. av. i300, II, p. 891.)
5. Laisse. [Lasse: « Laquelle Perenelle, qui
" esloit laisse et vaine, tant pour ce qu'elle navoit
" mengié de tout le jour, comme pour ce qu'elle
- estoit malade. » (.1.). 125, p. 9, an. 1384.)]
Laisser, Laissier. [1° Abandonner : <■ Volt lo
« seule laxsier. Si ruovet Krist. » (Cantil. de S"
Eulalie.)— « La/ss;<m les fol.^, as sages nus lenum. »
(Roland, v. 229.)] — » Clers qui ont laissié sermons
« pour guerroier, el pour tuer les gens. » (Ch. mss.
du C" Thibaut, p. 3.) — « El nous laij tous icy pour
« tenir le siège. » (Du Guescl., par Mén. p. .528.) —
« Il est vrai que vous me prinstes, et puis que vous
'< me lai&sasles. « (Le Jouvenc. p. 302.) — « On set
« c'on lait, mais on ne set c'on prend. » (Valican,
n° 1490, f. 173 K) — [2° Suivi d'un infinitif, permet-
tre, souffrir : ■■ Laissez co ester. ■■ (Roi., v. 274.) —
« ;La reine Blanche) lait cbeoir son manlel sour la
» table, el se tourne devant el derrière tant que
>< luit Forent vue. « (Mén. de Reims, § 187.) —
" L'autre dit : il faut escorchier un buef qui s'est
« laissé mourir. » (Desch. Mir. du Mariage.) — Par
une sorle de germanisme, on a dit >■ laisser savoir »,
pour faire savoir. (Lettre de Philippe d'Arteveld,
dans Froissarl, t. X, 95.) — « Se laisser entendre »
est se faire entendre, s'expliquer, dans Du Bellay,
Mém. liv. V, fol. 140 ''.] — [3° Manquer, négliger,
avec que et le subjonctif : « Geste souffranche
■' durant, li contes ne laissa mies(|ueil neselogast
" bien et puissamment devant Venues. » (Froissart,
t. III, 300.) — « Ne laisserai qu'abisme nen assail-
« let. "7Rol. V. 1G59.)] — [4° Cesser de : » Dame,
« je vous vei moult prier Oue me laissiez à clias-
- lier. « (Rose, v. 3088.) — « Mais pour ce ne laissa
« il mies la ville à ardoir et les moulins abattre. »
(Froissarl, 111, 2].)] — [Expressions : 1" « Laissier
« hors, " faire écouler : « Troi homme se pooient
« bien dedens aidier el nagier paiiny un vivier et
« celi peschier et laissier hors. » (Froiss., VI, 250.)
- 2" « Laissier ens, " laisser entrer, (kl. X, 189.)] —
3" « Laisser le moustier ou il est, » ne rien innover.
(Villon, p. 21.)
Laisseur, Laissor. [I" Faculté, moyen,
liberté, dans Parlonopex, v. 238, 200i, dans Aùbri,
v. 149. j — -l" Bailleur de fonds : « Laisseur d'heri-
« tage est premier en hypothèque, el préférable à
« tous autres créanciers du preneur. » (Nouv. Coût.
Gén. t. II, p. 1082 ''.)
Laisseur. [Faculté d'agir, latitude : " Mes se
<■ retournèrent lousjours Franchois si tost qu'il
" pooienl avoir un peu de laisseur pour venir en
« France. ■> (Froiss. VIII, 00.)]
Laist. TLesl : « 11 est défendu à tjute personne
18
LAM
— 138 —
LAM
« de ne prciulre aucun laist sur le Seillon, sous
- peine de l'y porter. » (S. Malo, 1591, dans Jal,
Gloss. nauliijue.)]
i. Lait, udj. els. Voir Laid.
2. Lait. [Lait : » Alanl s'en parti H leus et la
u oliicvre demoura toute esbaubie. El se pensa de
» deus viati'es qu'elle avoit nourri de son lait à sa
« mamelle. » (Mcn. de Reims, §410.)]
. . . Fuiez généralement
Potaiges, clioulx, laiz, fruis viez et nouveaux,
Se vous voulez vie avoir longuement. (Dcscli. {. SHi ■'.)
E.rpressjons : [1° « Connaislre moucbes en lait. »
Voir L.\k:t. — 2" « Comme le jour ([ue l'en dit du
u Ouaresmel !'an de grâce 1375 ou environ, ledit
« Jeban environ l'eure d'avoir soupe, se fust aie
« esliatre avec sa femme et autres en l'ostel d'un
" leur voisin, comme il est accouslumé au lieu, d'y
« aler menqicr du lait à la cuiller de bois. »
(JJ. 118, p. 39, an. 1380.)] — 3° « Avalant cela doux
« comme laid, " témoignant aucun ressentiment
de cela, (.\uils de Strapar., II, p. 20.) —A° « Elle ne
« peut avoir grand lait, pour eslre tirée trop sou-
« vent. » (Contes d'Kutrap. p. 30G.)
Laitance. Organe des poissons mâles :
Et doutoit encor d'avoir euve
Sanz laitance. (ilS. 6812, f. 55 K)
« Nos volons avoir les oues, et la letence, »
c'est-à-dire nous voulons tout avoir, (ms. 7015, t. II,
fol. 144 ''.) — [« Flaons ont saveur de frommage
« quant l'on les fait de laittences de lus. » (Ménag.
Il, 5.) — Dans cet ouvrage, laiclié a le même sens :
o Des brochets le laitlié vaull mieux que l'ouvé. »
(Ménag. II, 4.)]
Laitine. Lactée (voie) :
Or chantons maintenant la certaine origine,
D'OU blanchit dans le ciel ceste voie laitine. (Baïf, 16.]
Laitisse. [Fourrure, hermine, blanche comme
le lait : « Un timbre de vairs, quatre lailisses et
« deux bourses. » (.1.1. 100, page 915, an. 1370.)]
Laiton. [Cuivre jaune: » Il puelestre serruriers
« de laitou i\ boites, à cscrins et à henapiers,
« à tables et à collVes. » (Liv. des Met. 53.) — « Et
<' emblé maint joiel à tort et sans raison, Calices de
« moustier, aigeut, cuivre, laiton. » fCuvelier,
V. 7203.) — « En son vivant en beau laiton il se fist
" fourmer et laillier. » (Froiss. XI, SI.)]
Laituaire. [Electuaire : « Disoit souvent li
« benoiez rois ; nostre lailuaire tel, ou nos choses
" teles fussent bonnes à ceste malade. » (Vie de
S. Louis, p. 350.) — « L'ame toute s'esburuche
« Quand ele sent tel laituaire. » (Mir. de Coinci.)]
Laitne. [•■ Ne laira Alixandre Ki vaille une lai-
" tue. >■ (Uom. d'Alexandre, p. 52.)]
I..aivan(Uei", subst. manc. Officier du roi chargé
de faiie blanchir le linge. (Uesch. fol. 537=.)
Lanian, Lanien. [Lamaneur, pilote. (Voir
Lamana(;i;) : - liobin Saque Espée, laman de la
" galiole Anthoine Nègre. « (Compte de 134G, dans
.lal, Gloss. nautique.)]
Lanianage. [Pilotage d'un lamaneur : « De
» laquelle nef fu lamen Durant Final du Quief de
« Caux qui en ont pour son lamanage six flourins
. d'or à l'escu. . (B. N. fr. 20000, n°4«4, juin 1355.)]
Lamaneur, [>■ Si un lamaneur a marchandé et
" entrepris mettre un navire hors ou dedans le
« havre, luy est défendu de l'abandonner qu'il ne
« soit ancré au kay ou que, sortant, il ne soit en
• plaine mer. > (Ord. de Henri III, 1584, dans Jal.)]
Lanibalais, s. m. Fossoyeurs. Ce mot est usité
en Bretagne, en Anjou et dans le Maine, où l'on
appelle ainsi ces paysans dont on se sert pour
remuer la terre; ils sont ainsi nommés du pays de
Lamballe, en Bretagne, d'où ils se répandent en
grand nombre dans ces provinces. (Ménage, Dict.
étymol. fr. p. 95.)
Lamballe. [Ville de Bretagne, dans les Côte.s-du-
Nord : « Camus de Lambale, un pied et deray de
« nez. » (Oudin, Curios. p. 71.)] — » Griphé comme
• ung diable de Lamballe. » (Babelais, E. p. 70.)
Lambeau, Lambel.[Lafûrmela plus ancienne
est label, labiaus : • A cinq labiaus de gueule
• l'ainsné fils le porta. » (Berte, 131- c) — « Le
• label au mainsne d'argent l'on besanta. » (Id.)]
Ciste porte l'escu point, cil le porte a labeaux.
Fabl. MSS. S. G. f. 106, R- col. 3.
Borde estoit de neghgence
A un labe'. de nonchaloir :
De proeice doit moult valoir
Chevalier qui tel escu porte. fXIS. 1615, U, f. 193 >>.]
On a dit ainsi « a un label d'iniquité, • « a un
» label de frénésie. » (Ibid.) — 1° [Ce sens héraldi-
que existe aussi pour lambel ci lambeau.'] C'est une
brisure connue, qui se met au haut de l'escu, pour
distinguer la branche cadette d'une maison, de la
brandie aînée. Saintré a appelé celle pièce de bla-
son « lambeaulx de satin jaulne. » (Saintré, p. 189.)
— C'étoit anciennement la marque distinctive du
fils aine de la maison : " Entra .Ia(iues de Lalain....
" paré de sa cotte d'armes (qui furent les armes de
« Lalain), et por[o\\,\es lambeaux, comme fils aîné
« de la maison. >> (Mém. d'Ol. de la Marche, liv. I,
p. 205.) — Les lambeaux étoient encore une aiguil-
lette, un nœud d'épaule qui distinguait les fils de
chevaliers : « Les enfants, pour succéder aux béné-
« fices de leurs pères, se faisoient faire chevaliers,
« et pour les distinguer des autres, en qualité de
« fils de chevaliers, durant la vie de leurs pères, ils
« portoient sur l'épaule des nœuds, lambeaux, ou
« labeaux. » (Menestr. delà Chevalerie, p. 118.) —
2" Rubans pendants en manière de franges : » Lui
« et son destrier houssez d'ung satin cramoisi,
« tous couverts de branlants d'argent, emaillez de
« blanc a trois lambeaulx de fin or, qui eloient ses
« armes. » (Saintré, p. 207.) — » Couverts de gran-
" des couvertures De drap d'or, traynant à 7rtm-
« bcaulx. » (Vig. de Charles Yll, II, lis.) — 3° Peau
veloutée qui recouvre le nouveau bois du cerf qui
mue : je crois qu'il se nomme le frayoir : « Quand
« les cerfs... voyent que leurs testes commencent
» a sécher, qui "est environ le 22' juillet, ils se déce-
LAM
— 139 -
LAM
" lent, allans aux arbres pour frayer, et faire tom-
» ber leurs lambeaux. • (Fouilloux, Vén. f. 18 *■.)
Lambeliner, v. Lambiner. (Oudin.)
Lambert (S.) « C'est aiijourdhui la S. LajK&er/,
« qui quitte sa place la perd. » — L'origine de ce
dicton est rapportée à la prise de Troyes, faite ce
jour-là en I5!)0, par les royalistes qui en furent
chassés presqu'aussitôt après. ^IIist. de Thou, trad.
t. XI, p. 194.) — [C'est la rime qui amène le nom
du saint, car on ajoute : » C'est aujourd'hui la saint
« Laurent ; Qui perd sa place la reprend. •]
Lambic, s. m. Alambic : " Quand jeuzouy leurs
» si doulces complaintes, et le surgeon de leurs
« douleurs extrêmes, qui par le lambic de leurs
« cueurs faisoil rivière de pleur, et de tristesse. »
(Chasse d'Amours, p. 22, col. 2.)
Lambin. [Commentateur de Lucrèce, ennuyeux
même pour les érudils, par la minutie de ses com-
mentaires. Par suite, qui agit lentement.] « Il me
« semble, disoit il, que la paille te conviendroit
« mieux, étant un vray lambin, ayant la paille au
« cul. " (Gouchet, Serées, liv. I, p. 123.)
Lambiner, v. Agir avec lenteur. (Oudin.)
Lambiqucr. Drûler comme par feu d'alambic :
« Secourez mon triste cueur, et la peine qu'il
« endure, autrement je le sens desja lambiqucr par
" le feu d'amour. « (D. Flores de Gr. f. 140 ".)
Lamljre. [Lambris : « Tout li arvol et tout li
« lambre El li portiers ki l'uis tient près Et ki le
« iîarde tout adiès Atorné sont à tout mal faire. »
(Barl. el.losaphat, p. 293.1]
Lambrequin. [Queue d'étoffe découpée descen-
dant du cimier du heaume jusqu'au bas du dos.
Elle remplaça au xv s. le volet du xiv. Selon le roi
René (Livre des Tournois), ce mot était employé
« en Flandres et en Brabanl et en ces liaulx pays
« où les lournoys se usent communément.]
Laml)ris. Revêtement d'un autel : « Il fit dres-
" ser un autel diversifié d'un lambris d'ebene,
» jaspe, jayet et porphyre. » (Yver, p. 547.)
Lambrois. [Plancher, parquet : » Jehan de
« Vendosme désirant de tout son cœur savoir la
« vérité du cas, fist mettre et tapir secrètement sur
« le lambrois de sa chambre un de ses variés. »
(JJ. 135, p. 220, an. 1389.) — « Perin Anceau, char-
te penler en menusie, et son varlet... ont vacqué à
» besoigner... îi asseoir et mettre à point \e lam-
« brois de la salle et chambre dudit hostel. » (1439,
Réparation au Chàlelet.) (L. C. de D.)]
Lambroissior. [Lambrisser : « Lors mousliers
" tiennent ors et sales Et lor cambres et lor grans
" sales Font lambroissier, peindre et pourtraire. »
(Mir. de Coincy.)]
Lambru. [Plancher, parquet : - Le suppliant se
» tint dessus la chambre ou gisoit son père qui est
« lambruchée,... une des fois qu'il estoit sur la
« dilte chambre, il vit par un pertuis, qui estoit ou
« lambru d'icelle. » (JJ. 115, p. 162, an. 1379.) —
« Le millier de lambrus, .im. den. » (Péage deGon-
dreville, 1314.]
Lambruclié. [Planchéié. Voir le précédent.]
Lambriiisser. Lambrisser. Clém.Marol, parlant
à Dieu, dit (p. 68G) :
Lambiirissé d'eaux est ton palais vousté,
En lieu de char sur la niie es porté.
Lambruiz. [Planches : « Item pour le millier
« de lambrui:> de .ii. pies, et de .u. pies et demi l'un
« parmi l'autre, .un. den. » (Reg. Pater, f. 249 ''.)]
Lame. I" Pierre tombale : [" Pour embellir sa
« lame et sa sépulture. » (Froiss. XIV, 211.)]
Ayons tuit souvenance
Des prisonniers que tient Basacli soubz lame.
Eusl. Desch. MS. fol. 35", col. 4.
» Fist la porter le corps et mettre en ung sercueil
« de pierre si bien ouvré que c'est merveille, et fist
« mettre une lame ou une tombe dessus et fist
« escripre dessus, etc. » (Percef. I, f. 31 ••.) '
Le cueur qui autrefois fut mien
Qui pour lors est à vous madame
Gardez le bien car sur mon ame
Il luy est deu beaucoup de bien
Quelque jour vous congnoistrez bien
Que plus loyal n'est sou.hz lame
Le cueur qui autrefois fut mien. (Chasse d'amours, i79.)
De \h, au figuré :
Mon propos chiet soubz une lame a jour
Hoc est l'oeil tend de legier vers la terre
Qui le cueur tire et d'ung revers l'atterre. (Crclhi, 'iiO.J
2° Pièces de l'armure : « Lequel, courant contre
« un Anglois, de fer de lance fut féru par entre
« deux lames travers le ventre. " (Monstrelet, I,
ch. 115, p. 22G.) — [3° Botte de blé : « Lesquels
« supplians ont pris un porcel, une brebis,... cer-
» laine lame de gerbes. »(.IJ. 100, p. 885, an. 137!.)]
— 4° « L'une des deux formes d'echelette, tendues
« fi travers, de cordons drus et menus, dont l'une
« hausse l'etain, l'autre le baisse en tissant. »
(Monet.) C'est le peigne du tisserand ; par suite, on
a dit au figuré :
Maistre, chele n'aime pas à droit lame
Qi de donner le plaist, sans li atraire ;
Autre tant vaut comme fristres sans lame;
Chele aime a droit, ki li enseigne à traire
Les li el prendren manoir. (Vatic. l-'iOO, /'. loi '.)
Expressions : 1" « Lettre de lame, » écriture pour
les inscriptions funéraires. (Invent, des livres de
Charles V.) — 2" « Une bonne lame, •• expression
ironique, une femme fine et rusée. (Oudin.) —
3° « Vieille lame, » vieille femme :
A mon plaisir vous faites feu et flasme,
Parquoy souvent je m'estonne, ma dame
Que vous n'avez quelque amy par amours
Au diable l'un, qui fera ses clamours
Pour prier, quand serez vieille lame. (Cl. Marot, p. 200.)
Lamentable. [« Jà soit ce que le cas de la dou-
« loureuse lamentable et inhumaine morldevostre
« seul fiere germain soit en vostre mémoire infi-
« chée. » ^Monstrelel, I, 77.)]
Lamentation. [Plainte : «■ Et puis il s'enfui au
» riche roi Pieron; De sa femme lui fisl tel lumen-
LAM
- liO -
LAN
« latm Dont on la lisl mourir ainsi que vous
. diruii. • (Guescl. v. G890.)]
I ■uuentoiv rVoirLACMENTER : « Quand le noble
„ rov Charles de France eul oui sa sœur ainsi
. lahwnk'i: •< :l"roiss. Buchon, 1, 1, ».)J
Liunibaudichon. « quelle rejection de dio-
., ses si bien faites et par teb. auteurs, quel despris
„ de les nouinier diansons vulgaires! Lliansons
« bien vuluaires non comme seroilla lirelitenteine
. ou Uirnihawliclion, car ce ne sont cba usons des-
. .nielles on voise à la mouslarde. - iQuinlil Cen-
^g' p i.)5)-.Ievois, dans Cotgrave, que celoit
uncelpècede conte, un terme usité J^ns un jeu
d'enfants, où celui qui se servoil du mot devoit
courir et les autres tacher de rattraper.
l -iniine Lame : « En Perse estoit la cité d'Eli-
« mav da grande et merveilleusement riche d'or et
,. d'ai'^ent^- En la quelle par especial estoil ung-
,. lemule remuiv de merveilleuses richesses comme
. de "Tandes lamines d'or dont on paroit le temple
-. coinme nous parons les murs de tapisserie. »
(llist. de la Toison d'Or, 1, f. 54 ''.)
Lainpas, Lampast. [1° Gorge : « Que s'il bu-
. voit toute la mer Et si n'i eust point d amer, Sa
„ soif n'en estancheroit pas ; Plus fort mal a (juc le
» lamiMS. » (Mabommet, v. 324.)] - -!<• « Lampast
« est une maladie qui vient aux chevaux en la
u oueuUe entour l'ordre des dents dessus aux
u palavs, et vient de sang ; et tu le peulx ainsy con-
. o-noistre • le palais est eslevé et descerne et chaull
„ et se passe dedans; et pour ce les chevaux ne
a peuvent la pasture mascher, ains chet avec la
.. salive. » (Médecines des chevaux, p. 19.)
1 ampe [« Une lampe en une verrière Lui ren-
. doit un peu de lumière. » (Blonde et Jehan,
Y 1144)— «Que nus chandelliers de cuivre ne
«'soient faiz de pièces soudées pour melre sus table,
« ne lampes ne soient faites que d une pièce. »
(Liv. des Met. p. 101.)- .' Une lampe de voirre,
. ouvrée en façon de damas, sans aucune garnison
.. daraent » (Inv. de Charles VI , dans Laborde,
T.maux. 0.0^1.]- Expression : " Tour de lampe. ■•
On lit dans l'Invenlairedes bijoux de Louis d Anjou,
dressé vers 1301, art. 197 : - Un hannap dïir a tour
« dc.-/rtHi»f, assis sur un piéhaulelet. » De même
à l'art ■>ll • « Un gobelet d'or couvert, dont la
» coupe est en manière de banap, à tour de lampe. »J
I ampcr. Boire. En quel(|ues provinces, on dit
de ceux qui ont bu, qu'ils oui bien /am/je. " (Labour.
Orig. des Arm. p. 203.)
1 Lampier. [Lampiste : - C'est le registre des
« lampievs. » (Titre 45 du Liv. des Métiers.)]
2 Lainpicr. [Lustre : « Item trois lamplers
« d'argent pendans devant la grant porte. « (Inv.
de la S"= Chapelle, an. 1370.) - « Un lampier dar-
.. cent pendant à la dite chapelle, lequel est d argent
. doré, en façon de couronne à peliz pilliers, garnis
.. de doubletz do voirre et pend à .in. chaiactles
.< dorées ou il a un pommelet au dessus. » (Inv. de
Charles V, an. 1380.]]
Lamprillon. TPetite lamproie : - Abattez vostre
« moustache; elle^me sent son avaleur de lampril-
.> Ions. •' (Après-dinées, de Cholières, p. 15'2.)]
Lamproie. [« Rois Loeys, qui les François
a maisiroie. L'en fist le don del pris d'une lam-
«. proie. » ^Raoul de Cambrai, p. Si.) — " Que de
« lamproies et d'anguilles Qu'il orent acheté as
a villes. Bien fu chargie la charrette. » (Ren. 781.)
— » Ft cordée comme une lamprotje. •■ (Coquillart,
Enquête de la Simple et de la Rusée.;]
I^anage. rCommerce ou dépôt de laine : " Et
. aroienl /rtHrtf/r's et drapperies à grant fuison. .
(Froiss. Il, 377.)]
Lançade. rcoup de lance : >< Lesuppliantdonna
« à icelîui Bernarl une laneade par la poitrine. •
(.\L 100, p. 151, an. 1400 )]
Lance. [1° Lance . épieu (Voir la figure dans
réd. class. de Roland, p. 59): « Tanz colps ad pris
c. de tances e d'espiez. » (Roi. v. 541.)]
Boaus filz, gar aue ne praignes mie
A home estrange compaignie ;
Et si o toi errer voloit
Et le lien chemin enqueroit,
Ui li que tu plus loing iras,
Et ailiers que tu ne voiras ;
S'il porte /«(îc-«?, va à désire;
S'il espée, va à senestre. (labl. de .S. 6e,'»!. /. V.]
-> Fût d'une lance: « Si eurent mis les glaives
« soubz les esselles dont les lances furent courtes
,. et o-ro'^ses et les fers Irenchans. « (Lanc. du Lac,
t 11 l'ol l'2".) — 3° Cavalier armé d'une lance:
..' Ordonna cent lanches hommes vaillans et bien
a montez. » (.1. Le l'^evredeS. Remy, Hist. de Charles
VI, p. 18.) — " Deux cens lances avec les archers. •
(Berry, Chron. an. 1451, p. 459.)
En cest an le seigneur d'Orval
Ameniou dit d'Allebret
Et plusieurs /rt/ices- t/f c/icw;
En Bordelays firent un Iret. H ty. de LU. 1 11, p. ll-i.J
4° (Lance garnie, composée, dans les compagnies
d'ordonnance de Charles Vil i;20 mai 1445) , d un
homme d'armes, d'un coutillier, d'un page, de deux
archers et d'un valet: " Or estoit la somme des
>. oens d'armes nombrée à dix liiut nulle lances,
. de gens tous receus et escrits à gaiugdu roi, sans
„ les autres lances, et disoit on qu il y avoit bien
« 'XIOOO chevaux. - (Cliron. de Flandre, ch. C.MV.jJ
- .. Le duc mit sus douze cens lances, chacune
.< fou mie de huict combaltans à cheval et ù pie. »
(01. de la Marche, Mém. p. 75.) - 5" .loùte, combat
à la lance:
Mainte jousic i oui fêle et mainte lance i fut. (Rou, 119. J
G- [Mesure- " Vinut mencandées de terre et .xix.
., lances et demie ke je tenoie à Vieslis en deux
,. nièces. » (Cart. de Cambrai, an. l->08.)j - « Hec-
„ lor le fiert si durement qu'il luy list la leste voiler
„ plus d'une lance loing. • (Lanc. du Lac, II, ■j^-''.)
-Expressions: 1° « Lorsqu'il le veoit venir, le
„ cueur luy en-rossa, et dit à soy mesmes qn il !
» iousteraàcedievaliervenanl; aussi avoit il la
LAN
- 141 —
LAN
« lance sur le feutre. ^ (Percefurest , VI, fol. 75.)
Voir Fautre et Ff.litre. — "2° [» Comme le suppliant
« nous a servi comme archier soubz la tance de
« noslre amé et féal Jehan de l.ezay ciievalier, sei-
« gneur des Maroys '• (.1.1. 185, p. '2.")7, an. ISôli,
c'est-à-dire servir sous la bannière, le drapeau de
quelqu'un.] — 3" Lance à feu, de feu , dont la tète
contient des matières explosiitles : [« Lesquels
<■ archiers allèrent en la ville de Dieppe poui' quérir
'< des lances à feu etaulresclioses nécessaires pour
« la tuition cl detîense de la place d'Aniues. »
(.JJ. lit?, p. 22-2, an.147'2.)] Parsuile. onadit "jelter
" des lances à feu » (Oudiii), rendre gorge après
s'être enivré. — 4"[« Lance gcnetaire ou ii\\e\ine. ■•
(J.I. 193, p. 103.3, au. 1474.)] — 5» « Lance A hoele, »
c'est-à-dire qui ne sont pas degueri'e, ni pour jou-
ter à outrance. (Nicot.) — 0° « Poursuivre les
« ennemis à lance baissée et a pointe d'cspée dans
» les reins. » (Brant. Cap. fr. 1, SOi.) — 7^' « Bonne
« lance, « expression ironique. — Parlant d'une
femme :
I.a voyez-vous la bonne lance
Qui donne à chacun une oeillade. [Decis Amoureux, -iO.)
La même expression signifie aussi un poUron,
un lâche. (Oudin.) - 8° « Cheval de lance, » cheval
de tournoi: « Si commanda à ses vai'lels(iu'ilz leur
» apprêtassent deux des meilleurs chevaulx de
« lance qui fussent en bon séjour. » (La ne. du Lac,
II, fol. 9ô».) — 9° « Lance de chair, » expression
obscène. (Mém. de Villei'oy, V, '203.) — 10" « Lance
<■ courtoise, » lance où il n'y a point defer. (Colgr.)
— 11" «/,««('(' aux dames, '» dernière joule d'un
tournoi qu'on couroit i)0ur les dames. (Sainlré,
p. 251.) — 12" « Lances de yect, haches d'armes
« espées de corps et dagues. <■ (Saintré. p. 522.) —
13» « Archiers Irovent villainz, dont la terre esl
« planière;.... Qui porle arc et iiui hache, qui gi'ant
" tance çieldiere. » ^^iou, dans Du Cange, IV, 22.!
— 14" " Lance à la main, ■■ lance on épien dont on
combaltoil à pied. Parlant du gage que devoit jeter
le maréchal du champ clos: ■• Lequel ne jettera ni
« ne doil jelter, jusqu'à ce que l'un de leurs cons"
« leur ayl baillé la lance sur la cuisse et si c'est à
« pied leur /«)((.'(' « main tarson et hache. - (La
.laille, Champ de Dal. fol. 53.) — 15° « Lance de
« moyson, >> lance de mesure : « Beriran se leva et
« arnïa, il vesli un bon gippon faicliz et bien ouvré
« et puis buuliiegou et un jaci|ues llotanl par
•' dessus, mais oiiciiues ne volt prendre poiclrine
« d'acier, laquelle le capitaine lui avoit présentée
<■ deboncuer: mais vouU avoir un escu et lance
" de moyson. » (Mén. p. 39.) — l(i" >■ Si y eut plu-
« sieurs grandes atteintes el rompirent plusieurs
" lances'non comptées » (Mém. d'OI. de la Marche,
p. 570), c'est-à-dire non comptées dans les lances
à lomprc pendant le tournoi. — 17' « Lances à
« poulce. " (Sainlré, p 350.) - I8" « Lance royde, •>
forte lance: « Si tost que les six pucelles vindrent
« par devant les six chevaliers, chacun prenoit son
« cheval de lance roijde aornée de penoncel joly
" qui incontinanl fut embouclé sur ceulx qui atien-
" dùienl qu'ilz fussent receuz. « (Percef-IV, f. 55''.)
— 19° « La seconde lance, » la seconde joute dans
un tournoi: » Monta achevai et chevaucha vers le
« château de grand randon el arriva en la place à
" la seconde lance. » (Percef. vol. IH, fol. 1.58''.) —
20" « Lances sur le col. .. lance sur l'épaule : « Ainsi
« le petit pas tous joints el serrez ensemble, les
" lances sur tes cois allèrent vers les Sarrasins qui
« an champ les atleudoienl. » (IlisL de Boucicaut,
p. 214.) — 21" « Rompre une tance. « D'ordinaire,
dans les rudes chocs, les lances se fracassoient et
sautoient en éclats, et c'est pourquoi, dans les tour-
nois, pour dire faire un assaut de /ahcc, on disoit
rompre une lance. (Mil. fr. du P. Daniel, 1, p. 430.)
Voir Ko.\u>i(E. — 22° « ïombei' en lance. ■> Cette
expression se dit des fiefs qui tombent en main
d'homme, par opposition à lomber en quenouille,
(rancbel, de l'Origine desDigiiitezdeI''rance, p. 57.)
— 23" « Prendre la quenouille et laisser la tance. «
M. de Cuise, voyant les gens d'armes plier an siège
de Paris, leur crie pour les ranimer on leur faisant
honte: « Ah I gens d'armes de France, ;j)v,'h^x. la
« quenouille et laissez- la lance. ■■ (Brant. Cap. fr.
IV, p. 250.) — 24° " Lance à puits, » corde: .. il a
« élé U\é de \i\ lance d'un /luils, • il a été pendu.
(Oudin.) — 2.5° « Coup de langue souvent pis que le
« co<.i[n\e lance- " iDuclos, Preuv. de Louis XI,
p. 468) — 2(5° « Hardie langue, couai'de tance. »
(Colgr.) — 27" « On ne acquiert sans bien grant
« pourchatz, lance ■• (Faifeu, p. 15), on n'acquiert
point d'honneur sans beaucoup de peines et de
soins. — 28" .. f^nce de S' Crespin, .. alêne de cor-
donnier. (Colgr.)
Laucegaye. [Javeline, zagaie: « Icellui Jehan
« Doulcet euibcu de l'ennemi à tout unelancer/aije,
" dague, coustel ou espée. - (JJ. 137, p. 0-3, an. 1389.)]
Laucegé. [Blessé d'une lance: » Pierre du Treg
« dist au suppliant, que son frère, en levant les
« dismes de l'evesiiue de Couiminge, avoii esté
« |ilayé et /flHCf'fifc';.... il avoil eu un cop de lance
.. par les escbines. ■> ^JJ. 187, p. 282, an. 1457.)]
Lanceis. [Action de lancer des traits: >. La
« veult grant bataille, graul /rt/;r(^;s elgrausferi-; »
(Froiss. i(,22l.)]
Lanceor. Lancier: ■■ Li mcillor lanceor sontde
.> .Navaire. « ipoët. av. 1300, IV, 1G52.)
Lauceour. TMeurtrière, au l'eg. JJ. 56, p i'>4
an. 1314.]
Laiicei', Lancliier, Lancier. [1° Tirer un
javelot, une arme de jet: « Lnnçum à lui ; si 1' lais-
« sum ester. » (Roi. v. 2l5i.) — .. Oue il ne fuissent
« requelliel fust an traire ou au lancliier. •■ (Fi-oiss.
IV, 3'i6.)] — 2° Jeter, disperser. Parlant de la mort
delà reine d'Espagne, femme de Pierre le Cruel:
« Prindreul une grant coite pesant la charge d'un
« sommier et la /rt/((/f;r/;/ sur la dame et" lièrent
— les deux coites ensemble d'une corde el si pen-
<■ dirent à chacun corron un mortier. .. (B. Du
Guescl. p 16i.) — 3° Percer, piquer. .Joseph d'Ari-
malhie, parlant aux Juifs de la niorldeJésus-Clirisl :
LAN
— Ml -
LAN
« Vous n'avez pas hien ouvréenverslejusle homme,
• si ne vous estes pas repensez que vous ne le
• crucifiez myc, mais vous Tavez lancé. » (Percef.
VI, fol. 1-23 ''.i—'r Combattre, jouter: 1° au pro-
pre: « Alla le gentil chevalier liiiiccv à ung cheva-
a lier et list en peu d'heure i|u'il l'eut desmonic. »
(Percef. I, fol. 152'.) — 2' Au ligure :
Bien sait traire sans Uoicicr
Amors ce tnic veut avoir
A son plaisir. [PoC-t. av. i300, IV, p. 141^.1
S» [S'élancer, au neutre, au pronominal : « Une
. roche est en mer seans, Moult parfons au milieu
. leans, Qui sur la iner en haut se lance , Contre
» qui la mer gronde et tance. » (Kose, v. ."i!)47.) —
., Qui ailont veïst gens lanciner sus ce pont et tre-
« buchier li ungs sus l'autre. » ([-"roiss. IV, 360.1]
— 6" Donner dès élancements: « Le coeur nous
.. lance. » (Vi?- de Charles Vil, II, 31.) - T» Faire
entrei-: « Elsi avoitnne playe qui luy descendoit
.. de l'oreille jusques pnrmy "le nez si qu'on y Inn-
.< ceroUla paulme. " [Vevc'eï. \q\. 1, fol. 8'J".) —
8» Embrasser: •< Lancer les bras au col de quel-
.. qu'un. » (Gér. de Nev. 1" partie, p. 27.)
Lancerer. [On lit dans un glossaire du fonds
S. Germain : « Lancerer, c'est ferirou lancer de la
» lance. » i.Du Gange, sous Lancenare.]^
I^anceron. Jeune brochet dont le corps est
effilé comme une lance : « Le soir le dit s' de Rour-
•> bon au souper nous envoya une lamproye et
. d'ung grand lanceron. « (Leïl. de Louis \I1, IV,
p. 268.) Voir encore Rabelais, IV, 254.
Lancote. [1° Petite lance : " Jà vos espées ne
i< vos auront mestier Ne ces lancetes, ne ces espiez
« d'acier. » (Rat. d'Aleschans, v. 4695. ) — 2" 1ns-
Irumenl de chirurgie: » Gardés que li laneete ne
« voisl trop dedens. » (Alebrant, fol. 12.)]
î.,aiici. Gorge. Le lanci, mot du Languedoc;
c'est l'csquinancie, de l'espagnol esquilencin , en
retranchant les deux premières syllabes. La signi-
fication de ce mot, dans le même pays, s'est étendue
à toutes sortes de mauvaises choses, jusqu'à la
foudre et au diable. (Le Duchat, sur Rab. H , prol.
p. vn.j — « Que la lans'i vous esclntte, >> espèce
d'imprécation, comme on dit aujoui'd'liui que la
peste vousétoulïe. (Contes de Des Perriers, 11, 58.)
'1. Lancier. Homme d'arme portant la lance.
Les lanciers (dans leur origine) étoient presque
tous gentilshommes, et même Henri III, par son
ordonnance de 1575, avoit déclaré que non-seule-
ment les lanciers, mais môme les archers des
ordonnances dévoient être de noble race. (Mil. fr.
du P. Daniel, I, p. 430.) On disait, c'est un chaud
lancier, pour c'est un poltron. (Oudin.)
2. Lancier. Sommier mis à une cheminée,
passant à travers le mur mitoyen d'un voisin.
(Cotgr.) — « En mur moiloyen, lepremier qui assiet
« ses cheminées, l'autre ne les luy peult faire oster
>' ne reculler, en laissant la moictyé du mur et une
<■ chantillo pour contre-feu ; mais au regard des
" lanciers et jambes de cheminées et cimaises, il
" peult percer le dict mur touloultre et y assoir les
« lanciers et amaises à fleur dudict mur. •• (Thau-
massiôre. Coût, de Derry, p. 457 ; A. Coût, de Mon-
targis, auC. G. 1, 921.)
Lanciere. Ouverture par laquelle l'eau s'écoule
quand les moulins ne travaillent pas (Cotgr.)
Lande. [Terre de bruyère : « Dangiers, li orri-
« blés maufés, Quantilse senti enchausés, S'enfuist
« plus lost que cerf en lande. " (Rose, v. 21535.) —
« Entre le forest de Gedours et l'ost le roy, n'y avoit
>' pas deux lieuwe englèces, et estoient tout belle
« lande. » (Froiss. IH, 427.)] — ■■ Il sera si dompté
« iju'on le pourroit mener par les landes garder les
" brebis. » (Les Quinze Joyes du Mariage,' p. 48.)
Landie, Landye. [Parties naturelles de la
femme : ■> Le fournier les avoit envoyez à la landie
« leur mère. » (.1.1. 149, page 175, "an. 1395.) —
« .lehannin Faulchon dist au suppliant qu'il ainsi à
« la landije sa mère. ■• (.JJ. 189, p. 4'i, an. 14.56.)]
Landier. [Formé par agglutination de l'article
avec undier : « Preoz et pailles, chauderons et Ire-
« piez, Et cros aguz, tenailles et landiers. « (Charroi
de Nymes, v. 777.)] — » Si bien qu'ils furent con-
« traincts de se lever de table et aller à la cuisine
<• où ils ne trouvèrent ame vivante et le feu tout
mort et les landiers froids comme ceux d'une
" confrérie. " (Drant. Cap. Eslr. H, 266.)
Landille. Même sens, dans Brnnlôme. Dames
galantes, I, p. 3'(8.
Landit, Lendit. [1" Du latin indictmn précédé
de l'article comme lierre, lendemain. Ce mol, qui dé-
signa d'abord toutes les assemblées judiciaires el
politiques, fut ensuite restreint à la désignation des
foires, et spécialement de celle qui se tenait dans la
plaine de S. Denis, le 1 1 juin. (Voir dans le diction-
naire de Paris de Ilurlaul, un poëme du xm' s. sur
la fêle du lendit) : « Qui achètera un seul van îtson
« user, ne doit noienls se il n'est foire du /o»//^;
•> et se il est lendi, si en doit obole. » (Livre des
Met. 285.) — - Le dimanche prochain après la beni-
« çon du /rtH(/i/. » (.IJ. 50, p. 9, an. 1314.)] L'Univer-
sité avait congé ce jour-là. Primitivement, dit
M. Quicheral (lîist. de S" Barbe, p. 260, t. 1), « elle
« s'y rendait eu corps avec tous ses suppôts, afin de
« donner plus de solennité à l'inspection que le
» recteur allait faire là du parchemin mis en vente ;
« cai- la juridiction du recteur s'étendait sur le com-
« merce du parchemin et du papier, et ces matières
« ne pouvaient pas être débitées qu'il n'eîit constaté
« auparavant le bon aloi de leur fabrication. Des
" inspecteurs attitrés visitaient le papier en son
" nom; lui-même était tenu de visiter le parchemin.
« Lors donc qu'il allait à saint Denis pour approu-
« ver ou rejeter celui qu'avaient apporté les mar-
» chauds forains, de l'escorte que lui faisait toute
« la jeunesse des écoles résultait un interminable
>i déiilé : la circulation était suspendue dans la ville
« pendant des heures entières, et, si quelque convoi
<> trop pressé essayait de couper le cortège, l'émeute
« éclatait infailliblement. A cause de cela les coUè-
LAN
— 143 -
LAN
<> ges fiirenl éliminés en 1504 de la procession du
» recteur. Dès lors ils allèrent au Lendit séparé-
" ment, en partie de plaisir. Les mailres profilèrent
« de Toccasion pour donner sous la lente ou dans
'■ une auberge du bourg, le diner du grand lundi
« d'été. Pendant les apprêts, les élèves visitaient le
« trésor de Saint Denis, s'approvisionnaient aux
« étalages des petits objets nécessaires pour fetude,
« ou se baignaient dans la rivière, chose qui était
« défendue à Paris, comme contraire à la décence. »
La débauche devait accompagner ces réjouissances ;
au Cart. de S. Martin des Champs est inscrit un
arrêt « par lequel une femme amoureuse, qualifiée
« reyne du lendit, fut contrainte vuider d'une mai-
« son assise en la censive S. Martin. » — 2° Hono-
raires payés aux maîtres par les écoliers le jour du
lendit. On appeloil trippelandis les écoliers qui
frustroient leur maître du salaire qui leur étoit dû.
(Ménage.) — 3° Péage : « Noslre lendit ou péage et
'< bastage de S. Julien en Minerbois, en la senes-
« chaussée de Carcassonne. » (.1.1. 8-2, page 03'2,
an. 1340.)]
Landon. [Billot attaché au cou des chiens pour
les empêcher de chasser : « Lequel sergent comman-
• doit à ceus qui avoienl chienz, que il meissent
« landons h leurs chiens, en la saison que il appar-
» tient îi mettre landon. • (.IJ. 02, p. 300, an. 1320.)
— « 11 avoil esté signifié que chacun qui auroit
« chiens, leur mist ii diacun un baslon appelle lan-
« don au col, à ce qu'ilz n'entrassent ne feissent
« dommage es vignes. » (JJ. 105, p. 171, an. 1411.)]
Landore. Paresseux. [Comparez le bas breton
landar'] : <• Les oultrageai'ent grandement, lesappe-
<• tant... Icuidores, malauctruz. ■• (P.ab. Garg. I, 25.)
— <■ 11 y a force grands, qui sont grands l'nndores,
» tant mal baslis et adroits que c'est pitié. » (Braiit.
Cap. fr. Il, 401.)
Landreux. Déguenillé, infirme. (Oudin.)
Landrivol. [Andrivelle, cartahu : « Enfans,
« votre landrivel est tombé. » (Pantagruel, liv. IV.)]
Laudwere. [Digue, pour Lnndweltr, défense de
terre : « S'en vindreut par trois batailles... jusques
« h une landwere [cesloil une delfense d'un fossé
" qui estoit non pas moult loing de Hi). » (Froiss.,
t. XIV, 200.) — .. En tournant et advironnant celte
» landwere. » (Id. 294.)]
1. Laner. [Lâche. (Voir La>u;ii) : » Car teus est
« povres qui a corages fers Et teuz est riches qui a
« le cœur lane7\ » (Cérard de Viane, dans Du Cange,
t. IV, fol. 20 ■■.)]
2. Laner. [Apprêter la laine : « Filler, tresser,
« fouler, laner et taindre, comme de toutes autres
« choses, qui a niislere de drapperie appartient. »
(JJ. C9, p. 1, an. 1334.)]
Laueiii'. [Ouvrier en laine : « Robin Trebut
» povre varlet lanenr de la ville d'Evreux. » (JJ. 140,
p. 208, an. 1391.)]
Langage. [1° Discours, ensemble de paroles,
paroles : « Droiz empereres, entendez mon lan-
« gage. » (Coronement Looys, v. 2282.) — .. Car sa
« biautez me fait tant esbahir Que je ne sai devant
. lui nul langage. - (Couci, XIX.) — « Et leurdisoit
« ces langages en riant. » (Froissart, t. V, 31)] —
« Deau langaige que le roy de Navarre dist au
• régent et à son conseil. ■■ (Cliron. de S. Denis, II.
fol. 259.) — [2° Manière de s'exprimer bautaine et
arrogante : » Icellui Bisot, qui estoit bonis de grant
» langage et esmouvens, parlast audit marchant
" par plusieurs fois de grosses paroles en l'appel-
<■ tant ribaut, garçon, pillarl. » (JJ. 100, page 914,
an. 1370.) — « De ce débat qui estoit et fu grant et
« de liault langaqe entre les diz compaignons. »
(JJ. 142, page G, an. 1391.) — 3° Manière d'e parler
propre à un pays, à une province : « Mon langage
« ont blasmé li François Et mes cbançons, oyant
« les Champenois. » (uuesnes de Béthune, romane.
page 83.) — « Comme d'ancienneté ail esté usé et
" accoustumé oudit pais de bailler enfant de la lan-
• gue d'oyl à celle de Flandres, et de celle de Flan-
» dies à celle d'oyl, pour apprendre les langaiges,
« et à ce filtre, Pierre de Grandfeurre né et demou-
>• rant en nostre bonne ville de ïournayeust baillé
« un sien enfanlpar eschange pour un autreenfant,
« filz d'un laboureur de la ville de Gand. •■ (JJ. 121
p. 318, an. 1382.) — « Icellui de Chastillon cognut
. au parler que icellui Thomas estoit Picart; et
« pour ce par esbatement se prJst à parler le lan-
« gage de Picardie, et ledit Thomas qui estoit
» l'icart, prist à contrefaire le langage de France ;
« et parlèrent ainsi ensemble longuement, et tant
" que ledit Thomas se prist à courcier de ce que
« ledit Chastillon coiitrefaisoit son langage, et
« l'appella pour lui faire desplaisir, sires bonis, en
« lui disant que c'estoit à diie en langage de leur
■> pays, coux. • (JJ. 1.33, page 100, an. 1388.)] —
4" Xation. Parlant des Espagnols, jaloux des Fran-
çois et Navarrois : « La commencèrent a avoir
« envie sur les François et bien s'en apperceurent
« les François varlels et les fourrageurs des cheva-
« tiers François et Gascons, car on avoit ceux de
« France et du Langage logés ensemble. » (Froiss.
liv. m, p. 50.)
Langage!', Langagier. [Parler, discourir :
« (Dan l'ietre d'Espagne) qui sdenoit tout dis pre-
" sens enmi le parlemenidalés ledit prince qui par-
« toit et langagoit pour lui en coulourant ses
« besoignes. » (Froiss. VII, 109.)— « Ensi et autres
« semblables paroles langagoicnt li Englès. « (Id
liv. X, p. 204.)]
l^angageur. [Hâbleur: » Entievous, bourdeur
« el langageur et vendeur de bourdes et langages. »
(Froiss. t. IX, 12G.) — « Guillot le Champenoys, qui
■< est homme de petit gouvernement, yvrongne et
« grant langageur. >- (JJ. 144, p. 285, an. 1393.)]
Langagier. [Querelleur : « Icellui Enguerran,
« qui est homme de dur renom et langagier, dist
« et divulga en plusieurs lieux public(iuement. "
(JJ. 189, p. 303, an. 1459.)]
Langaire. .Même sens ; « Si aucun langaire
" accoustumé dire injure ù aucun bourgeois en la
LAN
- r.4 —
LAN
» rue ou au f;nill)ourg', le bourgeois ne cliercliera
« baslon pour le battre, s"il ireii a. mais s"il veut le
« frapper;! par trois fois de poing et s'il tenoit en
" sa main un liaston on versiO, le frappera par trois
" l'ois, s'il luy plalst et s'il dit de reclief injure, il le
« mènera au juge lequel fera justiee d'iceiny. «
(Coul. de Landrecies, N. C. G. 11, p. 'iGÔ '.)
I.angais. [Rtoffes de laine. Iang,es : ■• Des prof-
« fiels des sros Uinrjais dudit lieu de Hue, ijui se
» soulloieut bailler à ferme pour Mois ans. ■■ (îiev.
du comté de Ponlliieu, an. ir)54.)]
Laiioart. [iiabillard : « Jeban Senau.ll fort lan-
' (jart et aecoustumé de parler. » (.1.1. 18'J, p. 859,
an. liV.».)] — « l.e.s /«»j/«?'s orateurs. ■• (Tahur. 103.)
Quant est de moy, je n'eus onc crainte d'ame
I'"oi'.s seulement, en entrant cliez ma dame,
D'estre aperceu des lanijctrs dangereux. (C. Mayol, l'S<S7
ï^anyaver. Considérer la langue d'un porc pour
voir s'il est ladre : « Les boiiebers qui tueront les
<• pourceaux, ne pourront prendre pour tuer un
pourceau et saler que dix buitdeniers et non plus
« et de lanijaijor trois deniers. » Ord. des P.. de Fr.
I. II. p. 37(i.) '
1. Lange. 1" .Manière de parler : <■ Ma douce
« dame, on doit douter lange polie. « (Poët. l'r. ms.
av. 1500, t. IV, p. 1300.) — [« Cols de lange ne fait
» plaie » (Cieslien de ïroies, dansllolland, p.'iGG.)
— '2- .Nation : « Après envolera messages, Par les
" tenes, par les lanijei>. " (Lusidaire, ms. dans D. C.
l, IV, fol. 12^2".)]
2. Lange. [1° Laine : « N'ai Robe do lange ne
« de lin, A granl povrelé sui remese. » (Renart,
V. 30.318.) — '« Les toisons por faire dras langes. »
(Rose, V. "20189.) — '2" Robe de laine tenant lieu de
ebemise aux moines, aux pauvres et aux pèlerins :
" ,1e me parti de Joinville, sanz rentrer ou chastel
" jusques ù ma levenue, à pies, deschaus et en
» langes. » (Joinville, § 122.)]— « Une dame ayant
" perdu les traces d'un grand guerrier fait ce ser-
" ment : Jamais je ne gerray que nneiiuyclen une
» ville, devant que je l'auray trouvé on mort ou
« vif, ne jenevestirayjamais linge emprez ma cbair,
» si non lange; ne jamais cbairne poisson neman-
« geray fors pain et vin seulement; ne ne vesliray
'< robbe qui envers ne soit ; nechevaucberay cbeval
« qui n'ait la queiie couppée et n'aura frain en teste
« qui mauvais ne soit. - {Gloss. de l'IIist. de Bret.
qui elle Lanc. du Lac.) — [De là l'expression " se
" frotter au lange, >■ comme nous dirions porter la
baire : • Assez sovent lessa le linge Et si frotta le
« dos an lange. » (Rulebeuf, 11, 157.) — ■• Tel cuide
« on qu'au lange se froie. Qu'autre cbose a souz la
. courroie. » (Id. 206.)]
Trop auroient donc fait cil cordeler fou change
Oui toz-jorz vont descliauz et se frolcDl au lange
S'il cuidoient avoir paradys sanz eschange.
Clianluiileurc, MS. de S. G. f. lOi. R° col. 1.
Langeaii. [Flacon, bouteille : « Une cbopine,
« six escuelles et un langeau barré. » (JJ. ICO,
p. 333, an. i'iOt!.)]
Langeon. Drapeau d'enfant. Faisant parler
Ib'i'ode qui se repent du massacre des Innocents :
Puis il dira : leur vie j'estimois
Sans nul honneur de l'honneur que j'aymois
Voire et leur mort honteuse et très vilaine
Dens Irurs /«îif/coii.s- et drappeaux et simois
Dessous deux ans, d'un an, d'un jour, d'un mois,
lUoncs, noirs et blonds ont passé par la paine
Du glaive... (Marrj. de la ifai-cj. f. UU ^'.]
Langeot. Même sens : « On voit les enfans des
« Anieriquains les plus droits du monde combien
« qu'ils ne soient jamais renfermez et empaquetez
» en des linges et langeais. » (Bouchet, Serées,
page 208.)
Langeul. [Drap de laine, opposé à linceul, drap
de lin : » Un lângeul à lit, qui bien valoitdix solz. »
(JJ. 142, p. 1)6, an. 1391.)]
Langoienient. [Action d'examiner la langue
d'un porc: « Print douze deniers de lanf/oiement. »
(JJ. 113, p. 31.^1, an. 1378.)]
Langoieur. [Celui qui d'office examine la
langiie d'un porc : ■• Perrin Landi'y langoieur ou
« essaicur de pourceaux. >■ (JJ. 113, p. 31-'S,
an. 1378.J]
Langoine, Langone. [Monnaie de Langres :
» Geste vendue fut faite pour trois cens langones...
« .x. livres d'estei en ans ou de langoines. » (D. C.
sous Langones.]']
Langor. [Peine, souffrance : « S'aurai à son
« plaisir lanijor Ou mercit, s'il l'en prent piteilz. »
(Wackernage'l, p. 50.)]
Laugorer, Langorii*. Languir :
Pour soixante ans ne doit nulz avoir joye
De UuKjorer en cesle vie humaine
Qui devers Dieu ou en enfer vous maine. [Descli. 185 •>.]
Parlant du siège de Pontoise mis par les François;
Les gens là estoient laur/oris
Et fist les vivres deschargier
Lorc, lors prevost de Paris
Qui se misl en unggraul dangier. /V. deC/iarles VII, iSij.J
Langoste, Langouste. [Sauterelle : « Les
« blez de la terre livi'a Dieusà langoste. » (Psautier
du xiir^^ s., fol. 95.) — « Sa viande (la nourriture de
» saint Jean Baptiste) fu miel eilangoust.es. » (Brun.
Latin. Trésor, p. 68.) C'est par assimilation qu'on a
ainsi nommé les langoustes de mer; de même, sur
les côles de Normandie, on nomme sauterelles les
crevettes.]
Langoureux. [Soulîrant : « Amoureuses et
a amoureux Qui d'amour savez la couvine. Faites
" secours au langoureux. » (Descb.)]
Langoyci". [Examiner la langue d'un porc pour
voir s'il n'est pas ladre : « Le prevost de Mont-
« leliery lui defendi vendre et /aHj'oyn' pourceaux. »
(JJ. 113, p. 314, an. 1378.)]
Langront. [Langouste : » Gammarum Galli et
« Normanni appellanl bomar,... nosln langrout ei
« escrevise de mer. » (Traité des poissons, B. N.
lat. 6838, C. cb. 133.)]
Langue. [1- Organe : • El s'aucuns fel sa lan-
LAN
— 145 -
LAN
« gue en sache (lai de l'Ombre). » — a Renarl li a
« la /a?i£/«^ traite Bien demi pies fors de la aueule »
(Ren. V. 1200.) — 2° Parole : <■ Quand uns liom a
« bone la7i(jue dehors, et il n'a point de conseil
« dedans, sa parleure est fièrement périlleuse à la
« cite et a ses amis. » (Brun. Lat. Trésor, p. 469 )
- 3° rarler propre à un pavs. (Voir sous L.\ngage )
- La langue italienne est composée de cinq autres
langues : « Le Latin esloit la langue première de
" italien : ce neanlmoins par laps de temps le Gol
« le Lombard, le François et de nostre temps l'Es-
« pagnol y ont tellement mis du leur, que vous la
« voyez estre composée de ces cinq; et toutes fois
" n y a rien qui soit pur Latin, pur Cot, pur Lom-
« bard, pur l'Yançois, pur Espagnol. » (Pasq. liech.
p.bM.i - >. Je ne fais aucun doute que le pays de
« Languedoc n'ait dit par une transposition et abe-
<■ ration de parole quasi langue de Got: encore que
<■ jescache bien que l'erreur commune soit que
« 1 on estime que ce pays soit ainsi nommé de cette
" diction Oe, qui signifie entr'eux o^nj, pour laquelle
« cause quelques ignorans divisèrent autres fois la
« irance en Langue d'oc et Langue d'outj, comme
« voulans dire que les uns prononcent oc et les
« autres ouy. « (Pasquier, Hecb. p. 34.) [Ce sont les
ignorants qui avaient raison.] - . Les sens des
° trois estais de nostre royaume de la kuiaue d'oil
« etdupayscouslumier. » (Ord. des R. de Fr III
p. G8 ) — .. Langue corte, » la langue qu'on parloit
dans la iNovempopulanie, maintenant la Casco^ne
- 4" dation : « Langue Tyoise (allemande), » dans
la Chron. de Nangis, an. 4339. - ., Personne de
« quelque eslat qu'il fut ne de quelque langue »
(Journal de Paris, sous Charles VI et VII, p 108 V—
Les chevaliers de Malte disent encore langue Espa-
gnole, langue Françoise, langue Allemande -
o" Languette, aiguille de balances : « Chascun mar-
« chands bourgeois de Paris aura bonnes
« ballances et justes, perciées entre le bras et la
« langue sans estre enarcliices. » (Ord t 1 p 759 )
- 6° [Bandes d'étoft'e découpées en pointé ■'« Les
« langues d^or (du gonfanon) li sont as poins
« bâtant. » (Roncisv. 38.)] '
Si aurez un bon confenon
langues tresque al arron
Chauces telcs, hauberc "et heaume
N'aura meillor en cest roialme. [l'arlon. de Bl. f. i5-2.]
[« Item cinq assaies d'argent doré, garnis de
« lycorncs et de langues serpentines. » (De Laborde
Ducs de Bourgogne, t. IV, 84, an. 1477.)] - « Au
« dessus du comble de leurs testes ilz avoient chas-
« cun une longue poincle de langue d'une brasse
f , ^nn™^'^ '^" manière d'espée. » (Percef. vol. III
loi. 100 ■'.) - » La reyne Genièvre envoyé à Lance-
« lot un pennonceau a une langue vermeille lequel
« e le veut qu il porte sur son heaume. » (Lanc
du Lac, I fol 103.) - Expressions : » 1- « Langue
• de beuf » demi pique: [a Icellui Perrinels'en ala
« en la ville de Ilebonnieres atout uneguisarmeou
. langue de beuf. » (JJ. 176, page 15, an. 1441 ) -
2." Langue de serpent pour faire l'essai du sel •
VII
« Ilem une nef d argent et une langue de serpent
» aveques. » (iNouv. Comptes de l'Arg. p. 58, %m W
— 0° Langue dorée : s f . îj < v.;j
Si riche n'est qui ail que sa ventrée
Pour sens avoir ne vueil langue dorée
Ne pour honneur tant souffrir de mesaise
i eus tels estas n'est que vent et fumée
11 me soufhst que je soie bien aise. (Desch. f. 309 «.J
-i" u Avoir langue d'argent et mains d'or » :
Quant li lioms large.? a esté
Et il vient en escharseté,
L'en dit que c'est signe de mort
tt le monde à ce point s'amort
Qu'il ne veult qu'urgent et or fm
Si puet on jugier que la lin
JJe ce monde vient et approuche
Mais ceuls qui en tiennent la broche
Ne veulent leur or desbrochier
Ne on n'ose ceuls approuchier
Qui oui Dwiiis d'or, langues d'anjaut
L en ne tient compte d'autre gent. "(Desch f 5-t^ c j
^PHi/'^?'""- f "/'^■"''^' " '^"8"«^ médisante.-.
u^'.al' W r-^ -^ ^^\^^ expression est encore en
\T,T ~ r '; ^'^'■'S.ou liommes de langue, . procu-
il' ;T„" , '^^' ,'^"' *?^^ ^'"''"'^ procureur ou homme
« de langue a la vierschare fera niemierement
« sermeiitde bien et fidèlement servir in cSm
« selon sa connoissance et de ne point sousteuirde
C 'ïïrxTr'"t''f '''^5?''\'"^'^''*^^' " (Goût. Se
r;«»Li. *■/' P'-P "•) - ^° " Gens de deux
«langues » inlerpreles. (Sainlré, p. 318) -
8" « Coup de langue d'avocat » :
Et je diray en bonne foy
Tant de bien de voslre personne
Et plus c'une cloche ne sonne
Et n;aiez en mon corps fiance
Car je vous tieng en deffiance
be du pourpoint ne suis payez
Vous serez batus et plaiez
Du coup de langue d'avocat
Et proposera tant de cas
Contre vous à tort et de droit
Que nous serons en champ estroit. (Desch. f. 420 >>.;
?nnp?"?nl': '"^'^ '^"^^"^ P's quelecoup'de
» lance. ■> (Chasse d amour, p. I47 i» ) - 10° « /««-
« gue de leu, » injure :
Filz a vilain, fait il, malfez,
Malostruz et mal engendrez
Orgueil de sert, hueil de larron
Langue de leu, cri de paon. (Parlonop. f. 104 \]
(J^^-\^'f^^''Ï!^^^'"r!^Oues, .. médisants. (Percef. V,
iMlmnvl'h.r ,° "• '^°""^'' ^">^'-l"^^ " »0"S disons
Hr f «n ^"'S'''"'ement faire le bec à quelqu'un :
" ÎLif ; '°"r°" '''^^"''^ '^^^ espions, dont il n'en
" ,f^°r\Jf"=W^"^^^^''^^o"'^''2s et de simples et
" Kp,,î^-^*^•^''?"'es sortes auxquels fit courir le
■< bruit et r/oHHrt langue comme dans un tel jour
c-u^ff'u ™"l"ement se devoil faire. .. (Brant.
cap. II, p. 34o.) - 13° « Avoir langue grande. »
- » un autre pria ceux de la Serée de'luv dire
" pourquoy on dit que les babillards et ceux qui ne
" nvcp,f "^ ^^ '^"^'^ ?"' '« '«"î/"^ orande, et aussi le.^
" ri n i"" TJ' P''"'lent ont la langue plus large que
" ^'Pin'", •'^•^" '' ^'^ •-^«"tenla quant on luy eut dit que
« c etoil a cause que ceux qui ont la langue courle
i9
LAN
- 146 -
LAN
«■ el ceux qui ne peuvent pousser la langue bien
« avant tiors la bouclie ne peuvent parler ou par-
" lent difllcilement. » \Bouchet, Serées, p. 438.) —
l'r >■ Avoir, ou entendre laïujuc de quelqu'un, »
entendre parler ou avoir des nouvelles de quel-
qu'un : « Kn proclamation de partage, pour les biens
« des personnes qui ont este sept ans el plus liors
« de nosire pays de l'iandre sans en avoir eu lan-
■• ijue 01! de marque, l'on observera les procédures
« cv-devant déclarées. » Coût, d'ipre, N. C. C. I. I,
page 884 '■.) — lô" « Prendre langue de quelque
>■ cbose, >■ parler, discourir sur quelque ciiose :
« Si le battement de cœur, le pantlielenient, et la
« crainte d'une descouverte y entrèrent quant et
» luy, nous n'en prendrons pas langue pourcecoup,
« mais nous jugerons de ses esmotions par les iios-
« ires, si en pareille surprise nous nous voyons. »
(Peler, d'amour, t. I, p. 156.)— 16° « Aller prendre
« langue des ennemis, » aller à la découverte des
ennemis. (Mém. d'Angoulesme, p. 64 ; Mém. de
Sully, H, p. 237.)— 17" « Rapporter bonne langue, »
en parlant d'un espion qui apporte des nouvelles
exactes. Brant. Cap. Fr. t. 1, p. 17.) — 18° <■ Tirer
" bonne langue de quelqu'un, » tirer de bonnes
nouvelles : « Monsieur de Salvoison gouverneur de
« Vérone, gueres loin de Casai, avoil par sa libera-
« lité.... gagné quelques-uns de celte ville.... et en
» tira d'eux si bonne langue qu'il trouva fort
« propre de faire son fait. » (Brantôme, Cap. Fr. II,
p. 336.) — 19° « De soupirs etlarmes iahe tangue, »
parler par les larmes el les soupirs :
Et lie souspim el larmes feirent la))gues
Pour achever, sans parler, leur harangues.
Les Marg. de la Marj. f. 383, R'.
20» « Sçavoir bien joiier du plat de la langue, »
savoir bien parler : " Zaleucus disoit que les loix
" estoyent semblables aux toiles des araignes. Car
« comme la petite mousche y demeure, mais la
» grosse en sort par force : ainsi les povres ou ceux
« qui ne sçavenl pas bien babiller demeurent enfilez
« dedans les Loix : mais ceux qui sont riches ou
« scavent bien jouer du plat de la langue, rompent
« leurs tilels. » (Apol. d'Herod. p. 6!t.) — -21° .. Tenir
» la langue entre les dents, » se taire : « l-"eroient
« beaucoup mieux a te)iir leurs langues entre tes
« dents que de blasmer aulruy. « (Strap., I, p. 34.)
— 2'2» « Laiigue meut bien, mes cuer ne puet cban-
« gier. .> iVaticau, n» lô'i'i, f. 167 '<.) — 23° » Ou la
« dent se deult, la langue va. » (Voy. Ilist. de Bou-
cicaul, p. 378.) — 24" « Langue courte et longues
« aureilles servantes doivent ù leur maîtresse. »
(Aresta Amorum, p. 183.) — 25° » Mieux vaut glis-
<■ ser du pied que de la langue. » ^Cotgrave.)
Languebault. [Injure. (Voir L.\>die) : » Ostelet
« (îuisot esturqua oti boula aucunement contre le
« maliutre Colin marchant ; el à ceste cause disl :
« Pouri[uoy m'as-tu eslurqué ? En disant OLilre,
« \vaite, qïiel tanguebault... A quoi ledit Ostelet
» respondi : les languebautx ta mère sont ilz si
« failz. » (.J.I. 195, p. 7, an. 1467. ]
Languefride, s. Sûreté publique des grands
chemins, de Land, pays, et Fried, paix, institution
ou ordonnance connue en Allemagne : « Messire
« Charles de Boème qui pour ce temps regnoil et
« estoit roy d'Allemaigne et empereur de Romme,
• institua le duc Wincelanl de Boème et le fit sou-
« verain regard d'une institution et ordonnance,
« qu'on diten Alemagne h\ languefride ; c'c&iaà'u^e,
« tenir les chemins couverts el seurs et que toutes
« manières de gens peussent aller, venir et che-
" vaucber de ville en autre seurement. » (Froiss.,
liv. III, p. 266 el 264.)
Laiigiielette. Diminutif de langue :
Toutes nos Unujiieleltes
Pour louer ses vertus, seroient toutes muettes.
Les Tri. de Pétrarque, Irad. d'Opcde, M. 32, V*.
Langiiete. [« Une fascie la quele a pluseurs
X grelles chiés ou languetes. » (H. de Mondeville,
folio 78 ''.)]
Langueur, Languor. [" Si avinl que maladie
» le prist, et cbei en langueur el langui grant
■■ pièce. » (Mén. de Beims, §433.) — » De le e'nfer-
« teit de cesle languor ne muert nulz, se cil non ki
« estencor foibles. ■> (Job. p. 518.)] — Expression :
» Jurer langueur, « c'étoit prouver par le ser-
ment de plusieurs témoins que l'on n'a pu se trou-
ver à l'ajouruemenl pour cause de maladie. (Ane.
Coût, de Norm. f. 64 =>.)
Langueycur. [« Langueyeurs sont tenus de
« reprendre les porcs qui se trouvent mezeaux en
.. la langue. » (Loysel, 419.)]
Languide. [» Et jà son œil languide à voir le
« jour commence. » (De Brach, Ilierusalem, f. 69",
XVI' siècle.)]
Languler. [Langues de serpent réunies sur les
pièces d'orfèvrerie, particulièrement sur les salières;
elles servaient à faire l'essai du sel. iVoir sallière,
serpent.) : « Un languier de langues de serpent, où
« il ne faut riens, auquel languier avoil un pié, un
« camahieu ou milieu, semé d'esmaux et doré,
» pesant .vi. marcs, .vu. onces. » (Compte de 1353,
dans De Laboide) — Voir aussi d;ins Tlnventaire
des bijoux du duc d'Anjou, sous le § 81, la descrip-
tion détaillée d'un autre langu'ier.'\
Languine. [Langueur, faiblesse : « A l'occasion
« desquels coups icellui Ancel a esté en grant lan-
u guine. .■ (JJ. 176, p. 273, an. 1443.)]
Languir. [» Tant com lui plaist, me puet faire
u languir. » ^Couci, XL) — ■■ Ne que en la prison
» lesfeisl-on languir. » (Berle, coupl. 63.)]
S'ele estoit mesele
Celé à cui me sui donnez,
Si voudroie mieus assez
Que mon cuer en laixjuesisl
Qu'autre son preu en feist. (Val. i52i?, f. i5i '.,'
Expression : •■ Occire en languissant, » faire
mourir dans les tourments : » Us m'eussent pieca
« occis s'ilz eussent voulu mais pour ce que je les
« avoye blecez, ilz ne me voulurent point occire
« fors seulement en languissant : mais Dieu mercy ■
« vous nous en avez délivrez par vostre prouesse. ■>
^Lanc. du Lac, 111, L 19'».)
LAN
— 147 -
LAN
Languis, s. r?î. Air de danse : ■■ Les menestriers
« alors commencierent à jouer de la basse dance,
« le /anguis et le lardant désir. » (Aresla Amoriim,
page 206.)
Languissement. Langueur amoureuse : « Le
« languissement sans cause apparente suit les
« amans. <• (Maladie d'amour, page 87.) - [« Ces
« regards desrobez, brulans de passion. Ces doux
« languissemnis, ces mignardes caresses. " (Des-
portes, Elég. I, 19.)]
Languisson. Langueur : « Mouroient presque
" tous cliques de languisson. » (J. d'Auton, Ann.
de Louis XII, p. 224.)
Langustes, s. Sauterelles. (Marbod. col. 1664.)
Lanieclie. [Laiiice, bourre provenant de la
laine : <• Que les contrepointiers deseur soient de
« bourre lanicche. <■ (Liv. des Met. 387.)]
Lanier. [1° Oiseau de proie : « Le lannier ne
« vole fors aux perdris et aucune fois au connin et
« au lièvre, et non plus. » (Ménagier, III, 2 )] —
2" Homme semblable au lanier, lûche, paresseux :
Partonopex n'est pas bahis,
Ne point laners, ne point vestis
Ainz fait bons poindres et forniz
Et volantiers, non à enviz. (Varlonop. f. i5S ^.j
['• Mal déliait ait! je le taing por lanier Le gen-
« tilhomme, quand il doit lornoier A gentil dame
« quant se va conseiller. » (Raoul de Cambrai, 44 )
— « Garde que tu sois de cheus Qui lanier sunt et
« perecheus. Qui perecheus est et laniers. De nou-
« veauté est parchonniers. » (Caton en roman, dans
Du Gange, t. IV, 20 f.)]
Lanière, f.. Et au pillier pendoit ung escu dont
" la campaigne estoit de fin or, ù une lanière
« d azur, à ung rai de feu vermeil. » (Perceforesl,
vol. I, f. 65.) — « A courte chausse longue lanière »'
(Cotgrave.)]
Lanner. [Apprêter, mettre en œuvre la laine
aux Ord. vu, p. 51/,, a,, 1402.]
Lanneur. [Ouvrier en laine : .. Jaquemin ller-
'• min de Nielle le Chastel, lanneur de draps lequel
« lanneur requist. » (J,J. 112, p. 113, an. 1377.)]
Lansage. [Aliénation : « Toutefois les parens
« peuvent départir leurs héritages à leurs enfans
« en lansage ù l'un plus qu'à l'autre, sans aller ù
« la justice. » (Coût, de Liège, ch. 0, art. 4.)]
1. Lansager. [Aliéner : « Feumain ne peut
■'lu usager héritages d'enfans, dont il est feumain ..
(Ibid. art. 28.1]
2. Lansager. [Celui qui aliène: - Tous treffon-
« ciers et lansagers peuvent déminer pour faute de
« relief. « (Ibid. ch. m, art. 17.)]
Lansquenet. [De l'allemand Landesknccht
serviteur du pays, fantassin de la plaine, dii
tlachlaml. On le nommait ainsi pour le dislin^-uer
des soldats suisses qui venaient des montagnes
dUri ou dUntervvalderi] : « Est la cousiume'des
« Alemans que s'ils estoient payez jusques à
« aujourd'hui, et demain il y avoit assaut ou
« bataille, ilz entendent qu'il leur est deu nouvel
« argent et ceux qui criyoient le plus haut, c'es-
« toyent les lansquenets et les gens de pié, et con-
« clusion ils ne voulurent point marcher avant. »
^0. de la Marche, Mém. liv. II, p. 648.)
Lansquenette. Lansquenet, jeu de caries.
(Oudin.)
Lanssot. [.. .Jehan Guillory tenoit en sa main
« un petit dard ou lanssot. » (.J,J. 153, page 433,
Lanterne. [1° Cage d'or, d'argent, de cuivre ou
de fer, avec de minces feuilles de corne pour porter
une lumière et l'abriter du vent : « On n'eiistcieroe
-• ou lanterne enWchéè. » (Roncisv. 118.) — » Nus
« pingniers ne doit ne ne puet melre cor nuef ne
« viez en mernen de viez lenternes pour vendre »
(Livre des Métiers d'Et. Boileau.) - « Une lanterne
« d argent doré par les bandes, pesant, avec le cor
» trois marcs, cinq onces. " (Inv. de Charles V ) — '
1" Lanterne de vaisseau : » Par Sebre amunt tullur
« navilie turnent Asez i ad lanternes e carbuncles »
(Kol. V. 2142.) — . Une lanterne fit li dus mettre
« en sa nef et mast dessus. » (Roman de Rou.) -
3- .Joyau pour enfermer des boules de senteur •
« vnc très petite lanterne d'argent dorée, à une
» chaisne, pour mettre oiselles de Cipre, pesant une
« once et demie. » (Inv. de Charles V.) - .',0 Lieu
entouré de barreaux : « Icellui sergent entra de fait
« en un petit cabaret, que on dit^la lanlerne par
« ou l'en va ou cellier dudit hostel. » (JJ 146
page 139, an. 1394.) - 5° Parties naturelles de là
lemme : « L exposant dist qu'il s'en alasl ù la Lan-
« terne sa mère ; et adonc ledit Deschamps lui dist •
« mais va à la lendrie ta mère. » (J.J. 151, page324
an 1397.) - Voir le sens injurieux que lui "clomiè
Rabelais dans son isle des lanternes.]
Lanterner. [1° Renvover quelqu'un à la lan-
terne d'une lemme pour l'injurier : « Icelli .Jehan
<• dist au suppliant moult de villeniesen l'appellant
« pluseurs foiz filz de putain et en le lanternant »
(J,I. 142, p. 287, an. 1392.) Voir l'étvmologie donnée
par Bouchet, Serées, liv. III, p. 250.] — ^2° « Lan-
" terner autour du pot, - être irrésolu. (Oudin ) —
Expression : « Parchemin lanterné, » transparent
comme la corne d'une lanterne ; parchemin vierse
(Rabelais, t. IV, 204.) '
Lanternerie. Menterie. tromperie : « Voyla de
« belles /rt)tto-Hmd?s bien inventées. » (Des Ace
Digarr. liv. IV, p. 48''.)
Lanternier. [1» Fabricant de lanternes : .. Qui-
« conques veut estre pingniers et lanterniers de
•' cor et d'ivoire, estre le puet franchement. » (Liv.
des Met. 17(1.) — L'emploi de la corne aux vitres
des lanternes servit de prétexte aux pigniers et aux
lanterniers pour se réunir en un seul corps de
métier. On se fournissait encore chez le lanternier
des feuilles de corne pour couvrir les titres des
livres qu'on mettait, dans un petit encadrement, sur
le plat des volumes reliés, et aussi pour garantir
les reliques dans les reliquaires. — 2° Allumeur de
LAP
— l'(8 —
LAR
lanlernes : « Autant, puis l'ung (|iie l'autre dire,
« Car d'evcsques ou lanterniers. Je n'y congnois
" rien à redire. » i,Villon, Grand Testament. ) —
3" Homme irrésolu : « I.e saint I^ere a fait conoistre
« à tous nos soufdeurs (alciiimistes) que ce ne sont
« que des lanterniers, lesquels en plusieurs an-
« nées ne font autre cliose que multiplier leur tout
» en rien. » :Lanoue, '(81.)]
Lantorniste. Membre d'une société littéraire à
Toulouse, en 1095, 1G96, 1701, 1702, 170i.
Lantei'iiois. Langage /rt«ic/7tois,dansRabelais,
t. II,9'J; Eulrapel, p.'iOI.
Lantierne. [I^anlerne: » ARollant lelanternier
" pour les laiitiernes de la lialle des jurés remettre
« ù point. » (Comptes de Valencien'nes, Cafliaux,
MV siècle.)]
Lantreniei*. [Fabricant de lanlernes : « Un
" lantreniers portant ouvrée neufve, doit un
» denier. « (Cart. de Corbie, 21.)]
Lanu.- [Couvert de laine : " Peaux lanues. «
(Ord. III, 25i, an. 1358.]
I.,anui'e. [Ouvrage de laine : " Que leur meslier
« d'o.'uvre rayée esloit plus soutif que le mestier de
« /rtjunv planive et que celui qui bien savoil faire
« rayez, savoir bien faire draps pleins. » (Ord. 1!,
3957, an. 1350.)]
, Lanz. [Action de lancer. (Chron. des ducs de
Norm. v. 25223.)]
Laods. [Lods : « Laods, milaods et reconnoissan-
« ces de père à lils et nouveau seigneur t^i nouveau
« tenancier. » (Du Gange, sous Hecognitio, A,\vi's.]']
Laoïinisiens. [Monnaie des évêquesdeLaon :
« Nous signour de Coucy disant lesdis cent sols
« estre laoïuiisicns, qui valent .l. sols parisis. »
(Coût. S. Vincent de l.aon, an. 1343.)]
La où. [Dans le cas que : » Il fit escripreau duc
« de Bourbon que il volsist aller dcviers le pappe
<■ et li impetrer cesle imprelation pour son cappe-
« lain, et la on il lui fcroit avoir, il fust sceilrs qu'il
« lui seroit courtois à sa prison. » (tu-ois. VU, 233.)]
Laouste. [Sauterelle, voir Langouste : « Et
« laoustes el miel sauvage. « (Hen. IV, -ii2.)]
A cel tans fu, c'est vérités,
De laoustes moult grans plentés
Et vinrent devers Orient ;
Si se trairent vers Occident.
Tant en i ot qu'ançois ne puis
N'en vit nus tant, si com je truis. (Mûiiskes, p. 323.)
Laper. [1° Boire à la manière des chiens :
« L'aive commenza à laper. » (Marie, 49° fable.)] —
2' Boire avec avidité :
Maintes genz ont esté péris
Et suffoquez par trop soupper
Par trop Ijoire et par trop laper
D'ypocras, de viande et de vin. (Desch. f. ASû '.;
Lapereau. [« Poucins, lapereaux, et cochons. »
(Ménag. II, .'(.) — « La connille.... porte ore deux,
« ore trois, ore quatre, ore cinq laperiaux. »
(Phébus, Liv. de Chasse, VII,)]
Lapidaire. [Malade de la pierre : « Ces pauvres
«■ lapidaires, par l'extresme douleur qu'ils endu-
•• rent, désirent plus mourir que vivre. » (Paré,
t. XV, p. 37.)]
Lapideinent. Action de lapider. (Cotgr.)
Lapider. [1° Tuer à coups de pierre: « David
« forment se cuntristad, car li poples le volt lapi-
» der. " (Rois, p. 114.) — 2» Maltraiter en paroles:
'< Madame, c'est bientost commencé de tourmenter
» un serviteur et le lapider. » (Marg. X» Nouv.)] —
Lapidecé, part, passé, dans S. Bern. p. 351.
Lapin. [« Qui bons lapins mengue, bons lapins
« le suivent. » (Le Roux de Lincy, 1, 178, .kv siècle.)
— « Il a mémoire de lapin. « (Cotgr.)]
Lapis. [Lapis lazuli : « Deux sallieres de lapis
« avec leurs lîouverdes de mesme , garnies d'or,
« tailliées el esmaillées de basse taille. » (Inv. de
Gabrielle d'Estrées, an. 1599.)]
Lapis albazahan. [< Une petite teste de ser-
« peut noire, nommée lapis albax-nlian. » (Inv. de
Charles V.)]
Lapis lazari. [Lapis lazuli: » Ung anneau
« garni d'uneteste tailliée, eslevée, de lapis lauiri. »
(Inv. de Charles Quint, 1536.)]
Laquais. [1° Soldat, peut-être lansquenet: «En
« l'année passée, au dernier voyage de l'armée de
<> Catalogne, le suppliant eut charge de par son
<■ capitaine de mener et conduire certain nombre
" de gens arbalestriers, apelés laquai:^. » (JJ. 196,
p. 222, an. Ii70.)] — « Le bation que le seigneur
« de Milho, avec quelques autres capitaines de gens
« de pied et trois mille laqnais françois eut en
« garde. » (.Jean d'Auton , Louis XII, p. IGO.) —
« N'ayant chacun que deux chevaux et un valet el
« un laqnais. » (Brant. Cap. fr. IV, p. 80.) — 2° Do-
mestique: « Laqnais bas(|ue, ■> qui fait prompte-
mcnt une commission. (Mém. de Villeroy, H, p. 356.)
— ■' Laqnais de court, » page. (Rab. 111, p. i;i6.) —
« Luy commande de luy dire de sa part toutes les
« injures qu'appartiennent ù gens de peu et fait
« nèans et qui conviennent à un gueux et à un
« lacquaij piedau. » (Merlin Cocaie, I, p. 318.) —
3° « Laquay de mer, » poisson. (Cotgr.)
Lar, s. m. on f. La principale maison provenue
de l'aïeul, laquelle appartenoit ft l'ainé des mâles,
et au défaut de mâles à l'aînée des filles : « Par le
" lar deu pour raison du droit d'aisnesse, est en-
<• tendu par la coustume (de Bayonne), la maison
« principale provenue de l'aycule de degré en
« degré : c'est assavoir que le père du nepveu en
« droite ligne ait survescu à son pereetayeul dudit
« nepveu et tenu par succession la maison prove-
" nue dudit ayeul. Et quand il est dil en la cous-
« [urne de \)\us\enrs lars princijianx , s'entend de
« plusieurs maisons nommées, de divers noms
« provenues d'ayeuL... ou de plus haut branchage
« en droite ligne. » (Coût. Gén. II, p. 711.) Il est
féminin au Coul. Gén. II, p. 712.
Larehoueusement. [A la dérobée: « Quant
LAR
— 149 —
LAR
« H rois vil que les Escos s'en esloient eiisi Uircho-
« neuseinent parti. » (Froiss. Il, 178.)]
Larcin. [Voir Larrecin. La forme est rare avant
le xvi' siècle: « Si liome apelecl altre de larcin. »
(Lois de GuiU. îG.) — » Les larrons s'enlrcbalent,
« et les larcins se descouvrent. » (Cotgr.)]
Larciner, v. Voler, dérober, au propre et au
figuré. Pour le sens figuré: « Un jopas tout chevelu,
« avec sa longue robe, fendue par les costez, pour
" n'avoir la main serrée et empescliée, ains en
i< toute liberté et ouverte, le pied gauche advancé
>■ chantant sur son violon la structure et bastiment
du ciel, les erreurs, chemins et espaces de la
>' lune, envenimani par telle haute et délicate mu-
« sique et ravissant les passions amoureuses de la
« misérable Dido (si toutes fois cela fut) faisoit rester
« et demeuier les hommes comme rochers, larci-
« nanl et oslant tout sentiment. » (Contes d'Eulra-
pel, p. 2G3.)
Lard, Lai't. [1° Cochon salé: <■ Por tel afere
« com ge di, Biau sire avoie des mardi Mon lart et
« mes pois aiinez. Dont ge me suis desjeunez. »
(Ren. V. 10233.)— « Et vendredi absolut sont vendus
" de deux mille à trois mille lurs. » (Méiiag. II, 3.)]
— « Fisl achepter le duc de Bourbon et meltre en
« ses vaisseaux deux cens tonneaux de vin cl deux
" cens lards avec foison de potages et telles provi-
« sions que l'on porte en mer et feisl mettre deux
" mille chefs de pouUaiUes en ses navires pour les
« malades. » (Hist. du duc de Bourbon, p. 284.) —
2° Bois d'une selle. (Colgrave.) — Expressions:
l" <' Donner du lart, <• prendre les ennemis comme
un rat dans une souricière. (Du Cuesclin. par Mén.
p. 1<»7,) — 2" « Il y a du lard, » il y a quelque
malignité: « // y «rf« /rt;v/ en nostre calomniateur. »
(S. Julien, Mesl. Ilist. p. 287.) — 3° » Frotter son
>< lard, » c'est faire l'acte vénérien. (Rab. I, p. 14;
Bouchet, Serées, p. lOi.) — 4° » Frotter le lard h
« quelqu'un, » c'est-à-dire le battre. (Kab. Il, 227.)
— 5° » Ne pas jeller son lard aux chiens, •> c'est-à-
dire n'être pas fort libéral. (Rab. II, p. 9.) On dit
au même sens : Ne pas attacher ses chiens avec
des saucisses. — G" « Avoir mangé le lart, » avoir
lorl, être en faute; locution provenant peut-être
de l'accusation portée contre ceux (|ui mangeaient
gras le vendredi :
Cilz ci ii'ii pas mamjié le lart
.festoie Irop mal informez. {Desch. fol. 330 ''.y
7» « On lui fait croire qu'il a mangé le lard, »
on l'accuse sans raison. (Oudin. Cur. fr.; Cl. Marot,
p. 231; Brant. Gap. Eslr. I, p. 40; .Mém. deMontluc,
II, p. 21G.) — 8" i> Estre assez sur le lart poui' faire
« sonner l'horloge, » c'est-à-dire qu'une fille est
assez grasse, assez appétissante pour inspirer de
l'amour:
, . . . liabilon et Mabilete
Chantoient une chançonnelte
Et Marguerite Dubois Aimait
Qui csloit assez sur le lart
Pour faire sonner l'orlo;/e. [Desch. fol. 4-^d '.)
Lardage. [Marché au lard: « Le droit que il
« (l'évêque de Laon) demandoit et se disoit avoir
>< par point de chartre.... ou lardage ou fu le Der-
« froy. .. (J.I. GG, p. 518, an. 1331.)]
Lardé. [« Les lardés (dans un cerf) c'est ce qui
« est entre les coslés et l'eschine. » (Ménag. II, 5.)
Dans Flore et Blanchelleur, v. îG79, c'est un mor-
ceau de viande piqué de lard.]
Larder. [1» Piquer de lardons : « Et fist tuer, et
■I bien en haste plumer, larder et mettre en broche. »
(Louis XI, 99° Nouv.) — 2° Transpercer, au propre
et au figuré: » Nous tairons nous larder et occire
« laschement. » (Bouciq. I, 21.) — « De honte on
« te puisse larder. » (Desch. fol. 419'.) — 3" Acca-
bler d'épigrammes, de phrases pompeuses ou flat-
teuses : « Dist celle qui n'est pas musarde: Dieu,
« fait-elle comme il me larde De biau parler. »
(Lande dorée.) — » C'estoitl'un de ceux qui l'avoient
» si bien lardé à sa venue. - (Desp. 25'' Conte.) —
4° Pressurer: « Prince, prélat, baron, por Dieu pre-
« nez ci garde. France est si grasse terre N'esluet
« pas qu'on la larde; Or la vuet cil laissier qui la
" maintient et garde Por l'amor de celui qui loul a
<■ en sa garde. » (Ruieb. 137.)]
Larderie, s. f. Art de piquer les viandes:
« Iceluy enseigna à ses moines les préceptes de
» bien cuisiner, les passa docteurs en l'art de lar-
« derie. » (Merlin Cocaie, I, p. 217.)
Lardeur, s. Qui larde, qui pique. (Oudin.)
Lardeu.v. Plein de lard. (D. C. sous Lardosus.)
Lardier. 1» Saloir, tonneau à conserver le lard:
En riche sale les mena.
Et se li mostre ses soliers
Ses despenses et ses lardicrs. (Fahl. de S. G. f. 16 '.)
2° [Impôt sur le lard : « De nos briefs dou lardier
' de Bruges.... trois livres et trois solz. » (Ch. des
Comptes de Lille, an. 1331.)] — 3° Marchand de
lard. (Oud.) — 4° Hébété. (Cotgr.) — 5° Souillon.
(Colgrave.)
Lardon. [1° Morceau de lard, appàl: ■• .le ne
« sui mie pleiges, se trop les esgardon. Que nous
« ne soions pris comme ras au lardons. » (J. de
Meung, Test. v. 1288.) — « Meltre sur chascune es-
" cuelle deus lardons. » (Mén. II, .^).) — 2° Brocard,
horion : » Jamais homme ne passoit à la Flèche qui
« n'eut son lardon » (Desper. 28' Conte.) — » Les
« gardes lors eurent grand envie de lui bailler du
» roux de biliy, dont les lardons sont de bois, et de
« le faire crocheteur. » (Bouchet, 34' Serée.)]
Lardonner. Lancer des brocards. (Cotgr.)
Lardouer. [Garde-manger: « Le suppliant....
« prinst en la cuisine un jambon de porc, qui esloit
« pendu au lardouer. » (j'j. IGO, p. ;H21. an. 1116.)]
Lardouere. Lardoire :
Lardoiiere fault et cheminons,
Petail, mortier, aul.\ et oignons,
Estamine, paelle trouuée,
Pour plus test faire la porée. (Desch. f. 497 >'.)
Larecin. [Voir Larrecln.]
LAR
— 150 —
LAR
Larecineusenient. TA la dérobée, dans Froiss.
t. i.\, p. 22r..]
Large. [1° Ample, étendu : « Grnnl est la plai-
« gne e l(t)-fje la cuiilrée. » (l'.ol. v. 3305.) — « Cent
« oui le cors el les costez out larges. » (Id. v. 28i.)
— « La rue ne lui estoit pas assez large, tant ivre
« estoil. " (Desper. 79' conte.) — 'i° Libéral, géné-
reux : « Ha ! mors, comme les hardie quant tu osas
« assaillir le roi Hicliart, le mieux eutecliié clieva-
« lier et le plus courtois el le plus large dou
a monde. » (Méneslr. de Reims, § 132.) — Expres-
sions : !• « Eslre à sou large, ■■ être à son aise :
« El furent ung petit plusîi leur /(//'(/cetleuraise. ■>
(Froiss. .\VI, 3'j.) — 2' • Mettre au large, « accorder
lai'gement : <• Et li furent mis au large tous ses
« déduis el esbatemens. » (Id. v. 159.) — 3° » Large
« de bouche et estroil de ceinture. » (Colgrave),
donnant de belles paroles, mais dénouanl peu sa
ceinture, sa bourse.]
Largement. [1° Amplement : » Une anclume
« de fer largeiiienl demi-pié haute. •> (Merlin, ms.
fol. 72.) — 2» Abondamment : " Lors lui ala du vin
<■ si largement verser. Que la coupe convint par
« dessus surouder. » (Cuvel. v. 153.) — 3° Géné-
reusement : « Eldespendoie liement En tous leus
« plus que largement. » (Rose, v. 80i8.)]
Largesce-esse-aiche. [1° Largeur : « Icellui
a Arondiaux sacha son coulel... sans lerir ledit
" Malprivé, ne aussi ferir ne le peust, obslant la
« petitesse dudit coutel et largesse de la table d'en-
» tr'eulx. " (.IJ. 105, p. 15, an. 1373.) — 2° Le large :
a Nous prendrons la largesse de la Champaigne
« aussi bien que par cy devant nos ennemis ont
« fait. » (Froiss. XI, 154.) — 3° Générosité : « Lar-
« gesse est le milieu enlre avarice et prodigalité. »
(Brun. Lai. Trésor, p. 272.) — « Car largesse fait
a home amer A Irestous cens de son païs. Meïsme-
« ment ses anemis Puell'en conquerre pardoner. »
(Chans. du comte de Bretagne.) — « Voyés nos
" ennemis qui ont grant largece de ce dont nous
« avons grant disele. » (Froiss., VII, 200.) — « Ou
» bien y ot plus de quatre mil bestes, dont il eurent
« grant largaiche. » (Id. IX, 258.)] — Parlant des
regrets de Charlemagne sur les braves guenicrs
qu'il perdit h Honcevaux :
En vostre cors, manoit proecce
El en vos mains gisoit largecce. (Mouskrs. p. 227.,)
E.ipressions : 1° >■ A souhait et largesse, » en
abondance. Parlant de Dieu :
Luy qui de biens à souhait et largesse
Emplit ta bouche. (C. Marot, p. GS4.)
2" » Largesse au roy, » c'est à peu près le vive le
lion q"e l'on crie aujourd'hui. (Gérard de iXevers,
2' part. p. 128.) — 3° •■ Crier largesse. •> — « Es bap-
« tesmes des enfans des roys et princes apparte-
» noient es heraulx el roys d'armes les vaze,
« esguiere, salière, bassin a laver les manteaux et
o langes de parade, la bassinoire, daiz et oreillers
« des enfants baptisez et après le baptesme avoienl
« droict de crier par trois fois largesse et jetler au
« peuple pièces d'or et d'argent et mesme droict au
» sacre, couronnement et entrées des roys et de
« leurs femmes et à leurs mariages. » (Favin, Theat.
d'honn. t. I, p. 55.) Voir Mém. d'Ol. de la Marche,
p. .580 ; Hisl. de la Toison d'Or, f. 200, v ; Monslre-
lel, vol. II. p. 178.
Largeté, s. Libéralilé, générosité :
Et bien me sui aperceu
Que par tôt vaut trop larrjele: :
Ce est vertiiz qui vient de Deu,
Qui no l'a si a tôt perdu
Et qui l'a si a tôt veincu;
Mais qu'avecques ait leautcz
Sanz qui nus n'est prodon clamé. fPoël. av. i300, 76.J
Larglie. [Généreux, dans Froiss. II, 99.]
Largier. [Redevance : " Item babeo cogrerium
« seu largier in bladis, quœ seminantur in terris
« superius contenlis. » (Charte de 1407, au reg. des
fiefs du comté de Poitou, Ch. des Comptes de Paris,
folio 250".)]
Largir. [Etendre : « Esgardans que iceulx reli-
« gieux (de S. Père de Chartres) estoient moult
« estreins et moult enserrés dedens les fermetés de
" noslre chaslel de Bruroles, el ne se povoient pas
« bien largir ne escroislre sans noslre assenle-
« ment » (an. 1322.)]
Largue. [Prodigue : » Ne porquanl il porroit
« bien estre si fol largues el tant doner, que li rois
» ne l'auroit pas ù soufrir. " (Beaum. LXX, 4.)]
Largiiesche. [Largeur : » Larguesclie des voies
« el chemins. » (Beaum. ms. ch. 25.)]
Larigot. [Flageolel, puis clé de barrique ; il y a
eu agglutination de l'arlicle, car on lit dans le facé-
tieux réveille-matin (éd. de 1G54, p. 253) : « Jouer
« de Varigot. » — <• On lui apporte (au mari) le
« demeurant des valets, qui l'auront patrouillé
« toute la journée beuvant en tire l'arigot. » (5" des
Quinze Joyes du Mariage.) — « Boire ù tire Varigot, »
c'est tirer la clé de la barrique pour boire davantage
et plus vite. On a prétendu que les sonneurs de la
cathédrale de Rouen étaient altérés quand ils avaient
tiré la Rigaud, grosse cloche donnée par un arche-
vêque de ce nom au xm' siècle ; mais l'expression
n'apparaît qu'au w siècle ]
Lari.s, Larris. [Landes: « Eli lariz-, e Ireslutes
" les plaignes. » (Rôl. v. 1085.) — » Se vont loger
« sous .Mons en Pelve Tout au lonc d'un larris sau-
■< vage Plain de fossés, près de boscage. ■• (Guiart,
an. 130i.) — " Demandoientle conduit... des vins...
" ((ue marcheant estrange amainent du dehors par
" les larris. » fCarl. de Ta Maison-Dieu de Pontoise,
an. 1208.)]
Mon chemin pris,
Parmi un bois tout au lonc d'uns larris :
Car la chantoient et maries et maunis
Et le très doulc rosegnols seignouris
Moult doucement. [Froiss. Poi;s. f. 74 '.)
Larme. [Larmes n'étaient pas synonymes de
pleurs; l'un désignait les gouttes d'eau qui tombent
des yeux, l'autre signifiait lamentalion : » Mis en iert
" li roiaumes en larmes et en plors. » (Saxons,
t. XXVII.)] — « Osla la sagelte hors de la gueulle
« du serpent la quelle tenant en main el la regar-
LAR
- 151 -
LAR
« dnnl rouge du frais sang serpanlin et encore
« tachée du sang mort de sa dame Noemie : ne se
« peut tenir de jecter avec un profond souspir trois
« grosses larmes sans pleur. » (Alector, fol. 1V2 '.)
Puisqu'on ne le peut racheter
Pour or, argent, plainte, ne laniu:;
Placebo nous faut-il chanter
Et prier trestous pour son ame. (V. de Charles VII, iO.j
« Patiielin : Or ne riez point. — Guillemette :
« Riens quicontjues; Mais pleureray à cliaudes lar-
« mes. — Patiielin : 1! nous fault eslre tous deux
« fermesAffin qu'il ne s"en apperroive. " (Pallielin,
Farce, p. 'Si.)
Plus les regards en vous ne pécheront
Plus les soupirs la voix n'empescheront
Plus ne seront vos yeux couvers de larmes
Plus, de raison ne passerez les termes.
Les Marg. do la Marg. fol. 219, P.'.
Expressions : 1° « F.n larmes de fol ne se doit-on
" fier. » tCotgr.) — 2° " Ce que niailre donne et val-
» let pleure, ce sont larmes perdues. ■> (Cotgrave.)
— 3° [« Larmes de Job, » plante d'Orient dont les
fruits renferment un pois d'un beau poli et de cou-
leur brun rouge : .■ Unes patenostres de larme de
« .lob, esquelles y a .xxx. pièces. « (Ducs de IJour-
gogne, par de Laborde, t. Il, ir 09G7.)]
Larnielettc, s f. Dirninulif de larme : « Venus
« est-elle odieuse au.\ nouvelles marities, ou si elles
« fraudent la joye de leurs parens par les feintes
" larmclcttes (ju'elles répandent en abondance sur
« le bord du lict nuptial, les Dieux me perdent si
« leur cœur pleure. >■ (Mont. l'issais, 1. 1, p. 380.) Ce
passage est traduit de Catulle.
Larinette. Même sens. (lîob. Estienne.)
1. Lai-miei", s. m. Terme de maçonnerie :
« Larmier de lacrijmarium, qui est comme une
« ceincture de maison faicte de plaire ou cbaulx,
" ou pierre, rejettant les goultes (([ui sont comme
» larmes) descendantes du toiclari'ieredelaparov. »
(Rob. Est., Gramm. fr. p. l'iO )
2. Lariniei". « Enlre mareschaux de chevaux
« est la veine la plus proche de l'œil du cheval. »
(Nicot.)
3. Lai'iniei". [Pleurer : i Si en eult grant pitié
" et commença à larmijer. » (Froiss. II, 51.)]
Je n'ai nul repos
Ou jour ne en la nuitie
Ains souspir, plour et larmie. (Froiss. Poi-a. f. lAG *'.]
Larmoier, Larmoyer. [Même sens : « Oit le
« la dame, si prist ù larmoier : Diaus fils dit elle,
« ci a grant destorbier. » (Raoul de Cambrai, 'i6,)]
L'infinitif était pris substantivement :
Et si tu vois parmy mou larmoticr
Que mon parler vii-ime a se desvoyer
Outrepassant quelquefois la mesure
Ne le prens pas, ô père ! pour murmure.
Les Marg. de la Marg. L 200. V" s!07, R".
Laroncel. Diminutif de Uirron : « Ne sai quel
« robeeur nouvel ou grant laron ou laroncel. »
(Brut, Jis. f. Uô.)
Laronciii. Larcin : « Je ne puis prendre homme
« ny femme de la franchise, fors pour trois choses,
« pourmurtre, pour laroncin et pour femme forcée,
« se elle s'en clame et la force peut estre monstres
« et atteinte raisonnablement. » (Thaumassière,
Coût, de Derry, p. 103.)
Larrecin. [Vol. (Voir Larcin, Larecin) : « Voir
» est quand li sacrilieges est ti us qu'il n'i a larrecin
« ne mort d'homme, l'amende du meffel est au pre-
« lat. " (Beaum. XI, 15.)] — « Pour che l'apele l'en
« larrecin, qui li lerres espie l'eure et le point que
« nus ne le voie. ■• (Beaumanoir, p. I6i.) — <■ Lar-
« recin est un crime qui furlivemenl est faict de
« nuict. » (Bout. Som.Rur. p.'2.'i4.) — £'.r//r^ss/0Hs:
1" « Larrecin appert si est comme celuy qui seroit
« trouvé emblant, ou qui seroit à tout le larrecin
« fuyant, ou en qui baillé le larrecin seroit trouvé
» envers luy ou contre qui il seroit prouvé, ou qui
« le soutien'droit : car selon la loy les combonneurs
" sont repliiez comme les propres larrons. » (Bout.
Som. Rur. p. !2i4.) — S» » Pour larcin formé ne se
» doit point permetlie gage de bataille. » (01. de la
Marche, Gage de Bat. i. 11.) — 3" .. Petil larrecin, »
petit vol qui ne passoit pas 12 deniers. (Grande
Charte, f. '29.) — 4° ■• 11 n'est permisà personne non
« plus de jour que de nuil, de couper, soyer, arra-
« cher et emporter aucunes advestures ou dismes
" de i|uel(iue chose que ce .soit, à peine d'estie
« grièvement puni et corrigé à l'exemple et terreur
« d'aulres comme pour larcin (juali/ié. » (Coût, de
Ilainaut, dans le N. Coût. Gén. t. Il, p. 51, col. 2.)
— 5° » Simple larcin « : - Si aucun a mis en garde
■i une somme d'argent par dever un autre et celuy
« qui l'a en garde en fait sa marchandise, tellement
« que celuy à qui c'est ne le peut ravoir à son besoin
« et il ait pour ce dommage que ravoir ne le peut,
" scachez que celuy qui âinsy en use, est tenu de
« rendre les dommages et interrests et est telle
« tenure selon la loy'escrite, appellée simple lar-
« cin. " (Bout. Som. "Rur p. 372.) — C « ,1 larrecin,
<■ en larrecin, « à la dérobée : » El moût se p:irti-
•• rent à larrecin des herberges. » (Macchab. 1, 9.)
— « Nulles pourveances ne leur pooienl venir fors
» en larecin. » (Froiss V, llL)— 7° >■ Larrecin ne
« se peult celer. » (A. Chartier, p. 718.) — S- « Les
« larrons s'entrebatent et les larcins se descou-
« vrent. » (Colgrave.)
Larrecineux, adj. Qni app'irlicnt au voleur:
La poursuite conlinuele
De faire mal vie cruele,
Haultaine, envieuse et dampnable,
Larrecineiise et convuitable
Maine chascun communément. (ûesch. f. 28S ^.J
Larrenesse. [Voleuse : « Elle, en sa personne,
<• tout soit ce qu'elle en use mauvaisement, ne doit
« pas eslre juslicie comme larrenesse. » (Beaum.
ch. XXX, p. 97.)]— ■■ Encorusel'en enChampaigne,
« que se uns homs, ou une femme, appelle un autre
« larron ou larrenesse, ou meurtrier ou meurtre-
« resse el ce ne soit devant justice et il ne prouvoit,
» nespecifioit de quoy, ne de qui et cil a qui en
« aura dit le lait s'en plaigne à justice et cilz die
" ainsis: tout soit ce que je aie dit à li tel lait,
LAR
— 152 —
LAS
« Inquellc clioscje ne say mie si suis je prest do
« l'escondiie : car ire cl mnutalens le me fit dire ne
« je ne say en 11 chose de niauvaiselié, il en doit
« passer pour l'escondit. » (rilliou,Coul. deTroyes,
page 457.)
Larron. l°[Voleur, cas régime ; le cas sujet était
terres: « Li paslre deit.... Et l'oeiile malade sur
, • l'espaule porter, iSe la deit pas laissier al larrun
' « estrangler. » (Th. de Cantorbery, 'i9.)]
liien est Icn-cs qui lar,-nn emblo. (Fabl. du .S. G. /'. î>'2'=.)
2° [Voleur, au figuré: « VA si vair del fremiant
<■ LflD'OH d'embler'cuer d'amant. » (Coussemaker,
l'Art iiarmon. p. 2.'}3. ] — 3° Espion. Parlant d'un
aigle gouvernant tous les oiseaux d'un pays :
El si ordonna par son sens
Grues en divers lieux du mon,
Qui furent alans et venans
Et les nouvelles rapportans
Tant par elles comme par larron.
Si que guerre ne sourt ou bonde,
Riotes, noises ne contens
Qu'elle ne saiche et est pourveans
Aux perilz tant fut saige et monde. (Dcsch. f. SiS'^.j
Expressions: 1° ■■ Larron d'eau, » canal par
lequel s'écoule l'eau superflue. (Cotgr.) — 2°« A laron
« ou larron, « à la dérobée, secrètement. Faisant
parler un homme éperdùment amoureux :
Helas. dolent je ne li os proier
Mes « larron tous jors la gueteray. fP. av. 1300, JI, 513.]
[» La nuit fist l'eschargaite GodefroisdeBuillon;
• Et Solimeins monta et tout si compaignon; Celé
« nuit sont entré en. l'os Dieu à larron. » (Ch.
d'Anlioche, 111, 795.;] — 3° « Larron engerrant, »
jeu. L'auteur parle des jeux de son enfaiice :
Aux poires juiens tout courant
Et puis au larron engerrant. (Froiss. Pncs. f. 80 ^'.J
A" Larron de faulse monnoye. » — « Y a diffe-
<• rence entre contrefaire la monnoye tant en forger
« comme enscuilpterou comme en donner couleur,
•■ car tous tels sont entendus comme faiseurs et
» fabriqueurs de la monnoye et entre ceux qui à
" tels faiseurs et fabriqueurs la vont quérir et
" acheter pour la vendre et aloiier ailleurs a escient,
« car tels ne sont pjis faux monnoyers: mais sont
« appeliez selon l'us^ige de la courlaye, larrons de
« faulse monnoye. >■ (Bout. Som. Pair. p. 280.) —
5° « Petits larrons. •• (Brilt. des Loisd'Anglet. f. 7L)
— 6° « Tendre aux larrons. » (Estât de la France
sous François H, par La Planche, p. 033.) — 7° « Ou
" marchand ou larron » (Cotgr.), pour qui dit mar-
chand, dit larron. C'est dans ce sens qu'on lit dans
Reaumanoir, p. 105: « Marcheant ou lierres. » Ce
n'est pas ainsi que l'explique Cotgrave. Il dit que
c'est un propos de marchand, prétendant que,
comme les marchandises n'arrivent pas si aisément
à la boutique, il ne peut les donner à aussi bas prix
que feroit un larron. — 8" On lit dans Loisel, Insl.
Coût. t. II, p. 201 : .. llest/rtîTO/ujui larroncmUa. »
C'est la traduction de ce vers latin : » Callidus est
« latro qui toUil furta latronis. « (Œgid. Nucer in
adagiis.) Voyez (Euvres de Roger de CoUerye,
p. 10. — 9" " Les gros larrons pendent les petits. »
(Apologie d'IIérod. p. 09.) On lit encore, p. 135:
« De tout tems les gros larrons ont été plus epar-
« gnez que les petifs. » C'est ce que Juvenal a dit
dans ce vers : .. Dat veninm corvis , vexât censura
" columbas. >< — 10» « La chose bien gardée est
« difficilement perdue et l'abondance fait le /rtrro?!. »
(Contes de la reine de -Navarre, t. II, p. 331.) —
11° « Il semble à un larron que chacun luy ressem-
" ble. " (Cotgr.)— 12° r« Avoir le larron', » avoir
le droit de haute justice: •> Et tant franchise leur
" donna Comme le duc en sa terre a. Ils ont le
« murdre et le larron. Le rap, l'omecide, l'arson. »
(Rou.)]
Larronceaii, Laironceau. [Diminutif de
larron : » L'en le deuïsl mieus mener pendre Que
« tuit ces autres larroneiaus Qui deniers emblent à
« monciaus. » (Rose, v. 7401.)]
Juges qui les loix gardez
Regardez
Que laironciaulx ne pandez
Et jugiez la povre gent;
Les grans lairons enclinez
Et prendre ne les osez. (Desch. fol. 69 ^.]
Larroncineusement. [En larron , au reg.
J.T. 138, p. 187, an. 1390.]
Larronnaille. [Troupe de brigands: » En
« semblable manière couroient pays et desoloient
u pareille larronnaille. - (Froiss. VI, 50.)]
Larronneaii. Petit larron : « Ce bon Vualon
» qui a traduiten françois les jours caniculiers de
« Simon Majolus, quand il vient au jeu des eschecs
« qui s'appelle en latin, ludus latruneuloruni, il le
« tourne en son françois friant et délicat le jeu des
« larronncaux. » (Garasse, Recb. des Rech. p. 214.)
Larronnerie. Brigandage: « Voirement mise-
« ricorde et clémence appartiennent aux roys et
n aux grans princes souverainement ; mais aussi
« leur appartient faire justice, qui est une vertu
» par laquelle les roys régnent, car ce n'estoit jus-
« tice, les rovaumes"neseroientque/«Jvo?)HOv'^s. »
(Monstrelet, l'il, p. 78 ■\)
Larronniere. Repaire de larrons. » (Percef.
I, fol. 73".)
.... Ou justice n'a son cours et lumière
C'est une pays destruit et larronniere.
Vig. de Charles VII, p. 181.
Lars. [Large, cas sujet masc: « Si estoil si lars
<• li rivages C'on n'i peuist passer sans nages. »
(Percev. le Gallois, v. 22297.)]
Lart. Voir Lart.
1. Las. [Laps : « Ne leur sens ne leur congnois-
" sance n'estoient pas souffisantes pour congnoislre
" le préjudice qui leur en povoit advenir par las
« de temps. >> iComm. V, 17.)]
2. Las. [1° Lacets pour serrer un vêtement :
a Vouroie une mance de vous Ridée as las, large
« dessous. >' (Couci, v. 703.) — " N'usent mais blans
« cainses ridés Ne las de soie à lor costés. » (Par-
tonop. v. 8005. i — « .nu. laz- de soie blanche et .v.
« laz- de soie azurée pour lassier les cotes simples
LAS
— 153 —
LAS
« et doublez de madame la royne. » (Comptes de
l'Arg. p. 18G.) — 2° Lacets: « E en es laz que il
« tendeient, Par soventes feiz se perneient. »
(Benoît, II, V. 12699.)]
3. Las. [Paysan: » Renoncens en cestfail pour
« nous, pour noz hoirs et successeurs h toutes
« exceptions à toutes autres clioses et aides
« faisans pour les nobles contre les las ou lours
subgis. » (Ord. IV, p. 301, an. 1354.)]
4. Las. [1° Fatigué : « Las est li reis. » (Roi.
V. 2519.) — « Nos cheval sunt e las e ennuiet. »
(Id. V. 2484.)] — « Las buef suef marche. Ce dit li
<■ vilains. » (Prov. du Vil. ms. fol. 74.) — « Je veoie
« le terme de ma lasse vie approucher. » (Chr. de
S. Denis, I, fol. 23.) — 2° [Languissant: « Bien laist
« langir et afamer En son las cors sa lasse d'anie
« Qui del dous nom de Nostre Itame Entre sesdens
« souvent ne suche. » (Mirac. de Coincy.)]
5. Las, Lasse. C'est le mot précédent pris
comme exclamation. Le cheval de Froissart parlant
au chien de son maître du malheur de sa condition :
Mes quant je ne vois un bon trot
.Ta n'en parlera à moi mot ;
Ains dou debout de ses talons
Me ferra de ses espérons,
Si qu'à la fois me fait bannir.
Se tu avoies a souffrir
Ce que j'ai, par saint Ilonestasse,
Tu dirois a certes lasse. (Froiss. fol. S3 ''.;
C'est le franc-vouloir personnifié qui parle :
Le quel feray-je las et my.
Or me vueille Dieux estre amy. (Dcscli. fol. 50G ''.)
C'est une jeune fille qui se proposoit de déclarer
son amour à Gérard de Xevers : « Las moy, je cuy-
« doye de luy faire mon amy. » (Gérard de devers,
I" part. p. 116.) — » Lasse-moij ! Or suis-je la plus
« malheureuse que jamais fut veue sur terre. »
(Ibid.)
Lasceiire. [Lassière: « Le suppliant monta en
« une laseeure ou travée de granche pour des-
» cendre du feurre. » (JJ. 164, p. 134, an. 1409.)]
Laschance. Interruption : » Unze semaines
« sans laschance. » (Pathelin, Farce, p. 48.)
Lasche. [Lâche: « Hé povres rois, lasches et
" assolez. Je te cuidai maintenir et lenser Envers
« toz ceuz de la crestienté. » (Li coroneniens Lovs,
V. 2240.)]
Si est teus lasches et petis,
Qui en tous biens est aatis. [Fabl. de S. G. f. 63.]
Expression: ' Faire lasche, » agir avec négli-
gence : « Quand il (Pépin) fu là menez (à Trêves, en
« prison) cil qui garder le dévoient, le fwent si
» grant /rtS6'/(t', ou apenséement, ou par négligence,
« que il s'en eschapa par nuit. » (Dom Bouquet,
VI, p. 155.)]
Laschée. Relâche, relâchement : « Je fisse plus
« grant laschée de justice pour miséricorde que je
« ne deusse. » (Chron. de S. Denis. I, fol. 170''.)
Lascheitement. [Lâchement, dans la Chron.
des ducs de Normandie.]
vu.
1. Laschement. [Adverbe: « Entortilliez en
« guise d'andouille, puis liez de fil laschement. «
(Ménag. II, 5.)]
2. Laschement. [Action de lâcher pied : « La
« garnison ne leur pardonna pas le laschement de
« pied. » (D'Aub. Ilist. I, 345.)]
Lasehei'. [l- Lâcher: - Sun cheval brochet, si
« li laschet la resne. » (Roi. v. 1290.) — « Et le trait
« par force de braz fors des arçons, et lasche les
« bras. " (Mén. de Reims, § 58.)] — 2" Rendre
lâche. Parlant de Bajazet, poursuivi par Tamerlan :
<■ Se sauvoit belle erre sur une jument arabesque,
« s'il n'eust esté contraint de la laisser boire son
« saoul au passage d'un ruisseau ; ce qui la rendit
« si llasque et refroidie , qu'il fut bien aisément
" après acconsuivy par ceux qui le poursuivoient.
» On dit qu'on les lasche en les laissant pisser, mais
" le boire, j'eusse plustost estimé qu'il l'eust ren-
« forcée. » (Ess.de Mont. I, p. 501.) — 3° Cesser,
diminuer. Parlant des ouvriers étrangers travaillant
aux monnoies: « Pourront tant seulement demou-
« rer en nos dites monoies jusques à la S. Michel
« ou jusques à tant que l'ouvrage lasrhast. » (Ord.
II, p. 140.) — « Ne demoura gueres que sa maladie
« luy lascha tant que comme à Dieu pleust qu'il
« s'endormist; si en furent ses gens moult joyeulx
« quant ilz le virent reposer. » (Laiic. du Lac,
1, fol. 136''.) — Expression: « Laschcr le bouton, »
n'être pas si rigoureux. (Oudin.)
Lascheté. [1" Lâcheté : « Secorez, Par coardise
" ne face lascheté. « (Coronement Looys , v. 785.)
— " Dieu, helas, que m'est-il advenu':* Orgueil
« me suist, lascheté, villenie. » (E. Deschamps.) —
2" Penchant, propension : « J'ai une merveilleuse
« lascheté vers la miséricorde el mansuétude. >>
(Mont. Ess. p. 3.)
Laschiere, s. Qui se relâche, se lasse :
Lambert i a rousseignol niere,
Quar il n'aime ne tant no quant,
Ains est de chanter laschiere
Par force, à terme escheant ;
Mes j'aim bien tout en taisant
Celé qui m'a fet joiant.
Remez sui à son bornage
Et pour itant plus- ne chant
Qu'ele n'i penst son damage. (Val. n" 1533, f. 163 ''.J
Lascier. Relâcher, variante de lâcher :
Au duc de Normendie nos estents reperrier ;
Mez d'aler longue voie se peut on bien lascier
Et de bêles canchons se peiit il envoisier.
Qui chante boivre doit ou prendre autre loier
De son mestier se doit; qui que peut avancier
■Volentiers preist grâce, quer de prendre a mestier.
Rou, MS. p. t3i.
Lasiieur. [Ouvrier en laine : « Henri Roche
« foulon et lasneur de draps à Peronne. » (JJ. 180,
p. 122, an. 1450.)]
Lasnier. [Lanier, faucon : « Lequel esloit trop
« couslumier En chambre natée, loing de la rue
« En lieu d'aultour et de /rts/n'cr De tenir des garces
« en mue. » (Coquillart, Enquête de la Simple et
de la Rusée.)]
Lasuiere, Lasnere. [1° Lacet pour serrer la
20
LAS
— 154 —
LAT
robe, les cliausses : « Et lissent de toutes manières
« Et las et braieus et /asHîeres. » ^Partonopex, v.
C273.) — •■ Pour .nu. livres de soye de plusieurs
« couleurs pour les euvresdePasqïies, et pour faire
. lasniercs pour mon dit seigneur. •> (N. Comptes
dei'.\rg. p. r.i.)3
A cortes chauces
Lomjues lasnicres. {l'rov. ilu Vilaoi, i/is. de S. G. f. 75.)
•2° Lambeaux, guenilles : « De son cors naissant
« les lasneres. » (Pabl. de S. G. fol. 45.)
Lasque. i>àche. Parlant d'un combat de Charle-
magne contre les Sarrazins d'Espagne;
La fu mors li rois de Sébile
lui de Sarrasins x mile
Qui de paour ierent tôt lasque. [Mousk. p. 1G3.)
Lasqueté. [Lâcheté : " Etrespondidans Pieres :
« C'est par vo lasqueté. « (Chans. d'Antioche, V, 9.)
« Faire lasqueté à leur bonne dame. » (Froiss. IV,
p. 13.) — » Ils le vous lourneroient en grant preju-
» disce et lasqueté de coer. » (Id. II, 324.)]
Lasqui«r. [Liicber: » A ces mots, il traist un
« grant baselaire que il portoil, et lasque. » (Froiss.
IXl413.)] On lit lasqueté au .ms. Val. 1490, f. 128%
et lasquestés au fol. 91 ■'.
Lasse. [Lassitude, dans la Cliron. des ducs de
Normandie.]
Lasser. [« Lasserai Caries, si recrerrunt si
« Franc. •> (Roi. v. 871.) — » Jeune, geule, non
« pareille princesse, Puis que ne puis veoir vostre
« jeunesse. De m'escrire ne vous veuillez Lasser. »
(Cb. d'Orl. 38' ballade.)]
Lassesce. [Lassitude, dans la Chron. des ducs
de Normandie.]
Lasseté. Même sens : « Nous cuydons vrayement
« que ceste maladie si luy soit venue de lasseté. »
(Lanc. du Lac, L II, f. 109 ^)
1. Lasseure. Même sens: « Parescbauffement
.' et par lasseure leurs deux chevaulx fondirent
" entin dessoubz eulx. > (Percef. 111, f. 153 J.)
2. Lasseure. [Fente que serre le lacet. d'une
robe: ■> Le suppliantcouslurier distqu'il lui failloit
« des crochets et des portes pour mettre à la las-
■i seure des robes d'icelle fille. » (.IJ. 195, p. 156G,
an. 1475.)]
1. Lassiere. [Travée d'une grange. D. C. sous
Laquearii.]
2. Lassiere. [Ceinture d'une colle: • Et lors
i' ycelui exposant.... d'une paire de cousteaux à
u Irenchier pain qu'il avoil pendus aux lassleres
« de sa cote. » (JJ. 148, p. 284, an. 1395.)]
Lassis. Réseau, ajustement pour la léle ou la
gorge: « Ces bergères travaillent sans cesse l'une
«> après le labeur de quelque gentil ouvrage de bro-
• derie, l'autre après un lassis de fil retors. »
(Berg. de U. Bell. I, p. 40.) — « Une coiffure de
u /assis » (Des Ace. Bigarr. p. 6i), est une résille.
— Dans l'exemple suivant, il désigne un réseau
enserrant la gorge :
SemHe proprement que l'amour soit assis
Sur les fraizes poussant dessous vostre lassis.
Des Ace. Bijarr. p. )38.
Last. [De l'allemand last, poids de deux ton-
neaux dénier ou 2,000 kilogr. usité surtout en
Hollande. Voir Du Gange sous Lasta 2; il cite deux
chartes de 1208 et de 1226.]
Lasté, Lastei. [Lassitude: » Li sainz apostres
» estoit un pau endormi en la nef pour la grande
« lasté. >• (ms. fonds S. Victor, 28, f. 372-'.)— "<• Pour
« chou me met en abandon Et à mesaise et en
» lastés, Ensi voel vivre en povertés. » (Mir. de
Coinci.) — •> Et séjourna en Acre quinze jours pour
<• la lastei de la meir. » (Mén. de Reims,'§ 140.)]
Muert de faim et de lasté. (Val. :/53?, /'. 100 \j
Lasure. [Réseau de mailles bordant le bas d'un
corps d'armure ; « Une pièce à /rtsio'fs, une autre
« pièce sans lasures, nommée glayon, une pièce de
« pans. » (.1.1. 109, p. 192, an. 4415.)]
Lataiinient. [D'une manière secrète : « Lalau-
« 7neiit et en appert. » (Ord. IX, p. 44, an. 1405.)]
1. Late.[l° Latle: ■■ Navée de mairien alàelate
» de caisne iêl de toute autre late doit trois deniers
a de tonlieu. » (Tailliar, Recueil, p. 400.) — « La
« couverture atout les lates, El li chevron et les
« chanlales. » (Rnleb. II, 45.. — 2» Oulil de tisse-
rand: " Item les tisserands disoicul que li lainlu-
'< riers ne dévoient avoir en leur maison ouslius,
« que l'en appelle cornebers, tonres, lates, conoin-
« gnole. » (Reg. des Olim, f. 48 \ an. 1279.)]
2. Late, s. /'. Terme de coutumes. « C'est en
» Provence comme une espèce d'amende pécuniaire
« diie pour la clame, ou contestation laquelle est
» exigée par ceux qu'on appelle latiers. » (Laur.
G. D. F.) On lit latte au N. C. G, III, 1227.
Lateaii. Sorte de latle, de bâton : « Pour un
« coup de baslon ferré, lateau ou semblable chef,
« amende de dix livres au cas d'effusion de sang
« et sans ell'usion trois livres. » (Coul. de Lessines,
N. G. G. t. II, p. 214.)
Lateniment. D'une manière latente. (Sibilel,
Art poël. liv. I, p. 12.)
Latent. [" Gens instruits, plaisans topicqueurs,
« Remplis de canlelles latentes. » (Coquillarl, les
Droits nouveaux.)]
Latéral. 1» Détourné; « don latéral, » intérêt
déguisé. " Ja(;oil ce que aucun preste à son amy
« aucune chose sans dire i|ue tant en aura de gain
•< par usure, mais loutesfois il en prend bien cour-
« toisie envois et dons latéraux, toutes telles cour-
u toisies sont usures. » (Bout. Som. rur. p. 754.) —
2" <• Légal latéral, » légat à lalere. (Mém. de Ville-
roy, l. Vu, p. 70.)
Lateiir. [Ouvrier qui couvre les maisons de
lattes. " Danel Chevalet, povre homme laleur de
« maisons. • (J.J. 170, p. 513, an. 1447.)]
Latiniier, Latimiere. [Interprète : « Et ot
« une espie latimiere Adonc respondi li lati-
« miers. « (Mén. de Reims, § 55.)]
LAU
- 155 —
LAU
1. Lntin, s. [i" Langue latine : « Devant la pape
« esturent li messagier real, Alquant diseient bien,
« pluisur diseient mal, Li alquant en latin. » (Th.
de Canlorbery, 55.) — « Il ne fait que escorclier le
« latin et cuyde puidariser. » (Rabelais, t. II, G.) —
2° Langage propre à un pays; le français : « Lors
« ils commencèrent à parler le latin de leur mère
« et à dire qui ils estoient. » (Despér. 22' conte.) —
3» Science : » Comme on dit en commun proverbe,
« on y perdroit son latin. « (II. Est. Apol. pour
Hérodote, p. 13.) -4° Langage propre ii une profes-
sion : « Cai' li vilains le trueve etdist en son latin. ■>
(Roncisv. p. 105.) — 5° Ramage des oiseaux : « Et
« cil oisel chascun malin S'esludient en lor latin
« A Taube di^jor saluer. Qui tout lor fait les cuers
<■ muer. » (Rose, v. 8i '<(>.)]
2. I.atin, adj. <• Il fut le premier roi latin qui
« porta couronne au royaume de Jérusalem. » (Ass.
de Jérus. p. 186.)
Latineur. [Pédant qui ne sait que le latin :
« Un de ces latinenrs de collège qui aura mis au-
« tant de temps à n'apprendre simplement qu'à
« parler. » (.Mont. I, 187.)
Latiniei'. [Interprète (voir L.\tijiif.r) ; « Latinier
" fu. si sot parler roman, Englois, gallois, et bre-
« ton, et normand. » (Rom. deGarin.)— « Et furent
« bien examinés des latiniers du roy. » (Eroissart,
XV, 324.) — « Et parloit tous les jours le roy au
« conte de Nevers, voire par le moyen d'un latinier
qui les paroles de l'un et de l'autre remonstroit. «
(Id. XVI, 43.)]
Latiter. [Cacber; « Le suppliant se latita grant
« pie^a par Paris en rues foraines et autres. » (JJ
131, p. 122, an. 1387.)]
Laton. [Laiton : « Un bacin De laton bon et cler
« et fin. . (Ren. v. 3266.)]
Lattage, s. m. Action delatter, de couviir avec
des lattes. .. L'héritier viager sera tenu a refaire
• les deffautes de massonneries , cliarpentages
» couvertures d'eseailles de tbuiles, d'estrain'
« festisage. placage, lattage et autres semblables
« avec les fosseries, le tout a l'ordonnance de la
« cour, n'est que ledit viager veuille quitter son
« viage. » (Coût, de Hainaut, N. C. (;. t. Il, p. 75 )
Latte. 1° Voir L.\te 1. . Justice sous latte, »
sous le couvert de la maison du seigneur. — 2" Me-
sure. Parlant d'une dame qui accorde ses faveurs ;i
un marchand pour un morceau d'écarlate :
Le cas conclud, il ne fut si meschant
La refuser, mais va chez ung marchant
Tost empruncter trois aulnes d'escarlatte
Bien justement mesurées d'une lallc. (Faifcu, ji. 1-'i.)
Delà les expressions suivantes: 1" « Latte de
« Barbezieux, » mesure de neuf pieds. — 2° « Latte
« de Monlignac Charante, » mesure de onze pieds.
Lattrer. [Aboyer : « Le suppliant oy leur chien
« lattrerel abahier très fort. » (.FJ. 117 n 35 an
1380.)] ^' '
Latul, Letuiet (en). [Clandestinement, dans
la Chron. des ducs de Xormandie.]
Laucet. [Droit payé pour aiguiser les instru-
ments de labourage : « Recipiendi laucet seu ha-
« bendi quod pro acuendis vomeribus seu relhis
« débet recipi. » (Ch. de 1260, dans Du Cange, sous
fMUcet.)]
Lauche. Terre humide et marécageuse. « Item,
« une tanche de pré » (.\ir siècle. Censive de
Vitry. — L. C. deD.)
Laudaire. [Registre des impôts sur les mar-
chandises, en Languedoc. (D. C. sous Leuderium.)]
Laude. [« Et sur chascun desdis habilans non
« ay;ins beufs, 2 den. tourn.et s'appelle ledit droit,
« le droit de lande. » (Goût, de Troi en Derrv, dans
la Thaumass.)]
Laudes. [Seconde partie de l'oflice qui se dit
après matines : « Et volt le roy qu'en chanis melo-
« dieux et orgues fussent à Dieu chantées laudes et
« beneyssons. ^ (Chr. dede Pisan, Charles V, III, 71 .)]
Laudi.sme. [Droit de lods et ventes, dans les
fors de Béarn.]
Laudmninie. [Même sens: « Lrmduminies,
« censives, rentes. .. (Ord. VI, p. lOi, ;in. 1368.)]
Lauffaiz. [Fil de lin : « Duquel celier les sup-
« plians prindrent douze livres de lauiïaiz à
-• l'aire toille. « (.IJ. 16'J, p. 223, an. IHC.)]
Laungue. [Bois à brûler, comme laiqne : ■• Et
« n'avoient de quoy faire feu que de verde lanmine. »
(Froiss. II, 1.53.)]
Laiir. [Travail, forme plus régulière que labeur:
« De tribulaciun apelai le segnor e exoït mei en
« laiir li sire. » (Lib. psalmor. p. 17'J.)]
Lauré.ftr//'. Qui est de laurier. Parlant d'Apollon:
Du chef tomba sa couronne lawéc. [C. Marol, p. 575.J
Laui'ierin. Même sens. Parlant de la source
d'Hippocrène :
Et nulle beste depuis n'a touché cette onde argentine
Qu'en mémoire du cheval ils surnommèrent chevaline
Fors les chantres oysillons qui par le laitricrîn bocage
Fredonans leurs chansons degoysent un mignot ramage.
llaïf, p. il.
Laiisengeor. [Flatteur: » Et amerai celle que
" j'ai ni tant Et se sui trop mi cuer boiseor Qui soit
« soudains pur faus lausengeor. » (Gace" Brûlé,
20' chanson.) Voir Losengier.]
Laiiset. [Même sens que Laucet: « Fiat (assi-
« gnatio) in... fabiica sive lauset dictorum locorum
« de Monteguiscardo, de Villafranca. » (JJ. 74
p. 232, an. 13i3.)]
Lausime, Lausisme, Lauzeine. [1 > Droit
de lods et ventes: « Item retindrent iceulx religieux
« à eulx appartenans toutes les leides, péages,
« coustumes, veues, lansimes. « (JJ. 11)8, p. 273,
an. 1401.) — « On impose à icellui Jehan Aubert
" que lui estant viguier de Baignolz, avoit appro-
" prié à lui plusieurs lauzemes de la dile viguerie,
•' sans en rendre aucun compte. » (Ibid. p. 536, an.
1162.) — 2° Permission : « Sans obtenir lausisme ne
» licence du souverain. » (JJ. 146, p. 223, an. 1389.)]
LAV
- lôG -
LAY
Lavace. [Lavasse, pluie subite et impétueuse:
<■ Par pluyes et lavaces. » (Fioiss. XI, 420.)]
Lavacion, s. Ablution.
Li doulz Jlicsus fist nosire redempcion
Et nous sauva par certain convenant
Que de baptesme ayons lavacio)i. j Desch. f. 1 17 '.J
Lavadore. [Lavure : » Suz le degret u il gist e
« coHversel, Hoc déduit ledement sa poverte; Li
« serfsun padre ki la maisnede servent, Lur Uiva-
« dores li gèlent sur la teste. ■> (S. Alexis, LIH.)]
Lavaicluv fLavoir: - Lesquelles femmes et
« iilles Iravaitlans en ladite mare ou lavaiche pour
« la nestoier. » (.M. 197, p. 218, an. 147-2.)]
Lavanclie. TAvalanche : ■< Que dirons nous de
« la neige qui tombe En un monceau le long de la
« combe ''... C-etle lavanche au choir se vient ouvrir
» Au heurt des rocz et tout le val couvrir. » (J. Pel-
letier du .Mans, la Savoye, 1572, p. 238.)]
Lavande, Lavende [Plante aromatique: «Du
« lieu ou lavande croist Et rosiers à grant foison. >■
(Christ, de Pisan, dit de Poissij.) — » Une aulne de
« salin azur des foibles, pour faire coussinés
« pour emplir de lavende, pour laditte dame. »
(Isabeau de Bavière, aux N. C. de l'Arg. p. 148.)]
Lavandière. 1" Blanchisseuse: « Lavandière
-• de buées. » (Hab. Il, p. 256.) —2° Bergeronnette.
(Borel, sous Hocher, Hoche-queue.)
Lavange. [Avalanche, en Dauphiné, d"après
D. C. sous Lavanchia.']
Lavaret. TPoisson de lac: >■ Dedans le lac que
<< le Bourget on nomme. Le lavaret friand seul se
« renomme, Haran d'eau douce. » (J. Pelletier du
Mans, la Savoie, 1572.)]
Laveide. [Avalanche, dans les Dombes. D. C.
sous Eslaveidium.']
Lavemenz, s. L'action de laver. Ce mol, dans
S. B. p. 73, répond au latin Lavatio.
Laver, [1° Laver, à l'actif: » En quirs de cerf
» les (cadavres) treis seignurs uni mis; Bien sunt
« lavet de piment e de vin. » (lîoland, v. 2908.) —
2° Laver au neutre, se laver les mains : « Quant fu
■> fais li service, si sont aie laver. » (Sax. XllI.) —
« Quant li soupers fu apparilliés, li rois lava et fist
" laver tous ces chevaliers françois. - (Froissart,
t. V, page 240.)] — 3" Enlever à l'eau forte la
surface d'une pièce d'or pour en diminuer le poids.
Parlant de la légèreté du poids des monnoies d'or
avant Louis Xll : » Plusieurs mechans hommes en
" abusoient et lavaient pièces d'or. » (Cl. de
Seyssel, llist. de Louis XII, p. 18.) — Expressions:
1" " Laver sa bouche de quelqu'un, » se moquer de
quehiu'un: « Les pauvres femmes sont abusées et
■ desbonnorées du monde et qui plus est vous vous
" en vantez et lavez, votre bouche de nous comme
« de vieilles charognes trouvées sur les fumiers. »
(.Nuits de Strapar. i, 405.) — 2° « Se laver la gorge
» de quelque chose, » on dit aujourd'hui faire des
gorges chaudes. « Me suis trouvé avec des damoi-
-> sîiWes qui se lavaient la gorge des bagnauderies
» que leur avoient ramagez leurs aimez courli-
>< sans. » (Contes de Cbol. f. 220.) — 3» « Je m'en
" lave les mains. » Façon de parler tirée des paroles
de Pilate dans la Passion. — 4" « Laver le nez à
« quelqu'un, » gronder, réprimander. (Contes
d'Eutrap. p. 106.) On dit aujourd'hui laver la coefTe
à quelqu'un. — 5" « Laver la leste ii quelqu'un. »
Cette façon de parler vient peut-être de l'ancien
usage dont on voit un exemple dans Beaumanoir,
p. 349. En 1283, une femme lavant la tète à son
mari, le fait assommer par des meurtriers apostés.
— 0" « Vin lavé, » pour vin trempé, mêlé d'eau.
» Le vin tant lavé que vous vouderez retiendra
« toujours son naturel en proportion de sa qualité. -
(Bouchet, Serées, p. 20.) — 7" « En vaisseau rnal
>' lavé ne peut on vin garder. » (Cotgr.) — 8° « Une
« main lave l'autre. » (Cotgr.) LesLatins disoient
Mamis manum fricat ou usinas asimim fricat. —
9° « Pour laver ses mains on ne vend pas sa terre. »
(Cotgr.) La terre que vous enlevez ainsi ne diminue
pas celle que vous avez labourée. — 10° « Les lavan-
« dières ont un proverbe ordinaire : Si vous lavez
« ne me le prêtez pas, si vous ne lave:i pas pretez-
« le moy, » (il s'agit de leur battoir). (Des Accords,
Bigarr. p. 27.)
Laveiire. [1° Bain : « Cil qui estoient engroté
» Des laveures bains faisoient. » (Wace, Brut, vers
8277.) — « (En cette préparation médicale) Si a
« mult bon laveure. » (ms. S. Jean.) — 2» Lavure:
•< La laveure des poz et li reliés des tables, C'estoit
» trestouz ses vivres ; moult li fu delitables. »
(Girart de Ross, v. 2399.)]
Lavoir, Lavouer. [1» Chaufferette, vase rem-
plie d'eau chaude : « Un petit lavouer, c'est assavoir
« chauffette et bassin d'argent veré et est le pied
c< esmaillé à bestes. » (Inv. de Charles V, 1380.) —
« Un lavouer à q narrés, doré, à deux tuiaulx et une
" ance. » (Ducs de Bourg, par De Laborde, preuves,
II, n" 5471, an. 1389.) — '« Le suppliant.... print en
« la ville de Tberouenne deux chaulfrelles que on
» nomme au lieu pos lavoirs. » (JJ. 109, p. 324, an.
1416.)] — 2" Bain, au figuré. C'est J. C. qui parle :
J'ay de mon sang un lavoir préparé
Dans quoy sera vostre corps reparé. [M. de la M. 190.)
Lay. [Loi : « Perrot Menchoin et Perrot Boulet
« pov'res jeunes liommes, frères en laij h cause de
« leurs femmes. » (JJ. 130, p. 127, an. 1380.)]
Layde. [Contribution indirecte au midi et au
centre de la France, comme tonlieu au nord : •< Ils
» auront et recevront sur la laijde et sur le four de
- la ville franche de Bourbon douze livres, sur les
« halles de Bourbon huit livres, et sur la laijde de
» la boucherie de Limoire cent sols. » (Ch. de Louis
de Clermont, 1315, pour la chapelle de Bourbon
l'Archambaull.)]
1. Laye. [Laie, route étroite dans une forêt:
» Monsieur de Mayenne avec le comte Charles se
« résolut de secourir Laon et prenant un matin
« son chemin par une grande laije de la forêt de la
» Fere, se vint rendre en un village dont je ne sçai
<• le nom. » ;Mém. de Villeroy, p. 79.)]
LE
— ir.7
LEC
2. Laye. Laisse, fienle d'animaux. «. Fientes que
« les besles noires laissent sont appellées laijes. ■>
(Mod. et Rac. fol. 23''.) — •> Se tu Ireuves les laijes.
« et ils sont bien nouvelles, et bien grosses, c'est
" signe qu'ils sont de bonne erre, et qu'il est gi"int
» sanglier. » (Mod. et Rac. fol. -iô''.)
Layée. Laie, route en forêt : « S'il y a lanée, ou
« arbres fruitiers coupées. » (N. G. G. H, p. 407.)
Layer. Tracer une laie dans une forêt : « Ceux
« qui ont prins bois à coupperet i^i laijer sont tenus
« le coupper et abbatre dedans le premier jour de
« may. » (Coût. Gén. I, 603.)
Layette. [Palsgrave remarque qu'au xvr siècle
on prononçait la-iette. Coffre de bois léger, pour
conserver les papiers, lès reliques, les bijoux : « Je
« vous renvoie la laiette que vous me baillastes
« au partir de vous et tout ce qui esloil dedans. »
(Machaut, p. l-iS.) — - Une laijette de bois où sont
« reliques de sainte Catherine, de S. Laurensetde
" plusieurs autres saints. » ilnv. de Chailes Vi,
1399.) — « l'n petit escrinet d'ivire blanc, en façon
« de lauelte très-petite, plain de reliques, sans
" autre garnison. » (Ibid.) — •> Le cbancellier de
« Bourgoingne a ordonné que l'on feist faire bonnes
« laijeùes de bois de chaigne et que en chascune
« IcHjete feust fait un brevet et un inventoire parti-
« culier de toutes les lettres qui seront mises en
« icelle layette. » (Ducs de Bourgogne, par De
Laborde, L p. 70, an. 14-48.) — » Une laijelte de
« bois, liée d'une cordelette en croix, et scellée sur
« le neu de la dite cordelette, de son contre scel
« (du duc de Bourgogne) sur laquelle laijetle est
» escript, en ung lieu ce qui s'ensuit : Testament
•' de monseigneur le duc Pbl. de Bourgongne et de
« Brabanl. » (Arch. de Dijon, cité par Gacbard.) —
« Une laijetle plaine d'escbeez de cristal. » (Ducs de
Bourgogne, a" 3'257.)]
Layneux, [Ouvrier en laine: <■ Claude Fouacier
« foulon et iaijneiix de draps demourant à
« Troyes. » (JJ. 195, p. 1043, an. 1474.)]
Laz. [Voir Lacs, L.\s. C'est le terme spécial pour
les attaches du sceau : « Unes letres... scellées de
« cire vert en la:i de soye. » (1399, Usage de
S. Euverte.) (L. G. de D.)]
Le. [1" Article. 11 n'apparait pas avant la chanson
de Roland. C'est le cas régime, venant de illum ou
de illiid : ■■ Cumeiicet le cunseill. ■> (Roi. v. 179.) —
» Fait li le coer. » (kl. v. 'i019.) — 11 s'emploie par
erreur au cas sujet au lieu de li : « A,cseignur d'els
" est apelez Oedren. •> (Id. v. 3055.) En Picard, le
s'emploie pour la. — 2° Pronom : « Par quel mesure
« le poiissum bumir. » (Roi. v. 631.) — « Pur \osle
« dei ben faire. » (Id. v. 807.)]
Lé. [1" Adjectif. L;:rge : <■ Granz ont les nés et
« lées les oreilles. » (Roi. v. 1918.) — « De corsage
« estoit hault et bien foimé, droit et lé par les
« espaules. » (Chr. de Pisan, Charles V, 1, 17.) —
« Deux mesgles que l'en dit pioches, à labourer es
'< vignes, l'une lée et l'autre ague. « (.IJ. 155, p. 370,
an. 1400.)]
Le parchemin a long, et assez lé. fC. Mai-ot, p. i4S.)
2" Substantif, largeur : « L'habergement... si
« comme il se comporte en long et en lé. » (1404,
.Vvou du fief d'Enchapt.) (L. C. de D.) — 3° Côté,
flanc : ■> L'ecu au col, l'epée au lé. » (Petit Jeh. de
Sainlré, p. 31.)— « Prendra leurs mains droites,
» et les mettra sur les deux lécz du crucifix. »
(Basn. sur les Duels, p. 195.) — 4" Camp, dans un
tournoi : « Retournèrent chacun a son le:i... et pri-
« renl vent et aleine. » (Froissarl, liv. IV, p. 40.) —
Expressions : 1° « Enterré /ex a lez, » côte h côte.
(Brut, f. 68 ''.) — 2" « Situé... au lez, vers les pays
« du duc de Bourgogne, ■> sur les frontières. (Math,
de Coucy, llist. de Charles VII, p. 703.) — 3° ■■ Bien
» fournie, et environnée, d'un lez d'un bras de
« mer, ■> par un côté. (Froiss., 1, p. 33.) — 4° « Ot
" déconfiture d'un lez, et d'autre, » c'est-à-dire
dans les deux armées. (.Journ. de Paris, sous
Charles VI et VII, an. 1429, p. 122 ) — :f « Le siège
« y fust mis de tout lez, « la ville fut entourée de
toules paris. (Vigiles de Charles VII, t. 11, p. 50.) —
0" ■• Eut... sa large percée, et toutes ses armures de
" lez le cueur, ■> vers le cœur. (Froiss. I, p. 55.) —
7" <• Commença grant content a lez, ou les Bretons
" assailloient, » du côté qu'attaquoient. (Du Gues-
clin, par Mén. p. 501.) — 8" « Ne scauroye au quel
« lez commencer, » c'est-à-dire par quel bout m'y
prendre. (Percefor. V, fol. 32 '■.) — 9" « A cler soleil
" fond la neige a tous lez. » (Molinet, p. 139.)
Leage. [« Item le leage en la ripviere de la
« Cissé... lequel leage est tel, que cbascun molin
« nouvellement fait ou réediflié, jasoit ce que icel-
« lui molin autresfoiz ait esté, cil ou ceulz qui faire
» ou réediffier le font, ne doivent et ne peuent
« mettre le fust granier esdiz molins, ne en aucun,
« sans appeller noz gens et officiers. » (Ch. de
1366, dans D. C. sous Lcagiuin.)']
Leans. [De illac intus : « Il n'ol mie leanz de
■■ chevaliers foison. » (Saxons, 8.)] — « Ens, se dit
" pour dedens comme ci ens, le maistredecJeus...
•> Et parlans d'un lieu plus loing, nous disons, il est
« liens... et ne fault pas escrire leans, non plus
" que céans à bon vin, mais liens ciens. » (Rob.
Est. Gram. fr. p. 91.)
Leasse. [Fourrure, peut-être faute pour letice :
« Ysabeau de Dampnemarie... et Guillaume Uuet...
« furent serviteurs en l'ostel de Pierre de Neelle
<' escuier, et là... prindrenL.. un seurcot de mabre
« fourré de gros ver, à manches fourrées de
.. leasses. » (.JJ. 118, p. 233, an. 1380.)]
Leaiimenî. FLoyalement, D. C. sous Legaliler,
an. 1289.]
Leceour, Leceur. [Gourmand, voir Leciieur :
« Quar quant li bons rois Karlemaigne Ot toute
« mise à son demaine Provence, qui mult iert plen-
« tive De vins, de bois, d'aiguë, de rive. As leceours,
« as menestreus. Qui sunt auques luxurieus, La
« donna toute et départie. » (Mouskes.)]
LEC
- ir.8
LEC
Locharesse. Femme aimanl !e plaisir :
,Ia encontre sa lecherie
Ne lions ne feme lechun-cssi:
Ne gardera veu ne pramesse. (Fubl. dfS. l',. f. ifi '.}
Leclie. [Lèche : « Duquel paslé ayant mangé
« deux ou "^Irois lèches à l'espargne. >■ (Desper.
Contes, XVI.)]
LoL'Iieeasse (La science de) ; ■' Voila les piin-
cipaux de la bende qui lieunent eschole en l'art
« de cuisine et ont passé plusieurs maistres en la
« science de Iccliecasse. Le ventre est leur Dieu, le
« potage est leur loy, la Imuleille leur saiiiie escri-
« ture. » (Merlin Cocaie, 1, p. 230.)
Lechefi'ée. [LéchelVite : « Une lecltefire d'ai-
« rain à queue de l'er. » ^Nouv. Comptes de l'Arg.
page D)«.)]
Lochemont. .\clion de lécliei-. (Cotgr.)
Lecheor, Leclieour, Lecheur, Lechierre
ri" Gourmand, débauclié. Le cas sujet est lechierre.
(Closs Int. 7()l)-i, sous r;()To.) — On Vu U'clierre,nu
Fabl. Ms. de S. G. f. Tv. — « N'aille pas o lecheoitrs
Mais toujours avec les meillours. iCalon,en roman.)
— 2° Le galant d'une femme :
Si cuicleroit aucun raeffait
Que eusles à ton mari fait
Ou vilenie de ton cors
Ou qu'il t'eust gitée fors,
Ou qu'il t'eust prise provée
Et o ton leclu'or trovée. [Fabl. de S. G. f. SI ".]
" 11 se i;ppercoit tantost que c'est ung homme,
« si cuyde que ce soit le lecheur de sa femme, il se
« desvelope de luy et le prent si durement aux
« deux bras, que aincoys... la il gecté dessoubz luy
« à terre et luy dist: certes, traliystre, mal y estes
« venu me faire honte et mal vous couchastes avec
« ma femme. ■■ (Lanc. du Lac, II, f. 81 •'.j
Lécher. [1" Passer la langue sur quelque chose :
« Mes à tel niorsel itel lèche, Chaz set bien quels
« barbes il lechc. ■■ (Ren. v. 8ô77.)]
On a veu maintefois des flammèches léchantes
Qu'on nomme des ardans llaraboyes s'attachantes
Aux piques des soudars ou quand ils sont du guet
Ou quand le capitaine en enibusche les met.
Œuï. de Baïf, p. 10, V-.
2" Baiser :
Quant Ampliitrion ce oy
Saichiez mie ne s'esjoy :
Ains a laissié la baiserie
Et commence la baterie;
Les joes que devant leclioil
Maintenant toutes detrenchoit. (Desch. f. 403 '.)
3" Faire bonne chère, prendre les meilleurs mor-
ceaux de la table :
Amer de lit et avoir chier,
Boivre et Iccliier et tart couchier
Et tart lever por l'aise. (l\ av. 1300, II, p. SI 3.]
Expression : « Peu peut baillera son eseuyer qui
« son couteau leclie. » (Cctgrave.) Qui est chiche
pour soi, n'est pas libéral pour les autres.
Lecherie. [Luxure : ■• Cil fet pechié de char,
« qui tient franciie femme par cause de lecherie,
<■ et ne mie de mariage. >• (D. C. lY, 52 ''.)]
Oisive met homme en paresse
Oisive amenuise prouesce
Oisive esmuet les Icchçries.
(Bi-vt, f.81 ■>.)
Ijeciere. [Portée : •' Iceulx habilans... peuvent
« mettre et avoir dès la feste S. Michier jusques au
« jour de Noël, une truye et sa segnance d'une
« leciere, née depuis le Noël précédens ou deux
" pourceaulx tant seulement. » (.IJ. 12i, page 357,
an. 1301.)]
Lecive. Lessive : « Ont accomparé la médecine
" à une /<'c/i'<', en ce que tout ainsi que la lecive
" nelloyoit bien le linge, le rendoit beau et blanc,
« aussi la médecine purgeoit nostre corps. » (Chol.
Contes, t. 1, p. 48.)
Leçon. [1" Partie de l'office qu'on dit à matines ;
il se compose de morceaux de l'ancien ou du nou-
veau Testament : >■ Sire Clerz, tout en haut nous
« dites la leçon. » ;Saxons, XXV.) — 2° Partie de
l'oilice qu'on met en musique, au propre et au
figuré : <■ Sire ïardis li limaçons Chanta por celé
» trois /f(;'o?(s; El Roneaus chanla li vers. » (Ren.
v. lOlOi.) — 3° Ce qu'on apprend par cœur : « En
« doivent bien avoir bon guerredon Cil qui lui ont
« enseigné et apris X eslogner cens de ci environ ;
" Et ele a fermée sa leçoiu » (Romancero, p. 184.)]
— Expressions : \° « Compter à quelqu'un ses
« leçons, » compter à quelqu'un ses torts :
Je vous compteray vo leçon. [Desch. f. 330. J
2° « Eslre homme de quelque leçon, « avoir un
peu lu : » Si je suis homme de quelque leçon je suis
<' homme de nulle rétention. « (Montaigne, t. II,
p. 132.) — 3" >■ Perdre sa leçon, >■ nous disons
aujourd'hui perdre son latin : « Une dissentrie me
« surprit, mon médecin pensa perdre sa leçon et
« moy mes bottes. > (Montluc, II, p. 2G9.)
Lecteur. [1° Professeur : » Je crois que Regnard
« a esté lecteur as ordres des trois estas ; car clers
" et nobles et gens de labour usent de sa doctrine,
" je ne dis pas tous mais les plus. » (Modus, f. 67.)
— 2° Titre d'office aux jeux de poésie institués à
Rouen : ■■ Au Puy de la coiiceplion Noslre Dame
« dans la ville de Rouen il y a un concours de tous
les bons esprits , qui viennent composer des
chants royaux en l'honneur de la vierge... et don-
nent leurs chants .. entre les mains du lecteur
qui est celui qui en doit faire la lecture devant les
juges en pleine aiuliance. » (Garasse, Rech. des
Rech. p. 128.; — [3' Lecteur:'iUn/fc/(??(rstudieux. »
(Du Bellay, Prolog.)']
Lectice. » L'hermine ou l.ectice qui aime mieux
'■ mourir que de passer par un endroit ou elle
« puisse salir sa belle peau. » (La Colombière, Th.
d'honn. t. Il, p. 570.)
Lectrin. Lectrun. [Prie-Dieu, pupitre, lutrin :
» VA laissierent iceux seigneurs en entrant dedans
« le chœur de ladite église (de Bordeaux) au lectrin
•' une des bannières du roy. » (Hist. de Charles VII,
p. i63, an. 1451.'— « Devant l'autel s'agegnoilla
« Sûur un Za';?'M?i ses gaiiz jeta. » (Rom. de AVace.)]
LEE
- 159 —
LEG
Lectry. Lutrin :
Maistre Guillaume Colin
Et maistre Thibault de Vitry,
I>eux pauvres clercs parlans latin
Paisibles enfans, sans escry,
Humbles, bien chantans ou Iccinj.
Lectuaire. [Elecluaire : « S'ils reviennent de
« Wonpellier Lor lectuaire sont moult cher- Los
« dienl-ils, ce m"est avis, Qu'ils ont gigimbrat et
« pliris. » (Guiot de Provins.)]
Leclure. [i° Cours d'un lirofesseur : .. Establi
« et ordonné quatre docteurs lisans ordinairement
« d tous escohers et esludians qui se voudront
« trouver et assister à leur lecture et doctrine es
« escoles et collèges par ce ordonnés. » (Ordonn
29 août 1498.)] - ti° Littérature. On lit dans des let-
tres patentes du duc de Bouibonnois , données
en 1494, portant création de plusieurs commissai-
res pour rédiger la coutume de Bourbonnois •
« Aous... conliant entièrement en vossens, science
« loyauté, lecture, prud-tiomieet lionne dilioence »
(iN. C. G l 111, p. m\.) - [3" Droit : » Ou s'il veut
« pour la loydefendrequelquechevalieremprendre
« Ou soit d armes ou de lecture. >■ (Hose.) On disait
plus souvent clievalier en lois. - i" Commentaire •
« Je donne à mon neveu Alexis Bouin ma lecture
« de Ceollroy de Saligny. » (Testam. de 1441.)]
Ledaiiyier. [Iiijurier: « Lesquels compnif'uons
« se prindrent à défouler, vilnperer eUcihiin/icrde
" paroles le suppliant. » (JJ. 103, p. 483, an. 1409.)]
LedeiKje. [Injure: » De legiere bateure sans
« sanc, de ledeuges, comme de vilaines paroles
« dire.... labesse connoitra en sa court. .. fCart
de Chelles, p. 32.)] ^
Ledir [Injurier: .. Sire, dist ele, con poés le
« solrir, Que h viez vos chevalier ledir. » (Carin.)]
Ledon. [Basse mer. (Du Cange, sous Ledo.)]
1. Lôe. [Voir Lk.]
2. Lée. [Laie : .. Bien i puet on les pors et les
« im chasser. Et les cers et les biches berser et
« archoier. » (Ren. de Montauban.)]
Leecier. [P.éjouir : « Espée as bone.... A ^rant
» mervelle te peust leecier. . {Aeolant, n 179 « ]
voir Leksseiî.] ''
ï-ee'- [Légal : « Essoigne Icet, » aux Ord, II, 53
3n. looO.J '
Leesce, Leesse. TLiesse, joie : ■■ Jolis gais et
« plains de leesce. - (Rose, 107.) - >, La gloire et
" joie de soubtil et bon entendement precelle toutes
•■ autres Iccsses. >• (Chr. de Pisan, 1, 13.) - On lit
/eece, dans Flore et Blanchefl. v. ■2843- lecsche
dans dom Bouquet, III, p. 107.]
Leesse. [Largeur : .. Comme descoit fussent
« meut.... sur la leesse et la justice dou chemin
" sommes venut à cort c'est assavoir que 'ii
• 7'^"^," demourra doresenavant à tousiours
« de telle leesse, comme il est ore tout esbondés »
(Cart. de S. Vincent de Laon, an. 1290.)]
Leesser [Se réjouir, être en liesse : . Quant la
" dame I oy forment s'en leesse. » (Chron. de Cuv.)]
Leez. Legs. Parlant de Charles VII : „ Voiant sa
■- maladie engiegier et ses jours décliner,.... fit ses
« dernières ordonnances et lee% tel que bon luv
• sembla. » (Al. Chartier, Charles VI, p. 249.)
Lefre. Lèvre:
Petit menton, lefrct: et nez traitis.
Vos joettes font deux fosses toudis
En soubzriant, o belle plus que belle. [Dcscli. f. 250.;
Leffre. [Lèvre: .. Icellai .lehan getta un voire
" R'^'"^*^/;!"»" \'.sa'ge dudil GiefTroy, tellement
. Que la leffre dudit Gietîroy fut entamée et en
" sailh un pou de sang. .. (Jj. 155, p. 300, an. 1400.)]
Légal. [Légat. Le pape Clément d'Avignon
attribuant la démence de Charles VI au manqulment
de la parole que ce roi avoit donnée d'aller ù Rome
de ru.re le pa.-t. de l'antipape, dit: . S'il retourne a
" santé (ainsi que bien le pourra faire) il nous v
" faudra envoyer suflisans et sages /(,'/7rt»,r qui luv
- remonstreront vivement et sagement la defaule
■■ de ses promesses alin que point ne les ignore oar
" iiostre négligence. » (Froissart, IV, p. 158 ) - On
lit leyuux dans Deschamps, fol. 08''.
Légalement. Dans les formes: . Lit la colia-
" tion discours devant l'empereur étant au Louvre)
« notablement et lc<jalcmeiU maisire de la Cha-
« leur. » (Chr. .mss. de Nangis, an. 1377.)
-1 .Légat. [1° Cardinal administrant une province
des états pontilicaux ; de même que les legati impé-
naux. Ils étaient les lieutenants du pape « E anrès
« son enterrement Ne demeura pas longement Que
" tuit h /^i/«^ s assemblèrent E le romain clei-o-é
« mandèrent. » (Grég. le Grand, p. 98 ) - '> Car
dinal envoyé avec des pouvoirs extraordinaires nar
le pape, auprès d'un pauvre chrétien: .. Si en fu
« moût meuz, et envola maintenant un lenat en
;■ i; rance et un en Engleterre et un en Alemaingne »
i.Men. de Heims, § 50.)] ^
2. Légat. [Legs: « Lequel fief avoit esté laissié
« au suppliant à charge de paier ung lerjcit de cent
« livres et autres sommes kiissiées ou letialées h
» pluseurs. « (JJ. 184. p. 78, an. 1450.)| -' Parlant
des moines: « Ils nesonttourmentésen leurs mala-
« dies par femme, enfans ne autres pour faire dons
" et leijats. » (Les Triomp. de la Noble Dame, f. 245 ''.)
Légation. [Mission : .. Sor si faite ovrêdesleiée
» E Êuriteu leoation, L li dus n'entent se bien non
« fu 11 deceuz. » iBenoit, II, v. 12137.)] - « Ceoe-i-
(Mons\Vél.^IL lïf'"'' "''"'^ ''*' ^""■' '' ^'^"'^''"- "
Jfn?f*^' LHommage lige : « Dovent audit duc de
" Bergoigne faire faaute et legée de ces quatre
" chastiaus. .- (Preuves de l'Hist. de Bourg, il Pi
an. 1242.)] ^ ' '
nnîtî^*^"'*^,'-'^'' ^'-"^-'^^^ -"'''"'S' ainsi nommée
pa ce qu on désignait a certains jours la partie qui
de\ait eli e lue dans 1 année. Jacques de Vora"ine a
compile au xiir siècle des vies des saints, sous le
LEG
- ICO -
LEG
. de la chièTe très grande Uu'on nous fait. » [thi
: s nll.es, il est peint ayant clesl. -ails par tout
., son corps. - (Bouchet, Serees, 1. 111, P- H»-^-)
lenendier. [Légendaire, livre conlenant les
légers" es saints ^ Icellui Bolins d.soU pubh-
., nnomenl . qu'il avoil osle ung cahee cl argent
dêl'èoHsëdeDonlYont.... et si osleroU le legen-
?/f. • ." afin que le curé ne ebantast plus ne
/deisUes heures. ..(.IJ. 179, p. 30'<, an. 1449.)]
I euer Lcqier. [1° Qui n'est pas lourd : « Pns
„ î;esc;t'orlelgrantel/.f//fr. » (Ronçisv.p.^O.
l2"Adïot agile".. El escremissenl cil bachelçr
irntr V\\o\ v 1 13.)] - 3" Dispos , débarrasse :
rur nV a ce que nvhonorez tant par vos lettres, je
lè le veux ni puis recognoislre je n'ay pas si peu
"■eiu avec mov que je ne me sente léger àe plus
: ^elraînsque ne'dite^s --^..«'«^f «^.^"^ T
„ portez qui vous aveugle. » (LeU. de l asq. i. ,
u 5781- 4- Irréfléchi, peu sérieux. « '^ P "^
l- tSdr home sont en Galles. » (Poe • a^•. 300 H
p ,^,)0.) _ „ On dit par usaige qu il est f'e fous
^'tumeque femme de legier courage quant elle
. voit et appercoit ung homme surpns de son
amour, ?ers luy se^nonslre desda.gnei.se e
.. es ,an-e.-e. - (Gérard de Nevei^s, 1" part, p 138.)
1 r. . ue ne voeille croire nul mauva.s ne legier
. CO.S." (rîoiss. II, 249.)] - De là rexpression
adverbiale de legier, ù la légère. -5' lac.le : - Lng
ho.nme de <- ant affaire peult assez losl la.ie une
an îr/?ff/«'è chose est a fournir, de le b.en tenir
"^^^%Sl.»(Gera.-dde:seye..,r;_part.p.m^
sire
. je le lis de legier. » v^uu, ., i^. '-" -/j ^ " .'[[^P
facile peu rigoureux : >. leg^ers pardons. » lUiti.
iac.ie,^peu^ „\ancelol estoit en legieve prison, car
« i'en le metloit tous les jours hors de la .tour >•
i\-uw du L'ic 11 fol. IC'i.)- 7° De mauvaise vie:
^R^unjou:àdvin?qu•.lz 'allèrent eiisemble en la
. rue ou les leqïere& femmes sont eslabl.es. « (t ii .
des Denis I ' 18.) - .. Valle.'e rec.le non seule-
f n'en! les' haulls faits des va^"^"%f,;,^'è"^i"s
.. hommes, mais aussi ceulx des P»g'eurs e des
. gens de Ww vie. » (Hist. de la Toison dOi,
1. 11, fol. 5-2.)
Leqei-emenl. [1" Facilement : .. Legierement
., aurez, les nos vengez. .. (Roncisy. p. /J.)J —
2" Uapidemeiit. Parlant d'un combat entre les
Anglois et les Ecossois: .. Cheminèrent légèrement
.. pour trouver les Escocois. " (I roiss 1 . 111. p. 33/ .)
-3° Non lourdement: - Usez donques hardiment.,
a des noms pour les adverbes comme .. il yole
„ léger pour légèrement. .. (Joach. Du Bellay, 34".)
Legeret. [Qui ne pèse guère , dans G. Guiart,
ve.-s 13G8:J.]
Lenci-etc. [Mœurs légè.-es : « Comme si, en
. laciié, y avoir plus de legereté^^i Je icence fust
„ y avoir plus de pover. ■. (Bercheure, f. 58 .)]
Lenerie. [1- Légèrelé: « Franceis sunt mort
., pi^oslre ïegerie. ■. (Bol v 172G0 - " Loeren
.. lus alques de legene. - iBoL v 20G.) \o i plus
haut DE Legier, à la légère. - 2° Débauche . " Ne
' ïer" mafaniene chasasles Amouis, déduit ne
.. legerie. » (Couci, v. 4762.)]
Lenion. [1" Dans le style de l'Ecriture, multi-
tude • Li permanables jugieres apparat pai.rose-
I l"ment. el^les /.,/o.s des angeles seron p^-esens
' „ ^ cesl sneciacle. '• (Job, p. 491.) - i iroupe
^rmée » Dont prisl une autre /.j/Jon, De ^nobles
! hommes, de vassaulx, Heaumes lacies, a bons
Kaulx. .. (Brut, fol. 94.) - « Set legiunfx sunt
., nùmbrées, Ben de cum batre apara.Uees. »
Fdo..ar 1 le Conf v. 4223.) - 3" Lég.ons provincia-
S SàmSs' eulsi so.ivent à se plaindre des
Suissis qu'il songea ii créer une infanterie nal.o-
na e Par ïne ordonnance du 24 juillet 1534, il créa
sept légions, chacune de 6.000 hommes, et portant
îes no.«s desp'-ovinces où ellesdeva.en se recniter
FHesé aient commandées par six cap.ta.nes, dont
eSemiei- avait titre de colonel et nomma.l les
oflS s subalternes : .. Le grand roy François des.-
? an fortiff.eret asseurer son royaume par tous
Sens raticables, s'avisa d'establ.r des légions
noTSvoirtousjoursdes gens prests,. quand le
: Esoi.isurviendroil,sans estre conlmnt daller
.. mendier l'aide des estrangers. » (Lanoue, 3io.)J
„ est le sens. » (Gera.-d de Aevers, i pai . v- .-.
- TDe là l'expression de legier, facUement . « A\é
„ Sfail me besoingne explo.lier; 0,1 vo.rs , s.v
. je le fis de legier. » (Aubn, p. IS»".)] - ^ iro
Leniste, Legistre. [Qui connaît, qui étudie
les loi? .Lors aras bons légistes et les bons pres-
''dieours. Et bons fisicienset bonsconse.Ueours^n
n deMeung, esta.iient, 6)/.) - .. lai le conseu
; deses /(Y/1s/7'fS Misl en escumuniemenl Le duc
eUout son lenement. .< (Robert le Diable.] -
Si fui advisé que certains docteu.-s en théologie
narleroient à elle et l'examineroient , et aussi
: Svèceuxdescanonisleseldes légistes et ainsi
u fu fait. " (Hist. delà Pue. d'Url. p. oOb.)
¥ pnitiination. [Reconnaissance authentique
de^p%'u\Srun enUyé, d'un député: « Par ceste
a ic'iitimation. » (Le Songe du \erg.e., 1, 10/.)J
1 enitiine. [Portion assurée par la loi à certains
héritiers sur la part hérédiiai.-e qu'ils auraient eue
ei/enUei- SI le défunt n'avait aut.ement dispose de
celtTpïï • .. Douaire propre aux en fans et une
'v//u'coulumierc prise sur les biens de leur
uere ar le moyen et bénéfice de leur mère. .•
Lovsel 58.)] - « J-en congnois tel (avocat) qui ne
rdon.eioit pas sa librairie pour 10000 escus; ah
LEI
- 161 —
LEN
« messieurs, vais-je dire qu'ils en retirent bien leur
« légitime. » (Contes de Cholières, f. 232.)
Légitimement. « Helas, son fils et ses parens
• (de Charles VI qu'on enterrait), nepouvoienteslre
« a l'accompagner, de quoi ils estoient legitime-
" ment excusez. » (Juv. des Ursins, 1422.)
Légitimer. [Rendre légitime : >• Bernard , glo-
« seur des décrétâtes dit que le pape peut légitimer,
« quant aux honneurs séculiers, ceux qui sont de
« sa juridiction temporelle. » (Le Songe du Vergier,
1. 1, p. 107.)]
Legnier, Leingnier. Lengnier. [Corvée
pour couper le bois à brûler du seigneur et le
charrier; voir Laigmkr : » Ma courvée dou bruil, et
« mon leignier chascun an à feste Touz sainz. «
(JJ. 01, p. 306.) — « Li habilansdeladitevilledoient
« à leur dit seigneur le charroi de leurzdizchivaus
« par chascun an deus jours, pour son leingnier
« charier. » (Ibid. p. 123, an. 1321.)— On lit len-
gnier dans une charte de Commercy, de 1336.]
Legs. [Legs. La forme ancienne était lais, forme
verbale du verbe laisser. Au xv siècle, on voulut y
voir un dérivé de legare, et on introduisit un g or-
thographique qu'on ne prononçait pas.] — « Si le
» défunt depuis son testament fait et passé, délivre
« en son vivant, aucuns legs délaissez en son tesla-
« ment, rheritier ne sera de rechef tenu après son
« trespas les délivrer et puisque les légataires ont
« eu délivrance de leur legs par le testateur, ils
« n'auroient plus rien et en demeureroieni ses
« héritiers quittes, si ce n'estoit de legs in génère
« et que les légataires par lettres de don... et aulre-
a ment fissent apparoir, qu'il ne leuravoit pas esté
« délivré, pour accomplissement du dit legs,
« mais il autre titre, sans \ouloir accomplir les dits
« /f^s qui sont faits in génère; car legs faits in
« specie s'ils estoient délivrez par le testateur en
" son vivant les héritiers en demeureroieni quittes
« du tout. » (Coût, de Peronne, N. C. G. II, 608'.)
Legiimaige, s. ?h. Nom collectif qui comprend
plusieurs légumes. « De bleds, de vins, de fruictai-
« ges, et legumaiges on n'en veit oncques tant, si
« les soubhaits des paovres gens sont ouis. » (Rab.
Prognostication, p. 0.)
Legumineiix. Qui tient aux légumes. (Colgr.)
Leguns. Légumes. (Borel.)
1. Lei. [1" Loi religieuse, religion : « La chres-
« tiene lei. « (Roi. v. 85.) — 2° Conduite: « A lei
'• de chevaler. « (Id. v. 752.) — » A lei de bon
■ vassal. » (Id. v. 887.) — 3° Coutume: ■• A la lei
« de sa tere. " (Id. v. 2251.) Voir Loi.]
2. Lei. [Large: « Quant li rois englois entendit
<■ qu'il venroient l'orme coupeir, si tist ferreir le
« tronc de l'orme de bandes de fer tout entour qui
« avoienl bien cinq toises de lei. » (Mén. de Reims.
§ 97.)]
Leials. [1° Loyal : « S'il fust/f?«/s, ben ressem-
« blat baruil. » (Roi. v. 3764.) — 2° Légal : .. Trente
« parent/eiaZplegeensuntfail.» (lb.3847.)V'LoiAL.]
VII.
Leicherie. Friandise. « Bonnes dames ne
« doivent.... donner la chair aux chiens ne les lei-
" chéries dont les poures de Dieu meurent de fain
« 1^ hors, qui sont créatures de Dieu et fais a sa
« semblance. « (Le cliev. de la Tour, instruct. à ses
filles, fol. 12 ^)
Leidesce. [Parties naturelles de la femme :
" Ne n'atoucheras la leidesce des femmes. » (Tra-
duction des statuts de l'Eglise de Tours, B. N. lat
1237, ch. 77, an. 1396.)]
Leigne. Bûches, bois de chauffage: » Bosquil-
« Ions seront tenus de faire les leignes qu'ils vou-
" dront vendre de telle grandeur et grosseur qu'il
« s'ensuit. >. (N. C. G. t. II, p. 149 ^)
Leisir. [Loisir : <■ Que ne li die. Se tant ai de
« leisir. » (Roi. V. 459.) De là l'expression à leisir,
a loisir: « Sa cuslume est qu'il parolet à leisir. »
(Id. V. 141.)]
Leisse. [Lice, femelle d'un chien de chasse :
« D'une leisse vus veil conter, qui preste estoil à
» chaeler. » (Marie de France, II, 86.)]
Leitiire.[ElecUiaire : » Lequel médecin ordonna
« en la boutique d'un apoticaire ti'icellui lieu de
« Pezenas plusieurs beuvraiges, et opiales lei-
>• turcs en diverses foiz. " (JJ. 200, p. 64, an. 1467.)]
X^eiz. [Près de, le long de : « Et li cuens dou
« Perche faisoit l'avantgarde, et courut tout leiz
" des portes. » (Mén. de Reims, § S98.)]
Lemliroissier. [Lambrisser: » Pour avoir /cm-
« broissié de neuf le comble de la chapelle ou il a
« employé iii'' lxxv pièces de bort d'YIlande de vi
« piez de long chacune, qui lui a esté vendu et livré
" tendu et dolé, aux frais du dit seigneur (le duc
« d Orléans). » (De Laborde, Emaux, p. 166) -
« Un chariot couvert h fiertre, et lambroissié de
- boys. » (JJ. 106, p. 290, an. 1412.)]
Lempas. Le même que Lampas.
Lenclias. [Pieu : « Pierre Slure print un pieu
» de baye, dit au pays (Languedoc) lenchas, .. . et
" bailla un grant cnp dudit pieu ou lenchas au sup-
" pliant parmi le front. « (JJ. 167, p. 372, an. 1413.)]
Lendemain. [Le mot propre est endemain':
» Le bien que tu peux faire au malin, n'attens pas
« le soir ne l'endcmain. » (Mén. I, 0.) Mais l'article
s'est agglutiné et au xv siècle on a dit le lendemain
comme nous disons le lierre : .. Le lendemain dû
« premier jour de may. » (Ch. d'Orléans, Bail. p. 71.)]
Lendit. Voir Landit.
Lendole, s. Espèce de poisson volant. Parlant
d'un des vaisseaux de Gargantua : « Sus la pouppe
« estoit en sculpture d'eraîn corinthien une hiron-
« délie de mer eslevée. C'est ung poisson grand
« comme ung dar de Loire , to\it charnu sans
« esquames, ayant aesles cartdagineuses (quelles
« sont es souris chaulves) fort longues et larges-
moyennant lesquelles je l'ay souvent veu \o\qv
« une toise au dessus de l'eaiie plus d'un traict
« d'arc. A Marseille on le nomme lendole. » (Rab
t. IV, p. 11.)
21
LEO
- IC'2 -
LER
Lenner. [Carder le drap, aux Ordon. VII, 217,
an. 1388.]
Lenoinc. [Métier de Leno, de prostilueur: « La
« poine de lenoine et lecherie. » (Statuts de Charles
d'Anjou, roi de Sicile, cli. 205.,]
Lens. [Œufs de pou, dans Renart, v. 4077.]
Lent. [1° Lent : « Dist Oliviers: déliait ait li plus
« len~<. » (Roi. V. 19:58.) — « Soies Icns à l'ire et
« isnés à miséricorde. » (Brun. Lat. Trésor, p. 38C.)
— » Tel doit eslre régent, Lent de punir, aus bons
. non faire ennui. • (Descli.) — 2" Languissant :
« Si que ne put mangier, tant fu et floible cl lenlc. •
(Berte, c. 48.)] — 3" Au sens neutre, chose indilfé-
rente: " Et dame Mahuis, cui fu lent Que ele ait
« l'avoir des escrins. » (Fabl. mss. p. 136.)
Lentement. [D'une manière lente : ■ Scitalis
« est uns serpens qui va molt lentement. » (Brun.
Latin. Trésor, p. 193.)]
Lentes. [Q';ufs de pou : « Paous neïs, cirons et
. lentes. Tant lor livrent sovent ententes Qu'il lor
« font lor euvres lessier. » (Ben. v. 18045.)]
Lenteur. [« Ceulx qui orendroit blasment noslre
« lenteur. » (Bercbeure, f. 37 *>.)]
Lentieus. Lent.
Se vos vairs yeus
Frans et gentieuls
Dagniés assir sus mon regart,
Mes si lentieus. (Froiss. poës. f. 2G0 ^'.}
Lentille. [1° Légume: « Et nequedent l'avoit
• vendu por un mangier de /£'Hi/7/<'s. « (Job, p. 517.)
— 2° Tache de rousseur : « 11 guarit les lentilles.
" taches et bourgeons. » (Paré, Monstres, app. 1.)]
Lentilleux, Lentillos. [Semé de lentilles ou
de taches : " E s'ert pale e lentillos. » (Chron. de
Norm. V. 20397.)] — « Il fut roux et lentilleux, si
« fut plaindesigrant orgueil et de si grant félonie,
« qu'il ne laissa nulle chose à quoy il se fust aatie,
« feuslbien ou mal, pour nul chastiement que len
» luy fist. » (Lanc. du Lac, t. I, f. 126^.)
Lentisque. [Espèce de pistachier: « Ils tirent
« un long circuit parniy les myrtes, lentisques et
« autres tels arbustes dont le pays est si grande-
• menl couvert. » (Du Bellay, 395.)]
Lentrongneui". [Passeur: » Icellui Guillaume
« séjourna et demeura deux jours et une nuit aus
« champs, et illeuc le trouva un appelle 'Walier
« lentrongneur dudit barc ù Bery. » (JJ. 100, p. 190,
an. 13G9.)]
Lenwagier. [Locataire : « Que de ce jour en
" avant nulz censiers, leniuagiers ou admodiateurs
« ne pourront rentrer en nouvelle censé d'eulx
« mesmes. » (Coût, de llainaut, ch. 75, éd. d'An-
vers, an. 1553.) Mieux vaudrait lire leuwagier.]
Leolinie. [Léonin (voir ce mot): « Que li vers
« soient mis en rime, Ou consonant ou leolime. »
(Bibl. de lEc. des Chartes, 1873, p. 4, xm' s.)]
Leoncel. [Lionceau. (Chr. de Norm. v. 34712.)]
Leonesse. [Lionne. (Vie de S' Auban, v. 521.)]
Leonier. Gardeur de lions. (FI. et Bl., f. 198*.)
Leonime. [Même sens : « Geste balade est moitié
« leonime et moitié sonant, si comme il appert par
« monde, par onde, par homme, par Romme, qui
« sont plaines syllabes et entières; et les autres
« sonans tant seulement ou il n'a point entière sil-
« labe, si comme clamer et ester, ou il n'a que
« demie sillabe, ou si comme seroil présentement
« et innocent, et ainsi es cas semblables puet estre
« con2;neu qui est leonime ou sonnant. » (Desch.
fol. 39(1.)]
Leonimer. [Versifier en vers léonins : « La
« rime en maint lieu n'est pas génie; Mes mieus
« vault rudement rimer Ou sens de l'acteur et en-
» lente Qu'en autre son leonimer. » (Mém. de l'Ac.
des Inscr. t. XVII, p. 744, an. 1392.)]
Léonin. [Vers dans lesquels une mémeconson-
nance se reproduit deux ou trois fois; d'après Huet,
ils ont été ainsi nommés de Léon, poète, chanoine
de S' Victor de Paris, qui vécut sous Louis le Jeune
et Philippe-Auguste.]
Leons. [Lion : « Plus se fait tiers que leons ne
« leuparz. » (Roi. v. 1111.)]
Léopard. On les employait à la chasse : » ^ous
« alasmes avecq le roy chasser au parcq ou il fut
" lue ung sanglier et prins par ung léopard deux
« chevreux en nostre présence et tout auprès de
» nous. » (Lett. de Louis XII, t. II, p. 43.)
Lepardiau, s. Jeune léopard. L'auteur désigne
sous ce nom le jeune roi d'Angleterre Richard II:
En mon dormant vi une vision
Ou un songe dont trop me merveille
Qu'en grant foresls ot une jeune lion
C'un lepardiau de jour en jour guerroie. (Desch. f. iO'>.j
Lepe. [Lèvre, lippe : « Voirs est movoir estuet
• grenon De legier cui la lepe pent. » (Ren. IV, 39,
v. 1007.)]
Lèpre. [Lèpre: « L'en dit ci que por /cp/'C ne
» doit l'en pas feme départir de son mari. » (Liv.
de Jost. 197.)]
Leprnz. [Lépreux : « Maint miracle fait Deus
« là u fu descenduz, D'avogles, de contraiz e de
« surz e de muz. De lepru%, qui receivenl e santez
« e vertuz. » (Th. de Cantorbery, 181.)]
Lequel. [« Ne sai lequel, s'en ai joie ou paor. •
(Couci, XVI.) — Dans Eroissart, il a fréquemment
la valeur d'un génitif et représente, à la suite d'une
préposition, le latin cujus ou quorum : « Jehans li
« Biaus sus lequel cronicques et par quel relation
» de ce fcl j'ay fondé ce livre. » (Froiss. II, 117.)]
Lererie. [Larcin, au gloss. lat. fr. 4120.]
Lerme. [Larme: « Mais si ço avient par vus
« vus le purrez sulfrir. Mais tuz li vis de termes vus
« en devra corrir. » (Th. de Cantorb. 84.)]
Lermier. [Larmoyer : « Quant li baron le voient
« chascunsdedoel /«'Wï'e. » (Ch.d'Ant. II, 749.)] —
« Lasse je pleure et lermie. » (Desch. f. 175<=.)
Lermoier. [Larmoyer : « Que te vaut donc le
LES
- 163
LES
<i corrocier, le lermoier et le groucier. » (Rose,
V. 6874.)]
Lerre, Lerres. [Cas sujet de larron.]
.... Lerres le larron mescroit,
Ne li mauves le bon ne croit
Ains cuide que chascuns soit lerres. (Desch. f. 516^.]
Leru. [Voir CirRrir: » Le dimenche gras ung
<■ nommé Simonnet demourant en la ville de
« Aviseen Cliampaigne... print l'abit de meschanse,
« qui est une chose acoustumée ledit jour en ladite
« ville, et se représente le seigneur de la grant
• leru, qui se nomme et appelle le maire des ches-
• tiz ; ....lequel faisoit contraindre les nouveaulx
« mariés à payer chacun cinq solz et les autres
" compaignons nouveaulx venus ou autres estans
à marier à payer chacun une somme au dessoubz
« de cinq solz. » (.J.l. 195, p. 35!), an. 1403.)]
1. Les. [1° Article: « Les esteiles tlambient. »
(Roi. V. 3659.) - . Entre les heiz. » (Id. v. 621.) -
« Li empereres.... les turs en abatied. » (Id. v. 98.)
— 2" Pronom personnel au régime direct : « L'ar-
« cevesque... les beneisl. » (Id' v. 1137.) — « Il les
« ad prises (les nusches). » (Id. v. 64i.) — Dans
Froissart, les est employé pour leur : « Par quoy nul
« ne les csasl faire mal ne villonie. » (Froiss. IV,
407.) — « Vous les paierés lor gages. » (Id. VIII,
182.)]
2. Lés. [Côté, au propre et au figuré. Voir Le,
Lei : » Il y ot des mors, des navrés et des prisons
« d'un lés et d'aultre. « (Froiss., II, 165.) — « Et se
" aresterent à ce foible /es. » (Id. VI, H.) — Locu-
tions : 1° « Au lés de, » en ce qui concerne quel-
qu'un : " Il en escripsi tout ce que il voult deviser
« pour le meilleur et plus seur au lés de luy et de
« son conseil. » (Froissart, XIII, 10.) — 2o « Mettre
« d'un lés, » mettre de côté : « Si entendirent leur
« varlet au pillage et au mettre d'un lés tout chou
« que trouvet avoient. » (Froiss. Vil, 394.) — Dans
ses Poésies (I, 254), on lit mettre à un lés.
Ijescliard. « Leschnrds etoient proprement les
« friansqui s'etant ruez sur les bons morceaux, ne
« quitoient point prise qu'ils n'eussent encore
« léché les plats. » (Le Duchat, sur Rabelais, t. I,
page 222.)
Lesche. [Lèche : « Une cruche sent estre prise
« Où l'aumosne de vin est mise D'une lesche de
« pain signie. » (Guersai.) — « Faites pain et cuisiez
« au four et tailliez par lesches. • (Mén. II, 3.)]
Leschefi'ite. Lèchefrite :
Cuillers grandes, cuillers petites,
Crétines pour les leschefrilcs. (Desch. f. 497 *>.)
Lescliei', Leschier. 1» Faire le lescheur, le
gourmand, faire bonne chère :
L'en dit pieça qui va il lesche
Et qui tes jors se siet, il sache. (Fabl. S. G. f. 49 '.j
Locution : « Faire lescher miel sur l'espine, »
faire prendre les plaisirs de l'amour : « Apres ce
« qu'il eut habandonné la damoiselle qui par son
« admonestemenl le cuydoit faire lescher miel sur
« l'espine, il picqua son cheval en pensant aux
« parolles de la damoiselle ausquelles jeunesse
« s'accordoit et en cest accord le corps luy com-
« mença a eschauffer. » (Perceforest, V, f. 44 <=.) —
[« Faulse vielle... Qui me cuida par ses doctrines
•< Faire leschier m'iel sorespines. » (Ren. v. 13194.)]
Lescherie. [Voir LEieiiERiE.] 1° Friandise : « Elle
« s'en venoit en la garde-robe et là mangeoit la
" souppe au matin ou aucune lescherie. » (Chev. de
la Tour, Instr. à ses filles, fol. 4 ^.) — 2° Débauche,
luxure : [« Cil sains rois (Louis IX) se relargissoit
" A autres gieus que lescherie. » (Cuil. Cuiaft.)] —
Parlant d'une veuve remariée h un jeune homme :
« La friandie et Zesc/ienedelajounechairdu joune
« homme, l'a faite gloulte et jalouse. « (Les Quinze
•loyes du Mariage, p. 178.)
Lescheur, Lescheor. 1° Gourmand : « Achat
« lescheur bat on souvent la gueule. » (Cotgrave.) —
[2° Débauché : « Cist litres est des bouliers et des
« meschines et des lescheors. <• (Trad. du Code de
Justinien, dans D. C. III, 727 ^)]
Lescheure. Partie honteuse de l'homme :
Ostez vostre lescheure
Deus la puist honnir.
Car tant m'est asprete et dure
Ne la puis souffrir. fPoët. au. 1300, IV, p. 1433.)
Lescier. [Laisser par testament : « Comme
« nostre très chier seigneur et père monseigneur
« Loys de bonne mémoire, jadis conte d'Evreus,
« que Dieus absoille, eust lesciétn son testament. »
(Ch. de Philippe, comte d'Evreux, an. 1320.)]
Lesdanfjier. [Injurier : « Sire, fit-ele, dant
« Bernard de Nessil M'a lesdangiée devant le roy
. Pépin. . (Garin, dans D. C. IV, 10 ''.)]
Lesdengeure. [Action d'outrager : • De la les-
" dengeure, l'abesse connoistra en sa court. » (Cart.
de Chelles, p. 32.)]
Leson. [« L'exposant qui se apoioit à un banc
» appelle leson, qui esloit enmi la maison. » (JJ. 128,
p. 228, an. 1385.)]
Lesse. [1» Laisse, tirade monorime d'une chan-
son de geste. Voir Wolf, iiber die Lais, page 269 :
« Ceus dont j'ai dit en l'autre lesse. « (G.'Guiart,
v. 16643.)] — 2» Attache, au propre et au figuré :
« Je là voudrois plulosl chevaucher que mener en
« lesse. » (Cotgr.) — « Lesse vraymentque cesdoys
« amoureux... Ont mis au tour de mon col trop
« heureux. » (Jacq. Tabur., p. 288.) — 3" Liberté :
« Pour la grant lesse qu'il luy baille, » c'est-à-dire
pour la grande liberté qu'il lui donne. (Eust. Desch.
folio 499 <=.)
Lesseï". [Lâcher : « A un arrest que fist icellui
Domyne pour lesser de l'eaue. » (JJ. 166, p. 312,
an. 1412.)]
Lest, s. Charge, somme. Parlant des droits levés
à Amiens : » D'un lest de cuirs vendu en ladite
« ville, ou mesme hors pour vendre, quarante sols
" parisis. » (Ord. 11, p. 440.)]
Lestage. Droit de coutume sur les marchandi-
ses vendues en foires ou marchés : » Passaiges,
LET
- iGi -
LET
» porlaiges, péaiges, Icstaiges. » (li03, Coutume du
hareng.) (L. C. de D.)
Lestardie. [Léthargie : « Roy, qui le fiert? car
u le devise, Tu es je crois eu lestardie. Ou ta char
a est ;;couardie. » (Passion de J. C.)]
1. Leste. [Agile : •• La reine entra... accompa-
« gnée d'une cavalcade fort leste. • (Mém. S. du
Guescl. ch. 18.)]
2. Leste. [« Lesquels vicaires donneront à cha-
« cun drap, pour faire un leste à la valeur de cinq
« sols, chacun une paire de solier. » (Ch. de 1315,
D. C. sous Lesta.)]
3. Leste. [Laitance : " Leste de harenc, » au
Gloss. 7692.]
Let, s. m. Lait :
Qui voulra avoir du let
On le crie de riie eu rue. (Desch. f. 'tll ^.)
Expressions : 1» « Let bée, ■> lait nouveau, au
Gloss. lat. 521. — [2» Le lait de la Vierge était con-
sidéré comme une relique au moyen- âge : « Ung
« ymage de Xoslre Dame tenant sou enfant d'argent
« doié, auquel a du let Noslre Uame en sa poitrine,
« séant sur ung petit pié plain d'argent doré. ■> (De
La Borde, ducs de Bourgogne, Preuves, t. II, 237,
an. 1420.)] — 3° « Nourriz d'un let, " parlant de
chiens d'une même portée, nourris ensemble. (Eust.
Desch. f. 411 \)
Letardie. [Léthargie : « Si corne cil qui dort en
« letardie. Dont nus ne puet esveiller le corage. »
(Ilist. Litt. de la Fr. t. X.XIII, p. 705.)]
Leteri, Leteril. [Ambons, jubé : « Li bon dux
o de Venise, qui niull erl sages et proz monta el
« /e/<?r/ et paria au peuple. » (Villehard. p. 17.)]
Letice. Voir Li-ttice. La Colombière dit que
« letices sont peaux d'hermine sans aucune mou-
« clieture. » (La Colomb. Th. d'honn. p. 118.)
Letou, s. VI. Métal factice qui se fait avec du
cuivre rouge, dans leiiuel on mêle de la calamine
qui est un minéral jaune dont il y a abondance au
pays de Liège : [" Un reliquaire sur pied de leton. «
(Inveut, du duc de Norm. an. 13()o.) Les inventaires
royaux n'enregistrent ([ue rarement les objets cise-
lés dans ce métal gi'ossier et sans valeur.]
Letré. [Orné d'inscriptions : « Toute ert la tombe
« neelée. De l'or d'Arabe bien letrée. » (Flore et
Blanchefl. v. 661.) — « Li cuens lint Irait li brant
« qui fu lctre%. » (Rom. de Roncevaux, p. 29.)]
Letreure. [Science, érudition : « Pour ce que
o sa letreure el la simplece de son engin nesouffisl
« pas à Iraitier d'œuvre de si haute esloire. » (Dom
Bouquet, III, p. 152.) — « Et pour ce que Eracles
« esloit grans clers et de parfonde letreure. » (Id.
page 200.)]
Letri. [Lutrin : « Item un dras reiez pour le
« lelri et un autre à couvrir l'autel. » (Reg. Noster,
fol. 106 ■■'.) — " Ki velt faire .i. letris por sus lire
« evangille, ves enl ci le mellor manière que jo sace :
« ves enl ci le portrait. En mi liu des .m. colombes
« doit avoir une verge qui porte le pumiel sor coi
« li aile siel. Par chu fait om dorner la leste del
« aquile vers le diachene kant list l'évangile. »
(Album de Villard de llonnecourl.) L'ange el'l'aigle
aux ailes éployées étaient la forme la plus ordi-
naire du pupitre et donnaient souvent leur nom au
lulrin.]
Letrin, Letrun, Lettrin. [Lulrin : « Vnletrin
« de fer, ouvré à fer de moulin, " c'est-à-dire acier,
dans l'Inv. de Charles V. — « Un letrin, en façon
» d'un coffre lequel est d'ivire blanc et noir et
« historié de plusieurs imaiges. » (luv. de Charles
VI.) — .1 Letrins volaus ou à cygoignes sur les
« chaeses. » (Cérém. de S. Brieuc.)] — •■ Il monta
« sus un letrin. •> (Chron. de S. Denis, t. II, f. 184.)
— [« Li tiextes des évangiles fu mis sur un letrun
« droit devant le siège ou li empereres devoit
« seoir. " (Dom Bouq. VIII, 142.) — « Les marre-
'. gliers... en signet et par manière de representa-
» lion mirent et eslendireul un drap- d'or ou poile
« bordé de noir sur un lettrin assis sur la fosse
'< dudil feu Jacques. » (Arrêt du Parlement de
Paris, 1380.)]
Lettice. [Hermine (voir Lrtice) : « Une douzaine
« de Icttices, valent 10 s. par. » (Nouv. Comptes
de l'Arg. p. 163.) — « Pour les poignes (d'une cotte
« hardie) deux /fWïces. » (Id. 164.) — « Pour les
« gcz de dessoubz, colet et poingués (d'un manlel
« de chappelle), trois douzaines dix leltices. »
(Id. 165.) Ou emploie encore ces lettiees h doubler
une longue houppelande d'escarlate rosée.]
Lettrage, Letti'iage. Ecriture, titres, dans
les Lellres'de Louis Xll, I, 212, au C. G. 1, 807.
Lettre. [I. Caractères d'écrilure : " Les letres
<i de hn or éstoient Et en lisant ce reconloienl : Ci
« gist la blauclie Blanchefleur. » (Bomauc. p. 59.)]
Parlant de Charlemagne, qui fil bûlir x.\m monastè-
res, nombre qui équivaul aux vingt-lrois lettres de
l'alphabet :
Et tout si fist il par son gré
Sour les laitres de l'a, bé, ce,
Si que 1' front de cascune glise
À une lailrc par devise
Et qui l'estorie en meskeroit,
Il i alast ceci veroit. (Mouskes, /'. 100.]
[De \h les expressions suivantes: 1" « Lettres
« tailliées, » lellres précieusement travaillées ; le
musée du Louvre en possède une qui est charmante :
« Une belle M de bois, bien taillée, à une petite
» chayne de bois pendant, aux lettres du nom
« Jhesus. » (Inv. de Marguerite d'Autriche, 554.)
— 2° « Lettres ymaginées, » initiales ornées, accom-
pagnées d'une miniature : « En cest roman ait vi""
« et VI grosses lettres ijmaginées , qui chascune
« costoit un florin. ■> (Souscription indiquant le
nombre des miniatures des romans de Saint Graal
et de Merlin, B. N. fr. anc. 6777.) — 3° » Lettres de
.1 Sarrazin, » inscriptions arabes imitées de celles
qui décoraient les étoffes el les vases de métal ou
de faïence émaillés, venus d'Orient, mais imitées
avec une si complète ignorancedela langue qu'elles
LET
— 105 -
LET
îie conservent des caractères arabes que la forme
rudimentaire et comme l'apparence : « Deux pièces
•■ de soudamins pnrails, sur champ roze, ouvré de
« grans feuillaiges à pommes d'or et entre les dittes
« pommes avoit lettres de Surax-in et feuillaiges
« enlaciés. » (Compte de 1330.) — 40 ■^ Lettres de
« Damas, » même sens : « Un gobelet lonc dont le
« pié est à plusieurs souages, et ou milieu est ceint
« d'un soiiage grenelé, et au dessus et au dessouz
« dudit souage a une bende cizelée de lettres de
« Damas. » (Inv. des bijoux du duc d'Anjou, art.
147.) Voir encore art. 149, 178, 182.] - 5» « Lettre
« boulenoise. « (Inventaire des livres de Cbaries V,
art. 548.) — Ecriture italienne, originaire de
Bologne: « Item un très bel décret escript de
« lettre boulonnoise. » (Invent, de Jean, duc de
Berry, an. 1416.) — G° « Lettres branlans, »
ornemeiils qui se mettoient aux habits. (Saintré,
p. 188.) [Sans doute des lettres taillées.] — 7° [.< Let-
« très de court. » cursive: « Item un livre des
« Trois Maries et de leur sainte lignée, escript en
« françois de lettre de court. « (Inv. du duc de
Berry, an. 1 '(16.) — « Ung petit livre escript en
« lettre de court, ouquel sont contenu vigilles, les
« sept psalmes et plusieurs oroisons. » (.1.1. 87,
p. 274, an. 1437 ) — 8° « Lettres de forme, « écri-
ture soignée : « Item une très-belle bible en l'i'ançois,
« escripte de lettre de fourme. » (Inv. du duc de
Berry, an. 141G.) — « Item ung colleclaire par
« cayers, cscrit en parchemin, lettre de forme. «
(Inv. de 1492.) — 9° « Item une autre bible en fran-
« çois, escripte de letlre française. » (Inv. de Jean,
duc de Berry.) — 10" " Item ung autre pontifical de
« ordinibusen petit volume, escrit en parchemin,
« lettre d'impression, •■ c'est-à-dire en caractères
d'imprimerie. (Invent, de 1492.)] — 11° « Letre de
« lame. •> (Inv. des liv. de Cbaries V, art. 129.) —
12" Il Lettres de note, » écriture pleine d'abrévia-
tions comme les notes des notaires, (luv. des
liv. de Charles V, art. 100.) — 13' .. Lettres oncmles
« ou unciales. " [Voir 0.\ciale.] — 14° [Item uiig
« petit journal, escrit en parchemin, lettre ro)i(le. »
(Inv. de 1492.) — 1.5° « Lesquels assises et usages
« et costumes estoient escris cbascun par soy et de
" grans lettres lournées et la première lettre dou
« commencement estoit enluminée d'or. « (Assises
de Jérusalem, ch. IV.) — 1C° « Item un petit livre
« en papier, escript de letlre de Gascoiyne. « (Inv.
de Jean de Berry, 1410.) — Voir pour ces écritures
le traité de Mabillon ou la paléographie de M. de
Wailly.]
II. [Missive, dépêche particulière: » Le briefdos-
« ploie, s'a la lelre choisie. » (lîoncisv. 25.) — « Li
« rois ouvre la cire, la lelre reversa. » (Berte,
c. 122.)] — « J'ay nagueres veu unes lectres d'une
« histoire vraye et nouvellement advenue en Almai-
« gne. » (Saintré, p. 073.) — « Adresser ses lettres
« à d'autres, » comme nous disons vendre ses
coquilles à d'autres. (Dialog. de Tahureau, p. 25''.)
III. [Actes de chancellerie rédigés sous forme de
lettre: 1° « Renart a brisié le soiaus Et puis lui les
« letdres roijaus. » (Ren. v. 20034.) Les adjectifs en
aZ/s n'avaient qu'une forme pour le masculin et le
féminin ; de là la forme rotjaus.] — « Frère (luy
u dist Chiquanous Manchot) je te donner'ay unes
" belles, grandes, vieilles lettres roijatilx, que j'ay
« ici en mon bauldrier, pour rapetasser ton tabou-
« rin. » (Rab. IV, p. 07.) — On lit, noteO: « Cbica-
« noux prometloit a Trudon unes vieilles lettres
« royaulx pour repetasser son tabourin, c'est qn'a-
« près l'année, ces sortes de lettres n'elant plus
« valables celle-ci ne pouvoil plus servir à rien de
« meilleur qu'a reparer le desordre à quoy Chica-
» noux avoit donné lieu. » — « Est delTendu a tous
« masquiers de quelque estât et condition qu'ilz
« soient de ne porter accoustrement de masque,
« qui ayt servi l'an précèdent sans que pour le
" moins il y ayt desgiiyseure nouvelle et sont tous
« accoustremens de masque rédigés, à semblance
« àe lettres royaux, après l'an non valables. »
(Aresta Amorum, p. 42i.) — 2'' « Lettres d'armes, »
lettres (|ui permettaient les tournois. (Ménesir. de
la Chevalerie, p. 227, 228.) — 3° Lettres de bailli :
" Les exécutions qui se font par vertu de lettres et
« obligations exécutoires communément se
" nomment lettres baitlie. ■> (Stillede procéder au
Parlement de Norm. f. 74°.) - 4°[« Lettres doses, »
lettres fermées: » Et envola à chascun seigneur des
" naves /f/jvs c/oscs, et leur commanda que il ne
" les leusseut devant ce qu'il fussent meu dou
« port. " (Mén. de Reims, § 373.) Les, lettres closes,
émanant des rois de France, étaient pliées d'une
manière spéciale; une simple queue de papier ou
de parchemin, détachée du bas de la missive, enve-
loppait le tout; on y inscrivait l'adresse et on y
apposait le sceau secret du roi. Ces lettres closes
étaient signées par le roi, contre-signées par l'un
des notaires ou secrétaires. Elles sont rares avant
le règne de Jean-le-Bon. Elles sont devenues
plus tard les lettres de cachet.] — Parlant de la
paix entre le duc de Bourgogne et les Gantois:
« Le duc ouit voulentiers et escrivit les lettres
« ouverles et lettres closes qui furent scellées de
" son seel moult douces et amiables à ceux de
« Gand. » (Froiss. Il, p. .306.) — De là l'expression
« ce me sont lettres clauses, » je ne le sais pas:
« Lorsque Philippes premier de ce nom regnoit
« en France, il se présenta une question entre Yves
« et Geoffroy tous deux pretendans estre evesques
« de Chartres : de vous dire par quels moyens, ce
« me sont lettres clauses. « (Pasq. Rech. [). 218.) —
5° " Lettres de connoissance.... >■ — » Un bourgeois
« ayant lettre appellée de connoissance, ne fourfait
» rien de ses biens soient meubles ou immeubles
« vers madame pour quelque cas de ineschef, qu'a
« luy ou sa famille scroit advenu, ny pour autre
« occasion qu'il pourroit avoir pei'pètré. » (Coût.
de xNivelle, N. C. G. I, 1205.)— G" .. Lettres creden-
« claies sur soy, » lettre de créance: « A escript le
« seigneur roy a voslre père une lettre credenciale
« sur luy, sollicitant que mons' de Garce vienne
« sans delay et que à sa venue tout se fera bien
« ou d'une façon ou d'autre. » (Lelt. de Louis XII,
II, p. 19.) — 7° « Lettres à'es\a[.... » — « Quant on
LET
IGC —
LET
« donne élal en la cause pour la continuer et tenir
« en surceance jus(iues a un temps, pour raison de
« l'occupation de l'avocat ou procureur de la partie
« ou pour cause de l'absence nécessaire de l'une
« des parties pour le bien public. Toutes fois ces
« lettres n'ont lieu en cas de nouvelieté et com-
« plainte. " (i,aur. Closs. du Dr. fr.) Voir aux Ord.
IV, p. CGI, an. 13(j6. — S-f» Lettres c.rpeclntoires, »
par lesquelles on demande et on obtient sursis:
« Icellui Pierrot fist citer en l,i court de Cambray
u ledit Gillet, pnsl lettres e.rpectafoires , et le fist
« citer à venir tauxer les despens h certain jour. »
(.1,1. ri'2, p. .".2, an. 1382.)] — D" « /,c//«s de faveur, »
lettres de recommandation : « F^lle me donna des
« lettres (le faveur n?>on fus monsieur le marQuis
« de Pescaire général pour lors en l'armée espa-
« gnole. » 'Brant. Dames Galantes, U, p. 308.) —
10" » Lettres en ferme.... » — « Dans le Cambresis,
o il n'y a pas de gardenotes publics et en titre
« d'office.... mais on a suppléé à ce défaut en et-a-
" blissant des chambres dans les liotels de ville, ou
« chacun pust mettre un double aulhenlique de ses
« lettres; e[, parceque cette chambre est appellée
« ferme, on a nommé les lettres qui s'y conservent
« lettres en ferme. « (Laurière; Coût. Gén. t. II,
p. 859.) — 11° " L('/<)'^ formée. » Laurière renvoie
a ■< requête de lettre formée. » — 12- [« Lettre de
' héritage, ' acte de propriété: » Lesquelz alerent
« en la ville d'Arcueil près de Paris pour quérir
« une lettre de héritage, qui apparlenoit audit
« Ilemon le Bouquaut, pour cause de une pièce de
« vigne que icellui Ilemon avoit achetée, afin que
« icèlle lettre feust enregistrée en papier et registre
« d'icelle ville d'Arcueil. >. (.1,1. 152, p. 2IG, an.
1397.)]— 13° « Lettre de marque, » lettres de
représailles, Bourdelot le dérive de marquer. Let-
tres de marque, dit-il, est une permission qui est
donnée à un marchand volé par un étranger de
reprendre sur quelqu'un qu'il remarquera de celte
nation, la même somme qui lui a été prise. [Voir
Marqce. — Dans les temps modernes, les lettres de
marque n'ont plus été accordées qu'aux capitaines
des navires marchands armés en course, pendant
une guerre maritime.] — 14" « Lettres missives, »
lettres, épitres. (Dial. deTahur. p. 5.) — 15° » Lettre
« overt, « lettre patente. (Rymer, p. 114, an. 1270.)
— 1G° « Lettres papaux, « lettres du pape. (Chron.
de S. Denis, II, f. 135''.) — 17° « Lettres de pas ou
" de passe, » passe-port. (Cotgr.) — 18" [« Lettres
« patentes. » c'est-îi-dire ouvertes, par opposition
aux lettres closes; elles émanent du roi; tels sont
les édits, ordonnances, anoblissements, érections
de litres, grâces, dons, privilèges. Elles commen-
çaient par la formule : « A tous ceux qui les lettres
« verront. »] — 19" « Lettres pendaus, » celles
auxquelles pendenl des sceaux. (Pérard , Ilisl. de
Bourg, p. 514, an. 12G6.) L'expression est synonyme
de lettres patentes : » Pour ce que la bonne monnoie
« que nous entendons a faire ouvrer, pour la neces-
« site.... ne soit empeschiée ou retardée pour les
« monnoies de nos barons nous avons ordenné et
« ordennons et deffendons que nuls prélats, barons,
» ne autre de nostre royaume qui ont droit de faire
« monnoieoiivrer en leûi's terres, ne fassent ouvrer,
« ne commencier leurs monnoies jusqu'à tant qu'ils
« aient lettres pendants de nous, contenants, com-
• menl et quant ils devront ouvrer. » (Ord. I,
p. 522.) — [« Atant allenl leur convenances li uns
« aus autres; et baillierent /e/r<'s;»'«rfrt»:- de tous
« les barons d'Engleterre qu'il avoient aportée avec
« eux. » (Mén. de'Reims, § 29i.) — 20° « Lesquels
« archevesques et evesques non volians desroquier
« ne aler au contraire desdits privilèges et exemp-
« lion, ont baillié par plusieurs et diverses fois
« soulz leurs seaulx lettres de non préjudice. »
(Cart. de Corbie, 13, f. 191, an. 1513.) — 21° « Let-
« Ires de purge, « lettres de rémission : « Nous
« veismes unes lettres f/(^/»(r^e saines et entières. »
(.IJ. 151, p. 228, an. 1390.) — 22° » Lettres de re-
« gnrd, » placel: « Le suppliant demouranl en
« nostre ville d'Abbeville fui cité pour
« comparoir devant l'official de Beauvais par vertu
« de lettres de reqard ou placet données de l'oftlcial
« d'Amiens. .. (,I.f. 209, page 25i, an. 1482.) —
23° o Lettres de remission. » Elles s'obtenaient au
grand et au petit sceau; elles avaient pour objet
de purger les homicides involontaires ou commis
en état de légitime défense ; maiselless'appliquaient
le plus souvent à toutes sortes de crimes sans
excuse réelle, dont les auteurs avaient su acquérir
de hautes protections. Elles sont en très grand
nombre dans les registres du Trésor des Chartes
\A. X. JJ.) et sont des plus riches en détails de
mœurs.] — 24° » Lettres de sanc. » Ce sont des
lettres de grâce obtenues par ceux qui avoient
répandu du sang, soit en tuanl, soit en blessant.
(Voy. Ord. III, p. 388, an. 1359.) - 2.5° a Lettres a
« seaulx, » pour lettres scellées: « Beau fiiz trois
« choses sont que on ne doit point faire pour lettres
» àscrtH/,c ne pour messages. La première est bailler
« en autruy main la femme de son seigneur, se on
• l'a en sa garde, la seconde son chastel ne sa for-
« leresse, la tierce son fief, mesmemenl à son nep-
« veu. » (Percef. Il, f. 148'.) — De là l'expression :
« Il en a belles lettres sans les sceaux. » Favin,
parlant des différentes espèces de chevaliers, dil:
« Les derniers sont ceux de l'accolée que le roy
« donne à ceux qu'il ennoblit, les plus advisez
« desquels prennent conjoinctemenl leurs lettres
« de noblesse et de chevalerie ensemble, autrement
« ils font double despeuce; ce que nous disons à
« Paris en un commun proverbe et par mocquerie ;
« // en ha belles lettres sans les seeaux. » (Favin,
Théàl. d'honn. I, p. 914.) — 2G° « Lettres à simple
« queiie, à double queiie et à héritage » —
« Chaque notaire mettra par écrit combien de
« lettres il aura faites, combien il y en aura à dou-
» ble queiie, combien à simple queiie et combien
« à héritage. » (Ord. I, p. 735.) — [Les lettres sur
simple queue, c'est-à-dire scellées sur le repli à
moitié détaché du bas de la charte, étaient à effet
moins que viager; les lettres sur double queue,
c'est-à-dire scellées sur une bande de parchemin ou
de cuir passée dans une ouverture faite au canif et
LET
- 167 -
LEU
repliée, élaienl à effets viagers; les actes à effet
perpétuel, les titres de propriété (héritage), étaient
scellés sur las de soie.]
IV. [Preuve écrite; au moyeu âge la preuve
écrite ne servait que comme renseignement et
enquête ; de là le dicton : » Tesmoing passe letlre. «
(Colgrave.)]
V. Science :
Et si savoit Uùtres assés. (Mouskes, p. 55.^
Roy sans lellres comme un asne seroit
S'il ne savoit l'escriplure ou les loys ;
Chascun de ly par tout se moqueroit. (Desc/t. /'. 303 '.]
Yl. Paroles d'un poème mis en musique: «Adrian
« le roy a mis en musique à quatre parties douze
<i chansons spirituelles dont la leltre est de Jean
« Antoine de Bayf. » (Du Verdier, Bibliolli. p. 15.)
— « Anselme Faydit... estoil bon poëte provençal,
* composoil fort bien la lettre on parole et le chant
« des chansons qu'il faisoil. » (Idem p. 40.)
VII. 1" Texte littéral : « De /^//rc a autre, » de point
en point : « Tenant de letlre a autre touttes les
« paroles qu'elle vous avoit dites. " (L'Amant Res-
suscité, p. 51G.) — 2° » Par toutes lettres, » en tout
point :
Maleureux suis par toute lettre. (Desch. f. 332 ".}
3° « Garder à la letlre, » pour garder scrupuleu-
sement. (LeJouvencel, f. 72 ■'.) — 4° « Passer lettre
« à quelqu'un, " approuver: « Combien que je vous
" aye toute ceste relevée assisté, si ne puis-je vous
« passer letlre de la beauté que vous figurez, car
» à ce que je puis recueillir de voz propos, vous
« nous voulez façonner un amour, gisant beaucoup
« plus en songe qu'au vray. » (Pasquier, Monophile,
page lâi.)
5» Mauvais coarz, ce dit la letrc.
Ne se doit d'amours entremctre. (Ocide, de Arte, /'. 97.^'
Lettré. 1° Qui a des lettres, de la littérature .•
« Ung roy des Romains amy d'ung roy de Fiance
« exortoit par ses lettres le roy de France qu'il tist
« ses enfaiis apprendre à l'escole lectres et sciences,
« disant entre autres raisons, c'est (|ue ung roij
« 71011 leelré est comme ung asne couronné. •■ (llist.
de la Toison d'Or, II, fol. 01.) — 2" iMuni de lettres
du roy :
Puis qu'ilz fussent enregistrez
Ne les faiUoit estre Icttrez
Ne avoir autre mandement. (Desch. f. AOG ".]
[3° VoirLETHÉ.]
Lettre ferit. Savant, dont le cerveau a été
blessé par l'étude : « Mon vulgaire Perigordin
« appelle fort plaisamment tellre-j'erlls ces si;avan-
« teaux ; comme si vous disiez lellre-fcrus ausquels
« les lettres ont donné un coup de marteau comnje
» on dit. " (Mont. Essais, I, p. IDO.)
Lettrier, v. Dresser un contrat, libeller un acte,
insérer dans un titre : » Pour convens et œuvres
« de loy faicts et passez pardevant baiUy, hommes
« de fiefs et francqs alloctiers, desquels n'y auroit
« lettres, record s'en pourra demander par plainte
« en notre dite cour, dedans sept ans et jour ensui-
« vant les dits convens passez semblablement se
» pourra faire pour advis de père et more comme
« aussi s'il y avoil lettre pour clause ou devise
« obmise a lettrier par forme de tant plus. » i^Cout.
dellainaut, N. C. G. Il, p. G5.)
Letue. [Laitue, au Gloss. 7092.]
1. Leu. [Loup : « Les leus oit uller et li huans
« hua. » (Berte, c. 25.) — « Li leu qui mouton sem-
« bleroit. S'il o les brebis demorast, Cuidiés vous
« qu'il nés devorast. » (Bose, v. 11104.)]
2. Leu (saint). [Saint Loup, fêté le 1" septem-
bre, passait pour guérir de l'épilepsie : « Et disoit
« icellui Regnault... que du mais. Leu fussenteulz
« abaluz. » (JJ. 115, p. 11)4, an. 137'J.) Par suite, on
disait : » Cheoir du mal Saint Leu par derrière, »
tomber. On le disait aussi d'une femme qui s'aban-
donne.]
3. Leu. [Licite, de licutuni pour iicitum : » Item
« voulons et oltroions que lesdiz censoulz et con-
« seillers puissent et leur soit leu. » (.IJ. 198, p. 300,
an. 1374.]
Leudalre, Leude. [Celui qui lève l'impôt
nommé leude ou leyde.']
Leuderie. [Bureau de perception de la leude:
« Devant les boutiques de la leuderie et blanquerie
t de Besiers. » (.JJ. 185, p. 177, an. 1451.)]
Leuinage. [Ensemble des légumes: « Leumages
« et choses generatives de sanc moiste. » (II. de
Mondev. f. 45.)]
Leuins, Leuns. [Légumes: « Cil alad pur
« herbes querre et leiims. »'(Rois, dans Raynouard.)
— « El saciés, sour tous leilns, lentilles sont plus
« malvaises. <■ (Alebrant, fol. 51.) — « Se ele cnist
« tost les leuns. » (Brun. Lai. Très. p. 179.)]
Leupart. Léopard. [- Iréement se cumbal a
. r leupart. •> (Roi. v. 733.)]
Leur. [La forme la plus ancienne est litr ; puis
vient /or qui mène à leur. 1" Pronom possessif em-
ployé au sens d'illorum, son origine: « Une leur
. espie. » (Froiss. IV, f. 201.) — » En la terre hon-
«. groise, en un leur bel manage. >• (Berte, 111.) —
2" Employé comme nom au sens de bien : « Les
• barons, qui deussent garder le leur pour bien
« emploier en lieu el temps, se pristrent à donner
« les grans mangers el les outrageuses viandes. »
(Joinv. éd. de 1807, p. 217.) — «■ Le roy leur osla et
« toit l'eritage de leur père et ce qui doit eslre leur
a par droite'hoirrie. » (Froiss. XVI, 150.) — 3° Em-
ployé comme nom au sens de dépens : « Xostre dit
» habitant seront tenuz de maintenir au leur les
. aules (halles) dudit Grancey. » (Ord. IX, p. 160,
an. 1348.) — 4° Employé comme complément indi-
rect et précédé de à : « A leur ou aulcun d'eulx. »
(Ord. III, 050.) — 5° Employé comme adverbe de
lieu: « El entrerait à Paris, leur il trouvèrent le
« roy. » (.Froiss. Il, 369.)]
Leurmel. [« (Le comte) a marché, pour raison
« duquel le sire prenl le rouilz des toilles el le pois ;
« et se appelle /f!<n?i^/; car il se print devant la
LEV
— 1G8 -
LEV
« maison de Lormel. » (Kevenu du comlé de Cham-
pagne, 15. N. IV. anc. 0812 ', f. 88. Q
I.eurre. ^Au fiiiuié, appAl : « Nous les aimons
« mieiilx les l'emmes); il n'est point de pareil
.. Iriinr iiue la sagesse non rude et renfrongnée. »
(MuntaigiiC, 111, ;«G.) Voir Lckhrk, Louuie.]
Leurrer. [Voir I/nnRr.R.] Au figuré, élever:
« Aucuns sont mis {h l'élude) pour apprendre trois
» ou quatre mots de latin en attendant qu'ils soient
» grandelels pour faire le voyage d'Italie, afin que
« la on achevé de les leurrer bu (comme dit le pro-
» vcrhe,, qu'on achève de les peindre. « (Apol.
d'IIerod. p. 91.) Pour le même sens, contes de Cho-
lières, f. '222. — Ue lu les expressions: « Il n'a pas
« encore été leurré, « il est sans e-xpérience ; » il
« est leurré, » instiuit. (H. Est. Précell. du lang.
franc, p. 70.)
Leu wasté. [Loup garou, injure: » Quamplu-
« rima verba injuriosa de dictis Johanrie et ejus
>' uxore dixit Johanues Cosset, et specialiler dictum
" Johannem vocavit leu-wasté et ejus uxorem ri-
« baude. ■> (JJ. 84, p. 05, an. 13.55.)]
Levage, s. m. Espèce de droit seigneurial :
<■ Levage est une espèce de péage ou coutume, qui
« appartient au seigneur justicier pour les déniées
« qui ont séjourné huit jours naturels en sou llef
« et y ont été vendues et transportées en autre
« main et mises hors iceluy tief : et est dû par
<• l'acliepteur et est tel que la petite coutume ; ou
« qui appartient au seigneur justicier pour les
» biens de ses sujets qui vont' demeurer hors de
« son fief le quel droit ne doit excéder cinq sols. »
(Laurière.)
Levailles. [Relevailles : « Icelle femme à ses
« levailles de couche ala ù la messe. » (JJ. 189,
p. 87, an. 1450.)]
Levain. [« Ne icil tamelier ne puet cuire se son
« levain n'est faiz avant que la deffence li ait esté
« faite. " (Liv. des Métiers, f. 14.)] — Expressions:
1° >. Je fai tourlel d'autruy levain. » (Desch. f. 209.)
— 2" « Un pou de levain esgrit grant paste. » (Le
HouxdeLincy, 11, 432.)
Levant. l'Eu parlant du soleil: « Torne son
<' vis vers le soleil levant. » (Roland, v. 3098.) —
2° Levant et couchant, se disait pour domicilié, par
opposition ù aubain, étranger ; on le disait aussi
des animaux: « Levant el coucltant, est dit, quand
» les beastes ou catel d'un estranger sont venue en
« la terre d'un autre home, et là ont remainé un
« certaine bone espace de temps. » (Du Gange, sous
Levuns.)
Levation. [Elévation, moment de la messe oîi
le prêtre élève le Saint Sacrement : >• Livrer, lumi-
" naires, cierges et torches pour lesdites messes,
» et pour la levation du benoisl Saint Sacrement. »
(Ch. de Charles VI, pour la chapellenie de Poissy.)]
Levée. [1° Revenu : <■ Il seroit tenus h aquiter
" l'oir selonc les levées. » (Beaumaiv. XV, f. 11.) —
.< ;Les homme lievcs) paient le tiers de la levée
« d'une année du fief(dans la chcàtellenie de Poitiers
» pour l'aide aux quatre cas, s'ils n'y sont abon-
" nés). " — 2" Récolte : « 11 faut la levée de mil
'■ arpens ou quartiers de bois taillis pour entretenir
" les dites fournaises. » (Paiissy, f. 259.) — 3' Per-
ception d'un impôt: " Une grande /é'we de deniers.»
(D'Aiib. Ilist. 11,251.) - 4" Chaussée: « Il parfist
•> les fossez et les levées à l'entour. » (Bercheure,
f. 22'.)— 5° Charretée : « Comme Thevenart eust
» fait ou fait faire de bois à chaufage environ une
» levée h bœufs. » (JJ. 141, p. 17, an. 1391.)] —
0° Lever d'un astre: " Sur la levée du soleiT. »
(Straparole, 1, L 05.) — 7» Recrutement: « Grande
« /^f't''(? de boucliers. » (Marot, 138.)
Levéement. [Elévation. (Ord. V, 418, an. 1371.)]
Leveis. [« Pont leveis » (Froiss. Il, 295), pont-
levis.]
Lever. [1° Elever : » Levet sa main. " (Roland,
v. 2848.) — « Mahumet lèvent en la plus halte tur.»
(Id. V. 853.) — 2° Dresser : ■■ Lever son tref (tente) »
dans Roncisv. 8. — 3" Faire partir: « Et li venerres
" vet devant Sor un grant chaceor liart; A tant ont
« levé un renart. » (v. 22020.) — 4" Tenir sur les
fouis baptismaux : « Nus ne doit espouser ne
« celé avec qui il a /ei'tj autrui enfant. » (Beaum.
XVIII, 8.) — » Un fil ot de ceste par nom ; Le fist
« apeler Phelipon. Li quens Felippies le leva De
« Flandres, et si li donna Son nom, et promist
<> grant honor. » (Mousk.) — <■ Cil le leva des sains
« fous et de l'aiguë. » (Jourdain de Blaye.) —
5» Adouber, faire chevalier, par extension du sens
précédent: » Celoi leva le rei Marsilien. >• (Roland,
V. 1520.)] — 0» Lever un corps saint, le tirer du
tombeau pour le mettre en châsse et l'exposer
comme reliques à la vénération des fidèles: « La
" vint le cardinal d'Avignon qui venoit en Bretagne
a pour lever Saint Vincent. » (Arlus III, con. de Fr.
p. 790.) — [7» Sortir du lit: « Lever h six, manger
« à dix, souper à six, coucher à dix, font vivre
« l'homme dix fois dix. » (Le Roux de Lincy, prov.
II. 171.) — 8° Enlever: « Et /fii^î-^Ji^ce jour plus de
" douze mille blances bestes. •> (Froiss. 111, 78.) —
9° Dresser un acte: « De ces hommages furent
" escriptes et levées lettres et scelées. » (Id. III,
375.) — 10" Couper sur le tout: » Pour sa chemise
« (de Gargantua) l'eurent levées 900 aulnesde toile."
(Garg. L 8.) — 11° S'élever: » Celle matinée leva
« une bruine très grande. » (Froiss. X, fol. 103.) —
x La noise lieve et enforce li cris. » (Garin, p. 105.)
— Expressions : 1° " Lever bruit, » faire parler de
soi, dans Jean de Saintré, p. 145. — 2" » Lever à'un
» siège; » y renoncer : « H n'entenderoit à aultre
<< cose si averoit esté devant Craais et l'assiégeroit,
« et point n'en partiioit se trop grant puissance
« contre li ne l'en levoit. » (Froissart, IV, 117.) —
3° « Lever un témoin, >> le récuser : « Et quand il a
« ce dit, cil qui est apelés doit dire : je vos en lieve
o comme parjure. » (Beaum. LXIV, 9.) — 4" « En
" lever, « tirer d'embarras: « Disant que qui auroit
« son ami en icelle compagnie, que il l'en levast.
LEY
— 169 -
LIA
« c'est assavoir que il paiasl pour son amv. » (JJ.
125, p. 144, an. 1384.)]
Leveur. [Percepteur : « Li trois juré ne pueent
« estre marchant de la marchandise dessus dite,
« tant que il vuellent estre leveur. » (Liv. des Met.
fol. 148.)]
Leveure. [Ferme d'une ctiarpente : « Trois le-
« vetires d'un festre de maison neufve coiiverle de
« tuille séant audit Troves en la rue de la Grant
« Taverne. » (JJ. 199, p."4'24, an. 1464.)]
Levier. [« Diz en queurenl, cliascuns porte un
■ levier. » (Raoul de Cambrai, f. 57.)] — « Leviers
« mousses et leviers h pinces, instruments seivant
" à la guerre. » (Mëm. de Sully, XI, p. 48i.)
Levraut. [» 11 a bien pris de mov une beccasse,
Une perdri.x, et un levraut aussi. » "(Marot, II, 88.)]
1. Lèvre. [Lièvre : « Pur un sul lèvre \a\t [ni
« lejur cornant. » (Roi. v. 1780.)]
2. Lèvre. [Lèvre : « Les lèvres de proveire sunt
« garde d'escient ; Li preslres est angeles Deu, ce
« dist Pois qui ne ment. « (Thom. de Cantorb. t»i.)]
Levrelette, s. Diminutif de lèvre.
Et quand pressant sèchement
Ces deux chastes levreleltes,
Fraichettenient rougelettes,
En mille baisers mignards
Qui me lancent mille dardz. (Tahur. p. 374. J
Levrete. Même sens.
Bouche ot bêle, grosse levrete,
Tote alumée, vermeillete. [Part, de Bl. f. 126 ■'.)
Levreter. [Chasser l\ courre avec des lévriers:
" Enferrer un sangler de défenses armé, voir le-
" vreter un lièvre à la jambe pekie. » (Rons. 663.)]
Levrette. [Femelle du lévrier: « En demandant
« à Querais une levrette, aussi bien, disoit-il, vous
« n'avez pas moyen de la nourrir. . fli'Aub llist
t. Il, fol. 1.55.)]
Lévrier. [« Si coin li cers fuit devant le lévrier.'
(Roncisv. 187.)] — . Froissars d'Escosse revenoit
« Sus un cheval qui gris estoit. Un blanc lévrier
« menoil en laisse. » (Froiss. Débat du cheval et du
lévrier.)] — .. Comme onc mastin n'ayma lévrier
« onc vilain un gentilhomme. » (Eutrap. p. 189.) '
Levriere. [Femelle du lévrier: . Et 'la vieille
« meisme i court comme levriere. » (Berte, c. 12.)]
Levron. 1° Jeune lévrier, et au figuré jeune
étourdi: « Plusieurs jeunes /civwis amoureux fre-
« quentans la chasse des masques apprennent à
« deviser et bien parler et avoir la bouche fresche
« deviennent serviteurs des dames, se façonnent et
'■ acquièrent de l'esprit. - (Aresta Amorum, p. 413 )
- 2" [Maladie du cheval : » Deux levrons ha en ses
» genous; A l'euil le voit chascun de nous. » (Mâ-
chant, p. 80.1] ^*
Leyde, Lande, Leiide. 1° Droit sur les mar-
chandises : " Laide, laude, loiiade, en latin leuda,
« leijda, dans nos anciennes coutumes est le droit
VII
« qui se levé sur les marchandises et denrées ven-
« dues en foire et marché et n'est dû que par les
" forains et étrangers. » (Thaumas. Coût, de Berry.
p. 59.) — 2° Droit qui se lève sur quelques habitans
du Berry. « Sur chascun des habilans non ayant
« bœufs, deux deniers tournois et s'appelle le'dict
» droict. le droict de laude. « (Id. 222.) — 3° Droit
sur les bestiaux. « Pour chascun chef d'aumaille,
" comme vendiie, en allant et venant au marché
" de Boussac, ou retournant d'iceluy, nous appar-
« fient cinq deniers de laijde et s'il y a vache ou
« veau, ladite vache affranchit le veau de laide. »
(Idem. p. 129.)
Lez. .Mesure pour le poisson. « Le::, d'harenc »
contient environ douze barils, dit Colgrave; « lex
" d'harenc sor » contient dix mille harencs;» lez
" de macquereau, morue, » comme le U"^ de harenc.
Lezar. [Caméléon : .. Faux détracteurs à langue
« de lezars, Voslre langue lézarde veuillez donc
« reprimer. » (J. Marot, V, 303.)]
Leze. [Champ labourable à la lisière d'une ose-
raie: « Françoise de Poyel déclare qu'elle est
" dame foncière et directe de certaine vismiere et
« lexe conlenanl environ deux journeaux assise au
« clan Laurier, territoire de Limoges. » (Obituaire
de S. Geraud de Limoges, an. 1537.)]
Li. [1° Article défini nominatif masculin sing •
« Caries H reis. > (Roland, v. 1.) — 2» Nomin. plur
niasc. : » Li cheval sunt orgoillus. » (Roi. v. 3966 )
— 3° Pron. pers. de la 3' pars., rég. ind. : » Vos H
« duriez urs e leons. » (Roi. v. 30.) — » Renvoyer
" son hommage au roi de France et li desfier »
(Froiss. II, 357.)]
Liace. [Liasse: « Et out cent lianes de grapes
" sèches. .. (Rois, page 177.) — .. Perdirent .xliui.
>■ liuees de parchemin fronciné, lesqueles il avoient
" mis déterre en l'iaue por mener de Noion ;1 Saint
« Quentin. .. (Liv. des Met. 458.)- . Item une liace
.. de perles où il a 21 fil et en chascun iil 20 perles »
(Inv. de Clém. de Hongrie, p. 44.)]
Liage. [Droit sur les lies de vin, levé au profit
du grand tjouteiller: « Item le jour de Sainte Gene-
» viève celui (|ui lient ledit liage, il convient qu'il
<■ soit en l'abbaye de S. Geneviève ou nom dudit
» bouteillier et qu'il preigne et reçoive un muy de
« vin de la tonne ou du tonniau de quovie couvent
» boit, et des deux autres pièces emprès prent ledit
" muy de vin duquel qu'il veull. >• (Reg. Pater de
la Ch. des Comptes, droits du Bouteiller.'f. 155''.) —
Ce droit se levait aussi sur les chargements devin:
« Les(|uels habitans sur la rivière de Marne ne so-
<• loient paier ù Paris pour queue de vin... que l'en
« dist liage à Paris. » (JJ. 99, p. 369, an. 1368.) Il
ne se payait pas en lie mais en bon vin. (Voir Lie.)]
Liaiice. Liesse : . Pèlerinage de liance, » pour
pèlerinage à Xotre-Dame de Liesse. (Monstrelet,
vol. I, fol. 216-.)
Liance. [Devoirs de l'homme lige : « Le duc doit
UB
— 170 —
LIB
« avoir la liance de loyauté garder de tous ses
« liommes el de toute la contrée. » (Ane. Coût, de
Norm. dansD.C. IV, H2 '.)]
Liard. TMonnaie de cuivre, valant trois deniers:
elle fut frappée au xiv siècle, en Dauphiné ; sous le
rèçne de Louis M, en France : « Que nulz vivant
" suz peine de la liart N'aye à piller la valleur d'un
« liard. » (J. Marot, V, \U.)]
Liart. [!' Gris : « Li dux Naymes parole, qui le
.. poil ot liart. » (Saxons, XIX.) - 2° Gris pommelé :
« Lors broche le destrier liart. " (Blancliandin.) —
On l'employait alors comme substantif: « Alhis y
« vint sur un liart, El Propliilias dautre part. »
(Athis.)]
I.ibeille, IJbole. [Mémoire que le demandeur
devait produire en justice, lorsque le défendeur
avait obéi à l'ajournement. Les curaclèresdu libelle
avaient été résumés dans deux vers techniques :
« Quis, quid, coram quo, qito jure petatureta quo,
• Recte compositus quisque libellus habet. ••] —
» Demandes qui sont fêtes et que l'en puet el doit
« fere en court laie, lesqueles demandes li clere
X appelent libeilles el autant vaut demande comme
« libeille. » (Beaumanoir, p. 36.) — >. Apres decli-
. natoires et dilatoires sur ce mises en oeuvre,
" s'aucune en peut avoir qui vaille, doit estre
>. demande faicle sur ce et commission ramenée
.< a faict avoir par escrit el en libelle la demande à
« certain jour et ce appelle-on libelle. » (Bouteill.
Som. Rur., p. 200.)
Libellance. Greffier, au Coul. Gén. I, 865.
Libéral. [1° Libre : « Donamus libertatem...
« franquandi seu servos libéraux faciendi. » (Reg.
de Jean, duc de Berry, f. 02 ', an. 1300.) — « Encoi-
« res nous vault il mieulx à estre Anglois, qui nous
.< tiennent francs et liberaiilx. « (Froiss. XVI, 216.)
— 2" Franc, ouvert, noble : « (Un chevalier) Large
" en hostel, preux au cheval, Compaignon liet et
« libéral. Sans mesdit, sans llel et sans mal. "
(Fabl. I, 108.)] - 3" Noble :
Pourquoy dil l'en les .vu. ars liberaulx?
Pour ce que nui s'il n'estoit iiheral,
Noble homme et franc ou attrait des royaulx,
Le temps passé ou en especi-al
Donné aux Dieux, n'osast en général
Nulz de ces ars retenir ne aprendre. (Descli. f. 33S.!
[4" Qui aime à donner : « Cil est larges et libe-
.. raus qui use sa pecune convenablement. » (Brun.
Lat. Très. p. 28'i.)] — [5° Qui se laisse aller à trop
de libertés : « Car il le sentoienl libéral, jovene et
« volenlrieu de luy aventurer follement. » (Froiss.,
t. IX, -437.)] — [6" Sur ([ui un charme magique n'a
pas agi : « Le(iuel n'a point sceu, trouvé ne con-
<" gneu que ladite herbe ait ouvré en sa personne;
« ainsse sent et tient si ///;(??•«/ de soy qu'il n'a plus
« cure de la suppliante. ■• (J.L 10r>, p. 140, an. 1410.)]
— 7° Non marié : « A le roy la cognoissance de legi-
« timer un baslard, mais que ce soit selon aucuns
« de libéral père et mère que les clercs appellent
• de solnto et de solula, c'est a dire que le père et
« la mère au baslard ne soient mariez à autre, ou
« que l'un d'eux ne soit marié. » (Bout. Som. Rur.
page 057.) — 8° « Quitte... les debtes payées, que le
« comte Regnaud avoit faites en son temps el sa
« terre quilfe el délivre de tous gages et libérale. »
(Froissart, III, p. 203.) — 9» Non contraint : « De sa
« franche el libérale volonté. » (Mathieu de Coucy,
Ilisl. de Charles VU, p. 701.)
Liberalcineut. De son plein gré : « Lesqueles
« choses icelui conte de Saint Paul ne faisoil pas
« bien libéralement ny de bon cœur. « (Mathieu de
Coucy, Charles VIT, p. 699.)
Libéralité. [1° Disposition à donner : • Libera-
« lite:i est une vertu qui done el fait bénéfice. »
(Brun. Lat. Très. p. 409.) — 2» Liberté : « Que son
« corps el toutes les choses qu'il avoit exposeroit
« el metteroit pour libéralité et franchise du
» royaume en toute manière garder. ■> (Chron. de
Nangis.)]
Liberament. [Librement : « L'en ne peust
» bonnement el liberament mareer par ledit port. •
(JJ. 74, p. 492, an. 1342.)]
Libère. [Libre : « Cents libères, bien nays, bien
« instruicts,... ont par nature ung instinct elaguil-
<> Ion qui tousjours les poulse à faiclz vertueux, et
« relire de vice. » (Rab. I, p. 328.)]
Liberté. [1" Libre arbitre : « L'ame des bestes
« humaines ne puet morir, el Dieu aime tant beste
a humaine qu'il lui a ordonné celle liberté. »
(Modus, f. 23.) —2° Licence, excès de liberté : « Que
« la liberté passée soit un peu refrénée et mise au
« droit des mariés. >■ (Ménagier, I, 0.) — 3° Permis-
sion : « Un pauvre moine que l'on pendoit pour
» avoir esté trouvé faisant la guerre : Ilelas, mes-
« sieurs, dil il. je suis bien marri de n'avoir pas cru
" que nous avions congé de vivre à discrétion de
« conscience; il n'osa dire liberté, de peur d'estre
« estimé huguenot. " (Moyen de Parvenir, p. 13.) —
4° Le sens du latin libertas n'apparait que dans la
traduction de Tile-Live, par Bercheure, et dans la
Boétie {Servit, voloiit.) : » Les bestes, ce m'aïd'
« Dieu, si les hommes ne font trop les sourds, leur
« crient : Vive liberté ; plusieurs y en a d'entr'elles
a qui meurent si tost qu'elles sont prinses. •> —
0° " Liberté de marcs d'argent. « (Pérard, Hisl. de
Bourgogne, p. 363. an. 1231.) Excès ou défaut per-
mis dans le poids de la monnaie.]
Liljertin. [Libre- penseur : « Nos libertins, qui
« ne discordent gueres en particulier, s'accordent
« très bien entr'eux en gênerai à mespriser et
« rejetter la sainte profession de la viechrestienne. •
(La Noue, 512.)]
Liliidine. Faiblesse d'un mari envers sa fenime :
« Combien qu'il soitdiclque conjoinclsparmariage
• ne peuvent amender l'un l'autre, toulesfois selon
« la loy escrite et selon plusieurs coustumiers si
« font selon les cas comme en revestissant et
« comme par don de testament l'un à l'autre, mais
« que le don soit égal et qu'il n'y appere desordon-
Lie
- 171
Lie
« née faveur, que autant en face l'un que l'autre ;
« et lors ne seroit a tenir pour cause de lihidine
» quant à l'homme, ou pour cause de crainte quant
« a la femme. » (Dont. Som. Rur. p. 432.)
Libidinité. Libertinage : « Volupté corporelle
« autrement dite libidinité. » (Le Tri. de la Noble
Dame, f. 2.)
Lihldinosité. Mauvaises passions : « Des le
« commencement de l'église, la libidiiwsité et
" outrage effréné d'aucuns hommes a lousjours
« attendu de descrier et de destrencher l'unilé
« d'icelle. » (Monslrelet, II, p. 160 *.)
làbraire. [Le libraire était à la fois relieur,
copiste, peintre en miniatures et marchand de tou-
tes les fournitures de bureau.] » Et la loy faut
« escripre ù un libraire. » (Desch. f. 219.)
Librairie. [Bibliothèque : « Et s'en allèrent en
« grant tumulte au collège de Navarre, et là pille-
« rent, et robberent ce qu'ils trouvèrent excepté la
» librairie. » (Juv. desUrsins, Charles VI, an. 1418.)]
Libre. Titre des seigneurs non dépendants d'un
suzerain. On lit dans S. Julien (Mesl. bisl. p. .""iS) :
Messire Iluart de Bauffremont libre prince de
« Valangin, ■• p. 300 : « Messire Gauthier de Bauf-
« fremont sire de Soye, libre seigneur et souverain
a de Vau-villers, » p. 363 : « Messire Robert de la
« Mark duc de Bouillon libre seigneur de Sedan,
« mareschal de France. »
1. Lice. Licence, permission : « Que les sergens
de la recepte générale de Ilainault ne pourront
« tenir censé de rivière courante sur soixante sols
« d'amende et ne se pourront tenir a montées ne
« ravallées, ne aussi donner congé, ne lice, sur
« peine de privation d'office. » (Coût, de Hainaut,
C.G. 1. 1, p. 813.)
2. Lice. [1° Barrière, palissade : « Toutes voies
crestien se^hourdoient et faisoient bons fosseiz et
o bonnes lices par devers la berrie. » (Mén. de
Reims, § l.")0.)1 — Parlant du baptême du premier
fils de Charles V, en 1.3C8, dans S. Paul à Paris :
« Furent faites lices de bois en la riie devant la
« ditte église... pour mieulx garder la grant presse
« de gens qu'elle ne fut trop grant. « (Chron. de
S. Denis, 111, î. 10 '.) — « Si drecerent leurs lentes
« entour le Roy et fisrent lices et clostures entour
« leurs paveillons. » (Id. II, f. 70.) Il s'employoit au
figuré :
Trop a douter sont notre maléfice,
Ce que la char est trop habandonnée
A tous deliz sans avoir frain ne lice. [Desch. f. 300 ^.J
2" Champ clos pour un tournoi : « Les lices faites
« et ordenées. » (Gér. de Nevers, IP partie, p. 118.)
— « Combattre en lice et hors lice. » (S. Gelais,
p. 16.) — 3° Obstacle, empêchement :
Mes seigneurs n'y font bende et lice
Car ceste matere est coulice. (Desch. f. 340 ''.]
[4» Parvis, cour close devant une église: « Jehan
• de Dinant vist passer par devant son hostel ledit
" Jehan Termie et le poursui jusques aus lices de
" l'église N. D. de Reims. » (JJ. 119, page 434,
an. 1381.)]
3. Lice. [Chaîne de fils de soie ou de laine dans
les métiers de tapisserie ; si elle est verticale, les
fils de la trame sont aussi dans un plan vertical,
d'où la haute lice : « Ordonner les lits et les cham-
« bres, tendre les tapis de haulte lice et toutes cho-
« ses de broderie. » (Ménag. I, 6.) — « Et estoient
« salles et chambres parées h tous lés de haulte lice
« et de brodure de l'armoierie du duc. •• (Froissart,
t. XI, p. 407.)]
Licel. [Lisière de drap. (D. C. sous Forago.)]
Licence. [Permission : « Madoc bailla les lettres
« qui de l'aler contence ; Il les bailla la pape quant
" il en out licence. » (Thom. de Gant. 112.)]
Licencer, Licencier. [1° Congédier : « Quant
« messire Pierre de Craon se vit ainsi licencié, si
" fut tout honteux, et prit ce en grant felonnie et
« despil. « (Froissart, Ruchon,Ill, IV, 21.)] — » Les
« licentia, commandant qu'ils s'allassent reposer. ■•
(Slrapar. t. II, p. 349.) — 2° Autoriser : » Ne peut la
« femme mariée vendre, engager, ou autrement
« aliéner au préjudice de ses héritiers, son bien
« tenant nature de fond encore qu'elle soit aulho-
« risée et licencée de son mary sans l'exprès con-
« seulement de quatre de ses parens. » (N. C. G. II,
page 396.) — 3° Donner la licence dans une faculté :
<■ Le troisième compte fut d'un bedeau de nostre
« université, lequel ayant leu l'edit de paix ou il
« estoit dit, que tous estrangers seroient licentiez,
" tant d'une part que d'autre, il s'en vint aux doc-
« leurs, leur disant; messieurs, regardez de faire
« bonne composition des licences, nousgaignerons
« ce que nous voudrons car le roy veut que tous
« estrangers, tant d'une religion que d'autre, soient
« licentiez. » (Bouchet, Serées, p. 253.)
Et quant vient au licencier,
lîien scevent envoler message.
Pour les droiz des docteurs paier. [Desch. f. A5i.j
De là l'expression : 1° « Licencié sous la che-
« minée » (Cotg.), qui a soutenu ses actes in tene-
bris, qui les a dérobés sans mérite.
Licette, s. f. Petite chienne, petite lice.
Moult ert la vieillote cointeste
Norri avoit une licel te ;
Trois jors la fist si geuener
Que riens ne li lessa gouster. [Fabl. S. G. f. 6 <^.]
Liche. Tapisserie de haute lice.
.... Nul ne puet vostre pratique
Faire a droit, ne ce n'est raison
En sale, en chambre, n'en maison,
En drap brodé, n'en haulte lichc,
Car tout ce ne vault une chiche
Au regarl de ce que vous faictes. (Desch. f. 480 '^.j
Lichecasse, adj. Friant. « En Poitou casse est
« une lèchefrite et lichecasse c'est un friand. » (Le
Duchat, sur Rab. t. II, p. 219.)
Lichefrete, s. f. Lèchefrite. « Bringuenarilles,
<. le grant géant avoit toutes les paelles, paellons,
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LIE
« chauldrons, eoquasses, lichefretes el marmites du
« pays avallé en faullc de moulins à vent. » (Rab.
t. IV, page 75.)
Lieheiir. [Lisseur d'étoffes: •• Enguerran Flo-
• menés, diappier el bourgeois de ladilte ville, qui
« avec ce qu'il estoil drappier, estoit tondeur, U-
• cheur, pareur de draps. » (Ordon. IX, page 536,
an. 1410.)]
Licite. [1» Permis: <■ Un noble jeu te fault
« attendre. C'est des eschecs qui est licite. Et à touz
" biens les gens incite. " (Ilist. litt. de la France,
t. XXV, p. 35.) — 2" Facile : » Le chemin de Bre-
" taigne leur estoil plus licite à faire que celui de
« Haynnau el de Hollande. « (Froiss. XVI, 107.)]
Licorne. [Cheval imaginaire, portant une corne
unique sur le front; il sert de support aux armes
d'Angleterre. Les cornes de licorne étaient des
cornes d'aulilope oryx ou des dents de narval.
On lit dans Pomel, Histoire des drogues: « Ce
« sont les tronçons de cette corne (la défense
» du narval) ([ue nous vendons à Paris, comme
« ils se vendent ailleurs, pour véritable corne
« de licorne, h kKiuelle quelques personnes attri-
" buent de grandes propriétés, ce que je ne
« veux ny autoriser ny contredire. » Voir aux
Emaux dé de Laborde (p. 359-305), le long article
quiyest consacré et surtout lescilations d'Ambroise
Paré. — « Item une aiguière de licorne, Garnie d'or
" et de plusieurs petites perles entour. » (Inv. de
Charles le Téméraire, art. 2359.) — Dans de Laborde.
Ducs de Bourgogne : » Item un gobelet de /('conte,
« garay d'or où il y a au pié des ce. et des y.v.
« esmaillés de noir et de rouge cler. » (Ibid. art.
2.300. ] — Parlant des biens de Pierre de Medicis pillés
en 1494 : « Entre autres choses il prit une licorne
» entière qui valoil six ou sept mille ducals et deux
•> grandes pièces d'une autre. • (Comines, p. 578.)
— [« Bien pis un que je sçay, iiui vendant un jour
« une de ses terres à un autre, pour cinquante
« mille escus, il en prit quarante cinq mille en or
« el argent, et pour les cinq restant, il prit une
" corne de //corne ; grande risée pour ceux qui le
" sceurent; comme, disoient-ils, s'il n'avoit assez
" de cornes chez soi, sans adjouster celle-là. »
(Brantôme.)]
Lict. Voir Lit.
Licteau. [Linteau : ■< Lequel Roland de son
« espée frappa ung cop après icellui Jehannin ; du-
« quel cop il assena le licteau de la maison en
" laquelle ledit Jehannin se sauva. ■> (J.l. 206, page
594, an. 1480.)]
1. Lie. [Lie de vin : « Uster le chantel de leur
- tonniaus et la lie vuider. » (Liv. des Met. 308.)
Le grand bouleiller avait sur les vins un droit iiue
nous avons expliqué sous Liagi:. — « Avoir droit
« pour cause de ladite bouleillerie de avoir moitié
" des lies de tous les vins que l'on vendoit à broche
« en plusieurs celliers en la ville de Paris. » (Lett.
du prévôt de Paris, an. 1321.)] — Exprcssi07i:
« Non seulement le peu, mais encore le pire de-
« meure auprès de la lie. » (Bouchet, Ser. III, 161.)
2. Lie, Liet, Liez. [Joyeux, du latin lœtiis ; le
cas sujet est liez : « Li empereres se fait e l)alz e
« liez. » (Roi. V. 96.) — Le cas régime est liet. (Id.
V. 2803.) — Le féminin est lie: « Pour ce ne puis
« faire Lie chanson. » (Couci, IX.) — x A tant es
« vous la vieille qui fait moul/Ze chère. » (Bert. 12.)]
Liefre. Lèvre : " Je n'ay cuer, foye, liefres ne
" dens. » (Desch. fol. 240'.)
1. Liège. [1" Homme lige: « Son bon aubère
« lui aident à vestir Si home liège. » (Roncisv. 55.)
— >' Car elle sera sienne toute liège pour tousjours
« mes. " (Froiss. II, 268.) — ^ Il li fu dit que li rois
« esloit consilliés que il le recevei'oit comme son
« homme liège. » (Id. III, 380.) — 2° Affranchi de
toute obligation: « Tout chil de dedens seroient
« appaisiés, quilles el lièges au dit monseigneur
" Crahon el ne perderoient rien de leur avoir. »
(Id. t. IV, p. 36.)]
2. Lieqe. [Ecorce du chêne vert : « Qui une
" aguille de fer boute. Si que ele pert presque toute
« En un poi de liège, et l'alise A la pierre d'aimant
" bise. » (Lais inédits, p. 3.)]
Liegece. [Serment de fidélité : « Après l'omage,
« la féautéet la liegece qu'il a faite à nobles barons
« le duc de Loheregne et le conte de Tout. » (Cart.
de Champagne, an. 1270.)]
Liegement. [Avec condition d'hommage lige :
" Une bonne ville qui se lenoit//e(;e?Men/ dou conte
« de Laille. » (Froiss. IV, 2i2.)]
Liégeois. [.Monnaie de Liège: ■> Item des Lie-
» geois fais, doit montier sur le marc vingt deux
« sols et owit deniers liégeois, et doit avoir en le
« marc de liégeois d'aloy quatre deniers et obole et
» decliy de chinque deniers il se passe cheyaus en
» boui'se. .. (Du Cange, l. IV, f. 524''.)]
1. Lieineiit. [Joyeusement; •■ Li rois le reçut
« liement et entra eus. » (Mén. de Reims, § 259.)]
2. Liement. [Ligament: « La corde qui est
« composte du nerf et du liement. » (H. de Monde-
ville, folios.)]
Lieniier. [Limier : • Ouant vous serés oltre les
« prés, Seiirement, amis, cornés; Dont verés venir
<> liemiers. Et chiens gentils, et bons lévriers. »
(Partonop. v. 1789.)]
Lien. [« Li fil sont lien qui lient mari et moiller
« ensemble en utie amor, por ce que li lilz est li
« communs biens d'ambedeus. » (Brunetto Lalini,
Trésor, p. 316.1] — « IJen de foin, » charge de trois
hommes: « Un lien de foin qui vaut trois fais
u d'hommes, vaut quinze deniers. « (Procès-verbal
des Coût, de Bourbonnois, N. C. G. Ill, p. 1228.)
Lienequin. Bière anglaise.
Franche dogue, dist un Anglois,
Vous ne faicles que boire vin ;
Si faisons bien, dit le François,
Mais vous buvez le lieiwijiiin,
Roux estes coin pel de mastin. (Desch. f. 224 '.]
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Liens. Léans.
Qui ont payé avec les escuiers
Leur bienvenue en l'ostel de lieits. [Desch. f. 3i4^.)
Liense. [Lien qui rattache au joug les cornes
des bœufs : « Le suppliant print une coignée et alla
" copper les lieuses et les choses des beufz. " (JJ.
198, page -'(10, nn. 1462.)]
Liepai't. [Léopard : " Les armes d"Engleterre,
« c'est il entendre les liepars, et les fleurs de lis. »
(Froissart, t. XV, f. 180.)]
Mille Gascons humains comme bjepars. [Marol, 65.)
11 parait qu'on les dressait à la chasse. « Après le
« souper, pour ce jour, on fut revoir la course des
« liepars, qui prirent des lièvres et des chevreux.»
(Math, de Coucy, Ciiarles VII, 719.) - lis trouvèrent
« de petits chiens couranschassans aux lièvres; et
« si lost qu"il s'en levoit un, il y avoit troisou quatre
« /icprtrs à cheval derrieredes homniesquisailloient
« et prenoient des lièvres à la course. » (Id. 718.)
Liepre. [Lèpre: « Del saint encens porter el
■■ temple s'enhardi, Deus s'en erl cureciez, de lie-
« pre le feri. « (Tliom. de Cantoib. 7i.)]
Liepi'ous. [Lépreux ; « Ains Dious ne fist si
" dolerous. Contrait, malade, ne lieprous. « (Vie
m. de Jésus-Christ.)]
Lier. [1» Attacher, enchaîner; • Prise lle^ serez
« par poestet. » (Roi. v. iiM.) — - Les mains li lient
« à curreies de cerf. ■■ (Id. v. 3738.) — "1° Donner
de la consistance à une sauce; » En toutes sausses
« et potages lians, en quoy l'en broie espices et
« pain. " (.Mén. II, 4.) — 3" Nouer l'aiguillette, en-
sorceler ; " Pour ce que il esloit voix et commune
« renommée que Cernart de la Tapie avoit ensor-
« celé et lié Guillaume Fors et sa femme, tellement
.< que icellui Fors ne i)Ovoit avoir compaignie avec
« sa ditte femme. » (.IJ. lC-2, p. 210, an. H08.) —
« Il avoit eu l'ame el les aureilles si battues qu'il
« se trouva lié du trouble de son imagination. «
(Montaigne, I, 95.) — 4° Entourer de (ils la garde
d'une épée; « Item nulz fourbeur ne puet, ne ne
« doit lier espée, se elle n'est avant liée de fil quel
« qu'il soit sur leslenans, se elle n'est liée de soie.»
(Slat. de 1330, aux Coût, de S" Geneviève, f. 2 ''.) —
5° S'obliger; ■< Le privilège de nustre ville de .Mons,
" par lei|uel les lils ou tilles des bourgeois ne se
" pouvoienl vaillablemenl lier et obliger qu'ils
« n'eussent vingt cinq ans auquel nous avons de-
•■ rogué quant aux lestamens seulement. » (Goût,
de ifainaut, N. C. G. II, p. G9''.) — C" Enchâsser:
■ Diamans lie% en or. » (Saintré, p. 3(54.) — Expres-
sions: 1° « On lie, bien le sac avant qu'il soit plein.»
(Colgr.) — 2° « Il ne faut pas lier les asnes avec les
« chevaux. « (Id.) Voir Loier]
Liere. [Peut-être faute pour litre, bande noire
tendue au dedans ou au dehors de l'église et por-
tant des armoiries ; " Hardi le Houx en son vivant
« chevalier, père du suppliant, ala de vie à trespas-
" sèment, el fu ensepulluré en l'église de Courron,
■■ en laquelle le suppliant flsl faire lierc et paindre
« ses armes allentour d'icelles, comme il est de
" coustume de faire en tel cas. » (JJ. 194, p. 237,
an. liOG.)]
Lierre. [Lierre, formé par l'agglutination de
l'article avec liedera, lierre, yeire, edre : ■• Un edre
« sor sen cheve. ■> (Frag. de Valenc.) — « Quant les
" saintes festes de Liberi se fesoient, si les destrei-
« gnoit l'en (les Juifs) de faire chapeaus de folUe el
« de lierre. « ^Macchab. Il, f. G.) — « Feuillage de
« ijeire. r, (inv. du duc d'Anjou, an. 13G0.) — L'ag-
glutination n'apparait qu'au xv» siècle; •■ Pour len-
« dre la tapisserie, netaier les salles et coupper le
'< lijarre qui tenoil à 'la grant salle. » (Ducs de
Bourgogne, par de Labordè, n° GGG3.) — Konsard
hésite entre les deux formes: « L'un de laurier,
" l'autre veslu d'///'e)Té;. - (081.) — « Comme un
« passement vert court un sep de lierre. » (742.)]
Liers. [Cas sujet de larron : <• Pour chou ne 1'
>' dist Judas niant, Qu'il ait cure de povre gant,
" Mais liers erl et usuriers. " (Vie ms. de J. C.)]
Lier t. Liart, gris pommelé : « Et siet en un
» cheval rous baucent el liert. ■> (Part. deBl. 170"^.)
IJesse. [Voir sous Aiimc, abbé de liesse.] Joie,
allégresse: " Ne doit trop haiilt chanter qui au
« cueur a liesse; Aulcune fois peu dure. ■> (Percef.
t. II, f. IG.) — « Fut porté le cueur (de la femme du
" comte de Richeuiont, conneslable de France) à
« Noslre Darne de Liesse ou de Liansse, lequel qu'on
« veult. » (Journal de Paris, sous Charles VI et VIT,
p. 192.) — Voir LiiiïscK, Leessk.
Uestafje. [Droit payé par les navires qui pre-
naient du lest : « Du /i<?s/ai7e des nefz arrivez cest
« an au Crotoy. » (R.du Comté de Ponth. an. 13G9.)]
Liet. [Au sujet plur. el au régime sing. joyeux :
« Et furent chil tout liet qui peurent escaper. »
(Froiss. VI, 4G.)J
Liette. [C'est encore le nom du ruban de (11 ou
de coton dans l'Ouest.] Parlant de Marie Stuart
avant l'exocutior. de son arrêl de mort ; ■• A ses
« femmes leur partagea tout ce qui luy pouvoit res-
« ter de bagues, de carcans, de Mettes et accous-
- li'emens. "> iBrant. Dames III. p. 142.)
Lieu. [Voir Liu. 1 " Place, endroit ; • Et se lièrent
« luit à un fais enlr'eus, et les environnèrent de
>■ toutes parz si iiue nus d'eus n'ot pouoir de mou-
« voir don lieu. ■> (Mén. de Reims, § 43.)] — » Le
« mot de lieu a banny de nous celuy de leu. »
(Pasq. Rech. p. 720.) — ■■ Il y a aucuns liens la oîi
« li baillix fel les jugemens et autres liens là où li
« homme qui sont homme du fief au seigneur, les
" font. » (Reanm. p. 11.) — [Par suite, le saint lieu,
Jérusalem : « Car à nos temps est perdus li sains
« lieus,oii Dieussoutfii poui' nous mort glorieuse. »
(Quesnes, Romancero, p. 95.) — 2» Famille (compa-
rez le latin loctis) : « Ja fut Berte ma tille en si bon
•> lieu nourrie. •■ (Beile, coupl. 72.) — ■■ El leur
- carga que le mariaisseid en lieu sisouflisanl que
« à lui appertenoit. » (Froiss. II, 198.) — 3° Place :
« Lors desnuerent leurs chefs puis s'en allèrent à
" la fontaine laver leurs mains, puis retournèrent
» seoir lez les deux chevaliers qui leur firent ^iew. »
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(Percef. VI, f. lOi.) — 4" Valeur, respect : « Justice
« ii'i avi)it point de lieu ne fie audience. >■ (Froiss.,
liv. H, 3S.) — « Beau parler ne remonstrance n'y
« avoienl lieu. ■■ (Id. \1I, 50.)] — .V Maison de cam-
pagne : " Les peuples de Paris ayant goûté quelque
« petite liberté d'aller voir ce qu'ils appellent leui'
« lieu à l'entour de Paris pendant la conférence de
« Suresne... l'avoienl trouvée si douce, que voyant
« le roy fait catholique, ils ne laissèrent jamais
« monsieur de Mayenne en repos ([u'il n'eut requis
« du roy (sans y ajouter de Navarre) une trêve
« générale, au moins pour six mois. » (Mém. de
Sully, II, p. 74.) — Expressions : 1° Terre de lieu :
" Tous manoirs cottiers qui d'ancienneté ont esté
« ou sont amazez, faisans front sur riie et flegard
« et tout ce qui est appendant ausdits manoirs;
a comme baillé par un même cens, par l'orme de
a contrabout (que l'on dit terre de lieu) sont indivi-
• sibles et non partables et succèdent à l'ainé fils. »
(Coul. de Hesdin, N. C. G. I, p. 311.) - 2° « Aller de
« lieu, » aller d'une traite : «• Nous vous supplions
« de faire l'ordonnance pour le couriier que nous
« depeschons qui doit aller de lieu jusqu'à la fi'ou-
« tiere d'Espagne. « (Mém. de Bellievre et de Sil-
lery, p. 60.) — 3" » Octroyer lieu de silence, » prê-
ter silence : » Si me vueillez ouir, si comme j'ay
" faict vous : adonc luy octroya le chevalier lieu de
« sillence. » (Percef. VI, f. 86 ^)
Lieue. [Voir Lr;e.] 1° Mesure itinéraire deleuca
que les auteurs latins disent être un mot gaulois.
De là l'expression //CHC de moulin, ressort du moulin
banal : « Lieue de moulin doit contenir deux mil
« pas, chacun pas valant cinq pieds à prendre de la
« huche du moulin venant à l'entrée de l'enclos de
« l'estage. » (C. G. II, 2.) — « La lieiie du moulin
« en Touraine est de deux mille pas, celle de Bour-
« gogne, de deux mille cinq cens, à cinq pieds le
« pas... sans le congé du seigneur ne se peut faire
« mouture hors la lieiie du )nouUn. « (Monet.) —
[« Et la pierre si clere estoit Que maintenant qu'il
« anuitoit. L'en s'en veist bien aubesoing Conduire
« d'une lieue loing. » (Rose, 1109.)] — [2° Espace
d'une heure : « L'exposant estant couchié en son
« lit avec sa femme, vint environ trois lieues de
« nuit un appelle Jehan Coanne îi l'huys dudit
« exposant. » (JJ. lOt), p. 191, an. 1370.) — « Pour
« ce qu'il estoit bien tart, environ deux lieues ou
« heures de nuit. » (JJ. 155, p. 391, an. 1400.)]
La naissance et le bruit
De Loys le frère du roy Charlon
L'après mineuit trois lieiiet environ. [Dcscli. f. 13 '.)
« Je trouvay le chevalier qui estoit appuyé sur
« son glaive tout à cheval, et en 'ce point demoura
« pensant l'espace d'une /JeMe; adonc ne me peuz
« tenir que ne l'oslasse de son penser. » (Percefor.
vol. II, L 112.)
Lieiier. [Louer, prendre à louage : « Comme le
« suppliant eust /i?!/e un varlet,... pour lui servir
« en son hoslel. - (JJ. 129, p. 21'4, an. 1386.)]
Lieutnage. TLégumage : « Comme le suppliant
« feust fermier de la disme des blez et licumarje de
« la parroisse de Treauville. » (JJ. 174, page 1G6,
an. 1432.)]
Lieui-, [Ouvrier emballeur : « Les lieurs de
» draps. » (Bec. des Mon. inéd. de l'Hist. du Tiers
Etat, IV, 188, XIV» s.)]
Lieiire. 1° Ligature d'une plaie, dans S. Bern.,
Serm. m>s. p. 172 et p. 222. — 2° Bride d'un cheval :
« Deux Heures et deux trais. » (N. Comptes, p. 95.)
— « Montez à cheval en selles de guerre, sans nulle
« Heure. •> (Monstrelet, v. I, p. 7 •=.) — [3° Courroie
avec laquelle on attache le joug aux cornes des
boeufs : « Icellui Palloriez d'un coustel coppa les
« juilles ou Heures, dont les beufz qui tiroient à la
« chari'elteestoientliez. » (.IJ. 17(i, p. 220, an. 1444.)]
Lieutenance. [Charge de lieutenant général,
au xiv s. : « Noslre très cher et très amé frère le
« duc d'Anjou, nostre lieutenant en langue d'oc,
« pour aler à sa lieutenance. » (Mand. de Charles V,
136i, p. 60.)]
Lieutenancie. [Lieutenance, aux Ord. t. V,
p. 59i, an. 1372.]
Lieutenant. 1° Officier qui tient lieu d'un supé-
rieur, soit pour ce qui regarde Fépée, soit pour ce
qui regarde la robe. Parlant du chancelier de Bour-
gogne : « Il gardera l'onneur et le droit du prince
» et des parties sans emport et exercera la juridic-
« lion en sa personne ou par leutenans sages,
« discrets et convenables h tel office. » (Estais des
officiers des ducs de Bourgogne, p. 295.)— « Nostre
« enlention n'est pas ne voulons que noz diz bail-
« lis ne prevoz des diz bailliages ne leur Hcxtenans,
« prengnent ou facent prendre es prisons deshaus-
« justiciers des diz bailliages, aucuns prisonniers,
« se il ne ont juste et loial cause. - (Ord. III, p. 681.)
— « Officiers, gouverneurs, /icM,r;e;iaHS. » (J. Marot,
p. 139.) — [2" Vicaire : « Jehan le Mousseur prestre,
« lieutenant du curé de la ville de Pesq en Tour-
« nesis. » (JJ. 158, p. 84, an. 1403.) — « Simon de
« Liste, prestre, lieutenant du curé de l'église par-
« roichial de S. Ligier, ou bailliage deTournesis. »
(JJ. 181, page -305, an. H52.)] — Expressions :
[1° « Lieutenant général, particulier, criminel, »
magistrats établis dans les baillages ou sénéchaus-
sées, pour tenir, en l'absence du bailli ou sénéchal,
les audiences du tribunal. On les trouve au nord dès
le xiv* siècle ; en 1438, le chancelier Regnauld de
Chartres, sur arrêt du Parlement, parcourt les bail-
lages et les sénéchaussées pour y instituer des lieu-
tenants généraux; enfin, en 1453, Charles VII pres-
crit aux baillis de nommer dans leurs sièges des
lieutenants probes, instruits, de leur assurer des
gages suffisants et de ne pas les destituer sans cause
raisonnable. Leur charge fut érigée en litre d'office
en 1496. Ils devaient être i\gés de 32 ans, docteurs
en droits et conseillers depuis six ans dans un Par-
lement. Ils finirent par hériter de toutes les attribu-
tions des baillis, et présidèrent en 1789 la plupart
des assemblées de baillages pour les élections aux
Etats généraux.]— [2» « Lieutenants du roi, » com-
mandants d'état de siège, mis à la tête des provin-
LIE
— 175 -
LIF
ces menacées par l'ennemi, durant la guerre de
cent ans. (Voir Lieutenaince.) De Iransiloires, ces
fonctions deviennent permanentes et s'étendent
même aux provinces tranquilles. Ces officiers pren-
nent alors le nom de gouverneurs. Au xviii' siècle,
on nommait « lieutenants du roi, » les comman-
dants de places fortes.] — [3° « Lieutenants géné-
« raux. » lis remplirent, au xvu' et au xvin' siècle,
les fonctions du gouverneur de la province, retenu
à la cour. Ainsi M. de Grignan gouvernait la Pro-
vence au lieu du duc de Vendôme. Le lieutenant
général venait avant le maréchal de camp (général
de brigade) et correspondait au grade de général de
division] : « Avant Louis Xlll il n'y avoit point de
•I lieutenansgénérauxc\u\ portasseni ce litre comme
« seconds officiers de l'armée ; il n'étoit donné qu'a
« celui qui avoit le commandement de l'armée en
« chef, et éloient en Ires-petit nombre en comparai-
« son d'aujourd'hui. » (Mil. fr. du P. Daniel, p. 57tJ.)
— 4" « Lieutenant gênerai des armées navales. »
(Mil. fr. du P. Daniel, II, p. 703.) - 5" « Lieutenant
« gênerai de l'arlillerie, » c'est celui qui commande
tout ce qui regarde l'usage du canon el les batteries
sous le grand maître ou en son absence. (Id. p. 528.)
— G° « Lieutenant des légions. » Les légions furent
établies par François I" et un soldai qui, de degrés
en degrés, parvenoit ti être lieutenant par son
mérite, étoit censé anobli. (Id. t. 1, p. 'iGO.) —
7° « Lieutenant des maréchaux de France. » —
" Les subdeleguez ou Ueutenans des maréchaux de
« France etoienl autrefois des gentilshommes de
« marque, c'etoient des commissions qui sont main-
« tenant des charges. » (Id. II, p. 12.) — 8" <■ Lieu-
.< tenant colonel de la cavalerie légère. » (.Mil. fr.
du P. Daniel, H, p. iOf.) — 0" •■ Lieutenant colonel
. gênerai. . (Mil. fr. du P. Daniel, t. 1, p. 28'i.) —
10° « Lieutenant colonel général de l'infanterie
u françoise. » (Id. I, p. 285.) — 11" « Lieutenant du
« bailliage héréditaire. » (N. Coût. Cén. I, p. 370.)
Cette qualité se trouve souvent dans les signatures
des procès-verbaux des Coulumes. (Voir 1") —
12° " Lieutenant des fiefs en Brabant. » — « Robert
" Coulereau fut pourveu de l'oflice d'eslre lieute-
" nant des ftefs en Brabant qui est un bel estât et
« profitable pour avoir recours le comte de Charo-
« lois à la bataille de Monliberi. » (Mém. d'OI. de la
Marche, p. i7l.) — 13° « On n'y peut mettre tieute-
« nant, » il faut agir en personne. (Colgrave.) —
[14° " Lieutenant général de police, » charge créée
en 1667 et confiée à La Reynie qui eut les attribu-
tions du préfet de police et du préfet de la Seine.]
I..ievart. [Quart d'un arpent : « La seconde par-
>' tie contient ung arpent el ung lievart, qui est la
« quarte partie d'un arpent de pré. » (JJ. 197,
p. 159, an. 1471.)]
Lievr. [Livre, dans un texte anglo-normand, les
Tenures de Littleton, sect. 91 et 92': « Il tiendra sa
•• maine dexter sur un lievr.']
Lievrade. [Même sens que lievart : « La qua-
« trieme pièce contient trois mailhieres el une
• lievrade de pré. » (.1.1. 197, p. 159, an. 1471.)]
Lièvre. [1° Lièvre : « Plus il a d'enemis que
« lièvres en essart. ■> (Saxons, 29.) — « Et si sunt il
« plus gentil homme, Que cil qui vont chacier as
« lièvres. » (Rose, v. 17952.) — « L'en congnoist
« l'aage d'un lièvre au nombre des perluis qui sont
" dessoubs la queue; car pour tant de perluis, tant
>' tl'ans. » (Méiiag. II, 4.)] — 2° Lièvre marin, mol-
lusque qu'on nomme aussi aplysie; poissons dits
encore cycloptère lump et blennie ocellée :
Au muiez et au lièvres pris
lit a la menue pescliaiile. (Bal. île Qiiaresnie, 91 '.J
Expressions ; 1° « Chace lièvre, » espèce de jeu.
L'auteur, parlant des jeux de son enfance, dit :
Juiens nous au roy qui ne ment
Au.x barres et a l'agnelet...
Au clmce lièvre à la cluignette
Aussi à la sotte buirette. (Froiss. Poës. f. S6 ^.J
[2° « Sire, dist la dame, besoin fait vieille trotter,
« et cremeur fait lièvres lumber. » (Perceforest,
vol. IV, f. 50.)] — [3° « Lièvres cuirassez et morion-
" nez, » dans Colgrave et Oudin. — Surnom donné
aux compagnies d'ordonnance qui, Ji Guinegate, en
1513, ne jouèrent que des éperons. De là ces vers
de d'Aubigné : " Et ces lièvres fuyards, armés à
« millions. Qui rioient en tirant la barbe à ces
« lions. "] — 4° « L'n bon lièvre vient mourir au
« giste, » paroles du chancelier de Chiverny reve-
nant au château où il éloit né et oîi il mourut en
1599. (Hist. de Thou, Irad. XIII, p. 429.)— 5° « C'est
« la ou gist le lièvre, » c'est \i\ le point de l'affaire.
(Rab. I, p. 113.) — On dit également » ce n'est pas
« là ou gist le lièvre, « pour ce n'est pas là le point
de l'affaire. (Percef. VI, fol. 93 '.) - 6° . Prendre le
« lièvre au son du tambour, » faire chose impossi-
ble. (Oud.) — 7» « Une vache prend bien un lièvre, »
c'est-à-dire qu'avec de la patience et de la persévé-
rance, on vient à bout de tout. (Oudin, Cur. fr.) —
On dit, au même sens : >• Pas à pas le bœuf prend le
« lièvre. » (Colgr.) — 8» « Tel fail souvent lever le
« lièvre (][i'\\ ne prend pas, ainstombe inesperement
<■ es mains d'un autre qui n'y pensoit pas. » (Pasq.,
Rech. p. 492.) — 9" « Bailler'le //ccn' par l'oreille, »
tromper, attraper : " Me bailla gentiment le lièvre
» par l'oreille. " (Regn. Sat. X, p. 75.) — 10° « Vous
« n'avez point mangé de lièvre, car vous faites trop
« laide mine. » (Recréât. deDevis amoureux, p. 55.)
— 11" « En petit buisson on trouve grand lièvre. "
(Colgrave.)
Lievrier. Lévrier :
Couardement et trop acouardis
Est mon las cuers comme lievricz couards
Qui pour amer est tout bruïs et artz. (Dcsch. f. 181 ".}
Liewe. [1° Lieue : « Et dura la cace plus d'une
« grosse //eu'e. » (Froiss. V, 17.) — 2° Heure : " Si
« en raporterent, en mains d'espasse que de deux
■' liewes, certaines nouvelles. » (Id. VI, 430.)]
Liffreloffre. .(argon allemand; Allemand ou
Suisse qui le parle : « Rabelais appelle LilJ'relolJ'res
« les Alemans et les Suisses parcequ'il semble
" quand ils parlent qu'ils ne disent autre chose que
« Liffie Loflre. » (Le Duchal, sur Rab. I, p. 44.)
LIG
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LIG
Lige. Li<re. Il esl toujours employé pour épitlii'le
d'homme, de seigneur, de vassnl, de lief, d'iiom-
m;igc, do relief, de foi, deslnse, de ville, de garde,
etc. : " Ce mot esl frnurois et Ires ancien, je ne l'ay
« néanmoins trouvé dans aucun titre plus ancien
« que dans une charte du roy Pliilippesde l'an 1070,
« rapportée dans la Clironique de S. Jean des Vignes
« de Soissons. ■> — « I/origine de ce mot Uçic n'est
« certaine. Kagueau en son Indice vassallorum,
« dit-il, alii l'nli, alii non liili et ainsi il lire le mol
« lifiius ôe litus ou lidus ; néanmoins liti et lidi,
« dans les anciens autheurs ne sont pas vassaux,
ny hommes libres, ny absolument serfs mais
« d'une condition non du tout libre, qui diffaire
» néanmoins de la servitude ordinaire. » —
« M. Cujas et autres ont estimé feudum ligiiim,
« esse leiiditm, du mot leudis, fidelis, mais il y a
« grande différence entre l'un et l'autre. La ligêité
• est une marque de soumission en conséquence
« d'un fief el les tendes ne sont autres (|ue sujets. «
— « D'autres dont j'estime l'opinion plus probable
« ont estimé feudian lighim dictiim qitod acrius
« lifjet et veliemenliiis (Hat. in. consuet, pictav.
« art. 17), parce que Xhomage lige lie plus elroite-
« ment le vassal a des actions el devoirs plusgrands
" que l'hommage simple. » ^Ass. de .lérus. p. 253,
2.")(J, notes.) — [1° Seigneur à qui l'on doit l'hom-
mage (voir ce mol) lige : ■■ E lur amis e lur liges
« seignurs. » (Roi. v. '2421.)] — [2° Vassal qui doit
l'hommage lige; ses devoirs sont énumérés dans
Hou, V. 4'i68 el suiv. : « Tu deiz, dit li messaiges,
<■ Ion seignor enorer ; Ses homs es, e li deiz fei e
« amor porter, E s'onor e sa vie e ses membres
« saver, Ne li deiz al husuaing ne faillir ne falser,
« ïu es siz liges homs, tu ne 1