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Full text of "Dictionnaire historique de l'ancien langage françois, ou Glossaire de la langue franxoise depuis son origine jusqu'au siecle de Louis XIV. Pub. par les soins de L. Favre"

DICTIONNAIRE lllSTORIQUI! 

LANCIEN I ANGAliE FRANÇOIS 



GLOSSAIRE DE LA LANGUE FRANÇOISE 

DEPUIS SON ORIGINE JUSQU'AU SIÈCLE DE LOUIS XIV 

Par LA CURNE DE SAINTE-PALAYE 

MEMBRE DE l'aCADÉMIE DES INSCRIPTIONS ET DE l' ACADÉMIE FRANÇOISE 

Public par les soins de L. FAVRE, membre de la Société de l'Histoire de France, 

avec le concours de M. PAJOT, Archiviste-paléographe, 

CONTENANT : 

SIGNIFICATION PRIMITIVE ET SECONDAIRE DES VIEUX MOTS 

Vieux mots employés ilans les chants des Trouvères. 
Acceptions métaphoriques ou figurées des vieux mots français. — Mots dont la signification est inconnue. 

ETYMOLOGIE DES VIEUX MOTS 

Orthographe des vieux mots. — Constructions irrégulières de tours de phrases de l'ancienne langue. 

Abréviations ; études sur les équivoques qu'elles présentent dans les anciens auteurs. 

Ponctuation ; difficultés qu'elle présente. 

Proverbes qui se trouvent dans nos poètes «les XII*', XIII»' et XIV*' siècles. 

Noms propres et noms de lieux corrompus et défigurés par les anciens auteurs. 
Mots empruntés aux langues étrangères 

Usages anciens. 

SUIVI DES 

CURIOSITEZ FRANÇOISES, pour supplément aux Dicûonnaires 

Ou Recueil de plusieurs belles propriete:;^, avec une infinité de proverbes et quolibets pour l'application de toutes ' 
sortes de livres, par Antonin OUDIN. jt 

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TOME DIXIÈME s°je 
laie. 



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L. FAVRE, éditeur- du GLOSSARIUM de Du Gange, 

Lettres 

Rue Saint-Jean, 6. -Iles ne 

— étonne, 






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iîrapi ie la M k Site-Palaje 



L;i Curne de Sainte-Palayc naquit à Auxerre le G juin IG!)7. Son frère jumeau conserva le nom de La 
Carne, tandis qu'il recevait celui de Sainte-Palaye. C'est encore le nom d'un village du département de 
l'Yonne, canton de Vermenton, où la famille de notre savant possédait un domaine. Dans le Glossaire, on a 
pu remarquer les expressions et les coutumes propres aux paysans de ce pays, où Saiute-Palaye passa son 
enfance. Son père, ancien receveur du grenier à sel d'Auxerre, était gentilhomme du duc d'Orléans, 
Monsieur, frère du roi ; il dut remplir les mêmes fonctions auprès du Régent : ainsi s'explique l'accueil 
aimable que la fille de Philippe d'Orléans, Charlotte-Aglaé, duchesse de iModène, fît à Sainte-Palaye lors de 
son premier voyage en Italie (1739-1 7 iO). 

Madame de Sainte-Palaye, éloignée de son mari, dirigea seule l'éducation de ses fils jumeaux ; jusqu'à 
l'âge de 20 ans, ils partagèrent auprès d'elle « ces occupations faciles qui mêlent l'amusement au travail des 
femmes. • Ainsi s'exprime Chamfort dans son discours de réception à l'Académie française, le 19 juillet 
1781. Mais il ne faut pas voir Sainte-Palaye auprès de sa mère, comme Hercule filant aux pieds d'Omphale ; 
on lui appliqua, par anticipation, les méthodes aujourd'hui en lionneur dans l'instruction. Il ne commença 
d'étudier les langues grecque et latine qu'à l'âge de quinze ans ; il y fit des progrès rapides, puisqu'en 1726 
il pouvait continuer les travaux de Secousse, comparer Denys d'Halicarnasse, Tite Live, les Fastes Capitolins, 
à Plutarque, et faire disparaître toute contradiction dans la vie de Romulus. Madame de Sainte-Palaye sut 
aussi bien former le cœur que l'esprit de son fils, dont la nature tendre et affectueuse s'éprit pour son 
frère jumeau d'une amitié si profonde, que leurs existences se confondirent et ne se séparèrent qu'à la mort. 

Les savants de la fin du xviii° siècle, qui avaient lu V Emile de Rousseau, les blâmèrent d'avoir renoncé au 
mariage ; Dupuy, dans l'éloge de Sainte-Palaye lu à l'Académie des inscriptions, à la S' Martin 1781, 
s'exprime en ces termes, au sujet de la détermination de Sainte-Palaye délaissant une fiancée pour ne point 
se séparer de son frère : 

« A cette scène touchante, j'entends éclater de 'toutes parts des applaudissements et des transports. J'y 
« joins aussi les miens ; mais je sens, et je dois le dire, je sens en même temps retentir à mon oreille les 
« gémissements, les accents moins bruyans, mais non moins énergiques, de la Patrie qui se plaint avec 
« amertume d'avoir été et légèrement oubliée, et inhumainement sacrifiée. Quoi ! les vertus, dit-on, précèdent 
' ou suivent la véritable amitié. Verra-t-elle donc, sans s'attrister, sans s'émouvoir, deux citoyens vertueux 
« dont elle s'honore, jurer, s'engager mutuellement de ne lui point laisser après eux d'héritiers de leurs 
« vertus, et n'être que trop fidèles à leur parole ? Et c'est dans son sein paternel que la Vertu même 
■ donnera ce triste et funeste exemple de stérilité. Quelle idée nous en formons-nous donc?... Mais je 
« m'arrête. En indiquant une tache, je ne prétends pas montrer un ulcère, encore moins sonder une plaie. 
' La vertu du meilleur des Chevaliers fut-elle jamais pure à tous égards ? 

« D'un autre côté, si, par une allusion ou licence poétique, le modèle récent d'amitié fraternelle a été 
« comparé à celui des frères d'Hélène, heureusement du moins l'article de l'hymen ne peut entrer dans ce 
« parallèle. L'outrage fait à la Yertu couvriroit d'opprobre l'exemple moderne comme l'ancien. » 

Sainte-Palaye, comme Montesquieu, avait vingt ans à l'époque de la Régence ; il n'écrivit pas les Lettres 
Persanes, mais il ne semble pas avoir été l'ennemi de ces mœurs raffinées et élégantes auxquelles ne 
répugnaient ni les jurisconsultes les plus sérieux, ni les érudits les plus convaincus. Restif de la Bretonne, 



qoi était de la même province, du môme canton que Sainte-Palaye, puisqu'il naquit à Sacy, près Vermenton, 
en 173'», a pris pour héros iVune de ses Contfinporiiines tHcYm-, son compatriote ou mieux son voisin (i\ On 
sait que ce romancier, qui éciivit plus de 200 volumes, empruntait à la vie réelle les détails que lui refusait 
sa stérile imagination. 

Sainte-Palaye entra dès 1724 à TÂcadémie des Inscriptions et Belles lettres. Le Mercure publiait en 1725 
un essai de lui sur Agalhode, tyran de Syracuse. Cependant, son père aurait prélëré pour son fils une 
situation plus brillante: il aurait voulu le voir entrer dans la diplomatie. Envoyé à Weissembourg, auprès 
de Stanilas Leczinski, roi détrôné de Pologne, il fut chargé de la correspondance avec la cour de France. 
C'était le moment où le duc de Bourbon et madame de Prie cherchaient à remplacer auprès du roi Louis XV 
sa fiancée, Tinlante Victoire, renvoyée à Madrid. 

Les négociations entamées aboutirent au mariage de Marie Leczinska (4 septembre 1725); malgré les 
conseils de son père et l'invitation du roi Stanislas, l'apprenti diplomate préféra l'histoire ancienne à 
riiisloire contemporaine ; il délaissa la chancellerie pour préparer une histoire de la province de Lorraine. 
Puis, sur les conseils de l'abbé .Massieu, il continua les études critiques de Secousse sur les vies de Plutarque ; 
mais il imita bientùt cet érudit qui abandonnait lantiquilé grecque pour publier les Ordonnances des Rois 
de France et rédiger des .Mémoires sur Charles le Mauvais ; il préléra s'appliquer aux origines de notre 
histoire, alors si mal connue et si défigurée. L'oratorien Lelong venait de mourir (1721) et dom Bouquet 
dirigeait la vaste entreprise conçue jadis par Colbert, de recueillir en un corps d'ouvrage tous les historiens 
des Gaules et de la France. De là ces notices de Sainte-Palaye sur Rigord, Guillaume le Breton, Glaber, 
Guillaume de Nangis, l'auteur de la Chronique de Morigni, le moine Helgaud : nous renvoyons sur ce point 
aux Mémoires de l'Académie des Inscriptions et à la liste des ouvrages de Sainte-Palaye par nous publiée. 

La base de ces travaux hit les deux publications de Duchesne: Séries auctorum omnium, qui de Francorutu 
hi-itoria et de rébus Francicis scripserunt {\^i'.i•i, in-fol.) ; Ilistoriœ Francorum scriptores (1G30 à 1G49, 5 vol. 
in-fol.). Sainte-Palaye s'en occupait encore iors de son premier voyage en Italie, comme nous l'apprend le 
président de Brosses (2) : • Sainte-Palaye crut avoir trouvé la pie au nid (dans les mmss. Ottoboni de la 
Vaticane) en rencontrant divers manuscrits de nos anciens historiens de France. Il se mit aussitôt à TouvTage 
pour remplir les lacunes qui sont dans l'imprimé de Duchesne ; par malheur il se trouva que c'étaient ceux 
de Petau, sur lesquels Duchesne a donné son édition, et qui depuis ont passé entre les mains de la reine de 
Suède. • 

Sainte Palaye recommandait déjà cette exactitude scrupuleuse qui craint toujours d'être incomplète et qui 
distingue l'école critique du xix^ siècle: il écrit à la fin de son étude sur la vie de Charlemagne conservée à 
Saint-Ived-de-Braine : • Il ny a point de page ni de ligne (dans les mmss.) qu'il ne faille examiner avec une 
exactitude scrupuleuse, autrement on ne peut jamais se promettre d'en avoir qu''une connoissance très 
imparfaite, puisque ce peut estre souvent dans l'assemblage des pièces les plus communes que le hazard 
aura conservé le morceau le plus curieux elle plus digne de recherches. • (Hist. de l'Ac. dcsinscr. VII, 28G.) 

Il songeait au même temps à composer pour l'ancien français un Glossaire semblable à celui de Du 
Gange, que les Bénédictins rééditaient en 1733; on lit dans leur préface: • Temperarc non possumus a 
commemorandis... viro academico de La Carne de Sainte-Palaye non soluw amicitia, sed eliain studendi ijenere 
nobiscum conjunctinsimo, quippe qui illustrandis vocibus Galliarum obsoletis solerte diligenterque incumbit (éd. 
Henschel, l, G3). • 

Mais nous devons, dans cette biographie, faire connaître à la fois l'homme et l'écrivain ; ce nous sera 
facile, grâce au premier voyage de Sainte-Palaye en Italie, de 1739 à 1740. Il ne nous en a pas laissé de 
relation ; nous savons seulement, par le ms. I5G7 du fond Moreau, qu'il séjourna à Rome de novembre 
1739 à février 1740 ; mais le président de Brosses, dans sa correspondance familière, n'oublie pas les deux 
frères ; il nous les dépeint avec une vivacité toute bourguignonne. Suivons-les donc à travers les deux 
volumes de l'édition publiée en 1858, chez Didier, par M. Colomb. 

Les frères La Curne rejoignirent le président de Brosses à Avignon : ■ Sainte-Palaye, en sa qualité de 
protecteur de tous les vieux sonnets, voulut aller sur les bords de la fontaine de Vaucluse pleurer avec 
Pétrarque le trépas de la belle Laure ; pour moi, qui ne me pique pas d'être le chevalier des donzelles de 
Carpentras, je tirai droit à Aix (1, p. 25, 1 5 juin 1739). » A Marseille, le frère de Sainte-Palaye eut envie de la 
petite vie assez douce qu'y mènent les galériens ; l'un d'eux monta et redescendit le long d'un màt, malgré 
les chaînes qui lui entravaient les jambes ; quoique Turc d'origine, il disait être depuis longtemps chrétien. 

(1) Voirie Choix de M. Assézat, édit. Jeannet-Picard, I, p. 171. 

(2) Ed. Colomb, chez Didier, 1858, t. II, p. 272. 



CepoïKluit, (lo cniiport avec le président, Saintc-Palaye fai.^ait lionnour aux m^A^v, poissons recherchés 
dans le jjays. Mais il avait conçu, ainsi que son iï'ère, « une très grande l'rayi.'ur de l'humide élément. • Aussi 
ne prit-on la mer qu'à Aiilihes pour se diriger sur Gênes : <> Nous nous [jourvnmes entre autres choses, 
Sainte-Palayt! et moi, de tahles, livres, écritoire, pour faire les gens studieux pendant le trajet. » (Id. p. 48). 

Ils étaient il Milan le IG juillet. Sainte-Palaye visita la ville avec autant de conscience qu'il feuilletait les 
manuscrits : « Dieu me garde de vou> parler ni de vouloir me souvenir de toutes les églLses où Sainte-Palaye 
m'a Iraim'' ; il n'y a si vitain trou où il n'ait voulu (iulrer ; notre carrosse de remise en était sur les dents ; 
aussi lui ai-je promis, dès qu'il repasserait par Dijon, de lui faire voir le petit Saint-Bénigne... A Saint- 
Amhroise, il y a une singulière inscription d'un emjiereur Ludovicus Civmr ("Louis II, fils de Lothaire et 
petit-fils de Louis le Débonnaire) qui a mis Saintc-Palaye dans une terrible agitation d'esprit. » (Id. p. 9r>, 90). 
Notre savant y fit encore une autre découverte; à Sainte-Marthe de Milan, il releva Pinscriplion placée sur 
le tombeau de Gaston de Fois ; dans lo ms. Moreau 1.^)07, un dessin tract'; au tire-ligne, puis lavé à l'encre de 
Chine, nous montre la statue du personnage gisant placée contre la muraille (f. si et fi). De Milan, on se 
dirigea sur Venise « où nous ne songeôns'jamais à déj(Hmer, Sainte-Palaye et moi, sans nous être au 
préalable mis quatre tableaux de Titien et deux plalonds de Paul Véronèse sur la conscience. » 

C'est dans ce voyage que Sainte-Palaye se prit de goût i)Our la peinture ; il en vint à rédiger des obser- 
vations sur cet art, que la bibliothèque de l'Arsenal conserve en manuscrit, et ii adresser à son ami de 
Brosses, en 1731, une lettre sur le bon goût dans les arts et dans les lettres. Cette brochure extraite du 
M'intre, d'après les biographes, aurait été adressée à M. de Bachaumont; l'erreur est manifeste. 

Les aventures de voyage s'entremêlent aux émotions artistiques. Près de Ferrarc (Id. p. 22G, 6 septembre 
I7;}9), les deux La Curne franchissent le Pu et perdent de Brosses et son cousin Loppin ; ils passèrent la 
nuit il se <i chercher comme une épingle au milieu de la campagne, ii crier du haut de leur tête, à faire 
hurler tous les chiens du Ferrarais et'ii déposter des corps de garde, liurlant aussi de leur côté de place en 
place. » 

Après la traversée du Reno (p. 231), leurs chaises de poste allèrent rouler au fond de la vallée de Marara. 
« Sainte-Palaye, le plus bilieux de tous les hommes, me débita un beau sermon sur la patience dans les 
infortunes, sous prétexte que ma colère ne réparerait pas le malheur. Je ne manquais pas de l'en croire, 
aussitôt que j'eus crié assez fort et assez longtemps pour avoir une éteinte de voix. » Le 18 septembre, ils 
étaient ii Bologne " où nous allons, Sainte-Palaye et moi, passer la veillée tête à tête avec le cardinal-arche- 
vêque Lamberlin, bonhomme sans façon (p. 5oÔ). >■ A Sienne, ils trouvent une madone de Dominicus, peinte 
en 1221, qui ébranle la priorité accordée à Cimabue. « Nous cherchâmes, Sainte-Palaye et moi, toutes les 
chicanes possibles, tant ii la date qu'il la peinture, sans y pouvoir trouver à redire. » (p. 383, 18 nov. 1739.) 

De la peinture nous passons ii l'art culinaire ; de Brosses indique la recelte pour faire le pudding : 
« Mangez-en beaucoup si vous avez l'estomac robuste, c'est-à-dire autant que fait ce goinfre de S"-Palaye... 
Je trouve seulement que les raisins de Corinthe y sont de trop. Nous avons délibéré qu'on les exilerait tous 
dans un coin du gâteau réservé au seul Sainte-Palaye qui écrira autour de sa portion : « Non licet omnibus 
« adiré Gorinthum. » (t. II, p. 13.) 

Arrivé à Rome, de Brosses veut acheter un vieil obélisque et le dresser sur la place S'-Louis des Français; 
on y inscrira son nom et ceux de ses compagnons : Charles de Brosses, Edmond de La Curne, Bénigne 
Legouix, Germain Loppin, Abraham de Migieu, Jean de Sainte-Palaye. 

Cependant il allait visiter le cardinal Passionei, qui devait jusqu'à sa mort rester en relations suivies avec 
les La Curne. Ce bibliothécaire du Vatican se moqua avec de Brosses du faux air de grandeur qu'affectaient 
ses confrères; il ambitionnait la réputation d'homme de lettres, et, à la première visite du président, il 
rétendit sans façon sur le canapé où il était allongé lui-même, entre sa barrette et sa perruque. (Id. p. 88 
à 89.) 

« Les La Curne recherchaient beaucoup les pierres gravées ; ^ ils suivaient le président de Brosses 
dans ses visites aux monuments et ne l'abandonnaient que lorsqu'il s'avisait de se promener sur les 
corniches de Saint-Pierre. « Il n'y a point de garde-fous, aussi les fous n'y vont-ils pas, témoin La Curne, qui 
pensa le devenir, en me voyant faire celte promenade d'un air aisé. » (Id. p. 181.) 

C'est alors que Sainte-Palaye fut mis en relations avec Assemanni, Chaldéen de naissance, sous-bibliothé- 
caire à la Vaticane. Le 15 décembre 1739, le pape lui donnait une lettre pour ce personnage, lui permettant 
de consulter les manuscrits provençaux et les textes relatifs à l'histoire de France. Il aurait voulu le faire 
venir à Paris pour classer les manuscrits orientaux du Roi ; il se fut acquitté de celle lâche mieux que 
Fourment ; mais le pape ne voulut pas lui accorder rautorisalion de voyager. Le prince Chigi ne permit pas 
de consulter les manuscrits de la Chancellerie. 



11 fallut enfin quiller Romo et se diriger sur Modéue, où l'on était arrivé le mercredi des Cendres 1740. 
• La Curne, fort malgré moi, s'est allé engendrer d'un grand marquis Bévilacqua, enseigne de chevau- 
légers de la garde du pape et cousin de sa douce mie Binlivoglio, mais de ces cousins à qui on dit : Mon 
cousin, que faites-vous ? Cela m"a mis de mauvaise liumeur. Les nouvelles sociétés me déplaisent, surtout 
en voyage, où Ton veut être à son aise. • (Id. II, 4'i9.) 

Les liens de famille ne lui faisaient pas oublier rérudition. « Le gaulois Sainte-Palaye avait trop d'impa- 
tience de se faire exhiber, par Muratori, je ne sais quel recueil de vieux jongleurs provençaux pour passer 
toute cette journée à Bologne avec moi ; il s'envola à Modène sur les ailes de sa vieille doctrine et ne trouva 
pas plus de Muratori que de chiens verts. 

• L'heure de notre dincr faisait une lacune dans notre journée; nous la donnâmes à la Bibliothèque et à 
Muratori. Nous trouvâmes ce bon vieillard avec ses quatre cheveux blancs et sa tête chauve, travaillant 
malgré le froid extrême, sans feu et nu-tête dans cette galerie glaciale, au milieu d'un tas d'antiquités ou 
plutôt de vieilleries italiennes; car, en vérité, je ne puis me résoudra i donner le nom d'antiquité à tout ce 
qui concerne ces vilains siècles d'ignorance. Je n'imagine pas, qu'hormis la théologie polémique, il y ait rien 
d'aussi rebutant que cette étude. Il est heureux que quelques gens veuillent s'y adonner, et je loue fort les 
Du Cange et les Muratori qui, se dévouant comme Curtius, se sont précipités dans ce gouffre ; mais je serais 
peu curieux de les imiter. Sainte-Palaye, au contraire, s'extasiait de voir ensemble tant de paperasseries du 
x'" siècle. ■ 

Parmi ces paperasseries était le manuscrit de Joinville. A Lucques, dans la bibliothèque du sénateur 
Fiorentini. était conservé un exemplaire de l'histoire de S'-Louis ; Samte-Palaye le décrivit dans une notice, 
et, en 1741, le baron de La Baslie en faisait l'acquisition pour la Bibliothèque Royale; il porte le n" I0I48 
du fonds français, ancien n° 20G du supplément français. Ce manuscrit a été exécuté pour Antoinette de 
Bourbon, femme de Claude de Lorraine, duc de Guise et baron de Joinville. On rajeunit pour elle la langue 
de l'auteur d'après son manuscrit original, tout en respectant par mégarde l'orthographe ancienne de 
certains mots. Ce manuscrit dut passer aux héritiers de la duchesse de Gaise ; Charles de Lorraine le 
possédait encore lorsque, brouillé avec le cardinal de Richelieu, il quitta la France, en 1631, pour se retirer 
avec sa famille en Italie, où il mourut à Cuna, dans le Siennois, le 30 septembre iG40. On s'explique ainsi 
comment Sainte-Palaye put découvrir ce volume à Lucques dans le siècle suivant. Il avait aidé à l'étude de 
Joinville et préparé fédition de ce chroniqueur donnée en 17G1. 

Sainte-Palaye fit ensuite des recherches sur la vie de Froissart. Non content de le suivre dans sa vie 
errante, dans ses récits sur le xiv" siècle, il fit copier ses poésies. Les savants de notre époque n'ont pas 
négligé de recourir à ces sources. Les Mémoires sur la Vie de Froissart sont la base des travaux de 
!\I."Kervyn de Lcltenhove qui précèdent son édition des Chroniques. La copie des poésies, conservée à 
l'Arsenal, a servi à M. Scheler plus que l'original lui-même. 

Si son existence eût été plus longue, Sainte-Palaye eût édité le gros manuscrit qui contient les compositions 
d'Eust. Deschamps ; il avait préparé un mémoire sur la vie de ce poète, et toute son œuvre était copiée. 
Mais il délaissa celte entreprise que poursuit aujourd'hui M. de Queux de S'-IIilaire, avec autant de talent 
que de persévérance. Il s'appliquait encore à la Vie de Jean de Venette, à l'Histoire des III Maries, au grand 
Recueil des Chroniques de S'-Denis. 

Déjà l'historien se transformait en philologue. Dans le manuscrit I5G7 du fond Moreau (B. N.), est insérée 
une lettre de Dupré sur des mots qu'il n'entend pas : cabuseries, au traité »ur la Police de Delamarre ; 
chevaux tenidés, dagues chaintes, te irjitur ; portion du champ, du vent et du soleil. 

Tous ces travaux méritaient récompense : le 18 février 1748, .Maurepas annonçait à Sainte-Palaye que le 
Roi l'avait nommé pensionnaire de l'Académie des Inscriptions. Il était, en effet, l'un dos membres qui 
contribuaient le plus aux recueils institués par cette société. En 1744, il présenta, de concert avec Secousse 
et Foncemagne, au contrôleur des finances Machault, le projet d'un recueil de tous les titres, chartes et 
diplômes manuscrits avec une table chronologique de tous ceux qui avaient été imprimés. Deux savants, 
amis de Sainte-Palaye, Bréquigny et Mouchet, furent associés à cette entreprise qui aboufit ii la publication 
de 3 vol. in-folio, de 1709 à 1783, intitulés Table rhronologique fies diplômes, chartes, titres et actes imprimés 
concernant l'histoire de France. Sninie-Pa.\a.yc s'en occupait encore en 1770; il recevait, le 14 juillet, une 
lettre de M. Ilouard (I), avocat et associé de l'Académie, qui venait d'adresser au ministre un titre de 1420 
différent de celai qu'avait publié Bréquigny dans ses Rôles Gascons et Normands ; il était relatif à la 

(1) M. Ilouard préparait un recueil des auteurs anglais qui ont traité de coutumes normandes introduites en 
Angleterre par Guillaume le Conquérant. 



concession faite par Henri I" aux Dieppois du droit de (luatrième. M. llouard o.^pérait retrouver d'autres 
chartes du temps do Ciiarles VI et de Charles VU. 

Sainte-Palaye se décida, en 17'it), à un second voyage en Italie. 11 ne s'agissait plus, comme avec le 
président de IJrosses, de s'amuser un peu en dé|)ensant beaucoup d'argent. Le manu.scrit \'Hil débute par 
un double mémoire sur deux colonnes ; d'uru^ part est « la route pour aller de Lyon à Home ; • de l'autre 
sont les « distances et logeuiens. » C'est une description résumée do la route, des hôlels où Ton couchera, 
du passage du Mont-Cenis. S;iinte-l'alaye est économe de temps et d'argent ; c'est alin de pouvoir examiner 
plus de manuscrits et payer do i)!us noml)i'eux copistes. Il visita Home et vit une niproduclion du groupe 
de Biblis et de Caumis, qui avait frappé de Brosses lors de leur premier voyage. Il eut des relations plus 
fréquentes et plus suivies avec Assemanni et Passionei. La vue des ciiefs-d'œuvres de Rai)liai;l et de Michel 
Ange lui lit oublier l'érudition et la philologie ; il se ra[)pela qu'il avait été initié à l'histoire de l'art par le 
président de Brosses^ qu'il avait lui-même rédigé, de ITiO à l'riO, des observations sur la peinture en 
Fi'ance. De là, dans le Mercure de 1751, cette lettre au président de Brosses sur le bon goût dans les arts et 
dans les lettres. Nous la citerons en grande partie, car elle prouve que notre savant eût pu au besoin, 
comme Diderot, devenir un critique d'art. La voici : 

« Vous aimez les arts. Monsieur, et moi j'aime les lettres. Ces goûts ne difl'èrcnt pas beaucoup entre eux, 
et j'ai même souvent remarqué des conformités dans notre façon de sentir les choses qui nous affectoient. 
Cependant, il est arrivé que dans les confidences particulières que nous nous faisions réciproquement, nous 
nous sommes plus d'une fois regardés l'un l'autre connue un peu visionnaires ; je vous en fais l'aveu; faites- 
moi le vôtre avec sincérité. Quelquefois vous m'avez trouvé lisant un gros volume, farci de grec, que 
j'appellois l'anthologie ; j'étois en extase sur une épigramme grecque où je découvrois des beautés sur 
lesquelles je ne tarissois point ; car, quel est l'homme assez stérile pour n'être point babillard quand il parle 
de sa passion. Ces beautés vous paroissoient bien insipides, et vous aviez grande envie de me renvoyer à la 
plaisanterie de Racan sur les potages à la grecque. Je m'en apercevois, quelque peine que vous prissiez à 
vous échauffer, afin de paroître de mon avis ; ce sont des tromperies qu'on se fait entre amis. » 

Mais Sainte-Palaye dédaignait les statuettes et les dessins recueillis par son ami. « Ce que je méprisois 

n'étoit rien moins que l'ouvrage de Raphaël, de Michel Ange et des Carrache ; de ces hommes à qui je vous ai 
entendu si souvent prodiguer le titre d'immortels et de divins. Tandis que vous sortiez de votre llegme ordinaire 
pour passer aux plus vifs transports d'admiration, je restois comme pétrifié. Il ne m'entroit pas dans l'esprit 
comment des traits sans liaison, sans ordre et nullement arrêtés, quelques coups de plume jettes rapidement 
et comme au hasard sur le papier, pouvoient produire sur vous de si grands effets et vous faire entendre ce 
que ces habiles gens avoient voulu se dire à eux-mêmes, lorsque dans la chaleur de la composition ils 
avoient ainsi exprimé leurs pensées. J'étois encore moins persuadé que des esquisses si légères pussent être 
qualifiées du nom sérieux d'études. » 

11 le raille de même de son goût pour les statues grecques et les vases étrusques. 

« L'été nous raccommodoit dans nos promenades aux Chartreux. Lorsque nous entrions ensemble dans 
ces beaux cloîtres et que nous considérions les merveilleux tableaux de Le Sueur, nous étions alors un peu 
plus d'accord ; vous aviez cent choses à me dire, et moi, si je n'avois rien à vous dire pour confirmer vos 
jugements et vos éloges, je n'avois du moins rien à répliquer pour les contredire. J'étois presque toujours de 
votre avis, mais je ne sçavois pas pourquoi un sentiment intérieur que je ne démêlois point, me forçoit à 
penser comme vous ; enfin la nuit nous renvoyoit chacun chez nous, et me livroit à mes réflexions. 

' Ce n'étoit plus de vous alors que j'étois mécontent, c'étoit de moi-même. Je m'impatientois de ne 
pouvoir me rendre raison d'un sentiment qui n'en étoit pas moins vif, quoique le principe ne m'en fût pas 
connu, et dans mon impatience, j'avois quelque regret au plaisir que mon sentiment m'avoit procuré... 
Comme nos promenades et nos visites au cloître se répétoient souvent, mes yeux se dessillèrent enfin et le 
voile tomba. 

« En considérant ces tableaux incomparables qui me donnent plus que tous les autres l'idée que je me 
fais de la peinture des Grecs et du goût qu'ils portèrent dans les arts comme dans les ouvrages purement 
de l'esprit; en considérant ces tableaux, je remarquois que deux ou trois personnages dans une cellule ou 
dans un paysage aussi simple que la cellule même, faisoient tout le sujet 

' Je me suis raccommodé, Monsieur, depuis ce temps-là avec vos gros portefeuilles, vos croquis, vos 
statues égyptiennes, vos vases étrusques. Je reconnois que la division dans nos jugements ne vient que 
d'avoir voulu commencer par où il falloit finir. Je \u. lis pénétrer dans ces mystères de la peinture et je 
n'y étois pas seulement initié. Comme bien d'autres, je voyois sans voir ; il falloit pour me ramener dans la 



voie, des cho>es absolument terminées et qui ne me laissassent rien à suppléer, des ouvrages, surtout, qui 
parlassent à l'esprit; je les ai trouvés. J'admirerois maintenant sans complaisance tout ce que vous voudrez ; 
j'espère aussi que vous ne serez pas obligé de faire plus d'efl'ort pourgoùli-r mon gros volume de Tantlioiogie. 

t Parlez du même principe que moi, et vous verrez avec plaisir une ancienne épitaphe grecque sur 
laquelle je tombois ces jours passés, et qui excita en moi un sentiment que j'aurois de la peine à vous 
exprimer, l^eut-être n"a-t-il d'autre source (]ue dans cette belle simplicité, qui l'ait le pi-incipal mi'rite des 
produits de l'esprit, comme de tous les ouvrages de l'art... « Ici reposent les restes de Lucile. Elle accoucha 
de deux jumeaux qui furent partagés, le vivant au père et l'autre à la mère. • 

« Je me suis amusé, quoique je ne sois rien moins que poète, à le mettre en vers ; vous y sentirez mieu.^ 
peut-être l'intention de l'origi.nal : 

De son mari Lucile uni(pioiueiil cliérie, 

A deux jumeaux donna la vie 

Et la perdit en mémo temps. 
Le sort aux deux époux partagea les enfants : 

L'un au tomljeau suivit sa mère. 
L'autre vécut pour consoler son père. 

• Je souhaiterois que quelques-uns de nos poètes voulussent employer leui- talent à traduire celte épitaplie. 
et qu'ils s'appliquassent surtout à lui rendre la simplicité et la précision que j'ai tenté vainement de lui 
consacrer. » 

On le voit, Sainte-Palaye n'avait pas entièrement abandonné ses études sur la littérature ancienne, il 
aimait les recueils composés de pièces courtes et variées, comme les chansonniers des troubadours et des 
trouvères ; il choisissait parmi ces pièces celles qui lui rappelaient La Curne, son frère jumeau. Mais il entre- 
voyait déjà que les langues romanes appartenaient à une même famille, et il adressait à l'Académie des 
Inscriptions des remarques sur la langue française du xu« siècle, comparée au provençal, à l'italien et à 
l'espagnol (\~'-i\). 

Sainte-Palayc aurait pu devenir un provençaliste distingué ; il avait fait copier la chanson de croisade des 
Albigeois dont il rédigea un glossaire spécial (IJ. N. Moreau 18;J1, et Ars. 183); un recueil plus considérable 
en 13 vol. in-folio (B. N. Moreau loCSàloSI) contient les mots provençaux qu'il avait relevés dans les 
auteurs en prose et dans les troubadours. Il songeait même ii composer une histoire des troubadours, mais 
ses travaux sur la chevalerie et l'ancienne langue française l'en détournèrent. Tous les matériaux recueillis 
étaient relatifs à 132 troubadours; il en fit don à rabl)é Millot, qui les résuma dans trois volumes parus en 
1774. Sainte-Palaye voulait se consacrer exclusivement h la publication d'un Dictionnaire des Antiquités 
françaises, analogue à celui du hollandais Pitiscus pour les antiquités romaines, et .'i un Glossaire de 
l'ancienne langue française. A partir do Tannée 1734, en effet, il n'insère plus de mémoires dans les recueils 
de l'Académie des Inscri{)tions et Belles Lettres. Afin de l'encourager à poursuivre cette vaste entreprise, le 
Roi l'avait nommé directeiu- de l'Académie pour l'année 1734; on ne lui tenait pas compte du présent; on 
attendait l'avenir. 

Nous désirerions connaître la vie des deux La Curne et de leur secrétaire Mouchet, pendant ces longues 
années de préparation laborieuse; mais les documents confidentiels que nous avons pu recueillir sont rares 
ou peu intéressants. Ainsi, le 13 novembre 1733, madame du Be.ssay de Basse l'entretenait de madame de 
Sémonville, le remerciait de l'envoi d'un livre et de 2i bouteilles de ratafia que lui devait La Curne, le frère 
de notre érudit ; elle les invitait tous deux à venir à Marly. 

Force nous est donc de revenir à l'histoire littéraire ; en \ 756, Sainte-Palaye publiait son projet do glossaire 
(voir la préface du 1. 1" d(! notre édition), et sur ce simple aperçu, il fut reçu à l'Académie Française en 
1738, en remplacement de Louis de Boissy, auteur C(imi(jue, qui, après avoir dirigé le Mercure et la Gazette 
de France, donna à l'Académie Française et au Théâtre Italien plus de quarante comédies. Les Académies 
de la Crusca de Florence, de Dijon, celle de Nancy, à l'établissement de laquelle il avait concouru, 
s'empressèrent de l'adopter. 

L'Académie Française ne lui fit pas oublier l'Académie des Inscriptions ; il travaillait toujours au Recueil 
des Historiens de France, de dom Bouquet. Il entretenait avec le cardinal Passioiiei une correspondimce 
suivie de 1734 à 1701 (1), année oii mourut ce prélat. C'étaient là des relations fort précieuses pour Sainte- 

(1) Au mois de juillet. V. Mém. de Rachaumont, 1757, t. I, p. 331. 



Palaye, car dès 1739, le présitlonl de Brosses écrivait de Passiotioi, qui, diiranl sa nonciature en Allemagne, 
avait recueilli de toutes les manières des livres rares et précieux : « Quoique le nombre [des livres provenant 
de la reine de Suède) soit cousidéralile, ce n'est pas là ce qui l'ail la réputation de la Bibliothèque Vaticanc ; 
elle ne la doit qu'à ses manuscrils. l'our se targuer d'avoir des livres, il faut qu'elle attende de s'être 
approprié le beau recueil du cardinal Passionei,qui nous a paru dans le dessein de le lui léguer à sa mort.» 
(11, i>7;j.) 

Le cardinal écrivait à Sainte-Palaye sous h pseudonyme de Le Prieur : nous donnons de lui in extenso 
une lettre datée de Borne, i;i décembre 17G0. On verra que le cardinal s'adresse à l'ami autant qu'au 
savant; il lui demande de compléter son mobilier comme d'enrichir sa bibliothèque (B. N. I'. .Moreau, 1 j'i7j : 

« Votre Prieur vous promeltoit, mon très cher et très illustre confrère, d'user d'indulgence à votre égard : 
il y etoit porté autant par la bonté de son cœur, que par l'aveu de votre faute et l'apparente sincérité de 
votre repentir; mais quel déplaisir pour lui, de voir que cette même indulgence n'a servi qu'à vous rendre 
plus incorrigible. 

« Votre dernière lettre est du 13 juillet; pouvés vous en honneur et en conscience, garder un si long et 
si affreux silence à l'égard de votre Prieur, qui fait consister une partie de la douceur de sa vie dans le plaisir 
de recevoir de vos nouvelles ! Sa tendresse pour vous ie met sur le sujet de votre silence dans une inquiétude 
qu'il ne peut exprimer, et il craindroit de votre part quelque altération dans votre amitié pour lui, s'il croyoit 
y avoir donné quelque occasion; mais il n'a aucun reproche à se faire ;i cet égard, et c'est ce qui le 
tranquillise entièrement. 

« Ne m'aflligés donc plus, mon cher confrère, et avec la nouvelle année que nous allons commencer, et 
que je vous souhaite aussi heureuse que vous la mérités, renouvelles en faveur de votre Prieur, ces mêmes 
sentimens, dont vous lui avés tant de fois juré la continuation jusques au dernier moment. J'espère que 
dans la première lettre que vous me ferés le plaisir de m'écrire, vous me donnerés des nouvelles des 
montres et pendules en question, ainsi que de mes 2 lettres à MM. de Guignes et de Bréquigny, à qui je 
vous prie de vouloir bien renouveller mes justes remerciemens, ainsi que mes souhaits les plus ardents et 
les plus sincères pour leur prospérité et la conservation de leurs jours. Je suis, mon très cher et très illustre 
confrère, entièrement à vous sans reserve. « Le Prielr. » 

Mais revenons sur les premières lettres de cette correspondance, où le cardinal cédait souvent la plume 
à son secrétaire français, l'abbé Testaud du Bois de Lavaud. En voici l'analyse, d'après le manuscrit 1547 
du fonds Moreau : 

Rome, 13 novembre 1734. — « Le cardinal est de retour de l'Hermitage ; il adresse une lettre de change ; 
il renonce à l'achat de deux ceintures coûtant 200 livres ; il envoie par le P. Tassin des feuilles pour des 
ouvrages à compléter ; il embrasse tendrement La Curne, ainsi que le frère Edmond. « 

Rome, 19 février 1753. — !< Il a appris la mort de l'abbé Lenglet (1); il regrette cette fin tragique; 
c'était là un correspondant qu'on ne pourra remplacer. Il faudra faire retirer les ouvrages de Bellarmin 
acquis par lui à la vente de la bibliothèque de feu M. Chauvelin, ainsi que le catalogue de cette bibliothèque. 
A-t-il donné au public, avant de mourir, >■ la Vie de Jeanne-d'Arc, dite la Pucelle d'Orléans (2) ?» Il a reçu 
des brochures par les PP. Bénédictins ; il en attend du libraire Garnier ; il s'intéressera au P. Laugier... 
(Lettre incomplète.) » 

16 avril 1735. — « L'abbé de Grandis s'est entendu avec Sainte-Palaye pour la copie du n° 4804 ; il recevra 
16 sequins; les cahiers de son travail ont été adressés à M. de la Bruyère et remis à la fln d'août 1754; la 
lettre est signée du secrétaire Testaud du Bois de Lavaud. « 

23 avril 1 755. — « L'on revient sur la question des 1 6 sequins à donner à l'abbé de Grandis. » 

Camaldoli, 4 juin 1735. — « Le Prieur est à fllermitage; il a fait commencer les copies à la Vaticane. Il 
parle de livres à lui envoyer; il mentionne l'abbé Baudoin, chanoine de Notre-Dame; le P. Tassin (3) ; il 
s'occupe du P. Laugier. » 

Rome, 8 juillet 1735. — « L'affaire du P. Laugier n'a pas réussi ; le cardinal, de qui dépendait le succès, 
est toujours avec les Pères de la Société et inconnu à Passionei. Mais on lui trouvera facilement en France 
un Bene^fe. Il voudrait avoir : 1° « Une analyse de Bayle, » par le sieur Marsy, qui. pour ce, vient d'être 

(1) Lenglet Dufresnoy, célèbre érudit, mort le 16 janvier -1755. Il a donné une très bonne édition de Couimines. 

(2) Il l'avait publiée dès l'année 1753. 

(3) Bénédictin de Saint-Maur ; il donna, de concert avec le P. Toustain, un nouveau traité de diplomatique (1750-1705) ; 
il publia aussi une histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur. 



rais à la Bastille ; 2" « une lettre critique et historique à l'auteur de la Vie de Gassendi, » 1737, in-12; 
'S^ • le Dictionnaire des Postes. » 

Rome, 27 août 1755. — « On ne peut faire accepter au cardinal Galli, grand pénitencier, le Bénévole du 
F. Laugier pour passer dans les Bénédictins de Tantique observance. On peut le faire passer aux Augustins. 
Il demande à n'être plus chargé d'affaires semblables, vu sa goutte. Il s'occupe de la copie d'IIelgaud. • 

14 janvier 1756. — « Lettre du secrétaire Testaud, relative à la copie d'IIelgaud. Envoi à d'Anville ; il le 
lai annonce. » 

14 janvier 175(5. — « Le cardinal Passionei vient d'être agrégé à l'Académie des Inscriptions. » 

31 mars 1750.^ • Lettre du secrétaire Testaud. Il parle du comte de Gaylus. Il est allé avec l'abbé 
Barthélémy (1) voir le manuscrit d'IIelgaud. On presse l'abbé de Grandis d'achever ses travaux. Il prie 
Sainte-Palaye de lui adresser certains livres par le secrétaire d'ambassade Boyer. Ci-incluse une lettre pour 
l'ex-jésuite Laugier. Annonce de la nomination de trois cardinaux : de Tavanes, archevêque de Rouen ; de 
Luynes, archevêque de Sens : de Gesvres, évêque de Beauvais. Entrée magnifique du comte de Stainville 
(le futur Choiseul) à Rome ; sa première visite in fiocchi$.erà encore plus remarquée. » 

5 avril 1756. — « Lettre du secrétaire: MM. de la Gliateautayer et de la Bedoyere s'entendent pour qu'on 
ne le trouble pas en son petit prieuré d'Auvergne. Barthélémy s'occupe d'IIelgaud. Nomination de cardinaux. 
Visite in fiocchi de Stainville. Il adresse une lettre à M'"<' dt; Monlmort. Il tourmente M. Natoire (le directeur 
de l'Ecole de Rome de 1751 à 1774) pour trouver ce que demande Edmond, le frère de La Curne (sans 
doute des pierres gravées). » 

5 mai 1756. — « Lettre du cardinal. Bref pour le père Laugier, ancien jésuite, qui est transféré à l'abbaye 
de Moreuil ; il sera dispensé du noviciat. » 

5 mai 1 756. — • Envoi de la copie du moine Ilelgaud ; monseigneur Assemanni travaille sur le manuscrit 
que doit copier M. de Grandis ; envoi du bref relatif à l'abbé Laugier. » 

12 mai 1756. — « Remettre à l'abbé Laugier une lettre avec copie de celle qu'a écrite le P. Daubenton, 
si l'on est sûr de lui; tout le monde sait ce qui est arrivé au P. Laugier, étant à la Cour, au sujet du discours 
qu'il prononça à l'occasion des aflaires du temps ; discours dans lequel il fit voir combien il était inspiré par 
la Société et animé de son esprit. Il y a de fortes présomptions pour craindre qu'il ne soit toujours animé de 
ce même esprit; en ce cas, ne s'ouvrir à lui qu'avec réserve. Le cardinal n'agit que par curiosité ; si l'abbé 
Laugier n'est pas sur, s'adresser à fabbé Lebeuf. • 

Camaldules de Frascati, 2 juin 1756. — « Le secrétaire écrit que le cardinal s'occupe de la dispense que 
Sainte-Palaye voudrait obtenir pour Charles Collin et Françoise Gallard; M. de Grandis s'occupe d'IIelgaud 
et du manuscrit de Choliac. » 

9 juin 1756. — • Lettre relative ;i la dispense ci-dessus et à fabbé Laugier. » 

7 juillet 1756. — « Le cardinal demande le Dictionnaire des Postes, la Vie de Pithou; il demande des 
renseignements sur la lettre du P. Daubenton au P. Groiset ; « vous ne sauriez croire combien cette affaire 
« me tient au cœur. • 

7 juillet 1756. — « Lettre du secrétaire : il apprend avec douleur la mort de M"" Rémond. Assemanni a 
donné le manuscrit d'où fabbé de Grandis tirera 18 notices. Envoi d'argent au libraire Guérin, qui fa reçu 
du P. Flachat. Nouvelles relatives à fabbé Laugier, à la dispense. » 

20 juillet 1757. — « M°" du Boccage est ii Rome ; elle a dédié au pape sa Colombiade ; elle a reçu de lui 
im présent de 1.000 francs. Plaintes contre le libraire Guérin. » 

20 juillet 1757. — • Envoi de notices. Règlement de comptes. Il n'a pas dtî réponse de M""' de Montmort. 
Plaintes contre le libraire Guérin. [Sans doute Passionei, comme en Allemagne, demandait des livres et ne les 
payait pas.] » 

24 août 1757. — • R a reçu trois volumes de l'Académie des Inscriptions ; il réclame le tome XXL » 

14 septembre 1757. — <• Il protège M. de Malard; c'est une affaire dillicilc à résoudre, puisque le bailli 
de Saint-Simon .s'en est déjà occupé. Plaintes contre le libraire Guérin. Lettre à fabbé Laugier, au chfiteau 
de Haute-Fontaine, près Villiers. Il a changé de secrétaire ; celui-ci signe Gotterets. » 

Sainte-Palaye demeurait alors cul-de-sac de Ménars, rue de Richelieu. Goujet avait composé des livres 
que désirait Passionei ; le savant bibliophile les recueillait ; mais simple bénéficiera 800 livres, il désirait être 
payé. Cependant l'ancien secrétaire du cardinal Passionei avait un bénéfice près d'Avignon ; il écrivait aux 
frères La Curne pour retourner auprès de Passionei, mais celui-ci disait l'avoir renvoyé. 

(1) L'auteur d'Anacharsis voyagea en Italie de 1755 à 1757; il y connut Choiseul, alors comte de Stainville, qui, 
depuis, ne cessa de le protéger. 



En drâombre 1759, le copiste à la Vaticiine nï'tait plus l'ahiié fie nramlis, mais Pabbé Foggini; on 
s'explique ainsi les fautes dans les citations du Glossaire : ces copistes pouvaient être soigneux, avoir l'œil 
paléographique, mais ils entendaient difficilement le français, surtout celui du moyen Age. De là leurs erreurs 
et, par suite, celles de Moucliot et du Sainle-l'alaye. 

Par d'autres letti'fs, on voit que notre (''rudit rtait en relations avec raMx'; de Foy, savant qui publia, en 
1765, une notice des di|ilomiN relatifs à l'Histoire de Franco; il s"en occupait dés "iTOO et envoyait, le 17 
mai, ù Sainte-Palaye, les deux premiers volumes de la table de la notice de Valois. Il était aussi en relations 
avec l'abbé Velly, auteur d'une Histoire de France assez estimée au .wiu" siècle; avec le bénédictin 
Carpentier, qui remania et compléta le Glossaire de Du Gange. 

Nous aurions préféré connaître ses rapports avec le président de Brosses, pour ajouter quelques lettres 
inédites à la célèbre correspondance datée d'Italie. Nous n'en avons trouvé qu'une seule insérée au fonds 
Moreau n" 1uC7, f. 9. Le Président venait de publier sa dissertation sur le culte des dieux fétiches, où il 
prétendait à tort que l'ancienne religion des Egyptiens n'était que le félicliisme des peuples de l'Afrique. On 
sait que ce moi fi'lichàme n'a pris place en notre langue que depuis celte publication. 

t 17 juillet 1760. — Heml tâchez de vous essuyer le front. Ne voilà-t-il pas un bourru bien cassé d'avoir 
dicté deux méchantes lettres dans le cours d'un an. Mais pour vous donner quelque chose qui soit plus 
agréable à votre glossaire, voicy une vieille pièce qui est une espèce d'epitaphe historique sur laquelle on 
m'a chargé de vous consulter. Par l'ancienneté dn l'écriture lombarde et du parchemin, et surtout par 
l'élégance et la pureté du style, ainsi que par l'exactitude de la mesure, nos plus Saiiis-Pnluiorjrnphes la 
jugent du meilleur temps de Louis d'Outremer. Mais on veut avoir l'avis du signor Quaranta. Elle commence 
ainsi : 

Hic sittis est quidam popina plenus et nvis 

Atqiic pulardiroso conâens ventrone Insacjnas 

Et ntbro cnpurhone caput mnnc eiidoviliippans ; 

Assidue (jhmerans ruct(diut rancida rerha : 

uEgre feticliistis l'espoiisa fercbat nmicis^ 

Dum frater iiicumbrns cnstello Valeiiano 

Inter cwrulcos extendit rrura tapetes, 

Aut quoque freduliut racuus, fissasve flagellât, 

Gnarus anisatum duppis comprare liquorem, (1) 

Itiustrem labiis rimatiscavc lupinum, etc., etc. 

« Mais comme toute bonne action mérite récompense et que je possède au souverain degré la justice 
distributive, vous aurez mon unique exemplaire imprimé du Pauvre diable, qu'on dit qu'on ne peut trouver 
imprimé à Paris. Ne croyez pas que je sois icy à portée de Genève D'ailleurs, je suis un peu fraîchement 
avec le seigneur Voltaire depuis que j'ay fait faire une visite de mes bois qu'il a non-seulement coupés, mais 
encore fait arracher les pieds, parce qu'il en trouvoit 7 fr. par chicot (2). Je vous envoyé donc ledit Riuvre 
diable avec cette lettre cy et une pour M. Le Beau, sous l'enveloppe de M. de Mauregard. Vous recevrez 
aussi par la même adresse un paquet de six exemplaires des Fétiches que j'ay mandé qu'on vous envoyât. 
C'est pour vous, pour MM. de la Nauze, Busigny, abbé du Resnel, abbé Bavthelcnuj et Gibert. Je vous en 
ferez [sic] faire un de ces jours un autre envoy pour les Foncemagne, Segrais, Tercier, Le Bateux, de 
Guignes, et votre ami Brequigny que je ne connois. Vous aurez la bonté de distribuer ceci de votre part, 
non de la mienne. Car je n'en prends point à cela ni à l'impression de ce petit traité. Pour les Bletteries et 
autres Zoïles, bigots, hypocrites, sphinx et jansénistes contredisans. 

Tous ceux là n'auront de mes dieux 
Non plus qu'il en pleut dans vos yeux. 

« Laissez les grommeler; quoi qu'ils en puissent dire, ce traité est bon et restera comme opinion neuve et 
plus que probable sur le sujet dont il s'agit. Quand, dans la quantité de faits, il me seroit echapé quelque 
méprise, il ne s'agit que d'une question, scavoir que l'Egyptianisme etoit un culte sauvage et grossier, non 
intellectuel. Elle est bien et philosophiquement déduite, bien prouvée par les faits et par le raisonnement. 

(1) Nous avons vu plus haut que La Curno avait un secret pour fabriquer le ratafia ; c'i?sf là une spécialité bien 
bourguignonne. 

(2) Voir plus loin, à l'année 1771. 

2 



Croyez moi, depuis qu'il n'y a plus de Frerel au inonde, personne dans la compagnie ne connoit si bien ce 
temps de Pantiquité que : i° La Nauze, 2° votre serviteur, 3" Gibert, qui voudroit bien être le premier et 
qui ne sera pourtant (jue le troisième. .\u reste, notre ami Burigny et sa théologie payenne ne seront pas de 
mon avis. Ce qui n'empeolie pas que ce ne soit un galant et lionneste homme, seulement un peu verbeux, 
et sujet aux digressions. J"ay fait à M. de Grâce une rejjonse honnête assez courte que vous verrez. Ne lui en 
parlez pas d'avance. J"admire qu'il vous ait tant fait d'excuses d'avoir écrit contre un de vos amis, et qu'il 
n'ait pas senti qu'il eloit i)eu convenable qu'il écrivit contre quelqu'un des corps. Car l'incognito n'etoit pas 
pour luy puisque les Mémoires ont été lus dans les séances. 

■ Je "suis certain d'avoir renvoyé les Marianes à M. Falconnet, je ne sçais plus par qui ; ainsi, je ne le suis 
nullement que la commission ait été faite. Aussi je viens d'écrire qu'on les cherchât tout de suite à racheter 
chez le libraire, et qu'on le lui reportât de ma part, .l'espère qu'il w lemai'quera pas que ce n'est pas son 
propre exemplaire. Ne lui en dites mol. N'oubliez pas l'exemplaire que je dois avoir de certaine description 
géographique de la France pour tant de cartulaires tle S'-Benigne, S'-Elienne et Beze, dont j'ai envoyé les 
explications par vous sollicitées. Voire pastourelle est un peu mieux depuis (juelques jours. Mais il s'en faut 
bien que cela ne soit net encore. Elle embrasse, ainsi que raoy. Irez tendrement les chers frères. Nous 
sommes de vrais Philadelphes. • 

Noie annexée. — • Six exemplaires du Traité des fétiches pour messieurs l'abbé Barthélémy, l'abbé du 
Resnel, La Nauze, Tercier et Ségrais. 

• On arrive de campagne ; on est crotté, mouillé, même noyé. On embrasse les chers frères. » 

Tant d'occupations variées n'empêchèrent pas Sainte Palaye de publier ses Mémoires sur la Chevalerie, 
qui sont plus connus que ses travaux philologiques. Ces Mémoires doivent être aujourd'hui consultés pour 
les citations, non pour le texte. L'auteur n'a pas tenu compte des chansons de geste, mais des romans et des 
fabliaux ; ses don Quichotte sont des Amadis et ne conservent rien de Roland. La chevalerie était d'abord la 
réunion des vassaux montés; puis l'Eglise imagina d'imposer k la noblesse laïque quelques-unes des règles 
militaires et religieuses qu'avaient acceptées les Hospitaliers et les Templiers ; ce devint alors un honneur 
d'échanger le titre d'écuyer contre celui de chevalier, comme à Rome d'abandonner la toge prétexte pour 
revêtir la toge virile. Mais ces guerriers restèrent toujours immoraux ; au xiv^ siècle, les roturiers, chefs de 
bande, usurpèrent le titre de chevalier. Le courage religieux de Roland fit alors place à une galanterie 
mystique et brutale, à une férocité digne du gladiateur plus que du soldat. 

Ce serait peut-être le lieu de faire l'histoire du Glos.saire et d'en indiquer la valeur ; mais pour un éditeur, 
la compilation publiée est aussi importante que la vie du compilateur lui-même ; elle sera donc étudiée à 
part. 

Les recueils de notre érudit s'enrichissaient autant par des legs que par ses travaux personnels ; on lit, 
en effet, aux Mémoires secrets de Bachaumonl (L 43, 9 février 1762): « M. Falconn"l, médecin, mort à 91 
ans, avait toute sa vie ramassé les anecdotes qu'il avait apprises . il les mettoit sur des cartons, et sa compi- 
lation se raontoit à plus de 150^000 notes de celte espèce. Il a légué celle curieuse partie de son cabinet à 
M. de Sainte-Palaye, son confrère de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres. • 

En 1 "Cl, le roi acheta les collections de Sainte-Palaye, qui furent laissées en sa possession jusqu'à sa 
mort ; elles furent alors réunies au Cabinet des Charles, que dirigeait l'historiographe Moreau ; mais des 
portions considérables en furent détachées, les unes pour être cédées par échange au marquis de Paulmy, 
les autres pour servir à Mouchet. qui devait continuer le Glossaire entrepris par Sainle-Palaye. Les Recueils 
cédés au marquis de Paulmy sont conservés ;i la Bihiiothèque de l'Arsenal; le reste de la collection fit 
refour à la Bibliothèque Nationale en 1790 avec le Cabinet des Chartes, et en 1807, après la mort de 
Mouchet. 

Dans les dernières années de leur vie, les deux frères ne paraissent pas s'être éloignés de Paris : la garde 
de leurs collcction.s, la continuation des travaux entrepris devaient les y retenir. En 1770, ils demeuraient 
rue de la Sonrdière. Ils .s'occupaient encore de l'histoire de Franco et de l'histoire littéraire, comme l'indique 
une lettre insérée dans le volume lolKJ de la collection .Moreau. Elle est adressée de Florence, 10 février 
1770. par Gavard des Pivelo au s' Raimondo Nicoli, secrétaire de la légation de Toscane. Elle est relative à 
des recherches sur Aimeri de Narbonne, mort en 1289; son tombeau est dans l'église de l'Annonciade; un 
dessin au trait représente le chevalier galopant de gauche à droite. 

En 1771, de concert avec Legouz de Gerland, Sainte-Palaye essaya de faire nommer le président de 
Brosses à l'Académie Française ; mais Voltaire délestait de Brosses depuis ([u'il lui avait acheté la terre de 
Tournay (près Pregny, 1 1 décembre 17o8) ; quatorze moules de bois amenèrent entre eux un procès qui ne 



se termina que le IG janvier 1781. Ce démêlé d'intérêt privé dégénéra en querelle académique. Cependant 
Voltaire feignit de se rendre aux instances de Sainle-Palaye ; mais il eavdya une renonciation au titre 
d'académicien, si on lui doiiiiail le président de Brosses pour coiilVère. La déclaration fut confiée, sous le 
sceau du secret, à Duclos, Tliomas, Marmontel, Saurin, Yoisenon; cette perfidie enleva à de Brosses ses 
chances; on lui préféra de Uoquelaure, évéque de Senlis (10 janvier 1771). 

Sainte-Palayc dut être allligé de cet échec autant que M. de Brosses ; il était attaché à ac:^ amis comme a 
son frère ; c'est en aimant La Curne, qu'il avait appris à développer, en lui-même, ces atîcctions électives 
qui nous attachent à certains de nos seinhlables plus qu'au reste de l'humanité. C'est pour ce frère jumeau 
qu'il traduisit l'épigramme grecque insérée dans la lettre au président de Bross(;s, et composa six vers 
français, les seuls qu'il ait commis eii sa longue existeni-e. « Le testament des deux frères, dit Cliamfort 
dans son discours de réception à l'Académie, car ils n'en firent iju'un, et celui qui mourut le pi'cmier disposa 
des biens de l'autre ; leur testament distingua, par un legs considérable, deux parentes éloignées qui avaient 
l'avantage, inappréciable à leurs yeux, d'être sœurs et nées comme eux au même instant. C'est avec le 
même intérêt qu'ils se plaisaient à raconter que, dans leur jeunesse, leur pai'faite ressemblance trompait 

l'œil de leurs parents On aurait pu les désigner, dès lors, comme le fit depuis M. de Voltaire par une 

allusion très heureuse : fratres Hclenw Iticida sideni ! » Cette ressemijlance ne persista pas dans leur 
vieillesse, comme on le peut voir à la bibliothèque d'Auxerre. sur la toile où sont réunis leurs deux portraits. 

Cette existence en commun avait adouci le caractère de Sainte-Palaye, que le président de Brosses 
représente comme le plus bilieux de tous les hommes ; « de là, continue Chamiort, ce calme intérieur, cette 
tranquille égalité de son âme... Combien de fois a-t-on vu les deux frères, surtout dans leur vieillesse, 
paraissant aux assemblées publiques, aux promenades, aux concerts, attirer tous les regards, l'attention du 
respect, même les applaudissements! » Ils étaient nés à la même heure; ils espéraient qu'à la même heure 
la mort aussi les unirait. 11 n'en hit rien ; La Curne mourut le premier en s'écriant : « Que deviendra mon 
frère ? .le m'étais toujours flatté qu'il mourrait avant moi. » 

Foncemagne, le prince de Beauveau, Bré(piigny, Malesherbes se rassemblèrent autour de Sainte-Palaye 
pour lui faire oublier sa douleur, n Des femmi's jeunes, aimables, s'arrachèrent aux dissipations du monde 
pour seconder des soins si touchants. » Jusqu'à ses derniers instants, il garda le souvenir de son frère; 
quelques jours avant sa mort, chancelant, prêt à tomber, il se rendait à l'Académie Française ; il fit un faux 
pas et fut secouru par un poète nouvellement élu, Ducis, qu'il connaissait à peine. « Monsieur, lui dit le 
vieillard, vous avez sûrement un frère. > L'amour fraternel réveillait seul eu lui la raison, que la douleur et 
le grand âge avaient affaiblie. Nous nous expliquons ainsi pourquoi le secrétaire Mouchet avait dû remplacer 
Sainte-Palaye dans la publication du dictionnaire; celui-ci était tomljé en enfance. Les sous-entendus 
académiques de Chamfort ne laissent aucun doute à cet égard : « Cette idée chérie survit à sa raison, le 
suit partout et consacre à vos yeux les tristes débris de lui-même. Il n'est plus qu'une ombre, il aime encore; 
et semblable à ces mânes, habitans de l'Elysée, à qui la fable conservait et leurs passions et leurs habitudes, 
il vient à vos séances, il vous parle de son frère, et vous respectez, dans la dégradation de la nature, le 
sentiment dont elle s'honore davantage. » 

Sainte-Palaye mourut le 1" mars 1781 ; son éloge fut prononcé à l'Académie Française par Chamfort, à 
l'Acadé.Tiie des Inscriptions par Dupuy ; mais ces oraisons funèbres ne devaient pas le recommander à la 
postérité autant que le Glossaire dont nous allons parler. 

Les nombreux et savants travaux philologiques auxquels se sont livrés plusieurs érudits, depuis un demi- 
siècle, confirment la justesse des observations de Sainte-Palaye sur l'origine de la langue française. Les 
ouvrages de Diez, de Fallût, de Littréet d'autres illustres philologues, permettent de constater, d'une manière 
certaine, que le français appartient à la famille des langues romanes et provient du latin. 

Les langues romanes comprennent : 1 ° L'Italien, le Boumain ou Valaque ; :2° l'Espagnol et le Portugais ; 
3° le Provençal, le Français et en partie l'Anglais ; 4° les dialectes de la Suisse romande , des Grisons, du 
Tyrol, etc., etc. 

Ces langues se sont formées sur le latin; les divers éléments qui y sont entrés les ont modifiées si profon- 
dément, qu'elles ne paraissent avoir qu'une lointaine parenté entre elles, tandis qu'elles ont pour origine la 
même langue mère. Nous ne nous occuperons ici que de la langue française. 



Les soldats de César apporlèrent dans les Gaules un latin vulgaire, sorte de patois bien différent de la 
langue correcte et élégante des orateurs et des lettrés de Rome. Ce lalin populaire remplaça les divers dia- 
lectes de la langue celtique parlés dans les Gaules. Seules, les |iopulations qui s'étaient réfugiées dans les mon- 
tagnes de l'Auvergne ou sur les rochers de TArmorique, continuèrent à faire usage de leur idiome national. 

Que nous reste-t-il du Gaulois de la vieille Gaule ? Le célèbre grammairien Zeuss divise le celtique moderne 
en deux branches principales : la branche irlandaise ou hibérienne, qui a pour rameaux le gaélique, l'écossais, 
l'irlandais; la brandie fc;7^i«H('7H(' ou le breton, d'où sont sortis le cambrion, le comique (éteint au xvin" 
siècle) et Parmoricain. Cette seconde bnukiie, le hivloii. est celle qui se ra|)proclie le [)!us de l'ancien gaulois, 
si elle n'est pas le gaulois même, altéré et nioddié par le temps : elle rejtrûiluil les noms et les consounances 
du gaulois; en un mot. elle est moins éloignée du gaulois ancien que l'irlandais moderne (1). 

Le breton est un dérivé de l'ancien gaulois ; ce dialecte renferme presque tous les mots de cet idiome, 
que les auteurs anciens nous ont conservés. M de Beiioguet croit que nous avons perdu presque toutes 
connaissances des formes et de la conslrution grammaticale de l'ancien gaulois. Dans son glossaire, ce 
savant ne parvient à relever que 'i30 mots connus apjiartenant au gaulois; il en cite 39 autres, mais d'une 
authenticité contestable ; ce qui ferait un total de 409 mots. 

On a parlé latin en Basse-Bretagne ; les noms de lieux sont là pour le prouver: legionem a donné Léon. 
Mais lors de l'invasion anglo-saxonne, au v-' siècle, les Bretons, refoulés dans la Cornouailles anglaise, pas- 
sèrent en grand nombre dans la Cornouailles francai.se, y ramenant, la langue oubliée depuis le i'"^ siècle. 

Le latin', tout en absorbant le celtique, subit son iniluence et fut modifié par la prononciation gauloise. 
M. Pellissier a résumé, dans les lignes suivantes, les trav.uix des grammairiens Diez et Brachet sur les 
vestiges de la langue celtique qui peuvent subsister dans le français moderne : 

« \° Les sons è, e, u, qui sont étrangers au lalin, sont communs au français et à l'idiome breton, ce qui 
permet de supposer que ces voyelles sont d'origine gauloise ; la voyelle u est si bien propre aux Gaulois, 
que l'usage s'en est perpétué même au nord de l'Italie, dans l'ancienne Gaule Transpadane, et ce n'est qu'au 
sud du Pô que règne ïou italien, souvenir de la prononciation latine ; 2" les articulations ch et j, l'emploi 
des lettres m. n avec le son nasal, l'usage des lettres mouillées semblent des modifications introduites dans 
la prononciation latine par la persistance des habitudes traditionnelles des Gaulois ; 3* certains radicaux sont 
communs aux deux langues, comme le préfixe péjoratif ber de berlue ; gocj dans goguette, et dean (forêt) qui 
se retrouve dans Ardennes, sertiblent des restes du celtique ; 4° on compte une centaine de mots français 
qu'on croit pouvoir rattacher au celtique : ces mots se rapportent en général à des objets physiques et aux 
détails de la vie commune; en voici quelques-uns : amarre, bac, bec, blé, botte, briser, clan, dune, fur (dans 
au fur et à mesure], havre, etc.; 5° l'on a cru même trouver la preuve que la déclinaison du vieux français 
est d'origine celtique dans la déclinaison gaélique qui, encore aujourd'hui, a deux cas et manjue le pluriel en 
intervertissant l'ordre des cas du singulier, ain-^i que le faisaient les Français du moyen âge ; 0" enlin, faut-il 
reconnaître un souvenir obstiné de l'emploi que les Celtes faisaient en numération du système viginlésimal 
dans la persistance à travers le moyen âge des expressions illogiques quatre- vingts, quinze-vingts, qui sont 
restées dans le français moderne? Le xvir' siècle comptait encore par sept-vingts, huit-vingts. • {La Langue 
française depui-i son origine jusqu'à nos jours.) 

M. Pellissier donne ces détails, mais sous une forme liy])Olliétique ; ce qui est plus certain, c'est le progrès 
du latin remplaçant les anciens dialectes. ■ Le latin littéraire, dit M. Aubertin, entra par l'enseignement, par les 
livres, les journaux, les théâtres, par les lois et les décrets de l'autorité, par l'exemple et la conversation des 
classes supérieures : établi dans les principaux centres, il rayonna sur la Gaule entière. Le latin populaire 
ne manqua pas de propagateurs : soldats, matelots, marchands, colons, afl'ranchis, foule immense, renouvelée 
sans cesse, et toujours en mouvement, le semait sur les routes, à toutes les étapes, ou l'enracinait par le 
.séjour et fhahitude. Ce fut lui qui se mêla aux idiomes nationaux et finalement les expulsa, en acceptant, 
par transaction, quelques mots de leur vocabulaire. On peut donc aisément se figurer l'état du lalin dans 
les Gaules à la veille des invasions germaniques : les classes supérieures prenaient modèle sur le latin des 
livres et des écoles ; le peuple parlait le latin vulgaire et soldatesque, assaisonné d'un reste de gaulois. — Au 
V siècle, les invasions apportent dans cette situation un élément perturbateur, c'est le ludesquc, ou, si l'on 
aime mieux, l'ensemble des idiomes tudesques en usage chez les barbares. ■ {Histoire de la lingue et de la 
littérature françaises au moipm âge, p. 33.) 

Ce reste de gaulois que M. Aubertin relève dans le lalin vulgaire, devait se réduire à un petit nombre do 
mots ; cependant, au commencement du iii« siècle, Ulpin parle du gaulois en ces termes : • Fidei commissa 

(1) Zeuss. Grammulica cdtica. Pr.cfalio, p. iv-ix. 



— Xlll — 



.. (|ii(niiiuiiio serraone reliiniui possunt, non soliim latina vol grroca, sed eiiam punica vol gallicana. • Saint- 
Jorùnio, (jai visita la Gaule à la fin du iv' siècle, assure que les Galates el les Trévires avaient une certaine 
coinniunaulé de langage: « Gaiatas propriam litiguani, oanidem p;ene liabere quani Treviros. ■ (Pncf. ad 
libruni II, in epist. ad Gai.) A la niêni:3 époque, Sulpicc Sévère constate l'existence de la langue gauloise : 
« Vel celticc, aut, si mavis, gallice loquere » (Opéra. Lugd. Batav., p. ."iW); et un médecin, Marcellus 
Eini)iricus, nous lai-sse une longue liste, en gaulois, de noms de plantes. 

L'établissement des barbares dans le nord de la Gaule, au v siècle, fil disparaître les dernières traces 
des langues indigènes. « La laliuilé, remarque M. Liltré, devint alors le refuge universel des populations 
vaincues; et quand l'assimilation lut complétée entre les envahisseurs elles envahis, c'est h dire à peu 
près vers le temps de Louis-le-Débonnaire (778-8i0) el de Charlos-le-Chaiive (8'i0-877), il se trouva que, 
si la Gaule et Tlbérie avaient disparu dans la latinité, la Germanie transplantée n'y avait piu? moins disparu. 
Seul, le latin avait présidé à la production de la langue qui s'était faite. • 

. L'invasion barbare, ainsi que le ilit avec raison M. Meyer, est révénemcnl qui consacre d'une façon 
irrévocable la scission des deux idiomes : le latin vulgaire, maître de la Gaule, et tout prêt do donner nais- 
sance au français; le latin littéraire, incompréhensible au peuple, langue morte confinée dé.sormais dans le 
domaine des savants et qui n'aura aucune influence sur la formation de nos langues modernes. Par Grégoire 
de Tours, par Frédégaire, par la renaissance de Chaiiemagno, par la scolastique du moyen âge, le latin se 
perpétua dans les usages savants, et retrouva au seizième siècle comme une sorte de résurrection artificielle: 
il est encore de nos jours la langue de l'Eglise catholique, et jusqu'à ces dernières années, il était, surtout en 
Allemagne, la langue des savants. » 

Ce latin vulgaire conserva une forme grammaticale et emprunta au latin savant des règles de construction 
que M. Guessard a retrouvées dans un grammairien provençal. Voici les principales : 

1" Au singulier, T*- placé à la tin des substantifs et adjectifs indique qu'ils sont sujets, c'est-à-dire au 
nominatif ; l'absence de l'*- indique qu'ils sont régimes directs ou indirects, c'est-à-dire au génitif, au datif ou 
à l'accusatif. 

2" Au pluriel, c'est tout le contraire : la présence de Vs marque que ces mots sont régimes ; son absence, 
qu'ils sont sujets. On voit commeiit celte méthode dérive de la deuxième déclinaison des latins. 

Dans cette déclinaison, le nominatif singulier prend l's (dominm), tandis que les autres cas du singulier ne 
l'ont pas (domini, domino, dominum). Le nominatif pluriel, au contraire, n'a pas l's (domiiii) et les autres cas, 
à l'exception d'un seul, prennent cette lettre (dominorum, dominis, dominos). 

3" Dans un assez grand nombre de substaidifs et dans la plupart des pronoms, les désinences changent 
suivant que ces mots sont sujets ou régimes : Dieu, vieux, lorsqu'ils étaient sujets, s'écrivaient Dtex, viex, et 
lorsqu'ils étaient régimes, Deu ou Dieu, vieu; l'article li, le, au singulier, li, sujet, le, régime; au pluriel, //, 
sujet, lesj régime. 

L'action des Germains sur la langue des Gallo-Romains fut presque insensible et consista dans 
l'introduction d'un petit nombre de mots. En général, les termes qui concernent les institutions politiques, 
judiciaires et féodales ont une origine germanique. ' Ainsi les mots allemands tels que mahal, bunn, alôd, 
skepeno, maïahscalli, siniscdh, etc., introduits par les Francs dans le latin vulgaire, devinrent respectivement 
bannum, mallum, alodium, scabmus, maritscallus, siniscallus, etc., et passèrent au français, quelques siècles 
après, comme tous les autres mots latins, oii ils donnèrent mail, ban, alleu, échevin, maréchal, sénéchal. 
(Brachet, Grammaire historique de la Langue française, p. 31.) 

Les termes qui s'appliquent aux armes, aux chefs militaires, aux combats, nous viennent aussi de la 
Germanie. Nous nous bornerons à citer les suivants : Haubert (halsbcrc), heaume Qielm), auberge {heriberga], 
guerre (werra), etc., qui passèrent dans la langue latine. Si bien que, de compte fait, « on évalue à près de 
neuf cents les mois germaniques introduits dans la langue latine par l'invasion barbare, et passés de là dans 
le français. • Ampère a donc eu raison de dire : « Le français est une langue latine ; les mots celtiques y 
sont restés ; les mots germaniques y sont venus ; les mots latins sont la langue elle-même, ils la constituent. • 
{Ch. G\de\, Histoire de la Littérature française, i). 22.) 

M. Brachet établit la différence qui existe entre le bas-latin et le latin vulgaire : « Après l'invasion, dit-il, 
sous les Mérovingiens, les fonctionnaires publics, les not lires, le clergé, trop ignorants pour écrire correcte- 
ment le latin littéraire, méprisant trop le latin vulgaire pour l'employer dans leurs actes, jaloux d'imiter le 
beau style des fonctionnaires romains, écrivirent dans « une sorte de jargon véritablement barbare qui n'est 
« point le latin classique, qui n'est pas non plus la langue vulgaire, mais où ces deux éléments sont étran- 
■ gement amalgamés, la proportion du second croissant en raison directe de l'ignorance du scribe. » C'est 
ce jargon barbare qu'on appelle le bas-latin. Il a été la langue de l'administration française pendant toute la 



durée du mo,ven A^e. ]n=^(]\\'on l">30, ou François I" ordonna d'éiTire tous le> actes en langue française. — 
Le lecteur voit maintenant, et d'une façon nette, la ditTérence du bas-latin et du latin vulgaire ; l'un est la 
langue naturelle du peuple, Pautre n'est qu'une imitation, grossière et stérile, do la belle langue littéraire 
romaine. Le latin vulgaire a produit le français, le bas-latin n'a rien produit du tout, et n'a point eu d'in- 
fluence sur la formation de notre langue. Cette distinction est capitale. — A côté du latin classique, du laUn 
vulgaire et du bas-latin (mélange de l'un et de l'autre, il est encore une seconde espèce de bas-latin, posté- 
rieure au luiitième, même au dixième siècle, je veux dire le latin du moyen âge, reproduction servile du 
mol français; ainsi, missaticiim avait donné message: les ders transformèrent message en messagiwn. C'est 
là le véritable latin de cuisine. » (Histoire de la Langue française, p. Hij et 27.) 

Les Bénédictins, dans VHistoire littéraire de la France, placent au vi" siècle les premiers vestiges de la 
langue nouvelle (t. VIL p. xxxiii); cependant, nous trouvons dès le v' siècle, dans la loi salique, des traces 
de l'idiome nouveau. Les Formules Angevines et les écrits de Saint-Grégoire de Tours au vi" siècle, ainsi 
que la Clironi(jue de Frédégaire et les Formules de Marculfe au vu' siècle, nous en fournissent de nombreux 
exemples. Ce fut au vir' siècle que la nouvelle langue fut désignée, pour la distinguer du latin et du ludesque, 
sous le nom de Uomanceow mieux de Romane. L'histoire rappoi'le que Sainl-Mummolin,mort eaOS'i, fut élu 
évèque de Noyon vers GGO, pour sa sainteté et, ajoute un chroniqueur, parce qu'il parlait, non-seulement 
l'Allemand, mais aussi la langue romane : • Ouia pra'valebat «oh /a/)//»/* in teutonica sed etiam in romana 
linijua. » hçs, Axtes des Saints (},\). 416) parlent d'Adalhard, abbé de Gorbie, en 7jO, qui connaissait la 
langue romane. « Qui si vulgari, id est rowawa //«r/^/n, loqueretur, omnium aliarum putaretur inscius; si 
vero teutonica enitebat perfectius ; si latina, m nulla omnino absolutius. » 

Une découverte des plus précieuses a été faite en 1803 par .M. Ilollzmann^ dans la bibliothèque de 
Reichenau ; c'est un Glossaire explicatif des mots les plus difficiles de la Rible qui remonte à 7G8 environ. 
Ce Glossaire a reçu le nom de Gloses de Reichenau. Les mots de ces Gloses, dit M. Brachet, dans son histoire 
de la Langue Française, page 31, sont disposés sur deux colonnes; à gauche le texte latin de la Bible, à 
droite la traduction en français : 

Texte de la Bible. Traduetion francai.se du viii' siècle. 

Minas (menaces), Manatces 

Galea (heaume), Ilelmo 

Turjurium (cabane), Cabanna 

Singulariler (seulement), Solamente 

Cirmentarii (maçons), Macioni 

Sindones (linceuls), Linciolo 

Sagma (somme), Soma, etc.. 

« Ce patois, ajoute M. Brachet, pour grossier qu'il semble, n'en est pas moins d'un haut intérêt: c'est le 
premier monument écrit qui nous reste de notre langue, et il est vieux de onze cents ans ; j'ai placé entre 
parenthèses, à cùté du texte de la Bible, la traduction en français moderne ; le lecteur pourra d'un coup d'œil 
mesurer la distance qui sépare celle langue encore informe et à peine dégagée des langes latins, de l'idiome 
de Voltaire. Ce fragment confirme en outre, par une preuve de fait, preuve palpable et incontestée, ce que nous 
savions déjà par des témoignages indirects, à savoir, que le peuple parlait Irançais au temps de Charlemagne, 
et que le fier conquérant germain a dû lui-même s'essayer à parler français. » (Brachet, ide)n, p. 31). 

Après les Gloses de Reirheneau, qui datent de 768, il "faut aller jusqu'à l'année 8'i2 pour rencontrer un 
ancien monument de la langue française. Ce .sont les fameux serments de Strasbourg que prêlèrent Louis- 
le-Germanique à son frère Charles-le-Chauve, et l'armée de Charles-le-Chauve àLouis-le-Germanique en 8i2. 
En voici le texte tel qu'il nous a été conservé par Nithard, neveu de Charlemagne, dans son Histoire des 
Francs, écrite vers 843 : 

I. SEIiMENT DE LOIIS I.i; CEIIMANIQUE. 

Pro Deo amur, et pro Christian poblo etnostro commun salramenf, (tist di en avarit, in quant Deus savtr et 
podir me dunat, si salrarai eo cist meon fradre Karlo et vi adjudha et in cadhuna cosa, si cum nm per dreit son 
fradra salvar dist, in o quid il mi altresi (azet ; et ab Ludher nul plaid numquam prindrai, qui meon vol cist nicon 
fradre h'arle in damno sit ({). 

(1) TnAnucTiON : Pour l'amour de Dieu et pour le salut du peuple rhrélion et notre commun salut, de ce jour en avant, 
autant que Dieu me donne savoir et pouvoir, je sauverai mon frère Cliarles et en aide et rn chaque chose (ainsi qu'on 
doit, selon la justice, sauver son frère), à condition qu'il en fasse autant pour moi, et je ne loi ai avec Lothairc aucun 
accord qui, par ma volonté, porte préjudice à mon frère Charles ici présent. 



II. PEUMENT DES SOLDATS DE CIlAflLES LE CHAUVE. 

Si Loclltuwigs sagramcnt, que son (radre Karlo jurât, conscrrdt, et Karlus meos sendra de sua part non los 
tanit, si io returnar non l'int pois, ne io, ne ueuls eui eo returnnr int pois, in nullii adjndha contra Lodhuwig nun 
li iv er (1). 

Les Gloses de Reicheneau et les serments de Slrashoiirg nous permellent de suivre la transformation lente 
mais continue du latin en français qui produisit la langue vulgaire, c'est-à-dire la langue romane. 

L'Kglisc adopta la langue nouvelle. Le concile de Tours enjoignit aux évêques de faire traduire en langue 
romane, les écrits des Pères, afin que le peuple put les comprendre. 

Les premières poésies en langue romane datent du x" siècle; ce sont: la Cantilène de Sainte-Eulnlie et la 
Vie de Saint Léger, en langue d'oïl ; le Puéine sur Uoëce, en langue d'oc ; la Passion du Christ, découverte à 
Clermont, composée en un dialecte mixte. Ces essais de poésie sont en vers rimes ou assonnancés. Nous 
citons la Cantilène de Sainte Eulalic, écrite vers la fin du ix" siècle, par le moine Ilucbald, et trouvée en 
18;i7^ dans la garde d'un manuscrit du v siècle, par M. Hoffmann de Fallerslcben : 

Buona pulccUa {ut Eulalia (!:2) ; 

Belavret corps, bellezour anima. 

Voldrent la veintre li Deo inimi, 

Voldrent la faire diaule servir. 
Elle nout eskoltet les mais conseilliers. 
Qu'elle Deo raneiet chi maent sus en ciel, 
Nepor or ned argent ne paramenz, 
Por manatce regiel ne preiemen ; 
Nuele cosenonla povret onirpie pleier, 
La polie tempre non amast Io deo menestier. 
E por fut presentede Maximiien 
Chi rex cret a cels dis sovre pagiens. 
El li enortet dont leinonquc chielt 
Qued elle fuiet Io nom christiien... 
Enz en r fou la getlcrcnt com arde tost. 
Elle colpes non arrêt, por o no s'coïst. 
A ezo no s' voldret concreidre U rex pagiens ; 
Ad une spede li roveret tolir Io cbief. 
La domnizelle celle kose non contredist: 
Volt Io seule lazsier, si ruovct Krist. 
In figure de colomb volât à ciel... 
Tuitorem que por nos deguetpreier, 
Qued avuisset de nos Christus mercit 
Postla mort, et à lui nos laist venir 

Per souue clemcntia. 

Nous devons aussi citer le Fragment de Valencicnnes, qui est de la même époque que la Cantilène d'Eulalie. 

(i) Traduction : Si Louis gaide le serment qu'il a juré à son frère Charles, et que Charles mon maître, de son côté, 
ne le tienne pas, si je ne l'en puis détourner, ni moi, ni nul que j'en puis détourner, ne lui serai en aide contre Louis. 

(2) Traduction LITTÉRALE : Une bonne vierge fut Eulalie; — beau corps avait et plus belle Ame. —Voulurent la vaincre 
les ennemis de Dieu, — Voulurent la faire le diable servir. — Elle n'eût écouté les mauvais conseillers, — quelle 
reniât le Dieu qui habite au ciel, — Ni pour or, ni pour argent, ni pour parure, — ni pour menaces royales, ni pour 
prières, — Aucune chose ne la put jamais plier — La jeune fille, à n'aimer pas toujours le service de Dieu. — En 
conséquence, elle fut présentée à Maxiraien, — Qui régnait dans ces temps sur les païens, — Et il re.\horte (i chose) 
dont elle ne se soucie, — A fuir le nom chrétien... — Alors dans le feu la jetèrent, pour qu'elle brûlât tôt. — Elle, 
aucune faute n'avait, aussi ne brûla-t-elle pas. — A cela, ne se voulut rendre le roi des païens. — Avec une épée il 
ordonna de lui trancher le chef. — La damoiselle à cette chose point ne s'oppose. — Elle veut bien quitter le siècle, 
elle en prie le Christ ; — Sous figure de colombe s'envole au ciel. — Tous demandons que pour nous elle daigne prier, 
— Que de nous Christ ait merci — Après la mort, il nous laisse venir à lui — Par sa clémence. 



C'est un fragment de sermon en langue romane, quon a découvert sur la garde d'un manuscrit. Nous le 
reproduisons d"aprùs M. Littré : 

Fragment pe Valenciennes: [Dans] me rogavit ahr ad Niniven... — Habiiitmisericordiam s/ rom //seraper 
soit haveir de peccaloribus... — Et sic liherat de cet péril [quod habcbat decrelum] que super cls metreiet. 

Dune, (0 dixit, si {ut Jonas prophota mult corre cious e mult ireist [quia Deus de Ninivitis] misericordiam 
habuit, e lor peccatnm lor dimisit... — Jonas escit foers de la civitatc, e si sist contra orientem civitatis... 

Jonas propbeta Iiabebat mult laboret c mult penet a cel populum.... et laciebat grant ilioll (1) e eref, 
mult las... 

[Et Deus pra'paravit] un edre sor sen cheve, quant timbre li fesist e repauser s'podist. 

Et lœtatns est Jonas super ederam. Mult Isetatus porque Deus cel edre li donat a sun soueir (sudarium) e a 
sun repausement. 

« Et pr.Tcepit Dominus [vermi qui percussit ederam] et exaniit, et paravit Dons ventum calidum super 
caput Jone, et dixit : Melius est milii mori qiiam vivcre. » Dune si rogavit Deus ad un verme que percussist 
cel edre sost que cil sedebat, e cilg eedre fu sèche ; si vint grant jfiolt super caput Jone et dixit... 

Faites vos almones nessi cum faire debelis, e faites vost eiecmosynas cert ço sapitis. 

... Per cel edre, .s/debetis intclligcre Juda30s... — Cum potestis are videro et entelgir. 

... Ils erent convers de via sua mala. 

... Xe aiel niuls maie voliintalem contra sunpeer. 

... Per Judœos, por quant il en celé duretie e en celé encreduUtct permessient ; ctiara plora si cum dist e le 
evangelio, lieu de avant dist. (Génin, Introduction à la chanson de Roland, p. Iv.) 

Ces citations prouvent, de la manière la plus évidente, que la nouvelle langue française est sortie en 
grande partie du latin dont elle commença à se dégager vers le k" siècle. 

î/ilalien, l'espagnol, le provençal et le français ont une commune origine. M. Littré explique, avec sa 
haute autorité, les causes qui produisirent les différences essentielles et caractéristiques que nous remar- 
quons, aujourd'hui, entre ces langues. 

t Quand le latin, dit M. Littré. eut définitivement effacé les idiomes indigènes de Tltalie, de l'Espagne et 
de la Gaule, la langue littéraire devint une pour ces trois grands pays, mais le parler vulgaire (j'entends le 
parler latin, puisqu'il n'en restait guère d'autre) y fut respectivement diftérent. Du moins c'est ce que témoi- 
gnent les langues romanes par leur seule existence : si le latin n'avait pas été parlé dans chaque pays d'une 
façon particulière, les idiomes sortis de ce parler latin, que j'appellerai ici régional, n'auraient pas des carac- 
tères distinctifs, et ils se confondraient. Mais ces Italiens, ces Espagnols et ces Gaulois, conduits par le 
concours des circonstances à parler tous le latin, le parlèrent chacun avec un mode d'articulation et d'euphonie 
qui leur était propre. De là vint la diversité, et de là se formèrent les quatre compartiments de langues, 
l'italien, l'espagnol, le provençal et le français... et la diversité eut sa règle qui ne lui permit pas les écarts. 
Cette règle est dans la situation géographique, qui implique des différences essentielles et caractéristiques 
entre les populations. Le Français, le plus éloigné du centre latin, fut celui qui l'altéra le plus. Je parle 
uniquement de la forme, car le fond latin est aussi pur dans le français que dans les autres idiomes. Le 
Provençal, que la haute barrière des .\lpes place dans le régime gaulois du ciel et de la terre, mais qui les 
longe, est intermédiaire, plus près de la forme latine que le Français, un peu moins presque l'Espagnol. 
Celui-ci, qui borde la Méditerranée et que son ciel et sa terre rapprochent tant de l'Italie, s'en rapproche 
aussi par la langue. Enfin, l'Ilalien, comme placé au centre même de la latinité, la reproduit avec le moins 
d'altération. Il y a de cette théorie de la formation romane une contre-épreuve qui, comme toutes les 
contre-épreuves, est décisive. En effet, si telle n'était la loi qui préside à la répartition géographiipie des 
langues romanes, on remarquerait çà et là des interruptions du type propre à chaque région, par exemple 
des apparitions du type propre à une autre. Ainsi, dans le domaine français, au fond de la Neustrie ou do 
la Picardie, on rencontrerait des formations ou provençales, ou italieiuics, ou esi)agnoles : au fond de 
l'Espagne, on rencontrerait des formations françaises, provençales ou italiennes ; au fond de l'Italie, on 
rencontrerait des formations espagnoles, provençales ou françaises. Il n'en est rien ; le type régional, une 
fois commencé, ne si:bit plus aucune déviation, aucun retour vers les types d'une autre région; tout l'y 
suit régulièrement selon les influences locales, qu'on nommera diminutives en les comparant aux infiuences 
de région. 11 est bien vrai qu'il y a des lisières où le parler est mixte et pré.sente des confusions de type ; 

(1) M. Littr»'- lit i7io(/, mais, romnio M. Génin, il croit ([uc l'i' doit èlrti pris pour un./; c'est-à-dire //lof/, dont la siij'nifi- 
cation est caltdus, chaud, brùtanl. 



mais jastomenl co sont dos lisières, c'est-à-dire dos territoires plac(^s sur les confins de donx types. Ainsi, 
entre la langue d'oïl et la langue d'oc est une zono iiitermMiaire ; il en est une au pied des Pyrénées, 
entre le Proveneal et l'Espagnol ; il en est une autre au pied des Alpes, entre le Provençal et l'Italien ; mais, 
loin d'infirmer le principe, ces zones le confirment en montrant qu'il n'y a de types mixtes que là où il y a 
passage d'un type à l'autre... 

« Culte vue d'ensemble suffit pour écarter toute opinion qui supposerait qu'une langue romane dérive 
d'une autre langue romane ; aucune n'a d'antériorité ; elles sont toutes contemporaines, et si je puis dire 
ainsi, soeurs jumelles. Dans le XVII* et le xviii" siècle, lorsqu'on avait oublié que la France eût un passé 
littéraire antérieur à celui de l'Ilalic, et quand le grand éclat des lettres italiennes éblouissait les yeux, on 
s'imagina que la formation française était une formation postérieure, et que, là où les deux langues concou- 
raient, l'italien était le prêteur et le français l'emprunteur; il n'en est rien; l'égalité est complète entre les 
langues romanes; elles ont formé simultanément leur système particulier, en pleine indépendance l'une de 
Tautrc, si l'on considère le temps qui est le mémo et le lieu qui est divers ; en pleine dépendance, si l'on 
considère les connexions mentales, qui les astreignent à modifier le latin selon les analogies identiques. » 

M. Littré, pour montrer combien ces langues sont voisines, et jusqu'à quel point on peut conclure de l'une 
à l'autre, traduit en langue d'oïl un passage d'un grammairien provençal : « Totz, liom, dit Haymond Vidal, 
t que vol trobar ni entendre deu primierament saber que neguna parladura no es tant naturals ni tant 
t drecba del notre lingage con aqella de Proenza, o de Lemosi, o de Saintonge, o d'Alvcrgna, o de Caerci. 
« Perque ieu vos die que quant ieu parlarai de Lemosis, que tofas estas terras entendas et todas lor vezinas 
c et totas collas que son entre ellas. Et tôt l'ome que en aquellas sont nat ni norit an la parladura natural 
t et drecba; mas cant us de lor es issitz de la parladura per una rima o per alcun mot que li sera meslier, 
t cuion las genz qi non entendon qe la lur lenga sia aitals; qar non sabon lor lenga; por qe mielz lo conois 
t cel qi lia la parladura reconoguda qo cel qi non la sap, et per zo non cuion mal farqan getou la parladura 
• de sua natura, anz cuion qe sia aitals la lenga. Per q'ieu vueil far aquest libre per far reconoisser las 
« parladuras d'aquels qi la parlon drecba, e per enseignar cels qui non la sabon. » 

Traduction en langue d'oïl : « Toz boni qui vuelt trover ne entendre doit premièrement savoir que nule 
parleure del nostre langage n'est tant naturels ne tant droite com celé de Provence, ou de Limousin, ou de 
Saintonge, ou d'Auvergne, ou du Quarci. Por quoi je vos die que quand je parolerai de Limousin, que 
entendiez totes ces terres et totes lor voisines et totes celés qui sont entre eles. Et tnit li bom qui en iceles 
sont né ne norrit, ont la parleure naturel et droite ; mais quant uns d'els est issus fors de la parleure por 
une rime ou por alcun mot dont il ara mestier, si cuident les gens non entendant que la langue soit itels ; 
car ils ne savent la langue. Et por ce que cil qui ne sait, por ice ne cuident ces gens mal faire quant getent 
la parleure fors de sa nature, aiiiz cuident que itels soit la langue. Por quoi je veuil faire icest livre, por faire 
reconnoistre les parleures de cels qui parolent droitement et por enseigner cels qui ne savent. » 

Ces deux textes, l'un en provençal et l'autre en langue d'oïl, nous montrent que les deux langues romanes 
se sont formées presque complètement avec les mêmes éléments; les seules différences qui existent entre 
ces deux dialectes, consistent dans la vocalisation et l'euphonie ; ils ont donc une origine commune et 
possèdent des ressemblances frappantes. Cependant, ces deux langues se sont considérées comme étran- 
gères, mais la réunion des provinces du nord et du midi de la France, obtenue par l'habile politique de la 
royauté, opéra l'unité de race et d'idiome. Ce fut la langue d'oïl qui triompha et nous donna cette belle et 
forte langue française qui a produit des chefs-d'œuvre de toutes natures, en poésie et en prose, et qui a 
atteint sa perfection au xvii' siècle. 



La formation de la langue française s'acheva au xii° siècle. « Notre langue, dit M. Brachet, dans sa 
Grammaire historique de la langue française (p. 70 et 71), n'est point une création coulée d'un seul jet. Notre 
idiome renferme deux couches de mots superposées et bien distinctes l'une de l'autre, deux langues en un 
mot d'origine tout à fait différente, toutes deux empruntées au latin, l'une par le peuple, l'autre par les 
savants; la première, qui est la bonne et dont la création est antérieure au xiii' siècle, est lo produit d'une 
formation tout irréfléchie et spontanée ; la seconde, qui est de création récente et remonte en grande partie 
au xvi^ siècle, est l'œuvre réfléchie des savants qui ont introduit artificiellement dans notre langue les mots 

3 



lalins dont ils avaient besoin : de simulare, mobilis, lationem, le peuple fit sembler, meuble, raison, les savants 
simuler, mobile, ration. » 

La remarque de M. Braohet est fort juste et fondée sur des faits historiques, ainsi : 

Au xiM'" siècle, les Croisades nous donnent des mots orientaux ; 

Au XV siècle, les lettrés de Conslantinople. cha<sés par les musulmans, nous apportent des termes grecs, 
qui sont entrés en grand nombre dans notre langue, surtout pour la formation de nouveaux mots scienti- 
fiques ; 

Au wr siècle, notre langue reçoit des mots italiens et espagnols ; 

Au xv!!!*" siècle, c'est d'Allemagne que nous viennent des termes d'origine germanique ; 

Enfin, de nos joiu's, nous avons accepté de l'anglais un grand nombre de mots se rapportant aux chemins 
de fer, à l'équitation, etc. 

Nous résumerons l'histoire Je la langue française en quelques mots : 

Jusqu'au xif siècle, elle a pour éléments, qui .se fusionnent en proportions diverses, le celte, le latin et 
le germain. 

Du xii° siècle à nos jours, le français s'assimile une grande quantité de mots empruntés aux langues 
modernes et des termes savants puisés dans les langues anciennes. 

La langue française est donc formée de trois sortes de mots : 1° Ceux d'origine populaire ; 2" ceux 
d'origine savante : 3° ceux d'origine étrangère. Tous ces éléments de nature si différente ont fini par former 
la langue la plu< homogène, la plus claire, la plus précise des temps modernes. Mais que d'incorrections, 
que de tâtonnements, que d'irrégularités, que d'obscurités ! Nous la voyons se développer, grandir et finir 
par acquérir cette maturité, cette pureté, cette supériorité qu'elle possède, aujourd'hui, à un degré si remar- 
quable et qui la rend la langue classique du monde entier. 

Nous possédons déjà beaucoup de dictionnaires de notre ancienne langue, mais pas un seul n'est vraiment 
complet. L'honneur d'élever ce monument était réservé à La Ciu'ne de Sainle-Palaye, qui a consacré à ce 
travail une grande partie de son existence. En IToO, il publia un prospectus dans lequel il exposait le plan 
de ce vaste ouvrage. Son but, disait-il, était de com|)oser un Glossaire de l'ancienne langue française, comme 
celui de Du Cange pour la langue latine du moyen-àge. 

Après 40 ans tle travaux continus, Sainte-Palaye, en 1 7G3, avait en partie terminé son œuvre colossale 
et il put donner lecture à l'Académie de la préface de son Glossaire. Nous avons reproduit, au commen- 
cement du premier volume de cet ouvrage, la préface qui fait connaître les immenses recherches poursuivies, 
avec une infatigable persévérance, par cet auteur et le résultat qu'il avait atteint. Dès cette époque, il avait 
compris qu'on ne devait pas chercher Torigine de notre langue ailleurs que dans le latin. 

L'œuvre tentée par Sainte-Palaye était si vaste que tout ce qu'il a pu faire a été d'en réunir les matériaux 
et de les classer par ordre alphabétique ; c'est là un inappréciable service rendu aux letti-es. L'auteur n'a 
pas éprouvé la satisfaction de faire imprimer lui-même son travail et de jouir de sou succès. Dès 1770, il 
s'était associé un savant qu'il avait chargé du soin de classer ses recherches. Ce fut à Georges-Jean 
Mouchet qu'il confia cette difficile mission. C'était un érudit qui avait eu pour professeur le célèbre 
Foncemagne. Son amour de l'étude, ses vastes connaissances le firent recliercher par Sainte-Palaye. Il avait 
été le collaborateur de Brequigny, pour la Table chronologique des iliplûmes, Chartres, titres et actes imprimés 
concernant l'histoire de France, qui forma 3 volumes in-folio. Sainte-Palaye, (jui avait pu juger par ce recueil 
la profondeur et la variété des connaissances historiques de Jean Mouchet, lui proposa de l'associer à son 
travail sur notre ancienne langue. 

Ce savant hésita d'abord, mais Sainte-Palaye insista si vivement que Mouchet finit par accepter une 
association qui répondait à ses goûts et à ses études. Ouelques années après, il resta seul, en 1770, chargé 
de la rédaction définitive du Glossaire. 

Ce fut en i7S0 que Mouchet confia aux presses du Louvre le premier volume de ce grand ouvrage ; mais 
l'impression ne s'opéra qu'avec; une regrettable lenteur et à la mort de Sainte-Palaye, arrivée le 1" mars 
4781, il n'y avait encore qu'un petit nombre de feuilles de ce premier volume de tirées. Les événements de 
1789 en supendirent l'exéculion, et il n'y eut d'imprimées que 740 pages .s'arrètant au mot AST. 

Mouchet lut alors privé de son minime traitement, et il serait tombé dans une profonde indigence, si 
son ami Brécjuigny, avec une touchante délicatesse, ne lui eu fait don de sa bibliothèque. Sous l'Empire. 
Legrand d'Auss^i s'intéressa à la position si précaire du malheureux savant et le fit admettre comme employé 
à la section des manuscrits de la Bibliothèque impériale. Ce fut dans cette humble position, qu'il ne trouvait 
pas, cependaid, au dessous de son mérite, que la mort vint le frapper en 1807. 

Mouchet était très érudit, très laborieux, mais il rédigeait avec une extrême lenteur et donnait beaucoup 



trop crôtcnduo aux articles préparés pour le Glossaire do Sainte-Palaye. Aussi, un des biof^raphes de Moiichet 
a pu, avec raison, blAmer ses digressions, intéressantes d'ailleurs, sur nos antiquités et le scrupule de ne 
sacrifier (jue bien peu de citations d'auteurs (pii avaient tant coûté à extraire (1). C'est un écueil que les 
nouveaux éditeurs des manuscrits de Sainte-Palaye ont fait tous leurs efTorts pour éviter. 

Nous pouvons donc répondre à ceux (pii seraient tentés dn nous demander pourquoi nous n'avons pas 
reiiroduit littéralement le texte du manuscrit di' S,iiiilc-l';il;i\e, qu'un Glossaire de cette natiu'e doit être 
concis et donner des définitions nettes et claires, appuyées par des citations choisies avec soin et aussi brèves 
qu(! possible. Nous avons |)0ur nous l'aiitorité de savants et d'habiles critiques. 

Mouchet, quelque temps avant sa mort, avait été cliargé par une commission de l'Institut, formée 
pour la continuation du Glossaire de Samtc-Palayc , de reprench'e cette publication. Mais ce savant 
était déjà profondément atteint par la maladie, et il mourut ne laissant pas même de notes pour 
compléter l'impression du premier volume du Glossaire. Il .s'était seulement occui)é, pendant ses loisirs, à 
extraire et à couvrir de notes marginales sur la signification des vieux mots, les anciens textes qu'il possédait. 
Ces noies ne nous ont été d'aucun secours, et nous avons dû nous borner à mettre en ordre, réviser, 
compléter et souvent remanier les manuscrits de Sainte-Palaye. 

Nous avons profité des découvertes récentes, qui ont fait connaître les plus anciens documents de notre 
langue, et nous avons cité, lorsque l'occasion s'est présentée, le Citant de Sainte- Eulalie , le Fragment de 
Valencii'nnes,\e Poème de Saint-Alexis, h Chanson de Uoland, enfin plusieurs textes précieux que l'auteur 
n'avait pu consulter. Nous devons ici donner une part bien légitime de ce travail à un modeste érudit dont 
les recherches ont été très utiles à Sainte-Palaye; nous voulons parler du Glossaire de Le (^lerc de Douy. 
Loin <le vouloir amoindrir le mérite de l'illustre savant dont les manuscrits nous ont permis d'entreprendre 
la publication de ce dictionnaire, nous devons cependant signaler le précieux concours que lui a apporté, 
avec plus ou moins d'empressement, il est vrai, le procureur du roi au siège présidial d'Orléans. Ces faits ont 
été mis récemment en évidence par un habile érudit, ^\. G. Vignal, membre de la Société historique de 
l'Orléanais. Voici quelques extraits de la brochure où M. Yignat revendique une petite place, à coté du grand 
savant, pour le modeste érudit Orléanais : 

• M. Le Clerc de Douy fut installé procureur du duc et du roi au siège présidial d'Orléans le 15 juillet 
1740, charge qu'il acheta 5,000 livres et qui valait environ 2,000 hvrcs de rente. Il succédait à M. Legrand 
de Melleray. Des nombreuses allribulion< judiciaires, domaniales, administratives même, qui relevaient alors 
de ces importantes fonctions, je n'ai rien à dire ici; mais il en est une qui, reléguée peut-être par beaucoup 
d'autres au dernier rang, fut au contraire mise par Le Clerc de Douy en première ligne , et celle-là je ne 
puis la passer sous silence : c'est la garde et la conservation des archives du domaine. > 

t En lisant, classant, inventoriant tant de titres qui lui passaient par les mains. Le Clerc de Douy fut 
frappé du nombre d'expressions locales, de vieux mot;., qu'il rencontrait pour ainsi dire à chaque pas. Il eut 
l'heureuse idée de collectionner ceux dont il ne trouvait pas le sens. Comme ses fonctions de procureur du 
roi lui assuraient dans la province de nombreux correspondants parmi ses collègues , il ne perdit aucune 
occasion d'en tirer tous les éclaircissements possibles. ■ 

t Au bout de quelques années, il avait composé un véritable glossaire. En 1737, il le considérait comme 
presque achevé. — Et il commençait à se reposer de ce long travail, songeant en lui-même au moyen d'en 
tirer quelque parti ; car si l'idée de livrer à l'impression une œuvre sortie de ses mains répugnait à sa 
modestie, il n'avait point non plus la sotte pensée de l'enfouir dans le secret de son cabinet, comme l'avare 
son trésor, sans profit pour personne. Ce sont ses propres expressions. 

« Or, en ce temps-là même, M. La Curne de Sainte-Palaye rassemblait les éléments de son volumineux 
glossaire. Lui aussi était un travailleur infatigable; il fouillait partout, nouait des relations avec tout ce qu'il 
y avait de savant, tant à la ville qu'à la province, déployait en un mot une activité prodigieuse, qu'attestent 
encore, outre les ouvrages qu'il a publiés, une centaine de manuscrits recueillis chez lui après sa mort. 

t II ne fut pas longtemps sans apprendre qu'à Orléans existait un travail, d'un intérêt local, il est vrai, 
mais analogue au sien, et qui pouvait lui être d'un immense secours. — Il voulut le connaître. 

« M. La'Curne de Sainte-Palaye avait de hautes relations à Paris. Dès qu'il sut le nom de l'auteur, il alla 
droit à MM. de Silhouette, chancelier du duc d'Orléans ; de Belle-Isle, contrôleur de ses domaines, et fit si 

(1) Biographie Michaud à l'article Mouchet. 



— XX — 

bien quau mois de janvier 175", en guise d'étrennes, M. Le Clerc de Doiiy reçut coup sur coup deux lettres 
de ce? personnages, qui lui apprenaient que M. La Gurne de Sainto-I'alaye désirait prendre connaissance 
de son glossaire, et qu'il eut à le lui envoyer. 

t SiM. La Curne de Sainle-Palaye no vit dans celte communication qu'une chose fort naturelle, lui, 
M. de Douy, trouva tprelle méritait quelques réllexions, que Pcxécution, d'ailleurs, n'en était pas très facile ; 
et puis on "ne livre pas ainsi, sans y regarder, le travail de cinq à six années de sa vie. D'un autre côté, 
homme d'esprit et de bonne compagnie, il avait trop le sentiment de la hiérarchie pour ne pas s'apercevoir 
qu'une demande l'aile par ses chefs directs ressemblait quelque peu à un ordi'e. Plus confiant avec M. de 
Belle-Isle, auquel il avait journellement à écrire pour le service du prince, il résolut de s'ouvrir à lui et lui 
adressa la lettre suivante : 

a Monsieur, 

« Je regnrdo actuellement presque fini le dictionnaire que j'ai entrepris des droits seigneuriaux et domaniaux do 
l'appanage et des anciens mots usitez dans les anciens titres, et qui ne sont plus connus de nos jours. En vériliant 
chasque jour, dans les premières années que l'opération du terrier m'a été confiée, le travail du bureau, comme je le 
fais encore actuellement, j'avois soin de faire note de touts les mots qui me paroissoicnt devoir trouver place dans mon 
dictionnaire. J'avois, à cet effet, composé un alphabet de lettres, et je plaçois chasque mot sous la lettre qui lui ôtoit 
propre. Ce premier travail s'est trouvé fait après trois ou quatre ans, sans prendre en aucune manière sur mon temps 
et sans qua je m'en sois presque apperceu. Lorsque j'ai crû que toutes mes recherches pouvoient être épuisées, touts 
les anciens titres ayant passés sous mes yeux, j'ai destiné une heure chasque jour de mon temps à travailler au 
dictionnaire, confo?'mément au plan que je me suis proposé, dont je rend compte dans la préface que j'ai mis à la teste 
de mon ouvrage et dont j'ai l'honneur, Monsieur, de vous envoyer copie. J'ui composé de ce travail deux volumes in-folio 
que j'ai fait relier il y a cinq à six mois, en observant île laisser à la suite de chasque lettre quelques pages en blanc 
pour quelques augmentations que je trouve encore à faire par la découver'e de nouveaux titres. Je compte avoir 
rassemblé dans mon dictioHnaire quinze à seize cent mots, et je prévois que le travail sur le duclié de Nemours et la 
chastellenic de Romorentin et les autres domaines que vous pourez yjoindre me donnera matière i de nouvelles découvertes. 
Je me propose d'ailleurs de retoucher à loisir, dans quehiues vacances, mon travail, que je vous avouerai avoir fait avec 
beaucoup de précipitation, ayant très-peu de temps dont je puisse disposer pour des ouvrages de surégogation. Il me 
paroistroit prématuré d'en remettre copie à M. de Sainte-Palaye, et si vous me permettez, Monsieur, ici une réflexion 
qui me paroit assez naturelle : en faisant passer mon ouvrage en d'autres mains, comment pourrois-jc ensuite l'annoncer, 
comme je me le proposois à la teste de mes sommaires, comme ma production, et ne me soupçonneroit-on point d'être 
le copiste ou le plagiaire du continuateur de Ducange ? Peut-être trouverez-vous qu'il entre un peu de vanité et 
d'amour-propre dans cette réflexion, quoyque personne au monde n'aye moins sujet que moi d'en avoir. Je ferai, au 
reste. Monsieur, tout ce que vous jugerez à propos ; mais si vous exigez dès à présent une copie de mon ouvrage, ce 
travail, qui seroit long, prendroit infiniment sur celui du bureau dont je ménage tout le temps pour des occupations 
indispensables. 

 J'ai, etc. » (16 janvier 1757.) 

t M. de Silhoueltc était, parait-il, plus pressant. Un refus était impossihle ; il fallait lui répondre et prendre 
un parti. Celui auquel s'arrêta M. de Douy, et qu'il qualifie lui-inèino d'expédient, lui permellait de satisfaire 
M. de Saiute-Palaye sans porter alteinle ;i sa jalouse paternité, puisqu'il ne devait pas se séparer de ses deux 
gros volumes. Voici en quels termes il le propose au chancelier du duc : 

« Monseigneur, 

« J'ai travaillé, dans le peu de moments que j'ai pu ménager, avec tant de précipitation au dictionnaire que j'ai 
entrepris, qu'il est indispensable que je donne à cet ouvrage une révision à laquelle il me seroit impossible de me livrur 
actuellement. Les nouvelles connoissanccs, qu'un travail plus étendu me donne lieu d'acquérir journellement, me mettent 
même dans l'obligation do retoucher bien des mots sur lesejucls j'avois trop légèrement bazardé mes conjectures.... 
Dans l'envie cependant que j'aurois, Monseigneur, de me conformer à vos intentions, j'ai imaginé un moyen qui, sans 
m'assugettir à donner dès à présent une copie entière de mon ouvrage, ce qui me seroitabsolument imj)ossible, pourroit 
cependant me mettre en état de satisfaire M. de Sainte-Palaye. Il est certain que la plus grande partie des mots sur 
lesquels j'ai travaillé se trouvent dans plusieurs dictionnaires, comme dans ce ix de Ménage, Borel et Nicot, ainsi que 
dans le gloisaire de Ducange et l'indice de Ragueau, et ([ue plusieurs de ceux qui ne s'y trouvent point n'auront point 
échappés aux recherches de M. de Sainte-Palaye. Je pourrois donc prendre le parti de vous adresser seulement la table 
alphabétique des mots qui composent mon dictionnaire, et en y joignant, avec votre agrément, une lettre pour M. de 
Sainte-Palaye, je le prierois de m'indiqucr les mots sur lesquels il souhaiteroit avoir quelques éclaircissements, que je 
lui procurcrois avec autant d'empressement que j'en aurois à me soumettre à sa critique et à profiter de ses lumières. 

« J'ai, etc. I) ('27 janvier 1757.) 

« L'expédient fut accepté. En quelques jours la table alphabétique était faite et adres.sée, avec la lettre 
qui suit, à M. de Belle-lsie, qui devenait l'intermédiaire des deux savants. M. de Sainte-Palaye avait d'ailleurs 
eu soin de ménager l'amour-propre de son nouveau collaborateur en lui faisant savoir que les articles 
empruntés à son ouvrage porteraient le nom de leur auteur. A-t-il teim sa promesse ? 

« Monsieur, 
<c J'ai eu autant d'cmpresiemcnt à faire faire la table alphabétique, ([uc je prends la liberté de vous addrcsser, en vous 



XXI — 

priant (le vouloir bien la faire passer à M. de Saintc-Palaye, que j'ai ou de satisfaction d'apprendre que M. de Silhouette 
aj^réoit l'expédient ([uc j'ai eu l'honneur de lui proposer. Peut-être, Monsieur, Irouverez-vous (jue je suis un peu trop 
avare de mon temps et de (uslui des commis emidoyés au bureau ; mais si, dans la carrière immense que j'ai entreprise, 
je n'usois de touts les niénatjements imaginables pour me mettre eu état d'en remplir l'objet, il me seroit difficile de 
répondre A ce qu'on a cri\ pouvoir attendre de moi ; M. do Sainte-I'alaye auioit d'ailleurs troj) lonj^lemps attendu s'il eût 
lallu faire une copie entière do mon ouvrage ; le parti que jai proposé simplifie l'opération et me mot en état de pouvoir, 
dès A présent, salislaire aux éclaircissements qu'il me demande. Si j' illois à Paris cette année et qu'il cu.st quelques 
moments ;'i donner à la lecture de mes rêveries, je lui confierois volontiers ma minute s'il jujjeoit à propos de la 
parcourir. J'aurois ci>pendant h me plaindre de lui de vouloir me faire connoistre l'autheur des parties de mon ouvrage 
qu'il jugera à propos de jouindre au sien ; mon amour-propie, qui sent combien la comparaison me sera peu favorable, 
en est allarraé ; car en présentant dans le même livre mes idées avec celles de M. de Sainte-Palaye, c'est enchâsser des 
pierres brutes avec des diamants. 
« J'ai, etc. » (8 février 1757.) 

t Le Clerc de Doiiy e.^îptîrait-il gagner ainsi da temps ? Crut-ii en être quitte pour quelques explications 
qu'une lettre ou deux siiiiiraient à donner? Je ne sais. Toujours est-il que ce (]u'il était facile de prévoir 
arriva. La table alpliahéli(|ue no lit que confirmer La Curne de Sainte-Palaye dans la pensée qu'il pourrait 
tirer un immense parti d'un t(!l travail. Il demanda des renseignements, mais si nombreux et de telle nature, 
que le découragement prit Le (jlerc de Douy : il céda. 

« Les explications que M. de Sainte-Palaye me demande, écrit-il à M. de Belle-Islc, employeroient un temps 
considérable pour être copiées d'après ma minute, et je ne me trouverois point en état de le satisfaire aussi prompternent 
que je voudrois.... Dès à présent, je ne crains point de soumettre mon ouvrage avec ses défauts à sa censure.... J'aime 
mieux qu'il en coûte à mon amour-propre que de différer trop longtemps à lui donner les éclaircissements qu'il me 
demande — Si vous agréez l'expédient, je vous enverrai par la messagerie les deux volumes de mon dictionnaire, f 
(12 juin 1757.) 

« Une occasion se présenta bientôt. Le Clerc de Douy expédiait, aux archives du Palais-Royal, une caisse 
de papiers contenant entre autres un inventaire des titres du domaine de Romorantin rédigé en 1732 par 
Darrest de Chatigny ; il y joignit son ouvrage. 

La caisse que je vous adresse, disait-il au garde de ces archives, contient aussi deux volumes in-folio d'un diction- 
naire étymologique auquel j'ai travaillé. Je vous serai obligé. Monsieur, de vouloir bien faire remettre ces deux volumes 
à M. de Belle-Isle qui veut bien se charger du soin de me les renvoyer quand la personne pour laquelle il me les a 
demandés en aura retiré les éclaircissements nécessaires (1). » 

« Les deux volumes prirent donc la route de Paris le 20 juin 1757 ; et quand ils revinrent, après cinq ou 
six mois d'absence, revinrent-ils enrichis des savantes critiques du continuateur de Ducange, ou bien ne 
rentrèrent-ils pas au logis quelque peu appauvris, dépouillés de ce qu'ils pouvaient avoir de neuf, d"inédit, 
d'original, déflorés en un mot? C'est ce qu'une comparaison attentive des deux glossaires pourra seule décider. 

« Ce qu'il y a de certain, c'est que l'année suivante, au mois d'août, M. de La Curne de Sainte-Palaye, 
qui prenait goût à ce genre de communication, fil de nouveau réclamer, par le même intermédiaire, M. "de 
Belle-Isle, les deux gros volumes « qu'il désiroit encore revoir. • 

« Le sacrifice était lait depuis longtemps, et le Clerc de Douy n'eut qu'à s'exécuter avec toute la bonne 
grâce qu'on pouvait exiger de lui en pareille circonstance. Mais c'était toujours des tourments, des inquiétudes 
quand il se séparait de son ouvrage. 

« Vous m'avez tiré d'inquiétude, écrit-il à M. Dardenne (1), en m'apprenant que vous avez reçu les deux volumes de 
mon glossaire, et que vous avez bien voulu les faire remettre à M. de Sainte-Palaye. Agréez, je vous prie, mes remereî- 
ments, etc.... » (l'7 septembre 1758.) 

■ Cette fois, leur absence fut plus longue encore. Le Clerc de Douy s'en émut, les réclama avec insistance, 
et put enfin les recouvrer le M décembre 1739. Il était temps. — Sa santé était ébranlée depuis quelques 
mois. — Un jour il disait à M. de Belle-Isle : • Je regrette inliniraent de n'avoir point été en état de partir 
plus tôt pour aller vous joindre à Paris ; mais j'étois tombé dans un tel état d'épuisement que, si je n'eusse 
déféré à l'avis de mes médecins en allant prendre un peu de repos à la campagne, il m'auroit été difficile de 
pouvoir continuer mes travaux. » Quelques mois après, il expirait, au printemps de l'année 17G0. • 

Nous devons être très reconnaissant envers M. G. Vignat, dont les recherches sur Le Clerc de Douy nous 
ont permis de montrer la part que cet érudit a pris à la composition du Dictionnaire de l'ancienne Langue 
/'roHpai'se ; mais comme nous l'avons fait remarquer, de Sainte-Palaye s'attachait à concevoir le plan d'un 

(1) A chaque envoi qu'il eut à faire, Le Clerc de Douy adressa en outre une courte lettre à M. de Sainte-Palaye. (Reg. 
de correspondance, II, pages 334, 348, 364.) 



grand ouvrage, puis il en réunissait les matières avec autant de science que de sagacité et les livrait ensuite à 
des collaborateurs. Loin dï'lre exclusif, il leur abandonnait une grande partie de la gloire qui devait lui 
revenir, et si le nom de Le Clerc de Douy ne figure point sur ses notes, c"est qu'il laissait à ses éditeurs le 
soin de réparer celte omission. Aussi, c'est avec enipressemenl que nous avons cité le nom de Le Clerc de 
Douy, qui doit figurer à côté de ceux de Nicot, de Monet, de Borel, de Cotgrave, auxquels de Sainte-Palaye a 
fait iin grand nombre d'emprunts. 



Maintenant que nous avons étudié l'œuvre capitale de Sainte-Palaye qui, dès 1 758 et encore en état de 
projet. Pavait fait admettre à l'Académie Française et dans celles de Florence, de Dijon et de Nancy, disons 
quelques mots de ses dernières années qui s'écoulèrent dans le deuil le plus absolu et l'affliction la plus 
profonde. 

Voici en quels termes Cliamfort loua La Curne de Sainte-Palaj'e, devant rAcadémie Française, lorsqu'il 
vint occuper le siège laissé vacant par cet illustre savant : 

« Après avoir exposé les vues principales que rassemblent, ou du moins que font naître les ouvrages de 
M. de Sainte-Palaye, il me semble que j'ai presqu'oublié de louer M. de Sainte-Palaye lui-même. 

« Ce n'est pas lui qu'on aiu'a fait connaître, en ne parlant que de ses livres ; et c'est dans son caractère 
que réside une grande partie de son éloge. Ses mœurs, vous le savez, unissaient à l'aménité de notre siècle, 
la simplicité, la candeur, la naïveté qu'on suppose à nos pères. Epris de nos anciens Chevaliers, il semblait 
avoir emprunté d'eux, et adopté dans des proportions convenables, les qualités qui distinguent en etïet 
plusieurs de ces guerriers célèbres, honneur, désintéressement, galanterie, loyauté ; et, s'il n'est permis de 
pousser plus loin le parallèle, on voit, par l'étendue de ses travaux, qu'à l'exemple des anciens Chevaliers, 
il ne s'eftrayait pas des grandes entreprises. C'est par cette constance et cette passion pour l'étude, qu'il 
avait réparé si promptement le désavantage d'une jeunesse débile et languissante, qu'une santé trop faible 
avait rendue presqn'entièrement étrangère aux Lettres. 

• Croirat-on qu'on homme placé de si bonne heure au rang des savans les plus distingués, admis à 
26 ans dans une compagnie célèbre par l'érudition, ait passé les vingt premières années de sa vie sous les 
j'eux de sa nère, partageant auprès d'elle ses occupations faciles qui mêlent l'amusement au travail des 
femmes ? Peut-être cette singularité d'une éducation purement maternelle, bornée pour d'autres h l'époque 
de la première enfance, et qui se prolongea, pour lui, jusqu'à la jeunesse, fut pour M. de Sainte-Palaye une 
des sources de cette douceur insinuante, de cette indulgence aimable, dont le cœur d'une mère est sans 
doute le plus parfait modèle. Peut être l'austérité précoce d'une éducation trop dure ou moins facile a plus 
d'une fois resserré le germe, ou flétri du moins la Heur d'une sensibilité naissante. M. de Sainte-Palaye. plus 

heureux destinée unique d'un être né pour le bonheur, (jui passe sans intervalle de l'asile maternel sous 

la sauvegarde de famitié. Dès ce moment. Messieurs, je ne puis que vous rappeler des faits connus de la 
plupart d'entre vous ; et si j'ose vous en occuper, si je m'arrête un moment sur la peinture de cette union 
fraternelle, c'est que le nom seul de M. de Sainte-Palaye m'en fait un devoir indispensable : c'est l'hommage 
le plus digne de sa mémoire ; et vous-mêmes, vous pensez que le sanctuaire des Lettres ouvert aux talens 
ne s'honore pas moins des vertus qui les embellissent. 

• La tendresse des deux frères commença dès leur naissance, car ils étaient jumeaux ; circonstance pré- 
cieuse qu'ils rappelaient toujours avec plaisir. Ce titre de jumeaux leur paraissait le présent le plus heureux 
que leur eût fait la Nature, et la portion la plus chère de l'héritage paternel : il avait le mérite |)our eux de 
reculer l'époque d'une amitié si tendre;ou plutôt, ils lui devaient le bonheur inestimable de ne pouvoir trouver 
dans leur vie entière un moment où ils ne se fussent point aimés. M. de Sainte-Palaye n'a fait que six vers 
dans sa vie, et c'est la traduction d'une épigrammc grecque sur deux jumeaux. Le testament des deux frères, 

(1) M. Daivlenne était secrétaire du conseil du duc d'Orléans et garde des arcliivps. Sa lettre, que j'ai entri' les mains, 
était ain.si conçue : « Monsieur, j'ai reçu vos deux volumes, et je les ay moi-même fait porter chez M. de Sainte-Palaye, 
qui étoit sorti. .le les ay remis au portier, et j'ay parlé à M. de La Curne, son frère, qui sortoit dans ce moment, à qui 
j'ay dit ce que le paquet contenoit. Je vous fais excuse de ma négligence à vous en donner avis. .l'ai l'honneur d'être 
avec respect, Monsieur, votre trés-hurable et très-obéissant serviteur. « Darde.n.ne. » 



car ils n'en firent qu'un, et celui qui mourut le premier, dispo?* des biens de l'autre; leur testament 
distingua par un legs considérable, deux parentes éloignées qui avaient l'avantage, inappréciable ii leurs 
yeux, d'être sœurs et nées comme eux au même instant. C'est avei- le même intérêt qu'ils se plaisaient k 
raconter que, dans leur jeunesse, leur i)arfaile ressemblance trompait l'œil même de leurs parens ; douce 
méprise, dont les deux frères s"a|)plaudissaient. On aurait pu les désigner, dès lors, comme le fit depuis 
M. de Voltaire par une allusion très heureuse, 

« frati'cs HeloïKi: luciila sidéra ! 

• Consécration poétique qui leur assignait parmi nous le rang que tiennent, dans la Fable, ces deux 
jumeaux célèbres, jadis les protecteurs, et maintenant les symboles de l'amitié fraternelle. .Mais plus heureux 
que les frères d'Hélène, privés par une éternelle séparation du plus grand charme de l'amitié, une même 
demeure, un même ajipartement, une même table, les mêmes sociétés, réunissent constamment .M.M. de La 
Curne : peines et plaisirs, sentiraens et pensées, tout leur fut commun, et je m'aperçois que cet éloge ne 
peut les séparer. 

« Et pourquoi m'en ferais-je un devoir? Pourquoi M. de La Curne ne serait-il pas associé à l'éloge de son 
frère? C'était lui qui secondait le plus les travaux de M. de Sainte-Palaye, en veillant sur sa personne, sur 
ses besoins, sur sa santé, en se chargeant de tous ces soins domestiques, qu'un sentiment rend si nobles et 
si précieux. Heureux les deux frères sans doute! mais plus encore celui des deux qui, voué aux lettres, et 
plus souvent solitaire, arraché à ses livres par son ami, reçoit de l'amitié .ses distractions et ses plaisirs ; qui, 
tous les jours, épanche dans un commerce chéri les sentimens de tous les jours ; qui ne voit aucun moment 
de sa vie tromper les besoins de son cœur; enfin, qui n'a jamais connu le tourment d'une sensibilité 
contrainte, aigrie ou combattue, ce poison des âmes tendres qui change en amertume secrète la douceur des 
plus aimables affections ! De là sans doute, dans M. de Sainte-Palaye, ce calme intérieur, celte tranquille 
égalité de son âme qui, manifestés dans les traits et dans la sérénité de son visage, intéressaient d'abord en sa 
faveur, devenaient en lui une sorte de séduction, et faisaient de son bonheur même un moyen de plaire. 

« Ainsi .s'écoulait celte vie fortunée, sous les auspices d'un sentiment qui, par sa durée, devint enfin 
l'objet d'un intérêt général. Combien de fois a-t-on vu les deux frères, surtout dans leur vieillesse, paraissant 
aux assemblées publiques, aux promenades, aux concerts, attirer tous les regards, l'attention du respect, 
même les applaudi.ssements ! Avec quel plaisir, avec quel empressement on les aidait à prendre place, on 
leur montrait, on leur cédait la plus commode ou la plus distinguée! Triomphe dont leur cœur jouissait 
avec délices ; triomphe si doux à voir, si doux à peindre : car après la vertu, le spectacle le plus touchant est 
celui de l'hommage que lui rendent les hommes assemblés; et dans les rencontres ordinaires de la société, 
on n'aperçut jamais un des deux frères sans croire qu'il cherchait l'autre. 

t A force de les voir presqu'inséparables, on disait, on affirmait qu'ils ne s'étaient jamais séparés, même 
un seul jour. Il fallait bien ajouter au prodige; et leur union était mise, dès leur vivant, au rang de ces 
amitiés antiques et fameuses qui passionnent les âmes ardentes, et dont on se permet d'accroître fintérêt 
par les embellissements de la fiction. Eh ! qu'en est-il besoin quand ils se sont fait mutuellement tous les 
sacrifices, et enfin celui d'un sentiment qui, pour l'ordinaire, triomphe de tous les autres ? M. de La Curne 
est près de se marier; M. de Sainte-Palaye ne voit que le bonheur de son frère : il s'en applaudit; il est 
heureux ; il croit aimer lui-même ; mais la veille du jour fixé pour le mariage, M. de La Curne aperçoit dans 
les yeux de son frère les signes d'une douleur inquiète, mêlée de tendresse et d'agitation. C'est que M. de 
Sainte-Palaye, au moment de quitter son frère, redoutait pour leur amitié les suites de ce nouvel engage- 
ment. Il laisse entrevoir sa crainte ; elle est partagée. Le trouble s'accroît, les larmes coulent. • Non, dit 
M. de La Curne, je ne me marierai jamais. • Les serments furent réciproques; et jamais ils ne songèrent à 
les violer 

t charme simple et naïf d'une scène intérieure et domestique ! Combien d'autres non moins douces, 
non moins touchantes, oubliées et ensevelies dans le secret de celte heureuse demeure, asile de l'amitié ! 
Pourquoi faut-il que l'âge et le tems lui en offrent de plus affligeantes et de plus douloureuses ? 

t Ah ! la vieillesse avance; elle amène l'idée d'une séparation : la mort leur est affreuse. Ils frémissent : 
leurs cœurs se précipitent l'un vers l'autre ; ils se serrent, se pressent avec terreur ; ils mêlent et confondent 
leurs pleurs, leurs craintes, dirai-je leurs espérances ? Il en est une qu'ils saisissent, qu'ils embrassent avec 
tendresse : ils sont nés à la même heure ; si à la même heure la mort les unissait ! Cette idée les console, 
les rassure. Où ils ne voient plus de séparation, la mort a disparu : l'illusion s'achève ; ils osent s'en flatter ; 
et dans l'égarement de leur douleur, ils se promettent un miracle, n'en connaissant pas de plus impossible 



— XXIV — 

que de vivre séparés. Il approche toutefois, cet instant redoutable ; c'est M. de La Curne, dont la santé 
chancelante annonce la fin prochaine. 

• On tremble, on s'attendrit pour M. de Sainte-Palaye ; c'est à lui que Ton court, dans le danger de son 
frère..., c'est lui que plaint surtout le mourant kii-mème. « Hélas! dit-il, que deviendra mon frère? je 
m'étais toujours flatté qu'il mourrait avant moi. » regret, peut-être sans exemple ! vœu sublime du 
sentiment, qui, dans ce partage des douleurs, s'emparait de la plus amère pour en sauver l'objet de sa 
tendresse I Vous les avez sus. Messieurs, ces détails que des récits fidèles vous apportaient tous les jours; 

vous avez frémi sur le sort d'un vieillard j'allais dire abandonné, c'est presque l'épithète de cet ;\ge. Mais 

non, ses amis se rassemblent, l'environnent, se succèdent ; des femmes jeunes, aimables s'arrachent aux 
dissipations du monde, pour seconder des soins si touchans. Il a vécu pour l'amitié : il est sous la tutelle des 
cœurs sensibles. 

t Ah ! qu'il est doux de voir démentir ces tristes exemples d'un abandon cruel et trop fréquent, ces crimes 
de la société qui consternent l'Ame, en lui rappelant ses blessures ou lui présagent celles qui l'attendent! 
Avec quel soulagement, avec quel plaisir le cœur abjure ces pensées austères, ces sombres réflexions qui 
nous présentent l'humanité sous un aspect lugubre, qui anticipent sur la mort, en montrant l'homme isolé 
dans la foule et séparé de ce qui l'entoure ! Un bonheur constant avait épargné à M. de Sainte-Palaye ces 
idées affligeantes, et en préserva sa vieillesse. C'était le prix de ses vertus, sans doute, mais surtout de cette 
indulgence inépuisable, universelle, qui passait dans tous ses discours, et que promettait encore la douceur 
de son maintien. Né pour aimer, il ne peut haïr, même le vicieux, même le méchant. Ce n'est pour lui qu'un 
être qui n'est pas son semblable, dont il .'^'écarte sans colère et presque avec chagrin : douce farililé (jui. sans 
altérer la pureté de ses mœurs, assurait à la fois et la tranquillité do son àme et le repos de sa vie, et qui lui 
épargnant la peine de haïr le vice, épargnait au vice le soin de se venger. Heureux caractère qui, à moins 
d'être l'effet d'une raison mûrie, paisible et calme après avoir tout jugé, n'est qu'un présent de la Nature, 
et n'est point la vertu sans doute, mais que la Vertu même pourrait envier. C'est cette douceur de M. de 
Sainte-Palaye, c'est cet intérêt universel, accru par son âge et par son malheur, qui calma la violence de son 
premier désespoir, qui en modéra les accès, et les changea en une tendre mélancolie qu'il porta jusqu'au 
tombeau. Hélas! on s'étonnait qu'il s'y traînât si lentement ; on reprochait à la Nature de le laisser vivre 
après son frère. Ah ! c'est qu'il vivait encore avec lui : il l'entendait, il le voyait sans cesse. 

« Vous en fûtes témoins. Messieurs, lorsqu'à une de vos assemblées particulières, chancelant, prêt à 
tomber, il est secouru par l'un de vous qu'il connaissait à peine ; c'était un de vos choix les plus récents 
(Ducis). « Monsieur, dit le vieillard, vous avez sûrement un frère ! » Un frère, un secours ! ces deux idées 
sont pour lui inséparables à jamais. Toutes les autres s'altèrent, s'effacent par degrés ; la douleur, la 
vieillesse, les infirmités alTaiblissent les organes; disons tout, sa raison. Mais cette idée chérie survit à sa 
raison, le suit partout, et consacre à vos yeux les tristes débris de lui-même. Il n'est plus qu'une ombre, il 
aime encore ; et semblable à ces mânes, habitans de l'Elysée, à qui la Fable conservait et leurs passions et 
leurs habitudes, il vient à vos séances, il vous parle de son frère, et vous respectez, dans la dégradation de la 
Nature, le sentiment dont elle s'honore davantage. 

« Je m'aperçois, Messieurs, que l'intérêt, sans doute inséparable de ce sentiment, m'attire quelque 
indulgence ; mais où finit cet intérêt, l'indulgence cesse et m'ordonne de ra'arrêter. Et que vous dirais-je, qui 
pût soutenir votre attention? Uappelerais-je quelques traits, non moins précieux, du caractère de M. de 
Sainte-Palaye, sa bonté bienfaisante, sa générosité, d'autres vertus ? Ah! l'amitié les suppose. Les vertus! 
c'est son cortège naturel ; et celles qui ne la précèdent pas, la suivent pour l'ordinaire. Qu'importe que j'oublie 
encore quelques traits intéressants ou curieux de sa vie privée, de ses voyages, les honneurs littéraires qu'il 
reçut en France et en Italie ? Eh! que sont, auprès d'un sentiment, les titres, les honneurs littéraires ? Je ne 
vous offense pa<;. Messieurs ? Qui d'entre vous, au milieu de ses travaux, de ses succès, dans la jouissance 
d'une juste célébrité, n'a point envié, plus d'une fois peut-être, les douceurs habituelles qu'une telle union 
répandit sur une vie si longue et si heureuse ? Prestige do la gloire, éclat de la renommée, illusions si 
brillantes et si vaines, si recherchées et si trompeuses, auriez-vous rempli ses jours d'une félicité si pure et si 
durable ? .\h ! l'amitié, plus fidèle, ne trompa point M. de Sainte-Palaye ; elle fut le bonheur de sa vie entière, 
et non le mensonge d'un moment. Son ami lui peut échapper, comme tous les biens nous échappent ; mais 
l'amitié lui reste, et n'accuse point l'erreur de ses plaisirs passés. Elle lui coûte des regrets, mais non celui 
d'avoir vécu pour elle; et ses regrets encore, mêlés à l'image qui les rend chers à son cœur, reçoivent de 
celte image même le charme secret qui les tempère, les adoucit, et les égare en quelque sorte dans l'atten- 
drissement des souvenirs. 

• Que dis-je ? consolation ! û bonheur d'une destinée si rare ! c'est l'amitié encore qui veille sur ses 



derniers jours. Il pleure un frère, il est vrai, mais il le pleure dans le sein triHi ami qui partage cette perte, 
qui la remplace autant qu'il est en lui, qui lui prodigue jusqu'au dernier moment les soins les plus attentifs, 
les plus tendres ; ajoutons, pour flatter sa mémoire, les plus fraternels. C'est parmi vous, Messieurs, qu'il 
devait se trouver, cet ami si respectable (Bréquigny), ce bienfaiteur de tous les inslans, qui, chaque jour et 
plusieurs fois chaque jour, abandonne ses études, ses plaisirs, pour aller secourir l'enfance de la vieille.sse. 
Vos yeux le cherchent, son trouble le traliil : nouveau garant de sa sensibilité, nouvel hommage à la 
mémoire de l'ami qu'il honore et qu'il pleure. » 

Nous avons tenu à reproduire les paroles pathétiques prononcées devant l'Académie Française par un 
auteur qui avait connu de Sainte-Palaye et qui pouvait apprécier les qualités de cette noble nature et de ce 
cœur d'élite. On peut dire avec vérité que ce savant n'a vécu que pour l'amitié fraternelle et pour l'élude. 
Il a accompli sa destinée et laissé après lui un nom illustre. Son livre sur la Chevalerie lui avait valu une 
réputation d'historien, mais son Dictionnaire historique de l'ancien Langage français le place au premier rang 
des philologues qui ont étudié notre ancienne langue (i). 



Sainte-Palaye était de l'école de ces Bénédictins et de ces savants du xvn'' et du xviir siècles qui consa- 
craient leur existence entière à l'élude. Son œuvre est gigantesque. La liste de ses ouvrages, imprimés ou 
manuscrits, est fort longue; mais que dire, en songeant que plusieurs de ses ouvrages ne comprennent pas 
moins de cinq, de dix, de quinze volumes in-folio, et que deux manuscrits de son Glossaire français forment, 
l'un 30 volumes in-folio et l'autre G1 volumes in-4°I 

Gomme nous l'avons dit, de Sainle-Palaye n'est pas seulement un érudit philologue, il est aussi historien. 
Nous avons placé à la fin de son Glossaire deux mémoires, l'un sur la langue françoise des xii" et xiii« 
siècles, l'autre sur la vie de Froissart. 

Nous ne saurions mieux terminer cette biographie de Sainte-Palaye, qu'en reproduisant une lettre de 
l'abbé Barthélémy, dans laquelle l'illustre auteur du Voyage (TAnacharsis juge, avec sa haute autorité, le 
Glossaire de tancienne Langue française. Cette lettre, datée du 31 janvier 1764, a été publiée dans les Portraits 
intimes des frères de Concourt (page 480, appendice). La voici : 

• .... M. de Sainte-Palaye va enfin commencer l'impression de son dictionnaire immense de la langue 
françoise depuis le xii" siècle jusqu'au règne de Louis XIV. C'est un ouvrage de quarante ans, et d'un travail 
si prodigieux, qu'il est difficile de concevoir qu'un homme seul ait pu former et exécuter ce projet. >'e 
remarquez-vous pas, mon cher ami, qu'on dit sans cesse que notre nation ne s'occupe que d'objets frivoles 
et que notre littérature est aussi légère que notre caractère ? Je doute cependant que chez aucun peuple on 
fasse, à présent, d'aussi grandes entreprises que chez nous ; nous avons peut-être trente Bénédictins occupés 
de gros ouvrages, tels que la collection des Historiens de Fiance, le Gallia Christiana, la Diplomaticjue, les 
Histoires des Provinces, les éditions des Pères, etc. Outre le travail continu des Académies , combien de 

(1) Vers 1750, M'"» Doublet tenait son salon au couvent des filles Saint-Thomas, dans un appartement où elle passa 
quarante ans de suite sans sortir. Là présidait, du matin au soir, Bachaumont, coiffé de la perruque à longue chevelure, 
inventée par le duc de Nevers. Là siégeaient l'abbé Legendre, Voisenon, le courtisan de la maison, les deux Lacurne 
de Sainte-Palaye, les abbés Chauvelin et Xaupi, les Falconet, les Mairan, les Mirabaud, tous paroissiens arrivant à la 
même heure, s'asseyant dans le môme fauteuil, chacun au-dessous de son portrait. Sur une table, deux grands registres 
étaient ouverts, qui recevaient de chaque survenant l'un le positif et l'autre le douteux, l'un la vérité absolue et l'autre 
la vérité relative. Et voilà le berceau de ces nouvelles à la main qui, par le tri et la discussion, prirent tant de crédit, 
que l'on demandait d'une assertion : « Cela sort-il de chez M™<î Doublet ? » Et comme ces nouvelles, copiées par les 
laquais de la maison, couraient la ville et s'envoyaient en province par abonnement de 6, 9 et 12 livres par mois, comme 
elles étaient, sous le nom de la feuille manuscrite, une sorte de petite presse libre qui ne ménageait point les critiques 
au gouvernement, le lieutenant de police s'occupait fort, dès 1753, d'arrêter les nouvelles de M"'» Doublet et de modérer 
le ton de son salon. « Mais M™*^ Doublet n'écoutait ni les représentations de d'Argenson, ni les menaces de son neveu, 
M. de Choiseul ; elle ralliait de nouveaux frondeurs, Foncemagne, Devaux, Mairobert, d'Argental ; îles frondeuses, qui 
s'appelaient M™es du Rondet, de Villeneuve, de Beseval, du Bocage. Et cette petite Fronde, qui allait devenir quelques 
années plus tard le journal de Bachaumont, recommençait, dans son salon, plus vive, animée, enhardie. » (Edm. et 
J. DE Concourt, la Femme au XVIII'^ siècle, p. 475 et 476.) 



— XXVI — 

parliculiers se livrent à de longs et pénibles travaux, combien de découvertes dans la géométrie, l'iiistoire 
naturelle, les langues orientales !.... Et vous riez sans doute lorsque vous entendez dire que la littérature 
françoise ne produit que des petites brochures I » 

Oui! l'entreprise de Sainle-Palaye est grande; nous pouvons dire que c'est un véritable monument élevé 
k notre ancienne langue, et qu'il a fallu à ce savant autant de courage que de persévérance pour terminer 
une œuvre aussi colossale, digne de figurer à cùté du Glossarium de Du Gange. 

Nous devons une profonde reconnaissance aux souscripteurs qui nous ont permis de terminer ce grand 
ouvrage. Grâce à leur concours, nous sommes parvenus à publier ces précieux manuscrits appelés à rendre 
de si grands services à tous les érudits qui veulent connaître la signification des anciens termes de la 
langue française. 

L. FAVRE et L. l'AJOT. 



La Curne de Samle-Palaye et Etienne Barbazan 



Le Bulletin dii la Société des Sciences historiques de Donne, de raiitiée 1858, contient fies détails sur les 
rapports qui ont existé entre La Curne de Sainte-Palaye ni lîarhazaii. au sujet des Glossaires que chacun 
de ces deux savants avait composés. Cet article, dû à ia plume de M. Déy, nous a paru devoir figurer à la 
suite de la biographie de La Curne de Sainte-Palaye : 

t Les révolutions littéraires, pas plus que les révolutions politiques, n'arrivent comme un hasard brutal. 
Elles sont l'expression, à son degré le plus énergique, d'un besoin nouveau, d'un perfectionnement, d'une 
réparation. Les causes mêmes n'en sont point tellement secrètes, que les esprits éclairés ne les voient 
approcher et grandir et ne pressentent le terme où doit aboutir l'effet qu'elles préjiarent. Il a été donné à 
notre siècle de dégager la littérature des chaînes de fleurs fanées dont l'empêtrait la mythologie antique ; 
d'avoir de l'imagination, de l'esitrit. du génie sans la permission des Grecs et des Romains, et de constituer 
en quelque sorte notre nationalité littéraire. Mais si quelques grands écrivains ont opéré cette révolution et 
l'ont consacrée par des œuvres immortelles, il s'en faut qu'ils aient été les premiers à s'insurger pour la 
cause qu'ils ont fait prévaloir, et la gloire du triomphe doit rétroagir jusqu'à ceux qui ont, les premiers, 
arboré un nouveau drapeau. A ce point de vue, Etienne Barbazan, né à Saint-Fargeau, en 1G90, mérite 
d'être signalé à la reconnaissance publique. 

« L'étude approfondie de la langue et des patois de la France, depuis le xii' jusqu'au x\i' siècle, l'ayant 
excité .1 la recherche d'oeuvres littéraires perdues dans les bibliothèques, et lui ayant révélé des beautés 
originales qui n'existaient pas pour nous, parce que nous étions inhabiles à les comprendre , Barbazan 
acquit un genre de science qui le flt remarquer des savants et l'attira au milieu d'eux à Paris. 

t A cette époque, l'abbé Péreau avait formé lui-même un recueil d'antiquités littéraires, disposé par ordre 
alphabétique, et l'avait publié jusqu'à la lettre C. Barbazan s'associa à Graville et à l'abbé de la Porte pour 
la continuation de cet ouvrage, qui parut l'année 1743 et les années suivantes, en 24 volumes in-12. 

« En 1756, il publia seul un nouveau recueil sous ce titre : Fabliaux et Contes des Poètes français des 
xu% xin', xiV et w" siècles, tirés des meilleurs auteurs. Paris, Vincent, 3 vol. in-1 2. Il avait, à la même époque, 
réuni les matériaux d'un glossaire considérable, lorsqu'un autre savant, membre de l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres, du même âge, du même diocèse que lui, dont les immenses travaux avaient également 
pour but de révéler les trésors de notre littérature, de nos antiquités, de notre histoire nationale, de nous y 
attacher enfin en nous arrachant à nos préférences systématiques pour les Grecs et les Romains, fit paraître 
le prospectus, en 32 pages in- 4°, d'un Glossaire de la Langue franroise. Ce savant était La Curne de Sainte- 
Palaye, né à Auxerre, en 1697. 

« Barbazan éprouva une vive contrariété de cette annonce; mais, en homme du métier, il sentit le côté 
faible du travail de son antagoniste et, sans le signaler directement au public, ce qui aurait en quelque 
sorte exclu l'idée d'antériorité, il fit annoncer lui-même, dans son œuvre en cours d'exécution, et à la même 
date de 1756, la remise, entre les mains de son libraire, du mamiserit entièrement fini d'un nouveau Trésor de 
Borel on Dietionnaire de tous les Termes de l'ancienne Langue française usités dans les xu", xui«, xiV, xv« et 
xvi° siècles. 2 vol. in-folio. 

€ Cet avis s'expliquait, du reste, en ces termes : On y verra les variations de notre langue, l'auteur ayant eu 

soin de marquer les différents siècles où les auteurs qu'il cite ont écrit On donnera enfin, dans la préface, des 

modales stir les différentes écritures de chaque siècle pour faciliter la lecture des écrivains de ces siècles. 



■ C'étaient là, précisément, les lacunes que laissait apercevoir le prospectus de Sainte-Palaye. 

« Celui-ci s'émut à son tour et ses amis bien davantage encore. liréquigny, notamment, lui fit remarquer 
que son glossaire avait le défaut de tous les lexiques, celui de donner les diverses acceptions d'un mot sans 
en taire rliistorique et sans préciser la date de ses variations. Sainte-I'alaye sentit la justesse de la critique 
et, en homme de cœur, il se prit à recommencer son travail ; et quel travail , grand Dieu ! Soixante-un 
volumes in-i"! 11 s'adjoignit toutefois un collaborateur; mais, quelques efforts qu'ils fissent l'un et l'autre, 
l'ouvrage n'avançait pas, parce qu'il fallait sans cesse remonter aux sources. 

€ Barbazan éprouvait, de son côté, des difficultés d'une autre nature : son œuvre avait-elle réellement 
trouvé un éditeur '.' Il est permis d'en douter. N'avait-elle que deux volumes in-fol. comme il l'avait annoncé ? 
C'était moins sur encore. Quel succès de concurrence pouvait-elle enfin raisonnablement espérer, en tenant 
compte de la position éminente que Sainte-Palaye occupait dans la science, de ses relations dans le monde 
et de sa fortune personnelle ? 

« Tout cela était fort embarrassant; Barbazan le comprit, aussi fit-il proposer à Sainte-Palaye la vente de 
son manuscrit. Le piix fut discuté, convenu même, mais une circonstance restée inconnue empêcha la 
réalisation de l'acte. 

« A la moi't de Barbazan, son manuscrit fut cédé au marquis de Paulmy, qui s'en servit pour ses travaux 
personnels, puis le céda à la Bibliothèque royale, qui le céda à la Bibliothèque de l'Arsenal. La première 
partie loulelois a disparu et c'était à coup sur la plus intéressante. Elle contenait un traité complet de 
paléographie et une série de notes biographiques sur les écrivains français des premiers âges, suivies du 
catalogue de leurs ouvrages. A-t-elle été perdue pour tout le monde ? 

« L'œuvre rivale de Sainte-Palaye ne fut guère plus heureuse. Arrivé en terme, à 1780, après 2'i ans 
de travail à nouveau, le premier volume fut imprimé. Il contient 735 pages in-f", en 1170 colonnes, finit au 
mot asseureté et coûta une somme si considérable, que ni un éditeur, ni les héritiers de l'auteur, qui mourut 
l'année suivante, ne voulurent continuer la publication. Les deux œuvres, du reste, ont conservé entre elles 
la distance sociale qui séparait les deux hommes : l'une est réunie dans de modestes portefeuilles, l'autre 
forme une longue suite de volumes reliés. > 

Au moment où M. Déy publiait ces réflexions, les manuscrits de La Curne de Sainte-Palaye reposaient 
encore sur les rayons de la Bibliothèque nationale. Ce n'est qu'un siècle après la mort de ce savant, que son 
Glossaire a trouvé un éditeur et a pu être révisé et achevé en quelques années. Mais que de difficultés cet 
éditeur a eues à surmonter! que de luttes il a dû soutenir! Peut-être un jour les fera-t-il connaître; 
mais dès à présent il doit offrir sa gratitude aux savants, aux amis des lettres et aux souscripteurs qui l'ont 
encouragé et lui ont permis de terminer un ouvrage qui a déjà pris rang à côté des plus remarquables 
Glossaires. 

L'œuvre de Barbazan est encore inédite. Nous avons le projet de la publier un jour, et de placer, à côté 
du Dictionnaire de La Curne de Sainte-Palaye, le Glossaire de Barbazan. Un travail très complet a déjà été 
exécuté, d'après ces manuscrits, par un savant modeste qui nous a exposé le plan de ce Glossaire ; mais 
nous avions déjà préparé la nouvelle édition du Glossarium de Du Gange que nous mettons sous presse. 

Comme notre devise est laborcmus, si Dieu nous prête assez longue vie, nous publierons le Glossaire de 
Barbazan, appelé à figurer, dans les bibliothèques, à côté du Dictionnaire de La Curne de Sainte-Palaye. 

Ce ne seront plus alors deux rivaux, mais deux savants unis pour nous permettre de connaître notre 
vieille langue française si remplie de difficultés, mais d'une étude si attrayante. 



NOTICE SUR ANTOINE OUDIN 



Antoine Oudin a publié un ouvrage qu'il a intitulé très justement Curiositez françoùes pour supplément 
aux Dictionnaires. En effet, ce petit livre rare et curieux est un supplément très utile aux dictionnaires, et 
nous avons jugé que sa place était indiquée à la suite du Glossaire de La Gurne de Sainte-Palaye, dans 
lequel cet auteur est si souvent cité. 

Les Curiositez françoises, comme le sous-titre l'indique, sont un Recueil de plusieurs belles propriété:, avec 
nue infinité Je proverbes et quolibets pour rapplication de toutes sortes de livres. 

Antoine Oudin s'est attaché à réunir les proverbes, les adages qui faisaient la joie et les délices de nos 
aïeux. Beaucoup sont gaulois, et même très gaulois ; ils ont une grande parenté avec les causeries de 
Rabelais ; mais enfin c'était le langage de nos pères, et si les paroles étaient libres, leurs actes certes valaient 
mieux que nos mœurs du jour. Cependant nous avons cru devoir supprimer quelques quolibets qui nous 
ont paru par trop salés ; nous avons bien peu élagué, et si nous n'avons pas opéré de plus grand ravage 
dans les pages de ce petit livre, c'est que nous savons qu'un Glossaire s'adresse à des personnes dont l'esprit 
mur et sérieux ne peut recevoir aucune atteinte d'expressions libres, qui ne retracent point d'actions 
obscènes. 

Les biographes nous ont laissé peu de détails sur Antoine Oudin, dont les travaux philologiques méritaient 
cependant d'attirer leur attention. Voici les quelques notes que nous avons pu recueillir concernant cet 
auteur : 

Antoine Oudin était fils de César Oudin, secrétaire et interprète de langues étrangères, il remplaça son 
père dans cette charge. Le roi Louis XIII l'envoya en Italie ; il résida assez longtemps à la cour de Savoie et 
à Rome, où le pape Urbain VIII le reçut dans son intimité. 

A son retour en France, il trouva de nombreux protecteurs ; son ouvrage des Curiositez françoises avait 
été bien accueilli, et on l'avait jugé utile k notre ancienne langue et digne de figurer dans les bibliothèques. 
Louis XIV, qui avait entendu parler des profondes connaissances de la langue française et de la langue 
italienne, le prit pour professeur. Ce roi, passionné pour les belles et grandes créations dans les arts et la 
littérature, aimait peu les études sèches et arides ; aussi ne saisit-il que très imparfaitement la langue 
italienne. 

Oudin mourut le 1 1 février 1 653. Voici la liste de ses ouvrages : 

I. Curiositez françoises, pour servir de supplément aux Dictionnaires, ou Recueil de plusieurs belles propriétés, 
avec une infinité de proverbes et quolibets pour l'explication de toute sorte de livres; deux édition imprimées à 
Rouen, en 1649 et en 1656, format petit in-8°. 

II. Grammaire française rapportée au langage du temps, Paris, 1633, et Rouen, 1645, in-12. 

Baro, Duryer, et plusieurs autres membres de l'Académie françaises récemment fondée, citèrent cet 
ouvrage avec éloge. 

III. Recherches italiennes et françoises, ou Dictionnaire italienfrançois et françois-italien, Paris, 1640, 2 vol. 
in^" ; augmenté par Veneroni, Lyon, 1 698. 

IV. Trésor des deux langues espagnole et françoise, ou Dictionnaire espagnol-français et francois-espagno,, 
ibid. 1645, in-4°. 



— XXX — 

V. Histoire dfs guerres de Flandre, traduite de l'italien du cardinal Bentivoglio, ibid. 1634, in-i°. 
Ce travail ne comprend que la première partie de l'original, et se termine à la victoire remportée par Don 
Juan d'Autriche, en 1 578. 

Oudin était un savant actif et laborieux. Toute son existence fut consacrée au travail et à des recherches 
sur les langues française et italienne. Son livre des Curiositcz francoises a eu l'honneur de la réimpression, 
et nous croyons répondre au désii" des souscripteurs du Dictionnaire de La Curne de Sainte-Palaye, en 
reproduisant cet ouvrage devenu très rare et qui mérite d'être consulté, car c'est un répertoire complet des 
proverbes, adages et quolibets de notre vieille langue. 



Liste des Souscripteurs au Dictionnaire de La Curne de Samte-Palaye. 



• Nombre 

d'cxeuipUires. 

Aii'hives des Côles-du-Nord 

Aiilliouard 

Aiuliffret-Pasquier (duc d') 

Aumale (dur, d') 

Armainjj, libraire 

Asher, libraire 

Ansart 

Augi5, libraire 

Baer, libraire 

Bartho-s et Lowell, libraires 

Baudry, libraire 

Bailly-Bailliére, libraire 

Beaumont 

Barthès, libraire à Montpellier 

Beauvais-Allo, libraire 

Begliin (Honoré), libraire 

Belhatte, libraire 

Benda, libraire 

Berger, libraire 

Bibliothèque de la ville de Paris 

Bibliothèque de la préfecture de la Seine 

Bibliothèque de l'Institut 

Bibliotbè(iue Mazarine 

Bibliothèque de l'Université 

Bibliothèque de Neufchâtel 

Bibliothèque de Chartres 

Bibliothèque d'Arras 

Bibliothèque de Pau 

Bibliothèque des Pères Jésuites 

Bibliothèque de Tours 

Bocca, libraire 

Bocquet, libraire 

Bormann (de) 

Borrani, libraire 

Boucher 

Boudon 

Bion, libraire 

Bossange, libraire 

Brachet 

Bridau et veuve Charrot, libraires 2 

Brockhaus, libraire 3 

Caillé (Adolphe) 

Cathabard, libraire 

Chantelauze (de) 

Chevalier, libraire 

Chevalier (l'abbé) 

Chossonnery 



Clouzot (L.), librair 

enchéris 

Gollay-Ilibou, libraire 
Collin et C''^, libraires. 
Con(|uet, libraire. . . 
Goulet, libraire. . . . 
Cournjod 



Nombre 
d'eiemplaires. 

à Niort 36 



Courlilloles (de) 

Courtat 

Daci[uin, libraire 

Daniogeot- Pelletier, libraire. 

David, libraire 

Defrémery, de l'Institut. . . 

Delagrave, libraire 

H. Delaroque, libraire. . . . 

Dentu, libraire 

Derivaux, libraire 

Didot, libraire 

Dorbon, hbraire 

Douin 



Drujon .... 
Duchesne . . . 
Duclos, libraire. 
Dufour 



Dulau, libraire. . . 
Dumainu, libraire. 
Duval 



Deligne, libraire. . 
Engeleke, libraire.. 
Le président Favre. 
De Flammare. . . 
Ferriot 



Galliot, libraire 

Gauthier (l'abbé) 

Georg, libraire 

Gillier, libraire 

Gaulon, libraire 

Germain et Grassier, libraires 

Gerold, libraire 

Grosjean-Maupin, libraire 

Guerin, libraire 

Guesnon 

Hachette, libraire 

Held-Balzinger, libraire 

Herluison, libraire 

Hippeau 

Host, libraire 3 



Nombre 
d'exemplair 



Iluct, libraire 

Jacquemin, négociant 

Joanin (le docteur) 

Ki-amers, libraire 

La Broise 

Lacure 

Larhesnais (de) 

Lacroix (Paul) 

Lachasnal, receveur des finances. 

Lacroix, libraire 

Lafenestre 

LalVorgue, libraire 

Le Charpentier (Gustave). . . . 

Laniarche, libraire 

Leleu, libraire 

Lemoigne, libraire 

Le Soudier, libraire 

Liepmannssohn, libraire 

Loescher, libraire 

Lemaître, libraire 

Long 



Ministère de l'Instruction publiciup 10 

Maillard, librairo 

Mareuse 

Marcsq jeune 

Maipon et Flammarion, libraires 

Marqueste, librairo 

Marty-Lavaux 

Meterie, libraire 

Matton, libraire 

Mellier, libraire 

Mesnager, ingénieur 

Meyer, libraire 

Michel et Medan, libraires 

Minoret 

Moisy (II.) 

Molard 

Monceau, à Auxerrc 

Monod 

Morel 

Morol-Fatio 

Muquarrtt, libraire 

Musset 

Nuret, libraire 

Nutt, libraire 

Nilson, libraire 



Nombre 
d'exemplaires. 

Noiriol, librairo 1 

Odiot 1 

Ollivier, libraire 2 

Otto Horrassovitz, libraire 2 

Otto Lorenz, libraire 2 

Parker, libraire 2 

Pajot 1 

Paris (Gaston), de l'Institut 1 

Patinot 1 

Patrice Salins 1 

Poilimu Lauriel, libraire 2 

l'elleiliat, libraire 2 

Pcpin-Lelialleur 1 

Pinson i 

Poinsignon, libraire 3 

Pùpelin (Glaudius) 1 

Poulain 1 

Prarond 1 

Quaritch, libraire _. . . . 2 

Raynaud ". . . . 1 

Rcinwald, libraire 5 

Renouard, libraire i 

Riant 1 

Ribault, libraire 3 

Ristolliuber 1 

Rochambeau (de) 1 

Rosny (de) 1 

Rubc (Maxe), libraire 2 

Ruble (de) 1 

Saint-Denis et Mallet, libraires 1 

V. Sardou, de l'Académie 1 

Schneider, libraire 5 

Thorin, libraire 2 

ïarneau, notaire 1 

Terquciii i 

Treuttel et 'Wurtz, libraires 1 

Triibner, lil)raire 2 

Tuiiu-rel, libraire 1 

Twiotnioryer, libraire G 

Vaiiilacuvre (de) "1 

Van Lacr 1 

ViiyK'steke, libraire 2 

Yordier, libraire 3 

Vitu 1 

Rc Vri.'-s 1 

WistenJorp 1 



DICTIONNAIRE HISTORIQUE 



L'AIVCIEN LANGAGE FRANÇOIS 



T 



TAB 

Tabac. Du Verdier, bibl. p. 10G5. Pe iabaco, 
employé par les liabilants de S. Domingiie. pour 
dôsisner l'inslrument avec lequel ils fumaiciil. 
(Ilisi. des Voyages, 111-4", XII.) 

Tahalle. Timballe. (Oudin.) 

Tabaque. Nicoliane, pelun, Jierbe iiKidicinalc. 
(Nicol.) 

Tabar. Espèce de manteau : 

Tes perps ombla un labar 

Por qoi il fu pendu à Bar. [Ms. 1218, f. 21A.J 

Tabarin. Bouffon. (Oudin.) 

Tabart. Le même que tahar : » Tabnrt de 
« velour Ilguré noir, fourré de martres sebelines. » 
(Jean de Saintré, p. 224.) 

Chascun en quiert et veut sçavoir 

Que je ai fait de mon avoir 

El comment je suis si despris 

Que n'ai cliape, ne mantiau gris, 

Cote, ne surcot, ne tabart. (iTs. 121S, f. 3J3^.J 

Tabary. Tabarin ; il était ainsi nommé de son 
manteau (/rtftar) en seige verte: « Anciennement 
« les grands seigneurs et le peuple prenoient un 
« singulier plaisir à cuir des personnes qui de leur 
» gorge et eslomacb contrefaisoienl ou imiloient 
le jargon ou le cry ou le cbant des besles, de 
« quoy aujourd'huy n'est resté, sinon .lean des 
« Vignes, Taharij et Franc à Tripe. » (Coucbet, 
Serées, II, p. 24.) 

Tabellion. Notaire seigneurial: « Les notaires 
<■ royaux pourront passer des actes de ce qui aura 
« esté fait par devant les officiers royaux, et deli- 
« vrer ces actes aux parties, ce qui ne sera pas 
« permis aux labcUions. » (Ord. I, p. 568.) 

Tabellionage. Tableau afficbé publiquement, 
dans lequel les femmes séparées, en Normandie, 
sont obligées de se faire inscrire, suivant les règle- 
ments de 1555 et de 1600. 

X. 



TAB 

Tabcllionnaae, dans Colgrave. Charge de 
tabellion. 

Tabellionné. Elude de tabellion: « Nos roys 
" ayant transporté en eux tout ce qui estoit de 
« Tautborilé publique des villes, ils estimèrent les 
« greffes et tabellionné::, estre de leur vray estoc et 
« domaine. •> (Pas(i. Pecb. H. p. 3if) ) 

Tabeliionner. fieccvoir les contrats en qualité 
de tabellion. (Cotgrave.) — « Que les dits papiers 
« censiers fussent signez, ïa&cWionHc;:-, scellez. ■> 
(N. C. G. IH, p. 290.) 

Tabernacle. 1» Armoire qui remplaça le sin- 
se':ier pour abriter les hosties consacrées ; d'abord 
placée à gauche du chœur, elle fut ensuite placée 
au milieu de l'autel: « La coupe d'or, et le taber- 
" nacle d'argent doré à .m. chaesnes d'ar-renl. « 
(Inv. de la S" Chap. an. 1370.) - « Plus feroiiaulour 
« de la dite sépulture des images, tant pleurans 
« que angeloz sur lesquels angeloz il feroit des 
« tabernacles. » (Etat des offic. des ducs de Bourg, 
p. 220.) — 2° Dais : « Près des jousles avoil fai'ct 
■> ung eschaffault moult riche là oii le roy fut 
« couronné le lendemain, et si avoit par dessus ung 
" /a/^cr)!rtf/e couvert d'un drap d'or, et par dessu'z 
« avoit deux couronnes moult riches, et qui repre- 
« senloienl que lendemaindevoienteslre couronnez 
<• Pelleon et Dace. » (Percef. 11, f. 147.) — 3° Bouti- 
que en plein vent : » Quand les rues sont estroites, 
« ilz contraignent les dilz galands h passer par 
« autres, et ne peuvent aucunes fois à cause de 
" ]&\iv?, (][[?, tabernacles (des pàlissier.s) approcher 
" de leurs diltes dames pour leur dire adieu. ■> 
(Aresl. amor. p. 372.) 

Tabian. Propre aux gens malades de consomp- 
tion. (Rab. dans Cotgr.) 

Tabide. Malade de consomption : « Laid d'une 
« anesse est souverain pour les tabides. goutteux 
» et envenimez. » (Bouchet, Serées, p. 424.) 

1 



TAB 



— 2 — 



TAB 



Tabifier. Consumer. (Cotgr.) 
Tabis. Eloffe de soie moirée : 

J'ay draps de soye et lubis ; 

J'ay drîips d'or et bleus et bis; 

J'ay mainto bonne choselle ; 

Dites inoy se je suis belle. (Desch. f. il'i.) 

Tabhuje. Assemblée de convives. (Colgr.) 
Tablature. Taille d'un iiislrumcnt à cordes: 

• Le venlre el la tablature d'un lue ou autre ins- 
<■ trument semblable. » (,I>ol). Esl.) 

Table. 1" Planclie (sens du latin ia^w/rt): • Quant 
« les ga lies furent depecies, H Sarrazins firent du 

« merrien et des tables, nias el manliaux roies, 

« couvertes ; et des arbres firent engins pour geler 
« dans le cliaslel. » (Martèn. Conlin. de G. de Tvr, 
Y, c. 73-2.) — [-2° Table : 

Et la table à mendier. 
Se 11 covient en haut 
Le chasier sus le baus. (Ousiill. au Villaiu.j] 

3° Tablettes: 

Virge qui es sacrée del santissime esperite, 

Se la tr» s granl douçor envors moi ne s'abite, 

Toute empoiiera m'ame, ne li ert escondite, 

Deables qui l'a ja en ses tables escritc. (ils. lSi8, f. 195.) 

4° Généalogie: 

Karlemainne li rois de France, 

Si com lysloire véritable 

Le m'a devisé par la tuble 

Qui a S. Denis est assise 

El propre trésor de leglise. (G. Gtiiarl, f. i37.] 

5° Bureau d'échauge: 

Avarice a le jor portée 

De la table à un Caoursin. (Ms. 7015, H, f. 100.} 

En cel an (KJIG), chose merveilleuse, 

Qnnnt bel monnoie précieuse 

Revestue, dorée à tour 

Fu emprisonnée en la tour 

Au roy et rais on son trésor 

Et fu tout blanc argent et or 

Monnoie; et lors dcmora 

L'ainpniau d'or que l'en courra, 

Parisis et tornois de table. (Ms. C813, f. 82.) 

6° Jeu de trictrac : 
Aux eschez, aux dez et aux tables 
Joueurs en rien ne sont estables. (Dcsch. f. AO-i.j 
Ne jurés mie de le fait 
Disl li un, maint mtntent qui jurent ; 
Li débonnaire s'en parjurent 
Serrement de dés et de tables 
Ne doi'-ent mie estre estables. (Desch. f. 303.) 

7° Plan incliné: ■ Des pavoys, des picqs, des 

• pelles, traiicbes, tablea, pour remuer voslre artil- 
« îerie, je m'en rapporte aux maislres de l'arlille- 
« rie. » \\.e Jouv. nis. p. '2;i8.) — 8° Paume de la 
main, en cbiromancie: « Ayant bien el à loisir veu 
« et soigneusement cousideré toutes les lignes, 
« mots, triangles, quadrangles et tables de la main 
« du roy. - (Strapar. t. II, p. ISO.) — 'J' Domaine: 
« Après la mort du duc d Orléans, le roy de France 
« par le conseil du parlement rctraict à sa talile le 
« comté de Dreuves, .. .el toutes les ditles terres 
« que le roy autrefois lui avoit données sa vie 

• durant tant seulement. » .Monslrel. 1, p. S'2.) — 
■ Par faule de service ou ranio non payée, pour le 

• seigneur relraire à son domaine, que les ruraux 



« appellent îi sa table, et charue le lenemenl qui 
« est tenu de luy. •■ (Bouleill. Som. rur. p. 501.) — 
« Serjaiis de la 'table ou de la meson. » (Ane. Coût. 
d'Orl. p. ■W\.) — 10" Service, table servie : <• Après 
« ce que les tal)les furent levées. » (Jean deSainlré, 
21.) — « Sur l'apiiort de la seconde table, Pauurge 
» en profmule révérence disl. ■> (Habel. 11. l,')!.) — 
» La tieree table qui esl ù la fin du lepas. » (Tri. 
delà Nobledame, f. 115.)— . Il lenoit !de Honnivet, 
« colonel des bandes en Piémont) ordinairement 
« très bonne et longue table, bien g.irnie ii tous 
« vcnans, car c'est ce que le soldai demande; et 
• puis ordinairement tables el dez de colonels; 
« aucuns disent tables de capitaines. » (Drant. Cap. 
fr. IV, .3-29.) — 11° " Table de marbre, » juridiction 
du Cliûtelet de Paris. En 135'.», il y avait deux tables 
de marbre au palais; l'une était dans la cour du 
palais, car d'après la cliron.de S' Denis, les cadavres 
des seigneurs tués dans la cbambre du palais furent 
traînés devant la pierre de maibre en la cour du 
palais; on pouvait les voir de la cbambre tlu dau- 
pliin ; il y avait une autre table de marbre dans les 
salles du palais. (Oïd. 111, p. .GiT, note E.) — [Cette 
juridiction était partagée eu trois liibunaux : celui 
du connétable, puis des marécliaux de France ; 
celui de l'amiral el celui du grand foieslier repré- 
senté plus laid par le grand maiire dos eaux et 
foréls.J — 12" " Table entière, " famille <lo.it le père 
et la mère étaient vivants: « Par la dilte coutume, 
<■ en la dilte ville (S" Omer) el cliaingle d'icelle, en 
« ligne directe ascendante père ou mère ne sont 
« lieiitiers de leurs filz ou filles, sauf quand la 
" table esl enthiere. ■■ (N. C. G. 1, p. '207.) — « Les 
« frères el sœurs de la table entière la moitié 
« d'avant part, et les mesmes avec les autres frères 
" et sœurs du demy lit. » (N. C. (î. L p. 30(5.) — Si 
l'un des deux auteurs mourait , la table était 
rompue: « Si la table estoit rompue, les biens des 
" dits enfans succederoient à leurs autres plus pro- 
. cbaiiis parens ■> (N. C. G. 1, p. 297.) — 13° « Table 
<. francbe, » bérilage franc d'impôts : ■■ Villainail es 
.. ne femmes ne se doivent ontremellri: de droits 
« ne de coustumes... ne ne doivent estre lesmoins 
« d'explès de cour, ainçois doivent estre prouvées 
« par nobles gens ou par bourgois de noble ances- 
» série qui oui accoustumé ù vivre honnestement 
» el tenir table fraiielie comme gcntilsliommes. - 
(Ane. Coiil. de Dret. f. 89.) - l-i" [• Table ronde, " 
joutes cbevaleresques : « En l'an 1330 le jour de 
« Nostre Dame mi aoust allèrent pluseurs bourgeois 
« de Valenciennes ;\ une table ro»^/^' (]ui fui faille 
" à Paris. " (héc. d'un bourg, de Valeiic. p. -iO.) — 
u ...En l'an 1331... ledil sire Jaques de Côrbry), roy 
» de la table rotule fui appelle le roy Galelios, qui 
« jadis confjuisl trente roys. » (Id. p. 50.)] 
Un jor dist à la dame que jouer en iroit 
A une table rotule, où trois jors demorroit. 

Ms. 7518, f. 310. 

1.5° « Table d'iionneur, » table principale dans nn 
festin ; elle était de deux pieds plus baute que les 
autres: « Le maislie de Prusse tmanl une grande 
« teste à la Cliandeleur 1373, après une belle expé- 



AB 



3 - 



ÏAB 



a (lilioii filiift pfir les Fraïu'oi.scl aiilrcs, fil couvrir 
» la lai'li'd'hiiiinciir cl voiill(ju';i l'ulli; lalilc fiisseiil 
• assis (ioiixe chevaliers de plusieurs royaumes. » 
(Ilist. de Louis de Bourbon, p. 7(>.) — IG" » Tables 
« basses, « tables enliuraiU la lable principale : 

En la sallG en est relornée 

Oui s'esl richoment ntornée 

El les Inhles liasses assises, 

Et les blanches napes sus mises, 

Et emprez les mets apportés. (Fabl. (ht f. S. Germ. 3j3.} 

17" « Table de la mer, » ancien droit seis;neurial 
dlabli par les comtes de Provence sur les marchan- 
dises et denrées inti'oduiles dans Marseille par 
l'importation ou l'exportation étrangère : « Tels 
« fouaces, péages des rivières, entrées de grosses 
" denrées, tables de la mer, et autres revenus de 
« France. » iMém. de Sully, VII, 35.) — 18" Com- 
pagnie: 

Lor dira sa sentence qui est ferme et estable. 

Et dira comme juge parole esperilable 

Fuiez H maleoit 

En paine pardurable 

Avecques li^s deables 

Si soi -z do leur UMc [Ms. 7GJ5, U, f. l'iS.] 

19° « Table peinte, » tableau, dans IJouteill.Som. 
rur. p. 254. 

20'^ E.v présidions et proverbes: - Table ronde oste 
« le débat, " il n'y a point de jaloux îi une pareille 
table. (C.olg.) — " Tamv table ronde à tous venans » 
(J. Boiiciq'p. 6'2.) — » Table d'abbé, do prélat. » 
(.4polog. d'Hérodote, p. 35G.) — « De grosse table h 
« l'estable, » de prodigue on devient valet d'écurie. 
(Oudin.) — « Table sans sel, bouche sans salive. » 
(Cot'irave.) — « Table vaut escole notable. » (Id.) — 
« Tables rabb;itues, » jeu de la reine, doublet. (Id.) 
— « Estre de table, el n'oser manger, " être timide, 
gueux. (Colgr.) 

Tableau. 1° Reliquaire à volets: « Deux tableaux 
« d'yvoire à porter la paix... Uns tableaux d'argent 
« doré, fermans à charnières, où il y a plusieurs 
« reliques, aornée de menue pierrerie et de pelles.» 
(Inv. de la S" (Ihapelle, an. 137(3.) — 2° Equivoque 
grossière : 

Or m'aprenez, mon doulz ami, 

Cest art ; lors la touche et mesure ; 

Les tableaux de son livre ouvri, 

Sa plume y bouta roide et dure. (Dcsch. f. 3il.j 

Tablée. Ensemble de convives : 

Lors trouvera toute pleine tablée 

De gens assis sur la belle herbe vert. (Cretw, 30.] 

Tablel. Tableau : « Prit ses lettres qu'il portoit 
a et les mit en ung profond tablel d'une lable de 
« bois, puis les couvrit de cire par dessus. » (Chr. 
de S. Denis, 1, p. 51).) 

Tablet. Enseigne : « Qu'es lieux de cbascune 
» maison soit faicte une baulte croix et notable de 
" pierres gravées, el en chacune d'icelles soit faict 
o un gros el fort tablet ou quel soit escriie la des- 
«■ truction et la cause d'icelle ; et qu'au lieu où 
« monseigneur d'Orléans fust occis, soit fait une 
« croix semblable aux autres dessus dittes, en 
a laquelle soit un tablet el escrit comme dit est. » 
(Monstrel. 1, f. 70.) 



Tableticr. Changeur i|iii étale ses pièces de 
monnaie sur une tablette: '• <Jue nulz billontieurs, 
" tablellers, merciers errants, (|ui orfevn-z ne 
" soyenl, ne se puissent mesler de vendre ne acbe- 
« ter aucunes choses d'or ne d'argent , si ce n'est 
<■ pour billon. - (Ord. 111, p. 13.) 

Tal)leUi'. I" Etal de changeur : • Que nul 

" billoiiiii^iir ne s'i-'Ulremelle de billonner en 

" hostel, nedehors; ne d'acheter billon quelconque 
« ù la pièce, au maroc, ne à la livre, ne de porter 
« lablelle par tout noslre dit royaume. ■■ (Ord. Il, 
p. '205. i — 2" Carnet : « (Diron) portoit dans sa 
« poche des tablettes, el tout ce qu'il voyoit et 
« oyoil de bien, aussilo^l il le metloil sur les dites 
« tablettes, si bien que cela couroil à la cour en 
- forme de proveibe ; quand queliiu'un disoit 
« quelque chose, on lui disoit: Tu as trouvé cela 
« ou appris dans les /«///e/<('s de Biron. » (Brant. 
Cap. fr. III, p. 357.) — 3" Surface plane: « La jambe 
« de l'aigle est courte et jaune, el a des tablettes 
« par devant ; mais les griffes sont larges, et le 
« bec noir, long el crochu par le bout. » (Budé, 
des Oiseaux, f.'iOi.) 

Tablier. 1" Nappe : 

Li sergent furent bien garnis 
De donner au roy à manyier ; 
Sûr les tables sont li tabliers 
Li salières et les coustiaux. j'.Vs. 7015, I, f. i12.j 

2" Tableau, écriteaii: « Que dedans les jours de 
• présentations des bailliages, selon l'ordre du 
» tablier mis el pendu à l'hnis du parlement, ne se 
» présente, scacbez qu'à temps n'y vient. » (Bout. 
Som. rur. p. 33,) — 3° Trictrac: » Savez vous bien 
■■ que signifie le /rt?^//t'r, auquel vous jouez' Par 
« le dit tablier que vous ouviirés, après ([ue vous 
« estes bien saouls corfiorellement,... est entendu 
« enfer qui sera ouvert, après que nous serons 
» bien saouls de nos péchez et offenses. « (.\polog. 
d'Hérodote, p. 3G0 ) 

Je brise ce coup ; — Gettez hault ; — 

Voulentiers ; — Est ce bien getté? — 

Vous avez le tablier bouté ; 

Ce coup ne doit rien valoir. (Desch. f. 375. J 

« Le seigneur de Boutieres (jui estoil gouverneur 
« et lieutenant du roy dedans Turin s'estoit amusé 
« la plus part de la nuit à jouer au tablier, sortant 
« de la salle pour se retirer en sa chambre cuit 
« l'alarme. » (.Mém. de Du Bellay, VIll, f. 2G2.) — 
Avoir la guerre en ses états, c'esl « se jouer le jeu 
" sur son tablier. » (Mém. de Bellievre el Sillery, 
p. 202.) — » Us poursuivirent leurs desseins avec- 
'■ ques telle opiniastreté, qu'en lin de jeu ilsdemeu- 
« rerent maistresdu tablier. » (liech. de Pasquier, 
1, page 31.) 

Ce révèrent abbé le bon d'Auton, 

Merveille n'est ; car il abonde en ton 

D'armonieux suave et doulx langaige ; 

Et n'y sçaurois y mettre de langage 

Correspondant, mais me fault soubz luy taire 

Pour demeurer remis et solitaire 

Comme recl'iz. en le bois de Vincennes 

Où conviendroit getter des fois vingt sennes 

Aias que en tablier faire un Jean bégayer. (Crétin, 210.) 



TAB 



TAC 



4° Etude de notaire, de tabellion: « Aucuns de 
« DOz gens el ofliciers ont tenu et encores tionnenl 

• certains /rt^Z/crs en la ville de Tlioulouse, qui 
« onci|ues ne furent mis en l'ecetle ne aucune 
« menlioii n'en est l'aille es comptes de la recette 
« de ïlioulouze. - (Ord. V, p. 3.V2.) — » Cela estant 
« mis sur le tablier et au bureau. » (Eulrap. p. 307.) 

— 5° Etat : « Aux tabliers publics et boucheries 

• communes ne sera vendu cbair de chèvre ny 

• bouc, brebis. • (N. C. G. IV, p. 910.) 
Taboi". Tambour : 

Vous deffendez aux bones gens 

Et les dames, et les caroles, 

Vielez, labois et citolos. (Ms. l'3iS, f. 330.) 

Taborer. Battre du tambour: 

S'uns bergiers de chens labore et chaleraele, 
Plutost est apelez que cil qui bien viele. 

Ms. 7Î18, fol. «lA. 
\ N'i à dame, ni damolsellp, 
Ne harpe nule, ne viele ; 
Nul u'i noise; nul n'i labore. (Partonop. f. 1S7.J 

Taboriuus. Celui qui bat du tambour: 

Taboriaus sont moult roides, quant vient en la seson 
Et dui vont aux vedles et truevenl Gauteron ; 
Li uns prennent Amelot, li autres MacquiTon, 
Ils en fout plus grant noise qu'en forest boscheron. 
Ms. 5218, fcl. 278. 

Tabour. Tambour: 

le labour et la fleute 

Dont si très cointeinent lleute 

Que tote en lantisl la valée. (Ms. lOlô, II, /'. 130. J 

Ne mena trompes ne labours 

Ainz vont, si comme nous lison, 

Ceus souprendre par traïsou. (Guiari, f. 260.) 

« Battre le tabour h coups d'osselets, avec les 
« dénis, » jouer aux dés sur un tambour. (Oudin.) 

— • Vous serez battu comme tabour à nopces. » 
(Rabel. 111, p. 77.) — » Les cornes que me faisoit 
« ma femme sont cornes d'abundance, el planté de 

« tout bien au demeurant, je seray joyeulx 

« comme un tabour ù nopces. » (Id. 111, p. '?!>.) 

Tabourder. Baltre, taiabusler: « Va t'en, et 
" ne fi'appe plu.s à la porte, de peur que lu ne sois 
« toy mesnie bien tabourdé. • (Merl.Coccaie, li,2Gl.) 

Tabourement. Aclion de baltre du tambour. 
(Nicol.) 

Tabouret'. Tambouriner, au propre et au 
figuré: » Enira en soupçon ([u'elle se faisoit tabou- 
« rer les fesses. » (Habel. 111, p. iôl.) 

Quant on Icsse aler les faucons, 

Si vont si haidt qu'il n'est nulz bons 

Qui gaire le puisse veoir ; 

Et pour faire oyseaux mouvoir 

Bâtent et labourerd forment. (Mod. f. 150.) 

J'aimay, jadis, de trop parfaite amour, 

Pour cbevaucher .Ichannc chambrière, 

Mais en son lieu se mussa en détour 

Ma femme, et lors je m'en cours par derrière ; 

Je la jclay ; j'enlrsy en sa rouycrc 

Et commençay forment à labourer. (Desch. f. 2-'i0.) 

Tabouret. 1° « Petit siejce bas, embourré.... où 
« les femmes s'asseent, tenans leur cac(|ueloire, ou 
« faisant leurs ouvra^-es. » (Nicot.) — 2° Pelote que 
les femmes portaient à la ceinture pour y metlie 
leurs épingles: « 11 la remercia en luy promettant 



<■ de luy donner une belle bourse et un tabouret. » 
(Aresl. Amor. p. 300.) — 3° Herbe, dite bursa pas- 
tvris. (Nicot.) — l" " Réduit (iu"on fait en l'encoi- 
« gneure d'une sale quarrée , soit avec de la 
» tapisserie ou avec des ais, d'où ceux (jui y sont 
« mussez peuvent veoir ce qui se fait en la dite 
« sale. » (Nicot.) — 5° Tambour : 

pauvre sexe, helas, comme on le meine au tabouret 
Comme l'on le desguise les entremets de coste vie humaine. 

Coiij. DiLl. fr. XII, 1. 13. 

Tabourin. 1° Tambourin: x Le roy lit publier 
« ù son de trompe el de tabourin que nul sur la 
^ vie n'entreprit d'aller à l'assaut, s'il ne lui esloit 
" commandé. » (.Mém. de du Bellay, Vill, f. 'Ji'J.) 

De là les expressions : " Tabourin de basque. » 
(Cotgr.) — « Chausses à tabourin - [h\.], grosses 
comme un tambour. — « Premlre le lièvre au 
" tabourin. » (Id.)— « Ce qui est venu par la lleute 
■^ s'en retourne avec le tabourin. » (Cotgr.) — « Un 
« gros tabourin, » un gros ventre. (Oud.) — « Mon 
« tabourin est loué, •> je suis invité à manger. (Id.) 

— « Cela me vient comme un tabourin en danse. » 
(Id.) — '2' U Tabourin de Souisse, • habit, dans 
Rabel. IV, p. '217. 

Tabouriiier. Tambouriner, au figuré: « Une 
« jeune pucelle ù (jui il esloit amy, luy avoit envoyé 
a ung heaulme paré sur lecomble d'un paon faisant 
« la roe, par artifice et maistrise, branlant citabou- 
« rinaiit les pennes de la queue, les unes contre 
« les autres. . (Percef. 1, f. 140.) 
Tabourinet. Petit tambour. (Nicot.) 
Taboiiriiicnr. Tambourineur. ( Monet. ) — 
" Lieux eslrangers que j'ay cent fois plus aymé 
» pour séjour que celuy de ma pairie, eslanl du 
« naturel des tubourineurs ([ui aymenl mieux la 
'< maison d'aulruy que la leur. »" (Brant. Cap. fr. 
IV, p. loi.) 

Tabnr. Tambour : 

Pi ['Toient sor leurs tahurs 

Lie bastunciaus d'épines durs. (Pli. Mousk. p. iCO.) 

Taburel. Tambourin : 

Guis i aura son taburel. 

Et sa museste. (l'oct. av. 1300, II, p. 035.) 

Tabuster. Tarabuster : " Et en grande vehe- 
" inence d'esprit, desployant ses bras, le tournoit, 

1 vii'dit... labusloit. « (Rabel. 111, prologue, p. i.\'.) 

— « Encore lu me viens tabuster. « (Id. Il, f. 118.) 
Tabnt. Aclion de tarabuster : « Fagoleurs de 

«■ labus. « (Rabel. Garg. I, p. 50.) — « Ce vilain ne 
" vaut pal'le tabut. » (Cotgr.) 

Tabuler. Tarabuster: « La contemplation des 
'• choses divines ijui est incompatible avec le tabule 
' des affaires domeslicjues. » (Sagesse de Charron, 
p. 178.) — " Ils tabuloienl et renvoient le diable en 
" enfer. » (Des Ace. bigarr. p. 58.) 

Tac. 1" Maladie de l'homme caractérisée par une 
forte fièvre el une toux très fatigante: « En mars, 
« au dit an (I il i', commeinja à Paris une maladie 
« populaire qu'on norainoit le tac ou le horion (jui 
« dura trois semaines ou plus, et plus décent mille 



TAC 



TAI 



>. personnes en furent alleinlcri, ni:iis nnl n'en 
« nioiiroil. >■ (Clii-oii. cilee par U. C.) — 'i" Maladie 
(^ruptive des animaux : 

Je vois porir presque tous mes chevaux, 

Mouiir ilu tac mes brebis et agneaux. ll'its(i. Œi(v. ^iGS.j 

a" .Souillure : « Afin de l'admonesler de rechef 
« {\w'h. l'advenir lu laisses le Uic et la souillure du 
« ces paroles injurieuses. » (Lelt. de Pnsq. 111, 8Gi).) 

Tîican. liruit, tumulte. (Borel.) 

Tîicconne, ncl. Herbe dite pied de cheval. 
(Colyrave.) 

1. Tache. Oiialilé ; « Tant est plus respcrvier 
.( de bonne fain plus losl all'aillic, c'est une des 
" tuclii'n (jue oysel ait qui l'ait plus à priser, ([ue 
« quant on le trouve fainilieux. » (Mod. 1'. 73.) 

Cil ipii sont de hardies tacites 

Einb.Ui'nt le feu en estaches, 

De i|Uoi li murs iert apuiez 

El s'escrient ; fuiez, fuiez. (G. Gu'iart, f. 78.) 

2. Tîiflie. [Ballot: « Se chapeliers de feutre 
« achale aiynelins en tacite sans nommer pois. " 
(Liv. des .Met. p. '2ôO.)] 

Taehemciit. Action de tacher. ;Monel.) 
Tacher. Tiomper : 

Je vciy amour qui n'nynie créature 

Qui l'iico bien ; druis est devenus lors ; 

Qui tache, il a souvent doidce paslure ; 

Faintise fuit delïermer maints trésors. (Dcsch. /'. 169.] 

Tacheté. Plein de taches. (Marbod. c. 10G8.) 

Tachette. Petite tache. (Rob. Est.) 

Tachure. Souillure. (Jfonet.) 

Tacier. Teter ; parlant de J. C. : « Ll roi fao- 
« rereut et se li ollrirent dones quant il eiicor 
c< tucicret les mameles de sa mère. » (Serm. de S. 
Beru. p. '205.) 

Tac!c. Arme défensive : 

Hauberjons, lacles et gorgieres 

Vestemens touz ouvrez de soie, 

Godendaz que l'en repauraoie, 

Ferrez et faiz à grant estuide. (G. Guiart, f. 204. j 

1. Tacon. 1° Saumonneau, dans le bassin de la 
Loire. — ± Semelle de souliers : « On appelle tacon 
« à Metz le gras double ; ;"» Genève c"est une espèce 
" de vieux cuir. » (Le Duchal, sur Rabel. I, 17.) 

Mar fust il oncques por bacons 

Ençois ne remanroit lacuus 

Ne seniele jusqu'à la plante 

Que je enui ne lor sorplante 

Se Dieus les me lesse trover. (Fahl. ms. S. Gcnn. i74.J 

2. Tacoii. Khan : <• Et ce tacon de Tarlarie est 
il puissant ?Ouy. voir, dit-il ; car par sa puissance 
« il a soumis.... l'empereur de C. P. i> (P'roiss. 111, 
page 77.) 

Taconner. Raccommoder: « Pictatiare, tacon- 
« ner souliers. - (B. N. lat. 708-5.) 

Tacque. Plaque de cheminée: « Immeuble est 
« repute ce qui est mis en certain lieu pour usage 
« particulier d'une maison comme tacqucs ancrées 
a et cramponnées es cheminées. » (N. C. G. II, 1080.) 



Tacre. Dizaine: « Le lacre de cuir doit .ii. de- 
" niers. ■■ (Slat. de l'éciievin. de Mezières.) 

Trtci'ou.x. Crasseux, avare: « L'avarice d'un 
•< taquin et tacrou.c. •• iBouchel, Serées, III, p. 190.) 
— « Ti'onvent ce lucroii.c (nii hruloit ses pourceaux 
'< en sa cheminée, de peur d'en baillei' des rillées.» 
Jd. p. 182.)— « Je trouvay l'autre jour un matois 
» qu'on disoit avoir esté |)endu, lequel esloil si 
' lacroux et briislé que vous eussiez dit qu'il avoit 
'< esté un mois pendu ù un poirier. » (Id. 11, 50.) 

Tadourno. Espèce de canard: « Sept vingt 
>< faisans iiu'envoya le seigneur des Essars, et 
•' quelciiues douzaines de ramiers, d'oy.seaulx de 
<> l'ivieres... vanereaulx, ladonrnes. » (Rab. I, '239.) 

Taelinari. Procureur; mot llamand:» L'acte 
<> de saisie et de la mise en propi'ielé se fit publi- 
X quementelenapparoissantauxeschevins, comme 
» aussi (les oppositions aux églises.... pour cela le 
« greflier reçoit quatre gros, et le taclntan et pro- 
<■ cureur de la partie ensemble quatorze gros. » 
(N. C. G. I, [). <)'.)'.).) 

Tarelhmuloj'. Tabellion: « Registre que l'on 
.' tiendra au lafelltoudey ou buraliste. » (N. C. G. I, 
page 501). ) 

Taffetassé. Garni de taiïelas. (Rabel. 1, p. 82.) 
Tafïetatiei'. Qui fabrique du taiïelas. (Monet.) 
Taforée. Baniue à passer des clievanx. (Colgr.) 
Tai'ur. Trompeur, déloyal : 

N'avoit mie bien esgardée 

Son félon cuer, sa crualté, 

Cui ne font pas mal à la gent, 

Mais autrui vent toz jors crement : 

As haus homes est fel et durs, 

Et buens as sers et as tafurs. (Ms. 70S9 , f. G3.j 

Tahon. Taon : 
Une vache qui sent à talions 
Ne vi plus galopiT par chaut, 
Que Galestrot s'en va le saut. (Fabl. S. Germ. f. S83.J 

Tahoii. Petite poire. (Cotgrave.) 
Tai. Boue, marais: 

Ne sauroit terre trover 

Que il n'ait cherchié et fustée 

Ne rivière qu'il n'ait tentée 

Tai, ne vivier, tai, ne fontaine, 

Eaue enferme, ne eaue saine, 

Ou n'ait son barisel plongié. (Ms. 72JS, f. 4.J 

De ses hueses embooées 

Qui grandes estoient et lées 

Et dc'l tai d'ivier cunchiées 

Le défoula plus de .vu. fiés. (Ph. Mousk. p. 343. j 

Taiche. Qualité: >■ Si vous diray comment en 
« celle chace l'en peut donner bon aiïaitement et 
" bonnes /rt/c/i£'s à ses chiens jeunes qui oncques 
« ne chacierent. ■> (Mod. f. il.) 

1. Taie. [Grand'mère, dans Froiss. XVI, p. ICO. 
Voir sur l'élymologie Diez au mot Tala.] 

2. Taie. [Membrane du cerveau : « Deux barbiers 
» pour la dile plaie curer ; et estoit en bon point 
« tant comme il fu es mains du premier d'iceulx 
» barbiers, mais l'autre barbier lui perça la taie de 
a la cervelle. » JJ. 107, p. 279.)] 



TAI 



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TAI 



Tail. I" Incision : « Puis lieve la hampe et com- 

• iiieiice au boni dessus du piz ; et puis s'en vici^ne 

• par l'un coslp, en eslarsrissanl son tail par dessus 

• le veiilre droit à la cuisse, en coupant auprî-s de 
« la cuisse jusques au dessoubz du penilliei-. » 
(Chasse de Gasion Phéhus. p. \')'\.) — '2" Coup du 
Iranchniil: « Kn onsuiviint les diltcs armes de pied 
« tiendront sans barrière ù la picque, et i^ l'espée 

• de tuil, an hou plaisir du roy. » (J. d'Anton, "253.) 
— 3» Assise d'un impôt: • Item a esté ordonné que 

• messieurs pourront ordonner tons les ans du 

• tail de chasrune piebende, c'est ù scavoir l'ac- 

• croistre ou diminuer. » (Partit, des gros fruits 
de l'église de Sens, en li'JS.)— '«"On lit du domaine 
congéable eu Drelaçrne : « Le coniract s'appelle 

• communcmeut baillée à domaines, quelquefois 
» bail ou lail, et même pierre. » (N. C. G. IV, 414.) 

Taillable. « Taillables, c'est à dire que le sei- 
« gneur les peut tailler une fois l'an qui est à 
u entendre du (|uinl de leurs meubles. » ^Gr. Coût, 
de Fr. 11, p. 121.) — • Hommes et femmes, serfs 
. taillables à vokmlé. • (Ord. 111, G85.) — « Taillu- 

• blés mortaillables. » (Laur.) 

Tailiablier. Qui lève la taille: <■ Le seigneur 
« tailUiblicr. ceusier ou rentier foncier, pour sa 

• taille, ceusive ou rente, lots.... peut faire empe- 
« cher riierilage chargé de dettes , ceusive ou 
. rente » (C. G. Il, 399.) 

Taillade. 1" Bois taillis. (Monlluc, 1. p. 023.) — 
2° Conire mine. (Oud.) — 3" Coup de taille : » Kn ce 
« défaut il donna trois coups d'antraicl ; il s'avance 

• pour donner une ifl///«f/^; soudain tire une esto- 

• cade, puis un revers. • (Merl. Coccaïe, 11, 232.) 
Taillant. 1» Piquant, tranchant: 

Mieux me viont user toute ma vie 

En mon joli souvenir 

(Jue pnr trop luillant désir 

Perdre tout à une fie. (Pocl. av. 1300, IV, ISl'i.) 

• Une parole aspre et taillant. » (Percefor. II, 
f. 141.) - 2° Maigre: 

Li rendus pu lestable cort 

Si on a trait un roncin fort 

Oui n'esloit mie des plus fors, 

Conques vi, ne des plus vaillans, 

Ains estoit maigres et laillans 

Dos brisié, mauves por monter. (}ds. 721S, f. 249.J 

3" De taille à : « De jner (iireni taillant. » (Ms. 
7218, fol. 235 ) — 4° Fanfaron : « Va fierrabras, un 
« rodomont,un taillant, un fendant. » Letl.de Pasq. 
I, p. 570.) — 5' En coupant dans les taillis: » Quand 
« le veneur vendra chasser Tours... si n'a limier, 
« il faut qu'il lequiereen taillant. » (Fouill. Vén. 
fol. 108.; 

Taillardc. Epée pour frapper de taille (?) : 

Turquois, canon, bombarde 

Ou quelque taillarJe. [Molin. p. i36.J 

Talllaiiment. Dune manière décisive : 

Pour très grant biauté, aime on 

Plus ferme et plus taillaumcnt. [Vatic. 1490, f. i44.j 

Taille. 1° .Sculpture: « Figure de /ai//e et de 
« peinture. • (Desch. f. 202.) — De là : « Docteur 



« en taille douce, • ignorant. (Oudin.) — [« Et se 

• dovisoit (le duc de Borry) au maisire de ses eu- 

• vres de taille et de |ioinluie, maisire Adrien Beau 
' Nepveii. » (Froiss. XIV, p. 197.)] —2» Mesure: 
» Avoir bonne taille, • se dit d'un tailleur qui (aille 
convenablement un habit. De là « cheoir a laille, • 
être en mesure de : « Je vous ay eu en convenant, 
' et n'a pus un mois, ou environ, que si je pouvoye 
•' par l'aventure d'armes, cheoir à taille, que "je 
« prensisse un Auglois, que je le vous nionslre- 
•> roye. » (Froiss. liv. III, p. 280.) — 3° Hauteur des 
animaux: «■ De toute taille, bon lévrier. ■> (Colgr.) 
— 4" Division d'un marc d'or ou d'argent en une 
certaine quantité de pièces égales : • Et pourront 
" faire des vint mars dessuz diz. deus mars et 
« demie de cisaille, et seront tailliez de taille et de 
« recours. • (Ord. I, p. 80i.) — 5" Petit bâton divisé 
en deux parties correspondantes pour marquer les 
vivres achetés ou vendus : 

Moult est larges li eschançons 

Oui lor livre à la grant mesure 

Que l'en apelle desmesure, 

Sanz escrit, sans taille el sunsconle. [Ms. 7015, If, iSS.J 

Quant li dus .ce. fois se seigna, 

Sire, encor vous mande il plus, 

Restes, amis, ce dit li dus. 

Je sai bien que c'est il, sanz faille ; 

Or primes m'a il fel grant laille 

C'est mesmesqui fu hui parduz. /^sfriift. ms. 7000, p. 75.) 

« La ne baill' on ne pain, ne vin, en taille. » 
(Desch. f. 211) — De là les expressions: « Marquer 
« sur la grosse taille. • (Oud.) — « Eslre haut à la 
■■ taille. •> (Id.) — » Cocher sur la grosse irt///c. » 
(Cotgr.) — G° « Vin de la seconde taille - ; on dit 
qu'un marc de vendange a une, deux, trois tailles, 
suivant qu'il a été coupé étant sur le pressoir, pour 
le serrer de rechef. (Nicot.) — '" Imposition: « A 
» l'origine elle s'appelloil la taille des gendarmes, 
» pour l'entretien desquels elle avoit été levée, 
■■ comme il paroîtdans l'histoire de son établisse- 
« ment par Charles V, en 1379, sous le nom de 
» fouage ; par l'histoire de son renouvellement 
« passager sous Charles VI en 1388, sous le nom de 
« taille, et par la (Ixation pei'péluelle du mot taille 
" el de son imposition sous Charles VII, . (Pasq. 
Rech. II, p. 79; Chron. de Berry, p. 427.) — « Ce 
« fut une des grandes tailles qui eust eslé faille. » 
(.lourn. de Paris, sous Charles VI el VII, p. 195.) — 
Le mol taille, dans la Thaumass. Coul. d'Orléans, 
p. 406, an. 1180, est distingué de losle, impôt. — Il 
désignait plutôt la réparlilion de l'impôt que l'impôt 
lui-même : « Situez en la ville, taille, banlieue, 
« cschevinage, seigneuries et prairies y enclavées.» 
(C. C.I,f. 77Ô.) — ' Tout homme estant serf pour le 
» tout de ma... dame, est tenu de payer, outre la 
« dille laille à volonté, à ma dille "dame, douze 
« deniers à chascunes fcsles de Pasijues, douze 
« deniers à chascunes fesles de .N. D. qui est un 
« dcbvoir appelle ]es petites tailles. ■> (La Thaum. 
Coul. de Berry, p. 148.) — « Taille du pain et du 
« vin, dille la ceinture la reine, qui se lieve de trois 

• ans en trois ans. " (Coul. d'Oi'léans, p. 407.) — 

• Taille mixte, » imposée sur la maison de quel- 



TAI 



TAI 



qu'un, parle moyen de Inrinclle les biens du pos- 
sesseur sont imposés en (|iicl(|uc lien (ju'ils soient. 
(Colsrave.) — " Sont les lialjit;ins do HouYille tenu 
" payer la taille rentière de la voirie de (Irespy. » 
(C. G. 1, p. iori.) — K Arrière lailU'.. » imposée îi la 
siiile d'une première. (Froiss. IV, '2'20.) — « Taille 
« des chevaliers, » droit seigneurial qui se levoit 
sur les chevaliers (pii ne servoient point ; ils s'en 
excmptoieul e:i fais.int la guerre à le;irs dé'i)en3. 
(Froiss. IV, 2-20.) — ■■ Toules'/(////f'.s sont douhians et 
» lierç.ins, en tant que louche Tarifent. « (N. C. C. 
111, p. 1211.)— .' Taille tierce et double... s'entend 
" (]uand la taille est due au mois d'aousl, et au 
« rcL^ai'd de celles iiui sont dues à autres termes, 

■■ ils ne tierccut ny ne doublent toutes /fu/Zi's 

« personnelles, franches ou serves, sont donblans 
« une année et aulre non. » (N. C. G. 111, l±2:i) - 
« Au seigneur féodal ai)partient droit de taille ou 
« de la vente et achat du beslail (|ui se vend sui- 
« son lief. » (G. G. 1, p. 087.) — « Taille franche, 
« serve, jurée, morlaille, es (|uatre cas annuelle, 
« j Dirée et ahonrnée; doublant; personnelle, réelle." 
(Lanr.)— « Nous leur avons octroyé et octroyons... 
» que toiiles foiz i|ue il auront mestiei', ou vour- 
« l'ont f.iire taille ou cueillette sur eux mesmes, ils 
" puissent eslire un ou deulx de cbascune ville 
<' pour... imposer tailles ou cueilletles. » (Ord. 111, 
p. /i8(» ) — « Ses ennemis vain(iuil et meit à taille." 
(J. d'Auton, ann. de Louis XII, p. 311.) 

Mon cuer est en vostre taille 

Guerpi m'a et à vous se tient. (Ms. 1^218, f. '2'0.} 

8" Route dans un bois: <> Ils avoyent fait une 
« roule et taille, tellement qu'ils pouvoyent issir 
« bors et chercher sur le pais en Noiinandie sans 
« danger des Fran^'ois. » (Froiss. liv. Il, p. ôO.) — 
9° Uois taillis: " Après leur avoir fait beaucoup de 
« maux ils l'attrapèrent près de Xaintes, dans les 
« tailles du Douet, en une embuscade qu'ils luy 
avoient dressé, et fut tué d'une grande arque- 
« busade. » (Brant. Cap. fr. 11, 301.) — « Si le diray 
u les quaire manières d'aler en quesle ; la première 
" est d'aller à vue, la seconde d'aler aux champs, 
» la tierce est d'aller aux jeunes tailles ; la quarte 
« est d'aler parmy les fors. » (Modus, loi. 11.) — 
10» Coupe des vers: « Convient que la taille de 
<i chacune couple à deux paragraphes soient d'une 
« rime tousdiU'erens, l'une couple à l'autre, excepté 
« tant seulement que la dei'uiere couple des .xu. 
" qui font .xxun., et qui est et doit estre conclusion 
« du lai, s'oste de pareille rime et d'autant de vei's, 
« sans redite, comme la première couple. » (Descb. 
f. sot».) — « Taille de rime îi (|ueue simple... quand 
« la queue du vers précèdent esloil semblable en 
« voix au commencement de l'autre suivant, et 
<■ divei's de signification. » (Pasq. Rech. p. C42.) — 
« Taille de rime h douhle queue... quand la penul- 
« lieme et dernière syllabe avoient deux paroles 
« diverses, toutefois de raesme terminaison. » (Id.) 
— » Taille palernoise. » (iNot. 370.) — 11» x Eiifans 
« trais au taille, \enn au monde par l'opération 
« césarienne. » (Bout. Som. rur. p. 548.) 



Taillé. Capable de, propre h , de nature à : 
• Taillé d'avoir du mal. » (Colgr.) — • Le {^rand 
« inconvénient (pii est taillé de s'ensuivre. • (.luv. 
des Irs. Charles VI, p. •2'M).) - « Taillex, (]w ic 
" brief leur me.scbeeroil. - (Id. 173.) — «Aucunes 
« personnes, hommes et femmes, sains de leurs 
•> corps et membres, saichanz, non saicbanz mes- 
« tiers, (jui soient taille::, à ouvrer ne soyenl ou 
« demeurent oiseux en tavernes. " (Ord. Il, p.T/Oi.) 
— " Encore qu'il se deuille d'amours et soit taillé 
» de mourir en ses tonrmens, se merci ne vaine 
« sa dame. » (Fanchet, 1.">G.) — » Ses gens estoient 
'• bien taillez ei en péril d'avoir fort à faire, attendu 
« que les Angloisexcedoiont lors en grand nombre 
'• de gens de guerre les Fraïu'ois. » (.1. Charlier, 
Charles Vil. p. l'.iG.) — « Taillé d'avoir beaucoup 
'. de biens au temps à venir. » (Aresl. Amor. 17.) 

Taille hacoii. Taille boudin. (Cotgr.) 

Taille lunirse. Voir Tau.i.e i'ilieks. 

Taille bras. Fanfaron. (Cotgr.) 

Taille eaiiUm. Même sens. (Cotgr.) 

Taille coup. .leu. (Rabel. 1, 153.) 

Taille fer. Coupe jarret. (Cotgr.) Nom donné 
aux comtes d'Angouléme. 

Tailleis. Taillis : « Encore puel-il qiiesler de 
« joesncs tailleis.... à tout son limier. » (Cbass. de 
Gast. Phchiis, p. lOS.j 

Taille-pilier. Fanfaron : « Il a commencé h 
« s'accompagner de coupe bourses , de mâchefers 
« et de taille piliers, lesquels nous appelions mieux 
» i\ propos taille bourses. « (Merl. Cocca'ie, 1, p. 106.) 

Tailler. 1° « Chastrer qu'on dit plus honnesle- 
« ment tailler. « (Apol. d'IIérod. p. I!»7.^ — De là 
au figuré: » 11 est bien veau qui veau taille. » 
(Cotgr.) — 2° Frapper de taille : 

I.i uns taillent, autres estoquenl, 

Sans leurs ennemi:» eschever. (G. Gitiart, f. 2S0.J 

3° Couper du pain en tranche : 
Avec la pucele menja ; 
Damoiselle Aude li la il la 
Et si menja en s'escuelle. ,'.Us. 7000, p. 82.J 

De là au figuré : « Tailleries morceaux menus à 
« quelqu'un. » (Apol. d'Hérod. p. 30 î. ) — 4° Couper 
une étotTe : 

Tu ne feras sinon ce que vonldras 
Et de mes biens laillefai et couldras 
Et en feras du tout à ta devise. 

Trioniplies de la Noble Dame, p. 131. 

5° Couper un bois: « Tailler le buisson.... pour 
a les noires bestes. ■> (Mod. f. 40.) — 6» Imposer : 
« IUa///rt moult durement son peuple. » (Nangis, 
an. 1330.) — » Se taillèrent chaseun selon son 
« aisément, de gens d'armes à pié et à cheval, 
a d'archers, d'arbaleslriers, et se trahirent premie- 
» rement devant la bonne cité de Noyon. » (Froiss. 
I, p. 213.) — 7» Sculpter: « Le roy le fit (S. Maigrin) 
« tailler en marbre superbement, comme Queilus 
« et Maugiron et autres.... mais depuis les Pari- 
ci siens, pour estre chose trop vaine et abusive, 
« ont rompu tout cela, si bien que le proverbe 



TAI 



TAI 



. courut lona:lcmps ù la cour contre les mignons 
.. et favoris du roy, quand ils faschoient quelqu'un, 
« ou luy faisoyent" dcsplaisir, on disait : Je le feray 
« /rt?7/('r en marbre comme les autres. » Braul. 
sur les duels, p. 308.) — 8" Se préparer îi, au pro- 
nominal : 

De toutes parz le pais queurent 

A rolier le des biens se laillent. (G. Cuiarl, f. 30.) 

Tailloresse. •< La fonction de fiertonneur est 
■' exercée aujourd'tiuy par celuy des ouvriers qui 
« est connu pour veriHcr les flaons qui ont esté 

• adjustés par les ouvriers et les taillcresscs qui 
" sont les lille.sdes ouvriers. » (Ord. I, p. 804.) 

Taillerie. Viande de pâté. (Cotgr.) 

Taille sel)e. Courtillière. (Cotgr.) 

Taille vent. Fanfaron. (Cotgr.) 

Tailleur. I" Imagier, sculpteur: « Un prestre 
. va voir la femme d'un tailleur d'images. » 
(Strapar. II, p. 218.) — 2" Vigneron : « Les labon- 
« reurs des vignes auront et prendiontdes vendan- 

• ges passées et accomplies jusques à la mi feviier 
« ensuivant pour ouvrer es vignes des façons 
« accoustumées en icelles : c'est ù sçavoir les tail- 

• /<'(a'.s dix huit deniers par jour, sans despens. • 
(Ord. II, p. 3G7.) — 3" Emondeur: <• Tailleurs de 
« bois, de bayes, de buissons. » (Froiss. III, p.3l-'i.) 
— « Desjeuné on morceau de tailleur, » une prune. 
(Cotgr.) — 4- Marchand au détail : • Défend icelle 
» chambre, pendant le danger de poste, jusques à 

• ce qu'autrement en soit ordonné, à tous vendeurs 
« et tailleurs de poisson de mer et autres de sem- 
» blable estai, de faire aucun trempis ou lavement. » 

Taillié. Capable de: 

Tailliez sommes d'avoir assez d'annoy, 

Par le Irespas du roy Charles le saige" fDesch. f. 30. j 

El s'il va nulle gent par nuit 

Non lailliez d'aler en déduit, 

Et ils puent estre tenuz, 

Qu'ils soient renvoyez tous nus. (Id. f. A08.) 

Tailliée. Homme taillable: 

Venir a fait de cest pais 

Touz sez privez et ses baillis, 

Ses gravenenz et ses viscontes, 

Sez laillices et et sez contes. (Ron, nis. p. iOi.j 

Taillier. [Faire l'opération de la taille: « Eusl 

• pris à Paris la cure de taillier un enfant de l'aage 
" de demi an.... enlechié de maladie de routnre; 

• et combien que paravanl qu'il l'enlreprist ù 
« taillier et curer de la dilte maladie, il eust requis 
« au dit Guillol père du dit enfant, et à la mère 
" d'ycelluy, si comme en tel cas par les mires et 
« ex'pers en ce est accoustumé, que sa mort 11 par- 

• donnassent ou cas que, après ce que taillié, il 
« alast de vie à trespasscment. " (.U. 8S, p. ïM.)] 

Taillis. 1» Rois- taillis: « Trancbis et taillis de 
n boys sont deffensables jusques il trois ans et un 
. mois. » (Coût. Gén. II, p. I3'i.)— 2» « Motoiers 
« ou taillis, >• métayers, en Bretagne. (I)om Morice, 
préface, p. xvn.) — 3" Taille, terme de monnaie: 

• Mais de grâce, vendez m'en ung, et pour cause, 
« bien et promptcment, vous payant en monnoie 



■ de ponant, de taillis, de basse gresse. » (Rabel. 
IV, p. 23.) 

Tailloir. i° Assiette de bois sur laquelle se 
tranche ou se coupe la viande: <■ Quant ils eurent 
« mangé et beu ù leur voulentc, ils ne gardent 
" l'benie qu'ils ne voient plus ne nappe, ne pot, 
« ne tailloir, ne cliandelle. " (Percef. I, p. 51.) — 
2''nillol: «Mettre le col sur le tailloir. « (Cotgr.) 

— 3° Partie du chapiteau; ici au ligure: « Quicbn- 
« qnedesiroil avoir un conseil de Galon, alloit 
« incontinent trouver Cognazze : il portoit un 
« bonnet, lequel on appelle un bonnet de tailloir 
« du repli duquel pendoient force papiers. » (Meii. 
Coccaïe, I, p. 90.) 

Taîllon. 1° Couteau h trancher. (Cotgrave.) — 
•2° Morceau, tranche: » Mangez ce iaillon de mas- 

- sepain. il vous aidera à faire digeslion. » (Rabel. 
III, p. IGG.) — « Tu n'y entreras qu'à taillons. » 
(Id. IV, p. 17/«.) —3° Supplément îi la taille, dit 
aussi grande crue, ajouté au principal sous Fran- 
çois I": « Le roi prend le taillon sur le peuple 
« pour la solde de la gendarmerie. » (La Noue, dise, 
polit, et milit. p. 287.] 

Taillonné. Coupé par tranches. (Colgr.) 
Taillonnenx. Plein de tranches, de petits 
morceaux. (Colgr.) 

Taillouei*. 1° Tailloir; le nom et l'ustensile 
subsistent en Basse-Bretagne : 

Quant il doit boire, il prent le pain, 

Et comme s'il n'eust point de bouche, 

Les morceaux désire en sa main 

Et sur son lailloucr les couche. [AI. Charl. p. lAS.J 

2° Tranche : « Le comte de Foix ayant pris à son 
« fils le poison qu'il lui deslinoil, en mit sur un_ 
« taillouer de pain, et appela un chien, et luy en 
« donna ii manger. » (Froiss. III, p. 31.) — 3" Partie 
du chapiteau : « Ceste sépulture est en figure carrée; 
» au lieu de colonnes, ce sont les vertus approchan- 
« tes à la moyenne proportion du colosse; elles 
« souslienneni le vase, et taillouer du chapiteau 
« dessus leurs testes, enrichies de feuilles d'acan- 
« the, et branche vesine, pour soustenir le plinthe 
« de ce baslimenl. » (Hem. Delleau, I, p. 20.) 

Taillurc. Sculpture: 

Tu n'imites l'engraveur 

Que l'imagere tuillurc 

Entlamine au vulgaire honneur 

De la muette gravure. (loxjs le Caron, f. 5i.) 

Tain, .\malgamc d'élain et de mercure qui d'or- 
dinaire s'applique derrière les glaces : « Li diamant 
« mis sur tain qui luy donne le lustre et le feu 
« qu'il doit avoir. « (Lelt. de Pasq. 111, p. 271.) 

Taindre. Obscurcir, pâlir: 

Lues ke la vi, ne m'en peut départir 
Por li sovent m'estuet laimlre et pâlir. 

Poil. ms. nv. 1300. t. m, p. 1122. 
La clarté est.nindre 

Et li jors obscurcir et taindre. (Ms. 1518, f. OA.j 
Se par pitié ne vainl la cruauté 
Ki si me fait descoulourer et taindre. 

Pool. av. 1300, l. III. p. 109». 



I 



TAI 



- 9 - 



TAL 



A vous seule je mo complains 

De la dnrlé qui mo fait plaindre, 

Souspirer et gomir et laindrc. (Al. Cliart. f. TSl .) 

Il mo faiildra temprement dévier, 

Et à la mort toiidiz estudier 

Plaindre et yomir, taiiulrt: et finir mes jours. (Desch. 103.) 

Do tout mon temps no vi si dur caresmo : 

L'en n'a do mer poisson qui le cuer laiijnc. (Ici. f. 32-4.,' 

Tains. 1» Pai'ticip. pas. de taiiidrc, cas sujet. 
I';lli, obscurci, imbu de : 
Or en soyez surs et certains ; 
De demander ne soiez laiii.i 
Vous n'en serez jà escondis. [3 Maries, p. 473. J 

« Gens qui n'avoyent de quoy vivre et qui estoient 
« tous tains et velus de famine. « (Froiss. H, 172.) 

Que pai.\ terriennement, 
Advis, bon gouvernement, 
Mette au monde qui est tains 

Do villains 
Pechié très horriblement. [Desch. /'. 04. J 

Or ne me prent talent de rire ; 
De dolor sui noircis et tains. (Ms. 7318, f. iSS.) 

2' Subst. Teint: 
De vostre amour, dame que tant desir 
M'a esmeu vo beauté qui tout passe ; 
Quant je vous vi premiers, n'ot pas espasse 
De concevoir do vo beauté li tains (Poës. do Froiss. 54.) 

3° Couleur : 

Tains ne blazons ne le pot contrester 

Nili haubers garantir ne tenser. (Rom. de Roncev.) 

Taint. 1° Partie, passé de taindre ; cas régime. 
Obscurci: « Exploictez vous, seigneurs, car le temps 
« s'en va: proesse est tainte de\vop de couverture, 
" or de la mettre en l'air, si l'un reviendra le 
<■ cueur. » (Percef. IV, fol. 137.) — Après la défaite 
de Roncevaux, Charlemagne <■ s'ot moût la ciere 
« tainte et pale. » (Mousk. p. 243.) - 2° Snbst. 
Teinture : 

De coroie, ne çaint 
Ne vesti d'escarlate ne de drap d'autre taint. 

Ms. 7218, f. 340. 

Taire. 1° Verbe : « Il vaut mieux se taire que mal 
« parler. » (Cotgr.) — « Taire et faire sont requis, 
« par mer et par terre. » (Cotgr.)— « Bien dire fait 
« rire; bien faire, fait taire. » (Id.) — « Sots sont 
<■ sages, quand ils se taisent. >• (Id.) — « Le plus 
« sage se tait. » (Id.) — « Oy, voy, et te tais, si tu 
« veux vivre en paix. » (Cotg.) — <• Quand d'autruy 
« parler tu voudras, Regarde toy et te tairas. « 
(Id.) — « Qui de tout se tait. De tout a paix. Vers 
« nul n'a plaist. » (Ms. 0812, f. 83.) 

Souvent mieus vaut se taire 

Que le parler, si com l'en dit. (Ms. 6812, f. 52.) 

Je crois que je tarroy atant 

Mon chastoy, car en recitant 

De ton bon père le scavoir 

Est assez cler et apparant 

En quel guise il fut gouvernant. (Desch. f. 321.) 

2'= Subst. Action de se taire ; silence : « Un bon 
« taire ne fut jamais escrit. - (Strap. I, f. 155.) 

Or soit li taires en saison, 

Tant que vous ai despondues 

Les noveles k'ai entendues. (Poët. av. 1300, IV, 1338.) 

Taisant. Discret, peu sensible : 

Comme du droit plant de baune, 
Qui ne porte pas couleur jaune, 
X. 



Mais vermeille, fresche et plaisant 

Qui fait tout odour taisant. (Desch. f. 407.) 

Taiser. Forme exlensive de taire : « .Je l'ay 
« taise... quand viendra le temps de le dire, se 
« pourra faiie. » (l.ett. de I-ouis XII, III, p. 20.) — 
« Si ceux ([ui ont escrit son harangue qu'il fil à 
« l'heure de sa mort ont taise ce irM, ils ont eu 
" tort. » (lîranl. Cap. Ir. 111, p. 8t).) 

Taisihle. Tacite : « Société laisible. >• (Thaum. 
Coul. de lîerry, p. 20'». ) — « Mcssagier, soyez veri- 
" table, taisible et secret, hastif et loyal. » "(.Nef des 
Fols, fol. 01.) — <• Disoit iceluy deffendeur que de 
» droit... avoil hvpotlie(iue taisible. » (.Jacq. Cuer, 
page 178.) 

Taisihlenient Tacitement: « La raison... cha- 
« touillée par les llatcuses et trompcresscs passions 
« leur communi(iunnl ses seci'ols, cliiuasi laisible- 
<• ment conjurant encontre soy, se soubmct bien 
« souvent à leur mercy. » (Pasq. Monoph. p. 153.) 

Taisir. 1° Verbe ; forme extensive de taire : 
« Bon taisir vault ; trop parler nuit. « (Ms. 7'J'JG, 
fol. 93.) 

Li rois no vot plus laisir 

Aine lor a dit moult vittement. (.Mousk. p. 287.) 

2° Subst. Silence : 

S'aim assez mieux garder mon boin taisir 

Que dire riens ki li tour à pesance. (Vat. 1400, f. 20.) 

Taisse. [Poche, bourse : » Et offroit sa taisse 
« qui estoit toute plainue de florins. » (Froiss. IX. 
page 3G0.)] 

Taissel. Tasseau : 

Adonc fermèrent le vaissel 
Tout environ, à bon taissel 
Puis le mirent en certain lieu. (Hist. des IIl .Mar.p. 457.) 

Taisson. Blaireau : « On dit que un enfant qui 
» oncques n'auroit chauscié sollers, si les premiers 
« qu'il chausse sont de pel de taisson, il garira les 
« chevaulx du farcin, s'il monte sus. •> (G. Phéb. 80.) 

Taissons qui pou vont par chemins, 
Hirsons, et dains, louves servieres. 
Et bestes de plusieurs manières. (Desch. f. 488.) 

Takené. Raccommodé : 

Et estoient sus caint parmi 

A replois ou ventre et ou dos 

Holettes portant à leurs cols ; 

Et orent solers tahencs. (Froiss. poës. p. 282.) 

Tal. Huile extraite du fruit des mûres, des cèdres 
épineux. (Cotgrave.) 

Taie. Osselet : « Ce que des dez je vous ay dict, 
« je dy semblablement des taies ; c'est sort de pa- 
« reils abus. " (Habel. III, p. 59.) 

Taleineliei". Boulanger : « Nul talemelier ne 
« peut faire plus grant pain de deux deniers. » (Stal. 
des boulangers, dans D. C. sous Talemarii.) 

Taleniouse. Casse- museau; espèce de gâteau : 

Item a .lohan Raguier je donne 

Qui est sergent (voire des douze) 

■Tant qu il vivra (ainsi l'ordonne) 

Tous les jours une talemouse 

Pour bouter et fourer sa mouse. (Villon.) 



TAL 



10 - 



TAM 



« Donner une lalcmoiuc, • un coup de poing. 

(Oudin.) 
Ta'.einouser. Donner un coup de poing. (Oud.) 
Talent. Désir: <■ L'assurance que i r.vons 

« en Dieu nous donne talent de noui) uivltie à 

a l'eslude. » (Beau m. p. 1.) 

.... Me semont ma volenté 

De chanter, mes talent n'en ai, 

Uur trop m'ont mis en grant tsmai 

Mesdissant et à tort arevé. ,t oël. av. i300,IV,p. lASl.j 

Nus ne puet avoir povrc office 

Qui sert femmes à leur talent. (Desch. f. 557.; 

Talentieu, iz. Désireux : 

De cliel espoii- sui tout adès garnis 
Qi moult m'a fait de servir talentieu 
Et de durer les maus d'amours penieus. 

Vatican, n- H90, fol. 73. 

Quant il est chaus et boillant, 

Et talent iz et rcrauans 

Au point qu'ele li voit avoir. (Ms. 7615, II, f. 137.) 

Taloolc. Parcelle. (Colgr.) 
Talevas. Sorte de bouclier : 

As-tu encor en armes preste ? 

Quelles armes ? Ton bourdon acéré 

Dont je t'ay veu jousler au talevas ? 

Nennil, par Dieu, il est tristes et mas. (Desch. f. 332.) 

Talevassier. Homme armé du talevas : « Com- 
a manda par tous les loigis de son host, que clias- 
« cune chambre heustlelour ensuivant un homme 
. d'armes et deux talevassiers pour assaillir le 
a chaslel. » (Jean de la Gogue, Hist. ms. des princes 
de Deols.) 

Talisman. Gravure constellée, en persan, 
d'après Dorel, qui cite Gaffarel, auteur d'un traité 
des talismans. 

Talle. Thalcr: « Alexandre présenta (à Démo- 
« crile: grande quantité de talles ; quand il les vit, 
« il s'en muc(iua et fit sa dérision, disant : Cuyde 
a Alexandre moy tempter ':.... Et en ce disant, les 
« rebuta et refusa les prendre. » (Hist. de la Toison 
d'or. H, f. 155.) 

Tallcmcllicr. Boulanger : « Le boulanger ou 
tallemellier qui sera trouvé avoir fait plus petit 
a pain et de moindre poix. » (Ord. II, p. 353.) 

Talloclie, loche. Petit bouclier : » Ayant en 
« l'une des mains talloehes et en l'autre basions 
« deffensables. >■ {01. de la Marche, II, p. .")85.) — 
« Ne se vouloil rendre à François quelconque, 
« ainçois se couvroit d'une grande taloehe, et 
« estoquoit d'un espieu de guerre. » (Bertr. Du 
Guescl. par .Mon. p. i'2'i.) 

Talinelier. [Boulanger : « Et se aucuns autres 
« talcuictiers ou autres personnes que les taleme- 
a liers de ladilte ville de Baugenci vendent pain 
a en icelle ville, ledit asnier peut prendre le pain 
« comme à moy acquis... « (1377. Aveu du moulin 
de Choiseau, Baugenci. L. G. de D.)] 

Taloclier. Brutaliser : « Talocher ses amours. » 
(Cotgrave.) 

Talon. 1° Partie postérieure du pied chez 



l'homme : « Les talons vers le ciel trébuche. » 
(Mousk. p. 195.) 

De h'i les expressions suivantes; « Tomba en 
n nostre ambuscade où il fut delTaict sans combat- 
a tre, pensant avoir le diable à ses taluns, et fu pris 
« prisonnier. » (Du Bell. 1, L 31.) — « Despescha 
« le capitaine la Chapelle de Biron avec 30 salades 
« pour donner îi toutes brides dedans le village, et 
» hiy luy dcvoit suivre aux talons. « (Du Bellay, X, 
f. 308.) — • Ciuiubsor les talons à une personne. » 
(Cotgr.) — « Veez cy une telle ; elle est moult cour- 
» toise de son corps, et a les talons bien eourts, et 
» tel et tel se esbal avec elle. » (Le chevalier de la 
Tour, Instr. à ses filles, f. 57.) 

Messire Jelian de Challon 

I fu du pié jusqu'au lalan. 

Assez toi d'autres sans nombre 

Que je ne po veir por l'ombre. (Ms. GS12, f. SO.) 

L'en dist que cil ne puet tuire, 

Qui les talons a bruslez. (Ms. 6812, f. 67.) 

Deslogca environ minuit 

Le roy, et li autres trestuit 

A Reins muitstroient les talons. (Desch. f. 57A.) 

2" Partie postérieure du pied d'un animal : » N'est 
« nul cerf si joesne, s'il porte .vi. cors ou i>lus, qui 
« n'ay le talon plus large que n'a une biche. » 
(Gast. Pbéb. p. 148.) — 3" Pied d'uuv forteresse : 

Et li borgois si cheminèrent 

Prés de Besançon ; li ques .IV. 

l'or une forterece abatre 

Que maistre Jehan de Chalons 

Ot fermée jusqu'à talon. (Ms. 6S1S, f, 75. j 

4" Partie d'un gouvernail: <■ Talon du gouver- 
« nail. » (N'icot.) 

Talonné. Foulé : « Chemins hantez et talon- 
« nez. » (Mcot.) 

Talonnenient. Action de talonner. (Cotgr.) 

Talonneux. Qui talonne. (Cotgrave.) 

Talopc. Haie : « Le loup malade de la rage 
« entre dans un talope de bois, comme une grosse 
« baye, ou dans un petit bocqueteau. » (Salnove, 
Vénerie, p. 273.) 

Tailler. Bâtir en talus : « Qui ha fondé, pilo- 
« tizé, taillé f Qui maintient, qui substante, qui 

« nourrit les dévots religieux par les convcns ? 

« Sacrées decretales. » (Rabel. IV, p. 22G.) 

Talurc. Meurtrissure. (Cotgrave.) 

Tani. Tan : <■ Il faut prendre des escorces ou 
a cschallcs de noix, autiement a|)ellées tain, et les 
. piler bien fort. » (Fouill. Vén. f. 83.) 

Tambour. « Un fol dessus un pont, c'est un 
« tambour en la rivière. » (Cotgr.) A cause du bruit 
qu'il fait. 

Tainbourcr. Tambouriner : 

Et quant ils vont à la rivière 

Cuyde lu qu'ils voisent derrière 

Les faulconniers ! Mais tout devant 

S'en yront tous di/, tamboiirant. (Modus, f. ii.j 

Tamis. La peur de la mort « purje et sance 
« L'ame au fin con par un tamis. » (Ms. 7015, I, 
f. 102.) 



TAN 



11 



TAN 



Tamoulcnant. Hèvanl î» quelque chose, 
((idlgravc.) 

Tanipions. « Deux billons joints ensamhlo par 
<■ les houls el armés l'S autres bouts d'ampes de 
« fer (laiilelées, lenaus la toile etaiidue et bandée. » 
(Monet.) 

Tampon. 1° Ecouvillon : <= 11 y faut cordiers, 
» cbarnins, tourneurs ù faire Icuapons de canons 
« et autres choses, et que ciiascun face son nies- 
« tier, et soit sai'ny Je ce ([ui sera nécessaire. » 
(Le Jouvenc. f. 8(1.) — "i" Bonde : » Poisson d'un 
« vivier, incontinent le tampon tiré pour pesquier 

sera tenu pour meul)le, et au paravant ledit 
» tampon tiré, pour héritage. » (C. G. I, p. 810.) 

lùvprcsiiions : » Un gros tampon, » un homme 
gras. (Oud.) — « Colin tampon, » son du tambour 
■'- !'i marche des Suisses. (Colgrave.) 

1. Tan. Taon: 

Roland regarde tout qui a l'ame saisie 

De la froide poison d'une aspre fclonnie, 

Et chancelle inconstant comme ce prestre saint 

Que le tan de Dachus trop vivement attaint. 

Desporles. p. 448. 

2. Tan. Souillure: « Pour rasséréner leur 
« ardeur et oster le tan ou souillure de ce vice de 
« vostre ame, que vostre raison soit bien clair- 
« voyante. » (Lelt. de Pasq. III, p. r>91.) 

Tananco. Fatigue : « Ne me soit imputé à 
« tanaiice, ne à ignorance paresceuse. » (Tri. des 
IX Preux, p. 425.) 

Tanceresse. Qui tance : 

Tiamo d'orgueil et de tout mal princesse, 

llesdaigneuse, hautaine, tanceresse 

Oui d'esmouvoir chascun fait son effort. (Desch. f. 345. J 

Tancheau. Petite tanche; « Nuls poissonniers 
« ne autres ne peut ne ne doit vendre barbeaux, 
« carpeaux, ta)icheaux, ne anguillette, desquels 
" les quatre ne vallent un denier au moins. » (Ord. 
II, page 584.) 

Tancier. Tancer : 

Se or, pooie à lui tancier. 
Et corabatre et escremir> 
La char li feroie frémir. (ils. 7318, f. 29S.J 

Tançon. Action de tancer, de se quereller, de 
combattre : 

Bretons et Piquarz se rassemblent 

Iriez et plains de cusançon 

Lieve la noise et la tançon, 

Le contenz et la discordance 

Entre Flamens et ceus de France. [G. Guiart, f. 359. J 

N'espargnent à celé tançon 

Homme, ne famé, n'enfançon 

Ainz vont ociant tout à tire 

Uns et autres à grant martire. (Id. f. Oi.) 

Tandeill. Tendon : « Et a au pié tant tandeill, 
« comme en la pale d'un oye. » (Mod. f. 56.) 
Tandis. 1° « Tandis comme, » tandis que: 

Dites moi combien vous profite 

La fable, quant el vous est dite : 

Prendre i poez une risée 

Tandis comme elle est devisée. (ils. 731S, f. i31 .] 

2» Moment : 



Si ne fu le temps qu'un tandis 
Dieux sait la cause et la raison. 



(ils. 6813. f. 53.) 



Tandoille. Tendon : « La loutre a ou pied 
' taniloilles comme en la -lale d'une oye. » fMod. 
folio ;!().) 

TaniV I" Oui a la couleur du cuir tanné : " Vcstu 
" de veluau inde el tané. » (Ghr. de S. Denis, III, 
f. 35.) - 2" Cerné : 

J'eu large front, chauve le fesie, 

L'œil lunâ, creusé dans la teste. (I^aïf, p. 271.J 

3- Ennuyé: « Se prihl Moridas à chasser moult 
■< longuement, tant que le roy fust tané de la chose. • 
Percef. I, f. 113.) 

Tanoitté. Tanné de couleur : « Biau chien 
» d'oysel doit avoir grosse teste et granl corps , et 
« bel de poil blanc ou taneitté. » (Chass. de Gast. 
Phéb. p. 130.) 

Taner. Ennuyer : « Vous nous tanés de tant 

- parler. ■> (Poës. de Froiss. p. 435.) 

Tanerye. [Tannerie: u Le grant Escault venoiL 
" en la /rni^'nye el sur le noef pont. » (Héc. d'un 
bourg, de Valenc. p. 47, an. 1307.)] 

Tangoner. 

S'il ne la conquière, 

Ki adès le puet tangoner 

Ne voi c'on li puet escaper. (Poël. av. 1300, II, f. 825.) 

Tangueur. Uéchargeur. (Cotgr.) 
Tanison. Action de tanner : 

Dame, ce dist li advocas. 

Entendre vous fault à tous cas , 

Pour ce est vostre cours ouverte. 

Ne soiez pas si descouverte, 

Tost vous plaindez de tanison ; 

Rendez nous sentensce et raison. (Poës. de Froiss. 435.) 

Tannage, erie. Action de tannei', lieu où l'on 
tanne: « Volons el octroions, par ces présentes, 
» que les maistres ordonnés.... sur le mestier de 
» fajtHcn't'.... aient la Visitation, cognoissance et 
" interprétation du fouage des cuirs tannez, et la 
■' punicion aussy semblablemeiu comme ils ont sur 
« le fait du tannage. » (Ord. V, p. 315.) 

Tanné. De couleur semblable au tan: « Les 
'. faucons doivent estre blancs tannez, tirans à 

- rousseur de poulaille. » (Arteloq. Faucon, f. 89.) 

- Robes des eschevins de Paris, en 1539, « de 
<■ veloux my parties de cramoisy et tanné brun. » 
(Mém. de Du Bell. VI, p. 42G.) 

Si j'aime le tanné sur toutes les couleurs, 

Ce n'est pas sans raison ; l'aigle qui tient l'orage 

Du père Jupiter, en a peint son plumage, 

Le tonnerre en a peint ses flambantes horreurs 

L'amaranlhe en a peint ses immortelles fleurs. 

Auiadis Jamyn. f. \Zi. 

Tanneaulx. Tanneurs : 

Helas, vous autres de mestiers, 

Marechaulx et cordouenniers, 

Et les lanneaulx de pianx velues. 

Vous nous avez esté moult chiers. (ilonstrel. I, f. 333.} 

Tanner. 1° Act. Obscurcir, brunir : 

Doncques ne me blasmez si je suis trop junette 
Errant parmy les champs, vagabonde et seulette, 
Le soleil radieux, de sa vive chaleur 
Pl chantre mon beau taint et tanné ma couleur. 

Rem. Belleau, I, p. 97. 

2" Rcll. S'ennuyer de: « Tous les notables de la 



TAN 



1-2 — 



TAP 



« ville de Druges se tannèrent de la guerre. » 
(Mém. d Olivier de la M;irche, 11, p G-29.) - « 11 se 
« tannoit el lourmeiiloil el n'avoil heure de repos 
« et si ne pouvoit fournir ù tout. • i^llist. delaTois. 
dor, I, f. 1 i.) 

Ainsi mon lems pn douleur use et passe 

Dont le surplus desjà me tanyie et lasse. (A. Cliart. 534.] 

Tanquelique. 

Les musardes achètent 

Hardcs et laïKnicliijucs 

En ce mettent .xx. sous 

Qui ne vaut pas deu.\ pipes. [Ma. 7015, II, f. iA'i.J 



Tans. Pluriel de temps, moments : 

(Mousk. p. 301.) 



Constantins en fu trop dolans 
Si fut liens ses lius deux tans. 



Grant dueil ai de mon avoir 

Que je lerai par taus ; je cuit, 

Je ne verrai la micnuit. (ils. 1218, f. 2S2.) 

Tansement. Action de lancer. (Cotgrave.) 
Tansouuier. Querelleur. (Cotgrave.) 
Tant. F.xpressions relatives à cet adverbe : 

Voirs est que li nostre ennemi 

Sont plus de nous tant et demi. (Poës. de Froiss. i08.) 
En tant mains leus fu de grant pris. [ils. 1218, f. 348.] 
.vi"". hommes d'armes on ta>it. (G. Guiart, f. 258.] 

« Pour ce que Charles de Blois marcha et qu'il 
« ne descouvrit pas une petite embusche qui esloit 
« en un bosquet qui luy donna par derrière, tant 
« qu'il combatoit, il lu desconfi. » (Jouvencel, 
p. 313.) — « Tu deffais le tant de monseigneur. » 
(Conlred. de Songecreux, f. l'25.) — •> Il m'a tant 
o ainsi qu'enlreoublée. » (Chans. du XlIP siècle, 
ms. Bouhier, f. 313.) 

Venez ens, si verrez le nostre ; 

Si fesons marchié Dieus tant bien ; 

Si ce non, chascuns rait le sien. [Ms. 1218, f. 249.] 

« Tant comme le Jouvencel faisoit ses ordon- 
« nances, en son embusche, le sire de Ro(|ueton 
<• faisoit ses approuches. » (.louvencel, p. 31.»;!.) — 
« Vous avez cy oy comment le procureur des 
« humains, la char et le monde se tiennent pour 
a meffais de tant comme ils ont creu Sathan. » 
(Mod. f. 297.) — ' 11 me estoit advis i|ue vous tour- 
« noyez tant à tant. « (Lanc. I, f. 'J'i.) — « Nostre 
« cerveau ne fait ses opérations en nous, sinon de 
« tant et en tant que nostre cœur ly convie. • 
(Pasq. Rech. VIII, p. G75.) 

Le mesticr sai ge moult bon 

Pour gaaigner et tant et plus. [Ms. 1000, p. 32.] 

Maint ont esté deceu 

Par dire j'ay cerf veu ; 

Dont riens n'estoit ; si altendroye 

Tant el si que je la vcrroye. [t'ont. Guér. ms. p. 12.] 

Membre li de ses amors 

De Hichelete le prox. 

Qu'il ot amce tant jors. 

Dont jetta sospirs et plors. [Ms. 1080^, f. 80.] 

• Afin ([ue chascun puisse avoir tant meilleure 
« connoissance des dites coustumes. » (N. C. G. II, 
p. 1003.) — " Si vous vous faites assaillir tant ne 
« petit, vous estes morts sans mercy. » (Froiss. I, 
p. '238.) 



La chair tellement garderas 
Qu'eUe ne touche en rien au gant 

Ne à l'oyscl ne tant ne <]uant. [G. de la Dijnc, p. 93.] 

« Nous nous soulTrerons à parler tant fiu't'i pre- 
<• sent du [irince, et maintenant parlerons des 
« besongnes d'Aquitaine. » (Kroiss. I, p. 407.) 

Ne ja ne vous sera nommez. 

Ne li dons, ne la damoiselle, 

Qui tant est avenant et bêle. 

Tant que de si saurai 

Que de vous le don aurai. [Ms. 1015, I, f. 112.] 

" El ù cens ([ui ont propre monoye, veut le roy 
« que il soit tenu en leurs terres, fors tant que 
« chascun puisse faire prendre sa propre monoye 
" en sa teri-e. » (Ord. I, p. 95.) 

Tantay. Cloche pendue au col des vaches. 
(Cotgrave.) 

1. Tante. Marguerite d'Autriche écrivait à 
Anne de lieaujeu, sa belle-sœur: » Madame, ma 
« bonne tante. » (dodelr. Charles Ylll, p. 547.) 

2. Tante. Féminin de /«h/, en si grand nombre: 

En Dieu tient ceste chose toute 
Qui volt que la tante personne 
Perdist de France la couronne. {Ms. 0812, f. 09.] 

Tantelet. En si pelile quantité: « A tantelet de 
« bonnes gens qui demeurés sont en lonroyaulme. » 
(Percef. II, f. 43.) 

Tantôt. Même sens: " Allons comballre aux 
« ennemis, cncc latitet d'Angiois qui sont demeurés 
« derrière. » (Froiss. I. p. 130.) 

Tanticsinc. Quanliùme. (Cotgr.) 

Tantillon. \^n peu : " Ceux ci sont un petit 
« tantillon bien sales, mais si passeront ils. » (Des 
Ace. Bigarr. p. 09.) 

Tantin. Même sens: 

Vers eus s'adresse ce mutin, 

Disant : Attendez un tantin. [Arest. amor. p. 390.) 

Tantoillé, onillé. Souillé, sali : » Descierges... 
« tatiloillex; de.sbiisez et poUuz sallement et villai- 
« nement. « (Alector, Rom. p. 45.) — Henri IV 
découvre à Sully ses pieds couverts d'emplâtres, 
<■ luy faisant voir plusieurs fautes et crevasses toutes 
« tanlouillées de sang et de grosses cloches. » 
(Mcm. de Sully, II, p. 218.) 

Tantost. nienlùt: » Si aucuns goudaliers mur- 
<■ muroient entre eux, les aucuns autres disoyent 
u tout haut: Sire maire de Londres, et vous autres 
« qui avez la justice i'i tenir el garder, faites justice; 
» nous le voulons; el n'épargnez hommes, car 
» vous voyez bien que les cas qu'avez monstres le 
" demandent, et tantost. » (Froiss. liv. IV, p. 335.) 
—  Le dit l-'oiiquault fut en bon point tantost que 
« il ot un peu reposé. » (Chr. de S. Denis, II, 27'2.) 

Tapé. Qui a un coup de marteau, qui est un 
peu fou : 

Li sage do cest monde 

Seront fol et lapé ; 

Li aver comparront 

Ce qu'il ont ci happé. [.Hs. 7015, II, f. 142.) 

Tapeçon. Poisson. (Cotgr.) 
Tapecoue. Débauché. (Colgr.) 



TAP 



13 — 



Ali 



Tapecul. Itarrière à biisciile: « M. de Trcisny 
" pril à main droile el se looea jusf|ues ou lajjvcul 
" lie la liastille. ■> (I,ell. de l'asci. II. p. -JiO.) 

Tîipi. Terre balliic: » l'.llo n'avoil pour murailles 
« ((ue les maisons des liabilaiis, la phispart des(|uel- 
» les n'esloieiit que de bois, ou de bauge, ou de 
. lajii. » (Mi'm. de Sully, I, p. -l'H',.) 

Tai)iii (à). Eu tapinois: 

Il s'en fui à lapin 

Eu Austrie, droit à lY-pin. (Mousk. p. 40. J 

ïapinaige (en). Môme sens: 

Jugez en vous la folio el nultraige 

Qu'a fait Mauynm, qui va en ïapinaige. fDesch. f. 306. J 

Tapinaiidiere. Tanière: « Entrains en leur 
« tapiuaitilicrc, nous dil un p;ueux de l'iiosliere 
" au(|uel avions donntf demi lésion. » (liab. V, 47.) 
Tapiné (à). En tapinois: 
A lapine sont, es le pas, 
Vinrent au roi sans nule atente ; 
Dormant le truevent en sa tente ; 
Lis coutiaus li boutent el cors. (Mousk. p. 28.) 

Tapinement (en). Même sens : « En tapine- 

« ment cl occultement. » (Chr. de Nangis, p. 2.) 

Tapir. Cacher: « Pour couvrir el /«/;/;• ses mau- 
« vais el faulx contacts usuraires. » (Cr. Coul. de 
France, p. 401.) 

Tapis. Tapisserie: 

Adonc les fenestres ouvri 

Et tous les lapis descouvri 

Pour savoir s'elle s'i mettoit ; 

Mes vraiement pas là n'estoit. (Froiss. i'oë.5. /). i?.3. ' 

E.rjyressions : « Quand voyant un liomme au 
« dessous de toutes afl'aires, nous le disons estre 
« réduit au tapis, c'est une manière de parler que 
« nous emprunlasmes des joueurs, lesquels jouent 
« sur un tapis verd, quand ils n'ont plus d'argent 
a devant eux, pour meslier mener; ils sont con- 
Iraints de r'emparer la table; on les dit estre 
« réduits au lapis verd. » (Pasq. Recli. p. 7'28.) — 
Deux barques entrèrent chargées de poudre bien 
« à propos el au profltdesRochelois, car ils esloienl 
« au ^fl/;/s pour les poudres. » (Brant. Cap. fr. II, 
p. 253.) — « Demeurer maistre du tapis. >' (Cotgr.) 
— « Sourd comme un tapis. « (Bouchel, Serées, II, 
p. 223.) - « Discourir sur le tapis. » (Montl. I, f.G79.) 

Tapissement. Action de se tapir, de se cacher : 
« Encores les povez-vous voir figurées sur le pillier, 
« ainsy comme tapies de paour : fors vous me dittes 
« vray ; encores n'avoys je veu leurs ymages, pour 
« la manière de leur tapissement. » (Percef. II, 77.) 

Tappecul. Bascule : « Les portes esloienl 
« closes et fermées avec les tappeculs el serrures ; 
« et y avoil garde d'hommes à grant multitude, bien 
o armez. » (konslrel. l, f. I(i6.) 

Tappinaige (en). En tapinois: « Se fu tenue 
« derrière les autres, comme en lappinage. » (.\1. 
Chart. de l'Espér. p. 274.) 

Tappy. Accroupi : « Il luy semble qu'il veit 
« Friande sa compaigne au long de l'huys, tappye 
« comme pour enfanter. » (Percef. IV, f. 26.) 



Ta|)yn:»i(je (en). Eu taijinois : 

Qu'il s'en iront en lapxjnaijc 
Ainsinc comme en pèlerinage. 



(Itoie.J 



Taijue. Plaque: « Au regart des huys, portes, 
« porches, fenestres, verrières, plaquarts, lai/ucs 
" de 1er el autres choses appiù[uif'es, alaclices ou 
« cloucez cl qui ne se iieuvenl osier sans endom- 
» mager la maison. » (C. G. Il, p. 1013.) 

Taquette. « Besongner ù la laquelle, <■ travail- 
ler avec ardeur, dans le patois d'Orloans. (Cotgr.) 
Ta<|uin. Avare. (V. Tachoux.) 
Ta(inincment. Avec avarice. (Monet.) 
Tacinincrie. Avarice : " Chicliefé et taquine- 
" rie. •' , Bouchel, Sei'ées, III, p. 174.) 

Tar. Belelle des champs. (Cotgr.) 

Tarabas, in. « J'en feis consulter la matière à 
« messieurs les clcrcs,el pour résolution couclurenl 
« en frise somorum qu'il n'est tel que faulcher 
« l'esté en cave bien gainic de papier et d'ancre, 
« de plumes el ganivet de Lyon sur le Bhosne, 
« tarabin tarabas. » (Babel. II, p. 12G.) 

Tarain. Tarin, oiseau à [ilumage verdàtre: 
.l'oy l'alouette chanter, 
Tous oyseaulx joyc mener, 
Le larain, la tourterelle. (Dcscli. f. 272.J 

Tarantatare. Onomatopée imitant le son de la 
trompette : « Quelle convenance y a-l-il entre des 
« tarantatare de trompeles et des sons de cloches 
« et des kyrie eleisons entre le maniement des 
» picques. » (Merl. Coccaie, II, p. ICO.). 

Tarascon. « Entre Beaucaire el Tarascon, ne 
« paisl ni brebis, ni mouton. » (Cotgr.) 

Tarant. [Tarot; carie dont le dos est marqué de 
grisailles en compartiments ; elles sont de plus 
gravées d'autres figures que les cartes ordinaires. 
On les nomme encore jeu d'épees et de bâtons; 
cartes aluellcs en Saintonge, caries espagnoles.] 
« Cartes de tarant. » (Des Ace. Bigar. i. 5.) 

Tard. Ailj. 1° Tardif: « El pour Vhmre tarde 
« aurions continué el remis la dite assemblée à 
« deux heures de relevée. « (Coul. Gén. I, f. 709.) — 
2" Lenl : ■• Son allure est si tarde. » (Baïf, p. 3.) — 
Subst. Soir : >■ Voyant que le tard approchoit. » 
(Nuits de Slrapar. II, p. 359.) — Adv. « Qui tard 
« veut, ne veut. » (Colgr.) — - Je croy que ces gens 
« de Ribadane ont parlé à ceux de Bayonne el sont 
« courroucez de ce qu'ils me donnent vingt Moris- 

« ques Sainte Marie, dit-il, encores qu'il ne 

« donnassent ja tard, autant ils auroyenl plus cher 
" que je fusse pendu. » (Froiss. III, f. 141.) 

Expressions : » Tard avisés. » Nom des révoltés 
du Quercy sous Louis XIV. (Lettre de M. Lefrancde 
Pompigndn, à M. le chancelier de Pomponne, 10 
janv. 1756.) — Ce fut aussi le nom des révoltés en 
Périgord. (Chronol. novenn. III, fol. 35.) — » Tard 
" venus, « nom d'une grande coinpagnie aux envi- 
rons de Lyon en 1361. Une nouvelle troupe vint s'y 
adjoindre, leur chef s'appelait l'ami de Dieu el l'en- 



TAR 



- 14 — 



TAR 



nemi de tout le monde. (Choisv, Vie de Jean le Bon, | 
p. 378.) 

Tarder. 1° Relarder: « Je m'en vengerai, quoy 
• qu'il tarde. »(Cvml>. mund. p. 87.)— « Quoyque 
. fol tarde, jOUT ne tarde. » (Colgr.) — 2» Détourner : 

Madame lors me regarde, 

Un petit rit, et puis me tarde _ _ 

Son regard, et aillieurs le met. (Froiss. poes. p. iSo.j 

Tard i té. Retard: 

Celuy qui tout voit et d'égale balance 

Sçail peser juslemenl le bienfaicl et l'offense _ 

Attend pour quelque temps ; et puis la tardile 

De la peine compense avec la gravité. (Du Bellay, 101. J 

Tardiveté. Lenteur: ■ On pensoit le troisième 
« jour les aller combattre, mais la tardiveté de nos 
. chefs fut cause do les nous faire perdre, car... ils 
« deslogeient. » (Mém. de fiu. Bellay, 11, f. 33.) — 

1. Tare. Déchet, manque, de l'arabe tarha: « Il 
« y avoil 40 mille cscus, pour la tare de l'or, outre 
. lesdiz douze cent mille escus dont j'ay parh-. " 
(Uu Bellav, 1. III, f. 92.) — « Il y avoit six aulnes de 
» tare en sa pièce de drap. « (Pasq. Rech. p. 748.) 
— » Tares desdites confitures. » (Ordon. I, p. 515.) 

2. Tare. Poix dont usent les cordiers. (Colgr.) 
Tarelement, tare. Action de percer avec une 

tarière. (Mon.) 

Tarder. Percer avec une tarière. (Mon.) 

Tarelet. Pelile tarière: « Qui est trouvé coup- 
« pant... gros bois qui a l'estage d'un homme ou 
a de sept pieds de long, ou plus greesle, ou il puisse 
a percer d'un commun tarelet chet en amende. » 
(Bout. Som. rur. p. 860.) 

Tarelle. Tarière : « Le seigneur de Bethnne 
« prend pour amendes des bestes trouvées en ses 
" bois soixante sols parisis aussi bien en bois que 
« taillis, sans que ledit seigneur maintient qu'en 
» abbatans eslalions, mariens, pivots, ou autres 
-> arbres où le trou d'une tarelle peut avoir lieu, il 
« doit avoir amende de .soixante sols parisis. » (Coût. 
Gén. Il, p. 878.) 

Tarente. Tarentule : « Ge di premièrement que 
" ne le mordra coluevre, ne le poindra, serpent ne 
• l'adesern, tarente ne l'aprochera, escorpion mal 
« ne li fera. >> (Krberie, f. HO.) 

Tarere. [Tarière : » Tarere pour pcrcier. » 
(Ouslill. au Villain.)] 

Fevres si sont de tel renon 

Qu'il font haches et doloeres 

Et besagues et tarcres 

Dont li charpentier font mesons. [Ms. 7218, f. 198.} 

Targant. Tardant : 

C'a Dieu itant se reconforte 

Ko les sergans de gré onhorlc 

Qu'il ne se voisent mais larrjanl 

De le volenlé au tirant. (fiorh. LX, f. 57.J 

Targe. 1» Bouclier : « Print sa large à son col, 
<■ et monta contremont jusques aux fossez du 
« chastel. - (Froiss. liv. I, p. 103.) — 2° Rempart, 
gabionnage : « Une petite rivière Dont faisoicnl 
. leur apuy et large. - (Vig. de Charles VII, p. 87.) 



— 3° Monnaie des ducs de Bourgogne portant au 
"overs une large : » Le roy tisl ordonnance sur le 
« uiicl de ses monnoyes, et ordonne ses grands 
» blans courir pour imze deniers tournois, qui 
« paravant ne valoient que dix; les larges unze 
« deniers tournois, qu'en valoyent douze. " (Chr. 
scand. de Louis XI, p. 200.) 

Je suis des moindres la mineur 

Et si n'ai lanje ni escu. (Conl. de des Pcricr.':, I, f. '210.) 

» Ce proverbe s'entend de ceux qui n'ont aucune 
« monnoye, pourcetiue les monnoyes représentent 
» les armoiries des seigneurs qui les font forger 
« gravées dans une forme d'escus et larges. » 
(Fauch. des Orig. Il, p. 100.) 

Ja félon c\for nul jor ne verrez estre large 
El point qu'estre le doit ; d'avarice fet large. 

Ms. 7*18, f. 180. 

Targé. Protégé, remparé : « En la bataille des 
« Anglois avoit deux mil archers de pied, targez 
« d'une haye, de bois et de vignes, sur la venue 
« des François qui commencèrent à traire. » (Hist. 
de la Toison d'Or, f. lO'J.) 

1. Targer. Tarder : 

Que perte que g'on doie encourre, 

Ne tarijerai de vous secourre. [G. Guiart, f. 109.) 

2. Targer (se), i» Se couvrir d'une large, 
d'un bouclier : 

Quarriaus qui prennent à voler 

Hors des .n. rens qui s'entregouent 

Maintes personnes i couroucent ; 

Qui ne se lurge ou trait arrière 

Tost en a d'un parmi la chiere. {G. Guiart, f. 334.) 

" Se targerent Engloiz qui getlerent mainte 
« pierre de leurs creneaulx sur François qui 
« minoient au bas. » (Hist. de B. du Guescl. p. 490.) 
— 2° Se targuer de, s'appuyer sur : « Barons et 
• chevaliers de Bretaigne, rebellans au duc, les- 

« quels ne veulent obéir à leur seigneur mais 

« fo..!, gUerre au pais, et se targent du roy de 
« France. " (Froiss. II, p. 92.) — 3" Couvrir, pro- 
téger : » Les.... deux galées.... qui aux deux lez le 
« targerent, feirent au mareschal, et aux siens 
« trop d'encombrier. » (J. Boucic. II, p. 2i0.) 

Targette. Petite large : " Quatre pages estoient 
« autour de Charles VII, ù son entrée dans Rouen ; 
« l'un portoit sa lance, le second sa javeline, le m« 
« son crennequin. et le iv^ sa targette.. » (Math, de 
Coucy, Charles Vil, p. 595.) 

Targié. 1" Couvert d'une large : 

Pietonz passent les roilleiz, 

Targiez acueillont leurs sentiers. 

Vers les murs rompus et entiers 

Les uns tost, les autres bêlement. (G. Guiart, f. 3^.J 

2° Protégé par un gabion : » Pionniers bien tar- 
' qieii, lesquels porloient picques et houes. » 
(llist. de B. du Guescl. p. 485.) 

1. Targicr. Tarder : 

Mais qi porroit joir, sans trop targicr 
Es bien d'amours n'auroit riens que reprendre. 
Valic. H90, f. 42. 

2. Targier. Inllnilif pris substantivement, pro- 
tection : 



TAK 



15 - 



ÏAR 



Onques ilevant la gent ne vous cliaut de tencier 
Ne à vostro niesnio, ne k voslre nioillicr ; 
Aincois les devez bien sagement chastoier 
Et de vostre parole durement esniaier ; 
S'ils vous aiment et nrisent, ce lein- sera larqicr. 
Ils. 7218, t. -.fai. 

Targioiis. Tardif : 

Los durs cuers, negligens, targicus, 

Font et niolio et esgarlole 

Con fait contre solaus gresious. (Valic. iAOO, /'. i30.) 

T'argir. Tarder : 

Pas ne tarrjis 

Aller chantant 

Et m'esbattant 

En mon logis. (Loyer des Fauls. amours, p. 505.1 

Targon. Targe, bouclier : « L'espée ceinte, et 
« la lance en sa main, ayant à son col un targon 
« pendu îi la mode d'Espagne. » (Math, de Coucy, 
ClKiiiesVlF, p. G70.) 

Targue. Couclier, large: « Amours qui est la 
« targue de laquelle se couvrent ceux qui marchent 
« sous ses eslendars. » (Nuits do Slrapar. II, p. 80.) 

Targuer (se). 1° Se couvrir le corps de ses 
bras, en mettant les poignets sur les flancs. (Borel.) 
— 2° Se protéger comme d'un bouclier; 

Et cels se targuent et deffendent 

Et souvent biaus cops lui rendent. (Ms. C812, f. 11.) 

3° Se faire fort de: « Elle se targue aussi de ce 
« beau mot de sagesse. « (Sag. de Chair, i). 1'20.) 

Tari. 1» Dénué de: 
Prist li roys Jouhan une dame 
A force, et à péril de s'ame. 
Et l'espousa, quant il l'ot prise, 
Contre la foi de Sainte Esglise, 
Com homme de tout bien lari ; 
Hue le Brun iert son mari 
Qui, si com mon escrit me charche 
Estoit lors conte de la Marche. /'G. Guiart, f. 55.^ 

2° Epuisé, disparu : 
Phelippes et Challes 
Es quieus biautô n'iert pas tarie. (G. Guiart, f. 215. J 
Ains la sainte Incarnation 
Que pour nostre rédemption 
Qui lors estoit comme tarie 
Prist Dieus en la vierge Marie. [G. Guiart, f. i42.J 

Tarjaut. Retardant: « Quelle chose est icy qui 
e nous va tarjaut? Sire, dit-il, on les appelle 
« flamerolies, pour ce qu'elles ressemblent ilam- 
« mes. . (Percef. H, f. 13.) 

Taride. Sorte de navire : « A. m. ce. uv. vindrent 
« .L. galles et tarides, et assiégèrent Sur, de mon- 
« seigneur Felipe de Monlfort, soudainement; mes 
« pour le secours des gens d'Acre se defendi. » 
(Martèn. V, c. 738.) 

Tarier. Berner, persécuter, moquer: 

K'amours me tarie 

Et tant me diversefie 

Con en diroit articles plus de cent. (Vat. 1490, f. 175.) 

Se vos veez un fol de grant merencohe 

Onques devant la gent, ne le tarie: mie, 

Quar il vos feroit tort ou diroit vilenie. 

Doct. ms. de S. Germ. fol. 101. 
(Le mari) S'il se courresse on le tarie, 
S'il veut du dur, il a du moul, 
S'il veut des pois, il a des choul. (Desch. f. 424.) 



Le bigame Malhiolet 

Jo no Jtay qui le luria, 

Mais il fut bien nisso et folet 

Si! folement se maria. (Ms. 7218, f. 205.) 

Tarin. ro:"»-iii ; „ piug vcrde estoit enlour ([ue 
" tarin qui •- >ii:. " (Drun, v. S'Jl.)] 
Pavez estoit de romarins 
Entre lesquels touz diz chantoient 
Chardonerettes et tarins. (Al. Chart. p. 006.) 

Tarin-tara. Brcdi-breda, pati-pata: 

Nous parlasmes tariii-tura, 

Puis do monsieur, puis de madame. (Coquill. p. 143.) 

Tariraran. Onomatopée imitant le son de la 
Irompclle: « Les trompettes, avec leur luriruran 
« font un bruit nompaieil: les lifresfrisolaiil menu 
- n'avoyent cessé. » (Mcrl. Coccaïe, 11, p. 419.) 

Tarie, é. Ver du bois ; rongé parce ver. (Cotgr.) 

Tannées. Vers de bois. (Cotgr.) 

Tarny. Terni : 

J'ay ducil que vieids viUains larnijs 

Soient d'or et d'argent si garnis ; 

Et mignons en ont tant besoin. (Dial. de Malepaye, 58.) 

Tarots. Cartes ; voir Taiiaut : « Je dirois que 
" le jeu des /rt/'o/s représente une république mieux 
« que les échecs ne représentent la cour d'un roy : 
X aux /ftro/s, il y a de tous estais, comme dans 
« une republique ; il y a des deniers pour recom- 
« penser les bons, il y a des espées pour la défense 
« de la pairie; il y a des chevaliers, des seigens, 
« des batleleurs, des triomphes, des empereuis, 
« des papes et des fous ; qui voudroit moraliser, 
« cela feroit un livre plus gros que les recherches 
« de maistre Pasquier. » (Gar. Rech. des Rech. 22'2.) 

Tarque. Targe, gabion : « Les artilleries, poul- 
« très.... dagues, tanjiies.... et aullres harnois de 
» guerre. » (C. G. II, p. 1013.) 

Tarquet. Petite levrette. (Cotgr.) 

Tarrabatz. Fracas ; mot gascon : 

Vous eussiez veu les assaultz et combatz 
Et d'Alvain, en ses mortelz debatz, 
Prins prisonnier ; les hurtz et tarrabatz 
D'artillerie. (J. Marot, p. 167.) 

Tarre. Tare, défaut: 

Oultre, quand enfans y aura, 

Une nourrice convendra ; 

Lors vient li coust ; lors vient la nuise ; 

Berseuil fault, drapeaulx, chemise, 

Vivres, coiers, chaucer, vestir, 

Tarre de sa femme souffrir, 

Administrer robe, vitaille. (Desch. f. 418.) 

Tarré. Percé de: « Timbre ou heaume au mezal 
« tarré de grilles. » (Fauchet, des Orig. I, p. 88.) 

Tarse. « Tarse de l'œil, » partie de la paupière 
où croissent les cils. (Cotgr.) 

Tarsenal. Arsenal: <■ Que la mise qui fu orde- 
« néepour lesmismeset pourlesgaléessoil abatue, 
" com se doit chose que la lie des mismes est 
« deffaile, et la taille soit ordenée pour la gent 
« d'armes, et ce tarsenal, et hasar de Fane et de 
« Tamagousle. » (Ass. deJér. p. 214.) 

Tart. Tard: » Les variez de chiens doivent 

« tenir chascun son limier en sa chambre.... car 



TAR 



- 10 — 



TAS 



« ils en ont plus nez, et en deviennent plus tart 
« roigneux. » (Gasl. Phéb. p. 210.) — • A tari 
« avez, daine,cesl conseil pris. » (Poët. av. 1300. 
II, p. G88.) — • Tari leur l'usl qu'ils s'en fussent 
» partis. • 'Chr. de S. Denis, I, f. 15.) — « Mieux 
« vaut lart que jamais. • (Desch. f. 23.) 

Tartaii-e. Etoile de soie venant de la Tartarie 
ou .Moiii;olie ; à l'entrée du roi Jean à Paris, en 1350, 
o les Lombards furent tous vcslusdcdeus/fl;7rt/rc.s 

• de sove. et avoieiit cbascim chapeaux sur leurs 
« testes liaiilx et aï:iis. » (Chr. de S. fJenis, 11, f. 22î. 

Tartarot. • Le faucon dit tartarete?,\ un oiseau 
« qui n'est pas commun par tout pays, ains est de 
« passage; cesluy faucon est plus grand, et plus 

• gros que le pèlerin. » (Fouill. Faucon, f. 2.) Voyez 

TART.\nOT. 

Tartarin. 1-Tartare: « Tnrtarin m'en venge- 

• ront. '• 'Chans. du xiu' sii^'cle, ms. Bouh. f. Ai.) — 
[Subsiste comme nom de famille en Provence: 
« TAr/rtr/ndeTarascon. » (A. Daudet.)] — 2° Fau- 
con de Tartarie : • Dos moutons et chèvres , des 

• guenons, des /n?7ari/ts, des sagouins. » (Merl. 
Cuccaïe, 11, p. 153.) 

Tartarot. •« Nous nommons le faucon tartarot, 
« faucon de Tartarie et aussi faucon de Barbarie, 
« car on le prend lorsqu'il passe de Tartarie en 
» Barbarie. » (Biidé, des Ois. f. 114.) 

Tartavele. Sonnette, tartavelle en Auxerrois : 

Qui sont ces asnes sans cerveles 

Oui sonnent de leurs tartaveles 

A nos huis? {Sat. Chrét. dans Borel.j 

Tarte. 1° Espèce de pâtisserie: » Quant il orenl 
« dancié tout comme il voldrent, on leur présenta 
" la moitié d'une tarte. • (JJ. 112, p. 05.) — De là 
les locutions suivantes: • De tous gâteaux, taries 
« dorées, pastez, et autres semblables espèces de 
« victuailles qui se cuisent au four. » N. C. G. 1. 1, 
p. 407.) — Tarte jacobine, » composée de fromage 
gras, de jaunes d'œufs, de beurre doux, de sucre et 
de sel. (Cotgrave.) — « Au combat de S. Yries en 
" Limousin, furent défaits par l'infanterie et bar- 

• quebusiers pour s'eslre perdus et engagés, sans 

• y penser, dans certains pclits marets et taries 
« bourbonnoises, là où ont les tiroit, comme à 
« canards. " (lirant. Cap. fr. III, p. ,50.) — « Tarte 
« rouge, » faite de pommes trempées en vin rouge. 
(Colgr.) — « Payer la tarte de sa nativité. » (Cotgr.) 

— « On se saoule bien de manger tartes. » iColgr.) 

— 2° Espèce de monnaie: » Gros tournois, viens 
« compaignons, tartes, esterlins, volans et toutes 
« monnoyes delTendues. » (Ord. III, p. 105.) 

Tai'telage. Ensemble de tartes. (Cotgr.) 
Tartelet. Oiseau de proie : 

Aussi de sacres et de sacrelz 

Et de ces bons grans tarteletz 

De pèlerins à pau charnue, 

Qui si bien seent par la main nue. (G. de la Bigne, f. 80.J 

Tartelette. 1" Petite tarte : 

Sucre blanc pour les tartelettes, 

Pommes, poires, nèfles, noisettes. (Descli. f. AOl.) 

2° Petit bonnet. (Oudin.) 



Tartereau. Petite tarte. (Oudin.) 
Tartei'ies. Fnsemble de tartes. (Rab. V, 108.) 
Tartevelle. [Lépreux, ainsi nommé de sa tar- 
tavelle ou crécelle par laquelle il avertissait de 
s'écarter de lui : « Comme n'a gueres Jehan Mau- 
« clerc demourant à Sentis eust esté ordenné avec 
« aucuns autres à faire le guet de nuit eu icelle; 

• et, i»our ce faire, il acompaingné de Baoulel 
■ Dupuis, dit Maynage, et d'autres de ladite ville, 

• s'en alerent sur les murs d'icelle ville, et en mon- 

• tant sur la garde, après ce qu'ils avoient beu, 
« crièrent par manière d'esbatement et de moque- 
« rie, tartevelle, par plusieurs fois, en disant à 
« plusieurs personnes qu'ils trouvèrent sur lesdiz 
X murs, faites bon guet ; veez ça tartevelle qui 
" vient. . JJ. 122, p. 29, an. 1382.)] 

Tartiere. Moule à tartes: 

.l'aymo mieux voir la clerceliere, 

Ses cousteaux, sa jaune tartiere 

L'or clinquant do son demi ceint, 

Son ruban, le pris de la teste, 

Son devanlier lilanc, et au reste, 

Sa pièce d'un chef de satin. (Des Ace. Bigan\ f. 3i.) 

Tartinâmes. Ensemble de taries. (Cotgr.) 

Tarton, traire. Herbe française, belle et pur- 
gative. (Cotgr.) 

1. Tarlre. Gravelle des tonneaux. (Monet.) 

2. Tartre. Tartarie: « La région de Tartre. » 
(Monstrel. I, f. 10.) 

'.i. Tartre. Tarte : « Char et lartre et poissons.» 
(Poët. av. 1300, I, p. 403.) 

Tartriere. Tourtière pour cuire des tartres. 
(Cotgrave.) 

Tartuffe. Mol que Molière a pris des Allemands 
chez qui il signifie le diable. (Lengueruana, I, 109.) 
— [Tartufo se trouve dans le Mahnanlile (le Lippi, 
avec le sens d'homme à esprit méchant ; le Malmaa- 
lile circulait manuscrit en France avant le Tartufe. 
(V. Génin, récréât. I, p. 292.) Tartufo es\. la contrac- 
tion de tartufolo, une trulTe.] 

Tartuficr. Faire le tartufe. (Lelt. de Mad. de 
Sévigné, qui a employé ce mot la première, II, 7.) 

Tary tara. Onomatopée imitant le bruit: 

Le raary vient, tanj tara, 

Qui ne faict que brayre et crier. ,'/i. de CoUertje, f. 50.) 

Tas. 1° Amas: « Promettre à tas, » au ms. 6715, 
II, f. 179. — 2° Troupeau : » Veit un bergier qui 
« gardoit un grant tas de moutons. » (Percef. III, 
f. 126.)—- 3° Enclume: « C'estoitun d'entre eux ([ui 
a horissoit, c'est î'i dire qui balloit, eslendoit et 
« dressoit le flan sur le las ou l'enclume à grands 
« coups de marteau. » (Ord. II, 317.) — o Planches 
« de boulons férues en tas qui ne se reviennent 
» massiffes et toutes pleines devers le martel. » 
(Ord. III, 12.) — 4° Action de tasser : « La grande 
« presse et tas. - (Brut, f. 2-4.) 

Taschant. Appliqué à : « Ces biens icy, où tous 
" sont si taschans. » (Mellin de Saiiit Gelais, 
p. 189.) 



TAS 



17 



TAS 



Tasclie. Ticlie : ■• Celuy qui édifie sur faulx 
« foiidcineiit et conduit sou ouvrnge en tnsclie, 
« iiour apiiaroir, non pas pour durer. " (Ai. Cliart. 
de l'iïspér. p. 'i!»8.) — » lis Iravaiilcnt ù la taschc, » 
ils mandent i)caucoup et vite. (Oudin.) 

Taskicus. Appli(iué à : 

Je suis aiies do vo.s sorvir taskicus. 

Et con plus vis, plus ai s,'raut abondance 

De désirer vo bonne volonté. (Vulic. UiOO, f. 15. j 

Tasnier. Tanière : " Il faut que celui qui les 

• (lapins) va deslouper, y soit à la minuit ou envi- 
« ron, puis doit estouper en ceste manière: ....il 
« doit avoir une lîoulele, ou une pelle, et doit 
« coupper du bois et faire pour cliascune bouche, 

• ung petit fa2;ot pour bouter dedans la bouche du 
. tasnier. » (Mod. f. 21».) 

Tasquos. Tilche : 
.... C'est grant paino 
D'aler deus fois en la semaine 
Au moustier, quand il est trop loins ; 
Certes j'aurai moult grant besoins 
Se je i vois mes jusqu'à Pasques : 
A tant en ai prise ma tasijues. (Ms. TSiS, f. 210.) 

Tasqiiieus. Appliqué à : 
Mieus vault .i. seus ouvriers tasqiticiis 
C'uns biens isniaus qui d'ouvrer se repent. 

Valic. 1522, f. IC'J. 

Tasse. 1° Poche, bourse: 

Met à point ou sa robbe ou sa lasse 

Et sur la nuit va chantant à voix basse. (Chart. p. 559.] 

Courroie n'ay, tasse, ne frcmillon. (Desck. f. 222.J 

"2° Fonle d'une selle : 

En une selle à chevauchier 

Quant elle a couru longuement 

Fault tousjours goaunel ou estrier 

Tasse, boucle, espingle ou mordant. (Dcsch. f. 252.) 

3° Tas, foule : 
.\poiez sont tôt en estant 
As grans arbres li olifant ; 

Es grans tasses les tygres meinent. fPartonop. f. i46.J 
Mes uns de toute celé tasse 
Dont j'ai parlé, ci, nu à nu, 

N'eschapa geune ni chenu. (G. Guiart, f. 292.) 
Si serré les ont endentées 
Sanz ce qu'aucune en fraingne et quasse. 
Qu'elles sont comme en une tasse. (G. Guiart, f. 3i4.) 

« Tirer aux tasses est bon déduit qui est en bon 
« pais de lièvres. » (Mod. f. 46.) — 4° Troupe : 

Hyaumes mis, gorgieres lacies, 

Escuz aus cols, les lances basses, 

S'encontrerent cil des .n. tasses, 

Qui qu'en ait ire ne froideur. (G. Guiart, f. 238.) 

Tasseau. loTas: « Il est deffendu de pasturer 
« aux champs où il y a grains par terre, ou mis en 
« tasseaux et non encore enlevez. » (N. C. G. II, 
p. 302.) — 2° Foule : - Nous nous mettrons par tas- 
« seaux et par troupeaux, si comme nous faisons 
. les Juifs. » (Froiss. III, p. 9-2.) 

Tassel. 1" Ornement de forme carrée qui se 
mettait aux vêtements : 

Et puis se vest et apareille ; 

La cote fu moult bien ovrée. 

De cendal fu moult bien forrée 

Devant fu forré le mantel 

A or en furent li tassel. (Blauch. f. 1S3.) 



2° Tas, amas : » Les autres meubles comme tassels 
■' de grains, foings, pailles, fumici's et semblables.» 
(N. C. G. Il, p. 113(;.) 
Tassclet. Petit tas. (Oudin.) 
Tassement. Tas de blé ('c) : 
Toutes les garnisons le verront corammcnt 
Des gens d'armes qui vont gardant maint tassement. 

Cuvclicp. 

Tasseor. [Celui qui entasse les gerbes de la 
dîme : « Se le veet le tasseor. Il le metteit à grant 
« dolor. Il en voudroit avoir del vin. » (Cens, de 
Verson, V, 77.)] 

Tasser. [Entasser : " C'est qu'il doivent les prez 
■' fauchier, Aiiner et apareliier. Et tasser en mileu 
« des prez. Quant il les aront assemblez. » (Censier 
de Ver.'ion, v. 29, .Musée des arch. déj). p. 199.)] 
" C'est une cousin nie générale dans toute la Po- 
« logne de fass«'leur bled en paille, en confusion, 
« sans le lier, et d'en faire plusieurs pyramides 
« dans les champs autour de leurs maisons. » [Le 
Labour, gouv. de Pologne, p. 210.) 

Tassete. Petite tasse. (Monet.) 

Tassctier. Qui fabrique des /as.s?s, des poches: 
« Tassetiers et boursiers. » (Ord. III, p. 371.) 

Tassette. Plaque d'acier protégeant le haut des 
cuisses: « Le seigneur de Veniers porta les armes 
■> qui esloient un corselet à longues tassettes, avec 
'< des manches de mailles. >> (Mém. de du liell. 209.) 

Tasseulx. Pluriel de /«sse/, ornement carré des 
vêlements: « Si faist faire ourle ou tasseulx. » 
(Brut, fol. 88.) 

Tassiaiix. Ornements carrés pour les vête- 
ments : 

Bien sont les veves atornées. 

De riches mantiaus affublées. 

Tant cointes, tant riches, tant biaus 

Que mieus en vaut uns des tassiaus 

Que ne fit toz li ors d'Espaingne. (Ms. 1218, f. 59. j 

On lit au figuré, du sépulcre de la S" Vierge: 

Dieut à Dieu très doulz sépulcre, 

Plus doulz assez que ne soit chucre. 

Et plus digne qu'autres vaissiaux : 

Digne pierre et noble tassiaux 

Tu as gardé dedens ton estre. //// Maries, p. 321.) 

Tassoor. [Le même que tasseor: « L'un receit 
" et l'autre desquargue Et l'autre amarne au tas- 
« soor. " (Cens, de Verson, v. 82.)] 

Tast. Action de tâter : « Le toucher et le tast de 
« bouche à bouche est le plus sensible et pretieux 
« de tous les baisers et autres touchers. » (Brant. 
dam. gai. I, p. 71.) — De là l'expression « ii tast, » 
à tâtons : 

Lors quiert par mon lit et à tast 

Son beau corps qui m'art et esprent. (Fabl. S. Ger. 86.) 

Taste poule. Poule mouillée. (Oudin.) 
Taster. Tàler, au propre et au figuré : - Quand 
« les deux mareschaulx eurent ainsi tasté et cos- 
« loyé la rivière de Somme, ils retournèrent arrière 
« au roy d'Angleterre et lui recorderent que de nul 
« costé ils ne pouvoyent trouver passage. » Froiss. 

3 



TAT 



- 18 - 



TAV 



liv. I, p. 197.) — « Le dit evesque n'avoit encores 
. esté vers luy, délibéra.... d'y aller et taster de 
. lui, en devisant s'il pourroit "faire qu'il relombasl 
. sur ces propos. » (Mém. de du Bell. V, f. 148.) 

Dieus si voudra moult hasler 

Et si veut savoir et tasier 

Li quel sont surpris de s'amor. (Ms. 121S, f. 51. j 

En ces assauz, souvent hastez 

Fu Bruquerque si près lastez 

Qu a poi que len ne l'afole. (G. Guiarl, f. 300.) 

Nus ne s"estoit mes apuier 

A la mote vers eus puier 

Nus n'a talent que plus i laste. (G. Guiart, f. 291.) 

Taste vin. (Cotgrave.) Ivrogne. 
Tasteur. Essayeur de vin, ivrogne. « Après 
. lesquels plaisirs "la dame prend autant de plaisirs 

• en l'esbat de son niarv, comme un bon taslcur 
. de vin d'un petit vin ri"popt\ après avoir gouslé 
. d'un hypocras ou d'un excellent vin pyneau. » 
(15 Joyes du mar. p. G7.) 

Taston. Kail sur tàter, comme plongeon sur 
plonger : « Les manches ii taston. » (Cotgr.) — « iNe 
« relièrent pas ù tastons. » (G. Guiart, f. 130.) 

Tastonner. Tâtonner, tàter i^ plusieurs reprises : 

Ah, que je porte et de haine et d'envie 
Au médecin qui vient soir et matin. 
Sans nul propos, tastonner le tetin, 
Le sein, le ventre et les flancs de m'amie. 

Brant. Dam. gai. ï\, p. 53. 

Ne vous ferai mal, ne ennui, 

Ainz vous tostonnerai le chief. (Ms. 7C:/5, //, f. 210.) 

Tastoyer. Môme sens : « Se donnèrent grands 
» coups sur leurs heaulmes et sur les espaulles, et 

• par tout là où ils se povoient attaindre si se las- 
« ^oycH/ l'ungraulredesi près...queilsse faisoient 
« chanceler et faisoient saillir le sang de plusieurs 
« lieux. >• (Lanc. du Lac, Ul, f. 53.) — « iSe fys fors 
» /as/oy<'r comment pourroit la dame desvoyer. » 
(Percef. V, f. 11 '2.) 

Tata. Onomatopée reproduisant le son du cor 
pour exciter les chiens : 

Se tu os c'uns chiens le destorna 

A çaus qui ne l'auront oï 

Dois parler, se saches de fi 

Et lor dois dire assez, non po 

Tata ta, taho, taho. (Ms. 7615, II, f. 107.) 

[Taho est l'origine de taïaut.^ 

Tatcnious. Lâches : « Icelluy Jehan et ceux du 
« dit Tappy les avoient tenus "pour tatcnious. » 
(JJ. 17-2, p. 3(11», au. l'.23.) 

Tator. Donner un baiser ou last: « Pour garder 

• que virginité ne soit maculée, les filles doivent 

• obvier... d'estre baisées et talées, car le lis repre- 
« sentant virginité pert incontinent sa beauté par 
« altuuchemèns. " (Les Tri. de la N. Dame, f. 40.) 

Taliîjnon. Giiandelier rond et courL (Oud.) 
Tatiii. 1° Coup : 

Donnant maint coup et latin. (V. de Charles VII, II, oS.) 



Tost ont donné un latin 
A Gautier ou à Martin 
Qui ne s'ose remouvoir. 



(Desch. f. 78.) 



2° Potins : 

En voyant sa dame, au matin, 

Prés du feu où elle se lace. 

Ou est le gent cueur qui se lasse 

De regarder son beau tetin ? 

Alors se dit maint beau talin 

Quant on s'entretient face à face. (Chass. d'am. p. 170.) 

30 Coup de vin, morceau, instant. On lit de 
Bacchus, chanoine d'Auxerre : 

Le bruit avoit de se lever matin 
Soubs le vouloir de boire ung bon tatin, 
Aux et oignons mieulx aymoit que le sucre. 

Rog. de CoUcrjo, p. 204. 

■Vers eux s'adresse ce mutin 

Disant : attendez un tatin. fAmour. transi, Dorcl.) 

« Distribuant un tatin de fromages à ces fac- 
« quins. » (liabel. I, p. 10.) 

V'n tour do bec, dis je, un tatin. (Coquillart.) 

TatiiKM". Tàter : 
En remuant l'cxcrement au bassin 
En t'uignetant l'hypostase ou l'urine 
Ou cependant que le poul.x on latine. (Poês. Perrin, 19.) 

Tavaii de mer. Guêpe marine. (Colgr.) 
Tavaiit. Taon : 

Pour ennuyer des hommes le bonheur 

Le ciel darda les lavants misérables. (L. te Caron, 68.) 

Tavayole. TavaïoUe, linge garni de dentelles, 
dont on se sert à l'église pour une offrande : » Les 
« offrandes furent "portées sur des tavaijoles de 
.< damas tanné, frangé d'or. » (Fav. th. d'honn. I, 
p. 409.) 

Taudir. Se garantir par un taudis, un gabion- 
nage : « La tranchée que les gens du roy avoient 
» faite esloit fort longue, tirant vers Paris et tous- 
« jours la liroient avant et jetloient la terre de 
« nostre costé pour soy taiidir de l'artillerie ; car 
'■ tous estoient cachez dedans le fossé , où nul 
" n'eust oser monstrer la teste. » (Mém. de Comm. 
p. 00.) 

Taudis. 1» Gabionnage en tranchée : « Pour 
" rompre la visée du trait îi pouldre et des crane- 
>' (|uins (lui... blessoyent beaucoup de monde, l'on 
<■ lit un haut taudis de tonneaux pleins de terre et 
« de pieries. ■• (01. de la Marche, I, '231.) — . Fut 
« délibéré (lu'on feroil mantelets et taudis de bois 
« pour assaillir la crandc bastille devant Orléans. » 
f,J. Charticr. Cli. Vil, '21.) — « 11 avoit fait faire un 
« large fossé bien long et plusieurs taudis posez 
>. sur tréteaux pour garder les gens d'armes du 
» trait. » (Arthur m, connétable, 771.) — De là au 
ligure: « Couvrir veuc mes douleurs d'un /«(/rfjs 
<• d'honneur. « (Marg. delà Marg. '297.)— 2" ■> Tau- 
« dis ou bastimenl composé de plusieurs perches 
" fichées en terre, en forme ronde, repliées par le 
« dessus et à la sommité. » (Des Ace. Escraignes, 2.) 
Taudtssé. Abrité par un gabion : « Ils estoient 
» taudissc:, d'un tertre, et de la terre qu'on avoit 
" jetlé des fosse/, ([ui environuoienl leur camp. » 
(Cl. de Seyssel, Louis XII, p. 300.) 

Tavoller. Tacheter: « Pour donner grâce ù 
" ceste riche fourrure (hermine) les pelletiers et 
•■ fourreurs la moucheltent et tavellent de petits 



TAU 



— 19 



TAU 



morceaux d'as-iicaux de Lmnliai'die , renommez 
« par leur noir luisaiil. » (Kav. TlioAl. d'iiumi. 881.) 
Tavelure. Mouclieliire : » Tavelure de toison, 
» de peau. • (Mouel.) 

Tîivenletle. Kspèccde pcsle. (l'.olgr.) 

Tîivenio. 1° Cabaret: « ElTort de taverne, » 
violence l'aile au cabaret. (Pcrard, llist. de Hourg. 
p. i8(j, an. l'i.")?.) — ti" Dépôt: « Quand les (mar- 
« cliands do cliarbon) seront arrivez an porta l'aris, 
« ils l'auront asscuré et mis en taverne. » (Ord. 
II, p. ;J7'i.) 

Tavorncagc. Amende due par les taveriiicrs 
quand ils ont vendu le vin Ji plus haut prix ([u'il 
n'avoil été taxé par le juge. (Laur.) 

Taverner. I" Tirer profit d'une chose, comme 
du vin vendu en taverne. (Xicot.) — 2" Fré(iuenler 

lalavcinc: " Gens inutiles qui ne servoient 

» rien qu'h boire et manger, taverner, jouer. » 
(Brant. .Cap. fr. I, p. 254.) 

Tavernerez. Qui fiéquenle la taverne: 

Tax<ernerc: de vivre dangereux 

Oui répliquent et qui sont orgueilleux. (Dcsch. f. 440. J 

Tavernici", ère. 1° Qui tient une taverne : « Le 
« taveriiier s'enyvre de sa taverne, » de sa propre 
bouteille. (Cotgr.) 

J'ay affaire contre une tavemiere 

Qui mes chevaulx veut prendre et essillier, 

Plus ne me veut livrer. (Desch. f. 308.) 

2° Qui fréquente la taverne: « Si gens sont oiseux 
" ou taverniers, \n jasiice les doit prendre et les 
» jelter hors de la cité. » (Gr. Coût, de France, 
p. 537.) — 3" De cabaret: « Enseigne taverniere. » 
(Bigarr. p. 8.) — « Roberie taverniere, » au ms. 
7615, II, f. 192. 

Taves. Boutons rouges au menton. (Colgr.) 
Taiildii". Même sens que taudir: « Commence- 
» rent les pionniers ù faire fossez et Irenchées et 
« les canoniers à tanldir et charger leurs menues 
<■ pièces pour battre les creneaufx et defïences de 
« la place. » (J. d'Aut. Annal, de Louis XII, p. 8.) 

Tauldis. 1° Taudis: « Sur eschaufïaulx, fenes- 
« très et tauldis, « dans D. C. sous Tuldum. — 
2° Gabionnage: « Engins à tanldiz. « (Vigiles de 
Charles VII, p. 111.) — a Abattirent un tauldis 
« contre les murailles du chasteau où ceulx du 
« dedans se garantissoient. » (J. d'Aut. Louis XII, 
folio M.) 

Taule. Table. 1° Sainte Table : 

On nous embleroit nos calices 

Devant nous, à la taule Dé 

Que ja ne seroit destourné. (Ms. 72iS, f. 154.) 

2° Tables de la loi : « Nostre Seigneur ne se 
contenta pas d'escrire une fois le jugement qu'il 
« avoit porté de la femme adultère, il l'écrivit encor 
<■ une seconde fois. Li escriture fu dovie si cum 
« furent dovles les taules Moysi. » (Serm. de 
S. Bern. p. 350.) — 3» Etal de changeur : « Le sire 
« de Vignacourt prend dans la ville d'Amiens, en 
« qualité de châtelain et dans chaque taule à chan- 



» geur de monnoye, une poignée de deniers de la 
" monnoye courante en la cité. » (Ilist. d'Amiens, 
par le f. Dacre, I, p. 35.) 

Taulpe. Taupe: " l'i'cneurde tauliies, » avare, 
dans lîabcl. pronostic, p. 10. — « Ell'rayé comme 
" un preneur de laulpes. « (Oud.) — ■' .Noir comme 
<• une taulpe. » (Id.) — « Aveugle comme une 
» taul))e. '• (Id.) — « Royaume des /rt!//;«'.s. » 'Cotgr.) 

— « Fourmage de taulpe. » (Id.) — « Fouir aux 
« taulpes " (Id.), mourir. — « Fouilleur de tant- 
" pes. - (Id.) 

TauIjH'tiei'. Moine noir: « Le ruflien associé 
« de son tnutpetier. » (liabel. III, p. 250.) 

Taul|)iii. Corps de la milice française sous 
Charles Vil : « Franc taulpin, » dans Rabel. I, 225. 

Taunùei'. Insulte, dans Borel, qui cite l'IIist. 
de la diablerie : « M'entens-lu bien, vilain taumlers. ■> 

Taupe. « Il faut crier à ce sourdaut, comme 
« pour allrai)cr une taupe. « (Moy. de parv. p. 252.) 

— « Un avocat en une ville, un noyer en une 
» vigne, un pourceau dans un bled, une taupe en 
" un pré et un sergent en un bourg, c'est pour 
» achever de gaster tout. » (Bouch. s'erées, I, 337.) 

Taupeture. Eglise de moines noirs, dans Rab. 
IV, p. 12 i. 

Tau[>iniere. « Taupinière d'assassinateurs, » 
caverne de voleurs, dans Cotgr. 
Taurastre. Peut-être mauvai.se lecture: 

Tauraslre naissent li aignel 

Les brebis ont rongneuse pel, 

Maigres sont et n'ont que les os. (Desch. f. lii.) 

Taure. 1° Herbe. (Oudin.) — 2° Jeune vache en 
Anjou. (Ménage.) 
Taureliere. Vache qui demande le taureau. 

(Cotgrave.) 
TaurlIIon. Jeune taureau. (Cotgr.) 
Taussé. Taxé. (Beauman. p. 12.) 
Taute. 1° Poisson de Marseille, calemar. (Nicot.) 

— 2° « Taute ou orgueil est un billot que les ou- 
« vriers mettent devant quelque grosse pierre ou 
« autre chose, la voulant mouvoir de lui en autre; 
« puis dessus assient le dos de leurs pinses ou 
« pieds de chèvres ou leviers et mettent le billot 
« sous la grosse pierre, puis foulent et poisent sur 
« les bouts d'iceux outils, et par ce moyen soule- 
» vent la pierre. » (Mcot.) 

Tauter. Appliquer la taute sous le levier pour 
mieux soulever un fardeau. (Cotgr.) 

Tauterisé. « Une veuve demandant à estre 
« diminuée de la taxe qui lui avoit esté imposée 
« pour les fortilications, on m'a trop tauterisée 
« pour les fornications. » (Moy. de parv. p. 247.) 

Taux. Intérêt: « Il en aura le taux d'un juge; 
« il en sera bien battu. » (Cotgr.) — « Ranter sans 
« taux, » sans mesure, aux Contr. de Songec. 127. 

Tant que pour euLx faire mieulx à grever, 
Les deux, le tiers, font vendre tons les taux 
Tant pour hoste, comme pour marescbaux. 

Deschamps, fol. 185. 



TE 



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TEl 



TauxutioH. Taxation: >• Afin que vous ayez 
. alle!ie;iiice Je voslre peine, je vous relasche la 
. taiùatiun faile de six ans à six ans. - (Froiss. 
IV, p. 30i.) 

Tauve. Taxe : « Tauxe des maisons ou fonds. • 
(Nouv. Coul. Gén. 1, p. l'273.) - . Il se fait beau- 
« coup de frais qui ne viennent point en tauxe. » 
(Nicot.) 

Tauxer. Taxer : " Le comte de Warwieh fut.... 
« tauxé à telle pénitence que je vous diray. " 
(Froiss. IV, p 293.) — • Il ne paieroit rençon fors 
. que il meismes se vouldroit tauxei'. » (Ilist. de 
Beitr. du Gucscl. p. 2y8.) 

Tauxeiir. « Tauxcur de despens, • commis ù 
taxer les dépenses. (Nicot.) 

Tax. Taxe : •« Les exeques et funérailles d'un 
. trespassé au ma; de justice sont à préférer avant 
. toutes debtes d'hypotecques. » (Coût. Gén. Il, 
p. 91G.) 

Taxaté. Taxé : • Taxaté d'un despens. » (Colg.) 

Taxe. Intérêt, au masculin : • Qui preste 
. an;enl ;\ intcrest, au taxe du prince. • (N. G. G. 
II, p.' loS!).) 

Taxeiir. Qui impose la taxe. (Cotgrave.) 

Tayaii. Taïaut, cri de chasse. (Desch. f. 179.) 

l.Taye. 1° Zest d'une noix. (Rob. Est.) — % 
Moelle du pin dont te peuple se sert en guise de 
chandelle. (Cotgrave.) 

2. Taye. Aïeule : 

Lors te fora elle venir 

Son oncle, son cousin, son frere, 

Son ayeul, sa ta\je, ou sa mère. {Desch. f. olO.J 

Tayeux. Qui a des taies sur les yeux. (Cotgr.) 
Taygans. Qui respire avec difliculté ; teguer 
en Picard : « Vers lui s'en vint lasse el taygans. » 
(Rose.) 

Tayon. [1° Aïeul : « A Jehan Bernier son tayon, 
. à Je'han son père dire ces nouvelles. » (Héc. d'un 
bourg, de Valenc. au XIV' siècle, p. 64.)] — « Je 
. congneus bien vostrc père de veue et vostre 
. taijon. » (Percef. II, f. 96.) - 2° Arbre de 60 ans 
et au-dessus ou de trois Ages; plus vieux d'une 
coupe que le perot, qui est lui-même d'un âge au- 
dessous du baliveau : • Gros chesnes comme perots 
■ et ta>inns. • (Nouv. Coût. Gén. I, p. 360.) — « Est 
. un ciiesnc dit et nommé perot, quand il a les 
« deux aages de la couppe du boys, et tayon 
. (juand il à les trois aages d'icelle couppe. • (C. G. 

I, p. 610.) 

Tayri. Tari : « La gloire voyent des Genevois 
• tayrie. » (J. Marot, p. 75.) 
l.Te. Tels: 

D'un père el d'une mère 
Naissent sovent te frere 
Dont guerre sort et muet. 

l'rov. du Vilain, ras. S. Gcrm. f. H. 

2. Te. Forme picarde, ta : 

Warde que le main plus n'i mete, 

Ne que plus ne t'en entremete. îMs. 7989', f. 21^. j 



Tece. Qualité : « Estoil si entecies de bonnes 
« teces, qu'en lui n'en avoit nulle mauvaise, se 
« bonenon. » (Ms. 7889', f. 70.) 

l.Teche. !° Qualité : • De deux icches assez 
. example bone el fine. » (Ms. 7218, f. 180.) - 2° 
Taclie, défaut : » Sans teche et sans pechier. • 
(Clians. du comte Thibaut, p. 5.) 

2. Teche. Travail, tâche : 

Tel nombre en rot sus le rivage 
Près des vessiaus à terre sèche 
Que je n'ai du deviser teche. (G. Guiart, f. 310.' 

Tecque. Couverture ou écaille, selon un ancien 
et rare ms.. avec de belles miniatures en velin, du 
mariage de Pollion et Euridice, f. 27, appartenant à 
M. Claude Martin, docte et curieux médecin de 
Paris. (Borel.) 

Tcclieux. Fastidieux; terme pédantesque dont 
on reproche ù M. de Villeroy de s'être servi dans 
ses Mémoires. (Mém. de Sully, XII, p. 7.) 

Tcent. 

Se mineur devant se tiennent 

Qui pour Anglois atainer 

Coniinencent le mur à miner ; 

A picquois de près les tccnt. [G. Giiiart, f. 18.) 

Tegure. Maison, chaumière : 

Où combien est heureux celluy ou celle 
Qui sans partir de son te(jure et selle 
Peult, au secret de ce joyeux pourpris. 
Fleurs recueillir, que ailleurs on a pour pris. 

Crelia, p. 355. 

Te igitur. Le canon de la me.sse qui commence 
par ces mots latins: » Onjuroit surle/é; igitur, e{\3i 
« croix que les contrats conlenoient vérité. » (C. G. 
II, p. 665.) 

Teignasse. » Les teigneux ont esté des pre- 
" micrs à prendre la perruque, el comme ils n'a- 
<■ voient pas soin de les tenir bien propres et bien 
« peignées, on a donné le nom de teiijnasses aux 
« perruques mal peignées. » (De Thiers, livre des 
perruiiues, p. 29.) 

Teigne. l"Malndiedes poilsetdesplumes : » Si 
» voslfe oysel a les teignes en l'esle ou ailleurs, 
>' prenez une pierre de chaus bien vive el la mêlez 
« en un biichin où il ait de bêle eaue. » (Modus, 
f. 131.) — 2" Maladie des végétaux : « Teigne de 
• lin. - (Colg.) — 3° Proverbe : » Cela tient comme 
« teigne. • (Cotgrave.) 

Teigiieresse. Teinturière. (Gloss. lai. cité par 
Du Gange, sous Tinctrix.) 

Teigneiis — ous. Teigneux : » Herbe aux tei- 
" gneux. » (Cotgrave.) — - Trois teigneux el un 
" pelé. " (Cotgr.) — » Jamais teigneux n'aima le 
« peigne. » (Id.) — • Femme trop pileuse fait sa 
« famille teigneuse. • (Id.) 

Ne fusl contret 

TcUjnous, ort ne truant. (Ms. 7015, II, f. 139.) 

Teille. 1° Ecorce du lin, du chanvre. (Cotgr.) — 
« On pipe les oiseaux d'une i)ipe de bois où l'on 
« met une teille bien parée qui est d'autant de 
. siglontier. ■• (Mod. f. 185 ) 



TEM 



2) - 



TEM 



Tcincturerio. Métier, boutiiiue do toinliuier. 
(Hob. Kst.) 
Tciiulre. Enduire, frotter: 

D'une jpiino hcrbo a luhil son vis 

Et sa t;oii;e ot ses mains aussi. (Ms. 7006, f. 31. j 

Teint. 1° l'urtic. Parlant de la pierre .ippelée 
cerauiiie et de ses espf'ces diff(''rentes, on lit » (iiiil 

• y en a une mcsiée de deux couleurs, c'est ù dire 

• (lu'eile est teint h cristal, et teint h bloc. • (Marb. 
art. '28, c. IClW.] ~ 2" Subst. •> Joye au cœur fait 
« beau teint. » (Cotgr.) 

Teinter. Faire sonner comme la corde d'un arc 
qu'on tire. (Cotjirave.) 
Teinture. Teint, ilîrant. dam. gai. 1, f. VIO.) 
Teinturier. - Pelletiers, megissieis, teinturiers 

• de taille, barbandiers et aulres de semblable 
« estât. .> (Ord. Il, p. 385.) 

Teion. Nom de chien. (Eulrap. 113.) 
Tel. 1» Adj. " Tel est noslre bon plaisir, « for- 
mule introduite par François 1" dans les ordon- 
nances pour l'imposition de la taille. (Mém. de 
Sully, VllI, p. /lôS.) 

Tel plenlo d'aumailles i trouvent 

Et tant en ot à l'ost grant presse 

C'on i peust un buef de Bresse 

Tel foiz fu ce, doit on savoir 

Pour un tournois d'argent avoir ; 

Autres vivres y seurondoient. (G. Guiart, f. 340. J 

Volé en sont tuit li piot, 

C'est à dire que tel i ot 

Mieu escient, qui les enporte. (Ms. 72iS, f. ilô.J 

2» Tellement : 

Grâce y a ouvré 
Et foui plaisir ce sont li dui degré 
Dont maint coquart vont à la haulle bonne, 
Sanz lesquels deu.v, li bon sont tel mené, 
Car ils ne sont remeris de personne. (Desch. f. 28.) 

Telant. Gras, en parlant du vin. (Cotgr.) 
Tele. Toile du haubert : « Cbauces, teles,\rà\i- 
« berc et hiaumes. » (Partonop. f. 152.) 

Telin. " Estoit loisible à quiconque eust voulu 
« de joindre de quinze sortes d'onguens, de safran, 
« nard, cinamome, telin. •> (Du Verd. bibl. p. 205.) 

Tellement « Conclurent ceulx de Crathor avec 
-' le Jouvencel de lever le siège, et tellement que 
« la chose fut entreprinse. » (Le Jouv. p. 128.) 

Telline. Poisson à écaille, tendre et délicat. 
(Cotgrave.) 

Tember, ut. Poivre bâtard. (Cotgrave.) 
Téméraire. « Il fut proposé comment.... on 
« pourroil faire faire une sortie téméraire à ceux 
« de la ville de Gand, affin... de pouvoir prendre 

• sur eux... vengeance de leurs hautaines et grandes 

• entreprises. » (Matth. de Coucy, Charles Vll,G55.) 

Tenieréement. Témérairement. (Cotgr.) 

Temotte. Tumulte : « Tel temotte i ot de gent. » 
(S" Leocadie, S' Germ. f. 20.) 

Température. Tempérament , compiexion : 
« Alexandre estoit d'une température plussanijuine 
« colère et ardente. » (Mont. Il, p. 736.) 



'l'empcrement. Modérément. (Cotgr.) 
Tiîmperie. Même .sens: « Les hommes... disent 
« «lue nostre temperie est froide et liumide. « (Caq. 
de l'accouchée, p. 15!».) 
Tempes. Tempête: 
En la haute joie de la su^ avenir 
Ou tempes ne orages ne s' puet espaorir. (Ms. 12i8, 335.J 

Tempeste. 1" Orage: » Tem/^^s/fs cheurent en 
" aucuns lieux si grandes qu'elles destruisirenl les 
« villes et les blez. » (Chr. de S. Den. II, f. 25.) — 
« Cruelle est la tempeste quand on n'en puet re- 
" cueillir aucune chose. » iPercefor. III, fol. 7.'i.) — 
« Feit telle /^?H/«'s/(; de temps que mourut plus de 
" trois cent soldats... pour la tourmente et les fioi- 
« dures qu'i feirent. « (Mém. de du Uellay, 111, 82.) 

— 2" Tonnerre: • Bruit tel que l'en n'eust pasouy 
« Dieu faire tempeste tonner. » (Percef. III, f. !».) — 
3"Tumulle: « Par dessus les batailles.... avoyent 
" voilé grand foison de corbeaux, en démenant 
« moult grand tempeste. » (Froiss. I, 152.) — « N'y 
« avoil bruit ne tempeste. » (Le .lonvenc. p. 177.) 

— " Peux pots au feu signifient feste, et deux 
« femmes font la tempeste. » (Cotgr.) 

Le grand Cerbère est portier à trois testes ; 

.'Vbboye ici trois horribles lempestes. (Bu Bellay, f. 208.) 

4° Ennui : « .Jambon Breton et Santon linirent 
« misei'ablement leur vie, et dame t-'élicité cnten- 
« dant ces nouvelles fut fort joyeuse estant délivrée 
« de telle tempeste. » (Nuits de Strapar. I, f. 397.) 

Qui bevra à le hanepel 

Il ara de ça mal tempeste. (ilod. f. 217.) 

Tempeste. Tempête : 

Quant ele vit les hautes ondes 

Desmesurées et parfondes, 

Et ele voit le grant oré 

Qui amenoit la tempeste < 

Li cors de li estoit tant lis 

De riens ne cremoit ses pekiés. (Sorb. 01, c. 7 .} 

Tempester. 1° Bouleverser: 

Yre qui ainsi la tetapesle. (G. de la Bigne, f. 35.) 

1° Enlever : « Lui (Job) furent (empestez ses .x. 
a enfans. « (Doclrin. de Sap. f. 4.) — 3" Quereller: 

Serjanz sont au lonc des espées 

Près des deffences en estant 

Qui se vont entre tempestant. (G. Guiart, f. 3^4.) 

Tempestis. Vacarme : « Il menoit un tel tem- 
» pestis et un tel brouillis qu'il sembloit que tous 
« les diables d'enfer fussent la dedans avec lui. n 
(Froiss. 111, p 153.) 

Tempestueusement. Comme une tempête : 
« Il se partit en telle manière de la montnigne et 
« s'en alla si tempestueusement et ù si grant erre 
« qu'il sembloit que ce fust fouldre et tempeste à le 
« veoir aller. » (Lanc. du Lac, II, i. 94.) 

Tempestueux. Tempétueux : « Grande tour- 
« mente pour le moins aussi tempestueuse que 
« celle de Pantagruel. » (Dial. de Tahureau, 178.) 

Tempier. 1° Tempêle : 

Cel an qui en lundi commencera, janvier 

Sera moult fort ; quer (car) de glace, de lempier. 

Déluges et tempestos sera et morteté ; 

Maint jone homme charront en grant enfermeté. 

Ms. 7218, fol. 207. 



TE M 



— 22 



TEM 



2" Désordre : 
Cil sont de moi mcismes qui me font gramoier 
Cil Drovos est mon cuer qui meine tel tempier. 

^ Ms. 7218. fol. 310. 

Temple. Ordre des templiers : « Entre les laiz 
. et ceux du levtple. » (Descli. f. iG8.) — « Le tem- 

• pie et Tospital murenl de .laiïe à prim soir, et 
c clievaucliierent si (lu'il furent au jor près de 
. Cadres. >> (.Martène, t. V, e. 720.) 

Temples. Tempes : » Par la protection des yeux, 
a nature a ordouné les deux temples, ainsi appel- 
« lées par ce qu'elles meuvent toujours comme le 
« temps qui est chose nécessaire pour faire le sens 
. et le mouvement des yeux ; car par ces leiuples 

• ou tempes, ces esprits virtuelz sont portez par 
« certaines petites vaines et petits nerfs depuis le 

• cuer jusqucs au cerveau. » (Les Triomphes de la 
Noble dame, f. 95.) 

J'ay de leurs bonloz mille exemples 
Voire, par Dieu, plaines mes leiuples 
Pour faire et escripre un grant livre. (Desch. f. 550.) 

Tompletto. Bandeau : 

Amcine aussi les offrandes monstrées 

Et les lirobis à l'autel consacrées ; 

Toy mesme fais que ta teste soit caincte 

De vêtement, d"une templette saincte. [Du Bellay, 3i3.) 

Templier. Proverbes: « Orgueil de templiers. » 
(Poët. av. 1300, IV, p. IGô.) — « Boire comme un 
« templier. » (Rabel. 1, p. 25.) — » Servir comme 

• templiers pour noient. » (Poët. av. 1300, II, 920.) 
Templicres. Tempes : 

Aux teiuplicrex que vi aperles 

Apparut qu'ele ot teste blonde. (Ms. 721S, f. -280.) 

Tempoire. Espace de temps : 

Tous ces trois ci sont dolercuse prise 

Et pour ce sont en brief lempoire mat. (Desch. f. GO.] 

En cel estât, en ce déduit, 

Fui je à Ortais un lonc lempoire. (P. de Froiss. p. 430.) 

Temporaire. « Provisions ainsi concédées ne 
« sont que temporaires. » (Méin. de du Bellay, 1. V, 
fol. 137.) 

1 . Temporal. Qui appartient aux tempes. (Cotg.) 

2. Temporal. Tempête : « Pendant qu'il ne fait 
■ temporal, et que nous sommes icy, à l'ancre en 
« ce lieu de seureté et repos. » (Pasq. Rech. p. 89i.) 

Temi)oralité. 1" Juridiction séculière : « Ils 
« remirent le patriarche en son siège, et pour faire 
a le divin service furent rentes ordonnées pour le 
« clergé, puis ordonnèrent Buyemont prince d'.\n- 
« tiocé pour la temporalité. » (Tri. des IX Preux, 
p. 477.) — •< En la court Dieu, en temporalité. » 
(Desch. f. 207.) — 2" Biens temporels: « Temporalité 

• des evesques. • (Chron. de S. Denis, II, p. 32.) 
Tempore. Circonstance, occasion : 

Puis que tel grasce me baillées, 

Qu'el lempoïc m'arés en garde. (Poës. de Froiss. p. 93.) 

Temporel. Adj. Commis en ce monde, en ce 
siècle : 

.... Sire, nos temporels péchiez 
Nous pardonne, vrais pères, dont sommes entechiez. 
Ms. 1218, fol. 227. 



Sithst. Biens temporels; par opposition à biens 
d'église: « Coiistiluer son temporel pour et au lieu 
" de plege. » (G. G. II, p. 577.) 

Temporeument. Temporellement : « Nous 
» créons que li drois dou père et de la mère li soit 
« descendus temporcument, et par le baplesme li 
" hirelage de paradis esiiirituelment.'>(Beaum. 105.) 

Temporeus. Temporels : 

Ji^ te délivre, amours, tous mes fais temporeus. 

Car tu es mon Dieu corporeus. (Poës. de Froiss. p. HO.j 

Vains sont tous ces biens temporeux 

Faux, decoiirablcs, périlleux, 

Qu'on acquiert à ducil et à paine. f Desch. f. 364.) 

Temporisement. Action de temporiser : « Ce 
» brave prince (Cosme de Medicis) se comporta si 
« bien avec son temporisement... qu'avec le temps 
« il se rendit paisible duc de Florence. » (Brant. 
Cap. eslr. Il, p. 21.) 

Temporiser. 1" Passer le temps : « Quand les 
■' deux jeunes princes eurent celle nuyt temporisé 
« avec leurs femmes jusques au lendemain... ils se 
o levèrent et se tindrenl ù bien heureux. • (Percef. 
IV, f. 3'i.) — 2° Patienter: « C'esloit souvent contre 
« sa volonté que la dite Agnès portoit si grand 
■> estât, mais pour ce que c'estoil le bon plaisir 
« d'icelle règne, il temimrisoit au mieux qu'il pou- 
•■ voit. » ;J. Ghart. Ilisl. de Charles VII, 191.) 

Temporiseux. Qui temporise. (Cotgr.) 
Temprance. Température : « Temprance de 
<' l'air. » (Hégle de S. Benoit, ch. 55.) 

1. Tempre. De bonne heure: « Soit tempre ou 
« tart, on le doit en gré prendre. » (Vatic. 1522, 
fol. IGG.) — « Leva la matinée si tempre que le.... 
« chevalier Lyonnel n'estoil pas encore esveillé de 
« s'endormir. » (Percef. Il, f. 111.) 

A grant paine 
Ne tieng un jor en la semaine 
De li veoir, ou tempre ou tart, 
Si m'est avis, quant je me part 
De li, que je doie raorir. (Us. 131S, f. 34~.) 

Elle demoure tempre et tart ; 
Elle marchande, elle a sa part 
De tout ce qu'on vent et achate. (Desch. f. 514.) 
Tempre ne tart, ne jor, ne nuit 
Il n'ont chose qui les desplese. (Ms. 7318, f. 59.) 

« Il est encores tempre et avons du jour assez. » 
(Rom. de Percef. l, f. 27.) 

2. Tempre. Engrais : « Les pailles, temjires, 
« stucs et engrais qu'ils ont sur ou dans la terre se 
» doivent priser. » (N. C. G. IV, p. itO.) 

Temprement. Bientôt : • Le fils de madame 
u d'Eslampes, seur d'Orléans print temprement \a 
» possession. » (Vig. de Charles VII, l. II, p. 166.) 

Car temprement de li aurai 

Nouvelles, si comme je l'espois. (P. de Froiss. p. ilS.j 

Dame, se je n'ai pas vos alejance 

Ma vie me convient temprement fenir. 

Pool. av. 1300,1. 1. p.7i. 
Apres luy vindrent temprement 
Deux crans ribaux fors et entiers. 

Vii;. aoClurles VII.l. 11, p. 7. 



TEM 



t>3 



TEN 



Tcinpre-inenro. Fille de boiino lieurc idoine 
au maiiui^e. (Coli,'i'.) 
Teinprer. Tremper, au propre cl au ligure: 

Certes le mefl'et sera grant, 

Ou vos cuers sera durs Icniprcs 

Se n'estes vers lui alomprés 

Et se vostre amistiez n'aquiert 

Puis qu'en ploranl merci requiert. (Ms. l^iS, f. 359.) 

Buvez un soulil rouge et cler 

Et le faicles d'eaue temprer. {Desch. f. ^i85.j 

Temps. Expressions: 1° « Ou si aucun esloit 
" envoyé en ainbaxade devers les adversaires, ou 
« pour les espicr, et il relevoit sa legalion, il en- 
« couroil pareille peine ; el a este par temps que 
« on bouclioil les yeux aux prisonniers, quant on 
■> les niccloit en une ville. » (Le Jouvenc. p. 2W.) 
11 a été un temps où .. — " les Angiois ne sont pas 
" communément bien fermes en leurs promesses, 
« mais très souvent varient et vivent avec le <cw/js.» 
(Ilist. de la Toison d'or, 1. 1, fol. 81.) — « Temps de 
« forgas. » En Normandie, temps accordé après la 
vente des biens, au propriétaire, pour les recouvrer 
ou payer ses dettes ; k'(]uel temps passé il n'y peut 
rentrer. (Cotgr.) — « Temps de pouldrette, » saison 
où le laboureur brise les mottes de terre. (Cotgr.) 

— « Bon temps, mau temps. » (Id.) — « Faire le 
« guet au temps. » (Id.) — - Galler le bon temps, » 
faire bonne clière. (Id.) — « Du temps qu'on se 
« raouchoit sur la manche, ou que les roys se mou- 
" choient ù leur manche, ou faisoienl de leur man- 
" che un mouchoir. » (Apolog. d'ilérod. p. 4'27.) — 
<■ Du temps que les bestes parloient. » (Apologie 
d'Hérodote, p. 4'26.) — « Temps de demoiselle, il ne 
« fait ny poudre ny soleil. » (Cotgrave.) — « Qui a 
« temps a vie. » (Mém. de Bassomp. 1, p. 2G3.) — 
» Quant temps en est, on doit ouvrer. » (Poës. 
d'AI. Chart. 719.) — « Le temps ouvre. » (Cotgr.) — 
« Le temps n'est pas toujours en bonne disposition.» 
(Cotgr.) — « Qui prévient le temps, fort souvent il 
« s'en plaint. » (Mém. de Sully, IX. 470.) — « Temps 
« de madame de Havre. « (Oùd.) — « Le temps va, 
« vient et passe. Fol qui ne le compassé. » (Cotgr.) 

— « Avec le temps et la paille l'on meure les 
« mesles. » (Id.) — « Avec le temps, l'on moissonne.» 
(Id.) — « Ingratitude asseiche les fonts, Ft le temps 
« renverse les ponts. » (Id.)— « Tout à temps vient 
" à l'hostel qui mauvaises nouvelles y apporte. » 
(Lanc. du Lac, 111, f. 5.) — » Beau temps vient après 
<■ pluye et orages. » (Clém. Marot, p. '203.) — « Du 
« temps du roy Guillemot, on prenoit les hommes 
a au mot. (Oud.) — « Quand le temps fut rescouce 
« et la lune fust levée. « (Lancel. du Lac, II, f. 8G.) 

— ■« Gallafar le noble roy.... avoit bien changé son 
« temps de mesaises de cuer, de pensées et de me- 
o lancolies ennuieuses à soûlas, à joye et à toute 
« bieneureté. » (Percef. VI, f. 6C.) — « Nous haul- 
« sants et vuidans les lasses, s'esl pareillement le 
« temps haulsé. » (Babel. IV, p. 277.) 

On doit le temps ensi prendre qu'il vient, 
Tout dis ne poet durer une fortune ; 
Un temps se part el puis l'autre revient. 

Pocsiede Froissart, r- 337. 

Temptation. Tentation : ■■ Voulons et ordon- 



u nons que d'aucuns excez ou templations eslolent 
u d'ores en avant faits contre la dicte paix, que 
• pour ce, la dicte paix ne sera aucunement rom- 
>. pue. » (Monstrel. I, p. '218.) 
Temple. Tenté: 

l'oiljles hommes 
Qu'en trois manières temple sommes ; 
Primes le pechié porpenssons 
Et après le pensser 1 aurons, 
Et puis après i délitons. 
Et où pechié trop nous gisons. [Ms. 7318, f. il3.j 

Temptemeut. Tentation : 

Ains puis tempicmcnt ne li meit. /.Vs. 12i8, f. 304. J 

Sovent de celui li souvint 

Oui Ole avoit mis en ostage 

A l'église devant l'ymage, 

Sovent prie qu'il la garisse 

Que par templemenl ne guerpisse 

Geste vie jusqu'à la mort. (ils. 72iS, f. 318. j 

Temrour. Tendresse : 

Tel temrour 
Ne fait cjue de grief et d'erreur, 
Le veil à mon povoir getter. (Desch. f. 199. j 

Tems. Temps: « Du tems que les roys estoient 
« bergers. » (Apol. d'Hérodote, p. 427.) — » Du 
" tems qu'on secachoit pour prestrerde l'argent. " 
(Apol. d'ilérod. p. 42G.) — <■ Après laid tems, voit 
■< on le cler soleil. » (Molinel, p. 146.) — « II faut 
« prendre le tems si comme il est. » (Descli. f. 13.) 

Ten. Moites de tan : 

L'autre crie ; Qui veut le ten ? 
L'autre crie : La bûche bonne, 
A deus obole le vous done. (ils. 7318, f. 346.J 

Tenable. 1° Solide : « Fermes tenables et val- 
>■ labiés. » (Ord. III, p. 429.) — 2° « Cette ville est 
" ft'naii/c, c'est à dire delTensable contre l'ennemy. ■> 
(Nicot.) — 3° Partisan : " Les tenables et favorables 
« du comte de Foix. » (Froiss. liv. 111, p. 2G0.) 

Tenacement. Avec ténacité. (Colgr.) 

Tenaillade. Action de tenailler. (Cotgr.) 

Tenaille. 1° Outil: 

Tenailles et souflet 

A fera son fouet. (OusiUl. au YiUain.j 

■> Je feray referrer les crampons de meseschelles 
« de bois ; je feray aussi habiller mes tenailles, 
« mes ciseau Ix et l'ouïes mes chevilles. » (Le Jouv. 
f. 25.) — 2° Torture : 

Si tost que de te voir je n'ay plus ce bonheur, 
Aussitost ce cruel me met à la tenaille. 
D'un regret importun qui tousjours me travaille. 
Sans donner, tant soit peu, de trêve à ma douleur. 

Berg. de R. Belleau, t. I, p. 58. 

3<> Croix de Saint-André: « Banger l'armée en 
« tenaille. » (Oud.) 
Tenancé. 1° Lassitude, ennui, préoccupation : 

Noise ne tenance. (ils. 7318, f. 138.) 

2» Dépendances: « De toutes les circuliez, et 
» contrées de France, et tenances. « (Froiss. II, 
p. 201.) — 3- Fief, héritage: « Lesqueles tenances 
« devant devisées sont prisiées bien et justement à 
.. .XXVI. livres el onze saudées de terre. " (Du Gange, 
sous Tencntia, à Tenere, 1.; 



TEN 



- 24 



TEiN 



Tenant. 1° Celui qui, dans un tournoi, tient 
contre tout venant : « Avoil M. de Laval premier 
« tenant un grant More iiui le nienoit sur les rangs 
« et fut le marquis de Montferral le premier des 

• venans. » (Hob. de la Mark, p. 15.) 

Mon tenaxt donne à aucun >in destrier, 

A l'autre donne palefroy ou courcier. (Desch. f. iOQ.] 

2" Lieutenant: • Nul des auditeurs, ne leurs 
« tenans. • »Ord. II, p. 5.)— » Frère Coufier fa fait 
« comiuandeor. grand tenant lieu de maistre. » 
(Marlt-n. V. p. TiO.) — 3° Avare : ■■ Large d'avoir et 
« tenant Ac merchi. « (Poët. av. 1300, 111, p. 1)09.) 
— 4° Dépendances: « Il avoil épousé une telle, 
« laquelle il cottoit par tenans et alioutissaus. » 
(Am. ressuscit. p. 488.) — 5" Lociit. adv. Ensemble : 
« S'en vont joinz comme en un tenant. » ((!. (luiarl, 
f. 3'i7.) — « Trois fois le baise en un tenant. » 
(Hisl. des 111 Maries, p. 111.) 

Tenaille. Vassal : » Quand aux hommes de fief 

• alloeliersetgensdeloy, soient eschevins tenantes 

• ou hommes terriens i]ue les dits sergens pren- 
« dront pour mettre la main aux biens, chascun 
« homme de tief ou alloetior aura sur son lieu 

« quatre palars et chascun eschevinage ou 

« tenante, un droit de loy. » i^N. C. G. 11, p. 108.) 

Tence. Dispute : 

Sont assis pour cuir la iciicc 

Et por deviser la sentence. (Ovide, ms.J 

Tencer. Disputer : 
En songeant, ce m'estoit advis ; 
Car je veois vis à vis 
Folie qui le sens teiicoit 
Et daller devant sefforçoit. (Desch. f. 265. J 

Tenchier. Même sens : 

Guides tu contre Diu tenchier ? 

Vies des SS. Sorb. LX, c. 53. 

Teuchon. Dispute : 

A le noise et à le tenchon 

Entra li prestres en maison. (ils. '7980', f. 2iS.) 

Tenciei". 1° Disputer : 

Por ce fet il bon tenir 

De bobancier 

Et de jongler, et de Icncicr. (ils. 1218, (. 231.) 

1° Dispute : 
Ja preude famé ne sera, 
Gui li lenciers abolira. (Ms. 1318, f. 131.) 

Tençon. 1" Dispute : 

De honte ont à lor volenté 

lîou n nuns et à setters, 

Outrages, qui est boutcilliers 

Les sert de honte, sanz ten(o>is. (Ms. 1615, II, f. 188.) 

2" Plainte : 
.... Cil qui n'ert en soupeçon 
Ne savoit mie la tençon 
Ne le duel que celé nienoit. (Ms. 1218, f. 352.) 

Tençonner. Discuter : 

Cil qui savoit de la nuit l'eure, 

Vest sa robe et se lieve seure, 

Et va ses matines soner 

Qui oit moines tençonner. (Ms. 7218, f. 291.) 

Tendance. Désir : 

Por çou mes toute ma Icndanie 

En amer, sans boisier, 

Ferai ma pénitence. (P. av. 1300, lll, p. 1055.) 



Tendant. Qui étale : « Tendanz et marchanz 
• de poisson. » (Ord. 11, p. 207.) 

Tendeurs. 1° Qui étale : « Les diz marchanz 
" tendeurs et pescheurs. » (Ord. II, p. 208.) — 2° 
Qui tend un filet : 

Il se débat sur l'herbe verd 

Pour le (illé qui l'a couvert, 

Et voit le Icndexf y venir ; 

Si cuidc maintenant mourir, 

Quant lui court sus haslivement, 

Et à ses dures mains le prent. (G. de la Bigne, f. i.) 

Tendiere. Extrait : •> Murs moictoyens entre 
« deux voisins peut estre percé pour asseoir 
" somiers, pennes, tendieres ou consoles en adver- 
- tissant le voisin. » (.N. C. G. II, p. 408.) 

Tondis. Tandis que : 

Ce promislrent il par fallace 

El le roy, qui plain fa de grâce 

Les regeut ; ce fut tendis. (Ms. 6812, f. SI.) 

Tendon. 1" Piège, lilet tendu : 

,1e voy l'ortie et le chardon. 

Le jonc marin et la cicue, 

La cauppe treppe et le tendon, 

Et toute herbe qui point et tue 

Ou qui à tout mal s'esvertue. (Desch. f. 7.) 

2" Extrait : « Poutres, tendons et sommiers. « 
(.Nouv. Coût. Gén. Il, p, 1089.) - 3» Extrémités 
des muscles : 

Je n'ay membre sur moy, nerf, ny tendon, ny veine 
Qui ne sente d'amour l'amoureuse poison. 

Roraj liellciu, I, p, 58, 

1. Tendre. 1" Etablir son camp, dresser ses 
lentes : 

Au tierz jour s'est l'ost esmeue 

Qui se rêva tost à l'estendre. 

Devant les murs de l'ille tendre. (G. Guiarl, f. 361.) 

Parmi Honaut i a l'ost fendant. 

Devant Tournai se vont tendant. (Id. f. 333.) 

Le quieus à grans os là tendi ; 

Mes li du.x pas ne l'atendi ; 

Ses hommes du siège leva. (Id. f. 22.) 

2" Donner l'aumône : 

Mais teus tcnt mains, qui retrait don, 

Ensi donne à loi d'enfançon 

Amours ses biens en rotraiant. (Vat. 1490, f. 51.) 

Tout ai îuis povrPS tendu ; 

Ne m'est remez vaillant un sac. (Ms. 7218, f. 298.) 

.3" Fournir une course : 
Et puis s'en vait grant aleure. 
Plus que galoz ne qu'anblure, 
Mais tant con cheval li puet tendre. (Dlanch. f. 171.) 

4° Se diriger : « Di moi quel part vous devez 
'• tendre. » (G, Guiart, f. 145.) — 5" Viser, songer 
à : " .le scay bien, dit la chambrière, que le ribaut 
« y a bien tendu, mais il n'y a homme au monde 
u h qui ma dame veuille autant de mal comme elle 
>. fait ù luy. " (15 Joyes du Mar, p. 195.) 

A celle court l'un prant sur les gabelles, 

Kt l'autre tent ses compains soit demis 

De son estât, sans ce qu'il soit ois. (Desch. f. il.) 

Amours, jamais rien ne celas ; 

Tu sçais que depuis ja tendis 

A l'aimer bien, lu l'entendis : 

Fay tant que d'elle aye soûlas. 

Loyer des Faulses Amours, p. 304. 



TRN 



— 25 



TEN 



A nuliii, siro, no Imuloie 

Si de cuer de son mariage 

Comme à vous. (Ms. l'IIS, f. Stii.) 

Si que je veul pour mieux entendre 

De voir h quoi nie puisse leiulre 

Soit de merci ou d escondit. (Ms. GSIS, f. l.j 

« Qui à aise tend, aise lui faut. • (C.olgrave.) — 
» Qui ù asne Icnd, à asne vient. » (Id.) — C° Etendre 
vers : 

Soudoiers qui la son entendent 

Les mains aux armeures tendent. (G. diiiart, f. 96'/.,' 

7» Tendre un filel, au propre et au (louré: » On 
" ne doit tirer ne tendre aux pigeons de coulom- 

» biers avec liiel/, glus ncpareillonienl Iriidre, 

« ne tirer aus garennes, si on n'a dioitdece 

i' faire. » (C. U. Il, p. 778.) — « Oyselleur ([ui ten- 
« doit aux cliani|)s aux oyseaulx. » (Chroniq. se. de 
Louis XI, 30G.) — « Restes noires bien souffrent que 
« l'en leur tende de près. » (Mod. fol. (13.) — « Cil 
« pert sou sens qui, sans mœute, vcult tendre. » 
(Valic. 1522, fol. IGG.) 
Le saigo homme 

Par son sens et par sa clergie 

Qui sçara l'art d'astronomie 

Et qui tc»t jusques la ses toiles 

Dominera les estoilles. (Desch. f. Ail.) 

8° Bander un arc, une arbalète: 

Arbalesliers de France tendent 

Et ordonnéement se bessent. (G. Guiart, f. 355.] 

9» (îonfler : « Plus envis doit on rompre que ten- 
<■ dre. » (Vatic. 1400, fol. 1G5.) — « 11 n'a veine qui 
« tend. i> (Colgrave.) — 10» Elendre la main pour 
prêter serment : 

Tendre vous fault la main au.v sains ; 

Tendez. — Voulentiers, beau compains, 

Jurez le saint sacrement, 

Vostre foi, vo baptisement, 

Tous les sains, toutes les sainctes. [Desch. f. 314. J 

H» Tendre la main pour mendier : 

Qui n'avoit pas la teste saine, 

Ains vous di qu'il l'avoit si plaine 

D'une diverse maladie... 

Que nus n'i osast la main tendre. (il. IQiS, f. 380.) 

12° » Tendant, » avec tension, avec effort : 

Or me menez vous trop tendant, 

Fet li sires qui toz fu pris. (Ms. 731S, f. 2.) 

13° Disposé à : « Oncques nus si biaus dons ne fu 
« tendus ù prendre. » (Ms. 7218, f. 180.) 
2. Tendre. 1° En parlant des yeux : 

Ele a teïidre les yeux. (Ms. 1015, II, f. ilO.) 

2» Pitoyable: « La pucelle qui estoit jeune el 

« tendre dit à son amy cber frère, j'ay bon 

• appétit, se nous avions que manger. » (Percefor. 
V, fol. 35.) — 3° Fin : « Et vesl une roube moult 
a tendre. » (Ms. 7G15, II, f. 124.) - 4° Plat: « De 
« pecune un peu ma bourse est tendre. » (Clém. 
Marot, p. 268.) — 5° Délicat : 

.... Hastivet 

Qui s'eschauda quant le brouet 

Huma, quar la langue si tendre 

Avoit, qu'il ne pouvoit attendre 

Qu'il fut froit. (Gace de la Bigne, f. 93.1 

6° Susceptible : - Si par inadvertance, il m'es- 
« chape quelque mol qui puisse déplaire aux dits 

X. 



" seigneurs , si d'adventure ils csloienl tendres 
« d'oreilles. » (Mém. de Du Dellay, IV, fol. 131.) — 
7" Faible : « Ilcnnucr| (|ui est le plus tendre dit à 
« son cousin Passclion : .J'ay faim, ijue mangerons 
" nous? " (Percefor.)— ■« Lascbes et tendres de 
« eœui'. » (Cliron. de S. Denis, II, f. W.) — 8' Mou, 
amolli : 

Pins ara esté tendre et aise, 
Plus sera puni et punaise 
Sa charoigno et plus corrompue. 
Et lors convendra que plus pue. (Desch. f. 531. J 
Tost sot li quens celés nouvelles 
1)0 duel le cuer si tendre 

Qu'au conte Challes se vint rendre. (G. Giiiarl, f. 2A7.J 
9° Irrité : 
La contesse issi de la chambre 
Quant sa mère ot le cuer tendre. (F. de S. Genn. f. iiO.j 

10° Changeant: 

.... Païz de Flandres 

Dont le peuple est mouvant, rebelle et tendre. 

Desch. fui. 213. 
Le roy si est et dur et tendre ; 

Durs aux siens, et dous à estranges. (Ms. 6813, f. 10. J 
De ce ne fu pas li roi tendre. 
Au premier, mais au derrenier 
En fu il lasches et lanier. (Ms. C:U3, f. GG.J 

H» Porté vers: 

Cil qui vers Dieu ne fu pas tendres 

Se fu levez moult très matin. (Ms. 1318, f. i.J 

Teiulrelet. Un peu tendre. fColgr.) 
Tendrelettement. D'une manière un peu 
tendre : 

.... Sa main douce 

Foiblement me repousse 

Et serre, en ce doulx tourment, 

Mes doigtz tcndrclettcinent. (J. Tahur. p. 383.) 

Tendrement. .Mollement: » Se lu lesses courre 
« tendrement, sans envoyer, il en vient souvent 
« que un autre cerf jeune demeure en la sieute, 
« ou bien près de ton droil, pourquoy trop grand 
» haste n'est mie bonne. » (Mod. f. 21.) 

Tendresse. Mollesse : .■ Les jeunes gens, pour 
" la tendresse et mollesse de leur âge, sont aise- 
« ment trompez, facilement croient el reçoivent 
« impression. » (Gharr. p. 410.) 

Tendret. Un peu tendre. (Colgr.) 

Brunete, jonete, tendreté, bien faite. 

Ch. diims. Bouhier, f. 301. 

Tendreté. Mollesse: « Pour la tendreté [des 
« blés et des viandes) les fumées ne pevent pren- 
« dre (les cerfs). » (Mod. fol. 3.) — « Tendreté de 
« caillé. » (Monel.) 

Tendrottenient. Par mollesse : 

Et tousjours tcndrcttcmcnt 

Aux jeunesses ne t'amuses. [J. Tahitr. p. 94.) 

Tendreur. 1° .\ge tendre : » Plusieurs filles 

» laissent passer celle grande tendreur el verdeur 
« de leurs ans, el en alteudenl les plus grandes 
•• malurilez. - (Branl. dam. gai. II, G7.) — 2° Pitié, 
douleur: « \.ii tendreur (]u'\[à\o\\. du trespassement 
« de son père. » (Chr. de S. Den. I, f. 28.)— 3° Ten- 
dresse : " Tendreur de raere. » (Chr. de S. Denis, I, 
f. 26.) — 4° .Mollesse : « Ja piecai je n'eus telle ten- 



TEN 



— 26 — 



TEN 



« dreur au cueur, comme j'ay eu îi ce soir. » (Percef. 
VI, f 43.) — 5" Nouvelle luné : • Luy deuil mainle- 
« nant sa blessure pour la tendreur'de la lune, plus 
« que une au lire fois. » (Percef. 11, f. 89.) 
Tendrier. 1° Pressé de: 

Mais no soiez pas trop Icndricrs 

De les demander voulentiers ; 

Car oncques, par tost demander, 

Nul ne se fil sage clamer. (Gacc de la Biijnc, f. iO.) 

2» Jeune: « Une vache laiclant tendricre, avec 

• son veau, esl comptée pour une lesle. » (C. G. 
t. II, p. 'i82.; 

Tendriere. Filet tendu : « Entre cy et là vous 
. trouvez quelque lendriere. • (Jouvenc. p. 202.) 

Tendrineux. Plein de tendons. (Colgr.) 

TeiHlrir. .Mlendrir: » Quant la damoiselle cn- 
. treveit la lettre, le cueur lui commença tellement 
« à tendvir qu'elle n'eut puissance de soy sous- 
« tenir. » (Percef. IV, f. 7.) 

Tendron. Vrilles de la vigne : « Les tendrons 

• de la viune de quoy elle s'aggrapc et tient ù 

• quelque chose... les petits /c)i(/roHs qui naissent 
■ àl'entourdu nouveau sep tous le.s ans, lesquelz 

• on coupe comme inutiles. » (Rob. Est.) 
Tendronneux. Plein de tendons. (Colgr.) 
Tendrour. Faiblesse, dclicalesse : « Le second 

. prince a nom Tendrour, (lui de sa condition a le 
« cœur mol et foible ù faire bien, et est trop deli- 
. catif. » (Mod. f. 28G.) 

Tendue. 1" Tenture : « Commencèrent îi des- 
. tacher une tendue de linge et dont leur chambre 

• esloit tapissée. » (Des Ace. p. 40.) — 2° Filet tendu : 
« Grand maislre de la fauconnerie et des tendues. » 
(Etat des ofli. du duc de Bourg, p. 52.) — « Maislre 
« des tendues des oyseaux de M. le duc » {Id. p. 08.) 
3» Cloison : » Liez contre une tendue de bois, d'une 

• chaisne de fer, par le milieu du corps. » (Letl. de 
Louis XII, t. IV, p. 230.) 

Tendnre. Entrait, pièce de cliarpenle: » Pennes, 

• tendues ou consoles. » (N. C. G. Il, 1090.) 
Tendye. Tandis: « Tendiieq\icdiivo\i\ bataille.» 

(Le Jouvenc. p. 300.) 
Tenehre. 1° Nuit: 

Sa clarté ma (encbre illumine. (Mai-g. de la Marrj. p. 8.) 

2° Matines qui se cbanlcnl l'aprùs-dinée du mer- 
credi, jeudi et vendredi saints: « A la semaine 

• peneuse, à la première nuyt des ténèbres.... » 
(Lancel. I, f. 147.) 

Tenebreur. Ténèbres: 

En prison cl tenebreur 

De langueur 
Mas enfermé si très fort. (Al. Charl. p. 797. J 

Tenebrion. « Tenebrions , follets et autres 

• illusions nocturnes que nous appelions esprits. » 
(Ponlus de Tyart, p. 17.) 

Tenebror. 1° Ténèbre : 

Tuit furent en grant Icnchror ; 
Morir quiilent tuil li plu.sor, 
Ouar la tourmente moult fort, 
El du dromont croissent li bort, 



Li vent herice et la mer poudre, 

Tone et esclaire, et chieenl foudre. (Blanchand. f. iSO.J 

.\\ns mes dame tel duel ne fit 

Com la duchoise fit la nuit, 

Kt li chevalier ausi tuit 

Furent en moult granl Icnchror 

.lusqu a tant que virent le jor. [Ms. 190G, p. 36.] 
2» Ennui: 

El je volentiers, por s'amor, 

Rechevrai ceste tcnehrnr 

De la chartre que je chi voi. /T.rfes SS. Sorh. LX, c. 30.) 
Tencbi'our. Ténèbres : 

Trop horrible y cri leur clamour 
En le jour 
Tenebroiir. (Desch. f. Oi.j 

Tenebrous. Ténébreux ; le diable : 

Tant a hurlé au tcnchrous. (Ms. 72i8, f. 9i5.J 

Tenebry. Jeu, dans Rabel. I, p. 148. 
Tenement. « Fus fiemens sont apelez francs 
« leneniens, sans liomage et sans parage, en fieu. 
« lay ; et ce esl fet par aucune composiiion qui est 
« fête entre aucunes personnes. • (I>u Gange, sous 
Tenere.) — « Quant cela vint ù la connoissance du 
<> roy et de son conseil, lanlosl il envoya devers les 
" dits ducs, notables et solennels ambassadeurs, et 
« leur manda et feit faire deffence sur peine de 

» confiscation de tous leurs tenemenis qu'ils 

« gardassent qu'ils ne feissent nulles entreprinses 
" l'un contre l'autre. » (.Monstrel. I, f. 100.) 

Tant que l'en m'aura fait saisir 

Du bourc de S' Orner et d'.Vire 

Car j'ai souvent oi rdraire 

Par pluseurs et certainement 

Que c'est de mon droit tcncuicnt. (G. Giilarl, f. 104.) 

Pour maintenir ton Icncmcnt 

Si que ne soit pas mesprisée, 

France, en ton temps, ne diffamée. 

Dont lu as le couronnement. (ils. 6813, f. 54.) 

La plus bêle et la plus corloise 

Que soit en tout le tcncmcnt. (Ms. S. Germ. f. 82.) 

Ginberge n'c.<it pas riche d'or ne d'argent 

Mais ele avoit un pou de Icnrnwnt 

Dont ele se vivoit trop noblement. (Audirjier, f. 67.) 

Teneinenliei". Vassal: « Le seigneur censier 
" peut recourir aux herilages mouvants de sa 
" censé, par faute de tenemenlier. » (C. G. 1, f. 8i8.) 

Tencsnie. <■ Maladie nommée encore epreinle, 
" voloiilé impuissante de se vuider. » (D. G. sous 
Tenesmus.) 

Teneu. [Embrassé : « Pour ce que l'en leur 
« avoil dit que les Bretons l'avoienl teneue et 
« cogneue cbarnelment. » (JJ. 107, p. 107.)] 

1. Teneur, masc. 1° Celui qui lient un fief: 
« Plusieurs grans barons de France et les teneurs 
" voisins. » "(Froiss. liv. I, p. 180.) — 2° Celui (jui 
chante la taille : « Commencèrent trois pelils enfans 
" d'église, avec un teneur, une Ires doiilce chan- 
. son. p (Malth. de Couci, Charles Vil, 009.) 

2. Teneur, fëm. 1° Contenu : « Quant plusieurs 
« seigneurs contendenl la teneur féodale, le vassal 
" n'est tenu d'advoner l'un de l'autre, mais se peut 
" faire recevoir par main souveraine. » (Coût. Gén. 
I, p. 48.").) — 2° Prescription : « Aprèsque quelqu'un, 
« comme homme de fief, aura tenu et possédé un 



TEN 



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TEN 



" fief... trente ans et trente jonrs, sans interruption, 
« il sora reiuiti'... propriétaire ciii dit liel', viiinti" 
" de la prescription de temps que l'on appt'llo 
« teuciir. » (N. C. (;. I, p. 70'2.) - 3" Taille, dans le 
plain-eliant : 

Les plus grans chantent la tcneitr, 

Les autres la conlro teneur. [G. de la Tiujnc, f. i02.J 

Teiiciire. l''Tenure: « Tenetire es[ h manière 
" par (luoy les lenemens sont tenus des seigneurs. 
« Une teneure. est par liommage, autre par parage, 
» et autre par hourgaiio, et auilre par aulmosnc. » 
(Ane. Coût, de Noru'iandie, f. i7.) — « Tciteurc par 
« liomage anceslrel. » (D. C. sous Fcudum nnli- 
qunm.) — 'i» Possession : » Par teni'ure de l'an cl 
a jour. >' (.\ssis. de Jérus. p. 33.) — 3° Contenu : 
« rencH/v de CCS lettres. •> (Ord. I, f. 540.) — i" Taille, 
en plain chant : 

Et chante haut à plaine bouche 

Motés, gaudis et Icneurc. (Ruse.) 

Teniclé. Juponné : « Clievaux lioussez et Icni- 
• clez. » (Ord. 1, p. 436.) 

Tenie. Handeletle. (Cotgr.) 

Teniecle. Ténèbres : « Tcniecle faisoit et fort 
« noir. » (Mousk. p. 40l>.) 

Teniere. Tanière : 

Mort, tu es plus corant que n'est mie lévriers ; 
Mort, tu es plus tornant que n'est leus de teniere. 

Ms. 7218, f. 341. 

Tenir. 1° Conserver : 

Allxandre par dons conquist 

Daire par tenir se forfist. /.Vs. GSi'2, f. 19.} 

« L'en fera tenir ou depiecer le jugement. » 
(Ordonn. I, p. 114.) — 2° Entretenir: «'Entra en 
« jalousie pour ce que on disoit que le duc de Bra- 
II bant son inary tenoit une genlille femme. » (Le 
Fevre de S. Remy, Charles VLP- '152.) — 3° Impor- 
ter : « Beau sire, dist le clievalier, qu'en tienl il à 
« vous? 11 en tient tant à moy, dist Troylus, que 
« vous la laisserez aller, veuilliez ou non. » (Perccf. 
II, f. 65.) — 4" Croire : » Je m'en scez bien à quoy 
« tenir. » (Percef. V, f. 101.) — 5» Retenir : 

Dieus qui pourra ces oz tenir 
Que tantost à Teure ne facent 
La grant destruction qu'il chacent [G. Guiarl, f. i^-'i.j 

&- DitTérer : 

Si lor a dit que soit rendus 

Li jugement trop est tenus. (Ms. 7980 ', f. 51 .} 

7° Ce qui appartient, convient à : 

Droiz dit que l'en doit espargnier 

Caus qu'i tient à espargnier. [ils. 16i5, I, f. ilO.) 

8° Etre apparente ù : « Qui ne le tenist rien. » 
(Ord. l, p. 236.) — 9° Demeurer: « Guete une nuit 
« ou deux, savoir s'il tendra son pays, et si tu vois 
<■ qu'il le liengne, si tens tes paus.«(Mod. f. 468.) — 
10° Faire, coucher la mise : 

L'un veut couchier, l'autre tenir, 

Jouer à beau, ou à lait gieu. (Desc.h. f. 313.J 

11» Chanter la faille : » Par ces six notes, l'en 
« puet apprendre' à chanter, accorder, doubler, 
" quin loyer, tercoyer, tetiir. » (Descli. fol. 395.) — 
12" Poursuivre : « Mais ferions après l'ystoire ke nos 



« encomenciée avons. « (Scrm. ms. de S. Bern. 
]). 213.) — 13' . Tenir doniage, » faire dommage, 
(l'cr. llist. de Bourg, p. '(75, an. 12.")3.) — 14' Dé- 
tenir, posséder en droit féodal : • Quand le fief baillé 
« au juveigneur vient à la main d'un cstranger et 
« qui n'est du ramage, et celui ([ui ije/i/ ainsy en 
« juveigneuricsans parage, tient aussi du seigneur 
« proche comme du seigneur lige. •> fC. C. II, 771.) 

— » D'aisnéen parage et ramage, qui est du | u se 
« vassal, ou des descendans de luy ù son frère 
• aisné, seigneur ou descendans dudit aisné, et 
« celuy qui tient comme juveigneur d'aisné en 
'< parage, tie)it aussi en ligence du seigneur supe- 
» rieur lige et prochain dudit aisné. » (C. G. 11,771.) 

— « Nous n'avons point encor chevauché sur nos 
« ennemis et moins de bien ils en tiennent de 
>' nous. » (Froiss. liv. Il, p. 156.) — 1,5» Opposer : 
" Vous avez peu que tenir à rencontre. » (Essais 
de Mont. I, p. 139.) 

E.vi)resfiions : i' Tenir trois guerres sur main. » 
(LctI. de Louis .\II, t. IV, p. 14.) — « De là tindrenl 
« oullre droit au ileuve. ■> (Ilist. de la Toison d'or, 
I, f. 54.) — <> La tenant en paroles, > l'entretenant. 
(Ger. de Nev. II, p. 72.) — « Le baulbert le garantist 
« de mort qui estoil moult fort et tenant en serre.» 
(Lane. du Lac, III, f. 17.) — « Tenir le soleil levant,» 
tirer vers le soleil levant. (Pcrcefor. VI, fol. 119.) — 
" N'avons cure de vo conpaignie ; maistenés vostre 
« voie » (Ms. 7989% fol. 77), suivre son chemin. — 
« Lequel véritablement luy tenoit ung bien grand 
« tort. « (Am. ressusc. p. 425.) — « Tenir train de 
» marchandise, » faire le négoce. (Mon.) — ».\dvient, 
" par fois, que l'oiseau, quand il a esté peu, ne 
» peut tenir sa gorge, ains incontinent la rejette. » 
(Fouill. Faucon, f. 31.) — « Le veneur tiendra son 
« limier de court, et s'approchera du carnage. » 
(Fouill. Faucon, f. 115.) 

Por que li peust avenir 

On n'auroit en lui que tenir 

Et si set bien s'avaine maurre. [Ms. 7'21S, f. 3A0.J 

<■ Tenir pied à boule, » se fixer. Oud.) — « Tenir 
« le bon bout par devers soi, » se réserver le meil- 
leur. (Oud.) — u Tenir de la lune, » être lunatique. 
(Cotgr.) — « Tenir des basses marches, » être maî- 
trisé de sa femme. (Cotgrave.) — « Tenir le livre, » 
pailer toujours. (Cotgr.) — « Tenir le menton, ■> 
soutenir. (Id.) — « Tenir la mule, » maîtriser. (Id.) 

— « Tenir pied en soulier, » être content. (Id.) — 
« Il n'a garde de tenir h la poisle, il est bien en- 
« fariné. » (Oudin.) 

Cil est fous, par S. Germain, 
Qui ce qu'il tient en sa main 
Giete à ses pieds, en nonchaloir. (Fahl.H.Germ.p. 331. j 

» Celui peut hardiment nager à qui l'on tient le 
» menton. » (Cotgrave.) — » Tenir la queue delà 
» paelle. » (Id.) — « Qui tient se tienne. » (Id.) — 
<■ Tout pert que tout tient. » (Ms. 7615, I, f. 101.) — 
« Mieux vaut un tenexi que deux vous l'aurez. • 
(Cotgr.) — » Mieus vaut un tien, ne font deus c'on 
« aient. - (Poët. av. 1300, II, p. 9J3.) 

Mieus vaut un tiens que tu aras 

Que ne font deulz qu'attendras. ;'/// Maries, f. 303.) 



TEN 



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TEN 



Mieus amez, ce m'est vis 

.1. tient que .n. tu l'aras. fVatic. 1400, f. i.tO.] 

Tenner. Ennuyer: « Ennuyez de la longueur 
« du siéjïe de Pampelune, les "Espagnols se com- 

• mencerent ù tenner. • (Froiss. II, f. 39.) 

En soupirant, el me va dire 

Depuis l'heurs que je fus née 

Ne me trouve aussy lennéc 

De vous voir derrier la porte. (Roger de Collenjc, f. 53.) 

Tenoiir. I» Taille, en plain chant: • Qui scevenl 
« chanter tenours. » (G. de la Digne, f. 433.) 

Si de m'entencion entendez la tenour 

Jà n'i porrez noter, fors biens et grant honor. 

Ms. 1-218. f. 217. 

2° Qui chante la taille : « Jean Tromelin tenour 
' de la cliapolle de monseigneur. » (.\nnol. sur 
rilist. de Charles VI, p. 705.) 

Tenreaii, iuu. Mesure: <• Qu'aucuns ne pren- 
« nent... roche qu'elles n'ayenl quatre polces et 
« demy... et tenreau d'un denier, sur l'amende de 
« soixante sols tournois. » ;N. C. G. II, p. 150.) — 
« Tenriaux de ung denier. •■ (C. G. I, p. 813.) 

Tens. Temps ; « par tens, » bientôt : 

Venez Jhesu ; vostre demeure 

Passe, ce m'est vis, terme et cure ; 

Amors, di li qu'il me sequeure, 

Ce soit par tens, trop mi demeure, (ifs. 7518, f. i'25.] 

Tensemeat. Droit seigneurial à litre de la 
proleclion qu'accorde le seigneur: « Le tensement 

» de Neuville l'avoine des tensemens. » (D. C. 

sous Tensameiitiim.) 

Tenser. 1° Protéger : 

.\l cavalier ont envoyé 

Et se li ont dit et prové 

Que s'amie face venir 

Pour lui tenser el garentir. (Ms. "jOSO^yf. 51.) 

.... Cil de France ont dur chailloz 

Dont à escerveler les pensent ; 

N'ont espoir que de ce les tensent 

Coifes de fer ne chapelez. (G. Guiart, f. 311.] 

2° Disputer, gronder: « Tenser à son oreiller, » 
disputer avec son oreiller, en parlant d'un amant 
qui ne doi l pas. (1,'am. rendu cordelier, p. .545.) — 

• Tenser h sa poulaine. » (Id. p. 533.) 

Nus hom ne me porroit 

Médecine doner, 

Fors que vous, douce dame ; 

Nu9.ne me puet tenser. (Ms. IGiâ, II, f. i'8.j 

Tenserie. Protection : 

Et si retint 
La cité en sa tenserie 
Sans faire nule trecerie. (Moiisk. p. 344.) 

Tensif. Qui se tend. (Cotgr.) 
Tcason. 1° Proleclion : 

Li rois qui voit tel abandon 

L'enfant royal prend à tenson. fJeh. de Sainlré, SIS.) 

2° Discussion : . Lors recomance la tensons. » 
(Ms. 7615. 1, f. 106.) — 3" « Tensons esloienl disputes 

• d'amours, les uns sonlenaus un parti, les autres 

• un autre, qui estnienl puis après jugées par des 
« seigneurs et dames d'honneur. » (Pasliuier, Hech. 
p. 603.) 



rvcgi-cts, tensons 

Pleurs et chansons 

Sont les façons 

D'amoureuse chevalerie. (Borel.j 

Teiisseï*. 1' Proléger: « S'en son chaslel entrez, 
« vous li devez tensser. » (Ms. 7218, fol. 334.) — 
2° Disputer: 

Marie est ma fiance, du tout à li me fie ; 

En li ai ma créance, ne l'oublierai mie ; 

Bien sai, tant qu'ele en pense, ne m'oubliera mie ; 

Vers l'anemi me lensse qui a tort me meslrie. 

Ms. ISIS, f. îlO. 

Tentare. Fanfare : 

Chascun se pare 

Et veut aler à la tenlarc. ,'.!/. Charl. f. GGû.) 

Tentation. « Tentation par devant el repcn- 
« tance par derrière : se dit d'une femme dont la 
" taille ou l'habit parderrière fait imaginer quelque 
-' chose de beau ; el l'on treuve puis après en la 
•■ regardant par devant, qu'elle esl extrêmement 
« laide de visage. « (Oudin.) 

Tentative. Thèse que soutiennent ceux qui 
veulent passer bacheliers. (D. C. sous Tentator.) 

Tentatoire. Epreuve, essai. (Colgr.) 

Tente. 1" Action de tendre un filet: 

Tele amour n'est fors la tente d'un las 

Qui la se prent ; chelive esl cl c'ûl las. (Desch. f. 75.) 

« On peut leiidrc es basions des reyz, faisant une 
>' ousche de l'une pari des basions, el aussi puet on 
» tendre sur le bout du baslon faisant un pou four- 
« cliie dessus. Chascune de ces tentes est bonne. • 
(Gast. Phéb. p. 305.) — 2» Tente, sens subsistant : 

Li riche homme communcmenl 

Refont, à l'eure. sanz alendre. 

Ile toutes parz leur lentes tendre. (G. Guiart, f. 333.) 

3» Tenture : « Tente de tapisserie. » (Brant. Cap. 
fr. III, p. .307.) — A" Filet: « Comme fait Tyraigne 
» qui prenl les mouches en ses reths el en ses 
« tentes. » (Le Chev. de la Tour, instr. à ses (illes, 
f. 26.) - 5° Conflit: 

Eus moi fait une grant tente 

Volentés contre cremor. (l'oët. av. 1300, III, f. 10Sr>.J 

G" Hande pour blessure: « Por la porrellure de 
» lot lo cors est assi comme une tente [canlerium) 
« fichiee el chef. >■ ;S. Dern. fol. 182.) — 7° Sens 
obscène : 

On dit qu'à la forme du nez 

On congnoisl ceux qui sont ;irmez 

Le mieux de celte grande tente 

Qui les bonnes dames contente. (J. Taltiir. f. l-'tO.) 

Tenté. Pris de : « L'officier qui mit le pistolet à 
" la main coiilre M' de Guise fusl si oulrecuidé ou 
" pour mieux dire si tenté à<i vin. » (Brant. Cap. 
fr. m, p. 60.) 

Tentement. Action de leuler. (Colgr.) 

T<'nter. Sonder; « Certes, disl la dame... je les 
" ayderay à guérir... Adonc va leurs playes/Oi/t'?'... 
« cl trouve qu'ils esloienl moult griefvement na- 
" vrez. » (Percef. I, f. 41.) 

Tenteresse. Tenlalrice. (Colgr.) 

Tenterie. Tenlalion : » Empirie, medicaslrie, 
>■ Iriaclerie, ...cepollaine, pillalique, baiiquurie... 



TEN 



- 'i'J — 



TRP 



" iiilcrressoi'ic... blesclierie.... iKippclounlcrie.... 
« cîiiroiuK'C, moilleurcs , lanlerncrie conlnj-ôe , 
» tculcrie... crocqiielerie, courlisanncrie. » (Alect. 
roin. p. ;{.■>.) 
Teiitour. Tentnteiir. (Tri. de la Xob. nam.SOi.) 
'routier. Marclianil de lentes. (Méiii. de Sully, 
t. M, p. iSi.) 
Tentir. Relenlir : 
Ef?pée.s tranchan/., fers de lances 
En escuz coulouroz s'embatont, 
Hyaumes tontissent, frez esclatent, 
Coutiaus en chars nues se baingiient. (G. Giiiart, f. ^il .] 
Quant j'oy Icnliv et bas et haut 
Le ro.'îsignol parmi le gaut. (P. av. 1300, III, f. lO'iS.) 

Tentisseiiient. Retentissement. (Cotgr.) 
Tomi. 1" Convenu : « S'il y avoil aucun e.stans 
« ou vivier (jui fust empesclie que l'on reserve la 
.. nouirisson, s'il a tenu qu'il appartiendra pour 
« peupler la dilte pesclie. » (Gr. Coût, de l-'r. 34.) — 
2" nébileur : " Plus que jamais à vous me sens 
.• tenue. » (Marg. de la Marg. p. IG.) — « Je ne 
•> coiuplay oncques à vous, et scay bien de piera 
« (|ue je suis vostre tenu. » (Mém. de Duguesclin, 
p. ;J0().) — 3" Dû : .< Tant tenu, tant payé. » lOudin.) 
Celte locution vient de l'engagement mutuel de 
celui qui prenait ou retenait iiuelqu'un pour le ser- 
vice de sa maison, et l'obligation de celui qui s'y 
atlacbait pour des gages, pensions ou autres récom- 
penses convenues entre l'un et l'autre. —4° Serré: 
« El si tenu qu'il n'ose parler à une femme. » (XV 
Joyes du mar. p. 18-2.) 

Teiniz fut cours, 
Horrcstes dessus lui couru, 
Et l'a parmi le cors féru. [Descli. f. 506. J 

Tenue. Mince, délié, ténu : 
Celuy la se Uesafubloit 

Le chef de sa leniie coiffure. [Baïf, f. 116.) 

La grâce de jouer du toiue chalumeau. iJam)jn,p. 69. j 
Tant as, tant vais, tans est li sens : 
En icnue mantel, tenue sens. [Fabl. de .S'. Genn. f. 3.j 

Tenue. 1" Ce qu'on tient : 

Le faulcon le vit empesché 

De la proye qu'avoit pesché ; 

A lui légèrement alla, 

Et fit tant qu'il le surmonta ; 

Si lui fit si dure venue 

Qu'il lui fit perdre sa lùmtc. (G. de la Birjne, f. 45. J 

2° Sorte de fief, de possession : « Le fonds ainsy 
« baillé est appelle /6')»<^ ou convenant; lorsqu'il 
» y a maison ou logement, elle esl dite tenue logée, 
« bebergée ou vestue ; lorsqu'il n'y a que des terres 
» sans niaisons, elle est dite tenue ou convenant 
« par debors. » (N. G. G. IV, p. ili.) - « Usdeso- 
« beyrenl au carados, tellement qu'ils luy furent 
« Ires contraires, disant que la terre qu'ils avoient 
« en tenue esloit nuement à eulx et qu'ils la def- 
» fendroienl contre tous les hommes tant qu'ils 
« pourroient. » (Percefor. IV, f. 18.) — « Tenue 
« longue, " longue possession. (Laurière.) — « La 
« tenue Use est quand le vassal tient prochement 
" et lignement du seigneur. » (C. G. IL p. 774.) — 
« Pour valablement charger ou hypothéquer beri- 



« lages, il est requis (pie ci; fasse ()ar l'une des 

- trois voyes.... assavoir par mise de f.iil et /c«ue 
<i de droil, par ra|iport d'héritage ou en faisant sur 
" iceluy héritage asseoir et mettre nostre main. •> 
(Laurière.) — 3' Dépendance : « Sire, vous devez 
« savoir que nous demeurons (mi nostie /cuh^?, ne 
« jamais ne nous asservirons 'disoienl les Bearnois 
« ù la mort de Gaston, comle de Foix) à quelque 
'< seigneur que nous doyons avoir. » (Troiss. IV, 
p. tii\.) — « L'eves(|ue d'Avron des tenues du 
« liearn. » (l-'i'oiss. IV, p. 1'2().) 

'l'onuoinent. D'une manière lénue. 'Colgr.) 

Tcnuevre (se). S'attendrir ; 

Quant la norrice l'entendi 

l.ors se débat, lors se toninvrc, 

Et dist que maudite soit l'cure 

Qu'il est luii de la tor issue. (Fahl. de S. Genn. f. 37.) 

Ténuité. Finesse, délicatesse : « Une petitesse 
« et ténuité de leur table. » (Am. ressusc. p. 178.) 

— « Ténuité de feuilles. » (Nicot.) 

Tenure. l» Conditions auxquelles on possède 
un fief: » Plainte de tenure hviaée, c'est lorsque 
« quelqu'un se plaint (|u'on l'empescbe de jouir 
<■ de sa possession. • (Laurière.) — « Tenure de 

« rente quand aucun tient lenle qui lui est 

« assignée sur une pièce de terre, et la terre 
« remaint à celuy qui la tient. ■■ (Ane. Coût, de 
Norm. p. 48.) — « Tenure de terre... (luand aucun 
>> lient d'un aulie le fous d'un hei'ilage. » (Id.; — 
« Tenure de dignité... quand un homme tient d'un 
>i autre aucune dignité, si comme d'avoir gai'enne 
» ou quittance en forests, ou, en forière, ou d'avoir 
« scrgenteries ou marchez. » (Id.) — « Tenure par 
« divine service. » (Ten. de Littl. f. 31.) — a Quand 
« cil qui lient le fieu ne fait pas homage à l'autre, 
« car il tient le fieu par un seul homage, et telle 
" tenure est apelée tenure de volenté, pour ceu 
« que ele esl fête de la volenté à celui qui baille le 
" lieu, et qui le recboit, sans nul homage, et sans 
" nul besoin d'erilage. » (Du Cange, so'us teneus 
ad voluntatemy — 2" Prescription ? « Entre le père 
" et ses enfants.... il n'y a point de tenure ou pres- 
« cription. » (N. C. G. I, p. 715.) — 3° Propriété : 
« Le rentier saisissant... se peut faire mettre en la 
« tenure et possession dudit heritaiie saisv. » 
(C. G., II, p. 9Î0.) - 4° Taille en plain chant: 
« Premiers molez à Irebles et à tenures. » (Ms. 
C812, f. 2.) 

Tenurement. D'une manière ténue. (R. Esl.) 

Tenuret. Mince. (Cotgrave.) 

Teper. Tiédir. (Oudin.) 

Tepeur. Tiédeur: » Chaleur modérée ou te- 
" j)eur. « (Percef. l, f. 1.) 

Tepidité. Même sens: « Négligence et tepidité 
» pour punir les meffaits. » (Hist. de la Tois. d'or, 
II, i. 127.) — " Tepidité esl de cesle condicion (|ui 
" est lentement amer Dieu et estre lent à tout 
« bien. » (Mod. f. 286.) 



TER 



30 — 



TER 



Tepin. Pot de terre, dans le patois du Chalonnois. 
Topinier. Potier de terre. (Ul.) 
Terayciil. • Celuy qui... fit imprimer la vie du 
» chevalier Bavard... n'avoit usé du mot de tris- 

• ayeul, aiiis t'emijeul. » (Pasq. p. 7?.'2.) 

Terce. Bataillon, tiers d'un régimeul, d'une 
bande. Le duc d"Albe, combattant les gueux en Flan- 
dre, « se chargea seulement d'une petite et gentille 
u troupe de liraves et vaillans soldats, bien choisis 

« des lerces de Lombardie, de Naples, de Sicile 

« montant le tout ù dix mille hommes. » [Brant. 
Cap. Estr. F, p. 70.) 

Terceau. « Droit de vin qui se prend pai' le 
« seigneur ù la cuve ou autre vaisseau à vin, et 
« doit le sujet le faire scavoir au seigneur avant 
« que tirer son via, à peine de 00 s. d'amende. ■ 
(Laurière.) 

Tercenal. Arsenal: « Chassa une fuste gene- 

• voise jusque dedans le tercenal de Gennes qui est 

• un lieu au bout du monde, cl contre la ville, où 
« les barques et fustes qui apportent vivres à 
« Gennes viennent aborder. » (J. d'Auton, p. 124.) 

Tercer. Donner la troisième façon ti la vigne. 
(Monel.) 

Tercere. Entremetteur d'amour. (Ménage.) 

Terclie. Peut-être faute pour tesche, qualité : 
« L'on ne peut mieux duire des chiens, et aprendre 
« bonnes terches pour prendre le cerf et toutes 
« bestes que de les faire chacier lièvre à la cham- 
. paigne. » (Mod. f. Al.) 

Torcher. Essuyer : » Le roy terchant les larmes 
•■ qu'il avoit aux yeulx. » (Tri. des IX Preux, 150.) 

Tercoeul. La plus grosse farine, le son, le pro- 
duit, le restant de l'arrière blutage. iDu Gange, sous 
Rebulelum.) 

Tercot. Faisan. (Gotgr.) 

Tercueil. C'est pour un quart de vignes, demi 
baril. (Du Gange, sous Terciolaghim.) 

Terder. Tarder: 

Courons tost à ce saint voyage ; 

Plus ne fault qu'icy nous lardons. (M. de la yiarrj. /, S'i.J 

Tertlre. 1° Essuyer. Longis, après avoir percé 
le côté de .lésus-Chrisl : 

Tersl a ses ieus, si ralunia ; 

Très devant vous s'ayenoilla 

Merci vous cria, de bon cuer, 

Et puis gela sa lance. [Ms. 7318, f. iOo.j 

2° Réparer : 

Sans atendre liastis secours 

Oui puisse leur domages terdre. [G. Gtiiart, f. H2.j 

3° Panser: « Li afolé leur plaies terdent. » (G. 
Guiart, f. 317.) 

Tere. Taire: « Je me sui trop teus, ce poise moi 
• d'aler ou ma dame voie. » (.Ms. Bouh. (. 201.) — 
« Teu la vérité desdites franchises. » (Ord. V, 408.) 

Tes toi, amis, ce dit li du.s ; 

Je sai bien que c'est il sanz faille. (Ms. 700G, f. 75.) 

Desormes ne me puis tere 

De chanter. (roPt. nv. 1300, IV, p. 1486.} 



Terebinte. Térébenthine. (Cartheny, Chevalier 
errant, fol. -41).) 

Toreiile. Trente: « Terente trois. » (Carp.IIist. 
de Cambrai, p. 18, an. 1133.) 

Toi'ez. Poisson : - Ilarans frés b la blanche 
■ allie, I venoient.el bons muiez, Ilados et mellans 
« et lerex; El tant de autres poissons frez. » (Bat. 
de Quaresme, ms. de S. Germ. f. 91.) 

Terger (se). Se targuer de : « Ce sont en 
>' somme deux grands princesdu sang, frères, dont 
" les autres, chascun en son endroit, se tergent 
" pour parvenir au dessus de leurs intentions. » 
(Lett. de Pasq. I, p. 2-20.) 

Tei'îiette. Petite large, petit écusson : « Par le 
« basestoil attaché une terrjette ou estaient painles 
• el eslevez les armes de l'université. » (Méni. de 
Du Bellay, Vi, p. 3J3.) 

Tergieiv Tarder : « Son char retourna sans 
« tevfjier. » (Ovide, dans Borel.) 

Tergiversateiir. Fourbe. (Cotgr.) 

Tergiversation. Relard : « Tergiversations el 
« remises. « (Pasq. Itech. p. 438.) 

Tergo. Mot latin, dos : « Ils jouyrent lors de 
'■ tergo Et s'enfouyrent ù Bayeulx. « (Vig. de Charles 
Vil, t. Il, p. 88.) 

Terieringhe. Mot flamand : « Procéder à la 
>' réelle exécution que l'on dit arbitraire vercoopin- 
" glie, de sept jours et sept nuits, et puis après i"! la 
« to'im//i'//c par dedans autres semblables termes.» 
(N. G. G. I. p. 303.) 

Tcrir. Atterrir: <> Les vaisseaux qui terissent et 
» mouillent à l'encre. » (D. C. sous Hurtagimn.) 

Teriz. Linotte. (Cotgrave.) 

Terme. 1" Limite de temps : 

Et si dis fy de la façon nouvelle ; 

Si fais je aussi de celuy ou de celle 

Qui loyauté maintiendra, jour ne (ecme ; 

Si fais je aussi d'amours, aussi de dame. (Chartier, 800.) 

Quant li bons hom vit qu'il fut termes 

De lui assaudre, si l'assaut. (Ms. 7318, f. 5.) 

Sire, com vous adès ambles 

Vous dierez en ceste lenne 

Gabés me vous. (Ms. 7218, f. A'iS.) 

» Eu brief terme ensuivant. » (J. Lefevre de Saint 
Hemi, Charles VI, p. MO.) — » Il y eut le terme 
'• d'un an tous les jours trois cens ouvriers. » 
(Froiss. 1. p. 208.) — « Tenemenl (lue est tenu à 
" terme des auns. « (Britt. Lois d'AngIcl. f. 201.) — 
« Tenant à terme de vie. » (Id. f. 12.) — 2" Limite 
d'espace: » Termes desdils reports. " (Ord. 111,381.) 
— 3" Frontières : « Furent déboulez et chaciez. Si 
" que il convint qu'ils s'en retournassent il delTen- 
drc leurs termes. « (Chr. de Nangis, an. 1302.) — 
4" Faculté, moyen: • La demande (|ue faite m'avez, 
« n'est pas à inoy à respondre, car elle est hors de 
« mes termes. » (Mod. f. 33.) 

5° Echéance : 
Courtise ot escu d'or fin 
Ijendé de termes et d'usure. (M s. 7015, If, f. 190.) 

« Pour terme passé est un homme juslicié quand 



TER 



- 31 - 



iER 



» terme lui est assis, et il ne vient pas, et aussi 
« quand ter))ie est assis ;i aucun de payei' la rente 
» qu'il doit cl il ne la paye au ternie ancien. » 
(Ane. Coût, de Norm. f. !(».) — « l,c tenue vaut 
« l'argent et l'argent le tenue. « (Despér. M, p. \W.) 
— G" Saison : « Li doz termes m'agrée du mois 

• d'avril. » (Chans. du Xlir siècle, nis. Douhier, 
f. 'i'i9.) — 7° Titre : » Il n'y a terme qui passe par 

• delà celuy de frère. » (Colgr ) — 8" Chant, air, 
son : " Orplice qui au son de ses gracieux termes 
" tenoit les vents. » (Mell. de S. Gelais, p. Hi2.) — 
9° I<:xpressio7is : » Il n'entend mye Les termes de 
« faulconnerie. » (Gace de la Digne, f. 90.) — 10" 
Assemblée, assise, audience : « Tient ses termes le 
« maire, chaque jour. » (Ord. V, p. G80.) — « Il 
" retourna où sapience et prudence lui avoient 
" mis terme. » (Mod. f. 2-28.) — » Termes gene- 
« raux, » étals généraux, diètes des Polonais. 
(Favin, Th. d'IIonn. Il, p. i;V29.) - 11" Situation, 
état : " En très doleus et pileux termes. » (Vigil. 
de Charles VU, p. 9a.) — 12° Age : « Sa femme 
« Valériane n'estoil plus en terme d'avoir enfans. » 
(SIrap. I, p. '2Gi.)— 1S° Discours, propos : » Cliascun 
« se trouva esbahy et en parloieul diversement ; et 
« encores esloient ils sur les termes, quant Mar 

cival et les deux autres chevaliers retournèrent 
« de leur queste. >> (D. IHorès de Grèce, f. 158.) — 
14^^ Convention, trêve : » Accordez vous ce ((ue 
« j'ay en termes mis. » (Percefor. IV, f. 111.) — 

• MelTait de /('jvhé's, » commis pendant une trêve. 
(D'Argenlré, Coul. de Dret. p. 78.) — « El pour ce 
« avoit elle tenu ses termes, affin que le chevalier 
" feusl deceu par ten talions cliarnelles. » iPercef. 
V, f. 45.) — » Meirent les Anglois ett termes que 
« moult s'esmerveilloyenl de ce. >• (Froiss. liv. II, 
p. 100.) — « Les offres que le roy de Navarre 
« mettoit en termes faisoyent bien à recueillir. » 
(Id. p. '23.) — 15° Contenance, conduite : •> Tenant 
" assez bons termes. » (J. Marot, p. 103.) — « Luy 
« furent lemonstrez les termes que /fH0?7 le Camus 
« de Deaulieu, car il gastoit tout. » (Uist. d'Arthur, 
Connél. de France, p. 751.) — « Le roy lui tint à 
" elle et à ses gens (Madame de Guyenne) bons 

" termes et lui offrisl qu'elle demourast à 

« Chinon. » (Vigil. de Charles VII, p. 78.) — IC" 
Mots : « Tenir gros termes à leurs dites femmes. » 
(Arest. amor. p. 417.) 

Locutions: 1° Interroger : « Le roy leur demanda 
•• et niist en termes se il leur sembloit que bon fust 
« qu'il parlasl à l'empereur. » iChron. de Nangis, 
an. 1377.) — 2° Exiger; « Je mets bien en termes 
« que je ne vuei! point estre nommé. » (Froissarl, 
IV. page 145.) 

Terme, l" Fixé: « Se retirera le veneur au lieu 
'< oiJ l'assemblée aura esté termée. « (Fouill. Véner. 
f. IIG.) — 2° Limité, passager: « Là mille arbres 
» charmez, mille fleurs, mille plantes Jadis 

• hommes vivans, achèvent leur destin Eternel ou 
» terme, selon l'arrest divin. » (Daif, p. 198.) 

1. Tei'mei". Qui tient à terme: « Pur ceo que 

• il ne cleynie nul fraunk tenement, ains le tynten 



« autruy nosme, si corne gardeyn on baillife, ou 
" fermer, ou villeyn, " (Dritt. Lois d'Angl. f. 2C0.) 

2. T(M'iner. 1° Assigner: « En toutes manières 
« hereditables.... le défendeur.... après qu'il aura 
« partie (ju'il veuille défendre, il sera tenu faire 
" déclaration de sa defence avant que termer 
« veue.... que les juges.... tiennent les ditles veues 
« aux termes qnoy ils seront termes. - (Ane. Coût, 
de Norm. L 30.) — 2» Donner un terme pour rendre 
une place : 

Uiif; pou avant le siège mis, 

Le liorault du roy fut sommer 

Gisors et .\ngloys ennemys 

De la ville rendre et termer. (Vig. de Cit. VU, t. II, 53.) 

Tei-minance. Décision : 

En toutes régions, par droits, 
Se lois et docres i faloit, 
Con nul peuist déterminer, 
Ne esclairier, ne deviner, 
En les .III. cités par devise, 
En est la lennhiance asise, 
Par le concile des eveskes, 
Des abés et des arcevesques. 



Termine. 1° Terme: 

Li quitta quant qu'il ot acquis 
El tenaille devant passé 
Sur lui, et par le trespassé. 

A brief termine 
Jesir soloit en la vermine. 



(Mousli. p. dOO.] 

(G. Guiart, f. 29.) 
(iU. 7615, I, f. GO.) 



2" Intervalle : 

Un grant termine li celai 

Conques gehir ne li osai. fPnët. av. i300, III, p. 1033.) 

3° Destruction: « Leur cité ameneroit en fermi?je 
" et tresbucheure et en ruine. » (Chron. de.Xangis, 
an. 1289.) — 4" Terme en obstétrique: 

Tôt après celé avision 

Encharja l'enfant la royne 

Et le porta son termine. (G. Guiart, f. li.) 

Terminé. 1" Décédé: « Quant le survivant de 
« deux conjoints a acquis en vuidité aucuns herila- 
« lages cottiers, sans avoir fait partages aux hoirs 
« du premier terminé.... il est tenu de faire partage 
« aux hoirs. » (C. G. II, p. 905.) — 2° Guéri : 
Un tondis en seurté 

Ne t'eshatoy 
Adonc lu tantost gary 

Et terminé. [Descli. f. 200.) 

Terminement. Extermination : 

L'orgueil de la gent faée, 

Qui contre toy s'est forsenée 

Que mettras a terminement. (Ms. 6812, f. 53.) 

Terminer. 1° Décider: » Si.... le concile /c?wf- 
« noit l'autorité sienne eslre par dessus celle du 
" pape, ce seroit une diftlculté grande, et un danger 
« non moindre. » (Mém. de Du Bellay, IV, f. lOG.) 
— 2° Mourir : « Si telle femme termine par avant 
« son dit mary, ses enfans ou héritiers apprehen- 
« dans la dittè moitié, sont submis et tenus à la 
« moitlié desdiltesdebles. ■> (C. G. II, p. 926.1 — 
« Si aucun bleschié termine de vie par mort. • 
(C. G. I, p. 782.) — 3° Souhaiter : 

Tuit ty homme mal te terminent 

Mal te veulent, mal te deffinent. {Brut, f. 53.) 



TKU 



- 3-2 — 



TER 



Termoieeur. Qui tient :^ terme: 

>Iès esgardûs que de deniers 

Ont usuriers en leurs greniers 

Faussoniiiers et Icnnuiecurs, 

Baillif, beilel, prevost, maieurs. (Hose.) 

i. Termoier. Remellre, différer: 

Ne di pas. demain le ferai, 

liemain à Dieu m'accorderai ; 

Tu puez tant aler leniioiant 

Et l'amende tant proloignant 

Que li siècles t'aura sorpris. (Fabl. S. Germ. f. i-'i.J 

2. Tennoioi". Qui pi ète à l'année, ;^ la semaine, 
î^i terme: » Li userier et li levmoier(\\i\ plus doutent 
• la hunle tin siècle ([ue le péché d'usure se soulil- 
» lent malicieusement comment il puissent presler 
« en manière (itie li emprunteur ne se puissent 
" aidier de usuie contre aus. • (Beaum. p. 344.) 
Ternioiric. Ecliéance : 

Si vendent à terme et usure ; 

Vient lantost à tennoii-ie 

Oui .sont de privée mesuie, 

Lors est li termes achatez 

Et plus chier vendnz li chatez. [ils. 1318, f. 333. J 

TeiMiiour, Celui qui donne sa terre ù ferme. 
(Caria marina, f. 4i.) 

Termoyeinent. Usure: - Ichi commence li 
« soixante tiuictiesme chapitre de cesl livre, liquel 
« parole des usures, et des termoyouens. et quele 
« chose est l'usure. » (Beauman. p. 34i.) 

Ternaire. .Vomhre de trois. (Cotgr.) 

1. Terne. Oiseau ; le même que lernier : 

Abusé m'a et fait entendre 

De busars que ce fussent lenies. (Borel.) 

2. Terne. Mvide : - Quand le roy eust ouy 
" cesle nouvelle, si fusl tant courrouce, qu'il en 
» perdit toute la couleur et devint aussi terne que 
« cendre. ■• (Lancel. III, p. 'i'J.) 

Ternenaire. iNombie qui eonlienl plusieurs 
tiers. l'Cotgr.) 
Terner. Partager en trois. (Cotgr.) 
Ternes. Les deux trois au jeu de dés : 

Et doux et deux gietent es carmes 

Et ainbes as et le tiers ternes. (Brut, f. 80. J 

Ternier. Petit pivert. (Cotgr.) 

Ternir. Noircir: -■ Toute la couleur tuyi^rni/. » 
(Am. ressusc. p. 5'iO.) 

Ternisseur. Qui ternit. (Cotgr.) 

Ternisseure. Ktat de ce qui est terne. (Cotgr.) 

Teruois. ?<om de pays; Thierrache: 
Mainte terre passa, puis vint en lîoulnnois, 
Puis revint en Ponti, très parmi le terrois 
Par Tcrnois repéra et vint en .\mienois. (ils. 1218, f. 3iA.j 

Terny. Triste. CI. Marol, p. 40G.) 
Teroanne. Thérouanne: » Li esgaré de Tc- 
« roanne. » (Poël. av. -1300, IV, p. 1G51.) 
Terous. Terrestre: 

Cel fruit pereillons 

Que menja nostre père 

En paradis terous. (ils. 7318, f. lOA.J 

Terquisiaet. Kcobuer. « Il y a apparence que 



« c'estoit une espèce de chnmpart, ou droit sem- 

« blable, imposé par les sujets qui avoienl obtenu 

« du seigneur, ;\ celle condition, la liberté de defri- 

" cher certaine.-^ terres, ce qui se commeufoil en 

« ecorchiinl pour ainsi dire la surface de cette terre 

» vague et inculte, ce (lue l'on appelle dans le i)ays 

« étreper, et brusiant les mottes que l'on avoit 

" levées; (/»/s/rt/ en Breton signifie écorclier. Ce 

" droit parait avoir éU; fort approchant de celui de 

" h'viKircc. " ((iloss. de l'IIist. de Bret. p. 105.) 
Terrace. Glacis d'un chûteau : 

Cliief du chastel du prince souverain 

Ou nuls n'ose faire sa demeurée ; 

Mes braies sont et ma terrace usé, 

Prins ont en moy, sans riens mettre du leur. (Dcscit. 56.} 

Terragc. 1° Champarl: - En matière posses- 
« soire beneficielle dont la cognoissance appartient 
« à nostre siège de terrage. « (N. C. G. II, p. 77.) 

Mieus vaut jaians c'uns pages. 

Et .H. dismes c'uns terratjes. fVatic. 1533, f. 158.) 

1° Plateau : « Une coupe et une esguerre de 
" bericle garnie d'or ù deux tevrages d'argent ez 
» pattes esmaillez de vert. » (D. C. sous Terragiiim.) 

Tcri-a<jeaii. Sujet au terrage : « Grange ou 
<■ pressouer teirageau. ■• (C. G. II, p. 2.57.) 

Terraçjer. Lever le chnmpart: » Après que les 
X gerbes ont esté terragées, le laboureur ou deten- 
« leur de la ditte terre est tenu mencvlc (\\[ terrage, 
" à ses coûts et mises et la grange terrageresse. • 
(C. G. I, p. 1)17.) 

Terrayeresse. Sujet au champarl : « Grange 
« terrage'rcxse. » (Thaumass. Coût, de Berry, 452.) 

Terragerle. Endroit où se lève le champarl : 
« En son domaine, terragerie ou complanterie. » 
(C. G. II, p. 570.) 

Terraoeur. Soumis au champart: " Le posses- 
« seur d'une terre chargée de terrage, au paravant 
« aucune chose lever, est tenu évoquer le terra- 
« geur. » (C. G. I, p. 757.) 

Terraçjier. Qui lève le droit de terrage : " Ser- 
« gens tct'ragiers. « (Du Gange, sous Terragiator.) 

Terrai. Glacis: 

Li archers sont primes issu, 

Au terrai sont primes venu. (Rnse, p. 303.] 

Terrai(je. Le même que lerrage: « Droit de 
« terraige qui est tel «iiie le seigneur à qui est la 
« terre.... doit avoir et prendre.... de douze gerbes 
« l'une. " (Thaumass. Coût, de Berry, p. 381.) 
Terrai!. Glacis : 
Ne pourront cil dehors les cous desus soifîrir, 
Du mur et du terrait les esteut départir. [Rou.J 

Terrassement. Renversement: « Ceux qui se 
« sont séparez de notre religion tendent principa- 
lemeut au terrassement du S. Siège de Home. » 
(Pasq. liech. p. 2G0.) 

Terrasseur. Qui renverse. (Cotgr.) 
Terratic. Territoire. (Gloss. sur les Coul. du 
Beauvoisis.) 
Terraul. Terreau. Onl. m, p. OG.) 



TER 



- 33 - 



TER 



Terre. 1« Sol terrcslre : 

Au (lisiesmo jour do SBptombre 

Tei-n; trembla pur tmilo Trance ; 

Plusieurs on oiurnt inci-veillanco ; 

Mais je ne m'i-n nu-rvcille point, 

El (lomonstra en soi Ifrra 

Co qui tousl en franco aperra. (Ms. CSi'i, f. 54. J 

2" Diens, possessions: 

Un riche chevalier ostoit 

Moult franc, à qui il apendoil 

Assez grant terre, et grant honor. (Ms. ICI-'i, II, 17'I.J 

" Deux mille livres de terre ou de renie. « (Vigil. 
de Charles Vil, l. Il, p. l.VJ.) 

Expressions : 1" « Terre AmpeViie, » terre iioirAlre 
qui, élant ctvssée, se r(?sonlen huile ; on s'en servoit 
pour oiiidre les vignes, et, par hX détruire la ver- 
mine qui les gdtoit. (Colgr.) — 2" « 7'f)'/r d'Arménie, 
« de l'Arnagè, de Bauvois, blesienne, do Chio, 
« cimolienne, erelrienne, gueriniennc, melie, 
• melienne, d'ombre, pharmacile, pnignite, de 
« S. Porcin, samicune, de savon, scellée, selinu- 
« sienne, de Venise, verde, à vigne. » (Colgr.) — 
3" » Il peut faire publier qu'on ait à payer ledit 
» cens, autrement qu'il en fera lerre neuve, » 
c'est-à-dire nouveau bail. (N. C. ('.. II, p. 4-22.) — 
4" « Venir terre tenir (Pérard, llist. de liourg. p. 282, 
« an. 1255), » c'est-iVdire prendre possession de. — 
5» « Les ennemis.... venoient terre couverte, à pie 
« et fi cheval (Le Jouv. f. 74), « c'est-à-dire en cou- 
vrant la lerre. — 0° « Le premier mary d'aucune 
« dame ne doit point de relief des terres féodaux à 
a elle appartenans et qu'il a prinses avec icelle 
« dame. » (C. G. I, p. 437.) — 7» « Une quarlellée 
« de terre froide. » (C.G. II, p. 409.) — 8» » Conlre- 
» mur d'espesseur suffisante afin que le fondement 
c< du mur ne s'évase ou empire, par faute de fermeté 
« et terre joignant. » (C. G. I, p. 370.) — 9° « Se 
« cil qui auroil le pieur chastel et la pieur chastel- 
« lerie n'avoit le vaillant de sa part ou chastel, cil 
« qui auroit la plus grande partie le parfernit en 
" terre plaine, et se il ne le pooit parfaire en terre 
« plaine, il le parferoil en ses chasliau.K. » (Pithou, 
Coût, de Troyes, p. 434.) 

•lO» Certes c'est moy qui fu froit comme pierre ; 
Or sui guéris; si convient que je die 
Que ma dame fait les hommes de lerre. (Desch. f. iGO.J 

11° « Ne marcher de pied en terre, » être si 
joyeux qu'on ne touche pas la terre. (Cotgrave.) — 
12» Jeter à bas: 

Ainsis donnent achoison 

AUX ennemis d'eulx mettre à terre. [Desch. f. 80. J 

13° « Quant le roy eut leu la lettre laquelle la 
« damoiselle luy avoit envoyé le cueur luy print 
a tout ù mouvoir en terre, cav \\ aymoilla damoi- 
« selle de grant amour (Percef. I, f. 30), » peut être 
en teste. — 14° « Fut une fois que les gens du 
« comté (de Flandre) furent en adventure de tout 
« perdre, et s'ils eussent ;j<'?y/k terre, ils eussent 
» esté morts et déconfits sans remède (Froiss. l. II, 
« p. 123), « reculer. — 15° « Lancelot commença ù 
. le toucher plus vivement que devant h force' de 
« grans coups de son espée trenchant, et à prendre 



' terre senr luy. » (Lancel. III, f. 150.) — . Atant 
" prindrenl lerre par devant les hourdis o(j ils 

• furent moût regardez des dames. -. (Percef. V, 
f. 105.) — « Unantson cheval eut /;r/Hs lerre pour 
« maiclier avant sui' le pont, ungcor.... commenra 
« fort ù sonner (Percef. IV, f. 114), ■ c'est-à-dire 
avancer. — IG" . Manège de terre à lerre. » (Cotgr.) 
— 17" " Quant cils jeunes roys vint à lerre Moult 
» s'entremisl d'onneur aquerré (G. Guiarl, f. 13,, » 
c'est-à-dire monta sur le trône. — 18" - liidiiïei-em- 
« ment les occyoient (les Gregois) dont force leur 
« fut de leur donner l^.iC ;Tri. des IX Preux, 
« p. 240), « reculer. — l'J» « Enfansde la terre, r, 
mondains. (Colgr.) —20° « Mau de terre, » épilepsie. 
(Colgr.) — 21° « N'avoir ny de terre jaulne, ny de 
« la blanchc(Cotgr.), » ni or, ni argent. — 22° « Faire 
« de la terre le fossé, de la lerre d'aulruy remplir 
" le fossé, » remplir sa bourse avec l'argent 
d'autrui. (Colgr.) — 23° « Jurer les nions, les /mrs 
« et les vans. « (Ms. 7218, f. 14(5.) -24° « Faut/"ai?'e 
" des terres en un pré lesquelles doivent estre assez 
« larges, afin que les bassets ayent espace de leur 
« tourner et virer et entrer deux tout de front, puis 

• couvrir les terres d'ais et de gazons. » (Fouill. 
Vén. f. 72.) — 25" « Terre sans hébergement n'est 
« que de demie revenue, et lerre chevauchée est à 
« demi mangée. » (Loisel, Inst. coût. I, p. 281.) — 
26° » Telle terre, telle cruche. ■> (Colgr.) — 27° <• De 
.■ bonne lerre, bon tupin. » (Id.) - 28° » Bonne 
« lerre, mauvaise gent. » (Apol. d'Hérod. p. 4.) — 
29° « Terre loing de soy n'apporte que llascons et 
'■ bouteilles. » (Colgr.) — 30" « Qui a lerre, si a 
■■ guerre. » (Eutrapel, p. 17.) — 31° « Nulle lerre 
« sans guerre. « (Cotgr.) — 32° « Tant vaut li hom, 
« tant valt sa to're. » (Dlanchandin, fol. 188.) — 
33° « Tant vault seigneur, tant vault sa gent et sa 
« terre. « (Gast. Phéb. p. 12.) — 34° « Aujourd'huy 
« en terre, demain enterré. » (Colgr.) — 35° « On 
« ne doit pas laisser bonne terre pour mauvais 
<' seigneur. » (Colgr.) — 30° » Pour laver ses mains 
« on n'en vend pas sa terre. » (Id.) — 37° » Tel 
« accroist sa terre qui ne accroist pas pourtant son 
« honneur. » (Percef. III, f. 85.) — 38° « Terre sans 
» seigneur est legiere à conquesler. >• (Percef. II, 
f. 34.) — 39° « Qui de terre est, de terre parle. « 
(Boucic. IV, p. 378.) 

Terrebieu. Juron. (Mém. de Sully, II, p. 143.) 

Terrer. Se cacher dans un terrier : 



11 luy suffit qu'elle seurmonte 
En son païs où elle terre 
Des subgies et qu'on ne déterre 
Le bestail qui à luiz se dompte. 

Terrestrien. Terrestre : 



(Descit. f. 3i7.) 



Et lieu de délices 
Que l'en nomme et nomma jadis 

Le terrestrien paradis. (Guiart, f, 92.) 

Terrestrité. Parties terreuses, sablonneuses: 
» Si cette eau se corromp par sept fois, et autant 
« de fois remise et purifiée, elle ne se gâtera plus, 
« ce dit Hermolaiis Barbarus, toute la terrestrité 
« estant chassée. » (Bouchel, Serées, I, p. Gl.) — 



TER 



34 - 



TES 



• Le vent austral, passant par des rep:ions seiches 
« et cliaudes apporte avec luy force tcncstrUé. » 
(Id. 1, p. 50.) 

Terre-tenant. 1° Fantassin: » Les trois cornet- 

• tes qui esloient terre-tenunt (vuenl incontinent à 
. clievaL • (Monlluc, U, p. il'.»., — 2- Aliénant ù: 

• Les pays qui ne leur (aux Hollandais) sont point 
« terre- tenans k ce qu'Ws possèdent, leur sont de 
« tant excessive dépense pour les allaqucr et puis 

• pour les p:arder et conserver. • (Sully, XU, ■'577.) 
Terribilité. Aspect terrible: « Force de cou rag:e 

« ou magnanimité est ung moien entre hardiesse 
■ et paour, et aussi entre oser entreprendre et la 
« terribilité espouventable (lui est souvent des 
« choses que l'homme entreprent. » (Toison d'or, 
1, f. lli.) 
Terriblement. Extrêmement: • C'estoil une 

• chose terriblement et extrêmement belle. « (Nef 
des dames, f. 2,").) — « Estoit terriblement grant. » 
(Percef. IV, f. 53.) 

Terribler. Rendre terrible. (Cotgr.) 
Terrien. 1° De la terre : « Ce n'est pas homme 
terrien, mais aucun monstre qui est en terres 
descendu pour faire les gens merveiller. » (Lanc. 
, f. III.) — « Aymez sur tous chevaliers celluy 
qui sur toutes gens terriennes vous ayme... vous 
aymerez la Heur de toute chevalerie terrienne. » 
(Id. f. lIO.) — « Prie le hault maistre qu'il me 
laisse partie de son service, mais en telle manière 
me garde que je sove son serviteur espirituel et 
terrien. ■• (Id. III, "f. 111.) — « C'est l'homme 
terrien dont je seroye plus joyeux s'il esloit 
guary. » 'Id. I, f. 97.)— » Depuis ne avalla viande 

terrienne en son corps, ne boyre nul mais 

recommandoil son ame et sa vie en la main de 
son créateur. « (Perc. VI, f. 128.) — 2" Manuel : 
Garderenllajourn(?e de toutes ujuvres terriennes, 
« comme un dimanche. » (Al. Charl. Charles VII, 
p. 185.) — 3° Qui possède des terres : « .N'ostre 
souverain terrien, noslre seigneur le roy de 
France. » (Beaum. p. 171.) - « Estre sires de 
terriens. » (Fioissart, I, p. 304.) 
Terriennement. l-Temporellement: « Comme 
le peuple le maintient (le clergé) terriennement, 
ainsi doit il saincte église maintenir spirituelle- 
ment. " (Lanc. I, f. 31.) — 2» Sur la terre : 

Quant pour pocher est pugni maint et mainte, 

Sans espargnier nul lerriennement, 

Roy, prince, duc, tant ait espée sainte, 

Povre, riche, de grant gouvernement 

Ne de petit. (Desch. f. 363.) 

Terrier. Subst. l" Seigneur de beaucoup de 
terres : 

Li quens Philippes qui refu, 

Dieus, quel terrier, Dieus quel escu. (G. de Provins.] 

2° Tcrire : « Il ne bougea jamaisdesa tenle tendue 
« sur un terrier. » (Brant. Cap. fr. III, p. 95.) — 
Adj. 3° Qui habite un teirier : 

La dent meurdriere 

Ou d'une louve Icrriere 

Ou d'un lyon foudroyant. (licm. Bell. I, f. iO.) 



Terriere. Lieu d'où l'on tire de la terre : 
" Promettons de bonne foy que nous ne nos gens 
« ne donrons ne porrons (fonner congié de prendre 
« terreou argilleen ledille it'n'it'r^ou argilliere. » 
(Du Cangc, sous terrarium.) 
Tcrrin. Grande marmile de terre. (Colgr.) 
Terrine. 1° Pot de terre pour les évacuations. 
(Colgrave.) — 2° Décombres : 

Encor y perent les terrines, 

Et les desers, et les gastines. 

Que Gormont list en tous les lieux. (Brut, f. iO-'i.) 

Terriz. Tertre : 

Oui souz un terriz se pisoit 

Por lu doulor qu'il avoit grant. (Rou, p. iTQ.j 

Terron. Terre plain. (Cotgr.) 
Terroveer. Terroir: « Par la jurisdiclion , 
« terroveer et mandement dudit Chaslel Neuf. » 
(Ord III, p. 155.) 

Terroucr. Terroir : « Des dits pays et ter- 
» roners. " Math, de Coucy, Charles VII, p. OGO.) 
Terrox. Terreux : 
Mais ge voi un arme, parmi cel val herbox, 
Et si vient à cheval suant et escumox ; 
Ou qu'il fust abatuz ses heaumes est terro.r. 

Parlonoiiex, fol. 173. 

Ters. Nettoyé, purifié; part, passé de terdre: 
« Ceux qui enseignèrent le latin meslerent avec le 
« langage terse et poly, l'erudilion et doctrine. » 
(Pasq. liech. liv. I.\, p. 810.) 

Ne soiez pas com li cisnes, k'adès 

Bat ses cisneaus, quant il lor doit mieus faire. 

Quant ils sont grant, et il vient à son aire. 

Et à premier les a noris et ters. (Ch. du C" Thibaut, 43.) 

De ma manche m'a ters mon nés. [Ms. 79S'J ', f. 2i3.) 

Tersois. Essuie-mains: » Tersois , as ques li 
« moigne tergent leurs mains et leurs piez. « (Règle 
de S. Benoit, ch. XXXIV.) 
Tertiane. Fièvre tierce. (Cotgr.) 

Tertio. Régiment: « J'ay ouy dire à Pedro 

» de Pas que son tertio ou régiment. » (La Noue, 
Disc, polit, p. 3C2.) 

Tertre. Ayant forme de tertre : « Motte tertrée 
« et chargée de cheveux. ■> (Cont.de Cholièr. 111.) 
Tervagan. Nom que le moyen ûge donnait à 
un dieu païen : 

Je lor done beneicon 

De Tervagan et de Mahon 

De lielzebus, de Lucifer, 

De toz les deables d'enfer. (Ms. 7318, f. 183.) 

.... A nuit en l'ostel herbregai 

En la grant sale Tervagant. (Sis. 7^18, f. 34^.) 

Terve. Mince, dans l'Anjou et le Maine : « Une 
. tranche terve de jambon. » (Ménage.) 

Ter/e, o. Régiment: » Don Sanche de Levé.... 
« fut gênerai du' ^cj'ic de Naples. » (Brant. Cap. 
eslr. 1, p. 137.) — « rer:iO d'Espagnol. • (Mém. de 
Bellièvreet Sillery, p. 341.) 
Tes. Tel : 
Hom qi aim et veut estre amés 
Doit toute mauvaislé haïr 
Et doit eslre courtois et tes 
Qu'il ne se doit enorgeillir. (Vatic. 1400, f. 91.) 



TES 



- 35 — 



TES 



Amour, qnant je bien l'asavor 

Si giant fcin de (Inscrire à droit 

Mes quant mes les or endroit. (Ms. 70/5, //, /'. -10'?.} 

Tesche. Qualité: 
Trop a en famés mal afaire. 
Plus a en famés maies teachc.i, 
Que il n'a eu la mer de sèches. (Ms. IGiO, II, f. i^i3.j 

Tesé. Kleiidu : 

Li chevalier qui sont monté 

Parmi la porte l'ont tnsé ; 

Mais Gandins le rescost si bien 

Qu'il ne le maliaignent de rien. (l'arlonop. f. ijS.J 

Tesée. Toise : 

Lui a le bon fer tranchant mis 

Et la lance une tcsi'c 

Lui a pariuy le corps passée. (Athis.j 

Tesel. Voir tasseau, ornement: 

Vestus fu d'un pliçon ermin 

Et bien fu chauciez d'osterin 

Affublé orcnt un mantel ; 

D'or en furent fait li lescl. (Floii-e et Blanchefl. f. SOI.) 

1. Tesie. Pliihisie. (Du Gange, sous Tesis.) 

2. ïesie. Eiiflée: 

Et la panse ay si fort tesic 

Qu'om dit que c'est ydropisie, (I)esch. f. 460.] 

Guis i aura son taburel 

Et sa muse lesie. (Poët. av. i300, II, p. 036.J 

Tesike. [Phtliisique: » Ele porroit faire Tourne 
« devenir elike et tesike. » (Alebranl, f. 9.)J 
Tesir. 1° Taire : 

U est reson que cil se tcse 

Qui ne set dire rien qui plese. (Ms. 12i8, f. 355.J 

2» Silence: 

En lesir et en dur acointier 
Ne puet on pas grant amour escuidier. 

Vatican, n' 1522, fol. 167. 

Le trop tesir 
Ne revient pas moult à plesir. (Ms. 1218, f. iSO.J 

Tesmoifliiable. Témoin : 

Wailli et Mahieu Wion 

Ces deus face Dieu pardon, 

Car il sont tesmoigxable 

Que tous li mons est fable. (Poët. av. 1300, 1 V, p. iSOG.j 

Tesmoignage. Témoignage : « En tesmoiynage 
« de vérité. » (Du Boucliet , Généal. de Goligny, 
p. 58, an. 12C8.) 

Tesmoigner. 1" Répondre, donner bon témoi- 
gnage de: '■ Tous le monde vous tesmoigne à bon 
« clîevalier.» (Giron le Courtois, dans Du Gange, sous 

Testimoniare.) — » Nul ne pourra estre receu 

« au serment de mesureur de terres, s'il n'est 
« tesmoigne par gens de foy. » (Ord. II, p. 381.) — 
2" Affirmer : ■ Qui seront tesmoigne^ par les lettres. » 
(Ord. III, p. 510.) 

Tesmoigneurie. Témoignage : « Meslier de 
« tesmoigneurie, » métier des Manceaux et Perche- 
rons. (Rab. V, p. 100.) 

Tesinoignié. Témoigné : • Tesmoignié ou 
« relaté. ■■ (Ord. III, p. 440.) 

Tesmoiu. 1° Témoin: - (Les Manceaux et les 
« Percherons) apprenoient ù eslre tesmoins. « (Rab. 
V, p. 160.) — « Testnoin en confirmation de vérité. - 
(Du Ghesne, Géuéal. de Montmorency, p. 388, 



an. 12C5.) — " Quiconque clie soit qui ne sache mie 
« cornent il le puist lever, et li maire li doit ceilitier 
« et enseigner cornent il le puet et doit lever de 
« rekief ([uicoïKiues ce soit qui veulle tesmoins 
'< lever, il le puet levei' cou faus tesmoins et le doit 
" lever par le poing, et présenter son gage, et en 
« puet retenir ù avoii' campion et avoué, s'il veut. • 
(Us. d'Amiens, dans D. G. sous Testes levure.) — 
2». Tesmoins de bornes, • cailloux placés près 
d'une borne. (D. G. sous Teslislermini.) 

Ti'sinoing. Témoignage: <■ Tesmoing (\(ie.osi^m, 
« de credence. >■ (Stile de procéder au parlem. de 
Normandie, f. 73.) — <■ Par le tesmoing monsei- 
« gnenr le dalphin. » (Desch. f. 180.) 

Dame qui pert au besoing 

Por son ami ce qu'il a 

Se cil guerredon n'en a, 

Honnis en est par tesmoing. (Poët. av. 1300, I, p. 354. J 

Tesnicre. Tanière: 

Renars estoit jadis en sa tesniere: 

.\ssiegez fut du noble lion. (Desch. f. 108. j 

liclaud (un chat) sçavoit mille manières 

De les (souris) surprendre en leurs tesnieres. 

J. n.i Bellay, p. 4C9. 

Tesseré. Carré comme un dé. (Golgr.) 
Tesson. Blaireau : 

La truie vouloit estre chievre, 

Le tesson vouloit estre lièvre (Desch. f. 467.) 

1. Test. Témoignage : 
Si parlerons d'une abeie 
Qu'ierl al cief de le forest 

Si corn le livre en trai à test. (Sorb. 61, c. 11.) 

2. Test. l»Pot: 

Je pisserai 
Ou test, et ferai mon orine. (Ms. 1318, f. 100.) 

2° Crâne : " Lors frappa leroy Artussur leheanlme 
« tellement que nulle chose ne le peut garentir 
<■ qu'il ne lui fist l'espée sentir jusques au test, et 
« du test abbatit il une pièce. » (Lancel. III, f. 158.) 
— 3° Coque d'une noix : 

Quar tout ausi com la nois est 

Enserrée dedens son test. 

Ne n'en puet estre hors ostée 

Devant qu'ele soit meurée. (Ms. ItilS, f. 350.) 

A" <• Carapace d'un animal : » Le test et couver- 
« ture d'aucunes bestes et poissons de mer. » (Nie.) 

Testable. Qui peut lester : « Ghascuns habi- 
« tans... estant en aage et non empesché d'empes- 
« chement de droict est testable et peut faire 
• testament de ses biens et choses. » (C. G. II, 092.) 

Testament. 1° Ensemble des Saintes Ecritures: 
« Scavoir tout le vies Testament et le nouveau. » 
(XV Joyes du mariage, p. 148.) — 2° Dernières 
volontés d'un mort; <■ Mais si par prévention leroy 
« a la cognoissance du compte d'un testament, \e 
» maislre des testamens n'y a plus que cognoislre.» 
(Gr. Coul. de France, 'V, p. 499.) — » Grasse cui- 
« sine, maigre testament. » (Cotgrave.) — 3° Par 
confusion comique avec teste: « Vous romproit 
« tout le testament. • (Rabel. III, p. 104.) 

Testamenter. Hériter par testament : « Amande 
« ...imposée à Glisson pour avoir testamenté de 



TES 



— 36 - 



TES 



« 170,000 1. qui esioil bien rnpé à luy. » (Choisy, 
Vie de Charles VI, p. 173.) 

Testainenteur. 1° llorilierleslamenlaire: • Un 

• testamenteur seul, hors qu"il soit hoir du résidu, 
« ne sera recevahle ù faire poursuite des biens du 
« teslament contre les redevanciers. ■> (Nouv.Cout. 
Gén. t. II, p. 70.) 

Ains a au cuer si grant destrece 

Qu'il sel bion qu'il ne puel plus vivre ; 

Erraument son avoir délivre 

En le main de quatre lenteurs 

C'on appelé testameiiteurs. (Poël. av. i300, IV, iSll.j 

2" Exécuteur testamentaire: « Je inerch monsei- 
« gneur l'euveskedeTereuuane com mon seigneur 
« e mon compeire testamenteur sovrain e li pri 
« kil ait che testament à parfurnir. » (Ducliesne, 
Généal. de Guines, p. '281, an. l'24-î.) 

Testarderie. Opiniâtreté. (Cotgrave.) 

Testaresse. Testatrice : « Un testateur ou tes- 
« taresse peut disposer par testamentet ordonnance 
« et dernière volonté de ses fiefs et héritages. » 
(Coût. Gén. 1, p. 700.) 

Teste. 1" Pointe : » Chascun lenoit ung arba- 

• leslre tendue et avoit sur chascune encoche un 
« vireloii de telle teste que pour froisser et tuer 
« ung cheval. « (Percef. 1, fol. 37.) — 2° Dos d'une 
hache : « Ils dévoient combattre de haches et en 

• ferir chascun quinze coups de la leste, et martel, 

■ sans rien toucher de la pointe ny d'estoc. « Malli. 
de Coucy, Charles Vil, 555.) — 3° Massue: « Ilallots 
« à teste. » (Coût. Gén. 11, p. 897.) 

Expressions : « Teste à teste becbevel. » (Rabel. 
I, p. 151.) — » Les filles prennent autant que les 
» fils et partissent teste ù teste. » (C. G. I, p. 8i.)— 
« Quand aucun, après son trespas, délaisse plu- 
« sieurs enfans ou aulresses héritiers, tels héritiers, 

■ soit en ligne directe ou collatérale, viennent à la 

• succession du deffunt quant aux meubles, lieri- 

• lages, et possessions immeubles, roturiers, et en 
« ce'nsive leste ù teste. " (Coul. Gén. 1, p. 305.) — 
« Mit le siège devant Calais, et y mena quarente 
« mille lestes arméez de la commune de Flandre » 
(Oliv. de la Marche, p. 50), c'est à-dire hommes 
d'armes. — « Henri IV cherchoil à engager un 
« combat avec le prince de Parme, mais le vieu.v 

• et rusé capitaine lui faisoil toujours des testes 
« d'infanterie (Mém. de Sully, I, p. 4-25), » opposer 
de... — « Envoyez cent mille escus à deux favoris 
« du grand seigneur, et avant qu'il soit six mois, 
« on verra toute l'Italie si pleine de testes blnnches 
« que ses cala mitez et misères nous feront trop 
« plus de pitié (jue leurs ruses et finesses ne nous 
« donneront de crainte (Mém. de Villeroy, III, 98^," 
Turcs à turbans. — « Ils dévoient jelter une leste 
' de dix ou douze enseignes entre la basse Pou- 
« logue et la haulte pour empescher les saillies de 

• ceux de la haulte Poulogne 'Mém. de Du Dellay, 
f. 337), • c'est-à-dire avant-garde. — « Le seigneur 
« César Fregose, avecques tel nombre d'hommes 

■ qu'il voulut choisir, délibéra avec le reste de 
« l'armée de dresser la teste vers l'ennemy. • (Mém. 



de Du Dellay, f. 202. ) — « Si une fois il tournoit la 
« teste vers le roy... il n'y auroit chose qu'elle 
« qu'elle fust qui puis après le detournast de ce 
» qu'il auroit commencé. » (Du Bellay, fol. 155.) — 
« Que les premiers fiancs ni la leste qui sera au 
« milieu ne lasche pas que le loup ne les ait passé 
« et avancé dans la courre de huit ou dix pas, pour 
» ne les pas faire retourner dans le bois, et que les 
» seconds flancs lasches quand ils verront le loup 
« vis ù vis d'eux, et qn'aussitosl que les valets des 
■ lévriers qui //<'H(//'o«/ /es /es/es verront les seconds 
« flancs laschez ils s'avancent et aillent au devant 
" du loup, pour lasclier en leste, et auparavant 
" qu'il soit à eux ; c'est ce qui fait qu'on les appelle 
« lévriers de teste <\m doivent estre les plus grands 
« et les plus forts pour faire arrester le loup. » 
(Salnov. Vénerie, p. 278.) — » Fourfaire le leste, » 
mériter de perdre la tète. (Duchesne, Généal. de 
Béthuue, p. 152, an. 1237.) — « Sur la teste à per- 
« dre. "(Froiss.Il, p. 181.) — « Sur la /cs/e couplé.» 
(Froiss. III, p. 198.) — « Se vous estiez si fol que 
» vous venissiez après nous ou royaulme de Gaulle, 
« et ou royaulme d'Ibernie, asseur povez eslre que 
« vous serrez plus presl de la leste ({we monseigneur 
a Lancelot ne seioit. » (Lancel. III, f. 113.)— « Tel 
" m'en pourra mocquer, à qui je ferai la teste 
» rouge. • (Percef. I, f. 74.) 

Cil ont plus le tcsic hardie 

Qi mainent tel amparlerie. (Vnt. i-iOO, f. i39.) 

La teste hiy fent de douleur. » (Desch. f. 252.) 

— '< Je pensois, seigneur Anastase, cfbe fussiez plus 
« sage que ne vous monstrez, mais à ce que je puis 
« voir, vous avez la teste mal faite. ■■ (Nuits de 
Strapar. II, f. 150.) — « J'ay bien oy gens qui sont 
« entre cy et le pont, or que nous lie faisons point 
« la testé sourde escoutons encores l'un ça, l'autre 

— là, au coing de ceste haie. » (Le Jouv. fol. 02.) — 
« S'ils fussent venus servir le roy au point où ils 
« sont, quand il alla en Flandres, ils eussent bien 
« fait; mais il n'en avoyenl pas la teste enjlée; fors 
« que de dire et de prier Dieu que jamais pié d'en- 
« tre nous n'en retournast. » (Froiss. 1. 11, p. 231.) 

— >• Cœur délicat se plaint de leste saine. • (J. 
Marot, p. 43.) 

Cil vos escoutent bien à dire 

La vérité Irestote plaine 

Qu'il pledoient de teste saine. (ils. 1615, I, f. 61.) 

« Porter lesle ki ment, » avoir l'air d'un men- 
teur. (Poët. av. 1300, IV, p. 1370.) 

» Ilelas, j'ay usé par ci devant de ma teste, j'ay 
» voulu suivre mon seul sens, par trop d'obstina- 
« lion. » (Amant ressuscité, p. 535.) — « Eu teil 
« manière advient souvent à ceulx qui veullent 
« /■a!r£?à/fH?'s /fs/É-s, sans croire conseil d'autruy. • 
(Le Jouvencel, p. 45.) 

Aucuns ouvroient de leurs testes 

Et si vivoienl comme bestes. (ilod. f. 1.) 

• Ce fut un grand sujet de joye à toute l'armée 
<■ de se voir ainsy portée de la teste à la queue en 
« un moment, par l'arrivée imprévue d'un chef 
« ;.M. le prince (lue l'on croioit ne pouvoir jamais y 
" parvenir) dont l'attente avoit jusqu'alors sous- 



TES 



— 37 — 



TES 



« tenu ses espérances. » (Mém. de Tavaiiiies, 
p. VM\.) — « .lurciil sovent par lor teste. • (l'oët. 
av. i;uK», IV, p. l.'Wr».)— » Aller la teste levée. » 
(Cl. Marol, p. OH).) 

Se vous m'avez icspomlus pusfaunient 

Si le vous yrasie 

Ma lesle en est apaisic. (Val. i¥JO, f. il.j 

• Teste verte, » jeune homme. (Oud.) — « Teste 
o de linotte. » (Id.) — - Crosse teste. ■• (Id.) — 
« Mettre la teste où l'on a les pieds (Id.), » être 
décapité. — <• Chausser sa teste. » (Id.) — « Avoir 
des grillons dans la teste. » (Cotgr.) — » .l'en 
reliens la teste pour en faire un pot à pisser. « 
(Id.) — " Teste de moine, » pissenlit, (kl.) — 
« Teste de \ii<\v\ ild.), • nigaud. — « Il a du mcr- 
« cure en la leste. » (Id.) — « Faire hon de la 
a teste. » (Id.) 

Las bien est li mondes confus 

Quand la li'sie Dieu jnn'ra 

Et sa forcelle, uns malotrus. (Descti. f. 33.) 

« Teste Dieu pleine de reliques, » jurement de 
la Hoche du Maine. (Brant. Cap. fr. I, p. 10'2.) 

Les piez avant, la leste arrere, 

En paradis les matez sainz. (Us. 0812, f. 67.) 

Tel déduit, tel joie, tel feste, 

Onques ne fu (ete de teste. (Ms. 681-3, f. 80.) 

La joie, le déduit, la feste 

Il n'est homme qui de sa leste 

Ne le pensast, ne ne deist. (Ms. GS13, f. SO.) 

Mainte teste en sera gratce 

Ainçois qu'il soit au finement. (Ms. 0813, f. 53.) 

Bien est fous de la teste, 

Ne de san n'a demie, 

Qui plus se mit en famé 

Et qui plus les ama. (Ms. 1615, II, f. 138.) 

Ainz monte aus premerains es testes. 

Qu'il lancent jus les arbalestes. (G. Guiart, f. 355.) 

Il lui a dit qu'il est pelé 

Et Eustace, à tout un baston, 

L'a appelle et à haut ton 

Teste de saige Lymosin. (Desch. f. 433.) 

« Deux ou trois testes en un chaperon. » (Froiss. 
I, p. 132.) 

Or ne sai je à sus qu'entendre. 

Je vois si l'un vers l'autre tendre 

Qu'en un chaperon a deus testes. (Ms. 7318, f. 335.) 

On connoit à ses yeux que sa teste n'est pas 
" cuitte. » (Oud.) — « Teste h. teste comme deux 
« fourbisseurs. » (Oud.) — « A laver la teste d'un 
« asne, on ne perd que le temps et la lexive. » 
(Cotgr.) — « Il n'y a bonne maison que celle qui 
« est faite par la teste rasée. » (Rép. des vrais 
cath. franc, à l'avert. des cath. anglais, p. 472.) — 
« Je veulx perdre la teste est le gaige d'ung fol. » 
(Rabel. II, p. 246.) — « Il vaut mieux avoir bonne 
« teste qi\e mauvais cul. » (Dial. de Tahur. p. 23.) 
— « Crenons en teste gastent la feste. » (Cotgr.) — 
« En petite teste gist grant sens. » (Cotgrave.) — 
" Grosse teste et prim col, c'est le commencement 
« d'un fol. » (Cotgr.) — « Le poisson commence 
« tousjours à sentir parla teste. » (Cotgr.) — « Le 
« ventre emporte la teste, » se dit dès aposlats. 
(Cotgr.) — . Telle beste, telle teste. » (Cotgr.) — 



• Tenez chaud le pied et la teste, au demeurant 
« vivez en beste. ■• (Cotgrave.) 

2. Teste. Teton : 

Testes ay conmie souflez d'un four, 

.\ussi plates c'une quiutaino. (Desch. f. 335.) 

" Elle veit que l'enfant nouveau né y tendoit le 

• col à mont, comme s'il voulsist querre la leste 
« sa mère. » (l'crcef. III, f. l."'»4.) 

Testée. 1" Portion (|ui appartient à chaijue tête 
dans une succession : « Le père qui est gentilhomme 
« et de noble sang peut marier ses lilles et les 
» apparager, et ce qu'il leur donnera, son principal 
" hoir ne le peutdebalre, si le père ne le grevoit 
» outre sa testée, aussi comme si tout le fief estoit 
. partable. " (Ane. Coût, de Bret. f. 110.) — 2° En- 
têtement ; un seigneur anglois ayant refusé de 
boire, parce quclean Chandos avoit bu devant lui, 
l'écuyer du dernier menaça l'Anglois de lui jeller 
le verre à la tète ; - et comme il eust peur qu'il ne 
» fist sa testée, car il esloit bien courageux de celé 
Cl faire; il but. » (Froiss. III, f. 2iy.) — 3° Tète: 

Lors veissiez cheveus tirer. 

Tisons voler, dras deschirer. 

Et l'un desouz l'autre cheir ; 

Li marcheant corent voir 

Cens qui orent rouge testée. (Ms. 7318, f. 60.) 

Testelette. Petite tète. (Cotgr.) 
Testemoigner. Témoigner : 

Mez ce disoient et juroient 

Et tranchoiz le lestemoujnoient. (D. C. sous Testimoniare.^ 

Testemoine. Témoignage : " Li en avons doné 
« cesles leslres pendantes scellées en nostre scel, 
« en testemoine. " (D. C. sous Testimonlum.) 

Testemoingne. Même sens: « Testemoingne 
« n'en peut cil de Fescamp porter. » (Rou, p. 54.) 

En l'abaïe Sainct Oien 

Out, en cel tens, un sacristain ; 

Tenu estoit pour leal moingne, 

Et moût avoit bon testeinoimjiie. (Rou, p. 151.) 

Tester. Donner des coups de tête ; on lit d'un 
cheval ; 

Lors a dit à son sor bauçent, 

Dist li quens : ne teste autre fois ; 

A chief déposé retesta ; 

Li quens descent ; si li coupa 

La teste ; sor un autre monte. (Fahl. de S. Germ. f. 44.y 

Testerie. Caprices, fantaisie : 

Les faiz de chevallerie 

Que l'en fait, par testerie, 

Les doit on tenir à prouesse ? 

Certes, nennil ; et dont que esse ? 

C'est folie et cas d'aventure. (Ms. 6813, f. 49.) 

Testier. Qui appartient ;i la tète; qui sait ména- 
ger sa tête. (Cotgrave.) 

Testiere. 1" « Habillement de teste qui est de 
« fer pour l'homine de guerre, et est assez plus 
« général que casque ne salade. De là on a dit la 
« testiere d'un cheval. » (Xicot ) — » Testiere de 
« haute cloueure de mailles rondes. » (D. C. sous 
Armatura.) — 2° « Testiere d'un bœuf, » le joug. 
(Cotgr.) —3° « Testiere d'un chapeau, » forme d'un 
chapeau. (Des Ace. Escr. dijonn. p. 2.) — 4° Tête: 



TES 



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TEU 



« Engravée an fond du cr.ine de leur testiere. » 
(Tahur. Dialog p. %.) 

Testificateur. Qui testifie. (Oudin.) 

Testification. Témoignage, approbation. (Cotg.) 

Testifier. Témoigner. ;Cotgrave.) 

Testiiiioinc. Témcii^nage : « En tcstimoine de 
. verilé. ■ {,<>nl. 11, p. 3i3.) 

Testimoniale. Preuve : « Rapporlans bonnes 
« et seures /('s/(H!OH/n/('s de tout ce que dessus. • 
(Pasq. Hecherclies, p. 831.) 

Testimoiiient. Témoignent: 

Qunr leur œuvres lestimonieiil 
Et tout apertement nous dient 
Que par rame fumes nous tuit 
Engingnié, trahit et souduit. (Ms. 151S, f. 135.) 

Testinoignance. Témoignage : « Donné par 
« testnioitjnance à nostre grant seal. • (D. C. sous 
Testimoniitm.) 

Testnioigne. Témoignage : « En testmvigne 
« de ces choses. • (D. C. sous Testimonium.) 

Testmoignié. Témoigné: « S'aucuns dist lait 
» à lantre en la vile, et il soit veu d"eschevin ou 
« teslnwiijnié par deu.x autres personnes, il payera 
« pour l'amande .m. s. " ^D. G. sous Testhnoniare.) 

Testmoinance Témoignage : « Un testmoi- 
c nance de cesle chose , nos avons ces lestres 

• saelées de nostre sael. • (D. C. s. Teatimonium.) 
Teston. 1° Coup de tète. ;Oud.) — 2° Monnaie: 

» 6000 lans«iuenetsqui le voullureiit servir pour un 
« teston le mois, et ne voulloient point prendre 

• d'argent, fors seulement dire qu'ils esloient à 
■> maislre qui leur donnoit de l'argent. •■ (Rob. de 
la Mark, p. 3(i7.) — « .Nous voyons aujourd'hui en 
» la France plus de doublons qu'il n'y avoit, il y a 

• cinquante ans de petits pistolets; comme j'ay 
« veu et pareillement plus de testons que de dou- 
. zains. » iBrant. Cap. fr. 1. 111, p. 201.) — « Pour 
« demy teston, voire pour six blancs. » (.Vpologie 
d'nérodote, p. 07i.) — « Gros testons, teston de 
" Milan. »(It.C. sous Monetœ aryen ta'.] — « Teston 

• de roy, » monnoye d'argent du poids de se{jt 
deniers, douze grains et demi de lin, que l'on com- 
mença de fabriquer sous Louis Xlll en 151:3, qui fut 
évalué à dix sols sous les règnes suivants. Cette 
monnoye augmenta jusqu';"» trois livres. {Hist. du 
Th. fr. II, p. 87.) — « Il est comme les testons ro- 
« gnez, sans lettres, » c'est-à-dire ignorant. (Oud.) 
~ « Il fait de son teston six sols, et il fait de six 
« sols un teston, » se dit d'un prodigue ou d'un 
économe. ^Colgrave.) 

Testonné. 1" Frisé : • Les gens d'Eglise sont 

• vestusde draps de soie, leplus souvent découpez, 
« enrichis de pourlileures et broderies, sont teston- 
» nez, épongez et parfumez. » (La Planche, état de 
la France sous Frani;ois II. p. 063.) — 2° Battu, 
étrillé: « Estant donc (Charles si bien testonnc sans 
« peigne, ayant les yeux tous enflez et murdris. » 
(Nuits de Stiapar. 1, p. 139.) 

Testoiiner. 1° « Friser le poil, la perruque, 



« favonnerlescheveus, au ferchaud ou autrement.» 
(Monet.) — « Se testonnant de son pigne. " (Rabel. 
liv. I, p. 235.) — « ,1e suis empesché auprès de cet 
" homme de bien que je testonné. » 'Du Verd. div. 
leçons, p. 351).) — 2° » Oiiaud il sçul que Fouquet 
« pouvoit bien estre eschaulTé î> testonner la bourre, 
" il vint entrer au jeu de paume, et a[)pelle Fouquet 
« qui avoit déjà bandé sa part de deux douzaines 
« d'esteul's et jouoit à l'acquit. » Jouer à la paume, 
dans Despér. 1, p. 82. — 3» Faire des malversations 
dans les finances. (De la Noue, dise. p. 125.) 
Testonueur. Parfumeur. (Rab. 1, p. 322.) 
Testu. 1° .Marteau : " Le testa d'un masson. » 
(Gotgr.) - 2^ Poisson. (Rob. Est.) — 3° Entêté : 
Lances es poinz, haubers vestuz, 
Comme courageus et lesliiz. (G. Guiart, f. 280.) 

Tesure. Pêcherie. (D. C. sous Tesura.) 
Tesurei". Tendre des lilets: • Chasser tendre et 

• tesurer, et prendre bestes à pied rond. •> (D. C. 
sous Tesura.) 

Tétasse. Telon : • Avalle en tétasse de vielle. • 
(Colgrave.) 

Tetassier. Qui a de grands vilains tétons. (Cotg.) 

Tête. Telon : - Je sui joliete, sadete... point moi 
« ma tetc selon le tans. » (Ghans. du xui* siècle, 
ms. Bouh. f. 56.) 

Tethye. Excroissance difforme et maritime, qui 
n'est ni poisson ni plante. (Gotgr.) 

Tetin. - Estre au lelin, » à la mamelle. 
(Oudin.) — " Le grand dandin qui a mordu sa mère 
« au tetin. • (Id.) — « Du tethi en hors, » dès l'en- 
fance. (Gotgrave.) 

Tétine. Tetin : 

Ne monstrez plus vostre tétine, 

Si tture esloit, ronde et poupine. 

De bon cueur je la regardasse ; 

M.iis ce n'est rien qu'une trépasse 

Pour quelque varlel de cuysine. (Cli. d'amour, p. il!.] 

Tetineu.x. Qui a de gros tétons. (Gotgr.) 
Tétrade. Nombre de quatre. (Gotgr.) 
Tetricqne. Triste, fâcheux. (Rabel. IV, épîlre 

dédicace, p. 4.) 
Tettée. Temps que l'enfant met à sucer la 

mamelle. (Gotgr.) 
1. Teue. Tenue : 

La loi crut et en tel guise 

Que mil ans fu bien teue 

Et li peuples à devise 

Fort et ferme le tenoient. (roct. av. 1300, II, p. 816.) 

2 Teue. Tue, part, de taire : 

Dame .\uberée s'est Icue 

A ce mot de lui prescher. (Fabl. de S. Germ. p. 311. J 

Tevot. Couard. (Gotgr.) 

Teur. Treillis fait de poil de cheval, sur lequel 
les tondeurs de drap tondent leurs étoffes. (Monet.) 

Tenrdre. Tordre: • Doit bouler son coustel 
■ cuire lo cuir et la char, et couper la char aval, 
« puis doit tirer à soy le jambon en teurdant et 

• ferir du cul d'une hache et les rompra. • (Gast. 



TITA 



- 39 - 



THE 



riiéb. p. 202.) — « Tailla tout autour jiisqiics à l'os 
" (lu col, et li desmic, et tcurse la luire, et elle, s'en 
« vendra. » (Gasl. Pliéh. p. '2(tt.) — « Les aguilles 
« (|iii seront Icnrsrs pai' l'orcc se drescerent. » 
(Gast. l'iiéb. [). ;{!!•,) 

Tous. Tel : 

Cornent, fol il, estos vous leiis 

Que par force dire m'cstuet. fMs. 7Si8, f. 2.) 

Fouqes ki se.^ fuis ort ainsnés 

I fu ocis, tcus fu menés. (Mousk. p. Ai2.) 

Ke IcHs repare enlor si 

Snigement. (l'orl. av. 1300, III, p. 015.) 

François furent moult engriés 

Quant Acre fu rendue et prise: 

Trop i ot joye à grant devise 

En la vile prisent osteus 

Dont moult i ot et Icus et qiieus. (Mousk. p. 532.] 

ïextiiaire. Qui a bien en main le texte d'un 

écrivain. (Monet.) 
Textiiale Texiuel : » En toutes loix a deux 

• chcses : la première, le principe ou la sentence 
« le.ctuale. » (Monslrel. I, p. 42.) 

A l'une fois, tu escrips, comme suppose, 
Chose lextualle, et à l'autre fois £;lose. 

Goujet, Bibl. fr. X, p. ilX 

Textuel. « Jus;esqui sont bons textuels, » qui 
savent les endroits à citer. (Cotgr.) 

Textuellement. « .Mnsy qu'il est tcxlnclle- 
" ment contenu au chai)itre." » (Godefroy, Observ. 
sur Charles YIII, p. Wi\.) 

Texture. Conlexture, tissu. (Grelin, p. 2G9.) 
Tezant. Se taisant, reculant : 

Croyez vous que li Grieux soyent ja recréant 
Ja ne furent ilz oncques en bataille tezant. 

Noi. du Rom. d'Alexandre, f. 16. 

Tezez. Niais. (Itabel. p. 178.) 

Tliahaut. Taïaut: 

Pour ce huerés fort et haut 

Tha, tha, thahaut, tluihaut, tli<(haut. 

Et lors les chiens à vous venront. [Font. Cruciin, p. 22. J 

Thaignon. Chignon; lire peut-être c//ftir/HO«. 

Car si tost com il entre, sourbannist le gaignon, 
Qui nous traist en enfer parmi le thaignon. 

Borel, Testam. de Meung. 

Thaïs. Silence, discrétion : 

Parle, soyés hardis, 
Veuls tu mourir de ta parole eschais ; 
Conte ton fait ; maudite soit ta Ihais. [Dcsch. f. 187.} 

Thalarae. Fiole à long col, matras. (Borel.) 
Thalamege. Navire: « Par le conseil du pilot 

• feurenl sonnées les Iroinpelles de la thalameye en 
« intonation de guare serre. » (Itabel. IV, p. 144.) 

Thalasie. Qui a la maladie de la mer. (Colgr.) 

Thaïe. Tige verte. (Cotgr.) 

Thaller. Commencer à pousser: ■< Quand les 
« bleds vers se thallent en terre. » (Nicot.) 

Thalmud. Livre contenant le droit canon et 
civil des Juifs. (Cotgr.) 

Thalmudiste. Savant dans le thalmud. (Cotgr.) 



Tliarnarin(l(>. Dallier indien. (Cotgr.) 
'l'hancîsir. Plante : 

Fenoillc, lavande, ne autre chose, 

Basilicon, coq, thanesic. (Dcsch. f. Ail.) 

Thapsie. Carotte puante. (Colgr.) 

Tliau. Cercueil. [Peut-être pourrait-on lire tau 
et /«/(«, formes données par M. Lalanne en .son 
glossaire.] — « Il tut ordonné qu'on porteroit 
■■ (à la pompe funèbre de iMi Guesclin) sur son tttau 
" où estoit le corps, les clefs, en signe d'obédience 
« et d'humilité. ■> (Branl. Cap. estr. Il, p. 2irj.) — 
On lit dans Houteill. Som. riir. p. 875, talaie d'une 
litière d'estrain sur laquelle on élevait une estrade 
de planches, qui portait le cadavre ou sa représen- 
tation. — " Quand le coi'ps (de Charles Vlil] sera 
" arrivé ù N. H. des Champs sur la tahuc où est le 
« corps, sera faite une plate forme sur laquelle sera 
- un lit de parement où sera mise la statue du dit 
« seigneur en son babil royal. >■ (Observations sur 
Charles VIII, p. 751.) 

Théâtre. 1° Spectacle : 

Mais assez d'autres femmes voy 

Qui vont par tout, sans nul convoy, 

Au.K Testes, aux champs, au théâtre, 

Pour soulacier et pour esbatre. (Desch. f. 510.) 

2» Enceinte : « Si m'en allay hors du temple 
" appuyer au mur du théâtre, dont le lieu estoit 
« clos. » (Percef. V, 13.) - 3° Place; » Ils arrivèrent 
« au temple de la déesse, si descendirent parde- 
" vaut et laissèrent leurs chevaulx au théâtre, et 
« puis entrèrent au temple. » (Id. f. G8.) 

Theau. Taïaut : « Alors doit crier hau, où est il 
« allé, lior va à moy, tliean. » (Fouill. Vén. f. 08.) 

Thefbot. Amende par laquelle un voleur se 
sauvait de la corde: « Thefl)Otees[(\uSini home prist 
« challel de larone de lui faveurer, et maintenir et 
« ne my autrement. » (D. C.) — « Pelils laruns que 
" toundenl et escorchent molons, ou autres bestes 
" pulauntre pur enbler les peaus de ceus que 
« pernent thefbot. » (Britt. f. 71.) 

Theie. Tante, dans Colgr. Rapprochez tayon. 

Thelemite. Moine de l'abbaye de Theleme ; 
homme qui fait tout ce qu'il veut. (Rab. et Cotgr.) 

Thème. Texte : « Us commençoient (les pres- 
« cbeurs) par un passage de l'ecrilure qui est 
« appelé thème, d'où vient cette façon de parler 
« juxta thema prœlibatiim. » (Apolog. d'Hérodote, 
p. 500.) 

D'autre part dit saint thème et glose 

Que ce seroit aussi fort chose 

Passer par le tro d'une aguille 

Un charnel, texte est d'Euvangille 

Comme d'un riche mondain seroit 

Qui en paradis entreroit. (Desch. f. 560.} 

Thenaisie. Herbe. (Médec. des Chev. p. 26.) 

Theodin. Herbe: » Si ne trouvez du nasicori, 
« recouvrez, s'il est possible, d'une au Ire herbe 
» comme theodin. » (Fouill. Fauconn. f. 25.) 



TIII 



- 40 — 



THI 



Thoodonis. Pour « Theodoiiis villa, • Thion- 
ville, nujomxriiui Diedcnhofcn : 

Car li bons rois Hardis 

Soujoiirnoil à Tlieodntiis 

Et tout l'ivier i voloit estre 

Pciiir le lui plaisant. (Mousl:. p. 93] 

Tlieolocjal. « Le vin théologal et sorbonnique 
. (voir ce inol), est passé en proverbe, et leurs 
. fesliiis. » (Montaigne, 111, f. 595.) 

Tlieolonalemcnt. " Choppiner theologale- 
■> 7ncnt. " (Haliel. I, p. H".) 

Tlioologastre. Mauvais théologien, dans loo 
Touches de des Accords, p. Al. 

Thoolooical. Théologal : « Les vertus morales 
et tlicoloijicalcs. » (Toison d'or. II, f. 71.) 

Theolod'en. Théologal : » Vertus théologien- 
« nés. » ^.Ican de Saintré, p. 7i.) 

Thcoinaclie. Qui fait la guerre aux dieux. 
(Cotgrave.) 

Theon. Taon : 

Amis si liastif et si près, 

AprOs, comme thcnns d'esté, 

Quand les femmes vous ont esté 

Vous vous en mocquez par après. (Des dev. amour. 45. J 

Théorique. Févi. Théorie: « 11 fait bel appren- 
« di'e ht tlieorique ùe ceuy. qui savent bien la pra- 
« tique. » (Ess. de Mont. H. \'iC).] — Masc. Savant: 

Ce qu'il y a n'est qu'un trop petit cas 

Pour en parler entre les rhétoriques 

Entre scavans, procureurs, advocats 

Et gens lettrez, test seroit rais accats. 

De me vanter devant les tlicori(]ues. (Faifeu, p. H4.j 

Thermes. Nom d'un général vaincu à Grave- 
lines, en 1550 : « Valeur ou intrépidité d'Ossun en 
« proverbe, comme prudence de Tliermcs. « (De 
Thou, IV, p. .484.) 

Thcsaui'ier. Trésorier : « Dans une paroisse 
«■ les tlicsaufiers et fabriqueurs sont ceux qui en 
" manient les deniers et les fabriciens. » iD'Argen- 
tré. Coût, de Bret. p. 185G.) 

Thesnie. Thème, texte; aux obsèques de Charles 
VII, « il fut fait un sermon par maislre Jean de 
« Chaslofort, dont son Ihesmc estoit « mémento 
« judicii mei, Domine. » (.Math, de Coucy, Charles 
Vil, p. 730.) 

Tliosoriscmont. Action d'amasser des riches- 
ses, des trésors. (Cotgr.) 
Thcsoriser. Amasser des trésors : 

Pensif, triste il ne llicsn>-i.sc 

Beaut (baille) pallement après l'or, 

Mais il faict un plus cher trésor 

D'un saint renom qui l'eternize. (J. TaJiur. H3.) 

Thesnrer. Tendre les filets: « Nul ne peut de 
« jour ne de nuit tendre ne thesurer en autruy 
• domaine. • (1). C. sous Tensiira.) 

Tliialiillaiul. Cri pour exciter les chiens: « Il 
.. faut parler aux chiens quand ils chassent en 
« mesmcs termes qu'on parle à la chasse du cerf, 
.. fors au for chef, car au lieu de crier thiahillnud, 
■■ il faut crier voy le cy aller. » (Fouill. Vén. p. C7.) 



Thialan. Même sens : 

Celuy qui le froliu départ 

Aux chiens, doit estre à une part 

Et doit crier tout à estant. 

Ha, ha, ha, thialau, Ihialau. (Font. Giicr.p. 5S.) 

Et leur doit dire, fort et haut, 

Ta ha, Ihialaut, tliUilaut. (Id. p. 43.) 

Thiare. Tiare: » Les armes de l'empereur avec 
« son thiare et ordre. » (Mém. de du Bellay, éd. de 
Lambert, VI, p. 350.) 

Tliiaiilan. Cri de chasse : 

Kt s'il avicnt qu'aucim le voye 

Tliinidan doit tantost crier. (Font. Guéi: p. iS.J 

Thibault. « Ainsi que j'ay ouy dire es environs 
« de la ville de lilois, en un grant cousieau de 
« vignobles qui en est près, où les plus proches 
« vignerons de la ville, ayant ouy l'orloge, avoient 
■ accousiumé, pour signal de retraite, de crier à 
- haute voix: Dieu pardoinl au comte Tliibnnlt ; 
.< s'eslant le peuple fait accroire p;ir un long succez 
« de temps que ce fust un comte Thibault de Blois 
« qui en introduisit entre eux la première loy et 
'• couslume. » (Pasq. Hech. p. 734.) 

Thiehault (saint). Patron des c : 

Princes, puis que mon mary fault, 

Et que mon chastcl m'emble et tault. 

Et autre pertuis en estouppe, 

Oullre mon gré, il ne m'en chault ; 

Par saint Arnoul et saint Thiebaidt 

Je lui feray d'autel pain souppo. (Desch. f. 440.) 

Tliiephaigne, anie. Epiphanie : « Au terme 
« de la Tliiephaigne X. S. » (Cartul. de Corbie.) — 
« Le vendredi veille de la Tliiephanie. » (Id.) 

Thies. Langue allemande : 

Roy sans lettres, comme un asnc seroit, 

S'il' ne savoyt l'escripture ou les loys ; 

Chaseun de ly partout se moqueroil ; 

Tliics doivent savoir, latin, françois. (Desch. f. 563.) 

Thiesselin. Tiercelet; dans la fable du Renard 
et du Corbeau, le premier appelle celui-ci » beaus 
" thiesselin, » comme jeune tiercelet pour le qua- 
lifier avec distinction. (Desch. f. ■■59.) 

Thilloul. Tilleul : « Trouvèrent... une fontaine 
« sounlant au dessoubs d'un thilleul de merveil- 
« leuse grandeur. » (Percef. VI, f. 119.) 

Thimocratie. Espèce de gouvernement : « Au- 
« cuns y a qui se gouvernent par personnes esta- 
■< bliesù présider certain temps... ainsi instituèrent 
« les Florentins leurs prieurs des ars et conseil 
« des anciens, et cesie puissance s'a|)pel!o polili- 
« quement thiniormiie i]\ù est en commun parler 
« élection. » (Al. Chart. de l'Espér. p. 315.) 

Thiois, oys. Allemand : « Vint premièrement 
' de \h la langue Ihioise, c'est ù dire de Flandres, 
« de Brabant et de Ilaynaut. » (Chron. de S. Denis, 
II, f. '2'21.) — " César ïist refaire les arches marien- 
« nés auxquelles esloient escriptcs les victoires 
« Marins, qu'il avoit eues de .lugurtha et des 
.. Thioijs. .. (Tr. des IX Preux, p. 294.) 



Tlll{ 



il 



THU 



Tliipliainonc, uiiiiic. Kpiphiiiiiû : 

L'an quo li rois fu (loviez 

Roceut, sans ce con l'en repraingno, 

A Hains, le jour de la Thiph'xinijna 

Vcant mainto lionne personne, 

Li biaus Pliclipiies la couronne. (G. Cuiarl, f. 2i5,) 

Tout fiist il Pas(iucs ou Tiphainnc, 

Ainçois faisoient autre ouvraingne, 

Comme boivre, et jongler, et rire. //(/. /'. iO.j 

Tliisio. Ptilliisic. (Du Gange, sous tisis.) 
Thisi(iiie. l'Iiltiisuiue : " r/z/s/i/HCS soil cl cUii- 

« quesoulin. » (iJescliamps, f. ti'JO.) 
Thiii, Cette, en saintongeais : » Tlihi servante. » 

(Borcl.) 
Tlioe. Loup bien fourré l'hiver, nu l'été. (Cotg.) 
Tholosain. Toulousain : « Tholnmins ont esté 

« les plus sages en cecy, lesquels n'ont mis le nom 

« lie leur pays ; mais philosophiquement se sont 

« appeliez niondains. » (Lett. de Pasq. I, p. 98.) 
Tholose. Toulouse : « Cizeaux de Tholose. » 

(Des Ace. Bigarr. p. 5.) 
Thomas. 1» Estomac : « Mangera t'il de l'herbe 

« aux chiens pour descharger son tlwmas. « (Rab. 

V, p. 2i;i.) — 2» Nom propre : « Là [h la foire) vit 

« Thomas faulsseté, Enguerran foy mentie, etmais- 

a Ire NicholeTriclierre, qui esloient lilz dame Con- 

« voitise. » (Modus, p. 223.) 
Thonnine. Dos du thon salé. (Colgrave.) 
Thoi*. Taureau : « Ils prenoient leur récréation 

o à faire combattre les thoreaulx, thor contre llior." 

(Toison d'or, II, p. 7.) 

Thoreaulx. Taureaux. (Voir Tiior.) 
Thoreingne. Touraine : 

France, Poito et Picardie, 

Anjou, Champaigne et Normandie, 

Bretaingne, T/wreinri>ie, Borgoingne, 

Toute la terre de Ga'scoingne. (Ms. G81S, f. 66. j 

Thorcl. Taureau : « La petite vive occist le 
« thorcl. » (Chev. de la Tour, Instr. b. ses filles, 78.) 

Thoi'ie. Taureau. (Borel.) 

Thoi'on. Tour: « Se hierberga sour un thoron 
« de fors à Acre. » (D. G. sous Toro.) 

ThoiUais. Monnaie de Tout. (Ord. I, 335.) 

Thoulouse. Toulouse: » Rigueur (du parlement) 
« de Thoulouse, humanité de Bordeaulx, miseri- 
" corde de Rouen, justice de Paris ; bœuf sanglant, 
o mouton beelant et porc pourry. » (Desperr.'t. II, 
p. H9.) — « Estudians de Thoulouse. » (Id. p. 3.)— 
« Ce fut un or pire que celui de Thoulouse qui 
« causoit seulement la mort à ceux qui le ma- 
« nioienl. » (Pasq. Rech. p. G03.) 

Thresor. « Thresor ou chose trouvée. » (Laur.) 
— « Chambre du thresor, » dans laquelle se jugent 
les causes du domaine et par appel à la chambre 
du domaine. (Laur.) — « Thresor des Chartres; » 
il a commencé à être dressé sous Philippe-Auguste ; 
c'est le dépôt des titres. (Laur.) — » Thresor de 
« garde, « trésor d'une ville auquel on ne touche 
que dans l'extrême besoin. (Cotgr.) 



Tlircsorcrie. Lieu où l'on serre l'argent elles 
titres. J). C. sous Thesaururia.) 

ThrtisovH'v. >■ y/rr^^soricr des cent gentilshom- 
« mes des Suisses de la garde Ecossoise ou Fran- 
« çoise. » (Laur.) — « Thresorier de l'espargne, • 
qui reliroit des receveurs généraux ce qui resloil 
des finances, les charges de l'Etat étant acquittées. 
'Cotgr.) — " Thresorier de France, qui a .soin de 
« faire payer le domaine du roy et les tailles, que 
« les maisons royalles soient reparées, les dettes 
« acquittées. « (Pasq. Rech. II, p. CO.) — « Threso- 
« rier des guerres ordinaires ou extraordinaires, » 
payeurs des troupes, dans Monstrelet, I, p. KiO. — 
« Thresorier de la marine de Levant et Ponant, de 
« l'artillerie, des Ligues (Suisses), de l'ordre du 
« roy, des officiers domestiques de la maison du 
'< roy, des gardes, des œuvres et baslimcns du roy, 
« des mortes payes, des offrandes et aumosnes, de 
« la vénerie et fauconnerie, de l'escurie. » (Cotgr.) 
— « Thresorier du domaine, » receveur général du 
domaine du l'oi, de l'argent provenant de la légiti- 
mation des bâtards, de la naturalisation des étran- 
gers et des titres de noblesse accordés aux roturiers. 
(Cotgr.) — <• Thresorier des parties casuelles, » qui 
garde l'argent provenant de la vente des charges. 
(Cotgr.) — .< Thresorier des salpêtres. » (Cotgr.) — 
« Thresorier des Chartres, » qui garde les papiers 
concernant le trésor du roi. (Cotgr. — » Tliresorier 
« de l'argenterie, » de la garde-robe ordinaire du 
roi ; il paye ses habits et les gages des pages et des 
gardes. (Cotgr.) — « Thresorier de la chambre aux 
<• deniers » ; il paye les vivres et ce qui appartient 
à la maison du roi, comme bois, linge, vaisselle. 
(Cotgrave.) — « Thresoriers des menus plaisirs et 
« secrets du roy. » (Laur.) — - Thresorier d'Aniou, » 
un des ambassadeurs du roi Charles VU à l'assem- 
blée d'Arras pour la paix en lis."). (Monstrelet, II, 
p. 108.) — « r/i^rsor/cr sur le fait de la justice. » 
(Pasq. Rech. II, p. 84.) 

Thi-esorillon. Petit trésor. (Cotgr.) 
Thi'inglo. Sommet. (Borel.) 

Thiulesque. Tudesque : « L'yvrogne thiides- 
« que. » (.1. du Bellay, p. 40.) 
Thunies. Tunis : 
Que trois fois en passa la mer 
Sur les ennemis de la foy ; 
La fut en Thumes prins ce roy. [Desch. f. 559.) 

Thun. Thon. (Cotgr.) 

Thunisian. Tunisien : « Le faucon dit thunisian 
« approche assés près de la nature du faucon 
« lanier... ; il est appelle thunisian, parce qu'il fait 
« son aire et ses petisau pays de Barbarie, environ 
« la ville de Thunis. » (Fouill. Faucon, f. 4.) 

Thusque. Toscan : 

Si est ce pourtant que je puis 

Me vanter qu'en France je suis 

Des premiers qui ont ozé dire 

Leurs amours sur la thusque lire. //. du Bellay, p. 461.) 

Thuys van costen. Maison de dépens ; sorte 
de juridiction en flamand : « Aller en la maison de 

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TIE 



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TIE 



« despens, que l'on ilit vulgairement tliu>is van 

• coslen. » (Coul. Cén. II, p. 927.) 
Thynielée. Herbe à lail. ,Cotgr.) 
Tliymique. Se dit de la veine susclavière qui 

se termine sous Tos sphénoïde. (Colgr.) 

Tliymonalnie. Mixture de thym, rue, farine 
d'orge, sel, eau, vinaigre, pour chasser la goutte, 
les vents, les maux d'estomac. (Cotgr.) 
Thyn. Thon, poisson. [L. Trippault.) 
Thynniinciile. Petit thon. (Cotgr.) 
Tliyon. Oiseau. (Cotgr.) 
Tiàus. Tel : 
Dcus. por quoy sui je tiaus 
Que se li osai descouvrir 
Les maus que m'a fait sentir; 

Et touzjors la tiuis cruaux. {Poêt. av. 1300, II, p. ti5i.} 
Maistre Maliius en vous estes de tkmx 
Qui fréquentez franque marc et boulie. (Dcsch. f. 21^.] 

Tibauldcr. Faire le sot : « Paradin a tibauldé 

• en ses devises héroïques pour n'avoir pas esté 
« par les lieux, avec son imaginaire devise : colliga- 
« vil nemo ;quandoque bonus dormitatHomerus. » 
(F\nvin, Th. dhonn. 1, f. 441.) 

Tihcrt. Nom du chat au Roman du Renart : 
Vueil encor enseigner ma fable, se lu mil coraiges 
« avoies, A mil cuers mil coraiges aies, El qui 
« vorroit... deçoivre Celé vorroit mielz aparçoivre 

• Toz les tors el loz les baraz Que Renarz et Tihcrt 
« le cliat. » (Ovide, de Arte, f. 9,).) 

Tibui-on. Veau marin de la mer des Indes. (Cotg.) 
Tic. Dans Slrapar. I, fol. 103. 
Ticlious. Petits gâteaux faits d'œufs, de farine, 
beurre ou fromage. (Cotgr.) 
Ticluie. Tige: " L'herbe nommée glaslon ayant 

• les feuilles quasi comme plantin et la /à'/uic de 
■ deuxcouldées ou plus. » (Percef. I, f. 1.) 

Ticques. « Ce qui touche les questions ou dif- 

• ferends de la draperie el ce qui en dépend, comme 

• des laines, toiles, draps, et les melieis qui les 
» traitent, comme tisserands, retondeurs et autres 
a qui en font leurs négoces, tapisseries, peintures, 
« des patrons, liciines et toutes manufacluies de 

• file de lin ; les doyens et juges de la draperie en 

• ont la connaissance. « (N. C. G. 1, f. 1-238.) 
Ticquet. Affiquct : 

Puis la cliaine d'or, la baguette, 

Le lacz de soyn, la cornette 

De velours, ce bel afiiquet ; 

Quand nous aurions fait nostre empiète 

La porte seroit bien estroite 

Se nous ne passions jusques au lk<jucl. 

Dialog. dû Mellepayc, p. 55. 

Tide. 

Quant aux nez furent tout entré, 

Et lide orent do bonne oré, 

I)onc veissiez ancres lever, 

Estrans traire, hobens fermer. (Briil, f. 85.) 

Tictle. « Ne faire que de l'eau tiède, » ne faire 
que de l'eau toute claire. (Oudin.) 
Tièdement. Avec tiédeur : 



On tient que la carcliedoine, 

A la f;rav( ure mal idoine, 

Naist d'une pluyo lieilonent 

Qui trempe la terre allumée 

De chaleur, qui la rend germée 

De ce divin enfantement. ^Jî. Betîeau, p. Oi.J 

Tielau. Cri de chasse: « Doit encore forhuer 
« tielau, el les autres variez doivent fcrir des 
» verges aux chiens, afin qu'ils laissent la cuirée 
« et aillent devers luy. » (Gast. Phéb. p. 198.) 

1. Tiele. Tuile: ici au sens de rien : 

Fors seulement ses armeures 

N'en porte qui vaille une tiele. (G. Gxdart, f. i29.) 

2. Tiele. Titre : « Ton ticlc et nom puet l'en 
« veoir descript. « (Desch. f, 570.) 

Tiencniaiii. Dalustrade d'escalier. (Cotgr.) 
Tien le bien. Filière, corde qu'on attache au 
pied d un faucon neuf pour l'cmpècher de s'en- 
voler: •< Vous le pourrez lascher, d toute la filière, 
« qu'on surnomme un //CH /c /;ù'H, en le leurrant 
« de plus loing en plus loing, deux fois le jour. » 
(Fouilloux, Faucon, fol. 7.) 

Tiei'c. Troisième degré de parenté : 

Mais or ont concordé ensamble 

Tout li cardonal, ce me samble. 

Corn pourra faire mariage 

En licrc, ja n'i ara parage. fPoët. av. 1300, IV, iSAS.) 

Tierçaine. 1" Délai accordé en justice pour 
répondre aux sommations : " Si après la solemnilé 
« gardée des appeaux et //('(•(■a/H^'s, lesdils maieur 
" et échevins, après le son de leur cloche, bannis- 
« sent aucun criminel. • (Nouv. Coul. Gén. 1, 107.) 
— 2° Fièvre tierce : 

Grant peine est de veiller, 

D'avoir tierçaine ou fièvre tout à fait. (Desch. f. 2i1.] 

La lièvre quarte et la double tierçaine. (Id. f. 220. j 

Or vous gardez donc de la région 

Ou les fruis sont perilleus à mal faire ; 

Ce sont triifles proprement 

Dont l'en y sert plus cspeciaument ; 

Et si est ce viande trop mal saine 

Qu'elle destruil et donne mouvement 

Do pis avoir que d'acès de tierçaine, {Desch. f. 46.) 

Ticrcaire, iaire. Religieux du tiers ordre. 
(Du Gange, sous Tiertiarius.) 

Tierce. 1° Troisième: » On alendoit tierce ou 
« seconde. » (Ms. 701.''i, I, fol. 103.) — « Tenoienl 
« deux esperviers de tierce mue sur leurs poings.» 
(Percef. H, fol. 35.) — « Gens en assiette double de 
« bourdelage /ïcrce ; qui est à dire que cent sols 
« de cens sont prinsen assiette pour dix livres de 
« rente et cent sols de bourdelage pour sept livres 
" dix sols lournois. ■> (C. G. 1, p. 905.) — Servir de 
troisième dans un duel : « Lors que quelqu'un 
« prend fantaisie de s'aller battre, il faut (lue celui 
" ([ui le se(;on(le(comme on parle), ou (|ui le tierce, 
« se balte aussi à outrance contre les seconds et 
" les tiers de la partie contraire. " (La Noue, dise, 
polit, p. 297.) 

Que la tinrre plaie ne ose 

Parler, ausin com par de fors. (Ms. IGiS, I, p. 73.) 

Ki contre aguiUon cscaucire. 

Tierce fois se blece el mort. (Muusk. p. 731.) 



TIE 



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TIE 



« Tierce foy, » troisième hommag:e: « L'hcril:ip;c 
a luiblc lonihe en tierce foy, entre s'C'is roturiers, 
« quand l'acqiiercMir roturier a l'ail une foy et liom- 
u mage, cl son iieritier en a fait un aulre: lequel 
« estant deectié saisi dudil héritage noble, il tombe 
« en tierce foy, et, des lors en avant, se départ 
" entre les lieritiers eomme noble. » (Lanr.) 

Itnine bien angoloe, 

Quant vient bien saolée, 

Au manger son seignor 

S'assiot par grant danger ; 

Dit qu'elle ne puot menger 

Riens ne H a savor : 

Tierce mie pasto set, 

Ce dit li vilains. (l'rov. du VU. ms. S. G. f. 75.) 

2° Cliamparl : « Tierces et terrages qui est de 
« douze ou treize gerbes, Tune rendue es granges 
a des seigneurs. » (N. C. G. 111, f. -l'.Y.i.) — « Sus" ce 
« (jue li abbes et li couvens deniandoient toutes les 
« tierces de la ville de .loux. » (D. C. sous Tertia.) 

— 3» Troisième heure du jour: « Le roychevau- 
« choit ù petites journées et tousjours estoient ils 
• logés entre tierce et midy. • (Kroiss. 1, p. W'i.) 

Tiercelet. 1° Mâle des oiseaux de proie, plus 
petit d'un tiers que la femelle : ■■ L'autour est plus 
» prisé que son tiercelet, c^vXe?, masies des oiseaux 
a de rapine monslrenl ;i l'œil, en plusieurs espèces, 
« évidente distinction de leurs femelles; aussi 
« cognoisl on l'autour pour femelle qui est beau- 
« coup plus grande que son tiercelet. » (Budé, 109.) 

— o Nous appelons tiercelet du sacre, un sacret 
« qui est le masie et le sacre sa femelle. » (Dudé, 
f. 101». ) — 2» Le plus petit des éperviers : o Le lier- 
« eelet est prononcé suivant l'etymologie d'un 
« tiers, et possible que le tiercelet gaigne ceste 
« appellation françoise de sa petitesse ; aucuns 
« disent que les Latins ;i ceste cause l'ont nommé 
« pomilio. « (Budé, des oiseaux, f. lli.) — 3° Avor- 
ton, au figuré : « Si les evesques visitent leurs 
» églises à cheval, les Huguenots et les libertins 
« tiercelets de Calvin en font des proverbes odieux 
« et des plaintes calomnieuses. » (Garasse, Rech. 
des Bech. p. 838.) — « Je serois plus que tiercelet 
« de Job, si n'enrageois tout vif. » (Rab. lU, p. 51.) 

— « Tiercelet de menterie. » (Id. V, p. 149.) — 
« Tiercelet de ministre, » surnom donné à Pas- 
quier, comme favorisant les ministres huguenots. 
(Garasse, Rech. des Rech. p. 732.) — .< Ils tranchent 
<■ des tiercelets de prince. » (Des Ace. IV, p. 14.) — 
« Tiercelet de roy. « (Mont. Essais, I, p. 4(51.) — 
« Ayant toutesfois dessin ù escouter ce que ces 
« tiercelets jasoient, tandis que trop bavardes ils 
<■ se delavoienl les badigoinces de ce qu'ils avoient 
« à dire. » (Moy. de parv. p. "23.) — « Tiercelet de 
« vérole. » (Des Accords, p. 49.) — « La bataille de 
« Ravennes ne fut, au prix de celle-ci (Marignan), 
« qu'un tiercelet. » (Mém. de Du Bellay, I, p." 83.) 

Tiei'celin. Etoffe commune employée pour les 
étendards, les écussons, les armoiries, dans les 
pompes funèbres: « Six bannières de trompette sur 
« tiercelin bleu, armoyées aux armes dudit duc, 
« bordées de tiercelin vermeil et frangées de soye 



« vermeille, peintes de ballnres dorées de fin or et 
'• argent. » (Elaldes oITicdu duc de Bourg, p. 239.) 
—  il y a deux |)illiers :"! l'entrée de S'. D., ou à 
« chascun il y avoit un grand escusson de tiercelin, 
« avec les armes du roy. » (Matthieu de Coucy, 
Charles VII, f. 73.-).) 

Tierccment. 1° Tiers : « Si la première mi.se 
« est de dix livres, le tierccment sera de cent 
« sols. » (C. G. I, p. 888.) - 2" Action de iwendre 
le tiers : « En la comlé de Flandre, n'y a que tier- 
« cernent de fief, pour les maisnez enfans. ■■ (Bout. 
Somme rurale, p. 409.) 

Tlei'ccnnaii.x. Arsenaux, dans le langage ancien 
des .Marseillais. (Du Gange, sous tersenatus.) 

Tiercei". 1 ' Partager en Irois parties : « Le troi- 

« sieme fils aura le droit du tiers, dans le tiers 

« des licfs du second frrre qui tient son tiers de 
« son frère aisné, renonceanl comme cy devant au 
•< profil du second frère, et de ne plus tiercer. « 
(N. C. G. I, f. 8(i2.) — 2° Augmenter d'un tiers : 
« En cas que restitution ait lieu, par la mort du 
« mary, il faut augmenter la somme de la moitié 
« du douaire, (lu'on appelle tiercer, pour le droit 
" de survie de la femme. » (Du Verdier, div. leç. 
p. 94.) — « Tailles doublaus et tierçans. » (N. C. G. 
III, p. I2I1.) 

Tiei'ceret, on. Branches croisées au dehors 
d'une voûte. (Cotgrave.) 

Tiercet. Stance de trois vers. (Cotgrave.) 

Tierch. Tiers : « Ont les dits seigneurs en leur 
« dite seigneurie plusieurs hommes féodaux qui 
« d'eux tiennent leurs fiefs, les aucuns ù soixante 
« sols, les autres à trente sols, et les autres à sept 
« sols six deniers parisis de relief, tierchs de 
« chambelaige, quant le cas y eschet. » ÇS. C. G. 
I, f. 405.) 

Tiercliement. Troisièmement, dons Lefèvre 
de S' Remy, Charles VI, p. 13. 

Tiei'chenerie. Tiers des fruits ([ue rend un 
fermier au propriétaire pour le louage de ses 

terres : ° Les religieux ont franchi de ladite 

« tierchenerie à moi à tenir et à avoir ladite 

« rente pour la dite tierchenerie. » (Du Cange, sous 
tiertiaria.) 

Tiercié. Divisé en trois : « Si dame ou damoi- 

« selle prent tiercement de douaire, elle le doit 

. avoir franchement et faut qu'elle ayt le fief 

» tiercié. » (Bout. Som. rur. p. 552.) 

Tierciei". Espèce de boisseau : « Tiendra le 
» meusnier son moulin à point rond; et aura en 
« son moulin un boisseau tiercier. » (C. G. II, 
f. 573.) 

Tierciei'e. Mesure pour les liquides : « Une 
« tierciere de bon vin. » (Bouchet, Serées, liv. I, 
p. 51.) 

Tiei'cion. Tiercelet : 

Quant (le faucon) son vol 1 voit et espie, 

A li tieixions, à li pietris. (Mousk. p. iSf^.l 

Tiercoier. 1° Faire la tierce : « Par ces six 



TIE 



— %'t — 



TIG 



. notes qui sont appellées ut, ré, mi, fa, sol, la, 
» l'en puet aprandre ù clianter, à conier, doubler, 
« quintoyer, tiercoier, tenir, descliauter par figu- 
« res de' notes, par clefs, et par lignes, le plus 
« rude homme du monde. » (Desch. f. 335.) — 2° 
Tripler : 

Mais qui assiet sur finance et remonte, 

Oui scet doubler et tiercoier souvent. 

C'est le meilleur. (Descit. f. 60. j 

Tiei'çon, onné. Bète de la troisième portée de 
sa mère, comme jument ou vache, tant celle qui 
est laitant tendrière, que celle qui est laitant bor- 
riére : >• Quand il est question de partir ou remplir 
» une montaf];ne par tests, la coutume de faire le 

• compte par leste est qu'un doublon ou tierçon 
« doublonné ou tierçonné de jument, pour deux 
« testes; un tierçon ou tierçonné de vache pour 
. une teste. • ;c. G. II, f. 482.) 

Tiei'oir. Terroir : 

Del tieroir de Glanes i ot 

Uns cevalier ki d'armes sot. (Moiisk. p. 82i.J 

Tierre.l» Filet, pièce : « Si desromps au deable 
. son tierre. • (Ms. 7218, f. 273.) — 2° Tiare : « Par 
« dessus le dit ecusson estoit la couronne cou- 
" ronnée du tierre impérial maf^nifiquement fait. » 
(André de la Vigne, Charles VllI à Naples, p. 181).) 

Tiers. 1° Troisième: « F>e maistre du temple 
■■ s'en eschapa, soi tiers de chevaliers. » (Marlène, 
V, c. 598.) — 2° Troisième partie : « Les créanciers 
« prelcndoient lever un tiers de plus sur les gage- 
« ries qu'ils faisoient prendre en fonds à leurs 

• débiteurs. » (N. C. G. II, f. 1235.) — 3» Jeu : 

Item, et si ne jouerez 

A siron, ne à clignettes. 

Au liera, au peiier, aux bichettes. (Am.r. Corel, p. 59i.} 

A" Expressions : « 7'ie?'s juveigueur. » (D'Argen- 
tré, Coût, de Dret. p. 841.)— « Tiers coutumier, » 
ce que l'homme libre donne ù son épouse à l'entrée 
de l'église dans le temps des épousailles, ou dot 
raisonnable qui est la troisième partie de ce qu'il 
possède. ',D. C. sous Terlia.) — " Droit de tiers et 
« danger, ■> droit qui appartient au roi dans les 
bois ou forêts de son domaine, ou dans ceux du 
fonds de quelque seigneur domanier ; en Normandie 
ce droit est le tiers du prix de vente, et la dime ou 
danger de deux sols pour livre de tout le prix, à 
savoir treize livres de trente livres. C'est pour 
conserver ce droit que les sergents dangereux ont 
été institués (Laur.). « Nostre droit de //e?'s et de 
« daugier que nous avions en douze vint et qua- 
'■ lorze acres de boys. » (U. C. sous Tertium.) — 

• Droit du tiers à mercy,... droit qui a été adjugé 
« au prieur d'Orsay, par arrest de Paris, du penul- 
« tieme jour d'aoust 140i. • (Laurière.) — <■ Tiers 
' denier de vente, » tiers du prix de vente de l'hé- 
ritage bourdelier. (D. C. sous Tersana.) — « Tiers 
« en montant, en ascendant, » tiers en sus. (Nouv. 
Coût. Gén. III, 1225.) — « Creues du tiers denier. » 
(Ord. U, p. i'J2.) — « Tiers estât, ce sont les gens 
« de labour, qui labourent ce de quoy les autres 
« vivent. • (Modus, f. 88.) — « Tiers parti, » nom 



donné en 1501 à une association qui se forma entre 
celui du roi et celui de la Ligue [les politiques]. 
(Ilist. de De Thou, trad. II, p. 101.) 

Nous veismes eslendarts ondoyer la campagne 

Tout se bouleverser par double faction,... 

Mais après longs combats, pour clostiure du jeu. 

Au lieu d'avoir banni le luthéranisme. 

En tiers pied se planta l'anabaptisme. {Pasq. p. 50i.) 

« Arc en tiers point. • (Cotgrave.) 

Crois pour certain qu'il n'i a famme au monde. 
Que j'aime autant quiconque en parle et gronde 
Oui est le point et le tiers qui m'a fait 
Te desclarer par epistre mon fait. 

Triuniphe do la Noble Dame, f. 132. 

Tiersaine. Fièvre tierce : 

Madame a encore sa tiersaine, 

Qui la tenue cinq accès. (Desch. f. 421.) 

Tiesche. Allemand : « Se refiert entre gent 
« tiesche. » (G. Guiart, f. 430.) 

Tiestc. Tète; Philippe-Auguste, avant la bataille 
de Bouvines, fit cette pi'ière : 

Et vous, sire S. Denis, hui 

Qui OUI de ma tiestc jou fui, 

Gardés ma couronne et mon cief 

Que n'i soie mis à mescief. [Mousk. p. 5SS.) 

Tieu tien margot. Façon dont les paysans 
appellent les vaches. (Cotgrave.) 
Tieve. Tiède : 

Puis trouva il une valée, 

Tencbrouse, et hideuse, et 16e ; 

La vit il corre une fontaine 

Ki do boulant aiguë esloit plaine, 

Dont l'ueuvre n'iert corte et brieve ; 

Et une autre plaine de lieve. (Mousk. p. 324.) 

Tieule. Tuile: « A dedans ce boissel comme un 
« feslier de tieule d'une maison. » (Mod. f. 188.) 
Tievoiant. Qui tiédit : 

La vit il Loeys son père 

Jusques as quisses et misère. 

L'un jour en l'aiguë tievoiant 

Et l'autre jour en la boUant. (Mousk. p. 325.) 

Tiens. Tels : 

Ja, se Dieus plaist, n'est requis 

Tiens paiemeiis de m'amie. (Vatic. i400, f. i59.) 

Tieiiste. Texte d'un sermon : 

Son sermon tençon sembla ; 

Je ne sai où son tieusle embla, 

Car en bible ne fu pas pris. (ils. 6Si2, f. 67.) 

Tiexte. Même sens : 

A Roem fist mainte malice, 
N'i laissa licrlc ne galice. 
Ne croi.x, ne bon drap en armaire 
Que Mauger ne fist hors traire. (Rou.) 

Li sage sunt tiexte et glose. (Us. 6812, f. 48.) 

Tiffer. Attifer : 

Si fu si cointe, si tiffée 

Que sembloit estre une fée. (Rose.) 

Vien tiffer ma barbcletle 

Do ta main mignardolette ; 

Flate moy soubz le menton. (J. Tahur. p. 226.) 

C'estoit plaisir de le veoir préparer 

Tiffer, pigner et tout exprès parer. (Ch. d'atn. p. 65.) 

Femme se pare et liffc, ce voit Ten moult souvent 

Et vest sa bêle robe, et chauche estroitemenl. 

Cliaslic Musarl, f. 107. 

Tige. Sens actuel, mais masc. : « Quant l'homme 



TIL 



- /i5 — 



IM 



« de son Hrje niiroil f;iil cent enfans. " (H. Dcllcau, 
l. 1, p. H'i.) - i' Tant ((uii //;/(• l'ait souche, elle ne 
« branche jamais, • tant (ju'il y a des enfans d'un 
aine du sani;- royal, les puisnés ne sont appelés ù 
la couronne, ((^otgr.) 

Tigctte. Petite Vv^e. (Colgr.) 

Tigeii. Jambes des braies: " Si ai fait il, Ircs- 
" cotes nupves. Dont ge amblai l'autre hier la toile, 
« Si me viennent jusipies l'oreille IJ ti(icu si en 
" sont lonc. » (I''abl. de S. Cerm. p. Itil.) — « Si ot 
« deslié ses /jtf(!Hs. » (Id. p. 17i.) 

Tifinc. r Oiseau de riviiire qui vit de poisson. 
(Bat. de Quaresme, f. i»l.) — 2° " Dites que vous en 
« avez captieuses lignes (|ui voulez tout reformer 
« et refoiulre. « (Moy. de parv. p. 3-2.) 

Tifinolle. « De la lignolle et de sa médecine. » 
(Artelo(i. l'auconn. f. 1)1).) 

Tiynon. Chignon. (Cotgr.) 

Tigre. Tigresse : 

Il est fils d'un rocher ou d'une ourse cruelle, 

Et digne que jadis aitsuccé la mamelle, 

D'une tif/fc inhumaine. (Joacli. du Bellay.] 

Tigrcîiu. Petit tigre. (Cotgr.) 

Tigresqiie. « Accouslré à la tigresque, » battu 
cruellement, dans Cotgrave. 

Tigrin. Digne d'un tigre. (Cotgr.) 

Till)ole. « Convient avoir du trait ù main 

« tant arbaleslriers, tant à tours que k croeq, bien 
" garnies de lUboles, baudriers, cordes à fil, pour 
« en faire viretons, dondaines et gros traus ou 
« tours tous neufs à tendre arbalestes. » (Le Jou- 
vencel, p. 201.) 

Tiles, Atomes qu'on voit quand le soleil luit. 
(Cotgrave.) 

Tilet. Billet. (Cotgrave.) 

Tillac. Tilleul (?): « Vingt quatre pavois faictz 
« de bois de tillac, collé à nerfs de cerfs, et de 
« beuftles. » (Alect. p. 67.) 

Tillages. Collectif de tailles: » Lour rentes, 
« lour services, lour tillages, lour coslomes. » 
(Critton, lois d'Anglet. f. 185.) 

Tillaquer. Faire un tillac. (Cotgr.) 

1. Tille. Tuile: « Carclle à roisins, à mortiers, 
» tille. » (D. C. sous Tillum.) 

2. Tille. Tranche : « Et si velt une tille de son 
'• bacon. » (Audiguier, f. 08.) — « Estoit cauchiés 
» d'uns housiaus et d'uns sollers de buef, fêtes 
» de tille dusque deseure le genol. » (Ms. 71)89', 
fol. 75.) 

3. Tille. Corde fuite d'ccorce de tilleul : 

Li vilains son roucin atorne 

Et frote, et conroie, et estrille, 

En un blanc chevestre de tiUe 

Le maine, sans sele et sans frain. (Ms. 7'21S, f. 248.) 

Tilletage. Droit de joyeux avènement : « En 
« hériter le tilletage c'est'à dire une somme ines- 
» timable ([ui revient du renouvellement des offices 



« du royaume. « (F.égcndc du cardinal de Lorraine, 
p. 8, an. ir>7!).) 

Tilleul. Arbre: » P.egarda unggrant arbre qu'on 
» nomme lillcul, (|ui seoit ciimy la place où ceux 
« de là enlour se venoient umbragerpour le cliaull 
« souleil. " (Percef. F, i. -W.) 

Tilleul. Cbanlatte en tilleul, à l'usage des cou- 
vreurs: " Nuls ne vendent lattes no lilleiils, fors 
" de telle loyure, cloyure et longueur que l'on a 
« visé d'ancienneté. » (C. G. I, p. 81 i.) 

Tilleux. Flexible comme le bois de tilleul. (Du 
Cange, sous Tlliatus.) 

Tillier. Tilleul. (Cotgrave.) 

Tihtel. Même sens: » Bien apperçoit le chauf- 
« four qui tout desrompu estoit, et fe /i/oe/ là où 
" il esciip les lettres. » (Percef. I, f. 113.) 

1. Tillre. 1° Accours, poste de lévriers: » Tou- 
« les voyes, on les puct bien tenir de deux en deux 
« pour fournir plus de leisses au tillre, et doit 
« mettre deux ou trois cbevaucheurs (lue l'on doit 
« appeller fortitreours, au commencement del'en- 
« trée du mire, au bout des premières laisses, afin 
« que si un cerf venoit et se vouloit fortitrer de là 
« où les lévriers seront , que ceulx qui seront à 
« cheval le puissent crier et bouter dedans les 
" lévriers. » (Cast. Phéb. p. '2[i.) — 2° Poste pour 
l'artillerie : « Mettre son artillerie en tillre, » la 
braquer. (.1. d'Aut. Louis XII, f. lA.) 

2. Tiltre. 1» Nom : « Ces gens d'armes.... firent 
« (la guerre) forte et vilaine, au tilti'e du roy d'An- 
« gleterre. » (Froiss. I, p. '2-23.) 

Ne vueilles oublier les tillrcs 

Des vestemens, car vestus sont. 

Les aucuns des pourpres qu'ils ont, 

Et les autres qui sont jolis 

Sont vestus de fleurs et de hs. (Desch. f. îi-'i'i.] 

2° « Tiltre d'honneur et louange. « (P.ob. Est ) — 
3° " Une ligne traversiere. sur un mot abrégé, en 
« signe d'abbrévialure, s'appelloit tillre. » (Monet.) 

Timballe. Timbale: « Timballe germaniijue. » 
(La Colomb. Tbéàt. d'honn. I, p. 372.) 

Timble. » Timbles qui de présent s'appellent 
» cottes d'armes. » (Fauchet, de Orig. I, p. !)9.) Lire 
tuniclcs (?) 

Timbre. 1» Tambour de basijue: 

Sarrazin demainent grant noise ; 

Sonnent liinbi-es, trompes, tabor. (Mousk. p. iOS.J 

Qui ne finoient de ruer 

Le litiilire en haut, et recuoilloient 

Sur un doy, que onc ne failloient. (Rose.) 

2° Cloche: « Des monastères, soit de moines ou 
« de nonnains, faut adjourner l'abbé et couvent, 
« et faire faire chapitie à son de timbre, tant qu'il 
» puisse suffire à avoir nombre de convent. » 
(Bouteill. Som. rur. p. 13.) — 3° Paquet de fourrures 
ayant forme de cloche : « La nef qui vient de YUande 
« doit... au chastel de Rouen un timbre de martres 
« ou 10 livres tournois... contenanschascun timbre 
« GO peaux. » (D. C. sous Timbrium.) Voir Ttjmbre. 
— 4° Bassin : « En ce timbre et ruisseau tournoient 



TIM 



— io 



TIN 



« autour de la praerie un nombre infini d'iiommes 
« et femmes euxiavanscl nvjiuliliau-. « ;ïriam|ihes 
de la Nol)le dame, fol. I8(J.) — .v Calotte de cuir 
recouvrant le heaume dans les tournois : <■ Le 
« /('jH//rf doit estre sur une pièce de cuir bouilly... 
« eldoil coiilenirla dite [)iecedecuir tout le sommet 
« du lieaulme et sei'a couverte ladite pièce du lam- 

• breiiuin artuciyc dos arinesdeceluyquile portera, 
. et sur le dit lambrciuin, au plus hauldu sommet, 
.. sera assis ledit /i/?H/)re, et autour d'iceluy aura 
un torlil de couleurs que vouldra ledit totir- 
a noyeur. >• ;i,a Colomb. Théàt. d'honn. I, p. 50.) — 
« Le seigneur cbastellain est fondé d'avoir la pree- 
. minence devant ses vassaux ez esglises estant en, 
« et de sa cliaslelienie conimed'avoiret tenirlistres 
. h ses armes et timbres au dedans et dehors des 
« dittes eL;lises. » (C. G. II, p. 54'(.) — A l'eutri^edu 
duc de liourii'o^ne ii (iand, « surledrap de la grande 
« porte estoient les armes de mon dit seigneur à 

• timbre. » (Monstrelet, 111, f. 75.) — « Estoient 
« peintes les armes de mon dit seigneur, avec le 
« timbre au dessus. » (Uist. de Charles Vil, p. 300.) 

Timbré. 1° Orné du timbre chevaleresque : 

• Les dits seigneurs repiesenlez à cheval, armoyez 
« et timbrés. » (La Colomb. Théàt. d'honn. I, p. 53.) 

— « Permettons que les dits e.xposans puissent 
» porter leur heaulme comblé de bourrelet de 
« chevalerie et noblesse de couleurs armoriales. el 
« timbré. » (Codefroy, Annot. surCb. VII, !»0I,^ — 
2" « Avoir le cerveau bien ou mal liinhré. « (Oud.) 

— « Le Picard dit d'un évaporé ([u'il est timbré. » 
(Du Tillet, Ilist. de la fête des fous, p. 125.) 

Timbrer. 1° Appeler parle tambour: 

Quand Dellone limbro'U Asie contre Europe 

Au camp. (l'oês. de l'crrin, p. i5.J 

2° Orner un heaume. (Cotgr.) — 3" Marquer du 
timbre: « Timbrer en marge un autheur. » (Borel.) 

Timide. « La mère du timide ne sçait que c'est 
« de pleurer. » (Cotgr.) 

Timidement. Avec timidité. (Cotgr.) 

Timoniste. Semblable à Timon le .Misanthrope. 
(Dialog. de Tahureau, p. 46.) 

Timonner. Aiguillonner comme le charretier 
qui est au limon; presser: « Tant l'a diables 
« timonné. » ^Brul, f. 54.] — « Le comte de Nevers 
« tant limonna son père.... qu'il eust congé d'y 

• aller. » (Jean Boucicaut, I, p. 80.) — ■> À bref 
« parler, tant l'en timonnerent que lui.... le va 
« octroyer. « (Id. 111, p. 307.) — . Tant feurent 
« /i»;oH«t'î du mareschal que excuser boune- 

• ment ne se peurent que ils n'allassent ez dictz 
« lieux ordonnez. » (Id. 111, p. 33.) 

Timonnier. Pilote: « (Marie Stuart) commanda 
» au <j/«on«ù'r, si tost qu'il seroit jour, s'il voyoit 
« et decouvroit encore le terrain de la France, 
« qu'il l'eveiliast. » (Brant. Dam. illustr. p. 128.) 
Timons. Cuisses: 
Hersent saisi par les tiinnns, 
Si près de li s'est trais et joins. (Ms. lilS, f. i^ô.j 



Timour. Crainte: « Seigneur.... senz plour de 
" Icrmes, scuz nulle révérence et senz timour, je 
" te loe el le doure, el te beneis certainement. » 
(Gast. Phéb. p. ;)08.) 

Timpanisation. Ennui : « De laquelle timpani- 
» sntioii ou curatelle, personne ne peut sortir que 
« de la connoissance des eschevius, sur la requisi- 
" lion de la fenimc dos parons etdesnlliez. » (Nouv. 
Coul. don. I, p. 112'!. 1 

Timpaniser. Publier au son du tambour : 
« Lorsque quehiu'un estant majeur est trouvé se 
« gouverner mal, dissiper et détruire ses biens 
" inutilement, sur le rapport des parons et alliez, 
" après en avoir l'ait des informations (;onvouables 
« de la part de la loy, on le met en curatelle au 
« son de la clochelle, ce que l'on nomme indebelle, 
•• ou cslre tiinpanisé. ■■ (N. C. G. I, p. 1011.) 

Tiinpannc. Tambour: " Timpaïuie ixusii mel- 
« lez ou (ouvre dois. » (Desch. f. 28.) 

Timi)er. Taire résonner, tinter. (Cotgrave.) — 
" Puis Io tinijinit sur la pauime de sa main gauche, 
" comme pour entendre s'il esloit de bon alloy. » 
(Rabel. 111, p. 201.) 

Tin. Bruit dans l'oreille: « Les oreilles me font 
« tin. » (Cotgr.) 

Tine. 1° Baquet : « Tinc à vendange. » (D. C. 
sous TiiiU.] — 2° Billon : 
J'ai grant paor que cest li>ie 
Ne vous vienne par mi le col ; 
Bien se porra tenir por fol 
Qui sentira combien il poise. (Ms. 1218, f. iAG.j 

Tineil. Droit de placage: « Quiconque au mar- 
» ché de Meun aura acheté aucune chose ou aura 
« vendu el par oubliance son plassage ou tineil 
« aura rclenu, après huit jours iceluy paiera sans 
« aucune cause, s'il peut jurer quesciemment il ne 
» l'ayt retenu. ■> (Laurière, Charte de 120!).) 

Tinel. 1" Ménage d'un prince, ti'ain de cour: 
« Le duc et la duchesse de Lancastre (estant à 
<. S. Jacques en Galice, 138(î) se logèrent en l'abbaye 
« et maison de leans et y fnentleur tviel. « (Froiss. 
liv. III, p. 117.) — « Huit valets de chevaux, clias- 
« cun .x\v. 1. par an, hors tinel, deux valets pour 
» le (piourre chascun xv. 1. hors tinel; quatre 
« menostrieus bouche à cour et leur pension. • 
(I.obiuoau, Ilist. de Bref. Il, p. 815.)— « Si tindrent 
" là le roy el la royne leur tinel moult bonnorable- 
« ment tout celuy yver. >• (Froiss. liv. I, p. 43.) — 
« Le comte de Foix étant allé voir Charles VI à 
" Toulouse descendit aux prédicateurs et fut là logé 
■< son corps et son tinel ; puis ses gens se logèrent 
« au plus près de luy qu'ils purent. ■■ (Froiss. IV, 
p. 2(>.) — Quand le duc de Bourgogne partit pour 
aller eu pèlerinage à N. 1). d'Aix en Allemagne, 
" ceux de son conseil rompirent le tinel de la salle 
■■ et la grande mangeaiUe et exircme despense qui 
" se faisoit journellomenl en l'hoslel du duc. » 
(Mém. d'Oliv. de la Marche, I, p. 254.) — « Quand 
« le roi teuoit cour pleniere et grant tinel. » (Jean 
de Saiidié, p. 20.) — 2° Bàtoa : 



TIN 



— /<? 



TIR 



Près va que ne te fu/. tant bnlre 

D'un lincl ou d'un baston gros 

Tant (|uc lu fusses aussi inox 

CiMMnic une coMe de mouton. (Fahl. de S. Cnrin. f. 10.] 

Tiiiclc, ctte. Bassin : « Il veil au milicti iWnv^ 
" moull lieau prû sous ung paulmier une linclle 
« plaine d'eau cliaude, cl deux jeunes pucelies 
« dedans qui se baiu'iioicnl à très granl joye. » 
(Percer. IV, f. 125.) 

Se ce est un vnllet 

Si li querre baquet 

Et se c'est meschinete 

Si li quierre tincte. (Ms. lUiS, f. 213.] 

Tilleuls, eus. Butons : 

Tiex armes portent com il trovoicnt, 

Machues portent et grands peuls. 

Fourches ferrées et Uneuls. [liou, p. SlO.j 

A machues et à granz pieus, 

A saetes et as tinetis, 

A ars, à haches et à guisarmes. (liou, p. 103.] 

Tinyueux. Teigneux : 

Un enfant qui n'avoit c'un d'il 

Et s'ert lincjncux. [Ms. 731S, f. 201.] 

Tinole. Cuve. (Oudin.) 

Tiiioii. Petite cuve. iColgrave.) 

Tintaloi'isé. Mot obscène, dans Rabel. III, 155. 

Tintanmri'e. V. Pasquier, Rech. YIII, p 734. 

Tintaniarrer. l-'aire du bruit: « Au lieu que la 
« raison devroit avoir la surintendance chez vous, 
" vos sens siftlent, bruyent. grondent, s"élèvent, et 
» tinlamarreiit comme une lempesle orageuse. » 
(Lett. de Pasq. 111. p. :>'M.) 

Tintement. Action de tinter. (Colgrave.) 

Tinter. Résonner : 

Li autre qui se desrouterent 

En reont se ratropelerent 

Si CHU la certaineté Unie. {G. Guiarl, f. 273.) 

Tintillant. Résonnant. (Cotgrave.) 
Tintimule. Herbe médicinale. (Cotgr.) — « Le 

<' tige de l'herbe de couleuvre qui est appellée en 

" médecine tint'nnule. • (Mod. f. 71.) 
Tiutin. l" Tintement : « Tintin àe la cloche. » 

(Pasq. Rech. p. 071.) — 2° Chant : » Les fredons, 

» entrecoupez du rossignel, le tintin des cigales. » 

(Rem. Belleau, berger, p. 80.) 

Le plaintif bruiant ramage 

Du plaisant rossignolet 

Qui d'un lintin doucelet 

Degoyse sur la frescade. fj. Tahur. p. 278.] 

Tintirece. Son des armes qui s'entrechoquent : 

La veissiez lances brissier 

Jà ne se set nus conseiUier, 

Là oissiez tiel croisserece 

Et sor heaumes tiel tintirece. (D. C. sous Tinnulus.^ 

Tinton. Bruit : « Ils commencèrent à faire une 
« teste très merveilleuses, mais grant tinton y 
« avoit, sans novse, d'oreille en l'oreille. » (Percef. 
V. IV, L G5.) 

Tintouin. 1° Bourdonnement : « Un tintouin 
« se fait ouir dans mon oreille martelée. » (Ess. de 
Mont. I, p. 12.) — « François II mourut d'un tin- 
« touin d'oreille. « (Mém. de Suliy, VU, p. 398.) — 



2" Knnui : « Il a beaucoup de tintouins en la leste.» 
((lotgrave.) 

Tintouin*'!', Bouillonner: " Le son mesme des 
» noms qui nous tintouine aux oreilles. » (Mont, 
t. III, p. 8'J.) 

Tintouyn. Ennui : <■ Tant de linlouijns com- 
<■ mencerent ù lui ronger le cerveau, qu'elle en 
« perdit le boire et le mangci'. » (Dom Florès de 
Grèce, fol. 143.) 

Tli)hainc. Epiphanie \ « Ou mois de janvier, 
« après la Ti/iluiine. » !\\. Charl. p. l'iO.) 

Tipule. Araignée qui couit sur l'eau. (Cotgr.) 

Tique, et. « Ver sans ouverture pour se de- 
« charger, succant le sang des chiens et de la 
« bouvine. » (.Monet.) 

Ses gens enflez comme tiqw.lz 

Ne valent pas quatre niquetz. (R. de Cnllcrye, p. 6û.] 

Tiquet. Exirémité : « Près du liqitet de la 
« mort. '■ (Colgrave.) 

Tiqueté. Etiqueté. (Colgrave.) 

Tir. Volée de canon. (Oudin.) 

Tirades. Terme de maiine. (Rabel. IV, p. 85 ) 

Tirage. <■ Droict de tirage pour le sel ou pour 
le vin. >■ (Colgrave.) 

1. Tiran. 1° Tyran : 

Lors regarde le lira us, 

Qui fel estoit et mal querans. [Ms. 7318, f. 3.J 

2° Bourreau : « La robe de N. S. J. C. qu'il avoit 
" veslue le jour de la glorieuse Passion , celle 
« mesme dont l'Evangile parle, sur quoy les tircms 
» getterent sort. » (Chr. de S. Den. I, f. 04.) 

2. Tiran. 1° « Cordelle, cordon ou lesse, tirant 
« laciuelle on serre quelque chose; ainsi dit-on les 
» tirans d'une bourse, d'une poche ou filet, d'un 
« chapeau de faucon pour les cordons, cordelles et 
" courroyes servaiis à serrer la bourse, le filet, le 
« chaperon de faulcon. » (Cotg.) — 2^ Poutre servant 
à soutenir les murs d'un bâtiment. (Du Gange, sous 
Tiranni.) C'est l'entrait. 

Tirande. Féminin de tyran : 

La dure mort qu'il (J. C.) vout souffrir. 

Par la mauvese gent tirande. (Ms. 7218, f. 93.) 

1. Tirant. Tyran, démon : 

Quant cil diable et cil liranf 

Revinrent par l'air acourant. (Mousk. p. 304.) 

2. Tirant. 1° Subst. « Vous orrez en un tirant, » 
c'est-à-dire de suite. (Ilist. des 111 Maries, p. 74.) — 
2° Adj. Qui tire sur son mors ; ■< Le cheval sur quoy 
« Lancelolesloil monté, estoit un peu trop tirant, 

« si le porloit oultre'sa volonté car il n'estoit 

« mye bien enfraint. » (Lancelot, I, L 127.) 

Tirasse. Filet. (D. C. sous Tirassare.) 
Tirasser. Tirailler: >. L'ayant tirasse et secoué 
" comme pour l'éveiller d'un profond somme. » 
(Ess. de Mont. I, p- 82.) — « Lors que la jalousie 
« saisit ces pauvres âmes foibles et sans résistance, 
" c'est pitié comme elle les tirasse et tyranise 
« cruellement. » ^Id. III, p. 139.) 



TIR 



- 48 - 



TIR 



Tire. 1» Flocon sortant d'un habit découpé. » 
(Monet.) — 2" Provenance : « Six cens liommes de 
« plusieurs lires assemblez. » (.Monstrel. I, p. 23i.) 

Noiers.... chandouve, 

Et d'autres merveilleuse tire. 

Des quieus ge ne sai le noms dire. (G. Guiarl, f. 332.) 

A cheval sont plus de .lx.; 

Piétons r'a bien la en leur tire ; 

.111. hommes au voir descrire 

Qui a ceus garentir renlendent. (Id. f. 385.} 

3» Abondance: 

Guores ne dure 

Vaine verdure ; 

Joyeuses ttours 

L'esté figure ; 

L'hiver procure 

Tire de plours. (Blas. des Faulces amotirs, p. 290.} 

4» Tirade : 

Et quant li uns les autres voient, 

Sans arguer et sans mot dire, 

S'en passent outre tout à tire. [Ms. 1318, f. 330.} 

Lors li comence, en une lire 

Tes ses pechiés. (Ms. 1318, f. 3.} 

Ilouc où leur ost est à tire. (Guiart, f. 330.} 

« Tout d'une //re et continuellement. » (Rob. de 
la Mark, p. 45.) — » Si faisoit venir à grans tires, « 
avec peine, aux Vigiles de Charles VU, p. IIC.) — 
« A tire et à aire, » tout-:Vfait, dans Cotgrave. — 
« Leur donna la chasse à tire de cheval. » (llist. du 
chev. Bayard, p. 3G7.) — « Le seignciu" d'Auxi.... le 
« feit prisonnier du duc: puis s'en allèrent de tire 
<■ tant qu'ils vindrent à Rippemonde. » (Monstrel. 
111, p. 93.) — « (Ju'ilz s'en allassent belle tire. » 
(Vigil. de Charles VII, p. 98.) 

Turc et païen moult les apriesent. 

Glatissent, cornent et engriesent ; 

Mais onques Judas Macabeus 

Ne feri si fais cors ne teus. 

Pour Sarrasins à desconfire 

Com li nostrc i fièrent à tire. [Mousk. p. lO'i.} 

Li bruit mon cueur et taint. 

Car tout ainsi comme la cire 

Fondre et frire 

Tire à tire, 

Fait le feu quant il l'ataint. (Charticr, p. 778.} 

Il recula trois fois de lira. (Co(juillart, p. 149.} 

Conter vos vueil tôt à tire. fFabl. de S. Germ. f. 301.} 

Au mieulx que puot se paint et père 

Aftin que plus belle en apere ; 

Ses cheveux joint si tire à tire 

Que niUz n'y sçaroit que redire. (Desch. f. 455.} 

Et Poton à pié, lire à lire. 

Si les suivoit en combattant. [VinH. de Ch. VII, p. 140.) 

5"" Trait : « Chevaux de tire, » dans l'Hisl. de la 
Popelinière, 1, f. 68.) — 0° Licol : <> Se tu vois qu'il 
• est bien loerré et qu'il ne redouble ne gens, ne 
« chevaux, si lui oste la créance ; et soit loerrc de 
« plus loing, en plus longue tire. » (Mod. f. 117.) — 
7» Jeu : « Jouer à la tire, ■■ aux Annal, de Louis XII, 
p. lie. — 8° Situation: 

Li siècles maint homme déçoit, 

Mors et bonis est qui le croit, 

Quar cil qui plus haut s'i atire. 

Et qui cuide estre plus granz sire 

Fortune vient ; se il desatire 

Et la met ou estre soloit. 

Ou encore, en plus basse tire. fMs. 7318, f. 330.) 



Tire-balle, plonil». » Croc i^ vis, anté au bout 

« de la baguete d'arquebuse, dont on tire la baie 

" du canon. » (Monet.) 
Tirebote. Soufllet d'orfèvre. (Monef.) 
Tiredent. Arracheur de dents. (Oudin.) 
i. Tii'ée. Traite, longueur: « Si (le faucon) 

« prend le leurre roidement pardessus, et ne doute 

« ny gens ny chevaux, oste lui la obecane, et soit 

« leurré de "plus loing cl en plus longue tirée. » 

iBudé, des Oiseaux, i. 12S.) 
2. Tirée. Tirade, roulade. (Oudin.) 
Tire-feu. Emplâtre pour tirer le feu d'une 

blessure, (l'otgr.) 
Tire-f iens. Fourche à remuer le fumier. (Cotgr.) 
Tire-fleiclie. Outil de chirurgien pour tirer 

les llèches du corps. (Cotgr.) 
Tirefond. Outil à ramener le fond du dedans 

de la futaille au jable. (Cotgr.) 
Tireis. Action de tirer : « Si veissiez parmy les 

« logcis crant criée, et e;rant tireis de bieiîs. » 

(Mod\is. f. 299.) 

Tirel. Même sens : « Que (la corde) soit si forte 
« qu'elle puisse soustenir le /ire/ que le chevreul 
<> fera quand il sera prins. » (Modus, f. M.) 

Tire la brocbe. Jeu, dans Rabel. 1, f. 143. 

Tirelaine. Voleur de manteau. (Cotgr.) 

Tirelaisse. Terme de jeu. (Oudin.) 

Tirelardon. Goinfre. (Cotgrave.) 

Tirelarigaud, ot. L'éditeur des 15 joyes du 
mariage, p. 43, croit qu'anciennement lirc'larigot 
était le nom d'un fort grand verre. Suivant Borel, 
le mot vient du languedocien s'arrigoula,scn'g:i\er. 
o Boire j'i tire larigaud « vient de Rigaud, arche- 
vêque de Rouen, qui donna à son église une cloche 
qui porte son nom ; l'on fait boire ceux qui la son- 
nent, (llist. de Rouen.) 

Tirelire. 1° Cassette : « Enbourcer telle chose 
<■ et mettre en tirelire. ■> (Test, de J. de Meung.) 

N'i aura chevron ne cheville, 

Toute tenra à tirelire. (Ms. 7900, f. 17.} 

Le bon eslire 

Doit on et mètre en tirelire. (Ms. 0813, f. 40.) 

2° Imitation du chant de l'alouette. (Des Accords, 
Bigarr. p. -lai.) — 3° Chanson : « Chantoit tout 
» joyeux son tirelire. » (Mort. Cocc. 1, p. 320.) 

Tirelitenteine. « Chansons bien vulgaires, 
» non comme seroit la tirelitenteine ou l'amy 
« Baudichon; car ce ne sont chansons desquelles 
« on voise ù la mouslarde. » (Quiutilien Censeur, 
p. 195.) — « Voicy une longe suite; je crois que 
« c'est la tiritantaine des foriers. » (Merl. Coccaïe, 
11, f. 237.) 

Tireliipin. Parasite. (Cotgrave.) 

Tirepance (boire à). A ventre déboutonné. 
(Cotgrave.) 

Tirepct. Crand peleur, dans Rabel. 11, f. 87. 



TIR 



49 



TIS 



'l'irepicrro. Fer qu'on met aux pierres pour 

les iiuiuler. (Oudin.) 
Tirepoil. KmphUre pour tirer le poil. (Colgr.) 
Tirer. 1° Torturer : 

Ce que scia mal jugiô 

Sera tout rapclé ; 

Cil qui les aulres plument 

Seront lire, pelé. {ih. 'jG15, II, /'. l-'i3.J 

2" Tirer sur leur cliaine, en parlant des oiseaux 
de proie : « Maislre Aymé Cassian dit qu'il a veu... 
« assez de fauconniers qui jamais ne faisoient tirer 

« leurs oiseaux que le tirer n'est point neces- 

saire, ains que les oyseaux en tirant, se grèvent 
« le corps et les reins. " (l'"ouill. Fauc. f. l'i.) — 
3» Tenir ;"i : « Pays tire îi trois natures, îi hommes, 
« à bestes, à oysi^aulx. » (Cast. Phéb. p. •131.) - /r 
Expressions: « Et c'estoit quelque sanglier fuyard 
« qui eust accouslumé piendre les campagnes et 
« tirer paijs, on ne luy doit donner que huit ou 
« dix chiens de meule. ■> il^'ouill. Vén. f. (il.) — 
C'est-à-dire gagner du pays. — « Tirer pitié, » 
émouvoir : 

A genouz devant lui se plient, 

A Jointes mains merci li crient, 

Le roi respont qui pilic lire, 

Go ne TOUS quier ja faire ocire. [f!. Cuiarl, f. i33.j 

Tiret. Lacs de soie qu'on employait autrefois 
pour fermer les lettres et sur lesquels on niellait le 
cachet: ■> La lettre de M. de bongars adressante à 
» vous, estoit ouverte et sa majesté l'a lue, mais 
" non celle de M. de Monglas, encore que vous en 
<• trouviez le tiret rompu, ce qui a esté fait par 
« inadvertance. « (Mém. de Sully, X, p. 120.) 
Tii'ctaine. ElotTe moitié laine, moitié fil : 

Tu puez chascun jour filer lin ou laine, 

Et franchement vivre de ton filé. 

Ou en faire gros draps de tiretaine. 

Pour nous vestir, si nos draps sont usé. (Dcsch. f. 10^.} 

[« Couvertouoir de tiretaine. » (J.J. 107, p. 377.)] 
Tireur. 1° Membre des compagnies d'arquebu- 
siers. (N. C. G. I, p. 1238.) — 2" » riré-H/' à l'aviron, « 
rameur. (Colgr.) — 3" « Tireur de rivet, » cordon- 
nier. (Déf. pour Pasq. p. 544.) — 4° Qui étire le fil 
d'or: « Si le tireur d'or, et deux ou trois autres 
« que vous scavez vous estoient apparus en songe 
■> seulement, vous n'y penseriez jamais. » (Mém. 
de Villerov, III, p. 24.) — 5° « Tireurs de laine sur 
« le Pont Neuf (Mém. du card. de Retz, III, lY, 
« p. 135), » voleur de manteaux. 

Tireus. A l'occasion des dispositions testamen- 
taires de Charlemagne, on lit : 

Pour çon que moult bien fait li sanble 

S'en fesist on .im. parties. 

Bien tireus et bien aaties. (Mottsk. p. 300.J 

Tirez. Drap deTyr(') 

Que les rues soient pavées 

Et de tire: encortinees 

Et de pailes et de cendaux. (Blancliani.1. /'. 100. J 

Tirle. « De pavatz. de pics, de pelles tranchans, 
• tirles pour remuer voslre artillerie. » (Le Jouv. 
fol. 85.) 

Tiroere. Chaîne pour retenir un oiseau : 



« Quant (le faucon] fera signe de la gctler 'sur Ion 
• poing), il faut que tu lui osles le chaperon tout 
•i en paix par la tiroere. ■■ (.Mod. f. 111.) 

Tii'oir. Fndroit où ou (''carlèle, où on lire à 
(|uatrc chevaux: « La Croix du Tiroir. >■ 

Tiroiier. 1° Tourment : " Mon tirouer, ainsi 
« nommoit il son bréviaire. » (Rabel. IV, p. 93.) — 
2° Corde qui relient un oiseau de chasse : 

Lo tirouer tout prest ayez, 

En quelque lieu que vous soyez. [G. de Hi'jne, f. 93.) 

De là au figuré: « Comme j'ay ouy raconter à 
« plusieurs dames, il n'y a que les hommes ; et.... 
« de tout ce (|u'e!les prennent avec les autres fem- 
" mes ne sont que des //?'0!«')'s pour s'aller paislre 
« de gorge chaude avec les hommes, et ces frica- 
" relies ne leur servent qu'à faute des hommes. • 
(Brant. Dam. gai. 1, p. 25G.) 

Tirliu. Torture: " Des membres vient loursanc 
«■ par long lirtin. » (Desch. f. 220.) 

Tisaiine. « Tisanne, aucuns l'appellent orge 
« mondée. » (Rob. Est.) 

Tisor. Attiser: « Le feu qu'amor lise. » (Devis 
amoureux, p. 38.) 

Tisique. [Phthisique : « El fu si tisique et si 
« sec que à pooine pooil il cracbier. ■> (Mir. S. Loys, 
page 135.)] 

Tison. 1° Bois à enflammer : "De trois tisons 
« [lignis] est faite cesle sente por ceu ke li piet de 
« cers ki à lei se verront apoier [inniti) ne puist 
« glacier [labatur) en In voie. » (Serm. de S. Bern. 
p. 310.) — 2° Boisenflammé, au propreet au figuré: 
.■ Tison d'enfer. » (Oud.) — « Garder les tisons, » 
se chautîer. (Oud.) — » Tu nous chauffe le tison. » 
(Habel. II, p. 23G.) — « A Noël au perron, àPasques 
« au tison. » (Colgr.) 

Tisonner. Mettre du bois au feu. (Du Gange, 
sous Titionari.) 

Tisonnet. Tisonnier. (D. C. sous Torriculus.) 

Tisonnez. Boux : « Poils gris tisonnex-, noirs, 
« rouges, vifs. » (Salnov. Véner. p. 251.) 

Tisonnier. Homme vivant près de son foyer. 
(Oudin.) 

Tisser. 

Cleante après venoit lequel tissa 

La belle toyle. {Triomphes de Pétrarque, p. 89.) 

Qui que tisse, chascuns desvuide. (ils. 7615, 1, f. 6i.J 

Ceuls ci tissent la sainte toile 

De religion et le voile. (Desch. f. 545.) 

Tisseran. Tisserand : » Sohier, valet de cham- 
« bre et favori du comte de Blois estoit fils d'un 
» tisseran de draps de la ville de Malines. » Froiss. 
IV, p. 132.) 

Tissit. Tissu ; lire peut-être tissus: 

Dites moi, bêle dame, 

Queus joiaux, pour vostre déport. 

Volez vous ? Guimples ou couroies, 

Tissils d'or, anniaus ne affiches. (Ms. 76i5, II, f. 134.) 

Tisson. Tison: « Arsse tisson. » (Mousk. p.449.) 
Tissu. 1° Ceinture: « Jacques de la Rivière est 



TIT 



50 — 



TOD 



• Irouvé mort dans sa prison vestu d'une robbe 
« noire fourrée de martres, avec un tissu dont il 

• esloil ceint el serré qui esloit ouvré d"or. » 
(Jacques le Bouvier, Chroniq. an. 1 ilo.) 

Pour (ISSU d'argent 

Ou pour une courroie. [ils. lOiô, JI, f. 139. J 

Or fin, qui tant est agréable, 

Uose. sinople, argent et sable, 

Reflamlioient par estanceles 

En riches escuz et en seles 

En taintures el en /issic. {G. Gu'uiit, p. 345.] 

« Tissu de Venus, » virginité. (Oud.) — 2° Volet 
desbeauuies: •• Se prirent et attachèrent de ce 

• coup tous deux, se delieaumerenl si iiellouienl 

• que les tissus des heaumes rompirent et volèrent 

• sus la prée par derrière les croupes des chevaux. » 
(Froiss. IV, p. 54.) - 3» l'ilel : 

, Cil del castiel font fors issut, 

' N'i laissent filet ni tissul. (Mousk. p. 800.1 

Tistre. Tisser. (Nicol.) 
Voilà comment sur le mestier humain. 
Non les trois sœurs, mais amour, de sa main, 
Tisl el relist la toile de ma vie. {Jouch. Dit Bellay, 13.} 

Titanique. Semblable au soleil {Titan], dans 
Cotgrave. 
Tithyinale. Herbe médicinale: « L'herbe de 

• tithyinale dont en y a plusieurs espèces, comme 

• esparge, resvcille matin et autres. » (Rob. Est.) 
Tilillation. Chatouillement. (Cotgr.) 
Titiller. Chatouiller. (Colgr.) 

Titimal. Herbe médicinale: « Le jus d'une 
« herbe qui a nom titimal.... gèlera ses chiens. » 
(Gast. Pheb. p. D4.) 

Title. Collier ou couple de chien appelé boite : 

.\u hairon, se faut tourmenter 

Et chascun si crier c"on l'oye ; 

Courir ;.prés, sans séjourner 

Et tousjours braire hoye hoye ; 

De courre aux chit ns n'ay nulle joye, 

Désire aii litie est nommez musart ; 

Si CCS chiens à droit ne départ. 

Des veneurs a mauvaise grâce, 

On le claime en disant Dernart. {Desch. f. 21i.] 

Titre. 1° Accours, posle où se placent les limiers: 

• Il doit regarder le plus biau titre, le plus long el 

• le plus plain qu'il soit environ le buisson, el là 
« doil il mellre les lévriers. » (Chass. de Gast. 
Phébus. p. 'i8(i.) — 2' Marque: <■ Canon du calibre 

• et titre de l'Yance. • Mém. deBellievreelSillery. 
p. 7.) — 3° Sujet: • Avoieul fait un fort bastil Ion... 

• garni de bonnes gens et d'artillerie qui donna 
« litre d'esbahissemeiil à toute l'armée. » (Ilist. du 
chev. lîayard, p. l'i.').! 

Titrer. 1 Donner le lilre de : » Le roy appelloil 
« (M. de Villars, en 159i,} son cousin et le titrait 

• amiral de France. • (Mém. de Sully, II, p. 177.;— 
2° Intituler. (Bouleill. Som. rur. p. G87.) 

Titubant. Chancelant. (Mont. Ess. II, 319.) 
Titubation. Chaiicellemenl. ;Colgr.) 
'lituber. Chanceler : 



Quant un peu chopper 
Elles voyent el tituber, 
Soudain se resjouyssent. 



(Carlh. chev. en: f. 104.} 



Tiuel. Canon de culotte : 

S'a vi^u les braies gésir, 

Haslivemenl les corl sesir ; 

Si les lieve par le braiuel ; 

Et li vilains par le tiuel 

Les empoigne, par moult grant ire, 

Li uns sache ; li autre tire 

La toile desront el despiece. |.l/s. 7?fS, /". 50.^ 

Tivre. Tibre, fleuve: » Si manda à Gennes c'on 
« li euvoia galies privéemenl à la fois (fauces; de 
« Tivre, el quant eles furent venues, il se parti de 
« Rome el vint la, el se recueilli, et s'en alla [à 
" Ceiincs. » (Marlène, V. c. 720.) 

Tixerandier, erran. Tisserand : « Tixeran- 
' (tiers de coevrechef de soye. » (Table des métiers 
de Pnris, ms. .Meiniere, p. 15.) — • Tixerrans de 
" loilles. • (Ord. 111, p. 590.) 

Tixtre. Tisser : « Tixtre comme de courroer. » 
(Ordûun, 111. p. 517.) 

Tizonné. Oui a sur la peau des taches noires 
el allongées; on les dirait tracées par un tison 
charbonné : • ll'aulre met dextremenl les tigres aux 
" attaches r/xoH»Ci sur la peau. » Jiémi Belleau, 
l. I, p. 18.) 

Toaile. Toile : « Le bonhom.me lui demande 
•• des toailles el servieles. " (15 Joyes du inar. 97.) 

Quand tu auras tes mains lavées 

Et à la toaille essuiées 

El teras à la table assis. (Fahl. Je S. G. f. i2.} 

Si ai maintes riches toailles 

Que loient, à ces hautes testes 

Sez gentiz femmes, sor lor testes. (Fahl. de S. G. f. 43.) 

Barbier sans razoir, sans cisailles, 

Qui ne sez rouingnier ne rere, 

Tu n'as ne bacins ne toailles 

Ne de qoi chaufer eve clere. (Ms. 72i8, f. 323.) 

Tuaille à blé serrer. (Ms. 7615, II, f. 213.) 

Tocer. Toucher: 

Eiilrues li p.npe s'acouça 

D'un mal qui al cuer li toça. [Mousk. p. 61.) 

Tocque. 1° Habillement de tète, à têtière plissée 
tout autour à courles ailes. (Monel.) — 2" Turban : 
« Ayant sur la teste une tocque ù la guise de Sarasin 
" dé Gren: de. •• Matlh. de Couci, Charles VII, 072.) 

Tocque. Qui a un turban : « Un renfort de 
« Turcs y survint, de six à sept cent hommes toc- 
' que< de blancs couvrechefs, el iceulx nommez 
" janissaires. ■> (Jean d'Auton, Louis XII, p. 303.) 

Tocquée. Poignée d'herbes ou de fleurs avec 
leurs racines, à Metz. (Le Uuclial, sur Rabel. I, 2-15.) 

Tocquer. Frapper; d'où l'expression: « Toc- 
» çHt's tambour, «on se sert de celle expression 
pour se moquer des menaces d'une personne. 
(Oudin.) — [Rapprochez le mol du gonfalonnier 
florentin Ciapponi à Charles VIII: . Faites ballre 
» vos tambours et nous sonneions nos cloches. •] 

Tocquille. Etoffe: • Les courtines estoienl de 
" tocquille d'argent sur un fond d'écarhile rouge. » 
Mcneslrier, des tournois, p. 387.) 

Tocsein. De toquer le sein, c'est-à-dire frajiper 
la cloche. ^Borel.) 

Todiyue. « El parce qu'aux Caslilans le nom 



TOI 



- 51 — 



TOI 



• de noileri^'ue estoit freiiueiit, il les iippellc par 
>> soubriiiucl Todiijues. « (Monslrel. I, f. 323.) 

Totlre. iMilever : « Se tu fez aus gens le lor 
« lodrc. " (Ms. ÛHl-2, f. 80.) 

Toeillcr. Eteiiulre en brouillant les cliai-bons 
et la ceiulro : •■ Quant la dame le feu loeille. » 
(Ms. 7'JIS. f. l.'iS.) Var. orllio;.;r. de Touiller. 

Toel. Trouble ; forme verbale de touiller: 

Lors fu li rois en grant locl : 

Si a trouvé, en son consol 

Que toute Flandres saissira. fMousk. p. 501. J 

Toelleiz. Même sens : 

Dusqu'ns portes de l'osteiz 

Dura le grant loellei: ; 

A la porte fu grand la presse ; 

Blanchandin de ferir ne cesse. (lilancluiml. /'. 1S3.) 

Toffe, oiiffe. Eponge do rivière. (H. F]sl. Cotsr.'i 
Toffii. Toullu. (Colgr.) 

Togel)urc. Mot fictif; robe de bure: « Vestu 
« de sa toijebure. » (Rab. IV, p. 10.) 
Togre. Animal (?) : 

Ung peu plus avant, sur ung coffre, 

Comme les gt'ns se retiroient, 

L'on veoit ylà ung bel logrc 

Et les petits qui se miroient. ( l'i'y. de Cliarles VIT, 77.J 

Tohn. Confusion. (Cotgr. d'après Rabelais.) 

Toict. Logement : « N'est deu pour l'esmende 
« d'une prinse de beste que vingt deniers tournois 
« pour toict. » (La Tbaumass. Cout.de Derri, 'iiS.) 

Toicture. Toiture: « Si en un baslimenl il y a 
« quelques loiclures, galeries ou autres avances 
. sur rues. • (N. G. G. Il, p. 1136.) 

Toe. Tienne : 

Lors envoias tu, à la table, 

La toe grâce esperitable 

D'où Saint Esperit enflaraée.... /.Us. 70^5, 7, f. 73.] 

Toi. A toi ; du latin tibi: « Toi qu'en chaille. » 
(Ms. 7615, II, f. 172.) 

Toicher. Toucher: « Au regard et en tant que 
« toiche \es à\z pays. » (Preuv. sur le meurtre du 
duc de Bourg, p. 330.) 

1. Toie. Taie d'oreiller : « Ne coton, ne toic, ne 
" couissin. » (Ane. Coût. d'Orl. p. 474.) 

2. Toie. Tienne: « Se par delTault se desvoie, 
" Toute la coulpe en sera toie. » iDescb. f. 419.) 

Toil. Discussion ; forme verbale de touiller : 
« Si le pleyntife se vodra pleyudre des baillyls, del 
« vee, soit le toll entre le pleyntife et le baillvfe. » 
(Brillon, f. 00.) 

Toile. 1» Tissu de lin : « Toile battisle. >- (Nicot.) 

— " Toile àe Cambray. » (Cotgrave.) — <■ Toile àe 
« Rolande. « (Id.) — • Toile Gautier. » (Id.) - 
« 3o\iv àe toile, » jour de cour, de plaisir, d'au- 
dience. » (Id.) — . Battu comme une toile, >• nous 
dirions battu comme plâtre. (Fabl. de S. Ger. 376.) 

— - Pénitent de quatre aulnes de toile, • au même 
sens que damoiselle d'une aulne de velours. (Colg.i 

— « Toile de Borgoigne. » (Poët. av. 1300, t. iV, 
p. 1052.) — • A toile ourdie. Dieu mande le fil. » 
(Cotgrave.) — « Vous n'aurez point ma toile, vous 



» avez trop de caquet. ■■ (Serées de Bouchet, II, 8S. 

— 2° u Grandes |)ieces de toile gro.sse et épaisse, 
« tissue en coulil, Ijordée de grosse corde qui ser- 
« vent pour le deduict des princes, quand ils veu- 

— lent cnclorre un sanglier pour le couvrir comme 
" dedans un parc, car les veneurs environnent 
" desdites toiles le buisson où la beste est, et 
" l'ayant enclose, la font lancer aux dogues, avant 
" ceux qui sont dedans les dites toiles un espieu 
« en la main pour l'enferrer. ■■ (Nicot.) — » Capi- 
" laines et archers des toiles. ■• 'André de la Vigne, 
f. 151 ) — 3" Sépaiation dans la lice ; voir Toili.k : 
« Et furent jousies sans toile, s:\ns fiens ou sablon, 
« en un lieu devant l'oslel du prince. " :Mém. d'Ol. 
de la Marche. I, p. 237.) — - Au milieu de la lice 
« avoit une toile pour conduire les chevaux jouer 
« les courses de lance. » (Id. p. 208.) — 4° « Toile 
« peinte de la figure et de la couleur d'un bn.-uf, à 
« l'usage des chasseurs, pour approcher le gibier et 
« le tirer plus facilement, ce qui s'appelle chasser à 
« la toile. » (Nicot.) — 5° Voile: « Li vens se fiert de 
« plain es toiles. » ^G. Guiart, 32.) — 0" Membrane: 
« Doit prendre garde celui qui cliille (le faucon) 
« qu'il ne preigne la toile qui est dessoubs la pau- 
« piere, à l'aguillc, avec la paupière. » (Mod. f. 73.) 

Toilerie. Tiafic de toile. (Monet.) 

Toilette. Toile fine ; on a dit de Dapbné trans- 
formée en laurier : 

Ceste prière ainsi finie à peine. 

Grand pasmoison luy surprend membre et veine, 

De son cueur fut la subtile toilette 

Tournée en tendre escorce verdelette. [C. Marot, 535. J 

Toilier. Qui est de toile. (D. C sous Telarius.) 
Toille. 1° [Toile: <■ Aiez vos fenestres closes 
« bien justement de toille cirée ou autre ou de 
« parchemin. « (.Ménag. l, p. 173.)] — « Toille 
» laincte, » c'est-à-dire peinte: « Comme se ce fust 
" un hocqueton qui fust de toille taincte, si luy 
« abbalist l'espaulle et le bras. » (Lanc. 111, f. 24.) 

— 2° Tissu: «(S. Jean B.) contempna les vanilez 
>' des aornemens et riches babils, et se vestoil 
« d'une rude toille faicte de peau de chameaulx. >> 
(Ilist. de la Tois. d'or, II, f. 139.) — 3° - Séparation 
« de toille de six pieds de hauteur, plus ou moins, 
« qui partageoit les lices dans toute leur longueur : 
« les deux jousieurs à cheval couroient le long de 
« ces toutes qui les séparoient, et par dessus les- 
« quelles leurs coups estoient portez; quelquefois 
« les joustes se faisoient dans les 'ices sans toilles. 
« Se feront les dittes armes à cheval à la toille, 
" laquelle sera de six pieds de hauteur. •> (Monstr. 
II, p. 199.) 

Toillette. Toile fine: « Draps de toillette de 
« Hollande. » Houn. delà Cour, p. 42.) 

Toinin. Diminutif d'^?jio?H(3. (Cotgr.) 
Toirdre. Tordre : - Couper le fil près du neuel 
» toirdre. « (Mod. f. 135.) 

Toirmente. Tourmente, tempête : 

Jamais ne m'enquer partir 

Por vent, ne por toirmente. 'Poct. c<v. iSOO, II, p. CAS.) 



TOI 



— 52 



TOL 



Toirs. Tors : « Le fil doit eslre loirs. • (Modus, 
fol. 110.) 
Toisage, sèment. Action de toiser. (Monet.) 
Toise. 1° Mesure: « Toise de Bourgongne, » 
elle conlieiit 7 pieds l;2. — • Toise de chandelle, » 
poignée. (Du Gange, sous Tehi canilclœ.)— « Toise 
« de ctiarpenlier, » de cinq pieds et demi ; la même 
que celle du bois. (Tliaumassière, Coût, de IJerry, 
p. 278.) — « Toise de masson , » elle a six pieds 
pour faire la toise carrée. (Id.) — • Toise de mesu- 
« reurs de terres et vignes (Colgr.), » elle a cinq 
pieds. — « Toise de roy, » de trois pas moyens 
pour les arcliilectes et de sept pieds quatre pouces 
pour les arpenteurs. iColgr.) — « 11 n"a pas mar- 
« chandé à la toise, il a marchandé au pied. » (Oud.) 
— 2» Loiigueur d'une toise, au propre cl au ligure: 

• Il alla au gentilhomme fendre plaine i)aulme du 
« coslé dextre, si qu'il en saillit hors de sesboyaulx 

• plaine loise. » (Percef. II, f. 52.) — « En court les 
« faitz poise, juge il est, à chascun rend sa loise; 
« ne se brise pour or ne pour argent. » (Percef. V, 
f. 112.) — « .\rmé de harnois de jouste, en selle de 
« guerre, pourjouster îi la /oisc de lance de mesure 
« à rencontre de tous. » (Malh. de Couci, Charl. Vil, 
page CGi.) 

El rocher ot .11. lions braire 

Ilueo se volt laissier detraire^ 

11 vit une toise de chesne, 

Colc part atome sa règne, 

Li chaisnes ert porriz par soi. (Partonop. f. -145.) 

Toiser. Parcourir ; nous dirions arpenter : 

• Puis toise Macabrez par val et par monlaigne. « 
(Partonop. f. 171.) 

Toiseur. Arpenteur. (Colgr.) 

Toison. 1» Au propre et au figuré, fourrure de 
monlon; le pape dit des injustices commises par 
les prélats envers les religieux : 

Us ont la char et la toison ; 

A vous défaut il la foison : 

Plus grans cures metent en armes 

Au jor d'ui que ne font es armes. (Ms. ûSl?, f. 67.) 

Avoir à clers, toison à chien 

Ne doivent pas venir à bien. (Ms. 70i5, I, /'. 13.J 

2° Drap mortuaire : 

Bonnes odeurs et garnison 

Portez, qu'air mauves ne vous fiere ; 

Ne hurlez la noire toison, 

S'eschuer voulez rostre bière. (Desch. f. 443.) 

30 Feuillage: « Le propriétaire peut faire abbatre 

• le bois croissant et qui est sur son bien affermé, 

• sans que le fermier y ait aucun droit, ny à la 
« toison; ou aux branches plus avant que là où la 
« hache et la serpe a passée, lors que les mesmcs 
« arbres estoient debout. » (N. C. G. I, p. 1034.) 

Toissu. Ceinture : 

Bone cote ot et bon manlel, 

S'ot deus peliçons bons et biaus, 

L'un d'ecuireus, l'autre d'aigniaus, 

Et s'ot riche toissu d'argent. (Us. 1-218, f. 220. J 

Toitel. Toit à bestiaux: 

Or n'a li prestrcs de réduit 

Fors tant qu'il entre en un toilcl 

Où brebis gisent et aignel. /.Vs. 1218, f. 145.J 



l'ne grant vache amainc brune 

Or on avons nous deus pour une ; 

Petit sera nostre (<)i(ian.r. (Id. f. 2-29.) 

Toivre. Tibre : 

Les .11. barius qu'à Roume prist, 

Si les gieta emmi la Toivre 

Pour çou que plus n'en peust boivre. (Mmtsk. p. 126.) 

Nous vous ferons votre sang boivre 

Pour cspargnier l'eaue du Toivre. (Brut, f. 24.) 

Toi. Tout: a \A enfrun de Toi. • (Poël. av. 1300, 
IV, p. lo.-.l.) 

Tolage. Action d'enlever, de frustrer: 

Aux roys et aux autres seigneurs 

lienianda aye et secours 

A conqucre son héritage 

Dont Delin lui faisoit lola(ie. (Brut, f. 20.) 

Tolorable. « Renie tolerable, » qui ne peut 
s'achelei", porpiMucIlc. (Cotgr.) 

TolcrahleiiuMit. Avec tolérance. (Colgr.) 

Tolerres. Voleur: « Se li bers demande à son 
" vavasor Terilage que ses bons tendra de luy, li 
«■ vavassor ne pledera pas pour lui par devant lui, 
" s'il ne veut, car li bers si est ainsi corne li toler- 
- res. » (Ord. I, p. 140.) 

Tolcttc. Tolède : « Eussent ces sorciers prins 
■ leurs desgrés et est udié en l'escole de Toletle. » 
Jîoucbel, Sérées, II, p. 287.) 

Toloiir. Voleur : a Toleurs et robeeuis. » 
(Oeaiim. p. 170.) [Cas régime; voir Tolkhres, cas 
sujet.] 

Tolii'. Inf. pris subst.; Rapine, personnage allé- 
gorique : 

Au premier chief, non pas en conte, 

Trovair tolir que divers oite 

De mentir sot il la maître ; 

De foi mentie est mastre et sire. (ils. lOlô, I, /". IJO.) 

Tolirs est biaus et renommez ; 

N'est pas chetis ne recreus, 

Ains est et grans et parcreus 

De cuer, de cors, de bras, de mains. (Ibid.) 

Tollart. Bourreau. Colgravc.) — « On appelle 
« ainsi, par opprobre, les archers d'un prévost des 
« mareschaux et. les sergens d'un chevalier g\x 
<• capitaine du guet, que les Tolosains appellent 
« aussi par opprobre fourrons. » (Nicot.) 

Toile, Toullo, Tonlieu et Tonlis. [Droit 
dû au seigneur de coutume pour le marché ou 
foire, à cause du lieu (ju'occupent les vendeurs: 
» Touchant ce que monseigneur l'évesiiue d'Orliens 
« prend à cause d'un droit de /o//(î. » (l'iiS. Titres 
des droits de l'Evcché.) — « Du péage, du hallaige, 
« du toulle. » (1402. Droits delà cbûlellenied'Vèvre- 
le-Cliàtel.) — « Item, le paaige de (ioisi, le minaige, 

<■ leplaçaige, les fencslrages le tonlieu. » 

(1353. Aveu de Choisi-aux-Loges.) — <■ Du paage, 
« minaige, tonlis et menues coustumes. » (I3C0. 
Reeelle ilu domaine d'Orléans; L. C. de D. Gloss. 
de rOrléanais.)] 

Tolleiz. Altaciue tumultueuse; mot fait sur 
touiller: » En soutenant ce tolleix-, moururent à 
« celle barrière des gens au duc de Bourbon. » 
(ilist. de Louis 111 de Bourbon, p. GO.) 



TOM 



- 53 — 



TOM 



Tollci'. [Rnlever : " Pour ce qu'il semble que 
•1 luèiiie les (iécrels ne iieiiveiil tôlier ee droit de 
« griiiie. » llG-iO. EsliiiKdioii des hois cil i^ruric; 
L. Ci. de n. (jjoss. de i'Uilé;tnais.)] 

1. Tollol. Kscomc, escalmc, bois auiiuel s'at- 
taobeiil les raines. (Colgr.) 

2. Tollct. Maigre. (Colgr.) 
Tollieres. Voleur, cas sujet ; voir Toute. 
Tollir. l^De tollire pour lollere, enlever : « L'a- 

« niour et le bieu vient des dames, et est en leur 
« l'acuité de le donner et loUir, toutes et qiiantes 
« l'ois qu'il leur plaist et que bon leur semble. » 
(Aresl. amor. p. 70) — « S'aucun ne donne, l'on 
« luy loult. » (Mod. f. 52.) — « C'est induire les 
« sens à u[i allieisnie, en leur permettant de ne 
» rre(iueuk'i' les eL;lises catlioiiiiucs cl neantmoins 
" leur lolli&sant l'exercice de leur religion. " (Lett. 
de l'asquier, 1, f. 213.) — « Tu tolz^ aux preud'liom- 
» mes et donnes aux mauvais. » (Percef. IV, t'. 145.) 

Li chiof met les membres à mort.... 

Quant à ses membres norroture 

Tost. (\ls. 0S19, f. 74.J 

Beau sire, done moi t'amor, 

Ren moi santé ; ton moi doulor. (Narcisse, /'. dJO.J 

De l'avoir par le mont espars 

Toloit à destre et à senestre. [Ms. 7015, I, /'. lO'i.J 

II maine son délit de che qu'il a toloit. 

Vio dfs Saints, Sorb. 27, col. 1 1. 
Mondes, tu tans Nostre Seigneur 
Ce qu'il racheta de la tleur 

Et du fruit de virginité. (Ms. 721S, f. HOS.J 

Une grande poudrière 

Qui tant les leus à ceus derrière. {hl. f. iQ5.) 

Li mal parlier tant en parolent 
Que l'amor aus fins amans tolent. (Id. f. 205.) 

2° Arrêter : 
Cel an trébucha mains moulins 
Qui tout yver n'avoit moulu 
Que le giel avoit lulu. (Ms. 6S15, f. 70. J 

3° Apaiser; la pierre appelée epistile « meslées 
« /o/f segurement. » (Marbod. col. 1064.) — 4° Se 
retirer: 

Bele amie, pour Deus vous pri, 

Aies vous en, tolés de ci. [ils. 7080, f. 47 .j 

Ej'iiresslons : « Pour monslrer la vérité, je vous 
« ay lollu la paroUe. » (Froiss. liv. IV, p. 127.) 
C'est- ù- dire enlevé. — » Tollir, » lever un impôt. 
(Vigil. de Charles VII, f. 135.) — « Tollir le pas, » 
disputer le passage aux ennemis. (Louis III, duc de 
Bourbon, p. 170. J — « Ils ne se tenoyent mie assez 
" forts pour eux comballre ne tollir \es champs. » 
(Froissart, liv. I, p. 170.) C'est-à-dire battre la 
campagne. 

Tolte. Usurpation : « Se je tieng héritage par 
« mauvese cause, si come par forche, ou par nou- 
« veledessezine, ou par tolte. » (Heaum. p. 104.) 

Tombant. " On appelle rage tombante celle 
« qui fait tomber les chiens par terre, comme s'ils 
» avoient le mal de saint Jean. » (Fouill. Vénerie, 
f. 79.) 

Tombe. On appelle, dans plusieurs endroits de 



la France, toml>es ou tombela, certaines éminences 
(le terre qui paraissent avoir été d'anciens tom- 
beaux. (Dissert, de l'abbé Le liu.-uf, III, f. 223.J — 
« li'abbaye de S' .Micliel que l'en dit en péril de 
« mer, si est appellée la to)ntie pour la liaulcsse 
<■ de lui. » (Clir. de S. Denis, I, r. !)i.) — [Voir dans 
la clironiciue des 4 Valois, \>. 22(1 à 22!>, l'élymo- 
logie légendaire sur ce nom de Toinhetaine : « Le 
« dil roy Artur et lloel duc de Uretaingne firent 
« faire et fonder une cbappelle ou egli.sè en l'on- 
« neur de Dieu et de X. D. en dit lieu et place où 
« la dille pucelle llelene fut mise en sépulture. 
» Pour la(|uelle chose ycelle église et lien est nom- 
« mée Titmbehelene. »] 

Tombeau. Les paysans du mont Cenis appellent 
toDibciiii.r les grands monceaux ilc neige f|ue les 
vents ainasscnl au-dessus des inoiilagiies et qui se 
précipitent quelquefois dans les vallées. (Pezron, 
Antiq. des Celtes, p. 3Gi.) 

Tombement. 1° Action de tomber. (Cotgr.) — 
2° Diminution, rabais : 

Des monnoyes les tomltcmens 

Et les griefs de vos sergens 

Ont bien nos vaches et nos bœufs 

Amoindris et tous nos chevaux. {Monslrel. I, f. 322.) 

Tomber. 1 " .leter : « Us lui occircnt ses mes- 
« sages, et les tombèrent en la mer. » (Triomphe 
des IX Preux, p. 130.) — » La tomba à terre, et la 
« décoiffa, en la traînant par les cheveux. » (Aresta 
amor. p. 3!)2.) — 2° Uriner : « 11 est bon de tomber 
.< souvent de l'eau. » (Ess. de Mont. II, f. 800.) — 
3'i Arriver: « 11 ne te peull tomber l'inconvénient 
>< qui m'est avenu. » (D. Florès de Grèce, f. 155.) 

— 4° Expressions : « Ce qui ne tomba pas en paille, 
« mais fut bien relevé. « (Des Ace. Bigarr. f. 32.) 

— » J'aimerois mieux qu'elle fust tombée dans 
" mon lit que la gresle. » (Oud ) — >< Tomber sur 
<■• ses pieds comme les chats. » (Oudin.) — « Qui 
•< chope et ne totnbe adjouste à ses pas. » (Cotgr.) 

— « Un meschant vaisseau jamais ne tombe de la 
« main. » (Cotgrave.) 

Tombereau, el. 1° Charrette : « A charrette 
•' ou ù tomberel. » (Ord. II, 3Gi).) — « Tombereaux 
'< de Verberie, » allusion aux enfans de Verberie 
qui, pour gagner de l'argent, se laissent rouler du 
haut d'une montaigne voisine. vCotgr.) — 2" Char- 
rette pour les suppliciés : « Henri de Maleslrait fut 
" mené par les quarefours de Paris en un venel ou 
•> tombereau. » (Chron. de Flandre.) — « Et aussi 
« soit de tous ceux que juise de tomberel ou perte 
" de membre avèrent suffert par jugement. » (Du 
Cange , sous Tumbrellum , d'après Brilton.) — 
3° Petite claie pour prendre les oiseaux l'hiver : 
" Prendre les perdris au tomberel à quatre che- 
« villes. » (Mod. f. 87.) V. Tnmberel. 

Tomberelée. Charge d'un tombereau. (Cotgr.) 
Tombier. Sculpteur de tombes : « Tombiers et 

« imagers. » (Ord. II, p. 379.) 
Tombii*. Crouler : » La terre tombit sous le 

« fais et bruit des charretes. » (Cotgr.) 



T().\ 



— 1 — 



TON 



Tombissenient. Bniil que cause une secousse, 
lin tremblemont. ;Col?;r.) 
Toiiiblieaii. « Petit sépulcre ou petit tom- 

• blieau. • ,1). C. sous Tumnllultts.) 

Tome. Terme de vénerie et de fnuconnerie: 
« On con?;noisl grnnt snnglier du jeune, et le jeune 
» de la tome i\ trois signes : le premier si est par 

• les trasses. le second par le lit, le tiers est au 
« l'enil. ■ (Mod. f. 23.) — » A faire ton faucon bon 

• liaironnier, faut que lu ly mettes en aspre faim 
» et avoir un liairon vif, duquel lu feras une tome 

• à ton faucon. » 'Budé, f. I2r>.) 

Ton. Son : « Quant le ton de l'escu cl du palais 
» fusl passé , les chevaliers se dressèrent tout 

• esbahis, car il n'y avoit tant asseuré qui ne cui- 
« dast eslre mort. » (Percef. IV, f. .52.) — « 11 ouyt 

• hennir un cheval d'une forte voix et grosse... el 
« s'en va vers le ton du cheval. » 'Id. VI, f. 113.) 

Tondaille. 1" Temps où se tondent les bêles. 
(Cotgr.)— 2° Repas donné aux femmes après qu'elles 
ont achevé de tondre les brebis. (Le Duchat, sur 
Habelais, V, p. 80.) 

Tonderesse. Femme qui tond. (Cotgr.) 
Tondei'ie. Lieu où on tond le drap. (Monel.) 
Tondeur. » Ecornifleur, autrement dit tondeur 
» de nappes, n Apolog. d'Hérodote, p. 70.) 

1. Tondre. « Nos ancestres se faisoienl ordi- 

• nairement non tondre mais raire leurs barbes, 
« comme pareillement de fois à autre leurs che- 
« veux, en quoy le razouer estoit nécessaire aux 
« barbiers. » (Pasq. Rech. p. 820.) 

Je viens de court, mais là est un mestiers 

Oui tond et rest les bestes trop estroit ; 

Pour ce, vous pri, gardez vous des barbiers. [Desch. i03.J 

lis veulent qu'on le face tondre 

Comme un clerc ou comme un prestre. (Desch. f. 548. J 

• Tondre sur un œuf, • lésiner, dans Cotgrave. 

— " Après raire n'y a que tondre. » (Cotgr.) — « Le 
" prcz tondu, besoing n'est qu'on le tonde. » (Rog. 
de CoUerye, p. 100.) — •■ Se vous ne vous rendez 

• tantost!! je vous tondraij la leste et morrez tout 
« maintenant. ■> (Hisl. de Duguesclin, Ménard, Ad.) 

— De là : >. Je veux estre tondu, » dans Pasquier, 
Rech. p. (172. 

2. Tondre. Bois pourri sec; amadou nalurel : 

I.e feu firent ens répondre 

Es prises do lin et de tondre... 

Le feu nourry et eschaufa ; 

I.a ville esprit et aluma. [Brut, f. i03.} 

Parlant du cristal : 

Geste conceit et feu vermeil 

Ki la tient el rai del soleil 

Et de cel fou li tondre resprent. (Marbod. c. i6G8.} • 

Tondu. Moine ou fou ; 
En grant péril en sont prestres et tondus. (Desch. 248.J 
Pour les clers, pour les non tondus. (Desch. f. 461.) 

Lors le prophète a respondu, 

Ne te tien pas pour (oltnndn; 

Ta responsse que m'as rendu 

A nostre seigneur entendu. (Ms. 6812, f. 48. J 



« Fesse tondue, » personne mal habillée, qui 
fréquente beaucoup le sexe. (Cotgr.) 

Tondu re. Toison coupée : « Tondure de bre- 
<■ bis. » (Monet.) 

Toner. Tinter : 

Tant fort l'csliahi et estone 

Que l'oie t'en corne et lone (Parton. f. 135.] 

Tonlier. Percepteur d'un lonlicu : « Tous les 
« tonlius des denrées c'en vent et acate ^i Corbie 

• est siens (à l'abbé), car il est touliers de le ditle 
» ville. " n. C. s-ius l'elonarius.) 

Tonlieu, u. Droit de placage : » Tous hommes 
« de lief peuvent uourir, achepler. et vendre fran- 
•' chement sur Icui's tcnemens féodaux, sans estre 
« tenus, ne sujets :'t p;iyer tonlieux » (C. G. 1,000.) 

— « Chaque bourgeois de Landrechies donnera, 
« chascun an, au seigneur: douze deniers pour la 
« bourgeoisie, et quatre deniers po-ir le tonlieu. » 
(N. C. C. 11, p. 203.) 

Cil qui sires est de la foire 

Doit par tout prendre son tonliu. (Rose.) 

« Eclievins de la chambre du tonlieu. « (N. C. G. 
t. 1, p. 1230.) 

Tonnaçje. Impôt sur chaque tonneau de vin : 

" Ton)i(ige c\e \'\n que l'an lieve pour chascun 

" tonel u. den. ob. » (D. C. sous Tunna.) 

Tonneau. I" Barrique : « Cesluy lu, dit Panurge, 
» est d'un autre tonneau. » (Rabel. IV, p. 21.5.) — 
2" Mesure de capacité : •■ Presta six cent moges de 
•' bled (jui sont trois cent tonneaux, à douze muids 
« pour un tonneau. » (Montluc, t. II, p. 515.) — 
3° Venti'e : 

Cul de jument, tonneaux plains d'enflure, 

Piez de crapaut, bras qu'on ne doit seler. (Desch. 920.) 

Tonnel. Tonneau : <■ Jonnel et chauderon. » 
(.Ms. 7015, H, f. 213.) 

Tonnelaire. Percepteur d'un tonlieu : « Où 
« trouverons nousofliceiiui plus rei|uierre homme 
« subtil cl malicieux (|ue à gouverneur un tonlieu'? 
« Tel oflice re(|uierl un homme qui snche obvier 
« aux frauldes des marchands qui mettent toute 
« leuresludieà le décevoir, pour alfranchir leur 
« marchandise, el le tonnelaire d'autre part met 
« peine à leur lollir du leur. ■ Ilist. de la Toison 
d'or. II, f. 20.-).) 

Tonncle. < C'est un cheval ou bouf de bois 

- peint que le chasseur va poussant devant soi 
" contre les perdrix, pour les conduire dans les 
« tilets. » (Monel.) 

Tonneler. Prendre des perdrix à la tonnelle ; 
voir ToNNELF-rn. 

Tonnelet. 1° Diminutif de tonneau: «■ Quant 
' Hugloiz orent getté pierres et tonneletx, emplis de 
«' caillouz el plusieurs merriens, ils getlerent les 
« pierres de leurs creneaulx. •• (Ilist. de Duguescl. 
Méu. p. -i'JO.) — 2° Jupon ou cloclie de fer couvrant 
les cuisses : « Les tenans aux tournois, sous les 

• lambrequins, portent un tonnelet ou bas de .saye 
« plissé, enflé et loiirné en rond, avec un bas 



roN 



— iiiy — 



roi' 



. d'allnclic qui prend depuis les pieds jnsques au 
« plus haut des cuisses sous le tonnelet. • Menestr. 
des lonrnois. p. lOÎ).) — 3° [Vase ù boire: ■ l'our 

• rcdrecier el rebrunir le tonnelet d'argent ouijuel 
" maisire Jehan, le fol du roy, boit. » (Compte de 

I3r,3.)] 

Tonneleiir. Chasseur ([ui prend des perdrix îi 
la tonnelle; on lit de Riron accusé d'avoir attiré à 
la cour lus principaux huguenots pour les faire 
périr à la St-Hartliéleuiy : » Ceux qui oschaperenl 

• en blasmerent mon dit sieur de Diron et lui en 
» donnèrent toute la coulpe, disant (p.ril les esloit 
" allé tous amadouer et appasier, pour les mener 
« tous au marché de la boucherie, et pour ce com- 

• inencerent à delengonler contre îuy; les uns 
« l'appelloienl tonneleur, parce que comme fait un 

• tonneleur avec sa tonnelle aux perdrix, il les 
« avoit tous avec sa parole tonnelez-, et amassez 
« pour les faire tous mourir. • Brant. Cap. fr. 111, 
p. '3.-^5.) 

Tonnelier. 1" Qui fait des tonneaux: « 11 est 

 fils de tonnelier, il a une belle avalloire. • (Oud.) 

— 2° Lieu à tenir des tonneaux. (Monet.) 

Tonnelle. 1° Filet pour la chasse aux perdrix 
et aux cailles. (Chasse de Gaston Phéb. p. 332.) — 
2" Berceau couvert de vignes ou de verdure. (Cotg.) 

— ■• Ceux-ci se metlent dans une tonnelle de 
« lauriers, où on eust trouvé de l'ombrai^e el du 
« frais au plus fort de l'esté. » (Pèlerin, d'amour, 
t. I, p. 148.) — 3" Dondon, sorte de fromage : « Ne 
« [lain, ne fromage en tonnelles. « (Font. Gnév. 54.) 

— 4" Tonneau : « Si tirent combler leurs murs de 
« to'inelles empliz de cailloux. » iHist. de Duguescl. 
Ménard, p. 444.) 

Tonner. Retentir : « On n'eut pas oy le ciel 
« tonner. » (Vigil. de Charles vn,T, p. 70.) — « Ce 

• noble gueux m"ha plus fort estonné que si le ciel 
« en automne eust tonné. » (Rab. V, 49.) — « Quand 
« il tonne en mars, nous pouvons dire bêlas. » 
(Colgr.) — . Tant tonne qu'il pleut, et tant ton)ie et 
« vente que pluye descend. » (Id.) — « Tout ce qui 

• tonne ne nous estonne point. » (Id.j 

Tonneré. Orageux : 
Vor (printemps) sans délice et sans verdor, 
Aost sans fruit et sans savor, 
Yver tûiDieréa et foudraus. 
Estez pluieus et très noaux. [Parlon. f. 164. J 

Tonnerre. « Escrois de tonnerre. » (Poél. av. 
1300, IV, p. 1651.) — . Dieu vous conduise et le 
•> tonnerre, \ous n'irez pas sans tambourin. ■> (Oud.) 

Tonneux. Tonlieux ; v. le suivant. 

Tonnieur. Qui lève un tonlieu : « On leur loi- 
« roit de lever ou exiger le prouftit des tonneux 
' que pour l'une des marchandises de laquelle il 
» pluiroil au tonnieur. » (D. C. sous Tanneurs.) 

Tonnieux. Tonlieux; v. Toxmselr. 

Tonniue. Chair du tbT)n coupé par pièces et 
salé. i.Nicot.) 



Tonnixeur. Qui lève un tonlieu : « Que un 

• tonni.veur et un vuy nagier soit pareillement 
■ esleuz el sernienlé pour leur rapport eslre creuz 
■■ des defautes de ^oh(h'chj: et vuynages. • (Coul. 
Gcn. I, p. 8;tl.) 

Touoile. Tonnerre : 

Ouar effondre ne le tonoile 

Ne crient il tant comme le roi. (Mousk. p. 589. J 

Tonoilleiz. Kclairs: 

l.ors fu mon joie resbaudie 

Car chascun front des rens s'avance ; 

Li huz à enfoncier commance 

El les grèvent lonoilleiz. (G. Guiarl, f. 34.) 

Tonoire. Tonnerre : 

D'iluec s'en tornerent grant oirre 

Lor petit pas samble tonoire. (ils. 12i8, f. 291.] 

Tonsllles. Amygdales. Cotgr.) 
Tonson. Toison d'or: 

Puis fu une beste apparans 

En Colque, en lille d'Aslropole ; 

De mouton avoit fourme et mole ; 

Tonson d'or portoit ceste image. (Froiss. Poës. 390.) 

Tonsure. « Clercs de la première tonsure, » 
qui porloient les cierges el les torches. (Gr. Coul. 
de Fr. IV, 510.) — . Damoiselle à simple tonsure. » 
(Contes d'Eutrapel. p. 60.) — . Demy géant à poil 
« follet et double /0HSH/'(?. » (Rabel. "IV, p. -125. — 
» Battre ung sergent ou deux , pourveu qu'ils 
» n'eussent tonsure. •> (Id. IV, p. 203.) 

Tonture. Feuillage : • Tonture et despouille 
« desdits arbres. » (D. G. sous Tonsura nemorum.) 
Tooilli. Souillé ; var. orlh. de touiller : 

S'ame est laidement soiUie 

Et dame en vicilé tooillie (.\Is. '218, f. 255.1 

Topace. Topaze : 

Je voy la belle topace 

Qui se passe 

Et change en noire couleur. (Desch. f. 93.) 

Toper. Agréer, consentir: « Tope, tope. -(Oud.) 

— • Tope et lingue. » (Id.) 

Topiaire. Jardin artificiel: « Fontaines, boca- 

« ges, piairies groles nayfves, jardins bien 

" cultivez et façonnez, parterres, labyrinthes et 

.< topiaires. ■> (Print. d Yver, fol. 9., — "» Des nids 

.. d'oiseaux marins bastis, tissus et entrelacez de 

• pampesde vigne et d'espiez de blé, par telle 

« arcbilecture naturelle et de tant bel artifice 

« que nul topiaire n'en pourroit faire de sem- 

« blables. » Alector, p. 75.) 

Topique. Emplâtre, lieu commun. (Colgr.) 

Topiquer. Discuter: ■ Pourquoi vous topiquex- 

« "vous contre le seigneur Tourrinel. » (Cont. de 

Chol. f. 99.) — « Comme je vis que les deux bons 

" seigneurs qui me sont bien amis, s'entrecho- 

- quoient de la fav'on, je voulus prendre la parole, 
>< et me jetter à la traverse, leur remontrant qu'ils 
« s'abusûient de se ^o/j/(7Her de la façon. » (Cont. 
de Chol. f. 60.) 

Topiqueur. Querelleur. (Coquillort, p. 8.) 



TOR 



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TOR 



Topoio. Toupie: 
Enseinent com la lopoie 
K'csluel prismes escoillir 
Au declioivre ; à le corroie, 
Ne puet madame baillir. (Poël. av. 1300, ÏII, p. 1092.J 

Toppe. Friche: « Un autre journal que l'on fait 
c au tiers prisé six sols tournois; un autre que 

• Ton fait au cart, quatre sols tournois; cl s'il est 
« en toppe, pour défaut de labourer, dix deniers 
i^ tournois. » (C. G. I, p. 856.) 

ïoquer. Coiffer. (Cotgr.) 

Toquihan. Kmeute : « Un loquihan et une 

• conspiration. » (D. C. sous Tanqlicnuium.) 

1. Tor. Taureau : «Item vacques, bœufs, ton 
« ou geniclies, le pièce doit un dénier. » (D. C. sous 
Torosits.) 

Cil feist le sacrefice 

D'un grand lor ou d'une genice. (Ovide, dans Borel.J 

2. Tor. Tour, du latin turris : 

Je ne cuit que jamais fasce hom 

Tel donjon ne si riche lov. (Ms. 1015, 11, /". 1G0.I 

Mors, tu abas, dedanz un tor, 

Ausi le roi dedanz sa tor 

Com le povre dedans son toit. (hl. 1, /'. 103.) 

3. Tor. 1° Le temps de se retourner : 

Je ne di pas k'amors ne faice bien 
Au chiof del tor foloicr le plus saige. 

PoC-t. av. 1300, nr, f.. IIO. 

2o Tournure, façon : 

Les lettres furent de bon tor 

Com se fussent faites le jor ; 

En le tere erent figurées ; 

Li saint liom les a récitées. (Vie des SS. Sorb. CI, c. 34. J 

3" Bon ou mauvais tour: 

Uiches manans à desmesure 

De marchandisff et d'usure 

Savoit toz les lors et les poins ; 

Et ce qu'il tenoit aus poins 

Estoit bien fermement tenu. (Ms. 1218, f. 163.J 

C'est amers 
Qui li monsterra de ses tnrs. (Ms. lOSO, f. 59.] 

On lit des funérailles de Philippe-Auguste: 

Dieus qui tos jors avoit seue 

Et la pensée et la devise 

Que li rois ot à sainte Eglise 

Et d'ounourer et d'avancier 

Et de g.irder et d'e.xsaucier, 

Si le vot prendre à si fait tor 

Que tôt i furent cist pastor 

Pour s'anie ounourer et son cors. (MoxisU. p. G43.) 

4. Tor. Tort : 

Madame m'a ramprosnée, 

Et m'a dit ke je suis el tor ; 

Que trop ai le chief mesié 

De caines ; n'ai droit en amor. (P. av. 1300, III, 1150.) 

Toraillo, aile. Endroit oià l'on sèche les grains 
pour la fabrication de la bière : « Cliil qui seke à 

• toraillc el franc lieu, il ne doit pointde toraUle. » 
(D. C. sous Torellaginm.) — « Cascune occhine à 
« cambier de la chilé d'Amiens là où on sekc brais 
« à toralle. • (D. C. sous Torellatjium.) 



A son feu par derrière, 
Toraille à brais sechier. 



(Outill. au Vilain.J 



Toranglcs. Dont le tour est à angles. (Rabel. 
V, p. 109.) 

Torasse. Espèce particulière de vache de basse 
taille et de petit corsaf^e, laquelle appelé plus et 
suit plus le taureau que les autres vaches. (Nicot.) 

Torheio. Troublée. (Serm. de S. Bern. p. 280.) 

Torbler. Troubler: 

Cil qui mieus lorlile les gués 

Est li plus sire clamés. (ils. 7089 ', f. 19.) 

Torce. 1° Tordue: 

Et s'il i met sa lance, 

Puis qu'il past la porte. 

Ne li metra si roide, 

Ne l'en retraie torce (Ms. 7615, II, f. 130.) 

2° Détour : « Tu t'en iras les couvertes voyes tout 
« le pnïs lu congiiois bien les torccs et les adreccs 
« et les chemins frayans) tant que tu viendras à 
a Chaslucet. » (Froiss. liv. III, p. 312.) 

Torcer. Essuyer : 

L'autre mouvoit le front et les sourcis, 

L'un requignoit, l'autre torçoit son vis. (Dcsch. f. 329.) 

Torche. 1° Paquet roulé; entortillé: « Foin mis 
« par torches, « avec les autres provisions sur la 
notic de France qui devoit descendre en.Vnglelerre, 
en 1.386. (Froiss. III, p. 121.) — « La couslume de 
« l'oziere est telle rpie la dicte oziere se vend à 
» torches et en doit avoir, en chascune torche, 
« soixante quatre ozieres. » (La Thaumass. Coût, 
de Berry, p. 278.) 

Faictes vo chief des voslros (chevaux) proprement, 

Sans faire ainsi la torche de pesas. 

Sans arijouster cstrange liahillement, 

Que destrousser fault comme jument à bas 

Chascune nuit, et getter en lui las ; 

Puis au matin fault retrousser l'ensaigne. (Dcsch. 327.) 

2" Mortier composé de terre grasse et de paille 
coupée: " Doit deumeut entretenir la maison de 
» pei, torche cl couverture, comme usufrtictuaire 
« doit faire. " (C. C. I, p. .".32.)— 3° Terme de vé- 
nerie ; fumées à demi formées: « Depuis la my 
« juing, jusques à la my juillet ou environ, laisse 
« le cerf ses fumées en torcJie, pour ce que les 
« viandes el grains endurcissent ; et adonques 
« commencent ses fumées à prendre forme, et se 
« tu les trouves de grosse forme cl en grosse tor- 
« clie, el bien moulues, c'est signe qu'il est cerf de 
" dix cors cliassable. " (Mod. fol. 3.) — A' « Torche 
" de foule, " torche de cire, sans manclic, qu'on 
portoit la nuit devant les grands. (Colgrave.) — 
.V « Faite bonne torche, » bonne chère. (Journal 
de Verdun, ocl. 17.'>0, p. 268.) — 6" On lit d'une 
demoiselle de la cour de Henri II qui devint grosse: 
" Le roy Henry le sç.ut le premier, qui en fusl exlre- 
" mement fasclié, car elle luy appartenoil ung peu : 
« toutes fois sans faire plus grand bruit ny scan- 
« date, l6 soir au bal il la voulut mener danser le 
« bransle de la torche, cl puis la lit danser h un 
« autre bransle de la gaillarde , el les autres 
" bransles. » (Brant. dam. gai. II, p. 262.) 
Torclieis. Torche, flambeau : 

Li sueil sont de désespérance 

Et li pommel de mescneance ; 

Li torclieis en est de haine. (Ms. 7218, f. 310.) 



lOR 



TOR 



Torche-mains. llssuic-iiKiiiis ; 
Qui vit jamais Caron, sur la rive infernale 
Et le viel lo>-chci>iains qui du col lui dévale, 
La crasse do sa barbe et son œil furieux. [I'c>ri)i, f.SS.J 

Tor('lioi)()t. 1" Torchon. (Colgr.) — 2" Sillcllo, 
oiseau : « Il ressemble au loicliepot, » il corrige sa 
femme, {('olgr.) 

TorcIuT , ior. 1 " Essuyer : « Se torcher la 
« baibe, la bouclie d'une cliose. » (Caci. de l'Accou- 
cliée, p. 24.) — « Quanl la visaige et les yculx luy 

■ eusl torchiez. » (Cer. de Ncv'ers, t. II, p. 83.) — 

■ S'abslint de plorer en torchant ses larmes. « 

(Monstrel. I, p. 1G7.) — 2° Fabri(iuer des torcbons 
de paille : 

Nous avons ceste semaine 

Gaaigniez à lorchier pailleus. (Ms. 1^218, f. S35.J 

3" Fabriquer du lorcbis : « Bas gielcnl les paroiz 
« torcliics. .. (G. (iuiaii, f. 233.) 

Torc'liorie. lionne clière, en Picardie. 

Torchcte. Pelile torche, petit llambeau. (Monet.) 

Torcheul. Pris ù la lumi^l'e des torches : « Se 
tu es î\ la place où il perche, et se c'est un faucon 
« fourme, si mesure la place où il perche de deux 
» esparges de long, et s'il est torcheul, si la mesure 
» d'une esparge. » (Mod. f. 104.) 

Torclieur. Fabricant de torches (?) : « .Jean le 
« Lièvre torchcur de la ville de Chaalons. » (JJ. 12'J, 
p. 18G, an. 138G.) 

Torchis. 1° Torche que les laitières mettent sur 
leur tête pour équilibrer leur pot. (Oud.) — 2» Tor- 
ches, flambeaux: « Si tost com il vint, il fut nnyt; 
« il voit les rues toutes plaines de grans torchis et 
« de grandes chandelles ardentes. '"(Lancel. 1, 48.) 
— 3" Mortier de terre et de paille grasse : « Est tenu 

• faire le plancher dessus luy de poutre, solives el 
« torchis. » (G. G. I, p. 201.) 

Torchon. 1" Douchon de paille : 

Biau sire, à vos me claim 

De ma famé, qui tôt mon faim 

Me gaste à faire torchons ; 

Vos mentez, par mi les grenons, 

Dit celé, dant vilain despors, 

Bien a .vii. ans que ne fu tors 

Mes eus de fain, ne d'autre rien. (ils. 7G15, II, f. 181.) 

2° Petite torche, petit flambeau : « Avant que 
« l'accident malheureux des masques dont estoit 
« Charles VI, qui furent brûlez devant luy à un 
« bal, arrivast, ce prince pour le prévenir, avoit 
« fait dire par un huissier qu'on eloignast les 
« torches et torchons de ces masques qui alloienl 
« arriver. » (Froiss. IV, 171.) — 3° Coup de sabre, 
d'épée, d'où l'expression encore usitée dans les 
casernes, « se donner un coup de tordions. « — 
« Le chevalier doré qui atlaignoit tousjours son 
« homme où il luy plaisoit, lui donna tel torchon 
« qu'il fust conlranit de tomber par terre. » (Percef. 
t. 111, fol. 40.) — « 11 redressa le chief vislement, et 
« flert le Roux d'ungtel torchon d'espée qu'il le fisl 

• tomber par tel alourne qu'il ne fust depuis veu 
« en la feste. - (Id. f. 142.) 

Torchonnierement. Injustement : « Tout ce 



1 qui pareiilx ou de leur partie avoil esté lorchon- 
" uicremcnt entrepris, fait el commis. » (IJu Gange, 
sous Tortionaric.) 

Torchoiier. Flambeau : « Deux grands lor- 

<' choiicrs portant chascun une torche. • fMém. 

de Du Itellay, VI, p. I2;i.) 

Torcis. 1" Entrelas. (Borel.) — 2° Torches, flam- 
beaux : >■ A son chastel sont au soir descenduz; la 
« fut adonc maint torcis apporté. • (Percefor. V, 
fol. 112.) 

Torcoisc (à h»). A la turque : 

Lors l'avoit prise à la (nrcoisc, 

Si le rombronclia, et si l'entoise 

Comme baion d iluec eschape 

Et cil leseorse, et si le frape. (Us. '7318, f. 118.) 

Torcol, ollet. Oiseau. (Cotgr.) 
Torçon. Torchon, bouchon : 

Puis a pris un tovçon de fain. (ils. 7989, f. 89.) 

Torcn. Oiseau. (Cotgr.) 
Tord coulx. Hypocrite. (Habel. 1, p. 314.) 
Tordenient. Action de tordre. (Cotgr.) 
Tordour Ouvrier qui tord le iil : « Les doyens 
'• et lesolïiciers de deux commerces de S. Michel, 
" qui est celuy des merciers, des épiciers et des 
« chandeliers, des io/'r/iîf/rs de fils, ont la connois- 
« sauce en première instance, des causes concer- 
« nants leurs négoces. » (^. G. G. I, p. KIGO.) 

Tordion. Contorsion lascive: « Le putanisme 
« régna fort de son temps (Louis XI) car le roy lui 
« mesme aidoit fort à le faire et le maintenir avec 
« les gentilshommes de sa cour; puis c'estoit à... 
•> qui en feroit de meilleurs contes de leurs lasci- 
» vêtez, de leurs tordions (ainsi parloil il), de leur 
« gaillardise. •> (Brant. dam. gai. II, p. 437.) 

Tordir, dre. 1° Tourner par le.s deux bouts et 
en sens contraire : « 11 ne fait que tordre et 
« avaller. » (Oud.) — « Si on lui tordoit le nez, il 
» en sortiroit du laict. » (Oudin.) 

Femme qui son alleure tord. 

Oui ses lèvres mord, 

Se mesle du mestier ord. 

Ou fait à soy mesme tort. [Cotgr.) 

Vos ancesseurs qui se voulrent mou''oir 

Sont trespassez et po de terre accorde 

Leurs chetifs corps pourriz en ce vouloir 

Et pour ce est bon que chascun se descorde 

D'entre vous deux, que toi fardel ne torde. 

Deschamps, f. *3U. 
Lors plore et crie et tort ses poins. (ils. 7218, f. 4.) 
Ouand li un de ces las 
Qui si me tiennent tort 
Me lasche, tant ne quant, 

Li autre serre et tort. [Ms. 7615, II, f. 145.) 

Le temps cruel ne pardonne 
Aux rois, tant soient ils puissants ; 
Une seule heure me donne 
Quand les fuseaux tordissants 
La vie aux destins soujette 
Tombent desenfilaccz. (L, Le Caron, f. 50.) 

2° S'égarer : » 11 ne se tord pas qui va plain che- 
« min. » (Cotgr.) — « Y avoil bien mauvaise saillie 
» au partir du logis, comme chemins creux et bois, 

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• et si nous tordismes. car il n'y avoit point de 

• guide pour nous guider. » (Comm. f. G7G.) 

Toreaux Lils, du latin /0)'((S, ou plulùl taureaux; 

Pan, Dieu souverain, . 
Qui de garder ne fus onc paresseux 
Porcs et brebis et les maistres diceux 
Et remets sus tous gentils pastoreaux 
Quant ils n'ont prez, ne loges, ne toreaux. 

Cl. Marol, p. 26. 

Toreille. .Même sens que toraille : « .Moulin à 

• vent et ù eaue, toveilles, bacq et cuves de bras- 

• séries sont repulcz immeubles. » (Coul. Gcn. 1, 
p. 1100.) 

Torel. Taureau : 

Plus laide n'a de vous de cy à Rome ; 

Comme un lorel avez chascune joe. (Dcsch. f. 2ii.j 

Torele. Tourelle : 

La virulrent, sans estre repris ; 

Scrrcure d'uis, ne tnrele 

Ne valust pas une cenele ; 

Tout fut à terre trebuchié. (Ms. 68 i2, f. "îl.) 

Torcllage. Droit sur les torailles : « Liquens 
« en reut de sa part du torellaye. • (Du Gange, 
sous Torclhujium.) 
Torfait. Tort, injustice : 
S' Loys mieus qu'à toi ne fait ; 
A son peuple ne fist torfail ; 
Mes le mena en bonne guise, 
Et Dieu ama et sainte yglise. (Ms. 68i2, f. 8ô.j 

Torjant. Tordant : « Ses puins et ses caveus 
» torjaut. .. (Poët. av. 1300, IV, p. 1351) 
Toi-illier. Tortiller: 

Qui moult se desirrc à moillier 

Ses mains, commence à loriUier 

Enz el sed et à froter. /Ws. 1-71S, f. iiS.j 

Toi'illoii. Tourillon: «■ Torillon de canon. » 
^Cotgrave.; 

Toriou. Petite tour: » Fausse braie flanquée 
« de torions. » (Ilisl. delà Popelin. I, f. 55.) 

Tormal. Plante médicinale. ^Erberie, ms. Saint 
Germain, f. 80.) 

Torinantc. Tourment. (Ms. 7015,1. f. 109.) 

Torrnaiïteus. Exposé au.\ tempêtes. (Monet.) 

Tonnent. Tourment. (Monet.) 

Tornicntablcment D'une fa(.;on qui tour- 
menle. (D. G. sous TorliLilcr.) 

Tormentiere. Qui cause des tourments : « Ma 
» grau» jdie e.sl luvmentieve. » (Glians. de Thibault, 
fol'. I8G.) 

Torinentille. Plante dont la racine est astrin- 
gente : ■' La morsure de serpent se cure en donnant 
« poudre de dictame ou de diagomera, ou serpen- 
« tine ou de liirmentille ou tyriacle. " (Arleloi|ue, 
faucon, f. 510.) 

Tornienltoi". nui tourmente; on lit des péchés 
dont il faut arracher les principes : « Tu tormonlas 
« lo ceplre de son lormenllor, si corn el jor de 

• Madian. « (S. Bern. Serin, p. 42.) 

Tornace. Tour de foitificalion : « La pierre 



" d'une perriere feri si à l'ordois d'une tornace, 
" que li hordois chai. • (Martène, V, c. 015.) 

Tornadie. Renégat. (D. C. sous Renegatus.) 

Tornadot. lîetour de dot d'une femme. (Gotgr.) 

Tornai. Tournai; <■ Duriersde Tornai. «(Poët. 
av. l:iU0, IV, p. Iti5l.) 

Torne. Gage do bataille: « Aucune mal faite, et 
« tel que il conviegne ù prover par guarenselen 
» qu'il ait lor)ics de bataille. » (D. G. Tornare.) 

Tornebouele. Du \erbe tourneboulcr, tourner: 

Merveille est de cost monde, comme lornebouele 
A tort, et sans reson use chose rebele ; 
Quar s'iins bergiors des chans tabore et chalemele 
Plus test est apelez que cil qui bien viele. 

Ms.7il8, fol. Î78. 

Torneis. 1» [Variété de pont levis « qu'on torne 
« ù polies » ; voir le dict. d'arcliilect. de V. Le Duc] 

A cliacnnes sous les chaucies 

Tournoient les pons tonicis. (Ms. "jGIS, II, f. iSS.) 

2» Tournoi, bataille : 

Mont oissiez grant toniciz 

Et de lances grant croisseiz, 

De niachues grant ferreiz 

Et des espées grant capleiz. (Rou, p. 335.) 

Tornele, elle. Tourelle : « Les borgois de la 
>' ville esloient montez sur les murs et sur les 
<■ tornelles. » (Martène, V, c. 583.) 

Certes ces murs estoient biaus, 

Quar fez estoient Ir-s querniaus 

Les barbaquenes, les loriieles 

De Heurs de lis blanches et bêles, (ils. 7-218, f. 359.) 

Tonier. 1» Tourner : 

Par les rues ro!issant vont 

Les grasses oes et lornont. (ils. 7615, H, f. i'i7.) 

2° Passer de... à : 
Quant remire votre cler vis 
Dien tur de mort à vie. (P. av. 1300, IV, p. 1500.) 

3« Viser à : 

J'avoie un bon ami en France 
Et l'ai pf-rdu par me,scheance, 
De totes parz Dieus me guerroie 
De totes parz p(>rge chevance 

Dieus me la turl à pénitence. (Ms. 7615, I, f. 10?.) 
Ne chose qui lorl à outrage. (Ms. 7218, f. 133.) 
-i° Détourner : 
,I'ay un cuer, ainz teus ne fu trovez ; 
Touz jors me disl : araez, amez, amez, 
N'autre raison n'ert ja por lui mostrée 
Et j'amerni ; n'en puis estre torncz. (Ch. île Tliibault,S4.) 

5° S'écai'ter de, :ui pronom. : 

Por ce que nos tort ons 

Chacuns de nous se tort. (Ms. lûlô, I, f. 03.) 

C° S'en aller : 

Gugemers se part de le cort 

.Moult i dona, ains qu'il s'en tort. (Ms. 1080, f. -'18.) 

70 « Toriicr garons par gages de bataille, » les 
récuser, leur proposer le combat. (Ass. de Jérus. 
p. 27.) — 8" « Torncr venire, " gnéiirle ventre. 
(Marbod. c. 165-4 ) 

Torneuro. « Vaissel lorné, « travaillé au tour. 
(D. G. sous Toreuma.) 



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Torniconi's. 

Cil ineil isatis et gaugleors 

Ueileaiis, baillis et lui-nicoiirs 

Oui l.inl <lo mal ont norchacié 

H..,„„i,los et traitours. (Ms. 70/5, II, f. iAG.) 

'Vovu'uw. Tournoyer comme le cerf poursuivi. 
(Colgrave.) 

Torniiis. Holour des biens aviliris au plus pro- 
clie (lu sangtlans la liyiie directe. (I^aur.) 

Tornoi. Tournoi : 

Bien puis cstro atains et consius 

Au lor>uii, sans train et sans sele. (P. av. iSOO, II, 800.) 

Toi-noiamciit. Même sens: •< MuU esloil sage 
« et chevaleiireus, tous jours cliercliuil tonioia- 
« ment. ■• (Marlène, V, c. 740.) 

Tornoiemerit. Même sens : 

Dames qni sont d'estrange terre, 
Qui por pris et por los conquorre 
Vindrenl à cesl tornoiement. (Ms. 7Si8, f. 75.) 

Tornoier. 1° Verbe. Tordre : 

Quand la dame ot son dit feni. 

Un angles del ciel desclicndi : 

Les rors prist à tornoici- ; 

Aine n'i reniest roal entier ; 

Il les esmul par tel aïr ; 

Aine jointure n'i pot tenir. [Vie des SS. Sorh. 60, c. 5'3.) 

2» Tournoi : « Ma feme het le tournoier. « (Poët. 
av. 1300, m, p. '270.) 

Tornoicrro-s. Qui joule dans les tournois ; cas 
sujet : 

Aine est si très bons chevaliers 

Si délivres, et si legiers, 

Si membrez et si porveanz 

Si lontoierres, si jostanz, 

Si sait ehacer, si set foir, 

Si meller estor et partir. (Parton. f. IGl.) 

Tornoieiir. Cas régime du précédent : 

Tornoieui-, vos que dirois 

Quant an jor don juise irois 

Devant Dieu que porrois repondre. (Ms. 70i5, 1, f. 50.) 

Tornois. Monnaie tournoise : 

Par le royaume ne corurent 

Que une noire double monnoie 

Parisis et tornois. (Ms. 6Si3, f. 82.) 

« Livres de tornois. « (Pér. liist. de Bourg. 514, 
an. 12()G ) — « Cinq cens livres de terre de tornois 
« de rente. » (Id.) — « Douze mille livres de rente 
« au tornois. » (Clioisy, Charles V, p. 371.) 

Toron. Tour : » Quand le roi vint là, il se he- 
« berja sus un toro7i qui est dehors Acre. » (Mar- 
tène, V, c. G'28.) 

Torpei". 

A bataille ont porté leur gonfanon ; 

Le lion fait en son recept bouter ; 

Entre dedens o lui, voulsist ou non, 

Prins et piUié et fait les leups torper, 

Quérir par tout, pour son corps attraper. [Desch. f. i32.) 

Torpille, in. Poisson à crampe, il engourdit 
les mains de ceux qui le touchent. A Marseille, on 
dit torpin (Cotgrave.) 

Torque. Qui a un collier: « Vint vers mon 
« volant un jeune palombe... il estoit jolyemenl 
« torque d'un plumage violet... autour de son col, 



« comme d'un beau carcan esmaillé. • (Aleclor, 
llomaii, j). lO-J.) 

Torijucr. Kntorliller. (Cotgrave.) 

Tor<|net. Oiseau : 

Aussi se treuve million, 

Ou iorijurt on allerion. {G. de la Ilijne, 10.) 

Torciuoure. Kntorlillage avec letiuel on pré- 
serve une |)lanle des injures du temps. (Colgr.) 

Tor(iuill(>n. Morceau : - Donné Oui) un bon 
•I torquillon ou deux. » (.Mod. f. l'27.) 

Torrc. Enlever : 

Fist clievalerie acesmer ; 

De toutes pars les vol enclorre 

Que l'en ne les li poist torre ; 

Ainsi les vot il acoler 

Qu'il ne s'en pouisscnt voler. (Ms. 6812, f. 8i.) 

Torréfier. Cotgrave. 

Torrentin. Qui appartient aux torrents. (Cotg.) 

ToiM-hene. Tyi'rbénien : « La Sicile, isle en la 
« niL'r lorriicne. ■■ (Du Bellay, VI, f. 280.) 

Torrion. Bastion : » Ceux on camp encore 
« reuDuveleient la batterie si furieusement que 
« tout le /orr/'ojt vint à tomber par terre entiere- 
« mcnl,surquoy on donna un assaut gênerai. » 
(lirant. Cap. fr. II, p. 20.) 

1. Tors. Ville de Tours : « Li povres orgiieillox 
» de Tors. » (Poët. av. i;;00, IV. p. 105.) — " Coupes 
« d'argent de Tors. » (Id. p. 1052.) 

2. Tor.s. 1° Tordus: « liants clochers que les 
« grans vens ont tors. » (Desch. (. '292.) —'2» Torts. 
injustice : 

Va à la tortue de tors fez, 

Povrelé de desloiauté. (Ms. 7015, II, f. iOO.) 

.l'ai voulu que tous mes tors fais 

Soient tenus comme biens fais. (Desch. f. 431.) 

" Dans à torts et à travers, » tors est le participe 
de tordre, égarer. 

Torsagement. [Chaussée ou levée : " Item, le 
« moulin du lieu de Marignan ainsi qu'il se com- 
« porto et poursuit en hébergemens, torsagemens, 
- roues, rouées, saule .. ■> (1002. Aveu du Grand- 
Lays ; L. C. de D., Glossaire de l'Orléanais )] 

Torse. Féminin du précédent, au sens de dé- 
tour : « Allez tantost, sans repos, ne sans torse. » 
(Marg. de la .Marg. 271.)— » 11 faloil qu'ils prissent 
« bien deux lieues de torse pour trouver passage. » 
(Commines, p. 103.) 

Torsement. Action de tordre. (Cotgr.) 

Torser. Tordre les mains et les bras : 

Tant luitierent et torserent 

Que le conte pris enmenerent. (Mousk. p. 586.) 

Torsins. Torches : » Recepte des torsins de cire 
« dcus au terme de Chandeleur. » (Du Cange, sous 
Tortisius.) 

Torsion. « Tort injurieux, torsion ou injure. » 
(Du Cangê: sous Tortus, I.) 



TOR 



- co - 



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Torsis. Torches : 

De gros lomis h granl foison 

Avoit en la dicte maison 

De quoy trop mieulx fut alumée 

El grans feuz y ot sans fumée. (G. de la BUjne, (. AA.) 

Torsoiiniere , Torsonuiereinont , ïor- 
tiunnnire. ^Se ilil clune action iiijiisle : « El 
« l'opposition d'iceliiy delTencieur soil diclc tor&on- 
<• nicre et torsoiiuieteuient faicte. -> (l'iôO. Procé- 
dure contre le curé de Sainl-Ay.) — « Et partant, 
« avons dit et disons laditte maintenue el garde 
• eslre torcioniiaircs, les retenons et niellons au 
» néant. » (1412. Sentence de la prévôté ; L.C. deU., 
Glossaire de rOrléanais.)] 

Torsure. Action de tordre. (Cotgr.) 

1. Tort. 1° Tortu, contrefait : « Les sains font 
.. les ton aller droit. • (Mod. fol. 215.) — « Tort ni 
« droit. . (Ms 7!»88 % f. 2il.) 

Ton qui ne set chevaucher droit 

Clochant passe la nieslrc porte 

Car un cheval hoiteus le porte 

Qui ne cloche fors de trois piez. (ils. 161î>, II, f. 100. j 

2» Détour : 
Tant va de tort et de travers 
Qu'il est venu en son païs. (Fahl. de S. Garni, p. iC2.J 

3»Inji)stice; le pauvre peuple dit dans une plainte : 

Par vos arts et par ces pratiques 

Nous faisiez du droit le tort ; 

Bien estes causes les pluseurs 

De partie de nos douleurs, 

De nos pertes et de nos gas ; 

Bien en pouvez crier helas. (Monntrel. I, p. 393.) 

« A esté fait au tort le roy et au droit le comte. » 
(Ducliesne, géuéalog. de Bar-le-Duc, p. 31.) 

A Guillaume on! si tout toUoit 

Qu'il ne peut faire tort ne droit. fliou, p. 235.J 

« Les plus forts, en ccst endroit, ils tiennent tort 
« aux plus foihles. » (Am. ressusc. p. 40.) — « Le 
a roy et ma dame me tiennent tout le tort et ne 
« veulent que me destruire. » 'J'asq. Reclierclies, 
p. 710.) — « Entre femmes et maris ne doit nus 
« avoir tort. • Ms. 7080 \ f. 214.) 

Tant ont aie et tort et droit 

Qu'eles sont en la cort entrées. (Ms. lOlô, II, f. i-'il.) 

4» Celui qui a tort : « S'il arrive la question entre 
« ceux qui prétendent eslre héritiers simples qui 
« d'eux tous le [ilus prochain et le plushahille, la 
« portion litigieuse est mise en séquestre pour le 
« droit d'un cliascun aux dcspens du tort. « (Nouv. 
Coût. r.cn. J, p. 708.) 

2. Tort. Lit, du latin tortis : 
Ce peuple simplement vestu 

Par long temps, sans decepcion. 

Des fruiz, des glans, 11 courant nu 

Fut leur boire et potacion ; 

Leur lit, leurhabitacion 

Estoit soubs arbres, ly rainssel 

Furent leur tort et couversel. (Dcsch. f. 3S1.) 

Tortant. Tordant : 

Ses mains tortant 

Ça et la son chief transportant. (A. Cliarlier, p. GAI.] 

Tortan. Tourte : 

Tout le gabent et tout huent. 

Maint pot et maint (oc/au.li ruent, (ils. 1980, f. Oi.J 



1. Torte. Tourterelle: 

Tortc ki pert son compaignon 

Ne fu un jor de moi plus esbahie./P. av. 1300, III, 001. j 

2. Torte. I" Tordue : « Tortc lousche fait droit 
» fu. » (Prov. du Vilain, fol. 70.) — 2" Contrefaite. 
(V. ToiiTKME.NT.) — 3" tjui a tort : 

Li droit n'ot point de droit 

Ne la torte n'ot tort. (ils. 1615, I, f. 03.} 

4° Tourte : 
Le povre mongue sa torte 
Ses aux, oignons, sans cremeur. (R. Gaguin.] 

5» lîlé moteil pour faire les tourtes de pain bis : 
» L'esmine de froment, torte el seigle fmesure de 
« Brascy) est plus grande que celle de Dijon du dix 
« septiesme. » (C. i;. 1, p. 857.) — G° Corde. (Notice 
du liom. d'Alexandre, fol. IC.) — 7° Tour bon ou 
mauvais : 

Travers nos a bien enchanté 

C'est cil qui son bacon emporte ; 

Jlais ge l'en ferai une torte 

Se ge puis, ainrois qu'il s'en tome. (lahl. de S. G. 171.) 

Tortoan. t» Tourteau, sorte de gûlcau : « Ter- 
« tenus en paele. » (liai, de Quaresnie, fol. 02.) — 
2° Terme héralditiue; figure ronde eu émail, qui 
serait dile besani en or et plate en argent : « C'est 
« un escu à .m. torteaiis. » (Ms. 7015, H, f. 102.) 

Tortoil, il. l» Torche : 

Il venist lors en repostaille 

Ou par nuit devers les courtils, 

Sans chandele et sans torlils. (Rose.) 

2° Terme héraldique: « Le bourelet du casque 
« estoit nommé torteil ou torlil parce qu'il estoit 
« fait de rubans entortillez. » (Méneslr. p. 31.) 

Toi'teis. Torche, flambeau : o Et moût y ont ars 
« de grans /0)'/f;s. » (Perceval.) 

Tortol. Tourte de pain : 

Li boulenguicr le pain fera 

El li forniers l'enfornera ; 

Tortel aura el son fornage. (ils. 721S, f. 175.) 

Tortclet. Tampon : « Tortclet de poil de che- 
<■ val. " (Médcc. des chevaux, p. 22.) 

Tortelle. Cresson de fontaine. (Cotgrave.) 
Tortellécs. Doudins de la frisure. (Colgr.) 
Tortement. De travers : 

Sa lance est de droit orfeline. 

Car trop est conlrefete et torte ; 

Et tort, qui tortement la porte 

Contre droit esperonne et court, (ils. 7615, II, f. 100.) 

Toi'tent. Tordent : 

Leur cotes gambesiés tortent 

Aucuns d'entre eus el puis se routent. (G. Gidarl, 581.) 

Toi'this, Torche : « Laquelle damoiselle lenoit 
« en sa main ung torttiis. » (Percef. VI, f. 55.) 
Tortiaii. Tourteau : 

Du torliou puant li garl ; 

Li ai bien fet meiigier sa part. (ils. 721S, f. 200.) 

Torticer. Tresser : » Vien d'if et de cyprès un 
« chapeau torticer. » (Baïf, f. 04.) 
Torlicolor. Tourner le col. (Cotgr.) 
Torticulor. Faire l'hypocrite. (Bab. II, 285.) 



TOR 



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TorlitHix. Oui L'iierclie des détours: » Kl me 
« seuihle iiu[iossil)leriu'un esprit divers et toi'Uc'ux 
« soit re:d. <• (Aui. ressuse. p. l'iO.) 

Tortille, Kiitouréd'un turban: « Pour eimier 
" une lesle de More torHUée et dindeniée d'argent.» 
(La Colonii). Tl). d'iionn. 1, p. 1)1.) 

TorliUis. 1" Sorte de berlingot tortillé: •< Il y 
« avoit jusfiu'à des lortillis de suere de diverses 

• couleurs. » (Le Labour. Voyage de la reine de 
l'ologne, p. t>l3.) — 'i° Houcle frisée : 

Cent pptils Cupidons ù l'houre 

A Peiitovir de sa chevelure 

Uranloyont leurs aillerons mollets, 

Et les boucheltes zephyriiie.3 

Frisotoyeiit ses blondes crespiiics 

En cent lorlilloiis annelels. (H. Bell. I, f. 5 t.] 

Torlionnairoincnt. Injustement. (Colgr.) 

Tortipcz. l'icd-bot: « Ce Lorlipe^ si picrocboUe.» 
(noucliet, Serécs, 11, p. 144.) 

Tortii*. Tordre: » Lances tronçonner et lorllr.^ 
(C. (iuiarl, f. ;52i.) 

Tortis. 1° Droches d'argent garnies de viandes 
rôties servies sur la table. (Perceforesl, 1, f. 51.) — 
1° Cuirlaude de lleur: 

Les rares llcurs de l'abondante corne 

Sont les tovliz de la beauté qui orne 

L'imnnortel bruit du lustre de nos ans. (L. Le Cat-on, 11.} 

3" » Torils cavez, » sentiers en zig zag. (Cotgr.) 

— 4° Cliaiae d'or: 

Mainz maus morteus a amortiz 

Dont nés a maint beaus tovliz, 

Maint parisi, mainte roelle ; 

D'oltre roio nos aroele, 

Plus gaagne ele de chandoiles 

Que ne face nostre apostoiles 

Qui adés gist à Saint Maurt. /".S" Lêocad. f. 33.) 

" Le collier dudil ordre composé d'un lortis de 
« cbainesd'or. » (Favin, Théàt. d'honn. I, p. 731.) 

— 5° Action d'entraîner dans un tourbillon : 
Comme une poudre en un rien consommée 
Que le toi-tis d'un tourbillon de vent, 

Loin du regard, enmy l'air, va mouvant. fJamiii, p. 30.) 

(j" Àdj. Tortueux: « Ou comme le lierre, en 
« tournoyant, se plisse Contre un cliesne moussu, 
<i d'une alleure torlisse. » (R. Belleau, I, p. 24.) 

Tortouere. 1° Tourtière. (Colgr.) — 2» IIous- 

sine : • Tous les piqueurs de la meute doivent 

« avoir chascun une bonne houssiiieà la main, que 

• Pbebus (Gaston) nomme tortouere pour tourner 
« les brancbes, en piquant par les forts. » (Fouill. 
Vénerie, f. 3'J.) 

Toi'tre. Tourterelle: « Onques tortre qui pert 
« son compaignon Ne remest jor de moi plus 
« esbabie. » (Poët. av. 1300, I, p. 485.) 

Torti'ier. Semi prébende : 

Cy gist Bacchus le vaillant champion 
Qui en son temps, ainsi qu'un franc pyon 
A maint godet et maint verre esgouté 
De bien boire ne fut onq desgouté 
En son vivant bon chanoine tortriei; 
D'Ausserre fut en ville et champs tortier ; 
Prend homme estoit et de grant renommée. 

R. de Colleryo, p. 203. 



Tortii. u Le serpent tortue. • (Marg. de la Marg. 
f. lO'J.) — " Torlu bossu. ■• ;()ud.) — • Dois torlu, » 
vigne. (Id.) — " Torlu il t'aime , il le rit torlu. » 
(Id.) — " Torluc buscbe l'ail droicl feu. >• (Cotgr.) 

Torliiol (saint), liaccbus, dieu du bois tordu, 
de la vigne : 

Quant il voit la dame lié, 

Par le vertu saitil Torlucl, 

lu maint preudom fait muel, 

Dou set il bien k'il pora vivre. 

Quant il le sent un petit yvre. //'. av. l.'iOO, IV, p. iS-'éO.J 

Mais qu'ils aient avant baisié saint Torliiel, 

Et si chantent tout sans livre vies et nouvel. 

Chans. du xin' siècle, tus. Bouh. f. 280. 

TortiieiTos. Injustes: " Les prevosts et autres 
« ofliciers qui sont dessous eul.x, (jui sontdeloyaux, 
» lortucrres ou e.vaucionnaires ou suppecenez 
« d'usure, ils ne sorliioul en leur bonneur, mais 
" corrigeront leur excez en bonne foy, sans 
« emport. » (El. des oflic. du duc de Dourg. p. 300.) 

Tortmnent. Obli(iuement: 

L'une il tranche du bout de sa queue ondoyante, 
Puis entrecoupe l'autre en ses plis lortumenl 
Où le bout de sa queue aboutist droitement. 

«cin. Belleau, 1, f. 176. 

Torture. « La doulce torture, » se dit du vin, 
parce qu'ayant bu, on dit tout ce qu'on sait. (Oud.) 

Torturer. Courber. (Cotgr.) 

Torturier. Injuste. (Sei'm. de S. Bein. p. 153.) 
— « Fu Dieu en l'aide du Sarasin tenant mauvaise 
« loy (pour ce qu'il estoit de ses faitz droiclurier et 
» bomme de justice) et confondit le cbrestien qu'il 
« trouva faux, tyran, /oc/iu'/c/- et bomme vicieux. » 
(Mém. d'Ol. de la Marcbe, p. 28.) 
Sire bailli, nous appelions 
De ce grief comjne loi-twiei: (Dcsch. f. S33.) 

Torve. Qui a l'air faroucbe. » (.1. Marot, p. 32.) 
Toriin. Tour : « Là ferma un chastel sus un 
» torun. » (Mari. V, p. 031.) 
Tos. Tous : 

Les uns après les autres : 
Dont commanda avant venir 
Ses gardes, et tos et tos regeliir 
Qui li a manger doné 
Tant com en la charte ot esté. 

Vie de sainte Catlier'me, Sorb. CO. c. 47. 

« Tos dis, » toujours : 
Si l'ai empris. 
S'il verra tenir à tos dis 
Se Deus n'en a de moi merci. (Ms. 7015, II, f. 174. J 

« Tos tans, » en tout temps : 

Li jors tos tans nouveaux 

Ke de s'amors me fist don. (P. av. 1300, III, p. 10'22.] 

« Tos poixans (Serm. de S. Bern. p. 11), » tout- 
puissant. 

Tose. Jeune fille (voir Touse): 

Tûse de grant beauté plaine. 

Ses bestes gardant. iPuiJt. av. 1300, II, p. 017. J 

Tosiclie, iqiie. Toxique, poisson: [» Cil qui 
« plain sont tout de tosique, Adonc si dient qu'au- 
« tenlique Ne vrai ne sunt pas si miracle. » (Gaut. 
de Coinsy, p. 17G, éd. Poquet.)] 



TOT 



G'I 



TOU 



nUiec fil morl par un losichc 

Que li donna, par felonnie. 

Un pautonnier : Dieu le maudie. (Vace.J 

Tosquanne. Toscane: " Li plussaiscmarchennt 
. sont en Tosquanne. » (Poët. av. 1300, IV, 105-2.) 
Tost. [Tôt, du lalin ^os/H.s, briilé, par allusion 
à la rapiifilé avec hu|uelle la llammc se propage] : 
Qui tost donne deux fois donne. • ^Colgrave.) — 
Je serois d'avis de nous relirer en pays eslrange, 
par Iburme de parenthèse, et suivre rordonnance 
des médecins encontre la peste: lost , loin et 
tard. • (Lelt. de Pasq. I, p. 278.) - « Si très tost 
que, • aussitôt que. (l^roiss. I, p. 141.) — • Le 
nouveau seigneur d'aucun héritage de franc aleu 
ou roturier, hors le cas où n'est requis, vest et 
devest et ne se doit mettre et immiscr dedans 
ledit héritage que premièrement il n'en soit vestu 

ni ensaisini! pur justice autrement il en 

escheoil en amande.... appellée l'amende de tost 
entrée. » (C. G. I, p. 51'i.) 
Toste. Cens, redevance (voir Tolte): « Ne toste 
. ne taille levée. » (Ms. G8I2, f. 85.) 

N'escrit ne voi qui point enseigne 

Que qui to-ite veut maintenir 

Que nul proufîst en puist venir. (ils. 6S13, f. 80.) 

Tosté. [Dupé; en ce sens, le peuple dit encore 
l'OUSti] : « Les dils maris, s'ils ne jouent, si sont ils 

• tant las de leurs femmes qu'ils ne devisent ny 

• prennent plaisir à deviser avec elles, el aussi l'on 

• les reputeroil bonnes duppes et tostées d'entre- 
« tenir chascun sa femme. « (.\rrest. amor. p. 'dl.) 

Tostce. Rôtie: • Nous avons dejeunédes /os/e'es 
« à l'ypocras et îi la poudre de duc. » (Petit Jean de 
Saintré, p. 65'2.) — » Faire tostées, » brûler, rôtir, 
dans l'Hist. de S" Léocad. f. 32. 

Tester (se). Se chauffer : « Tl regarde el voit le 
« feu grant et merveilleux et recongnoist le bergier 
« qui se tostoit près le feu. » (Percef. l, f. 47.) 

Tostjf. Hàlif: » Choses tostives ne sont pas 

• communément de durée. « (S. Jul. Mesl. Ilist. 557.) 

1. Tôt. Toux: 

Il est vieux et rassotés 

Et si a le lot. (Poët. av. 1300, II, p. 0S4.J 

2, Tôt. Tout, adj. et adverbe : « Tôt quen que. » 
(Du Botichet, Généal. de Coligny, p. 58, an. 1208.) 

— « Le somont de <o< assembler. " (Ms. 7015, II, 
f. 16i ) — .. Est ce lole la lin. » (Ms. 7989', f. 71.) 

— • Sans lote corruption de pechier. » (Sermon 
S. Bern. p. 17.) — « Senz totes aïues. » (Id. p. 19.) 

— ' Toth fait. • 'Serm. de S. nern. p. 8.) - ' Tôt h 
« primier. » (Id. p. 300.) — . Del tôt. » (Id. p. 339.) 

— " De tût en lot. « (Rymer, I, p. 50, an. 1259.) — 

• Tût par tôt. » (Serm.'de S. Bern. p. 54.) 

Et li clers tôt aclès desmore 

Por ce qu'il veut savoir lor fin. (Ms. 1615, I, f. 105. J 

Tôt autressi com li esche 

A. mètre au feu alumer 

A li celer avec l'amor 

Qui vuet avoir joie et honor. (ils. 7015, II, f. 133.) 

Totage, aifje. Total (Thaumass. Coût. deBerry, 
p. 347.) — • Si plusieurs héritages sont vendus 



« ensamble pour un mcsme prix, le seigneur direct 

• n'est receu à demander la retenue de l'un sans 
« l'aulre. si le /o/n^edes choses vendues est tenu 
« de la directe. ■> (C. G. II, p. 451.) 

Tote. Pxedevance, mot fait sur tollere: 

m. livres de sotps 
Pour aquiler toutes les tôles. (ilousk. p. 811.) 

Totions. Mot l.itin, autant de fois : « Remon- 
« trenl (jue par telle raison qu'il a esté ordonné 
« que renie coiislitMée ù prix d'argent es villes sont 

• raclietMbles totiens qiiotiois, par mcsme raison, 

• les rentes consliltiées hors les ditles villes doivent 
« estre rachettables el de ce font requestes. >• (Nouv. 
Coul. Gén. 111, p. 1188.) 

Totiiin. Jeu, dans Cotgr. 

Totiaçje^. Remorquage. (C. G. I, p. 744.) 

Touaillc. Toile, serviette : 

L'autre portoit une touaille 

liles en sont alées droit 

L'on li chevalier gissoit. (ils. TJS9 ', f. 54.J 

L'eve li donnent à ses mains 

Et le Umnilte à essuyer ; 

Apres li donnent à niangier. (ils. 7989, f. 55. J 

' 11 fut dans peu de jours ensuivans eslranglé 
« d'une touaille ou serviette et mis à mort. » 
(Matth. de Gouci, Cha: les Vil, f. 507.) 

J'ay blanche touaiHe au castel 

Doiit le roy essuyé sa bouche. (Desch. f. 377. J 

« Pour rafraischir les Franijois du grand travail 

« qu'ils souffroient, les femmes leur bailloienl 

« vin, viandes, fruicts, vinaigre eUo»a!//fs blan- 
« ches. » (Ilist de la pucelle d'Orléans, p. ,501.) — 

• Le chaiilt esloil grant, si abbal la royne la 
« touaille de devant son vis ; si la voit Ldncelot 
» tout ?i descouvert. « (Lancel. II, f. 12.) — « Les 

« officiers doivent estendre touailles et nappes 

« partout sur l'herbe vert, et mettre viandes diver- 
« ses el grant foyson dessous. • (Gaston Phébus, 
p. 180.) 

Cuers sans cors ne vaut neent, 

Biau présent avez sans touaille. (ils. 7S18, f. 279.) 

« Virent yssir les anges qui avoient apporté 
« Joseph, dont les deux porloient deux cierges et 
« ]fi tiers une /f)»^////e de samit vermeil. » (Lanc. 
III, f. 114.) — » Touaille de Plaisance, « fabriquée 
à Plaisance, dans J. de Saintré, p. 330. 

Toiiaillon. 1° Tablier; voyez Toiillon. — 2» 
Servictie : « Veissiez femmes leurs testes de /OîjaJ/- 
« Ions lier, et prendre cros, hâves, pilées, que- 
» noueillcs, fléaux, fourches, tout ce qu'ils trou- 

• voient de mesnaige de quoy ils se pouvoient 
« aydier; si alerent ù la meslée. « (Mod. f. 297.) 

Tonasse, ier. Lourdaud. (Cotgrave.) 

Touce. Touche, verbe : 

T,a bole bouce 

Dont la douçors au cuer li touce. (ils. 7989 ', f. 50.) 

Tourhc. 1' Titre des métaux précieux, au pro- 
pre et au figuré : • Nul orphevre ne peut ouvrer 



TOU 



— C3 - 



TOU 



« d'or il Pui'is qu'il ne soit à la toiiclie de Taris ou 
• meilleur. » (Ord. 111, f. 11.) 

L'or n'aiiiasscieiit do touche 

Dont maint cuers sont affudis 

Lasclies et acouardis. (Dcscli. f. 77.J 

" Ceux (de la cour) doiveiil eslre de la touche. « 
(Ms. (iSI2, f. 50.) — " Il (Si (le bas or, il ciainl la 
« touche. » (Apol. d'ilérûdole, p. "IVl.) 

forlnno indécente, 

Cfi n'est pas or ne (ie l'iieure présente 

Qne lu prens à ceux de haute touche. (Varot, p. 06. j 

2° Expérience ; ou lit d'un prcîcepleur du roi: 
« 11 eu clioisiroil un autre de meilleure elod'e, 
« quand il seroit plus grand pour l'élever et lui 
« donner louUes les touches tiecessaii'es pour sa 
« iiaifaile inslruclion. » (Méin. de Viller. V, f. 'iOi.) 
— 3° Caresse : 

Et s'ot on lui si douce louche 

Qu'il vout estre mis en la couche. [Ms. 1218, f. 293.} 

Dont vendroit or celle louche. 

Dont si touchée se senti.st, 

Qu'à moi regarder s'assentist. [ils. 0S12, f. l.J 

4° Renconlre de deux adversaires : 

En ch.icune touche 
L'acier croist et le fer rebouche 
Quant sur les hyaumes s'entr'atnignent. [Cuiart, f. 23d.J 

5° Bois : " Vous aurez trois cens hommes de clie- 
« val en une embusclie voilant, que vous mettrez 
dans en celle touche de bois qui est au hors des 
. champs. » (Le Jouvencel, ms. p. 101.) — « Une 
/o»t'/(^J de bois de haute futaye et taillis, eljoi- 
« gnaiis ks maisons et jardins , renfermez de 
« fosscz. » (N. G. G. IV, p. :m.) - « Bois de touche, 
« de mariiianteau, » bois planté pour le plaisir des 
yeux. (Cotgr.) — 6" Expression : 

Si vous prie, sire, en ccste voie, 

Ainz que je mon pais revoie, 

Que de vostre suer ordouez 

Et d'autre mari l'assenez 

Tel coin vous voudrez, povre ou riche ; 

Vez ci de la louche /iche ; 

Je ne sai qui le li querra : 

Mes jamais o moi ne gerra. (G. Guiart, f. 31.) 

Toucheinent. Action de toucher : 

Car aussi com par le buvraigo 

Se purge l'ardeur et la raige 

Que l'omme a dedanz les bouiaulx, 

Semblablement se purgent ciaul.K 

Par confession nette et pure 

De l'orde pensée et obscure 

El du touchemcnt des pochiez 

Dont ilz sont entochiez. (Desch. f. 5-5?./ 

« La veue, l'ouye, l'odeur, le goust, le touclie- 
« )nent ou le sentiment par toucher. » iHisl. de la 
Toison d'or, II, f. G.) 

Touche poi. Mol à mot, touche peu : 

Qui se voit chou 
Voulsisl lors estre à louche pot. [G. Guiart, f. 354.) 

Toucher. 1° Aiteindre: « Par la couslunie de 
« France, uiiiiours ou leurs gardiens, tuteurs, ne 
« seront tenus d'aller avant contre clemande de 
« propriété qui leur soit faite, jusques ù temps 
« qu'ils soient aagez de vingt ans, ou qu'ils aient 



" touché le vinglième. » (Gr. Coul. de Fr. p. 263.) 

— 2-' Toucher dans la main; deux combattants, 
aprt's avoir joûlé, - si s'embrassercnlel touchèrent 
« les deux chevaliers et puis demourereiit frcies et 
« bons amis. - (.Mém. d'Ul. de la .Marche, 1, p. 180.) 

— 3" Arriver le premier au but, expiessioii venue 
des jeux d'enfants ; « Le comte de S. l'ol et le duc 
• d'L'rbin estant en dispute fi qui touclieroit de 
" doiiner l'assaut. .. (Mém. de Uu Bellay, 111, f. 87.) 

— '1° Toucher uu mol : 

Et pour la saison qui approche 

C'est bien raison qne je vous lodie 

De la science de cliassier. (Font. Guéi: p. 32.) 

« Touclie ù eux, et jura de leur entretenir ce qu'il 
» leur avoit promis. » (Arthur, coiinél. p. 707.) — 
j° Donner un coup de fouet : « On touclie toujours 
" sur le cheval qui lire. ■> fCotgr.) — G» Pousser en 
avant : « Ouoique M. de Montluc eut recommandé 
« à .M. Slrozze de toucher ses gens devant lui. il se 
» mit à leur teste pour monter à l'assaut. » (Brant. 
Cap. fr. IV, p. 270.) — 7° Toucher les écrouelles : 
» Commun parler entre nous, par lequel nous 
« disons nos roys devoir touclier les malades, lors- 
« qu'ils se vouent :'i les guérir. » (Pasq. I.ett. l,/i8j.) 

— 8°« 'jTohc//^??" des yeux jusques au cerveau, » avoir 
les yeux enfoncés. iColgr.) — {)» Tàler de : a Entre 

— Jehan et Phelippel, Bertaut et Kslievenet, en 
" grand déduit sont menu et souvent, quant il sont 
« assemblel de bien chanter, ne se faignent noient, 
« mes qu'ils aient avant toucliiel du bon vin. • 
(Chans. du ms. Bouhier, f. 336.) 

Toucheur. Qui fouette: <■ Toucheur d'asnes. • 
(Colgrave.) 

Touchie. Pierre de touche, au figuré : « Fols 
« à la damasquine, fol de touchie, fol d'azemine. » 
(Babel. 111, p. 207.) 

Touchicrent Joignirent: ■■ Leurs gens ensem- 
•> ble louchiereiit Et par la mer les envoyèrent. » 
(Ms. 0812, f. 89.) 

Toudis. Toujours: ■• Ententif seray mais tondis 
•' D'avancier amour et son nom hauchier. • i,Vatic. 
1400, fol. 24.) 

Tondre. Oter, enlever: 

Pren du tien premièrement. 

Puis de l'autrui courtoisement, 

Sans loudre. (Ms. 6812, f. 50.) 

Sache que il (l'évêque) le souspendra 

Et li tondra son bénéfice. [Ms. '7218, f. 530.) 

« Donner puis loudre n'appartient h prudome. » 
(Ms. 0812, fol. 55.) 

1. Toue. Tienne : 

Que nulle terre ne remaigne 

Deçà les mons qui ne soit loue. [Brut, f. 84.) 

2. Toue. Bonde d'un étang, dans le Morvan : 
« Chascun peut addresser le cours de son toue, 
» encores qu'il soit nouvellement fait, aux autres 
" prochains et anciens loues, en contribuant à 
« l'enlrelenement et neltoyement des dits anciens 
« toues. » (G. G. Il, p. 795.) 

Toueiller, eller. Salir, touiller : >■ Quant ung 



TOU 



Ci — 



TOU 



« sanglier... vient au fueil et se boute dedans et se 
toueile parmi le fueil en la boue. » i^Mod. f. 2i.) 

Et Hubiers mont droit à la lune, 

Mist à feu Jelians de Bietune ; 

Si fu le pais louellies. (ilousk. p. '7Ô5.J 

.\rgenl est un droit enclianter.r 

Un lierres et un bareteur, 

Tout met à point et tout loiteille ; 

Il dort un temps, puis se reveille. (Froiss. poës. p. 434.1 

Toiier. Remorquer. (Cotgr.) 
Toufe. Touffe: « Peutcliascun liabilant planter 
« tous arbres sur le llepiard, ù six pieds de ses beri- 

• tages et bayes, et en peuvent couper les loiifes 
« îi 'leur priifil, sans pouvoir abbalre le corps; 
« ainsi faut iceux arbres demeurer en leureslre, 
a pour rembeliissement du village. » (Nouv. Coul. 
Gén. 1, p. oltG.) 

Toufféo. Bouiïëe: « Entre pareilz, le vent d'en- 
« vye court à grosse louffée. • (.1. d'Auton, I.ouis 
XII, fol. 80.) 
Touffeur. Temps cbaud, étouffant. (Oud.) 
Touffcn\. IJeu où il y a des touffes. (Nicot.) 
Touffillon. Petite touffe de bois, de poil. ,Cotg.) 
Touillant. Hrouilion. (Cotgr.) Subsiste comme 
nom de pcisonne. 
Touillcnient. Action de barbouiller. (Cotgr.) 

Touiller. 1" Salir : » Le régent et sa femme 

« encontrcrenl la procession dont ils tindrent moult 
« peu de compte ; car ils cbevaulcboient moult 
« fort, et ceux de la procession ne porent reculer, 
« si furent moult touillez de la boue que les pieds 
o des cbevaulx jeltoient par devant et derrière. » 
(.Journ. de Paris, sous Cbarles VII, p. lO'J.) — « Si 
« nous querons délices pour acomplir les désirs de 
« la cbair, c'est vie de pourceau qui se touille en 
« la fange orde. » (Toison d'or, II, f. !205.) — <• Us 
« les touillèrent de sang en manières de playes en 
« mains, en bras et en visaige. » ^lourn. de Paris, 
eus Cbarles VI, p. 93.) — « Avoine touillée croist 

• comme enragée. » (Cotgr.) — 2» Brouiller : « Le 
« censier est interrogé oîi il a mis les jarbes de 
« bled; et s'il ne les a point touillé avec autres. » 
(N. C. C. I, p. -ilG.) — « Tout ainsi qu'il/, cbevaul- 
« choient, les flamerolcs les suivant alloienljous- 
« tant ai)rèseuix, enlre /o!(///a«f l'une avec l'autre, 
« ainsi que ce fussent mouches. » (Percef. 11, f. 13.) 

Touillcur. lirouillon. (Cotgr.) 
Touillou. Souillon : 

Tu es laide et enfarinée 

Certes tu n'es qu'un droit touillon. 

De quoy te sert ce touaillon. (Descli. f. 33"!.) 

• Maintes fois celuy qui aura une belle femme, 
« s'ira accointer de sa chambric're qui sera une 

• touillon, une salisson. » (Cont.de Cholières, I5'2.) 
Toujours. « A toujours mais , » à jamais. 

(Chans. deTliib. p. 4.) 

Touldrc. Enlever : « Sans rien touldre ne 
« rapincr. » (Desch. f. 4GG.) — « Ainsy ;\ S" Eglise, 
« quant l'ung lui toutt, l'autre l'escorcbe. « (Chr. 
de S. Denis, II, f. 170.) — « La leste vous touldrai 



' par dessous le menton Si que jamais n'aurez 
» besoin de chapperon. » (Cuvelier.) — « Se il 
« arrivoit que uns lierres eut emblé aucune chose, 
« et cil qui la chose seroit la tousist au larron sans 
» jusiiche, et li lierres requerroit îi eslie resesis, 
" avant toul il le resesiroil. » (D. C. sous Tollere.) 
— " L'invariable savoir (de Dieu) ne tout point la 
« franchise de humaine liberté. » (Modus, f. 2-12.) 

Toulote. Tolcde : « Ma femme a esté ;^ Valele ; 
" Elle scet tous les ars de Toulete. •• (Modus, 
f. 157.) 

Toulouse. » Toulouse la justiciere, Paris la 
« dcvotieuse, Lyon la marchande. » (Eavin, Théàt. 
d'honneur, 1, f. i't't.) 

Toultc. Malelùte : « Firent ses gens tant de 
« toiiltcs et rapines. » (Chr. de S. Denis, I, f. 1!)7.) 

Toup. Toupet : « Le prélat qui fait la cérémonie 
« prent le crcsme et l'oint par dessus le toup. » 
(Assis, de .lérusalem, p. lt)l.) 

Toupace. Topaze : « En la coronne ot pierres 
« fines... Toupaces et crapaudines. » (Ms. 7Gi5, II, 
f. 189.) 

Toupe, el, et. Sommet : • Lors la prent par 
« la loupe de son atonr. » (J. de Saintré, f. CGO.) — 
« Del /o«/;c/ dusqu'à la racine. » (Eles de Courtoisie, 
ms. de S. Germ. f. 39.) — ■• En une cité qui siet 
» sur le toupet à'uuii baulle montaigne. » (Chr. de 
S. Denis, I, f. G.) 

Toupiet*. Tournoyer comme une toupie, tou- 
piller : « Il n'est à toupier à l'enlour du buisson, 
« ne circuir par paroles; verilé ne quiert larde- 
« ment ne demeure ; mais veult qu'on vienne tost 
« et droit à l'csliquete sans circumlocutions. » 
(Toison d'or, II, f. 21 1.) 

Hersent a son regart mis 

En Foukier qi se coroie 

T'itiyniiit o le coispel ; 

Tout enlour son iloile mouvel 

El sifloit tout a devis. (Vatic. i'tOO, f. iii.J 

Toupillon. Petit paquet. (Cotgrave.) 
Toupillonnei". Empaqueter. (Cotgrave.) 
Toupillouuet. Douchon. (Cotgrave.) 
Toupoie. Toupie : 

Pui.-; que j'oi le cop de retraite 

Dont je garder ne me Savoie, 

Vous m'escuriUistes ma toupoie 

A telle eure qu'ains puis n'oi joie. [Ms. 1218, f. ûl.j 

Toupont. Bouchon : « Pour le resjouir au 
« malin, faisoient devant luy sonner des voyrres 
» avccques ung coulleau, ou des flaccons avecques 
« leurs touponts, ou des piuthes avecque leurs 
« couvercles. « (liabelais, 1, f. 39.) 

Touppiei". Toupiller, tournoyer : » Partit d'un 
« autre coin un faucon qui vint /o»/)/)/('r et prendre 
son vent pour monter le héron. » (Matthieu de 
Couci, Cbarles VII, L G7I.) 

1. Tour. Tort : « Le grand guerrier ù tour et à 
« travers Menoit les bras d'une force incroiable. » 
(J. du Bellay, p. 328.) 



TOU 



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TOU 



2. Tour. Du latin titrris : « Je me possède 
« parler d'iing aiillre eiijîiii appelle tour. " (Joii- 
vcncei, r. 80.) — « Tour ce vous tien ma clame el 
" ma (locsse, Mon refujïc, ma fortresse el ma Iniir." 
(Descli. fol. I8'(.) — " Vous devez s'il y a aucunes 
« tours el Iriangles les bali-e el abalre le plus ([ue 
« on pourra. » (Le Jouv. f. 83.) 

Le roy do Franco moult douta; 

Voloritiors ralast ;\ l'ostour 

S'il ne iloutast lui et sa taur. (Mousk. p. 50'i.) 

On ne pourroit trouver meillour 

Ne plus loyal, car c'est la loitr 

\)(\ hioii celer, 
Tout Ijicu fait ou lui son domour. (Dcsch. f. iOO.) 

3. Tour. 1" Machine pour façonner en rond le 
bois, l'ivoire, au propre el au ligure : 

Seconde n'a ne première 

En bien, en sens, en manière 

N'en gentil corjis fait à Inur. (Dcsch. f. iOG.j 

2» « Tour, tournct, lournoir, forme de cage ou 
« lournele d'ais, ouverte d'un côte, roulant sur un 
pivot, à la feneslre d'un couvant de nonnains. » 
(Monet.) — 3° Tourniquet: « Aussi doit il avoir un 
« maillet pour fichier les chevilles où les reiz s'at- 
« tachent, aussi un petit tour pour tirer les cordes, 
« car un homme les tirera mielx il ayse que ne 
a feroyciil six senz tour. » ((îast. Phéb. p. 3(l(i.) — 
" Draps filez au /o/o', cardez et fait à deux pas. » 
(Ord. V, p. 193.) — « El avecques ce convient avoir 
« tour t'i arbalesles ou à croc. » (Le Jouv. f. 8.").) — 
4° Dourrelel d'osier sur lequel on servait les plats: 
« Lors entra une pucelle qui apporloil viandes ù 
« plante, puis mist avec la main la viande sur ung 
tour. » (Percef. V, fol. (iO.) — 5" Manière, moyen : 
« Leur fust baille un maistie pour leur apprendre 
« le tour do combalre. « (Mallh. de Couci, Charles 
VU, p. Oi)C.) — » Si employèrent le temps pour 
« néant ù démarrer \h ; et ne veoyeut tour ne voye 
« pour quoy ils poussent rien conquerre. » (Froiss. 
I, p. 99.) — Ressource : 

Saichez qu'icy je ne voy (oui- 
Que ne soyez à déshonneur. (G. de la Bigne, f. Gi.J 
Et d'autres genz merveilleus nombre 
Qui n'ont mais d'eus delTendre (oui-. (G. Guiart, f. 82.) 

6° Action qui exige de l'adresse, de la finesse : 
« Vous m'avez fait le meilleur tour que jamais 
« homme fisl h autre et me monstrez la grande 
« fiance que je dois avoir en vous. » (Robert de la 
Marck, ms. p. 381.) — « 11 ne fait pas le tour q\xi 
« veut, » refrain d'un vieux rondeau passé en pro- 
verbe. (Eulrapel, p. 450.) 

De tous mes maulz et perilz 

Elle me bailla deux fins lo^irs, 

Et me dist, sans plus de séjours 

Pour toute resolution 

Que son roary, dedans huit jours 

S'en alloit en commission. (Coquillavl, p. 151.1 

« Fut très aise le pape des nouvelles que le roy 
« lui envoya et du bon tour qu'il luy faisoit de le 
« convyer pour son compère el envoya en son lieu 
« tenir le daulphin, le duc d'Urbin son nepveu. » 
(Robert de la Marck, p. 337.) 

Après, sans longue demorer. 

Vint meser pour moi enquerre 

Comment tours, en ceste terre, 



Un siens filliaus se maintenoit, 

Et comment il se conterioit. (ih. lOiH, I, f. iiO.j 

7" Rang successif, alternatif: « Si vindrenl à luy 
« les complaintes de la destruction que les N'ormans 
>• avoyent faite delà bonne ville de II:inlonne, et il 
« dit<iue s'il venoil h tour, il leur feroit clierement 
« comparer. » (Froiss. I, fol. 5'(.) — « Sont .nii. de 
« quoy en voile, qui voilent {\ tour q\. .11. qui volent 
« de poing el luenncnt de randon. » (Mod. f. 108.) 

Oui d'amors quicrt plus grant laissor 

'l'os en est pire au chief del tour.(l\av. i.300, 111, lOS'i.J 

Jusqu'à sordiaus ala traçant 
Le roi d'Englclcrre chai.-ant 
Qui ouc ne fist d'alendre tonr. (G. Guiart, f. Hi.) 

« Quand elle (la chanson) fust chantée, le tour 
" cessa et le roy print à dire, il convient cesser la 
« feslc. » (Percef. VI, f. 95.) — 8° Rasade distribuée 
aux convives: « Li hosles est par de lès Qui dit : 
« bevés ; Et (|uand vins faut, C'escrie, si nous faut 
« Un tour de vin. » (Chans. du ms. Douh. f. 52.) — 
9° Tournée, voyage: 

Quant .inglois le roy venir sent, 

Ne font plus en sa terre (oui- 

Ainz se metcnt tuit au retour; 

La bataille vont eschevant. (G. Guiart, f. S'.j 

10" Embuscade : « Les ennemis ne vous ont 
« donné aucun tour ni atteinte. » (Mém. de Dass. 
p. 381.)— « L'en met les besles au /our en deux 
« manières; l'une si esta afuster les arcliiers quant 
« l'en trouve les bestes ou couvert du cheval, l'au- 
« tre manière ou couvert d'une charrette. » (Mod. 
f. 77.) — 11° Cercle : « Les deus chevaliers se si- 
« gnerent de leurs bannerolles et puis prirent les 
« haches el marchèrent l'un contre l'autre moult 
« vigoureusement: l'espagnol tenoit sa hache, le 
« maillet devant son visage, un grand /o;n' loing 
« de la main par manière de garde. » (Olivier de la 
Marche, I, p. 183.) 

Expressions : 1» « Tour de bec, » baiser. (Cotgr.) 
— 2" « Tour de Basque. » (Cotgr.) — S» « Les am- 
« bassadeurs qui savoient le tour de leur baston. » 
(Roucicaut, p. 300.) — « Le roy de Navarre disoit 
« que le duc d'Anjou par ses lêllres cherchoit à le 
« décevoir et lui vouloil bailler du tour de baston ; 
« mais qu'il se faindroit aussy et lui donneroit du 
» tour du baston comme il luy vouloil bailler. » 
(Chr. de Nangis, an. 1377.) — « Ung chevalier ne 
» daignoit ferir ung autre fors par devant, et ils 
" sçavoient alors le tour de baston, si se cou- 
« vroient. » (Percef. I, 55.) —4» « Tour de Breton, -> 
croc en jambe. (Oudin.) — <■ Le roy d'Angleterre 
« (Henri Vlll) prit le roy de France (François I") 
« par le colet et lui dit: mon frère, je veux luyter 
« avec vous ; et lui donna une alli-ape ou deux ; et 
« le roy de France qui est fort et bon luyleur, lui 
« donna un tourûQ Brelaigne, el le jetla par terre.» 
(Mém. de Rob. de la Mark, p. 380.) — 5° « Ils se 
« festoyèrent à tour de bras. " (Rab. I, p. 235.) 

6° Tu ne vois femme ou fille 

A qui un tour tu ne joues de quille, 
Car par fauls dis et mensongiers déduits 
Faints les aimer et par là les séduits. 

Tri. de la Noble Dame, f. 130. 

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TOU 



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TOU 



7° •> Tourôe mulet qneCuillaume le BasUnl joua 
« aux moines de S" Geneviève. • (Prinl. d'Yver. 
fol. I'i3.) — 8° « Tour de pesclieur, » daui^ereiix à 
faire. (Oudin.) — 9° » Lor s'apensa de leur donner 

• ung tour (le plus sçuvoir (La Salade, f. W), » en 
parlant de l'expéilition de Sforza eonire les troupes 
du roi d'Aiagon dans une rncde .Naples. — 10° « Le 
« roy mist grands jïuets, et grands gardes environ 

• l'église, a'filn ([u'il n'esuhappast et disl : je savoye 
« bien que ce Iraistre feroit encores uns; tour de 
<i son mestier, mais je l'eu garderay. » (Le Jouvenc. 
p. 505.) — 11" • Tour de la peautre". » (Recréai, des 
dev. amour, p. AG.) — l-i" « Tour d'amy, de dents, 
« de Gascon. • i,Oudin.) — 13" « Faire un tour de 
o ville, » recevoir le fouet parles carrefours. ^cUid.) 
— 14° « 11 fait le tour du labyrinttie, » il peine 
beaucoup sans rien achever. (Coigrave.) — 15» Au 
tour, pour autour de : 

Droit faull, justice va au lotir 

Des mauvais et d'iceuls se père 

Sans pugnir ; c'est grand deshonnour. (Desch. f. lAô.} 

Toiiradde. 

On ne voit nymphe, on n"oit quelque nymphe 

Tant soit huppée on verd yver ne llourade 

Muse n'y a qui ne soit achoppée 

Ou escloppée, ou surprise, ou happée ; 

Cho frappée ou boutée en tourrade. (Molin. p. i33.) 

Tourago, uige. [Geolâge : « En recompense 
« des bons et agréables services que Guillemin Le 
a Clerc, valet des pallefroys de nostre très cliiere 
« compagne la royne, a fait par lonc temps ou dit 
« office, nous... donnons... l'oflice de louraije de 
« Walregarl en la ville de Xainctes en l'oiclou 
» vacant a présent parce que Jehan Monston la sou- 

• loil tenir est mesel. ■> (B. N. cab. des titres, dossier 
Chauvigny, an. i3i'2.)] — « L'on ne peut faire ces- 
« sion, pour matière de delict, injures verbales, 
« despens du procez, ne aussi pour despens de 
« tourahje, de prison. » (Coût. Gén. I, p. 770.) 

Tourbant. Troublant : 
A tous vivans de la foy chrestienne 
Pour leurs péchiez et obstinacion 
Tourhtina la loy nouvelle et ancienne. (Descli. f. 304.) 

Tourbe. Trouble. " Tourbe civile, » dans Cl. 
Marot, p. 070. 

Tourbentine. Térébenthine. Méd. des cbev. 8. 

Tourbier. 1" Ouvrier qui fouille la tourbe. (Pu 
Cange, sous Turbarc.) — '2° Témoin ouï aux en- 
quêtes par tourbes. (Loysel, inst coût. 1, p. 175.) 

Tourbière. Ras fond marécageux: » Quant les 

• mariniers veirent leui- nef fichée en la tourbière, 

• ils furent tous comme désespérés. » (Percef. III, 
fol. 102.) 

Tourbi(jiuau\. Entorlillemenl de vieilles cor- 
des trempées dansdela graisse et do la poix. (Cotg.) 

Tourbillon. Klourdissement. (Cotgr.) 

Tourbillonné. Par allusion aux tourhillons de 
Descaries: • L'esclavage de nos passions dont nous 
« sommes tourbillonnez. - (Letl. de M"" de Sévigné, 
t. V, p. 100.) 

Tourble. 1° Trouble: <■ Pour intenter veritablc- 



« ment complainte en cas de saisine et de nouvellelé, 
« est requis que le complaignant soit en possession 
« d'an et jour de la chose dont il se complaint qu'il 
« soit en tourble actuellement et le face exécuter 
« contre les turhateurs en dedans l'an dudil tour- 
« ble. • (C. G. II, 9li.) — '2° Rnquéle par tourbe: 
« Pour avoir tourble de peuple, ne faut assemblée 
« que vingt et six, car pour le nombre de vingt et 
« six se faict tourble et multitude. » (Bouteil. Som. 
rur. II, p. 7!»6.) 

1. Tourblement. Trouble: 

Les iniirtilcmcits et crucux croslemens 

.Des elemens en sont d'orape pleins ; 

Il n'est danger que de maulvais viUains. (Molhiet, iSG.J 

2. Tourblement. D'une manière troublée : 

Buvez bon vin une fye 

Et se l'air est grossement 

Ordonné et lourhlciitcnt 

Soit voslre chamlne garnie 

De bon feu, car c'est folie 

D'issir par telle punaisie. (Dcsch . f. iSO.) 

Tourbières. Turbulent : » De s^ns tourbières 
<■ ne cacoigneres. » (Règle de S. Benoit, ch. 31.) 
Tourbot. Turbot : ' 

Chiens de mer, marsouins, saumons, 

Congres, loiirho: et leurs semblables 

Qui sans escailles sonl nuisables. (Desch. f. 4S5.) 

Tourchon. Bouchon : 

Lors les fumées, par raison 

Doit en gant ou en cor bouter, 

Et d'un tourclion d'erbe estouper 

Pour les monstrer à l'assemblée. (Font. Guér. p. 33.] 

Tourd. Grive. (Cotgrave.) 
Tourdelle. Grande grive. (Coigrave.) 
Tourdille. Couleur marquetée des animaux. 

(Colgr;ive.) 
Tourdion. Contorsion (v. TonmoN) : « Jamais 

» basteleur ne feit faire plus de tourdions à un 

« singe, comme elle a fait de mon esprit. « (Pasq. 

Œuv.' meslées, p. 286.) 
Tourdoir. Pressoir: « Moulins tournant ù vent 

« et ù eaue, pressoirs à vis et lourdoirs, et aussy 

« thuilleries sont repuiez immeubles. » (Coût. Gén. 

I, p. 507.) 

1 . Touré. Environné de tours : « La ville de 
« Nantes cstoit murée, fossoyée, lourée et artillée 
<■ mieux qu'aucune autre ville. » (Jaligny, Charles 
VIII, p. ;is.) 

2. Totiré. Masque, dit aussi loup; Branlôme 
dit (|ue Montluc « portoit un touré de nez quand il 
« estoit aux champs de peur du froid et du vent, à 
« cause de la blessure qu'il avoit reçue au nez, 
« d'un coup d'aniuebuse. • (Branl. Cap. fr. 11,252.) 

Tourelle. « Tourelle à cul de lampe, » échau- 
guette. (Cotgrave.) 

Tourere. Faisceau tordu : « Nous deffendons 
« (lue l'en n'esche point les nasses cspesses, ne les 
« jonchées de toureres de chenevis. » (Ord. II, 12.) 

Touret. 1» Anclet ou boucle de cuivre où se 
passoit la lanière des getz d'un oiseau de proie. 
(Monet.) — 2° Instrument îi percer le métal. (Cotg.) 



TOU 



TOU 



— ;j° Robinet. (Monct.) — « Point île lnun'ls n'avoil 
« ùson sommeil, Fors seulement i;i clarté du soleil.» 
(Fouill. Vénerie, f. 87 ) — i" » Touret, mauRis ou 
» giive. » (Mahid. d'amour, p. 41.) — 5" Masi|ue : 

On a veu les anciens jours 

Qu'on aimoit pour un tabouret, 

l'our un espinglier de velours 

Sans plus, pour uug petit (oiivcl. fCoijuill. p. 57./ 

G" r.efrain, rondeau: « S'ils ne clianlent en leurs 
. flagols un touret. » (Percef. Il, f. 118.) 

Tourillon. 1° •< Chaque bout de sommier de 
« cloche frété et morné d'un cercle de fer, et repo- 
« .sanl et roulant dans le poalicr ou plaiiue creuse 
o d'airain, entée sur la charpente du clocher. » 
(Monel.) — 2» ■■ Tourillon de bras (Cotgr.), » endroit 
où le bras joint l'épaule. 
Toui'in. Danse : 
Petit Rouen, le grant tow-in, 
La gorgiase, la bergicre, 
Ils se courroucent au tabourin ; 
Telles dances ne sont plus en train. (Coquillart,p. 'lO.j 

Tourment. 1° Machine de guerre : « Après ce 
« qu'il l'eusl assiégé 11") joui's, il fisl drecer ses 
« pierres et ses mangonueaux et maintes autres 
« manières de /o!//'/«^'HS, et fist ciier à l'assault. » 
(Chr. de S. Denis, II, f. 8.) - 1" Torture : » Assez 
« parens, assez tourmcns. •> (Colgr.) — 3° Tour- 
mente, tempête: « Un grand tourment les print en 
« mer. » (Froiss. I, p. 8.) 

Tourmentable. Qui tourmente : « Au feu 
« ardent pénible et fOH)'m(??i/a&/e. « (Desch. f. 5G.) 

Tourmente. Torture: » Et la doulour et la 
« tourmente Qu'il convient à la chair sentir. » 
(Ms. 7(315, I, f. 109.) 

Tourmenté. Possédé du démon : « Il est, dit 

• la tourmentée, en la chambre.... faictes le mettre 
« hors de ce pourpris, ou je enrageray incontinent. » 
(Percef. VI, f. 53.) 

Tourmentine. Térébenthine : « Vulcan , 
« apporte du feu, de la poix et du bitume, et nous 
« en fais avec de la tourmentine noire et du soul- 
« phre la composition accoustumée pour les brus- 

• 1er. • (Merl. Coccaïe, II, p. 364.) 
Tournaille. Courbe. (Cotgr.) 

Tournant 1° Tourniquet: <■ Tous les champs 

• oii il y a des chemins vagues doivent estre fermez 
« par des barieres ou avec des arbres toiirnans. » 
(N. C. G. I, p. 115.) — 2» « Armoire tournante, » 
tour de religieuse. (Oudin.) — 3" Partie tournante : 

• Sont tenuz les puisnez de contribuer aux fraiz 
" des moulans, tournans et travaillant du dit mou- 
« lin. . (C. G. 1, p. 26.) 

Tournarre. Tonnerre: « En celle année si très 
« grant habondance d'eaues, de tnurnarres , de 
« fouldre, de tempesle que nul homme n'avoit 
« oncques oy parler en ce temps de si grant. » 
(Chr. de S. Den. II, f. 22.) 

Tournasser. Tourner: • i& s,en?, tourna&ser en 
« mon sein De cent fureurs les mordantes tenailles.» 
(J. Du Bellay, p. 2i7.) 



Tourne. 1° " .Soude, soute, bourse déliée, retour 
» (le deniers, compensations en argent de la plus 
« value d'une chose meuble on immeuble. » (Mon.) 
— " De novels franchises ou cuslomes, ou juises 
« levés, puis l'autre /(;Hr«e en eide ou en terre. » 
(Britton, Lois d'Angl. f. 72.) - 2» Touinée : « Le 
« marescal doit avoir, avec le haulle justice le roy, 
« par tout là il soi!, son ^oKrae ou ses alléez , un 
" clercq on un sergcant ù recevoir les prisonniers 
" et les fées (|ui appondeiit au marescal. • (D. C. 
MareseaUus forinsecus.) 

Tourne bouelles. Cabriole : 

l'reuez vos ctinppoaul.v 

De roses verineiUes 

Et ces beaulx rainceaul.K 

Tous plains de prunelles ; 

Faictes timrne bouclles 

Sur prez et sur treilles 

Au chant des oyseaul.K. [Viij. de Charles Vil, t. I, p. 80.} 

Tournebride. Action de retourner sur ses 

pas. (Colgr.) 

Tournebrouiller. Amyot a d'il tournehroui lier 
pour exprimer le mouvement de la toupie; c'est 
dans sa version du traité de Plutarq-io, intitulé de 
l'Avarice et Convoitise d'avoir. (Le Ductiat, sur 
Rabel.l, p. 21.) 

Tournedos. Poltron. (Cotgr.) 

Tournefol. Signet, tourne-feuillet. (Cotgr.) 

Tournelict. Tour de lit. (Cotgr.) 

Tournelle. 1° Chambre criminelle : « On l'ap- 
« pelle tournelle alin que l'acoutumancc ù faii'e 
« mourir et condamner les hommes n'alterast la 
« douceur naturelle des juges et les rendisl aucune- 
« ment cruels et inhumains, en exerçant continuel- 
» lement leurs charges; mais je pense mieux 
« qu'elle soit ainsi appellée, à raison de la tour ou 
« tourelle dans laquelle se jugeoient lors les procez 
« criminels qui est celle qui sert aujourduv de 
« buvelles à MM. de la Grand Chambre. ■• (Mirâuni. 
Cours souver. p. 22.) — 2° Parties tournantes d'un 
moulin: « Ung moulin à mouldre blé,... avec toutes 
« les tournelles et traveillans d'icelluy moulin. » 
(D. C. sous Travallus.) 

Tournelle. Garni de tourelles : » Lequel collège 

« estoit enceint et fermé de bonnes et grosses 

« murailles bien toiirnellécs et garnies de bonne 
« arlillerie. » (J. d'Auton, Louis Xll, p. 96.) 

Tournemain. Tour de main : « Les duels n'es- 
« toyent guère permis ni usitez parmy les Romains, 
« car s'ils le fussent estez, les deux soldats tant 
a ennemys eussent bieutost vuidé leur différent en 
« deux ou trois coups d'espée, et en un tournemain, 
« sans y retourner si souvent. • 'Brantôme, sur les 
Duels, p. 214.) 

Tournement. Marche du ciel ; parlant des 
bergers: « Libres parmi les champs, en libre eslon- 
« gnement Premiers ils ont appris des cyeux le 
« tournement. » (Am. Jamyn, p. 201.) 

Tourneployer. Faire pencher où il faut. (Cotg.) 

Tourner. 1° Donner un mouvement circulaire, 



TOU 



— G8 - 



TOU 



au propre et au figuré : • Tourner les truyes au 
« foing. » répondre en normand. (Colgrave.) — 
« Tourner les yeulx en la lesle, comme unecliievre 
« qui se meurl. » (Rabel. 11, p. 188.) — « Tourner 
« la charrue contre les bœufs, » changer de discours 
pour ne pas suivre un sujet. (Colgr.) — « C'est la 
maislresse roue qui tourne le moulin. » (Id.) — 
« 11 nous reste ([ueliiue autre moulin à tourner. « 
(Id.) — • Bon charron tourne sn petit lieu. » (Id.) 

— 2" Détourner ; le duc de Bourgogne assiégeant 
^'euss, en 1474, « feit /oHrHcr deux rivières et logea 
« ses gens au long des rivières perdues encloaut 
a son ost. » (Mém. d'Ol. de la Marche, II, p. ôl'i.i 

— 3" Retourner: « Ainsi (jue le malade se tourne 
« et vire par dedans son lict, pour trouver lieu où 
« il puisse prendre repos. » (Percef. YI, f. 99.) 

Par les rues 
Sont les conipaignies si drues 
Qu'à peine si l'en peut toH,-nei: [G. Guiart, f. 3-29. J 

Ao Changer de parti, de couleur, etc.: « Ilsrepon- 
« dirent que Tournay estoit tourné, parce que 
« jamais n"avoit tourné et encores ne tournera, et 
« que si les Anglois venoient, ils Irouveroient ù 
« qui parler. » (Mém. de Bob. de la Mark, p. '208.) 

— « Ils naissent eschaquetez et durent en ce poil 
« jusqu'à la fin d'aousl qu'ils tournent comme leur 
« père et mère. » (Gast. IMiéb. p. 1(!.) — 'f Retour- 
ner un habit: « Tourner sa robe, » changer de 
parti. (Mont. Ess.I, p. 58.) — « ro^rwer sa jaquette, >• 
changer de religion. (Cotgrave.) — 0° Confisquer: 
' Tournex- par devers nous. • (Ord. I, p. GiiO.) — 
7" Parcourir : « Avoit chevauclic depuis l'aube du 

• jour et tourné tout le pays, et n'avoit riens 
« trouvé. » (Froiss. I, p. '234.) — 8" Tourner le dos: 
« Sire, dirent ils. chevauchez seuremcnt, car nous 
« n'avons garde de tourner champ pour tous ceulx 
« que nous voyons là. » (Lancelot, 111, f. 38.) — 
« Biaux seigneurs, vous estes si venus; faittes si 

• bien que le roy Ciaudas soit tourné du champ. » 
(Id. f. 42.) — 9° Retourner une accusation: « Celuy 
« contre qui il prouve par gai ends en puet li tour- 
« ner par gage de bataille.... tourner comme faux 
« garent, par gage de bataille. • (Gloss. des Coût. 
deBeauvoisis.) — 10" « 11 a tourné en mes lianes 
« (Cotgr.), " je l'ai porté. — 11° Chose sur laquelle 
il y a retour, sorte de partage : « Par héritage féodal 
« commun party entre communs, n'est deu aucun 
« quint, s'il n'y a tourne d'autre chose non com- 
■ muneou partableentrelcsditscommuns : auquel 
« cas sei'a deu quint de la chose tournée. « (G. G. 
I, p. 873.) — 12° Débouté: « Ceulx pareillement qui 
« seront vaincus ou tournez des ditles appellations 
« en seiont tauxez de semblable amende. •■ (Ord. 
des ducs de Bret. f. 211.) — 13" » LMvos tournées, » 
majuscules. (Gloss. sur les Coût, de Beauvoisis.) — 
14» Marcher au signal donné par le bâton : « M. de 
« Lautrecluy fait response qu'il apprendroit à ce 

• jeune nouveau capitaine, le maniuis dePescaire, 
« à tourner au baston et de s'affronter à luy. » 
(Brant. Cap. fr. I, p. 197.) 

Tourncrie. Atelier de tourneur : » Vous scavez 



■i quel beau lieu c'est que Croutelles et le plaisir 
« qu'autrefois ceux de Poitiers y ont pris, et quels 
« artisans il y avoit et la subtilité et la mignardise 
« de leur lournerie (|ui fera neuf quilles avec la 
« pirouette, l'un et l'autre d'yvoire, le tout ne 
« pesant pas un grain de bled. » (Bouchet, Serées, 
II, f. 1)2.) 

Tournei'ost. Tournebroche. (Cotgrave.) 

Tournesoleil. Tournesol. (Cotgrave.) 

Tournct. Dévidoir. (Cotgrave.) 

Tournette. Machine pour filer, pelote. (Cotgr.) 

Touruevent. 1° Girouette qu'on met au haut 
d'une cheminée pour garantir du vent. (Oud.) —2° 
Double porte d'une chambre. (Cotgrave.) 

Tournevh'er. Tourner à sa fantaisie : « Après 
« avoir longuement lourneviré. » (SIrapar. II, 
f. 102.) 

Tourneur. 1° Artisan qui travaille au tour : 
a Je m'en vais trouver mon tourneur, et luy 
« remontre que ce n'estoit pas bien fait de prendre 
« ainsi le bois qui n'estoit pas à luy ; mon tourneur 
« me respond qu'il ne desroboit [loinl, et que, si 
>' quelquefois ils prenoient du bois, iiu'ils le tour- 
« noient dès le lendemain. » (Boucbel, Serées, II, 
f. 93.) — « Faire comme les tourneurs, aller ron- 
" dément en besogne. " (Oud.) — 2° Ouvrier qui lie 
le foin en bottes : « Tordi'e les mâchoires comme 
« un tourneur de bottes. « (Eutrapel, f. 392.) 

Tourneurcs (lettres). Majuscules. (Alphabet 
à la fin des lettres attiiiues de G. Tory.) 

1. Tournier. Tourneur. (Mo net.) 

2. Tournier. Tournoyer : « S'il est tout seul 
« et les chiens l'acueilient, il lourniera en la 
« meute. " (Gast. Phéb. f. 19.) — « Un loup tournie 
« aucune fois bien longuement en son buisson, 
« avant ((u'il ysse dehors. » (Gast. Phéb. p. 288.) 
— « Les autres vont riotant, tournianl et demou- 
« rant. » (Id. p. 43.) 

Tournoi. « Combat de plaisir à cheval ou à 
« pied, dans un champ clos de barrières, entre 
« deux bandes, l'une de tenans ou defendans, 
« l'autre d'assaillans. avec règlement et formalité 
« de la qualité des armes et manière de combatre. » 
(Monet.) 

Trop je oonnois 

Vos dm's liiHi-iiùis 

Et vostre luyte. (niasnn des Faute, amours, f. 340.) 

Tournoiement. Môme sens : 

Pour cstro amès seulement 

Va on aux lournotcmcns 

Et veut on eslreau dessus. (Valic. liOO, f. iO-'t.) 

Tournoier. Tournoi; infinitif pris substanti- 
vement : 

Qui s'entremet d'amer 

Et par savoir le vent mener 

Bien doit garder au lounii>ici- 

Qu'il ne s'i laist trop enlacier. (Ms. 70S0^, f. 58.) 

Tournois. « Monnoye ainsy appellée du nom 
« de la ville de Tours où elle se fabriquoit ; il y en 
<> avoit de deux sortes, le gros tournois et le parisis. 



TOU 



09 — 



TOU 



« Les /OiO'Jio/'savoiciiUloiizc fleurs tic lys à l'enlour 
« et les parisis quiii/e. » (lîorcl.) La moiiiioie de 
Tours a toujours valu un cinquième de moins que 
celle (le Paris, de sorte que cinq livres loiirnois 
n'en i'aisoieut (lue ([iiatre parisis. — Ihimoulin, sur 
l'article 51 de l'ancienne coutume de I\iris, remar- 
que que quand les coutumes ne font pas mention 
des sols ou des livres parisis, il faut toujours 
entendre les sols ou les livies tournois, i)arce qu'ils 
valent moins, (juand bien même les coutumes 
pai'Ieraient ailleurs des parisis. (Laur.) — <■ Cros 
«' loiirnois, » deux sous tournois, s'il est de poids ; 
sinon vingt deniers tournois. (D. C. sous Monda.) 

— « Fut tant de vin (lu'on avoit pour deux 

« deniers parisis ou pour deux deniers louvnois 
« parisis, la pinle lin cl net. » (.fourn. de Paris, 
sous Charles Vil, p. l!)3.) — « Tournois à llorins 
« d'or et d'argent. « (Ord. I, p. 389.) — » Pays à, de 
« tournois, » où avait cours la monnaie toùrnoise. 
(Cr. Coût, de France, I, p. A'i.) 

Tournoucr. Tournoi: « On n'amené pas au 
" tournouer un cheval neuf, ny s'en sert on en 
« affaire d'importance, s'il n'a esté dompté elapprins 
« auparavant. » (Sag. de Charron, p. 508.) 

Toiiriioyement. 1» Action de chanceler, de 
chicaner. (Golgr.) — « L'on ne servira plus d'ores 
« en avant pour l'éviction des liefs de /o»r;iO.(/t'me/ii 
<> brouissans avec sommation n'y l'on n'en fera 
« plus l'insinuation, mais il sera procédé par sim- 
« pies intimations. » (Nouv. Coût. Gén. 1, p. ll'iS.) 

— 2° Tournoi : 

Sans moy remuer de ma place 

Regarday le tournoyeiiient 

Qui commenç oit trop asprcraent. (Rose.) 

« Commencèrent les Angiois à mener forte guerre 
« et à faire plusieurs courses et tournoijonèns ou 
« pa'i's de Bretaigne. » (Monstrel. II, p. 35.) 

Tournoyer. 1" Chicaner. (Cotgr.) — '2° Prendre 
part il un tournoi : « Entendis que le chevalier 
« tournoijoit au roi Escossois, il y avoit ungcheva- 
« lier qui portoit un noir lyon dedans le tournoy, 
« qui bien vit le chevalier au lyeparl courir sus au 
■> roy. » (Percef. I, f. I'»9.) — " « Ils tournoijcrent 
« des dites espées; en quoy faisant le dit comte fut 
• desarmé en deux lieux et y fit grandement son 
" devoir. » (Math, de Couci, Charles Vil, p. 080.) — 
3° Brandir une épée : 

Par honour se conlenoient 

Aux joustes, puis tountoioient. (Dcsch. f. 11.) 

Tournure. Tour, élégance. (Du Gange, sous 
Tornalio.) 

Tourpie. Toupie ; on lit des jeux de l'enfance : 

De la tourpie aux Amantius 

M'esbatoie soirs et malins. {Poës. de Froiss. p. 87. j 

Tourrelé. Garni de tours. (Cotgr.) 

Tourrette. Four ayant forme de tour : « Si 
« nous voyons que les hommes semblent d'abord 
" plus portez à la lubricité, n'exemptons pas les 
« femmes de mesme désir qu'elles cachent tant 
« qu'elles peuvent, en quoy leur raine est semblable 



" à des alembics gentiment assis sur des lourrettes, 
« sans qu'on voye le feu dehors. » (Malad. d'amour, 
p. IC3.) 

Tourricr. Geôlier: « Sera tenu le geôlier ou 
« terrier de traicler le dit debleur à petits frais, au 
X pain et eauvc, à la charge de créditeur. • (Coût. 
Gén. II, p. '.m.) 

Tourrion. Petite tour. (Monet.) 
Tourser. Charger ; Sigebci'l ayant été assassiné, 
ses gens qui assiégeaient Tournay : 

Si s'armèrent ; 
Deslravé sont ; loursenl soumiers. (Mousk. p. 39. J 

Tourte. 1» Tortu : 

Ensi roi Loeys avint 

Et liaous le tourte revint 

A Paris. (Ph. Mousk. p. 379. j 

2° Gûteau : « Frais may, espaisse tourte, mais 
•• peu de vin dans la coupe. » (Le Lab. Origine des 
armoiries, p. 2'l'i.) — .■ Tourte en poisle. » (Palliel. 
Test. p. 133.) 

Ja sont, qui que s'en aut dueillant 

Pelle raelle li mail vuoillant 

Serrez ausi, comme l'ont tourte."!. (G. Guiart, f. 23'i.j 

3" Blé méteil pour pétrir les tourtes de pain bis : 
'■ L'esmine de tourte sera prisée (mesure de Dijon) 
« trente sols tournois. » (C. G. I, p. 856.) 

Tourteau, el. « A celuy qui a sa pasteaufour, 
« on doit donner de son tourteau. » (Cotgrave.) — 
« Tourteaus en paele. >' (Fabl. de S. Germ. f. 70.) 
— ■> Herbes, chouls et porions Tourteaux en pot 
« d'orge et d'escourjons. » (Descb. f. IIC.) 

Se tu es prins d'un sergent 
Comment fais tu '? Je trume à plain 
Je me rescoux bien d'un villain 
Au moustier coun-e la droicte voye 
Et faiz tourtel d'autruy levain. (Dcsch. f. 309.) 

Tourterie. Pâtisserie : « Ne peut nuls faire 
« houlengerie ne tourterie, s'il n'est en leghende 
« du corps des boulengers. » (Ord. V, p. 509.) 

Tourterin. Doux comme la tourterelle : 

doux baiser colombin 

Poupin, sncrin, lourlerin 

Qui sur ces lèvres decloses 

Va pressottant, fleurottant, 

Mignottant et succottant 

L'œillet, le lis et les roses (R. Bell. I, f. i'iS.J 

Tourtière. Bâton qu'on porte en chassant; 
outil de tonnelier. (Cotgr.) 

Tourtiller. « Tourtiller des fesses, » marcher 
en tortillant le corps. (Cotgr.) — « Tourtilloit la 
« queue. » (Nuits de Slrapar. I, p. 101.) 

Tourtourain. Qui tient de la tourterelle. 
(Cotgrave.) 

Tourtrcr. Pétrir, mettre en tourtes : « Toiirtrer 
" pain blanc ne pain bis. » (Descb. f. 528.) 

Tourtres. Pièce d'un moulin. (Poët. av. 1300, 
IV, p. 1359.) 

Tourtureux. Qui cause des tortures : " Cest 
« ennemi.... est malicieux et tourtureux, ne legie- 
» rement on ne puet entendre ses voyes. » (Gast. 
Phéb. p. 407.) 



TOU 



- 70 — 



TOU 



1. Tousclie. rnnis de louche, sont ceux qui sont 
plantés (t.ms In proxiniilé d'une maison pour l'or- 
nement: " t-c lieu de Bonlchure si comme il se 
€ poursuit déniaisons, de vignes et d'au 1res clioses. 
« Item, un étan?; assis jouxte ledit lieu avec la 
<■ tonschc assise devant ledit lieu. • (lidi. Aven de 
Cliùteauvieux; L. C. de D. C.loss. de l'Orléanais.) — 
• L'arpent de bois en plessis. que les aucuns 
« appellent tousche. » (C.G. 11,227.) 

2. Tousche. 1* C'est » un mot tiré des escrimeurs 
c qui appellent ainsi le coup qu'ils donnent avec 
. leurs espéesrabatues, duquel la marque apparoist 
« sur riiabit de celui qui est touché, à cause de la 
. craye dont on blanchisl l'espée. » (Des Accords, 
Bigarr. IV, p. 2 ) 

Tous (lis, (ly. Toujours: « Volons et acordons 
« que les lettres'mesire Vuillaume de Prayans.... 
<. tiennent en leur vertu à tous dis. » (D. C. sons 
TotaïUer.) — • L'ardant désir et courageux vouloir 
. que i'av eu tous (bj et aurai tant que Dieu me 
. fera Vivre. » (Monslrelet, 1, p. 3.) — « Amant, 
« amés ; joie arcs à tous dis. » (Poët. av. 130(t, 
111, p. 1217.) 

Touso. 1" Jeune liUe; rapprochez le provençal 
toza; du latin tonsa, qui a la chevelure coupée : 

Trovai tousc gent et saine 

S'amour li alai priant. (Poêt. av. 1300, HT, p. l-M'^-J 

Pensis contre une bruiere 

Errai toute une feuchiere ; 

Desous couroit la rivière 

Clere et rade, 
Une touse blanque et sade 
^ Ses mains et son vis i lave. (Vat. i-'iOO, f. i11.) 

2° Amante: 

Ouar onqucs bacelers sa touse 

N'araa tant, coin il les aimoit. [Moush. p. GAI.) 

Z- Concubine: 

n n'avoil jamais espouse 

Plusieurs enfans eust d'une lousc. (Descli. f. A80.] 

Touseaus. Jeune homme ; on lit d'Apollon : 

Tu en^'cndras en Climèno 

Phaeton qui tant fu gens louseaus. (Ffoiss. Poës.p. iSS.J 

Par ma foi, ce dist le louscaxis 

Tu es sage et bien avisée ; 

Ensi le ferai. (Id. f. 281.) 

Touser. 1° Tondre : 

Tendres sont comme une espousée ; 

Tremblans comme brebis touséc. (Al. Charliey, p. GiS.] 

u Sanson qui jadis avoit esté un noble homme 
(. très fort, il n'eusti pas esté aveugle, la teste 
« tousée, si son amve Dalila n'eut point sceu le 
« secret de sa pensée. » (Nef des fols, fol. 38.) — 
« Ilo, Dalila ([ni as tousé Sanson. » (Dép. d'amours, 
p. 2.')G.) — 2'' Couper: 

L'an de grâce nostre seigneur 

Mil .CGC. et .l,x. et douze 

Ou mois d'aoust que le bief Cotise. {Desrli. f. /lOS.) 

Tousete. Diminutif de tousc, jeune fille : 

Quand je vi la tnusctc 

Loing de gent et seulete 

A li m'en alai. (Ch. du ms. Bouh. f. 18.j 

Je la voi liniscltc 

Jone, friche, lie et doucete. (Froiss. Poèi. p. 368.) 



Tousiaus. Jeune homme ; on dit J'Atys tué par 
Polyphiime : 

El un lûiisinxs 

Aperut qui de vers rosiaus... (Ovide, dans Bnrel.J 

Tousjoiirs. 1» Continuellement : « Tousjours 
« sent le mortier les aulx. » (Vig. de Charles VU, 
p. 18i.) — 2° Cependant: « Nous avons trois tous- 
« jours. • (Cotgrave.) 

Tousir. Déflorer : 

Mes br.is li tondi 
Si la très vers mi 
Et la lousi. (Poët. av. i300, II, p. G63.) 

Toussaincts, ains. « Quand octobre prend la 
« fin La Toussains est au matin. » (Lett. de M"' de 
Sévigné, IV, p. 225.) — « Combien de fausses re- 
" coptes donnez vous, qui envoyent les pauvres 
« malades au lendemain de la Toussaincts. » (Chol. 
f. /i3.) Jour des morts. 

Toussant. Qui tousse. (Cotgrave.) 

Tousscmcnt. Toux ; 

J'ay par vous ma chauce perdue 

Et par vostre beau tot'sseinent. (Descli. f. 30'2.j 

Tousseui*. Qui tousse : 

Devenus suis maigres, pelez, friUeus... 

Tousseio; roingneux, graveleux et gouteus. ('Z)csc/i. 443.) 

Tousseux. Même sens : 

Pareillement m'advertis si tous ceulx 

ne ton quartier on esté tmisseii.v 

Connne deçà on va coqueluchant. (Crétin, p. 312.) 

Toussir. Tous.ser : « 11 ouyt une personne 
a toufisir et bien lui fut advis que la toux estoit 
« d'une personne ancienne, au son. « (Percefor. 1, 
f. G3.) — « Le roy leur (aux Génois forcés à l'obeis- 
« sance) avoit laissé dedans leur ville si forte main 
« armée qu'ils n'eussent osé toussir. « (J. d'Aulon, 
p. 247.) — « Pantagruel commença semer le sel 
« qu'il avoit en sa barcque, et parce qu'ils dor- 
. moieiit la gueule bée et ouverte, il leur en rem- 
« plit tout le^ousier, tant que ces paovres haires 
" ioi/ss/sso/f/l^ comme regnards. » (Habcl. II, 23,1.) 
— « Mainte gent toussiront et seront chacieus. » 
(Ms. 7218, f. 207.) 

Toust. Pour lost, tôt : ■ Toust que, « aussitôt 
que. (Fail'eu, p. 2'».) 

Toustadc. Alezan brûlé. (Oudin.) 

Tous tans. Pour tout temps, toujours: « Qui- 
« conques se marie, Ele fait de son ami, son auemi 
« tous tans. » (Clians. du ms. Bouhier, f. 301.) 

Toustel. Pour tourtel, gâteau : 

Une truie qui bée et soufle 

Saisi le tnusicl en se gueule ; 

Mais li vieille de se keneule 

Le vail cac;unl de rue en rue. (P. av. 1300, IV, 1310.) 

Toustes. Impôts : 

Le roy plus povre et de la vient 
Que taillier le reaurae convient ; 
De la viennent toustes et tailles. (Us. G812, f. 53.) 

Tout. 

Vos proesces, vos bonnes mains 
Ont .11. fois vaincus les Romains, 



TOU 



71 - 



TOU 



Et sacliiez que mon cuer dovine 

Et Idiile rii')is le nie destine 

Que encore liiii les vainquerois 

Si les avez vaincu/, trois l'ois. (Unit, f. O'i.j 

<• Toutes aient esté nos onlonnancos » (Orilon. I, 
p. 537), c'csl-;Vdire (nielles ([u'aieiil élé. — « Né ù 
« loul le poil, » fanfaron. (Coljir.)— " tjiianl le Riiet 
« apperceul nos gens, il sonnaà tout, ci les Angiois 
« saillirent h rcscarnionelie » (liisl. d'Arlliur III, 
coniiét. p. 77(1), c'est-à-dire ù loiite volée. — « Tout 
« dormi, » assez dormi. (l'oës. de Froiss. p. IS").)— 
« Tout lin mère nn. • (Cotgr.) — « Tout h traicl » 
(Colgr.), tout de snile. — « Et fust tout besoing ù 
<> eux de se retirer. » (Colgr.) — Un Anglois joutant 
contre IHi Ciiesclin ù (iiii il avoil porté un coup sur 
le l)acinet, sans avoir pu l'ébranler, « revint au 
« tout françois et rapporta son glaive, mais si do- 
« lent fu au cuer qu'il ne sonna mot. » (Hist. de 
Du fUiesclin, par Ménai'd, p. 12.) — « Qu'on lui 
« coupe la langue tout outre, si que des lors en 
" avant, il ne puisse dire mal de Dieu ne d'autre. « 
(Ord. Il, p. 283.) — u Sis gants se tenoienl en l'air 
« tout par eulx. » (Le chev. de la Tour, inslruc. à 
ses tilles, fol. 50.) — Olivier de Clissou ayant reçu 
des lettres amicales du duc de Bretagne qui voulait 
faire la paix avec lui « si pensa sus moult longue- 
« ment et dit qu'il auroit avis du rescrire, et fit le 
« valet qui les avoit apportées mener et mettre en 
« une chambre tout par luij. « (Froiss. IV, p. 215.) 

— " La damoyselle luy osta Fescu de son col et luy 
« desla(,'a son beaulme et il osta tout par luy le 
<• deniourant de ses autres armeures. » (Lancel. H, 
fol. 5.) — • A tant s'en partirent l'ung de l'autre et 
« s'entre recommandant à Dieu, si prcnt Lancelot 
« son chemin tout pur soij. » (Lancel. II, fol. 5.) — 
« Mais c'est tout rien qui bien y voit » (Desch. /i52), 
c'est-à-dire rien. — » Tout si malade qu'il estoit » 
(Percef. I, f. 48), c'est-iVdire tout malade qu'il était. 

— « Deux conjoints par mariage achètent rente à 
« vie..., et le dernier vivant tout tenant » (Bouteil. 
Som. rur. v. 432), c'est-à-dire ayant tout. — » Ma 
• saisine ou possession que tout un on appelle » 
(Bouteil. Som. rur. p. 33'*), c'est-à-dire une même 
chose. — >■ Tout un quant et vous » (Le.Tonvenc. 
f. 45), en même temps que vous. 

Un homme ausi, s'oii li rouvast 

Le plus pesant que l'en trouvast, 

Prest de tous atours et de hyaume, 

S'il fust en estant sur sa paume, 

Touz cops ne s'en asseist 

Jusqu'à son chief à mont meist. (G. Gitiarl, f. i43.J 

Plain sont de convoitise avocat et notaire ; 

Tout avant veulent estre paiez de leur salaire. 

Ms. 7CI5, II, f. 141. 

« La ray descendra toute par elle. « (Mod. f. 83.) 

Je l'en donroie tout le plus, 

De cent livres de parisis. (Ms. 7-?18, f. iôO.j 

« Tout por tout. . (Ms. 7218, f. 7G.) 
De tout ce qu'eix me dient, tout aussi bien le croy, 
Com cellui qui cent fois m'auroit menti sa fov. 

Ms. 7Ci5, lif. 101. 

« Tout quoy l'amy, » cri de chasse, lorsque le 
chien poursuit le cerf. (Salnov. Vénerie, p. GG.) — 



■' Tout si comme, • tout ainsi que. (Ms. 7218, f. 17G.) 

— « Couleur toute nue, » de même nuance. (Mod. 
f. 59.) — « Je prie humblement à tous et chacun 
« pour le tout qu'ils se facent achapler jusques au 
« mourir. » (l'ercefor. IV, fol. 8(1.) — « I^ie science 
" re(|uierl toitt son homme. » (Cotgr.)— « Oui tout 
« convoile, tout perd. ■> (Cotgr.) — « Oui ^\cl.out se 
« tait, de tout à paix. « (Id.) — « Il est tout presché 
« qui n'a cure de bien faire. » (Id.) — « Tout et 
« toutes. » -Heanm. p. 2.)— . Tout résident. - (Ord. 
T, p. 743 ) — a Tout avant œuvre. » (Ord. I, p. 7G1.) 

— « Oui voudroient bien juger de (luelqu'un, il le 
« faiidroitvoir à son touH les jours. » (Sagesse de 
Charron, p. 208.) — » Avoir toute padr, r, avoir 
tout à craindre. (Ms. 7!I8'J% fol. 74.) — « Toute 
« bonne, » herbe. (Cotgr.) — « L'herbe que le vul- 
» gaire appelle corne de cerf on toute dent de 
« cliien, est souveraine pour la rage. » (Fouill. Vén. 
f. 80.) — « Toutes fois, fut le pré tondu. » (Cotgr.) 

Ton grand oîil qui tout regarde 

D'en liaut ses lleches nous darde 

Dont tu vas l'ame inspirant 

Au sein de la toute iitcvc, 

Toy nommé du bon Homère, 

Apollon le loing tirant. (J. du Bellay, f. 203. J 

« Toutes eures, » toutefois. (Pyr. elThisbé, 100.) 

De borgois et de chevaliers 

Estoit toutes heures requise, 

Meis ne voloit, en nulle guise. 

De nul la proiere escouter. fMs. 76i5, H, f. ISA.] 

« A toutes tables, leur espoir sera en l'arriére. • 
(Rabelais, I, p. 140.) — « Toules voies m'a amour 
« assailli. » (Chans. du ms. Bouh. f. 338.) — « En 
« asseurement d'héritages , le consentement de 
« quatre parents n'est nécessaire; mais en rachapt 
« de rente fait contre une femme, il est requis... il 
« faut asseurer le tout us du constituant. » (Nonv. 
Coût. Gén. II, p. 400.) — « S'en retournèrent en la 
« ville sans perdre un tout seul homme. » (Al. 
Chartier, llisl. de Charles VI et VII, p. 95.)— « Tout 
« en tout. r. (,La Thaumass. Goût. d'Orl. p. 465.) 

Par les rues rôtissant vont 

Les grasses oes et tornant 

Tout par eles et tout adcs 

Les suit la blanche ailliée après. (Ms. 7Ci!j, II, f. 147. } 

B. liée, monsieur de Mallepaye, 

Qui peull trouver soubz quel amant 
Deu.x ou troys mille escus • quelle proye I 

M. Nous ferions bruit. — B. Tout à l'esement. 

Dial. de Mallepaye, p. 51. 

Quoique : 

Dame, se pour voir cuidoie 

Vivre cent mil ans, 

Tout ne fussiez vous vivans 

Aillieurs penser ne vouroie. (Poët. av. 1300, IV, 1400.] 

« Le chasteau ne se voulut de première venue 
« rendre, ains attendit à mettre le siège et asseoir 
« l'artillerie, et voyans que c'estoit a tout, parle- 
« menterentet se rendirent » (J. d'Auton, p. 179), 
c'est-à-dire sérieusement. — « Elle ne se laissera 
« pas d'eslre levée et cuillie du tout • (Ordon. 111, 
p. CSG), c'est-à-dire entièrement. — ^ Tout luy estoit 
« de guerre, » il avoit une extrême passion de la 
guerre. (Brant. Cap. fr. IV, p. 147.) 



TOY 






TRA 



Toute. Enlèvement, vol : » Mal chose seroit se 
« l'en me loloit mon clieval ou voloit lolir, et je 
■ avois pooir dou rescourre, se je ne le poiirois 
« rescourresansestre juslicic ; mes se le force n'est 
• pas moie, si que il m'est lolus, et en est tolliercs 
« en sesine, je ne li dois pas aler retolir, mes 
« aresler le puis fere par jusiiclie et moi plaindre 
« de la toute. » (Deaum. p. 170.) 

Toiilfeu. Nom d'un vallon près d'Etampes , 
infeste par les voleurs. (Cotgr.) 

Tout saincts. " Ce fut fel l'an de l'incarnacion 
« N. S., M. ce. 1.XVH., le jour saint Simon et saint 
« Jude. le tout saincts. » (Généal. de Bcthune, lfi2, 
an. 1207.) 

Toutou. Parole d'enfant qui se cache. (Oud.) 

Toux. " Ez resrislres du parlement, on trouve 
« que le 2t)' jour d'avril, l'an l'i03 y eut une ma- 
« ladie de leste et de toux qui courut uuiverselle- 
« ment si grande, que ce jour la le greflier ne peut 
« rien enregistrer et fuston contraint d'abandonner 
« le plaidoyé. » (Pasq. Kech. p. 375.) — « Toux de 
« regnard qui mené jusqu'au terrier, » au tombeau. 
(Cotgrave.) 

Mort vint par homme et par euLx touz, 

Trespasse mort avec sa loux. (Dcsch. f. 3G9.J 

« Avoir mal toux, ■> lire peut-être coux (cocu) : 

.VI. ou .xm. jours s'en va au virely 

Dancer sans moy ma femme, en parement ; 

Si jaloux sois, venir puel autrement? 

Car li cuens pourra pour moi chanter: 

Par tels emprunts ne me puis exempter 

Que sur la fin n'aie trop mal toux ; 

C'est donc le mieux que de la refuser. (I)esch. f. 233.) 

Touyu. « Badins, touijns, aussi mondains que 
« veaulx. ■• (Collerye, p. 131.) 

Touzolle. Sorte de froment dont l'dpi n'a pas 
de barbe: « Touzclle ou missole, » dans la partie 
occidentale de la France. (D. G. sous Touzclla.) 

Tower, re. Mol anglais; tour: « Garder un 
« tower del casllelour seigneur, ou un huis, ou un 
. autre lieu del caslle. » (Ten.de Litllet. fol. 21) — 
o Avant la venu des justices à la towre. » (Carta 
Magna, f. Aô.) 

Toxique. Poison : 
An la coupe au damoisel 
N'a or, ne argent, ne neel 
Ouar il ert tote de safir ; 
Toxirjuc i perdroit son air. fParlou. f. i57.J 

Toy. « Ce mot a été introduit parles poètes pour 
« parler aux dieux et aux princes; Marot ne l'em- 
« ploya point et François l" ne l'eût point souffert ; 
« .loachim du Bellay n'en a usé qu'avec ses amis 
« les plus familiers. »(S. Julien, Meslang. Ilist. 101.) 

1. Toye. [Taie: « Une /oyc de li treillicide. » 
JJ. inr), p. 307.)] 

Chambre tendue i a de poins, 
De fin or, d'argent et de soye, 
Cordes, courtines, belle loyc, 
Du cendal et de blanc clioton. (Desch. f. 530.] 

2. Toye. Tienne: « Au lieu de mienne et tienne 



« ;ies anciens) disoient moiic et toye. » (Pasquier, 
Recb. Ylll, p. 727.) 
3. Toye. Plaque de plomb. (Cotgr.) 
Toz. Tous : « Senz to:i sentcmenz de dolor. • 
(Serm. de S. Bern. p. 277.) 
Or faites donc apareillier 
Un gent tombel en la cité ; 
Gardez qu'il soit loz à to: atorne/.. 
Quand li damoiseaus est venu. /F/, et Blanchcfl. f. iOS.) 

Tozsainz. Toussaint : 

Ce fu droit à une Tozsainz 

Chascuns i vint. CMs. 72 JS, f. 07.] 

Trabaut. Soldat suisse ou allemand : a Cinq 
« capitaines qui ni'accompagnoient qui avoient 
« chascun deux trabants à leur suite. » (Bassomp. 
t. 11, p. 28.) 

Trabée. Robe de pourpre brodée, sous le man- 
teau de cérémonie. (Cotgr.) 

Trabustouiont. Ce qui tarabuste, ennui ; au 
moment des troubles suscités par le comte de Sois- 
sons en 1020, madame de Puisieux écrivait; « Mes- 
>< sieurs, je vous puis assurer que le roy reçoit trcs 
« grande consolation de vostre question parmi nos 
. confusions et trabustemeuts. "(Mém. deVilleroy, 
VI, p. 1.55.) 

Trabut. Portée de trabuco, gros mousquet en 
espagnol {''.) : « Nous en sommes hui plus près de 
« deux Irnbuts et demie toise que n'estions avant 
« hier. » (Habel. III, p. liG.) 

Trac. 1° Allure du cheval : « Ayant esté posé en 

garde à ce gay, un soir, vous entendistes 

« comme chose fort éloignée une espèce de cliquetis 
" d'armes et raisonnement de trac de chevaux. » 
(Mém. de Sully, 1, p. 247.) — 2° Trace, pisie : » Les 
« loups ont le naturel et astuce durant les neiges, 
" s'ils sont deux ou trois, de melire tous leurs pas 
« dedans le trac et pas du premier, tellement qu'il 
« semble qu'il n'y en ail (ju'un. » (Fouill. Vénerie, 
f. 11 i.) — « Pour peine cl diligence qu'ils y mirent, 
« n'en purent, pour lors, avoir autres nouvelles, 
« ne mesme trouver leur trac, h cause de la nuyt 
« qui les surprinl. » (Florès de Grèce, fol. Hl.) — 
3° Trait : » Autres gens nécessaires au trac d'artil- 
<■ lerie. » (Hab. 1, p. 290.) — • Dédale (inventa) le 
« mast et les antennes ou vergues du trac ou de 
« l'appareil. » (Du Verd. p. 120.) — » Tout ù trac 
(Brant. dam. gai. I, p. 177.) — • Si m'y rendirent 
a tout d'un trac. » (Vig. de Charles Vit, II, p. 180.) 

Tracasscmont. Action de tracasser : >• Avoir 

« longuement resvé et ravassé je me trouve 

" bien perplexe pour pouvoir juger et discerner si 
a le beau est le motif d'amour, ou l'amour cause 
« de ce qui nous semble beau; et après plusieurs 
« tracasscments en mon esprit. » (Pasq. Monophile, 
p. liO.) 

Tracasser. Aller çîi el là : « Mourant, il se fit 
« porter et tracasser où le besoin l'appclloit. » 
(Mont. II, p. fi3'i.) — [■ Il esloil bien aisé à I.uculus 
• de faire ses despenses en une bonne ville, mais 
« aux champs tracassans... c'est une chose incroya- 



TRA 



73 



TRA 



« ble i^ qui ne l'a veu. >> (Branlôme, Œuvres com- 
plètes, p. p. L. Lalannc, 111, p. 1-22.1] 

Triico. 1° Piste: « On cosnoisl (grant sangler) 
« jiai' les traces cl par le lit et pai- le sueil. » (Cast. 
Plieb. nis. p. 1(11.) — 2» Suite : « De morz i a grant 
« trace. » {G. Guiart, f. [)[).) 
Tracement. I'ci'(|uisition, recherche. (Monet.) 
Tracer, ier. 1" Marcher: « Voua que jamais ne 
« Uniront de tracer qu'il ne l'eust trouvé. » (D. C. 
sous Tracea.) — 2" Courir : » Je pense (lue le nieur- 
« drier ait en cestc roresl quehjue l'orlc phice, i)Our 
<v (luoy je conseille que nous montions à cheval et 
» ne cessions de tracer. » (Perccf. IV, f. 28.) 

Par le pais qiiourent et tracent, 

Maisons ardent. (G. Guiart, f. 40. J 

3° Poursuivre : 
Ne sai où vuel aler trader 

Quant ne sai voie ne sentier. (Narcisse, f. iiS.j 
Et avec gens le temps passerai 

Affin qu'ennui ne me quiere ne trace. (CoUerye, p. 28.J 
Molt seroit nialvals au civé 
Li conins que li fuiron chace ; 
Molt est fous qui tel conin trace 
Mieus li vcnroit trover deux lièvres. (Fahl. S. G. f. 360.J 

« Renart... cliacoit par le boscage, Tant qu'en 
« traçant dessus un arbre Voit un grant corbeau 
« qui lenoit un fromage. » (Desch. f. 49.) 

Li rois si sagement i trace 

Que nés et galies pourchace. (Guiart, f. 210.) 

Tracelte. Petite trace. (Colgrave.) 
Traceur. Qui trace un dessin. (Monet.) 
Traceure. Rature. (Mont. I, p. 401.) 
Traclie. 1° Trace : « Les traches du leu sont 
<■ plus larges et plus rondes que ne sont celles des 
« chiens. » (Mod. f. 52.) — 2° Exemple : 

Or le prions, par sa douchour, 

Qu'il nous doinst faire tel labour 

Et si sivir, ichi se trac/te 

Ke la le voions face à fâche 

Où il règne en se majesté. (Vie des SS. Sorb. LX, 59.) 

Tracliie. Trachée artère. (Cotgr.) 

Tracquet. [Poignard : « Donna (La Rochepol) 
« le premier d'un coup de tracquet dans le corps 
« d'un bourgmaistre de la ville (.\nvers) et le tua 
« roide mort. » M. L. Lalanne, qui cite ce mot dans 
son lexique des œuvres de Brantôme, dit n'avoir 
trouvé ce mot que dans le Dictionnaire provençal 
d'Honorat, art. Traquet.'] 

Tractable. Traitable. (Crétin, p. 78.) 

Tractation. Traduction. (Quintilien censeur, 
p. 188.) 

1. Traction. Du verbe traiter : 

Je crois bien que pour ce traction 

Mais je lo bien que nous nous pourveon 

Pour assaillir. (Ûescli. f. 109.) 

2. Traction. Extraction. (Oudin.) 
Tradable. Traître : 

Flamaunc, helas tu es deshonourable, 
Ruineuse est la terre, ta richesse, 
Plus que plaine de dolour, decourable, 
Premeraitie, non pareille, tradable. (Descli. f. 5.) 



Tractis. Souple : - Drap tractis. » (Palhelin, 
p. i;j.) 

Tradinicnt. Tr.ihison : 
Ils ont de leurs mains brigantes 
Volé les temples sacrés.... 
l'ait traUiuicns incroyables ; 

Meurdres.... (H. Belleuu, //, p. 5G.) 

Tradlta. Communication ; m(.l tout latin : « De- 
« fendons aux grefliers... (ju'ils ne baillent aucune 
" information sans Iraiismetlre au dos des ditles 
'< inl'ormalious le tradita. » (Oi'd. de l'échiquier, à 
la suite de l'Ane. Coût, de Norm. f. 4i.) 

Traditeur. Traître: « Que diray je d'aucuns 
» vrayeineut mieux dignes d'estre appeliez tradi- 
« leurs que traducteurs, veu qu'ils trahissent ceux 
« qu'ils entreprennent exposer. « (J. Du Dellay, 9.) 
Comparez Traddnttore, Traditore. 

Tradition. 1° Traduction. (Des Ace. Bigarr. IV, 

p. 11.) — 2" Trahison : 

.... Ces querelles 

Si contenoient deshonor 

Et tradition du seignor. (.)Is. 0812, f. 78.) 

Traditive. Enseignement qui se fait par tra- 
dition : 

Nos sciences vous sont duisantes 

Et nos traditivcs plaisantes 

Et nos cnseignemens bien mistes. (Coquill. p. 3.) 

Tradncte. Fiancée : « Les pleurs de sa seur 
« ne luy sembloienl pas pleurs de vierge, attendu 
" qu'elle n'esloit tradncte, n'espousée par son 
" fiancé et futur mary. » (Ilist. de la Toison d'Or, 
II, f. 115.) 

Traducteur. (Quintil. Cens. f. 15G.) 
Traduction. Réception : « La venue et traduc- 
« lion de noslre bonne seur la princesse deCastille 
" voslre niepce, en nostre ville de Calais. » (Lett. 
de Louis XII, IV, f. 319.) 

Trael. Par tiers. (Règl. de S. Benoît, ch. 18.) 
Traffic. Relation : « On lui fait récit de ce qui 
" en estoit desja arrivé et du traffic qu'on avoit 
» fait pour surprendre la place. » (Merlin Coccaïe, 
II, f. .397.) 

Traffiquer. Avoir commerce, relation avec ; 

« La Uenauldie, homme d'esprit a couru par 

« tout le royaume et traffiquc le cœur de plu- 
» sieurs. » (Lett. de Pasq. I, f. 179.) 

Trafic. « Faire le pelit traftc, » le métier de 
p... (Oudin.) 

Trafiquant. « Soyez encore un coup les bien 
« venus, gens d'honneur, trafiquans sans mar- 
» chandise et dont la conscience est profitablement 
<• bonne. " (Moyen de parvenir, f. 103.) 

Trafique. Commerce, mot féminin : « Choses 
« desquelles la trafique est la plus nécessaire pour 
« la conservation de la vie humaine. » ^Apol. pour 
Hérodote, f. 213.) 

Tant de trafiques 
Et sophistiques 

10 



TRA 



TUA 



Scavez ferir 
Que sans guarir 
Faudra périr 
Si vos raisons sont autentiques. 

Bla^o^ des Faulccs imours, p. S34. 

Trafiquerie. Action de Irafitiucr. (Cotgr.) 
Trafi(iiieur. Commerçant. (Cotgrave.) 
Tragal. Filet. (Du Cange, sous Tragum.J 
Tragede. Troyen : 

Par orguel finirent Grepois, 

Par trop grand estât li Tragede 

Par pecliiO de char Sodomois. (Desch. f. 244.) 

Tragédien. 1" .\cleur tragique : « Les ciian- 
très, menestricrs, tragédiens et commediens. tous 
«I par ordre, y exercèrent leur mesticr. >■ (J. d'Aut. 
p. 170.1 — -!• Auteur tragiiiuc. (Descli. f. A'i.) 

Tragedieux. Tragique : « La sentence du 
« traijedieux Seneque" » (Cluonique ù la suite de 
Monsirelet.) 

Traghel. Mot flamand : « Les Iraghels ou ciie- 
o miiis d'Audenarde à Gand doit avoir la largeur 
. decinci pieds. » (N. C. G. L p. 108'i.) 

Tragicomedie. Parlant de la matrone d'E- 
pliL'se : «■ Ce fui une eslrange tragicomedie. pleine 
« de grande inhumanité d'offenccr si cruellement 
<■ son raary. » (Branl. Dam. gai. Il, f. 177.) — « Je 
o vous avois, par mes précédentes, recité une 
« métamorphose : par cesle cy, vous pouvez re- 
a cueillir les vrays effets d'une tragicomedie. » 
(Lell. de Pasq. L f. 171.) 

Tragjloutir. Engloutir, avaler : « Que lemorsel 
« ne soit pas si granl que le leu ne le puisse bien 
« tragloulir. " (.Modus, f. 1)8.) 

Tragonnéc. « Avant que (la biche) ait son 
« faon, elle se purge avec une herbe nommée 
« tragoniiée. » (Fouill. Yen. f. IG.) 

Tragiietter. Traverser. (Cotgrave.) 

Trahine. Charrette : 

Il monte en un cheval et vers l'ost s'achemine ; 
A toz les suens a fait la guenche outre marine, 
Por Gautier son ami giter de lor Iraliine : 
Moult se plaint de son piz qui de sanc li ravine. 

Partonopcx, f. 173. 

Trabiner. Traîner : « S'il puct avoir des testes 
« de cerf, il la doit faire trahiner, et celluy qui la 
« trahijniiera doit aler une fois arrière. » (Gaston 
Phébus, f. 211.) — « Li bedel trahinent le char. » 
(Poët. av. 130(t, IV, p. lGr..J.) 

Trahir. 

beaux ennemis dn mon cœur, 

Yeux, les boute feux de nos âmes. 

Que vous estes pleins de rigueur ; 

Vous n'aimez que meurtres et liâmes ; 

Vos traits de ma mort glorieux 

Blessoyent bien de plus douce sorte 

Quand l'espoir, riant à mes yeux, 

De mon cœur vous Iralnt la porte. [Desp. f. 273.) 

« Faites tant que vous avériez (rendre avéré) le 
« cas de ceux qui vous ont voulu tralnr jusqu'ù la 
• racine et que les punissiez. >> (L'IIermite de 
Soliers, cabinet de Louis .\L à la suite de Commines, 
IV, p. 233.) — « Le Jouvencel dit au guet que la 



« ville estoit trahie. » (Le Jouv. p. -'15.) — <■ Tart 
« crieront : tralii, tralù. » (.Ms. 7218, f. 326.) — 
Des chevaliers Anglois voulant surprcMidre Mor- 
tagne en 1337 " la guette du chastel ouït le bruit 
" et les apperceul de sa garde ; et adoncijues com- 
" nieufa ù corner de sa hucine et crier traltg, 
• trahij : torss'esveillerent toutes gens et les sou- 
« doiers du chastel. » (Froissart, liv. I, p. -45.) — 
« Tralii, trahi, nostre liost est traij. •> (Du GuescL 
Mén. f. -MS.) — Ce participe répété correspondait Ji 
notre cri : Aux armes ! 

Trahitier. Traître : « Ha, mauves homme tra- 
.. Iiitier. " (Ms. 7218, f. 20G.) 

Trahilous. Traître : « La trahitouse et la per- 
« verse. » (l'roissart, p. 153.) 

Trahistre. [Traître: » Perrin de S. Eloy.... a 
•> amendé ce que après que Jehan Quisarme le ot 
" appelle sanglant, trahistre liourgoignon, il a féru 
« ledit Ouisarme. » (Iil2. Prévôté ;'L. C. de D. 
filoss. de l'Orléanais.)] 

Traliitre, ittre. Même sens : • Li plus trahi- 
» Ire marchant soûl en Hongrie. " (Poët. avant 
1300, IV, p. I(w2.) — « Mauvais trahittre, qui a 
« autrefois fait quelque trahison. » (Le Jouvencel, 
p. 508.) 

Traï. Trahi, cri d'alarme : « Traï traï sont 
« escrié. « (Mouskes, p. 547.) 

Traiant. Mamelle : 

Vit les Iraianz à la meschine 

Qui gisoient soz la poitrine. (Flore et Dlanch. f. 203.) 

N'avoit plus chars en ses traians 

Ne mais com il a en uns sans. 

Vie des SS. Sorb. LXI, col. 15. 

Traidou. Tire clou; tenailles de cordonnier. 
(Cotgrave.) 

Ti'aict. d-Dard, flèche, canon : « El n'aurntraict 
<■ en la dite bataille, fors que chascun s'aydcra du 
« corps que Dieu lui a preste. » (Monstrel. I, f. 8.) 

— « Cruellcmeiil l'assaillirent de traict h main, 
« d'arcs et d'arbalestres. « (Hist. de la Toison d'or, 
1. 1, f. 12G.) — 2° Train d'artillerie : « Combien que 
« le traict de leur artillerie fust moult granl cl dru 
« et en très merveilleuse quantité, loul'tes foys, par 
« la grâce de Nostre Seigneur, de Noslre Dame et 
« de M"" S' George il n'y eut de nos gens ([ue trois 
<■ morts et six blessez. « (Lettre de Charles, duc de 
Bourgogne, au sieur Du Fay, p. 36i.) — 3° Artille- 
rie : « ils avoient tous leurs archiers et tout leur 
" traict meslé parmy eulx. « (Le Jouv. fol. G'i.) — 

— «' Le maistre des arbalaistriers conduisoit le 
« trait sur la main dextre, ainsi qu'il avoit fait au 
« venir. » (Id.) — - Et soit entendu qu'avec tels 
« basions d'armes esmolues sont compris traict de 
« pouldrc, arc, arbaleslre, dard à main. » (Coût. 
Gén. I, p. 930.) — A° Trajet : •■ Et pour ce que le 
» traict estoit long, prindrcnt conseil d'alcr repais- 
" Ire à my chemin. ■> (Le Jouv. 32.) — 5" Distance : 
" Du dire au faicl il y a grand traict. >■ (Colgr.) — 
G" Trace : « Ils trasserenl d'ung costéel d'auli'o tant 
» qu'ilz trouvèrent le traict des chevaux oi^i les 



THA 



- 75 — 



TRA 



« deux clievaliers s'estoieiil combalus. « (Percefor. 
III, f. 108.) — 7» Yi3ai;c : » Ce beau Imicl, » dans 
Cl. Marot, p. '20G. — 8" Enlrail, liraiil eu cliarpeiite : 

Car par une hauUo fenostre 

En la salle du chevalier 

Haut sur les Iraicis s'aloit percher, [(r. de ta ISi'jnc, SI.) 

0° Ecliafaud : « On avoil fait en la cour du palais 
« un haut cl grand traict sur liaules eslagcs et la 
« fut le disner fait et ordonné. » (Froiss. Il, lO'i ) 

— 10° Esquisse : « Ouand j'en le traicl de celte 
« histoire et fu issu de l'hostel. « (Eroiss. IV, p. 1 ) 

— il"» A tritict, « de suite: » Parlez ù h'airl et 
« sans colère. « (Kabel. Il, p. 118.) 

Traictaresse. Néi^ocialrice : « La daine de 
" Giac... i|ui avoit esté traictaresse d"icelle asseni- 
« hlée. n (Monslrel. I, p. 277.) 

Traicte. I" Itelais, traite: « Henri IV prit cent 
« chevaux et en deux tmicles àonl la première fust 
« Hacqueville, il arriva i^i Dieppe. » (Mcm. d'Anpiou- 
lème, p. l'd.) — '2" >< Coutume, péage ou Iraicle. <• 
[Ovd. 11, p. o40.) — Impôt de deux deniers tournois 
que le roi pieiid surchaque charroi de marchandise 
qui se ti'ansporte hors de la ler're de Mebuii en 
Berri. (Laur.) — « Traicte foraine, ■• imposition 
foraine on ayde que le roi lève sur toute espèce 
de marchandises et denrées qui entrent dans le 
royaume on qui en sortent. (Laur.) 

1. Traicteiii". Avocat : « Les diz doien et cha- 
« pitre (de Ciiarlres) ne sont tenus de plaidier au 
« parlement, fors comme par devant trnicleurs de 
« leurs causes. "(Lett. de Charles V, an. 13G7, dans 
D. C. sous Traclalor 5.) 

2. Traicteur. Traître : 

Il en y a de Inde leurs... 

Que souvent monstrent courtoisie 

A leur inaistre par tricherie. (G. de la Bigne, f. 87.) 

« Traicteiirs à leur maistre. » (Id. f. 91.) 
Traicliei". « Traictier en cause, » assigner en 
justice, aux Ord. V, p. 200. 
Traictiz. Souple : 

Ton corps faitiz 

Long et Iraicliz. [Al. Charticr, p. I'i5.} 

Traictoire. Trajectoire de tonnelier. (Cotgr.) 

Traie. Oiseau : « Comme la traie il se viendra 
a prendre it la glus. » (Merl. Cocc. I, p. 255.) 

Trajectaire. Dateleur. (Cotgr.) 

Trajectei*. Emmener: « Trajectant en Affrique 
« celle là qui l'avoit appelle à secours. » 'Favin, 
Th. dhonn. I, p. l'J9.) 

Traieres, eur. Tireur d'arc. (Beaum. p. 3i7.) 
Cas sujet et cas régime. 

Tralerie. Action de tirer : « A l'assemblée y ot 
« grant Iraierie, et quant le trait fu failly, ils com- 
« bâtirent main h main. •• (Hisl. de Du Gucscl. Mén. 
p. 357.) 

Trajetter. Traverser : .. La reyne de Sicile 
« Constance... trajettant de Darletle à Salerne, 
« touiba entre les mains de quelques corsaires. » 
(Brant. Dam. ill. p. 285.) 



Traige. Fourré : u Se retirant aux traiges les 
■' plus espois de leurs bois. » (Favin, Th. d'bonn. 
t. 1, p. 1.52.) 

Traigiie. Traîneau. (Cotgr.) 

Traifliicr. •< Traigner le patin, » traîner, aller 
doucement, dans Coquillart, p. 154. 

Traillc. 1" Treille : « Sur les traitl.es de mou 
.. jardin. » (Descli. L '122.) 
Dortor et refrctor 
Avoii'nl ; belle yglise, 

Vergercs, pralaux et traillcs. (Ms. 7615, I, f. GS.) 
Sire, vous donnez de l'oraille ; 
L'en vous met des pessiaus en trailla. (Ms. 08i2, f. 70. J 

2» On appelle traitle, h Lyon, des poteaux qui 
soutiennent un cable traversant le Hhône ; ce câble 
sert à faire passer le lleuve dans un bac. — 3» Grille : 
« Celuy ([uia tel cours d'eau par le font d'un autre, 
K mettra une traitle de fer entie son fond et le fond 
1 de son voisin. » (.N. C. G, I, p. 1271.) — <• Lors 
« s'en yssît, puis referme la traitle, et cil s'assist 
" qui de joye frelaîlle. » (Percef. V, f. Hl.) 

Traîllis. Grillage: « Si regarda parmy les trait- 
« lis et veit... ung autel. » (Lanc. Ill, f. 70.) 

Traini » Trames, Iraim, dont ont dit : il va 
« grand train ; c'est à dire legierement ; et il va à 
» grand traim pour il ha grande suilte après soy, 
« il ha grande famille ; combien que traim pourroit 
» venir de tranare, [rainer, comme si on Irainoit 
« après sov une compagnie de serviteurs. » (!'. Est. 
Gr. fr. p. 105.) 

Traimail. « Traimail, c'est une rets à pescher.» 
(D. C. sous Tramallum.) 

Train. 1° Traîne : 

Tu passas devant son lit, 

Si soulevas ton Irain 

Et ton peliçon ermin, 

La cemise de blanc lin, 

Tant que ta jambete vit, 

Si fu gari le pèlerin. (ils. 7080'', f. 7i.} 

2° Traînée : « Que le paveillon soit couvert de 
» branches de gênés... et mettez du blé assez large- 
« ment dedens'le paveillon bien avant, et soit fait 
» un pou de train du blé par dehors, en venant 
« droit au goulet, et les perdrit sievront le train de 
« blé et se^bouteront dedens le paveillon. " (Mod. 
f. 178.) — 3° Air de danse : » Je vous prie, sonnez- 
<• moy le train. « (Co(iuillart, p. 158.) — 4' Suite, 
bagages, convoi : « Attendre son train qui venoit 
» après luv. ■■ (Du Bellay, 1. VIII, f. 247.) — « Pour 
« ce que les gens dudit duechevauchoienten train, 
« furent envoyez plusieurs heraulx et poursuivans 
« pour le faire haster. » (Monstrel. L P- 310.) — 
« l's avoient chevauché si fort que les trois qarls 
« de leurs gens esloient demeurez en train derrière 
« eux. » (Monstrel. 1, p. 288.) — « Lors de la bataille 
« des Poitugais contre les Castillans à Juberotz... 

.< Jehan Ferraud Porteler amena quarante 

« lances, dont on en eut grand joye de sa venue, 
« car il fut mis au train du rov. " (Froiss. liv. III, 
p. lOi.) 



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Assez loing el se monstroient gros boucaiges 
Si plains de cerfs et de sangliers sauvaiges 
Que veoir de là je pensoys pour certayn 
Que arbres et cerfs cheminassent ung irai». 

Uép. ms. dis Oracles d'Apollon, p. 3. 

5° Durée: « Afin que le jeu print plus long ?»■«/».• 
(Nuit de Slraparole, II, p. 9i.) — 0" » Abaisser le 
. train, » diminuer la dépense, tailler les morceaux 
plus menus. (Apolog. d'Ilérod. p. 304.) — 7" Allures : 
. Le cheval sur quov le rov estoit monté .. ne dai- 
« gnoil aller ne trot, ne pas, ne amblure, par la 
< roideur de lui ; ainrois alloit bondissant, pour- 
. saillant la campagne; ...adonc, disl le roy Passa- 
« vant, que a ce cheval, qui ne se daigne mettre 
. en aucun train. » (l'ercef. 11, f. 40.)— « Le train 
« du sanslier se voit tout au long de cet halier. • 
(Monet.) — 8° Avant-train : <' Le train de devant 
. d'un coche. » (Monet.) — 9" « Train, action de 
« jeter quelqu'un par terre, de le traîner après 
B l'avoir renversé. » (Ane. Goût, de Norm. f. 1(10.) 
— 10° « Train de justice, » usage, au N. G. G. II, 130. 
« Train de pratique, » style, usage de la cour. 
(Monet.) — 11° Gommerce, gérance:* Train de 
« ferme, de marchandise. » (N. G. G. 1, p. '200.) — 
. Il fait train des fermes du domaine. » (Monet.) - 
a Train de sove. » (Monet.) — « Faire train sur la 
« mer. •> (Apoi. d'IIerod. p. 30.) - 12° « Femme de 

• mauvais train, » de mauvaise vie. (Monet.) — 
13° Traces: « Les dits hommes d'armes... virent les 
•■ pistes des chevaux... et le train àe la retraite, 

• tant d'eux que des gens de pied. » (Mcm. de Du 
Bellay, 1. VII, f. 2'29.) — 14° En train de: » Le sei- 
« gnéurde Montmorency qui estoit à Venise, estoit 
« sur le train de recommencer la ligue avec les 
. Vénitiens. » (Id. liv. Il, f. 42.) — <> Quand on fait 
« adjourner la femme mariée pour deble, ...l'on 
« fait du mesme train adjourner son mary. » (Coul. 
Gén. II, p. 047.) 

Trainaccr. Augmentatif de traîner. (Goquill. 
page 4.) 

Trainane. Droit sur le vin, dit encore vien- 
trage. (Laurièrc.) 

Traînard. Qui traîne. (Cotgrave.) 

Trainassor. Augmentatif de traîner. (Mont. 
Ess. II, f. 170.) 

Traîne. 1" Traîneau. (Gotgr.) — 2" Gage : 

Dient tuit, j'ai mespris 

Et de l'anel qui fut mis en trahw; 

.1. mais à bon droit i fu mis, 

Que par l'anel fu faite la saisine 

Par que je sui entrepris. (Pocl. av. 1.300, I, f. A3G.J 

3° Traînée qu'on faisait aux oiseaux de proie pour 
les dresser : « Tu lui feras une traine d'une gerbe 
« d'avaine ou de veche et les pendras jusqu'à un 
« lieu couvert et secré, el où tu mettras la jerbe. » 
(Mod. f. 00.) — 4° Semelle traînante, pièce de bois 
portant sur un plancher et recevant les jambes de 
force : « En mur commun et moytoien, il est loi- 
. sible à un chascun des seigneurs dudit mur, 
« percer iceluy mur tout outre, et y mettre el 
« asseoir ses traînes, courges, manteaux de che- 



« minées et autres merriens, en rebouchant les 
'. trous et i>erluiâ. » (G. G. II, L 204.) 

Traîneau. 1° Filet de pêche : 

Et les grandes richesses peschent 

Aux grands sesnes et aux Iraineaux. (Rûse.) 

2" » Traîneau à plommée, » épervier, filet garni 
de plomb. 

Traine boyau. « Les dits Bourguignons, 
« Anglois, Picaids et aultres, voyant qu'ils avoyent 
" longuement esté îi l'encre saiis avoir rien fait, 
« et mangé tous leurs vivres, retirèrent leurs dittes 
« ancres el s'en retournèrent à leur duc sur traine 
« boyau et sans avoir rien fait. » (Ghr. scaiid. de 
Louis XI, p. 102.) 

Traînée. 1" Gens qu'on traîne ii sa suite : 

Or ça, quand vous estiez levé. 
Que faisiez vous toute journée? 
Aviez vous nul ainy privé, 
Qui scellât rion de vostre traînée ; 
Ou faiUiez point la matinée 
Passer devant la dame ung tour 
Pour avoir un regard d'emblée 
Et ung doulx soubzris au retour. 

Amant rendu Cordelîcr, p. 527. 

2° Mèche : « La tramée estoit esventée. » (Gont. 
d'Eutrap. p. 213.) — « Faire sa traînée, » dans 
Goquillart, p. 77. 

Traine espée. Traîneur de sabre : <■ Je l'ai 
« envoyé à Galais pour y apprendre par quelques 
« mois les rudimens de la discipline militaire , 
« n'ayant nulle envie de le rendre casanier ou 
• traine espée. » (Pasq. lelt. I, p. 011.) 

Trainefjainer. Battre le pavé avec l'épée au 
côté. (Goquillart.) 

Trainel. 1» Traînelle, sac de toile qu'on traîne 
sur le sable pour prendre des lançons : « Que nul 
« ne pesche au harnas que on appelle riez... ne de 
" rois à cuUas, que aucuns appellent trainel. » 
(liouteill. Som. rur. p. 507.) — 2" « Trainel ti aider 
« à chaucer, chaucepic. » (D. G. sous Trainellum.) 

Tralnement. « Hampement et trainement sur 
» le ventre, ou pieds sur terre. » (Rob. Est.) 

Traîner. Gonduire au supplice sur un tombe- 
reau : « Traîner et pendre estoit de la haute jus- 
" tice ; pendre seulement estoit de la moyenne. » 
(Grand coulumier de France, p. 524.) 

Fuilis soient de l'église et chaciez 

Et au gibet pendus et h-ainez. (Dcsch. f. 333.) 

Princes, nuls homs n'est contre mort tramez ; 

Viez pechié nuyt et Dieus est enformoz 

De noz meffaiz, vray juge et souverain. (Dcscli. f. 26'i.) 

Trainnel. Voir Tbai.nel : « Qui est trouvé pcs- 
« chant au /rfliïiHeZ... chet en amende. » (Bouteill. 
liv. II, p. 800.) 

Trainstrent. Menèrent, au figuré : 

La furent menez les prisons, 

La Iraiihslrcnl il grant penitancc. (G. Guiarl, f. 5i.j 

Traint. Entre : 
Foux est qui os teus dames 
Se solace et déporte, 
Car nul à lor chastel ne traint, 
Qu'il ne convient qu'il sorte. (ils. TOJS, II, f. 139. J 



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Traioir. Seau à Irairc. (Moiicl.) 
Trniot. Seau à traire. (Colgrave.) 
Traïr. Traliir : 
Il m'est avis 

Qu'en baisant me /lOÏfcs. (l'oët.av. 1300, n,p.i)'iO.J 

Ils sont traïz 

De toutes pariz. (G. duiarl, /'. lUU.J 

Traire. 1" Itesseniblcr: 

,Ie trairai moviU plus à mon pore 

Voir que je ne lais à ma mère. (Ma. 7015, II, /'. i77.,/ 

2° S'élever en l'air: 

Car esparvier n'est austrucicr 

Ne faulcon bon liaironnier 

Oui plus tost poust à mont traire 

Que le faulcon le si^avoit faire. (G. de la Birjne, /'. 121.) 

3° Conlractcr; S. Bernard (p. 171) s'adresse à 
Jdsus-Clirist, ;i propos de sa circoncision : -> Ke lu 
« d'allrui ne Irasis oni<cs pecliiel en ti. » —/c Met- 
tre : » Dressèrent escliellcs contre les inursd'Ardres 
« (en 1405) et trayrenl le l'eu dedans en plusieurs 
« lieux. » (Monstrel. I, p. 'iO.) — 5" Représenter: 

Bref qui vent en tableau tirer la poésie 
Déesse qui du ciel tombe en la fantaisie 
Qu'il tire de Ronsard seulement le portrait. 

Aiiiadis Jaiii}'n, f. 23i. 

6° Frapper: 

Sui au cuer trais et férus 

D'un vairs ieu.\, ses et agus, 

Rians, pour raieus assener ; 

A ce ne puet contrestre baubers ni escus. 

PoLl. av. 13U0, IV, p. 13'9. 

« Qu'amor mi 11 trai à bandon. » (Ms. 7989 % 
f. 65.) - 7° Attirer : 

Ne soiez plus de convoitise irais. 

Dont guerre sourt, tribulation. (Bescli. f. 311.) 

8» Râler : « Quand il vit qu'il commengoit jîi à 
« traire, et qu'il estoit pres(iue mort. » (Clir. de 
S. Denis, I, p. 147.) — 9» Couper, enlever; on lit 
de l'empereur Néron : « Ton cliief te fis en Un, par 
« ton serf traire. » (Descli. f. 317.) — 10' Mener à: 
« Se ceste œuvre povez traire h. fin. • (Gér. de 
Nevers, 1" partie, p. 18.) — 11" Donner de la tôle : 

Guillaumes ne sait que faire 

Et si n'en sait à quel chief traire, 

Du mal qui ainsi le destraint. (Fahl. de S. Germ. f. 30.) 

12° 1 Traire avant vaines covertures, » alléguer 
de vains prétextes, dans S. Deru. p. 374. — « Traire 
« avant des paroles. » (S. Bern. p. 377.) — 13" Avoir 
des rapports : 

Maris puet à sa femme traire 

Et la femme avec son mari 

Pour hoirs avoir, lors sont gari, 

Ou pour Deu rendre par la loy 

Du pechié mortel ambedoy. (Desch. f. 500.) 

14» » Traire demourée, " en latin moram con- 
iraftefc, dans la Cliron. de Nangis, an. 1303. — 
15° .Touer: 

La vielle et amors sont parel de joie 

Et de solas, qui en set traire. [P. av. 1300, II, j). S'21.) 

16° Représenter: «S'il advenoil que.... trouvis- 
« sions le roy sain et délivré, nous traiiro)is son 
« escu en tous les arbres. » (Percef. I, f. 34.) — 
17° Tirer de l'arc : « Le V' chapitre d'archerie si est 
« de traire h veue et se fait en deux manières ; 



- l'une si est traire à pied, l'autre si est de traire 
<• à cheval. » (Mod. f. 43.) — 18" Emboucher : • Mors 
• Irai ton cors et si le sone. » (Ms. 7G15, I, f. 102.) 

— 19° Tenir en : 

Los bories dames honor aient 

Qui leur soiguors à honour iraient. (Ms. 7015, II, 177.) 

20" Tirer à soi l'argent gagné: 

Cil qui gaaignent ;'i eus traient 

Kt li perdent, crient et braient. (0. Guiart, f. .3.32.) 

21" Kinporler: « Que nul changeur, oiplievre, ne 
« autre personne ne ose trahere hors de nostre 
« royaume or, argent, ne mace, ne hillon. « (Oi'd. 
II, 39.) — 22° Tirer sur un vêtement, le dépouiller : 

.rescomni^'rii moin.- i|ui sonne 

Mai.s j'aliiii- I .1 i|ni.... et done 

Et va seuil lou.sti' Il tone 

Et dist : Truies sur ceste gonne. (Ms. 72 18, f. 104.) 

Or tost traie: 
Sans contredit, vostre grant chape. (Ms. 7615, II, 151.) 

23° Eprouver, retirer de : 

Qui cliiet en désespérance 

Por dolor, ne por mal traire. 

Tôt a perdu, sans dotance 

Et se c'est gieu ne set gaire. (P. av. 1300, III, p. IIGO.) 

" Trop grant mal trai. » (Id. f. 995.) 

Alcr m'estuet la u je trairai peine 

En celé terre u Uieus fu travelliés. (Id. f. 1239.) 

« Traite ai, pour lui, mainte nuit doulereuse. » 
(Id. IV, f. 1407.) 

Plain sont de convoitise 

Avocat et notaire, 

Tout avant veulent eslre 

Paiez de leur salaire ; 

Quant on tret de la gent 

Ce qu'il en puent traire 

Aucune pes honteuse 

Li conseillent à faire. (Ms. 7615, II, f. 141.) ■ 

« Dont il traioit originité et naissance. » (Chron. 
de Nangis, an. 1303.) — « La dolor e la peyne qe je 
« traij. » (Ilisl. de la S" Croix, p. 2.) 

Pis vous fet la jalousie 

Que li maus que vous trayez. (Ms. 7218, f. 115.) 

24" Mettre en marche: « Quand le maistred'hostel 
« eust disné, madame commanda les chariots 
« traire. » (J. de Sainlré, p. 054.) — 25° Rappro- 
cher de : 

Lors dist Sanson, je vueil 

La grant ire que sur ceuls ay ;.... 

A une coulombe me tray 

Dit il à un qui le menoit. (Descli. f. 506.) 

26° Extraire : « Les diz bailliz ne pourront traire 
» ne trailtier nuls de leurs subjez hors de leur 
« chastellenie et prevosté. » (Ord. III, p. 081.) — 
27" Présenter : « J'en tray heraux en lesmoignage. • 
(Desch. f. 434.) — 28° S'approcher de: « La nuyt estoit 
" refroidie par la pluye et par le temps qui se 
« trayoit sur l'yver. » (PerceL I, f. 40.) — 29° S'é- 
loigner de : « Traies vos la qui n'amés mie par 
«' amors. » (Chans. du ms. Bouhier, f. 239.) 

Traisime. Treizième : « Traisimes roys fu 
« Childeiis. » (Mousk. p. 2-29.) 

Traisnasserie. Action de traîner. (Cotgr.) 

Traisné. 1° Traîné: « Bataille peut estre jugée 
« par trois cas ; c'est assavoir par traison, dont le 



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« vaincu doil eslre Imif.iié el pendu. » (Ane. Coul. 
de Bret. f. «!).) — '2° Mené: >• H fnst fait une enlre- 

• prise sur luy à Angoulesme, aussi bien traisnér 
« qu'il en fust jamais. » (Rrant. Cap. fr. IV, p. 319.^ 

Traisnel. Trainnelle, lilet: « Que nul ne pesclie 
« à traisnel. » (Houteill. 11, p. ôOT.) 

Traisnei'. Traîner- « Traisncr sa corde, ses 
« mots, une all'aire. » (Oud.) 

Ti'aisnercsse. Qui traîne. (Cotgr.) 

Traisnerie. 1° Esp^ce de trèlle. (Cotgrave.) — 
2° Action de traîner sur les mots : « Ces longueurs, 
« traisnerics de propos, répétitions, témoignant 

• une envie de parler. » (Charron, Sagesse, p. 345.) 
Traisnetto. Petit passement, dentelle d'or ou 

d'argent. (Oud.) 
Traisnoiir. • 7'ra/SHfc'(a' d'espée. » (Oud.) 
Traisiioir. Brouette, tombereau. (Oud.) 
Traïson. Trahison: <• Traïson si est quand l'en 
« ne monstio' semblant de liaine, et l'en het mor- 
" tiemenl, si qua par la liaine l'on tue ou tel tuer, 
« ou bal, ou Ici batre dusques à afoieure clieli qui 
« il bel par Iraïson. « (Beaum. p. 48.) — « Traïson 

- la poitevine. » (.Ms. 7015, II, f. 190.) 

En Poitou, si con nous dison, 

Ferme chatel de Iraïson ; 

Traliant lo plus jjlaisant du monde, 

Dont Poitou est à la reonde, 

L'a si garni do fausseté 

Que ni a foi ne leauté. [Ms. 1615, I, f. ilG.J 

Traïson ner. Trahir: 
Je voy, es cours, l'un l'autre décevoir, 
Tfuisoiuier, raison dissimulée. 
Au temps qui queurt, mentii-, taire le voir. (Desch. 250.) 

Traistrement. 1mi traître : « Ce mastin aboyeur 
« de mon entière vie Krincetant de ses dents escu- 
« nieuses d'envie Traistrement contre moy, bava 
« sur mon renom. » (Baïf, p. U5.) 

Trait. 1° Portée: - Kslant -^ un <ra/7 d'arc loin. » 
(Apolog. d'Hérodote, p. 057.) — « "S'en estant esloi- 
» gné de deux traits de canon. ■> (Mémoires de Du 
Bellay, f. 340.) -, 2° Boulet: « Maistre .lehan le 
« canonier adresse son trait vers un Ang-lois et le 
« tue. » (Lenglel, Ilist. de la Pucelle, II, p. 121.) — 
3° Projectile : « Trait des haquebuliers, archers et 
« arbalestriers. » (.Méni. de Du Bellay, prolog. f. I.) 

— 4° Point ; S. Bernard (p. 50) admire la brièveté 
et la douceur de ces mots: « Jhesu Criz li fils de 
« Deu naist en Bellccm, - cl il ajoute : « Si granz 
« est li grâce de cesle parole k'ele ap mêmes en 
« commenceroit à avoir moens de savoir si ju en 
« mueques net un trait. » — « La manière d'alla- 
« cher vostre trait h voslre gielle.... prenez lebout 
« et le passez parmi la poulie. » (Mod. f. 170.) — 
5° Traces: « Passa cl traversa landes et bois, telle- 
a ment qu'il ne trouva nul grand chemin, parquoy 
« l'en sceust riens trouver de son trait. <> (Le 
Jouvencel, f. 73.) 

Chiez vous tant conseilla 

Que vous perdez l'alleluia; 

Si vous convient tenir au trait 

Flamens vont tost, et vous à trait. /.Us. OS/?, f. 10. j 



G" Marche lenle, comme des chevaux qui tirent : 
■■ Parlons îi traits, h sens rassis. ■> (Rab. V, p. 140.) 

S'enferme en sa chambre ou en retrait 

Pour escrire plus à l'aise et .^ trait. [.U. C.hart. p. 557.; 

Traitailler. Faire continuellement de mauvais 
petits traités. (Mém. de Relz, 1, liv. 11, p. 3G5.) 

Trait de dixme. [Seconde dîme que le sei- 
gneur prenait sur les gerbes de paille : « Item, la 
« deuxième partie du trait de ladite dixme. ■> 
(1352, Aveu de Thorigni; L.C. de D. Glossaire de 
l'Orléanais.*] 

1. Traite. Traître: 

Li faus lions avers et traites. 

Il est touzjours embruns et tristes ; 

Quant il ol les biens recorder, 

Car il ne si puet acorder. {Ms. lOiô, I, f. liO.) 

2. Traite. Poursuite: « Si nos officiers ;"i traite 
« ou poursuilte d'autruy calengent personne pri- 
« sonnier, |)0ur avoir exploité sur autre seigneurie, 
« sur plainte d'adveu icely prisonnier sera mis au 
a délivre. » (N. C. G. Il, p. Gl.) 

3. Traite. [Petit chemin : » Tirant vers le vent 
« de galerne.... au chemin en adresse el traite des 

" chauipais du lieu du bois des Bordes et de 

« ladite /;■((//<', suivant icelle. » (1GG8, Aveu de la 
justice de Grandviliers ; L. C. de D. Glossaire de 
l'Orléanais.)] 

1 . Traitement. En traître : 

Amie, amour, amant, avez amé 

Très loyalment, le cours de vostre vie ; 

Amours à tort vous a mes diz blâmé 

Traitement et par mauvaise envie. (Desch. f. 102.) 

2. Ti'aitement. Honoraires: « Il seroit baillé 
■i à chascun d'eux mille livres à traitement. » (La 
Xoue, p. 153) 

Traiter. 1» « Traiter mal, •> méditer une mé- 
chanceté, aux Serm. de S. Ber. 3'29. — 2° Nourrir : 
« Alla prendre garde t'i son cheval, qu'il traita de 
« ce ((u'il trouva. » (Nuits de Strapar. 11, p. 209.) — 
3° [Assigner : ■■ Nous avons fait inliil)ition et deU'ense 
« de par monseigneur le duc d'Orliens, à Pcrrin 
« Hame, vigneron, que il ne Iraitte, ne travaille, 
» ne fuce traitter, travailler, ne convenir Jehan de 
« Marc, sergent... » (1402, Ordonnance du prévôt 
d'Orléans; L. C. de D. Gloss. de l'Orl.)] 

1. Traiteur, Négociateur: « Puis que je esloye 
<■ />'a;7c!(/' moyen, il me convenoit essayer de mou- 
« voir plusieurs voyes afin de procurer l'acort 
.• d'une partie et d'autres. » (D. C. sous Tractor.) 

2. Traiteur, euse. Traître: « Sur la mortel 
" occision traiteuse. « (Preuv. sur le meurtre du 
duc de Bourg, p. 209.) — « Traiteuse beste. » (G. 
Guiart, fol. 78.) 

Traiti.s, iz. 1° Souple, tendre : 

La faco clere et traitice 

Aine plus bêle ne veistes. [Ms. 1080'', f. 13.) 

Les ieus vairs et rians. lonc et Iraitis le nez. 

Ms. 7il8, f, 31t. 
Quant fisles premièrement 
Que je son viaire traitis 
Ksgardai, tant fui esbahis 
Que je ne sai qu'adonc fesoie. [Ms. 1-H8, f. i50.) 



TRA 



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TUA 



Il est biaiis et faitiz, 

S'a cors gracieus et Irailiz. (Us. CHt^, f. GO.} 

Cil baston sont lonc et U-aitlz. (G. Ouiart, f. 2'h'i.) 
2" Mélodieux : 

Roliins (l'unG flautolc 

Y fais.iit des sons traills. (P. av. iSOO, JV, p. 1ùQ3.) 

Traitois. Trahison : 
Me cuident li trailors 
Décevoir en traitais ; 
Si ce cuident, c'est folors ; 
Je ne piis riens leur janglois. (P. av. i500, IV, Jù 11.) 

Traitor. Traître; v. Thaitois. 

Traitoiii". Même sons : « Homicides cl Imi- 
« toiffs. " (Ms. 7Gir., 11, loi. l'itî.) - « (JUMiul ils 
i< fiirciil ainsy ordonnez, si se mirent nu chemin 
" les dits cliarretiers et vinrent à la poi'te; le trai- 
« tour appclla les porliers qu'ils lui ouvrissent 
« lantosl la porte. >■ (J. de Paris, sous Cli. VI, 149.) 

Traitreux. Donné par trahison : « Mort trai- 
" Ircitse, » (G. Cuiarl, f. 23-2.) 

1. Traitte. Traître: » Si mesdisans m'ont sor- 
« dit, Comme traittcs l'ont fait. » (f^oët. av. 1300, 
t. IV, p. 1511.) 

2. Traitte. 1° « Traitte, » en Auvergne action 
de tirer l'argent qui se trouve dans les troncs des 
églises, (L). C. Tracta 3.) — 2" Poursuite judiciaire : 
« Kn cas de fuite ou absence du facteur, le blessé 
« ou all'olé pourra donner traitte par saisissement 
« des biens d'iceluy facteur. >■ (N. C. G. 11, p. 59.) 
— 3° Voyage : « Après avoir résolu mes rouîtes, je 
« résolus mes traittes. » (Mém. de liassomp. il, 
p. 1G8.) — 4° Traîne: « Audessoubz de la ceincture, 
" couvroient tout le reste du bas d'une ample stole 
« pendant jusquesà terre en devant, et parderriere 
<■ estandant une longue /ra;/^<' traînant par terre... 
« auxquclz on donnoit à entendre que ceste longue 
« traitte en bas derrière le vestement estoit la 
" marque et enseigne de la noblesse féminine qui 
« par la longueur de la queue se mesuroit, laquelle 
opinion dure encore aujourd'hui. >■ (Alect. Rom. 
p. 00.) 

Traittement. ÎNégociations : « Après plusieurs 
« traittenicns sur ce euz, ou pour parler entre au- 
o cunsdes nostres d'une part et d'autre. » ^Pieuv. 
sur le meurtre du duc de Courg. p. 255.) 

Traitter. 1° Fêter, bien traiter: « Elles flattoieni, 
" caressoient et traittoienth leur possible. » (Slrap. 
II, p. 171.) — Parlant de la fortune : 

Qui ses gens fait de vil et ort merien 

Pour gouverner la finance qu'on traitte. (Desch. f. SA^.j 

On lit des Espagnols qui avoient des p... dans 
leur armée : « Les aiment, traittent et chérissent 
« comme princesses. » (Brant. Cap. fr. 111, p. 417.) 

r — « Si vous chasciez lièvres ou chevrelx, ou cerfs, 
« ou autres bestes, en traittant, senz limiers, c'est 
« belle chose et plaisante. » (Gast. Pbéb. p. 127.) — 
2° Condamner : » Condamner, punir et traitter h 

! « amende. » (Ord. III, p. 694.) 

Tralissc. " A la tralisse, » à la traverse. (Brut, 
ms. Bomb. f. 94.) 



Tramail. 1° Billot qu'on met au cou d'un chien 
pour renipéclier de courir dans des endroits où il 
|)eul faii'cdu tort. (Du Cange, sous Traiitaiolits.) — 
2° Filet : « Pour repousser en mer la baniue pois- 
« sonniere F-t tendre ses engins, son tril/le et son 
" traittail. « (Hem. lielleau, p. 114.) 

Traînailler. Mettre au col un tramail. (Oud.) 

Trainl>Ier. liiandir : • l.e dieu en tramblant 
« une espée, lui dit ; faits pénitence de ton melTait.» 
(Percef. IV, f. 15'*.) 

Tranil)Ioi. En tremblant : >• Que porter ne vous 
« puisse chascun jor à tramhloi. •< (Ms. 7218, f. 343.) 

Tramer. » Tramer, faire une trame, • dans 
l'Apologie d'Hérodote, p. 237.) 

Trainettre. Transmettre : 

De vir les montaignes de sel 

Les baings chaux, dont maint sont garis. 

Dont le cours desquels est naturel 

Par vaines de soufTre trantis. [Desch. f. 3Ô6.J 

« Les mesaiges tramelexi. » (Parton. fol. 108.) — 
« Trametre paroles. » (Serm. de S. Bern. p. 254.) 

Li comanda 
Qu'une fille li traracsist. (Mousk. p. 2S.J 

Va moi la où je te trainet. (Ms. 7218, f. 6i.j 

Ses mesages li tramctnit. {Ms. 7980^, f. 66. J 

Messagiers sui, à lui trainis, 
De meilleur de tous ses amis. (.ithis.j 

Tranimettre. Même sens : « Les partages ainsi 
« f.iils, cliascun des héritiers doit opler dans qua- 
<■ ranle jours, autrement le défaillant ouvre et 
« trammet son droit à celuy qui le suit en ordre 
» immédiatement. > (N. C. G. H, p. 1107.) 

Tramontane. i« Etoile polaire : « L'estoile 
'< polaire qui fait la queue de In petite Ourse, ainsi 
« nommée pourestre la plus prochaine de celles 
« qui sont près du pôle artique, est appelée en la 
« mer Mediterrannée par les Italiens Tramontane.^ 
(Pasq. liech. p. 300.) — 2" Vent du nord: <. Les 

" pèlerins faucons s'en reviennent es parties 

« seplentrionnales subjettes à la tramontane pour 
« faire leur aire et leurs petits. » (Fouill. fauc. f. 9.) 
— 3° Guide : « 11 (Dieu) marie les sceptres avec les 
« houletes... c'est la seule tramontane qui aligne 
" touttes leurs actions (des rois et des hommes), et 
» leurs alTaires et conduit leurs desseins ù bon 
« port. » (Villeroy, V, p. 205.) 

Trampe. Trempe, au figuré : 

Il n'y a désormais ny rivière ny bois, 

Plaine, mont ou rocher qui n'ait sçu par ma voix 

La trampe de ma vie à tout autre celée. (Desportes, 201.J 

Tran. « Mon dessein estoit de lui oster (au 
« comte de Garson) la gloire de Candale et la bisar- 
« rerie de Tran; mais j'y ai perdu et tiempo. » 
(Mém. de Sully, IX, p. 322.) 

Trance. [Transe : « Fors purée, poys, cresson ; 
« mais la trance Ont ceuls dehors, s'il est qui y 
'1 prant gardes. " (Desch. éd. de S'-IIilaire, 11, 64, 
1 V. 21.)] ' 



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Quant au logis, Dieu scet comme il est froys 

Et à dangier se fait la délivrance ; 

De buclie avoir en sale est on en trance ; 

Dellulez sont servant et escuyer. (Desch. f. 500.) 

Gouverner leur fait soustenir 

En plusieurs lieux aler, venir, 

L'un paier, l'autre faire trance. (Id. f. 5G'2.J 

Tranchant. 1° Décisif; 

Et si fu si bien doctrines. 

Et si sages, et si sachans 

Et de paroles si lianchaxs 

Que nus n'i peust entremainre 

Puis qu'il vousist sa langue eslrainve. (Ms.JOSO, f. 230.] 

2» Mordnnt : « Famé si est maie et trancliant. » 
(Ms. 7G15, II, f. 153.) — 3» Perçant: 
En mon triste ot doux chant, 
D'un ton fort lamentable, 
Je jette un toll Iraiichaiit 
De perte incomparable. (Brant. Dam. ill.p. i21.J 

Tranche. Siibst. I» Bêche: 

Toujours avec la besoche, 

La tranche, le piq, le hoyau. 

Nous faisons si bien une approche 

Que nous renversons le chasteau. f.A. Jamin, f. S26.J 

. La place est très mal envitaillôe, non pas seu- 
a liîment pourveue de pâlies, de tranches ny de 
« holles pour remparer et remuer terre. » (Brant. 
Cap. fr. II, p. 188.) - 2" Balafre: ■• Deiï;iit et deffi- 
■ guré, par la tranche qu"il avoit au visage. " 
(Math, de Couci, Charles VII, p. GiO.) — 3° Tranchée : 
« Syes sourdes, bien tranchées et amanchées de 
« plomb, avec lesquelles les ennemis soyerent la 
« nuit, et sans bruit, les palissades d'une place rez 
• à rez de terre ; mais non pas tout oultre ; et puis 
« remplirent la tranche de terre. » (Mén. Duguescl. 
p. 482.) — 4° Qui vient à la traverse : 

Sainte yglise seut estre franche, 

Or est venue une main tranche 

Qui toute la fait tributaire. (Ms. G8i3, f. 7-'t.J 

Tranchéement. D'une manière décisive : 
« Nous avons écrit que tranchéement la trêve que 
« le roy demande pour les Angiois et IloUandois 
a nous avoit esté refusée. » (Mém. de Bellievrect 
Sillery, p. 27G.) — « Ne tiendra point en nous que 
« n'y faisons quelque appoinlement, afhn d'exe- 
« cuter tranchéement l'emprinse contre les dits 
« François. » (Lett. de Louis XII, IV, p. IGG.) 

Tranchées. « Il avoit fait couper certaines 
« trancliées de fossez. - (Math, de Couci, Charles 
VII, p. G21.) 

Tranchefille. Bordure : 

Là, d'une chanvreuse filace, 

Tissiel le lin qui m'enlace, 

La corde et tranchefille aussi 

De son arc qui rae navre ainsi. (A. Jamin, f. 222.) 

TranchepUimc. Canif : « Quand je dy du 
« taillant dudit fer, ce n'est pas à dire qu'il soit 
" Irenchant comme pourroit estre un cousteau ou 
" trancheplitme. » (Fouill. fauconn. p. 15.) 

Trancher. 1» Traverser : 

Si joint au pont une chaucie 

Que le mares en travers tranche 

Par devers lenz, en lieu de planche. (G. Gviarl, f. 295.) 



2° Exposer précisément : 

Cel an que Dieus, qui pas ne ment 

Fist du roi son commandement, 

Furent, si con l'ystoire tranche, 

Couronnez Lois, lui et Blanche. l'G. Giiiarl, f. i'iS.) 

Z" Se donner des airs de : « Trancher du paran- 
o gon, » de l'excellent, dans Cl. Marot, p. 201. — 
« Trancher de l'historiographe, » dans Babel. IV, 
p. 22. 

Tranchenre. Ligne transversale: •> La teste 
« (du cerf) qui est appellée teste contrefaitle, est 
'■ celle qui a les perches boiteuses et ([ui n'a mie la 
" tranclieiire belle. » (Mod. f. 18.) — « Sur chacune 
>< plume ou lignes noires qui sont sur la queue a 
•< aucune tranchenre. » (Fouill. faucon, f. GO.) 

Tranchis. 1° Coupe de bois: « Tranchis de bois 
« sont delfensnbles jusques ù trois ans. » (C. C. H, 
p. 7G.) — 2° Tranchée : » Le comte do Charolois 
« envoya les francs archers Normans faire un tran- 
« cliis sur la rivière et cstoit icehii trancliis garny 
« d'artillerie. » (01. de la Marche, I, p. 477.) 

Tranchoir. Plaque de métal ronde on oblongue 
sur lesquelles l'écuyer tranchant découpait les 
viandes, pour les déposer sur des tranchoirs de 
pain bis fabriqué à Corbeil. « Prcnoit la viande 
" coupée avec un tranchoir d'argent, et le mettoit 
« devant le duc. » (Estât des officiers des ducs de 
Bourgogne, p. 57.) 

Tranchoisons. Tranchées, douleurs d'entrail- 
les : » Trop de viande prinse, tant bonne puisse 
' estre, griefve nature, enlle l'estomac, engendre 
'< les tranclioisons, croisl les mauvaises humeurs.» 
(Triomphes de la noble dame, f. IIG.) 

Tranclioucr. Voir Tiî.\nciioiu: « Il estoit monté 
« dessus un beau coursier, à une moult belle hous- 
« sure toute couverte de tranchouers d'argent , 
« dessus chascun desquels y avoit une grosse cam- 
" pane d'argent doré. » (Chr. se. de Louis XI, 82.) 

Trançonner. Couper: 

Il voudroit mieux sa chemise brusler, 

Et trançonner sa langue trop volage, 

Couper sa main, que cela fist parler 

Encontre soy, quelque mauvais langage. (Taluir.p. iOl.) 

Trau(jlotir. [Etrangler ; v. sous Seuoutiu.] 

Tranler. Trembler: « Trestoutli vont tranlant 
.. li membre. - (Ms. 7989', f. 90.) - Tremble: « Si 
« tost que le soir fust venu, il s'arresta soubz un 
» tranlc grand et estendu et dist ;"! son escuyer 
« qu'il mist pied fi terre. " (Perccf. III, f. 38.) 

Tranllc. Tremble, arbre: » Tranlles em[)loyez 
« à faire chandeliers de travers du chœur. • (Preiiv. 
sur le duc de Bourg, p. 311.) 

Tranncc. Traînée , charogne qu'on traîne : 
« Prendre les loups à la trannée. » (Bab. I, p. 244.) 

Tranquiliter. Tranquilliser: « Par ce moyen 
assoupit et tranquUita toutes choses à petit 
. bruit. • (l'asq. Hccli. p. 507.) 

Tranquiller. Même sens : ■ Tranquiller le 
« rovaume, » dans Godefr. annot. sur Charles VI, 
p. G97. 



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Traiu[iiillisor. M. de Mdzitrcs m'a dil tenir de 
r:il)b('' l)nni;c;iii, (jnc du temps de M. le cardinal de 
Mazarin, une dame de la cour étant sur un canapé, 
se servit de ce mot et qu'il fût adopté par tout le 
monde. 
Traiisac.tciir. Qui transige. (Monct.) 
Transaction. 1° Transfert: « Action de /rrt»- 
« saclioH, si comme de mettre la cause et action 
« qu'on a en la main d'autruy, donner son action.- 
(rtouleill. Som. rur. p. .").">.) — 2" Déménagement : 
« Transaction est permutation de lieu en autre. » 
(Douteill. Som. rnr. p. 305.) — 3° Passage: 

Parmi le peuple d'Israël s'en alla, 

Parmi la mer et leur coftnacions 

Que sa verge Moïse devisa : 

Sans eul.x mouiller fu leur transaction (Desch. {. 1S9.) 

Transcender. Dépasser : « Marguerile Porée 

« qui avoil Irespassé cl transcendé l'Ecriture di- 
« vine. » (h'avin, Th. d'iionn. II, p. 103.) 

Transcript. Copie : " Ce sont les Iranscripts 
» des lettres (jne les Grecs envoyèrent à mon sei- 
« gneur et .^ ma dame. » (D. C. sous Transcrlplum.) 
— Il Lettres dessus transcriple^. » (Ord. 111, 107.) 

Transenter. Enter. (Oudin.) 

Transficher. Planter : « En son escu sont 
« tratisficlu'z les ongles des deux pieds au serpent 
« et les jambes mesmes jusques îi la première 
« joincte. •> (Perccf. 11, f. 87.) 

Transfigure. Métamorphose ; 

Au Dieu dormant traraist Yrim pour faire 

En lieu du roy Morpheus transmuer 

Vers Alchyone et monstrer exemplaire 

Et il si fist par son transfigure. (Desch. f. 0.) 

Transfigurer. Métamorphoser : » Mais est 
« abesté le bonhomme, et paist l'herbe , et est 
« transfiguré en une beste sans enchantement. » 
(15 Joyes du mariage, p. 110.) — » Sathan qui 
« esloit monté à cheval en Testât de prince , se 
« transfîoura en la fourme d'esperit. » (Mod. '292.) 

Transfiner. Passer les confins de son héritage 
pour mener paître ses bêtes sur celui d'un autre : 
« Ne peuvent aller ou envoyer en lieu... ou... il soit 
" de nécessité au bestail passer du lieu de sa gisle 
« sur un ban ou finage moyen au leur, et ù celui 
auquel ils prétendent passer, que l'on dit en 
« terme commun transfiner. » (C. G. II, p. 1073.) 

Transfreter. Traverser la mer. (Contred. de 
Songecreux, f. 183.) 

Transfugié. Transfuge : « Un brave gentil- 
« homme françois du pays'd'Artois, transfugié avec 
« l'Anglois, sauva la vie au roy Jean, à la bataille 
« de Poictiers. » (Brant. Cap. fr. I, p. 12.) 

Transglotir, outir. Avaler: « La couleuvre 
« c'est convoitise (laquelle l'homme) doit mettre 
« soubs le pied, et la tuer, et transgloutir. » (.Mod. 
fol. 39.) 

Par dou amors, un pou me dou 

Que cil ne soit fox qui vos croit 

Estranglez ert qui vos transglout ; 

Vorés est cil qui trop en hoU. (Poët. av. iSOO, I, p. 'iiô.) 



Gloutonic qui mnut dos ambées 

Armé de gueules engoulées 

Truiisylouttes à grant goulées. (Afs. 70i5, II, f. iOS.J 

Char transijloulisseiil et bouiaus 

Et fiente, et tout (G. Guiart, f. 15.) 

« La nature (du corf; lui donne de querre une 
« fourmilliere où il y a une couleuvi'c blanche... 
« puis la tue du piéel \'a transglotist toute entière." 
(Modus, fol. 38.) — .. Ont chiens... maladie qui leur 
« vient en la goige, ...qui ne les laisse transgloutir 
« ce qu'ils menguent. « (Gast. Phéb. 1, f. 105.) 

Ne morsel ne transglotir mie, 

Por haster, ne por gloutonnie, 

Ainz que tu l'aies avalé. fFabl. S. Germ. f. 12.) 

Las ! que devint Chore et Abyron ? 

Transrjloti sont, terre les absorboye. f Desch. f. 276.) 

Transgreder. Transgresser : « Merveilleu.se 
" discipline estoit en severe et aspre correction de 
» ceulx qui desobcissoient ou qui presnmoient 
« transgreder la discipline et loy qui leur esloit 
« donnée. •> (Ilist. de la Toison d'or, II, f. 7i.) 

Transgrediens. Transgresseur, contrevenant. 
(Ord. V, p. 03i.) 

Transgres. Contravention. (Coiit.de Norm. 175.) 
Transgresse. Allégresse, transports de joie: 
« Comment le chevalier... eut la première collée, 
« par sa grande transgresse qu'il avoil d'estre che- 
« valierde la main du roy. ■> (Percef. IL f. IVJ.) — 
" Il tressailloit tout de joye, et par transgresse 
" saillit jus de son cheval... et mist son col soubs 
« la palme de la main du gentil roy qui l'avoit 
« hault levée pour donner "Vacollée à son filz. » 
(Id. f. 148.) 
Transgression. Contravention. (Ord. III, 150.) 

Transilîle. Passager: a En ce taonCLQtransible.» 
(Ord. de Chevalerie, LU.) 
Transie. Etat d'un homme transi de froid. (Oud.) 

Transif. Transi : « Esmeu, transi f, tremblant.» 
(Rab. IV, p. 287.) 

Transigé. Transféré. (Bout. Som. rur. p. 492.) 

Transiger. « Tî'rtîiS/f/n- se prend généralement 
" pour expédier, finir et mettre à fin quelque af- 
■■ faire, ...et pour décider et composer de quelque 

« chose douteuse de laquelle il y avoil procez 

« avec certaine paction et convention faite entre 
« les parties. » (Bouteill. Som. rur. p. 309.) 

Transigner. Changer d'assignation ; parlant 
de la succession d'un père dont les enfants avaient 
traité entre eux de son vivant : « L'ordonnance du 
« père... esloit muée et transignée. » (Bout. Soin, 
rur. p. 306.) 

Transir. 1° Sortir de : « Jusques à tant que 
« l'ame fust issue du corps et quant elle fust tran- 
« sie. « (Chron. de S. Den. II, f. 54.) — <■ Bilhinie, 
« province d'Asie, où transist S. Lucl'evangelisle.» 
(Tri. des IX Preux, p. 290.) - 2° Trembler: 

Mon ame de frayeur transit, 
Une pâleur couvre ma face. [Perrin, p. 395.) 

Onques nus hom ne transi 

De mort si désespéré. (Vatic. 1400, f. 29.) 

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Trausis. 1° Mort: ■> Cuidans... qu'il fui transis, 

• luy avoienl couvert le visaige. » (Monslrclet, I, 
p. IGo. — 2° Comme pénétré par le froid : « Les 
« histoires des mauvais tours que femmes font aux 

• amoureux traitsis. » (Loyer des fol. am. p. '209.) 

Transite. Trêve : 

Ne puet la guerre renaanoir ; 

Volontiers fait la Iransile 

Et la pucele clamast quite. (Blanchaiid. f. iOi.j 

Transitoire. Passager : 

Bien peu est savoureux ton fruit ; 

Trop dure le mal qui s'enfuit 

Pour un transitoire plaisir. (Bl. des F. amours, p. 2'24.J 

Transivement. Rapidement : " Il fist voiler la 

• leste (du connétable de S. Pol: de dessus les 
« espauUes si lost et si transivevient que son corps 
« cheil ù terre aussi tosl que la teste. • (Cliron. Se. 
de Louis XL p. 240.) 

Translat. 1° Copie : « .Vay reçu la vostre par 
a Arnauit avec le translat des articles, pour le 
o commerce, que vous avez arrestez et signez. « 
(Mém. de Sully, VU, f. 263.) — 2» Traduction : « Le 
« passe temps des amis, avec un translat d'Ovide, 
<■ c'est le titre d'un ouvrage de Charles de Fon- 
« laine. • (Hu Verd. bibl. p. ir>i.) 

Translater. Traduire : « Jeu qui le vie ay 
« translaté. • (Vie des SS. Sorb. LX, c. 07.) 

Translateur. Traducteur. (Cotgrave.) 

Translatice, Traductrice. (Oudin.) 

Translation. Traduction : « Version et trans- 
« lation. « (Am. ressusc. p. 89.) 

Transluire. Briller : » Transluysoient, relui- 
« soient, jettoientde leclal. • (Gloss. de Marot.) 

Transmarcher. Aller par un chemin de tra- 
verse. (Oudin.) 

Transmontain. Né au delà des monts : <■ Les 
« successions des aubains, bastards et transmon- 
« tains qui vont de vie à trespas, sans hoir légitime, 
« demeurans au royaume, appartiennent au roy 
« ou au seigneur ayant les droits royaux. » (N. G. G. 
m, f. 377.) 

Transmuer. 1° Métamorphoser : « 11 se traiis- 
« 7nua en cerf. » (Perceforest, V, f. 102.) — 2° 
Transporter : » Quant Gallafar ouyt ça, il fut tout 
« transmué de joye. •> (Percef. V, f. 52.) — « Les 

• cueurs traitsmuez de liesse en amere tristesse. » 
(Percefor. VI, f. A'ô) — 3° Changer de résidence : 
a Le duc d'Orléans.... l'envoya (la duchesse) en un 
" chastel.... qu'on dit Asnieres.... et de là elle fut 

• transmuée, mise et envoyée ou Neufchaslel sur 
« Loire. " (Froiss. IV, f. 233.) — ■'i" Se transformer : 
« Les choses transmuèrent autrement dedans brief 
« temps. » (Froiss. liv. II, p. 292.) 

Transmutation. Echange. (Beaum. p. 191.) 
Transnager. Passer à la nage : <■ Il n'espo- 
« ventast plus de passer rivières celiuy qui bien 
« savoit transnager les mers. » (Tr. des IX Preux, 
p. 138.) 



Transompt. Copie. (Cotgrave.) 

Transparens. Habits de femme à la mode en 
1070. (i.ett. de M"' de Sévigné, IV, f. 02.) 

Transpercer. « (Sisara) trouvant le roy en- 
« dormy en sa place, lui transjjerça d'un viel 

« clou ceste royalle leste. » (Marg. de la Marg. 

p. 273.) 

Transpirable. (Oudin.) 

Transplacer. Transporter. (Oudin.) 

Transplantation. (Cotgrave.) 

Transplantement. (Cotgrave.) 

Transpontin. "Strapontin : » Pantagruel tenant 
« nng lleliodore grec en main, sus ung Iranspon- 
' ti)i ou bout des escoulilles sommeilloyt. » (Pant. 
IV, f. 03.)] 

Transporté. Saisi d'un violent mouvement de 
passion : « Se monstra il pas bien transporté du 
• cerveau. « (Tahur. p. -152.) — » Quand on dit, 
1 c'est un pauvre innocent, emporte moins; 
« transporté, insensé et antres tels emportent plus, 
'■ d'autant qu'ils approchent de la signification de 
« fureur. » (Apolog. d'Hérodote, p. 20.) 

Transportement. Transport. (Rob. Est.) 

Transporter (se). Terme de vénerie ; s'em- 
porter : " N'est pas sanglier si viste, ne si legier, 
« comme sont les douices bestes, mais fuit en 
« tournoiant; et pour ce se transportent •■^Mcune 
« fois chiens, et passent oultre de leur radeur. » 
(Mod. f. 57.) 

Transquillité. Tranquillité. (Ord. III, p. 573.) 

Transquis. Tranquilles ; « En ces beaux jours 
" devotz, doulz et transquis. • (Collerye, p. 150.) 

Trausrongeant. Rongeant : » Il se sentit 
" assailly de si forte angoisse que ses yeux ardens, 
■■ sa face' blesme et sa bouche transrongeante les 
« ongles innocens, donnoient tesmoignage d'une 
« juste impatience. » (Print. d'Yver, f. 207.) 

Transsir. Transporter: « L'admiration dont ils 
» me transsirent. n (Mont. Ess. 1, préf. p. 4.) 

Transsonner. Couper par tronçons: » Nous 
» vous requérons cliascun d'ungestour ou de deux, 
« touchant des espées, pour scavoir si vous estes 
» aussy preux au ferir, au transsonner les lances. » 
(Percef. IH, L 121.) 
Transsumptivcment.D'une manière figurée: 

Doncqucs nul ne me peult nyer, 

Se mon entendement ne ment 

A parler tra)hssumptice>ncnt. (G. de la Digne, f. i34.) 

Transvasation. Action de transvaser. (Cotgr.) 
Trausubstancier. Convertir une substance 
en une autre. (Cotgr.) 

Transversal. « Successions de biens avilins 
1 ou de conqueste fait pour les père on mère 
« devant leur mariage solemnisé ne monte jamais, 
.. soit en droite ligne ou en transversale tant ([u'il 
« y a des parens "collatéraux de decedé en pareil 
« branchage, ou plus bas branchage transversal 



TUA 



— 8;j 



TUA 



» que le decedd (lesccndanl du Ironc de l'aciiui!- 
. ranl. » ((;. C. II, p. 7!;5.) 

Transvcrseï*. Tr'averser : « Kl en }];i'aiKle dili- 
« geiioo Iransvcrsa les marais. » (Habel. 1, p. 'i'J3.) 

Transvestiiv Travestir : « Qu'il eust ù lui 
« envoyer un sien lidele transvestij. ■ (Mém. de 
Du Bellay, f.'iOS.) — « Soldais italiens ...transvestis 
" eu païsans. » (M.) 

'rransiiiuptor. Changer : « F^e laquais faisant 
» seiiihlanl aller tirer du vin, estoit allé (iiierir 
« son maislre et autres chanoines pour tran- 
« sitmplcr et prendre le double de la Irougne de 
« ce tournebroclie. » (lùilrap. p. 113.) 

Transnmption. Tigure: « Il est une autre 
« mani^re de lra)isiimpiion, quant en disant Tuui,', 
. ou entend Taulrc. •■ (Fahri, Rhélor. I, f. 87 ) 

Transvoler. Traverser en volant: » Atanl 
« passa oullre, en transvolant le lieu jusipies au 
. vol. » (Percef. IV, f. 108.) 

Transy. lîefroidi : « A Viterbe... le corps de 
« S" Hose repose en chair et en os et n"esl que 
» transtj. « (Voy. de Charles VIII à Naples, p. 150.) 

Trantran. Onomatopée: « Trantran du cor 
» des chasseurs que les Homaius voulurent expri- 
« mer par un taratcntara. » (Pasq. Rech. p. G71.) 
— « Entendre le trantran, » bien danser au. son 
des timbales. (Oud.) 

Trantraner. Sonner de la trompette. (Cotgr.) 

Traoil. Dévidoir, treuil (D. C. sous Traolinm.) 

Trapaii. « Les Champaignois appellent un ais 
« de bois trapan. •> [h. Trippaull, Celthell.) Ce mot 
a même signification eu Bourgogne. 

Trapasser. Transporter : « Nous monterons 
« Ireslous ù cheval et ferons trapasser tout nostre 
« harnoiz et sommage que les varies meurent 
« devant. » (Du Guescl. Mén. p. lOô.) 

Trape. Piège : « Cheus en maie trape. » (Ms. 
7996, f. AA.) — <• Colombiers, fuies, trapes. » (Sully, 
X, p. 228.) 

Bien vos esterai de cete liape 

Et il remanront en la trape. {F. S. Germ. f. 283. J 

Prins comme la rat à la trape. (Nuits de Strap. p. iAl.) 

Par aventure s'en eschape 

Li damoisiaus de celé trape ; 

Sor un merrien en vint à port. (Blanch. f. 83.1 

Si toit S. Pierre grant tiere 

Et S. Adriens qui fu pape, 

Ki moult cremoit lui et sa trape 

Se plaint à Charlon et manda 

Qu'il le venist souccorre la. [Mousk. p. HO.j 

Trapé. Gros, trapu: « Il estoit h.omm& trapé, 
« bien amassé. » (Desper. I, p. 282.) 

Li bons morsel seront 
As gloutons eschapé ; 
Les sausses camelines 
Et li poivre trapé. (Ms. 1015, II, f. iA2.j 

Trapelei*. Enfermer : 

Le soucretain ont apelé 

Qui le trésor ot trapelé ; 

Cil ne respont »£■ quamvis : 

Por qoy ? Qu'il s'en estoit fuis. (Ms. 73i8, f. 396.) 



Trapiii. Gros panier rond pour la cueillette des 

|iouinies eu basse Normaiulie. (Mén.) 

'rrap[)aux. Trapu : « Ils sont trappaux, refaits, 
« gras, de large quarrure, l'estomac et la poitrine 
« toute couverte de i)oil. ■■ (Merl. Coccaïe, I, p.3.'i2.) 

Trappe. PiiL'ge: ■< Toute personne prennant, en 
" quelque part ([ue ce soit, vieilb pigeons à trappe, 
« fillets ou collets, est.... punissable, comme ayant ^ 
» commis larcin. ■■ (C. G. I, p. 244.) 

Trappe. Trapu : " La graisse prend plutost sur 
» un homme trappe et de moyenne stature que 
" non pas sui' un bien grand et haut personnage. » 
(Trippault, Cellhell.) 

Traquant. Chassant ses trou[)eaux devant soi : 

Comme un large sentier, entre deux montagnettes, 
Roulant par le vallon des forests plus segrettes, 
De neige revestu, que le traquant berger 
N'a point foulée encor de son pié passager. 

R. Bell. I. f. 17. 

Traquenar, ard. « Il n'y a difficulté quelcon- 
« que que les femmes des notaires n'aillent au 
" traquenar de l'ambition et de la braverie. » Caq. 
de I accouchée, page 188.) — « Le traijuenard 
<• S, Michel. » le diable. (Oud.) 

Traquenard. Cheval qui a l'allure dite traque- 
nard, espèce de trot décousu : - Autre est le port 
« d'un beau grand coursier ou genêt que celuy 
" d'un mince traquenard ou courlaull. » (Cholières, 
f. 221.) 

Traquet. Morceau de bois qui traverse la tré- 
mie d'un moulin : » I-'aisant bruit comme traquets 
« de moulin. >> ^Rabel. V, f. 158.) 

Trasce. Billot ('/) : 

Auquel l'on deust donner t>-asce de chesne, 

En haut levé, et de corde une longe 

Ou les getter dedenz le fleuve d'Esne (.\isne). 

Desch. fol. Î89. 

Traslier. Graine d'écarlate. (Oudin.) 
Trasmy. Transporté : « Le cœur de joye si 
« trasmij. » (Marg. de la Marg. I, f. 75.) 

Trasouesque. « Trasonesque, fendant, fan- 
« faron. » (Bouchet, Serées, III, f. 29.) 

Trasse, asce. 1" Vestiges, marque : « Leurs 
« piez (des boucs sauvages) sont comme des autres 
» boucs privez ou chievres, et leurs trasses grosses 
« et grandes et reondes plus que d'un cerf. >> (Gast. 
Phéb. p. 30.) — « A grant poinne verra l'en par les 
« trasces d'un sangler, que on n'en voye parles 
« os. » (Gast. Phéb. p. 102.) — 2° Généalogie : " Or 
'< vous ay je compté la trasse de messire Bertrand 
« du Guesclin. » (Froiss. lll, p. 21G j 

Trasser. 1° Faire route : « Maint trassent pour 
- leur désir trouver. « (Desch. 203.) — 2» Torturer : 

C'est faulx rapport que n'ayma oncques amant, 

Qui contre moy a si fort embrassé 

Par croire trop' et mon cuer si trasse. (Descli. f. ili.j 

Trater. Porter : 

Cil qui a Iralé ce dolor 

Tans longuement, par vostre amor. (F. de S. Germ. 345. j 



TRA 



- 84 — 



TRA 



Trau. Trou : 

Restoupoient de mairiens 

Les traus, encontre les engiens, (Mousf;.p. 101.) 

Travail. 1° Souffrnnce pénible: « Il aparllenl ù 
» personne de roy que il doit aide et miséricorde 

• de cens qui sont sous soy. el leur doit allegier 
« leur travaillans et leurs travaux. " (Tiiaumass. 
Coût. d'Orl. p.'iGO, an. 1183.^ — 2° Instruments de 
la passion : « En lieu de gaige mist les travaux el 
« les angoisses de la passion de N. S. J. C, c'est 
« assavoir la Sainte Croix, la greigneur partie, et 

• le fer de la lance, et l'esponge. » (Chr. de Nangis, 
an. i239.^ 

Travailler. 1" FLuller contre: « Et ilec avoit 
« lutlié et /;'rt!'rt/7//t'inoult fortement contre un fort 
« homme prestre Cauchois qui moult rudement le 

• getta à terre par plusieurs foiz. - (J.J. 111, p. 153.)] 

— 2° Souffrir: - Il vint si à point que son frère 
« Fromont travailloit à la mort; et quant il vint 
<■ par devers luy, Bruyant, frère de luy et tout le 
« îignaige commencèrent à mener granl dueil, cl 
» en ce dueil faisant, Fromonl rendit l'ame iucon- 
« tinent. " (Perccf. I, fol. Gl.) — « Une damoiselle 

• qui travailloit fort d'une ardeur d'urine. » (Dial. 
de Taliur. f. 159.) — 3° Fatiguer, se fatiguer: « Dor- 
« mez. quant serez travaille::^. » (G. Guiart, f. 73.) 

— « N'osoit travailler la pucelle ne liasler son 
« cheval. - (Floridan, p. 700.) — A° Violenter : « La 
« loy veut que nulle femme... conire son gré et 
« volonté soit <rrti'rt(7/i'C que ce ne soit encourant 
« crime capital de rapt. » iBouteill. Som. rur. 171.) 

— 5° Torturer: » Mains travaillées et ensanglan- 
« tées de sang humain. » (Chr. de S. Denis, II, f. C.) 

— G" Poursuivre : - Li Jehans sire de Cuselo ou 
« autre por luy, lo prior de Monlmerle, ou la mai- 
« son, rien en demandoil on travaillier vouloil le 
« dit sire de Cologne lor droit garentir ù droit par 
« devant nos. « (Généal.de Coligny, p.G3, an. 124G.) 

— <' Si aucun vouloit plaidoyer aucun de la com- 
« mune de Bar sur Seine cl de la chaslellerie, par 

• plail ou par autre manière, je ne pourroye tra- 
« vailler fors de Bar sur Seine et de la chaslellerie 

• se par ma propre querelle n'esloit. " (Pérard, Hist. 
de Bourg, p. /i31, an. 1231.) — 7» Etre en travail : 
« La bonne /»Y;Dn///« ung jour et une nuicl... de 
« quoy les dames d'anlouravoienl très grant pitié.» 
(Percef. IV, f. 21.) — 8° Dépenser : 

Cil qui d'amer se repent 

Ses biens travaille pour néant. (P. av. iSOO, 1, p. iôG.J 

9" Se peiner : » Tant avoit (Roland) en luy de 
« biens, que loutle manière d'onneur se travaille 
« en sa loenge. « (Chron. de S. Denis, I, p. H8.) — 
10° Proverbes : • Travailler en vieux cuir. » (Oud.) 

— « Tant travaille el tracasse l'homme, qu'il se 
« rompl ou somme. » (Cotgr.) — « Travailler en 
« bourdican. ■• — " Homme, cheval, oysel, ne chien, 
« S'il ne travaille, il ne vaull rien. >• (Gace de la 
Bigne, f. 10.) — 11° Participe présent pris substan- 
tivement; on a dit de Charles le Téméraire: « Pour 
« rien n'a pas esté nommé Charles le travaillant... 

• car autre homme ne travailla tant en sa personne 



« qu'il feisl ; el si travailla amis et ennemis. » 
(.Mém. d'Oliv. de la Marche, p. 59.) — « Sont lenuz 
" les puisnez de conlribuer aux fraiz des moulans, 
« tournans et travaillans dudit moulin. » (Coût. 
Gén. 1, p. -iG.) 

Travaison. Travée. (Colgrave.) 

Travart. [Travail, espace renfermé de quatre 
piliers, dans leiiuel les maréchaux font entrer les 
chevaux fougueux. « Andry Milordin pour sa maison 
" séanl en la Grant rue... item..., luy, pour un 
travart...'^ (1438. ElaUlerecetledescensdu domaine 
de Boiscommun ; L. C. de D., Gloss. de l'Orléanais.)] 

Travée. « Celle ville esloit tellement ouvrée, . 
» ordonnée el charpentée qu'on la pouvoit deffaire 
" par travées, ainsi qu'une couronne et rasseoir 
« membre à membre. » (Eroiss. III, p. 121.) 

Traveillans. Pièces tournantes : « Ung mou- 
" lin... avec loules les lournelles et traveillans 
« d'icelluy moulin. ■> (U. C. s. Travallus, c. 1247.) 

Traveillier (se). Se peiner de: » Que traveil- 
" liei- est de joer. » (Ms. 799G, f. 87.) 
Huelins est apparilliés 
Jusques à l'ost s'est Iravcilliés. (Mousk. p. 365.) 

Travcllanment. Laborieusement : « Travel- 
■< lanmcnt Par voslre amor languis. » (Poël. av. 
1300, II, p. 8iG.) 

Travellieres. Travailleur. (Poët. av. 1300, IV, 

p. 1-330.) 

Travelure. Travée. (Cotgrave.) 

Traver. Ti avait , vexation : « Seroil grande 
« vexation et traver à leurs sujets... d'aller K cinq, 
'• six, sept ou huit lieues... hors de leurs demou- 
" rances. » (N. G G. III, p. 280.) 

Traucr. Trouer : « Livra Dieu les siens (piez) à 
<■ trauer Et à percier et à navrer. « (Ms. 7218, f. 100.) 
— « Si roidement le hurle que le ventre li traue. • 
(Ms. 7218, f. 3ii.) 

Lors sus une relevée 

Avec l'escafolte trauée 

Juoie avec ceuls de no rue. (Poës. de Froiss. p. 86.) 

« Esclifes trauées. » (Id. p. 282.) 

Travers. 1° Route de traverse: « Voie, piésente, 
<■ sentier, carrière, travers, chemins royaux. » 
(Bouleill. Som. rur. p. 497.) — « Travers ù che- 
" vaux. « (C. G. 1, p. 607.) — « Le travers de la 
.. ville. . (Ms. 7GI,5, II, f. 188.) - 2" Sauvegarde: 
« Donner palis, /j'ayo's, souffrances et sauf conduit 
« à tous el chascun d'iceux qui vouldroienl venir 
« à la dille obéissance. » (Ordonn. V, p. 719.) — 
3" Garnison munie d'un sauf-conduit: « Le roy feit 
« assembler de lous ses pays grande multitude de 
• comballans, lesquels comme les autres travers de 
» Picaidie, se tirèrent lous devers Saint Omer. • 
(Monslrel. I, p. 20.) — 4» Soupente: « Cependant 
« elle aydoil au curé à monter par un travers où 
» les poules nychoient. » (Moy. de parv. p. 278.) — 
5" Adversité, traverse : 



IRA 



— »j — 



TRA 



Plaignez mon cors ût ma biauté 

Et SI dites mal se vit ni'^ 

.... Qui tel mal enduro 

Travers et grant mésaventure. (Ms. 7980', f. 04. J 

()» Droit (le pi'njîe: « F.es principaux marclians de 
» nos forez pourront faire mener et cliarroyer leurs 
« ilenrdes des bois, par tout pais sans en payer 
« travers ne péage. » (Urdou. II, p. iAH.) — ]l y 
avait des peines pour ceux qui ne l'acquittaient 
pas ; les cleics et les noliies en étaient exempts en 
l'28;i pour les choses i"! leur usaj;e. (lieaum. p. 155.) 
— 7° Locution adverbiale ou prépositive : 

Li vilains se dospoilla 

Tes nus et ses braies osta. 

Et s'est Intvers le feu couehiez. (^fs. 1?i8, f. iAO.) 

" Ses pareus la semon lièrent de la marier, et 
■> elle respondit tout en travers qu'elle ne seroit ja 
» par culx mariée » (Lancel. I, f. 80), c'est-ù-dire 
tout au contraire. 

Traversain. » Crans bans ''-aversains et queues 
" pleines de cailloux, jetiez par des assiégez sur 
« ceux qui montent à l'escalade. » (Méii. Duguescl. 
p. 80.)— » CouiWncs, traversaines, •> rideaux'placés 
près du traversin, dits aussi les bonnes grâces, 
(llonn. de la cour, p. 3'2.) 

De la viennent les assis 

De double fièvre Iraversaine 

L'en court, l'en fuyt, l'en se demaine ; 
' Puis on a Croit, puis on a chault ; 

Brief amans ont assez de peine 

Et si à personne n'en chault. (Am. rendu Corel, p. 538.) 

>> Brisée traversaine. » (Mod. fol. 46.) — « Filets 
« traversains, « la trame. (Monet.) 

Rothes, guiternes, flaustes, chalemie, 

Traversâmes et vous nymphes de bois. [Descli. f. 58. J 

« Esperviers sont de plusieurs plumes ; les ungs 
« sont de menues plumes traversaines blanches, 
« les autres sont de grosses plumes que nous ap- 
« pelions mauvaises. » (Mod. f. 72.) 

Traversant. 1° Cheval qui traversait le fief 
dominé pour arriver au fief du suzerain : « Chevaux 
« travcrsans. » (C. G. II, p. 583.) — 2° En ti'avers : 
« Pour résister audit trait, ils mirent hors de leurs 
« murs perches en traversant. » (Mén. Duguesclin, 
p. 499.) 

Traverse. 1° Tranchée avec revêtement : « Tra- 
« verse de terre et de fascine, contre une tour au 
« siège de Thionville en 1555. » (Mém. de Montluc, 
J, p. 044.) — a Traverses pour se couvrir de l'ar- 
« tillerie. » (Brant. Cap. fr. IV, p. 181.) — 2° Cham- 
bre à l'arrière d'une galère: « On lui (à Marie 
« Stuarl) fil dresser la traverse delà galère en haut 
« de la poupe et luy dressa-t-on là son lict. » 
(Brant. Dam. ill. p. 128.) — 3° Obstacle: «Le Pape... 
a n'estoit pas trop content de voir ainsy le roy si 
« proche et si voisin de luy, avec tant de forces, et 
« luy auroil sans doute fait des l'heure quelque 
» ïraî^ej'se et mauvais tour s'il avoit pu. » (André 
de la Vigne, Charles VIII, p. 123.) — 4° Expression 
adverbiale. D'une fai^on inopinée, gênante: 
« Ordonner à la traverse. » (Ms. 7218, fol. 202.) 

Traversemain. Travers de main : « 11 le ferit, 



« desongrani traversemain, si fort, que le sang 
" en voila. » (Froiss. liv. I, [i. 220.) 
Travcrscinciit. Contrariété. (Monet.) 
Traverser. Verbe. " Les Anglois s'assirent à 
« terre, les gaiiibos croisées, pour reposer leur vin 
" qui leur Iraversoit les chervelles. » (Triompli. des 
I\ Preux, p. 518.) — " Quant en moy tu verras 
" traverser es péchiez, et desvoyer par"les sentiers 
" de droiture , me vueilles à mon rédempteur 
« retourner. » (Gasl. Phéb. p. 363. j 

Traversier. l'Qui traverse: « Obans traver- 
" siers. » (Voir Ohan.) — » Perche traversiere. » 
(Monet.) — « Sergeans traversiers. ■> (.Monet.) — 
" Ores qu'ils eussent la fortune rebourse et tra- 
» versiere ù leurs de-^scins. » (Pasq. Rech. p. 250.) 
— 2" Cheval traversant (voir ce mol) : 

Certes, ce dist Gautier, bien a sept ans entier 
Passez et accompliz que ne ting traveraier. 

Ms. 721R, fol. 31.".. 

3» « Les <raîiC7',sicr.s ou peagiers... sont couslu- 
« miers d'augmenter et accroistre les travers et 
« péages qu'ils tiennent des seigneurs sans paier 
« travers ne passage aucun as seigneurs. » (Du 
Cange, sous Transversinn.) 

Traversiere. Sorte de lonneau : « Soient faits 
« lesdits vaisseaux à vin comme pippes, traver- 
« sieres, et quarts de bon bois sec, non pu nais. ■> 
(Coût. Gén. II, p. 5.) 

Traversin. Barque. (Oudin.) 

Travesche. Expédition où l'on traverse uae 
contrée : 

En ceste saison la Rodigues 
Fist en Boudelloys des travesches 
Et à tant de cources et de brigues 
Qu'il print plusieurs places englesches. 

Vigil. de Cli.irles VU, I, p. 1C2. 

Traveteau. Traverse : ■' Les maisons parlicu- 
« lieres sont baslies de mesme estoffe; mais l'en- 
« clos d'icelles qui est au lieu de muraille, n'est 
« pas de traveteaux, croisé comme celuy de la 
« ville, mais est fait de longues pièces d'arbres 
« escarris. » (Vray et parfait amour, f. 315 ) 

Travillier. Peiner, fatiguer : - 11 est bon à 
« croire que les dieux so/j'avî/Zcni de ceste peyne. » 
(Am. ressusc. p. 221.) — « Lors fu penez et travil- 
« lie-^. » (.Ms. 7015, I, f. 73.) 

Traiilline. Clochette : « Si avoit une cotte ves- 
« tue... les parures estoienl d'un fin samit azuré... 
" En cbascune pointe avoit une rose vermeille et 
» au lieu de la semence avoit une cloche d'or atta- 
<■ chée, et eu l'azur avoit une traulline d'argent; 

« si ne pourriez croire quel grant doulceur 

<■ c'esloil des cloches ouyr sonner. » (Percefor. I, 
f. 147.) 

Traumatique. Onguent pour les blessures. 
(Cotgrave.) 

Travoison. Travée. (Cotgrave.) 

Travonaison. Travée. (Cotgrave.) 

Travoniser, onner. Etablir une travée. 
(Cotgrave.) 



TRE 



— 80 — 



TRE 



Travouil. Travail où l'on enferme les chevaux 
rétifs pour les ferrer : • Dresse aux quatre coriiie- 
« rescfun/raro»// quatre ïjrosllambeaiis composez 
» en belle niiiiaine seclie ci bien ointe de graisse. » 
(Eutrapel, p. liO.) 
Traus. Trous. (Ms. 7218, f. 277.) 
Amours lent à rois et à Iratis 
Pour prendre et pour arrester céans 
Qi aiment toudis. (Vatic. l'iOO, f. iSO.) 

Tray. Trahi : « La gailte commença à crier : 

• lra\i, tra'i. ferme la porte, vecy Berlran qui 
.■ vieiit. » (iierlr. du Guescl. Mén. p. i39.) 

Trayant. Tireur : » Si un des sergens est 

• chargé d'une plainte d'abandon, il aura pour 

• icelle signifier à l'oflicier sous qui le prisonnier 

• sera reçu et au trayant qui premier l'aura fait 
« prendre, pour chacun xxv sols. ■> (C. G. I, f. 702.) 
— « Si deux personnes sont redevables l'une 
« envers l'autre, et(iue l'une face /)-a(7c sur l'autre, 
« chascun sera reçu f» poursuivre son droict loyal- 
« lement, sans avoir égard au premier trayant 

• ou empeschant, soit par devant le juge où la 
■ première traite sera faite ou autre. » (C. G. I, 
p. 808.) 

Trayeur. Qui lève un impôt : « Les trayeurs 
« et pôrlenrs de paux pour lever dixmes, après 
« qu'ils auront fait le serment solennel, seront 
» ou l'un d'eux avec un tesmoing creuz en tes- 
« moignage contre debteurs de dismes. " (C. G. IL 
p. 1042.) 

Trayme. Trame : « Fausse trayme. » [Ord. V, 
f. 5%.) 

Trayne. 1° Traîneau. (Cotgr.) — 2° Sablières : 
« Mettre ou poser trayne ou chevrons sur ladite 
« muraille. » (C. G. H, f- 7IG.) — a» [Poutre-solive : 
« De douze toises des murs de la vifie d'Orléans.... 
« accensé à feu Huet de Recourt, pour mettre sur 
« le tiord d'iceulx sablières ou traynes de demi- 

• pied de large, pour faire cloison. -{liGS; compte 
du domaine du duché d'Orléans. L. G. de D. Gloss. 
de l'Orléanais.)] 

Travnel. Bâton du filet, dans Gaston Phébus, 
p. 30'i." 

Traynnée. File : <■ Faire une traynnée de 
« gens. » (Le .louvencel, p. 38L) 
Trayoir. Seau à traire. (Oudin.) 
Trayot. Seau à traire. (Borel.) 
Tré. Tenle : 
Si refu la ,Iehan de Gavres 
Ain/, c'on i eust tendu trù. (G. Guiart, f. 236. J 

Trebillons. Testicules : » Ces tristes enfumez 
« qui le plus souvent ont plus de trebillons que de 
« testons. « (Moy. de parv. p. 124.) 

Treble. 1° Triple : 

11 n'est qu'uns seul Dieus poisans 

Et si est trebles en personnes. [Ph. Mousk. p. 1!>S.] 

2» Trio : <■ Cest treble fist acorder A deus chans 

• que primes fis. » (Chans. du ms. Bouh. î. 179.) 



— « Motez ù tenures, sans trebles. » (.Ms. 0812, 
fol. 2.) 

Trebler. Tripler : « Traison qui ti'eble et mou- 
« teploie. " Poèt. av. 1300, IIL p. 114G.] 

Trebu. « Devant leur bataille avoient semé 
« grant foisou de trcbux- que aucuns nomment 
" chausses trappes qui sont petites choses de fer ;\ 
" quatre pointes, dont les trois bouts ont pointes 
•< qui sont gisans sur terre, et la (juatrieme est 
" tousjours droicte; et le faisoyent ils, affin que 
" ceulxqui les approcheroient pour combattre se 
■■ blessassent les piez ù marcher à eulx, et ainsi 
" trcsbnselmssent à terre, et pour ce les appelloyenl 
'< trebuz. » (Toison d'or, 1, f. 120.) 

Trebuc'beis. .\ction de renverser : • Trebu- 
. cheis de chareltes. - (Poël. av. 1300, IV, f. 1651.) 

Trebucbement. .\ction de trébucher: » llleuc- 
■■ ques soulTril Dieu le trebucbement de.... Charles 
» de Blois duc de Brelaingne qui en celle bataille 
« mourut. » (Mod. f. 320.) 

Trebucbei*. Machine de guerre. (Voir Viollet 
le Duc au mot engin.) — • Firent un grant trebu- 
" c/if?' qui getloit le pesant d'un quintaus. «(Marlèn. 
V, f. 700.) 

Trebiicbcure. Même sens: « Si cheit de si 
» haut comme il estoit jus à terre, par misérable 
« 'd\enl\ive, trebueheure el se htisSi le col. » (Chr. 
de Naugis, an. 1197.) 

Trebucbiez. Même sens : 

Fu grant la noise et la huée 

Le Irehiichiez poi paisible 

Et le son des trompes horrible. (G. Guiart, f. iS.J 
Trebucier. Voir Tredikes. 
Trobukes, iaus. Trébuchet ; dans la guerre 
de Jean sans Terre contre Philippe-Auguste: 

lloiivre s'en râla assegier, 

D'un (i-cbukul fist trebucier 

Moult grant partie de lor murs. (Mnu.sk. p. 000.] 

Grans perieres et mangoniaus 

Arbalestres et trcbukiaus 

Atravé sont droit à la mue. (ilousk.J 

Engiens et engigneors orent 

Pour faire al mious de quant qu'il porent, 

Dont il gietoient ça de fors 

Pierres grosses, à grans effors 

Qu'ils orent assez mangoniaus 

Et trebukus et tumeriaus. (Mousk. f. 702.) 

1. Trece. Danse : 

Godefroi moult se desvoie 

Saut et treche, et mené bêle trece 

Entour un oumel. (Vatic. i^^iOO, f. Hl.) 

2. Trece. Tresse : 

Si li a copées les treccs 

Dont el a au cuer grant destrece. (Fabl. de S. Germ. 381.J 

Treceau. Espèce de raisin : « Qu'ils meissent 
« les pinoz ù part sans y mettre autres raisins, 
« mais ce non obstant ledit Jehannin mettoit des 
" treceanx et autres raisins avec les pinoz. » 
(.1.1. l'iti, p. iOO.) 

Trecer. Tresser, préparer: 

Ceaus li trccent amors 

Et servent por décevoir. (Poët. av. iSOO, II, p. lOÎ.) 



THE 



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TRK 



Troclief. A triple tôtc : 
Qu'il te jetto devant la monstreuse Chimère, 
O'i'il le face là bas par le trechcf Cerbère 
(Qui fera ses trois couls on serpens hérisser) 
I)e son triple dentier, asprement pehsser. llkûf, p. 7.0. ; 

Ti'ochcolr. Tricher: 

A hvchimir se sont pris. (Poct. av. 1300, IV, p. l-'iSJ.J 

Troclieor. Tridieur: « Trcchcor ci M manlis. » 
(Poi'l av. I;5(I0, lll,-[). 101(1.) 

i. Trecher Se (lilcii (Ihaiiipagne des avoines 
en i)cri)e fini coimneiiceiil ii pousser. 

2. Trecher. Danser: 

Saut et trechc, et mené bele trece, 

Entour un oumel. (Vaiic. 4490, f. lil.) 

3. Trecher. Triclier: 

Je n'ai pas paour qu'ele me treche ; 
Depuis que fu nez en la crèche 

Dieus de Marie 
Ne fu mes telo espouserie. (Ms. 76i5, II, f. 130. J 

Trecherie. Tricherie : 

Fausseté et ypocrisie 

Et baraz le fuis trecherie. [Ms. 7G15, II, f. lOO.J 

Trecherre. Triclieur : 

Ce n'est pas pour mener guerre 
Longuement à ce mal Irccherre 
Orgueil, et à sa baronnye. [G. de la BUjne, f. AI.) 

Trecheur. Tressoir : 

Et ces beaux dorez Irechcurs 

Et ces très riches fermeurs. [Hose.J 

1 . Trechier. Tresser : 

Mes celés qui sont orgueilleuses, 

Sereuides et outrageuses, 

Et qui en lor cors atorner 

Et lor chief trechier et graver 

Ont mise leur entente toute. (Ms. 721S, f. 154. J 

2. Trechier. Courir par monts et par vau.\ : 
« Qui a trechié et aval et amont. » (Desch. f. 368.) 

Trechouoir. Tressoir ; on lit dans Du Gange, 
sous Trica : 

En sa main tint un mirouoir ; 

Si ont d'un riche trechouoir 

Son chef trechié moult richement. 

1. Trecier. Tresser : 

Or est lavée, or est peigniée. 

Or est coiffée, or est treciée. (Ms. 1615, 1, f. 101.) 

2. Trecier. Tricher : 

Or ne set nus fors que trecier 

Et tout engloutir et lecier. (Mousk. p. 1.) 

Ceaus 11 treccnl amors 

Et servent par décevoir. (Poët. av. 1300, II, p. 791. J 

Treçoer, çor, çoir. Tressoir : » Cornets à 
« treçoer. » (Fabl. S. Germ. f. 42.) 

Robe auroie de drap de soie, 

Fremaus d'or, huves, corroies, 

Cuevrechies, treçors ai. (Puët. av. 1300, IV, p. 1524. j 

Tenoit d'ivoire un treçoir 

Dont ses cheveles demi Ions 

Partissoit, qu'elle ot beaus et longs. (Froiss. Poës. 134.) 

Trect. Trait : <■ Les François furent moult blecez 
« de trect d'acquebutes et grosse artillerie. » (J. 
d'Auton, Louis XII, f. II.) 



Trecter. Traiter ; 

L'en doit scavoir à qui on trecte, 

Car qui le fait impourveument 

On en pcrt niaintufuiz sa debte. (Deiich. f. 384.) 

Treculer. lieculer : 

Gervais prist moult à treculer 

Qu'il n'en avoit gueres loisir, 

Quar assis fu, n'en quicr mentir 

En un angle (l'une mnisiere 

Si qu'il ne pot n'avant n'arriére. (Ms. 791S, f. 177.) 

Tref. [1° Voile : « Trois tre[s et trois honnêtes 
" nécessaires pour trois barges. ■> (U. N. fr. 20009, 
n°9;îi, an. 1870.)] 

Car nous veismes, à grant tref 

Droit celé part singlier leur nef. (III Maries, p. 411.) 

Puis s'en est en la mer entrez 

Tendus les voillos et les trefs. (Jd. p. 459.) 

Les voiles tendent et les Irez 

Et puis sont tous dedans entrez. (Id. p. 370.) 
2° Tente: « Le roy de Cécile fisl tendre Irefa par 
« devers la mer. " (Chr. de .S. Denis, II, fol. 95.) — 
« Tendirent et fichierent leurs tentes el leurs 1res.' 
(Clir. de Nangis, an. 124!).) — 3° Pieu aufiuel on met 
le feu dans une mine: « Mineors rini minèrent 
« d'une pari le mur, et estançonnerenl, et mirent 
« le tref, si qu'il n'it ot fors de mètre le feu. « 
(Contin. de Gniil. de Tyr, Martène, V, c. 014.) — 
4" Charpente : « Post et chevron et tref ensemble.» 
(.Ms. 7218, f. 312.) — « llamiaus et hauz manoirs 
<• destruient; Très et chevrons charbons devien- 
" nent. » (G. Guiarl, f. 236.) — .. Les tre~. et toute 
« la couverture fust arse et brnslée. » fChron. de 
S. Denis, I, p. 57.) — « Travers l'avoit à une part 
« Au tref de sa maison pendu. » (Fabl. de S. Germ. 
p. 163.) — « Estoit si iiaulte que joiîuoit bien près 
« des tresàe la ditte salle. » (Chr.de Nantis, an 
1377.) 

Trelfoire. Ouvrage à jour (comparez le bas 
latin triforiiun fait sur transforare). 

Li essekier est bon, onques mieudres ne fu 
Les lisettes sont d'or fin à trcffoire fondu. 

Not. deg vo:ux du paon, f. 45. 

Treffoncier. Foncier: « Les sei^'oeurs treffon- 
<■ ciers des lieux. >■ (Chr.de S. Denis, II, fol. II.) — 
« Ghasteausqui avoient esté de l'héritage treffoncier 
" du païs de Guéries. » (Froiss. III, p. 298.) — - Le 
■• premier cens, c'en apele le treffons... s'il i avoit 
" suer le lieu 2 treffonciers... l'iretage leur sera 
" délivrés. » (D. C. sous Treffundus.) 

Treffoiul, foudement. Cens foncier: « Il est 
« ordonné, pour le regard de ceux qui sont absens 
« el demeurans hors de (Metz) redevables desdits 
« cens ou rentes, assignez sur héritages assis et 
« situez en cesle ditte ville et pays, qu'il sera pro- 
« cédé contre eux par proclamation el huchement 
« ainsi qu'il est de couslume et en vertu desquels 
« se feront les conduits et tretfondemens. » (Coût. 
Gén. I, p. 1163.) — >. Je la leur donne bien de bon 
« cœur, et veux qu'elle soit estiméeleur appartenir, 
« comme si elle estoit de leur treffonds. » (Pasa. 
Rech. p. 2.) ^ ^ 

Treffonder, ondre. Exiger le cens foncier : 



TRE 



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TRE 



« Pour le regard... des rentes foncières... les ren- 
" tiers se pourront faire conduire en la possession 
a desdits héritages... et iceux l'aire trejjondcr, sy 

• bon leur semble, après avoir piins... trois bans 
. de treffonds. » (C. G. I, p. llllO.) - . Quant aux 

• terres et héritages... délaissez par faute de paye- 
« ment des... droitures... elles demeureront tref- 
<. fomliics et retournées au seigneur, pour faire 
<■ bail, ou ce que bon luy semblera. » (C. G. 1, 1 158. ) 

Trefforer. Transpercer: " Si le remanant du 
« bois esloit trclJ'orrz- ou empirez, et aucune des 
« parties se douloit, raison seroil laite, sur ce, par 

• juge com[)eteut. » (Ord. 1, p. 5'2G.) 

Trèfle. " Ecuyer de trèfle. » (Essais de Mont. 
III, p. noc.) 

Trenet. Fronde: « Saillir devers senestre et 
. tveijcl tost geter C'est un coup damageux qui ne 
« s'en sait garder. » (Rou, p. 65.) 

Trefleter. Fondre : 

Firfnt de cuivro tregelei- 

Un chevalier sor un cheval 

En appareillement roial. (Brul, f. iii.) 

Trehiiz. Tributs: » Trehu^, péages, pontenages, 
« subsides. » (Pasq. Rech. p. 717.) 

Treille. 1° Treillis : « Sauter de treille en pais- 
« seaux, y (Cotgr.) — 2» Jalousie, grillage : " La 
u recluse qui avoil une petite treille par où elle 
« veoil l'autel. » (Lancel. 111, f. 92.) 

Treilleis. Se dit d'un haubert à treilles, d'une 
cotte de mailles : « Voit par la salle ces haubers 
" treilleis. » (Aubri.) 

Treiller. Mettre un grillage : « Traison qui 
« treille et monteploie. ■> (l'oët. av. 1300, II, p. 523.) 

— ■■ Ainsi avoit fait treiller les, fenestres) une dame 
« qui lesdamoiselles gardoit. » (Percef. Il, f. 57.) — 
« L'en (ist celle fenestre treillier pour les enfans. » 
(Martène, V, c. Gi5.) 

Treillie. Grillage : 

Et Jelians, qui là sus estoit 

Par la treiHie le porlingue. (ils. 1-21S, f. i2.j 

Treillie. Treillissé : « Doivent eslre les deux 
« ranges de pieux treilliez de verge, comme une 
« cloie. « (Mod. f. 97.) 

Treillis. 1° Grillage : « L'eu tiendra ouverts les 
« chemins d'églises... avec de treillis et non fermez 
« autrement. » (N. C. G. I, p. 830.) — « Portes de 
« treillis cheanl en coulisse. » (N. C. G. I, p. lOil.) 

— « Eurent en peu d'heures le pastiz conquis et 

" gaigué la monlaigne et durant ce treillii-, 

« parmy la brcsche du pnsliz passa le pennon du 
<■ duc de Bourbon. » (Ilisl. du duc de Bourbon, 
p. ■122.) - 2° Grosse toile : 

Rien n'est qui au me.stier afiere 

Qu'il n'eussent tout de nouvel 

Sacheaus, treillis et pannetiere, 

Lacié au costé d'un cordel. (Poët. de Froiss. p. 282.) 

Treillissé. Clos par un treillis : " En l'une des 

• chambres... duement close, fermée et treillissée 
« de treillis de fer, en laquelle il sera gardé. » 
Godefroi, observ. sur Charles VIII, p. 571.) 



Treize. On lit dans l'éloge de Melliu de Saint 
Gelais, par allusion aux grains des chapelets: » De 
■i tels que lui ne s'en trouve pas trci-<e,en la grand 
•" douzaine. » (Quintil. Cens p. 205.) — » Les sieurs 
« maisires eschevins, conseil et <re/ie de la justice 
" de ceste ville et cité de Metz. » (C. G. 1, p. 1141.) 

Trelice. Faite de treillis: « Vestenl haubers et 
" les broignes trelices. « (Guill. au Court nez.) 

Trellicié. Fait de toile de treillis : « Une toie de 
" lit Irclliciée. » (J.I. 105, p. 3G7.) 

Treluire. Reluire : « La lune treluit entre les 
" fentes de la porte. » (Monet.) 

Treniaillé. « Tremaillé, eillé filez à perdris, ii 
« trois pauneaus, les deus en dehors, de plus 
« larges ; l'eulredeus de plus estroites mailles. » 
(Monet.) 

Tremblante. « Tremblante de moulin, .. cli- 
quette. (Colgr.) 

Treinblard. Qui tremble : « Au plus gelant 
« hivei', tout un jour attendant Pour un morceau 
<• de pain craquer la dent tremblarde. " (Ba'if, 07.) 

Treinl)laye. Bois planté de trembles. (Cotgr.) 

Tremble. Effroi ; on lit d'un mari qui avait fait 
assassiner le galant de sa femme: « Sans autrement 
" faire scandale, ny (jue la femme en patist, qui 
« demeura longuement en tremble. » (Brant. Dam. 
gai. 1, p. 15.) 

Trembler.» Il ne faut jamais îrnn6/er qu'on 
" ne voye sa teste îi ses pieds. • (Oudin.) — « Qui 
- joue des reins en jeunesse, il tremble des mains 
•■ eu vieillesse. » (Moy. de parv. p. 340.) — « Trem- 
» bler comme la feuille en l'arbre. • (Arest. Amor. 
p. 209.) 

Trembloriaiis. Jeu (voir Tiiemerel): « D'autre 
« part verra l'en jouer as trembleriaus Ces ribaus 
. de tavernes. .. (Ms. 7(115, 11, f. iU.) 

Tremblerie. Action de trembler: » Lors fuz 
" tombé resvanten tremblerie. » (Faifeu, p. 16.) 

Trembleterre. Tremblement de terre: « Un 
« grand trembleterre âhoulexevié plusieurs grosses 
" villes. " (Monet.) 

Tremblis. Tremblement: « L'ame des venis 
" dans la terre etoufée, cherchante un soupirail 
" aux tremblis qui se font sous les manoirs marins, 
» tels que les vostres sont. » (Ba'if, p. 19.) 

Treme. Trame : 

Quant au vouloir 

De la fille, je scay bien qu'elle aime ; 

Mais elle sait bien que la trcme 

N'est pas pour ourdir cette toile. [H. Belleau, II, iSO.j 

Tremé. Tramé: 

Cil escuier ot le jour mise 

Sus ses armes une cointise 

De gueules, sans euvres tremées 

Fors raoletes d'argent semées. (G. Uuiart, f. 390.) 

Tremeler. Jouer au tremerel : 

Tant a .S. Pierre Ircmelc 
Tant a le jogleor mené 
Que les âmes gaaigna totes. (Fabl. S. Germ. f. 46.) 



TRE 



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TRE 



'rr<MUcIeiTO,s, ieres. Oui joue au Iremerel ; 
ltol)iMi Guiscnnl : 

Cil UohiiM-s psioit un Ijevere, 

Uns clii'V.iliiTs Icirs licnwtefes 

Tant lisl ipi.' rirns ne li remest 

l'"ors qu'un seus manoir u il mesl. (Mous);, p. 445.) 

Kolie avoit goulousée 

Que voloie dovonir lierres 

Ge ne suis fox, no Iremelieres 

Ge mo sons tant tort et délivre 

Que assez jjaaii^norai por vivre 

Si nieus plaist dcz ore en avant. (Fabl. S. Gcnu. p. iCyi.j 

Troinerol, iaus. Dans la cliarle de commune 
de llain, le maire el les jurés onl iiispeclé « sur les 
« jeus c'ou apcUe Ireincrel el sur buverics en 
» tavernes. « (L). C. sous TrcmerclliDii.) 

liien a son temps et son merci 

Qui boit et joe au tronerel 

Ce que nos gaaingnons andui. (Courlois d'Arlcis, f. S'2.] 

Tout est alo à maie part 

Li tivinariaus m'a ijatu ; 

i'ar ma l'oUe ai tout perdu ; 

Tout mon avoir et toz mes livres. (Ms. T2IS, f. 3i3.J 

Tremoi. Blé de mars : 

Failli nous est le vin, le bled et le Iremois ; 
Il nous convient mengier chevau.x et pallerrois. 

Cnvclicr, p. 107. 

Dont il avenl dedens ce mois 

Dont l'on bat blez et le treiiuiiz, 

Droit en oltombre, vers la fin. //// Maries, p. 433.) 

Trémousser. Ballrc des ailes : « Le piienix, 
cesl oiseau qui trémousse des ailes ù la llamme. » 
(Desp. p. 244.) 

Trempe. Impression : « Pour ne les laisser pas 
« en cesle triste trempe. » (Print. d'Y ver, f. IG.) — 
» Trouvant (la reine) en assez bonne trempe, elle 
« entama ce propos. » (Brant. Dam. illustr. p. 247.) 

Tremper. 1° Mélanger d'eau son vin: 

Maistre, et quel vin? Au froit faictes l'assault, 

Qui soit raiant, gracieus, vert, claret, 

Frique, triant, odorant, vermillet ; 

Non pas trop fort ; et soiez diligens 

Du bien tremper. (Desch. f. 240.} 

2" Séjourner: ° Après avoir trempé longuement 
« en prison. » (Cotgr.) 

Trempette. Mouillette, tranche de pain.(Colg.) 

Trempeur. Baigneur. (Oud.) 

Trempis. Voir Tailleur; action de tremper: 
" Deffend icelle chambre, pendant le danger de 
a pesle.... à tous vendeurs et tailleurs de poisson 
» de mer,.... de faire aucunlr^w;jis ou lavemens. » 
(Ord. 11, p. 386.) 

Trempoir. Vase où l'on mélange d'eau le vin. 
Parmi les présents que lit la ville de Paris au roi 
Charles VI, en 1381), pour sa bienvenue, « il y avoit 
x quatre pnts d'or, six trempoirs d'or. » (Froissart, 
liv. IV, p. 7.) 

Tremporter. Transporter : » Son destrier le 
« tremporla au milieu des ennemis, oîi il l'ut acca- 
« blé. » (Chr. de S. Denis, I, f. 17.) 

Tremiié. Transformé: 

Ou est cellui qui fonda .\vignon ? 

Qui fist Paris où elle est située, 

Reims el Rouen? Leur fin est tre)nuée. (Desch. /'. iQ3.j 



Tremiiyt;. Trc'mie : ■■ Quand les dils liabilanls 
a avoienl mis leur blé au coi-hellon pour le mettre 
« en le /rr'WHyc et à motture. ■■ (Du Gange, sous 
Tremuia.) 

Treiu;aiis. Coupant : 

Kt la prist il une froidure 

Qui fu Ireiiçatis et a.spre et dure, 

Si peerdi les ortaus îles pies. f.MousIi. p. 084.) 

Trcncliaisoiinor. Donner des tranchées. « 
(Cotgrave) 
Treiicliammeiit. D'une manière tranchante: 

Si m'en a si enaspri 

■Amors d'amer trenrliatnmenl 

ijue je morrai vraieinent. (l'oël. av. i300, 1, f. 248.J 

Treiichant. /\<IJ. Dur: " ii'on Iny présente 

« beaux mois, plaisans cl gracieux, l'autre luy 
« marche sur le pied et luy cstriunl la main ; l'autre 
« la regarde d'un regn'd treiiehant. et frileux. » 
(XV Joyes du mar. p. 32.) — Subst. Dos : « Ferist 
« du trenchunt de l'arc. » (Laneel. I, f. 11.) 

Expression : \n \\[ : •■ Je n'en vueil parler, fors 
« i\ l;i vérité et aller parmi le Irenchant, sans cou- 
» lounu-run nelanli'e. ■■ (Froiss. 111, p. 103.) 

Treuoiiaute. Tranche: « La teste qui est appel- 
« léu la leslecoulrefaitle, c'est celle qui a les perches 
« hoyteuses et accoudées, qui n'a pas la trenclianle 
» belle ; celle est appellée conlrefaicte. ■> (Mod. 8.) 

Trenclié. Décidé, décision: « En cas que aux 
« plus prscbains ou assises l'appellent ne s'arres- 
« tera à garant délivrer trenché el absolut, il ne 
» sera plus délayé pourveu toutes l'ois (|u'il y ait eu 
" temps de faire l'adjournemeiit coustumier. ■> 
(Ane. Coût, de Xorm. f. 30.) — « U scroil trenché 
« d'aymer loyaument. » (XV Joyes du mar. p. 78.) 

Treueheeouiller. » Il y a un gros maistre 
» operateur ancien qui a mieux aimé laissé mourir 
« un gentilhomme par faute de le treneheconiller, 
" que de prendi'C trois cens ecus. » (Contes de 
Cholières, f. t»8.) 

Trencliée. 1° Tranchée : ■■ Firent faire par les 
« hommes du pa'i's grans trencliées et roUes sur les 
« destroils par oîi ils avoient usac;e de passer. » 
(Froiss. III, p. 277.) — 2" <• Trenchces de S. Malhu- 
« rin, » actes de folie. (Oudin.) 

Trencliefile. « La trenché file du bourreau, » 
corde qui étrangle. (Oudin.) — » TienchefUe de 
« soulier. » (Cotgr.) 

Trenchefiler. l'^aire une épissure: « Voiles à 
« recoudre el à rapiécer; cables et cordages à 
« renouer el à irencttefiler. » iMém. de Du Bellav, 
prolog. f. 10.) 

Treuchefille. Outil (jui tranche le lit : 
Je ne sçay à qui son plet pk-t 
Ne à qui sa Irenche/îlle fille. [Fubri, .{rt. de rliét. Il, 31.) 

Trencheis, eiz. Tranchée: « Son cheval alla 
» cheoir en ung ti'cnclieh qui avoit bien dix pieds 
« de lé tout plain de boue et deaue. •• (Perceforest, 
II, fol. 32.) 

Fossés grans et parfonz. 

Palis, et trencheis, et ponz. [Ms. ~015, II, f. IS7.J 

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TRE 



Trencheme. Partie intérieure et la plus :ipre 
du mors de bride. (.Nicot.) 
Trenclioment. Action de trancher. (Cotgr.) 
Trciu'luMuontanjnc. Fanfaron. (Cotgr.) 
Trenclicr. 1° Couper les viandes: ° Un ctieva- 

• lier anglois /(VHf/irt devant le roy d'Angleterre.... 
« au disner. • (Monslrelel, II, p. 7S.) — 2' Fausser 
compagnie: « Si on prie (les lilles) d'aucunes fol- 

« lies ne doivent prester l'aureille ù telles 

« paroles, et si tels séducteurs ne veulent 

« cesser, elles leur doivent trcncher compagnie, 

• tout gracieusement, sans les injurier ne user de 
« paroles arrogantes. » (Triomphes de la Noble 
dame, f. 47.) — 3» « Trencher chemin, • passer par 
un chemin sans y acquitter le péage. (Ord. I, 2"27.) 

Trenchet. Tranchel : 

Ja sueur et cordoannier 

Ne porroient lor cuirs taillier, 

Ne à coustel. ne à trenchet, 

Se fevres ainçois ne le fet. (Ms. 1318, f. iOO.j 

Trenche-teste. Bourreau : » 11 fit appeler 
« Rivelin qui estoit le trenchetcste et fildccoler 
« deux chevaliers et deux escuyers. » (Froiss. 111, 
p. 14.) 

Trenclicure. Tranche: « ^\.(\\\e\?itrencheun 
« du cismequi sidelestablement ma voulu et veult 
« faire adultère cesse du tout. » ;Uesch. f. 403.) 

Trencliiée. Tranchée : « Puis s'en ist la riche 
« mesniée Parmi le pont de la trenchiée. » iBlan- 
chandin, f. 181.) 

Trcnchis. Tranchée: « Firent ceux de Valen- 

• ciennes tous leurs arbalestiers traire avant et 

• approcher les barrières, mais il y avoit si grans 
. trenchis de fossez, qu'il n'y pouvbient advenir. » 
(Froiss. I, p. 7î.) 

Trenchoii', ouor. » TrencJtoirs d'argent. » On 
les meltoit sur la table des princes, à côté des 
tranches de pain à faire l'essai des viandes. « (Honn. 
de la Cour, p. 72.) — « Tantost (la lune) a les 
« cornes pointues et ressemble îi une escorce de 
" melon, et ayant les cornes remplies, elle prend 
« la forme d'un demy <;wic/i0îj'. » (Merl. Coccaie, 
II, p. 3.) — « Jeltiez vous vostre Irenchouer Point 
» par despit ou vengement. » (Am. Cordelier, 538.) 

Trenque. 1° Tranche: « Qui vend vin ou cer- 
« voise es mets (limites) dudit eschevinage... est 
« deub ausdils mayeurs et eschevins pour leur 
« droit un deniy lot' de chascune pièce, un pain, 

• une trenque âe fromage. » (N. G. C. 1, p. 421.) — 
2° Tranchée: » Par lequel fossé ou trcnqucs l'eaue 
« dudil fossé alloit ou ditgardin. » (Du Cange, sous 
Trencaluui.) 

Trenqiiis. Tranchée: " Avoienl fait, ...auxen- 
« trées diceluy village... plusieurs fossez et Iren- 
« quis avec de grosses et puissantes barrières de 
« bois pour la fortification d'icelui. » (Math, de 
Couci, Charles VII, p. 029.) 

Trentaine. « Seront toutes nos monnoyes. 



« blanches et noires, avaluées trentaines. » (Ord. 
II. p. 138.) 

Trente. Nom de nombre ; expressions: « Trente 
« costes, " grand fiandrin. (Colgrave.) — « Trente 
« deniers d'argent payez par celui dont la beste 
« avoit tué le serf d'un autre, à cause du niesme 
« nombre de générations qu'a eu Cham fils de Noc 
« qui le maudit et asservit. » (Bouteill. Som. rur. 
p. 207.) — " Trente dcu.v pauvres assisteront autour 
» delà représentation funéraire en mémoire des 
« 32 ans, qui est lage auquel nous devons nous 
« trouver au jugement universel. » (Bouteill. Som. 
rur. p. 875.) — « Monnoye blanche et noire, sur le 
" pied de monnoye trente deuxième. » (Ordon. 11, 
p. 571.) — " S'escondire ses trente siste mein, » se 
purger par le serment de trente-six personnes qui 
jurent en levant la main. (D. C. sous Jurainentum.) 
— « Ce marchand vendant une baquenée disoit i\ 
" celuy qui la vouloit acliepter: prenez la hardie- 
« ment, elle est bonne pour jouer ii trente et un, 
" car elle ne passe point. » (Bouchel, Serées, I, AOi.) 

Trente!. Messes au nombre de trente dites pen- 
dant 30 jours : » Je voel et ordonne ung trentel de 
« messes estre dittes et célébrées pour l'anie de my 
" le plus brief que faire se porra. » (Du Cange, sous 
TrentiUe.) 

Trentième. « Monnoye trentième que nous 
» faisons faire îi présent. » (Ord. Il, p. 495.) 

Trepail. Tremblement: « Li dus fut moult en 
u grand trepail. » (P.ou, p. 309.) 

Trépan. Vilebrequin : " Nos pièces (d'artillerie) 
« furent au plus haut des rochers, oîi l'on avoit 
<■ déjà fait des gabions, et scié des madriers, tre- 
» pans et ais pour les plates formes. « Mém. de 
.^ully, IV, p. 140.) 

Trépas. Pas: « C'est siècle n'est que un trépas.- 
(Ms. 7218, f. 48.) 
Trepeil. Trouble, agitation: 

Vers le mont S. Michel sigla, 

En Bretaingne s'en trespassa, 

De terre prénJro se pena 

Toute iert liretaingne en grant Irepeil. (Rou, p. 209.J 

Ly rois se tint à cel conseil 

Dont ot en la court grant trepeil, 

Car Counan moult se courrouça. (Brut, f. 45.) 

Vous m'avez mis en mal Irepeil, 

Pour chel diable de bareil. (D. C. sous Trepalium.y 

Trepeis. Trépignement: » Il fust descouvert, 
" car les escoutes des ennemis le oyrent par la 
« forest, pour le trepeix- des chevaulx; si l'en- 
" volèrent dire i^i leurs gens, lesquelz envolèrent 
» bien .xx. hommes f» pié. » (Le Jouv. f. 21.) 

La terre croille sor les pies 

De la fierté dou trepeis 

Que font les destriers Arabis. (Rom. de Troycs.j 

Trepeler. « Trepeler\e corps, » l'agiter. (Borel.) 

Trepoln. Agité, possédé par le démon : « Mon- 

>■ sieur a vescu connue un coquin, en amassant des 

" moyens pourdevenir grand, et mourut comme un 

« tre'pelu. «(Touches, Des Ace. 9.)— » Le cordelier 



TRE 



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TRE 



o qui n'Mvoil ù l'aire qu':\ un Ireiielu. » 'Des Aee. 
lîiy:ir. p. -JS.) 

Troi»er. Sauter, bondir, tressaillir : « Il saule, 
■• et trepc, et IVlt, et (lut. » (l'oës. de Frolss. t>80.) 

— « Trcpcr et saillir cl clianter. » (Itose, ms. 'M\:>.] 

— « r,'e|)ilaplie d'une courtisane eiilerive à N. D. 
« dcl l'opolo est coneue en ces termes : Quieso, 
u viator, ne me diulius caleatam aniplius calées; 

• qui est : passant, in'ayanl lanl de fois foulée et 
« trepce, je le prie ne me treper ny me fouler plus.» 
(Dranl. Dam. gai, II, p. 'iC.C.) 

Trépidation. » Tvcjiidalion d'amour, » lilre 
d'un sonnet aux Amours de Tristan, p. /i8. 

Trepié, ietl. Triangle: » Trois arbres... en 
trcpié, comme à dix pieds l'un de l'autre. » 
(Modus, fol. 185.) — « Fist dresser une queue de 
» vin pour boire chascun en trepié. » (Vig. de 
Charles VII, 11, p. I'i5.) — [« Trepier et chauderon 
« A brasser son boillon. » (Oustill. au Vilain.)] 

Trepifjnafje. Action de trépigner : « Un bruit, 
« un sifllement, un trepignage de pieds. » (Saint 
Julien, Mesl. Ilisl. p. 101.) 

Trépigner. « Je ne suis point un Diogene qui 
« foulant la tapisserie de Platon luydit: Je trépigne 
" aux pieds la vanité de Platon ; et Platon, d'un 
« revers, repartit : Tu Coules ma vanilé avec ta 
. vanité. » ;Letl. de Pasq. III, p. 215.) 

Trepigneys. Action de trépigner: a Si renforça 
" le chapleis, La fu si fort le trepigneys. » (Rose.) 

Trepignis, iz. Mêlée générale à la fin d'un 
tournoi : <- Les trepignis et marchis des cbevaliers 
« au tournoi. » (Percef. I, p. 131.) — « Adonc prin- 
« drenl courage et se prindrent à efforcez lors 
« brochent chêvaulx, et se refierent au trepigni~< 
« tout à un coup. » (Percef. II, f. 131.) — « Regar- 
« dons ces .xu. chevaliers qui cy viennent, car il 
« est advis, à leur contenance qu'ils doivent le 

• trepignis fourjouster. » (PerceL I, f. 13-2 ) 
Trepillurde. Qui s'agite : « Ma jazarde, ma 

« mignarde, Trepillarde, fretillarde. » (J. Tahur. 
p. 270.) 

Trepiller. S'agiter : « Avoit esté assailly et 
« meurdry leur maistre, encores tout trepillé et 
<■ taint de sang. » (Dom Florès de Grèce, f. 111.) 

Auprès d'elles doux bouilloit 

La source d'une fontaine 

Qui sautelant trepilloit 

En tourtillonnant la plaine 

De ses cristalins ruisseaux. ('/. Tah. p. iS,} 

Trepillys. Froissement: « Le froissis des bran- 
« ches, trepillys des chêvaulx. » (Jouvenc. f. 4i.) 
Treple. Triple (;') : 

Après le fils Dieu Jhesu Crit, 

Partout ses apostres preschant, 

Qui tant de royaumes conquit, 

Depuis sa moi's resuscitans, 

En son treple baptisans. (Desch. f. A46.J 

Trepointe. Courtepointe; lit de plume. (Cotgr.) 

•Treppie. Triangle : « Faire trois arbres... Et 

« ne les faicts point si druz, c'est à entendre Irop 



« près les uns des autres ; mais soient faict à Irep- 
'• pie, comme à dix pieds l'ung de l'autre. ■ (.Mod 

fol. ai.) ^ 

Trere. l^Tirer: « Il ne puel mes tirer ne trere.' 
(Ms. 7-ilS, f. 2î!).) — 2" Sonner le lever du jour : 

Il irci le jor et huche et crie : 

Levez, seigiior ; le jors aport. (Ms. 7SJS, f. 358.J 

3° Traduire: « La vient en romans Irere. « fFau- 
chet. Langue l'r. p. 33.) — A- Reculer : 
■Vous estes si debonnere 
Si franche de cuer, dame chiere, 
Que ne vous sauriez ircre arrière 
De fore honor et cortoisie. (Ms. 1218, f. i83.J 
5" Concevoir : 
Il n'a dame de ci à Tir 
Ne contesse ne chastelaine 
l'or qui j'en lixsisse tel paine. (ht. f. S'il.} 

G« Vider les éti'iers : « Tant seusse bien d'arcon 
■• trere. » (Ms. 7218, f. ITC) 

1. Très. Particule indiquant le superlatif, du 
latin Trans. 1* Dès que. dès: 

Or avois je mis mon avoir 

Et la boursette (ces le soir, 

En une autre bourse plus grans. (Froiss. p. 420. j 

Très che qe jou Vesgardai, 

Premièrement à loisir, 

Eui je pris, sans revenir, 

Et en ceste pel morrai. {Valic. 1400, f. 78.) 

2» Rien avant: 

Très devant aoust. {.Ms. 1218, f. 248.) 

Très dont que vi ma dame 

Mi donai. (Ms. 1218, f. 158.) 

Je sai très hier 
Q'amours n'est pas establie 

Pour avoh- joye à moitié. (Vat. 1400, f. 168.) 

3° Jusqu'il ce que : 
Tre: que li roiz Edwart morra. (Eou, p. 280.J 
Très l'eure que l'esgardai 
Onques puis ne l'eritroubliai. (P. av. 1300, IV, p. lôOl.) 

4° Tout à fait : 

Vous m'aurez 
Se Dieu plest, et me recevrez 
Très par devant nostre provoire. (Ms. 1218, f. 210.) 

5" Si parfait : 

Je n'os mie bien recorder 

Sa beauté quel a si Ires. (Poèt. av. 1300, 1, p. 248.) 

6° Augmente le sens du simple : " Salomon eust 
« il employés! Ires tant de finances, pour faire une 
« chose désagréable à l'Eternel. » (Chol. f. 29.) 

Tôt maintenant je jugeroie 

Du Ires plus bel que je sauroie. (Ms. 1015, II, f. 152.) 

Le trésor très anoiantist 

Tout prent, tout robe, tout pelice. (Ms. 1218, f. 206.) 

Gallas très fremist et tressau. (Id. f. 218.) 

« Quand (la drogue) sera très alée, l'en la jettera 
» et desgastera. » (Ord. II, p. 533.) 

2. Très. Tente : « Li très ert toz de soie fine. » 
(Partonop. f. 12G.) 

3. Très. 1° Traits des chevaux : « Et si faut un 
« cordier des Ires. • (Desch. f. 500.) — 2° Gorgée : 
" Vin boire ù grans très. » (Desch. fol. 448.) — 
3» Traite: « Là fet on grans poses et très. » (Desch. 
fol. 512.) 



TRE 



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TRÈ 



Tresbuchcr. Voir Trediz. « Afin qu'une amitié 
" lant lioureusement baslie, comme cstoil la leur, 
a ne trcslntcluisl en ruine , au moyen de ceste 
« absence. •• fSirapar. II, p. l',)!t.) — » Oue ils ne 
» soient si tiardiz de trcsbuclirr aucunes monoies 
« d'or, blanclies el noires, quelles que elles soient." 
(Ordonn. Il, p. 185.) 

Tresbus. Qui a trop bu : 

Amours n'osl pas pour cuer 

Faire apeser ; 
Ains est droite maladie ; 
Cil qui largement s'i fie 
Est hors du chemin issus ; 
Ausi que uns homs (resbus 
Qui cuide avoir les bues Gaifier 
Li jalous est d'amours el droit sentier. 

Valican, n- 1523. f. ICI. 

Trescens. « Si aucun a fait bail de ses terres 
« labourables, prez, vi£;nes, eschenevieres, la pen- 
« sien et Irescens dudit bail, soit en grains, vins, 
« denrées ou auties cboses, est reimtée pour meu- 
« blés, dès que les fruits sont coupez ou cueillis. » 
(N. C. G. II, f. SSO.) Voir Trf.cens. 

1. Tresclie. Pause : « La tresehe menoit Ysa- 
" biaus. » (Poët. av. 1300, IV, p. l-iGI.) 

2. Trcschc. Triclicrie : 
Provost de chastiaus et de villes 
Qui font de tresclies et de guiles 

Faus jugemcns el faus recors. (Ms. lOlô, II, f. l'iG.] 

Treschier, oier. !■> Danser : 

Au tresclioier se sont pris ; 

Godefroi moult se desroie, 

Saute et tresclie, et maine bel 

La treche entor un omel. (P. av. 1300, HT, p. iOSS.] 

2° Tricher : 

Pucelle n'a nul mestier 

Qu'on la doive d'amour ireschicr 

Ne lui dire faulse parole. (Athis.) 

Très clireslien. « Ce n'est pas sans grande 
« raison que l'on a donné i^i nos roys le litre de 
'< roys Ires cliresliens. de tout temps immémorial, 
« parce que chaque famille do nos roys a de quoy 
« se vendiquer. >• (Pasq. Rech. f. 213.) 

Trescoper. Traverser : « Commanda fabri- 
« quer et paver nue voie de ciment et de pierres, 
" huiuelle trescopei-oit, l'isle en longueur, depuis 
» la mer de Cornouaille jusques au port de Tlia- 
" nasie. » (Percefarest, I, f. 12.) 

Trescoi'i'ir. Transcurrere de S. Ilern. f. 388. 

Trescoiiper. Fendre : 

Le patron fait le timon gouverner 

Et proue fait les ondes trescouper. (Desch. f. iO.) 

Trescourir. Courir : 

lit cib. fut prés, si trescourut 

Au Irespas. (Hmt, f. OO.j 

Trcseau, el. l'En Anjou, on appelle trcscau. 
trois hommes qui battent des gerbes ensemble. (Le 
Duchat sur Rabelais, I, p. 15Ô.) — 2" lîallot : « De 
« tonneaux r|iii sont sur le bout .v. sols ; pour 
« chacun doublier .iii. sols .vr. deniers; pour le 

» trescl .11. sols s'il y en a ou batel ou en la nef 

« .XIX. tonneaux ; et, s'il y a doublier, trcscaux ou 



« charretée qui facent moeson, le tonnel ne doit pas 
« esire prins, mais la moeson de .xix. tonneaulx. » 
(Du Cange, sous Trrselliis.) 
Tresgoter. Lancer au loin : 

Se go celui Phelippo tiens. 

Il ne saura si liesiieter 

Que ne 1' face en tel lieu geler 

Où il n'aura jour ne lumière. (G. Giùarl. f. iOO.) 

Une ymage ferai Iresgelei: [^orb. LX, <•. 3i.) 

Se lieve et si m'assaul ; 

Je li rassaut, el il m'assaut, 

Et le Iresrjicic. (^rs. JGIù, I. f. 1 17.) 

Trcsfjiteure. Sculpture en saillie ; on lit dans 
la description d'un lombeau : 
Devant la lor lisl à ciment 
En un arvolt qui moult ert gent, 
Font un lonbel apareillier ; 
De marbre le fist entaillier 
Oisouu.x el bestes en pointures 
Et de soltis tvesyiteures 
L'ont ontaillié par defors. (FI. et Blanchcft. f. iOS.j 

Tresiaiis. Voir Tresei,. — « C'est ;\ scavoir ly 
" tresiaiis de toiles, de dras, de camelos, de scr- 
» ges. « (Du Cange, sous Treselliia.) 

Ti'osjecté, té, etté Drodé : • Une fleur de 
« lis tresjetée de fin or à pierres précieuses. » 
(Percef. 1, f. l.VJ.) — « Gorgetlesdes oyselels qui... 
« esloient tresiecte:^ de lin or. « (Percef. I, (. I5'i.) 
— « Par dessus avoil tvesjetlé... un houx à manière 
« d'espine vignetée, dont feuilles et branches 
« esloient toutes de fin or. » (Percef. id.) 

Treslmes. Treizième : « Ja fu le Iresimes jor 
" Que en la chartre mise fu. » (Vie des SS. Sorb. 
LX, c. 37.) 

Treskc. Danse : « La Ircslic menoit. » (Valic. 
lîOO, f. 110.) 

Tivslancoi-. S'élancer. (Fabl. S. Ger. L 22.) 

Treslico, lit. Travaillé en treillis: « En son 
« dos vest unebroigne/r^s/Jce. »fGarin.)— » Veslit 
" un bon hauberc treslit. » (Flore et Blanch. 19C.) 

Tresmontaine. Tramontane: « C'est l'esloile 
« Tresinonittine, Aurora la désirée. » (Desch. 3!»!).) 

Tresinuer. Changer, métamorphoser: » On me 
« tresDiiie mon premier estai. » (,Iuv. des Ursins, 
Charles VI, p. 2(»'J.l — ■■ De par Jesu Crisl le Ives- 
" mué. » (Ms. 7-218, f. 2G0.) 

Alixandre et Hector, et Pompée,... 

De leur fin est la vie tresmtiée. (Desch. f. i^O.j 

Trésor. 1" Amas de métaux précieux : 

N'est trésor tant répons 

Qui ne soit enfin trouvé. (Voct. nv. 1300, 11, f. 103.J 

2" Réserve : « Ne larda gueres ([u'elle se retrouva 
« devant le chevalier ouqiiel on povoit dire aperte- 
« ment, la ou tel tn'soy est, là est ton cueur el les 
" pensées; et ainsi estoil il, car il pensoil merveil- 
« leuseineut à la pucelle. » (Percefor. V, (. 44.) — 
» Je vouldroye eslre cheul au trésor àe la granl 
" prouesse ijui est en vous, affin de prendre 
« exemple de mieulx valoir. .■ (Percef. VI, f. 7.">.) — 
3" [Trésor des chartes; ou conservait au Trésor, 
outre les litres originaux renfermés dans des boites 



TRE 



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TRE 



ou Inyclles, les rcgislres de la Cliancclleric royale, 
(le l'Iiilippc-le-Bel j"» Cliarles IX. Celle collection, 
dont l'ancien classenienl a élé scrupuleusement 
maintenu, est précédée et suivie d'inventaires et de 
recueils de transcriptions de pièces du Trésor, 
parmi lesquels fisurenl les précieux carlulaires de 
l'Ii. Aiitiiisie et de S. l,ouis, qui contiennent, avec 
les copies des pièces adressées au itoi, les minutes 
des actes royaux, et peuvent être considérés comme 
les premiers resistres de la Chancellerie.] 
Trésorerie. \° Or caché : 

Avoir en trésorerie 

No fuit riens, fors que gésir. 

Mais qui a droit de partir 

Le sol toz jors mouteplier. iPolH. av. iSOO, 1, p. 318.) 

2° Cachette: « Je mis... mon plus précieux trésor 
'< en une trésorerie que je feis faire par dedans 
« terre. » iPercef. VI, f. GÔ.) 

i. Trésorier. Administrer les finances: <• Le 
« souverain seigneur ne doit vendre quaire choses 
« iH'incipales, entre autres le coin de sa monnoye, 
« tant d'or cpie d'argent, la faisant haute, nette et 
« fine ; telle la reçoit son pays bien tresorié. » (La 
Coloml). Tli. d'honn. II, p. 105.) 

2. Trésorier. Siibst. •• Aujourd'hny trésorier, 
« demain très arrière. » (Colgr.)— » Au pieaiuhule 
« des coutumes d'Eu, les procureurs des villages 
« (jui v (îoniparoissent sont qualifiez de trésoriers.' 
(\. ce. IV, p. 175.) 
Trespanssez. Pensif: 
Quant Partonope.K fu montez 
Pourous fu et trespanssez ; 
N'est merveille si est pensis 
Ne sait où est, n'en quel pais. fParInii. f. 120.) 

Trespas. 1" Passage : « Manda ([ue tous les 
« trespas fussent hien gardez. » (Chr. de S. Denis, 

I, f. 5'2.) — « l.i biens d'amours sont tous trespas 
« de veut; Tost ont passé. ■■ (Vatic. 1490, f. 82.) — 
« En forsaut leurs tenansde payer coustumes, tres- 
« pas, panages et plusieurs choses. » (Du Cange, 
sous Trespassiis, c. 12G1.) — 2" Moment: 

Dame, sans cui n'a poissance 

Amors ke j'aie repas, 

N'aie cure d'acointance 

Qui ne dure c'un trespas. [Pool. av. iSOO, II, p. 028.) 

3» Péché : 

.... Dame, ne vous griet pas 

Que de main vueil, sans nul trespas 

En marcheandise râler. (Us. 7318, f. 2-M.) 

Nostre seigneur Dé prions 

Que nos trespas nous pardoinst._ (Ms. 1218, f. 173.) 

4° Excès : « Toutes manières de forfaitures, très- 
« pas, mespresonsfaitspoureuxou advouez d'eulx, 
« soient de tout pardonnez. « (Chron. de S. Denis, 

II, fol. 265.) 
Trespassable. Passager : 

Nostre paine est trespassable. 

Mais la vie i ert permanable : 

Car, par ceste dolor mondaine 

Arons nos la vie sovraine. / Vie des .S.S. .Soc6. 00, c. 33.1 

Trespassé. Trépassé : [« Avoit eu un de ses 
« enfans trespassés, et en faisoil grant disner. « 
(JJ. 145, p. 382.)] — « Les tresjiassez ne mordent 



« |ilus. » (Apol. d'IIérod. [i. .508.)— • Tout cela est 
" frappé ù la porte d'un trespassé. » (Colgr.) — « Il 
" |)isse pour les trespassé:^. « (Colgr.) — « Cliambre 
" du trespasst', « dans laquelle le roy est mis, au 
bout de quelques jours après sa mort, avant d'être 
porlé à la salle de l'efligie. (Mém. de Dassomp. I, 
p. 2'.»8.j 

Trespasseinent. Convoi : « Avoir esté au 
•' tresj)asseinent ^Vun clial, » n'avoir pas la vue 
claire. (Oudin.) 

Trespasser. 1° Trépasser, mourir: « Il mourut 
•■ puis trespassa à la joye pardurable, car il esloit 
« grant aumosnier. « (Chr. de S. Denis, I, f. 48. j — 
2" Passer, en parlant du temps : 

Qui feme prie « 

Ne doit, que que nus die, 

Un seul jor trespasser 

Qu'à li n'i aille parler. fPnri. av. 1300, II. p. 712.) 

» Li chauz ert moult trespassez. » (Ms. 7218, 
f. 242.) — 3° Surpasser : 
Dedens le tref fu la pucele, 
Klor de lis et rose novele. 
Quant ele port, ou tans d'esté, 
Trespassùit ele de biauté. (Ms. 79S0'', f. O-'i.) 

4° Sortir de : 

Quand del pasmer fu trespassée 

Il a doucement confortée. (Ms. 7989 ', f. 47./ 

« Ce seroil assez pour me faire trespasser outre 
« les gonds de patience. » (Habelais. 111, p. 50. — 
5° Traverser : 

Celz à pié ne purent rctraire 

Ne ceulz à cheval trespasser. (Ms. 6812, f. 60. J 

G" « Trespasser péage, » frauder le péage, au.\ 
Ordonn. I, p. 227. — 7° Passer: 

La dame soloit chaque jor, 

Quant issus esloit son seignor, 

A la fenestre reposer 

Et les trespassans regarder. (Fabl. de S. Gerni. f. 33.) 

« Il n'y a si mauvais trere, comme le long des 
« voyes , car un limier y tres/)asse voulentiers 
« routes. » (Chasse de Gasl. Phébus, p. 172.) 

Petit pas, ordonnéement, 

Moult bol, et moult avennaument, 

Parmi la sale trespasseretU, 

-Au roy vindrent ; cel saluèrent. (Brut, f. 80.) 

Antecrist est trespasiez 

Le pons et entre en la ville. (Ms. 7613, II, f. 188.) 

8" Guérir : 
Aucuns peuvent du venin trespasser 
Par triade : du lyon ensement 
Se peut l'en bien garentir et trufer ; 
Mais il n'est nul qui peust au médisant 
Résister n'a son venin cuysant. (Descli. f. IGO.) 

9° Disparaître : 

Tôt autres! com la rousée 

Monte en larrecin de sor l'abre. 

Et ons moult qui est dans Pabre, 

On ne puet plovoir no venter, 

Tôt autresi voit trespasser, 

La bonne amour, parmi la gent, 

Qu'on n'en aperçoive néant. (Ms. 7613, 11, f. loi.) 

10» Frustrer : « Aucune fois avienl que li paraslre 
« et la marasire pour l'amour qui est entre aus ou 
>■ mariage, donnent à leurs fiUaslres leurs hirelages 



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« ou leurs conquests, ou leurs meubles, ...et trrs- 
• passent leurs eulans. » (Deauman. p. 353.) 

Trespasseui". Qui transgresse : « Les iiiju- 
« rieurs, violeurs ou tresi)asscHrs de nostre pre- 
" sente sauvegarde. » (Ord. 111, p. 562.) 

Trespensé. Pensif: « Guillaume ont trouve 
« trespensé. » (Fabl. de S. Germ. f. 255.) 

Atant le guerpist en la voie, 

Et il s'en va moult trcspcnscz. (Fabl. de S. Cer. p. 270.J 

La piicele du cuer soupire 

Ne sait comment el li puist dire 

Que ele est pour lui enbrasée 

Moult durement, et trcspcnsùo. (Blanclianil. f. iS7.) 

Trespenser (se). Etre inquiet : 

Mes quant 1res bien sorpris se voit, 

Qu'il est engoisseus et destroit. 

Tôt s'esbahist, et se trespensé 

Si qu'il n'est pas de grant defCense. (Parton. f. iOi.) 

Trespensins. Inquiet: " Trcspensiiis, mornes 
. etdoleiis. " (Ms. 7l»8'J% r. 0(1.) 

Tresper. Danser : 
Guiot dessus l'arbroie 
Ou fet dancier 
Et espringuior ; 
TrcspeiU mescliines et bouvier. (P. av. iSOO, II, p. 6G5.J 

Trespei'cor. Transpercer : 

Puis enprès a l'espée traite. 

Si a la guimple suslevée 

En son l'andure de l'espée ; 

Baise la guimphe et puis le sanc, 

Tresperce le parmi le flanc. (Pirame et Thisbé, f. 100.) 

Li garrot le chastel tresperce. (G. Guiarl, f. 3i4.) 

La vostre très grant clartez 

Tresperce toute créature. (.Ms. 7'2I8, f. i-2i.j 

Femmes en point assez pour dieux. 

Déesses tresperçans les o\evtK.(Contrcd. de Somjecr. iOô.) 

Tresplanteiir. Qui transplante: « Tresplanleur 
« d'arbres. « (Des Ace. Digarr. f. 51.) 

Tresporter. Transporter , au propre et au 
figuré: » En une heure fu tresportée El si avoit 
« moult grant jornée. » (Vie des S.S. Sorb. C>\ , c. 31 .) 
— « Par ire me trcaportai. » (Poët. av. 1300, IV, 
p. 1483.) 

Tresque. Danse : « Mors, tu fais lessier gui et 
« tresque. » (Poëm. de la Mort, Sorb. 29, c. 17.) 
Tressaillir. 

Li cuers menuement Ircssatct 

Et toute lor force lor faut. (Ms. 72iS, f. 134.) 

Moult a famé le cuer muable 

Et tressaillant. (ils. 1615, I, f. 101.} 

Très saint. « Commentlesprelasd'aujourd'liuy 

• en leur vie Desordonnée veulent eslre appelez 
« très sainz. » (Desch. f. 52G.) 

Tressalé. Passé, sans goût: « Pain noir, dur 
« et basié, Tout muisi et tout tressalé. » (Ms. 7218, 
fol. 28G.) 

1. Tresse. Danse : « Les menestriers encom- 

• mencerent ù jouer de leurs instruments les 

■ jeunes chevaliers et les pucelies s'entrerejouis- 

• soient, et faisoient plusieurs tresses entre les 
« arbres. » (Percef. V, f. 107.) 



2. Tresse. Tresse : 

Se tu consens que leur tresses 

A t'û d'or soient galonnées 

El qu'elles soient ordonnées 

De soye et de fins antres dras. 

Que fèras-tu ? Tu nourriras 

Le vice d'impudicité. (Desch. f. 501.) 

Tressoir, on. Sorte de peigne ou de galon 
pour orner les cheveux : 

Pigne, tressoir semblablcment 

Et miroir pour moy ordonner. (Desch. /. 400.) 

« Item nos tressons d'orfaverie qui sont de rubis 
« d'Alexandre, d'osmeraudes et de perles. » (Lett. 
de Jeanne de Navarre ; D. C. sous Treea.) 

Tressoumol. Ciiarge d'une bête de somme : 
o Tout le baran, le selerin, les morues el les mar- 
» ians salez qui seront amenez en broueltes ou en 
« mannes seront venduz à broueltes ou à mannes, 
" ou en Iressotuncl. » (Ord. II, p. 300.) 

Tressuer. Suer: « Il commença à Iressuer de 
grande joye qu'il en eut. » (Arest. amor. p. 37-4.) 
— « Vit venir son escuyer, sus ung roussin las et 
'■ tressuant. » (Lancel. H, f. 20.) 

nuiUeaume vit desatorné 

Et son cheval vit tressué. (Rou, p. 233.) 

Tresteau, tel. Tréteau: » Une table d'argent 
« qui esloil dessus quatre tresteaulx. » (Lancel. 
III, fol. 23.) — « Il vail Thelamon assis sur ung 
" tresteau. » fPcrcef. II, f. 22.) — « Un trestel bien 
.. séant. » (Mod. f. 112.) 
Trestor. Détour : 

Eneas oirre o .^nchises 

Li bons, li beaus, o le mauvais ; 

Par mer, par terre, et nuit et jor 

Que par isle, el par trestor 

Qu'il arrivent en Romenie. (Parlonop. f. 135.) 

Trestorner. Retourner : 

Li chevalier li a nommé 

Qui la cuillier out treslornce. (Rou, p. ISS.) 

Bien me deust trestorner 

Amors, son devant derrière. (Chans. du C" Thibaut, SG.) 

7'res(o)-)it')' ne gueuchir. (Vatican, 1400, /'. 13.) 

Le preslre le chevahcr voit. 

Vers li Ireslorne sa jument. (Ms. 7615, II, f. WO.) 

La dame ;i trestorner le prent 

Gentement, tant qu'il s'endormit. (Ms. 7615, II, f. 140.) 

Le participe passé féminin est pris substantive- 
ment au sens de changement, détour: « Les voies 
" et les /)'cs;o;'H('(^s. » (Hou, p. 234.) — Guillaume 
le Bâtard voit un bon présage dans un haubert 
passé de travers : 

Le liaubert qui fu trestorncz 

Et puis me r'est à droit tornez 

Senefie la Irnslornce 

Do la chose qui est rimée ; 

Le mien qui est de duchée 

Verrez de duc en roy torner : 

Roy serai, que duc ai esté. (Rou, p. 311.) 

Trcstour. Détour : 

A un trcstour que le rois fist 

Tr.iyl llaym s'ospée, si l'occist. (Brut, f. 38.) 

Là vy je pluseurs contenances, 

El rendre diverses sentences.... 

L'un s'assiet. l'autre se crout 

L'autre par derrière fait trcstour. (Desch. f. 393.) 



TRE 



— or. - 



TRE 



Il i a oisiaus pluisours 

Qui les guiclif! et les Irnslouys 

l5ou goupiLapercUoivent bien. (Du Cange, Trcslonialtis.) 

ïroslounior. Délourner : 

Aucuns d'eus fout liyilouses mncs 

Quant ils sentent l'acier es joes 

Qu'en leur abat là par grant ires 

À treslùurnêes et à vires. [G. Giiiarl, f. •J03.J 

Qui voit la sajclte venir, 

Trcslounicy se doit ou counir. (Brul, f. S2.J 

Le jour s'est aie?, domuçant 

Entre les povres Ircsiournant. (Brut, f. iOO.j 

Trestramblcr. Trembler : 

Freniist et soupire et esprant ; 

Tressait, Iro-lrainhlc et trcssuc. (Pxjrnmc et Thisbé, 00. j 

Trestuci". Tuer, épuiser : « Amours trop me 
« tresttie. » (Clians. du xnr siècle, f. 385.) 

Tresve. Trêve : « Tresvcs et asseuremeiis doii- 
« nez en cour de vassaux. » (G. C II, p. \2î)) 

Ti'ct. 1" Trait, gorgée : 

Mes se je eusse beu, 

Du vin de ces noces un tret, 

Il m'eust à toz jors bien fet ; 

Mes je n'en bui ne n'en goustai. (Ms. 7'2JS, f. ?5S.] 

2° Portée: « Quand vous vendrez comme au 

« trel de .m. arbalestes du gisie où vous l'aves 
« destourné, laissiez alcr vos chiens. » (Mod. f. 57.) 

— « Tret d'une petite pierre. » (Gast. Phéb. p. 285.) 

— 3° Trait d'arbalète : « Du tret de Gennes et de 
« leurs guelons. » (Desch. f. 204.) — 4° Moyen, 
e.\pédient : 

Saigos est, las, qui se retret 
Et qui aprent engin ou iret 

Pour recouvrer 
Sa vie et estât par ouvrer. (Dcsch. f. 006.J 

Eraisie ot escu trop cointe 
C'un popelicans ot portret 
A un l'aus poins, 5 un faux Irct 
De fauce interprétation. (Ms. 7015, II, f. 101.) 

« Tret de traïson la poitevine. » (Ms. 7015, II, 
f. 190.) — 5° Corde d'un lllet : « Quant vous arez 
« bien atachié le tret de voslre rois à la gielle et à 
« la perche. « (Mod. f. 170.) — G" « A tret", >■ ù petits 
pas : « Or chevauchons ung petit ù tret affin que ne 
« perdons pas Touye. » (Percef. I, f. 78.) 

Tréteau , el , iaus. « Pereaulx , tréteaux, 
« claies.... pour faire boulevars. » (Le Jouvencel, 
f. 85.) — « Il s'assist sur ung tretel.... et se print d 
« reposer. » (Percef. II, f. 10.) 

L'en vint desservir 

Et ester tables et trcliaulx. (Dcsch. f. 408.) 

Tretible. Qu'on peut traiter: « Sur débat des 
« appellations,.... elles doivent estre relevées en 
« parlement ; ou si elles sont Iretibles devant nostre 
« seneschal. » (Ord. des ducs de Bret. f. 238.) 

Tretis. Souple : 

Les bras longues, les dois irelis 

Pour acoler amis fetis. (Ms. ''218, /'. •JIS.) 

Ses deux sorcis 

Tant biaus, 

Trelis, et gens, fez à compas. (Ms. 7?iS, f. 204.) 

1, Treu. Trou : » Jusqu'au treu vous pant vo 
« mamelle. » (Desch. f. 350.) 



Vn li-cit firent, desos la sole, 

Dont l'en peust traire une mole. (Fabl. S. Genn. f. iOT.j 

2. Ti'cu. Tribut: 

Treu en orent, It-o.ii roevent, 

Tenir veulent en heritaige 

La honte à nous et le tolage. (Urul, f. S3.J 

Quand je serai excité 

A naier le Ircu de nature 

Celle ara de m'ame la cure. (Dcsch. f. A93.J 

« Au pays où le treu de sel a lieu , nul ne doit 
« acheter sel, fors au grenier du seigneur, et qui 
« fait le contraire, il chet en l'amende. » ([Jouteill. 
Som. rur. p. 805.) — « Ja esloil venu Doucicaut en 
« l'aage et an temps que amour naturellement a 
« coustume de prendre le ireu et la paye de tous 
« les jeunes nobles courages. » (Doucic. p. 25.) 

Rome qui fut dame monarcbial 

Et qui soubmist la machine du monde 

Soubs son Ircu. (Dcsch. f. .140.) 

« .Je n'ay point accouslumé de payer treu, mais 
« pour avoir paix, je mets la marchandise en vostre 
« main. « (Percef. VI, f. 109.) 

Ti'ciiaigc. Même sens : « En leur payant 
" treuaige. » (Math, de Couci, Charles VII, p. 091.) 

Trêve. « Trêve est une cose qui donne seurelé 
« de la guerre, el tans que elle dure. » (Deaum. 
Du Cange, sous Treva.) — « Si allèrent à sauves 
« /?'eiv's jusqu'à l'ost. » (Lancel. III, f. 143.) 

Treuî. Enfant trouvé: « Il a la confiscation 
« des biens dessus lui trouvez, la chose cspave, le 
« treuf ei leliastard, c'est à dire l'esclieance du 
» baslard. « (Bouleil. Som. rur. p. 902.) 

Treufle. Trèlle aux cartes. (Colgr.) 

Treiiiller. Presser, au figuré; la femme, sous 
prétexte de charmer l'œil malade de son mari, met 
la bouche dessus pour qu'il ne voit pas le galant 
qu'elle veut faire sauver : 

Tant le treuilla, et le charma 

Que li lechierres s'en ala. (Fahl. de S. Gcrta.j 

Trevisaine. De Trévise : « V avoit un tiers 
« couché en mesme lit, qui dansoit la danse trevi- 
» saine avec sa femme. » (Desper. II, p. 95.) 

Treul. Treuil: « Si il'homme) meurt en la foy, 
» en contrition et grant repentance, c'est le treul 
« par quoy il tire à soy la miséricorde de Dieu. » 
(Mod.f. 241.) 
Treulage. Pressurage. (Ord. III, p. 478.) 
Treullour. Pressureur. (D. C. sous Trullare.) 
Treiive. Trouvaille : « N'est pas sans cause se 
« vous esmerveillez de la treuve, car nous avons 
» esté longtemps avec elle sans en rien apperce- 
■r voir. » (Chev. de la Tour. Inslr. à ses filles, f. 07.) 
— « Les treuves etvasseaux d'ez (abeilles), appar- 
<• tiendront au seigneur hault justicier, n'estant 
» poursuivis de celuy auquel ils appartiennent. ■> 
(N. C. G. II, p. 140.) 
Treyt. « Pain de treijt. » (Brilt. Loisd'Angl. 74.) 
Ti*ez. Corde: « Tît~- de limiers, lesquels doivent 
« estre cueues de chevaux ou de jumens, car.... 
" ils.... durent plus que s'ils estoient de chanvre 



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« ou de laine. » (G. Phéb. p. 137.) — . Nul ne i\o\l 
« pesciier à filetz, trez et ligne à plomb ou autres 

• engins défendues. » (C. G. 1, p. 003.) 

Treze. Treize : « Se reg;lei"onl ledit prevosl, 
« majeur et trcxe liommes, au faict de leurs offices, 
» concernant la dilledrapperie. » (C. G. 11, p. 958.) 

Trczcau. Sorte de barrique : >• Cerceaux à 
" trcxcaiix. ■■ (Ord. 1, p. 000.) 

Trezein. Treizième: « Lods et trexeliis deubs 
« pour cause des aliénations des terres et biens qui 
« se font dans nos terres et seigneuries. » (N. C. G. 
II, p. r238.)— " D'autant quesurviennent plusieurs 

• diiïereiuls entre nos sujets îi occasion des lods et 
" trewiua qui nous sont denbs pour cause des 
" aliénations des terres et biens qui se font dans 
« nos terres et seigneuries, il nous a semblé bon 
a d'y pourveoir. » (N. C. G. Il, p. l'238.) — « Demi 
« /rt'xt'/«, monnaie de six deniers et demi. » (Mon.) 

Trezeller. Carillonner : « Comme, dez le snir, 
« l'on vouloil IrcxelU'f la leste des culs. » (Des 
Accords, Iîscraiç;iics dijonn. p. 19.) 

Trezenier. Hcgistre où sont inscrits les « trc- 
« zeins > à payer: « Noter et descrire tel notifica- 
.• tien dans le livre tn':ienier. » (S. C. G. II, 1238.) 

Trczieme. •• Tre:iieme du vin. » (Ord.V, p. 82.) 

— " Furent mis (à Paris, 1382) subsides, gabelles, 
« aides, fouages, douzième, trezieme. » "(Froiss. 
II, p. 232.) 

Tri aciérie. Action digue d'un vendeur de tbe- 
riaque: " Féerie, sopbisterie, empirie, medicasierie, 
« triaclcrie. • (Alect. Hom. p. 35.) 

Triacleur. Vendeur de tbériaque. (Mém. de 
Mornay, I, p. 787.) 

Triaijje. Terre (comparez trirt/e) : « Sauf et 
" réservé certain dixmage que l'abbé de S. iMor 
« des Fossez et lesboii'sTiersaull preigueiil certain 
« triaige au dit terrouer d'Ongnes. « (Du Gange, 
sous Triare.) 

Trial. Jugement rendu sur le serment de douze 
jureurs, dits en Angleterre Iryaoul. On distinguait: 
1» " Triul par bataille, » lorsque qucli|u'iin se dé- 
fend d'un crime par le duel. (D. C. sous TvialLum.) 

— 2" « Trial par les pers du royaume. » (Id.) — 
3° « Triai par le pays. » (Id.) 

Trianfjlc. Angle, coin : ■■ Une grosse tour qui 
" boiildil en avant le fossé el faisoit le iriaufile du 
» mur, de laquelle tour le guet ne povoit vcoir en 
« bas. » (Le Jouv. f. 25.) 

L'un des ras m'avoine manga 

Et les souris m'ont mat en l'angle ; 

Il n'y a pais ne Iriniu/le 

Qu'ifs n'aient tout fait u/famer. (Desch. f. 3S0.J 

Mettez raison et le droit au dessus 

Et ne vueiUez soustenir le lria>njle. (Desch. f. 3J.J 

Triaiujlc. Oui a forme de triangle: « Fourme 
" triinif/lée. » ;i;abel. V, p. 192.) 

Triannal. Espace ds trois ans: - Son triannal 
« n'esloit encore ex[iiré. • (Dict. de Monet.) 



Triant. Tétons: 

l.i quens IterenRer ot uiio liUe moult bêle ; 
Pope l'apelent l'on; moût ert gente pucelle ; 
N'."ivoit encore en sain ne triant, ne mamelle. {Rou,34.] 
Triarcle. Thériaque : - Précieux triarcle. » 
(Descb. f. 558.) 

Tril)adi(iiio. Oui iisede la tribade ; se dit d'une 
femme qui abuse de son sexe avec une autre 
femme: » Flics aymassent mieux en user ù la tri- 
« badiquc. - ^Diaiog. deTaliureau, p. 40.) 

Ti'ibal. Trident '; : « Et le dieu qui terrible ou 
« de sa faux recroucbe Ou de son gros tribal les 
« oiseaux efarouche. » (Baïf, p. 228.) 

Tril)alle. Bruit ; rapprochez Trimballer: •> Le 
« bruit et la Irihalle des gens des noces vous rom- 
<■ proit tout le testament. » (Babel. 111, p. lOi.) 

Tribart. Parties sexuelles de l'iiomme. (Cotgr.) 

Tribé. Broyé: » Gros sel bon vinaigre et 

» fors aulx, tout Iribée ensemble. » (.Mod. f. (il.) 

1 . Trible. Voir Tra.mail. 

2. Trible. Triple : « Comme il venoit ù cliascua 
» chnstel, si le faisoit garnir de gens et de vivres, 
» tellement qu'ils n'avoienl garde d'ung grand ost, 
'• car il avoit fait Irible renouveller el renforcer. » 
(Lancel. du Lac. III, f. 31.) 

En nom do Dieu l'esperité. 

Qui ost trilitc en unité. (ils. IGiô, I, f. 65.J 

i. Trii)ler. Tripler : 

En ton escu de parement 

Trible à flour de lis enarmée 

C'est de la foy If; sacrement 

Une en doité simplement 

Et en personnes est triblée. (ils. CSJ'J, /". 03.) 

2. Tribler. Broyer : 

Qui touttes les choses prendroit 

Et en un mortier les melroit, 

Et si les trihlact tout en tin, 

Et puis les beust à jeun 

Garis seroit. (Ms. 731S, f. 3',3.} 

Tu as sous tes plantes tril/lée 

La teste du serpent. (Ms. l'^lS, f. il'.).] 

" Ces fruiz que la cbar naturée Prist qui puis fu 
.< en croiz triblée Pour faire nostre salvement. » 
(Ms. (1812, f. 3:1.) 

Tribolet. Pain. (D. C. sous l'aiiis.) 

Tril)ope. « Le duc de Gheldres... n'est que ung 
« obstiné et plus esservellé que tribopes. « (Lett. 
de Louis .\1I, H, p. 282.) 

Tribord. • Casse escoute de tribord. • (Babel. 
IV, p. 99.) 

Tril)()uil, ouillaoe, onillerie, oui. Tracas, 
agitation : » I)ieu me voulut grand mal, ((uand il 
«' me mit en Ici tribuitil. •■ (W Joyes du mar. p. 47.) 
— « (Test tout triboul et labour dépensée. » (Desch. 
fol. 2(;9.) 

Ce sont toutes tribouilleries 

Que de plaider à folz ne à folles. (l'allicl. 03.) 

.\bborrant le mariage 

Et des femmes le Irihouillarjc 

Marier point ne se voudra. (Ihi'if, /'. t'W.j 

Tril»ouler. Tribouiller, agiter : « Ouand on dit 



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« triboitlc menniïc.c'cslau lieu de trouble mcnngc." 
(Pas(j. liecli. p. 75 i) — « 11 a mou II, en cesl siècle, 
« paine et Iriboulcment. » (Cliantepl. ms. f. 103.) 

Maint seigneur destrivnnl h maint 

Qui souvent en sont Itiboulé. (Desc)t. f. S31.J 

Tout se va Irilinulunt 
En n'amendant n'a point d'amendement 
Car chascun fait toute cliose villaine. fiel. f. 210.] 
Sa vie est toute IrUioulcc. (Id. f. S31.) * 

(L'épervier) si tire tout droit contremont 
A l'aloô qu'il voit amont ; 
Hault la ifiboulc et fait grant guerre. (Mod. f. iao.j 

Ti'iboulet. Fou de Franrois 1". (Rab. Il, 208.) 
A Paris c'est le nom d'un homme court et ventru , 
de la fressure de mouton. 

Triboullart. « Adonc appella Sapience un des 
« procureurs de la cour qui avoit nom Massient 
. Triboullarl. « (Mod. f. 215.) 

TrihouIIée. Mélange : « Il ont fait une triboul- 
« lée De marz, mes, corn blanche gelée. » (Ms. 
G8I2, f. 53.) 

Tribouller. A'oir TninorLEit: « En Angleterre... 
« ils estoyent tous triboullez et en mauvais arroy.» 
(Froiss. III, p. 317.) 

Tribous. Agitation : « Se sevenl de tes tribous 
<• Les dames trop mieus que nous. ■> (Vatic. 1490, 
fol. 109.) 

Tribue, il. Même sens : « Leur trihiies, pour 
« guerredon, reffus et vilaines paroles. » (Tri. des 
IX Preux, p. 30i.) — « Noise et grant tribuil. « 
(Mod. f. 298.) 

Tribulage. Obligation de battre le blé du sei- 
gneur. (D. C. sous Triblagium.) 

TribuLance. Agitation : « Ja n'i ara adversité 
« Ne tribulance dépensé. » (Vie des SS. Sorb. 00, 
c. 42.) 

Tribule. 1° Chardon. (Cotgrave.) — 2» Chausse 
trappe. (Oudin.) 

Tribunal. Employé adjectivement : « Lors le 
« commanda Pilate amener à son siège tribunal. » 
(Percef. VI, f. 123.) 

Tribus. « Pilulle de tribus. » (Meii. Cocc. \, 190.) 

Tributaire. « Ces tributaires traicterent 

« tellement le peuple... que chascun demandoit et 
« appeloit plutost la mort que la vie en cest estât. » 
(Tri. des IX Preux, p. 100.) 

Tricasser. Tracasser. (Songecreux, f. 98.) 
Triceresse. Tricheuse : 

Amors est cose forsenée, 

Ne nus ne doit suivre ses volentés 

Tant le concis triceresse provée. (Ch. du C'= T/iib. p. 63.) 

Tricerie. Tricherie : 

Le plus de tous les déduis 

Sont par l'oreille conceu ; 

Ainsi arez vous deceu 

Moult de gent qui en regarder 

Prennent delis pour eulx garder 

De tricerie en leur cueur venant. [Mod. f. J55.] 

Triclie. Estai de la pierre avec laquelle les fau- 
cheurs aiguisent leur faux, dans le patois du Sois- 



sonnais. Ce morceau de bois, long d'un bon pied, se 
met au manche de la faux. 

Tricher. « Les Picards... appelloient (Charles V) 
« Charles qui ti'iche, faisant allusion sur Autriche, 
« qui triche, autant à dire qui trompe. » (Brant. 
Cap. estr. I, p. 4.) — . Ma, richesse, por coi nos 
« triches':' » (Ms. 7015, I, fol. 1(14.) — « Le roi se 
<■ coroça de ce que Salahadin le trichoil ainsi. » 
iMart. V, c. 635.) 

Teus cuide autrui tricher, 

Qui bien voit l'encorabrier 

Parmi soi retorner, 

Qui mainc desraison 

Soit fiert do son baston. (Prov. du O' de liret. f. ilû.J 

Trichere.sse. Féminin de tricheur : 

Pour ce est foux, ce sachiez de voir 

Li bons qui a bonne moillier 

Quant il aileors se va soillier 

Aus foies garches Iriciteresses 

Qui plus que chas sont lescberesses. [Ms. '7015, II, S3G.J 

Tricbcre-ssenient. En trichant: " La chose fu 
» fête Iriclieressement, parquoy il ne veut pas que 
« elc tiengne. » (Beaum. p. 172.) 

Triclierre, eur, ierre. Qui triche : » Il ne 
" vouloit mye vers moy eslre mensongier, ne vers 
« s'amye tricherre. « (Lancel. II, f. IIÔ.) 

Qui sa dame déçoit 

■Trop fait vilain esploit 

Tricherres ne quiert droit ; 

Quar raison l'ociroit. (.\Iarcoul et Salem, f. HG.J 

Or sui je certes toz le pire 

Qui soit et li plus viens Irichierre ; 

Et je qui sui.s viens pechierre. (Ms. '73iS, f. 5.) 

Tondis se craint tricheur qui a tricliié. (Desch. f. 445. J 

Tricliot. Insulte, en Bigorre : « Trichot que tu 
« es... tricliot esDa. plusgranl injureet blasme que 
« l'en puisse dire à nul homme en iceluy pays 
« (Bigorre), » au reg. JJ. 108, p. 302, an. 1414. 

Tricliotoier. Appeler trichot: « Ne me vas pas 
« triciiotoiant. » (Ibid.) 

Tricon. 1° Tierce, au jeu de cartes. — 2° Trio, 
parlant de la réunion des parlements de Bordeaux, 
Toulouse, Paris, au parti delà Fronde : <■ Car le Nor- 
« mand et le Gascon Et le nostre faisoient tricon. » 
(Mém. du card. de Relz, V, p. 325.) 

Tricoplier. « Quant il chevauchoil, il avoit .ii. 
a chevauceurs avec soy et un frère sergent, et à 
« chevaulx, un tricoplier, un escripvain. • (Statuts 
des Hospitaliers.) 

Tricoter. 1» Jouer au volant. (Cotgrave.) — 
2° « Tricoter la pureté de l'or. » (Cotgr.) 

Tricoterie. Chicane : » Il n'est rien que je 
« haïsse comme à marchander; c'est un pur com- 
« merce de tricoterie et d'impudence. » iMont. I, 
p. 428.) 

Tricoys. « Desbaudriersqui ont beaux tricoys." 
(Coquillart.) 

Trictrac. 1» Train [a encore ce sens en Bre- 
tagne] : « Le trictrac du palais. » (Cont. d'Eutrap. 
p. 379.) — 2° Jeu : « II ne faut pas obmettre nostre 
« jeu de trie et trac; car, s'il vous plaist considérer 

13 



TRI 



- 98 — 



TRI 



• le son que rapportent les dez estant jetiez dans 
« le l;iblier. il n'est autre que trie et trac. « (Pasq. 
liecli. p. 071.) — 3° Quinconce: <■ Des arbres plantez 
« en trictrac, qui font de tous costez des lii;nes et 
« des rouîtes, quoy qu'ils soient disposez sur di- 

• verses Hj^nes. » (Menesl. art. des dev. préf. p. rr2.) 

Tiidaino. 

Vous estes au cul si très noire 
El V croist si granl la laino 
Uu'on feroit bien la tridaine. 

Devis Amoureux, des demandes d'amours, p. 90. 

Trident. Curedent (r) au Pèlerin d'amour, t. Il, 
p. 032. 
Tridet. • Nous disons [\es roys) prudens et pro- 

• videns et qui ont bien sceu dissimuler, à quoy ils 
" ont aulanl sonjjé qu'au tridet. » (Brant. Dam. 
ill.p. 71.) 

Trie. 1» Action de Irier : 

Ainsi que les blondes avettes 

Vont voletant par les neurettes 

En la saison du renouveau 

Quand, de naturelle industrie, 

Entre les fleurs font une Iric 

Pour confire leur fruit nouveau. (Haïf, !• S60.J 

2° Colombier: « Ne sera loisible à aucunes per- 

• sonnes, de quelque qualiti' qu'elles soient, d'avoir 
» ny faire tries, trappes ou autres refuges, pour 
« retirer, tenir, ou nounir pii^eons aux maisons 
" des champs, sur peine d'estre démolies. » (C. (;. 
H, p. 778.) — 3» « Et frappa de la trie. » (Journal 
de Paris, sous Charles VI, p. 13.) 

Triege. Territoire: 

Rou fu fort pt hnrdiz, à Paris tint son siège ; [piegc 

Ceuls de dedans cust pris, comme l'en prent bisse au 
Ne fust sainne si grant, par ont il lor triege. (Rou, 3b. J 

Tricnnalité. Subst. usité dans Du Cange, sous 
Tricnnalitas. 

Trions. Un en trois personnes, dans une apos- 
trophe à la Vierge : 

Vous salu je, sainte Marie, 

De sainte grâce raoraplie, 

Qui mères estes à cet seigneur 

Qui tant a fet sans enseigneur, 

Vous estes filles et s'estes mère ; 

Il fu voz fils, si fu voz père, 

Par es celestres, fils trieMs, 

De vous descent et naist li biens, (ils. 121S, /". 106.} 

Trier. 1" Choisir, mellrc à part : « De cest mau- 
« vais gieu legier Vous en di rou que j'en trie. » 
(Vatic. li'JO, f. 1G3.) — " Li acier tronche èl dessoude 

• Maintes plaisanz armes Iriécz-. » (Vatic. f. 315.) — 
« Le snge, s'il requiert conseil, et on li done bon 
. ou mauvais, il sauia bien trier l'un de l'autre, et 
a le fol ne saura trier ne conoistrc. " (Assis, de 
Jerus. p. 184.) — 2° Eclaircir: » La prove de la 
« procheyneté de saunkes ne pucl estre trié par 

• nul plée de possession. » 'lîritlon, f. 181.^ — a Cil 
« debate soit trié parexaminemcntde somoneurs." 
(Brill. fol. 1!>4.) — 3" Se diriger vers : « Touz jours 
« vers le moulin se trient. » (G. Gniarl, i. 207.) 

Et fist la tour sur un siège de boscaige 

Qui au milieu tout le chastel maistrie ; 

Et du chastel Si une part se trie 

Dehors et ens saillir à son usaigc, 

Trop plus haute est que n'est le bois ramage. /'/)esc/i. 75.y 



Triove. Tr^ve : 

l-a pooit on boivre et manger 

Par tout Paris, sans nul danger ; 

Et de ce fere ni ot trieve. (.Ms. C8i3, f. 8i.) 

Trieiiille. Treuil : " Quiconque fail poys h 
« marie, il se submect de les restouper bien et 
« deiienieni, que mcsclief n'en advienne à personne 
« dez l'inslanl qu'il este la trieuille et attachement 

• par leiiuel il a tiré le marie. • (C. G. II, p. 87i.) 
Trieule. • 7";'/('(//c d'un puis, » tour essieu de 

la corde d'un puits. (Monet.) 

Triffilior. Trclileur: « Triffiliers de fil de fer 
'• ou d'arcbal. • (Ueg. des art. de Paris, dans D. C. 
sous TrilHium.) 
Trifoire. Triforium : 

En mi la nef avoit un lit 

TaiUié à or et à trifoire 

De cipres et de blanc moire ; 

D'un drap d'Aufrique d'or tissu 

Est la coûte qui dedens fu. iMs. 1080, f. 49.) 

De sor la porte à une lor 

Qui .u'. toises a en lor. 

Et .vil"*, toises a de hait 

Celc ne crient engig n'asalt ; 

De liois est blanc com ivoire 

Menu lailli de vert trifoire. (Parton. f. i27.) 

Trifouillerie. Intrigues: « Les brouilleries et 
« trifoiiilleries de la cour. » (Mém. de Sully, XI, 
p. 292. j — « Haines, jalousies et autres Irijfouille- 
" ries de cour. » (Suliy, V, p. 101.) 

Trifourché. Qui a trois fourchons. (Colgr.) 

Trigale. Détour (0 : 

Pas ne vous doit trouver maie 

K'ainc ne servi de tritialc. 

Mais teus proie et chante et baie 

Ke le pensée a molt sale. {Poct. av. ■1300, IV, p. 1448.) 

Trigant. Brouillon. (Colgrave.) 

Trilioris. « Trois fils... dansans de passepieds 
« et de trilioris. » (Despér. I, p. 34.) — » Danse de 
« triliorij. » (Eulrapel, p. 209.) — « Trois gentils 
« hommes bretons, beaux danseurs de passe pieds 
« et de trilioris. » (Desp. ^' conte.) 

Trilise. Treillis: « Touaillc ou nappe faite de 
<. chanvre et d'cstouppe , laquelle... on appelle 
<• trilise. >' (Merl. Coccaïe, I, p. 42.) 

Trillebardou. (Chez Jean Guillemelte à) c'esl- 
ù-dire en un lieu inconnu. (Oudin.) 

Trillcnr. >• Toutes personnes de Marsal et de la 
" ditte prevosté, franche à cause de leurs person- 
« nés, ou de leurs demeurances, seront juridiciables 
« à la justice ordinaire, excepté les nobles, les pre- 
<■ vost, receveur el les gouverneurs, tailleur, tril- 

• leur el boulavan des sallines dudit lieu. « (Nouv. 
Coul. Gén. Il, 1104.) 

Triniard. Clicmiii, en argot : « Qui séchez de 
« paillarde envie dont vous regorgez, comme le 
« savon des lèvres des gueux qui vivent sur le 
« grand Iriniard. « (Moy. de parv. p. 9.").) 

Triniljallcnient. « TrimliHllcment de poésies, 
« chaulderons, bassins. « (Babel. V, p. 2.) 

Trincaige. Action de trinquer. (Borel.) 



TRI 



- 09 — 



TRI 



Trine. Triple: • 11 n'esl ([u'uii seul Dieu el non 

• mie trinc. • (Clu'. de S. Denis, I, f. liti.j 
Trinel. Même sens: « Contemplation de la divi- 

« niti' et de la //'/«('//c distinction des personnes en 
« l'union d'une seule essence. « (Al. Ctiarl. de l'I-ls- 
pt^rance, p. 'iS'i.) 

Tringlet. Jeu : « Jouèrent au triniikt à Clia- 
. leaufort. » (JJ. 151, p. 43, an. 130G.) 

Trinité. On a dit de François 1", Marguerite de 
Navarre et Louise de Savoie : * Leur Trinité. » 
(Marg. de la Marg. f. :h;7.) 

Trinquât. Fourbe ; la dame de Beaujeu » esloit 
« fort vindicative et de Tliumeuren cela du roy son 
« père, voire eu tout, car elle estoii trinqiiate, 
« corrompue, pleine de dissimulation et grande 
« hypocrisie. » (Hranl. Dam. ill. p. 21»;!.) — - Le 
« maréchal de Matignon très fin et trinquât Nor- 
. mand. » (Id. Cap.'tV. 111, p. 369.) 

Trinque. Action de trinquer : « Ce cardinal de 
« Trente... digne prehU et bon compagnon à mode 

• du pais pour faire trinque. » (Brant. Cap. fr. 11, 
p. 331.) 

Trinqueballer. Sonner îi force. (Rab. 1, 25G.) 
Trinquenaille. « Trinquenailles, archicanail- 

« les, très que canailles. » (Hab. V, prolog. p. 1.").) 
Trinquer. » Voirre n'array , ne tasse pour 

" t7VH7!/er De sor me faut boire ù un vermical. - 

(Desch. f. 210.) 
Triuquerie. Action de trinquer. (Cotgr.) 
Trinquet. 1" Màt droit du devant du vaisseau : 

Lors Neptunus, gouverneur de la mer, 

Feit grosses nefs et carraques armer 

Et desployer leurs trinquets et leurs voisles. 

J. d'Aulon, j). 31 J. 

• Trinquet de gabie, de proue. » (RabeL IV, 82.) 

— 2° Jeu : 

Il est du trinquet triquetez, 

Du tablier et du gieu de dez. [Desch. f. 376. J 

Trinqueur. Qui trinque. (Oudin.) 

Trins. « 11 y eut un grand assaut donné autour 
« de la ville mesme ; il entra bien 80 hommes dedans 
« les trins; mais enfin ils furent chassez dehors 
« par force. » (Fenin, Charles VI, an. I4I9, p. 47.) 

Triolaine. 1° Suite, dans Coquill. p. 43. « De 
« sa concubine, il eut une grande triolaine de bas- 
. tards. » (Favin, Th.d'honn. Il, p. II93.) — « Les 
« romanciers donnent à Mellusine une grande trio- 
« laine d'enfans. » (Id. p. 1579.) — 2' Espace de 
trois jours : 

Ainsi jeûna la triolaine ; 

Ce ne fu mie sans grant paine. (111 Marias, p. iSO.j 

Triolet. 1° Poésie. (Départie d'amours, p. 250.) 

— 2» Plante: •• Triolet aromatique, des chevaux. " 
(Cotgr.) — 3» Triangle: « La tierce (large) à manière 
« de triolet estoit noire. » (01. de la Marche, 1, 295.) 

Triomphant. « Elle commença à contempler 
« les superbes et triomphans palais. » (Nuits de 
Slrapar. 1, 2G8.)— Aux obsèques de Charles Vil, en 
1461, « il y avoit une chapelle à cinq croix toute 



• noire, aussi grande que celle de Paris, des cierges 
•' pardessus... Bref elle estoit aussi triomphante 
« que celle de Paris. • (Mallh. de Coucy, Charles 
Vil, |). 7;i8.) 

Triomphe, i" Fêle : " En la chambre, où le 
» triomphe se faisoit... le roy en fist grande feste el 

• triotn/iiie. « (Straparole, I, p. 3'i:{.) — 2° Plaisir: 
« Chevaux de hennir, de ruer, de tempesler environ 
■> ces juments ; c'estoit un triomplie de les ouïr. » 
(l)espér. I, p. 231.) — 3" Jeu de cartes : « Ne s'ac- 
« cordant pas volontiers h changer avec nous de 
« triomphes. « (Carasse, Rcch. des Rech. f. 737.) — 
Au ligure, « renoncer ù la triomplie, » vomir. (Oud.) 
— 4° Pompe : •■ 11 se partit en sa triomplie et appa- 
« reit. » (Monstr. 1, p. 128.) 

Trion. Dans les Dombes , arbres élctés qui 
séparent les héritages. (D. C. Triones.) 

Trioris. DanseivoirTaiiioius): « Bretonshalladins 
« danyans leurs trioris fredonisez. « (Rab. IV, 1G4.) 

Tripailleries. Tripes. (Colgrave.) 

1. Tripe. « Tripe pleine ne combat bien, ni ne 
« fuit bien. » (Colgrave.) — - Triprs de S. Denis. » 
(Poët. av. 1300, IV, p. 1G53.) - « Tripe de fagot, » 
son centre. (Cotgr.) — a Tripe de morue. » (Oud.) 

2. Tripe. Forme verbale de triper, danser : 

Le cervot, peruclie et Philippe 

Et Chariot, les .iiii., les trois, 

Sont une couple, et à la tripe 

Savent dancier aucune fois ; 

C'est le jeusne conseil courtois 

Oui mettront lance sur fautre ; 

Pour proye courront par les bois 

Ils ne celenl rien l'un à l'autre. (Desch. f. 310.J 

Triper. Danser : 

Dame, ja le verroiz joer 

Par leans, saillir et triper. (Ms. l'JOG, f. 80.) 

Tels fet feste et va tripant 

Qui ne fet pas qu'à l'ueil li pant. [ils. 72iS, f. 3J3.] 

S'il en patience travaillent 

Qu'il baient et fripent et saillent [Rose.] 

Triperie. Lieu à laver les tripes, à les vendre. 
(Colgrave.) 

Tripet. Ventru: » Le capitaine Tripct. » ^Rabel. 
I, p. 221.) 

Tripeter. Tressauter : 

Et tout après moy les feisse 

Par vive rage tripeter. [Rose.) 

Tripier, ère. « Tripier d'Amboise. « (Eutrap. 
p. 312.) — « Couteau de tripière; injurieux en 
" tripière. • (Cotgr.) 

Tripla. Tiiplat, ancien terme de musique à trois 
temps: • Vous entonnez si tristement et par tripla, 
« sur voslre tluste enrouée, la bataille des Trante. >• 
(Eutrap. p. 2C7.) 

Triplication. » Comme il pueent trouver reson 
» l'une partie contre l'autre, et pour che baillent il 
« triplication au deffendeur contre les replications 
« au demandeur. • (Beaum. p. 3G.) 

Triplicité. « Léchant musicant n'aroit pas lieu 
« pour la haulleur d'icellui et la triplicité des 
■ voix. » (Desch. f. 395.) 



TRI 



100 - 



TIU 



Tiipliiiue. » Réponse cl instance ilu demandeur 

• ;i la seconde réfutation du défendeur. » (Monel.) 
Tripliquior. Tripler: « Proposer,.... respondre, 

• replKiuier, dupli(iuier, IripUquier. » ;,Mod. f. 230.) 

Tripoly. « Tripoly dont usenl les lapidaires à 
« polir pierres précieuses. » (Nicol.) 

Tripot. « J'ay bien ouy tout son tripot cl ses 
. baves. » (Coquill. p. 8',l.j 

Tripotier. Qui lient un Iripol ou jeu de paume. 
(Gouj. Bibl. fr. 111, p. 200.) 

Tripout. Bruit : 
Et si iiialement le tenoit 
Conclues eschaper ne li pout 
Tant qu'ils eurent fait cel tripout. (Rose.) 

Trippe. Tripe: 

Souffres tes mauLx, Ven ne veut que gens sains, 

Juenes, jolis, de toute joye plains.... 

Car se saint mort l.i lrip)>c en son lieu, 

Jamais forment dame ne l'aimera. (Dcsch. f. 2}7.) 

» Laver les Irippes, » boire. (Oud.) — « Rendre 
« trippes el bovaux, ou boudins, » vomir, (kl.) — 
<. Payer cbopinc de trippes. » (Rabel. 11, p. 5.) — 
. Tout aille, trippes el boyaux. » (Crétin, p. ItiO.) 
— « Trippes frittes sont escriles au papier des 
« pauvres gens. » (Oudin.) — On appelle ainsi, à 
Auxerre, un jeu qui se joue encore avec une balle 
qu'on pousse en l'air avec des butons : » Voicy 
« trippes de jeu, goudebillaux d'envy de ce 
« faulveau h la raye noire. « (Rabel. 1, p. "iC.) 

Trippeter. Sauter: « Tressaut et trippctte. » 
(Triomphes de Pétrarque, p. 29.) 

Trippier. Qui fabrique l'étoffe dite tripe : 
« Toutes sentences rendues par les reuwart, pai- 
« seurs, inaieur de la Perse, trippiers de velous, 
a commis à la vini^laine el autres.... sortissent par 
« appel par devant les eschevins. » (C. G. I, p. 777.) 

Triquebalai'Uleau. Cbose sans valeur. (Colg.) 

Triquedondaine. 

Jeunes dames, tele tnijiicilondaine 

Ne portez plus ; aux vielles en conviengnent. 

Soit voz atours humbles et gracieux, 

Plaisans à tous ; Dieu on bien vous maintiengne ; 

Car raison dit qu'il veut que tout le craingne ; 

Rendez l'emprunt des eslrangcs cheveux. (Dcsch. 3'21.] 

Triqueliouse. Guêtre de drap : « Qui a des 
triquehouses chaussées. » (Nicot.) 

Ti'iquematlame. Herbe qu'on met en salade. 
(Cotgrave.) 

Triquenelian. Tocsin ; les habitants de Mont- 
pellier, repentants de leur révolte, apportent au duc 
d'Anjou, en i;{79, ■■ les clefs des cloches elle bâtant 
« de la cloche des quieulx ils avoienl sonné le 
« triqucnchan. » (Chr. de S. Denis, III, f. 40.) 

Triqucniquc. « Argumens, monslreur de tri- 
a fjHcniques. ' (Colgr.) 

Triqueté. Battu : 



Il est du trinquet Ini/iielcz 
Du tabUer et du gieu de dez. 



(Desch. f. 310.1 



Triquetraqueur. Joueur de trictrac. (Des 
Accords, p. 23.) 

Triquetre. Triangle. (Colgr.) 

Tri«[uoteuse. Tricoteuse : « Ce sont contes de 
« triqitoteuses el de nos douillettes iiui sont bien 
» aises de se fairedoieloter durant les six semaines.» 
(Contes de Chol. p. 258.) 

Trisayeul. <> Denis Sauvage, seigneur du Parc, 
« en sa traduction de /'«!(/ Jove, liv. 37% appelle 
« Mahomel bisayeul, Amuralh trisayeul de Solyman 
• empereur de C.. P. El devant Uiy, celui qui sous 
» le nom de lidelé serviteur. Ht imprimer la vie du 
<■ chevalier Bavard, en l'an 1527, n'avoit usé du 
» mol de trisaijeiil, ains teraijeul, au premier cha- 
» pilre de son livre. » (Pasq.Rech. p. 732.) 

Tristaice. Tristesse : 

Et les osta fors de tristaice 

lit mist en voie de laiaice. (Moush. p. iO'i.) 

Tristamie. Couleur d'un cheval. (Oud.) 
Tristan. Héros de roman : « De bien aimer 
« Tristan pas. » (Poët. av. 1300, II, p. 503.) 

Ja nous ne me doint à li 

N'a sa joie recovrer 

S'onques riens poi tant amer : 

Dou lignage Tristan sui. (Poct. av. 1300, IV, p. iA-iS.J 

Cuers falis est, et en lui pou se fie, 

Riches qi puis apovrir 

Li diseteus recouvrans. 

En péril est, droit Trislans. {Valic. UOO, f. iSl.) 

« N'est preus qi sert de Tristan. » (Valic. 1490, 
fol. 148.) 

Triste. » Triste comme un bonnet de nuit sans 
« coeffe. » (Colgr.) — a Triste qui n'a crisle, » qui 
n'a ni croix, ni pile. (Colgr.) 

Tristement. Affliction : » Bien a sceu compa- 
« rer el ramembrer les tristemens des choses de 
<■ ce temps jusques à ores. » (Al. Charl. Quadril. 
invec. p. 439.) 

Tristcr. Attrister : " Et vrayment nous mons- 
« Irons noslre bien foie erreur, De nous tristcr 
« ainsi d'une vaine douleur. « (,J. Tahur. p. 312.) — 
« S'il y a quelque fantasque qui se triste de nestre 
« icy. » (Moy. de parv. p. 390.) 

Tristeur. Tristesse: » Un seul mot ne respon- 
» doienl, ainçois tristeur continuant, n'en peut ne 
« sceul onques, par nulle enquesle, extraire César 
« une voix. » (Tr. des IX Preux, p. 313.) 

Tristeusement. Tristement : 

Qui par l'amour d'Egistus, son cher amant, 

Ai,'amcmnon son mary tristeusement 

Occire feist. (Tr. Je Pétrarque, trad. d'Oppcde, f. 20. j 

Tristoyer. Attrister: 

.... Tout homme à ce pourvoye 

Et soit joieux, gracieux, net au monde 

Sans Iristotjer. (Desch. f. 330.) 

Tristran. Tristan : 



Anieuse, fit il, ma suer 

Tu es el paradis Dertran ; 

Or pues tu chanter de Tristran. 



(ils. T2i8, f. ÙO.) 



TRO 



101 - 



TRO 



1. Tristre. Terire: 

Nous venimes dessus un Iristre 
Où un moult gentils damoiseaus 
Tenoit ses deus lévriers moult beaus. (Froiss. Poés. l'i.J 

2. Tristre. Triste : 

Moult devint corrousô et tnstrc 

Por la pucele sa inagistre ; 

De pasraoison la releva. (Blmichaiul. /'. 177.) 

Tristressc, or, oiir. Tristesse: « Geste leesse 
« luy tournera par temps en graiit Iristresse. » 
(Tri. des IX l'reu.x, p. 'i.'$7.) — • V.n {çranl tlolour, 
« En giant paoïir, Kn ^'"iiit Iristaur, El nuit et jour 
« sui. » (Cliuns. du ms. Houli. f. 311.) 

Vez là celui qui tant de mal 

Nos a fet et tant de tristor. (Ms. 799G, p. 55.) 

Tristiir. Tristesse. (Marbod. c. 1052.) 
Trisulce. A trois pointes : « Excommunication 

• trisulce. » (Rabel. 1, p. 208.) 

Tritesce. Tristesse : « La reine Marguerite, 
« femme de S. Louis fit nommer Tritan le (ils dont 
« elle accoucha îi Damiete, à cause de la tritesce 
' qu'elle ot de la prise de son mary. » (Chron. de 
Nangis, an. 12r)0, p. 3.) 

Triton. Faux Ion. (D. C. sous Trilones.) 

Tritreche. Tristesse: " Amours, s'aussi de 
« maleeche Pensoies com de ma tritreche. » (Vatic. 
1490, fol. 128.) 

Trive. Trêve : « Il y a grant différence entre 
« trives et asseurement, car trivcs si durent à 
« terme, et asseurement dure fi tousjours. » (Beau- 
manoir, p. 304.) 

Triiimphamment. D'une manière brillante : 

• Comment ceulx de nerve prisèrent fort les che- 
« valiers bretons et triiimpJiauunoit les honore- 
« rent. » (Percel. IV, f. 54.) 

Triumphant. Qui triomphe : « Leur monstra 
« les lieux de leans (lui estoienl moult triiunplians 

• et nobles. » (Percer. IV, f. 54.) 
Triumplie. Triomphe : « Les armes de Tem- 

« pereur en un chapeau de triumplie. » (Du Bell. 

VI, p. 352.) 
Triuve. Trêve : « Quar il n'ot triuve. » (Mousk.) 
Tro. Trou : » Je n"ay ni recept ni tro. « (Desch. 

f. 223.) 
Troche. Assemblage, réunion : « Troches de 

« perles, dont chascune contient .m. ou .iv. perles. » 

(Choisy, Charles V, p. 522.) 

Près de Gauchier et de sa troche 

Li queus de Biaumont s'approche. (G. Cuiart, f. 125.) 

Se vous avez bien avisés 

Les meules et les andoilles. 

Et d'autres qui paumes sont, 

Et d'autres encore qui se font 

Par troc/tes. (Font. Guérin, Vénci-ic, f. 90.) 

Trochée. Ensemble : « Trochée de poires ou 
« de pommes. » (Cotgrave.) 
Trocher. Troquer, s'échanger en : 

Vertu n'est qui en vice ne troche 

D'où je conclus et ai ferme espérance 

Que pour nos maviLx la fin du monde approche. 

Descliaoïps, f. iî47. 



Trochet. Ensemble, bouquet : « Je le garde un 
« trochet de cent noisilies franches, et de raisins 
» muscats attaclicz à leurs branches. » [\\. Delleau, 
Berger. I, p. 18.) 

Troclioure. Quatrième andouiller de la tête du 
cerf: « Toutes testes ne porlans que quatre el trois 
« et les espois estuns plantez en la sommité tous 
« d'une hauteur, en la forme d'un trochée de poires 
« ou de nouziellcs, se doivent nommer lestes por- 
" lans trociteures. » (Fouill. Vénerie, f. 21.) 

Trochié. Qui a des troclieures : « Celle qui est 
« appelée teste rengiée, c'est une teste qui n'est 
" pas trochiée. » (.Modus, f. 18.) 

Trochisé. Même sens : <■ Grant cerf qui ait 
>• haulte teste, et bien trocitisé. » (Mod. f. 10.) 

Trocisque. Trochisque : « Après duit absinte 
« en eau, en laquelle mesle miel et cendre d'orge, 
" et de ces choses assemblées fais trocisques qui 
« sont comme morceaux plats, desquels paistras 
« l'oiseau. » (Fouill. Faucon, f. 82.) 

Troé. Troué : « Quant j'aurai mon escu et 
« percié et troé. » (Notice du roman d'Alexandre, 
p. 22.) 

Troesne. Troëne : « Arbrisseau vulgairement 
« appelle troesne. » (Fouill. Vén. f. 85.) 

Trogue. Visage : « Pourvu qu'on n'y procède 
« point d'une trogne trop impérieusement magis- 
« traie, je prens plaisir à estre repris. » (Essais de 
Montaigne, III, p. 249.) 

Troi. Trois : 

Désir, plaisir, et souvenir, cil troi 

Feront mon cuer mourir de mort plus dure 

Que Xarcisus. (Desch. f. 161.) 

Troie. Ville d'Asie : 

Quant il la vit, moult ot grant joie 

Com se il fust sire de Troie. (Ms, 7218, f. 110.) 

Troies. Troves : ■■ Li cointerel de Troies. » 
(Poét. av. 1300, IV, p. 1G51.) — « Ribausde Troies. » 
(Id. p. 1053.) 

Troigne. Trogne : « Belle gouge de bonne 
« troigne. » (Rabelais, I, p. 14.) 

Troiien. Troyen : 

Et le Troiien par en vengon 

Redesposerent Gilion ; 

Si ont Cilderic rapielé 

Qui en Tourainne avoit esté. (Mousk. p. 13.) 

Troil. Dévidoir, treuil. (D. C. sous Traolium.) 

Troille. Triple : « Commotion de hautes pla- 
« nettes, laquelle commotion les astronomes appel- 
le loienl troille, c'est assavoir grande, très grande 
« et moyenne. ■• (Chr. de Nangis, an. 1344.) 

Troiuelie. Troëne:" Cages d'ozier....esclissées 
« de petits barreaux de troinelle pelée. » (Rem. 
Bell. I, p. 74.) 

Trois. Nom de nombre : 

Puis se trouvèrent trois estas 

Qui firent grant division. (Desch. f. 572.J 



TRO 



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TRO 



On lit de la beauté de Narcisse : 

Li dieus d'amours du sien i mist ; 

Il i assist un douz rogart. 

Que tout le monde espranl et art ; 

Puis fist le nez, ot puis la face, 

Plus cler que cristal, ne que glace ; 

Les denz plus blanches que n'est nois ; 

Et les atteça trois et Irois ; 

Quant chascune ot par soi assise, 

Les lèvres i joint. (Sarcisse, f. HT.) 

« Vendre au criage des crieurs et dire les 

• trois mois et livrer. • (.\ss. de Jérus. p. 9G.) — 
« .Monsieur de ^rois au boisseau, de trois ù une 

• espéc. » ,Colç;r.) — » Jouer aux trois.... trnx trois 
» cens trois. » (Boucliet, Serées, I, p. 358.) — « Il 
« me souvient que une fois je joue.... au jeu de 
o tables que l'on nomme le jeu de Troyes. « (Percef. 
III. f. 54.) 

Veus tu geter pour le (rois 

Ou pour le quatre. /-Vs. 72i8, f. iTt.) 

' P. trois, ' pas de trois. (Merl. Coc. I, p. C7.) — 
" Sauter îi trois pas et un saut, » c'est une espèce 
de danse : « Du premier saut s'avance de six bras- 
" sées; le second est plus court, mais plus ferme; 

• et au troisième joignant les deux pieds ensemble, 

• se lance en Tair et outrepasse bien loin la mar- 
« que. » 'Merl. C.occaie, I, p. 07.) — « .Je vous vens 

• à trois pas un saut. » (Devis amoureux, Ventes 
d'amour, p. .H3.) — » Cinq pas et trois visages, » 
danse, au Hom. Bourgeois, I, p. 147. 

Troite. Truite: « Bons mengers est de troite. » 
(Vatic. 15-2-2. f. 155.1 — « Troites d'Andelis. » (Poët. 
av. 1300. IV, p. 1G53.) 

Troller. Terme de vénerie; quêter au hasard : 
« Combien que je loue grandement de voir defîaire 
« la nuict du lièvre aux chiens et l'aller quérir, et 
« pousser en la gistc... il me semble que c'est une 
« chose trop longue.. . pour autant qu'il ne font 
« que balancer et troller. » (Fouill. Vcn. f. 08.) 

Trollerie. Action de troller. (Cotgr.) 

Trolleur. oui trolle. (Oud.) 

Trombe. « Trombe du S. Esprit, » relique fabu- 
leuse. (Peler, d'amour, f. 134.) 

Tronihlo. Ecrevisse de mer. (Cotgr.) 

Tronibon. Tambour : « Ma muse qui ces vers 

• joue An son des trombons et haubovs. » (Ba'if, 
folio 207.) 

Tronipaige. Tromperie : 

Le fort a, par son Irompaiije, 

Dons et argent, sans demander : 

S estre veuLx riches à outraiges, 

Compains, aprans à llajoler. (Desch. f. 313.) 

Trompation. Tromperie. (Pathel. Farce, p. 4.) 

Trompe. 1" Trompclle: « Fasse bonne farine 

« sans trompe ne buccine. » (Cotgr.) — » Il y a plus 

• de trompeurs que de trompes. « (Cotgr.) — » Les 

• menestriers... sonnans trompes et clairons, et 
« cors sarrasinois. • (Percef. I, f. 105.) 

Nulz n'a cure des chalameaulx, 

Chascun veult jouer de la tronipe. (Dtscli. f. 3S7.] 

l'n menestrier vante son savoir : « .le sai bien la 



. trompe bailler. » (Fabl. de S. Cerm. fol. 70.) — 
2° Canal d'une pompe. — 3° Bascule ù tirer de l'eau. 
(Oudin.) — 4° Sabot, toupie, en Anjou et Touraine. 
(Rab. I, p. 148.) — « Il n'a pas le fouet pour mener 
« cette trompe. ■• (Cotgr.) 

Trompeeur. Joueur de trompe : • Se fièrent 
« sus les trompceiirs. >■ (G. Guiart, f. 314.) 

Tromper, i" Jouer de la trompe: « Trompant 
« et menant grant noyse de leurs instrumens. » 
(Percef. I, f. 85.) — 2» Abuser, s'abuser; vers l'an 
1.500, on prenoit se tromper en mauvaise part, et 
l'on se cioyoit olfensé lorsque quelqu'un disoit 
qu'on avoil'esté ou qu'on s'estoit trompé; on ne 
songeoit pas que celle expression avoit été inventée 
par quelque railleur sur une équivoque malhon- 
nête, et l'on eu venoil au point de se couper la 
gorge. (Vrai et parf. amour, p. 3, 4,5. — • Tromper 
« le diable. » déjeuner avant d'aller ;\ la messe. 
(Oudin.) — « Tromper le leinps, » tromper son 
ennui. (Oud.) — « Bien aisé est à tromper qui a nul 
« mal ne pense. » (Apol. d'IIérod. p. 003.) — « Le 
« sage dil qu'il vault mieulx aullruy tromper qne 
- l'estre. " (Percef. IV. f. 45.) — « Tromper un cor- 
<• beau à bouche béante. • (Colgr.) — » Qui d'autruy 
« tromper se met en peine, souvent luy en devient 
•' la peine. « (Cotgr.) 

Trompeté, ette. 1» Instrument à vent : « Se- 
« cret comme une trompette. « (Oud.) — » A pain 
» et oignon, trompette ou clairon. >• (Cotgrave.) — 
« C'est une trompette, « un bavard. (Oud.) — » Ce 
« gros boullarc et ;/'o?H;;ef<<' du jugement. «(Bouch. 
Sérces. III, 01 .) — « Envoya dire a\ix dits capitaines 
" qu'ils luy envoyoient un gentilhomme lequel 
« pourroit venir à seureté avec la tromi)ette. » 
(Mém. de du Bellay, VI, fol. 18.) - 2" [Joueur de 
trompette: « .Monstre Colin Chevalier, marinel de 
» Leure, ...xu arbalestiers, et une trompeté. » (B. 
N. fr. 25704, n° 102. an. 1305.)] - Le duc de 
Gueidre dit de l'armée de Charles VI, « si seront 
" reculez fi la fois, autrement que de /TOw;)f//(?s. » 
(Froiss. m, p. 327.) — » Envola lemesme trompette 
« nommé Augustin. » (Mém. de du Bellay, VI. 187.) 

Trompeur. 1» Joueur de trompe : « Il y a plus 
« de trompeurs que de trompes. « (Cotgrave.) — 
« Trompeurs ù cheval (rompans de toutes leurs 
« forces. » (Percef. II, fol. 117.) — 2° Qui trompe, 
qui abuse : « Tromper un trompeur n'est point 
» tromperie. » (J. de S. Gelais, Ilist. de Louis XII, 
p. 4.) — « A trompeur, trompeur et demy. » (Al. 
Chart. p. 7!t).) — « Le trompeur le plus souvent se 
" trouve lui mesme trompé. • Strap. I, p. 271.) 

Trompcux. Qui joue de la trompe : » Joes 
<< comme à trompeux qui soufle et muse. " (Desch. 
fol. 324.) 

Tromphoir. Jet d'eau : « V avoit une autre 
« grande court, et au milieu d'icelle une fontaine à 
deux bassins, et le tromphoir d'albaslre jetlant 
« eau. » (Alecl. rom. p. l.')3.) 

Trompille. Petite trompe : « Sonner les trom- 
» pilles. » (Fabri, art de rhot. II, f. 01.) 



TRO 



- 103 - 



TRO 



Tr<»mpiIlor Joncr de la trompe : " Trompes el 
« cliiiroii, commenccrciil îi lroiii]iilU'r. » it'.luoii. de 
S. Doiiis, II, f. ;i'.).) — . Le lumierre trtDiijiilluU par 
' les cliaiiips. " (Fabri, ail de rhél. 1, I'. 80.) 

1 . Trou. Trône de Dieu, ciel : « Li jorz lorne à 
« déclin, la nuiz cuevi'e le tron. » (F'arlon. f. 17G.) 

2. Tron Tronc de chou : ■■ S'il y a des jiennes 
« ployéos, prenez le tron d'un cliou, el le niellez 
« en la bmisc, tant qu'il soil bien cbaiil et puis le 
« fendez par un bout, el avec cela dressez voslre 

• penne. • (Arteloq. l'auconn. f. il!».) 
Tronc. 

Car or en ai bouté en coroie 

Ti\mc qi a pris 

Quanquos onques j'espargnai. (Val. l-'iOO, f. 'iS.j 

Je ne puy à vous, liumele, parfetle. 

Dire mes maulx, ni mon tronc arreger ; 

Lo balmier sui qui bien suy pure et nette 

Ou tel fleur croist à très noble vergicr. (Dcsch. f. 105. J 

Car le bien commun, que l'on prede. 

Pour cclz estas souvente fois, 

Fait que nostre sire concède 

Pugnicion et que la voix 

Des povres gens destruis et frois 

Estoie ou ironc moyen. (Dcsch. f. 155.) 

Soient pendus ou taillez sur le Ivonc. (Descli. f. i2S.} 

Ti'oncation. Action de trancher. (Colgr.) 
Tronce. Tronc : " Ceux d'amont reconimence- 

• rent... i!i jetter grosses troxcesùe bois, barres el 
■< planchons et ce qu'ils pouvoient. » (.1. d'Auton, 
Annales de Louis XII, p. 208.) 

Tronche. Même sens: » Cables, couppeaux, 
" tronches, branches, .seront vendus par les mais- 
» Ires ou par les verdiers gruyers. » (Cr. Coul. de 
Fr. I, p. 54.) — " S'il y a plesseis il faudra porter 
« tronches d'eschelles pour les coucher sur les 
« plesseys. » (Jouvencel, p. 09.) — « Assis sur une 

• tronche de bois. » (Froiss. liv. II, p. 2'J.) — « Des 

• hauts pins esbranchés les tronches my cavées 
« Encor n'avoyent trainé le pallissant nocher. » 
(Rem. Belleau, I, p. 178.) 

D'aller ainsi aveuglettes, 

L'on chet, son ne s'en donne garde 

Sur un sueil tout plain de pierretes, 

Ou bien l'on rompt ses esguillettes ; 

Prenez qu'il y ait grand dangiers, 

Pour les timons de ces charrettes 

Et les lyonchcs des boulengers. /.4»!. rendu Cordel. 541.J 

Trouchet. 1° Petit banc qu'on mettait sous les 
pieds. (Arest. amor. p. 70.) — 2° Billot : <• Ordonna 
« (Capeluche) le bourreau la manière au nouveau 
<< bourreau comment il devoit copper teste, et fut 
" deslié et ordonna le /?'0)ic/;rf pour son coul et pour 
" sa face, et osta du boys au bout de la doloaire 
« et à son coustel, tout ainsi comme s'il voulsist 
- faire ladicleoffice à ung autre, dont tout le monde 

• esloit esbahy ; après ce, cria mercy à Dieu et fut 

• décollé par son varlel. » (Journ. d'un bourgeois 
de Paris, an. Iil8, p. 47.) — 3" Billot sur lequel le 
pâtissier hache la viande : » 11 rencontre un vieil 
« tronchet de pâtissier, qui lui cuida fendre la 

• grève de la jambe. » (Arest. amor. p. 387.) — 
4» Perchoir : « Mets le à terre sur un tronchet et là 



• s'asseï a, et ne sera jamais qu'il n'aime se seoir à 
« terre. » îl'ouill. fauc. p. 02.) 

Tronchins. Voir Tichln : « Accompagnié de 
« /ro/u-///>is que l'on appelle aujourd'hui origans. • 
(D. C. Tuchinatns.) 

Tronchon. Tronçon : « Convint que les deux 
■■ glaives voilassent en l'air par tranchons. - (Percef. 
II, f. 123.) — " l'ne torche, dont il rendra le tron- 
« clion. ■> (Miraulin. des cours .souver. p. T)!.").) 

Trouchouneus. Mis en tronçons ; 

Clii monde est si desloiaus 

Et si traîtres, et si faus, 

Si cuvert, et de maie part. 

Si Irunchonneus et si guernart. [D. C. Troncire.y 

Troncis. Espèce de bateaux ; fonsets. (Du Verd. 
p. 110.) 

Tronçjon. « Ay an jour de la datte de ces pre- 
« sentes, prins un tronçon de grève fi ma jambe 
« jusques à tant qu'un chevalier dudit royaume 
« d'Aiigleterie m'aura délivré à faire les arnies (lui 
« s'ensuivent. .. (Monstr. I, p. 2.) — « Adonc print 
« ses tronçons el les assembla, et lant list qu'il 
« assembla el dressa son eschelle. » (.Jouv. p. 70., 

Puis que tu veus que je m'en aille, 

Por Dieu, me donne une retaille 

D'un tronçon de ta sarpeilliere. (Ms. T'2i8, f. 151.} 

Trou<;ouneinent. Action de trancher. (Cotgr.) 
Tronçonner. Partager en tronçons : <■ En peu 

« d'heure, il tronçonna six pleines. ■> lAlect. Rom. 

p. II.) 

La foudre du ciel descendoit 

Oui tronçonnoil et pourfendoit 

Parmi le bois chenos et forés, (ils. 1615, II, f. iSO.) 

Ti'onçonneur. Qui coupe par morceaux. 
(Colgrave.) 

Troncquc. Tronc : « En succession venant du 
« costédu ironcque, les plus prochains dont les biens 
« viennent succéderont en iceux biens. » 'C. G. Il, 
p. 807.) 

Trondel. Balancement : « Que de bond, que 
« de trondel. « (N'icot.) 
Trondeler. Maltraiter. (Cotgr.) 
Trône. 1° Ciel : 

Il pluet, et il tonne, 

Et tant con li tronc environne. (Ms. '7015, II, f. 130.) 

2" Puissances célestes : 

Vertus, poestez, seignories, 

Saints troncs, saintes compaignies. fils. 13IS, f. lA'i.j 

Trongne. Trogne : « A la trongne, cognoist on 
« l'yvrongne. » {Cotgr.) — « Bonne bouche, bonne 
" trongne. » (Colgrave.) 
Trongnon. Trognon. (Villon, p. 38.) 
Tronquenient. Action de trancher. (Cotgr.) 
Trons. Tronçons : « La lance au duc en Irons 
« vola. » (Alhis.) — « Cenlx de pied prindrent à 
« getler cailloux après Olofer, ceux de cheval, 
« d'espées et de trons de lances. » Percefor. VI. 
f. 115.) 
Tronsir. Arracher : « Ne se laissa quasi che- 



TRO 



— lOi - 



TRO 



• veux ni barbe qu'il ne se Ironsist et arracba de 
» grant despit et colère. « (D. Florès de Grèce, 
f. 28.) Lire peut-être Toisist, tondit. 

ïronsoii Tronçon : " Tenoit chascun en sa 

• main son tvonson d'escbelle. » (Jouv. p. 28.) 
Tronsonner. Mettre en tronçons : « Les cinq 

— cbevaliers qui se couvroienl de leurs escus les 
« eurent si Ironsonnc^ des fers des s'aives que 

• c'estoit une merveille i'iveoircommentilzpovoient 
« tant soulTiir ; mais tant dure fliomme qui sent la 
« mort. » (Percef. 1, f. 81).) — a La lance n'estoit 

• point rompue ne tronsonnée. « (01. de la Marche, 
I, p. 302.) 

Troole. Trolle : « Vous decouplerez vos chiens 
« de meute au rembuchement que l'on aura fait du 
« loup, pourvu (ju'il ne soit i)as du coslo de la 

• courre ; car autrement il faudroit les aller decou- 
« pler à la troole du costé où l'on a mis les def- 
" fences. » (Salnov. Yen. p. 279.) 

Trop. « Les François, les Normans et les Dre- 

• tons prononcent mal le mot trop. » (Fabri, Art 
de rhét. Il, f. 59.) 

Coqus, camus, cornus et malostus, 

C.oquais, cornars, fetars et durs paillars, 

Trop tosl venus, enfondus, mal vestus. (Desch. f. ISO.) 

Quant je voy gent desbatre 

A un changff trop proprement, 

Scay ma main sur l'argent embatrc. 

Et l'emporter apportement. (Desch. f. 260.] 

« Trop est trop, et trop n'est point bon. » (Cotg-.) 

— « Osiez le trop, et prenez la haqucnée. » (Oud.) 

— Calembourg : » Assez y a, si trop n'y a. » (Colg.) 

— « Nul n'a trop pour soy de sens, d'argent, de 
« foy. >• (Cotgrave.) 

Trop fait le povre en haut monter 

El si fait li riche avaler. {.Ms. "ÎGdô, I, f. iOO.) 

Tout li trop sont à blasmer. (Us. 1Qi8, f. i30.) 

Mains lioms i perdirent la vie 

En ces assaus, je n'en dout pas, 

Quis puis n'alerent trop et pas. (Ms. G8i5, f. IT.) 

Ge voi, fait il, moût grant merveille 

Le trop sur le dos d'un oeille. (Fubl. S. Gcrm. f. iO.j 

u Quant on est blecié d'un cerf, c'est trop peril- 

• leuse chose que quand on est blecié d'un bouc. » 
(Gaston Phébus, p. 32.) — « Haslez vous sire, trop 
« arest. » (Ms. 7218, f. 352.) — « La mesnie c'on 
. dit trop en ia. » (Ms. 7218, f. %'i:>.) — « Il est trop 
« meiilieur pour veoir au saulvement de noz vies, 

• par la perle de nos biens, que pour cuider espar- 
« gner les biens, perdre par un mesme moyen 
« ensemble et les biens et la vie. » (Am. ressusc. 
p. IIG.) — « Dieu scait trop mieulx ce qui nous est 
« nécessaire que nous mesmes. >• (Rabel. V, p. 23.) 

— « Trop mieus que rien. » (Marg. de la Mnrg. 
p. 8.) — » Cil corporel n'est suffisant d'en souslenir 
« le regard, trop moins que du soleil. >< (llisl. de 
la Toison d'or, H, f. 203.) — « Nous fournissons 
« plus que trop libéralement. » (Amant ressuscité, 
p. 27.) — " Assez certes et trop avec. » (Id. p. 50.").) 

— « Tout ainsi dura la bataille jusques ;\ la nuyl ; 
« si ne fut point tro]) à Claudin quant il veit que 

• les hommes estoient ja mis à desconfiture ; si 



« s'en retournèrent vaillamment vers la cité. » 
(Lancelot, III, L .ir>.) 

Trope. Troupe : 

Sire, n'ai mie d'un mouton 

Tout le plus bêle de vo trope 

Je ne sai qui l'a atrapé. (Ms. 7080', f. Si3.J 

Un des fdz Hector Francions 

Emmena la seconde trope 

Vers les parties d'Europe. [G. Guiart, /'. 130.) 

Ti'opée. Troupe ; le poëte Deschamps, fol. 30i, 
dit : 

Car de bestail ay veu mainte tropéc 

Par les bcrgiers chasser pour paistre aux champs. 

Ti'opel. Troupeau : 

Chascun prant cuer, l'un l'autre enorte 

Et le grant tropcl se dossemble. (Desch. f. 570./ 

Qu.ind elle voit le tropcl 

De l'argent, sur un carrel 

Ou \m tapez, trop fut honteuse 

Du grant mont et trop dédaigneuse. (Desch. f. 318.] 

Tropelct. Petit troupeau : 

Soudoiers et ribaus despris 

S'espartent là, par tropelcz. (G. Guiart, f. 273.] 

Ti'opologique. Qui tient à l'emploi du lan- 
gage figuré : » Rapporlans tout à certains sens 
« allégoriques, analogiques, trojwlof/iques. »(Apol. 
d'Hérodote, p. ^ûi.) 

Ti'oppellor. Mettre en troupe, en ordre. (Colgr.) 

Troquer. Donner en échange : >■ Je me contente 
« d'une bonne et solide raison, je le troque et ne 
» me soucie point par qui elle soit alléguée. » (Des 
Ace. Bigarr. préf. p. T).) 

Tros. Trot : 

Lors chevaucha grant aleure 

Les grans Iras, non pas l'ambleure. 

Tant qu'il ataint ces charretiers. (Ms. 7015, II, f. 125.] 

Trose. Troupe, multitude : « La veissiez toute 
« trose guerpir. » (Garin.) 

1. Trosne. Troène: « Fleurs d'un arbre que 
« l'on appelle trosne. « (Salnove, Vénerie, p. 337.) 

2. Trosno.. Trône, ciel : « Je cuyderoye bien 
« guerroyer toutes les terres qui sont dessoubz le 
« trosne, à l'ayde de quatre prud'hommes. » (Lanc. 
I, f. 125.) 

Trosse. 1° Moufle à plusieurs poulies pour sou- 
lever les fardeaux. (Du Gange, sous Trossa 2.) — 
2" Tresse : « Trosse queue. « (Cotgr.) — 3" Trousse : 
« Trosses i\ selle. » (Fabl. de S. Germ. f. 4.) 

Trosser. Trousser : « Trosser somiers et les 
" cbaretes garnir. » (Garin.) 
Et dux fist chevaus mander 
Plusors en fist trosser, mener. (Rou, p. 313.] 

Trot. 

Li cons ne pooit respondre 

Car il estoit tout en ossez, 

Et don coton fu encombrez, 

Si qu'il ne pot trot ne galol. (Ms. 7015, II, f. 211.) 

L'université n'est membre 

Que l'on mise du trot au pas. (Idem. 1, f. G4.] 



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" Il ouit le trot d'un cnrosso. • (Mont. II, 701.) — 
. Venir du trot au pas. - (Ms. 7'2IS, 1'. 21!).) 
La blaiiclii' In fuicl ol la lirune, 
Aussi fau-t la lav.l.' et la belle 
Car par le ilict de la commuiio 
Trol à II), chascun s'en meslo. (11. de Collenje, ]). PX.J 

Ti'ot trot Mcriot. Jeu : 

Puis juions à un aultro jeu, 

Qu'on dist à la kewe leu Icu, 

El aussi au trot trot Mcriot. (P. de Froiss. p. SO.) 

Trotc. Trol : « Quant (le sanglier) est une foiz ù 
« trote, et a un pou d'avantaige devant les chiens.» 
(Gast. Phél). p. 01.) 

Troter. Trotter : « N'ot gueres Bertran clicvau- 
<■ cilié, quand il encontra un escuier trotnnt h pied 
« comme un garson. » (Berlr. Duguescl. Mén. 300.) 

Uns garçons devant ans tvnta 

Ki d'un piet forment se hurta. (Mousk.p. 433.J 

Trotereaulx. Qui trottent : « Dieu garde les 
« chevaliers qui vont ;~i pied parmy la forest 
« estrange , en guise de gardons trotereaulx. » 
(Lancel.'ui, f. 14 ) 

Trotier. Trotteur ; Charles VU « jamais ne clie- 
« vauchoil mule, ne hacquenée, mais un bas cheval 
• iro/îVr d'entre deux selles. » (Eloge de Charles VII, 
page il.) 

Ti'otignon. Partie d'un animal : « Testes de 
« veau, les trotignons, Foye, double, rate, ron- 
« gnons... Chascun veut des trippes inangier. » 
(Desch. f. 34G.) 

Trotin. « Par saint Trotin, homme regarder 
« n'ose. » (Desch. fol. ^IS.) — En Picardie, c'est le 
patron de ceux qui aiment à courir. 

Trotiner. Trottiner: « 11 trépigne, il trotine, il 
« s'efforce, il s'escarle, il monte sur un sycomore. » 
(Rabelais, IV, p. 32.) 

Robe de femme me prenez avenant 

Gulmple de soie et mantel trotinant. [D. C. s. Guimpa.j 

Troton. Trot : « Li garçon se départ, si s'en va 
« le troton. • (Ms. 7218, f. 3/ir..) 

Trotoner. Trotter : « Vielle iert, si aloit troto- 
. nant. • (Brut. f. 21.) 

Trotte. Action de trotter : « A la trotte qui 
« mode. » (Eulrap. p. 213.) 

Trotter. « Va toujours, trotte qui dance. » (Moy. 
de parvenir, p. 418.) — « Zéphyr s'apparut à luy en 
« guyse du garçon trottant. « (Percef. II, f. 33.) 

Trottier. 1° Trottin : >« Fille fenestriere et trot- 
» tiere rarement bonne mesnagiere. » (Cotgr.) — 
2» Cheval trotteur : 

Doulx yeux précieux et bigots, 

Ayans cours parmy ces moustiers, 

Qui font dancer sur les ergotz 

Et courir plus dru que trottiers. (Am. rendu Cord. 586.} 

Trottouer. Trottoir. (Colgr.) — . Il se faut tou- 
« jours plus aimer, estimer que sa vie, qui se met 
« sur le trottouer et l'eschalTaut de ce monde. ■> 
(Sag. de Charron, p. 365.) 

Trou. On avait mandé d'Ecosse aux Français 
que s'ils y passaient en force, « avec l'ayde et le 



« dcmourant du royaume d'Escosse, ils comba- 
« Iroyeiit hifii les Anglois et leroient un si grant 

• trou eu Angleterre, (|ue jamais ne seroit recou- 
■■ vré. » (Froiss. Il, p. 21)4.) — « Vous l'eussiez fait 
« passer par le tron du chat. • (Dcsper. Il, G4 ) — 

• i\ous sortismes et courusmes au trou du fossé et 
<■ trouvasmos i|ue l'ennemy n'avoit pas comparu à 
" la teste du des.sus du rempart. ■■ Brant Cap. fr. 
IV, p. 281.) — « Par le trou ma dume, dist frère 
« Jean, j'oserois jurer. » (l'.ab. IV, p. (Hl.j— . Faire 
>• un trou à la nuit, ■■ à la lune. (Cotgr.) — • Pas- 
" sei'ent par un trou la où les villains (lu pais de 
« Frioul s'estoicnt retirez. » (Mùu. de liohert de la 
Mark, GG.) — » Y eut grant débat entre monsieur et 
« le jeune advenlureux pour sortir hors de la 
" litière, à cause ([u'il n'y avoit iju'un trou. » (l'.ob. 
de la Mark, ',).) — « 7')'0!<"Perrello, jeu de paume. » 
(Villon, p. 1)0.) — « Faire un trou dans un trou. » 
(Oudia.) — « Gens nourris dans iing baril, et qui 
•' oncques ne regardèrent que par uiig trou. » 
(Babel. V, 5.) — « 'Trou d'un soufflet, de la sybille.» 
(Cotgrave.) — « Le trou trop ouvert sous le nez fait 
« porter souliers déchirez. » (Cotgrave.) 

Trovaille. Trouvaille : 

Aucuns leur Irovaillcn jus ruent... 

Et vers Lenz le grant cours s'enfuient. (G. Guiart, SOi.j 

Troubadour. « Trobadours, c'est ù dire inven- 
« leurs et poètes, lequel mot de troubadour, un 

• écrivain a voulu translater Irompatori pour un 
« sonneur de trompette, pour n'avoir pu entendre 
« le mot de troubadour... Quelquefois on les a nom- 
« mez violars poursonneurs de violons, quelquefois 
" juglors, pour sonneurs de flûtes; musars pour 
« musiciens... » (J. de Notre Dame, des poètes, 
prov. 14.) — " Leurs poètes (des Provençaux), 
« estoient appelez troubadours à cause des inven- 
« lions qu'ils trouvoient. » (Rech. de Pasquier, 
page 003.) 

Trouble. Peu clair : « Vin trouble no brise 
« dents. » (Cotgrave.) 

Troubleau. Filet dormant de pèche; on le 
nomme ainsi parce qu'on trouble l'eau pour y 
pousser le poisson : « Pescher et prendre poisson 
» par filets, nasses, troubleaux, cliquets et autres 
« engins. » (C. G. I, p. 950.) 

Troublement. Action de troubler : 

Lors vendront fouldres et esclair 

Et tuit U lroî<ble})ient de Tair. (Ms. 73iS, f. iiS.j 

Troubler. » Il se trouble du cerveau. ■ (Mont. 
Ess. II, p. 368.) — « Trotiblé de la lune, » lunatique. 
(Cl. Marot, p. 194.) — - Troubler l'eau, la feste, le 
« lait. » (Oud.) — « Trouble du fil autre que celle 
« du bois. » (Ordon. I, p. 793.) 

Troubleur. Qui trouble : « Troubleurs de la 
« paix. » (Le Fevre de S. Rémi, Ch. VI, p. 11.) 

Troublour. Trouble : 

Lors vi doubler celé troublour 

Et si fil le tans noir et troubles, (ils. 7615, II, f. iSo. 

14 



TRO 



- 106 — 



TRO 



Trover. Trouver : 

N'est pas doncques belle vie, 

Que d'avoir belle et bonne dame, 

Et de tiûver une telle femme. (Desch. f. 556.) 

Troia, de moult plaisant maniera, 

Rouberie la taverniere 

Qui me heberja volentiers. (Ms. 76i5, I, f. 116. ] 

Troveure. Trouvaille : 

Moult fu liés de la li-oveure 

Car bêle estoit à desmesure. (Ms. 79S9 ', f. 52.) 

Troufignon. « A savoir si la langue branslc 
« quand on boit, et le troufyjnon barbolle quand 
« on pete. » (Moy. de parvenir, p. 108.) 

Trouil. Treuil : « La mette d'un trouil ou 
. pressoucr. " (JJ. 136, p. 243.) 

1. Trouille. Truble: ■ Les habitans des villes 
■ ou villages privilégiés de pesclier en rivières 
« d'aulruv ne peuvent y pescher qu"à la lisne sans 
. plomb, "à la petite Irouille. « (C. G. II, 1074.) 

2. Trouille. IV'larade: » Qui va quérir gresse 
« au cul d'un asne, n"y trouve que trouilles, pets 
« et eslrons. ^ (Nefs des fols, p. 3'J.) 

Trouiller. Vautrer: <• Sanglier se trouille \o- 

• lonliers en la boue. » (.Mod. f. 4'J.) 
Trouillogaii. Homme qui tortille ses ganls 

pour se donner contenance. (Rabel. 111, p. 100.) 

Troules. Trouble (voir Troirlocr.) 

Tronlier. Vautrer : « Les bestes noires qui 
o encontrent au suel et se Iroullent. » (Mod. 451.) 

Troupe. Troupeau : • Pour une troupe de bestes 
. blancbes, dix sols. » (N. C. G. Il, 60.) 

Troujjcau. « Osier les chiens pour venir à 
« bout du troupeau. » (Colgr.) — « Sottes filles à 
« marier Sont l'asclieux troupeau à garder. » (Cotg.) 

Troupel. Troupe : « Un petit troupel de lances.» 
(LeJouv. r. '221.) 

Trouppelet. Petite troupe : « Au bout des 
« bayes envoyé deux trouppelletx> de gens. » (Le 
Jouvénc. p. 141.) 

Trouscr. Trousser : « Lever et trouser, et aler 

• ù leur voie. » (Ilist. ms. des comtes de Pontbieu.) 

— • Une grand mace au col trousée. » (G. Guiart, 
fol. 39.) 

Trousse. Suhst. l' Ballot : ■ Li somiers qui 
chevauche à trousse .ii. deniers. » (Ane. Coût. 
d'Orl. 474.) — 2" Carquois: « Deux cent archers... 
" tous à cheval, Tare et la trousse à costé. « (Rob. 
de la Mark, p. 116.) — « Chaque archer porteroit îi 
a Tassant la moitié de sa trousse. » (Arthur de 
Richement, p. 773.) — 3° Paquet: « Une trousse des 
« plus grosses lances. « (Dom Florès de Grèce, 150.) 

— 4° Tromperie : « Le pauvre malheureux ne se 
« doutoit point de la trousse qui luy estoit prépa- 
« rée. » (Strapar. I, 100.) — « Le Savoyaixl voulant 

• donner la trousse à un sot curieux d'anti- 

• qualités, luy monstra sa femme âgée de quatre 
« vingt ans. »" (.Apolog. d'Hérod. p. 11.) 

Dy moy amour, qu'ay je gangné de te servir 
Si long temps pour me jouer une telle trousse 

Guzjnao et Arbolea, f. 58. 



fj" Génitoires : » Le cerf doit avoir le ventre bien 
« avallé, et grosses trousses dessoubs le ventre. » 
(,Mod. f. 8.) — 0" « La seigneurie a droicl de pren- 
•< dre, chascun an, le jour... de sainct r>arnabé, sur 
« chascun des habitans de Troy, ayant bestes à 
« laine , un agneau , pourvu qu'ils ayent trois 
« agneaux, letiuel droict s'appelle la trousse. • 
(Thaumass. Coût, de Berry, 222.) — 7" Suite, pour- 
suite : « Messire Jehan rechassa les Dauphinois 
« dedans (le chasteau d'Alibaudiere) i)uis jetta sa 
« lance dedans les fossez du boulevart et à leur 

• trousse. • JFenin, Charles VI, p. 478.) 

Vray est que prinse fut par force 

Par ces deux chevaliers ; mais, pour ce 

Péché pugnir tout d'une trousse. 

Par deu.\ chevahers fut rescousse. (Pcrccf. IV, f. iô5.) 

8° Crocen jambe: « Tant virèrent et tournoyèrent 
" que d'une aultre trousse assez plus forte que la 
» première, le seigneur de Saintré abbatit. • (Jean 
de Saintré, p. 035.) — • Sauts de trousse. » (J. de 
Saintré, p. 058.) — Adj. Se dit d'une grosse et 
longue botte de fourrage : « Botte trousse de fain. » 
(Ane. Coût. d'Orl. p. 474.) 

Trousseau. Paquet : • Fils ou filles mariez ne 
« sont tenus de ruporter les fraiz de nopces et 

• banquets, mais seulement robes nuptiales, joyaux 
« et trotisseaux, comme lits, draps et autres cho- 

• ses. » (C. G. I, p. 20!).) 

Bûche et charbon, poisson, vaisseaubc, 

Sel, espices, cire, irousseaulx 

De coustel, de linge et d'estrain. (Desch. f. 315.) 

Trousse galant. Colique de miserere. (Cotgr.) 
Trousscl. Trousseau : • Son troussel, c'est à 

« scavoir son lit, son coffre, ses robes et soyaux. • 

(C. G. II, p. 782.) 

Se il n'a chastol 

Tant a-t-il moins troussel. (Ms. 76i5, H, f. 213.) 

De menu plan fait chascun troussel. (Desch. f. 111.) 

« Dedenz un troussel d'erbe la fait enveloper. » 
(Rou, p. 82.) 

Trousselet. Petit trousseau : « Jetterent plu- 
« sieurs bources et trousselets dedans Saine... 
X dedans lesquels avoit or et argent, et autres 
. joyaux. » (Monstrel. I, p. 274.) 

Trousser. l> Mettre en trousse : « Trousser 
« bagage, son paquet, ses chausses, ses quilles. • 
(Cotgrave.) 

Ainçois que je trousse ma maie 

Dis moi qu'à Wibert de la Ssde 

Prens-je congié, sans revenir. (Ms. 721S. f. 01.) 

Si troussa la chape fourrée 

Et les deniers bien restoia 

Qu'a li li chevaUers bailla. (Ms. 7G15, II, f. SIO.) 

2» Enlever comme on trousse un paquet : 

Quand mes maistres dort et sommeille, 

Doulcement vois qu'il ne s'csveiUe ; 

Lors admcnuise la boursée 

I)e la pecune qu'ay troussée ; 

Si est sa bourse moins tisré. (Desch. f. 4G0.) 

« Trousser un verre de vin. » (Cotgr.) — 3° Char- 
ger d'une trousse : « Quatre somiers d'or et d'argent 
" trousser. • (Garin.) — 4° Avoir un trousseau : 
• Avoit chascun et chascune un chapeau de roses 



TRO 



— 107 - 



TRU 



« sur son dicf, dont il n'y eul ccUuy ne celle qui 
« ne fust Iroussé. » (Pcrcef. Il, f. 117.) — r>' liien 
tourner: " lliirnngues bien troussccs. » (A|)oloj;ie 
d'IIorodole, p. 410.) 

Ti'Oiissiaii. Trousseau : « Le troussiniis de sept 
« draps doit douze deniers. » (A. Coût. d'Orl. 171.) 

Troussis. Pli, couture. (Cotgr.) 

Troussoire. 1° Trousse, trousseau : « De la 
« troussoire de toile douze deniers. » (Péage de 
Dapaume.) — '> Ceinture : 

C'est le pis que ung povre impétrant 

Qui n'a afli(|uot ne Iroussoire. (Coquillart.] 

Aujourd'huy, il faut le corset 

Ou la troussoire d'un grand prix. (CoiiuiUart.j 

Troussouaire. Ceinture: 

Mais, entre les nultres, je y vis 

Dont l'une y donna un bréviaire, 

Et l'autre un calice ;i devis, 

Et sa dame une cordelière 

Pour lui faire une Iroussouairc. (Am. r. Cordel. p. 50G.J 

Trouve danse. Epithète de Bacchus. (Oud.) 

1. Trouvée. Terme de vénerie : 

Li vcneeur saillent au glai ; 

Li uns a corné la trouvée; 

Ilec fut niolt grant l'assemblée. (Ms. 7090, p. 33.] 

2. Trouvée. Troué : 

Paille trouvée 
Pour plustost faire la porée. (Dcsch. f. AOl .) 

Trouveor. Trouvè-re, cas régime: • Li trouveor 
qui ont trouvé por faire lor rimes plaesans. » 
(Poët. av. 1300, II, 70'i.) 

Trouver. « Quant il veit lulhes en la place, 
« prest et appareillé de tournoyer, il trouva à qui ; 
« il en eusl 1res grand deuil, car il pensa bien qu'il 
« pretendoit ii la pucelle » (Percef. III, 37), c'est-à- 
dire trouver à qui parler. — « Trouver l'un l'autre," 
s'atteindre dans un combat. (Oliv. de la Marche, I, 
p. 186.) — « Tu as bien trouvé Ion homme de 1000 
» escus. » (Cotgr.) — « Qui bien fera, bien se trou- 
« vera. » (Cotgr.) — « Tout se trouve au rastelier 
« de cuisine. » (Cotgr.) — « Les chiens seroient laz 
« et foulez avant qu'ils trouvassent le regnart. • 
(Gasl. Phébus, f. 294.) — « A l'ouïr dire du premier 
« trouvé » (Mém. de du Bellay, IV, f. 110), c'est-à- 
dire rencontré. 

Et vivoit ou si largement 

A sa court, de son vray demaine, 

Que tous jours la trouvissiez plaine 

D'élans, de cerfs et de lévriers. (Dcsch. f. 403.) 

Trouverre. Trouvère : 

Li trouverre qui sa bouche œuvre 

Par bonne œuvre conter et dire. [Huon de Meri.) 

Trouveur. 1° Inventeur : « Voulons que les 
« trouveurs de telles scandalles et faussetez soient 
« duement punis. » (Monstrel. II, p. 23.) — 2° Qui 
quête et trouve: « Doivent laissier aler un (chien) 
« tout seul, le meilleur trouveur qui y soit. » (Gast. 
Phéb. p. 337.) 

Trouveure. Invention: • Par fausses trouveu- 
« res, decevances et inventions faignoient. » (Chr. 
de Nangis, an. 1251.) 



Trous, oux. Tronc: « S" Cristine ayant eu la 
« langue coupée print le troux, et en creva l'oeil de 
« .lulieu qui l'avoil condamnée. » (.Nef des dames, 
f. 37.) — « Je ne pris pas un Irou de pomme. » (.Ms. 
7218, f. 213.) 

Troux. Trous: « Aucun ne peut faire ou cons- 
« truire latrines, ti-onx ou chambres aysées en son 
« héritage près l'berilage de son voisin, sinon qu'il 
« y ait entre les ditles latrines et les dits héritages 
« du voisin, un murde deux pieds et dcmy. » iCout. 
Cén. II, p. 555.) 

Troxe. Trousse : 

Cor/.ols si a dit à Clarin, 

Con vos est vis do mon mcschin ? 

Ce dit Clarins, ou est la tro.ce ; 

Bien la fait à ceste rescoxe. (Parton. f. iôG.) 

Troye, yes. Troie: « Nouvelle Troye, ' Oslende 
assiégée par Spinola, de lOOI à IGOl. (De Thou, 
XIV, p. 217.) — a Le jeu de tables ([ue l'on nomme 
<■ le jeu de Troijes. » (Percef. III, f. 54.) 
Tru. Jeu. (Des Ace. Bigarr. p. CO.) 
Truafie. Péage : » En lieu du tribut qu'ils 
« demandoienl, je leur envoyé le corps de leur 
« empereur (des Komains), ne aulre truafjc ne leur 
« rendra le roy Artus. » (Lancel. III, p.' 151.) — 
« Payer le truàge (à une barrière), » dans Percef. 
V, fol. 108. 

Las du bon temps du feu roy le très sage 
Point n'y avoit en tant de lieux truar/e. 

Vigiles do Charles VU. 

Truan. Truand : « Ceste cy ne fut onques fille 
« de roy; aucun in/aji coquin l'engendra. » (Chr. 
de S. Denis, II, f. 54.) 

Truand, ande. « Vielle truande, inique maque- 
» relie. » (Babel. V, p. 37.) — « Qui fit Normand, 
« il fit truand. » (Cotgr.) 

La truie qui fut désespérée 

Dit, il faut que truande soye 

Et mes cochons j'en ay derrée. (Desch. f. 3.] 

Truandage. Gueuserie : « Vous ne trouverez 
« point en cecy de truandage, de pedentisme, 
« comme cz autres pleines de folles doctrines qui 
« n'apportent point à disner. » (Moy. de parv. 38.) 

Truandaille. Collectif de gueux: « Ils sont 
« tous à cheval les uns et les autres, hormis la 
" truandaille qui les suivent à pied. " (Froissart, 
liv. I, p. 10.) 

Truander. Gueuser, mendier : « Il convient 
« que les ungs truandent qui soulloient donner. » 
(.lourn. de Paris, sous Ch. VI, p. 5'J.) 

Tu aimes mieus truander 

Et leschier que estre à honor. (Ms. 7318, f. 3i3.J 

Les truandes font les maqueleries 

En truandant, en portant leur colin. (Desch. f. 353.] 

Chetive se clame et truande. (Desch. f. 501.] 

Truanderie. Action de mendier, de quémander : 

Tant qu'avoir puist et sans truanderie 

Vivre, vestir, bonne santé avoir. (Dcsch. f. 335.] 

Fuyez truant, caymant, coquin 

Par ces moustiers querans truanderies. (Desch. f. 353.] 



TRU 



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TRU 



• Nouveaux imposts, nouvelles daces, truande- 
« ries, et maleloles. » (Letl. de Pasq. 111, p. 44.) 

TiMiandie. Même sens: « Sans baral et sans 
. truandie. • [Ms. 7-218, f. 60.) 

Truandise. Même sens : 

A cent cevaliers print oslel 

Si boin que la vile n'ot tel 

De viande et de luminaire 

Pour la irtunulise mious plaire. (ilousk. p. G74.) 

Bien savez le mestier 
De truandise ; n'avez soin de laissier. (Aubcrt.J 

Triiaiis, ant. Truand : « Nos anciens appelle- 
« rent un liouiino Iruaiit qui alloit inandiant sa 
« vie. » (Pasii. liccli. p. 717.) — « Entre les povres 
» fu li Iniaus assis. » (Garin.) — « Li plus truant 
<■ liome sont en Escosse. » (Poët. av. l-WO, IV, 
p. 10.V2.) — « Un mal vestu est appelle truanl. « 
(Desch. f. 201.) — » Des menesliiers jouant de la 
« chifonie.... un chevalier Anglais s'en moc(|ua, 
« disant que ces instrumens qu'il voyoit tant admi- 
« rer ù la cour de Portugal, n'esloient en France et 
« en Normandie (ju'à l'usage des aveugles et des 
« mendians, et (]u'on les y appelloit instrumens 

• truans. « (Du fiuescl. Mén. p. 22!».) — « Cens 

• tniant, dormant, mort, qui ne fait que doubler 
o sans porter lods ne vente au seigneur féodal, à 
« la mutiition de possesseur. » (Monet.) 

TiMibert. nébauclié: « Et ce cont fut un grant 
. truhert. » (Desch. f. M-ï.) 

Truble. [Filet : « Après deivent le bié curer; 
« Queun i doit o son truble aler. •> (Censier de 
A'erson, v. 37.)] — « Le Iritble aux bois. » (Gr. Goût, 
de France, p. 74.) 

Truc. Espèce de billard : « Qui vault le songer, 
» pas le truc. » (Collerye, p. 44.) 

Trnclie.Troupe{voir Trociie): » Les vingtquatre 

« Suisses marchant en truche. » (Godefroy, 

Charles Vlll, p. 748.) 

Ti'uclieinandei'. « Est servir d'expositeur de 
« langages incogneus, entre deus de dilTerentes 
« langues qui ne s'entendent. » (Nicot.) 

Truchement. Interprète: <■ Que nul procureur 

• ou truchement ne pose aucuns fait nouveaux 
« dans les reproches et salvalions, ne servant point 
« ù fin de leproches et salvalions, à peine, par tel 
« procureur ou truchement d'encourir ù chaque 
a l'ois .xn. sols parisis. » (N. C. G. I, p. 8'i7.) 

Trudaine, dine. 1° Tromperie: 

On pensera sur luy quelque trudaine, 

On le fera pisser contre le vent. (CoiUr. de Soiifjecr. i49.) 

2° Sort: 
Quelle avoit à Telection 
La grignor congrégation 
Et di, par voir, non pas de devine, 
Si la chose aloit par tnidine 
Qu'eUe emportast la seignorie. (Ms. 76i5, 1, f. 60.} 

Truc. Tribut, lonlieu: 
Vueil au povre le ventre emplir, 
Ce est à dire, sans mentir, 
Orez, com dit parole true. (Ms. 12i8, f. 203.) 



Truel. Truble, filet : 

Il se leva un jor bien main, 

Son aviron prist en sa main 

Et prist sa roi et son truel 

Si s'en entra en son batel. (Ms. 1-2iS, f. iSA.j 

Truelle. « A propos de i?'UfZ/c, bonjour maçon. » 
(Uahei. 1, p. 249.) 
Truellée. Contenue d'une truelle. (Oud.) 
Truellcur. Mn(;on. (Cotgr.) 
Truendaille. Truandaille: ° Garczaille, ribau- 
« daiUe, truendaille.... et autres mauvaises gens. » 
(Ane. Coût, do Bret. p. 159.) 
Truens. Truand: 
C'est dcfault d'avis et de sens 
Et la nature des truens ; 
Quel plaisir puct-on en eulx prandre, 
A mal gibet les puet on pandre 
Car ce n'est que deffault de cueur. (Desch. f. 553.) 

Tructte. Dorade. (Cotgr.) 

Trueve. Du verbe trouver: « Chevauche tant 
« k'en la foresl se met et trueve les esclos. » (D. C. 
suus Trutani'^are.) 

A Paris, soir et main, 

T)-i(ei''on bon pain et bon cler vin. (Ms. Ilouhier, f. 3GS.) 

Matere en prist Sibele 

Qu'il s'en gloirefia 

Et trueve en fît novele. (Ms. 721S, f. ili.) 

Truf, fe. Tromperie: » Truf ne mençoigne. • 
(Poët. av. laoo, IV, p. 1310.) - « Trufes ne sont, 
" tenez (jue c'est tout vray. » (Desch. L 239.) 

Certes je sers et ay servi 

Mariages, et onques ne vi 

Nul puissant qui le ressoingnast 

Ne personne qui advisast 

A telz Irufes, n'a tels rappors, 

A tels mensonges, n'a tels sors, 

N'a telcs choses fantastiques, 

Controuvées, fausses iniques. (Desch. f. 563.) 

Trufebufe. Dans l'église de Lyon, nomination 
publique de ceux qui doivent y officier à Noël. (D. C. 
Trufabufa.) 

Trufer. Railler : « Mais que g'i vois pour aus 
« trufer. - (Barisel.) 

Truferiaus. Bailleur : 

Ades seras tu trufcriaits ? 

Uns borderes, un lecheriaus. (Ms. 7218, f. 360.) 

Trufeur. Moqueur : 

Ne vueil les trufeurs ensivre 

Qui pour estre plus delitables 

Ont leurs romanz empHz de fables 

Et de granz menconges apcrlcs. (G. Cuiart, f. 13.) 

Truffaux. Sorte d'atour : « Les femmes 

" ardoicnt devant tous les atours de leurs costes, 
" comme bourreaux, trujfaux, pièces de cuir ou de 
« baleinne qu'elles mettoient en leurs chapperons 
« pour estre i)ius roides, ne rehras devant. » 
(Journ. d'un bourgeois de Paris, f. 720.) 

Truffe, l" « Truffes ou saligots, chastaignes de 
« rivière. • (Itob. Est.) — 2" « Faico ainsi de l'autre 
« jambon et des derrières îi la jointe qui est devant 
" du genoil liaull, que on appelle la truffe. •> (Gast. 
Phéb. f. 202.) — 3" Tromperie : « Si lost qu'il eut 
• considéré la manière du chevalier qui cstoit 



TRU 



— 109 



TRU 



« ciivelopiH' en la peau du cerf, il liiy disl, comme 

« par //•((//'(■ ; comment, sire chevalier, vous estes 

» vous veslu (le la peau d'uiig cerf pour mieux 

• couqueri'e la damoyselle. • fl'ercef. 111, f. ">.) 

l.i quens manda inenestreus 

El si a fuit savoir entre eus 

Qui la millor Ini/fc sauroit 

Ilire ne faire, qu'il auroit 

Su robo d'ecarlate luievc. (Ms. 7015, I, (. il'J.j 

Truffer. Tromper : » Cliantoiis nous deux, 
« trull'anl, bourdaut. ■> (Dlas. des Faulccs amours.) 
— « Entendre la messe, sans bourder ne Iruffer 

• avecques autrui. » (D. C. sur Joinv. f. 12().) 
Truffeur. Trompeur : « D'un truffcur, d'un 

« veilleur, d'un gorgias, d'un grand clianteur, je 
« n'en fais pas trop bonc estime. » (Hiason des 
Faulces amours, f. 285.) 
Ti'ufle. Tromperie, raillerie : 

Toutes vous osteray vos Iru/lcs 

Qui vous donnent occasion 

i)e faire fornication. (Rose.) 

Or vous gardez donc de la région 

Ou les fruis sont perilleus à mal faire ; 

Ce sont des ini/Ics proprement, 

Dont l'en y sert plus especiauraent, 

Et si est ce viande trop malsaine 

Qu'elle destruit et donne mouvement 

De pis avoir que daces de tiertayne. (Desch. f. 46.) 

En faisant, sans tni/!c retraire, 

Quan que preus chevaliers puet faire. (G. Gulart, 13".) 

S'en ()•»/?(,' ne me vueil embatre. (G. Guiart, /'. 61.) 

Trufoiz. Tromperie: 

En les nommant, sans gage et sans trufoiz, 

Une dame, quant se vint à sa foiz 

Ala nommer le bon conte de Eoiz. (AL Chart. 570.) 

Trufjle. Truble; « La trugle pour pesebier El 
« avec le penier Pour mettre son poisson. " (Ms. 
7015, m, p. 212.) 

Ti'ubant. Truand : « Aller mendiant, comme 
« pauvre truhant. >> (Ch. du ms. Bouhier, f. 301.) 

Truie. 1" Femelle du verrat: « Truie volontiers 
« se tourne au foin. » (Rabel. IV, 39.) — 2" Machine 
de guerre : <■ Le duc d'Anjou fist drecer .vui. truies 
« et .vm. engins. » (Chr. S. Denis, IH, f. 31.) 

Truille. Plaisanterie: 

La tvuille l'en a tost trouvée, 

Dist la vielle, mal est artée. (F. S. Genn. f. 20.) 

Truiller. Pressurer : « Les dits habitants ne 
« moorront, cuiront, truilleront à autres molins, 
« fours et treuls que les nostres. » (Du Gange, sous 
Trullare.) 

Truis, isse, ist. Formes du verbe trouver : 

Par le tant bel 

Du mai nouvel 

L'autre jour chevaucoie ; 

Jouste un boskel 

Truis pastourel. [Valic. i490, f. ilO.) 

En quelconque lieu qu'on le truisse. (Desch. f. 405.) 

Cuidies vous donc que nous n'amons ? 

S'on n'en voi nule si poi bêle, 

Qu'ele ne truist son compaignon. (Vat. i400, f. 112.) 

Truite. • Truite franche, royale, saulmonniere.» 
(Cotgrave.) 



Trulle. Tromperie : 

l'ar ton sens, non par sa trulle, 

Kist les barons asscurer 

K'il fcroicnt l'empire alor 

Hoir en oir. (Mousk.p. 542.) 

Trumeau. Jambe, cuisse : 
Oliviers li preus et li sages 
Cil leur decope les visages 
Cos et quisses, truiniaus et cors. (Mousk. p. 183.) 

On lit d'une chambrière empressée: » El celé 
« escorce ses /n/?«t'a!/.r. » (Fabl. de S. Germ. 2S3.) 

— « tîalans des piez,des mains et des tnnneaul.c* 
(Desch. fol. 2Î0.) — « Quant suy entre leurs tru- 
X meanlx .le ne puis mais fors que baisier. • (Id. 
fol. 333.) 

Trunieler. Faire la débauche : 

Darat et hasart 

Et Faintis avec Autroingnart 

Ont maistre Trubert trumelé 

Qui a nicement appelle. (Desch. f. 376.) 

Truiiier (se). S'agiter : 
Et se tu es prins d'un sergent 
Comment fais tu ? Je me trutne à plain, 
Je me rescou.x bien d'un vilain ; 
Au nionstier cours la droite voye, 
Et fais tourtel d'autruy levain. (Desch. f. 200.) 

Trunc. Tronc : 
Iloms puet estre comparez 
Comme uns arbres reversez : 
Racine en sont li cheveul, 
Le chief et le coul delez 
Est le trunc. (Desch. f. 85.) 

Trupher. Railler : « Commença lru]-)her et 
« mocquer. « (Rabel. IV, p. 1G7.) 

Truplet. Rien. (Oudin.) 

Truplue. Facétieux. (Dorel.) 

Trures. Outil à l'usage des tisserands. (Style du 
Parlement de Paris, éd. i551, p. 401, an. 1280.) 

Truser. Protéger : 

Aucuns pevent du venin trespasser 

Par tryacle, du lyon ensement 

Se puent l'en bien garentir et truser; 

Mais il n'est nul qui peust au médisant 

Résister, n'a son venin cuisant. (Desch. f. 100.) 

Trusset. « Pain de trussct. » (D. C. sous Panis.) 
Trut. Tour, finesse : 

Ils savoient plus de vieil trut 

Que vieille truie qui est en rut. (D. C. sous Trufa.y 

Trute. Truite: « N'i mengue saumon ne trute.« 
(Ms. 7218, f. 290.) 
Truve. Tromperie: 

Tel truvs ne li pardoint 

La noble et royal lignie. (Desch. f. 180.) 

Truy. Du verbe trouver : 

De César esbaliy sui 

Et des Romains qui régnèrent, ce truy, 

Quant du monde firent tout le conquest. (Desch. f. 51.) 

Truye. 1° Femelle du verrat : « L'aprentis de- 
■ mande comment on peult prendre la truye à 
« force de chiens. » (.Mod. f. 37.) — « 11 est honteux 
« comme une truye qui emporteun levain. » iCotg.) 

— » 11 ne s'y entend non plus qu'une truye en 
« epices. « (Rab. III, 95.) — « Il a l'amble comme 



TUE 



- 110 — 



TUI 



« une truye qui court aux vignes. (Colsrr.) — « Il a 
« les yeux rians comme une truye brûlée. » (Cotjr.) 

— « 11 en boiroit autant qu"uneV)'H;;c feroil de lait 
« clair. *» (Cotgr.) — « Quand notre Iruye sera ma- 
« fiée, vous aurez un chapeau neuf. » (Oudin.) — 
. Tourner de la truyc au foin, > détourner la con- 
versation, dans Eulrai)cl, 375. — " 11 t'advieut de 
« les attaquer, comme une truyc à dévider de la 
« soye. » (Moy. de parvenir, 118.) — » Truyc aime 
« mieux bran que roses. » (Cotgr.) — « Truye ne 
« songe qu'ordure. » (Id.) — « Si truyc forfait, les 
« pourceaux le souffrent. » (Id.) 

Si mal fait la Iruyc 

Que amende pour celer. (Pcrcef. Il, f. i03.} 

2» Machine de guerre : ■ Survindrent... quatre 

• vingts combatans...pourouvrer un engin appelle 

• truye. • ^Bertr. Duguescl. Mén. 535.) — « .N'avés 
« ne ïruyc, ne boicelle, n'autre engin pour admener 
. au mur. » (Louis de Bourbon, 310.) 

Tryacle. Thériaque : 

Aucuns peuvent du venin trespasser 

Par tnjacle ; du lyon ensement 

Se puêt l'en bien garcntir et trufor. [Dcsch. f. i60.) 

Trye. 1° .4ction de trier : <■ Avecques luy avoit 
<i cent .Vlbanoys tous gens de trye pour le mestier 
<■ de la guerre". » (J. d'Aut. p. 4.) — tJ" Lambeau : 

• Coupe' une trye de chair qui est tout à travers le 
. corps. • (Mod. f. 13.) 

Tu. « Tu qui veulz aller par pais. » (Desch. 65.) 

— Le roi dit au premier huissier du parlement : 
« Tu adjournes à certain et compctant jour. • 
(.lacques Cuer, p. 107.) — « Tu l'as mais tu. • (Ms. 
7015, I, f. 100.) 

Tuasse. « Tuasse de pouil, » cadavre d'un pou. 
(Oudin.) 

Tu autem. Point difficile d'une affaire ; locution 
empruntée aux leçons du bréviaire qui finissent 
par lu autem. Domine, miserere mei. — <■ Savoir 
« le tu autem. » (Rabel. I, p. 78.) — « Dire le tu 
« autem. ■ ;coquill. ll!t.) — " Et tout le tu autem 
« ay ici en peu de chapitres rédigé. » (Rabel. V, 3.) 

Tuhilustre. « Et me soubvient (carj'ay men- 
" tule, voire dy je, mémoire bien belle et grande 
« assez pour emplir un pot beurrier) avoir un jour 

• de tubilustreez ferles de ce bon Vulcain en mày. » 
(Rabelais, IV, p. 45.) 

Tucctte. « Les assiduellescrapuelle3,et grasses 

• tuceltcs ou saulsiccs débilitent, et luy rompt les 
" nerfs lasciveuse volupté. » (Nef des fols, f. 23.) 

Tucliin. a Les habitans (de Nismes) ont tous- 
« jours esté bons sujets et obcissans au roy et ils 
« ne furent oncques tuchins, mais ont toujours eu 
« les fieurs de lys sus les portes de la ville. » (IHi 
Gange, sous Tuchinatus.) 

Tudcle. Tolède : 

Eschapper n'en poroie 

Pour tout lor de Tudcle. (P. av. 1500, 11, p. GA4.J 

Tueaus. Tuvaux : « As tueaus d'or les fait 
. pisser. " (Floire et Blanchefi. f. 203.) 



Tue chevaux, chien, géant. 1° « A tue che- 
• vaux, » î» bride abattue : « Le pape qui estoit 
« adverty de ces grands tumultes, envoya ù tue 
« clievaux un sien légat... qui arriva illec avant 
« que les batailles se joingnissent l'ung ii l'autre. » 
(Toison d'or, fol. 100.) — 2" « Tue chien, loup » 
(Cotgr.), ù bride abattue. — 3° « Hercule tue géant.» 
(.Montluc, II, ,501.) 

Tueiz, Massacre : 

Des clietiz font tel (uciz 

Comme li leu fet des brehiz 

Quant il peut entrer en teit. (Rou, p. 16.) 

Tuel. Tuyau : » Une fontaine... sourdoit par un 
« tuel d'argent. » (Lancel. III, f. 4.) 
Tuens. Tiens : 

Les miens sont pl.iins de grant bonté 

Ja des luens n'ert conte conté. (Ms. ISIS, f. 281.J 

Tuer. « Ils trouvèrent devant S. Mery ung 
« nommé Jehan le Prestre et ung autre nommé 
« Jehan de Conestez... qu'ils tuèrent plus de dix 
« foys. ■> (Journ. d'un bourg, de Paris, p. 107.) — 
u Tuer mort. » (Ane. Coût. deBret. 01.) — « Tuer 
« les membres » Tercefor. IV, f. 111), couper par 
morceaux. — « Cela me tue les jambes. » (Oudin.) 
— <■ Discours à tuer chien. » (Oudin.) — « L'avez 
<■ vous donné à tuer. » (Oud.) — « Tel tue qui ne 
« pense que blesser, et tel cuide frapper qui tue. » 
(Cotgr.) — " Il en tuera dix de la chandelle et vingt 
« du chandelier. » (Cotgrave.) — « Il avoit tué ton 
« père, ta mère et toy mesmes, et tu cstois retourné, 
« si ne luy pourroye lu riens demander par raison 
« et par jûsticedepuisque tu luyasdonné seureté.» 
(Le Jouvenc. p. 207.) 

Mainte raison i a qui te tus et fasome 

Nus hom n'est concreez sans femme d'autre home. 

Disrute du Juif cl du Chrcst. f. lOS. 
Et cil no puent rien avoir 
Oui h Paris ont tant musé 
Que toz lor tens i ont usé 
Toz lor biens vendent à détail ; 
Nus n'a mais riens, s'il n'a tue lait. fS'" Léocade, f. 30. j 

Tuerie. « Nos gens de pied les suyvirent de 
« près, et mirent en telle roupie que de lîi en avant 
« y eut de la tuerie plus que de combat. » (Du 
Bellay, liv. VII, f. 220.) 

Tueur. Surnom de l'assassin de l'amiral de 
Coliguy : « Le tueur du roy. » (Brant. Cap. fr. 111, 
p. lO'i.) 

Tufale. « Lettres envoyées ;^ Paris par Eustaces 
» avecques plusieurs voirres et lampes catervales 
. et non tufalcs. >' ^Desch. f. 430.) 

Tufeau. TulTeau : 

Des nielles retraittes 

Dans le tufeau cave. (I^c'f, P- iSl .] 

Tufeus. Où parait le tuf. (Cotgr.) 

Tuffe. « Tujl'es, termadons, hochebos. • (Fau- 
chet, II, p. 105.) 

Tuffiere. Carrière de tufe. (Cotgr.) 

Turjurion. Cabane : • Les tentes et tugurions 
« furent tous versez par terre. • (IX Preux, 201.) 

Tuiaus, el. Tuyau : « Si trouvèrent la fontaine 



TUM 



111 - 



TUQ 



. qui sonnloit par un tiiicl d'argent, et elle cheoit 
<• (Ml un vaissel de MUirhrc. » (l.ancel. 11, f. IIK.) — 

• Puis(iue il deviennent çtianl (lilés) et veulenl 
« monter en luiel. » (Deaum. p. tiTO.) — >■ Li tuiaus 
.. du nés bel et droit. • (Valic. li'JO, f. 13t>.) 

Tuile. « Sonner la tuile. • (Cotgr.) Elles reni- 
pla(;aient les cloclies en eertains eouvenls. 

Tiiilor. Donner la forme d'une tuile : " Titilcr 

• les cartes. • (Oudin.) 

Tuillée. Qui a forme de tuile : « l'ne geolle qui 
« estoit de pierre tuillée. » (Lancel. I, f. 53.) 

Tuir. Protéger : « AUimenter ses petits , les 
« garder, /«;> et deffendre. » (G. Grelin, p. 1.) 
Tuit. Tous : 
Ce sont sovent tuil U plusor, 
Paroleiit quant doivent cesser, 
Taisent quant devroient parler. (F. de S. Get-tii. f. iO.) 

Tiiitioii. Protection : <• Si je me rends paresseux 
« ù maintenir les miens en seurclé, qui toujours 
« ai esté si prompt ti la tuition des autres. « (Du 
Bellay, liv. l.\, f. 285.) 

Tulippe. Tulipe : « Aller souvent en sa maison 
« des champs pour secouer l'oreille de la tulippe 
« et du martiii'on. » (Caq. de l'Ace, p. 1.) — - Tu- 
« lippes de S' Innocent, » os de mort. (Oud.) 

Tiimbe. Toiture: « La tumbe de la tour, à l'en- 
« droit du clievalier, s'en alla fendre et partir sans 
« force et sans violence, et par celle ouverture il 
« se print à plouvoir de tel randon et a cheoir sur 
» le chevalier. » (Percef. VI, f. 27.) 

Tuinber. 1° Jeter: >> Si le tumha h terre tout 
« estourdy du cheoir. » (Lancel. III, û(t.) — 2' Laisser 
tomber : <■ Il lumba le pain et le vin jus. ■> (Ilist. de 
B. Duguescl. par Ménard, p. 40i.) 

Mais qui mieux mieux tire au plus haut cheval ; 

L'un est bailli et l'autre est seneschal 

Et quant plus sont es grans estats hautains 

Envye ou mort les tumbe contre val 

Es grans cours n'a siège qui soit certains. (Dcsch. 300.) 

« Lors de sa bourse tuniba deux Bretons. » (Vig. 
de Charles VII, II, p. 7.) — 3° Tomber : « Le rôy 
« Amadis si droiclurier prince et grand observateur 
« de justice ne pouvoit lumber que debout, tant 
« que Dieu ne permettra nullement sa ruine. » (D. 
Florès de Grèce, f. 153.) 

Tumberel. 1° Chute : 

Car enmi le plus lait cher 
Et fist un si lait tumberel 
Qu'il se rompist le hasterel. [D. C. sous Tumbrellum.j 

2° Trébuchet : « Sont tendus plusieurs engins à 

• quoy ont les prent, c'est assavoir i^i une cage et à 
« un tumberel, à la rois à deux gielles. et à un tre- 
« bucbet à quatre chevilles. » (.Modus, fol. 174.) — 
« Quant ilz seront bien amors ù venir mengier, et 
« en celle place tu tendras Ion tumberer\èi[ne\ 

• destendra tout par luis, quant le chevrel tirera à 
« à la viande que tu lui auras donnée. » (Id. f. 99.) 

Tuméfaction. Bosse et meurtrissure : « Des 
« navrures ou blessures que l'on feroit à aucuns 



« en laditte ville fi sang courant , concussions, 
" lumejae lions on autre manière. » (C. G. II, 94.").) 
Tuilier. 1" Danser : • G'iray en un sach /h- 
" mant. » (Poët. av. I.'ÎOO, III, 1201.) 

Je m'afolay hier la jambe à tumfr 

Car cliascun jour meschiet il qui que soit. (Descit. 373.J 

2° Tomber : 

Qui à pcschier s'accouslume 

Une fois, legierement luuie 

La seconde, la tierce et la quarte. (Descit. f. 481.J 

Que petit pot soient lumé 

Casse, brisé. (Desch. f. Al'.) 

3° .Jeter : 

Le bon .lohan (Porte Latine) ou tonnel lumenl. 

Et plus grant feu dessoubs alument. //// Maries, 301.) 

Tuuieriaux. l» Tombereaux : 

Or refaut aller aux charrons 

Pour roes et pour lumeriaux. (Dcscli. f. 000.) 

2° Trébuchet : 

Il orent assez mangoniaus 

Et trebukés et lunteriaus. (Ph. Mousk.) 

Tunierie. Agitation : 

A donc li venz s'est abaissiez, 

Incontinent est rapaisiez 

Et la mer est toute asserie ; 

Plus n'y ot vent ne lumerie 

Et la nacelle devint coic.... 

N'est nulz qui plus tumer la voie. {III Maries, p. 314.) 

Tumultuer. Agiter: « Plusieurs de ceste popu- 
« lace qui aimoyent le roy et d'autres qui crai- 
« gnoient de l'olfenser estant leur seigneur, se 
« mirent à tumultuer en sa faveur. » fSuUv, Mém. 
I, p. 100.) 

Tunieien. Tunisien, épithète de faucon. JCotg.) 

Tunicle. Tunique, masc. et fém. : « Il devesti 

« son tunicle que vestu avoit, semé de broderie 

« d'argent et s'affubla d'un sac. » (Duguescl. Mén. 

p. 118.) 

La n'y avoit seigneur de haute renommée 

Qui sa tunicle n'eust en son dos endossée. /D.C.Tunica.^ 

Tunlkiel. Même sens : 

Et fu couviers d'un drap à or 

Et par desous si fu encor 

Viestus, et moult bien et moult biel 

D'ainafiele et de tunikiel. (Mousk. p. 044.) 

Tupie. [Petit pot de terre : « Item, de chacun 
« millier de tranchouers, un quarteron, oii l'ar- 
<■ gent, ...item, de chacun tupie .m. deniers... » 
(L. C. de D. ; Glossaire de l'Orléanais.)] 

Tupin. Pot de terre : <■ De bonne terre, bon 
« tupin. ■> (Cotgrave.) 

Tupineis. Joute: « Nous eussions fait delTen- 
» dre... que nuls n'allast... à joustes, tupinei:, ou 
« fist autres faiz ou portemens d'armes. » (D. C. 
Tupina.) 

Ne veistes tel chapleis : 

La ont si fort tupiiwis 

Conques on nul tornoiement (Rose.) 

Tu quel soies. Quel que tu sois : 

De guerri soit mort ou en trance 
Cils ou tu quel soies qui t'armes. 
Perdre puist honeur et vaillance 
Qui ne requerras de faire armes. (Desch. f. 3ô0.) 



TUR 



112 - 



TUR 



Taquet. Petit duc, liibou. (Borel.) 
Turbacion. Trouble : 

Ne de preschier ne fineray 

Pour mort, ne pour amiction 

Xe pour autre lurbacion. (III Maries, p. 305.) 

ïui'bateiir. Perturbateur : « El proposa contre 
« luy de grandes et giiefves plaintes, connue contre 
« un turbateur ordinaire de la paix et tramiuillitt; 
. publique. » ^Bellay, lY, f. 10 i.) 

Tui'bc. 1» Troupe : « Puis après mettre une 
« grosse ttirbe de gens ou milieu; et devant et en- 

• tour vos enseignes doit avoir une grosse turbe 
« de gens d'armes, afiin qu'on ne les puisse pas 
» legierement porter par terre. » (Le Jouvenc. S-i ) 

— 2° Assemblée: « Joindrenl entre eulx une turhe 
« commune ou conseil populaire. » (.lean d'Auton, 
Louis XII, y2.) — 3° • Enqueste par turbe. » (D C. 
sous Turba.j Enquête faite en prenant le le'moignage 
de plusieurs liabilanls pour constater les usages, 
les coutumes du lieu. 

Turberle. Tourbière : - De la commune pasture 
« et turberie. » (liritlon, f. 13ô.) — « Turberie, ou 
« bruere, ou berbage, ou pesson, ou boys, ou gas- 

- tine. » (Dritton, lois d'Angl. f. iriS.) 

Turbiere. Même sens: » Si tosl que les barons 
« eurent entendu le pervers bruyant qui estoil au 
« milieu de ses palus et turbieres, ilz retournèrent 
« sans dire mot. » ;Percef. IV, f. 31.) 
Turbin, Tourbillon : 
Tellement que l'un élevé par un turbin 
Achement monta jusques au Zodiac. (Alect. p. 3.J 

Turbis, it. Liseron turbitb: « Tnrbit. purge le 
« flegme et s'en peut donner la grosseur de deux 
« pois cbiches aux laniers , sacres et gerfaux. » 
(Arteloque, Fauconn. p. iOO.) — « Turbiï des apo- 
« Ihicaires. » 'Cotgr.) 

Turbulentcr. Troubler. (Cotgr.) 

Turc. « Il y estoit encor un autre ambassadeur 
a du Petit Turc lequel disoil se les cbrestiens vou- 
o loient faire guerre au grand Turc, que son sci- 
« gneursejoindroitaveclcs cbrestiens, accompagné 
« de cinquante mille combalans. " (Monstre!. 111, 
f. 85.) — « Je ne veux pas prendre le Turc. » (Brant. 
Dam. gai. p. 217.) — « Herbe au turc, » pour guérir 
la gravelle. (Ess. de Mont. IH, p. 558.) — « C'est un 
« Turc. « (Oud.) 

Turcée. Panier: « Turcée àe raisins. • (Cotgr.) 

Turcie. [Cbaussce: « Item, une autre pièce de 

• terre appellée le cbamp des Islayes, tenant du 
costé du vent d'avril, aux grandes turcies de la 

• rivière de Loire. » (15-48. Arpentage de la terre 
« de l'Isle, près Cbécy ; L. C. de D. Glossaire de 
l'Orléanais)] 

Turcople. Troupes légères des Turcs : 

.... Constantinople 

Qu'asise avoient li Turcople 

Kt li niacois et li Coumain. (Mou^k. p. SOi.J 

« Apres le mangier, arcier et Turcoplcs vindrent 



« au Soudan. » (Voyage d'outremer du comte de 
Pontbieu.) 

Tnrelupin. Secte d'hérétiques qui se répandit 
en France, en Allemagne, dans les Pays-Bas, aux 
XIV' et XV' siècles; ils soutenaient qu'on ne doit 
avoir bonté de rien de ce qui est naturel : « Faisant 
« poursuille contre les turelupins et les turclupines 
" qui trouvez cl pris ont esté eu ladite province, 
« et par sa diligence punis de leurs mesprenlures 
« et erreurs. • (D. C. sous Turlupinl.) 

Tiirelure. « Et puis la turelure fu en l'eure 
« fermée. » (Chr. de Du Guescl.) 

Turelureau. - C'est mon pcV\\. turelurcau,Ais\. 
« Lupolde, pour te faire parler aussi ([ue le vin est 
" appelle le lait des vieux. • (Eulrapel, p. 237.) 

Turelututu. Soldat d'IIolopberne, au Mystère 
du vieux testament. 

Turet. Colline: 
Sa meson que je vous devise 
A il par son beubant assise 
Sor un turet, enini la voie, 
Por ce que chascuns mieus la voie. (Ms. 73iS, f. SiO.J 

Dans quelques endroits de la Bourgogne, oa 
appelle teurlée, une levée de terre entre deux 
vignes. 

Turie. Tuerie: 

Ile sa gent dont il est en mie 

Point le cheval, criant turie. (Rou, p. 338.) 

Turker, ier. Passer aux Turcs, abjurer : 

Espargner voel un mien ami 

Ki ier soir se turka à mi. [Poët. av. 1300, IV, p. 1346.) 

Mais Valencenois sont turkie. (Mousk. p. 611.) 

Turlupin. « Farceur et comédien qui en 1G22 
« prit le nom de turlupin. « (Beaucli. Becb. des 
th. m, p. 3i2.) 

Turlurc. Guitare en usage au xiv siècle : 

Las, ne voit on sens, raison, ne mesure, 

C'est de dancier au son des chalemiaux ; 

Car un soudeur qui commence à souffler 

En un piau, cornant la turlurc 

Fait entour lui maint gent assembler. (Dcsch. f. 3A0.) 

Marion, entendez à mi ; 

Je vous aim plus que créature 

Et pour ce d'humble cuer vous prl 

Qu'au dcssoubs de vostre sainture 

Me laissiez de la turlure 

Et de ma chevrette jouer. (Descli. f. 310.) 

Turlurctte. Même sens : 

Plus ne fera chancons, livres ne chants, 

Ainçois joura de la lurlurette^ (Desch. f. 308.) 

Tnrine. Escadron: « Quelques troupes de che- 
« vaux légers et de carabins par <î<)'mfs ou brigades, 
« volligeans sur les ailes par la campagne. » (Méni. 
de Sully, I, p. 418.) 

Turmie. Plante: « Li gingembres et la /îh'/hzc. » 
(Fabl. de S. Germ. f. 64.) 

Turncr. Tourner : • Setb, beaus amis, turne 
" t'en, car tu ne poez aver jesqes à icel temps. » 
(S" Croix, p. 0.) — « Si tost corne je vous vi, est ma 
« vie lurnéeh multgrantjoie. » (Id. p. 2.)  Parlant 
de l'amétbyste : •> L'une turne alkes à blancbier. • 
(Marbod. c". lGô2.) 



TUS 



ii;i 



TUY 



Turnikol. Tunique: 

Moult list l'isiiol 

Sen liiniilicl 

A t,'eté en la voie 

A la danse s'avoie. (Valican, l'i'JO, f. I KI.J 

Tiii'po Houleux : « l'nr leiniel cors sommes 
« provcxiiiez el enclins fi clioses fiir/ies et desiion- 
" nesles. » ('\'v. de la Noble dame.) 

Turpid»'. C.liose honleuse : « Obli^alion à tur- 
<• pidc, si comme qui obligé seroil à bommc ballre, 
a OU tuer, ou dire, ou faire autre laide injure, telle 
« n'est pas à recevoir. » (nouteill. iX<.] 

Tiir|>inoy. Joute (voir Trri.NT.is) : « Le soir de la 
» veille du grant tournoy, les jeunes clievaliers 
" feirent un tiirpinoy fort et terrible. » (Percef. 
m, fol. 23.) 

Turque. « Velours i^ la turiiue. » (Cnq. de l'ace, 
p. 10.) — » Ceux qui se souloienl liabiller à la 
« bouliemienne, je les fais acouslrer i\ la turque. •• 
(Cymb. mundi, p. 00.) 

Turqucuian. Turc: « Cil Turquetnans sont 
« une geut sauvaige (ini n'ont ne ville ne chasliaus 
« ains sont les jors bebers'ics en tentes qu'ils ont 
« de feutres. » (Martène, V, c. 732.) 

Turquesque. Turque: » Un glaive îi la tur- 
« qucsquc. '< (Ess. de Mont. TI, p. C82.) 

Turquet. Cbien de Turquie au nez court. 
(Cotgr.; Des Ace. Cont. de Gaul. p. 5.) 

Tui'quin. Bleu, comme le marbre de Mauri- 
tanie, turchino : « Elles estoient en cottes de Tur- 
« quin violet. « (Berg. de R. Belleau, I, p. 05.) — 
» Bleu turquin. • (K. Belleau, 1, p. 336.) 

Turquois, oys. « Ars turquois. » (Macbaut, 
lïis. f. 217.) — •' Les sergeans prindrent leurs ars 

• turquoys et s'en vindrent tous renjer devant la 
. porte du cbastel. » (Percef. vol. L f. 8L) — « L'arc 
. de main que on appelle turquoijs. » (Chasse de 
Gaston Phébus, mss. p. 32i el 320.) — « L'arc de 

• main que on appelle anglois ou turquoijs. •> (Id.) 
Turquoise. Espèce de pince monseigneur: 

« Limes, scies sourdes el grosses turquoises et 
« instrumens pour legierement ouvrir la porte. » 
(Juv. des Ursins, Charles VI, p. 343.) 
Turs. Turcs: 

Et li boins rois sui les Titrs 

Qu'il n'esgari castiaus ne murs 

Les uns prist, les autres ocist. [Mousk. p. 350.) 

Turte. Tourterelle : » Se vous voulez prendre 

• les turtes, la saison en est en aoust. » (Mod. 83.) 

Turterelle. Même sens : 

On parle de paons rostis. 

De Curterelles, de pigeons. (Desch. f. 345. J 

Turtre. Même sens : « Tur Ire, qui ses amors 
« ne mue. » (Ms. 7218, f. 170.) 

Turulu. Refrain : ^ Turulu rita valura valuru 
« valuraine valuru va. •> (Poët. av. 1300, II, p. 744.^ 

Tuscane. Toscan, au féminin : « Souspirer à la 
" tuscane. » (Dial. deTahur. p. 116.) 



Tut. Tout : " Tut cnsement, >■ loul ainsi, tout de 
même. (Marb. c. lOO'i.) 

Tulcicmcnt. Tuloyemenl. Monet.) 

Tutcilc. Pension : « Jean Lodes de Nantes, 
« licentié en loix, tenant tulelc en l'université 
« d'Orléans. - (Du Verd. bibl. p. 715.) 

Tutelutou. 

Des enfants de tulelulon 

,Ie suis malheureux de nature. 

Qui serche sa bonne adventure 

Ainsi qu'un pauvre valeton. (Coller>jc, f. iOT.J 

Tu ter. Sou filer : 
Par ma foy, ce dist Valentine, 
Tu sauroies mieuls d'un busiel 
Tuler et ester une espine 
De ton doi et oindre \m agniel 
Que nous viens dire de nouviel. (b'ruUs. l'oïs. f. 203.) 

Tuteresse. Tutrice : « Blanche, mère de saint 

» Louis, sa lulcrcsse. • (A. de Sevssel. Louis XII, 
p. 67.) 

Tutorie. Tutelle : ■■ La reyne Blanche avoil la 
« garde de son lils Louis IX pour raison de tulerie 
« et de bail. « (Cbr. de S. Denis, II, f. 10.) 

Tuteur. « Il y a différence entre tuteur etcura- 
" leur, cai' proprement ;i parler le tuteur est 
■■ ordonné à la cure des pupilles, el le curateur à 
« la cure de ceux qui sont furieux et qui gouverner 
■■ ne scauroient, ou de ceux qui sont expatriez ou 
« de ceux qui sont aagez ou langoureux. » (Bout. 
Somme rurale, p. 58.) '— « Tuteur en partage, » 
subrogé. (Nouv. Coût. Gén. I, f. 030.) - « Tuteur 
« en "chef, » officier municipal, tuteur né du 
mineur. (Nouv. Coût. Gén. 1, f. 000.) — . Tuteur 
« de profit. >• (Nouv. Cont. Gén. l, f. 521.1 

Tutie. Oxyde de zinc : <■ Poudre de la tutie, de 
« quoy on trouve assez aux apolicaires. » (Gaston 
Phébus, f. 104.) 

Tutoyer. « Tutoyons nous ceux là. » (Pasq. 
Rech. Vlil, f. 665.) 

Tutrice, ix. « Peut le seigneur saisir en faute 
« d'armes, quand le vassal est tenu de le servir, 
. pour le devoir de son fief, en armes, si le fief y 
. est subject; et il est de le faire sommé et requis 
» par son seigneur mesme, pour le servir, pour la 
« deffence eCtutriee de la seigneurie dont son fief 
« meut, ou de son seigneur. » ;>'. C G. Il, f. 509.) 
— « La femme qui est balislre, adminislateresse 
" ou tutrix de ses enfans, quand elle se marie 
.' après le trespas de son mary, ne perd point la 
« ditte balistrerie, administration, ou tutelle. » (C. G. 
I, L 841.) 

Tuyau. « Le faucon ù ses grosses pennes 

' sommées, oîi il a encores au tuyau. » (Budé. 
Oiseaux, f. 127.) — <■ Tuyaux d'or, » bijoux, dans 
rinv. de Charles V, p. 523. 

Tuyson. Massacre : " Se rassemblèrent les 
« com'munes gens de Paris, en Ires grand nom- 

. bre et soubdainnement allèrent h toutes les 

j « prisons de Paris, lesquelles ils rompirent el lue- 
I •< rent bien trois cens prisonniers, dont les aucuns 

15 



TYM 



iii 



TYR 



» y avoient esté remis depuis le grand tiiyson. » 
(Monslrelet, 1, f. 201».) 

Ty a liilland. « Quand ils verront que la curée 
« sera presque mangée, celuy qui a le l'or hu doit 
« sonner et crier tija hillaud. •> (Fouill. Vén. f. 05.) 

ïyhoriade. « Topographies ou peintures et 
. modèles que nous appelions tijbcriades , ainsy 
« dénommées à cause que Bartole a esté le premier 
» jurisconsulte qui ait mis des ligures parmi ses 
« couvres comme il a esté fait en son livre de la 

• tijberiade. » (Des Ace. Bigarr. f. 7.) 
Tvophaine. Epiphanie : « Euprî-s la Tijc- 

. phaine. » ;Ord. 11, p. 33.) 

Tyinbre. 1° Tambour: « Meneslrierde /;/»i/);'e. » 
(Du Gange, sous Tijmbris.) — 2- Bassin : « Et parce 
« qu'aucunes fois on n'a pas commodité d'avoir 
« fontaines ou ruisseaux, il est roiiuis faire de petits 
« baillots de bois, ou bien quelciue lipnlire pour 

• mettre leur eau. » (Fouilloux, Vénerie, f. 10.) — 
30 Cloche : 

Ainsi dam prieur s'en alla 

Le tymlire et les frères sonner. f.\m. rcmlu cordcl. 55i.} 

4° Timbre du heaume: « La jeune Lyriope 

• disoit à la royne que bien avoit employé le joly 
« hjmbre qu'elle luy avoit fait, car il n'y avoit' si 
« bel en tout le tournoy pour les poupées et les 
« escussons volans qui rellamboienl encontre le 

• soleil. >> (Percef. I, f. 135.) — " Pour Testai du 

• jeune Jehan de Bourgogne, en rien n'esloyent 
« espargnées monteures et armeures, Ujmbres, 
« habits", ne vaisselle d'or et d'argent. » (Prolss. IV, 
p. 2-20.) — 50 c Ce prince lui envoya un beau lijmbre 
« de martres.... C'est une manière do présents ([ui 
» n'est usitée que dans le septentrion. On altache 
« deux ou trois douzaines de peaux de martres 
» entières par la teste ù un cordon de soye , (jui 
« passe dans un sachet delà longueur de ces bestes; 
« celuy cy est de satin verl, et de là dans un tij)nbre 
» ou cloche d'argent, où il est arreslé au bout par 
« un nœud, et l'on tire ce cordon pour passer les 
« martres dans le sac, qui après se ferme par les 
« deux bouts. Ce lymbre de martres esloit de six 
« ou sept cens escus. » (Le Laboureur, Relation de 
Pologne, p. 205.) 

Tymbi'é. Ayant un heaume avec timbre: « Le 
" seigneur de Beauveau esloit armé et tijTnbré tout 
« demesmequeson frère. » (La Colomb, th. d'honn. 
I, p. 88.) 

Tympan. « Tipnpan d'une campanclle, » partie 
la pfus large d'une cloche. (Cotgr.) — » T[impun 
« dentelé, « roue de moulin. (Cotgr.) 

Tymj)aiier. Battre du tambour. (Faifeu, p. KG.) 

Tympanne. Tambour: 

.louoit illcc de son hjmpannc 

David, avec maint qui chantoient. (Desch. f. B'iO.J 



Tympres. Jfême sens : 

I.aiz de harpes et de freteaux, 

De timbres et de chalemiaux, 

Simphonies, salterions, 

Jlonacordcs, trjinpvcs, corrons. {Brut. /'. SO.] 

Tyne. Tige: « 11 veil le plus grant chesne, non 
» point qu'il fust fort hault de tijuc, mais le plus 
« brancbu et espais. » (Percef. lîl, p. 4.) 

Tyncl. 1" Suite: » Vint le cardinal de Vincestre... 
" et avoit plus grant ttinel avec luy.... (|ue le régent 
" de France. » (Journal de Paris, sous Charles 'vil, 
p. 108.) — 2» BAton : « Il ouyt un grand bruit qui 
» venoit parmi la forest, ainsi comme si ce fust 
« ung très puissant cheval qui eut lyé en travers 
« sur sa selle ung grant tynel. • (Percef. III, f. 11.) 

Tynnier. Festin : « Table générale et Ujnnier 
» furent publiquement tenus. « (Vigil. de Ch. VII, 
II, p. 174.) 

Tyois. Allemands: 

Tijois, pour faire leur deu 
Ont Othon à cheval remis 
Et il s'est à la fuie mis. (G. Guiavt, f. 130.) 

Tyolle. Chèvre : ■■ Tuolle à quatre poullins. » 
(Gloss. de l'Hisl. de Bret.) 

Typhagne. Epiphanie: « Le merquesdi devant 
« la Tiiphaone de Noël. « (D. C. sous Theophania.) 

Tyran. « Tyran que l'on approprioit à tout 
" prince souverain, qui vivoit selon les lois com- 
« munes de son pays sans extravaguer, depuis on 
. l'a adapté à celuy qui, contre tout ordre de droict, 
" se fait croire à la foule el oppression de ses 
" sujets. » (Pasq. Rech. p. GSO.) — « Il sembloit, 
« quand ils oyoicnt parler de moy, ([u'ils avoient 
« le boureau à la queue; aussi m'appeloyent ils 
« ordinairement le turan. » (Monlliic, II, p. 57.) 

Tyranneau. Petit tyran. (Mont. III, p. 22.) 

Tyrannei'. Tyranniser: « 11 n'estoit rien qui 
" tant leur pleusl que lijranner les povres labou- 
X reurs en droitte tyrannie. « (Journ. d'un bourg, 
de Paris, p. 151.) 

Tyrannie. Parlant de l'assassinat des ambas- 
sadeurs du roi par les gens de l'empereur, en 1541 : 
<■ Le sieur de Langey, pour mieux le vérifier, retira 
« au service du roy aucuns qui esloient mêmes 
« de la faction , et les mariniers, tant ceux qui 
<■ avoyenl mené Fregose, que ceux qui avoyenl 
« conduits les soldats qui exercèrent celte lyran- 
.. nie. « (Du Bellay, IX, L 7G.) 

Tyriacle. Thériaque (voir Tormk.ntu.i.k). 

Tyrour. Tireur: « Mcsliers et tijrours de la 
« diilo drapperie. " (Ord. III, p. 516.) 

Tyrsiycre. Qui porte un thyrse. (Cotgr.) 



u 



UEI 

Nota. [Malgré le système adopté jusqu'ici, nous 
ne confondrons pas VU voyelle et le F consonne, 
pour rendre les recherches plus faciles.] 

U. 1" Lettre ; « Je voy toutes les nations de 
« l'Europe incliner en ccste opinion, et qu'il n'y a 
« que nostre France où l'on prononce Vu comme 
« nous faisons. » [Vixsq. lelt. I, 1 i7.) — 2° Où, adv. 
de lieu : 

A tant viennent à .1. ostel 

U on vendoit et pain et sel. (Ms. 70S0 ^ f. 45.J 

Quant j'eu 01 leur murmure 

V tant ol parole vaine. (Poët. av. 1300, III, p. 1302.) 

» ]A .Sarrasins furent es montagnes, en haut, et 
« li crestien u plain. » (Martène, V, c. 68.) 
La plus bêle 
Qui soit u moût vivant. {Ch. du G" Thibaut, ii.J 

3° Ou, disjonctif : 

Nul ne sent les maux s'il n'aime 

U s'il n'a amê. (Id. i^lO.) 

Il me convient morir u estre amé. fValic. i400, f. 03.) 

4» f/ employé pour 0; c'est un signe de la plus 
haute antiquité dans notre langue, on trouve mmn- 
pour amor, au serment de Louis-le-Germanique. 

Uborté. Fertilité : « Pour montrer Vubertc du 
« pais auquel est assise la ville de Paris » (Mcm. 
de du Dellay, liv. VIÎI, f. 238.) — Montaigne (Kssais, 
préf. p. 9) dit que la langue grecque 'avoit « une 
« large et profonde liberté. » 

Ubiquidité. Pouvoir qu'a Dieu d'être partout 
présent: » Il n'y a que Dieu seul qui en même 
« instant voye et cognoisse tout cet univers et qui 
« remplisse ceste toujours présente ubiquidité. » 
(Eutrap. p. 255.) 

Ubii'. Croître. (Cotgrave.) 

Uce. Sourcil. (Cotgrave.) 

Uche. Huche. (D. C. Ucha.) 

Ueil. Œil : « Vous bouterez ce pot et vous le 
« verrez tôt saillir par Yueil qui sera desetoupé par 
« devers le vent. » (Mod. f. 55.) 

Et si avoit si ouvert Vuei! 

Por rendre grant plenté de sève, 

Que l'en li peust une fève 

Lombarde très parmi lancier 

Que ja n'en lessast son pissier. {Ms. TSIS, f. 230.) 



UEV 

Tels fel feste et va tripant 

Qui ne set pas qu'à Vueil li pant. (Ms. 131S, f. 313.) 

" Ne voit nul ce qui en pont h Yueil. « (Desch. 
f. l.'U.) — a Avoir Vueil à pitié et franchise. » (Vig 
de Charles VH, p. 72.) 

Ueilletiero. Trou pour les yeux: « Fu féru 
<• d'ung cousiel jusques à la cervelle par Vueille- 
« ticre du heaume. » (Chr. de S. Don. Il, 41.) 

Ucl. Œil : a La si fu niorz un haulz hom de 
« Flandres; et fu feruz parmi l'uel. » (Villeli. 34.) 

.le ne sai 
Qui devant Vucl me baloie. f Vatic. l'iOO, f. 43. 1 

Uelliere. Œ.illère : [« Et li variés referi lui 
« D'un gaverlot parmi Vuellicre, si que li flst par 
« de derrière Le sanc et la cervelle espandre. » 
(Percev. le Gallois, v. 2420.)] 

1 . Ues. Œufs (ova) : 

Cuers de famé est li chaudiaus à'ues, 

Plus est tornans ne soit estues. [Ms. 731S, f. 340.) 

Je suis bons sainieres de chas 

Et bons ventouseres de bues ; 

Si sui bons relieres d'iies. (Ms. 731S, f. 314.) 

2. Ues. Besoin {opus) : 

Ne porras pas oiaus issir, 
Moult t'iert grant ues de reposer. 

Vie des SS. Sorb. RI, c. 2G. 

Et se cil moroit, l'autre ensi, 
Et puis les autres d'oir en oir 
Aine quel ues poussent avoir. (Mousk. p. 73S.) 

Ueiii*. Œuvre, travail : 

Robes de diverses manières... 

Qui o vous vouroit la devise 

Et Vucur des dras raconter 

Trop i convenroit demorer, (Ms. 1613, 1. f. 113.) 

Uevre. Œuvre : 

Par ce pourroit s'uevre durer 

Si pourroit asseur ovrer. (Brul, f. 57.) 

Quant la mesnie Vucvrc entent. (Ms. 731S, f. 164.) 

" Tote,ior vorroit feme que l'en li fust sor Vuevre.'> 
(Mss. S. Bern. fol. 100.) — « Vuevre loe bien l'ou- 
. vrier. « (Ms. 7218, f. 214.) - « Car on dist que li 
« cuers fet Vuevre. » (Ms. 7615, f. 104.) — « -Selon 
« Vuevre guerredon. » (Poët. av. 1300, III, 1020.) 



UIT 



- 116 



ULU 



Fors une image 
Qui fut fait part art d'image 
Uroil en la tiere sandalis 

Vucire ot à non salamadis. {Moiisk. p. iCQ.) 

Li quens Tiebaus les i asist 
Mais la nuil, si com Vuevre dist. 

S'en issirent. [Mousk. p. 348.) 

Uevrer. Ouvrer, Iruvailler : 

Amors nuevre pas à droit 

Qui du sien aidier recroit. (Ms. 13tS, f. 354.) 

Mal iictre qui n'ose essaier. {Vatic. iiOO, f. i55.) 

Nulo fois nuevreni il la porte. /.Us. 1218, f. 3-30.) 

Ueiis. o:ufs: . Troverenl la bataille de pomes 

• de bos, et d'aumonnes, cl d'ueus elde frés fro- 
. ma^es. « (Ms. 798'.)', f. 76.) 

Ui. Aujourd'hui : 
Lairons endormi jusqu'à iû 

I ot asés sur son inorance. /-Us. 7015, II, f. i03.) 
A tant en une chambre entrèrent. 

Et l'iii sur eus moult bien fermèrent. [Ms. 16i5, 11, iS-i.) 

Uiclie. [Huche: « Comme un ons meist ses 
. deners en^un moster, en une niche qu'il aporla, 
« uns oler.> embla ces deniers et s'enfoi. • (Liv. de 
Jost. p. 165.;] 

Uictave. Oclave: « Vuictave de touz sains. " 
(Ord. 111, p. 110.) 

Uille. 'Huile : « .v. livres dCuille de pierre. » 
(Clair, ■^nj. 13, an. 1385.)] 

Uiseus. Oisif : 

Onques ne fu je crois tiens dame d'amer uiseitse. 
' Valic. 1490, f. W. 

Ses filles fisl bien doclriner 

Et aprendre keudre et filer 

Et à ouvrer soie et taulieles, 

Aussi les laides et les bieles 

Pour çou que ne fussent uiseuses 

Ne desdignans ne orgilleuses. (Mousk. p. 78.) 

Sous l'aube espine remés seul, 

Pensans en coer, et moult uiseus. (Froiss. poës. p. 03.) 

Las que poet il devenir? 

II part tous seus 

Et s'enfuit, mas et uiseus 

Tristes, pensis, anoieus. {Froiss. p. 318.) 

Plus lot s'aloient que vens, 

Quant eles veoient lor lin 

Quant uiseus erenl et soutin. (Mousk. p. 703.) 

Le féminin a été pris au sens d'oisiveté : 

On dit en un proverbe, et si l'acorde drois 

C'uiseuse est moult nuiseuse. (Vœux du paon, 140.) 

Uisserie. Porterie : 

Parcs fu devers l'uisserie 

De très bonne tapisserie. (Poës. Froiss. p. 3i.) 

Uisset. Petit huis : 

Quant li dus vet clorre Vuisscl 

Tantost à la voie se mot. (Ms. 72i8, f. 8.) 

Uit. [Huit : « E pur un porc un dener e isi Ires- 
« qu'à uit. » {Lois de Guill. p. 6.)] 
Uitlsme. Huitième: " Le septisme vertu qui 

• doit estre en bailli, c'est que il obéisse au que- 

• mandement.... l'/W/iswe vertu qui doit estre en 
« celui qui scntremect de baillie tenir, si est que 

• il soit 1res bien conuoissant. » (lîeaum. p. 9.) 
L'ilme. .Même sens: 



.\1 siotme jour, à S. Denis, 

Bierneval et tous les asis 

Donna quitement, sans faillance, 

Pour çou qu'il est de grant vallance ; 

Al i/i7»!t' jour si fist moult biel. ;Mnusk. p. 351.) 

Uitouvre. [Octave: « Trespassa à .im. jours 
« Ci uitouvre l'an de .m. .crx. .lu. » (Bibl. de l'Ec. 
des Charles, 1' série. H, p. .V27.)] 

Uleeraire. Herbe bonne pour les ulcères. 
(Cotgrave.) 

Ulceratif. Qui cause des ulcères. (Cotgr.) 

l'ié. Brûlé : 

Si li convient le four 

Et les furgons entour, 

S'U a la barbe niée. (Ms. 7615, II, f. 513.) 

Devant le roy, après ce mes 

Aporta l'en un autre mes 

Qui durement fu dépariez 

C'on apelle bougres ulez 

A la grant sauce parisie. [Ms. 7015, I, f. 118.) 

Ulle. Aucune, du latin ulla: « La nauf vuidée 
» du marchant et des moutons ; reste il ici, dist 
« Panurge, ulle ame moutonnière. » (Hab. IV, 31.) 

Ullenaeut. Hurlement : • Le grand e.Troi et 
« vacarme principal provient du dueil et uUement 
« des diables. • (Habel. HI, p. 129.) 

Uller. Hurler: 

Li chiens famis va au mangier ullant. 

Vatican, n' 152», f. 16*. 
Souvent j'ay ouy en ma vie 
Qu'avec les loups il faut ailler 
Et qu'en galle il se faut galler. 

Fabri, Arl. de rliét. II, f. 40. 

Ullerie. Hurlement: •■ Saoulx et yvres et s'as- 
.. semblèrent et fout une graul ullerie. " (Mod. 93.) 

Ulmeau. Ormeau: « Le fils puisué eut nom 
« figuier, l'autre noyer, l'autre chesne... le dernier 
" eut nom ulmeau'. » (Rabelais, 111, p. 263.) — 
« Escriple.... non en papier, non en parchemin, 
'< non en cere, mais en escorce d'ulineau. • (Rabel. 
I, page 5.) 

l'iophonc. Glu venimeuse. (Cotgr.) 

Ulpic. Ail sauvage. (Cotgr.) 

Ultcui". Vengeur: " Le mesme Dieu iilteur et 
" juîie de superbe et intolérable contumace. » (Mém. 
de Du Bellay, VI. f. 172.) 

Ultiinaùiin. » ouant cet écrit fut rais au net, 
" on le communii|ua à d. Lucas Spinoia sous le 
<■ lilre imposanl d'ultijuatutn des alliés. " (Mém. 
de l'abbé de Monlgon, Vill, p. 81.) 

Ultiino. Hernier : « Font les ultimes questions. » 
(Fabl. S. Germ. f. 29.) 

Ultion. Vengeance: 

.\ touz vivanz de la foy chrestienne 

Pour leurs péchiez et obstinacion 

Fait assavoir la divine ultion. (Desch. f. 364.) 

Ululer. Hurler : 

Et ululent à haute vois 

Pour la paour. (Froiss. Poës. p. 179.) 

l'inain. Humain: « Pour ce que malice et tri- 
" chérie est si porcreue entre Yumnin lignage. » 
(Ord. 1, p. 108.) 



UMB 



117 — 



UN 



rnianitr. IFiim;inil(' : « Car vostre noble ilcilé 
« lu (.'(nijoiiile à Vumanilé. « (Mod. f. l'.tO.) 

Uinbelle. Oirilielle: 

Arrache aussi des corriandes grosles 

Et du persil aux petites uinliclies. (J. Du licUmj, p. 'l'éS.j 

« rmbcUc de foiiouil. •> (Cotgr.) 
Uinbilical. Du nombril. (Cotgr.) 

1. Uinble. IIuiiil)le : 

Princes d'amour, Juno dame d'amer, 

Ce lourde atour ne laissiez plus régner 

Sur les dames, soiez les coiidempnaut 

l.'uinble joli faictes renouvellor. (l)esrh. /'. 3SS.I 

2. Uml)le. « l'nibU', cbevalicr, » ombre, truite 
du lac de Genève. (Colgr.) 

ITmln-age. Ombrage : « Aussi si son cheval est 
« nmbvuge , il lui en dDiine aucune fois sur sa 
" teste. » (C. l'hëbus, p. 217.) 

Uinbrafjenx. Ombrage: « Adonc entra le clie- 
" valier en la chambre qui estoil umbrugeuse. « 
(Percer. 111, f. Gl.) 

ITinbraige. Ombrage: « En celle année euston 
« trouvé en courses umbraiges dessous fyens de 
« £irans glaçons. » (Journ. de Paris, sous Ch. VU, 
p. 100, an. Ii34.) 

Umbrayer. Se mettre à l'ombre: « Regarda un 
<< grant arbre qu'on nomme tilleul qui seoH en my 
« la place où ceulx de la entour se venoient um- 
<■ braijer pour le chault souleil. » (Percef. I, f. 40.) 

1. Umbre. 1" Ombre: « La fureur du cheval 
■> ne venoit que de frayeur qu'il prenoit à son 
•> umbre. » (Rabel. I, p. 85.) — 2" Protection : 

Bien aux dames fut ordonné 

Pour en avoir la garde et umbre. (Am. rendu cord. 5:?0./ 

3° Mort : 
Piétons succumberent soubz dards 

De mortelle unitire. (Crétin, p. 52.J 

4° Dehors: 
Umbre de court, en ses façons, excède ; 
Non par vertu, mais par infâme vice. 

Conired. de Songecr. f. Ii4. 

2. Umbre. Poisson : « Turbots, ablettes, tan- 
« ches, umbres. •■ (Rabel. IV, p. 'iô.'î.) 

Umbrei'. Reposer à l'ombre: « Avoit dedens le 
" champ deux petites loges pour reposer etumbrer 
« les champions. » (Monslrel. I, p. 14.) 

Umbresse. Soupçon: » Pour mettre umbresse 
« et suspection entre vous. >• (Lett. de Louis XIÎ, 
t. IL p. 102.) 

Umbrette. Diminutif de umbre, poisson: « Alo- 
« ses, murènes, nmbrettcs. » (Rabel. IV, p. 255.) 

Umbreux. Noir : 

Comme ung myroir, par son lustre bruny 

Monstre la taiche au soitlé et honny, 

Princesse doit estre tant radieuse 

Que sa clarté monstre la tache uinbrcuse 

Du corps polu, de vertu mal garny. [J. Marot, p. i84.) 

Cil qui le fait le corps et l'ame engage 

Au roy d'enfer et à ses chiens umbreux. [Faifeu, p. O.J 

Umbrive. Poisson. (Colgr.) 



IJinbi'oiaiicc. Asile, retraile. (Molinet, p. 150.) 

IJmbroyer. Ombrager: " Une vigne qui faisoit 
" umbie luul autour pour deu.x mille persoiine.s 
« unibroijev. •> (Percef. 1, f. 120.) — « A peine eut 
• ICstonuc dit le mol (juand il voit par devant luy 
« iiinbroger an la nuil noires figures, sans fason, 
« en si grant planté que sanz nombre ilz lui venoient 
" au visaige liuant de voix discordab'es. » 'PereeL 
II, fol. 13.) 

Urne. Homme. (Marbod. c. 1012.) 

Umelier. Humilier: 

Franche riens et je m'umclic 

Et vous pri merci et requier. (Ma. 7218, f. iS3.) 

lielement l'araisona 

Et envers lui s'umelia. (Poêt. av. 1300, IV, p. i35'i.j 

Nule fois vers moi ne s'umetie. (!'. av. 1300, III, 1130.) 

Ses ieus ki m'ont ravie 

Si trestoute ma santé 

Ko s'a moi ne s'io/c'/ie. (l'I. p. IIO'i.' 

On a dit de la Fortune et de sa roue : 

Tourne et retorne sa roi'ielle 

Ne de tourner ne s'umelie. (ilousk. p. 602. J 

Uinelité. Humilité ; 

Totes les riens k'umelités deffens 

Et cortoisie et franchise. fPoél. av. 1300, lU, p. ii02.j 

D'un seul regart iXumelité flouri, 

De ses doux ieus, en trespassant avoie. (Id. IV, 1391.) 

D'un petit à'umclilé 

Trovoie en li, tost garie 

Seroit ma grant maladie. (Id. III, p. ilOS.) 

Umeui*. Ce qu'on hume : " Quand les chiens 
" sont au dessoubz de l'yaue et viennent à mont, 
" l'yaue qui vient à val leur aporte Vumeur du 
" cerf. » (Gast. Phéb. p. 231».) 

Umillaiice. Humilité: 

Onques ne vi si contraire 

Ne si mal parti 

Com son cœur et son viaire ; 

Ce m'a mal baiUi 

Visa de pitié garni 

Et d'umiliance. (Poêt. av. 1300, I, p. 406.) 

Uniilité. Humilité, en parlant à la S'" Vierge: 

Dous cuers plains d'umililé 

J'ay fiance en vo bonté. (Poët. av. i300, III, p. 1220.) 

En parlant à Dieu : « Vrais rois plains d'umilité.o 

(Id.) 

Tenir doit son autorité 

Tout prince et juge à ses servens 

Sans monstrer trop d'umilité 

Dont ils contemptent ses commens. (Desch. f. 330.) 

1. Un. On: « Sa panse tirant trop fort et sur 
« son ventre eut un bien joué du tabourin. » Merl. 
Coccaïe, I, p. 230.) 

2. Un. Expressions : « Toutes heures luy seront 
« unes. » (Mont. I, p. 248.) — « N'estre qu'HH des 
« deux. » (Am. ressusc. 481.) — « Entremeslez une 
« pour une. « (Contes de Desperr. II, 54.) — « Cote 
« et surcot et chape qui tout fut A'un. « (Ms. 7218, 
fol. 00.) — '• De tout ce ai ge parlé com un. ' (Ms. 
0812, fol. 55.; — • Avoir des escus ii un et deux. « 
(Nuits de Slrapar. II, 393.) — « Le pais d'Angleterre 



UNE 



118 



UNI 



• nest pas bien fi un. ■• (Froiss. Tll, 357.1 — « Com- 
« maniler tant de choses d'»?!('s et d'autres. » (XV 
Joyes du mar.9ô.)— • l'nc fois n'est pas coutume. " 
(Bâssomp. I, 1112.) — • l'n tiomme eu vaut cent. ■■ 
(Disc, de la Noue, p. 23-2.) — • Commun n'est pas 
« un. » (Colgr.) — • Qui n'en a (\\]'u>i n'en a point.» 
(Id.) — • Cui vient une ne vient seule. » (Ms. 721S, 
f. 61.) — « Si vouloyent ils estre tout un au besoin 
« pour garder et delTendre les franchises et bour- 
a geoisies de Gand. » (l'^roiss. II, p. 78.) — « Pour 
1. ce qu'ils esloienl si un. • (Desch. f. 'iC3.i — <■ Vn<j 

• six mille piétons. » ;Lett. de Louis XII, III, f. 13. > 
— • l'ng viuït cinq ou trente cscus. » (Id. 230.) — 
. l'ng dix mille florins d'or. .. (Id. IV, fol. 20.) - 
« Semence maigre et iDie. » (Desch. f. 288.) — « \ 
« vous et à ung de vous, » ù chacun de vous. (Ord. 
III, p. 433.) — « C'est tout uwj. ■> (J. Marot, p. 237.) 

Mauvais, faul.\, ingrat, ouUrageux, 

Kn tous tes fais suspoçonneux 

Tu ne fus onques bien tout un. (Desch. f. 435.) 

Deux choses sont, en partie, 

.\ toute nature contraire ; 

C'est il sçavoir à tabie faire 

Trop long diner et divers mes 

Dont Vi'-ii ne dcust user jamais. [Dascli. f. 'iSO.j 

ITiK'lion. Onction : • La sainte Ampole dont 
a M-' S' Hemy consacra Clovis le premier roy chres- 
« tien des François et fut ceste unction envoyée de 
« Dieu et des cieux par un saint ange. » (Froissarl, 
liv. II, p. 102.) 

Undayer. Tomber en pluie : « Nul âge ne 
remembre sigrant cressanced'yaue ;\ Paris avoir 
« undaiier. » (Chr. de Nangis, an. 120G.) 

Unde. Onde: « Le povre cheval beut tant des 
« nulles de cesle eau qu'il mourut tautost. » (Percef. 
111, fol. 127.) 

Unde vi. Mots latins: » Action de nouvelleté de 
« force faite, que les clercs appellent unde vi, si 
« comme quand aucun prend ou happe par force 
<■ héritage on possession d'aucun. » (Routeill. Som. 
rur. p. i(il.) 

Undiinic. Enllure qui ne cause point de mal et 
dans laquelle le doigt reste imprime. (Cotgr.) 

liUdoyer. 1" Se répandre en ondes : « Que ne 
« diestu'l'eau undoijante, quand tu la veux des- 
« crire impétueuse ou la flamme ardente, quand tu 
« la veux monlrer languissante. » (.loach. du Dcllay, 
p. 35.) — « Mais de tant que il debaloit plus l'eauè, 
» d'autant prenoil elle plus h iindnijev. i. (Perce!", v, 
fol. 85.) — 2" Chatoyer: >> Les couleurs alloient u)i- 
« doijant à l'enlour. » (Id. VI, f. IG.) 

Soubz ces beaux arbres fleuris 

Oi'i l'erbe verte verdoyé, 

Mainte flour y undoyc. (Desch. f. lO.j 

« Une blanche rose la plus belle et la plus blanche 
« qu'il eut on(iues veue; car par dedans lesfeulles, 
« elle undoijoU en vermeil avec le blanc. ■> (Id. 02.) 
— 3° Etendre : « Le peintre undoyoit le blanck escu 
« d'azur. » fid. 111, f. 117.) 

L'nement. Avec unité: « Toute cent ne ouul 



" mveaccion înieîHcni à rccoverer par ceste assise.» 
(Drift. loisd'Anglet. f. 112.) 

ITnçjlo. [Sabot : « (Les chameaux) n'ont mie 
« Vunijle feiidue. ■ (Dialoge Grégoire lo'pape, 353.)] 

Uni. « Les portes, murs et fossez furent mis ;\ 
« uni "(Frolss. II, 18G), c'est-ii-dire au ras de terre. 

— « Pour faire tout î;hi/, n'avoit la dite dame inten- 
« cion d'aymer aucun » (Arest. Amor. 237), c'est-ù- 
dire ;iu même rang. — » On lui devroit remontrer 
« en tout honneur qu'il lui plut eslre content des 
» aides et quatrième et les faire tout iDiis. » (Duel, 
preuv. de Louis XI, p. 292.) 

Kaull il donc faire tous lOiis 

Les humbles servans et les faulx. (.-il. Charl. p. 52i.) 

Unicioii. Union : 

C'est très doulce conjunclion, 

Ce sont deux corps en unicion. (Desch. f. 48S.) 

l'nicoro. Ucorne : 

Aussi cura l'ioiicore sui 

Qui s'esbahist en regardant 

Quant la pucele va mirant. (Chaiis. Thibaut, p. i3.J 

Unicorne. Même sens; la licorne, disait-on, 
s'arrêtait ù considérer la gorge nue d'une jeune 
tille; pendant cet examen, on pouvoit la tuer ; dans 
Desch. f. 3G9, la S" Vierge est appelée « la douce 
« unicorne. » 

Unicors. Qui n'a qu'un corps : 

Vous estes unicovs, comme une trine essence, 

Ung seul cueur on troys corps. (J. Marol, p. 351.] 

Unie (toute). Indistinctement: « Et mesme les 
«' eufanz, buefz, jumens, asnes et toute unie mirent 
.. ù mort. •> (IX Preux, p. 10.) 

1. l'niement. Action d'unir. (Cotgr.) 

2. Unienient. Uniment. (Cotgr.) 

Unifier. « Le monde spirituel s'unifie avec le 
<■ corporel moyennant l'amour. ■■ (Du Verd. bibliot. 
p. 2G3.) 

Union. 1° Perle (comparez Cnio) : « Plus reluy- 
" sans (jue riches unions. •> (.Marg. de la Marg. f. 3.) 

— « Rubis, balais, diamants, sa[)hiz, esmeraudes, 
« turquoises, grenats, agatlies, berilles, perles et 

— unions d'excellence. « (Rab. I, 321. ) — 2° « Mettre 
« à union, « aplanir un chemin. (Froiss. III, 327.) 
3° « Recevoir le sacrement d'union, « la commu- 
nion. (Contes de la reine de Navarre, préf. p. 13.) 

Ionique. " Vous estes Yunique entre les plus 
.. belles. ■> (Nuits de Strapar. II, 153.) 

Unisonnance. « Balade double couronnée à 
'• double unisoiDianee. » (Dép. d'amours, p. 252.) 

Unisonnant. >• Virelay unisonnant redoublé. » 
(Dép. d'amours, p. 23G.) 

Unité. " Unité en amours ne gist point en terre 
« ne en chaslcaulx estimer ou peser à la balence, 
« mais en deux cueurs faire ung par force d'a- 
« mours. >' (Percef. V, f. 1.) — « Amour et unité. » 
(Ord. III, G.-)7.) — " V consenlirenl tous d'une unité 
■■ cl d'un accord. « (Froiss. III, p. 345.) 

l'nivers. .idj. « Tout ce monie univers. » (Cl. 
Marot, p. 711.) 



UR 



119 - 



US 



Ciiiversal (par)- Imi commun : « Nous paieront 
" chascun an [iei|ietiiellemenl el ù noz successeurs 
« le jour de la feste S. liemy, jtar iiniversal, qua- 
« ranlo livres tournois. » (Orcl. V, p. 474.) 

riiivcrsainent. nnivcrscllcment : « S'il n'cstoit 
" ainsi... (|uc les lialiiians de la ville, iiniversameiU 
» ou la plus gi'ant el plussaineparlied'iceu.\ lissent 
» trahison. « (Ord. V, p. 37'.».) 

Universauinont. Même sens : « Et pour ce ([ue 
" les dix. Juys et Juyves pourront avoir affaire de 
" ces présentes nnivemanutoU ou particulieie- 
« ment. .. (Ord. III, p. 481.) 

Ihiiversel. 1° Snlist. Univers: « « C'est luy par 
« (lui Vunivcrsel est fait. » (Tri. de la Noble dame, 
fol. 123.) — 2" .1(/./. « .Vucunes choses sont qui sont 
<> communes ; c'est ù scavoir l'air, l'eau des grands 
« neuves, et de la mer, aucunes universelles comme 
" les rivières, les champs, les clicmins et les places 
« communes. » (Gr. Coût, de Vr. I, p. 104.) 

rniverser. Généraliser, prendre au sens des 
universaux; le (irmament est comparée un buisson : 
El liguroit, tout par raison, 
Les foeillettes rte ce buisson. 
Aux estoiUes qui sont sans nombre ; 
.4vec ce, il comprendroit l'ombre 
Dou buisson qu'il loiiversoit 

A nature. {Poës. ih; Froiss. p. 3G'2.j 

lîniversité. 1" Quantité: « En si grant univer- 
<i site estoient ja iceux. >• (Chr. de Nangis, an. 1251.) 
— 2" Généralité: « Tant en commun el université 
« comme singulièrement. » (Ord. III, p. 481.) — » A 
« tous les roys à ['université. « (Desch. fol. 440.) — 
3° « Vniversité ou communauté. » (Ord. III, 4G7.) 

Univoque. Qui n'a qu'un sens. (Cotgr.) 

Unques. Onques : 

Or m'est avis que je sai bien 

Dont est unques m'ais n'en soi rien. [ils. 7080 ', /'. G.3.) 

Unt. Ont, du verbe avoir: « Prenez les clous, et 
" les fêtes melre en ung freyn, car il unt moult 
« grant vertu. » (S" Croix, p. 18.) 

Untorlauf. « N'est permis de se remarier ou 
'< prendre domicile hors le lieu de la subjeclion de 
« leur seigneur, avant qu'ils se soient rachapLez et 
" ayent obtenu d'iceluy lettres de rachapt, et liber- 
" tez, si au dit lieu et autres voisins il n'y a droit 
« d'entrecours vulgairement appeliez unterlauf. » 
(N. C. G. Il, p. 340.) 

Unzain. Monnaie : « Grans blans unzains tant 
« aux armes de France que du Dauphiné pour ..\i. 
« deniers tournois pièce. » (D. C. sous Moneta.) 

Unze. Onze: « ('nze vingt perdrix, sept cens 
" bécasses. » (Rabel. I, p. 237.) 

Unzein. Monnaie: « Approcha, tirant ung 
« unzein de son baudrier. » (Rabel. I, p. 181.) 

Ur. [Orle: « Dis aines ont del travers amunt dès 
« l'un à l'altre ur. » (Rois, p. 254.) — « Dous irai- 
" gnes vit surdre del funz d'une tenur: Sur un ur 
« s'assist l'une, e l'altre sur i'aultre ur. » (Thom. 
de Cantorb. p. 105.)] 



Urbain. " Des servitudes î/r/^aines qui lornbeiil 
« dans, sur, ou à cause de maisons, ou closture 
« d'un aultre, comme sont la veuc de fenestres, de 
" lucarnes, de gouttières, d'esgouls, ruisseau.v, et 

- d'aulies choses semblables, il n'escliet point de 

- prescription par le laps de lems sans titre. » 
(N. C. G. I, p. 915.) 

Urhane. Urbaine: « Prescription de quelque 
« tems (|ue ce soit n'a lieu en servitude urbane ou 
« rustique. » (C. G. II, p. 099.) 

rrbaiiiste. 1" Religieuses instituées par une 
bulle d'Urbain IV. (.lourn. de Trévoux, an. 1745, 
p. 1587.) — 2° Partisans du pajic Urbain dans le 
schisme entre ce pape el Clément: « Uecomie Louis 
« de Flandres greva trop grandement Clément, es 
» parties de Rrabant, de liaynaut et du Lyege ; car 
« il vouloit lousjours demeurer H)7;rtH/s/f.".. (Froiss. 
II, page 53.) 

l'rljaiiit<'î. Balzac avait voulu introduire ce mol 
dans noire langue, il n'y fut pas admis malgré sa 
douceur, (u'^ Disc, polit, p. 434.) 

l'rbec. Chenille (jui ronge les boulons de la 
vigne, (.\icol.) 

1. l're. Heure: 

Toute Iremist, tramblc et tresaut. 

En moult peu U'ioe est si atainte 

Qu'ele en a ja la face tainte. (ils. 70S0 ', /". ôO.) 

Li Vallès fu sages et prous 

Si se faisoit amer à tous ; 

Quant fu venus en ures et tans 

K'il ot assés aage et sens, 

Li rois l'adouba ricement. [.M s. 1080 ', f. AS.) 

Mors venge cliascun de son we ; 

Mors met orguel à porreture. [Ms. 7Gij, I, f. i03.] 

2. Ure. Auroch : « En quoy faisant jotuav grand 
nombre de urcs bœufs, beuffles, sangliers", cerfz, 
" lyons. » (Alect. p. 60.) 

lîreniller. Uriner. (Cotgr.) 

Urenillenx. « Inconstante et légère fortune me 
« fait ressouvenir comme l'on a veu souvent, et 
« comme j'ay veu aussi de quelque belle dame 
.< nrenilleuse et volage. « (Brant. Cap. fr. I, p. i'i4.) 

Vr(jeinment. D'une manière urgente. (Oud.) 

Urinai. Pot de chambre. (Cotgr.) 

Urine. « Je voudrois bien voir de leur urine. » 
(Cotgrave.) 

Urineux. Qui a le goût d'urine. (Colgr.) 

Urle. [Orle : « L'urle de son veslcment. » (Lib. 
psalmor. p. 2C8.)] 

Urque. Ilourque: •> Quatre Mr'yHesdeFlamans. » 
(J. d'Auton, Louis XII, p. 1500.) 

Ursin. Oursin. (Cotgr.) 

Urter. Heurter. (Oud.) 

1. Us. Coutumes (!/S!/s): 

Cortois estoit et débonnaire 

Durement me plout son affaire, 

Où Vus me retint au diner. [Ms. 7015, I, f. H6.J 

« Les festes de madame S" Geneviève, el la feste 
« de madame S" Katherine, lesquelles on fesloit 



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a devant aux us el coiilumes. » (J. de Paris, li-'i8, 
p. 205.) — " Par granl arl et non par tts. » (lYoiss. 
Poës. p. 175.) — « Dist en Vus que nus ne l'oï. >■ 
(Ms. 7-218. f. 5.) — « Je suis vostres. tout par us. ■> 
(Tl)ili p. 14.) — » Geste amor tenrai en us. » ^Po^'t. 
av. 1;îOO, m. p. 113-2.) 

.laniais ne voil mettre men us 

En dire truf ne mençoigne. [l'ocl. av. iSOO, IV, p. ■1310. J 

Pâme, ausi vos doi mon cuer, 

Où nature a mis son us 

Por tote beauté loer. {Poël. ai: 1300, I, p. 247.1 

Por li maintentlrai Vus 

D'Eneas et Paris 

Tristan et Priamus 

Qui aimèrent jadis. (Id. 1, p. 308. J 

2. l's. Huis, porte: » En Vus ot de fer une 

« barre. ■ (Borel.) — « Pus a très bien les î(s fermé. ■> 
(Fabl. S. Germ. f. 2.) 
l'sable. Dont on peut user: 

Il ne te faull. fors bien amer 

Les oyseaulx qui sont afTeictables 

Qui à prendre autres sont iisablcs. (G. de la BUjnc, f. 22.) 

l'sage. 1° - I.cs usages s'accordent aux lois, et 

• sont les iisancs les manières par quoy nous de- 
« vous user des loix. ■> Ane. Coût, de Norm. f. 21.) 

— '• I.a dilTerence qui est entre coustume et usarje 
» si est que toutes roustumes si font Ji tenir, mais 
" il i a de teus usage que qui vouroit plaidicr en- 
ci contre et mener diisques au jug;cment. V usage si 
« seroit de nule valeur. ■> (lieauman. chap. X.XIV, 
p. 122.) — 2" <' Droit d'tisage, « droit de couper du 
bois dans une forrt. (Du Ganare.) — 3° » Les nobles 
« qui font trallc de marchandises et usent de bourse 
» commune contribueront pendant le temps du 
« trafic et usage de bourse commune, aux tailles. 
« aydes et subventions roturiers. » (G. G. II, p. 787.) 

— 4" Habitude: " Les marclians, quand ils se trou- 
« vent ensemble, et ils ne se sont veus de grand 
« temps, boyveut par usage largement et longue- 
« ment. » (Froiss. 111, p. 9.) 

En vostre voloir sui tout mis 

S'en ctianterai par droit ttsayc. (P. av. 1300, IV, 1560.) 

A mes dis, puet on bien, tant sui esbahis, 

Conoistrc par usage 
S'une dolours est mise en mon corage. (Id. III, 1241.) 
Ainf; et ser et aor par usage. (Id. I, p. 283.J 

Quant amanz en dangier maint, 
Qu'amie se fait désirer, 
Et s'il avient qu'il là sorvaint, 
Vsage en li yodra clamer. (Id. p. 218.) 

Qui de bien en mal se remue 
Et de franchise entre en servage 
Et son tans gaste et son usage, (ils. 761.'>, I, f. 107.) 

<• l'sage rend l'iiomme maistre et si le fait presl 

• et habile. » (.louv. f. 94.) 

1. l'siiger. S'habituer à : « FJ bon cbevaliei' se 
« doit exerciter et usager en faiz d'armes et de 
" guerre. - (Le Jouv. f. 94.) — « Ne les seuffrcnt 
« informer de science, ne usager ii quelque bon 
« ouvrage. » (Al. Gharl. l'Espér. p. 3IG.) — « Firent 
« lu amener et charrier de la ville de Thouars et de 

• la cité de Poitiers, grands engins, el les lireiil 
« drecer devant la forteresse, el encores plusieurs 
« canons el espringalles qu'ils avoyenl de longtemps 



" HSrt^t' de les mener. » (Froiss. I. p. 3G9.) — « Ils 
" n'estoyent mie si bien usagés n'accoustumés de 
« faire guerre sur mer, comme estovent les An- 
" glois. » (Id. p. .%8.i 

2. l'saflor. Gontumier: « Manière de parler et 
« fnron commune et usagere. « (Fauchet, p. 23.) — 
« Fille usagere, » de débauche. (Golgr.) — « Quant 
« aux usagers qui ont droict et coustume de pren- 
« dre bois et forest pour ardoir ou pour édifier ou 
• pour leurs autres usages et avoir paslurages el 
" telles choses semblables. • (C.v. Goût, de France, 
I, page .'i7.) 

l'sagier. i^Goutumier: 

Et pour ce aussy que n'en suy usagiere 

Je vous respons, que je m'aviseray. (Descli. f. 147.) 

2° Amant banal : 

Mais Vusagicv, pour ses beaux mots polir 

Chante d'oiseaux, de fleur et de verdure 

Las ! trop sent pou que fin amant endure. (Mod. f. 259.) 

Usaige. 1" Usages : 

Messire chascun paucque denare, 

Qui de livres scait les usaiges. (Villnn, Hep. fr. p. 4.) 

Et encor soit li maris saiges 

T)e droit escript et par usaiges 

Gouvernans toutes les citez. (Desch. f. 497.) 

Qu'il ait franche voulentô 

Et franc arbitre en tout usnigcs. (Villon, Rep. fr. p. 4.) 

2° Pratique : « (saige fait la coustume. » (Desch. 
f. 509.) — « Vsaige renl maistre et fait l'homme 
« presl et habile. ° (Jouvenc. 319.) — 3° Usufruit: 

De son propre a fait ainsi comme usaige 

Tant qu'il ne puet reparer son doramaige. (Desch. 292.) 

Usaiger. Coutumier : 

Pour hommage ce rondel li envoyé 

Or preingne en gré ; usaiger n'en sui mie. (Desch. 174.) 

L'Sainc. Bâtiments de fatigue, fours, pressoirs, 
moulins qui s'usent : « Hetenir bien suflisamment 
« toutes les maisons usaiues et autres edilices 
" appartenans aus dits mineurs, de toutes choses, 
« el de ce les leur délivrer bien retenu el en bon et 
. suffisant estai. » (N. G. G. Il, p. G19.) 

L'saire. 1" Usage: « Les baniers de la terre de 
« la dite ahbaie... achètent blé ou autre grain pour 
« \Q\-\vusaire; ils ne doivent rien paier. • (D. G. 
l'sare.) — 2' Usufruit : i Li pères a Vusaire de 
« quanque le fuis acquiert. » (Beauman.) 

Usancc. Goutume: » Semble que nous n'avons 
« autre touche de la vérité cl de la raison que 
« l'exemple et l'idée des opinions el usanees du 
" pais où nous sommes. ■■ (Gharr. Sag. p. 237.) — 
<• Uuelle cause pouvoit empêcher que telle usance 
« ne fut inlroduicte. » (Am. ressusc. 39.) — « Luy 
« dist qu'on l'appelloit Le .louvenccl, par usance, 
" mais ce n'estoit pas son nom propre. " (.louvenc. 
p. 48.) -- « Gonclurent que le buliu seroit ù bonne 
« usanee, c'est assavoir que qui plus y travailleroit, 
« plus y auroil de prouffit. » (.louv. p. 40.) 

rsancier. Qui connaît les usages : « Ont fait 
" a.ssembler grand nombre des plus anciens esche- 
" vins et usaneiers el arpenteurs, et partageurs, et 
« coustumiers. » (N. G. G. I, p. 377.) 



USL 



121 



usu 



Use. Usage, labourage : « Sexlerec de terre de 
« froment estant en labeur, capable de jiorter bled 
■ cbasciin an, se baille pour un septier de froment 
« de la mesure du clicf de la cbaslellenie où elle 
« est assise et se prendra la dille terre à la ditte 
« mesure, et si la dille terre est en friclie ou à use, 
« elle se prendra pour une mine. « (C. fi. Il, 520.) 
Usée. Droit d'usage. (>'. C. G. I, p. 388.) 
Uséemeiit. Pratiquement : « Et raison est bien 
« clere et certaine que les fiés de Cliypre sont 

• uscoiu'iit. fais à heirs de feme espose de celui à 

• qui on donne le Hé. » (Ass. de Jérus. ll.'J.) 
Usefruit. Usufruit. (Ane. Coût, de Brel. f. Ml.) 

Useinoiit. Usage : • La seule possession de 

• quarante ans, sans titre, rend les dits comtadins 
» seigneurs irrévocables des édifices, sans qu'ils 
« ayent besoin d'en apparoir tilre, et en cela est le 
« dit iiscini'iit directement contraire à l'usement 
« local de la principauté de Lenn. » (N. C. C. IV, 
p. 409.)— « Le district du moulin il fouler draps 
« s'eslend jusques îi cinq lieues de la mesure sus- 
« ditte, et s'il n'y a autre usemcnt au pays. » (G. G. 
II, p. 778.) 

User. « User avec une femme. ■> (Oudin.) — 
« l'acrciit d'oclroier. » (Ord. I, 505.) — « Condamné 
« à user sa vie en prison. » (Froiss. IV, p. 310.) — 
« Je vous use de ma douceur et humanité. » (Brant. 
dam. ill. p. 377.) — « Montagnes que noif ne vent 
« ne glace n'use. » (Guiart, f. 211.) — « Savoil les 

- deslroits de la environ, car il les avoit usés et 
« hantés bien trois ans. ■> (Froiss. I, 387.) — . Lui 
« donna à user le pain sacré ■> (Percef. VI, f. 127), 
communier. — - User le saint sanc. » (Ms. 7218, 
fol. 322.) — " User le précieux sang. « (.lournal de 
Paris sous Charles VII, an. 1435.) 

Userier. Usuiier : 

La seulent maudire premiers 

Les presteours, les useriers. (Ms. 7015, I, f. lii.J 

J'escommenie les userievs 

Et les provos et les voiers 

Vilain qui devient chevaliers. (Ms. 72iS, f. 194.) 

Cest itseriers poiaus est arrière boité. 

Poét. av. 1300, IV, p. 1305. 

Usine. 1° Ménage : 

Le charpentier et le maçon 

N'estudie, se bien, peu non, 

Et si font aussi bonne usine 

Qu'estudiant en médecine. (Borel.j 

2» . Femme, constant son mariage, tenant Fiisirte, 
" ou boutique de son mary, achetant et vendant 
■ publiquement, peut contracter. » (C. G. II, 849.) 

— 3» Défi'icbé : 

Villes, chasteaulx, terres usines. (Dcsch. f. 570.) 

Usiaige. Un navire dit dromont : 

Une broche ot el front devant 

Et un autre ennii le chalant, 

La tierce fu faite desriere 

Por defîendre la gent d'arrière, 

Quant il trespasseront les barges : 

Se il encontrent les usUnijes, 

Bien les porront illuec attendre 

Et le dromont vers aus deffendre. (Blanchand. f. 185.) I 



Usié. nrûlc : 
l'ui.s ait piMidu au la/. 
1,1' crible et le saaz, 

Cha-lit ;'i gésir 

l';t la met à pestrir. 

.Se li covienl le four 

ICI les: torchons entour. 

S'il a la barbe uslée. (Oustill. au rilain.) 

Uslenient. [Hurlement : . Morz est li diix, e 

" teinz e pale Del sang (|ui del cois li dévale ; Od 
« brais, od cris, od iisteiiicuT.: L'en unt aporlé à ses 
« genz. . (Denoît, H, v. 12'i05.) 

Es vous en l'air grans iisleweiis 
Si come d'ours et de scrpens. (Mnusk. p. iOS.) 

Ustcl»'', A qui on a donné un gite : 

N'crt pas ostel à desconfit 

Où .ViUecrist fu uslelcz. (Ms. 7Gi5, II, f. i88.) 

Ustilleriient. [Outillage: « Et dui' vassal en- 
" semble od eus, Dont li uns port Vustillement, 
« L'allre la buiste od l'oingement. » fïbéàtre au 
moyen âge, Paris, 18:ii, p. 10.] 

Usual)lement. De manière à en tirer profit : 
« La femme pendant les dits quarante jours peut 
« demeurer en la maison de son feu marv el user 
« des biens et en vivre, comme aultrement"î<S!/a^)/e- 
" '«en/, sansenlrans|)orteraucuns. »(C.G,I,L 151.) 

Usuaire. Usufruitier: - Ils n'en sont seigneurs, 

- mais seulement dispensateurs et «Sî^aires. .(Tri. 
de la Noble dame, f. 303.) 

Usucapion. - Usucapion est la possession que 
« aucun a et peut acquérir sur chose vendue de 
« tenure, ou sur chose mobile et par especial sur 
>' chose mobile comme joyaux d'or ou d'argent ou 
« autres gages. » (Bout. Som. rur. 340.)— « Action 
« de usucapion comme si aucun a possédé la chose 
« meuble d'autruy à juste liltre, par un an ou plus, 
« à luy peut el doit appartenir, par action de usu- 
« capion qui ne s'eslend que sur biens meubles. . 
(Id. p. 154.) 

Usufructuaire. Usufruitier:. Le roi consen- 

- toit à n'eslre investi du duché de Milan que 
« comme usufructuaire et aianl le bai] ou la tutelle, 
« au nom des enfans de France. « (Mém. de du 
Bellay, V, f. 140.) 

Usufi-uctuaresse. Usufruitière: - El outre est 
" douée la femme survivant de la moitié des im- 
■i meubles de son mary provenans de l'estoc de son 
« mary, pour en jouir par manière de douaire, 
" comme usufructuarcsse. • (C. G. II, p. 479.) 

Usufructué. Dont on jouit par usufruit. CS. 
G. G. I, p. 1203.) ^ 

Usuine. Bâtiment d'usage (v. Usi.ne) : a Eriger 
« colombiers, pressoirs el'moulins, faire estana', 
« tuilleries el autres usuiues. » (N. c. G. II, p. 390'.) 

- « Maisons, bastimens, «s;(?Hrs et héritages qu'elle 
• tient en usufruict. » !ld. 1081.) — <• Xul ne peut 
« ériger moulin ou autre usuine sur rivière navi- 
" gable, par le moyen de quov la navigation soit 
" arrestée ou empeschée. ^ (îd. p. 407.) — « Le 
« seigneur ne peut prétendre nv acquérir sur son 
" suject ny autres droicts de bannalité de four, 

16 



UTE 



_ 422 



uz 



« pressoir ou moulin, sous prelexle qu'ils nuroieiit 
« esté cuire, presser ou moudre es dites usiiincs 
• pur Tespace de vingt ans vingt jours. » (.Id. ios. 

l'suis. Oisif : 

Cure n'avoient de caroles, 

Ne de danses, ne de frivoles, 

Ne troupoient pas à leurs huis 

Pour gengler ne pour estre usiiis. (III Mai: p. 50. J 

Usuratif. fsuraire : • Contracl usttratif. " 
(Arest. Amor. p. IIG.) 

Usure, l" Intérêts: « Si cessèrent les usures. « 
(Chron. S. Denis, f. 1 i.) — 2» Etat d'une chose usée : 
« Je rapper(,'ois i^ Vusure de son bacul. » (Rabelais, 
V, p. 28.) 

Usurier. 1° Qui prête à usure : « Usuriers de 
. Chaorse. » (Poi't. av. 1300, IV, p. 1652.) — » Isn- 
« riers de Mez. » (Id. 51.) — 2" Qui a les caractères 
de l'usure : » Le dit contract u'esloit point usurier.' 
(Arest. Amor. p. 125.) 

Usurper. Employer: « Semblablement aussi de 
» plusieurs bestes de la terre ravissans et rampans 
« qui sont prinsesau moien de la nuyt, et sembla- 
<■ blemenl les hommes y Msurpent l'un l'autre. » 
(Le Jouv. p. 17.) 

Usurure. Peu t-êlre faute pour usure, usage: 
« 11 voulut bien pour eslever et nourrir toujours 
« ceste plante d'honneur et vertu fructifiante au 
« noble cucur de ce jeune prince lui donner ceste 
« usurure et fruition de gloire. » (Du Bellav, Vil, 
fol. 232.) 

Uteuciller. Fournir les ustensiles: « Défendons 
« à tous capitaines et gardes de chasleaulx, ou 
« aultres places fortes de nostre dict pays de Nor- 
« mandie, de contraindre noz subjects dudil pays à 
« vteiiciller, fournir ou autrement advitailler nos 
« ditz chasleaulx ou places fortes. » (Ane. Coût, de 
Norm. f. 32.) 

Ulensiles, illes. Meubles: « Allèrent ardoir sa 
'< maison, le bel hostel de Savoye, qu'onc(iues n'y 
» demeura utensille. " (Froiss. Il, 145.) — « l'ien- 
" sites sont nommez les hostils qui communément 
« courent avant la maison et dont de jour en jour 
« se faut nécessairement aider par errement de 
« maison, si comme sont bancs, scabelles, pots. 



« poilles, tables, tréteaux. » (Bouteill. Som. rur. 
p. 43'..) 

l'tilos. Se dit des gros laboureurs qui ne Ira- 
vaillenl pas eux-mêmes îi la terre. (Songecr. f. 73.) 

Uti possidetis. Mots latins; comme chacun 
possède. C'est en droit romain le commencement 
de la formule de l'interdit qui répond l'i l'action 
possessoire. « Comme si c'estoit une matière de 
« nouvelleté, en laquelle on dit pour abréger, uti 
' possidetis, ita possideatis. « (Arest. Amor. p. il 9.) 

— « Action de nouvelleté comme vous tenez que 
« les clercs appellent nti possidetis , comme si 
>' chascune partie se vente que sur un héritage il a 
" plus dernière et juste possession, et ceste action 
« est la plus commune et qui plus souvent eschet.» 

• Bouteil. Som. rur. p. ICI.) 

Utiagarie, ary. Mise hors la loi: « En tauntez 
« dez manerez home puysl estre atteynt, c'est assa- 
« ver uUagarie, suspencion de capitacyon, tracta- 
« cyon. » (Carta Magna, fol. 15i.) — « Attaint ou 
« utlaije de felony (luel utlagarie est attaind en 
« Icy. » (Ten. de Litll. f. 109.) — « Dont jugement 
" de mort eu de utlaijanj ou de abjuration doit 

- sunlre. « (Britt. f. 172.) 

l'Haye. 1° Convaincu (voir le précédent). — 
2° Banni, contumace : « Elle ne doit douver aucun, 
« par la reson que son baron fuit félon, et porta 
« jugement de felony de qui il fuit pendu ou des- 
« colé, ou démembré, ou neyé , ou en aucune 
« manière à mort dampné, ou forjura la terre ou 
« fuit ullage. » (Britt. f. 257.) 

Utruin. Mot latin: « Assises de ntrum. » (Britt. 
lois d'Angl. f. 8.) — « En brielTz d'assisez d'attein- 
« lez, et jurez de utruui. » (Cart. Mag. f. 38.) — « Il 
« n'y avoit point eu, entre les moines estudians, 
« bachelier ou regenl, ou scoliste plus savant que 
" luy; il renversoit sans dessus dessous tous les 
« su'btilitez des utrum. » (Merl. Cocc. I, 2i6.) 

Uytene. Huitaine : 

L'utjlcne de Pasques ensuient, 

T-y lois anglois et si suyent 

iJeslogierent au très matin. (Descli. f. ô'75.) 

U/. Bruit, noise: « Si les comencent à bardoier 
" mult durement, ...et navrèrent mult de lor che- 
« vaux, et fu li uz- et la noise granz. » (Villeh.) 



V 



VAC 

Va. Du verbe aller : 

Tout va, et biauté, et avoirs. 



(Ms. "iQlS, f. 203. J 



Quand je la vi premièrement, 

Tantost l'amai. Tu l'amas ? Voire... 

Va! qu'as tu dit. {Ms. 7i'i,S', /'. 35G.J 

« Vacy, va là, » commissionnaire. (Colgrave.) — 
« Un va par toul, » liommo d'expédition. (Cotgr.) 
— « Va losl, » dévoiemenl : 

N'apportez pas de vin nouveau, 

Car il fait avuir la va losl. (Test, de l'athel. iSO.J 

De telz genz comte ne tiens 

C'est droitement un va (ost et reviens. (Descli. f. 317.) 

Va nu pieds, ré\o\iés de la Normandie en 1C30. 
(Hist. des sccr. d'Etat, par Fauv. in-A°, p. 2G(J ; 
Mercure de France, XXIII, p. '(00.) — « Le piqueur 
« sonnera toujours comme dessus, en frottant ses 
« chiens avec la main leur montrant le lièvre, en 
. disant : va le mort. » (Fouill. Vén. f. 09.) — « Il 
« doit commencer ùforliuerel sonner delà trompe, 
« criant ly a hillaul pour le cerf, et va le cy aller 
« pour le lièvre. » (Fouill. Vén. f. 12.) 

Vacant. 1" Manquant de : « Bame vacant d'amy.» 
(Arest. amor. p. 60.) — 2° Errant, pour vaguant : 
« Le chevalier... dit que jamais ne porteroit armes, 
« quant il veoit pleinement qu'il ne pouvoit estre 
« aimé de celle dont tous biens lui venoient, ain- 
« çois s'en yroit vacant par les forets. • (Percef. V, 
fol. 00.) 

Vacai'me. 

Lors elle me mit en telle game 

Que je cuidé de prime face 

Jouir de son corps droit et ferme 

Et pensant faire mon vacarme 

Elle me dit : sauf votre grâce, 

Mais cuidez vous bien que j'osasse 

Briser ainsi mon mariage. (Collerijc, f. ^lO.] 

Vacation. 1" Vacance, plaisir: » Mes yeulx se 
« clorront dedans la teste retournés, par lesquels 
» de vainncs et de misérables vacations souvent 
. me delitoie. » (G. Phéb. p. 390.) — 2° Vide: « Mon 
« doulx créateur, oste de moy vanité de courage, 
« inconstance de pensée, vacation de cuer. » (G. 
Phéb. p. 270.) — .3" Silence : « Ledict greffier sera 
« présent qui escripra la forme et manière de la 



VAC 

« ditte question... les interrogations et les réponses 
« avec la persévérance du prisonnier, sa constance 
<- ou vacation. « (Ane. Coût, de .Norm. f. AA.) 

1. Vaccant. Errant, pour vaguant : <■ Si com- 
« mcnceient à aller vaccant parmy le royaume 
. d'Ytalie. » (Chr. S. Denis, II, f. 173.) 

2. Vaccant. Vacances: « Fut faille dit fait pour 
« raison de ce que ledit gentilhomme, ses parens 
« et ses amis avoienl mis et employé tout leurvail- 
« lant pour paier le vaccant d'une "abbaïe pour un 
« de leurs parens, aucjuel ledit duc de Milan l'avoit 
« osiée pour la bailler à ung autre. » (Chr. .Se. de 
Louis XI, p. 208.) 

Vacliage. Droit sur les tétines des vaches, en 
usage en Bretagne. (D. Morice, préf. p. xv.) 

Vache. 1° Monnaie (v. Le Diane, Traité des Mon- 
naies, p. 3iO).Les pièces frappées à Pau conservent 
encore celte figure. — 2° Taches qui viennent aux 
jambes, lorsqu'on hiver on s'approche trop du feu. 
(Oud.) — 3° Nom d'une pièce de canon : » Ainsi fut 
« tiré un coup de la grande el longue coulevrine 
« qu'on appeloit la vache. » (Drant. Cap. fr. iM.) — 
i° Femme très grosse, de mauvaise vie. (Oud.) 

Eâ'pressions : « Une bonne vache a lait. » (Oud.) 
— » Pais de vacJw, » pays plal. (l'.abel. IV, p. 41.)— 
» Poil de vache, » couleur rousse. (Id. I, p. 70.) — 
" Pleurer comme une vache, » comme un veau. 
(Id. IV, 84.)— « Dormircomme une vache, » comme 
une souche. (Vig. de Charles VII, II, p. 7.'t — « Etre 
. sorcier comme une vache, •> être sot. (Oudin.) — 
" Vaclie de Barbarie qui ne reconnaît que ses 
" veaux. » (Oud.) — « Parler françois comme une 
« vache espagnolle. » (Oud.) — « Prendre la vache 
" el le veau, » épouser une fille enceinte. (Caq. de 
l'Accouchée, 149.) — « Laisser la vaclie et le veau.» 
(Nuits de Strap. II.) — » Mener la vache au tau- 
" reau, .- prostituer.(Oud.) — « Chercher une vac/ie 
« noire dans un bois brûlé. » (Rabel. II, p. 126.) — 
« Avoir mangé de la vache enragée. » iCotgr.) — 
« Les soldats poltrons traversaient les quartiers de 
« l'armée en portant sur leurs épaules à la vache 
« inorte une fille de joie, l'un et l'autre en che- 
" mise. " (Fav. Th. d'hon. II.) Oudia l'explique par 



VAD 



- 124 - 



VAG 



porter sur le dos à l'envers, dans les jeux d'enfants. 

— « 11 seroil bon ù vendre vache foireuse. • l^Oiul.) 

Qui se mesle d'aulrui mostier 

Il trait sa vache en un pannier. (Cotr/r.) 

« Aussitost meurt racAc comme veau. • (Id.) — 
« Vache du riche velie souvent, celle du povre 
« avorte. » (Id.) — « Vache de loin a lait assez. « 
(Eutrap. p. GG.)— • Ville sans cloches eslcomnie... 
« une vache sans cymbales. » (Habel. 1, p. 117.) — 
« Vache de Baibarie' ne reconnoît que ses veaux. • 
(Cotgr.) — . S'il ne lient qu'à vous, la vache est à 
<■ nous. • (Oudin.) — « 11 vient un tems (|ue les 
« vaches ont besoin de leurs queues. • (Id.) — 

• Iflc/if? ne sçait ce que vaut sa queue jus(|uà ce 
« qu'elle l'ait perdue. ■• (Oud ) — « Qui ne relire de 
« sa vache que la (lueuc, ne perd pas tout. » (Colg.) 

— « Une vaclie prend bien un lièvre. • (Cotgr.) — 
« Quand on a perdu toute sa vaclic et on en peut 
« recouvrer la queue, encores est ce pour l'aire un 

• lirouer à son huis. » (Apol. pour llérod. i'i.) 
Vachelle. Servante . en patois Champenois. 

(Borel.) C'est pour bachelle, bachelette. 
Vachette. Jeu : 

A'ous paierez, se vous le perdez, 

Soit à la vachette, ou aux dez. (Dcsch. f. SlA.j 

Vacliier. Vacher: « Hier vachiei\ huy chcva- 
. lier. » :Cotgr.) — « Un gros vachier, » un lour- 
daud. (Oudin.) 

Vaciet. Hyacinthe: • Les habillemens de cou- 
« leur d'hiacinthe ou vaciet sont flamboyans. » 
(Nal. d'amour, f. 270.) 

Vacillant. Hésitant : « Les mois, les adiapho- 
« risles. les vacillans et autres pestes amphibies 

• qui ont fort alteié l'eslal de la relliyion. » (Caras. 
Rech. des rech. p. G83.) 

Vacqué. Laissé vacant: « Le sieur de Drion 
« fist si bien îi la bataille de Pavie que le roi... lui 
« donna l'estal d'amiral vacqué par M. l'amiral 
« Bonnivet. » 'Jliant. Cap. fr. 1, p.oG2.) 

Vac(iuer. Krrer : ■■ Plusieurs troupes couroienl 
« et vacquoient cparses dans le champ de bataille.» 
(Sully, I, p. 3;W.) 

Vacqueric. Vicairie, emplois vacants : 

Item donne à maistre Françoys, 

Promoteur de la rac/iierie 

Ung liault gorgery d'Escossoys. (Vill. p. 57.J 

Vacres. Pays voisin de la Frise : 

Un archeveqtie qui à Roen eloit... 

De chou oï parler qui de Varies venoit. (Rnu, p. 30. J 

Vacue. Vacant: » Ordonnons... qu'elles soient 
» de nulle valeur et !'«c!/cs de force et de vertu. » 
(G. G. I, p. 527.) — « Après dix ans... ledit sei;i;neur 
« n'est leiiu rendre compte au dit héritier des 
« meubles ny des fruits des dits immeubles, ains 
« seulement "lui délaisser la possession racwe des 
« dits immeubles. • (C. (i. 1, p. 47'.).) 

1. Vade. Bas fond(DOf/Hm) : « Se met en chemin 
« vers Afrique, car es vades de la mer le vent 
« s'estoil féru. " (Loys de Bourb. p. 287.) 

2. Vade. Agile: • En laquelle rivière saillirent 



« plusieurs Gantois qui y furent noyez ; aucuns en 
" y eut des plus vades qui fouirent si bien qu'ils 
•' gai^iuerent la ville de Gand. •> (Monstrel. 111, 53.) 

;î. Vade. Garde : • Sa garde et tous ses vades 
'• de pied l'abandonnèrent. » (Letl. de Pasq. 111, 
p. /.a;».) 

Vadurie. Refrain : 

Ainz sui je por vos fesant 

Geste vadurie. fPoét. av. i300, II. p. C39.) 

Vaer. Défendre : « Ris et joie m'est vaée. » 
(Poët. av. 1300, 11, p. 66.) 
Se vos venez por bien... 
.... Il ne vos velt rien vaer. (Ms. S. Gcr»). f. 169.) 

Vagabondant. Montaigne dit que « son esprit 
» et son stile vont vagabondant. - (Ess. 111, 380.) 

Vaqans. Errants: « Gens vanans parles déserts, 
« bois et campagne. » (Dial. de Tahur. p. 5G.) 

Variation. Vacation : " Si l'on ne trouvoil sur 
« le d'il herilage hypolhéiiué du bien ù suffisance 
« pour satisfaire à ce que seroil justement deu... 
« iceUiy héritage devra estre par la justice mis à 
« louage par licitalion publi(iue, ce que l'on disoil 
« anciennement vacation pour un an. » (N. C. G. 
II, p. 205.) 

Vaqe. Vague : «' Envoler à sigle et à vage. » 
(Rou, "p. 127.) 

Vaqé. Défendu (lire peut-être vage): » Si il est 
« défendeur toutes les défenses H sont vagées et 
<■ défendues. » (Ord. I, 157.) 

Vayliuei". Vaquer: • Au lieutenant gênerai du 
a dit comté, pour chascun jour (lu'il vaghue aux 
« informations sures de la dile ville... soixante et 
» quinze sols. » (N. C. G. 1, p. 370.) 

Vagier. Errer par la mer : 

1,01- list bonz estruraenz baillier 

(Jui bien sourent parmer et sigler et vo'jier. (Rou, i3i.) 

Vagiment. Vagissement: « Les cris, pleurs et 
« vag'imcits de l'enfant. » (Tri. de la .Noble dame, 17.) 

Vagissant. « Sa mère le reçut avec grande joie 
« vagissant d'une voix enfantine, pour le nouveau 
« seuliment de l'air. » (Aleclor, rom. p. 71.) 

1. Vague. 1" Vide: • Après sa mort fut l'église 
" vague ung an. » (Chron. de S. Den. 1, fol. 214.) — 
2° Ali'amé : « La soif les dcstraingnoil tellement que 
• grand nombre des chresliens en mouroit... et si 
« sailloicnt les Turcs dehors qui les occioyent va- 
« gués cl foibles de la grant soif qu'ils avoient. • 
(Tii. des l.V Preux, p. 48i.) 

2. Vague. Errant : 

Pensée qui va et mue tant 

Ne puet faire nuUe chose agréable 

Et le vague œil à pluseurs clignetant 

El ses regars sont non ferme et doubtable. (Dcsch. iUl.) 

3. Vague. « Vague de la foire, • temps où se 
tient la foire. (Ord. 11,205.) De vaguer pour vaquer. 

Vaguement. 

Leurs cheveu.x crespelus, ondoians. 

Et fOf;t(e»ieii/ espars de dessus leurs espaules. 

R. Bcllcju, I, p. 106. 



VAI 



1-25 - 



VAI 



Vaçiuci". 1" Frrer: .. Mon jugement ne lire p;is 
. toujours avant; je Hotte, je vague. » (Mont. 1, 
âge 3;!".».) 

Ami, \o. plus çrand lieur du monde 

N'est pas moms inconstant que l'onde 

Qui en varjuani fuit et refuit. (Tahuv. p. ilH.j 

2° Voguer : 

Tant alerent siglant et tant bien esploiterent 

Qu'en Normandie à mont Sainne vaguèrent, (llnu, ^?7.; 

Vaçjucur. Vagabond. (Outl.) 

Vagiieusc. Où il y a des vagues : « Les vmjucu- 
« SCS i)laiiics. » (Tlicop. p. Idi.) 

Vai. Oui erre, dans la règle de S. Henoil, ms. 
de Beauvais, ch. l. 

Yaier. Voyer: 

N'i avoit roi, ne duc, no conte, 

Prevo/., ne vaievs, ue viscontes. (Fabl. de S. Germ. i25.) 

Vaillance. 1° Valeur, exploit : 

Le comte de Dunois 
L'admirai, Polon et la Ilire 

Firent granl vaillMice. (Vkj. de Clictiics VII, p. idO.J 
Elle est de si haute vaillance 
Et de si très Une beauté, (l'ocl. av. 1500, [II, p. 1000. j 

« Les Romains lionoroient de couronnes ceux 
« qui faisoient les grands vaillances d'armes. » 
(.1. de Saintré, I, p. 6.) — 2° Valeur, estimation: 
« Il ne leur laira la vaillance d'un pal. •• (Itescli. 
folio 2l»0.) 

Vaillaiidise. Vaillance : 

Gart qi demeurer U veut de sa manie 
Q'en lui tous soit courtois afaitemens 
Et toute vaillandi.<:e. {Vatic. 1400, f. 3'2.) 

1. Vaillant. [Monnaie: « Une penne d'escu- 
« reux vendue deux flourins de Florence et un 
<- vaillant. » (JJ. 92, p. 310, an. 1.3C3.)] - « Com- 
« paignons, tartes, vft/Z/rtHs et autres monnoies. » 
(Ord. III, p. 22-2.) — <■ Ung vaillant ne vaut pas 
« cinq deniers parisis. « (Ord. III, p. 5.52.) 

2. Vaillant. Capital : « César s'endepla plus 
« d'un million d'or, outre son vaillant. « (Mont. 
I, p. 'i2<).) — « Oui plus qu'il n'a vaillant despend 
« Il fait la corde à quoi se pend. - (Cotgr.) 

3. Vaillant. Valeureux: ' A cœuv vaillant vien 
« d'impossible. - (Molinet, p. 128.) 

Rien ne vaut l'assaillant 

S'il n'est fort et vaillaul. (Colgravc.J 

« Li plus vaillans k\ soit de mère née. » (Poët. 
av. 1300, I, p. 112i.) — « Fut vaillant assez, à son 
« avis. • (Poët. av. 1300, 1, p. 1001.) 

Vaillarge. Espèce de grain dans l'Avallonnois. 
(Du Cange. sous Valanjium.) 

Vaille. Valeur: 

On ne peut esprisier le vaille 

D'un tel iviel. (Poés. de Froiss. p. 31.) 

Vain. 1° Vide: 

Bien sai que de foi furent vaines 

Et de droite voie lointaines. [Vie des SS. Sorh. 00, c. 60. J 

2° « ïioche vaine, » déserte, dans Lancel. II, f. 125. 
— « La permission de mener les troupeaux dans 
« les terres vaincs. » (C. G. p. 423.) —3° Vaniteux : 



IViijic gloire h droit nommée 
C'est une fausse renommée. (Ms. 701.'>, II, f. lO-'i.l 

" Sire duc, dist Ernouf, qui le cuer ont rf^ç',jij^ 
« vain. » (Itou, p. 70.) — 'i° l''aible, fatigué : " iidn 
« à la demoiselle à une voix cassée (i[ vaine ^ "(Cér 
de Nev. Il' part. p. S3.) — « Lassez et Ira' /'[j'uie, fi 
» vains. » (Ms, 7218, f. 148.) - « Lors ^-^i' n ,,«,-„ 
» comme cellui qui n avoil mange de ',^j|^ |g q^^. 
(Lancel. lll, f. 110.) — " Ainsseroied' c^ci-ir,' iii;..c' " 
(Ms. 7bh>, fol. 73.) — if 1 atiguaîji- „ | ^^ autres 
" estoienl moult aiïebliz de por'.cr leur cîifan't car 
« la journée estoit très chand'j cl vaine. »'(.Journ 
de Paris, sous Charles VII^ ;in. l'iio, p 55 _ 
0" Inutile: « Le privilège aus frères preschèurs et 
« meneurs.... fust Wfmappellé. » (Nangis, an.l2!J8 ) 
— « i\e nous monstre pas coses vainn'es. » (Vies des 
Saints, Sorb. LX, c. 20.) — 7" Pâle, triste: 

Color ont simple, pale et vaine. (Ms. 7013, I, f. GO.] 
Ont la chair vaine et afllite. (Id. II, f. l/,3.j 

Cet hom n'avoit pas le cœur vain, /l'ocl. av. 1300.) 
Femme a coraige foible et vain. (Ms. 7318, f. 103.) 
« Le mal d'aimer lui loucha au cuer si fort 
« (lu'elle devint moult mate, vaine et morne . 
(Ger. de Nev. I, p. 120.) - 8° Concubine : « Il v avoit 
« une vaine dame en qui fille avoit esté à un che- 
« valier d'Arras. » (Mont. V, f. 075.) - . Il priut la 
« foi vaine et désire. » (Descli. f. 2.50.) 

Jlieus aim mes dolors 

SolTrir et les grans pavors 

Ne soffrir vains consirrée. (Ch. du comie Thih. p. 55.) 

Vaincque. Défaite: • Quiconque propose ex- 
« ception ou fait autre exploit empeschant procéder 
« au principal, s'il est vaincu , la vaincque vaut 
•' défaut au principal. » (C. de Bret. p. UO.) 

Vaincre, aindi-c. 1" Vaincre: « Vaincre Ven- 
• treprise de quelqu'un. . (Du Bell. VI, f. 183.) — 
« Vaincre la bataille. . (Brant. Cap. fr. I, p. [{).) — 
« Vaincre le tournois. » (Gér. de i\ev. IP part. 100.) 

La mort ne peut envie vaindvc. (Ilisl. des III Ma,-. 143.) 
Le bien vaint. (Descli. f. 189.) 

2» Convaincre : « Estre vaincu d'un crime. . 
(D'Argenlré, p. 1040.) 

Vaincu. « Et les armeures dou vaincu, et celles 
« qui cheent dou vainquor. » (Ass. de Jér. p. 81.) 

Vaine. Veine: « .N'avoir ne voye, ne vaine de 
» confort. » (Percef. V, f. 112.) 
Rivière saine 
Sans tarir vient de vive vaine. (Descli. /'. 3G4.) 

Vainette. Petite veine: » Je vis qu'il se depar- 
« toit de cuer une vainette etroile. » (Percef. V, 96.) 
Vaingnier. Gagner : 

Je le tieng : or va vaiwjniei: (Vcsch. f. 375.) 

Vainne. Veine: « Descendre de la mestre 
« vainne de quelqu'un. » (Cotgr.) 
Vainquerosse. Victorieuse : 

Pein ses dou.x ris, sa beauté vainqueresse. 

Amadis Jamyn, p. 157. 

Vainquor. Vainqueur (voir Vai.nci'). 

Vaiquai'ie. » Iff/^/Hrtî'ie de Tousquane (Xangis, 
an. 1278), « vice-royauté. 



VAI 



- 126 - 



VAL 



Vair. 1° Fourrure : • Les pelletiers pour Gourer 
« robbesde neuf de i'«/r ou d'asineau. » (Ord. Il, 
p. 372.) — « Le duc lui donnoit une robe d'un demy 

• drap de Bruxelle.... et un millier de menu vair. » 
(Et. des oflic. de Bourg, p. Vl.) — 2° Muancé, varié, 
au propre et au figuré: « Fause, plus vaire que 
. pye. ■ (Poël. av. 1300, I, p. 33i.) — • Robe vaire 
. et grise. • (Ms. 7218, L 230.) 

Bele bouce porte et biau nez 

leus vairs come un faucon muez. (Ms. 13iS, f. 380.) 
Vairs yeus, rians et fendus. (Ms. 1218, f. 80.) 

Bonnement m'agrée de vous amer, blondete, 
Doucete, savoureusele, et vos ieus vair. 

Us. 6S12. f. 5S. 

Vairé. Qui imite le vair, en blason: » Racins 
« d'argent vairés et armoiés. » (Gloss. de l'IIist. de 
Bretagne.) 

Vairet. Un peu vair : 

Avoit le poil blondet 

Clair le vis et l'œil vairel. (Ms. 70S9 \ f. IS.I 

Vairie. Voirie : « Guillaume Guimont bailli de 
« la prevoslé et l'flij'je du Mans. • (Coût. Gén. Il, 
p. 163.) 

Vairon. 1" Se dit des chevaux dont l'iris est 
entouré d'un cercle blanchâtre : 

Dui chevalier vont chevauchant 
Li uns vairon, l'autre baurant. (Ms. 7218, f. 349.) 
Vairon a non cel roncin que je di. (Ms. 7318, f. 342.) 
2° Goujon : 

Et si a tant vairons et lux, 

Lonc pont ne puet passer nule ame. 

Fabl. s. Germ. t. 28. 

Que nos deffende, que nos gart 

De ces vairons et de ces leus. (Fabl. S. Gcrni. f. 28.) 

Vaissal. Vassal : « Si print nouveau cheval et 
« voulut de nouveau apaiser le vaissal qui l'avoil 

• ainsi abatu. > (Tr. des IX Preux, p. 500.) 
Vaisseau. Vase, ruche : « Se aucun eps ou 

« mouches à miel s'envollent hors de leurs vais- 
<• seaux. » (Coût. Gén. Il, f. 900.) — « l'n meschant 

• l'aisscrtM jamais ne tombe de la main. » (Colgr.) 

— • Qui veut tirer quelque chose de ce vaisse'àu, 
« il lui faut donner du vent. » (Colgr.) — « En 
« vaisseau mal lavé ne peut on vin garder. » 
(Colgr.) — « Le maulvais vin gaste et corromp le 

• vaissel. » (J. de Sainlré, p. 36.) 

N'onques de vaisseau pourri 

Nulle bone odors n'issi. (P. av. 1300, I, f. 35.) 

y'aissraus mauvais 

Fait vin punais. (Prov. du comte de Vret. f. 114.) 

Vaissel. Vase, vaisseau : « Le jour de la Tri- 
« nité.... trespassa de ce siècle la fleur de la cheva- 

• lerie des Anglois, messire Eduard et fut 

« embasmé et mis en vaissel de plomb. » (Froiss. I, 
L 454.) -On a dit de .1. C. : 

Au tiers jor, à bonne estrine 

Brisa d'enfer la saisine 

Et issi dou saint vaissel. (Froiss. Poés. f. 173.) 

Vaisselle. Ensemble de vaisseaux de bois, 
poterie, métal : » Avoir l'œil à sa vaisselle. » (Oud.) 

— « C'est de la vaisselle d'argent, il n'y a que la 

• façon de perdue, " se dit de la mort â'un jeune 



enfant. (Oud.) — « Pipes, barriques et autres sortes 
. de vaisselles à vin. » (C. G. II, f. 672.) 

VaissoUcment. Même sens : « Ils prindrent 
» leurs lentes et paveillons et tout leur vaisselle- 
» ment. » (Chr. de S. Denis, II, f. 34.) 

Vaive. Errant : « Si reuba vaives et orfenes. » 
(Ph. Mousk. p. 54.) 

Val, vans. « .letler le chef val, » trancher la 
tête. (Faifeu, p. 46.) — « Crier à val les rues. » 
(Gér. de 'Sew II, p. 100.) — « Venir en Allemagne 
. de val. • iVigil. de Charles VII, II, p. 135.) — 
• Chevaucher à val le Rhin. » (Gér. de Nevers, II, 
p. 25.) — « Jurer les mons et les vaus. » (Ms. 7218, 
f. 145.) — • Vouloir faire les mons et les vaus. » 
(Vig. de Charles VII, IP partie, p. 41.) 

Valable. 

Au vergier fruit gros et vermeil 

l'ius aliondant et plus valable 

Au cultiveur. (Desch. f. 533.) 

Valadidurc. Refrain : « Amouretes ai, J'en suy 
<• poli et serai; De mon cucr est en amouré, Le 
« clain de joliele Joliment chanteras Valadidure ; 
» Amours ai tout à mon gré. » (Chans. du ms. 
Bouh. f. 255.) 

Valaige. Vallée : 

Gelée, noif, montaigne, ne valaige 

Bois, ne désert. (Desch. f. 303.) 

Valance. Valeur : « Le seigneur foncier de la 
« chose pour la plus valance de laquelle l'argent 
« est retourné, pour raison delà somme retournée, 
» prend lods et ventes. » (C. G. Il, p. 678.) 

Valarara. Refrain, dans Thibaut, p. 101. 

Valayre. Ellébore : « Prenez .vi. livres de miel, 
« un (luart de verdel, et que le miel soil prcmicre- 
« ment fondu, et mené au feu, avec... une herbe 
« bouillie qui s'appelle en latin elleborum et en 
" noslro langage valayre qui fait clernuer les 
. gens. » (G. Phéb. p. 101.) 

Vale. Goule: « Doivent avoir ceulx qui sont à 
« cheval chacun une bien longue v«/c en la main 
» et dnivent rengicr les chiens. « (Mod. f. 41.) 

Valec. Gallois : » Lequel archcvesque exposa 
« premièrement en latin, et après en valec si 
1 eloquentcment... que les Anglois et les François 
» s'en esmerveiiloienl. » (Monslr. I, p. 139.) 

Valenciennois. » Chascun bourgeois donnera, 
« chascun an, au seigneur, à la fesle's. Bemy seize 
u deniers valenciennois. » (N. C. G. II, 263.) 

Valent. Equivalent : 

K'ai vi, k'ai quis 
D'ainors présent, et non valent. (P. av. 1300, II, 001.) 

Valenter. Avoir de la valeur : 

Car ester n'en trouble garcnte 

Ne autre valcnic. (Poil. av. 1300, II, p. 003.) 

Valontin, ine. Le Valentin originairement est 
une maison de plaisance avec des promenades sur 
le Pô, à demi lieue de Turin. Les assemblées 
étaient très galantes ; de là on a appelé Valentines 
de mets, des fêtes qu'on donnait en celle ville, et 



VAL 



vil - 



VAL 



donl il est pnrlé au Mercure de décembre 17;!.'!, 
p. 28'(1. Au Valoilnt, le jour du saiul (|ui porlc ce 
nom, les dames tiraient au sort le galant qu'elles 
auraient pour toute l'année; de là un galant s'aj)- 
pcla Yalenlin, et sa dame une Valentine. 

Ilamo de bonté singulièro 

Valenliiie, irrégulière. (Coijuill. p. lll.j 

" Valcnlins, pluniaciers, vendeurs de masques et 
« parfums. » (Arest. amor. p. 4'i8.) Marchands de 
petites nippes qu'on nomme galanteries. — ° Va- 

• lenliiis, recueil de vers galans. » (Quest. d'à m. 
préface.) 

Valcatnreux. Valeureux : « La vnlenturense 
« clievalcrie. » (Contred. de Songecr. f. 95.) 

Valer. Aider : 

Tuit cil qui de ta terre sont, 

Qui de toi fieus et terres ont, 

Te deivent aider et vater. (Hom. d'Artus.] 

Valerant. Oiseau : « Il y a une autre volerie 
« pour les champs qu'on appelle vol pour le gros, 
« comme quand on fait voler le faucon aux grues, 
" aux oies, aux butors, aux valcrans. » (Fouill. 
Fauconn. f. 5.) 

1. Valet. 1° Diminulif de vassal : « Aimeri, roi 
« de Jérusalem, avoit été povre valet, et gentil- 
« homme. >> (Ass. de Jérusal. p. 187.) — 2° Servi- 
teur. Brantôme dit de deux officiers « qu'ils avoient 
« chascun deux chevaux, un valet et un laquais. ■> 
(Brant. Cap. fr. p. 88.) — » Vin de valets. » (Oud.) 

— « Valet de fesle. » (Id.) — « valet de carreau. » 
(Id.) — « Estre fait comme un valet de piiiue. » (Id.) 

— « Estre comme le valet du diable qui fait plus de 
« mal qu'on ne lui dit. » (Id.) — » Faire le bon 

— valet. » (Sully, IIl, 10.)— . Pour le valet de mon 
« maistre » ^Oudin), c'est-à-dire pour moi. — « Les 

• valets de la feste vous remercieront. » (Id.) 

En pont, en planche et en rivière, 

Valet devant, maistre derrière. [Colgr.J 

« De grand maistre hardi valet. •> (Colgrave.) — 
« Cheval fait et valet h faire. » (Id.) — « Ce que 
« maistre donne et valet pleure, ce sont larmes 
« perdues. » (Id.) — « Valets cordouanniers. » 
(Arest. amor. p. 359.) — 3° « Valet, pièce de bois 
« qui soutient un miroir. » (Oudin.) 

2. Valet. Vallon : 

Robin l'attendoit 

En un valet. (Poct. av. 1300, II, p. 504.J 

Valete. 

Pour quoi ferai je contredit ? 

Ma femme a été à valete, 

Ele set tous les ars de Toulete. (Mod. f. 157.) 

Valeton. Diminutif de valet, au sens de jeune 
garçon : 

Philistiens très laidement 

Commencent à moquer Sanson, 

Lors coaseiUa au ralclon : 

Beau fdz, suy je au maistre piler? [Desch. f. 507.) 

« Fut faite une procession bien piteuse des enf- 
« fans des quatre ordres mandians, des valetons, et 
« pucelles. » (Journ. de Paris, sous Ch. VII, 203.) 



Valette. Compromis avec des valets, (Marol.) 

Valétudinaire. En cas de maladie: • Compele 
« aussi à notre ditte cour seule d'accorder com- 
" missions d'enquestes à futur valétudinaires. • 
(N. C. C. II, p. 47.) — « Le plaidant... pour se faire 
« requeste par devant le mesme juge, pour avoir 
•■ les témoins ù futur et valcludinaire. » (N. C. G. 
II, p. [)■>.) 

Valeur. 1" Courage ; Grelin (p. 53) regrette la 
mort de Guillaume de Bissipat, seigneur d'Anaches: 

Nous en gâtons sanglotz, soupirs et pleurs. 
Et à bon droit : huy perds ung des meilleurs 
Amys que j'eusse, acomply es valeurs, 

De tel affaire 
Qu'il n'y estoit le soûl poinct au parfaire. 

2° « Ils fondèrent une cité ((ui depuis fut nommée 
« Ortage, après le nom de valeur de leurs sei- 
« gncurs. » (Percef. V, f. 38.) 



Va li dire. 

Je sui por maqueriaus tenus 
L'en vous retient à va li dire. 



(Ms. 7218, f. 323.) 



Validorlaus. Refrain : 

(l'oèt. av. 1300, II, p. 005.) 



\'alid(jriaus 
Li doriaus, la durelle. 



Va lie. Va joyeux: 

Francheiz crient Monjoie, et Normanz Dex a'i'e ; 
Francheiz crient Arras, et Angevin ; va lie. (Bon. p. 121.) 

Valissant. 1» Valant : « Et ou ce adviendroit, 
« lui seroit baillé rente valissant la prisée de la 
« soulte. " (C. G. I, p. 377.) — 2» Vaillant: « Je 
« n'aurai pas du vostre un denier valissant. » 
(Ms. 7218, f. 344.) 

Valitude. Santé: 

A ceste reigle afferment valitude 

Vrays médecins. (Cret. p. 12.) 

Vallage. Vêlai, province. (Chron. de S. Denis, 
I, f. 153.) 

Vallé. Légalisé, ayant valeur : « Accords de 
« vraye amitié faits solempnellement et valiez par 
« foi et sermens solempnels. » (Preuv. sur le duc 
de Bourg, p. 344.) — « Décret passé et vallé est 
« équipollé à sentence. » (C. G. II, p. 918.) — « Une 
« sentence passée et vallée en force de chose 
« jugée. ■> (Id. p. 917.) 

Vallée. 1° Action de dévaler : a Les engins que 
« Dyonisius inventa à Syracuse à tirer de gros 
« traits et des pierres d'horrible grandeur d'une si 
« longue vallée et impétuosité. » (Mont. I, p. 497.) 
— 2° Chute: « Aucun ne tende liarnas à vallée de 
« prairie ni de marez. » (X. C. G. Il, p. 150.) — 
3» Descente: « Après grande vallée, rude montée. » 
(Colgr.) — « Chevaucher la chèvre en la vallée » 
(Cotgr.), les chèvres ayant les jambes de devant 
plus courtes, on ne peut les monter dans une des- 
cente. 

Vallerie. Vaillance : 



Des Bretons la chevalerie 
Doit moult bien mener vallerie. 



(Percef. VI, f. 21.) 



VAL 



128 



VAN 



Vallès, et. 1" Valcl, jeune garçon, célibalaire: 

Us sont des vallés de Provins, 

Dont il ne se marie nus, 

Se il nest vins et kenus. (Poét. av. iSÙO, IV, p. i34i.J 

Li vaNcs avoit ja .XX. ans. [Ms. TJS5^, f. 59.J 

2° Serviteur: • 11 n'avoit nul oir.... fors un se;il 
. vallet. ' (Ms. 7984', f. 70.) 
Vallel saillent et escuier 
Là où li rois l'ot commando. fMs. 7?/S. f. i'iO.l 

Valleteric. Valetaille: " Ces inipudens valiets 
« de valletirie d'honneur. » (Mont, des Gag. de 
bat. f. 38.) 

Vallois. Retranchements: • Nous vous mandons 
« que les engins cy dessous nommés chiphro, 

• garnis, vallois, ne prenez ou faites prendre par 
. vous. " (Ord. 1, p. 792.) 

Vallot. Valet : 

Ranfroi et Deiiisot 

El maint autre vullot. (Port. av. i300, I, p. ill.) 

Valloy, Gosier '?) : « Un rubi qui n'est gueres 

• moins srand que voslre grand valloy. « (Godefr. 
Charles VIII, p. 710.) 

Vallue. Value : • Vous estes bien îi la valliie do 
« me tenir aussi honnestement et plus que n'est 
« son mari. » (XV Joyesdu mar. p. 74.) 

Valobre. • C'estoit , certains chandeliers îi 
« l'épreuve nommés valobres, du nom de celui qui 
« les fit faire. » (Bassomp. II, p. 305.) 

Valoir. Ejc/iressious : « Valoir que mort. » 
(Lell. de Louis Xll, 11, p. 59.) — <• Valoir si vaille. • 
(Ms. 7()1."., 1, f. loi.) — " Que vaut ce vaille. » (Ms. 
7615, 11, fol. 137.) - « Se Dieu me vaille. » (Froiss. 
poés. p. 31.) — >• 11 vaudrait aussi cher qu'il n'y 
« eut plus de justice. « (Arest. amor. p. 398.) — 
<i Se mettre en rang d'oignon et ne valoir qu'une 
« eschalolle. » (Colgr.) Demander une place sans 
mérite pour la remplir. — • Tout bois l'flif/busches." 

— • Les couteaux de .Jean Colot, l'un vaut l'autre." 

— • Tant vaut l'homme, tant vaut sa terre. » — 

• Rien ne vaut la chose qu'autant qu'on la fait 
« valoir. » — « Un homme ne vaut rien sinon qu'il 
« se fait valoir. • — « C'est argent qu'argent vaut.« 
(Colgr.) — " Quant le cerf se \"oit chassé des chiens, 
« il va'cerclier les bestes à leurs reposées et les 
« boule, et les fait valoir devant eux. » (Fouill. 
Vén. f. 42.) 

Douce dame et chastelaine 

De tout valoir. (Voit. av. 1300, III, p. 1239.) 

Valeur, infinitif pris substantivement. 
Valor. Valeur : 

La se croisa le roy de France 

Et du royaume la valor. (ils. 6812, f. SO.J 

Quant nous morrons, Dieus nous doinst bonne vie, 

Je croi k'amors damage i aura grant, 

Mais loujors iert valors d'amors complie. 

Chans. du G" Thibaut, p. 1. 
La grant cor de France au doue renom 
Ou toute valors se baigne, (l'ocl. av. 1300, III, p. 1153. J 

Valour. Valeur : 

On set la valour 

De sa dame. (l'oit, av. 1300, IV, p. 1384.) 



Valtaillo. Valetaille : « Vous reprîtes votre che- 
» min... sans trouver sinon quelques bestes de 
» somme et de la valtaille. » (Mém. de Sully, 1, f. 109.) 

Value. Valeur : « Ce n'estoient mie hommes 
" d'aucune value, et... ils ne pouvoient plus f:iire 
• aucune œuvre, puis qu'ilzestoicnl ainsi malades.» 
(Joinv. p. 05.) 

Lors fu prise la Haignerie, 

Une maison enclose d'eve 

Qui la vahie d'une fève 

Ne doutoit de l'ost la puissance. (G. Giiiarl, f. 35ô.) 

' Un sextier de forment valoit 8 livres parisis, et 
« les autres grains à la value • [Chr. de S. Denis, 
11, f. 225;, c'est-à-dire à peu près, en proportion. 

Me mist en mes mains li messages 

Et me dist on à la value : 

Sire, nos mestres vous salue. (Froiss. poês. p. 191.) 

Van. [■ Le van et le rnstel. » (Oustill. au vill.)] 
Van de vent. « 11 porte un larillame van de 
« vent deploant. » (Poët. av. 1300, IV, 1307.) 

Vandi'ille (saint). « En estre quitte en siftlant 
" comme les moines de S' Vandrille. » (D. C. sous 
Cornarc. Voir Siffler. 

Vaneau. Vanneau, oiseau de l'ordre des échas- 
siers : « Se plus lourde n'est qu'uns vaneau. • 
(Poës. de Froiss. p. 285.) 

Vanel. Même sens: • L'espervierd'hyver, quand 
« il est bon, prend la pie, le jai, la "chouelte, le 
« grésille, le vanel. » (Fouill. Faucon, f. Cl.) 

Vanelcr. Vanner : 

Pour mieulx à l'aise vanelcr, 
On met estoupes par dedans 
La sainclurc de trop parler. (Coquill. p. 63.) 

Vaneraulx. Vanneaux: <■ Sept vingt faisans 
« qu'envoia le seigneur des Essars, et quelcques 
« douzaines de ramiers, cercelles, butors, pluviers, 
« vaneraulx. » (Rabel. 1, p. 239.) 

Vanés. Vannés, choisis, d'élite: » Ils chevau- 
« obèrent tant qu'ils vindrent à Yernon et moult 
<• avoient grant fain tous les mieulx vanés. • (Ilist. 
de Duguescl. Mén. p. 119.) 

Vanet. Peigne, coquille de S. Jacques : « Trois 
« coquilles de sable que d'autres appellent vanets.' 
(Lett. de Rabel. p. 102.) 

Vangeron. Poisson aux nageoires rouges ; on 
le pèche dans le lac de Genève. (Colgr.) 

Vanies. [Corrigez peut-être avanies.] " Ainsi 
« que font les Turcs aux chrestiens pour en tirer 
« les cafares qu'ils augmentent par une infinité de 
« vnnics, c'est h dire calomnies qu'ils imposent 
a tous les jours. » (Fav. Th. d'honn. 11, 1005.) 

Vanir. S'affaiblir, s'évanouir : 

Li siècles vait en vaxissaiit 

Si com songes en esveillant. (Fabl. de i). Germ. f. li.) 

Vanne. Espèce de lente ou pavillon. 

Vanner. Nettoyer, arranger, au propre et au 
figuré : « Trouva le duc à Vannes et luy compta 
a "mol ù mol coment on l'avoil vanne... le duc lui 



VAN 



- 120 



VAR 



• (lit... l)enu cousin, confortez vous. » (Froissarl, 
liv. IV, p. ll'i.) 

Mieux savent Ijallre que vanner. (Desch. f. AO'i.j 

• Vanner sa farine, sa plume au vent. « (Cotgr.) 
Vannerie. l>ieu où travaillent les vanneurs. 
(Cotgrave.) 
Vannet. Pelil drap, petit voile. (Oud.) 
Vanneur. Celui qui vanne. (Rob. Kst.) 
Vanneui'c. Criblure. (Oud.) 
Vanlance. Vanleric : 

J'eslois fille de roi, 
Et mains seigneurs (je le dy sans vantance), 
Riches et grans cherchoienl mon accointance. 

Cl. Marol, p. 573. 

Fers en lionor sans cangicr, 

Net de mosdit et de vanlance. (P. av. iSOO, 111, iOjô.j 

Vantege (se). S'appuie sur : « En action per- 

• sonel, cornent (lue l'en se va)itC(jc du fait de la 
« [leisonne que Ten suyt. " (Ane. Coût, de lîret. 20.) 

Vantol, e. Souffle du vent ; de 1;"» les expres- 
sions suivantes ; en pleine afl'airc, d'un seul coup : 

Car pour ce m'a elle ordonnô 

Sens, et entendement donné 

Que je remonstre en plain vanicle 

Ce que je sai, dont je me mêle. (Voés. de Fvoiss. p. 338.! 

A tant lor vint dire une espie 

Que lor genl ostoit départie ; 

Les viles aloient ardant, 

Quorant proie, vilainz prenant. 

Donc sourslrent Normant d'un vanlel. {Rou, p. Wtt.} 

Vanteor. Qui se vante : 

Bordeur ne vanteor ne croit. (Ms. 7^18, f. 315.) 

Vanter. • A petit parler, bien vanler. » (Fr. 
arcli. de Bagnolet, p. 4î.) — « Tel a nécessité qui 
« ne s'en vante pas. » (Cotgr.) — « Or n'estoit la 

• detle dudil delTen'deur et opposant ensaisinée, ne 

• inféodée, aussy ne s'en vantoU point le dit deiïen- 
« deur, mais c'estoit une simple promesse. » (Proc. 
deJ. Cœur, p. SI.) 

Je gaige que tout maintenant 
Que je chanteray ung couplet 
Si haut et si cler ; je me vant 
Que vous direz : cela me plaist. (Villon, rep. fr. p. 30.J 

Vanteur. 1° Vantard, inasc. : « De grands van- 
« leurs, pelils faiseurs. » (Cotgr.) — 2" Action de 
se vanler, fém.: » En grant vanteur ne fut onques 
« trouvé valleur. » (Percef. V, f. 57.) 

Vanteux. Vantard : 

.... Ces fols, ces grands vanteux 

Sont tous confus. (Bl. des faute, amours, p. 567. J 

Vantise. Vanterie : 

Se par fiance se complaint. 

A lui, d'anior qui le deslraint 

Nul ne 1' doit tenir à vanlise. (Us. 7218, f. i25.) 

« Beau chevaliers et vaillant en armes, sanz point 

• d'orgueil ne vantise. » (Percefor. VI, fol. Si.) — 
« Lesquelles loix se devront juger au profit des sei- 
« gneurs, soit par tesmoignage, comme dit est, 
« recognoissance ou vantise. » (X. C. G. II, p. GO.) 

Vantison. Vaaterie. (Borel.) 

Vantize. Revendication : « Si aucun tire baslon 



" et en faccnl envnhyc (larirc faile sur autruy.posé 
« qu'il n'y ait coup donné, celuy seroil jugé .'i 
'• soixante sols blancs, ...soit par tesmoignage, 
« recognoissance, vajili^e. • (G. G. I, p. 82'.).) 

Vanvole (à la). A la légère : « Le roy Charles 
» estoit sorti du royaume à la vanvole. » (Pasq. 
Hecli. p. 558.) — <■ l'ar le moicn d'une renonciation 
« faile par elle mesme tumultuaireinent et ù la 

- vanvole. • (Id. p. 801.) 

Ainsi permettent voler 

Son esprit à la vanvole ; 

Se laisse l'homme couler 

Sous les ailes d'une foie. fid. Œuv. mesl. p. AOO.) 

Vapeurs. « Vous n'avez plus si mal à la leste ; 
« vous ne voulez donc pas qu'on dise vapeurs; 
« mais que ferons nous si vous nous osiez ce mot, 
•> car on le met à lout. » (Lell. de .M""' de Sévigné, 
VI, p. l'ii», an. 1089.) — « C'est un secours pour 
>' expliquer mille choses qui n'ont point de nom. » 
(Id. p. 219.) 

Vapide. Infect. (Cotgrave.) 

Vai>orant. Odoriférant : « Iceulx fournissoient 
" les chambres d'caue rose, d'e:i;,o d'ange, et à 
« chascune la précieuse cassolette vaporante de 
" toutes drogues aromaticques. « (Uabel. I, p. 322.) 

Vaporé. Brumeux : 

Desja s'esteint des grans beautés le brait 

Près la splendeur de ta grâce qui luit. 

Si tristrement que les clairtés antiques 

Sentent le plomb de leur tens vaporé. [Loijs le Car.f. 0.) 

Vaporenient. Parfum : « quel parfum, o 
« quel vaporement. » (Rab. VI, p. 280.) 
Vaquier. Vacher : 

Vint à dix mille arbalestriers 

Courir au pays de Biscaye, 

Et de là, à tous ses vui/uiers 

Vers Guienne tira sa voye.fVifi. de Ch. Vil, U' p., p. 50.,' 

Var. Poisson, loup de mer. (Cotgr.) 
Varander. Sécher les harengs. (Cotgr.) 
Varans. Garant : 

S'ele est si bêle et si vaillans. 

Bien li porra estre varans ; 

Cuites en crt, nen n'i perdra. (Ms. 7989 ', f. 68.) 

Varaville. Pomme douce, verte, de la grosseur 
d'un ceuf. (Cotgr.) 

Varech. « Tout ce que l'eaue aura getté ou 
» boullé à terre est varech. « (Ane. Coût, de >'orm. 
f. 282.) — " Sous ce mot de varech sont comprises 
" toutes choses que l'eaue jette ù terre, par tour- 
« mente et fortune de mer. " (C. G. I, p. 1030.) — 
" La garde du varech appartient au seigneur du 
• fief sur lequel il s'est trouvé. » (C. G. I, p. 1030.) 

— « Tout seigneur féodal a droict de varech, h 
" cause de son fief, tant qu'il s'estend sur la rive 
« de la mer. » (C. G. I, p. 1012.) 

Varenne. Plaine (Trévoux), a Trois quarlelées 
« de terre varenne. » (C. G. II, p. 409.) 
Varenneux. Plat. (Cotgr.) 

Varer (se). S'exposer : « Les navires courans 

17 



VAR 



130 — 



VAS 



« les routes de l'Océan se varent à des Incrolnbles 
« dangers. » (Monel.) 

Varet Gucrets. (Oudin.) 

Vargaigue. Pour barguigne , convention : 
« Quiconque cèlera vanjaigne en le chilé, il doit 
« venir par devant le niaieurd'Arras...(iui le cèlera 

• loyauinent. » (Ord. V, p. 512.) 
Variableté. Variabilité: « Setu veulxcognoistre 

« foi tune et te soubzmeltre ù sa variableté. » (Al. 
Charl. p. -207.) 

Pleine suy d'orgueil, d'iniquité, 

D'avarice, d'abomination. 

De tous vices, de variableté. [Desch. f. 434.) 

Variant. Clijrnotant : » Il ressembloil i\ l'espre- 
« vier quant il a veu l'aisîle voler car en tout le jour 
<■ n'aura hardement en iuy ; ainçoys sera toute la 
« journée doubteux , et variant "de regarder. • 
(Perccfor. VI, f. 41.) 

Variation. Monstrelet dit de Jeanne d'Arcqu'on 
accusait de folie: » Si estoient toutes ses paroles 
« du nom de Dieu, par (|uoy grand partie de ceux 

• qui la veoieut etoyoienl parler, avoit gi'and cre- 
« dence et variation qu'elle fut inspirée de Dieu. " 
(p. i-2, an. 1428.) 

Varicqneux. Qui a des varices. (Cotgr.) 
Variement. Variation : >> Le roy de Navarre 
« qui veoit les variemens entre ceux de Paris et le 

• duc de Normandie, si pensoit et supposoil que 
« ceste cliose ne se pouvoil longuement tenir en 
« tel estât. » (Froiss. I, p. 210.) 

Varier. Contredire: « Quant il eut ouy les pur- 
» 1ers de la damoiselie, il fut si indiffei'cnt qu'il ne 
« sceut lequel faire, ou fuyr sa voye, ou aller avec 
« la damoiselie, et quant elle veisliiaricr, elle dist.» 
(Percef. \, f. 80.) 

Se je deusse es cieus monter, 

Ne fausse je pas plus liez, 

Quar toz estoie variez. (Ms. 121S, f. 3Ô8.J 

Combien que pas ne se varie. 

Quant à Dieu, cil qui se marie 

Car c'est ordonnance de loy. (Desch. f. ii46.) 

Varin. Instrument à vis pour lever les affûts de 
canon. [Cotgr.) 

Varinct. Petit varin. (Oudin.) 

Variteit. Variété. ;S. Bern. Serai, fr. p. 297.) 

Varlet. Viilet : " Varlets de leur concupiscence, 
« et passions, et pecbés. » (Am. ressus. p. IIG.) — 
a Si esloil la foule si grande des varlet::, et des 
« escuyers pour trouver leur seigneur que c'estoil 
» merveille. » (Perccfor. II, fol. 126.) — « Hommes 

• d'armes au nombre de cenl avec des arbaleslriers 
« et des z)a?'/c/s en nombre égal. » (Doucic. Il, 200.) 

Le conte fit cscripre 

Tout ce qu'il falloit sur ce dire. 

Puis le cfot dessoubz son signet. 

Si fist appeller le varlel. (Mod. f. 158.) 

" Que aucun barbier ne doist ester ou soustraire 
« à un autre barbier son apprentis ou varlet. » 
(Lett. de Charles V, an. 1372.) — Josué est appelé 
« varlet de Moyse. » (Toison d'or, II, p. 177.) — 



« Autant se prise beau varlet que belle fille. • 
(Colgr.) — « Sire je ay aymé une liaulte dame, et 
» l'ay maintes fois requise d'amours, cl tandis que 
« j'esloie varlet; et elle dist que jamais ne me 
« aymeroit jus(iues ù ce que je fcusse chevalier. » 
(Lancel. I, f. 82.) — " Lors vindrent deux escuyers 
" qui Iuy dirent: sire varlet, descendez. » (PerceL 
11, f. 79.) — [« (.lelian Dernier était) varlet enthicr 

• au roy, c'est assavoir que Iti où ledit , lelian Ber- 
« nier estoit.c'estoit celuyseul quiportoit et asseoit 

• l'escueille devant le ruy. » ;Réc. d'un bourg, de 
Valenc. p. 59.)] 

Varouhle. " Tant que les détours fussent payés 
" par les varoubles. » (Closs. du Beauvoisis.) 

Varrail, oil, ouil. Verrou : >■ Il peut et doit 
« faire son devoir de foi et hommage à la [lorte, au 
« varroil d"icelleen barrant le dit vftn'o//ou porte.» 
(Coût, de Berri, p. 322.)— » Li chastellain ferma le 
« guischet par deilens. car il boula le i'rt/T0H?7 outre 
« sans le fermer à clef. » (Froiss. I, p. 205.) 

.\insi que les Angloys, ung jour, 

Estoient allez courre au bestail 

II/, trouvèrent, leur retour, 

Les portes fermées au varrail. [Charles VII, p. 115.) 

Varvé Vairé : « Chevalier à l'escu varyé. » 
(Percef" 111, f. 122.) 

Vasaus. Brave (vassal) : 

Antenor fisent signer d'ans 

Car il iert sages et vasaus. [Mousk. p. 1 .) 

' Mais escapa coni vasaus. » (Mousk. p. 48.) — 
« Bien s'i prouva comme vasaus. » (Mousk. p. 585.) 

Vasletage. [Droit féodal : « Et puis si prendra 
" sa poignie Et puis prendra le vasletage. C'est le 
« servise del portage. » (Cens, de Verson, v. 210.)] 

Vasois. Vasais, dans un marais salant : « Aire 
« de marais sallanl noblement tenu et sans disme, 
■< garnie de vasois et autres choses est prisée deux 
« sols. »(C. G. Il, p. 585.) 

Vasquine. Basquine: « Au dessus de la che- 
« mise vestoient la belle vasquine de quelque beau 
» camelot de soye. » (Rabel. I, p. .323.) — .. Comme 
« encor pour aujourd'hui les cottes ou vasquines. » 
(Apolog. pour Hérodote, p. 435.) — Corsets venant 
de Biscaye; ils avaient des basques, d'où vasquines 
en prononçant comme les Gascons. (Le Duchat, I, 
p. 328.) 

Vassal. 1° Qui doit la foi et l'hommage, au pro- 
pre et au ligure : « Dans la confection duquel 
« partage le père et la mère sont tenus de laisser à 
o l'aisné vassal les meilleurs fiefs et la plus grande 
« partie. " (N. C. G. 1, p. 1101.) — « La princesse.., 
« quant elle en oy parler, vint à Bordeaiilx pour 
u veoir quel vassal ce estoit. « (Guescl. .Mén. 305.) 
— >' La damoiselie print ù crier et dist: vierge 
« Marie, comment ce vassal est biccé. • (Gér. de 
Nev. p. 82.) — » Si ^'en vint vers Iuy et lui dist : 
« Vassal, temps et heure est que vous vous repo- 
« scz. » (p. 113.) — " Vassal plus m'avez dit de 
« villenie que chevalier que je veissc oncques. • 
(Lancel. II, f. 43.) — « Par Dieu, vassal, je 1' dis por 



VAS 



- 131 



v.w 



» vos gaber. » (Poï-l. av. 1300, III, p. 1)70.)— •• Tant 
« que le seigneur dort, le vassal veille, et au con- 
« traire tant que le vassal dort le seigneur veille. » 
(Aresl. anior. p. AH'.).) — « Cn sei^^ueur de beurre, 
« de feurre ou de paille eoinbat bien ou nianj^e un 
" vassal ou sujet d'acier. » (Colgr.) 

Depportez vous d'en.seignior toi vansaitl: 

Clianlez à l'asiio il vous fera des pcls. (Dcncli. f. 93. J 

« Quand le duc l'oy ainsi parler, il dist que 
» c'estoit un lier vassal. » (Du Guescl. Mén. 37.) 

Commont, vassmi.-!, ce dist la dame, 

Je vous vois bel et grant et fort. (Ms. 7S1S, f. 900.) 

2° Brave : 
Normanz, dit il, sont moult vassaux. 
Vaillans à pié et à chevaux. (Rou, p. SQl.j 

Vassartir. Garnir, j^aranlir : » Seront tenus les 
" puisnés contribuer pour leur coite et portion aux 
« charges anciennes et autres qui esloient au jour 
« du trépas de leur prédécesseur et aux rcrcctioiis 
« et aux douennes viagères de i'rtssar//)' d'appel. » 
(N. C. G. Il, p. G04.) 

Vassaiilt. Drave : 

Qui ainsi fait on la tient pour vassaull. (Desch. f. i.j 

Vassaulté. Devoir du vassal : » Hommages, 
« obédiences, ligeaultez, vassaitlte:<, services. ■> 
(Cbr. de S. Denis' 11, f. t>{>'<.) 

Vassaiiment. Bravement: « Le roy Jean s'es- 
<• toil combattu vassaument. « (Cbron. de Nangis, 
an. 135G.) 

Vasse. Vase : 

D'illeuc alla par terre à Régnier au long col, 

Qui se tint as vacreis ; mez il s'en tint pour fol, 

La terre etoit en vassi', le pais estoit mol. (Rou, p. 3S.J 

Vasseaux. Vaisseaux: « Les gens de la Rochelle 
« se plaignoient de leurs vasseaux qui estoient 
« prins en mer, quant Hz alloient en marchandi- 
. ses. .- (Mod. f. 829.) 

Vassel. Vase : « Ils ouyrent venir parmy la mer 
« une petite nacelle d'ung pescbeur qui tant nagea 
« qu'il vint à bort. Lors issit de sa nef portant ung 
« vassel plein de poisson. » (Percef. VI, f. 43.) 

Vasselage. 1° Vaillance, acte de bravoure: 
« Commencèrent à ferir, à lancer et ù frapper de 
« toutes armures... et entrèrent l'un contre l'autre 
» par grand vasselage. - (Froissart, I, p. 275.) — 
« Vous' n'avez pas fait si grant vasselage qu'on 
« pourroit bien dire, car vous avez jouslé à l'en- 
« contre de deux femmes. « (Percef. III, fol. 84.) — 
« Sy ne s'y faingnoient gentilshommes de chascun 
« endroit soy monstrer sor vasselage, pour l'amour 
« des dames. » (J. Boucicaut, p. 31.) 

Richart ert moult proux et de grant vasselage. [Rou, 05. J 
Folie n'est pas vasseUuje. (Ms. 73iS, f. 300.) 

2» Utilité : 
Qui par beau servir 
Vient à son désir 

Il fait moult bon vasselage. (Poél. av. 1300, 1, p. 3il.) 
Je ne voy ci nul vasselage 

De demeurer en ceste terre. [III Maries, p. 323.) 
Ne plus c'om puet sans amer 
Avoir pris ne vasselage. [Poét. av. 1300, 11, p. 633.) 



Vasselaige. Bravoure : 

Et no craignez des Fram.'oy.s les oultraiges 

Oui liront tant par leurs liaulx vasselaige. [Marol, p. 13.) 

Lors d'Alvian, voyant le vasselaige 

De ces Trancoys qui tant bien combatoient. [Marot, 80.) 

Car deffait 
Suis, par ton lier vasselaige. [Al. Chatl. p. TOT .) 

Vassollage. Honneur: « Tenoient à grant hon- 
" neur et uassr'//a(/c celui qui pouvoit estre monté 
« premier. » (Froiss. 1, p. 374. ) 

Vassivc, veau. Agneau mille ou femelle de 
deux ans, en Berry. (Laur.) 

Vassy, A cause du massacre de l.'»G2, le duc de 
Guise fut appelé le « boucher de Vusstj. ■> (Branl. 
Cap. fr. m, p. 88.) 

Vastation. Ravage: « Esloil l'osl des Indians 
« comme adverty que Bacchus meltoil leur pays en 
« vaslalion. » (Rab. V, p. 180.) 

Vastiboiisicr. « Avisèrent en un grant lict 
« deux jeunes femmes et un gros iirts/;7;0HSie?' entre 
« elles. " (Print. d'Vver, f. 223.) 

VastiU'. Qualité de ce qui est vaste: « Il fut 
■' jugé comme impossible de défendre avec si petit 
« nombre de soldats, toute l'enceinte des faux- 
" bourgs , à cause du grant circuit et vastité 
<• d'iceux. » (Villeroy, Mém. IV, p. 11.) — . Il n'est 
'< point d'ame si reveche qui ne se sente touchée 
» de quelque révérence à considérer cette vastllé 
" si so.mbre de nos églises. » (.Mont. Ess. Il, p. 481.) 
— « Lieu de tristesse "et de pleur peult estre nommé 
« pour la vastilé du lieu. » (Tois. d'or, II, f. 54.) 

Vataron. Monnaie de Flandre valant douze 
deniers : « Que nulz ne soient tant osez, ne si har- 
" dis de faire les contraulx , ne marchander ù 
« sommes de marcs d'or ou de marcs d'argent, de 
« ferrins d'or, de monnoyes d'argent deiïenduz cy 
« dessus, à gros de Flandres, vatarons. » fOrd. V, 
p. 544.) 

Va t'en. Congé: « Elle luy oiïroit un povre 
« baston en sa main pour s'en aller avec la pre- 
« bende de va t'en. » (Arest. anior. p. 278.) 

Vaticination. Prédiction. (Cotgr.) 

Vaticiner. Prédire : « Ains tout son cueur mit 
« à vaticiner. » (Clém. Marot, p. 570.) 

Vatton. Loquet. (Cotgrave.) 

Vau de route (à). En déroule: » Se mettre à 
•< van de route. » (Mém. de du Bellay, T, f. 11.) 

Va, va. 

A .II. coups, ay perdu .vi. francs ; 

Pour autres .vi., voulez vous bien ? 

Couche, je ne refuse rien ; 

Or, va va ; — vous lavez perdu. (Desch. f. 315.) 

Vavasseur, or. Arrière vassal : 

Moult sont preudome vavassor 

Et moult vivent à grant honor ; 

Ce sont, ce m'est avis, les gens 

De qui vient plus afaitementz 

De chiens, d'oiseaus et de service. (Fahl. S. Germ. IGO.) 

Je suis nez au pais, fils sui d'un vavassor, 

Mou père est chevalier. [Ms. 1-21S, f. 346.) 



VAU 



— 13-2 



VAU 



yi faites 

Quand une reyne qui esloit si renommée 

Et de haulteur si très bas avaUée 

Que aymer valvaaseur. fPcrcef. II, f. SO.J 

« Saillent encontre luy les deux chevaliers qui 
« estoienl filz au varasseitr. » (Lancel. 1, f. 151.) 

Vavassorie. Arrière-fief : 

l'n in «rsmif a un degré 

Ou pereceus ne puot monter. [ifs. lilH, f. 365.] 

Vavassour. Arrière-vnssal : « Les mendres îrens 

• laboureurs se Iraioient arrière el ne vouloienl 
« illecques arrester, quant un païsanl l'rtyassoHr. • 
(Mod. f. '273.) 

Vaiicel, ele, elle. Vallon : 

La blonde à qui tonoie 

D'une part très en un vaitccl. (Vokl. av. i300, IV, i453.J 

' Et Josaphat en le vaucelle. » (Ffisl. dos 3 Maries, 
p. 282.) — . Saveur de vaucele, » plaisir qu'on 
gotite avec une femme, au ms. Vat. 141M), f. 132. 

Vaiiche. Pervenche. (Cotgrave.) 

Vauchieros. Rames: « L'armée du Turq estoil 
<■ au port comme dehors de seize îi dix huictgalées, 
" soixante ou quatre vingts galioles, de .xvni. à .xx. 
" vaucliieres. » (Monsirel. an. liSS. p. 50.) 

Vaucrcour. Vagabond : « Vaucreours , par 

• pais. « (Britt. lois d'Anglet. f. 72.) 
Vaucrer. Errer : « L'armée qui toute l'année 

• s'estoit tenue sur mer, vaucrant et fronlenant le 
« païs de Bretaigne. » (Froiss. 111, fol. 357.) — « Il 

« printdeux vaisseaux de mer et commença à 

« vaucrer et esrer par la mer. » (Mod. fol. 329.) — 
o Ainsi vaucrant alla Lyonnel par la forest. » 
(Percef. 11, f. 82.) — « Le chevalier alloit vaucrant 
« parmy la praerie. » (Id. f. 120.) 

Vaiulelucqiie, uque. [» Sainct voult de 
« Luques, " sanclus vultus de Liica ; Vaudelu, 
GodeUi. Copie de la Véronique ; on en voyait une à 
Paris dans l'église du Saint-Sépulcre : « Une croix 
« d'or, où il y a ung crucefix, en façon de vau- 
« deluques. » (Inv. de Philippe-le-Bon, ducs de 
Bourgogne, p. 4005.)] 

Richard trenche du vaudclucqua. [Coquill. p. il2.) 

En priant que très bonne cslraine 

Vous veuille octroyer le vaudelucque. fCoquill. p. i76.J 

"\''auderie. Hérésie, secte des Vaudois : 

J'ay veu grant rauderie 

En Arras pulluler, 

Gens pleins de rederie 

Par jugemens brûler. (D. C. sotts Valdesia.) 

Vaudeville. 1° Bruit qui court par la ville : 
« Mais laissant ces vaudevilles, soient vrais, soient 
.. faux. " (Mém. de Sully, IV, p. 2G.) — a il csti- 
« moil cette 0[iinion n'estrc fondée quf; sur un 
« simple vaudeville. " (Pasq. Rech. p. 'i!)'i.) — 2° 
Dicton, proverbe : u Va fouiller dans les cemc- 
« tieres une vieille charoigne de vaudeville qui 
■ n'est en usage que parmy les crocheleurs. • 
(Garasse, liech. des Uech. p. S35.) — 3" Chanson : 
. Comme -on en use en ces vaudevilles et chan- 

• sons. » {.I. du Bellay, p. %.) 



Vatulois. Hérétiques : « Courut la voix es mar- 

• chos de Picardie qu'en la ville d'Arras estoient 
•" plusieurs Vaudois, tant hommes comme femmes. • 
(Math, de Coucy, Charles Vil, p. 730.) — . Séduits 

• par illusion de diables lesquels en commun lan- 
« gaige furent nommés sorcières, étrangères ou 

• Vaudoises. » (Monstrel. II, f. IGI.) 
Vaudoisie. Hérésie : « Il fit subir l'inlerroga- 

" loire louchant la vaudoisie. » (llist. du Lan- 
guedoc, IV, f. 17.) — « En ceste année advint 

" un terrible cas et pitoyable que l'on nommoit 
» vaudoisie, ne scay pourquoy ; mais on dit que 
« ce estoient aucunes gens, hommes et femmes (lui 
>' de nuict se transportoient par vertu du diable 
« des places. « (Monstrel. 111, f. 83.) 

Vatidrc. Foudre, tonneau spécial pour le vin 
du Uhin. (Cotgrave.) 

Vaudi-ier. Ecouvillon pour le four. (Cotgr.) 

Vaudrillc. Souille : « Se tu lesse aler tes 
» lévriers à rencontre du leu, tu lui donnes avan- 
« taiges d'esloigner les lévriers, et ([uant on lesse 
" aler à rencontre, il retourne au vaudrille. » 
'.Modus, f. OG.) 

Vaufreiiage. Droit d'ancrage. (Laur.) 

Vaufroi. 

Grieviler on puet tondis 

Oui veut muser de vaufroi. fValic. i'iOO, f. i39.) 

Vaugirard. « Tu viens de Vaugirard; ta gibe- 
« cicre sent le lard. » (Oud.) 

Vaulte. Voùle : « Quand quelqu'un souhaite que 
« la publication de partage soit faite d'une maison 
« mortuaire de bourgeois, escheue soit dedans ou 
« dehors la ville ou aussi d'habitans de la mesme 
« ville, il le déclare au greffier de la Vierscharequi 
" avec le prevost ou le bailly ou deux eschevins, 
« en un jour de dimanche avant la grant messe, au 
« marché devant la vaulte feront ladite publication 
« de partage. • (N. C. G. I, p. 884.) 

Et en la terre austral ceste haulte 

Qui est ferme comme une vaulte. (Desch. f. 537.) 

Vault neans. Qui ne vaut rien : « Ces vault 
' neans de sergens. » (Merl. Coccaïe, 1, p. 72.) 

Vaultre. Chien qui chasse le sanglier: « Le 
« gosier leur escumoit comme à ung verrat que 
« les tiaî///JTs ont aculé entre les toilies. » (Rabel. 
II, prol. p. IV.) 

Vaultroy, et, ey. Vautrait, équipage de chasse 
pour le sanglier. (Oiid.) 

Vauiieant. Qui ne vaut rien : « Elle peut tom- 
" ber en un homme vilieux, vauneant, très mal 
« nay. » (Sag. de Charr. p. 217.) — « C'est la disso- 
« lution et générale corruption des mœurs i)ar 
« laquelle les vauncans veulent remuer. » (Id. iOi.) 

Vaiipute. Péché contre nature: ■ Un des prin- 
« cipaux maislres de la vaupute. • (Desiey, Ch. VIII, 
à .N'aples, p. 105.) 

Vaurycnnerie. On lit d'un société fondée par 
Gaston d'Orléans : « Il y avoit une autre assemblée 



VE 



- 133 



vi:a 



« ù certains jours où il se traitoit lio clioses plus 
« libres, cl pour cela on l'apiiclloit le conseil de 

• vannjeuncrie. » (Mém. du duc d'Orl. depuis 1C08, 
page 5'i.) 

Vaus. Val, de liaut en bas: « JcUer i|ucl(iu'uii 

• de vaus. • (Cuiart, f. 98.) 

Vauti. 1" Vouli, en forme de voùle: 

Km prison mise, 
En une cambre vaulie. (Ms. 70S0 ', f. 7:}.) 

2" Aniué : 
Les bras biens fais, onques vauCis. (Ms. l'JS'J ', /. 50.) 

Gros braons, basse chevillette, 

Pié vautiz. [Ms. 7 SIS, f. S5i.J 

Son menton vaulie, sa freche bouée riant. 

Valican, ll'JO, fol. m. 

Pié vautie, haingre à peu de cliar. fhl. f. i3rî.j 

Vautrer. Rouler dans la boue: » Faire ériger 

« ce tombeau superbe de marbre ^ ses pauvres os 

« (de Laulrec) qui vautroient et Irainoient misera- 

« blemenl et cliestivement en une cave. • (Brant. 

Cap. fr. 1, p. IG'J.) 

Vaiilrouiller. Même sens: •• Quant homme a 
« esté en ce monde un pou de temps, et il s'est 
« touillié. et vaiiirouillé es vaines gloires et deli- 
. ces. » (Mod. r. 90.) 

Vauvert. A Paris, on appelait rrtîu't'j'N'endroit 
où le roi Robert avoit l'ait bâtir un palais; mais 
comme il y avoit beaucoup de cariières aux alen- 
tours et que le vent, s'y engoulTrant, faisoit un 
grand bruit, le peuple s'imagina que les diables y 
revenoient. Saint Louis, pour les enchâsser, donna 
le palais aux Chartreux. (Mon. Dict.) — Depuis ce 
temps, le diable de Vauvert passa en proverbe: 

• Quoy voyant Artile, commença ù tempesler par 
« le logis, faisant le diable de Vauvert. » (Nuits de 
Strapar. II, p. 15.) D'après Borel, il y avoit dans la 
Chartreuse un puits où plusieurs moines se préci- 
pitèrent de désespoir. On fil croire que le diable de 
Vauvert les y avait jetés. 

Vauxpute. Péché contre nature: « Hérétiques 
« de la vauxpute. » (Catanée, Ilisl. ms. des rois de 
France, p. 282.) 

Vax, vax. Cri d'alarme, en flamand. (Monstr. 
I, fol. 131.) 

Vaxiller. Vaciller : 

Il fut larges, humbles et doux 

Aux povres gens, et envers tous 

Vraiz justicier, sans vaxiller. (Desch. f. 559.) 

Vayei". Vicomte en Bourgogne, en Berry. (Laur.) 
Vayeur. Même sens : « En la terre et chastel- 
« lenie de Nançay y a poids jusl et mesuresetchas- 
<■ cun qui entre en sa maison sont tenus chascun 
« an le lundy de caresme prenant les apporter au 
« vayeur ou chartryme pour iceux visiter. » (Coût, 
de Berry, p. 226.) 

1. Ve. 1° Malheur, du latin vœ : 

Heu, heu et ve illis 

Qui les cuers ostent de l'estude. (Desch. f. 526.) 

Se la paix n'est, t'e à toy Angleterre. (Desch. f. 2i.j 



Ve i cellui par qui dissencion 

Y demoura. (Desch . f. ;) ll.J 

Ve à celui qui la terre escorchler 

Voult le premier. (Desch. f. ■250.) 

2° Défense d'avancer: 

Uuant l'ange te vint dire ave, 

Ce fut gracieu.se nouvelle 

Trop mieulx plaisant, et trop plus belle 

Que iiuant l'ange nous cria ve. (Mod. f. 332.) 

Ce digne et gracieux ave 

Pris ave pour eva sans ve. (Guilt. Cret. f. 33^2.) 

Par lui furent cil ses araix 

Oui ains erent si ancmi 

Par le forfait dcl premier homme 

Qui seur sen va manga la pumc. (SorO. 01, c. -iO.) 

« Il fut avis qu'il partoit un aigle du lieu où le 
o saint Esperit, qui crioit ve ve ve. » (Mod. f. 312.) 

2. Ve. Vous; le duc de Bourgogne, ennemi de 
la paix, dit à Juvenal des Ursins, qui la demandoit 
au roi à la tète des Parisiens : <> .Juvenal, entendez 
« ve bien, n'est pas la manière de ainsi venir, o 
(Vie de Charles VI, par Choisi, p 41C.) 

Issiés errant hors de ma terre, 

Ouar je vous en congic sans doute 

Et la vous te et défend toute. (Ms. 7218.) 

Puisque je voi ve le filz de l'enfant. 

Selon les diz et exposicions 

Des prophètes. (Desch. f. 311.) 

Veable. Visible : 



Faire que on ne doit pechier 
Est à tout homme veable. 
Homes devint à tos monstrables 
Car en lui fu Deus non veable. 
Moi et les miens en deffendez 
De perte, de dampnation, 
De mal engin et de pi'ison, 
Des veans et des non vcables. 



(Desch. f. 8A.) 
(Soi-b. 60. c. 20.) 



(Ms. 7218, f. 261.) 

Veage. Voyage : « S'il advenoit par aventure 
« que nous ne peiissions mie aler en veaye de la 
« crois. » (Test, du C" d'Alençon, p. 182.) 

Lors fait venir sa baronnie 

Et leur deprie, comme sage, 

Qu'o lui aillent eu cel veage. (G. Gniarl, f. 103.) 

Veals. [Donc : » Et que cil voie veals s'amie Qui 
« plus fera cevalerie. » [Parlonopex, v. 7533.)] — 
Parlant de la modération de Séjan à l'égard des 
Romains : 

Et mist grant peine et grant ahan 

Por partenir veals tôt son an. (Ms. S. Germ. f. 16i.) 

Veaus, Veaut. Voyant : 

Bien doit cil qui en moi se met 

Veaut que li tans U permet. (Ms. 7080 ^, f. 58.) 

Moi et les miens en deffendez 

De perte, de dampnation, 

De malengin et de prison 

De la poestez ans deables, 

Des veans et des non veables. (Ms. 7218, f. 2G1.J 

Veant lui tant se réhonorèrent, 

Pharamon son lilz couronnèrent. (G. Gniarl, f. 142.) 

Veau. Ej;]]ressions : « Un veau, « un imbécile. 
(Coquin, p. 76.) — » Veau coquant, » jeune sot. 
(Rabel. IV, p. 97.) — « Veau.v de ville, ■> mignons 
qui courent la ville. (Dialog. de Tahur. f. 155.1 — 
<■ Veaux suraunez, » qui ont plus d'un an. (Ord. V, 
p. 476.) — « Veau cornart, » docteur pédant. Rab. 
IV, p. 97.) — 1 Veau escorné, » poltron. (Id!) — 



VKI5 



- 135 — 



VEE 



« IVflîM' qui volent sans elles, » soldais qui lAclieiU 
pied. (Froiss. 111, p. C2.) — « Veait.v eniiiponncs, » 
ignorants coilTôs, dans liab. 11, p. 10r>.) — « Venu 
. de dime. - sot. iRccti de Pasq. p. 701. "i — <■ Veau 
« retourné. >■ qui a la queue devant: « Alléguer de 
. gentils t'Crtu.i'. • (Rabel. 111, p. 101.) - «Etonner 
. povres veaulx, • les sots. (Coquill. p. 2G.) — 

• Aux veaux, aux veaux. » (Coquillart, p. 70.) — 

• Ressembler les veaux d'un an. • (Oud.) — - Faire 
. le veau, » le sot. (Oud.) — • D.iisler aux mous- 
« ches, comme veaulx de disme. » [Rab. 111, prol. 
p. SI.) — • Faire tuer le veau gras. • (Oudin.) — 

• Appeller un cerf î'CrtH. ■ (Oudin.) — « Avoir la 

• lièvre du veau, • une indigestion. (Cotgrave.) — 

• Faire le pied de veau, « secouer la jambe en 
dansant. (Gotgr.) — « N'avoir non plus d'arrest 
» qu'un jeune rcflH, • être étourdi, (kl.) — « En- 

• voier ù la place aux veaux, » montrer à quelqu'un 
qu'il est un sot. Lelt. de Pasq. II, p. 703.)— » Vous 
» aurez beau veau ; vous aluinnez bien, » vous vous 
plaignez tort en travaillant. (Oud.) — « Tout est 
« alîé aux veaux. « (Loyer des Faulces amours, 
p. 32G.) — • Geste queue "n'est pas de ce veau. » 
(Colgrave.) — " Faire manger des pois verds aux 
« veaux. » (Id.) — " Un cuider d'estre sçavanl vaut 
« la teste de six veaux. » (Marg. de laMarg. f. 3"J7.) 
— » Il est bien veau qui veau taille. » (Colgr.) — 
" Le loup emporte le veau du povre. » (Id.) — 
. Veau mal cuit et poulets cruds font les cimetières 
. bossus. " (Colgr.) — « Aussilost meurt veau que 
» vacbe. » (Id.) 

Veaiis. Donc ; le hérisson dit au loup : 

Baise moi ii-ncs par charité. (Fabl. S. Gcrm. f. 20.] 

Que porrai je ore devenir? 

S'il fust laiz, il m'en pesât veaiis ; 

Ce poise moi qu'il est si beaus. (Narcis, f. iiO.J 

Dieus, vivrai ge jusqu'à cel jor 

Que voie bien mellé l'ester 

Et que cil voie veaus s'amie 

Qui plus fera chevalerie. (ila. S. Genn. f. i^H.) 

Veautre. Vautre, chien pour chasser le san- 
glier: « Alanz est une nature et manière de chiens, 
« et les uns sont que on appelle allanz genlilz, les 
« autres sont que on appelle allanz veautres. « 
(Gast. Phéb. p. Il'i.) — « Tout homme qui veut 
« hanter la chasse des ours ou des sangliers, doit 
« avoir et alanz, et lévriers, et veautres. »(ld. MO.) 

Mais tuit dampné seront li autre 

Li félon chiens, li félon veautre. (Sawle Lcocadic, f. 21.) 

Vciiutremcnt. Action de se vautrer. (R. Est.) 

Vcautrenr. Celui qui se vautre. (Cotgr.) 

Veautrior. Même sens: « Cy devise comment 

o on puct prendre le sanglier veaulrier. « (Cast. 

Phéb. p. 310.) — « Et aussi sont ils bons pour r'm»- 

• trier (\c. nuit. - (Cast. Phéb. p. 117.) 

Veautroir. Endroit où se veaulrent les pour- 
ceaux. (Colgr.) 

Veble. Glouteron. plante qu'aime l'ortolan. 
(Oudin.) 
Vebre. Fourrure. (1). C. sous Squirellus.) 



Vee. « Toutesfois, si estoit il le plus tendre 
" comme le petit vec de bois, et neantmoins d'un 
« seul mouvement et escoupe, il occisl 800 hom- 
« mes. » (Tr. des IX Preux, p. 73.) 

Vece, eche. Vesce: « Ny même pouvoir pren- 
« dre et emporter hors des champs aucuns poix ou 
« veclies. X (N. C. C. I, p. 311.) — « Se tu veulx 
« prendre tel sanglier qui est amors ù mengier tes 
« pommes ((ui sont ù terre, et fault que tu lui don- 
« nés une jerbe de t'fc/ie ou d'avaine ù mangier. • 
(.Mod. f. 90.) 

Quant il ne peut alener, 

N'en puet o soi du sien porter 

La montance d'un grain de vece 

S'il n'a bien fait en sa jonece. [Ms. 721S, f. 230.1 

Ve chemin. Mendiant qui va par chemins : 

N'est pas de l'ordre Saint Martin 

Qui en yver par la brune 

Parti de son branc acherin 

Son mantel, au povre ve chemin. (D. C. sous Rranca.) 

Veci. Voici: <■ Veci beau. » (Du Cuescl. Ménard, 
p:ige '2i4.) 

Vcctigal, aile, h' Impôt: « Le mot vcclii/al 
» est gênerai comprenant et le tribut et la rede- 
« vance qu'on doit à cause des terres et héritages 
« baillez en emphyteuse, et le péage qui est dû au 
« seigneur.... pour la voiclure, transport, et autres 
<> choses. » (Bout. Soin. rur. p. IG').) — 2° .idjeetif: 
« Action vectiijalles\ comme des payagcs ordonnés 
« par les anciennes constitutions confermées des 
« princes.... Par ceste action on chet en amendes 
« grandes de transgresser sans l'annoncer. » 
(Bouteill. p. I.-.6.) 

Vecture. Action de voiturer; une femme énu- 
mère ce que lui donnait son amant: 

Lis de parade et corame dorez, 

Miroirs, tableaux oii j'estois en peinture, 

Marques, tableaux et coches de vecture. 

Joach. Du Bellay, p. 489. 

Vedat. Entouré de murs; se dit d'un bois. 
;Colgrave.) 

Vedeaulx. Veaux: « Touchant devant soi trois 
« vccleaulx à rouge museau. » (Rabel. I, p. 108.) 

Vedette. Sentinelle: « L'on commença de don- 
« ner l'allarme bien chaude et lui fut rapporté (lue 
« les veilettes perdues avoient reconnu toute l'armée 
« ennemie qui se rangeoit en ordre de bataille. • 
(Mém. de Sully, I, p. 321.) 

Vedille. Partie du nombril que tranche l'ac- 
coucheur: » Les femmes, en pluseurs lieux, com- 
" mandent aux matrones, lors des acouches. leur 
« garder la i'frf///e ou nombril de leurs lilles.... 
« croiant superstitieusement ([ue si on donne de 
" celle poudre à un homme qu'il deviendra des 
« aussilost amoureux de la fille. » (Malad. d'am. 
p. 223.) 

V6e. 1° Malheur [vœ] : « Lors commença le paovre 
» Limosin à dire: Vée à'iç.on geutilastre. » (Rabel. 
11. p. 4.").) — 2° Défense: « Vée de bestes. » (Brilt. 
Lois d'Anulel. f. 50.) — • Plées de vées. • (Britt. 



VEG 



- 13." 



\i:i 



Lois d'Aii;ilel. f. 1'.).) - « Appel de vée de droit. 
(Coul. du IJerry, p. t>G2.) 

L'amour ki est vée 

C'est la plus désirée. {Poijl. av. 1300, III, p. 1258.] 

Veé. Défendu : 



Le second est, par Adam recité, 
Du fruit vcc dont il fil la morsure. 

Veelct. Petit veau : 

Et Rcnarl cpii la proie cliace 
Aura le vcclcl petit. 



(Descli. /. .'l'iO.J 



(Ms. 7? 18, f. 103.) 

Vcclin. Vt^liii; pe;ui de veau : 

L'en cscrit bien en vculin. /'.Us. 7?iS, /'. ^GO.J 

« Cuirs d'illnnde, d'Ecosse cl de Meiros, veelin, 
« cuirs de ciievaux et de tous autres à la value le 
« lot vingt deniers. » (Ord. I, p, (iOO.) 

Vecineut. 1" Isiculté de voir. (Xlarbod. c.lGi'2.) 
— 2° Apparition, action de se montrer: 
Et par femme et par fust estoit vie perdue, 
Et par femme et par fust convint que fusl rendue ; 
I*ar fenie fu perdue, par son enticement. 
Par le fust, par le fruit dont Uieus fit vcoiu'jil. 

Hisp. ilii Juif et du Clireslien, f. 100. 

Vee4'. Défendre : 

Et elle un jouvonccl aima 

Et à sa niere le monstra ; 

Sa mère pas ne li vea. (Fali!. ms. p. 33.) 

Tout fit l'cc'i-, tout fist deft'endre 

Fors viande, boire et prouvende. (Bnit, f. 75. J 

Confesse de Brie 
Qui comans, je n'os veei: (PolH. av. 1300, II f, p. 1015. J 

Veesure. « Se aucun loue pressoir par 

« veesure ou parverinoulure, il convient deligaum- 
" ment regarder à tel cas. » (Deaum. p. 204.) 

Veeur. A la suite de l'anc. Coût, de Normandie, 
fol. 33, on appelle îV'('»r celui qui, en matière de 
procès, fait une visite ou une descente sur les lieux. 
(Du Cange, sous Vlsores.) 

Vef, efve. Veuf, veuve: " Se aucun venoil en 
« court et deist tel est de moi un enfant, lequel 
« enfant est vef. « (Ass. de Jérus. p. 124.) — « En 
« mes anciens jours, je demeurai vefve de femme 
» et de enfans. » (Percef. 111, f. 93.) 

Ce mescliant 
Qui fait tant d'orphelins et tant de maisons vefvcs. 

Durant, p. 214. 
Vielle de murs, vefve de chastellain, 
Jusques à cy destruite et désolée. [Desch. f. 56.) 

- Ne perdra pas la vefve le droit de sonveufve. •> 
(Douteill. Soin. rur. p. 550.) 

Vefvé. Privé de: « Quel plus grand malheur 
<■ scauriez vous souhaiter aux hommes que d'estre 
« vefvé du bien (lu'aulrefois il a désiré. » (Choliôr. 
fol. 159.) 

Vege. Arbrisseau. (Cotgr.) 

Végétative. Végétation: « Nous volons la vigne 
« plus tortue et conlrefaileque toute autre sorte'de 
« bois contenu presque en sa végétative l'esprit ou 
« ame de tous nous autres. (Pasq. Monopli. p. 157.) 

Végète. Vivant: « 11 a vescu soixante et (luinse 



« ans, sans user de lunettes, végète de corps et 
« tl'espril. .. (Lelt. de Pas(|. 1, p. 435.) 

V'egille, Vigile: « Avoii' maie venille. • (Mousk. 
page 2-2;i.) "^ ^ 

Vegiiadc. l'ois: .- .le m'en voys boire encor 
" (luelque veyuade. » (Itabel. I, p. 32.) 

V»'licnienteineiit. Violemment: <■ YeJiemen- 
" lemenl su.specciieuse du dit l'ait. • (Ord. 111, (JC4.) 

1. Velier. Venir: 

liiiMis, (lit la dame, vos consaut 
l':t lie sa dextrc main vos saint 
Car vous vehcz à un bon saint. (Ms. 7G15, II, f. 150.) 

2. Veher. Voyer: « N'ont les dits moyens et 
« bas justiciers ((u'un seul juge qui se doit nommer 
« commimeinenl juge tv?//«', en action personnelle 
» seulement. » (C. G. 11, p. 285.) 

Veherie. Voirie : « Le droit de boutage, appelle 
« en mol commun et gênerai la veherie, qui est 
» que le seigneur des diltcs terres.... a droict de 
« prendre, pour iceluy droict de boutage, scavoir 
>■ pour chascun tonneau de vin pur qui se vend en 
" détail, quinze pintes et cliopine de vin. » (Coût 
deBerry, ch. LXXXIV, p. ii03.) — « La ville et 
velierie de Mehun. .. (Coul. de Derry, p. 37C.) 

Veliue. Vue : 

Lors ne pot cil apercevoir 

Que ccle robe iert devenue 

Se cuide bien qu'à ea venue 

L'ot vehuc sor sa huche. (Ms. 7015, II, f. 150.) 

Après vehue cornerés. 

Lorsque le cerf rencontrerés. (Guér. Très, de Vén. p. 13.) 

Veldie. Haine; Rernard de Lombardie, pour 
s approcher de Richard, duc de Normandie : 

Li dus le tint à grant vcidic, 

.Si li torna à cortoisie ; 

A grant honour le recheu. [Rou, p. 193.) 

Veier. Témoigner : .< Si ele ne met fé à veier 
« par escrit ou par tesmoynes, que furent al esla- 
« blissement et à les esposailles. » iDritlon , Lois 
d'Angl. f. 256.) 

Vejette. Vif, fol. (Cotgr.) 

Veiglent. Veillent: « Desprisemenl de tout ce 
« pourquoy les humains tant veiglent, courent, 
« travadlent. » (Rabel. I, prol. p. xlii.) 

Velgué. « Bien veigné, » bien venu, auxEscrai- 
gnes di.iouuoises, de Des Accords, p. 24.) 

1. Veille. « Ensi qu'amant vont ù la veille. » 
(Froiss. Poës. p. 417.) 

L'en les doit bien conter as veilles 

Que n'i a nulles lor pareilles. (Ms. 7015, II, f. 131.) 

Lny venu, entreprint d'aller 

Dens une raeschante naselle 

Lesditz Françoys avitailler 

Non obstant des Angloyslarei/?e. ('Vif/. rfeC/i. VII, 185.) 

« Faire veille à point de fesle. » (Al. Cliart. 743.) 

2. Veille. Vrille: « Doit estre fichiée dessoubz 
« la branche en un peituis faite d'une grosselte 
" veille. » (Mod. f. 1G5.) 

Veillé. Surveillé : « N'avoit pas esté bien veillé 



VEL 



- 13C 



VEL 



« à la guerre, ni exercé 65 l'heure de SQ jeunesse. » 
(Monlbourclier, Gage de bal. f. 32.) 

Veiller. « Assez veille qui bien fait. • vCotgr.) 
— • l'n ami veille pour l'aulre. » (Cotgr.) 

Veillore. Plante, liset. (Rob. Est.) 

Veillerie. Veille : • Après plusieurs paroles 
. qu'eurent ensemble de la maladie de M"" la dau- 
» phine , et de ses veillevies qu'elle faisoit. » 
(Duclos, Hist. de Louis XI, p. 58, preuv.) 

Veillette. Vrille: « 11 a deux espointe qui sont 

• mis sus la branche à une veillelle." (Mod. f. 160.) 
Veillier. 1° Faire veiller : « Soit mis sur le 

« poin? devant le jour, car trop veillier son faucon 

• n'est pas bon. (.Mod. f. 113.) — -1" Veille : 

Itels gens si font enaigrir 

Le chanl de Dieu et les chancons 

Ils aiment mieux les eschancons 

Et les keus et les boutoilliers 

Que les chanters, ne les veilliers. (Ms. 73i8, f. 3i3.} 

Veillots. Vieux animaux : « Le décès du deten- 

• leur arrive sans hoirs de corps, la tenue retourne 

• en entier au seigneur, à l'exclusion de tous les 
. collatéraux, soient paternels ou maternels, fors 

• les veillots et engrais, que les coUatereaulx peu- 

• vent poursuivre dans deux ans. » (Xouv. Coût. 
Gén. IV, p. 413.) 

Veillotte. Gland. (Cotgr.) 

Veine. « Veine borgne, honteuse, jartiere... • 
(Cotgr.) — « Se faire saigner de la veine du foy. » 
(Arest. amor. p. 198.) — « Trouver la veine ii quel- 
« qu'un. ■> (Cotgr.) — « N'avoir veine qui tende 
« à quelque chose. » (Cotgrave.) — « U lui a bien 
« trouvé la veine. » (Oudin.) 

Veinelette. Petite veine : 

Bien qu'un appelle ou un autre Enfranor 

Jeuze, Parrhase, ou un Tunante encor 

Peussent revivre et voyr mon angelette, 

S'il ne pourroit leur blândissant pinceau 

Représenter au vif dans un tableau 

De son beau corps la moindre veinelette. fTahur. i~0.) 

Veinete. Petite veine. (Marbod. c. IGOS.) 
Veiour. A'eilieur, inspecteur : « Velours des 

« ouvrages le roy. » (Carta magna, f. 1272.) 
Veir. Vair: ■ Li regarsdesesi'e/rs ieus m'ocist.» 

(Ms. Bouh. f. I'i2.) 
Veirat. Poisson, maquereau. (Cotgr.) 
Veirré. De verre : « Cagettes veirrées pour 

« mettre oiselets de Chypre. » (D. C. Veireria.) 

1. Vel. Val, vallon : 

Devers un teltre ont pris ostel 

Normanz ont mis devers le vel. (Roti, p. 361.] 

2. Vel. Chaperon du faucon: • Si vous diray 
« comment il doit eslre mis en arroy et en ordon- 
« nance, qui a ung faulcon nouvel, il doit avoir 
« nouvel "arroy, comme ung grant vel blanc et 
« nouvel de cuir do cerf. » (Mod. f. 59.) 

Vêle. Voile : 



Yeyssioz moût serjanz aler 
Et ceuls issir et ceuls entrer 
Vêtes et couvertours embler. 



(Hou, p. soi.] 



• Alerenl à vêles et à navirons, tant qu'il vin- 
» drenl à Escalone. » (Mari. V, p. 731.) 
Velée. Voilée : 

La entra en une abbaye ; 

Nonne devint illcc velce. (Brut, f. 100.) 

Une vieille a encontrée 

En guise de nonain velce. (Fabl. S. Germ. f. ST.) 

Velenailles. Relevailles (?) dans Rabel. V, 80. 
Vêler, eller. Mettre bas : « La vache du riche 

• velle souvent, celle du povre avorte. » (Cotgr.) — 
« lis suivent volontiers gens d'armes pour les cha- 
« rongnes du bestial ou des chevaux morts ou 

• d'autreschoses: ils re/enf comme chiens. » (Fouil. 
Vénerie, f. 102.) 

Veleure. Etat d'une chose velue. (Cotgr.) 
Veleiix. Qui vêle souvent. (Cotgr.) 
Velin Le Laboureur dit qu'à Paris on prononce 
velin pour venin. (Orig. des arm. p. 1-41.) — Velin, 
dans S. IJern. correspond à Venenum. 
Veliiiée. Envenimée. (Borel.) 
Vellain. Vilain : 
Cop ne gaignay depuis que ce vellain 
Me regarde ; de Dieu soit confondu. jDesefi. f. 50'.) 

Vcllateur. Qui assiste au mariage (?) : « Morbe- 
« San, seigneur es parties d'Achaye, fils de llorestes, 
. avec les frères, dont l'un est Collabulabre, colla- 
« teraux , vcllateur de Urbaneus impcraleur. » 
(Monsirel. 111, p. fil.) 

Velle ci. Voici : 

C'est, fait ele, mes gastiaus ? 

Velle ci, fait il. (Ms. 7089 ', f. 45.) 

Velle, velle. Veille, répété : « El alors la garde 

- de la gabie commença à crier : velle, velle. • 
(Monlluc, I, p. 515.) 

Velles. Veilles : 

Par ma foy à bien pou me tient 

Que tu n'as deux coups, pour tes velles, 

Et deux coiffes pour tes chandelles. (Descit. f. SOQ.) 

Velleyen. Sénatus consulte de Silanus et de 
Velleius tutor, par lequel la femme a droit sur les 
biens de son mari, avant les autres créanciers : 
« Renonçans ù tous privilèges... et especialement 
« la dite Agnès à l'epistre du Sénat Velleyen. » (Du 
Gange, sous Velleianum.) 

Veloiirde. Palourde: « Que nuls chartons ne 
» se advancent de prendre lanchars es velourdes et 

• fagots mis en quaiies es tailles des marchans... 
« que les velourdes dcbvront avoir sept paulmes de 
« cloyure. » (C. G. 1, p. 814.) 

Velours. « Ventre de velours, robe de bureau.» 
(Cotgr.) Nous disons aujourd'hui • dos de velours, 
« ventre de son. » 

Velouté. • Cuir, taffetas velouté. • (Cotgr.) — 
<■ Vin à sevc veloutée, armé d'un verd qui n'est 
« point trop commandé. » (Bourg, genlilh. IV, 1.) 

— « lue livrée grise, avec des galons d'argent et 

• des veloutex- bleus. • (Lettres choisies imprimées 
en 1751, p. 3W).) 

Vclouticr. Ouvrier en velours. (Cotgr.) 



YEN 



- i;{7 — 



VF.N 



Veloiix. Velours: « Vcloux veloulc. " (Jeli. de 
Sainlrc, p. 55G.) — ■ Elles mirciU bordures îi leurs 
« robes décris... et d'aulresclioses si larges comme 
« d'un vcloit.i i\e liaul ou plus. » (Monstr. III, l'i'J.) 

— « Robbc de vcloit.v, ventre de foin. » (Oud.) 
Velte. Cordon : « Chapeaux bordes d'une w//6' 

• d'or ou d'une velte d'argent. » (Colomb. Théâtre 
d'honneur, I, p. 118.) 

Velu. 1° Couvert de poils : 
" EsclinlTaut couvert de tapis velus. « (Colomb. 
Théàt. d'honn. I, p. 178.) 

De bons liarnois, de bons chauçons velus. (Desch. 234.] 

J'ai comme maint moines 

Queue roide et tesmoings velus. (Desch. f. 333.] 

lit ne cuit pas emplir mes pages 

De trufes ne de faiifelues 

Dont les liistoires sont velues. (G. Guiavl, f. iO.] 

« Quand ils furent en la quaresme, ils furent à 
« trop grand destroit, car des vivres de quaresme 

• n'avoyent-ils nuls. Si s'en partirent en une com- 
« paignie bien douze mille de soudoiers et de gens 

• qui n'avoyeni de quoy vivre et qui estoyent tous 
« tains et velus de famine. » (Froiss. Il, p. 17'2.) — 
« Chemin joncha et cas velu sont fort propres à 
« marcher. •> (Brant. dam. gai. I, 334.) — 2» Gazon: 

Et s'avoit illec environ 

Maint noble oisel sur le velu. (Desch. f. 32i.] 

Lendemain bien matin à l'aube 

Parlent les velu: et les chans. (G. Guiavl, f. 304.] 

Veluette. Herbe, filoselle. (Colgr.) 
Ve me ci. Voici : 

Et l'e me ci vo valeton. (Froiss. poés. p. i03.] 

Venacion. Venaison : 

Dieu scet quel délectation 

Y a eu tel venacion. (G. de la Birjne, f. iiS.] 

Venaison. « Venaison de Poissi, » bœuf. (Oud.) 

— » C'est de la venaison, » des filles de joie. (Oud.) 

— « Manger la venaison qu'on a chassée pour au- 
« trui. » (.1. Marot, p. 20.) — » S'on te demande en 
« quel temps sangliers ont meilleure venaison, tu 
« dois dire que la saison des sangliers commence 
« depuis la première S. Michel jusques à la S.Martin 
. d'iver. » (Mod. fol. 23.) — » Et est signe qu'il est 
« poysant et qu'il ait bonne venaison. » (Id. f. IG.) 

— a Toute chair n'est pas venaison. » (Cotgr.) 
Venans. 1» Ceux qui venaient disputer le prix 

des tournois contre les tenons, c'est-ù-dire ceux 
qui en tenaient l'emprise. (Colomb. Théàt. d'honn. 
p. 194.) — » Et estoienl six François et six Anglois 

• tenans, et les rois estoient venans. » (Rob. de la 
Mark, p. 384 ) — « Le jeune adventureux, le grand 

• escuyer de France, et le duc de Suffolk Anglois et 
» avec leurs aydes tindrent le pas à tous venans. » 
(Id. 231.) —2° Rapportant: « A tous les nobles de 
« vostre dit bailliage... et autres qui tiennent fiefs 

• et arrière fiefs, venans ou vallans par an vingt 
« livres tournois. » (Monstrel. I, p. 19G.) 

Vencu. Vaincu : 

Car aine n'oi parler d'orne vencu 

Ki grant honor puist après avoir. (P. av. 1300, III, 008.] 
X. 



Li mons est vencus et faillis; 

Drois est puis k'amors n'a pooir 

Ke li siècles ne puet mais riens valoir. (Ici. p. i44.] 

Vendanc. Vente : « Vendage. mort et mariage 
• corrompt tout louage. • (N. G. C. II, p. 418.) 

Vendange. « Cuideur de vendange. » (Cotgr.) 
— « Prescher sur la veH(/«M^c. » ((tud.) — - Faire 
« grant i'6'/if/a»i/c de Sarrasins. « (Histoire des III 
.Mar. p. 408.) — « Adieu paiinicrs, vendanges sont 
" faites. .. (Gouj. Ribl. fr. XIII, p. 190.) 

Vendanger. Passer au fil de l'épée: - Tous les 
» Siennois estoient vendangés. •> (Brant. Cap. fr. 
II, p. 2U3.J 

Vendangeret. Qui sert en vendanges. (Rabel. 
IV, p. 129.) 

Vendengage. A vendanger: 

Qui fait vignes, li coux est grans ; 

iJastons y fault à oultraige, 

Lyeure trois roies des frans ; , 

Pour chascun arpent vendengage. 

Cuves, cuviaux. (Desch. f. 203.] 

Vendenger. 

Qui n'a ne fié, ne terre, 

Ne doute pais ne guerre ; 

S'aucuns le velt aerdre, 

Mauvaisement vendenrje. (Prov. du Vil. ms. S. G. f. 76.] 

Vendengercsse. Vendangeuse. (Juven. des 
Urs. Charles VI, p. 354.) 

Vendengier. 1° Piller: « Tout est vendengié et 
" grapé. » (G. Guiart, f. 216.) — 2° Couper, faire 
saigner : « Vendengier les oreilles (Ms. 7218, f. 78), » 
les couper. 

Vendenner. Vendanger : « Longuement pro- 
« céder est à l'avocat vendenner. » (Cotgr.) 

Venderesse. Qui vend. (Cotgr.) 

Vendes. Ventes: « Nous avons franchi et fran- 
« chissons.... les devant dits et leurs hoirs naiz et 
" ;^ naitre,.... par tous nos fiefs, refiefs et retrofiefs, 
« de toutes tailles, mortages, péage, pavage,... et 
» de toutes vendes de toutes rentes et devoirs de 
« bleds. » (Beaum. p. 429.) 

Vendeur. Qui vend : « Nul marchand de vins 
" ne pourra acheter aux pors à Paris, vins en gros 
« pour revendre audit port, à la peine dessus dite ; 
« ne il ne pourront ne feront vendre leurs vins, si 
" ce n'est par eux mesmes ou par l'un des ven- 
« deurs. » (Ord. 11, p. 355.) — « Vendeurs de vent, » 
qualification déshonorante donnée aux ménétriers. 
On sait que ce métier était regardé comme iniàme 
en Bretagne, surtout si l'on jouait des instruments 
à vent. (Ane. Coût, de Bret. f. 79.) 

Vendeville. Vaudeville: « 11 en fut fait une 
» chanson ou vendeville soldatesque et jolie. » 
(Brant. Cap. fr. IV, p. 191.) 

Vendices. Bénéfices : 



Et tous séculiers offices, 
Estoient donnez aux bons 
Non pas aux coquars et nices 
Ne vendices. 



(Desch. f. 68.] 
18 



YEN 



- 138 — 



YEN 



Vendicqiier. Revendiquer: 

Si je voys quelque sol fringuer 

De chose que à femme je donne, 

Se je la pouroye leiiclicijuer 

Reprendre ou à moy applicquer. {Coquill. p. 5S.J 

Vendiquoiv Même sens : « 11 ne faut adonc 
« espargner peine ijui soil au inonde pour en sortir 
« el se vendiiiuiT et reniellre en liberlé. » (Am. 
ressusc. p. ôl'i.) — » Un si ancien el lonç; usac:e 

• me vendiiiue el rappelle à soi. » (Monlaigne, Ess. 
111, p. i07.) 

Vontlition. Vente par traliison : « Le sieur de 
« Grignan letiucl estoil lieutenant du roy à Mnr- 
« seille, luy proimsa une vendition que luy dévoient 
» faire trois soldats savoisiens du chasleau de 
« .Nice. " (Du Bellay, Mém. X, f. 303.) 

Veuditionihus (de). Mots latins; ventes el 
trahisons : « 11 ne se faut pas esbahir si les Anglois 

• estoienl descendus si hardiment en France, prin- 
« cipalemenl vers la Picardie, veu la grosse intel- 
« ligeance évidente qu'ils avoient aux Flammans... 
« ils avoienl déjà fait le chapitre de voiditionlhus, 
« devant que iesdils Anglois se boutassent sur 
« mer. » (P. Desrey, ;\ la suite de Mopstrel. p. 116.) 

Vendoise. Poisson d'eau douce du genre des 
carpes : « Que aucun ne prende roches du quin- 
" ziesmc jour d'avril jusques au mi may, vendoise 
« du quiiiziesrae février jusques au mi mars. » 
(C. G. I, p. 813.) — « Qu'aucuns ne prennent roches 
« qu'elles n'ayent quatre polces et demy, el vendoi- 
« ses cinq polces. » (N. C. G. II, p. 150.) 

Maint poissonnet, mainte vandoise 

Vy la nager, qui se degoise 

En l'eaue clere, nete et fine. (Al. Charlier, p. 590. J 

Biau fils, où veus tu que je voise? 

Je n'ai vaillant une vendoise. (Ms. 731S, f. 15i.] 

Vcndosnie. Vendôme: « 11 le rendit souple et 
« maniable comme un gand chevrotin de Yen- 
<■ dosme. » (Biant. Cap. fr. II, p. 140.) 

Vendre. « Voulons aussy el consentons que la 
« dilte iinposicion soil vendue ou baillice fi ferme, 
a au plus prolilablement. » (Ord. III, p. 678.) — 
« Vendre âw noir. » (Oud.)— « l'e/irfre ses outrages 

• à quelqu'un. « (G. Guiarl, f. 109.) — « Yendrenn 
« fait au crucell. • (G. Guiart, f. 83.) — « Vendre 
« et acheter prouesse au fer et à l'acier. » (Percef. 
VI, f. 32.) — « Ne valoir ni à donner, ni à vendre. » 
(Yalic. liOO, f. 46.5.) — « Je suis à vous à vendre et 
« à despendre. » (Oud.) — « Vendre l'avoyne, » jeu, 
dans Habel. I, p. 14i.) — o Où pain faut, tout est à 
" vendre. « (Colgr.) — « Fille qui prend , elle se 
« vend. " (Colgr.) — « Pour laver ses mains, on 
« n'en venrf pas sa terre. " (Id.) — « Toute chose 
« se vend au pris de l'œil de l'homme. " (Id.) — 
« Un quartiei- fait l'autre vendre. » (Id.) 

Vendredy. Vendredi saint: <■ Le grand, le bon 
« vendredi]. » (Olivier de la Marche, 1, p. 311.) — 
« Vendredij aoré. » (Apol. pour Ilérod.) — « Le plaid 
« du vendredi]. » (N. C. G. I, p. 882.) — .. La cioix 
" des vendredis, « dans l'inv. des joyaux de Charles 
V, p. r.25. 



Vendres. Vendredi : « Le bon vendres » (Ms. 
7'218, f. 1), le vendredi saint. 

Vene. Yesse; on conserve encore le diminutif 
venelle :•> File ouvre le cul, et laisse aller une 
« vene cpouvcntable. » (Moy. de parv. p. 118.) 
Venefice. Empoisonnement. (Oud.) 
Venefiqiie. Qui empoisonne. (Colgr.) 
Venoissy. Venaissin: « Le roi Felipe de France 
" vint au Lion avant le concile pour avoir parle- 
« ment au pape, el li rendi leconléde Vc/k'issy (juc 
» si ancessor avoient tenu granl tens de l'yglise. • 
(Mari. Anecd. V, c. 752.) 

1 . Vcnel. 1» Vénal : 

En .Mixandre est venue, 
El plus chief de la maistre rue, 
Ciés le nieretrix prist ostel 
llluec fit son cors vend. 

Vie Je sainte Marie E(r>pl. Sorb. Cl, c. 2. 

2" Vente: • Tous vendans vivre publicquement, 
" comme laverniers, cabaretiers el autres sembla- 
« blés sont receus à allermer leur venel. « (Coût. 
Gén. I, p. 609.) 

2. Venel. Tombei'eau : » Quiconque vend vin 
« ou cervoise ou autre breuvage, par tonneaux ou 
« à venel. » (N. C. G. I, p. SiO!) 

Venelande. <■ Venelande et Ilolande, » deux 
iles contjuises par Arlliur. (Brut, f. 71.) 

Venelle. 1° Petite rue: « Personne ne peut 
« anticiper sur hauts chemins, charieres commu- 
» nés, voyes, ruelles ou venelles de ville. ■■ (N. C. 
(;. II, p. 1095.) —2° Ruelle d'un lit: « ,Ie pcnsois 
« qu'en icelle dei'riere la tapisserie ou en \iivenelle 
« du lict fust voslre selle persce. ■• (Rab. IV, p. 287.) 
— « C'est elle, qui laslonnant d'une main les froy- 
« deurs d'un mary qui surpris d'une somme a 
<' sillé ses paupières, après tous ses clforts, serre 
« de l'autre les ardeurs d'un amant qui bruslant 
« d'impatience h la venelle du lict, vient faire le 
« tiers à ce jeu. » (Peler, d'am. Il, p. 593.) — . Il 
« est bien apparenté, mais c'est au coslé de la 
« venelle. » (Colgr.) 

Venenosité. Qualité vénéneuse. (Cotgr.) 

Vener. Chasser : 

Bien sont paistre un oisel et livrer et porter 

Em boiz sont cointement et berser et vener. [Rou, p. 65.) 

Aymé la loy d'amour tant délectable 

Et me reçoy, en laissant tous ces va^ux, 

Pour humble serf ou mari, si tu veux ; 

Serf que pour toy Cupido a vené. (CL Mavot, p. 593.) 

Vénérable. « Il y a eu des eveques qui ont eu 

« la qualité de vénérables; les abbés esloient 

« aussi qualifiés vénérables ou révérends. » (La 
R0(iue, iNobl. p. 363.) 

Venerande. Vénérable : « Les venerandes 
" abbesse et couvent de S. Maur de Verdun, pour 
« ce qu'elles possèdent au dit bailliage... les whc- 
« randes dames abbesscs et couvent de Saiiicle 
» llaoulde. " (C. G. II, p. 1091.) 

Vénérer. » Si voslre femme scavoit cela, vous 
" vous pouvez bien promener qu'elle vous veneroit 



VEN 



- 139 - 



YEN 



. d'une terrible façon. •■ (Conl. de Cliol. f. 'i'i3.) - 
. Aucuns oignent la poitrine, les reins et l'unihilic 
. où est deleclalion vcncrce. » (Tri. de la Noble 
dame, f. 332.) 

Venci'cux. Vénérien : » Ainsi que le corps par 
« sa nature désire ses délectations des viandes et 
« choses vencretiscs et ciiarnelles. •> (Triomp. tle la 
Noble dame, f. 55.) 

Vénerie. Art de cliasser au cliien courant: 

Ce livre cy se nommera 

Par tous lieii.x où escript sera, 

De tout trésor de rcucvic. (Font. Que): p. 07.) 

Venci'ieu.x. Vénérien : « En faisant lequel 
« exercice , sanclé corporelle est corroborée et 
« fortiliée, cysiveté mère de tons vices délaissée, 
« plaisirs vencrieu.v oubliés. » (Mod. ep. dedic.) 

En requérant d'elle vengeance 

A tous les dieux venericux. f Villon, ;>. 2.) 

Venerres. Chasseur, cas sujet: 

Car pluiseurs en sont grant parleres 

Qui ne sont mye grans veiwn-es. (G. de la Bigne, f. 85.] 

Venet. Filet soutenu par un demi cercle de 
piquets; ayant son ouverture vers la côte, il retient 
à la marée descendante les plies et antres menus 
poissons : « Se fust parti de son dist hostel, et aie 

• en la mer pour tendre un filé nouiuié vcnet pour 

• prendre les poissons. » (JJ. 17'i, p. 25 i.) 
Venetien. Vénitien : « El du Veneticn la trop 

• caute malice. » (Joach. du Bellay, p. iOO.) 
Veneur. Chasseur, cas régime: « La nuyt que 

t le seigneur de la chasce ou le maistre veneur 
« vouldra aler en boys, il doit faire venir devant 
« luy les veneurs, les aydes. » (Gast. Phéb. p. 170.) 

— . Puisque cest enfant a esté bon page et bon 
» varlet de chiens, et ore est bon ayde, qu'il soit 
« bon veneur. » (Id. p. 213.) 

Si ne sommes pas bourdeurs 

Tellement comme sont veneurs. (G. do la Bujne, f. 1S3.) 

Venge. Vengeance : « Venge torçonniere et 
. injuste. » (Ord. 111, p. 347.) 

Vengeance. » Crier vengeance à Dieu. » (Du 
Bellay, VI, p. 310.) 

Vengement. Vengeance : 

Ha, sire, en prenés vengement , 

Fet ele, se vous l'osez fere. (Ms. 121S, f. 49.) 

La raere aussi, les frères d'elle 

Resquirenl au roy vengemenl. [V. de Cli. VIT, I, p. i'^l.) 

Venger, ier. 1» Se venger de : 

Et si seront tuit li François, 

S'il ne se vcnchent des Tyois. (Ms. S. Germ. f. i59.) 

2" Guérir, réparer : . Je m'en voys à ung hermite 
o pour moi venger d'une enfermeté que j'ay. » 
(Percefor. 11, fol. 42.) — » Tel cuyde bien venger se 
. blasme que l'en croist. - (Percef. IV, fol. 107.) — 

• Tel pense venger sa honte qui l'accroit. » (Cotgr.) 

— « Nos somes îi loi venu, de par les hais barons 
« de France qui ont pris le signe de la croix por la 
« honte de Jesu Christ vengier. » (Villeh. p. 7.) — 
« Se tort ou despil est fet à son seigneur ou à li, il 
« le doit vengier hastivemenl. ■> (Beau m. p. 8.) 



N'a pas soi Ijien vcngià 

Oui maladie en prant ; 

Ainz lait d'un domaigo deus. (P. du €'■■ de Iliel. f. H'4.) 

Tel se cuide vengier qui est moult son contraire ; 

Et tel se fet oïr qui mieus li venisl teire. (Rou, f. 221.) 

Vengison. Vengeance: 

llieus qui preistos vengison 

IJol roi Hr;rode le félon. (Ms. 1-liH, f. iOâ.j 

1. Venians. Véniels : 

Sire, et si nou.s delesse 

Nos ueniaus péchiez. (Ms. 72iH, f. 257.) 

2. Venians. Refrain: • valiaus, que queriaus, 
" dont veniaus, les plus belles femmes sont en 
<■ Flandres. « (Poët. av. 1300, IV, p. 1002.) 

Venice. Véniel : » Et dist encor le dit livre une 
» chose que je trouve fort eslrange, qu'en quelque 
" mode que le mary connoisse sa femme, mais 
« qu'elle en puisse concevoir, ce n'est point péché 
« mortel , combien qu'il puisse estre venice. » 
(Hranl. dam. gai. p. 232.) 

Véniel. Véniel : 
L'un ne l'autre, en ce cas n'aquiert 
Sans plus que pechié véniel. (Desch. f. ôGO.) 

Veninienient. Poison, venin : 

Mes, en leur cuer repotemcnt 

Leur grant malice pour pensée 

Estoit en leur venimeinent. (Geof. de Paris, f. 53.) 

Li riviales norrist el venin longuement ; 

Mes de ce qu'il s'espurge de leur venininnenl 

11 le het. (Ms. 72iS, f. 337.) 

Veninieus. « On les prend auxlaz, aux cordes, 
« ...aux tousses, aux aguilles et aux hauscepiez ou 
>' à pouldres venimeuses que on leur donne en la 
« cher. » (G. Phéb. p. 73.) 

Comment 11 se furent portez 

Par leur très venimeus concile. (G. Guiart, f. 2i9.) 

Dijanira n'ot elle tort 

Oui le très puissant Hercules 

Envenima; vices fu les 

Ouanl la venimeuse chemise 

Luy bailla. (Desch. f. 507.) 

Venin. « Mourir par le venin. » (Chr. de S. Den. 
I, fol. 64.) — « En moi n'a ne venin ne fiel. » (Ms. 
7015, 1, fol. 60.) — « Laisser du venin endormi sur 
« l'estomac. » (Le Jouv. L 500.) — « Morts sont de 
" cel derrain venin. » (Mousk. p. 792.) — <• En la 
» queue gisl le venin. » (Al. Chart. p. 720.) 

Venir. 

Mesmes la bas, les nymphes escossoises 

Avec grand joye attendent ton venir. (Cl. Marot, p.25i.} 

le plaisir de sentir venir moindre 

Son ame, tant amour heureusement l'estrainct. (Baîf, 62.) 

» Quand beau vient sur beau , beau perd sa 
>' beauté. » (Cotgrave.) — • Qui vient est beau, qui 
« apporte, encore plus beau. ■> (Id.) — « Qui tost 
« vient fi son hostel, mieux luy est à souper. » (Id.) 
— « Tant crie on Noël qu'il vient. « (Id.) — • Tout 
« vient à poinct qui peut attendre. « (Id.) — « Fais 
« que do'iz, el vieingne que treingne. • (Geoff. de 
Paris, f 50.) — « 11 ne demeure pas trop qui vient." 
(Cotgrave.) ' 



vi:n 



— 140 



YEN 



Venise. Louis XI appelait Amiens une petite 
Venise. Ilist. d'Amiens, par le P. Daire.) 

Saint Jaques qui maint en Galice 

Et saint Marc. qui maint en Vcnisce. (Ms. 1218, f. 10'. J 

« Reglisse de Venise. » (Fabl. S. Germ. f. Oi.) — 
« Orfèvrerie de Venise. • (D. G. Venisia.) — « An- 
« neau de Venise. » (Devis amoureux, 53.) — « Bleu 

• de Venise. » (D. G. Venetus color.) 
Vénitien, icien. 1° Habitant de Venise: « C'est 

• le secours des Vénitiens; trois jours après la 
« bataille. » (Cotgr.) — '2° Monnaie de Venise : 

A Londres en Angleterre, un esterlin 

A Paris, un parisi ; au .Mans, un mansois. 

En Venise, un renicie». [l-'abl. S. Germ. f. 90. J 

Venjance, ge. Vengeance : 

Et se vous m'i veez mcsprendre 

Si en prcnés vostre ve»ja)ice. [Ms. 1218, f. 182.) 

Des bon guenlon vous en rende 

Et de moi tel votjance prende 

Que li siens huis me soit dessers. (Ms. 1-218, f. G3.) 

Mors qui demande plus aporte 

Venjange, que la descoverle. fMs. 1615. I, f. 104.) 

Venkerre. Vainqueur, cas sujet : 

Caries remest comme venkenx 

El camp u il combalus ère. (Mousk. p. 132.) 

1. Venne. Veine: « De plaine ve/nie. » (Froiss. 
II, p. 10.-).) 

2. Venne. A'anne. (Monet.) 

Vennerie. Vénerie : « Et commenceray à la 

• vennerie des cerls et comment on les prent à 
« force de chiens. » (Mod. f. 1.) 

Venoage. Peut-être faute pour vendage, droit 
de vente : « Ottroyons que nous, nous hoirs, nous 
« successeurs ne aultre ne fera, imposera aus dits 
« hommes, tailles ne venoage, ne aussi d'ores en 
« avant pour lever, exiger don, venoage, exaction.» 
(Coût, de Berry, p. 436.) 

Venqiie. 

Ou en cornetes à mettre enque, 

Ou en chapelés fez de venqtic, 

Ou de lloretes, ou de roses. 

Ou en aucunes autres choses. (Ms. 7218, f. 110.) 

Venredi. Vendredi : « Venredi aouré. » (Desch. 
fol. r.7G,) 

1. Vent. Van : 

Qui a France en femme, ce n'est mie merveille, 
Car en bien faire et dire, chascune s'appareille. 
Et aussi coye se taist de ce qu'on lui conseille 
Com cil qui va tant le vent et la corbeille. 

Ms. 7Gi;, t. I, f. 100. 
Le duc truevent ou vet\t confit, 
Los .II. bras parmi les oreilles ; 
Tuit i acorent h merveilles 
Dou vent l'ostent isnellement. (Ms. lOOG, p. 4.) 

2. Vent. 

Vent au visage 

Rend l'homme sage. (Cotijrave.) 

Le vent, la tempeste et l'orage 

Montrent du nocher le courage. (Colgravc.j 

■ Estre enflé du vent de la huche, » devenu gras 
en mangeant du pain. (Oud.) — « .louster au vent, 
" à la selle dessanglée, ù la nappe. ■> (Mém. de 
Fleuranges, p. 241.) — » Dire des paroles contre le 



• vent. » (Mod. f. 228.) - . Ployer à tous vens. » 
(Mod. f. 216.) — • Muer comme pluie ou vent. » 
(G. Guiart, f. ."li.) — » Aucun poi de vent aquerre. » 
(G. Guiart, f. 356.) — « Appréhender du vent. • 
(N. G. G. I, p. 1001.) - <■ Avoir plus d'elïets que de 
« vents. ' (Brant. Gap. fr. III, p. 82.) — « Courir 
» vent de beghinage, » chercher la réputation de 
dévot. (Poët. av. 1300, IV, p. 1321.) — . Avoir le 
« vent à commandement. » (Oudin.) — « Donner 
« voile à tous vents. » iColgrave.) — « Avoir bon 
« vent, ' bon nez iGast. Phéb. p. 55.) — ■■ Avoir 
« trop pou de vent, •• de nez. (Id. p. 43.) — « N'avoir 
« pas trop grand vent. » (Id. p. 38.) — « L'eaue 
« porte le vent des poissons au loutre. » (Id. p. 2!»8.) 

— « Tirer au vent, » terme de fauconnerie. (Gace 
de la Bigne, f. 120.) — « Autant en emporte le 
.. vent. . (Ms. 7015, II, f. 131.) - . Son vent li est 
« torné en bise. •> (Ilist. de France, à la suite de 
Fauvel, f. 88.) — » Le vent de prospérité est mué 
« en adversité. » (Id. f. 66.) — « Tout ne poise une 
" trespasde vant. » (Ms. 7218, f. 290.)— . Prendre 
« le vent, » prendre l'essor. (Brant. Cap. estr. 1, 5.) 

— « Eslre mis au vent, » être pendu. (.1. d'Auton, 
Louis XII, p. 179.) — « Mettre au vent l'honneur et 
" la vie de quelqu'un, ■> les exposer. (Mell. de 
S. Gelais, p. 269.) — •■ Concevoir îich/, « se repaître 
de vent. (Chr. de S. Denis, H, f. 60.) — « Le vent 
« lui ote, » il n'entend pas ce qu'on dit. (Oud.) — 
« Aller comme vent. » (G. de la Digne, f. 125.) — 
« Fendre le vent, » s'enfuir. (Lett. de Pasquier, II, 
p. 66.) — « Estre battu de mauvais vent, ■• avoir la 
fortune contraire. (Oud.) — « Estre au dessus du 
« vent, » en prospérité. (Oud.) — « Avoir le vent 
" poupe, » la fortune favorable. (Vigil. de Ch. VII, 
I, p. 115.) — » Apporter le vent au visage, ■> contre- 
carrer les projets de quelqu'un. (Fav. Th. d'honn. 
I, p. 861.) — « Donner le vent à propos, » profiter 
des circonstances. (Charr. Sag. p. 324.) — « Scavoir 
« le vent, » être instruit. (Brant. Cap. fr. lll, 428.) 

— « Avoir, sentir le vent d'une chose. •> (Oud.) — 
« N'ouir ne vent, ne voix. » (Lancel. III, f. 2.) — 
« Scavoir de quel costé vient le vent. » (Oudin.) — 
« Avoir l'oreille au vent. » (Cotgr.) — » Levagrans 
« WH/ de paillars et coquins. » (Desch. f. 128.) — 
« Se garder d'eslre assolée par tel vent. » (Desch. 
fol. 353.) 

Uns hom puet tant, enlour sa nièce 

U se suer repairier sovent 

C'on dist tantost qu'il i a vent. (P. av. 1300, IV, 1317.) 

« Il n'i a nient de vent. » (Poët. av. 1300, IV, 
p. 1323.) — » Quel bon vent vous meine. » (Oud.) 

Si vos dirai coment 

Tonnent 
I a fait venir par leurgrant i-cnt. (P. av. 1300, IV, 1320.) 

« Cette eau a bien de la peine à venir, il luy faut 
« donner vent. » (Oudin.) — » J'ai veu de autres 
« vents venter. « (Cotgr.) — « En bref temps venra 
« la pluye dont ce vent cherra. » (Ilist. de France, 
à la suite de Fauvel, f. 52.) — « C'est tous vens 
« d'emprendre amours, s'ele n'est poursuivie. ■ 
(Poët. av. 1300, II, p. 8-29.) - • Nul vent ne fait 
« pour celuy qui n'a point de port destiné. » (Cotgr.) 



VRN 



l'ii 



YEN 



— « Les malvcslus devers le vent. » (lil.) — « Qui 
.< est sur la mer ne fait deswH^s ce qu'il veut. » (Id.) 

Amors n'a cliace, ne vent 

No ne parole ne si. (Poct. av. ISOO, III, p. 975.; 

« 16'»/ caidinal, d'aulom, ù la bolinc, Rrec, liau- 
« tain, pluaii, sulairo , do i;aleriie, do poiieat. ■■ 
(Cotgr.) - « Venls de Languedoc. » (Disc, de la 
IS'oue.) 

Or venoit il ce gentil r('nl de nier, 

Oui me rendoit le corps et pied léger. (Fendit. Véi>. 81 .J 

Voile ta plume au voit de Tartarie. (Crclhi, p. ^.'11. ) 

« Le vent fut anglois, « favorable aux Anglais. •• 
(Bassonip. 111, p. 'l'tCt.) — » Vent cueillir, » prendre 
haleine. (Peicef. 1, f. W).) 

Vontail, clic, au, oir. Eventail, ((^olgr.) 
Venlaillc. [1° Ouverture du capuchon ([ue les 
chevaliers des premiers siècles portaient sous le 
haubert, ce capuchon Ini-mcme. Voir l'application 
du mot vantaille dans les Chansons de geste, par 
M. J. Quicherat.] 

S'ot cascuns lasqué la ventaille 

Pour avoir plus de livre alainne. (Motisk. p. 155.) 

<i Monseigneur Cauvain oste son heaulineetahal 
« sa ventaille et vient au lict où la damoyselle se 
o dormoit et il la commença à baiser moiiit joyeu- 
" sèment. » (Lancel. \, f. O'J.) — « Lors descend 
« Hector à verre, et luy abat laroi/H/Z/cjusquesur 
« les espaules, et fait semblant do lui vouloir la 
« teste couper. » (Id. f. 89.) — « Osta son heaulme 
« et abbatil sa ventaille pour mieux cueillir le 
» vent. » (Id. UI, p. 18.) 

Très parmi son escu le fierl et vis devant, 
Que ventaille d'auberc ne li fu ainz garant. 

Ms. Saint Germain, fol. 1"2. 

« Fendit le heaulme et la uenfaiZ/e jusques en la 
« teste, si qu'il faict de chascun deux pièces. » 
(Lancel. I, f. 134.) .> 

Gerbers en fu molt asoplis, 

Ses viestemens a desviestus, 

S'en est al ventaille venus, 

De cuer moult tristre et non joiant. (Mousk. p. 403. J 

2» Ecluse: « Que tous ventailles qui sont sur les 
" dittes rivières seront et devront eslre mis en telle 
" hauteur et estai qu'il appartient. » (C. G. I, 813.) 

— » Pendant lequel temps, ils seront tenus ouvrir 
.1 leurs ventailles. » (N. C. G. 1, p. 368.) — « Il plut 
« et les ventailles du ciel furent ouvertes pendant 
» l'espace de <|uarante jours. » (Leç. de P. Messie, 
f. 4.) — » Que d'eux ils fassent un flus et reflus de 
a larmes, et leurs calaractes et ventailles s'ou- 
« vrent. » (Lett. de Pasq. III, p. 219.) 

Ventars. Vantard : « Cela s'enlend de ces jacta- 
« bondz et ventars. » (Am. ressusc. p. 297.) 
Ventaul.-v^. Portes : 

Luist le souleil et nuit et jour, 

En sa chaleur, en sa clarté.... 

Il vient aux occidentaulx, 

Et lors va, par autres ventaulx, 

En une autre partie ronde 

Où il enlumine le monde. (Desch. f. 410.) 

Vente. « Proesse est mise à vente. » (Percef. Y, 
f. 70.) — « Si toutes vos lances venoient à tel vente, 



« vous y feriez mauvais marché. » (Id. VI, (. 20.) 

— u Si boute tel feur, telle vente. • fCotgrave.) — 
'< C'est de tel vente, tel marchié. » (Ms. 7218, f. 2!)i.) 

— « Jouer ù honnesles jeux, comme aux merveil- 
" les, aux estais, aux ît(;H/(\s. » (Printemps d'Vver, 
f. 11.) — « Ct'H/t's d'amour, ■ poésie par demandes 
et par réponses d'un ami et do s'amie; la rnèrne 
que jeux à vendre. (Hecréat. des dev. ara. p. 29.) 

— « Voslre vente empire » (Poët. av. 1300, MI, 
p. 12r)9), " vous aurez encore plus mauvais marché 
de moi. — « Le gentil roy l'a mis en vente • 
(Percef. I, f. 153), en parlant d'un cercle d'or, prix 
d'un tournoi. 

Ventclcr. 1» VoUiger au vent: " La bannière 
" du roy dom Piètre qui venleloit sur les champs. » 
(Froiss. I, p. 337.) 

Son crin qui d'or estincelle 

S'estoit lasché de son nœud 

Et comme en l'air il ventelle 

De l'amant accroist le feu. l^<'>f, p. 30.) 

2" Agiter : « Quand vous verrez vostre oiseau, le 
" matin à l'aube du jour, qui remue la queue et la 
« ventelle. » (Arteloq. Fauconn. f. 93.) — « Dessus 
« le mont apparut ung homme armé de toutes 
" pièces, qui tenoit ung escu reluisant de fin or, 
« qui le venteloit et monlroit aux chrcstiens qu'ilz 
« retournassent à l'assault. » (Tr. des IX Preux, 
page 480.) 

Ventelct. Petit vent : 

En ce plaisant lieu solitaire 

Où ung doulx venlelet ventoit. (Poës. d'.il. Chart. 597. ] 

le mignard venlelet, 

Doucellement froidelet. (Poës. de J. Tahitr. p. 210.) 

Ventement. Vent: 

Et quant à mauvais fondement 

Et qu'à suspierre n'est fondée, 

Plustost en sera afondée 

Et par bien pou de ventement 

Tout ce cherra legierement. [Geoff. de Paris, f. 53.) 

'V'enteor. Qui se vante : 

Poi li gardent li gengleor 

Et li fol vilain venteor. [Ms. 1318, f. W5.) 

Venter. 1° Venter, souffler: « Tant vente qu'il 
« pleut. » (Cotgr.) — « Tant tonne et vente que 
« pluye descend. » (Cotgr.) — « Vente et pluet à 
<■ qui est oes. » (Ms. S. Germ. f. 74.) — 2" Jeter au 
vent: « Il fist.... les os ardoir, venter la poure. » 
(Mousk. p. 3C.) 

Que vos seroiz arse et brûlée 

Et au vent la poudre ventée. (Fahl. S. Genn. f. 105.) 

3° Souffler le feu : « Arder en feu et puiz venter 
« en cendre. " (Rou, p. 110.) — 4° Souftler sur: 
« Le vent ventoit sa fenestre. » (Am. rend. cord. 
p. 524.) — « Bien m'avoit l'anemi de son fort vent 
« venté. » (Ms. 7218, f. 245.) — « J'en connois un 
« qui a venté. « (Poët. av. 1300, IV, p. 1362.) — 
5" Frapper dans le vide : « Je luy ai porté un coup 
« sur le temple, et de toute ma force, mais l'espée 
« a venté. » (Pel. d'am. II, p. 723.) 

Venterolles. Droit que devait l'acheteur dans 
les ventes d'héritages censuels : <■ Il est deub, au 
« dit seigneur, le quint denier dudit franc denier 



YEN 



- ii-2 — 



YEN 



. que l'on dit venterolles. - (N. C. G. I, p. i08.) - 

• Est deul:» le droit de francs deniers, que l"on dit 
« venterolles, q\i\ porte le dixième denier pour le 

• fief et le douziesme pour cotlerie. » (Id. p. 3GI.^ 

— ' Les venterolles est le seiziesme denier des 

• dittes ventes. " (Id. p. 23-2.) — « Il est deu droits 

• seigneuriaux que l'on nomme venterolles de la 
« moitié de ce à quoy lesdits droits seigneuriaux 

• montent. " (Id. j). 3Ô8.) 
Ventet. Petit vent : 

Au tans d'aoust que feuille de boschet 
Chiet et malist, à petit de venlnt. 

Po8t. avant 1300, I, p. 5G. 

1 . Venteur. Qui se vante : 

Ils ne sont pas trop grans vcnleurs 

Et ont bien de quoi, Dieu niercys. (Villuii, p. SS.J 

2. Veuteur. Qui lient au vent : « Hesiste con- 
u Ire tous assauts venteurs, sans qu'aucune tem- 
« pesle le puisse ébranler. » (Leltr. de Pasq. 111, 
p. 27-2.) 

Venteux. Qui est causé par les vents : 

Ouar esmeraude, sa levricrc, 

Le saisit au cul par derrière , 

Qui molt est grant et merveilleuse, 

Por noient si lenist venteuse. (Fabl. ins. p. SOS.) 

Ventiei*. Celui qui recevait les droits de vente 
payés aux seigneurs ; il était chargé de la garde de 
l'étalon des mesures et de la distribution des mesu- 
res étalonnées que les sujets devaient recevoir de 
leurs seigneurs. (Ord. III, p. 250; Pilhou, Coût, de 
Troyes, p. iôtî.) 

Ventilabre. Van : 

En sa main tient un venlilubre 
•ftont sa grange vouldra purgier. 

Hisl. des UI Maries, p. 219. 

Voulilcr. Plaider. (Bout. Som. rur. f. 50.) 
Veiitiller. 1" Flotter au vent : ■■ En rapporto- 
« rent quasi six enseignes et les plantèrent sur 
. leurs remparts à noslre veue ventillantes, pour 
. nous braver. » (ISrant. Cap. fr. IV, f. GO.) — « La 
» les bannières du roy venlilloient et estoient 
. arrestées. >• {Froiss. I, p. 187.) — « Et vindreul 
« les batailles du roy .Vrlus dont les estandars ven- 

• lillment contre le" vent. •> (Lancel. III, f. 155.) — 
2» Agiter, branler : « Venliller de la teste comme 
» uiîe bellette, » dans le Cheval, do la Tour, insti'. 
à ses filles, f. (3.) — 3" Examiner : « Venliller une 
« question, un procès. » (Bout. Som. rur p. 530.) 

— 4° Ebruiter : « La chose pourroit eslre ventillée. « 
(Le .louvencel, p. 122.) 

Ventilions. Volets, vantaux : >■ Servitude de 
« prendre jour sur l'héritage d'aulrui ne peut aussi 
. se prescrire par laps dé temps, s'il n'y a en la 
« fenestre pattes et assiettes de ventilions, ou 

• grilles, ou arraguées du dehors qui sont marques 
« de la dite servitude. » (N. C. G. H, p. Il 07.) - 
. En toutes maisons et autres édifices, verrières, 
« wn<('//oHS et aullres meubles de bois y clouez. » 
(N. C. G. II, f. 1132.) - • Il est en la faculté d'un 
« chascun de pouvoir drosser vue en .sa maison, 

• pourveu que le regard soil sur soy, et n'y eut il 



• héritage plus que pour le tour du ventillon 
" entier ou brisé, mais aussi n'est par ce que le 
« voisin empescbé de pouvoir bastir sur son heri- 
« lage au préjudice de telle vue laissant la place 
« du dit tour libre. • (N. C. G. II, f. 1130.) 

Veutir. Vent : 
Jamais nul jour ne seray Jacobin, 
Et si a pis ; car ce veiitir souvin 
M'ont tourmenté les deables trop de fois. 

Deschamps, f. ^G, 

Ventisoan. Vanne, grille : « Les poissons d'un 
« vivier, incontinent le tampon, ou ventiseau tiré, 
« en saison convenable,... seront reputez meubles, 

• et auparavant ledit tampon, ou ventiseau tiré, 

• tenu pour héritage. « (.\. C. G. II, f. 137.) 
Ventoir. Orage ; « Les arbres vifs et verdoyants 

« alibatlus, par orage ou impétuosité des vents, 
■' qu'on appelle vulgairement ventoirs, apparlien- 
« nent aux propriétaires des bois. • (N. C. G. II, 
p. 352.) 
Ventoise. Voir Vkndoise : 

Escreveices de Bar, 

Troitos d'.Vndelis, 

Venloises d'Aise. (Poël. av. 1300, IV, f. i653.j 

Ventosité. Amas de vent dans le corps des 
animaux: « Ils ouyrent saillir depuis la greigneur 
" ventosité du momie, et leur fu bien advis que le 
« bruit en ala jusques au ciel. " (Percef. VI, f. 21.) 

— » Enfleure des yeux de l'oiseau vient pour trois 
« causes ou par ventosité, ou par coup, ou par 
« playe. " (Fouill. Faucon, f. 70.) 

Ventouse. Dans Babel. IV, p. 182. 
Ventouser. Appliquer des ventouses : 

Et s'en sent son corps empirer, 

Aler faut aux praticiens, 

Qui sont bons physiciens, 

Pour seignier ou pour ventouser. (Desch. f. 486.) 

« Se faire ventouser entre les deus orteils. » (Oud.) 
Ventouseres. Qui appliquent des ventouses : 

Je sui bons sainifircs de chas 

Et bons ventouseres de bues. (ils. 7218, f. 214.) 

Ventrail. Ventre : 

Et n'y a lors costez ne croupe, 

Petit venlrdil, no la vessie 

Qui d'angoisse ne se soussie. (Desch. f. 413.} 

Ventraillei". Se rouler sur le ventre : 

Sovenl s'endort, sovent s'esveille, 

Sovent s'estent, sovent vcntrailte. (Rou, p. 15. J 

Ventre. [« Les jambes liées par dessoubz les 

— ventres dos chevàulx. » (.IJ. 90, p. 237.)] — 
« Avoir les yeux plus grands que le ventre. <• (fEss. 
de Mont. I, 310.) — « Boire à ventre déboulonné. ■ 
(Babel. II, p. 10!).) — « Aller de ventre ou de cul. » 
(Babel, v', p. 129.) — « Bemplir trois feuillets en 
c dos et en ventre. » (N. C. G III, p. 282.) — . Faire 

• son Dieu de son ventre. ' (G. de la Bigne, f. 20.) 

— « Tout fait ventre. « (Oud.) — « Il semble à mon 
« ventre i|ue le diable ail emporté mes dents. « (Id.) 

— « Mandèrent ce qu'ils pensoient eu leur ventre." 
(G. Guiarl, f. I '(7.) — « Il n'a plus gueres de choses 

• dans le ventre. « (Oud.) — « Li cuers dou ventre 



YEN 



- 143 - 



VEO 



« li tremble. • (Ms. '(IIT), II, f. l'JS.) - .< Le vcnlre 
eskiiit rompu, » y ayant un second lit. (N. C. G. I, 
p. wa.) — >■ C'est le ventre de ma mère, je n'y 
>> retourne plus. ■> (Oud.) — « \,Qve)ilvc emporte la 
« leste. » (Col^r.) — « Kn petit vcnlre ^rand ('œur.» 
(Id.) — « Il n'est liorlofî'e plus juste (juc le ventre. » 
(Id.)— « La verge ennoblit et \ii ventre alTrancbit.» 
(Id.) — « Ventre afTamé n'a point d'oieilles. ■> (Hab. 
111, p. 8'i.) — » Ventre saoul n'a en saveur i)lai- 
>■ sauce. » (.Jouvenc. f. 'J.) — •■ l'élit ventre, « bas 
ventre. (Mém. de Montlue, 1,37.)— •■ Faire ventre,« 
se courber, s'amasser sous forme d'bumeurs. (Oud.) 
—- " liepasser une femme sous le ventre. » (lirant. 
dam. ill.) — " Jouer ù ventre contre ventre. « (Rab. 
I, p. \K.) — » Danser sur le ventre. » (Oudin.) — 
« Eslre sur son îifn/re, » cire t;ourmand. (Oudin.) 
— " Se fasclier contre son ventre, » jeûner par 
dépit. (Oud.) — « Crier au ventre. » (Ess. de Mont. 
111, 132.) — « Mettre le canon le ventre au soleil. » 
(Sully, I, 330.) — « Eslre espaudu à long- ù ventre. » 
(Jim. Jamyn, p. 20.) — » Battre le ventre, « ôler 
l'excédant du bien. (Froiss. IV, p. 289.) 

Ventrée. 1° Portée : " Les deux frères Béton et 
» Sauton esloicnt d'une ventrée. - (.Nuils de Strap. 
1, p. 382.) — 2° Hepas : » Si riche n'est qui ait que 
• sa ventrée. • (Descb. f. 20!).)— « Faire une bonne 
» ventrée. • (Nuits de SIrapar. I, 273.) — 3° Cour- 
mandise : « La ventrée, l'orgueil, la lussure. • (Fabl. 
S. Germ. f. 35.) — 4» « Les ventrées d'une lour, » 
l'enflure d'une tour qui a perdu son talus et se 
rejette en dehors. (G. Guiart, f. 03.) 

Ventreilller. Aller à la selle : 

El lors li va reborbetant 

Les ventres que il fu conchiez, 

Sachiez moult en fu corouciez ; 

Tout adès le convint veillier ; 

Il ne fiuoit de ventreilliet: (Ms. I'2i8, f. 117.) 

Ventrer. Aller à la selle : » Ce qui fit ventiler.' 
(Mém. de la Popelin. I, f. 19.) 

Ventres. Ventre: « Soubzlevoitle pan du haul- 
» bert ù Hector, car il luy vouloil l'espée bouter au 
<i ventres. » (Lancel. II, f. 48.) 

Ventresque. Entrailles. (Oud.) 

Ventrière. 1° Sage-femme : « Icelle Perrette 
» declaira lors qu'elle esloit grosse, par quoy fut 
« de rechief différé de l'exécuter ; et fu fait visiter 
" par ventrières et matrosnes, qui rapportèrent à 
« justice qu'elle n'esloit point grosse. » (Chron. 
Scand. de Louis XI, p. G.) — 2° Pièce de bois qui 
sert ù en réunir d'autres ; elle est placée à peu près 
au milieu de leur longueur : » L'héritier et proprie- 
« taire est tenu livrer à ses despens seuilles, esleaux 
« et gros potteaux, entretoises, tous gilaires, pen- 
« nés, colomnes, poutres, et braccons, baux mon- 
« tans, ventrières. • (N. C. G. III, 989.) — 3» Sangle, 
sous-veiitrière : <■ Foureaux de traiz à tout la 
« dossiere et la ventrière. « (Ord. Il, p. 371.) 

Ils ont pourpoins, godendars et picons, 

Et ventrières. (Orsch. f. 213. j 

Ventrillons (lî). Sur le ventre : « Puis doit 
tourner le sanglier à ventrillons et lever l'es- 



« Chine, et doit commencer à lever l'eschine au 

• bout dessus vers le col. » (G. Phéb. p. 203.) 
Ventripotent. Colgrave. 

Ventro.se. Rose des venis : - ,Ie veids ung 
« homme de bonne apparence ressemblant à la 
" ventrose, » (llabel. IV, ji. 181.) 

Ventrn. « C'esloit ung petit vieillard tremblant, 
" gras, courbé, ventru à jileins bats. « (Itab. V, 187.) 

\'entneu.v. Qui agitent comme le vent : 

Il donc esté de ses traits vertueux 

Souffle santé aux désirs venlueiix. (Loijs le Caron, f. JOJ 

Venne « Geste doulenteiieHîicavenl en l'hoslel 
" de Saiuct Pot à Paiis ■> (Froiss. IV, 172j, c'est-à- 
dire aventure. — « Son armée eut cesie grande 
" venue sous la conduitle de W de la Tremôuille » 
(Brant. Cap. fr. 1, 08), c'est-à-dire défaite. - « Mirent 
» la nuit en cmbuschcs, près et loing, autour 
» d'icelle cilé de Gabaa sur les chemins'et venues 
« par où on y pouvoit issir » (Tois. d'or, II, f. 138;, 
c'est-à-dire route. — • Mal de venue » (Britt. lois 
d'Angl. f. 200), c'est-à-dire d'aventure. — « Venue 

• en court, » droit qu'avaient le maire et les éche- 
vins d'exiger 7 sous des parties plaidantes. (N. C. 
G. I, 397.) — « A la venue du bourt, » du balcon. 
(J. de Sainlré, p. 148.) — « N'en prendre qu'une 
« venue, » une fois. » (Babel. II, 20.) — « Prendre 
« une cité de venue, •> du premier assaut. (Tri. des 
IX Preux, p. 17.) — « Fnire deux venues, « deux 
coui'ses. (G. de la Bigne, f. 123.) — « Engaigier sa 
« terre de venue - (Desch. f. 12), tout d'une venue. 

— « Congnoistre un chevalier en venue » Percef. 
IV, f. 150), au premier abord. — « Eslre de basse, 
<■ de petite venue. » (Froiss. I. f. 403; 11, f. 313.) — 
" Eslre de iwuvre veriue. « (Tri. des IX Preux. 330.) 

— • Faii'e une venue. » (Du Bellay, IX, f. 270.) — 
« Donner une venue » ;Brant. dam. ill. 315), jouer 
un lour. — « Faire si dure ve)ine que. » iGace'dela 
Bigne, fol. 45.) — » Donner les trails et la venue. • 
(Brant. dam. ill. p. 220.) — « Faire donner la venue 
a à la vie de quelqu'un. » (Brant, cap. élr. 11, 142.) 

— « Donna d'une lance telle venue que plus d une 
« toise luy mist au travers du corps » (.1. d'Auton, 
Louis XII, f. 40), c'est-à-dire attaque. — >• Attendre 
« la venue du boiteux. » (Cotgr.) 

Venuste. Beau : 

Et d'autre part est venuste 

Prudent et beau, gorgras et robuste. (Cl. Mat-ot, 5Q4.J 

Venustement. Agréablement. (Oudin.) 

Veoir. 1° Voir: « Pour tout veoir. » (Vill. Rep. 
fr. p. 19.) — « A veoir dire. » (Vig. de Charles VU, 
p. 100.) — 2° Vue: « Le scavoir doit toujours passer 
« le veoir. • (Percef. VI, f. 0.) — 3° Elévation : « Et 
« en y a maintes amoureusesque, se elles osassent, 
« et oyoient sonner la messe ou à veoir Dieu, et 
« leur amant leur disoit : Venez ça ; ou qu'il les 
» peussent faire chose qu'il leur pleusl, elles lais- 
seroient à veoir Dieu et à ouïr son service pour 
» obéir à leurs amans. » (Chev. de la Tour, inslr. 
à ses filles, f. 03.) 



VER 



14 i - 



VER 



Vequossin. Vcxin : « Un escuier qui est du 

• Vequcssin. » (Desch. f. 180.) 

1. Ver. Printemps: >• Mais soit en automne, ou 

• en ver. » (G. de la Bigiie, f. 78.) 

Après automne, 

Le temps d'yver, 

Et après ver, 

L'été qui tonne. (Blas. des faulccs amouis, p. 330. j 

« Ou tems de ver qu'on appelle le printems. •• 
(Tri. de la .Noble dame, f. 113.) 

2. Ver. Vers : 

Pour ce un vcv dist le saige en latin 

Qui se conclust en disant par telz mes 

Fay sagement et regarde la lin. (Desch. {. i33.) 

Dou lay je ne fis plus avant 

Et quant li autre ver vendront 

Qui à ces trois s'accorderont 

Lors sera accomplis et fais. [Froiss. pocs. p. 100.) 

3. Ver. Lombric, au propre et au figuré : •< Tirer 
« le ;•(.'?• du nez. » (Mont. Ess. V, p. 15.) — • Vera 
« poignans de terre. » (Mod. f. 320.) 

4. Ver. Vert : » Ver gai, » vert clair. (Oud.) 

5. Ver. Vers, préposition : 

Il puent bien aler ensamble, 

Andui sont si grant et si fort 

Que n'uns n'auroit rer ans effort, (ils. 7615, 1, f. iiT.} 

6. Ver. Sanglier (rapprochez verrat) : « Il est 

• defTendu que nul ne tienne en lieu ours, ver, san- 

• glier, thor. • (Routeiller, Som. rur. p. 203.) — 
« Peuvent les demourans sur chef lieu de fief, 

• supposé que leur seigneur féodal n'eust que 

• justice foncière, tenir en leur dit chef lieu cou- 
« lombier, llior, ver. » (C. G. I, p. 675.) 

Verable. Véridique : « 11 est bien chose seure 
« et verable que mariage ne fut establi pour niulli- 
« plier le siècle sans pechié. " (Ass. de Jer. f. 218.) 

Veracc. Même sens : » Que il prient nostre 
« seignor que il par sa douce miséricorde condue 
« les avant dis et moi meismes et tous cresliens ù 
« verace repentance. » (Assis, de Jërus. f. 187.) 

Verai. Vrai, véritable: « Que il prient N. S. que 
» il par sa douce miséricorde condue à vernie 

• repentance. » (Ass. de Jérus. f. 187.) 

Il me délit en l'espoir ke j'en ai 

Si docilement, k'il m'est sovent aais, 

K'ele me doinst s'amor de cuer verai. 

Poct. av. 1300, III, p. 078. 

Sans amour n'a nul joye veraie. 

Poft. «V. 1300, IV, p. 1059. 

Veratre. Ellébore : « Melampus avoit guary les 
« filles de Prœtus folles d'amour, dont le veralre 
« ou hellébore esloit surnommé melampodium. » 
(Mal d'amour, p. 25!).) 

Verayre. Même sens : » Par le conseil d'une 

• vieille sorcière, lui donna à manger d'une lieibe 
« nommée de veraijre, et si tost qu'elle en cust 
« gousié , commencea à refronguer le visage, 
■ comme s'il eusl voulu rire ; mais c'esloit le venin 
« de l'herbe mortifère qui luy causoit jn la mort. » 
(Du Verdier, Dibl. p. 510.) 

Verbasce. Herbe, bouillon blanc, (luib. I, 77.) 



Verbaument. Verbalement: « Gens aveuglez 
« d'onneurs, seigneurisans vcrhauvient sur les 
'< pouvrcs et vrais subjects, et serfs des iniquilez 
« et vices. » (Al. Chart. Espér. p. 31 1.) 

1. Verbe. Terme: 

Finiz lesquelz verbes et termes 

Hequist au roy et à ses gens. (Viij. de Ch. VII, I, p. 07.) 

2. Verbe. « Le beurre estant prest, mis en 
<• livres, demi livres, quarterons, et n'y restant 
" plus que la petite façon dessus, c'est ce que les 
« bien disans disent le verbe, le garbe, ou comme 
« vous voudrez. » (Moy. de parv. p. 159.) 

Verbenique. Verveine. (Cotgr ) 
Verberie. Nom de lieu: « Sautereaux, tombe- 
« reaux de Verberie. • (Cotgr.) 

Verbeux. » J'ai entendu dire plusieurs fois à 
« mon fiere que les femmes sont l'f'î'/'Cf/scs ; il avoit 
« l'abri(iué ce mot du latin et s'en servoit assez 
» souvent lorsqu'il vouloit exprimer le babil des 
. femmes. » (Yales. p. 90.) 

Vcrboden. « Les dits de Grandmont ne pour- 
- ronl despescher sur un jour et en un temps, à la 
« requesle d'un de leurs bourgeois, diverses lettres 
« de défense du verboden. « (N. C. G. 1, p. 1133.) 
Verboier. Exprimer : 
En buyssons oyseaux s'assembloient 
L'ung chantoit ; les autres doubloient 
Leurs gorgettes qui verboioieiit 
Le chant que nature a apris. (Al. Chart. p. 50A.) 

Vercifieur. Versificateur : « Et le vercifieur 
« sur ce dit. » (Saintré, p. 90.) 

Vercolle. Bricole : « Auprès d'eux jouoient 
• tabourins de Suisses, et autres instrumens pen- 
" danl qu'ils tiroient et halloienl à la vercolle. ■> 
(Voyage de Ch. Vlil à Naples, p. 157.) 

Vercoopinglie. Mot flamand : « Si bon leur 
« semble, suivant l'ancien usage faire procéder par 
» l'officier à la réelle exécution (jue l'on dit arbi- 
" traire vercoojnnglie. » (N. C. G. I, p. 303.) 

Ver-coquin. Au propre, ver qui se développe 
dans la tète du mouton et amène le tournis; au 
figuré, caprice: •< De quoy elles'csmcrvcillanlcom- 
« menca à entrer en son ver-coquin, disant il vous 
« semble peut eslre que je ne scay comme il faut 
« gouverner un ménage.... pauvre idiot. » (Nuits 
de'strapar. II, p. 111.) — • Mettre en son ver- 
« coquin. » 'Wém. Bell. II, p. 115.) 

1. Verd. Vert; tapis vert: » Puis le verd es- 
« tendu, l'on desployoit force cartes. ■• (Habel. I, 
p. 135.) — Amédée, comte de Savoie, en 1310, fut 
surnommé le comte verd, de la couleur de ses 
armes. (Ménéir. Orig. des arm. p. 98.) — Louis de 
Chàlons, en 1301, fut aussi appelé le chevalier rej'L 
(Daniel, Ilist. de France, p. 109. édition de 1729.) — 
« Courage iwr/. «(Desch. f. 178.) — Gantois qui 
commirent de graves désordres et se retiiaientdans 
les bois : « Messirc Jean de Croy tailla en pièces.... 
» une bande de Gantois de la verde tente. » (Ilist. 
chron. dellOO à 1107, p. 352, an. 1152.) — « Le 



VER 



— i/ir. — 



VER 



« b;ist;ii'(l lie Rlnncostrain et ses compniç;rioiis qui 
.■ se nomiimieiil de la vci'de tente snillireiit de 
« (iand, et allèrent prendre, piller et briller liusl. » 
(Id. p. 351.) — ■' Jouer au je vous prends sans 
. verd. » (Voir Rabelais, I, p. lil»; le jouitial de 
Vci'dun, ocl. I"r.(l, p. '2(1(1.) — « Veril et bleu, « 
juron, dans liabel. III, p. 01.) — « 11 est verd le 
'« cresson. ■■ (Oud.) — « Verd pot, ■■ drogue. (Med. 
des chevaux, p. 13.) — « I.e duc de Bretagne, dans 
« le moment qu'il faisoit l'aire l'assassinat du con- 
» neslable do Clisson , estoit plus verd ([u'une 
« feuille. " (Froiss. 1. p. 1%.) — ■< Avoir verde la 
« vayne. » (Uescli. 1. 218.)— « Verd de cbevre. » 
(Colgr.) — ■• Le comte de Cliarolois y estoit en son 

• verd, et croissoit en jours, et en force de corps. » 
(Mém, d'Ol. de la Marclie, I, p. iO".) — « Le verd 
. et le sec, » l'hiver et l'été. (Cast. Phéb. p. 30;!.) 

— « Si je me chai'gcois de lui, je me cliargcrois de 
» bois verd. » (Oudin.) — « Manger son blé en 
« verd. » (Oud.) 

2. Verd. Vair : « Armines de vei'd et de gris. « 
(Percef. IV, f. '28.) 
Verdelai. Nom de lieu : 

Heaume de Poitiers 

Estamino de Verdelai. (ruël. av. 1300, IV, p. 1052.J 

Verdelet. Un peu vert: 

Qu'il soit mangé verdelet. [Gace de la B'njne, f. i2.J 

Cette neige non foulée 

Si uniment égalée, 

Sur deux tertres jumelets 

Et ces boutons verdelets 

Dont Diane est désireuse. (Durant, p. 7S.J 

Verdement. Vertement : « Concluant les dits 

• amis que, pour ce cas très verdement emprins 
« n'aura d'eux aide, confort. " (La Jalle, f. 58.) — 

• Donnèrent un assault qui fut gros et rude, mais 
» ilz furent repoussez verdement. » (Fleuranges, 
Mém. p. 44'2.) 

Verdere. Verdier, officier forestier. (Cotgr.) 
Verderie. 1° Office de verdier. (Ord. I, p. 68G ) 

— 2» Déparlement du Verdier. (Gr. Coût, de Fr. I, 
p. 49.) — 3° Droit seigneurial. (Mém. de Sully, X, 
page 229.) 

Vei'det. 1° Acétate de cuivre : » La plupart de 
« ces gens de lettres sont de vrays racleurs de 
« savates, ratissans de vieilles antiquailles pour en 
« a\'o\r le verdet. « (Moyen de parvenir, p. 96.) — 

• Epistemon raconte qu'aux enfers il a vu Livie 

• racleresse de verdet. » (Rabelais, H, p. 257.) — 
2° Verdet, drogue mêlée de miel. (Gast. Phéb. 100.) 

Verdeur. Vigueur: « Ce qu'il avoit fait en ses 
« premiers ans et verdeurs de folaslre jeunesse. » 
(Des Ace. Bigarr. p. 1.) 

Verdeureux. Verdoyant. (Cotgr.) 

Verdgay, ier. Oiseaux: « Le verdgaij, le pape- 
« gay, le verdier et autres oyseaux noblement 
« coulourez de verd, qui tant gentement leur sied.» 
(Sicil. Blas. des coul. p. 29.) 

Verdier. Crapaud dit aussi graisset. (R. Est.) 



Verdiere. Oiseau : 

Une rois tcndi 

Maintenant, 

Ce fu voir sans faille 

C'ainquos n'y prist quaille 

N'aloe cantant, 

Ains prist bel verdiere. (Poét. av. 1300, IV, p. 1.303.) 

Verdillon. Raisin vert. (Xicot.) 
Verdir. 

.l'ai veu l'unique enflé et craint au monde 
Qui s'eslondant grand et haut, verUissoit 
Comme un laurier qui en rameau.x abonde. 

l's. dcMarol, p. CCI. 

« Aus bois toit lor verdir, ans oisiaus lor chant 
u emble. » (Ms. 7218, f. 3.38.) 

Venlison. Temps où les moissons commencent 
ù verdir: .. (Jue nul ne nulle ne cueille sepmaille 
» en verdison sur l'héritage d'autruy, sans le gré 
« de l'héritier ou fermier. >■ (C. G. I, p. 833.) 

Verdit, iz. Verdict : « Soient les jurours espiés 
« qu'ilz ne. garnissent nul par nul signe, encontre 
« qui des parties ils pronuncieront leur verdit. « 
(Brilt. lois d'Angl. f. 130.) 

Ja Normanz ne s'i cmbatist 

Que la vie à honte ne perdist 

Fust par arme ou par guisarme 

Ou par machuc, ou par autre arme ; 

Cours haubers eurent et petis 

Et heaulrae desouz lour verdiz. [Rou, p. 353. J 

Verdoier. Attaquer : <> Fut ordonné, à tout cinq 
« cens lances pour les verdoier et escarmoucher et 
voir leur estai el gouvernement. >• Muv. des 
Ursins, Cliarles VI, p. 30.) — « >e failloit point au 
« matin el après disner de monter sur un roussin 
« blanc armé et sa lance au poing, à venir verdoyer 
<■ enlour de Paris, et faisoit savoir s'il y avoit pcr- 
« sonne qui voulust rompre une lance. » (.luv. des 
Ursins, Charles VI, p. 228.) 

Verdon. Oiseau dans le nid duquel le coucou 
va pondre. (Monet.) Fauvette des Alpes, pégot. 

Verdor. Verdeur : 

James n'araerai autre, de verte le sachiez ; 
Ne jamès seur verdor ne porterai mes piez. 

Ms. 7-218, fol. 257. 

Verdrisst. « En vertu du droict de parcours 
« que les Allemands appellent verdrisst. » (N. C. 
G. II, p. 351.) 

Verd 11. 

En oultre nous est deffendu 

De ne porter manches petites 

Grans bonnetz sur le haut verdu 

Ne chausses de migraine eslite. (Am. r. Cord. p. 57S.J 

Verdugade. Vertugade, bourrelet que les fem- 
mes portaient sous la robe : « lis apperçoivent ces 
« grandes fraizes elverdugades des femmes. » (Disc, 
de Lanoue, p. 196.) 

Lorsque voicy des fiUes la brigade 

Aux crins nouez, en simple vcrdwjade. [Baïf,p. 2iO.} 

Verdun. 1° Nom de ville : « Li musars de Ver- 
« dun. '- (Poët. av. 1300, IV, p. 1651.) — 2" Epée 
fabriquée à Verdun : « Advise que mon verdun ne 
» soit point plus long que ton espade. » (Babel. III, 
p. 2-27.) 

19 



VER 



- 146 - 



VER 



Car, chascun jour, au camp sous leur enseigne, 
Font exercice, et l'un à l'autre enseigne 
A tenir ordre, ou manier la pique 

Ou le veyJuii. (Cl. Marol, p. iOG.) 

Verdure. 1° Arbrisseau vert : « Daphné muée 
« fu de Dyane en verdure. » (Poos. de Froiss. 128.) 
— 2* Légumes verls: 

Par Dieu, elles fenvoieroient paislre 

Comme une beste à la verdure. (R. de Collenjc, p. IG.J 

Cueiller pourrez parmi les treilles... 

Pourpier, persil, lectues nouvelles, 

De quov vous remplir en vos bouges, ^ 

Et d'autres verdures itelles. [Am. r. Cordel. p. 5/3.; 

« On ne mangea point de verdure. » (Journ. de 
Paris, sous Cliarles VI et VII, p. l'<8.) — 3° Herbe 
verte : « Par lieus secbiez et par verdure. » (Cuiai t. 
f. 212.) — « Vous vous formalisez de ce fiu'il y a 
« mesaccord entre nos docteurs, et ne considérez 
" pas que les contrarietez des bumeurs du corps 
. bumain nous tiennent en telle verdure. » (Cont. 
de Cliol. f. :..-«.] — » Trop avez l'ait granl marclic de 
« mescompaignons, trop est la verdure cliere dont 
« vous oindez la praerie. » (Percef. I, fol. l-'iO.) — 
4» « La verdure d'un bomme, » sa vigueur. (Oud.) 
— 5" " Verdure, » tapisserie qui d'ordinaire ne 
représente qu'un dessin de feuillages verls. 
Verdiirer. Devenir vert. (Oudin.) 
Verdurerie. Cbarge du verdurier. (Monel.) 
Verdurier. Officier cbargé de fournir de ver- 
dure et d'berbes les maisons des princes ou des 
grands seigneurs. (Nicot.) 
"X'ere. 'Vair : 

Mors fct valoir et sac et hère. 

Autant de porpre et robe vere. (Ms. 7615, I, f. iOii.j 

La voyez vous bien cesle noire 

Oui est assise sur le banc ; 

Par ma foy s'elle a le cul blanc 

On peut bien dire qu'elle est vere. (Ch. d'am. p. 1C6.J 

Veré. Vairc, ouvragé : « Les orphevres paieront 
« pour cbascun marc d'argent blanc et veré deux 
« deniers pour marc. » (Ord. Il, p. 320.) 

Vcrcconde. Modeste : 

Elle abhorrant mariage, aussi fort 

Que si ce fut un crime vil et ord, 

Entremesloit parmy sa face blonde 

Une rougeur honteuse et vercconde. (CL ilarot, p. 53S.J 

Yerecondie. Modestie : • Qui de l'amour sépare 
« la verecondie, il luy oste, sans point de faute, tout 
. son aornemenl et toute sa braverie. » (Amant 
ressusc. p. 151.) — « Dts l'enfance de ma première 
« connoissance. Dieu m'a fait ce bien que j'ai tou- 
. jours deffendu mon bonneur, ma cbastelé, ma 
« verecondie. •■ (Am. ressusc. p. 391.) 

Yeredicité. Véracité. [D. C. sous Yeridietio.) 

Vercfjlas. Verglas. (Beaum. p. 23.) 

Verelc. Pâturage : 

La rose qui roujoie 

M'a bien mis en rci-cie 

Qu'eschapeir n'en pourroie. [Poèt. av. J300, II, p. b'it.) 

Vercsque. Dourrasque. (Cotgrave.) 
Veret. Petit ver, sillon. (Oudin.) 
Verelte. Petite vérole, en Anjou. (Ménage.) 



"N'ereiix. « Vouloir faire le véreux. » (Coquil.87.) 

Vergage. Droit de jaugeage : « Il ne paient 
« travers, passages, ponfenages... barrages, verya- 
(/es ou autres exactions. » (Ord. I, p. 67.) 

"N'er galaud. Don compagnon, vert galant. (Des 
Ace. bigarr. p. 28.) 

Vergant. Qui use de verges : 

Des qu'il sont batus del veniant 

Dont li amers bat son amant. (Poël. av. iSOO, III, 1021. J 

» Mout a bacr Le vergant qui son ami cbastie. » 
(Rou, p. 54.) 
Vergantin. Brigantin. (D. C. Vergant i nus.) 
A'ergaye. Danse. (Nicot.) 

1. Verge. Vierge : 

I.a vcriie Marie 

Vcnje in norrie, 

Vei'rjv Dieu porta, 

Verne l'aleta, 

Vcr[je fut sa vie. (M. 7015, I, f. GO.) 

2. Verge. 1° Fouet: » Gouvernoit le cbariot, de 
« sa verge loucbant les cbevaux. " (Cartbeny, Voy. 
du Cliev. errant, fol. 127.) — 2» Brandies : « Print 
•' une verge de laurier en sa main. ■> (Nuits de 
.Strapar. 1, p. 22.").) — « Au sommet avoit ung pom- 
i. mel de fin or dont naissoient trois verges d'ar- 
. genl. » (Percef. IV, f. 4.)— 3° Ecbalas: » Pendant 
« que les cigales ne cessent de cbanler, estant 
« percbées sur les verges des vignes. » (Merl. Cocc. 
II, p. 12.) — A° Barreaux de rûtelier : « Ainsi comme 
» au râtelier avons des verges pour deviser les 
« sièges l'ung de l'autre. » (Lanc. du Lac, III, 05.) 

— 5° Lattes, cbevrons : « La douairière en tenue 
« d'entretenir les maisons dont elle jouit par 
« douaire, de pel, verge, couverture, fermeture et 
» menues reparacions. » (C. G. I, p. 720.) — « A la 
« cbarge d'entretenir les dits ediffices de couver- 
" ture, pel et i)c;'i/c. »(Id.p. GIO.)— " Une courtine, 
" goutiere et verges de lict. » (N. C. G. II, p. 25S.) 

— G" Anneaux : « Pintbes d'argent de canetille, 
enclievcstrces de verges d'or , avecques force 
« perles. » (Rab. I, p. 43.) — - Il m'envoia une verge 
« qu'il portoit au doigt. » (Comm. p. 201.) — " Unes 
« patenostres d'ambre blanc et une verge d'or. » 
(Confession de Voudreton, A. >'. J. 5, p. 4, p. 11.) 

Fermaus d'argent et bons et biaus 

Et les veniez et les aniaus 

Trois ou quatre en chascune main. (Ms. 121S, f. 203.] 

Dans les joiltes, celui qui avait eu le dessous 
donnoit une verge d'or. (Mém. d'Ol. de la Marcbe, 
II, f. .537.) — « Vue verge d'or mise au doit était le 
« symbole de l'investiture d'un vicomte. « (La 
Salade, r. 5'(.) — Aux Aresta amorum, p. 303, il est 
parlé de verges d'or que l'on meltoit à la boucle 
des souliers. Dans rbabillemenl des cbevaliers de 
l'Ordre de l'Etoile : « Porteront continuellement 
« un annel entour la verge auquel sera cscrit leur 
« nom et surnom ; ouquol annel aura un esmail 
•< plat vermeil, en l'esmail une estoile blanclie. • 
iOrd. H, f. 405.) — 7» Pilier : « Ung ouvrage de lin 
« argent, en manière de pillier, gentement ouvré 
« d'orfaverie, dont la verge avoit dix pieds de 



VER 



l'û 



VKI{ 



" linul. - (Perc. IV, f. 4.) — 8° Mesure Je surface : 
« Fireul mesurer en quarrure .xxv. vcryes de 
« terre. » (Moiislrel. I, p. 23'2.) — « Les aires.... se 
« mesurent par iiiine, et ne porte cliascune mine 
« des dites aides (lue douze verbes h vinç^t quati'C 
<■ pieds pour vevi/es. » (C. (J. I, i". .'(70.) — !)" ,luri- 
diction : « Dedans le venje de noslre liostel. » 
(liiitt. lois d'.\np;l. f. 1.) — « De Ircspas et de; feio- 

« nies faites dedans la verr/e de noi,lve liostel 

« la([uele verr/e volons que contcyne la rounde 
■ entour .xn. iieues. » (Hrilt. f. (>8.) — Volons que 
" celuy ministre eyt de poeràlaconisaunce de faux 
« peys et fause mesure par tout nostrc verge. " 
(Id. f. 75.) - 10" liaguette, Iléau : 

Por quoi il soit droilnriers i-ois 

Selonc ce que client les lois 

Qui il est voye Dicus on terre. (Fahl. f>. Germ. f. ii.J 

« Il pensa un petit et puis dit que celle dcconfi- 
« ture avoit esté une verge de Dieu pour donner 
« exemple au comte. » (Froiss. il, f. 185.) — « (lar 
« depuis il aven^ia et lu batu en la fin de ses jours 
« de teles verges ; je ne say s'il avoit Dieu cour- 
« roucé. » (Id. IV, f. 1)J.) — « Lance ot d'une vc/v/e 
. pelée. » (Ms. 701.-), II, f. 1!)2.) - 11° « Verge ile 
« berger, » herbe. (Oud.) — 12" « Porter blanche 
ce verge, » signe de paix. (Britt. lois d'Angl. f. 137.) 

— Ceux qui avaient chez eux des peslifcrés devaient 
aussi porter une verge blanche. (Ord. II, f. 382.) — 
13° » Tenir un héritage par sa verge. » (Laur.) — 
1-1° « Estre sans verges ni baston. « (Oud.) — 15° 
« Cueillir la vcr(7e dont on est battu. » (Froiss. IV, 
p. 144.) — 1C° « Donner des verges pour estre 
« fouetté. » (Mont. I, p. 538.) — Hugues, évoque de 
Langres, au concile de Reims en 1019, fut convaincu 
de simonie et donna lui même au pape des verges 
pour être fouetté. (Préf. du P. Mabillon, p. 517.) — 
17»» Avoir des ii(??'(/cs saint Benoit, » se dit d'une 
nouvelle mariée. (Rog. de Gollerye, p. 87.) — » Des 
« verges S. Benoît il ne faut qu'un brin pour faire 
« une poignée. » (Moyen de parv. p. 49.) — 18» 
« Gardez vous de vous fouler la verge. » (Oud.) — 
19° " De telles verges ils sont tous battus. » (Gotg.) 

— 20° « Estre parent du costé de la verge. » 
(N. C. G. I, p. 994), du côté du père. - 21» « Elles 
« oyrent soubdainement le cor, ainsi comme d'une 
« verge. « (PerceL IV, f. 135.) — 22° « Une bonne 
« verge porte bien aucunes fois ung mauvais 
« sion. » (Percef. IV, f. 6(5.) — 23° « Maint homme 
« quent la verge dont l'en le bat premier. « (Ms. 
7218, f. 34G.) 

C'est par la verge que se donnait l'investiture des 
fiefs. (Ass. de .lérusalem, p. 105.) — Le seigneur la 
donnait à ses vassaux et ù ses justiciers comme 
une marque de juridiction quand ils avaient fait 
leur serment. (Britt. lois d'Angl. f. 8.) — Les hérauts 
d'armes la portaient aussi dans les tournois : « Il 
« getta sa verge. » (J. de Saintré, f. 275.) — » Se 
« ils trouvoient icelle justice non se avoir acquitté 
« suffisamment de son serment et avoir fait aucune 
« lâcheté en son office, faisant icelle démettre et 
« lui faire mettre sa verge sur le bureau. » (N. C. G. 



I, p. 325.) — « Les huissiers ou sergens royaux 
" exploittans en leur ressort doivent porter en'leur 
" main une t'fr.iyc ou baguette pour toucher ceux 
« auxquels ils auront eliaige de faire exploit ou 
" commandement de justice. » (Laur.) — Delà leur 
nom de sergents à verge : ■> Porter la main à la 
" verge de justice. » (N. C. G. 1, iOJi.) — « Manier 
« la verge. « (Mud. f. 2i1.) — •> Répondre sous la 
.. verge. » (N. G. G. I, p. 480.) - « Pendre à la 
« verge. » (Id. p. lOOl.) — •> Adjourner à verge. » 
'\i\. II, f. 850.) — « Verge de commandise. » 'Perc. 
IV, f. 140.) — 21° Gaule pour la pèche: « S'il n'estoit 
» pas subtil de faire guerres ne sièges, car de jeu- 
" nesse il n'y avoit [loint esté nourry, mais à pes- 
« cher de la verge aux poissons, en "la rivière de 
" l'Escaut et du Lys. » (Froissarl, 11, |). 192.) — 
« Pesclieurs à verge. <> (Table des Met. de Paris, 
ms. Meinicre, f. 48.) 

Vcrfjée (de terre). Etendue de terre. (Colgr.) 

Vergcle. Petite verge : 

Si prenez une descipline 

Cliascune nuit, d'une vcnjele. (U.i. 73 JS, f. 3.) 

1. Verijer. .lardin planté d'arbustes verts : 
« La ville et le chasteau esloient battus de deux 
• vergers. >> (Monstrelet, III, p. 14.) 

2. Verger. Appariteur portant la verge devant 
le magis'rat. (Oudin.) 

Vergette. 1° Diminutif de verge: « On gouverne 
■■ le noble cheval de l'ombre d'une vergette, mais 
« le villain se veult mouvoir à l'esperon. « (Ilist. 
d'Alexandre, Tr. des IX Preux, p. 170.) — « S'en 
■> iroient en leurs pourpoins ou paletoz, chascun 
« une vergette en sa main. » (Monstrel. III, f. 112.) 

— « El pour le serpent desvoyer de son entre- 
■• prinse, il print une vergette. » (Percef. V, f. 85.) 

— « Comme une p\^nle-d vergette n'a point encores 
« flenry. » (.1. du Bellay, p 5.) — 2° Anneau : 

Mon cher seigneur, portez vous loyaumcnt, 

Ne pensez point à l'annel ou venjet/c, 

A vous -donné ; amés vostre subjecte. (Desch. f. iSG.j 

« Puis va aux autres dames et damoyselles, à 
« chascune desquelles il donna une vergette d'or 
« toute emmaillée à fleur. » (Saintré, p. 207.) 

Vergetton. Baguette. (Cotgr.) 

Verghe. Verge : 
Quant à l'un meskiet 
A l'autre bien sict ; 

Tous jalons 
Est cascuns d'esbatre 
Le veri/hc à luy batre ; 
Nus n'est paourous. (Poct. av. 1300, IV, p. 1303.) 

Vergié. Fouetté: 

Fors écolier, autre clergié 

Sont tuit d'avarice venjté. (Ms. 7015, I, f. 73.) 

1. Vergier. Berger: 

Melz aim cel rfrgier voir 

.\ qui j'ai donnée 

ila loial pensée. (Poct. av. 1300, IV, p. 1531.) 

2. Vergier. Qui fabrique des verges, des an- 
neaux : « De tant bel artifice, que nul vergier ou 



VER 



- l'.8 - 



VER 



" topiaire ouvrier n"en pourroit faire de semlihi- 
« blés. » (Alect. p. 75.) 
3. Vergier. Verger: 

En alant tant par long que par lé 

De ce icyiei: (G. Crctm,p. 90.) 

Vergilies. Pléiades. (Cotgr.) 

Verfline. Mesure pour la terre. (Virga terrœ, 
col. 11)35.) 

Vergisant. Se dil du bois vert couclic à terre 
par Toiuagan : « Leur voulons donner leur usase 
u du bois, en nostre forc-t de Poucourt, tant pour 
« chauffage que pour bastir et edilier ; c'est ù savoir 
« de bois mort et mort bois, de bois vergisant el 
« assumetlé. » (Tbaumass. Coul. de Berry, p. ilO.) 

— « En nous humblement requérant (lu'attendu 

• que le bois morL et mort bois ne peut servir aux 
« supplians, sinon pour chaulTer et aidoir et (|uo 
" le vergisant el assumetlé est gros bois vieil, qui 
« ne peut servir en aucunes parties des edilices, 
« sinon seulement à faire poullres, pousleaux el 

• solles. • (Thaumass. p. Ail.) 

Verglasser (se). Se geler : » Ce sont eaux qui 
« se vcn/lassent et ne fertilisent le champ. » (Conl. 
de Cbol ' f. '21-2.) 

Vergne. Aune, verne: « Il a les yeulx rouges 
« comme ung jadeau de vergne. » (Rab. 1, p. 249.) 

Vergnei". Garnir une rive de vergnes. (D. C. 
sous Guerinagium.) 

Vergogneusement. Ilonleusement. (Monel.) 

Vergogneux, 1» Qui inspire de la honte: 
« Artilè se mil ù considérer l'cstrange et vergo- 
" gneii.T acte de son compère. » (Strapar. II, p. i;?.) 

— 2° Qui ressent de la honte : 
Telle est honteuse 

Et marmiteuse, 

Oui, de nuit, par l'huys de derrière 

Ne sera pas trop vcnjoijncuse. (Blas. dus Faille, am. 2'îi.j 

Vergoigne. Honte : » Avec une timidité, une 
« vergoigne el honle modeste et honnesle. » (Am. 
ressusc. p. 130.) — " Ilonneste honte et ferj/oiff^ie. » 
(Id. p. 151.) 

La dame qui cremoit vergoigne 

Le fait revenir à l'ostel. (Ms. 7G15, II, f. i34.J 

Vergoignier. Inspirer de la honte : 

Cordelier, sont outré lioni et vergoignié. 

Ms. 7218. fol. 3il. 
Paveillons drecent, tentes tendent, 
Desiranz du roi l'crgoignicr. [G. Guiarl, f. 337.) 

Vergoingne. Honte: « Mieus vaut plain poing 
« d'onor, que plain val de vergoingne. » (Ms. 7218, 
fol. 338.) 

Vergon. Verge de terre: » Pour un vergon de 
« terre tenant.... fi .i. parisis. » (Dénombrement de 
Monlmor, an. 1.396.) 

Vergoiuler. 1" Deshonorer: 

Cil qui nos anemis veigonde. (a\1s. 7218, f. 170.) 

Tysbé, foie, veus tu desver. 

Et ta chastée violer, 

Et ton lignaige vcrgnndcr. (Vxjrame et Tysbé, f. OS.) 

A poi que tu n'as vergondée 

La corone et le roi de France. (Ms. 7318, f. 130.) 



" Vous emmenez Ysabel ma fdle, et sans nul 
" seur estai, car si le roy de France ne la veut, elle 
« sera vergondée ù tousjours. » (Froiss. II, 287.) — 
2» Mépriser : 

Les niaus parliors fuir et vergonder 

Car bien doivent à tout le monde déplaire. 

V«lican, 1190, fol. ("i5. 

Vergondcux. 1° Qui cause de la honte: » Sci- 
» pion dit ([ue (piant on veut aucune chose enlre- 
« ])rendre en guerre, qu'il n'est riens si vcrgondeu.i', 
» apri-s les choses mal advenues, (|ue de dire, je 
» ne le cuidoie p.is. » (l.c Jouv. p. 000.) — 2" Qui 
ressent de la honle : « Hector, en visage vergon- 
« deux el comme houleux, pour la présence de son 
« père. » (Tri. des 1\ Preux, p. 233.) — « De ce 
« furenl lous ceux de la Table Ronde vergondeux. « 
(Lancel. II, f. 107.) 

VergongiKible. Qui cause de la honte : 

Vicieuse, non viciable, 

Orgueillable, non orgueilleuse, 

Wngoiuj/iablc. non vergongncuse. (Dcscli. /. 17.) 

Vergongne. Honte: 

Il n'a no honle, ne vcvgongnc. (ils. 7080 ', f. 80.) 

« Lucrèce ne voulut plus vivre affin qu'elle n'eut 
« point de i'<')'.7f)H6"'f' du fait que elle en avoit esté 
'< commis. « (h'ioridan, p. 72-1) 

Vergongueux. Qui ressent de la honte: « Le- 
« nigme raconté par Ariane blessa un peu les 
« oreilles des auditeurs lesquels se trouvèrent 
« aucunement vergongneitx. « {Strap. Il, p. 32.) 

Vergue. 1" Raguelle: « Ont aussi de tout temps 
« eu le pouvoir d'aller es dils bois couper une 
« botte ou deux de vergnes pour recouvrir el clurre 
« leurs baslimens. » (N. C. G. 1, p. 39(5.) — « Ainsi 
« que l'on voit des bois de telles et diverses natures, 
« (|ue les uns bruslent lous verts, comme est le 
x frcsne, le fayan, et aussilosl d'autresqui auroicnt 
«, beau eslrc secs, vieux et taillez de longtemps, 
<• comme est l'Iiouimeau, le vergue et d'aulres, ne 
« bruslent qu'à toutes les longueurs du monde. » 
(Brant. Dam, gai. 11, p. 63.) — 2° [Vergue de navire; 
voir sous Nef : « Ti'ois masts. trois vergues ncces- 
» saires pour les barges. « (B. N. fr. 26009, n° 895, 
an. 1370.)] 

Vergueust. Verjus; S" Barbe s'adresse aux 
bourreaux: 

Truant, menguc un petit, 

S'il te semble, au veryiteust ; 

Jles membres souf, sus et jus. 

Voustiz. (Uisl. du Th. f>\ II, p. 51.) 

Vergus, Verjus: » l'crr/Hs de grain el d'orenge. • 

(Desch. f. 271.) - « Vergus d'osilîe. « (Id. p. 271.) 
Or escoutez du fel vergus 
Tempter le vent de coiivoitise. 

Hisl. des lit .Maries, en vers, p. l!l. 
Gingembre blanc, graine et doux, non 
User vergus, jeune mouton. (Desch. f. 443.) 

i. Vérifier. Orner de verrières : « Eglise croi- 
« sée, vérifiée, cl faite de fort gentille fanion. » 
(Matlb. de Couci, Ch. VII, p. 667.) 

2. Vérifier. S'assurer de la vérité: » Vérifier 
« lettres dont il se voudroit aidier. » (Ord. Ill, 227.) 



VER 



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VER 



Verillette. IVtile vrille : « 11 y a deux espoiiitcs 
« qui sont mises sus l;i branche à une veriUelle. ■• 
(Mod. f. m.) 

1. Vcrin. Vis: » CotlVels, clialils, baïu's, tables, 
" lanihiis (le maison, cl paremeus île nianleaux de 
u ebeniinées lenans à erocliels ou vcriiis seule- 
« ment. » (C. G. 1, p. 4'J7.) 

2. Vcrin. l'elil ver: « Encores sera il bon, 
u quand les caguols auront, un mois ou plus, leur 

• faire arracher un petit nerf qn'Ws ont sous la 

• langue, (lui ressemble à un petit vérin. » iKouill. 
Yen. f. 124.) — •• (Juaud les chiens sont malades, îi 
« cause des i>criiis qu'ils ont dans le cor[)S. » 
(Id. f. 123.) 

Veriné. Orné de verrières: « Maison de bois 
« toute verinée à l'entour. • (Gloss. de l'Ilisl. de 
Paris, m, p. 350.) 

Verisible. Vraisemblable ; 

Il ne doit estre verisible 

Pui.sque cliiens ont voix llexible 

Qu'ils ne puissent chanter inotetz. (G. de la Birjne, i34.) 

Verisiniilitude. Vraisemblance : « Aristote 
« nous entasse ordinairement un grand nombre 
« d'autres opinions et d'autres créances pour y 
" comparer la sienne, et nous faire voir de combien 
« il est allé plus outre, et combien il approche de 
« plus pi es la verisimililude. » (Mont. Ess. 11,315.) 

\eritable. « Son maislre luy respond que c'es- 
« toit tout un de dire cela est raisonnable, ou cela 
« est véritable, et (|u'il n'y avoit nulle dilîerence. » 
(Bouchef, Serces, 111, p. 253.) 

Vérité. 1" Qualité par laquelle les choses appa- 
raissent telles qu'elles sont: « Tenir vérité, » tenir 
sa parole. (Commin. p. 105.) — « Ajouter vérité. « 
(Froissart, 111, p. 1-42.) — « 11 est plus vrai que la 
« même vérité. » (Strapar. II, p. 373.) 

En grant vérité: et fables 

Enlrasmes en la mestre rue. (ils. 1015, II, f. 1S8.J 

« Grande dispute la vm^e rebute. » (Cotgr.) — 
» Par trop débattre, la vérité se perd. » (Cotgr.) — 
« U ne se faut jamais jouer îi faire mal, ny se railler 
« de la vérité. » (Strapar. I, p. 231.) 

Vérité n'épargne nuluy. (Fauv. /'. 70. J 

Qui do vérité fait son conte. 

Il ara du monde assés honte. [Mod. f. 370. 1 

2° Assises: « Afin de préserver le commun des 
« manans, et sujets demeurans dans le plat pays, 
« de toutes pilleries, de vol et dommage faits en 
« cachette et secrètement, le susdit grand bailli ou 
« son lieutenant devra tenir des vérité:-^ secrettes 
« dans les paroisses... où chascun qui sera ajourné 
« sera obligé de comparoistre et de dire ce qui sera 
« de sa connoissance. » (N. G. G. I, p. 1101.) — 
« L'on tiendra les vm/ercOuenquisilions générales, 
- au moins de sept ans en sept ans, auxquelles 
« enquisitions on prendra connoissance de tous 
« faits criminels et civils, commis illogiquement,... 
« et non jugez depuis les dernières enquisitions. » 
(Id. p. 83'7.)'— « Il y avoit des veritex- d'aoust, que 
« le mayeur et les èchevins tenoient tous les ans. » 



(.\. C. G. 1, p. 453.) — « Iceux hauts justiciers et 
'< seigneurs viconliers, leurs baillifs, ou lieutenans 
<• peuvent, par leur justice, faire adjuger veritez 
» générales une fois l'an en leurs terres et seigneu- 
" ries, et de tr(MS ans en trois ans, es terres et 
« seigneuries de leurs vassaux et inférieurs. » 
(G. G. Il, p. 8t>'.».) 

V<M'itei .Même sens : " Kt sachiez, sire, que de 
« lié on ne va mie par avoumenl, selonc l'usage du 
» pais, mais par [lure verilei, et par loialenqueste, 
>< ne por avouemcnt n'est en saisine de fié, cel de 
« oui on l'avoue, ne n'en va en sa court. » (Du 
Ghesne, Gcnéal. de Bar-le-Duc, p. 33, an. 12'i!>.) 

Veriteus. Véritable: 

Nulo autro amors n'est mes iteus 

Si line, ne si veriteus. (Ms. I^lfi, f. 123.) 

Verjus. « Prendre verjus et moutarde. « (Contr. 
de Songecreux, f. 49.) — « Estre mis au verjus. « 
(Gotgrave.) — >■ Roches qui ne sont pas bonnes à 
« menger au verjus. » (Froiss. II, p. 294.) 

La court cest flour, c'est le raisin, 

Le vray verjus et le vray port 

De tout honneur. (Contrcd. de Soiujecr. f. lli.J 

« Verjus miellé. » (Cotgr.) 

Verni. Ver: « Ce m'est tout ung pourveu que 
« la tranciie lile n'y engendre les vertus. » (Rabel. 
II, p. 129.) 

Verniail. Vermeil: « Deux muys de vin blans 
" et deux de vermail. » (D. G. sous Vermetius.) 

Vcrniain. Vermine : " Vermain et escurues 
i> n'en puis mais point avoir. » (Poët. av. 1300, 
I, p. 170.) 

Verniand. Vermandois : « Larrons de Ver- 
» viand. " (Merc. de France, an. 1735, p. 202.) 

Vermaulx, ans. Vermeil, rouge:" Quant le 
« roy passa devant icelle ville de rveelle, ils avoient 
« leurs murs couverts de couverloirs la pluspart 
« vermaulx. » (S. ftemy, Gh. VI, 80.) — « Les bruns, 
« les vermaus et les pales. « (G. Guiart. f. 312.) 

Vermeal. Verminière, endroit où grouillent 
des vers : 

Le patron fait le timon gouverner... 

Deus mas y a, mainte antene aprestée, 

Becuit véreux, poulx, puces et ras 

Le vermeal, les vers en l'eaue à tas. (Desch. f. iO.J 

1. Vermeil. Endroit où le sanglier a remué la 
terre pour y chercher sa nourriture : « L'autre ma- 
« niere de menjues où le sanglier et les bestes 
" noires vont mengier est appelle vermeil. « (Mod. 
fol. 43.) 

2. Vermeil. 1° Ailj. « Sanz vermeil. » (Marg. 
de la Marg. i. 02.) — <■ Escarlatte vermeil. » (Matth. 
de Goucy, p. 732.) — « Veloux vermeil. » (Vig. de 
Charles VII, II, p. 71.) — » Bonnet vermeil. » (Id. 
p. 72.) — » Vin verxieil. « (Rab. II, 138.) - « Vin 
« blanc et vermeiL » (Id. p. 58.) — « Or vermeil. » 
(Oud.) — 2° Subst. Pourpre : » Robbe de vermeil. » 
(Arrest. amor. p. 13.) — « Couvert de vermeil. » 
(Ger. de Nev. 1, p. 98.) — « Le vermeil lui cort à la 
- face. » (Fabl. S. Germ. p. 340.) 



V[-R 



- 150 - 



VER 



Vermeileiise. • Prenez une herbe qui est 

• appellée par son nom vermeileiise. » (Mod. f. 3-2.' 
Vermeille. Féminin de vermeil : 

Couleurs jaunes, yndes et rouges, 

Verz, ie>-nfnllcs et desguisées. [G. Giiiarl, f. 311.) 

« Devenir vermeille, » rouj;ir. (Strapar. 1, 259.) 
— « Teste y aura vermeille. • (Rou, p. 89.) 
Vermeillement .Irfy. De couleur vermeille: 

• Si commencèrent ù parler du chevalier vermeil- 
. lenient armé. • 'J.ancel. II, f. 110.) 

Vermeillor. Rendre rose : 

De la terre cueillit les œiUetz, roses, liz. 

Pour icrnieillc)- et argenter sa face. (L. le Caroti, f. 60.' 

Pâlir et vermeiller. (Ms. 7318, f. 267.) 

Vermeillet. Diminutif de vermeil: 

Doncques bienheureux œillet, 
Doncques œillet vermeillet, 
Tu jouiras, sans mérite. 
Du sein de ma pancharite. 

Durant, à la suite de Bonnefons. p. 87. 
Votre visage en douceur tout confit 
Semble à la fresche et venneillette rose. (C. Marot, AGI .} 
Faces vermeillntlcs, 
Petites bouceltes. (J. Marot, f. i63.) 

Vermeilleure. Couleur vermeille : « Vermeil- 
1 leure des roses. » (Poés. de L. le Caron, f. 45.) 

Vermeilleuse. Voir Vermeileiise : « Prenez 
« une herbe qui est appellée vermeilleuse et en 
« médecine filage. » (Mod. f. 13-2.) 

Vermeilliei'. Yermiller.en parlant du sanglier ; 
fouiller la terre avec le boutoir pour y chercher des 
vers, des racines : « Autres manieres'de mengues y 
« a que l'en appelle vermeillier. C'est quLinlils (les 
. sangliers) boulent et reversent la terre du groing 
« devant, pour quérir les vers et la vermine de la 
« terre qu'ils menguent. » (<last. Pliéh. p. 161.) — 
« Ils vermeillent et menguent toutes vermines. » 
(kl. p. GO.) 

Vernieillonné. Vermillonnée : « Femme fardée 
« et vcrmeillonnée. » (Bouchet, Serées, I, p. 151.) 

Vermelatc. Vermeille: « Escallate vermclate." 
vCompte de 12'i'(, dansD. C. sous Vermelatus.) 

Vcrmondois. Vermandois : « Pais de Vermen- 
« (lois. " (Chr. de S. Den. II, p. 74.) 

Vermenier. Vermine : « Ces nieschans jobe- 
. lins, vermeniers, ennemis de nature et de toutes 
.. bonnes choses. » (Desperr. I, p. 100.) — « Toute 
. son intention estoit que le monde ne fut pas 
.. infecté de ces mesclianset maudits vermeniers et 
« que les hommes, de là en avant, vequissenl en 
a paix et en amour. » (Desperr. I, p. 92.) — « Les 

• vermeniers ne leur troubloient point le cerveau.» 
(Id. p. 98.) 

Vermet. Vermine : 

Et oy l'oyseau qui la lumière fuit 

Comme un vermet, maistre de sa cendre. (Bellay, A37.) 

» L'autre saison fâcheuse... est en juillet et aoust, 
« à causes des véhémentes chaleursetdes mouches, 
« puces el autres vermets qui les tourmentent. • 
(Fouill. Vén. L 7.) — « Vostre mort envers celle de 



« Sa Majesté est semblable à celle d'un vermet h un 
« éléphant. • (J. d'Auton, Ann. de Louis XII, 222.) 
Vcrmeus. eiiz. Vermeil : « Que le bout de la 
« queue soit blanc, et les mers de la queue bien 

• vermeils. » (Mod. f. 109.) 

De gueules estoit ses escus ; 

Plus est vcrtneuz que nul sinople. (Ms. 7615, II, f. ISO.) 

Verni ical. 

Trop me fait mal 
Quant je vous laiz. pour aprcndre à humer, 
Desûrmes faut boire à un vermical. (Desch. f. 210. J 

Vermieulx Vermeil : « Et que le bou de la 
« queue ne soit blanc de plain poulce d'elle, el les 
« mers de la queue bien vermieulx. » (Mod. f. 58.) 

Vermil. Ver : « Salomon dit que tout aussi 
« comme la tache ou le ver ne nuest à la robe ou 
« le vermil au bois, tout ainsy griefvc tristesse le 
" cueur. » (Chev. de la Tour, instr. ù ses filles, 72.) 

Vermilh''. Peint en vermillon: » Et la première 
» lettre dou comancement esloil enluminé d'or et 
« toutes les autres rubrices estoienl vermillées. » 
(Assis, de Jérus. ch. IV, p. 15.) 

Vermillet. Diminutif de vermeil : 

Maistie, et quel vin ? Au froit faittes l'assaulx 

Qui soit rayant, gracieus, vert, claret, 

Frique, friant, odorant, vermillet. (Desch. f. 340.) 

Verinillicr. Rougir : 

En la forest jadis noble et déserte 

A le sanglier vermillié la fouchiere. (Desch. f. 40.) 

Verinillis. Sillons tracés par le sanglier qui 
vermille : ■■ Le vermillis en est aussi plus petit que 
» les bestes noires et qui ne se suit pas, traversans 
« les sillons qu'il rencontre ce qui fait que la bcste 
« noire qui suit son vermillis très longtemps sans 
« discontinuer, mais le pourceau le fait en un 
« endroit et puis en un autre. » (Sain. Vén. p. 29i.) 

Vcrinillonner. Rendre rouge comme du ver- 
millon : 

C'est trop belle bergère ; épargnez ma pudeur. 
Ou vous allez bientost vermillontier ma joue. 

Le Berg. cxtrav. de Tliom. Corneille, act. UI. se. IV. 

Verinin. Vermine : 

Lors te menjuent li mastin 

Et li Oise! et li vermin. (Ms. 731S, f. 368.) 

Vermine. » Revers eut la terre du groing 
« devant, pour quérir les vers et la vermine de la 
« terre qu'ils menguent. » (Gast. Phéb. p. 161.) 

Mi marz tout droit en cel termine 

Que desous terre ist la vcnniiie. (Ms. 7318, f. 303.) 

« Ils vivent d'herbes, de fruit, de miel, de chair 

• crue el cuitle, quand ils en peuvent avoir; de 
" laict, de gland, (le febves et de fromis et de toutes 
« autres vermines. » (Fouill. Vén. f. 107.) 

En la saison que la vermine 

Qu'au souz terre tout l'yvcr mine, 

Se met en l'air en aparant. (G. Guiarl, f. 33.) 

« Il y avoil assemblé entour elle plusieurs cou- 
. leuvres et autre vermine qui la mordoient. » 
l'Percef. I, f. 67.) — • Adonc le mordoient serpens, 
« couleuvres, crapaulx, lézardes el toute autre 
" manière de vermine. » (Id. II, i. 91.) — • Mourir 



VER 



151 — 



VER 



« (le vermine.. » (Moiisk. p. 320.) — « Y avoit '^y.ini 
» lieriKiillf et vermine. « (Vig. de Cli. VII, I, I'.»:;.) 

Vermiiit'i". Lire pcul-èlre vermiller : « Depuis 
« poui' pnrler en paroles couvertes, on a ciil baster 

• l'asne, poursigiiilier faire, vermincr, besongiier." 
(Moy. fie [larv. p. tJ'JI.) 

VciMiiingo. « Nous parlions de faire le petit 
» vermi)i(je el de voir les pièces. » (Moy. de parv. 
p. 28S.) 

Venninier. Vermine : 

N'y demoura no pois, ne febves, 
Dont ne latassent des premiers 
Rais et souris et vcnniniers. (Monsti: I, p. S'23.} 

Veriniiucre. Trous de vers. (Marot.) 
Verinoiilii'. Causer la pourriture. (Cotgr.) 
Vennoiilure. Pourriture occasionnée par les 
vers. (Beaum. p. '204.) 

Vcnmcie. Vin de Garnaclie. (D. C. Vernacitia.) 
Vernacule. Indigène : 

Comme j'ai veu, par le tien opuscule, 

Lequel est faict en langue veniacule. {Gouj . bib! . XI,3'i8 .J 

Et (jui mieus est, par tous ces opuscules. 

Qui sont tissuz en termes venuicules. [hl. p. 3i'i.j 

Veriiane. Etat de ce qui est fortifié de haies. 
(D. C. sous Guerigncujium.) 

Vernant. Prinlanier : « Qui esmeut les oysil- 
« Ions des champs à si mélodieusement chanter, 
« fors la veriHDite saison et le vert gay délectable.» 
(Sicil. blas. des coul. p. 12.) 

Vernedé. « Ayant achevé sa vernedé. » (Bouch. 
Serées, III, p. 74.) 

Verne. Orné : « Sur son chief portoit un 1res bel 
« cliappel ou estoieut trois belles plumes en façon 
« d'autrusse, failles de très riche broderie, vernées 

• de petits dyamans , rubis , ballais et aullres 
« pierres. » (J. de Saintré, p. 266.) 

Verncux. Filet : « Disans que il ne povoieiit 
« mettre en rivière... aucuns engins, vrins, lignes, 
« hamessons , verncux. ■» (Ord. V, p. 208.)' Lire 
Verveux. 

Vernicer. Vernisser. (Colgr.) 

Vernillage. Action de baguenauder. (Colgr.) 

Vernilles. Bagatelles. (Oud.) 

A'ei'iiis. « La lyonnesse le va ferir de la dextre 
« pale sur l'escu qu'il luy gela au devant si roide 
>' qu'elle en griffa le tainct et le vernis. <• (Percef. 
II, fol. 51.) 

Veroillié. Verrouillé : « Quar il trova l'uis 
« veroillié. » (Ms. 7218, f. 203.) 

Vérole, olle. » Quand la dite dame espousa le 
« dit duc d'I'rbin, elle ne l'espousa pas seule, elle 
« espousa la grosse vérole quant el quant. » (Mém. 
de Rob. de la Mark, p. 339.) — « L'admirai demoura 
« en Lorraine pour un mal de teste qu'il avoit qui 

• s'appelle la yrosse verolle. » (Id. p. 371.) — Cette 
sorte de maladie a été aussi nommée le mal brun 
fran(;ois (Ilist. de Thou, I, 6, p. 412); le mal fran- 
çois simplement ; elle est née en Amérique. Les 



compagnons de C. Colomb qui découvrirent celle 
partie du monde la gagnèrent dans le pays el l'ap- 
portèrent en Espagne. Les Espagnols, mailres alors 
de 1 Italie, la communiquèrent à cette partie de 
l'Europe. Les armées françaises étaient aussi dans 
l'Italie et disputaient plusieurs provinces aux Espa- 
gnols. Elles ne servirent (\\i'h la répandre davan- 
tage, et la haine que les Italiens avoicnt pour les 
François leur fit croire que ce mal venoit d'eux et 
le fit appeler le mal français. — - Vérole ou rou- 
« geôle. » (f'.ob. Eslienne.) — « Vérole cardinale. » 
(Sauvai, Amour des rois de France, III, p. 10. i — 
« Grant mortalité esloil, en celluy temps, especial- 
« lement sur pelis enfans, de boce ou de verolle 
« plalle. » (Jour, de Paris, sous Charles VI, p. 155.) 
— " Vérole de liouen el crottes de Paris ne s'en 
« vont jamais qu'avec la pièce. » (P.abel. V, p. !)8, 
Le Duchat.) — « l'ne maladie advient aux yeux des 
c oiseaux appclléc plus communément la taye en 
« l'œil et par aucuns dille vérole. » fFouill. faucon, 
p. 18.) — <i Maislre Malopin a laissé par oscrit ([ue 
" pour remède prompt el seur à ce mal de la taye 
» en l'œil que lui mesme appelloit verolle, faut 
'< prendre de l'escaille de tortue. « (Id.) 

Veron. Petit poisson : « Il prenl une poignée de 
'< petits poissons qui sont fort communs en la 
« rivière de Mince... toutes fois les grandes annales 
« de Cipade contiennent que Berîhe n'avoit pas 
« pour lors des ables et des verons. » (Merl. Cocc. 
I, p. 40.) 

Sa baniere fu d'un obar 

Bien entr'armée de verons. (Bat. de Quarcsme, f. 05.) 

" Il faut perdre un veron pour pescher un saul- 
« mon. » (Cotgrave.) 

Véronique. [D'après la légende, sainte femme 
qui aurait appliqué un suaire sur le visage de Jésus 
Christ ; les traits du Sauveur y seraient restés em- 
preints; celle reliiiue se conserve actuellement à 
S. Pierre de Rome. Mais Véronique n'est pas une 
sainte; c'est le nom du portrait lui-même : vera 
elxmy. Mais M. A. Maury, dans les Croyances et 
légendes de l'anliquilé, p'. 334, remarque que le mot 
devrait être vericona; pour lui vericona est ^eçor/xr,, 
autre fortne de Bérénice ; ce mot fut transporté par 
altération à une nçovi'ixr^, espèce d'éon (émanation 
éternelle sortie du sein de l'Un) dont les gnostiques 
donnèrent le nom à l'hémoroïsse de rEvangile ; 
plus tard la légende du Saint Suaire el de la Sainte 
Face s'y mêlèrent et l'on eut Véronique. Ce mot 
était synonyme de portrait.] — <• Icy approche 
<' Veronne ung couvrechef surla face de Jésus et la 
« véronique y demeure. » (Ilist. du Th. fr. 405.) — 
« Disoit que c'estoit sa vraye semblance, en l'ap- 
« pellant souvent par ce mesme mot la véronique 
» du petit roy Charles Vlll. » (Brant. Cap. fr. I, 22.) 

Verouillé. Verrouillé: « Airerent le pont qui 
" n'estoil cliqué ne verouillé. » (Monstr. II, 10.) 

Veroy. « Quod si neque scabinos neque juratos 
« lestes haberil, par le veroij eum vocabit, id est 
« solà manuu faciet jusjurandum. » (Thaum. Coût, 
de Berry, p. 233.) 



VER 



152 - 



VER 



Verrassée. Contenu d'un verre: " La cour le 

• condamne en Irois verrassées de caillebottes 

• assimentées. >• (l'.abel. II, p. 135.) 

Verrat. Sanglier: " Escumant de grande colère 
■ comme le verrat mis aux abboys. • ^Dom Florès 
de Grèce, f. 157.) — » Paillard comme un verrat. » 
(Colgrave.' 

1. Verre. Toison, dans S. Bern. .^erm. ms. 359. 

2. Verre. « Verre fin, » pierrerie fausse. (Conir. 
de Songecreux, fol. 19.) — » Le remède est: fais 
« poudre d'encens masle , de litarge , de verre 
« Alexandrin. ■ Fouill. fauc. f. 8i.) — « Regarder 
« ù verre dormant. » (Printemps d'Yver, f. 5G.) — 
« Droit de verre. » (Cotgr.) — » Aussi facilement 
» que d'avaller un verre de vin. » (Oud.) — « Vous 
« lui ferez faire pour un veire de vin. » (Oud.) — 
« A graml bomme grand verre. » (Cotgr.) 

1. Verre. Carni de vitres: " La mena en sa 

• très génie sallelle, ...très bien tendue, tapicée et 
« natee et les fenestres verrées. » {.I. de Saintré, 
p. 558.) — « .Mena ma dame en sa chambre qui 
« estoit très bien tendue, nette, tapicée et verrée. » 
(J. de Saintré, p. 557.) 

2. Verre. Vairé, ouvragé : « Luy donna, le jour 
« de ses nopces, .ii. t.ices d'argent à pieds, gau- 

• dronnées, rcnrVsaux bords et aux pieds, pesants 

• ensemble 30 marcs. » (Et. des oflic. des ducs de 
Bourg, p. 201.) — » Donna six tasses d'argent 
" verrées pesant dix marcs. » (kl. p. 1 15.) — « Donna 

• six tasses d'argent verré»s au bord et martelées 
« au fond, pesant deux marcs la pièce. » (Id. 118.) 

Verreil. Vitrail : 
Nabugodonosor emprendre 
Voult contre Dieu ; mais le verreil 
Que nul fors lui ne puet comprandre 
Le cassa en pouldre si dueil. (Desch. f. 309.) 

Verrer. Balayer : 

C'est par defautc de cuer fin, 
Qui ne se veut meller de guerre. 
Car avarice si l'en verre. 

Hiit. do France, à la suite de FauTel, f. "0. 

Verrerie. Lieu où se traite le verre. (Cotgr.) 

Verreux. Vcireux : « Faire les pois verreux. » 
(Cotgr.) — <■ Clievrel est de telle nature que il ne 
« demeure pas voulentiers en pais où il ait fourmis, 
« car il a la chair si sensible ([u'il vuide le pays où 
« les fourmis demeurent, et aussi het à demeurer 
" en pays verreux. » (Modus, f. 39.) 

Donc ne déplaise aux fauconniers verrcitx 
Leur estât n'est approchant des veneurs. 

Fouill. Vcn. f. 23. 

Vcrri. Diaphane. (Cotgrave.) 

1. Verrier. Qui travaille le verre : « Il court 

• comme un verrier deschargé. « fOud.) — « Le 

• verrier n'eu battra pas sa femme. » (Oudin.) 

2. Verrier. Voyer : « Aussi compele et appar- 

• tient aus dicts de Saint-Vaast le droict de tlos, 

• flegards, chemins et verrier. » (.Nouv. Coût. 
Gén. 1, p. -142.) 



Verrière. Fenêtre garnie de vitres : 

N'i a fenestre no verrière 

Qui rende clarté ne lumière. (Ms. 721S, f. 311.J 

' Avoient apperceu à travers leurs verrières et 
« fenestres. » (Et. de la France sous François II, 
par La Planche, p. 578.) 

En la meson a six verrières 

Trois par devant et trois derrières. {Ms. ~'2l8, f. 313.) 

Car en disnant Phebus, par la verrière 

Sans la briser, vendra voir ses supposts. 

Cl. Marot, f. Slj-J. 

<■ Il voyoit aucunes fois la lueur de la chandelle 
" par ]es verrières. - (Arest. amor. p. 47.) 

Mais cliantoit l'en dedens une logettc, 
Ou es grandies, tout le plus et le mieuLx ; 
Lors ung curé si servoit en troys lieux ; 
Et n'y avoit ne lampe ne verrière. 

Vigil. do Charles VIT, II, f.WJ. 
Cela est cler comme jour en verrière. (Crétin, p. OO.J 
Est descendus 
Li haus sires del ciel la sus. 
Par si glorieuse manière, 
Com li solau* par sa verrière 
Entre, sans fraindre et sans percier. (Ms. 13iS, f. iO^.) 

Verriii. 1° De verre. (Cotg.) — 2° Fragile comme 
le verre : 

Et que sert monceaux amasser 

D'or et d'argent, quand nostre vie 

Kresle et verrine à se casser 

N'en permet jouyr. (Salf, p. 69.) 

3" Transparent : 
Ou nez ot estroltes narrines 
Qu'ele ot gresle et lonc et verrines. (Ms. 73iS, f. 080.) 

Verrine. [1° Verrière : « Pour une verrine 
« blanche à un oscuchoii de France, achetée de 
« Simonnet le Verrier, pour mettre à une fenestre 
« du complenr où ledit receveur fait la dite recepte 
<■ pour ce fjue aucunes foiz que il pleut le vent 
« cbace la pluie sur les pappiers et esciips de la 
. dite recepte. » (A. N. KK. 350, L 78^, 20 janvier 
1372.) — » El estoit la plus belle verrine que 
a jamais on vit et la moitié de la maison estoit 
« toute de verriiie. » (Rob. de la Mark, p. 375.) 

L'aube du jour, de couleur purpurine, 

Claire et luysant comme belle verrine. (Crétin, p. 337.) 

2° Verre de lunettes : 

Lors on verra sans lunette ou verrine 

Qui est plus digne. (J. Marot, p. 20-3.) 

Verrot. Verrat : « Un chascun seigneur féodal 
« peut, en son lenement, avoir... colombier, tenir 
« thoreau et verrot. » (C. G. I, L 688.) 

Verrouiller, ouller. « L'huis fut à coup 
« verrouillé. » (Percef. III, L 150.) — « 11 trouva 
« la porte bien fermée et verronllée. » (Berlr. du 
Guescl. p. 332.) 

Verrouillet. Petit verrou. (Oudin.) 

Verriicaire. Herbe qui guérit les verrues. 
(Cotgrave.) 

Verrueil. Filet. (D. C. sous Vertebolum.) 

Verrueu.v. Qui a des verrues. (Cotgr.) 

Verruque. Verrue. (Cotgrave.) 



VER 



153 



VEH 



1. Vers. Sanglier : 

]A pourceaulx disoit cl li vers 

Que plus nobles ostoit que li cors. (Dcsch. f. ^i07.J 

2. Vers. Vorl : • Mencandées de bleds vers. « 
(Du Clicsne, Gciiéal. de Délliune, an. Vl'û.) — 
« Eslre vers, » étourdi. (Descliamps, f. ■i!>;5.) 

3. Vers, Vair : 

Les elx a vers comme faucons. (Ms. .S. Gcrm. f. ilO.] 

J'ay vers yeux, petits sourcis, 

Le chicf blont. IDcsch. f. il 3.} 

4. \cri>. Préposition: 

Hé, fille, levez la cliiere 

Vers vostre seiguois: soiez fiere. (Ms. 7G15, II, f. m.) 

5. Vers. 1° Assemblage de mots mesurés cl 
cadencés: » 11 trespnssa au royaulnic de (lliipio et 
« fu porté en .lerusalein, sur Uuiuelle sepuUm'u 
« sont cscris ses îv'rs. » (Ass. de .lerus. p. 18G.) — 
« Vers rilbmés. « (Perceforest, VI, f. 21.) — « Vers 
« rimes. » (Mod. f. 301.) — « C'est assavoir que 
« verelais se font de pluseurs manières, dont le 
« refrain a aucunes fois quatre vers, aucunes fois 
« cinq, aucune fois six. ■> (Descb. f. 3!)8.) — " Vers 
» alexandrins. » (,I. Marot, p. 102.) — « Vers de 
« longue ligne. » (Cr. du Maine, Dibl. p. 414.) — 
« Vers accordans. » (Des Ace. Digarr. p. 131.) — 
« Vers couronnez. » (Id. p. 148.) — « Vers crois- 
« sans. » (Id.) — « Vers decroissans. » (Id. p. 140. j 

— « Vers rétrogradez. » (Pasq. Recli. p. 015.) — 
« Vers rétrogradez par lettres et par mots. » (Des 
Ace. Bigarr.'p. 83.) — « Vers léonins. » (id. p. 119.) 

— « Vers lettrisés ou paranomes. » (Id. p. 108.) — 
<■ Vers rapportez. » (Id. p. 105.) — « Qui ne sçait 
« pas faire un vers est un sot, et qui passe deux est 
« un fou. » (Gouj. Bibl. fr. t. XIV, p. 353.) — 2° Pièce 
de poésie : 

Cil jugleor en piez s'esturent, 

S'ont vielles et harpes prises 

Chançons, laiz, sons, vers et reprises 

Et de geste chanté nos ont. (Ms. 7015, H, f. iSS.J 

3° Couplets: « L'epitre Saint Bernard en cbançon 
« royal de cinq vers sur le gouvernement de niai- 
« son. » (Descli. f. 436.) — «'Entre .u. vers, la tierce 
« meure. » (Prov. du Vilain, ms. S. Germ. f. 8!).) 

— 4» Verset: « Alléguant ce vers du pseaume. » 
(Godefr. Annol. sur'Ch. VI, p. 564.) — « Il com- 
« mença h réciter cette docte oraison par les 
" mesmes vers des(|uels avoil usé Populus. » (Croix 
du Maine, Bibl. p. 183.) 

G. Vers. Verso : « Le vers leur changea. » 
(Percef. III, f. 153.) 

7. Vers. Pluriel de ver: » L'autre manière de 
« filandres, lesquelles aucuns ont appeliez vers, 
• viennent aux cuisses des oiseaux. » (Fouilloux, 
Fauc. f. 27.) 

8. Vers. Chaînes: 

De traiz, comme Saint Soubastiens 

Soit de sajeltes en la fin. 

Et mis en vers et en liens. (Dcseh. f. f!lQ.) 

Versable. Changeant: 

Considérons nos grans fragilitez, 

Nostre aage brief, le hault juge esperitable. 

Les cas soudains, la fortune versable. (Desch. f. 104. J 



Versullle. " Aller à Versaille, • renverser. 
(Oudin.) 

Versaine. Versage ; jachère qui a reçu un pre- 
mier labour : " Vaine paslure s'entend et s'cxlend 
« es chemins publics, charrieres.. . semblablement 
« terres en friches, versaines, soumartz, ou fi-alis, 
• comme héritages non ensemencez, ouverts et 
» non clos. » (.N. C. G. II, p. 10'J5.) 

Vcrsales. « LeUres versales, » majuscules coin- 
menrant les vers. (Kabel. II, p. 12i>.) 

Vcrsation. Malversation: « Quelque mauvaise 
« versalion faite dans les finances. » (Montluc, 
II, p. 482.) 

Versault. Action de renverser : 



Prudence n'est pas en sault. 
Toute noblesse m'oublie ; 
Loyaulté est endormie.... 
Congnoissance en droit versauU. 
Pité, largesce est perie. 
Mais convoitise est en fault 
Qui fait de chascun versault. 



(Desch. f. 78.J 



(Th'sch. f. 17Ô.J 

1. Verse. Forme verbale de verser : « Pleuvoir 
« à la verse. » (Oud.) 

2. Verse. « Feurenl ouys du mole dix coups de 
« verses cl faulconneaux. « (Habel. IV, p. 10.) 

Verseflcrres. Versificateur : 



Uns versefierres jadis estoit 
Qui bons vers et jadis faisoit. 



[FaU. S. Gcrm. f. //.) 



Versenne. Sillon, en saintongeais, d'après 

Ménage. 

Verser, l- Refouler: « Toutcsfois eut l'on vou 
« le plus puissant, se ne fut le lournoy qui versa 
" sur eulx, dont il n'eurent espace, sinon de monter 
" sur les chevaulx, car ilz eussent esté défouliez. ■> 
(Percef. VI, f. 75.) — 2° Etre versé dans : « Ce que 
« j'en ay dit, je n'entends qu'il prejndicie à l'hon- 
« neur de ceux qui versent, comme il appartient, 
<c en leur art. » (Apolog. pour Hérodote, p. 220.) — 
3° Pratiquer: « Combien fidellement il avoit versé 
« en sa charge. « (Ess. de Mont. II, p. 44.) — » Ceux 
« qui cheminent droitement en la vocation en 
<' laquelle Dieu les a apellez, et qui y versent 
« comme devant luy. » (Apolog. pour Hérodote, 
p. 209.) — 4° Etre versé dans: » Verser es saintes 
« lettres. » (Contes de la reine de Navarre, p. 63.) 
— 5» Renverser : 

Les prodomes doit on tenir molt chiers, 
Là où il sont et servir et amer ; 
Mais à paines en puet on nus trover 
Car ils sont mais, si com li faus deniers, 
Qui ne se puet en trebuchet verser. 

Chans. du comte Thibaut, p. i44. 
Voyez fortune ainsi que aujourd'huy l'crse. 

G. Grelin, p. 19i. 

» Monte en ton bateau et fay tant, avec la rame 
« et ton corps, en le versant du costé que l'eau y 
« puisse entrer. » (Nuits de Strapar. I, p. 178.) — 
« J'en veulx avoir le déduit de le chasser et de 
« l'occire quant il sera versé. >• (Percef. II, f. 9.) 

Et quant je voy telz estas fortunez 
Verse: ainsi et que fortune bat. [Desch. f. 339.J 

20 



VER 



154 - 



VER 



Il amoit Dieu 
Oui l'avoit versé de son lieu 

Pour esprouver sa pacience. (Desch. f. 532.) 

Tant fièrent entre eus sus ses armes 
Que son destrier souz lui verse. (G. Gtiiart, f. 257./ 
Fait là terre verser. (Poêt. av. J300. III, p. I286.J 
Sanloit une foudre qui de ciel fut vi'rsé. 

Poel. av. 1300, IV, p. 1365. 

J'entends céans, en nostre court perverse, 

Où tel repaist qui avant soupper verse. [G. Crctin, 208.) 

Cest cist siècles cur il covient verser. 

Clians. du comte Thibaut, p. 3. 
S'aucun mousart venolt qui le voloit horter 
Manuesai ne poroit sans se queval verser. 

Puct. av. 1300. IV, p. 1365. 

« Faire verser de Irait. » (Mon. Du Guescl. p. '263.) 
— . Eslre au versant. • (Froissarl. 1, p. 09.) — 
« Versez- à revers. » (llisl. de France, h la suite ûc 
Fauvel, f. 85.) — « 11 n'est si bon cliarlier qu'il ne 

• verse. " (Coltir.) — G° Clianger: « Voilà comme 
« la fortune verse ses tours. » iBrant. Cap. fr. III, 
p. 66.) — 7» • Se verser, • battre la campagne. 
(Coquill. p. 8i.) 

Versestat Changement: « Le flux de profusion 

• qui n'est qu'un versestat. » (Lelt. de Pasquier, 
III, p. 710.) 

Verset. Prtitérit de verser; poussa : 

Tellement que ledit fosset 

AUoit sur l'eaue et la rivière 

Ainsi que le vent le verset, 

Adés avant, adés derrière. (Viij. de Ch. VII, I, p. iOG.j 

Versificur. Versificateur : 

Ainsi je preuve ma major 

Par ung très bon vcrsi/ieur. (Gace de la Bkjnc, f. IS.j 

Versillier. Reciter verset par verset : 

Et Turpiii quant l'en vit billier 

Reprist son syaume à versillier. (G. Guiurl, f. 145. J 

Versis. « Bois chablis et versis. » (Mém. de 
Sully, X, p. 221).) 
Versoier. Mêler. (Borel.) 
Versoz. Pluriel de ver; vermine : 

Ouar moult redoute le torment 

Qu'il ol eu premièrement 

Des laisardes et des versoz 

Et des coluevres et des boz. (Ms. S. Gcrm. f. 188.) 

Verssent. Renversent : 

Maisons verssent, flanieiches volent 

Tout le païs environ fume. {G. Guiarl, f. 27.) 

Ver.sure. Action de verser. (Cotgr.) 
Vert. Expressions: • Locques frittes au vert 
. aillet. • (Récits d'un bourg, de Valenc. p. 58.) — 
" La verte semaine, - le mois de mai. (Sibilet, Art. 
poét. 11, 96.) — • Vcrl perdu, » feuille morte. (Chasse 
et départ, d'am. p. 289.) — « En faire une verte. » 
(Le Jouv. f. 19.) — " Donner de vertes atteintes. » 
(Oudin.) — • Ils ont beau pratiquer tous ces vieux 
« moyens qu'ils ont ouy dire, ils y perdent leur 
« escrimes, car quand une l'ois leurs femmes ont 
« mis ce vert coquin dans leurs testes, les envoient 
« à toute heui'fi chez Guillot le Songeur. » (Brant. 
Dam. gai. 1, p. 181 ; voir Vkr coquin.) — « Le ciel 
« de iict tout enflé d'or et de perles n'a aucune 
« vertu à rappaiser les tranchées d'une verte coli- 



• que. • (Ess. de Mont. I, p. 447.) — « Acier vert, • 
bien trempé. (Ms. S. Germ. f. 190.) — » Homme 
" verd <■ (Oud.i, fou. — « Honneurs i't')7i. • (Son- 
gecieux, f. 184.) — • Teste verte, • folle. (Oud.) — 
« Vert débat. • (Mém. d'OI. de la Marche. I, p. .'^29.) 

— . Cuir ('(>;■/, - frais. (X. C. G. IV, p. 910.) — » Et 
>< yrout leurs mestayers et gens roturiers demeu- 
» i'ans es lieux et feages nobles, au dit four, moulin 
« et pressoir,.... et ne pourront aucuns d'ores en 
« avant user de vertes moultes • (C. G. II, p. 121), 
moulure du blé mouillé. — • Jeu du vert, • au 
.Mercure de juin 1679, p. 329, sorte d'étoffes : 

Blanc peliçon te ferai avoir 

Et bonc cote ;'i mon savoir 

De vcrl de Douay tramant. (Fahl. S. Germ. f. 138.) 

Communément sont mal vestuz ; 

Mes ne se prisent deus festuz ; 

S'il ne se font robes taillier, 

Le vert d'Ypre peuvent baillier. (G. Gtiiart, f. 138.) 

«■ Tevre verte, » mouillée. (Toison d'or, I, i. 45.) 

— « Il nous en a donné de bien vertes. » (Oud.) — 
» Il y en a de belles et de bien vertes. » (Id.) — « Il 
« s'en passent encore ailleurs de plus vertes, et de 
« plus grandes. - iSag. de Charr. p. 540.) — • Quant 
» aux peuples les choses prannent vert. » (Desch. 
f. 340.) — » En bailler de belles, des vertes et des 
« meures. •■ (XV Joies du mar. p. 163.) — . Entre 
« deux vertes une meure » (ISah. 1, 66\ entre deux 
mensonges une vérité. — " Les jaunes, biset, rcri,» 
dans G. Guiart, f. 332. — • Qui ne cueult des vertes, 

• il ne mengera jà des meures. » (Jouvenc. fol. 19.) 
Vertau. Bonde de barrique. (Cotgr.) 
Vertelle. « Les bouts des os sont appelles ver- 

" telles, parce que par eus les parties du cors et les 
« membres se tournent l'un vers l'autre. » (Les Tri. 
de la Noble dame, f. 107.) 

Vertement. Avec vigueur : • Je vous prie que 
a nous piquions vertement, avant qu'il se fasse 
« plus tard. » (Fleur, p. 376.) 

Verlenelle. 1° [Charnières, [lenturcs qui main- 
tiennent le gouvernail: » Un gouvernail l'ourni de 
" gons, ûa^vertenelles et cappeslains. « (B. N. 
Chartes roy. IX, 26, an. 1381.)] — 2" Vervelle. an- 
neau rivé au pied du faucon : «■ Le lalz doit estre si 

• longqu'il sedoublede la porte au faulcon,jusques 
" à terre; la verlenelle an faux lalz doit eslre de 
" fer. » (Mod. f. 80.) — « Puis parlerons des mesures 
" des choses qui sont nécessaires pour tendre le 
« latz au faulcon premièrement la verlenelle qui 
" est trois laz doit estre de corne de piège. » (Id.) 

— « Et la verlenelle du faux latz sera ataché en 
" celle manière que quant on tirera le faulx lalz, 
« (|u'elle s'en viengne aisiement. » (Id.) — 3° Pièce 
fixée dans la porte pour retenir le verrou : 

Reportent gons et vcrtenelles. 

Verrous et clous. (G. Guiart, f. 334.) 

Vertes. Vérité : « Cou est vertes, si com je cuit.» 
>Pot;t. av. 1300, IV, p.'l3i2.) 
Verley. Vérité : 

Bien les puet croire de tant 

Sanz soirement de vertey. (Port. av. 1300, I, p. 40.) 



VER 



155 - 



VI'K 



Verticr. Changeant : 

Ne fu mollis, no mesdisans, 

Ne vertiers, ne despisans. /.Vs. 701'>, T, f. .1.9.; 

Vertigine. Vcrligc: • La lesle qui luy tourne, 
. comme s'il avoit une verligine. » (Boucliet, Ser. 
I, p. 30.) 

Vertiller. « Lorsque les telins enflent aux filles 

• que tes Latins nomment fralrare, sororiare, en 
. Lauraiïon nous disons vertiller. » (Malad. d'ani. 
p. 110.)' 

Vertillon. Vortel, iielil cùne en fer ou en laiton, 
surmontant le fuseau dont on se sert pour filer à la 
quenouillç : 

Quelque vieille va commencer 

A fiUer, qui enipongncra. 

Sa quenoilln do hault tencer, 

Son fuzeau, d<; tout se dira ; 

Les estoupos do on le scaura, 

Le rouet de j'ai bec ouvert 

Le vertilltm do on venra. (Coquill. p. 03. J 

Vertin. Imagination. (Oudin.) 
Vertineux. Fantasque. (Oudin.) 
Vertir. 1° Tourner, diriger vers : 

Quant femme a sen cuor verti 

A un amant. (Vat. imO, f. i'28.) 

« Si que ne saï de nule part vertir. » (Poèl. av. 
1300. IV, fol. 1358.) — « Affin que nous puissions 
a vertir, par dessus le temple de Marcus pour prier 
« aux dieux. » (l'ercef. I, f. 123.) 

Pour ce tribut vous faut partir 

Et devers Bethléem vertii: (Borel.J 

Rommain tournèrent le dos, 

Tous descouvers et tous desclos ; 

Aux tieberges veurent vertir 

Ne se forent aillieurs garir. (Brut, f. 03.] 

Tu n'as hayneulx qui te oultrage et dye 

Brocars picans, satyre ou tragedye, 

N'as en ce lieu pour ton vueil divertir 

De servir Dieu, pense donc d'y vertir. (Crétin, p. 51G.) 

2° Changer, transformer: 
Rou estoit de liepre tout tainz et tout vertiz, 
En l'eve se baingnoit ; si ert sempres garis. (Rou, p. 25. J 

3" Affiner : 
Car tôt ansin come li ors 
Est li meudres mestauz c'en vertisse. (Ms. 7015, I, 13.] 

4° Infinitif pris substantivement: « Le mal et dou- 
« leur que tous deux en avons receu puist sur ton 
« vertir. » (Ger. de Nevers, 2' p. p. 11.) 

Vertiz. Colonne vertébrale (?) : 

Avis li est qu'il doit morir. 

Et quant li trait le cuer du piz, 

Le froit le prant en la verliz 

Et puis d'iluec par tout le cors. (ils. S. Germ. f. 143.] 

Vertoil. Bonde; un mari tient l'amant de sa 
femme enfermé sous un cuvier : 

Qu'el tonel est à grant peine, 
Qu'il en fist le vertoil voler. 

• VouldroJs tu faire rétrograder les planettes et 

• démancher toutes les sphères célestes... desarti- 

• culer les vertoils. » (Rab. III, p. 155.) 
Vertoillie. 

Si trait le vit dont une anesse 

Peut bien estre vertoillie. (Ms. 7-21S, f. 231.] 



Vcrtoroaiix. Pour verts (jeunes) taureaux (?) : 
• Si c'estoit beste si resveleuse qu'elle regihasl aux 
« autres par resvel ou par felonnie, comme font 
« souvent vertoreaux ou poulain. • flîout. Som. 
rur. p. 801 .) 

Vcrtous. Verlels : 

En lait ou en gruel d'avaine 

Ou on moustarile qui est saine. 

Ou en vertoun, ou en fuisiaus. 

Ou en civos, ou en poriaus. (Ma. 7218, f. 170.] 

Vertu. A tous les sens, du latin virlus : 

Ce feut ici qu'apparut la rertus 

De quatre preux et vaillans champions. (Rabcl. II, 233.J 

Oui, en pou d'ans, a fait tant de vertus, 

Pour son seigneur et à son pays bien 

Doit... estre aimez de tous et chier tenus. (Desch. ISl.) 

Et avions du vin de Vertus 

Qui renvigore les vertuz. (G. de la Bi<jne, f. 114.J 

« Jouer à honnestes jeux, comme aux merveilles, 
« aux eslats, aux ventes, aux vertus. « (Vver, 11.) 

— « Adonc issirent hors, les vertuz des angles et 
« vindrent devant Adam. » (S" Croix, p. 11.) — « E 
« vindrent adonc deus angels et deux vertuz du 
« ciel. » (Id. p. 3.) 

On doit avant purger toute sa conscience ; 
Après doit-on enquerre des vertuzla poissance. 

Ms. 7015, II, f. 180. 
Denier fet en cest mont vertuz 
Denier fet les vilains âges. (Ms. 7218, f. 107.] 

« Lors lui faillit le cueur de joye et la convint 
« asseoir, tant que sa vertu lui fut revenue. • 
(Percef. 1, fol. 114.) — » Vint une doulce pluye du 
« ciel qui tous les ralïreschit et remist hommes et 
« bestes en leurs vertus. » (IX Preux, p. 470.) 

De sours oir, fols radrecier. 

De malades doner santé. 

D'autres vertus à grant plenté. (Ms. 7218, f. 284. J 

Dieus feroit por moi, je croi, vertu. 

Se je James vos pooie aprochier. (Cli. du C" Thih. 100.] 

« ,Iurer Dieu et sa vertu. » (Desch. fol. 32.) — 
« re?'ii<s d'ung petit poisson. » (Rabel. IV, p. 145.) 

— « Faire ?,&?, vertus. » (Rou, p. 80.) — « Assaillir 
" en la vertu de toutes ses forces. >• (IX Preux, 273.) 

— " Les vertus surmontent les signes. ■ fCotgr.) — 
» Contre péché est vertu médecine. » (Cotgr.J 

De nécessitez font vertus 

Pluseurs qui sont desconfortez. (Desch. f. 53.] 

Vertuable. Vigoureux, ayant pleine force: 

Car en ses faiz fut fort et vertuable. (Desch. f. 310.) 

Furieuse, non furiable, 

rer<ua6/e non vertueuse. (Desch. f. il.] 

« Ce nonobstant, à cesle présente paix, traicté et 
« accord, seront et demourront vertuables et en 
« leur plaine force. » (xMonstrel. II, 118.) 

Vertueulx. Vigoureux : « Il estoit si vieil et de 
« si grant aage que ceulx qui le regardoient dirent 
« qu'ils n'avoient veu jamais homme si vieil et non 
« pourtant il estoit moult wrii<e«/x' de son aage. » 
(Lancel. III, f. 10.) 

Vertueusement. Vigoureusement: « M'exhor- 
« tant que vertueusement je remuasse mes pieds. » 
(Am. ressusc. p. 25.) 



VES 



ir.G - 



VES 



Vertiigade , aile. Gros bourrelet que les 
femmes portaient sous leurs corps de robe : ■' S'es- 

• limans, comme dit Platon, assez couvertes de 
« leurs vertus sans vertugade. • (Mont. Ess. III, 
p. 132.) — • Chasser les mouches de dessous la 
« vertugalle. » (Dom Florès de Grèce. 1". 130.) 

"Vervaille. Anneau qu"on attachait au pied du 
faucon; vervelle : « Un ject, une vervaille, un 
« leurre, un chaperon. • (Goujet, Bibl. p. 217.) 

Vervaln. Verveux, filet : 

Mille sortes d'appas, mille façons subtiles, 
Pour faire des engins, des baclies, du vervain. 

R. Btll. I, p. 115. 

Verve. Caprice ; on lit dans Brantôme, Dames 
galantes, I, p. 13, d'un mari devenu tout :\ coup 
jaloux de sa femme : « Verve luy prist. » 

Virge pucelo, virge dame. 

Qui es saUis de cors et d'ame, 

Secors ton serf, secors ta serve, 

Où ci a périlleuse verve. (Ms. 72J8, f. 297.) 

Dame sainte Marie, 

Mon corage varie, 

Ainsi que il te serve. 

Où James n'est tarie 

Ma dolors, ne garie ; 

Ains sera m'ame serve, 

Oi aura dure verve, 

S ains que la mors ne verve, 

En vous ne se marie. (ils. 12i8, f. 301.J 

"Vervelle. 1° Anneau rivé au pied d'un faucon : 
« Vervelles d'argent dorées et esmailliées des 
« armes de France pour les faucons du roi. » (Du 
Can?e, Vervilitan.) — » Et d'iceulx les ungs por- 

• ter jects aux jambes bien beaulx et précieux, 
« avec inscription aulx vervelles. » (Rabelais, V, 
page 19.) 

N'es ce plaisir de voir ung espervier, 
Longes aux pieds, sonnettes et vervelles. 

Crelin, p. 80. 

2° Charnières : « Osta, à force d'unes tenailles, 
« les vervelles du pelle dudit huis. ■> (.JJ. 172, p. 8.) 
— <■ Le conseil qu'il luy donna fust qu'il luy fist 
« ester les vervelles qu'ilz luy tenoient la visière 
■ de son armet. - (Le Jouv. p. 337.) 

Verviller. Vermiller : 

Mais Ips sangliers veulent les forts buissons 
Les glans des bois, bas lieu.x oii verrilloient. 

Deschamps, f. 112. 

Veruillier. Verrouiller : 

On doit ançois l'astable veruillier. 

Valican, M90, fol. 180. 

Vervuin. Verveux, filet : « >'e doit avoir 

« cbascun baquet que six nasses de bars et 

« ne doit mener cbascun baquet que huit bouc- 

• tiettes aux anguilles et cinquante vei'vuins. " 
(Bouteilier, p. û07.) 

Vesccron. Vcsce sauvage. (Cotgrave.) 

Vesdiant. Agissant par ruse : 

Si firent un embuschement... 

Puis pristrent une autre partie... 

Puis s'en restraitent vcsdtant 

Corn s'el allassent fuiant. fliou, p. 228.) 



Vesdie. Ruse : 

Hassainz fu moult de grant vesdie 
El moult fu plain de felonnie. (Rou, p. f4.,/ 

Semblant firent de fuir, pour euls faire encauchier, 
Li Normanz, par vesdie, s'en alerent fuiant. 

1(011, p. 103. 
Berengier s'accorda, si fist sens et vesdie. (Id. p. 5i.) 

Vese Cornemuse. (Oudin.) 
Vesé. Ventru. (Cotgrave.) 
Vesicaire. Herbe à cautères. (Cotgrave.) 
Vesie. Sagesse : 

Cil a moult mieus .m. pois en sa vesie 

Qui en doutant a des biens à le fie 

Valican, UPO, f. 1*8. 

Vesier. Prévoyance : « J'entens bien, à voslre 
« vouloir, que tantost vouklriez avoir le pont, la 
.. tour et la ville ; se convient ;\ tel proye prendre 
« plus d'un ostouer; et pour ce nous y convient il 
« saigemcnt vesier. » (Mén. du GuescL f. 89.) 

Famo set mieux promettre 

S'amour, c'est par vesier 

Si con nous dit la lettre. (Ms. 701S, II, f. l'iO.) 

Veske. Evêque : 

Li traisons tout partout mence ; 
Ele est à Roume, ele est à Rains, 
S'est sous les princes souverains, 
Sour veskes et sour canceliers, 
Sour bourgois et sour chevaliers. 

Po.t. avanll300, IV, p. 13Î1. 

Veskir. A'ivre : » Ensi porrons veskir et bien 
« loiaumenl amer. » (Chans. ms. Bouh. f. 344.) 
Veslaie. 

Aine coumanda que cascuns om 

ICwist son droit jusques à som 

K'il n'i perdist une reslaic. [Motisk. p. 97.) 

Vesncr. Lâcher des vents : « Mais la fausse 

•• vielle vesnoit puant comme cent diables. « 

(Rab. II, f. 1.V2.) — « S'il vesnoit, c'estoienl botines 
« de cordouan. » (Id. IV, f. 137.) 

Vesniere. 1° Fessier : 

Si prendrez la queue d'un lièvre 

Et de la laine d'une chievre, 

Amer de miel, douceur de suie, 

De la vesniere d'une truie. (ils. 7QiS, f. 2',3.) 

2" Qui lâche des vents : « C'estoit une vesniere 
" que cette femme là. » (Moy. de parv. f. 149.) 

Vosperie. Dernier acte de Sorbonne pour 
acquérir le doctoral. (D. C. sous Vesperia.) 

Vesperiser. Réprimander : « La response leur 
« fut l'aile par le comte de Salsbery qui, après les 
.. avoir un peu vesperisex- sur les remarques de leur 
» légèreté. » (Négoc. de Jeannin, I, f. 249.) — « Les 
« sciences mesmeseldocleurs d'icellcssemocquent 
■■ les uns des autres, qu'ils appellent vesperiser. » 
(Contes d'Eutrapel, f. îMô.) 

Vespertilion. Chauve-souris ; ici au figuré , 
homme occupé de maléfices : » Vespertilion , si 
« comme quant aucun est si malfaisant qu'il s'en- 
« tremel de plusieurs maléfices, si comme de meur- 
« drii' gens, d'embler, de desrober... et y chet 
" grandement crime capital de vespertilion. » 
(Bouleill. Som. rur. p. 173.) 



VES 



157 — 



VES 



Vesprade. Après-clînc'c: « Puisque, je suis privé 
« de vous avoir eu ce lieu gouvoiiu; une vcsiiradc 

• selon mou alleule. » (Lell. de l'nsii. III, 2'M.) 
Ves|ir<v Api'ôs-dinée ; iieures de rolTiec divin 

dites pcudaul l'aprùs-dînée : « Adonc lu le soleil 
« esconse ; quant ilz vindrenl au monastère, fui 
« près de vespres. » (F'ercef. I, f. 32.) — « Tous les 

• vespres les Kscoeois faisoient, par coutume, snns 

• feus, cl l'aisoient grand biuit. » (l'roiss. I, '21.) — 
« Dieu le doint bon vcspre. » (l'ercef. I, fol. ll'.(.) — 
« Sur l'heure de basses vespres. » (Toison d'or, 
f. 18i.) — « Vespres siciliennes. » (Pasquier, Fiech. 
p. 140.) — « H marche comme un chien qui revient 
« de vespres. » (Garasse, Mech.des Hech. p. ((8'i,) — 
« H n'est si grand jour (]ue ne vienne vcspre. » 
(Cotgrave.) 

Lo vilains dit cii reprovier, 

Qu'au vcspre lo on li biau jor. (I\ av. ■1300, II, p. 11.) 

« Vespres d'un tournoi, » joutes faites la veille 
du tournoi pour s'y essayer. (Percef. IV, f. 59.) — 
« Estre aux vespres de la mort, » sur le point de 
mourir. (Brant. sur les duels.) 

Vcspi'ée. Après-dîner: « llfaisoit,àunev(?s/M'ce, 
« depuis disner, beau lems, parquoy ils délibérèrent 

• d'aller chasser au bois. » (.luv. des llrs. Charles 
VI, p. 172.) — « Chevaucher par vesprées et par 
« adjournements, » escarmouclicr malin et soir. 
(Froiss. I, p. 33.) 

Allant de nuit, sur la vesprée. (Coquill. p. iO'i.J 

S'en va tout droit à son œuvre renger 

Et au labeur, soit de champ, soit de prée, 

Soit de jardin jusques à la vesprée. (Cl. Marot, p. G8S.} 

Vesprer. Tomber, en parlant de la nuit : « Se 
« déduisit la compaignie une grant pièce du jour, 

• tant qu'il commenga à vesprer. » (Percef. I, 123.) 
Vesque. Evoque: 

Et puis fist tenir en maint lieu 

Arcevesques, vesques, concile. (Mousk. p. i73.) 

Moult fist grant bien Celpris li rois 

As canones et as bourgois, 

Mais au vesque noméement. (Ms. 7'?iS, f. 107. J 

Dieus, qui soufristes que Judas 

Ala au vesques Gayphas. (Ms. 7218, f. iOU.j 

Errant se croisa d'outremer 

0\\ il ala sans retourner, 

Si devint il vesques templier. (Ms. 7318, f. il.) 

Vesquisse. Imparfait du subj. de vivre : 

Se en mon pouvoir estât fusse. 

En bonne grâce le preisse, 

Quar le cors et la vie eusse 

Et avoir, dont je me vesquisse 

Et me gardaisse. [Ms. 72iS, f. 138.) 

Vessaille. Mot méprisant fait mvvesse: « Toute 
« cette vessaille de déesses. •> (fiabel. III, G3.) 

1. Vesse. 1° Vent: « Tenir comme vesses en 
« cloitre. » (Moy. de parv. p. 380.) — 20 Femme 
débauchée : « Pourquoy est ce que, quand on 
« nomme un homme sot, il s'estime coqu, et si on 
« appelle une femme vesse., elle pensera estre pu- 
« tain. » (Moy. de parven. 3G9.) — « La fortune est 
« une bonne vesse et putain. » (Brant. Cap. fr. II, 
p. 37.) 



2. Vesse. Vesce, gi'aine pour la volaille: « Mets 
« en eau d'aloès et de la vesse sauvage, et grand 
« polieu et d'icellcs oingt les pieds de l'oiseau. » 
(Fouill. faucon, f. 85.) 

Vcssel. [Vaisseau. (B. N. fr. 20009, n" 927, an. 
1370.)] 

Vessie. " Donner d'une vessie par le nés. • 
(Oud.) — « Faire de vessies lanternes. ■■ (Habel. V, 
p. lOi.) 

Vessiere. Endroit planté de vesces : 

Douze vilains en la vessiere 

Sont ;i vesses cueillir enclin 

Chascun plaiii poing. (Descli. f. 223.) 

Vessiere. Qui vesse souvent. (Cotgr.) 
Vessielte. l'elile vessie. (Cotgr.) 

1 . Vest. Investiture : « Celte possession et saisine 
<• qu'ils appelloient autrement vesl. » (Pasq. ftech. 
p. 747.) — « De saisine et dessaisine vulgairement 
" appelle t'csi et devest. « (CCI, 481.) — « L'un 
« des parens pourra venir demander le l'elrait 

— lignager, dans l'an et jour après l'investiture ou 
« le vest. " (N. C C I, p. 540.) — " Franc aleu ne 
« doiti'esinedevcst, censive, nefoy, ne hommage. • 

(N. C. (;. I, p. 100.) 

2. Vest. Est: « Car soy embarquant pour faire 
« voile, au vent vest en nord est. » (liab. I, 301.) 

Vestement. Vêlement : « Vestemens de bois, » 
de chasse. (Percef. I, fol. 21.) — " On cioit d'un fol 
'< bien souvent qu'il soit clerc par ses vestemens. » 
(Cotgrave.) 

Vesteure. Investiture : « Item pour ventes et 
« pour vesteures des héritages dessus ditz. » (Dé- 
nombrement de Monlmaur, 139G.) 

Vestiaire. Chambre où sont pendus les habits : 

Assis dedcns mon vestiaire. (Froiss. pocs. p. 200.) 

Vestir. Vêtir: « Il vesioit les nuds. » (Strapar. 
II, p. 448.) — Décoré : « Vestuz de nom. - (G. de la 
Digne, f. 8.) — Garni : " Chambre vestie de beaus 
« paremens. » (Poés. de Froiss. 192.) — « Chambre 
« vestue de tapisserie. » (Id. p. 124.) — Qui a un 
fourreau : « Espée vestue de velours. » (Arest. amor. 
p. 416.) — « Lances veslues de drap d'argent. » 
(Saintré, 238.) — « Bassinet et lances de costes de 
« fer vcslis. » (Desch. 173.) — « J'ai fait bon devoir 
» de vous servir veslii et nud, » c'esl-à-dire jour et 
nuit. (Dép. d'am. 209.) — « Vestu de son larrecin. • 
(Beaum. 324.) — •• Frappa le lyon parmi le col qu'il 
« avoit vestu et armé de poil. » (Percef. II, f. 80.) 

S'uns homme en ermitage habite. 

Et il en a les dras vcstus. (Ms. 72i8, f. 320.) 

« Charité restent à l'envers. » (Mod. fol. 215.) — 
<■ Vestir la champaigne de l'escu. » (Percef. II, 129.) 

— « Obligation vestue. « (Brill. lois d'Anglet. f. 01.) 

— « Douaire veslu, » garni de la récolte des terres 
de l'année. (Beaum. p. 121.) — « Court vestue, • 
juges siégeant à leur tribunal. (Id. p. 150.) — " Ne 
« trouve point de court vestue pour fere recort. » 
(Id. p. 27.) — « Requeste, promesse faicte par court 
« ou vestue. » (Ane. Coût, de Bret. f. 134.) 



VF.U 



- 158 - 



VEU 



Vesturc. 1» Investiture : • Ksi reiinis que iceliiy 

• en soit vcstii et saisi, ou qu'il en ait joui par dix 
■ ans entiers, laquelle jouissance de dix ans equi- 
. polie à veslure » (C. (".. I. 477.) — « Vestitrc et 
« vest est une même ctiose.Toulesfois vesture s'cn- 

• tend aussi pour ce que l'on paye pour le vest 
« d'héritage acquis de nouvelle, fait'par les officiers 
« de la justice où est assis le dicl héritage. " (C. G. 
I, p. 51 i.) — '> Plumage: « Des oiseaux les plai- 
« santés vestures. » (Marg. de la Marg. f. 15i.) 

Vesvé. Veuvage : « Meubles et acquêts faits en 
« son ti^si't'. • (C. ('.. II, 85'».) 

Veteller. Féconder, en parlant du taureau 
(comparez Vétiller2): « Y harassant comme tau- 
« reaux baniers qui vetellent toutes les vaches 
. d'une paroisse à la rangelle. » (Moy. de parv. 95.) 

Vetery. « Ilem deux arpans tenant à... .xn. den. 

• ù la S. hemy, item leur veter\i à terrage. » (Dé- 
nombrement de Montmor en 18%.) 

1. Vctiller. Dire des vétilles : « "Son^ vetillom 
« près le feu. » (Moy. de parv. p. 28.) 

2. Vetiller. Flotter : « Ses beaux cheveux 
« espars, mignons lacets d'amour, i^etillanl sur ce 
« beau chef d'œuvre de nature poli. » (Moyens de 
parv. p. 21 ) 

a. Vetiller. « Les bestes chevalines saillent, les 
« ânes baudoienl, les chiens couvrent, les pour- 
« ceaux souillent, les taureaux velillcnt. • (Moy. de 
parv. p. 171.) 

Vettelée « Bonjour, mademoiselle ; mon père 
« vous prie de lui prester vostre taureau pour don- 

• ner une vettelée à nostre vasche. » (Moyens de 
parv. p. 114.) 

Vettoine. Plante, bctoine. (Cotgr.) 
Velueiller. Ravitailler. (D. C. sous Vitellatio.) 
Veturier. Tailleur d'un couvent. (Du Gange, 
Vestiarius.) 

1. Veu. Vu : 

En ce dit lieu 
Estoit le roy, Juppiter au meillieu, 
Séant en throsne nt ainsi que de veu 
Fut la de tous adoré comme un dieu. fCyctin, p. 51.} 

• Scay de certain que je seray mort ou prins en 
« la bataille, mais pour tant que vous en avez ainsi 
« parlé el moy lenu pour recréant, ad ce veu, elle 
« sera demain. » (.Mén. du Guescl. p. 250.) 

Ileques recousoit ses piaus. 

Son mantelet et ses drapiaus 

Qui n'estoient mie molt nuef 

Veu orent maint an renuef. (Ms. 1089 ', f. 239.) 

La fain leur avoit si rcu 

Que li gorgeron leur croissoient 

En phiseurs lieus, quant il menjoient, 

Ce jour que desprisonnez furent. ((}. Guiart, f. 75. J 

2. Veu. Voué : « Veu à Dieu. • (Triomp. des I.\ 
Preux, p. 544.) 

Vcue. 1° Vue: « Veue de fraunk plege. " (Brilt. 
fol. 27.) — « La estoit le comte de Fribourg et le 

• marquis de Hothelin et furent ceux qui condui- 
« sirent la veue du roy et du duc. " (0. de la Marche, 



p. IGG.) — « La îVKC desdits princes fut entreprise 
« à grosse difficulté. » (Mém. de Rob. de la Mark, 
p. 37G.) — « Veues mortes, " chûssis dormant qu'on 
ne peut ouvrir. (C. C. p. 7î)0.) — « A veue de païs, » 
d'œil. (Oud.) — >> Donner dans la veue, • inspirer 
de l'amour. (Oudin.) — « Avoir la veue plus courte 
« que le nez. » (Id.) — « Il ira à mal veue. » (Fabl. 
.S. Cerm. f. 19.)— « A la veue el à la seue. » (Gloss. 
sur les Coût, de Beauv.) — « Traire à veue. « (Mod. 
f. 70.) — 2° Visière : " Veue descouverte. • (Hist. de 
Bayard, f. .37.) — « Baisser les veues des nrmetz. » 
(Florès de Grèce, f. 133.) — « Saisir par la veue. » 
^Percef. I, fol. 82.) — « Recevoir un coup de lance 
« dans la veue. "s (Du Bellav, fol. 355.) — Yeux: 
. Avoir tel vis el tele veue. .."(Ms. 7218, f. 297.) — 
" Voir en une seule veue. » (Gast. Phéb. p. 34.) — 
3° Enquête, examen : » Diverses veues sont, il y a 
« veue de fief, veue d'homme en langueur, veue de 
« melTait, veue d'homme occis, et veue de femme 

- despucelée. » (Ane. Coût, de .Norm. 87.) — « Veue 
« est quand le plaintif montre par devant la justice 
" la chose qu'il demande. » (Ane. Coût, de Norm. 
fol. 117.) — « Veue et monstrée. » (Ord. II, 207.) — 
" Veue et ostentalion de lieu. » (Bouteil. Som. rur. 
p. 207.) — « Veue d'héritage. » (Beaum. p. 192.) — 

— Inspecteur: « Pour visiter les halles, marchanz 
« et marchandises, et pour establir î't'Hfs suffisans. - 
(Ord. II, 205.) — " De rciiuerre veues et hostencions 
' des lieux. » (D. C. Visus.) 

Veve. Veuve : 

l eie dame n'a ami 

Ce dit li vilains. (ils. S. Germ. f. 74.; 

Veuf. Privé de: « Ses serviteurs demeurèrent 
« ainsi veufs d'un si bon maistre. » (Brant. Cap. 
estr. II, p. 98.) 

Veufc. Veuve: • Droit de veufe, » droit pour 
une veuve de prendre chaque pièce de ménage, la 
meilleure de son choix. (Laur.) 

Veufve. 1» Veuve: « Veufve emporte le valiez.» 
(Laur.) — 2» Privé de : « Je suis veufve el orphelin 
» de tous mes parens. » (Chr. S. Den. I, f. 15.) 

Veuglaire, ère. Bouche à feu moins puissante, 
mais plus longue que la bombarde; elle se chargeait 
par la culasse : « Un canounier de la dite place 
X qu'on disoitestre prestre, tira d'un coup de veu- 
' glaire sur ledit messire Jacques qui l'alleignit. » 
(Malth. de Couci. Ch. VII, 655.) - « Si tiroient ils 
a par dessus la muraille, ...grande quantité de 
« coups d'artillerie de veuglaires. » (Id. p. 628) — 
« Furent occis dudil veuylere, de ce mesme coup, 
« un homme d'armes et quatre archiers. » (Monstr. 
III, p. 51.) 

Veuil, eul. Volonté: « Oultre son veuil. » (J. 
Marol, p 7.) — « M'a remis le veul au corps. » 
(Percef. VI, i. 74.) 

Veule. Mou, paresseux : 

Li mist couronne sor la tieste, 

Et courae roy et empereur 

Li fisent tôt joie cl oneur 

Quar Charles n'ert estoies ne veuhs. (Mousk. p. ilS.J 



\i:z 



159 



VIA 



S'en devroit plorei' tous li peules 

S'il n'ort et d'ious et de cucr rculcs. (Id. p. l'il.) 

Anuis i|iii m'i-stoupes la gueule, 

Oui tant lu aiii.'UKO et vciile. (Ms. 121H, f. Cil.) 

Veiilit'. Mollesse ; 

iles par leur cointe vculie 

Font sage autrui de leur vie. (l'oët. av. i300, /!', l'iiS.) 

Veulti'cr. Vaulrer : » Ils se veuUrent devaiil les 
« pieds (le ceux qui les favorisent. « (S' Jul. p. 550.) 
Veultz. E.\-volo : 

Es monastères en lieu de librairie 

Hé, qu'y a-t-il? Une fauconnerie ; 

Et au.\ perches où estoient l'indlz et flambeaul.x, 

L'en y juche maintenant les oyseaulx. 

Vig. Je Charles VU, II, p. 2i. 

Veulx. Vont, rig:urc de cire qui représentait 
celui qu'on désirait blesser ou tuer en la piijuant : 
« La femme messire Robert d'Artois seur du roy de 

• France fut soupçonnée d'aucuns wh/.ï faits ; el 

• pour celle cause elle fut mise en prison. » (Chr. 
de S. Denis, II, f. 188.) 

Veuquesin. Yexin : 
Et puis en Chanibresis, et puis en Vertnandois, 
Puis a passé, de Flandres les mons et les dcstrois 
Parmi le Veuauesin, s'en vint en Mculendois. 

Ms. 1218, f. 344. 

Veurreiit. Voulurent : - Pour entrer en la 

• jouissance de tels lieritaiges à titre de don, vente, 
« reddicion, ou transport, est requis de les appre- 
« bender par la justice des dits de Saint Vaast, ou 

• par devant juge royal iceux seigneurs de Saint 
« Vaast pour ce veiirrent accorder eslre evocquiez 
. ensemble. » (N. C. G. I, p. 408.) 

Veute. Vue ; Vulcain <■ se fist déclarer coquu par 
» arrêt et en vente figure de tous les deux. » (Rab. 
m, p. (J3.) 

Veuve. Privé de : « Demeura le roy Cbarles 
» veuve, n'oncques puis ne se maria. » (f'roiss. II, 
p. 18.) 

Veuvée. Veuvage : « Nés dix mois après le mort 

• dou baron sa mère, ou tans de sa veuvée. » (Beau- 
manoir, p. '253.) 

Veuver. Priver de : 

Puisses tu de tes doits tes saigneuses paupières 
Repentant de ton tort ceuver de leui'S lumières. 

Baif, p. 71. 

Veuvesse. Veuvage : « Monseigneur sui une 
a pauvre femme en veuvesse. » (Moy. de parv. 248.) 

Vexacion. Vexation : « Il advient commune- 
« ment que fortune aide les bardis, comme dit 
o Wig^We, e[ vexacion donne entendement, comme 
« dit le Saige. » (Le Jouvenc. p. 4G.) 

Vexil. « Vexil ou baniere du pape. » (La Salade, 
f. 33.) 

Veye. Voie : « Ceo purra avérer par trois veijes 
. de vérité. - (Britl. L 217.) 

1. Vez. Ilélas: 

Vez ! li venins est dous quant on premier le prent, 
Puis samble trop amere quant aucuns se repent. 

Ms. 7218, fol. 337. 

2. Vez. Voici ; " Vci- mi aler. « (Ms. 7218, f. 197.) 



Vezarde. Peur: •< Vous avez telle ve'Mvde et 
- paour. » (Rabel. IV, 280.) — « Fut fort blessé et 
• emprisonné, non sans grande peur et belle vc- 
" %ayde. ■• (Brant. Cap. estr. I, p. 105.) 

Si furent lors jelooz bombardes. 
Engins volans, canons, perriers, 
Qui leur faisoient belles rezarclen. 

Vig. de Cliarles VII, I, p. 15i. 

Veze. 1° Vessie: « On lui avoit robbé une veze 
" pleine du vent propre que jadis à Ulisses donna 
" le bon ronfleur Folus pour guider sa nauf en 
" tems calme. » (Rabel. iV, p. 183.) — 2° Corne- 
muse : - Les joueurs de veze venant à souffler ici. • 
(Roucb. Ser. 1, p. 18(i.) — - Bon joueur de veze. » 
(Futrapel, p. 148.) — » La vez-e ne sonne plus. » 
(Id. p. 403.) 

Vezécs. Billevesées. (Cotgr.) 
Vczelartlon. Nom d'un cuisinier. (Rab. IV, 170.) 
Vezcus. .Joueur de veze : « Cesle mariée ne 
« voulut jamais bouger de lu où elle estoit, que les 
'■ menours ne l'allassent prendre, et que les pibo- 
« leux el vezeurs n'eussent soufflé. » (Bouchet, 
Serées, p. 180.) 

Vezie. Ruse; 

Quant tel plait fait, sans son congié, 

Que tûst y auroit felonnie, 

Vezie fu contre bordie. (Brut, f. 18.) 

Vezié. Rusé : 

Si est des vezie: félons. (Fahl. S. Cenn. f. il.) 

A félon et à vezié. (Id. f. 20.) 

Si vait des félons vczics. (Id. f. iO.) 

Cointes ert et veziés. (Id. f. 30.) 

Li lous estoit moult veziés. [Id. f, 22.) 

On le voit saige et vezié. [Id. f. 23.) 
De parens est moult enforciez 
Et moult cointes et veziez ; 
Ile bien loing avant pourveoit 

Ce que il engignier vouloit. [Brut, /'. 50.) 

Vezieus. Même sens : 

Le filosofes bien le croit 

Que gaires vezieus n'estoit 

Ne tel homme ne sembloit mie 

Oui feist tele tricherie. (Fah!. S. Genn. p. 48.) 

Vezon. Derrière. (Oudin.) 

Vezous. .Joueur de vese, de cornemuse: « Les 
« vezous disoient de la vese, les gentilshommes 
« dançoient, pelonton, les branles de Poictou. » 
(Moy. de parv. p. 409.) 

1. Vi. Vice, du latin vice, à la place de: « Vi 
« gouverneur. » (Ord. des ducs de Bret. f. 305.) — 
« 17 chancelier de l'université. » (Pasquier, Rech. 
p. 800.) — « n bailli. » (Cotgr.) 

2. Vi. Prétérit de voir: « En son ostel, aine ne 
« vi mi. » (Poèt. av. 1300, IV, p. 1301.) 

3. Vi. Du verbe veer, défendre: « Ne di que le 
« randon, ne ge pas ne 1' vos vi. » (Ms. S. G. 170.) 

Viage. ITsufruit: « Piesigna es mains du roy les 
« duchiés de Berry, comte de Poictou, réservé à 
<■ luy son viage es dits duchié el comté. » (Godefr. 
Annot. sur Ch. VI, p. 780.) 



VIA 



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Vie 



Viager. • Personne viagère, » ù qui on paie 
une pension. ^N. G. G. U, p. 55.) 
Viaige. Profit (voir Vi.\ge) : 

Mes corps bien vous acuisina 

Dont je tleusse avoir mon viaige. (Dcsch. f. 390.) 

1. Viaire. Visage: 

Chaveus et barbe et le viaire 

Li fait apparillier moult bel (Ms. 72iS, f. SJS.) 

« Viaire bel, sanguin et riant. • (Froissarf, III, 
p. 28.) — « Viaire lie, riant et allrempé. » (Gr. 
Coût, de France, 111, p. 295.) — » Viaire à viaire. » 
(Percef. I, f. 152.) — « Vostre viaire voyant. » (Id.) 

2. Viaire. Viager: >■ Se démet dudil fief au 
" proflU de l'autre frère, retenu son viaire sur sa 
. part. » (G. G. 1, p. 437.) 

Viande. Vivres, en général, du latin vivenda: 
' Ne pouvoient mie assez trouver viandes aux liom- 
■ mes et aux clievaux. » (Ghr. de S. Den. 1, p. 200.) 
— " Les chevaulx leur failloientdu long travail et 
« par la faute des vianries. « (Id. f. 202.) — « Vian- 
« des creuses, » volailles, gibier. (Apoiog. pour 
Hérodote, p. i31.) — « Viande creuse, » musique. 
(Oudin.) — « Viande de commissaire, » gras et 
maigre. (Oud.) — « Viande de gentilhomme, » oii 
il y a des os pour ses chiens. (Oudin.) — « Ge n'est 
» pas viande preste. » (Id.) — « Ce n'est pnsviamle 
« pour vos oiseaux. » (Id). — « Mettre un habit sur 
o sa viande. « (Poës. de Froiss. p. 270.) — « Viande 

• d'ami est bientost preste. » (Cotgr.) — •^Ln viande 
« semond, prie les gens. ■> (Cotgr.) — « De mau- 
« vaise i^mnrfe, on ne sçail faire un bon potage. " 
(Cotgr.) — » De la viande deux fois cuite et de la 
o mauvaise femme, Seigneur, Dieu, veuilles nous 
« délivrer. » (Nef des fols, f. 41.) — « De toutes les 
« viandes que boulangers peuvent faire. » (Amant 
ressuscité.) 

Viandeis. Pftture des bêles: « Cy après devisé 
. comment on puet traire aux besles rousses et 
« noyres à la revenue de leur viandeis ou men- 
. gués. » (Gast. Phéb. p. 340.) 

1, Viandei". Mangeur de viande: 

Li grant clerc, grant provender, 

Oui a estes grant viandcr. [Ms. 1015, I, f. 59.} 

2. Viander. Pâturer, manger: 

Par ces champs vont viatidant 

Et les vignes exterminant. (Gace de la Bir/ue, f. 100.} 

« Avecques ung peu de soulphre on faict une 
« mirihcque décoction pour faire viander les chiens 
« constippez du vent